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Full text of "Catalogue descriptif & analytique du Musée instrumental du Conservatoire ..."

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ing to Music. 




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Catalogue descriptif et analytique 



DU 



MUSÉE INSTRUMENTAL 

(HISTORIQUE ET TECHNIQUE) 

CONSERVATOIRE ROYAL DE MUSIQUE DE BRUXELLES 

PA.K 

VICTOR-CHARLES MAHILLON 

CONSBRVATBUft BU MCSÉB 



Troisième volume 



NUMEROS Ï322 a 2055 



G AND 

LIBRAIRIE GÉNÉRALE DE AD. HOSTE, ÉDITEUR 

RUE DBS CHAMPS, 47. 



^ 



1900 




CATALOGUE DESCRIPTIF & ANALYTIQUE 



DU 



MUSEE INSTRUMENTAL 



DU 



CONSERVATOIRE ROYAL DE MUSIQUE 
DE BRUXELLES 



— II — 



première en établissant Tunisson par la case n"^ 5 de 

Talto, la case K du ténor et la case 7 de la basse'. > 

Voici l'intonation fondamentale respective des 

quatre cordes que nous avons obtenue de cette façon : 



Wi 



— ^ 

basstt tinoTi alto^ soprano 



— Long. tôt. du n® 1325, i"*07, larg. max. o°»255. 
Long. tôt. du n* 1326, o"93, larg. max. o°240. 

France 1827. Gigue, Reproduction exécutée par 
M. Aug. Tolbecque, à Niort, d'après les sculptures 
du portail de Tabbaye de Moissac, repré- 
sentant les Vieillards de l'Apocalypse. 
Cette gigue n'est montée que d'une corde; 
elle nous donne l'image fidèle d'un des 
instruments à archet les plus en vogue au 
XII« siècle. Le dos et la table, de forme 
elliptique, sont légèrement bombés; la 
table est percée de quatre ouvertures cir- 
culaires mesurant 17 mill. de diamètre 
placées par deux de chaque côté du cheva- *^" °* ^^^ ' 
let. Le cheviller, de forme circulaire, est plat; ta 
cheville le traverse au centre, dans le sens de son 
épaisseur. — Long. tôt. 0^50; larg. max. de la table 
o°*i4o; haut. max. des éclisses 0^033. 

< Cette façon d'accorder est, du reste, celle dont on se 
servait encore en France vers le milieu du XVIIe siècle; elle 
est indiquée par Jean Rousseau dans son Traité de la Vioh, 
imprimé à Paris en 1687, 




— 12 — 

ÂLLBMAGNB. 1828. PhilomèU^ de Tanc. coll. V. 
et J. Mahillon. Sorte de violon à tables planes 
monté de cordes métalliques, les deux premières 
d'acier, les deux autres d'acier filé. L'accord est le 
même que celui du violon; les cordes reposent^ d'une 
part y sur un chevalet dont l'arête est garnie d'un fil 
de cuivre, d'autre part, sur un sillet également 
métallique. On attribue à cet instrument une origine 
bavaroise qui ne remonterait pas au-delà de la 
r^ moitié de ce siècle. Le cheviller, terminé par 
une tète de lion sculptée, porte 4 chevilles munies 
d'une vis sans fin agissant sur une roue dentée 
appliquée à la tige sur laquelle s*enroulent les 
cordes. Le timbre, grêle et métallique, a quelque 
chose de plaintif, ce qui explique probablement le 
nom donné à l'instrument. — Long. tôt. o™6i; 
larg. max. o"22. 

NoRWÈGE. 1329. Violon de Har danger ^ de l'anc. 
coll. V. et J. Mahillon. Voir la description du 
n* 242, qui s'applique également à celui-ci dont la 
facture est toutefois beaucoup plus intéressante. 
La table, les éclisses et le dos sont ornés de pein- 
tures, noir et or. Sur le fond, à l'intérieur, on trouve 
l'étiquette suivante : 

Denne Fiolin er 

Repereret^ polerei 

og utfmijkket af 

mig isebrùar maaned 

Spilleman J. C. L. Ruwold iSiz 



— 13 — 

traduction : 

Ce violon a été 

réparé, poli 

et enjolivé par 

moi au mois de février 

ménétrier J. C. L. Ruwold 1812. 

France. 1880. Vielle à archet. Don de M. A. Tol- 
becque, à Niort. Reproduction, par le donateur» 
d'une vielle, à 3 cordes, d après une sculpture du 
portail de la cathédrale d'Amiens. Les vielles, appe- 
lées quelquefois vihmles du mot espagnol vihuela, 
sont représentées sur un grand nombre de monu- 
ments du moyen-âge à partir du XI® siècle. On y 
voit les vielles à archet, les vielles à roue et les vielles 
àplectre ou à mains, dont les cordes étaient pincées. 
La vielle se distingue de la viole : par la hauteur 
moindre des éclisses ; par le contour de la caisse 
sonore, dont la courbe, plus légèrement déprimée 
au milieu, n'a pas les échancrures de la viole ou du 
violon, et ressemble plutôt à la courbe de la guitare 
moderne; par le cheviller, qui, au lieu de porter ses 
chevilles sur le côté, comme le violon, les présente 
à plat, avec la tête au-dessous, comme à la guitare. 

Les vielles à archet du XI* siècle sont ordinaire- 
ment montées de trois cordes dont l'accord se 
réglait souvent de la façon suivante : 



$ 



i^- 



— 14 — 

Au XIII® siècle, d'après un manuscrit célèbre de 
Jérôme de Moravie, la vielle portait cinq cordes 
que l'on accordait de Tune des façons suivantes' : 




Les notes blanches indiquent les cordes à vide, les 
noires, les intonations obtenues par le raccourcis 
sèment des cordes à l'aide des doigts de la main 
gauche. 

La reproduction de cette pièce de lutherie 
ancienne est extrêmement intéressante et fait hon- 
neur à son auteur, aussi habile luthier que violon- 
celliste et musicologue distingué. 

Italie. 1381. Vielle à archet. Reproduction exé- 
cutée par M. Aug. Tolbecque à Niort, d*après des 
copies faites par l'auteur de ce catalogue d*un 
tableau de Cimabue (1240-1300) qui se trouve à 
Florence au Musée c degli Uffizi ». La caisse 

X Julien Riihlmann. Die Geschichte der Bogeninstrumcnten, 
Braunschwetg, 1882. — Notice sur le manuscrit de Jérâme de 
Moravie (1260). par Perne, dans la Revue musicale de Fétia, 
ire année. Tome II, 1828, p. 457. — Notes on early spanish 
Music, par Juan F. Riano. London, Bernard Quaritch, 1887, 



— '5 — 

sonore est presque plate; le dos et la table ne sont 
que très légèrement bombés. La forme générale est 
celle d'une guitare. Deux ouïes, en C D? 
sont disposées de chaque côté du che- 
valet; les contours de ces ouvertures, 
ainsi que ceux de la table, sont ornés 
d'une bordure incrustée d'ébène et 
d'ivoire. Le cheviller plat, de forme 
ovale, est traversé par les chevilles 
dans le sens de son épaisseur; l'instru- 
ment est monté de cinq cordes. Pour 
l'accord, voir le n» précédent. — 
Long. tôt. o°72; larg. max. à la partie 
supérieure o»i6; à la partie inférieure 
o°2o; haut. moy. des éclisses o°05. 

France. 1832. Violon, de Tanc. coll. V. et 
J. Mahillon. L'étiquette manuscrite est 
rédigée de la façon suivante : Chanot^ 
p. B. (Tinv. 21 janv, i8i8. C. /. D. 
w® i8i. Les tables ne sont que légère- 
ment bombées, l'inventeur, ancien 
élève de l'École polytechnique, pen- 
sant que leur creusement, pour la for- 
mation des voûtes, était nuisible à 
leur libre vibration. Les ouïes sont 
légèrement arquées, afin d'éviter, dans 
la mesure du possible, de couper dans 
les fibres du bois. L'inventeur rem- 




Vielie à archet 
(no 1331). 



Violon (no 1332). 



place les échancrures ordinaires, avec leurs angles 



— i6 — 

et leurs tasseaux, par une courbe légèrement dépri- 
mée comme celle de la caisse de la guitare; d'après 
lui, les formes anciennes nuisent à la puissance et à 
la bonne qualité des sons^ Enfin, pour favoriser la 
mise en vibration de la table, il attache les cordes 
à la partie inférieure de celle-ci au lieu de les 
fixer» comme d'ordinaire, au cordier. 

Les instruments construits par Chanot d'après 
ces principes, eurent un très grand succès à leur 
origine; ils furent même approuvés par llnstitut 
de France; ils sont aujourd'hui complètement 
abandonnés et on ne les trouve plus guère que 
dans les Musées, comme objets de curiosité. Cet 
abandon est-il justifié? Nous ne le pensons pas. La 
facture de Chanot est non-seulement très soignée, 
mais elle est basée sur des principes rationnels; 
son insuccès final s'explique bien plus, à notre avis, 
par le parti-pris qui s'oppose à toute innovation, à 
tout changement apporté aux formes classiques, 
que par les défauts constatés aux instruments. 

François Chanot était capitaine ingénieur de 
deuxième classe dans la marine française. Les 
lettres C. L D. qui figurent au bas de l'étiquette, 
sont les initiales de ce titre. 

ID. 1338. Violon, de l'anc. coll. V. et J. Mahil- 
lon. Il ne porte aucune étiquette, mais il est évidem- 
ment de Chanot. La table et le dos sont encore 

> Cette forme rappelle tris exactement celle de la vielle à 
archet no 1331. 



— t7 — 

moins bombés que ceux du numéro précédent. Lé 
cheviller se termine par une volute, mais, contrai- 
rement à Tusage, elle est renversée. 

Id. 1834. Violon. Il ne porte pas de nom d'au- 
teur. C'est fort probablement un instrument d'essai, 
car la table conserve la trace de changements 
apportés au contour des ouïes actuellement taillées 
en Ç 3- La forme de la caisse sonore est pareille 
à celle des deux instruments précédents, à cette 
exception près, qu'une double courbure, en cœur, 
existe à la partie inférieure. La volute du cheviller 
est renversée comme celle du n" précédent. 

Id. 1836. Violon, de l'anc. coll. V. et J. Mahillon. 
Il porte la curieuse étiquette suivante : « Segon 
violon fait par Belleville^ italier boucher anno 1812 ». 

Cet instrument, oeuvre d'un amateur, n'oCFrerien 
de bien remarquable. Il est cependant intéressant 
par la forme de sa caisse, rappelant les formes 
précédentes mises en faveur six ans après par 
Chanot! 

Id. 1336. Violon, de l'anc. coll. V.et J. Mahillon. 
Sans nom d'auteur. Forme semblable à celle du 
violon de Chanot n® 1332; ouïes en XX très dis- 
gracieuses; pointues à l'extrémité supérieure, elles 
s'élargissent rapidement vers le bas. La facture 
nous paraît plus ancienne encore que celle du 

«• 1335. 

Id. 1387. Violon, de l'anc. coll. V. et J. Mahillon. 
L'étiquette est malheureusement indéchiffrable. 



— t8 - 

Nous croyons cependant lire : Kruina Léonard. 
Paris, 1797* La forme de ce violon est encore celle 
du n? 1332, 

Belgique. 1888. Violon. Il porte Tétîquette : 
Benoit Joseph Boussu^ #»• luthier à Bruxelles 1750. 

Ce luthier est cité par Ed. Vander Straeten dans le cinquième 
volume de c /a Musique aux Pays-Bas, > 

Id. 1889. Violon, de Tanc, coll. V. et J. Mahillon. 
Instrument tout en cuivre; simple objet de curio- 
sité. 

Voir la note à la suite du no 1375. 

France. 1840. Violon^ de l'anc. coll. V. et J. 
Mahillon. Sans nom d'auteur. Jolie lutherie; elle 
offre ceci de particulier que le fond, la table et les 
éclisses sont en bois de cèdre. 

Allemagne. 1341. Violon, de lanc. coll. V. et 
J. Mahillon. Etiquette : Johanes Gàssler Lauthen 
und Geigenmacher in Mittenwald 1762. Lutherie 
ordinaire; l'instrument a conservé le manche à 
courte touche de Tépoque; c'est à ce seul point de 
vue qu'il est intéressant. 

France. 1842. Violon, de l'anc. coll. V. et J. 
Mahillon. Sans nom d'auteur. Une étiquette indique 
qu'il a été c raccomode par Moitessierà Carcassonne ». 
Cet instrument, d'une assez jolie facture, offre ceci 
de remarquable que la table a des dimensions plus 
grandes que le fond, de sorte que les éclisses, au lieu 
d'être verticales, sont légèrement inclinées. 



Id. 1343. Violon^ de Tanc. coll. V. et J. Mahil- 
lon. Sans nom d'auteur. Lutherie ordinaire, parais- 
sant originaire de Mirecourt (Vosges) et dater des 
premières années de ce siècle. Le cordier' est inté- 
ressant. Les cordes passent dessous et sortent sur 
la face supérieure en traversant chacune un trou 
foré à proximité de l'extrémité inférieure du cordier 
où elles se fixent par un nœud dans une entaille 
sciée sur l'épaisseur du bois. Quatre ouvertures 
longitudinales et parallèles, de 2 mill. de largeur, 
sont découpées sur le cordier dans la direction des 
cordes. Dans chacune de ces ouvertures glisse un 
coin de bois qui appuie sur la corde passant sous le 
cordier. Ce coin est terminé par un bouton qui fait 
saillie sur la face supérieure du cordier. En pressant 
ce bouton pour faire glisser le coin vers l'extrémité 
inférieure de l'ouverture qui lui sert de guide, le coin 
de bois, appuyant sur la corde, augmente la tension 
de celle-ci au fur et à mesure qu'il approche du trou 
traversé par la corde. Cet appareil, dont l'invention 
est attribuée au célèbre violoniste Louis Spohr, 
avait pour but de donner à la partie de corde 
au-delà du chevalet certains rapports de longueur 
avec la partie de corde vibrant sous l'action de 
l'archet, pour en améliorer la sonorité. C'est le 
système des aliquotes que l'on a essayé plus tard 
d'appliquer au piano. 

> Le cordier porte parfois le nom de tire<ordcz. 



X 



— i20 — 

Id. 1344. Violon, de Tanc. coll. V. et J. Mahîllon. 
Etiquette : P. A. Moitessier N* 13 à Montpellier 
1833. Le fond de cet instrument, au lieu d'avoir, 
comme d'habitude^ une surface convexe, offre à 
l'extérieur de la caisse de résonance une surface 
concave. La voûte est en effet disposée à Tintérieur 
de la caisse, de telle façon que la distance entre la 
table et le fond reste constante. D'après M. Aug. 
Tolbecque, Moitessier voulait par ce procédé rejeter 
à l'extérieur la sonorité due à la vibration de la 
masse d'air contenue dans la caisse sonore. Son 
idée ne fut pas suivie. 

Id. 1846. Violon, de Tanc. coll. V. et J. Mahillon. 
Sans nom d'auteur. Cet instrument a le fond et la 
table ondulés dans le sens de leur longueur. Il est à 
supposer que fauteur a eu pour but d'augmeriter le 
volume du son en agrandissant la surface des parties 
vibrantes, tout en conservant le format de l'instru- 
ment. 

D'après M. Aug. Tolbecque, cet essai serait 
l'œuvre d'un nommé Suleau, premier violon au 
Théâtre de la Porte S* Martin à Paris, vers 1840. 
Ces instruments n'étaient pas sans qualités, mais le 
pauvre artiste se ruina à les faire construire; il resta 
seul convaincu de l'efficacité de son procédé. 

Allemagne. 1346. Violon, de l'an. coll. V. et J. 
Mahillon. Sans nom d'auteur. Le fond et la table 
ont un contour légèrement festonné, suivi par les 
éclisses. La découpure des /est également ondulée, 



— 21 — 

ainsi que la volute du cheviller. Il est assez difficile 
d'expliquer autrement que par une fantaisie du 
luthier l'emploi de cette forme, qui n'offre rien de 
gracieux et encore moins d'utile. 

France. 1347. Violon, de Tanc. coll. V. et J. 
Mahillon. Cet instrument, datant de la fin du siècle 
dernier, est une copie de Stradivarii assez grossière 
et sans mérite. Une étiquette imprimée porte qu'il 
a été € réparé par C. F. Darchcy luthier ^ Bruxelles 
1848 >. 

Id. 1848. Violon. Don de M. E. Gand. Ce bel 
instrument y donné en prix en 1838, ainsi que Tindi- 
que l'inscription en lettres d'or sur les éclisses, à 
J. F. Eugène Gautier, élève du Conservatoire de 
Paris, porte Tétiquette de c Gandjuthier de la maison 
du Roi et du Conservatoire de musique^ rue Croix des 
Petits Champs n» 24 â Paris, 1836. » 

Charles-François Gand, né en 1788, mort à Paris le 
10 mai 1845, succéda en 1824 ^ Nicolas Lupot, dont il fut 
l'élève et le gendre. C. F. Gand eut deux fils qui tous deux. — 
le second surtout, — s'illustrèrent dans l'art de la lutherie : 
Adolphe et Bugène. Le premier mourut le 34 janvier 1866, le 
second le 5 février 1892. 

Allemagne. 1349. Violon avec archet, format 
dit « demi-violon ». Don du Prince de Chimay. Cet 
instrument n*offre rien de remarquable au point 
de vue de la facture. Il n'est intéressant que par ce 
fait qu'il a appartenu aux fameuses violonistes, les 
^œurs MilanoUo, lesquelles en firent don à notre 



1 



— 32 — 

célèbre compatriote de Bériot. Celui-ci le donna 
en 1867 au docteur AUart qui» à son tour, en fit 
cadeau au Prince de Chimay. 

France. 1860. Violon. Etiquette : F, Breton, 
breveté de S. A. R. Af* la Duchesse d'Angoulème à 
Mirecourt 1820, avec les armes de France surmon- 
tées de la couronne ducale. Lutherie sans grande 
valeur mais non sans mérite. Facture assez soignée, 
vernis jaune. Breton a travaillé de 181 2 à 1830. 
Notre violon porte sur le fond un dessin en décal- 
que représentant La victoire de Dantxic. 

Pays-Bas. 1361. Etiquette : Johannes Cuypers 
fecii s^Hage 1797 Btatis suae 73. Vidal cite égale- 
ment ce luthier; il le fait travailler de 1760 à 1780 
et lui donne le nom de Jean Kœuppers I Facture de 
mérite» dont les spécimens sont actuellement assez 
recherchés. Vernis jaune malheureusement empâté; 
très joli spécimen, intéressant surtout si Ton tient 
compte du grand âge de son auteur à Tépoque de la 
confection de ce violon. 

lo. 1362. Violon. Don du Prince de Chimay. 
Etiquette manuscrite : fait à Tournay par Ambroise 
Decombre 1 7 1 o . Le dernier chiffre n *est pas très appa- 
rent. Très joli violon 9 belle facture, avec un vernis 
rouge ressemblant quelque peu au vernis italien de 
Stradivari. D'après Fétis, Decombre aurait travaillé 
chez Stradivari, ce qui expliquerait la ressemblance 
de son vernis avec celui du célèbre luthier de 
Crémone. 



i 

i 



— 23 — 

Id. 1S63. Violon. Don du même. Etiquette impri- 
mée : Antonius Stradivarius , Cremonensis faciebat 
anno 1709; mais la facture et le vernis révèlent à 
coup sûr le véritable auteur qui n'est autre que 
Decombre de Tournay. 

lo. 1854. Violon, de Tanc. coll. V. et J. Mahil- 
lon. Etiquette manuscrite : Fait à Tournay par 
De Comble 1785. On retrouve encore quelques-uns 
des caractères distinctifs des précédents instru- 
ments, mais la main d'œuvre est bien moins soignée 
et la beauté du vernis a totalement disparu. C'est ou 
bien Tœuvre d'un petit-fils de Decombre ou bien 
celle de Tauteur du n* 1366, dont la vieillesses 
rendu la main inhabile. 

De l'examen des trois instruments que nous possédons 
signés de ce nom et de quelques renseignements que nous 
devons à l'obligeance de notre ami, Mr. Soil. de Tournay, il 
semblerait qu'il y a eu trois générations de Decombre ou 
Decomble. luthiers à Tournay. Le premier, élève de Stradivari. 
qui travaillait vers 17 10 et qui signait Ambroisc Decombre; le 
second, qui sigasàt Ambroise Décomble et qui travaillait vers 
1761; le troisième enfin, qui signait Ambroise De Comble; 
celui-ci travaillait vers 1750 et exerçait encore son art 
vers Z785* La question de savoir si les deux derniers étaient 
frères nous semble résolue négativement par leurs étiquettes 
qui portent toutes le prénom d' Ambroise. Les variations 
que présente le nom familial : Decombre, Decomble, De Comble, 
n'ont rien qui doive nous étonner, ces différences d'ortho- 
graphe se voient encore souvent de nos jours. 

Id. 1S66. Violon, Don du Prince de Chimay« 
Etiquette : Matthys Hofmans tôt Aniwerpen. Ce 



— 24 — 

luthier travaillait au commencement du XVIII* siè- 
cle. La beauté de la main d'œuvre met en lumière 
les mérites de sa facture. Nous trouvons quelques 
renseignements sur lui dans < La musique aux Pays- 
Bas > de Ed. Vander Straeten, T. cinquième. 

Allbmaonb. 1866. Canne^violon, de Tanc. coll. 
V. et J. Mahillon. Simple tuyau de bois, de 0^04 de 
diamètre environ, dont on a enlevé la moitié d'une 
paroi sur une longueur d*à peu près 0^52, pour y 
ajuster une planchette de bois faisant Toffice de 
table d'harmonie, et sur laquelle on a appliqué, 
comme aux pochettes, une touche en ébène, un 
chevalet et un cordier. Les cordes se tendent au 
moyen de quatre chevilles de fer taraudées dans 
une plaque de cuivre fixée à l'aide de vis à la partie 
supérieure du tuyau. Pour donner à celui-ci Tappa- 
rence d'une canne, on recouvre les cordes d'une 
plaque de bois verni qui remplace la partie de bois 
enlevée et on l'assujettit à l'aide d'un pommeau qui 
se visse sur l'extrémité supérieure. L'archet, ainsi 
que la clef servant à remonter les chevilles, se glis- 
sent préalablement à l'intérieur du tuyau en bois. 
La canne reconstituée mesure o^^So de longueur, 
comme nous l'avons dit ; le diamètre extérieur 
maximum est environ de o"'o4. 

Italie. 1367. Violino^ de l'anc. coll. du comte 
Pietro Correr de Venise. C'est le c Rechte DiscanU 
Geig » de Praetorius. D'après lui, en effet, cet 
instrument mesurait très exactement deux pieds. 



— 25 — 

mesure de Brunswick qui correspond exactement à 
o»56, longueur exacte du violon n« 1357. L'accord 
du violino était le même que celui de 
notre violon actuel 

I P 



^ 




Sur l'étiquette on lit Tinscription sui- 
vante : 

Al 21 Agosto 1654 
in Venecia a San Marco 
. Carlo Mondi 
goizen di un coromer. vioiino (no 1357) 

La signification de cette dernière phrase nous 
échappe. 

La facture de ce violon n'est guère remarquable ; 
ce qui le rend intéressant au plus haut degré, c*est 
qu'il n'a subi aucune espèce d'altération ni de 
changement. C'est bien là le violon à petit manche 
et courte touche tel qu*on l'employait encore au 
milieu du XVIP siècle ; nous sommes loin du beau 
vernis italien et de l'influence des belles écoles de 
Brescia et de Crémone. 

A cette époque on ne démanchait guère, quoique ce procédé 
fût très usité déjà dans le jeu de la viole. Le violoniste 
risquait quelquefois, s*tl était habile, Vut par l'extension de 
l'aoriculaire sur la chanterelle; la hardiesse paraissait si 
grande qu'elle lui valait souvent cet avis charitable de ses 
auditeurs : gare Tutl Corelli, né à Fusignano en 1653, mort à 
Rome en 1713, doit être considéré comme le fondateur de 
récole moderne du violon. L'art de démancher devait forcé- 



~ 26 — 

ment amener les allongements du manche* et de la touche 
pour arrÎTer progressivement aux dimensions exigées par 
la technique moderne. 

France. 1368. Violon d'amour^ de Tanc. coll. 
V. et J. Mahillon. Il est de Salomon à Paris et ne 
diffère guère du n« 481 précédemment catalogué. 
Même nombre de cordes, même accord.' 

Autriche. 1869. Violino-Harpa, de l'anc. coll. 
V. et J. Mahillon. Etiquette : Violino-Harpa (PaUnU) 
InvenitP* G. S. Th. Zach feeit anno 1873. Vindo- 
bona. Ce curieux instrument, dont le contour de la 
caisse sonore a des lignes tout à fait irrégulières, 
a été construit par le luthier Th. Zach, de Vienne, 
d'après les indications et les plans du Prince 
Oregor de Stourdza qui recherchait probablement, 
dans la grande capacité donnée à la caisse, un plus 
grand volume de son, ignorant qu'entre les propor- 
tions de celle-ci et l'intonation des cordes, il existe 
une certaine relation qui ne peut être négligée si 
Ton veut obtenir le maximum de renforcement dont 
le son des cordes est susceptible. La longueur de 
l'instrument ne dépasse pas les dimensions habi- 
tuelles, mais la largeur maximum de la caisse 
atteint o"36. 

Allemagne. 1360. 7io/on-50ttf if ne ou violon muet, 
de l'anc. coll. V. et J. Mahillon. Cet instrument n'a 

' Aux deux instruments n^ 481 et 1358 les cordes princi- 
pales et les cordes sympathiques sont attachées à une plaque 
d*i voire fixée verticalement au bas de l'éclisse inférieure. 



— a? — 

pas de caisse de résonance; la table seule» sur 
laquelle s*appuient les cordes par Tintermédiaire 
du chevalet, sert ici à renforcer le son. L'instru- 
ment, qui semble dater du milieu du XVII® siècle, 
porte la marque manuscrite : Ernest Bilsch Lauten 
und Geigen Mâcher in Nurnberg. 

Ce luthier travaillait au commencement du XVII* siècle; la 
Historisk Samling af Musikinstrumenter, de Copenhague, pos< 
sède de lui une viola di gamba datée de 1615. 

Italie. 1861. Violon en écaille^ de Tanc. coll. 
V. et J. Mahillon. Auteur inconnu. 
Lutherie de curiosité, sans valeur artis- 
tique. 

France. 1862. Violon SavarU Don de 
MM. Gand et Bernardel frères à Paris. 
La caisse de cet instrument, construite 
d'après les théories de Savart, a la 
forme d*un trapèze; les éclisses sont 
par suite rectilignes, les ouïes ordinai- 
rement taillées en / sont remplacées 
par des ouvertures rectilignes dont la 
longueur est disposée dans le sens des 
fibres du bois; la barre d*harmonie se trouve fixée 
dans l'axe de la table. Les cordes sont attachées 
par un bouton d'ivoire à l'éclisse inférieure. Le 
violon Savart, qui date de 1818, fut approuvé 
par les Académies des Sciences et des Beaux-Arts 
à la suite d'un rapport fait par une commission 
nommée parmi les membres des deux compagnies. 




Violon Savart 
(no 1362). 



— a8 — 

L'instrument eut à son origine quelque succès, 
d'ailleurs mérité; mais Tancienne facture reprit 
bientôt le dessus, et les violons Savart sont allés 
rejoindre ceux de Chanot dans les vitrines des 
Musées (FÉLIX Savart, Mémoire sur la construction 
des instruments à archet^ suivi du rapport qui en a été 
fait aux deux Académies des Sciences et Beaux* Arts. 
Paris, Roret). 

Pays-Bas. 1863. Pochette en forme de violon. 
Don de M. A. Boucher, à Bruxelles. Cette pièce 
intéressante a appartenu à Nacher, professeur de 
danse et de maintien à Bruxelles, dans les premières 
années de ce siècle. Elle est montée de quatre cordes 
dont raccord est indiqué dans la note qui accom- 
pagne le numéro suivant. — Long. tôt. o"3i5; 
larg. max. o"o75. 

Allemagne. 1364. Poche. La forme est sem- 
blable à celle de la pochette, mais les longueurs 
sont approximativement celles du violon, à l'unisson 
duquel on accorde la poche. Le dos de celle-ci, de 
forme pentagonale, est recouvert de bandes d'ivoire 
séparées par des filets d*ébène. Le manche est égale- 
ment en ivoire. Les chevilles, sans doute primitive- 
ment en ivoire, sont actuellement en os. Le cheviller 
est terminé par une tête en bois sculpté. — Long, 
tôt. o°575. 

Lm, position du chevalet aux poches et pochettes a souvent 
été discutée. Le place-t-on, comme au violon, vers la moitié 
de la longueur des ouïes, ou au bas de celles-ci ? Les figures 
de Mersenne ne laissent aucun doute à cet égard. D*après ces 



— ag — 

figarea, assez bien faites, la position du chevalet de ces instru- 
ments est au bas des ouïes. 

Nous avons dit (voir la note du no 232, Cat, du Musée, vol. I, 
édit. 1893), que l'accord de la pochette est à Toctave aiguë du 
violon. Il importe de remarquer que ceci ne s'applique qu'aux 
pochettes montées de trois cordes seulement dont l'accord est 
celui-ci : 



^ 



L'accord de la pochette à quatre cordes se règle comme le 
sopranino de viole da bracciOf c'est à dire à la quarte aiguë du 
violon : 



^ 



•^ "T 8 2 1 
lorsque la pochette n'a que trois cordes c'est la quatrième 
corde, Vut, qui se supprime (voir la note du n» 219, Cat. du 
Musée, vol. I, édit. i893)« ^^^ accord de la pochette se vérifie 
du reste par la longueur de la corde vibrante. Celle-ci est à 
celle du violon dans le rapport de longueur très approximatif 
de 3 : 4. qui est, on le sait, le rapport vibratoire de deux sons 
à l'intervalle de quarte. 

Pays-Bas. 1866. Pochette, de l'anc. coll. V. et J. 
Mahillon.Sans nom d'auteur. Le dos est pentagonal 
et la forme générale, à peu de chose près, celle du 
n» 232. 

Pour l'accord, voir la note de l'instrument précé- 
dent. — Long. tôt. o"*420. 

Id. 1866. Alto. Don du Prince de Chimay. Eti- 
quette manuscrite : Fait à Tournay par Ambroise 
Décomble 1761. Très jolie facture, bien soignée, mais 
qui est certainement "^l'œuvre d'une main moins 
habile que celle qui a produit les deux autres instru- 



— 30 — 

ment s marqués du même nom [n*^ 1352 et 1353). Le 
vernis n*a plus cette richesse de ton à coloration 
rouge qui caractérise le vernis de ces derniers. 
Voir la note à la suite du n* 1354. 

ITALIB. 1867. Violoncelle. Don du Prince de 
Chimay. La caisse sonore de cet instrument a la 
forme et les dimensions d*un étui de violon*; il n'est 
pas autrement remarquable. On peut toutefois ajou- 
ter qu'il a appartenu au célèbre ténor Mario et qu'il 
fut acheté par le donateur, en 1876, à la vente du 
violoniste Telezinski. L'accord est celui d'un violon- 
celle ordinaire. — Long. tôt. i"33; larg. max. 
o"*285; haut, des éclisses o™ioo. 

Alsace. 1868. Violoncelle, de Tanc. coll. V. et 
J. Mahillon. Etiquette : Christophe Vetter à Stras- 
bourg 1744. Facture très ordinaire, n'offrant aucun 
détail digne d*une mention spéciale. Le cheviller 
est terminé par une sculpture assez jolie représen- 
tant une sorte de Janus : d'un côté, une tête de 
femme; de l'autre, une tète d'homme. Sous l'éti- 
quette du facteur s'en trouve une autre qui ne 
manque pas d'intérêt; nous la copions fidèlement : 
Cette bas par Marc Snoeck réparé pour faier voier à 
ces envieux mon adresse est près de VÉglise de St-Gerij 
à Bruxelles^ encien luthier 1748. — L'instrument et 
sa curieuse étiquette sont cités par Vidal {Les 
Instruments à archet^ tome i, p. 196), mais notre 
violoncelle établit que l'auteur français avait été 
mal renseigné. 



— 3» — 

Pays-Bas. 1369. Violoncelle, de Tanc. coll. 
V. et J. Mahillon. Etiquette manuscrite : j^ean- 
Hyacint Rotienbûrgh maior fecii 1753. Instrument 
de facture ordinaire, mais intéressante au point de 
vue d^ rétude de la facture nationale. Ce luthier» 
qui travaillait à Bruxelles, est cité par Vidal sous le 
nom de Rottenbrouck. 

Id. 1870. Violoncelle, Don du Prince de Chimay. 
Etiquette manuscrite lAntonius Stradivarius CremO" 
nensis faciebai 17.... Les deux derniers chiffres 
manquent. Malgré l'étiquette, il est facile de recon- 
naître la main et le vernis de Tauteur du n* 1352. 
La facture est soignée et le ton du vernis rappelle 
celui des vernis italiens* 

(Euo. Mailand. Découverte des anciens vernis ita- 
liens employés pour les instruments àcordes et àarchets. 
— Paris, Eug. I^acroix.) 

Id. 1871. Violoncelle^ de Tanc. coll. V. et J. 
Mahillon. Instrument semblable au n» 1369, même 
auteur, même étiquette manuscrite. 

Bblqiqub. 1872. Violoncelle. L'étiquette porte : 
Benoit' Joseph Boussu, lutier à Bruxelles 1757. Le 
Musée possède du même artisan un violon renseigné 
sous len» 1338. 

Id. 1878. Violoncelle, Il porte l'étiquette sui- 
vante : Marcus Snoeck tôt Brussel 1718. Facture 
ordinaire, les voûtes sont assez prononcées, le 
vernis est brun. 

Pays-Bas. 1874. Violoncelle. Etiquette : Gaspar 



_ 32 — 

Borbon totBrussel 1652. Facture très ordinaire, mais 
l'instrument est intéressant pour le Musée du Con- 
servatoire de Bruxelles en raison de la nationalité 
de son auteur. Les deux derniers chiffres du millé- 
sime sont devenus quasi illisibles et nous ' laissent 
des doutes sur leur exactitude. 

Id. 1876. Violoncelle^ de Tanc. coll. V. et J. 
Mahillon. Instrument de fantaisie dont le corps 
sonore, le manche, la touche et le cordier sont en 
cuivre; les chevilles sont en fer. L^inscription sui- 
vante se trouve dans Tintérieur de la caisse sonore : 
Fait par A. L.de Fontaine VEvique 1840. 

Il est évident que le timbre de cet instrument ne pourrait 
être semblable à celui des instruments similaires en bois. Les 
matériaux de celui-ci vibrent, mais les conditions d'élasticité 
des parois en laiton différant naturellement de celles qui 
sont propres aux parois en bois, la masse d*air intérieure 
de la caisse et Tair ambiant sont ébranlés de façon différente 
et produisent, conséquemment. des ondes sonores dont le 
timbre offre un caractère spécial. Il est certain qu'il est de 
beaucoup inférieur au timbre d'un instrument muni d'une 
caisse sonore en bois, bien équilibrée. 

Id. 1876. Contrebasse, Don du Prince de Chimay. 
Etiquette manuscrite : Faitpar Ambroise De Comble 
à Tournay 1750. Instrument à quatre cordes accor- 
dées en 



î 



^^ 



avec l'effet réel à l'octave inférieure de la note 
écrite. La facture est beaucoup plus soignée que 



— 33 — 

celle du n* 1354. Les étiquettes, toutes deux manus- 
crites, sont semblables. 

Les chevilles sont du système dit à mécanique, 
c'est-à-dire qu'elles sont commandées par une roue 
dentée que l'on fait tourner par une vis sans fin. 

L*iavention de la cheville mécanique est généralement attri- 
buée à Anton Bachmann, luthier né à Berlin en 1716, mort le 
8 mars iSoo; elle daterait de 1778 environ. Mais l'invention 
de Bachmann n'est, en somme, que le perfectionnement de la 
roue à rochet. Celle-ci existait déjà du temps de Prastorius qui 
la critiquait, avec raison, parce que la corde ne peut s* accorder 
d'une façon parfaite à cause du degré de tension invariable que 
produit le passage d'une dent à une autre. Il est vrai que cet 
inconvénient est moins sensible pour la contrebasse en raison 
de la grande longueur de ses cordes, et la vis sans fin sup- 
prime le défaut du rochet. 

Id. 1877. Contrebasse, de l'anc. coll. de V. et J. 
Mahillon. Sans nom d'auteur. Elle est à trois cordes 
et de petit format; construite dans ces proportions, 
la contrebasse servait souvent dans les cortèges ou 
les processions; Texécutant la suspendait au cou à 
l'aide d'une courroie terminée par un crochet; 
celui*ci se fixait dans un petit trou pratiqué dans 
le dos de l'instrument. 



Accord : ^ -|- 



avec l'effet à l'octave inférieure. — Long. tôt. i°»46 ; 
larg. max. o"50, haut, des éclisses o'^iô. 

iTAiriB. 1378. Contrebasse, de l'anc. coll. du comte 
Pietro Correr» de Venise. Etiquette : Zvane Rechal* 



— 34 — 

dini, al insegna del basso^ in Yenetia. C'est une basse 
à cinq cordes» renseignée dans le catalogue de la 
collection Correr sous le nom de Tcrzino di contra- 
basso baritono. — Long. tôt. z'^ôo ; larg. max. 
o"59; haut, des éclisses o"225. 

Pays-Bas. 1879. Trompette marine^ de l'anc. coll. 
V. et J. Mahillon. Caisse sonore heptagonale; le 
manche est terminé par une volute traversée par 
une cheville en fer munie d'une roue à rochet. — 
Long. tôt. i"59. 

Voir la note qui suit le n*' 217. 

Id. 1380. Trompette marine^ de l'anc. coll. V. et 
J. Mahillon. Elle est semblable à la précédente» 
mais la caisse de résonance, beaucoup plus étroite, 
est pentagonale. Un crochet en fer, fixé au dos du 
manche, servait à attacher un cordon que l'instru- 
mentiste se passait au cou afin d^empècher la trom- 
pette de glisser sur le sol lorsque, pour en jouer, il 
la tenait devant lui. — Long. tôt. i'°74. Les 
initiales IBST, ainsi que le millésime 1702, sont 
peints sur la table. 

Allbmagnb. 1881. Trompette marine. Caisse 
d'harmonie pentagonale s'élargissant rapidement 
vers Textrémité inférieure. La table porte une plaque 
en os sur laquelle s'appuie le chevalet. Une cheville 
placée au bas de la table, sur le côté, a pour but 
d'écarter la corde de la position rectiligne et de 
faire basculer légèrement le chevalet afin de faci- 
liter ses trépidations sur la table. Sur le haut de 



— 35 — 

celle-ci se trouvent deux petites plaques de nacre 
gravées sur lesquelles on lit : L. TOBI — 1740, Au 
milieu de la touche, et dans le sens de sa longueur» 
est incrustée une bandelette en os, et sur un des 
côtés du manche se trouvent également incrustés 
cinq petits triangles en nacre indiquant les points 
de division de la corde correspondant aux harmo- 
niques 3. 4. 5. 6. 8. La cheville est en bois avec 
une roue dentée à rochet. — Long. tôt. i">86. 

Italie. 1382. Trompette marine^ de Tanc. coll. du 
comte Pietro Correr, de Venise. Caisse d'harmonie 
heptagonale, cheviller rectangulaire, cheville avec 
roue à rochet. La touche porte la trace des lettres 
de la notation allemande C. B. G. C. D. E. P. G. A. 
indiquant les points de division de la corde corres- 
pondant aux harmoniques 4. 5. 6. 8. 9. 10. 11. 
12. 13. 

Id. 1383. Trompette marine^ de Tanc. coll. du 
comte Pietro Correr, de Venise. Semblable à la 
précédente. — Long. tôt. i"94. 

Id. 1884. Trompette marine^ de Tanc. coll. du 
comte Pietro Correr, de Venise. Semblable au 
n^ 1382. — Long. tôt. i»93. 

Id. 1386. Trompette marine^ de Tanc. coll. du 
comte Pietro Correr, de Venise. Semblable au 
n^ 1382, à Texception du cheviller qui, proba- 
blement rectangulaire à l'origine, a été remplacé 
par une pièce nouvelle sculptée en forme de tète 
d'aigle. La touche porte des indications correspon- 



-36 - 

dant à la division de la corde jusqu'au 14^ harmo- 
nique (sift). — Long. tôt. i°93. 

Allemagne. 1386. Trompette 
marine. Caisse d'harmonie penta- 
gonale s'élargissant brusquement 
vers la partie inférieure où elle 
est appliquée sur un cadre de bois 
plat qui lui sert de base et assure 
la stabilité de Tinstrument au 
repos. La cheville, à large tête 
ronde en bois, est appliquée verti- 
calement à la partie supérieure de 
l'instrument. Cette cheville se ter- 
mine par une vis sur laquelle est 
taraudée une sorte d'écrou terminé 
par une pointe à laquelle est atta- 
chée Tune des extrémités de la 
corde. Quand on tourne la vis, 
l'écrou monte ou descend sur 
celle-ci, tend ou détend la corde 
pour en régler l'intonation. La 
table porte la trace d'un nom 
devenu illisible. — Long. tôt. 
2"o6. 

Id. 1887. Trompette marine^ de 

Tanc. coll. V. et J. Mahillon. 

'•^ Facture plus soignée que celle des 

Trompette mahnc(aox386). J^strumcntS précédcntS. La CaisSC 

d'harmonie, heptagonale, est formée de planchettes 



_ 37 — 

d^ërable. Le cheviller est muni de la roue dentée 
commandée par une vis sans fin dont nous avons 
vu rinvention attribuée à Anton Bachmann (voir la 
notice du n^" 1376). L'instrument nous paraît anté- 
rieur à 1776, date présumée de l'invention; il est 
vrai que la cheville actuelle peut y avoir été appli- 
quée après coup, — et c'est ce qui nous semble être 
le cas. — Long. tôt. 2"04. 

lo. 1388. Viole d'amour^ de Tanc. coll. V. et 
J. Mahillon. Etiquette : Andréas OstierLauien = und 
Geigen Mâcher in Bresslau^ 1730. Joli spécimen de 
*la lutherie allemande. Six cordes principales et six 
cordes sympathiques; accord du n*23o. — Long.tot. 
^"7355 lîu^g* niax. o"243; haut, des éclisses o°'058. 

Francb. 1389. Viole d'amour. Don de M""*" Til- 
mont-de Bas. Etiquette : Fait à Reims par Salomon^ 
1773. L'instrument, monté de cinq cordes princi- 
pales et de cinq cordes sympathiques, est un spéci- 
men intéressant de la facture française à la fin dp 
dernier siècle. Il a servi pendant de longues années 
à de Bas, beau-père de la donatrice, de son vivant 
premier alto solo au Théâtre royal de la Monnaie. 

Allemagne. 1380. Viole d'amour j de Tanc. coll. 
V. et J. Mahillon. C'est une viole de facture ordi- 
naire, dont le cheviller est terminé par une assez 
jolie tête en bois sculpté. Sept cordes principales et 
sept cordes sympathiques. Accord du n* 224. — 
Long. tôt. o»725} larg. max. o"252; haut, des 
éclisses 0^057. 



- 38 - 

Id. 1891. Viole d'amour. Etiquette : Johannes 
Rauch Geigen und Lauien Mâcher in Commathau 1742. 
Sept cordes principales et sept cordes sympathiques. 
Cejoli spécimen de la lutherie allemande a appartenu 
à feu Carli Zoeller, de son vivant chef de musique 
au 2^ régiment de Life Quards, à Londres. L'instru- 
ment est accompagné de son étui et de son archet 
à baguette cannelée avec hausse et bouton d'ivoire. 
Le manche et le cheviller ont été renouvelés. 
Italib. 1392. Viole d'amour à 6 cordes principa- 
les. Jolie pièce de lutherie de la seconde 
moitié du XVIIl'' siècle. Elle n'a heu- 
reusement subi aucune modification; 
le manche, la touche et le cordier sont 
intacts. Le cheviller est terminé par 
une tête de Cupidon avec les yeux 
couverts du bandeau traditionnel. Une 
rosette est découpée dans la table. 
C'est, d'après M. Alfred Hill, de Lon- 
dres, un instrument de Técole de Bo- 
logne, et probablement de Qiovanni 
F. Guidantus. 

France. 1893. Par^dessus de viole 
ou quinton, de l'anc. coll. V. et J. Ma- 
hillon. Très joli spécimen portant intérieurement la 
marque de Antoine Medard, Paris, i66y. Cinq cordes 
(pour raccord voir le n^ 219). La table d'harmonie 
ne porte pas trace de barre, laquelle, à cette époque, 
faisait souvent corps avec la table d'harmonie au 




Viole d'Amour 
(no 139a). 



- 3Ô — 

lieu d'y être attachée à la colle comme cela se 
pratique de nos jours. Vernis à l'albumine très 
régulièrement appliqué; ouïes en 3C* — Long. tôt. 
o«65; larg. max. o"2i; haut, deséclisses o"o7. (Les 
Medard, luthiers lorrains^ par Albert Jacquot. Paris, 
Fischbacher, 1896). 

Id. 1394. Quinton, de Tanc. coll. V. et J. Ma- 
hillon. Etiquette : Ludovicus Guersan propè Comœ- 
diam Gallicam LuUtiaanno 1753. Beau 
spécimen de la facture française. Le 
cheviller est terminé par un tête de 
femme sculptée, le manche porte sept 
divisions en cordes à boyaux. L'instru- 
ment ressemble au n* 480, du même 
auteur. Les éclisses ont, dans leur 
milieu, une bande de bois de cèdre; 
le dos, plat, est également traversé en 
son milieu et à ses deux côtés par des 
bandes de cèdre. Vernis à l'alcool. 
Cinq cordes accordées comme celles Q«i«toii(iiox394). 
du n' 219. — Long. tôt. o"»6a5; larg. max. 0^202; 
haut. max. des éclisses, 0^*54. 

Id. 1396. Par 'dessus de viole, de Tanc. coll. 
V. et J. Mahillon. Etiquette : Pierre SainUPaul 
rue Saini'André des Aris à Paris 1742. Très joli 
spécimen de la viole à six cordes. Ne diffère guère 
de la précédente. Vernis à Talcool très pâteux. 
Accord du n» 222. — Long. tôt. o"*6i5, larg. max. 
o"i90, haut, des éclisses o°*o6o. 




— 40 — 

Id. 1396. Quinion, de Tanc. coll. V. et J. Mahil- 
lon. Etiquette : Nicolas Louis Gilbert facteur d'ins- 
truments à Metz 1 70 1 • 

Id. 1397. Quinton, de Tanc. coll. V. et J. Mahil- 
lon. Ce joli instrument, monté de cinq cordes, porte 
rétiquette suivante : François le Jeune rue de la 
Juiverie à Paris anno 1757. Il offre cette particula- 
rité remarquable que la forme de la caisse sonore 
affecte tout ^ fait celle du violon. Le cheviller est 
terminé par une jolie tête d*ange. 

Id. 1398. Quinton, de l'anc. coll. V. et J. Mahil- 
lon. Il porte, gravée dans la partie supérieure du 
fond, l'estampille de : Salomon à Paris. Le chevil- 
ler se termine par une tête sculptée avec art. La 
•aisse, comme celle de Tinstrument précédent, 
rappelle la forme du violon. 

Id. 1399. Quinton, de Tanc. coll. V. et J. Mahil- 
lon. Etiquette : Gérard J. Deleplanque Luthier^ 
marché aux Poulets près le marché aux Poissons à Lille 
1766. Joli spécimen de la lutherie française. La 
table et le dos sont à doubles filets, les ouïes 
découpées en DC* L& touche porte douze divisions 
formées par des filets de laiton incrustés dans le 
bois. L'instrument, monté de cinq cordes, est 
accordé comme à Tordinaire (voir le n<* 219). — 
Long. tôt. o°^Ô2o; larg. max. de la table 0B200. 

Allbmaqnb. 1400. Dessus de viole, de Tanc. coll. 
V. et J. Mahillon. L'étiquette est malheureusement 
illisible; nous croyons cependant pouvoir la com- 



— 41 — 

pléter et la présenter ainsi : Dicir{icK) (C)ochem (t)n 
CoUen anno i668* Les lettres entre parenthèses ont 
disparu. Très intéressant instrument à six cordes. 
La table est à double filet, les ouïes en 3 C ; une 
rosette est découpée dans le milieu de la partie 
supérieure de la table, à distance égale du chevalet 
et du bas de la touche. Le cheviller est terminé par 
une tète sculptée. 
Accord : * 



^|e3 



— Long. tôt. o"7i ; larg. max. o"»245; haut, des 
éclisses o"o73. 

Il ne faut pas confondre les d$i5Ui de violé avec les par-dessus 
de viole à six cordes, appelés quintons lorsqu'ils sont à cinq 
cordes. Le dessus de viole est d*un format plus grand que le 
par-desius de viole; ainsi les instruments catalogués n« 319, 
222,223 sont àt^ par-dessus et non des dessus, comme nous 
l'avons dit par erreur. Les par-dessus de viole et les quintons 
paraissent n'avoir été employés qu'en France. 

France. 1401. Dessus de viole, de Tanc. coll. 
V. et J. Mahillon. Etiquette : Louis Cotton à Rouen 
16.... (les deux derniers chiffres sont illisibles). 
Facture ordinaire, six cordes, accord semblable à 
celui de Tinstrument précédent. — Long. tôt. 
o"7io; larg. max. o«»2i5; haut, des éclisses o"o87. 

Id. 1402. Dessus deviole^ de Tanc. coll. du Comte 
Pietro Correr, de Venise. Etiquette : Hainrich 
Ebert. Très joli spécimen à 6 cordes ; forme très 



— 4^ — 
caractéristique; il date bien certainement du milieu 
du XVII* siècle. La touche et le cordier sont 
inscrutés de filets de bois noir disposés en losanges 
comme à beaucoup d*instruments à cordes de cette 
époque arrivés jusqu'à nous sans remaniements; le 
vernis est à base d*albumine. — Long. tôt. on»77; 
larg. max. o™25, haut, deséclisses o^og. 





DetMt de vide (oo 1402)- Detsni de viole (00 1403). 

Italie. 1403. Dessus de viole^ de Tanc. coll. du 
Comte Pietro Correr, de Venise. Etiquette : Pietro 
Zenatto fece in Treviso, anno 1643. Six cordes 
accordées en 



— 43 — 

Facture médiocre. La caisse sonore n^a pas les 
échancrures ordinaires; la courbe des côtés , arron* 
die et légèrement rentrante vers leur milieu, rap- 
pelle les contours de la guitare. — Long. tôt. ©""yg, 
larg. max. o^'ziS, long, de la caisse sonore o""4o; 
haut, moyenne des éclisses o^'oSo. 

Id. 1404. Dessus de Viole^ de i'anc. coll. du 
Comte Pietro Correr, de Venise. Instrument sem- 
blable au précédent; même facture, même date. 

Id. 1406. Dessus de viole, de l'anc. coll. du Comte 
Pietro Correr, de Venise. Il porte la 
même étiquette que les instruments 
précédents, avec la date de 1684. Le 
cheviller, au lieu d*être terminé par 
la volute traditionnelle, l'est par une 
petite plaque rectangulaire taillée à 
facettes. Même accord et mêmes 

dimensions que le n* 1403. 

Id. 1406, 1407. Dessus de viole, de 

Tanc. coll. du Comte Pietro Correr, 

de Venise. Ils sont semblables au 

n** précédent, du même auteur et de 

la même époque. 

Id. 1408. Dessus de viole, de Tanc. 

coll. du Comte Pietro Correr, de 

Venise. Instrument semblable au 

n» 1403. 
Id. 1409. Alto, ténor ou taille de ^ *%oie°(n?i4i*).*' 

viole, de Tanc. coll. du Comte Pietro Correr, de 




— 44 — 
Venise. Auteur, date et forme de Tinstrument pré- 
cédent. Six cordes accordées de la façon suivante : 



Cet accord était différent en France et en Allemagne. (Voir 
la note p. 3x4 du tome I, deuxième édition). 

Long. tôt. x«oa, larg. max. o-joo, long, de la 
caisse sonore o^sj^ haut, moyenne des éclisses 
o"ii5. 

Id. 1410. Alto, ténor ou taille de viole, deTanc. 
coll. du Comte PietroCorrer,de Venise. Instrument 
semblable au précédent. 

Id. 1411, 1412, 1418. Altos, ténors ou tailles de 
viole^ de Tanc. coll. du Comte Pietro Correr, de 
Venise. A l'exception du cheviller, terminé par une 
plaque rectangulaire au lieu de la volute ordinaire, 
ces instruments sont semblables au n« précédent. 
Us portent la date de 1684. 

Id. 1414. Alto, ténor ou taille de viole. Don de 
M. Massau, professeur de violoncelle à l'Ecole de 
Musique de Verviers. Très intéressante pièce du 
XVIl^ siècle, sans étiquette d'auteur, vernis à l'al- 
bumine. Les lettres D.DVCXsont imprimées sur 
le fond de l'instrument, au dessous du talon du 
manche. Accord comme le n* 1409. Long. tôt. o^go, 
larg. max. o"27, haut, des éclisses o"io. 

Id. 1416. Alto, ténor ou taille de viole. Ce bel 
instrument est attribué à Gasparo da Salo, luthier 



— 45 — 

célèbre considéré comme le fondateur de la belle 
lutherie italienne. Il habitait Brescia entre 1550 
et 16 12. Salo est une petite ville située sur le 
lac de Garde. L'instrument porte l'étiquette du 
maître : Gasparo da Salo in Brescia. Le manche, 
la touche et le cordier ont été 
renouvelés, comme à la plupart 
des instruments de valeur, mais, 
bien que cette viole ait perdu une 
partie de ses caractères origi- 
naux, elle n'en reste pas moins 
intéressante par ceux qui lui res- 
tent : la caisse sonore, avec les 
doubles filets adoptés plus tard 
par Jean-Paul Maggini, élève du 
maître, la forme des ouiês et la 
beauté du vernis. — Long. tôt. 
o"86, larg. max. 0^355. 

Id. 1416. Viole bâtarde, de 
Tanc. coll. V. et J. Mahillon. 
Cheviller orné de rinceaux sculp- 
tés et terminé par une tête de 
lion. Le talon du manche est 
orné de la même façon. Ouïes 
en 3C; fond plat. La table est 
bordée par un filet formé de frag- 
ments d*ébène et d*ivoire alternés. Six cordes, vernis 
à lalbumine. — Long. tôt. i"22, larg. max. o'"365, 
haut, des éclisses o"i3o. 




Viole bâtarde (no 14x6). 



- 46 - 



Nous avons dit, page 318, tome I. deuxième édition, que la 
viola basiaria n'était qu'une viole de gambe de grand format. 
Cette description est incomplète ; c'est une viole de gambe 
ténor de grand format que nous avons voulu dire. Bn cette 
occasion encore le témoignage de Praetorius est précis : 
i Dièses ist ein Art von Violn de gamba, wird auch gleich also, 
wie ein Ténor von Violn de gamba gçstimmet (den man auch 
in manglung darzu brauchen kan), aber das Corpus ist etwas 
langer und grôsser. • On le voit, la viole de gambe ténor et la 
viole bâtarde s'employaient indifféremment et pouvaient être 
confondues. En réalité, la viole bâtarde est une viole de 
gambe basse, 00 basse de viole, de petit format. Cette dési- 
gnation, par comparaison avec un type bien connu, est moins 
sujette à erreur. 

Id. 1417. Violabasiarda^ de Tanc. coll. da Comte 
Pietro Correr, de Venise. Auteur, date et forme des 
instruments suivants. Long. tôt. {"'lô, larg. max. 
o"349 long, de la caisse sonore o"66, haut moyenne 
des éclisses o°*i2o. 

Praetorius renseigne cinq manières d*accorder la 
viola basiarda : 

^■^ ^A .-•- 



^ 



itnr 



H- 



:t 



Z^-Jr 



■ë 

6 5 4 3 3 1 



3^ 



:5=k: 



«64131 



«S 4 3 2 1 



^=^ 



6 5 4 3 2 1 



^ 






"^■5 4 3 3 1 

ID. 1418, 1419, 1420, 1421, 1422, 1423. VioUs 
bâtardes^ de Tanc. coll. du Comte Pietro Correr, de 



— 47 — 

Venise. Biles portent toutes l'étiquette de : Zanetio 
fece in Trcviso. Table à double filet, comme aux 
instruments précédents et aux spécimens de Técole 
de Brescia. Six cordes, caisse à courbes arrondies 
comme celles de la guitare, grandes ouïes taillées 
en//, volute bien dessinée. Long. tôt. in>2o, larg. 
max. o">33, haut, des éclisses o»i3. 

Id. 1424. Viole bâtarde, de Tanc. coll. du Comte 
Pietro Correr, de Venise. Etiquette : Antonio Cici- 
liano a Venetia (vers 1 660). Forme ordinaire de la 
viole, ouïes en 3C» six cordes. — Long. tôt. i"»io, 
larg. max. 0^*34, haut, des éclisses o<°i2. 

Id. 1426. Viole bâtarde, de fane. coll. du Comte 
Pietro Correr, de Venise. Etiquette : Baiista fiel 
tTAnfCicilian in V". Six cordes comme à rordinaire, 
sept frettes sur le manche, ouïes en CD» fond plat 
avec la partie supérieure inclinée vers le manche, 
vernis à Talbumine. En somme, lutherie ordinaire. 
— Long, tôt, x°*o7, larg. max. o"»35. 

Id 1426 Viole bâtarde, de lanc. coll. du Comte 
Pietro Correr, de Venise. Instrument semblable au 
précédent; même date, même auteur : Batista, fils 
d'Antoine Ciciliano, à Venise. 

Id. 1427. Basse de viole. Elle est de Gaspard 
Duiffoprugcar, né àPresing, en Bavière; vers 15 14, 
mort à Lyon vers 1570. Cet instrument, que le 
célèbre luthier a fait pour François I, est considéré 
à juste titre comme une des plus belles pièces de Tan^ 
cienne lutherie italienne. Il est connu sous le nom 



^48- 

de c Viole au plan de la ville de Paris > parceque le 
dos porte en marqueterie le plan de Paris au 
XVI* siècle; ce plan est, paraît-il, semblable à 





Basu de riole (n" 1427). 

celui qui se trouvait en tapisserie à THÔtei de Ville 
de Paris et qui fut détruit lors de l'incendie de cet 
édifice, en 1871. Au-dessus de ce plan figure un 



— 49 — 

S^-LaiCy diaprés Raphaël , également en marqueterie. 
Le cheviller, finement sculpté, porte les attributs 
de la musique; parmi les ornements du cordier, on 
remarque une femme jouant du luth. L*instrument 
a malheureusement subi des remaniements au cours 

desquels a disparu la marque du luthier, I , dont le 

vrai nom est Tieffenbrûcker. L'orthographe fran- 
çaise, telle que nous récrivons, est celle générale- 
ment adoptée. Diaprés feu le D' Coutagne, il 
faudrait écrire Duiffoproucart ; il s'appuie sur une 
signature autographe du fils de ce célèbre luthier 
conservée dans les archives de Lyon. — Long, 
tôt. i"26, larg. max. de la table o°'375, long, de la 
caisse o"'67, haut des éclisses o"i3o. — {Gaspard 
Duiffoproucart et les luthiers lyonnais du XV h siècle, 
tude historique par le I> Henry Coutagne. Paris, 
Pischbacher, 1893). 

Id. 1428. Basse de viole ^ de Tanc. coll. du Comte 
Pietro Correr, de Venise. Facture pareille à celle 
des instruments précédents provenant de la même 
collection; même auteur, même date. Accord : 



W 



=c 



•r 

6 



3^3 



— Long. tôt. i"3o; larg. max. ©"44; long, de la 
caisse sonore o">78, haut, moyenne des éclisses^ 
o»i44. 
£n Angleterre, vers le milieu du XVIJe Biècle, la famille dea 



— 50 — 



violes comprenait trois individus : la viola de gamba basse, 
appelée quelquefois consori vioU accordée comme le n» 1428; la 
ténor violf accordée à la quarte aiguë de la précédente; la trebk 
viol accordée à Toctave aiguë de la basse. La basse de viole se 

faisait généralement en trois for- 
mats différents. Cette coutume 
n'est pas particulière à TAngle- 
terre, car nous constatons aujour- 
d'hui des variations très sensibles 
dans des basses de viole de toute 
provenance. 

Nous savons que la touche des 
violes de gambe était ordinaire- 
ment divisée en sept cases par des 
ligatures en cordes à boyaux, appe- 
lées fretteM, lesquelles servaient à 
faciliter la production des degrés 
chromatiques sur chaque corde. 
Ces degrés s'indiquaient par des 
lettres. Ainsi, la corde vibrant dans 
toute sa longueur était marquée 
par la lettre a; le premier degré 
chromatique obtenu par le rac- 
courcissement de corde indiqué 
par la première frette, était mar- 
qué par b ; 

le raccourcissement par la deu- 
xième frette, par c; 
par la troisième, par d; 
par la quatrième, par e\ 
par la cinquième, par/; 
par la sixième, par^; 
enfin, le raccourcissement par la septième frette, par h. 
C'est sur cette pratique que repose l'ancienne notation instru- 
mentale appelée tablature. Chacune des cordes était repré- 




Bttte de viole (00 1428). 



— 51 — 

sentée par une ligne horisontale, la lettre indiquait la note à 
produire sur la corde. 

La manière d'accorder les violes de gambe à cette époque 
est intéressante; nous en avons déjà parlé au sujet des 
o<" 1325-1326. Nous rappelons ici le procédé enseigné par un 
ouvrage publié à Londres en 1679 t An introduction to the 
skill of Musick i par John Playford : 

« Lorsque vous commencez à accorder votre viole, montez 
ia première corde autant qu'elle puisse le supporter sans se 
rompre. 

Puis, arrêtez la vibration de la seconde corde à la frette/; 
tendes alors cette corde, ainsi raccourcie, jusqu'à ce que son 
intonation soit à l'unisson de la première corde à vide. 

Arrêtez la 3» corde à la frette /; tendez-la jusqu'à ce qu'elle 
soit à l'unisson de la deuxième corde à vide. 

Arrêtes la 4* corde à la frette e; tendez-la à l'unisson de la 
y corde à vide. 

Arrêtez la 5« corde à la frette/; tendez-la à l'unisson de la 
4* corde à vide. 

Finalement, arrêtez la 6" corde à la frette / et tendez-la à 
l'onisson de la 5« corde à vide. L'opération terminée, vous 
trouverez votre viole parfaitement accordée. • 

La question du diapason uniforme ne préoccupait guère, on 
le voit, les musiciens du XVII* siècle, et la recherche d'une 
justesse absolue ne les tourmentait pas outre mesure. 

Nous savons que les violes da braccio, à la famille desquelles 
appartient le violon et qui s'accordent par quintes justes, 
n'avaient plus, dès le commencement du XVI I« siècle, les 
frettes ou les autres moyens d'indiquer la division de la 
touche. Playford. dans le traité susdit, conseille de fretUr le 
manche du violon : « c'est le moyen le plus facile et le plus 
rapide, dit-il, pour un commençant affligé d'une mauvaise 
oreille, de produire des intonations justes %\ 

lo. 1429. Basse de viole, de Tanc. coll. du Comte 
Pietro Correr, de Venise. Pièce de lutherie très 



— 52 - 

intéressante, dont la forme se voit sur les tableaux 
du XVP siècle, époque à laquelle cet instrument 
doit appartenir. La tête qui ter- 
mine le cheviller est nouvelle, 
ainsi que le cordier. — Long. 
i°'2o, larg. max. o°>35. 

Allemagne. 1430. Basse de 
viole 9 de Tanc. coll. V- et J. 
Mahillon. Etiquette : Joachim 
Tielcke Hamburg mefecit 1669. 
Très joli spécimen de la luthe- 
rie de ce facteur renommé. Le 
cheviller, terminé par une tête 
de femme, est encore orné 
d autres sculptures; celles du 
côté postérieur sont très fines 
et représentent des instru- 
ments de musique. Le manche 
ne nous paraît pas être celui 
de rinstrument original. La 
touche et le cordier sont égale- 
ment ornés de marqueteries 
d'ivoire. Les ouiês sont en 3C« 
le vernis est à l'albumine. Six 
i"3x ; larg. max. o°»4io; haut. 




Basse de viole (no 1429). 



cordes, — Long. tôt. 
des éclisses o<°i35. 

Angleterre. 1481. Basse de viole. Don du Prince 
de Chimay. Etiquette : Gio Paolo Magginiin Brixiae 
1630. Très jolie pièce de lutherie, mais qui n'a rien 



— 53 — 

d^italien. Son origine est anglaise ou française, mais 
nous penchons vers la première de ces hypothèses. 
Le dos, à fond plat, est ornementé de rinceaux 
sculptés, en relief, dans Tépaisseur du bois, en deux 
lignes parallèles à Taxe; doubles filets sur la table 
comme sur le fond, tous deux ornés, ainsi que les 
éclisses, de filets d'ébène assez habilement tracés 
et incrustés. Le cheviller est terminé par une tête 
de femme sculptée. Vernis jaune ambré assez riche 
de ton, surtout sur la table. Sept cordes, accord 
du n* 227. — Long. tôt. i°3o; larg. max. o™4o; 
haut, des éclisses o'^ijs. 

Noas avons en Foccasion de montrer cet instrument à 
M. Alfred HiU. de Londres. L'opinion du célèbre luthier con- 
firme tontes n/os suppositions ; d'après lui. cette basse serait 
l'œuvre d'Edouard Lewis qui travaillait à Londres tout au 
commencement du XVIII« siècle. 

France. 1482. Basse de viole, de Tanc. coll. 
V. et J. Mahillon. L'étiquette, devenue presque 
illisible, nous semble être la suivante : Romain 
Berori rue Si-Antoine à Paris. Facture ordinaire; 
volute sculptée à jour, doubles filets sur le fond et 
la table, contournés en fleur de lys sur les quatre 
angles formés par Téchancrure des éclisses; sept 
cordes, accord du n^ 227. — Long. tôt. i"29; larg. 
max. o"'40; hauteur des éclisses o" 132. 

Italib. 1433. Grande basse de viole de gambe^ de 
l'anc. coU. du Comte Pietro Correr de Venise. Elle 
ne porte pas de nom d*auteur, mais il est facile de 

4 



— 54 — 

reconnaître la facture de Zenatto^ de Trevise. Elle 
est montée de six cordes accordées, d*après Praeto* 
rius, de Tune des deux manières suivantes : 



î 



8 - I J r 



:fe4 



Les mêmes instruments, montés de cinq cordes, 
se réglaient ainsi : 



— j- " 

Dans les trois cas, Teffet réel est à Toctave grave 
de la note écrite. — Long. tôt. l'^gS; larg. max. 
o°'65; haut, des éclisses o'^aa. 

Id. 1484. Basse quinU de viole de bracciOf de Tanc. 
coll. du Comte Pietro Correr, de Venise. Attribuée 
à ^ecbardini Zuane, de Venise, < alF insegna del 
Basso >, vers 1605. Elle a la forme d'un grand 
violoncelle; fond plat^ ouïes découpées en ff. Les 
cinq cordes étaient, d'après Praetorius, réglées de 
la façon suivante : 






— Long. tôt. i'°42; larg. max. 0^45; haut, des 
éclisses o™oi5. 



— 55 — 

ALLBftiAGNB. 1436. Grande basse de viole de 
gambe. Montée actuellement de sept cordes, elle 
n'en possédait primitivement que six, accordées, 
selon Praetorius, de l'une des deux manières 
suivantes : 



B . j J r 



^ 



l'une et l'autre avec Teffet à l'octave inférieure de la 
note écrite. Cet instrument a malheureusement 
subi des réparations et des transformations mala-* 
droites. Ce qui reste de l'instrument primitif ne 
mérite pas d'attirer notre attention ; la partie neuve, 
y compris le manche et le cheviller à sept cordes, 
est Tœuvre d'un luthier ignorant et incapable» 
Cette viole faisait partie d'une collection achetée 
en bloc, c'est ce qui explique sa présence au Musée. 
Il est toutefois intéressant pour montrer jusqu'à 
quel point de dégradation un instrument peut être 
amené par le fait de réparations maladroites. 

Italie. 1486. Grande basse de viole de gambe^ de 
l'anc. coll. du Comte Pietro Correr, de Venise. 
Facture ordinaire, mais de forme très caractéris- 
tique. Le manche est original, ce qui est asse^ 
rare dans les instruments du XVII® siècle parvenus 



- 56 - 

jusqu'à nous; il porte sept divisions, formées de 

frettes faites par un 
double tour de corde 
à boyaux. L'accord 
est celui de l'instru- 
ment précédent. — 
Long.tot. i"»68;larg. 
max. o"6i; haut, des 
éclisses o°'i5. 

ID. 1487, Grande 
basse de viole de gambe, 
de Tanc. coll. du 
Comte PietroCorrer, 
de Venise. Etiquette: 
Pietro Zenatto feu in 
Treviso anno 1683. 
Cinq cordes accor- 
dées à l'octave infé- 
rieure des notes sui- 
vantes : 




B 



^ 



Grand* basse de viole de eambe{ao 1436). 



Ta 3 2 1 
L'instrument est 
remarquable en ce 
qu'il n'a subi aucune 
transformation et 
qu'il nous instruit 
ainsi des intéressants 



— 57 — 

détails de facture de cette époque reculée. Le 
manche ne porte que cinq divisions. — Long. tôt. 
2"o6, larg, max. 0*735, haut, dés éclisses o»24. 

lo. 1438. Grande contrebasse^ de Tanc. coll. du 
Comte Pietro Correr, de Venise. Elle ne porte 
pas d'étiquette, mais la facture dénote l'œuvre de 
Pietro Zenatto, de Trevise. C*est l'instrument appelé 
par Praetorius c gar gross Bass-Viol » et dont il 
donne Taccord suivant : 



& . I J F 



t=É 



T^ - 

avec Tefiet réel à Toctaye inférieure de la note écrite. 
La tension des cordes est telle qu'elle nécessite 
rintermédiaire d*une clef agissant sur' les chevilles, 
en guise de levier. Cet accessoire, reproduit d'après 
le dessin qu'en donne Praetorius, accompagne 
l'instrument. — Long. tôt. i»30, larg. max. o"»92, 
haut, des éclisses o'"29. 

L'examen de la majeure partie des instruments qai précè- 
dent, à partir du n» 1403, n'est pas en faveur de la lutherie 
ordinaire italienne du milieu du XVII« siècle ; elle dénote une 
mun d'œuvre grossière et si complètement différente de la 
lutherie artistique de la même époque, que l'on se demande 
comment les deux genres ont pu exister simultanément. Tous 
les instruments dont il s'agit ont le vernis à base d'albu- 
mine, colorié au moyen d'une substance quelconque. Ce pro- 
cédé de vernissage, que l'on rencontre sur un grand nombre 
d'instruments de ce temps, semble être celui généralement 
en usage avant les progrès réalisés par l'école crémonaise 



_ S8 - 

employant le Ternig gras à Tessence. Dana les ouvrages relatifs 
à l'histoire de la lutherie, nous n'avons pas, jusqu'à présent, 
trouvé de renseignement au sujet de ce vernissage à l'albumine, 
lequel avait néanmoins des avantages: il séchait très rapi- 
dement, donnait au boit un ton très chaud et très brillant, 
et n'était pas sans solidité, ainsi que nous pouvons nous en 
convaincre par la belle basse de viole n» 229, dont la table est 
vernie au moyen de ce procédé. 

Id. 1439. Viola da Spolia (ail. = ienor Geig, 
fr. = alto), de Tanc. coll. du Comte Pietro Correr, 
de Venise. Etiquette : Isepo MerfeotiOy di Rovigo(î). 
Vernis à l'albumine. Facture ordinaire, mais 
instrument est intéressant à cause de la parfaite 
conservation de tous les détails du temps (milieu 
du XVIP siècle). Même accord que notre violon- 
alto contemporain : 



i 



£ 



— Long. tôt. o"7oo, larg. max. o'"24S. 

Viola da spalla, viole d'épaule, ou viola da braccio, viole de 
bras, sont des expressions synonymes appliquées au même 
Instrument. Braccia est simplement le pluriel de hraceio, mais 
l'expression viola da braccio parait être la plus généralement 
usitée (Voir la note p. 3x4, tome I. deuxième édition). 

Id. 1440. Viola da spalla, dt Tanc. coll. du Comte 
Pietro Correr, de Venise. Etiquette : Agustin 
Busarifcce in Verona. Vernis à l'albumine, facture 
ordinaire de Técole de Brescia. La table et le dos 



— 59 — 

sont à doubles filets, les^, petites et disgracieuses. 
Le patron, plus grand que celui de Tinstrument 
précédent, n'est pas sans élégance. Même accord 
que la viole n» 1439. — Long. tôt. 0^720, larg. 
max. o"26o. 

Allemagne. 1441. Viola da braccio (ail. ^^Bass- 
Geig; fr. «» viohncelle). Marque : Martinus Kaiser. 
Instrument de forme ordinaire, avec une rosette en 
cœur dans la table^ au bas de la touche, et deux 
petits trous dans le fond, pour y introduire le 
crochet destiné à suspendre Tinstrument au cou de 
Texécutant. Vernis à Talbumine.— Long. tôt. i"20, 
larg. max. o»46. 

Id. 1442. Grande Basse-quinU de viole da Braccio 
à cinq cordes. Don de feu M. Vanderheyden, profes- 
seur au Conservatoire royal de musique de Bruxel- 
les. Etiquettes : Hans Krôuch dater aûff der Beimen 
der Kilebori 1654 — Ribarirt von Hieronimus Bigler 
im Alienburg, Bern rf/15 mai 18 15 — Repariri in 
Juli 1853 von Andréas Gold in Wasseralfingen. Prae- 
torius donne à cet instrument Taccord suivant : 

5 

— Long. tôt. i»67, larg. max. o"522, haut, des 
éclisses o"*i6o. 

Italie. 1443. Lira da braccio (fr. :» viole de lyre). 
Spécimen très ancien et très primitif de ce vieux 



— 6o — 



type de viole, dont l'accord nous est fourni, lui aussi, 
par l'inépuisable trésor amassé par Praetorius. Les 
cordes, au nombre de sept, sont réglées de la façon 
suivante : 



î^ 




Le cheviller est plat et les chevilles s*y adaptent 
verticalement. Les cinq premières cordes passent 

â chacune par un petit trou foré au- 
delà du sillet et viennent s^enrouler 
autour de l'extrémité de la cheville; 
à cet effet le cheviller est, sur sa 
face postérieure, creusé sur une 
profondeur de 15 millimètres envi- 
ron. Les 6* et 7» cordes, attachées 
au cordier avec les autres et appuyées 
sur le même chevalet, viennent repo- 
ser sur un sillet supplémentaire placé 
au côté gauche du cheviller, d'où 
elles rejoignent leurs chevilles res- 

Ura da bracào ^. ^ , 

(00 I44S)* pectives en passant par deux petits 

trous forés sur le côté gauche du dit cheviller. La 
touche porte cinq divisions déterminées par un tour 
de cordes à boyaux enroulées autour du manche. 
L'arrête presque droite du chevalet indique que la 
technique de l'instrument a principalement pour 
but l'ébranlement par l'archet de plusieurs cordes 



~ 6i — 

à la fois. — Long. tôt. o'"72, long. max. de la 
table o»26. 

Les violes de lyre disparaissent vers la moitié du 
XVII* siècle; à cette époque, elles sont générale- 
ment remplacées, comme instruments d'accompa- 
gnement» par les violes ordinaires. (Voyez Die lia- 
lienische Lira da Braccio, von A. Hajdccki ; Mostar^ 
1892, et Die Geschichie der Bogeninsirumente, von 
Julius RUhlmann; Braunschweig 1882). 

Id. 1444. Lirone perfeito [Arce'-viola de lira^ Lira 
di gamba). Praetorius donne à cet instrument 
raccord suivant : 

14 13 13 11 10 9 8 7 6 9 4 S 3 1 

D*après cet auteur, lorsque la lyre de gambe 
n'avait que 12 cordes, c'étaient les deux dernières 
que Ton supprimait; en avait-elle 16, on ajustait 
deux cordes supplémentaires en dehors du manche, 
comme nous Pavons vu à l'instrument précédent. 

Diaprés Mersenne, Taccord italien, généralement 
suivi, était celui-ci : 

^ «m «P 9t—. 



ft 



14131 09 8 7 
li IS 11 



Les trois dernières cordes étaient doubles, les 
autres simples. 



— 6a — 

Le Baîllîf, que Mersenne décore du titre 
d* « Orphée de la France », avait modifié cet accord 
et adopté le suivant : 




Mais il est évident, étant données les dimensions 
de la lira di gamba, que de 
ces difiérents accords celui 
donné par Praetorius, est le 
seul réalisable. 

Les accords italien et 
français sont du reste sem- 
blables et ne diffèrent que 
par une autre interprétation 
de la hauteur des sons. 
L'accord français doit même 
se lire à Toctave grave de la 
note écrite. 

L*accord de la lyre variait 
du reste beaucoup « pourvu, 
dit Mersenne, que Ton puisse 
toucher les cordes aisément 
en couchant l'index sur les 
touches comme Ton fait 
urone perfetto (no 1444). ordinairement pour faire 
quatre ou cinq accords >. D'après le même, « le son 




-63 - 

de la lyre est fort languissant et propre à exciter la 
dévotion et pour faire rentrer l'esprit dans soi- 
même; Ton en use pour accompagner la voix et les 
récits >. 

La lira di gamba qui fait l'objet de cette notice, est 
aussi, appelée « accorda » en Italie. C'est un spéci- 
men très ancien, n'ayant que 9 cordes, dont les 
chevilles fonctionnent verticalement dans le chevil- 
ler. Les cordes doubles, basses, n'y existant pas, 
il est permis de supposer Taccord suivant, à Teffet 
réel : 



P^^^^^^^z:-^ 



L'instrument a le fond plat; la touche, très 
courte, ne porte que cinq divisions, ce qui est con- 
forme à la gravure du Theairum Insirumentorum de 
Praetorius, tandis que la lyre représentée par Mer- 
senne indique huit divisons au manche. Les ouïes 
sont au nombre de trois : deux en ff et une rosette 
découpée dans la table, sous la touche. — Long, 
tôt. i^io, larg. max. o"43. 

Allemagne. 1446. Viola pomposa, de Pane. coll. 
V. et J. Mahillon. Etiquette : Joh : Christian Hoff- 
mann Kdnigl(ichcn), Poln{ischen)^ ùnd Ckûrf(urst' 
lichen), SàchsÇischen) Hoff Instrument ùnd Lauten* 
mâcher in Leipzig. Cet instrument date de 1720 
environ. La viola pomposa n'est autre que la viole 
que nous désignons communément sous le nom 



-64 ^ 

d'alto. Elle avait seulement les proportions beau- 
coup plus volumineuses et possédait une 5* corde 
accordée à Tunisson de la chanterelle du violon ; on 
prétend que cette viole avait été imaginée par J. S. 
Bach pour parer à l'inhabileté de ses instrument 
tistes^qui démanchaient difficilement. L'accord était 
le suivant : 



t 



^^ 



Bach est, en effet» le seul compositeur qui ait 
employé la viola pomposa^ dont Tusage est devenu 
inutile par suite des progrès accomplis dans la tech- 
nique de Talto ordinaire. Aujourd'hui l'instrument 
est totalement oublié et les anciens exemplaires 
sont des objets de curiosité d'une extrême rareté. 
— Long. tôt. o™8o ; larg. max. o"»27 ; hauteur des 
éclisseso™o75. 

Il faat une chanterelle très fine pour arriver jusqu'au 
mi du diapason actuel. Il est à remarquer toutefois que le 
Chorton du temps de Bach était de tout un ton pin» bas que le 
diapason actuellement en usage, ce qui facilitait cette intona- 
tion de la chanterelle. 

France. 1446. Manche et fragment d'une table de 
violon. Don de M. Eug. Qand. Ils proviennent d'un 
instrument de Lupot ayant appartenu à la Chapelle 
des Tuileries et qui fut brisé à la révolution de Juil- 
let 1830. Le manche porte actuellement l'étiquette 
qui se trouvait sur le violon : N, Lupot, Luthier 



- 6s - 

ds la Musique du Roi ci de VEcoU Royale de Musique. 
Paris 1820. 

Francb1447. Sourdine de violon. Don de M. Th. 
Heirmann. Elle ne diffère des sourdines ordinaires 
que par la matière employée : elles sont ordinaire- 
ment en ébène» celle-ci est simplement en bois blanc. 
C'est un souvenir des anciens concerts du Conser- 
vatoire dirigés par feu Fétis. L'éminent directeur 
avait pris l'habitude de faire distribuer des sour- 
dines aux violonistes de son orchestre pour être 
certain qu'ils s'en serviraient aux endroits indiqués. 
Mais comme il fallait recommencer la distribution 
à chaque répétition, le maître avait décidé d'appor- 
ter une économie dans la dépense en diminuant la 
valeur de Tobjet! Cet accessoire porte les initiales 
C R indiquant la propriété du Conservatoire royal. 

Bblqiqub. 1448. Chevalet de violon. Don de 
M. Th. Herrmann. Spécimen d'un chevalet sans la 
découpure en cœur que l'on voit actuellement à ces 
accessoires. 

France. 1449. Ame de violon. Don de M. Th. 
Herrmann. Dans Tidée de Tinventeur, cette âme, 
percée d*un trou sur toute sa longueur, devait 
améliorer la sonorité du violon. 

Daprès un renseignement communiqué par 
M. Aug. Tolbecque, Tidée de l'âme creuse, ou per- 
forée longitudinalement, est due à un musicien 
appelé Bellon et aurait été brevetée vers 1845 en 
faveur de Bernardel père, de Paris. Son principe 



— 66 — 

était basé sur cette croyance que plus un corps est 
dur et léger, moins il absorbe le mouvement vibra- 
toire qu'il est chargé de transmettre d'une table à 
l'autre. L'idée de Tâme en roseau, conçue par le 
même luthier, part du même principe. 

Anglbtbrrb. 1460, 1461, 1462, 1463, 1464. 
Jeu de chevalets destiné à un quintuor d'instruments 
à cordes (2 violons^ i alto, i basse et i contre- 
basse). Don de l'inventeur, M. J. Edwin Bonn, de 
Brading (Ile de Wight). Dans l'idée de l'inventeur, 
ces chevalets, à quatre pieds, ont pour but de don- 
ner une sonorité égale aux quatre cordes, ce qui, 
d'après lui, est impossible lorsqu'il est fait usage 
du chevalet à deux pieds, ordinaire, c Lorsque, dit 
M. Bonn, l'on fait usage d'un chevalet sans pieds, 
l'instrument perd presque complètement sa sono- 
rité; si l'on fait une découpure à la base du che- 
valet, — ce qui donne à celui-ci deux pieds, — la 
sonorité s'améliore; et si nous élargissons cette 
découpure, nous arrivons à la forme actuelle, usitée 
depuis des centaines d'années. Tous les violonistes 
savent que ces chevalets ont toujours été la cause 
d'un grand défaut : les deux cordes du milieu sont 
faibles et manquent de brillant comparées aux deux 
cordes qui reposent sur les extrémités du chevalet. » 
Si donc les cordes extérieures sont de sonorité 
supérieure à celles du milieu, cet avantage, d'après 
l'inventeur, est dû à ce qu'elles reposent sur une 
partie de chevalet ayant un pied en-^dessous d'elles; 



-67 - 

par conséquent, pour étendre ces qualités aux 
quatre cordes, il suffisait de découper un chevalet 
ayant un pied immédiatement sous le point d'appui 
de chacune des cordes. 

AimucHB. 1466. Sourdine de violon. Don de Tin- 
venteur. Cette sourdine, qui porte le nom particu- 
lier de Vision, a été imaginée en 1891 par M. Ânt. 
Ploceky de Chroustovice, en Bohême. Elle est faite 
en une sorte de bois de palissandre; le corps^auquel 
sont adaptées les trois griffes destinées à pincer le 
chevalet de la façon habituelle, a la forme d'un 
cylindre creux, d'un diamètre de o«oi5 environ, 
dont les ouvertures sont fermées à l'aide d'une ron- 
delle de bois. Cette sourdine, dont l'effet est à peu 
près le même que celui de la sourdine ordinaire, est 
très légère et d'une fort jolie apparence (Voyez 
Zeitschrifi fur Insirumentenbau du i juin 1891). 

Prancb*. IViB. Archet de violon. Don de M. B. 
Gand. Ce bel archet porte la marque de Lupot, 
fabricant d'archets très distingué et qui passe pour 
être l'inventeur de la coulisse appliquée à la hausse. 

Prançoii Lupot, né à Plombières en zyaô, mort à Paris en 
x8o4t fut, dit-on. élève de Jos, Guarnerius, Il eut deux fils : 
Nicolas Lupot. le plus célèbre des luthiers de Técole de Paris, 
né à Stuttgard en 1758, mort à Paris le 13 août 1824, et Fran- 
çois Lupot,néà Orléans en 1774. mort à Paris le 4 février 1837. 
Ce dernier est l'auteur de Tarchet qui fait l'objet de cette 
notice. 

Id. 1467. Archet de violon. Don de M. Th. Herr-» 



— 68 — 

mann. Baguette ordinaire, hausse d'ébène, bouton 
d'ivoire. 

Id. 1468. Archet de violon. Don de M. Th. Herr- 
mann. Baguette ordinaire, hausse et bouton d'ivoire. 

Id U6d. Archet de violon à crinMillière, de Vsinc. 
coll. V. et J. Mahillon. Pièce commune, mais inté- 
ressante en ce qu'elle nous reporte au mode de ten- 
sion des crins en usage au XVII« siècle Une bande 
de métal dentée est posée sur le dos de la baguette, 
au-dessus de la place qu'occupe la hausse. Celle-ci 
est munie d*une brideenfil de cuivre qui s'accroche 
dans les dents de la crémaillière pour obtenir la 
tension voulue. — Long. C53. 

Id. 1460. Archet de violon à crSmailliire, de la 
même coll. Semblable au n* précédent. — Long, 
o^ôo. 

Id. 1461. Archet de basse à crénuiillière, de la 
même coll. Baguette commune. — Long. o"7a5. 

Id. 1462. Archet de basse ^ de la même coll. Ba- 
guette cannelée jusqu^au tiers de sa longueur, bouton 
d'ivoire. — Long. o"7io. 

Id. 1468. Archet de violon, de la même coll. A 
peu près pareil au n^ 238. 

Id. 1464. Archet de violoncelle^ de la même coll. 
Hausse et bouton en ébènè. — Long. o"7o. 

Id. 1466. Archet de basse de viole^ de la même coll. 
Baguette cannelée, semblable au n"^ 506. 

Id. 1466. Archet de violoncelle, de la même coll. 
Baguette ordinaire, bouton d'ivoire. Long. o"*72. 



- 69- 

Id. 1467. Archet de viole^ de la même coll. Ba- 
guette cannelée sur un tiers de sa longueur. — 
Long. tôt. o"7o. 

lo. 1468. Archet de viole^ de la même coll. Ba- 
guette cannelée, très fine, avec la tête très allongée, 
bouton d*ivoire; jolie pièce. » Long. o»7o. 

Id. 1469. Archet de violon^ ordinaire, de la même 
coll. 

Id. 1470. Archet de viole, de la même coll. Ba- 
guette cannelée sur un tiers de sa longueur, tête 
très allongée. Il offre cette particularité, que la 
mèche de crin est attachée à Textrémité de la ba- 
guette elle-même et qu^elle n'est tendue que par 
1 effet de la hausse qui la soulève. — Long. o">675. 

Id. 1471. Archet de basse de viole ^ de la même colL 
Semblable au n^ 1468. — Long. o°*7i. 

Id. 1472. Archet de basse de viole, de la même 
coll. Semblable au n* 509. 

Id. 1478. Archet de basse de viole, de la même 
coll. Sans vis de rappel, le crin étant simplement 
tendu par la hausse. — Long. o''7i. 

Id. 1474. Archet de basse de viole, ordinaire, de la 
même coll. Bouton d'ivoire. — Long. o">68. 

Id. 1476. Archet de basse de viole, ordinaire, de la 
même coll. Baguette à huit pans, bouton d'ivoire. 
— Long. o"69. 

Id. 1476. Archet de demi-violon, de la même coll. 
Baguette très soignée, bouton d'ivoire. — Long. 
o«58. 



— 70 — 

Id. 1477. Archet de basse de viole. Don du Prince 
de Chimay. Jolie baguette à huit pans, bouton d'ar- 
gent, — Long. o"7o. 

Allemagne. 1478. Archet de coni/ebasse, de 
l'anc. coll. V. et J. Mahillon. Baguette en érable 
très courbée, forme dite d à la Dragonetti » pour la 
distinguer de la baguette droite dite c à la Bottesini » . 
— Long. tôt.. o"66. 

L'ftrchet c à la Dragonetti », porte en Allemagne le nom de 
modèle dâ Dresde ou allemand, La hausse est très élevée, pour 
permettre à deux ou trois doigts de la main de s'introduire 
sous les crins. L'archet c à la Bottesini ». dont la forme rap- 
pelle celle de l'archet de violoncelle, se tient comme celui-ci. 
On le désigne en Allemagne sous le nom de modèle de Leipzig 
ou français, 

Sbction b. — Cordes frottées par la roue, 

Allemagne 1479. Vielle. Cet instrument n'est 
guère ancien, mais il est intéressant parce qu'il 
nous rappelle la forme de la vielle à une époque 
relativement éloignée; déjà au commencement du 
XVII® siècle, Timage de la vielle donnée par Prae- 
torius, dans son Theatrum Instrumentorum, repré- 
sente un instrument plus perfectionné que celui qui 
fait l'objet de cette notice. Une seule corde traverse 
la boîte, cette corde est raccourcie par l'action du 
clavier à l'aide duquel on obtient la succession diato- 
nique suivante : 



— 71 — 

Une seconde corde, la mouche, st trouve derrière le 
clavier, devant lequel sont disposées deux autres 
cordes : le grand et le petit bour- 
don, — Long. tôt. o°*740 ; larg. 
max. o«37s. 

Le SchlûsseUPiedel (ail. »= vio^ 
Ion à clefs) dont Praetorius nous 
rappelle le souvenir par un dessin 
dans Talbum susdit, n'est autre 
qu'une sorte de vielle ayant la 
forme plus portative de la viole, 
mais dont la roue est remplacée 
par Tarchet ordinaire. 

La Weiber-Leyer [lyre des fem" 
mes) est le nom donné par Prae- vieiic (no 1479). 
tonus à la vielle ordinaire, à roue, qu'il appelait 
aussi Bauren-Leyer [lyre des paysans). 

Francb. 1480. Vielle en guitare^ don de M"« 
Montefiore. Construction, étendue et accord sem- 
blables à ceux du n» 245. 

Id. 1481. Vielle en guitare, don de M"* Lefebvre- 
Moriamé, professeur au Conservatoire royal de 
musique à Bruxelles. Instrument semblable au 
précédent. Celui qui fait l'objet de cette notice 
offre pourtant cette particularité intéressante, 
— déjà expliquée au n*" 52, — que le chevalet sur 
lequel repose la trompette, ne touche la table que 
par un de ses pieds et qu'il est maintenu dans cette 
position par une corde de boyau attachée d'une part 




^ ^^ ^ 

à la trompette et enroulée, d*autre part, sur une 
cheville qui traverse le cordier. Cette traction opérée 
sur la trompette facilite les trépidations du chevalet 
sur la table d'harmonie pour faire produire par la 
corde le timbre stii generis qui lui fit donner le nom 
de trompette (voir la vielle n* 52 1, Catalogue i*' vol. , 

1893). 

ID. 1482. Vielle en luth, de Tanc. coll. V. et 
J. Mahillon. Elle est marquée F. Louvet à Paris. 
Les détails de construction sont ceux du n* 521, 
mais elle paraît de date plus ancienne que ce der- 
nier instrument, dont elle se distingue encore par 
cette particularité que la dernière touche blanche 
du clavier est divisée en deux parties produisant 
respectivement le fa et le fa j( aigus. 

Id. 1483. Vielle organisée, don de M. Elkan. 
Marque : Pons à Grenoble 1785. Facture presque 
semblable à celle du n' 522, mais celle-ci ne 
possède qu*un seul jeu de flûtes en tuyaux ouverts 
résonnant à Toctave aiguë des intonations pro- 
duites par les cordes. Les cordes et les tuyaux 
peuvent se faire entendre séparément ou simulta- 
nément. 

Branche B. — Cordbs pincêbs. 

Sbction a. — Cordes pincées avec ou sans piectre. 

Soûl-section on» — Sans manclie. 

Finlande. — 1484. Kantèle. Don de M. le Com- 
missaire général du Duché de Finlande à l'Exposi- 



— ra- 
tion universelle de Paris en 1889. Sorte de cithare 
horizontale très en vogue anciennement, mais qui a 
presque complètement disparu de nos 
jours. Cet instrument, qui servait 
à accompagner le chant, est monté 
de seize cordes d'acier; d'après les 
renseignements que nous avons pu 
obtenir à Helsingfors, elles se ré- 
glaient de la façon suivante : 
^ M m P 



m 



-r 



zt 



:î=:t: 



E 



33 



i: 



=t=t 



T 8 9 10 I f i2 13 44 15 16 

— Haut, max, 0^75; larg. max. o"23. Kantèi«(no 1484). 

Russie. 1486. Gousli. Instrument intéressant 

parce qu'il rappelle assez exactement la forme des 

psaltérions que l'on voit entre les mains des anges 




Gontli (no 1485!. 

dans les psautiers du moyen-âge. La caisse sonore 
de celui-ci a la forme d'un triangle dont les côtés 
seraient arrondis; il provient des Tchérémisses, 



— 74 — 
peuple finnois habitant le gouvernement de Kos- 
troma. 

Il est monté de 23 cordes de boyaux, de grosseur 
uniforme, dont l'accord nous est inconnu, mais 
dont les proportions et la disposition permettent 
de supposer un arrangement se rapprochant du 
suivant : 



P 



=;= T-r-i rs=^ 



H-— 1 



HT*: 



tr— 4.-gr -|. J; -^ -W- » 



I s s * i • 7 8 9 <0 <l 12 IS 14 IS 18 



47 18 19 20 31 22 23 

Ou côté droit, la caisse sonore ne se prolonge 
pas au-delà de Textrémité des chevilles, mais elle 
se termine de ce côté par une simple planchette 
à laquelle on a donné une forme symétrique avec 
le côté gauche. Les tètes de chevilles, placées 
sous la planchette, sont facilement accessibles lors- 
que l'instrument repose sur une table. — Long, 
tôt. 0^35; haut. o<»4o; haut, de la caisse sonore, 
o*"io; long, de la plus grande corde, o"»77; de la 
plus petite o"X35. 

Iles Canaries. 1486. Psaltérion (Esp. = Salterio). 
Il porte, imprimée au moyen d'un poinçon, dans 
le bois, sur le fond de la caisse, la marque : Josephus 
Alsina fecit Barcinone anno 1779. Le psaltérion ne 
diffère du tympanon que par le mode d'ébranle« 



— 75 — ^ 

ment des cordes : les cordes du tympan on sont 
frappées, percutées à l'aide d'un marteau; celles 
du psaltérion sont pincées à Taide d'un plectre. 
Dans l'exemplaire que nous avons devant nous, le 
plectre est formé d'une pointe de plume fixée dans 
un anneau de métal que l'instrumentiste fixe à l'ex- 
trémité de ses doigts; ce psaltérion est monté de 
vingt-cinq séries de cordes quintuples et à l'unisson 
dans les basses, sextuples dans les dessus. 

Le chevalet de droite se compose de deux parties; 




Psaltérion (no 1486U 

sur la première reposent sept séries de cordes, sur 
la seconde, cinq séries. Le chevalet de gauche est 
partagé en quatre parties : sur la première reposent 
quatre séries de cordes, sur chacune des trois autres, 
trois séries. Nous ignorons l'accord de cet instru- 
ment, mais à juger par l'accord des tympanons 
qui nous est connu, ainsi que par la disposition des 
chevalets, Taccord devait être très approximative- 
ment celui-ci : 



- 76 - 
I* à gauche des chevalets de droite : 



± 



I Première partie. | | Seconde |»rtie. | 

2^ i droite et à gauche des chevalets de gauche 




rrrrr 

On voit près du sillet des chevilles destinées à 




tendre les cordes /(^ ' ^— ^^ petites ouvertures 



dans la bordure, destinées i recevoir un chevalet 
intermédiaire. Ce chevalet, destiné à raccourcir la 
portion de droite de la corde» a pour mission de 
rectifier le rapport 2 : 3 (quinte juste) qui manque 
d'exactitude par suite de l'inclinaison uniforme du 
chevalet principal de gauche. 

La table d'harmonie de ce psaltérion, de même 
que celle des tympanons, est percée de deux ouïes; 
celles-ci sont ornées de rosettes en carton découpé et 
doré. — Long, de la grande base du trapèze o*"8oo; 
de la petite o™43o; haut. o"35o. 

On ee eert encore de cet instrument en Espagne dans les 
provinces de Murcie et d'Alicante; il s'emploie généralement 
pour accompagner les chants et les danses du peuple. Les 
cordes sont pincées à Taide d*anneaux pourvus de plectres de 
corne, d'ivoire, de plume ou d*écaille. Les anneaux, appelés 
dediles, se fixent à l'extrémité du pouce et des doigts suivants. 



— 77 — 

On se sert de deux ou trois anneaux à chaque main. L'instru- 
ment est difficile à jouer, et c'est fort probablement à cause 
de cette difficulté que l'usage en a été presque généralement 
abandonné. 

Id. 1487. Psaliérion, de Tanc. coll. du comte 
PietroCorrer, de Venise. Simple caisse dont la forme 
est celle d'an trapèze ou d'un triangle tronqué. 
Elle est montée de treize rangs de quatre cordes 
de métaly à Tunisson» reposant des deux côtés de la 
caisse» sur des chevalets'. Deux rosettes servant 
d'ouïes sont découpées dans la table d^harmonie. 
La disposition et le nombre des cordes nous permet 
de supposer que l'instrument était accordé de la 
façon indiquée par Mersenne : 



I 2 S 4 5 6 7 8 9 iO II 12 IS 

Les premières cordes étaient de laiton, les der- 
nières d'acier. — Largeur de la grande base, o™g6 ; 
haut. o"'32; larg. de la petite base o">56. 

Lorsqu'on en usait en guise de psaltérion, l'instrument 
était posé sur une table ou sur les genoux. Lorsqu'il servait 
de tympanon, on le posait sur une table et on le frappait avec 
des marteaux de bois. D'après le témoignage de Mersenne, 
on jouait indifféremment de l'une ou de l'autre manière. 

Id. 1488. Psaltérion^ de l'anc. coll. du comte 
Pietro Correr, de Venise. Construction semblable 

< Exceptionnellement, la première corde occupe toute la 
longueur de l'instrument; elle repose sur les deux sillets 
extrêmes, sans chevalets intermédiaires. 



- 78 - 

à celle de l'instrument précédent. Même nombre de 
cordes, mêmes dispositions et, par conséquent, 
même accord. 

Italie. 1489. PsaltSrion, de lanc. coll. du comte 
Pietro Correr, de Venise. Construction semblable 
à celle des tympanons n* 1615 et 16x6, mais le 
nombre de cordes et, par conséquent, leur disposi- 
tion, sont différents. Il y a ici 19 rangs de triples 
cordes à l'unisson : 

Le son le plus grave, Vut ^'— »— est produit par 

la corde vibrant sur toute la longueur de la caisse 
sonore sans chevalet intermédiaire; on trouve suc- 
cessivement : i<» à la gauche du chevalet de droite, 
les sons : 



riaii 



^zrL-zt: 



±r±=± 



n:!t:=t 



2» à la droite et à la gauche du chevalet de gauche 
qui se divise en cinq parties : la première pour 
recevoir quatre séries de cordes triples; la seconde 
deux, la 3®, la 4* et la 5* chacune une série de 
cordes : 

I . I „ J „ J > „ i 1^ 



:6ffi 



rn 



ÎR5 



r 



:«*: 



:3f«: 



■r- 



(Nous notons avec la queue vers le bas, les notes 
à la droite du chevalet ; celles avec la queue vers le 
haut, se trouvent à la gauche). 



— 79 — 

LfCs successions des degrés conjoints mi, fa\ sol^ 
la, sur les quatrième et cinquième parties du che- 
valet de gauche, s'obtenaient à l*aide d'un petit 
chevalet intermédiaire placé à la droite du chevalet 
de gauche. Voir, au sujet de cette disposition, les 
notices plus détaillées se rapportant aux tympanons 
n»* 1615 et i6i6. — Larg. de la grande base o"77; 
haut. o"i5; larg. de la petite base o"»33. 

France. 1490. Psaltérion. Reproduction, par 
M. Aug. Tolbecque,d un instrument du XVI' siècle, 
représenté sur le portail de l'église S* Pierre de 
Saintes (Charente Inférieure). On le voit souvent 




Psaltérion (no 1490). 

entre les mains des anges, dans les miniatures 
ornant les manuscrits de la fin du moyen-âge. Une 
des figures qui entourent la Châsse de S" Ursule 
de Memling (XV* siècle), conservée au Musée de 
l'Hôpital St. Jean à Bruges, joue d un instrument 
semblable. Le psaltérion, suspendu au cou, repo- 
sait sur la poitrine, de sorte que les mains deve- 



— 8o — 

naient entièrement libres pour le pincement des 
cordes. 

La caisse du psaltérion a la forme d*un trapèze 
dont les deux côtés non parallèles, sont légèrement 
courbés en dedans. Les cordes, au nombre de 32, 
sont accordées par paires à Tunisson. Elles sont 
tendues par autant de chevilles en bois placées 
alternativement aux deux côtés de la caisse sonore. 
Les cordes reposent sur des arêtes vives placées 
aux deux côtés de la caisse. Une rosette occupe la 
mi-hauteur de la table d'harmonie. — Long, de la 
grande base o"54; de la petite o"2o; haut. o^ôS. 

Grèce. 1491. Lyre à cinq cordes. Reproduction 
exécutée par M. Aug. Tolbecque, d'après une 
gravure de VHisioire des Grecs de M. Duruy. La 
coquille» en bois sculpté, représente une carapace 
de tortue. La table d'harmonie est en sapin » les 
deux bras et le joug' en bois d'if; ces trois pièces 
sont massives dans ce modèle. Le joug est plat, de 
manière que Tangle supérieur, contre lequel les 
cordes s'appuient, sert de sillet. Les cordes, tendues 
par des chevilles placées derrière le joug, traversent 
ce dernier de façon à rendre apparent le bout de 
chaque cheville. Le cordier, placé sur la table d'har- 
monie et servant en même temps de chevalet, rap- 
pelle le mode d'attache des cordes de la guitare 
moderne. La disposition des chevilles et leur forme, 
dont aucun monument antique ne nous indique mal- 
> Traverse horizontale qui relie les deux bras. 



- 8i — 

heureusement les détails , sont discutables; le mode 
de tension des cordes est également un point 
douteux, que Téminent artiste violoncelliste a cru 
pouvoir résoudre dans le sens indiqué par son 
intéressante reproduction. La lyre pentaphone ou à 
5 cordes, remonte à l'antiquité la plus reculée; dans 
cet état de grande simplicité» l'emploi de l'instru- 
ment n'est pas mentionné dans les documents sur 
lesquels s'appuie l'histoire de la musique. 

lo. 1482. Lyre à 7 cordes. Reproduction exécu- 
tée par M. Âug. Tolbecque, d'après un vase grec 
du Musée de Berlin. L'instrument est semblable au 
précédent quant à la disposition générale et au 
système de tension des cordes par les chevilles. 
Un chevalet, sur lequel s'appuient les cordes, est 
disposé sur la table d'harmonie. Ce chevalet, tel 
qu'il est représenté sur le dessin qui a servi de mo- 
dèle à M. Tolbecque, constitue un perfectionne- 
ment important dans la construction des instru- 
ments à cordes; en effet, la pression sur la table est 
plus énergique que dans la disposition adoptée pour 
l'instrument précédent, la masse ébranlée est plus 
grande, l'air ambiant, par suite, est plus excité et 
la sonorité plus grande. 

D*aprè8 M. Gevaert', la lyre heptacorde était en osage au 
tcmpade Terpandre (725 av. J.-C). Les cordes étaient misée 
en vibration au moyen des doigts, le plectre n'existant pas 

1 Histoire et Théorie de la Musique dans l'Antiquité. Tome II. 
P- 233- 



— 82 — 

encore. On accordait les cordes de l'une des trois manières 
suivantes: 



TT 2 8 4 



5 6 7 



a© 



^=S=^ 



r-g-^ 



I a 3 4 s 6 7 



■+- 



-s)_œ: 



1 3 s 4 5 6 7 

La première corde (hypate = suprême ou grave) se tou- 
chait au moyen de l'annulaire de la main gauche; 

la seconde (^arAj^/a/^ = voisine de Thypate), au moyen du 
médius; 

la troisième {lichanos = corde de l'index), au moyen de 
rindex; 

la quatrième {nUse = corde médiane), au moyen du pouce 
de la main gauche ou de Tannulaire de la main droite; 

la cinquième (triU == antépénultième, la troisième), au 
moyen du médius; 

la sixième iparanèU = ou voisine de la nète) , au moyen de 
rindex; 

la septième lnèU= dernière), au moyen du pouce de la 
main droite. 

L'étendue, on le voit, se limitait à denx tétracordes con- 
joints dont les degrés pouvaient, au besoin, recevoir quelque 
modification par un raccourcissement artificiel de la corde, 
opéré à la partie supérieure de celle-ci par l'un des doigts 
(voir note de la page 8i du Catalogue, tome I, deuxième 
édition), ou par la production du premier harmonique (octave)» 
à l'aide d'une légère pression exercée par l'un des doigts au 
point qui correspond à la moitié de la longueur de la corde 



- 83 - 

Id. 1493. Cithare à neuf cordes. Reproduction, 
par M. Aug. Tolbecque, à* Sipr es y Apollon Farnèse 
du Musée national de Naples. La cithare n'est autre 
chose qu'une lyre perfectionnée, c'est l'abandon des 
anciennes formes classiques pour l'adoption de pro- 
portions plus commodes et plus favorables au ren- 
forcement des ondes sonores produites par la 
vibration des cordes; la capacité de la caisse sonore 
est plus grande. Le système de tension des cordes, 
si l'on peut en croire le marbre du Musée de 
NapleS) malheureusement restauré dans de nom- 
breuses parties, nous paraît offrir déjà Texemple de 
la cheville de fer enchâssée dans la traverse, autour 
de laquelle la corde s'enroule par un mouvement de 
rotation imprimé à Taide d'une clef. Si la restaura* 
tion est fidèle, ce qui nous paraît douteux, nous 
nous trouvons ici en présence d'un système de 
tension de cordes qui est encore celui usité dans 
les pianos modernes. Les cordes, par leur extrémité 
opposée à celle qui s'enroule sur la cheville, sont 
attachées, comme les cordes de la guitare, à une 
sorte de cordier dont la pression sur la table est 
moindre que celle qui s'exerce par l'intermédiaire 
d'un chevalet, comme nous l'avons vu à l'instru- 
ment précédent. Nous n'avons pas à nous étonner 
de ce détail, puisque de nos jours encore les cordes 
de la guitare et de la mandoline agissent sur la 
table par une simple attache au cordier, sans autre 
intermédiaire. 



- 84 - 

D'après M. Gevaert'« la cithare ennéacorde (à 
9 ' cordes) date du temps de Lasos d*Hermione 
(500 ans av. J.-C). Voici son échelle ordinaire 
composée de deux pentacordes reliés par le corde 
centrale, la mèse, point de départ de Taccord de 
instrument. La corde ajoutée s'appelait hyperhy- 
paU = surhypaU, à cause de sa position à la partie 
supérieure de la cithare : 



I M I I I 

I ? • .« - 

L'exécutant tenant la cithare sur le genou, les cordes graves 
étaient les plus éloignées et occupaient une position supérieure 
à celle des cordes aiguës. C'est ce qui explique le nom de 
hyperhypate donnée à la corde la plus éloignée. Cette dispo- 
sition des cordes graves était aussi et est encore usitée chez 
les Arabes; elle est signalée par Villoteau {Description des 
Instruments de musique des Orientaux)» 

Id. 1494. Cithare à douze cordes. Reproduction, 
par M. Aug. Tolbecque, d'après VApollon citharède 
du Musée du Vatican à Rome. Autre forme de la 
cithare. La partie inférieure de l'instrument semble 
être une sorte de couvercle ouvrant à l'aide de 
charnières en fer apparentes et qui, d'après notre 
supposition, cachait les crochets d'attache et le 

I Histoire et Théorie de la Musique dans V Antiquité, Tome II, 
p. 259. 



-85 - 

chevalet sur lequel reposaient les cordes. Diaprés 
M. Tolbecque, les chevilles étaient cachées par le 
couvercle, les pointes d'attache devant se trouver 




Cithare à donz* cordes (no 2494). 

sur la traverse. Nous ne connaissons pas d'exemple 
authentique de cette disposition. 

L'étude des modes de tension figurés sur les 
monuments de lantiquité a attiré notre attention sur 
la lyre d'un Apollon représenté sur une peinture 
murale de Pompéi conservée actuellement au Musée 
Britannique à Londres, et dont nous reproduisons 
la figure à la page suivante. La représentation du 
système de tension des cordes y est incomplète, 
mais elle est suffisante pour nous convaincre que les 

6 



- 87 - 

languettes que nous voyons couchées oblique- 
ment sur la traverse remplissent un rôle dans cette 
importante opération. En visitant, en 1893, le 
Musée ethnographique du Trocadéro, à Paris, un 
heureux hasard nous a mis en* présence d*une sorte 
de Kissar ou lyre éthiopienne dont les cordes sont 
tendues à l'aide de bâtonnets de bois tangents à la 
circonférence de la traverse et sur lesquels les cordes 
sont enroulées avant d'entourer celle-ci. Par la dis- 
position adoptée, il suffit de presser le bâtonnet 
dans une direction pour tendre la corde et de le 
pousser dans un sens contraire pour opérer le relâ- 
chement de la corde. L'analogie entre le mécanisme 
de la lyre pompéienne et celui de la lyre éthio- 
pienne nous paraît évidente. C'est ce mécanisme que 
nous avons adapté à la lyre N"" 1494; le résultat est 
absolument satisfaisant, le degré de tension de la 
corde s*opère avec une extrême sensibilité^ et Tac- 
cord se maintient presque aussi bien qu*avec la 
cheville. Cet esprit de conservation , pendant de 
longs siècles, n'a rien qui doive nous étonner; les 
instruments de musique des peuples orientaux nous 
en fournissent de nombreux exemples. Sur la droite 
de notre cithare est sculpté en relief le supplice de 
Marsyas ' . 

' On sait que ce personnage, qui passe pour être l'inventeur 
de la flûte, osa, dans un concours, se mesurer avec Apollon 
qui, pour se venger de la témérité de son adversaire et malgré 
rinsuccès de celui-ci, le fit écorcher vif après Tavoir pendu par 
les poigaets aux branches d'un arbre. 



— 88 - 

Diaprés M. GevaertS la lyre endecaeorde existait 
au temps du poëte Ion de Chios (450 av. J. C.) qui 
Ta chantée dans une épigramme célèbre. Son accord 
était identique à celui de la lyre à neuf cordes sauf 
que les deux cordes modulantes étaient devenues 
stables. Le même auteur nous apprend que la lyre 
dodâcacordâ, sur laquelle Timothée accompagnait ses 
dithyrambes, (420 av. J. C.) s^accordait probable- 
ment de la façon suivante : 

Id. 1494^'*. Cithare à 14 cordes. Reproduction 
de l'instrument précédent par M. Houtston, à 
Bruxelles. Le n* 1494 ^'^^^ ^^ somme qu'un 
modèle en bois massif , la cithare qui nous occupe 
ici est construite d'après les données et les règles 
généralement suivies dans la facture. C'est un 
véritable instrument de musique très portatif, 
très beau et très sonore, dont la construction 
fait honneur à l'excellent luthier qui a su sur- 
monter avec une très grande habileté les diffi- 
cultés du programme qui lui était imposé par 
l'auteur de ce catalogue. Les chevilles ont été 
adaptées dans la traverse, mais cette disposition 

> Histoire et Théorie de la Musique dans l'Antiquité, Tome II, 
p. 261, 262. 



- 89 - 
est hypothétique, comme nous Tavons dit au 

m 1493'- 

France. 1496. Arpanetta. (fr. = arpanetU; 
ail. = Spii^-Harfe, Harfenetgen) de Tanc. coll. 




Citare à 24 eordes (no 1494 bis), 

V. et J. Mahillon. Sans nom d'auteur. Caisse 
sonore dont deux côtés sont perpendiculaires à la 

s Cette cithare a servi à la conférence faite par M. Gevaert 
à la Société pour le progrès des études philologiques et histori- 
ques dans sa séance du 25 mai 1896. Le concert Greco- Romain 
qui terminait cette mémorable séance comprenant Tezécution 
de deux hymnes du II^ siècle après J.-C. avec accompagne- 
ment de cithare, il fallait nécessairement présenter Tinstru- 
ment de cette époque et. par conséquent, porter à quatorse le 
nombre de ses cordes. 



— go — 

base horizontale ; le quatrième côté, disposé obli- 
quement, forme une pointe, — d'où le nom de l'ins- 
trument, SpitX'Harfe (harpe 
pointue), — terminée ici par 
une tète de femme grossière- 
ment sculptée. Les deux côtés, 
plats, forment double table 
d'harmonie. Le sommier des 
chevilles se trouve à la partie 
inférieure des tables; les pointes 
d'accroché en occupent la par- 
tie supérieure. 

Dans chacune des tables 
d'harmonie est taillée une ouïe 
circulaire ornée d'une rosette 
en carton découpé. Les tables 
sont décorées de peintures re- 
présentant des fruits, des fleurs 
et des feuillages. Du côté verti- 
cal le plus long et du côté obli- 
que, les éclisses sont enjolivées 
d'ornements sculptés en relief 
▲rpanetta (no 1495). qui, de même que la tête qui 
couronne la pointe, portent la trace de dorures. 

La table d'harmonie de droite porte des cordes 
d'acier dont la portion vibrante est diminuée par 
rinterposition d'un chevalet vers le milieu de la 
table, entre les sillets inférieur et supérieur. Les 
cordes sont pincées par les ongles de la main 



— 9î — 

droite. Les cordes diatoniques sont doubles; elles 
reposent sur la crête du sillet. Les cordes chromati- 
ques sont simples ; elles reposent dans une échan- 
crure pratiquée dans le sillet, de sorte qu'elles 
occupent un plan légèrement inférieur à celui des 
cordes diatoniques; cette disposition particulière 
facilite le jeu de l'instrument dans la tonalité d'ut, 
la plus employée. 

La table d'harmonie de gauche porte les cordes 
de basses en laiton; elles sont toutes simples (une 
corde par intonation); on les met en vibration 
par les ongles de la main gauche. La disposition 
des cordes diatoniques et chromatiques y est sem- 
blable à celle qu'elles ont sur la table des dessus. 

L'ordre des cordes basses, en laiton, pour la 
main gauche, est le suivant : 



a =;Hi l'Trrf r»f r'r r%£^ 



Celui des cordes aiguës, en acier, pour la main 
droite : 



— 92 — 

Nous notons en blanches les cordes diatoniques 
doubles disposées sur la crête des sillets, et en 
noires les cordes chromatiques simples reposant 
dans les crans. Cet instrument date bien certaine- 
ment du XVII* siècle; les cordes chromatiques 
nous semblent ajoutées après coup. Haut. tôt. 
0*94; larg. max. o'"25; haut, des éclisses o»o6o. 

Allemagne. 1496. Arpanetta. Don de M. et 
M"** Montefiore-Levy. Pas de nom d'auteur. La 
caisse sonore est entièrement en laiton et a les deux 
tables d'harmonie ornées de reliefs façonnés au 
marteau. Le côté gauche des basses est monté de 
cordes de laiton disposées dans Tordre suivant : 



Wi 



zz^-Jt/i=^zi±:X 



Toutes ces cordes sont simples; les cordes, dis- 
posées dans Tordre diatonique (notées en blanches) 
reposent sur la crête du sillet, les autres (notées 
en noires) reposent dans Téchancrure faite dans 
le sillet comme au n* précédent. 

Le côté droit, celui des dessus, est en cordes 
d'acier. Celles qui suivent Tordre diatonique sont 
doubles, à Texception du sol grave; elles reposent 
sur la crête du chevalet. Les cordes chromatiques 
sont simples et reposent également dans des échan- 



— 93 — 

crures pratiqués au chevalet. Voici l'ordre de suc- 
cession de ces cordes : 

^^^^^^^ 

— Haut. tôt. o">865; larg. max. o"265; haut, des 
éclisses o»045. 

Id. 1497. HarpCy communément appelée en 
Allemagne Davids-Harfe. La caisse sonore est 
formée de la réunion de quatre planchettes de bois 
mince ; la table est percée d*une double rangée de 
5 rosettes disposées de chaque côté du sommier 
qui porte les boutons, d'ivoire, destinés à fixer les 
cordes par leur extrémité inférieure; la console 
est ornée de quelques sculptures, entre autres 
deux lions couchés et une figurine représentant le 
Roi David. L'instrument porte trente-trois cordes 
que Ton accordait dans l'ordre suivant : 



533^ 



=S=« 



^^ 



?t 



^^^ 



3 4 5 6 7 8 10 11 12 13 14 15 Ift 



T*-— n-i- 



Ï^18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 20 80 31 82 83 

Les cordes 27 et 30 sont munies d'un crochet 



— 94 — 

formé de deux branches dont l'une pivote dans la 
console. En imprimant au crochet un mouvement 
de rotation, la seconde branche touche la corde et 
en raccourcit la partie vibrante. Ce procédé permet 
de hausser les cordes d'un demi-ton. 

La caisse sonore porte à l'intérieur l'inscription 
suivante : Ego Frater Gabriel 
Mùssinger hanc Citharam in adO" 
rationem Pueri Bethlehemiiy in 
honorent Sanctae Virginis Mariae 
et Sancticti Josephi^ dico^ deiico 
et consecro. Facta est Schelixii à 
scriniario Georgio Offman anno 
Domini 173g in adventu Domini. 

— Larg. de la caisse sonore, 
o"*09 dans le haut, et o'^2i dans 
le bas; haut. 0*03 dans le haut, 
et 0B05 dans le bas; haut. tôt. 

Harpe (no 1498). im24; larg. max. 0"»055. 

Id. 1498. Harpe. Pac-simile d'un instrument anté- 
rieur au XVP siècle et conservé au Musée national 
bavarois de Munich, où il est catalogué sous le n* 1 26 ^ 
Il est monté de 22 cordes que l'on accordait dans 
Tordre suivant : 




X Die Sammlung der Musikinstrumenten aus des baierischen 
Nationalmuseums, von R. A. Bibrdiiippl (Mûnchen, Akademi- 
sche Buchdruckerei von F, Straub^ 1883). D'après l'auteur de ce 
catalogue, cette petite harpe portative employée du XI* au 
XV« siècle, figurait principalement dans les cortèges et on en 
jouait à cheval. 



— 95 — 



12S 4 •^ r6789 10 1112 1314 15 16171819 20 2123 



^^ 



t 



— Haut. tôt. o»56 5 larg. max. o»27. 

Id. 1499. Harpe chromatique. Ce curieux instru* 
ment est monté de 62 cordes de boyaux disposées 
sur deux rangs à partir de la 6® corde jusque et y 
compris la 58^. Dans VHarmonie Universelle de Mer- 
senne et dans le Der sich selbst informirende Musicus 
(Angsburg 1762) nous trouvons sur la manière 
d*accorder ces instruments quelques renseignements 
intéressants. Ils nous permettent de fixer pour 
notre harpe 1 échelle suivante : 

I 3 t « S C 7 8 f 10 11 13 13 14 It IC 17 18 19 SO 31 33 



St 34 3S 38 37 31 3» 30 31 Sa 33 34 3S 36 37 38 39 40 41 43 




43 44 4S 48 47 48 49 



81 S3 83 84 8S S6 87 88 89 64 61 83 



La succession est diatonique pour la main gau- 
che jusqu'à la 29* corde comprise; la main droite 
touche les demi-tons intermédiaires jusqu'à la 
30* corde incluse. A partir de la 31^ corde, la 
succession est diatonique pour la main droite, 
et à la main gauche sont réservés les demi-tons 



- 96 - 

intermédiaires. La caisse sonore, plate et s'élargis- 
sant vers le bas, est formée de quatre planchettes 
comme celle du n* 1497; la colonne se termine par 
une sculpture représentant une tète de femme. — 
Haut* tôt. i""57; larg. max. o»83. 

Dans son Harmonie Universelle, le P. Mersenne, en décrivant 
la harpe de son temps, parle d*un troisième rang de cordes; 
celles-ci doublaient à Tunisson les cordes disposées en succes- 
sion diatonique pour en augmenter la sonorité .(Voir le n» 15x0). 

Id. 1600. Harpe ordinaire, de Tanc. coll. V. et J. 
Mahillon. Construction ressemblant à celle du 
n** 1497. ^11^ ^^^ également montée de 33 cordes 
accordées de la même façon. — Haut. tôt. i«4o; 
larg. max. 0046. 

Irlande. 1601. Harpe du commencement de ce 
siècle; la forme rappelle celle de l'ancienne harpe 
irlandaise appelée Clarseth. Elle est entièrement 
peinte en vert avec des ornements d'or repré- 
sentant des feuillages et des trèfles disposés en fili- 
granes. Elle est montée de 33 cordes réglées de la 
façon suivante : 

I 3 3 4 S S 7 B 9 10 11 12 13 U IB IS 



17 18 19 SO 21 22 23 24 2S 2S 27 28 29 SO 31 32 33 

Les cordes 4, 5, 8^ 1 1, 12, 15, 18, ig, 22, 25, 26, 
^9» 33» 33 soii^ munies de crochets d'une forme 



— 97 — 

particulière; ce sont des plaques de cuivre trouées, 
disposées à une certaine distance de la cheville et 
terminées par une pointe taraudée vissée dans la 
console.Les cordes passent librement dans le trou de 
la plaque, mais lorsque l'on tourne celles-ci à l'aide 
d'une clef ad hoc^ les bords du trou viennent appuyer 
contre la corde et la raccourcissent d'une partie de 
sa longueur équivalent à l'élévation d'un demi-ton. 
La harpe est munie d'un support à coulisse dis- 
simulé à rintérieur de la caisse d'harmonie. Ce 
support, dont on peut fixer la hauteur à l'aide d'une 
clef, sert à reposer la harpe lorsqu'on en joue 
étant assis. — Long. tôt. o"g2; larg. max. o»55. 

PoofThistoire et raccord de la harpe irlandaise, voir l'ou- 
vrage intitulé : Thâ ancient music of Ireland, par Edward 
Bunting (Dublin 1840}. 

Id. 1602. Clarseih (irl. = harpe). Don du c Tri- 
nity Collège > de Dublin. Reproduction en plâtre 
de la harpe conservée au Musée de cet établisse- 
ment, et que Ton dit avoir appartenu au roi irlan- 
dais Brian Boiroimbe^ qui monta sur lef trône en 
l'an looi. D'après Bngel (Musical Instruments in the 
South Kensington Muséum), la table de résonance 
est en bois de chêne. L'extrémité antérieure de 
la console est garnie d'une plaque en argent fine- 
ment travaillée et ciselée. Cette plaque est ornée 
d*un gros cristal, monté en argent, sous lequel il y 
avait une autre pierre qui a disparu. Les boutons 
ornés qui se trouvent sur le côté de la console sont 



-9»- 

en argent. Sur la face antérieure de la colonne 
figurent les armes, ciselées en argent, de la famille 
O'Brien ' : une main sanglante supportée par des 
lions. Sur les côtés de la colonne, on a sculpté dans 
le bois, en les entourant chacun d'un cercle, deux 
groupes de deux chiens-loups irlandais. Les trous 
de la table d'harmonie, dans lesquels les cordes 
s'attachent, sont gracieusement ornés d'écussons 
de cuivre ciselés et dorés. Les ouïes de la table 
avaient fort probablement des ornements d'argent, 
mais ils ont été enlevés. Le pied est brisé et ses 
parties avoisinantes sont dans un état de délabre- 
ment complet. L'instrument était monté de 29 cor- 
des; la reproduction en plâtre qui est en notre pos- 
session porte les traces de 30 cordes. Haut. tôt. 
o«»95; long. max. 0*515. 

Italib (?) 1603. Harpe, de Tanc. coll. V. et J. 
Mahillon. Elle est montée de 36 cordes dont l'ac- 
cord est réglé de la façon suivante : 



gi^=^^^ 




^^^ 



1 s 3 « i C 7 8 * It 11 13 1} U 15 U 17 18 19 



^m 



î=p: 



-^ 



?to 



^s=fi=ti 



80 11 » S3 24 IS SS 27 28 2* 80 31 S2 83 3« 88 38 

Les cordes 6, 8, lo, 13, 15, 17, 20, 22, 24, 27, 
29, 31 sont munies de crochets en cuivre, à double 



< Cette plaque manque à notre reproduction. 



— gg — 

branche» pareils à ceux de la harpe n* 1497 et desti- 
nés à raccourcir la longueur de la corde dans la pro- 
portion d'un demi-ton. La caisse sonore, à sept 
pans, sur laquelle s'appuie la table d'harmonie, est 
formée de la réunion d'autant de planchettes en 
bois de sapin de 0^03 de longueur dans le haut, et 
de o^io dans le bas. Larg. de la table d'harmonie, 
o''i3 dans le haut, o"'34 dans le bas. — Haut. tôt. 
i"7i ; larg. max. o"66. 

Id. 1604. Harpe, de Tanc. coll. du comte 
Pietro Correr, à Venise. Bile est montée de deux 
rangs de cordes. Le premier, dont les chevilles 
occupent le haut de la console, est réglé dans 
l'ordre suivant : 



M 



i^^^^^'- 



3=t 



3C=t 



:±=t 



* 



I S 3 « S 6 7 8 9 10 II ' 12 13 U 



^ 



i^Mà. 



^jIUlJS^ 



15 IC 17 18 19 20 21 22 21 24 2S 26 27 28 29 30 

Le second rang, dont les chevilles sont placées 
dans la console au-dessous de celles du premier 
rang, est accordé ainsi : 



^^^Œ^^^^ 



2 3 4 s 6 7 8 9 10 11 12 13 U 18 



P=^ 



iftc 



5^^^ 



«.-«Ï^JÉi: 



16 17 18 19 20 21 22 23 



— toô — 

Les cordes du second rang sont placées entre 
celles du premier rang à partir de la 7* corde de 
celui-ci. Les boutons d'attache de la table d'har- 
monie sont également disposés sur deux rangs à une 
distance d'un centimètre environ l'un de Tautre. Les 
cordes du premier rang se fixent aux boutons de 
gauche, celles du second rang aux boutons de droite; 
il en résulte que celles-ci sont accessibles à la main 
droite seulement, tandis que celles-là ne le sont 
qu'à la main gauche. La table d'harmonie, arrondie 
sur sa largeur, s'appuie sur une caisse sonore à 
cinq pans. — Haut. tôt. i"5o; larg. max. o"5o. 

Cette disposition des cordes diffère de celle adoptée pour 
la harpe n» 1499. Dans celle qui nous occupe, la succession 
est diatonique sur toute l'étendue de Tinstrument pour la main 
gauche, tandis que les intonations altérées se trouvent placées 
à la main droite, également sur toute l'étendue de l'échelle. 

Allemagne. 1606, Harpe. Fac-similé d'un 
instrument conservé au Germanisches Muséum de 
Nuremberg. La caisse sonore, formée de quatre 
planchettes de bois mince, est percée sur la table 
de quatre ouvertures servant d'ouiës. 23 cordes de 
boyaux dont l'accord était réglé de la façon suivante : 



i 



S =r= , ^T- | J J .' •' •—-n- < 



S 6 7 S 9 I 



3^^^^^^ 



6 7 S 9 10 11 13 13 U l( 



|i^^^ 



16 17 18 19 20 21 22 23 



— loi — 



L*in8trument possède aussi cinq crochets placés» 
le premier, entre la ^^ et la 8* corde; le deuxième, 
entre la 8« et la 9^; le troisième, entre la u* et la 
1 2«; le quatrième, entre la 1 4* et la i5«; le cinquième, 
entre la 15^ et la i6« corde. Ces crochets permet- 
tent de hausser d*un demi-ton les cordes placées 
à leur gauche, de sorte que les tonalités à'ut^ sol^ 
té, la sont accessibles dans le registre moyen. -^ 
Haut. tôt. o"6o; larg. max. o"32. 

lo. 1606. Harpe portative du XF/« siècle. Fac* 
simile d'un instrument conservé au Germanisches 
Muséum de Nuremberg. On trouve dans Touvrage 
de Mersenne la gravure d*un instrument semblable 
monté de 24 cordes; il lui donne Taccord suivant : 



^j j J rrp-r 



E^^^ 



jp rrri ^ijj_(L{!L^ 



^ Il U IS 16 17 18 19 20 31 23 23 3« 

Notre fac-similé possède 26 cordes, et, diaprés les 
lettres tracées sur la console, leur accord était 
réglé diatoniquement en ut majeur, de 



— Haut. tôt. l'^oo; larg. max. o"37. 



^— IQ2 



Id. 1607. Harpe, de l'anc. coll. V. et J, Mahîl- 
lon. Accord diatonique de 



ë==à^ 



TT 



L'instrument est garni de crochets pour hausser 
d*un demi-ton les /a et les ut; mais ce qui le rend 
particulièrement intéressant, ce sont les traces 
d'une ancienne pédale qui agissait, à Taide d'une 
tige dissimulée dans la colonne, sur les crochets 
pour Ie9 faire fonctionner mécaniquement et tous 
à la fois. De cette manière, Tinstramentiste pou- 
vait aborder instantanément les tonalités de ut, sol 
et ri. C'est, fort probablement, une des premières 
harpes à pédale. — Haut. tôt. i"'48; larg. max. 
o»6o. 

Francb. 1608. Harpe à pédales, don de M"»* Kre- 
mer-Huyttens à Boitsfort. Ce bel instrument, con- 
struit fort probablement par Naderman à Paris, 
est du système dit à crochets ou à sabots décrit au 
n* 247; il porte sur la table d'harmonie les restes 
de jolies peintures. — Haut. tôt. i"6o;larg. max. 
o»65. 

Id. 1608. Harpe portative. Caisse sonore plate, 
mais présentant une courbure légèrement convexe 
vers la console. Vingt-quatre cordes dont l'accord, 
en nous guidant sur celui des instruments précé- 
demment catalogués, doit être le suivant : 



I03 — 



I 1 1 4 f f 7 s 9 10 II IS 13 14 11 If 



^^ 



17 IS 1» M U 2S U 34 

De la 2* à la 19* comprise, toutes les cordes, à 
rexception des s»\ sont munies d'un crochet de 
cuivre permettant de hausser leur diapason d'un 
demi-ton. — Haut. tôt. o"6i ; larg. max. o"»4i. 

Anglbtbrrb. 1610. Harpe galloise (galois : 
Telyn); don de M. J. Georges Morley, facteur de 
harpes à South Kensington, Londres. Cette harpe 
diffère surtout de la harpe employée sur le conti- 
nent par le volume plus grand de la caisse de 
résonance et par la hauteur plus considérable de 
la colonne. Cette harpe, qui a dû être accordée du 

4L 



au 



■^ ^ 



se joue en appuyant la caisse de résonance contre 
répaule gauche, la main gauche jouant les parties 
aigu6s, la main droite les parties graves. On remar- 
quera que les cordes sont, contrairement à Tusage 
général, tendues du côté droit de la console, les 
chevilles étant placées à gauche. Toutes les cordes 



— I04 — 

sont de boyaux et non filées; la plus grave ne 
dépasse pas en diamètre le ri du violoncelle. Une 
particularité digne de remarque est la disposition 
des cordes. La harpe étant en position devant 
l'instrumentistç» un premier rang de cordes, 
à droite, est accordé diatoniquement sur toute 

rétendue. A partir de E==» un second rang 

1 — 

t'accorde chromatiquement jusqu'à la limite aiguë 
et les cordes s attachent sur la table d'harmonie de 
façon à occuper le milieu entre chacune des cordes 

diatoniques du premier rang; à partir de ^^E« 

cette harpe possède un troisième rang de cordes, 
accordées, sur toute l'étendue restante, à l*unisson 
des cordes du premier rang, vis-à-vis desquelles 
elles sont exactement placées. C'est la disposition 
dont nous parle le P. Mersenne et que nous avons 
rappelée dans la note du n* 1 499. Les cordes chro- 
matiques se jouent, paraît-il, au moyen des pouces ; 
il faut une très grande habitude pour pouvoir 
les faire vibrer placées comme elles sont, au milieu 
des deux rangées de cordes diatoniques. L'usage 
des cordes diatoniques à Tunieson permet, paraît-il, 
de produire un effet particulier qui consiste en un 
certain prolongement du son par le battement 
rapide et alternatif de deux cordes à l'unisson. 
- Haut. tôt. in94; larg. max. o'"74. 
On sait que ce nos jours eocoro Im harpe est populairo dans 



— los — 

lepajTB de Galles. Des concours y ont lieu annuellement et les 
bardes y sont robjet de la sympathie populaire. L'ancienne 
construction de la harpe, qui est celle de Tinstrument catalogué 
ci-dessus, est restée en vogue jusque dans ces dernières années. 
Ce n'est que depuis quelque temps que les bardes contempo- 
rains semblent vouloir porter leur attention vers les perfection- 
nements qu^offre la harpe à pédales. 

Italib. 1611. Harpe. Cet instrument nous paraît 

être le résultat d'une fantaisie du constructeur, ou 

le spécimen d'une des nombreuses tentatives faites, 

à la fin du dernier siècle, pour améliorer la harpe. 

Il est monté d'un double rang de 47 cordes chacun. 

Celui de gauche nous paraît avoir été accordé de la 

façon suivante : 



^^^ _I7X X3=3^^^g^^^ 



Ces cordes, accessibles à la main gauche seule- 
ment, sont attachées, d'une part, aux chevilles 
supérieures de la console et viennent se fixer, 
d'autre part, à une double rangée de boutons atta- 
chés sur la table d'harmonie : les sons diatoniques 
en dehors, les sons chromatiques en dedans. 

Le second rang de 47 cordes, placés à la droite de 
lexécutant, et accessible à la main droite seule, est 
disposé de la même façon et accordé à Toctave supé- 



— io6 — 

rieure du rang de gauche, de sorte que le harpiste 
a à sa disposition une étendue chromatique com- 
plète de 

E== à 



Le constructeur a certainement eu pour objectif : 
d'augmenter la sonorité par un double rang de 
sons à Toctave, — le second rang vibrant sympa- 
thiquement avec les sons du premier — de présenter 
sous un moindre volume un instrument de quatre 
octaves et une tierce, et, enfin, de simplifier le 
mécanisme par la disposition chromatique des cor- 
des. Ces combinaisons qui pouvaient avoir quelque 
mérite au siècle dernier, n*ofFrent plus aujourd'hui 
qu'un simple intérêt de curiosité ^ — Haut. tôt. 
i«48; larg. max. o«6o. 

Allemagne. 1612. Harpe â^EoU, don de M. Ch. 
Dietz, ingénieur à Bruxelles. Elle est de Johann 
Christiaen Dietz, célèbre facteur d'instruments de 
musique, qui la fit vers 1805. C'est une simple 
caisse rectangulaire dont les deux côtés les plus 

> De nous joun l'idée de remplacer la harpe à pédales par 
une harpe chromatique n'est pas complètement abandonnée. 
A la récente Exposition internationale de Bruxelles, en 1898. 
M. G. Lyon. Directeur delà maison Pleyel, Wolff et Ci» de 
Paris avait envoyé un splendide instrument, une harpe chro- 
matique, si ingénieusement combiné que le problème nous 
paraît bien près d'être résolu s'il ne Test pas encore d'une 
façon complète. 



— I07 — 

larges, en sapin mince, servent de table d'harmonie. 
Sur chacune des tables, dont Tune est percée d'une 
ouïe circulaire, sont tendues à Taide de chevilles 
et par l'intermédiaire d'un chevalet, six cordes 

de boyaux accordées à l'unisson en ( & J , Les 




cordes, de la grosseur d'un ^ k " i de violon, 

mesurent, entre le sillet et le chevalet, o^jyo. Elles 
ne peuvent être trop tendues pour entrer facilement 
en vibration sous l'action d'un courant d'air. Les 
cordes sont parfois aussi accordées par moitié, et 
sur chacune des tables, à l'octave. En vibrant sous 
l'action du vent, elles font entendre les harmoniques 
. du son fondamental, d où résultent des harmonies 
d'un caractère étrange et mystérieux. 

L'appareil est portatif et repose sur quatre pieds 
qui permettent de le placer dans une position verti- 
cale pour soumettre les cordes à l'action d'un cou- 
rant d*air. Cette disposition, ainsi que la double 
table d'harmonie, sont des innovations dues à 
lauteur de Tinstrument. •— Haut, de la caisse l'^os ; 
larg. o"2i5; profondeur o"o7o. 

Le Père Kischer (Musurgia universalis, Rome. 1650) parait 
être le premier qui ait construit un appareil dans le but de 
produire la résonance des cordes par leur ébranlement sous 
l'action du vent. Depuis, la forme de cet appareil, ainsi que le 
nombre des cordes et la manière de les accorder, ont consi- 
dérablement varié. Nous renvoyons pour plus de détails à 
rintéreaaant ouvrage de George Kastner, La Harpe d^Bok 
(Paris. G. BrandttSi Dufouret Cm, 1856). 



— io8 — 

Id. 1613. Hatpe d^ÉoUj don de M. Bruynen, à 
Bruxelles. Elle est semblable à rinstrument précé* 
dent; à l'exception toutefois qu'aucune des deux 
tables d'harmonies n'est percée d'une ouïe. — 
Haut. tôt. i«o8, larg. o"2i7, profondeur ©"072. 

SuissB. 1614. Harpe d'Eole, de Tanc. coll. V. et 
J. Mahillon. L'instrument est monté de 8 cordes 
à boyaux que Ton règle à l'unisson, comme nous 
Tavons dit au n» 1512. La caisse affecte la forme 
d'un demi-cylindre; c'est sur la partie convexe 
que sont tendues les cordes. Pour le surplus, 
la description se complète par celle du susdit 
numéro. — Long. tôt. o"'92o; larg. moyenne du 
rayon o«"i4o. 

Sont ••etido M. <— Avec manche, x 

Allemagne. 1616. Cithare horizoniaUy de Veine. 
coll. V. et J. Mahillon. Forme primitive de la Zither 
allemande. Rectangulaire du côté gauche (vers 
la touche}, elle s'arrondit en demi-cercle du côté 
opposé. 

Cet instrument porte les traces de quatre cordes 
sur la touche pour la mélodie, et de dix cordes sur la 
table pour les parties d'accompagnement et de bas- 
ses. L*accord se rapprocherait donc de celui que 
nous avons donné dans la note du n« 271. Malheu- 
reusement, rinstrument a subi des transformations 



I Voir la note de la page 81 , T. I, 2e édition. 



— log — 

successives si maladroites qu'il serait impossible de 
la reconstituer dans son état original en se basant 
sur les détails actuels de sa structure. Ainsi, la 
touche doit avoir été remplacéci car les divisions 
qu^elle porte actuellement ne correspondent ni à 
une succession diatonique, ni à une succession 
chromatique. — Long. tôt. o^s^S> l&i'g- naax. 
o"26o. 

Id* 1616. Cithare horixontah^ de Tanc. coll. V. et 
J. Mahillon. Etiquette : Georg. Tie/enbrunner In- 
sirumefiUntnacher in Miinchen Sendlingerstrasse n* 23, 
1845. La touche porte quatre cordes, dont deux en 
acier, une en cuivre et une en cuivre filé. On les 
règle de la façon suivante : 



s 



tr r^ 

12 3 4 

Les cordes d'accompagnement^ sur la table, sont 
au nombre de treize ; celles de basse au nombre de 
quatorze. Elles sont généralement en soie filée. 
Voici leur accord : 



^ 



ISS 4567 8 9 10 II 12 fS 



^^ 



13 S 4 5 8 7 8 9 10 II 12 4S 14 

8 



— 110 — 

Poâr fteititer rexécutioni quelques cordes sont 
filées en rou|(eS) lès autres en blanc; Nous notons 
les premières en blanches. -* Long; tôt; i"j43; 
larg. niàx; b«303. 

Russm. 1917^ BaUUAllun de fane. coll. V. et J; 
Mâhillon; Instrument presque semblable à telui qui 
porte le n« 270; iiiais là caisse na pas la forme 
triangulaire, ses côtés étant légèrement arrondià: 
^ Lonlf. tôt. 6^y:i\ lar^. max. o»a4. 

L'ftccord de ift balalaïka varie beaucoup. Diaprés les rensei- 
gheménié que nods avons obtenus depuis la première descrip- 
tion 400 nottè avonà faite de cet instruinent (nô 170), l'accord 
\p plus Usiti est le siiivant : 



?^S 



mais quelquefois on adopte l'une des deux formes : 



$ 



ï 



bans iëâ JubA» là première balalaïka étahè accordée eh 



W=i=r 



on accorde la seconde en 



r^ 



^- 



NoRwàoB. 1618. Langleik (scand. t=s long jeu). 
Longue baisse sonore dont la table et le fond vont 



— III — 



en «^élargissant vers le milieu poqr se rétrécir à 
rextrémité opposée au cheviller, de manière i for- 
mer une légère courbe rappelant un peu 
celle du^rebec. L^instrument est monté 
de 8 cordes d^acier qui occupent toute la 
longueur de la table comprise entre le 
sillet et le chevalet. Mais les deux pre* 
mière^ cordes reposent sur des chevalets 
mobiles destinés i diminuer la longueur 
4e la partie vibrante pour atteindre ainsi 
plus facilement les sonf aigus. Les cordes 
sont réglées de la façon suivante : 



mi 



3: 



p 



i:- 



Tf 



f 7 8 5 # 

Sous la huitième cor^e son^ disposés 
çur la ta)[^le un/e sérije de sillets Qxes 
destinés i indiquer l^ ppi^s de division 
de la corde et lui faire produire suc- 
cessivement les 30ns de la gamme diato- 
piique : 



^kJ^LlL 



È 



q=^ 



3CC= 



^ 



Un peu au-dessous du quatrième sillet 
est fixée dj^ms la table une sorte de chevillç permet- 
tant de ra^çcourçir }a partie vibrante de la cpf de d'un 



Langleik 
Cno X518). 



— 112 

tiers de sa longueur et produisant conséquemment 
une gamme d!ut avec la septième mineure, le stb. 

La huitième corde sert à la mélodie; on la met en 
vibration à Taide d'un plectre en os lié à Tindex de 
la main droite; les autres cordes servent à l'accom- 
pagnement. — Long. tôt. i"i4; larg. max; o"i27; 
haut, de éclisses o"*094. 

Id. 1618. Langleiky de l'anc. coll. V. et J. Ma- 
hillon. D'une construction beaucoup plus rustique 
que celle du n» 1518, il n'est monté que de cinq 
cordes fort probablement réglées comme les cinq 
premières de l'instrument précédent. 

Le cheviller ne porte que quatre chevilles; celle 

qui tend la i'* corde est fixée dans Téclisse droite, 

à moitié à peu près de la longueur de la table. — 

Long tôt. i»04; larg. o"i2. 

Cet instrument appelé Lang-spel, en Islande, et Noordsckâ- 
Bal , dans les Pays-Bas. est mentionné dans le Grondig ùndêf- 
xoek van de toonen der musijk ; kandêUnde van versekeidene musiek 
insirumenien^ par Klaas Douwes, organiste et instituteur à 
Tzam. en Prise, imprimé pour le première fois par Adriaan 
Heins à Praneker en 1699. Voir au sujet du Noordsche-Balk, 
une notice intéressante dans « La musique aux Pays-Bas •, 
T. 8. p. 199, d'Bdm. Vander Straeten. Le même auteur a publié 
une monographie de cet instrument, imprimée à Ypres en 1868. 
D'après le Tijdsckrifi der Vereeniging voor Noord-Nederlands 
Afuxiekgesckiedenis [Dul /, 2^^ stuk — Amsterdam, 1883), la 
caisse du Lang-spel islandais se développe quelquefois à la 
partie inférieure de sa caisse de résonance, par une courbe en 
demi-cercle. 

Islande. 1620 Lang-spel, de l'anc. coll. V. et J. 
Mahiilon. Cet instruinent, doqt la construction tes** 



— 113 — 

semble beaucoup à celle du Langleik norwégien, est 
désigné st>us le nom de Scheiiholt par Praetorius 
dans son Organographia. Notre exemplaire n'est 
monté que de trois cordes en laiton, dont les che- 
villes de fer sont fixées verticalement dans le som- 
mier ou cheviller qui surmonte la table d'harmonie. 
Dans le langleik norwégien, ces chevilles sont de 
bois et se trouvent disposées comme elles le sont 
ordinairement au violon La touche, placée sous la 
dernière corde à gauche, — destinée à la mélo- 
die, — est divisée par des filets de cuivre incrustés 
transversalement et disposés de façon à produire 
sur la corde, par les raccourcissements qu'ils indi- 
quent, l'échelle suivante : 






:a=*= 



L*accord de l'instrument était probablement Tun 
de ceux-ci, suivant qu'il était monté de 3 ou 4 
cordes : 



H 



f^^ ^=rî 




— Long. tôt. o^Sg; larg. à la partie inférieure 
0*1 10; à la partie supérieure 0*055. 

L'instrument correspond à la Bûche française, que nous 
avons déjà décrite sous le no 552. et dont il est question dans 
VArt du faiseur dHnsiruments de musique de T Encyclopédie de 
Diderot et d'Alexnbert* P'après M. Angul Hammerich. direç- 



rr- 114 ^ 

teur du Musée instrumentaf it Copenhague, la corde mélodi- 
que du Lang-spel serait mise en vibration par le frottement 
d'un archet. 

Allbmagnb(?) 1621. Cistre, de l'^nc. coll. V. et 
J. Mahillon. Facture ordinaire. Cinq cordes dou- 
bles^ dont raccord a été fixé dans la note du n* 256 
(Cat. vol. I). Le cheviller est terminé par une tête 
d'homme naïvement sculptée ; le bas de la touche 
porte également quelques ornements sculptés et un 
niédaillon avec une figure hunaaine en relief. — 
Long. tôt. o"78j larg. njax. o"»a8. 

Id. 1622. CistrCj del'anc. coll. V. et J. Mahillon. 
Instrument à 6 cordes. Caisse sonore à fond plat; 
les chevilles sont disposées verticalement comme 
dans le Sechs Chôrichte Cher Zither du Theafrum 
Insirumentorutfi dt Praetorius (Voir la note du 
n» 256, Cat. vol. I). — T Long. jtot. p^So; i^rg. 
max. o"27. 

France. 1688. Cistre, de 1 anc. coll. V. et J. Ma- 
hillon. Etiquette : Gérard J. Deleplanquc^ Luthier ^ 
rue de la Grande Chaussée ^ coin de celle des Dominir 
£;«fffs, à L»7/d 177 1. Construction semblable à celle 
du n* 537. La rosette a malheureusement disparu. 
Le nombre des cordes et Taccord sont sembla- 
bles à ceux du n* 256, avec, bien eotendy, l'efiet 
réel à Toctave grave de la note écrite 

Id. 1624. Cistre^ d& Tanc. coll. V. et J. Ma- 
hillon. Spécimen très intéressant, datant du 
XVII"* siècle. La table et le fond sont plats, la 



- lis - 

première, eil sapin, botdée d'un double filet avec des 
inscrustations d'ébène et enjolivée d'ornements très 
habilement tracés en double filet. Le 
fond est composé de bandes d'érable 
et d'ébène alternées et séparées par 
un double filet. Le cheviller se ter- 
mine par une tête dé femme eh bois 
sculpté. Les chevilles, au nombre 
de dii, teiïdeiit un hdmbi-é égal de 
cordes réglées dans Tordre suivant : 



$ 



1~TT 



it-0- ■& 5"^ J 



^ 



V 



^ 



les premières et les secdhées eh 
acier» les autres en laiton. Les divi- 
sions de la touché sont marquées par 
des filets de cuivre incrusté. On ciatrè (ihj 1524I. 
remarquera que toutes né traversent pas icomplètè- 
ment la louche dans sa largeur, qtîe ces divisioiils 
n^existènt quelquefois qiié sous deux cordes (5« et 
io« division par exemple) d'autres fois sous trois 
cordes (7®, 15^ etc.). La touche est assez curieuse- 
ment divisée pour justifier le détail des quelques indi- 
cations suivantes relatives aux intonations obtenues 
par les divisions successives de chaque corde : 

3e ^ 



^=^ 



■JÊZ. 



4 S a i 




4¥ 



s 



2 i 



- ii6 - 




-^^ "t^m - ^^ 

"t^ -"^^ "-^^ 



tv' 4 8 2 4 



8 2 • 



^ 



S 2 I 

— Long. tôt. 710; larg, max. o"237; haut. max. 
des éclisses 0^050; haut. min. o"o23. 

Id. 1626. Cisire, de fane. coll. V. et J. Mahil- 
Ion. Etiquette : Gérard J. Deleplanque^ Luthier au 
Marché aux Poulets^ à Lille 1764. Ce cistre s'écarte 
un peu de la forme ordinaire. La bordure de la 
table est en ébène avec des incrustations d'ivoire. 
La rosette est en forme d'étoile dont les rayons sont 
alternativement en ivoire et en ébène. Le manche 
porte 14 divisions et les traces du ca^o ^os/o indiquent 
que celui-ci pouvait transposer Taccord à la tierce 
mineure, à la quarte et à la quinte supérieures. Le 
cheviller, portant dix chevilles ordinaires en ébène, 
est terminé par une tète de femme sculptée; le dos 
du cheviller est orné d'une sculpture assez finement 



— 117 — 

découpée. L'âccord de l'instrument est celui du 
n* 256, à savoir : 



â-^ 



^ 



10 



— s^ - 
6 & 



i^^ 



± 



avec l'eiFet réel à l'octave inférieure de la note 
écrite. — Long. tôt. o^Sô; larg. max. o"27; haut* 
des éclisses o''o85. 

Allemagne. 1626. Cistre (ail. = xither), de 
Tanc. coll. V. et J. Mahillon. Etiquette : Sympertus 
^igg^h Lauten =» uni Geigen <= Mâcher in FUssen 
1 761. Très intéressant spécimen de lutherie alle- 
mande. Le dos, façonné en coquille plate, est com- 
posé de cinq côtes séparées par des filets d*ébàne. 
La table^ en sapin soigneusement choisi, est ornée 
d'une rosette taillée dans le bois même. Le cordier^ 
en cuivre, porte cinq crochets auxquels viennent 
s'attacher les extrémités inférieures de dix cordes 
enroulées, à leur extrémité opposée, dans le che- 
viller, sur dix chevilles en buis. Les cordes sont 
accordées, par paires à l'unisson, dans l'ordre 
suivant : 



■3? 



^^ 



±: 



9/ 

id^Ô 8 7 6 6 4 ^ 2 1 

avec TeiFet réel à la note inférieure de la note écrite, 
— accord qui procède certainement de celui indiqué 
par Praetorius et que nous avons rappelé dans la 



— ii8 — 

note dû n* 256. — Long. tôt. o^jg; larg. max. 
0^255; haut, des éclisses à la partie supérieure de 
la caisse sonore o°'o72; à la partie inférieure o"*o36. 

Francb. 1687. Cistre^ de Tanc. coll. V. et J. Ma- 
hilion. Sans nom d'auteur; rosette en bois sculpté 
et doré; onze cordes tendues par un mécanisme 
semblable à celui du n^' 256; i*accord est égale- 
ment pareH à celui de ce demieri avec Teffet réel à 
l'octave inférieure de la note écrite. 

Id. UJSa. Cistre, de Tanc. coll. V. et J. Mahil- 
Ion. Etiquette: Salomon à Paris. Construction, nom- 
bre de cordes et accord comme le n^* 256. L*ouIe 
ne porte pas de rosette. 

Iv. 1688« Chire, de Tanc. coll. V. et J. Mahillon. 
San^ nom d*auteur. La construction est à peu de 
chose près semblable à celle des deux instruments 
précédents. L'ouïe est recouverte par une rosette 
découpée en étoHe dont les rayons sont en ivoire. 
Cette rosette, ainsi que le contour de la table d'har-* 
moAîe, est ornée d'une bordure faite d'incrustations 
d*ivoire et d'ébène. Onze cordes dont Taccord est 
celui du n* 256, — - avec la même observation quant 
à l'effet réel. 

Id. 1630. Cisire, de Tanc. coll. V. et J. Mahillon. 
Il est de G. Le Blond à Dunterque, qui le fit 
en 1779. Construction et accord sefnblables à ceux 
du n^ 2569 avec Teffet réel à l'octave grave de la 
note écrite. 

Allemagne. 1631. Archi^cistre, de Tanc. col. 



— 119 - 

V. et J. Mahillon. Qaatre cordes doubles sur le 
premier cheviller et neuf cordes simples sur le 
second. Nous ignorons la manière spéciale d'ac- 
corder cet instrument. Une particularité digne de 
mention, c'est que, immédiatement sous le second 
cheviller, existe une cheville sur le corps de laquelle 
on a appliqué un cylindre de bois. La circonférence 
de ce cylindre est garnie de deux petits chevalets 
d'ivoire placés, le premier sous la 5^ corde, l'autre 
sous la 4* et la 5^ corde. La distance de cette 
cheville au second cheviller et la hauteur de ces 
chevalets sont ainsi calculés qu'en passant sous 
les cordes, ils les soulèvent et font monter le|i 
intonations respectives d'un demi-ton. En suppo-^ 
sant par exemple les cordes diatoniques accordées 
dans l'ordre suivant : 



^^ 



^ 



dÈ 



on pourrait instantanément obtenir à l'aide de In 
cheville inférieure, l'une des deux formes sui- 
vantes : 



m=^=ii^t3^^^ 



.0-^t- 



9a7C8«l31 

Long. tôt. o^<^^ol long. max. o"28a. 



— 120 — 

Francs. 1688. Archichire, de l'anc. coll. V. et 
J. Mahillon. Etiquette : Renault et Châtelain^ rue de 
Braque^ au coin de la rue S^ Avoye^ à Paris 1780. 
Instrument de construction semblable à celle du 
n* 252, mais le nombre des cordes diffère. Accord : 




avec l'effet réel à Toctave inférieure (L*accord du 

n^ 252 était semblable, mais son étendue au grave 

ne dépassait pas le ré). — Long. tôt. l'^is; larg. 

max. de la table o°'305. 

Ces deux instruments démontrent qu*en France, Tarchicistre 
se faisait quelquefois avec le dos en coquille de luth ; c'est ce 
détail exceptionnel qui nous avait conduit à cataloguer erroné- 
ment le n« 252 sous le nom d'archiluih. 

Id. 1683. Archicistre, de l'anc. coll. V. et J. Ma- 
hillon. Étiquette, nombre de cordes, accord et 
construction identiques à ceux de l'instrument pré- 
cédent. La caisse sonore affecte ici la forme plate 
habituelle au cistre. ^ Long. tôt. i"*i 15; larg. max. 
de la table 0B325. 

Id. 1684. Archicistre à double manche. Don de 
M. Elkan à Bruxelles. Étiquette : Fait par Savains 
à Paris. Construction semblable à celle du n« 547; 
comme à ce dernier, la longueur des deux manches 
est établie de telle façon que le rapport des cordes, 
dans la portion comprise entre le sillçt et Iç 



121 



chevalety est à peu près comme 2 est à 3, ce qui 
permet de supposer que les cordes du petit manche 
étaient réglées à la quinte aiguë de celles du 
grand manche. Le Muzykaal kun'stwoordenboek de 
Verschuere-Reynvaan donne au cistre à 5 cordes 
(spaansche citer) Taccord suivant^ noté à l*octave 
supérieure de l'effet produit : 



que nous avons expérimenté et qui convient parfaite- 
ment aux proportions du grand manche; Taccord 
à la quinte supérieure convient également au petit 
manche, ce qui nous fait présumer que l'accord 
général de cet instrument ne devait pas s'écarter 
sensiblement de Tordre suivant : 



I 



Grand maoche. 



W- 



-c* 



Petit manche. 



^ëËËH^^ 



^ 



Î5S 



l--i- 



fw? 



i*r cheviller^ 

cordes en dehors de 

la tooche. 



6 7 8 9 10 

ao cheviller; 

cordes 
sur la touche. 



111 12 13 
x«r chevilter; 
cordes en dehors 1 
de la touche, i 



M 15' 



16 17 18 



a* cheviller; 
cordes sur la touche* 



Les cordes n*"* i, 2, 3, 6, 11, 12, 13, 14, sont en 
soie filée, toutes les autres sont en boyaux. La 
touche du grand manche est divisée en quator^^e 
cases; celle du petit manche en treize cases. — 
Long. tôt. i"oo; larg. max. o"355. 

Verschuere-Reynvaan donne l'accord d'un cistre espagnol 
on guitare qu'on appelait Mandata ou Mandorc lorsqu'il avait 
dix cordes; les six premières de ces cordes passaient sur la 



— 122 — 



touche et les qaatre autres en dehors. Voici cet accord, noté 
à Toctave supérieure de l'effet réel : 



m^ 



-i 1- 



±: 



£n dehora de la toucho. 



^ 



-rr--±— *— = — 

:S' "•• S«r la touche* 



zïz 



Cet accord ressemble beaucoup à celui que nous supposons 
appartenir à Tarchicistre à double manche. 

Portugal. 1636. Cavaco^ Cavaquinho ou MacheU^ 
petite guitare. Étiquette : Manuel Pereira^ fabri^ 
canie de rebecas, violas fmncezas^ guitarras^ cavacos 
et violas braguezas. Vende cordas e engrena gens para 
os tnesmos. Concerta rebecas antigas. A per/eiçao do 
trabalhoy afinaçao e modicidade de preçes è conhecida^ 
l^^ 15097. Rua das Portas de Santo Antao 189-191. 
Lisboa. Quatre cordes de boyaux. Le manche, en 
ébène, est divisé en 17 cases par des fils de cuivre 
incrustés dans le sens de sa largeur. A chacune 
de ces cases correspond un degré chromatique. 
Accord : 



$ 



ï 



-rt-i^- 



— Long. tôt. o^so; long, de la caisse sonore 
o"225; larg. max. o'"i45. 

Italie. 1636. Guitare, de l'anc. coll. du comte 
Pietro Correr de Venise. Elle date du commence- 
ment du XVII* siècle. Le dos et les éclisses sont 
en érable, la table en sapin. Elle porte cinq cordes 



123 — 

doubles accordées, d'après Mersenne, de la façon 
suivante : 



^^^^^^ 



■Y 

avec Teffet réel à Toctave grave de la note écrite. 
(Voit la guitare n« 264). La manche porte seize 
divisions dont les dix premières sont faites d*un 
double tour de cordés à boyaux; les six autres sont 
en bôfs et sont collées sur la partie inférieure du 
manche et sur la table. — Long. tôt. o^gô; larg. 
max. o"a65. 

h). 1637. Guiiate. Cet instrument, d'une forme 
exceptionnelle et peu gracieuse affectant celle d'un 
croissant dont tes pointes sont tournées vers le 
cheviller, porte Tétiquette suivante : Gennaro Fabri' 
catorc dnno 1817 Napoli^ stradà È. Giàcomo N^ 42. 
Il est monté de six cordés réglées de la façon 
ordîntffre' : 



^ 



^ 



avec Teffet réel à Toctave inférieure de la note 
écrite. ï)e petites traverses en cuivre divisent le 

I Dans la première indication de cet accord (voir Cat. vol. I, 
n^ 265), une erreur typographique a substitué la clef de ^ 
à la clef de ^; Taccord doit donc être rectifié comme ci- 
desaus* 



— 124 — 

manche en 19 cases établissant pour chaque corde 
les degrés chromatiques. Les contours de la table 
et de Toule sont ornés d'une bordure de cire rouge 
durcie dans laquelle est incrustée une guirlande de 
nacre. — Long, tôt. o^^gi ; long. max. 0^4 1. 

Espagne (?). 1638. Guitare. La rosette en carton 
est entourée d'une guirlande de nacre de perle 
incrustée. Les éclisses, le fond et le dos du manche 
sont ornés de marqueterie de bois dur et d'ivoire. 
Cinq cordes doubles, accord du n' 264 (Voir Cat. 
vol. I). — Long. tôt. o"»94: larg. max. o">27. 

France. 1639. Guitare. Don de M. H. Ph. Adam. 
Étiquette : rue Louvois n^ 10. Lacote et C**^ luthiers , 
Paris^ année 1846. Très joli instrument avec le dos 
et les éclisses en érable, facture très soignée. La 
bordure de la table et du dos sont en ébène avec un 
double filet d'ivoire incrusté. Les chevilles, en 
nacre, sont munies d'une vis sans fin, laquelle 
commande un pignon qui termine le prolongement 
de l'axe; c'est sur celui-ci que s'attache et s'enroule 
la corde. L'instrument porte six cordes réglées 
de la façon ordinaire (voir le n« 1537). Le manche 
a dix-sept divisions établissant les degrés chroma- 
tiques de chacune des cordes. — Long. tôt. o"935 ; 
larg. max. 0*295. 

lo. 1640. Guitare, de l'anc. coll. V. et J. Ma- 
hillon. Auteur : Gratel^ luthier, à Mirecourt. La 
caisse sonore a une forme particulière, terminée 
au bas par une partie rectangulaire servant de pied, 



~ 125 — 

sur lequel Tinstrument peut tenir debout. Deux 
ouïes circulaires, Tune à droite, l'autre à gauche» 
sont découpées dans la table. Six cordes accordées 
de la façon ordinaire (voir le n» 1537). La touche 
est divisée : en 17 cases pour les deux premières 
cordes; en 16 cases pour la troisième; en 15 pour 
la quatrième; en 13 pour la cinquième et en la 
pour la sixième corde. — Long. tôt. o^^go; long* 
max. o«33. 

Notre luthier était quelque peu philosophe'; il méprisait les 
richesses, s'il faut en croire l'étiquette collée au revers de la 
table et sur laquelle il avait écrit les vers suivants, de l^a 
Fontaine, que nous reproduisons en en respectant les incor- 
rections' : 

Ni Lor ni la Grandeur ne nous rendent heureux 

Ces deux Divinités n'acordent à nous veux 

Que des biens, peu certain qu'un plaisir peu tranquille 

Véritable vautour que le fils de Japhet 

Représente enchaîné sur son triste sommet. 

Allemagne. 1641. Guitare^ de Tanc. coll. V. 
et J. Mahillon. Autre forme de fantaisie de la caisse 
sonore. La tension des cordes s'obtient par des 
chevilles munies d'une vis sans fin engrenant les 
dents d'une petite roue fixée sur le prolongement de 
Taxe autour duquel s'enroulent les cordes. Celles-ci, 
au nombre de six, s^accordent à la façon moderne 
(voir le n" 1537). Facture très ordinaire; lecheviller 

X L*incohérence de la citation, empruntée au poème PhiU- 
mon ctBaucis, d'après Ovide, n'est imputable qu'à l'omission 
du cinquième vers : 

Des soucis dévorans. c'est l'éternel asile; 

10 



— 126 

est terminé par une tète de femme en bois sculpté 
et doré. — Long. tôt. 0"»9i; larg. max. de la 
table o"3i, 

ËSPAONB. 1642. Guitare à 6 cordes doubles. 
Etiquette : Jo%tf Pages me hizo en Cadix aho de i8o8 
CMe de la Amargura iV» 70. Le fond et les éclisses 
sont en palissandre avec des filets d*érable; la table 
est incrustée d'ornements de nacre et de cire noire. 
De chaque côté du chevalet se trouvent, disposés 
en rinceaux, des ornements en bois noir incrusté de 
nacre. Le cheviller et le manche sont plus larges 
qu*aux instruments italiens et français, la courbure 
rentrante des deux côtés de la caisse sonore plus 
accentuée, moins arrondie qu'aux derniers. On 
remarquera que l'étranglement résultant de la forme 
du 8, généralement adoptée pour la caisse sonore 
de la guitare, est accentué faiblement aux guitares 
espagnoles, qu'il Test davantage aux guitares fran- 
çaises pour atteindre le maximum d'étranglement 
dans les instruments de provenance française. Six 
cordes doubles dont voici Taccord : 



f^W^' 



-^ 



¥=^ 



fci:±^ 



±: 



V 

Teffet réel étant à l'octave grave de la note écrite. — 
Long. tôt. z°>oo; long, des cordes entre le chevalet 
et le sillet, 0064; larg. max. 0B28; larg. de la 
touche o"»o6; haut, des éclisses o"* 105. 



— t27 — 

En Bspagne, les guitares de Pages sont réputées les meil- 
leures; on y considère ce Ipthier comme le Stradivari de la 
goitare. 

Au XVI« siècle, la guitare s'accordait en Espagne de la façon 
suivante, comme le luth : 



"ÎT^ - 



rr-f'f-p 



iH-J-r±F 



»==^ 



Au XVI !« siècle, cet accord, de même que celui du luth, fut 
haussé d'un ton; mais la difficulté de monter la chanterelle de 
la guitare au la fit abandonner cette dernière corde et l'accord 
devint alors le suivant : 



i 



1^ 



-I f j j r 



F=P= 



:t 



C'est déjà le mode d'accord suivi dans les Capricci armonici 
de L. Roncalli en 1692. Nous avons vu que l'adaptation d'une 
sixième corde, accordée à la quarte inférieure (mi), date du 
dernier siècle (voir la note du n^z6$y Cat. i* Volume Edition 
de 1893). 

France. 1648. Guitare, à 6 cordes. Etiquette : 
Se vend chez MM. Boy et et Longuet Marchands et 
Fabricants d'instrumens, rue de la Grand' Horloge 
N* 48, à Nismes, Au-dessus de cette étiquette, estam- 
pillée au feu, on lit le nom Mauchanty probablement 
celui de l'inventeur. Forme ordinaire de la guitare. 
Le dos et les éclissessont en érable, la table, légère- 
ment bombée dans le double sens de sa longueur et 
de sa largeur, est en sapin. Outré la rosette, deux 
ouïes en 3C sont découpées dans la table à sa partie 
la plus étroite. La rosette^les ouïes et les bords de 



— laS — 

la table sont ornés de doubles filets incrustés, en 
ivoire et ébène. Les cordes s attachent, comme d*or- 
dinaire, à la partie inférieure de la table par un 
nœud passé dans un trou et arrêté par une cheville 
ou pointe d'ébène ornée d'une petite plaque de 
nacre. A quelque distance de cet attache-cordes se 
trouve exceptionnellement un chevalet dont l'arête, 
formant une courbe légère comme celle de la table, 
reçoit lappui des cordes dans le but probable d'aug- 
menter la sonorité par un ébranlement plus considé- 
rable de la table. La touche porte 17 divisions 
établissant autant de raccourcissements et, par 
conséquent, les 18 sons chromatiques produits par 
chacune des cordes. L accord est le même que celui 
de la guitare ordinaire (voir le n» 1537). — Long, 
tôt. o°»905;long. delà table 0*455; larg.max. o"304; 
haut, des éclisses o'"o83. 

lo. 1644. Guitare à cinq cordes doubles, de Tanc. 
coll. V. et J. Mabillon. La forme de la caisse, en 
érable, est celle dite c guitare en bateau », parceque 
les éclisses, au lieu d*être verticales, sont obliques. 
Il résulte de cette disposition que la surface du fond 
est moindre que celle de la table. Celle-ci, en sapin, 
est bordée d'un gros filet d*ivoire et d'un double filet 
d'ébène et d'ivoire. L*ouïe, circulaire, est bordée de 
six filets concentriques d'ivoire alternant avec des 
filets d'ébène. Accord du n* 264 (voir Cat. !•' vol.). 
— Long. tôt. o«g47; long, de la caisse sonore o™44; 
larg. max. de la table C273; haut, des éclisses o^qS. 



— 129 — 

Allbmaqnb. 1646. Guitare à dos de luihi de 
Tanc. coll. V. et J. Mahillon. La caisse de réso- 
nance est à coquille bombée comme celle du luth. 
Pour le surplus, l'instrument est semblable à la 
guitare ordinaire. Six cordes, accord du n* 1537. La 
touche est divisée en 19 cases pour la première 
corde, permettant ainsi la production, en y com- 
prenant le son fondamental, de 20 degrés chroma- 
tiques. Toutes les cordes n'ont pas autant de divi- 
sions; ainsi y la seconde corde n'a plus que 18 cases ; 
la troisième 16; la quatrième 14; la cinquième 13; 
enfin la sixième n'en a plus que 12. — Long, 
tôt. 0*90 ; larg. max. o"*3o. 

France. 1646. Lyre^ de Tanc, coll. V. et J. 
Mahillon. Instrument semblable au n° 546. 

Id. 1647. Lyre-guitare, de l'anc. coll. V. et J. 
Mahillon ^ Une inscription à l'intérieur indique 
qu'elle a été faite par Dubois, pèreetfilSy facteurs 
d'instruments de S. M. VEmpereur rue St-Honoré 
N^ 324. La forme est semblable à celle du n** 266, 
mais la table n*a qu'une seule ouïe circulaire. Le 
fond et les éclisses sont en palissandre. Six cordes 
simples accordées comme celles du n* 1537. La 

' C'est aa luthier Mareschal, qui travaillait à Paris vers la 
fin du dernier siècle, qu'est due l'idée de donner à la guitare 
la forme de la lyre antique; il lui donna le nom de lyre ana- 
creontique {Plagiai dénoncé aux musiciens et au» amateurs des 
lyres nouvelles inventées par Mareschal, luthier à Paris. Brochure 
sans date). Le Musée possède une lyre de ce luthier. Voir le 
n® 267. 



— IS^' — 

touche porte treize divisions en filets d'ivoire. — 
Long. tôt. 0*79; larg. max. o"325. 

Id. 1648. Lyre-guitare. Sans nom d'auteur; 
instrument de construction ordinaire. Ne diffère pas 
sensiblement de l'instrument précédent; même 
accord. La touche porte quatorze divisions. 

Italie. 1649. Guitare toscane (ital : chitarra 
battente). Spécialement destiné aux accompagne- 
mentSy cet instrument est généralement joué avec 
un plectre; de là son nom italien, chitarra battente, 
et la raison d'être de là plaque en écaille entaillée 
dans la tablé d*harmonie sous la plaCe où les cordes 
sont ébranlées. Les éclisses sont beaucoup plus 
hautes que celles de la guitare ordinaire ; le dos est 
fortement convexe et formé, ainsi que les éclisses, 
de côtes de bois de palissandre séparées par des 
filets de buis. Cette guitare est montée de sept 
cordes doubles dont l'accord nous est inconnu. Nous 
supposons, nous basant sur ce qui se pratiquait 
sur le luth, que cet accord ne devait pas s'écarter 
sensiblement du suivant, noté à l'octave aiguë de 
l'effet réel : 



E^^gS^^ 






'^ 



-T- 



6 



— Long. tôt. ©"gçs; larg. max. o«"29; haut. max. 
des éclisses o<"i65. 

Angleterre. 1660. Harpe-guitare. Sans nom 



— 131 — 

d'auteur. La guitare est montée de six cordes, accor- 
dées comme à l'ordinaire (voir le n» 1537). Sa con-* 
struction n'offre rien de particulier, si ce n'est que 




Harpe-guitare (no 1550). 



Tenroulement des cordes sur les chevilles, qui sont 
en cuivre, est dissimulé sous une plaque de bois 
sculpté. 
La partie de l'instrument constituant la harpe 



— 13^ — 

est montée de 3 1 cordes accordées dans Tordre sui- 
vant : 



: 3=J - f-^ f^=az£: 



sz: 



ff ^ij^^ - 



^^^^^â 



^^^e^^ 



Les cordes dont Tintonation est indiquée en blan- 
ches ont à droite un crochet dont l'action raccourcit 
la corde d*un demi-ton. Toutes les notes blanches 
peuvent donc au besoin être diésées. Comme d*habi- 
tude à la harpe, les cordes ui sont teintées en rouge, 
les /a en bleu. Outre les six petites ouvertures que 
Ton aperçoit sur la table oblique de la harpe, il s*en 
trouve trois autres sur le côté supérieur et deux sur 
le côté inférieur; elles ont o'»oi5 de diamètre envi- 
ron. On peut fermer ces cinq dernières ouvertures 
à l'aide de plaques tournantes d*ivoire appliquées 
à proximité de la circonférence des ouïes au moyen 
d'une vis. Cette fermeture avait sans doute pour 
but, dans Tesprit de Tinventeur, d'augmenter la 
sonorité; mais le moyen est très peu efficace. — 
Haut. tôt. i«oi ; large max. o«»5o. 

Id. 1661. Harpe-luih (ang. = harp-luU), de 
l'anc. coll. V. et J. Mahillon. Un des nombreux 
instruments imaginés à la fin du dernier siècle pour 
remplacer ou améliorer la guitare. L'idée de celui-ci 
appartient, paraît-il, à un nommé Edward Light, 



— Î33 - 

à Londres. L'instrument portait alors douise cor- 
des, dont l'accord se réglait de la façon suivante : 

12 II 40 9 8 7 6 5 t^ ^ 3 S I 

D'ordinaire, les parties s'écrivaient à la sixte 
majeure supérieure, conséquemment en ut. La 
harpe-luth s'employait surtout à Taccompagnement 
de la voix. 

Une première amélioration est apportée par le 
même Edward Light qui obtient un brevet à la date 
du z7 décembre i8i6. L'inventeur lui donna le 
nom de British hafp4uie OMlute^harp. L'innovation 
permettait de hausser chacune des cordes soit par 
un anneau» soit par un levier, appelé ditale^ placé 
à la partie antérieure de la console, et dont l'emploi 
avait pour effet de diminuer la portion vibrante de 
la corde de la quantité requise pour Télévation d'un 
demi-ton. 

L'accord de pet instrument était celui-ci : 



^gÊ^ i^igl^^ 



^-r-* 



15 U 13 13 II 10 9 8 



Les trois premières cordes étaient disposées 
au-dessus d'une touche divisée chromatiquement 
comme celle de la guitare. 

Une autre amélioration, dont le brevet porte la 
date du i6 août 1828, est présentée par Angelo 
Benedetto Ventura, professeur de musique italien 



— 134 — 

également établi à Londres, qui donne à son instru* 
ment le nom de Harp Ventura. Chacune des cordes, 
— à l'exception des sept premières, tendues 
au-dessus de trois touches divisées à Tinstar de 
celles de la guitare, — sont munies d'un mécanisme 
à fourchette (voir la note du n* 246) actionné par la 
main et permettant de hausser la corde d'un 
demi-ton, 

La harpe-luth cataloguée sous le n* 1551 est 
montée de 14 cordes, dont l'accord ne devait pas 
s'éloigner sensiblement de celui-ci : 



Les cordes 13, 12, 11 peuvent être haussées d'un 
demi-ton par l'action d'une plaque trouée que tra- 
versent les cordes et qu'il suffit de tourner pour que 
ces cordes, appuyant sur l'un des côtés du trou, 
soient raccourcies de la quantité voulue. Les 
cordes 10, 7, sont munies d*un levier manœuvré 
par la main gauche; son action hausse la corde 
d'un demi-ton. Les cordes 6, 5, 4 reposent sur une 
première touche divisée chromatiquement en 9 
cases, les cordes 3, 2, i sur une seconde touche 
divisée chromatiquement en 7 cases. — Long., 
tot.o^Sô; larg. max. o"35. 

Id. 1662. Guitare anglaise à clavier (cistre à cla- 
vier), de lanc. coll. V. et J. Mahillon. Construc- 
tion semblable à celle du n** 261, même nombre de 



— 135 — 

cordes et accord (noté à Toctave aiguS de Teffet 
réel). Les trous ménagés dans le manche et destinés 
à recevoir le capo-tasio^ indiquent que celui-ci peut 
transposer l'instrument à la tierce majeure, à la 
quarte et à la quinte juste supérieures. Le brevet 
de l'inventeur, Christian Clauss, est daté du 26 jan- 
vier 1784. Notre instrument porte la marque de 
Longman et Broderip^ gô, Cheapside et 18 Haymarkei 
London et le n« de fabrication 130; toutes les cordes 
sont d^acier. Une ouverture pratiquée dans Téclisse 
inférieure de droite, fermée par un couvercle, permet 
d'atteindre le mécanisme qui percute les cordes. 

Id. 1668. Guitare anglaise à double^manche ou 
archi-cistre, de Tanc. coll. V. et J. Mahillon. Elle 
porte sur le talon du manche la signature de Rauche 
London 1766. Très joli instrument dont la touche, 
plaquée en écaille bordé d'ornements en nacre, 
porte 12 divisions ou cases. Dans le premier chevil- 
ler s*adaptent dix chevilles actionnées à Taide d'une 
roue dentée et d'une vis sans fin. Les cordes sont 
réglées dans l'ordre suivant : 



^^ 



=^=^^ 



iji^p: 



±z± 



^'9 8 7 6 S 4 

Les cordes i, 2, 3, 4 sont en acier; 5, 6, 7, 8 en 
laiton; 9, 10 en acier filé. Le manche porte un capo* 
tasto en ivoire pouvant s'adapter à volonté dans ses 
cinq premières cases. Le second cheviller porte des 
chevilles ordinaires en ébène destinées à tendra 



— 136 — 

8 cordes dont les six premières sont en boyaux, les 
deux dernières en boyaux filés. Elles sont réglées 
de la façon suivante : 



¥ f=5= î= i ^^^ 



(Il ne faut pas perdre de vue que Teffet réel est à 
Toctave grave de la note écrite). — Long. tôt. 
o"9i5; larg. max. o»3io; haut, deséclisses o"o85. 

Id. 1664. Guitare anglaise ou cistre^ de Tanc. 
coll. V. et J. Mahillon. Sans nom dauteur. Le 
cheviller est terminé par une tète sculptée qui doit 
avoir été ajoutée après coup; elle nous paraît 
d'origine française. Les cordes, au nombre de dix, 
sont tendues par le système des chevilles métal* 
liques, remontées par une clef, que nous avons 
décrit dans la note du n"» 256 (Cat. vol. I). L*accord 
était celui-ci : 



^^^^m 



avec l'effet réel à Toctave grave de la note écrite. — 
Long. tôt. o'»7i5; larg. max. o"3o. 

Italie. 1655. Pandore en luth. Par ses propor- 
tions et sa forme, cet instrument correspond à 
celui que Praetorius appelle Penorcon. Toutefois, 
d'après cet auteur, les cordes du Penorcon et les 
frettes du manche étaient en métal, tandis qu'à 



notre exemplaire les cordes sont en boyaux. Praeto- 
rius donne laccord suivant : 



-:t- 



3 



Un instrument presque semblable, avec cordes 
métalliques, est représenté par Mersenne (Harmonie 
universelle, p. 53), qui lui donne l'accord du luth et 
rappelle Pandore. On trouve encore la gravure de 
cet instrument dans le Gabinetio armonico du 
P. Bonanni' qui l'appelle Cetera tedesca (cistre alle- 
mand). On sait que toute la famille des cistres, à 
laquelle appartiennent les Penorcons et les Pandores^ 
employait les cordes métalliques (voir à ce sujet la 
note à la suite du n<^ 256, Cat. vol. I). Un seul 
indice de l'emploi de la corde à boyaux nous est 
fourni par la figure 9 de la planche III de VArt du 
faiseur d* instruments, où Tappareil est désigné sous 
le nom de Pandore en luth, dont le dessin est exacte- 
ment celui de notre instrument. La pandore en luth 
avait-elle, contrairement à la pandore ordinaire, des 
cordes en boyaux, comme le luth? La similitude 
absolue qui existe entre le dessin susdit et notre 
instrument permet de le supposer. C'est cette simi- 
litude qui nous a fait adopter le nom At pandore 
en luth. 

> Rome X723. 



- tsS - 



Le détail est, en tous cas, de peu d^importance. 
Notre instrument, de même que tous les types 
auxquels nous venons de le comparer, a la caisse 
plate, contournée de façon à présenter par chacun 
de ses deux côtés trois festons. — Long. tôt. i'"2o; 
larg. max. o«45. 

Belgique. 1666. Petit luth octave ou petit luth 
soprano^ avec cette très curieuse étiquette, que nous 
reproduisons fidèlement : Maieu Ho/mans lé plus 
anni en Anvers 1605. Ce très joli instrument, muni 
de son étui, a la coquille en ivoire; le manche et le 
cordier sont également en ivoire avec filets quadril- 
lés en ébène. La table, marquée d'une ancre, est 
ornée aussi d'une jolie rosette; les cordes, au nom- 
bre de neuf doubles, s accordent de Tune des trois 
façons suivantes : 



s 



;^ 



s 



^^^m- 



aqt 



v=c. 



^p« 



tzt 

7 6 5 



îg*?"^ 



m 



iq=s=>- 



jMt 



^^=1= 



V : iîn±i 



^ 



ndËi 



e5]^J"J lH^ 



i^c&. 



Y ' 



œ 



S 



I & \j L r\^ 



(Voir la note du n« 251, Cat. vol. I). — Long, 
tôt. sans le cheviller, o™565; larg. max. de la table, 
o""2o; long, des cordes o°'49. (Michel Brbnet, 
Notes sur l'histoire du luth en France. Turin 1899). 



- t39 — 

Allbmagnb. 1567. Luth soprano. Coquille d'ivoire, 
manche et cordier en marqueterie d'ivoire et 
d'ébène. La touche, divisée comme d ordinaire par 
neuf frettesy a des incrustations en nacre et en 
écaille; Touie de la table d*harmonie est ornée d*une 
jolie rosette en bois découpé. Le cordier, collé sur 
la table, est en ivoire. Les cordes, au nonlbre de 
six doubles, sont réglées de la façon suivante : 



^^jg^g ^^p ë 



— Long. tôt. sans le cordier, o"655; long, de la 
caisse o'"425; larg. max. 0^295; long, des cordes 
0-541. 

Italib. 1668. Luth nouveau. Cet instrument 
n'est en somme qu'une mandoline agrandie; il 
était, parait-il, monté de onze paires de cordes 
métalliques, accordées, d'après ce qu'on nous a 
assuré à Naples, son pays d'origine, de la façon 
suivante : 



^==^Êssâârî=^='^'^*=^=^ 






w w ^-^ "^-^ 7 

^-^ >-' 9 8 

11 10 



— Long. tôt. o™945; larg. max. 0^38. 

Allemagne. 1669, Luth ténor^ don de M. Ed. 
Elkan. Il porte l'étiquette suivante : Johann 
Christian Hoffmann KonigL Pol. und Chur Fûrstl 
Saech. Hoff. Instrument und Lauten Mâcher Leipx. 



— 14^ — 

A'' 1716. Il est monté de vingt-cinq cordes de 
boyaux divisées en onze chœurs ' que Ton accordait 
quelquefois, en Allemagne, de la façon suivante : 




pzz TjjTJyn^ 



ri 

Le manche^ en ébène, est divisé en douze cases; 
la coquille est formée de neuf côtes en bois d'érable. 
Lorsque le luth ténor était monté de vingt-quatre 
cordes, on les divisait en treize chœurs, réglés 
comme suit : 




Ti TÎ ^ 
le douzième chœur s'accordait quelquefois en 



' Le mot chaur désignait généralement deux ou plusieurs 
cordes rapprochées Tune de l'autre et accordées à l'unisson 
ou à Toctave. D'après notre exemple, on voit que ce mot 
pouvait exceptionnellement s'appliquer à une corde unique. 

> Suivant Praetorius» l'accord du luth ténor, non-renseigné 
dans notre note à la suite du n» 251, était celui-ci : 

^- 



V" 



V 



^^^ ^^^bEg 



— ï4t — 

— Long. tôt. depuis le sillet jusqu'au bas de la table, 
o«83; larg. max. o"»32; long, des cordes o"*7i5. 

Italie. 1660. Lulh ténor, de Tanc. coll. V. et J. 
Mahillon. Il porte à l'intérieur le nom de Martino 
Kaiser; le nom de la ville nous paraît être Venezia. 
La touche, en ébène, est divisée en huit cases; la 
coquille est faite de neuf côtes de bois d'érable, les 
cordes sont au nombre de 21, dont dix doubles et 
une simple, la chanterelle. L'accord est celui de 
l'instrument précédent. — Long. tôt. o«n82; larg. 
max. o™3i; long, de la chanterelle 0*7 23. 

Id. 1661. Luth, de l'anc. coll. du comte Pietro 
Correr, de Venise. Etiquette : Giouane Hieber in 
Venetia. Coquille à larges bandes de bois, rosette 
dans la table d'harmonie, neuf divisions sur le 
manche, cheviller renversé et presque à angle droit 
avec le manche. Très intéressant spécimen du luth 
au XVP siècle. Sept cordes réglées de la façon 
suivante' : 



:q=qz=q=:d=rÉ=É: 






z=q=l" 



-r-«<- 



La septième corde repose sur une partie du sillet 

I Martin Agricola (Musica instrumentalis deudsch, Wittem- 
berg 1528) donne au luth Faccord suivant : 



P= 



— ^;^ 1 — 



i 



2^ 



^F3F=P=i=-'-^ 



:^^ '^ 



II 



— 142 — 

qui dépasse légèrement la largeur de la touche. Ici 
encore nous nous trouvons en présence de Tancien 
vernis à Talbumine. — Long. tôt. (sans le cheviller) 
o"675; long, de la caisse o'"43; larg. max. de la 
caisse 0*308; long, des cordes o"593. 

Id. 1662. Archilnth, de Tanc. coll. du comte 
Pietro Correr, de Venise. Il porte Tétiquette 
imprimée de Pieiro Raillich, al SanlOj in Padoua. 
Construction à peu près semblable à celle des deux 
instruments précédents; les côtes de la caisse 
sonore sont toutefois plus larges ; une seule rosette, 
en bois découpé, sur la table d'harmonie. Une corde 
simple, la chanterelle, et six cordes doubles sur 
le premier cheviller; huit cordes simples sur le 
second. Accord : 






— Long, tôt i°*77; long, de la caisse sonore 
o"430 ; larg. max. o"34s; long, du sillet du premier 
cheviller au chevalet o'"655; long, du sillet du 
second cheviller au chevalet i^sss; long, de la 
chanterelle 0*655. 

Id. 1663. Archiluthy de Tanc. coll. du comte 
Pietro Correr, de Venise. Etiquette : In Padova^ 
Vvendelio Venere.Txès intéressante pièce de lutherie 
du XVII^ siècle. Le haut de la table est marqué des 
deux lettres WE imprimées au feu. La rosette de 



- H3 - 

la table d'harmonie est en bois finement découpé. 
Deux chevillers, dont le second, — le plus élevé, — 
porte les cordes basses, au nombre de quatre 
doubles 

m 



rrttti-^ 



'' 



et le premier une corde simple» la chanterelle, 
plus six cordes doubles : 



mi 



3^^3^^^fe^ 



7 2 

— Long. tôt. i»26 j long, de la caisse sonore o™5i ; 
long, du chevalet au sillet du premier cheviller 
0*673; long, du chevalet au sillet du second 
cheviller --i "060; larg. max. de la caisse o°35o; 
long, de la chanterelle o°>68. 

Id. 1664. Archiluth,de 1 anc. coll. du comte Pietro 
Correr, de Venise. Facture presque semblable à celle 
de l'instrument suivant, ce qui permet de l'attribuer 
au même auteur et à la même époque (vers 1653). 
Cet exemplaire cependant n'a que deux cheviilers, 
portant chacun sept cordes doubles. L'accord est 
celui de l'instrument suivant. — Long. tôt. i"i4; 
long, de la caisse sonore o'"39o; larg. max. 0^325. 

Id. 1595. Archiluthf de Tanc. coll. du comte Pietro 
Correr, de Venise. Cette intéressante pièce de luthe- 
rie, à trois chevillers, porte l'étiquette de Matheo 



— H4 — 

Settas alla Corona in Venetia. Le premier cheviller 
a une corde simple et six doubles. Accord : 



m 



*rt=ip=t=it=:=&rqc 



^ 



r-i 

V 
le second cheviller a quatre cordes doubles 

m 






II 

le troisième enfin trois cordes doubles 



m 



ztzt .-JiiJ iS:^ 



4 13 



La caisse de résonance est à dos bombé, comme 
celle du luth ordinaire, avec de larges côtes; la 
rosette de la table d*harmonie est en bois découpé 
simulant d'étroits rubans entrelacés. — Long. tôt. 
11B235; long, de la caisse sonore 0,410; larg. max. 
0-365. 

Id. 1666. Colascione ou Calascione (fr..««cola- 
chon). Etiquette : Bdrrata Eméntoti facebit in 
Padoua anno Dominum 1564. Caisse sonore à table 
d'harmonie plate avec une rosette; dos bombé 
comme à la caisse du luth ; manche long terminé 
par un cheviller portant trois cordes qui viennent 
s'attacher à un cordier collé sur la table sous la 
rosette. Le colachon, qui fut très en vogue dans les 
provinces méridionales de Tltalie, dérive fort pro« 



— 145 — 

bablement du tanbour Kehyr ionrky (voir le n* 163), 
dont il rappelle du reste la forme. Les trois cordes, 
en boyaux, se pincent à laide d*un plectre; on les 
règle de la façon suivante 



4— •— 



'6 



avec Teifet réel à la double octave inférieure de la 
note écrite. On rencontre souvent le colachon à 
deux cordes : en ce cas, c'est la troisième que 
l'on supprime dans l'accord. Le manche, portant 
24 divisions faites d'un double tour de corde de 
boyaux, est disposé de façon à produire les 24 degrés 
chromatiques d'une échelle de deux octaves sur 
chaque corde (Voir lAtts^nvit y Harmonie universelle). 
— Long. tôt. i"47; long, du manche i™03; larg. 
max. de la caisse o'°30. 

Id. 1667. Mezza Colascione. Fort bel instrument 
dont le modèle est le diminutif du précédent. Le 
dos, en coquille, est en ivoire avec filets d'ébène 
et deux larges bandes d'écaillé sur le côté. Le 
manche est en bois dur avec filets d'ivoire, la 
touche en ébène avec incrustations d'ivoire. Le 
cheviller se termine par une tête de chien en ivoire 
sculpté. 

L'accord est fort probablement celui de Tinstru- 
ment précédent, mais, vu ses proportions moin- 
dres, l'efifet est à la simple octave inférieure de 
la note écrite. Le manche porte dix-neuf frettes 



— 146 — 

qui établissent la division de la corde en dix-neuf 
demi-tons chromatiques, soit, en y 
comprenant le son de la chanterelle 
à vide, de 

80 

— Long. tôt. o"94; long, du manche 
o'n62; larg. max. de la caisse 0*22. 

Pays-Bas. 1668. MezzoColasciofie. 
L'étiquette à l'intérieur atteste qu'il 
est l'œuvre de Gosewyii Spyher^ Musyk 
Instrument Maaker in Amsterdam 
A. 1759. Cette pièce intéressante, 
montée de deux cordes (voir pour 
l'accord les deux instruments précé- 
dents), est tout-à-fait construite dans 
le style italien. Une jolie rosette est 
découpée dans la table d*harmonie. 

— Long. tôt. o»83; larg. max. o°i6. 
Italie. 1669. Thiorbcy de Tanc. 

coll. du Comte Pietro Correr, de 
Venise. L'instrument n'est pas signé, mais la table 
porte les traces d'un poinçon représentant un cercle 
de feuillage de 15 mill. de diamètre entourant les 
lettres 

+ 
PR 

surmontées d'une croix. Trois rosettes, en bois 



Mezzo ColasdoDe 

(no 1567). 



— 147 — 

découpé, disposées en triangle. L'instrument nous 
paratt être d'origine romaine; il est muni de deux 
chevillers dont le premier tend six cordes de 
boyaux, simples 



Ê^ 



et le second huit cordes de boyaux, simples égale- 
ment : 



zt r± 3: -i^ -* "^ 8 7 

K 13 *^ " '® ® 

— Long. tôt. i»85 ; long, de la caisse sonore, o»53; 
long, du sillet du r cheviller au chevalet o^yg; 
long, du sillet du 2^ cheviller au chevalet i"62; 
long, de la chanterelle 0*795. 

Id. 1670. Théorbe, de l'anc. coll. du comte Pietro 
Correr, de Venise. Il porte l'étiquette manuscrite de 
Maiheus Buechenberg, Roma 1680. Le haut de la 
table porte, imprimées au feu, lés lettres M B. Les 
détails de construction sont semblables à ceux du 
précédent instrument, les dimensions seules dif- 
fèrent; celui que nous avons devant nous a notam- 
ment la caisse sonore beaucoup plus grande. Les 
cordes sont semblables, et aussi, par conséquent, 
l'accord des deux instruments. — Long. tôt. i"92; 
long, de la caisse sonore o">72; larg. max. 0B445; 
long, du chevalet au sillet du premier cheviller o"99; 



— 148 — 

long, du chevalet au sillet du second cheviller i''7o; 
long, de la chanterelle o"*995. 

Id. 1671. Mandoline, de Tanc. coll. V. et J. Ma- 
hillon. Etiquette : Ginseppe Presbler in Milano nella 
Contrada délia Dogana ail* Insegna del sole 18 14. 
C*est un instrument bâtard à quatre cordes doubles, 
ayant les dimensions de la mandoline, mais se 
distinguant de celle-ci par le fond, qui est plat 
comme celui du sistre. L'accord était probablement 
celui de la mandoline 



1 



Il — ! •—*= 



f=T4=r? 



V:oczzM=Mz:iïz'. 



4 
— Long. tôt. o™6i; larg. max. o"205. 

Id. 1572. Mandoline napolitaine^ de Tanc. coll. 
V. et J. Mahillon. Très joli spécimen en excellent 
état de conservation. Accord de la mandoline ordi- 
naire (voir n« 157O. 

Id. 1678. Mandore^ de Tanc. coll. V. et J. Mahil- 
lon. Instrument d*origine napolitaine. Saconstruc* 
tion est assez semblable à celle du n° 534. Même 
nombre de cordes, même accord. Pas de nom d'au- 
teur. — Long. tôt. o"»94; larg. max. 0^32. 

Id. 1674. Mandorey de lanc coll. V. et J. Ma- 
hillon. Sorte de grande mandoline. Sans nom 
d'auteur. Dans la table d'harmonie est sculptée une 
jolie rosette représentant des animaux et des fleurs. 
Les chevilles^au nombre de huit, tendent un nombre 



— 149 — 

égal de cordes dont Taccord était fort probable- 
ment celui du n« 534. — Long. tôt. o-gas; larg. 
max. o^aô. 

Allemagne. 1676. Chitarrone. La coquille est à 
côtes d'ivoire séparées par des filets d*ébène. La 
rosette qui décore la table d'harmonie est en carton, 
à plusieurs étages superposés. Le premier cheviller 
porte six cordes, dont la première, — la chante- 
relle, — est simple, les cinq autres doubles. Le 
second cheviller porte six cordes simples (Voir 
la note du n* 251. Il est à remarquer que l'intona- 
tion de la 6® corde est un sol et non un /a comme on 
l'a imprimé par erreur dans l'accord de l'archiluth) : 



^ -^- -•- • I 6 5 4 3 • 2 M 

1 ^^ ^ ^ ^ M z.r chevilUr 

ae cheviller (^^^'^'^ doigtées), 

(cordes touchées à vide). 

Le second cheviller est terminé par une tête 
sculptée. — Long. tôt. i"6g; larg. max. de la 
table o°34; long, de la chanterelle o™585. 

Italie. 1676. Chitarrone. Construction ordinaire. 
Sur le premier cheviller, six cordes, dont cinq 
doubles et une simple, la chanterelle; six cordes sur 
le second cheviller. Accord de l'instrument précé- 
dent. La rosette est entourée d'une bordure d ebène 
dans laquelle sont incrustés des disques de nacre au 
centre desquels se trouve, en imitation de pierre 
précieuse, un fragment de verre taillé à facettes. — . 



— I50 — 

Long. tôt. 1*91; long. max. de la table 0*4 1; long, 
de la chanterelle o"»705. 

Id. 1677. Chitarrone. Celui-ci est orné au bas de 
la table de quelques peintures récentes. Pour le sur- 
plus, il ressemble au précédent. Le second cheviller 
cependant tend huit cordes^ le premier six, dont 
une simple, la chanterelle, les autres doubles. 
Accord : 



El 



3: -# -^ • 

I 8 7 6 5 4 3 2 1 I 

26 chfvilltr 
(cordfs iouchin à vide). 



q=<: 



6 5 4 8 



xer cheviller 
(cordes doigtées). 



— Long. tôt. i"97; larg. max. 0^40; larg. de la 
chanterelle 0^735. 

Id. 1678. Angelica (fr. = Angélique), de l'anc. 
coll. du Comte Pietro Correr à Venise. L'instru- 
ment que nous cataloguons ici est une sorte de petit 
luth à long manche et à double cheviller dont la 
description répond exactement à celle que les 
anciens auteurs nous donnent de Vangelica; ce qui 
nous permet de supposer que nous sommes posses- 
seurs d'un exemplaire de ce rarissime instrument. 
Le nom du luthier nous est inconnu, mais on dis- 
tingue sur la table les traces d'un poinçonnage 
représentant un animal héraldique surmonté des 
lettres M H qui sont restées apparentes. La table est 
ornée d'une rosette découpée à jour, dans le genre de 
celles de Matteo Sellas. L'instrument est monté de 



151 — 



1 7 cordes dont l'accord se réglait de la façon suivante : 



3^.-5=* 



Zi=ÉZl 



16 16 M IS 12 n lO I 



2« cheviller. 



#. ji. S: 



i^S 



1=1: 



^ 



I I 



ler cheviller 

— Long. tôt. i"i9s; long, de la 
caisse sonore o°*36o; larg. max. 
de la table o">245; long, du che- 
valet au sillet du i®' cheviller 
o"545; du chevalet au sillet du 
2« cheviller i"o8o. 

Par suite de la disposition diatonique 
de ses cordes, Tangélique était beaucoup 
plus facile à jouer que le luth. Nous 
devons à Tobligeance de M. le Professeur 
D' Otte Kade, directeur de musique de 
la Cour grand-ducale de Mecklembourg- 
Schwerin, les renseignements que nous 
donnons sur Taccord de cet instrument. 
La bibliothèque musicale du Grand-Duc 
possède le manuscrit d*un c Livre de 
tablature • qui passe pour la collection 
la plus importante de pièces pour Tangé- 
lîquc. Voir le catalogue de cette impor- 
tante collection publié par le D^ Kade 
sous le titre : Die musikalien-Sammlung 
des Grossherzoglich Mecklenburg-Schwe- 
riner Purstenhauses aus den letzten zwei 
Jàhrhunderten {Schwerin, 1893; Druck der 
Sondnuytnchen Hofbuchdruckerci), 



Angelica (no 1578). 



— 152 — 

Section b, — Cordes pincéeSf à clavier. 

Id. 1679. Epineiie. La construction de Tinstru- 
ment n'offre rien de particulier. Le contour de la 




Âpiaette (no 1580). 

caisse, entièrement en cèdre sculpté en relief et 
représentant des rinceaux, est remarquable par l'ex- 
trême finesse de ce beau travail. Le clavier original 
a malheureusement été remplacé. Étendue de 

80 



i=^'^^ 



La première octave est courte (voir la note à la 



— tS3 — 

suite du n* 272, Catal. i^'volume, deuxième édition). 
— Long. tôt. 1*50. 

Id. 1580. Epineiie. Elle est enfermée dans une 
caisse ayant la forme extérieure d'un volume in 
folio^ doré sur tranches, mesurant 0^49 de hauteur, 
o"28 de longueur, o"io d'épaisseur. Le couvercle 
intérieur est orné d'un paysage au milieu duquel le 
peintre a représenté une sorte d'Orphée jouant de 
la basse de viole. Le clavier a une étendue de trois 



octaves chromatiques à partir d 



"i^ 



Id. 168L Epinetie. Elle ne porte pas de nom 

d'auteur. Son étendue est de 

80 



vxzz wzn: 



avec la première octave courte, comme elle était 
généralement en usage en Italie au XVIP siècle. 
A l'intérieur du couvercle se voit une peinture 
représentant des villageois dansant au son d'une 
cornemuse (voir le n* 1 1 20) et d'une piffera (n* 954). 
— Long. tôt. i"68; haut. max. du trapèze, o"55. 
France. 1682. Epinette. La barre porte Tindica- 
tîon de son origine : A Paris Van 1709. Jolie pièce 
très portative, avec la table d'harmonie ornée de 
peintures représentant des fleurs et des fruits. Son 
étendue chromatique va de 



^'p 



80 

-Jcz 



— ^54 — 

Diaprés les lettres figurant sur les touches du 
clavier, la première touche, au grave, en apparence 




«4 



le sif donnait le ^— r~ quarte inférieure de la 



— 155 - 

touche suivante. — Long. tôt. 0*73 ; larg. max. 
o"40. 

Italib. 1688. Epineiie, Bile porte, sur le devant 
de la planchette au dessus du clavier, Tinscription 
suivante 2 Laudaie Eum in Cor dis ci Organo per semper 
Secula; et sur le verso de la même : Hieronimus 
de Zeniis ViUrbicnsis faciebat 1637. Epinette trian- 
gulaire en bois de cèdre; elle est enfermée dans une 
boite en bois ordinaire dont le couvercle intérieur est 
orné d'une peinture représentant une fête bachique 
avec des offrandes au dieu Terme. Etendue de 



à ^ 



avec la première octave courte. — Long, tôt i^zs; 
larg. max. o™44. 

Id. 1684. Epinette, de Tanc. coll. du comte Pietro 
Correr de Venise. Elle est marquée Dominicus Pisau- 
rensis MDXXXXVIII. Le clavier est en saillie sur 
le côté long; son étendue est de quatre octaves 
de ui (3* octave) à tU (7* octave), la première étant 
courte, comme sur la plupart des instruments ita- 
liens. La table de cette epinette est ornée d'une 
fort belle rosette en bois finement taillée. — Long, 
tôt. i'n3i,larg. max. o°*48. 

Francs. 1686. Epinette, de l'anc. coll. V. et J. 
Mahillon. Cet instrument, qui ne porte pas de 
nom d'auteur, a appartenu à feu de Coussemaker, 
le célèbre musicologue. Son étendue, qui a été 



- 156- 

agrandie, comprend actuellement cinq octaves à 
partir de ^EEr^- ^^ couvercle de la caisse est 

orné d'une peinture représentant un paysage avec 
quelques personnages. L'instrument a malheureu- 
sement subi une très mauvaise réparation. — Long, 
tôt. 0*955; larg. max. o™5o. 

Italie. 1686. Épinetie. Marque : Francisci Paia- 
vinidictihongari MDXXVII (François Patavini dit 
le hongrois 1527). Comme on a pu le constater à 
beaucoup d'autres instruments, Tépinette elle-même 
est enfermée dans une seconde caisse de bois ; celle-ci 
est grossièrement peinte; le couvercle porte Tinscrip- 
tion : lo da le piaghe mie forma ricevo (Moi par les 
coups (plaies, blessures^) ma forme reçois') au- 
dessus d'une figure allégorique représentant Eole. 

L'épinette est à six pans. Son étendue est de 

80 



avec la première octave courte. — Long. tôt. o^ga; 
larg. tôt. o"40. 

Id. 1687. Êpineite. Marque : Joes Karesi de 
Colonia, avec la date de 1548. La table d'harmonie 
porte deux ouïes, l'une circulaire, l'autre oblongue, 
avec l'un de ses petits côtés fermé par deux lignes 
disposées en triangle. Une corde par touche, avec 

> Je vis par les coups que je reçois. 



— tS7 — 

rétendue ordinaire de quatre octaves, la première 
étant courte. Le clavier est disposé sur le côté 
long de la caisse trapézoïdale et parallèlement aux 
cordes. Sur le côté intérieur de la bordure de la 
table d'harmonie, on lit l'inscription suivante, en 
lettres jaunes sur fond bleu : Omnis spiritm lauiet 
Dominum in cordis et organo^ et sur le contour exté- 
rieur de la caisse renfermant l'instrument: Laudaie 
Dominum in cordis et organo, laudate Eum in symba- 
lis bene sonantibus. La date de 1548 est placée sur le 
devant, au-dessus d'une sorte d'écusson avec trois 
couronnes disposées en triangle. L'instrument nous 
paraît avoir subi plusieurs remaniements. — Long, 
tôt. i"47; larg. max. o'»48. 

Id. 1688. Epinette, La marque, devenue malheu- 
reusement presque illisible, permet de distinguer 
encore la signature suivante : A Santinius in Arezzo 
1570. Forme semblable à celle de l'instrument pré- 
cédent, mais l'étendue est, à Taigu, plus grande 
d'une quarte. Jolie rosette sur la table d*harmonie. 
Le couvercle est orné d'une peinture. — Long, 
tôt. i»76; larg. max. o^s^* 

Id. 1689. Epinette. La planchette d'adresse a 
disparu, mais la facture dénote à l'évidence un ins- 
trument du XVP siècle. La table d'harmonie est 
ornée d'une jolie rosette. L'étendue est de quatre 
octaves, la première étant courte et commençant 
par Vut de la 3» octave de l'échelle des sons. — 
Long. tôt. i"'4o; larg. max. o°»445. 

12 



— IS8- 

Id. 1690. Arci'-spinetay de Tanc. coll. du comte 
Pietro Correr, à Venise. L'instrument porte la 
marque de Joanes CeUstini Veneius MDCX, sur- 
monté des mots Arci-spineta, Il ne diffère des vir- 
ginales de forme oblongue que par la plus grande 
longueur de la table d'harmonie. Celle-ci porte une 
jolie rosette sculptée. Une particularité de cette 
pièce intéressante, c'est que le chevalet traverse la 
table diagonalement et que les sautereaux fonction- 
nent dans son voisinage immédiat sur toute l'éten- 
due du clavier. Cette disposition avait pour but de 
produire une certaine sonorité, un timbre particu- 
lier ^ Quand on regarde l'instrument en se plaçant 
devant la table d*harmonie, il représente absolument 
une harpe couchée. L'étendue est de quatre octaves 
et une quarte, la première étant courte. — Long, 
tôt. i"5o; larg. max. o'»59. 

Angleterre. 169L Virginale. On lit sur la barre 
au-dessus du clavier : Gabriell Townsend fecit 1641. 
Pièce originale ornée de cartons repoussés et dorés 
aux armes d'Angleterre, avec les lettres ER en 
vtWtl (Elisabeth Rcgina?*). Sur le fond du couvercle 
se voit une peinture naïve représentant Orphée 
apprivoisant les animaux au son de la lyre; la table 

X On sait que le timbre varie suivant la place où la corde est 
ébranlée par le pincement ou par le frottement (voir nos 
ÉUments d'acoustique, Bruxelles, 1874, p. 43). 

3 II est à remarquer que la Reine Elisabeth d*Angleterre 
est morte en 1603. 



efst décorée de peintures figurant des fleurs et des 
oiseaux, et d'une rosette en carton repoussé et 
doré. L'étendue va de 



^^'Û 



— Long. tôt. i"76; larg.o«54,haut. sur table o^Sg. 
Allemagne. 1692. Virginale^ cédée par le Musée 
Royal d'Antiquités de Bruxelles. Ce petit instru- 
ment a malheureusement été mal réparé. On en a 
fait ou essayé d'en faire une sorte de clavicorde en 
transformant les sautereaux ordinaires des instru- 
ments à clavier et à cordes pincées, par des lan- 
guettes de bois dont la tète porte une petite lame 
en cuivre qui vient frapper la corde. Etendue de 



m^m 



avec l'effet réel à la quarte ou à la quinte inférieure 
de la note écrite. — Long. o"88; larg. o»34; 
haut. o"'i2. 

Pays-Bas. 1693. Virginale. La barre qui recouvre 
les sautereaux porte l'inscription : Andréas Ruokers 
me fecit Aniwerpiae, L'étendue actuelle du clavier 

est de 

80 



=F'I^ 



L'instrument porte les traces évidentes d'un 



— i6o — 

agrandissement. La table d'harmonie est ornée de 
la rosette d'André Ruckers; les côtés de la caisse 
sont recouverts des papiers imprimés en noir sur 
fond teinté de jaune qui décorent le plus grand 
nombre d'instruments anversois de cette époque, et 
particulièrement ceux des Ruckers. Le couvercle 
intérieur est également recouvert d*un papier à 
fond jaune encadré d une jolie frise imprimée; il 
conserve les traces de Tinscription assez souvent 
employée par Ruckers : Sic transit gloria mundi. 
— Long. tôt. i"i4; larg. max. o"*47. 

Italie. 1694. Virginale. Sans nom d'auteur. Elle 
date probablement du XVIII* siècle. C'est l'instru- 
ment appelé par les Italiens Spinetta a tavolo 
(fr. =- Epinette à table), parcequ'il a l'apparence 
de ce meuble. La caisse est décorée extérieurement 
et intérieurement de peintures. A l'intérieur du 
couvercle se voit un paysage avec des amours dan- 
sant au son des instruments.Xette virginale a une 

étendue de quatre octaves et une quarte, de 

80 



(B — T ~"^^b^~ i 3 — ^» chromatiquement, j^y 



— Long. tôt. o'n755; larg. 0^40; haut, sur pieds 
o«78. 

Id. 1696. Virginale^ de l'anc. coll. du comte 
Pietro Correr de Venise. La barre portant ordinaire- 
ment la marque a malheureusement disparu. L'in- 
strument date certainement du commencement du 



— i6i — 

XVII* siècle. Il est enfermé dans une caisse ornée 
de peintures; la table porte une jolie rosette en bois 
sculpté. L'étendue est de quatre octaves et une 
quarte, la première commençant par Vut de la 
3* octave de l'échelle générale des sons — Long, 
tôt. i"48; larg, o"48. 

Id. 1596. Virginale. Sans nom d'auteur. Quatre 
octaves et une quarte'. Jolie rosette sur la table 
d'harmonie. L'instrument est enfermé dans une 
caisse intérieurement peinte en rouge avec des 
ornements d*or et un écusson portant, d'un côté, 
un lion debout soutenant une branche de feuillage, 
de l'autre trois croissants. L'extérieur de la caisse 
est enjolivé de rinceaux en or sur fond vert. — 
Long. tôt. i^ô; ; larg. max. ©""ôo. 

Pays-Bas. 16iB7. Virginale, de l'anc. coll. V. 
et J. Mahillon. La barre des sautereaux porte 
l'inscription suivante : Andréas Ruckers me fecit 

I On remarquera que les deux premières touches noires du 
clavier sont divisées en deux parties. Nous supposons que les 
parties antérieures donnaient respectivement le ré et le mi 
comme aux octaves courtes, les parties postérieures le/aj( et 
le sol%\ Toctave devenait ainsi presque complète. Les 2» et 
3« octaves ont : i^ la seconde touche noire divisée en deux 
parties, la partie antérieure donnant le ré^^ l'autre le tni^\ 
29 la quatrième touche divisée de la même façon, — mais jci, 
la partie antérieure donnait le /ab, tandis que le partie posté- 
rieure donnait le sol^. Notre supposition est justifiée par la 
dififérence qui existe entre la longueur des cordes, la note 
bémolisée ayant une corde plus longue que la note diésée (Voir 
le n® 1603;. 



102 



Aniwerpiae. La table d'harmonie, décorée de pein- 
tures représentant des fleurs, des feuillages, des 




^ ^oiseaux et des insectes, porte la date de 1620. Le 
couvercle et le contour de la caisse sont décorés 
de papiers imprimés. Dans l'intérieur du couvercle, 
on lit : Omnis spiritus laudet Dominum. Le clavier a 



— i63 — 

actuellement une étendue chromatique de quatre 
octaves, de 



Wi 



Les quatre premières notes au grave ont été ajoutées 
après coup. — Long. tôt. 1*72; larg. max 0^495; 
haut, sur pied 0^94. 

France. 1598. Clavecin. Don de MM. Pleyel- 
WolflF et C'« à Paris. Ce clavecin, de facture con- 
temporaine, est à double clavier; les registres 
ordinairement adaptés aux instruments anciens sont 
remplacés par six pédales disposées de telle façon 
qu'une fois abaissées, on peut, par une simple 
poussée latérale, les accrocher dans cette position. 
La table d'harmonie est percée d'une ouïe ornée 

d'une rosette en cuivre représentant une lyre avec 

F 
les deux lettres ^ entrelacées et entourées de guir- 
landes de fleurs. Cette table d'harmonie, au lieu 
d'être, comme aux clavecins ordinaires, appliquée 
sur les bords d'une caisse de résonance, est fixée 
sur un cadre. 

L'instrument est monté de trois cordes sur toute 
son étendue : deux unissons et une octave aiguë. 

Le clavier supérieur ne dispose que d'une seule 
corde, mais chacune des touches actionne deux 
sautereaux qui ébranlent la corde à deux points 
différents de sa longueur : l'un près du sillet, l'autre 
à quelque distance. 



— 164 — 

Quand on n'enfonce aucune pédale, le sautereau 
le plus éloigné agit seul sur la corde, produisant 
ainsi le jeu ordinaire; la première pédale * sert à 
empêcher l'action de ce sautereau, — par consé- 
quent, employée seule, à rendre l'instrument muet. 
Quand on enfonce la deuxième pédale, le sautereau 
le plus rapproché agit sur la corde, et, attaquant 
celle-ci sur un point plus rapproché du sillet, il 
produit un timbre nasillard appelé jeu de Inth^ qui 
se combine avec le jeu ordinaire. Celui-ci pouvant 
être réduit au silence au moyen de la première 
pédale, lorqa'on touche les deux pédales simulta- 
nément, le jeu de luth se produit seul. 

Le clavier supérieur peut donc produire trois 
timbres différents* : 

le jeu ordinaire, 

le jeu de luth, 

le jeu ordinaire et le jeu de luth réunis. 

On peut encore varier ces effets en abaissant la 
4® pédale; celle-ci fait mouvoir une glissière placée 
contre le sillet et qui approche un étouffoir empê- 
chant la vibration de la corde dans les conditions 
ordinaires et apportant par conséquent une nouvelle 
modification du timbre; ce jeu est appelée 50f<rit;/e. 

Chacune des touches du clavier inférieur, sans 

I Nous les comptons de droite à gauche. 

a On peut ici se rendre facilement compte de Feffet produit 
sur le timbre d*une corde par Tébranlement de ceUe-ci sur 
deux points différents de sa longueur. 



- i65 - 

l'emploi d'aucune pédale, fait agir deux sautereaux; 
le plus éloigné, tourné vers la droite, met en vibra- 
tion une corde accordée à Tunisson du jeu ordinaire 
du clavier supérieur; le plus rapproché, tourné 
vers la gauche, agit sur une corde à Tociave aiguë 
de cette dernière. Désire-t-on supprimer l'action 
du sautereau agissant sur la corde aiguë, on abaisse 
la 6« pédale; veut-on supprimer le son grave, on 
appuie sur la 5* pédale. Il va de soi qu'en appuyant 
sur les 5« et 6« pédales ensemble, on annule toute 
action sur les cordes. 

L'accouplement des deux claviers s'opère en 
abaissant la 3" pédale; le maximum d'intensité 
sonore s'obtient sur le clavier inférieur, par rabais- 
sement simultané des 2* et 3* pédales. 

Il est à remarquer que Ton peut encore varier les 
effets par différents procédés. Ainsi, en agissant 
progressivement sur la 5® pédale, la 6« étant abais- 
sée, on diminue, par le recul du sautereau et de la 
plume qui y est attachée, la force d'ébranlement de 
la corde, ce qui produit le dimimtendo de l'unisson 
du clavier inférieur. On obtient de la même façon le 
diminiiendo de l'octave aiguë en agissant progres- 
sivement sur la 6' pédale, la 5* étant abaissée. De 
même, sur le clavier supérieur, pour le diminuendo 
du jeu ordinaire, par la pression progressive sur la 
première pédale, ou du jeu de luth, par l'abaissement 
graduel de la 2® pédale. 

On parvient par une étude assidue à acquérir une 



— i66 — 

extrême délicatesse de toucher du pied et à réaliser 
ainsi une série d'effets très variés. 

Pays-Bas. 1599. Clavecin à double clavier^ de 
l'anc. coll. V. et J. Mahillon. La table d'harmonie 
est ornée de peintures représentant des oiseaux, 
des fleurs et des fruits. Elle porte la date de 1762 
et une rosette, dans le genre de celle des Rtickers, 
d'Anvers, représentant le roi David jouant de 
la harpe, avec les initiales H. V. L. Sur une plan- 
chette appliquée au-dessus du clavier, on lit, en let- 
tres d*or, Tinscription suivante : Landaie Deum in 
Cymbalis et Organo, L'instrument est monté sur 
toute son étendue de trois cordes, deux à l'unisson 
et une à l'octave. Quatre registres, placés au côté 
droit de la caisse, commandent le jeu de quatre 
rangs de sautereaux. 

Le clavier inférieur, pour produire son maximum 
d'intensité sonore, met en vibration trois cordes : 
I* une à gauche (4* registre *), 2» une autre à gau- 
che, donnant l'octave de la première (3* registre), 
3® une à droite, à l'unisson de la première (2* regis- 
tre); les registres peuvent se combiner ou s'em- 
ployer séparément. 

Le clavier supérieur met en vibration les deux 
unissons, i* celui de gauche par le fonctionnement 
du i«' registre, 2« celui de droite par le fonction- 

< Nous numérotons les registres en partant du clavier. 
Pour fonctionner, les registres 1,3,4 doivent être poussés, 
le registre a doit être tiré. 



— 167 — 

nement du 2» registre. Ce clavier peut produire 
trois timbres différents : celui de harpe^ par la 
mise en vibration de Tunisson de gauche sur un de 
ses points et Tamortissement produit sur un autre 
point par rétouffoir du quatrième rangde sautereaux 
(4«registre); celui de harpe renforcé par Tadjonction 
de l'unisson de droite (2* registre), et enfin un 
foric produit par les deux unissons après écartement 
de rétouffoir qui pèse sur Tunisson dé gauche. — 
Long. tôt. 2"25, larg. max. o°*87. 

Italie. 1600. Clavecin. Attribué à Jeronimus 
de Tenbe, à Rome (vers 1656). In strument de petite 
dimension, avec deux cordes à Tunisson par touche; 
il est enfermé dans une caisse sans support dont le 
couvercle est orné à l'intérieur d'une peinture sur 
toile représentant le Triomphe de l'Amour, — 
Cupidon dans un char traîné par quatre chevaux et 
précédé de cinq musiciennes jouant du tambour, du 
triangle, du hautbois, de la harpe et du psaltérion; 
le dieu Pan, jouant de la syringe, se tient sur le 
passage du cortège. La table d'harmonie est ornée 
d'une rosette en parchemin découpé. L'étendue est 
de quatre octaves, la première étant courte : 
± i 



— Long. tôt. i"85; larg. o™73. 

Pays-Bas. 160L Clavecin, de l'anc. coll. V. et J. 
Mahillon. La planchette au-dessus du clavier porte 



— i68 — 

rînscriptîon : Joannes Petrus Bull me fecit Antwer' 
piae anno 1776. Clavecin de grand format; facture 
ordinaire. La table d'harmonie porte une rosette 
avec les initiales entrelacées du facteur. Étendue, 
cinq octaves, de /a à/a. Trois rangs de sautereaux 
agissant sur deux cordes à l'unisson et une à l'oc- 
tave. Trois registres permettent de combiner ou de 
supprimer faction de chaque rang de sautereaux: 
un bouton de cuivre, placé à la droite du clavier, 
commande le premier rang, mettant en vibration 
la corde d*octave ; un autre bouton de cuivre, placé 
à la gauche du clavier, commande la première 
corde unisson; enfin un levier, placé à gauche 
de la table d'harmonie, commande les saute- 
reaux du second unisson. — Long. tôt. 2"39 ; 
larg. max. ©"95 ; haut. o™94. 

Italie. 1602. Clavecin. La barre au-dessus du 
clavier porte l'inscription manuscrite: Nicolaus de 
Quoco fecit anno 1694; mais, en restaurant l'instru- 
ment, nous avons trouvé à Tintérieur une autre 
inscription : Giuseppe Solfanelli fece 1730 Pisa^ 
indiquant probablement le nom du facteur qui fut le 
premier réparateur de ce clavecin. C'est une pièce 
de grand format, destinée sans doute à être jouée 
debout. Comme la plupart des instruments à 
clavier de provenance italienne, il est enfermé 
dans une enveloppe en bois; celle-ci repose sur une 
table sculptée et dorée. L'enveloppe est ornée exté- 
rieurement de peintures. Le couvercle intérieur est 



— 169 — 

également orné d*une peinture, en trois panneaux, 
de facture grossière et qui nous paraît récente : le 
panneau de droite représente un paysage; celui de 
gauche^un violon et une mandoline; celui du milieu, 
trois musiciens jouant respectivement du luth, de la 
vielle et du colachon. L'étendue est de 

:t 



i 



t^ 



80 basso. 

Les trois premières notes, /a, sol, /a, sont en suc- 
cession diatonique, le clavier ne devenant chroma- 
tique qu'à partir du sib. — Long. lot. 2™6o; larg. 
o"93; haut, sur table 1^05; haut, du clavier o^Sô. 
Id. 1603. Clavecin, de Tanc. col!, du comte Pie- 
tro Correr, de Venise. Pièce très intéressante, 
enfermée dans une caisse entièrement décorée de 
peintures qui ne sont pas sans mérite. Sous la pre- 
mière touche du clavier, on lit la signature du fac- 
teur : Gio Baiiisici Boni Cortenesi 161 9*. L'étendue 
est de quatre octaves, de Vut de la 3* octave de 
l'échelle des sons, à Vut de la 7® octave. La première 
octave est courte, seulement les deux premières 
touches noires sont divisées en deux parties, de 
telle sorte que les deux parties antérieures donnent 
les sons ré, mi, tandis que les parties postérieures 
mettent en vibration des cordes accordées respec- 

I Corte est une ville de la Corse, mais il y a en Italie 
plusieurs localités du même nom. 



— Ï70 — 

tivement aux /ajf, sol^. C'est donc à partir du 
premier /a que cet instrument devient chromatique. 
Dans les autres octaves, les touches noires ordinai- 
rement accordées enharmoniquement au ri^ mi\> 
sont divisées en deux parties; la partie antérieure 
est accordée au ré^, la partie postérieure au mib» 
Les touches noires représentant les la\> sont égale- 
ment divisées en deux parties, la partie antérieure 
mettant en vibration une corde accordée au solf^, la 
partie postérieure une autre corde accordée au lai> 
(Exception est faite pour la dernière octave dont la 
touche la]} n'est pas divisée). Il est à remarquer 
qu'il n'y a qu'une corde par touche, — ou, s'il y a 
lieu, par partie de touche, — sur toute retendue de 
cet instrument, alors que d'ordinaire chaque touche 
du clavecin correspond au moins à une corde 
double. — Long. tôt. i^gsoj larg. max. o"8i5. 

Dans le tome I de la Musique aux Pays-Bas (p. 287;, 
Edm. Vander Straeten donne une reproduction photolitho- 
graphique d*un clavier daté de 1548. L*octave y est divisée 
de la façon suivante : ut, utf, ré)^, ré, rcJH, mi^^ mi, mi^,fa^ 
fa%, sol"^, sol, sol%, la^, la, la% si^, si, si%, ut. Ce clavier, 
construit sur les indications deZarlino, maître de chapelle de 
Saint-Marc, de Venise, avait pour but de « réaliser les effets 
chromatiques et enharmoniques. • Dans ce but, « non-seule- 
ment les demi-tons majeurs sont divisés en deux parties, mats 
aussi les demi-tons mineurs, de manière que chaque ton est 
déjà divisé en quatre parties ». Praetorius parle également 
d'instruments à cordes et à clavier, qu'il aurait connus, dont 
les intonations étaient divisées de cette manière. Il cite parti- 
culièrement un clavecin de Cari Luyton à Prague, qu'il avait 
vu à Vienne vers 1588. 



— 171 — 

Cette division de Toctave est celle dite des physiciens ou des 
géomètres. Elle exige, comme on le voit, le demi-ton diatoni- 
que plus grand que le demi-ton chromatique. ré\>, par exemple, 
plus aigu que ut$. C'est pourquoi le constructeur de ce clave- 
cin a donné une corde plus courte aux mi]?la^, qu'aux réjj^, sol$, 
La gamme de Pythagore,dite des musiciens, veut, au contraire, 
ut^, réi.fa^j 50/ ^, la% respectivement plus aigus que ré^^ ffi ^b, 
soï^f /ab, j»b. 

De nos jours l'accord au tempérament égal, le seul que la 
pratique puisse admettre, partage Toctave en douze demi-tons 
égaux; le demi-ton chromatique et le demi-ton diatonique se 
confondent en une seule intonation. 

Angleterre 1604. Clavecin^ de l'anc. coll. V. et 
J. Mahillon. Marque : Burkat Shtidi et Johannes 
Broadwoody n» 691, Londini Jecenint 1773, Patent. 
D'après les registres de la maison Broadwood et 
les renseignements que son éminent directeur 
M. A. J. Hipkins a bien voulu nous communiquer, 
cet instrument aurait été offert par Frédéric le 
Grand à Timpératrice Marie-Thérèse. La caisse 
est en bois des îles, la devanture du clavier est 
ornée d'un trophée d'instruments de musique en 
fine marqueterie. Il y a deux claviers superposés 
de 5 Va octaves, de Vut de la 2^ octave de l'échelle 
des sons, au fa de la 7* octave. 

Le clavier inférieur met en mouvement trois 
rangs de sautereaux. Le i" rang% a, agit sur des 
cordes à Toctave, n* i ; les 2^ et 3® rangs, b et c, 
sur deux cordes à l'unisson, n°* 2 et 3. 

Le clavier supérieur met en mouvement deux 

* Le plus éloigné du clavier. 



— 172 — 

rangs de sautereaux : un 4* rang, d, qui agit sur la 
même corde (n» 2) que le rang b du clavier inférieur, 
mais à un point plus rapproché du sillet, produisant 
ainsi \t jeu de luth; un 3® rang, c (également mis en 
mouvement par le clavier inférieur), agissant sur 
la corde n"^ 3. En résumé, ce clavier a quatre rangs 
de sautereaux, a, fr, c, d^ et trois cordes, i, 2, 3. 

Il y a deux pédales. En appuyant sur celle de 
gauche, après avoir préalablement accroché le méca- 
nisme par un bouton ad hoc placé au côté gauche 
du clavier, on annule par le recul des glissières 
Faction des rangs de sautereaux a, c, du clavier 
inférieur sur leurs cordes respectives, et il ne reste 
plus que les sautereaux du rang b agissant sur la 
corde n"" 2. Simultanément, et par l'action du même 
coup de pédale, le rang d^ du clavier supérieur, 
recule; ce double mouvement est indispensable, car 
si ces sautereaux restaient en place, la vibration de 
la corde par le rang b serait empêchée dans une 
certaine mesure par Tappui de TétouiFoir du rang d. 

La pédale de droite fait ouvrir, par une combi- 
naison de leviers, une série de planchettes, dispo- 
sées comme celles d'une jalousie, formant couvercle 
au-dessus des cordes de l'instrument et agissant 
comme le registre de Torgue appelé c Echo >, devenu 
par la suite la chambre expressive. Ce système, por- 
tant le nom de Venitian Swell, fut breveté en faveur 
de Burkat Shudi, sans doute pour son application 
au clavecin, le 13 décembre 1769 (n^ 947). 



— 173 — 

Outre les pédales, ce clavecin possède cinq regis- 
tres : les trois premiers sont placés du côté gauche 
de la barre d'adresse, les deux autres du côté droit; 

Le premier étant poussé vers la droite, fait reculer 
le rang de sautereaux d du clavier supérieur et sup- 
prime leur action sur la corde n« 2; 

Le second poussé vers la gauche, fait reculer le 
rang a, supprimant, par conséquent, l'action des 
sautereaux sur la corde octave n"" i ; 

Le troisième poussé vers la gauche, fait appuyer 
contre l'extrémité de la corde n*" 2 une bande de 
buffle, pour produire l'effet communément appelé 
jeu de harpe; 

Le quatrième poussé vers la gauche, recule le 
rang c et, par conséquent, supprime la vibration de 
la corde n* 3; 

Le cinquième poussé vers la droite, recule le 
rang 6, et, par suite, supprime le jeu de la corde n* 2. 

Pour donner aux registres i, 2, 4 leur faculté 
d'action, il est nécessaire de décrocher par le bouton 
le mécanisme que commande la pédale gauche. 

On le voit, les combinaisons sonores de cet ins* 
tniment sont nombreuses et, non moins que les sou- 
venirs historiques qu'il évoque, méritent de fixer 
l'attention. — Long. tot.2"70; larg. max. i"*04; 
haut. o"97. 

Pays-Bas. 1606. Clavecin. Sans nom d'auteur; 
mais Tentrelacement des lettres de la rosette, sem- 
blables à celles du n« 1608, indique qu*il est de Jean 

13 



— 174 — 

Daniel Dulcken, d'Anvers. C'est un clavecin de 
grand format, à deux claviers et à trois cordes : 
une octave, n» i, et deux unissons, n«* 2 et 3. 
L'étendue des claviers est de cinq octaves, du fa de 
la 2" octave de Téchelle des sons, au fa de la 7* 
octave. Comme à la plupart des clavecins flamands, 
la table est décorée de peintures représentant des 
fleurs et des fruits. Le couvercle est orné d*un beau 
paysage signé C. BigU F. 

Il y a quatre rangs de sautereaux : le rang a% qui 
pince la corde d'octave n* i, et les rangs i, ^, qui 
font vibrer les deux cordes à l'unisson, n«* 2 et 3 ; 
le 4^ rang, i, met en vibration la corde n« 2, mais à 
un autre point d'attaque plus rapproché du sillet 
que les sautereaux du rang b, produisant ainsi le jeu 
de luth. Le clavier inférieur met en mouvement les 
rangs a, 6, c; le clavier supérieur agit sur les 
rangs c, d. 

Antérieurement au XVIII* siècle, les boutons des 
registres étaient placés aux côtés de la caisse, 
dans la direction du prolongement des guides des 
sautereaux. Dans le présent instrument, les boutons 
agissant sur les guides pour les faire reculer se 
trouvent sur la planchette placée verticalement 
au-dessus du clavier. Ils sont ainsi plus à portée de 
la main de l'exécutant. Ces registres sont au nombre 
de quatre. En commençant par la gauche, le premier 

< Le plus éloigné du clavier. 



- 175 - 
recule la glissière des sautereaux: du rang c, 
le second celle du rang b. Le troisième registre 
commande le rang a, le quatrième le rang d. Il est 
nécessaire, pour que ce dernier rang agisse sur la 
corde n« 2, de faire reculer les sautereaux du rang b 
dont les étoufFoirs, reposant sur la corde, empêche- 
raient celle-ci de vibrer convenablement. — Long, 
tôt. 2"59; larg. o»97; haut. o"965. 

Italib. 1606. Clavecin. Marque : Dominicus 
Pisauriensis. Etendue de quatre octaves et une 
quarte à partir de Vut de la troisième octave de 
réchelle des sons. La première octave était fort 
probablement courte. L'instrument est enfermé dans 
une caisse dont le couvercle a l'intérieur décoré de 
peîntiires. Sur la partie antérieure, on voit une 
femme jouant de la flûte traversière; sur la partie 
postérieure figure une marine. L'instrument a tous 
les caractères de ceux du XVI^ siècle. — Long, 
tôt. l'^gg, larg. max. o>82. 

Id. 1007. Clavecin, La planchette au-dessus du 
clavier porte l'inscription suivante : 

Inionuit nunquam melius quod Tartara flexit 
Quoi delphin grato pondère vexit opus^. 
Alexander Trasoniini opus MDXXXVIII. 

' L'instrument qui fléchit les puissances du Tartare et dont 
U dauphin porta la charge gracieuse^ jamais ne sonna mieux 
(ÂlloBioD à la fable antique du musicien Ârion, précipité 
dans les flots par ses compagnons et qu'un dauphin sauva du 
trépas). 



— 176 — 
Etendue chromatique de 




s^ pi«. 1» ^ 



Les cordes, au nombre de deux pour chaque touche, 
sont accordées l'une au diapason, Tautre à l'octave. 
L'instrument, enfermé dans une caisse ornée de 
peintures, repose sur un pied sculpté et doré qui 
a bien certainement été fait après coup. — Long, 
tôt. 2«22; larg. max. o'^Si. 

Pays-Bas. 1608. Clavecin. Marque : loannes 
Daniel Dulcken me fecit Antwerpiae 1755. Il est 
semblable quant à la construction au n* 1605. Les 
deux rosettes sont pareilles. La table d'harmonie 
seule est décorée de peintures. ^ Long. tôt. 2^59; 
larg. o»99. 

Italie. 1609. Clavecin. Sans nom d'auteur. 
Etendue de quatre octaves, la première, partant de 
Vui de 8 pieds, étant courte. L'instrument est 
enfermé dans une caisse entièrement décorée de 
peintures représentant des fleurs. Cette caisse repose 
sur deux supports à colonnes torses. Chaque tou- 
che du clavier met en vibration deux cordes à l'unis- 
son. — Long. tôt. 1*85; larg. max. o'"8o. 

Irlande. 1610. Clavecin. Marque : Ferdinan^ 
dus(?) Weber fecit Dublin 1751. Le prénom est 
presque illisible. Etendue de 5 octaves à partir du /a 
de la 2^ octave de l'échelle des sons, avec omission 



— 177 ~ 

da premier /a jf. Deux cordes à Tunisson pour cha- 
que touche ; chacun des rangs de sautereaux peut 
être reculé par l*action d'un registre à levier; ces 
registres sont placés respectivement à droite et à 
gauche sur la planchette au dessus du clavier. — 
Long. tôt. 2»25; larg. max. o"94. 

Italie. 1611. Clavecin. Sans nom d*auteur. Pièce 
intéressante du XVIP siècle. Deux rangs de saute- 
reaux. Belle table d'harmonie avec une jolie rosette 
en bois sculpté. Etendue de quatre octaves et une 
quarte, la première octave (courte) commençant à 
Vui de la 3* octave de Téchelle générale des sons. 
— Long. tôt. i"9o; larg. max. o"79. 

Prancb. 1612. ClavûHarpe. Don de M. C. Dietz, 
ingénieur à Bruxelles. Comme son nom Tindique, 
le clavi-harpe est destiné à remplacer le jeu ordi- 
naire de la harpe par un mécanisme à clavier. Il a 
été inventé en 18x3 par Johann Christian Dietz, 
grand-père du donateur, et breveté à Paris le 
1 3 février 1814. Les clavi-harpes de cette époque, 
ceux fabriqués à Paris, de 1819 à 1821, par le fils 
de l*inventeur' et enfin ceux construits dans ces der- 
niers temps par le donateur lui-même, reposent tous 
sur le même principe. L'instrument qui fait l^jbjet 
de cette notice a été reconstitué en 1872 par J. C. 
Dietz, fils de Tinventeur, d'après les modèles et les 

> Musée de V Exposition du Louvre, à Paris en 1819, tome IV, 
p. 1 59 — Bulletin de la Société éT encouragement ^ n» CXC VI 1 1 , du 
^x mat i3^. — Hevu^ Musicale dç Fétîs du 2j mai 1833. 



— 178 — 

dessins des instruments qu'il avait construits lui- 
même à Paris à Tépoque ci-dessus indiquée. 

Le son du clavi-harpe est produit par une corde 
mise en vibration par le pincement à Taide d'un cro- 
chet ou plectre; la force de l'ébranlement dépend, 
dans une certaine mesure, de Ténergie avec laquelle 
la touche est attaquée. Nous devons à l'obligeance 
de M. C. Dietz, le généreux donateur, la notice sui- 
vante au sujet du mécanisme : 

€ Le crochet possède deux éléments essentiels : 
un ressort et un contrepoids en plomb. Lorsqu'on 
appuie doucement sur la touche, le crochet, dans 
son mouvement en avant et par Teffet du ressort, 
est éloigné de la corde qu'il ne fait qu'effleurer. 
Lorsque, au contraire, on attaque la touche avec 
force, le contrepoids en plomb, qui agit en sens 
inverse du ressort, oppose par son inertie une 
résistance au mouvement en avant du crochet et 
force le ressort à se plier. Dans cette situation, 
au lieu d'effleurer la corde, il Tébranle avec une 
force proportionnelle à celle exercée sur la touche. 
Il s'établit en quelque sorte un équilibre mathé- 
matique entre la force du ressort et l'inertie du 
contrepoids. 

€ Celui-ci a encore un autre but. Quand le crochet 
se trouve en avant, c'est-à-dire quand la touche est 
complètement enfoncée, le crochet ne revient en 
place que si le doigt abandonne la touche. A ce 
moment, le contrepoids prodqit un effet contraire à 



— 179 — 

celui de tout à Theure : par la résistance due à son 
inertie, il force le crochet à s'appuyer contre le 
guide placé à droite, ce qui lui permet de se replacer 
derrière la corde sans la toucher. 

c Les cordes sont munies chacune d'un étouffoir; 
ceux-ci sont mis en mouvement par la pédale de 
droite, ce qui permet déjouer sèchement ou de lais- 
ser vibrer les cordes, à volonté. 

c Une seconde pédale, à gauche, actionne une 
sorte de chevalet garni de feutre qui frôle les cordes 
comprises dans l'étendue de 



M. 



— m — 

8o bMto. 



Le point d'effleurement correspondant à la moitié 
de la longueur de la corde, il en résulte la produc- 
tion du premier harmonique ou octave. 

t Les cordes du clavi-harpe sont en métal recou- 
vert de soie. Par ce fait, l'instrument tient très long- 
temps l'accord, et les cordes ne se cassent que fort 
rarement. » 

Les différences qui existent entre les clavi-harpes 
construits par les trois générations de facteurs con- 
sistent principalement : dans la longueur et la gros- 
seur des cordes ; la forme du chevalet et celle du 
sommier; le point d'ébranlement de la corde; la 
longueur et l'importance relatives des contre-poids 
çt dçs ressortq. 



— i8o — 

Le clavi-harpe a une étendue de six octaves, de 

80 



j- 



— *~ « 

80 basBO. 

Avant le clavi-harpe, J.-C. Dietz avait inventé le clavi-lyra^ 
instrument de 6 octaves monté de cordes de cuivre, mises 
en vibration au moyen d'un mécanisme actionné par un 
clavier. 

Bblgiqub. 1613. Barre d'adresse de clavecin^ 
de lanc. coll. V. et J. Mahillon. Elle porte les 
noms de Joannes Franciscus Maiheus^ toi Aerschoi 
anno 1783. 

Sbction c. — Cordes pincées^ à mouvemetU automatique, 

.France (?). 1614. Epineite à cylindre. Cette très 
intéressante pièce de mécanique qui date sans aucun 
doute du commencement du XVIIP siècle, est com- 
posée : I® d'une petite épinette montée de 16 cordes 
d'acier accordées de la façon suivante : 



i 



rr 4-^ ' 

2* d'un cylindre actionné par un mécanisme à 
ressort dont les pointes font mouvoir les sautereaux 
de l'épinette. 

Le tout est enfermé dans une boite en ébène sur- 
montée d'un pavillon supporté par quatre colonnet* 



— i8i — 

tes; aa centre du pavillon se trouvent cinq figurines 
représentant Pierrot, Pierrette, Arlequin, Colom- 
bine et Cassandre. 

Le cylindre fait entendre trois airs : une contre- 
danse, un rigodon et un passepied; en se déroulant, 
il fait tourner le disque portant les personnages et 
communique à ceux-ci un mouvement dansant 
assez réussi. Le fond de la caisse porte le chiffre : 
V L B. La table d'harmonie porte la signature de 
M. Le Conte. Sur la devanture de la boîte on lit 
le mot BBBN, imprimé par pression dans le bois. — 
Long, de la boîte, 0^465; profondeur o'n26o; haut, 
max. o™57o. 



Branche C. — Cordes frappées. 

Sbction a. — Cordes frappées par des maillets. 

Italie. 1616. Tympanon^ de lanc. coll. V. et J. 
Mahillon. Construction semblable à celle du n* 277, 
mais dont nous avons pu compléter les détails grâce 
aux renseignements obtenus depuis notre première 
description. L'instrument porte la date du 9 marzo 
1629* Deux rosettes ornent la table d'harmonie. 
Les chevalets reposent sur de petites figurines en 
buis très délicatement sculptées. Il est monté de 
21 rangs de quadruples cordes de métal dont l'aç- 



— l82 — 

cord était réglé de façon à former une suite de 
3 1 sons représentés par l'échelle suivante : 

1 2 s 4 s s 7 • 9 10 11 13 13 U IS IS 
17 It 19 S9 11 21 » 24 2S U 27 28 29 M II 

Le son x est produit par des cordes de laiton 
vibrant sur toute la longueur de la table d*Iiarmonie 
et ne reposant sur aucun chevalet. Les sons 2, 3, 
4i 5» 6» 7» ^9 9» 10, 12, sont également produits par 
des cordes de laiton mais reposant d'une part, sur 
Tarète du chevalet de droite et, passant librement 
d'autre part, dans les ouvertures qui existent entre 
les supports des chevalets de gauche. Les sons i r, 
13, 14, 15, 16, 17, ainsi que leurs correspondants à 
la quinte aiguë supérieure, 18, 20, 21, 22, 23, 24, 
sont produits par des cordes de laiton reposant sur 
les deux premiers chevalets de gauche, l'un de 
quatre sons, l'autre de deux. Les cordes reposant 
sur ces chevalets sont divisées dans le rapport de 
2 : 3 c'est-à-dire que, du côté gauche du chevalet, 
la corde donne un son à la quinte aiguS de celui que 
produit la portion de corde de droite, celle-ci passant 
librement par les ouvertures que présentent les sup- 
ports du chevalet de droite. 



- i83 - 

Le troisième et le quatrième chevalet de gauche» 
supportant chacun deux rangs de quatre cordes 
d'acier, fournissent les huit sons qui manquent 
encore pour compléter notre échelle. Lra première 
série du troisième chevalet fournit à droite le 
son 19, à gauche le son 25, le point d'appui divi- 
sant la corde dans le rapport de quinte mineure; 
c'est ce qui explique la légère inclinaison de ce 
chevalet sur la ligne oblique formée par les deux che- 
valets précédents. La seconde série de ce même 
chevalet, ainsi que les deux rangées de cordes du 
quatrième, produisent respectivement, à gauche, 
les sons 26, 28, 30, à droite, les sons 27, 29, 31, 
en relation d'un demi-ton, d'un ton et d'un ton et 
demi, la portion de corde de droite étant raccourcie 
par l'intermédiaire d'un chevalet supplémentaire, 
qui établit le rapport de longueur nécessaire à la 
production de ces intervalles. 

Pour nous résumer et nous faire mieux compren- 
dre, voici la disposition des sons et des cordes qui 
les produisent. Il y a lieu de noter que chaque trait 
du dessin ci-dessous correspond à un groupe de 
quatre cordes réglées à l'unisson; les chiffres se 
rapportent à chacun des sons dont nous avons donné 
la notation musicale. 

Quelquefois, les sons graves ut^ mi\}, étaient haus- 
sés d'un demi-ton, 



— 184 — 




Le tympanon se joue en frappant les cordes à 
Taide de deux martelets de bois dont la surface des- 
tinée à toucher les cordes est d'un côté, garnie de 
feutre» tandis que de l'autre le bois reste à nu. Cette 
différence dans la percussion produit naturellement 
une variété dans le timbre, due aux harmoniques 
différents qui accompagnent le son fondamental. — 
Long, de la grande base du trapèze, o<"685; de la 
petite base, o^jSs; haut. o«26. 



C'est cette manière de frapper les cordes et la forme donnée 
à l'instrument qui lui a fait donner le nom de Hackhrei en alle- 
mand, ou hakbord en néerlandais, dont la traduction française 
est hachoir. C'est aussi sa similitude de forme avec cet usten- 
sile des cuisiniers qui lui a fait donner en italien le nom 
é'istrumento di porco. Bn Italie, on l'appelle encore Salterio 
Udesco.povLT le distinguer du PsaUérium, dont les cordes étaient 
pincées, tandis qu'en Allemagne elles étaient frappées; on dit 
aussi dolce melo. C'est de ce dernier mot que les anglais ont 
fait, par corruption, Dulcimer^ terme qui désignait chez eux 
tous les instruments de la m^me catégorie. 



- i85- 

France. 1818. Tympanonj de Tanc. coll. V. et J. 
Mahillon. La construction diffère peu de celle de 
rinstrument précédent. La table est décorée de pein- 
ture représentant des fleurs, des feuillages et des 
oiseaux. Deux ouvertures découpées dans la table 
et ornées de rosettes servent d'ouïes. Ce tympan on 
n*est monté que de vingt séries de cordes à Tunis- 
son, dont quelques-unes sont triples, les autres 

quadruples. La note la plus grave, ^^ 



est 



produite par ude série de trois cordes à Tunisson 
vibrant sur toute la longueur de l'instrument. Voici 
Tordre de succession, sur la table d*harmonie, des 
autres intonations : 

I* sur la gauche du chevalet de droite : 

& fVf r f ) ^^ r^^ ^^ 

I 23466789 iO 

2» à la droite et à la gauche du chevalet de gau- 
che divisé en cinq parties : la première supportant 
quatre séries de cordes, la seconde deux séries, la 
troisième, la quatrième et la cinquième chacune une 
série : 

1 




On remarquera que la troisième partie du cheva-» 



— i86 — 

let destiné à supporter une seule série de cordes à 
Tunisson^est disposée de façon à partager les cordes 
dans le rapport vibratoire de quinte mineure. Les 
deux autres chevalets divisent chacune les deux 
séries suivantes dans le rapport vibratoire de demi- 
ton, ée ton^ à Taide d'un chevalet supplémentaire 
placé, comme à rfnstiument précédent, à la droite 
des chevalets principaux. — Idàng. de la grande 
base du trapèze, o">69; de la petite hwf, n-'jjjj; 
haut. o»3io. 

Sbction b. — Cordes frappées à clavier, 

Allbmaqnb. 1617. Clavicordâ. Sans nom d'au- 
teur. Etendue chromatique de 

7 

Deux cordes à Tunisson par touche, — d*où le nom 
allemand Bund/reies Klavier (voir le n' 634, cat., 
a* vol.). — Long. tôt. i™45, larg. o"48 haut, sur 
table, o"83. 

Pays-Bas. 1618. Clavicorde. Forme oblongue. 
Caisse de facture très ordinaire, avec un paysage 
insignifiant sur le fond du couvercle. Etendue de 





avec la première octave courte. Il appartient au 



— i87 — 

genre dit Gebundenes Klavier (voir la note du 
n» 634, Cat,, !•' vol.) et ne possède en consé- 
quence que a6 cordes doubles, produisant 45 sons 
répartis de la façon suivante, en commençant par 
le grave : 

I ut, isol. isi^, 

3 . . . . mû 13 la. _ ^ut. 

4 /». _ «*#b. 

5 sol 

la 

I». 



14. 



ittV 



6 I». ,ut 



». ^ , rS. 

ut. '« Iwjf. 



lut$. 



1 



17. ... . mt. 
fa. 

/»9- 



mi, i sol. 



19. 



II. 



i/aj. ao /a. 



En somme, c'est un spécimen intéressant de 
la facture instrumentale du commencement du 
XVIIP siècle. — Long* tôt. i"o8; larg, o™35. 

Id. 1619. Clavicorde^ de Tanc. coll. V.et J. Mahil- 
Ion. Auteur inconnu, mais le papier imprimé de la 
caisse, dont le dessin est presque semblable à celui 
des instruments des Ruckers, décèle à toute évi- 
dence une origine flamande. Les prolongements des 
touches du clavier sont, dans leur courbure, habile- 
ment découpés. 



— i88 — 

L*étendue est de quatre octaves et une quarte» de 

8* 



P'^ 



Il y a trente-huit cordes doubles réglées de la façon 
suivante : 

I ut. isol. 27 rê. 



2 utt. ' 'w/jf. ^g ,r^Jf. 



3 rê. 17 la. *m» 

18 



5 mi. '^ is». ^^ Ifat. 



6 fa. iUi. iSoL 

7 /««• '^ '«'«• . ^"^ ^sol9 

lsoI. 20 .... ré. 51 la. 



21 



\mi. 3a. 



9 la. < mî. 3 I s#, 

II. . . . «. '/«}. 34 «<}f- 

iUt. .sol. 35 r^. 

'* lf#<Jt. *3 Uolt. 36 r^fr 

13 ré. 24 to. 37 ifft. 

X4.....r'.*' as !"!«• 3" -^^ 

»-^''- 26 r'- 



</««. '«<«. 



— Long. tôt. i»3o; larg. max. o"37. 

Italie. 1620. Clavicorde^ de l'anc. coll. du comte 
Pietro Correr, de Venise. L'instrument, très inté- 
ressant, date du XVII* siècle; il a la forme d^un 
trapèze, avec le clavier en saillie le long de la 



— iSg — 

grande base. Les cordes, au nombre de 27 doubles, 
sont réparties de la façon suivante : 



1 

a 

3 

4 

5 . . . 
6. . . . 

7 



8. 
9. 



lO. 



II. 



12. 



ré. 

mi, 
fa. 
sol. 
la. 

ré. 



13. . . 

14. - . 

15. . 
16. . . 

17. . . 




18. . . , 




19. . . 

20. . . 




21. . . . 




22. . • 





la. 

ré. 

itai)^. 
^ mi. 

iSOl. 

la. 



«3. 



«4- 



«5- 



26. 



27. 



L'étendue, on le voit, est de quatre octaves et une 
quarte, la première octave, courte, commençant par 
le 3® ut de réchelle générale des sons. Le contour 
de la caisse est enjolivé de boutons d'ivoire fixés 
sur des pointes de fer, lesquelles servent à piquer 
les boutons dans le bois. — Long. tôt. i^^ô; larg. 
max. o'"39. 

Allbuaonb. 1621. Clavieorde. Don de M. A. 
Massau à Verviers. Instrument de forme ordinaire 
avec une étendue de 4 octaves complètes (le premier 
fi^ manque), à partir de Vut de la 3* octave de 
réchelle des sons. Cette étendue, comme celle de 



— igo — 

tous les « Gebundenâs Klavier >, est répartie sur un 
nombre restreint de cordes ; il y en a ici 23 doubles : 

I ui, 1^^$' l^^- 

2 rS, 14 \la. 20 l^^t- 



3 »'^tf- l^Jf. fw». 

4 »»»• 'St. (/«. 

5 /«• 15 Ut. ai |/»lf- 

6 /«« (n/jf. Mo/. 

® *^'»- 16 r.'». 22 )^ 



(/- 23 rj; 



10 \''^ ,/.. ., 



y Ut. 



17- 



" f«/jf. ' " f^^' 



50/ jf. 

la. 

mû ^»- 

/a. / «. 



la . . . . <r^Jf. 18 



13 {/«Jf- '9 {«<• 

— Long. tôt. i"ia; larg. max. 0*325. 

Pays-Bas. 1622. Piano carré. Marque : Brmel à 
Bruxelles^ Facteur de la Cour du Prince d^Orange 
n«683. La table d'harmonie porte la date de 1818 
et la signature de J. P. J. Brmel^ Etendue de 
5 octaves et demie, du fa de la deuxième octave à 
Vui de la huitième. Cet instrument n*avait primi- 
tivement, comme tous les pianos de cette époque, 

s Le portrait de ce facteur figure dans les collections icono- 
graphiques du Musée. 



— 191 — 

que cinq octaves; la demi-octave supplémentaire 
y a été ajoutée après coup. La mécanique est une 
modification de celle connue sous le nom de méca- 
nique anglaise^ dont la combinaison est due, d*après 
M. Hipkins, à Johannes Zumpe» facteur anglais 
d'origine allemande (vers 1765). 

Elle se compose de la touche et de son sautereau 
ou pilote, dit, en langage d*atelier, à tête de vieillard 
(voir n* 1647), d'un levier intermédiaire muni d'un 
sautereau de même forme destiné à en régulariser 
Taction^du marteau et d'un étouifoir. Celui-ci, placé 
verticalement au-dessus de la corde, est soulevé par 
une tige métallique surmontée d'un bouton de 
feutre; l'ensemble ressemblait assez bien à un balai; 
c'est ce qui fit donner à ce système le nom d'étouffoir 
en manche à balai. Toutes les cordes sont triples ; les 
basses, jusque et y compris le premier ut^^ sont en 
laiton entouré d'un tour de fil également en laiton. 

Quatre pédales : 

La première' fait appuyer le tranchant d'une lan 
guette de bois garnie de buffle contre toutes les 
cordes, à proximité du sommier d'attache. En raison 
de l'effet qu'elle produit, cette pédale se nommait 
sourdine. La seconde pédale, soulevant tous les étouf- 
foirs, était, comme de nos jours, désignée sous le 
nom de pédale forié. La troisième fait glisser une 
bande de buffle entre le marteau et les cordes, 
dont elle adoucit le son; on lui donnait le nom de 

< En commençant par la gauche. 



— 19^ — 

registre de harpe; plus tard, Adolphe Adam l'appela 
pédale céleste. Enfin, la quatrième pédale, mal- 
heureusement arrachée de notre exemplaire, faisait 
mouvoir, comme la première, une réglette de bois 
dont le tranchant était garni d'un tube de papier. 
Ce tube, en vibrant contre les cordes, leur faisait 
produire une sonorité grésillante*. Cette pédale 
portait le nom de pédale de basson. 

La table d'harmonie est rectangulaire ; elle n'oc- 
cupe qu'un tiers environ de la surface du cadre dans 
lequel elle est fixée, du côté droit. — Long, i^ôy; 
larg. o»67 ; haut. o"»830. 

Pour compenser l'exiguité de la table d*harmonie, — aurface 
vibrante destinée, on le sait, à renforcer la sonorité des 
cordes* —les factears de cette époque avaient coutume d'appli- 
quer, au-dessus des cordes et du cadre dans lequel est fixée la 
table d'harmonie, une légère planchette de sapin. Cette plan- 
chette, à laquelle ils donnaient le nom défausse table d'harmo- 
nf«, agissait plutôt en réflecteur qu'en renforçateur du son ; elle 
produisait en efifet une résonance désagréable parcequ'elle for- 
mait une sorte*de caisse à l'intérieur de laquelle une quantité 
d*air déterminée était mise en vibration par les cordes. 

On trouve quelquefois aux pianos de cette époque une 
5« pédale mettant en action un tambour de basque et des clo- 
chettes; on VappelBlt pédale de musique turque. 



> Un efifet analogue a été employé, dans les dernières 
années, par dififérents compositeurs, notamment par iTavan 
dans sa Noce arabe, pour imiter le bruit des tambourins. On le 
produit en intercalant, entre les étoufifoirs et les cordes, et sur 
une partie déterminée de l'étendue de l'instrument, une feuille 
de papier découpée dans les dimensions voulues. Pour pratiquer 
cette opération, il suffit d'écarter un instant les étoufifoirs des 
cordes en appuyant sur la pédale /ar<^, que l'on lâche ensuite. 



— «93 — 

C'ettt en 1791 que Broadwood, de Londres, porte retendue 
du piano à l'aigu jusqu'à Vut de la huitième octave, et ce n'est 
qu'en 1794 que le même facteur recula les limites au grave à 
1'»^ de la deuxième octave. 

Le piano carré dérive à toute évidence du clavicorde, dont 
il a l'apparence, la disposition des cordes et de la table d'har- 
monie. L'idée en est généralement attribuée à Prederici, de 
Géra (voir la note du n» 279, Cat., l'v vol.); mais il est certain 
que la grande vogue de cette forme du piano date de l'époque à 
laquelle Zumpe l'introduisit en Angleterre, vers 1765. 

Id. 1623. Piano carré, de l'anc. coll. V. et J. 
Mahillon. Marque : Eugène et J. PhilP' Ermel frères & 
Comp' à Mons 1807. Construction semblable à celle 
du précédent instrument, mais chacun des marteaux 
n*ébranle que deux cordes à Tunisson. Etendue de 
cinq octaves, de fa kfa. Il y avait trois pédales : 
harpe j forte et céleste, dont le mécanisme^ détaillé au 
précédent numéro, est en partie enlevé. Cet exem- 
plaire est muni de sa fausse table d'harmonie. — 
Long. i"57; larg. o"56; haut. o"77. 

Id. 1624. Piano carré, de fane. coll. V. et J. 

Mahillon. Marque : Ludovicus Fetis fecit Montibus 

anno 1797. Instrument semblable au n* 1622. 

Primitivement construit à cinq octaves, de /a à /a, 

agrandi par la suite jusqu'à Vut suivant. Trois 

cordes à Tunisson par touche. — Long. 1^7 1 ; larg. 

o"»69; haut. o"»8o, 

Louis Pétis était, paraît-il, le frère de François Fétis, 
l'illustre historien de la musique et, de son vivant. Directeur 
du Conservatoire royal de musique de Bruxelles. 

Anglbtbrrb. 1626. Piano carré, de Tanc. coll. 
V. et J. Mahillon. Marque : Johannes Pohlman^ 



— 194 — 

Londini^ fecit 1774. La mécanique est un des plus 
anciens spécimens connus de celle dite mécanique 
anglaise. Le marteau reçoit directement le choc 
d'une sorte de sautereau attaché à la touche et 
formé d*un fil métallique terminé par un bouton de 
cuir vulgairement appelé tiie de vieillard^ comme 
nous l'avons dit au n* 1622. L'étouffbir est du modèle 
dit en manche à balai(yo\v le même n*). L'instrument 
porte les traces de pédales, mais elles ont dû être 
ajoutées après coup. On voit encore à gauche les 
traces de deux registres à levier dont lun faisait 
manœuvrer la sourdine, tt dont Tautre, — le registre 
forié^ — soulevait les étouffoirs. Les étouffoirs et le 
cadre auquel ils étaient adaptés ont malheureuse- 
ment été arrachés. Les pieds qui supportent cet 
instrument sont très peu élevés; on ne peut s'expli- 
quer cette disposition exceptionnelle que par ce fait 
qu'il aurait été construit pour un pays de l'Orient, 
où l'instrumentiste s'asseyait sur un coussin au lieu 
d'employer une chaise ou un tabouret. Etendue de 



^ 



8»! 

avec deux cordes à l'unisson pour chacune des 
touches du clavier. L'instrument est muni de sa 
fausse table d'harmonie, qui recouvre presque 
entièrement le mécanisme et les cordes. — Long, 
tôt. i*"44; larg. o"48; haut. o°59. 

Pays-Bas. 1629. Piano carré. Don de M. Antoinç 



— 195 — 

Nfes à Mîddelbourg. Marque : Meincke Meyer et 
Pieter Meyer fec' A"* 1782. Une seconde ligne com- 
plète cette inscription y mais elle est malheureuse- 
ment presque illisible; c'est avec peine que Ton peut 
encore en déchiffrer les derniers mots : , .. op de 
nieuwen Dyk by den Dam (Amsterdam). L'instrument 
est dans un bon état de conservation; son méca- 
nisme est semblable à celui du numéro précé- 
dent. Etendue de cinq octaves, de fa kfa. Trois 
registres à levier étaient placés du côté gauche du 
clavier ; le mécanisme du registre sourdine a été 
enlevé. Les deux autres registres agissent sur les 
étouffoirs, le premier, à droite, en les soulevant du 




8« basta 

le second, en les soulevant sur tout le restant du 
clavier. Le mécanisme commandant cette action 
partielle sur les étouffoirs nous paraît avoir été 
ajouté après coup, et fort probablement en même 
temps que Ton a supprimé la sourdine. — Long, 
tôt. i"48; larg. o"5a; haut. o"83. 

Autriche. 1627. Pianino carré. Il date du com- 
mencement de ce siècle et ne porte pas de nom 
d'auteur, mais sa mécanique, presque semblable à 
celle de Stein (voir le n* 1634), ^în^i que la fabri- 
cation du meuble, permettent de lui supposer une 
origine autrichienne. Fermé, instrument affecte la 
forme d'une petite table à ouvrage. Le clavier se 



— igô — 

retire comme un tiroir. Sous celui-ci se trouvent 
trois autres petits tiroirs destinés à recevoir de 
menus objets de travail. Une seule pédale, le farté. 
Etendue apparente de 




a^ octave 



avec l'effet réel à la quinte supérieure. — Long, 
tôt. o™8a; larg. max. o^^ô; haut. tôt. o"*74. 

Saxb. — 1628. Piano carré. Il porte {^inscription 
manuscrite suivante : Johann Gottlob Wagner^ Or gel 
und InstrumenUn Mâcher, Dresden^ 24 Decbr. 1783. 
Le clavier a une étendue de quatre octaves et demie, 
en apparence de ut à sol; mais leffet réel étant 
à la quinte supérieure, il est réglé du sol de la 

^=j= au ri de la 7» ; | t^:"EE - La 

8* basM. Tj 

mécanique se compose d*une simple languette 
mobile soulevée par la touche et qui échappe contre 
Tangled^un cran découpé dans la noix du marteau, 
celui-ci reposant horizontalement sur la barre de 
repos. Lorsque la touche, abandonnée par le doigt, 
retourne à sa position première, la languette repasse 
sous la noix du marteau et reprend la position ver- 
ticale par Taction d^un ressort en soie de porc. 
L'étouffoir est placé en -dessous des cordes, sur le 
prolongement postérieur d*un second levier; le bras 
antérieur de ce levier étant soulevé par un pilote de 



— 197 — 
métal attaché aa prolongement de la touche, le levier 
bascule par le mouvement de la touche et éloigne 
rétouffbir de la corde. L'instrument possède trois 
genouillières : la première, à gauche, la sourdine, 
fait appuyer une languette de bois garnie d*étoffe 
sur Textrémité de toutes les cordes dans le voisi- 
nage de leur point d*attache. La seconde, le fortéy 
soulève tous les étouffoirs en relevant à la fois par 
rintermédiaire d'une barre de bois, tous les bras 
antérieurs des leviers qui commandent l'étouffoir; 
la troisième, grand farté, soulève un cadre garni 
d*étoffe recouvrant la table d'harmonie, laquelle 
occupe le côté droit du piano. L'instrument, de 
belle facture^ est enfermé dans une jolie caisse 
ornée de marqueteries en bois de couleurs diffé- 
rentes. — Long. tôt. i"! i; larg.o"*44 ; haut. o"*79. 

Angleterre. 1629. Piano carré. Marque : John 
Broadwood & sons, Makers io his Majesiy and ihe 
Princesses, Great Pulteney Street, Goldon Square 
London. L'instrument a actuellement six octaves, à 
partir au fa de la deuxième octave; la sixième octave 
à l'aigu a dû être ajoutée par la suite. La mécanique 
est celle cataloguée plus loin sous le n* 1647- 
L'instrument porte les restes de trois pédales, mais 
une seule, la pédale forté^ fonctionne encore 
actuellement. Les deux autres ont probablement 
perdu leurs organes lors de la transformation de 
l'instrument. — Long. tôt. 1*58; larg. o"57. 

Allemagne. 1630. Piano triangulaire en forme 



— 19* — 

d'ipinette, de Tanc. coll. V. et J. Mahîllon. Sans nom 
d'auteur, mais la mécanique ayant une grande analo- 
gie avec celle de Frederici, Tinstrument peut être 
attribué à ce dernier facteur ou à son maître Gott- 
fried Silbermann (Les présomptions sont cependant 
en faveur de Frederici car nous savons, par les 
pianos de Silbermann conservés au château de Sans- 
Souci à Potsdam,que ce dernier avait adopté, sauf de 
légères modifications, la mécanique de Christofori). 
Les marteaux sont disposés la tète en avant, comme 
dans la mécanique de Stein (voir n* 1634). Ils sont 
tous enfilés sur une corde, tendue par une cheville, 
et qui sert d'axe à leur mouvement. Il n*y a pas de 
languette d'échappement, le marteau est simple- 
ment soulevé en avant de son axe par un pilote qui 
repose sur le prolongement de la touche. L'étouffoir 
se compose d'un levier dont le bras postérieur est 
soulevé par le mouvement de la touche du clavier; 
le bras antérieur, descendant par le même mouve- 
ment, permet aux étouifoirs de retomber par leur 
propre poids et de s'écarter ainsi de la corde. Il n'y 
a qu'une seule corde pour chaque son sur toute 
rétendue du clavier, mais Tinstrument possède cinq 
registres, à savoir : 

1* une sourdine produite par i'intercalation d'un 
ruban de soie entre le marteau et les cordes; a* une 
autre sourdine^ d'un effet plus accentué, où la soie 
est remplacée par une bande de feutre (les deux 
sourdines peuvent être employées à la fois); 



— 199 — 

3^ un luth produit par l'appui d*une sorte de 
bourre de soie sur la corde, dans le voisinage 
immédiat du sillet; 4^* un forte éloignant de la 
corde les étouffbirs et mettant le levier qui les 
commande hors d'atteinte de Taction des touches 
du clavier; 5* un transpositeur permettant de haus- 
ser d'un demi-ton tous les degrés de Téchelle. Les 
cordes étant disposées parallèlement au clavier, 
la transposition s'opère, en enfonçant simplement 
celui-ci de l'espace qui sépare une corde de Tautre. 
Ce petit piano, dont la mécanique peut être consi- 
dérée comme l'embryon de la mécanique allemande, 
est certainement l'un des spécimens les plus curieux 
de la facture instrumentale du commencement du 
XVIII' siècle. — Long. tôt. i«>i8; larg. max. on»50. 
Id. 1631. Piano pyramidal. Â l'intérieur, on lit 
rinscription suivante : dieze Pyramyte hat geferiiget 
ùnd erfùnden Christian Ernst Friderici Orgelbauer in 
Géra in Monats 7*' An^ 1745- 5. D. G. L'instrument, 
en forme de pyramide, est orné de panneaux de 
marqueterie, d'un travail assez soigné, représentant 
des personnages dansant au son des instruments. 
La table d'harmonie est percée d'une ouïe ornée 
d'une rosette. Cette table repose sur les bords d'une 
caisse de résonance rappelant la construction du 
clavecin. Etendue de 




— 300 — 



La mécanique est un simple levier coudé à an^le 
droit, dont le bras vertical est terminé par un fil de 




Piano pyramidal (oo 1631). 

cuivre qui porte le marteau à son extrémité. Lorsque 



— 20I — 

le bras horizontal reçoit une poussée par Tintermé- 
diaire du pilote attaché à la touche, le marteau 
frappe la corde; au moment où Ton abandonne la 
touche, le marteau revient à sa position première à 
Taide d'un ressort appuyant sur Textrémité du bras 
horizontal du levier coudé. Au-delà du pilote faisant 
mouvoir le marteau, se trouve un autre pilote qui 
soulève un second levier coudé combiné de façon à 
faire mouvoir horizontalement la tige qui porte la 
tète de Tétouffoir. Du mouvement des deux pilotes 
soulevés par la touche, résulte donc l'ébranlement 
de la corde par le choc du marteau, et le recul de 
rétouffoir. Ce piano est muni de deux registres : 
une sourdine introduisant une bandelette de buffle 
entre le marteau et la corde, et un forte. L'instru- 
ment repose sur une table d'une haut, de o«65 ; il 
mesure en haut., table comprise, 2"*2i et en larg. 
max. o^gs- 

Le mécanisme du piano pyramidal ne permettait aucune 
nuance; il exigeait continuellement un jeu fort, ce qui explique 
probablement le nom de Bienfort donné à cet instrument par 
son inventeur. 

Cest au même Frederici qu'est attribuée généralement 
rinvention du piano carré, dont la mécanique n'est en somme 
que la transformation de celle du clavicorde f Voir le no 279, 
Cat.,i«vol.). 

Frederici avait donné au piano carré le nom de Fortbûn, Il 
y a un curieux rapprochement entre ces deux noms : Fortbien 
et Bienfort! 

Anqlbtbrrb. 1632. Piano forte. Il porte la 
marque suivante : Josephus Merlin Londini fecit. 



— ao2 — 

La date est malheureusement effacée, mais on peut 
approximativement la fixer aux dernières années du 
XVIIP siècle, attendu que ce même facteur obtint 
en 1774 un brevet pour un instrument à clavier que 
Ton pouvait à volonté jouer en clavecin ou en piano. 
Lés cordes sont disposées comme celles de tous les 
pianos carrés de cette époque, mais au lieu d'être 
couchées sur un plan horizontal, elles le sont sur 
un plan oblique^ presque vertical. Il en résulte que 
l'action du mécanisme, — modification de là méca** 
nique anglaise de Zumpe de 1766, — est verticale. 
Pour arriver à produire le mouvement nécessaire, 
Merlin a fixé à l'extrémité de la touche un pilote de 
bois vertical de 30 centimètres environ, — à l'extré- 
mité duquel est fixé horizontalement le sautereau ou 
pilote en fil métallique terminé par le bouton de cuir 
dont nous avons parlé aux n*' 1622 et 1625 ; ce der- 
nier frappe la queue du marteau qui est ainsi lancé 
contre la corde. L*étouffoir est à bascule; Tun de ses 
bouts appuie sur la corde en repos, l'autre, par 
l'appui du doigt sur la touche, reçoit la pression 
d'une languette de bois placée parallèlement au 
sautereau et un peu au-dessous de celui-ci sur le 
pilote ; il en résulte qu'à l'instant même où la corde 
reçoit le choc du marteau, Tétouffoir s'en éloigne 
pour la laisser vibrer en liberté et ne reprend sa 
position contre la corde qu au moment de l'aban- 
don de la touche par le doigt. Btouffoir et marteau 
sont guidés dans leur mouvement par des fils de 



— ao3 — 

cuivre plies en arc de cercle et qui traversent leurs 
tiges. Bn somme, c'est la mécanique décrite au 
n* 1645, mais agissant verticalement. 

La table d'harmonie occupe toute la largeur de 
riostrument. Il reste la trace d'une genouillière ou 
d'une pédale qui permettait d'ouvrir progressive- 
ment l'un des volets de la fermeture antérieure pour 
augmenter la sonorité. C'est fort probablement déjà 
une modification de la Venelian Swell brevetée en 
1769 par Burkat Shudi (voir le n® 1604). — Long, 
tôt. 1*365; haut, avec la table 1*09; larg. o»35. 

Id. 1683. Piano droit. Don de M. F. de Vestibule. 
Marque : Thomas Tomkinson^ London, N^ 235. Cette 
forme verticale donnée au piano parait pouvoir être 
attribuée à John Isaac Hawkins. On avait déjà fait 
avant lui des pianos dont la « queue » était placée 
verticalement (voir le n*> 163 1 ), mais la forme de buf- 
fet, avec la partie inférieure en contrebas du clavier 
et descendant presque jusqu'au sol, était nouvelle. 
Ce genre de piano prit généralement le nom de 
piano buffet. L'étendue de celui-ci est de cinq octa- 
ves et demie, du fa de la 2« octave à Vut de la 8«. 
Les cordes sont doubles sur toute l'étendue du 
clavier. Les étouffoirs sont supprimés à partir 
de Vut de la 7" octave. Les cordes basses sont en 
acier, comme les dessus, ce qui est permis ici à 
cause de la grande longueur des cordes. La mécani- 
que se compose de la touche, de la languette 
d'échappement fixée à son extrémité et communi- 



— ao4 — 

quant le mouvement au marteau par l'intermédiaire 
d'un long pilote. L*étoufiFoir est coudé en Z- Uni^fil 
de fer attaché à l'extrémité du pilote soulève la 
branche supérieure de Tétouffoir et celle-ci, par le 
mouvement de bascule qu'elle reçoit, écarte de la 
corde la branche inférieure. 

L'instrument est muni de deux pédales : \^ forte 
qui soulève les étouffoirs, la douce qui fait reculer 
tout le mécanisme de telle façon que le marteau 
n'ébranle plus qu*une corde. Les étoufiFoirs ont été 
supprimés à la dernière octave. La partie antérieure 
du buffet est tendue d'une pièce d*étoffe tendue 
dans un cadre doré, et dissimulant le mécanisme. 
— Long., i"o8; haut., i"78; larg. totale avec le 
clavier, o">58. 

Au moment où il inventa le piano bufifet, Hawkîns habitait 
Border-Town (Etats-Unis d'Amérique). Il appelait son instru- 
ment ^a»J/>fafio^orto<t/. Il communiqua son invention à son 
frère, Isaac Hawkîns, qui prit un brevet anglais; ce brevet, 
daté du 13 novembre 1800, porte le no 2446. 

L'idée d'adoucir le son par le recul du mécanisme, de façon 
que le marteau n'ébranle plus qu'une corde (d'où l'expression 
c una corda ») est généralement attribuée à J. A. Stein. 

On ignore à quel facteur est due l'idée de la suppression des 
étouffoirsde la dernière octave, suppression qui a permis d'en- 
richir le timbre de l'instrument de plusieurs cordes sympathi- 
ques vibrant sous l'influence des cordes basses. Cette idée 
ne remonte cependant pas au-delà du commencement de ce 
siècle. 

Allemagne. 1684. Piano à queue, de Tanc. coll. 
V. et J. Mahillon. On lit sur une étiquette de papier 
collée au côté gauche de la table d^harmonie : Jean 



— 205 — 

André Siein^ faiseur d* orgues, des clavecins et orga^ 
nisie à VBglise des Minorisies à Augsbourg^ 1786. Cet 
instrument est, à notre connaissance, leseul spécimen 
parvenu jusqu'à nous des pianos dont Mozart parle 
si fréquemment et si élogieusement dans ses lettres. 
Stein est l'inventeur de la mécanique allemande 
appelée aussi type viennois. Au prolongement de la 
touche est fixée une fourche de bois dans laquelle 
bascule, par son bout postérieur, le manche du mar- 
teau. L^échappement est placé tout contre Text ré- 
mité de la touche. Lorsqu'on appuie le doigt sur 
celle-ci, le bout du manche, qui dépasse la fourche 
dans laquelle le marteau bascule, rencontre un 
cran découpé dans l'échappement; par suite, le mar- 
teau se soulève, frappe la corde et retombe, le bout 
du manche restant appuyé contre l'échappement 
au-dessus du cran. Lorsque le doigt abandonne 
la touche, Téchappement recule pour permettre à la 
queue du manche du marteau de reprendre sa place 
dans le cran de l'échappement et celui-ci revient à 
sa position première à l'aide d'un ressort. Il est à 
remarquer que dans cette combinaison de méca- 
nisme, la position du marteau est renversée, c'est- 
à-dire que, contrairement à toutes les autres 
mécaniques, le pivot du marteau se trouve placé 
au point le plus éloigné de la touche; de plus, la 
fourche dans laquelle bascule le manche du mar- 
teau s'élevant avec le prolongement de la touche, 
il résulte de cet ensetnble une légèreté de jeu qui 

»5 



— 206 

n'est dépassée que par la mécanique à double échap- 
pement d'Brard. 

L^étouffoir est un simple pilote ou sautereau 
auquel on a taillé un coin triangulaire, garni de 
feutre qui appuie, par son poids^ sur les deux cordes 
de chacun des degrés du clavier. Ce pilote repose 
sur le prolongement de la touche en deçà de la 
fourche du marteau. Lorsqu'on appuie sur la 
touche, rétouffbir se soulève, le coin s'écarte des 
cordes et celles-ci vibrent en liberté; lorsqu*on aban- 
donne la touche, le pilote retombe et le coin reprend 
sa place entre les deux cordes. 

C*est cette mécanique, perfectionnée par Andréas 
Streicher, le gendre de Stein, qui établit le grand 
renom des pianos viennois. 

L'instrument est muni de genouillières; ce sont 
des leviers sur lesquels on agit par les genoux et 
qui soulèvent tous les étouffoirs à la fois pour laisser 
aux cordes la continuité de vibration. 

La construction de ce piano, spécialement en ce 
qui concerne la table d'harmonie et la caisse sonore, 
rappelle en grande partie celle du clavecin. * Long. 
2"i5; larg. o"97. 

Jean-André Stein est né à Heidelstein en 1728: il fat l'élève 
de Silbermann, qui le premier fabriqua régulièrement des 
pianos en Allemagne. Stein mourut à Augsbourg le 2a février 
179a. 

Francb. 1686. Piano à queue. Don de la maison 
Pleyel-Wolflfet Co., à Paris. Cet instrument, d'une 



— ao7 — 

étendue de sept octaves complètes à partir du la de 
la première octave de Téchelle des sons, est muni de 
la pédale tonale ou harmonique brevetée en faveur 
de Aug. Wolflf le 9 avril 1875. Cette pédale a 
pour but de c détailler les vibrations prolongées des 
notes d'après leur valeur harmonique, et d'éviter par 
là la dissonance que produit inévitablement Tusage 
de la pédale ordinaire >. Elle se place entre la grande 
pédale qui soulève tous les étouffoirs et la petite 
pédale qui diminue l'intensité des sons en déplaçant 
les marteaux sur les cordes. Elle est en communi- 
cation avec un petit clavier de treize notes placé 
au-dessus et à gauche du clavier ordinaire. En 
enfonçant une ou plusieurs notes de ce petit clavier, 
on accroche un mécanisme qui fait que la pédale 
tonale soulève, non tous les étouffoirs, mais ceux-là 
seulement qui se rapportent à ces notes. Ainsi, en 



accrochant les trois sons i? v J , il suffit de 




presser la pédale harmonique pour prolonger la 
résonance directe et sympathique de cet accord 
sur toute retendue du clavier. La 13® note du petit 
clavier fait l'office de registre de décrochement; il 
suffit d'y appuyer le doigt pour faire relever immé- 
diatement les notes abaissées du petit clavier. Pour 
garder la résonance de l'une des notes de Taccord, 
il suffit de maintenir abaissée la touche du petit 
clavier qui s'y rapporte, en même temps que Ion 
appuie le doigt sur la touche de décroçlieineixt. pour 



— ao8 — 

faire relever les autres notes de Taccord. La pédale 
harmonique constitue incontestablement unegrande 
ressource pour certains effets particuliers où la 
grande pédale ne pouvait être employée à cause de 
la confusion qu'elle produit. — Long. tôt. de 
l'instrument a^'aa; larg. max. 1*32. 

Anqlbtbrrb. 1686. Piano à queue. Marque : 
j^ohn Broadwood & Sons^ Makers to his Majesty and 
the Princesses^ Great Pulteney Street^ Golden Square 
London. Etendue de six octaves, de l'ut de la 
2* octave de Téchelle des sons au si de la 7*. Méca- 
nique semblable à celle qui est cataloguée plus loin 
sous le n* 1646. Elle se compose du levier constitué 
par le prolongement de la touche, du marteau, de la 
tringle dite échappement parce qu'elle échappe 
contre le cran ou nez de la noix du marteau et de 
Tattrape^marteau, aussi appelé rattrape, fixé sur un 
fil métallique et qui fonctionne à larrière du mar- 
teau. L'étouffoir est soulevé par le prolongement de 
la touche et retombe par son propre poids sur les 
cordes, qui sont au nombre de trois par touche. 
Les étouffoirs fonctionnent sur toute lëtendue du 
clavier. Deux pédales : la forte qui soulève les 
étouffoirs, et la douce qui recule le mécanisme de 
façon à ce que le marteau ne frappe plus que sur 
une corde. L'instrument porte la date de 1 810 et 
le n* 4959. — Long. tôt. 2°"38; larg. max. i"45; 
haut. tôt. o">9i5. 

Allbmaqnb. 1687. Piano à queue^Risonaieur 



— 209 — 

(petit format). Don de M. Ernest Kaps de Dresde, 
facteur de pianos de la Cour royale de Saxe. L*éten- 
due de cet instrument est de sept octaves à partir 
du la de la i'® octave de Téchelle générale. Les 
cordes, tendues sur un cadre en fer de fonte, sont 
croisées à partir du premier la jusqu'au deuxième 
mi du clavier. 

Le facteur a utilisé le phénomène de la résonance 
par sympathie. A partir du quatrième/^ du clavier, 
les cordes sont divisées par le chevalet en deux par- 
ties inégales, de telle façon que la petite partie 
représente respectivement le ^/ô, le 1/4 ou le z/3 de 
la plus grande. Cette combinaison, à laquelle 
M. Kaps donne le nom de double échelle^ a pour but, 
comme on Ta compris, de faire vibrer sympathique- 
ment, avec le son 6, le son 4 ou le son 3 (harmo- 
niques des fondamentales), les petites portions de 
corde qui sont respectivement à Tunisson de ces 
harmoniques, d'après la division établie. Le rapport 
adopté par M. Kaps dans l'instrument que nous 
avons sous les yeux, est le suivant : 

du quatrième fa du clavier au si suivant, 1:6; 
conséquemment, le son 6 du faisceau harmonique 
accompagnant la fondamentale produite par la 
première partie de la corde, met en vibration, 
par sympathie, la seconde partie de la corde don- 
nant par sa longueur la triple quinte, unisson du 
son 6 de la première partie; 

de Vnt qui suit au sixième mi du clavier, les 



2IO — 

cordes sont divisées dans le rapport de i : 4 ; Thar- 
monique 4 de la première partie de corde fait vibrer 
par sympathie sa double octave produite par la 
seconde partie de la corde ; 

du fa suivant jusqu'au bout du clavier, les cordes 
sont divisées dans le rapport de i : 3, par conséquent 
les petites parties de corde donnent les douzièmes 
ou doubles quintes des grandes parties; elles vibrent 
sympathiquement sous TinOuence des sons 3 qui 
entrent dans la constitution harmonique des parties 
de cordes ébranlées par le marteau. 

Le Résonateur breveté par Ernest Kaps (brevet 
allemand n^ 4142) est simplement une seconde table 
d'harmonie, en forme de boîte, destinée à renforcer 
les dessus ; il fonctionne à partir du quatrième fa 
jusqu*au bout du clavier. 

La mécanique est une modification de la méca- 
nique d*Erard à double échappement, n« 1664. ^^ 
somme Tinstrument est excellent, d'une très grande 
puissance sonore et mérite de fixer lattention. — • 
Long. tôt. i"9o; larg. max. i«4i. 

France. 1638. Piano à claviers renversés. Don des 
inventeurs, MM. Mangeot frères et C'®, de Paris. 
L'idée, due à M. Joseph Wieniawski, le distingué 
pianiste, consiste dans la superposition de deux pia- 
nos à queue dont les claviers sont placés au-dessus 
Tun de Tautre, comme les claviers de l'orgue ou de 
certains clavecins. Le clavier inférieur, comprenant 
sept octaves, du sol de la première octave de Téchelle 



— 211 — 

des sons au la de la huitième, est disposé de la façon 
ordinaire; le clavier supérieur, de même étendue, est 
disposé en sens inverse, c'est-à-dire que, en partant 
de droite à gauche, les sons vont du grave àTaigu. 
La coïncidence s'établit au milieu des deux claviers 



sur la note 7 u"~ , — > L'instrumentiste se trouve 

ainsi avoir à sa disposition deux pianos complets, 
l'un pour la main droite, Tautre pour la main 
gauche. Les ressources qui résultent de cette dispo- 
sition sont inépuisables. Il faut avoir entendu jouer 
de cet instrument par le regretté professeur du Con- 
servatoire de Bruxelles, feu J. deZarembski, pour 
se rendre compte du parti merveilleux que cet habile 
virtuose avait pu tirer de cet ingénieux instrument. 
Le piano à claviers renversés a été breveté en France 
en faveur de M. Edouard Mangeot le 6 juillet 1876. 
— Long. tôt. 2»3o; larg. max. i"4o\ 

Belgique. 1689. Chevilles de pianoy système Gun- 
iher; don de l'inventeur. Ce système se compose : 
i"" d'une cheville en fer dont la tête est carrée et 
dont le bout inférieur est taraudé; 2* d'une plaque de 
bronre de 50 mill. de longueur et de 10 mill. de 
largeur terminée en crochet, pour attacher la corde 
d*acier destinée à être tendue. La plaque se termine 
à sa partie supérieure par un écrou qui s^adapte sur 
la vis de la cheville. 

I Voir Le Piano à claviers renvârsés» ses ressources au point de 
vue de la composition et de la virtuosité, avec des exemples à l'ap- 
puif par Jules Zarebski (db Zarembskx), Paris, Mangeot frères. 



J 



— 212 — 

La disposition de Tappareil est telle que la plaque 
est empêchée de suivre le mouvement de rotation 
imprimé à la cheville par la clef d*accord; elle ne 
doit que se déplacer parallèlement à l'aze de la che- 
ville et, par suite, tendre ou détendre la corde 
selon que l'on tourne la cheville à droite ou à gau- 
che. Au fond, ce système de tension ne diffère pas 
sensiblement de celui imaginé au siècle dernier 
pour les cordes du cistre (voir le n** 256). 

France. 1640. Cheville de piano. Don de 
M°>* Erardy à Paris. C*est en quelque sorte une dou- 
ble cheville appelée à fonctionner dans un sommier 
de bois. Elle se compose de deux tiges : Tune porte 
une roue de 12 dents, c'est celle sur laquelle s'en- 
roule la corde; lautre porte une roue de 8 dents, 
c'est celle qui reçoit l'action de la clef par laquelle 
s'opère la tension des cordes. Les deux chevilles 
sont placées de façon que leurs roues s*engrènent. 
Pour chaque tour de la seconde tige, la première 
fait 2/3 de tour, et comme c'est sur celle-ci que s'en- 
roule la corde, la tension de cette dernière peut se 
faire avec plus de délicatesse que lorsqu'elle s'en- 
roule directement, comme d'ordinaire, sur la tige 
qui reçoit l'action de la clef d'accord. 

Anolbtbrrb. 164L Cheville de piano. Don des 
inventeurs, Messrs. John Brinsmead and Sons de 
Londres. Brevet du 28 mars 1884. Cette cheville 
est formée d'une tige de bronze taillée en vis et d'un 
écrouà 6 pans. La corde, attachée par Tun de ses 



/ 



— 213 — 

bouts à la pointe d*attache de Tinstrument, passe par 
l'autre bout dans un trou foré dans Taxe de la tige, 
à son extrémité inférieure, et remonte le long de 
cette tige en se logeant dans une rainure; la corde 
se replie sur l'extrémité supérieure où elle est fixée 
par un chapeau qui la recouvre. Pour obtenir le 
degré de tension voulu de la corde, on serre ou 
desserre l'écrou à Taide d*une clef fourchue. 

Bblgiqub. 1642. Cheville de piano. Don des 
inventeurs, MM. J. Vivier et J. Oor à Bruxelles. 
Brevet du 5 mai 1884. Elle est à peu près semblable 
à la précédente. L'écrou, qui se remonte avec une 
clef de piano ordinaire, s'adapte à la partie supé- 
rieure de la tige taraudée. La corde est logée dans 
une rainure pratiquée tout le long de la vis. 

Italie. 1643. Mécanique de piano. Don de Messrs. 
John Broadwood and Sons, à Londres. C*est le 
mécanisme primitif de Tinventeur, B. Cristofori, 
de Florence, en 1709, reproduit par les donateurs 
d après les dessins de Scipione Maffei (Voir l'ou- 
vrage de Rimbault : The Pianoforie, its origin, pro^ 
gress and construction). L'échappement existe déjà à 
ce mécanisme; sa tringle ou languette [lingueita 
mobile) se meut dans la branche antérieure d*un 
€ levier intermédiaire » ou marteau inférieur; le 
mouvement de bascule de celui-ci est produit par 
l'action de la touche dont il forme en quelque sorte 
le prolongement. Une entaille est découpée dans la 
noix du marteau pour produire l'échappement. Le 



214 — 

marteau, après avoir frappé la corde, retombe dans 
une fourche formée par la rencontre de deux cordon- 
nets de soie. A la branche postérieure du levier 
intermédiaire est disposée une petite tige de bois 
verticale terminée par un tampon de feutre. Lorsque 
la touche est au repos, le feutre adhère à la corde; 
en appuyant sur la touche, la partie postérieure du 
levier intermédiaire s'abaisse et avec elle la tige en 
bois : le feutre s'écarte de la corde et lui permet de 
vibrer en liberté. 

Id. 1644. Mécanisme de piano de Cristofori 
(1720). Don des mêmes. Reproduction faite par les 
donateurs d'après des pianos existant encore actuel- 
lement. Il y a ici un progrès véritable sur la méca- 
nique primitive. La touche est faite d'une pièce; 
l'échappement bascule dans une ouverture découpée 
dans la touche elle-même. Un cran est taillé dans 
le marteau inférieur, produisant ainsi, d'une façon 
très effective, le choc élastique du marteau contre 
la corde. Un arrêt est placé devant la bascule de 
l'échappement pour en régulariser l'action. Le cor- 
donnet de soie formant la fourche dans laquelle 
retombait le marteau est remplacé par le € para- 
martello » attrape-marteau ou rattrape qui arrête le 
percuteur à différents points de sa course selon 
l'impulsion donnée par la touche. L'étoufifoir agit 
comme à la mécanique précédente, mais il est mis 
en action par le prolongement de la touche elle- 
même. M. Hipkins, de la maison Broadwood; qui a 



— 315 — 

eu l'occasion d'examiner les pianos de Gottfried 
Silbermann, de Freiberg, — le premier qui fit des 
pianos en Allemagne, — affirme que la mécanique 
de ce dernier est semblable à la mécanique de 
Cristofori de 1720. 

ÀNGLBTBRRB. 1646. Mécanique de piano de 
Zumpe, en 1766. Don des mêmes. C'est le méca- 
nisme du piano carré; Tinvention en est quelquefois 
attribuée au Rév« William Mason, compositeur de 
musique qui aurait inspiré Zumpe. On y voit certai- 
nement Tembryon de la mécanique dite anglaise. Le 
levier intermédiaire est supprimé. Le marteau est 
lancé contre la corde à Taide d'un pilote formé d'un 
fil métallique terminé par une tête de feutre dite 
« tête de vieillard > (voir le n« 1625). L'échappement 
n'existe pas. L'étoufifoir est formé d'une bascule en 
cuivre dont la partie antérieure est soulevée par le 
sautereau de telle façon que la tige postérieure, dont 
l'extrémité garnie de feutre appuie sur la corde, 
s'écarte de celle-ci par l'abaissement de la touche. 

Id. 1646. Mécanique de piano à queue de Broad- 
wood and Sons, à Londres. Don des mêmes. C'est 
la mécanique anglaise encore en usage de nos jours 
(sauf quelques petits détails de proportion), et déjà 
employée en 1777. D'après A. J. Hipkinsx, Robert 
Stodart^ aidé des conseils de John Broadivood^ 
serait l'inventeur de cette mécanique, laquelle ne 

< Article c Pîanoforte » du Dicthnnary of Muzic and Musi- 
ciam de George Grove. 



— 2l6 — 

serait elle-même que le perfectionnement de celle 
du hollandais Americus Backers» établi à cette 
époque à Londres* L'échappement se produit par un 
cran découpé dans la noix du marteau; le levier 
intermédiaire du manche supérieur est supprimé, un 
bouton avec vis sert à régulariser l'échappement. 

Id. 1647. Mécanique de piano carré de Broadwood 
en 17S0. Don des mêmes. C*est la mécanique de 
Zumpe, n^ i6^Sf ^^^^ ^^^^ Tétouffbir de Cristo- 
fori (1720) modifié. L'étouflfoir repose sur la corde à 
l'extrémité d*un levier de troisième espèce soulevé 
par une tige mise en mouvement par l'extrémité de 
la touche. Dans le mécanisme de Cristofori, Tétouf- 
foir retombe par son propre poids; dans celui de 
Broadwood le levier repousse l'étouffbir contre la 
corde par l'intermédiaire d'un ressort en baleine. 

France. 1648. Mécanique de piano à queue à 
échappement simple, de S. Erard. Don de M"** Brard 
à Paris. Cette mécanique, mise en usage en 1796, 
possède tous les organes de la mécanique anglaise 
no 1646. Les mouvements sont seulement plus 
délicats et mieux combinés, l'attaque de la corde 
est plus nette, plus vive et plus puissante. 

France. 1648. Mécanique de piano carré à échap^ 
pement simple. Don de M"» Erard à Paris. C'est le 
principe de la mécanique anglaise perfectionnée, 
avec Tattrappe-marteau placé au milieu du manche 
du marteau. L'étoufFoir placé sous la corde s'en 
écarte par le jeu d'un levier commandé par le pro- 



— 217 — 

longement de la touche. Un ressort fixé sur Taxe du 
levier appuie sur le bras antérieur de ce dernier et 
aide à produire ladhérence de l'étouffoir contre la 
corde. Cette mécanique remonte à 1816. 

Id. 1660. Mécanique de piano à queue à double 
échappement. Don de la même. C'est la mécanique 
inventée eni82i par Seb. Erard. Nous retrouvons 
ici l'emploi du levier intermédiaire primitivement 
imaginé par Cristofori. L'échappement, dit « échap- 
pement à équerre >, est mis en mouvement par le 
levier intermédiaire; son action est facilitée par un 
bouton d'arrêt réglé par une vis. Le même levier 
intermédiaire porte, outre Tattrape-marteau, une 
sorte de levier oblique dit c double échappement » 
sur lequel repose le bourrelet du marteau, lequel 
bourrelet remplace ici le nez de la noix. Ce levier 
oblique est monté à charnière sur la tige de l'attrape- 
marteau. Par suite de la fonction de ce levier, le 
marteau reste suspendu à tous les degrés d'enfonce- 
ment de la touche et la percussion de la corde 
s'obtient avec tous les degrés d'intensité et de rapi- 
dité désirés par l'artiste. La répétition est parfaite. 

France. 1661. Mécanique de piano droit à cordes 
verticales. Don de la même. Mécanique appliquée 
en 1833. Echappement simple, agissant sur le nez 
de la noix du marteau; lanière de cuir pour entraîner 
le marteau vers la barre de repos; étouffoir à 
bayonnette. 

Id. 166S. Mécanique de piano à queue. Don de 



— ai8 — 

Messrs. John Broadwood and Sons à Londres. C'est 
la mécanique de Broadwood perfectionnée par 
William Southwell en 1837. Ce modèle n'est plus en 
usage. Le perfectionnement consistait en une lan- 
guette attachée à la noix du marteau et qui facilitait 
la répétition en régularisant l^échappement. Un 
second ressort à l'arrière du marteau empêchait le 
rebondissement de celui-ci. 

France. 1668. Mécanique de piano. Don de 
M. Ruch, facteur de piano, à Paris. Pièce très inté- 
ressante de la mécanique dite à balancier^ du piano 
incliné d'Eisenmenger, breveté en 1855. Le méca- 
nisme est placé sous la touche et le marteau vient 
frapper la corde placée obliquement sous le méca- 
nisme. 

Angleterre. 1669. Mécanique de piano à queue de 
Broadwood. Don des constructeurs. Ce mécanisme, 
encore en usage, est pourvu du perfectionnement 
de C. Kind (brevet anglais du 25 septembre 1860}, 
qui avait pour but de faciliter la répétition; à cet 
effet, un levier coudé en Z actionné par le jeu de la 
touche pousse l'échappement hors du nez de la noix 
tandis qu'un ressort l'y ramène constamment. 
Malgré ce perfectionnement, la répétition à tous 
les degrés d'enfoncement de la touche n'est pas 
précisément la qualité par laquelle brille la méca- 
nique anglaise. 

Id. 1666. Mécanique de piano à queue. Don du 
constructeur» M. Ch. Gehrling fils à Paris. C'est la 



— 219 — 

combinaison ordinaire à simple échappement modi- 
fiée par un guide attaché à l'extrémité d'un ressort; 
ce guide fixé lui-même à l'échappement, passe der- 
rière la noix du marteau dans le but de tenir celui-ci 
à proximité de la corde à tous les degrés d'enfon- 
cement de la touche. 

Id. 1666. Mécanique de piano droit. Don du 
même. Mécanique à simple échappement^ mais avec 
répétition parfaite parce que le marteau reste 
suspendu à tous les degrés d'enfoncement de la 
touche par la traction d*un crochet à ressort et 
d'un cordonnet de soie dont nous verrons aussi 
l'application dans la mécanique suivante. 

Anglbtbrrb. 1667. Mécanique de piano à queue. 
Don de Messrs. John Brinsmead and Sons à Londres . 
Mécanique à simple échappement où le marteau 
reste constamment suspendu par la double traction 
qu'exercent sur la noix un crochet attaché à 
l'échappement et un cordonnet de soie. Simplicité 
très grande et répétition parfaite. La mécanique 
est munie d'un appareil qui permet de maintenir le 
son en soulevant les étoufifoirs de certaines notes. 
Cet accrochement, appelé par les inventeurs € Tone 
susiaining aitachment » fonctionne à l'aide d'une 
pédale. Lorsque l'on frappe une ou plusieurs notes 
et que l'on fait fonctionner la pédale pendant que 
les touches du clavier sont baissées, un crochet 
empêche Tétoufifoir de retomber de manière qu'il 
reste suspendu au-dessus de la corde aussi long 



220 

temps que le pied tient la pédale. Ce mécanisme a 
donc pour but de prolonger^ au gré de Texécutant, le 
son de certaines notes, effet qui n'est certainement 
pas à dédaigner dans la technique du piano. Nous 
avons vu au piano n^ 1635 une autre application de 
ce principe. 

L*actîon du cordonnet de soie agissant sur la noix du 
marteau fut primitivement appliquée à la mécanique de piano 
droit ; l'idée en est généralement attribuée à la maison Robert 
Warnum, de Londres (brevet n® 9263, du 15 février 1842;. 

Id. 1668. Mécanique de piano droit. Don des 
inventeurs, Messrs. John Brinsmead and Sons, 
de Londres, en faveur desquels elle fut brevetée en 
1879 sous le nom de c Perfect check repeater action >• 
L'idée de la forme en crosse donnée à Téchappement 
est excellente et produit une répétition parfaite, la 
tète de réchappement reste en contact avec Tentailie 
de la noix, et la partie inférieure de cette entaille 
ramène constamment le marteau à son point de 
départ. Ce perfectionnement est dû à M. Delerue, 
breveté à la date du 1 1 novembre 1876. 

Francb. 1669. Mécanique de piano droit. Don de 
MM. Herrburger Schwander et fils. C'est le modèle 
anglais dit € Sticker action » ou mécanique à bâton, à 
cause de la forme donnée à réchappement. La 
lanière en cuir est supprimée, l'attrape-marteau se 
trouve en-dessous. Etoufifoir à bayonnette, ainsi 
appelé de la forme donnée à la tige soulevant le 
levier coudé de Tétouffoir; il est moins estimé que 



— 22t — • 

rétoufifoir à lame parce qu'il ne permet pas d*étouffer 
la vibration de la corde à un point aussi rapproché 
du centre d*ébranlement. L'idéal pour l'étouffoir 
est d'agir au point même où la corde a reçu le choc 
du marteau. 

Id. 1660. Mécanique de piano droit. Don des 
mêmes. Mécanique dite « Junior >. L'attrape-mar- 
teau est en rapport direct avec l'échappement, puis- 
qu'il se règle par le contact d'une partie garnie de 
la tringle contre un crochet en fer. L'échappement 
lui-même est de la même forme que dans la méca- 
nique n* 1658; il ne peut quitter 1e nez ou entaille 
de la noix; la suppression des lanières est due à 
l'action du bord inférieur de Tentaille. La répétition 
est parfaite et la mécanique elle-même semble 
répondre à tous les desiderata. 

Id. 1661. Mécanique de piano droit. Don des 
mêmes. Elle est connue actuellement sous le nom 
de < mécanique brevetée ». L'échappement est le 
même que celui de la mécanique qui suit, mais 
i'attrape-marteau est en-dessous. 

lo. 1662. Mécanique de piano droit. Don des 
mêmes. C'est la mécanique connue actuellement 
sous le nom de c modèle R ». La lanière est égale- 
ment supprimée, Tattrape-marteau est placé der- 
rière, comme aux mécaniques ordinaires. 

ÂNGLETBRRB. 1663. Mécanique de piano droit. 
Don des inventeurs, Messrs. John Brinsmead and 
Sons à Londres. Mécanique presque semblable à 

i6 



— 282 

celle que nous avons cataloguée sous le n* 1659. 
Celle-ci est désignée sous le nom de simplex check 
action. 

Id. 1664. Mécanique de piano à queue à double 
échappement. Don de M"* Erard. C'est la mécanique 
actuellement en usage. Basée sur les mêmes prin- 
cipes que la mécanique n* 1650, elle n'en diffère que 
par quelques petits détails dans la disposition des 
organes, d*où résulte leur simplification. 

Id. 1666. Mécanique à double échappement pour 
piano droit à cordes obliques. Don de la même. 
C*est la mécanique actuellement en usage dans la 
maison Erard. Elle répond à tous les desiderata du 
pianiste. L échappement est du système dit c à 
équerre >. Le double échappement est produit ici 
par une sorte de fourche qui s'adapte au bourrelet 
du marteau et qui le soutient dans son mouvement 
vers la corde à tous les degrés d'enfoncement de la 
touche. La chute du marteau, après l'abandon de la 
touche par le doigt, est favorisée par une lanière 
de cuir attachée à une tige de métal fixée dans le 
bras antérieur du levier intermédiaire. Etou£foir 
à lame. 

Id. 1666. Mécanique de piano droit à cordes obli» 
ques. Don de la même. Mécanique actuellement en 
usage. Elle est basée sur les mêmes principes que 
la précédente, mais elle en diffère par quelques 
détails; Téchappement est aussi < à équerre », 
mais un ressort agissant sur la noix du marteau 



— 5123 

vient en aide à la lanière de cuir pour faciliter le 
recul du marteau. BtoufToir à lame. 

APPAREILS DIVERS. 

1667. Machine à accorder. Boîte rectangulaire 
dont la paroi supérieure forme table d'harmonie et 
sur laquelle est tendue entre deux chevalets une 
corde d'acier de o^ôo de longueur. La corde est 
mise en vibration au 1/5 environ de sa longueur 
par un sautereau semblable à celui du clavecin 
et qui fonctionne à Taide d'une touche placée au 
côté de Tappareil. La partie gauche de la table est 
garnie d'une règle en cuivre avec une fente longi- 
tudinale dans laquelle glisse un curseur que l'on 
fait mouvoir à droite ou à gauche par une mani- 
velle également placée au côté de la boite. Une 
autre règle de cuivre, graduée, et placée extérieure- 
ment» indique les différents degrés de la gamme 
produits par les raccourcissements donnés à la 
corde par le curseur qui fait l'office d'un chevalet 
mobile. Le point d'arrêt est déterminé par des trous 
forés dans l'un des côtés de la règle. A chacun des 
trous correspond, comme nous venons de le dire, 
un degré chromatique. Le curseur est muni d'une 
pointe qui glisse dans un trou déterminé de la règle 
et s'y fixe à l'aide d'un ressort. L'appareil est muni 
d*un diapason accordé en ut pour fixer l'intonation 
de la corde à vide, et d'un marteau d'accordeur. Le 



couvercle de la boîte porte rinscription suivante : 

Longman & Broderips Patent Tuning Machine^ so 

pêculiarly constructed that Ladies and Gentlemen may 

tune their Harpsichords, Piano-fortes^ Organs^ Gui- 

tars &c. with Base and Facility. L'étiquette indique 

également le mode d'emploi de Tappareil. 

Une Mconda notd est raiatîva à l'accord de la gaitare anglaisa; 
alla nous întéraasa ao ca sans qa'ella confirma la mode d'accord que 
noua avona donné au n^ 261 (Cat. voU I). 

1668. Mirliton. Don de M. Achille Lemoine, fils, 
à Paris. Simple tuyau en carton percé vers chacune 
des deux extrémités d'un trou latéral servant d em- 
bouchure; les deux orifices du tuyau sont fermés 
chacun à l'aide d'une membrane en baudruche. 
Lorsque l'on fredonne en appliquant la bouche sur 
Tune des deux embouchures, le son se modifie et 
acquiert un timbre particulier dû à la vibration des 
membranes. Le mirliton^ est évidemment un dérivé 
de la flûte eunuque décrite sous le n» 1672. — 
Long. 0*30; diam. 0*023. 

1669. Mirliton. Don du même. Instrument sem- 
blable au précédent, sauf en ce qui concerne les 
dimensions qui sont plus petites. Le tuyau est en 
bois. — Long. o°i6o; diam. o"*oi5. 

1670. Jouet. Petit cylindre en fer-blanc, de 
o"»025 de hauteur sur o"025 de diamètre. Sur Tune 

X On rappelle quelquefois flûte à Voignon parce que les 
orifices du tuyau sont couverts d'une pelure d'oignon faisant 
l'office de membranes. 



— 225 — 

des ouvertures de ce cylindre on a collé une mem- 
brane très fine, percée au centre d'un petit trou 
dans lequel passe un fil de o°'65 environ de lon- 
gueur, retenu d*un côté par un nœud reposant sur 
la membrane au fond du cylindre. Lorsque l'on 
frotte le fil entre le pouce et l'index préalablement 
enduits de colophane, il se produit des vibrations 
longitudinales qui, renforcées par celles de la mem- 
brane, acquièrent une intensité extraordinaire et 
un timbre étrange, que les camelots ont appelé cri 
de la belle^mère. 

Il existe un aatra geura d'appareil» presque semblable à celui-ci, 
mais dont le fil est attaché à un manche de bois à l'extrémité 
duquel on a pratiqué une entaille circulaire. L'entaille est enduite 
de résine, et lorsqu'on imprime au cylindre de fer-blanc, remplacé 
parfois par un cylindre de carton, un mouvement de rotation, le fil. 
en frottant contre le manche en bois, entre en vibration, et com- 
munique à la membrane le mouvement oscillatoire. De cet ensem- 
ble naît un son assez fort mais peu musical. Cet appareil porte en 
Allemagne, — probablement son pays d'origine — le nom de 
WaldUuffel (diable des bois). 

France. 1671. Jouet « trompe de chasse i. Don 
de M. V. Mahillon* Il se compose de deux minces 
disques en buis, convexes d'un côté, concaves de 
l'autre. Les deux disques, superposés par leur 
surface concave, se tiennent légèrement entre le 
pouce, l'index et le médius de chaque main. Une 
ouverture ovale est pratiquée d'un côté entre les 
deux disques; lorsque Ton chante dans cette sorte 
d'embouchure en tenant les deux disques de la 
façon indiquée, une trépidation s'établit par la 



226 — 

vibration entre les bords des deux disques, d*où 
résulte un son ressemblant assez bien à celui d'une 
trompe de chasse. On augmente Tefifet en insérant 
dans l'intervalle des deux disques deux autres 
disques plus petits, de même forme, percés de petits 
trous et munis d'une embouchure dont l'ouverture 
coïncide avec celle de la boîte extérieure. Cet appa- 
reil a joui d'un certain succès en France il y a 
quelque vingt ans. Diamètre des disques, 0*075; 
haut, de la boîte extérieure o"o20. 




Flûte eunuque (no 1672). 

1672. Flûte eunuque. C'est un simple tuyau percé 
d'un trou latéral sur lequel l'instrumentiste appuie 
la bouche en fredonnant. Une mince membrane est 
collée sur Torifice supérieur du tuyau; cette extré- 
mité est terminée par un tenon sur lequel s'adapte 
une boîte ovoïde percée de trous. Le long du tuyau 
sont simulés sept trous destinés à accentuer la 
ressemblance avec la flûte ordinaire. Lorsque Ton 
chante dans le trou latéral qui sert d'embouchure, 
le son se renforce par la capacité d'air du tuyau et 
le timbre se modifie par ce renforcement ainsi que 
par la vibration de la membrane. C*est l'instrument, 
simplifié dans sa forme, que nous connaissons 
aujourdliui sous le nom de mirliton, (Voir n* 1668). 
— Long. tôt. o'"55. 



— 227 — 

La flûte eunuque était très en vogue au commencement du 
XVII* siècle. Le P. Mersenne parle de concerts de flûtes 
eunuques à quatre ou cinq parties qui. de son temps, avaient 
grand succès. On rencontre quelquefois des flûtes eunuques où 
les trous latéraux destinés à compléter la ressemblance avec 
les flûtes ordinaires sont, non pas simulés comme à notre 
exemplaire, mais véritablement percés; inutile d'ajouter qu'ils 
n'ont aucune influence sur la hauteur du son. 

1673. FlUie eunuque. Copie d'un instrument 
conservé au Musée national de Munich. Il est sem- 
blable au précédent, sauf ses dimensions qui sont 
un peu plus grandes. Long. tôt. 0*645. 

1674. Taille-anche de hautbois. Don de M. G. Guidé, 
professeur au Conservatoire Royal de Musique 
de Bruxelles. C'est le taille-anche de Téminent 
hautboïste H. Brod, de son vivant professeur au 
Conservatoire National de Musique de Paris. Le 
nom de cet artiste est gravé sur la plaque de cuivre 
sur laquelle est fixé le guide du rabot. 

1676. Dactylion. Don de M. Fiévez, à Bruxelles. 
Appareil inventé en 1836 par Henri Herz, et des- 
tiné à délier et fortifier les doigts des élèves pianis- 
tes. Il se compose d*un guide fixé sur le devant du 
clavier et sur lequel repose la main, et d'une tra- 
verse de bois, placée parallèlement au guide et 
au-dessus, à laquelle sont attachés verticalement 
dix ressorts ; à l'extrémité de chacun de ceux-ci 
est suspendu un fil de cuivre terminé par un anneau 
destiné à recevoir un doigt. Les ressorts, groupés 
par cinq à la gauche et la droite de la traverse, 



— 228 — 

sont placés de telle façon que les anneaux y sus- 
pendus s^adaptent aux doigts de la main gauche 
lorsqu'ils sont en position de jouer les cinq notes 



izzqzizd: 



:X=t 



et aux doigts de la main droite, lorsqu'ils sont 
placés au-dessus des notes 



$ 



It 



ï:=t: 



Les mains reposant sur le guide, il est évident que 
plus on monte la traverse» plus la résistance du 
ressort augmente et plus grande aussi est la force 
que le doigt a à vaincre pour attaquer la touche. 

Cet appareil a été abandonné presque à son ori- 
gine, comme tous les appareils similaires, Texpé- 
rience ayant dès longtemps démontré que le meil- 
leur moyen de vaincre les difficultés du piano con- 
siste simplement dans un travail assidu sans l'inter- 
médiaire d'un mécanisme quelconque. 

1676. Doubla Guide^mains {Doppel-HandUiter). 
Don de M. le Commissaire général du Gouverne- 
ment I. et R. de l'Autriche-Hongrie, délégué au 
Grand Concours International des Sciences et de 
l'Industrie de Bruxelles, en 1888. Appareil imaginé 
par Jacob Stoltz, de Gratz (Styrie); il se compose 
de deux traverses de bois parallèles, à hauteur varia- 
ble, servant à immobiliser le pouce et le dos de 



— 229 — 

la main pour maintenir le poignet à la hauteur vou- 
lue dans les exercices du clavier. 

1677. Clamer transposiieur, breveté le 3 octo» 
bre 1872 par Aug. Wolff. Don de M. M. Pieyel, 
Wolfif & C*% à Paris. Il se compose d'un clavier 
mobile et indépendant qui se superpose au clavier 
du piano, aux deux extrémités duquel il se fixe à 
l'aide de deux vis. Lorsqu'il est placé de façon que 
les touches du clavier transpositeur sont en coïnci- 
dence avec les mêmes touches du clavier du piano, 
il n y a pas de transposition. Lorsque l'on veut 
transposer, on soulève le bouton de la crémaillère 
fixée au côté droit de l'appareil, et l'on fait glisser 
le clavier du transpositeur sur celui du piano d'un ou 
plusieurs demi-tons vers le haut ou le bas, suivant 
que Ton désire hausser ou baisser le ton. Les dents 
de la crémaillère indiquent de combien de degrés on 
a reculé le transpositeur à droite ou à gauche d*un 
point de repère indiquant la coïncidence des deux 
claviers. Le clavier transpositeur a une étendue de 
six octaves, le piano en possède généralement sept ; 
il résulte de cette différence que la transposition 
peut se faire sur tous les degrés chromatiques dans 
l'intervalle d'une octave, dans l'un ou l'autre sens. 
C'est^ à notre avis, le meilleur des appareils de 
transposition imaginés jusqu'à ce jour; il opère sans 
occasionner le moindre dérangement au mécanisme 
du piano et sans autre difficulté pour l'instrumen- 
tiste qu'une légère raideur dans le mouvement des 
touches du clavier. 



— 230 — 

1678. Cordophon. Don de M. B. Kalbfus, à 
Munich. Cet appareil , imaginé par M. Max Schlit- 
tenbauer et breveté en sa faveur, est destiné, dans 
Tesprit de l'inventeur, à accorder les instruments à 
cordes sans le secours de r oreille ! Il est basé sur le 
phénomène de la résonance sympathique. C*est une 
règle de o"»46 environ de longueur sur 0*025 ^^ 
largeur. Une corde d*acier reposant sur un sillet 
placé à chaque extrémité de la règle, est accordée en 



i 



. La moitié de la longueur de la corde 

porte 12 divisions qui permettent de faire entendre, 
outre le son de la corde vibrant en son entier, les 
douze degrés de la gamme chromatique. Un curseur 
métallique glisse au-dessus de la corde et la 
raccourcit de la longueur voulue en l'appuyant sur 
Tune des divisions de la règle ; ces points de divi- 
sion sont fournis par des fils de métal blanc 
incrustés dans la règle mais faisant légèrement 
saillie sur le niveau de celle-ci. Une petite rondelle 
de métal, percée au centre d*un trou, est glissée sur 
la corde. Lorsque l'on pose le cordophon sur la 
table d'harmonie d'un instrument dans le but de 
régler l'une des cordes de celui-ci sur un degré quel- 
conque du cordophon, la rondelle métallique s'agite 
dès que Ton approche de Tunisson et atteint son 
maximum de mouvement lorsque funisson est 
obtenu, pour revenir graduellement à l'état de repos 
lorsque l'unisson est dépassé. Pour accorder sans le 



— 231 — 

secours de Toreille, comme le promet l'inventeur, 
le point délicat et difficile de l'opération est de 
constater l'instant où la rondelle a atteint son 
maximum de mouvement. 

1679. Série de huit tuyaux de verre. Don de 
M. Félix Leconte à Gand. Lorsqu'on les laisse 
légèrement tomber sur une table, ces tuyaux font 
entendre la gamme diatonique à partir de Vut de la 
7« octave de l'échelle des sons. Le tuyau le plus 
long mesure o°*i37, le plus court o"Ioo^ — 
(Félix Lbcontb. Quelques expériences d'acoustique. 
Extrait des archives des sciences physiques et natu- 
relles. 1891.) 

1680. Harmonista. Don de l'inventeur, M. V. Ge- 
vaerty éditeur de musique et facteur de pianos 
à Gand. Cet ingénieux appareil, imaginé en 1873, 
sert à faciliter aux personnes ne sachant pas jouer 
de l'orgue ou de Tharmonium, l'accompagnement du 
plain-chant. Il se compose d'une caisse rectangu- 
laire renfermant le mécanisme, et qui se place sur 
le clavier de Tinstrument. Au-dessus du couvercle 
sont disposés, sur trois rangées de neuf, 27 boutons 
portant chacun un chiffre ou un nom de note. 

La première rangée se compose exclusivement de 
boutons blancs; les quatre premiers boutons de la 
seconde rangée sont blancs, les cinq autres noirs; 

1 Les vibrations de ces tubes sont, très approximativement, 
en raison inverse du carré de leur longueur. 



— «32 — 

la troisième rangée se compose exclusivement de 
boutons noirs. 

L'appui du doigt sur l'un des boutons fait 
entendre un accord parfait dont la note supérieure 
est celle du plain-chant à accompagner. Pour la 
production de ces accords, les boutons sont fixés à 
une lame métallique renfermée dans la caisse; cette 
lame est munie d*appendices destinés à appuyer sur 
les touches correspondant aux sons de l'accord que 
doit produire le bouton. Voici ces accords, notés 
d'après Tordre des boutons qui les produisent, en 
commençant par la gauche (Nous écrivons en noires 
les accords produits par les boutons noirs; en 
blanches, les accords produits par les boutons 
blancs). 




8 9 



m 






I2S4&67 g'V 

_ ^ ^. :g: £: 



rti=Pr 






12 3 4 5 6 7 -f ^ 

Deux livres d'accompagnement du plain-chant 
correspondent à cet appareil. 



— 233 — 

L'un, destiné aux personnes n'ayant aucune 
notion musicale, est entièrement noté en chiffres. 
Une ligne horizontale est tracée au-dessus du texte 
latin. L'accord convenant à chaque syllable est 
indiqué par un chiffre qui correspond à Tordre 
occupé par les boutons. Si le chiffre est placé au- 
dessus de la ligne, il indique la première rangée ; 
placé sur la ligne, il indique la ligne du milieu, et 
sous la ligne, la rangée inférieure. 

L'autre livre est basé sur les signes de la notation 
musicale ordinaire, les blanches indiquant les 
boutons blancs, les noires les boutons noirs. Quel- 
ques notes du plain-chant pouvant, ainsi que le 
démontre le tableau, recevoir deux accords diffé- 
rents, on se sert pour indiquer celui des accords qui 
convient, d'après une règle conventionnelle expli- 
quée au commencement du volume, de notes écrites 
à l'octave. 

L'appareil doit être placé sur l'orgue ou Tharmo- 

nium de telle façon que le premier bouton de la 

^- 

première rangée corresponde au ^ » — ; pour la 



transposition, on peut reculer l'appareil de deux 
demi-tons à droite et de deux demi-tons à gauche. 
— Long. tôt. o"'50; larg. o™i4. 

1681. Série de dix résonateurs de Helmholtz, Don 
de M. V. Mahillon. Ce sont des globes creux en 
cuivre destinés à analyser les harmoniques qui 
accompagnent un son fondamental ou qui entrent 



— 234 — 

dans sa composition pour en former le timbre. Ils 
sont respectivement accordés d'après les indices 
français, kVut^^ Vut^, le so/3, Vut^, le mief le sok^ 
le si\>6, Vuty, le réy, le wfV- 

On sait (voir la note du no xi85) que, dans le système d'in- 
dices adopté par nous, Vut4 correspond à Vut de la 6« octave de 
l'échelle des sons. 

1682. —Sirène, de Tanc. coll. V. et J, Mahillon. 
Instrument destiné à donner des signaux en mer. 
C'est un long tuyau cylindrique en laiton terminé 
par un pavillon et dans lequel est enfermé un tuyau 
conique en laiton terminé à sa partie supérieure 
par une anche battante; dans le premier tuyau 
se glisse un second, cylindrique également, fermé 
au-dessus par une plaque à laquelle est adapté un 
anneau. Ces deux tuyaux font Toffice de soufflet : 
quand on tire à soi, au moyen de l'anneau, le tube 
intérieur, Tanche reste silencieuse; quand on le 
repousse, Tanche entre en vibration par la com- 
pression de Tair et produit un son intense. — 
Long. o»57; diam. tôt. o"o85. 

1688. — Trompette en w»b, de Tanc. coll. V. et 
J. Mahillon. Tuyau plié en forme de serpentin pour 
démontrer que les courbures régulières de la 
colonne d*air n*ont pas d'influence sensible sur le 
mouvement vibratoire. 

1684. — Deux tuyaux cylindriques, à bouche, en 
bois. Don de M. V. Mahillon. L'un est ouvert, 
Tautre fermé; tous deux sont accordés au /a de la 



— ^35 — 

6* octave de Téchelle des sons. Appliqués sur une 
soufflerie, ils servent aux expériences sur les harmo- 
niques. 

1686. — Deux tuyaux d*orgue fermés. Don de 
M. Cavaillé-Coll. Ils sont accordés au la de la 
6* octave de Téchelle des sons. Appliqués sur une 
soufflerie, ils servent à démontrer le phénomène de 
l'interférence. 

1686. — Appareil de M. Schwedoff,d*Odtss2i. Don 
de M« V* Mahillon. Il sert à rendre visibles les 
mouvements vibratoires de la corde; ceux-ci sont 
obtenus à Taide d'un trembleur électrique et d'un 
tendeur variable. 

1687. — Métronome normal de Léon Roques, 
construit par Secretan. Don de M. L. Roques, orga- 
niste de St. Pierre de Chaillot à Paris. L'appareil se 
compose d'une planchette de o'^ig de long, sur 
o""o3 de larg. Des divisions sont tracées sur la face 
et les chiffres qui les accompagnent indiquent le 
nombre d'oscillations, en une minute, du pendule, 
composé d'un fil supportant un poids. La longueur 
du fil et par conséquent la vitesse des oscillations 
se règle à l'aide d'un contrepoids glissant dernière 
la planchette. Celle-ci se fixe, contre une des parois 
de la boite, dans une position inclinée, de façon à 
permettre au pendule d'osciller librement. 

1688. —Métronome de poche. Don de M. V. Mahil- 
lon. C'est un simple pendule formé d'une tige de 
cuivre suspendue à une fil. La tige est graduée en 



— 236 — 

millimètres, de façon à servir en même temps de 
mesure pour les longueurs du fil. En imaginant ce 
petit appareil, le donateur avait eu pour but de 
remplacer les indications actuellement en usage 
par une simple indication de longueur. Par exemple, 
au Heu d'écrire '• J = 1 16 (ce qui veut dire que la 
durée de la noire vaut la 116* partiede la minute), 
on écrirait simplement J = o^aôy. L'évaluation de 
la durée par rapport à la minute n*a aucune raison 
d*être; elle repose sur la base artificielle d'une divi- 
sion arbitraire du temps et ne sert qu'à compliquer 
inutilement Tusage du métronome; au contraire, 
le métronome basé sur la longueur repose sur une 
mesure immuable : le mètre. (Déposé en septem- 
bre 1888). 

1689. — Métronome anglais. Le mouvement 
d'horlogerie qui fait osciller la tige graduée portant 
le curseur mobile, a pour propulseur un poids 
attaché à une corde. 

1680. — Règle à calcul acoustique de Georges 
Gueroult construite par A. Crétés, 66, rue de Ren- 
nes, à Paris. Don de M. F. A. Gevaert, directeur du 
Conservatoire royal de musique à Bruxelles. 

Nous devons à l'obligeance de M. A. Lucas, suc- 
cesseur de M. Crétés, la description suivante de cet 
intéressant appareil : 

Facb. La base de la règle représente Tintervalle d'octave. 
Sur cette base sont reportées des divisions représentant : 
les premières, Tintervalle d'un comma de ^i/go, les autres, la 



— ^37 — 

5* partie de ce même intervalle. On remarquera qa*une de 
ces dernières divisions dépasse Textrémité droite de la ligne 
horizontale; la raison en est que Tintervalle d*octave compte 
55 commas -j- 4/^. 

Au-dessas de cette base sont tracées trois lignes horizontales, 
intitulées, la première, gamme tempérée, la seconde, ^amm^ natu^ 
relu, la troisième, gamme pythagoricienne. Sur la ligne de la 
gamme tempérée sont tracés les points de division ut, utJK, ré, 
ré% mi,fa,Ja%, sol, so/J(, /a, la% si, ut. Ces douze pomts sont 
à égale distance les uns des autres (douzième partie de 
Toctave). et correspondent aux notes du piano, ut$ étant en 
même temps ré]^. 

Sur les lignes des gammes naturelle et pythagoricienne, sont 
tracées les divisions ut, ré^, utJK, ré^ mil?, ré*j^, mi, fa, sol^,fa%, 
sol, lnK sol% la, si^, laJK, si, ut. Les divisions de même nom 
sont situées sur la même verticale, quand les intervalles sont 
les mêmes dans les deux gamme?, et sur des verticales difîé- 
rentea dans le cas contraire. La distance de ces verticales peut 
donc être mesurée, sur la base de la règle, en commas et 
cinquièmes de commas. 

Au-dessus de la ligne gamme pythagoricienne, existe une 
dernière ligne horizontale, servant de base à la courbe. Les 
verticales qui vont de cette ligne à la courbe sont égales aux 
nombres de vibrations des différentes notes, le nombre de 
vibrations de la verticale ut de gauche étant considéré comme 
unité. Ainsi cette verticale étant égale à zo millimètres, la 
verticale ut de droite est égale à 20 millimètres, la verticale 
sol (gamme naturelle ou pythagoricienne) à 15 millimètres, etc. 

La réglette est la reproduction exacte de la partie inférieure 
de la règle, sur laquelle elle peut glisser. Le curseur permet de 
mesurer les verticales en millimètres et cinquièmes de milli- 
mètres. 

Rbvbrs. Le revers, de ut à ut, est la reproduction de la 
face» à cette différence près que les longueurs horizontales 

17 



- 238 - 

Aont réduites au '/loi tandis que les longueurs verticales sont 
conservées; cette réduction a permis de placer six octaves les 
unes à la suite des autres. Le curseur donne les hauteurs en 
millimètres et '/s ^^ millimètres de o à 40 ™/m; la base contient 
des divisions de 10 en xo et de 5 en 5 commas. Des horizon- 
tales sont menées par les points ut, ri, mi, fa, sol, la, si, ut. 

UsAQE ET APPLICATIONS PRINCIPALES. — !•' PfobUme, — Faire 
la somme ou la différence de 2 intervalles. Si Ton veut ajouter, 
par exemple, une tierce diminuée et une quinte augmentée, 
on prend, à partir de ut, une longueur égale à la tierce dimi- 
nuée ut^-mi^, soit 8 commas 1/5 environ. Avec le point ainsi 
obtenu, on fait coïncider Vut de la réglette, et sur celle-ci on 
prend la longueur ut-sol^i égale à la quinte augmentée; le 
point de la règle situé au-dessus du sol^ de la réglette donne 
rintervalle cherché. Marche analogue pour la différence. 

2« Problème. — Trouver la place, dans la gamme« d'un son 
donné, par le rapport de ses vibrations à celles de la tonique. 
Soit, par exemple, à chercher la place, dans la gamme, du 
son '9/i6, c*est-à-dire du i9« harmonique ramené dans la pre- 
mière octave, Vut étant représenté par 10 "^Jm 

IQO 

—--—II m/œ 875 près de l2«»/m. 
10 

On fait glisser le curseur jusqu'à ce que la courbe intercepte 
cette longueur sur lui ; la base exprime en commas et 
cinquièmes de comma l'intervalle cherché. 

Pour trouver directement la place de l'un des 64 premiers 
harmoniques, le 29* par exemple, promener le curseur sur le 
revers, jusqu'à ce que le n» 29 (sur la droite^ rencontre la 
courbe. 

Trouver dans la gamme la place d'un son qui fasse, avec la 
tonique, un intervalle égal, par exemple, aux 3/4 de la 
quinte augmentée. La quinte augmentée = 37 commas so, 
dont les 3/4 = 27,90. Le son cherché coïncide donc sensible- 
ment avec le fa^ du tempérament. Cette opération comporte 
plus de précautions que la première. 



3« Probllme. — Trouver le son résultant de 2 sons donnés, /« 
et si par exemple. Mesurer, sur le revers, au moyen du curseur, 
la distance de si à l'horizontale fa, puis promener vers la 
gauche le curseur jusqu'à ce que la longueur interceptée 
entre la courbe et sa base soit égale à la distance si-fa. 

Cette longueur exprime aussi, en fonctions du nombre de 
vibrations de ut, le nombre de battements des deux sons. 

4^ Problltne, — Etant donnée la longueur d'une corde ut, 
trouver la longueur d'une autre corde, qui, toutes choses égales, 
donne, par exemple, la tierce diminuée de la première. 

Prendre à gauche de Vut, sur le revers, une longueur égale à 
l'intervalle de tierce diminuée, soit 9 commas 57. L'ordonnée 
correspondante est la longueur cherchée. (Opérer de préférence 
sur la droite du revers). 

Pour trouver la tension d'une corde par rapport à celle de la 
corde «/, prendre à droite de l'tti, sur la base, la moitié de 
rintervalle donné, et lire sur le curseur Tordonnée correspon- 
dante de la courbe. 

Poar trouver la densité, prendre, à gauche de Vut, sur la 
base, la moitié de l'intervalle donné, et lire sur le curseur 
l'ordonnée correspondante de la courbe. 

1691. Métronome métrique y de Tanc. coll. V. et 
J. Mahillon. C'est une planchette de 0*58 sur o"i2, 
graduée et munie d'un pendule comme Tappareil 
n» 1687. La planchette se suspend à la muraille 
dans une position inclinée de façon à laisser osciller 
le pendule. L'appareil porte la date de 1873 et est 
également de Léon Roques. 

1692. Abrégé pneumatique. Don de l'inventeur, 
M. Moitessîer, à Montpellier. Modèle de Tappareil 
breveté en France, le 16 février 1850, dans le but de 
remplacer les leviers dits abrégés. On sait que la 



première idée de vaincre par l'air comprimé ia résis- 
tance des leviers accouplés appartient à Charles 
Spackman Barker (né à ISath, Angleterre, en 1806). 
Son levier pneumatique^ adopté par A. CavailléCoU, 
fut appliqué la première fois par ce dernier, en 1834, 
à Torgue de St. Denis, près Paris. C est Tune des 
inventions les plus importantes appliquées dans les 
derniers temps à la facture de l'orgue. Moitessîer 
remplace l'action mécanique résultant de la com- 
pression de Tair, par une action semblable obtenue 
par une dilatation à Taide d'un soufflet aspirateur. 
Ce n^est en somme qu'une modification de l'idée de 
Barker; elle fut appliquée pour la première fois à 
l'orgue de lëglise de la Dalbade, à Toulouse, inau- 
guré le 7 février 1850. 



INSTRUMENTS EXTRA-EUROPÉENS 



Classe L — Instruments autophones. 



BrANCHB a. — INSTRUMENTS AUTOPHONES PERCUTÉS. 
Section a. — Instruments bntyants. 

Java. 1693. Klentong. Don de M. L. J. E. P. voniBit.«t..Earop 
Ende. Clochette en bronze de forme ovale pareille ^'* '' 
à celles que Ton attache, dans les pâturages des 
AlpeSy au cou des bestiaux. Celle-ci, qui date du 
temps de la domination hindoue, se suspendait 
probablement au cou des buffles ou des éléphants. 
Elle a été trouvée dans la forêt de Ijigarèng, 
district de Loeragong, dans la résidence de Chéri- 
bon. Le battant en plomb a été nouvellement 
ajouté. — Haut. tôt. o"2o; larg. max. o'"i55; larg. 
min. o"o7s. 



— 242 — 

loBt.ext.Earop, Annam. 1694. Cdi chac ou Cdi hac^ (onoma- 
topée, sans signification). Deux baguettes de 0*27 
de longueur en bois très dur. Les chanteuses les 
frappent l'une contre Tautre pour accompagner et 
scander leurs chansons. 

Id. 1695. Cdi xinh tien {xinh est le nom d'un 
caractère d'écriture qui veut dire naître^ mais on 
l'emploie également pour désigner les cliquettes en 
général ; tien veut dire sapèques^ donc : cliquette à 
sapèques). Cet appareil rythmique se compose de 
deux planchettes de bois dur de o^iy de longueur 
sur o"*03 de largeur et o^ooS d'épaisseur. L'une des 
planchettes porte à son extrémité deux pointes de 
bois garnies chacune de trois sapèques, l'autre n'a 
qu'une pointe également garnie de trois sapèques. 
La main gauche tient ces planchettes l'une sur 
l'autre de manière que celle qui porte les deux 

< Cdi est une simple particule qui accompagne tous les 
noms d'objets inanimés de même que cou est celle qui accom- 
pagne les noms d'objets animés. Cette particule cdi n*a pas 
toutefois la valeur de notre article puisqu'on le conserve 
même avec un adjectif numéral. Ex : 
mot cdi dan 
une guitare 

Nous devons la collection des instruments annamites, ainsi 
que la plupart des renseignements qui les concernent, aux soins 
obligeants et dévoués de notre éminent ami. M. G, Dumoutier, 
inspecteur de l'Enseignement de TAnnam et du Tonkin, à 
Hanoï. L'importance du service qu'il nous a rendu est facile- 
ment appréciable. Nous lui en témoignons ici la reconnaissance 
la plus vive et la plus sincère. 



— 243 — 

pointes se trouve au-dessous, la main desserrant et inst ezt.-Eorop. 
rapprochant les doigts en mesure selon le rythme. ^^'^' 
Dans ce mouvement, la planchette inférieure, 
entraînée par le poids de l'extrémité garnie de 
sapèques se sépare de l'autre et, quand elle revient 
la frapper, il se produit un bruit de grelots. Pendant 
ce temps, une autre petite planchette dentelée, 
tenue dans la main droite, est promenée sur le côté 
des deux autres à la façon d'un archet. L'appareil, 
employé dans les orchestres, sert aussi à accom- 
pagner la voix. 

Id. 1696. Cdi cap ké {cap kiy onomatopée, sans 
signification). Castagnettes en bois de fer. Elles ont 
la forme de deux fragments de cercle que l'on 
aurait découpés de la circonférence d'un disque de 
bois, de o"o35 d'épaisseur. Les deux pièces se tien- 
nent de la même main; on entr'ouvre celle-ci en la 
refermant ensuite d'une certaine façon et de manière 
à projeter l'une contre l'autre les deux surfaces 
plates; il en résulte un bruit que l'on peut assez 
exactement comparer au cri strident des cigales 
des tropiques. Les chanteuses et les aveugles se 
servent de cet appareil pour accompagner leurs 
chants. — Long, de chaque pièce o" 195, haut o"o25. 

Id. 1697. Cdi thanh la (la = son, cri; thank = 
pur, clair). Petit gong employé dans tous les 
orchestres et particulièrement dans les cérémonies 
religieuses des bonzes taoïstes et des sorciers; il 
accompagne toujours le bruit des tambours. 
— Diam. o^ijj, haut, du bord cnoiç. 



— 244 — 
■■Lext-Barop. lo. 1698. Cdt Uu {Uu, par onomatopée, rappelle, 

Cl I 

d'après les annamites, le son de Tinstrument). 
Timbre en bronze, en forme de calotte sphérique, 
employé dans les orchestres militaires. — Diam. 
o™io8, haut, o»04 environ. 

Id. 1699. Cdi canh (canh = tympan, désigne en 
général une lame de fer, de bronze ou de pierre 
suspendue et sur laquelle on frappe). Notre exem- 
plaire se compose d'un petit gong suspendu dans 
un cadre circulaire en fil de fer dont les extrémités 
sont fixées dans un manche de bois. Il sert particu- 
lièrement aux bonzes dans les cérémonies reli- 
gieuses. — Diam. o"i 1 1. 

ÂNNAM. 1700. Câi tno (mo »» tambour de bois 

évidé). Celui-ci est taillé en forme de grelot, il est 

en bois dur et se frappe à l'aide d'une baguette. Il 

produit ce que les annamites appellent les sons 

femelles; on s'en sert pour scander les chants 

religieux bouddhiques ou pour accompagner la voix 

unie à d'autres instruments. 

Un de nos amis, M Frederick Stearns, de Détroit f M ichigan), 
a vu cet instrument employé dans le temple bouddhiste de 
Chionin. à Tokio (Japon). Il y porte le nom de nuhkug-yo. 
Ce grelot est frappé régulièrement et modérément par le prêtre 
agenouillé à Tautel et récitant la prière c Namu Amida Butsu » 
c que le Seigneur Bouddha nous sauve i. Le prêtre répète cette 
prière pendant deux heures, au bout desquelles un autre le 
remplace. On prétend que, dans le temple en question, la réci- 
tation de cette prière, accompagnée au moyen de Tinstrument 
susdit, n'a pas été interrompue depuis 500 ans. 

1701. Cdimo ci [ci <» poisson). Petite pièce de 



— «45 — 
bois dur évidé, taillée en forme de poisson. Sert imi. ezt^Eorop, 

CL I 

aux mêmes usages que le précédent. 

Id. 1702. Chum Choê (onomatopée, d'après le 
bruit produit par Tinstrument). Deux plateaux de 
cuivre avec une protubérance centrale servant à 
les saisir. On les emploie dans les pagodes. — 
Diam. o"'24. 

Id. 1703. Chum Choê. Petites cymbales en 
cuivre. — Diam. o">i 12. 

Id. 1704-1706. Nhac (nhac = grelots, musique). 
Grelot sphérique formé de deux coquilles de métal 
de o"048 de diamètre, percées d'une ouverture cen- 
trale de o°>oo9. Ces coquilles sont légèrement 
concaves, de façon à former par leur réunion une 
sorte de boîte sphérique dans laquelle sont enfermés 
des fragments de métal qui résonnent lorsqu'on 
agite le grelot. Les deux coquilles sont assemblées, 
au moyen d'une soudure, par les bords de l'ouver- 
ture centrale, tandis qu'elles sont au contraire 
légèrement écartées aux bords de leur circonférence 
extérieure. Le nhac sert quelquefois à garnir le 
collier du cheval, d^autres fois il entre dans la com- 
position de certains orchestres. 

Id. 1706. Cdi ban nhac (ban = table ). Plan- 
chettes à grelots. C'est un instrument formé de 
trois planchettes : celle du milieu, sculptée, figure 
un animal fantastique à tête de dragon dont les 
ailes sont représentées par les deux planchettes 
latérales attachées vers la tète à l'aide de char< 



— 246 — 

itttt.ext..Earop nières ; les faces extérieures des deux ailes sont 
^'**' garnies de grelots de cuivre. L*appareil est recou- 
vert de laque rouge, la tête et l'arête dorsale de 
l'animal sont dorées. La planchette du milieu est 




C&i baû nhac (no x;o6). 

terminée par l'appendice caudal que le musicien 
appuie contre la ceinture, de manière à avoir Tappa- 
reil obliquement devant lui et à garder les deux 
mains libres pour manœuvrer les planchettes laté- 
rales et les choquer contre celle du milieu. Employé 
dans les cérémonies religieuses. — Long. tôt. o"»82; 
larg. max, à Tépaule de Tanimal o™i5. 

Id. 1707. Cdi mo cd [mo = tam-tam» cd ■= pois- 
son). Pièce de bois taillée en forme de poisson et 




C&i mo ca (00 1707). 

creusée intérieurement au moyen d'une ouverture 
longitudinale pratiquée préalablement du côté du 
ventre. Cet instrument, lorsqu'il est frappé à 
l'aide d'une batte de bois, rend un son mat qui 
s'entend de très loin. Il se suspend dans les pagodes 
et dans les guérites des veilleurs de nuit. Tous 



— 247 — 

ceux qui ont habité rAnnam ou la Chine con- iMt «xt-Enrop. 
naissent le bruit monotone et mélancolique de cet ^^' '* 
appareil. — Long. o"83; larg. o"24. (G. Du- 
MOUTifiR, Les symboles^ les emblèmes et les accès-- 
soir es du culte chez les Annamites. Paris, Ernest 
Leroux, 189 1). 

Id. 1708. Cdi mo nha chua [nha »■ maison; 
chua »s pagode). Tamtam de bonzerie. C*est une 
pièce de bois dont la forme cherche à représenter, 
tout en Tamplifiant, le fruit de l'amandier ; elle est 
laquée en rouge; le pédoncule de Tamande servant 
de poignée et les feuilles qui ornent la partie 
supérieure du fruit, sont dorés. Il est d'usage exclu- 
sivement religieux. Les bonzes Tutilisent pour 
scander leurs prières et leurs litanies. Dans les 
évocations qui précèdent toute cérémonie religieuse 
bouddhique, le bonze frappe alternativement sur 
une petite clochette et sur l'instrument qui fait 
l'objet de cette notice; le premier son a le pouvoir 
d'appeler l'esprit ou le génie invoqué; le second, a 
pour objet de chasser les démons qui tenteraient 
de s'opposer à la cérémonie du rite. 

Chinb. 1709. Tchong'iou. Don de M. V. Mahillon 
Castagnettes semblables au n<» 650. 

CoxNGO. 1710. Ngonge. Don de M. H. M. Jaeger, 
à Bruxelles. C'est une sorte de clochette de fer for- 
mée de deux coquilles plates adroitement réunies 
par leurs bords. Elle est mise en vibration par 
un battant suspendu à l'intérieur. Ces clochettes 



— 348 — 

inst «t..Enrop. servent d'ornement aux femmes; on les suspend 
^*' '* aussi au cou des porcs pour les retrouver plus facile- 
ment au pâturage. — Long, o"o75; larg. o"30. 

Ce double usage peut paraître assez étrange, mais l'étonné- 
ment diminuera lorsqu'on saura que le porc possède là-bas 
une grande valeur; pour apprécier celle-ci, il suffit de considé- 
rer que deux de ces animaux représentent, dans les échanges, 
la valeur d'une femme 1 (Note du donateur.) 

Id. 1711. Ngonge, Don du même. Grelot sem- 
blable au précédent, sauf la forme et les dimensions 
qui sont plus grandes; s'emploie aux mêmes usages. 
— Long. 0*054; 'arg. o"o6o. 

Id. 1712. Ngonge, Don du même. Grelot en bois 
très adroitement taillé dans une pièce de bois dur, 
représentant assez exactement un panier avec une 
anse. Deux tiges de bois sont suspendues à Tintérieur 
en guise de battants. — Long. o"o85; larg. o""o50. 

Id. 1713. Bracelet en cuivre rouge dont le milieu» 
formé de deux lames repliées emprisonnant une ba- 
lette de même métal, forme grelot. Don du même. Il 
provient du village de Likimi,sur la rivière Monjeala. 

Id. 1714. Swanga ou Nkwanga. Don du même. 
Sorte de hochet ou grelot double formé de deux 
gourdes évidées, enfilées sur une mince tige de bois 
et contenant des graines séchées. — Long. tôt. 0*29; 
dimension des gourdes o^oô de diamètre environ. 

Iles Hav^taï. 1716. Puïli. Deux tubes de bambou 
dont récorce est découpée, à l'aide d'incisions lon- 
gitudinales et sur les deux tiers environ de leur 
longueur, en languettes étroites, détachées Tune de 



— 1249 — 

Tautre, ce qui donne à l*appareil Tapparence d*une lut. axt.-Earep. 
verge. On se sert de ces instruments par paires, en ^'''* 
les frappant en cadence soit Tun contre l'autre, soit 
sur les épaules, soit sur les genoux. Les deux 
tuyaux sont de dimensions différentes : Tun mesure 
environ o^yô de longueur sur o"o6 de diamètre; 
Tautre o"57 de longueur sur o°o5 de diamètre. 
Au repos le plus petit des tuyaux s'emboîte dans le 
plus grand de façon à ne plus offrir lapparence que 
d'un seul. 

Id. 1716. Puïli. Tubes semblables aux précé- 
dents. 

Id. 1717. Uliuli. Sorte de hochet formé d'une 
gourde dans laquelle on a enfermé de petits cailloux 
et que Ton agite en mesure. Quelquefois on se sert 
de deux instruments à la fois, un dans chaque 
main. Ce bruit rythmé accompagne souvent le 
chant et particulièrement les chants erotiques 
appelés mêle. Notre exemplaire est enjolivé d'un 
ornement d'étoffes et de plumes qui lui donne, posé 
à terre, l'apparence d'un gros champignon. 

Id. 1718-1719. Uliuli. Hochets semblables au 
précédent, mais sans l'ornement d'étoffe. Les gour- 
des appartiennent à la variété de celles appelées 
« gourdes de pèlerins », c'est-à-dire ayant un 
étranglement à la moitié environ de leur hauteur. 
— Diam. max. o"io environ; haut. tôt. approxi- 
mative o"i5. 

Amérique, 1720. Crécelle. Don de M°* John 



— ±s^ — 



ia«t.ext.-Earop. Crosby Bfown. Simple lame de bois dur sur la 

Cl I 

* ' longueur de laquelle on a découpé une série de 
crans contre lesquels on frotte une autre baguette 




Crécelle (no 1720). 

plus mince. Elle provient des Indiens Pueblos 
(Nouveau-Mexique). — Long. o"32 environ; larg. 
moyenne o"»025; haut. o"oi4. 

Un instrument presque semblable se rencontre au pays 
flamand en temps de carnaval. 

Id. 1721. Hochet (angl. = Bird Rattle). Don de 
la même. Pièce de bois creuse dont la partie supé- 
rieure est taillée en forme d'oiseau, tandis que la 
partie inférieure représente une figure humaine 




Hochet {Bird £attU) (no 1721). 

bariolée de lignes rouges, Lieues et noires. A Tinté- 
rieur sont enfermés de petits cailloux. Appareil 



— ^5t - 

rythmique provenant des Indiens Alaskas. — Long intt ext-Ëurop 
o"3o; larg. o^og. ^*''' 

Id. 1722. Hochet (angl. = Gourd rattle). Don de 
la même. Simple gourde aplatie traversée par un 
manche de bois et renfermant de petits cailloux. 
Lf'appareil sert à rythmer la danse chez les Indiens 
Pueblos (Nouveau-Mexique); il se tient de la main 
droite et s'emploie conjointement avec le turtle 
rattle. — Diam. de la gourde o°i3o; hauteur o"*o85. 

Id. 1723. Hochet (angl. = Turtle rattle). Don de la 
même. Boite écailleuse d*une tortue sur la carapace 
de laquelle sont attachés, à Taide de lanières, sept 
sabots de chèvre évidés et neuf petits cornets de 
métal. L'appareil provient des Indiens Pueblos 
et sert principalement aux devins, dans les danses 
et cérémonies qui précèdent la conjuration. Il se 
lie au genou gauche à Taide d'une lanière, et, par 
le mouvement de la danse, les objets suspendus 
à la carapace choquent bruyamment celle-ci. — 
Long, de la carapace ©«"ly ; larg. o"'i2. 

Congo. 1724. Collier. Don de M. Th. Hermann. 
Il se compose d'une certaine quantité d'écorces de 
fruits (sortes d'amandes) coupés par leur milieu et 
enfilés sur une corde grossièrement tressée. A la 
partie inférieure du collier est suspendue une petite 
sonnette dont le tintement ajoute à l'effet rythmique 
produit par Tentrechoquement des fruits. L'appareil 
sert à parer les jeunes filles fêtant par des danses 
l'époque de la nouvelle lune. 



— 252 — 

init flxtEorep. Chinb. 1726. Tam-tam, de Tanc. coll. Jourdan. 

Cl I 

Plateau formé d'un mince disque de bronze avec un 
bord replié sur o"02 environ de hauteur; frappé 
doucement, il fournit assez distinctement le son 

fondamental ^^^; dès l'instant que le disque est 

percuté avec une certaine force, le mélange des 
harmoniques qui se développent en même temps 
que le son fondamental est tel qu'il devient impos- 
sible d'en apprécier la hauteur. 

Cette collection réunie par le D' Jourdan avait été léguée 
par celui-ci à la ville de Bruxelles. Exposés provisoirement à 
l'Académie des Beaux-Arts, les instruments de musique faisant 
partie de cette collection n'ont été installés à leur véritable 
place, le Musée du Conservatoire, qu'en 1897. 

Id. 1726. Tam-tam, de Tanc. coll. Jourdan. 
Semblable au précédent. La fondamentale, plus 
grave, n'est pas exactement déterminable. 

Java. 1727. Keijvr, de l'anc. coll. Jourdan. 
Appareil semblable à celui renseigné précédemment 
sous le nom de Tetjer (voir le n"* 806). D'après le 
D' J. Groneman % cet instrument, dont les plateaux 
de bronze ne servent qu'à produire des effets ryth- 
miques, est uniquement employé dans le gamvlan 
pt'log. Le grobogan, ou support de bois sur lequel 
sont attachées les cymbales, est massif. 

Deux instruments à peu près semblables existent encore 
dans le gamèlan; le premier appelé Rodjl^h se compose de 

> De Ganulan te Jogjakarta,t Amsterdam, Muller 1890. 



— 253 — 

deux mêmes disques métalliques percutés à Taide d*un taboeh lott. est.-Esrop. 

en forme de marteau. Ils se suspendent au cou de l'exécutant Cl. I. 

et entretemps, à la traverse du gajor des gongs n^ 1740. Le 

second appareil appelé tjèlocring se compose de deux petits 

bassins en métal delà grandeur d'une coupe à thé; on les 

accorde en barang et en ncm (Voir plus loin). Cet instrument 

de même que le Këtj^r ne s'emploie que dans le gamëlan pëlog. 

La collection du D* Jourdan, remarquable surtout par les 
instruments javanais, dont elle réunit un grand nombre de 
beaux exemplaires, nous fournit l'occasion d'apporter une 
petite rectification à la note qui suit la description du n» 799. 

Parlant de l'éehelle mélodique dite pëlog, nous avons dit 
qu'elle avait pour premier degré le sixième terme de la pro- 
gression : c'est le quatrième qu'il faut lire. 

Ainsi que nous l'écrivions, les Javanais n'ont pas de 
diapason fixe, et, comme nous le verrons par la comparaison 
des instruments du D^ Jourdan avec ceux précédemment 
décrits, ils prennent pour l'établissement de leurs échelles 
mélodiques, des points de départ très différents. Chacun des 
degrés reçoit une dénomination particulière, qui indique sa 
position sur l'échelle. 

Ainsi, si nous basons l'échelle pentaphone salëndro sur la 
progression génératrice sol, rê, la^ mi, si, 

le i«' degré, ré, porte le nom de barang: 

9 3« 

» 3* 
» 4° 
» 5^ 

« ler 

et ainsi de suite. 

Dans l'échelle heptaphone pëlog, on intercale entre le 
barang et le goelofif un son qui porte le nom de bëm; entre le 
dada et le lima, an son appelé pëlog, de sorte qu'en prenant 
pour premier terme de cette échelle tU, 4» terme de la pro- 
gression génératrice, mi)^, 5i]^,fa, ul, sol, ré, la, nous avons : 

1er degré, ut = barang, 

2^ 9 ré = bëm, 

3e 9 mil^ = goeloe, 

18 





mi. 






» goeloe: 




sol. 






» dâdâ; 




la. 






» lima ; 




si, 






» nëm: 




ri. 






» barang. 



— âS4 - 



Intt. ext.-Barop. 


4« degré, /a 


= 


dada, 


Cl.I. 


5« 1 sol 


= 


pëlog. 




6« » /al? 


= 


îimat 




7» B si^ 


= 


iiëm, 




I" » «< 


= 


barani 



Nous nous sommes servis, pour réchelle heptaphone pëlog, 
de la progression y;i«K si^, fa, ut, sol, rê, la, parceque cette 
même progression nous avait déjà servi dans la note citée 
plus haut. Mais depuis, nous avons appris que les deux échelles, 
salëndro et pëlpg, ont des points de contact. Le fait nous a été 
révélé par la tablature du soeling (no 1825). 

Bn e£fet, la tablature de la flûte soeling, citée dans l'ouvrage 
du D' Groneman, ~ auquel nous avons emprunté le plus grand 
nombre des renseignements concernant le gamUan et ses 
instruments, — nous apprend qu'un même son de la flûte 
susdite à 6 trous, sert de pHog à Téchelle pëlog et de lima à 
l'échelle salëndro et qu'un autre son du même instrument sert 
de barang aux deux échelles. Nous pouvons en conclure que 
les progressions suivantes servent de génératrices aux dtux 
échelles en prenant, comme nous l'avons dit, le 2» terme pour 
barang de Téchelle salëndro, le 4" terme pour la même fonc- 
tion, premier degré de l'échelle pëlog 

sol, ré, la, mi, si, 
fa, ut, sol, ré, la, mi, si, 

d*où les deux échelles suivantes, avec leurs points de contact : 

Echelle . àarang^ gotloe, dada, lima, tient bûrang 

saKHdro ' ^^ „„• fa sol la si ut ré 

^p^tog^ : barang, bëm, goeloe, dàda, pëlog, lima, nëm, barang 

Il est bien entendu que ces progressions peuvent avoir pour 
point de départ un son quelconque. (Voir la note du n^ i739]- 

Parmi les mélodies (gendings), on distingue celles qui con- 
viennent à l'échelle pëlog et celles qui ne conviennent qu'à 
l'échelle salëndro. Ces deux genres se subdivisent à leur tour, 
pour les mélodies à\xgamelan salëndro, en groupes appelés laras 
nëm, laras songa et laras mënjoera, et pour celles du gamdan 
pëlog, en laras nëm, laras lima et laras barang. 



— 255 "- 

Les mélodies ck chacun de ces groupes dont la raison d'être Utt» uU-Europ- 
n*e8t pas expliquée, sont destinées à être jouées à telles heures ci. I. 
bien déterminées du jour ou de la nuit. Ainsi, les taras n^nt des 
deux échelles ne se jouent que de 7 heures du soir à minuit; 
les îaras songu de Téchelle saUndro et les larat lima de Téchelle 
p^log^ de minuit à 3 heures du matin et de midi à 7 heures du 
soir; les larat mUnjora {salëndro) et les Iaras barang (p^g) de 
3 heures du matin à midi. Aucun nijSgà (musicien) n'enfrein- 
drait cette règle traditionnelle; au sultan seul appartient le 
droit de la transgresser selon son hon plaisir. 

Les gendings se divisent encore en gèdé ou agëng et tjilik ou 
alit, qualificatifs traduisant respectivement grands et petits» 
mais qui revêtent ici une autre signification, les premiers pou- 
vant se rendre par anciens ou classiques, les seconds par modernes. 

Les gendings, au nombre de plus de 300. se jouent générale- 
ment à des fêtes ou cérémonies spéciales. 

Les nijagâs sont généralement assis sur le sol. Les uns 
jouent de tous les instruments, d'autres de plusieurs, certains 
n'en possèdent qu'un seul. Les gongs (n» 1740), këmpoels 
(no 1739), kënongs (n® 1755)1 bëdoegs (n® 1795), bëndés^, etc., 
peuvent être joués par tous ceux qui connaissent leur rôle dans 
le gending. Quelques uns jouent à la fois du rëbab (no 1898), et 
du këttdang (n» 823), et ceux-ci jouent avec facilité les bonangs 
(no 1742), sarons (n« 1746) et gambangs (n® 1744). 

Tons les nifigâs jouent des deux échelles, salëndro et pëlog, 
mais certains d'entre eux préfèrent l'une à l'autre. 

Congo. 1728. Sonnette. Elle est formée d'un 
disque de fer plié sur son diamètre de façon à former 
deux coquilles ento'e lesquelles est enfermée une 

^ Le bëndé est un instrument du gamëlan pëlog. Il se com- 
pose de deux gongs comme ceux des bonangs, reposant sur un 
support de même forme et accordés en lima et nëm. Le këmp- 
jang est semblable, mais ses gongs s'accordent en nëm et 
baraog. Le bëri, autre instrument du gamclan pëlog, ne diffère 
du bèndé que par la forme de ses gongs, qui sont plats, sans la 
protubérance centrale. 



— 2s6 — 

Ust. ext. Enrop. ballette de fer. Lorsqu'on agite le manche de bois, 
très curieusement découpé, la ballette de fer se 



C1.1. 




Sonnette (no 1728}. 

déplace et met le disque en vibration, produisant 
un son très intense, à l'unisson du 8^" fa de féchelle 
générale. 

Section B. — ^ intonations déterminées, 

Sou8-teclloa aa. — A maillets. 

Annam. 1728. Cdi chuông chua [chuông «= cloche; 
chua, prononcez Kiona, = 
temple, pagode). Jolie cloche 
de bronze avec des ornements 
en relief. Elle donne le 




Câl chuông chn« (no 1729). 



Id. 1780. Câi chiêng (chiêng 
(prononcez Kiêng), onomato- 
pée, sans signification. Gong 
de cuivre martelé, avec une 
protubérance centrale, don- 
nant le ^-^Ê- ïl ®®f^ * ^^"' 



ner des appels dans les cérémonies religieuses et 



— 257 — 

militaires et le glas dans les exécutions capitales. iaiicxi.-Earop 
— Diamètre, o""44; diam.dc la protubérance, o^io; ^**^' 
haut, des bords o"o6. 

Id. 1731. Cdi Công (Công, onomatopée, sans 
signification ; c'est de ce mot que dérive le français 
gong). Plateau en cuivre de o"37 de diamètre avec 
un bord relevé de o'"o55 et façonné au marteau. Il 

donne le 



Id. 1732. Jeu de cânh (cânh, voir n® 1699). Sorte 
de carillon formé de deux petites branches de bronze 
disposées en croisillon. Au milieu est suspendue 
une petite sonnette de bronze de 45 millim. de hau- 

Je- 
teur sur autant de diamètre et donnant legy^^ — ; 

à chacun des quatre angles formés par les deux 
branches, est suspendue une petite lame de bronze 
de 75 millim. de long, sur 68 millim. de hauteur. 
Ces lames, trop minces pour émettre un son de 
quelque ampleur, fournissent à peu près les intona* 
tiens respectives 

8 ...... V* 



m 



TT 

Elles forment par leur choc contre la sonnette 
médiane, un mélange de sons d*un effet très pitto- 
resque. Ce genre de carillon se suspend paratt-il, 
à l'intérieur des temples ou aux angles des édiQceSt 



— 258 — 
inii.«it..Burop. lo. 1733. Cdi ChuÔHg gang. Cloche de fonte en 

""''' f • 

forme de calotte hémisphérique, donnant le , 



Elle sert dans les pagodes. — Dîam. o"i65; haut 
o^ias. 

Gang est le nom du métal; c'est un alliage dont la composi- 
tion est inconnue; il a toutes les apparences du fer sans en 
être. Sa sonorité est remarquable et son timbre d'une très 
grande pureté. 

lo. 1734. Cdi Chuông gang. Clochette semblable 
à la précédente mais de dimensions moindres; elle 

donne le ^^j=. Même destination que la précé- 



"P 



dente. — Diam. o'»ïo; haut. 0*05. 

Id. 1736. Grelot. Don de M. Th. Herrmann. 
Ressemblant au n» 17 12. Il est taillé en entier dans 
une pièce de bois dur, Tanse toutefois est faite ici 
d'un tour de cordes; deux bâtonnets suspendus à 
rintérieur de Tappareil servent de battants en cho- 
quant les bords de la fente^ qu'ils dépassent de la 
moitié environ de leur longueur. Le son produit est 



à peu près le 3 ^-J — ' . — Long, maxima ©«og; 



épaisseur o«o6 ; haut. o^og. 

D'après les renseignements fournis par le donateur, les 
Congolais se servent de cet appareil en guise de castagnettea, 
en se l'attachant au poignet. 



— 259 — 

Chinb. 1736. Tsê'King^. Don de M. J. Van AaUt. uit.ext.Eorop. 
Pierre noire sonore taillée en forme d'équerre et 

gravée sur une face. Elle donne 



CLI. 



-p 



Id. 1737. Tsê'King. Don du même. Instrument 
semblable au précédent» forme de fantaisie. Un des 




Tsè-King (no 1736), 

côtés a malheureusement été brisé. Dans son état 
actuel, cette pièce donne le lab de la septième 
octave de Téchelle générale. 

Id. 1738. Gong mâle^, de Tanc. coll. Jourdan. Il 
mesure o"56o de diam. et donne le ^^i^ 

Java. 1788. Gong Kempoel en bronze poli, de 
Tanc. coll. Jourdan. Il mesure o""39 de diamètre et 

donne approximativement le ^-bi=. Sa sonorité 
laisse à désirer à cause d'une fêlure. 

I Voir les notes à la suite des n» 668. 
' Voir la note à la suite du n® 643. 



— 26o — 

iBttt ext.-Borop. Comme on le verra par la suite les instruments qui apptr- 
CL I. tiennent au gamëlan du D' Jourdan sont accordés sur Téchelle 
salèndro : 

solK la!^, doK réK mib 
barang, goeloe» didl, liml, n^m 

On donne le nom de ktmpoel aux gongs de petite dimen- 
sion. Ils ont ordinairement jusqu'à 0^50 de diamètre tandis 
que les gongs mesurent quelquefois jusqu'à i«oo de diamètre. 

Lorsqu'il n'y a qu'un kempoel dans le gamëlan il s'accorde 
en nëm. Certains gamëlans ont quelquefois trois kempoels; 
on les accorde en limi, nèm et barang. 

La protubérance centrale des gongs et des kempoels s'ap< 
pelle pëntjoêf c'est elle qui reçoit le choc de la batte, appelée 
tabœh, baguette de bois terminée par une tète de forme 
sphérique entourée d'étoffe. (Joh. F. Snbllbman, èiuxiek en 
muxickinstrumenUn in onze OosL ) 

lo. 1740. Gongs^ de Tanc. coll. Jourdan. De même 
que les gongs n"* 813, ils sont suspendus à la tra- 
verse d'un support en bois sculpté appelé gajor. Le 
plus grand mesurant 0*58 de diamètre, donne le 

^ — , l'autre, qui mesure o"*57 de diamètre, donne 

Ie@i==:, très bas. Ils sont tous les deux polis sur 

la surface, avec une protubérance centrale. 

Le dernier gong produit un léger battement dans 
la résonance; ce défaut dû à une irrégularité dans 
l'épaisseur du disque, se constate fréquemment dans 
la résonance des cloches. 

Les gongs et kempoels figurent au premier rang des instru- 
ments d'accompagnement du gamëlan; ils servent à marquer 
les grandes divisions dftns les mélodies (gendings). 



— 26l 

Lorsque le gamiilan n'a qu*an gong on l'accorde en lima; la&t.ixt.Eorop 
lorsqu'il en a deux on les accorde en dâdS et lima et quelque- Cl l 
fois tous les deux en lima ce qui est le cas pour les gongs 
no 1740. L'intention de l'unisson pour les deux plateaux est 
évidente et prouve que la justesse absolue n'est pas plus 
atteinte à Java qu'ailleurs; cette imperfection prouve aussi de 
combien peu de valeur sont les évaluations des rapports vibra- 
toires des échelles mélodiques qui ont toutes^ à Java comme 
ailleurs, pour génératrices des progressions de quintes justes. 

Id. 1741. Gendër, de Tanc. coll. Jourdan. Instru- 
ment le plus intéressant du GamPlan et l'un de ceux 
qui servent au développement de la mélodie. Le jeu 
en est souvent confié aux femmes à cause de la 




Geodèr (no 174 1). 

délicatesse des mouvements qu'il exige. Il se com- 
pose de douze lames de bronze accordées ici dans 
Tordre suivant : 



&te 



E!:fc^^t 




:t:d 



t 



202 

inst est. Europ. Les laoïes sont rangées transversalement sur les 
^''^ bords supérieurs d'une caisse quasi-rectangulaire 
appelée ranijakan. Pour vibrer facilement elles sont 
suspendues à des cordes fixées le long des bords de 
la caisse à Taide de chevalets intermédiaires en 
bronze ; il y en a un après chaque couple de lames. 
Celles-ci sont percées à l'endroit des deux lignes 
nodales d'un trou que traverse la corde formant sur 
leur surface postérieure une boucle traversée par 
une petite goupille de bois. Sous chacune des lames 
est posé verticalement un tuyau de bambou appelé 
boeboengan, dont la colonne d'air, accordée à Tunis- 
son de l'intonation de la lame, vibre par l'influence 
du mouvement vibratoire de cette dernière. Les 
deux faces de la caisse sur laquelle reposent les 
lames sont à jour sur la plus grande partie de la 
hauteur totale, de sorte que l'uniformité de longueur 
des tuyaux peut facilement être constatée. 

On se pose inévitablement cette question : com- 
ment des tuyaux de même longueur peuvent-ils 
offrir des colonnes d'air assez différentes pour 
renforcer la sonorité de lames de bronze dont 
quelques-unes diffèrent de deux octaves? La réponse 
est simple : cette uniformité de longueur n*est 
qu'apparente. Les tuyaux placés sous les lames les 
plus aiguës sont doubles; chacun d'eux renferme un 
second tuyau beaucoup plus court que le premier, 
et accordé à l'unisson de la lame. Au contraire, les 
tuyaux placés sous les lames donnant les sons graves, 



— 263 — 

sont partiellement fermés à leur orifice supérieur; iftite)tt.Ettrop. 
cet artifice produisant un abaissement de son consi- ^' '* 
dérable. En résumé, la capacité d'air intérieure 
vibre exactement à Tunisson de la lame qui sur- 
monte le tuyau. 

La percussion s'opère au moyen d'un marteau 
composé d'une petite baguette de bois terminée par 
un disque de bois de o^^oô de diamètre. Sur la cir- 
conférence du disque on a pratiqué une rainure dans 
laquelle on a inserré plusieurs tours de cordelettes 
dépassant la circonférence de façon à o£frir par la 
substance molle dont les cordelettes sont faites, un 
choc moins bruyant que celui qui résulterait de la 
percussion par le disque de bois. Les marteaux se 
tiennent entre l'index et le médius de chaque main; 
après la mise en vibration de la lame, c'est l'auri- 
culaire qui sert d'étouffoir. — Dimensions de la 
caisse : long. 0^82; haut. o"465 ; larg. du côté des 
lames les plus grandes^ o'"ii5; du côté opposé 
o">o95. Dimensions de la lame la plus petite : long. 
o"i55 ; larg. o«>043 ; de la plus grande: long. o"2o5 J 
larg. o<°o6. Dimensions apparentes des tuyaux : 
long, de o"40 à o'"4i; diam. de ©"052 à o"075. 

Il y a souvent dans le gamëlan salundro trois gendërs ne 
différant que par leur taille : le grand ipënëmboing)^ le moyen 
(baroeng) et le petit ipinëroes). Ils sont accordés à l'octave 
Tan de Tautre. Les lames se suivent de gauche à droite en 
commençant par nëm : 

nëm, barang, goeloe, dada, limS, nëm, barang, etc. 

Pans le gam^Ian pelâg, il y a deusç sortes de gendërs : le 



— 264 — 

UtLcxt Earop.gendër n^m et le gendër barang, d'après la disposition det 
Cl. I. lames. Ainsi, pour le gendër nëm, la succession est la suivante : 
bëm, goeloe, dSdj, lima, nëm, etc. 
pour le gender barang : 

barang, goeloe, dadi, lima, nëm, etc. 
de plus, comme dans le gamëlan salëndro, chacun de ces 
gendërs est représenté dans Tensemble orchestral par les trois 
tailles différentes : pënëmboeng, baroeng, pënëroes. 

Le no 1741 appartient au gamëlan salëndro et nous parait 
être un gendër pënëmboeng, à en juger par les sons graves 
qu'il donne. 

lo. 1742. Bonang baroeng, de Tanc. coll. 
Jourdan. Instrument dont la construction ressemble 
à celle des n** 808 et 809, que nous avions appelés 
Kromongs, d'après les renseignements qui nous 
avaient été donnés à Tépoque de la rentrée de 
ces instruments au Musée. Le nom que nous 
leur donnons maintenant est celui qu*empIoie le 
D' Groneman, dans son intéressant ouvrage De 
GamHan te Jogfèkarià. Ce carillon est composé de 
douze gongs reposant sur un support en bois sculpté 
appelé rantjakan et présentant deux rangées de six 
cadres chacune dans lesquelles reposent les gongs, 
— ainsi que nous Tavons dit au n* 808. Les gongs 
sont accordés dans Tordre suivant : 



2« rangée ^l^^^^=f=:i= ^—f—JfL . 
supérieure) S gigE2^g=: _LZE : 



^ 



B g 5- lio »o 



£e) 1^ 



i« rai _ 
(inférieure) 



^. 



-I — I- 



— 265 — 

Cet accord résulte de la même progression queiastext.-£urop. 
celle d*où dérive l'accord du n* 1741, ut\>j so/b, ré\>, ^'^ ' 
lab, mib, et dans laquelle le deuxième terme [solb) 
remplit le rôle de premier degré, ou barang^. 

L'ordre que les gongs occupent dans les cadres, 
n'est pas celui que détermine Tacuité des sons. 
Ainsi, d après le D' Groneman, Tordre générale- 
ment suivi dans la disposition des gongs sur le 
Bonang à double rangée de cinq gongs chacun, est 
le suivant : 



Rangé inférieure m i^' p: ^ — ^ — f ^^^^^ 



Rangé sopérîeure g^-j^^L^ 



^ 



^ 



^^^ 



Nous croyons du reste que cette disposition est 
tout arbitraire; dans tous les cas elle varie souvent 
ainsi que le prouve, la disposition adoptée pour les 
n" 808 et 809. 

Le Gamëlan comprend quelquefois trois bonangs 
qui diffèrent d'une octave l'un de l'autre. Le plus 
grand, comme pour les genders, est appelé bonang 
pënëmboeng; le moyen, bonang baroeng, le plus 
petit, bonang pënëroes. 

Le bonang pour Téchelle mélodique dite pëlog se 

' Le barang le plus grave de chaque bonang porte le nom 
de barang gëdé ou barang agëng; celui a Toctave supérieure 
s'appelle barang tjilik ou barang alii: gédé et agëng signifient 
ici grfnd. grave; tjilik et altt signifient petit, aigu. 



— 266 — 

intt.ext E«f»r compose de deux rangées de sept gongs disposés 
^'** dans l'ordre suivant : 

7.1.5.4.3.6,2 
6.2.3.4.5.1.7, 
les chiffres indiquent les degrés de l'échelle. 

Les gongs sont mis en vibration au moyen 
d'un percuteur, iaboeh, formé d*une baguette de 
bois dont Textrémité est entourée d'une étoffe de 
laine. Le choc se donne sur la protubérance 
hémisphérique, au centre du gong, appelée ^e»(;o^. 
Le D' Groneman nous apprend et nous avons vérifié 
l'exactitude du renseignement, que le gong s'ac- 
corde en limant le contour de la protubérance pour 
hausser l'intonation et en limant la surface plate 
autour de la protubérance pour la baisser. Dans le 
jeu du Bonang les gongs ne sont jamais étouffés, ils 
vibrent librement, ce qui s'explique par ce fait que 
la vibration n'est pas de longue durée. Dans le 
Gamvlan où la mélodie n'est pas conduite par le 
rebab ou par le soeling, c'est au bonang qu'est confié 
le rôle de loerah gending^ conducteur. — Long, de la 
caisse i°*io; larg. 0^43; haut. o°'43. Diam. du plus 
petit gong o"*i3; du plus grand o"j55. 

Id. 1743. Bonang pënëroeSf de l'anc. coll. Jour- 
dan. Instrument semblable au précédent, mais 
accordé à l'octave supérieure. 

lo. 1744. Gambang kajoe^ de l'anc. coll. Jour- 
dan. Un gamëlan complet comprend d'ordinaire 
deux gambangSj Tun à lames de bois [gambang 



— 267 — 

kajoe), Tautre à lames métalliques [gatnbang ini\.txtEuTop 
gangsÏÏ). Dans les deux instruments, les lames ^* '' 
reposent sur les bords d'une caisse de bois creuse^ 
appelée grobogan^ de façon à renforcer par l'air 
contenu dans la caisse, la résonance des lames. 
Elles sont disposées de gauche à droite, du grave 
à Taigu. 

Sur les deux bords de la caisse de résonance 
sont fixées une série de pointes placées à distances 
égales correspondant à la largeur des lames. Celles- 
ci sont percées au milieu de leur largeur, à l'en- 
droit d'une des lignes nodales, d*un trou dans 
lequel on fait passer la pointe correspondante des- 
tinée à maintenir la lame ; de Tautre côté, également 
à l'endroit des lignes nodales, la lame est maintenue 

c 

librement erttre deux pointes. Toutes les pointes sont 
garnie» à l^ur base d'une rondelle de liège pour 
diminuer le contact de la lame avec les bords de la 
caisse et obtenir ainsi la plus grande liberté de vibra- 
tion. La distance entre les lignes nodales diminuant 
en raison de la longueur des lames, et celles-ci 
devant reposer à l'endroit de ces lignes nodales*, il 
va de soi que la distance des bords de la caisse de 
résonance est déterminée par Técartementdes lignes 
nodales. 

< On sait que les lames reposant sur leurs lignes nodales 
vibrent avec la même facilité que si elles n'avaient pas d*appui. 
Le nombre de vibrations des lames libres à leurs deux extré- 
mités est en raison inverse du carré de leur longueur et en 
raison directe de leur épaisseur. 



— 268 — 

iBit.ext Earop. Dans notre gambang kajoe, les lames sont dispo- 
^'' '' sées pour le gamôlan salendro, de gauche à droite, 
dans Tordre suivant : 



> «^ . . wiipMLittt' 









Les percuteurs (taboehs) sont formés de minces 
baguettes en bufHe terminées par un disque en bois 
dont le bord est garni d'étoffe. — Long* de la caisse 
i>n285; long, de la plus grande lame 0*440; delà 
plus petite o°>245. ^^^^ augmenter la longueur des 
lames aiguës et off'rir ainsi une disposition plus 
agréable à l'œil avec une sonorité plus grande, les 
lames aiguës ont une épaisseur quadruple des lames 
graves. 

Id. 1746. Gambang gangsa, de Tanc. coll. Jour- 
dan. Disposition semblable à celle de l'instrument 
précédent; mais dans celui-ci, les lames sont en 
bronze; elles sont disposées pour un gamélan 
saléndro, de gauche à droite^ dans Tordre suivant : 




œ 



t-*- 



Le percuteur (taboch) a la forme d'un marteau 
avec la tête en corne de buffle et le manche en bois. 
Pour les mêmes raisons que celles données au 



— 269 — * 

n"» 1744, les lames augmentent en épaisseur vers inst. ext -Eorop. 
Taîgu. — Long, totale o"79o; long, de la plus ^'■'' 
grande lame 0^204; de la plus petite o»i 18. 

Les gambangs, kajoe et gangsa. destinés au gamèlan pëlog 
ont les lames disposées dans Tordre suivant d'après la nature 
de la mélodie ainsi que nous l'avons dit pour les gendcrs : 

bUm, goelœ, dadà^ /îm&, nèfm bëm etc. 
ou 

barangy goeloe, dada, lima, nëm barang etc. 

on en rencontre où le premier bëm ou le premier barang est 
précédé d'un nèm. 

Il est à observer que dans tous les instruments accordés 
pour le gamdlan pëlog, le son pëlog qui a donné son nom à 
l'échelle, beaucoup moins ancienne que l'échelle salcndro, 
n'est pas employé. 

Id. 1746. Saron dëmoeng, de Tanc. coll. Jourdan. 
Le gamHan salëndro comprend ordinairement quatre 
sortes de savons : 

le saron dëntoeng; 

le saron proprement dit; 

le saron sëlënto; 

le saron pëking. 

Ces quatre instruments ne diffèrent que par le 
diapason de leurs lames métalliques, appelées wilah 
et accordées à Toctave les unes des autres. Nous 
avons déjà donné la description de ces instruments 
aun' 800. La percussion s'opère au moyen d'un mar- 
teau de bois ou de buffle [taboeh); la résonance est 
étouffée immédiatement après le choc de la lame par 
la main droite, en saisissant l'extrémité entre le 
pouce et les autres doigts de la main gauche. Le 

Z9 



inst. ext. Europ, saro;i 86 pUce devant rinstrumentiste, les lames 
^*-*- aiguës à droite. 

Voici l'accord de notre saron dëmoeng : 
, L t#. k^. ^Jt 



m=^^ 



Les lames des savons sont appliqués sur les bords 
de la caisse sonore (grobogan) comme celles du 
gambang (n» 1744). Pour obtenir les sons graves, les 
lames du saron dëmoeng sont façonnées avec, en 
leur point milieu, une protubérance hémisphérique 
destinée à recevoir le choc du taboeh. Pour obtenir 
Tunisson entre la capacité d*air contenue dans la 
caisse sonore et les vibrations de la lame, la caisse 
est fermée par un couvercle et lair qu'elle renferme 
ne communique avec Tair ambiant que par une petite 
ouverture circulaire pratiquée immédiatement sous 
le point milieu de la lame. — Long, totale de l'appa- 
reil o"88; long, de la plus grande lame o"285, 
larg. o'"o73; long, de la plus petite lame o'"23o, 
larg. o"o62. 

Id. 1747-1748. Sarons de Tanc. coll. Jourdan. 
Construction semblable à celle du numéro précé- 
dent, mais les lames n'ont pas de protubérance et 
la cavité de la caisse sur les bords de laquelle les 
lames reposent est ouverte, la profondeur moyenne 
en étant recherchée expérimentalement. Accord : 



— HJÎ — 

— Long. tôt. de l'appareil, o"»6io; long, de la plus in«i. exuEurop. 
grande lame, o™225, larg. o"o58; long, de la plus ^'•'' 
petite lame o"i85, larg. o"»042. 

Id. 1749, 1760, 1761, 1762. Saron sëlënto. de 
Tanc. coll. Jourdan. Exemplaires pareils aux deux 
instruments précédents, même construction. L'ac- 
cord est celui-ci : 

^ , t#^ I?É. ^ 




— Long. tôt. de l'appareil, 0*58; long, de la plus 
grande lame o"»i7, larg. o«^o^j; long, de la plus 
petite lame o'»i35, larg. o"028. 

Id. 1763, 1764. Saron pëking, de Tanc. coll. 
Jourdan. Les deux exemplaires sont semblables. 
Les lames sont plus épaisses et plus étroites que 
celles des instruments précédents. L'accord est 
exactement à Toctave aiguë de celui du saron sëlvnto, 

— Long. tôt. de l'appareil o"45 ; long, de la plus 
grande lame o«»i4o; larg. o«o2i; long, de la plus 
petite lame o"i2i ; larg. o^oig. 

Aux sarons est également confiée la mélodie mais ils la 
reproduisent plus simplement que les bonangs qui la varient. 
Quelquefois les sarons de petite taille, sëlënto et pcking, para- 
phrasent dans un mouvement si précipité la mélodie des deux 
autres sarons, qu'au lieu d'un joueur il en faut deux qui se 
placent alors i*un vis-à-vis de Tautre. 

Il existe un cinquième saron, connu sous le nom de tjeloering 
mais il ne sert que dans le gamëlan pulog. Il est accordé 
comme les sarons, mais au lieu de lames ce sont des timbres 
de la grandeur d'une tinsse à thé ^ui servent de corps sonores. 



— 272 — 

lost. exi.-Earop. Ils 8ont rangés sur un support de bois massif (grobogao) et 
Cl I fixés par des broches de fer qui les traversent à leur centre. On 

les met en vibration en les frappant à Taide d*une baguette de 
bois (taboeh). 

Id. 1755 1766. Këitongs de Tanc. coll. Jourdan. 
Ils sont au nombre de deux, de forme semblable à 
celle des gongs des Bonangs. Chaque gong repose 
sur de simples cordes tendues entre les bords d'un 
cadre carré en bois appelé rantjakan. Le plus petit 



accordé au nëm donne le ^— j- « le plus grand, 

réglé sur le dâdâ donne le g k^^^^ . — Dimensions 

de la caisse: Haut. tôt. o^iS; larg. de chaque 
côté o«27. Diam. du gong : o"»i8. 

Il n'est pas sans intérêt de faire remarquer que le kj^nong 
no 1756, le plus grand, est celui qui donne l'intonation le plus 
élevée. Ce fait l'explique par l'épaisseur du métal qui est 
beaucoup plus forte dans celui-ci que dans l'autre. Il est 
possible que ces kënongs aient été changés car d'après le 
O^ Groneman, il faudrait que les deux gongs du gamëlan 
salëndro fussent accordés en nëm et à l'octave l'un de l'autre. 
Les kënongs servent à indiquer les petites divisions de la 
mélodie; ils sont mis en vibration par des taboehs semblables 
à ceux des bonangs. Le këtock est un instrument de même 
forme que le kënong; ses gongs sont plus petits et accordés 
en barang. 

Id. 1767. Anklang. Don de M. Oisbert Combaz. 
Ce très intéressant instrument, l'exemplaire le plus 
complet que nous connaissions, est formé d'une 
série de 15 auklangs proprement dits, tels que nous 



- 273 — 

les avons décrits soûs les n®' 99 à 106 et qui seintt.est Europ. 
composent ici chacun de deux tuyaux accordés à ^' ' 
Toctave. Les châssis qui portent ces tuyaux sont 
enfilés sur un tuyau de bambou reposant sur deux 
tréteaux. 
Les anklangs sont accordés dans l'ordre suivant : 



9 10 11 13 13 14 15 



Il est à remarquer que Vanklang s'accorde par la 
longueur du tuyau fermé par son extrémité infé- 
rieure. C'est presque un instrument à vent, le choc 
produit par le glissement dans la rainure du châssis 
constituant un mode d'ébranlement particulier de 
l'air enfermé dans le tuyau. Celui-ci étant fermé 
comme nous venons de le dire, à la partie inférieure 
par le nœud de croissance du bambou, la longueur 
de la colonne d'air est déterminée par l'échancrure 
découpée iongitudinalement, sur la moitié de la 
circonférence, à la partie supérieure du tuyau. — 
Long. tôt. i"»8i; haut. tôt. i"22. 

BrANCHB B. — INSTRUMENTS AUTOPHONES PINCES. 
Section A. — Pinces avec ou sans picctre. 

Id. 1768. Grinding (néerl. = mondtrommel, fr. 
=» guimbarde). Don de M. L, J. F. E. von Ende. 



J 



— 274 — 

last. ext.Burop. C*est une lame très mince, en écorce de jonc, de 
^''^* o"i4 environ de longueur sur ©"015 de largeur, 
dans laquelle on a découpé une languette de o°^o65 
de longueur sur o™oo5 de largeur, vibrant en liberté 
d'un côté et, de Tautre, restant attachée à la lame. 
La partie libre portera o'°oi3 de son extrémité, 
trois dents découpées en longueur de façon à 
laisser entre elles deux espaces vides dans lesquels 
viennent s^emboîter deux dents adhérentes à la 
lame. Ces découpures sont très délicates et très 
finement exécutées. 

Au revers de la lame, on a laissé deux chevalets 
taillés dans l'épaisseur du jonc pour consolider la 
lame et lui donner plus de rigidité. Le premier 
(larg. o"o X , haut. o"o 15), est placé à l'extrémité delà 
lame, sous la partie de la languette restée adhérente; 
le second (larg. 0^02, haut, du précédent), est 
placé à environ o'"oi5 de la languette et découpé 
sur sa largeur en trois parties, de façon que celle du 
milieu reste adhérente à la languette vibrante et les 
deux autres à la lame. Un troisième chevalet, 
beaucoup moins élevé, est laissé sur toute la largeur 
de la lame, là où cesse l'entaille de la languette, 
pour empêcher que le cadre dans lequel se meut 
cette dernière se détériore par l'allongement des 
entailles. On renforce le son, très faible, en 
appuyant l'extrémité de la lame sur le bout d'un 
tube de bambou qui sert en même temps de gatne 
pour la préservation de la lame. Renforcée par les 



— 275 — 

capacités d'air différentes que la bouche peut four- insi ext.-Europ. 
nir, la languette donne les sons ^'' '* 

Ce curieux appareil est en usage parmi les 
Sounianais. 

Les Soundanais passent pour être les plus anciens habitants 
de nie de Java. Ils sont plus grands et plus robustes que les 
Javanais et parlent une langue qui se rattache à celle de l'île 
de Madura (Malaisie). Mahométans comme les Javanais, ils 
diffèrent de ceux-ci par leurs mœurs, leurs costumes, leurs 
habitations et leurs instruments de musique. 

Nous devons ce renseignement à Tobllgeance de M. Serru- 
rier, Pancien directeur du Musée royal ethnographique de 
Leyje. 

Id. 1769. Grinding. Don du même. Instrument 
semblable au précédent. 

Japon. 1760. Guimbarde. Don de M. W" Adams 
Brown, de New-York. L'appareil est formé d'une 
lame mince de bambou dans laquelle on a découpé la 
languette vibrante à l'aide de trois incisions : deux 
longitudinales et une transversale, celle-ci près de 
Textrémité de la lame. D'après les renseignements 
donnés par le donateur, ce petit instrument est 
particulièrement en usage chez les Âînos, peuplade 
aborigène du nord de la grande île de Yéso ou 
Matmaï (Archipel japonais). — Long, tôt, o'"io5; 
larg, max. o°oio. 

AusTRAUB. 1761. Guimbarde. Don de M. Beckx, 



— 276 — 

inst ex*.-Europ. consul général de Belgique à Melbourne. Cette 
^' ' guimbarde est faite d'une lame de bambou taillée 
en pointe au milieu de laquelle on a détaché, par 
deux entailles longitudinales, une étroite languette; 
on produit la vibration de celle-ci en tenant le gros 
bout de la lame entre le pouce et l'index de la main 
droite, la pointe battant sur l'ongle du pouce de la 
main gauche; le son obtenu est analogue au bour- 
donnement de Tabeille. — Long, de la lame, 0*20; 
larg. au gros bout, o">03. 

Cette guimbarde, naguère fort en honneur parmi les natu- 
rels des îles de l'archipel Bismarck, est, parait-il, devenue fort 
rare aujourd'hui. On l'a remplacée par la guimbarde en acier 
ordinaire dont le succès chez les indigènes a été si grand, 
qu'elle est devenue une monnaie d'échange fort populaire! 

Congo. 1762. Zanza. Don de M. Verberckt, 
agent de l'Etat indépendant. Le corps est une cara- 
pace de tortue dont la partie concave est fermée par 
une tablette de bois fixée à Taide d*un mastic noir 
parsemé de coquillages. Sur la tablette servant de 
table d'harmonie sont fixées huit lamelles métal- 
liques dont l'accord actuel, c'est-à-dire tel qu*il 
était au moment où nous avons reçu l'instrument, 
est le suivant : 








Deux petites ouvertures circulaires percées dans 
la table et sur le dos servent d*ouIes; elles mettent 
en communication Tair de la caisse de résonance 



avec Tair ambiant et renforcent par suite la sono- tatt ext.-Ëarop. 
rite. — Long. tôt. de la carapace, o"2 1 ;larg. o°»i45. ^**' ' 

Id. 1768. Madiumba. Don de M'. H. M. Jaeger, 
de Bruxelles. Construction ressemblant à celle de 
l'instrument précédent dont nous avons déjà cata- 
logué plusieurs spécimens, notamment les n*^* loS, 
306, 672, 818 et sous les noms différents de Zanxa^ 
Bantyou^ Insimbi, qu'il porte dans ses pays d'ori- 
gine. La caisse est une carapace de tortue, la table 
d'harmonie est en bois. Les languettes, au nombre 
de neuf, occupent actuellement Tordre suivant : 



31 



^^ 



Long. 0*23; larg. max. o"i5. 

M. Jamea Vandrunen (Heures congolaises» Bruxelles, BulenS 
1899) A rencontré le même instrument à Tumba, une des 
stations du chemin de fer de l'Etat indépendant du Congo. 
Il lai donne le nom de Ndimbif qui peut être apparenté à 
Maditmba» 

Id. 1764. Madiumba. Don du même. Semblable 
au précédent, mais la caisse, ici, est une boîte rec«» 
tangulaire creusée dans une seule pièce de bois, à 
l'aide d'une ouverture latérale. Elle était montée de 
dix lames en métal, dont une a disparu. Les lames 
ayant été dérangées dans leur position, l'accord 
actuel ne peut nous intéresser; quelques-unes 
sont garnies d'une variété de perles bleues, appelées 
matar par les indigènes, et qui servent de monnaie 
dëchange. L'instrument provient du district des 

20 



— 278 — 

loiLext-Europ. Cataractes, entre Matadi et le Stanley-Pool. — 
^'' ' Long. o*2i ; larg. max. o"i2. 

Id. 1766. Madiumba. Don du même. Instrument 
de même nature que le précédent. Les six lamelles, 
en roseau, sont fixées sur trois pièces de bois 
très léger et très spongieux, une sorte de roseau; 
les deux pièces latérales dépassent de o^'oS en 
longueur celle du milieu. L'instrument provient de 
la peuplade des Basundis habitant le village de 
Simangudi, sur le territoire français (Bas-Congo). 
— Long. tôt. o"2i ; larg. max, o"o95. 

Id. 1766. Madiumba. Don du même. Instrument 
ressemblant au n» 1764; les lamelles vibrantes, en 
roseau, sont au nombre de cinq, dont quatre ornées 
des perles matar. Même provenance que Tinstrn- 
ment précédent. — Long. o"i2; larg. max. o^og. 

Id. 1767. Zanza. Don de M. Edmond Picard. 
Semblable au n» 108. Caisse rectangulaire, avec, 
sur la table d'harmonie, dix lamelles de fer ; un 
grelot en cuivre est suspendu à la table au moyen 
d*un cordon. — Long. 0^23; larg. o"i3. 



*- a7d — 



Classe II. ^ Instruments à membranes. 



Branche A. — Membranes percutées. 
Sbctzon a. — Instruments bruyants. 

Sona-sectioo oa. — Membranes tenduei aar no eadre. 

Annam. 1768. Cdi trâng boc (Trông =- tambour, îwt. ext.-Eorop 
boc^ onomatopée). Simple membrane tendue sur un ^'*"* 
gros cercle de bois. Ce tambour, dont il existe de 
nombreux spécimens de toutes dimensions, affecte 
la forme d'une demi-sphère ; la membrane est fixée 
à la partie convexe à l'aide de clous en fer. — Dia- 
mètre de la partie vibrante de la membrane, o'°o75; 
épaisseur du cadre, ©«os, haut. 0,07 environ. 

Id. 1769. Cdi trông met ou trông manh (met = 
van, petite corbeille en forme de coquille; manh =* 
plat, mince). Membrane fixée à Taide de clous sur 
un gros cercle de bois. Ce tambour, qui se frappe à 
Taide de deux petites baguettes, produit les roule- 
ments dans les orchestres ; il accompagne aussi les 
chanteurs et sert parfois dans les exorcismes des sor- 
ciers. — Épaisseur du cercle, 0*040; haut. o"»o55; 
diam. intérieur du cercle (et, par conséquent, de la 
partie vibrante de la membrane), o™2i. 

Id. 1770. — Cdi trông va {va =- chiquenaude, 



— a8o — 

iQit.est.-Borop.coup sur Ic vîsage). Construction semblable à celle 
^^ "• du n» 688, mais à une seule membrane. — Diam. da 
disque o°'i8o; diam. du trou central et de la mem- 
brane o"ii7. 

Chinb. 1771. Tien^Kou, quelquefois appelé 
Pang'Kou. Don de M. V. Mahillon. Tambour de 
construction semblable à celle du n« 675. La peau, 
extrêmement tendue, donne, à l'aide de la baguette 
qui sert de percuteur, un son très aigu. — Diam. 
o'"26; haut, du disque o»070. 

Id. 1772. Tambourin. Don de M. J. A. van Aalst. 
Cercle de forme octogonale. Membrane en peau de 
serpent. Les huit côtés du cadre sont percés 
d'ouvertures dans chacune desquelles est fixée une 
pièce de bronze qui résonne lorsqu'on secoue 
TappareiK — Long. max. 0"i7; haut. o'»046. 

Une chose digne de remarque est Textrème tension que con- 
serve la membrane malgré les variations hygrométriques de 
l'atmosphère; elle reste à ce point insensible que les vis de 
tension dont nous nous servons pour remédier à ces influences, 
n'existent pas dans l'instrument chinois; elles y seraient 
d'une parfaite inutilité. 

Amérique. 1778. Tambourin. Don de M"* John 
Crosby Brown. Instrument des Indiens Sioux. 
Cadre circulaire sur lequel est tendue une mem- 
brane. Celle-ci recouvre simplement l'un des côtés 
du cadre et pour qu'elle ne s'en détache pas, quatre 
lanières partant des bords de la membranes vien- 
nent se lier en croix sur le côté opposé du cadre. 
L'instrument est accompagné du percuteur, simple 



— 28l — 

baguette de bois terminée par une petite boule deint«.ezt.-Barop 
laine. — Diam. o"32; haut, du cadre o™o8. ^**"* 

Id. 1774. Tambourin, Don de la même. Prove- 
nance et construction semblables à celles du n" pré- 
cédent; six lanières, au lieu de quatre, servent à 
fixer la membrane sur l'un des côtés du cadre. Le 
percuteur accompagne. — Diam. o«»2 8; haut, du 
cercle 0^065 . 

Algérie. 1776. Tubilattes. Don de M. V. Mahillon. 
Timbales semblables au n"* 320, mais d'un modèle 
un peu plus petit. 

Soos-section 66. — Membrane tendue ear un récipient 

Nouvelle- Guinée. 1776. Tambour. Don de 




Tambour (no 1776). 

M. BeckXy consul de Belgique à Melbourne. Il est 
semblable au n^ 589. 

Java. 1777. Tambour^ de lanc. coll. Jourdan. 
Instrument semblable à celui déjà décrit sous le 
n^jig. Nous n'avons trouvé aucun renseignement 
au sujet de l'usage de cette variété de tambour dans 
le Gamëlan. 



— a82 — 



SoBi-tectioa ce* — k doable membnuie. 



ust. «rtEurop. Japon. 1778. Tatko. Don de M. L. J. F. E. von 
^*'"' Ende. C^est un tambour dont le fût est formé d'un 
cylindre de bois de o°'i4 de haut, et de o'"a40 de 
diam. Les deux membranes, fixées sur des cercles 
en bois, mesurent o''340 de diamètre, de sorte que, 
dans leur position sur le fût, elles le dépassent de 
o'^os. La tension des membranes est obtenue à 
Taide d'un cordage qui passe dix fois, et alternati- 
vement d'une membrane à Tautre, sur les bords de 
leur cinconférence et en-deça des cercles par des 
trous ménagés dans les membranes. L'instrument 
est entièrement recouvert d*un laque noir avec des 
ornements dorés; sur chacune des membranes est 
dessiné un cercle divisé en trois parties et en 
trois couleurs : rouge, bleu et noir, sur fond blanc. 
Ce dessin offre quelque ressemblance avec le Y»- 
Yang chinois, cercle symbolique divisé en deux par- 
ties figurant les deux influences contraires: le bien 
et le mal, la chaleur et le froid, le mouvement et le 
repos, etc. (Dumoutibr. Les symboles^ les etPtblèmes 
et les accessoires du culte chez les annamites). 

Chine. 1779, Hwa^Kou. Don de M. V. Mahilion. 
Petit tambour dont le récipient, en bois peint rouge, 
a la forme d'un baril dont les ouvertures sont 
recouvertes par des membranes attachées sur les 
côtés par des clous de cuivre. Deux anneaux égale- 
ment en cuivre sont fixés dans le côté du baril et 
servent à le suspendre. Cet instrument, encore 



— 283 — 

actuellement employé dans les temples consacrés à inat ext..Earop 
Confucius, correspond assez exactement au Ya-Kou ^**"' 
représenté dans la Mémoire sur la musique des 
Chinois par le Père Amiot (voir pi. II, fig. 10). — 
Long. tôt. 2"27; dîam. au milieu du baril, o»2o; aux 
extrémités, o"'i4. 

Id. 1780. Chang'Kou (fr. = long tambour). Don 
du même. Le récipient, en bois, à la forme d*un 
sablier; les deux ouvertures sont recouvertes de 
membranes en peau de serpent appliquées sur un 
cercle de fer et tendues à Taide de cordages agissant 




Chang-KoQ (n* 1780). 

sur des crochets en fil de laiton plies en S, dont 
Tune des branches accroche le bord du cercle en 
traversant la membrane et dont l'autre reçoit le 
cordage. Celui-ci se serre à 1 aide de tirants en peau 
qui agissent comme les tirants appliqués aux 
tambours européens. — Haut. o°775; diam. des 
membranes o"a5o. 

Id. 1781. Tien^Kou. Don du même. La construc- 
tion ressemble à celle du n» 688. C'est un disque 
de bois percé dans son axe d'une ouverture dont les 



— a84 — 

iD»i. ezt-Biirop. deux orîfices sont recouverts par des membranes 
^^'^^' clouées sur les bords du disque à l'aide de pointes 
en fer. Afin de faciliter la tenue du disque entre 
le pouce et l'index, ses bords sont fuyants de 
chaque côté, depuis la moitié environ de Tépais- 
seur jusqu'au bord de l'ouverture. — Diam. da 
disque o°>io; épaisseur o^oô; diam. de l'ouver- 
ture o»i 4. 

Id. 1782. Hwa'Kou. Don du même. Il ne diffère 
du n» 1779 qu'en ce que le récipient est ici peint 
en noir. 

Id. 1783. Pan-Kou. Don du même. C'est un 
tambour en forme de baril aplati dont les deux 
ouvertures sont recouvertes par des membranes 
fixées à l'aide de clous en cuivre. Trois anneaux 
de même métal sont fixés au côté de la partie la 
plus large de la circonférence du récipient. Un res- 
sort attaché par une de ses extrémités à l'intérieur 
de l'appareil ajoute le bruit de sa résonance aa 
son produit par la percussion des membranes. — 
Haut. o°*o55; diam. max. au milieu du réci- 
pient o"30o; diam. des membranes 00260. 

Ce tambour est particulièrement en usage dans les pago- 
des de Shanghaï. 

Japon 1784, Taïco. Don du même. Tambour japo- 
nais. Il repose entre les deux côtés d'un support 
disposé en angle droit et auquel il a été fixé par des 
anneaux et des liens de cuir. Les côtés de ce support 
ont une longueur égale à la hauteur du tambour. 



— a8s — 

Le côté vertical est muni, sur la face opposée à celle iBii.eit..Barop. 
qui supporte le tambour, de deux lanières de cuir ^^'^' 
dans lesquelles on passe les bras pour porter l'in- 
strument sur le dos. La construction du tambour 
est semblable à celle du n* 683, mais les supports 
diffèrent; celui de l'instrument qui nous occupe sert 
dans la marche, tandis que l'autre, celui de n"" 683 , 
est spécialement destiné aux exécutions qui se font 




TaSco (lo 1784). 

au repos, dans des salles. Les deux membranes sont 
ornées du cercle symbolique dont nous avons parlé 
au n® 1778, mais les divisions sont en noir sur fond 
d*or. — Diam. des membranes, 0^44; diam. max. 
au milieu de récipient o'n48; haut. o"32. 

Annam. 1786. Cdi irông cai (cai >» important, 
gros, c'est-à-dire : l'important, le gros tambour;. 
Instrument en forme de baril laqué rouge et doré; 
les membranes sont fixées à la circonférence à Taide 



— 286 — 
iMt. utEarop. de cIous 611 cuïvre. Il sert pour les appels dans les 

Cl II 

bonzeries, les pagodes et le prétoire des manda- 
rins. Haut. o"48 ; dîam. des membranes o«"36. 

Id. 1786. Cdi trông tien c6 [tiên^petit; c^ = cou). 
Tambour à manche. Récipient en bois laqué rouge, 
légèrement renflé vers le milieu de la hauteur. Un 
manche en bois, également laqué rouge, est adapté 
au récipient et sert à le maintenir d'une main tandis 
que de l'autre on frappe Tune des membranes avec 
une seule baguette. Il s'emploie à la tète des 
cortèges. — Haut, du fût o"i2; diam. du côté des 
ouvertures o"2i ; long, du manche o"i2. 

Id. 1787. Cdi trông corn {corn [prononcez keumé] 
« riz cuit). Cylindre de bois légèrement renflé vers 
le milieu, se suspendant au cou à l'aide d*un cordon 
attaché à deux pitons fixés dans le récipient. Les 
deux membranes, collées sur le récipient, se percu- 
tent simultanément au moyen des doigts. Le nom 
particulier de ce tambour s*explique par ce fait qu'on 
a l'habitude, quand on en joue, de coller au centre 
de chaque membrane, une pellicule de riz cuit large 
comme une sapèque, petite pièce de monnaie chi- 
noise. — Long, du récipient o''4i5; diam. des 
membranes o"i45. 

Id. 1788. Cdi trông tien c6. Semblable au n» 1786, 
mais plus orné et de dimensions moindres. — Haut, 
du récipient, o«o8; diam. des membranes, o"»i25; 
long, du manche o"io. 

Id. 1789. Cdi trông. Construction semblable à 



— 287 — 

celle des n** 1786 et 1788, à Texception du manche» utt ext.EBnp. 
remplacé ici par une boucle formée par une lanière ^^^^' 
de cuir. On frappe ce tambour au moyen d'une seule 
baguette. Il sert notamment à la tète des cortèges 
civils et militaires. — Haut, c^ia ; diam. des mem- 
branes 0"22. 

lo. 1790. Cdi irông. Semblable au précédent, 
sauf les dimensions. S'emploie dans les mêmes 
circonstances et de la même façon. — Haut, du 
récipient o"io; diam. des membranes o»i5. 

Id. 1791. Cdi irông con (con [prononcez conné] = 
enfant). Tambour d'enfant. Construction semblable 
à celle du n® 1786, mais le bois est à nu. — Haut, 
du récipient, ©"075; diam. des membranes 0*095. 

Id. 1792. Cdi irông con. Semblable au précédent, 
sauf les dimensions. — Haut, du récipient o»o65; 
diam. des membranes o'»i2. 

Congo. 1798. Baiie de iambour en ivoire. Don de 
M. L. Cavens. Elle provient de la tribu des Mongala 
de rOuellé. Simple tige surmontée d'un renflement 
sphérique, le tout taillé dans une seule pièce 
d*ivoire. — Long. tôt. oai95; diam. de la tète 
0*045 environ. 

Chine. 1794. Tao Kou, de l'anc. coll. Jourdan. 
Ce petit tambour ressemble à ceux précédemment 
décrits sous les n** 591 et 689. Le percuteur est ici 
un petit coquillage attaché à un fil de soie. Diaprés 
une étiquette collée sur le manche, il porterait un 
troisième nom : € Cloniong >, ce qui s'explique 



— a88 — 
IBlknt^Bllra^ vraisemblablement par sa provenance d'ane pro- 

Cl II 

vince de la Chine autre que celles d'où nous viennent 
les deux autres spécimens. — Long. tôt. 0^23; 
haut, o^os; diam. des membranes o"o5o. 

Java. 1796. Këtipoeng (avec baguettes) , de Tanc. 
coll. Jourdan. C'est un tambour en bois» en forme 
de barillet décoré de peintures noires et or représen- 
tant des fleurs et des feuillages sur fond rouge. La 
tension s'opère, comme au n» 823 (Gàndang^ Géf»- 
dang ou Këndang)^ à l'aide de lanières provenant du 
palmier des Indes, le Rotang (Rotin). Le Kêtipoeng 
ne diffère du Këndang que par ses dimensions 
plus petites. Le fût s'appelle nàngka. On le pose 
quelquefois devant soi sur un support appelé 
bantjik, ou bien sur les genoux (mangkoe). Les 
membranes sont en peau de mouton ou de cerf; la 
grande se frappe ordinairement de la main droite. 
L'instrumentiste peut varier les effets suivant qu'il 
joue directement de la paume de la main ou des 
doigts, ou qu'il se sert de baguettes. — Haut, 
tôt. o"53; diam. de la grande membrane o"26; de 
la petite 0^22. 

Les Javanais ont encore un autre tambour appelé Btdoeg, 
gros cylindre de bois suspendu dans un châssis reposant sur 
quatre pieds. Les membranes ne se frappent pas directement 
de la main, mais par l'intermédiaire d'un maillet de boia 
dont la tète sphérique est entourée d'étoffe. Ce genre de 
tambour, employé très exceptionnellement dans quelques 
gamèlans, sert plus particulièrement dans les mosquées pour 
appeler les fidèles à la prière. 



— aSg — 



Classe III. — Instruments à vent. 



?h$û (do Z7g6). 



Branche A. — Instruments a anche. 

Sbction a. — Anche simple, lihr$ avec tuyau. 

ToNKiN. 1796. Phan. Don de M* O. Du- iMt.exUEorop 
moutier, inspecteur de l'enseignement de ^^•"^* 
TÂnnam et du Tonkin. Orgue portatif 
des Muongs de la Rivière noire et des 
montagnes qui confinent au Laos. La 
construction est semblable à celle du 
Khèn (voir n* 138), mais de moindres 
dimensions : la longueur du tuyau le 
plus long n'est que de i">55. Le diapason 
est exactement à la quarte supérieure du 
n^ 138. Les tuyaux sont placés dans le 
même ordre, en commençant de chaque 
côté, par le plus petit. 

Id. 1797. Phan. Don du même. Même 
origine que le précédent. Sa tonalité 
est exactement à la quinte aiguë, mais 
celui-ci a un léger changement dans 
Tordre des tuyaux, dont les intonations 
sont les suivantes : 



— ago — 



lBit.ext.-Barop. 
Cl. m. 



T«7awE de droite. 






Toyanx de gracfae. 



13=1: 



^ 



7 6 5 4 12, ..54821 

Le sixième tuyau gauche est muet; l'appareil 
d'ébranlement, l'anche, manque. — Long. max. o"»85. 
Inoo-Chinb. 1798. Phan. Celui-ci provient du 
bassin du May Kong, dans le Laos. Sa construction 
ne ressemble en rien à celle 
des instruments précédemment 
décrits sous le même nom. II 
est formé d*un long canal d*in- 
sufflation, cylindrique sur la 
plus grande partie de sa lon- 
gueur et qui s'élargit vers son 
extrémité, là où sont insérés 
verticalement six tuyaux en 
bambou, trois de chaque côté. 
Ce canal est formé de deux 
coquilles creusées et assem- 
blées au moyen d'un collage. 

^immmmmÊimÊÊÊmmmÊm 




Phmn (ao 1798). 



Chacun des six tuyaux est percé latéralement d'une 
ouverture rectangulaire recouverte par une anche 
libre (par exception, le premier du côté droit, possède 



— agi — 

deux anches à Tunisson). Les tuyaux sont adaptés inttexi-Sarop. 
dans le canal d'insufflation de telle façon que les ^^^^* 
anches vibrent à Tintérieur de la boîte-réservoir 
d*air formée par Télargissement du tuyau d'insuffla- 
tion. Outre l'ouverture de l'anche, chacun des 
tuyaux est percé d'un petit trou latéral, placé en 
dehors du réservoir d*air que l'exécutant bouche au 
moyen du doigt pour obtenir le rapport voulu entre 
rintonation de l'anche et celle du tuyau et, par 
conséquent, produire le son (Voir le n* 137). 

Les trois tuyaux de droite fournissent les intona- 
tions suivantes : 



i 



^ 12 3 

les trois tuyaux de gauche : 



i 



^* 



1 T T 
Contrairement à ce que nous avons constaté 
dans les autres /Aans, Tordre des tuyaux est indiqué 
ici en raison de la position qu'ils occupent vers 
l'ouverture du tuyau d'insufflation. — Longueur du 
tuyau de bambou le plus long o°>765; du plus 
court o°»57. 

Sbction C. — Anche simple^ battante avec tuyaux. 
Soiia*s»ction aa, — Tayaa cylindrique. 

Egypte. 1799, 1800. Chalumeaux (Fac simile en 
cuivre). Don de M. Â. J. Hipkins à Londres. Les 



lut «ztEtirop. originaux ont été trouvés à Kahun' par M. Plinders 

ci-"i- Patrie, explorateur anglais, dans la tombe d'une 

femme égyptienne du commencement de la XX* 

dynastie (i loo ans environ avant Tare chrétienne). 

Les originaux, auxquels manquent malheureuse- 
ment les anches, sont en roseau. Mais les colonnes 
d*air, qu'elles soient mises en vibration au moyen 
d'une anche double ou d'une anche battante, donnent 
au point de vue des intonations, des résultats 
presque identiques pour peu que le son propre des 
deux différentes anches soit de même hauteur*. 

Ainsi nous avons relevé avec les deux systèmes 
d'anche, pour le n* 1799, percé de quatre trous 
latéraux : 

1 2 8 4 

et pour le n» 1800 avec trois trous latéraux : 



ë^ 



I Kahun. dans le département du Payoum, eat cette ville 
qui fut spécialement édifiée pour servir de résidence au 
architectes et aux ouvriers chargés d'édifier la pyramide 
d'Usertesen II, de la XII« dynastie. Le tombeau en question 
fut découvert dans la pyramide même. 

* Le son propre de Tanche est un facteur très important 
dans l'accord des instruments dont la colonne d'air est mise 
en vibration par ces languettes élastiques: une anche mal 
diapasonnée détruit complètement le juste rapport entra les 
degrés de leur échelle. 



— a93 — 

L'anche battante dont nous nous sommes servis» imi. tst^Buro» 
semblable à celle de Varghoul, mesure 0*055 db ^**"'* 
longueur; la perce, pareille à celle de l'instrument, 
mesure o'^ooô de diamètre, la languette vibrante 
est détachée sur une longueur de o"o3o. Pour 
assembler Tanche au tuyau, nous avons employé 
un petit anneau de cuivre, en manière de bague. 

L'anche double nous a été fournie par un frag- 
ment de tige de seigle formant un tuyau de o»044 ^^ 
longueur sur un diamètre intérieur de 0^005 et 
aplati à son extrémité supérieure de façon à former 
une double languette. Nous Tavons fait serrer dans 
le tuyau à Taide de quelques tours de papier. 

Les deux systèmes d^anches sont joints aux 
instruments. 

Bien que les résultats obtenus dans les deux cas 
soient presque identiques, comme nous venons de 
le voir, il n*en est pas moins intéressant de chercher 
à savoir de quelle nature était Tanche employée 
par les anciens. 

La ressemblance des chalumeaux de Kahun avec 
Targhoul n* 113 et la zummârah n» 115, l'un 
et Tautre, actuellement encore très répandus en 
Egypte, nous permet de supposer que Tanche bat- 
tante était aussi celle de ces chalumeaux et que 
cette anche est originaire des pays riverains du Nil 
et qu'elle y est en usage de temps immémorial. 

Lors de la reconstitution de la tibia n^ 416 nous 
avions supposé, en raison de la similitude des 

ai 



— 294 — 

iMUtttu-sofop. colonnes d'air» que l'anche battante était aussi celle 
de ces chalumeaux de Tépoque greco-romaine. Nous 
versions dans Terreur. 

Dans une note à la suite de la description de la 
tibia susdite (i*' vol. 2* éd.), nous avons justifié 
cette modification de notre manière de voir. Depuis, 
en janvier 1896, un voyage en Tunisie nous a 
fourni l'occasion de visiter le Musée de Carthage. 
Le R. P. Delattre, à qui est dûe^ pour la plus grande 
partie, la formation de ce Musée, d'une très grande 
valeur historique, nous a fait remarquer une stèle 
punique sur laquelle figurent deux tibiae très exacte- 
ment et très minutieusement représentées. Or, les 
anches sont doubles. Cette stèle, vierge de toute 
restauration, date de deux siècles avant l'ère chré- 
tienne ; elle établit donc d'une façon définitive et 
indiscutable la forme double de l'anche de l'aulos 
grec et de son dérivé la tibia romaine. L'origine de 
l'anche double ne doit pas être moins ancienne que 
celle de sa rivale, l'anche battante; la simplicité de 1 
sa structure permet même de supposer qu'elle lui 
est antérieure; il suffit, en effet pour la façonner et 
le chalumeau du même coup, d'aplatir l'extrémité 
d'une tige de blé en herbe ! 

L'anche double a en outre l'avantage de pouvoir 
être faite de toutes dimensions tandis que celle de 
l'anche battante est nécessairement limitée au dia- 
mètre du tuyau dont on a découpé la languette 
vibrante; elle parle plus facilement et donne plus 



— à95 — 
d ampleur à la vibration de la colonne d'air àiMt.at.Bnr»p. 
laquelle elle est associée. 
Voici les dimensions de nos deux chalumeaux : 
«)N» 1799 : long. o"448; diam. intérieur o»oo6 
environ. Les trous latéraux sont placés respective- 
ment à 0*074, o^ioôj o"»i43, o""i77, ces distances 
sont mesurées du bord de l'extrémité inférieure du 
tuyau jusqu'au milieu des trous. Ceux-ci, de forme 
ovale, mesurent respectivement : le premier, 8 mill. 
de long, sur 4 de larg.; le deuxième, 7 mill. sur 4; 
le troisième, 5 mill. sur 3 1/2; le quatrième, 4 mill. 
sur 3. 

6)N» 1800 : long. o"»453; diam. intérieur, égale- 
ment o^ooô environ. Les trous latéraux sont placés 
ào'"o42, o"o7i, o»iio de l'extrémité inférieure du 
tuyau; le premier mesure 7 i/^ mill. sur 4, le 
second 7 sur 4, le troisième 6 î/2 sur 3 ^/a. 

Japon. 1801. Chalumeau, Don de M. B. Closson. 
Tuyau de bambou dont Tune des extrémités, taillée 
en biais, est recouverte par une mince membrane, en 
papier parcheminé, fixée par un bout dans une fente 
longitudinale pratiquée dans l'épaisseur du bambou, 
vers le bas de la taille oblique. Le tuyau porte aux 
deux extrémités deux autres petits tuyaux de bambou 
dont l'un du côté de Tanche, teint en vert, mesure 
o°^25 de longueur, tandis que l'autre, du côté opposé, 
teint en rouge, n'a que o"»35 de longueur; de ces 
deux tuyaux, glissant dans le tuyau principal, le 
premier sert à mettre Tanche en vibration par 



— agfi — 

ii»t.ttt^Qror- insufflation, le second par aspiration. Dans les 
a. m. 

deux cas l'intonation est î 



p- 



Long, du tuyau 



principal o'^oga; diam. intérieur o">oo4 environ. 

lo. 1802. Chalumeau» Don du même. Tuyau de 
bambou percé de six trous latéraux. Dans l'intérieur 
glisse, à o»oio environ de profondeur, un autre 
tube de bambou, que l'instrumentiste introduit dans 
la bouche et qui contient lui-même un troisième 
bout de tube; l'extrémité de ce dernier, taillée en 
biais, porte une membrane vibrante semblable à 
celle du chalumeau précédent. L'ouverture succes- 
sive des trous latéraux fournit les intonations sui- 
vantes : 



:j j J U=L 



— Long, du tuyau principal on235; diam. intérieur 
o"oo8; long du tuyau d'insufflation o"04o; du tube 
portant l'anche o"02o; diam. intérieur du même 
o^.ooa. 

Id. 1808. j^ouet. Don du même. C'est une poupée 
formée de simples feuilles de papier collées sur 
leurs bords et sur lesquelles on a représenté en 
quelques traits au pinceau, un personnage féminin. 
Un cylindre de carton lui sert de ceinture et main- 
tient la forme arrondie de la poupée. Dans le 
cylindre on a adapté un petit tube de bambou servant 
à rintroduction de l'air destiné à gonfler le jouet. 



Cl. III. 



— 297 — 

A côte de ce tuyau on en a collé un second muniiott.«t-«orop. 
d'une anche semblable à celle des deux instruments 
précédents. On embouche simultanément les deux 
tuyaux, de manière à gonfler ce simulacre de poupée 
et à mettre, en même temps, Tanche en vibration; 
celle-ci donne une note à l'unisson du réb de la 
7* octave, dont le timbre imite assez bien le cri 
d'un enfant. — Long, du tuyau d'insufflation avec 
l'anche 0*04 environ. 

Id. 1804. 3^ouet. Don du même. Semblable au 
précédent. La figure en papier colorié représente 
ici un coq et la botte en carton dans laquelle sont 
insérés les deux tuyaux de bambou, affecte la forme 
d'un œuf. 

Sbction D. >- Anchâ doubkt avec tuyau. 

Sou-iectioa «m. — Tuyau qrlindriqve. 

Annâm. 1806. Cdi ken mot (kan^ flûte, mât, 
unique). Simple tuyau de roseau percé latéralement 
de sept trous sur une face, et d'un huitième trou sur 
la face opposée, à la hauteur correspondant à la 
moitié de l'intervalle compris entre les deux der- 
niers trous de la face antérieure. Les trous, au lieu 
d'être ronds, étant ovales, il est aisé de ne les 
couvrir que partiellement. 

L'anche, très curieuse, mérite une mention spé- 
ciale : elle est faite d'une enveloppe de chrysalide 
préparée de façon à former une sorte de tuyau dont 



— 298 — 

iiitt.cit..Biirop. Textrémité, aplatie, agit comme les deux languettes 
de Tanche double. Les intonations sont approxima- 
tivement les suivantes : 



Cl III. 



^ 



^ 0128. 4 5678 

— Long. tôt. (anche comprise) o»i98; diam. inté- 
rieur o"oo6 environ. 

lo. 1806. Câi ken dôi {dôi, double). Chalumeau 
double formé de deux tuyaux semblables à celui de 
l'instrument précédent, et munis chacun d'une 



Cài ken dôi (no 1806). 

anche de même nature. Ces deux tuyaux, réunis 
par leur côté et attachés à Taide d'une sorte de 
mastic, sont de même longueur et sont percés cha- 
cun d*un même nombre de trous. Les deux anches, 
s'embouchant à la fois, produisent deux sons à peu 
pris à Tunisson, dont le léger désaccord se mani* 
feste par un tremblotement continuel semblable à 
celui de la zummarah^ auquel l'instrument res- 
semble beaucoup, à part le détail de l'anche (Voir 
la note du n* 115). Les intonations sont à peu près 
les suivantes : 




it 



m 



012 

— Long. tôt. 0*27. 






— 299 — 

Id. 1807. Cdi ken mot. Don de M. G. Dumoutier. imt «trEoio 
Simple chalumeau à colonne d'air cylindrique, de ^ "* 
construction semblable à celle du n"* 1865 et percé 
comme celui*ci de huit trous latéraux, fournissant 
ici la très curieuse succession suivante : 



k=rr^i-r^ . 



tF f T T 1 



^ 012345678 

— Long. tôt. o"*245. 

lo. 1808. Cdi ken dôi. Don du même. Chalumeau 
semblable au n* 1806. Intonations : 



h — . T- :r 



^-H- ^ ^ r "f^ 



3 4 6 6 



^ — ia^"T^ — ^ 

W I a 
— Long. tôt. o"28o. 

Sov»-*ection bb. — Anche double et tnyao conique. 

Id. 1809. Cdi ken ha (Joa = conque, pavillon 
évasé; on désigne du même nom les trompettes 
de guerre et les conques d*appel). Hautbois presque 
semblable au Heang-teih chinois (n*^ 1 1 9). Le corps 
est en bois» le pavillon en cuivre. L'ouverture 
successive des huit trous latéraux donne les 
intonations suivantes : 



rirrf ^ f '^ ^ 



tJ 012345678 

L'instrument s'emploie surtout dans les cérémonies 
funèbres. ~ Long. tôt. 00^43. 



— 3<><> — 

iQtt, est.-B«fop. Chinb. 1810. Hêang^Uih. Don de M. V. Mahillon. 
^**™ Semblable au n» 119. Intonations : 



î- 



^^^^^ 



1 
— Long. o"47. 

Japoî^(?). 1811. Sorte de hautbois. Ce curieux 
instrument est formé d'un long copeau de bois très 



Haotbois (do i8tt). 

mince, de 35 niill. de largeur, enroulé sur lui-même 
et étiré ensuite de façon à former un tuyau conique, 
en spirale, de 0^3 15 de longueur; Tanche est elle- 
même formée par la pointe du tuyau, écrasé de façon 
à présenter une double languette. Ce petit instru- 
ment produit les intonations 




Bn Angleterre, dans le Oxfordshire on célèbre annuelle- 
ment, le lendemain de la Pentecôte', une fête populaire d'ori- 
gine fort ancienne. Le but est la chasse au chevreuil, en forêt, 
à laquelle certains villages, en vertu d'une vieille charte, ont 
la faveur de participer. Cette chasse populaire se fait au son 
du WUh-ham qui. chose curieuse, correspond exactement au 
hautbois japonais ci-dessus décrit (Voir au sujet de l'instm- 
ment anglais, l'intéressante notice de M. Henry Balfour. 
conservateur du Musée de l'Université d'Oxford, dana le 
Rêliquary and illustrated Archaeologist, octobre 1896A 

> Les anglais donnent le nom de Whiisunday au Dimanche 
de la Pentecôte à cause du baptême des néophytes, revêtus 
de robes blanches, qui se fiaisait la veille. 



— 3^1 — 

Annam. 181S. Cdiken. Don de M. G. Dumoutier. latt. esi..Eiiiop 
Hautbois assez semblable au n* 1809, fait comme ^*'"' 
celui-ci de deux parties de bois creusées longitudi- 
nalement et assemblées à la colle de façon à former 
une colonne d'air conique. L'instrument n'a pas de 
pavillon et est percé latéralement de huit trous 
procurant, par leur ouverture successive, les intona- 
tions suivantes : 



q= 



-tt^ 



^p^^ 



01 2 s 4 6 6 

L^anche, formée d'une sorte de roseau aplati et 
très habilement façonnée, s'applique sur un bocal 
en cuivre assez semblable à celui du cor anglais, qui 
s*adapte lui-même dans le tuyau à Textrémité supé- 
rieure du corps de Tinstrument. — Long. tôt. 
(ancbe comprise) 0*3 8. 

Id. 1818. Cdi ken. Don du même. Construction 
semblable à celle du précédent instrument, sauf les 
dimensions et le nombre de trous. Celui-ci n'a que 
sept trous latéraux fournissant les intonations 
suivantes : 



5==I= 



^z= ^.-3-iN^-^ g^ 



ft 



Lofi£^. tôt. (anche comprise) o»56. 

Chine. 1814 et 1816. Sona. Don de M. A. J. van 
Aalst. C'est le nom donné, dans le Nord de la Chine, 
au hautbois déjà catalogué sous les noms de Heattg 



— 3^^ — 



iMt. ext.-Eutop. teih, n^ 1 19 ou Shu ty, n^ 697. Les présents exem- 
^*' "^ plaires, provenant de Pékin, sont de facture beaucoup 
plus soignée que les instruments du même type pré- 
cédemment décrits. Le pavillon, en cuivre rouge et 
jaune, est garni d'ornements en laiton repoussé et 
gravé. La partie supérieure, ou bocal, sur laquelle 
s'applique Tanche, est ornée de deux petites sphères 
de cuivre découpées à jour. La sphère inférieure 
repose sur une plaque circulaire qui détermine le 
degré d'insertion du bocal, la sphère supérieure est 




SQoa (no 18x4 et 1815). 

recouverte d'une plaque circulaire plus petite que 
la précédente, contre laquelle l'exécutant appuie 
les lèvres en prenant Tanche en bouche, car. 
contrairement aux habitudes européennes, Tinstru- 
mentiste chinois ne serre pas Tanche entre les 
lèvres. Une chaînette relie les deux plaques. 

Les trous latéraux, au nombre de huit, alternent 
avec autant d'anneaux de laiton qui servent tout à 
la fois à orner et à consolider le tuyau. L'ouverture 
successive des trous latéraux fournit les intonations 
suivantes : 



:3=«>t 



'jé=ë: 



j^Ë 



— 3Û3 — 

L'intonation obtenue par la fermeture de tous les latt. «st. En» 
trous latéraux* ne dîÉFère que d'un demi-ton de celle ^*'"'* 
donnée par l'ouverture du premier trou, ce qui 
s*explique par le prompt épanouissement de la 
colonne d'air. — Long. tôt. o"6os. 

Branchb B. — Instruments a bouche. 

Section A. — Bouche biseautée. 

Sons-section aa» — Bouche biseautée et tuyau ouvert. 

Java. 1816. Flûte nasale. Don de M. L. J. F. E. 
von Ende. Semblable à celle précédemment décrite 
sous le n» 593. Celle-ci provient des Orang-Badouïs, 
petite tribu de 300 âmes environ qui habite les 
rîves de la Tjioudjoung, rivière au centre de la 
résidence de Bantam. Intonations : 
Hz 



i 



ë^^Ëë^ 



■j —r-'— ' — i 





— Long. tôt. o"4i. 

L,es Orang-Badouïs sont des indigènes de mœurs paisibles, 
conservant des institutions étranges et patriarcales, ayant peu 
ou point de rapports avec les autres insulaires. De race et de 
langue soundanaises, ils se distinguent des soundanais par le 
costume. Ils ne se sont jamais convertis à Tislamisme, la 
religion dominante à Java; leurs croyances, peu connues, 
semblent se rattacher aux religions de l'Inde anglaise. 

Id. 1817. Flâie nasale. Don du même. Semblable 
à la précédente. 

SiAM. 1818. Kliu (fac-similé; l'original nous a 
été obligeamment communiqué par M. A. J. Hip- 
kinS| de Londres). C'est une sorte de flageolet percé 



— 304 — 

ivti cztBarvp. de Sept trous sur la face postérieure et d*un hui- 

^'"^ tième placé de Tautre côté, à une hauteur qui 

correspond à la moitié de Tespace compris entre le 

6« et le 7^ trou. L'ouverture successive de ces trous 

procure les intonations suivantes : 



?=pr^=^ 



C>/ 0iaS45678 

Au*dessou8 de ces trous, vers l'extrémité inférieure 
de rinstrument, se trouve un groupe de six autres 
trous qui ne servent qu*à annuler l'effet de cette 
partie de la colonne d'air et à régler l'intonation du 
premier son. Au-dessus du 8* trou s'en trouve un 
9«, placé sur le côté, et dont l'ouverture est recou- 
verte d'une membrane destinée à agir comme la 
pellicule du iy (voir la note du n* 129). Long. 
tôt. o"465. 

Japon. 1818. Sifflet double. Deux tuyaux de 
bambou sont collés l'un à l'autre dans le sens de 
leur longueur, chacun deux muni d'une bouche 
bisautée. Les deux tuyaux, d'égale longueur, 

JL 
^_ 

produisent la même note rgk^E^ avec un léger 

battement provenant d'une petite différence dans 
leur accord. Ce sifflet est spécialement employé par 
les masseurs. — Long. o™i5. 

N0U8 devons à l'obligeance de M. Q. Dumoutier la note 
suivante : 

f Le massaçe au Japon est spécialement pratiqué par dea 



— 30S -^ 

mveagles. Ils parcourent les rues après le déjeuner et après le ln*t ezt.-Eorop 
dîner jusque vers la moitié de la nuit, en révélant leur présence c>* m- 
par deux notes prolongées quMls tirent d'un sifflet formé de 
deux roseaux accouplés •• 

Japon. 1820. Sifflet double. Semblable à Tinstru- 
ment précédent. 

Am6riqub. 1821. Flûte. Don de M"* John 
Crosby Brown. Tuyau de bois formé de deux pièces 
creusées dans le sens de leur longueur et assemblées 
par les bords au moyen d'un collage. Ce tuyau se 
compose de deux parties séparées par une cloison 
intérieure : le canal d'insufflation et le tuyau ren- 
fermant la colonne d'air vibrante. 

La bouche est intéressante et mérite qu'on s'y 
arrête un instant. 

Deux trous rectangulaires, de 0,008 environ de 
côté, sont découpés dans la paroi du tuyau, vers 
son extrémité supérieure, à 0,013 de distance Tun 
de l'autre; le premier débouche dans le canal d'in- 
su£Bation, le second dans le tuyau principal. Une 
petite pièce de bois en saillie sur le tuyau, recouvre 
le premier trou et, par une petite rigole longi- 
tudinalement creusée dans la pièce de bois, fait 
communiquer le premier trou avec le second, de 
telle façon qu'en soufflant dans le canal d'insuffla- 
tion, l'air passe par le premier trou, traverse en un 
mince filet la rigole de la pièce de bois et vient se 
briser contre l'angle du second trou pratiqué dans 
le tuyau principal, lequel reste découvert, mettant 
ainsi la colonne d'air en vibration. Le tuyau prin- 



iDttext-Eiirop. cîpal est percé de cinq trous latéraux» à la distance 

^'•"'* moyenne de 30 mill. Tun de l'autre, le premier se 

trouvant à environ o™20 de rextrémité inférieure du 

tuyau. L'ouverture successive des trous latéraux 

produit les intonations suivantes : 



zr 1 2 3 4 s 



Ce curieux instrument provient des Indiens 
Sioux. — Long. tôt. o">55S. 

Id. 1822. Flûte. Don de la même. Le principe 
est semblable à celui de la âûte précédente. 
Mais la pièce de bois qui relie les deux trous 
formant la bouche est remplacée ici par un anneau 
fait d'une bande de cuir qui recouvre le premier 
trou et dirige Tair introduit par le canal d'insuffla- 
tion contre l'angle du second. Ce spécimen, qui, 
d'après la donatrice, serait l'œuvre d'un Indien civi- 
lisé reproduisant de mémoire un instrument de son 
enfance, offre certainement, au point de vue ethno- 
graphique, beaucoup moins d'intérêt que le précé- 
dent. Il est percé latéralement de six trous, dont 
l'ouverture successive donne lieu aux intonations 
suivantes : 



tJ 12 3 4 5 6 

La flûte est formée d'une pièce de bois façonnée 
au tour et percée longitudinalement de façon à 
former une colonne d air conique de 0^015 de diam. 



Cl. m. 



— 307 — 

à l'extrémité supérieure du canal d'insufflation, et imi exUEarop 
de o"'26o à Textrémité opposée. — Long. tôt. o«6o. 
Japon. 1823. Flûte. C'est un simple roseau percé 
latéralement de trois trous. A l'extrémité supérieure 
a été disposée la bouche, semblable à celle des 
flûtes européennes. L'ouverture successive des trous 
latéraux produit les intonations suivantes : 



3c-gt: 



î=^ 



qui octavient facilement à Taide d'une légère pres- 
sion d'air. — Long. o»i55. 

Java 1824. Souling, de Tanc. coll. Jourdan. 
Roseau à perce cylindrique; les six trous forés 
latéralement produisent la curieuse échelle suivante: 



i 



* 



s^^^g^a 



^^ * w - 



Cette flûte, dont la construction est semblable à 
celle du n» 362, porte, gravé sur sa face antérieure, 
len» I. — Long. tôt. o°si. 

Id. 1826. Souling^ de la même coll. Instrument 
semblable au précédent. Le diamètre du roseau est 
un peu plus fort et le tuyau n'est percé que de cinq 
trous latéraux procurant les intonations suivantes : 



I 



^=W^ 



E^SE 



1 

Cette flûte, pour le surplus semblable à la précé- 



— 3o8 — 

ioftteit..Burop. dente, porte le n» 2 gravé sur la face antérieure, 
^**"'* avec le millésime 1822. — Long. tôt. o™652, 

Il y a, d'après le D' Qroneman, quatre variétés de Soelings: 
La première à 4 trous, pour le gamëlan selëndro, avec la 
tablature suivante : 



-a €?' 



.i__„_^__„. 



banog, coeloe, 

La secondera 5 trous, pour les taras barang du gamSlao pllog. 
Tablature : 






O O w o ^ 

dada, pelog, lima, nem, baraog. go«loe« 

La troisième, également à 5 trous, pour les iara$ mIm ds 
gamëlan pelog. 
Tablature : 



-^ — 






o o w o ^ w 

dada, pclog, linia, nem, bem, goeloe. 

C'est en raison de cet emploi différent que la seconde variété 
porte le nom particulier de iouling barang et la troisième celai 



— 3^9 —- 

de soeiing nëm. On remarquera que Tintonation donnée par Intt. ext Europ. 
l'ouverture des quatre trous latéraux inférieurs n'est pas la CLIli. 
même dans les dçux instruments. 

La quatrième variété, à 6 trous, est construite de façon à 
pouvoir servir aussi bien pour l'échelle salëndro que pour 
l'échelle pifhg. C'est cette particularité qui nous a permis de 
déterminer les points de contact entre lés deux échelles. 

Tablature : 
hheUt utttndro : iudm, lima, nem, baraDg, goeloe. 



-C? G- 



-éS G O O- 



tàitUtfiiogt dada, pélog, lima, uem, barang, bem, goeloe, 

Il est intéressant de remarquer que dans les quatre variétés 
riotonatioD produite, tous les trous latéraux étant fermés, est 
le dada, tandis qne lorsque tous les trous latéraux sont ouverts, 
c'est le goeloe qui se fait entendre. 

Les deux soelings n»* 1824 et 1825 "^ ^^^ P^ construits 
sur les données qui précèdent; peut-être aussi ont-ils été 
altérés dans leurs intonations primitives par des changements 
apportés aux trous latéraux. 



Sou-section bb, — Boucbe biteauté« et tuyau fermé. 

Annam. 1826. Cdi sao (sao -» oiseau chanteur). 
Flûte éolienne qui s'adapte au cerf-volant. Tuyau 
de bambou dans lequel on a glissé, par les deux 
orifices extrêmes, deux fonds, de façon à former 



22 



iBtt. •zt.-Borop. deux tuyaux fermés, de longueur à peu près égale, 
^**"^' séparés par un petit intervalle vers le milieu de la 
longueur du tuyau principal. Les deux orifices sont 
fermés à leur tour par des tampons de bois formant 
légèrement saillie et dans lesquels on a découpé 
diamétralement et pour servir de bouche, deux ouver- 
tures quasi-longitudinales, de 0^050 de longueur 
sur o'^oii de largeur. 

L'appareil se compose ainsi, en quelque sorte, de 

deux flûtes dont Tune donne le (Si J ^. tandis que 



le ^.11 



l'autre donne le gt ^ — . Il est assez probable que 

les deux flûtes étaient destinées à produire le même 
son. Dans l'intervalle qui les sépare, c'est-à-dire vers 
le milieu de la longueur du tuyau principal, on a 
découpé dans le sens de sa circonférence, une 
ouverture; celle-ci sert à attacher l'appareil au cerf- 
volant, — Long. tôt. du tuyau o°2 8; diam.ext. o"o6. 

Quant la mousson du N.-Ë. s'établit au Tonkin. on voit de 
tous côtés s'élever des cerf-volants qui restent en Tair pendant 
des nuits entières et dont les flûtes éoliennes, vibrant toutes 
ensemble, produisent un vacarme parfois insupportable. Un 
seul cerf-volant supporte parfois deux, trois et quatre flûtes de 
grosseur difi'érentes. dont la réunion produit, lorsque ces tuyaux 
sont accordés dans un rapport harmonique, des sonorités très 
agréables. 

Id. 1827. Cdi Sao. Flûte éolienne composée de 
trois tuyaux semblables à ceux de l'instrument pré- 
cédent et traversés dans le milieu de leur longueur, 



CL III. 



— 311 — 

là ou les deux parties sont séparées, par une tige de ingtazt-Borop. 
bambou sur laquelle ces tuyaux sont disposés 
parallèlement y par ordre de grandeur. 

Le plus grand mesure 0^38 de longueur sur 
0*^095 de diamètre; les deux bouches donnent le 

La flûte moyenne a une longueur de 




o" 17 sur un diamètre de o"o3 8; elle donne par les 
^ Le plus petit tuyau » mesu- 



deux bouches 




rant o°>i34 de longueur et omoa5 de diamètre» 

donne par les deux bouches le ^ y . Même usage 

que l'instrument précédent. 

Japon. 1828. Sifflet en porcelaine. Don de M. E. 
Closson. Il représente un enfant couché. L*intona- 
tien est Vut de la 7® octave. La conformation de la 
bouche ressemblant à celle des flûtes européennes, 
n*offre pas de particularité. 

Sbction B. — Bouche latérale. 

Ilbs Fidji. 1829. Bitn-uvu (prononcez : mbetoo' 
oovoo; fr. — flûte en bambou). Don de M. Beckx, 



Bita-avu (no 1829). 



consul général de Belgique à Melbourne. Le tuyau, 
fermé à ses deux extrémités par les nœuds de crois- 



Cl. III. 



— 31a — 

ilikt. ext..£urop. sance du bambou^ est percé de sept trous latéraux : 
trois au milieu de sa longueur, dans le sens de la 
circonférence; deux servant d'embouchure, un à 
chacune des extrémités; et enfin deux autres placés 
aux points correspondant au premier et au troisième 
quart de la longueur du tuyau. Lorsque Ion dirige 
le soufHe contre le bord de l'un des trous servant 
d'embouchure (l'un des deux paraît, par sa gran- 
deur, être particulièrement affecté à cet usage) en 
bouchant le trou placé au premier quart par Tindex 
de la main droite ainsi que les trois du milieu en 
entourant ceux-ci par l'index et le pouce de la main 
gauche, on obtient le son le plus grave de la flûte; 
si, alors, on débouche successivement les trois 
trous du milieu, puis celui que recouvre l'index 
de la main droite, on obtient approximativement 
les intonations suivantes : 



p 



wm 



"î" 4 6 6 7 

Les trous 1 et 2 de la seconde partie du bambou 
ne servent probablement, le premier, placé au troi- 
sième quart de la longueur, qu'à régler l'intonation 
du 3« trou placé au milieu, le second, qu*à donner 
à l'ensemble une disposition symétrique. — Long, 
tôt. o"675; diam. o"048. 

Annam. 1830. Cai ong dich {dich — tube). Flûte 
en roseau garnie de deux bouts d'os. Construction 
semblable à celle du ty chinois (voir le n** 129)* 



"fftr 



— 313 — 

L'ouverture successive des trous latéraux donne les imt ext..Europ 
intonations suivantes : ci. m. 



iî^^ 



=^z=P= 



Le son o est produit par un septième trou latéral 
ouvert au bas de l'instrument, mais qui ne se recou- 
vre pas par les doigts. — Long. o"64. 

Iles HawaL 1831. Fl4te nasale. Tuyau de bam 
bou dont l'embouchure est taillée près de Textré- 
mité du tuyau et de manière que la colonne 
d'air soit facilement mise en vibration au moyen 
du souffle produit par les narines. Le tuyau est 
percé en outre d'un trou latéral dont l'ouverture fait 
monter l'intonation d'un intervalle de tierce majeure. 
Le trou latéral fermé, le son produit est le 



ijzti; lorsqu'il est ouvert, on obtient le j&^=:« 



Les naturels se servent de cette flûte dans les 
danses appelées hula-hula. — Long. tôt. 0^3 85, 

Id. 1882. Câi ong dich. Don de M. G. Dumontier. 
Semblable au n» 1830, mais plus court. Echelle : 



pn=f^E^. 



Chine. 1838. Ty^ de l'anc. coll. Jourdan. Flûte 
traversière, construction et accord semblables à 
ceux du n» 1 29. 

GyyANE ANGLAISE (?). 1884- Fl4ic en roseau, de 



— 314 — 

lutactBBro». Tanc. coU- Jourdan. Construction semblable i celle 
^'•^"' du n» 132; mêmes intonations. 



PlAte (no i8j4). 

Sbction C. — Boucha iransvârsaU» 

SoQS-iection aa. — Boache trmnsyerulc et tayao fonné. 

CoNQO. 1886. Flûte. Bien certainement Tune des 
pièces les plus curieuses et les plus extraordinaires 
du Musée : une pointe d*ivoire transformée enfl4U! 
Ce qui ajoute à Tintérét de l'instrument^ c'est qu'il 



Flûte (no X835). 

nous offre l'application d'un principe dont la science 
acoustique s'est peu occupé jusqu'aujourd'hui mal- 
gré son extrême importance : un tuyau conique 
fermé au sommet du cône et agissant, par suite, 
lorsqu'il est mis en vibration à sa partie large 
ouverte, absolument comme un tuyau ouvert de 
même longueur : c'est-à-dire que sa longueur pour 
un son donné est égale à Tonde simple de ce même 
son, qu'il octavie, et qu'enfin on peut, par l'ou- 
verture des trous latéraux, lui faire produire, tout 
comme au tuyau ouvert, une série de sons fonda- 
mentaux. Ainsi, la flûte que nous avons devant nous, 



— 315 — 

donne assez exactement les sons fondamentaux : iB8t.exi.-Borop 

_-^ Cl. m. 



p=i 



^Ê 



La profondeur de la colonne d'air n'allant pas beau- 
coup au-delà du premier trou latéral, le prolonge- 
ment devient par suite inutile, — si ce n'est pour 
déterminer la forme de Tinstrument. L*œillet par 
lequel ce prolongement se termine sert à attacher 
le cordonnet à Taide duquel la flûte se suspendait 
au cou. — Long. tôt. o°*35. 

Id. 1836. Pitu. Don de Mr. H. M. Jaeger, de 
Bruxelles. Sifflet formé d'un tuyau de bois fermé à 
son extrémité inférieure. Il donne Vut de la huitième 
octave. Creusé sur un diamètre de o°oo7 à o"»040 
de profondeur, il mesure en longueur o"o85. 

Id. 1837. Sifflet. Don de M. L. Cavens. Il pro- 
vient de la tribu des Bayongana, habitant les rives 
de la rivière Kwilu Djuma, affluent du Kwango 
(Congo supérieur). Il nous paraît être taillé dans 
une noix de Tagua ou ivoire végétal. Saforme ovoïde 
rappelle celle d*un minuscule ocarina; mais la tubu- 
lure sert ici à moduler le son, celui-ci se produisant 
par Torifice supérieur qui fait l'office de bouche 
transversale. Le sifflet produit les deux sons 

8° 



$ 



Le second s'obtient en découvrant la tubulure, 
percée d'un trou qui communique avec l'intérieur. 



— 3ï6 — 

iiti net Ba^o^ La partie inférieure de l'appareil est également 

^*^" percée d'un trou, celui-ci sans communication avec 

la colonne d*air, et servant probablement à passer 

un cordon pour suspendre l'instrument au cou. — 

Long. tôt. o">oss; '^^g« ^"oaj. 

Congo. Collection de sifflets. Don de M. L. Cavens. 
Tous proviennent de la collection du capitaine Van 
de Velde et sont originaires du Sankourou. 

1888. Sifflet en ivoire, La forme ne pourrait 
mieux s'en comparer qu'à la poupée employée par 

«les modistes. Pièce remarquable, de 
beaucoup de caractère, — un fétiche 
probablement. Toutes les parties en 
relief sont usées par le frottement et 
dénotent une grande ancienneté. Le 
tuyau creusé à la partie inférieure de 
la figurine et dans le sens de sa 
hauteur mesure à peu près 0*050 de 
Sifflet en Uoire profoudcur; Ic diamètre est variable; 
ino 1838). j^ maximum, à Torifice* mesure o*oi4 

environ. Deux tubulures, laissées sur les côtés, à 
environ o"02o de l'orifice servant d'embouchure, 
sont percées d'un petit trou communiquant avec le 
tuyau principal. Lorsque ces deux petits trous 

latéraux sont fermés, on obtient le 7 t f : leur 

ouverture successive fournit, les 

8» 



fi^ 



— 317 — 
Un autre trou, percé de part en part à Tendroît du io.».ext..Eurep. 
cou de la figurine, sert à suspendre lé sifflet. Nous ^*' '" 
supposons que celui-ci se tient dans la paume de 
la main, l'orifice appuyé contre les lèvres et les 
ouvertures percées dans les deux tubulures laté- 
rales, recouvertes par le pouce et Tindex. — Long, 
tôt. o"io. 

1839. Celui-ci, en ivoire également, — comme 
tous ceux qui suivent, jusqu'au n* 1849 inclus, — a 
laforme d'un verre à vin sur pied et à gobelet arrondi. 
D'un côté, une tubulure percée d'un trou communi- 
quant avec le tuyau principal ; de l'autre, disposé 
symétriquement avec la tubulure, une sorte de bec 
taillé dans l'ivoire.et dont les pointes sont légère- 
ment écartées. Il servait probablement à suspendre 
rinstrument au cou à l'aide d'une ficelle. Le son 

produit est le gk ^ à la double-octave aiguë. 



"P 



L'ouverture de la tubulure laissée à découvert, le 

son monte d'un demi-ton. — Long, 0*04; prof. 

moyenne du tuyau o">o25. 

1840. Sa forme rappelle vaguement celle d'une 

cruche reposant sur un pied aplati et dont Tanse 

servirait à suspendre l'objet. Un simple trou latéral 

percé dans le côté et symétriquement à l'anse sert à 

8 

élever d'un ton l'intonation fondamentale : 7S ^ 

— Long. tôt. o!"o6^ ; prof. max. du tuyau o'"o28, 



- 3i8 - 
insi, exi..Europ. 1841. Formc de vase cylindrique, avec un léger 
^^•"^* renflement vei-s la partie inférieure. Il se termine 
par une sorte de palette destinée sans doute, à 
tenir le sifflet dans la main. L'appareil est orné 
d'une série de petits cercles avec un point central 
accentué : ©'. Il se complète par deux tubulures 
aux côtés et, sur la face antérieure, d'un crochet 
destiné à le suspendre. Les sons obtenus sont les 
suivants : 



t 



=yfefe 



— Long. tôt. o»094, prof. max. du tuyau, o"o44. 
1842. Même forme que le précédent. Il ne donne 

I toutefois que deux sons, Tune des tubu- 
lures étant bouchée. Le crochet destiné 
à recevoir le cordon pour suspendre 
le sifflet est remplacé par un trou percé à 
la partie inférieure. Intonations : 
— Long. tôt. o"i2; prof, du tuyau, 

Sifflet (no 1841). o"0 4 9 . 

1848. Forme analogue à celle du n» 1839, qu'il 

I Ce motif, qui paraît traditionnel au Congo, se retrouve sur 
un grand nombre d'instruments du pays. Voir notamment U 
grande trompe n° 1882. 



i 



8. 



— 3*9 — 

surpasse par la grâce du contour et le détail des iBtt.ext.-Earop. 
sculptures. A en juger par la patine brune de 



Cl. III. 



t 



Sifflet (ûo 1843). 



l'ivoire, celui-ci est aussi beaucoup plus ancien. 
Intonations : 



m 



IB 



avec l'effet à la double octave aiguë. — Long. tôt. 
0*050; prof, du tuyau o™o25. 

1844. Forme semblable à celle du n* 1840, mais 
celui-ci paraît plus ancien. L'anse destinée à le 
suspendre est brisée. Mêmes intonations que le pré- 
cédent. — Long. tôt. o°o55 ; prof, du tuyau o°»28. 

1846. Forme ovoïde, la partie inférieure toutefois 
terminée en une pointe percée d*un trou par lequel 
passe la corde destinée à suspendre Tinstrument. 
Des fragments de cette corde, en liane, sont conser- 
vés. Deux tubulures latérales percées chacune d'un 
trou, d^où possibilité de produire trois intonations : 



^^ 



— Long. tôt. o«»075 ; prof, du tuyau 0*049. 



Cl. m. 



320 -' 

iMt. ext..Earop. 1846. Celuî-cî est également de forme ovoïde, 
mais il se termine par un ornement en cône droit, 
le sommet dirigé vers le bas. Sur l'un des côtés, 
une tubulure, de l'autre une sorte d'anse pour 
suspendre le sifflet. L'ensemble dénote un travail 
bien moins habile que celui des instruments précé- 
dents. Intonations : 

8 



I 



— Long, tôt o"o65 ; prof, du tuyau o"»035. 

1847. La forme générale, très gracieuse, est 
celle d'une petite amphore aplatie. L'ancienneté de 
l'appareil paraît très grande. Une tubulure d'un 
cotéy de l'autre une anse. Intonations : 

8 



— Long. tôt. o»o67; prof, du tuyau o"34. 

1848. Forme semblable à celle de l'instrument 
précédent, mais d'un contour moins gracieux. Le 
forage a été maladroitement exécuté, car l'outil a 
percé la partie inférieure, produisant une ouverture 
qu'il faut boucher pour obtenir un son. Une tubu- 
lure et une anse encore traversée par le cordonnet 
de liane. Intonations : 

I ^1 



$ 



— 321 - 

avec l'effet deux octaves au-dessus. — Long. tôt. lost. ext..Barop. 
o«o45; prof, moyenne du tuyau o™025. ci. m. 

1849. Celui-ci (de même que les suivants) n'est 
plus en ivoire, mais en bois sculpté. La forme 
générale est celle d'une figure humaine 
avec un cou très long. La face, d*un 
ovale fort allongé, pointue aux deux 
extrémités et très aplatie, porte sur le 
front une série de pointes rappelant 
le tatouage en relief que l'on ren- 
contre parfois, paraît-il, parmi les 
peuplades de l'Ouellé, dont ce sifflet 
est originaire. Un trou, destiné à 
suspendre l'appareil, traverse de part 
en part la figure, dans le sens de sa 
largeur. Le tuyau d*insufflation a été sifflet (no 1849). 
ménagé dans la partie inférieure, représentant 

le cou. Intonation : ^ à la double-octave 





supérieure. — Long. tôt. o"oi4; largeur de la 
partie inférieure oo^ojo; prof, approximative du 
tuyau o»oi6. 

1860. En bois. Sa forme ne saurait mieux 
être comparée qu'à celle d'un fer de lance. D'un 
côté, une tubulure percée d'un trou latéral; de 
l'autre, un petit anneau découpé dans le bois, 
en forme de petite ansCi pour suspendre l'ap- 
pareil. Le tuyau serait la partie creuse destinée 



— 3^3 — 

iiitt.ext.-Barop, à fixer le fer à la hampe. Les sons produits sont 



Cl. III. 



i 



à la double octave supérieure. — Long« tôt. 0*055; 
prof, du tuyau 0*023 . 

1861. En bois également. Il rappelle le dard 
d*un harpon y avec un seul croc recourbé. La poiote 
est remplacée par un petit disque sculpté représen- 
tant une figure humaine; le croc est percé d'un 
trou communiquant avec le tuyau principal, et dont 
Touverture, comme dans les instruments précé- 
dents, hausse le son du tuyau principal. Intona- 
tions : 



jtiÊ 



— Long. tôt. o°o83; prof, du tuyau o»o6o. 

1862. En bois. Il est grossièrement taillé en 
forme de lance. Un trou le traversant de part en 
part, sert à passer le cordon destiné à suspendre 
le sifflet. Pas de tubulure latérale, et, par consé- 

8 

quent, un seul son, le : j gt t — Long. tôt. 




o"o83; prof, du tuyau o°045. 

1863. En bois. Il a été taillé avec l'intention 
évidente de représenter le buste d'un fœtus humain. 



Cl. III. 



— 3^3 — 

Travail grossier, mais intéressant. Deux tubulures inat. ext.-Bnrop* 
percées latéralement pour varier les intonations du 
tuyau principal, sont placées à la hauteur des bras 
repliés sur la poitrine. Intonations ; 



E 



— Long. tôt. o°o58,- prof, du tuyau o°»033. 

NouvEi,LB-GuiNÉE. 1864. Flûte de Pan. Don 
de M. Beckx, consul de Belgique à Melbourne. 
Assemblage de sept tuyaux de bambou attachés de la 
façon ordinaire avec des liens de roseau. Intona- 
tions : 



i^ 



-:^ 



JgJgL 






— Long, du plus long tayau, o»i6o; du plus 
court ©"oys. 

Id. 1866. Flûte de Pan. Don du même. Instru- 
ment semblable au précédent, mais formé de six 
tuyaux seulement. Intonations : 



$ 



EK4=Êtt 



— Long, du plus long, tuyau o"i85; du plus 
court o"o75. 

lo. 1866. Pinte de Pan. Don du même. Elle ne 
diffère de la précédente que par la dimension des 



— 324 — 

inst.ext.-Europ. tuyaux. Long. du plus grand 0^^120; du plus 
^* *" o"o65. Intonations: 

8 



:t=i^i 






z:zsi=itÉ=: ^=S=± =±= 



Branche C. — Instruments polyphones a réser- 
voir d'air. 

Section a. — Réservoir d^air^ sans tuyaux. 

Japon. 1867. Accordéon, Don de M. £. Closson. 
Jouet d'enfant. Petit accordéon de 0*^065 de long, 
sur o"045 de larg. C'est un réservoir d'air, ou 
soufflet à plisy dont Tun des couvercles est sur- 
monté d*une petite boite rectangulaire recouvrant 
quatre anches en roseau. Deux de celles-ci vibrent 
par aspiration (lorsqu'on tire le soufflet) les deux 
autres par compression (lorsqu'on le repousse). Les 
intonations sont 

8. 



^^ 



les deux premières obtenues par compression, les 
deux autres par aspiration. 



Section d. — Réservoir d'air et à tuyaux, 

Chine. 1868. Sheng, de lanc. coll. Jourdan. 
Pièce intéressante à cause de sa rusticité. Le réser- 
voir d'air est une simple gourde, ce qui l'avait fait 



— 325 — 

classer, par les anciens théoriciens chinois, parmi inst. ext.-Ëurop. 
les instruments dont le son est produit par la cale- ^''"^' 
basse. Les tuyaux prennent leur vent 
dans la gourde et sont au nombre 
de six; le plus long ne possédant 
pas de trou latéral, résonne conti- 



nuellement et donne le gR — i— ; les 



autres, le petit trou latéral indis- 
pensable à la vibration de la colonne 
d'air étant bouché (voir la note du 
°* '37)> donnent successivement, en 
tournant vers la droite, les intona- 
tions suivantes : 



4ii=3=ei 




C/' 2 3 4 s 6 

Le < Musée Jourdan » fut ainsi nommé en 
souvenir de son fondateur» le D' Jourdan, qui 
avait légué ses intéressantes collections à la ^^"^ 
Ville de Bruxelles. Celle-ci les a provisoirement exposées à 
r Académie royale des Beaux -Arts. Ce n*est qu'en 1897 que 
les instruments de musique qui en faisaient partie furent 
placés à leur véritable place, le Musée du Conservatoire Royal 
de Musique de Bruxelles. 

Branchb D. — Instruments a embouchure. 

Section a. — Instruments à embouchure^ simples ou naturels, 

ÎD. 1869. Kang-fung ou irompeiie de lama. 
Don de M. J. A. Van Aalst. Elle est formée d'un 
simple tuyau de cuivre rouge enjolivé d'ornements 

23 



— 326 — 

inatext-Europ. en laîtoR estampé, et terminé par une tète d'animal 
^^•"'' fantastique. A l'intérieur se trouve un autre tuyau, 
celui-ci conique et dont le bout, partant de l'em- 
bouchure, débouche brusquement dans le tuyau 
apparent, vers la moitié de sa longueur. On com- 
prend que dans ces conditions irrégulières, il ne 
saurait être question du partage en parties aliquotes 
de la colonne d'air : le son résulte tout simplement 




King-t'uDg (no 1859). 

de la vibration des lèvres plus ou moins pressées 
contre les bords de lembouchure; il se renforce 
par la vibration de la capacité d'air enfermé à Tinté- 
rieur du tuyau apparent. Les variétés de pression que 
l'instrumentiste peut exercer sur l'embouchure sont 
très grandes; ainsi, on peut facilement produire 

tous les degrés compris entre ^^— et 




Des sons ainsi formés ne peuvent avoir que peu 
de valeur au point de vue du timbre, et, quant à leur 



— 327 - 
justesse^ elle dépend exclusivement de l'habileté de Xntt. ext.&nrop 
1 instrumentiste. 

Notre exemplaire provient du monastère thibé- 
tain de Kwang-Sze, près de Pékin [Kwang = jaune; 
sze = monastère). La religion thibétaine, comme 
celle des Chinois de culte bouddhique, est spéciale- 
ment désignée à Pékin sous le nom de religion 
jaune. — Long. tôt. 0*46. 

Japon. 1860. Trompe d'appel. C'est un coquillage 
dont on a enlevé la pointe pour garnir ensuite la 
cassure d'une pièce de cuivre façonnée en guise 
d'embouchure. Le son, très facile à produire, cor- 




respond au /u i =. Le coquillage est soutenu dans 



un filet à mailles de soie et se suspend au cou de 
l'exécutant par le cordon de soie verte terminé aux 
deux bouts par un gland rouge (Voir le n» 56). 

Annam. 1861. Cdi tuhoa (onomatopée). Coquil- 
lage servant dans les villages à annoncer aux ouvriers 
agricoles la fin du travail, — ou à appeler du 
secours en cas d'agression nocturne ou d'incendie. 

Il donne 



.=p 



Ilbs Hawaî. 1862. Pu. Coquillage dont les natu- 
rels se servent pour appeler le peuple aux réunions 
politiques ou religieuses. On l'entend résonner, 
de nos jours encore, dans les vallées écartées. Il 

donne le ffi^— 



— 328 — 

iDst.ext..Earop. Chinb. 1863,1864. 2ira»^-/'f^;i^. Dons de M. J. 
Cl. III. ^^ ^^^ Aalst. Trompettes de lama semblables au 
n" 1859. 

. Id. 1866, 1866. Kang-fung. Dons du même. 
Mêmes instruments que les précédents, dont ils ne 
diffèrent que par les détails d'ornementation. 

Id. 1867. Hwang'Teih (quelquefois appelé Cha- 
Chiao). Don de M. V. Mahillon. Sorte de trom- 
pette à tuyau conique dont Textrémité inférieure, 




■H 



HwanfC-teih (no x8^). 

recourbée, projette l'ouverture du pavillon vers 
Tembouchure. Cette forme est particulière à la ville 
de Canton. Le tuyau se démonte en deux pièces qui 
glissent Tune dans l'autre. Par suite du parcours 
assez régulier de la colonne d'air, on parvient à 
produire sur cet instrument l'échelle harmonique 
suivante : 



— Long, tôt., de l'embouchure à l'extrémité du 
pavillon, i™55. 

Id. 1868. Hwang-Teih. Don du même. Semblable 
au précédient. 



— 329 — 

Id. 1869. Hwang teih. Don du même. Assez iBBt.ext.Earop. 
semblable au n« 139, celui-ci donne à peu près les 
intonations : 



Cl. m. 



m=^^ 



— Long. tôt. o"»93. 

Id. 1870, 1871. Hwang4apa. Dons de M. J. A. 
Van Aalst. Trompettes courbes. L'apparence est 
semblable aux Hwang-teih; mais celles-ci, — em- 
ployées par les lamas thibétains, — sont plus 
soignées, de proportions plus grandes et plus régu- 
lières. La partie inférieure, donnant au tuyau sa 
courbure, est recouverte de laque rouge, ainsi que 
rintérieur du pavillon. La partie supérieure du 
tuyau étant glissée dans la partie inférieure, lïnstru- 
ment mesure i^iy, sans tenir compte de la courbe; 
la partie supérieure étant retirée, l'instrument 
mesure i^ôy. Le développement assez régulier de 
la colonne d'air permet la production facile des 
harmoniques suivants : 

1 2 *^ 3 4 5 
Id. 1872. Fa Haotong. Don du même. Grande 
trompette de funérailles. La forme est celle du 
n« 139, mais les proportions sont beaucoup plus 
grandes. La hauteur du cylindre formant le pavillon 
est de o^'ôg environ, son diamètre maximum 
de o™3ô. Le cône qui commence au haut du 



Cl. m. 



— 330 — 

iiiBi.ext..Buit>p cylindre mesure, les deux tuyaux étant tirés, 

i'"o65. On ne peut obtenir que le seul son ^g^^. 

Id. 1873. Lapa, Don du même. Autre trompe 
de lamas formée de trois tuyaux coniques dont le 
dernier s'évase en forme de pavillon; ces tuyaux, 
en cuivre rouge, sont enjolivés d'anneaux et d'orne- 
ments de cuivre jaune. Les trois pièces étant 
emboîtées les unes dans les autres, la trompe 
mesure o'"825; lorsqu'elles sont tirées, sa longueur 
atteint i'"765. Elle est en fa et donne les harmo- 
niques suivants : 



-• 



li 



Id. 1874. Lapa. Don du même. Trompe sem- 
blable à la précédente, mais de proportions plus 
grandes. Celle-ci, fermée, mesure i"38o; ouverte, 
elle atteint 2«9oo. Elle donne les harmoniques 
suivants : 

Id. 1876. Lapa. Don du même. Semblable à la 
précédente. Fermée, elle mesure i'"52; ouverte, 
3"*445. Harmoniques : 

1 



— 331 — 
Id. 1876. Lapa. Don du même. Instrument in8t.ext..Europ 
de même facture que les précédents, mais de pro« ^* "^ 
portions plus fortes encore. Il mesure, fermé, i"65; 
ouvert, 3"»765. Harmoniques : 



r 



:^ 



Urrfc 



10 



Id. 1877. Lapa. Don de M. V. Mahillon. Il 
ressemble au n^ 140, mais ne se compose que de 
deux tuyaux glissant l'un dans Tautre. Celui-ci, 
de proportions plus régulières que le n® rappelé, 
permet la production des harmoniques : 



$ 



h-^' 3 4 5 6 

3 

— Long. tôt. i"'32. 

Congo. 1878. Embuchi ou trompe de guerre ^ en 
ivoire. Don de M. L. Cavens. Elle est faite d'une 
défense d'éléphant. La pointe au-delà de l'ouver- 
ture et une partie de l'extrémité opposée ont mal- 
heureusement été enlevées. Elle provient de la tribu 
des Bassongo-Menos, habitant le bassin de la rivière 
Sankuru (Congo supérieur). Dimensions de la 
trompe dans son état actuel : long. o"'7o; diam. 
moyen : au bas, o"io; à la pointe o"045. Elle 

donne le \ 



Ces trompes, en usage dans la plus grande partie de TAfrique, 
y sont désignées sous différents noms. Dans l'Angola, on les 



Instexi-Ettrop. 
Cl. III. 



— 332 — 

appelle Ponga ou Apunga, dans la 
Guinée supérieure, Ok*:^»^: au Congo, 
elles portent le nom de BmhuchL (Voir 
C. Engel, a descriptive Catalogut of 
the musical Instruments in thc South- 
Kenstngton Muséum, Londres, 1874. 
page 154). 

Id. 1879. Trompe en ivoire. 
Don du même. Elle est faite, 
comme la précédente, d'une dé- 
fense d'éléphant. L'ouverture 



Trompe en ivoire (n© 1879). 

latérale, de forme elliptique, 
commence à o"»04 de l'extrémité 
supérieure et mesure 0-04 envi- 
ron de longueur. Cette trom- 
pe, provenant de TAruwimi, 

donne le JL f ■» — Lo°8* 




tôt. 0»25. 

La pointe de cette trompe est dé- 
coupée de façon à en faire une sorte 
de flûte à bouche transversale. Cette 
ouverture se fernnre lorsqu'on se sert 
du tuyau en guise de trompe. Em- 
ployée en sifflet, elle donne le fa de U 
huitième octave. 

Id. 1880. Trompe en ivoire. 
Don du même. — Long. i'o8. 
Elle donne le fk — — * 



Trompe.en ivoire (uojiUa). 



— 333 — 

Id. 1881. Trompe en ivoire. Don du même. inatext-Europ. 
Celle-ci provient de TOuellé. L'embouchure, au ^i-^"' 
lieu d'avoir été façonnée dans la paroi latérale, 
est formée d'une ouverture pratiquée à l'extrémité 
de la défense par l'enlèvement de la pointe. Le 
corps de la trompe est taillé à sept pans. Into- 



nation : 3 r 1 . — Long. tôt. o^ig. 

Id. 1882. Trompe en ivoire. Celle-ci provient, 
paraît-il, du district des Stanley-Falls. C'est une 
belle pièce d'ivoire dont la longueur n atteint pas 
moins de i'°555. Elle est ornée des mêmes cercles à 
point central que nous avons remarqués sur les 
sifflets n^" 1841 et 1842. L'intonation produite est le 



Cl. nu 



— 326 — 

in«t.ext.-Europ. en laiton estampé, et terminé par une tète d'animal 
fantastique. A Tintérieur se trouve un autre tuyau, 
celui-ci conique et dont le bout, partant de l'em- 
bouchure, débouche brusquement dans le tuyau 
apparent, vers la moitié de sa longueur. On com- 
prend que dans ces conditions irrégulières, il ne 
saurait être question du partage en parties aliquotes 
de la colonne d'air : le son résulte tout simplement 




Kang-t'ung (no ,859). 

de la vibration des lèvres plus ou moins pressées 
contre les bords de lembouchure; il se renforce 
par la vibration de la capacité d'air enfermé à l'inté- 
rieur du tuyau apparent. Les variétés de pression que 
l'instrumentiste peut exercer sur l'embouchure sont 
très grandes; ainsi, on peut facilement produire 

tous les degrés compris entre 0~j=^ et 




Des sons ainsi formés ne peuvent avoir que peu 
de valeur au point de vue du timbre, et, quant à leur 



— 327 - 

justesse^ elle dépend exclusivement de l'habileté de ibst. ezi-Ëuro^ 

,,. ^ .' ^ Cl. m. 

1 instrumentiste. 

Notre exemplaire provient du monastère thibé- 
tain de Kwang-Sze^ près de Pékin [Kwang = jaune; 
szc = monastère). La religion thibétaine, comme 
celle des Chinois de culte bouddhique, est spéciale- 
ment désignée à Pékin sous le nom de religion 
jaune. — Long. tôt. o'"46. 

Japon. 1860. Trompe d'appel. C'est un coquillage 
dont on a enlevé la pointe pour garnir ensuite la 
cassure d'une pièce de cuivre façonnée en guise 
d'embouchure. Le son, très facile à produire, cor- 



m 



respond au^^^f^— . Le coquillage est soutenu dans 



un filet à mailles de soie et se suspend au cou de 
l'exécutant par le cordon de soie verte terminé aux 
deux bouts par un gland rouge (Voir le n» 56). 

Annam. 1861. Câi tuhoa (onomatopée). Coquil- 
lageservant dans les villages à annoncer aux ouvriers 
agricoles la fin du travail, — ou à appeler du 
secours en cas d'agression nocturne ou d'incendie. 

Il donne le T^ "^^ 

Iles Hawaï. 1862. Pu. Coquillage dont les natu- 
rels se servent pour appeler le peuple aux réunions 
politiques ou religieuses. On l'entend résonner, 
de nos jours encore, dans les vallées écartées. 11 

donne le ï 



— 33^ — 

istt.ext Burop. cfeux delà main. En pressant la corde avec les 2* et 
CMV. ^o phalanges des doigts (et non avec le bout), il 
produit la gamme suivante : 






h 



T~1~T 



Les o indiquent les cordes à vide, les chiffres, les 
doigts employés. — Long. tôt. o'"78; haut, du 
cylindre o^i^l diam. o"»o85. 

Id. 1886. Sxe hou hsien. Don du même. Instru- 
ment semblable au précédent, à cela près que la 




Sze hou hiien (no 1885). 

caisse sonore de celui-ci est en bois et que le cylindre 
est octogonal. Le bord de la caisse opposé à celui 
sur lequel est fixée la membrane est garni d'une 
plaque d'ivoire et d'ébène. 

Id. 1886. Sze hou hsien. Don du même. Instru- 
ment semblable au précédent, mais de facture plus 
ordinaire. 

Id. 1887. Tsou toung hou^kin. Don du même. 
Construction semblable à celle des instruments 
précédents, mais le cylindre en bambou est plus 



— 337 — 

long. — Long. tôt. o"77; long, du cylindre o«»i6; imt. cxi.-Europ 
diam. de la membrane o"o85. ^**^^' 

Id. 1888. Ta huang hou kin. Don du même. 
Violon à deux cordes. Là caisse sonore, en bois dur, 
est de forme hexagonale. L'accord est en quinte 
comme le n» 138. Toute la mèche de crin de l'archet 
passe entre les deux cordes. En poussant, l'instru- 
mentiste appuie sur la seconde corde et la met ainsi 
en vibration, en tirant, il le relève de façon à 
ébranler la première. — Long. tôt. o«7o; haut, 
du cylindre o"ii; larg. max. o"»o6. 

Id. 1889. Pangise erh hon*kin. Don du même. 
Forme et accord de l'instrument précédent, tandis 
que le manche, supportant également deux cordes, 
est beaucoup plus court, le cylindre, en bambou, est 
plus long; table d'harmonie en bois. — Long, 
tôt. o™47; long, du cylindre 0*14; diam. o'"o8. 

Id. 1890. Erh huang hou-kin. Don du même. 
Violon à deux cordes, manche en bambou, cylindre 
en bambou avec table d'harmonie en peau de ser- 
pent. — Long. tôt. o"47; haut, du cylindre o"'! 15 ; 
diam. o"o55. 

Id. 1891. Erg huang hou-kin. Don du même. 
Instrument semblable au précédent, mais de fabri- 
cation plus soignée. — Long. tôt. 0^48; haut, du 
cylindre o"i 12; diam. o'"o55. 

Id. 1892. Erh hou hou. Don du même. Instrument 
à deux cordes du même type que les précédents. La 
caisse sonore est formée d'une demi noix de coco 



— 338 - 

inftt. eit..£arop. évidée, fermée à son diamètre le plus large par une 
^'■^^* mince planchette de bois servant de table d'harmo- 
nie. Une petite lame en os, fixée à la partie supé- 
rieure du manche, constitue le sillet, qui est fixe, 
contrairement à ce qui se pratique aux autres instru- 
ments du même genre, dont nous avons vu le sillet 
ou capotasto mobile. — Long. tôt. o"*8i; haut.de 
la caisse sonore o'"055; diam. de la table d'har- 
monie o"io5. 

Id. 1893. Erh hou hou. Don du même. Violon 
semblable au précédent, mais de fabrication plus 
soignée. Le sillet, mobile comme à la plus grande 
partie des instruments similaires, consiste en une 
petite pyramide en bois dur sur laquelle appuient 
les cordes, et qui glisse sur le manche auquel elle 
est attachée par une double ligature en fil de soie. 
— Long. tôt. o™67; haut, de la boîte sonore o"o55; 
diam. max. o^og. 

Id. 1894. Ja kin 'rh (fr. = luth élégant). Don du 
même. Instrument dont la forme rappelle celle du c/i^ 
(no 150) et du takigoto (n* 151). Ses chevalets mobiles 
le font ressembler plutôt à ce dernier instrument, 
mais il est de dimensions beaucoup moindres. En 
outre, il se joue avec un archet. L'instrument se 
pose sur le genou gauche et se tient de la main 
gauche par deux trous pratiqués dans le dos. Il est 
monté de vingt doubles cordes de soie accordées 
par paires à Tunisson. Ces cordes se fixent à la 
partie inférieure de la table qu'elles traversent pour 



— 339 — 

reposer sur un sillet inférieur et aboutir à un sillet intt. ext Europ. 
supérieur où elles sont tendues par des chevilles ^*'^^' 
en fer. Entre les deux sillets se trouvent disposés 
diagonalement dix chevalets mobiles percés à leur 
extrémité supérieure de deux petits trous par 
lesquels passe chaque paire de cordes. D'après les 
caractères imprimés sur une bande de papier collée 
au bas de la table 
kong, tche, shangy wou, lioUf kong, chê, shang, sze, ho, 

10 9 8 76 54 321 

l'accord est le suivant : 

^ 10 987654321 

Comme nous le savons, les Chinois n'ont pas de 
diapason pour fixer la hauteur absolue des degrés 
de leur échelle type. Nous avons évalué le ho à la 
hauteur de Vut, parce que l'instrument nous a paru 
réunir, dans cette position, les meilleures conditions 
de sonorité. L'archet frotte fort probablement les 
cordes dans le voisinage du sillet inférieur, près du 
point d'attache, et la sonorité de l'instrument est 
réellement très sympathique. — Long. tôt. o"58; 
larg. max. cnis. 

Amérique. 1896. Sorte de violon. Don de 
M"* John Crosby Brown. C'est un instrument formé 
de deux pièces de bois creusées en demi cylindre 
dans le sens de leur longueur et assemblées à la 
colle par leur milieu. Dans cet état, il a presque 



Cl. IV. 



— 340 — 

ina. cxt..Earop. l'apparence d*une quille légèrement conique de 0*48 
de longueur, de o"»075de diamètre au gros bout. Une 
cheville, traversant l'extrémité supérieure, tend une 
corde en boyau reposant sur deux petites pièces 
de bois faisant l'office de sillets, et attachée 
d'autre part à une pointe de bois fixée à l'extrémité 
inférieure du corps sonore. L'instrument, qui pro- 
vient des Indiens Âpaches (Nouveau-Mexique)» est 
muni de son archet, simple baguette en forme d'arc, 
de o"*32 de longueur, tendu par une mèche de crin. 
Id. 1896. Sorte de violon. Don de M»« John 
Crosby Brown. Instrument de même provenance 
que le précédent. Le corps sonore est formé ici de 
deux planchettes de bois de o"375 de longueur, de 




Sorte de violon (do 1896). 

o"o68 de largeur et de o"025 d'épaisseur. Longi- 
tudinalement creusées sur leur épaisseur comme 
à l'instrument précédent, ces planchettes sont 
réunies et collées dans le sens de leur épaisseur de 
façon à former une caisse sonore rectangulaire 
dont l'un des côtés longs sert de table d'harmonie. 



— 341 — 
Une seule corde à boyau dont la tension s'opère en imt exUEurop. 
reculant le sillet supérieur vers rextrémîté de la ^^-vi. 
table. Celle-ci, percée de trois ouïes triangulaires, 
est ornée de dessins coloriés en rouge et vert. 
L'archet, de même forme que le précédent, mais 
mesurant 0B4 1 de longueur, offre cette particularité 
que la mèche de crin qui le tend est fixée à ses 
extrémités par quelques tours d'une membrane très 
mince» sorte de baudruche. 

Java. 1897. Tarate^aw^sa, avec archet. Instrument 
à cordes frottées originaire du Sounda. Caisse sonore 
dont la forme est à peu près celle d'un demi-discoîde 
partagé par son diamètre. La section est recouverte 
d*une planchette faisant l'office de table d'harmonie. 
Le manche, fort long, est sans forme bien détermi- 
née; il vise à représenter quelqu'oiseau fantastique. 
Le cheviller qui le termine porte trois chevilles : les 
deux premières tendent deux cordes en laiton qui 
reposent sur un chevalet et traversent la table pour 
aller s'attacher à l'intérieur de la caisse à deux tra- 
verses faites de papier enroulé; la troisième cheville, 
plus longue que les précédentes, tend une troisième 
corde, également en laiton, fixée de la même façon 
et passant à côté des deux autres, mais reposant, 
elle, sur le sommet d'un petit chevalet pyramidal; 
— disposition qui rappelle un peu celle de la viole 
de lyre{n® 1443). — Long. tôt. i"05; larg.max.o«i4. 

Un instrament de même nom, également à cordes frottées, 
est en usage che^ les Badouîs (voir le n» 858). 

24 



— 342 — 

init. ext-Enrop. Id. 1898. Râbob avec son archet» de l'anc. coll. 
^^•^^- Jourdan. Instrument semblable au n» 869. Celui-ci 
a le manche et les chevilles en ivoire, la caisse 
recouverte d'une étoffe en velours; la baguette de 
l'archet est partiellement sculptée et dorée. — 
Long. tôt. i"04. 

Le manche s* appelle watangan; la pointe qui le termine à 
Textrémité supérieure, mënoer et le pied sur lequel repose l'in- 
strument, lëmahan. Les chevilles portent le nom de manol, le 
chevalet en bois sur lequel reposent les cordes (en laiton, 
accordées en goeloe, son grave, et en nëmf est désigné sous le 
nom de santën; la membrane tendue sur la caisse de résonance 
(baiok) et sur laquelle s'appuie le chevalet, est habituellement 
faite d'une vessie de buffle {këndangan). 

L'instrumentiste, assis, les jambes croisées, place le rebab 
devant lui, les cordes en dessus. La main gauche touche les 
cordes, sans toutefois les appuyer contre le manche; Tarchet 
(gàsok ou kosok) se tient de la main droite. 

Id. 1898. Rebab, de la même coll. Il ne diffère du 

précédent que par le manche, dont une partie est ici 
en corne noire. L'un et l'autre de ces rebabs sont 
d'une rare élégance et leur forme est d'un beau 
caractère. 

SiAM. 1900. Sawdorang, de la même coll. In- 
strument semblable au n» 377. 

Branche B. — Cordes pincées. 

Section a. — Cordes pincées avec ou sans plecire. 

Sotts-iection aa, — Sans manche. 

Syrie. 1901. Qdnon ou Kanoon. Instrument déjà 
décrit sous le n® 152, Celui-ci n'a que 69 cordes 



— 343 — 

réglées par 23 groupes de 3 à Tunisson. — Long. intt. ezt.-Eorop. 
de la grande base du trapèze, o^qS ; de la petite ^'' *^' 
o'»4o; haut. o"*38. 

Japon. 1908. Koio. Don de M. L. J. F. E. von 
Ende. Construction semblable à celle des n** 151, 
763, 764 et 765, mais la longueur n'est ici que 
de i<"o4. Ce koto s'accorde probablement à Toctave 
aiguë des précédents. 

Annam. 1908. Cdi dan thap lue {thap lue — x6, 
guitare à 16 cordes). Instrument semblable au 
n* 76 1 , possédant comme ce dernier les seize cheva- 
lets mobiles pareils à ceux du Takigoto (voir n^ 151) 
et destinés à régler l'accord. En cataloguant le 
n* 76 1 , nous avons omis de mentionner ces cheva- 
lets, probablement parceque ceux-ci manquaient au 
chê chinois (n« 150). 

D'après les signes de notation imprimés sur 
une bande de papier collée à côté du chevalet 
fixe de la grande base du trapèze, Taccord serait 
le suivant : 

80 

■"-f - r-i— ' g r Fi ' — 



^^ 



1 3 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 

— Long. o»98; larg. du plus petit côté, o"i3; du 
plus grand 00208; haut. tôt. 0*09. 

Rappelons que les signes de la notation chinoise n'indi- 
quent pas la hauteur absolue des sons, mais bien leur hauteur 
relative. L'analyse des mélodies chinoises démontrent que les 



— 344 — 

iDtt.cxk.-Ettrop. Chinois, comme les Japonais, admettent, pour établir leart 
CI. IV. échelles mélodiques, deux modes différents, le premier sem- 
blable au riO'Sen japonais : 



I 



rt=:!: 



le second au ritsu-sen japonais : 



i 



Î^S^î^^^t 



Les deux modes se basent sur la progression heptaphone/a, 
ut y solp rê, la, mi, si: le premier en prenant pour piemier degré 
de réchelle le premier terme de la progression et en suppri- 
mant les deux demi-tons mi, si (derniers termes de la progres- 
sion); le second en prenant pour premier degré de Téchelle le 
quatrième terme de la progression et en éliminant ces mimes 
demi-tons (voir la note du n» 763). 

Egypte. 1904. Kissar. Don de M. Th. Herr- 
mann. Instrument en tout sembable au n* 153. 

Chinb. 1806. Tseng. Don de M. J. A. van Aalst. 
Instrument dont la forme rappelle celle du Takigolo 
japonais (n* 151). Il est monté de quatorze cordes 
de soie dont l'intonation se règle de la façon 
suivante : 



^^^^ ^3^^^± 



'JZ 



}td si yi chè kông Hou wou yi chè hông Hou wou yi ckï 

Dans le tseng chinois, la corde, au lieu de reposer 
librement sur le chevalet comme dans le iakigoto 
japonais, passe dans un petit trou foré à la partie 
supérieure du chevalet. 



— 345 — 

Nous avons attribué au hd la valeur de notre mi, iBst.at.Enrop. 
d'abord parceque toutes les cordes ont une excel* ^*" ^^' 
lente sonorité en prenant cette intonation comme 
point de départ, ensuite parceque le timbre fixé à 
rintérieur de Tinstrument est à l'unisson de ce tni. 
Comme nous Tavons fait remarquer plus loin, à 
propos du n® 1923 (Yue kin)^ ce timbre pourrait 
bien être une addition moderne, destiné à servir de 
diapason pour fixer Tintonation de la première note 
de 1 échelle. 

Les cordes de tseng^ de diamètre uniforme, ne 
sont pas tendues à Taide de chevilles; elles le sont 
simplement à la main et fixées par un simple nœud 
à proximité du sillet gauche. Lorsque le tseng se 
trouve placé horizontalement devant l'instrumen- 
tiste, la corde basse est la plus éloignée, le chevalet 
se trouve vers le milieu de la table, à 0^50 du sillet 
de droite. Les autres chevalets se rapprochent suc- 
cessivement dé ce même sillet de façon à occuper, 
sur la table d'harmonie, une direction diagonale. 
— Long. tôt. i™42; larg. max. o""24. 

Java. 1906. Tjëlëmpoeng, de l'anc. coll. Jourdan. 
Un des instruments mélodiques du Gamelan. C'est 
une sorte de harpe couchée formée d'une caisse 
de résonance reposant sur quatre pieds et montée 
de quatorze cordes doubles, accordées par paires et 
appuyant sur la table par l'intermédiaire d'un haut 
chevalet en tôle de fer posé obliquement sur la 
table. Les cordes, en fil de laiton, sont attachées 



— 34^ — 

lut. ext-Burop. d'une part à la partie extrême inférieure de la 
^'' ^^' caisse de résonance au moyen de crochets, et s'en- 
roulent d'autre part sur des chevilles en fer assez 
semblables à celles de nos pianos. Celles-ci, fixées à 
la partie supérieure de la caisse de résonance, se ma- 
nœuvrent à l'aide d'une clef. Les cordes sont mises 
en vibration par le pouce des deux mains, les autres 
doigts faisant TofEce d'étouffoirs. On les accorde, 
pour le gamèlan salendro : en nëm, barang, gaeloe, 
dcidâ, limif nëm, barang, etc. et pour le gamélan 
pëlog : en nëtn, barang, bëm^ gocloe, dHdâ^ lim&j nim, 
barang^ etc. — Long. tôt. i"oo; larg, à Textrémité 
la plus grande o°>5o; haut, à cette extrémité o'^s 5; 
larg. à Textrémité la plus petite 0*25 ; haut, à cette 
extrémité o"30. 

Id. 1807. Ketjapi. Celui-ci provient, comme le 
n^' 1897, du Sounda^ et ne diffère de son congénère 
malais (décrit sous le n« 155) que par le nombre des 
cordes qui est ici de onze. Ces cordes, en laiton» 
sont attachées à des pointes de fer; elles reposent 
chacune sur un chevalet de bois au-delà duquel elles 
traversent la table d'harmonie pour venir s'enrouler 
par Textrémité opposée à la pointe d'attache sur des 
chevilles de bois dont les poignées font saillie sur 
un des côtés de l'instrument. La parenté du Keijapi 
avec le Tseng chinois est très apparente. — Long, 
tôt. 0*94; larg. max. o"i8. 

Iles HawaL 1908. Ukeke laau. Sorte de guim- 
barde formée d'un fragment de bois dur de o»5o de 



— 347 — 

longueur sur 0^03 de largeur plié en arc de cercle. iDttext.-Barop. 
Sur la partie concave sont tendues trois cordes de ^***^' 
boyau. On tient Tun des bouts entre les dents, 
tandis que de la main on fait vibrer les cordes. 
L'instrument est, paraît-il, cher aux amoureux qui 
le font résonner en tenant chacun une des extré- 
mités à la bouche. La tension des cordes étant 
simplement due à la courbure uniforme de l'arc, il 
est évident qu'elles n'ont entre 
elles aucun rapport musical. 

Soas-section 66. — Avec manche. 

Congo. 1809. Sorte de guitare. 
Don de M. L. Cavens. Elle se 
compose d'un manche formé d*une 
pièce de bois de o»45 de longueur, 
o«032 de largeur et o^oio environ 
d'épahseur, fixé à son extrémité 
et par sa partie la plus étroite sur 
la partie convexe supérieure d'une 
demi-gourde. Deux cordes de liane 
sont placées à une pointe au-delà 
de la gourde et aboutissent à l'ex- 
trémité opposée du manche, où 
elles s'attachent à une autre pointe 
de bois. Les deux cordes sont dis- 
posées sur le côté du manche de 
façon à ce que chacune d'elles occupe à peu près le 
milieu de son épaisseur, ce qui permet de supposer 




Sorte de guitare (ao 1909). 



Cl. IV. 



^ 



^ 



— 348 — 

inii.ext.Eorop. qu'elles soiit miscsen vibration parles deux pouces. 
La partie supérieure du manche, taillée en forme 
de trapèze, est précédée de trois traverses séparées 
l'une de fautre par un espace vide d^environ o"oi2. 
Annâm. 1810. Cdi dan nha tro [dan = guitare; 
nha ^ra= chanteuse : instrument pour accompagner 
le chant). Caisse trapézoïdale dont les 
côtés, au lieu d'être à angles droits, 
sont arrondis. Le dos est percé d'une 
ouverture longitudinale, A l'extrémité 
supérieure du manche, trois cordes qui 
s'attachent à un cordier collé sur la 
table. Le surplus de chacune des 
cordes, au-delà des chevilles, est 
enroulé sur une navette suspendue à 
rextrémité du manche. Celui-ci porte 
sur le plat, et à partir du tiers de sa 
longueur (en partant du sillet supé- 
rieur), douze pièces de bois triangu- 
laires dont Tarète, au sommet du 
triangle, sert à établir les points de 
_ division de la corde. Par suite de sa 

■ position, le premier point de division 
donne la quinte aiguë de la corde 
vibrant en son entier. Une pointe de 
bois dont Tusage nous est inconnu est 
fixée dans l'angle droit supérieur de la 

Cài dan nha tro . - , _- 

(no 19,0;. caisse de résonance. — Haut. tot.o"34; 
larg. de la petite base à la partie inférieure, o"2o; 



j 



— 349 — 

de la grande base, du côté du manche, o°'23 ; imt.ext.Ettrop. 
haut, de la caisse, o»o8; long, de l'ouverture du ^**'^' 
côté de la partie étroite de la caisse, o°^2i; 
larg. o"o8 ; larg. du côté opposé o^ogs ; long, du 
manche i"»i6. 

Id. 1911. Cditam (tam » trois). Instrument à 
trois cordes de soie dont la caisse est recouverte, 
sur le dos et sur la table, de peau de serpent. Un 
capotasto en ivoire glisse le long du manche et 
permet de varier le diapason des cordes. Pour le sur- 
plus, l'instrument ressemble au San-heen chinois 
(n» 159). — Long. tôt. o^Sy. 

Id. 1812. Cdi dàn nguyët {nguyët = lune). Guitare 
à quatre cordes de soie. La caisse sonore est un 
discoïde de o"»365 de diamètre, àe o"*o6 d^épaisseur. 
Le manche porte huit points de division fournis 
par autant de chevalets fixes et produisant respec- 
tivement la seconde, la quarte juste, la quinte juste, 
la sixte majeure, Toctave, la neuvième, la onzième 
juste, la douzième juste de la corde vibrant en 
entier, soit, si celle-ci est accordée en ut : 



i 



^ ^ggE^^^ 



tous les intervalles de l'échelle pentaphone. — 
Long. tôt. i"o4. 

Id. 1913. Cdi dàn bâu {bâu = courge). Caisse 
rectangulaire entièrement ouverte par son côté 
inférieur. Le manche, plié en arc de cercle, est 

«5 



— 3SO — 

inst.«it.-Earop. adapté à l'un des petits côtés de la caisse dans ie 
^^ ^^' sens de son prolongement et incliné de façon à 
former avec la table d*harmonie, planchette supé- 
rieure de la caisse, un angle d'environ 130 degrés. 
Une, corde d'acier, attachée vers l'extrémité du 
manche, passe par un petit trou pratiqué dans la 
table d'harmonie vers l'extrémité opposée au manche 
et s'enroule sur une cheville de bois qui traverse les 
deux côtés de la caisse. Cette corde est mise eo 
vibration au moyen d*un petit plectre de bambou 
tenu entre le médius et l'index de la main droite 
à une place telle que le gras du pouce, en appuyant 
légèrement sur le milieu de la corde fasse sortir 
l'octave (ou son 2) du son fondamental. En variant 
à l'aide de la main gauche le degré de tension de 
l'arc auquel la corde est attachée, celle-ci peut être 
amenée à produire différentes intonations. Immé- 
diatement sous le point où la corde est attachée à 
l'arc se trouve une petite boule de bois creuse 
ouverte par le dessus et fixée au manche par sa 
partie convexe. Cette boule destinée à renforcer la 
sonorité de la corde, n'atteint que très imparfaite- 
ment ce but. C'était probablement une calebasse ou 
une courge qui servait anciennement à cet usage; de 
là le nom de l'instrument. C'est l'un des principaux 
de l'orchestre des aveugles; il semble être une 
variété des instruments hindous catalogués sous les 
n" 74, 75, 76. — Long, de la caisse o"8i; larg. 
o"i2; haut. o"*ii; long, du manche o"»75. 



— 351 — 

Id. 1814. Cdi dàn ii [H signifie serrer quelque iiitt.ext..BQrop. 
chose entre le coude et le côté du corps). Sorte de ^'' ^^' 
guitare à quatre cordes de soie semblable à la Pepa 
chinoise {n« 158). Les cordes étant réglées comme 
celles de ce dernier instrument, nous trouvons, par 
suite des divisions établies sur le manche et sur la 
table, les intonations suivantes : 

80 



i 



T 



± 



S 



-^ 



■X 



ytfe 



=t: 



T 



ikB^ 



^ 



:^=it 



fc^ 



10 11 

=tz:tr: 



fs^aEj£^^a£ 



i^fctei 



{^*>^ 12345878 




9 10 11 



5 T 3 ^J 4 5 



"^m 



^ 



:iC=?B 



9 10 11 



Les sons fournis par la 7® division des quatre 
cordes sont trop bas pour la note naturelle» trop 
haut pour la note bémolisée. La même observation 
s'applique à la 10® division de la première corde. 
On remarquera, par l'inspection des intonations, 
que le lo® point de division des trois dernières 
cordes est avancé d'un demi-ton sur le point corres- 
pondant de la première. Entre le son fourni par la 
corde entière et sa quinte donnée par la première 



— 352 — 

iBtt.ext.-Earop. division il y a quatre intonations intermédiaires 

^'' ^^' obtenues par quatre pièces de bois façonnées en arc 

de cercle et qui font l'ofiBce des quatre demi-tayaux 

de bambou dont il est question au n* 1922. — 

Long. o'»95; larg. de la table oo»24« 

Chine. 1816. Souchow pang hsien. Don de M. J. 
A. van Aalst. Construction semblable à celle du 
n» 159, qui porte aussi le nom de San^hecn. Celui-ci 
n*a pas de capotasto. 

L'accord est celui du n® 159 : 



h 



qc 



^ 



mais avec TefFet réel à Toctave inférieure de la note 
écrite. 

Souchow est le chef-lieu de la province de Kiangsi. La 
traduction littérale du nom de Tinstrument est i guitare de 
Souchow 1. 

Id. 1816. Hsientze. Don du même. Sorte de 
guitare à trois cordes. C'est le nom que porte à Pékin 
Tinstrument déjà décrit au n» 159 sous le nom de 
San-heen. Celui-ci n'a pas de capotasto. — Long, 
tôt. i"o6; larg. de la table o"i5. 

Id. 1817. Hsientze. Don du même. Instrument 
semblable au précédent, mais de facture ordinaire. 

Id. 1818. Hsientze. Don du même. Pareil au 
précédent, mais de plus grand format. Il mesure 
i«i8 de longueur, la largeur de la table est de o" 18. 

Id. 1818. Hsientze. Don du même. Semblable 



— 353 — 

aux instruments précédents. — Long, inio; larg. inst. ext.-Earop. 
de la table o" 17. ^'•^^• 

lo. 1920. Hsienize. Don du même. Instrument 
semblable aux précédents, mais de facture beaucoup 
plus soignée. — Long. tôt. i'"2o; larg. de la 
table o»20. 

Id. 1921. Hsienize. Don du même. Instrument 
semblable aux précédents, de facture ordinaire. — 
Long. i«i8; larg. de la table o^iS. 

Id. 1922. Pepa. Don du même. Instrument de 
construction semblable à celle du n» 158. Elle en 
diffère cependant par la suppression du fil d*acier, 

># i Xllll ^^MM 

Pepa (no 1922). 

ainsi que par les divisions du manche, ici au nombre 
de onze pour les deux premières cordes, les deux 
dernières divisions étant supprimées aux 3* et 4» 
cordes. Ces divisions sont établies par de petites 
règles de bois collées sur la table. La succession 
des intonations fournies par ces divisions légère- 
ment différentes de l'accord indiqué au n» 158, sont, 
pour la première corde : 



— 354 — 

iBst. ext-Enrop. Entre le sillet et la première division sont collés 
sur le manche quatre demi-tuyaux de bambou éta- 
blissant quatre divisions intermédiaires entre le son 
produit par la longueur totale et celui que Ton 
obtient par le raccourcissement de la première 
division. La corde pressée par le doigt touche la 
circonférence du demi-tuyau de bambou et se trouve 
raccourcie d'une certaine longueur. Les intonations 
intermédiaires ainsi obtenues sont : 




»fc= 



Ces divisions supplémentaires du manche, s'ajou- 
tant à celles de la table, existent également aux 
instruments n^» 158 et 775, mais la singularité de 
leur disposition nous les avait fait considérer comme 
de simples ornements, sans valeur technique. 

La Pepa n'est pas un instrument classique. En 
Chine, on la considère comme d'importation étran- 
gère. La Pepa chinoise et la Bitera japonaise, n* 783, 
ont des points de ressemblance si marqués avec 
l'Eoud arabe, lui-même originaire de la Perse, qu'il 
est permis d'attribuer aux trois instruments une 
origine commune^ 

Id. 1928. Yne-kin. Don du même. Construction 

< Consulter les c Extraits du livre de la musique composé 
par Abou Naçr Mohammed ben Mohammed Âl-Parabi i. La 
traduction française de cet ouvrage écrit au X» siècle a 
été faite par Téminent professeur, J. P. N« Land. Leide. — 
E. J. Brill 1884. 



CI. IV. 



— 355 — 

semblable à celle du n* 157. L'accord est le même, latt. ext.-Eorop. 
mais les divisions des cordes diffèrent légèrement ; 
8i nous analysons ces divisions, au nombre de dix^ 
à regard de la première corde, nous trouvons à peu 
près les intonations suivantes : 



Il est à noter qu*à partir de la troisième division, 
toutes les longueurs des troisième et quatrième 
cordes, lesquelles s'accordent à l'unisson, sont plus 
courtes que celles qui déterminent les intonations 
des deux premières. On le constate aisément à 
Faide des chevalets fixes collés sur la table : ceux 
qui sont sous les deux cordes graves sont plus 
rapprochés du sillet que ceux qui se trouvent sous 
les deux chanterelles. C'est évidemment l'applica- 
tion d'un principe faux, car si les cordes sont 
d'égale longueur, les points de division, pour des 
intonations semblables, doivent être égaux. 

Le timbre métallique enfermé à l'intérieur de la 
caisse sonore donne à peu de chose près l'intonation 
du /a, à un diapason plus élevé que le diapason 
normal. On peut supposer que ce /a sert de régu- 
lateur pour l'accord de la seconde corde ce qui 
établirait, contrairement à ce que nous avons 
supposé jusqu'ici, Tusage d'une sorte de diapa- 
son déterminant une hauteur absolue des sons ou 
déterminant tout au moins Tintonation de celui 



— 356 — 

imt. ext.-Enrop. des lu SUT lequel doit s'accorder la corde grave 
^^'^^' (Voir la note du n* 759). Chose plus curieuse, lors- 
qu'on fait vibrer la table d'harmonie en la frappant 
du doigt, rintonation en est exactement à Toctave 
grave du son produit par la lame métallique placée 
à l'intérieur. Il est évident que cette relation n'est 
pas due au hasard; il est plus juste de supposer que 
le facteur, voulant donner à l'instrument le maxi- 
mum de sonorité, a accordé ses tables à l'unisson 
de l'intonation à fournir par la corde la plus grave, 
appliquant ainsi un principe dont la valeur acou- 
stique est indiscutable. Nous avions supposé aussi 
que le fil métallique qu'on entend résonner dans 
plusieurs instruments chinois servait à la produc- 
tion de quelqu'effet rythmique. Le rôle de ce timbre 
nous parait aujourd'hui beaucoup plus important et 
d'une nature plus artistique. 

Id. 1824. Yue-kin. Don du même. Il est presque 
semblable au précédent, dont il ne diffère que par 
le contour de la caisse sonore ici octogonale au 
lieu d'être ronde. Les divisions de la table sont 
semblables dans les deux instruments, ce qui prouve 
que l'accord remarqué au précédent numéro, loin 
d'être dû au hasard, résulte d'une combinaison 
voulue par le faiseur. La caisse sonore contient 
également un fil métallique tourné en spirale ou 
timbre dont nous avons parlé au n« précédent. 

Congo. 1826. Lokombi. Don de M. C. Merck. 
Sorte de harpe, des rives du lac Léopold II (district 



^ 357 — 

du Kasai). La caisse sonore est creusée dans uneio8t.ezt^£urot> 
pièce de bois cylindrique dont on a découpé une ^^-^v. 
partie, dans le sens de la longueur, pour la rem- 
placer par une planchette servant de table d'harmo- 
nie. Au bas de celle-ci sont attachées cinq cordes en 
fibres végétales reposant sur un sillet et qui vien- 
nent s'attacher d'autre part à cinq baguettes fixées 
à la partie opposée du cylindre et recourbées en arc 
de cercle. Les cordes ainsi tendues ont une légère 
inclinaison ascendante sur la table vers les baguettes 
auxquelles elles sont attachées. Leur tension, et par 
conséquent leur intonation, se règle par la place 
où elles sont attachées à la baguette et peut varier 
parle degré de courbure donné à cette dernière. — 
Long. tôt. de la caisse sonore o°46 ; diam. moyen 
du cylindre 0^22; larg. de la table d'harmonie o'^iô. 

Indoustan. 1926. Eka-iârâ. Don de M.L.Cavens. 
Monocorde formé, comme le n« 96, des trois quarts 
d'une gourde ronde, d'une membrane servant de 
table d'harmonie et d'un manche terminé par une 
figure sculptée. — Long. tôt. o°8o. 

Congo. 1927. Wambee, Don du même. Cet instru- 
ment, dont la construction rappelle celle du n« 871, 
provient de la zone du Manyema (entre le Congo 
supérieur et le lac Tanganika). — Long. tôt. o"»57; 
long, de la caisse o"30 ; larg. max. o"i6. 

Le no 871 a été classé erronément parmi les instruments 
sans manche. Il est utile toutefois ^e faire remarquer que 
Tabsence du manche n'empêche pas de varier les intonations 
de la corde. (Voir la note de la page 81 T. I. — 2* édition.) 

26 



-358- 

lotit. ext.-Earop. Id. 1928. Nangu. Don du même. Sorte de harpe 
^**^^* du peuple Sakaras, territoire français. La boîte 
sonore et le manche sont en bois recouvert de cuir. 
La partie de cuir recouvrant le creux de la botte 
constitue la table d*harmonie, dont la forme affecte 
celle de deux triangles superposés par leur base 
mais séparés par deux échancrures qui rappellent 
celles du violon. Elle est percée de deux ouïes cir- 
culaires de o'"o25 de diamètre, Tune à droite, Tautre 
à gauche. Le manche, très arqué, est muni de cinq 
chevilles tendant autant de cordes en fibres végétales 
qui viennent s*attacher Tune au-dessus de rautre,en 
ligne droite, dans le sens de la longueur de la table. 
Le mode de tension de la corde mérite de fixer l'at- 
tention ; il consiste en un nœud coulant qui entoure 
la corde et se serre par la rotation de la cheville. — 
Long. tôt. (en ligne perpendiculaire) o"5i;long. 
de la caisse sonore o"»3o; larg. max. o"i30. 

Un instrument presque semblable est en usage chez les 
Niams-Niams, peuplade du Soudan oriental. 

Id. 1929. Nanga. La forme ressemble à celle 




Kaoga <no 1919). 

de rinstrument précédent. Les cordes de celui-ci 



— 359 — 

sont également en fibres végétales; la table d'har- inst. extEurop. 

monie consiste en une peau de serpent qui recou- ^'' ^^' 

vre en même temps toute la caisse sonore et une 

partie du manche. Celui-ci est terminé par une tète 

sculptée. — Long. tôt. en ligne perpendiculaire 

oa5i; long, de la caisse sonore o°>2i5; ^^^S* inax. 

0*090. 

Id. 1880. Wambee. Don de M. Edm. Picard. In- 
strument déjà décrit sous les n®» 871 et 1927. Nous 
compléterons nos précédentes descriptions par ce 
détail intéressant que les cordes, — en fibres de 
bananier, à ce qu'on nous assure, — peuvent être 
tendues à l'aide d'un anneau de même matière 
entourant à la fois la corde et la baguette, et dont 
le glissement vers la caisse sonore tend la corde 
en la rapprochant de la baguette. Le présent 
instrument est aussi intéressant par sa forme; la 
partie supéneure, où s'attachent les baguettes, 
est découpée avec l'intention de représenter une 
tête de crocodile. — Long. tôt. i"i7; larg. 
max. o"i85. 

Maroc. 1981. Cambreh. Don de M"« Lefebvre- 
Moriamé. Instrument presque semblable au n« 789, 
mais monté de trois cordes seulement. Il a été 
rapporté de Tanger par feu M. Lefebvre, artiste 
peintre, mari de la donatrice. — Long. tôt. o"»85 ; 
long, de la caisse sonore o»44; larg. aux deux 
extrémités o"i 5. 



— 3^^ — 
Branche C. — Cordes frappées. 

Sbction a, — Cordes frappées par des mailUis, 

in8t.cxt.-Earop. Chine. 1932. Yaug-kiii. Don de M. J. A. van 
^*''^" Aalst. Tympanon de construction semblable à celle 
du n» 792. Celui-ci est muni de la clef d'accord 
et des deux percuteurs en écorce de bambou. L'in- 
strument, acquis à Pékin par le donateur, est 
renfermé dans une boîte de bois noir sculptée en 
forme de papillon. Il est monté de seize rangs de 
quadruples cordes de laiton accordées comme suit : 
A. Chevalet de droite ^ partie gauche (on n'utilise 
pas les sons fournis par la partie de corde à droite 
de ce chevalet) : 



* 



H -i — 11— ^•- 



12 8 4 6 6 7 

B. Chevalet de gauche, partie droite 



3^î3 



:feF-r-f-r-^ 



t:: 



partie gauche : 

80 



$ 



3=r± 



£ 



Pour le surplus, l'instrument ne diffère pas de 
ceux que nous avons catalogués précédemment. 



— 3^1 — 
Id. 1933. YangAin^ de Tanc. coll. Jourdan. in«t.exi.Barop. 
Construction semblable à celle du n« 792; le pré- 
sent n« ne diffère que par une légère courbure des 
lignes. Quatorze rangs de cordes accordées dans le 
même ordre que celles du n» précité. — Long, 
tôt. o"66; haut. o°235. 



INSTRUMENTS EUROPÉENS. 



Classe I. — Instruments autopltones. 



Branche A. — Instruments autophonbs percutés. 
Sbction a. — Instruments bruyants. 

iBst. Eorap. Iles Baléares. 1934. Casianetas ou Castanueks 
^'•'- (fr. = castagnettes). Don de M. Antonio Noguera. 
Elles proviennent de l'Ile Majorque et ne diffèrent 
pas sensiblement de celles cataloguées précédem- 
ment (n«» 409 et 87g). 

Id. 1936. Casianolas (fr. «= grandes castagnettes). 
Don du même. Celles-ci sont originaires de Tlle 
d'Iviça. Chacune déciles se compose de deux plan- 
chettes de bois dur, portant extérieurement des 
ornements gravés. De forme rectangulaire sur 
trois côtés, ces planchettes sont arrondies sur le 
quatrième et vont en s'amincissant vers les bords. 
Sur la face intérieure on a creusé une cavité hémis- 
phérique. Les planchettes sont réunies à leur 



— 363 — 

partie supérieure par un ruban de soie qui les imt. Europ. 
traverse en même temps qu'une tige de bois rond ^*" ^" 
qui les sépare pour faciliter leur entrechoquement. 

— Long, de chaque planchette o»x5o; larg. o"io5; 
épaisseur max. o"o25; min. o°>oo5; diam. de la 
cavité interne 0*048 environ; diam. de la tige de 
bois o»oio environ. 

Belgique. 1936. Hochet (fl. = klater). Don de 
M. Th. Herrmann. C'est la forme populaire fla- 
mande de cet ancien jouet. Il est formé d*un 
manche surmonté d'une petite sphère creuse aplatie, 
le tout en osier. La sphère renferme une petite 
lame de métal repliée sur elle-même. En secouant 
l'appareil, on obtient une résonance métallique 
augmentée par celle d'un petit grelot de cuivre 
attaché au haut et à l'extérieur de la petite sphère. 

— Long. tôt. o"i6. 

Sicile. 1937. Troccola. Cliquette de bois destinée 
à remplacer la cloche dans les offices religieux 
pendant la semaine sainte. Un instrument tout 
pareil, employé en Espagne dans les mêmes circon- 
stances, y porte le nom de mairaca. — Long. tôt. 
o"25; larg. max. o»o6. Edmond Frank. Comment 
on remplace les cloches pendant la semaine sainte 
{Illustration du 17 avril 1897). 

Id. 1938. Troccola. Claquette formée d'une plan- 
chette en bois de noyer portant sur chacun de ses 
côtés une pièce de fer en forme de poignée qui 
frappe la planchette lorsqu'on agite celle-ci. La 



— 3^4 — 

inst. Earop. destination est la même que celle de Tinstrument 

^'•"* précédent, mais comme celui-ci produit plus de 

bruit, on s'en sert principalement dans les rues 

pour appeler les fidèles au temple. — Long. o"405; 

larg. o">i7o. 

Angleterre. 1939. Castagnettes en os (angl. 
=« bones). Don de M. R. Harrison, Castagnettes 
depuis longtemps populaires en Angleterre, où on 
les appelle quelquefois, par onomatopée, Knicky- 
knackers. Elles sont aujourd'hui particulièrement en 
usage parmi les instrumentistes à face noircie 
connus en Angleterre sous le nom de christy 
minstrels. Les lamelles, au nombre de quatre, se 
jouent par deux dans chaque main. — Long. o"i8 
environ; larg. o'"025 à o"»03. 

Shakspere cite les t bones » dans la scène I du quatrième 
acte de A midsummer nighVs dream, 

Id. 1940. Castagnettes. Don du même. Celles-ci, 
d'origine américaine, dit-on, et servant aux mêmes 
usages que les précédentes, sont formées de plan- 
chettes en bois sur lesquelles sont fixées une lame 
d'acier terminée à son extrémité libre par une bal- 
lette de plomb faisant l'office de ressort. Lorsqu'on 
secoue l'appareil les ballettes de plomb viennent se 
choquer bruyamment contre les planches. — Long, 
de chaque planchette 0*155; larg. o"o29; long, de 
la lame o"»io; larg. o"oo8. 



— 3^5 — 

Sbction b. — Instruments autophomSt à intonations déterminées. 

SouB-fection iM. — A mAilletf. 

Iles Baléares. 1941. Campana (fr. «» clochette), intt. Barop. 
Don de M. Ant. Noguera. Petite clochette en terre ^^'^' 
cuite, originaire de 111e Majorque. La forme est 
celle d'un verre à pied. Une ballette, également de 
terre cuite, servant de battant, est suspendue par 
une ficelle à la partie supérieure et à Tintérieur 

de la clochette. Le son produit est le 




à Toctave supérieure de la note écrite. — Haut, 
max. o"io; diam. p^oS. 

Italie. 1842. CymbaUs antiques. Reproduction; 
les originaux, trouvés dans les fouilles de Pompéi, 
sont conservés au Musée national de Naples. Ce 
sont deux disques de bronze, d*une couple de milli- 
mètres d*épaisseur, avec un renflement hémisphé^ 
rique au milieu et traversées à leur centre par un 
fil de bronze plié en boucle, les deux extrémités 
étant repliées à l'intérieur de la protubérance pour 
éviter que ces boucles se détachent. Les deux 
cymbales sont reliées par une chaîne de bronze dont 
les anneaux, au nombre de vingt«quatre, sont de 
simples fils de bronze d*un demi-mill. d'épaisseur, 
formant deux spires enroulées sur un diam. de 
10 mill. environ. 
En entrechoquant ces cymbales, on obtient un 

«7 



Cl. I. 



— 366 — 

^E- — Diam. o^ioj; diam. 

de la protubérance centrale o°>o6o; profondeur de 
cette protubérance o™o25 environ. 

SoaB-seetioD.66. — A clavier. 

France. 1943. CeUsta, Les organes sonores 
sont des lames en acier mises en vibration sous 
l'action percutante d'un marteau. Aux deux extré* 
mités sont soudés des poids permettant de diminuer 
la longueur des lames en vue d'obtenir un son 
donné et augmenter leur puissance sonore, tout en 
améliorant la pureté de leur timbre. Les lames 
sont posées par deux, à l'intervalle d'un demi-ton 
Tune de l'autre, sur des boîtes de résonance; pour 
économiser la place, on les a disposées sur la hau- 
teur de l'instrument en deux rangées superposées, 
dans Tordre suivant : 

2« rangée : rê, rêK,fa% sol, /aj{, si, etc. 
i« rangée : ut, utji, mi, fa, sol% la, etc. 

Le mouvement est transmis des touches du cla- 
vier au marteau par l'intermédiaire d'un mécanisme 
assez semblable à celui du piano; la percussion de 
la lame, qui s'opère par dessus, et le soulèvement de 
letouffoir se produisent simultanément; ce dernier 
retombe pour arrêter la vibration dès que le doigt 
abandonne la touche. L'étendue de l'instrument 



est de quatre octaves, de ^— — (premier son de 



— 367 — 

la 5* octave de l'échelle générale) au premier son last. Europ. 
de la 9" octave. Il est muni d'une pédale forte qui ^'' '* 
soulève à la fois tous les étouffoirs. 

L'apparence générale est celle d'un harmonium 
de o^Ssj de longueur sur 0*975 de hauteur et 
o%o de profondeur. — Long, de la plus grande 
lame (son le plus grave) o'»i5i, larg. ©"032; long, 
de la plus petite lame o»044, larg. o°^o22. 

La disposition de cet instrument, dont le timbre 
est d'une très grande pureté, est due à M. Mustel, 
de Paris, l'habile facteur d'harmoniums, qui Ta fait 
breveter en date du 2 juin 1886. 

Branchb B. — Instruments autophonbs pinces. 

Sbction a» — Pinch avec ou sans pUctre. 

Angleterre. 1944. Guimbarde (angl. = jfew^s 
harp^Jews trump). Don de M. R. Harrison. Nous 
avons déjà décrit cet instrument sous les n»« 14 
et 608. Celui-ci fait entendre distinctement les 
harmoniques : 



Id. 1846. Guimbarde. Don du même. Elle donne 
les sons 



i 



s^S 



Cl. 1. 



— 368 — 

Sbction c, ^ a mouvement automatique, 

iMt. Burap. Suisse (?) 1946. Boite à musique. Don du Rajah 
Sourindro Mohun Tagore. Cet instrument fait 
entendre huit airs composés par le donateur dans 1« 
but de nous donner une idée exacte de la musique 
de son pays. 

Le clavier, composé de 77 touches, est réglé 
comme suit : 



8>. 



â£é£. 



tJ I3ia548a«4 



#-•- 



fj" 4 13 4 2 2 6 6 

Les chiffres indiquent le nombre de lamelles à 
Tunisson. Ces unissons ont leur raison d'être par 
ce fait que la lame ne peut être attaquée par les 
pointes du cylindre que lorsqu'elle est revenue à 
rétat de repos, d'où nécessité de représenter plu- 
sieurs fois la même note dans le clavier. Les petits 
ressorts en acier fixés sous les lames, et que Ton 
appelle étouffoirs, ont pour but d'empêcher le grince- 
ment de la lame au moment où elle quitte la pointe 
du cylindre qui la soulève; dans la région moyenne 
ces étouffoirs sont remplacés par des bouts de 
plumes. — Long, de la boîte o»5o; larg. o"2o; 
haut» o™i45; long, du cylindre o"a75; diam. o-ojj. 



— 369 — 
Branche C. —Instruments autophones frottés. 

Section a, — Frottés par h doigt ou par Varchet. 

France. 1947. Violon de fer^ de Tan c. coll. lastEorop. 
V. et J. Mahillon. Sa construction ne diffère pas ^'•'' 
essentiellement de celle du n* 166, mais il est d'une 
apparence plus belle et d'une conservation plus par- 
faite. Son étendue est de quatre octaves chroma- 
tiques complètes, à partir du ^— T— . Le diapason 

est d'environ un quart de ton plus bas que le nor- 
mal actuel. Les cordes sympathiques, en acier, sont 
également disposées transversalement sur la table 
d'harmonie en 16 rangs, chacun de quatre cordes à 
l'unisson. Ces seize cordes fournissent une double 
gamme diatonique en sol 

'?-r-i- i-r-^'-r-f -f= 



VI 

Les initiales p ' sont imprimées au feu sur la table 

d'harmonie dans l'espace triangulaire entre les trois 
rosettes. — Diam. de la caisse o"385;'haut. o"o6o. 

Les vibrations transversales des tiges (celles qui résultent 
du frottement par Tarchet) fixées par une extrémité sont inver- 
sement proportionnelles au carré de leur longueur et directe- 
ment proportionnelles à leur diamètre. Une tige ayant une 
longueur double d*une autre tige donne, si les diamètres sont 
uniformes, un son à la double octave grave de la dernière. 
Deux tiges de même longueur dont l'une a le diamètre double 
de l'autre donneront deux sons à l'octave, la plus grosse étant 
UpiQsaiguë. 



CI.I. 



— 370 ~ 
isif. Burop. Id. 1948. Harmonica de Franklin. Don de M. le 
Comte Ferdinand de Marnix de Bornhem. La con- 
struction ressemble à celle du n^ 411. La caisse 
dans laquelle sont enfermés les verres est de forme 
conique et le mouvement de rotation est également 
produit à laide d*un marchepied et d'une manivelle. 
Les verres sont au nombre de 35, disposés dans 
Tordre chromatique. Au-dessus de la rangée de 
verres tourne, à Taide d'un bouton de bois placé au 
côté droit de l'instrument, un rouleau entouré d'une 
feuille de papier portant douze divisions correspon- 
dant dans le sens du diamètre aux douze transposi- 
tions de la gamme chromatique, et dans le sens de la 
longueur aux douze degrés de la même gamme. 
Cette dernière disposition est la seule apparente, le 
rouleau étant enfermé dans une boîte cylindrique 
dans laquelle on a ménagé une ouverture longitudi- 
nale exposant par un trait sur la bande de papier et 
en regard de chacun des verres, le degré de la 
gamme auquel il correspond. Pour faciliter le jeu, 
les degrés de la gamme diatonique sont indiqués par 
des traits de couleur différente correspondant à 
celles du spectre solaire et qui occupent toute la 
largeur de l'ouverture longitudinale de la boîte dans 
laquelle se meut le rouleau : 

le premier degré est rouge; 
le second orangé; 

le troisième jaune ; 

le quatrième vert; 



— 371 — 

le cinquième degré est bleu ; inst. Europ. 

le sixième indigo; ^^'^' 

le septième violet. 

Les degrés chromatiques sont uniformément noirs, 
mais ils n'occupent sur la largeur que la moitié des 
traits indiquant les degrés diatoniques. 

Veut-on jouer dans le ton original, on tourne le 
rouleau jusqu'à ce que les degrés de la gamme 
indiquée par o ton d*orgue se présentent. Dans cette 
condition, la flèche dessinée au-milieu de la devan- 
ture de l'instrument indiquera le la du clavier à 
l'intonation réelle. 

Désire-t-on transposer au demi-ton supérieur, on 
tourne le bouton de gauche à droite : ^i»--^ jusqu'à 
la division suivante sur le diamètre indiqué par les 
mots demi-ton; le la sera reculé d'un demi-ton à la 
droite de la flèche, et, toutes les autres divisions 
de la gamme chromatique restant dans leur ordre 
ordinaire, l'instrument sera transposé d'un demi* 
ton vers l'aigu . 

Comme nous Tavons vu, le rouleau est divisé 
dans le sens du diamètre en douze parties à chacune 
desquelles correspondent les degrés d'une échelle 
chromatique dont le la recule d'un demi-ton. L'im- 
portance de la transposition est indiquée par les 

chiflFres V,; i; i % 2; 2%; 3; s'A; 4; 4 'A; 5; 

5 Vaf indiquant de quelle quantité de tons et de 
demi-tons la gamme est transposée. Pour transpo- 
ser dans le grave, la même opération se pratique 
en sens inverse. 



— 373 — 



intt. Bttrop. L'étendue générale comprend, comme nous 
\5 se 



^** ^ l'avons dît, 35 sons, du 




accordés au diapason normal actuel (la^ ^ 870 
vibrations simples). — Long. tôt. i"u; o"885; 
lai'g. max. o">35; larg. min. oi"22. 

Les vases en verre de ce genre d'harmonica sont de forme 
hémisphérique; on les accorde par l'usure du verreàTaide 
d'une meule d'émeri : en frottant les bords du vase (diminoaot 
ainsi sa profondeur) pour hausser l'intonation; en frottant le 
contour supérieur (diminuant ainsi l'épaisseur de laparoijpoor 
baisser l'intonation. 

Belgique. 1949. Harmonika de Franklin. Don 
de M""" la Douairière de Lannoy de Marbais. Sa 
construction ne diffère de celle du précédent qu'en 
ce que celui-ci est entièrement double. Il se com- 
pose en effet de deux instruments pareils au précé- 
dent qui seraient adossés, l'un d'eux se composant 

de 34 verres, du 

8* 




le second de 38 verres accordés à la quarte aiguë du 
premier, c'est-à-dire du 

m' 



au 



iiS- 



Ces derniers ont malheureusement disparu; mais 



— 373 — 
ceux qui restent nous permettent de constater que lut sorop 
l'instrument était accordé au diapason normal ^^' '* 
actuel. 

Cet harmonica doit avoir été construit à Paris au 
siècle dernier sous la direction de Martial Joseph 
Deudon d*Heysbroeck, échevin de Malines, qui 
s'occupait beaucoup de sciences physiques et mathé- 
matiques. Les détails de sa construction offrent une 
telle similitude avec ceux du précédent instru- 
ment, qu'il est permis de les supposer construits 
tous deux par le même fabricant. — Long. tôt. 
l'ii; larg. max. o»52; haut. max. o"»885. 

La donatrice a également fait don au Musée: i^ d'un 
Mémoire autographe de Deudon, au sujet de son c harmonica 
perfectionné », daté du 25 décembre 1786, présenté à l'Âca- 
demie des Sciences de Paris en février 1788 et approuvé en 
séance du 5 mars suivant; 20 d'une série de plans et études, 
autographes du même, ayant précédé la construction de 
l'instrument. 

Dans son Mémoire, Deudon note qu'il a accordé ses verres 
< d'après l'orchestre de l'Opéra de Bruxelles ». Ce point est 
intéressant, car l'accord de ces verres n'ayant pas été 
retouché, il est permis d'en conclure que le diapason de l'Opéra 
de Bruxelles en 1786 était, à peu de chose près, conforme au 
diapason normal actuel. 

Id. 1960. Maiiauphone. Simple boîte horizontale 
reposant sur quatre pieds, à l'intérieur dé laquelle 
onafixésur des chevalets 38 verres à pieds, disposés 
dans Tordre indiqué par la figure, et qui, consé- 
quemment immobiles, entrent en vibration par un 
frottement circulaire des doigts. Cette disposition 

a8 



— 374 — 

iBtt. Bnrap. avait été imaginée par un maître de danse de 
Bruxelles nommé Joseph Mattau (13 mars 1788- 
5 août 1867] qui avait acquis sur cet instrument 



Cl. I. 



©©©©©©© (T) 
^-.(7)0® ©000 ^ 

y>l ®®©00 (J 




10 )r 11 



Matuaphoae (no 1950). 

une habileté extraordinaire. L*étendue écrite est la 
suivante : 

tJ -^- • ï 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 



$ 



4». 



-t^tjd. 



8» 



-I — I - 



t=t: 



ÏT T f ?^ 



^ 



t=t 



0ff-V 



18 19 20 21 22 23 24 25 26 S7 28 29 30 31 32 

mais l'effet réel est à la tierce majeure supérieure*. 
Les chiffres correspondent à ceux qui numérotent 
les verres dans la figure ci-dessus; ils indiquent 

I L'accord n'est qu'approximatif; on le complète en versant 
dans les verres de petites quantités d'eau qui en diminuan t 
rélasticité du verre, en font baisser l'intonation. 



» 

aussi leur emplacement dans la boîte. Les numé- lut. Éarop. 
ros doubles indiquent que la même intonation est ^^' '* 
produite par deux verres différents. — Long. tôt. 
i"28; larg. max. o»625; haut. tôt. o"94o; haut, de 
la caisse o»i85. 



Classe II. — Instruments à membranes. 



Branche A. — Membranes percutées. 

Sbction a. — Instruments à membranes, bruyants. 
Soni-iecUon aa — Membrane tendue sur un cadre. . 

iDit. Enrop. Italie. 1861. Tambourin florentin^ en forme de 
^*"- tambour de basque. Il est garni de sept jeux de 
disques disposés dans des ouvertures longitudinales 
le long de la circonférence. Une peinture naïve 
représentant une danse villageoise orne la mem- 
brane. — Diam. du cercle o"53; haut. o"o9. 

Angleterre. 1962. Tambourin. Don de M. R. 
Harrison. Tambour de basque ordinaire avec trois 
jeux de disques en cuivre. La membrane est simple- 
ment clouée sur le cadre et mesure 0*25 de 
diamètre. 

Sou-tection ce. — A double membrane. 

France. 1963. Tambourin de Provence. C'est un 
long tambour dont le fût, en noyer comme ils le sont 
généralement, est orné sur toute la périphérie de 
guirlandes verticales séparées par des filets sculptés 
dans répaisseur du bois. Les cercles de tension, 



— 377 — 

peints en rouge, sont en chatatgnier et portent imt. Enrop. 
des boutons auxquels vient s'attacher la corde des- ^*'" 
tinée à opérer la tension des membranes. Celles-ci 
sont généralement en peau de chien (peoà de 
maroun). Contrairement au tambour ordinaire, c'est 
la membrane la plus mince, placée à la partie supé- 
rieure du fût, qui reçoit la percussion; c*est elle 
aussi qui porte le timbre (chasso)^ simple ficelle 
reposant sur la membrane dans le sens du dia- 
mètre. Les tirants se montent de bas en haut. 

L'instrument est spécialement destiné à accom- 
pagner le galoubet (fluiiet, flaiuiet^ fluié). Le 
tambourinaire porte la caisse suspendue par la 
courroie sur Tavant-bras gauche, tandis que la 
main gauche tient le galoubet, et que la main droite 
frappe la membrane à Taide d'une baguette (masseio) 
terminée par un gland (ooulivo). Le tambourinaire 
jouant du galoubet est appelé escoular; jouer des 
deux instruments à la fois s'appelle tutupompo- 
neyer^ (Voir Notice sur le Tambourin et les autres 
instruments de la musique provençale^ par un iam^ 
bourinatre [M. de Lombardon-Montezan], Marseille, 
1883). — - Haut. 0*79; diam. o"42. 

Italib. 1964. Caisse sourde florentine. Le fût 
en bois est décoré d'un lion peint en or sur fond 

I Dans Port^Tarascan, qui termine Tépopée comique de 
l'illustre Tartarin, A. Daudet donne au navire qui transporte 
aux antipodes les émigrant's tarasconais le nom de Tutu- 
^An^ai», onomatopée du son des deux instruments. 



- 378 - 
iMLBDrop.brun, et tout le contour de la caisse est orné da lys 

Cl II 

de Florence. — Haut. o"73 ; diam. des cercles 0*3 15. 

Id« 1966. Caisse sourde florentine. Celle«ci est 
beaucoup plus petite que la précédente. Le fût, 
également en bois, est peint en vert, avec le lys de 
Florence d'un côté, et, au côté opposé, un autre 
ornement héraldique. Haut. 0B385; diam. des 
cercles ©"23 4. 

Iles Baléares. 1966. Tamborino ou iamborU, 
Don de M. Ant. Noguera. Petit tambour en usage 
dans les Iles Majorque et Iviça. Le fût, peint en 
blanc, est orné de découpures de papier peint repré- 
sentant des fleurs. La tension des membranes 
s'opère à l'aide d'un système de cordage traversant 
les cercles sur lesquels elles sont enroulées; cette 
tension peut être augmentée à l'aide de tirants de 
cuir semblables à ceux de nos tambours ordinaires. 
En travers de la membrane inférieure est tendue 
une corde de soie recouverte de fil de métal blanc, et 
agissant en guise de timbre. La baguette servant de 
percuteur s'appelle macillo. — Haut, du fût 0*205; 
diam. o"'237. 



Classe III. — Instruments à vent. 



Branchb a. — Instruments a anche. 

Section c, — Anche simple, battante, avec tuyau, 
Soas-tMtion aa. -~ Toyaa cylindriqns. 

Angleterre. 1967. Clarinette en sib. Don deiut.Europ 
M. Fernand Mahillon, à Londres. Elle porte la ^'"^ 
marque de G. Asiar 79 Cornhill Lonion. Elle est en 
buis, garnie de viroles d'ivoire. Six clefs de cuivre 
recouvrent les trous latéraux fournissant les into- 
nations suivantes, notées d*après le doigté usuel de 
la clarinette : 



J flj ff-! J 3^ 



=1: 



^ 



La clef n* 5 est celle dite de cadence, destinée à 
produire le trille de â t— i^ J ; le n* 6 est la clef 



servant au sib et en même temps à la production 
de la douzième des sons fondamentaux. — Long, 
tôt. (avec le bec) o"66. 
France. 1968. Clarinette alto, en fa. Marque : 



38o — 



garnie de viroles d'ivoire et armée de treize clefs 



intiBurop. -4. Buffet J^^ Parts. Elle est en bois de prunier, 
garni 

Clarinette alto, en fa (no 1958). 

en métal blanc. Son baril forme un léger coude 
destiné à faciliter la tenue de Tinstrument.— Long, 
tôt. o-Sg. 

Id. 1969. Double clarinette. Pièce de bois dans 
laquelle on a foré au tour deux canaux parallè> 
les, à Textrémité supérieure desquels on a enserré 
deux tubes de cuivre dépassant le bois d'une lon- 
gueur de 0^02 1 et formant ainsi deux tenons 
entourés de fil, sur lesquels s'appliquent deux becs 
de clarinette. Cette pièce de bois est fixée dans une 
caisse rectangulaire, en bois également, à chacun 
des deux côtés de laquelle est adapté un petit clavier 
dont les touches, par l'appui des doigts, soulèvent 
les plaques de métal qui obturent une série de trous 
latéraux pratiqués dans chacun des canaux. Lors- 
qu'on abandonne la touche, la plaque revient en 
place par l'action d'un ressort. Les touches, répar- 
ties par noires et par blanches suivant la disposition 
du clavier de piano, permettent de produire sur 
chacun des tuyaux une échelle chromatique de 



=3^ ' 1^ 



à un diapason exactement à un demi-ton au-dessous 
de l'étalon officiel actuel. 



- 38i - 

Le nom spécial de cet instrument nous estiottEorop 
inconnu; c'est fort probablement le spécimen d'une ^'*"^ 
invention mort-née, qui peut dater d'une quaran- 
taine d'années. — Long, de la pièce de bois o"8o ; 
larg. 0*06; épaisseur o"*026; diam. de chacun des 
canaux o"'oi3; long, de la caisse o"*64; larg. o'<'ii5; 
épaisseur o"o53. 

Id. 1960. Clarinette en sib. Marque : Rudall, Rose^ 
Carte & C«, London. Elle est du système ordinaire, 
dit à 13 clefs, mais le mécanisme a reçu différentes 
modifications et additions ayant pour but de faciliter 
certains passages quasi impossibles avec les clari- 
nettes du système ordinaire. On remarque : 

I* Un levier placé sous la 3* clef, et qui permet, 
par Teztension de l'auriculaire droit, de produire 

^^^ m C^^ » ^^^^ ^° laissant la liberté à l'auriculaire 



-I- 



gauche pour ouvrir la 2» clef de ^ JW~" , et per- 
mettant conséquemment les liaisons 






?i* 



2* La a* clef ouvre la clef jSt't tM p et ferme en 




même temps la clef n» 3, de gk — ^ ; cette combi- 

^5 



— 3^2 — 

iMi. Europ. naison laisse rauriculaîre droit libre pour ouvrir 
^* "^' la 4* clef, permettant ainsi d'effectuer sans difiBcultc 



les liaisons 




i»^ 



3« L'addition d'un levier, à prendre par Tauricu- 
laire gauche, et destiné à ouvrir la 4* clef 




et rendant, par conséquent, très faciles les battements 



w 



rapides degr^*^^» impossibles sur la clarinette 



ordinaire; 



4» La clef de fc^Eétant ouverte comme à l'or- 
dinaire par l'auriculaire gauche, est combinée de 
telle façon qu'elle se referme par l'appui de l'index 
droit sur l'anneau qui lui est destiné. Par suite, les 
battements 



impossibles sur la clarinette ordinaire, deviennent 
faciles; 



- 383 — 

5** Les trois trous latéraux du corps supérieur iBitEorop. 
sont garnis d'anneaux. En appuyant l'annulaire ^'•"^' 
gauche sur celui qui lui est destiné, on produit le 

^ par l'ouverture de deux clefs placées au 



côté de l'instrument, la clef supérieure donne le 




^, la clef inférieure le feE^£- Quand on 




appuie sur son anneau l'index droit, la clef supé- 
rieure se ferme et la note produite est le fc^^ • Il 

en résulte une exécution facile des trilles : 
*)2E^£^E» P*^ *® simple mouvement de l'annu- 




laire droit, b) ^yj^ j'^J - ' par l'appui de l'annulaire 

droit sur son anneau, combiné avec le battement 
de l'index droit sur le sien et c) gk--| yj' -j •• par lappui 

de l'annulaire gauche et de l'index droit sur leurs 
anneaux respectifs et le battement par Tindex ou 
le médius gauches également sur leurs anneaux 
respectifs. 

Cette clarinette apporte, on le voit, certaines 
facilités de doigté, mais elle offre en revanche 
quelques difficultés dues à la complication de 
mécanisme. — Long. tôt. o"66o. 

Bblgiqub. 196L Clarinette en stb. Don de 
M. Van de Vyvere-Loontjens, deThielt. Instrument 



~ 3«4 - 

intt. Barop. en ébène garni de viroles d*ivoire et portant cinq 

^*' "^' clefs. Le corps inférieur est divisé en deux parties. 

Marque : Deloose à Gand. — Long, (sans bec) 

o"535- 

Id. 1862. Clarinette ensii^. Auteur inconnu. Le 
pavillon est marqué j^, Ponfoort, Gand, mais l'in- 
strument ne nous paraît pas être de ce facteur. 
Système dit à 13 clefs. Le corps inférieur possède 
les deux anneaux permettant de produire automati- 
quement les /t r — f^^' Les deux mêmes anneaux 



m 



commandent une autre petite clef, s'ouvrant aussi 
automatiquement, pour améliorer les J^ ^ - 1 — 

produits par le doigté fourchu. Le corps supérieur 
est muni de trois anneaux agissant chacun sur une 
petite clef destinée à améliorer les doigtés fourchus 

et permettre la production du ^^ J ■ 

sans l'adjonction de la clef de fa de l'index droit. 
— Long, (sans bec) o"575. 

Italie. 1963. Clarinette en ut, système Schaffner. 
Don de M. V. Mahillon. Même principe de division 
de la colonne d'air (au moyen de trous latéraux 
ovales) que celui que nous exposerons plus loin au 
sujet de la flûte n* 2002. Mais le mécanisme se com- 
plique ici par suite du problème consistant dans 




- 385 - 

l'ouverture successive des vingt trous latéraux à imt. Enrop. 
Taidede huit doigts, les deux pouces étant employés ^'•"^' 
au soutien de Tinstrument. 

Voici, en effet réel, les intonations produites par 
l'ouverture successive des trous latéraux : 






9 10 



i 



S^ ^,^ ^^^ SF^ 



13 14 15 16 17 18 19 20 

Le problème a été très ingénieusement résolu, le 
mécanisme est merveilleusement combiné et réalisé. 
Mais la véritable pierre d*achoppement, Timpossi- 
bilité d'obtenir l'occlusion complète d'un si grand 
nombre de trous latéraux, n'en subsiste pas moins. 
— Long. tôt. o"6j5. 

France. 1964 Clarinette en sib, système Roméro. 
Don du même. Instrument imaginé en 1867 par 
Antonio Romero, professeur de clarinette au Con- 
servatoire royal de musique à Madrid, et construit 
parBié, fabricant d'instruments de musiaue à Paris. 
Le brevet, en date du 3 juin 1867, porte le n» 76636. 
Le système de cette clarinette, qui descend au mi 
grave, permet principalement à Tinstrumentiste la 
production des fondamentales 



et de leurs douzièmes respectives à l'aide d'une seule 



— 386 — 

inst. Bnrop. clef, prîse par l'auriculaire de chacune des deux 
^^ "'' mains, facilitant ainsi des passages impossibles avec 
le système ordinaire, à cause des glissements néces- 
saires d'une clef sur l'autre. Ces avantages étaient 
du reste déjà offerts par le système Boehm. La 
nouveauté consistait dans la possibilité de produire 
les notes du registre moyen : 




T=f: 



:*=:««i 



rindex, l'annulaire et le médius de la main droite 
étant appuyés sur leurs anneaux respectifs, par le 
relèvement successif de ces doigts. 

Le système et sa réalisation sont dignes d'atten- 
tion et d'éloges. Néanmoins, la complication de 
l'instrument causa son insuccès ; il fut abandonné 
complètement dès la mort de son auteur. La 
marque : Lefevre à Paris^ dont la clarinette est 
estampillée, est celle du successeur de Bié. — Long, 
tôt. o"690. 

(Varia). 1966. Becs de clarinette. Collection de 
28 becs de provenance et de forme diverses, en ivoire 
ou en bois. Parmi les pièces principales, notons : 

Un bec de clarinette en si\) en bois, recouvert 
entièrement d'une enveloppe de métal. 

Un bec de clarinette en s»'b, allemand, marqué 
Geisler. Il est en bois noir ; la partie taillée en biseau 
opposée à l'anche est recouverte d'une plaque de 
métal pour empêcher l'action destructive des dents. 



- 387 - 

Un bec de clarinette en si\> en bois, avec toute la imt. Earop. 
partie supérieure en étaîn. Ce bec, fabriqué par ^'•^"' 
J. Ponfoort, de Rumbeke,' avait été offert en 1 848 au 
célèbre clarinettiste Joseph Biaes, alors professeur 
au Conservatoire royal de musique de Bruxelles. 

Un bec de clarinette en sib en cristal. Il date du 
commencement de ce siècle et porte la marque : 
Laurent, Palais Royal 65, Paris. 

Un bec de clarinette en mib en métal. La partie 
inférieure de la table, basculant sur deux vis qui 
servent de pivots, permet d*éloigner ou de rappro- 
cher Tanche de la partie supérieure, légèrement 
arquée, contre laquelle elle vibre. Cet éloignement 
de l'anche est obtenu par une bride attachée aux 
côtés de la table et qui se meut par faction d'une 
vis placée au dos de Tappareil. Marque : Triebert 
breveté à Paris. 

Bec de clarinette en mib en métah II est sem- 
blable au précédent, mais le degré d'inclinaison de la 
table est réglé par une vis et un écrou qui fonction- 
nent à la partie inférieure de la table. Il est de 
C. Mahillon à Bruxelles. 

Bec de clarinette en sib en bois avec enveloppe 
de métal. Système semblable au précédent. 

Bec de clarinette en sib en métal. La partie 
supérieure est fixe ; la partie inférieure, sur laquelle 

' C!e8t ce même facteur qui s'établit, plus tard, à Qand; 
voir n" 1962. 



— 388 — 

lut. Barop. se trouve la table, bascule sur deux pivots placés 
aux côtés de la vis, ce qui fait que la partie infé- 
rieure de la table peut être portée légèrement en 
avant ou en arrière au moyen d'une vis placée au 
dos du bec. Marque : C. Mahillon à Bruxelles. Le 
mécanisme a été breveté en 1851. 

Dans les cinq becs qui précèdent, Tanche est fixée 
sur la table par un levier basculant entre deux 
pivots et l'un des bras est commandé par une vis de 
pression. 

Iles Baléares. 1966. Cheremia ou Chirimia. 
Don de M. Ant. Noguera. Simple tube de roseau 
percé de cinq trous latéraux et dans Textrémité 
supérieure duquel est insérée une anche semblable 
à celle de Varghoul (n^ 113). Quatre des trous 
latéraux sont percés sur la face antérieure ; le cin- 
quième, qui se recouvre par le pouce, est percé au 
côté opposé. L*ouverture successive de ces trous 
donne les intonations suivantes : 



^ =^ry-r-¥=^ 



— Long. tôt. (anche comprise) o«i 7; diam. inté- 
rieur o"o05. 

Il suffit de comparer la cheremia à Varghoul^ à la Mummênh 
(no 115) et à \tigheteh (n° 351) pour se convaincre deTorigioe 
arabe de cet instrument, principalement en usage aujourd'hui 
dans rile d*Iviça. 

Id. 1967. Chirimia. Don du m6me« Instrument 
semblable au précédent, dont il ne diffère que par 



- 389 — . 

la longueur, ici de 0^190. Cette différence de Ion- Uit Barop 
gueur, pour des intonations semblables, s'explique ^''"'' 
parlediamètre intérieur du tuyau, qui mesure o^^ooS. 

SoQB-Mctioo bb, — Anche batuote et tuyan conique. 

Belgique. 1868. Cornet d'appel. L'anche est 
formée d*une rigole ou canal dont l'ouverture est 
couverte d'une languette métallique. Tout l'appa- 
reil est en fer blanc. Lorsqu'on embouche l'anche, 
avec une pression d'air moyenne, le son émis est le 

7 v , , qu'on peut toutefois faire monter de toute 



t> 



une quarte en augmentant la pression. — Long, du 
tuyau o»o56; diam. du côté de l'anche, o«oio envi- 
ron; du côté opposé o"o24. 

France. 1969. Corne d'appel. C'est une simple 
corne de vache ornementée à l'aide d'un procédé 
chimique. La pointe a été munie d'une anche bat- 
tante recouverte par une capsule trouée dans 
laquelle on souffle. L'instrument ainsi embouché 

donne le ckEEîE- "~ Long. tôt. o«465; diam. 




moyen de l'ouverture de la corne o"o8. 

Section d, — Anche double avec tuyau, 

Soui'iectioo aa. — Avec tnyau cylindrique. 

Italie. 1970. Tournebout, C'est une sorte de 
cromorne en bois recouvert de cuir, dont la figure 
se trouve dans VArt du faiseur d'instrument de 

29 



— 390 — 

VEncyclopidie àt Diderot et d^Alembert. Dans rétaïl 
^"ci.i'^ actuel de ce tournebout Tanche s'introduit dans uni 
canal de o"oi5 de diam. sur 0*090 de longueur; 3 
partir de là, la perce s élargit brusquement jusqu al 
un diamètre de o"™045 qu'elle conserve sur presque 
toute la longueur du tuyau, pour s'épanouir ensuite 1 
jusqu'au diamètre de o"»052 à Textrémité inférieure. 




Tourneboat (no 1970). 

Ce tuyau est formé de deux coquilles assemblées et 
collées par les bords; il est percé latéralement de 
neuf trous, dont le premier et le second, forés en 
dehors de fatteinte des doigts, ne servent qu'à 
régler Tintonation du 3* trou. Celui-ci se trouve 
presqu'à côté du 4», et sur la même hauteur; il se 
recouvre, assez difficilement, par le petit doigt, et 
sa position démontre que l'instrument se tenait de 
la main droite à la partie inférieure. La restauration 
de ce curieux et probablement unique tournebout 
a malheureusement été mal faite; par suite il ne 



- 39Ï -- 

nous a pas été permis d'en évaluer les intonations, uii. Burop. 
Il faudrait pour le remettre en bon état qu'une ^'" ^"' 
circonstance fortuite nous mît en présence des 
détails de construction qui ont été maladroitement 
supprimés lors de la réparation. — Long. tôt. o"94; 
diam. extérieur (cylindrique sur toute la longueur 
de l'instrument), o™o63 environ. 

RoMB. 1871. Aulos spondaîquf ou Tibia multifora. 
Don de M. V. Mahillon. Il a été construit d'après 
rinstrument trouvé en 1867 à Pompéi, dans la 
maison de Caïus Vibius, et dont le fac^simiU est 
déjà catalogué sous le n* 416. L'anche que nous y 
avons adaptée est double; elle est semblable à celle 
de Vhichi-riki japonais. Par son intermédiaire 
rinstrument donne les intonations suivantes : 



^=fii"Trrr=^^ 



6 7 8 9 10 ^ 

L'anneau attaché au corps du tuyau est destiné à 
recevoir le pouce pour faciliter la tenue. -- Long, 
tôt. 0-53I. 

L*adjectif if>tt//f/ora s'explique par le grand nombre de troua 
dont la tibia est percée; spondaïquc fait allusion à ce que 
cet instrument était surtout employé à l'accompagnement 
des mélodies liturgiques composées de spondées, L'aulos spon- 
daiqae est un chalumeau masculin classé par Aristoxène parmi 
\ti auloi plus-que^parfaits» ainsi dénommés parcequ*ils avaient 
le diapason le plus grave (F. A. Qbvabrt, Histoire et Théorie 
dila Musique de VAntiquité, tome II, pp. 273 et 286). 

Ce fac-similé a été joué par M. Poncelet, professeur de 
clarinette au Conservatoire royal de musique de Bruxelles, au 



— 39^ — 

Uat Barop conceit greco-romain donné à l'occasion de la conféreDce 
CI. III. de M. Gevaert. 1 

Id. 1972. Auloi doubles ou Tibiae impares. Don de 
M. V. Mahillon. Reconstitution fantaisiste faite par 
le donateur pour servir au même concert, l'échelle 
respective ayant été indiquée par M. Gevaert. Ce 
sont deux tuyaux d'érable, façonnés au tour, dont 
la forme et les dimensions intérieures et extérieures 
rappellent celles de la tibia n» 416. Les deux tibiae 
sont percées de cinq trous latéraux, quatre sur la 
face antérieure, le cinquième sur la face postérieure. 
Le premier des deux tuyaux, joué par la main droite 
{tibia dextra)y donne par l'ouverture successive des 
trous latéraux les intonations : 



ï^=i 



le second, qui se tient de la main gauche (tibia 
sinistra) : 



$ 



i^i^&r^^'= 



La longueur est chose accessoire, les dimensions 
données à notre spécimen n'ayant d'autre but que 
l'agrément de la forme. Il est certain que les tuyaux 

1 De Vétat actuel de nos connaissances relatives à la pratiqué 
de Vart musical chez les Grecs et les Romains. Conférence faite 
à la Société pour le progrès des études philologiques et histsriques, 
dans sa séance du 25 mai 1896 



— 393 — 

pourraient être raccourcis de toute la partie imi. Europ. 
inférieure au-delà du premier trou latéral. Les ^' "^' 
anneaux ont été ajoutés pour faciliter la tenue des 
instruments, assez difficile sans cet accessoire 
lorsque tous les trous latéraux sont découverts. 
Il est à supposer cependant que les anciens ne se 
servaient d'aucun artifice de ce genre; les monu- 
ments qui nous ont été conservés n'en offrent 
aucune trace. 

Lorsque les tibiae accouplées avaient la même longueur, 
on les appelait tibia» pares (égales) ; si elles différaient de 
diapason, on les désignait sous le nom de tibiae impares 
finégales) (Gbvabrt, loc. cit. tome II, p. 290). 

Id. 1973-1974. Tibia gréco-romaine {tibia multi- 
fora^ aulos spondaîque). Le n» 1973 est un fac- 
similé, construit par MM. Sabatino de Angelîs et 
fils, de Naples, d'après un instrument découvert 
dans les fouilles de Pompéi le 8 septembre 1888 et 
conservé au Musée national de Naples. Le tube 
principal est en os, recouvert de douilles de bronze; 
toutes celles recouvrant les trous latéraux sont tour- 
nantes, ainsi que nous les avons vues précédemment 
(voir la description du n" 416). La partie inférieure 
a perdu son recouvrement de bronze, Tos est à 
découvert. Le tuyau est percé latéralement de neuf 
trous dont l'ouverture successive fournit les into- 
nations suivantes : 



^m 



q: 




— 394 — 
iBtt. Eorop. Ces trous ne sont pas disposés sur une seule 
^^ "^* ligne; il est probable que lors de la réparation de 
l'instrument authentique les fragments d'os n'ont 
pas été remis à leur véritable place, ce qui expli- 
querait pourquoi les trous 2, 4^ 5, 6 se trouvent 
sur le côté gauche au lieu d'être placés en ligne 
droite avec les autres trous. A remarquer que les 
douilles recouvrant les trous 2, 4, 5, 6 sont munies 
de plaques sur lesquelles sont soudés de petits 
boutons à tète ronde, tandis que sur les plaques des 
autres douilles tournantes le bouton est remplacé 
par un petit anneau semblable à ceux qui servent à 
faire tourner les douilles du n« 4 16. La douille 
recouvrant le trou n® 8 n*a ni anneau ni bouton, 
parceque le tube additionnel qui y est appliqué 
facilite son mouvement circulaire. Ce tube addi- 
tionnel, de o"»03 1 de longueur moyenne, se bouche 
par le pouce de la main gauche; il a pour effet 
d'abaisser d'un demi-ton l'intonation du trou 
latéral percé en cet endroit et qui, sans cet artifice, 
donnerait le fa%. On eût pu obtenir le /aQ sans 
tube additionnel, en forant le trou plus bas sur 
la colonne d'air, soit sur la face antérieure pour 
le faire boucher par le médius droit, soit sur 
la face postérieure pour en confier la fermeture 
au pouce de la même main. L'idée de ce tube 
additionnel ne s'explique donc que par la conve- 
nance de l'instrumentiste. Quoi qu'il en soit, 
l'instrument, tel qu'il est construit, nous offre 



— 395 — 

deux échelles mélodiques : la première composée du lut. buop. 
tétracorde ""'• 

m^ '■ — ^ ^ 



X 



ï 



la seconde du même tétracorde transporté à Toctave 
supérieure, plus deux sons, fa et la. 

Le fac-similé de MM. Sabatino de Angelis, très 
bien fait au point de vue plastique, ne répond 
pas aux exigences de la facture, en ce sens 
que les douilles en tournant n'obturent pas com- 
plètement les trous latéraux. Cette circonstance, 
rendant impossible l'analyse de Téchelle musicale 
produite par cette tibia« nous a engagé à construire, 
en bois, le n** 1974» à l'aide duquel il a été facile de 
déterminer les intonations. Celles fournies par les 
trous latéraux 4, 5 sont un peu basses dans leurs 
rapports avec les autres; cette irrégularité pourrait 
être corrigée sans difficulté en agrandissant un peu 
les dimensions des trous, mais il nous a paru qu'il 
valait mieux respecter cette petite imperfection. — 
Long. tôt. (sans anche) o''625; diam. de la colonne 
d'air o"o 1 1 . 

Id. 1976. Tibia gréco-romaine. Moule en plâtre 



SB^/C. ..mT^'S: 



Tibia gréco-romaioe (no 1975). 

représentant l'instrument tel qu'il se trouve con- 
servé au Musée national de Naples. 



— 39^ — 

Sous-section bb. — Anche doable et tuyau conique 

init. Eorop. Francb. 1976. Musettâ bretonne. Don de M. V. 
Mahillon. Petit hautbois en bois, à pavillon très 
évasé. Il est percé de sept trous latéraux dont le 
premier ne se recouvre pas. L'ouverture succes- 
sive de ces trous produit les intonations suivantes: 

u^a^ — 1 j — 3- — #— 



ï 



Ez^^^E 



:^ 



— Long. tôt. (anche comprise) o'»345. 

Autriche. 1977. Triionicon ou Universal-Contra- 
Bass, de l'anc. coll. V. et J. Mahillon. Sans marque 
de fabrique. Réunion de cinq tuyaux coniques en 
cuivre, disposés parallèlement et réunis par une 
culasse et des potences. Le premier de ces tuyaux 
est terminé par un bocal plié en cercle dont Textré- 
mité reçoit Tanche; le dernier s'évase en forme 
de pavillon. Le long de ces tuyaux, quinze grands 
trous latéraux disposés d'une manière plus ou 
moins rationnelle. Tous sont recouverts de clefs 
fermées \ sauf le premier qui a une clef ouverte. 
Le mouvement de ces clefs est actionné par uo 
nombre égal de touches disposées de manière à 
être prises : les trois premières par le pouce de la 

X Les clefs ouvertes en se fermant allongent la colonne d*âir, 
produisant ainsi un abaissement du son; les clefs fermées cd 
s'ouvrant produisent Tefifet contraire. 



— 397 — 

main gauche, les deux suivantes par celui de la uit. Europ 
main droite, les cinq suivantes par les quatre doigts ^''^" 
de la main droite dont Tauriculaire en manie deux, 
et enfin les cinq dernières par les quatre doigts de 
la main gauche. L'ouverture successive des trous 
latéraux produit les intonations suivantes, notées 
à Poctave aiguë de l'effet réel : 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 1 3 1 4 1 6 

Les sons 4 à 15 octavient par la simple pression 
des lèvres sur l'anche. 

L'idée première du Tritonikon est due, dit-on, à 
Schôllnast et fils, de Presbourg; elle date de 1839 
environ. - Long, tôt., de Textrémité du pavillon 
au bas de la culasse, i°>o8; longueur de la colonne 
d'air, anche comprise, 4™56 environ. 

Angleterre. 1978. Hautbois. La marque est 
devenue illisible, le mot London seul est resté 
apparent. L'instrument, en érable bruni, est divisé 
en trois parties : le corps supérieur, le corps 
inférieur et le pavillon; ils sont ornés de viroles 
d*ivoire. Ce hautbois est percé latéralement de six 
trous et monté de deux clefs d'argent : l'une, ouverte, 
se ferme pour produire Vut grave, l'autre, fermée, 
s'ouvre pour donner le tntù. Le 4* trou latéral est 
double, deux petits trous sont percés lun à côté 
de l'autre. Si on les ouvre tous deux, l'intonation 
produite est le /a; si, glissant l'annulaire gauche de 



— 398 - 
iBit Barop. façon à n'en découvrir qu'un, Tintonation obtenue 



Cl. m. 



est soljj^. Echelle totale 



^ d. cl. l 2 8 4 6 6 

Le ré (marqué o) est réglé par deux ouvertures 
latérales percées dans le pavillon. Diapason un peu 
au-dessous de l'étalon normal actuel (/aj^» 870 vibr.) 
— Long. tôt. (sans anche) o"«59. 

Id. 1979. Obae da caccia. Marque : William 
Gatlem. L'instrument, en bois d'érable teint, monté 
de deux clefs en cuivre, est divisé en deux corps 
garnis de viroles d'ivoire placées Tune, au corps 
inférieur à l'embotture qui reçoit le tenon d'assem- 
blage des deux corps, l'autre, à l'extrémité du 



Oboe da caccia (no 1979^ 

corps supérieur, où se trouve l'embotture dans 
laquelle s'adapte le bocal de cuivre recevant l'anche. 
L'instrument est en fa au diapason normal; sa 
facture date probablement des premières années 
de ce siècle. Echelle : 



:«■= 



^ 



E 



:x: 



-J-P i — 



cl. d. 1 2 "' ? 4 6 • 

L'intonation des trous latéraux 2 et 6 peut être 
baissée d'un demi-ton en bouchant le trou latéral 



— 399 — 
immédiatement inférieur. — Long. tôt. (sans leinttEorop 
bocal) o"725. 

France. 1980. Hautbois. Marque : M. Lot à 
Paris. Entre l'initiale et le nom, une étoile à cinq 
rayons. L'instrument est en buis avec deux clefs 
de cuivre, Vut et le mib. Les trous latéraux pour 
rindex.de la main droite et l'annulaire de la main 
gauche sont doubles. En découvrant Tun des trous 
seulement, on obtient le demi-ton supérieur de 
rintonation produite par le trou précédent; si l'on 
débouche les deux trous à la fois, l'intonation du 
trou précédent est haussée de tout un ton. — Long, 
tôt. (sans anche) o»57. 

Pays-Bas. 1981. Hautbois. Il est en ébène, 
orné de quatre viroles d'ivoire finement sculptées. 
Trois clefs de cuivre : deux wtb, l'une pour l'auri- 
culaire droit, l'autre pour l'auriculaire gauche, et 
la clef d*ut. Les trous latéraux se recouvrant par 
l'index de la main droite et Tannulaire de la main 



Hautbois (no 1981). 

gauche sont doubles comme à l'instrument précé- 
dent. La marque, presque entièrement effacée, est 
malheureusement illisible. — Long. tôt. (sans 
anche) ©"s 7. 

Angleterre. 1982. Whit-horn. Don de M. H. 
Balfour, conservateur du Musée ethnographique de 



— 4^^ — 

loBt.Earop. l'Université d*Oxford. Ce curieux instrument, origi- 
^*' "^' naire du comté d'Oxford et appartenant au type 
hautbois, est formé d'une simple bande d'écorcede 
saule roulée en spirale. L'anche est faite d'un 
cylindre d'écorce du même arbre, détachée entière 
d'une petite branche de 7 à 8 millim. de diamètre. 
Ce cylindre est introduit dans la partie supérieure 
du tuyau conique et aplati à son extrémité de façon 
à former les deux languettes qui caractérisent 
Tanche double. L'intonation obtenue par un tuyau 
de cette nature est naturellement très variable à 
cause de l'irrégularité de ses proportions. Notre 

spécimen donne le ^Zj"" * 

En vertu d'une très ancienne charte, les habitants 
de certains villages du comté d'Oxford avaient le 
droit, le lundi .de la Pentecôte {Whit-Monday)àe 
tuer un chevreuil dans les réserves de la forêt. Ce 
jour de chasse populaire était annoncé dès l'aube 
à l'aide du Whithorn. — Long. tôt. (anche com- 
prise) o''36. 

Nous avons catalogué sous le n<> 181 1 un instrument d'orî- 
gine japonaise, de construction absolument semblable. 

Italie. 1983. Hautbois en ut, système Schaffner. 
Don de M. V. Mahillon. Intonations : 

1 2 s 4 5 6 7 8 9 10 11 12 IS U IS 

produites par l'ouverture successive des trous 



latéraux à l'aide d'un mécanisme semblable à ceux loat. Burop 
de la flûte n» 2002 et de la clarinette n* 1963. — ^*"'- 
Long. tôt. o"540. 

Branche B. — Instruments a bouche. 

Section a. — Bouche biseauUe. 

Soaa-tection aa. — Tayaa ouvert. 

Anglbterrb. 1884. Flageolet. Don de M. P. 
Mahillon. Marque : Power ^^ Str and, London, Il est 
en bols de buis garni de viroles d ivoire. Sept trous 
sur la face antérieure, un huitième sur la face 
postérieure. Leur ouverture successive produit les 
intonations suivantes, au diapason normal actuel : 

OlcI. 234S67t 

Le faible diamètre du 7* trou empêche la produc- 
tion de Vnt^ par le doigté fourchu, mais facilite la 
reproduction à Toctave aiguë des sons fondamentaux 
par la formation d'un ventre de vibration aidant au 
partage de la colonne d'air. 

Les trous sont séparés par des pointes d*ivoire 
destinées à aider le placement des doigts. Une seule 

clef, dont l'ouverture produit le ffi^qE- H ®st à 



remarquer qu elle est percée au-dessous du premier 
trou latéral produisant le ré^ mais celui-ci étant très 
petit, l'ouverture d'un trou latéral inférieur a une 



— 4^2 — 

(nst. Bnrop. influence suffisante pour hausser d*un demi-ton 
^* "' rintonation qu'il produit. — Long. tôt. 0-4 15; de 
la bouche à lextrémité du tuyau* o«37o. 

France. 1986. Flûtet. Don de M. Télémaque 
Claes. Marque : F. Noblet, à Paris. Ebène avec trois 
viroles d'ivoire. Construction et tonalité semblables 
à celles du n* 1043. — Long. tôt. o«i68. 

Pays-Bas. 1986. Taille de flûte douce. Don da 
même. Jolie pièce du XVIII* siècle, en buis teint 
avec viroles d'ivoire. Elle se divise en trois pièces : 
la tête, le corps et le pied. Le corps est percé de 
six trous, le pied d*un seul trou. Les sept ouver- 
tures latérales étant bouchées, l'instrument donne 

au diapason actuel. Il était sans aucun 

doute en/a, au diapason ancien. — Long. tôt. o'5o. 
Id. 1987. Flûtet en ivoire. Don de M. Henri de 
Le Court. Cet instrument, le plus petit probable- 
ment de la famille des flûtes à bec, ne mesure 
que o^io de longueur. Le son le plus grave est 




Id. 1988. Plutôt. Don de M. Pernand Dugnîolle. 
Il est en buis et mesure o"*i45 de longueur. Le son 

le plus grave est le ^""^"" ^ 

Ilbs Balbarbs. 1989. Pabiol ou CaramiUo. Don 



— 403 — 

de M. Ant. Noguera. Sorte de flageolet populaire inst. Borop 
de rile Majorque. C'est un simple tuyau de bois ^*"'' 
dont rextrémité porte une bouche biseautée et 
dont les côtés sont percés de six trous, quatre 
sur la face antérieure et deux sur la face posté- 
rieure. Outre ces six trous^ il y en a deux autres, 
— les premiers à partir de l'extrémité inférieure, — 
qui traversent le tuyau de part en part et ne 
servent qu'à l'ajustement du la^ premier son fon- 
damental. L'ouverture successive des trous donne 
les intonations suivantes : 



8« 



i 



'-^ 



^=^S 



m»^ 



ds?=^ 



12 3 4 5 6 

— Long. tôt. o"»245; diam. de la perce o"oi3. 

lo. 1980. Flaûta. Don du même. Instrument 
particulièrement en usage dans l'Ile d'Iviça. Sa 
construction et sa tablature ne diffèrent pas de 
celles du galoubet que nous avons décrites sous le 

190. Le son 3 est à l'unisson du 



— Long. tôt. o"4a5 

Id. 1991. Flaiita. Don du même. Instrument 6n 
tout semblable au précédent, moins les ornements. 

Id. 1992. Siurell ou Silbato (fr. == sifflet). Don du 
même. L'instrument, originaire de TUe Majorque, 
consiste en un petit vase en poterie dont le goulot, 
taillé en bouche biseautée, forme un sifflet dont 
rintonation est à l'unisson du si de la huitième 



— 4^4 — 
inst. Europ. octave Lorsque le vase reçoit une quantité d>au 
^* "^' suflSsante pour que le niveau monte dans le goulot 
jusqu'à proximité de la bouche du sifflet, le sod 
baisse d'une quarte; lorsqu'alors on souffle dans 
l'appareil, le déplacement continuel du niveaa par 
suite de la pression de Tair sur Teau produit des 
variations d'intonation imitant assez exactement 
le chant des oiseaux. Un appareil analogue se 
rencontre souvent dans nos provinces beiges. 

Roumanie. 1988. Flûte à bec. Don de M. Titus 
Cerne. Sorte de flûte douce formée d*un tuyau 
cylindrique en bois et percé latéralement de sii 
trous dont les intonations sont : 



^^=^F^- 



4 3 3 4 5 6 

et dont la succession est en somme celle du eaval 
(voir le n» 2004), sauf qu'ici l'intervalle entre l'into- 
nation que donne le tuyau entier et celle du premier 
trou latéral est de un ton, tandis qu'au caval cette 
intonation est d'une tierce mineure Une propriété 
très remarquable de cette flûte douce, c'est que, 
tous les trous latéraux étant fermés, elle donne 
avec une facilité extrême les huit premiers sons de 
l'échelle harmonique : 



80. 



2 
— Long. tôt. o"6o. 






Cl. III. 



— 405 — 

Angleterre. 1994. Flageolet en cuivre. Don de intt. Barop. 
M. Rich. Harrison. Tube cylindrique de laiton. 
L'ouverture successive des six trous latéraux donne 
les intonations 



±r 



12 3 4 6 6 

qui se reproduisent facilement à l'octave aiguë. 
— Long. tôt. o"'2i4. 

Id. 1996. Flageolet en fer blanc. Don du même. 
Tuyau conique percé de six trous latéraux ; la 
bouche est placée à la partie large du cône. L*ouver- 
ture successive des trous latéraux donne les into- 
nations suivantes : 



H: 






12 3 4 5 6 

qui se reproduisent à l'octave supérieure. — Long. 
tôt. 0-357. 

Id. 1996. Flageolet en fer blanc. Don du même. 
Il ne diffère du précédent que par la tonalité, de 
tout un ton plus aiguë que celle de l'instrument 
précédent, et par un trou latéral par lequel on 
introduit le souffle ; placée dans le porte-vent au- 
dessus de la lumière de la bouche, cette ouverture 
latérale donne à l'instrument l'apparence d*une 
flûte traversière. — Long. tôt. o°*335. 

Pays-Bas. 1997. Flûte. Don de M. le colonel 
Kuypers. Instrument semblable au n<* 1043. Celui-ci 
est en ivoire. 

3û 



Cl. III. 



— 406 — 

Sous-sectioo bb, — Bouche biseautée et tuyau fermé. 

inst.Europ. Ilbs BALÉARES. 1998, 1999. Siurcll ou Silbaio 
(fr. = sifflet) en terre cuite. Don de M. Ant. No- 
guera. Ils représentent grossièrement un oiseau 
perché sur une branche. Le premier donne le sol de 
la huitième octave, le second, le lab immédiatement 
au-dessus. 

Pays-Bas. 2000. Sifflet en terre cuite représen- 

8* 

tant une tète de bœuf. Il donne 



"P 



Section b. — Bouche latérale. 

Id. 2001. Flâte traversière. Don de M. Télémaque 
Claes. Elle est en ébène, ornée de cinq viroles 
d'ivoire. Marque : /. H. Rottenburgh. Une seule 
clef, celle de mtb, en argent. Le diapason est 
exactement un ton au-dessus du normal actuel. — 
Long. o°»65. 

Italie. 2002. Flûte cylindrique^ en métal. Don 
de M. V. Mahillon. Sa construction est due à ia 
collaboration de deux personnalités de mérite. La 
division géométrique du tuyau en quinze demi-toos 
égaux au moyen de trous latéraux de forme ovale 
est Tœuvre de M. Carlo Tommaso Giorgi, de Rome. 
La construction du mécanisme, merveille de préci- 
sion, est due à M. Schaffner, chirurgien-dentiste 
à Florence. L'ouverture successive des plateaux, 
couvrant les trous latéraux et donnant réchelle 



— 407 — 

ci-dessous indiquée, résulte d'une heureuse 
combinaison de mécanisme; nous allons le 
détailler brièvement : 



I s 3 4 8 



7 8 9 10 II 19 13 U 13 



^M^^^^^ 



A B 



543934394 3300 



La clef A se relève par l'abandon d'un 
levier disposé pour la seconde phalange de 
l'index de la main droite, la clef B, par une 
action semblable exercée sur un levier dis- 
posé de même façon pour le même doigt de 
la main gauche. 

Les intonations ré^ ri^^ mi, fa s'obtien- 
nent en relevant successivement les doigts 
5, 4, 3, 2 de la main droite, les intonations 
/a$, solj 5o/j(, la en relevant successive- 
ment les mêmes doigts de la main gauche. 
Mais avant de relever le 2« doigt de la 
main gauche, les doigts 4, 3, 2 de la main , 
droite se rappliquent sur leurs plateaux 
respectifs; après avoir alors relevé le 
2^ doigt gauche appuyant sur le plateau qui 
recouvre le 10® trou latéral produisant ainsi 
l'intonation /a, le relèvement successif des 
doigts 4, 3, 2 de la main droite permet aux 
plateaux qui couvrent les xi®, 12* et 13* 
trous de se relever pour produire les into- 
nations sib, si^, ut. 



lost. Europ. 

Cl. ni. 



Flûte 
cylindrique 
(no 200a). 



— 4o8 — 

lut. Barop. Les dcux demiers trous latéraux restent fermés 

^*' "^' par leurs plateaux respectifs, leur ressort agissant 

I en sens contraire des plateaux précédents qai 

s'ouvrent en relevant le doigt. Les intonations 

I u/Jf, ri se produisent en appuyant respectivement 

le quatrième et le troisième doigt droits sur des 

i leviers destinés à relever ces plateaux. 

M. Giorgi a eu Tidée de munir cette flûte dune 
embouchure dont l'ouverture est placée dans le sens 
de Taxe du tuyau, de sorte qu'au lieu d'être jouée 
latéralement comme la flûte traversière, elle se 
joue perpendiculairement, comme le hautbois ouïe 
1 flageolet, ce qui d*ailleurs n'apporte aucune modifi- 

I ôation à la nature de l'instrument. — Long. tôt. 

0"620. 

M. Giorgi a fait breveter cette embouchure (brevet anglais 
n^'ôsis, année 1896), bien qu'avant lui un allemand eût fait 
breveter une idée à peu près semblable, le système consistant à 
jouer la flûte traversière par une tète de flûte courbée, Tcuver- 
ture de l'embouchure étant également placée dans le secs 
de Taxe de l'instrument (Brevet anglais n» 11 171. du mois 
d'août 1889» délivré à Eberhardt Wûnnenberg, de Cologne}. 

Sbction c. — Bouche transversale, 

Soat-sectioQ aa, — Bouche transversale et tuyan fenné. 

Roumanie. 2008. Naî ou Muscal. Sorte de flûte 
de Pan formée de tuyaux en bois de sureau. Au lieu 
d'être disposés, comme d'ordinaire, en ligne droite, 
les tuyaux suivent une ligne courbe, un arc de 
cercle, dont la concavité est tournée du côté de 



Cl. III. 



— 409 — 

l'exécutant. Ces tuyaux, au nombre de 26, rangés iBti.BQrop. 
du grave à Taigu, de droite à gauche, sont accordés 
diatonîquement, à partir du sol, 56« degré de 
réchelle des sons, jusqu'au ré, 99^ degré de la même 
échelle. — Long, du plus grand tuyau, o"275; du 
plus petit o"o65. 

Le naX, ou muscal, est bien certainement Tinstrument le 
plas intéressant de l'orchestre des laûtari, tziganes roumains. 
Il est identique à la syringe polycalame des anciens. On Tac- 
corde également en introduisant de la cire dans le tuyau, pour 
en diminuer la longueur et hausser le diapason, ou en retirant 
de la cire, pour allonger le tuyau et produire l'effet contraire. 
On comprime la cire avec une petite baguette jusqu'à ce 
qae l'intonation requise soit obtenue. Lorsque le tnuscalagiû 
veut changer l'échelle de l'instrument, en produisant une 
élévation accidentelle de demi-ton dans un des tuyaux, il 
y introduit soit des chevrotines, soit des pois, qu'il enlève 
facilement quand l'intonation primitive doit être rétablie. 
Enhn il modifie la hauteur des intonations en rapprochant de 
ses lèvres l'orifice des tuyaux. En effet, lorsque l'ouverture du 
tuyau est placée normalement, c'est-à-dire horizontalement, 
devant la bouche du musicien, l'intonation produite est à son 
maximum d'acuité. Mais pour peu que le tuyau soit relevé, 
son ouverture se rapproche des lèvres; de là une occlusion 
partielle donnant lieu à un abaissement que l'on peut évaluer 
à un quart de ton. 

SoQA-seeUon 66. •>- Boache iranarerMle et tvymv ovrert. 

lo. 2004. Caval. Don de M. Titus Cerne. Flûte 
semblable au nay arabe; elle est en bois, de forme 
extérieurement cylindrique, sauf Textrémité infé- 
rieure qui sur une longueur de o"i i environ, est 
octagonale. Le tuyau est percé latéralement de six 



— 4^^ — 
inst. Europ. trous dont l'ouverture successive produit, en som 
^'' "^' fondamentaux, les intonations suivantes : 



— Long, tôt 

ID. 2006. 

l'instrument 


12 3 4 5 

. 0-695. 

Caval. Don du même 
précédent. Intonations 


6 

Semblable à 

r ■] 


S^ 


_l '_|^ 


^- 


\=à=i 


» *— 



12^3456 

— Long. tôt. o«845. 
Branche C. — Instruments polyphonbs a 

RÉSERVOIR d'air. 

Sbction d. — Réservoir d'air U à tuyaux. 

Iles Baléares. 2006. Xeremia, Xiremia ou Gaita, 
Don de M. Ant. Noguera. Cornemuse de Tlle 
Majorque. Elle se compose : 

!• de l'outre ou réservoir qui reçoit l'air directe- 
ment de la bouche par Tintermédiaire d*un tuyau 
d'insufflation; 

2* d'un tuyau conique, appelé grall^ percé laté- 
ralement de huit trous, et dont la colonne d'air est 
mise en vibration à l'aide d'une anche double fixée 
à la partie supérieure du tuyau, à l'endroit où celui-ci 
se termine par un tenon fixant le grall dans l'em- 
boîture d'un barillet de bois attaché à Toutrc. 



L'ouverture successive des trous latéraux produit last. sarop. 
les intonations suivantes : 



f- 



A \ 1—. , • r f T é 



as^ 



3t=«; 



04 2345678 

Ue premier trou latéral est percé en double; on 
bouche à la cire Tune des ouvertures, selon que 
rinstrumentiste a Thabitude de placer la main droite 
ou la main gauche à la partie inférieure du Grall; 

3* de trois tuyaux fixés par des tenons, à côté 
l'un de l'autre, dans un barillet de bois également 
attaché à l'outre. L'un de ces tuyaux, le plus grand, 
est appelé bordôn (bourdon); sa colonne d'air est 
cylindrique, il est divisé en trois parties réunies 
par des tenons et des emboîtures formant coulisse 
et permettant d'allonger le tuyau pour lui faire pro- 
duire la tonique ^^^; l'anche fixée à l'extrémité 

supérieure du tuyau est semblable à celle de 
Varghoul (n« 113). Les deux autres tuyaux sont 
postiches, n'étant pas même percés et servant 
seulement à l'ornementation. L'instrument est 
enjolivé de glands en laine rouge; le réservoir d air 
est dissimulé dans une enveloppe de toile com- 
mune quadrillée blanc et noir. — Long, du grall 
(sans le tenon) 0*237; ^^ bordôn^ o"6o3; du réser- 
voir d'air o"7o. 

Ne pas confondre cet instrument avec la chirimia, sorte de 
hautbois rustique d'origine espagnole, populaire au Mexique 
(▼oir le n© 830). 




4Ï2 

in8t.Baroi». Francb. 2007. Comemuse. Le chalumeau et le 
bourdon sont en ivoire. Le premier est muni de 
l*anche double, le second de Tanche battante. 
L'ouverture des trous latéraux du chalumeau pro- 
duit les intonations suivantes : 



Le premier trou latéral est double; en bouchant 
les deux ouvertures on produit le ré, en n'en 
fermant qu'une on élève Tintonation d'un demi-ton 
et on obtient le rê^. L'instrument ayant, antérieu- 
rement à son entrée au Musée, subi une mauvaise 
réparation, ces deux premières intonations ne sont 
plus exactes. 

Le bourdon ne fournit qu'un seul son, la domi- 



nante du ton, le ^^=^= . — Long. tôt. du chalu- 



meau (non-compris le tenon qui s'embotte dans 
l'outre) o"345; ^^^S* ^" bourdon o"265. 

Sbctiom e. — Réservoir d^air^ tuyaux ei clavUr, 

Allemagne. 2008. Orgue portatif. L'apparence 
générale est celle d'un bahut ou coflFre rectangu- 
laire dont le couvercle servirait de table. Le cou- 
vercle enlevé, l'orgue se dessine : on aperçoit sur 
le plat deux soufflets cunéiformes, une ouverture 
longitudinale grillée par laquelle s'échappe le son 



— 413 — 

et un clavier de quatre octaves dont la première lost Borop 
est courte^. ^'•"^• 

Chacun des deux côtés latéraux a deux ouver- 
tures grillées servant également à la transmission 
du son, et, dans la devanture, sous le clavier, 
s'ouvre une porte par laquelle on atteint facile- 
ment au mécanisme intérieur. Trois poignées, 
dont deux aux côtés antérieurs de la caisse, la 
troisième au côté opposé au clavier, servent à 
transporter l'instrument. Quatre jeux de tuyaux, 
mis en vibration par le jeu des soufiSets qu'on 
soulève alternativement de la main, sont disposés 
à l'intérieur. 

La mise en action des jeux est commandée par 
quatre registres, tiges de fer placées par deux sur 
le côté du coffre à proximité du clavier, à droite 
et à gauche de l'organiste. On enfonce les registres 
pour les mettre en communication avec l'air des 
sou£Qets, on les retire pour la supprimer et rendre 
conséquemment les tuyaux muets. 

i** jeu, 2* registre de droite, bourdon^ tuyaux en 
bois, bouchés : 



(ui de la $• octave à ui de la 7*) ; 
< Voir, AU sujet de roctave courte, la note du n» 27a. Cat» du 



— 4^4 — 
lattsarop. 2^ jeu, 2* registre de gauche, tuyaux en bois, à 



Cl. ni. 



cheminée : 



8> 

i: 



m 



[ut de la 4* octave à ui de la 8«); 

3* jeu, !•' registre de droite, prestant^ tuyaux de 
bois, ouverts : 



^'^ 



(ut de la 5* octave à ut de la g") ; 

4' jeu, i*' registre de gauche, octaviHj les treize 
premiers tuyaux en bois, les autres en étain : 

8* 



$ 



(ut de la 6* octave à si de la 8*); puis, reprise de 

8* 



8» 



^'P 



4= 



(«/ de la 8« octave à i*/ de la g*). 

Le pupitre qui complète l'instrument a été ajouté 
après coup. 

Cet orgue date fort probablement du XVII* siècle. 






— 4Ï5 — 

Il ne porte aucune marque de fabrication. Nous iist. Earop. 
avons toutefois découvert dans l'un des souflBets un ^'""'* 
cachet à la cire avec les lettres P.P. disposées de 
chaque côté d*un dessin représentant un buffet 
d'orgue. — Long, du coffre i"23o; larg. o""72o; 
haut. o°*792. 

Pays-Bas. 2009. Orgue d* appartement ou Positif. 
Le meuble, en forme de buffet, entièrement en 
chêne, est intéressant par ses sculptures. Le clavier, 
en buis avec touches noires, a une étendue de 
4 octaves, de ut à uij avec omission du premier ré^. 
L'instrument a actuellement trois jeux et demi en 
tuyaux d'étain : 

i* un octavin de un pied; 

2« un prestant de deux pieds; 

3* un bourdon de quatre pieds; 

4* une flûte douce de un pied. 

L'étendue de ce dernier jeu n'est que de deux 
octaves à partir du 3* ut du clavier. Les tuyaux 
d'un cinquième jeu, dont l'orgue était antérieure- 
ment pourvu, ont été enlevés, et le registre a été 
employé pour ouvrir ou fermer à volonté le cou- 
vercle du buffet de manière à produire les effets de 
bùtts expressive de l'orgue moderne. Une pédale fait 
mouvoir une pompe alimentant un réservoir d air 
cunéiforme. Cette même pompe peut être mise en 
mouvement à l'aide d'un tirant placé au côté gauche 
du buffet. Haut, i^yg; larg. i"oo; profond. ©■54. 



— 4^^ — 
Branche D. — Instruments a embouchure. 

Sbction a» — Instrummts à embouchure^ simples ou naturels. 

last-Earop. Alsacb. 2010. Cor Simple. Don de M. Fernand 
DugnioUe. Il porte la marque de Charles Krelzseh^ 
mann à Strasbourg, facteur qui jouit vers le milieu 
de ce siècle d*un certain renom; ce cor est muni 
des tons de /a et mib. 

Suisse. 2011. Cor des Alpes. Don anonyme. 
Instrument de construction presque semblable à 
celle du n® 1 144. Celui-ci mesure 3» 13 de longueur 
et on en tire très facilement les harmoniques 
suivants : 

2 3 4 5^ 6 7 8 9 10 «1 12 

Iles Baléares. 2012, 2018, 2014. Trompettes 
de verre. Don de M. An t. Noguera. Elles sont 
originaires de Tlle Majorque. Simples tubes de 
verre s'épanouissant à leur partie inférieure en 
forme de pavillon. Elles sont malheureusement 
arrivées brisées. Les deux premières, donnant les 



1 tJ 2 

mesurent environ 0*650 de longueur; la troisième 
mesure 0*820 et donne les 



ë^si^ 



— 417 — 

Allbmaqnb. 2016. Schophar. C'est le seul instru- lut. sarop. 
ment de l'antiquité hébraïque resté en usage dans ^*•'"• 
les cérémonies du culte Israélite. Il est fait d'une 
corne de bélier aplatie, la pointe légèrement ouverte 
pour former un bassin sur les bords duquel s'ap- 
puient les lèvres. On obtient assez facilement le 
son fondamental et son premier harmonique 



î^ 



ce dernier trop bas par suite de la disposition 
défectueuse de la colonne d'air. — Long. tôt. o"48. 
Nous devons à l'obligeance de M. Ed. Samuel, 
professeur au Conservatoire, l'intéressante note 
suivante : 

Le Schophar symbolise la corne du bélier que le patriarche 
Abraham sacrifia en remplacement de son fils. D'après les 
prescriptions liturgiques, il ne peut être fait qu*au moyen 
d'une corne de bélier que Ton fait bouillir afin de la vider et 
de lui donner la forme voulue. On ne peut Fentourer d*aucun 
métal, et la moindre fissure suffit à le faire déclarer impropre 
au service rituel. L'usage du Schophar, ordonné au IV livre de 
Moïse (Chap. XXIX, verset i), a été introduit dans la liturgie 
juive au moment de la promulgation de la Loi, c'est-à-dire 
depuis 32 siècles environ. Le Schophar se fait entendre les deux 
jours du nouvel an (Kosch-haschaftah) et le jour du Grand 
Pardon (Kippour), afin d'annoncer la fin du jeûne. Lorsqu'une 
de ces fêtes coïncide avec le Sabbath, on s'abstient de sonner 
du Schophar. Autrefois l'instrument annonçait en outre le 
commencement et la fin du Sabbath. 

RouMANiB. 2016. Bucium. Don de M. Titus 
Cerne. Cet instrument, légèrement arqué, ressem- 



— 4iS — 

lott. Bnrop. ble au cor des Alpes; comme ce dernier, il consiste 
en deux pièces de bois creuses assemblées dans le 
sens de leur longueur au moyen de ligatures en 
écorce d*arbre, et représentant chacune une moitié 
du tuyau. L*embouchure est un simple tuyau cylin- 
drique de o"'i3 environ de longueur, appointé d'un 
côté pour son introduction dans Torifice de Tinstru- 
ment et biseauté à la circonférence de l'extrémité 
opposée pour faciliter la vibration des lèvres. Comme 
le cor des Alpes, le Bucium est un instrument 
pastoral ; son échelle harmonique est la suivante : 

^^^^^^ 

a s tJ î 5 6 7 8 

— Long. tôt. i»7o. 

P2016*'^. Chorus. Don de MM. Mahillon et C*«. 
Reproduction d'après Sébastien Virdung {Musica 
geiutscht uni auszgezoge — Strasbourg 151 1). L'in- 
strument y est représenté en gravure et porte la date 




Chorus (no loiôbis). 

de ADMCL. Il a été également reproduit par Prac- 
torius dans son Theairum Instrumentorum (planche 
XXXII). Voici ce qu'en dit Virdung : Wàs is dann* 

^ Quel instrument est donc le chorus/ je le trouve ainsi/ 
qu'il a une embouchure dans laquelle on souffle/ et au milieu 



Cl. III. 



— 419 — 

Chorus fur ein instrument / das find ich alsof dus ein instEorop 
mundsttick hat daryn man plaseij und in der mit xwei 
raren, Darnach unden eyn loch da dye stymj oder der 
wini iwder ausz gat/ also geformieri wie da (suit la 
gravure). Nous avons voulu exécuter cette repro- 
duction pour nous rendre compte de l'eflFet de 
cette double branche allant de Tembouchure aq 
pavillon. Cet effet est absolument nul au point de 
vue de la hauteur du son. La double colonne d'air 
agit comme si elle était unique; cette disposition 
apporte seulement une perturbation dans la vibra- 
tion résultant du partage de la colonne d'air au 
point d'intersection avoisinant rembouchure, d'où 
une certaine difficulté dans l'émission du son. Les 
harmoniques obtenus sont les suivants : 

— I 



p 



? 



Ê^ 



X 



8 4 s e 

La longueur de l'instrument, de rextrémité de 
l'embouchure à celle du pavillon (en ne mesurant 
qu'une des branches) est de o^SSf. Cette longueur 
et la tonalité qui en résulte ne sont peut-être plus 
celles du chorus du XII* siècle, nous n'avons pu les 
reproduire, ni la gravure de Virdung ni celle de 
Praetorius n'étant dessinées à l'échelle. Ces détails 
n'ont du reste qu'une importance secondaire. 

deux tuyaux. Ensuite au-dessous une ouverture par laquelle 
sort le son ou le vent/ il est formé comme suit : 



Sbction b. — Instruments à entbonchure^ chromatiques à 
ouvertures latérales. 

Soui-tection aa. — A troui litérius, avec oa uns clelii. 

iMt.Barop. Belgique. 2017 Serpents de forme ordinaire, au 
^** ^'* nombre de douze, disposés en cercle et de façon à 
former un lustre. Les bocaux terminés par l'em- 
bouchure simulent les porte-bougies. La partie 
supérieure du lustre est couronnée par un fragment 
de chapeau chinois en cuivre portant rinscription 
suivante : armonie de Puers^; à la partie inférieure 
on a suspendu un soleil en cuivre, autre fragment 
d'un chapeau chinois. 

Sout-ieetion bb. — A clefi» laot trout Uténsx librts 

Allemagne. 2018. Cor à clefs en m>l7. Don de 
MM. V. et J. Mahillon. Il est monté de sept clefs; 
chacun des plateaux portant en gravure, sur une 
portée musicale, les intonations obtenues à Taide de 
la clef. L'effet se produit bien-entendu à la tierce 
mineure supérieure de la note indiquée. Le pavillon 
porte l'indication suivante : Les fils deB...à Mayence 
et Anvers. Le nom propre du facteur Schott, a été 
omis faute de place. 

< Puers est une petite localité de la province d'Anvers; elle 
possède une des plus anciennes sociétés d'harmonie du pays; 
sa fondation est antérieure à Tannée 1772. 



— 421 — 



Sbction c. — Instruments à embouchure, chromatiques, à 
longueurs variables. 

Sous-section bb, — A pistons^ 

France. 8018. Cornet en sib à 3 pistons. Pas de lost.Barop. 
nom d*auteur, mais les pistons sont poinçonnés : 
Système Coeffet. Ce système a été expliqué au 
n» 1275, mais les moyens d'application sont ici 



Cl. m. 




Cornet en sil> à 3 pistons (no 20x9). i 

absolument différents. Le mécanisme du présent 
instrument est enfermé dans une boîte en cuivre 
de forme carrée. La distribution de la colonne d'air 

' La plaque qui recouvre le mécanisme des pistoijis a été 
enlevée afin de laisser apercevoir le détail des tiroirs. 

3» 



— 422 — 

iBst. Barop. dans son parcours direct et dans les tubes addi- 
^* "^' tionnels s'opère à Taîde de tiroirs munis des 
coudes nécessaires aux changements de direction. 
Cette disposition, très ingénieusement combinée, 
permet d^opérer ces changements de direction 
tout en conservant à la colonne d air primitive 
et à ses allongements une forme régulière. Le 
mouvement vertical des trois tiroirs est obtenu 
à Taide de trois tubes rivés sur le côté supérieur 
de la boîte. Dans ces tubes glissent des tiges 
attachées d*une part au tiroir et munis d'autre 
part d'un bouton pour l'appui des doigts. Le pro- 
pulseur du mouvement de retour du tiroir est 
un ressort à boudin en fil de cuivre enfermé dans 
le tube. 

Ce système, malgré son ingéniosité, a dû être 
immédiatement abandonné à cause de la déperdition 
d'air qui devait inévitablement se produire entre 
les surfaces frottantes et qui, par conséquent, 
empêchait la vibration de la colonne d'air dans les 
conditions requises, dont la première et principale, 
dans un instrument à vent quelconque, est de ne 
pas laisser échapper la moindre parcelle d'air. 

Prancb. 2020. Saxhorn contralto en sib à six pis- 
tons indépendants. Marque : Adolphe Sax F^^ Breveté 
de la M""*" Mil^' de VEmpereur, 50, rue St-Georges, 
à Paris. Nous avons donné au sujet du n" 1283 
Texplication de ce système. Il suffira de rappeler 
que l'instrument sans pistons, c'est-à-dire à sa 



— 423 — 
plus grande longueur, donne les harmoniques iiut. Emop. 
suivants, notés d'après l'effet réel : 



2 3 t^ 4 5 6 7 



etc. 



et que l'emploi successif des pistons hausse chaque 
fois la colonne d'air d'un demi-ton. 
Alsace. 2021. Basse en ut. Marque : 
J. Finck, à Strasbourg. Elle est formée 
de deux branches parallèles dont le 
contour rappelle encore l'ophicléide. A 
la branche étroite, terminée par le bocal 
recevant l'embouchure, on a appliqué 
trois cylindres à rotation dont l'emploi 
baisse respectivement les intonations de 
rinstrument naturel d'un ton, d'un 
demi-ton et d*un ton et demi. Sans 
l'emploi des pistons on obtient les 
intonations : 



T 



^g^^S 



-h 



—tr-i-* — 

123. 45678 

Angleterre. 2022. Basse en sib. 
Marque : Meizler et C® London et Paris. 

Basse en nt 

Une autre inscription gravée : 15" (noaoai). 
Midd* L. S. R. V. indique que l'instrument a été 
en usage au 15^'' Middlesex London Scoitish Rifle 
Volunteers. Il est muni de quatre pistons baissant le 
diapason respectivement d'un ton, d'un demi-ton, 



— 424 — 

ioit. Europ. d'un ton et demi et les deux tons et demi. Cette 
^'^"' basse est de bonne facture; sa forme est entière- 
ment circulaire avec le pavillon projeté en avant. 

Id. 2023, 2024. Sonorophones en mi\y . Marque: 
Metxler & WaddeW s patent sonorophone manufacturei 
by Metxler & C* London & Paris. Instruments ayant 
servi au même régiment; construction semblable à 
celle du numéro précédent. C'est en somme un 
bombardon en mib à trois pistons. Cette innova- 
tion, appelée c circulât arrangement y^ a été brevetée 
par les constructeurs à la date du 12 août 1858. 



Classe. IV. — Instruments à cordes. 



Branche A. — Cordes frottées. 

Section, a, — Cordes frottées par V archet. 

Belgique. 2026. Cordier-mentonnière de violon, lastEarop 
Don de M. F. de Vestibule. L'idée de ce cordier a été ^^^^' 
brevetée par M. J. A. Hubar, de Liège, le i novem- 
bre 1880. L'invention consiste dans le mode d'attache 
des cordes. Celles-ci sont terminées aux deux bouts 
par des boucles. La boucle supérieure s'adapte à 
un crochet fixé à la cheville laquelle fonctionne pour 
le sufplus à la façon ordinaire; la boucle inférieure 
s'ajuste au crochet d*un tendeur à vis qui fonctionne 
au bas du cordier. Ces tendeurs, au nombre de 
quatre, servent à donner aux quatre cordes les légères 
différences de tension nécessaires à leur accord 
rigoureux qu*il est quelquefois difficile d'obtenir 
au moyen des chevilles. La mentonnière fait corps 
avec le cordier. La pièce principale est en bois, les 
tendeurs et les vis sont en métal. 

Pays-Bas. 2026. Violon Am format dit demi. Il 
porte l'étiquette : Johannes Cnypers fecit 's H âge A* 
1762. Très joli spécimen du travail de ce luthier 
distingué. Il est accompagné d'un étui en bois 



— 4^^ — 



1 



iBft- 
Cl. 



et d'un archet. — Long, tôt o«495; long, delà 
jy'^ caisse o'^^y; larg. max. o«i6. 

Sbction c, — Cordes frottées , à clavier. 

Francb. 2027. Monocorde à clavier, II est inté- 
ressant par ce fait qu'il introduit dans nos collec- 
tions le principe de la corde frottée par un archet 
et raccourcie, pour les diverses intonations à pro- 
duire» par les touches d'un clavier. La caisse, de 
forme ovale, est terminée par un manche plat sur 
lequel est tendue la corde, reposant d'autre part, 
comme d'ordinaire, sur l'arête d'un chevalet. La 
tension de cette corde est réglée par une cheville 
de fer munie d*une vis sans 6n qui engrène une 



roue dentée; on l'accorde au (S-— }- 



Au-dessus de la corde sont rangées une série de 
24 touches blanches et noires, en bois; basculant 
sous l'appui du doigt, elles se relèvent par l'action 
d'un ressort à boudin. En descendant, la touche 
appuie sur la corde et produit, à l'aide d'une petite 
côte ménagée à sa surface inférieure, le raccourcis- 
sement de la portion vibrante de la corde; l'étendue 
est de deux octaves chromatiques. 

La largeur décroissante des touches blanches est 
nécessitée par la réduction progressive des divisions 
de la corde. — Long. tôt. i"so; haut. tôt. o"645; 
larg. max. 0*30; haut, de la caisse 0*07; long, du 
clavier o^ôoS. 



^on^, 



r:: 



~ 427 — 

Branche B. — Cordes pincées. 
Sbction a. — Cordes pincées avec ou sans piectre» 

Soas-sectioa bb, — Avec manche. 

Iles Baléares. 2028. Guitare (Bsp. Guiterra^ iubueutop 
Guitarrà). Don des facteurs, M. y B. Casasnovas, ^**^^ 
à Palma de Mallorca^ 1S93. Bile est montée de cinq 
cordes doubles et d'une chanterelle simple, accor- 
dées de la façon suivante : 

6 5*4 S 24 

L'effet réel est à l'octave inférieure de la note 
écrite. C'est le type de la guitare populaire ou des 
« racleurs > [rasguéos). La chanterelle, les deuxièmes 
et troisièmes cordes sont de boyaux, les quatrièmes 
et cinquièmes en soie filée; l'une des deux sixièmes 
est en soie filée, l'autre est faite de deux fils de 
laiton tordus. — Long. tôt. o"g8, larg. max. o"30o; 
haut, moyenne des éclisses o"o8o. 

lo. 2029. Mandurria ou Bandurria. Don des 
mêmes. Étiquette pareille à la précédente avec le 
millésime 1 892. Sorte de cistre à caisse plate piri- 
forme à six doubles cordes, les trois premières en 
soie filée, les autres de boyaux, réglées de la façon 
suivante, 



i ë^^l ^.^^^^ 



i:- 



^r*^ 



- 4*8 - 

intt.Barop.et itiises CD vibratioii au moyen d'un plectre trian- 
^1- IV gulaire en écaille. La touche porte 13 divisions en 
fil de cuivre indiquant la position des 13 degrés 
chromatiques faisajit suite aux sons fondamentaux 
respectifs. — Long. tôt. o«55o; larg. max. delà 
table 0^245; haut, des célisses o"o74« 

Id. 2030. GuUdrro (fr. = petite guitare). Don 
des mêmes. Même étiquette, avec le millésime 1895. 
C'est une guitare minuscule montée de cinq cordes 
de boyaux, la première (ou chanterelle) et la 
cinquième simples, les autres doubles. 
Elles sont réglées de la façon suivante : 



p 



^=^^^^ 



/ J *^i ^ ^ ff ^ - 



s 2 t 

La touche porte dix divisions établies à l'aide de 
petites bandes de cuivre. Pour certaines pièces de 
musique, la corde 5, généralement accordée au rif 
est exceptionnellement montée au mi, — Long. tôt. 
o"64o; larg. max. o™i79; haut, moyenne des 
éclisses o"05g. 

Id. 2081. Tiplet, GuiiarilU (fr. — petite guitare 
soprano). Don des mêmes. Même étiquette, sans 
millésime. Dimensions plus petites encore que ia 
précédente. Celle-ci est montée de quatre cordes 
simples, de boyaux, réglées de la façon suivante: 



— 4*9 — 
— Long. tôt. o"5i6; larg. max. o«i45; haut, utt Euro». 

CI IV 

moyenne des éclisses o°'o48. 

Espagne (?). 2032. Guitare Requinio. Don de 

M-Th.Herrmann, — Long. o™s65; larg. max. o"i 82. 

En Espagne, la guitare forme une famille complète, dont 
les membres principaux sont la Guitarra, le Ténor, le Requinto^ 
le Guitarro et le TipUt ou Guitarillo, Ils s'accordent de la 
façon suivante, — avec Teffet réel à Voctave inférieure de la 
note écrite : 



GuUarra* 



m 



Ttnor. 



f 



-^ 



È 



Requinto. 



Guiiarre. 



Guitarillo. 



f 



^ 



^ 



^^ 



It 



: ey 5 4 3 2 4 

I Tontes les cordes du guitarillo sont en boyaux. Les auties 

^'ii membres de la famille ont les trois premières cordes en 

.^i I boyaux, les autres en soie filée. 

Bulgarie. 2033. Bulgarina. Sorte de tanbour 
oriental. La caisse est piriforme, arrondie sur les 
côtés, mais aplatie sar le dos. Quatre cordes, les 
deux premières en acier, les deux autres en fil de 
laiton; laccord nous est inconnu, mais le manche 



3a 



— 430 - 

init. &arop. cst dîvisé par des traits en âls métalliques incrustés 
^*' '^* dans la touche de telle sorte que si nous considérons 
Tune de ces cordes accordée au sol nous obtenons 
l'échelle suivante : 

1 ? s 4 s 6 7 s 9 10 11 11 19 J4 

— Long. tôt. o"8o. 

Sbction b. — Cordes pincées, à elavUr. 

ITALIB. 2034. Arci Spineta^ grande épinette. 
Marque : Donatus Undeus, Bergomensis MDCXXIII. 
Forme oblongue comme celle de l'instrument simi- 
laire portant le n» 1590. Le clavier se trouve sur 
Tun des deux côtés longs et on a profité des 
deux angles formés par les trois autres côtés 
pour en faire deux boîtes triangulaires dans 
lesquelles se conservaient les cordes. La table 
d'harmonie, occupant tout^ le reste de la surface 
supérieure servant de couvercle à la caisse de 
résonance, est ornée d'une belle rosette. Le som- 
mier des chevilles est placé à droite, le long d*un 
des petits côtés du rectangle; les pointes d*attache 
des cordes sont placées en ligne diagonale sur la 
table d'harmonie même. Les cordes reposent sur 
deux chevalets placés en pleine table et dont la 
courbure rappelle la forme d'une harpe couchée. 
Le chevalet de gauche est placé à une distance 
moyenne de 15 centimètres des pointes d*attache. 



- 43 ï — 

i:: Les sautereaux sont rangés en une ligne droite inatEorot». 

placée obliquement sur la table et de telle sorte que ^^^^' 

i.:: les points d ébranlement des cordes par les saute- 
reaux varient entre le 1/5 environ de la longueur 

^ totale pour les cordes graves et la x/2 pour )es cordes 

=^ aiguës. Cette disposition détermine le timbre spécial 
de l'instrument. Contrairement à Tusage général les 
cordes sont doubles pour chaque touche du clavier, 
elles sont ébranlées chacune par un sautereau; mais 
on peut y au moyen de deux boutons placés à droite 
et à gauche, tirer le clavier à soi. Ce recul met le 
sautereau postérieur hors d'atteinte du mouvement 
provoqué par le prolongement de la touche et 
fait que le sautereau antérieur seul attaque la 
corde à laquelle il est destiné. — Long. i"ss5 ; 
j larg. o"7o. 



icî • 






On sait que le point d'ébranlement de la corde est de la pltts 
grande importance au point de vue du timbre ou couhur du 
son. En effet, en excitant la corde à un certain point de sa 
longueur on élimine de la résonance générale les harmoniques 
pour la formation desquels ce point correspondrait à un naud 
de vibration (le point d'ébranlement correspond toujours à un 
maximum de mouvement ou ventre de vibration). 

La disposition des épinettes à double chevalet sur la table 
d'harmonie semble avoir été généralement adoptée en Italie. 
Nous la remarquons en effet aux épinettes no» 272, X579i isSi, 
15^ 15889 1589* 1595» 1596. A. Ruckers paraît avoir suivi 
cette disposition, que nous retrouvons sur sa virginale no 1597. 
Dans tous les instruments susdits, le point d'ébranlement de 
la corde se trouve à une certaine distance du chevalet gauche. 

La disposition du double chevalet reposant sur la table, 
mais avec le point d'ébranlement des cordes sensiblement 
rapproché du chevalet gauche, se constate sur les instrumentjB 



— 43^ — 

UiLËnrop. n^i 274, 875, 1593» des Ruckera d'Anvers, n^ 651» de Britseo 
Cl. IV. d'Anvers, n»» 1591 (Angleterre), 159a (Allemagne). '1587 et 
1590 (Italie). 

La comparaison entre les résultats obtenus met en relief 
l'importance énorme du point d'ébranlement de la corde. La 
sonorité par exemple de VArci Spineta qui nous occupe, douce, 
onctueuse, profonde, ne ressemble en rien à celle produite par 
le no X590. qu'on ne saurait mieux caractériser que par 
l'adjectif aigre» 

Sbctxon c. — • Cordes pincées » à mouvemefU automatique, 

ALLEMAGNE. 2036. Jouôt, Don de M. Th. Herr- 
mann. On imprime à Taide d'une manivelle un 
mouvement rotatoire à une tige horizontale traver* 
sant les deux parois verticales d'une petite botte 
rectangulaire en bois. Cette tige communique par 
rintermédiaire d*une petite poulie un mouvement 
de rotation à un disque horizontal qui, à son tour, 
fait tourner une seconde tige, celle ci-placée verti- 
calement au centre du disque et traversant le cou- 
vercle de la boîte. Sur cette tige est fixé un second 
disque horizontal sur lequel sont collés quelques 
bonshommes à cheval. A l'intérieur de la bofte la 
tige horizontale est traversée par un fragment de 
tuyau de plume dépassant de chaque côté le 
diamètre de la tige et dont les deux bouts frôlent 
deux cordes métalliques tendues parallèlement à la 
tige. Lorsque Ton fait mouvoir la manivelle, le 
plateau supportant les cavaliers tourne horizontale- 
ment entraînant les cavaliers et les pointes du tube 
de plume pincent les deux cordes, produisant, pour 



— 433 — 

^^''^ chaque tour de manivelle, une double intonation. iMt^Borop. 

— Long, de la boîte, o"o8; larg. o"055; haut, o^oj ; ^'' '^' 
"- haut. tôt. du jouet, o«i2o. 

;- / Branchb C. — Cordes prappébs. 

Section a. — Cordes frappUs par des maillets, 

Hongrie. 2036. Czimbalum. Marque : O. Weid^ 
lich, Budapest. Instrument populaire en Hongrie, 
^- - où il constitue Télément principal de tous les 
-'• orchestres tziganes. C'est en somme le tympa- 
^•- non perfectionné et développé pour répondre aux 
^•- exigences du rôle important qu'il remplit. Comme 
::h- son devancier, il a la forme d*un trapèze. La caisse 
:.^'-- sonore, reposant sur quatre pieds, est montée de 
^- i 35 rangs de cordes, les seize . premiers de triples 
:tt'-' cordes d'acier filé, les autres de quadruples cordes 

Dti: ■ d'acier. Une pédale permet de soulever les étoufifoîrs 

« 

\i N- qui reposent sur les cordes dans le voisinage de 
■t. leurs sillets. L'étendue chromatique est de 50 sons, 
répartis comme suit : 






Les rangs i à 16 fournissent chacun un son 16 

M » 18, 20, 22, 24, 26,28,30 chacun 

^^ ; un son 7 

-"■ > » 17, 19,21,23, 25, 27, 29chacun 

je j deux sons 14 

» * 3ï> 33# 35 chacun trois sons . 9 

> » 32» 34 chacun deux sons. . . 4 



Total. . . 50 sons 



iBit fiarop. 
a IV. 




Caimbalam (ne 9036). 

Il est à remarquer que la direction du chevalet 
gauche divise les rangs 17, 19, 2 1, 23 et 25 dans le 
rapport de quinte juste et les rangs 27 et 29 dans 
celui de quinte mineure. Les cordes des cinq 
derniers rangs sont divisées à Taide de chevalets 
intermédiaires qui règlent *rintonation des sons à 
produire. Voici le tableau de ces intonations numé- 
rotées dans Tordre de la hauteur des sons : 



H- 



g "JgJ Jl? 



^ SaLLgJrJ 



i 3 s 4 8 6 7 S 10 II i> IS 14 IS 1« IT 



pJpiQ ^ 



1 



=i=p 



n5=«-'^^ 



^^ 




i8 19 90 SI 3« >3 14 «8 28 17 f8 10 10 SI Si SS 

8» 



EgEjEg^^ ^^^F firrgS 



31 38 36 37 38 Z9 40 41 «1 4S 44 48 «o «7 4S «• SI 



- 435 — 

Les numéros sous les degrés de Téchelle se rap* imt. Borop 
portent à ceux que nous avons placés au dessin ^*'^^' 
représentant la table de Tinstrument, à la droite et 
à la gauche des chevalets; ils indiquent en même 
temps sur ce dessin, Tendroit où la corde se frappe. 
Les chiffres placés sur le côté droit du trapèze (et 
qa*il ne faut pas confondre avec les précédents) 
indiquent le rang des cordes. Les points noirs sur 
les chevalets sont des points de repère pour faciliter 
le jeu de Tinstrument. — Long, de la grande base 
i"33; long, de la petite base o'^gs; haut, du 
trapèze o"7o. 

Un intérêt particulier s'attache à notre spécimen : il a été 
joué par la Reine; son intérêt bien connu pour les choses 
masicales l'avait engagée à entreprendre l'étude de cet instru- 
ment si populaire en Hongrie, pays d'origine de Sa Majesté. 

France. 8087. Tympanon. Disposition à peu près 
semblable à celle du n» 1615. Celui-ci possède 
toutefois une série de cordes de plus, c'est-à-dire 
vingt-deux, toutes quadruples. L'accord devait être 
approximativement celui du n« 16 15 ; il est probable 
^. qu'un wid grave y était intercalé, portant ainsi le 
nombre de cordes à 22. L'instrument est enfermé 
dans une boîte triangulaire reposant elle-même sur 
un support dont la tablette supérieure affecte la 
forme trapézoïdale de la caisse sonore, tandis que 
le pied est triangulaire. Bien qu'il n ait évidemment 
pas été construit pour ce tympanon, ce support est 
néanmoins intéressant en ce qu'il nous offre la 



t 






y^. 



— 436 — 

init. Bnrop. représentation complète de l'appareil, instrument, 
^* ^^' botte et support, à Tépoque de sa vogue. — Long, 
de la grande base du trapèze o"*7o; de la petite 
base o"*35; haut, du trapèze o°*30. 

Section 6. — Cordes frappées à clavier. 

Prancb. 203S. Mécanique de piano à queue^ dite 
mécanique française à répétition. Don des construc- 
teurs, MM. Herrburger-Schwander et fils, à Paris. 
Elle se distingue par la suppression du rouleau sous 
le manche du marteau, ce qui facilite le réglage. 
Lorsque le rouleau était trop dur, il c claquait >, 
dans le cas contraire, la languette d'échappement 
y formait une rigole et alourdissait le jeu. Pareil 
inconvénient se présentait lorsque la languette 
entrait trop avant sous le rouleau; lorsqu'au con- 
traire elle y entrait trop peu, l'attaque manquait. 
Dans cette nouvelle mécanique, un ressort fixe, 
tendu au moyen d'une vis, permet d'en régler la 
force au degré voulu sans devoir le retirer. De 
plus, ce ressort, par sa disposition nouvelle, ne 
frotte plus contre le bas du levier. 

Id. 2088. Mécanique de piano droite dite méca- 
nique française à répétition. Don des mêmes. Elle 
joint à une très grande simplicité une légèreté 
extrême et la faculté de la double répétition. Ce per- 
fectionnement est atteint grâce à Tadjonction d'un 
ressort qui soulève la noix et conduit le marteau 



^ 437 — 

vers la corde. Par ce moyen le nez de la noix est inM. Boroiv 
toujours prêt à recevoir l'action de ^échappement. ^^' '^' 

Allbiiagnb. 2040. Piano. Marque : Johann 
Friederich Hoffmann, Insirumenien Mâcher zu Cleve. 
La table porte la date de 1730^ qui est apocryphe, 
la forme oblongue de l'instrument ne nous permet- 
tant pas d'admettre pour sa construction une daté 
aussi reculée. Comme la plupart de ses contem- 
porains, ce piano est bicorde, c'est-à-dire que le 
marteau frappe deux cordes à la fois. Mais il offre 
cette particularité que chaque touche commande le 
mouvement de deux marteaux, l'un simplement en 
bois, tandis qu'à l'autre le tranchant frappant la 
corde est garni de feutre. De ces deux modes d'ébran-* 
lement résultent deux timbres différents, au choix 
de lexécutant. Â cet effet, un registre disposé un 
peu au*dessus du clavier agit sur la barre à laquelle 
sont attachés les marteaux; la barre recule par 
l'action du registre, et ce mouvement de translation 
fait que le pilote de la touche ne peut soulever 
qu'un seul marteau. Lorsque le registre est à fond» 
c'est le marteau recouvert de feutre qui frappe 
les cordes; le registre tiré, c'est le marteau dei 
bois qui entre en fonction. Pour le surplus, la 
mécanique est semblable à celle que nous avons 
décrite sous le n» 1647. Le clavier a une étendue 
de 5 octaves, du fa de la 2« octave de l'échelle 
générale, au fa de la 7*». — Long. tôt. i"675; 
larg. o«57o. 



-438- 



Sbction c. — Cordes frappées ^ à mouvement automatique» 
iniit. Barop. ÂLLBMAONB. 2041. Pendule à musique. L'instru* 

Cl IV 

ment proprement dit se compose d*un tympanon 
rectangulaire monté de 21 rangs de triples cordes 
d'acier réglées de la façon suivante : 

Nous notons les intonations à l'octave inférieure 
de Tefifet réel. 

Un cylindre portant huit airs est mis en rotation 
par le mouvement de l'horloge. Les pointes des 
cylindres soulèvent des touches en forme de levier 
qui, par leur mouvement de bascule, permettent au 
percuteur, à l'aide d'un léger ressort, de s'éloigner 
des cordes. Lorsque la touche retombe après le 
passage de la pointe du cylindre, elle est actionnée 
par un ressort plus fort que celui du percuteur et 
celui-ci est lancé contre les cordes. Le percuteur 
se compose : d'une petite pièce de bois avec un 
talon en fil de fer reposant sur Textrémité de la 
touche, d'une tige très flexible de métal servant 
de manche au marteau, et du marteau proprement 
dit, petite pièce de bois taillée en biseau et entourée 
de cuir. 

La pendule sonne les heures par le choc d'un 
marteau de fer sur un fil d acier tourné en spirale. 



— 439 — 

La sonnerie terminée, le cylindre se met en mouve- iastEatop. 
ment pour faire entendre les airs. Le cadran est ^*'^^' 
orné d'une peinture représentant un sujet biblique. 
La pendule date fort probablement des premières 
années de ce siècle. — Long, du tympanon o">82 ; 
haut. o"34. 



— 44Ô — 

APPAREILS DIVERS. 

Belgique. 2042. Bourdon (û., ro»Jkr = ronfleur; 
ail., WaldUuffôl). Tige de bois vers Textrémité 
de laquelle on a découpé une rainure circulaire 
dans laquelle s*attache un fil terminé par un 
cylindre de carton. Celui-ci, fermé d*un côté par 
un disque de même matière, est traversé à son 
centre par le fil retenant le cylindre par un gros 
nœud ou par un tour de papier formant arrêt. 
Lorsqu'on imprime un mouvement de rotation au 
cylindre de carton faisant ici l'office de boîte de 
résonance, la corde, par son frottement dans la 
gorge de la tige de bois, exécute des vibrations 
longitudinales, — ce que l'on facilite encore en la 
saupoudrant de colophane — et il en résulte un son 
dont la hauteur croît en raison de la vitesse de 
rotation imprimée à lappareil, ainsi que de la 
dimension et de la tension du disque de carton 
agissant en guide de membrane et comme renfor- 
çateur des vibrations de la corde. — Long, de la tige 
de bois o"ii; diam. o»oo8 environ; long, du fil 
o^iS environ ; haut, du cylindre 0*05 ; diam. o"04. 

Id. 2043. Rommelpot. Don de M. C. Snoeck. 
Instrument populaire des Flandres. Il est formé 
d'une boîte cylindrique de bois recouverte d'une 
membrane tendue, collée sur la circonférence et 
maintenue à l'aide d'un cercle de bois. A 25 milli- 
mètres environ du bord de la membrane on a découpé 



jne ouverture dans laquelle on a introduit et fixé 
^verticalement, à Taide de quelques tours de fil, un 
brin de paille coupé entre deux nœuds.de croissance. 
Celui-ci, mis en vibrations longitudinales par le frot- 
tement entre le pouce et Tindex mouillés, commu- 
nique son mouvement à la membrane et le son 
3btenu est d'autant plus aigu que le diamètre de la 
membrane est plus petit et sa tension plus forte. La 
hauteur du son est encore influencée par la vitesse 
de vibration imprimée au brin de paille, qui elle- 
même dépend du degré de pression exercée par les 
ioigts dans le frottement. L*intonation peut ainsi 

varier du @— h^ au ^ — -^ . Le récipient du 




rommelpot se façonne quelquefois en terre cuite. 
— Haut, du cylindre 0*14, diam. o'«i35; long, du 
brin de paille o"i5 environ. 

Allemagne. 2044. Sifflât. Don de M. Th. Herr- 
roann. Appeau formé de deux plaques circulaires 
de 28 millim. environ, percées à leur centre d'un 
trou de 7 mill. Ces plaques, légèrement convexes, 
s'emboitent du côté de leur surface concave, l'une 
des plaques étant à cet eifet un peu plus grande 
que Tautre. En prenant cet appareil dans la bouche, 
en le maintenant par son diamètre entre les lèvres 
et en aspirant fortement on obtient un sifiSement 
aigu produit par la pression de Tair extérieur 
entrant en vibration par son passage rapide sur 
les bords de Touverture centrale. 



— 44^ — 

Dans sa Description des Instruments harmoniques (t^^ édit., 
Rome, 1776, p. 87, XXIX. i), le Père Bonanni représente uo 
de ces appeaux embouché par un chasseur. Il le range parai 
les Pischi diversi^ sifflets divers. 

Bbloiqub. 2046. Batteur de mesure éUciriqut. 
Don de l'inventeur^ M. Paul Samuel. 




Batttnr d« metare 6lectriqn« (no 2049). 



— 44i -^ 




Batteur de meaare électriqae (no 3045.) 



Allemagne. 2046. Métronome musical du Dr. 
Ihlenburg. Simple ruban gradué s enroulant, à l'aide 
d'un ressort commandé par un bouton, sur Taxe 
intérieur d'une botte ronde de cuivre de o"04 de 
diamètre. Ce ruban porte, d'un côté, les indica- 
tions métriques, de Tautre le nombre d'oscillations 
par minute. 

Congo. 2047. Porte-voix, Il est entièrement en 
bois très léger et façonné à la main. Sa forme est 
absolument celle des anciens porte-voix de marine; 
c'est fort probablement la copie d'un instrument 
abandonné au Congo par les anciens explorateurs. 
-*Long. tôt. o"55. 

Allemagne (?)« 2048. Sifflet-sirène. Don de 



^ 444 ~ 
M.Alb. Mahillon. Sphèreen métal de o°*o38 environ 
de diamètre, qui se dévisse par le miiieu en deux 
parties égaies. La demi-sphère inférieure est fermée 
par une plaque en métal portant six trous concen- 
triques percés dans une direction légèrement obli- 
que. Un disque de métal d'égal diamètre, fixé entre 
deux pointes qui lui servent de pivots, et tournant 
à plat sur le couvercle, est percé d'un nombre égal 
de trous inclinés dans la même direction. L'autre 
demi-sphère recouvre entièrement ce mécanisme. 
Lorsque Ton soufiSe dans le trou ménagé dans la 
demi-sphère inférieure, Tair passe chaque fois que 
les trous du couvercle se trouvent en conjonction 
avec ceux du disque, tandis qu'il est arrêté dés 
que les trous sont en opposition. Or, les trous 
du disque et du couvercle étant légèrement inclinés 
comme nous l'avons dit, le disque prend un mou- 
vement de rotation imprimant à Tair une série 
de chocs intermittents d'où natt le son et qui 
devient plus aigu à mesure que la vitesse de rota- 
tion augmente par le renforcement du 80u£Be. C'est 
le principe de la Sirène de Cagniard de la Tour, 
voir n« 565. 

2048. Tuyaux à bouche biseautée, au nombre de 
deux, construits d'après les indications de Praeto- 
rius. Ces deux tuyaux, rectangulaires, mesurant 
respectivement o» 1 20 de longueur sur o»o26 de côte', 
et o"o6o de longueur sur o"oi3 ^^ côté, doivent, dit 
Praetorius, donner exactement deux utàVodayt l'un 



— 445 — 
de Tautre, au diapason dit Chorion. Ils donnent 
respectivement le si b de la 6* octave et son redou- 
blement à la 7®, de notre diapason normal la = 870 
vibrations et comme nous savons que le Chorton^ ou 
ton d*église, était exactement un ton plus bas que 
le Kammerton, ton ordinaire, il nous est permis de 
conclure que le Kammerton était, en Allemagne, 
au commencement du XVIP siècle, assez exacte- 
ment à Tunisson de l'étalon normal actuel. 

2050. Appareil de Wheatstone, Il permet de 
transmettre le son à distance. Une baguette de bois 
de sapin traverse les plafonds de deux étages, du 
premier au grenier. A son extrémité supérieure est 
adaptée une planchette du même bois, sur laquelle 
repose une boîte à musique. L'extrémité inférieure 
est libre. Dans cette disposition, la boîte à musique 
étant mise en mouvement, aucun son ne s'entend ni 
au premier étage ni au second. Mais dès que contre 
Textrémité libre de la baguette nous appuyons la 
table d'un violon, d'une guitare ou une planchette 
quelconque, le son de la boîte à musique en 
action au grenier se perçoit très distinctement dans 
la salle du premier étage. 

Que se passe-t-il ? Le son, ou plutôt les vibrations 
se transmettent de la boîte à musique à la planchette 
sur laquelle elle repose et celle-ci les communique à 
la baguette de sapin. L'extrémité de cette baguette 
n'offrant qu*une petite surface, Tair environnant 
n'entre que très faiblement en vibration et aucun son 

53 



— 44^ — 

ne se fait entendre. Mais aussitôt qu'on applique 
à rextrémité de la baguette une surface élastique 
quelconque d'une certaine étendue, le mouvement 
vibratoire s'étend et le son de la botte à musique, 
résultat de ce mouvement vibratoire, se perçoit 
immédiatement à travers tous les étages séparant 
les deux surfaces vibrantes. 

France. 2061. Phonographe, système Liorei. Le 
phonographe est un appareil destiné, comme on 
sait, à reproduire les sons au moyen de cylindres 
dont la périphérie a été impressionnée par la 
vibration d'une membrane armée d'un style qui 
y a tracé des sillons plus ou moins profonds. 
L'appareil basé sur ce principe se compose d*un 
mécanisme d'horlogerie imprimant un mouvement 
rotatif et hélicoïdal à une tige conique sur laquelle 
s'applique un cylindre ; à proximité de celui-ci est 
placé un résonateur cylindrique fermé à Tune de 
ses extrémités par une membrane munie d'un style 
fixé au centre. L'appareil mis en mouvement, le 
style parcourt les sillons du cylindre, d'où résulte 
pour la membrane transmettrice un mouvement de 
vibration analogue à celui qu'a reçu la première 
fois la membrane réceptrice. Ce mouvement vibra- 
toire identique communiqué à Tair par la mem- 
brane transmettrice engendre des ondes sonores 
semblables à celles qui ont impressionné la mem- 
brane réceptrice et par conséquent reproduisent 
exactement les sons enregistrés. 



— 447 — 

Notre spécimen est muni de sept cylindres de 
rechange. 

Angleterre. 2062. Kazoo. Don de M. R. 
Harrison, de Brighton* Sorte de mirliton formé 
d'un tube avec une seule membrane appliquée sur 
Torifice d*un trou latéral. Une douille de cuivre 
percée de trous est glissée sur le tuyau au-dessus 
de la membrane pour protéger celle-ci. Trois 
trous latéraux^ forés dans le corps du tuyau, n'ont 
d^autre utilité que de faire ressembler le Kazoo à 
une flûte. Le chanteur appuie la bouche contre 
Torifice supérieur et la membrane est mise en 
vibration, comme au mirliton, par fredonnement. 

— Long. o"ii5. 

Java. 2058. Mirliton^ de l'anc. coll. Jourdan. 
Nous renseignons l'instrument sous ce nom parce 
que sa construction est tout à fait conforme à celle 
de Tappareil populaire ainsi dénommé et que 
son appellation indigène nous est inconnue. Il est 
formé d'un tuyau de bambou cylindrique fermé aux 
deux bouts par deux membranes très minces. Dans 
le voisinage de chaque extrémité est découpée une 
petite ouverture ovale sur laquelle la bouche 
s'appuie pour mettre les membranes en vibration 
par rémission de la voix. (Voir la note du n« 1672). 

— Long. o"6oo; diam. o"o58. 

2064. Modèle de l'oreille, grossie cinq fois nature. 
Il représente Toreille externe, son cartilage et ses 
muscles; Toreille moyenne, avec les osselets, la 



- 44» — 

trompe d'Eustacbe, la caisse du tympan; roreille 
interne, les canaux, le limaçon, le vestibule et le 
nerf. 

2066. Modèle du larynx ^ avec la trachée-artère 
s'ouvrant pour montrer les cordes vocales. 



APPENDICE. 



Etudes expérimentales sur la résonance des 
colonnes d'air de forme coniquCy tronc-conique 
et cylindrique. 

I. Nous croyons faire chose utile en résumant 
ici, à la fin de ce troisième volume de notre cata- 
logue, le résultat des études que nous avons été 
amené à faire depuis que, il y aura bientôt 25 ans, 
nous occupant de réunir et de cataloguer les collec- 
tions du Musée instrumental du Conservatoire de 
Bruxelles, nous avons pu examiner de près, analy- 
ser et comparer la construction des nombreuses 
variétés d'instruments à vent, — autrement dit à 
souffle, — en usage parmi les différents peuples du 
monde. 

Tous ceux qui se sont occupés d'études organo- 
graphiques savent combien les préjugés y sont 
nombreux encore et combien le secours de Tacous- 
tique y est indispensable pour éclairer quantité de 
points douteux. Il faut bien lavouer, la facture 



— 450 — 

des instruments à souffle, la plus compliquée sans 
doute de toutes les branches de la facture instru- 
mentale, est, précisément en raison de son impor- 
tance et de sa difficulté, celle où cette situation 
regrettable est la plus accentuée ': les fausses 
théories basées sur des faits insuffisamment étudiés 
y abondent, Tempirisme lui sert presque exclusiv^ 
ment de guide. 

Nous n'avons pas été à Tabri des errements 
résultant de cette situation; il ne nous en coûte 
rien de Tavouer, les commencements de notre cata- 
logue seraient là, du reste, pour en témoigner. 
Mais ces erreurs, il était impossible de les éviter; 
on nous les pardonnera donc, pour cette bonne 
raison d'abord, et ensuite parce qu*à côté de chacune 
d'elles on trouvera toujours les preuves évidentes 
de notre recherche constante de la vérité. 

En exposant, en coordonnant les résultats d'une 
longue et patiente suite dressais, nous n'avons certes 
pas la prétention d avoir jeté la lumière complète 
sur cette branche de l'organographie; nous avons 
pensé seulement, comme nous Tavons dit, nous 
rendre utile en dévoilant les fruits de nos travaux 
dans le but d'épargner à ceux qui nous suivront le 
retour d'erreurs semblables i celles que nous 
avons commises. Nos investigations auront aussi, 
croyons-nous, cet autre caractère d^utilité, c'est 
que, ayant porté sur toutes les formes de tuyaux et 
sur tous les modes de vibration, elles nous ont 



— 451 — 

évélé des phénomènes non encore entrevus dont 
1 connaissance pourra, dans une certaine mesure, 
lien modeste sans aucun doute, aider à déterminer 
Tune façon plus précise que celle que la science 
coustique enseigne aujourd'hui, les lois qui gou- 
ernent la vibration des colonnes d'air. 

2. Pour faciliter l'exposition de notre sujet, nous 
appellerons succinctement les lois principales, 
elles qu'elles sont formulées actuellement, réser- 
vant nos observations pour les cas particuliers qui 
it présenteront au cours de cette étude. 

La longueur d'un tuyau ouvert est égale à celle 
l'une onde simple; la longueur d'un tuyau fermé 
;st celle d'une demi-onde simple. 

La longueur de l'onde simple est l'espace que 
Darcourt dans le milieu ambiant, l'air, le mouve- 
nent vibratoire communiqué à ce milieu par une 
vibration simple du corps vibrant. 

La vitesse de propagation du mouvement géné- 
ralement admise dans les calculs est de 340 mètres 
par seconde. 

3. Comme nous l'avons déjà dit dans notre Essai 
ie classification', nous avons au sujet du son et de 
sa formation une opinion qui diffère quelque peu de 
:elle généralement acceptée. D'après nous, le son 
sst exclusivement le résultat du mouvement vibra- 
toire de l'air environnant; sans air pas de son. Ce 

^ Catalogue du Musée. 1. 1, a» éd«, p. i. 



— 452 — 

D*e8t pas seulement comme véhicule que nous don- 
nons à Tair cette importance, nous pensons que le 
mouvement de Tair est le son lui-même. Ce moo* 
vementy silencieux lorsqu'il frappe notre appareil 
auditif, ne devient véritablement son qu'à ce 
moment même. 

On reconnait aux sensations auditives trois qua- 
lités principales : Vintensité, résultant de la force 
d'ébranlement du mouvement vibratoire; la hauteur 
ou degré d'acuité, qui dépend de la vitesse de ce mou- 
vement, et enfin le timbre, qui résulte de la forme 
plus ou moins compliquée du mouvement vibratoire 
communiqué à Tair. 

C'est uniquement par la forme du mouvement 
vibratoire imprimé à Tair, par l'intensité relative 
du son fondamental et de ses harmoniques qui 
résultent de ce mouvement, que nous distinguons 
le timbre des instruments. Il n*y a pas de son de 
l'acier, du bois, des cordes, etc., il n'y a que des 
mouvements vibratoires différents imprimés à notre 
milieu ambiant dont nous distinguons les effets et 
que nous désignons en nous servant de termes qui 
rappellent leur origine * . 

La vitesse du son, pour continuer à nous servir 

I Rappelons que si les parois qui emprisonneot la colooae 
d*air et en établissent la forme sont suffisamment lisses et 
rigides, la matière dont ils sont faits est sans action sur U 
forme de la vibration et, par conséquent, sans influence sur le 
timbre. 



— 453 -- 

da mot consacré, augmente avec la température et, 
conséquemment, il y a lieu de tenir compte de 
celle-ci dans le calcul de la longueur des ondes et 
des tuyaux. 

Le tableau suivant représente l'effet de la tempé- 
rature sur un tuyau accordé au Za, 58« degré de 
lëchelle des sons ' . 

I Nous prenons pour point de départ Vut premier degré de 
l'octave la plus grave, celle que Ton désigne dans la facture 
d'orgue sous le nom d'octave de 33 pieds. De là l'échelle sui- 
vante avec tous ses degrés intermédiaires ; 

ir« octave, ttj I» degré 6® octave, ut 6 1« degré 

7* j» , ut 73« » 

8« » . ut 85" » 

9» » , ut 97» » 

io« » , etc.,M^ 109* » 

A l'aide de ce procédé, approuvé et recommandé par le Jury 
international de l'Exposition universelle de Bruxelles en 1897 
G. Sbrpsttb, Rapport sur les opérations du jury), la position 
d'un son se détermine plus facilement que par l'usage des 
indices qui n'ont aucune base et varient de pays à pays. 



20 


» 


, ut 13- 


S*» 


» 


, ut 25» 


4" 


> 


, ut 37" 


5' 


» 


, ut 49* 



454 — 



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3 1 


MOMBKB DB VIBRATIONS 






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PRODUITS PAR UN SOXDI 


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PAR UN TUTAV 


870 VIB. 


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ACCOR06 A 870 VIB. 
SIMPLES A LA TBMPArA- 


A LA TBMPÉRAXXU 
INDigUtB. 


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X50 GBNT. 






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Vibrationt 


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ooTeru. 


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0*382 


^■xçi 


33-8 


X 


33«.6 


4a4.a8 


0382 


191 


35-6 


2 


333-a 


850.09 


425.04 


0383 


191 


37-4 


3 


353-8 


851.62 


425. 8x 


384 


192 


39a 


4 


334.4 


853-» 5 


426.57 


0384 


192 


4ï „ 


i 


335 


854.68 


427.34 
428.10 


0385 


192 


48.8 


335-6 


856.21 


0386 


193 


S:î 


l 


336- a 


857.74 


428.87 


0386 


X93 


336.8 


859.27 


42963 


0387 


193 


48.8 


9 


m- 


860.80 


430.40 


0388 


194 


**« 


10 


|;:3I 


431.16 


0389 


194 


5.. 8 


II 


338.6 


43». 93 


0389 


194 


53.6 


12 


339- a 


i»1 


432.69 


0390 


195 


35-4 


13 


339-8 


433-40 


0390 


195 


ré" 


^É 


êSi" 


868.46 

870 


^V^ 


39» 
392 


0%% 


60.8 


16 


341. 6 


871.53 


435 76 


393 


196 


62.6 


17 


342.; 


873.06 


43658 


0394 


0197 


64.4 


x8 


34a.8 


874.69 


438^06 


394 


197 


66.2 


19 


343.4 


876.1a 


0395 


197 


68 
69.8 


20 
21 


344.6 




438.82 
439-59 


0395 
396 


197 
198 


7X 6 


22 


345 a 


440.35 


0397 


198 


73-4 


«3 


345-8 
346.4 


882.24 


44» •" 


0397 
0398 


19S 


75. a 


«4 


883 77 


441.88 


199 


?8.8 


^1 


347 ^ 


il:g 


442.65 


0399 


199 


26 


347.6 
348.2 


441-41 


400 


200 


80.6 


^^ 


888.36 


444.18 


400 


200 


82.4 


348.8 


889.90 


444.95 


400 


BOO 


84.2 • 


29 


349-4 


891.43 


» 


40X 


BOO 


86 


30 


350 


892.96 


402 


BOX 



— 455 — 

On constate par ce tableau que l'influence de la 
température a une valeur qui ne peut être négligée. 
Lra vitesse de propagation varie de o"6o environ', 
et la vitesse pour le la de 870 vibrations simples 
de 1,5308 vîb. s. par degré cent, de température. 
Il en résulte qu'un tuyau ouvert donnant ce la 
aurait, à la température de o^ cent., celle de la 
glace fondante, une longueur de o»382, tandis qu'à 
30« cent, ce même la exigerait un tuyau de o"402. 
Lr'intonation de ces deux tuyaux comparée sous 
rinfluence d'une même température, différerait de 
tout un demi-ton^. 

' John Ttndall, Le Son, p. 26. 

s Cet effet d'élévation s'accentue encore pour les instru- 
ments à vent dont la colonne d'air est mise en vibration par le 
soufiEle. Celui-ci, dont la température moyenne est de 32<». 
(D'après Gréhant, cité par Kuss et Duval — Traité de Physio- 
logie p. 454 — la température du souffle est de 35.5 à 2a^ et de 
29.7 à 6"), a pour effet d'échauffer, dans nos climats où la tem- 
pérature environnante est généralement moindre, les colon- 
nes d'air, d'augmenter la vitesse de vibration et. par consé- 
quent, de faire monter très sensiblement leur intonation; 
l'effet se manifeste d'autant plus que la température ambiante 
est plus froide. 

La pratique de l'accord des instruments à vent peut tirer de 
l'ensemble de ces faits un enseignement important. En effet, 
la température moyenne de nos salles de concert étant géné- 
ralement de20<>cent., en hiver surtout, c'est à cette tem- 
pérature que devraient s'accorder indistinctement tous les 
instruments; on obtiendrait de cette façon l'unisson entre 
ceux moins sensibles à l'influence de la température, les pianos 
et les harmoniums par exemple, et ceux plus sensibles à cette 
influence, tels que l'orgue et tous les instruments à vent ou à 



— 456 — 
4* Admettant la vitesse généralement admise 
pour les calculs acoustiques, celle de 340 mètres 
par seconde, il suffit, pour calculer la longueur de 
l'onde simple, c'est-à-dire l'espace parcouru par le 
mouvement vibratoire de Tair durant une vibration 
simple du corps vibrant, de diviser 340 mètres par 
le nombre de vibrations simples : 
340 mètres 

r 77 : = 0"390. 

870 vibr. simp. 

5. Théoriquement, un tuyau de o"390 doit donc 
donner le la de 870 vibr. et ce même son devrait 
être produit également par un tuyau fermé de 

0"3Q0 

-^^=o»i95. 

2 

6. La pratique démontre que ces données sont 

souffle. Ceux-ci avant d'être réglés devraient avoir été jooés 
pendant quelques instants de même que Tair envoyé dans les 
tuyaux de Torgue par la soufflerie devrait être également 
amené à la température de zo<* cent. 

La commission française de 1S59, ^^ déterminant la hauteur 
du la^ (58* degré de l'échelle des sons) à 870 vibr. simples à la 
température de 15*» cent, a simplement voulu fixer d'une façon 
absolue les conditions dans lesquelles le nombre de vibrations 
de rétalon avait été obtenu. Il ne peut lui être attribué Tidée 
d'avoir voulu fixer à 15^ cent. la température à laquelle les in- 
struments doivent se régler sur son tonarium. Il serait du reste 
impossible de maintenir cette température, tandis que ao« cent, 
est généralement celle de nos salles en toutes saisons. On sait 
que l'influence de la température sur les diapasons formés de 
fourchettes d'acier est si faible qu'on peut la considérer comme 
nulle en pratique. C'est cette circonstance qui doit les faire 
préiérer à tout autre appareil destiné à donner le ton. 



— 457 — 

inexactes ou tout au moins incomplètes. Si nous 
mettons, dans les deux cas, l*air en vibration en 
soufflant dans ces tuyaux pour en ébranler la 
colonne d*air de la façon la plus simple comme dans 
la flûte de Pan, c'est-à-dire en appuyant Torifice 
ouvert du tuyau sur la lèvre inférieure, nous obte- 
nons des sons sensiblement plus bas que le la de 
870 vibr.,et on constate de plqs que le tuyau fermé 
donne un son légèrement plus bas que celui du 
tuyau ouvert. 

7. A quelle cause faut-il attribuer cet écart entre 
renseignement de la théorie et celui de la pratique ? 
A cette circonstance, croyons-nous, que l'influence 
du tuyau s'exerce au-delà de ses limites, provoquant 
ainsi la formation d'une onde plus longue que 
l'onde théorique et, conséquemment aussi, un son 
plus grave que celui auquel on s'attendait. 

8. Cette différence était intéressante à examiner 
de près et nous a conduit tout naturellement à 
rétudier dans ses résultats sur les différentes formes 
de tuyaux. Ces formes, dans lesquelles sont groupés 
tous nos instruments à vent ou à souffle, se présen- 
tent sous trois catégories principales : 

Tuyaux ouverts; 

Tuyaux partiellement fermés; 

Tuyaux fermés. 

9. Mais tout en appartenant à l'une de ces trois 
formes, les tuyaux peuvent différer très sensible- 
ment par leurs détails. Nous avons résumé par la 



— 458 - 

confection de onze tuyaux toutes les formes parti- 
culières que nous avons rencontrées dans le cours 
de nos études. Ces tuyaux, représentés par les 
tracés de la page suivante, varient entre o^^ago 
et o"'24o de longueur; les chiffres aux extrémités 
indiquent leur diamètre à ces endroits. La lettre 
qui accompagne chacun des tuyaux servira désor- 
mais à les désigner. 

. I. Tuyaux ouverts. 

lo. Nous désignons ainsi les tuyaux ouverts 
complètement à leurs deux orifices. Leur colonne 
d'air est ainsi en communication avec l'air ambiant 
par ses deux extrémités, d'où il résulte le maintien 
à chacune de ces extrémités, d*un ventre de vibration 
pour tous les sons de sa résonance harmonique. 

Le ventre de vibration est cette partie de l'onde 
où lair a un mouvement de vibration maximum 
sans changer de pression ni de densité. Au nœud de 
vibration, au contraire, l'air subit des variations 
continuelles de densité et de pression et la vitesse 
du mouvement vibratoire y est nulle. 

Le son fondamental et les harmoniques dans les 
tuyaux ouverts sont entre eux comme la suite natu- 
relle des nombres entiers i. 2. 3. 4 etc. Le son fon- 
damental d'un tuyau est le plus grave que celui-ci 
puisse donner; c'est celui qui correspond à la 
longueur calculée du tuyau. Il se produit par le 



— 459 — 



3 



tX 



3 



Tvyauz^oavwta. 



15 



D Rô 



15 



E 15 



15 



P 20 



15 



25 



15 



H 



30 



13 



1 2» 



HB 



K C 



20 



minimum de pression exercée sur la colonne d*air 
pour en exciter le mouvement vibratoire. 

L'expérience démontre que les colonnes d'air 
mises en vibration en dirigeant le souffle transver- 
salement contre l'un des orifices du tuyau produi- 
sent très difficilement des sons d'une certaine 
intensité. Cependant le mouvement de la colonne 
d'air résultant de ce mode d'insufflation est suffi- 
sant pour évaluer très exactement la hauteur du 
son et, avec un peu d'habitude, on parvient à donner 
au son une certaine intensité. A une exception près, 
le Nay, flûte des pays musulmans, ce genre de 
tuyau n'a pas été utilisé dans la facture instrumen- 
tale, et le Nay lui même n'est pas un tuyau com- 
plètement ouvert à son extrémité supérieure, car 
pour faciliter la mise en vibration de la colonne 
d'air, l'instrumentiste recouvre en partie l'orifice 
du tuyau par les lèvres (voir § 15). 

1 1. Nous avons dit (§ 6) qu'en expérimentant un 
tuyau exactement à la longueur de l'onde simple, 
nous obtenons un son plus grave que celui quin- 
dique la théorie. De nombreux essais nous ont 
démontré que l'écart entre les données de la théorie 
et celles de la pratique augmente en raison du 
diamètre du tuyau. Si nous comparons le son de 
deux tuyaux cylindriques de même longueur mais 
de diamètre différent, celui dont le diamètre est le 
plus petit sera sensiblement plus aigu que l'autre. 
Cette constatation nous a mis sur la voie de la 



— 4^1 — 

formule rectificatrice suivante, déjà entrevue par 
nous en 1874' : 

La longueur d^un tuyau cylindrique ouvert aux 
deux bouts est, pour donner un son déterminé, égale à 
celle de Ponde simple de ce même son diminuée d'une 
longueur égale aux 3/4 du diamètre du tuyau. Nous 
avons vu (§ 4) que Tonde simple d'un son de 
870 vibr, simples est de o»390. Prenons pour pro- 
duire ce son un tuyau cylindrique de 20 ""/m de 
diamètre; nous aurons : 

20 X 3 
o«390 = 0-375 . 

4 

En effet, un tuyau ouvert de cette longueur et 
mis en vibration de la façon dite, donne exactement 
le la normal de 870 vibr. simples à la température 
de 14» cent. 

De ce fait il résulte également que la théorie 
manque d'exactitude en enseignant que pour faire 
produire par un tuyau un son à l'octave grave de 
celui donné par un autre tuyau, il faut doubler la 
longueur de celui-ci. Cest la longueur théorique de 
Fonde qu'il faut doubler et dont il faut diminuer 
une longueur égale aux 3/4 du diamètre. Ainsi, 
pour obtenir un la de 435 vibr. par un tu}'au de 
20 °>/m de diamètre, nous doublerons la longueur 
théorique de Tonde de 870 vibr. : 

20 X 3 
0.390 X 2 = o»78o = o"'765. 

4 
' ÉUmmtM tPacoustiquê, 



— 4^a — 

Un tuyau de ces dimensions nous donnera très 
exactement le la de 435 vibr. simples à la tempéra- 
ture de 14" cent.'. 

12. De nos observations générales sur les on^e 
tuyaux précités, il résulte : 

a) Que le degré d*acuité du son produit par l'in- 
su£3ation transversale des tuyaux est le même, que 
cette insu£3ation soit faite par le petit ou par le 
grand diamètre; 

b) Que dans les onze tuyaux soumis à robserva- 
tion, la longueur est égale à celle de l'onde simple 
diminuée des 3/4 du diamètre moyen ; 

c) Que les harmoniques obtenus sont en rapport 
avec le son fondamental du tuyau qui est très 
exactement le /a de 138 1 vibrations simples (/aaa 
diapason normal, 66* degré de l'échelle des sons). 
L'onde de ce son est, comme nous l'avons dit (^ 4), 

égale à ou 01^246, ainsi qu'il est démontré par 

1381 

le tableau suivant : 



X II va de soi que l'onde pourrait se calculer directement 

340 
de la façon suivante : - — = o«78o. 
435 



— 463 



LONQUBUR RÉBLLB 


LONQUBUR DBS S/4 


LONQUBUR DB 


DU 


TUYAU. 


DU DIAMÈTRB. 


l'ondb simple. 


A 


©«2404 


0*0056 




B 


o»a40 


o«oo6 




C 


o^^SSs 


0*0075 




D 


oaaaôô 


0*0094 




£ 


0^23475 


0*0X125 




F 


oma329 


0*0131 


0*246 


G 


o»»a3i 


0*015 




H 


om229X 


0*0x69 




I 


0^3475 


o*oxia5 




K 


0*2366 


0*0094 




L 


0*2366 


o™oo94 





Exception est faite, comme nous le verrons plus 
loin, pour le tuyau L, formé d'une façon irrégulière: 
l'allongement d'un tuyau cylindrique par un tuyau 
de forme tronc-conique. 

13. Examinant en particulier chacun de ces 
mêmes tuyaux au point de vue de la facilité 
d'ébranlement sonore de la colonne d'air qu'ils 
renferment, nous observons : 

i» en produisant l'insufflation par le petit dia- 
mètre : 

a) que A . B. C . K ne parlent pas* A est du reste 
entièrement fermé par le sommet du cône, nous y 
reviendrons, et B.C.K.L ont l'ouverture du tuyau 
trop petite à cet endroit pour qu'il soit possible d'y 
exciter la vibration de la colonne d'air; 



- 4^4- 

6) que D.E.F.I parlent facilement et permettent 
même la production, outre le son fondamental, de 
l'octave ou son 2 ; 

c) que G . H donnent facilement le son fonda- 
mental, plus difficilement Toctave. 

2* en produisant l'insufflation par le grand 
diamètre : 

a) que A, quoique entièrement fermé au sommet 
du cône, résonne comme un tuyau ouvert, c'est-à- 
dire que, contrairement à la théorie, sa longneur 
pour un son déterminé est égale à Tonde simple de 
ce son et qu'il produit malgré sa fermeture com- 
plète, la série des harmoniques 1.2.3 etc., et noa 
les harmoniques impairs seulement. 

(Cette particularité des tuyaux coniques fermés a 
leur sommet a été découverte, pensons-nous, parle 
célèbre physicien anglais Wheatstone vers 1832 ci 
a été signalée déjà dans la très remarquable étude 
de D. J. Blaikley, Acoustics in relation to wind 
instruments. — Nous reviendrons sur ce fait de très 
grande importance.) 

b) que B.C.D.E.F.I.K parlent bien et donncDt 
facilement, outre le son fondamental, les harmo- 
niques 2 et 3; 

c) que G. H entrent difficilement en ébranlement 
sonore à cause de leur grand diamètre, qui empêche 
la production du mouvement oscillatoire nécessaire 
à cet ébranlement. 

Les dix tuyaux donnant le même son /a, 66* degré 



-465 - 

de l'échelle des sons, nous pouvons conclure des 
expériences qui précèdent que l'influence de la perce 
sur des tuyaux ébranlés de la même façon est 
presque nulle sur la hauteur du son fondamental, ou 
da moins qu'elle n'exerce pas d'influence plus im- 
portante que celle dont nous avons parlé (§ 11). 
Il y a cependant lieu de remarquer que pour des 
tuyaux de même longueur, le faible diamètre favorise 
dans une certaine mesure la production des har- 
moniques. 

L, nous l'avons dit (§ 12), est un tuyau de forme 
irrégulière. Si nous Tébranlons du côté du grand 
diamètre, le son fondamental monte de toute une 
quarte, alors que les harmoniques restent ceux du 
ton de fa commun aux autres tuyaux. Nous avons 
observé, à la suite d'expériences sur d'autres 
tuyaux, que le son fondamental monte d'autant 
plus que la ligne brisée qui forme les côtés du 
tuyau se rapproche de Taxe de celui-ci, ou en 
d'autres termes que le tuyau est plus étroit. Cette 
particularité de ce genre de tuyau n'a pas grande 
importance, attendu que les tuyaux complètement 
ouverts aux deux bouts ne sont guère employés en 
facture; elle permet cependant de constater que la 
forme irrégulière du tuyau L fausse, pour le mode 
d'insufflation que nous examinons, la résonance 
harmonique obtenue par les tuyaux de forme régu- 
lière : cylindriques, coniques et tronc-coniques. 



— 4^^ — 



II. Tuyaux partibllbmbnt pbrmês. 

14. L'impossibilité matérielle de produire les 
pulsations nécessaires à la mise en vibration de la 
colonne d'air par le souffle ou même par des moyens 
mécaniques dans les tuyaux à large section, a it 
nécessairement amener la facture à chercher :r. 
dispositif quelconque permettant d^exercer l'action 
nécessaire sur de minces lames d'air ou des secdocs 
moindres. De là les différentes formes de la bouche 
imaginées de temps immémorial chez tous les 
peuples et utilisées aujourd'hui encore dans U 
facture de toutes les variétés de flûtes en usage aussi 
bien dans Torgue que dans nos orchestres. Parcii 
ces dernières, les variétés qui nous sont les plus 
familières sont la flûte à bec^ et la flûte traversun. 

< La filiation de la bouche de la flûte à bec noas para.*: 
aujourd'hui facile à établir. Bile nous semble avoir pour typ 
primitif le nay arabe, ouvert complètement à son extrémité. 
puis le siakuhachi, flûte japonaise où Porifice du tuyau e^t 
coupé en biais sur une partie de la circonférence pour facil:tef 
la mise en vibration de la colonne d*air. L'échelon soiTiri 
nous paraît être le lu chinois où Porifice est entièremcr: 
ouvert, mais dont on a découpé sur la circonférence une petite 
échancrure rectangulaire contre l'angle de laquelle on dirige 
le soufile; cette même embouchure se retrouve dans la âù!: 
Krena, de Bolivie; finalement le ty chinois avec réchaocrcre 
rectangulaire mais fermée à Torifice du tuyau formant air.'i 
une véritable bouche biseautée. (Voir les n»* 136, 714, 859, S:: 
et 711 du Catalogue du Musée.) 



— 467 — 

Dans les deux types le tuyau a été bouché partielle- 
ment de façon à permettre de diriger une mince 
lame d'air contre Tangle vif que présente Tune des 
parois du tuyau, disposition d*où résulte une 
extrême facilité dans la production du mouvement 
vibratoire. 

15. La démonstration pratique de cette facilité 
d'émission sonore est aisée : que Ton prenne, par 
exemple, le tuyau E. En le plaçant verticalement 
contre la lèvre inférieure de façon à diriger le 
soufiSe sur toute la section du tuyau, il faudra une 
certaine habitude pour obtenir un son; mais qu'on 
relève le tuyau en lui donnant une inclinaison de 
45* environ, puisqu'on dirige le souffle contre le 
bord opposé à celui qui touche à la lèvre, en ayant 
soin de recouvrir presque à moitié l'orifice du 
tuyau, celui-ci parlera avec une extrême facilité et 
produira un son ample et pur. La confection du 
nay arabe, dont le mode d'ébranlement a été si peu 
compris par certains historiens de la musique, est 
basée sur l'observation de ce principe '. 

> Nous avons parlé, en décrivant les lu ou diapasons 
chinois n^ 859, 86o« 86 x du Catalogue du Musée, de la théorie 
émise en 1596 par le prince chinois Tsai-Yu au sujet du 
rapport à observer entre la longueur du tuyau et son diamètre 
D'après cette théorie, à laquelle nous ne pouvions manquer 
de nous intéresser en raison de nos études, les longueurs 
et les diamètres s'augmentaient dans un rapport constant. 
L'analyse de cette théorie nous avait démontré que la lon- 
gueur croissait pour chacun des douze demi-tons descendants 



- 468 — 
i6. La fermeture partielle du tuyau en provo- 
quant inévitablement un ralentissement dans la 
vitesse de vibration amène un abaissement de 
l'intonation. Aussi toutes nos flûtes donnent-elles 
des sons plus graves que ceux qu'indique la théorie, 
en tenant compte même de l'abaissement qui 
résulte de l'influence du diamètre. Il n'en peut être 
autrement : toutes les flûtes sont partiellement fer- 
mées à leur embouchure, et plus l'ouverture servant 
à l'excitation du mouvement vibratoire est petite, 
plus l'abaissement est grand. Il apparaît à toute 
évidence que la disposition d'une fermeture par- 
tielle exige un tuyau d'un certain diamètre, et, 
d'autre part, pour faciliter la production des 
harmoniques, il est nécessaire d'employer des 
tuyaux étroits. Les facteurs des plus anciennes 
flûtes à bec ont heureusement surmonté la difficulté 

de Toctave dans le rapport de i : . y^ (i : i. 0594631) tandis qnt 

V % 

le diamètre croissait dans le rapport de i : |X^ (i : 1.0292857;. 

Cette théorie malheureusement ne donne que des résultats 
approximatifs, et encore faut -il chercher empiriquement la 
longueur du premier tuyau, point de départ pour le calcul 
des autres Ce qui nous avait alors induit en erreur sur la 
véritable valeur de cette théorie, très intéressante à cause de 
son origine et de l'époque à laquelle elle a été formulée, 
c'est qu'à ce moment nous ignorions complètement l'influence 
de la fermeture partielle produite par la manière dont les 
colonnes d'air de ces lu sont mises en vibration et que, sans 
doute, un essai insuffisant avait suppléé à l'imperfection que 
nous constatons aujourd'hui. 



— 4^9 — 

en adoptant la perce tronc-conique; ils avaient 
ainsi à leur disposition la partie large pour réta- 
blissement de la bouche, et pour assurer la facilité 
d*émission, une colonne d'air relativement étroite, 
ou du moins beaucoup plus étroite que celle qu'au- 
rait donnée une colonne d'air cylindrique. A la flûte 
traversière il n'en est pas de même; la bouche 
latérale par laquelle la colonne d'air est mise en 
vibration n'exige pas une grande ouverture, aussi 
les anciennes flûtes traversières étaient-elles cylin- 
driques comme elles le sont aujourd'hui. Ce n'est 
qu'au XVII« siècle, par imitation de la flûte à bec, 
que les faiseurs d'instruments ont adopté pour 
la flûte traversière la forme tronc-conique de la 
colonne d'air, plaçant l'embouchure à la partie la 
plus large du tuyau. 

17. Une question se pose ici : est-il possible de 
calculer l'abaissement produit sur Tintonation du 
tuyau par cette fermeture partielle ? 

Difficilement. Mais ce que de nombreux essais 
nous ont permis de constater, c'est que Vinfluence 
de cette fermeture est inversement proportionnelle à la 
longueur du tuyau, et c'est là un fait d'une certaine 
importance. Pour le surplus, le résultat obtenu doit 
s'évaluer expérimentalement. Pour nous mieux faire 
comprendre, nous avons établi le procédé empirique 
suivant qui suppléera à ce qui peut manquer à notre 
explication. 

Établissons^par exemple, un tuyau nous donnant 

35 



— 470 — 



tout ouvert, Tintonation du 7 ^ • au diapason 



normal. Cette intonation, produite par 976,5 vibr. 
simples en une seconde, a pour longueur d'onde 

Jl^_ 0-348. 
976,5 

Notre tuyau ayant iç^/nde diamètre, nous savons 

que nous devons, pour avoir la longueur exacte du 

tuyau, dimimuer la longueur d*onde des 3/4 du 

diamètre. Donc 

0-348 
moins H*^5 

o"333.75, longueur cherchée. 
Mais par la couverture partielle du tuyau résul- 
tant de l'adaptation d'une bouche quelconque, nous 
constatons expérimentalement que l'intonation des- 
cend de tout un ton. Cet abaissement, nous pouvons 
l'évaluer en longueur d'onde de façon suivante : 

o°'390 longueur d'onde simple du U 

diminuée de o<°348 » » » • st 

différence o°>042 ou valeur de l'abaissement 

produit par la fermeture partielle du tuyau donnant 

le s», 60* degré de Técheile des sons. 

Si nous voulions calculer la longueur à donner à 
un tuyau de même diamètre destiné à produire le 



-— 46* degré de la même échelle, nous pour- 



3: 
rions procéder de la façon suivante ; 



— 471 — 

La longueur d'onde du 51, 5" octave est de o"34S 
L'abaissement produit par la fermeture 

partielle est de 0*042 

Longueur du la immédiatement inférieur o»390 
Doublons cette longueur pour la porter à 

roctave inférieure 0*780 

Mais, nous l'avons dit au commencement 
de ce paragraphe, l'influence de la fermeture 
partielle est inversement proportionnelle à 
la longueur; donc, pour une longueur double 
de 0"'39O, l'effet sera moitié moindre et nous 
avons à retrancher de la longueur totale o°*o2i 

0-7S9 
et à retrancher encore l'influence du dia- 
mètre du tuyau 1 9 X 3/4 -=■ o"o 1 4 

longueur cherchée du tuyau pour le ^=^ <^"745 

confirmée par Texpérience. 

La complication du phénomène est grande et, on 
le comprendra, son influence dans l'enseignement 
théorique de la. construction des flûtes est énorme. 
Nous avouerons que malgré cette importance nous 
l'avions complètement négligée dans nos ÉUments 
d'acoustique ! ' 

1 Cette complication s'augmente encore par Tinfluence des 
trous latéraux dont le tuyau est percé. Ainsi, le tuyau donnant le 

dont nous venons de déterminer la longueur à o°>745 



I 



=1= 



baissera sensiblement dès Tinstant qu*on y percera les trous 



— 472 — 

i8. En essayant les dix premiers tuyaux' comme 
il est dit au § 13 et en les obturant de la même 
quantité, nous obtenons, à cause de cette couverture 
partielle, des sons plus graves que ceux des tuyaux 
entièrement ouverts, mais il est de la plus extrême 
importance de faire remarquer que, dans ces condi- 
tions, les intonations sont semblables, de quelque 
côté que se produise la mise en vibration de la 
colonne d*air, c'est-à-dire par le grand ou par le 
petit diamètre du tuyau. Il est à remarquer aussi 
que dans ces colonnes d'air, dont la mise en vibra- 
tion se fait par une ouverture qui se trouve dans la 
direction de Taxe, l'abaissement qui se produit sur 
le son fondamental a lieu également sur les harmo- 
niques, de sorte que leur rapport vibratoire reste 
exact, c'est-à-dire qu'il continue à être celui des 
tuyaux ouverts, celui de la suite naturelle des nom- 
bres entiers i . 2 . 3 • 4 etc. 

19. Le phénomène de la résonance harmonique 
de la flûte traversière n'est pas exactement sem- 
blable. Dans celle-ci, la colonne d*air est mise en 
vibration par une ouverture non seulement plus 
petite que le diamètre du tuyau lui-même, mais 
cette ouverture est pratiquée latéralement dans la 

latéraux nécessaires à la formation de son échelle. Bn somme 
cette influence s'explique, chacune des ouvertures pratiquées 
dans la paroi plus ou moins épaisse du tuyau ajoutant en 
quelque sorte à la longueur de la colonne d*air qu*il renferme. 
I Nous avons donné la raison pour laquelle le tuyau L fait 
exception. 



— 473 — 

paroi du tuyau, et de cette position particulière il 
résulte que rabaissement produit par la fermeture 
partielle est plus grand sur le son fondamental que 
sur ses harmoniques. C'est à la correction de cet 
écart' qu*est destinée la cavité qui se trouve entre le 
tampon qui ferme l'extrémité supérieure du tuyau 
et l'ouverture qui sert à en ébranler la colonne d'air. 
Cette cavité n*a aucune influence sur la hauteur 
du son. fondamental; c'est donc à tort que certains 
instrumentistes se servent, pour accorder la flûte, 
de la vis de rappel qui commande le mouvement de 
translation du tampon. Mais si cette cavité n'a pas 
d effet sur le son fondamental, elle agit sur les 
harmoniques dont elle rétablit en les abaissant le 
rapport avec le son fondamental. 

La colonne d'air restant en communication par 
ses deux extrémités avec Tair environnant, il est 
utile de rappeler ce que nous avons dit au § lo : 
qu'un ventre de vibration existe à chacune des 
extrémités de ces tuyaux ouverts ou partiellement 
fermés, quel que soit celui des sons produits de la 
résonance harmonique. 

III. Tuyaux fermés. 

20. Nous désignons ainsi tous les tuyaux fermés 
à un bout, ouverts à l'autre, ou, en termes scienti- 

I Cet écart est proportionnel à la différence entre le diamètre 
de la colonne d'air et celui du trou latéral servant de bouche; 
ainsi il est plos grand à la grande qu'à la petite flûte. 



— 474 — 

fiques, tous ceux qui ont un nœud de vibration à 
une extrémité et un ventre de vibration à l'extré- 
mité opposée. Le mouvement vibratoire s^y pro- 
page de l'extérieur à l'intérieur, du pavillon ven 
l'embouchure ou Tanche, et non en sens inverse 
comme on le croit généralement et comme le fait se 
produit dans les tuyaux ouverts ou partiellemeot 
fermés. C'est dans cette catégorie que nous range- 
rons dorénavant tous nos instruments à anche et 
tous nos instruments à embouchure. 

On peut exciter la mise en vibration de la colonae 
d'air formée par ces tuyaux de trois façons diffé- 
rentes : 

A. par le souffle dirigé contre le bord de l'extré- 
mité ouverte, l'autre, opposée, étant fermée; 

B. par une embouchure ; 

C. par une anche. 

Reprenons nos tuyaux, nous examinerons en 
détail chacun des modes de vibration en faisant 
remarquer que, quel que soit le moyen employé 
dans le cas des tuyaux fermés, la loi de vibration 
ne varie pas et qu'un changement dans la longuear 
des tuyaux ne les modifierait pas davantage. 

A. Vibration par le souffle. 

ai. Ce mode d'ébranlement de la colonne d'air 
n'a reçu d*application que dans la syringe, vul- 
gairement appelée flûte de Pan. Cet instrument 
se compose généralement de tuyaux en roseau, 



— 475 — 
cylindriques, fermés à un bout et réunis côte à 
côte. Diaprés la théorie actuelle, la longueur de ces 
tuyaux est égale à celle d'une demi-onde simple. 
L'expérience nous a démontré qu'une rectification 
est également indispensable. En effet, nous avons 
trouvé que pour calculer la longueur d'un tuyau 
cylindrique fermé à un bout, destiné à produire un 
certain son déterminé, il faut diminuer la longueur 
de Fonde de ce même son d^une longueur égale à la 
moitié du diamètre du tuyau^. Nous pensons inutile 
de nous étendre davantage sur ce mode de rectifica- 
cation. Ce que nous en avons dit au sujet des tuyaux 
ouverts suffira pour se rendre un compte exact de la 
façon pratique dont cette rectification peut se faire. 
22. Nous plaçons dans le tableau suivant et 
en regard la résonance harmonique obtenue par 
chacun de nos onze tuyaux insufflés alternativement 
par le petit et par le grand diamètre ti fermés par 
le plat de la main à F extrémité opposée : 

X II peut être intéressant de savoir que le maximum de lon- 
gueur des tuyaux dont on peut produire le son fondamental 
par ce mode d'insufflation est très approximativement la lon- 
gueur du ^3 \ — 44* degré de l'échelle des sons. Le diamètre 

exerce une certaine influence sur la production du son fon- 
damental. Si le diamètre était très étroit, le tuyau donnerait 
l'harmonique 3 au lieu du son fondamental. Expérimentale- 
ment, nous avons constaté qu'un tuyau vibrant dans de bonnes 
conditions doit avoir, pour produire le son fondamental, un 
diamètre d'environ la 1/20 partie de sa longueur. 



— 476 — 



Petit diamètre. 



Grand diamètre. 
8. . . 



B 



$ 



i 



(difficiles) ^ ^ 



Z> i? » » 7 • 






t-^-^ 






tJ 18 6 7 9 



8. 






r^ 






3 5 7 




— 477 — 



8. 



^^ 



S 5 



8. 



^. 



77 ¥ » 5 7 






3 5 7 



8. •! a 









^^ 



X s s 



8. 



^ 



1 2 S 



8. 



^. 



-^t-4=- 



iàible ^ faiSle ^ 



23. Expérimentant en particulier chacun de nos 
tuyaux, nous constatons : 

à) que A et B ne peuvent entrer en vibration par 
le petit diamètre, A n*ayant pas d'ouverture et celle 
de B étant trop petite. Ces mêmes colonnes d*air 
mises en vibration par le grand diamètre ont une 
résonance harmonique, maigri qu*ils soient fermés, 
absolument semblable à celle des tuyaux ouverts. 
Ce fait est en opposition avec la théorie actuelle 
des lois de vibration des colonnes d'air; 

b) que £y tuyau cylindrique, est le seul dont la 
colonne d'air vibre conformément aux lois de la 



- 478 - 

théorie actuelle. La longueur de ce tuyau donnant 
le son fondamental fa^ 54* degré de l'échelle des 
sons, est égale à celle d'une demi-onde simple 
rectifiée ainsi que nous l'avons indiqué au § 21, et 
ses harmoniques sont entre eux comme la série des 
nombres impairs i . 3 • 5 • 7 • ^^c. ; 

c) que le tuyau H insufHé par son grand diamètre 
ne donne que le son fondamental, et même avec 
une certaine difficulté, à cause de la dimension 
exagérée de ce diamètre; 

à) que les tuyaux CD. F. G., et ceci est un 
point de grande importance attendu qu'il mène à la 
détermination des conditions requises par un tuyau 
fermé pour acquérir la résonance harmonique d'un 
tuyau ouvert, que ces tuyaux, disons-nous, conti- 
nuent à conserver approximativement^ les harmo- 
niques impairs du tuyau cylindrique, quel que soit 
le côté par lequel ils sont mis en vibration, alors 
que le son fondamental hausse ou baisse sensible- 
ment selon que l'insufflation se fait par le grand 
diamètre ou par le petit. Cette déviation du son 
fondamental fa produit par le tuyau cylindrique est 
due à un rallentissement ou à une accélération du 
mouvement vibratoire et peut s'évaluer à un nombre 

> Les harmoniques montent ou baissent avec le son fon- 
damental ; nous disons qu'ils restent appfoximativimttU à 
Tunisson des harmoniques impairs du tuyau cylindrique 
parceque les écarts sont beaucoup moins accentués que ceux 
qui se constatent au son fondamental (voir § aS» 6). 



— 479 — 

égal de vibrations engendrant conséquemment un 
intervalle plus grand au grave qu'à Taigu pour un 
même tuyau. Aussi l'intonation des sons marqués 
d'une X n est-elle qu*approximative; 

e) que les tuyaux CI. insufiSés par le gros dia- 
mètre ont déjà la résonance harmonique se rappro* 
chant de celle des tuyaux ouverts; 

f) que le tuyau K possédant la résonance har- 
monique d'un tuyau ouvert, nous pouvons con- 
clure que pour qu'un tuyau de forme tronc-conique 
octavie, il faut que le diamètre à l'orifice ouvert soit 
au moins quatre fois celui de l'orifice fermé. 

Résumons ce qui précède : le tuyau conique 
fermé au sommet résonne comme un tuyau ouvert 
de même longueur et sa résonance fait entendre 
successivement les harmoniques dans Tordre natu- 
rel des nombres 1.2.3.4. etc.; dans une certaine 
mesure le tuyau tronc-conique agit comme le tuyau 
conique, mais son diapason, comparé à celui du 
tuyau ouvert, baisse en raison de la grandeur du 
diamètre à la partie tronquée, là où le tuyau est 
fermé. L'inspection du tableau § 22 nous permet 
de constater que cet abaissement pour le tuyau K 
est d*une tierce mineure comparée à Tintonation 
que donne le tuyau tout ouvert. Il va de soi que cet 
abaissement, qui se traduit par un ton et demi 
pour un tuyau de cette faible longueur, diminue en 
raison de la longueur du tuyau employé. 

La question de savoir pourquoi un tuyau conique, 



fermé par le sommet du cône, résonne comme un 
tuyau ouvert, mérite de fixer l'attention. Au pre- 
mier moment on serait tenté de croire à rinfluence 
de la masse d'air contenu dans le tuyau. Il n'en est 
rien. Nous savons, en effet, que le volume dur 
contenu dans un tuyau cylindrique est trois fois 
plus grand que celui que contient un tuyau coniqoe 
ayant le même diamètre à la base et la même 
longueur. 

Du reste, si la masse d'air était en jeu, l'influence 
du diamètre serait autrement considérable que celle 
que nous avons constatée § 1 1 et 12. Le fait qu'un 
tuyau cylindrique baisse de tout une octave par la 
fermeture de l'une de ses extrémités (§ 22) permet 
de supposer que le phénomène du tuyau conique, 
ou tronc-conique, de proportions déterminées, réson- 
nant comme un tuyau ouvert, est dû à la réflexion 
du mouvement vibratoire, et qu*elle est plus rapide 
contre les parois obliques de ces tuyaux tronc-coni- 
ques que contre le fond ou fermeture des tujraux 
cylindriques. 

B. Vibration par une embouchure. 

24. Si nous frappons contre le plat de la main 
Tun quelconque des orifices de nos tuyaux, le son 
fondamental qui en résulte, quoique très faible, est 
suffisamment perceptible pour permettre de consta- 
ter que son degré d'acuité est égal au son que donne 
le même tuyau lorsqu^il est ébranlé par le soufiBe à 



-48i - 

Forifice opposé. Nous obtenons ainsi tous les sons 
fondamentaux du tableau § 22, en exceptant natu- 
rellement de ces expériences les tuyaux A et B dont 
la structure ne permet pas ce mode de vibration. Il 
est bon de remarquer toutefois que la pression 
exercée ainsi sur la colonne d'air ne pouvant être 
qa*uniforme, il va de soi que Ton ne peut obtenir 
qu'un seul son, le fondamental. 

L'excitation du mouvement vibratoire par le 
frappement de la main contre l'un des orifices du 
tuyau équivaut donc à la fermeture complète de ce 
côté» et cette action ferme en effet le tuyau d*une 
façon absolue. 

25. Si nous remplaçons ce moyen de mettre la 
colonne d'air en vibration par celui qui consiste à 
appuyer le même orifice du tuyau contre les lèvres, 
nous obtenons un son équivalent à celui que donne 
le tuyau en l'ébranlant par le souffie à l'orifice 
opposé, et c'est ainsi que nous mettons en vibration 
la colonne d'air de tous les instruments à em- 
bouchure de nos orchestres : cornets, bugles, 
cors, trombones, basses, etc., etc. Les résonances 
harmoniques que nous avons constatées au tableau 
§ 22 restent absolument les mêmes, en observant 
toutefois que le partage de la colonne d'air réalisable 
par le souffle ne l'est pas par les lèvres, parceque 
celles-ci ne peuvent vibrer assez rapidement pour 
obtenir les mouvements synchrones avec ceux qui 
résulteraient du partage de la colonne d*air occa- 



- 48» - 

sionné par la production d'harmoniques sur des 
tuyaux aussi courts. Au contraire, le souffle dirigé 
contre Tun des orifices du tuyau n'a pas l'énergie 
suffisante pour imprimer le mouvement vibratoire 
aux colonnes d'air d'une trop grande longueur. 
(Voir la note du § 21). 

L'inspection du tableau susdit démontre que les 
seuls tuyaux convenant à la construction de nos 
instruments à embouchure sont ceux des types 
B.K.L. Mais l'instrumentiste ne pourrait^ sans se 
blesser les lèvres^ mettre en vibration une colonne 
d'air en les appuyant directement contre l'orifice do 
tuyau qui la renferme. C'est pourquoi on se sert 
d'un appareil intermédaire appelé embouchure qui 
n'est autre, en somme, qu'un prolongement du tuyau 
terminé par un bassin muni de bords contre les- 
quels l'instrumentiste appuie les lèvres. La forme 
de ce bassin peut nécessairement avoir une certaine 
influence sur le timbre et la facilité de la mise en 
vibration de la colonne d^air. Elle doit donc être 
convenablement disposée, selon des règles quels 
pratique ou l'expérience enseigne. 

Dans nos instruments à embouchure un nœud de 
vibration avec des variations continuelles de densité 
et de pression se trouve à Tembouchure, un ventre 
de vibration avec des vitesses de mouvement maxi- 
mum, au pavillon. Souffler dans les instruments 
est une expression impropre, on ne souffle du reste 
que dans quelques instruments à anche et encore 



- 483 — 

Texpression n'est-elle rigoureusement exacte que 
pour les cromornes(n®"6io et suivants du catalogue) 
ou pour les instruments à réservoir d'air. Le soufiSe 
est une force motrice employée à animer la colonne 
d'air soit directement (comme dans les flûtes), soit 
par l'intermédiaire des lèvres (instruments à em- 
bouchure), soit par l'intermédiaire de l'appareil 
appelé anche (clarinettes, hautbois, bassons, etc.)* 

26. Donc, tous nos instruments à embouchure 
sont des tuyaux fermés du c6té de l'embouchure et 
ils ont, par suite de la proportion convenablement 
établie de leur colonne d'air, la résonance harmo- 
nique complète que possèdent les tuyaux B. K. L. 

27. L'expérience démontre que pour les instru- 
ments à embouchure, les tuyaux de forme tronc- 
conique ne sont pas les plus recommandables. Le 
timbre résultant de la vibration de cette forme 
donnée à la colonne d'air est rauque, sauvage; c'est 
le timbre caractéristique des instruments primitifs, 
faits de cornes d'animaux, et même aussi celui 
d'époques où l'art de la facture était déjà en 
progrès, tel que le Lur danois en bronze. (Voir le 
n^ 1 156 du Musée du Conservatoire). 

Le développement progressif de la colonne d'air 
doit se faire d'après certaines courbes recherchées 
jusque dans ces derniers temps par tâtonnements et 
que l'on associe dans certains cas à une partie plus 
ou moins longue de tuyau cylindrique. 

Grâce à la circonstance qui permet cette associa- 



- 484 - 

tion, la forme de la colonne d*air des instruments 
à embouchure peut se modifier à Tinfini et créer 
ainsi les variétés de timbre indispensables à nos 
orchestres, tout en conservant les propriétés de 
résonance des tuyaux de forme tronc-coniques 
relativement au juste rapport des harmoniques avec 
le son fondamental. 

28. De nombreux essais nous ont permis d'établir 
les faits suivants, qui ne s'écartent pas du reste de 
ceux que nous avons consignés aux § 22. 23 : 

a) Si nous appliquons une embouchure à an 
tuyau cylindrique, la colonne d'air vibre comme 
un tuyau fermé et les harmoniques impairs seuls se 
font entendre, de plus le son n'a pas d'ampleur; 

b) Dès l'instant que la partie inférieure du tuyau 
s'élargit en suivant un développement conique, la 
résonance s'améliore le son fondamental monte 
ainsi que les harmoniques et ceux-ci se rapprochent 
insensiblement au fur et à mesure que le cône pro- 
gresse pour arriver aux rapports qu'offre la suite 
des chiffres 1.2.3.4. ^^c* ^^ phénomène se con- 
state même lorsque l'épanouissement du tuyau ne 
s'est fait que sur une petite partie de la longueur 
du tuyau à partir de Textrémité opposée à l'em- 
bouchure. Il se manifeste d abord par les harmo- 
niques supérieurs pour aboutir à la résonance 
harmonique complète lorsque l'épanouissement 
inférieur du tuyau se trouve réalisé dans les pro- 
portions déterminées dans le paragraphe suivant. 



- 405 — 

Le tableau suivant éclairera notre explication. Il 
représente la résonance harmonique de deux tuyaux 
quelconques de même longueur, en /a, Tun cylin- 
drique, résonant en tuyau fermé/ Tautre conique, 
en tuyau ouvjsrt ' : 



r T r 



? 



t 



E 



E£ 



tM^ 



Le développement convenable apporté au tuyau 
cylindrique fait monter à l'octave le son i qui 
devient le son i du tuyau conique; le son 3 devient 
le son 2; le son 5 le son 3; le son 7 le soh 4; le 
son 9 le son 5, etc. On conçoit que le moindre 
épanouissement conique donné au tuyau peut pro- 
duire le faible rapprochement voulu pour les sons 
aigus mais qu*il faut un épanouissement bien plus 
prononcé pour faire monter de la quantité voulue 
les harmoniques graves. Les intervalles se con- 

I Cette échelle d'un tuyau cylindrique dont la colonne d'air 
est mise en vibration par une embouchure n'est qu'hypothé- 
tique. Un tuyau cylindrique dont le diamètre serait assez 
étroit pour être mis en vibration par les lèvres, et d'autre part 
assez long pour produire- théoriquement ce /a grave, ne répon» 
drait en pratique que très imparfaitement ; les sons graves ne 
se prodniraîent point. 



tractent de plus en plus au far et à mesure que 
progresse l'élargissement de Textrëmité inférieure du 
tuyau et lorsque celui-ci atteint dans son déreloppe- 
ment la proportion déterminée dans le § suivant, 
la douzième i 23 devient ToctaVe 1:2; la sixte 
majeure 3 : 5 devient la quinte 2:3; la quinte 
mineure 5 : 7 devient la quarte 3 : 4 ; la grande 
tierce majeure 7 : 9 devient la tierce majeure 
4 : 5 etc. On constate que la différence des inter- 
valles fournis par la succession des harmoniques 
dans les deux genres de tuyaux devient de plus en 
plus petite; en poursuivant, ils pourraient même 
se confondre à une petite différence près. Ce phéno- 
mène nous fait toucher du doigt la lot qoi gouverne 
la vibration de ces colonnes d'air; si nous ne pou- 
vons l'exposer encore d'une façon précise^les phéno- 
mènes observés sont assez probants pour nous faire 
entrevoir dès maintenant la raison pour laquelle le 
tuyau peut rester cylindrique sur une partie de 
sa longueur à partir de l'embouchure, mais doit se 
développer progressivement en se rapprochant de 
l'extrémité opposée, généralement appelée pavillon; 
c) que les harmoniques aigus peuvent donc déjà 
être en relation exacte entre eux sans qu'ils le soient 
avec le son fondamental (trompette, trombone}. 
L'expérience nous a démontré qu'il est indispen- 
sable, pour que le son fondamental soit en rapport 
d'octave avec le son 2, que le développement pro- 
gressif de la colonne d'air commence tout au moias 



~ 487 - 

au milieu de sa longueur et que le rapport minimum 
des diamètres aux deux extrémités du tuyau soit de 
1 : 4. Le brusque épanouissement du tuyau appelé 
pavillon n'est pas compris dans cette détermination 
du rapport entre les deux diamètres extrêmes. Cet 
épanouissement n'est qu'une question de forme, de 
mode, très diversement suivie et même complète- 
ment inusitée dans certains pays, en Allemagne, par 
exemple, sans pour cela que la facture des instru- 
ments à embouchure y soit inférieure. 

Les trompettes et trombones, comme nous 
l'avons dit, ne donnent pas le son fondamental, ou 
du moins ils le donnent difficilement et dans un 
rapport inexact; il est généralement trop bas com- 
paré au son 2 par lequel commence l'échelle de ces 
instruments. Ils doivent ce défaut à la partie infé- 
rieure de leur colonne d'air qui ne commence à 
s'élargir qu'au dernier tiers de sa longueur. On 
pourrait les appeler des instruments incomplets; 

d) que le timbre éclatant (trompette et trombone) 
est favorisé par l'emploi de tuyaux étroits et qu'au 
contraire, le timbre onctueux qui caractérise les 
basses est uniquement dû aux larges proportions de 
leur colonne d'air. Dans ces instruments, que nous 
appellerons complets^ l'élargissement du tuyau com- 

1 Bn Allemagne, la distinction entre ces deux genres dMns- 
truments se fait. Zamminer (die Musik und dû musikalischen 
InstrumenU,— G'iessen, 1S55) les appelle H albinstrumenUn tt 
Ganzinstrumenten. Bn somme, nous n* avons dans nos orches- 
tres qu*un seul instrument à embouchure complet, c'est-à-dire 



— 488 — 

•mence immédiatement après Tembouchare; dàos 
quelques-uns I le rapport entre les deux diamètres 
extrêmes est quelquefois de i : 20. 

29. La variété des timbres résulte de l'une des 
multiples proportions que l'on peut donner à la 
colonne d*air. Dans certains cas, nous Tavons vu 
par la trompette et le trombone, il est nécessaire 
pour des raisons de technique, d'utiliser le tuyau 
cylindrique prolongé par un tuyau dont le diamètre 
progresse régulièrement. Mais c*est à tort que Ton 
qualifie de conique cette forme donnée à la partie 
inférieure de la colonne d'air; le cône associé ao 
cylindre ne constituerait pas une colonne d'air 
régulière, son partage en parties aliquotes indis- 
pensable à la production des harmoniques, serait 
impossible et, par conséquent, les harmoniques 
seraient faux soit entre eux, soit dans leur rapport 
avec le son i ou fondamental. Il est donc de toute 
nécessité que le tuyau se développe régulièrement 
au lieu d'être constitué par des parois dont la 
ligne serait brisée. On arrive à cette condition sine 
qua non en faisant usage, comme nous l'avons dit 

dont réchelle commence par le son t, c^cst le tuba ou basse 
en sf 1?, ainsi construit parcequ'il a remplacé l'ophîcléîde dont 
l'échelle utilisait la première octave. Nous ajouterons que 
cette exception n'est pas à recommander, attendu qu'avec les 
moyens dont dispose la facture contemporaine, il est absolu- 
ment impossible d'intercaler entre le son 1 et le son 3, avec 
une justesse parfaite, les onze degrés chromatiques intermé- 
diaires de cet intervalle d'octave. 



— 489 — 

déjà(§ 27), de lignes courbes qui continuent la partie 
cylindrique sans heurts, formant ainsi des tuyaux 
dont la forme est celle d'une surface de révolution 
engendrée par la courbe autour de Taxe du tuyau. 
La détermination de ces courbes, leur équation et 
leur tracé sortent du cadre de cette notice; elle fera 
Tobjet d'une communication spéciale; elle n'inté^ 
resse du reste que les facteurs d'instruments. 

C. Vibration par une anche. 

30. La résonance des tuyaux ébranlés par cet 
intermédiaire est la même que celle que produit la 
mise en vibration par l'embouchure. La fermeture 
du tuyau à son extrémité supérieure par Tembou- 
chure,est simplement remplacée par celle de Tanche 
et c*e8t à Textrémité de celle-ci que se trouve le 
nœud de vibration; le ventre de vibration se trouve 
à l'extrémité opposée, au pavillon. L'anche peut 
être simple ou double, peu importe, le résultat est 
le même si rabaissement produit par Tanche sur la 
colonne d'air, est le même (Voir plus loin, § 32). 

Nos hautbois, cors anglais, bassons, contrebas^ 
sonsy saxophones ont pour type de résonance les 
tuyaux tronc coniques B.K; nos clarinettes ont 
pour type le tuyau cylindrique E. 

31. De ce phénomène, qui explique le redouble- 
ment des sons fondamentaux à leurs octaves ou à 
leurs douzièmes respectives par une simple augmen- 



— 49^ — 

tjsttion de pression exercée sur ranche, de ce 
phénomène, disons-nous, découle à toute évidence 
Tobligation pour tous nos instruments à trous laté- 
raux — dont l'ouverture successive a pour but de 
produire la succession des degrés de leur échelle -- 
de conserver très exactement à partir du premier 
trou latéral le plus rapproché de Tanche, soit le 
c6ne avec le rapport des diamètres de i : 4 pour 
les tuyaux destinés à octavier, soit le cylindre pour 
ceux dont la fonction est de renvoyer à la douzième 
les sons fondamentaux. 

On s*est souvent demandé pour quelle raison, la 
forme de l'anche simple ou double n'ayant pas 
d'influence, l'anche double était généralement asso- 
ciée aux tuyaux tronc*coniques, l'anche simple aux 
tuyaux cylindriques? Un moment de réflexion 
permet de répondre à la question. L*anche simple 
est toujours détachée d un tuyau ayant lui*mème un 
certain diamètre, la nécessité de donner au tu]rau à 
Tendroit du trou latéral le plus rapproché de 
l'anche, un diamètre quadruple de celui du tuyau 
dans lequel la languette de l'anche est découpée, 
oblige évidemment de donner à la colonne d'air une 
forme conique très prononcée, ce qui ne peut se 
faire que grâce à Toutillage dont dispose la facture 
moderne, le saxophone en est un exemple. Cette 
anche convenait donc exclusivement aux tuyaux de 
forme cylindrique. 

Au contraire, les languettes de l'anche double 



j 



— 491 — 

s'attachent très facilement sur un petit tube comique 
dont rextrémtté supérieure est de très faible section; 
la difficulté de donner à la calonne d'air de ce tuyau 
la propoition voulue i : 4 n*était pas grande par 
les moyens dont disposaient les anciens et l'anche 
doable trotr?ait nécessairement sa place dans son 
association au tuyau conique. Ce n*est qti'excep* 
tionnellement qu'on l'associait aux tuyaux cyUndri*' 
ques (cromornes, cervelas). 

32. L'anche non seulement ferme le tuyau mais 
par la résistance qu'elle oppose au souffle, elle 
abaisse proportionnellement à son élasticité, l'into- 
nation de la colonne d'air \ Elle agit, pour le 
surplus, comme la fermeture partielle dont nous 
avons parle au ^ 17. Ce qui complète la compa- 
raison, c'est que son influence est également : en 
raison inverse de la longueur de la colonne d*air à 
laquelle elle est associée^, 

* On peut aisément se rendre compte de l'influence abais- 
sante de Tanche sur une colonne d'air. Que Ton prenne un bec 
de clarinette monté de son anche; l'intonation obtenue par 
l'intermédiaire de l'anche sera d'environ un ton plus grave 
que celle que l'on obtiendra en dirigeant le soufle contre le 
bord de l'orifice inférieur apposé à la place de Tanche. Dans 
le premier caa il ne faudra pas exagérer la pression exercée 
sur Tanche, dans le second il est indispensable d'appuyer 
Tanche contre la table de façon à ce que l'obturation du tuyau 
soit bien complète. 

< Il en résulte qu'aux instruments pourvus de trous latéraux 
l'abaissement d'intonation dû à Tinfluence d'une fermeture 
partielle do tuyau ou de Tapplicatien d'une anche, est plus 



- 49^ - 

Les languettes de roseau employées pour la 
confection des anches de nos instruments à souffle 
sont extrêmement sensibles à la pression du souffle; 
on peut par une pression variable obtenir des diffé- 
rences d*intonation très grandes. La flexibilité de 
ces languettes est telle qu'elles mettent en vibration 
des colonnes d'air de longueurs bien différentes. 
C'est cette propriété des languettes de roseau qui 
permet les nombreux raccourcissements des colon* 
nts d'air par les trous latéraux. 
: Les anches métalliques ne jouissent pas de cette 
faculté. En raison de leur degré invariable d'élas- 
ticité, elles procurent un son unique et asso- 
ciées à des tuyaux, elles exigent l'emploi de 
colonnes d air en harmonie — sauf certaine tolé- 
rance — avec elles. Il suffit de rompre la proportion 
pour empêcher Iç mouvement vibratoire de l'anche 
(cheng chinois n» 137, hhén siamois n» 138 du 
catalogue) ou tout au moins pour en contrarier la 
régularité et donner lieu à des intonations qui 
blessent Toreille. 

33. Cette particularité de Tanche d*avoir en 

grand sur les trous rapprochés de l'appareil employé à U 
production du mouvement vibratoire que sar ceux qui en acot 
éloignés. On compare généralement Taction des lèvres à celle 
de Tanche. Ce rapprochement est inexact. Nous avons vu que 
la colonne d'air du tuyau B, ébranlée par le souffle (§ 23, b.). 
donne exactement le même son fa que cette même colonne 
d'air lorsqu'elle est mise en mouvement vibratoire par l'inter- 
médiaire des lèvres appuyées contre l'orifice ouvert (§ 25). 



— 493 -- 

quelque sorte une intonation par elle-même fait 
que le tuyau sur lequel elle est appliquée n'agit plus 
qu'en résonateur, tout en suivant cependant les lois 
de la résonance des tuyaux; elle explique aussi ce 
fait que l'intonation qui résulte de l'association de 
lanché au tuyau au lieu de baisser par Taccroisse- 
ment du diamètre, comme c'est le cas pour les 
tuyaux dont l'air est ébranlé sans intermédiaire ou 
tout au moins par le seul intermédiaire du souffle 
ou de l'embouchure, suit une loi contraire, elle 
baisse par la diminution du diamètre. Ainsi nous 
avons constaté qu'un tuyau cylindrique de 414 "/„ 
de longueur sur 6 "/„ de diamètre donne, avec une 

anche d'arghoul^^ un son à la hauteur du & P ~ 

tandis qu'un tuyau de même longueur avec un dia- 
mètre de 12 '"/m ébranlé par la même anche, donne 
un son de toute une quinte mineure plus aigu. 

I Varghoul est un très ancien instrument égyptien (Voir 
Cai.du hiusiêf no> 113, 114) et bien certainement le type pri- 
mordial de Tassociation de Tanche battante au tuyau cylin- 
drique. 



37 



LISTE DES DONATEURS. 



MM. Adam, H. Ph. 

Adams Brown, W. 

Balfoor, H. 

Beckz. 

Bonn, J. Bdwin. 

Boucher, A. 

Brinsmead, John and C^ 

Broadwood and Sons. 

Bruynen. 

Casaanovaa, M. et B. 

Cayaillé-CoU, A. 

Cavens, L* 

Cerne, Titus. 

le prince de Chimay. 

Claes, Tél. 

Closson, £. 

Combax, Q. 

le Commissaire général 
d'Autriche-Hongrie à 
l'Exposition univer- 
selle de Bruxelles en 
1888. 

le Commissaire général 
de Finlande à l'Expo- 
sition universelle de 
Paris en 1889. 



Mme* Crosby Brown. 

la douairière do Lanooy 
de Marbaix. 
MM. de le Court, H. 

le Comte F. de Marnix 
de Bornhem. 

de Vestibule, F. 

Dietz, Chr. 

DugnioUe, F. 

Dumoutier, G. 

Blkan, Ed. 
Mme Erard. 
MM. Fiévez. 

Gand, E. 

Gand et Bernardel. 

Gehriing, G. et fils. 

Gevaert, F. A. 

Gevaert, V. 

Guidé, G. 

Gunther. 

Harrison, R. 

Herrmann, Th. 

Herrburger-Schwander 
et fils. 

Hipkins, A. J. 

Jaeger, H. M. 



— 49^ — 



MM. le Drjourdan. 

Kalbfus, B. 

Kaps, E. 
Mme Kremers-Huyttens. 
MM. le colonel Kuypers. 

Leconte, F. 
Mme Lefebvre-Moriamé. 
MM. Lemoine, CL, fils. 

Mahillon, Alb, 

Mabillon, F. 

Mahillon, V. 

Mahillon, V. et J. 

Mangeot frères et C*«. 

Massàu, A. 

Merck, Ch. 

Mes, A* 

Moitessier. 
Mme Montefiore-Levy. 
M. Morley, G. 
Mme la générale Neovius. 



MM. Noguera, Ant. 

Picard, Edm. 

Pleyel-WolffetO. 

Plocek, A. 

Roques, L. 

Ruch. 

Samuel, P. 

Snoeck, C. 

le Rajah Souriadro Mo- 
hun Tagore, 

Tolbecque, A. 
Mme Tilmont de Bas. 
Le Tfinity ColUge de Dablin. 
MM. Van Aalst, A.J. 

Vanderheyden. 

Vandevy vere- Loont jens. 

Verberckt. 

Vivier,], et Oor, J. 

von Ende, L. J . B. F. 



INDEX GÉNÉRAL. 



INSTRUMENTS EUROPÉENS. 

CLASSE IV. — Instruments a cordes. 

Branche A. ~ Cordes frottées. Pages. 

Section a. — Cordes frottées par l'archet 5 

Section d. — Cordes frottées par la roue 70 

Branche B. — Cordes pincées. 
Section a. — Cordes pincées avec ou sans plectre. 

Sous-section aa. — Sans manche 72 

Sous-section bb. — Avec manche 108 

Section fr. — Cordes pincées à clavier 152 

Section c. — Cordes pincées, à mouvement automa- 
tique 180 

Branche C. — Cordes frappées. 

Section a. — Cordes frappées par des maillets . . . 181 

Section b. — Cordes frappées à clavier 186 

Appareils divers 223 

INSTRUMENTS EXTRA-EUROPÉENS. 

CLASSE I. — Instruments autophones. 

Branche A. — Instruments autophones percutés. 

Section a. — Instruments bruyants 241 

Section 6. — A intonations déterminées. 

Sous-section aa. — A maillets 256 



— 498 ^ 

Branchb B. — Instruments antophones pinces. 
Section a. — Pinces avec ou sans plectre .... 273 

CLASSE II. — Instruments a mbmbranbs. 
Branchb a. — Membranes percutées. 
Section a. — Instruments bruyants. 
Sous-section aa. — Membranes tendues sur on 

cadre 279 

Sous-section bb. — Membranes tendues sur un 

récipient s8i 

Sous-section ce. — A double membrane . ... 28a 

CLASSE III. — Instruments a vent. 
Branche A. — Instruments à anche. 
Section a. — Aqche simple, libre avec tuyau ... 289 
Section c. — Anche simple, battante avec tuyaux. 

Sous-section aa. — Tuyau cylindrique 291 

Section i. — Anche double, avec tuyau. 

Sous-section aa. — Tuyau cylindrique 297 

Sous-section bb. — Anche double et tuyau conique. 299 
Branchb B — Instrument à bouche. 
Section a. — Bouche biseautée. 
Sous-section aa- -— Bouche biseautée et tuyau 

ouvert 303 

Sous-section bb. ~ Bouche biseautée et tuyau 

fermé 309 

Section b, — Bouche latérale 311 

Section c. — Bouche transversale. 

Sous-section aa. — Bouche transversale et tuyau 

fermé 314 

Branchb C. ~ Instruments polyphones à réservoir d'air. 
Section a. — Réservoir d*air, sai^ tuyaux • . . . 324 

Section d. — Réservoir d*air et à tuyaux 324 

Branche D. — Instruments à embouchure. 
Section a. — Instruments à embouchure, simples ou 
naturels • . . 325 



— 499 — 

Pages. 

CLASSE IV. — Instrumbnts ▲ cordbs. 

Branchb a. — Cordes frottées. 

Section a. — Cordes frottées par l'archet 334 

Branchb B. — Cordes pincées. 
Section a. — Cordes pincées avec ou sans plectre. 

Sous-section aa. — Sans manche 342 

Sous-section bb. — Avec manche 347 

Branchb C. — Cordes frappées. 
Section a. — Cordes frappées par des maillets . . . 360 

INSTRUMBNTS EUROPÉENS. 
CLASSE I. — Instrumbnts autophonbs. 

Branchb A. — Instruments autophones percutés. 

Section a, — Instruments bruyants 362 

Section b, — Instruments autophones, à intonations 
déterminées. 

Sous-section aa. — A maillets 365 

Sous-section bb. — A clavier 366 

Branche B. — Instruments autophones pinces. 
Section a. — Pinces avec ou sans plectre .... 367 

Section c, — A mouvement automatique 368 

Branchb C. — Instruments autophones frottés. 
Section a, — Frottés par le doigt ou par Tarchet . . 369 

CLASSE II. — Instruments a membrane. 

Branche A. — Membranes percutées. 
Section a, — Instruments à membranes, bruyants. 
Sous-section aa. — Membrane tendue sur un cadre. 376 
Sous-section ce. —A double membrane .... 376 

CLASSE III. — Instruments a vent. 

Branche A. — Instruments à anche. 
Section c. — Anche simple, battante, avec tuyau. 
SottS'Section aa. — Tuyau cylindrique 379 



- 5<^o — 



Sous-section bb. — Anche battante et tuyau co- 
nique 389 

Section d. •— Anche double avec tuyau. 
Sous-section aa. — Avec tuyau cylindrique . • . 389 
Sous'section bb. — Anche double et tuyau conique. 396 
Branche B. -» Instruments à bouche. 
Section a. — Bouche biseautée. 

Sous-section aa. — Tuyau ouvert 40* 

Sous section bb. — Bouche' biseautée et tU3raii 

fermé 40a 

Section b» — Bouche latérale 406 

Section c. ^ Bouche transversale. 

Sous-section aa. — Bouche transversale et tuyaa 

fermé 408 

Sous-section bb. — Bouche transversale et tuyau 

ouvert 409 

Branchb C. — Instruments polyphonts à réservoir éTair, 

Section <^. — Réservoir d*air et à tuyaux 410 

Section c. — Réservoir d^air. tuyaux et clavier. . .412 
Branchb D. — Instruments à embouchure. 
Section a. — Instruments à embouchure» simples on 

naturels 416 

Section b. — Instruments à embouchure, chroma- 
tiques à ouvertures latérales. 
Sous-section aa. — A trous latéraux, avec oa sans 

clefs 490 

Sous-section bb. — A clefs, sans trous latéraux 

libres 420 

Section c. — Instruments à embouchure, chroma- 
tiques, à longueurs variables. 
Sous-section bb. — A pistons 421 

CLASSE IV. — Instruments a cordes. 

Branche A. — Cordes frottées. 
Section a, — Cordes frottées par l'archet 415 



— sot — 

PaCM. 

Section c. — Cordes frottées, à clavier 426 

Branchb B. — Cordes pincées. 
Section a, — Cordes pincées avec ou sans plectre. 

Sous-section bb. — Avec manche • 437 

Section b* — Cordes pincées, à clavier 430 

Section c. — Cordées pincées, à mouvement automa- 
tique 432 

Branchb C. — Cordes frappées. 
Section a. - Cordes frappées par des maillets . . . 433 

Section b. — Cordes frappées, à clavier 436 

Section c. — Cordes frappées, à mouvement automa- 
tique .... 438 

Appareils divers 440 

APPENDICE : Études expérimentales sur la résonance 
des colonnes d'air de forme conique, tronc-conique et 
cylindrique 449 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS 
D'INSTRUMENTS. 



Abrégé pneamatiqae. 239. 

Accordéon, 324. 

(Accord des lames), 366, 

(Accord des verres), 37a, 374. 

Accorda, 63. 

Alto, 29, 58, 63, 64. 

Alto de viole, 43, 44. 

[Ame de violon], 65. 

Angelica, 150. 

Angélique, 150. 

Anklang, 27a. 

Apunga, 332. 

Appareil de Schwedofi^ 235. 

AfCê-viola de lira, 61. 

(Archet à la Dragonetti et à la 

Bottesini), 70. 
[Archet de basse], 68. 
[Archet de basse à crémail' 

lière], 68. 
[Archet de basse de viole], 68, 

69, 70. 
[Archet de contrebasse], 70. 



[Archet de demi-vîolon], 69. 
[Archet de viole], 69. 
[Archet de violon], 67, 68, 69. 
[Archet de violon à crémail- 

lière], 68. 
[Archet de violoncelle], 68. 
Archi-cistre, 1x8, 120,135. 
Archl*lath on Arcbilntli, 120, 

M3. 149- 
Arci'Spineta, 158,430. 
Argkoul, 293,388, 411. 
Arpanetta, 89, 92. 
Arpanette, 89, 92. 
i^uloidoables, 392. 
Aulos spondaîqge, 391, 393. 

B. 

Balalaïka^ ixo. 
Bandurria, 427. 
Bantjik, 288. 
BanVyout 277. 
Baritono, 34: 

[Barre d'adresse de clavecin], 
x8o. 



— 5^3 — 



Basse, 423. 

Basse de viole, 46. 47, 49, 50, 

51. 5a. 53- 
Basse de viole de gambe 

(grande), 53. 55, 56. 
Bass Geig, 59. 
Basse-qaiote de viole da brac- 

cio, 54. 
Basse quinte de viole da brac- 

cio (grande). 59. 
[Batte de tambour en ivoire]. 

287. 
Batteur de mesure électrique, 

442. 
Bauren-Leyer, 71, 
[Becs de clarinette], 386. 
BUotg^ 255, 288. 
BHdè, 255 
Bëfi, 255. 
Bienfori, 201, 
Bird'RaitU, 250. 
BUu-uvUt 311. 
Biwa. 354. 
[Boenboengan], 262 
Bofte à musique, 368. 
Bombardon, 424. 
Bonangt 255, 266, 272. 
Bonang baroeng, 264. 
Bonang pën^boeng, 265. 
Bonang pënëroeSt 265, 266. 
Bones, 364. 
Bourdon, 440. 
Bracelet-grelot, 248. 
Britith harp-lute, 133. 
Bâche, IT3. 



Bucium, 417. 
Bulgarina, 429. 
Bundfreiâs klavier, 186. 



Cdi ban nhaCt 245. 

Cdi canh, 244. 

Câi cap ké, 243. 

Càichac, 242. 

Cài chiêng^ 256. 

Cdi chuông ehua, 256. 

Cdi chuông gangt 258. 

Cdi côngt 257. 

Ci» dàn bdii, 349, 

Cdidàn nguyëi, 349. 

Cdi dàn nha tro, 348. 

Cdi dàn thap lue, 343. 

Cdi dàn H, 351. 

Ci» hac, 242. 

Cii A«», 301. 

Cdi ken dôi, 298, 299. 

Cdi ken loat 299. 

Cit Â^tt mot, 297, 299. 

Ci», mo, 244. 

Cdi mo cd, 244. 

Cdi mo nha chua% 247. 

Cdi nhi, 334. 

Ci» fF/i^ dicht 312, 313. 

Cdi sao, 309. 310. 

Caisse sourde florentine, 377 , 

378. 
Cdi tam, 349. 
Cdi ihank la, 243. 
Cdi tiUt 244. 
Cdi irông, 286, 2R7. 



— S04 — 



Cài trông hoc, 279, 

CM trông cait 285. 

Cdi trông com, 286. 

Cdi trông con, 287. 

Cdi trông manh, 279, 

Cài trông met, 279, 

Cdi trông tien cô^ 286. 

Cdi trông va, 279. 

Cdi tu hoa, 327. 

Cdi xinh tien. 242. 

Calascione, 144. 

Cambreh, 359. 

Campana, 365. 

Ci» A, 257. 

Canne- Violon, 24. 

Caramillo, 402. 

Castagnette9,243,258,362»564. 

Castaiietast 362. 

Castanolas, 362. 

Castanuelas, 362. 

CavacOt 12a. 

Cava/, 404, 409, 4x0. 

Cavaquinho, 122. 

Cetesta, 366. 

C«/«ra tedescat 137. 

Cha-Chiao, 328. 

Chai am eaux, 291, 295, 296. 

Chambre expressive, 172. 

Chang-kou, 283. 

CM 338. 343. 
Cheremia, 3 8 S. 
[Chevalet de violon], 65. 
[Chevalets (jeux de)], 66. 
[Chevilles de piano], 2x1, 2x2, 
213. 



[Cheville mécanique), 33. 
C/(t>tfiiia,- 388, 411. 
Chitarra battenh, 130. 
Chitarrone, 140, 150. 
(Chœur de cordes), 140. 
Chorus t 418. 
CÀKfii «Ao^, 245. 
Cistre, 114. iz6. 1x7, 11^, 

136, 212. 

Ciatre à clavier, X3f» 
Cistre allemand, 137. 
Cistre espagnol, 121. 
Citer (tpaantehe), z 2 r • 
Cithare, 73. 

Cithare à quatorxe cordes, SS. 
Cithare dodecacorde. 84. 
Cithare endécacorde. 88. 
Cithare ennéacorde, 83. 
Cithare horisontale, 108. 109. 
Clarinette, 379. 381, 383.384. 

383. 
Clarinette double, 380. 
Clarseiht 9^. 
Clavecfai, 163. Z67, 168. 169. 

«7«. 173. «75. 17^' 

177, 202. 
Clavecin à donble clavier, 166. 
Clavicorde. 159, 186,187. iSS, 

189, 201. 
Clavier tranapositeur, 229. 
Clavi-Harpe. 177. 
Clavi'Lyra, 180. 
Clochettes, 192, 247. 
Colachon, 144. 
Colascione, 144. 



— 505 - 



Collier, 251. 
Consort viol, 50. 
Coatiebasae. 3a, 33. 57. 
Contrebasse (grande). 57. 
Coràcleis, 42 j. 
Cor des Alpes, 416. 
[Cordier-mentoiinière], 425. 
[Cordophon]^ 230. 
Corne d'appel, 389. 
Cornemuse, 412, 
Cornet à pistons, 421. 
Cornet d'appel, 389. 
Cor simple, 416. 
Crécelle, 249. 
Cri de la belle-mère, 225. 
Cymbales antiques. 365. 
Cximbalum, 433. 

D. 

[Dactylion], 227. 

DaoidS'Har/e, 93. 

[Dediles], 76. 

Demi-violoo, 21, 425. 

Dessus de viola, 40, 41, 42, 43. 

Diable des bois, 225. 

(Diapason), 64, 445, 

[Ditales], 133. 

(Division des touches chroma- 
tiques aux clavecins;, 
x6x, 170. 

DoUe melo, 184. 

Doppel'Handleitêr, 228. 

Double clarinette, 380. 

Double guide-main, 228. 

Dukimer, 1S4, 



E. 

(Echelle javanaise), 253. 

[Echo], 172. 

Eka-tdrâ, 357. 

Bmbuchi, 331, 332. 

Boud, 354. 

Epinette, 152, 153, 155, 156, 

«57. 
Epinette à cylindre, xSo. 
Epioette à table, 160. 
Brhhouhou, 337.338. 
Brh huang hou-kin, 337. 



Fabiol, 402. 

Fa Haoiongt 329. 

Flageolet, 40X, 405. 

Flaiutet, 377. 

Flaûia, 403. 

FluiUtt 377. 

Flûte, 87, 305, 306, 307, 313, 

314.405 
Pluti, 377- 
Flûte à bec, 404. 
Flûte à l'oigaon. 224. 
Flûte cylindrique, 406. 
Flûte de Pan, 323. 
Flûte eunuque, 224, 226, 227. 
Flûte nasale, 303> 3Z3« 
Flûtet, 402. 
Flûte traversière. 406. 
PoftbiêHt 201. 



G. 



[Gajor], 253. 



— 5o6 — 



Galoabat provençal, 377. 
Oambangs, 255, 270. 
Oambang gângsi^ 267, 268. 
Gamhang kajoe, 266, 269. 
Gamëlant 252. 
(Gammeschinoiseet japonaise), 

343. 
Gandang, 288. 
Gar gros$ Bass-Viol, ^7, 
Gêbundenes Klavier, 187, 190. 
Gëndang, 288. 
Gendir, 261. 
Gendêr pënëmboêng, baroêng 

et pënifrois, 263. 
G/itf/i$/i. 388. 
Gigae, xz. 

Oo«^. 243, 244, 255, 260. 
Gong Kempoel, 259. 
Gong mâle, 259. 
Gourd-Raitle, 251. 
Gouili, 73. 
Grande baïae de viola de 

gambe, 53, 55, 56. 
Grande basse-qninte de viole 

da braccio, 59, 
Giand piano portatif , 204. 
Grelot, 248, 258. 
Grinding, 273, 275, 
[Qrobogan]t 252, 267, 270, 272. 
Gaide-maini, 228, 
Gaimbarde, 273, 275, 367, 
Guitare. 122, 123, 124, 125, 
. 126, 127, 128, 347, 

427. 428. 
Gïûtsat(requintoeiiânor), 429. 



Gaitare à dos de lath, itg, 
Gnitare anglaise, 136,224. 
Guitare anglaise à clavier, 154. 
Guitare anglaise à doabla 

manche, 135. 
Guitare en bateau, 12 S, 
Guitare toscane, Z30. 
GuUarilh, 4s8. 
Guitarra, is2, 417. 
Guitarro, 428. 
Guiterra» 427. 
Gusla, 5. 

H. 

Hackbret, 184. 
Hakbord, 1B4. 
Haffênetgm, 89, 92. 
Harmonika de FrankliOi 370, 

372- 
Harmonista, 231. 
Harpe, 93, 94,96, 98, 991 100. 

102, X05, 177. 
Harpe à cle£i, 6. 
Harpe à pédales, 102, 105. 
Harpe chromatique, 95, loô. 
Harpe d*Eole, 106, 108. 
Harpe galloise. Z03. 
Harpe-guitare, 130, 
Harpe-luth, 132. 
Harpe pointue, 89, 92. 
Harpe portative, xoi, loa. 
Harp-lutê, 132. 
Hatp Ventura, 134. 
Hautbois, 300, 397. 399, 400. 
Heang-Uih, 29g, 300, 301, 302. 



— S07 — 



Hkhi-rikit 39Z« 

Hochât, 248. 249, 25O9 251, 

3^3- 

HoihkiH, 334. 
HsientMCt 3521 353. 
Hwa-kou, 282, 284. 
Hwang'lapa, 329. 
Hmang'Tiih, 328, 329. 

L 

Ituimbif 277. 
htfumcnto di poreo, 184. 

J. 

^aWfiVA, 338. 
y«p's harp, 367. 
J^^^'s /ftfffi^, 367. 
Joaets. 224, 296, 297, 432. 
Jouet a trompe de chasse », 
225. 

K. 

Kang-t'ungf 323, 328. 
Kamum, 342. 
KantêU, 72. 
KanUU à archet, 9. 
Kaxoo, 447. 
Khnpjang, 255. 
KhnpoelMt 255, 259, 260. 
Kfytdang, 255, 288. 
Këuangs, 253. 272. 
Këiipœng, 288. 
Ketjapi, 346. 
KHjëft 252. 
Kèiaeg, 272. 



iCffsar, 87, 344. 
Klaier, 363. 
Kleniongt 241.' 
^/•«, 303* 
Knichy-Knoekerst 364. 

^<»<<>. 343- 
Kromongi, 264. 

L. 

LangMh, zxo, 1x2, 1x3. 

Lang'SpêL xz2. 

La^a, 330, 331. 

Larynx (modèle da), 448. 

[LaWer pnaumatiqae], 240. 

[Lingueiia mobiU]t 213. 

Z/f>a 4i« braccio, 59. 

LfVa <<• gamba, 61. 

Lirone ptr/eUo, 61. 

Lokombit 356. 

Lutâ'harp^ 133. 

Lath, 127, X37, 14t. 

Luth nouToaa, 139. 

Lnth octave (petit), 138. 

Lath soprano, 13 S, 139. 

Luth ténor, 139, 142. 

Lyre, 129. 

Lyre anacréon tique, 129. 

(Lyre, tension des cordes), 85. 

M. 

AiacMe, 122. 
Machine à accorder, 223. 
[Macillol 378. 
Madiumba, 277, 278. 



— ^oÔ — 



[Mancho de violon]. 64. 
Mandoline, 83* 
Mandorat 12 r. 
Mandore, 12 1. * 
Aiandurria, 427. 
Matraca» 363. 
Mattaupbone. 373. 
[Mécaniques de piano], 2x3, 
214. 215, 216, 217, 

2X8, 219, 220, 221, 

222. 436. 
Métronome, 443. 
Métronome anglais, 236. 
Métronome de poche, 235. 
Métronome métrique, 239. 
Métronome normal, 235. 
Mezxo ColascioHâ, 145, Z45. 
Mirliton, 224, 226, 447. 
MO'kug-yo, 244. 
Mondirommelt 273. 
Monocorde à clavier, 426. 
Muscal, 408. 
Musette bretonne, 396. 

N. 

Na, 408. 
Nanga, 358. 
[Nàngkal 288. 
Ndimbi, 277. 
NgOHge, 247, 248, 
Nhac, 245. 
Nixenhar/e, 6. 
Nkwanga, 24 S. 
Noordsche^Balk, 112. 
Nyckelharpa, 6. 



O. 

Obae da caccia, 398. 
Oreille (modèle de T), 447. 
Orgue d'appartement. 415. 
Orgue portatif, 412. 
Oukpwê, 332. 

P. 

Pandore en luth, 136. 
Pang'kout 280. 
Pangisâ êrk kou-kin, 337. 
Pan-kou, 284. 
[Paramartelhjt 214. 
Par-dessus de viole, 38, 39. 4i' 
[Pédale tonale ou harmonique], 

207. 
Pendule à musique. 438, 
Penorcon, 136. 
[Pëntjoe], a66. 
Pepa, 351. 353. 
[Per/ect ckcck repeaUr aelml 

aao. 
Petit luth octave, 138. 
Petit luth soprano. 138. 
Pkan, 289, 290. 
Philomèle. 12. 
Phonographe, 446. 
Ptantii^ carré, 195. 
Piano à clavien xenfsnéii 

210. 
Piano à qneue, 204, ao6, aeS. 
Pianoàqaeat-Réionatear,2o8. 
Piano buflbt, 203. 
Piano carré, 190, I93,ic4fi9^ 

197, 201, 202. 437. 



— 5^9 — 



Piano droit, 203. 

Piano /orUt soi. 

Piano inclioé, 218. 

Piano portatif (grand), 204. 

Piano pyramidal, 199, 

Piano triangulaire en forme 
d'épinette* 197. 

Pitu, 315. 

Poche, 28. 

Pochette, 28, 29. 

(Point d'ébranlement des cor- 
dée). 158» 164, 431* 

Ponga, 332. 

Porte«voîs, 443. 

Positit 4 '5» 

Psaltérion, 73, 74, 77, 78, 79. 

PialUrium^ 184. 

^««. 327. 

PuUù 248, 249. 



Qànon, 342. 

Qainton, 38, 39, 40, 4t. 

R. 

[Raniiakan], 262, 264. 272. 
I?*&a6, 255, 342. 
Robec, zii. 
Rebeea^ 122. 

Rechti-Discami'Geigt 24. 
Règle à calcal aooostiqee, 236. 
Requinto, 429. 
Résonateurs de Helmholta 

(série de dis), 233. 
Rodjifft. 252« 



Romnulfùtt 440. 
Ronkeff 440. 



Salmodicont 5. 9» 
Salterio, 74. 
Salùêfio tedesco, 1 84. 
San^heeH, 349, 353. 
Saron dëmoeHg, 269. 
Saron pëhing, 269, 27Z. 
Sarons, 253, 269, 270, 
Saron sëlënto, 269, 271. 
Saw'dorang, 342. 
Saxhorn, 422. 
SchiiihoU, 113. 
Schlûssel'Piêdel, 71. 
Sckophar, 417. 
Serpents, 420. 
Shtng, 324. 
Shu iy, 302. 
Sifflet, 311, 3X5.3i6,3ï7.3i8, 

319*320,321,322, 406, 

441. 
Sifflet donble, 304, 305. 
Sifflet-sirène, 443. 
Silbato, 403, 406. 
[SimpUx check aclion], 222. 
Sirène, 234. 
.Siitr^//, 403,406. 
Soeling, 254. 
Sona, 30X. 
Sonnette, 255, 
Sonorophone, 424. 
Souchow pang hsUn, 352. 
SouUngt 307. 

38 



— 510 — 



S^ling bërang, 308. 
[Sourdine de violon], 65, 67. 
Spaansche citer, laz. 
Spineta a iavoh, z6o. 
SpitX'Harfe^ Bg, 9a. 
[Sticker aciion]t 220. 
Swanga, 248. 
Syringe polycalame, 409. 
Sxt hou iien, 334, 336. 

T. 

[Tabla da violon], 64. 
[Taboeh], 253,266. a68, 269, 

272. 
Ta huang hoU'kiUt 337« 
Taïko, 282. 284. 
[Taille -anche de hautbois], 

227. 
Taille de flûte douce, 402. 
Taille de viole, 43, 44. 
Takigoto, 338. 343, 344. 
Tamboril, 378. 
Tamborino, 378. 
Tambour, 281. 
Tambour de basque, Z92. 
Tambourin, 280, 281, 376. 
Tambourin do Provence, 376. 
Tambourin florentin, 376. 
Tam-tam, 246, 247. 252. 
Tanbour, 429. 
Tanbour kebyr tourhy, 145. 
Taokou, 287. 
Tarawangsa, 341. 
Tchong'iou, S47. 



Tilyn, 103. 

Ténor de viole, 43. 44. 

Tenor-Gtig, 58, 59. 

Tcnof'Viol, 50. 

(Tension des cordée de la lyn 

grecque), 85. 
Terxino di cûntrabasso, 34. 
Tajer, 252. 
Théorbe, 146, Z47. 
Tibia^ 293, 294. 
Ti^ta désira, 39a. 
Ttàiof impares, 39t. 
Tt6>«« ^ar«ff, 393. 
Tidja gréco-romaine, 393,395' 
Tibia mulUfùra, 391, 393. 
Tibia iinitira^ 391. 
Tien-ko», 280, 183. 
r»>/^<, 428. 
Tjmmpoeng, 343. 
Tjèheriug, 253, 271. 

219. 
Toumebottt, 389. 
Tf «6^ Vf a/, 50. 
Tritonicon, 396. 
Troecola, 363. 
Trompe d'appel, 327. 
Trompe de guerre (en i voir»), 

331. 33a. 333. 
Trompette, 234. 
Trompette de lama, 325. 
Trompette marine, 34, 35,3^* 
Trompette de verre. 416. 
Tii'King, 259. 
Tieng, 344, 346. 



— 5IÏ — 



Tiùu toung hot^kinf 336. 
TubikUUi, s8z. 
TufiU'RéUtle, 251. 
Tajaox à bouche biseftatéo 

(diapawDs). 444. 
Tajaox cylindriques (Deux), 

«34. 
Tayauz de verre (Série de 

huit), 331. 
Tayaoz d'orgue fermés (Deux), 

235. 
î>, 304. 3i«. 3Î3- 
Tympenon, 76, 77, 181, 185, 

435- 
U. 

Ukâke laau, 346. 

UUuH, 249. 

Univ0rsal Conira-Bats, 396. 

Ur-heen, 334. 

V. 

IVtnitian SwâH], 17a. 203. 
(Vernis italien), 57. 
(Vibration des lames). 267. 
(Vibration des tiges), 369. 
(Vibration des tubes), 231. 
Vielle. 7. 70 
Vielle à archet, 13, 14. 
Vielle à main, 13 
Vielle à plectre, 13. 
Vielle à roue, 13. 
Vielle en guitare, 71. 
Vielle en luth. 72* 



Vielle organisée, 72. 

Vihuelat 13* 

VihuèU, 13. 

Viola bastarda, 45, 46, 47. 

Viola braguexa, Z22« 

Viola da'bra€Cio,29t SI 1 58, 59. 

Viole de braccio (basse-quinte 

de), 54. 
Viola da gamba, 46. 
Viola da spalla, 58. 
Viola franceza, 122. 
Viola pomposa, 63, 
Viole, 13, 25, 71. 
Viole bâtarde, 45, 46, 47. 
Viole d'amour, 37, 38. 
Viole de bras, 58, 59. 
Viole de gamt»e, 46, 50. 
Violedegambebasse,46,50,5i. 
Viole de gambe basse (grande), 

53. 55' 56. 

Viole de lyre, 59. 
Viole d'épaule, 58. 
Violino, 24. 
Violino harpa, 26. 
Violon. 15, i6, 17, 18, 19, ao, 
21. 22, 23, 25, 31, 

339. 340. 425- 
Violon à cle£B, 71. 
Violoncelle, 8, 9, 30, 31, 32, 

54i 59* 
Violoncelle en cuivre, 32. 
Violon d'amour, 26. 
Violon de fer, 369. 
Violon de Hardanger, is. 
Violon en écaille, 27. 



— 512 — 
Violon muât, 26. 
Violon Savart, 17. 
Violon aoardine, 26. 
(Violon, techniqne do), 25. 
Virginale» 258, 159, 160. z6z. 
[Vision, Boordina], 67. 

W. 

Waldteuffel, 225, 440. 
Wamheêt 357. 359, 
Weiber^Leyer, 71. 
Wbeatstone (appareil de). 445. 
Wilah, 269. 
Witk-Horn, 300, 399. 



^«r^ffiM, 410- 
Xiremia, 410. 

Y. 

Ya-Kout 283, 
yan^-ZiCfn, 360, 36X. 
Yue-Kin, 345. 354. 35Ô- 



^a««a, 276. 277, 278. 
^»M«f, 108, XI4, 
Zumma^ah, 293, 298, 388. 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS PROPRES. 



Aboa (Naçr Mohammed ban 
Mohammed Al-Farihi), 
354- 

Adam (Ad.)» iça. 

AgricoU. 141. 

A. L. (de Fontaine l 'Evéqae) ,32 • 

Alfarabi (Abou Naçr Moham- 
med ben Mohammed), 

354- 
Allait, 22. 

Alsioa, (Josephas). 74. 
Amiot (le P.). 283. 
Angooléme, (docheseed*), a?» 
Aristoxèie, 391. 
A3tor (G.). 379- 

B. 

Bach (J. S.). 64. 
Bachmann (A.), 33, 37. 
Backen (Americus), 2x6. 
BaHoor (H.), 300. 
Barker, 240. 



Birrata (Emétoti), I44. 
Belleville, 17. 
BelloD. 65. 
Bernardel (père), 65. 
Berori (Romain), 53. 
Biô. 385. 386. 
Bierdimpfl(R. A.), 94. 
Bigée, C. F. 174. 
Bigler (Hleronimas), 59. 
Blaikley (D. }.). 4^4* 
Blaes (J.). 387- 
Boehm. 386. 

Bonanni(leP.). 137» 442. 
Boni (Gio Battista Cortenesi). 

z69. 
Bonn (J. Bdw.). 66. 
Borbon (G.), 32. 
Bottesini, 70. 
Boassa (B.-J.). z8, 31. 
Boyer et Longnet, 127. 
Brenet (M.), 138. 
Breiari (Aagnstin), 58. 
Breton (F.). 22. 
Brian Boiroimbe. 97. 



— 514 — 



Brinsmaad (John and Sons), 

2Z9| 219, 220. 221. 
Britsen, 432. 
Broadwoodi 171, 193, 216, 

2X8. 

Broadwood ([ohannes), 171, 

2x3. 
Broadwood (John and Sons). 

197, 208, 213. 
Brod (H), 227. 
Brodenp, 133, 224. 
Beachenberg (Matheus), 147. 
BoiBst (A. Jue). 380. 
Bnll (Joannos PetrasJ, z68. 
Banting (Edward), 97. 
Barkat Shndi, 172, 203. 
Burkat Shadi ot Broadwood 

(Joh.). 171. 
BQsch (B), 27. 



Cagnjard de \A Tour, 444. 

Casasaovas (M. y B.), 428. 

Cavaîllé-Coll (A.), 240. 

Celestini (Joanes;, 158. 

Chanot (F.), 15. i^i i7i a8. 

Ciciliaoo (Antonio), 47. 

Cicillano (Batiata) , 47. 

Cimabno, 14. 

Claasa (Christian), 133. 

(C)ochem (Dietrich)(?) 41. 

Coeflbt. 421. 

Confocins, 283, 

Corelli. 25. 

Correr (Comte P.), 22. 



Cotton (L.)> 41. 
CoQtagne(H.Dr), 49. 
Crétés (A), 136. 
Cristofori, 198, 213, 214, 2x5, 

2z6. 117. 
Caypora (J.), 22. 
Cuypers (Joh), 425. 

D. 

Darcbo, 2z, 

Daudot (A.), 377. 

Do Angolis (Sabatino ot fils), 

29St 395- 
de Bas, 37. 
de Bériot, 22. 
Décomble, 23, 29. 
De Comble (A.), 23, 32. 
Decombre (A.), 22, 23, 31. 
de Coussemaker, 155. 
de Freymann (O.), io« 
Delattre (R. P.), 294. 
Deleplanqae (G. J.), 40, 1x4 

zi6« 
Delerae, 220. 

de Lombardon-Motttesao, 377. 
Daloose, 384. 
de Quoco (Nicdlatts), t68. 
de Tombe (Jeronimns), 167. 
Dendon d'Heysbroeck(M.'J.). 

373. 
de ZarembsUy 2x1. 
de Zentis (Hieionimos), 155. 
Diderot et d'Alembert, Z131 

390. 



— 515 — 



Dietz, Chr., 177. 

Dieti f Johann Christian), xo6, 

177, 180. 
Dieu (Johann Christian, fils), 

177. 
Dominicas (Pisanreasii) , 155, 

175. 
Donwes (Klaas), zz2. 
Dragonetti, 70, 
Dabois (pèro et fils), Z29« 
Doifibproncart. 49. 
Duiflbpmgcar (G.) , 47. 
Dalckan (Joan Daniel), 173, 

174, 176. 
Damontler (G.), 242, 247, 282, 

304. 
Daray, 80. 

E. 

Ebert (Hainrlcb). 41. 
Eisenmeoger, 218. 
Elisabeth (la Reine), 158. 
Eméntoti (Bàrrata), 144. 
Engel, 97. 
Engel (C), 33«- 
Erard(S.). 2x0, 2ia,2i6, 217, 

222. 

Ermel (E. et J. Pb.). frères et 

Cie. 193. 
Ermel (J. P. J.). 190. 

F. 
Fétis (P.), 14, aa. 65, 177, 

193- 
Fétis (L.). 193- 



Finck (J.). 4a3« 
Flinders Patrie, 292. 
François (le Jeune), 40. 
Frank (Edm.)i 363- 
Franklin. 370, 372. 
Frédéric! (C. B.), 193, 198. 

199, 201. 

Frédéric-le-Grand, 171. 



Gand(Ad.), 21. 
Gand(Cb.F.). ar. 
Gand (E.), 21. 
Gaaparo da Salo, 44. 
Gâssler (J.)» 18. 
Gatlem (W.), 398. 
Gautier (J. F. E.), ai. 
GebrlingCCh.). 218. 
Geialer, 386. 
Gennaro, 133. 
GeTaert(F.-A.)«8i, 84, 88, 89, 

391.392. 393. 
Gevaert(V.), 231. 
Gilbert (N. L.). 40. 
Giorgt (C. T.), 406, 408. 
Gold (Andréas), 59. 
Gratel, 124. 
Groneman (Dr J.), 252, 254, 

264, 265, 266, 272, 308. 
Grove(G.), 215. 
Goarnerius (J.)» 67. 
Gueronlt (G.), 236. 
Guersan (Ludovicus), 39. 
Gnidantus, (G. F.). 38. 
Gunther, 211. 



- Si6 - 



H. 



Ha]d«cki(AJ,6i. 
Hamm«rich (Aogol), 113. 
Hawkina (Isaac), 304. 
Hawkioa (Joho, Isaac, ^03. 

204. 
Heina (Adriaan), zia. 
Helntholii 233. 
Herrbaigw-Schwaader et fila, 

220, 22Z, 436. 

Hernoann. Th. 258. 
Hen(H.)|227. 
Hiebar (Gioaane), 14 1. 
Hill (AU.). 38. 53. 
Hipkins(A.J.), 171, 191.214, 

215. 303- 
Hoffinan (Job. Chr.). 63, 139. 
Hoffinaaa (Job. Friadr), 437. 
Hofmans (Mateu), 138. 
Hofmana (Mattbya), 23. 
Hoatatoa. 88. 
Habar (J. A). 425. 

I. 
Ihlenbarg (le Dr), 443. 
Ion de Cbioa, 88. 

J. 

Jacqaot(A.),39. 
Jérôme de MoraWe, 14. 
Joardaa (Dr) 252. 325. 

K. 

Kade(Otto). 151. 
Kai3er(M.), 59, 141. 



Kapa (E.), aog. 
KaraBt(Joea), 156. 
Kaatoer (G.), Z07. 
Kind(C.). 218. 
Kiicber (le P.), 107. 
K(Bappen(J.),22. 
Kretiqchiiiaon (Ch.), 416. 
KroOch (Haoa), 59. 
Kriiina(Léooard). x8. 

L. 

Lacote et O, 124. 

Land (J. P. N.). 354. 

Laaoa d'Hermione, 84. 

Laoïent. 387. 

Le Baîlltf. 62. 

LeBlood (G.), tt8. 

Eeconte(F.), 231. 

LeCoote(M.), 181. 

Lefebvre, 359. 

Leferre, 386. 

Le Jeane (François), 40. 

Léonard (Kmiaa), 18. 

Lewl8(Ed.), 53. 

LIgbt (Edward), 13t. 133. 

Lioret, 446. 

Longman et Broderip, 135, 

at4. 
Longuet, 127. 
Lot (M.). 399. 
LoQvet (F.), 72. 
Lncaa (A.). 236. 
Lopot (F., p&re). 67. 
Lupot (F., fila), 67. 
Lnpot (N.), 21, 64, 67. 



— 517 — 



Layton (Cari), 170. 
Lyoa (GJ, 106. 

M. 
Ma&i (Scipiooo) ,213. 
MaggiDi (J.-P.). 45. 5a 
Mahillon (C.)i 387. 388. 
MahiUoQ (Y ). 235. 
Mailaod (B.). 31. 
Maogeot (Ed.), 211. 
Mangaot (frères et O*), 2 10. 
Mareechal, 129. 
Marie-Th^èse, 172. 
Mario, 30. 

Mason (W. Rét^.), 215. 
Matheos (JoaDoes, Praocis- 

cos), 180. 
Mattaa (J.). 374. 
Maochant. 127. 
Médard (Ant.), 38, 39. 
Momling, 79. 
Merfeotto (Isepa), 58. 
Merlin (Josaphas). 201. 
Meraenne. 28, 61, 62, 63, 77, 

95. 96* "01, 104, 123, 

136. 145» 227. 
Metaler et C^, 423, 424. 
Metzler et Waddell, 424. 
Meyer (Meiocke et Pieter), 

195. 
Milanollo, 21. 
Moitessier. z8, ao, 239. 
Mondi (C). 25. 
Morley(]. G.), 103. 
Mozart, 205. 



MQ98inger(G.)i 94* 
Miutel, 367. 

N. 

Nacher, 28. 
Naderman, 102. 
Neovias (le général), 9. 
Niggel (Sympertus), 1x7. 
Noblet (F.). 403. 

o. 

O'Brien, 98. 

Oflfiuan (Georgio), 94. 

Oor(I.), 2x3. 

Orange (prince d'), 190. 

Ostlor (A.). 37- 



Pages (Josel), 126, 127. 
Patavini [ Franciacus) ,156. 
Pereîra (Manuel), 122. 
Perne. 14. 
Playford (John), 51. 
Pleyel, WolflfetCi». 106, 163. 

206. 
Plocek (A.), 67. 
Poblman (Johannes), 193. 
Poncelet (Eni.)i 391. 
Ponfoort (J.). 384, 387- 
Pons, 72. 
Power, 401. 
Praetorios, 24. 33, 46, 34. 

55. 57t ôOf 61 i ^^f 63. 
70, 71, 113. 114, 136, 
140, 170, 418, 419, 444. 



1 



- 5i8 - 



Presbler (Gaiseppe), 148. 
Pythagoro, 171. 

R. 

Raillich (Pietro), 142. 
Rauch (J.), 38. 
Rauche, 135. 

Rocfaaldini (Zoaoe), 33, 34, 54. 
Renault et Châtelain, izo. 
Riano (Jnan P.), 14. 
Rimbaalt, 313. 
Roméro (Ant.)> 385. 
Roncalli (L.). 127. 
Roques (L.), 235.239. 
Rottonbroock, 3 t. 
Rottenburgh (J. H.), 31, 406. 
Roossean (J.), 11. 
Rtickers, 160, 1661 187, 432. 
Rtickers (Andréas), 159, 160, 

161. 431. 
Rudall Rose. Carte et C% 381. 
Rûhlmann, 14. 61. 
Ruwold (J. C. L.), 12, 13. 



Salomon. 26. 37, 40, xi8. 
Saint-Panl (P.). 39* 
Samuel (Bd.). 4x7. 
Samuel (P.). 442. 
Santinins ( A.)> 157* 
Savains, 120. 
Savart, 27, 28. 
Saz (Ad.)f 4>>* 
Scbafiner» 384. 400, 406. 
Schlittenbauer (M.), 230. 



SchOllnast(etfils),397. 
Schott (les fils de B.). 420. 
Schwedoff, 235. 
Secrotan, 235. 
Sellas (Matteo). 143. i44ii5o« 
Serpetto (G.), 453. 
Serrurier, 175. 
Shakspere, 364. 
Sbudi(Burkat), 172.203. 
Sbudi (Burkat) et Broadvood 

(Job.). 171- 
Silbermann (Gottfried), 198, 

206, 215. 
Snellemao (Job. P.), 260. 
Sooeck(M.), 30.31. 
Soil. 23. 

Solfanelli (Giuaqype), t68. 
Southwell (W.). 2x8. 
Spackman Barker (Cb.). 240. 
Spobr (L.), 19* 
Spyker (Goaowyn). 146. 
Stearns (Pr.), 244. 
Stein (J. A.), Z95, 198, 204, 

205. 2o6. 
Stodart(R.). 215. 

StoltB(}.).228« 

Stourdsa (prince G. de). s6. 
Stradivarii (A.), ai, 22, 23.31* 
Strelcber (And.). ao6. 
Snlean, 20. 

T. 

Tavan, 192. 
Telesinski. 30. 
Terpandre.Si. 



519 



Ti9£hobrach«r, 49. 

Tiefltobninner (G«), 109. 

Tielcka (Joachim), 52. 

Timothée, 88. 

ToW (L.), 35. 

Tolbooqoe (A.), zi. 13. 14. 

20. 65, 79, 80, 81. 83, 

84> 85. 
Toxnkinaon (Thomas) . 203. 
Townaond (Gabriell), 158. 
Trasontini (Alexander), 175. 
Triobort, 387. 
Tsaî-Ya, 464. 
Tyndall (J.). 455- 

U. 

Uodens (Donatos), 430. 

V. 

VanAabtrj. A.). 360. 
Vanderstraeten, 18, 24, 1x2, 

170. 
VandeVelda, 316* 
Vandronen, 277. 
Veoero (Vuendalie), 142. 
Ventura (Benedetto), 133, i^^, 
Venchnere-ReynvaaD, 121. 



Vatter, 30. 

Vidal. 22. 30,31. 

Vîllotaaa, 84. 

Virdung (Sab.), 4x8, 419. 

VlWar a.) at Oor (J.), 213. 

W. 

Waddoll, 424. 

Wagner (Johann Gottlob), 196. 
Warnom (R.), 220. 
Waber(Ferdinandas) (?). 176. 
Waldlich (O.). 433. 
Whaatstona, 445, 464. 
Wianiawski (J.), 210. 
Wolff (Ang.), 207, 229. 
Wflnnenbargh (Eberhardt). 
40S. 

Z. 

Zach (Th.), 26. 

Zamminar, 487. 

Zarljno, 170. 

2:ettatto (Piatro), 42, 43, 44, 

47. 54i 56, 57- 
Zoellar(Carli),38). 
Zuane (Rachardini), 54. 
Zampe (Johannes), Z9X, 1931 

202,215, 216. 



1 



TABLE GÉOGRAPHIQUE DES PROVENANCES. 



Algérie, 281. 

Allemagne, 13, 18, ao, ai, 24, 26, 28, 34, 36, 37, 38, 40, 5a, 55. 
59. 63, 70, 92, 93, 94, 95, 96, 100, loi, 102, 106, 108, 109. 
114, 117, 118, 125, 129. 139, 149, 159, 186. 189, 197, 199* 
204, 208. 412, 417. 420, 432. 437, 438, 441, 443. 

Alsace, 30. 416, 423. 

Amérique, 249, 250, 251, 280, 281, 305, 306, 339, 340. 

Angleterre. 52, 66, 103, 130, 132. 134. 135, 136, 158, 171, 195. 

197. 201, 203, 208, 212, 215, 216, 217, 2l8, 219, 220, S3X, 

364. 367. 376. 379. 397. 398. 399. 401. 405. 423. 424. 447- 

Annam. 242, 243, 244, 245, 246. 256. 257. 258. 279. 285. 286, 

287, 297, 298. 299, 301, 309, 310, 312, 327. 334. 343* 34S. 

349. 351- 
Australie, 275. 
Autriche, 26. 67, 195, 396. 

Baléares (Iles), 363, 365, 378, 388, 402. 403. 406. 410, 416. 427, 

428. 
Belgique, 18. 31, 65. 138, 180, 211, 213, 363, 372, 373. 383. 384. 

389. 420, 425, 440, 442. 
Bulgarie, 429. 
Canaries (Iles), 74. 



— 531 — 

Chine» 347, 25.9» asQ» 280, ^a. 383. 284. 387. 300, 301, 313, 324, 

325. 328, 329t 330, 33^ 334. 336. 337. 338, 344, 352, 353, 

354. 3J*. 360, 361. 
Congo, 247. 248. 251, 255, 276, 277. 278, 287, 3H, 315, 316, 317, 

3»8, 319. 320. 321, 322. 331. 332, 333. 347. 35^. 357. 358, 

359* 443- 

Dalmatie. 5, 

Egypte. 29X, 344. 
Espagne, 124, 126, 429, 

Fidji (Iles), 311. 

Finlande, 9, 72. 

France, 11, 13, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 26, 27, 37, 38,39. 
40. 4*. 53. 64. 65, 67, 68. 69. 70. 71. 7a. 79» 89. 102. 114» "6, 
u8. lao, X24, 127, 128, 199, 130, 153, 155, 163, 177, 180, 185, 

206, aïO, 212, 216, 217, 218, 219, 220, 221, 222, 225, 366, 

3Ô9, 370. 37Ô.379.380, 381. 385. 389. 39^ 399.402, 412, 
421, 422, 426, 435, 436, J46. 

Grèce, 80, 81, 83, 84, 88. 
Guyane anglaise, 313* 

Hawaï (Iles), 248, 249, 313, 327, 346. 
Hongrie, 433. 

Indo-Chine, 290. 

Indoastan, 357. 

Irlande, 96, 97, 176* 

Islande, 1x2. 

Italie, 14, 24, 27, 30, 33. 35i 38» 42» 4λ 44» 45» 46»4 7» 49» 5»» 53» 
54' 55» 56» 57» 58» 59» ^ï» 77» 78. 98. 99» 105» i*»» '«3» 
130» ^36. X39, X41, 142. 143, 144» «45» «46» 147» M8» «49' 
150» 152» 153» '55» «56» 157» Ï58» 160, 161, 1^7, 168, 169, 
175» X7Ô» '77» *8i, 188, 213, 214, 365, 376, 377, 378, 384, 
389, 400, 406, 430. 



— 5^2 — 

Japon, 375, 282, 284, 295, 296, 297, 300, 304, 305, 307, 311 

3*4. 3*7» 343. 
Java, 241» 252, 259, 2601 261, 264, 266. 268, 269, 270» «71, 272, 

273» 275» 28»t 288» 303» 307. 341» 34a. 345. 346, 447. 
Maroc, 359. 

Norwège, 5, 12, iio, 112. 
Nouvelle-Guinée, 281, 323. 

Pays-Bas, 22, 23, 28, 29, 31, 32, 33, 34, 146, 159, 161, 166. 

1^7» Ï73» 17^» *86, 187, 190, 193, 194, 399, 402, 405, 406, 

4«5» 425- 
Portugal, 122. 

Rome, 391, 392, 393, 395. 
Roumanie, 404, 408, 409, 4x0. 417. 
Russie, 73, iio. 

Saxe, 196. 

Siam, 303, 342. 

Sicile, 363. 

Suède, 6. 

Suisse, 108, 368, 416. 

Syrie, 342. 

Tonkin, 289. 

(Varia), 223, 386, 418, 445, 447, 448. 



ERRATA ADDITIONNELS AU i" VOLUME. 

p. 318, 1. 7 et saivantw, aa liea de violes de braccia, lire : violes 
de braccio. 

P. 362, dans l'accord da n» 96 $, substitaer la clef de ^ à la 

clef de f& > L'eflbt est à l'octave inférieure. 
P. 447, Rectifier comme sait l'accord da bourdon : 

P. 534, ool. T, 1. I, aa liea de 465, lire Z65. 
P. 524, col. X, 1. 30, supprimer le chlffire 441. 
P. 525, col. I, 1. 27, supprimer le chifiOre 131. 
P. 525» col. 2, 1. 30, an lieu de 466, lire z66. 



ERRATA ADDITIONNELS AU 2«« VOLUME. 

P. 99, 1. 30» au lieu de : Une corde en erins de cheval, s*appuyani 
sur un fragment de courge sert de chevalet, lire : 
Une corde, en crins de cheval» s'appuie sur un frag- 
mect de courge qui sert de chevalet. 

P. 1 80, ajouter, à la description du n* 874, l'étendue de l'instrument : 

8» 

de (fc j? — à |rf\ — par degrés diatoniques. 



P. X92» 1. 6, aa lieu de 0^,38 de diamètre, lire o°>,o38 de diamètre. 



— 524 — 
ERRATA AU a"' VOLUME. 

LxiB : 
Aa lien da : 
P. i8, 1. 4, Belgique^ 1338: Pays-Bas, 1338. 
P. 18, I. 8, Id.t 1339: Balgiqaa, 1339. 
P. SX, 1. 21, Belgique, 1372 : Pays-Bas, 1372. 
P. 32. 1. 7f ^^•' '375 • Belgique, 1375. 
P. 32, 1. 23, Id., 1376 : Pays-Bas, 1376. 
P. 41, I. 25, Idn X402 : Allamagna, 140a. 
P. 47, 1. I, Zanetto : Zanatto. 
P. 47, 1. 24. Id„ 1427 : Franca, 1427. 
P. 49, 1. z8, Id,, 1428 : Italia, 1428. 
P. 54, 1. II. Rechttrdini : Rachaldini. 
P. 61, 1. zo, Arcs-viota de tira : Arci-viola da lira. 
P. 77. 1. 5. ^^-i 1487 : Italia, 1487. 
P. 138, 1. 7, B^lgtçtf^ 1556: Pays-Bas, Z5s6. 
P. X56, 1. 19, Id,t 1587 : AUemagDa, 1587. 
P. X57, 1. X5i 74., 1588: Italia, 1588. 
P. 180, 1. 6, Belgique f 1613 ! Pftys-Baa, 16x3» 
P. 1931 !• 7i Frednrici : Fridarloi. 
P. 198, ]. 6, Prederici : Priderià, 
P. Z98, 1. 9 Chritio/ori : Crisiototi, 
P« 20X, 1. 23 et 27, Frederici : Fridarici. 
P. 2x7, 1. 29, Id,t X652 : Anglatarre, 1652. 
P. 2x8, 1. 28, Id., 1655 : France, 1655. 
P. 222, 1. 4, Id; X664 : Fraaca, 1664. 
P. 244, 1. 31, 1701 : Id., 1701. 
P. 258, 1. X3, Id„ 1735 : Congo, 1735. 
P. 282, 1. 2, Taiko : Tafeo. 
P. 307, 1. zo et x6, Souling : Soellng. 
Pv 308,, h X2, Souling : Soellog. 
P. 3I3» !• 17* /<< « 1832 : Annam, 1832. 
P. 372, 1. 12, Belgique^ 1949 : France, X949. 
P* 373t !• 26, Id„ X950 : Belgique. X950. 
P. 381, l. 8, Id.t X960 : Angleterte, i960. 
P. 420, 1. 4^ Belgique, 2017 : Pays-Bas, 2017. 



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CONSERVATEUR EN CHEF DU MOSÉS 



Quatrième volume 



NUMÉROS 2056 A 2961 



GAND 

Maison d'Éditions et d'Impressions 

AD. HOSTE 

Rue du Calvaire, 2 1-23 
1912 



V\i^-o 31-o.<f.t 



n 



a^AAAAA. 




PRÉFACE 



Nous faisons figurer au commencement de cfe qua- 
trième volume de notre catalogue un nouveau tableau 
résuxnant notre essai de classification et contenant 
les additions rendues nécessaires par la découverte de 
plusieurs instruments dont nous ignorions Texistence 
au commencement de nos travaux, il y a trente- 
cinq ans. ^*) 

Nous avons également introduit dans ce volume un 
enraici et addenda récapitulatif concernant les tomes 
I^ II et IIL Nous espérons qu'on voudra bien excuser 
les erreurs que ceux-ci contiennent en admettant 
qu'elles sont presque inévitables dans un travail 
aussi important, aussi difficile et aussi compliqué que 
celui qui consiste à décrire dans tous leurs détails 
plus de trois mille instruments de musique de tous 
àgeSj de toutes provenances et, de constructions si 
d.i verses. 



(1) Depuis rimpreaslon de ce tableau nous avons encore reconnu 
la nê<:essltô d'Intercaler dans la classe III, Branche B, Section B, 
Boiicb« latérale, la m\xs-9eciion ce, A récipient. 



VI 



Le lecteur s'étonnera sans doute de ce que nos plus 
récentes expériences d'acoustique C«) diffèrent quelque 
peu de celles dont nous avons fait connaître les résul- 
tats précédemment ^2)^ particulièrement celles qui 
déterminent les fonctions des anches battantes et des 
anches doubles associées aux tuyaux cylindriques. Ces 
changements résultent d'essais fréquemment renou- 
velés, sous des formes différentes, en vue d'arriver à 
la perfection. 

Des critiques nous ont été adressées au sujet de h 
disposition que nous avons adoptée pour notre cata- 
logue. On nous a conseillé une classification quelcon- 
que, mais présentant d'une façon ininterrompue tous 
les instruments appartenant à un même groupe systé- 
matique, chronologique ou géographiqtu. 

Nous reconnaissons volontiers que cette méthode en 
vaut une autre, pour autant, bien-entendu, qu'elle soit 
adoptée au moment de la formation d'une collection. 
On conprendra aisément que nous ne pouvons nous 
y rallier ; notre disposition serait, en effet, à changer 
complètement, elle devrait l'être à chaque nouvel 
accroissement important et les quatre volumes actuel- 
lement parus seraient à remanier, le tout sans grande 
utilité pratique. 

Certes, aucun travail de ce genre ne peut être parfait, 



(1) p. p. 87 et suivantes. 

(2) p. p. 491 ot sulvaotca du T. III. 



— VII ~ 

mais cependant nous persistons à croire que la règle 
que nous avons suivie pour la disposition de notre 
catalogue^ et qui est basée sur notre méthode de classi- 
fication, est la plus simple, la plus pratique et la plus 
rationnelle. U est vrai que des instruments de même 
provenance et dont la construction est scnimise à des 
principes semblables sont disséminés dans les quatre 
volumes. Mais -c'est là un inconvénient qui nous parait 
de peu d'ioqiortance et qu'il est d'ailleurs impossible 
d*éviter dans la description d*une collection formée 
petit à petit et qui — fort heureusement — s'accroît 
encore de jour en jour. Et il semble bien que pour 
ces raisons ime classification géographique, chrono- 
logique ou autre n*eût pas été à l'abri du même 
reproche. 

Un catalogue de musée nous parait devoir être avant 
tout le vade-mecum du visiteur. C'est le but que nous 
avons voulu atteindre. Un numéro attire- t-il l'attention, 
on le trouve instantanément dans le catalogue et la 
notice qui s'y rapporte est à la fois méthodique, systé- 
matique, géographique et, autant que possible, chrono- 
logique. S'agit-il d'un travail à exécuter à domicile, 
les tables établies à la fin de chaque volume suffisent 
amplement pour faciliter les recherches du lecteur, 
quel que soit l'objet sur lequel il désire se renseigner. 

Il nous reste, avant de terminer, im devoir à remplir 
et nous nous en acquittons avec im véritable plaisir. 

Nous remercions vivement notre ami M. Ernest 



— vni — 

Closson, conservateur -adjoint au Musée depuis seize 
ans, de la précieuse et active collaboration qu'il n'a 
cessé de nous prêter. M. Closson s*est occupé avec 
nous non seulement de la revision des épreuves des 
derniers volumes, mais il a aussi allégé notre tâche 
en se chargeant de l'absorbante confection de la table 
récapitulative des matières contenues dans les quatre 
volumes. Nous saisissons avec empressement cette 
occasion d*of&ir à M. Closson le témoignage sincère de 
notre gratitude. 

Janvier 1 9 1 2 . Victor Mahillox . 



CLASSIFICATION MÉTHOOIII 



CLASSE I. — Instruments autophonss. 

BRANCHi£ A. — Instruments autophones percutés. 

Section a. — Bruyants 

Section h. — A intonations nettement déterminées. 
Sous-section aa. — A maillets 

Sous-section bb. — A clavier 

Sous-section ce. - A mouvement automatique . . 

Branchb B. — InstruwunU autophoms péncis. 

Section a. — Avec ou sans plectre 

Section fr. — A clavier 

Section c. — A mouvement automatique 

Branche C. — Instruments autophones frottés. 

Section a. — Par le doigt ou l'archet 

Section b. — A clavier 

Section c. ~ A mouvement automatique 

CLASSE II. — Instruiibnts a mbiibranbs. 

Branche A. — Membranes percutées. 

Section a. — Bruyants. 

Sous-»ection aa. — Membrane tendue sur an cadre 
Sous-section bb. — Membrane tendue sur un récipîert 
Sous-section ce. — A double membrane »... 

Section 6. — A intonations déterminées 

Branche B. ^ Membranes frottées 

(1) Cette elassifieation complète celle publiée an tèit i. 



es INSTRUMENTS DE MUSIQUE (^) 



A.PPLIGATIONS PRINCIPALES. 



j. Cymbales, Tam-tam, Sisiret Triangle, Sonnettes, Grelots^ 

Castagnettes. 
od, Claquebois ou Xylophone^ King chinois, Oambang javanais, 

Cloches. 
hb Carillon aérien ; Carillon à lames d^acier, 
u. Carillon aérien. 



a. Gnimbardêt Ou chinois* 

b. Claviola. 

c. Botte à musique. 



a, Hafmonika de Franklin, Mattauphone, Violon de fer. 

b, Clavieylindre de Chladni, Terpodion, 

c, (Pas d'application qui nous soit connue). 



M. Tambour de Basque. 
bb. Dardboukkeh arabe. 
ce. Tambours f Orosse^caisse. 
b. Timbales, 
B. Rommeipot. 

premier rolume du Catalogue, 2« édit., p. 87. 



— IV — 

CLASSE III. — iNSTBUMSNTt A VBHT. 

Bkamchb a. — iHitrumenU àanchê. 

Section a. ^ Anche simple, libre, avec tayau. 

SouB-eection aa. — Tuyau cylindrique .... 

Sous-section bb. ^ Tuyau conique 

Section b — Anche simple, libre, sans tuyau • . . 
Section c. ^ Anche simple, battante, avec tuyau. 

Sous-section aa. — Tuyau cylindrique .... 

Sous-section bb. — Tuyau conique 

Section 4. — Anche double, avec tuyau. 

Sou8«6ection aa. — Tuyau cylindrique .... 
Sous-section bb. — Tuyau conique 

Brancub B. — Instruments à bouche. 
Section a. — Bouche biseautée. 

Sous-section aa. — Tuyau ouvert 

Sous-section bb. ~ Tuyau fermé 

Sous-section ce. — Récipient 

Section b. -^ Bouche latérale. 

Sous-section aa. — Tuyau ouvert 

Sous-section bb. — Tuyau fermé 

Section c. — Bouche transversale. 

Sous-section aa. ~ Tuyau fermé 

Sous-section bb. — Tuyau ouvert 

Sous-section ce. — Récipient 

Branche C. — Instruments polyphones, à réservoir d*air. 

Section a. — Sans tuyaux 

Section 6. — Sans tuyaux, à clavier 

Section c, — Sans tuyaux, à mouvement automatique 

Section d, — A tuyaux 

Section ^. — A tuyaux et clavier 

Section /• A tuyaux et mouvement automatique . 






m- Klui siamois. 

)6. Cornes d* appela Tuyaux d'orgue: 

h, TypoioHôt fIarmonica.à bouche. 

1. Arghoul égyptien, Aulos grec, Tibia romaine, Chalumeaux, 

Clarinette, 
é. Tenoroon, Saxophone. 

V. Cromorne, Cervelas, 
4. Hautbois, Basson. 



ê. Plûtô douce ou à bec, Flageolet. 

h. Flûtes de pays extra-Européens, tuyaux d*orgiu. 

te. Ocarina. 

a. Flûte traversière. 

i. Fiâtes de pays extra-Européens, Sifflets antiques. 

«. Syringe polycalame, Flûte de Pan, Clef forée. 
6. iVav arabe, 
s. Hsiuen chinois. 



'. Accordéon, Concertina, Mélophone. 

6- Harmonium (orgue expressif), Harmoni/lûte. I 

c. Antipkonel Debain, Harmonista V. Gevaert. | 

i. ^usettu. Cornemuses, Cheng chinois. 

«. Orgue. 

U Serinette, Orgue de Barbarie, Orchestrion. 



— vt — 

Dranchb D. — Instruments à embouchure. 

Section a. — Simples ou naturels . 

Section 6. — Chromatiques, à ouvertarea latérales. 

Sous-section aa. — Avec ou sans clefs .... 

Sous-section bb. ~ A clefs, sans trous latéraux libre» 
Section c, — Chromatiques, à longueurs variables. 

Sous-section aa. — A coulisse 

Sous-section bb. — A pistons 

CLASSE IV. - Insirumbnts a cordbs. 

BaANGBB A. — Cordes frottées. 

Section a. — Par Tarchet 

Section 6. — - Par la roue 

Section c. — A clavier 

Section d. — A mouvement automatique 

Bramchb B. ^ Cordes pinêées. 

Section a. — Avec ou sans plectre. 

Sous-section aa. — Sans manche 

Sous-section bb. — Avec manche 

Section 6. — A clavier ... 

Section c. — : A mouvement automatique .... 
Section d, — Cordes pincées (ébranlées) par le vent . 

Branchb C. — Cordes frappées. 

Section a. — A maillets 

Section 6. — A clavier 

Section c. — A mouvement automatique. 



— VII — 



I. Conques, Olifant, Cors, Trompettes, Clairons. 

I. Cornet à bouquin. Serpent, Basson russe, 
^. Cor à clefs, Ophiclêide. 

$, Trombones. 

I. Cornets, Cors, Trompettes, Trombones, Bugles. 



fl. Crouth, Gigue, Violes, Trompette marine. Vielle à archet, 

Violon, etc. 
h. Ofganistrum. 

c. Vielle, Harmonicorde, Piano-Quatuor, 
i* (Pas d'application qui nous soit connue). 



». Harpe, Lyre, Cithare, Psaltérion. 

U. Monocorde, Tanbour arabe, Luth, Thêorbe, Cistre^ Guitare. 

h, Epinette, Clavecin, Clavi'Harpe. 

t. Epinette à cylindre, 

d. Harpe d'Bole. 



A. .Safi/iV oriental, Tympanon. 
h. Clavicorde, Piano. 
c- Pianos mécaniques. 






ERRATA ET ADDENDA RÉCAPITULATIFS DES 
TROIS PREMIERS VOLUMES. (') 



VOLUME I (2* édition). 

LiRB : 

An lien de : 
P. 16, 1. 6» fesait : faisait. 
P. dd, 1. 13, dont les fanfares : dans les fanfares. 
P. 48, 1. 6, syringes monoeolamet : syringes monoealames. 
P. 47, 1. 8, chez les Grées : chez les Grecs. 
P. 65, 1. 16, U(diday : Halliday. 
P. 67, 1. 17, les Sabines : Sabinus. 
P. 69, 1. 9, on l'entend : on l'entende. 

P. 78, I. 11, ayant que ceux-ci ne fussent : avant que oeux-ci fussent- 
P. 79, 1. 36, mu : mû. 
P. 83, 1. 6, monoeome : monocorde. 
P. 85, 1 11, pour devenir le clavicitherium ou clavicorde : pour 

devenir le clavicorde. 
P. 8S, 1. 18, et tuyau ouvert : et tuyau fermé. 
P. 88, 1. 19, et tuyau fermé : et tuyau ouvert 
P. 95, 1. 10, quarte : quinte. 
P. 122, 1. 31, anche battante : anche battante. 
P. 165, 1. 18, 114 Arghoul-el-soghayr : id. 114. Arghoul^-sogkmir. 
P. 196, 1 18, de boyaux : de soie. 
P. 198, 1 18. Long, de la table : Larg. de la table 
P. 200, 1. 17, quatre cordes : six cordes. Accord : 



? 



:i=q= 



P. 201, (note) : critical et bibliographical : crilical and bibliogra 

phical. 
P. 207, gravure, n» i66 : n° 1947. 

(X) Cet errata supprime ceux publiés à la fin de chaeiin des trois 
premiers volumes. 



— IX — 

p. aïO. 1.27,29; 211, 1. 14, 22. 24; 213. 1. 10. 16, 18 258, 1. 22 
321, 1. 17, 20; 385, 1. 17, 20; 530, col. 1, 1. 6, Mujen : 
Majer. 

P. 282, 1. 11 : Scfieitier : Sclinitxer. 

P. 257, 1. 2 : fabrica : fabriqua. 

P. 264p 1. 8 : toiifl-aeetion bb : sons-seetion aa. 

P. 264, 1. 18 : 0«^55 : 0"056. 

P. 270, 1. 14 : tuyau unique : tuyau conique. 

P. 271, L 11 : pompeuten : pompeuses. 

P. 300, 1. 28 : gufjtira : suffira. 

P. 308, 1. 3 : diatonique : chromatique. 

P. 318, 1. 20 : Allemagne. 219. Dessus de viole : France. 219. Par- 
dessus de viole. 

P. 314, 1. 10 : XI* siècle : XVP siècle. 

P. 314, 1. 15 et 17 : violes de braccia : violes de braccio. 

P. 316, 1. 1 : violes de braccia : violes de braccio. 

P. 318, 1.5: viole de gambe de grand format : viole de gambe ténor 
de grand format. 

P. 318, 1. 7 : violes de braceia : violes de braccio. 

P. 320, 1, 7, 13 : Dessus de viole : Par-dessus de viole. 

P. 325, 1. 17 et 20 : Majtrs ; Mayer. 

P. 32J, premier accord, clef de sol 5« ligne : clef de sol 1" ligne. 

P. o^, 1. 12 : À la droite de la caisse qui renferme, entre les deux 
chanterefles, la trompette et la mouche, se trouve le 
clavier : A la droite de la caisse qui renferme les 
deux chanterelles se trouve le clavier. 

P. ^9, accord de la 2« corde du !•' cheviller, / u i , | g u < 

P. 350, I. 10 : Archiluth : Archicistre. 

P. 353, l. 4 : Malteo Sellas in Veneûa ; Matheo Sellas in Venetia. 

P. 362, accord du n' 265, ^ : ^ , effet à l'octave inférieure. 

P. 374, 1 10, Les Allemands l'appellent Hackbret, les Néerlandais 
hahberd : Les Allemands rappellent Hackbret on 
Hackebrett, les Néerlandais hakberd ou hakkeberd. 



— t — 

P.d91,l. l,Khët:Khè\i. 

P. 891, 1. 28, erronément appelé bama : ...dans la première «dltioi. 

P. 400, 1. 8» d'une peau de léopard : d*uue peau de chat-tigre. 

P. 424, 1. 21, une membrane lui sert de table d'harmonie : la tabl^ 

d'harmonie est de bois. 
P. 445, 1. 7, sous-section aa : sous-section bb. 
P. 468. 1. 13, déjà employé par Monleverde : déjà, employé & l'orchestre 

par Montererde. 
P. 479, 1. 1, Tkéorbe : ArchUuth. 
P. 481, 1. 12, Matteo Sellas alla Gorona in Veneùa : Matheo Sellu 

alla Gorona in Venetia. 
P. 484, 1. 4, Clavecin vertical : Clavecin vertical, ail : cUvierherft. 

clavier iither, latin : claviaytherium. 
P. 497, 1 11, ultre canzonnette : altre canzonette. 
P. 515, col. 1, 1. 28, 499 : 480 ; col. 2, 1. 8, 85 : 484. 
P. 524, col. 1, 1 1, 465 : 165 ; col. 2, 1. 28, valika : yaliha. 
P. 5%, col. 2, 1. 26, 466 : 166. 
P. 531, col. 2, 1. 23, 379 : 878. 



P. 80. Au mot anémocorde, ajouter la note suivante : K. Allgemein 
musikalische Zeitung, 1800, n» 18. 

P. 112. A la description du n** 41, ajouter : A la moitié de la haat^ur 
du tambour se trouve attachée une ilcelle à Textr- 
mité de laquelle on a fixé un petit coquillage, li 
ilcelle est de longueur telle qu'en secouant Tapparfil 
le coquillage frappe alternativement les deux meii- 
branes. 

P. 200. Modifier comme suit la description du n* 162 : Le maDeli« 
porte des traces de frettes, mais celles-ci ont diflpani. 
Six cordes d'acier. Accord ; 



"^ F= ? 



— XI — 

p. 311. Ajouter & la suite de la note : Dans TinTentaire dressé 
en 1773 des instruments composant la ciiapelle de la 
cour prir.jiôre de Gôthen (Anhalt) dirigée par Bach 
jusqu'en 1723, figure sous le n*» 36 : eine Trompeté 
Mariae. 

P. 321. Supprimer le dernier accord de la viole d'amour, fai- 
sant double emploi avec le premier. 

P. 348. Intercaler, dans la famille du luth, le luth ténor, dont 
l'accord était réglé de la façon suivante, d'après 
Praetorius : 



W='=T=^ 



P. 358, Ajouter à la note du n* 260 : Accord du eavaeo ou tnachete t 



^ 



■^ 



Les quatre cordes sont de boyaux. 

La viole france%a s'accorde de la même façon que notre guitare. Le 
bandolin s'accorde comme le cavaco, mais les cordes sont doubles : 
les deux premières et les deux secondes en acior; les deux troi« 
sièmes en acier filé, c'est-à-dire recouvert d'un fil de métal ; les 
deux quatrièmes en boyau filé. La handuria ou bandurra^ d'origine 
' spagnole, s'accorde comme la guitare ordinaire française, mais 
les cordes sont doubles : les trois premières en boyau, les trois 
dernières «n soio filée. La guitarra de Flandres, dont le nom rappelle 
l'origine flamande, se désigne aussi parfois sons celui de guitarra 
P'^rtugueta ou simplement guitarra. Elle est montée de six cordes 
oubles : les premières et les secondes d'acier, les troisièmes de 
Uiton, les quatrièmes et cinquièmes, réglées en octave, ont la corde 
&igii§ en acier» l'autre en acier filé, les sixièmes é|galement en 
octave, avec la corde aiguè en laiton, la corde grave en laiton filé. 



— xn — 



^ 



Trois accords sont usités, et l'efiét réel se produit à la note grav» 
de la note écrite : 



Accord 
ordinaire : 

Accord dit 
à la quarte : 

Accord dit 
à la quinte : 



-I- 



(r-iTi. nT * -- 






.4— X--J .^. ,- 



i=^^^ 



4«— *- 

1— t- 



*^ ■•-B * * * 



1 -—0 — :# — »«=V — ^li— *— •- 



La ressemblance de l'accord de la guitarra portugaise aTee eelu 
de la guitare anglaise (n® 2ôl) est à remarquer. On trouve encore ea 
Portugal la t;to/a d'arame, ou vio/a cfiuleirat viola braguesa, parce qu'ellr 
se joue beaucoup à Braga, ville principale d« la province dn Minii^ 
C'est une guitare plus petite que la guitare française ordinaire* 
et montée de cordes d'acier. Miqhbl* Anoblo LAiceBaTiia» CA«.v 
icns et Itutruments, Lisbonne. 

P. 867. Dans Taccord de la cithare & ââ cordes, lire à l'oetir^ 
grave Tintonation des cordes d'accompagnement et i* 
basse et compléter la note comme suit : Oa rencontre 
quelquefois des oitiiares possédant sur le nutnehe an« 

5* corde, accordée (^j J . Il en est d'autres dont 

les cordes sont au nombre de 37, notées en clef de '<. 
à l'edet réel (v. Paes, Populdre ZithenchtUe, Al ton a 
IL Hinz, p. 5) . 
P. 869. Transposer la note (1) à la page 80, eu sapprimanl les mots - 
cités dam notre Etsai, etc. 



XIII 

p. 42S. Ajouter à la note du n* 396 : L'accord du guenhri à d«nx cordes 



est généralement réglé à la quarte 



mais comme il n'existe pas de diapason fixe, Tinstm- 
mentiste se guide sur sa yoix. M. Jules Rouanet, 
ancien directeur de l'Ecole de Musique, à Alger, 
noua écrit qu*il a rencontré des guenbris dont l'accord 



était monté de toute une quarte. 



:fe= 



V. 424. Ajouter à la note du n*» 899 : Le guenbri & trois cordes n'a 
pas d'accord bien déterminé. 11 Tarie suivant le 
caractère du morceau & exécuter. M. Jules Rouanet a 
pu constater, outre les variations de diapasons, 
trois accords différents : 

-tF-^— ^. — i»— — 



m 



T 



w. 



:fep= 



P. 430. Supprimer le n** 414, faisant double emploi avec le n» 918. 

V. 432. Ajouter, à la suite de la note du n* 416 : Lors d'un voyage 
en Tunisie, en janvier 1896» nous avons eu l'occasion 
de visiter le Masée de Garthage. LeR. PI Delattre à 
qui est due, pour la plus grande partie, la formation 
de ce Musée de très grande valeur historique, nous 
a fait remarquer une stèle punique, en marbre, sur 
laquelle sont représentées deux tibiae. L^anche double, 
adaptée & chacun de ces instruments^ est très recon- 
naissable et très minutieusement représentée. Ce 
monument, vierge de toute restauration, date de deux 
siècles avant l'ère chrétienne. Voilà donc établie 
déûnitivement et indiscutablement la forme de 
l'anche de Taulos grec et de son dérivé, la tibia 
romaine. 




— XIV — 
p. 447. Rectifier comme suit l'accord du bourdon : 



m 



:.=£ 



^ 



P. 479. Les 12« et 11* cordes du n* 544 donnent : 

IjlH^Zi: , au lieu de ^ T ~""T 



jâ é . 



p. 515, col. 2. Intercaler : Clavierharfe, 484. Clavier %iiher, 484. 

P. 517, col. 9. 1. 88. Supprimer 334. 

P. 518» col. 3. Intercaler : [Indous] (notation «t systôme mns.'U 

des) 91, 127. 
P. 524, col. 1, 1. 80. Supprimer 441. 
P. 534, col. 2. Intercaler z Trompette de Marie. Trompeté UeriAt 

311. 

P. 525, col. 1, 1. 27. Supprimer 181. 

P. 525, col. 1,1. 10. Viola brague$a 358. 

« ^^ 1 . , , . 4 y^^^ càuleira 358. 

P. 525, col. 1, 1.14 ... , ., ^_. 

* Vwla d'arame 858. 

P. 529, col. 1, 1. 11. Hampel. Ajouter ; 280. 

P. 529, col. 2. Intercaler : Luca délia Robbia, 276. 

P. 631, col. 1. Intercaler : Pugh, 367. 

Remarquer que, suivant l'usage, l'accord des instruments n»* 35" 

250, 261, 262, 538, a été noté & l'octave signe àt 

l'effet réel. 



— XV — 

VOLUME n (3« édition). 

LiBB : 
Au lieu de : 
P. 24, 1. 10, scal meyers : acalmeyers. 
P. 46, 1. 9R, das toofiUemperirtes Elavier : das wohltemperirte 

Klarier. 
P. 120, accord de la partie gauche des cordes reposant sur le 

chevalet de gauche, si'.si^. 
P. ai8, 1. 18, hichiriki hichi-rikU 
P. 251, 1. 15, bOfSe de musette : basse de musette. 
P. 300, 1. 3, Gmn : Qûiin. 
P. 378, gravure. Corne de chasse : Cornet de chasse. 



VOLUME IIL 
Lirb: 



An lieu de : 
P. 18, L 4, Belgique, 1338 : Pays-Bas, 1888. 
P. 18,1. 8, /d., 1389 : Belgique, 1389. 
P. 81, l. 21, Belgique, 1372 : Pays-Bas, 1872. 
P. 32, 1. 7, W., 1375 : Belgique, 1875. 
P. 32. 1. 28, /d., 137« : Pays-Bas, 1376. 
P. il, 1. 25, Id., 1402 : Allemagne, 1402. 
^. 47, 1. 1, Zanetio : Zenatto. 
P. 47, 1. 24, /d., 1427 ; France, 1427. 
P. 47, l. 35, Fresing : Freising. 
P. 49, 1. 18, /d., 1428 : Italie, 1428. 
P. 54, 1. 11, Rechardini : Keohaldini. 

JU t_. 

p. 60, accord : ^^■^^ = -^— ]-fc 




— XVI — 

p. 61» 1. 1, long. max. : larg. max. 

P. 61, 1. 10, ArceMoÏA : Arei-riola. 

P. 62, 1. 14, accord frmnçaiM : aeeord italien . 

P. 71, 1. 26, n» 5Î : n» 521. 

P. 77,1. 5, W.. 1487 : Italie, 1487. 

P. 188, 1. 7, Belgique, 1556 : Paya-Bas, 1556. 



P. 188, deuxiôme accord, cordes 1, 



P. 150, 1 9, larg. de la chanterelle : long, de la chanterelle. 

P. 156, 1. 19, Id., 1587 : Allemagne, 1587. 

P. 157, 1. 15, li., 1588 : Italie, 1588 . 

P. 160, 1. 14, tavolo : tavola. 

P. 180, 1. 6, Belgique, 1613 : Pays-Bas, 1618. 

P. 193, 1. 7, 198, 1. 3 et 6 et dOl, 1. 23 et 27, Prederici : Frlderiei. 

P. 198, 1. 9, Ghrittofori : Gristofori. 

P. 205, 1. 2, Minorisles : MilnoritUs (sic). 

P. 215, l. 28, Dictionnary : Dictionary. 

P. 217, 1. «9, W., 1652 : Angleterre, 1652. 

P. 218, 1, 16. 1659 : 1654. 

P. 218. 1.28. Id., 1655 : France, 1655. 

P.222. 1. 4, R, 1664 et 1665 : France, 1664, 1665. 

P.244, 1.31, 1701: Id. 1701. 

P.258, 1. 13, M.. 1735 : Congo, 1735 . 

P. 978, 1. 20, Skotiow A : Section a. 

P. 282, L 2. Taiko : Talco. 

P. 288, 1. 5, λf7 : 0'»27. 

P. 291, section C : section c. 

P. 297, section D : section d. 

P. 303, 1. 25, Kliu : Klui. 

P. 307, 1. 10 et 16. 308, 1. 12, Souling : Soelin., . 

P. 811, section B : section b. 

P. 813, 1.17, Id., 1832: Annam, 1832. 

P. 314, section G : section c. 

P. 359, I. 8, 1830 : 1930. 

P. 372, 1.^12, Belgique, 1949 : France, 1949. 



— XVII — 

373. l. 23, Belgique, 1950 : Belgique, 1950. 

377, 1. 7, c'est elle aussi qui porte le timbre (chaiso)^ simple ficelle 
reposant sur ta membrane : c^est elle aussi qui porte le 
timbre, limple ficelle, de Teipèce dite chasso, reposant 
sur la membrane. 

377, 1. 17, Le tambourinaire jouant du galoubet est appelé escoular : 
L'apprenti tambourinaire est appelé escoulan. 

381. 1. 8, W., 19Ga : Angleterre, 1960. 

403, l. 18, le système consistant d jouer la flûte traversière par une 
tête de flûte courbée^ l'ouverture de Cembouchure étant 
également placée dans le sens de l'axe de ^instrument : 
le système consistant à joaer la flûte traversière 
perpendiculairement, comme la flûte à bec, à Talde 
d*une tôte de flûte courbée ayant l'embouchure égale- 
ment placée dans le sens de l'axe de l'instrument. 

420» 1. 4, Belgique, 2017 : Pays-Bas, 2'^n, 

491, 1. 24, apposé : opposé. 

309, col. 2, Souling S07 : Soeling 807, 308. 

510, col. 1, Souling barang : Soeling barang. 

510, col. 1, Taiko : Xaïeo. 

515, col. 2, Frederioi : Friderici. 

r^OT, col.l, intercaler : [Javanais] (Système musical des), 253. 

517, coL 2, U 21 : Poncelet, Em. : Poncalet, Gast. 



iMt. Mt.-Bafop. 



Congo, 2061. Tambour-xylophone de la région du 
Kasai. II est taillé en entier dans un bloc de bois ^'«^- 

qui a été ensuite évidé par la base en suivant à peu 
près la ligne extérieure des parois, — travail qui a dû 
prendre de longs mois. Notre exemplaire a été répa- 
ré à l'aide d*agrafes de fer, les fentes ayant été 
préalablement bouchées au moyen de résine. Deux 
mailloches, consistant en baguettes terminées par 
des boules de caoutchouc, accompagnent l'instru- 
ment. Deux oreilles découpées à même les parois, 
Tune au haut, l'autre sur le côté, servent à le sus- 
pendre. Haut. o°*6i ; larg. à la partie supérieure 
o"44, à la partie inférieure o"*8o; épaisseur à la 

partie supérieure 0*25, à la partie inférieure 0*05. 

( Les tamchtams plats accompagnent la danse. Ils sont 
employés pour soutenir les exercices chorégraphiques, pour 
battre la eadenee des chants de rameurs & bord des pirogues et 
aussi pour transmettre à distance les nouvelles et les signaux. 
Les indigènes disposent à cet effet de signes conventionnels, 
assez nombreux pour permettre de correspondre avec facilité 
sur tous sujets. Ce langage frappé ne semble pas connu de tous, 
et l'usage du tam-tam comme moyen de communication à 
longne distance serait réservé & des spécialistes ou à des 
chefs, t [Note» analytiques tur les coUeciions ethnographiques du 
Musée du Congo, publiées par la direction du Musée, Bruxelles, 
Spinaux et Cie, 1903, T. I. fasc. 1 ) 

Nous pensons qu'à défaut des dénominations indigènes de 
ces appareils, le nom générique de xylophone-tambour leur 
convient mieux que celui de tam-tam, par lequel on désigne 
plus particulièrement les plateaux de bronze. Dans diverses 
:>arties du Congo, ainsi que du Soudan français, « Aller à lam- 
'am 9 signifie égalempnt aller à la fôt^ à la danpe. 

Ip.2062. Tambour 'Xylophone, Il est en bois comniç 



— 4 — 

|"Xnrt. «n-Karoy. {q précédent et a la forme d*un demi-disque d un 
I diamètre de o*23 environ et de o"o8o environ d*épais- 

I seur, celle-ci diminuant vers les bords. Une poi- 

gnée, faisant corps avec l'appareil, se détache de la 
circonférence sur une longueur de o* 1 20 . L'intérieur 
est entièrement creusé. 

Id. 2063. Tambour-xylophone. Pièce de bois cy- 
lindrique» creuse, de o"*20 de hauteur et de o"*o90 
environ de diamètre, avec une ouverture rectangu- 
laire de 0*040. Cette pièce principale a pour prolon- 
gement une autre pièce de bois cylindrique de o"o8o 
de hauteur et 0"035 de diamètre, terminée par une 
sculpture intéressante, représentant une figure 
humaine. La percussion des parois latérales produit 

approximativement le ^^^^^^ . D'après les rensei- 
gnements qui nous ont été donnés, ce xylophone 
est en même temps un fétiche. 

06 genre d'instromenta se désigne quelquefois ausii sous 
le nom de tam-tam (voir la note du n« précèdent). 

. Id. 2064. Tambour-xylophone, Don de M. L. Ca* 
vens. Pièce de bois taillée, si nous en jugeons par 
la tète qui orne une de ses extrémités, avec l'inten- 
tion de représenter quelqu'animal, — une tortue 
sans doute, quoique l'objet soit beaucoup plus long 
que large. La pièce de bois est creusée intérieure- 
ment d'une ouverture de 0*03 environ de large oc- 
cupant toute la longueur de Tarête dorsale. Par 



1 



— 5 — 

suite, les deux côtés de la caisse sonore peuvent im*» est-fi»*» 
être ébranlés séparément par percussion et pro- ^'^' 

duire deux sons dififérents, d*une certaine intensité. 
Long. tôt. 0*52; haut o«i6; larg o"i 1. 

Id. 2065. Sorte de hochet de féticheur, originaire 
du Kasai. Il consiste en un assemblage de frag- 
ments de fruits, de perles, et d'une sonnette faite 
d'une tôle de fer repliée, munie d*un battant du 
même métal » le tout attaché à un manche en étoffe 
fibreuse orné de perles et terminé par une corne 
d'antilope. Long. tôt. o'"35. 

A part ceux qui servent d'insignes (de chefs, de fètlcheure, 
etc.), on 86 sert généralement des hochets pour accompagner le 
chant ou la danse. 

Id. 2066. Double hochet, en forme d'haltère. Il 
provient du district de l'Equateur, où les femmes 
s'en servent dans les danses. Les deux pommes, en 
travail de vannerie et contenant des graines dessé- 
chées, mesurent environ o°o8o de diamètre; la tige 
qui les relie mesure également o"o8o environ. 

Id. 2067, Hochet. C'est une gourde piriforme 
allongée qui a été vidée et dans laquelle on a enfer- 
mé quelques graines. L'ouverture pratiquée dans 
ce but à la partie inférieure a été refermée à Taide 
d'un bouchon de bois dépassant de o"o8o le con- 
tour de la courge et sculpté en forme de figure 
humaine. Long, de la courge o"*20o; diam. max. 

0"I00. 

Id. 2068. Hochet de féticheur. Le récipient, pi- 



tut. ttu-Sore»- rîforme et en travail de vannerie, est adapté à un 

CK I 

long manche et contient des graines. La partie sa- 
périeure, la plus large, est ornée de lanières flot- 
tantes que Ton nous dit être en peau de singe. Haut, 
du récipient, o-iy ; diam max. 0*08 ; long, tôt., 
manche compris, i*45. 

Id. 2069. Hochet de chef. Il provient du Kasai 
et affecte une forme assez intéressante. Le récipient, 
piriforme et en travail de vannerie, est adapté à 
Textrémité d'un manche recourbé en un demi-cercle 
de o'°o5o de rayon environ, courbure maintenue à 
Taide de trois fines bandelettes de rotin disposées 
parallèlement, à o^^oio de distance lune de Tautre 
et reliées entre elles par d'autres bandelettes entre- 
croisées en losange. L'extrémité du manche est 
divisée en fines bandes formant une armature con- 
cave dans laquelle repose une courge sphérique,qui, 
malheureusement, manque à notre spécimen. Cette 
armature est garnie d*une sorte d'étoffe fibreuse qui 
orne également le dessous du récipient principal du 
hochet. Long, du récipient» o^oSo ; diam. max. 
o*°045 environ ; long, de l'extrémité du récipient à 
l'extérieur du manche recourbé 0*450. 

Id. 2070. Hochet. Le récipient, piriforme et en 
travail de vannerie comme les précédents, renferme 
des coques de fruits desséchés ; ses nervures sont 
découpées dans le manche lui-même qui est, paratt-il, 
en bois de calamus. L'objet provient de la tribu 
des Batetela (nord du district du Lualaba-^Kasai). 



j 



Long. tôt. o»545; haut, du récipient o» 170; inat •«♦.-ftnrop. 

J- m Cl. I. 

diam. o^iso. 

{Notes analyi, sur Us colUct. eihnogr. du Musée du 
Congo). 

Id. 2071. Hochet. Il provient de Isanghila, sur 
la rive droite du Congo» district de Matadi. C*est 
une calebasse piriforme, à col allongé. L'instrument 
se distingue de ses congénères par cette particula- 
rité que le bruit est obtenu par le choc d'un percu- 
teur, une baguette de bois dont l'extrémité est 
entourée de bandelettes de jonc. Long, totale de la 
calebasse o"*i3 ; diam. max. de la coque o">050. 

Id. 2072. Hochet. C'est une calebasse dont la 
:oque, criblée de petits trous, renferme des 
graines de Canna indica (Notes anal, sur les collect. 
ithnogr. du Congo). Haut. o»i65 environ; larg. 
)-075. 

Id. 2073. Grelot en bois évidé, de forme sphéri- 
|ue, provenant du Sankuru (affluent du Kasai). 
Jne bille en fer y a été introduite par une ouver- 
ure pratiquée à la partie supérieure et refermée à la 
ésine. Une tresse de fibres sert de corde de suspen- 
fon. Diam. de la sphère o*»!! environ. 

lo. 2074. Grelot. Il nous paraît formé d'un 
-ag^ment de cosse de fève, ou d'une autre plante de 
i famille des légumineuses, dans laquelle on a en- 
îrmé des corps étrangers. Long, o""! 50, larg. o"ioo. 
Id. 207B.Grelot. Semblable au précédent, mais de 
lus grandes dimensions. Long. o»i6o, larg. o'"i40« 



tut. ozt-tmrof . 
CI. 1. 



— 8 - 

Id. 2076. Grelot double ou sonnette géminée. Cet 
instrument, servant au féticheur dans certaines 
danses, provient du Kasai. II est entièrement 
taillé dans une seule pièce de bois et dans chacune 
des coques qui le composent sont suspendus trois 
battants de bois attachés à une cordelette en demi- 
cercle dont les extrémités traversent le haut de la 
coque par deux trous diamétralement opposés et où 
elle se fixe par des noeuds. Long. tôt. o°>20o; larg. 
max. o"o65. 

Id.2077. Grelot en bois. Don de M. L. Cavens. Les 
deux battants, en bois également, dépassent le gre- 
lot de 4 à 5 centimètres. Une poignée en paille tres- 
sée laisse à Tappareil toute liberté de vibration. 
Larg., o"i4 environ, épaiss. o™i2, haut. 0*^10. 

Id. 2078. Deux bracelets formés chacun de 
quatre coques de fruits enfilées sur des cordes. Les 
coques sont percées de petits trous et renferment 
des graines. Ces bracelets proviennent du Kasai et 
servent à la danse. Long, de chaqpe branche o*i3- 

Id 2079. Bracelet de danse des Budja (dans la 
Mangala, district des Bangala). Il se compose de 
quatre coques de fruits évidées et renfermant des 
graines. Les fruits sont enfilés sur une mince 
bandelette d'écorce de rotin. 

Id. 2080. Collier de féticheur, provenant des 
Mangbetu, peuplade guerrière du district de TUeié. 
Simple chaîne en fer formée de quatorze chaînons 
de o">o75 environ de longueur et passés les ans dans 



CI. I. 



^ 9 — 

les autres. A cette chaîne spnt suspendus : i* une inii. «Jci-Ear«p. 
sonnette plate en fer faite d'une feuille de fer repliée 
sur elle-même avec un battant du même métal 
(long. 0B080, larg. max. o"05o) et 2* deux petits 
récipients en fer de o"040 de longueur environ sur 
autant de largeur et traversés à leur partie supérieure 
par l'un des chaînons de la chaîne. L'ouverture oppo- 
sée est fermée au moyen d'un fragment de verreétamé. 

Id. 2081. Ceinture de chef provenant, nous assu- 
re-t-on, du district des Bangala. C'est une bande 
de laine verte à laquelle sont attachées, à Taide de 
cordelettes enfilant chacune neuf ou dix perles, des 
coques de fruit destinés à s'entrechoquer. Dévelop- 
pement, o"90 ; haut. max. o»»25. 

Id. 2082. Sonnette en laiton suspendue, en com- 
pagnie d'un douille vide de cartouche de revolver, à 
l'extrémité d'un cylindre d*étoffe fixé lui-même au 
bout d'un collier formé de bandes de toile. Ce collier 
se suspend au cou des aliénés, dont la sonnette est 
destinée à révéler la présence. Sur le collier glisse, 
en manière de coulant, un anneau de fer garni de 
trois pendeloques, dont deux formées chacune de 
deux roseaux d'inégale longueur et le troisième d'un 
seul roseau. Ces trois pendeloques sont bourrées 
d'une étoffe rouge et se terminent chacune, du côté 
où elles s'attachent à l'anneau, par une protubérance 
piriforme en travail de vannerie, qu'elles dépassent 
de o"8o environ. L'ïtppareil en entier a, paraît-il, 
qualité d'amulette ou de fétiche. 



— I6 — 

intt. exi-jBart^ Id. 2083, Sonnette en bois. La forme de la coque 
^' ^ est celle d un cône tronqué surmonté d'un tenon 

aplati percé d'une ouverture longitudinale. L'appar 
rence est gracieuse et rappelle nos sonnettes en 
bronze. Trois battants en bois, suspendus comme 
au n» 2076. Long. tôt. o-ogy ; haut, de la coque 
o"053 ; larg max. à la base 0-040. 

Id. 2084. Sonnette géminée, en bois. Elle est en 
forme de sablier et chacune des deux clochettes est 
munie de deux battants en bois Long. tôt. o»ii6; 
diam. moyen à la base des clochettes 0*042. 

SiAM. 2085. Charp. Cymbales de bronze Diam. 
o"i30. 

Id. 2086. Ching. Cymbales de bronze servant au 
chef des musiciens pour marquer le rythme dans la 
^usique d'ensemble. Diam. o^ogS. 

Chine. 2087. Pan. Don du Gouvernement chi- 
nois. Pièce de bois rectangulaire, de construction 
semblable à celle du n* 649, à part ce détail que la 
rainure est ici double, de façon à isoler deux plan- 
chettes vibrantes, une sur chaque côté de la longueur. 
Deux trous forés de part en part à l'extrémité de la 
pièce de bois servent à la suspendre. Long. 0*17; 
larg. o"o62; épaiss. o*040. 

Tous les instruments renseignés comme ayant été offerts par 
le Gouvernement chinois ont figuré à TExposition de Saint- 
Louis en 1904, puis à celle de Liège en 1905. C'est & la suite de 
cette dernière, grâce à la précieuse intervention de M. Jnles 
van Aalst, qui remplissait à Liège les fonctions de délégué do 
Gouvernement impérial, que ces instruments ont été offerts ao 
Gouvernement belge. 



— il — 
Id. 2088. Lo. Don du même. Gong c mâhe » i»**» «(t^Kw«». 

CL L 

est à dire non muni de la protubérance centrale 
ii sert en quelque sorte de régulateur et produisant 
mséquemment une vibration confuse dont il est 
fficile de déterminer la hauteur. Il provient de 
langhal et est suspendu entre les montants d'un 
dre en bois sculpté. Diam. o"370. 
Id. 2089. Lo. Don du même. Semblable au pré- 
dent, sauf les dimensions. Même provenance. 
iam. o"595. 

lo. 2090. Lo. Don du même. Semblable au pré- 
dent, sauf les dimensions. Même provenance, 
am. o"298. 

Bornéo. 2091. Goeloeng-goeloeng. Bâton de plan- 
irs de riz, principalement en usage chez les 
lyaks, peuplade sauvage habitant Tintérieur de 
e. Confectionné en un bois noir très dur, une 
rtè d'ébène, il se termine à rextrémîté inférieure 
r une pointe qui, poussée en terre, produit la ca- 
é destinée à recevoir les semences de riz. Au-des- 
s de cette pointe, le bâton prend une forme 
ondie, de 0^030 environ de diamètre, sur les trois 
quièmes de la longueur totale. Plus haut, sur une 
igueur de o°'40, le bâton acquiert la forme rectan - 
laire, de o"'052 environ de côté. Cette dernière 
tie est creusée de part en part sur une largeur de 
125, de façon à former une sorte de cage carrée 
it les quatre montants supportent la dernière 
tie du bâton y la partie orné o*" consistant en une 



— là — 

imt. «c-ftifop. sorte de pyramide à quatre faces dont la régularité 
est interrompue par des saillies inégalement diatin* 
tes. C'est àrintérieur de la cage que se trouve enfermé 
le percuteur, long, de o'"i4 environ, qui faisait 
primitivement corps avec la partie rectangulaire et 
dont il a été détaché très adroitement à Taide d'in- 
cisions longitudinales. Pour maintenir le percuteur 
dans la cage et lui servir de guides, on a ménagt 
tout le long quatre arêtes qui glissent entre les mon- 
tants de la cage. Lorsqu'on imprime un choc à 
Tappareil, le percuteur se soulève, pour produire en 
retombant un bruit assez violent dont les planteurs 
se servent pour rythmer les opérations de la planta- 
tion et contrôler le travail des hommes. — Long. 
tôt. environ 2 m. 

D*aprôa Salomon MûUer (L«nd- en Volkênkundê), le gotAwa^ 
gœfoeng eat aussi en usage chez les Bedjadjoe's» qui habitent 
également l'intérieur do l'Ile de Bornéo. M. le D» Sehmelti. di- 
recteur du Musée Royal d'Kthnographiê de I«eyde, ooni 
apprend qu'un appareil tout à fait semblable s'emploie aussi 
dans la partie occidentale de Bornéo sous le nom de Tougêi. 

Id. 2092. Goeloeng'goeloeng. Même origine. Ne 
diffère du précédent que par quelques détails in- 
signifiants. 

Section b. —A intonations nettement dUerminies, 

Sotti-McUon «I. — ▲ malUeti. 

Congo. 2093. Cloche. Formée de deux coquilles 
de fer réunies par leurs bords et munie d'un manche 






de bois, elle sonne le fe , et mesure, sans le 
manche, o'43. 



— 13 — 
Id. 2094. Double cloche. Les deux vases, en fer, inn-nt-Eorop. 

/ CI. I. 

nt de forme conique-ovoïde ; disposés parallè- 
nent aux deux extrémités d'une tige de fer carrée 
iirbée en demi-cercle, leur façonnage dénote une 
bileté assez grande dans l'art de forger et de sou- 
* le fer. Ces cloches n'ont pas de battant ; ébran- 
s à Taide d'un percuteur quelconque, elles 

ïnent respectivement les ^ — < f — Larg. de 

ique cloche o*ia environ; larg. tôt. o"a4 ; 
it. o*27. 

D. 2096. Double cloche^ construction semblable 
i précédente, sauf les dimensions. Intonations : 



_^_^__ Larg. de chaque cloche, o"i4 envi- 

; larg. tôt. de Tappareil o"3o ; haut, o»49. 
Ihinb. 2096. Clochette en bronze, de forme hé- 
phérique, battant de même métal suspendu par 

S».... 

: ^^ ~~P^ Haut. o"o5o, 



fil de fer. Intonation 

a. max. o"o6o. 

>. 2097. Clochette en bronze, semblable à la 

édente. Intonation : ^(C^^ Haut. o"04o; 




1. max. o"o6o. 

.. 2098. Sonnette en bronze, de forme tronconi- 

battant en bronze suspendu par un fil de fer. 






— H — 

iDit. »xt.-BtirOp. U m - 

tu I. Intonation : ^^ | à la double octave aiguë. 



Haut. ©■030 ; diam. max. o"030. 

Id. 2099. Lo, Don du Gouvernement chinois. 
Gong muni au centre d'une protubérance hémisphé- 
rique ayant pour objet d empêcher dans une certaine 
mesure la subdivision de la plaque en un trop grand 
nombre de parties vibrant isolément et ainsi de 
fixer rintonation. Celle-ci est très exactement le 



^E 



L^instrument provient du district de 




Swatow. Diam. o^jSs- 

Id. 2100. Lo. Don du même. Gong semblable au 
précédent. Il est suspendu entre les deux montants 
d'un cadre en bois sculpté et provienjt de la ville de 

Shanghai. Intonation approximative : 

Diam. 0*275. 

Id. 2101. Gong en bronze. Don du même. Il a la 
forme d*une coupe hémisphérique et a pour support 
un cercle de bois dont le contour extérieur est orné 
d'une bande de soie rouge brodée de fleurs. A Tinté- 
rieur du cercle se trouve une sorte de filet formé de 
bandelettes de roseau sur lequel repose la coupe. 
En somme, l'appareil ressemble au dobachi japonais 



n® 2104. L'intonation est le ^ — •— , mais Thar- 
monique 3» le mi, est très prépondérant. P^ov^ 



CI. I. 



— 15 — 

mce : Shanghai. Diam. de la coupe o'^as ; profon- imt.«xt.-Birop 

îur o"ii5. 

Id. 2102. Tsé-King. Don du môme. Pierre 

more. Suspendue entre les montants d'un cadre de 

as sculpté, elle a la forme d'un disque, avec 

ssins découpés à jour. A la percussion, elle rend 




m 



y mais il est à remarquer que les décou- 



res dont elle est ornée ont considéralement di- 
nué ses qualités sonores. Provenance : Shanghai, 
am. o»405 ; épaisseur o»o2o. 
[d. 2103. Tsé'King. Don du même. Pierre sono- 
Façonnée en forme d'équerre, avec des ornements 
vés. Elle est suspendue comme la précédente, 
me provenance. Son intonation, beaucoup plus 
te que celle de Tinstrument précédent, se déter- 

le facilement au -J L ^^^ Larg. de chaque 



i 



iche 0^085 ; long, jusqu'au sommet de langle 
00 ; larg. tôt. ©"'aç. 

iPON. 2104. Dobachi (jap. = coupe de cuivre]. 
it un large bassin de métal, de forme hémisphéri* 
allongée, reposant par le fond sur un coussin 
aille, placé lui-même sur un support circulaire 
ois laqué rouge et or. 

est accompagné d'un percuteur, également en 
laqué rouge, de forme cylindrique et garni de 
. La sonorité que Ton obtient en frappant U 



ci: I. 



- i6 - 

iBit Mt.Kttïw bassin sur le bord est très belle. Il 8*cn dégage 

principalement les sons i et 3 : ^ * ' . 

-=^ 

C'est le gong des temples ; quelques sectes lai 
donnent le nom de Kei. Immédiatement sous le 
rebord extérieur court une inscription en langue 
japonaise. Haut, du bassin o"345 ; diam. o"425. 
(F. T. PiQQOTT, The Music and musical instruments 
of J^P^^y Londres, 1893.) 

Id. 2105. Carillon (fragment de) composé de on^e 
timbres en cuivre, de forme hémisphérique, parais- 
sant avoir été façonnés au marteau, et suspendus les 
uns au-dessus des autres, avec l'ouverture en-des- 
sous. Ils sont recouverts à Textérieur d'une sorte 
de vernis brun formant un fond de belle apparence 
sur lequel se détachent, mettant le cuivre à nu» des 
gravures en creux représentant des fleurs, des 
rameaux et des feuillages, le tout bordé par une 
grecque. Les intonations de ces timbres sont très 
pures et se succèdent comme suit, en commençant 
par le timbre le plus grand : 



i 



4==i.= 



E^* 



.fe^^^y-^^ 



Diam. du timbre n» i , o" c 5 1 , haut. 0*07 5 ; diam. 
du timbre n» 1 1, o"o83; haut o»034. 

SiAM. 2106. Mowng Gong « femelle » (c*est à dire 



— 17 — 

ortant une cavité au point central : voir la note du '■•» «t.-Earop. 

Cl. I. 

'643)faisant partie de l'orchestre de plein air dit 
himbhat [voir IdL note du n» 304). C'est un disque 
bronze à bords relevés décoré d'ornements peints 
sur fond noir. On le suspend généralement aux 
incbes d'un trépied. Il est accompagné d'une 
iJJocheet rend un son très pur se rapprochant du 

Eq£ Diam. o"»35. 

). 2107. Mowng Semblable au précédent, sauf 

est muni d'une poignée de bois attachée au 

du disque par un cordage, ce qui permet de 

oser qu'on le tient à la main. Intonation : 

^ Diam. o"»29. 

LAisiE. 2108. Tambol (corruption de lespa- 
ambor ^tambour), instrument des Iles Philip- 
acheté à l'Exposition pan-américaine de 
), en 1901, par M"* John-Crosby Brown, de 
iTork, et cédé par elle au Musée. Cet appareil, 
trouve, paraît-il, entre les mains des enfants 
a pi us d'un trait de ressemblance avec le marou- 
(aigfache (n* 319). Comme celui-ci , il est 
'un g^ros tuyau de bambou dont on a déta- 
r presque toute la longueur du tuyau, deux 
bandes d'écorce servant de cordes et ten» 
'aide de deux coins de bois introduits, en 
chevalets, entre les cordes et le contour 
lu tuyau, légèrement aplati^ dans le sens 




— i8 — 

inst. ext.-Europ. longitudînal, par l'enlèvement d'une partie de 
l'écorce. Au milieu du tuyau, qui est fermé aax 
deux extrémités par des noeuds de croissance, on 
a ménagé une ouverture de 0^038 environ de côté. 
Sur les cordes, et immédiatement au-dessus de 
cette ouverture, on a fixé une petite planchette 
de bois de 0^004 d'épaisseur, dont les dimen- 
sions dépassent légèrement celles du trou. Lors- 
qu'on frappe la petite planchette à l'aide des deux 
baguettes qui accompagnent l'instrument, non- 
seulement la planchette vibre, mais elle commu- 
nique son mouvement vibratoire à la colonne d'air 
du tuyau agissant en quelque sorte comme une 

membrane. Le son obtenu est voisin du ^ jt g — 

Long, du tuyau o"705 ; diam. moyen o^ogo. 

Ce mdme instrument est .employé aussi par les Liocanost 
tribu civilisée du nord de Luzon. 

Branche B. — Instruments autophones pinces 

Sbction a. — Avec ou sans piecire. 

Congo. 2109. Zanza. Instrument assez sembla- 
ble au n* 108. Celui qui nous occupe portait pri- 
mitivement huit lamelles, mais il n*en a plus que 
sept. Il est attaché sur Touverture d'une courge 
sectionnée, dont la capacité d*air, vibrant par in- 
fluence, renforce considérablement le son des la- 
melles. Diam. moyen de la courge, 0*12 ; haut, 
tôt. o" Il ; long. max. o"i8. 

Gomma nous rayons dit précédemment (r.le n*1763), le lom 



— 19 — 

t varie avec les districts dont il est originaire, imt ex».-Europ. 
tés, il eonrient d'ajouter celui de satui, parti- ^*' ^• 

oires anglais situés au Sad'K)uest de l'Etat du 
'emarquables études d'ethnographie musicale, 
publiées par la direction du Musée du Congo, 
rte le nom de marimba ; il serait, diaprés cet 
sage très étendu sur tout le territoire de 
I Kwango, Il servirait môme à convier le peu- 
des taxes prélevées par les chefs. Faire servir 
de musique au payement des contributions, 
ie perception assez Inattendu, qui pourrait 
er en Europe. 

110. Guimbarde. Elle provient des Ba- 
t indigène de Ftle. Elle est en roseau 
}our les détails de sa construction, aux 
59. Elle est renfermée dans un petit 
n tuyau de bambou. Long. tôt. o" 10 ; 
013. 

t est très répandu dans tout l'archipel des 
on nom malais est geng^gong. On le trouve en- 
icoupé en roseau et presque sous la môme for- 
ù. on l'appelle K*api. Il y est très répandu 
)s, qui en emploient trois simultanément ; 
ci donne un ton différent : la note la plus 
p'o Ka (son mâle), la plus aiguë mo Ki (son 
lédiaire ding Kd (son milieu). — Réport ofthe 
uhôum for the year ending June 30, 1896. — 
alcu ni strumenti musicali portait doit* Isola di 
^lio Madigliani; H. Balfour, Musical ïnttru^ 
lay peninsmla. 



— ao — 

Inst. •xt.-Barop. 

*^» ï- Branche C. — Instruments autophones frottés. 

Sbction a. — Frottés par h doigt ou V archet. 

Nouvelle- Irlande. 2111. Kulepa-Ganeg. Fac- 
similé d*uri instrument appartenant au Musée ethno- 
graphique de Leyde et qui nous a été gracieusement 
procuré par son directeur, M, le D' J. D. E. Schmeltz. 
C'est une pièce de bois massive, mesurant environ 
o"35 de longueur, 0*22 de hauteur et o™i5 d'épais- 
seur, grossièrement taillée à l'effet de représenter 
un quadrupède plus ou moins fantaisiste. Trois 
incisions faites dans le sens de la hauteur découpent 
la tête (complétée par deux yeux en ivoire), ies pieds 
et la queue. Lorsque Ton retourne le bloc sens 
dessus-dessous, on trouve, formées par les trois 
incisions susdites, trois plaques isolées, quasi-rec- 
tangulaires, qui produisent par le frottement des 
doigts légèrement enduits de colophane les intona- 
tions approximatives 



=t: 



lies exemples de ce mode de iiroduction du son sont exlrê- 
moment rares ; à part rinstrument du Musée de Keyde, nous 
ne connaîs.^ons que celui qui app:irtienl- au Musée ethno- 
graphi(iue de Hambourg. Fcnsch, Hth'iologistche Erfa^rung€nun'i 
UeUgutûcke, Vienne 1801 ; j. d. e. Schmeltz, Ethnographi^che 
}iMe(i in Midden-Europa, l.eydc 1890, p. 89. 



— ai'-* 

Classe II. — Instruments à membranes. 
Branche A. — Mbmbranbs percutées. 

Sbction a, — Instruments bruyants. 

Sous-section aa. — M«inbr«nes tendues sur ua cadre. 

Chine. 2112. Kou. Don du Gouvernement chinois, i^-^-^^^-'^^'^p 
Cercle de boistaillé en calotte hémisphérique, autour 
de la circonférence duquel est clouée une membra- 
ne. L'épaisseur du cadre est telle que le diamètre 
de la surface vibrante de la membrane n'est que de 
o'"04o, sur un diamètre total de o""20. Provenance : 
Shanghai. 

Id. 2113. Kou, Don du même. Semblable au pré- 
cédent, même provenance. Le diamètre de la surface 
vibrante n'est que de o"»035. 

SiAM. 2114. RufHcina. Cercle en bois dur, façonné 
autour, dé o"o25 environ d'épaisseur moyenne 
apparente, de o™o75 de hauteur, de o"275 ^® ^*^" 
mètre à la partie supérieure et de o°'2i8 seulement 
à la partie inférieure. C*est sur la circonférence de 
la partie supérieure, la plus large par conséquent, 
que l'on a fixé la membrane, à l'aide de 76 petits 
clous de cuivre, ayant chacun sous la tête une petite 
rondelle hémisphérique d'ivoire de ©"ooS environ, 
— celle-ci ayant pour but non seulement d'orner Tin- 
strument, mais aussi, et surtout, d'empêcher l'action 
destructrice des clous s'appuyant directement sur la 



— îfcîfc — 

intt. ext-Eorop. membrane* La partie inférieure du cercle est divisée 

Cl. II. "^ 

en huit segments égaux, dont quatre, à distances 
égales et alternatives, ont été enlevés du bois pour 
être remplacés par de l'ivoire. A Tintérieur du cercle, 
entre le bord circulaire du cadre et tout autour de 
la membrane, on a introduit une corde, de o"ooS 
environ de grosseur, servant à régulariser la tension 
de la membrane lorsqu'elle se relâche sous l'in- 
fluence de la température. Il suffit de pousser la corde 
un peu avant sous la membrane pour que celle*ci 
reprenne une tension convenable. 

Som-sectioo bb. Membrane tendue inr un récipient. 

CoNQo. 2115. Tambour provenant du Katanga 
(Province orientale). Caisse en bois évidé fermée à la 
partie inférieure et extérieurement ornée de dessins 
gravés. L'ouverture supérieure est recouverte d'une 
membrane fixée sur la circonférence à Taide de 
pointes de fer. Près de la membrane se trouve une 
oreille destinée à la bretelle de suspension. Haut. 
^■*37»diam. max.o"3o. 

Id. 2116. Tambour provenant du Mayombe 
(districts de Banana, de Boma et de Matadi; en 
français --> « forêt ») '. C'est un long cylindre de 
bois creux dont l'ouverture seule est recouverte par 
une membrane fixée à un cadre cloué lui-même sur 
la circonférence du cylindre. L'instrument porte la 

> HuBBRT DKOoaMANs, QuûtrB conférences publiques^ BroxeUes 
Van Campenliout 



^ 23 — 
trace d'un système de tension de la membrane. La iwt. «i -Borop 
partie inférieure de l'appareil a reçu trois incisions 
longitudinales, de o^iyo de longueur, de façon à for- 
mer trois pieds sur lesquels il repose. Haut. tôt. i"5o. 
Id. 2117. Tambour provenant du district des Ca- 
taractes. La caisse, en bois léger, évidée et percée 
d'outre en outre, a la forme d'un cône tronqué, avec 
un étranglement vers la partie inférieure, servant de 
pied àTappareil. La membrane, recouvrant la partie 
la plus large du récipient, est tendue par un lacis 
de cordelettes fixé d'autre part au bord inférieur de 
l'étranglement. Haut. tôt. o»5o; diam. de la mem- 
brane 0"'230. 

Id. 2118. Tambour provenant, comme le précé- 
dent, du district des Cataractes. C'est un fragment de 
tronc d'arbre, d'une essence extrêmement légère, 
évidé d'outre en outre et de forme ovoïde tronquée 
aux deux extrémités. La plus grande de celles-ci est 
recouverte d'une membrane fixée sur lacirconférence 
du fût par des chevilles de bois ; l'autre extrémité, 
terminée par un bourrelet découpé dans l'épaisseur 
de la paroi, est ouverte. Deux oreilles, affectant 
chacune la forme de deux demi-cercles superposés, 
ont été découpées dans l'épaisseur du tronc, des deux 
cotés opposés du fût et vers la moitié de sa hauteur; 
deux de ces oreilles, les plus éloignées de la mem- 
brane, servent à fixer la corde de suspension, en 
liane. Haut. tôt. i'"35o; diam. de la membrane 
o°*25o; diam. de l'extrémité opposée 0*115. 



Cl. n. 



- U - 

"* ' " îf ^^ Chine. 2119. Kou. Don du Gouvernement chinois. 
Récipient de bois avec un décor de fleurs peint sur 
fond rouge ; l'ouverture est recouverte d'une grosse 
membrane fixée à l'aide de clous. Oiam. max. du ré- 
cipient o"i2 ; haut. o"i2 ; diam. de la surface vi- 
brante de la membrane o°'095. 

SiAM. 2120. Thône. Tambour dont la forme est 
celle de la darâboukkeh algérienne n*" 112. Il est en 
poterie ornée de paillettes de verre d'un très joli 
travail. La membrane est fixée sur l'ouverture du 
récipient par des bandelettes de roseau qui recou- 
vrent en lignes verticales toute la partie discoldale 
supérieure du récipient. Voir, pour l'emploi de ce 
tambour^ la note du n" 304. Diam. de la membrane 
o*i95 ; haut. tôt. o^^SS- 

Papouasib ou Nouvbllb-Guinée. 2121. Arpa, 
Sorte de tambour découpé dans une seule pièce de 
bois, avec une poignée à la moitié de la hauteur. 
Cette pièce de bois, creuse et quasi cylindrique, est 
recouverte à Tune de ses extrémités d'une mem- 
brane en peau de serpent, tandis que l'autre extré- 
mité représente la gueule ouverte d'un crocodile dont 
les deux mâchoires sont ornées d'une sculpture repro- 
duisant une figure humaine, avec les creux remplis 
de couleur blanche. Haut. tôt. o'"64; diam. de la 
membrane o"i45. 

Soni-seetioQ u,^À. donbl* membiuie. 

Amérique du Nord. 2122. Tambour des Indiens 
Apaches. C'est un ancien baril à poudre qui sert de 



Cl. II. 



— ^5 — 
fût. Ses ouvertures sont couvertes par deux membra- ^" ext.-Êurop. 
nés tendues par des lanières de peau allant diagona- 
lement d'une membrane à l'autre, en traversant des 
découpures pratiquées à cet effet dans le bord des 
membranes. Partant de Tune des découpures de la 
menibrane supérieure, les lanières font ainsi le tour 
du fût, se croisent vers la moitié de sa hauteur et 
aboutissent à une découpure de la membrane infé- 
rieure, où elles sont attachées. Il est à remarquer 
que, par suite de cette disposition, la découpure de 
la membrane supérieure servant de point de départ 
aux lanières est placée presque verticalement au- 
dessus de la découpure de la membrane inférieure où 
la même lanière trouve son point d'attache. Haut, 
du fût 0*295 ; diam. des membranes o"'240. 

CoNQO. 2123. Tambour provenant des rives du 
lac Léopold II. Il est en bois évidé, de forme tronc- 
conique. Les deux membranes sont en cuir d*antilope, 
ainsi que les lanières de tension. Celles-ci sont ten- 
dues en lignes droites dans la partie supérieure du 
tambour et entrecroisées dans la partie inférieure. 

L'instrument est bariolé de couleur rouge/ sauf 
dans le haut, où les parties dans Tintervalle des 
lanières sont alternativement blanches et rouges. 
Des grenailles enfermées dans l'intérieur de la caisse 
permettent de supposer que Ton se sert de ce tam- 
bour pour obtenir le bruit par agitation. Une 
poignée faite d'une simple bandelette de roseau sert 
à suspendre Tinstrument. Long. tôt. o"68o : diam. 
de la membrane supérieure 0^29. 



I — 20 — 

iMt, eii-Êurop. Id, 2124. TumbouY , Même provenance que le pré- 
cédent. La caisse, également en bois et de forme 
tronc-conique, est fermée à chacune de ses extrémités 
par une membrane tendue à l'aide de lanières dero 
tang entrecroisées. Une poignée en rotang est fixée a 
proximité de la grande membrane. A l'intérieur son: 
enfermés des fragments de pierre destinés à frapper 
la grande membrane lorsqu'on secoue Tinstrument 
Haut de la caisse o^^ôgo : diam. de la grande 
membrane o"38o; de la petite o'"045. 

Chine. 2125. Pan-Kou, {Pan = lamelle de bois, 
Kou = tambour). Don du Gouvernement chinois 
Tambour plat reposant sur un trépied de bois laqué 
rouge, et sur une branche latérale duquel est fixée 
horizontalement une lamelle de bois creusée inté- 
rieurement. En frappant la membrane supérieure, on 



obtient approximativement le ^ — ^ , en percu- 
tant la lamelle on obtient le /k— ?— . Haut, du tara- 

bour o"i lo; diam. des membranes o»270; long, de 
la lamelle de bois o"*i9 ; larg. o"*o5. 

Id. 2126. Kou. Don du même. Tambour plat 
suspendu à Taide de trois anneaux entre les branches 
d'un trépied de bois. Haut, du tambour o" 150; diam 
o™30o. 

Id. 2127. KoH, Don du même. Tambour spéciale- 
ment destiné à Torchestre théâtral. Il est suspendu 
entre les quatre branches d'un support de bois. 



1 



— 27 — 
Haut, du tambour o"56o ; diam. des membranes ^"* exVEutop. 

^ ' Ci. II. 

0-550. 

Id. 2128. Kou. Don du même. Semblable au 
précédent, sauf les dimensions. Haut. 0^400; diam. 
des membranes o°'40o. 

Id. 2129. Kou.Don du même. Tambour originaire 
de Canton. Il sert également à Torchestre théâtral 
et est orné de riches peintures. Pour le surplus, sa 
construction ne diffère pas de celle des instruments 
précédents. Il repose sur les traverses reliant les 
quatre branches d'un support en bois. Haut, du 
tambour o"50o; diam. des membranes o"»57o. 

Id. 2130. Hwa Kou, Don du même. Petit tambour 
de construction semblable à celle du n*" 1779. Celui 
qui nous occupe a le galbe du baril moins arrondi 
et ses membranes sont ornées de peintures. Long, 
tôt. o"27 ; diam. des membranes o"i i. 

Id. 2131. Tao Kou. Don du même. Petit tambour 
provenant de Shanghaï. Il est formé d*un barillet 
ajusté à un manche et ressemble au n"" 1794, mais 
les membranes ne sont pas en peau de serpent. 
Lorsqu'à Taide du manche on fait tourner le tam- 
bour de droite à gauche et vice -versa, deux ballettes 
de cuivre, suspendues au contour extérieur du ba- 
rillet par des cordes minces, frappent les membranes. 
Le barillet est peint en rouge ; sur ce fond se dé- 
tache, en or et noir, de chaque côté du manche, le 
dragon héraldique chinois, i^ong. du barillet o°>i8; 
dianu des membranes o°>i4 ; long, du manche o^'ôo. 






- 28 - 

'"■^Tn"'*''' ID. 2132. Chang-Kou. Don du même. Tambour 

semblable au n** 1780. 

Bornéo. 2133. Tambour provenant de la peuplade 
des Dayaks (v. la note du n^ 209 1). C*est un fût creusé 
dans un tronc de palmier. Les membranes enrouléts 
sur des cercles de bois couvrent les deux ouvertures 
du fût et sont tendues par des bandes étroites de 
rotin qui agissent à Taide de tirants comme les 
cordages de nos tambours. Pour faciliter l'ac- 
tion du serrage, les bandes de rotin sont pressées 
contre le fût, sous chacune des membranes, à Taide 
d'une ligature faite de ces mêmes bandes de rotin. 
Haut, du tambour 0*^53 ; diam. de la grande mem- 
brane o"275 ; de la petite o"'235. 



Cl. m. 



— 29 — 

Classe III. — Instruments à vent. 
Branche A — iNSTRUMbNXs a anche. 

Sbction b. — Anche simple, libres sans tuyaux. 

Colombie britannique. 2134. Anche à ruban. lost. exi. Enrop. 
Reproduction exacte d*un instrument figurant au 
Musée de la Smithsonian Institution, de Washington, 
et en usage parmi les Indiens Bella-Bellas, habitant 
Fort-Simpson. Il se compose de six planchettes de 
o"i45 de longueur sur o°oio environ d'épaisseur et 
o°030 de largeur moyenne Réunies côte à côtedans 
le sens de leur largeur et assemblées par deux liga- 
tures de ficelles, ces planchettes ont été façonnées 
et arrondies dans leur contour extérieur de manière 
que l'ensemble offre à la vue un appareil long et plat 
de contour elliptique à chacune de ses extrémités. 
Avant la réunion des planchettes, un ruban de soie, 
de o»oi I environ de largeur, a été introduit vers le 
milieu de la longueur des planchettes, entre la pre- 
mière et la seconde ; ce même ruban repasse entre 
la 2"* et le 3"% puis entre la 3"« et la 4"*, la 4'"« et 
la 5^* et finalement entre la 5"« et la 6°* planchette. 
C'est ce ruban qui, faisant l'office d*anche, est des- 
tiné à entrer en vibration sous la pression du souffle 
dirigé sur la tranche. Dans ce but, on a creusé, 
depuis la partie étroite de Tappareil, formant l'extré- 
mité supérieure, jusqu'à la proximité du ruban, puis, 



— 30 — 

^^\Twr^ au delà de celui-ci, jusqu'à Textrémité inférieure de 
l'appareil, cinq canalisations de forme elliptique, 
avec le grand axe dirigé dans ie sens de la largeur 
des planchettes, dégageant ainsi le ruban et figu- 
rant de la sorte une réunion de cinq tuyaux pourvus 
chacun d'une anche. Lorsque Ton soufiFle fortement 
dans l'appareil en appuyant l'extrémité supérieure 
contre la bouche, il se produit cinq sons, dont l'in- 
tensité et Tacuité augmentent en raison de la force 
du souffle. 

L'anche à ruban n'est pas précisément une anche libre. Mth 
l'appareil étant tout exceptionnel et sans aucune importance aa 
point de vue musical, il ne nous a pas paru utile do erèeri 
son intention une section spéciale. Nous! 'avons donc rangé pl^ 
mi les anches simples, libres, sans tuyaux (les canalisaiionâ d? 
pouvant, au surplus, être considérées comme des tuyaux). N>ai 
nous sommes trouvés en présence d'une difflcalté semblable as 
sujet du n» 902. 

Sbction c. — Anche simple^ baitanU, avêc tuynu. 

Sont-section oo. — Ancha «impie, battante et tuyau cyUndnqoe- 

Id. 2135. Chalumeau. Don de M"** John Crosby 
Brown. Pac*simile d'un instrument appartenant à 
la collection (je la donatrice, au Musée métropolitain 
de New -York. Simple tuyau en os dont la partie 
supérieure, taillée en forme de biseau, est fermée 
par une anche battante, comme celle de la clarinette. 
Cette anche est fixée sur les bords de l'ouverture du 
tuyau par une ligature faite de plusieurs tours de 



cordes. Le son produit est le ^ i . Ce curieux 




CI. m 



— 31 — 

spécimen de chalumeau, dont la partie principale iiwt- eii.-Europ 
est presque semblable au bec de la clarinette, pro- 
vient des Makahs, de la famille des VVakashan et habi- 
tant la Colombie britannique. Long. tôt. o"io; long, 
de la languette vibrante on>027. 

Nous rangeouB cet intrument parmi ceux dont le tuyau est 
cylindrique, quoiqu'il soit légèrement conique, parce que l'élar- 
gissement ici est insuillsant pour classer Pappareil parmi les 
tuyaux coniques octaviants. Pour qu'une colonne d'air ébranlée 
au moyen d'une anche octavie, il faut que l'extrémité opposée à 
celle où se place l'anche soit d'un diamètre quadruple (v. CataL, 
t. III, p. 486). Il peut être utile aussi de faire remarquer que la 
coloune l*air du tuyau résonnant en bourdon peut être aussi de 
forme elliptique (ce qui se rencontre d'ailleurs souvent) ou 
rectangulaire. 

Maroc. 2136. Lira. Don de la Smithsonian Insti- 
intion, de Washington (Etats-Unis d'Amérique). Fac- 
similé d*un instrument connu aussi à Fez (Maroc) 
sous le nom de lera. C'est un simple roseau de o"i7 
de longueur dont on a détaché^ par une double fente à 
la partie supérieure, une languette vibrante de o"o65 
de longueur. Cette languette, par la disposition 
qu'elle a reçue, ferme le tuyau, de sorte que, pour 
faire vibrer la languette, il faut introduire le soufTle 
par Textrémité opposée. En somme, c'est un tuyau 
cylindrique muni d'une anche battante diposée d*une 
façon opposée à celle adoptée pour rarghoul et la 



summârah. L'intonation obtenue est le ^ , son 




"i 



^ 



i du son fondamental 7 k -p - que le tuyau pro 



— 32 — 
inat. ext-Earap. duifaît dans dcs condîtions normales. Cet écart 

CK III. 

provient de ce que le noeud de croissance formant 
le fond du tuyau et à proximité duquel se trouve 
l'attache de Tanche, n'obture pas complètement le 
tuyau et forme ainsi un ventre de vibration qui 
provoque la production du son 3 au lieu du son \ 
fondamental. 

Ce phénomône» trôs intéressant au point de vue de la loi de 
vibration des tuyaux, prouve que, dans le cas du tuyaa cylin- 
drique muni d'une anche simple (ou môme double), et réson- 
nant consôquemment en tuyau fermé, Vappel d*air provoqnast 
la formation du ventre de vibration nécessaire & la production 
du premier harmonique ne doit pas nécessairement se trourer 
au point de division mathématique, au premier tiers i partir 
du fond ; il suffit, au contraire, on le voit, pour provoquer I1» 
partage de la colonne d'air, qu'il y ait dans le voiiinage du poiot 
de partage une communication avec l'air ambiant, cette com- 
munication résultftt-elle môme simplement d'une obturation 
incomplète. 

Sbction d. — Anche doubU, avec tuyau. 
Sous-sectioo aa, — Anche double et tuyau qrlindrique. 

Colombie britannique. 2137. Sk-n'na, Don de 
la même institution. Pac-simile d'un instrument 
conservé dans les collections de la donatrice, où il 
porte le n° 89.060. Il provient des Indiens Skid- 
degates, habitant Haida, localité de Tarcbipel 
de la Reine Charlotte, province du gouvernement 
de la Colombie britannique. Ce nom de SA-â'»a est, 
chez les naturels, le nom générique de tous les 
instruments à vent. Un appareil semblable est en 
usage sous le même nom, parmi les Indiens Mas- 




2102 2180 



2188 



2108 



2201 




2229 



— 33 — 
setts, qui habitent la même île et on le trouve iwt. ext.-Europ, 
aussi parmi les Indiens Bella Bella, à Fort Simp- 
son, qui lui donnent le nom de k'od-k'ôinôlakiila '. 

L'instrument se compose de deux coquilles en 
bois creuses assemblées par leurs bords et fixées 
par deux ligatures faites de quelques tours de fil, 
de façon à donner à l'ensemble quelque ressemblan- 
ce avec un pommeau de canne de forme conique 
allongée, ronde sur les deux tiers de la longueur» 
I légèrement aplatie à la partie restante, la plus 
large. Les deux ligatures sont respectivement 
placées à l'extrémité la plus étroite et au point où 
commence l'aplatissement des coquilles. Celles-ci, 
sur toute la partie comprise entre les deux ligatu- 
res, sont si étroitement ajustées qu elles forment, 
par la réunion de leurs parties creuses, un véritable 
tuyau, tandis qu'au-delà on a conservé entre les 
bords une très légère séparation. Il résulte de cette 
disposition que l'extrémité large des deux coquilles 
agit comme les lamelles ou languettes d'une anche 
double. Il suffit, en effet, de souffler dans le tuyau 
pour que les deux lamelles, en vertu de leur élasti- 
citéy entrent en mouvement et mettent en vibration 

l'air insufflé. Le son produit est le l^ F^^—-- ; mais 



''!=' 



' Renseignements dûs â l'obligeance de M. E. H. Hawley, 
conservateur du susdit inusôe, au bienveillant intermédiaire 
de qui nous devons l'instrument lui-môme. 



— 34 — 
iNt. ext..Enrop. qd pcut aisémcnt augmenter la vitesse de vibration 
des deux lamelles en les raccourcissant, ce qui 
s'obtient en les pressant légèrement entre le pouce 
et rindex, tout contre la ligature qui détermine la 
limite du tuyau. Le son peut ainsi monter de toute 
une tierce mineure. Long. tôt. o»2o ; diam. min. 
©■■oio ; larg. max. o'no30. 

Notre appareil n'appartient pas très exactement & lacati- 
gorie d'instruments que nous avons classés parmi les instru- 
ments & anche, section d (anciie double avec tuyau). Géûêia 
lement, les tuyaux résonnent par rintermédiaire de l'aDcbc 
tandis qu'ici au contraire ce sont les deux langnettes qui 
vibrent sous l'action du courant d'air insufflé dans le tuyao: 
nous étions loin, naguère, de soupçonner l'existence d'oa 
appareil semblable. 

D*aprè8 M. Hawley, un instrument de construction analo- 
gue, mais beaucoup plus long, en roseau, et également en deai 
sections attachées par des liens à leurs deux extrémités, ler- 
virait aux mômes Indiens dans leurs danses. Ce roseau, pt9&-^. 
entre le pouce et l'index, donnerait plusieurs sons, suivautli 
place où la pression s'opère Le musée de Washicgton poss :e 
aussi un instrument du inôme genre (n» '.)5 7ô2) provenant le 
Fez (lilaroc), où il est connu, du mcme que le n* précédent, soui 
le nom de lera. C'est un tube de roseau qui mesure enTiros 
0">15de longueur sur QnOl de diamètre, fermé & l'une deseitn 
mités par le nœud de croissance et fendu longltudinalemeot 
en deux sections égales jus(iu'à la distance de 0"06 do l'eitri- 
mité fermée. Une des parties du roseau a été rendue pla^ 
flexible en découpant une entaille dans le roseau près i»* 
l'extrémité supérieure de la fente, sans toutefois le percer. 

Nous trouvons encore le même nom de lera dans la descni- 
tion d'un instrument presque semblable, dans A. F. Mocklib- 
FxRRTMAN, Up the Niger^ Londres 1892, p. 2t58. 

Id. 2138. Sk'a'na. C'est un chalumeau provenant 



— 35 — 

des Indiens Massets,qui habitent les îies de la Reine imu ext.-Enrop* 

Charlotte, comme les Indiens Skiddegates. De mê- ^^' "*' 

me que chez ces derniers, le terme sk'à'na leur 

sert à désigner tous les instruments à vent (les 

deux tribus emploient, parait-il, un dialecte presque 

semblable). L'instrument est formé d*un tuyau 

aplati résultant de I assemblage, au moyen de quatre 

ligatures de ficelle, de deux coquilles creusées qui 

se terminent de façon à former la double languette 

qui constitue l'anche. Celle-ci, pirise en bouche, four- 



nit, moyennant un soufiBe énergique, un ^ 8 g^ En 

somme, cet instrument est apparenté au précédent, 
sauf que dans ce dernier, l'insufflation se produit, 
comme on l'a vu, du côté opposé à l'anche. Long. 
tôt. o"505. 

Noas avons déjà fait remarquer que les tuyaux mis en vi- 
bration au moyen d'une anche, simple ou double, peuvent oc- 
tavier par la simple pression du souffle, à condition que le rap- 
port des diamètres respectifs des doux extrémités soit au moins 
'le l : 4. Les tuyaux cylindriques résonnant en bourdon (ce qui 
(^stle cas de l'instrumeot qui nous occupe) no peuvent « dou- 
zièmer » sans qu'ils y soient aidés par l'ouverture d'une clef 
établissant un ventre de vibration à la place reiiuiso. Ainsi, 
ane plus forte pression du souille fait octavier un hautbois, un 
hassoD, tandis qu'une clarinette ne peut reproduire à leur dou> 
ziôme respective les sons fondamentaux de la colonne d'air que 
par l'ouverture d'une petite clef spéciale placée à proximité 
de Tanche. Mous avons vu, au n» 8136, qu'une ouverture 
accidentelle peut parfois en tenir lieu. 

L'instrument catalogué ci-dessus ainsi que les n»' 2134, 
2139, ^3140,3141, 2142, 2148, nous ont été obligeamment procurés 
par M"« John Grosby Brown, de New-Yorlt. 



- 36 - 

Inst. ext-Enrop. Sous-sectioB *6. - Anche aouble et tuyau conique. 

Cl. HT. 

Id. 2139. Cor d'appel. C'est un simple tuyau coni- 
que formé de deux coquilles de bois creusées et 
assemblées à l'aide de quatre ligatures de âcelle. A 
l'intérieur de ce tuyau on en a glissé un autre qui 
s'ajuste exactement dans le premier et qui est lui- 
même formé de deux coquilles légèrement séparées 
à leur extrémité supérieure, de façon à former deux 
languettes comme celles d'une anche de basson^ et 
qui entrent en vibration sous l'action du souffle in- 
troduit par l'orifice inférieur du premier tuyau. On 
obtient ainsi un son d'une certaine puissance, le 



P^ 



z . Long. tôt. o"535. 



Id. 2140. Cor d'appel. Mêmes construction et 
provenance que le n» précédent. M"' John Crosby 
Brown nous apprend que ce type lui a été fourni 
sous le nom de médecine mans horn (cor de sorcier 

guérisseur). Le son produit est le f(\ f — . Long. 



'«^^ 



tôt. o*425. 

Id. 2141. Cor d'appel. Fac-similé d'un instrument 
des Indiens Bella Bella (v. n* 2134) figurant au 
Musée de la Smithsonian Institution. Même con- 
struction que les deux instruments précédents. In- 
tonation : g t t~*^^ . Long. tôt. 0*230 ; l'ouverture 




inférieure du tuyau, de forme elliptique, mesure 
o°*o68 au grand axe, o"o38 au petit. 



CJ. III. 



son voisin du i^y— i — , avec un battement très 



— 37 - 

Id. 2142. Double corne d^ appel. Même provenance inst-exu-Ëarop, 
que le précédent. Le principe de la construction est 
également semblable, mais le tuyau est double ; et 
les deux anches ne donnant pas exactement la même 
intonation, il résulte, de la mise en vibration de ce 
double tuyau par un canal d'insufiSation unique, un 

^^ ' 

intense. Long. tôt. o"385. 

Les tuyaux de cet instrument sont si courts, faisant en quel- 
que sorte partie de Tanche, qu'on pourrait le ranger au besoin 
diDS une sou8-8CctioQ spéciale : anche double sans tuyaux. 

Chine. 2143. 2144. Heang-teih.Dons du Gouver- 
nement chinois. Instruments semblables au n'' 119, 
mais les dimensions sont beaucoup plus petites et 
les intonations sont à la quarte supérieure. Long, 
tôt., anche comprise, o'"330. 

Id. 2146. 2146. Heang-Uih. Dons de M. Àug. 
Beernaert, Ministre d'Etat. Construction semblable 
à celle des deux numéros précédents, mais les di- 
mensions sont encore plus petites. Les intonations 
sont exactement à la quinte aiguë de celles du n*^ 
(19. Long, tôt., anche comprise, o°*32o. 

Si Ton compare les intonations citées ayec celles du sona n» 
1814 et df s heang-teih n» 1 J9, 2144, 3145, il en résulte la certitude 
d'une intention de parenté, de relaiion entre ces différents ty- 
pes. Le tona n^ 1814, & part quelques irrégularités pouyant pro- 
Tenir de Tanche ou d'une imperfection technique, est bien cer- 
tainement en ut, le heang^teik n» 119 est en fa, à. la quarte su- 
périeure du n« 1814, les n«« 2143 et 2144 sont respeetlTement à 
la quarte aiguë et les n*' 2145 et 2146 à la quinte aiguë du 
n« 119 ; ces derniers sont donc & Toetave aiguë du n"* 1814. 



-38 - 
CI. III Branche B. — Instruments a bouche. 

Section a. — Bouche bûeau ée. 
Sout-teetion oa. — Bouche biseautée et tuyau ouTert. 

Etats-Unis d'Amérique. 2147. Flûte de la tribu 
indienne des Mohave, habitant le territoire de 
TArizona. C'est un fac-similé dont l'original appar- 
tient au Musée de la Smithsonian Institution de 
Washington, reproduction exécutée par les soins 
de cet institut et offerte à M"* John Crosby Brown, 
qui a bien voulu à son tour la céder au Musée du 
Conservatoire. 

C'est un tuyau de roseau long de o"639 ^^ ^^" 
diamètre extérieur moyen de o»oa7 et divisé en 
deux parties, de même longueur environ, séparées 
par le nœud de croissance. Dans la paroi du tuyau, 
exactement au-dessus du nœud de croissance, on a 
creusé une ouverture oblonguede o""oig de longueur 
sur o"oo6 de largeur, dont les deux extrémités 
débouchent respectivement dans chacune des deux 
divisions du tuyau. L'une de celles-ci sert de canal 
d'insufflation, l'autre constitue la colonne d'air des- 
tinée à être mise en vibration ; pour multiplier les 
intonations, cette dernière est percée de trois trous 
latéraux. Si l'on souffle, sans autre expédient, dans 
le canal d'insufflation, il ne se produit aucun son 
parce que l'air, après s'être heurté contre la cloison 
du nœud de croissance, s'échappe simplement par 
l'extrémité antérieure de l'ouverture latérale qui met 



— 39 — 



6n communication les deux parties du tuyau. Si au 
contraire on recouvre l'extrémité antérieure de cette 
ouverture par le doigt jusqu'à la hauteur du nœud 
de croissance, il se forme ainsi une bouche et l'air, 
passant par le conduit fermé par le doigt, se dirige 
longitudinalement vers l'extrémité postérieure de 
Touverture latérale et vient se briser contre le 
biseau de cette dernière, mettant ainsi ed vibration 
la colonne d'air formée par la seconde division du 
tuyau. Quelquefois les Indiens — et c'est le cas pour 
l'instrument qui nous occupe — remplacent TofBce 
du doigt par un ruban quelconque lié autour du 
tuyau, à l endroit voulu. A Taide des trous latéraux, 
on obtient approximativement les intonations : 



index 

médius 

annulaire 



Intt. eict. Èorop. 

Cl. m 




f 



Colombie britannique. — 2143. 5(^tf< des Indiens 
Skiddegates. Fac-similé d'un instrument conservé 
au Musée de la Smithsonian Institution. Il est formé 
par la superposition de deux coquilles creusées, en 
bois. L*une des extrémités, la plus étroite, sert de 
canal d'insufflation, Tautre est ouverte. La bouche, 
découpée dans le milieu de la longueur d'une des 



- 40 - 

inat ext.-Euror coquîUcs, mcsurc o"050 dc long. suro"oi4delarg. 
^' "** Les deux coquilles, assemblées à l'aide de trois 

ligatures de ficelle, donnent au tuyau TappareDce 
d*un gros cigare de o»36o de long., o»o32 dediam. 
à l'extrémité étroite et o"o6o à l'autre, avec un léger 
renflement au milieu de la longueur. Les sons ob- 
tenus sont le fondamental et son premier bar- 

^ 

monique 



Nm 



Etats-Unis d'Amérique. 2149. One Goot. Flûie 
des Indiens Papago, habitant Gila Band, comté de 
Mariscopa, territoire deTArirona. Simple tube de 
roseau divisé en deux pièces assçmblées vers le 
milieu de la longueur du tuyau par un tenon et une 
embouchure découpés au couteau. Il est entouré 
en différents endroits de ligatures faites de plusieurs 
tours de fil qui n'ont d'autre but que d'empêcher 
l'appareil de se fendre. 

La disposition de la bouche est digne de remar- 
que. Au lieu d'insérer dans Tintérieurdu tuyau uoe 
pièce de bois cylindrique dont on enlève un seg- 
ment longitudinal pour former le canal dinsuffla- 
tion, suivant le procédé en usage en Europe, le 
constructeur indien s'est simplementservj d'une lan- 
guette de bois, plate, de quatre millimètres enviroo 
d'épaisseur, qu'il a ajustée dans Tintérieurdutuyau, 
laissant entre elle et la circonférence un espace ser- 
vant à l'introduction de l'air. La languette est 



CI. IIÏ. 



— 4t — 

maintenue en place à l'intérieur du tuyau par une inst. ext-Europ 
cheville qui la presse après avoir traversé la partie 
du tuyau opposée au canal d'insufBation (cette 
précaution est, parait-il, rendue indispensable par 
la sécheresse du climat dans lequel cette flûte est 
en usage). En somme, c'est la bouche biseautée 
réalisée par des moyens plus primitifs, et à la 
fois plus compliqués que ceux qui nous sont familiers. 
Le tuyau est percé de trois trous latéraux, deux sur 
une face, à recouvrir par Tindex et le médius, un 
troisième sur la face postérieure, à recouvrir par le 
pouce. Il est probable que l'on a voulu imiter le 
galoubet européen, mais sans y réussir complète- 
ment. Intonations : 



en sons 
fondamentaux 



en sons 2 



i^m 



irti 



3 



(^) 



80 



ff-(-^)- 



cn sons 3 : ^ — f — f"~ 1 — ' ^ 



C^' I 2 3 

On voit qu'une gamme diatonique est réalisable 
sur cet appareil par l'enchaînement des sons 2 et 
3. Le quatrième degré de cette gamme, r^ (son 2), et 
le huitième, la (son 3), peuvent être facilement 
abaissés, le ré à Vui et le la au sol, en recouvrant le 
premier trou latéral. Long. o"430, diam. o»o2o. 



-- 4î» — 

"* CI. lii"'^'* PÉROU. 2150. Silvadores ou vase sifflant. Fait en 

poterie rouge, il provient de Cuzco et ressemble à 
celui catalogué sous le n*» 857. Le flacon de droite 
est de forme carrée et son couvercle sert de perchoir 
à une sorte de perroquet également en poterie. Les 
silvadores pourraient être rangés dans une sous- 
section spéciale en raison de leur conformation : 
bouche biseautée, sans tuyau. Le tuyau n'est ici. en 
effet, qu'un canal d'insufflation communiquant à la 
bouche du sifflet les pressions différentes que le 
mouvement de Teau imprime à la masse d'air du 
récipient. Haut. tôt. o^ig. 

Nous empruntons à \f. Ch. Wiener (Pérou et Bolivie, ?UT\^ 
1880) (|uelqueB lignpB intéressantes au sniei des iUvadot es : 

« L'anse du vabe rappelle & l'Indien la branche de Tarbie. Or, 
sur cette branche, dans la nature, se balance le si nge, s'accroche 
le perroquet, s'enroule le serpent ; aussi, sur ses vases, nom 
verronslapparaître, comme ornements, de petits singes accrou- 
pis, des perroquets et des serpents. Mais l'Indien ne p'Tçoit 
pas la vie seulement par les yeux, il l'entend et il eomprend que 
la mort seule egt silencieuse: aussi s'est-il eirorcé, avec uoe 
ingéniosité remarquable, à donner la parole aux êtres en argile 
qu*il a modelés. Il a appris à son singe et à son perroqaetâ 
crier, à son homme qui boit à pousser des^cris de satisfaction. 
Il sait faire pleurer sa statue. Le moyen employé est des 
plus simples. Il accouple deux vases, transformés par qd 
conduit en vases communiquants, il ferme une des extrétnitéis 
et la perce seulement assez i)Our établir un sifflet dans la mas«e. 
Le momdro mouvement du vase dans lequel se trouve un p^o 
d*oau chasse ou aspire, par le niveau montant ou descendant 
du liquide, l'air enfermé dans le vase à sifflet, ce qui produit 
doux s->r)s... 

Le vase re pré sente une ligure grave et triste, l'argile de ce 



- 4à - 

masque est très mince dans les coins de l'oeil et lorsque le Ust. ezt.-Èaro^. 

liqnide remplit le yase, il suinte à trayers les points de la paroi Ci. m. 

ménagée spécialement à cet effet et, dirigé par la paupière 

comme par une gouttière, le liquide s'échappe lentement en 

larmes qui se détachent de temps en temps et coulent sur le 

plan incliné formé ipar les joues. L'effet de ce petit artifice e%t 

saisissant. 

Id. 2151. Silvadores. Semblable comme fonction- 
nement au précédent. Les récipients, de forme dis- 
coïde, sont au nombre de quatre, disposés en croix et 
communiquant par un point de leur circonférence. 
L'un d'eux est surmonté d'un oiseau, celui qui lui 
fait face porte le goulot servant de canal d'insuffla- 
tion. Le dos de l'oiseau et le goulot sont réunis 
par une traverse et c'est dans le dos de Toiseau, 
sous la traverse, qu'est pratiquée la bouche du 
sifiBet. Haut. tôt. o^iqo ; larg. max. o'"i75. 

Id. 2152. Silvadores. Sifflet en poterie rouge, 
même provenance que le n* 2150. Le flacon de 
droite représente un animal de fantaisie, une sorte 
de félin. Haut. tôt. o"»i8. 

Id. 2153. Silvadores. Poterie noire provenant de 
Trujillo. Deux vases sphériques surmontés chacun 
d'un long col, celui de droite étant modelé en forme 
de figurine. Haut. tôt. o^iy. 

Id. 2154. Silvadores. Poterie rouge provenant de 
Cuzco. Vase sphéri^ue surmonté d'un col se parta- 
geant, à la moitié inférieure de sa hauteur, en deux 
branches formant arc de cercle et dont les extrémi- 
tés s'ajustent dans la périphérie de la sphère. La 



- 44 — 
inat. ext.Eiirop. braiîche de droite porte la figurine d'un oiseau. 
'^*"'' Haut. tôt. o"i8. 

Algérie. 2155. Djouâk. Don de M. Exsteens. 
Flûte de roseau à 5 trous latéraux, ornée de gra 
vures. Pour le surplus, construction semblable à 
celle du n* 361. Intonations: 



i 



ztz 



1 — 1- 







Long. tôt. o"295. 

Id. 2156. Flûte en roseau. Don de M. Paul 
Gilson. Instrument de forme semblable à Vilgoji 
indou, n* 51. Cinq trous. Intonations : 

tJ I « ï 4 6 

Long. tôt. o"39. 

Congo. 2157. Flûte. Don de M. Em. Wanger- 
mée, vice-gouverneur général de TEtat Indépen- 
dant. Simple tuyau de roseau percé latéralement 
de quatre trous. Chose extrêmement curieuse, cet 
instrument possède la bouche de l'ancien lu chinois 
(n"' 859 à 86 1), du siaku-hachi japonais (n* 714) et 
de la krena bolivienne (n' 862), c'est à dire une 
simple échancrure longitudinale rectangulaire pra- 
tiquée tout à l'extrémité du tuyau. Intonations, en 
sons fondamentaux : 



î 



Long. tôt. o»355. 



CI. m. 



— 45 — 
SiAM. 2158. Klui, Flûte en ivoire de forme et de i»st. «fe.Bur.p. 
perce cylindrique. L'extrémité supérieure est fer- 
mée par un tampon percé d'une ouverture pour 
former le canal d'insuflBation conduisant l'air vers 
la bouche du tuyau. Cette bouche, longue de o"o20 
(y compris le biseau de la lèvre supérieure), ne 
mesure que o"»oo6 de largeur ; contrairement à 
l'usage général, elle est placée sur la face antérieure 
du tuyau, à o°058 de son extrémité supérieure. Les 
trous latéraux sont au nombre de huit : un, à re- 
couvrir par le pouce, sur la face postérieure, à 
distance égale des sixième et huitième trous, ceux- 
ci forés, ainsi que les cinq autres, sur la face anté- 
rieure. Trois autres ouvertures encore ont été 
pratiquées dans le tuyau vers son extrémité infé- 
rieure, deux sur le côté, à 0*025 de distance, et un 
troisième à une hauteur moyenne entre ces deux 
derniers, sur la face antérieure du tuyau. Comme 
ils sont percés de part en part, ils forment de la 
sorte six ouvertures qui ne servent (comme nous 
Tavons dit dans la description du n"* 18 18) qu*à 
limiter l'action de la longueur du tuyau ou, mieux, 
à régler l'intonation du premier trou latéral. 
Intonations : 



Un autre trou latéral supplémentaire, ouvert sur 
le côté entre le 8"»« trou servant aux intonations et 



lut. ext.-Europ. 
Cl. lU. 



— T,- ■■' ■ -m 



- 46 - 

la bouche du tuyau, est destiné à recevoir, comme 
le ty chinois (n" 12g), une petite membrane prise a 
la moelle du bambou et qui, par sa participation à 
la vibration d'air, modifie le timbre. Long. lot. 
0-432. 

Voir, pour la composition des orchestres siamois, U noU 
du no 804. 

Soua-tection 6b. — Uonche biseautée et toyau fermé. 

Etats-Unis. 2159. Sifflet. Don de M»«John 
Crosby Brown, de New- York. C'est un large tuyau 
en bois dont la section ovale mesure o"o6o au 
grand axe, o'°045 au petit axe ; il est formé de deux 
coquilles creusées dans le sens du grand axe, assem- 
blée's sur les côtés et collées par une sorte de 
mastic composé de résine et de cire, le tout conso- 
lidé à l'aide de cinq ligatures de fil. Muni d'une 
bouche biseautée occupant toute la largeur du 
grand axe et fermé à l'extrémité opposée, ce tuyau 
est percé latéralement de trois trous, le premier à 
o"o70 de distance du fond, le deuxième à o*oî>3 
de distance du premier, le troisième à o*o8o du 
deuxième. En sou£9ant dans le tuyau, on obtient 
les quatre sons 



i 



«y 






Long. tôt. o'"404. 

Colombie britannique. 2160. Sk*&*na, sifflet des 
Indiens Skiddegates. II est en bois, formé de deux 



— 47 ~ 

coquilles creusées et assemblées par deux ligatures. 
La fornae ressemble à celle du n^ 2148, mais la 
coquille supérieure, dans laquelle est taillée la 
bouche, est aplatie et le tuyau est fermé, c*est-à- 
dire qu'il résonne en bourdon. La bouche mérite 
une mention spéciale. La lèvre supérieure est di- 
visée en deux parties dans le sens de sa longueur, 
le biseau de la partie gauche est plus allongé que 
celui de la partie droite. C'est une fantaisie de con- 
struction dont il n'est guère possible de s'expliquer 



i 



le but. Intonation : | dy — — . Long. tôt. o"383 ; 



diam. à la partie supérieure *o«o30 ; à la partie 
inférieure o"o65. 

Id. 2161. Sifflet provenant de Victoria, chef-lieu 
de la Colombie britannique. Tuyau de bois circu- 
laire et légèrement conique, formé de deux coquilles 
creusées et réunies par leurs bords à l'aide de deux 
ligatures de jonc. Le canal d'insufflation est décou- 
pé par moitiés dans les deux coquilles ; la bouche, 
située à 0*078 de l'extrémité, est taillée dans 
la coquille supérieure et la colonne d'air dans la 
coquille inférieure. Ce sifflet donne deux sons, le 

12p. 

et sa douzième, le fa. Long. tôt. o"i64 



i 



environ ; diam. à l'extrémité supérieure o"oi4 ; à 
l'extrémité inférieure o^ig. 
Id. 2162. Sifflet. Même provenance que le précé- 



Init« ext.-Burop. 
CI. ni. 



- 48 - 
iniL ext-EuTop. dent ct construît de la même façon, sauf les dimen- 
sions et la forme, ici plus ou moins ovale, la bouche 
étant taillée dans le sens du grand axe. A Textré- 
mité supérieure du canal d'insufflation, le tuyau est 
carré et mesure o"o 1 5 environ de côté; à l'extré- 
mité inférieure du tuyau, le grand axe mesure 
0*028, le petit o™o22. Les deux coquilles sont réu- 
nies par leurs bords à l'aide de deux ligatures de 
ficelle. La bouche, taillée dans la coquille supérieure, 
à o°>052 de Textrémité du canal d'insufflation, esttrès 
régulièrement faite. Comme le précédent, ce sifflet 



donne deux sons, le ^--!— • et son harmonique 3, 

fa JJ. Long. tôt. o«i40. 

Id. 2163. Sifflet, Même provenance que le précé- 
dent, travailet forme identiques, sauf les dimensions, 
qui sont beaucoup plus grandes. Celui-ci mesure, à 
l'extrémité supérieure du canal d'insufflation, 0*035 
au grand axe de l'ovale et 0*027 au petit, o'oôf 
au grand axe de l'extrémité inférieure et 0*^39 au 
petit ; la bouche se trouve placée à o"i25 de l'ex- 
trémité supérieure du canal d'insufflation. Quatre 
ligatures de jonc. Le son produit est la fondamentale 



fe 



Ce sifflet et les deux qui précèdent sont intéressants pur l'a- 
niformité de principe de leur facture : tuyau bouché, formé 
à l'aide de coquilles de bois. 



^ 49 — 

Chine. 2104. Koixe (Collection de douze). Don du ^n«- «t.-Earop. 

Gouvernement chinois. Spécimens très intéressants 

de l'appareil que nous avons déjà catalogué sous 

les n"** 707 et suivants et que Ton attache à la queue 

des pigeons pour éloigner les oiseaux de proie. 

II résulte de l'examen de ces sifflets que la bonche biseautée 
est fréquemment associée à un récipient ari'ondi: d'où la néces- 
sité d'une troisième soos-section, ce» à bouche biseautée et 
récipient (y. ci-dessus» p. IV). Toutefois, pour ne pas séparer 
cas instruments provenant d'un môme dout nous les rangeons 
tons dans la sous-section 66, celle, du reste, à laquelle appar- 
tiennent la plupart d'entre eux. 

SscTioN 6. — Bouché laUfoU. 

Soai-MClioB 66. — Btnche latérale et tayan fermé. 

CoNQO. 3165. Flûte, C'est; un simple roseau en- 
jolivé d'ornements gravés et qui nous paraît être 
ToBuvre d*un chercheur fantaisiste. Ce tuyau est 
fermé à son extrémité supérieure par un noeud de 
croissance et, vers le milieu de sa longueur, par un 
autre noeud. Une ouverture de forme elliptique 
taillée au canif à proximité de la fermeture supé- 
rieure sert de bouche. Lorsqu'on appuie l'extrémité 
fermée supérieure du tuyau contre la lèvre inférieure 
et qu'on dirige le souffle vers le bord de cette em- 
bouchure, on obtient, quoique très faiblement, les 
harmoniques 



— 50 — 

loBt. ext.-Barop. c'est à dire la résonance harmonique d'un tuyau 
Cl. m. . . 

fermé. 

A o"io environ de Textrémité inférieure du tuyau 

se trouve un autre nœud de croissance, qui n*a été 

pereé à Tintérieur du tuyau que sur une partie seo* 

lement de sa surface. De cette disposition il résulte 

que rinstrumentiste a à sa disposition un second 

tuyau, fermé par le nœud de croissance centrai et 

dont la colonne d'air peut s'ébranler par son orifice 

même, servant d'embouchure transversale. Jouée 

de cette façon, la flûte donne la résonance 

harmonique 

8» 

£>— 1 — 




résonance d'ailleurs fausse à cause de la présence 
du nœud incomplètement enlevé, déterminant Tir- 
régularité de la colonne d'air. Long. tôt. o^ôg. 

Sbction c. — Bouche transversale. 
Soaa-SMtion aa. — Bouche traniversale et tvyaa fermé. 

PÉROU. 2166. Syringe polycalame. Flûte de Pan 
composée de quatre tuyaux et reproduite d'après 
l'original provenant des fouilles entreprises par 
M. Quesnel à Ancon, près de Lima, et conservée au 
Musée du Trocadéro à Paris ; est le travail de repro- 
duction étant dû à l'obligeance de MM. J. Thibou- 
ville-Lamy & C**, de Paris. Ordre des intonations 



— 5» — 

données par les tuyaux dans leur état actuel : ^°*^- e«i Europ, 
^ ^ Cl. m 






:«»= 



avec les octaves respectives Long. max. des tuyaux 
à l'intérieur: o"075; 0*073; o^oôg; o"o62. 

Id. 2167. Syringe polycalame. Semblable à la 
précédente» même origine. Les intonations diffèrent 
un peu, la longueur des tuyaux ayant peut-être été 
modifiée. 

Congo. 2168 Syringe polycalame pro prenant, 
parait-il, du Haut-Congo. Assemblage de quatre 
tuyaux en roseau attachés longitudinalement l'un 
à côté de l'autre par des liens en écorce de roseau. 
Ils donnent, dans Tordre qu'ils occupent actuelle- 
ment» les intonations suivantes : 



^ 



^f=tr. 



^ 



Long, du tuyau le plus long o" 183 ; du plus court 
0"i3O. 

lo. 2169. Syringe polycalame, provenant de la 
région du Kasai Huit tuyaux assemblés par dix 
ligatures. Partant du tuyau le plus long (o»i75) 
pour aboutir au plus court (o"o7s), on obtient les 
intonations suivantes : 

fat 5t 



i 



Fl^ 



— 5â — 
utt. ext..Bttrop. Id. 2170. Sifflât provenant du Kasai où, paratt-ii, 
il appartenait à un chef. C'est une pointe d'ivoire 
dont Textrémité la plus grosse a été évasée jus- 
qu'aux bords pour servir d'embouchure. Pour pro- 
duire un son, on doit recouvrir presque entièremeot 
de la lèvre inférieure l'orifice qui sert d'embouchare. 
La canalisation dans la pointe n'étant pas bien 
longue, — o"o6 environ, — le son obtenu est ap- 



proximativement le ^"^^ ; encore, cette intona- 




tion varie-t-elle par la couverture plus ou moins 
complète de l'embouchure. Long. tôt. 0*245. 

Id. 2171. Sifflet provenant de l'Aruwimi. C'est une 
pièce de bois taillée en forme de colonnette couronnée 
par un chapiteau octogonal. Le fût est entièrement 
recouvert d*un fil métallique d*un très joli travail 
La partie supérieure de la colonnette est percée 
longitudinalement de façon à former un tuyau de 
o"o6 environ. Ce tuyau s'évase à Textrémité du cha- 
piteau et l'ouverture ainsi faite sert d embouchure. 

Le son produit est le ^~^ . Long. tôt. o"i58. 




Id. 2172. Sifflet en bois. Celui-ci provient du 
district de l'Equateur. La forme est celle d'un cy- 
lindre de o'^iao environ de longueur sur o"oi2de 
diamètre, avec deux renflements sphérifues de 



— 53 -- 

o"o2s environ de diamètre, l'un à o"»o32, l'autre à in«. «xt.-Eqrop. 

o'"o85 de distance de Textrémité inférieure du tuyau. 

La partie supérieure est taillée en double biseau. 

Au milieu de Tarête ainsi formée, on a foré, dans le 

sens longitudinal du sifSet, un canal cylindrique, de 

o"028 environ, dont l'orifice sert de bouche. Le son 

obtenu est le ^^r— . Un anneau de cuivre, traver- 



i«^ 



sant le renflement sphérique inférieur, sert à sus- 
pendre le sifiSet au cou à Taide d'un ruban ; une 
petite bandelette de laiton est tournée en spirale 
autour du tuyau entre les deux renflements. 

Id. 2178. Sifflet. C'est celui d'un chef Budja, 
peuplade habitant le district des Bangala. Pièce de 
bois, de o'"46 de longueur, en forme de cône tronqué, 
terminée à la partie supérieure par un renflement 
recouvert d'une bande d*étoffe à laquelle est cousue 
une bandelette de même étoffe découpée en collier 
et destinée à suspendre le sifflet au cou. Les deux 
extrémités et le milieu de la pièce de bois sont ornées 
de bandelettes de fer. La bouche est découpée en 
double biseau» dont le plus long s*appuie contre la 
lèvre inférieure, tandis que l'arête du plus court 
reçoit le souffle destiné à mettre la colonne d*air en 
vibration. Celle-ci, forée dans le sens de l'axe du 
tuyau, va en se rétrécissant dans le sens opposé à 
la bouche et se termine à une profondeur de o"30 



environ. Intonation: mr3z= • Long. tôt. o"46; 



\ 



-- 54 — 

^"^rm*""'''' ^*^"^* ^ l'«tréinité supérieure 0-027 ; à rextrcmitc 
inférieure o"oi5 environ. 

Id. 2174. Sifflet en bois provenant du Haut-Congo. 
L'apparence est celle d'un petit baril cerclé ao milieu 
de sa hauteur. Sur la circonférence du grand dia- 
mètre se trouvent découpées en saillie deux tubulures 
dont l'une est traversée par un anneau de fer destiné 
à suspendre l'appareil , tandis que l'autre est percée 
d*un trou communiquant avec la capacité d'air à 
l'intérieur du sifiSet. Si Ton souffle sur les bords de 
l'ouverture que présente l'un des petits côtés dn ba- 
ril, la tubulure étant ouverte, on obtient 



"P' 



la tubulure fermée, Tintonatlon baisse d'un demi- 
ton. Long. tôt. o"o8o; diam. max. 0-055; ^^• 
aux extrémités 0-025. 

Id. 2116. Sifflet en ivoire, provenant des Babuendi, 
peuplade du district des Cataractes. Il reproduit la 
forme de la clef forée, que les indigènes avaient 
probablement vue entre les mains d'Européens qai 
s'en servaient en guise de sifflet. Un trou latéral 
permet de varier l'intonation principale. On obtient 

les 3^^ 



m 



Id. 2176. Sifflet en ivoire. Mêmes provenance et 
construction que le précédent. Intonations : 
8« 




— 55 — 

Congo. 2177. Sifflet provenant du Haut-Congo. Sa '"*• «*' ^"«t) 
construction particulière et la résonance exception- 
nelle qu'elle engendre méritent un examen appro- 
fondi. C'est un tuyau d'apparence conique terminé à sa 
partie supérieure, immédiatement sous Torifice ser- 
vant d'embouchure, par un renflement piriforme, et 
mani,vers le bas, d*un seul trou latéral. Lorsque Ton 
appuie Torifice du tuyau contre la lèvre inférieure 
en dirigeant le soufiSe contre le bord de Tembou- 
chureet en tenant le trou latéral fermé, on obtient le 



i 



; lorsqu'on débouche le trou latéral, le 



son, au lieu de monter, comme on pourrait le sup- 
poser d'après la pratique ordinaire des instruments 
à vent, baisse d'une tierce mineure, c'est-à*dire que 

l'intonation produite est le ^^ it p '. Ce phénomène 



est-il dû au hassard ? Non ; il résulte d'un phénomène 
d'acoustique parfaitement explicable et intention- 
nellement provoqué, puisque le Musée possède 
plusieurs spécimens du même instrument, dans des 
tonalités différentes. Le but nous paraît être la con- 
struction d*un appeau destiné à imiter la voix du 
coucou ou de tout autre oiseau d*un chant analogue 
au sien; et la ressemblance est absolument parfaite. 
Essayons maintenant d'expliquer le phénomène : 

Le genre de tuyau qui nous occupe est celui que, 
dans nos Etudes expérimentales sur la résonance des 



loBt ext.Bnrop* 
CI. 111. 



- 56 - 

colonnes d'air de forme conique, ironc'conique ei ^lin- 
drique, nous avons désigné sous la lettre A(v. Caial 
t. III, p. 45g). Il résonnerait donc comme un tuyaa 
ouvert, si l'irrégularité voulue de la colonne d'air ne 
causait une perturbation dans la résonance naturelle. 
Le constructeur, au lieu de donner à la perce la 
régularité du cône droit. Ta élargie, renflée, en 
suivant le profil piriforme qu'affecte le contour ci- 
térieur. Il en résulte que lorsque le trou latéral est 
bouché, les deux premiers sons de la résonance 

harmonique, au lieu d'être i l'octave : '^ — 




sont à la quinte augmentée : 2 y-^ m-^^^ . Il appert 

fT r _ 



de nos expériences que rabaissement produit par Tir- 
régularité du tuyau affecte bien d'avantage le son 2 
que le son i : nous venons de voir en effet qu'il a 
abaissé le premier de toute une quinte diminuée. 
Lorsque l'on débouche le trou latéral, le diapason da 
tuyau monte d'une tierce augmentée, mais la réso- 
nance reste fausse, toujours à cause de l'irrégularité de 
la colonne d'air, et les deux premiers sons deviennent 



^ , formant un intervalle de sixte 



majeure. 

'L'examen plus détaillé du tuyau permet d'obser- 
ver que le son i du tuyau, avec le trou latéral fernoé, 
est très faible ; que le son 2» lorsque le trou latéral 



— sy - 

est ouvert, ne fait entendre qu'un léger susurrement, inst. ext«»i!iiropt 
dont rintonation est à peine appréciable. En som- ^'' '"' 

me, l'instrument ne produit que deux bonnes notes : 



:«^ 



4: 



la plus haute étant produite comme 



son 2 du tuyau, avec le trou latéral fermé, la plus 
basse, comme son i du tuyau avec le trou latéral 
ouvert. — Long. tôt. o"32o. 

Id. 2178. Sifflet, Origine et construction sembla- 
bles à celles de l'instrument précédent. Celui-ci donne 

les intonations 2 r — ^ — P^^ dont même le timbre 



reproduit à s'y méprendre la voix du coucou. Le 
haut du tuyau, immédiatement sous le renflement 
piriforme, est naïvement enjolivé, en guise de per- 
les, à l'aide de graines rouges et brunes fixées dans 
une substance molle, disposée en forme de bague, 
de o"oi5 environ de largeur. Long. tôt. o»3i5. 

Id. 2179. S'f^tfMdêmesprovenance et construction 
que les deux précédents, sauf que le tuyau de celui-ci 
est enjolivé de gravures grossièrement découpées. 

Intonations : l £ [ fiz . Long. tôt. o"28o. 

Id. 2180. Sifflet en ivoire. Celui-ci provient des 
Batende, peuplade du Stanley-Pool. Il reproduit la 
forme d*une sorte de vase qui se rencontre parfois 
dans les poteries égy tiennes. Muni d'un trou laté- 



ral, il fournit distinctement les deux sons 




Inst. ezt.-Burop. 
Cl. III. 



-58- 

Id. 2181. Sifflet. Il est en bois, avec un renflement 
cylindrique à proximité de l'embouchure, et garai 
d*un anneau de fer, quelques bandelettes de fer, de 
laiton et de fil de laiton entourant la partie infé- 
rieure du tuyau. Un seul trou latéral, non loin de 
Textrémité inférieure, qui est bouchée. Ce sifflet pro- 



duit deux sons : 



ÏS 



m 



avec le trou latéral ouvert. 



avec le même trou fermé. Long. tôt. o»335. 



Id. 2182. Sifflet. Celui-ci, également en bois, est 
recouvert sur la moitié de sa longueur d*une étoffe 
en fîbre végétale, de coquillages et d'olives fixés par 
de minces bandelettes de cuivre enroulées en spire. 
La colonne d'air est conique, mais d'un développe- 
ment insuffisant pour produire les harmoniques 
d'un tuyau ouvert. Les sons produits sont les 

go-.». 



p 



:«»= 



Long tôt. o"»430. 



lo. 2183- Sifflet en bois à double biseau, l'ori- 
fice supérieur servant de bouche. Tuyau coni- 
que fermé résonant donc comme un tuyau ouvert, 
mais imparfaitement, à cause des défectuosités delà 



colonne d'air. Il donne les harmoniques 



EÈ 



ft 



A ce sifflet principal sont suspendus dix autres 
petits sifflets en bois façonnés en tuyaux fermés et 
dont la longueur varie entre o»037 et o"i30. Long, 
du tuyau principal o"3io. 



^ 59 — 

lott. ext.-Burop. 
ftont-aection bb. — Boache transversale et tuyau ouirett. qI, m. 

PÉROU. 2184. Tibia. Pac-simile d un instrument 
trouvé à Âncon, département de Lima, et conservé 
au Musée du Trocadéro à Paris (n« 4751). Cette 
tibia — dont la reproduction est due aux soins 
obligeants de la maison J. Thibouville-Lamy et C<«, 
de Paris, — est faite d'un os de ruminant, lavigogne. 
Elle est percée latéralement de cinq trous, le pre- 
mier à partir du bas ne servant qu'à régler Tintona- 
sion du son le plus grave, — si ce n*est même, vu 
sa faible influence, à suspendre l'instrument. La 
bouche consiste en une simple échancrure en V 
découpée à la partie supérieure de l'instrument. 
Pour faire parler la flûte, il faut en fermer partiel- 
lement Forifice supérieur en le recouvrant de la 
lèvre inférieure et diriger le souffle contre les bords 
tranchant de Téchancrure : disposition qui présente 
une analogie assez grande pour fixer Tattention avec 
les anciens lu chinois (n"* 859 à 861;, le siaku-hachi 
japonais (n* 714), la krena bolivienne (n« 862; et une 
flûte congolaise (n° 2157). Intonations : 



8» 



i 



. r^ I r-U -t 



• • • • Ô o 

• • • Ô O • Ô 

• • o • o o o 
#000000 

Long. tôt. o«i7. 



— 6o — 

tnst. Mt.-Enrop. Egyptb. 2185. Doublâ Sifflet, taîUë dans un frag- 
ment d*os représentant une figure humaine gros- 
sièrement sculptée. La double canalisation intérieu- 
re a malheureusement disparu sous Taction dévas- 
tatrice du temps, de sorte qu'il est impossible de 
faire parler les tuyaux. Long. tôt. o"i57. 

Congo. 2186. Sifflet^ provenant des régions rive- 
raines de TAruwimi, dans le district de ce nom. Il 
est en bois noir, le contour extérieur affectant une 
forme conique, avec un renflement ovoïde sous 
l'embouchure transversale ; à l'extrémité opposée, 
le tuyau s'élargit et se termine par un ornement 
aplati surmonté d'une pointe taillée en fer de lance 
La colonne d'air, libre aux deux extrémités, sait le 
contour extérieur du sifflet, de sorte qu'au lieu de 
faire entendre la série régulière des harmoniques des 
tuyaux ouverts, on n'obtient que les sons i et 4: 



p 



Long. tôt. o"30. 

Branche C. — Instruments polyphonbs a 
reservoir d*air. 

Sbction a. — Réservoir d*aif sans tuyaux, 

Etats-Unis d Amérique. 5^87. Rocking meloieon 
(fr.= mélodéon à bascule). C'est un instrument 
d'invention américaine, pour autant que Ton puisse 



— 6i — 

qualifier d'invention une variante du type physhar^^ iwt. exu-Europ. 

monica, inventé à Vienne, vers 1 82 i , par Haeckel et 

qui n*est lui-même qu'une nouvelle application de 

Tanche libre chinoise, déjà utilisée en Europe, à la 

fin du XVIII"* siècle, par l'allemand Kratzenstein 

et, en 1810, parle français Grenîé. 

Le mélodéon se compose de deux soufflets cunéi- 
formes, le soufflet inférieur servant de pompe, l'autre 
de réservoir d*air. Au-dessus de celui-ci est placé le 
sommier, dans lequel sont rangées deux séries 
d^anches libres donnant respectivement, la première, 
une gamme diatonique (sans altérations) de (& ■ 

à ^ r la seconde l'échelle chromatique 



^^^^^^^ 



Au-dessus du sommier se trouve une planchette 
dans laquelle sont rangés chromatiquement, comme 
les touches d'un piano, 37 boutons d'ivoire terminés 
chacun par une pointe de fer. Cette pointe appuie 
sur une soupape qui empêche la communication 
entre Tair du réservoir et Tanche. Quand on presse 
sur le bouton, la pointe ouvre la soupape, Tair com- 
primé dans le réservoir s'échappe et met l'anche en 
vibration. Long. tôt. o"435 ; larg. 0*125; haut, 
moyenne o"i3i. 

D'après des renselguements fournis par la Prescott Piano Go, 
iU Goneord (New Hampshire)» à l'obligeante intervention de 



— 6a — 

inst. ext.. Bvrop M"« John Orosby Brown, de New-Tork^ le mèlodëoo aérait eonoa 
^' '^'' aox Btats-Unis depuis 1895. Le premier instrumenl, appelé aussi 

Elbow melodeon (mélodéon à coude)» est attribué à un facteur de 
Canton, dans l*£tat de MassachuBette. Abraham PreMOtt,ëtft- 
bit à Goncord vers 1896, fabriqua pendant une dizaine d'annéei 
un assez grand nombre de ces instruments, dont qu«lqnes-iiss 
subsistent encore. Un autre facteur, ancien ouvrier de Preseott, 
s'établit & son tour pour la production des mélodéODS et sob 
fonds, assez important, fut repris vers ISiO par la maison D^r- 
born and Bartlett, également établie & CSoneord. Bartlett, loi 
aussi, avait été ouvrier chez Preseott. 

Branche D. — Instruments a bmbouchurb. 

Skction a. — Instrununis à embouchure^ simpUs eu nuiuftk. 

Soudan. 2188 Attirail de fSticheur, Il se compose 
d*un masque en bois sculpté, de Teffigie, également 
en bois sculpté, du dieu Ko' Man, de deux trompes 
en fer et de deux longues courges évidées et époio- 
tées, dont la capacité d'air résonne par le frapp^ 
ment de la main sur l'ouverture produite par cette 
dernière opération. 

Nous devons à M. Louis Ëxsteens, directeur du 
Comptoir ethnographique à Bruxelles, Tintéressaote 
notice que voici concernant ces objets : 

Le culte de Ko' Man fait l'objet, chez les Bambara (région 
occidentale du Soudan français), d'une sorte de société secrète 
au sein do laquelle ne sont admis w^c^ie les hommes. Ce 
culte rentre* dans l'organisation générale du nama ou 
fétiche de Eo'man, seule manifestation religieuse pratiqaée 
par les Bambara. 

Chaque Tillage possède son arbre sacré, ~ en général un 
tamarinier, — dont les branches basses forment uns aorte di 



- 63 - 

réduit obscur où se tienl le nama. Le peuple lui saertfie ^"**' "*i^"'''''* 
des moutons, des chiens, surtout des poulets (>) (suryi- 
vance sans aueun doute des sacrifices humains), lui fait 
des offrandes de miel et de friUts. Lorsque le sorcier, prêtre du 
culte, fait sortir le nama k certaines occasions pour le pro- 
mener, en dansant, dans le yillage, il se couvre la face du 
masque en bois sculpté à trois cornes et percé de trous à Ten- 
droit des yeux et de la bouche. L'effigie du dieu Ko* Man, 
laillèe dans un bloc de bois, représente une figure humaine 
portant deux oreilles pointues et deux longues cornes, ce qui 
le rattache au culte de l'Antilope, ai répandu dans l'Afrique 
centrale, et dont il constituerait une forme anthropomorphi- 
sé»>. La partie inférieure de l'effigie se termine par une rai- 
nure seryant à la fixer sur une armature de bois ou de plumes 
portée par le sorcier* 

Des féticheurs ou initiés accompagnent le nama en souillant 
dans les trompes de fer ; ils sont censés parler à l'oreille du 
dieu. D'autrds» quelquefois au nombre d'une cinquantaine, 
utilisent les courges, scandant ainsi d'un rythme court la 
danse de ceux qui accompagnent le nama. 

Les sorties du nama, qui ne se pratiquent que la nuit, sont 
subites et mystérieuses et inspirent à tous une terreur extraor- 
dinaire. Seuls les initiés peuvent le voir, tous les autres se 
cachent dans les recoins les plus obscurs des cases, car celui 
qui Yoit ou se laisse voir meurt dans Tannée. 

CoNQO. 2189. Trompe. Don de M. L. Cavens. 
C'est un simple tuyau en bois très léger, terminé 
par un renflement en forme de pavillon. Cette pièce, 
extrêmement intéressante, est ornée *de sculptures 
sn relief naïves, dont trois lézards constituent les 
sujets principaux, Tun couché dans le sens de la 
longueur du tuyau, les deux autres transversa- 

< Les trompes de fer et le fétiche lui-même, catalogués 
si-dessus, portent encore la trace du sang des poulets sacrifiés, 



-64- 
^'"'"J!*'^,^"*'' lement. Embouché comme la trompette, ce tuyau 

eu lil. f^ 

donne le ^ — j — . Long. tôt. o» 590. 

Id. 2190. Trompe de guerre, provenant du Haut- 
Uele. Faite d*une pointe d'ivoire, elle a l'embouchure 
placée latéralement, comme il est d'usage générai 
au Congo dans les instruments de cette espèce. 
L'extrémité de la pointe, en deçà de Tembouchure, 
étant percée à jour sur toute sa longueur, sa fer- 
meture par le doigt produit un abaissement du son. 
La trompe donne conséquemment deux intonations, 

, Long. o»5i. 




Id. 2191. Trompe, Elle est en ivoire ; Tembou- 
chure rectangulaire est pratiquée dans la partie 
concave de la courbe, à vingt centimètres environ de 
la pointe, à laquelle on a ménagé un renflement 
piriforme. Long. tôt. o"6o. 

On se figure difficilement, à l'aspect d'un appareil aonorf 
quelconque, le parti que l'étude et la pratique permettent d'an 
obtenir. Ceci est du reste aussi vrai pour nos instruments qv^ 
pour ceux des peuples primitifs. Qui n'a jamais entendu jouer 
du violon ne 8e figurerait pas ce qu'il est possible d'obteotr de 
cette simple caisse de résonance montée de quatre cordes. De 
môme, là où l'inexpérience des Européens ne peut produite que 
des sons rauques, des bruits discordants, les indigènes obtien- 
nent des effets qui touchent de très près au domaine de i'art. 
Voici à ce sujet quelques lignes empruntées à la relation d'ns 
voyage de Schweinfurth dans TUele {Annales du Muiée éM Ct^ 
go, I, Instrumenté de musique, p. 13). Parlant de deux soDoenrs 
de trompe dont il reçut aubade à la cour de Munsa» roi des 
Mangbetu : 



- 65 - 



« Ils étaient, écrit-il, tellement maîtres de leur instrument, 
sachant donner à lours sons une telle étendue, une telle sou- 
plesse, qu'après les avoir fait retentir à Tégal des rugissements 
d'un lion ou des cris d'un élèptiant en fureur, ils les modu- 
laient jusqu'à les rendre comparables aux soupirs de la brise 
ou aux doux chuchotements d'une voix amoureuse. L'un de ces 
virtuoses, dont la corne était si lourde qu'il pouvait à peine 
Il maintenir dans une position horizontale, exécuta sur cette 
trompe des trémolos et des trilles avec autant de précision et 
de délicatesse que s'il eût joué de la flûte. • 

Id. 2192. Trompe d'ivoire. Embouchure ovale à 
o'"265 de la pointe. Long. tôt. 0^74. 

Id. 2193. Trompe en bots. Provenant du district de 
i'Uele, elle est entièrement taillée dans un tronc 
d'arbre évidé et se termine par Tébauche d'une tête 
d'animal. Un trou latéral sert d'embouchure. Long. 
tôt. o""65; diam. à la partie inférieure 0^14, 

Id. 2194. Trompe en bots. Mêmeprovenance que la 
précédente. C'est un rameau évidé, la partie supé- 
rieure se terminant en pointe, et entouré sur presque 
toute sa longueur de bandelettes en peau de serpent. 
Embouchure latérale. Long, tôt o"»56; diam. à là 
partie inférieure 0^55. 

Chine. 2195. Lapa. Don du Gouvernement chi- 
nois. Trompette droite ressemblant au hwang'teih 
n* 140. Provenance : Shanghaï. Harmoniques : 



Insl.ext.-Europ. 
Cl. III 



Wz 



i 



.-t- 



-4^ 



Long. tôt. i"505. 



— 66 — 

'"•* c";f "°''' ID. 2196. Lapa. Don du même. Semblable au pré- 
cédent; même provenance. 

Id. 2197. Lapa. Don du même. Semblable au 
précédent; même provenance. Harmoniques : 

M^ ^r^&~j—i— !^ . Long. tôt. 1*55. 

12 » 4 5 

Id. 2198. Cha-Chiao. Don du même. Trompette 
recourbée semblable au hwang^Uih n* 1867. Prove- 
nance : Canton. L'embouchure n'a que très peu de 
profondeur et, par suite, le timbre de l'instrument 
offre une ressemblance frappante avec celui d*un 
instrument à anche. C'est une sorte de miaulement 
qui ne doit pas s'écarter beaucoup des sons de 
l'ancien clarino. Harmoniques : 




Long. i"30. 

Thibbt. 2199. Trompette sacrée Elle est faite 
d'un os humain, le fémur, et sert dans les cérémonies 
religieuses des Lamas (prêtres de Bouddha). D'après 
M. C. Bngely c'est généralement le corps du dernier 
lama décédé qui est mis à contribution pour four- 
nir la trompette, laquelle est d'autant plus con- 
sidérée qu'elle est plus longue. On rencontre quel- 
quefois de ces trompettes très richement ornées de 
métaux précieux. Celle que nous cataloguons est 
dépourvue de tout ornement. Les deux saillies 



-67- 

formant la rotule sont percées, de manière à fournir '"^ "*;;f ""'' 
ainsi, par le dédoublement de la colonne d'air, une 



sorte de pavillon. Intonation : ^ i — . Long 



Cl. m. 



0-35- 

Les prêtres Kalmouks du Sud de la Russie emploient, 
paralt-il, sous le nom de gangurih, une trompette du môme 
g^nre. 

Classe IV — Instruments à cordes. 

Branche A. — Cordes frottées. 
Section a — Cordes frottées par Varchet, 

Chine. 2200. Ja Kin 'rh (fr. = luth élégant). Don ^^^ ^^^ .^„^^ 
du Gouvernement chinois. Il provient de Tientsin. ci.iv. 

Cette ville étant en quelque sorte le port de Pékin, il 
est probablement d'origine pékinoise. Mêmes con- 
struction et accord que le n* 1894; comme celui-ci, 
il se joue à l'aide d'un archet. Long. tôt. 0^60 ; 
larg. max. o"'i55. 

SiAM. 2201. SauhTai. La forme générale rappelle 
celle du r^6a6 javanais (n* 1898). Le manche et les 
trois chevilles sont également en ivoire, ainsi que 
la pointe. La caisse sonore est formée d'une demi- 
noix de coco offrant sur le dos trois protubérances; 
son ouverture antérieure, piriforme, est recouverte 
d'une membrane servant de table d'harmonie, sur 
laquelle s'appuie un chevalet de bois ayant la forme 
d'un segment d'anneau. Le cheviller est creux et se 






— 68 — 

"'* ". îv'"** termine en pointe à l'extrémité supérieure. Les 
cordes, en soie, sont au nombre de trois ; elles sec 
roulent sur les chevilles à l'intérieur du manche c: 
en sortent, réunies, par un petit trou percé immédia 
tement sous le cheviller. Ces cordes reposent surk 
chevalet et s'attachent par un coin de bois dans l: 
trou circulaire percé dans la pointe et à quatre cen- 
timètres environ du bord de la caisse de résonance. 
A peu de distance du trou par lequel sortent ie> 
cordes, une ligature, formée de sept tours de cordes, 
les serre contre le manche, agissant ainsi en guise 
de capotasto. Le haut du manche est orné, er 
manière de couverture, d'une sorte de tuyau en mé- 
tal niellé, d'un travail très intéressant. 

L'archet se compose d'une baguette d'érable en 
forme de / très allongé et d'une mèche de crin fixée 
d'une part à l'extrémité inférieure de la baguette, de 
l'autre à quelques centimètres de l'extrémité infé- 
rieure, là où commence la seconde courbure de I'/. 
La baguette n'est pas ployée, mais découpée dan^ 
une planchette de bois de o»o8 de largeur environ, 
dimension déterminée par la saillie des deux bran- 
ches extérieures de Vf. 

La trace circulaire que Ton distingue sur la mem* 
brane n'est pas, comme le croit M. EUis' , celle 
d'un disque destiné à empêcher la production des 
harmoniques faux de la membrane, mais bien celle 
du dépôt de résine que l'on trouve sur la plupart des 

» Notes on Siameie instruments, p. 31. 



■'t 



Cl. IV. 



- 69 - 

struments à cordes orientaux et qui tient lieu de inen ext.-Europ. 
lophane pourries crins de l'archet. 
L'instrumentiste joue étant assis, les jambes croi- 
es, la pointe de Tinstrument reposant sur le sol, 
manche tenu dans une position légèrement oblique. 
Long. tôt. i°>io ; long, de la caisse sonore 
'2 1 ; larg. max. o"i75. Long, de l'archet o™77. 
Id. 2202. Saw Oo. L'apparence générale est celle 
i ta huang hou kin (n* 1888), sauf que la caisse 
more est formée ici d'une demi -noix de coco dont 
)uverture, en forme de cœur, est fermée par une 
embrane servant de table d'harmonie. Les cordes, 
i nombre de deux, reposent sur un chevalet appuyé 
ir la membrane et sont fixées d'une part aux ex 
émîtes de deux chevilles en ivoire, de l'autre à 
extrémité inférieure du manche, à sa sortie de la 
ible de résonance. Elles sont fixées au manche par 
le ligature composée de trois tours de fil de soie, 
;;issant en guise de capotasto. 

L'archet consiste en une simple baguette termi- 
ée aux deux bouts par un petit ornement d'ivoire, 
liée en forme d'arc et munie d'une mèche de crin, 
elle-ci s'attache d'un côté à un bouton d'ivoire 
xé dans la baguette et de l'autre elle repose dans un 
ran découpé dans la tète de la baguette et fixé par 
n noeud. Enfin, cette mèche de crin passe entre 
i:s deux cordes, de façon que Tune des deux est mise 
n vibration dans le « poussé », l'autre dans le 

tiré ». Long. tôt. o»78 ; long, de la caisse sonore 
^■'los ; larg. max. o"i40. 



- 70 — 

io8t. ext.-Earop. Id. 2203. Saw duung. Instrument presque sem- 
^^ '^' blable au cdi nhi annamite n*" 1883, mais celui qui 

' nous occupe a la caisse sonore et les chevilles en 
ivoire. Une plaque de même matière orne la partie 
supérieure du manche dont i*extrémité inférieure, â 
son insertion dans la caisse sonore, est également 
terminée par un bout d'ivoire. Archet semblable à 
celui du n* précédent. Long. tôt. o^^ys ; haut, du 
cylindre o"i 23 ; diam. o»o65. 

On emploie au Siam, sous le nom de Saw uimtai, un aolrr 
instrument à oordea frottées par Tarchet presque exactenêat 
semblable à celui que nous yenons de cataloguer^ sauf qnll 
est monté de trois cordes au lieu de deux. 

Branche B. — Cordes pincêbs. 

Sbction a. — Cordes pincées avec ou sans pUctn» 
SoDk-iectioA oa. — Sans maoche. 

Egypte. 2204. Lyre antique. L'original se trouve 
au Musée du Caire. Cette copie avait été faite en 
vue de l'exposition de S< Louis, où elle a fi^réen 
eflfet, après quoi elle a été cédée au Masée du 
Conservatoire. La caisse sonore est rectangulaire : 
de la partie supérieure partent deux montants 
s'écartant Tun de l'autre et supportant la traverse 
sur laquelle s'enroulent huit cordes attachées 
d autre part à un chevalet dont la conformation ne 
nous paraît pas avoir été fidèlement reproduite. Les 
cordes 9 enroulées simplement sur la traverse, le 
«joug», se détourneraient et, par conséquent, oe 



— 7< — 

pourraient supporter la tension. Pour parer à cet iMt.ext. Burop. 
inconvénient, la lyre qui nous occupe, de même que 
les instruments qui dérivent de ce type, notamment 
le kissar éthiopien (n^ 153), ont les cordes terminées 
par des bandelettes de peau faisant plusieurs fois le 
tour de la traverse avant que la corde elle-même 
commence à s'enrouler. De cette façon, la corde est 
empêchée de glisser et conserve très convenable- 
ment raccord. 

D'après M. Daresay, conseryateur-adjoint au Musée du 
Caire, l'original de cette lyre proviendrait de Meir, nécropole 
de Tan tique Aphroditopolis, sur le Nil, an sud de Meinphis; elle 
daterait de la XII« dynastie, qui régna de Tan 2201 & 16 >0 
environ avant l'ôre chrétienne. 

Afrique occidentale. 2205. Para. Sorte de 
harpe provenant des districts du Niger et formée 
d'une longue caisse sonore recouverte de peau et 
terminée par une tête humaine sculptée en bois. 
Une traverse partant de l'extrémité supérieure de 
la caisse, presque à angle droit, supporte dix che- 
villes tendant autant de cordes végétales qui vont 
s'attacher d'autre part, en ligne droite, dans de 
petits trous pratiqués dans la table d'harmonie 
dans le sens de sa longueur. L'ensemble rappelle 
très exactement la harpe triangulaire des anciens 
Egyptiens. Un crochet en bois, attaché à l'instru- 
ment à l'aide d'une corde, servait probablement à 
suspendre l'appareil. Long, de la caisse sonore 
o"6o; larg. max. de la table d'harmonie o'»i2o; 
long, de la traverse 0*50. (A. F. Mocker-Ferry- 
MÂN» Up ths Niger.) 



— 72 — 

inBt. «f.-Enfop. Congo. 2206. Kondi ou Nan^a. Don de M. 

C!. IV. ^ ** 

E. Wangermee, vice-gouverneur général de l'Etat 
Indépendant. En usage parnii les Mangbetu (Uele^, 
cet instrument ressemble à celui que nous avons 
catalogué sous le n^ 1929. Il est également monté 
de cinq cordes en fibres végétales. La table est une 
membrane en peau d'iguane qui entoure toute la 
caisse de résonance. Deux trous de o"»oi8, découpés 
dans la table, servent d'ouïes. Le manche se ter* 
mine par une petite figure féminine sculptée dans 
le bois. Long. tôt. o"845; long, de la caisse sonore 
o"235 ; larg. max. de la table o^ijs- 

Cet instrument porte différents noms, d'après le.> rêgici.s 
dont il provient. Ainsi, les Bateke du Stanley-Pool rappellent 
ndjembo, dans le district des Cataractes il porte le nom de 
kokolo, celui de lokombe dans le district de l'Equateur, tandis 
que les Azande (Uele) le nomment kondo. 

Dans notre Essai de classification (ci-dessus, pp. VI-VIl . 
nous ayons subdivisé la section a : cordes pincéêê artt 
ou sanx plectre, en deux sous-divisions : aa, sans manche; 
hb, avec mancfie. Il doit être bien entendu que, dam cette 
derniôre, nous supposons des manches plact':» parallèlement aui 
cordes et immédiatement au-dessuus, c'est-à-dire permfttant de 
varier les intonations de la corde par des raccourcissements 
obtenus en pressant du doigt la corde contre le manehe,etnoD 
pas des manches exclusivement destinés, comme c*est le cas 
pour les nanga, à attacher \rs cordes. Xous classons également 
dans la sous-section aa (^ans manche) même le^i inâlrument;' 
où le raccourcissement en question serait praticable à la 
rigueur, mais demeure exclu dans la pratique. 

Id. 2207. Nanga. Don de M. L. Cavens. Ce très 
curieux instrument, provenant du Kasai.est taillé 



— 73 — 
ans une pièce de bois, en forme de corps humain. '■*• «xt-Earop, 
.e rnanche, probablement termine par une tête, 
flanque malheureusement. La structure générale 
st celle du n» 1929, avec cinq cordes en fibre végé- 
ale. Le manche était également garni d'une plaque 
le résonance dont un fragment accompagne encore 
'instrument. Long. tôt. o»64 ; long, de la caisse 
sonore o'"3i ; larg. max. o'"i5. 

Id. 2208. Nanga, provenant des Sakara (Haut- 
LJbangij. Construction analogue à celle du n* 1929, 
manche terminé par une tête sculptée, cinq cordes 
végétales. Long, de la tête à l'extrémité de la caisse 
sonore o"570. 

Soudan français. 2209. Nanga, provenant des 
Sokoto. Semblable aux précédents^ mais de dimen- 
sions plus grandes ; jolie tête sculptée. Long, de 
la tête à l'extrémité de la caisse o"75o. 

Congo. 2210. Nanga, provenant des Budja. sur 
les rives de la Mongala, district des Bangaia. 
Construction semblable au n" 2208, sauf que l'extré- 
mité inférieure de la caisse sonore se termine par 
deux prolongements en forme de jambes. Long, 
tôt. de la tête à l'extrémité des pieds o»65o. 

Id. 2211. Nanga. Don de M. L. Exsteens. Con- 
struction semblable à celle du n* 2209, mais plus 
grossière et sans la tête sculptée. 

Id 2212, Nanga, Don du même. La caisse sonore, 
en bois, a la forme de la mandoline, d'après laquelle 
notre exemplaire a bien certainement été copié; le 



— 74 -* 
iB»t. «tt-Êarop. constructeur a même essayé de reproduire les côtes 
qui caractérisent l'instrument européen. 

La table, également en bois, n'est pas collée sur 
les bords de la caisse, mais fixée de distance eo 
distance par quelques tours de fil de fer. Le manche, 
portant cinq chevilles, comme tous les appareils de 
ce genre, est fixé par un tenon dans une embolture 
taillée dans u]^ prolongement de la caisse sonore, 
presque à angle droit avec cette dernière. Au point 
de vue de Timitation, cet instrument ne manque pas 
d'intérêt. Long, de la caisse sonore 0B235; larg. 
max. o««i 55; long, du manche o"35. 

Id. 2213. Ndjembo. Don de M. L. Cavens. Il pro- 
vient des Bateke (Stanley-Pool) et ressemble par 
sa construction aux wambee n*' 871 et 1927. Caisse 
sonore rectangulaire avec cinq branches de tension, 
cordes en fibre végétale, plaque de résonance 
semblable à celle qu'emploient les Griots pour 
leurs cambrehs (n* 789). Long. tôt. o^yôo; larg. 
max. o»i8o. 

Nous avons dit (n« 3206) que les Bateke désignaient Vile- 
ment, sous le nom de ndjembo, le nanga, qui est de constructiao 
sensiblement difTôrente. D'après les Annaltê du Musée du Cenfo, 
déjà c(tées, le ndjembo (y désigné sons le nom de « harpe«giii' 
tare ») est aussi appelé lekwon sur les rives du lao Léopold 
li, dumo par les Mangbetu et quelquefois, lorsqu'il est à bai^ 
branches de tension^ lukondo par les Bakula du Sud de l'SUt 
Indépendant. 

Id. 2214. Ndjembo. Don du même. Instrument 



— ys - 

presque semblable au précédent. Même provenance. ^^•*- •x*-*:'»'»» 
Celui-ci est accompagné du plectre et de la plaque 
de résonance. 

Id. 2215. Kissar. Don de M. Em. Wangermée, 
vice-gouverneur de l'Etat Indépendant. Cet intéres- 
sant instrument, recueilli par le donateur au cours 
de sa belle mission en 1904-1905, provient de 
rUganda (possession anglaise]. Il ne dififère pas sen- 
siblement de l'instrument catalogué sous le n^ 153, 
mais il a plus de caractère, les montants sont plus 
courts et la membrane est en peau de serpent. Les 
cordes, au nombre de huit, s'enroulent sur la tra- 
verse qui maintient les montants dans leur position 
oblique. Long. tôt. o'°58 ; diam. max. de la table 

0"33. 

Madagascar. 2216. Valiha. Il est presque sem- 
blable au n"" 384, dont il ne diffère que par la lon- 
gueur du bambou, celle des cordes vibrantes étant à 
peu près semblable. Long, du tuyau o"*87o. 

Chine. 2217. CA^ ou Si, Don du Gouvernement chi- 
nois. Forme ancienne de ce classique instrument dont 
rinvention est attribuée, d'après Amiot, à l'empe- 
reur Fou-hi, fondateur de la nationalité chinoise, 
vers 2637 avant l'ère chrétienne. A son origine, 
l'instrument avait 50 cordes, ce nombre fut réduit 
plus tard à 25, nombre de cordes du spécimen qui 
nous occupe. Bien que, dans son Mémoire, le célèbre 
missionnaire ne le dise pas explicitement, nous 



uit. ext..B«rop, pouvons conclurc de son texte' que l'accord était 
eu IV. , . . , . , . 

chromatique; et si nos suppositions relativement 

au fil d acier enfermé dans la caisse de l'instru- 
ment sont exactes, la corde la plus grave était 

accordée à Tunisson de ce timbre, soit au ^^^ , 

lequel (en tenant compte des différences de diapason 
pouvant exister en Chine aussi bien qu'en Europe) 
ne s'éloigne pas trop du hwang-chông (écrit quel- 
quefois hoang'tchonug)y son fondamental du systè- 
me musical chinois. La forme du n* 2217 ne 
s'éloigne pas de celle du cliê moderne décrit sous 
le n° 150, ni de celle du takigoto japonais (n" 151). 
Ses cordes sont tendues par des chevilles placées 
sur le côté gauche, sous la caisse sonore. Les 
chevalets sont mobiles comme ceux du n" 151. 
D'après J. A.Van Aalst*(CAt««^ music), les chevalets 
sont généralement peints de façon à représenter 
les cinq couleurs chinoises principales, les cinq 
premiers en bleu, les cinq suivants en rouge, les 
cinq du milieu en jaune, les cinq suivants en blanc et 
les cinq derniers en noir. Toute la partie supérieure 
de l'instrument est laquée rouge, avec des ornements 
dorés représentant le dragon héraldique chinois. 
Cet instrument provient de Tientsin; il est donc 
probablement originaire de la capitale de l'Empire, 
dont Tientsin, comme nous l'avons dit, est le port. 

I « Ces vin.Lît-cinq cordes forniaifint, dit-il, lous lea suns 
qui étaient renfermés dans l'inUTvalle de deux octaves. > 



— 77 — 
M. Van Aalst nous apprend que le chi est principale- iniu«tt.-EnroT 
ment employé dans les cérémonies impériales ou 
religieuses. Au temple de Confucius on en utilise 
quatre, deux placés à Tesl et deux à Touest. D*après 
la même source autorisée, l'accord est réglé dans 
l'ordre suivant : 

f:Çt: 
•t- "ta "•■ 

-k— !■— I — 






:t= 



toujours deux sons à l'octave l'un de l'autre. Long. 

tôt. 2"oo; larg. o»50. 

Âmiot rappelle que les anciens CJiinois disaient que u ceux 
qui veulent jouer du chê doivent avoir les passions mortifiées 
et l'amour de la vertu gravé dans le cœur; sans cpla, ils n'en 
tireront que des sons stériles qui ne produirunl aucun fruit. • 
^ « Je ne prétends pas, ajoute Amiot, adopter les idées chi- 
noises sur le chê] mais j'ose assurer que nous n'avons en 
Europe aucun iustrument de musique qui mérite de lui être 
préféré. Je n'en excepte pas môme notre clavecin, parce que 
les sons aigres des cordes de métal et le bruit que font 
quelquefois les touches et les sautereaux affectent désagréa- 
blement une oreille un peu délicate. » 

Id. 2218. CAé. Don du même. Provenance, cons- 
truction et décor identiques à ceux du précédent. 
Mais celui-ci, qui d'après M. Van Aalst porte seul 
aussi le nom de tseng^ n'est monté que de quinze 
cordes, fortement tendues du côté gauche par un 
nœud, et sans chevilles de tension. Le timbre inté- 



rieur donne le ^— >—- . Amiot nous apprend qu'il 



-78 - 
lut «xt. Borop. y avait quatre espèces de chi : le grand, le moyen, 

Cl 1 V» 

le petit et un quatrième, plus petit encore. Il est 
assez probable que le n° 2a i8 est le ehS moyen. 
Depuis l*origine, les cordes du ehê c étaient toutes 
composées de 81 fils de soie crue, sans qu'il y eût 
par conséquent aucune différence entre elles, de 
grosses et de petites. » Notre spécimen offre beau- 
coup d'analogie avec le ts$ng n^ 1905. Long. tôt. 
i'"48; larg. o-as. 

Id.2219. Chê. Don du même. Semblable au précé- 
dent, même provenance. Celui-ci n'a que dix cordes 

et le timbre intérieur donne le ^^It—I^ ; c*est donc 



''«^ 



fort probablement le petit chê. Le rapport exact 
d'octave existant entre les timbres intérieurs des 
2217, 2218, 2219 nous paraît confirmer nos suppo- 
sitions concernant le rôle de diapason que rempli- 
sait cet accessoire. Long. tôt. 0*725; larg. o"»i65. 
Malaisib. 2220. Sousounou. Sorte de marouvani 
(v. n* 384) en usage dans l'île de Timor. Les cordes 
sont en cuivre, au nombre de 22, et disposées tout 
autour delà circonférence du tuyau de bambou. Elles 
sont fixées à l'extrémité de celui-ci, reposent sur 
un petit chevalet mobile en bois et s'accrochent, à 
l'aide d'un nombre égal de chevilles plantées verti- 
calement au haut du bambou, dans une pièce de bois 
dur insérée dans la partie supérieure du tuyau et 
dont la forme est, à peu près, celle d*un goulot; 
Ten semble ressemble assez bien à une bouteille 



— 79 — 
allongée. L'instrument repose sur les bords d'une '»•*• exn-irfop. 
coquille formée par une feuille de palmier séchée et 
formant ainsi un réservoir dont la capacité d*air 
renforce très efficacement les sons de l'appareil. 
Un ruban est attaché à la coquille pour la suspen- 
dre au cou de l'instrumentiste de telle façon que le 
tuyau de bambou se trouve placé horizontalement 
devant lui, les chevilles en avant. Les cordes peu- 
vent ainsi être pincées des deux mains, à l'instar de 
celles de la harpe. L'ensemble est d'un aspect très 
gracieux et l'instrument lui-même est susceptible 
de très jolis effets sonores. Long, du tuyau de bam- 
bou, cheviller compris, o"*49; haut, de la coquille 
dans le sens du tuyau C57; larg. dans le sens 
opposé o"63; profondeur o"40. 

Boas-ieotion M. » Cordes pincéesi ATee mADebê. 

Siam. 2221. Ta'khay (fr. = alligator). Instru- 
ment ainsi nommé parce que souvent il représente 
la forme du crocodile (v. le megyoung n« 758;. Notre 
exemplaire est formé d'une caisse sonore ovalaire 
pointue de o^jo de largeur niaxima, d'une hauteur 
moyenne deo"i2, d'un manche rectangulaire, pro- 
longement de la caisse sonore et de même hauteur, 
de o^ois de largeur, arrondi à l'extrémité supérieu- 
re, du côté des chevilles La table recouvrant la 
caisse et le manche est légèrement arrondie dans le 
sens de la largeur, le dos, qui ferme r«uverture de 
la caisse sonore et du manche, est une planchette 



— «o — 

inst. etf.-RDrop. de sapÎH fixéc dâns les éclisses au moyen de vis et 
dans laquelle on a découpé, en guise d*ouïe, ane 
ouverture de o"i5o de longueur sur 0*020 de largeur 
garnie d'une rosette. L'instrument repose sur cinq 
pieds, de o"o85 de hauteur, l'un sous le cheviller, 
les quatre autres sous la caisse sonore. 

L'instrumentiste joue assis à terre, le lakhay 
posé devant lui sur le sol : de la main gauche, il 
appuie les cordes sur les chevalets pour en varier 
les intonations, de la droite il les ébranle à l'aide 
d'une pointe d'ivoire. 

Les cordes sont de soie et au nombre de trois, 
une cheville fonctionnant dans la face antérieure, iei^ 
deux autres sur la face postérieure du manche. Elles 
reposent sur un haut sillet en corne de buflBe et vien- 
nent s'attacher à une petite traverse de laiton placée 
immédiatement derrière le chevalet triangulaire, 
également en laiton, fixé à o^igo de l'extrémité 
inférieure de la caisse sonore. Les divisions des 
cordes sont obtenues à l'aide de onze chevalets 
mobiles en bois, collés sur la touche à l'aide de cire 
Dans leur position actuelle, ces chevalets produi- 
sent approximativement une succession diatonique 
de douze sons, le premier étant considéré comme 
premier degré d'une gamme. Chose curieuse, les 
chevalets mobiles de la touche sont posés oblique- 
ment, la partie postérieure inclinant vers le cheva- 
let fixe de la table, de sorte que les trois cordes, 
tout en étant de longueur égale, ont respectivement 



— 8i — 

des divisions de plus en plus courtes et, par consé- imt. «t-Borop. 
quent, des intonations de plus en plus aiguës. ^^ '^- 

Etats-Unis d'Amêriqub. 2222. Mandoline. Don 
de M"' John Crosby Brown. Instrument rudimen- 
tairedes montagnards de l'Etat de Géorgie. La caisse 
sonore est formée d'une gourde piriforme de crois- 
sance très curieuse ; le manche, la touche et le 
cheviller sont en bois dur, de même que la table 
d'harmonie, dans laquelle on a découpé une ouver- 
ture ovale servant d'ouïe. Quatre cordes doubles 
d'acier, dont les quatrièmes sont filées, sont tendues 
par huit chevilles ; elles reposent sur un chevalet 
fixé sur la table d'harmonie et vont s'attacher à 
l'extrémité opposée à un cordier en cuivre rouge. 
La touche porte treize divisions établies par des 
fils de cuivre incrustés en travers du manche. Pro- 
bablement mal copiées de celles d'un instrument 
européen, ces divisions produisent des intonations 
n'ayant entre elles aucune relation tonale. Long, 
tôt. o"640 ; larg. max. o"i70 

Congo. 2223. Mandoline (Sorte de) de grande 
dimension. Don de M. Wangermée, vice-gouver- 
neur général de l'Etat Indépendant. Elle est de 
provenance arabe et a été rapportée des rives du 
Tanganika, où elle est en usage parmi les popula- 
tions arabisées. Caisse sonore, manche et cordier 
sont découpés dans une seule pièce de bois, la 
touche et la table sont collées sur les bords de la 
caisse de résonance creusée dans la pièce. Un trou 

6 



n 



Inst. txt.-BBfop. 
CL IT. 



— 8a — 



ovale découpé dans la table sert d'ouïe. Cinq cordes, 
qui nous paraissent avoir été réglées en deux dou- 
bles (les deux premières) et une simple (la basse). 
La forme générale est celle d'une grande mandoline 
ayant le dos aplati. Le manche est échancré à sa. 
partie supérieure, au-delà du sillet, pour faciliter 
l'enroulement des cordes sur les chevilles. Long, 
tôt. o"735 ; long. max. de la table o"i70. 

Id. 2224. Mandoline (Sorte de). Presque sem- 
blable à la précédente. Long. tôt. 0*820 ; lar^. 
max. o»i90. 

Chine. 2225. Yue-kin. Don du Gouvernement chi- 
nois. Sa construction ne diffère que très peu de 
celle de la guitare lunaire n® 157, mais celui-ci est 
de facture plus soignée; les chevilles sont enjolivées 
de filets en spirales et les divisions de la touche et de 
la table ont les arêtes incrustées de filets d'ivoire. 

Id. 2226. Yue-Kin. Don du même. Celui-ci pro- 
vient de Canton. Il est semblable au précédent, mais 
les éclisses» au lieu d'être droites comme elles le 
sont habituellement, sont arrondies. Toute la cais- 
se sonore, y compris la table d*harmonie, semble 
être faite de deux coquilles de bois rassemblées par 
leurs bords. 

Id. 2227, Pepa ou P'i-p'a (fr.= guitare ballon). 
Don du même. Construction semblable à celle du 
n« 1922, mais la caisse sonore renferme le fil d'acier 
que nous avons signalé déjà dans nombre d'instru- 
ments et auquel nous attribuons l'office de diapason 



- 83 - 

(v. la note du n» 1923). Celui-ci donne le ^ ~" . "' ci.i?.""*'^ 

Le cordier du présent instrument, en ivoire sculpté, 
mérite de fixer l'attention. L'accord ne diffère guère 
de celui du n* 1922, sauf adjonction sur la table 
d'une division de plus, permettant la production 
d'un degré de plus à l'aigu; en outre, les divisions 
de la touche occupent toute la largeur de Tespace 
sous les quatre cordes; enfin, la division qui indique 
la moitié de la longueur, et qui produit conséquem- 
ment Foctave de la corde vibrant en son entier, est 
plus large, ceci sans aucun doute afin de servir de 
point de repère et pour faciliter le jeu de Tinstru- 
ment. Long. tôt. o'"95; larg. max. o'°24 

M. Van Aalst, dans son très remarquable ouyrage Chinef^e 
music, dit que la pejya est d'origine assez ancienne; ses quatre 
cordes de soie représenteraient les quatre saisons, — l'une de 
oes allégories familiàres aux Chinois. Associée à la flûte, la pepa 
se fait entendre souvent dans les réunions joyeuses. 

Section d. — Cordes pinzhs (ébr inlècs ) pur lèvent, 

HoTTBNTOTiB. 2228. Goura. Don de M . Henry 
Balfour.Pac-simile d'un instrument des Boschimen. 
Il a été décrit dans la très intéressante brochure du 
donateur : The Goura, a stringed-wind musical ins- 
trument of the Bushmen and Hottentots (publications 
de rinstitut anthropologique de Grande-Bretagne et 
d'Irlande» 1902). C'est une simple baguette tendue 
en forme d*arc au moyen d'une corde. A Tune des 
extrémités de celle-ci, contre le nœud d'attache, se 



Cl. IV. 



- 84 - 

intt ext.-Eorop. trouve interposée une sorte de languette rectangu- 
laire de 0*045 environ de longueur sur o^oio de 
largeur, faite d'un fragment de plume fendu sor 
toute sa longueur, déroulé et aplati. En appro- 
chant cette languette des lèvres et en la faisant 
vibrer sous la pression du souffie. on produit un son 
qui n*est pas sans ressemblance avec celui de la 
feuille de papier que les enfants font vibrer de la 
même manière en la serrant entre les deux pouces, 
ou encore avec celui d'une mauvaise clarinette. 

£n sou£9ant plus fort, la languette, aidée par la 
vibration de la corde, dont elle n'est que la prolon- 
gation vibre avec une vitesse double et produit le 
son 2 ; en soufflant plus fort encore on produit 
le son 3, et ainsi de suite. Le jeu de la goura (que 
les Hottentots appellent aussi gom-gom) offre d'assez 1 
grandes difficultés. Ce n'est qu'après de nombreux ' 
essais que Ton parvient à produire quelques sons | 
sur ce très curieux instrument, tandis que dans les l 
pays d'origine on en tire des effets surprenants (v. la ' 
note du n** 2191). 

Branche C. — Cordes frappées. 

Section a. — Cordes frappêis par des mailUts, 

Chine. 2229. Yang-kin, Don du Gouvernement 
chinois Alors que la forme habituelle de Tinstni- 
ment est celle du trapèze (v. n" 165), le spécimen 
qui nous occupe est formé d'une caisse plate rectan- 



- 85- 
gulaire et il est monté de sei^e cordes quadruples de loit. «st-Earop. 

CI IV 

laiton 8*appuyant sur deux chevalets posés oblique- 
ment sur la table d'harmonie, celle-ci décorée du 
dragon héraldique chinois, en or sur fond noir. Les 
deux parties triangulaires qui transforment la figure 
trapézoïdale en rectangle sont utilisées pour servir 
de bottes et fermées par des couvercles décorés de 
la même façon que la table. Long, de la caisse o"*78; 
larg. o»27. (A. G. Moulb. A lisi of the musical and 
oiher Souni-propucing Instruments of the Chinese). 



APPAREILS DIVERS. 

2230. Trentc'huii tuyaux à bouche ayant servi à 
des expériences sur la vibration des colonnes d*air. 

A. — Tuyaux cylindriques. 

N* I. Tuyau ouvert, de 0*3 7 6 de longueur sur 
o°'oi4 de diamètre donnant, insufflé transversale- 
ment, le la de 870 vibrations simples. 

La longueard'un tayau destinô k produire un certain son par 
l'insufflation transversale contre le bord de l'orifice môme du 
tuyau (insufflation de la flûte de Pan), est égale & la longueur 
de Tonde simple de ce son diminuée de la largeur du diamètre 
da tuyau. La longueur de l'onde simple s'obtient en divisant 
la vitesse moyenne du son, 840 mètres par seconde, par It 
nombre de vibrations simples du son à produire. Soit donc & 
donner par un tuyau cylindrique de 14 mill. de diamètre 

an ia de 870 vibrations : 

840 
La longueur d'onde simple de ce son est de — se 0"890. 

Diminuant de 14 mill. la longueur d*onde nous ayons 
0»390 — 0«014 = QwSîe. Le tuyau N» 1 de a-376 de longueur et 
de 0'bO14 de diamètre insufflé eomme nous venons de le dire, 
donne en effet très exactement le la de 870 vibrations simples. 

Cette loi n'est exacte que pour des tuyaux cylindriques 
dont la longueur mesure au moins huit fois la largeur du 
diamètre. Lorsque le rapport est moindre» il se produit un 
écart qui nous avait amené, lors de nos précédentes expériences, 
à évaluer llafluence du diamètre aux 3/4 de sa largeur. (Voir 
les Etudes expérimentales, Cal. du Musée du Conservatoire, 
t. m p. 461). 

L'écart entre la longueur théorique, celle de Tonde simple, 
et la longueur réelle d'une colonne d'air s'explique par ce 
fait que l'insufflation transversale n'ébranle pas entièrement 
la tranche d'air, d*où ralentissement dans la vitesse du mouve- 
ment vibratoire et, comme conséquence directe, abaietement 



— 88 — 

du son. L'écart Mi d'aatant pi as soQtible que le diamètn 
du tuyau eet plus grand comparé à sa longueur. C'est ce qui 
noua fait dire qu'il faut pour yérifier la loi de l'influence du 
dlamôtre» que la longueur du tuyau soit au moins huit fois 
celle du diamôtre. En pratique cependant, la loi peut être 
admise telle que nous l'avons exposée, parce que la mise en 
vibration d'une colonne d'air par l'insufQation à l'un de ses 
orifices ouverts» ne s'utiliBC pas sur des tuyaux dont les 
dimensions s'écartent de ces proportions. 

En 1860» A. Cavaillé-OoU, célèbre facteur d'orgue à Paris, 
avait présenté à TAcadémie^es Sciences^ une loi permettant d- 
déterminer par le calcul la longueur réelle des tuyaux rectan- 
gulaires. Elle se résumait ainsi : La longueur de ces tuyau 
est égale à celle de l'onde du son à produire moins deux fois 
la profondeur du tuyau. La profondeur est la dimension 
parpendiculaire & la largeur du tuyau sur laquelle s'étsblît 
la bouche. 

Pour les tuyaux cylindriques» CaTaillé-Goll déterminait 
la longueur réelle du tuyau en diminuant celle de Tonds 

5 

des - du diamètre. 
3 

Il est ft remarquer que dans la facture d'orgue la eonforma* 
tion de la bouche des tuyaux rectangulaires et cyllndriqaes «tt 
telle que l'un des orifices de ces tuyaux est partiellement 
bouché. Il en résuite que l'abaissement du son et. par suite, 
réoart entre la longueur théorique et la longueur réelle est 
bien plus grand que celui qui résulte de l'insuiftation tran87e^ 
sale du tuyau par l'un de tses orifices entièrement ouvert. 

Pour produire l'octave grave d'un son donné par une corde 
on en double la longueur ou le diamètre. Mais il snfflt de 
jeter les yeux sur un piano pour se convaincre que diàns 
la construction de ces instruments on oombine pour des 
nécessités de dimensions et de timbre, la loi dee longueurs 
et celle des diamètres. 

La théorie nous enseigne bien aussi que pour obtenir l'oetaTe 
grave d'un tuyau il faut en doubler la longueur. Mais c'est une 



-89- 
errenr : si l'on doublait la longueur du tuyau N« 1 de 0n376 de 




longueur donnant le /k -J — nons n'obtiendrions qu'un 




beaucoup trop haut. En effet notre tuyau n'aurait 



que 0<»876 X 3 =s 0.75*3 de longueur alors que conformément & 
la loi ci-dessus énoncée, il nous faut pour ce la qui a une lon- 
gueur d'onde de 0*780, diminuer cette longueur de la largeur 
du diamètre, soit 0"'780 — 0«014 = 0-766. 

De même qu'une corde doublée de longueur ou de diamètre 
n'a pas le môme timbre que son octave aiguë donnée par la 
corde ramenée aux dimensions premières, et ce & cause d'une 
résonance harmonique différente, deux tuyaux de diamètre 
semblable dont les longueurs seraient comme 1 : 2 n'auraient 
pas le mémo timbre. 

il faut pour obtenir une homogénéité de timbre entre les 
deux tuyaux & l'octave non seulement doubler la longueur du 
plus court mais aussi en doubler la section, s'il s'agit bien 
entendu de tuyaux cylindriques. 

Remarquer que nous disons doubler la section du tuyau et 
non pas doubler le diamètre, car doubler le diamètre, c'est 
quadrupler la section I 

Ainsi, étant donné le tuyau de 0"876 de longueur sur un 

diamètre de 0*014 donnant le la de 870 vibr. simples^ il faut, 

pour produire un la de 435 vibr. simples avec le même timbre) 

doubler la longueur du tuyau, soit 0»376 X^ = 0" 752 et doubler 

8 
aussi sa section soit, 14X1-4139=» 19 -T mill. On verra plus 

loin que la section d'un tuyau cylindrique se double en multi- 
pliant le diamètre initial par 1.4139. Le tuyau réunissant cette 
double condition donnera, en effet, assez exactement le la de 485 
vibr. simples et les deux tuyaux auront le même timbre. 

CSomme nous rayons dit précédemment (voir les no'859, 860, 
861t T. II du Catalogue du Musée), il est assez étonnant que 



- 90 — 

ce soit danà un document chinois remontant à Tan 1696 que 
nous trouvons les premiôres indications — noua le pensoai 
du moins — sur cet intéressant sujet. Il s'agit d'un rapportdn 
prince Tsai-Yu (1) établissant pour son souverain la dioieo- 
sion exacte des lu ou diapasons ofliciels de l'empire. Déjà en 
Chine, & cette époque, l'octave était divisée en douze demi- 
tons tempérés. Le prince n'expose pas de théorie, il se 
contente de fixer les dimensions des tuyaux, mais une étude 
approfondie du sujet, qui nous avait intéressé au plus haat 
point, nous a démontré que dans la détermination du diapa- 
son des lu» IsL longueur du tuyau initial avait été dlTiséc 
pour produire le demi-ton supérieur par la raison géométrique 

12 
1/— g— =^ 1.0594631, et qu'en môme temps le diamètre du tuyau 

24 
a^ait élé divisé par la raison géométrique-/— t—= 1.0398857. 

Nous avons expérimenté cette loi à différentes reprises; sans 
nous donner des résultats d*une exactitude absolue, ils sont 
tels cependant qu'ils soiUsentdans la pratique, ^ous le démon- 
trerons par un exemple : Soit à déterminer la longueur d'no 

tuyau donnant le ^•— ^-^ de 8480 vibrations simples. La 



"1 



340 
longueur d'onde est deTj-rT=sO»0976. 

Si nous donnons à ce tuyau un diamètre de 10 millimôtred, 
sa longueur réelle pour le la en question est, d'après nos ex- 
périences personnelles, de 0»0975 — 0»010 = ©""OSTd. 

D'après la théorie chinoise, pour produire l'octave grave de 

ce tuyau, il faut en doubler la longueur et en doubler laspclion. 

Donc : 

longueur O^OSIô X ^ = 0«nl75 

diamètre 0>»010 X 1.418 = 0««>0,014. 

D'après nos expériences, la longueur de l'onde simple du 

(1) Amiot, Mémoire sur la musique des chinois. 



È 



- ô^ - 

de 1740 Tibrationa simples est de 0»195, et adoptant 



le diamètre de 14 mill., noas avons comme longuear exacte 
du tuyaa donnant le la 

0»195 — 0M)14 = O'-lSl 
Le tuyau^ d'après le calcul chinois» est donc trop court 
de 6 millimètres. 

D'après Tsai-Yu, pour produire le la de 870 vibrations 
simples, il faut quadrupler la longueur du tuyau initial et 
doubler sou diamètre : 

longueur 0'b0875 X 4= O^SSO 
diamètre 0«010 X 3 =» 0-020 
D'après nos expériences, la longuear d'onde de ce la est de 

-gzr-^^O^dQO et, admettant le diamètre de 20 mill.» nous ayons 

pour longueur exacte du tuyau donnant ce la : 

0»390- 0»0a0r=0»370 
Il manque donc 20 mill. au tuyau mesuré d'après le système 
chinois pour donner le la en question. Gomme nous l'avons dit, 
T. ni, p. 467, les dimensions fixées aux lu par le prince 
Tsai-Yu peuvent satisfaire dans la pratique, maïs nous venons 
de le démontrer, elles ne sont qu'approximatives. 

Pour faciliter les calculs, nous avons dressé les tableaux 
suivants ; ils rendront, pensons-nous, service aux facteurs 
qu'un peu de théorie n'effraie pas. 



LOI DBS LONGUBURS : 



I 



Ton initial 


1.00000 


Seconde mineure 


1.05946 


Seconde majeure 


1.12245 


Tierce mineure 


1.18919 


Tierce majeure 


1.25939 


Quarte juste 


1.33180 


Quarte majeure 


1.41416 


Quinte juste 


1.49824 


Sixte mineure 


1.58782 


Sixte majeure 


1.68170 


Septième mineure 


1.78169 


Septième majeure 


1.88762 


Octave grave du 




ton initial 


2.00000 



-- 94 — 

LOI DES DIAMÈTRES. 

Ton initial 1.00000 

Seconde mineure 1. 



Seconde majeure 1.05948 

Tierce mineure 1 .09045 

Tierce majeure 1 .19230 

Quarte juste 1.15585 

Quarte majeure i .18909 

Quinte juste 1.83391 

Sixte mineure 1.35976 

Sixte majeure 1.39064 

Septième mineure 1.83461 

Septième majeure 1.87371 
Octave grave du 

ton initial 1.41395 

Neuvième mineure 1.45535 

Neuvième majeure 1 ,49798 

Dixième mineure 1.54185 

Dixième majeure 1.58700 

Onzième juste 1.63848 

Onzième majeure 1.68131 

Douzième juste 1.78055 

Treizième mineure 1.78128 

Treizième majeure 1.88840 

Quatorzième min. 1.88709 

Quatorzième maj. 1.94286 
Double octave grave 

du ton initiai 2.00^ 
L'application de ces tableaux est facile : Étant donné un 

tuyau cylindrique d'une longueur X et d'un diamètre T, on 

multiplie X par 1.49834 et Y par 1.22391 pour obtenir la loa- 

gueur d'un tuyau donnant sa quinte grave; 

X par 2 et Y par 1 41393 pour un tuyau donnant l'octaye 

grave; 

X par 2, puis par 1.49824 et Y par 1.78065, pour un tuya» 

donnant la douzième grave; 



^ ^i ^ 

X par 2, puis encore par 2» et Y par 2 pour obtenir un 
tuyatt donnant la double octaye du son initial. 

Yeut-on construire des tuyaux donnant les mêmes intona* 
tions à l'aigu^ on remplace la multiplication par la division. 
Ainsi, pour obtenir la quinte aigu é» on divise X par 1.49824 et 
T par 1.22891, etc. 

La connaissance de ces lois est d'une très grande utilité pour 
le facteur d'instruments à vent, car, s'il est permis d'utiliser 
des tuyaux de proportions semblables pour des changements de 
diapason, il ne Test plus dôs qu'il s'agit de construire des 
instrnments dans des tonalités différentes. Si l'on veut conser* 
ver cette qualité principale, l'homogénéité des timbres, il 
faut que la longueur et le diamètre des tuyaux se combinent 
proportionnellement^ d'après les lois que nous venons d'exposer. 

N» 2. Tuyau fermé, de o»i88 de longueur sur 
0*014 ^^ diamètre donnant, insufflé transversale- 
ment^ le la de 870 vibrations simples. 

Lorsque le tuyau cylindrique insufflé transversalement est 

fermé (flûte de Pan), la demi-onde condensée, n'étant pas 

arrêtée au milieu du tuyau par la pression atmosphérique 

qui s'exerce par l'ouverture de Toriflce opposé à la bouche, 

parcourt toute la longueur du tuyau et elle se réfléchit sur le 

fond pour, en revenant sur elle même, former la demi-onde 

dilatée. 11 résulte de ce double parcours que le son produit est 

à l'octave grave de- celui que donne un tuyau ouvert de môme 

longueur Un nœud de vibration se forme alors au fond du 

tuyau; c'est le point où les condensations et les dilatations 

atteignent leur maximum. 

Par suite la loi énoncée au N» 1 se modifie : la longueur d'un. 

tuyau fermé est égale & celle de la demi-onde simple du son à 

produire diminuée de la moi lié du diamètre. Ainsi, pour le la 

de 870 vibrations simples, la longueur du tuyau cylindrique est 

^ , 0«890 , ,„, (H)14 ^ _^ 
égale à——- =0«195— — — =0"188. 



- 94 — 

Par la comparaison outre le tuyau N<> 1 et le tuyau N«d»ildii 
facile de constater combien le tuyau fermé parle plus facilement 
que le tuyau ouvert ; ce fait s'explique par la plus grande 
facilité avec laquelle Tonde se réfléchit sur le fond du tuyau 
que sur la couche d'air formant nœud, du tuyau ouvert. 

N* 3. Tuyau ouvert, à bouche latérale, donnant le 
la de 870 vibr. simples. Les dimensions sont les 
suivantes : long, depuis le centre de la bouche 
jusqu'à l'extrémité opposée, 0*376; diam. 0*014; 
diam. de la bouche o"oi 4. 

Lorsque l'iosuiBation transversale est remplacée par Plnflttf* 
flation latérale comme à la flûte traversiôre, la longueur du 
tuyau reste la môme^ à la condition que la bouche soit eiren* 
laire, qu'elle ait exactement le même diamètre que le tuyau 
lui-môme et que la longueur soit mesurée du centre de laboneha 
à l'extrémité opposée du tuyau. 

Il est ù. remarquer qu'en obturant l'extrémité du tuyau du 
côté gauche de la bouche et contre le bord de la oirconférenee 
de celle-ci, l'émission du son devient plus facile. Mais qnc le 
tuyau soit obturé ou ouvert à cet endroit, le son fondamental 
ne varie pas et les harmoniques conservent exactement leur 
rapport vibratoire. 

La longueur réelle da tuyau pour le la de 870 vibr. slmplei 
est donc encore égale à celle de l'onde simple 0"d80, diminuée 
de la largeur du diamètre du tuyau 0"0U. 
Quiago — 0««014 = 0«876 

Celte longueur est prise du centre de la bouche à rextrémilé 
opposée du tuyau. 

N» 4* Deux tuyaux ouverts, à bouche latéralCi 
donnant tous deux le la de 870 vibr. simples, avec 
les dimensions respectives suivantes: 

Tuyau A. — Long, depuis le centre de la bouche 



~ $5 - 

jusqu'à l'extrémité opposée, o"3 69; diam. o»oi4{ 
diam. de la bouche o'^oo?. 

Tuyau B. — Long, depuis le centre de la bouche 
jusqu'à Textrémité opposée, o"372; diam. 0-014; 
diam. de la bouche o"oio. 

Lorsque la bouche latérale a un diamètre moindre que celui 
du tuyau, elle doit se rapprocher d^auiant plus de l'extrémité 
opposée,— ce qui équivaut à un raccourcissement de la colonne 
d'air \ibrante, — que la différence entre les deux diamètres est 
plus grande. De nombreuses expériences nous ont démontré 
que ce rapprochement est égal en longueur à la différence entre 
le diamètre de la bouche et celui du tuyau. Ainsi pour le tuyau 
A de 0">014 de diamètre et donnant le la de 870 yibr. simples avec 
une bouche de 0^001 de diamètre, la longueur n'est plus que de 
0Bd69 parceque la longueur* d'onde» de 0'°d90, diminuée de la 
largeur du diamètre 0°'014, diminuée en outre de la différeDce 
entre le diamètre du tuyau et celui de la bouche donne : 

0«°390 — 0»0W - 0»007 = 0»b69 

Pour le tuyau B> dont les proportions sont semblables à celles 
du tuyau A mais avec une bouche de 0°K)10 de diamètre^ la for- 
mule devient 

0«890 — 0»014 — 0'«004 = 0-873 

Les deux longueurs A et B donnent très exactement le la de 
870 yibr. simples. 

Nous ayons dit au sujet de Texpérience N*'8 que l'obturation 
du tuyau ft la gauche de la bouche facilite la production du 
son. Ce fait s'explique ; il est certain que la réflexion de l'onde 
se fait mieux contre une paroi fixe et rigide que contre une 
tranche d'air & la pression atmosphérique. La nécessité 
d'obturer le tuyau de la flûte traversière est ainsi démontrée 
et nous savons expérimentalement (N°3) que lorsque la bouche a 
un diamètre égal à celui du tuyau, la place de l'obturateur se 
trouve être tout contre le bord de la circonférence de la bouche 



-96- 

soit donc à nue distance da centre de la bouche égaie à la 
moitié du diamètre du tuyau. 

Il résulte de nos multiples essais que lorsque la bouche est 
d*nn diamètre moindre que celui du tuyau, la place de robln- 
rateur doit être maintenue & ce môme écartemenC, égsl i h 
moitié du diamètre du tuyau mesuré du milieu de la boucha i 
l'obturateur. 

Si Ton reculo l'obturateur ft gauche dans une certaine 
mesure, IMntonation du son fondamental ne varie pas^ mais les 
harmoniques s'en approchent, baissent conséquemment dans 
Irur rapport ayec le son fondamental. Si l'on avance l'oMara- 
teur vers la bouche, le son fondamental conserve encore ion 
intonation, n\ais les harmoniques s^éloignent, <leviennent trop 
aigus. La place de Tobturateur est donc d'une importasee 
extrême pour maintenir rexactilude du rapport vibratoire 
entre le ton fondamental et ses harmoniques, mais c'est une 
erreur de croire que l'on peut par son aide varier le diapason 
du tuyau. 

Pour parvenir à baisser le diapason & l'aide de ce procédé 
(l*élévation n'est pas possible), il faudrait reeuler l'obtnratfur 
vers la gauche d'une certaine quantité, et nous avons co&staté 
que celle-ci serait plus grande lorsque la bouche a un diamètre 
égal à celui du tuyau que lorsque la bouche a un diamètre 
moindre. Nous examinerons ce phénomène plus loin (expéiien- 
cesNw 17 et 18). 

N« 5- Tuyau semblable au tuyau N* 4 A. 

L'obturateur, au lieu d'être placé à <H)07 (moitié en 
diamètre du tuyau), à gauche du centre de la bouche, est 
reculé jusqu'à OnOll. Nous constatons, conformément au 

explications finales de l'oxpérionce précédente, que le £zv= 
a conservé très exactement son intonation, mais que I«8 



harmoniques 



m 



sont devenus sensiblement trop bas 



— 97 — 

N"" 6. Tuyau ouvert, à bouche latérale, donnant le 

la de 1740 vibr. simples. Dimensions : long, depuis 

le centre de la bouche jusqu'à Textrémité opposée 

G" 174; diam. du tuyau o"»oi4; diam. de Tembou- 

chure o"*oo7. 

Ce tuyau dômoatre que les résultats conslatéa au tuyau 
X» 4 A sont semblables pour des sons de hauteurs différentes. 
Ainsi» pour produire le son la de 1740 vib. simples par un 
tuyau de OnQU de diamètre avec une bouohe de 0°K)07 de 
diamètre, nous ayons : 

Longueur d'onde .— -. =0™19o 
1740 

Cette longueur d'onde diminuée de 0"*014 pour compenser 
TinQuence du diamètre, diminuée en plus de O'X'OO? pou» 
compenser celle d'une bouche n'ayant que 0*007 de diamètre, 
donne pour la longueur du tuyau : 

0«195 - 0»014 - 0-007 = 0«174. 

L'obturateur placé dt gauche, à O^OOT du centre de la bouohe 
latérale (moitié du diamètre du tuyau), assure le rapport 
exact des harmoniques. 

Il est extrêmement important, dans les expériences à 
l'aide de bouches latérales, de ne pas recouvrir celles-ci ayec 
les lèvres, le moindre rétrécissement qni résulte de cette cou- 
verture produit naturellement un abaissement de l'intonation 

II est bon de remarquer aussi que dans tous les tuyaux 
précédents l'intonation reste la môme, que la colonne d'air 
soit ébranlée par la bouche latérale du tuyau ou qu'elle le 
soit par l'orlâce opposé & la bouche. 

N* 7. Tuyau ouvert, à bouche latérale et à six trous 
latéraux, avec les dimensions suivantes : longueur 
depuis le centre de la bouche jusqu'à l'extrémité 
opposée, o"»369; diamètre du tuyau, o™oi4; diam. 



^9«- 

de la bouche 0^07 ; diam. des trous latéraux^ 

0*014; long, respectives du centre de l'embouchare 

à celui de chacun des trous latéraux, o"*347t 0*327, 

o^i^Tf o^aSg, 0*27 I, o"255. 

Lorsque le tuyau est destiné à produire diffèreutes intona- 
tions à l'aide d'ouyertures latérales circulaires» l'emplacement 
de oellea«ci se calcule diaprés la loi énoncée à l'expérience N*l, 
pour autant que la bouche et les ouTeriures latérales aient on 
diamètre égal à celui da tuyau. Le centre de l'ouyertare 
latérale occupant exactement la limite de l'onde, fait que U 
tuyau se raccourcit absolument comme s'il était coupé en cet 
endroit. Pour s'en convaincre, il suffît de poser le doigt sur 
un trou latéral au-deU de celui qui produit rintonation; on 
constatera que oelle-ei ne yarie pas malgré cette couyerture. 
# Nous youlons donc donner par le tuyau N* 7 les intonations 
suivantes : 

si 1^ de 931.6 yib. simples 

8i de 976,5 — 

ut de 1084.5 - 

tf/jfdel096 ^ — 

ré de 1161 ' — 

r^#delS30 — 

dont les longueurs d'onde simple sont de : 
. 840 

810 

340- 

840 

840 
ré ïÏM-=0-«» 

340 
r-r» 1^=0-876 



— 99 — 

Ayee une bouoho de OnQU» diamètre dn tnyau, il safflt de 
ainiinaer oeg longueurs d'onde de O-Ol-l compensant l'influence 
dadlamôtre du tuyau, pour déterminer le long de celui-ci le 
centre de chacune des ouvertures latérales donnant Tintona- 
tion voulue (Expériences N»» 1 et 8). 

Mais avec la bouche de 0.007 qui nous avons adoptée pour 
notre expérience, il faudra diminuer en plus la distance 
entre le centre de la bouche et celui de chaque ouverture laté- 
rale de 0«307 (Ex périeice N» 4 A) pour compenser l'abaisse- 
ment produit parle rétrécissement de la bouche, ou en d'autres 
termes par cette fermeture partielle du tuyau. 

Nous avoua donc : 



pour la 0"890 


1 


0«d69 


8i t^ 0-868 


1 


0«847 


8i O-SiS 


1 


0-327 


ui 0»828 


-O^OU-O-OOÎ^/ 


0-807 


u/JfO»310 


j 


0-380 


ré O-aw 


1 


0-Ô71 


rrfj{0»a76 


! 


0-255 



Le tuyau N» 7, construit sur ces données, donne très 
exactement les intonations voulues. 

En couvrant les ouvertures latérales d'un diamètre aussi 
{rand que celui de 0-014 par les doigts, la partie charnue ft 
'extrémité de ceux-ci forme une sorte de tampon qui pénétre 
i l'intérieur du tuyau, provoque le ralentissement vibratoire 
le la colonne d*air et, par conséquent^ abaisse Tintonation. 
]et inconvénient se produit aussi bien sur chacun des sons 
bndamentanx que sur leurs harmoniques et dans une même 
aesure. C'est pour éviter cet inconvénient que nous nous 
ommes servis de douilles tournantes permettant de fermer 
u d'ouvrir à volonté, les ouvertures latérales sans perturber 
a régularité de la colonne d*air. 

N*^ 8 Tuyau semblable au précédent^ mais avec des 
TOUS latéraux de 0-007 seulement* La distance du 




lOÔ — 

centre des trous latéraux à celui de la' bouche, est 
respectivement de o"a48, o"'a64, o*a8a, 0*300, 
o"320, o"*340. 

Nous avons dont à constraire an tayan donnant les mêmes 
intonations quA celles de Texpèrienoe N* 7 mais avec des trou 
latéraux de (t"H)07 seulement. Nous atteignons le but •& 
raisonnant de la môme façon, mais en tenant compta de 
l'inUuence abaissante qu*exerce sur Tinlonation le rétrécis- 
sement do l'ouverture latérale. Nous avons vu (expérieoM 
N«4 A) qu'une bouche latérale de 0^007 appliquée à un tayaa 
de Qi^U de diamètre équivaut à l'abaissement que prodairâil 
un allongement de On007. 

Le môme effet se produit par le rétrécissement des oufer- 
tures latérales et nous avons donc & déduire encore OHXHde 
chacune des longueurs précédemment, données pour las oaTO^ 
tnres latérales de 0-014 : 

8i 0-897 I ( 0-3M 

«* ^^ [ -0-007 « ^^^ 

u< 8 0-289 / j 0-288 

ré (Mni \ f 0-284 

r^Jt 0-255 ; [ 0-248 

Le tuyau construit sur ces données donne très exaetemwi 
les intonations voulues. 

Il est utile de remarquer ici que le diamètre des ourertnrea 
latérales étant moindre que celui du tuyaa»ce dernier n'agit ^«a 
comme si la colonne d'air était coupée à chacun des centras de 
ces ouvertures, la vibration de la colonne d'air se poamit 
au-delà du trou latéral en fonction et la couverture do (roa 
suivant peut amener un abaissement asses sensible da ris- 
tonation produite, voire parfois tout un demi-ton. Dts9 
certains instruments de muisique ce phénomène est utUlsé at li 
procédé est connu sous le nom de doigté fourchu : on past 
ainsi sur quelques instruments baisser d'un demi-ton rintott- 



— lOI — 

tion produite par un trou latéral en eouyrant par le doigt le 
trou saivant. Pins les trous latéraux sont petits^ plus le 
phénomène en question s'accentue. 

L'^abaissement produit lorsque Ton couvre les trous latéraux 
par les doigts fQrmant tampon est moindre qu'au N« 7 mais 
n'en existe pas moins. 

N* 9. Tuyau semblable au N« 7, mais avec les 

ouvertures latérales surmontées chacune d'un tube 

additionnel de o"*oo7 de hauteur recouvert d'un 

chapeau faisant TofBce de tampon et permettant 

Tocclusion facile des trous latéraux. 

De l'emploi de ces tubes additionnels il résulte : 

1^ Que les sons fondamentaux la, 8i}?, si, ut, ut fi, ré ont 
légèrement baissé à cause des cavités que les tubes addition- 
nels forment dans la colonne d'air. 

2« Que les harmoniques de ces six sons se rapprochent de leur 
son fondamental respectif, baissent daus leur rapport avec lui, 
en raison de ce que la colonne d'air perturbée par la trop 
grande hauteur donnée aux tubes additionnels, se partage 
irrégulièrement. 

d^ Que le son ré jf produit par la dernière ouverture 
latérale — toutes les précédentes restant nécessairement 
ouvertes — a seul eonseryé son intonation exacte comme son 
fondamental et que le rapport vibratoire de ses harmoniques 
est correct. Ce double fait s'explique par l'absence de toutes les 
cavités dans cette partie de la colonne d'air dont la vibralion 
produit le ré % 

N** 10. Tuyau semblable au précédent, mais percé 
seulement de deux trous latéraux, de o>noi4 de 
diamètre, dont la place correspond aux intonations 
respectives de si b, ri j)!. A l'aide de trois tubes 
additionnels mobiles, ces trous latéraux peuvent 






— toi — 

être portée à 0^007, o"o27 ou à o"047 de hauteur. 
Examinant d'abord Tinfluence produite sur le son fon- 



damental ^— a— par chacun de ce» tubes alditionnels 

appliqués sur le trou latéral du si]^ en ayant soin de les f« rmer 
par le doigt, nous constatons : que celui de 9*0^ ne btisse pu 
le la et que la résonance harmonique demenre correcte ; que 
celui de 0^027 baisse un peu l'intonation du ia et que la 
résonance harmonique se fausse, que celui de Oa047 baisse 
encore un peu le la mais faussa entièrement la résonance 
harmonique. 

Appliquant maintenant, toujours en 1 s boachant par le 
doigt, successivement chaoan des tube." additionnels sur iotroo 
latéral ré )^. nous constatons : que celui de 0«007 baisse légère* 
ment le la et fausse légèrement la résonance harmonique ; qae 
le tube additionnel de On027 baisse le la d'un demi-ton et que la 
résonance harmonique se fausse entièrement; que celai de 
On047 baisse le la de tout un ton ot que la résonanee 
harmonique est complètement détruite. 

11 résulte de ces expériences que losque la hauteur du tnyau 
add itionnelfOu bien Tèpaisseur des par«iis du tuyau principal est 
exagérée, la perturbation qui se manifes'e dans la vibration de 
la colonne d*air vibrant en son entier, est plus grande quaDd 
ces exagérations se produisent sur les trous aroisinant la 
bouche que sur les autres. 

Si» laissant ouvert chacun de ces tuyaux additionnels, 
no s en évaluons l'influence, 

1<> Sur le trou latéral donnant si]^t nous constatons qae 
le tube additionnel de 0'"007 baisse légèrement cette intonalion ; 
que celui de O"037 la baisse un peu plus ; que celui de G" 4< 
la baisse encore dav.nntage, mais sans atteindre un d mi-ton; 
avec les trois longueurs la résonance harmouique se 
maintient; seule, la qualilé du son se détruit însensibiemeLt. 

2^ Sur le trou latéral donnant ré% nous constatons qae le 



— io3 — 

lab6 additionnel de 0b007 baisse l'intonation du réf^ d'une 
quantité approximatiyement semblable & celle qu'il produirait 
sur le trou latéral de si ^; que la résonance harmonique 
demeare exacte; que le tube additionnel de 0»0i7 liaisse 
l'intonation primitive de tout un ton et que la résonance 
harmoniqae se fausse complètement ; que le tube additionnel 
ie 0"017 baisse Tintonation primitive d'une tierce mineure et 
}ae la résonance harmonique est complètement détruite. 

Dtf cette expérience de Tappllcation des tubes additionnels 
sur les Irons latéraux.il résulte donc que l'influence pernicieuse 
ie l'épaisseur des parois est également plus considérable sur 
les intonations fournies par les trous latéraux rapprochés de 
ta bouche que sur celles données par les trous latéraux qui 
m sont éloignés. 

N*" 1 1. Tuyau semblable au N" 9, mais les tubes 
additionnels surmontant les ouvertures latérales 
[l'ont plus que o"oo2 de hauteur. 

De cette disposition il résulte : 
[ue l'abaissement général produit par la cavité des ouvertures 
alôrales constaté au K» 9 est infiniment moindre; que i'exa.- 
itude du rapport entre le son fondamental et ses harmoniques 
16 maintient. 

N» i2. Même tuyau que le précédent, mais les 
ubes additionnels des ouvertures latérales ne 
lépassent plus que très faiblement la circonférence 
lu tuyau principal. 

L'amélioration constatée au tuyau précèdent s'accentue. Il 
levient donc évident que dans la construction des tuyaux 
. ouvertures latérales, il est bon de diminuer autant que 
lossible répaiteear des parois. 

Nous constatons aussi ici qu'en bouchant les trous latéraux 



— 104 - 

par lô bout des doigts» la partie eharnue de ceux-ci ne pénètre 
pas Jusque daus la perce pour en obstruer la colonne d'air et 
que par suite, les intonations conseryent leur exactitade. 

N* 1 3 . Tuyau construit sur les mêmes donnéesque 
le N"" 8 c'est-à-dire avec des ouvertures latérales de 
o""oo7 de diamètre, mais surmontées chacune d'un 
tube additionnel de o""oo7 de hauteur. 

Nous constatons pour le son fondamental les inconTénie. U 
signalés au N<> 9, mais moins accentués, parce que les 
cavités du tuyau principal sont moindres que celles da N«9, les 
ouvertures latérales étant d'un diamètre plus petit. Lesonver- 
tures latérales ayant été foréos A la même place qu'au N*8,Id 
tube additionne] qui les surmonte a nécessairement fait baisser 
les intonations qu*elles produisent. 

N"" 14. Douille en cuivre glissant exactement sur 
le tuyau N* 8 et percée d'une ouverture latérale de 
o"oo7 surmontée d'un tube additionnel de o^oo; de 
hauteur. 

Si nous glipsons cette douille sur le tuyau de telle façot. 
que le tube additionnel coïncide exactement ^vec la bouebe 
du tuyau et si nous mettons ainsi la colonne d'air en vibrati m, 
nous constatons, — toutes les ouvertures latérales étant 
formées — que le s>on fondamental La a baissé de toat un 
ton et que la production des harmoniques est beaacoap plus 
difticlle. C'est à peine, en effet, si nous pouvons produire 
l'harmonique 2, tandis qu'avec rouvcrturc latérale libre, nooi 
arrivons aisément au sixième harmonique. 

Si nous glissons ensuite la douille de telle façon que tco 
tube additionnel coïncide avec la sixième ouverture latéral^ 
c'est à peine si le re/J baisse, ce qui confiime du reste nos 
expériences précédentes. 

L'influence abaissante du tube additionnel appliqué ao* 



- 105 — 

dessus de la bonche eat donc aussi infiniment plus grande que 
larsqu'il est appliqué aux ouyertures latérales ; l^éyaluation 
de cette influenoe en diminution de la longueur du tuyau, ne 
peut se faire qu'expérimentalement. Nous l'ayons trouyée 
égale & 0"014. 

N*" 1 5 . Douille en cuivre semblable à la précédente, 
mais à laquelle a été adaptée une rondelle de bois de 
OB028 de diamètre percée au milieu d'une ouverture 
circulaire de 0*^007 représentant donc très exacte- 
ment le tube additionnel de cuivre de o">oo7 de hauteur 
adapté à la douille N<* 14. 

Si nous remplaçons l'extrémité supérieure mobile, du tuyau 
N« 8 par la douille N* 15, nous constatons que les deux 
dispositifs engendrent les mômes inconvéni(^nts, augmentés 
cependant ici de ce fait que le souiTie se dirigeant plus diffici- 
lement vers l'angle de la bouche pour mettre la colonne d'air 
en yibration,la facilité d'émission du son diminue. 

N<» 16 Douille en cuivre semblable à la précédente, 
mais le tube additionnel représenté par la rondelle de 
bois au lieu d'être cylindrique, a la forme d'un cône 
tronqué de o"oi2 sur o"oo7, la partie large com- 
muniquant avec la bouche également agrandie 
jusqu'à o"oi2. 

Si nous appliquons cetle douille au tuyau N* 8, tous les 
inconvénients des bouches 14 et 15 disparaissent : les harmo- 
niques se produisent aussi facilement qu'avec la bouche de 
O°>007non surmontée d'un tube additionnel ; la facilité de la 
mise en vibration de la colonne d'air augmente môme parce 
que la lèvre inférieure de Texécutant rencontre un meilleur 
appui par la plus grande dimension du diamètre extérieur du 
luyauy et aussi par suite de la meilleure direction qu'il est 



J 



— . to6 — . 

possible de donner au souille. Il est certain que le présiiit 
d'spositif occasionne encore un léger abaissement. Son évalua- 
tion en longueur ne peut sd faire qn'expérimentaleiM&t, 
mais cette longueur une fois connue ù?i la même pour tontes 
les intonations et doit se diminuer sur chacune des longnears 
nécessaires à la position des ouyertures latérales. 

N^ 17. Trois tuyaux A. B.C. de 0^01 s de diamètre 
et de o*"2335 de longueur, munis chacun d'uoe 
bouche d'un diamètre égal à celui du tuyau et dont 
le centre se trouve placé : 

Au tuyau A, à o"028 de distance de rextrémité la 
plus rapprochée; 

Au tuyau B, à o°»058 et au tuyau C à o"0775 
de distance de la même extrémité. 

Nous représenterons ces tuyaux par la figure suiTa]it0 




nous rappelant que la place de rembouchurOf b. Tarie. 

Si nous souiTlons dans le tuyau A en 6 ou en c avec l'extré- 
mité a ouverte ou fermée, le son est le môme. 

C'est le jfly— P^ , son fondamental, déterminé par la lon- 



gueur du tuyau ouvert bc, o'x cb. Mais si nous fermons rorifite 
a par le doigt les harmoniques se faussent, parce que l'obtura- 
tion du tuyau lorsque la bouche a un diamètre égal A celui dn 
tuyau doit se faire tout coutre la circonférence de cêlle-ci. 
(Voir expérience N* 3), 
Lorsque par l'extrémité a, nous introduisons un obturateur 



qui ferm« le tuyau contre le bord de la oireonférence de la 
bouclie bt le son fondamental /K"-i — ne change pas, roais le 



m 



rapport exact entre les harmoniques se rétablit. 
Si nous expérimentons le tuyau B de la môme façon que le 



m 



tuyau A, nous obtenons un son fondamental ^ \ * avec 

des phénomônes absolument semblables à oeux expliqués pour 
le tuyau A. 
Procédant encore de la môme façon avec le tuyau G, nsus 



obtenons le son fondamental ^ % ■ en soufflant en h ou en 

c ayeo rextrémitë a ouverte. Mais lorsque nous souiïlons en h 
avec l'extrémité a fermée, il s'établit à la gauche de la bouche 
un tuyau fermé et l'intonation» baissant de presque tout un 

demi-ton, se rapproche du 



Cet abaissement d'intonation s'explique : ce n'est plus alors 
le tuyau ouvert bc qui parle, mais bien le tuyau fermé ba. Il 
est facile de le prouver en enfonçant un obturateur par 
l'extrémité c jusque contre le bord droit de la circonférence 

de la bouche; l'intonation approximative ^ obtenue 

par le tuyau fermé 6*, ne varie pas à la suite de cette obturation 
et c'est Tharmouique 3, le premier d'un tuyau fermé, que Ton 
obtient par une augmentation de la pression de souffle au lieu 
du son 2, premier harmonique d'un tuyau ouvert. 



— îoà -— 

Chaque fois que la bouche se trouve ainui en présence de 
deux tuyaux, l'un ouvert, l'autre fermé, c'est la colonoe 
d'air du tuyau fermé qui entre le plus faoilement en vibration, 
pour peu que les deux intonations se rapprochent. 

Si par l'extrémité a du tuyau G nous enfonçons l'obturstear 

de 0°»010, rintonation 7k . se rapproche de l'inlonalion 



'"p 




primitive, f ^ , sans cependant l'atteindre oomplètemcnt. 



U se forme ainsi entre l'obturateur et la b'iuche un tuyau fermé 
0*0075 de longueur, avec une résonance harmonique fausse; 
l'ordre ne se rétablit que lorsque l'obturateur touchera le bord 
gauche de la circonférence de la bouche. (Expérience N'8). 

N* i8. Même tuyau que le N*» 17B, mais avec une 
bouche de 7 mill. de diamètre seulement. 

Kn souillant en 6 ou en c avec l'extrémité a ouverte, le bod 
est le môme, c*est la fondamentale 



i^' 



— d'un demi-Ion 



plus grave que celle que donne le tuyau N« 17 B, et cette 
différence résulte, comme nous l'avons dit, du moindre diamètre 
de la bouche. 

Si nous fermons par le doigt l'extrémité a et que nous 
soufflons en b, le son baisse d'une seconde majeure, on obtient 



»«fc^ ;< 



très aisément le ^— F^ ;en soufflant en c, l'oriflce a étant 
fermé^ce n'est qu'avec une certaine dilQoulté que 1 on parvient 



— 109 '^ 
à produire uo son et celui-ci a voisine le /ty—l — . Cette 




diiTérence provient de ce qu*en soufïlant en h, c'est le tuyau 
fermé ba qui parle, tandis qu'eu soufflant en c, c*est le tuyau 
ouvert cb dont la colonne d'^ir entre en vibration. 

Si nous introduisons Tobturateur en a en le glissant jusque 
contre le bord de la bouche du tuyau, nous constatons que, de 
même qu'aux tuyaux N»» 17 A et 17 B, l'intonation^ la^, que 
Ton obtient par b ou par c lorsque Textrémitè a est ouverte, 
reste la môme, pour autant (recommandation importante sur 
laquelle nous revenons) que la bouche du tuyau ne soit pas 
recouverte par les lôvres de l'expérimentateur. 

Nous avons vu avec le tuyau N* 17G> dont la bouche a un 
diamètre égal à celui du tuyau, que Taction abaissante 
produite par le recul de l'obturateur ne commence à se produire 
sur le son fondamental que lorsque l'obturateur est éloigné de 
plus de 0B0675 de la bouche et que le tuyau fermé ainsi formé 
ne tarde paS| pour peu que l'on continue le recul de l'obtura- 
teur, à prendre le dessus sur le tuyau ouvert b c. Avec le tuyau 
N* 18, dont la bouche n'a que 0«»007 de diamètre, l'action 
abaissante sur le son fondamental commence déjà lorsque 
l'obturateur n'est plus éloigné du bord de la bouche que de 
0o>023 et la prépondérance du tuyau fermé se produit plus 
rapidement qu'au tuyau N^ 17 G. 

B. — Tuyaux tronc-coniques. 

N«»i9 Tuyauo"»375de longueur; o"*oao de diamètre 

au gros bout, o"*oio au bout mince, donnant le la 

de 870 vib. simples. 

L'expérience nous a démontré que U longueur d'un tuyau 
tronc-conique ouvert destiné à produire un son par l'insufflation 
transversale, est égale à la longueur de l'onde simple de ce son 
diminuée de la largeur du diamètre moyen. 



*- tiô -^ 

La longueur d'onde du la de 870 vib* simples est, nous Le 
savons» de O^'JOO; diminuons cette longueur du diamètre moyen 

0»020 + 0«010 



2 



=-0-015, nous avons donc 0b390 -O«015s0*S7d. 



Un tuyau de cette longueur nous donne en eSei, quel que soit 
l'orifice par lequel la colonne d'air est mise en vibraUon» \6 
la en question. 

Nous avons vu par rexpérience N®2 qu'un tuyau cylindrique 
iosufllé par l'un de ses orifices et fermé & Tautre donne an Bon 
t Toctave grave de celui que donnerait un tuyau ouvert de 
m6me longueur mais avec l'intonation un peu liante, parce que 
la longueur du tuyau cylindrique ouveit est égale à la longoenr 
d'onde diminuée de la largeur du diamètre, tandis qa'tu 
tuyau fermé l'onde ne doit être diminuée que de la moitié 
du diamètre. 

Les choses se passent dilTéremment pour les tuyaux tronc- 
coniques fermés. Si nous faisons vibrer la colonne d*air du 
tuyau N* 19, en dirigeant le soutHe contre son orifice large en 
fermant l'extrémité étroite, nous obtenons un son un peo en 




dessous du ( ^ I à la quarte aiguë du g j^ que 

donnerait le tuyau cylindrique fermé. La colonne d'air y étant 
miso en mouvement par une ouverture plus large (0*300)qii« le 
diamètre moyen du tuyau (0''015), le nœud de vibration se 
déplace, se rapproche de l'extrémité du tuyau servant de 
bouche, l'onde se propage avec une plus grande vi tasse et le 
son monte. 

En mettant la colonne d'air en vibration par l'oriflee étroit 
du tuyau et fermant l'extrémité large, nous obtenons le 



*--- & la quarte grave du /^ parce que h 



m 



coloune d'air étant mise en mouvement par une ouverture pUi 



— III -— 

étroite (ObQIO) que le diamètre moyen (0a015), l'onde se 
propage avec une vitesse moindre et le son baisse. 

L'altération ascendante ou descendante est provoquée par 
un changement uniforme dans la vitesse du mouvement vibra- 
toire comme nous le supposions déjà lors de nos précédentes 
expériences (T. III^ p. 47S). Go changement de vitesse se traduit 
incontestablement par un intervalle plus petit à l'aigu qu'au 
grave quelle que soit la différence entre les deux diamètres 
extrêmes du tuyau. Ainsi lorsque les diamètres des deux 
orifices sont dans le rapport 4 : 1, 1 intonation produite par la 
mise en vibration de la colonne d'air par l'orifice étroit est 
à i'octaye grave de l'intonation produite par un tuyau cylin- 
drique fermé de même longueur, tandis que la mise en vibration 
par l'orifice large ne produit qu'une intonation à la septième 
mineure aiguS de celle que donnerait ce même tuyau cylindrique 
fermé. Nous en verrons encore un exemple plus loin (expérience 
N« 13 des tuyaux à ancho). 

N«2o.Tuyau semblable au précédent mais l'insuf- 
flation transversale est remplacée par l'insufiSation 
latérale. La bouche placée du côté étroit du tuyau, 
mesure o^oio de diamètre comme le tuyau à cet 
endroit et la longueur du tuyau, o"'375, est mesurée 
à partir du centre de la bouche jusqu'à l'extrémité 
opposée <^> • 

Ce tuyau tronc-conique résonne absolument comme le tuyau 
cylindrique de l'expérience N** 3 et les harmoniques conservent 
leur rapport vibratoire exact avec le son fondamental. La 
longueur du tuyau est celle de l'onde, 0"dOO diminuée de la 
largeur du diamètre moyen, 0<n015. L'obturateur est placé 
contre la circonférence de la bouchCi ou» en d'autres termes 



(1) La longaenr des tuyaux à bouche latérale dans toutes les expé- 
riences qui suivent, est mesurée du centre de la bouche A. Textrémlté 
opposée du tuyau. 



112 — 

avec le centre à une distanoe égale au demi-dlamfttre da 
tuyau & cet endroit. 

N^ 2 1. Même tuyau que le précédent, mais la 
bouche transversale de o"Ô20 de diamètre, est 
ouverte du côté large. 

La colonno d'air vibre daus les mômes conditions que celle 
du N° 20, mais le mouvement vibratoire s'imprime moins 
facilement qu'à ce dernier tuyau, à cause de la dimension trop 
grande de la bouche. 

N« 22. Tuyau semblable au précédent» avec une 
bouche de o'^oio seulement et une longueur de 
o«j65. 

Par suite du rétrécissement de la bouche l'onde de 0»â90, 

pour le la, doit non seulement se raccourcir du diamôtre mofen 

0m020+0"f'10 
du tuyau = 0»015, mais encore do la quantité co^ 

respondaut à Tinfluence abaissante produite par cette fermeture 
partielle. De môme qu'au tuyau cylindrique N* 4, cette influente 
est égale en longueur à la dififérence entre le diamôtre du 
tuyau à l'endroit de la bouche et celui delà bouche elle-mftmef 
OmocO — 0«»010 = 0'n010. La longueur réelle du tuyau est donc de 
0^'S90 - 0™015 - O-OIO == 0«3Ô5. 
L'obturateur placé à une distance du centre de la bouche 
égale à la moitié du diamètre du tuyau à Tendroit delà bouche, 
conserve à la résonance harmonique toute sa justesse, 

N<> 23. Même tuyau que le N^' 20, mais avec une 
bouche de o"oo7 seulement ouverte du côté étroit, 
et une longueur de o™372. 

Nous constatons que celte faible diiTérence ne produit plus 
qu'un abaissement correspondant à O^^OOS de longueur. En effet, 
O'nOlOy diamètre du tuyau, à cet endroit, moins 0">0Q7, diamôtre 



— 113 - 

delà bouche, égale O^OOS. La longueur du tuyau pour le Id e«t 
donc 

Oh»390 ^-. --. > 0«003=0»372. 

2 

L'obturateur est placé à une distance du centre de la bouche 
égale à la moitié du diamètre du tuyau à cet endroit. 

N» 24. Tuyau semblable au N^ 23, mais avec une 
bouche de o"*oo5 seulement, ouverte du côté étroit 
(produisant donc un raccourcissement de o"*oo5), 
et une longueur de o"37o. 

0«010 — 0-006 = 0-005. 

La longueur du tuyau, pour le môme son la, est donc de 

0«030 + 0»0I0 
0«390 7 0»005=0»870. 

Il est à remarquer que le son fondamental, la» se produit 
Irôs difficilement à cause du faible diamètre de la bouche. 

N" 25. Tuyau semblable au N"" 23, mais avec la 

bouche de o°»oo7 de diamètre munie d'un tube 

additionnel de o™oo7 de hauteur ; longueur o™36i . 

Cette disposition nécessite un raccourcissement de la 
colonne d'air évalué expérimentalement, à 0n>014 comme nous 
l'avons dit en appliquant la douille N« 14 au tuyau N* 8. 

0«390 - "-Jl^ r_^ _ 0«014 = 0-361. 

L'obturateur placé à une distance de la bouche égale à la 
moitié du diamètre du tuyau — à l'endroit de la bouche — 
assure la régularité du rapport vibratoire entre le son fonda- 
mental et ses harmoniques. 

N« 26. Tuyau semblable au précédent mais avec une 
bouche de o'^oio ouverte du côté étroit, munie d*un 
tube additionnel de 7 mill. de hauteur» longueur 
à partir du centre de la bouche, o"37o. 



— 114 — 

T^ raccoarclsaement provoqué par eet élargissement de la 
bouche n'est plus quA de 0"^005. 

Conformément à oe qui précède, nous diminuons la longnaar 

Ob030 + ObQIO 
d'onde de 0«890 de ~ O'NK» « 0-370. 

N"a7. Tuyau semblable au N'^ai; longueur o»330, 
avec la bouche de o*°oio de diamètre ouverte du côté 
large, surmontée d'un tuyau additionnel de o"'oo7 de 
hauteur. 

Nous constatons, par cette disposition, une influence abais- 
sante de OinQ^S. Nous ayons donc 

0^020 4- 0*010 
3 

N« 28. Deux tuyaux tronc-coniques avec les 
diamètres extrêmes semblables à ceux du tuyau 
précédent, mais avec les longueurs et les dispositions 
respectives suivantes : 

Tuyau  Bouche latérale de 0*007 ^^ diamètre 
ouverte du côté large et surmontée d'un tube addi- 
tionnel également de o"oo7 de hauteur; longueur 
o»3oi. 

Tuyau B. Deux bouches latérales ouvertes du 
côté large et placées sur la même ligne, Tune est sur- 
montée d'un tube additionnel conique, l'autre est une 
simple ouverture de o"oo7 de diamètre; longueur 
o'"30i comme celle du tuyau A. 

Tuyau Â. Nous constatons par cette disposition mne in- 
flue nce abaissanto de 0n074. 

O-OaO 4- 0"010 
0«890 - T 0-074 = (MOI. 



— tt5 — 

On remarquera qae IMnfluence abaissante du tuyau addi- 
tionnel est bien plus considérable lorsque ^e cône va en se 
rétrécissant que quand la disposition contraire est adoptée. 
Le tuyau N* 25 mesure 0<"3dl de longueur tandis que le N'^ 28 
pour produire le même son, ne mesure plus que 0°*SOi. D'autre 
part, la bouche quelle que soit sa forme, s'établit plus facile- 
ment dans la partie large que dans la partie étroite. 

C'est à cause de ce double ayantage que la facture instru* 
mentale a, sans s'en expliquer la raison, adop.é pour les 
flûtes à colonne d'air conique le cône à parois conTergentes 
de préférence à celui dont les parois sont divergentes Dans 
ia première de ces formes la colonne d'air yibie moins librement 
que dans la seconde, d'où ralentissement dans la vibration, 
abaissement du son produit et, comme conséquence pratique, 
diminution de la longueur du tuyau. 

L'obturateur se trouve toujours placé à une distance du 
centre de la bouche égale à la moitié du diamètre du tuyau 
a Teiidroit de la bouche. Mais il est A remarquer qu*en général 
les tuyaux coniques insuûlés du côté large par une bouche 
surmontée d'un tuyau additionnel, se faussent dans leur 
> ésonance harmonique et que ce défaut est d'autant plus consi- 
dérable que la bouche est plus petite. Ainsi la résonance har- 
monique du tuyau N'^SS A est plus défrcteusequeceUeduN''27.. 
Tuyau B. Par suite de l'évasement donné & la partie 
inférieure du tube additionnel qui surmonte Tune des bouches, 
le son fondamental comparu à celui du tuyau A est monté de 
tout un demi-ton« et la résonance harmonique s'est améliorée. 
Avec l'autre bouche, sans tube additionnel, le son fon- 
damental monte encore d'un -demi-ton, c'est presque un si 
r{uc nous obtenons, et la résonance harmonique redevient 
régulière. 

De cette triple expérience fournie par les tuyaux N»«28 A et 
Î8B il résulte qu'il est avantageux pour faciliter l'émission du 
ion de donner au tube additionnel de la bouche généralement 
ôrmé par l'épaisseur de la paroi du tuyau, la moindre hauteur 
)08sible et de Tëvaser vers la base autant qu'il se peut* 



— Ii6 — 

N"" 29. Tuyau avec les mêmes diamètres aux 
extrémités que les précédents et insu£9é latérale- 
ment, du côté étroit, au moyen d'une bouche égale 
au diamètre du tuyau à cet endroit, 8oito"oio;il 
mesure o'"375 de longueur, il est en outre percé de 
six trous latéraux d'un diamètre correspondant i 
celui du tuyau aux mêmes endroits et éloignés 
respectivement du centre de la bouche de 0*353, 
o"333, o™3i3, o»295, o«»277, o"26i. 

En vertu de ce qui a été dit précédemment, notammeat 
au tuyau N* 1, lorsque les ouvertures latérales ont un diamètre 
égal à celui du tuyau à l'endroit où elles se placent, les lon- 
gueurs réelles sont égales à celles des ondes diminuées du dia- 

0»K)10 + 0-020 



loyenauiayau 


= u-uio; 


QOQBaTO 


la, longueur d*onde, 0"890 - 


. 0-015 1 


= 0-375 


si 1? . 0-368 




0-353 


si 1 0-348 




0-388 


ut » 0-838 




0-313 


u/Jt » 0-310 




0-885 


ré » 0-2«3 




0-2T7 


ré^ » 0-276 




o-aei 



N" 30. Tuyau semblable au précédent, mais avec 
une bouche de o"»oo7 seulement, placée à 0*372 de 
distance de Textrémité opposée du tuyau, et avec 
les trous latéraux éloignés respectivement de o"350, 
0-330, o"3io, o"*292, o"274, o»a58 du centre de la 
bouche. 

Nous savons que les longueurs d'onde doivent pour 
établir les longueurs réelles, être diminuées d'abord de U U^ 



117 — 



A ^z xs, A . .0-020+0-010 ^ ^,^ 
genrdadiamôtre moyen du tuyau, 801 1 - ^=0-015, 

pais de la diiTêrence entre le diamôtre du tuyau à rendroit de 
ia bouche et du diamôtre donné à celle-ci, soit 0">010 ~ 0-007 » 
0*003; ayons avons donc : 

la longueur d'onde, 0-390 — 0«015 — 0-003 = 0o>372 



8i 

Ut 

Ut 9 

ré 

réji 



0-368 
0-348 
0-828 
0-310 
0-293 
0-276 



0-350 
0-380 
0-310 
0-292 
0-274 
0-368 



N» 3 1 .Tuyau semblable au précédent, mais avec la 
bouche surmontée d*un tube additionnel de 0*^007 , 
placée à o'°36i de l'extrémité opposée, et avec les 
trous latéraux ouverts respectivement ào"339,o°»3 1 9, 
0*299, o»28i, o™26j, o"a47 de la bouche. 

Nous avons constaté au N' 25 qu'une bouche semblable 
(uyerte du côté étroit du tuyau,occa8ionne un abaissement égal 
en longueur à 0-014^ Les longueurs d'onde doivent donc se 
diminuer pour avoir les longueurs aorrespondantes réelles 
pour chacun des sons à produire, de la longueur du diamètre 
moyen, soit de 0-015, et de 0-014, pour compenser l'influence 
abaissante de la bouche. Donc ; 



la, longueur d'onde 0-390 - 


-0-015- 


-0^14 «0-361 


si> 


0-388 




1 0-339 


si 


0-348 




0-319 


ut 


0-328 




0-299 


uttt 


0-810 




0-281 


ré » 


0-292 




» 0-263 


réji 


0-276 




0-347 



N*" 32. Tuyau insufflé latéralement du côté large 
ivcc une bouche dont le diamètre égale celui du 



tuyau en cet endroit, soit o'^oao, et six trous latéraux 
ayant chacun un diamètre également conforme à 
celui du tuyau à Tendroit correspondant; la bouche 
et les trous latéraux se trouvant placés respective- 
ment aux mêmes endroits que ceux du tuyau N» ag. 

Lorsque les ouvertures latérales ont un diamètre égal à 
celui du tuyau, le centre de chacune de ces ouvert ares laté- 
rales doit être placé à une distance du centre de la bouche 
égale & la longueur de l'onde diminuée du diamètre moyen du 
tuyau; par conséquent^ toutes les longueurs sont semblables à 
celles du tuyau N» 29 et fournissent les mêmes intonations qne 
ce dernier. 

.N"* 33. Tuyau insufflé latéralement, au côté large 
comme le précédent, par une bouche de o"oio située 
à o»365 de Textrémité opposée et munie de six trous 
latéraux, d'un diamètre égal à celui du tuyau aux en- 
droits correspondants et situés respectivement à 
o"343> ^^'■S^Sj o'^SOS» o"28s, o°*267, o*a5i de la 
bouche. 

L'influence abaissante de cette bouche, ainsi qu'il résulte 
des expériences précédentes, est égale à la différence entre le 
diamètre de la bouche et celui du tuyau, donc de O'^OSO — 
O-OIO = 0"010. 

Par suite nous avons à diminuer chacune des longuevrs 
d'onde non seulement de la largeur du diamètre moyen du 
tuyau, mais encore de 0*010. 

la, longueur d*onde 0b390 

si > 0»868 

si 0-348 

ut 0-828 

ul 8 0»810 

ré 0"<a92 

réjf 0-37* 




— 119 — 

N* 34. Tuyau insufiQé latéralement, du côté large, 
par une bouche de 0*010, surmontée d*un tube 
additionnel de o^oo; et placée à 0*3 30 de Textrémité 
opposée; il est percé en outre de six ouvertures 
latérales d'un diamètre égal à celui du tuyau aux 
endroits correspondants et éloignés respectivement 
de 0*308, o"a88, o"'a68, o"250, 0"a32, o"2i6 du 
centre de la bouche. 

Nous ayons établi par l'expérience N° 27 que l'influence 
abaissante d'une bouche ainsi faite est égale en longueur & 
0*045. Nous ayonB donc à diminuer pour établir la distance 
exacte du centre de la bouche de chacun des centres des 
ouvertures latérales les longueurs d'onde de l'influence 
du diamètre moyen du tuyau, 0"015, plus O^Oiô, soit 
O-^Olô + 0'n045 =s O'-OeO. Donc : 



la 


0»890 — 


0-060 


=> 


0"880 


si\^ 


0«868 - 




:=:» 


O-SOS 


si 


0'»848 - 




^ 


0-288 


ut 


0«328 - 




=, 


0-268 


uit 


0»310 - 




s= 


0-260 


ré 


0"»îi92 — 




=: 


0-282 


rét 


0-376 — 




= 


0-216 



N°35. Tuyau insufflé latéralement, du côté large, 
par une bouche de 0*^010 de diamètre placée à 
o°>365 de Textrémité opposée. Il serait donc 
semblable au N" 33, n'était le diamètre des ouvertures 
latérales, qui n'est pas conforme à celui du tuyau 
à Tendroit correspondant. Ces diamètres fixés 
arbitrairement, sont respectivement de o»oo5 , o"oo7, 
o"oo9, o^ooS, o"oo7, 0-0 lo. Les ouvertures laté- 



— 120 — 

raies sont éloignées du centre de la bouche de 0*3270, 
o">3044, 0™28i8, 0*2644, o"2467 0*2272. 

Nous avoas yu» par Texpérience du tuyau cylindrique N'8, 
que lorsqu'une ouyertut e latérale est plus petite que le diamètre 
du tuyau, elle doit être avancée vers la bouche — le tuyau rac- 
courci — d'une longueur égale à la différence des diamètres. Le 
même fait se manifeste aux tuyaux tronc-coniques. 

Nous avons indiqué ci-dessus les diamètres adoptés pour les 
ouvertures latérales Nous avons donc & diminuer pour ehacsne 
des longueurs déterminées pour le tuyau N* 83 de la différence 
entre le diamètre du tuyau à l'endroit des ouvertures latéra- 
les (1) et celui du diamètre fixé pour l'ouverture latérale elk- 
même. 

Donc, pour sib, 0»848 — O'OllO — a"0050 » O"S!l70 
» SU 0»883 — 0"0116 — 0»0070 = (M0« 
» ut, 0"303 -0-01» — 0-0090 » 0^818 
- - utt 0««385 - 0-0136 — 0-0080 — 0-9644 
» ré, 0-367 - 0-0138 - 0-0070 =r 0-3487 
» rrfj, 0-251 -ja-0188- O-OIOO = 0-2272 

Le tuyau N" 35 construit sur ces indications donne trèt 
exactement les intonations voulues. 



C. — Tuyaux cylindriques partibllbiibnt 

BOUCHÉS A L*UN DBS ORIPICBS. 

N» 36. Tuyau de 0-371 de longueur et o"o 14 dedia- 
màtre, avec l*un des orifices bouché sur la moitié de 
sa section. 

(1) Nous souliernons les chiffres indiquant le diamètre du tuyau A 
Tendrait qu*occuperaient les ouvertures latérales si elles avaient un dia- 
mètre égal À celui du tuyau. 



— tu — 

Il dômontre qae la couverture partielle de l'un des oriûces 
du tuyau cylindrique agit absolament comme le ferait la bou- 
che à laquelle on aurait donné un diamôtre plus petit que 
celui du tuyau lui-même. 

Le tuyau N« 36 ayant l'orifice servant de bouche fermé 
sur la moitié de la section, la surface de cette dernière 
représente exactement la moitié de celle du tuyau entièrement 
ouvert. 

Le diamètre du tuyau étant de 14 mill. la surface de sa sec- 
tion est de 153 mill. dS carrés. La moitié de cette surface, soit 
76.96, est fournie par une ouverture ronde de 9 mill . 81 de 
diamètre. 

Pour calculer la longueur d'un tuyau construit dans les 
conditions susdites pour donner un la de 870 vib. simples, nous 
avons» en vertu de ce qui a été dit précédemment (N^ 4) : 

Longueur d'onde 0>b390 moins la largeur du diamètre 
0'°014 =» 0"876; moins la différence entre le diamètre du tuyau^ 
0»014, et celui de la bouche, 0.009, soit O-^OO^, donc 
0-376— O'»005=0»371.G'e3t la longueur du tuyau N» 36 et 
son intonation est exactement le la de 87i) vibrations simples. 

N*'37.Tuyausemblableauprécédent,maisdeo"i76 
de longueur seulement et donnant le la J^ \ " de 




1740 V. s. 

Il s'agit ici de calculer la longueur de tuyau nécessaire 
pour donner, dans les mômes conditions que celles du tuyau 
précédent^ le la susdit. 

La longueur d'onde de ce son est de 0" 195; cette longueur di- 
minaée de la largeur du diamètre, 0*014, est donc 0*18i; dimi- 
nuons encore cette longueur de Tinfluence de la couverture 
partielle, semblable à celle du tuyau précédent» soit 
rj"014 — 0""009 = O'nOOÔ, nous avons donc pour longueur 
D«181 — 0«»>005=0"176. Ce tuyau donne exactement le la en 
q[iLesiion« 



N* 38. Tuyau semblable au précédent, mais de 
o"i83 de longueur, donnant 



■=p 



Il donne si on le ferme à Textrën ite opposée à la bouefae, 
le la de 870 vibr. simples. 

QniOgA 

En efiTet» la longueur de la demi-onde est de — — = obi90 
(expérience N^2). Cette longueur diminaée de la moitié do la 

0"014 
largeur du diamètre — ^ — « 0"0079 diminuée en ploa d« 

rinfluence abaissante de la fermeture partielle de la bouebe 
0«»005, devient : 

C-IOS - 0-007 - 0"005 = 0-188. 



2281. Quinze tuyaux à anche, ayant servi à des 
expériences sur la vibration des colonnes d'air 

A. Tuyaux Cylindriques. 

N<>' I à 6. Six tuyaux cylindriques, dont cinq i 
anche battante et un à anche double. Ils ont tous la 
même longueur, 0*492, mais les diamètres varient. 

Ils donnent le même son ^ ^^ de 345 vibra- 



tions simples. 

Une colonne d'air cylindrique mise en vibration par une 
anche battante ou par une anche double a une longueur 
égale à celle de la demi-onde simple (tuyau fermé) à coodi* 
tion que le diamètre du tuyau soit régulier et uniforme 
depuis la pointe de l'anche jusqu'au bout. La longueur de 

QAf) 

Tonde simple du fa en question est do -^ s 0*984. La demi- 



— 1*3 - 

onde est donc 0n493 (l). La petite dlfTêrence de diamètre résul- 
tant de Tassemblage des languettes de l'anche double ou de la 
perce croissante du bec de l'anche battante» peut ôtre négligée. 
En tenant fermée f ouverture latérale des becs des cinq 
premiers tuyaux ou la fente de l'anche double du 6* tuyau 
et ébranlant la colonne d'air par Pinsufllation transversale 
du tuyau à Torifice opposé à l'anche, nous obtenons le 
môme /a. 

Si nous fermons par un coup sec l'ouverture latérale des 
becs df-s cinq premiers tuyaux par la paume de la main^ nous 
percevons très distinctement une intonation exactement à la 
hauteur du môme fa. Cette double épreuve établit que le rôle 
de l'anche est simplement mécanique» qu'il se réduit & mettre 
la colonne d'air cylindrique en vibrations régulières en pro- 
duisant & l'extrémité du tuyau voisine do l^anche, les maxima 
de condensation et de dilatation d'air qui donnent naissance au 
nœud de vibration. 

N* 7. Tuyau à anche battante, de o"oi5 de dia- 
mètre et de o"877 de longueur; il est percé en outre 
de douze ouvertures latérales d'un diamètre égal à 
celui du tuyau et placées respectivement à o^'SaS, 
o"78i, o"»737, o^ôgô, 0-657, o"6ao, 0-585, 0*552, 
o"53i, o»492, 0-464, o"438 delà pointe de l'an- 
che. 

Ce tuyau donne les treize degrés d'une gamme chroma- 
tique & partir du sol ^ i (longueur totale) jusqu'au 50/> 






(douzième trou latéral). La longueur des tuyaux 



cylindriques à anche étant égale à celle de la demi onde simple 



(1) LaloDf^aear d'un tuyau à anche se mesure, depuis la pointe de 
Tanche Jusqu'à l'extrémité opposée du tuyau. 



de chacun des sons» la longueur du son le plus gravOt sol, et 
celle de chacune des ouVertures latérales produisant les degrés 
suivants^ est fournie par la longueur théorique, le centre da 
trou latéral étant placé exactement à la distance déterminée 
par la longueur de chacune des demi-ondes simples. 

N« 8. Même tuyau <|ue le précédent, mais avec 
des ouvertures latérales de o>"io seulement, situées 
respectivement à la distance de o"823, o"776, 
o"73a, o^ôgi, ©'"osa, 0*615, 0*580, o«547, 0-516, 
o«"487, o"459, o°433 de la pointe de l'anche. 

Nous avons vu dans les expériences sur les tuyaux de flfttê 
que lorsqu'une bouche de flûte traversiôre (N® 4) ou un trou 
latéral (N** 8) sent moindres q^e le diamètre du tuyau, celui-ci 
doit se raccourcir d'une longueur égale à la différence entie 
les deux diamètres. Il en est de môme des tuyaux cylindri- 
ques ébranlés par une anche. Dans le tuyau qui nous occupe 
les trous latéraux n'ayant que (V"10 tandis que le diamètre 
d u tuyau mesuro 0i"015» chaque trou latéral doit se rapprocher 
de l'anche de 5 mill.» en d'autres termes pour déterminer la 
position du centre du trou latéral la longueur de la demi-onde 
simple doit être diminuée de 5 mlll. Gonséquemment, le soo 
grave sol conserve la longueur du tuyau précédent, 0«fi77, 
mais toutes les autres longueurs doivent être raccourcies Je 
5mill. 

N"* 9. Tuyau à anche battante, de o"847 de lon- 
gueur et de o"oi5 de diamètre, percé latéralement 
de douze ouvertures de o"oi5 de diamètre surmon- 
tées chacune d'un tube additionnel de o"0O5 de 
hauteur. Ce tuyau donne les treize sons d'une gamme 

chromatique, en partant de ^ _, 



- tii - 

Cette expérience ne s'écarte pas sensiblement de celle que 
nous avons expliquée au N» 9 des tuyaux cylindriques à 
bouche : 

La longueur de la demi-onde du sol susdit étant de 0"877 et 
la longueur réelle du tuyau n'étant que de 0*847, il a donc fallu 
raccourcir le tuyau de 0">080 pour compenser Tinfluence 
abaissante des douze cavités formées dans la perce du tuyau 
par les douze tubes additionnels» soit en moyenne 3 j mill. 
par cavité. 

De là le raisonnement suivant: 

La longueur d'onde du sol j( étant do 0"828» nous avons à 
diminuer cette longueur de 11 fois 2 i mill. pour les onze 
cavités qui précédent celle du sol ](» soit 0*0275 -f 
5 mill. pour compenser l'influence du tut^e additionnel lui- 
môme. Nous avons ainsi : 0m828 — 0"0d25 == 0'n7955 pour la place 
du sol$. 

Nous avons évalué expérimentalement l'influence du tube 
additionnel à 0>"005, mais il ne faut pas en déduire que cette 
influence est égale & la hauteur du tube additionnel. En effet, 
nous avons» lors de nos essais, allongé les tubes additionnels en 
les portant à 0*025 et môme à 0"*050 de hauteur, sans modifier 
sensiblement la hauteur du son, mais en produisant une alté- 
ration trôs grande du timbre qui s'assourdit de plus en plus 
en augmentant la hauteur du tube additionnel. Chose éton- 
nante, l'influence abaissante des cavités formées par les tubes 
additionnels ainsi allongés, n'est pas beaucoup plus grande 
que celle produite par les tubes additionnels de 0"*005 de 
hauteur, mais la sonorité générale est également assourdie. 
C'est ce qui explique le timbre particulier de certains instru- 
ments, le basson par exemple, dont les trous latéraux ont une 
certaine longueur par suite de leur forage oblique dans la paroi 
(ipaisse du tuyau. 

Poursuivons le raisonnement : 

La longueur d'onde du la est de 0"*781 et pour déterminer 
l'emplacement du trou latéral nous avons k déduire de cette 



— ia6 — 

longueur 10 fois 2 i plus 5 mill. pour compenser rinfluence 
du tube additionnel. 

Nous avons donc 0»78l — 0»030 =»0"751. 

Pour le si l^, longueur d'onde de 0-737 moins 9X^4 plua 
5 = 0«737 - O^oaTô = 0-7095; 

Pour le 8i, 0«»696 -8X21 + 5 = 0-696 — 0«025 ^0«^1; 
Pour Vut, 0«657-7X2i+5=0«657-O"0a35=.O-6S45; 
VonrVulJi, O-eaO — 6X24+5=0-620 - 0-020 =0-600; 
Pourle re, 0-585 — 5 X 2 4 + 5 = 0-585 - 0-0175 = 0-56Tf&; 
Pour le ré Jt 0-552 — 4 X 2 4 +,5 = 0-552 - 0-015 = 0^557; 
Pour le mi, 0-521 — 3x24 + 5 = 0-621 - 0-0125 = 0-5085; 
Pour le fa, 0-492 — 2X24 + 5 = 0-492 — 0-10 = 0-482; 
Pour le fa J(, 0-464 — 1 X '^ 4 +5 = 0-464 - 0-0075 =0-1565; 

Pour le sol, 0"438 moins 5 pour l'influence seulement du 
tube additionnel» attendu que cette dernière ouverture latérale 
n'est précédée d'aucune eaviié, 0-488 — 0-005 = 0-483. 

N» 10. Tuyau de 0*408 de longueur, 0*009 de 
diamètre, percé latéralement de douze ouvertures 
de 0*009 de diamètre surmontées chacune d*un 
tube additionnel de 0^005 de hauteur. La colonne 
d*air raccourcie par l'ouverture successive des trous 
latéraux donne les treixe sons d'une gamme chroma- 
tique partant de. (^ f ^ 

La construction de ce tuyau repose sur les mêmes données 
que lo tuyau précédent. La longueur théorique étant de 0-488 
et la longueur réelle de 0-408, la diUérence, 0-030, est due, 
comme au tuyau précédent, à l'influence abaissante des douse 
cavités. Lo même raisonnement appliqué à la construction de 
celui-ci a produit les mêmes résultats établissant en qnfîlqa<* 
sorte la preuyodo l'exactitude de notre théorie. 



— !à7 — 

N^ Il .Tuyau à anche battante mesurant 0*492 de 
longueur sur o"o 1 1 de diamètre. Il est semblable au 

tuyau à anche N»4 et donne par conséquent le ÊSntz: 

Les tuyaux cylindriquâs à anche ne produisent pas facile- 
ment les harmoniques uniquement par ^augmentation de la 
pression du soufile. Pour que ces tuyaux fassent entendre la 
douzième du son fondamental» ou son 3 de la résonance harmo^ 
nique, il faut aider & la division de la colonne d'air, provoquer 
la formation d'un ventre de vibration par l'ouverture d'un 
petit trou percé latéralement à environ un tiers de la longueur 
de la colonne d'air à partir de Tanche. Le tuyau N* 11 est muni 
d'une ouverture stmblahle et pour prouver que cette podition 
n'est qu'approximative^deux autres ouvertures sont pratiquées 
Tune & 80 mill. au-dessus» l'autre & 30 mill. au-dessous de la 
première. Le son 8 se produit aisément à l'aide de l'ouverture 
de chacun de ces petits trous» quoique plus facilement avec 
celui qui occupe la position médiane. Si celle-ci devait être 
rigoureusement exacte au tiers de la longueur de la colonne 
d'air, il faudrait^ pour la clarinette» par exemple^ une clef de 
douzième pour chacune des longueurs de tuyau produisant par 
I08 ouvertures latérales la succession des sons fondamentaux. 

B. — Tuyaux TRONC-coNiouBs. 

N* 12. Tuyau de o«492 de longueur, o"oii de 
diamètre à l'extrémité étroite, sur laquelle est appli- 
qué un bec de clarinette muni d*une anche battante. 



o™o40 à Textrémité large. Ce tuyau donne le 



^ 



Nous avons vu dans les £ludes expérimentales sur la 
résonance des colonnes d'air (voir Catal. T. III» p. 449; : 



— laô - 

a) Oae les tuyaux coniques fermés au sommet du côaé, 
rôsoiiuent comme les tuyaux ouverts et que non seulement Us 
octayient comme ces derniers mais encore que leur longueur 
pratique est égale à cello de Ponde simple du son à produire 
moins la largeur du diamètre moyen. Ces tuyaux ont peu 
d'importance eu facture instrumentale; nous n'en avons trouvé 
d'application que dans un siltlet congolais (n» 1835). 

b) Que les tuyaux tronc-coniques fermés à leur orifice 
étroit et insudlôs transversalement parleur orifice large ont le 
son fondamental plus aigu que celui de la demi-onde simple 
correspondante du tuyau cylindrique fermé et que cette acuité 
est d'autant plus accentuée que la différence entre les deux 
diamètres est plus grande. Nous avons vu aussi que les harmo- 
niques de ces tuyaux se rapprochent ù. mesure que la 
différence des diamètres s'accroît et que la résonance devient 
semblable à celle d'un tuyau ouvert de môme longueur, 
octaviant comme ce dernier, dès que le grand diamètre atteint 
une largeur quadruple du petit. 

Les tuyaux coniques dont la colonne d'air est mise en vibrai' 
tion du côté étroit par une anche simple battante (les saxo- 
phones), ou par une anche double (les hautbois, bassons, 
sarrusophones), ou encore par les lèvres mêmes de rexécatant 
(les instruments à embouchure) sont soumis à la même loi. 
Pour se familiariser avec ces phénomènes qui ne sont compli- 
qués qu'en apparence, il ne faut pas perdre de vue que l'anche 
vibre dans la bouche de l'exécutant, c'est-à-dire dans on 
espace clos qui termine en quelque aorte le tuyau. Si le tuyau 
est cylindrique sa forme permet aux maxima de condensation 
ot de dilatation (nœuds de vibration), de se produire par la 
pression d'air à son orifice ouvert (ventre de vibration), jusque 
contre l'ancho et la colonne d'air résonne comme si le tuyau 
était fermé à l'endroit de l'anche et insufllé à son orifice ouvei t. 

Si le tuyau est conique, le nœud de vibration s'écarte de pins 
en plus de l'anche à ciuse des parois convergentes du tuyau, 
pour se rapprocher de son milieu dès qu'il octavie ce qoi a 
lieu lorsqae les diamètres extrêmes atteignent le rapport 1 : 4- 



— lag — 

Le tuyau N» 12 se trouve dono dans les conditions requises 
pour résonner quoique fermé par une anche, à l'instar d'un 
tuyau ouvert. Mais il n'octavie pas facilement par une simple 
augmentation de la pression du soutHe : Ici encore, il est 
nôcedsaire d'aider au partage de la colonne d'air par Touverture 
d'un petit trou percé vers le milieu de la longueur du tuyau. 

Deux autres petits trous ont été faits comme au tuyau N* II, 
l'un au-dessus, l'autre eu-dessous du premier, pour démontrer 
que la position de l'ouverture ventrale n'est qu'aproxîmative. 
L'ouverture successive de chacun de ces trois petits trous 
facilite également le partage de la colonne d'air et, par consé- 
quent» l'émidslon du son 2. Il ost bon toutefois de remarquer 
que si le trou médian donne exactement l'octave, celui au 
dessus baisse très légèrement le son 2 tandis que celui au 
dessous le hausse d'une quantité semblable. Le même phénomène 
se constate au tuyau cylindrique N» 11 pour la production de 
l'harmonique 3. 

Tous les tuyaux mis en vibration par le soufHc, par une 
anche ou directement par les lèvres de l^'exôculant^ donnent 
comme nous Tavons toujours fait ren arquer, des sons plus 
graresque ceux que la théorie indique. Ainsi le tuyau N» 12 
donnant le ré dont la longueur de Tonde simple est de 0'"58Ô 
D'à comme longueur réelle que 0<»492. L'ëvalnatiou de ces 
diflërences échappe au calcul; oUos doivent se déterminer 
expérimentalement (1). 

N* 13. Tuyau de o"492 de longueur^ o"oii de 
diamètre à Textrémité mince, o'Bogo de diamètre à 
l'extrémité large et donnant^ à l'aide d'un bec de 
clarinette muni d'une anche battante, un son 



(1)11 est à remarquer que le brusque épanouissement de la colonne cPair 
dans le pavillon dont sont munis la plupart dos instruments à vent 
accentoe cette différence entre la longueur pratique et la réelle. 

9 



— 130 — 

avoisinant le mi V ffi^z: , son a du '^^ ' 




qu'il devrait réguliàrement produire. 

On constate que malgré rôpanouiasoment considérable du 
cônOf rintonatlon comparée à celle du tuyau N* 12, n'est montée 
que d'un demi -ton environ. Le tuyau N* 18, construit dans des 
proportions exceptionnellement exagérées» ne donne pas le son 
fondamental parce que les proportions du bec et de l'anefae 
conformes & celles qui aeryent au tuyau précédent sont insaf- 
(isantes p)ur permettre la production du son fondamental. 

Pour se rendre compte de l'intonation fondamentale prodaite 
par ce tuyau, il suffît d*ôter l'anche et de heurter de la paume 
de la main l'ouverture latérale du bec ; le son que l'on p^r- 



cevra est le ë^ly^ , c'est à-dire très exactement roclare 

inférieure du son que donne le tuyau lorsqu'il est mlti en vibra- 
tion par l'anche. 

Nous avons d% au sujet du tuyau tronc-conique & bouche N* 19 
que lorsque les deux orifices d'un tuyau de cette forme sont dtus 
le rapport 4:1, l'intonation produite par la mise en vibration de 
la colonne d'air par l'orifice étroit produisait un son à la doabl« 
octave inférieure de l'intonation que produirait le tuyau ouvert. 
C'est le cas pour les tuyaux NMletlSqui donnent respectivement 



s- 



lô ^p — j ~ ôt le IK? — 1— lorsque l'on heurte de la paume 

— ^- — sr 

de la main après avolr'Snlevé l'anche du bec, l'orifice opposé 
à celui sur lequel se trouve le bec. 

Il ne faut pas perdre de vue que la colonne d'air du tnyan 
vibre alors comme si le tuyau fermé à l'oriflce large, était 
insufflé à l'endroit du bec, c'est à-dire par l'oriflce étroit. 

N* i4.Tuyau de 0*208 de longueur, o»oi i dédit- 



— t3i — 

mètre à rextrémité étroite, o*oa3 de diamètre à Tex- 
trémité large. Il donne à l'aide d'un bec de clarinette 

muni d*une anche battante le ^:^:zz. 

Ce tuyau dont les dimonsioxiB correapondent eiLactem«nt à 
celles du boat supérieur du tuyau N* 12 sur une 
longueur de 0<na08, devrait à première vue donner un son 



"» w=^ 



beaucoup plus aigu que le j^zzjn puisque sa longueur est 

beaucoup moindre que la moitié de la longueur du tuyau N» 12. 
Ceci prouve que l'effet abaissant dépend non seulement de la 
longueur du cône mais surtout de son développement. Dans 
l'étal actuel de nos connaissances cet effet ne peut se détermi- 
ner qu^expériraentalement. 

N* 15. Tuyau semblable au N^i2 mais percé 
de six ouvertures latérales. Celles-ci étant fer- 



mées le tuyau donne comme le N" 1 2 le son ^S? f 
En ouvrant sueeessivement les ouvertures on obtient les sons : 




12 3 4 9 6 

L'emplacement de ces ouvertures latérales a élé déterminé 
par le calcul. Nous savons qu'en pratiquant une ouverture 
latérale égale au diamètre de la perce du tuyau nous obtenons 
une intonation semblable à celle que donnerait le tuyau coupé 
à cet endroit. 

Eclairé par Texpérience du luyau précédent nous savions 
donc qu*en pratiquant une ouverture de 0"0?3 dans le tuyau 
N*' 15 à 0,208 de la pointe de Tanche, nous obtiendrions le son 



octave 



m 

m) • 



1 



— 13a — 

Pour (Jétermlner la position des ouvertures latérales ^tlle^ 
médiaires il fallait donc introduire entre la longueur totale do 
tuyau OinédS et celle de Touverture donnant l'octave doiue 
moyennes proportionnelles* dont la raison géométrique s'oh 
tient par le calcul suivant : 
12 



1/ 



402 
■âô§ = 1.0743«l 



Etant donné que nous avons pour le ^j^ "* une longaeur 



de 0»208, 

nous aurons pour 
ut Jf 0"»208 
ut 0"228 
8i 0-240 
tat 0-257 
la 0«277 
50/Jf 0"297 
sol 0>b819 
/•a J 0-343 
fa 0«369 
mi 0"d96 
ré a 0-428 
r^ 0«n457 



X 1,074381 = 




Bt de ce qui précède il résulte : 

1* Que l'emplacement du centre de Touverture latérale 



donnant le ^-^p — est à 0"^ l57 de la pointe de l'anche si k 

— " I 

diamètre de cette ouverture est égale à celui de la seetionoa 
du diamètre du tuyau à cet endroit. Le tuyau ayant & cet 
endroit 41 mill de diamètre et Touyerture latérale un diamètre 
égal, le son obtenu est exactement le ré j(. 



— Jf33 — 
d» Que l'emplacement du centre de l'ouverture latérale 



donnant le ^^p=I est à 0m4d6 de la pointe de Panche. Mais 



le diamètre de l'ouverture latérale que noas voulons ouvrir à, 
cet endroit n'ayant que 35 raill. nous savons par de précé- 
dentes expériences que le trou latéral doit se rapprocher de la 
pointe de l'anche d'une longueur égale à la différence entre le 
diamètre du tuyau^ 0™039, et celui de l'ouverture 0«035. Nous 
avons donc 0"039 — 0»035 a= 0"»014. La longueur de O^éSÔ 
diminuée de 0"014 devient D'OMIS. Pratiquant une ouverture 
latérale de 25 mill. de diamètre à 0*412 de la pointe de l'anche, 
nous obtenons exactement le mi, 

3» Emplacement du fa 0«n396; diamètre du tujau à cette 
plaM, 0«>037 ; diamètre de Touverture latérale 0o017; 
différence 20 mill donc 0-896 — 0<n020 = 0«n876 pour le fa, 

i« Emplacement du fa$ 0»369, diamètre du tuyau, 0"085, 
même diamètre pour l'ouverture latérale; le fa se place donc 
à 0<°369 de la pointe de Tanche. 

Inutile de continuer pour les degrés intermédiaires dont 
remplacement s'indiquerait facilement à l'aide de calculs 
semblables. 

Passons à la 5"« et pénultième ouverture latérale, celle qui 



le @^ . 



doit nous donner le \^ i , Nous avons vu que son 

emplacement est à 0'b323 de la pointe de Tanche. Son diamètre 
étant égal à celui de la section du tuyau à cet endroit, nous 
maintenons cette distance et l'ouverture nous donne exacte- 
ment l'intonation voulue. 

Enfin le 6™* trou doit nous donner l'octave aiguë du tuyau de 
0"»492 vibrant en son entier. Nous avons vu que son emplacement 
doit se trouver à 0'"208 de la pointe de l'anche. Le diamètre 
choisi n'étant que de O^^OIO alors que la section du tuyau est de 
0*^)33, la différence 0«013 doit se retrancher de la longueur 



— 134 — 

normale. Donc O'-SOS — 0«n013 = Onl93. C'est, en effet. 



Tint ona tien de ^ que" donne cette derniôre ouvertare. 



C. — Instruments a embouchure. 

Ce sont des tuyaux tronc-coniques où les lèvres 
de Texécutant remplacent Tanche. Ils sont fermés 
à leur orifice étroit et ouverts à leur orifice large 
généralement évasé en pavillon. Ils octavieot 
comme tous les tuyaux à anche dont les deax 
diamètres extrêmes sont dans un rapport minimam 
de I à 4, mais par suite de leur grande longueur 
la résonance harmonique de ces tuyaux peut se 
produire sans quMl soit nécessaire d'aider au 
partage de la colonne d air par Touverture de 
petits trous latéraux. 

Le tableau suivant énumère les principaux 
instruments à embouchure de Torchestre contem- 
porain avec, en regard, leur longueur théorique, 
leur longueur réelle et la différence entre ces deux 
données. Ces calculs sont basés sur le diapason 
normal La de 870 vibrations simples à la vitesse 
moyenne du son, 340 mètres par seconde. 

Il est à remarquer que les longueurs réelles 
peuvent varier quelque peu de facteur à facteur car 
elles dépendent des proportions données au 
développement conique des tuyaux. 



— 135 — 





Trompette sopranino en si b 


Longueur 

de Ponde 

simple 


lu 

et 


2 

S 


1 A 


0»737 


0-668 


O-OÔO 


SB 


Trompette sopranino en mi 1? 


1-105 


1«047 


0»058 


SB 


Trompette soprano en si ^ 


1«475 


i-aga 


0-088 


4 E 


Trompette soprano en si |?, perce 










large 


1»475 


l"'405 


0-070 


5 E 


Trompette en fa 


1"»969 


1"868 


C-lOl 


6 £ 


Trompette en mi I? 


2'»211 


2»104 


0-107 


7B 


Trompette basse en si b 


2«»950 


2-810 


0"140 


8 F 


Trombone ténor à coulisse en si |? 


îd»950 


2»850 


0«100 


9 a 


Trombone ténor à pistons en si |7 


2»95') 


2n'810 


0-140 


10 G 


Cornet en si |? 


l'"47 5 


1-404 


0'"071 


11 D 


Cor en si |? 


2™950 


2'n916 


O-^Ogl 


13 D 


Cor en mi tr 


4'nJ-22 


4'"368 


0-054 


13 H 


Bugle sopranino en mi 1? 


1«»106 


1-055 


0-050 


li I 


Bugle soprano en si 1? ' 


1«47j 


in'^go 


0-085 


lô J 


Bugle alto en mi |r 


2»211 


2=»081 


0-130 


16 K 


Bugle ténor en si |? 


3^950 


3">776 


0-174 


17 L 


Tuba, ou basse, en si [^ 


2°«950 


2»763 


C-187 


18 M 


Bombardon en mi ^ 


4m422 4'nl66 


0-266 


19 N 


Bombardon contrebasse en si ^ 


^^•"OOO 


5«580 


0-820 



Les instruments précédés de la même lettre sont 
formés de tuyaux ayant les deux diamètres extrêmes 
à peu près semblables. 

Lra différence entre la longueur théorique, celle de 
Tonde simple, et la longueur réelle ne peut 
s'établir qu'expérimentalement. 

Lr 'examen du tableau qui précède démontre : 



— 136 — 

p Que pour des tuyaux de mime diapason^ Técart 
entre les deux longueurs, théorique et réelle, est 
d*autant plus grand que la différence entre les deux 
diamètres extrêmes est plus prononcée, ainsi la 
correction à apporter au N** 14 est plus grande qu'au 
N" 4, plus grande au N** 15 qu'au N<> 6, au N* 17 
qu'aux N°" 7, 8, 9; au N" 14 qu'au N» 10. 

2"" Que pour des tuyaux ayant des diamètres 
extrêmes à peu près semblables et des longueurs 
différentes l'écart est proportionnel à la longueur. 
Ainsi les trompettes N" 4 et 7 construites à roctave 
avec des tuyaux de proportions presque semblables 
mesurent exactement en longueur réelle, i'*394 ^^ 
»''394 X a = 2"i88. 

On calcule donc aisément les longueurs à donnef 
aux corps de rechange et aux tubes additionnels des 
pistons, en se servant du tableau loi des longueurs 
de la page 91 : on multiplie la longueur initiale par 
les chiffres indiqués pour les allongements, on la 
divise par les mêmes chiffres pour les raccourcis- 
sements. 

Pour les changements de diapason on opère d'une 
façon analogue Supposons deux diapasons en pré- 
sence : Tancien de 905 vibrations, le normal actuel 
de 870 vibrations. 

Pour régler un instrument construit au diapason 

normal sur le diapason ancien, on le raccourcit en 

870 
multipliant sa longueur réelle par — ^ • Le cor- 

905 



- 137 — 

net en Sfb mesurant au diapason normal i'*404 ne 
mesurera plus au diapason ancien que 

870 

Pour ramener ce même cornet au diapason normal 
on rallongera en multipliant sa longueur par la 
fraction renversée 

070 
9282. Série de onze Tuyaux ayant servi aux 
Etudes expérvneniaUs sur la résonance des colonnes 
d'air de forme conique, tronc-conique et cylindrique 
[CaL t. III, p. 449). 

2238. Trompette de cavalerie en mi b renfermée dans 
un cube de plâtre. Don de MM. Mahillon et C\ Elle 
sonne absolument comme une trompette ordinaire, ce 
qui ne serait pas si, ainsi qu'on le croit généralement, 
les parois du tuyau participaient à la vibration. 

2284. Quatre Cornets d'alarme. Don de M. L. 
Cavens. Tous tuyaux coniques munis d'une anche 
battante et d'une poire en caoutchouc recouvrant 
l'anche pour la mettre en vibration par une pression 
de la main. 

1. Cornet avertisseur, forme ronde légèrement 
cintrée. 

2. Id. forme ronde cintrée. 

3. Id. forme ronde cintrée en demi-tour. 

4. Id. forme ronde cintrée, pavillon en avant. 



- 138- 

2236. Sept Sonnailles. Don du même : 

1 . Qrelot en bronse nickelé. Le battant intérieur, 
attaché à une chaînette, est réduit au silence en 
le fixant par la chaînette. 

2. Sonnette russe. Un cran pratiqué au battant 
permet de fixer celui-ci au bord de la sonnette poar 
la réduire au silence. 

3. Sonnette modèle c Boer >. Le vase ou récipient 
est partagé en deux par une double rainure sciée 
dans le sens du diamètre. Le battant suspendu à 
un fil de fer extensible par un ressort à boudin, est 
muni d'un double crochet qui permet de le fixer au 
bord du récipient empêchant ainsi le son de &e 
produire. 

4. Timbre avertisseur dont la calotte hémisphé- 
rique est en acier. Le marteau intérieur, à double 
tète, est mis en vibration par un bouton placé à 
Textérieur et terminé par un coude en équerre 
dissimulé sous la calotte. L'extrémité de ce coade 
est taillée en crémaillère. Les dents de celle-ci 
agissent sur une série d'engrenages qui font fonc- 
tionner le marteau. Le bouton, arrivé au bout de 
sa course, est ramené en arrière par un ressort 
imprimant au marteau un nouveau fonctionnement, 
mais en sens contraire. 

5. Même timbre que le précédent, mais plus 
grand. 



— 139 — 

6. Même timbre, appelé cBuffalo». Le mouve- 
ment du marteau, fonctionnant comme un timbre 
électrique, s*obtient par un remontoir à ressort de 
fabrication américaine portant la marque Continuons 
royal bell. 

7. Même fabrication, double calotte. Même mou- 
vement que le n® 4. 

8286. Huit Cornes d'appel. Don du même. Toutes 
formées d'un tuyau conique avec anche battante. 
I. Modèle de poche, en corne. 
a. Modèle en cuivre, forme ronde. 

3. Nouveau modèle en cuivre nickelé, format de 
poche. 

4. Modèle plat, cintré, en cuivre. 

5. Modèle rond, cintré, en corne. 

6. Modèle plat, cintré, en cuivre. 

7. Modèle plat, cintré, en cuivre nickelé. 

8. Modèle rond, cintré, en cuivre nickelé. 

2887. Huit Sifflets. Don du même : 

1 . SifiSet ordinaire, à tète de chien. 

2. Sifflet à double intonation, la seconde se 
produisant par l'ouverture d'un trou latéral. 

3. Sifflet d'un côté, corne d'appel (à anche 
battante) de l'autre côté. 

4. Sifflet à triple intonation. Le gros côté agit 
comme un sifflet ordinaire, une bille à rintérieur 
fait l'office de tremblant ; le côté mince forme un 



— 140 — 

double canal d'insufiSation dont chaque tube conduit 
à une bouche avec intonation spéciale à condition 
de fermer Tune ou l'autre. 

5. Sifflet américain à triple intonation. D*un côté, 
un canal d'insufflation aplati conduit le souffle à la 
fois contre les bords de deux tuyaux fermés accordés 
à la quinte ; de Tautre côté, le tuyau fermé le plus 
court, sert, à Taide d*une bouche de sifflet ordinaire, 
à fournir la troisième intonation. 

6. Sifflet rappelant la forme du sifflet antique 
n* 430. 

7. Sifflet ordinaire, terminé par un court tuyau 
placé en équerre et fermé à chaque extrémité par 
un disque troué. De là trois intonations : la première 
avec les deux disques fermés, la seconde avec un 
disque ouvert et la troisième avec deux disques 
ouverts. 

8. Sifflet-sirène. Sifflet fermé vers le milieu de 
sa longueur par un disque percé de cinq ouvertures 
triangulaires. Un autre disque, avec un même 
nombre d'ouvertures, pivote sur le premier^ et c est 
le souffle qui lui communique le mouvement de 
rotation. Il en résulte que les ouvertures du disque 
fixe se ferment et s'ouvrent alternativement, im- 
primant à Tair une série de pulsations d'où naît le 
son. Plus la pression du souffle est forte, plus 
s*accélère le mouvement rotatif du disque, plus les 
vibrations ou pulsations sont rapides, plus le son 



— Ht — 

est aigu. C'est en somme le principe de la sirène de 
Cagniard de la Tour, no 565. 

Ce qui est non moins intéressant que le sifflet 
lui-même, c'est le prix auquel on parvient à le 
vendre :0950l 

2288. Appeau. Don du même. Sifflet en bois 
formé d'un tuyau cylindrique aboutissant à un 
récipient sphérique. Un trou latéral est foré dans la 
sphère et permet par son ouverture de hausser le 
ton d'une quinte. L'appareil donne ainsi les deux 






intonations észsîz+z: ; il sert à imiter le cri du 



coucou, de la tourterelle et du chat-huant. 

2288. Quatre appeaux. Don du même. Tous les 
quatre ont pour producteur du son la bouche d'un 
sifflet et l*air est mis en vibration par la pression 
d'un soufflet. 

Le n* i, dont le soufflet de cuir a encore conservé 
ses poils, imite la caille. 

Le n* 2, formé d'un tuyau plus long que celui 
du précédent, reçoit le vent du soufflet (également 
en cuir encore recouvert de ses poils) par un trou 
latéral foré au milieu environ de sa longueur. Une 
allonge glisse sur l'extrémité ouverte du tuyau et 
permet de graduer la hauteur du son. Cet appeau 
sert également à imiter la caille. 



— 14a — 

Le n* 3, formé d'un soufflet plat^ envoie le vent 
contre les bords de l'ouverture circulaire pratiquée 
dans une petite sphàre creuse. Il imite le cri du 
moineau. 

Dans le n<* 4, le soufflet plat est partagé en deux 
parties. Chacune d*elles met en vibration un petit 
sifflet et les deux tuyaux difièrent légèrement de 
longueur, produisant chacun un son d'intonation 
différente. Les deux intonations reproduites alter- 
nativement par la pression des soufflets imitent le 
cri de la bécassine, du merle et de la perdrix 
blanche. 

2240. Six appeaux. Don du même. Ce sont des 
appeauxà bouche biseautée de dimensions différentes 
fixés dans un réservoir d air formé d*un soufflet 
cylindrique à plis. 

Le n» I, imite le rouge-gorge. 

Le n*» 2, le verdier. 

Len» 3, la grive. 

Le n» 4, le chevalier. 

Len® 5, la caille. 

Le n« 6, le merle au coucher et le moineau. 

2241. Trois appeaux. Don du même. Tuyaux à 
anche très courts, avec des colonnes d*air de 
formes différentes influençant conséquemment les 
formes de la vibration pour produire des timbres 
différents. 



- i43- 

Le n* I imite le nasillement du canard. 
Le n* 2, le glapissement du lièvre. 
Le n* 3, la voix du chevreuil. 

2242. Cinq appeaux. Don du même. Ils rappellent 
la forme du sifflet antique n* 430 : tuyau d'insuf- 
flation dirigeant le souffle contre le bord d'une 
ouverture circulaire pratiquée dans la paroi d*une 
sphère creuse. Ils n*offrent que de très légères 
différences dans la grandeur. 

Le n« I est destiné à imiter la bécasse. 
Le n^ 2y la mésange noire. 
Le n* 3 9 la fauvette. 
Le n"" 4, le pinson. 
Le n« 5, l'alouette. 

2248. Treize appeaux. Don du même. Tous ont 
pour producteur du son le double disque dont les 
deux parties sont séparées par un anneau de 
largeur variable sur les bords duquel elles sont 
soudées, tandis que dans quelques spécimens, elles 
sont soudées directement par leurs bords de façon à 
former une lentille biconvexe ou convexe-concave. 
On prend cette sorte d*appeau en bouche en le 
tenant verticalement et on produit le son en soufflant 
au travers des trous. 

Le n» I imite le becfigue. 
Le n* 2f le sisis. 



— «44 — 
Le n« 3, la bergeronnette. 



i Le n"* 4, le linot. 



Le n* 5, le vitelet. 

Le n* 6, Talouette. 

Le n^" 7, la perdrix grise. 

Le n"" 8, la chouette. 

Le n« 9, la grive. 

Le n* lOy le merle. 

Le n^" 1 1, la grive et le merle. 

Le n« 12, la bécasse et le pivert. 

Le n*" 13, la perdrix grise. 

Ces deux derniers sont exceptionnellement muais 
d*un soufflet cylindrique à plis qui envoie Tair en 
pression au travers du trou central du disque. 

2244. Trois appeaux. Don du même. Tuyaux 
d*insufflation dirigeant le souffle contre les bords 
de l'ouverture d'un récipient et à une certaine 
distance, de façon à ne pas produire un son, mais 
un certain susurrement. 

Le n« I imite les frouement, vol et cri de la 
chouette dans la chasse dite à la pipée. 

Le no 2 imite le geai, la perdrix rouge, le corbeau 
et la pie. 

Le n" 3 est plus particulièrement destiné à imiter 
la perdrix rouge. 

2246. Six appeaux. Don du même. Tous affectent 



— 145 — 

la forme d'un carafon donc le fond serait fermé par 
un disque troué, l'extrémité opposée servant 
d'embouchure. C'est moins un son qu'un bruisse- 
ment qui se produit. 

Le n"* I, imite le linot. 

Le n*» a, l'alouette. 

Le n"" 3, le becfigue. ^ 

Le n*" 4, la mésange bleue. 

Le n"* 5, le merle. 

Le n^" 6, le pivoton. 

2246. Appeau, Don du même Petit cylindre de 
métal dont l'une des ouvertures est recouverte d*une 
membrane traversée par un crin d'une certaine 
longueur. Lorsque Ton tire sur le crin en le tenant 
entre le pouce et l'index mouillés, il se produit un 
son qui imite parfaitement le cri de la perdrix grise. 

2S47. Trois appeaux. Don du même. 

N* I. Anche battante recouverte par un tube 
cylindrique ; sert à imiter le pluvier. 

N"" 2 . Anche battante recouverte d'un récipient en 
forme de lentille biconvexe trouée sur l'une de ses 
surfaces ; il imite le vanneau. 

N** 3. Anche battante recouverte par un récipient 
en forme de disque plat troué au centre ; il sert 
à imiter le glapissement du lapin. 



— 146 — 

2248. Huit appeaux. Don du même. Sifflets de 
différentes formes et dimensions. 

Ce sont des tuyaux à bouche biseautée. 

Le n"" I imite la gelinotte. 

Le n* a, le gros-bec. 

Le n^ 3, la chouette. 

Le n^ 4« le pinson. 

Le n* 5, le courlis. 
Le n* 6, la huppe. 

Le n* 7, le bouvreuil. 

Le n* 8, le pluvier. 

2249. Deux appeaux. Don du même. Deux soufflets 
cylindriques à plis, projettent le vent par Tinter- 
médiaire d'un petit tuyau cylindrique fixé au centre 
de la fermeture supérieure contre les bords d'an 
trou foré dans une sphère creuse de métal. Il en 
résulte une sorte de sifflement 

Le no I imite le cacabe de la perdrix rouge, 
le n'^a, le croassement du corbeau. 

2260.A/^/o/ro^^.Donderinventeur,M.Carpentier. 
Appareil récompensé par une médaille d*or à l'Ex- 
position universelle de 1889 et destiné à actionner 
un piano et à y exécuter des morceaux notés sur des 
bandes de papier perforé (Voir le n* 1 1 16). Le mélo- 
trope comprend deux parties essentielles : Tune 
destinée à transmettre aux différentes touches de 



— 147 — 

l^instrument Tefifort développé sur l'arbre du cylin- 
dre, l'autre dont la fonction est de lire la bande de 
papier perforé et d'actionner les pilotes qui, au 
nombre de trente-sept, commandent les touches. 
On imprime le mouvement à l'appareil à l'aide 
d'une manivelle appliquée sur le côté ; la bande de 
papier perforé est entraînée et lorsqu en se déplaçant 
elle présente un plein, le pilote reste immobile ; si 
une ouverture se présente, le pilote s'abaisse, 
frappe la touche, s'y maintient, pour se relever 
par l'effet du même mécanisme chaque fois qu'à 
l'ouverture dans la bande perforée succède un plein. 
La description complète de cet appareil extrême- 
ment ingénieux nous entraînerait trop loin et se 
trouve du reste très minutieusement détaillée dans 
le brevet n» 165133 accordé à M. Carpentier en 
date du 31 octobre 1884 et dans les additions au 
même brevet des 25 avril 1885 et 9 avril 1887. 

Le mélotrope Carpentier est l'embryon des nom- 
breux et ingénieux appareils construits aux États- 
Unis d'Amérique dans ces dernières années, sous le 
nom générique de pianoplaycrs et destinés à jouer 
mécaniquement du piano. 

2261. Graphophane. Don de M. L. Cavens. Cet 
appareil est marqué : The graphophone patenied 
May 4, 1886; Die. 27, 1887; April 3, 1888; June 10, 
1890; Oci, 15, 1894; March ao, iSgj. M anufaciured 



— 148 — 

ly tkê Graphophone American Company. Type AT 
251 i2y,NeW'YorkN.Y.U,S.A.Colombia Phonograph 
Co, New-York et Paris, Ces dates indiquent les 
différents brevets que les fabricants, conformément 
à la loi américaine, sont obligés de renseigner sur 
les objets brevetés. • 

L'invention du phonographe est due à Edison, le 
célèbre inventeur américain. Son premier brevet 
date du 31 juillet 1877. Il est juste cependant de 
rappeler qu'avant lui, le 25 mars 1857, Léon Scott, 
simple ouvrier typographe français, prit un brevet 
pour un appareil, appelé Phonautographe, destiné à 
enregistrer les ondes sonores. Il est vrai qu'entre 
l'enregistrement du son et sa reproduction il y a 
encore de la marge. 

Le graphophone ne diffère que fort peu du pho- 
nographe. Primitivement, le phonographe était 
actionné par un électro-moteur. En produisant le 
graphophone, le professeur Tainter avait remplacé 
le moteur électrique par une pédale semblable à 
celle de la machine à coudre. Actuellement, phono- 
graphe et graphophone fonctionnent à Taide d'un 
ressort et le premier ne diffère du second, en régie 
générale, qu*en ce que son mécanisme est exposé à 
la vue, tandis qu*au graphophone 1^ pièces prin- 
cipales du mécanisme sont enfermées dans une 
boîte. (A. M. Villon, Le phonographe et ses appii- 
cations. Paris. Bernard Tignol.) 



T5^ 



- i49- 

8862. Grammophone, Cet instrument ne diffère 
pas sensiblement, au point de vue du mécanisme^ 
du phonographe ou du graphophone. Il a été inventé 
dans ces dernières années par M. Berliner^ à 
Washington. Ce qui le distingue des instruments 
qui Tont précédé, c'est qu'au lieu d'enregistrer les 
productions oratoires ou musicales sur des cylin- 
dres, on se sert de disques dont les copies peuvent 
s'obtenir plus facilement que celles des cylindres. 
Les disques fournissent des reproductions non 
seulement plus solides et plus durables, mais bien 
plus longues que celles des cylindres. On peut même 
ajouter, pensons-nous, que dans l'état actuel des 
deux systèmes, les reproductions grammophoniques 
sont plus parfaites quecelles des instruments rivaux. 

22B3. Accessoires de grammophone. Don de M. L. 
Cavens. i« Pavillon en cuivre avec support pliant 
composé d'une double branche, l'une en argentine, 
l'autre en bois ; 2^ Diaphragme de la Grammophone 
and typewriter Co lid. London-Berlin-Paris n° 51603; 
3"* Diaphragme de la même compagnie n* 10345, 
même inscription, avec le mot Exhibition 6n plus. 

2264. Baguette de direction. Don de M. F. de 
Vestibule. Elle porte l'inscription suivante qui en 
constitue V intérêt: Dimanche ig février iSSa.Souvenir 
du 5o"' anniversaire de la fondation du Conservatoire 



— ISO — 

royal de musique de Bruxelles, Concert jubilaire dirige 
par MM. F.- A. Gevaeri^ directeur du Conservatoire 
de Bruxelles^ Ad, Samuel, directeur du Conservatoire 
de Gand, P. Benoit^ directeur de l'Ecole de musique 
d'Anvers. 

2266. Baguette de direction. Don du même. 
Inscription : Bruxelles, 25 mars 1884. Souvenir delà 
célébration du 100" anniversaire de la naissance de 
F. '3^. Fétis à Mons. Concert dirigé par MM. F.^A. 
Gevaertf directeur du Conservatoire royal de musique 
de Bruxelles, J.-B, Colyns et H. Warnots, professeurs 
au Conservatoire de Bruxelles. 

2266. Sonomètre. Don de M»« Lumay-Vivier. 
C'est un sonomètre ordinaire» construit par M J. 
Oor, fabricant de pianos à Bruxelles. Il est monté 
de telle façon que treille cordes peuvent s*y fixer. 
Vivier était non-seulement un harmoniste tris 
distingué, mais il s'était livré à de nombreuses 
études sur la vibration des cordes. Il a publié 
plusieurs brochures au sujet de ses recherches» aux- 
quelles a servi l'appareil que nous avons devant 
nous et qu'il appelait «duodedicordet.Q.-A.YlvlBR, 
Traité complet d'harmonie théorique, pratique y vocale et 
instrumentalCjpp. i à33. Bruxelles, J.Lumay 1890.) 

2267. Trois lames en bois de sapin. Don de M. V* 



— 151 — 

Mahillon. La première mesure o"545 de longueur 
o"oi9 d'épaisseur, o»03Q de largeur; la seconde 
o"545 de long., o"038 d'épaisseur, o*030de larg.; la 
troisième o"2725 de long , oo'oig d'épaisseur, 
o'^ojo de larg. Biles donnent respectivement les 
intonations suivantes : 



$ 



ce qui vérifie la loi : la vibration des lames libres à 
leurs extrémités sont en raison inverse du carré de 
leur longueur (la troisième, de moitié plus courte 
que la première, donne la double octave de celle-ci) 
et en raison inverse de leur épaisseur (la deuxième, 
d*épaisseur double de la première, est à Toctave 
supérieure de celle-ci). La largeur de la lame, 
comme on le constate, est uniforme pour les trois 
et n*a pas d'influence sur leur hauteur respective. 

2268. Deux tuyaux de roseau de diamètres sem- 
blables {o'^o 15). Don du même. L'un mesure o'"485 
de longueur, l'autre o°>2425. Le premier donne par 

la percussion le ç\\ I » le second la double 




octave du précédent. Les vibrations transversales 
des tuyaux de mêmes diamètres ébranlés par la perçus* 
sien sont en raison inverse du carré des longueurs. 



- ts^ — 

Classe I. — Instruments autophones. 
Branche A. — Instruments autophones percutés. 
Sbction a* ^ Instrumenês bruyants, 
last.Earop. SuissB. 2268. Clochâttes en bronze. Elles sont au 

CL L 

nombre de six et proviennent des fouilles entreprises 
par M. O. Hauser, archéologue, dans le canton du 
Tessin. Elles ont malheureusement perdu leurs 
battants. Deux de ceux-ci, trouvés avec les clo- 
chettes, mais détachés, accompagnent ces intéres- 
santes reliques. Haut, de la plus grande clochette, 
o°>045 ; elle est carrée et sa larg. maxima est de 
0*045. Les autres par ordre de grandeur sont : une 
carrée, une ronde, deux ovales, et finalement, la 
plus petite, ronde, mesure o"o 1 8 de hauteur et o"oi8 
de diamètre. 

France. 2260. Clochette ou Clarim, Don de M. J. 
Mahillon. Elle provient des Hautes-Pyrénées, où 
l'on s'en sert ordinairement pour l'attacher au cou 
des bestiaux envoyés en pâture dans les montagnes. 
Ellealaformed*une sorte de sphère aplatie formée de 
deux coquilles de bronze assemblées par leurs bords. 
A la partie supérieure est soudée une anse destinée 
à suspendre l'appareil. Un battant fait d'une tige de 
fer terminé par un poids de zinc, est suspendu à 
l'intérieur de la clochette et sert à produire le son. 



— «5i - 

P m Inst. Kurop. 

qui est approximativement le ^ > Hauteur ci i 

o»i3o; lar^. max. o«o65; larg. min. o'"055. * 

Id. 2261. Clochette, Don du même. Semblable 
à la précédente. Même provenance. Elle donne le 



ÂLLBMAGNB. 2262. Clochette.Dotï de M. E. Clos- 
son. Celle-ci provient de TEifel (Prusse Rhénane). 
Même fabrication que les deux précédentes. Haut, 
o^oyo; larg. max. o"055. 

Belgique. 2268. Petite clochette en bronze trouvée 
aux environs de Hamont (Limbourg belge). Le 
battant a disparu. 

PKAVCE.22Q4.Cymbalettes, palets ou chaplachoires. 
Petites cymbales. Elles figuraient jusqu'en 1878 
avec les tymhalons (v. n^ 2277) et les tambourins 
aux processions de N.-D. de la Garde à Marseille. 
Diam. o°»iio. Elles donnent le mi de la 7™« octave 
de réchelle des sons. 

Espagne. 2266. Matraqueta. Don de M. Ramon 
RuiZy de Barcelone.. Reproduction d'un très ancien 
appareil conservé à l'église principale de Cervera, 
province de Lerida. Il se compose d'une simple plan- 



- IS4- 

init Ênrop. chette sur laquelle on a fixé une poignée en fer. A 
^' ' l'extrémité opposée à celle où se trouve la poignée 

on a disposé transversalement un fil de fer qui tra- 
verse le bout des manches de quatre petits maillets 
en bois et leur sert de pivot. En secouant l'appareil 
que Ton saisit par la poignée, les maillets se soulè- 
vent et retombent en faisant un bruit que Ton utilise 
pendant la semaine sainte pour remplacer la sonnette 
dans les cérémonies du culte. Long, de la plan* 
chette o"»24; larg. o"i4. 

Id. 2266. Maillet de bois. Don du même. Le plai- 
sir de faire du bruit répond à un besoin si répandu, 
paratt-il» parmi les enfants de la capitale de la Cata- 
logne, que pour aider à sa réalisation sans dépense 
pour eux, on fait placer devant la cathédrale de 
grandes planches sur lesquelles les enfants frappent 
avec de simples maillets semblables à celui-ci. 
D*après les renseignements que nous devons à 
Tobligeance du donateur, c'est le massacre des 
Juifs, auteurs de la mort du Christ, que cet usage 
bruyant représenterait. 

Id. 2267. Mairaca. Reproduction de l'appareil 
placé dans le clocher de la cathédrale de Barcelone 
pour remplacer les cloches pendant la semaine 
sainte. C^est une sorte de botte hexagonale qui 
tourne autour d'un axe en fer terminé par une mani- 



- 155 — 

velle. La boîte est partagée en six sections par des in«t. Eorop: 

cloisons de bois allant des angles du contour à Taxe 

de la bolte.Chacune des cloisons est garnie de quatre 

maillets de bois dont les manches sont traversés à 

leurs bouts par un fil de fer placé parallèlement à 

Taxe et dans son voisinage. Si à l'aide d'une corde 

attachée à la manivelle qui termine l'axe servant de 

pivot à l'appareil on lui imprime un mouvement de 

rotation y les marteaux se soulèvent et retombent 

tour à tour sur les cloisons de bois produisant un 

bruit extraordinaire qui s'entend à une très grande 

distance. Diam. de la caisse i"'05; larg. oa5i5. 

(Edii. Franck, Comment on remplace les cloches. Dans 

VlUustration du 17 avril 1897.) 

Alleuaqkb. 2268. Charfreitags Holxklapper. 
Don de M. B. Ciosson. Il provient de la Prusse rhé- 
nane. Comme le nom l'indique» c'est undes appa- 
reils usités pour remplacer les clochettes dans les 
services religieux de la semaine sainte. Il se compo- 
se d'une planchette de o»aa de longueur sur o^ogs 
de largeur. Cette planchette est traversée par une 
tige de bois de o^aS de longueur dont la partie 
inférieure sert de manche, tandis que la partie 
supérieure, qui dépasse la planchette, sert de pivot 
au manche d'un maillet qui frappe alternativement 
la planche à droite et à gauche de sa largeur 
lorsqu'on secoue l'appareil. 



lut Etirèp. Italie. &S68. CastagnetUs. Don de M. Gisbert 

Combaz. D'origine napolitaine, elles sont formées 
de deux pièces de bois légèrement creusées, comme 
d'habitude, à la partie où elles s'entrechoquent. 

Bblqiqub. 2270. Violon des Gilles de Binck. 
Planchette de bois, de o'"30 d'épaisseur, découpée 
en forme de violon, avec, vers le milieu de sa lar- 
geur une ouverture rectangulaire de o" 130 de lon- 
gueur, sur o"7o de largeur. Dans cette ouverture 
sont fixés librement, à l'aide de deux chevilles, 
quatre bandelettes de fer et entre chacune de celle-ci 
trois lames de bois un peu moins longues querouver* 
ture, de o«o5o de largeur et d'un centimètre d'épais- 
seur. Introduites de champ dans l'ouverture de la 
planchette, elles dépassent celle-ci par leur largeur. 
Le bruit se produit en raclant les bords saillants 
des lames de bois à l'aide d'une latte de bois dentelée 
sur un de ses côtés et découpée en forme d'archet. 
Long. tôt. o"48o, larg. max. o"2io. 

Le QlUo ost un personnage carnavalesque particulier à U 
ville de Binche (Voir Wallonia, Liège, t. Vill, 1900 p. 93). 

ID. 8271. Violon avec archet. Don de M. Pol 
Coekelenbergh. Instrument presque semblable à 
celui des Gilles de Binche. Il n'en diffère que par 
la forme. Ici, la planchette est découpée en forme 
de polichinelle et peinte sur Tune de ses faces. Cet 



instrument a servi pendant longtemps dans un insnEarop 
cercle de BultkarkaSy dénomination bruxelloise des ^'' '" 

polichinelles. Long. tôt. 0.460; larg. max. o»i4o. 

Id. 8272. Batte d* Arlequin, Don du même. Long, 
tôt. o™94. 

Espagne. 2278. Crécelle, en catalan Herrach, en 
espagnol Sonajero. Don de M. Ramon Ruiz, de 
Barcelone. Jouet utilisé par les enfants pour faire 
du bruit pendant la semaine sainte ; et ils y réussis- 
sent au-delà de toute expression. Cet appareil, que 
Ton construit de toutes dimensions» se compose 
d'une pièce de bois façonnée au tour dans la forme 
d*un gros manche d'outil, de o>025 de longueur 
environ, de o"o6 de diamètre moyen. Dans le sens 
de sa longueur, on a pratiqué a la scie une rainure 
de o«»oa5 ^^ largeur. Au bout de l'ouverture et entre 
ses bords se trouve une roue dentée fixée à un 
manche qui traverse à angle droit la pièce de bois 
dont nous avons parlé d*abord. Une languette de 
bois de hêtre, fixée dans le milieu de la rainure, 
appuie par son extrémité libre sur une des dents de 
de la roue. Si Ton imprime un mouvement de rota- 
tion à la pièce de bois en la faisant tourner autour 
du manche que l'on tient à la main, la languette pas- 
se d'un dent à l'autre et produit par des chocs 
répétés un bruit dont l'effet assourdissant croit en 
raison de la vitesse de rotation imprimée à l'appareil. 



tntt fiarop. Pays-Bas. 8274. Crécelle. C'est une simple lame 

^' ' de bois pressée par une traverse de bois entre les 

côtés d*une botte à laquelle on imprime un mouve- 
ment de rotation autour d*un manche. Ce manche 
porte à la partie qui traverse les côtés de la botte 
une roue dentée dont les pointes soulèvent la lame 
de bois et celle-ci produit le bruit en retombant dans 
les creux qui séparent les dents. Cet appareil est 
en usage dans le service de la voirie d'Amsterdam. 
Long, de la botte o'^jo; larg. 0*12; long, du man- 
che o»45; largeur de la lame o^oy. 



— i5d - 

Classe II. — Instruments a membranes. 

Branche A. — Membranes percutées. 

SiCTioN a. — Insirumênis bruyants, 

Sout-tection aa, — Membrane tendue sur un cadre. 

BosNiB. 2276. Def. Sorte de tambour de bas- i»8t. Europ 



que <^> dont la membrane est teinte en vert. Quatre 
doubles ouvertures longitudinales découpées dans le 
cadre de bois sur lequel est tendue la membrane 
contiennent cinq disques de métal de différentes gran- 
deurs. Diam. o°'36; haut, du cercle de bois o"o65. 

L*acqtiisition des instruments bosniaques nous a été facilitée 
par les soins obligeants de M. le Cbevalier de HorowitZ| chef de 
section au ministôre de Bosnie-Herzégovine, à Vienne, et de 
M. le conseiller Constantin Hôrmann, directeur du musée natio- 
nal de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo. Nous leur exprimons ici 
noire profonde reconnaissance. 

Sous-section bb, — Membrane tendue svr un récipient. 

Prancb. 2876. Tymbalons de Provence. On les 
appelle quelquefois, mais improprement,, iympanons. 
Ce sont de petites timbales dont les récipients sont 



(i) On déslerne sous le nom de tambour de basque, le moins compliqué 
des tambours, un simple cercle recouvert d'une membrane. Bon 
usage remonte à la plus baute antiquité. Le nom de tambour de basque 
provient sans doute de ce que cet instrument a toujours conservé une très 
grande popularité en Espagne et principalement dans les provinces 
basques. 



Cl. U. 



— i6o — 

tnst fiurep. en cuivre rouge, les membranes sont tendues à 
l*aide de lanières de cuir qui se serrent autour de 
pointes fixées à un disque de fer placé à rextrémité 
inférieure du récipient. Pour tendre les membranes 
lorsqu'elles sont relâchées sous Tinfluence de la 
température, on les expose un instant soit au soleil, 
soit au feu. C'est du' reste ainsi que procèdent les 
peuples orientaux. La simple inspection de ces 
instruments dénote leur origine orientale; mais pour 
s'en convaincre il suffit de les comparer aux tobilets 
tunisiens n^ 322. On les joue en les suspendant soit 
à la ceinture, soit à un baudrier. Oiam. de la grande 
timbale C210; haut. 0^204; diam. de la petite 
timbale ©"igo; haut. o"2oi. 

Id. 8277. Tymbalons de Provence. Don de M. L. 
Cavens. Forme et construction semblables aux 
précédents. Diam. de la grande timbale o'aa; haut. 
o°>i9; diam. de la petite timbale 00175; haut. 0*205. 

Id. 2278. Deux baguettes de tymbalon provençal. 
Elles sont tout à fait modernes, faites chacune d'une 
seule pièce de bois et façonnées au tour comme 
les baguettes de tambour ordinaire. Long. 0*277. 

BosNiB. 2279. Daoulbax. Sorte de petite timbale 
dont le fût, en cuivre rouge, déforme hémisphérique, 
est recouvert d'une épaisse menibrane de cuir. À ia 
circonférence de celle-ci, attachée sur les bords du 



— i6i — 

récipient à Taide de pointes de métal, est fixée une latf. i«rop. 
aorte de lanière en forme de cercle et à laquelle sont *''' "' 

suspendues deux autres lanières droites qui servent 
de percuteurs. Diam. o"2io; haut. o«»i4o. 

Sous-section ce. — A double membrane. 

Bblgiqub. 2280. Tambour. Provient d'une an- 
cienne corporation bruxelloise. Fabrication ordi- 
naire, avec le fût en bois. Haut. tôt. o'^sgo; diam. 
max. o"48o. 

Id. 2281. Caisse roulante, caisse sourde. Tambour 
formé d*un cylindre de bois^ autrefois d'un usage 
très répandu dans les bandes de musique instrumen- 
tale. Cette sorte de tambour par lequel on remplaçait 
les timbales, n'avait pas la corde de boyau, appelée 
timbre, tendue contre la membrane inférieure ainsi 
qu'il est d'usage aux caisses claires et militaires et 
c*est à l'absence dé ce timbre qu'est due la sonorité 
sourde de ces instruments. Le cylindre de celui-ci 
est peint en bleu et on a représenté sur une partie de 
son contour une lyre dorée surmontée d'un soleil et 
d'une couronne de, feuillage également dorée. Deux 
guirlandes de feuillage peintes en blanc entourent la 
lyre. Les cercles de tension sont peints en triangles 
alternativement blancs et bleus. Haut. tôt. o"»6io; 
diam. des membranes o'»4i5. 



— i6a — 

init. B«f«p. Id. 2282. Caisse claire. Don de MM. V. et J. 

^* " Mahillon. C'est un tambour ordinaire, dont le 

cylindre habituellement plein est remplacé par un 
cylindre à jour formé de deux cercles de bois de 45 
mill. de largeur réunis par six traverses verticales 
de bois. 

La première idée de cette construction semble 
être anglaise et remonter à 1859, d'après un 
brevet délivré à la date du 4 octobre, à Londres, à 
John Mitcbell Rose, Richard Carte et William 
Pikesley.pour des perfectionnements aux tamboars. 
Ce changement de construction ne diminue pas la 
sensibilité de la membrane inférieure du tambour, 
celle qui porte le timbre ; les membranes s'in- 
fluencent si complètement qu'il suffit d*empècher 
la vibration de la membrane inférieure par la pres- 
sion du doigt pour que, à son tour, la membrane 
supérieure perde toute son élasticité sous l'action 
directe du percuteur. De Tensemble résulte ce fait 
évident que le rôle du cylindre se réduit, dans les 
tambours, à influencer, à déterminer par ses dimen- 
sions la couleur du son, ou timbre de l'instrument. 
Diam. total o"405; haut. tôt. o»28o. 

Adolphe Sax a fait breveter la môme idée en France le 
13 mal 1802; il supprimait eomplôtement le basain semi> 
sphérique aux timbales^ et le cylindre qu'il appelait chambré ie 
répercussion, aux grosses caisses et aux tambours. 

France. 8288. Tambour d'ordonnance. Don de 
M. L Cavens. Il provient du 3"* Régiment de 



— i63 - 

Zouaves, dont il porte la matricule, ainsi que le intt. sorop. 
millésime 1870. C'est un souvenir de la guerre* ^^ ''' 
franco-allemande. Acheté en Allemagne, ce tambour 
est muni de ses baguettes, de sa bretelle en cuir 
noir et de sa cuissière en cuir de buffle. Haut. o«37; 
diam. 0*40. 

Id. 2284. 2286. Tambourins de Provence^ chacun^ 
avec leur moss^/o (baguette). Semblables au n« 1953. 

Id. 2286. Deux Massetos de tambourin provençal. 
Elles sont faites d'une baguette de bois dur,terminée 
d'un c6té par un manche, de Tautre par le gland per- 
cuteur en ivoire, appelé en provençal ooulivo (olive). 

Prusse. 2267. Tambour militaire^ avec deux paires 
de baguettes. Don de M. L. Cavens. Construction 
ordinaire. Cercles en fer qui appuient sur les cercles 
tendant les membranes à l'aide de six vis placées à 
distances égales sur leur circonférence. Ces vis, 
terminées par une tète triangulaire, sont serrées ou 
desserrées par une ouverture de même forme ména- 
gée à l'extrémité des baguettes. Les estampilles de 
l'instrument indiquent qu'il a été fabriqué par 
L. Beriramj Rendsburg, le 21 Juillet 1877, pour 
Tusage du laç"* Régiment, 2"'* Bataillon, 6"« Com- 
pagnie* 

Sazb. 2288. Tambour automatique. Don de la 



- i64- 

iMt Bnrop. Hercules Musikwerke (fabricant M. K. Kretschmar;. 



Cl. II. 



Le donateur a iaiaginé de fixer au cercle d*un tam- 
bour un petit appareil sur lequel il attache, à l'aide 
d'une vis, un disque dont la circonférence est percée 
de trous. Il imprime un mouvement de rotation au 
disque à Taide d'une manivelle, d'un pignon et 
d'une roue dentée sur l'axe de laquelle est attaché 
le disque Sur le côté de l'appareil est fixé un levier 
en fil de fer dont le bras long est terminé par une 
bille de bois destinée à frapper la membrane, tandis 
que le bras court, aplati et courbé en équerre, est 
terminé par une pointe qui entre dans les trous da 
disque lorsque ceux-ci passent dans leur mouvement 
de rotation au-dessous de la pointe. Un ressort ap- 
puyant sur le long bras du levier sert à augmenter 
faction de la bille sur la membrane. Il est certaiD 
qu'en faisant tourner le disque, le levier frappera la 
membrane dans l'ordre rythmique indiqué par les 
trous du disque. A chaque disque correspond un 
rythme particulier. Le tambour automatique n'avait 
pas été prévu dans notre Essai de classification ! 

Bosnie. 2289. Boubagn. Tambour dont le fût en 
bois a les deux ouvertures recouvertes de mem- 
branes par l'intermédiaire d'un cercle. Le système 
detension, très primitif, s'opère à l'aide de cordes. Il 
offre ceci de particulier qu'une corde mince repose 
sur chacune des deux membranes, dans le sens de 



- i65- 

leur diamètre ; elle fait l'office de la corde de boyau intt.iarop. 
appelée timbre. Haut, du tambour o"*3o; diam. 0*4 1. **' "* 

Branche B. — Membranes frottées. 

Nous rangeons dans cette catégorie nouvelle, les 
appareils dont la membrane est mise en vibration par 
le frottement d'une tige de bois, d'un roseau, voire 
d'une corde, fixés à son centre. Nous avions 
catalogué le n» 2043 (Bourdon) et le n» 2043 [Rom- 
fnelpoi) parmi les Appareils divers parce que nous 
supposions alors que ces instruments étaient trop 
exceptionnels pour justifier l'introduction dans 
notre classification d'une division spéciale. Nous 
n'avons pas tardé à reconnaître que nous avions 
versé dans une erreur profonde. Non seulement 
nous avons eu depuis l'occasion de nous procurer 
plusieurs de ces appareils, des provenances les plus 
diverses, mais nous avons pu constater que, loin 
d*ètre exceptionnels, ces instruments sont si nom- 
breux de par le monde, qu'ils ont été Tobjet d'une 
étude spéciale de la part de M. Henry Balfour, 
réminent conservateur du Musée ethnographique 
d'Oxford. Cette étude extrêmement intéressante est 
intitulée ^Thefriction-Drum^. Elle a été publiée, sous 
forme de brochure, à Londres, en 1 907, par les soins 
du c Royal anthropological Insiitute of Great-Britain 
and Ireland > . 



— i66 — 

iflit. Biirop. EsPAGNB. 2290. Zatuboniba. Don de M. Valentin 

^'' "* Âgrela, vice-consul de Belgique à Grenade. C'est un 
vase en terre-cuite ouvert des deux côtés; sur l'ou- 
verture supérieure, la plus grande, on a tendu une 
membrane au milieu de laquelle est insérée perpen- 
diculairement une tige en jonc liée à la membrane 
par une de ses extrémités et la dépassant de 0*28 
environ. La tige est frottée dans le sens de sa lon- 
gueur et produit un son dont la gravité est en 
raison du diamètre de la membrane, et Tacuité, en 
raison de la tension de cette dernière. Notre 

spécimen produit le ^— | — • Trois autres tiges 

de jonc sont disposées à distances égales sur le 
bord de la circonférence de la membrane, mais elles 
ne servent qu'à supporter les découpures de papier 
colorié destinées à enjoliver TappareiK Diam. in- 
férieur du vase o"o6; diam. supérieur, à l'endroit 
de la membrane o"095; haut. o^og. 

Cet instrumeut n'est autre qae le rommelpot flamand 
n*2043, que l'on entendait en môme temps que les ehanUde 
Noël. Il était d'usage, dans les provinces flamandes, de célèbKr 
la fôte en famille par des réjouissances où la Koekêbak nationale 
était fort on honneur. Ces fôtes se célébraient pendant dix joan. 
de la Noël à TËpiphanie, fôte des Rois. Les enfants saTaient 
jour par jour dans quelles familles du village se célébrait U 
fôte et allaient en chantant des Noëls demander la part de Di«a. 
Nous reproduisons, d'après de Goussemaeker {Chansons dss 
Flamands de France), un de ces NodU, chanté & BaiUeul : 



i 



— 167 — 






In«t Btirop. 
CI. n. 



Geeffc wat om dea rom - mel-pot 



't Is zoo goed om hutspot Von de 



lit» - wa "Van riA InA- m Van Hn 11a - i*o 11a*>a Am la 



lie - re, Vau de lae- ro, 



.^E^e^^ ^g:! 



fe^^i^ 



Van de lie - re, llere om la, 

{Traduction : 



Vrouw - tje gceft het Qods — deel. 

Donnez pour le Ronimelpot, — Donnez pour-rempUr la gamelle, 
— Van de Itère etc. — Bonne femme, donnez-nous la part de 
de Dieu). Le rommelpot est aussi populaire en Allemagne. Il y 
porte le nom de RummeUopf. Mersenne cite aussi cet instru- 
ment, déjà en usage de son temps en France.Il lui donne le nom 
de Romme le pot, corruption du nom flamand. Filippe Bonanni, 
dans son Gabinelto armonico (Rome 1733) parle du môme 
instrument,en usage en Italie; il l'appelle Istrumenlo délie 
vendemmie. Instrument des yen langes. Il servait» dit-il^ à faire 
danser les villageois conjointement avec la corne de bœuf t Eh 
Espagne et partlculiôrement dans la province de Grenade, la 
zambomha est en grand honneur et elle partage sa popularité 
ayeo le chicarra, sorte de violon populaire connu dans nos pays 
sous le nom de > Basse des Flandres ». Il se compose d'une tige 
do bois, d'une yessie gonflée d'air, d'une corde appuyant sur la 
vessie et tendue à l'aide d'une cheville qui fonctionne & Tex- 
trêniité de la tige de bols. L'archet est une }simple baguette 
ployée en arc et tendue par une mèche de crins. 

Id. 2201. Zambomba. Don du même. Elle res- 
semble à la précédente, sauf les dimensions, qui 



:q= 



sont plus grandes. Le son produit est le ^— g -— 

Diam. inférieur du vase ©•"oc; diam. supérieur, à 
l'endroit de la membrane o«i35; haut. o»ï3. j 



— i68 — 

insf.Earop ip. 2292. Zambomba. Don du même. Semblable 

aux précédentes, sauf les dimensions. Diam. 
inférieur o"'i3; diam. supérieur à Tendroit de la 
membrane 0*22; hauteur o"2 1. 

France. 2203. Pignaio. Nom provençal du 
rommelpot. Le récipient est en terre cuite. La 
membrane est fixée à Kaide de quelques tours 
d'une ficelle serrée dans la gorge qui termine 
le haut du récipient. La tige centrale est uo 
roseau de 0*67 environ. On tient le vase sous 
le bras gauche, on frotte le roseau de la main 
droite, préalablement mouillée» en la dirigeant de 
Textrémité du roseau vers la membrane. Le son 



ainsi produit se rapproche du J^—^ > Diam. 
de la membrane o"i8; haut, du récipient o""i8. 



Le mot provençal pignaio a pour éqaiyalent français le mot 
marmite. On entend généralement rinstrument le mercredi dei 
Gendres à la promenadedu Prado II existe dans le département 
de l'Aveyron (l'ancien pays de Kouergue), un insfrumcnt 
presque semblable appelé Braà (fr. = taureau), probablement 
parce que le son produit imite assez bien le mugissement da 
taureau. Ici, le roseau est remplacé par un fll poissé que Ton 
tire en le faisant glisser entre les doigts. 

Nous devons ces renseignements ft l'obligeance de M. de 
Lombardon-Montezan, de Marseille. 



Belgique. 2894. Bourdons (flam. ronker, ronûtux; 
ail. Waldteu/cl). Réunion de petits appareils seo- 



— 169 — 
blables à celui que nous avons déjà catalogué sous isst. Burop. 



le n' 2042. Ils donnent respectivement, et propor- 
tionnellement à la dimension de la membrane, les 



sons 



m 



Le n* 2042, dont la membrand est la plus petite, donne Tinto- 
nation de y^ I • Nous avons expliqué lors de la description 



de ce dernier numéro la façon dont se produit le son, mais il 
résulte de nos nouveaux essais^ et contrairemont & ce que nous 
supposions alors, que c'est la membrane seule qui produit le son, 
ébranlée qu'elle est par les frottements du fil dans la gorge de 
bois; de ce frottement résultent des pulsations que le fll com- 
munique à la membrane. C'est ce qui fait que nous rangeons 
aussi ces appareils parmi les instruments à membrane froitée. 
Les vibrations longitudinales et sonores de la corde n'existent 
pas véritablement dans le phénomène qui nous occupe. 

Quoique nous ayons déterminé l'intonation des membranes 
nous rangeons ces instruments parmi les appareils bruyants, 
raccord de la membrane n'étant pas intentionnel et son intona- 
tion n*ayant aucune valeur musicale. 



Cl. II. 



— ï70 — 

Classe III. — Instruments a vent. 
Branche A. — Instruments a anxhe. 

Section 2). — Anche simple f libre, 8an» tnyan» 

inst Europ, BELGIQUE. 2896. Planchette ronflante (anglais- 

BulUroarer, taureau mugissant, ou whixzing'SiicK 
bâton bourdonnant). C'est une simple planchette de 
bois suspendue à un fil. L'extrémité de celui-ci est 
ou tenue directement entre les deux doigts de la 
main droite, ou liée sans frottement dans une gorge 
taillée au bout d*un bâton. On imprime alors uo 
mouvement circulaire à la planchette ainsi suspen- 
due. Celle-ci tourne sur elle-même alternative- 
ment à droite et à gauche en même temps quelle 
accomplit son mouvement de rotation» et elle com- 
munique aux couches d'air qu'elle traverse une 
vibration d'où résulte le son. La hauteur de celui-ci 
dépend de la vitesse rotatoire de la planchette et 
cette vitesse est inversement proportionnelle aux 
dimensions de la planchette. La longueur du fil n'a 
pas d'influence sur la hauteur du son. Certes la 
planchette vibrante ne peut être considérée comme 
un instrument de musique, mais il nous a paru 
intéressant de l'introduire dans notre classification 
en raison du rôle presque similaire à celui de 
Tanche, que remplit la planchette. Pour aider celle-ci 



à exécuter son mouvement alternatif au bout du fil ii^*^* Barop. 

auquel elle est suspendue, on lui fait exécuter 
quelques tours sur elle-même tout en tendant le fil 
avant d'imprimer à celui-ci le mouvement circulaire 
autour des doigts ou du bâton. 

Allemagne (?). 2286. Harmonica à bouche, de 
Tanc. coll. Barbieri, de Madrid. C'est un tuyau de 
bois de forme cylindrique façonnéau tour et à Tinté- 
rieur duquel on a glissé une large lame de métal 
munie de six anches libres placées à o"oi5 environ 
Tune de l'autre. En face de chaque anche, on a 
foré un trou latéral de sorte que lorsque Ton 
soufiSe dans le tuyau par son extrémité supé- 
rieure, on entend le son des six anches, soit l'accord 
parfait de ri^ formé des six intonations suivantes 

(notées à l'octave inférieure) : m^Â^^-, En bouchant 

I 

le premier trou, le plus rapproché de Tembou^ 
chure, la première anche est réduite au silence, et 



on obtient les sons suivants : 

En bouchant le trou suivant, on obtient les 





et ainsi de suite jusqu'à la fer- 
meture du 6« trou qui, en supprimant la vibration 



— i7â — 

tDBt.fioror- dé la sixième anche, réduit l'instrument entier au 
^^' "' silence. Ce spécimen est bien certainement use 
des premières applications de Tanche libre au genre 
si nombreux des instruments connus aujourd'hui 
sous le nom d' c harmonica à bouche » (ail. ~ 
Mundharmonika). Long. tôt. o»257. 

Sbction c. — Anche «fmpte, battante, açec tu^-an, 
Soii£hsection aa, — Anche simple, battante et tuyau cylindrique. 

France. 2887. Clarinette à 1 1 clefs. Don de 
M. Massau, professeur de violoncelle à TEcole de 
musique de Verviers. Marque : Martin à Paris. 
Elle est en buis, garnie de viroles d'ivoire. Les 

-«- 

clefs sont en cuivre. Celles de lfe~tj^ nous 

tr ^- 1 

I 

paraissent avoir été ajoutées après coup» car elles 
sont d*une autre fabrication que les neuf premières. 
Le corps inférieur est en deux pièces assemblées 
par un tenon, ce qui se faisait pour permettre faci- 
lement Tintercalation d*autres pièces plus longues 
ou plus courtes, pour opérer un changement de 



diapason. Les clefs de m:^g=iri=: sont placées 
l'une à côté de Tautre, à la même hauteur. 

Id. 22B8.Clarinettes (Jeu de trois) en ni, en st'bet 



— 173 - 

en la, dans un étui. Marque : Buffet-Crampon à Paris iiitt.&arop. 
F. Tour nier et P. GounmSy successeurs. Système ^* "'' 
usuel à 13 clefs, avec des roulettes en ivoire entre 
la troisième et la quatrième clef (fa soljj^ — ui ré^ 
et entre la première et la deuxième {mifa^ — si «/J). 

Pays-Bas. 2299. Clarinette en sib. Don de 
M. Emm. de Winde. Elle est marquée Speek à 
Grammont. C'est une pièce intéressante^ en bois 
de buis, avec quatre clefs, du commencement du 
XIX- siècle, 

Belgique. 2800. Clarinette en sib. Don de 
M. Victor Mahillon. Modèle imaginé par le donateur 
et ayant figuré à l'Exposition universelle de Paris 
en 1867. Il avait principalement pour but de pro- 
duire les notes ffîSS^^E par les anneaux de la 

main droite. Le sol^ se produisait de la façon 
ordinaire mais avec les trois anneaux de la main 
droite recouverts respectivement par Tindex, le 
médius et Tannulaire. Relevait-on l'index, on 



produisait le ; 



^iz ; relevait-on ensuite le médius, 



; se produisait; relevait-on les trois doigts, 

on obtenait le /a b. Chose étonnante, un système à 
peu près semblable était présenté à la même expo- 




— 174 — 

^"^^^jI^^' sîtîon par M. Antonio Romero, de Madrid, sans que 
les exposants se fussent communiqué leurs idées 
(Voir n^ 1964). Cette clarinette est munie de la pièce 
appelée baril qui permet, à l'aide d'une coulisse — 
deux tuyaux glissant Tun sur l'autre — de varier, 
dans une cerjtaine mesure, le diapason de l'instru- 
ment. Mais il est à remarquer que ce moyen d'allon- 
gement est peu reccommandable, parce que le 
résultat s*en fait sentir bien plus sur les sons les 
plus rapprochés de l'embouchure que sur les autres. 
L'exactitude de Taccord ainsi abaissé était donc 
forcément compromise. 

Id. 2801. ClarinéUe en sib. Don de MM. Mahillon 
et C, à Bruxelles. Marque : Bachmann à Bruxelles. 
Bois de buis, viroles et ivoire, huit clefs en cuivre. 

Espagne. 2302. Chalumeau double, dt Tanc. coll. 
Barbieri, de Madrid. Les deux tuyaux en rosean, 
munis chacun d'une anche battante, rappellent 
ceux de la ziimmârah (n*' 1 15). Leur extrémité infé- 
rieure s'emboîte dans une sorte de pavillon qui fait 
corps avec un support en bois taillé en forme de 
segment de cercle dont les extrémités sont reliées 
par une traverse et c'est sur celle-ci que reposent 
fixés à la cire, les tuyaux; le pavillon les dépasse 
à la partie inférieure, les anches à la partie 
supérieure. L'un des tuyaux est percé de cinq trous 
latéraux dont les intonations sont les suivantes : 



- ï75 — 



tJ 113*6 

L'autre tuyau n'en a que trois, d'où quatre into- 
nations : 



1(1^ ^ — 



F ^j=fea=^ 



I 2 s 

Nous n'avons pas rencontré d'appareil semblable 
dans les nombreuses collections que nous avons 
visitées. Il est bien certain que celui-ci procède de 
la zummârah arabe. Long. tôt. des tuyaux, anches 
et pavillon compris, o'»2i5. 

Sardaigne. S808. Launeidas (Cuvzeriu de) (fr.= 
jeu ou concert de launeddas). Les lautteddas sont 
des chalumeaux en roseau dont la colonne d'air est 
ébranlée par une anche {cahixzina) à languette bat- 
tante {linguetia) comme celle de Varghoul égyptien 
(n*» 1 13) ou de la zumfnârah arabe (n» 1 15). Le jeu 
ou concert se compose : 

1^ De deux chalumeaux réunis qui nous rappellent 
assez exactement ce que devaient être les axiloi dou- 
bles ou tibiae impaus (n° 1972) de l'antiquité. Le 
plus court, appelé mancosa^ est percé latéralement 
de cinq trous de forme oblongue, nommés is 
erais (les clefs); le premier servant à régler 



Init.Ëarop 
Cl. m. 



— 176 — 

îMt. fi1>To^ l'intonation donnée par le trou suivant, s'appelle 
arrefinu (qui rend fin, qui accorde, qui ajuste); od 
se sert, pour cet ajustement, comme on le voit, d'un 
peu de cire appliquée sur le bord du trou. Les 
intonations de la mancosa sont les suivantes : 



$ 



fcaFqN=w=. 



Le chalumeau le plus long s'appelle tumba. Il n'a 
pas de trous latéraux et, par conséquent, il ne peat 

donner qu'un son, qui se trouve être ici le fe* ^ 

qui résonne en bourdon, en pédale ; 

a° D'un troisième chalumeau plus court que la 
tnancosa mais de construction semblable. Percé de six 
trous latéraux, il fournit les intonations suivantes : 



m 



ï=fc?=i=s=Jw= 



'4i 



Ce chalumeau prend le nom de mancosedda. 

Les trois tuyaux se jouent à la fois par la 
même personne et généralement, dans ce cas, 00 
ferme à la cire le mib de la mancosedda fourni par 
le 6* trou latéral. Quelquefois, les deux chalumeaux 
attachés se jouent seuls; le plus court s'appelle 
alors piptUy le plus long, le bourdon, médiana. 

Le concert de launeddas se fait généralement 



— 177 — 
entendre le dimanche dans les bals publics, devant inst.surop. 

Cl. III. 

les églises après les offices, dans les cortèges nup- 
tiaux, dans réglise même à la nuit de noël, et 
quelquefois pendant tout le mois de décembre, enfin 
dans les processions villageoises; parfois même, dans 
les campagnes, il remplace Torgue. Le concert de 
launeddas jouit, comme on le voit, d'une très grande 
popularité en Sardaigne. Long. tôt. delsi mancosedda, 
0*42; de la mancosuy o"485; de la tumba, 0*790. 
(GuiLio Fara Dbssy, Musica popolare Sarda. Tori* 
no 1909. 

Ces instruments ainsi que les renseignements qui les concer* 
noni, nous les devons à Tobligeante inieryention de M. Giovanni 
Patronl^ Directeur du Musée archéologique de Cagliari. Nous 
lui en exprimons ici & nouveau, notre reconnaissance. 

RussiB.2804. Galeika. Don de S. B.le lieutenant- 
général Baron Constantin de Stackelberg, directeur 
de la Chapelle de S. M. l'Empereur de Russie. Cha- 
lumeau composé de deux tuyaux : celui de gauche 
est percé de six trous latéraux; celui de droite 
n'en a que trois, percés exactement à une hauteur 
correspondante aux trois premiers trous du tuyau 
de gauche. L'annulaire, le médius et l'index de la 
main droite couvrent à la fois les trous correspon- 
dants des deux tuyaux, les mêmes doigts de la main 
gauche couvrent les 4'', 5* et 6"" trous latéraux du 
tuyau gauche. Les tuyaux sont de roseau, Tanche 
également, la languette est découpée par une double 



- 178 - 

iMt.Europ. fente longitudinale et une incision transversale à la 
Cl. III. . , , ^ , , ... 

partie supérieure. Au-dessus de cette incision, 

Textrémité du tuyau en roseau formant Tanche est 
bouchée avec de Tétoupe ou de la cire, afin de provo- 
quer, par le mouvement de l'air, la mise en vibra« 
tion de la languette. L'extrémité inférieure des 
deux tuyaux^ attachés parallèlement, est fixée dans 
un trou latéral pratiqué dans un fragment de corne 
qui sert de pavillon. 

Les intonations produites sont les suivantes : 

Tuyau de gauche r&fc^gzrrzri — niizj — j" 






Tuyau de droite ffi^^^^=i=t=: 

Ce chalumeau dont la ressemblance avec le 
no 230a est à noter provient du gouvernement de 
Kazan. Il est répandu encore dans plusieurs autres 
gouvernements, mais on ne l'y trouve généralement 
qu'avec un seul tuyau. Seul, le gouvernement de 
Smolensk offre l'emploi du type à deux tuyaux per- 
cés chacun de cinq trous latéraux. Quelquefois, les 
anches faisant l'office de becs sont en buis et, dans 
ce cas, la languette en roseau est attachée sur 
l'ouverture à Taide d'une ligature faite de plusieurs 
tours de ficelle. Long, totale des tuyaux, sans la 
corne servant de pavillon, o"i8. 



— 179 — 
Russie. 2306. Brielka ou Joleika. L'un des plus lott-Europ. 

. *^ CI III. 

anciens instruments de la Russie. Celui-ci, construit 
sur des données perfectionnées, se compose d'un 
tuyau de palissandre légèrement conique, dont la 
colonne d'air est mise en vibration par une anche 
battante en roseau appliquée sur une sorte de bec 
en bois. En somme, cet appareil d'ébranlement est 
le perfectionnement de Tanche de Yarghoul égyptien. 
L*anche est recouverte d'une capsule se vissant sur 
le bec et que le joueur introduit dans la bouche pour 
ne pas toucher l'anche. Le pavillon s'adapte par un 
tenon à l'extrémité inférieure du tuyau et repré- 
sente par sa forme les spires en écorce de bouleau 
qui forment le pavillon des instruments rustiques 
dont celui-ci, construit à Moscou, est le perfection- 
nement. Le tuyau est percé latéralement de neuf 
trous dont le premier ne se recouvre pas par les 
doigts. Echelle : 



i 



^^«1=^^ 



=j=j= 



6 7 8 9 

En bouchant le premier trou latéral, l'intonation 
obtenue est le ré, cinquième degré de la gamme de 
sol mineur. On peut toutefois baisser d'un demi-ton 
l'intonation respective des 8« et 9* trous, ut et ré^ 
et produire conséquemment si nt^ par le doigté 
fourchu, c'est-à-dire en fermant le trou immé- 
diatement inférieur à celui par lequel l'intonation 



— i8o — 
lut Eorop naturelle se produit. On peut même obtenir so/icn 

Cl. III. '^ ^ 

n'ouvrant qu'à moitié le trou n« 6, qui produit le la. 

Là. brielka n*octavie pas. Elle appartient à la 
variété des tuyaux fermés. Le développement coni- 
que de son tuyau n'est pas assez prononcé pour la 
ranger parmi les tuyaux octaviants. Ses intonations 
se réduisent à celles de ses sons fondamentaux. 
Long. tôt. o">33. 

La brielka est^ par sa construction, très apparen- 
tée à la clarinette. En somme, celle-ci ne diffère de 
celle-là que par Tapplication de la clef servant à 
renvoyer à leur douzième supérieure les sons fonda- 
mentaux fournis par l'ouverture des trous latéraux. 

Id. 2806. Brielka. Don de M. W. Andreeff, de 
St.-Petersbourg. C'est la forme rustique de l'instru- 
ment précédent. Simple tuyaux légèrement conique, 
percé de huit trous latéraux et terminé par un 
pavillon formé de bandes d'écorce de bouleau. La 
colonne d'air est mise en vibration par une anche 
battante que l'instrumentiste embouche sans la 
toucher des lèvres. Cet instrument provient du gou- 
vernement de Vitebsk. L'ouverture successive des 
trous latéraux produit les intonations suivantes : 




^^ 



— i8i — 
D'après le donateur, il est d'habitude de baisser lott-Enrop. 

"^ Cl. 111/ 

quelques-unes de ces intonations d*une demi-ton 
pour rendre cette gamme chromatique ou d'après 
les nécessités de la mélodie à exécuter, en ne recou- 
vrant qu'à moitié les trous latéraux 3» 4> 5» 7» 8. . 
Long, tôt., anche comprise, 0*315. 

Id. 2307. Brielka, Don du même. Instrument 
semblable au précédent. Même provenance. Toutefois 
les intonations sont sur toute l'échelle un demi-ton 
plus aiguës. Long. tôt. o°^2g. 

Sous-section bb, — Anche battante et tuyau conique. 

Angleterre. 2308. Corne d'appel. Don de M. F. 
Mahillon, à Londres. Il est bon de savoir qu'en 
facture d'orgue on apelie anche Tappareil complet 
destiné à mettre l'air en vibration et qu'on le 
subdivise en deux parties : la rigole^ sur laquelle 
s*applique la languette elle-même, petite lame 
métallique à laquelle on donne le plus souvent le 
nom d*anche. Dans l'appareil que nous avons devant 
nous, la rigole est en étain, la languette ou anche 
battante est en laiton. A l'appareil vibratoire est 
appliqué un simple tuyau conique en carton, dont 
la colonne d'air fonctionne pour renforcer la réso- 
nance de Tanche et qui exige par conséquent, pour 
produire son maximum d'effet, une relation plus ou 
ou moins exacte entre ses proportions et la vitesse 




— ï8a — 

InaUBarop. 

01. iiL vibratoire de l'anche. L'instrument donne le 
Long. tôt. o"453. 

ID.2S09. Corne d*appêl.-Don du même. Constrac- 
. tion semblable à celle de la précédente. Le soo 

obtenu est le ^1-P-. . Long. tôt. o"ao3. 



CsB deux instruments ont été achetés à Londres en 1903 et 
sont deu Boayenirs de la proclamation de la paix, le SI mai, après 
la guerre sud africaine A. ce moment, ils se tronvaleot entre les 
mains d'une grande partie de la population londonienne. Nom 
constatons que le son du n* 2309 est de qualité bien inférieure 
& celui que produit le n* 2308, parce que le rapport enlre 
Tanche et la colonne d'air est mieux observé dans celui-ci que 
dans celui-U. Les couleurs, rouge, blanc et bleu, sont celles de 
TAngleterre. 

Sbction i. •— Anche doublé avec tuyau. 
Sous-section aa. — Anche double et tuyau cylindrique. 

Allemagne. 2310. Racket^ WursU ou Fausi- 
Fagott. Fac-similé d*un instrument appartenant à 
la collection de M. Paul De Wit, à Leipzig, 
fabriqué dans les ateliers du Musée. C'est la grande 
basse de la famille. L*ouverture successive des 
treize trous latéraux produit les intonations 
suivantes : 
^ ^—^—A 



3^^ë&^z^^^î 



^ 



S"" basso 

IS it II 10 



- l83- 



-^ -I 



•1= 


c^ n4/ 






•^/f ,^7^ 




*-• 




;^- 


5 


^^ 


< 
-. 



•4X 



■« 9. 



- i84- 

intt Burop. La constructîoii de ce curieux instrument diffère 

peu de celle que nous avons expliquée au n* 950. 
Le schéma de la page 183 éclairclra ce que notre pré- 
cédente description aurait pu laisser dans Tombre. 
L'ensemble de l'instrument se compose de neuf 
canaux que nous numérotons de I à IX. Le n* I, est 
percé au centre du cylindre d'ivoire; les huit autres 
sont percés circulairement autour du premier, en 
suivant la circonférence du cylindre. C'est le n* I, 
central, qui reçoit le bocal en cuivre sur leqael 
s'applique l'anche. Ce canal descend vers le bas da 
cylindre où il communique avec le canal n* II, qui 
remonte pour communiquer par le haut du cylindre 
avec le canal n* III, et ainsi de suite jusqu'au canal 
n'* IX, bouché à son extrémité inférieure, la colonne 
d'air communiquant avec l'air environnant par 
l'ouverture des quatre trous latéraux 13, disposés 
en losange. Ce sont ces trous qui servent à régler 
l'intonation du son le plus grave» le fa. 

Le trou latéral 1 2 se couvre par le bout extrême 
du pouce droit ; il débouche dans le haut du 
canal IX ; lorsqu'on découvre le trou, la colonne 
d'air se raccourcit d'un ton et le son produit est 
le 50/. 

Le trou 11 se recouvre par la 3»* phalange de 
l'auriculaire gauche ; ce trou débouche dans le 
canal VIII; par son ouverture, la colonne d'air se 



- i85 - 

raccourcit d'une longueur égale à celle d*un ton et i°>t Enrop. 
le son produit est le la. 

Le trou lo est recouvert par la 3"* phalange de 
l'index gauche; ce trou débouche dans le canal VII; 
nouvelle diminution de longueur de la colonne d'air, 
le son produit est le si b. 

Et ainsi de suite, la colonne d'air se raccourcit 
constamment, produisant des sons de plus en plus 
aigus : 

Le trou 9, qui débouche dans le canal VI, est 
couvert par la 2">« phalange de Tindex gauche; en 
découvrant le trou, le son obtenu est Vut. 

Le trou 8 débouche également dans le canal VI, 
mais à un point plus rapproché de l'embouchure 
que le trou 9. Il se recouvre par l'extrémité de 
l'auriculaire gauche; en levant le doigt, on obtient 
le son ré. 

Le trou 7 débouche dans le canal V; recouvert 
parie bout de l'annulaire gauche, il donne le mi 
lorsqu'on soulève le doigt. 

Le trou 6, placé plus avant dans le canal V, se 
recouvre par le bout du médius gauche. Le trou 
ouvert, le son produit est le fa. 

Le trou 5 est quadruple; deux de ses parties 
débouchent dans le canal V, les deux autres dans le 
canal IV. Ce sont ces deux parties, les plus rap- 
prochées de Tanche, qui sont surtout effectives, les 
deux autres, qui débouchent dans le canal V, ne 



— |86 — 

In■t.Bnro^ font qu*aider à la justesse et à la clarté de Tintona- 
tion. Ce quadruple trou se recouvre par le bout de 
l'index gauche; lorsque le trou est ouvert, l'intona- 
tion qui en résulte est le sol. 

Le trou 4 est double, une partie débouche dans 
le canal IV, l'autre dans le canal III. Celle-ci est la 
plus effective. Ce trou est recouvert par le médias 
droit; découvert, le son produit est le la. 

Les trous 3 et 2 débouchent dans le canal III. 
Ils se recouvrent respectivement par le bout du 
médius et celui de Tindex droit. Ouverts succès- 
siuement, ils produisent les sons si b, ul. 

Le trou i, le plus rapproché de l'embouchure, 
donne nécessairement, lorsqu'il est découvert, le 
son le plus aigu dé Técheile, le ré. Il se recouvre 
par le bout du pouce droit. Cette extrémité du pooce 
exerce donc une double fonction puisqu'il doit 
fermer aussi le trou n^ 12. 

Ce doigté n'était guère commode, ainsi que nous 
l'avons déjà dit au sujet du cervelas ténor dont nous 
avons donné la description au n* 950. Notre cer- 
velas basse est fait d'un cylindre d'ivoire qui mesore 
o"i85 de hauteur sur o"»049 de diamètre. Les 
ont canaux 0*009 ^^ diamètre. 

Id. 2311. Cromorne alto. Instrument deconstruc* 
tion semblable à celle du cromorne soprano cata- 
logué sous le n*" 610. Intonations : 



— iSj — 



^^ 



I Intt.Barop. 



Id. 2312. Cromorne ténor. Instrument semblable 
à celui que nous avons catalogué souslen*6i4y 
sauf les intonations qui sont les suivantes : 



m 



^^M 



Id. 2313. Cromorne basse. Même instrument que 
le n« 615, sauf les intonations. Celles-ci sont :. 



^^ 



^i 



u 



O si. cl. cl. cl. 1 a 8 4 5 6 7 

Ces trois eroniornes provionneut de la collection de fea 
Barbieri, de Madrid» et sont poinçonnés : Talto d'un t, le ténor 
et la basse de deux tt. Ils sont exactement à la seconde majeure 
grave des instruments catalogués sous les nos 613, 614^ 
615 et ils ont la mÔme relation tonale. On remarquera qu'au 
point de vue de la tonalité, les cromornes ténor et basse sont 
semblables, aussi bien dans le jeu que nou-i cataloguons 
aujourd'hui que dans celui dont la notice descriptive figure 
dans le 2™« volume de notre Catalogue. La b sse de cromorne 
ne di iTôre du ténor que par les trois clefs supplémentaires 
qu'elle possède et qui sont destinées, par rallongement du 
tuyau sur lequel ces clefs sont posées» à augmenter l'étendue de 
]*échelle au grave. 



— i88 — 

intt. Burop. Il est à remarquer que l'évasexnent de l'extrémité Inférieiin 

^^ ^'** des cromornes n'est pratiqué que sur une longueur de quelques 

centimètres. Cet éyasemeut n'allère pas les propriétés parli- 
culières du tuyau cylindrique. Une colonne d'air susceptible 
d'être raccourcie par des trous latéraux, n'est conique que pour 
autant que le développement progressif commence & l'extrémité 
supérieure du tuyau. (T. III, § c, page 486). 

RoMB. 2314. Aulos, Moulage en plâtre d*oii 
bronze représentant un aulos trouvé dans les fouilles 
de Pergame, ville ancienne de i*Asie mineure. Ce 
moulage a été gracieusement offert au musée par 
M. Alexandre Conze, secrétaire général de l'Institut 
impérial d'Archéologie^ de Berlin. Une description 
très détaillée de cette précieuse relique, faite par 
M. Conze, , a été publiée dans Die Kleinfunde ans 
Pergamon. Berlin 1903. Nous la reproduisons ici en 
la traduisant aussi fidèlement que possible : 

L'objet consiste dans la reproduction plastique d'une flûte, 
reproduction coulée en bronze massif actuellement recouTerte 
d'une patine verte. On l'a retrouvée sous une couche de terre, 
aux environs de la porte supérieure Nord-Ouest du mur 
Euméne. Elle est complète, à l'exception de l'extrémité (proba- 
blement petite) cassée et perdue de cette partie qui me paraît 
élre l'embouchure. L'absence de toute trace d'a<lhérence ne 
permet pas de supposer que l'instrument aurait été tenu dans 
la main d'une statue. Il ne pourrait donc avoir été autre eliose 
qu'un objet d'offrande. 

L'exécution très détaillée sur tout le contour de la pièce 
amène à la môme conclusion, en co sens qu'elle exclut la iu^go- 
sition d'une œuvre statuaire dont la flûte aurait fait partie. 

La figure représentée page 19 J montre la flûte sur trois faces 
et permet d'en observer toutes les particularités. 



— iSg — 

L'ensemble mesaro une longueur de 0">46, un diamètre deOB02 lut. Buop 
euTiron sur toute la longueur, sauf à l'ouverture inférieure qui ^^ ^- 

8'éTase jusqu'au diamètre de 0<°^3é.Il semble qu'il s' agisse d'une 
reproduction en grandeur nature. 

Du côté que je considère comme celui de l'embouchure, on 

trouve trois trous (et p y) situés à une distance assez égale Pun 

de l'autre et destinés sans doute à être recouverts par les doigts^ 

On constate encore l'existence de deux autres trous, dont un seul 

Tisibley(8) destinés si je ne me trompe, fr être ouverts ou fermés 

chacun & l'aide d'une glissière. C^s glissières pouvant difhcile- 

ment être avancées ou reculées pendant le jeu, elles n'auraient 

donc servi qu'& modifier l'accord du Tiustrument pour tout un 

passage déterminé. Ces glissières sont au nombre de trois (1, 3,3). 

Chacune d'elles est maintenue contre le tuyau au moyen d'une 

bande entourant tout le pourtour de l'instrument et sous laquelle 

elles glissent : les glissières 1 et 3 sons la bande X^ la glissière 3 

sous la bande /, une troisième bande z ne maintient aucune 

des glissières; elle s'efface sous les glissières 2 et 3 et disparaît 

dans l'espace compris entre ces dernières. Les trois glissières 

dont les poussoirs reposent librement sur les bandes / et zne 

pouYaient vraisemblablement (et c'est pourquoi je leur donne le 

nom de glissières) que se mouvoir longitudinalement sous les 

bandes qui les maintiennent, de toute leur longueur^ contre le 

corps de l'instrument. Cette supposition parait pratiquement 

justifiée, au moins en ce qui concerne les glissières 1 et S. 

Celles-ci, en effet, possèdent non seulement (comme d'ailleurs 

aussi la glissière U) à l'extrémité supérieure ce que je considère 

comme un poussoir, mais, en outre, à leur extrémité inférieure 

une plaque ( a, b.) oblongue, ceintrée, s'adaptant exactement à 

la courbure de l'instrument. La plaque 6, fortement reculée par 

laglisslèi-eS, découvre le trou (8) déjà mentionné^ tandis que la 

plaque a, commandée par la glissière l, descendue, ferme sans 

4oute un autre trou, lequel reste, par conséquent» invisible. II 

oat & remarquer que la glissière 2 ne possède pas de plaque de ce 

genre; partant on ne découvre pas le trou que cette plaque 



— ig*^ 



T 



2 

m 



y 



? 



i 



4 



a . d 



P 



s^ ^-^ 



— igl — 

anrait pu recouvrir, de manière que cette partie du mécanisino lostr. Barop. 
reste pour moi inexplicable. Je ne pense pas que les incertitu- ^^- lil* 

des soient dues & une inexaetitudo d'exécution. L'objet semble 
ayoir été façonné en pleine connaissance de cause et me paraît 
pouvoir être daté de l'époque des Rois. 

Id. 2816. Aulos, Reconstruction en métal du 
moulage précédent. Après avoir à notre tour étudié 
très sérieusement les détails intéressants de cette 
précieuse relique, nous sommes arrivés à une con- 
clusion différente de celle de M. Conze : D'après 
nous cet aulos est complet, l'ouverture inférieure, 
qu'il considère comme un évasement, une sorte de 
pavillon, est simplement le renflement destiné à 
recevoir Tembotture dans laquelle se fixait Tanche. 
Il suffit du reste de comparer cet aulos avec la tibia 
pompéienne n° 416 pour se convaincre qu'il en est 
véritablement ainsi. 

Dans la partie inférieure opposée à Tembouchure^ 
nous voyons deux trous latéraux, /3 et 7 <*>. Le trou 
a, dont M. Conze croit reconnaître la trace tout à 
rextrémité du tuyau, ne paraît pas sur le moulage 
en plâtre, et à cette distance les uns des autres^ 
trois trous seraient très difficilement recouverts par 
les doigts d'une même main. Nous croyons donc que 
le tuyau se terminait en cet endroit et que la trace 
de trou aperçue par M. Conze n'est qu'accidentelle. 

■ ■ — V 

(1) Noua couaerrons pour ne pas embrouiller rexpllcallon, les lettres 
et les chiffres employés par M. Conze. 



— 192 — 

lAttEarop. Les trois glissières étaient, en effet, destinées à 
découvrir et à fermer à volonté autant de trous ; 
elles fonctionnaient en quelque sorte comme nos 
clefs, mais en faisant avancer ou reculer la plaque 
recouvrant le trou. Certes, ce mouvement était 
asse^ difficile pendant le jeu. Toutefois, lorsque 1*00 
pose le médius de la main droite sur le trou latéral 
ouvert (^) et Tindex sur le suivant (7), on peut con- 
stater que l'auriculaire de la même main peut faire 
mouvoir le poussoir 2 qui agit sur laglissière dont la 
plaque a disparu; que le pouce de la même main peut 
s*attaquer au poussoir i qui commande la glissière 
à laquelle est attachée la plaque fl, et enfin qu*en 
soutenant le tibia par le pouce gauche, Tauriculaire 
de cette main peut assez facilement faire mouvoir 
le poussoir 3 qui agit sur la glissière dont la plaque 
b recouvre le trou intermédiaire ^. Si ainsi que le 
croit M. Conze, un troisième trou latéral» le trou a, 
avait existé, il est certain que les poussoirs des glis- 
sières devenaient inaccessibles aux doigts. Certes, 
nous ne nous trouvons pas en présence d*un aulos 
qui permettait de la virtuosité ; nous pensons avec 
M. Conze que les glisières ainsi faites ne pouvaient 
servir, comme les douilles des tibiae gréco-r ornai oes, 
qu*à modifier Taccord de l'instrument pour un 
passage déterminé. 

Quoi qu'il en soit, Taulos de Pergame est haute- 
ment intéressant et montre combien déjà, à ces 



I^i^i 



^ 



Sous-section bb- ^ Anche double et tuyau conique. 

Bblqiqub. 2316. Basson. Don de M*"® V^« Alph. 
Neumans. C'est un basson à dix-sept clefs qui porte 
la marque C.Mahillon à Bruxelles et dont se servait à 
Torchestre des concerts du Conservatoire, Téminent 
et très regretté professeur M. Alphonse Neumans. 

Pays-Bas. 2817. Hautbois à trois clefs. Don de 
M. Massau, professeur de violoncelle à TÉcoIe 



Cl. m. 



— 193 ~ 

époques reculées, on se préoccupait de faciliter le i°«t. sarop. 
jeu des instruments et combien grande aussi était 
rhabileté apportée à la confection des moyens propo- 
sés à la réalisation de ce but. 

Comme M. Conze l'a fait remarquer dans la 
description du n** 2314 il n'existe pas de trou visible 
sous la plaque a et comme, par suite de la longueur 
de cette plaque, l'emplacement du trou peut varier 
de plusieurs millimètres, nous n'avons reproduit à 
notre modèle que le trou S dont la trace existe et les 
deux trous latéraux désignés par M. Conze sous les 
lettres j3 et y. L'ouverture successive de ces trois 
trous fournit approximativent avec une anche double 
semblable à celle de i'hichi-riki japonais n« 693, les 
intonations suivantes : 



— '94 — 

last Burop de musiquc de Vervîers. Marque : /. B. WilUms. 
Cl. m. L'instrument est en buis garni de viroles d'ivoire; 

les clefs sont en cuivre. La clef de sol jf a été ajoutée 
après coup. 

France. 2S18. Hautbois. Don de M. G. Guidé. 
Il est en buis avec viroles d'ivoire, douze clefs de 
cuivre et deux anneaux pour la main droite. Marque: 
Triebert Paris. C'est le premier instrument du dona- 
teur, actuellement professeur au Conservatoire royal 
de musique de Bruxelles. Long. 0^562. 

Id. 2819. Hautbois. Bois de palissandre. Doure 
clefs d'argent. Marque : Triebert à Paris. Cet instru- 
ment a appartenu à Louis Priart, de son vivant 
professeur de hautbois au Conservatoire royal de 
musique de Bruxelles. L'instrument est accompagné 
de l'étui à anches» en bois de buis, avec une plaque 
en argent au chiffre du professeur. Quelques anches 
sont encore en place. 

Id. SS20. Hautbois. Ce joli instrument, en bois 
de buis garni de viroles d'ivoire, est de Nicolas 
Hotteterre, appelé Nicolas I, ou de son fils, Nico- 
las II, qui travaillaient dans la seconde moitié da 
XVII* siècle. Le pavillon est malheureusement d'an 
autre facteur, ainsi que l'indique la marque Deb^ 
dont cette partie de l'instrument est poinçonnée. 
Nous avons vainement cherché des renseignements 



- Ï95 — 

sur ce dernier facteur. L'instrument, accordé à un iMtEnrep. 
diapason sensiblement au-dessous du normal de 
870 V. s. pour le la (*), est percé de six trous latéraux 
dont les troisième et quatrième sont doubles. Il 



porte également trois clefs : deux pour 

la troisième pour 1^ — ;— . Long tôt., anche 



non comprise, 0*59 (Ernest Thoinan. Les Hotte- 
terre et les Chédeville, Paris 1894). 

Id. 2821. Cor anglais en fa. Construction inté- 
ressante, semblable à celle du no 974. Marque : 
Trieberi à Paris. Les clefs, au nombre de neuf, sont 
en cuivre. La clef à bascule que nous avons décrite 
au n« 974 n'existe pas ici. 

Id. 2822. Basson, de Tanc. coll. V. et J. Mahil- 
lon. Il est en érable, avec clefs et viroles en cuivre ; 
il date bien certainement du milieu du XVIII* siècle. 
Marque : D. Lott^ avec deux fleurs de lys, Tuné au- 
dessus du nom, l'autre au-dessous. Trois clefs 

ouvertes : B , | — j— et une clef fermée : IB— p 



(1) 58* degré de Téchelle des sons. 



— 196 — 

'"cuïr** Espagne (?). 2828. DiscanUSchahney (esp. = 

chirimia) <*> Marque : 

MELCHOR 
R. S. 

surmontées d'une couronne, les lettres sont en 
relief. Pourle surplus, laconstruction de ce rarissime 
instrument du XVI* siècle est absolument semblable 
à celle du Discant Schalmey que nous avons catalo- 
gué sous le n"" 176. Il aies mêmes intonations que 
ce dernier, c'est-à-dire qu'il est en rif mais à un 
diapason sensiblement plus grave que le normal 
actuel. D*après Praetorius, il y avait un second 
Discant Schalmey, de tout un ton plus bas que celui 
qui nous occupe en ce moment ; il était donc en ut 
comme le hautbois moderne. Long. tôt. sansanche, 
o"65. 

Id. 2824. Discant Schalmey. Trois instruments 
semblables au précédent. 

Id. 2826 Bombarde-alto ou Alt Pommer. Insiru- 
ment semblable aux n®^ 618 et 981. Ce rarissime 
instrument date du commencement du XVII» siècle. 
Jusqu'à présent, le Musée n'en possédait que des 
fac similés, les n^ 618 et 981. Le n9 2325 porte 



(1) Les n'* 2323 û 2330 Inclus proviennent de Panclcnne ooUertioo 
BarbieriiA Miulricl. 



2321 





2810 




10 110 2M 310 

liillIliliIllilli-^HlnlIillil 




2490 



10 110 210 3|0 410 

lllnlllllIll Ill'HlIllllIllllIlMlilllll 



— 197 — 

une marqi^e, en relief, semblable à celle que nous inn. sarop. 
avons détaillée au n® 2323. Ses intonations sont ^'* ^^' 
absolument les mêmes que celles du n^ 981 (^> 
Long, tôt., bocal et anche compris, o'»335. 

lo. 2S26. Bomb.irde Alto. Instrument semblable 
au précédent. Mêmes intonations. Il ne porte pas 
de marque de fabricant. 

Id. 2827. Bajoncillo (fr. - petit basson; ail. = 
Fagoii piccolo) ^^>. Construction semblable à celle du 
basson type n* 9S8, à l'exception qu'ici les clefs qui 
recouvrent les a*"* et 4*"" trous ne sont pas recou- 
vertes de boîtes de cuivre. L'instrument est en bois 
d'érable et porte la même marque que le n' 2323. 
Il est en sol^ à la quinte aiguë du basson type ou 
Chorist-Fagott de Praetorius,de sorte que les intona- 
tions réelles sont les suivantes : 



m 



—à — •! — * — - — ^i y-: ^ — 



1 t s 4 



Long. tôt. depuis l'extrémité du pavillon jusqu'au 
bas de la culasse, o"645. 



(1) Dans la note qui suit le n* 176, nous n*ayoas indiqué qu*unc 
seule tonalité pour le Pommer alto, celle de sol. Praclorius en cite 
une seconde, ceUe de fa, 

(2). G*est le n* 4 de la famUle telle que la nomenclature eu est donnée 
par Praetorius. Voir Catal., t. I, 2"*édit., p. 232. 



iDstBarop. Id. 2328. fio/oMci/Zo. Constructîon sen)))lable au 

^*' '" n* précédent II est en bois de palissandre garni de 

viroles de cuivre et porte la même marque de 

fabrication . Il est en ut, à l'octave aiguë de 

rinstrùment-type, n** 988. Long tôt. ©«soj. 

Cet instratnent et le suivant ne sont pas — omiBslon 
étonnante et digne de remarque — cités dans la nomencla- 
ture de Praetorius. Le3 n»* 2328 et 3339 représentent le 
môme échelon construit & deux diapasons différents et intei^ 
médiaires entre le n*' 4 et le n° 5. 

lo. 2329. Bajoncillo, Même construction et 
même marque que les deux numéros précédents. 
Celui-ci est en bois d'érable et est en ré^ à la 
neuvième majeure aiguë de rinstrument-type^n'gSS. 
Long. tôt. o™430. 

Id. 2330. Bajoncillo (ail. -Discant-Fagoit). Même 
construction que les précédents, mais sans marque 
de fabrique. Celui-ci est en bois d*ébène et est en so/, 
à la douzième aiguë de Tinstrument-type n« 988, de 
sorte qu'il représente le n^ 5 de la famille basson 
décrite par Praetorius. Les intonations réelles sont 
les suivantes : 



4: 



^^4 



10 



Long. tôt. o™342. 
Ces quatre instruments sont rarissimes, les trois 



— 199 ~ 

plus petits principalement. Nous ne les avions in«t.Eiirop. 
jamais rencontrés dans aucun musée, avant de les ^*^"' 
avoir vus à Madrid dans la collection de Téminent 
compositeur espagnol feu Barbieri. Les bajoncillos, 
les bajoues (n° 988) et les ckirimias (n^ 2^23) formaient 3 

anciennement en Espagne les orchestres destinés à 
doubler les voix du chant religieux dans les églises. 

Saxe. 2831, Hautbois, de Tanc. coll. V. J. 
Mahillon, Il est semblable au hautbois n* 962, et il 
porte également l'estampille de Grundmann 
DresdeUy sans les deux épées croisées. Bien 



certainement les clefs 2 et 3 ^ — j^^ï3 ^^" ^^^ ^^^ 

ajoutées après coup. Long. tôt. sans anche o'"6o3. 

ÂLLBMAQNB. 2332. Hatilbois. Don de M. Mas- 
san, professeur de violoncelle à TÉcole de musique 
de Verviers. Cet instrument, en bois de buis garni 
de viroles d'ivoire et de clefs de cuivre, porte la 
marque Les Fils de B. Schoti à Anvers; il est 
néanmoins de fabrication allemande et originaire de 
Mayence, où ces facteurs avaient leur manufacture. 
Les clefs, au nombre de douze, sont les suivantes : 

1. Siy clef ouverte, disposée pour le pouce de la 
main droite; 

2. Uljj^t clef fermée, pour l'auriculaire droit ; 

3. Ut, clef ouverte, pour l'auriculaire droit ; 

4. Ré j{, clef fermée, pour l'auriculaire droit; 



} 



— 206 — 

injyEnrop. 5. jB(f Jf , clcf fermée, pour rauriculaire gauche; 

6. Fa, clef fermée, pour rauriculaire gauche, mais 
s'ouvrant également à Taide d*un levier disposé 
pour Tannuiaire droit; 

7. Fajj^t clef fermée, pour Tannulaire droit ; 

8. Sol jt, clef fermée, pour l'auriculaire droit ; 

9. La ^, clef fermée, pour Tindex droit, mais 
s'ouvrant également à Taide d'un levier disposé pour 
le pouce gauche ; 

10. Ut, clef fermée, pour l'index droit; 

1 1 . Ri, clef fermée, pour l'annulaire gauche ; 

12. Clef d'octave fermée. 

Cet instrument représente l'état de la facture 
allemande vers le milieu du XIX*"*® siècle ; il est 
muni de deux barils, l'un de 52, Tautre de 57 
millimètres de longueur, ce qui permettait, sous 
certaines réserves, de faire usage de l'instrument à 
deux diapasons différents. Les clefs, au lieu d'être 
montées sur des charnières basculant sur une vis 
cylindrique servant de pivot et fixée entre deux 
piliers, basculent dans une rainure taillée dans des 
pièces de bois laissées en relief sur le corps de 
l'instrument lors du façonnement au tour; c'est 
une simple goupille qui traverse les deux côtés de 
la pièce de bois en relief et la clef qui sert de 
pivot à celle-ci. 11 suflSt de retirer la goupille avec 
l'ongle pour enlever la clef. Ce mode de fabrication 
est encore très goûté de nos jours dans certaines 



■^ àôi -^ 

InstÊnrop. 

parties de rAllemagne. Il est certain que sa ^'' ^^^ 
simplicité peut offrir quelques avantages dans les 
instruments où la complication du mécanisme ne 
dépasse pas le fonctionnement d'un levier. 

Id. 2383. Kleine Discant Schalmey (fr. = petit 
hautbois soprano ou, anciennement, chalemie ^^> ; 
iizX.^pifferc). Fac-similé, construit dans l'atelier du 
Musée, d'un instrument appartenant à la collection 
de M. Paul de Wit à Leipzig. Il est en buis orné de 
viroles d'ivoire. L'anche est recouverte d*une capsule 
d'ivoire comme au n» suivant. Le corps de l'instru- 
ment est percé de sept trous latéraux principaux; le 
premier est double; on bouche l'un des deux à la 
cire selon que Ton recouvre les trous inférieurs par 
la main droite ou par la main gauche. Outre les sept 
trous latéraux principaux, il y en a deux autres, 
plus bas, percés sur le côté, en face Tun de l'autre, 
qui lie se recouvrent jamais et qui ne servent qu'à 
régler l'intonation la plus grave, celle que fournit 
le trou latéral principal n" o. 

L'ouverture successive des trous latéraux princi- 
paux permet les intonations suivantes notées à l'effet 
réel : 



i 



fcfc 



I 11 3 • 5 6 



(1) On disait aussi anclennoment chalemée, chalemelle, ressemblant 
évidemment au mot Schedmey ; nous rappelons que c'est à dessein que 
nous évitons le mol chaliimejLii par lequel on déslffnalt parfois aussi ce 
genre d'instruments et que nous réservons exclus! vciueut aux tuyaux 
A anche à pcroe cylindrique, ancèUes de notre clarinette. 



— 20à — 

iDsiBorop. Cet instrument est donc en mi, à la quinte supé- 

rieure de l'instrument suivant. Il ne faut pas le 
confondre avec le gar Kleine discani Schalmey 
(fr. = très petit hautbois soprano), décrit par 
Praetorius, qui assignait à celui-ci la tonalité de la, 
à la quinte juste aiguë du n* 2333 (*>. Long. tôt. 
0-475. 

Id. 2334. Schalmey. Fac-similé, construit dans 
l'atelier du musée, d*un instrument appartenant 
également à la collection de M. P. de Wit à Leip- 
zig. Il ressemble à un pommer alto mais la forme 
générale est plus élégante et moins lourde. Le 
no 2334 est en la. Il n*a pas de clef comme le n^' 618. 
Les intonations usuelles écrites sont les suivantes : 

TT * T^7 14 6 6 



dont l'effet réel esta la quarte juste inférieure. Le 
premier trou latéral se trouve placé sous^le cylindre 
de bois ou barillet destiné généralement à préserver 
et à assurer le mouvement d'une clef. L'original 
n'en conservait aucune trace. Rappelons que les 
intonations fournies par les 2,^ et 6 trous latéraux 
baissent d'un demi-ton par le doigté fourchu. 



(l)Praetorius donne au son le plus ^rave du gar Kl€lne Dlêcant 
Schalmey qui n'avait pas le premier trou latéral se bouchant par 
rauriculalre, Tlntonatlon de al. Ce êi se rapportant an doigté de rinstm- 
ment noté ré, il en résulte que la tonalité est Téritablement celle de la, 
Toir Catal.f t. I, 2*-« édit., p. 228. 



— 46J -^ 

Lr*anche est recouverte par une capsule en ivoire laetÊurop. 
de forme semblable à celle des cromornes (v. la note 
du n^ 615]. Ce mode d'insufflation n'a rien qui doive 
nous ^tonner ; nous le voyons appliqué à la Schaltney 
fig. 4, planche XI du Theatrum instrumentorum de 
Praetorius. L'instrument y est représenté en effet» 
avec les deux modes de vibration : Tanche introduite 
directement dans la bouche et Tanche enfermée 
dans une capsule. Nous Tavons du reste déjà vu 
sous cette forme au n** 958. Rappelons que c'est 
le genre appelé hautbois de Poitou par Mersenne. 
Long. tôt. 0*682. 

Allemagne. 2386. Basson. Don de MM. Mahil- 
Ion & Co. Sans marque. La petite branche, la 
grande et le pavillon n'offrent pas de différence bien 
grande avec les parties correspondantes des bassons 
ordinaires ; on n'y remarque que quelques petits 
changements dans la disposition des clefs, notam*. 



ment celles de (S - , qui se touchent par Tauri- 

culaire gauche, et celle de ^-y«— , dont le 

fonctionnement est confié au pouce de la même 
main. En revanche, la culasse est munie d'un très 
grand nombre de clefs disposées pour faciliter 
certains trilles. La communication entre les deux 
tuyaux de la culasse, au lieu de se faire comme 



204 — 

iMt.Korop. anciennement à l'aide d'un tampon de liège, est 
établie par un tuyau de cuivre disposé en demi- 
cercle, appelé en facture < potence >, et qui a 
l'avantage de laisser à la colonne d'air une régula- 
rité bien plus parfaite qu'à l'ancien système. Cette 
disposition nouvelle semble toutefois ne pas avoir été 
appréciée par les bassonistes, parce qu elle ne per* 
met pas les variations de diapason que Ton obtient 
avec Tancien système, en retirant ou repoussant le 
tampon de liège. Ils oublient que ces variations 
obtenues^ par un allongement de la colonne d'air 
agissent, pour le basson comme pour tous les 
instruments à trous latéraux, beaucoup plus sur les 
intonations voisines de la partie où les changements 
de longueur de la colonne d'air se produisent, que 
sur les intonations qui en sont éloignées, et que, 
par conséquent, ce procédé rompt la précision de 
l'accord entre les diverses parties de l'instrument. 

BosNiB. 2886. Zourna, Sorte de hautbois en 
bois de poirier, façonné au tour. La construction 
est absolument semblable à celle du Zamr n* 123. 
Les intonations produites par l'ouverture succes- 
sive des trous latéraux, sont les suivantes : 



1 *— • — * — I — i- 






^J 04S34ftfl7> 

Long, tôt., anche comprise, o"395. 



— 205 — 

Cette similitude de construction et même de inat.Baroifc 

CL III. 

diapason avec le n" 123 est curieuse à noter. Le 
n** ia3 est un instrument très ancien, de provenance 
égyptienne ; le n* 2336 est de construction toute 
récente et de provenance européenne. Elle démon- ' 
tre une fois de plus avec quelle extrême exactitude 
ces instruments se copient et se transmettent de 
peuple à peuple, d'âge en âge. 

Branche B. — Instruments a bouche. 

Section a) — • Bouchejbiseautée. 

Sous-section aa, — Bouche biseautée et tuyau ouvert. 

Belgique. 2837. Flûte d'accords ou flûte harmo- 
nique. Don de M. Maubourg, à Bruxelles. Elle est en 
bois d'ébène» garnie de deux viroles d'argent. 
Marque : /. P. Lebrun. Construction semblable à 
celle du n® 1048. Le tuyau de droite, le plus long, 
donne les intonations : 



il 



» 6 f 7 

Le tuyau de gauche, qui a un trou latéral de plus, 
les intonations : 



tJ 12 3 4 6 



8 7 7 S 

On peut donc obtenir la succession de tierces 



1 



— 206 — 

latt^Enrop. suivante, en ne recouvrant pas le premier trou 

Cl. III. ^ 

latéral» si Q» du tuyau de gauche : 

^^^^ 

Long. tôt. o»365. 

Prancb. 2338. Galoubet. Il est en ébène et porte 

la marque du facteur Grasset^ de Marseille, le Stra- 

divari des galoubeiatres. C est ainsi qu*on appelle le 

joueur de galoubet. Jouer du galoubet en s'accom- 

pagnant du tambourin s'appelle c tutupafnpaner ». La 

tonalité de ce galoubet est en ri (voir le n* 1021). 

Long. tôt. o"3io. 

M. de Lombardon-Montezan, l'éradit félibre dd llarseUle, 
nons communique un petit addenda IntéressaDt que nous nous 
plaisons à intercaler ici. Les cymbaicttes (n* 2964) et les 
tymbalons (n* 2277) sont inséparables. Réunis à un troiiième 
instrument, le fifre, ils formaient, jusqu'à la réyolaiion de 
1789, le trio obligé, traditionnel, qui accompagnait la proces- 
sion de N. D. de la Garde Les tambourins et galoubets for> 
maient une bande à part. Le trio susdit n'a pas complètement 
disparu de nos Jours ; il en existe encore un & Salon, petite 
ville de Proyence. 

Id. 8839. Galoubet. Celui-ci est en buis. Il est 
également de Grasset. Sa tonalité est la même que 
celle du précédent. Long. 0*3 10. 

Id. 2840. Galoubet. Il est en buis et du facteur 
Long, de la Ciotat. Pour le surplus, il est semblable 



i 



5^^ 



!^Ë 



t 

que l'on fait octavier facilement par une légère 
augmentation de la pression d'air. Long. tôt. 

0"2I5. 

Id. 2342. F/ag^^o/^/. Don de M. Ferdinand Flos- 
troy à Nice. Il est en buis garni de viroles d*ivoire 
et de deux clefs de cuivre. Intonations, produites 
par l'ouverture successive des trous et des clefs 
notées à Toctave grave de Teffet réel : 



^^ 5jg£^^ 



=8?— 



L'intonation du 3°^<^ trou latéral baisse d'un 



Cl. m. 



— 207 — 

aux précédents. Long avait une réputation qui raitsarop. 
égalait presque celle de Grasset. Comme le dit 
plaisamment M. de Lombardon dans sa Notice sur 
le Tambourin, si Grasset était le Stradivari des 
galoubetaîresy Long en était le Guarneri. Long. 
o*3o6. 

lo. 2841. Flageolet en terre cuite blanche. Don 
de M"® Juliette Magny. La perce est cylindrique et 
les ouvertures latérales, au nombre de six, produi- 
sent, par leur ouverture successive, l'échelle sui- 
vante, notée à Toctave grave de Tefifet réel : 



— ao8 — 
Ill8t.lnlfo^ demi-ton en bouchant les trous i, a. lien est de 

CI. III. 

même de Tintonation du 6™« trou, qui devient fa en 
bouchant les deux trous 4 et 5. Long. tôt. 0*395; 
long, effective depuis Touverture de la bouche 
jusqu'à Textrémité du tuyau, o»i75. 

Angleterre. 2843. Double Jlageolei. Il porte la 
marque Metzler Loffdon 105. Wardour Si. Paient II 
est en buis, garni de viroles d'ivoire. La construc- 
tion ressemble à celle du n» 1047, sauf que les deux 
tuyaux sont ici d'égale longueur. Les clefs sont 
d'argent ; elles sont au nombre de trois au flageolet 




de gauche : celle de r u ; qui se prend par 



l'auriculaire droit, celle de ^)_^ — qui se prend 



par rindex gauche et enfin la clef à levier destinée 
à intercepter le courant d*air. Celle-ci se manœuvre 
également par Tindex gauche. 

Le flageolet de droite a quatre clefs: celle 



''^ 



qui se prend par Tauriculaire droit, 
celle de ( gy— •— qui s*ouvre par Tindex droit, la 



de^ 



clef à octavier placée derrière et sur laquelle on agit 
par le pouce droit, enfin la clef pour intercepter le 
courant d'air. 

Le flageolet de gauche est percé de sept trous 
latéraux dont le dernier, le plus rapproché de la 



— aog — 

bouche^ est presque entièrement fermé ; son ouver- lostEurop. 
ture élève d'un demi-ton l'intonation produite par ^*"^*^* 
le 6>"^ trou, mais il sert surtout à la formation du 
ventre de vibration destiné à faire octavîer les sons 
fondamentaux. Le flageolet de droite n'a que cinq 
trous latéraux ; la clef à octavier placée derrière, 
recouvre un petit trou dont l'ouverture agit comme 
le septième du flageolet de gauche. 

Ce double flageolet est dit en la. Mais on sait qu'il 
est d'habitude d'indiquer la tonalité de cet instru- 
ment comme celle de la flûte, par le son réel que 
donne la note que le doigté usuel appelle ré. Il en 
résulte que ce flageolet est véritablement en sol; 
seulement, par suite de son diapason plus aigu de 
tout un demi-ton que le diapason normal, Teffet 
réel de l'instrument se produit une sixte mineure 
au-dessus de la note écrite, si nous prenons le 
diapason normal actuel pour étalon. M. Chas. 
Taphouse, d'Oxford, a bien voulu nous communiquer 
une méthode pour le flageolet double. Cet ouvrage, 
extrêmement rare, a pour titre : The Precepior, or a 
Keyfor the double Flageolet. Learning ihai fashionable 
and sweet toned Instrument, London, printed for Bain- 
bridge & Wood, 35, Holborn Hill, the only place this 
instrument is manufactured. 

Grâce à la communication de cette pièce intéres- 
sante/ nous avons pu nous rendre compte de la 
façon dont l'instrument était joué et nous transcri- 
vons ici sa tablature : 



o o # • b o d "^. 
o • o o o ~1i- 
o • • o o o o ~^.- 
o o o o o o ^ 
o # o o o o o ~^t(il ^ 

# 000000 ^^ 
## 000 




•9 






#00 
#00 
A n 


•0 

•0 


— v/ 

-e- 

— #- 


-e- 


o 
o 




— #- 
— ©- 




o 
#00 
# • 





:^ 


-e- 




• • 






V ,^_»^ , 

MynuB uiu)ir '»4}0>^p "f*^ 



4 



— au — 

Nous avons noté en noires les sons fournis par le last.Borop. 
flageolet de gauche, en blanches^ ceux du flageolet ^*' "^ 
droit. 

Les quatre premiers sons du flageolet gauche, 
!#/ J, ré, ri^f mi, sont toujours employés en solo. 

Si nous examinons attentivement cette tablature, 
nous voyons que la formation des sons se fait d'une 
façon rationnelle ; il n*y a, en effet, que deux sons 
dont la production demande quelque explication. Il 

y a d'abord le ^ du flageolet droit. Cette note 

est simplement le son 3 de la fondamentale — 1— 

facilité par la formation d'un ventre de vibration 
établi par le relèvement de l'index gauche couvrant 
le 5« trou latéral, lequel est placé au tiers environ 
de la longueur comprise entre le 2* trou latéral 
donnant le mi fondamental et la bouche du flageolet. 

L autre note attirant notre attention est le fc^^ 

du flageolet droit. Sur la plupart des instruments à 
bouche, les flûtes par exemple, ce son est l'harmo- 
nique 3 de la fondamentale 



^— obtenu grâce à 



l'intermédiaire d*un ventre de vibration établi au 1/3 
de la longueur de la colonne d'air par l'ouverture que 
donne le relèvement de Tindex gauche. Sur Tinstru- 



— 212 — 

inst-Buop. ment que nous avons devant nous, ce son est 
*^*'"^ beaucoup trop aigu pour rij parce que le ?• trou est 

placé beaucoup plus haut qu'au tiers de la longueur 
de la colonne'd*air comprise entre le 4* trou latéral 
et la bouche du flageolet. Pour s'en convaincre, il 
suffit de donner un peu d'air au 6* trou latéral, au 



^'^^1= 



lieu d'ouvrir le 7"*% et le gsz:^ ^^ présente avec 



sa véritable intonation. Les recherches empiriques 
ont donné au facteur le ré désiré, en le prenant 



comme son 3 de la fondamentale ^-^ — . Ce son 



3 devrait, régulièrement, être un 



, mais 



comme il est trop aigu, pour la même raison que 
le son 3, ré^ de la fondamentale sol^ Tintonation 

obtenue passe pour ^ et satisfait Toreille. 

-Long. tôt. o°'495. 

Id. 2344. Flageolet double, de lanc. coll. V. et 
J. Mahillon. Marque : Baindridge^ 3$ Holborn HiU 
London. Construction analogue à celle du n* 446, 
mais le diapason de ce dernier est de toute une 
quarte plus bas. Long. tôt. 0*410; à partir de U 
bouche jusqu'à Textrémité inférieure, 0*280, 



— 213 — 

Allemagne (?). 2846. Flûte douce basset^ en so/, intt.Earop. 



de l'anc. coll. Barbieri, de Madrid. Elle est en bois 
d'érable et munie d'une seule clef en cuivre. Ce qui 
la rend intéressante, c'est que le bec et la bouche se 
trouvent sur le côté postérieur du tuyau, comme à 
la flûte n"" 1033, à laquelle elle ressemble aussi par 
les marques de fabrication. Celles-ci se trouvent ici 
au nombre de trois, disposées en triangle. L'ouver- 
ture successive dçs trous latéraux donne les intona- 
tions suivantes : 



$ 



1: 



^^^3=S=^SS^«= 



^ ^ r 



pizH-g— d-S=*=?*=r 



■it-n 



cl. 1 2 3 4 5 6 7 

Le 7' trou latéral se trouve sur la face postérieure 
du côté de la bouche. Il est bon de se rappeler que 
l'intonation fournie par le 2' trou latéral baisse d'un 
demi*ton parle doigté fourchu, qui consiste, comme 
on sait, à fermer le trou précédent, et que par un 
même artifice, on baisse d'un demi-ton l'intonation 
que donne le 6° trou latéral. Long. tôt. o»905. 

Id. 2846. Canne-flûte, Marque: B. Schott fils à 
Mayence, C'est une flûte à bec ordinaire, divisée en 
trois parties : 1% le corps supérieur, dans lequel 
on a taillé la bouche, et qui est terminé par un 
pommeau percé de deux petits trous servant à 
l'introduction du souflle ; 2», le corps inférieur, 
percé de douze trous latéraux et monté de six clefs, 



Cl. III. 



— ai4 - 



Init Europ. 
Cl. III 



et enfin 3», la pointe. Ces trois pièces se démontent 
de telle façon que la canne peut au besoin se 
mettre en poche. Le corps inférieur est la seule 
pièce qui doive attirer notre attention au point de 
vue instrumental. Les quatre premiers trous infé- 
rieurs ne se couvrent point et n*ont d'autre bat 
que la sortie du soufBe et rajustement de l'intona- 
tion donnée par le 4"* trou latéral, lorsque le 5**cst 
fermé. Voici l'échelle produite par l'ouverture suc- 
cessive des trous et des clefs : 



i 



fâ^ 



ff 



m=M^^^ 



e^^^Seé 



I I I I 



4 5 cl. 6 cl. 7 cl. 8 cl. 9 d. 10 cl. Il il 12 

Le 7"" trou latéral donne une intonation trop 
aiguë pour ré b; on la corrige en employant le 
doigté fourchu, c'est-à-dire en fermant par Tannu- 
laire droit le trou précédent, le 6"* ; on fait une 
correction semblable pour l'intonation produite par 
le I i"»trou; celui-ci ne donneun/ab tolérable qu'à la 
condition de boucher le lo"» trou par le médius 
gauche. Long. tôt. o»840. 

La maison B. Schott a été fondée en 1780 à Mayence. C'est 
depuis isn que la firme a été changée en B, Scfiott's Sôhne que 
la succursale établie à Anvers traduisait tantôt en: B» Scholt 
fils, tantôt en: Les Fils de B. Scholt. 

Russie. 2847. Gelaika ou Sipovka. Don de M. 6. 
Andréefif, de S» Pétersbourg. Flûte double très 



— 215 — 

répandue parmi les paysans russes. Elle se com- insUEurep. 
pose de deux tuyaux cylindriques d'inégale lon- 
gueur, percés chacun latéralement de trois trous : 
deux sur la face antérieure, qui se couvrent par 
rindex et le médius, et un troisième sur la face 
postérieure, lequel se recouvre par le pouce. En 
somme, la construction est semblable à peu de 
chose près, à celle du galoubet (v. n" 190). L*échelle 
se forme de la même façon qu'à ce dernier instru- 
ment. Les deux premiers sons fondamentaux sont 



i^ •♦ ^ 



^ 



respectivement ^=3= «t fe ~-^— qui s'ajustent à 

l'aide d'une ouverture percée presque à l'extrémité 
de chacun des tuyaux. Long. tôt. de la flûte la 
plus longue o"445 ; de la plus courte o»349. 
(Matthieu Guthrib. Dissertation sur les antiquités 
de Russie. — S' Pétersbourg, 1795). 

Cet instrument, Irôs ancien et très populaire dans le gouver- 
nement de Smolensk, a été perfectionné par M. AndrôefT. Il lui 
donne le nom de soirieli et nous communique une méthode très 
intéressante destinée & son enseignement et enrichie de nom- 
breux exemples. Cette méthode est due à M. N. Fedoroff. Les 
deux flûtes se prennent à la fois dans la bouche ; tantôt elles se 
partagent la mélodie, d'autres fois elles font entendre des 
intonations doubles. 

Id. '2348. Gelaika ou Sipovka. Don du même. 
Plûte double semblable à la précédente. 
Bulgarie. 2848. Sfirka. Flûte à bec formée d'un 



— 2l6 — 

iflit Bnrop. tuyau conique avec la bouche taillée à l'extrémité la 
Cl. m. "^ ^ 

plus large du tuyau. Pour empêcher le bois de se 

fendre sous les influences de la température et de 
rhumidité, le tuyau est entouré de neuf ligatures 
de fil de laiton placées à distances inégales Tune de 
Tautre et reliées par un fil de cuivre qui contourne 
diagonalement le tuyau. Six trous latéraux donnent, 
par leur ouverture successive, les intonations sui- 
vantes : 

-I 1— 




^=r^ 



'-i=r9Êz 



Les trous latéraux sont ovales et trop grands 
pour permettre les artifices du doigté fourcha, 
mais, par contre, leur dimension facilite laproduction 
du demi-ton inférieur par l'emploi de demi-trous. La 
bouche est placée en-dessous, c'est-à-dire sur la 
paroi opposée à celle dans laquelle sont forés les 
trous latéraux. La sfirka est un instrument très 
ancien, fort en usage parmi les paysans bulgares (^'. 
Long, tôt. o'"545 et, à partir de la bouche, o"530. 

Id. 2860. Sfirka. Elle est semblable à la précé- 
dente, sans les ligatures en fil de laiton, et son 
diapason est exactement un demi-ton au-dessus. 
Long. tôt. o"495. 



(1) C'est Monsieur Pety de Tliozée, ministre résideul de Belgi'P' 
A Sofln, qui a eu robllgctincc de nous procurer les instromw'^ 
bulgares. Nous lui renouvelons Ici les aasnrauces de notre tr^ 
profonde gratitude. 



— ii7 — 

Id. 2361. Sfirtchitza (diminutif de sfirka). Sorte uetBarop. 
de flageolet formé d'un tuyau de bois cylindrique 
façonné au tour et percé latéralement de six trous. 
Leur ouverture successive permet la production des 
intonations suivantes : 






Long. tôt. o'»32o. 

Id. 2362. KavaL Sorte de flageolet double des 
bergers. Il est formé d*une planchette de bois dans 
laquelle on a foré deux canauxconiques et parallèles. 
Les bouches sont taillées dans la partie la plus 
large du tuyau. 

Le tuyau de droite est percé sur la face antérieure 
de six trous latéraux dont l'ouverture successive 
donne les intonations suivantes: 



J — OT L 



113 4 5 

Le tuyau de gauche est percé d'un trou latéral 
seulement, sur le côté, à la hauteur du trou latéral 
marqué o du tuyau de droite^ produisant ainsi 

rintonation de mEÊîE destinée, pensons-nous, à 
résonner en bourdon. Long. tôt. o°*273. 



— 2l8 — 

inrt.Europ. ijj^ 2368, Dvotka ou Pichtalka. Sorte de flageolet 

semblable au précédent mais dont les intonations 
sont réglées exactement à la seconde mineure infé- 
rieure, en ré b, des intonations fournies par le n* 
précédent. Il est également employé par les bergers 
et son origine est grecque. Long. tôt. 0^273. 

Bosnie. 2364. Dvdinitza. Flûte double dont la 
construction ressemble à celle du n* 191 ; cette der- 
nière a cependant un trou latéral de plus à chaque 
tuyau. La dvdinitxa que nous avons devant nous 
paraît être réglée pour produire les intonations 
suivantes : 

Tuyau de droite, Tuyau de gauche, 





r- 



Long. tôt. o'"392; larg. max. o"*o64. 

Ces intonations s*écartent sensiblement de celles 
notées pour la svardoniisa dalmate n^ igi ; celles-ci 
nous paraissent plus rationnelles ; elles ont du 
reste quelque rapport avec les intonations consta- 
tées au n^ 1016 et avec celles que nous relevons au 
n« suivant. 

lo. 2865. Dvoïnitza, Autre flûte double. Celle-ci 
ressemble au n« igi. Intonations : 



— ^rg — 
Tuyau de droite, Tuyau de gauche, loatEurop. 




i^^ r fe=r=f=^ 



Long. tôt. 0*265 ; larg. max, 0*041. 

Id. 2366. Doudouk ou Duduk (*). Tuyau de bois 
largement évasé à l'embouchure, rappelant un peu 
Tarchitecture des minarets. Six trous latéraux per- 
cés au fer rouge, avec une légère inclinaison dans 
le bas, vers Tembouchure. L'ouverture successive 
de ces trous donne les intonations suivantes : 



N 



Éèà 



On parvient facilement à abaisser d'un ton le son 
produit par la longueur totale de l'instrument, 
marqué o, en bouchant presque complètement l'ori- 
fice inférieur du tuyau par l'auriculaire de celle des 
deux mains que l'instrumentiste place au bas de la 
flûte. Long. tôt. o"28o. 

Id. 2367. Tschurlika. Flûte de forme semblable 
à la précédente, mais beaucoup plus longue et plus 
élégante. La face antérieure est enjolivée de dessins 



(1) Nom turc mais qui s^applique aussi bien aux flûtes A boucha 
biseautée qu'à celles dont la bouche est transversale (voir le n* 2392). 



CUIIL 



— 2ao — 

inst. Burop. gravés en relief. Six trous latéraux : 
a ui. 



ï^3 



qzzq=4— .— «-fer 



C/ 4 13 4 5 6 

Long. tôt. o"50. 

Sous-section 66. — Bouche biseautée et tuyau fermé. 

Francs. 2868. Sifflet triphone. Don de MM. 
Mahillon et C*". C*est un simple tuyau, en étain, 
bouché, muni de deux trous latéraux et permettant 
conséquemment de produire trois sons. Dans notre 
exemplaire les intonations sont les suivantes : 



iff=t 



avec Teffet à la double octave supérieure. L'inven- 
teur, M. Ë. Correty de Maisons-Laffite, destinait ce 
sifflet à transmettre les commandements dans les 
régiments d'infanterie et de chasseurs, à pied. Ce 
sifflet, qui se tient de la main gauche, est muni 
d'un anneau dans lequel on passe le pouce. Le 
premier trou latéral est couvert par le médias, le 
second par Tindex. Long. tôt. o"*o6. (E. Corrkî, 
Sonneries et commandemenis de V armée pour le Tri- 
phone^ Infanterie et Chasseurs à pied, à l'usage dis 
Bataillons scolaires.) 



— • 221 — 

Sous-section ce, — Bouche biseautée et récipient. 

iBSt. isvrop. 

Id. 2369. Sifflet en poterie. Don de M. de Lom- ci. m. 

bardon-Montezan, à Marseille. Il représente une 
petite cruche dont la paroi est traversée par un 
tuyau muni d'une bouche biseautée. Le tuyau 
débouche à Tintérieur de la cruche que Ton emplit 
d'eau. Cet appareil rencontré dans presque tous 
les pays européens, sert à imiter assez heureuse- 
ment le chant des oiseaux. L*eau de la cruche, mise 
en mouvement par la pression d'air du si£9et, per« 
met à celui-ci de varier très sensiblement les intona- 
tions qu'il produit. En effet, le tuyau devient alter- 
nativement tuyau bouché et tuyau ouvert et le 
tourbillonnement donne lieu à ce battement de deux 
sons qui ressemble assez bien au trille du chant des 
oiseaux. 

Bblgique. 2360. Sifflet. Don de M. E. Closson. 
Celui-ci> provenant de Louvain, est inséré dans un 
vase à l'usage de tirelire. Le potier a orné son travail 
de trois oiseaux posés sur l'extérieur du couvercle. 
C'est à l'introduction de la monnaie que sert la 
fente pratiquée dans la paroi du vase. L'appareil 
est également en terre cuite vernie. Le son est le 
mi b de la 8"* octave <*>. 



(1) La kermesse aux poteries, ou Poljea-Kermia, se tient tous les ans 
à Louvain le 9 février, jour de la fête de Sainte-Apolline; on y vend de 



— 222 — 

iMt.Kuwp. Id. 2861. Sifflet. Don du même. Simple sifflet 

représentant un oiseau posé sur un support, le tout 
en terre-cuite vernie. Même intonation que le 
précédent. 

C'est \ ar erreur, et à cause de son apparerce, que ce sifflet 
a été classé dans la sous-section ce; c'est à la sous-section bb 
qu'il appartenait véritablement. 

Id. 2862. SiffleU Don de M. Paul Gilson. Vase 
sphérique, en poterie, percé de cinq trous mettant 
Tair intérieur du vase en communication avec Tair 
ambiant. Un ajutage de 25 millimètres de longueur, 
dans lequel est façonnée la bouche du sifi9et, précé- 
dée de son canal d^nsufflation, sert d appareil 
d'ébranlement sonore. On verse de l'eau dans le 
récipient jusqu'à la hauteur des cinq petits trous 
dont il est percé ; le tuyau plonge ainsi dans Teau 



menus objets en poterie vernissée en couleurs éclatantes : des chande- 
liers, des tirelires et particulièrement des simcls de tous grenres doat 
le bruit assourdissant ne cesse de retentir pendant toute la kermès^*. 
Celle-ci se lenait naguère dans les ruelles du Béguinage, auloor de 
régUse où se trouve un auLcl consacré à Sainte-Apolline, Invoquée, 
comme ou sait, contre les maux de dents. Mais depuis une soixantaine 
d'années, la Voljcs-Kermis a été transportée à la Pince Salnl-AnloiDe, 
où les paysans se rendent après avoir accompli leur pélertnafe à 
réglise du Béguinage. 

L'usage des sifflets en poterie est répandu depuis longtemps dans 
différentes villes dos Pays-Bas (Voir notamment Edm. Ya>dm 
SrnABTBN, Aldernardiana, série II, n' 2). E. Clossoiv, 



— 223 ■" 

et on obtient, par les mouvements dus aux différen- '■'î*?"/®^* 

vl. llu 

tes pressions qu'elle supporte par l'action du sifflet, 
des modulations qui imitent asse^ bien le chant du 
rossignol. Voir les n*" 1012, 199a et 2359. 

Id. 2363. Sifflet, En terre cuite comme le précé- 
dent. Il provient de cette partie du pays qui, entoure 
Mons et que Ton appelle le Borinage. 

Id. 2364. Sifflet, Terre cuite comme le précédent; 
même provenance. 

France. 2366. Sifflet. En terre cuite blanche. La 
forme est celle du n* 2359. Comme les trois précé- 
dents, il fonctionne en remplissant d*eau le réci- 
pient. Ce sifflet provient du département des 
Vosges. 

Id. 2366, 2367. Deux sifflets en forme d'oiseau. 
Quatre trous disposés en quadrilatère au-dessus du 
dos. Ce sont des sortes d'ocarinas (Voir n"" 196). 
En débouchant successivement les trous, on obtient 
les intonations suivantes : 

80 



$ 



ISElc^îEEMê 



prit 



1 — t-- 
Méme provenance que le sifSet précédent. 

lo. 2868. Deux siffltts de forme semblable aux 



— 224 "" 

mais 
Intonations 



'"cL^°n"* précédents, mais avec deux trous seulement. 



— ->- 



zt: 



Id. 23Q9,, Sifflet muni de deux trous sur le dos 
comme les précédents^ mais plus espacés. Mêmes 
intonations. 

Id. 2370. Sifflet en poterie, forme d'oiseau, 
mais plus grand que les précédents. Il n'a qu*un 
trou sur le dos. Le canal d'insufflation étant mal 
dirigé, la capacité d*air du récipient ne participe pas 
à la vibration. On n'obtient donc qu'un son très aigu, 
le si, gô"' degré de l'échelle des sons, produit exclu- 
sivement par la bouche du sifflet. Les n*^ 2368, 
2369 et 2370 sont de même forme que le n* 2367 
et proviennent également du département des 
Vosges. 

Id. 8871. Sifflet. En faïence de Vallauris (Alpes 
Maritimes) ; sa forme ressemble à celle du n* 2359; 
comme ce dernier, il fonctionne à l'aide de Teau. 

Belgique. 2872. Sifflet en terre cuite vernie. 
Don de M. E. Closson. Le tuyau débouche à l'inté- 
rieur du vase et fonctionne à l'aide de l'eau, comme 
les précédents. 

Allemagne. 2378. Sifflet en (erre cuite. Don du 



— 225 

même. Représentation d'un oiseau dont le corps est iii«t.Earop. 

peint en jaune; les ailes, le bec^ les yeux, les pattes 

et Textrémité de la queue, en rouge. Un trou est 

percé sur le dos, mettant la capacité d*air en corn* 

munication avec Tair ambiant. En découvrant ce 

trou, le son monte d*un ton. Les intonations sont 

les suivantes : 



z^ 



Section b. — Bouche latérale. 
Sons section aa. — Bouche latérale et tuyau ouvert, 

Angleterre. 2874. Flûte d'orchestre en ut. 
Marque : Barret à Londres. La construction de cet 
instrument a pour base le système Boehm. Le 
mécanisme a reçu quelques modifications destinées 
à faciliter certains doigtés réputés difficiles. Leur 
description nous entraînerait bien au-delà du cadre 
de ce catalogue. Barret (Apollon, Marie, Rose), né 
en France en 1804, était un hautboïste de très grand 
talent. Fixé à Londres, il y occupait depuis 1874 
la place de premier hautbois au Royal Italian Opéra 
de Covent Garden. Il est mort dans cette ville le 
8 mars 1879. Barret avait une véritable vocation de 
facteur, il était aussi ouvrier et mécanicien habile. 
11 cherchait constamment à améliorer le mécanisme 



— 226 — 

lait.Barop. du hautboîs et plusieurs de ses trouvailles ont été 
aussi appliquées à la flûte et à la clarinette. U fut 
très efficacement aidé dans ses efforts par le facteur 
parisien Triebert et il a laissé une méthode de 
hautbois très estimée. 

Id? 2376. Flûte traversière en ut (dite en r^. 
Elle est divisée en quatre corps, avec les embottares 
non garnies de viroles. Elle est montée de cinq clefs 



argent : j^ ^ zzzzzi^J — j'^ ^ f^ — dont la première 



eni 

est une clef ouverte. Ces clefs basculent entre deux 
protubérances laissées sur le bois lors de son façon- 
nage au tour, comme au hautbois n* 2332. Cet 
instrument remonte aux premières années du XIX"* 
siècle. Long. tôt. o"654. 

On remarquera la petitesse de la bouche. Les facteurs 
del'époque obtenaientainsi une certaine douceur dans le timbre, 
mais c'était au détriment de l'ampleur du son. 

Id. 2876. Flûte en sol (diapason anglais La = 905 
V. s. environ). Marque : Rudall & Rose n* 15 Piaxxa 
Cavent Garden London ^115. Bois d*ébène, viroles 



d*ivoire, quatre clefs en argent : 



■■Pi^ 



fonctionnant comme celle de la flûte précédente. 
Long. tôt. O" 750. 

France. 2877. Flûte tierce^ en mi b. Don de M. 
Noël Ferdinand Flostroy, àNice. Buis teint, viroles 



sont les suivantes : g^ - | .. ^ — I J ^ 



Cl. III 



— aa7 — 

d'îvoîre, une clef, celle de mi b. On sait que la flûte '"V^"®»* 
tierce est à la tierce mineure aiguS de la flûte 
d'orchestre (en ui). On lui attribue parfois la tonalité 
de/a, parce que la note écrite la plus basse de son 
échelle, le ré^ donne Tintonation de /a (voir CataL, 
t. I, 2^ édit., p. 251, note). 

Id. 2878. Flûte en ut. Don du même. Bois de 
grenadiile, une clef en métal blanc, celle de nti K 
Flûte moderne. Tête avec.pompe d*accord. Marque : 
Noblef, Jeune f Père et fils. 

Id. — 2879. Flûte d'orchestre. Marque : T. Lot. 
Don du même. Bile est en ivoire, avec des viroles de 
corne noire; une clef, celle de mi t?. Le corps supé- 
rieur a deux pièces de rechange. L'instrument a été 
construit à un diapason exceptionnellement grave^ 
le ton de jchapelle, il est en si b avec la pièce la 
plus longue, en si Q avec la plus courte. 

Id. 2380. Flûte en ut. Marque : Laurent à Paris^ 
Breveté 1815. Ce très bel instrument dont ie corps 
est entièrement en cristal, les clefs et les tenons en 
argent, a été cédé au musée par M. le Comte Fritz 
de Pinto, d'Ensival. Il est très exactement au dia- 
pason normal actuel. Les clefs, au nombre de six. 



La première clef est ouverte, le trou qu'elle 



228 



In8t«Barop. 

CI. III. recouvre donne 



Ie25=r|z:;en fermant la clef, Tin- 



tonation baisse d'un demi-ton. Les cannelures pra- 
tiquées sur toute la longueur de l'instrument n*ont 
d'autre raison que de diminuer le poids de la matière 
employée. 

Laurent s*était fait une spéclalit.é de la fabrication d'instru- 
ments en cristal et il excellait dans co genre de travail. Chouqnet 
{Le Musoe du Conservatoire national de musique) nous apprend 
que le premier instrument de cette nature avait été fabriqué en 
en 1806 et avait figuré la même année à l'Exposition de Paris. 

Id. 23S1. Flûte tierce en mi i^. Instrument très 
ordinaire, d'origine française, vers le milieu du XIX"* 
siècle. Bois d'ébène, quatre corps, cinq viroles 
d'ivoire, une clef en argentine (le mi ^), Long. tôt. 
o«5io. 

Id. 2382. Flûte traversière en ut. Facture ordi- 
naire; même construction que la précédente; date 
de la même époque. Long, tôt o"6o5. 

Id. 2388. Flûte en ut. Don de MM. Mahillon & 
C^. Marque : Tibouville, (sic) frère à Paris. Bois de 
buis, viroles d'ivoire, quatre clefs d'argent, pompe 
d'accord dans la tête. 

Pays-Bas. 2384. Flûte traversière. Elle est mar- 
quée : J. H, Rottenburgh, C'est un instrument en 
bois de buis bruni, divisé en quatre corps et muni 



— 229 — 

d'une clef en cuivre, le wi b. Elle est dans le ton instEurop. 

Cl. ui. 
d'ut au diapason normal actuel. Facture bruxelloise 

de la fin du XVIII"' siècle. Long. tôt. o'»62 

Id. 2886. Canne^flûte. Marque : Dupré à Tournay . 
Elle est en bois de buis et la seule clef, celle de 
mi b, dont elle est montée, est taillée dans Tépais- 
seur de la paroi du tuyau. C'est un instrument en 
uiy au diapason normal actuel, datant du commen- 
cement du XIX"' siècle. 

Id. 2886. Flûte d'amour. Fac-similé d'un instru- 
ment appartenant au musée Snoeck <*> à Gand. Elle est 
en buis, garnie de viroles d'ivoire. Elle se divise en 
quatre parties : la tête, le corps supérieur, le corps 
inférieur et le pied. Ce dernier est muni d*une clef 
de cuivre, le mi\). Comparée au diapason normal de 
870 vibr. simples, cette flûte est en /ab, ce qui per- 
met de supposer qu'elle était en la à l'époque de la 
construction de l'original, vers la fin du XVIII"*' 
siècle. Long. tôt. o"'745. 

Italie. 2887. Flûte Giorgi, Don de M. Luigi 
Ricci, professeur au Conservatoire royal de musique 
de Milan. Elle porte l'estampille de linventeur, 
C. T. Giorgi, et la marque des fabricants : Maino e 



(1) Ce musée a été cédé en 1902 au gouvernement prussien pour le 
Musée de la Ilochschale fUr Mualk, de Berlin. 



— a30 — 

inst Enrop. Orst MUatto. avcc le n» de faibrication : 20. C'est an 
Cl. m. 

simple tuyau cylindrique en ébonite, ou caoutchouc 

durci, percé de treize trous latéraux et terminé par 
une bouche dont l'ouverture est dirigée dans le 
sens de Taxe du tuyau, comme celle de la flûte 
n* 2002. Des treize trous latéraux dont le tuyau est 
percé, les trois premiers seulement sont munis de 
clefs ouvertes. Tous les autres trous sont plus ou 
moins disposés conformément à la division géomé- 
trique du tuyau et placés le long de celui-ci de façon à 
être facilement bouchés par les doigts sans l'emploi 
de clefs. Malgré cette grande simplification, la flûte 
est d'une parfaite justesse, les sons de son échelle 
étant formés par les sons fondamentaux fournis par 
la succession des trous latéraux et de leur premier, 
ou deux premiers harmoniques : 

I 2 s 4 5 6 7 8 9 if II 12 iS 

L*échelle se complète à Taigu parles sons :/a,/a^ 
sij ut, utj^^ ré, qui s*obtiennent à Taide de doigtés 
moins rationnels et moins satisfaisants au point de 
vue de Texactitude de Taccord. Nous ne pensons pas 
que cet essai soit destiné à un très grands succès à 
cause de la difficulté d^obturer par les doigts, d'une 
façon complète, autant de trous d'un diamètre aussi 



— 231 — 

grand que ceux dont l'inventeur fait usage, mais initsnrop. 
l'essai est intelligent et mérite de fixer l'attention. 
Long. tôt. o^ôa. (Carlo Tommasso Giorgi, // nuovo 
flauio Giorgi; Itala Piazza, // flauio Giorgi; Tavola 
illtêsirata délie posiiioni con brevi istruxioni per il 
flauio Giorgi.) 

Prusse. 2888, 2888. Fifres militaires sans clefs. 
Don de M. L. Cavens. Le n* 2388 porte sur la virole 
recouvrant l'extrémité inférieure les marques : 
G. R. 7 2. B. 7. G. 2. que dous croyons pouvoir 
traduire: Régiment des Grenadiers 72; y Bataillon, 
2« Compagnie (?;. Quoique de longueur semblable, 
ces deux instruments dififèrent de tout un ton. Le 
premier est en ré^ le second en ut. Cette différence 
est due à la grandeur des trous latéraux et de 
la bouche, qui sont de plus grandes dimensions 
dans celui-ci que dans celui-là. Long. tôt. o"*36. 

Allemagne. 2880. Flûte traversière en ut. Don 
de rinventeur, M. Eberhardt WUnnenberg, de 
Cologne. C'est l'instrument dont nous parlons dans 
la note du n* 2002 (Brevet allemand n* 49789; 
brevet belge n** 86953). Le corps de la flûte est con- 
struit dans les conditions ordinaires, avec une seule 
clef, celle de mi b. La bouche est ainsi 
façonnée qu'elle se présente sous la forme de la 
lettre T/ dont l'extrémité gauche de la branche 
horizontale serait reliée à la branche verticale par 



Cl. m. 



— 232 — 

instEarop. un tuyau courbé en p.. Le trou servant de bouche 
se trouve placé dans la branche horizontale en 
alignement avec les trous latéraux du corps de la 
flûte C'est de cette disposition que résulte pour 
rinstrumentiste la possibilité de tenir la flûte 
perpendiculairement devant lui, comme il est 
d'usage pour la clarinette et le hautbois. Long, 
tôt. o'»486. 

Id. 2391. Fifrt en si'b- Don du même. Même 
auteur et construction semblable à celle de la flûte 
précédente. La clef de mi 1? est ici remplacée par un 
trou latéral percé au milieu d'une protubérance et 
dont l'ouverture produit cette intonation, les six 
trous latéraux suivants étant fermés. Le diapason 
de cet instrument est à la septième mineure aiguë de 
la notation généralement usitée pour les flûtes. 

Bulgarie. 3292. Sfiraliixa {invz^duduk). Flûte 
traversière. Le tuyau, en bois, est divisé en trois 
corps dont les emboftures sont renforcées par des 
viroles de corne. Sept trous latéraux fournissent 
les intonations suivantes : 



=1= 



'X 



:=JW^ 






I 2 .1 4 5 6 7 

Ces troiîs sont suflisamment petits pour donner 
lieu à la vibration de la colonne d*air au-delà 
d'un trou latéral ouvert et, par conséquent, pour 



— 233 — 

permettre, par l'influence de la fermeture du trou ""»*'• Europ. 
latéral suivant, l'abaissement de l'intonation. En * ^^^ 

d'autres mots, le doigté fourchu dont nous avons 
expliqué la théorie p. loo est possible sur plusieurs 
des intonations fournies par les trous latéraux. 
Sous le trou latéral o qui ne se couvre jamais et 
qui donne la première intonation, se trouvent forés 
dans le corps inférieur, trois autres trous qui aident 
à régler Tintonation de cette ouverture. Long. tôt. 

o"555- 

lo. 2898. Dudutchiiza (diminutif de duduk). 
Flûte très répandue dans les villages bulgares. 
Construction semblable au n® précédent, mais avec 
six trous latéraux seulement. Intonations : 



=ii=ï=Mc 



:jJP=f 



.jMf- 



t=z±: 



Lrong. tôt. 0-355. 

Nous avons dit dans notre Essai de classification, T. I, 
S* édit., p. 45, que ne connaissions pas de document authentique 
prouvant l'asage de la flûte trayersiôre ayant le XI« siècle. 

A la récente Exposition de Bruxelles (1910), on pouvait voir, 
exposée dans la section coloniale du pavillon néerlandais, une 
série de phothographies représentant des bas-reliefs du temple 
BJr&boedoer élevé dans les environs de Djokjokarta (Java) au 
commencement du IX» siècle. Parmi ces photographies, il y en 
avait une représentant des joueuses de flûte traversiére figu- 
rant dans une scène historique contemporaine de la domination 
des Indous, les premiers civilisateurs de Tlle. Nous pouvons 
dont admettre, comme les Indous le prétendent du reste, que la 
flûte à bouche latérale était connue sans l'antiquité. 



Inst.Barop< 
CI. iir. 



— 334 — 

Sous-section bb. — Boache latérale et tuyaa fenné. 

France. 2394. Sifflet. Don de M. Exsteens. 
Moulage en plâtre d'un sifiSet formé d'une phalange 
de renne percée d*un trou latéral servant de bouche. 
L^original remonte à l'âge du mammouth. 

Id. 2886. Sifflet. Il est formé d'une phalange de 
renne^avec la bouchedisposée comme au n® précédent 
Il provient du gisement de Solutré,dans les environs 
de Mâcon (Saàne-et -Loire), et remonte bien certaine- 
ment aussi à rage du mammouth. M. Ed. Dupont, 
directeur du Musée d'histoire naturelle de Bruxelles, 
a rencontré trois sifflets semblables, de la même 
époque, dans les fouilles qu'il fit au Trou-du-Sureau, 
à Montaigle, dans la vallée de la Molignée. Lorsque, 
appuyant les lèvres contre l'extrémité du sifflet 
avoisinant la bouche, on dirige le souffle con- 
tre le bord de celle-ci, le son produit est le 

P^F-" . On trouve une communication intéres- 

santé de M. Rutot, au sujet de ce sifflet, dans les 
extraits du Bulletin de la Société d* AnthropologU dt 
Bruxelles, T. XXIV, 1905, p. 13. 

Id. 2896. Sifflet, découvert dans la caverne de 
Laugerie, département de la Dordogne. Il est taillé 
dans une phalange de cheval et est, comme le précé- 
dent encore, contemporain de l'âge du mammouth. 



— 335 — 

80 



Onobtientle /f ^ enprocédant comme au sifiBet 

précédent. Même source d'information. 

Soaa-sectioD ce, — Bouche latérale et récipient. 

Suisse. 8897. Trois sifflets en ivoire, provenant 
de fouilles faites dans le canton du Tessin. Ce sont 
des fragments de tuyaux cylindriques en os percés 
latéralement d'un ou de deux trous et variant de 
diamètre et de longueur. On trouve dans les musées 
de nombreux tuyaux semblables. Les plus courts 
mesurent trois centimètres environ, les plus 
longs dix. Sont-ce des sifflets? Rien ne l'indique 
d'une façon positive. Il est cependant certain que 
ces fragments donnent des intonations très nettes 
en bouchant par les doigts les deux extrémités du 
tuyau et en se servant du trou latéral en guise 
de bouche <^). l!^rsque ces pseudo-sifflets ont 
deux trous latéraux» on peut, pour varier les intona- 
tions^ ouvrir et fermer alternativement l'un ou 
l'autre. 

Prakcb. 8898. Sept sifflets gallo-romains, en os, 
trouvés dans des tombeaux d'enfants, à Reims. Ils 
sont semblables aux précédents, mais de dimensions 
plus grandes. 



(i) Ces sifflets réeonneiit en quelque sorte comme ]*ocarina; c*e8t ce 
qui nous a engra^é à les ranger dans cette sous-section spéciale de la 
bouche latérale non prévue encore dans la classification placée au 
commencement de ce volume. 



last Bnrop. 
Cl. m. 



— 236 — 

instSurop. Sbction c. — Bouchâ transversaU. 

S0U8 section bb. — Bouche transversale et tuyau ouvert. 
BuLGARiB. 2399. Kavaltché. Simple tuyau de 
bois, de forme cylindrique, avec, à Tintérieur, une 
perce conique, le gros bout se trouvant du côté de 
la bouche. Celle-ci est tout simplement formée par 
l'orifice même du tuyau, dont les bords sont 
biseautés sur toute la circonférence. Cet instrument 
est donc une sorte de nay. Sept trous latéraux, six 
sur la face antérieure, le septième sur la face 
postérieure, donnent par leur ouverture successive, 
les intonations suivantes : 



I 



Esi^ gzniLzzzi 



it 



qui octavient par une augmentation de la pression 
d'air. Long. max. o"»4io. 

lo. 2400. Double Kaval. Les deux flûtes 
appartiennent au type nay et sont en usage parmi la 
population nomade des Koutzo-Valaques. Ce sont de 
simples tuyaux cylindriques, en bois, percés de neuf 
trous latéraux, dont le premier ne se recouvre pas 
par les doigts et, au-dessous, de trois autres trous, 
dont l'ouverture ne sert qu'à régler l'intonation que 
produit le trou latéral n" i. Les intonations obtenues 
par les trous latéraux en usage sont les suivantes : 



*=f 



ig^ 



— 237 — 

Les deux instruments ne diffèrent que par leur laitsurop. 

longueur et par la disposition des trous latéraux, ^*'^'^* 

qui sont un peu plus rapprochés dans le plus court 

des deux. Ils sont conservés et réunis dans une sorte 

d*étui formé d'une planchette de bois de ©"jâQ 

environ de longueur sur o"055 de largeur et o"025 

d^épaisseuryà coins arrondis. Deux canaux parallèles 

ont été forés dans le sens de la- longueur de la 

planchette pour recevoir les instruments. Long, du 

kaval le plus long, o»5i5; long, du plus court, 

o"5o8. 

Id. 2401. Double kavaU Ils sont semblables aux 
précédents, sauf ce détail, qu'ils sont extérieurement 
recouverts d*un tissu membraneux, lequel sert à 
protéger les tuyaux contre les rigueurs de la vie 
champêtre et les intempéries des saisons dans des 
pays de montagne. Long, du plus long, o»523; du 
plus court o"5i5. 

Id. S408. Kaval universel. Instrument très 
populaire formé d'un tuyau cylindrique en bois 
façonné au tour et se démontant en trois parties à 
l'aide de tenons et d'emboîtures renforcées par des 
viroles en os : 

la tète, terminée par la bouche ordinaire, 
caractéristique du nay, 

le corps, percé latéralement de sept trous sur la 
face antérieure et d'un huitième sur la face opposée; 

le pied, percé à distances inégales de quatre trous 



Cl. III 



- 238 - 

lott. K«rop. qui ne se couvrent point et dont les trois premiers 
ne servent qu'à régler l'intonation que procure 
Touverture du quatrième, marquée o dans réchelle 
suivante, qui indique les intonations obtenues par 
l'ouverture successive des trous latéraux : 

Olia 456T8 

Long. tôt. o"8so. 

BosNiB. 2408. Svirala. Tuyau cylindrique en 
bois, percé latéralement de six trous dont 
l'ouverture successive produit les intonations 
suivantes : 



i=i=î^g 



i=irz!i=z?==^ 



Il appartient également au genre nay. Long. toL 
o»47o. 

Branche C. — Instruments polyphonks, a 

RÉSERVOIR d'air. 

Shction a. — Réservoir d*air^ tans tuyaux, 

Allemagne? 2404. Accordéon. C'est une boite 
rectangulaire de o"40s de longueur sur o"i5odc 
largeur. Le clavier porte deux rangs de touches en 



— 239 — 

nacre, dont le nombre et la disposition sont indiqués ''"*• ^'"•p 
par les chiffres suivants : 

clavier aapérlear, 1 2 3 4 5 6 7.8 9 10 11.12 13 14 15 

I I I I i I I i I I i I I 

clavier inférieur, 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 12 13 14 

Chacune de ces touches met, par l'ouverture d*une 
soupape (v. le n* 1 1 15) quatre anches en vibration, 
deux presque à l'unisson, par l'aspiration de lair, 
en tirant le soufflet, deux autres également presque 
à l'unisson, par la compression de l'air, en poussant 
le soufflet. De cette légère discordance entre le son 
des deux anches naissent les battements qui donnent 
aux intonations ce tremblotement particulier appelé 
voix humaine par les facteurs d'orgue. Cet effet est 
produit ou supprimé à Taide de deux registres qui 
commandent chacun une glissière percée de trous 
et fonctionnant à l'intérieur de l'appareil. En 
poussant les registres, les trous de la glissière 
mettent pour chacune des touches sur laquelle 
on appuie le doigt, la double série d'anches en 
communication avec l'air du réservoir. Elles 
entrent en vibration simultanément pour produire 
l'effet de tremblotement. En tirant les registres, les 
trous de la glissière se ferment, une seule anche 
entre en vibration et l'on n'entend plus qu'un son 
sans tremblotement. 

Voici les intonations produites par chaque 
touche. Nous notons en blanches celles qui résultent 



— 240 — 

inft. Earop. dc Taspiration et en noires celles produites par la 
compression du soufiSet : 

Clavier inférieur : 

8a ,. 



i^ 



fl 1 s « tl • 7 t f 10 >■ It 19 >4 

Clavier supérieur : 



Sa . . • 

: . I: 



4 2 3 4I f 6 7 8 10 II II II It IS 

Sous le soufflet s'ouvrent trois clefs : celle da 
milieu qui sert à l'introduction de Tair dans le 
réservoir lorsque Ton tire le soufflet sans vouloir 
produire le son, et deux clefs d'accompagnement. La 
première de celles-ci, la plus élevée, produit la 



tonique par aspiration : B5^ ^^ '^ dominante 

par compression : ^^k^ . La seconde clef 

d*accompagnement permet la mise en vibration de 
six anches. Trois de ces anches résonnent à la fois 
pour faire entendre par aspiration Taccord parfait : 

pgp~ et les trois autres font entendre par 



— a4x — 
compression le second renversement de l'accord ^^{.^a!^ 

parfait de la dominante : (^"i*^ 

lu. 0406. Accordéon, La forme de la botte repro- 
duit exactement celle du chiffre huit. Sur le 
couvercle supérieur se trouve une rangée de dix 
longues touches recouvertes de nacre et, au*dessus« 
dans les intervalles qui les séparent, neuf autres 
touches plus petites, également recouvertes de nacre, 
formant une seconde rangée. 

Rangée inférieure : 

S* 



^ ^ ^ 



H — h--4- 



12 S4B6 78 0I0 



Rangée supérieure 



8*. 



I 1 S4S67tO-^ 

Comme au n" précédent, nous avons noté en 
blanches les sons résultant de l'aspiration du soufflet 
et en noires ceux qui proviennent de sa compression. 

Sur le couvercle inférieur se trouvent deux clefs 
dont l'une porte gravé, le mot Hamburg. La 



Cl. m. 



— 242 — 

iniit.E|uop. première clef, celle de droite, donne par aspiration 
z — -- • par compression S^^^E • La seconde clef, 

celledegauche^donne par compression Taccord parfait 
et par aspiration, le troisième renversement 




w 




de la septième dominante 



La fabrication de cet instrument est plus soignée 
que celle de nos accordéons contemporains. Long, 
tôt. o"37o; larg. moy. o"»i75. 

Francb. 2406. Céeilium soprano. Instrument 
inventé en 1861 par A. Quentin de Gromard. 
L'acquisition nous en a été facilitée par M. J. Turin, 
chef d'orchestre du casino de Mers-les-Bains, pre- 
mier violon solo et répétiteur des chœurs à TOpéra- 
comique de Paris. La forme apparente est celle 
d'un violoncelle. Le vent est fourni par le mouve- 
ment d'une sorte de poignée disposée en forme 
d'archet et qui agit sur deux soufiSets alternatifs 
placés dans l'intérieur de la caisse. Cette sou£9erie 
alimente le réservoir d'air. Au haut de Tinstrument, 
sur la face antérieure, est rangée une série de 
touches formant une sorte de clavier dont nous 
expliquerons plus loin la disposition. En pressant 
sur Taxe des touches de ce clavier, on fait mouvoir 



chromatique de ^zrn: ^ i^iz 



Les touches sont disposées au bout du manche, 
dans le sens horizontal, de quinte en quinte et dans 
le sens vertical, par degrés chromatiques. 

Nous reproduisons cet ordre par les chiffres 
suivants : 





La 


Mi 


Sî- 


Fat 


Dot 


Soit 


Ré 




1 


8 


15 


22 


29 


36 


43 




2 


9 


16 


23 


30 


37 


44 




3 


10 


17 


24 


31 


38 


45 




4 


11 


18 


25 


82 


39 


46 




5 


12 


19 


26 


33 


40 


47 




6 


13 


20 


27 


34 


41 


48 




7 


14 


21 


28 


35 


42 


49 


Lai 


8 


15 


22 


29 


36 


43 


50 


2 


9 


16 


23 


80 


37 


44 


51 


3 


10 


17 


24 


31 


3H 


45 


52 


4 


11 


18 


25 


32 


39 


4« 


58 


5 


13 


19 


26 


83 


40 


47 


54 


fi 


It 


riO 


t>7 


34 


41 


4« 


^5 


7 


14 


21 


28 


35 


42 


49 


56 



Cl. III. 



— «43 — 

un levier qui soulève une soupape dans le réservoir inst.Burop 

d*air ; une ouverture se trouve sous la soupape, Tair 

s'y introduit et fait parler Tanche L'impulsion 

donnée au mouvement vibratoire de Tanche s'exer- 

çant directement par la poignée ou archet, le jeu de 

celui-ci est d'une très grande importance. Il permet 

à Texécutant de lier, de filer, de détacher les sons 

et même, par le mouvement rapide et alternatif de 

la main droite, de produire le trémolo. 

L'étendue de l'instrument comprend 56 sons, 
représentés par autant d'anches donnant une échelle