(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque royale des ducs de Bourgogne"

Digitized by the Internet Archive 

in 2013 



http://archive.org/details/cataloguedesman01brus 



CATALOGUE 



DES MANUSCRITS 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALK 



DES DUCS DE BOURGOGNE. 



TOME PREMIER. 






c à 




C ^Ao« Je 



COMPOSITION DE LA SAINTE ÉCRITURE, 

présentée au Duc Philippe -le -Bon, en présence du Comte de Charolaie, son fils. 
par David Aubert, son Dioliothécaire 



CAT/VLOGIE 



DES MANUSCRITS 



DE LA BIBLIOTHEQUE ROYALE 



DES DUCS DE BOURGOGNE, 



PUBLIE PAR ORDRE DU MINISTRE DE L INTERIEUR. 



TOME PREMIER. 



RÉSUMÉ HISTORIQUE. 



INVENTAIRE. N° 1 — 18000. 




BRUXELLES et LEIPZIG. 

C. MUQUARDT. 



IMPRIMERIE DE VANDOOREif FRÈRES, RUE DE LA RÉGENCE, N 8 14. 



1842. 



66 



' 



y 




\ 



v ô Z ti» e> O 



NOTICE 



SUR 



L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 



DE LA 



BIBLIOTHEQUE DES DUCS DE BOURGOGNE. 



PREMIERE PARTIE. 

RÉSUMÉ HISTORIQUE 



CHAPITRE PREMIER. 

Du titre de la Bibliothèque royale des ducs de Bourgogne. 

La bibliothèque du souverain des Pays-Bas autrichiens, a porté pendant plus de trois siècles, 
les titres de Bibliothèque de Bourgogne; de Bibliothèque royale dite de Bourgogne : de Biblio- 
thèque des ducs de Bourgogne. Les deux premières de ces dénominations lui sont données 
officiellement dans un grand nombre de documents authentiques. On les trouve, entre 
autres , au Calendrier de la cour des Pays-Bas , qui est très-répandu dans le commerce de 
librairie ; le dernier volume de cette collection fut publié pour l'année 1794, peu de temps 
avant la seconde entrée des armées de la république française en Belgique et quelques 
mois avant la réunion de la Belgique à la France. 

On l'appelait aussi Bibliothèque de la cour, comme on le voit au texte de Sanderus que nous 
allons citer plus loin, page vin, et au catalogue officiel de l'an 1731 , signé par le bibliothécaire 
Franquen, après les désordres résultant de l'incendie de la cour (ou pour mieux dire du 
palais) de Bruxelles; un exemplaire authentique de ce catalogue se trouve dans cette 
bibliothèque, mais il n'est pas indiqué à l'Inventaire imprimé qui va suivre, parce qu'il 
nous a été remis après l'impression de cet inventaire. 

Enfin en 1772, cette bibliothèque ayant été ouverte au public, était quelquefois appelée ; 



v , NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Bibliothèque publique; mais dans tous les temps et malgré toutes les révolutions politiques 
anciennes et modernes , le titre de Bibliothèque de Bourgogne a prévalu sur tous les autres : 
nous allons donner quelques détails sur les diverses modifications de cet intitulé d'un dépôt 
littéraire d'une renommée européenne. 

Le titre de bibliothèque royale est conforme au formulaire administratif des anciens 
Pays-Bas autrichiens, parce que depuis Maximilien I er , qui fut roi des Romains, en 1486 , 
tous nos souverains étaient rois dans d'autres contrées , à l'exception d'Albert et d'Isabelle , 
qui étaient archiducs. Ce titre fut toléré aux Pays-Bas, quoique les Etats de nos provinces 
se fussent toujours opposés à une réunion en un seul corps de royaume. 

C'est par une conséquence de cette tolérance, que l'Inventaire officiel de 1577, porte ces 
mots : « les livres du roi, notre sire , » les livres appartenans à sa dite majesté, comme on 
peut le voir à la l re page du tome H, du présent catalogue, sous le n° 11676 de l'Inventaire. 
Sans doute cette qualification y désigne Philippe II , roi d'Espagne , mais on n'y voit , dans 
le courant du texte , aucune indication des titres de duc, de comte, de marquis ou de sei- 
gneur, qui étaient admis au protocole des autres actes de l'autorité suprême. 

Sous le règne suivant , c'est-à-dire , après l'inauguration des archiducs Albert et Isabelle , 
depuis l'an 1599 jusqu'en 1621, époque de la mort d'Albert, l'épithète royale est encore ac- 
cordée à cette bibliothèque. En voici la preuve : Aubert Le Mire qui fut nommé bibliothécaire 
des archiducs, fit apposer sur plusieurs volumes, tant manuscrits que nous avons retrouvés, 
qu'imprimés qui sont sortis de cette bibliothèque depuis les dilapidations de l'an 1794, une 
vignette aux armoiries d'Albert et d'Isabelle ; elles sont blasonnées en mi-parti ; au premier, 
de Hongrie , Bohême , etc. , qui sont les armoiries personnelles d'Albert , de la branche 
allemande de la maison d'Autriche, de Carniole, Tyrol, etc. 

L'autre mi-parti est celui d'Isabelle de la branche espagnole de la même maison d'Au- 
triche, elle porte au 4 me qui correspond à l'écartelé du 1 er : de Bourgogne- Valois, Brabant, etc. , 
ayant en abyme le mi-parti de Flandre et d'Autriche , Tyrol , etc. , au 2 e de Castille , 
Aragon, etc. ; c'est ainsi qu'on le voit au Mss. n° 228 , intitulé : Musique pour Marguerite 
d'Autriche ou de Savoie. Nous avons décrit ces armoiries d'Albert et d'Isabelle, parce qu'elles 
sont surmontées d'une couronne de prince royal , entièrement conforme aux dessins des 
traités de la science héraldique, tels que celui du père Menestrier, et parce que cette même 
couronne de prince royal , se reproduit en vignette sur le titre imprimé de beaucoup dédits 
et autres actes publics imprimés ; cela démontre que nos princes avaient la couronne la plus 
rapprochée de celle de roi , et tous les honneurs des altesses royales. 

Ajoutons qu Aubert Le Mire, signait souvent, A. Mirœus, bibliothecarius regius, comme 
l'atteste un grand nombre de manuscrits, tels que le n° 9008. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. v „ 

Le titre de bibliothèque royale se remarque officiellement aussi, au bas de la première 
page des manuscrits qui avaient été enlevés en 1746, par ordre du maréchal de Saxe; ils furent 
estampillés du sceau royal de France, au moment de leur entrée en la bibliothèque du roi à 
Paris ; mais ayant été restitués , quatorze ans plus tard , en vertu d'un des articles du traité 
dit des limites, qui fut conclu le 16 mai 1769, entre les gouvernements de France et d'Au- 
triche , une inscription ou pour mieux dire une annotation fut placée au bas de la première 
page de chacun de ces manuscrits; nous citons celle du n° 9246, le S^-Graal, il est du 
xv e siècle, (étant daté de l'an 1480) : 

c< Ce volume, enlevé à la Bibliothèque royale de Bourgogne, après la prise de Bruxelles 
» en 1746, et qui depuis lors a été placé dans la bibliothèque du roi à Paris, a été restitué 
» par la France et replacé à Bruxelles, dans la Bibliothèque de Bourgogne, le 7 juin 1770. » 

Tout porte à croire que ces annotations, placées au bas des volumes restitués, furent 
écrites par un commis expéditionnaire français , au moment de leur remise par ordre du 
cabinet de Versailles, lorsque le substitut bibliothécaire royal Jouen, à Bruxelles, en donna 
récépissé au ministre plénipotentiaire de France. Gérard fait mention de leur restitution, dans 
son catalogue autographe de l'état de la Bibliothèque de Bourgogne en 1793, qu'il recopia lui- 
même en 1799; il y en a une ampliation authentique en cette bibliothèque. Son écriture, qui 
nous est bien connue , n'est pas et ne pouvait être celle de ces annotateurs, car, si ces anno- 
tations étaient nécessaires pour annuler l'effet du sceau royal de France, il n'y avail^ selon 
les principes de droit, que l'autorité restituante qui pouvait faire inscrire ce titre de 
décharge. 

Entre ces deux époques, de 1746 à 1770, la Bibliothèque de Bourgogne ayant attiré toute 
la sollicitude du prince Charles de Lorraine , gouverneur général pour l'impératrice Marie- 
Thérèse , le comte de Cobentzl , ministre de Sa Majesté Impériale et Royale aux Pays-Bas , 
et que l'on peut appeler le Colbert de la Belgique, fit placer sur une cheminée de la salle de 
cette bibliothèque, l'inscription suivante que nous copions du mémoire que La Serna publia 
en 1809 et qui constate encore une fois l'ancienneté du nom de bibliothèque royale : 

BIBLIOTHECA REGIA 

AB ANTRI DIVINO SQUALORE VIi\DICATA , 

AUSPICIO 

CAROLI ALEXANDRI ; 

CURA 

EXC. CAROLI 

S. I. R. COMITIS A COBENTZL 

1754. 



vui NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Enfin, le litre de Bibliothèque royale de Bourgogne était si évidemment celui de cet 
établissement, que le 21 septembre 1794, les commissaires de la république française en ont 
fait usage dans le libellé du reçu qu'ils ont donné au concierge Timmermans, à la sortie des 
livres manuscrits et des livres imprimés qu'ils en avaient fait enlever; c'était cependant 
quelques semaines après l'exécution de Robespierre et la fin du régime de la terreur. 
Voici le texte de ce reçu : 

LIBERTÉ ÉGALITÉ. 

« Nous avons mis en réquisition et fait enlever, en vertu de nos pouvoirs, de la Biblio- 
» thèque royale dite de Bourgogne, etc. , etc, 



171 



4 manuscrits en langues orientales. 
59 id. id. latine. 

85 id. id. française. 

25 id. id. diverses modernes. 



200 



41 volumes d'anciennes éditions. 
159 id. d'ouvrages sur les sciences, les arts, l'histoire, etc. 
Total 571 volumes, 

» dont décharge au citoyen Timmermans , concierge , à Bruxelles , le 5 me des jours complé- 
» mentaires de l'an 2 de la République française, une et indivisible. Les titres desdits ouvrages 
» sont indiqués dans les catalogues remis entre nos mains. Signés : Michel Leblond ; Dewailli ; 
» Faujas. » 

Ce reçu est transcrit en entier dudit mémoire de LaSerna, l'on s'y référera plus loin. Je 
dois ajouter ici , que d'autres enlèvements ont eu lieu ; je me souviens entre autres de ceux 
qui ont été faits pendant que j étais employé en la bibliothèque de l'école centrale de laDyle. 

Telle était la dénomination primitive de la Bibliothèque de Bourgogne; mais les savants et 
même, comme on va le voir, le gouvernement autrichien, pour donner plus de précision au 
titre de cet établissement, d'une renommée européenne, et pour faire rejaillir plus de gloire 
sur ses illustres fondateurs, l'ont appelé : Bibliothèque des ducs de Bourgogne. 

Parmi un grand nombre de preuves, qui sont à la portée de tout le monde, on peut citer 
l'ouvrage généralement connu de Sanderus , qui a pour titre : Bibliotheca Belgica manus- 
cripta, qui fut imprimé à Lille en 1645. On y trouve au tome n, p. 5, la liste intitulée : 
Mss. codices ducum Burgundiœ, inpalatio Bruxellensi. Remarquons bien que cette liste n'a 
pas seulement pour objet d'indiquer les manuscrits provenant des quatre ducs de Bour- 
gogne-Valois, mais aussi ceux qui vinrent plus tard, sous la dynastie d'Autriche-Bourgogne, 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. !X 

qui commença en 1477, augmenter cette grande et précieuse collection. L'on ne peut en 
douter, car parmi les 877 articles qui composent cette liste , il y a : 
N° 809. Voyages de l'empereur, en 1517. 
» 812. Le livre de l'empereur Maximilien. 
» 813. Le même en italien. 

Le n° 814 est du temps des ducs de Bourgogne. 

En 1748, le savant Godefroi, garde des archives de la chambre des comptes à Lille, étant de 
retour en France, après avoir examiné tous les manuscrits de cette bibliothèque, en fit 
publier quelques fragments dans un petit volume in-12, intitulé : La danse aux aveugles 
et autres pièces du A V e siècle, extraites de la Bibliothèque des ducs de Bourgogne. Les 
manuscrits de ces pièces sont encore en cette bibliothèque, sous les n os 11020 à 11035, etc., 
de l'Inventaire. 

En 1772, au moment où cette bibliothèque royale fut ouverte au public, par les soins du 
prince de Starhemberg, ministre successeur de Cobentzl, décédé en 1770, on plaça au-dessus 
de la porte, dans l'œil de bœuf masqué, linscription dont voici le texte : 

QUAM OLIM 

ILLUSTRES BURGUNDLE DUCES 

BELGII PRINCIPES 

BIBLIOTHECAM INSTRUXERANT , 

PRECIOSISQUE DITARANT CODICIBUS MSS. 

IIANC 

PER SjECLA RECONDITAM 

RECUPERATIS EX FOEDERE QU.E BELLONA 

QUONDAM EXPORTARAT VOLUMINIBUS , 

AC TUM, 

CLARORUM VIRORUM DONIS ADAUCTAM 

APERUIT, ORNAVIT, LOCUPLETAVIT , 

UTILITATIQUE PUBLICS SACRAVIT 

MARIA THERESIA AUG. 

ARTIUM, SCIENTIARUMQUE PATRONA ; 

PROVIDO CAROLO ALEXANDRO LOTHARO 

ORD. TEUT. SUP. MAG. BELGII PR.EFECTO , 

CURANTE GEORG. S. R. I. PRINCIPE DE STARHEMBERG 

PRO AUG. ADMINISTRO. 

M D CC LXXII. 

6 



x NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Remarquons ici que ce texte est le véritable, selon le manuscrit authentique, qui nous fut 
renvoyé par M r le bibliothécaire Voisin, le 2 décembre 1856, et que M. Van Hulthem, notre 
prédécesseur, n'avait pas restitué , tandis que le texte du mémoire de La Serna , imprimé 
en 1809, page 84, ouvrage d'une grande autorité et que nous avons fréquemment compulsé 
et cité, pour la présente rédaction, est entaché d'une erreur de typographie, qui est 
l'omission de deux mots à la quatrième ligne et à la cinquième ; on y lit en une seule ligne : 

BlBLIOTHECAM DITARANT CODICIBUS MSS. 

Les mots instruxerant, preciosisque... sont oubliés. Cette erreur, que nous faisons remar- 
quer est grave, car le mot instruxerant désigne qu'en 1772 on reconnaissait que les ducs 
de Bourgogne en étaient les fondateurs, ayant leur titre ducal, et le mot pr^eciosis fait 
connaître la grande beauté de ces manuscrits. 

L'expression de Bibliothèque des ducs de Bourgogne est aussi employée par Gérard ; entre 
autres, on la voit au commencement des trois volumes du catalogue des manuscrits qu'il a 
rédigé en 1793, une année environ avant la spoliation faite par les commissaires de la répu- 
blique française; il recopia ce catalogue avec beaucoup d'augmentations en 1799, (nous 
avons déjà cité cette copie). Il voulait alors revendiquer, pour la bibliothèque nouvelle qui 
avait été rétablie en 1795 à Bruxelles, et qu'on appela bibliothèque publique et ensuite de l'école 
centrale, une partie des manuscrits des ducs de Bourgogne. Les qualifications de la royauté 
étant alors abolies, on ne pouvait se servir que de l'expression de bibliothèque publique. 
C'est dans l'intention d'appuyer cette revendication que La Serna fit imprimer en 1809, 
comme il avait eu souvent la confiance de me le dire avant cette époque, l'ouvrage déjà cité , 
ayant pour titre : Mémoire historique sur la Bibliothèque dite de Bourgogne, présentement 
bibliothèque publique de la ville de Bruxelles. Cet élan de patriotisme de ces deux bibliophiles 
était louable, mais il était intempestif, car on centralisait alors à Paris, toutes les fois qu'on 
en avait l'occasion, et par le droit d'occupation militaire, tous les chefs-d'œuvre de l'Europe. 

Enfin au dix-neuvième siècle, après la grande époque de la restitution de cette bibliothèque, 
en 1815, ou pour mieux déterminer une date à peine écoulée, en 1835, Van Praet, dont 
l'autorité en bibliographie est aussi prépondérante que celles de Sanderus, deGodefroi, 
de Gérard, de La Serna 5 Van Praet, né à Bruges et devenu une des illustrations littéraires 
de la France , emploie souvent dans ses ouvrages l'expression de Bibliothèque des ducs de 
Bourgogne, surtout dans sa description des manuscrits de Louis de Bruges, seigneur de 
La Gruthuyse, publié en 1836. 

Accumuler d'autres preuves sur la plénitude de ce titre , serait une chose également fati- 
gante pour le lecteur et superflue pour cet ouvrage. Cependant les détails qu'on vient de 
donner étaient nécessaires parce que, pendant l'existence du gouvernement royal des Bays-Bas 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xi 

de 1815 à 1830, et même pendant les premières années du royaume actuel de Belgique, des 
personnes d'une grande influence littéraire , connaissant mal une bibliothèque qui avait été 
presque oubliée, et qui était en désordre , en 1830, dans une chambre étroite et sous la pous- 
sière, pendant les derniers temps du régime hollandais , s'étaient imaginé qu'elle ne consistait 
qu'en un petit nombre de manuscrits de pure curiosité, à jolies miniatures, équivalant à une 
bibliothèque de particulier ; de là provient l'erreur que le catalogue des manuscrits ne devait 
être qu'une brochure in-quarto, et sa rédaction, le travail d'un seul employé et de quelques mois. 

Cette erreur, que le temps et la présente publication doivent infailliblement dissiper, était 
enchaînée à une autre erreur, dont les conséquences sont plus réelles et plus préjudiciables ; 
ce même petit nombre de gens de lettres s'est aussi imaginé, que la Bibliothèque de Bourgogne 
renfermait uniquement des manuscrits, tandis que les témoignages des temps anciens, les 
inventaires officiels du gouvernement autrichien et les personnes encore vivantes qui ont vu 
la Bibliothèque royale de Bourgogne dans son local primitif de la rue d'Isabelle , au passage 
actuel de la bibliothèque, attestent le contraire, car elle était une des plus riches de l'Europe 
en éditions princeps et incunables. Pour s'en convaincre, il suffit de relire le texte du récépissé 
donné par les commissaires de la république française, le 5 e jour complémentaire, an 2, (21 sep- 
tembre 1794) déjà cité à la page vm précédente ; on y trouve, après l'indication des manuscrits : 

« Nous avons fait enlever de la Bibliothèque royale dite de Bourgogne 

» quarante-un volumes d'anciennes éditions, cent cinquante-neuf volumes d'ouvrages sur les 
» sciences, les arts, l'histoire, etc., etc. » 

Certes ces deux cents volumes imprimés , tirés d'après les instructions des savants biblio- 
philes qui administraient la bibliothèque dite alors nationale, de Paris, devaient être des 
éditions de la plus haute valeur. Ces ouvrages transportés à Paris, en septembre 1794, au 
nombre de 200, ce qui est considérable pour des imprimés très-rares, manquaient pour la 
plupart à la bibliothèque nationale, quoiqu'elle fût déjà encombrée des dépouilles et de 
toutes les richesses enlevées de 1791 à 1793, aux plus précieuses bibliothèques abbatiales 
et administratives de France et à celles des émigrés. 

Où se trouvent ces incunables, ces éditions princeps, ces raretés bibliographiques d'une 
si haute valeur commerciale , d'une valeur qui se surenchérit encore de jour en jour ? Je 
l'ignore. Je sais uniquement que ces livres ont été réclamés à Paris en 1815, d'après le susdit 
récépissé, qui est imprimé dans le mémoire de La Serna ; mais je n'en ai pas trouvé un seul exem- 
plaire, pas un seul fragment, au moment où j'ai eu l'honneur d'être appelé aux fonctions de 
conservateur de la Bibliothèque de Bourgogne. Je signale ce fait parce que les livres imprimés 
de cette ancienne bibliothèque royale, peuvent être, en toute justice, revendiqués par le gou- 
vernement actuel. Il me semble, qu'en quelque lieu où ils se trouvent égarés, soit en Hollande, 



xu NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

soit dans d'autres lieux, on peut les réclamer, car ils n'ont été ni vendus, ni cédés par aucun 
titre quelconque. D'ailleurs les savants bibliophiles de l'Europe pourraient me blâmer de 
n'avoir pas inséré dans le présent catalogue, la partie précieuse des raretés typographiques 
antérieures à l'an 1500. Je devais faire cette apologie pour me justifier. 

Il faut signaler, pour dernière erreur, que d'autres personnes ont pensé que c'était une chose 
surannée, que même c'était un reste inutile de l'ancien régime autrichien, de conserver la 
vieille dénomination de Bibliothèque de Bourgogne : mais la faulx du temps n'est-elle pas 
déjà assez tranchante , n'a-t-elle pas encore détruit un assez grand nombre de monuments 
de notre antique et glorieuse illustration nationale ? Faut-il , pour être dignes des libertés 
constitutionnelles du dix-neuvième siècle, nous réduire à la modernité des Etats-Unis 
d'Amérique ? 

Les étrangers offrent un exemple contraire : l'on a toujours conservé sans observation , 
à Florence , le titre de la Bibliothèque Laurentinienne ou des Médicis, qui est un des 
ornements de cette capitale de la Toscane. On lit dans la Corografia d'italia, publiée à Milan 
par M. Rampoldi, en 1832-33, qu'elle est appelée en langue italienne: Bibliotheca Medicea 
Laurenziana. 

Ce monument des Médicis et surtout de Cosme, de Pierre, de Laurent, est comparable sous 
tous les rapports , à la Bibliothèque de Bourgogne. Les Médicis se sont élevés, en Italie, à 
l'apogée de la gloire littéraire et politique , par la protection qu'ils accordaient à tous les 
genres d'études intellectuelles. Un prince de cette maison, Léon X, a donné son nom à son 
siècle ; mais les ducs de Bourgogne ont créé et intercallé la monarchie des Pays-Bas entre 
la France, l'Allemagne et l'Angleterre, dans un temps où le Lion Belgique était plus puissant, 
que ne le fut jamais le Lion de S 1 . -Marc, et où celui-ci était supérieur à la république de 
Florence. Un prince de la maison d'Autriche-Bourgogne, Charles-Quint, contemporain de 
Léon X, a régné sur plus de royaumes que l'Italie ne compte de provinces; le soleil, au 
moment de l'abdication de Charles-Quint, ne se couchait jamais sur les états de Phi- 
lippe II, son fils. 

Si Plutarque avait établi un parallèle entre la protection accordée aux arts et aux sciences, 
par les Médicis et par les Bourguignons , il est probable que la balance eût penché du côté 
de la maison de Bourgogne. 

Une autre bibliothèque célèbre d'Italie conserve encore aujourd'hui le nom de ses fon- 
dateurs. Il est vrai que leur maison n'est pas éteinte, c'est la Bibliotheca E sterne de Modêne, 
fondée par l'antique maison d'Est , dont un des princes accueillit Le Tasse , admira ses vers 
sublimes et lui fit ensuite éprouver la plus grande humiliation qu'un homme de génie puisse 
souffrir, la captivité, dit-on, sur le soupçon d'aliénation mentale. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xin 

En France, la bibliothèque Mazarine, qui est un des ornements de la ville de Paris, a con- 
servé son nom que M. Petit Radel a totalement réhabilité, par la publication de l'ouvrage 
intitulé : Recherches sur les bibliothèques anciennes et modernes , jusqu'à la fondation de la 
bibliothèque Mazarine. Cet ouvrage a paru en 1829. Ce nom avait persisté malgré les écarts 
de la révolution française , sous le régime de la terreur, qui avait voulu l'anéantir. Si l'on 
respecte en France, le souvenir du bienfait d'un ministre de Louis XIV, dont les talens 
furent sans doute inférieurs à Richelieu et à Colbert, pourquoi certains novateurs veulent-ils 
que nous soyons, en Belgique, moins reconnaissants envers la mémoire d'une dynastie 
qui a élevé notre gloire nationale et littéraire du quinzième siècle, au niveau de la France 
et de l'Italie. 

Après ces grands exemples, il est inutile d'indiquer les autres bibliothèques qui ont conservé 
le nom de leur fondateur, telles que les bibliothèques Pitti et Magliabecchi de Florence; 
Corsini de Rome; les bibliothèques Bodleïenne, Harléïenne, Cotonnienne d'Angleterre. On 
pourrait y ajouter la bibliothèque Van Hulthem, mais ses imprimés sont devenus en 1837, 
la première section de la nouvelle bibliothèque royale de Belgique, dont l'antique biblio- 
thèque royale des ducs de Bourgogne est la seconde section. 

CHAPITRE II. 

Des causes de la formation de la Bibliothèque de Bourgogne. 

Si c'est à la dynastie dont le duc Philippe-le-Bon fut le plus grand prince , qu'il faut faire 
remonter l'époque de la fondation des librairies de Bourgogne , pour nous servir de l'ex- 
pression en usage au quinzième siècle, on ne doit pas en tirer la conséquence que ces librairies, 
placées dans plusieurs villes des Pays-Bas , de la Bourgogne et même à Paris , se formèrent 
uniquement des manuscrits que les ducs de Bourgogne avaient fait transcrire , dans un 
temps où l'imprimerie n'était pas encore inventée. Les fondateurs y réunirent beaucoup 
d'autres manuscrits riches et précieux , d'une transcription plus ancienne , qu'ils avaient 
acquis principalement, par héritage, des comtes de Flandre, des ducs de Brabant et d'autres 
souverains dont ils étaient les successeurs ; par les donations de famille , qui leur avaient été 
faites, telles que les manuscrits de Jean, duc de Berry, frère du duc Philippe-le-Hardi , ainsi 
que de ceux qui furent distraits de la bibliothèque du Louvre , et qui avaient appartenu au 
feu roi Charles V, et enfin par le don de ceux de l'illustre maison de Croy, etc., etc., comme 
on le verra plus loin , par un grand nombre d'articles de l'Inventaire qui va suivre cette 
notice. Quelques détails historiques sont ici nécessaires sur cette formation. 

Le goût des livres était une passion dominante de plusieurs rois Carlovingiens , comme 



xiv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

nous le démontrerons aussi plus loin; ce goût, qui passa aux Capétiens et surtout à S 1 . -Louis, 
était inné dans la branche de Valois; il fut transmis par le roi Jean II, qui descendait de 
cette branche, au plus jeune de ses fils, qui fut le duc de Bourgogne, Philippe-le-Hardi , 
souverain des comtés de Flandre et d'Artois, aux Pays-Bas. Cette remarque a été faite 
par M. Barrois, en ce qui concerne les fils du roi Jean, dans le liminaire de l'ouvrage 
intitulé: Bibliothèque protijpographique qu'il publia en i830. 

On jugera facilement que ce roi inspira principalement ce goût à Philippe-le-Hardi, son 
fils bien-aimé et de prédilection , pendant que ce jeune prince était son compagnon de cap- 
tivité à la Tour de Londres. Ce roi malheureux, y surveillait, pendant ses tristes loisirs, 
l'éducation du jeune Philippe-le-Hardi ; c'est pour lui que Gaces del Vigne , son chapelain , 
composa à Heldesfort, en Angleterre, le roman des déduits de fortune, dont le manuscrit est 
enregistré n° 1H83 de l'Inventaire. 

Ce goût qui avait été aussi une passion chez le roi Charles V, chez le duc de Berry, l'un 
des frères de Philippe-le-Hardi et même chez le duc d'Anjou, son autre frère et plus tard chez 
le duc Philippe-le-Bon leur neveu, n'était pas un simple objet de curiosité d'amateur. Philippe- 
le-Bon surtout, comme nous le verrons plus loin, savait mieux que tout autre, que les livres 
sont le plus utile instrument dont on doit se servir pour améliorer l'état social des peuples, 
parce que les bibliothèques renferment, outre les annales des nations, les documents qui 
font connaître l'origine et les progrès des lois , des coutumes et des mœurs ; la religion des 
peuples , les causes de la prospérité publique ; et parce qu'elles donnent aussi des rensei- 
gnements sur toutes les autres branches des connaissances humaines. 

Nous n'aurons pas de peine à démontrer plus amplement ci-après, que Philippe-le-Bon 
était pénétré de cette maxime , lorsqu'il fit tellement augmenter la bibliothèque qu'il avait 
héritée de Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne, qu'il passe pour en être le fondateur. 



CHAPITRE III. 

Des bibliothèques anciennes. 

Afin de mieux expliquer comment le goût des livres devint, en quelque sorte, une affaire 
politique pour la maison de Bourgogne de la branche de la maison royale de Valois , nous 
allons passer en revue, le plus succinctement qu'il sera possible, quelques-unes des prin- 
cipales bibliothèques de l'antiquité et des rois français. 

Dès les temps les plus reculés, l'utilité des bibliothèques, pour le service public, avait été 
reconnue. Il y en avait une à Babylone, une autre à Ecbatane, c'est là que l'on alla recher- 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. xv 

cher, pendant la domination des rois de Perse, selon le témoignage d'Esdras, les documents 
relatifs aux privilèges que Cyrus avait accordés aux Juifs , pour reconstruire leur temple de 
Jérusalem. 

Les Juifs avaient aussi reconnu l'utilité des bibliothèques, car pendant le pontificat 
d'Helchias, environ un demi siècle avant la captivité de Babylone, les livres donnés par Moïse 
furent retrouvés ; on les consulta ; le roi Josias écouta les menaces qui y étaient écrites et 
s'humilia devant Dieu. Après le retour de la captivité de Babylone et surtout sous le régime 
sacerdotal, depuis l'affranchissement de la tyrannie d'Antiochus, les livres furent jugés 
tellement utiles et devinrent si nombreux, dit M. Petit Radel, dans ses recherches sur les 
bibliothèques anciennes, « que Judas Machabée, crut devoir en tirer et répandre les extraits 
» de ceux de la bibliothèque de Nehémias : et ut conslruens bibliothecam congregavit de Regio- 
» nibus libros et Prophetarum et David et epistolas Regum et de Donariis.» (Mach. lib. II, cap. 2). 

Nous avons transcrit cette citation de M. Petit Radel et du texte des Machabées, pour en 
tirer la conclusion, outre celle de l'utilité des bibliothèques, qu'il nous semble qu'à cette 
époque, on avait augmenté la collection des livres juifs, que l'on appelle actuellement la bible, 
qui fut traduite en grec par les Septante, cent vingt ans avant les Machabées. On doit 
regretter que ces augmentations, extraites de la bibliothèque de Nehémias et des cinq livres 
de Jason le Cyrénéen (Mach. lib. II, c. 2, v. 24), ne soient pas parvenues à l'Europe moderne; 
on doit d'autant plus les regretter, que les livres qui avaient été retrouvés plusieurs siècles 
auparavant, sous le pontificat d'Helchias, paraissent être notre bible actuelle. En les par- 
courant , on voit qu'ils indiquent aussi des livres qui n'existent plus , quoique Dom Calmet 
ait fait des efforts pour démontrer dans ses commentaires sur la bible, que les livres recueillis 
par Nehémias soient les mêmes que nos livres canoniques, ce qui ne paraît pas vraisemblable. 

Il nous semble en effet que ces augmentations de livres , probablement apocryphes , sont 
bien réellement perdues, parce que la version grecque des Septante, faite antérieurement au 
temps des Machabées, est peu différente du texte hébreu, du samaritain et du chaldaïque, que 
l'on possède et qui sont d'une antiquité plus reculée. 

Les Grecs avaient aussi des bibliothèques pour l'utilité publique; celle de Polycrate, tyran 
deSamos, était remarquable ; la consultation des livres qu'elle renfermait, servit à l'accrois- 
sement de la prospérité de cette ile , comme le démontre l'auteur du voyage d'Anacharsis. 

Pisistrate, tyran d'Athènes, avait fait établir une bibliothèque dans cette grande ville indus- 
trielle, c'est même la plus ancienne de celles que l'on connaisse, qui furent ouvertes à tout le 
public indistinctement, comme l'atteste Aulu-Gelle qui habitait la ville d'Athènes au second 
siècle de l'ère vulgaire. 

Six cents ans avant Aulu-Gelle, Xerxès, avant de faire mettre le feu à cette ville, en avait 



xvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

fait enlever la bibliothèque Pisistratique ; il ordonna qu'elle fût transportée dans la capitale 
de 1 empire des Perses. Sans doute elle renfermait des documents importants concernant 
l'administration politique et l'histoire de la Grèce ; elle fut restituée aux Athéniens par 
Seleucus INicanor, l'un des successeurs d'Alexandre. De plus amples détails se trouvent dans 
le savant ouvrage, déjà cité, de M. Petit Radel, sur les bibliothèques anciennes. Comme nous 
ne devons guères nous occuper que des bibliothèques du souverain, qui ont précédé la Biblio- 
thèque de Bourgogne, nous ne dirons rien de celle d'Aristote, que l'on avait cachée, pour la 
soustraire à la convoitise du roi de Pergame, ce qui fut nuisible aux études; elle se détériora 
dans des fosses humides ; elle devint enfin le proie de Sylla, qui la fit transportera Rome. 

Nous allons entrer dans quelques détails sur les bibliothèques d'Alexandrie , dont l'une 
était placée dans le quartier oriental ou du Bruchion , près du Musée ; elle périt, comme on le 
sait, soit en totalité, soit en partie, par l'incendie du palais d'où Jules César s'était évadé. 
Une autre bibliothèque était au quartier occidental ou du Sérapéon, près du temple fameux 
de Sérapis, qui est le dieu-soleil d'automne. L'empereur Théodose fit détruire la statue et 
1 édifice de ce temple, en l'année 589, malgré la résistance et le désespoir des philosophes, qui, 
pour la plupart, étaient payens. Cette bibliothèque, réputée pour la plus riche du monde 
ancien, se composait de 400,000 volumes, selon plusieurs auteurs, et de 700,000 volumes, 
selon d'autres. 

Tout porte à croire que la destruction de ce temple est l'époque où commence la décadence 
de cette bibliothèque célèbre, ainsi que du Musée et des études en Orient ; car après que le 
christianisme eut triomphé du paganisme, dans Alexandrie, les livres profanes y tombèrent 
en désuétude ; on ne s'adonna plus qu'à l'étude des livres chrétiens ; les manuscrits payens s'y 
détruisirent d'eux-mêmes par la vétusté, comme nous l'expliquerons plus loin, en parlant de 
la fabrication du papier d'Egypte. Ce n'est donc pas au dilemme de l'ignorant calife Omar, 
qui aurait ordonné la combustion de cette bibliothèque , qu'il faut en attribuer la perte irré- 
parable. Un savant mémoire d'un écrivain moderne l'a démontré, depuis environ quatre ou 
cinq années. 

Tel est l'effet de toutes les révolutions dont les vainqueurs deviennent, à leur tour, les 
persécuteurs du parti vaincu. Par quel malheur, la loi évangélique, que le divin maître 
donna pour tous les hommes, sans distinction des opinions et des temps , loi qui doit unir 
les hommes par les liens de la charité et de la concorde, quand cette politique et ces 
opinions les séparent, a-t-elle été souvent pour ses interprètes et ses ministres un instru- 
ment d'intolérance? 

Avant de passer à d'autres bibliothèques, ajoutons encore les remarques suivantes sur celle 
d'Alexandrie : les Ptolemées avaient élevé l'Egypte à un degré de splendeur supérieur, 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xvn 

sans doute à l'antique célébrité des Pharaons, par la formation des bibliothèques à l'usage des 
savants qui s'assemblaient au Musée d'Alexandrie et qui arrivaient de toutes les contrées du 
monde civilisé. Ces bibliothèques étaient, si l'on peut employer cette expression, des temples 
littéraires dédiés aux neuf Muses, c'est-à-dire, à l'universalité des connaissances humaines. 

Le Musée était à la fois l'image du jardin de l'Académie et du Portique d'Athènes, du Portique 
plus moderne d'Antioche; c'était aussi l'image de nos universités modernes et de nos académies. 
L'Eclectisme qui s'y introduisit, par Antiochus, chef de la cinquième académie, les Néo-Plato- 
niciens, les Ammonio-Plotiniens, les Syncrétistes, etc., y discutaient sur la philosophie, 
tandis que d'autres savants tels qu'Hypparque et Euclide travaillaient au perfectionnement de 
l'astronomie, de la géométrie et des diverses autres études mathématiques ; d'autres tels que 
Diodore de Sicile, écrivaient l'histoire, d'autres enseignaient la grammaire , d'autres enfin la 
musique. A côté des payens, les juifs, qui habitaient alors un quartier d'Alexandrie, comme 
leurs co-réligionnaires occupent actuellement un quartier d'Amsterdam, s'y instruisaient des 
études de leur loi; Philon se distingua parmi eux. La bible était un des deux mille deux cents 
ouvrages chaldaïques, égyptiens, puniques, etc., traduits pour la bibliothèque, depuis que le 
roi Ptolémée Philadelphe en avait donné l'ordre. N'est-il pas vraisemblable que le Christ ait 
séjourné dans Alexandrie , pendant sa jeunesse , puisque les livres saints nous apprennent 
qu'on l'emmena en Egypte, pour le soustraire à la cruauté du roi Hérode. C'est au milieu de 
cette école que S*. -Marc paraît avoir rédigé son texte de l'évangile et ce qu'il y a de certain, 
c'est que plusieurs pères de l'Église écrivirent leurs ouvrages dans Alexandrie. C'est incontes- 
tablement dans les bibliothèques de cette ville, que S 1 . -Clément puisa les matériaux de ses 
stromates, qui combattent le paganisme; mais c'est encore d'Alexandrie que sortit l'Aria- 
nisme, pour infecter le monde chrétien, à peine triomphant de la persécution des empereurs. 
Il est vrai que S^-Athanase, patriarche de cette même ville, eut le talent et le courage de 
combattre cette hérésie, par des écrits aussi savants que ceux des autres docteurs orthodoxes. 

La pensée sublime de l'institution des bibliothèques d'Alexandrie était digne d'Alexandre 
lui-même , de l'élève de cet immortel Aristote , le plus ancien des écrivains encyclopédistes ; 
le roi grec d'Egypte, successeur d'Alexandre , voulait donc encourager indistinctement tout 
ce qui contribuait aux études. Qui nous assurera que Ptolémée Lagus, le premier de ces 
rois, le compagnon, l'ami d'Alexandre, n'exécuta point la pensée de son général, de son 
souverain. 

Aucune ville n'était mieux placée qu'Alexandrie pour l'exécution de ce grand projet et 
pour la formation de plusieurs grandes bibliothèques. C'était une ville grecque et la 
rivale d'Athènes , par sa fondation et par ses princes , par l'élite de sa population , par leur 
langage et leurs habitudes; c'était une ville égyptienne, par sa communication avec le fleuve 



xyiii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

de l'Egypte; on y adorait les vieilles divinités de Thèbes, d'Héliopolis et de Memphis, et les 
dieux d'une invention plus ingénieuse et plus moderne de l'Olympe hellénique. C'était la 
rivale de Tyr et une ville israëlite ou chananéenne, par le grand nombre de juifs qui l'habi- 
taient ; ils y professaient le plus pur monothéisme. Plus tard , par ce mélange de tous les 
talents, de toutes les langues, de toutes les croyances du monde, Alexandrie, ville romaine, 
devint la seconde capitale de l'empire. Outre tous ces avantages, c'était une ville de manu- 
factures ; on y fabriquait les objets , alors assez rares , de verrerie et la carte de papyrus , 
dont nous parlerons plus loin ; c'était aussi l'entrepôt commercial de l'Océan Indien et de la 
mer Méditerranée. Ainsi, tout ce qui contribue à la civilisation des hommes et tout ce qui 
constitue le commerce de l'univers, paraît avoir eu pour confluent la ville d'Alexandrie. 

Il n'y a donc pas de doute que les rois de la dynastie des Ptolémées, qui formèrent et aug- 
mentèrent les bibliothèques d'Alexandrie, ne surpassèrent le roi Sésostris ou Osymandias, l'un 
des héros du monde primitif; car on assure qu'il portait ces deux noms. Cet Osymandias avait 
établi une bibliothèque avec un luxe si prodigieux, dans son palais de Thèbes, que le judicieux 
M. Letronne, dans l'ouvrage intitulé : Eclaircissements sur l'histoire ancienne de Rolin, énonce 
l'opinion que le récit de Diodore de Sicile, sur toutes les merveilles de ce palais, est une fiction. 

Cette opinion est fondée : l'imagination hellénique de Diodore de Sicile aura développé 
cette antique tradition égyptienne , par des phrases harmonieuses qui sont une véritable 
amplification de réthorique. 

Eloignons-nous d'Alexandrie, nous aurions trop à dire. Carthage, sa rivale, construite sur 
la même côte d'Afrique , Italiam contra , avait aussi des bibliothèques , et sans doute elles 
avaient pour objet l'utilité publique. Le passage suivant de Pline en est la preuve : « Et Pœnus 
» etiam Mago, cui quidem tantum honorem Senatus noster habuit, Carthagine capta, ut cum 
» regulis Africœ bibliothecas donaret, unius ejus duo de triginta volumina, censeret in 
y> latinam linguam transferenda , cum jam M. Cato prœcepta condidisset, peritisque linguse 
» punicse dandum negocium ? — Notre sénat , après la destruction de Carthage , rendit à 
» Magon, l'hommage le plus glorieux, en ordonnant, lors de la distribution des bibliothèques 
» entre les rois d'Afrique , que les vingt-huit livres de Magon, seraient traduits en latin. 
» Cependant Caton avait déjà publié ces ouvrages; le soin de cette traduction fut confié à des 
» hommes versés dans la langue punique. » (T. XI, p. 204, etc., de la traduction d'Ajasson 
de Grand Sagne). 

Combien ne doit-on pas regretter que Salluste, dans sa description de l'Afrique , (Bellum 
Jugurtinum), se soit arrêté par ces mots : « 3Nam de Kartagine silere melius puto quam 
» parum dicere.» (Mss. 10062 de l'Inventaire), « Quant à Carthage, je pense qu'il vaut mieux 
de se taire, que de dire peu de chose. » 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xix 

Si nous allons dans les colonies phéniciennes ou puniques de la Péninsule Ibérique, nous 
y trouvons, selon le témoignage de Strabon, qu'il y existait des annales qui remontaient 

à six mille ânS d antiquité. Kat rîia- ita.Xa.ia.ir y-^^s- ix,ov<rt to. <rvyy^ay.fia.Ta. ko.1 7ron} ftara. k«i vo/u,outr tftfttrf&nr 

ticcKiT jpxun irw, a<r <i>*<r>. (Slrab. p. 159). On peut en conclure que les bibliothèques y étaient 
beaucoup plus anciennes que celles qui sont connues par les écrivains helléno-romains ; ces 
colonies renfermaient peut-être des documents que les Assyriens et plus tard les Romains, 
détruisirent à Tyr et à Carthage. 

Toutes les richesses littéraires que nous venons de désigner , furent surpassées par les 
bibliothèques de la capitale du peuple-roi ; il y avait dans la ville éternelle, pendant les jours 
de splendeur du haut empire romain, les bibliothèques Octavienne, Tibérienne, Ulpienne et 
d'autres, qui étaient ouvertes au public. Juste Lipse a décrit leur magnificence dans son 
ouvrage intitulé : De Bibliothecis. Nous ne dirons rien des bibliothèques particulières. 

Tout porte à croire que les livres qui composaient les bibliothèques publiques de l'ancienne 
Rome, étaient aussi nombreux que ceux des bibliothèques publiques de Paris, en ce moment. 
Ce récit étonnera au premier abord , mais il ne sera pas taxé d'exagération , lorsqu'on se sou- 
viendra que les chefs-d'œuvre de tous les monuments des arts et des sciences du monde 
helléno-romain , étaient centralisés dans la ville de Rome , par le droit de conquête , droit 
funeste , dont les Romains ne sont pas les inventeurs , lorsqu'on remarque que les rois 
d'Assyrie, enlevèrent les vases du temple de Jérusalem; qu'un roi de Perse s'empara de la 
bibliothèque d'Athènes, et lorsqu'on voit que ces mêmes Romains, après la prise de Carthage, 
font restituer à plusieurs peuples , les livres précieux dont les Carthaginois les avaient 
spoliés; c'est ce droit, exercé sur les monuments artistiques et littéraires, par les Vénitiens à 
Constantinople, par les Suédois en Allemagne, par les Russes en Courlande , etc., par les 
Français en Egypte et en Europe, qui fut la cause des désastres de la Bibliothèque de Bour- 
gogne, en 1746 et en 1794. 

Après avoir parlé de Rome, il faut faire mention des bibliothèques de Constantinople, 
la nouvelle Rome. Leurs dévastations, au huitième siècle, pendant les fureurs iconoclastes de 
Léon l'Isaurien et de Constantin Copronyme, son fils, sont d'autant plus déplorables que les 
livres y étaient dans le dernier asyle des sciences ; ils auraient dû s'y trouver sous la protec- 
tion impériale; mais expliquons les faits, avant d'ajouter des réflexions. 

11 y a des détails historiques sur les grands dépôts littéraires qui existaient à Constanti- 
nople, dans Bandurus, (Imperium Orientale); on peut les lire parmi les descriptions des autres 
monuments, tels que les palais et les statues. On y voit, entre autres, que Constantin-le-Grand 
avait fait bâtir une basilique appelée l'Octogone, deux siècles avant celle de S le . -Sophie, 
bâtie par Justinien. Le nom d'Octogone, lui avait été donné, parce qu'elle était formée de 



xx NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

huit portiques croisés , sur un centre commun. Trente ans environ après sa construction , 
Julien y fit placer sa bibliothèque particulière, qu'il rendit publique. Valens, quelques années 
après Julien, y établit sept scribes, tandis que Valentinien en établissait probablement à la 
bibliothèque de Trêves, dont nous parlerons plus loin. Selon l'historien Zonare, il y avait à 
l'Octogone un bibliothécaire général ou œcuménique, okou^evwwv ixâxouv, et douze disciples , 
a<J«o-x«a<>v. Ce temple ayant été détruit par un incendie, sous l'empire de Basilisque, vers 
l'an 491 , cent vingt mille volumes furent la proie des flammes. Parmi ces ouvrages il y 
avait l'Iliade et l'Odyssée, en lettres d'or sur un intestin de serpent (draconis), de 120 pieds 
de longueur, mais j'ignore à quelle mesure le pied se rapporte. Ces détails sont dans la 
topographie de Constantinople de Petrus Gellius. {F. Bandurus, p. 588). On parvint 
cependant plus tard , à rassembler de nouveau trente six mille volumes; mais vers l'an 730, 
l'empereur Léon l'Isaurien, selon M. Ducreux, auteur des Siècles Chrétiens, T. m, p. 56, 
transporté de fureur contre ceux qui s'opposaient aux iconoclastes , « voulant détruire à la 
» fois les gens de lettres, qu'il accusait d'orgueil et d'entêtement superstitieux, avec les 
» sources antiques de leur érudition, fit environner la bibliothèque d'une quantité de 
» bois sec , suffisante pour la réduire en cendre. Il ordonna d'y mettre le feu. » 

Selon le même Zonare, il fit détruire indistinctement, par cet acte de fureur, les livres 

Sacrés et les OUVrageS prOplianeS, xcts BtSxoi rw r( ivpc/Mv a-o<pUtr xai r>j<r tvywirTtpatr xott foioripatr noXXcti 

ivuTTiKiivro. Ce n'est pas tout encore : nous avons recherché, ce qui s'était fait sous le règne de 
Constantin Copronyme, fils de Léon l'Isaurien, aussi ignoble que son surnom et aussi ignorant 
que son père , montagnard brutal de l'Isaurie. Nous avons consulté la collection des his- 
toriens byzantins, de préférence à l'histoire du Bas-Empire de Lebeau, qui ne parle que des 
désastres sous Léon l'Isaurien, en l'année 730. Nous y avons compulsé entre autres la Chrono- 
graphie de Théophane, et nous y trouvons à l'année 31 de Constantin Copronyme, ou 763 
de 1ère vulgaire, (p. 375), que Michel Lachanodraco , duc de Thrace, (t»» ©pa^j-w. u7rorTux*<r), 
un des satellites favoris de la cour, fit brûler les livres des moines et des saints pères, 
détruire les vases sacrés et commettre toutes les horreurs iconoclastes, **< ^»r« ™ n?a ç-m^ «*< 

BIBAIA... ara. et tvptv /u.ouu%ixa xat ■7tv.rvipiy.ot, BIBAIA nYPI xclTUxctvtrTtv. 

Ainsi, ce qui avait échappé à la dévastation, trente trois ans auparavant, en 730, ne put 
échapper en 763, et l'on doit ajouter la triste remarque que ce n'est pas ici un acte momentané 
de la fureur d'un despote, tel que l'ordre d'incendier la bibliothèque de l'ancien Octogone, 
mais une mesure dont l'exécution est prescrite dans la province de Thrace, c'est-à-dire, dans 
la capitale et aux environs : sans doute elle s'est étendue dans les autres duchés de l'empire. 

Ce désastre est d'autant plus déplorable pour nous autres modernes, que l'on voit périr par 
un ordre réitéré du souverain , protecteur naturel des études , tout ce qui avait été à l'abri 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xx . 

de la dévastation des Goths, des Vandales, des Francs, et des autres barbares en Occident, 
des Sarrasins, en Orient. Cette action horrible se commet quelques années avant le 
règne de Charlemagne en Occident, c'est-à-dire, très-peu de temps avant l'époque de la véri- 
table renaissance des lettres , comme on le démontrera plus loin. 

Ainsi, il n'y a pas de doute que les lettrines et surtout les miniatures, qui étaient dans la 
plupart des livres, ne furent prises pour des images, par les iconoclastes; elles ont donc péri. 
II faut en conclure qu'on ne doit pas s'étonner que les seuls manuscrits à miniatures de l'anti- 
quité eussent été retrouvés en Occident , et que presque tous les manuscrits des auteurs 
helléno-romains proviennent uniquement de nos bibliothèques occidentales , car la fureur 
iconoclaste dura en Orient, jusqu'à la fin de l'empire de Théophile, en 845. 



CHAPITRE IV. 

Des bibliothèques des deux Belgiques et des autres provinces de la Gaule. 

C'est sur les deux Belgiques qu'il faut porter une attention spéciale, dans ce résumé ; elles 
ne furent pas étrangères au développement général des études philosophiques et littéraires, 
dont on a fait mention, dans Alexandrie et dans le reste de l'empire romain. Au quatrième 
siècle de l'ère vulgaire , la ville de Trêves , métropole d'une de ces deux Belgiques , était 
devenue la succursale de la ville de Rome; car depuis que Dioclétien avait partagé la puis- 
sance impériale entre plusieurs Augustes et plusieurs Césars, un d'entre eux y résidait 
fréquemment , pour être plus à proximité d'arrêter les invasions des barbares d'au-delà 
du Rhin. 

Cette grande ville augustale , est bâtie dans une vallée très-large et de plusieurs lieues de 
longueur que défendent la Moselle et d'autres rivières qui en sont les affluents ; les montagnes 
escarpées qui sont au-delà, servaient à la protéger contre les invasions inopinées de ces 
peuples germains. 

C'est à l'abri de cette défense naturelle , que des écoles s'établirent à Trêves , sous la pro- 
tection la plus immédiate du prince. Elles devinrent célèbres par les professeurs qui y ensei- 
gnaient la grammaire et les autres parties de l'art oratoire , lesquelles étaient confondues 
chez les anciens, avec la grammaire; ces professeurs enseignaient aussi la jurisprudence, la 
médecine, la géométrie, l'astronomie, etc., etc. Constantin et sa dynastie, et après eux 
Valentinien et le code Théodosien, leur accordèrent des immunités et des privilèges. 

Les savants venaient de toutes les parties de l'empire romain, pour visiter ces écoles; 
S 1 . -Jérôme, dont l'érudition était immense, séjourna dans la ville de Trêves ; il y reconnut 



xxn NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

que le langage des Galates de l'Asie Mineure, était le même que celui du pays des Tréviriens, 
dont ils étaient originaires. Le poëte Ausonne de Bordeaux, composa, après avoir habité cette 
contrée, l'Idylle intitulée Mosella, qui est son chef-d'œuvre. 

« A côté des écoles, dit M. Guizot, à la quatrième leçon de son cours d'histoire, étaient 
» placés en général d'autres établissements analogues; ainsi il y avait à Trêves } une grande 
» bibliothèque du palais impérial , sur laquelle aucun renseignement spécial ne nous est 
» resté, mais dont nous pouvons juger par les détails qui nous ont été conservés sur celle de 
» Constantinople. Celle-ci avait un bibliothécaire et sept scribes constamment occupés, 
» quatre pour le grec et trois pour le latin. Ils copiaient soit les ouvrages anciens qui se 
» détérioraient, soit les ouvrages nouveaux. Il est probable, ajoute M. Guizot, que la 
» même institution existait encore à Trêves et dans les grandes villes de la Gaule. » 

Nous ajouterons que plus tard, selon Zonare, cité ci-dessus, page xx, il y avait à Constan- 
tinople, un bibliothécaire général et douze disciples. 

Nous avons fait remarquer ces mots : soit les ouvrages anciens qui se détérioraient, 
parce que plus loin , nous en ferons usage , en parlant des avantages du papier d'Egypte 
ou papyrus, pour la propagation des lumières dans le monde helléno-romain. 

L'on doit conclure de ce passage du texte de M. Guizot, qu'il y avait aussi des études 
florissantes à Rheims, métropole de la seconde Belgique. Cette observation est nécessaire, 
parce que le magistrat romain, résidant dans la ville de Rheims, avait une jurisdiction civile 
qui s'étendait sur le territoire de nos provinces modernes, jusqu'à remplacement actuel de 
Bruges et à la mer. Par suite de cette division politique, pendant l'empire romain, nos 
anciens évcchés d'Arras, de Cambrai, de Noyon et de Tournay, de Térouenne qui étendaient 
la jurisdiction religieuse de leurs paroisses sur le Hainaut, l'Artois, la Flandre et le Brabant, 
étaient du ressort de l'église métropolitaine de Rheims. Nous disons leurs paroisses, car le 
mot diocèse, était primitivement réservé à la seule autorité temporelle de l'administration 
impériale. Hinc Donatianus, dit Flodoard, historien Rhémois du dixième siècle, exlitit 
episcopus, etiam pignera maritimas in partes episcopii Noviomagensis vel Tornacensis perlata. 

Ainsi, l'influence des écoles romaines de la grande ville de Trêves, avait rejailli sur la ville 
de Rheims. Ces deux métropoles étaient les deux chefs-lieux administratifs de toutes les 
provinces qui composent aujourd'hui le royaume de Belgique. 

Ce serait se détourner du but de ce résumé, que de constater l'état des écoles et des biblio- 
thèques de Bordeaux, de Toulouse, de Narbonne, de Marseille, de Vienne en Dauphiné, de 
Lyon , etc. , pendant le troisième siècle et le quatrième de l'ère vulgaire; nous devons nous 
borner à rechercher les antécédents de l'établissement des bibliothèques du souverain, en 
France et aux Pays-Bas, sous des princes de la branche royale de Valois. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xxm 

Pendant le cinquième siècle , les belles-lettres et les études furent presque anéanties dans 
les deux Belgiques. La ville de Trêves fut saccagée et incendiée par une horde de Francs, 
tandis que la ville de Rheims avait été maltraitée cruellement par les Vandales. Interea 
castrametantur, dit le même Flodoard, cité ci-dessus, agmina Wandalorum, circa urbem 
Remorum, universâque regione depopulatâ, neces tantum inibi habitantium ferventissime 
pertractantes Christianorum, etc., etc. Les Vandales, fanatiques ariens, comme on les voit en 
Espagne et en Afrique, firent beaucoup plus de mal à la Belgique, dont les habitants con- 
vertis étaient catholiques ou orthodoxes, que les Francs qui étaient payens, et qui d'ailleurs 
étaient déjà presque acclimatés en Belgique , si l'on peut se servir de cette expression , car 
depuis la fin du quatrième siècle, ils servaient militairement, comme auxiliaires, dans les 
légions impériales. 

Vers ce même temps, les rives du Rhône et celles de la Garonne étaient occupées, mais 
sans autant de violence, par les Burgondions ou Burgondes et par les Wisigoths, aussi ariens. 

Au moment oùClovis fut proclamé roi des Francs à Tournay, Syagrius, magistrat romain, 
habitait Soissons, ville alors devenue l'avant-poste du territoire qui restait aux Romains : ce 
territoire peu large s'alongeait jusqu'à la Loire. Peu de temps avant ces désastres, pendant 
la seconde moitié de ce même cinquième siècle , un ardent bibliophile avait été l'oracle 
de cette contrée; il fut un des prédécesseurs de Syagrius, dans la préfecture totale de la Gaule. 
C'est Apollinaris Sidonius, riche propriétaire, évêque d'Auvergne, issu d'une famille illustre; 
il était allié de parenté à plusieurs des derniers empereurs d'Occident; sa correspondance 
et ses poésies (Mss. 10020-10700 de la Bibliothèque de Bourgogne) renferment des détails 
d'autant plus précieux sur l'état des lettres et sur les bibliothèques, que son nom est presque 
le dernier de la liste des écrivains romains de la Gaule ; c'est lui qui nous fait connaître que 
la barbarie dominait dans les deux Belgiques, lorsqu'il écrit, {Epistola XV II , libri IV), à 
Arbogaste, qui demeurait aux environs de Toul, et qui descendait d'un fils du célèbre 
comte Arbogaste , né Franc , qui vivait sous l'empire de Valentinien I er : « Et Quirinalis 
impletas fonte facundiœ, potior Mosellœ Tiberim rectas .- sic barbarorum familiaris, quod 
tamen nescius barbarismorum , par ducibus antiquis, linguâ, manuque : sed quorum dextera 
solebat, non minus stylum tractare quam gladium. Quo circa sermotiis pompa romani, si 
qua adhuc uspiam est, Belgicis olim, sive Rhenanis, abolita terris, in te resedit. » 

Sidonius nous indique plusieurs grandes bibliothèques encore existantes, sur divers points 
de la Gaule, mais il n'y est plus question des deux Belgiques. Plusieurs écrivains modernes 
ont répété qu'il donne des détails précieux sur la bibliothèque de Tonance-Ferréol , des- 
cendant d'un autre préfet de la Gaule et qui habitait en Languedoc une maison de cam- 
pagne , sur le bord du Gardon , rivière qui se jette dans le Rhône. 



xxiv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

La lettre qui renferme ces détails est remarquable ; cette bibliothèque était accessible à 
toute espèce de lecteurs. Les dames y trouvaient des livres de piété : sic tamen quod inter 
matronarum calhedras codices erant, stilus us religiosus inveniebatur. Les pères de famille y 
pouvaient consulter des livres plus sérieux ; quivero persubsellia patrum familias, (selon le 
Mss. 10020 de la Bibliothèque de Bourgogne) ii cothurno latiorîs eloquii nobilitabatur. Le dit 
Mss. 10020 parait porter : latiaris ou plutôt lalioris; il me semble qu'il faut effectivement 
latioris et non latialis, comme on le voit selon l'édition de Sirmond, p. 505. 

Enfin, chacun pouvait trouver dans cette bibliothèque ce qui lui convenait, car elle était 
composée de tous les bons ouvrages de ce temps reculé. Licet quœpiam volumina quorumpiam 
auctorum servarent, in causis disparibus discendi parilitatem. Sidoine établit une classification 
par analogies. JSam, dit-il, similis scientiœ viri, hinc Augustinus, hinc Varro, hinc Horatius, 
hinc Prudentius lectitabanlur. Quos inter Adamantius Origenes, Turranio Rufo interpretatus, 
sedulo fidei nostrœ lectoribus inspiciebantur, etc. , etc. 

Ces analogies d'ouvrages d'une part, ces différences entre les dames, les pères de familles et 
les diverses classes de lecteurs d'autre part, nous font soupçonner que dès lors on commençait 
à réunir les livres selon les principales occupations et les professions des lecteurs , d'où est 
provenu le système de la bibliographie moderne. La théologie, était la première classe, 
formant une collection de tous les ouvrages nécessaires aux personnes qui s'adonnaient 
spécialement à l'étude de la religion- la jurisprudence, 2 e classe, servait aux docteurs 
utriusque juris ; celle des sciences et des arts, 3 rae classe, était à l'usage de ceux qui étudiaient 
les sciences physiques, mathématiques et autres; la littérature, 4 me classe, renfermait non 
seulement les principes, mais aussi les modèles utiles aux poètes et aux prosateurs, tels 
que Virgile, etc.: enfin, l'histoire, 5 me classe, servait à toutes les études historiques et 
philologiques. 

Sans doute les études n'étaient cultivées dans tout l'empire romain et notamment dans la 
Gaule, qui nous intéresse principalement, que sur des points assez éloignés les uns des autres; 
la connaissance des belles-lettres, du droit, de la médecine, des mathématiques, de l'astro- 
nomie, de la peinture, de la sculpture, etc. , n'étaient l'apanage que d'un petit nombre de 
personnes libres ou affranchies, de là le nom d'arts libéraux ; les paysans étaient serfs presque 
partout, et l'esclavage personnel existait encore: il dura même, en beaucoup d'endroits, 
jusque sous les premiers Capétiens. Le nom ignoble Aepayen, en latin paganus, signifiait, 
comme 1 "attestent tous les vocabulaires, habitant du pagus, c'est-à-dire, du plat pays, et 
cette épithète démontre que les lumières du christianisme n'avaient pas encore beaucoup 
pénétré dans les classes inférieures du peuple gaulois, ni peut-être même chez les paysans 
d'Italie. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xxv 

La Gaule, pendant la domination romaine, était semblable sous le rapport intellectuel , 
à la Russie moderne; le bonheur d'étudier les lettres ne pouvait être en quelque sorte par- 
ticipé, que par le clergé et par les ingenui, les honorait, les seniores et par d'autres personnes 
ou seigneurs de la noblesse gauloise, dite romaine, qui plus tard se mêlèrent avec les chefs 
des nations Franque, Burgondione et Visigothe. 

De même encore qu'en Russie, les édifices de la religion et des sommités civiles, dis- 
persés çà et là sur un sol très-étendu, avaient des bibliothèques et l'on y jouissait de la 
lecture, qui est à la fois un travail libéral et un délassement intellectuel. 



CHAPITRE V. 

Des plus anciens manuscrits échappés à la destruction des bibliothèques anciennes. 

Une question dont la réponse , peu difficile à faire , est affligeante, résulte de ces expli- 
cations. Que sont devenus ces milliers, on peut même dire, sans exagération, ces millions 
de volumes, répandus sur la surface de la Gaule, de l'Italie, de la Grèce, de l'Egypte et du 
reste du monde ancien, qui auraient échappé aux dévastations des barbares, du cinquième au 
septième siècle, de Léon llsaurien et de Constantin Copronyme , c'est-à-dire avant le règne 
réparateur de Charlemagne? Pourquoi , à l'exception d'environ une ou deux douzaines, ont-ils 
tous disparu par une destruction générale, tandis que partout, dans l'Europe moderne, 
les cabinets d'antiquités helléno-romaines , sont remplis d'un grand nombre de monnaies 
antiques , de médailles , d'ustensiles de toutes espèces et même très fragiles , d'armes , de 
statues, d'inscriptions lapidaires et même de quelques tablettes de cire, à l'instar de celles 
dont on se servit longtemps pour écrire des notes? 

La réponse est facile à faire; le papyrus, matière première de l'écriture, était universel- 
lement répandu dans l'empire romain ; on l'employait aussi vulgairement que nos papiers 
de chiffon; mais, comme il se détruit plus facilement que les papiers modernes, les copies des 
livres devaient être souvent renouvelées. Le vélin et les autres substances analogues, étaient 
dun luxe plus rare et ne devaient guères servir qu'aux livres à miniatures; nous en don- 
nerons la preuve plus loin, en parlant des manuscrits d'Herculanum. 

A ce propos nous demandons l'indulgence des lecteurs pour entrer ici dans quelques 
détails. Afin de répondre à cette question avec plus de précision, il faut désigner le très-petit 
nombre de manuscrits helléno-romains, qui sont parvenus jusqu'à l'Europe moderne; on ne 
connaît guères plus qu'une demi-douzaine de manuscrits de l'antiquité payenne ou profane, 

f 



xx\i NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

des 4 e et 5 e siècle de l'ère vulgaire; parmi eux, quatre sont en latin, un est en grec, ils sont 
sur vélin, les autres sont d'une antiquité non fixée. Quant aux manuscrits de l'antiquité 
chrétienne des mêmes siècles, ils sont un peu plus nombreux et presque tous sur vélin. 

Les deux premiers de ces manuscrits payens latins, sont des copies fort ressemblantes des 
œuvres de Virgile, dont l'une est au Vatican, l'autre à Florence ; celle du Vatican, décrite par 
Schelestraete , par Seroux d'Agincourt et par d'autres bibliophiles , renferme beaucoup de 
miniatures de toutes couleurs, dont les dessins ont été imités au neuvième siècle ; voir 
l'évangéliaire , (ra° 9428 de l'Inventaire) qui est du temps de Charles-le-Chauve. Par con- 
séquent , ils sont les premiers modèles des miniatures plus modernes , tant pour la pose des 
personnages que pour la coupe et la perspective des édifices et du terrain et pour les ciels. 
Le Virgile de Florence ou des Médicis porte des annotations, manu propriâ, du consul Turcius 
Rufus Apronianus, c'est-à-dire qu'il présente de l'écriture de l'année 494 de l'ère vulgaire. 

Le troisième manuscrit latin est un calendrier romain, composé vers l'année 354 de l'ère 
vulgaire ; il est orné de miniatures pour les douze mois : il porte des indications payennes, 
telles qu'au 3 des nones de mars : Isidis navigium; au jour des nones : Junonalia. Il indique 
aussi les dates des assemblées ordinaires du sénat : Senatus legitimus. Comme il porte ces 
mots au frontispice : Valentine, floreas in Deo, Lambecius, bibliothécaire de Vienne en 
Autriche, (T. II, p. 129) le considère pour un manuscrit chrétien; mais le titre de cette 
espèce d'almanach payen, peut avoir été ajouté par un nouveau propriétaire qui était 
chrétien. {Voir Mss. n° 7548 de l'Inventaire). 

Le quatrième manuscrit est la carte de Peutinger, décrite au dix-septième siècle par 
Bergier, etc., et récemment par Mannert. Les attributs de Constantinople, d'Antioche, etc. , 
lui donnent une date très-probablement plus moderne, que le règne de Constantin, fils 
de Constance Chlore. 

Le cinquième manuscrit est grec; c'est le Dioscoride, dont Lambecius a fait aussi la 
description; ce livre est rempli de miniatures, d'autant plus précieuses, qu'on y retrouve, 
comme au Virgile du Vatican, l'origine de nos miniatures modernes, tant pour les personnes 
que pour les constructions, les terrains et les ciels, car les fonds byzantins ou en tapisserie 
nattée et à fleurons, nous paraissent être plus modernes : on y voit des auteurs qui écrivent, 
les uns sur la longueur d'un rouleau de papyrus, les autres dans des livres plies à la 
manière moderne: ce manuscrit est dédié à Julienne (Juliana Anicia) , fille de l'empereur 
Anicius Olybrius , mort en 472 ; elle avait épousé le patrice Aréobinde. 

Nous ne dirons, rien du Térence, dont les miniatures sont dessinées dans l'ouvrage susdit 
de Seroux d'Agincourt ; il est décrit d'ailleurs par d'autres bibliophiles ; il nous semble que 
ce manuscrit est une copie du huitième siècle, calquée sur le manuscrit romain. Mais, comme 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xxvn 

nous n'avons jamais vu ce livre ni les autres, nous n'en parlons que d'après les descriptions 
que nous indiquons. 

Quant aux manuscrits chrétiens du 4 e siècle et du 5 e , leur nombre quoique supérieur, 
parce qu'on avait un plus grand intérêt à les conserver, est aussi très-borné; il y a parmi 
eux : l'évangile de S l .-Marc, sur papyrus, que l'on dit être en lambeaux à Venise et que le 
savant Montfaucon, dont l'autorité est prépondérante, n'a pu voir; la bible, dite d'Ulphilas. 
qui est en Suède ; la bible grecque, dite d'Alexandrie, écrite en lettres capitales sur vélin et qui 
est en ce moment au British Musrcum. Une note en langue latine, écrite sur le feuillet initial, 
indique, que cette bible était àConstantinople, en l'année 814 de l'ère des Martyrs, (1098 de 
l'ère vulgaire) , in cubicalo patriarchali. Celte bible fut donnée à l'ambassadeur du roi de la 
Grande-Bretagne Charles I er , par le patriarche Cyrille Lucar, selon l'attestation, manuproprid^ 
de ce dernier. Le docteur Hervei Baber, la publia en 1816 ; ses prolégomènes, écrits avec une 
admirable impartialité, annoncent que ce manuscrit fut copié par Thecla, dame égyptienne, 
et qu'on le présume du temps du concile de Nicée, c'est-à-dire du quatrième siècle de l'ère 
vulgaire; il ajoute que Montfaucon l'estime du sixième siècle, d'autres savants du huitième 
siècle etOudin du dixième siècle. Ne pouvant juger de ce manuscrit que par une seule page 
de fac simile, qui est au commencement du texte publié , n'osant d'ailleurs énoncer aucune 
opinion après des notabilités bibliographiques, telles que le savant Hervei Baber et Mont- 
faucon, dont l'œil était si éminemment exercé dans la palœographie grecque, je vais 
seulement hasarder une remarque , mais sans y attacher aucune preuve : il y eut un second 
concile de Nicée en 787, on l'a souvent confondu, même sous l'empire des Carlovingiens, avec 
le premier, qui eut lieu en 325 : reste à juger, par l'inspection seule du manuscrit et non 
par d'autres moyens , si son âge est voisin du premier ou du second de ces deux conciles 
œcuméniques. 

La bibliothèque royale de France, possède, dit-on, un Prudence, écrit du temps de 
l'auteur. 

Bornant ici l'indication des manuscrits constatés, nous allons en faire connaître quel- 
ques-uns qui sont hypothétiques , mais qui méritent d'être indiqués. 

La bibliothèque de Florence, selon M. Delandine, se flatte de posséder l'évangile de 
S 1 . -Jean, écrit de la main même de cet apôtre du Sauveur; les Aides assuraient avoir 
imprimé les œuvres de Pline, sur la copie écrite par ce ministre de Vespasien. Nous ignorons 
s'il faut admettre dans cette nomenclature problématique ou fabuleuse et d'après l'indication 
d'un manuscrit du chapitre de Brème, cité dans l'esprit des journalistes de Hollande, 
T. I, p. 586, un Tite-Live complet que Martin Groning, mort en 1521 , prétendait avoir vu 
à Drontheim , et qui disait en avoir donné avis à Beroald , bibliothécaire du Vatican , en 



xxvm NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

ajoutant qu'il serait possible que cet exemplaire de Tite-Live , fût celui que Freguse, roi 
d'Ecosse, emporta du sac de Rome par Alaric, en l'année 409 ou 410. 

Mais tous ces livres sont des problèmes d'archéologie bibliographique , accumulés à 
beaucoup d'autres qui sont encore à résoudre. Contentons-nous , pour terminer cette dis- 
cussion, de copier un passage du tome iv du nouveau traité de diplomatique qui nous 
démontrera, que même du temps des Romains, les livres se détérioraient en peu de temps 
el qu à plus forte raison ils durent se détruire naturellement au moyen âge. 

« Les plus anciens manuscrits qui existent aujourd'hui, disent ces savants auteurs, ne sont 
» pas portés au-delà du iu e siècle par les antiquaires, encore n'a-t-on pas de preuves abso- 
» lument certaines de leur antiquité. Tertulien [L. ï, deprœscrip.) atteste avoir vu l'auto- 
» graphe des épi très de S*. -Paul. Gellius (lib. 2, c. 3) parle du second livre de l'Enéide que 
» l'on croyait être l'original même de Virgile et qui fut vendu pour vingt figures (sigillarià) 
» ou petites statues d'or... Pallade, (hist. Lansiac. c. 447-148) s'était servi d'un écrit de la 
» propre main de S l .-Hypolite, qui avait vécu avec les apôtres ; le même auteur cite encore 
» un autre livre, écrit de la main d'Origène, mais ces précieux autographes n'existent plus. » 

Dans ce naufrage presque universel des livres anciens, il ne faut pas comprendre les 
manuscrits sur papyrus qui enveloppent les momies et ceux qui furent retrouvés au nombre 
d'au-delà MDCC volumes dans les fouilles d'Herculanum , comme l'atteste le mémoire de 
De Murr, intitulé : De papyris seu voluminibus grœcis Herculanensibus , imprimé à Stras- 
bourg en 1804. L'état déplorable de ces papyrus quoique provenant d'une autre cause, qui 
est l'éruption volcanique, sont de nouvelles preuves affligeantes qui constatent la perte de 
presque la totalité des livres en texte original. Ainsi, la substance sur laquelle l'intel- 
ligence de l'homme trace ses pensées, substance qui doit le conduire à l'immortalité, usus 
rei quâ constat immortalitas hominum , selon les paroles de Pline (vn-25) , est périssable 
comme l'homme individuellement et comme les générations humaines. Il faut des soins 
extraordinaires et des copies successives pour leur faire parcourir la distance qui sépare les 
temps passés et les temps à venir. 

Les pierres monumentales ont un peu plus de stabilité, encore sont-elles difficiles à con- 
server dans leur intégrité , à cause de leur étendue ; elles sont d'ailleurs dispendieuses à 
sculpter et limitées dans le texte qu'elles renferment. 

11 nous semble que l'auteur hellénique du texte sculpté des marbres de Paros, était pénétré de 
cette vérité; craignant peut-être que son livre ne pût parvenir à la postérité, il fit transcrire 
cette chronique de la Grèce, sur des tables de pierre; mais les phrases y sont tellement 
retrécies et abrégées , que l'on découvre à chaque ligne la gène de l'auteur, pour resserrer 
les signes de l'expression de sa pensée, dans les limites étroites de la surface de ces marbres. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. xxix 

Nous pensons donc qu il y a trois espèces decriture , la monumentale , la numismatique 
et la bibliographique. 



CHAPITRE VI. 

De l'écriture monumentale et numismatique. 

Avant que la carte de papyrus, dont nous parlerons au chapitre suivant avec plus de 
détails , fut généralement répandue , presque à l'exclusion de toute autre substance , comme 
on le reconnaît par les manuscrits d'Herculanum , qui sont tous sur papyrus, (si nous 
sommes exactement instruits) , l'usage de l'écriture monumentale , c'est-à-dire l'expression 
publique de la pensée, inscrite sur des monuments de sculpture et d'architecture, était 
fréquent chez les peuples anciens. Les murs des édifices antiques de l'Egypte et de la Chaldée 
en sont couverts, ce qui n'eut pas été nécessaire, si la carte à écrire et les livres eussent été 
alors aussi communs qu'ils commencèrent à le devenir sous la domination impériale , c'est- 
à-dire pendant le haut empire romain. C'était le seul moyen de faire connaître économi- 
quement, ce qui devait être su de chacun. 

Les deux tables de pierre de la loi de Moïse, qui sont les deux sections entièrement 
distinctes d'un même code, l'une pour le culte de Dieu, l'autre pour les relations sociales, 
tables que l'on conserva dans l'arche d'Alliance, malgré l'étendue et la pesanteur de leur- 
volume; les axones des lois de Solon, les lois romaines des douze tables, les tables de bronze 
du Capitole , que dis-je , les sanglantes tables des proscriptions de Sylla et d'Octave , les 
tablettes enduites de craie, écrites en noir ou en rouge, comme le démontre 31. Raoul 
Rochette , dans son traité des peintures antiques, publié en 1858, étaient, pour le 
peuple, les titres publics de la religion et du droit, avant l'usage général de la carte de 
papyrus. 

Les écailles de l'ostracisme d'Athènes sont la preuve la plus évidente de la rareté, ou tout au 
moins du prix fort élevé de la carte à écrire. IN'est-il pas probable que les Druides exerçaient 
la mémoire des adeptes de leur religion, qui sont nos ancêtres, en leur faisant apprendre 
des milliers de vers, parce que la substance sur laquelle il fallait tracer les copies de l'ex- 
pression de la pensée, dans un très-grand développement, coûtait fort cher; c'est là sans 
doute le véritable motif de leurs mystères sur cet objet. On ne doit pas s'en étonner, 
puisqu'au temps où Jules César pénétra chez les Belges, c'est-à-dire entre la Seine et le 
Rhin, les marchands n'y voyageaient que rarement; il l'atteste en termes formels dans 

ses commentaires. 

9 



xxx NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

L'intelligence humaine, pour perfectionner l'invention de l'écriture monumentale, arriva 
par degrés, à l'écriture monétaire et ensuite à la numismatique : on commença probablement, 
par inscrire sur la monnaie, son titre, sa provenance, pour lui servir de garantie; l'art se per- 
fectionnant, on y ajouta le dessin de la figure. Les collections numismatiques servirent par 
la suite des temps, à constater les époques du règne des princes et à conserver la mémoire 
des événements. La numismatique a un avantage sur l'écriture monumentale , quoiqu'elle 
soit gênée , comme celle-ci , dans l'espace qui reçoit le texte ; elle reproduit et par con- 
séquent multiplie les copies identiques, ce sont les ampliations d'un même titre. 

On s'est toujours étonné depuis trois siècles , comme on le voit dans le dictionnaire de 
La Serna, que les peuples de l'antiquité qui savaient frapper des médailles , graver des 
sceaux et des cachets, renfermant de longues inscriptions, ne se soient jamais imaginé que 
1 invention de l'imprimerie fût possible. Fallait-il à la honte du monde helléno-romain , 
à la honte des siècles d'Alexandre et de César, que des Chinois , courbés sous le despotisme 
oriental , à l'extrémité la plus éloignée de l'ancien continent , eussent inventé la gravure 
typographique ? Mais ne divaguons point dans des dissertations collatérales à ce résumé ; 
revenons à la bibliographie. 

Qu'il nous soit seulement permis d'ajouter qu'il n'y a que des conjectures plus ou moins 
hasardées, des opinions philosophiques plus ou moins ingénieuses sur la marche qui a été 
suivie pour inventer l'écriture, depuis les plus informes dessins semblables à ceux des 
Mexicains et les premiers essais hiéroglyphiques, jusqu'aux nuances délicates et complètes 
de notre système de caractères syllabiques, accentués et ponctués. 

Que de siècles se sont écoulés, combien de savants et sages observateurs ont vieilli, avant 
que les essais pour parvenir à cet heureux résultat , aient obtenu des succès satisfaisants ! 
Que de travail a coûté cette invention , qui nous parait aujourd'hui si simple , si facile et 
que l'on communique à la première adolescence ; car l'écriture , étant la clef des connais- 
sances humaines, c'est par l'écriture qu'on doit y être initié. 

CHAPITRE VII. 

De l'écriture bibliographique et des diverses espèces de carte. 

La nomenclature générale des substances sur lesquelles on a tracé, depuis un temps immé- 
morial, l'écriture bibliographique, est décrite au Nouveau traité de Diplomatique; nous 
allons encore une fois copier ce savant ouvrage , parce qu'on ne peut rédiger cette nomen- 
clature avec plus de précision. La voici : 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. xxxi 

« La peau des quadrupèdes différemment préparées, celle des poissons, les intestins des 
» serpents et autres animaux, le linge, la soie, les feuilles, le bois, l'écorce, la laine, la 
» bourre des plantes et leur moelle, les os, l'ivoire, les pierres communes et précieuses, les 
» métaux, le verre, la cire, la craie, le plâtre, etc. » 

Laissant à part les tablettes de cire, laissant aussi à part le texte des dissertations de 
M. Bouchaud, dans ses commentaires sur les lois des Douze Tables, pour savoir s'il faut lire 
dans les jurisconsultes l'expression tabulas eboreas ou roboreas, (tables d'ivoire ou de bois de 
chêne), laissant encore à part les manuscrits de l'Inde sur feuilles de palmier, ceux du Nord 
sur des tablettes de tilleul, ou de hêtre d'où serait venu le mot boec, qui en flamand signifie 
livre , nous allons reconnaître trois substances qui furent d'un usage général : les lames de 
plomb , le parchemin ou vélin et le papyrus. 

Les lames de plomb, par leur grande facilité à se confectionner, paraissent être la plus 
ancienne de ces trois substances , rien au monde n'était plus simple que d'y tracer l'écriture. 
Il suffit de se servir d'un stilet de fer suffisamment acéré, pour déchirer la surface du 
métal. 

Cette méthode était connue dès les temps reculés dans lesquels vivait l'auteur du livre de 
Job, que l'on croit être beaucoup plus ancien que la guerre de Troie. Voici ses paroles que 
nous copions de la Vulgate : « Quis mihi tribuat ut scribantur sermones mei : quis mihi det 
» ut exarentur in libro, stilo ferreo et plombi lamina. » Cet usage chananéen était passé 
chez les Grecs, car on lit dans Pline : « Postea publica monumenta plombeis voluminibus, 
» mox et privata lintea cœpta aut ceris. » Il dit aussi : « Pugillarius enim usus fuisse etiam 
» ante Trojana tempora, invenimus apud Homerum. » 

Mais les lames de plomb sont trop molles, les traces s'y effacent par le moindre frottement, 
elles sont même, par leur éclat métallique, fatigantes à lire, lorsqu'elles sont nouvelles. Il 
fallut abandonner cette méthode et avoir recours à une autre matière ; il y en eut deux 
qui furent généralement en concurrence chez les peuples du bassin de la Méditerranée et des 
mers y affluentes, c'est le parchemin et le papyrus. Les peuples de l'Asie centrale continuèrent 
l'usage des livres à évantail en feuilles de palmier. 

Le parchemin ou vélin, provenant des peaux de mouton, de chèvre ou de veau, est d'une 
fabrication dispendieuse ; sa préparation par la mégisserie, fut sans doute très-long temps à se 
perfectionner. Le papyrus au contraire se convertit en carte, charte ou papier par l'aplatis- 
sement des pellicules ou lames de sa tige que l'on croise , que l'on fait sécher au soleil et que 
l'on enduit d'une colle préparée avec de la fleur de farine, détrempée dans de l'eau bouil- 
lante, sur laquelle on jette quelques goûtes de vinaigre, selon Pline, cité par M. Pielte, dans 
son traité sur la fabrication du papier, (Strasbourg, 1851). Les auteurs du traité de diplo- 



xxxii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

matique ajoutent, qu'on enduisait cette carte de papyrus d'une couche d'huile incorruptible 
de cèdre. 

On trouve cette plante en abondance sur les rives du Nil , on la trouve aussi au bord du 
Jourdain, au bord de lEuphrate et dans la Sicile. Vers quel temps anciens et dans quel pays 
fut-elle mise primitivement en usage? Quoiqu'acclimatée dans les divers lieux susdits, 
est-elle originaire ou exotique en Egypte, en Babylonie, en Palestine, en Sicile? Ce pro- 
blème d'histoire naturelle ne se résoudra peut-être jamais. 

Avant les conquêtes d'Alexandre de Macédoine, le papyrus, selon le témoignage de Varron, 
invoqué par M. Piette que nous avons déjà cité , n'était guère répandu dans le commerce. 
Mais, après la fondation d'Alexandrie d'Egypte, il fut exporté dans tout le monde civilisé, il 
devint une des causes principales de la propagation des livres et de l'accroissement pro- 
digieux des bibliothèques, comme nous l'avons expliqué ci-dessus aux chapitres précédents. 

Le parchemin proprement dit, ainsi que le vélin ou le vélot, tissu aussi fin que la soie, se 
désignent en bibliographie sous le nom substantif latin : membrana, et sous l'adjectif: mem- 
braneus, membranea-, il était beaucoup plus dispendieux que le papyrus, comme nous 
l'avons dit, et ne servait guères qu'aux ouvrages de luxe et au dessin des miniatures. 

On prétend vulgairement que ce genre de carte animale fut inventé , à Pergame , en Asie- 
Mineure, vers la fin du troisième siècle avant 1 ère vulgaire , d'où provient le nom latin de 
carta pergamena } parchemin en français, parkement en flamand. Mais sa fabrication remonte 
à une plus haute antiquité , selon le témoignage de Diodore de Sicile, (livre n), rapporté au 
Nouveau traité de Diplomatique (1-478) qui atteste qu'à Sardes, au temps des rois de Lydie, 
on écrivait sur des peaux de chèvre. 

Voici l'anecdote qui a pu accréditer l'erreur vulgaire qui attribue cette invention vers 
la fin de ce troisième siècle avant l'ère vulgaire , à la rivalité de deux rois bibliomanes , 
Ptolomée Philadelphe, qui régnait en Egypte et Eumènes, qui régnait à Pergame. Ptolomée, 
voulant entraver celui-ci dans la copie des manuscrits dont il augmentait sa nombreuse 
bibliothèque, prohiba l'exportation des cartes de papyrus ; voici le texte de Pline qui raconte 
cette anecdote : jEmulalione circa bibliothecas regum Ptolomœi et Eumenis, supprimente 
char tas Ptolomœo, Varro membranas Per 'garni tradidit repertas. 

Mais, il me semble qu'on peut facilement s'inscrire contre cette origine, par un passage de 
Flavius Josephc, d'où il résulte qu'avant le temps où régnaient ces deux rois bibliomanes, on 
faisait usage du parchemin, en Asie. En voici la preuve : lorsque le même roi Ptolomée, vers 
l'an (285 à 284 avant l'ère vulgaire), reçut à son audience, dans Alexandrie, les soixante et 
douze docteurs de la Loi Israélite, qui venaient traduire en langue grecque, pour sa biblio- 
thèque, la collection que nous appelons : Version des Septante, il s'extasia à la vue du 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. 



XXXIII 



parchemin sur lequel les livres Juifs étaient écrits. Flavius Josephe(l. 12, chap. 2, des anti- 
quités Judaïques)^ l'atteste, selon la traduction latine du manuscrit n° 5571 , de la Bibliothèque 
de Bourgogne. 



TRADUCTION DE LAVAL, ANNEE 15G9, p. 324. 



MANUSCRIT 5571 DU 14' SIECLE. 



Quand les anciens furent venus de Jérusalem pour inter- Dumque seniores cum donis quœ régi deportanda, princeps 

prêter la loi, avec les présents que le Sacrificateur envoyait et Sacerdotura eis advenissent, cum voluminibus transierunt, in 

avec les parchemins où la loi était écrite en lettres d'or, il les quibus, litteris aureis, conscriptae leges continebantur, et rex 

interrogea premièrement touchant les livres. Ils les lui offri- eos de codicibus percunctatur. Cum vero revelarent et osten- 

rent, après les avoir tirés de leurs étuis. Le roi fut assez long- derent tenuitatem niembranœ, vel incomprehensibilem eorum 

temps à regarder les subtilités du parchemin , et les cou- compaginem , rex miratus est quod ita fuissent compacta , 

tures si déliées, qu'à peine les pouvait-on appercevoir, de quoi dumque hoc diu fecisset : gratias, inquit, ago vobis, etc. 
il s'ébahissait à merveille. 

Il résulte de ce texte de Josephe et des dates que nous avons données ci-dessus, qu il n'est 
pas possible qu'à cette époque, le parchemin eût été une invention nouvelle et peu répandue. 
Mais il y a un moyen de concilier les deux textes de Pline et de Josephe : comme on employait, 
à Pergame, avant la prohibition, la carte de papyrus de préférence à celle de parchemin, 
sans doute à cause de la modicité du prix, le roi Eumènes fut réduit à se servir de parchemin 
et peut-être alors fit-il établir ou perfectionner des fabriques de parchemin à Pergame, tout 
comme il y avait des fabriques de papyrus, auprès du roi bibliomane d'Alexandrie. L'abon- 
dance de la matière première qui sont les peaux de chèvre et de mouton , fut la cause que 
Pergame continua d'avoir les principales fabriques de parchemin, tandis qu'Alexandrie avait 
en quelque sorte le monopole du commerce de papyrus. 

Le papyrus d'Egypte offrait en faveur d'Alexandrie tous les avantages désirables. 
Economie de culture, car la matière première croît spontanément dans les eaux du 
Nil; abondance de récolte, car elle peut fournir à la consommation du commerce du 
monde entier; facilité de fabrication, car il ne faut que dérouler les lames ou feuillets d'une 
tige de plus de trois mètres de hauteur; cela est si exact que nous-mêmes, nous avons essayé 
avec succès , de faire du papier d'Egypte ; nous y avons réussi dès la première expérience. 

Mais, à coté de ces avantages, il faut prendre note du désagrément que nous avons signalé 
plus haut, désagrément qui est la cause de la perte des livres de l'antiquité, d'où il résulte 
que le papier d'Egypte est cassant et qu'il s'cflblie aisément ; il résiste peu aux injures du 
temps; le parchemin au contraire, s'il est plus dispendieux, est beaucoup plus durable. 

Le papyrus ou papier d'Egypte commença donc à devenir d'un usage général sous les 
successeurs d'Alexandre , lorsque les arts de la Grèce embellirent l'antique civilisation de 



xxxn NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

l'Asie et de l'Egypte ; le papyrus le fut encore davantage pendant la durée de l'empire romain, 
lorsqu'il y avait facilité et sécurité pour les voyageurs , depuis l'Euphrate et les cataractes du 
Nil jusqu'au Danube, au Rhin et au pied des montagnes d'Ecosse. L'uniformité de l'adminis- 
tration générale de l'empire et la prédominence universelle des langues grecque et latine , 
faisant répandre partout les lumières intellectuelles , la ville d'Alexandrie d'Egypte 
jouissait du double avantage de la fabrication probablement exclusive et de la vente en pre- 
mière main du papyrus d'Egypte. Le bon marché était incontestablement la cause de son 
débit dans tous les pays; il en résulta que les arts, les sciences, la philosophie se propa- 
gèrent partout et en raison de la facilité et de l'économie de faire transcrire les livres sur 
une matière première, d'un prix peut-être aussi modique que nos papiers modernes. 

Si l'on en doutait, il suffit, outre le témoignage des écrivains helléno-romains dont nous 
avons tiré ci-dessus la conséquence qu'il y avait des milliers et même des millions de 
volumes dans le monde impérial, il suffit, disons-nous, de relire le mémoire déjà cité de 
M. De Murr, intitulé : De papyris seu voluminibus grœcis Herculanensibus. On remarquera 
que si de deux petites localités voisines , telle qu'Herculanum et Pompei , on a retiré plus 
de 1700 volumes, sans compter ceux que la catastrophe du Vésuve avait anéantis, combien 
n'y en avait-il pas dans Rome, capitale de l'empire, dans Alexandrie, capitale de l'industrie 
et de l'érudition, dans Athènes, capitale des beaux-arts et dans plus de deux cents autres 
grandes villes , telles qu'Antioche , Syracuse , Milan , Trêves , Cordoue , etc. , sans compter 
les maisons de campagne, telles que celle de Tonance Ferréol. 

On ne peut avoir le moindre doute sur l'encouragement accordé aux fabriques d'Alexan- 
drie par les Romains , qui administrèrent l'Egypte, sous tous les rapports, selon la marche 
politique des Ptolomées, et qui améliorèrent cette contrée la plus propice, par ses anti- 
quités pharaoniques, au développement des connaissances humaines. Pour démontrer cet 
encouragement relativement aux études , qu'on se retrace la liste des diverses espèces de 
papier qu'on y fabriquait. 

Sous l'empire d'Auguste , c'est-à-dire immédiatement après la réduction de l'Egypte en 
province romaine, le papier surnommé hiératique ou sacerdotal , qui servait auparavant aux 
livres de la religion, eut le nom de papier Auguste, selon le témoignage, qu'on peut qualifier 
de titre officiel, de Pline qui fut ministre de Vespasien. On reconnaît ici, comme dans tous les 
temps, la flatterie des fabriquants qui donnent le nom de leur prince, aux produits de leur 
industrie, pour en obtenir la protection la plus spéciale. 

La seconde qualité de papier eut le nom de Livie, épouse d'Auguste. Le papier sacerdotal 
ayant cédé les deux premières places au maître et à la maîtresse du monde, fut de 3 rae qualité. 
Le papier de la quatrième qualité avait le nom de Téniotique ; on le fabriquait avec les lames 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xx\y 

plus grossières qui touchent à lepiderme, selon M. Piette, déjà cité; celui de la S™ qualité 
était appelé Saïtique de la ville de Sais, c'était le papier formé des rebuts des qualités 
précédentes et par conséquent moins fin que ceux-ci. 

Le papier de la 6 me qualité (remarquons bien ceci) eut le surnom de Cornélien, du préfet 
d'Egypte Cornélius Gallus, autre acte de flatterie; enfin la 7 me qualité était le papier Empo- 
rétique. Ces sept qualités sont désignées textuellement dans le recueil encyclopédique d'Isi- 
dore de Séville, qui écrivait peu de temps après l'extinction de l'empire d'Occident, dans 
un siècle où le papier d'Egypte était encore assez généralement répandu dans le commerce. 

L'usage du papier d'Egypte était ordonné pour les actes officiels; on en trouve la preuve 
chez les jurisconsultes et au codeThéodosien, qui est un résumé des législations précédentes; 
on voit qu'il est encore conservé sous les Mérovingiens et sous les empereurs Byzantins. 
Enfin on voit qu'un des officiers de Charlemagne qui était en Italie , lui écrivait sur du 
papier d'Egypte. 

Sans doute la carte de papyrus devait se détruire aisément, comme on fa dit, puisque la 
liste des pères du concile de Constantinople , en 680 , sur cette substance et d'une écriture 
contemporaine, décrite par Lambecius, est au nombre des monuments les plus rares de la 
bibliographie, et que les papyrus conservés en Italie et en France, y sont en très-petit 
nombre, comme on peut s'en assurer par la nomenclature donnée au Nouveau traité 
Diplomatique et dans d'autres ouvrages. 

Nous pouvons conclure de tout ce qui précède et en y ajoutant d'autres remarques, pour 
épargner les longueurs d'un résumé déjà trop étendu : 

1° Que le papier d'Egypte était aussi commun et peut-être relativement au temps, d'un 
aussi bas prix chez les Romains, que le papier de chiffon l'est aujourd'hui chez les modernes. 

2° Que ce papier était employé communément, tant pour les actes de l'administration 
publique et religieuse, que pour les études. 

3° Que le parchemin, le vélin et même le vélot, si ce dernier était connu des anciens, ne 
servait qu'à des ouvrages de luxe, tels que le Virgile du Vatican, le Dioscoride, et que long- 
temps auparavant il avait servi à la transcription de la bible qui fut déroulée devant le roi 
Ptolomée Philadelphe ; mais le parchemin et les autres peaux analogues devaient être à des 
prix beaucoup plus élevés que le papyrus et par conséquent d'un usage beaucoup moins 
fréquent. La comparaison des prix était peut-être dans la même proportion moderne 
d'aujourd'hui, que nos papiers et nos parchemins. 

4° Que le papyrus a plusieurs inconvénients , tels que d'être cassant , de s'effolier , d'être 
d'un usage peu durable, d'où il résulte qu'il fallait renouveler souvent les volumes écrits 
sur cette matière ; qu'il a aussi l'inconvénient de ne pouvoir être employé que d'un seul côté ; 



xxxti NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

car je crois qu'il n'a jamais eu de verso écrit; de là les volumes, les rouleaux et enfin l'usage 
conservé des rolles de la comptabilité et du barreau, pendant tout le moyen-âgé. 

o° Que le parchemin et les substances animales analogues , peuvent durer pour ainsi dire 
toujours, quand elles ne sont exposées ni à la moisissure, ni au contact hygrométrique 
de lair ; ces substances peuvent servir au recto et au verso , car on peut les plier en cahiers 
de ternions ou de quaternions ; enfin ces peaux animales reçoivent mieux que le papyrus les 
dessins des miniatures ; dessins qui peuvent acquérir la vigueur d'un fini qui approche de 
la perfection et de la chaleur de notre peinture moderne à l'huile. 

6° En résumé, que la propagation des lettres a été facilitée entre autres causes, par la grande 
abondance du papyrus d'Alexandrie qui était répandu dans tout l'univers helléno-romain ; 
peut-être même c'est à l'abondance et au bon marché de cette matière première, que l'on dut 
les œuvres très-étendues des pères et docteurs de l'Eglise qui écrivirent pendant la durée de 
1 empire romain, tels que les livres de S^-Irénée, d'Origène, de Tertullien, de S t .-Clément 
d'Alexandrie, de S'.-Ambroise, de S^-Jean-Chrysostôme , la masse prodigieuse des livres de 
S 1 . -Jérôme, qui tous avaient eu une immense quantité de volumes, et la masse plus énorme 
encore des livres de S 4 . -Augustin, quoique ce docteur de l'Eglise fût beaucoup moins érudit 
que les précédents ; tous ces écrivains qui propagèrent les lumières du christianisme dans 
foutes les contrées, auraient-ils pu rédiger les minutes d'un si grand nombre de volumes ; 
toutes leurs copies se seraient-elles autant multipliées, dans le nombre infini des biblio- 
thèques publiques et particulières de l'empire romain , sans le bon marché du papyrus ? 

C'est donc par l'abondance et la rareté de ce papier d'Egypte, qu'on peut établir une 
échelle pour ainsi dire thermométrique de la propagation des études. 

On doit cependant remarquer que trois causes ont amené la décadence des études littéraires 
helléno-romaines ; la troisième de ces causes plus puissante que les deux premières a eu 
pour résultat l'anéantissement du commerce de papyrus et une profonde ignorance parmi 
le vulgaire. 

La première de ces trois causes est l'établissement des rois barbares en Occident ; ils n'en- 
couragèrent point les lettres. A l'exception d'un très-petit nombre d'entr'eux , tel que Théo- 
doric, élevé à Constanlinople dans les études romaines, et qui après avoir fait la conquête de 
l'Italie sur les Hérules en 495, s'entoura de Boëce et de Symmaque, dont il fut plus tard le 
meurtrier. Tel dit-on encore Clotairc II, roi des Francs, dont nous parlerons un peu plus 
loin. Leur système d'occupation quasi-militaire, long-temps étrangère et devenue enfin 
permanente , au milieu des provinces de l'empire, n'était pas encourageant pour les gens de 
lettres , mais l'influence de la civilisation romaine aurait pu les améliorer insensiblement , 
si la deuxième de ces causes n'avait pas été plus forte que la première. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. xxxvn 

Cette 2 me cause est la révolution opérée par la fondation des monastères et surtout par 
leur influence sur la vie civile, long-temps après l'établissement du christianisme ; les études 
payenncs, dans ces derniers asyles de la science, tombèrent alors peu à peu en désuétude ; la 
lecture des livres relatifs à la religion fut préférée, dans ces pieuses retraites, à celle des livres 
profanes, l'exemple en était suivi parmi le peuple; dès-lors on n'avait plus besoin de transcrire 
que pour un très-petit nombre de lecteurs , les chefs-d'œuvre de l'ancienne Grèce et de l'an- 
cienne Rome. Les pratiques monastiques étaient alors le modèle de la piété la plus pure. 

Ce prompt changement opéré dans les études , s'expliquera facilement , si l'on considère 
qu'en ce moment, dans ce dix-neuvième siècle, qui est si supérieur aux siècles précédents, 
les auteurs de l'antiquité classique, que dis-je, les écrivains du siècle immortel de Louis XIV, 
sont relégués chez beaucoup de personnes qui aiment les études , sur les rayons les plus 
éloignés des bibliothèques ; la plupart de nos jeunes industriels et de nos jeunes romantiques 
ne veulent plus connaître ni la langue de Virgile, ni les écrits de Corneille et de Racine ; les 
poëmes de l'auteur de la Henriade et de Mérope ne sont plus jugés dignes de leurs regards. 

La troisième cause, qui aurait rendu le mal sans remède, si Charlemagne n'avait pas régné, 
fut la conquête d'Alexandrie par les Mahométans. Malgré sa situation entre la mer et le lac 
Maréotis , Alexandrie n'ayant pour entrée que deux isthmes , l'un vers l'Egypte et l'Asie , 
l'autre vers la Libye, dut se rendre après un long siège d'environ trois ans, qui coûta la 
vie à toute la jeunesse de cette grande ville ; on ignore quel y fut le sort des bibliothèques, 
car on prétend qu'elles ne furent pas brûlées par ordre du calife Omar, comme nous avons 
essayé de le démontrer. Peut-être une partie avait déjà péri dans l'oubli , depuis l'époque de 
la ferveur de la vie anachorétique et la destruction du temple de Sérapis , comme cela eut 
lieu plus tard par l'influence monastique dans la Gaule, l'Italie et l'Espagne. 

Quoiqu'il en soit, les fabriques de papyrus d'Egpyte n'étant plus encouragées, ni même 
protégées sous un maître musulman, languirent et se fermèrent peu à peu ; les exportations 
de cette carte devinrent donc de plus en plus difficiles et rares, il fallut alors renoncer à son 
usage dans les monastères de l'Europe occidentale ; on rechercha le parchemin ou vélin et 
comme il coûtait fort cher, on raclait en palimpseste les livres payens , de préférence aux 
livres chrétiens , pour transcrire des bibles, des antiphonaires , des missels, les écrits des 
saints pères et d'autres livres plus utiles à la vie monastique. Nous parlerons de l'établis- 
sement des parchemineries en Belgique, à la page suivante. 

Enfin, au onzième siècle, selon le témoignage d'Eustathe, commentateur de l'Odyssée 
d'Homère , il n'y avait plus de fabriques de papier d'Egypte. 

C'est vers ce temps , qu'à Bysance on avait adopté l'usage du papier de chiffon , qui 
s'introduisit plus tard en Occident. Mais les bibliothèques que le christianisme naissant en 



xxxvm NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Occident, ou pour mieux dire les livres profanes que l'influence de la vie monastique avait 
laissé tomber peu à peu dans l'oubli, devaient, comme on le démontrera plus loin, repa- 
raître avec plus d'éclat, par le christianisme propagé et affermi dans toute l'Europe. 



CHAPITRE VIII. 

Bibliothèques des souverains mérovingiens; de Charlemagne et de la renaissance. 

Pendant la durée de la race mérovingienne, on ne trouve plus de traces des bibliothèques 
du palais ; les rois Francs , Burgundions ou Visigoths de la Gaule , n'étaient guères que les 
chefs d'une aristocratie militaire, d'une espèce d'armée d'occupation permanente, comme nous 
venons de le dire , car ils avaient leurs codes respectifs , tandis que les anciens Romains ou 
plutôt les Gaulois , continuaient d'être régis par le code théodosien et par les autres lois 
impériales. Les empereurs, qui résidaient à Constantinople, quoique n'ayant plus aucune 
autorité réelle sur la Gaule, y exerçaient encore une suprématie apparente, ayant autour 
d'eux les derniers souvenirs des lumières, des beaux-arts, le simulacre de la force et tous les 
moyens qui avaient porté si loin la civilisation et la puissance de Rome ; les années de leurs 
règnes servaient encore de date à la chronologie royale des Francs. 

Le roi Clovis , et tous ses successeurs , changeant souvent de demeure, passant une partie 
considérable de l'année à la chasse et à la guerre, inventant sans cesse des prétextes et 
d'autres intrigues pour s'emparer des domaines des autres rois , leurs parents et leurs 
co-partageants , n'avaient point le goût des études ; ils ne pouvaient guères penser à faire 
des collections de livres. A quoi d'ailleurs les bibliothèques leur auraient-elles servi ? Cela 
n'était bon qu'aux cénobites et à quelques vieilles maisons romaines qui s'éteignaient. On 
voit cependant que l'historien Frédégaire (ch. 43) fait l'éloge de l'érudition du roi Clotaire II, 
dont nous avons parlé ci-dessus, il le qualifie de : litteris eruditus. Mais quelle science devait 
être celle de ce roi ? Il est vrai que la reine Frédegonde , protectrice du poète Fortunat et 
surtout la reine Brunehault , contemporaine de Frédegonde et son ennemie , née espagnole, 
arienne convertie à l'orthodoxie , s'étaient fait remarquer par des talents administratifs et 
que le pape S^-Grégoire-le-Grand, adressa des éloges à cette dernière princesse; on les 
trouve dans les épi très de son Registrum; mais de quoi pouvait se composer la bibliothèque 
de la reine Brunehault ? Peut-être d'un exemplaire de l'histoire générale d'Orose, son com- 
patriote , né au siècle précédent , peut-être même des poésies ampoulées de Fortunat , né 
en Italie, et de l'histoire franque de Grégoire de Tours, sujet mérovingien. Cependant, le 
registre des impôts abusifs que le roi Chilperic, époux de Frédegonde, jeta au feu, en 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xxx.x 

Tannée 580, pour obtenir de Dieu la guérison de ses enfants, est une preuve qu'on avait 
encore alors quelques collections de livres. 

On établissait alors des abbayes dans toutes les contrées de la Gaule septentrionale, à 
l'imitation de celles du Midi de l'Europe et de celles de l'empire d'Orient, et comme la règle 
de S*. -Benoit était la base la plus générale des institutions monastiques, dans ces temps 
reculés , on s'y adonnait à trois choses , la prière , le travail et la lecture ; mais pour 
alimenter la lecture des cénobites, tant clercs que laïcs, car beaucoup de gens pieux se reti- 
raient dans les cloîtres, sans s'y astreindre à des vœux et y recevoir les ordres sacrés, il 
fallait renouveler la copie des livres qu'on transcrivit sur papyrus, aussi long-temps qu'on put 
en avoir ; lorsqu'il n'y en eut que difficilement dans le commerce , on dut racler les livres 
sur parchemin ou vélin, en palimpseste, comme on vient de le dire, et chercher à fabriquer 
des parchemins et des vélins en Occident. C'est peut-être alors que commencèrent à pros- 
pérer les parchemineries de la Flandre ; il est possible que la cause primitive de ses fabriques 
fut peut-être due aux gynécées d'Arras, ateliers où l'on avait confectionné l'habillement des 
troupes légionnaires, au temps de l'empire romain. Ces gynécées, furent peut-être aussi 
l'origine des ateliers de draperie de la Flandre, de l'Artois et ensuite du Brabant, etc.; car il 
était possible que dans l'origine , les bergers eussent livré une partie des peaux de mouton 
non tondues. Le beau poëme inédit, intitulé : Ovis et Lini, n° 10046 de la Bibliothèque de 
Bourgogne qui est du douzième siècle, paraît le démontrer. 

De tout cela est résulté, comme on l'a fait connaître précédemment, qu'on s'occupait dans 
les cloîtres de copier les bibles, les liturgies, les homélies et divers traités ascétiques, de préfé- 
rence aux ouvrages payens, dont la lecture était peu utile et quelquefois même en opposition 
aux habitudes monastiques, telles que les poésies légères ; quant aux maisons seigneuriales, 
comme il n'y avait plus aucun éclat à la cour des rois Francs , toute idée de littérature , 
d'histoire et des études brillantes y tombait dans une complète désuétude. 

Cependant le clergé, habitué aux études latines par devoir et par des souvenirs d'adminis- 
tration impériale non abolie, possédant un reste d'instruction littéraire, s'était attribué, par 
charité, la noble mission d'instruire le peuple, pour mieux le convertir. Si l'on doutait que le 
clergé s'occupât de lecture et l'eût propagée sous les premiers mérovingiens, on en trouverait 
la preuve dans le Registrum ou livre de correspondance, déjà cité, du pape S^-Grégoire-le- 
Grand , dont le pontificat termine le sixième siècle de l'ère vulgaire et commence le septième. 

On voit aux épitres CCLXXXVI et suivantes de ce précieux recueil, (Mss. 2517 de 
l'Inventaire) adressées à plusieurs évêques de la Gaule, qu'il donne des conseils pour instruire 
le peuple tant en lui faisant la lecture des livres saints , que par la vue des images qui font 
connaître l'histoire biblique ; ce pontife leur dit qu'il ne faut pas adorer les images, comme 



xl NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

le commençaient alors certains chrétiens , dont les iconoclastes persécutèrent les opinions 
dans tout l'empire d'Orient, au siècle suivant. Voici quelques extraits de son texte, d'où l'on 
conciliera qu'alors on avait encore quelque soin des bibliothèques : « Prœterea judico dudum 
» ad nos pervenisse quod Fraternitas Vestra quosdam imaginum adoratores aspiciens, 
» easdem in ecclesià et confregit atque projecit.... Saltem in parietibus videndo, legant quod 
» légère m coDiciBus non valent... et litterarum nescii habeant unde scientiarum historié 
» colligerent et populis in picturce adoratione minime peccant » . Ce qui signifie à peu près : 
« Je suis informé , mes frères , (Fraternitas Vestra) que vous avez remarqué qu'il y avait 
» certains adorateurs des images, et que vous avez fait briser dans l'église et arracher 

» lesdites images Cependant en les voyant sur les murailles, elles font connaître ce 

» que ne peuvent apprendre ceux qui ne savent pas lire et qui ne peuvent étudier la science 
» de l'histoire par les livres , etc. » 

Ce pontife dit plus loin : « Unde prœcipue gentibus pro lectione pictura est... » D'où il 
» résulte que pour le peuple, la peinture remplace la lecture. » Et plus loin encore, il y a dans 
son Registrum des conseils pour faire la lecture des livres saints au peuple et pour le pré- 
server de l'erreur d'adorer les images. « Eisque scripturœ sacrée testimoniis ostendendum, 
» quare manufactum adorare non liceat, ut nescientes litteras, quas per ipsas historias 
» intendentes quod dicunt sic discerentur transisse. » « Il faut leur montrer le témoignage 
» de l'Ecriture Sainte, et expliquer pourquoi il n'est pas permis d'adorer l'œuvre de la main 
» de l'homme, afin que ceux qui sont illétrés (nescientes litteras) puissent mieux apprendre 
» ces mêmes histoires , etc. , etc. » 

Telle fut la révolution opérée dans les études et par conséquent dans les bibliothèques, 
pendant la première moitié de la race mérovingienne. Cette révolution fut moins complète en 
Espagne et surtout dans la fertile et industrieuse Bétique ou Andalousie, car les écrits d'Isidore 
de Séville, et plus tard les monuments des califes de Cordoue, démontrent que les lumières y 
étaient moins éteintes qu'au nord des Cévennes. Cette révolution s'éloigna encore moins en 
Italie, de la civilisation que nous appelons Constantine,que l'on nous permette cette expression; 
nous le verrons plus loin. Quoiqu'il en soit, faisons une remarque qui confond la vanité mo- 
derne; on veut expliquer les antiquités égyptiennes, assyriennes et helléniques, tandis qu'on 
ne peut, malgré 1 exactitude des chronographies franques et le talent de l'abbé Du Bos, de 
Rapsaet, de Thierry, de Guizot, expliquer les antiquités nationales sous les Mérovingiens. 

Au milieu des ténèbres du septième siècle de 1ère vulgaire, une famille, née dans nos contrées 
belges, devint en possession de vastes domaines, par une accumulation heureuse et progressive 
de richesses , de dignités et de talents ; on comprend qu'il s'agit ici de Pépin ou Pippin de 
Landen et de ses descendants, alliés à une autre famille riche et puissante, celle de S'.-Arnoul de 



DE LA BIBLIOTHEQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. *,,, 

Metz, et à la maison royale des Francs, par Blichilde, fille du roi ClotaireH, que Pépin de 
Landen avait épousée; il fut le tuteur du jeune Dagobert, fils de ce roi. 

Cette famille, comme on le sait par des détails historiques qui sont ici superflus, concentra 
peu-à-peu la plénitude de toutes les fonctions de l'administration judiciaire, financière et 
civile de maire, meyer ou major, c'est-à-dire d'intendant du palais et des domaines royaux, 
avec la plénitude de celles de duc ou général des armées de France. De là leurs armoiries qui 
représentaient S^-Michel, chef de la milice céleste, parce qu'ils étaient les chefs de l'illustre 
milice franque (gens inclyta Francorum). 

La royauté de Pépin-le-Bref, fils de Charles-Martel, ne ressemblait donc pas à celle des 
Mérovingiens, qu'il avait supplantés ; ce n'était plus un chef d'aristocratie et d'occupation mili- 
taire, mais un monarque réunissant les diverses branches de l'administration et du pouvoir. 
Charlemagne, son fils, qui va rétablir les bibliothèques, n'était point porphyrogénète, c'est- 
à-dire né dans la pourpre ; il avait été élevé au milieu des compagnons d'armes de ce redou- 
table Charles-Martel, son aïeul, qui avait sauvé l'Europe de l'asservissement des Musulmans ; 
Charlemagne avait douze ans lorsque Pépin-le-Bref, son père, avait cessé d'être sujet méro- 
vingien, et avait été proclamé à la royauté; il régna lui-même en 768, à l'âge d'environ vingt- 
sept ans. Quatre années plus tard, il passa les Alpes pour envahir le royaume de Lombardie. 
Quel fut son étonnement et celui de ses compagnons d'armes, lorsqu'ils entrèrent dans les 
grandes villes municipales d'Italie, et lorsqu'il fut reçu à la cour de Rome. « Nos Français, 
» disait Charlemagne, à son retour, n'habitent que des chaumières. » Il y avait été pénétré 
d'admiration, à l'aspect de la majesté des cérémonies religieuses et en entendant les chants 
sublimes de l'Eglise romaine ; il voulut transporter ce rit merveilleux en deçà des Alpes. 

C'était donc Rome chrétienne qui devait réparer l'oubli des chefs-d'œuvre de Rome 
payenne, qu'on avait délaissés, pour s'occuper exclusivement d'ascétisme depuis l'établis- 
sement des monastères ; c'était au christianisme qu'était réservée la bienfaisante mission de 
reconstruire les bibliothèques. Si l'empire de Constantinople avait eu son Charlemagne, 
sans doute les lumières du monde helléno-romain , après les tempêtes des iconoclastes , se 
seraient reproduites une seconde fois tout entières , comme le phœnix , qui renaît de ses 
cendres; mais elles auraient reparu purifiées des erreurs du paganisme. 

C'est au règne de Charlemagne qu'il faut placer la renaissance des lettres et non au milieu 
du quinzième siècle, lorsqu'une douzaine de grammairiens, de, rhéteurs et de platoniciens, 
dont on voit les portraits dans l'ouvrage de Lambecius sur la bibliothèque impériale de 
Vienne, ayant abandonné pour toujours Constantinople, après la prise de cette ville par les 
Turcs, vinrent en Italie pour implorer la protection du cardinal Bessarion, leur compa- 
triote, qui les avait précédés sur cette terre pour eux étrangère; c'est alors que la flatterie 

j 



xlii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

envers la maison de Médicis, fit placer sous leur influence, lepoque du renouvellement 
des études classiques et des beaux-arts et fit renaître peu-à-peu le goût exclusif de l'archi- 
tecture helléno-romaine, en usage depuis le siècle de Périclès jusqu'à celui des Antonins et 
des Constantins, au mépris de l'architecture bysantine , gothique et mauresque. 

Selon quelques auteurs moins disposés en faveur des Médicis , la renaissance doit com- 
mencer à la prise de Constantinople par les Latins , deux cent cinquante ans avant la prise 
de cette grande ville par les Turcs ; mais on combat facilement l'une et l'autre opinion , car- 
ia seconde, qui est la moins accréditée, se détruit lorsque l'on voit les Latins faire fondre les 
statues et les autres chefs-d'œuvre en bronze de l'antiquité helléno-romaine, pour les con- 
vertir en monnaie de cuivre et de billon et faire pleurer de désespoir les malheureux Grecs 
devenus leurs sujets, dont ils s'étaient moqué en parcourant les rues, un écritoire à la main. 

Quant à l'opinion la plus générale, qui attribue la renaissance à la fuite des savants 
Hellènes, après l'asservissement de leur patrie aux Turcs Ottomans, on se demandera si 
Pétrarque, couronné au Capitole, si le Dante plus ancien que lui, en Italie et les trouvères 
dans la France méridionale ; si Hugues de S*.-Victor, Vincent de Beauvais et les nombreux 
savants de l'université de Paris , tels que Jean Gerson , chancelier de cette université ; si 
Pierre d'Ailly, évêque à Cambrai et tant d'autres tels que S 1 . -Thomas d'Aquin , doué d'une 
érudition immense et surnommé le Docteur Angélique , donnant des conseils libéraux à la 
duchesse de Brabant pour l'une des plus belles régences dont on garde le souvenir, sont des 
barbares ? Nicolas Oresme, traducteur d'Aristote et les autres gens de lettres qui formèrent 
les bibliothèques de Charles V, roi de France, étaient-ils des barbares ? 

On se demandera encore si les docteurs en médecine et en jurisprudence des écoles de 
Boulogne, ceux de Montpellier et d'autres, étaient des barbares. El pour se rapprocher des 
Médicis, taxera-t-on de barbarie, antérieure à la renaissance, le manuscrit du livre d'heures 
fait pour Venceslas, duc de Brabant, (n° 11061 de l'Inventaire), dont le propriétaire 
mourut en 1383, manuscrit qui est le chef-d'œuvre des miniatures de tous les siècles, par 
la grâce et la délicatesse du dessin. Ces chefs-d'œuvre sont-ils entachés de barbarie ainsi 
que ces manuscrits inimitables faits par ordre du duc Philippe-le-Bon, à Bruxelles et dans 
d'autres villes de ses états de par deçà, un peu avant le temps où les Médicis seraient supposé 
présider à la renaissance ; ces manuscrits composent la véritable et primitive bibliothèque 
de Bourgogne, objet de l'admiration de l'Europe moderne. Enfin, nos cathédrales, le pont du 
S 1 . -Esprit, la tour de l'hôtel de ville de Bruxelles et tant d'autres monuments, sont-ils 
l'œuvre des barbares ? 

Mais rétrogradons dans les ténèbres de l'histoire mérovingienne. En remontant de siècle 
en siècle, depuis ceux des deux prises successives de Constantinople, on voit se rétrécir peu à 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xli.i 

peu l'horizon de l'intelligence humaine , on arrive insensiblement à Charlemagne ; au-delà 
en remontant vers les temps qui se rapprochent de la cessation de l'empire romain d'Occi- 
dent, on ne voit qu'un état stationnaire. C'est donc à Charlemagne que se place la renaissance. 

En effet, on ne trouve sous les Mérovingiens qu'un nombre très limité d'historiens tels 
que Grégoire de Tours, Frédégaire, etc., de poètes tels que Fortunat. Les manuscrits 
qui transmettent leurs ouvrages plus pieux que profanes , et d'autres manuscrits purement 
ascétiques, tel que le S l .-Césaire , (n° 9850 de l'Inventaire) , sont d'une écriture sans 
élégance, sans séparation des mots ; l'iconisme qui est au frontispice du S'.-Césaire est 
un portique d'un goût pauvre , les lettrines au dragon , sont aussi grossières que le texte ; 
tout s'y ressent du triste effet de la paralysie intellectuelle, résultat de l'occupation 
militaire franque , burgundiono et visigothe ; mais après les premiers voyages de Charle- 
magne en Italie , les Français en rapportent une écriture simple , correcte , élégante ; des 
lettrines d'or richement entourées, une imitation ou pour mieux dire la renaissance de l'alpha- 
bétisme des anciens Romains, que les Aides, dans leur profonde et judicieuse érudition, 
firent passer dans la typographie 5 écriture que les Etienne, les EIzevirs, les Didot, n'ont 
guères pu que modifier, et dont la conformation, en caractère dit romain, est reproduite avec 
peu de changements, de toute part en Europe et entre autres par la présente édition typogra- 
phique de ce catalogue. Honneur au monarque, notre compatriote, qui a réimporté en 
deçà des Alpes , depuis plus de dix siècles révolus , le goût du plus pur alphabétisme pour 
transmettre les signes qui expriment la pensée : honneur, ajouterons-nous, au monarque qui 
a fait renaître parmi nos pères et pour notre amélioration intellectuelle, la véritable méthode 
d'étudier la langue de Cicéron et de Virgile, car cette langue renferme les modèles immuables 
et parfaits de la littérature moderne. 

Il est vrai qu'insensiblement l'écriture Caroline des manuscrits s'entortilla, se hérissa 
d'abréviations , reprit le nom de gothique ; c'est le résultat de toutes les connaissances 
humaines, car en voulant les améliorer, on les rend quelquefois vicieuses. Mais limpulsion 
donnée par Charlemagne était trop forte; quoique l'esprit humain ait pu se trouver momen- 
tanément détourné par des perturbations , il n'était plus possible qu'il devînt rétrograde. Ce 
que Charlemagne a commencé, l'imprimerie l'a assuré pour toujours. 

Sans doute l'une des plus belles, l'une des plus utiles des conquêtes de Charlemagne est 
l'écriture qu'il rapporta d'Italie. Cette conquête intellectuelle, ne doit point périr comme la 
dynastie carlovingienne , elle lui a survécu de même que l'àme survit au corps. Les biblio- 
thèques du palais, surtout celle d'Aix-la-Chapelle, vont se former; d'autres bibliothèques soit 
épiscopales , soit monastiques vont s'agrandir, s'enrichir ; elles vont réunir tout ce qu'on 
pourra retrouver, pour former un nouveau faisceau des connaissances humaines , et lorsque 



xliv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

la cour du souverain sera éclypsée par les envahissements des grands vassaux, vers la fin des 
Carlovingiens, les cloîtres, les écoles, établissements permanents, vont contre-balancer les 
dilapidations de la bibliothèque du prince, dont nous citerons plus loin de nombreux 
exemples sous les Valois. 

Alcuin, Anglo-Saxon, élevé dans l'école du computiste Beda, dont nous reconnaîtrons un 
peu plus loin les utiles travaux, fut placé par Charlemagne, à la tête de ce mouvement intel- 
lectuel ; il était un des oracles littéraires de son siècle. A cette époque l'art de la transcription 
des livres était poussé à un plus haut degré en Angleterre qu'en France. L'amélioration de la 
calligraphie fut son premier soin; c'est lui qui introduisit l'usage de la séparation des mots et de 
la ponctuation des phrases. Afin d'en mieux faire exécuter les maximes calligraphiques, il fit 
placer à l'entrée d'un scriptorium ou atelier d'écriture , les vers suivants, en distique, que 
nous copions du mémoire de l'abbé Lebœuf , sur l'état des sciences au temps de Charlemagne : 

Hic sedeant sacrae scribentes famina legis , 



Per cola distinguant, proprio et commata sensus, 
Et punctosa ponant ordine quisque suo, 

(Alc. Carm. 126.) 



La première et principale application de l'écriture , fut la transcription de la bible et 
surtout des évangéliaires, pour la liturgie, comme on le voit par le nombre assez considérable 
devangéliaires du neuvième siècle, qui sont répandus dans les bibliothèques, tel que le 
n° 9428 déjà cité , de l'Inventaire. La correction du texte et de sa copie étaient dès ce temps 
reculé, une affaire importante, également religieuse, politique et littéraire ; car la pureté de la 
foi commençait alors à devenir une affaire d'état. 

On ne pouvait arriver à des résultats certains, sans recomposer les librairies ou bibliothèques, 
et par conséquent sans s'adonner à des études collatérales aux études bibliques. L'astronomie 
avec les sciences de mathématiques pures qui lui sont indispensables, telles que la géométrie et 
surtout l'explication de la sphère, devenaient nécessaires pour calculer la durée exacte des révo- 
lutions du soleil et de la lune, afin de régler les anniversaires des fêtes mobiles du calendrier. 
Le vénérable Beda s'en était déjà occupé précédemment ; on devait donc reprendre l'œuvre de 
Beda, consulter le système dePtolémée et de l'école d'Alexandrie. Sous ce rapport, ilfautencore 
en convenir, c'est à la religion chrétienne que l'on doit le perfectionnement d'une opération 
laissée incomplète par Jules César, nous voulons dire la réformation du calendrier Grégorien. 
L'étude de la chronologie marchait à côté de l'astronomie, pour jalonner, si l'on peut employer 
cette expression, la distance qui sépare le premier jour de la création du monde et celui de la 
naissance du Christ. Sans chronologie, on ne pouvait faire concorder les divers textes bibli- 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xlv 

ques ; elle était nécessaire pour fixer depuis la date de la naissance du Christ, les dates des con- 
ciles et des synodes, alors très-fréquents, celles des pontificats et des divers régnes des princes, 
car ils avaient eu de l'influence dans les affaires publiques et ecclésiastiques; on préféra 
définitivement 1ère de l'incarnation et ensuite l'ère pascale , aux années des empereurs et des 
rois ; ce mode d'uniformité chronologique, avait pour objet toute la durée du genre humain , 
avant et après le Messie. Ce mode de comput , disons-nous, commencé par Denys-le-Petit, 
devenu plus commun au huitième siècle, ne fut général que sous Charlemagnc, et dès-lors on 
cumula dans les dateries, l'année chrétienne et l'année du prince ; il fallut donc reproduire 
les livres de Denys-le-Petit, ceux d'Helpride (n° 10562 de l'Inventaire) et en enrichir les 
bibliothèques. 

L'histoire sacrée ne pouvait s'expliquer sans le concours de l'histoire profane, car, outre 
que les quatre grandes monarchies de l'antiquité sont payennes, il fallait en rechercher les 
preuves parmi les titres originaux des écrivains helléno-romains , dont les historiens chré- 
tiens tels qu'Orose, Isidore, Fréculfe et d'autres ne sont que les compilateurs ; l'histoire 
n'était pas seulement utile pour l'explication de l'ancien et du nouveau Testament, mais 
aussi pour le martyrologe dont, un peu plus tard, Usuardus s'occupa spécialement. Ainsi 
l'abrégé historique de Justin, les décades de Tite-Live et les autres écrits des historiens payens 
de Rome et d'Athènes, devaient être exhumés de la poussière des vieilles bibliothèques. 

C'est ici que l'on reconnaît le service rendu par l'ouvrage de M. Petit-Radel, publié en 1829, 
sur les bibliothèques anciennes , parce qu'il y marque l'ordre chronologique de la réappa- 
rition des classiques retrouvés de siècle en siècle. 

Le droit canonique devenait également nécessaire ; à côté des livres de ce droit , les 
recueils des lois franque, burgondione, lombarde et autres devaient se placer dans les 
bibliothèques et y précéder l'heureuse découverte du code de l'empereur Justinien qui se 
fit au onzième siècle, non pas à Constantinople, mais en deçà de la mer Adriatique, dans 
Amalfi , ce qui est une preuve nouvelle de toute l'étendue du mal que les iconoclastes de 
l'Empire d'Orient, ont fait aux bibliothèques. La perte de ce code, qui fut remplacé par les 
traductions grecques, et fut suivi par les Basiliques de la cour de Bysance, est la preuve, 
nous le redisons, de la dévastation des bibliothèques du Bas-Empire, dès les temps anté- 
rieurs aux croisades. Est-ce de ce pays que nous serait venue la renaissance au treizième 
ou bien au quinzième siècle ? 

Le même empereur Justinien, au milieu du sixième siècle, avait fait construire la basilique 
de S te . -Sophie de Constantinople, laquelle est peut-être le plus ancien des grands temples 
chrétiens. « Je t'ai vaincu, Salomon, » disait-il en y entrant. Les chrétiens d'Occident vont 
commencer, à l'imitation de la construction de S te . -Sophie, la basilique d'Aix-la-Chapelle, 



\l vi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

l'un des monuments de la gloire de Charlemagne ; ils vont construire plus tard ces innom- 
brables églises , ces cathédrales , ces collégiales et même ces simples églises paroissiales 
dont les voûtes sont très-élevées, sans doute par un motif hygiénique, (car l'air serait promp- 
tement vicié dans ces grands lieux de rassemblement public); leurs tours gothiques, d'une 
architecture plus colossale que celle des portiques de l'ancienne Egypte , annoncent de 
loin aux voyageurs la présence des grandes villes. Nos églises chrétiennes, au milieu des 
habitations profanes , semblent s'élancer vers la patrie céleste et y transporter les fidèles. 

Mais, pour orner les églises, il fallait des chefs-d'œuvre artistiques de sculpture et de pein- 
ture ; le pape S*. -Grégoire en avait déjà donné l'exhortation , comme nous l'avons dit ; c'est 
donc à la religion que ces deux arts sublimes doivent leur renaissance ; plus tard l'horlogerie, 
sœur de la mécanique et qui sert à marquer les instants de l'emploi économique du temps, 
dont la perte est irréparable, et qui conduit les fidèles à l'éternité, servira pour orner les 
tours de nos temples. Leur sonnerie deviendra une des grandes opérations de l'art de la 
métallurgie, qu'il faudra perfectionner pour améliorer la fabrication des cloches. Un instru- 
ment, dont les flûtes antiques, qui accompagnaient les orateurs du forum chez le peuple-roi, 
fut peut-être le premier modèle, pour faire dominer leur voix parmi une foule innombrable 
d'auditeurs, l'orgue, cet instrument à la mélodie angélique, imitera et suivra les ondu- 
lations graves et soutenues de la voix humaine. Le premier modèle de l'orgue, envoyé par 
l'empereur Constantin Copronyme au père de Charlemagne, était parmi les présents les plus 
précieux de l'Orient ; l'orgue va se placer dans toutes les églises latines. Alors l'étude de la 
musique s'améliorera; Charlemagne fera venir de Rome les plus habiles maîtres ; l'annotation 
saxonne des manuscrits, ouvrage de son siècle, sera plus tard remplacée par les annotations 
successives guidonienne, lombarde et moderne. Pendant une longue suite de siècles, les 
pupitres des bibliothèques royales, épiscopales et abbatiales seront chargés par le gran- 
diose des missels, des antiphoniers ; l'art de la peinture les couvrira d'or, d'argent, les rem- 
plira des chefs-d'œuvre de la miniature en toutes couleurs et d'autres ornements ; on en 
recouvrira les bibles, les lectionnaires , les évangéliaires ; cet art passera aux autres livres 
de la religion, et de là aux livres profanes, pour être porté au comble de la perfection dans les 
bibliothèques des comtes de Flandre, du duc Venceslas de Brabant et des ducs de Bourgogne. 

Mais toutes les études sacrées, conduisant aux études profanes, doivent être liées ensemble 
sur une base commune. Théodulphe , collègue d'Alcuin , établit les humanités (litterœ 
humaniores) en inventant l'arbre des arts libéraux. « Il plaça, dit l'abbé Lebœuf, au mémoire 
» déjà cité sur Charlemagne, la grammaire à la racine, la réthorique sort d'un côté, plus la 
» dialectique avec les sciences qui lui sont subordonnées ; de l'autre la musique, la géométrie, 
» l'astronomie. » En effet, nous remarquerons que d'un côté sortent les explications des signes 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xlvii 

qui expriment la pensée, et de l'autre les inventions qui sont les moyens de mesurer l'espace 
et le temps, par les applications à la musique, le plus enchanteur des beaux-arts, et aux deux 
plus sublimes de toutes les sciences, celles de la mesure de la terre et du ciel. 

Alors il n'y avait plus qu'un pas à faire pour rentrer dans le beau idéal du monde helléno- 
romain; on ne pouvait s'en dispenser, parce que là seulement se trouvent des modèles qui 
serviront dans tous les temps, dans tous les pays, tels que Virgile, chef-d'œuvre de la pein- 
ture du cœur humain ; Horace , rempli des axiomes de la morale ; Cicéron , l'exemple des 
hommes d'état ; Salluste qui leur inspirait les maximes politiques. C'est donc alors que les 
manuscrits de l'antiquité réapparurent peu-à-peu, mais ils sont tous mutilés par la faulx 
du temps, comme pour faire sentir à l'orgueil humain que rien n'est impérissable sur la 
terre, et pour démontrer la vanité du vers d'Horace : 

Exegi monumentum aère perennius. (J'ai érigé un monument plus durable que l'airain). 

Rien ne s'opposait à la réintroduction des écrits du paganisme; l'idolâtrie, depuis la sou- 
mission de la Saxe, était expirante en deçà de la mer Baltique ; les allégories ingénieuses, 
mais peu rationelles du culte de Jupiter, étaient en présence des vérités de la religion du 
Christ, comme la lumière pâle et polarisée de l'astre qui a dominé dans le ciel, pendant la 
nuit, et que l'on voit vers l'Occident , à son dernier quartier, tandis que l'astre du jour s'est 
élevé sur l'horizon à l'Orient. 

Tel est le siècle de Charlemagne , tels furent avant lui les siècles Mérovingiens pour la 
renaissance des lettres, après un long assoupissement et pour le rétablissement des biblio- 
thèques. Si Charlemagne et le roi Pépin, son père, furent des usurpateurs (car je ne pense pas 
que le dernier Mérovingien fût décédé à l'avènement de Charlemagne), sans doute ils ont 
justifié la réponse du Souverain Pontife , que le plus digne de régner n'est pas celui qui est 
entouré du faste royal , mais celui qui supporte les fatigues de la royauté , pour l'amé- 
lioration de l'état social et la prospérité du peuple. 



CHAPITRE IX. 

Des successeurs de Charlemagne. 

Louis-Ie-Débonnaire, le seul des fils de Charlemagne qui lui succéda , aimait et cultivait 
les belles-lettres; pendant son règne la bibliothèque du palais d'Aix-la-Chapelle, fondée par 
son père, continua d'être florissante. 

Nous ferons remarquer, à cette occasion , une erreur de plusieurs bibliophiles , qui pré- 



«.viii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

tendent, d'après une lettre de Leidrade, archevêque de Lyon, à Charlemagne,que ce prélat fait 
mention d'une bibliothèque impériale à Lyon, mais on n'a pas observé que le texte de la 
Bibliotheca veterum patrum, tome xxiv, ne porte qu'une phrase explicative, placée entre des 
parenthèses; elle ne fait point partie de ce texte de Leidrade, elle est moderne, la voici : 

(Monasterium regale insulœ Barbarœ , situm in medio Araris fluvii , recens videtur esse 
fundatum , per dominum Benedictum abbatem , cum quo simul et direxit suos codices , 
Caroli Magni). Ce passage n'est évidemment point de Leidrade; mais, comme on le voit en 
marge par les mots vide notas, c'est une note de Sirmond. Il ne s'agit donc que de l'établis- 
sement d'un scriptorium, au lieu d'une des bibliothèques impériales. 

Louis-le-Débonnaire, que l'histoire a peut-être jugé avec trop de sévérité, avait Ebbon 
pour bibliothécaire , car il l'autorise de prêter plusieurs livres (copiam librorum), au diacre 
Amalric, l'un des écrivains de ce siècle reculé. Garwald et Hilduin eurent aussi le titre de 
bibliothécaire pendant ce même règne. Tout ce qui vient d'être dit sur ces trois bibliothé- 
caires, est pris dans le mémoire de l'abbé Goujet sur l'état des études depuis Charlemagne 
jusqu'au roi Robert. 

Après Louis-le-Débonnaire, l'unité monarchique des trois régions gauloise, tudesque et 
italique de son empire , fut rompue par le partage de ses trois fils ; la différence des deux 
langues gauloise et thioise ou tudesque, c'est-à-dire française, flamande ou allemande, comme 
l'a judicieusement observé M. Thiery, en y ajoutant la langue italienne, comme nous 
osons le présumer, fut la cause de cette scission que le temps n'a cessé de consolider, malgré 
la politique qui voulut toujours les rapprocher aux Pays-Bas , en Lorraine et en Suisse. 

Cependant l'empereur Lothaire, l'aîné de ces trois frères , était maître de l'Italie : ses états 
de la Gaule, n'étaient qu'une zone entre ceux de ses deux frères, pour amortir le contact 
de leurs deux grands royaumes ; il possédait à l'extrémité de cette zone, le palais impérial 
d'Aix-la-Chapelle. Comme nous ne devons nous occuper que des antécédents de la biblio- 
thèque de Bourgogne , nous ne dirons presque plus rien de cette bibliothèque , ni de celle 
des Ottons, ni de celle de Bruno ou Brunon , qui fut, cent ans après Charles-le-Chauve, 
archiduc, c'est-à-dire à peu près vice-roi, dans nos contrées. 

C'est sur le roi Charles-le-Chauve, qu'il faut fixer l'attention dans ce passage de notre 
résumé. Ce prince, plus passionné pour la lecture et les manuscrits que son père et son 
aïeul, fit transcrire plusieurs évangéliaires magnifiques ; je me souviens d'avoir vu à l'abbaye 
de St.-Emeran de Ratisbonne, celui en lettres d'or, chef-d'œuvre du scriptorium de l'abbaye 
de S 1 . -Denis, en France. 

Louis-le-Bègue son fils, Judith sa fille, furent célèbres par la protection que l'un et l'autre 
accordèrent aux études; Judith, avant d'être comtesse du pays de Flandre, par son mariage 



f=4 



b£3 







W 



u. 



« 



ù 













DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xux 

avec Baudouin, avait fait l'admiration, par ses talents, de la cour du roi Anglo-Saxon, son 
premier mari et du fils de ce roi qui fut, dit-on, son second mari. Nous rappelons ici le sou- 
venir de Judith, souvenir qui est cher à la Flandre, parce que nous ferons mention, un peu 
plus loin , de l'archiduc Bruno ou Brunon dont le souvenir est également cher au Brabant, et 
nous ajouterons alors, pour démontrer que les plus anciens de nos princes furent protecteurs 
zélés des belles-lettres, que l'on doit en toute justice ajouter à Judith et à Brunon le savant 
évêque Notker, ami des trois empereurs Ottons et fondateur des libertés du pays de Liège. 

Revenons à Charles-le-Chauve, ce monarque avait une riche bibliothèque, probablement 
à Senlis, lieu de sa résidence habituelle. Fut-elle formée par lui-même? Renfermait-elle une 
partie des livres du palais impérial d'Aix-la-Chapelle, dont il avait hérité vers la fin de sa vie ? 
C'est un problème qu'on ne peut résoudre. On sait seulement que par des dispositions testa- 
mentaires, rédigées dans la forme des capitulaires, datées du 18 des calendes de juillet, l'an de 
l'incarnation 877, dispositions qu'il eut la prévoyance de faire approuver par la noblesse de 
France et d'Aquitaine, avant de retourner en Italie, étant empereur depuis quelques mois. 
Il fit trois legs, pour le partage de ses livres : l'un de ces legs à Louis-lc-Bègue, son fils, 
les deux autres aux abbayes de S*. -Denis et de Compiègne. « (Art. XII.) Et libri nostri, 
» qui in thesauro nostro sunt, ab illis, sicut dispositum habemus, inter sanctum Dionysium 
» et sanctam Mariam de Compendio et filium nostrum dispertiantur. » Nous en parlerons 
encore au partage de la bibliothèque de S 1 . -Louis entre des bibliothèques monastiques. 

Peut-être un jour , dans ce siècle d'exhumation littéraire , retrouvera-t-on dans quelque 
dépôt public, ce litre précieux qui nous ferait connaître l'état d'une bibliothèque royale, 
au neuvième siècle. 

Mais à défaut de cette liste, on peut consulter le testament du comte Everard , beau-frère 
de Charles-le-Chauve , car Everard avait épousé la sœur de ce prince , appelée Gisèle ; il 
était seigneur de Cisoing, dans l'ancien Tournésis : il fut avec Gisèle, le fondateur et le 
bienfaiteur du monastère de cette seigneurie ; quant à Gisèle, on apprend par la Notifia 
Ecclesiarum Belgii de Mirœus, qu'elle eut une grande influence dans la fondation de 
plusieurs monastères, sous les auspices de Charles-le-Chauve, son frère. Revenons au 
testament du comte Everard, son mari; il avait suivi l'empereur Lothaire en Lombardie; il 
était comte en Frioul. 

Cet acte est daté du territoire de Trévise et de la place importante de Mestre , laquelle est 
située vis-à-vis de Venise, sur la terre ferme : In comitatu Tarvisiano, in corte nostra 
MusiestrO; Imperante domino Ludovico Augusto, anno recjni ejns 24°. Cette date correspond à 
l'an 875 et non à 837, car Louis II, selon l'art de vérifier les dates, selon Muratori et d'autres, 
avait été associé à l'empire et au royaume d'Italie, l'an 849. Celte date est démontrée d'après 



l NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

la confrontation du cartulaire de Cisoing, qui est la propriété de l'honorable M. Dumortier, 
membre de la chambre des représentans et de l'académie des sciences et belles-lettres de 
Bruxelles, et- qui a démontré en 1831 , comme on le verra plus loin, l'utilité de la Biblio- 
thèque de Bourgogne. Nous avons publié une notice sur le testament d'Everard, aux 
bulletins de l'académie de Bruxelles. 

Le comte Everard, par son testament, partage sa bibliothèque entre ses trois fils, ses trois 
filles et sa veuve. Le meilleur moyen d'apprécier cette bibliothèque est de la reproduire, non 
pas selon l'ordre de l'écrit testamentaire, mais selon l'ordre des matières de l'ancienne classi- 
fication bibliographique; on verra que cette bibliothèque était bien composée et même 
riche pour un haut fonctionnaire carlovingien du royaume d'Italie ou de Lombardie. 

BIBLIOTHÈQUE LEGUEE PAR EVERARD, COMTE DE FRIOUL, EN L'ANNEE 873. 

THÉOLOGIE. 

1 Bible. (Bibliotheca). 

4 Evangéliaires dont le premier est orné d'or, le second d'argent , le troisième d'ivoire. 

5 Missels, le premier est orné d'or et d'argent, le second d'ivoire ; le troisième quotidien, etc. 
1 Passionnaire. (Voir Histoire). 

5 Lectionnaires, le premier orné d'or et d'argent, le second d'ivoire ; le troisième intitulé : 
De epistolis et evangeliis. 

1 Antiphonaire , orné d'ivoire. 

2 Collectaneum et commentarium. 

4 Psautiers et un livre d'heures avec psaumes ; le premier double, le second orné d'ivoire; 
un exemplaire est écrit en lettres d'or. 

I Simple livre d'heures. 

3 Traités d'exposition, sur Elie et Achab, sur Ezéchiel et sur les épîtres de S*.-Paul. 

II Autres traités de S 1 . -Augustin, de S 1 . -Jérôme et autres livres ascétiques, savoir: 
de verbis Domini (3 exemplaires), de civitate Dei, de ebrietate, enchiridion, de utilitate 
pœnitentiœ, de quatuor virtutibus (2 exemplaires), de hoc quod Jacobus ait : qui totam 
legem servaverit, etc. 

1 Traité de S^-Ephrem. 

2 Id. de Smaragde. 

1 Id. de règle monastique : De doctrinâ S u Basilii. 

JURISPRUDENCE. 

1 De constitutionibus principum et de edictis imperatorum. 
1 Librum Aniani. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. li 

1 Leges Francorum et Ribuariorum et Longobardorum et Alamanorum et Bavariorum. 
i Autre exemplaire : Legum Longobardorum. 



SCIENCES ET ARTS. 

d Librum rei militaris. 

I Librum bestiarum. 

1 Phisionomia Loxi, medici. 

LITTÉRATURE ET MÉLANGES LITTÉRAIRES ET PHILOLOGIQUES. 

3 Grammaires et vocabulaires. Liber glossarum et explanationum et dierum ; ordinem 
priorum principiorum , Apollonii, etc. 
{ Alcuini ad Widonem Comitem. 

HISTOIRE ET POLVGRAPHIE. 

3 Exemplaires : Synonima Isidori. 
1 Cosmographia ethici philosophi. 

4 Libri Magni Orozii Pauli ; item Isidori, Fulgentii et Martini episcoporum. (2 exem- 
plaires). 

\ Gesta pontificum romanorum. 

1 Gesta Francorum. 

2 Exemplaires : Vitse S. Martini. 

i Vitse patrum. Plus le passionnaire désigné à la Théologie. 

Cette bibliothèque était donc aussi riche , aussi complète qu'on pouvait l'espérer pendant 
le second tiers du IX me siècle : elle est même au niveau des connaissances scientifiques de ce 
siècle ; on y trouve, dans la partie de théologie, tout ce qu'il faut pour la célébration de l'office 
divin et l'étude de la religion, tels que la bible, S. Augustin, S. Jérôme, S. Ephrem, S. Basile. 
Plusieurs volumes sont recouverts d'or, d'argent et d'autres matières précieuses. Un psautier 
est écrit en lettres d'or. 

En jurisprudence , il y a tous les recueils des lois romaines et barbares ; parmi les lois 
romaines, il y a le célèbre commentaire du code Théodosien par Anian , chancelier du roi 
Alaric, d'une grande utilité pour un fonctionnaire de Lombardie. 

Parmi les sciences et les arts il y a trois sections : 

1° L'art militaire ; c'est probablement le Végèce. 

2° L'histoire naturelle ; c'est probablement un des plus anciens traités de zoologie appelés 
alors Bestiaires , d'après Aristote ; il y en a des exemplaires en la Bibliothèque de Bourgogne. 



lu NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

5° La médecine, c'est le traité de Loxus, l'un des docteurs illustres de l'école byzantine. 

La littérature et les mélanges renferment des glossaires et une épître du célèbre Alcuin , 
qui avait été l'oracle des lettres du temps de Charlemagne; les œuvres d'Apollonius, etc. 

Quant à la classe d'histoire , elle renferme la cosmographie d'un philosophe moral ; est-ce 
le titre de celle de Ptolemée ? Je l'ignore. Elle renferme aussi l'immense compilation d'Isi- 
dore , qui est une véritable encyclopédie , et les compilations historiques d'Orose pour 
Ihistoire des quatre grandes monarchies de l'antiquité, adversus paganos ; et celle de 
Fulgence, célèbre par sa critique judicieuse; il y a aussi des chroniques des papes et des 
rois: il y a encore des agiographies. 

On doit convenir de nouveau, que cette collection était d'une grande richesse pour le 
neuvième siècle. Avait-on besoin d'une plus grande bibliothèque pour s'éclairer dans 
1 exercice des fonctions comitales , dans un temps où les classiques helléno-romains n'étant 
pas encore retrouvés, étaient résumés par des extraits, dans les recueils chrétiens d'Orose, 
d'Isidore et de Fulgence. Que fallait-il de plus, en un mot, dans un temps où les sciences 
physiques, mathématiques, médicales et la critique de l'histoire, étaient dans leur enfance. 

Continuons l'histoire bibliographique de la cour de France, au règne de Louis-Ie-Bègue ; 
une mort prématurée enleva ce jeune prince, en l'année 879, à ses peuples et aux gens de 
lettres. Vers ce même temps, Judith, sa sœur, qui avait fait renaître le goût des beaux-arts à 
la cour de deux rois d'Angleterre, ses deux premiers maris, vingt ans auparavant et qui 
avait été enlevée après son deuxième veuvage , par le comte Baudouin de Flandre, était 
veuve de ce troisième mari. 

Alors tout espoir d'encouragement des études et de la bibliographie s'évanouit à la cour 
royale des Carlovingiens de France. Que pouvait-on attendre d'un Charles-Ie-Gros et d'un 
Charles-le-Simple ? Mais, parmi les savants de cette époque, Hincmar, archevêque de Rheims, 
était le plus éloquent et le mieux pénétré de la lecture des classiques de l'ancienne Rome; 
son style est tellement pur qu'on peut le considérer comme supérieur à Sidoine Apollinaire, 
bibliophile romain, dont nous avons parlé à la page xxm; il mourut vers ce même temps. 
Avant sa mort et par une heureuse compensation, les bibliothèques des monastères avaient 
pris en France et en Lotharingie , un si grand accroissement qu'on ne devait plus craindre 
le retour de la barbarie mérovingienne. Celle de S 1 . -Rémi, de Rheims, tenait dignement, 
depuis long-temps , le rang principal dans cette métropole de la première Belgique , sous 
le patronage et l'impulsion de ce même archevêque Hincmar qui en était l'abbé. « Les 
» principaux copistes de ce monastère , (nous transcrivons ce passage de l'histoire littéraire 
» de France) se nommaient Leutbert et Adalolde. Gibouin, qui fut comte du palais, s'y 
» était fait moine, il y donna quelques manuscrits pour enrichir la bibliothèque. » 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. lui 

Sans doute la bibliothèque cpiscopale de Cambrai était aussi dans un état prospère 
L'évèché de Cambrai était un des plus vastes de la Belgique , car il s'étendait jusques au 
nord de Bruxelles ; il nous est aujourd'hui étranger. Celui de Tournai s'étendait alors jus- 
qu'au-delà de Bruges; mais nos grandes villes , telles que Bruges, Gand, Anvers, Bruxelles, 
n'étaient que des bourgades ; nos provinces telles que le Brabant et la Flandre , qui furent 
les plus riches fleurons des couronnes agglomérées de l'empereur Charles-Quint , notre 
compatriote , n'étaient que de simples domaines seigneuriaux , entrecoupés de tristes 
forêts, de landes, de bruyères et de lagunes. 



CHAPITRE X. 

Des bibliothèques monastiques des bénédictins avant le dixième siècle. 

Par une conséquence des observations précédentes, qui nous porte de préférence vers les 
bibliothèques primitives des bénédictins de la Belgique , nous ne dirons rien ici de la pros- 
périté du scriptorium de la célèbre abbaye bénédictine de S 1 . -Denis, en France, ni d'autres, 
tels que de la Corbie gauloise et de la Corbie allemande , qui ont tant influé sur la renais- 
sance ; mais nous remarquerons seulement que les bibliothèques de plusieurs monastères des 
Pays-Bas, devenaient alors célèbres telles que celle de S l .-Amand, située aux environs de 
Tournai, c'est-à-dire de l'antique cité municipale des Nervii liberi de l'empire romain, 
laquelle cité était devenue l'une des résidences royales mérovingiennes. La fondation du 
monastère dit de S^-Amand eut lieu aux kalendes de mai, de l'indiction deuxième (et non 
de la onzième, selon Mirseus) de l'an 638, par ordre de Dagobert I er , en mémoire du bap- 
tême de Sigebert , son fils et son successeur, par S*.-Amand, évêque de Tongres. On 
sait que ce personnage pieux et illustre a beaucoup contribué à faire améliorer la civi- 
lisation et l'agriculture de la Belgique, en conseillant la fondation d'un grand nombre 
de cloîtres. Nous sommes entrés dans ces détails parce que c'est parmi les manuscrits de 
S t .-Amand (Elnonensia), qui sont en ce momentà la bibliothèque de Valenciennes, qu'en 1857, 
M. Hoffmann de Fallersleben a trouvé, et M. Willems a commenté, l'un des plus anciens 
poèmes en langue française, qui est du neuvième siècle , dans un codice intitulé : Libri octo 
Gregorii Nazianzeni. Ce poëme est composé en l'honneur de S te .-Eulalie ; nous en tran- 
scrivons les quatre premiers vers, en faisant remarquer que l'orthographe est celle de 

l'ancien langage gaulois , orthographe que les Normands ont transportée en Angleterre et 

m 



liv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

selon laquelle, par exemple, la lettre a se prononce souvent comme la lettre e et la 
lettre u est prononcée souvent ou : 

Buona pulchella fut Eulalia 
Bel auret corps belle zour anime 
Voldrent la veintre li deo inimi , 
Voldrent la faire diaule seruir, etc. , etc. 

La bibliothèque de SVBertin, à S 1 . -Orner, c'est-à-dire dans l'antique Sithiu, approchait de 
l'antiquité de celle d'Elnone , ce cloître ayant été fondé l'an onze de Clovis II , en Austrasie , 
ce qui serait l'an 654, selon Mira;us (Notitia eccl. Bel.) ; mais il faut 649, car le règne de ce 
Clovis II, en Neustrie, commença en janvier 658. Nous faisons cette remarque, parce 
que le manuscrit des annales bertiniennes , est un des plus précieux de la Bibliothèque de 
Bourgogne (n° 6439). La bibliothèque de S^-Vaast d'Arras, célèbre aussi par ses annales 
védastines, doit remonter vers ce même temps, c'est-à-dire à l'an 673, au règne de Théodoric 
ou Thierry III 5 la célèbre bibliothèque d'Echternach , en Ardennes, à 4 lieues de Trêves, 
paraît remonter à l'an 698. 

Mais à quoi sert-il de rappeler tant d'illustres souvenirs, ces localités d'un haut intérêt 
historique, sont hors de la jurisdiction actuelle du royaume de Belgique ; ces établis- 
sements sont perdus pour notre nationalité moderne; le démon de la discorde, en nous 
affaiblissant, a donné des forces, contre nous, au démon de la guerre. Ainsi, la seconde partie 
de l'adage du vieux roi Numide mourant , qu'on lit dans Salluste , à la guerre de Jugurtha : 
« Concordià res parvae crescunt , discordiâ maxime dilabuntur » , n'a été que trop applicable 
à nos ancêtres, pendant les troubles ou pour le dire plus exactement, pendant l'épouvantable 
révolution du seizième siècle. Les Hollandais ont alors mis en pratique, à notre préjudice, 
la première partie de cet adage ; l'ambition de Louis XIV, et les événements de ces dernières 
années ont fait le reste. 

Mais il est temps de revenir sur le territoire belge actuel , c'est pour mieux établir la 
démarcation de l'état ancien et de l'état moderne de nos provinces , que nous avons indiqué 
isolément ci-dessus la bibliothèque de S^-Amand , aux environs de Tournai et que nous 
avons réservé pour le présent paragraphe , l'indication de la célèbre bibliothèque de 
S 1 . -Martin de Tournai , établissement monastique, dont la fondation paraît être antérieure au 
règne et à la conversion du grand Clovis, puisqu'on l'attribue à Clodion. La bibliothèque de 
St.-Martin, qui fut l'une des plus riches de nos contrées, est en ce moment, en partie, la 
propriété de M. Philips de Middlehill , (Worcestershire) comme l'atteste l'ouvrage de 
M. Hœnel, n° 2011 à 2156, car ce monument de douze à quatorze siècles de calligraphie, 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. L v 

fut dispersé et vendu avant le gouvernement actuel. Jettons un voile sur ce forfait litté- 
raire, remontons aux siècles qu'on taxe de barbarie, où l'on ne voit rien d'aussi anti-social, 
souvenons-nous seulement, pour n'y plus penser, que Louis-le-Débonnaire et ensuite 
Charles-le-Chauve , père de Judith, en 870, indiction 111, furent les bienfaiteurs des 
monastères de S^-Pierre au Mont-Blandinien à Gand, fondé, dit-on, en 610, et de S l .-Bavon, 
en la même localité, célèbres par leurs bibliothèques; que le même Charles-le-Chauve, 
en 877, fut aussi le bienfaiteur de plusieurs de nos anciens monastères. Que dire de l'abbaye 
de S^-Trond, fondée vers l'an 690, etc., etc. Que dirons-nous des manuscrits de l'abbaye 
de S l .-Ghislain , fondée par S^-Aubert? Que dire de la bibliothèque de Lobbes, fondée 
en 638 au pays de Liège , de celle d'Aulne , peu éloignée de Lobbes , car elles sont aussi 
célèbres que les précédentes. Cette digression s'étendrait trop loin. 

Les bibliothèques de ce même pays de Liège et la bibliothèque de S 1 . -Hubert ou d'Andaïne, 
et surtout celle de Stavelot étaient aussi florissantes à cette époque que celles d'Echternach, 
de Prùm et des principaux monastères qui sont aujourd'hui sous une domination étrangère 
à la Belgique. Un grand nombre de manuscrits précieux du neuvième siècle et du dixième , 
qui proviennent de Stavelot et que l'on reconnaît par leurs tuyaux d'orgue, sont déposés en 
la Bibliothèque de Bourgogne , on y remarque entre autres un des plus anciens ouvrages 
d'annotation de musique, n° 2752. Tous ces cloîtres étaient de l'ordre de S*. -Benoit, qui 
prescrivait la lecture, comme nous l'avons dit à la page xxxix. Il fallait donc y faire transcrire 
des livres. 

Nous ne dirons rien en ce moment de la bibliothèque bénédictine de Gembloux, parce que 
cette abbaye du même ordre, fondée en 922, ayant eu pour avoué en 974 (et non 947) 
Lambert de Louvain , elle est plus moderne que celles dont nous venons de parler et nous 
touchons à peine en ce moment au dixième siècle. Mais nous ne pouvons nous dispenser 
d'en faire mention , parce que les manuscrits de Gembloux , en partie très-anciens , forment 
une des plus nombreuses collections renfermées parmi les richesses de la Bibliothèque de 
Bourgogne. Nous ferons connaître plus loin les fondations abbatiales du douzième siècle, 
résultats de la révolution opérée par S*. -Bruno, S 1 . -Norbert et S*. -Bernard. Nous ferons 
aussi connaître alors les établissements anachorétiques de l'ordre de S*. -Augustin et Ton 
verra que les scriptoria des monastères préparaient, selon la marche lente, mais régulière et 
silencieuse du temps , les éléments pour la fondation de la riche et admirable Bibliothèque 
des ducs de Bourgogne. 

En résumé , la direction donnée aux études depuis près d'un siècle , c'est-à-dire depuis 
Charlemagne, père de la renaissance, les avait ramenées sur la véritable route du savoir. 
Ceux qui suivaient cette route, étaient alors trop nombreux, sur tous les points de l'empire 



lvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

carlovingien, pour qu'il fût possible de voir les études rétrograder vers une direction barbare 
ou tout au moins erronée. La renaissance était donc assurée pour toujours. 

Cest ici que l'on doit suivre l'ouvrage, déjà plusieurs fois cité, de M. Petit Radel, sur les 
bibliothèques anciennes, pour reconnaître l'énumération, siècle par siècle, de la réapparition 
successive des écrits de l'antiquité helléno-romaine. II indique Salluste, Cicéron, et d'autres 
classiques latins, au nombre de vingt-huit, qui sont exhumés et retranscrits pendant le seul 
neuvième siècle. 

Qu'il nous soit permis d'y ajouter le bel exemplaire du Chalcidius, in Timœo Platonis, 
n° 9625 de la Bibliothèque de Bourgogne, quoi qu'un peu plus moderne. Nous ajoutons 
aussi, parce qu'il est presque du même âge, le précieux exemplaire d'Horace, n° 9776 ; il 
porte l'annotation excessivement rare, que ce recueil du protégé de Mécène, fut rassemblé 
par les soins de Vettius Agrorius Mavortius, qui avait été consul pendant l'empire de 
Constance, en l'année 355 de l'ère-vulgaire. On assure que cette annotation ne se trouve que 
sur cinq exemplaires, ce qui est d'autant plus remarquable, que de tous les poètes anciens, 
Horace a été le plus souvent transcrit au moyen âge. 



CHAPITRE XI. 

Bibliothèques des rois de Germanie et de Lotharingie. 

Si les lettres , malgré l'influence des bibliothèques monastiques , dégénéraient à la cour 
des faibles et malheureux rois carlovingiens de la France-Occidentale , il n'en était pas de 
même à la cour des empereurs d'Allemagne, rois de Lotharingie. La race du bâtard Arnould, 
régnait en Lotharingie et par conséquent sur Aix-la-Chapelle ; c'est cet Arnoul qui chassa 
pour toujours de nos contrées les Normands , par une grande victoire remportée sur eux , 
en 895, à la vue de la colline où est aujourd'hui le palais de Laeken, il mourut en 899. 
Arnoult était fils de Carloman , qui était mort en 880 , petit-fils de Louis-le-Germanique , 
décédé en 876 , lequel Louis-le-Germanique était frère de Charles-le-Chauve et avait été 
élevé avec lui ; ils avaient souvent habité le palais d'Aix-la-Chapelle ; Glismonde, fille de ce 
bâtard Arnould, était mère du roi de Lotharingie et de Germanie, Henri l'oiseleur, décédé 
en 956. Celui-ci eut deux fils, Otton-le-Grand, roi de Germanie et de Lotharingie et ensuite 
empereur et Brunon. 

Otton-le-Grand et Otton II , son fils , furent des protecteurs éclairés des études : Brunon 
ou Bruno , frère d'Otton-le-Grand , archevêque de Cologne , et archiduc du royaume de 






DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. i.vii 

Lotharingie, au nom de son frère, et par conséquent l'un de nos princes, habita souvent 
le palais d'Aix-la-Chapelle. On ne peut douter que les monuments et les livres délaissés dans 
ce séjour de prédilection de Charlemagne , n'aient contribué, malgré les désastres de ces 
temps de ravages des Normands, en Belgique, et d'usurpations des grands vassaux sur la 
puissance suprême, à éclairer l'archiduc Brunon; il était un des savants les plus illustres de 
ce siècle : « En quelque lieu qu'il allât, disent les auteurs de l'histoire littéraire de France, 
sa bibliothèque le suivait partout. » L'auteur de sa biographie atteste qu'il s'occupait de la 
lecture pendant tous les instants qu'il ne donnait pas à l'administration de son archevêché et 
du royaume de son frère. Une mort prématurée, résultat de ses travaux excessifs, l'enleva en 
l'année 96S, aux lettres et aux sujets de son frère, qui sont nos ancêtres. 

Brunon est le plus ancien des gouverneurs-généraux de nos provinces, car c'est lui qui 
créa le duché de Lothier, Basse-Lorraine ou Brabant, etc., totalement séparé du duché 
de la Haute-Lotharingie ou Lorraine proprement dite; il prit, après cette division, le titre 
d'archiduc. Par une heureuse comparaison, on remarque qu'un de nos derniers gouverneurs- 
généraux fut le prince Charles de Lorraine ; il était comme Brunon , frère d'un empereur, 
qui est François I er , il était aussi comme Brunon , un des plus éclairés protecteurs des lettres, 
quoiqu'il fût peu savant, mais il avait le rare discernement de reconnaitre les gens de mérite. 

L'église de Liège, vers ce même temps, mais quelques années après Brunon , eut pour 
évêque le savant Notger ou Notker, autre protecteur des lettres et des bibliothèques ; nous 
l'avons fait connaître précédemment ; il était le conseiller et l'ami des deux empereurs 
Otton II et Otton III, et si l'on peut ajouter à ces grands noms, un fait moins illustre, nous 
dirons qu'il y a dans la Bibliothèque de Bourgogne (n° 1136) un des beaux manuscrits 
d'histoire et de géographie intitulé : Otia imperialia, (Loisirs impériaux), dédié par Gervatius 
Tylberiensis , son auteur, neveu du roi d'Angleterre Henri II, au jeune prince, fils de 
Mathilde sœur de ce roi , et qui fut ensuite connu sous le nom d'Otton IV ; il était fils de 
l'illustre Henri-le-Lion, si célèbre par sa puissance et par ses malheurs. 



CHAPITRE XII. 

Des derniers Carlovingiens et des Capétiens avant St. -Louis. 

Revenons aux bibliothèques royales de France, qui précèdent celles de la maison de Valois 
et de la maison de Bourgogne. Pendant le dixième siècle, la dynastie angevine, qui plus 
tard fut appelée capétienne, rivalisait avec la dynastie carlovingienne, par des élections; 
elle régna sans obstacle depuis l'avènement de Hugues Capet , après que Charles de France , 



i.viu NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

le dernier des Carlovingiens, fût parti de Bruxelles en l'année 991, pour le combattre, quoi 
qu'il fût abandonné du comte de Flandre, son cousin, de la race carlovingienne comme lui et 
par conséquent intéressé au succès de son entreprise. Charles fut fait prisonnier, par 
trahison , dans la ville de Laon , capitale des derniers rois carlovingiens. 

Charles avait donc été reconnu roi des Français , dans leur capitale de ce temps-là. Il nous 
semble que c'est à tort qu'on a supprimé son nom de la liste des souverains de la France. 
C'est à nous autres Belges , qu'il appartient de revendiquer cette omission , et de faire 
observer que si Charles, comte de Bruxelles, duc de Lothier, n'avait pas été prisonnier de 
Hugues Capet, comte de Paris et d'Orléans, l'histoire moderne aurait pris une face tout-à-fait 
différente ; les destinées de la Belgique eussent été peut-être supérieures à celles de l'Ile de 
France et de l'Orléanais , noyau de la nouvelle monarchie française. La ville de Paris, que 
dix siècles de résidence royale onl tant agrandie, ne serait peut-être en ce moment qu'une 
ville de province. 

Le roi Hugues Capet, ayant associé à la couronne Robert, son fds, le confia au savant 
Gerbert qui avait une école à Rheims, et qui depuis fut pape sous le nom de Silvestre II. 
Ce souverain pontife, était encore plus zélé bibliophile que l'archevêque Hincmar et que 
l'archiduc Brunon ; il écrivait partout, après son arrivée à Rome, pour recueillir des 
livres, ce qui paraît démontrer qu'alors l'Italie et même la ville de Rome, n'étaient pas 
plus riches en librairies que la Gaule-Belgique et, par conséquent, les bibliothèques 
bénédictines dont on a parlé au chapitre précédent. Voici l'extrait fort connu d'une de ses 
lettres : « Bibliothecam assidue comparo , et sicut Romœ dudum ac in aliis partibus ltalise, 
» in Germaniâ quoque ac in Belgicâ scriptores, auctorumque exemplaria multitudine 
» redemi. » « Je rassemble avec assiduité une bibliothèque et de même que j'ai acheté des 
» livres à Rome et dans d'autres parties de l'Italie , j'en fais venir d'Allemagne et de 
» Belgique. » 

Cette citation est ici reproduite, parce qu'il y a probabilité que l'expression Belgica 
s'adapte, nous le réitérons, aux monastères de nos provinces, qui dépendaient de la métropole 
archiépiscopale de Rheims et dans lesquels les bibliothèques devenaient alors florissantes, 
comme on l'a dit au chapitre précédent. 

Le roi Robert, élève du pontife bibliophile Gerbert ou Sylvestre H, ayant composé des 
hymnes sacrés que l'on connaît, avait sans doute une bibliothèque. C'était vers ce temps, que 
se formait l'université de Paris, réunion d'écoles de toute espèce, que le pape qualifiait d'uni- 
versilas vestra, dans les formulaires des dépêches, d'où est provenu son titre. Cette université 
modèle éclairait le moyen âge par des études supérieures aux connaissances vulgaires et par 
de célèbres docteurs , écrivains d'un grand nombre de livres qui ornent nos bibliothèques, 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. lix 

tandis que la cour du roi et de la reine de France était embellie, dans cette même ville, par les 
poésies des ménestrels et par la présence d'un nombre considérable de vassaux régnicoles et 
d'autres nobles étrangers, qui, rivalisant de luxe et d'urbanité, encourageaient la formation 
de la langue et de la littérature française. Ainsi, tout contribuait depuis le onzième siècle, 
à faire devenir cette grande ville la métropole de l'atticisme moderne et de la civilisation 
européenne. 

Nous serions entraînés trop loin hors de la sphère des bibliothèques, si nous suivions les rois 
Henri I er , Philippe I er , Louis-le-Gros, Louis-Ie-Jeune et Philippe Auguste, qui furent élevés 
avec soin dans la connaissance des lettres et qui en étaient les protecteurs ; les dédicaces des 
livres qui leur furent offerts et que l'on connaît, attestent qu'ils encourageaint les savants; 
sans doute ces livres, à eux dédiés, étaient placés dans leurs bibliothèques royales, mais 
l'histoire de ces temps anciens ne présente pas assez de documents pour pouvoir démontrer 
quel était alors létat de la bibliographie à la cour de France. 

C'est avec peine qu'il faut renoncer ici à résumer l'état des livres de la cour des comtes de 
Flandre, des ducs de Brabant, des comtes de Hainaut et des autres souverains des Pays-Bas. 
Malheureusement nos annales, remplies de guerres, de révoltes et d'autres calamités, sont 
incomplètes ou trop succinctes, sur la plupart des objets de prospérité publique : il était 
réservé au dix-neuvième siècle , qui est le nôtre , d'observer l'état industriel , scientifique et 
moral des peuples, de préférence au degré de la gloire personnelle du prince. 

Remarquons cependant que Baudouin IX, comte de Flandre et empereur de Constanti- 
nople, eut pour chancelier le célèbre prosateur Ville Hardouin, historien français et que lui- 
même il écrivit une relation de la croisade, qu'il envoya au pape Innocent III. Sans doute ce 
prince était lettré, mais ses études ne s'étendaient guères sur l'antiquité classique, puisqu'il 
permit la fonte des chefs-d'œuvre de l'antiquité , à Constantinople , pour faire de la monnaie 
de billon, comme on l'a dit ci-dessus. Marguerite, sa fille, séduite par Bouchard d'Avesne, son 
précepteur, aimait sans doute plus les lettres que son père ; les actes publics de son règne 
portent un caractère fort supérieur aux siècles précédents. Guillaume de Dampierre, fils de 
Marguerite, était une des illustrations littéraires du treizième siècle. Le magnifique roman 
n° 4783 , de la Bibliothèque de Bourgogne , intitulé : Pamphile et Galatée, lui fut dédié et 
lui avait appartenu. Ainsi l'on arrive jusqu'au quatorzième siècle en suivant le mouvement 
progressif des études , de la littérature et des bibliothèques qui en renferment les monuments. 

Nous ferons connaître plus loin, aux provenances de la Bibliothèque de Bourgogne, quelques 
livres précieux qui enrichirent les bibliothèques de nos princes des différents états de Bel- 
gique, avant la maison de Bourgogne. Nous aurions dû indiquer ici les dates des fondations 
des monastères jusqu'au treizième siècle , qui eurent des scriptoria, dont les manuscrits sont 



lx NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

en cette Bibliothèque de Bourgogne ; mais nous avons préféré réunir ces indications aux 
règnes de Philippe-le-Bon, de Marie-Thérèse et de Joseph II, dans la seconde partie de la 
présente notice historique; il en résultera l'avantage d'y trouver l'ensemble des productions 
de tous nos principaux scriptoria monastiques, avant l'invention de l'imprimerie. 



CHAPITRE XIII. 

Bibliothèque établie par le roi St.-Louis. 

Devant nous hâter d'arriver à la description de la Bibliothèque de Bourgogne, nous n'allons 
dire que quelques mots sur les librairies des rois S'.-Louis et Charles-le-Sage, qui ont servi 
de modèles aux librairies des ducs de Bourgogne et à toutes nos bibliothèques modernes. 
Parlons d'abord de S*. -Louis. 

Aucun monarque français, depuis Charlemagne et Charles-le-Chauve, n'avait aimé autant 
que lui les livres et la lecture. On s'en assure par un passage de sa biographie, écrite par 
le confesseur de la reine Marguerite, sa veuve; en voici la copie conforme à l'imprimé 
publié : 

« Li benoiet saint Loys entendanz que l'en ne doit pas despendre le tens en choses 
» oiseuses ne en demandes curieuses de cest monde , lequel tens doit être emploie en choses 
» de pois et meilleurs , s'estude il metoit a lire sainte Escriture , car il avoit la bible glosée 

» ET ORIGINAUX DE S t .-AUGUSTIN , ET D'AUTRES SAINZ ET AUTRES LIVRES DE LA SAINCTE ESCRIPTURE , 

» esquex il lisoit et fesoit lire moult de foiz devant lui el tens dentre disner et heure de 

» dormir, c'est à savoir quant il dormoit le jour Et ce meesmes fesoit il moult de foiz 

» après dormir jusques a vespres, quant il nestoit enbesoigne de choses pesanz. Et fesoit 
» es heures et es tens desus diz, apeler aucuns religieus et aucunes autres personnes 
» honestes, a qui il parloit de Dieu , de ses Sainz et de leurs fez et a la foiz des histoires de la 
» sainte Escripture et de la vie des Pères. Et avecque tout ce chascun jour quant complie 
» estoit dite de ses chapelains en sa chapele, il sen r'aloit en sa chambre, et adoncques 
» estoit alumée une chandele de certaine longueur, cest à savoir trois piez ou environ , et 
» endemantieres que ele duroit, il lisoit en la Bible et en un autre saint livre. » {Fie de 
St.-Louis, page 322 _, édition de l'imprimerie royale; 1761). 

L'auteur ajoute que pendant ses repas, il conversait de la leçon du jour avec un maître 
en divinité (c'est-à-dire en théologie) de l'abbaye de Royaumont, qu'il avait fondée; que 
devant lui on lisait le psautier, qu'il s'asseyait parmi les moines convoqués au son de la 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ..x. 

cloche, pour entendre une lecture pieuse. « Et aucunes foiz li benoiez Rois entroit es escholes 
» des Frères Prêèchéeurs de Compiegne , si seoit ilecques sus un carrel a terre devant le 
» mestre lisant en chaiere, et Iescoutoit diliganment, et li Frères si seoientes sièges haut, 
» si comme il avait accoutume en l'eschole, et quant li Frère voloit descendre de leur siège 
» et seoir à terre, il ne le souffroit pas. » L'auteur ajoute enfin que plusieurs fois le roi 
montait au lutrin du réfectoire de Compiegne, pour écouter le frère qui lisait la leçon pendant 
les repas. 

Ce passage concorde, quant au résultat, avec le texte de Mathieu Paris, qui dit que ce roi 
fit établir une bibliothèque en la S te . -Chapelle, et que cette bibliothèque renfermait la Sainte 
Ecriture , les Saints Pères et d'autres livres de piété , dont il est fait mention au passage 
ci-dessus. 

M. Petit Radel nous informe qu'au retour de la croisade d'Egypte et de Syrie, (on sait que 
S*. -Louis revint en Européen l'année 1254), Géoffroide Beaulieu, son confesseur, lui inspira 
le désir d'imiter un sultan qui avait fait rassembler une bibliothèque près d'une mosquée, 
pour son usage personnel et pour le public. Nous voyons ici quelques réminiscences de 
l'établissement des bibliothèques des Ptolomées. 

Alors S*. -Louis, voulant être au moins aussi libéral qu'un prince infidèle, fil adapter 
dans le bâtiment de la trésorerie de la S te .-Chapelle , son église de prédilection , une 
salle pour recevoir une collection de livres ; il venait lui-même se mêler parmi les lec- 
teurs de toutes les classes , comme il faisait chez les dominicains de Compiegne. Voici le 
texte qui concerne cet établissement, que nous copions d'une citation de M. Petit Radel : 
« Locum aptum ad hoc œdificare fecit, scilicet Parisius in capellae suse thesauro, ubi 
plurima originalia tam Augustini, Ambrosii, Hieronymi, etc., libros sedule congre- 
gravit. » 

Mais SVLouis ne borna point sa générosité à recueillir des livres, il préféra y rassembler les 
copies qu'il commandait, laissant les textes originaux à leurs anciens propriétaires, pour 
augmenter le nombre des livres en circulation dans le public. Cet exemple est bien rare 
dans un bibliophile. 

On ne peut se dispenser de copier encore ici les expressions textuelles que voici, de M. Petit 
Radel, (page 126) : «Quel beau caractère n'imprime pas au règne de S 1 . -Louis, l'idée de réunir 
» dans sa bibliothèque, les copies de tous les manuscrits divers qui existaient en France, d'y 
» donner accès aux personnes déjà formées dans les études scholastiques et qui se trouvaient 
» engagées en diverses professions , de joindre enfin à ces deux idées , celle de faire servir 
» cette même collection royale à la rédaction d'un corps d'encyclopédie , telle qu'il pouvait 
» résulter des connaissances acquises à cette époque. » 



lxii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

En résumé, il nous semble que cette idée d'universalité des études était digne de ce grand 
roi qui, cinq siècles et demi avant l'immortel général Bonaparte, avait voulu conquérir 
l'antique foyer de la civilisation pharaonique , c'est-à-dire la contrée dans laquelle les 
Ptolomées avaient créé l'entrepôt commercial des deux mers, la bibliothèque et le musée 
d'Alexandrie, dont nous avons parlé précédemment. 

C'est selon l'intention de S^-Louis , que Vincent de Beauvais , dominicain du couvent de 
Compiègne et précepteur de ses huit enfants, (il en avait eu dix), encore vivant à la fin de 
son règne, fut encouragé dans la rédaction de son Spéculum historiale, du Spéculum naturale 
qu'on lui attribue et d'autres ouvrages encyclopédiques. Un autre savant, qui enseigna à la 
mère de Jean-le- Victorieux, duc de Brabant, l'art de régner, était contemporain de Vincent 
de Beauvais, c'était S*. -Thomas d'Aquin, dont les écrits, aussi nombreux et plus variés que 
ceux des anciens Pères de l'Eglise , démontrent un profond esprit d'analyse et une réunion 
encyclopédique de connaissances. Gilles de Rome , auteur de l'Information des princes 
(Mss. 11099 de la fin du treizième siècle, 9468 et autres) longtemps avant Machiavel, était 
son disciple. 

Nous nous sommes étendus sur ces citations et sur ces réflexions qui en sont la consé- 
quence, parce que, mettant en avant l'exemple donné par S*. -Louis, nous avons cru devoir 
proposer en 1831, que la Bibliothèque de Bourgogne devienne la centralisation du plus 
grand nombre de collections de manuscrits qu'il eût été possible d'y réunir, pour satisfaire 
à toute espèce de lecteurs qui voudraient consulter les matériaux des études , et qu'elle fût 
encore un musée national pour l'histoire et la littérature , renfermant les manuscrits tant 
des meilleurs auteurs nationaux décédés que ceux des auteurs vivants , qui ne pourraient 
être reproduits par la typographie , à cause des frais trop élevés de leur édition , ou 
bien parce que les moyens pécuniaires des imprimeurs sont bornés ; car l'édition d'un 
livre est souvent l'émission considérable d'un capital, dans lequel l'imprimeur et le libraire 
n'ont pas toujours la certitude de rentrer, ma'gré l'utilité de l'ouvrage. Nous propo- 
sions aussi , que tout en admettant de semblables manuscrits pour augmenter les collec- 
tions de la Bibliothèque de Bourgogne, des encouragements eussent été accordés aux 
auteurs et eussent pu les indemniser et les récompenser, en attendant la possibilité de 
faire une édition typographique de leurs ouvrages. Il en serait résulté que la Biblio- 
thèque de Bourgogne, formée antérieurement à l'invention de l'imprimerie, aurait pu 
continuer de remplir sa noble destination, en marchant en concurrence avec l'imprimerie. 

Le roi S 1 . -Louis, comme on vient de le dire, avait fait placer ses livres auprès du 
trésor de ses joyaux, qui était en la Sainte Chapelle. Cette coutume de mettre les livres 
dans les trésoreries était ancienne, on l'a vue établie dès le temps des Assyriens dont nous 



un 



TABLEAU HISTORIQUE 

DE LA PROVENANCE DES MANUSCRITS 
DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. 



GÉNÉALOGIE. 



PROVENANCES. 



■■■■l 1 ''!'"" 1 !''"''- [Un. n* 11,! 



>i mmi> m: uni ih.im.m: \ u oi> 



hliolhequp du loutre, ■!■ 1380. 



Avanl nuvenlioo de l'Imprlmerlt; : période de la formation il'unv Numirle- ou bibliothèque àl-HO-H07. r_ 
Manuscrite , pour l'utilité et \<? délassement des duts de Dourp,onne-Vnlol*. De la lui Vlel 
101 n de Bibliothèque des ducs de Bourf-0[[ne. 



en 1583, n 



Acqulillloni ciimllci do u bibliothèque 
l.+'enisûl.cbarluV^cnTsBo" 



la Diblloiiicquc de nourgog 



'■.* MM, mère du duc Phillppc-I 



de Sainur, *!«(). 
ïV, (p nuit), nerllaijo c< 

[p. IC). ACqUlltllOUl Jilcr!« 


c, * M>.. 


. (p. .ci). TMDicriptloDi pou 


™:rr 


PLilippc-le-Eion, ion père. 





Teriode delà plus cram 
splendeur de la Dibli 
que de BourGOun.j. Kouvi.au 

scription des 

C'est aussi l'époque de 

l'.iJjjiiiLiim Jf [duiiiur; im- 
primés incunables, dis Ici 
premiers temps de l'impor- 
tation de l'art typonraptii- 




DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. lxiii 

avons fait mention à la page xiv précédente ; on verra plus loin que les ducs de Bourgogne 
l'ont conservée. 

Ce grand roi suivit un autre exemple ancien, que nous avons vu au règne de Charles-le- 
Chauve; car par son testament il partagea ses livres : \° entre les dominicains de Com- 
piègne, en y laissant ceux qui s'y trouvaient déjà pour les travaux du frère Vincent de 
Beauvais; 2 do entre les frères mineurs de Paris et l'abbaye de Royaumont. « Libros vero 
nostros, quos tempore decessûs nostri in Franciâ habebimus, prœter illos qui ad usum 
Capellse pertinent , legamus Fratribus Prœdicatoribus et Fratribus Minoribus Parisius , 
abbatise Regalis Montis et Fratribus Prœdicatoribus Compendio. » 

S^-Louis par cette disposition testamentaire, qui avait pour objet de partager sa biblio- 
thèque entre plusieurs monastères, voulait, outre la perpétuité de leur conservation dans des 
établissements de morte-main, y faire remplir les lacunes des collections, ce qui se démontre 
par l'expression secundum discretionem executorum, qu'il ajoute à cette disposition , car 
disperser arbitrairement sa bibliothèque, en aurait diminué toute la valeur. 

En effet, laissant à part le grand nombre d'enfants de S^-Louis, co-partageants selon 
l'usage établi alors pour les successions, on verra par le récit des diverses provenances 
de la Bibliothèque de Bourgogne, combien de fois les livres de S l .-Louis auraient passés à 
des héritiers collatéraux ; ils s'y seraient dispersés par d'autres successions sous-collatérales, 
qui étaient sans nombre. 

Comme nous allons faire connaître plus loin les librairies du roi Jean , celles de ses fils 
dont l'aîné fut le roi Charles V, et celle du plus jeune, qui fut le premier de nos ducs de 
Bourgogne, et comme il y aurait à retrouver plus loin encore , dans ce résumé , les origines 
de toutes les provenances de la Bibliothèque de Bourgogne, nous allons former un seul tableau 
généalogique et bibliographique depuis S^-Louis jusqu'à S. M. la Reine actuelle des Belges. 
Ce tableau est en regard de la présente page. 



CHAPITRE XIV. 

Bibliothèques des rois Charles F et Charles VI. 

Nous ne ferons aucune mention spéciale des successeurs de S l .-Louis jusqu'au roi Charles V, 
surnommé le Sage, quoique la Bibliothèque de Bourgogne possède quelques-uns de leurs 
manuscrits, tels que la Somme Leroi (n° 9544) qui paraît être une copie de celui offert 
au roi de France. 



lxiv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Le roi Charles V, pendant un règne qui ne dura que seize ans, depuis 1364 jusqu'en i380, 
avait pris S l .-Louis pour modèle, il évita de commettre les fautes de celui-ci, fautes qui 
provenaient généralement de l'excès de sa magnanimité. L'administration et la prévoyance 
de Charles V, ont de tels rapports avec le règne de S*. -Louis, qu'on peut quelquefois s'y 
méprendre. Aussi, par exemple, les conseils que Charles V donna à son fils sont attribués à 
S*. -Louis mourant devant Tunis, tandis que, selon toute probabilité, ils portent la date de 
l'an 1374 qui paraît être du Bois de Vincennes. (Voir édition de Dufresne de l'histoire de 
S*. -Louis, page 116); carie roi Charles V n'avait en sa bibliothèque (n° 77) qu'une partie 
de l'écrit de Joinville sur S^-Louis. 

Il imita surtout S*.-Louis dans le soin de se former une collection assortie de livres 
utiles pour ses travaux, agréables pour l'éclat de sa couronne. Depuis Charlemagne 
et Charles-le-Chauve , il n'est question nulle part d'une aussi grande librairie que la 
sienne. 

Il n'avait hérité du roi Jean , son père , qu'un nombre de dix à vingt volumes , selon le 
témoignage de M. Barrois, auteur de la Bibliothèque protypographique des fils du roi Jean. 
L'énorme volume de Tite-Live , n° 9049 et 9050, parait être de la bibliothèque de ce roi. 
(Voir le n° 53 de la bibliothèque du Louvre). 

C'était encore sans doute le résultat du partage des livres du roi à son décès, entre ses fils 
qui étaient au nombre de cinq. Mais, quand on admettrait une centaine de volumes pour la 
totalité de la bibliothèque du roi Jean , cette quantité est très-bornée en comparaison de 
celles de ses fils, comme nous allons le voir. 11 est vrai que ceux-ci n'eurent pas à soutenir 
une guerre malheureuse contre les Anglais, à passer huit années sur 14 de règne, dans 
la prison de la Tour de Londres , et à supporter d'autres charges qui avaient obéré les 
finances royales. 

Charles V, et comme on verra plus loin qu'il fut imité par le duc Philippe-le-Bon , son 
arrière-neveu, avait plusieurs librairies dans ses châteaux royaux, car ce serait une erreur 
de soutenir qu il ne possédait que celle de la Tour du Louvre. Celle-ci à la vérité était la 
principale , les autres n'en étaient que des succursales, parce que la résidence principale du 
roi était au château du Louvre, dans Paris. 

Si l'on doutait que le roi Charles V eût eu plusieurs bibliothèques, on en trouvera la 
preuve au texte d'un mémoire de M. Boivin, le cadet, publié au tome n de la collection 
de l'académie des Inscriptions, réimprimé par feu M. Van Praet, au commencement de 
l'Histoire de la bibliothèque du Louvre, publiée en 1836. 

« Outre cette bibliothèque, dit M. Boivin, le même roi avait encore en ses autres châteaux 
» à S 1 . -Germain, au bois de Vincennes, à la Tour de Beauté, des études et des cabinets de 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. lxv 

» livres , mais il n'avait dans chacun de ses cabinets , que quelques tables de livres choisis 
» pour son usage, et presque tous de la grande bibliothèque. » Cette assertion se démontre 
par plusieurs articles du catalogue du Louvre. Les fonctions de bibliothécaire, qui plus tard 
furent confiées au garde des joyaux, par les princes de la maison de Bourgogne-Valois, 
ne sont pas désignées par une dénomination spéciale, parmi le personnel de l'hôtel du roi. 
C'est une preuve que les librairies royales n'étaient guères considérables et que les livres 
faisaient partie des joyaux. 

L'ordonnance de S 1 . -Louis, du mois d'août 1261, fait mention du valet de chambre. Les 
mêmes fonctions de ce valet de chambre seront cent et dix ans plus tard confiées à Gilles Mallet, 
qui cumulera celles de bibliothécaire de Charles V, ayant la garde des joyaux, selon qu'on 
peut le lire à l'inventaire de la bibliothèque du Louvre, dont nous allons parler. 

Dans cette ordonnance de 1261, le poste relatif aux valets de chambre suit immédiatement 
les deux premiers postes qui concernent les chambellans; les 4 e et 5 e postes sont relatifs à 
d'autres valets de chambre , parmi lesquels se trouve Petrus de Broda, cyrurgicus et valetus 
de camerâ ; c'est lui qui joua le rôle odieux de calomniateur, sous le règne de Philippe-le- 
Hardi, en accusant la reine Marie de Brabant, d'avoir empoisonné le fils de la I re femme du 
roi. L'ordonnance de 1285 de ce même roi Philippe-le-Hardi, ne fait point mention du biblio- 
thécaire, car dans ces deux ordonnances, les sommeliers (summularii) pour la chambre, pour 
les registres aux deniers et pour la chapelle, ne sont que des commis rédacteurs. 

L'ordonnance de 1317 reproduit à-peu-près les mêmes dispositions. 

Le plus ancien inventaire que l'on connaisse des livres du roi Charles V, est celui qui fut 
rédigé par Gilles Mallet , que nous avons dit être son valet de chambre et garde-joyaux , et 
par conséquent son bibliothécaire, le 2 avril 1574, style moderne, pàques tombant au 17 avril. 
Il en résulte que la date, vulgairement portée à l'année 1375, est inexacte. Voici la copie du 
titre qui commence le texte et qui se trouve à la page xxix de l'ouvrage de feu M. Van Praet : 

« Cy après en ce pappier sont escripts les livres de très souverain et très excellent prince 
» Charles le quint de ce nom, par la grâce de Dieu, roy de France, estans en son chastel 
» du Louvre en trois chambres, l'une sus l'autre, l'an de grâce M.CCCLXXÏII, enregistrés 
» de son commandement parmoy Gilet Malet, son varlet de chambre. » (On voit qu'il ne 
s'agit ici que du vieux style). 

Six ans plus tard, c'est-à-dire après le décès du roi Charles V, en 1580, âgé seulement 

d'environ quarante-quatre ans, car il était né le 21 janvier 1537, (n. st.), son plus jeune 

, frère, le duc de Bourgogne Philippe-le-Hardi , qui fut, un peu plus tard, comte de Flandre 

et d'Artois, avait ordonné le récolement de cette bibliothèque. En voici la preuve par les 

livres qui suivent selon le texte rédigé par Malet. {Voir Van Praet, ibid. p. xxix). 

P 



lxvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

« Les liures contenus cy-apres en ce liure ont estes inventoriés par maître Jean Blanchet, 
» secrettaire du Roy, du commandement de monseigneur de Bourgoingne, le vi e de novem. 
» mil CCC IHI XX et trois , y ont estez trouvez, exceptez ceulx qui sont signez et escripts sur 
» les marges, avoient este bailliez par le Roy, dont Diex ait lame, et ce fait le dit maistre 
» Jehan a prinse la clef des dis m chambres et portée au Roy, avecques un roule qui fu fait 
» de la coppie des ditz livres. » 

Quelques détails historiques sont ici nécessaires pour terminer d'expliquer ce qui concerne 
les bibliothèques royales de France. Le roi Charles V, toujours valétudinaire, avait eu neuf 
enfants qui se ressentirent presque tous de la mauvaise santé de leur père. Trois seulement 
lui survécurent. Charles, l'ainé, connu sous le nom de Charles VI, dès le moment où il 
succéda à son père, le 16 septembre 1380, était né le 3 décembre 1368 ; il n'avait par con- 
séquent pas encore douze ans. Pour le malheur de la France, il eut un esprit toujours 
débile et de fréquents accès d'aliénation mentale. Louis, duc d'Orléans, son frère, était né 
le 15 mars 1371 ; il n'avait donc que neuf ans; il est la tige des Valois d'Angouléme, dont le 
roi François I er descendit. Louis eût été capable , à sa majorité , de soutenir dignement le 
fardeau de la couronne royale, mais la loi salique ou plutôt une coutume ancienne, ne per- 
mettait pas qu'il fût substitué à son frère aîné encore vivant; Catherine, leur sœur, dont la 
naissance, le 6 février 1378, avait été la cause de la mort de leur mère, était un enfant âgé 
de deux ans et demi. 

Il n'y avait donc pour ces enfants en bas âge point de reine-mère qui fût devenue régente, 
comme au temps de S*. -Louis et en d'autres temps. La tutèle des princes et le gouvernement 
du royaume échurent, de droit, aux oncles du roi mineur. L'histoire n'a que trop retenti du 
scandale de leurs discordes , et , pour comble de malheur, les Anglais , alors ennemis 
acharnés de la France, établis sur son territoire, profitaient chaque jour de ces discordes, 
pour arriver enfin à faire couronner un de leurs rois, dans Paris. 

Ces événements malheureux furent sans doute la cause qu'il n'y eut point de partage des 
librairies de Charles V, entre ses trois héritiers qui étaient mineurs; elles restèrent quelque 
temps dans l'état où le roi défunt les avait laissées. On en aura la preuve plus loin, par la notice 
des livres retrouvés aux n os 1184 à 1236 de l'inventaire de la bibliothèque du Louvre que 
nous allons analyser, mais elles n'en furent pas moins peu-à-peu dilapidées plus tard. 

Après cet exposé , on comprendra pourquoi nous traitons simultanément ce qui con- 
cerne les bibliothèques , tant du vivant de Charles V, qu'après son décès, sous le règne de 
Charles VI. 

Analysons l'inventaire de la bibliothèque du Louvre. Il y en a deux éditions , la plus 
moderne est publiée par feu M. Van Praet, en l'année 1856. En parcourant ce volume on 



//■\ O,//- 








CA'-DtBrousc 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. 



LXVII 



reconnaît qu'il donne l'état de la bibliothèque depuis l'an 1574, sous Charles V, jusqu'au 
décès du roi, en 1380, avec les diverses mutations, arrivées pendant la minorité et même la 
majorité de Charles VI, car il y est fait mention d'un nouvel inventaire de l'an 1411 (v. st.) 

Selon M. Barrois, qui avait édité cet inventaire en l'année 1850, on verra (pages 49 et 86) 
qu'il y a 504 articles de la bibliothèque du Louvre, lesquels articles sont l'extrait du réco- 
lement fait par ordre du duc de Bourgogne probablement en 1383, comme on l'a pu voir- 
plus haut à la page précédente par ces mots s « Les livres contenus ci-après en ce livre , 
ont estes inventoriés, etc., etc. » 

Selon M. Van Praet (p. 146) il y avait des livres dans les trois chambres 
de la Tour du Louvre , ils y étaient au nombre primitif de 

Livres renvoyés par le duc de Guyenne, (fils aine du roi Charles VI), en la 
librairie du roi, en 1409, depuis le n° 911 (y compris) jusqu'à 950, avec 
cette indication : Finit par le n° 950 ^ l'état des livres appartenant à 
Charles V, dressé en 1373 (1374 n. st.) 

État des livres par nouvel inventaire, ou du 24 janvier 1411 (proba- 
blement 1412, n. st.) n° 951 (y compris) à 1122 



910 articles. 



Total, dont M. Barrois a extrait probablement les 504 articles. . 
Supplément de l'inventaire de Charles V, n° 1125 (y compris) à 1160 . 
Livres retrouvés en la chambre du roi, n° 1 184 (y compris) à 1256. . 

Total de la Tour du Louvre. 

Inventaire du château du bois de Vincennes, n° 1161 (y compris) à 1185 

Plus : Inventaire des autres châteaux royaux mémoire 

Plus encore : Livres détournés par divers princes et princesses , entre 
autres par les ducs de Bourgogne mémoire 

Total général selon M. Van Praet. . 
Total inventorié en 1574 (n. st.), selon M. Barrois. . 

Différence , non compris les deux postes pour mémoire , restés dans les 
châteaux royaux 



20 



192 



1122 

58 
55 

1215 
25 



1256 
504 

752 



Ainsi, la comparaison de l'inventaire des livres de la bibliothèque du Louvre sous Charles V, 
publié par feu M. Van Praet en 1856, avec l'inventaire de M. Barrois, publié antérieurement, 
en 1850, n'est point concordante; cela nous parait provenir de ce que l'inventaire de 



lxviii NOTICE SUR JL'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

M. Barrois est peut-être celui de 1374, qui était primitif, tandis que celui de M. Van Praet 
est l'inventaire avec ses récolements faits en 1383, etc. M. Barrois paraît nous en informer 
par une note placée à la page 49 de son livre, il y dit que « les ouvrages relatés dans les 
» inventaires de Bourgogne sont passés sous silence, ce qui réduit les 1122 numéros à 504. » 
Or, il n'y a pas de doute que depuis l'an 1374 jusqu'à la mort du roi, en 1380, à la 16 e année 
de son règne , beaucoup d'acquisitions n'aient augmenté une librairie déjà si riche dès la 
10 e année de ce même règne. Par conséquent les inventaires de Bourgogne donnent 
1122 articles effectifs au moment de la mort du roi. Voici la preuve des discordances par la 
comparaison des deux textes : le premier article de M. Van Praet, qui porte une date 
beaucoup plus moderne de 1398, en démontrera la vérité. 

M. BARROIS. M. VAN PRAET. 

1 . Un livre qui commence de Genesis, traité de Julius César 1. Une bible historiée et est en françois à iiij fermoirs 

et des Romains et s'appelle Lucain et Suetoine. d'argent, des armes de la Royne de Bourbon. Le roi la 

prince le xxix de décembre mi xx xviu (en 1398). 

2. Un livre du fait des Romains en françois, Suetoine. 2. Une bible en françois. 

3. L'original de Titus Livius, en françois, la l re translation 3. Une bible en françois. Portée à St.-Germain en Laye, l'an 

qui en fut faicte. lxxviu (1378) et mise par le roy en son estude. 

h. Les gestes du roy Pépin et de sa femme Berthe au -4. Une bible en françois, etc., etc. 
grant pié, et les gestes de C/iarlemaine, etc, etc. 

Le livre qui commence : De genesis, (n° 1 , de M. Barrois) est le onzième de M. Van Praet -, 
en voici l'intitulé : Un autre livre qui aussi commence : De genesis , traite de Julius César et 
des Romains et s'appelle Lucain et Suetoine. Le n° 2 est le 25 me , page 7, intitulé : Le fait des 
Romains , en françois, Suetoine. L'original de Titus Livius est le 33 aie , page 10, que nous 
allons remarquer au paragraphe suivant. Les gestes du roy Pépin et de sa femme Berthe, et de 
Charlemaine est le n° 35 , page 1 1 . 

La suite de cette comparaison ferait connaître, si nous la poussions plus loin, l'opinion que 
M. Barrois a émise; qu'il a publié, comme nous l'avons dit, l'inventaire primitif de 
Tan 1 374 , tandis que M . Van Praet a publié l'inventaire fait après décès de Charles V qui 
arriva en 1380. Ce serait une erreur de penser que cette comparaison est un vain étalage 
d'une érudition facile à produire dans ce résumé : non sans doute , nous l'avons établie 
parce que tout nous porte à croire que quelques livres des rois Jean, Charles V et Charles VI, 
se trouvent en ce moment en la Bibliothèque de Bourgogne ; ils y sont entrés probablement 
pendant les malheurs de la France sous Charles VI et sous Charles VII, lorsque les ducs de 
Bourgogne, Philippe-le-Hardi , Jean-sans-Peur et Philippe-le-Bon , furent tout puissants 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. lxix 

dans les hôtels de ces deux rois et dans l'hôtel du prince régent d'Angleterre, beau-frère de 
Philippe-Ie-Bon. Parmi ces précieux ouvrages il faut remarquer le n° 3 de M. Barrois, qui est 
le 35 e de M. Van Praet, il provient de la librairie du roi Jean. On n'en peut douter parce que 
la dédicace réunit tous les caractères de cet ouvrage, tant à cause du texte que par la 
miniature, et même par le texte susdit des inventaires: «L'original de Titus Livius, en 
» françois, la i re translation qui en fut faicte. » 

On jugera donc que cette vérification est du plus grand intérêt pour constater les plus 
précieuses, sans doute, et les plus anciennes, peut-être, des provenances de la Bibliothèque de 
Bourgogne , dont la célébrité est européenne , bibliothèque qui est un des ornements du 
royaume de Belgique. Je dois ajouter ici que n'ayant pas été à Lille, à Paris, à Dijon, pour 
vérifier cette comparaison importante, depuis que j'ai l'honneur d'être conservateur de cette 
bibliothèque, je donne ces détails en consultant les seuls livres imprimés de M. Barrois 
en 4830, de feu M. Van Praet en 1836 et la dissertation de Boivin. 

Poursuivons nos comparaisons. On voit au dernier feuillet de l'inventaire publié par 
M. Barrois, page 86, que le dernier article porte n° 504, S 1 . Graal. Merlin, etc., tandis qu'il 
y en a 1236, comme on l'a vu au tableau ci-dessus, selon M. Van Praet. On lit ensuite, qu'il 
y a sur un feuillet blanc dudit inventaire, selon MM. Barrois et Van Praet : « Ce présent livre 
» appartient à moy Françoys, roy de France, par la grâce de Dieu» Cette signature est 
doublement précieuse à cause du grand nom de François I er et de l'antiquité de cette pièce, 
qui par cette illustre signature devient authentique. 

Dans l'ouvrage de M. Van Praet, on trouve le compte de remise de la gestion de feu Gilles 
Mallet par sa veuve, on y lit : « Et pour entendre ce présent compte est assavoir que l'an 
» mil CCC LXX1II (vieux style , c'est 1574, c'est le 2 avril avant pasques qui tombait le 19), 
» furent premièrement inventoriez et mis en escript tous les livres, etc., etc., item comme 
» après le trépassement du dit feu roy Charles le quint, qui fut en septembre M CCC 1III XX , 
» ledit inventoire fut recole , le vi e jour de novembre oudit an IIH XX ;.... item que assez tost 
» après (le décès du roi), c'est assavoir le cinquième jour du mois de novembre Tan 
» mil CCC HII XX et fut a Reins le roy, nostre sire , qui a présent est bien certene par 
» Messeigneurs ses oncles et autres de son conseil de la bonne garde qui avoit fait ledict 
» messire Giles». Le sacre de Charles VI n'eut donc pas lieu le 4 novembre, selon l'Art de 
vérifier les dates. 

D'autres inventaires, récolements, restitutions, dons à différentes personnes sont encore 
indiqués par M. Van Praet; ces articles appartiennent au règne de Charles VI et même à 
l'occupation anglaise, tels que ceux de 1409, 1412, (n. st.) 1415, 1418, 1425, 1429. 
Quant aux donations, elles furent faites à la vieille dame Marguerite d'Artois, au comte 

<1 



1A x NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

de Flandre, aux ducs d'Alençon, d'Anjou, de Bourbon, de Berry, de Bourgogne, aux 
chirurgiens du feu roi Charles V, etc., etc., etc., comme on l'expliquera au tableau delà 
X e provenance qui est à la fin de ce catalogue. 

Pour mieux démontrer l'importance de la vérification à faire de ces inventaires à Paris, 
à Lille, et peut-être à Dijon, après avoir pris une connaissance parfaite de la Bibliothèque 
actuelle de Bourgogne à Bruxelles, il suffit de reproduire le passage suivant du texte de 
M. Van Praet, pages xxxv et xxxvi : « L'inventaire qui a servi à cette opération (en 1413 
» et 1419) et qui a été inconnu à Boivin, ainsi qu'aux autres historiens de la bibliothèque 
» du roi, se conserve encore aujourd'hui parmi les manuscrits de cet établissement, c'est un 
» monument curieux pour l'histoire de la bibliothèque royale , comme on va le voir par la 
» description que nous (Van Praet) allons en donner, etc., etc. » 

Une autre remarque est encore de la plus haute utilité : les bibliothécaires, avant l'invention 
de l'imprimerie, avaient pour moyen de reconnaissance des manuscrits qu'ils inventoriaient, 
l'indication des premiers mots du second et du dernier feuillet. Selon M. Van Praet (p. xxxiv), 
cette méthode a été peut-être employée à l'inventaire de l'an 1411 (v. st.). On doit regretter 
que ces indications indispensables, qui désignent les livres d'une manière infaillible, n'aient 
pas été publiées. Nous y reviendrons avec de plus grands détails aux récolements des inven- 
taires de la Bibliothèque de Bourgogne. 

En dernier résumé, nous le réitérons, ce monument paraît être également curieux et 
utile pour constater quels sont ceux des manuscrits de Jean II , de Charles V et de Charles VI 
(car il y en a plusieurs, comme on vient de le dire) qui ont passé de la bibliothèque de ces trois 
différents rois, en la Bibliothèque des ducs de Bourgogne. 

Ainsi finalement, le récit succinct que nous venons de faire des bibliothèques anciennes 
et de celles des rois de France jusqu'à la maison de Valois , est un préliminaire nécessaire 
pour bien apprécier l'origine de la Bibliothèque de Bourgogne , dont nous allons donner 
l'explication à la partie suivante de cette notice. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. lxxi 



DEUXIÈME PARTIE. 

RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE SPECIALE DE LA. BIBLIOTHEQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. 



PREMIERE SECTION. 

LIBRAIRIES DES QUATRE DUCS DE BOURGOGNE- VALOIS. 



CHAPITRE PREMIER. 

Philippe-le-Hardi, 4369-4404. — Marguerite, 4369-4405. 

En l'année 4364, trois ans avant l'avènement de Charles V à la couronne royale de 
France, le roi Jean, son père, accueillant favorablement la demande des Etats du duché 
de Bourgogne, qui venaient de perdre le dernier rejeton de leurs souverains, en la personne 
de Philippe de Rouvre et qui désiraient avoir un prince qui résidât dans leur pays , eut la 
faiblesse d'accueillir leur demande. Nous disons la faiblesse, car il n'aurait point dû , selon 
notre opinion , aliéner de nouveau un des plus grands fiefs de France , qui était revenu à la 
couronne , dans un temps où l'on devait céder plusieurs provinces aux Anglais , après Ja 
malheureuse bataille de Poitiers, perdue en l'année 4356. Il accorda pour souverain aux 
États de Bourgogne , Philippe-le-Hardi , qui était le plus jeune de ses fils et son compagnon 
de captivité à la tour de Londres. Un manuscrit n° 44483, intitulé : Des déduits de fortune, 
fut composé pour l'éducation de ce jeune prince, à Heldesfort en Angleterre, par Gaces del 
Vingne, le chapelain du roi son père. 

On doit se ressouvenir ici que les fils du roi Jean étaient Charles , duc de Normandie , 
dauphin de Viennois qui fut roi après lui 5 Louis duc d'Anjou ; Jean duc de Berry et enfin 
Philippe-le-Hardi, d'abord duc de Touraine, ensuite duc de Bourgogne. 



lxxii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Tous ces princes étaient bibliophiles comme leur père , et à l'exemple du roi Philippe de 
Valois, leur aïeul, dont on a le manuscrit intitulé : Des dits moraux. (Voir n° 10406 de 
l'inventaire). On peut avoir la preuve de leur goût pour les livres, par les volumes qui furent 
plus tard détournés de la bibliothèque royale, après la mort de Charles V, et qui enrichirent 
leurs bibliothèques , entre autres celle de Bourgogne ; on le voit aussi par les dons des livres 
qu'ils se faisaient entre eux ou qu'ils recevaient de différentes personnes que nous aurons 
soin de désigner aux tableaux des provenances. 

En l'année 1369, le duc Philippe-le-Hardi épousa Marguerite, fille unique et seule 
héritière de Louis de Maie, comte de Flandre, fils de Louis de Nevers ou de Crécy. En 
l'année 1582 , Philippe et Marguerite héritèrent du comté d'Artois et de celui de Bourgogne 
ou de la Franche-comté, par le décès de Marguerite, leur aïeule, qui en était souveraine, et 
qui était veuve, en premier mariage, du susdit Louis de Nevers, comte de Flandre, tué à 
Crécy, en 1346, et mère de Louis de Maie. Cette dame, d'un âge très-avancé, car elle était 
octogénaire, avait contribué pour beaucoup à décider Louis de Maie , son fils , à donner sa 
fille en mariage, au duc de Bourgogne, malgré la répugnance des États de Flandre, qui 
redoutaient, comme les Bourguignons l'avaient manifesté huit ans auparavant, d'avoir un 
souverain ayant de grands domaines hors du pays et devant par conséquent souvent 
s'absenter. 

En l'année 1384, Philippe et Marguerite héritèrent enfin du comte de Flandre, par le 
décès de Louis de Maie. Ces notices préliminaires sont très-connues, il est vrai, mais on a dû 
les reproduire, parce que ces détails de famille et de successions seront nécessaires pour 
établir l'ordre des provenances des manuscrits. 

Nous nous arrêtons ici un moment , pour expliquer le mot provenance. Nous réclamons 
l'indulgence des lecteurs pour leur faire observer que nous sommes les premiers qui l'ayons 
employé à la Bibliothèque de Bourgogne, dès l'année 1850, après l'avoir adopté depuis long- 
temps auparavant aux anciennes archives de l'état, à Bruxelles. 

Ce mot nous paraît être préférable, relativement à la Bibliothèque^le Bourgogne, aux 
expressions d'origine ou de fond; car l'expression commerciale provenance généralise plus 
exactement toute espèce d'acquisition, quelle que soit son origine par des achats, des donations 
ou par un transfert partiel d'un autre établissement. Quant au mot fond, il est exact dans un 
dépôt central comme celui de Paris, dans lequel se trouvent agglomérés les autres dépôts ou 
collections, résultant d'une mesure générale. Mais, comme beaucoup de manuscrits de la 
Bibliothèque de Bourgogne sont entrés isolément, de même que dans une bibliothèque 
de particulier, l'expression provenance désigne mieux les diverses natures des entrées. Cette 
expression a été probablement reçue avec indulgence, car nous l'avons retrouvée dans des 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. lxxih 

livres qui ont reproduit textuellement de grands fragments historiques, bibliographiques 
et administratifs , concernant la Bibliothèque de Bourgogne. 

Après cette remarque, une autre observation préliminaire est encore nécessaire; elle est 
relative aux détails de chacune des provenances. Les listes qui les composent sont le résultat 
du dépouillement de l'inventaire qui va suivre ce résumé, depuis len° i jusqu'à 18000. Nous 
avions eu en premier lieu l'intention de les intercaller au texte de la présente notice, en ayant 
soin toutefois, de n'indiquer que succinctement les ouvrages qui les réunissent; c'était 
pourquoi nous avions eu l'honneur de proposer de faire paraître les volumes du Répertoire, 
qui sont les tomes h et suivants de ce catalogue, avant le présent tome premier qui ren- 
ferme l'Inventaire ; mais des dispositions ultérieures ayant prescrit que le tome premier 
parût avant les autres, il a fallu se borner ici à donner les explications sur les provenances, 
dont les numéros seront indiqués à la fin de l'ouvrage. 

En effet, devant relater à chaque provenance, la page et le volume du catalogue, on ne 
peut le faire qu'après que les pages et les volumes auront été imprimés; c'est ici, comme en 
bien d'autres opérations, que l'on reconnaîtra la différence dont peu de personnes sont 
instruites, entre un catalogue de livres imprimés et un catalogue de manuscrits. Chaque 
manuscrit qui est dans le même volume, comme on le sait, forme un article distinct; leur 
collection dans ce volume , est quelquefois une petite bibliothèque , tel est le volume 
n° 1608 à 1628 de l'Inventaire. On le voit de même aux inventaires déjà plusieurs fois cités 
de la bibliothèque du Louvre; on le voit aussi à ceux rédigés au siècle dernier. II en est 
ainsi, par exemple, de celui de Franquen, qui fut fait après l'incendie du palais de Bruxelles 
en 1731. Un volume manuscrit renferme donc souvent plusieurs ouvrages totalement 
distincts, dès lors l'inventaire préliminaire qui ne peut être par classification méthodique, 
est indispensable. Mais on n'en a pas besoin aux catalogues des imprimés, parce que chaque 
volume ou tome imprimé est un texte complet, qu'on distingue facilement par son grand titre, 
et que l'on classe sans difficulté. Ceci sera expliqué plus amplement à la troisième partie de 
cette notice. 

I. — Provenance. — Transcriptions. 
La provenance des transcriptions, du commandement du duc Philippe-le-Hardi, est placée 
la première, parce qu'il est possible que ce prince eût fait transcrire plusieurs volumes, avant 
d'avoir hérité des diverses autres provenances qui vont être indiquées. Celle-ci est peu 
nombreuse. On doit cependant y remarquer le magnifique livre d'heures de ce prince, 
(voirn 10392). La tranche de ce volume est décorée des lettres P. et M., ce qui signifie 
Philippe et Marguerite. Aubert Le Mire , qui fut bibliothécaire des archiducs Albert et 
Isabelle, au commencement du dix-septième siècle, a écrit des notes sur ce livre précieux. 



lxxiv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

H. — Héritage de la comtesse Marguerite, aïeule de Philippe et de Marguerite, décédée en 1382. 

Parmi les manuscrits qui proviennent de cette succession, il nous semble qu'on en 
reconnaît quelques-uns qui sont de la bibliothèque du roi Charles V. Ils sont repris dans 
l'ouvrage de feu M. Van Praet, sur la bibliothèque du Louvre, tels que le n° S, intitulé : Une 
bible en un volume; le n° 14, intitulé : Une légende dorée. Ces détails seront donnés plus 
amplement au règne de Philippe-le-Bon. 

III. — Héritages échus à Marguerite, duchesse de Bourgogne, comtesse de Flandre, soit de 
Philippe de Rouvre, duc de Bourgogne, son premier mari, soit de Louis de Maie, 
comte de Flandre, son père. 

Tout porte à croire que la duchesse Marguerite fut héritière des manuscrits de Philippe de 
Rouvre, son premier mari, car à l'inventaire fait après décès de Marguerite, en 1405 à 
Arras, on trouve des livres qui paraissent être des librairies du duché de Bourgogne. 

Quant aux manuscrits provenant des comtes de Flandre , dont Marguerite a dû hériter, 
nous en ferons une provenance distincte au règne de Philippe-le-Bon, comme on la dit 
ci-dessus à la précédente provenance. Celle-ci sera ultérieurement expliquée , nous y ferons 
ce report, par le motif que les livres et les joyaux étant partagés entre les héritiers, pourraient 
être revenus collatéralement au duc Philippe-le-Bon. Elle est ici pour mémoire. On se 
souviendra qu'il a été démontré et réitéré en plusieurs endroits de ce résumé , que les 
bibliothèques étaient partagées , telles furent la succession du comte Everard , en 873 , de 
Charles-le-Chauve, en 877, de S 1 . -Louis après 1270, et les soustractions de la bibliothèque 
de Charles V. 

IV. — Acquisition de la bibliothèque des rois Jean II , Charles V et Charles FI. 

Cette provenance est portée ici pour mémoire , comme la troisième qui précède ; elle se 
retrouve avec les provenances qui seront plus loin indiquées au règne de Philippe-le-Bon, 
par le motif déjà énoncé qu'il serait possible que le duc Philippe-le-Bon eût acquis par 
lui-même et non par succession de Philippe-le-Hardi , son aïeul , quelques-uns des volumes 
de la librairie du Louvre, pendant la durée de son alliance avec les Anglais et de son influence 
quasi-souveraine à la cour de France, car il était beau-frère du célèbre duc de Bedford, 
régent des royaumes de France et d'Angleterre , qui avait épousé Anne, sa sœur; cette prin- 
cesse, fdle de Jean-sans-Peur et de Marguerite de Bavière, comme Philippe-le-Bon, décéda 
en 1435, dans la même année de la réconciliation du duc Philippe-le-Bon avec le roi 
Charles Vil, par la paix d'Arras, l'un des actes les plus solennels de son règne. 






DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. lxxv 

V. — Donations de famille. 

Elles proviennent principalement des deux frères de Philippe-le-Hardi : l'un fut Jean duc 
de Berry, qui décéda en 4416 ; ses librairies étaient en Auvergne, àMelun, à Fontainebleau, 
à Paris ; elles étaient remarquables par le choix et la beauté des volumes et même par leur 
nombre. Selon M. Barrois, qui a rendu un grand service à la bibliographie en publiant la 
bibliothèque protypographique des fils du roi Jean, au nombre desquels est le duc Jean de 
Berry, l'inventaire et la prisée des librairies de ce prince se firent en l'année 1416. Le texte 
original sur vélin, est conservé, selon le même M. Barrois, en la bibliothèque de S te . -Gene- 
viève, à Paris; cet inventaire renferme 90 articles du n° 515 à 604, de son édition de 
l'an 1830. Comme nous n'avons point vu le texte ancien dont cet acte est la copie et dans 
lequel nous aurions peut-être reconnu des points de récolement, à cause de l'habitude que 
nous avons eu le bonheur d'acquérir, pour reconnaître facilement les volumes eux-mêmes 
de la Bibliothèque de Bourgogne, nous n'en parlons que sur la foi.d'autrui. 

Parmi les provenances de Jean duc de Berry, il y en a plusieurs qui portent leur indication 
par des annotations autographes, tels que le n° 9533 : Ce livre appartient à Jean fils de Roy 
de France, duc de Berry et d'Auvergne, conte de Poitou et d'Auvergne. 

On doit remarquer aussi parmi les dons faits à monseigneur de Bourgogne, le n° 516 de 
M. Barrois, intitulé : « La fleur des histoires de la terre d'Orient, à la fin duquel il y a un 
» autre livre de toutes les provinces et citez de l'universel monde, lequel monseigneur de 
» Bourgogne donna à monseigneur, à Paris, le 22 mars 1402, (v. st.) 

L'autre donataire principal fut le duc d'Anjou , car on voit , en lisant le catalogue de la 
bibliothèque du Louvre, qui avait appartenu au roi Charles V, dont nous avons parlé aux 
pages précédentes et ailleurs, que plusieurs volumes furent distraits de cette bibliothèque par 
le duc d'Anjou , tels que le n° 12 , intitulé : « Une bible en françois, donnée sur la proposition 
» du feu roi Charles V. » Il y a de fortes raisons pour présumer qu'elle est en la Bibliothèque 
de Bourgogne, parmi les provenances qui sont résumées sous le règne de Philippe-le-Bon. 

VI. — Provenances diverses et inventaire après décès. 
Cette réunion de provenances est très-difficile à constater, quoiqu'il y en ait deux inven- 
taires édités en la même année 1830, et déjà plusieurs fois cités , l'un par M. Barrois, l'autre 
par M. Peignot. On remarque que, loin de concorder ensemble, leur texte diffère tellement 
qu'on ne peut établir avec sûreté aucune confrontation. Comme nous n'avons point vu les 
actes manuscrits dont ils sont la publication , et comme d'ailleurs leur discordance est si 
grande qu'il faudrait faire une révision totale du travail , nous ne pouvons ici que signaler 
les faits, en ajoutant la remarque importante qu'un grand nombre des volumes manuscrits 



LXXVl 



NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 



cités dans l'un et dans l'autre, paraissent être ceux qui se trouvent en la Bibliothèque de 
Bourgogne, depuis 1 époque de l'inventaire dont nous parlerons plus loin, de l'an 1577, 
sous le règne de Philippe II, par Charles de Berlaymont, Vilain de Rassenghien et autres, 
dans le temps où Yiglius était bibliothécaire. 



TEXTE DE M. BARROIS. 

Inventoire des livres romans de feu monseigneur Philippe- 
le-Hardi, que maistre Richart Le Conte, son barbier a euz en 
sa garde à Paris (1404). 

Cest l'inventoire des joiaux , vaisselle d'or et d'argent , 
aournement de chapelle, livres, etc., advenuz a monseigneur 
de Bourgoingne, conte de Nevers et baron de Donzi, par le 
trespas de feu MSf le duc de Bourgoingne , dont Dieux ait 
l'ame. Renduz par les officiers de feu mon dict seigneur. Fait 
à Paris le 20 e jour de mars l'an 1404, (1405, pâques 
tombant au 80 mars). 

(605). Premièrement les croniques de France, fermans à 
deux fermouers d'argent, armoiez aux armes de mon dict 
seignour. 

(606). Le livre appelé des propriétés des choses, etc.. 

(607). Le livre de Titus Livius, fermant à deux fermouers 
d'argent dorez, armoiez aux armes de feu mon dict seigneur 
et le livre de Gneon, fermans à ii fermouers de leton. 

(608). Le livre qui parle des Tribulacions de l'église. 



Les livres de la chapelle commencent au n" 628, qui 
est le I9 me . 

Les autres livres de V oratoire commencent au n" 628, 
qui est /<?24 me . 

En total de n° 605 à 687, il y à 88 articles, y 
compris 605. 



TEXTE DE M. PE1GNOT. 

Cy sensuit l'inventoire des livres et romans de feu mon- 
seigneur (Philippe-le-Hardi) , a qui Dieu pardonne , que 
maistre Richart Le Comte, barbier de feu mondict seigneur, a 
euz en garde iceux ont été baillez à Franchequin de Blan- 
delze. 



Premièrement les croniques de France fermans à deux 
fermoires d'argent, armoriez aux armes de mon dict seigneur. 

La bible ystoriée. 

(C'est le 5 me du présent teste de M. Peignol). 

Le livre de Titus Livius, fermans à deux fermoires d'argent 
dorez armoriés aux armes de mon dict seignenr (le livre 
de Gneon est le 19 e . 

Le livre de la vie des Saincts et de la vie des Pères. 
(Nous avons reconnu que ce livre est le n° 1 0826 de 
l'inventaire de la Bibliothèque de Bourgogne actuelle). 

Les livres appartenant à la chapelle concernant au 
81 m e article. 

Autres livres de V oratoire , (ils commencent au 
n" 50). 

Il y a en total 59 articles. 



On ne peut douter que ces deux inventaires soient copiés d un même inventaire , à cause 
de la rédaction commune de quelques articles , la remise des livres ayant été faite au même 
Franchequin de Blandelze, indiqué par M. Peignot ; en voici la preuve par le texte de 
M. Barrois : 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. lxxvii 

« Et nous, commis par monseigneur le duc de Bourgoingne, comte de Nevers et baron 
» de Douzi , à faire payer les marchans de ce qui leur est deu par feu monseigneur, des 
» biens, meubles, advenuz par son trespas, et a om, corriger et clore les comptes des 
» inventaires renduz par les officiers de feu Monseigneur, certiffionz les choses cy-dessuz 
» declairées, avoir esté baillées à Franciiequin de Bladelze, etc., etc., ce 20 e jour de mars de 
» l'an 1404. (C'est ladite date de 1405). » 

Nous aurons donc soin d'indiquer les volumes qui sont encore en ce moment, en cette 
bibliothèque, pour autant qu'il a été possible de les reconnaître. Nous ajouterons qu'on 
prétend vulgairement que le duc Philippe-le-Hardi mourut insolvable et que, selon le style du 
temps, sa veuve fit déposer les clefs du trésor de feu son mari, sur son cercueil. On voit ici 
au contraire que la liquidation des comptes des marchands , ses créanciers , a été effectuée. 
Cette rectification d'un fait historique fort connu, doit démontrer que, depuis qu'on a adopté 
la méthode de chercher dans les actes de finances et dans les autres titres diplomatiques de 
tout genre, les preuves des documents de l'histoire, on a fait d'importantes découvertes, car 
aucune opération soit politique, soit militaire, soit simplement diplomatique ne peut 
s'effectuer sans un mouvement actif ou passif de la finance. 



CHAPITRE II. 

Jean-sans-Peur, 1404-1419. — Marguerite de Bavière , décédée en 1425. 

Jean-sans-Peur , changeant souvent de séjour, habitant alternativement en Flandre , à 
Paris, en Bourgogne, avait plusieurs librairies ; c'est peut-être celui de nos princes, avant la 
réunion des Pays-Bas à la couronne d'Espagne au dix-septième siècle , qui se soit le moins 
occupé de bibliographie; les événements politiques de la cour de France , dirigés par la 
cynique reine Isabeau de Bavière et les intrigues d'autres personnes de la famille royale 
et de la noblesse de cour contre lui, le détournaient de l'étude des lettres. 

VII. — Transcriptions. 

On les reconnaît aux armoiries qui sont écartelées 1 et 4 de France- Valois , 2 et 5 de 
Bourgogne ancien et moderne, ayant en abyme l'écusson de Flandre. Ces armoiries, comme 
on le voit par plusieurs sceaux, tels que ceux gravés dans Vredius, (Sigilla comitum 
Flandriœ) et ceux lithographies au frontispice de la Bibliothèque protypographique de 



lxxviii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Barrois, diffèrent des armoiries de Philippe-le-Hardi , qui ne portent point Flandre en 
abyme , mais qui doivent l'avoir en mi-parti ou en écartelé , car c'était une alliance , tandis 
que l'abyme indique une origine. 

VIII. — Héritages. 

1°. De son père. On ne rapporte ici que ce n° 1°, pour mémoire, par le même motif expliqué 
à la page lxxiv précédente , et on en retrouvera les livres , du moins en partie , au règne 
suivant, du duc Philippe-le-Bon , parce que tout porte à croire que Jean-sans-Peur, avait 
partagé l'héritage mobilier de Philippe-le-Hardi, son père, avec Antoine de Bourgogne, son 
frère, duc de Limbourg, lequel fut après la mort de la duchesse Jeanne de Brabant, sa tante, 
en 1406 , duc de Brabant et de Limbourg et avec le comte de Nevers. Le n° 2° qui va suivre, 
fournit le moyen d'en donner la preuve. 

2°. De sa mère. On possède le texte de l'inventaire des objets délaissés par cette princesse 
qui est Marguerite, fille de Louis de Maie, décédée à Arras, en l'année 1405, quelques mois 
après le duc Philippe-le-Hardi, son mari. 

Voici le formulaire initial du texte de cet inventaire d'après M. Barrois, (page 410): 
« C'est l'inventoire des Joyaulx et autres biens mœubles, demourés du décès de feue très 
» haulte et puissante princesse Ma Dame Marghrite de Flandres , duccesse de Bour- 
» goigne, etc., etc., encommencie à Arras, le 6 e jour de may de l'an 1405, par maistre 
» Jehan Langret, archediaque, etc., commis ad ce et ordenes par nos seigneurs Jehan duc 

» DE BOURGOINGNE, LE DUC DE LeMEOURT ET LE CONTE DE NeVERS. » 

Il en résulte que cet inventaire fut rédigé par ordre des trois co-héri tiers , Jean-sans-Peur, 
comte de Flandre, Antoine de Bourgogne, duc de Limbourg, qui devint duc de Brabant 
l'année suivante (en 1406) comme on vient de le dire, et Philippe comte de Nevers et 
de Rhetel. 

Il y eut donc un partage entre ces trois co-héritiers requérants , on n'y trouve aucune 
indication de leurs sœurs qui sont Marguerite , comtesse de Hollande , Marie , duchesse de 
Savoie et Catherine, duchesse d'Autriche. 

La part d'Antoine reviendra plus tard au duc Philippe-le-Bon , quand il sera l'héritier et 
le successeur du second fils d'Antoine, au duché de Brabant, mais nous ignorons si les 
manuscrits de l'autre part sont rentrés en la Bibliothèque de Bourgogne , c'est peut-être 
ici la seconde des dispersions de ces précieux volumes que l'on trouve dans d'autres biblio- 
thèques en Europe ; car on sait que la branche de Nevers , après avoir revendiqué sans 
succès l'héritage de Brabant, resta étrangère à la maison de Bourgogne. 

M. Barrois a coté cet inventaire n° 658 inclus à n° 663, en tout 26 articles, tandis que 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. lxxix 

M. Peignot a coté n° 60 à 179, en tout HO articles. Dans quel texte se trouve la discordance ? 
Je l'ignore. Quoiqu'il en soit, le texte original fut terminé le 8 septembre 1412, comme 
l'atteste M. Barrois, (p. 112). 



CHAPITRE III. 

Philippe-le-Bon, 1419-1467. 

BIBLIOTHÉCAIRES. — DAVID ALBERT; ENSUITE CHARLES SOILLOT. 

Le règne de Philippe-le-Bon , dont le surnom provient du long chagrin qu'il éprouva, en 
apprenant la fatale nouvelle du meurtre de son père, commence à l'an 1419 ; il était né en 1398, 
et il administrait déjà depuis quelque temps la Flandre et l'Artois, sous le titre de comte de 
Charolais. Il fut par plusieurs héritages et par des acquisitions, duc de Bourgogne, de Lothier, 
deBrabant, deLimbourg, de Luxembourg, etc., comte de Flandre, d'Artois, de Bourgogne ou 
Franche-Comté, de Namur, de Hainaut, de Hollande, de Zélande, de Boulogne-sur-mer, etc., 
marquis d'Anvers, seigneur de Malines, de Frise, etc., etc. Son règne est l'époque de l'agglo- 
mération des provinces souveraines des Pays-Bas en un seul corps d'administration suprême 
et monarchique , c'est aussi le temps de la transcription des plus beaux manuscrits qui 
furent faits aux Pays-Bas, pour les librairies de ce prince, pour plusieurs de ses vassaux, tels 
que les sires de la Gruthuyse , de Croy et d'autres et pour les établissements monastiques. 

Mais cette brillante période de transcription des manuscrits n'est parvenue à tout l'éclat 
de son développement, qu'après l'héritage du Brabant, qui fut dévolu au duc Philippe-le-Bon, 
en l'année 1430, par le consentement libre des Etats, après que les litres de tous les con- 
currents à cet héritage , tels que la branche de Nevers dont nous venons de parler, eussent 
été examinés et discutés. 

Depuis ce temps , le nom célèbre de la Bibliothèque de Bourgogne est devenu classique en 
Europe. Ce nom a persisté jusques au dernier moment de la domination autrichienne de 
la maison de Lorraine aux Pays-Bas, en 1794, il a été rétabli en 181 S et consolidé par un 
arrêté organique du 24 avril 1831, du gouvernement actuel du royaume de Belgique. 

Philippe-le-Bon était persuadé, par l'exemple des rois S 1 . -Louis, Jean H, Charles V, ses 
ascendants paternels, qu'il n'y a point de prospérité publique sans encouragement des 
belles-lettres et des beaux-arts ; que ces deux grandes bases fondamentales des connais- 
sances humaines ne peuvent s'isoler, et que par conséquent les livres sont des fanaux 



lxxx NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

intellectuels qui doivent se multiplier et se propager pour éclairer la marche du progrès 
du siècle. 

Si la première période de la renaissance des études a commencé au règne de Charlemagne, 
comme on l'a démontré, au chapitre huitième de la première partie de ce résumé, le règne de 
Philippe-le-Bon en est la seconde période, comme nous l'avons aussi démontré au chapitre 
premier de cette même première partie , lorsque nous avons établi un parallèle entre les 
ducs de Bourgogne- Valois et les Médicis. 

Aucun temps n'avait été plus favorable pour la formation des bibliothèques et pour le 
développement du luxe de la bibliographie aux Pays-Bas , tant par les moyens de la belle 
exécution de l'écriture d'un texte judicieusement choisi , que par d'autres moyens pour la 
perfection du dessin des miniatures, car l'impulsion donnée à ce luxe par les fils du roi Jean, 
entre lesquels se distingue le roi Charles V, comme on l'a dit plusieurs fois, avait produit 
les plus heureux résultats. Un grand nombre d'artistes bibliographes , tant pour l'écriture 
que pour la peinture, était parvenu à un degré de capacité très-élevée ; il y avait alors la 
plus grande activité dans les scriptoria monastiques des Pays-Bas , principalement en 
Brabant et en Flandre. 

Le nombre des volumes qui sont sortis de ces scriptoria pendant le quinzième siècle , 
volumes énormes que l'on voit entassés dans les bibliothèques modernes et que l'on rencontre 
fréquemment dans le commerce, est incalculable. On s'étonne que des copistes aient pu 
produire cette immensité de manuscrits, lorsqu'on considère que souvent il a fallu plusieurs 
années et même la vie d'un copiste pour en transcrire un seul. 

La Bibliothèque de Bourgogne en réunit plusieurs milliers ; cet établissement en acquiert 
encore chaque jour, qui sont dignes d'occuper une place à côté des plus précieux manuscrits 
de ce vaste dépôt. 

Sans doute, cette concurrence dans la fabrication des livres manuscrits, fut la cause de la 
recherche d'un moyen expéditif et économique pour multiplier des copies identiques. De là 
est provenue l'invention de l'imprimerie ; plusieurs auteurs ont remarqué que cet art , qui 
devait faire tant de bien et tant de mal au genre humain, était le résultat infaillible du grand 
mouvement littéraire du quinzième siècle. Nous en parlerons plus amplement dans les 
chapitres qui sont destinés à faire connaître le temps où les livres imprimés furent introduits 
en la Bibliothèque de Bourgogne, sous le règne de Philippe II, roi d'Espagne. 

Revenons aux scriptoria monastiques ; parmi ceux qui nous intéressent le plus, parce que 
leurs productions sont en grand nombre en cette bibliothèque, il faut remarquer les 
manuscrits des abbayes de Gembloux, d'Afflighem, de Grimberg, de Villers, de Parc et 
enfin d'Heylissen en Brabant, de l'abbaye de S e .-Laurent de Liège, ceux du prieuré de 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. lxxx. 

Val S^-Martin à Louvain et des prieurés de la forêt de Soigne aussi en Brabant , tels que 
Rouge-Cloître, Groenendael , les Sept Fontaines. Ces maisons monastiques étaient donc une 
pépinière d'habiles et savants calligraphes et de bons dessinateurs , capables d'exécuter les 
nobles projets du duc Philippe-le-Bon. 

Il est possible (qu'on nous permette cette hypothèse), que ce grand prince, qui parcourut 
souvent la forêt de Soigne, l'une des plus belles de l'Europe, forêt qui touchait alors, par ses 
deux extrémités, à son hôtel du parc de Bruxelles et à son château de Tervueren, se soit 
souvent arrêté à Rouge-Cloître et à Groenendael, vers le milieu de la forêt; c'était le lieu 
des haltes de ses chasses, dans lesquelles il était entouré d'une cour brillante. Il y aura sans 
doute visité les scriptoria et les armaria de ces deux maisons érémitiques, c'est-à-dire les 
ateliers des écritures et les pupitres des bibliothèques. 

Remarquons ici que les gros volumes étaient alors placés sur des pupitres et attachés par 
une chaînette , c'est par ce motif qu'une des gardes de leur couverture était plus ornée que 
l'autre, tel est par exemple l'évangéliaire de Namur, n° 14970. Quelques bibliothèques sont 
encore établies sur ce modèle. Le duc Philippe-le-Bon avait voulu plus que jamais les imiter. 

Cette hypothèse prendra de la consistance, lorsqu'on remarquera qu'au siècle suivant, 
l'empereur Charles-Quint et Marie, reine de Hongrie, sa sœur, ont séjourné souvent à 
Groenendael. Les témoignages historiques en fournissent les preuves les plus authentiques. 

Il y a donc probabilité que les beaux volumes sortis des ateliers des pieux solitaires de la 
forêt de Soigne, au quinzième siècle , surtout ceux de Rouge-Cloître, que l'on place encore 
aujourd'hui à un rang très-élevé en bibliographie , à cause de leur beauté et de leur per- 
fection, aient de la corrélation avec la Bibliothèque de Bourgogne. En effet, les plus précieux 
manuscrits de cette brillante époque portent la date de Bruxelles : (Fu escript en la ville de 
Brouxelles, etc., l'an 1450). Voir n° 9278, etc. 

Parmi les artistes que le duc Philippe-le-Bon employa pour la confection des manuscrits, 
un d'entre eux s'éleva aux fonctions de bibliothécaire, ce fut David Aubert, né à Hesdin en 
Artois. Si on le compare à Gilles Malet, qui avait été bibliothécaire du roi Charles V, comme 
on l'a dit plusieurs fois, on doit lui assurer une grande supériorité dans ce parallèle. 

Sous un maître qui réunissait au plus haut degré, l'universalité des branches de l'art de 
régner, il fallait un bibliothécaire ayant fait des études universelles. David Aubert était à la 
fois calligraphe, peintre, littérateur, traducteur et historien. C'est lui qui fit continuer le 
système de l'œuvre bibliographique, si habilement commencé par le roi Charles V, en faisant 
traduire des langues anciennes dans les langues modernes et vivantes, les meilleurs ouvrages 
que le génie littéraire et religieux avaient produits. 

On éprouve le regret de connaître fort peu, ou pour mieux dire pas du tout, la vie artis- 



lxxxu NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

tique et littéraire de David Aubert. Son nom était presque inconnu, avant la publication du 
mémoire de La Serna sur la Bibliothèque de Bourgogne, qui a paru en l'année 1809, c'est- 
à-dire , il y a seulement trente et un an , tandis qu'au contraire les auteurs qui ont fait les 
recueils les plus considérables des biographies littéraires des Pays-Bas, tels que Valère André, 
Foppens, Custis, Paquot, n'en disent rien. Cette omission est d'autant plus inexplicable, 
qu'ils ont recueilli avec le soin le plus minutieux, tout ce qu'ils ont pu trouver relativement 
aux gens de lettres et aux artistes de toutes les capacités, même les plus médiocres. 

C'est donc un devoir pour nous, de signaler à la reconnaissance de la postérité le nom de 
David Aubert ; il fut chargé de la direction des librairies de l'amateur le plus riche , le plus 
magnifique et le plus éclairé du quinzième siècle. David Aubert, dirigea une des branches 
les plus importantes du service de l'administration de son souverain, puisqu'il organisa la 
formation de la Bibliothèque de Bourgogne ; il a donc le droit d'être placé, par la postérité , 
au tribunal de l'histoire, à côté des ministres de ce grand duc de l'Occident. Si l'on doute que 
cette place honorable lui soit due, que l'on ouvre les volumes n os 6, 7, 8, etc., intitulés: 
Charles Martel , Charlemagne, etc. ; aucun manuscrit ne les surpasse. 

Le même regret d'ignorer la biographie de David Aubert s'étend à ses collègues et aux 
dessinateurs, ses compagnons; on voit le nom de Loyset sur une des miniatures du Charles- 
Martel ; on présume qu'Hemelinck a dessiné des miniatures de la chronique de Hainaut , 
ouvrage admirable , transcrit par le commandement du duc Philippe-le-Bon , pour Mar- 
guerite de Bavière, sa mère. Ce bel ouvrage est un noble témoignage du respect filial d'un 
prince qui a mérité, à cause de ses pieuses qualités domestiques, le surnom de Bon. Nous 
donnerons encore les noms d'autres calligraphes, aux provenances. 

IX. — Transcriptions. 

La provenance des manuscrits du commandement du duc Philippe-le-Bon est à la biblio- 
thèque actuelle qui conserve le nom des ducs de Bourgogne , ce que le sanctuaire est aux 
autres parties d'un temple. Il est vrai que les provenances antécédentes et les subséquentes 
sont beaucoup plus nombreuses dans leur ensemble, mais elles n'en sont que les accessoires, 
quoiqu'on y trouve aussi des manuscrits de la plus grande beauté et dignes d'être le complé- 
ment de la véritable et précieuse Bibliothèque de Bourgogne. 

C'est surtout pour visiter cette provenance, unique en Europe dans ce genre de biblio- 
graphie, que des savants et d'autres notabilités littéraires, des ministres et même des princes, 
ont séjourné à Bruxelles. Parmi ces illustrations, le nom généralement révéré de la Reine 
des Belges doit être inscrit en première ligne, car Sa Majesté a daigné visiter sept fois cette 



~) 



Vm4: 




DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. lxxxiu 

bibliothèque, et y conduire S. M. la reine des Français, son auguste mère, et LL. AA. RR. 
les princes et les princesses de son illustre famille. 

Sa Majesté, en visitant la Bibliothèque de Bourgogne, s'est trouvée dans un des monuments 
de la magnificence de ses ancêtres, car Sa Majesté descend en ligne directe, par son auguste 
mère, des ducs de Bourgogne-Valois et de la maison d'Autriche. 

En effet, Marie de Bourgogne, dont l'aïeul était Philippe-le-Bon , qui est le véritable 
fondateur de cette bibliothèque , a pour descendance directe et masculine , Ferdinand I er , 
frère de Charles-Quint ; Ferdinand I er fut empereur en 1556. En 171 d , l'empereur Charles VI, 
père de Marie-Thérèse, a continué cette descendance directe et masculine, issue de l'archiduc 
Charles de Gratz, qui était décédé en 1590 et qui était père de l'empereur Ferdinand II. Notre 
reine , dont l'aïeule maternelle est la reine de Naples , Marie-Caroline , fille de l'impératrice 
Marie-Thérèse, descend donc directement de cette bonne Marie-Thérèse, dont la mémoire sera 
toujours chère aux peuples de ces contrées. S. M. descend aussi en ligne également directe, 
du duc Philippe-le-Bon , qui a formé la monarchie des Pays-Bas et la Bibliothèque de 
Bourgogne. 



CHAPITRE IV. 

Détails sur les transcriptions du commandement du duc Philippe-le-Bon. 

La finesse et la beauté du vélin qui n'ont pas été surpassées par nos papiers modernes ; 
l'élégance et la clarté de l'écriture; la richesse et la variété des lettrines, des cadrats, des 
miniatures et des iconismes; l'éclat de leur peinture, soit de toutes couleurs, soit en grisailles 
ou camayeux ; l'azur de l'outremer aussi précieux que l'or, employé avec délicatesse, malgré 
son opacité ; l'or apposé avec sévérité pour rehausser toutes ces beautés , sans les offusquer 
par son éclat métallique ; l'argent placé heureusement pour représenter les vitraux des 
édifices et l'émail de ce nom dans les armoiries, mais employé avec les plus grandes précau- 
tions, à cause de sa propension de pousser au noir, sont les caractères qui distinguent les 
manuscrits exécutés par le commandement du duc Philippe-le-Bon. 

Les miniatures, distribuées judicieusement au commencement des chapitres ou bien aux 
passages les plus intéressants du texte, sont en quelque sorte des galleries de tableaux dans 
de petites proportions visuelles , car la miniature des manuscrits est à la peinture des 
tableaux, ce que la numismatique est à la sculpture en bas-relief. 

Chaque figure des personnages de ces miniatures porte un type spécial , un caractère phy- 



lxxxiv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

sionomique distinct; chacun de ces personnages est animé de l'expression qui laisse aper- 
cevoir les plus délicates nuances de ses pensées et de ses affections. Voyez entre autres la 
femme infanticide qui paraît devant ses juges, au manuscrit de S te . -Hélène, n° 9967, dont 
le dessin au simple trait, sera placé dans le présent catalogue; chacun des juges a un regard 
scrutateur , mais différent de celui de ses collègues ; la malheureuse mère fait des efforts 
pour cacher le conflit de son inquiétude detre convaincue et de son espérance de n'être 
pas reconnue coupable et d'échapper au supplice du feu qui l'attend. 

Les étoffes des draperies, soit diaphanes, soit opaques, soit d'un tissu d'or, sont les images 
de la perfection à laquelle l'industrie flamande était parvenue au quinzième siècle; elles 
sont jetées avec la facilité, la légèreté, l'ampleur et la grâce du véritable talent; des fourrures 
ajoutent à leur richesse. 

Dans ces miniatures, on peut aisément compter , malgré leur nombre , les personnages 
de ces groupes, si artistement réunis sans confusion, si naturellement échelonnés, depuis 
le premier plan jusqu'au fond du tableau ; on peut distinguer ce mélange d'hommes , de 
femmes de tous les âges, de tous les temps, ayant toute espèce de costumes. Les personnages 
détachés de ces groupes se remarquent aisément pour être les principaux acteurs , et parmi 
ces personnages, l'on voit souvent à la première page du volume, le maître de cette riche 
librairie , le puissant duc Philippe-le-Bon , souverain de plusieurs peuples florissants ; il y 
accepte l'hommage du livre des mains de l'auteur à genoux devant lui. On reconnaît le duc 
à son cordon de l'ordre de la Toison-d'Or, dont il est le souverain et le fondateur; il est 
presque toujours sous un dais armorié de Bourgogne-Brabant ; quelquefois le jeune comte 
de Charolais, son fils unique qui lui succédera, est auprès de lui ; c'est ainsi qu'on le voit 
aux chroniques de Hainaut déjà citées. Le duc est entouré de plusieurs chevaliers de son 
ordre, du légat du pape et de quelques conseillers. 

Sans doute l'honneur accordé à l'auteur ou au transcripteur d'un livre , d'être représenté 
sur la même miniature que son souverain, honneur qui augmente ses droits à l'immortalité, 
rappelle le souvenir de la récompense décernée par les Athéniens à Miltiades, que ce peuple 
artistique fit peindre étendant le bras dans la pose de commandant des vainqueurs de Marathon . 

Il est vrai cependant que quelques contours dont les formes anatomiques sont fausses, 
choquent l'œil du connaisseur novice; telles sont ces jambes grêles, ajoutons-y ces chaussures 
terminées par une pointe d'une longueur qui nous parait ridicule , telles sont aussi ces têtes 
quelquefois tournées beaucoup trop forcément ; mais le connaisseur expérimenté sait faire la 
part de ce qui revient à la mode du temps où ces miniatures ont été dessinées, car, dans tous 
les temps, le génie, croyant suivre la marche du progrès, est entraîné à faire quelques sacri- 
fices sur les autels frivoles et toujours momentanés de la mode. Un jour peut-être, dans une 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. lxxxv 

postérité moins éloignée que nous le sommes du siècle île Philippe-le-Bon, on reprochera à 
nos meilleurs peintres , la fausseté de certaines parties de leurs ouvrages , dont il leur est 
impossible, en ce moment, de reconnaître l'erreur et même peut-être, (que l'on excuse cette 
expression sévère), le ridicule. Sans doute il en sera de même de nous autres gens de lettres, 
car, si quelques expressions de Racine et de Voltaire ont déjà de la caducité, comment nous 
jugera-t-on ? 

Comme les artistes travaillaient au quinzième siècle, dans un temps où les masses du peuple 
et même les sommités sociales, étaient loin d'être aussi éclairées par l'esprit de la vraie critique, 
qu'elles le sont aujourd'hui, ces artistes ont dû continuer la méthode de leurs devanciers, 
qu'il ne faut pas confondre avec les défauts réels que nous venons de signaler. Nous 
voulons parler ici de l'usage de donner les costumes du temps qui était alors présent, aux 
personnages qui sont représentés sur les miniatures, quel que fût le siècle où ils avaient 
vécu, et de les entourer du cérémonial du temps de Philippe-le-Bon, comme si les événe- 
ments se fussent passé au quinzième siècle. Si l'on en avait agi autrement, ces miniatures 
n'eussent pas été appréciées à leur juste valeur par des gens qui, pour la plupart, ignoraient 
ce qui s'était passés dans l'antiquité helléno-romaine et qui n'avaient pas de notions exactes 
de chronologie. On voulait émouvoir le cœur de la multitude, sans s'inquiéter si l'on serait 
désapprouvé par les savants, alors peu nombreux. 

Rire avec mépris, lorsque l'on voit Moïse, Alexandre, César, Auguste, Charlemagne, 
Charles-le-Chauve, en costume de ce quinzième siècle et les premiers étant entourés du 
rituel de l'église catholique et du cérémonial du régime féodal, me paraît aussi puéril que les 
exclamations de ces jeunes gens qui croient secouer le joug des préjugés civils et religieux, à 
l'aspect de ce qui est d'une antiquité généralement révérée, et qui s'imaginent par leurs 
plaisanteries, se faire passer pour des érudits et des sages. 

L'excuse des artistes de ces temps reculés sera d'autant plus admissible, que dans les 
dix-septième et dix-huitième siècles , si éclairés , dont le plus ancien des deux est celui de 
Louis XIV, roi qui mérite le surnom de Grand, moins par la guerre que par la protection 
qu'il accordait au véritable talent, les statues des rois vivants et des héros, ses contemporains, 
sont déguisées en empereurs et généraux romains. Sans les observations de Lens, notre com- 
patriote , et presque notre contemporain , qui les publia par son ouvrage sur les costumes 
antiques, sans le renouvellement de l'art dramatique par Talma et sans les tableaux de David, 
qui rétablit l'art de la peinture moderne dans sa rigoureuse vérité, nous suivrerions encore les 
paradoxes de ce faux système de mascarade romaine. 

C'est au temps de Philippe-le-Bon, que l'on a poussé à un degré assez élevé de perfection, 
le dessin des deux perspectives linéaire et aérienne. Celles de quelques-unes des compositions 



lxxxvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

de ces temps, telles que les miniatures de la Fleur des histoires, (Mss. n° 9231, etc.) sont 
aussi heureusement calculées que si l'artiste avait pu se servir du traité sur la peinture 
que Léonard de Vinci publia plus tard, au commencement du seizième siècle. 

Alors on laissa tomber peu-à-peu en désuétude les fonds nattés ou à tapisseries qui ont le 
nom de fonds byzantins , tel qu'au n° 9001, etc.; on abandonna aussi les fonds formés par 
l'application d'une feuille d'or, dont l'éclat admirable s'est souvent conservé jusqu'à présent, 
tel qu'au n° 95'09. 

Alors l'architecture se développa dans tout son luxe, selon la méthode perfectionnée de la 
perspective ; rien n'est plus somptueux , plus élégant que les intérieurs des édifices 
gothiques et que leurs façades grandioses , dans ces miniatures , tels qu'au manuscrit du 
S l .-Graal , n° 9246. C'est le beau idéal des constructions du quinzième siècle qui s'approche 
du temps des architectes de François I er et qui leur servirent peut-être de modèles, tandis que 
dans les lointains, les fonds se dessinent en paysages romantiques dont plusieurs ont l'àme 
du Poussin et la touche de Claude Le Lorrain. 

Sans doute cette partie de l'art du dessin n'était pas alors dans toute sa perfection ; car, si 
nous avons démontré ci-dessus, des erreurs dans la peinture des personnages, il y en a dans 
les contours des arbres; leur feuiller est généralement massif, compacte; on voit que les 
dessinateurs , mal instruits des vrais principes de cette partie , se sont attachés à copier 
servilement les feuilles, sans faire attention qu'elles deviennent inaperçues dans l'éloi- 
gnement, à cause de leur petitesse. Ces dessinateurs n'étaient pas encore pénétrés de 
l'idée qu'il faut chercher à ne faire que de l'effet dans la pose des rameaux, sans s'astreindre à 
imiter, avec minutie , les feuilles isolées de leurs branches. 

X. — Manuscrits des bibliothèques royales de Charles V et de Charles VI. 

Cette provenance, comme nous l'avons dit précédemment, est entrée, peut-être, en 
divers temps. Le duc Philippe-le-Bon les a-t-il hérités du duc Philippe-le-Hardi , son aïeul ; 
du duc Jean-sans-Peur , son père ; du roi Charles VI , son cousin ; d'Anne , duchesse de 
Bedfort, sa sœur? Les a-t-il reçus du prince régent d'Angleterre, son beau-frère? S'en est-il 
emparé lui-même? Tous ces problêmes ne se résoudront probablement jamais. 

Quoiqu'il en soit, ces manuscrits, après les transcriptions pour Philippe-le-Bon, forment 
la plus précieuse des provenances, quant au choix de leur collection et quant à leur antiquité. 
Nous les décrirons à la fin de ce catalogue, avec tous les détails qu'il nous sera possible de 
recueillir. D'autres détails, quelque importants qu'ils soient , ne peuvent donc trouver leur 
place dans ce résumé, sans être en double emploi. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. lxxxvii 

XI. — Héritage direct de la Flandre et de l'Artois, échu au duc Philippe-le-Bon par 

son père et par sa mère. 

Nous récapitulerons séparément ces divers héritages, pour mieux constater l'ensemble de 
leurs provenances. Nous indiquerons par des chiffres de rappel , les manuscrits qui sont 
déjà désignés ; nous donnerons aux autres , les articles qu'ils doivent avoir, selon l'époque 
de l'entrée en possession des diverses successions qui augmentèrent les états du duc 
Philippe-le-Bon. 

Ce prince était seul fils légitime de Jean-sans-Peur , mais il avait cinq sœurs qui étaient 
vivantes au moment du meurtre de son père : Marie qui fut duchesse de Clèves ; Catherine , 
duchesse d'Anjou ; Isabelle , comtesse de Penthièvre ; Anne , duchesse de Bedfort ; Agnès 
duchesse de Bourbon. C'est peut-être, par suite du partage du mobilier des hôtels du feu duc, 
à Paris, en Bourgogne, en Franche-Comté et aux Pays-Bas, que plusieurs manuscrits portant 
àl'iconisme ou à la lettrine initiale, les armoiries du duc Philippe-le-Hardi ou de Jean-sans- 
Peur, se sont fourvoyés en Europe, dans diverses grandes bibliothèques. Nous regrettons de 
n'avoir pas de renseignements suffisants pour constater ce qui existe dans ces autres grandes 
bibliothèques de manuscrits qui sont en Europe et dans lesquelles nous en aurions peut-être 
retrouvé les indices. 

Quant aux héritages des comtes de Flandre, prédécesseurs de Louis de Maie , c'est une 
chose fort difficile et même presque impossible de constater les provenances ; car tout porte 
à croire , comme nous l'avons dit , qu'à chaque décès des comtes de Flandre , s'il avait plu- 
sieurs héritiers, ses livres étaient partagés comme les autres joyaux. Quoiqu'il en soit, nous 
pouvons faire quelques subdivisions, telles que les suivantes, et nous placerons en regard, une 
liste de la succession des comtes de Flandre , pour servir d'éclaircissement au tableau de cette 
provenance qui est au dernier volume du catalogue. Voici les principaux : 

Manuscrits de Guillaume de Dampierre, fils de Marguerite de Constantinople, et qui mourut 
avant sa mère en 1256, dont il y a le Pamphile et Galathée (voir n° 4785). Il était lui-même 
littérateur. 

Manuscrits du comte Robert de Béthune , décédé en 1322, dont M. Voisin, notre collègue 
en la bibliothèque de l'université de Gand, a publié l'inventaire. Les désignations de quelques 
articles paraissent concorder avec le récolement de quelques-uns de ces manuscrits dans la 
bibliothèque actuelle. Mais la totalité des manuscrits fut-elle partagée entre Louis de Nevers, 
comte de Flandre, successeur de Robert de Béthune, et Robert de Cassel ? Comment ces livres 
seraient-ils revenus au duc Philippe-le-Bon ? J'ignore le moyen de résoudre ces différents 
problêmes. 



lxxxvih NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Manuscrits de Louis de Nevers et de Louis de Maie , qui furent comtes de Flandre. 

Le comte Louis de Nevers avait péri à la bataille de Crécy en 1546 ; Louis de Maie , son 
fils et son successeur, mourut en 1584, quinze ans après le mariage de Marguerite, sa fille, 
avec le duc de Bourgogne , Philippe-le-Hardi. 

Comme Louis de Maie était seul fils légitime de Louis de Nevers, son héritage, intégra- 
lement reçu, passa entièrement de lui à cette princesse et par conséquent à la maison de Bour- 
gogne-Valois. Louis de Maie aimait avec excès le luxe et les plaisirs mondains; on sait que sa 
prodigalité fut la cause des guerres civiles qui troublèrent les dernières années de sa vie , et 
qu'il mourut sans avoir pu rentrer dans la ville deGand, sa capitale révoltée contre lui; mais 
rien ne démontre qu'il ait eu le goût des librairies, comme son gendre, et comme les rois de 
France dont il était le vassal. C'est par une conséquence de cette réputation de luxe, qu'on 
avait imaginé que le magnifique Psalterium , n° 9961 , aux lettres d'or et d'azur, avait été 
fait pour lui; ce Mss. au fond fleurdelisé de France, provient de la librairie de la Tour du 
Louvre , n° 879. 

XII. — Manuscrits délaissés par héritage de Marguerite de Bavière, mère de PhUippe-le-Bon, 

veuve de Jean-sans-Peur , décédée en 1425. 

Selon l'intitulé de l'inventaire, décrit par M. Barrois (Bibliothèque pro typographique), 
ces livres « ont este admenes d'Auxonne et du Rouvre à Dijon. » Il y a entre le texte de 
M. Barrois et celui de M. Peignot, qui reproduisent l'un et l'autre cet inventaire, un grand 
nombre d'articles aussi discordants entre eux que ceux qu'on a vus précédemment à d'au- 
tres inventaires. Plusieurs furent perdus en 1477, comme on l'expliquera plus loin. 

On doit donc remarquer de nouveau et avec regret une discordance dans les listes, d'ailleurs 
recommandables , des livres d'une bibliothèque aussi précieuse que celle des ducs de 
Bourgogne. 

Ainsi, par exemple, M. Barrois compte 59 articles du n° 614 à 672 pour les Mss. inventoriés 
à Dijon, et les articles n° 675 à 675 pour ceux inventoriés à Auxonne, au nombre de 
15 articles ; M. Peignot en compte 29, de 180 à 208. 

XIII. — Manuscrits acquits par héritage collatéral des comtes de Namur. 

Leduc Philippe-Ie-Bon fut comte de Namur en 1421 , par acquisition. Il entra en posses- 
sion en 1429. Nous ajouterons ici, quoique cela ne concerne point la présente provenance, 
qu'il fut duc de Brabant et de Limbourg, et seigneur d'Anvers, par succession, en 1450; 
comte de Hainaut, de Hollande, de Zélande, seigneur de Frise aussi par succession, ou pour 



j& t >-,-. 




DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. lxxxix 

mieux dire par cession forcée, qu'il exigea de la malheureuse Jacqueline de Bavière, en 4436. 
II fut duc de Luxembourg en 1445, il faut donc distinguer les principales de ces provenances. 
Nous traitons ici de celles des comtes de Namur. 

La présente provenance , la première de ses héritages collatéraux , est la treizième en 
réalité, elle est relative : 1° aux huit articles délaissés par le dernier comte de Namur, selon 
le mémoire de La Serna , page 24. Nous les expliquerons au tableau des provenances ; 2° à 
l'acquisition récente d'un évangéliaire qui est décrit au Répertoire, n° 14970. Ce livre servait 
aux prestations de serment des comtes de Namur, il appartenait incontestablement au duc 
Philippe-le-Bon. Une magnifique et épaisse garde byzantine, aux ciselures d'argent et de 
vermeil , incrustées de personnages en mosaïque, dans l'encadrement, démontre une reliure 
du dixième siècle; elle recouvre le volume et renferme des reliques, entre autres un morceau, 
peut-être, de la vraie croix , dans un sachet rouge, sous une croix grecque de vermeil et une 
grosse pierre de cristal de roche non taillée. Il y a quatre autres cristaux moins gros, qui 
recouvrent des ossements de quatre saints, aux quatre coins de la garde. Cette reliure, que 
des amateurs modernes, qui auraient habité le Levant, appeleraient turque, paraît démontrer 
que la couverture de ce manuscrit a été apportée par un prince qui fut empereur d'Orient. 
Est-ce Baudouin II de la maison de Courtenay ou peut-être la comtesse Marie, sa femme, 
qui ont régné à Constantinople, ou bien Marguerite de Brienne, qui possédaient le comté de 
Namur, et qui le vendirent à la maison de Flandre ? Je l'ignore. 

XIV et XV. — Héritage des ducs de Brabant, etc. 

Cette provenance doit se subdiviser en deux sous-provenances : 

1° (n° XIV). Manuscrits des ducs de la maison de Louvain, qui fut alliée finalement à la 
maison de Luxembourg et qui s'est éteinte en 1406. On doit remarquer ici le livre d'heures 
du duc Venceslas, (n° 11061), décédé en 1583 ; c'est un des plus beaux de cette bibliothèque 
et peut-être de l'Europe entière. Il est décrit au Répertoire. Rien n'est plus admirable que ses 
miniatures, surtout les deux qui sont en regard, à l'iconisme; celles-ci sont sur un fond que 
nous appelons angélique , c'est-à-dire que c'est un ciel invisible au premier abord , à cause 
d'une telle compression de contours qui dessinent sur l'une de ces miniatures, au simple trait 
en vermillon, tout un monde de personnages pieux et célestes, et sur l'autre, des fleurs d'azur 
nuancées presque sans traits distincts. On ne peut les apercevoir qu'après une longue 
observation. Aussitôt qu'on a fait cette découverte visuelle, on s'extasie avec étonnement. 

De ces deux miniatures de l'iconisme, l'une, au fond d'azur, représente le duc Venceslas, 
en adoration devant la S le . -Trinité; l'autre, au fond de vermillon, représente une madone 



xc NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

dans le style de lecole italienne. Les chairs de ces personnages divins sont d'une touche 
parfaite, comme apposée sur de l'ivoire. On dirait que ces figures, et même que leurs draperies, 
par leur blancheur soyeuse et leurs fines et délicates ondulations, ont servi de modèle aux 
sculptures de Michel-Ange. Il y a un dessin de la madone au tome iv de ce catalogue. 

On regrette de n'avoir rien des ducs Henri III et Jean I er , qui composèrent des poésies ; 
ils régnèrent avant Venceslas, qui aimait les poésies des ménestrels et les aventures cheva- 
leresques. 

2° (n° XV). Manuscrits de la maison de Bourgogne-Brabant ; on les reconnaît par ce qu'ils 
sont aux armoiries écartelées de Bourgogne-Valois et de Brabant ; cette maison commence à 
Antoine de Bourgogne, qui a pour successeurs ses deux fils, Jean IV et Philippe de S'.-Pol ; 
quelques-uns de ces manuscrits, qui étaient aux archives de l'état, ont été restitués en 1834. 

XVI. — Manuscrits de Hainaut, de Hollande, etc. 

Cette provenance est peu nombreuse. Nous devons peut-être y admettre les trois volumes 
des chroniques de Hainaut par Jacques de Guise, car on trouve en tête du prohème, 
c'est-à-dire de la préface, qu'elles furent composées pour Marguerite, femme de Jean-sans- 
Peur, et sœur de Guillaume III, comte de Hainaut et de Hollande. Ces trois volumes 
admirables, déjà plusieurs fois cités, sont sans contredit au nombre des plus magnifiques de 
la bibliothèque. La miniature initiale est gravée au simple trait; elle sera intercallée au 
tome m de ce catalogue. 

XVII. — Manuscrits d'acquisitions diverses. 

On place ici plusieurs manuscrits qui furent donnés au duc Philippe-le-Bon , de même 
qu'on voit au catalogue de la bibliothèque du Louvre, que le roi Charles V, en avait accepté 
de plusieurs de ses sujets. 

On nous blâmera peut-être, d'avoir ajouté par appendice , deux manuscrits de Louis de 
Bruges, seigneur de la Gruthuyse, chevalier de la Toison-d'Or, provenant de la bibliothèque 
de feu M. Van Hultem, n os 15054 et 15657, et quoique n'ayant pas été donnés à Philippe- 
le-Bon. Mais ces deux volumes dont le premier est plus ancien que David Aubert, sont 
d'autant plus précieux , qu'ils se sont fourvoyés de la riche collection La Gruthuyse qui est 
la propriété de la bibliothèque royale de France , dont M. Van Praet a publié le cata- 
logue en 1830. 

Selon le mémoire de La Serna, page 19, on devrait placer ici la provenance des manuscrits 
de Croy, comte de Chimay ; on verra plus loin qu'elle appartient au règne de Charles-Quint. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xci 



CHAPITRE V. 

! Catherine de France, décédée en i486. 
Isabelle de Bourbon, id. 1465. 
Marguerite d'York, id. 4503. 

CHARLES SOILLOT, BIBLIOTHÉCAIRE. 

Nous plaçons ici les noms des trois femmes de Charles-le-Téméraire, parce que la troisième 
a fait transcrire plusieurs magnifiques manuscrits, dont il sera fait mention au règne de 
l'archiduc Philippe-le-Beau, son petit fils par alliance. 

Charles-le-Téméraire, seul fils légitime du duc Philippe-le-Bon , ne dut point partager sa 
succession ; par conséquent, les librairies de Bourgogne ne furent pas divisées ; elles furent , 
au contraire , augmentées pendant les premières années de ce règne , par un assez grand 
nombre de transcriptions et d'acquisitions ; nous divisons les premières en deux articles 
qui vont suivre : 

XVIII. — Transcriptions par le commandement du comte Charles de Charolais. 

Nous comprenons sous cet article , les volumes que Charles-le-Téméraire fit transcrire, 
lorsqu'il avait le titre de comte de Charolais , avant le décès de son père. 

XIX. — Transcriptions par le commandement du duc Charles, depuis son avènement. 

A cette époque, le genre du dessin et les encadrements en lames au lieu de vignettes, prirent 
des formes assez différentes de celles du temps de Philippe-le-Bon ; ces changements nous 
paraissent avoir être introduits par Charles Soillot , qui fut le successeur de David Aubert , 
dans les fonctions de bibliothécaire ; mais on voit que le génie de Philippe-le-Bon et de 
David Aubert, ne présidaient plus à la bibliothèque. On admire cependant de nouveaux 
chefs-d'œuvre ; tels sont les deux magnifiques et énormes exemplaires du Tite-Live , 
n° 9051, etc., lecture de prédilection de Charles-le-Téméraire ; telle est aussi la Cyropédie, 
son autre lecture habituelle , dont nous parlerons un peu plus loin. L'or n'est plus appliqué 
en feuilles sur les fonds des dessins, il n'est plus tranchant sur l'architecture, mais on com- 
mence à l'y employer uniquement en poudre délayée, pour lui donner les nuances progressives 
des demi-teintes. David Aubert en avait fait l'essai, avec succès, pour les draperies. Le choix 
des couleurs devint plus varié ; elles furent augmentées probablement, par l'importation des 
objets de drogueries coloniales que les Portugais envoyaient à leur comptoir de Bruges et 



XC11 



NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 



qui provenaient de leurs établissements , nouvellement formés , sur la côte occidentale de 
l'Afrique entre-tropique. Cette hypothèse peut prendre de la consistance, lorsqu'on parcourt 
les annales du commerce de la Flandre , pendant le dernier tiers du quinzième siècle ; on 
y voit que les Portugalois (nous nous servons de l'expression de ce temps ancien) , étaient 
parmi les principaux marchands étrangers. Ils transportèrent, comme on le sait, leur 
étappe de Bruges à Anvers , au commencement du seizième siècle , sous Charles-Quint , à 
cause des attérissements de la rivière de Bruges, qui entravaient la navigation. Les autres 
nations les y suivirent ; elles y seraient peut-être encore en ce moment , si les malheureuses 
guerres civiles et de religion du règne de Philippe H, n'eussent point déchiré la Belgique. 

Nous sortirions de l'objet de notre travail , si nous nous étendions sur les vastes relations 
du commerce flamand et brabançon. Nous nous bornerons, pour démontrer par quelques 
mots , l'erreur des écrivains étrangers , qui prétendent que les Brugeois ne devaient leur 
splendeur qu'en entreposant les marchandises des commerçants vénitiens , de leur citer les 
noms des nations étrangères , ayant leurs comptoirs dans la ville de Bruges , lesquels noms 
sont dans le passage suivant de Marcantius : 

« Temporibus quœ Margareta Philippo Audaci nupsit : Lubecani, Uamburgii, Coloni 
Agrippinœ , Dantiscii , Bremenses (quos omnes Osterlingos vocant), Angli, Scoti, Galli, 
Lusitani, Burgenses Castellœ, Tarraconii sive Arragonii, Cantabri seu Biscaini, Vemeti, 
Genuenses, Florentini, Lucmses, Mediolanenses , Placentini> domicilia atque tribus suas , ad 
mercaturam faciendam , Brugis habuerunt. » 

Selon M. Barrois, un récolement général des manuscrits de toutes les librairies de Bour- 
gogne aux Pays-Bas, fut fait en l'année 1467, ce qui correspond à l'époque du décès de 
Philippe-le-Bon ; selon M. Peignot, ce récolement ne se fit qu'en l'année 1477, après le 
décès de Charles-le-Téméraire. 

Ne pouvant mettre d'accord les deux textes, nous allons , comme nous l'avons déjà fait, 
en signaler séparément , les contradictions. 



SELON M. BARROIS (U67 vel circa). 

(676). Histoires de la terre d'Oriant. 
(677). Du Gouvernement du monde. 



SELON M. PEIGNOT (en U77). 

(220). Histoires des terres d'Oriant. 
(211). Remède de l'une et l'autre fortune. 



Nous y reviendrons plus loin, au règne de Marie de Bourgogne, et nous verrons que le texte 
de M. Barrois se rapporte à la plupart des volumes qui étaient à Gand, à Bruxelles, etc., 
en 1488 et en 1577. 

Si les premières années du règne de Charles-le-Téméraire furent heureuses , la fin de son 
règne fut déplorable; chacun le sait. Parmi les désastres de Suisse et du siège de Nancy, 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xcm 

l'on doit regretter un grand nombre de manuscrits qui accompagnaient alors le duc 
Charles-le-Téméraire , dans son ost, c'est-à-dire à son quartier-général. M. Barrois m'a 
assuré avoir vu , en Danemarck, le livre d'heures de ce prince. M. de La Serna reproduit 
l'antique tradition que, parmi les ouvrages qui furent alors perdus, il y avait la traduction 
française de la Cyropédie de Xénophon , par Vasque de Lucenne. 

Un heureux événement a fait rentrer ce volume en la Bibliothèque de Bourgogne ; c'est le 
n° 11703 de 1 Inventaire; un dessin en est copié, il est au tome n de ce catalogue. INous 
avons dit que S. M. la Reine des Belges, peu de temps après son arrivée à Bruxelles, daigna 
visiter plusieurs fois la Bibliothèque de Bourgogne. Après sa troisième visite, S. M. eut la 
bonté de donner des ordres pour faire acquérir, à Paris, un manuscrit précieux, voulant le 
donner à la Bibliothèque de Bourgogne. Par le plus heureux hasard, ce manuscrit est la 
Cyropédie, dont on regrettait la perte. Voici la lettre qui était jointe à l'envoi de ce volume : 



Monsieur , 

Je suis chargé de la part de Sa Majesté la Reine, de déposer en son nom, le manuscrit ci-joint (Cyropédie de Xénophon, 
traduite en français), à la Bibliothèque de Bourgogne. Tout porte à croire que ce manuscrit a appartenu à Charles-le- Téméraire. 
11 provient d'une vente récente, où S. M. en a fait faire l'acquisition, pour en enrichir le dépôt confié à vos soins. Je vous 
prie de vouloir bien m'accuser réception de cet envoi. 

J'ai l'honneur, etc. 

{Signé) Jules VAN PRAET. 

Bruxelles, le 14 juin 1855. 

A Monsieur Marchai, conservateur de la Bibliothèque de Bourgogne. 

D'après ces indices et pour constater la véritable origine de ce beau manuscrit , orné de 
miniatures qui portent tout le caractère des librairies de Bourgogne , j'écrivis à M. le 
bibliothécaire de Berne pour avoir des renseignements ; j'écrivis aussi à M. le bibliothécaire 
de Genève, parce qu'il y a une Cyropédie dans la bibliothèque de cette république, elle 
est indiquée au catalogue de Senebier. M. le bibliothécaire de Genève me répondit par une 
lettre du 20 mars i856, que la Cyropédie , indiquée au catalogue des manuscrits de cette 
république, est telle qu'on le trouve publié par Senebier; cette réponse fait conclure que le 
manuscrit de Genève ne vient point des ducs de Bourgogne. 

M. Sigismond de Wagner, membre de la commission de la bibliothèque de Berne, me fit 

tv 



xciv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

une réponse qui prouve que jamais le manuscrit de la Cyropédie n'a été en ladite biblio- 
thèque. Cette réponse renferme des détails étrangers à la Bibliothèque de Bourgogne , mais 
ils sont tellement intéressants que je crois utile d'en publier le texte, que voici : 

Berne, ce 25 juillet 1855. 
RÉPONSE A LA. LETTRE DE BRUXELLES 

Depuis près de cinquante ans que le soussigné a fouillé à différentes époques les Mss. de la bibliothèque de Berne, il n'a 
jamais vu les Mss. qu'on demande à connaître de plus près, par la lettre de Bruxelles. Si ces Mss. se fussent trouvés dans un 
temps antérieur, à notre bibliothèque, les anciens catalogues en auraient assurément fait mention, surtout le catalogue du savant 
bibliothécaire Sinner, publié en 3 vol. l'an 1770, sous le titre : Catalogus codicum Mss. bibliothecœ bernensis; l'auteur 
recherchant précisément des Mss. du genre de celui dont il s'agit. 

Mais, comme il pourra peut-être intéresser monsieur le bibliothécaire de Bruxelles de connaître les autres Mss. et curiosités, 
qu'on possède ou possédait autrefois à Berne, provenant du butin fait par les Suisses sur le duc Charles de Bourgogne , nous 
aurons l'honneur d'indiquer dans l'ordre suivant, ce qui est de notre connaissance. 

1°. Le portrait du due, peint à l'huile, de grandeur naturelle , (seulement le buste) , il fut trouvé dans sa tente ou 
maison de bois , devant Morat et porté et placé à la maison de ville de Morat, d'où il a disparu depuis long-temps ; proba- 
blement que la vétusté l'aura gâté et fait ôter. 

2°. Une douzaine de grandes tapisseries, de haute lisse, qui ornaient la maison quarée de bois, qui servait de tente 
au duc devant Morat. Quelques-unes de ces tapisseries, fabriquées à Bruxelles, représentaient en figures de grandeur naturelle 
de différentes couleurs, les travaux d'Hercule. Elles furent données après la bataille, à un seigneur bernois de la famille d'Erlaen 
et furent long-temps placées dans un pavillon de jardin, aux portes de Berne, où le soussigné les avaient souvent vues dans sa 
jeunesse. Elles tombèrent enfin en lambeaux et furent employées à différents usages, jusques à leur entière destruction. Les 
autres, au nombre de six, sont conservées dans un caveau de la sacristie de l'église cathédrale de Berne. Toutes les années, dans 
la bonne saison, on les en tire, pour les aérer et pour les exposer dans le chœur de cette église pendant un quinzaine de jours, 
durant quel temps les curieux viennent les contempler. Elles représentent les traits principaux de l'histoire de Jules César, aussi 
en figures de grandeur naturelle , brodées en laine et en soie de différentes couleurs. Des inscriptions en caractères gothiques, 
de la hauteu. de 3 à h pouces, indiquent le sujet de chaque tableau. Il vaudrait bien la peine de les faire copier en petit en 
dessins exacts, puisque cela ferait connaître l'état de l'art en général, dans le Pays-Bas, longtemps avant l'époque de 
Raphaël en Italie et d'Albert Durer en Allemagne ; le premier étant mort en 1528 et le second étant né en 1-483. ■ — Outre ces 
grandes tapisseries, il en existe encore plusieurs autres de moindre proportion, surtout trois ou quatre nappes de table, avec les 
armoiries de Bourgogne, brodées en or et entourées de fleurs de lys, aussi en or; du briquet, (son emblème) entouré de 
flammes ou d'étincelles ; d'autres de soie avec des figures de saints , surtout de celle de St. -Jacques de Compostelle, dessinées 
au trait et peintes en or, sur un fond vert; le dessin de ces figures est correct et d'un bon style, mais toutes ces petites tapis- 
series sont très-endommagées et plusieurs presque en lambeaux. Dans le même buffet, avec ces tapisseries, se trouvent aussi 
deux habits brodés pour deux héraults d'armes ou portiers du duc, avec ses armes et autres marques de sa maison. 

3°. Au musée des arts a l'académie, on voit quatre petits tableaux, peints à l'huile, d'environ 15 pouces de haut sur 
7 à 8 de large. Us représentent quatre actes d'un trait de l'histoire de l'empereur Trajan, dont le sujet est le jugement connu 
de cet empereur, entre son fils et la pauvre veuve, dont son fils eut le malheur de tuer l'enfant; jugement qui fut toujours 
regardé comme un modèle sublime de justice, et qui orna autrefois, soit en tableaux, soit en tapisseries la plupart des salles ou 
chambres de justice des princes et des tribunaux. 

Ces quatre tableaux furent trouvés dans la tente du duc; on les attribuait toujours à Jean Van Eyck, artiste flamand, qui 
doit avoir inventé la peinture à l'huile, et qui vivait entre l'année 1370 et 1-440. Cependant ni son nom, ni sa marque, ne s'y 
trouvent pas, et le dessin n'est pas assez bon, pour oser les lui attribuer de nos jours. 

■4°. A la bibliothèque de la ville, on voit aussi le Prie-Dieu (ou Feldaltar) du duc. C'est une espèce de boîte quarrée, qui 
s'ouvre comme un jeu de trictrac; quand elle est ouverte, elle mesure de l'extrémité d'une aile à l'autre, en largeur, environ 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xcv 

trente pouces et environ 18 en hauteur. Le centre intérieur de chaque battant est orné d'une pierre ou d'une masse fondue de 
couleur verte très-foncée, qui ressemble à une serpentine d'un grain extrêmement fin ou d'une jade des îles de la mer du Sud, 
dont les sauvages se forment des armes. Sur l'une on voit la figure du Christ en croix, sur l'autre le Sauveur sur un trône, dans 
sa gloire, entouré de quatre Séraphins, l'une et l'autre en haut relief. Chacune de ces pierres est entourée à son tour de huit 
tableaux en miniature, dont le sujet est pris dans l'histoire de la passion ou de la vie du Christ, en général. Plus de quarante 
plus petits tableaux, représentant des Saints ou des Saintes, forment le contour extérieur, et plus de quatre-vingts pierres pré- 
cieuses, des rubis, des turquoises, des saphyrs et autres, bordent le tout, et de petites perles sans nombre sont parsemées entre 
les différentes miniatures. Ce Prie-Dieu fut trouvé dans la tente ou maison de bois, artistement composée , et magnifiquement 
ornée, du duc, placée sur une colline près de Morat, d'où il dominait tout son camp et le beau pays qui entoure Morat et son 
lac ; il tomba en partage du butin à Lucerne, dans la part des Bernois, avec plusieurs autres objets précieux de ce butin, après 
la mort du duc et à la fin de la guerre. 

5°. Aux archives de l'hôtel de ville, (probablement au Silbergwblb) on conserva jadis le superbe livre de prières du duc, 
en Mss., et sur du vélin, de couleur de pourpre, étaient écrites, en caractères d'or, peints au pinceau, les prières que le duc 
récitait tous les matins et tous les soirs. De magnifiques miniatures étaient placées à la tête de chaque prière. Ce Mss. était 
relié en velours cramoisi, brodé en or. Ce précieux livre fut envoyé par le gouvernement de Berne, l'année 1480, au pape 
Sixte IV, pour obtenir de lui la permission d'un troisième jubilé, afin de pouvoir achever la bâtisse de l'église de St. -Vincent, 
la cathédrale de Berne. H ne se trouve plus à la bibliothèque du pape ; on ne sait où il est parvenu. Un Mss. qui se trouve 
aujourd'hui à la bibliothèque impériale de Vienne a beaucoup de ressemblance avec. — Le soussigné en a fait faire des 
recherches à Rome, par un voyageur instruit, qui eut l'honneur d'avoir été présenté au pape, l'an 1818, et qui avait obtenu 
de lui la permission d'oser faire ces recherches; mais elles furent sans fruit. {Voir p. xciu. M. Barrois assure qu'il est 
en Danemarck). 

6°. La bibliothèque possède le manuscrit des ordonnances de guerre du duc Charles, qui se trouvent imprimées dans 
plusieurs ouvrages et sont par conséquent assez connues. Ce Mss. passe pour être l'original et fut trouvé dans les archives de 
l'évêché de Bâle. 

7°. A l'arsenal de Berne on conservait, jusqu'à l'année 1798, environ deux cents fusils de la garde personnelle du duc; 
ils étaient tous parfaitement égaux et semblables, très-légers et de la plus grande élégance. Tout le bois, surtout les crosses, 
étaient incrustées d'arabesques en ivoire, d'un travail très-fin et d'un très-bon goût. Ces fusils faisaient autrefois le plus bel et 
le plus honorable ornement de notre arsenal et furent admirés de tous les étrangers. Le funeste 5 mars de l'année susdite, nous 
en priva ; les commissaires, les généraux et officiers français s'en emparèrent et les portèrent un chacun dans son pays. 

8°. Le célèbre diamant du duc Charles tomba aussi entre les mains des Bernois. Un bourgeois de Berne l'acheta du gouver- 
nement, pour cinq mille goulden et le vendit à des marchands de Gènes pour sept mille. En l'année 1510, le pape Jules 11 
l'acheta pour 20,000 ducats et le plaça dans la thiare papale. 

Ainsi dressé ce 1 er août 1833. 

(Par moi) Sigismond DE WAGNER , 

MEMBRE DE LA COMMISSION DE LA BIBLIOTHÈQUE ET CHARGÉ DU DÉPARTEMENT LES OBJETS D'ART. 

(Ecrit à l'âge de 75 ans). 



XX. — Manuscrits des bâtards de Bourgogne. 

On reconnaît parmi ces manuscrits , ceux qui portent les armoiries barrées à l'envers , la 
signature du grand bâtard , et la devise nul ne s'y frotte. Celle de Charles-le-Téméraire était 
une branche de houx avec ces mots : qui s'y frotte s'y pique. Leur provenance est magnifique. 
Nous ignorons comment ils sont restés en la Bibliothèque de Bourgogne. Sont-ils tous du 
grand bâtard Antoine, tué à Bupelmonde? Je l'ignore. 



xcvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

CHAPITRE VI. 

Marie de Bourgogne. 

La fin malheureuse de Charles-le-Téméraire , qui périt devant Nancy, le S janvier 1477. 
(n. st.) la veille des Rois, est trop connue pour en reproduire les tristes détails dans ce résumé; 
nous remarquerons cependant que l'on doit admirer la noble simplicité de la rédaction de son 
inscription sépulcrale par le duc René , qui aurait dû s'enorgueillir du bonheur insigne d'un 
décès inespéré qui le délivrait pour toujours de la crainte trop fondée de perdre ses états, 
après les anciens malheurs de la maison d'Anjou à Naples et en Provence. 

Ici l'an de l'incarnation 

Mil quatre cent septante six , 

Veille de l'apparition, 

Fut le duc de Bourgogne occis [Il n'est pas même nommé). 

Et en bataille ici transis : 

Une croix fut mise pour mémoire ; 

René duc des Lorraines , merci 

Rendant à Dieu pour sa victoire. 

Le roi Louis XI, au contraire, spectateur éloigné de ce grand événement, ne fut pas aussi 
modeste; il éclata de joie et il donna des ordres pour la prompte conquête et la saisie du duché 
de Bourgogne, l'un des six grands fiefs de son royaume. Il fit saisir aussi (mais momenta- 
nément) la Franche-Comté , fief impérial des anciens royaumes d'Arles et des Bourgognes 
transjurane et cisjurane. 

Le prince d'Orange , l'un des vassaux des deux provinces , persuada aux états de Bourgogne, 
assemblés à Dijon, de faire la remise de ce duché entre les mains du roi pour la conservation 
des droits de la jeune duchesse Marie, fille unique de Charles. Plusieurs manuscrits fort 
connus de la Bibliothèque actuelle de Bourgogne, à Bruxelles, (n° 15854, etc.), expliquent 
ses droits. Vers ce même temps, George de la Trimouille, sire de Craon, acheva de prendre 
possession de la Bourgogne, au nom du roi. 

Un inventaire du mobilier fut rédigé par ordre du monarque. Voici le libellé initial, selon 
le texte de M. Barrois : 

« Inventoire commencié à faire le 6 e jour de mars l'an 1476 (v. st.), en l'hostel du roy nostre 
» seigneur à Dijon, par ordoinnance de messire George de la Trymouille, seigneur de 
» Craon , et de tous les biens meubles et joyaulx estans au dit hostel , en la chambre des 
» joyaulx et aultres au moment du decez de feu monseigneur le duc Charles de Bour- 
» goingne que Dieu absoille, en présence de, etc. » 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xcvn 

Il y a discordance comme aux inventaires précédents, entre celui de M. Barrois et de 
M. Peignot, (voir ci-dessus à la page xcn). 

SELON M. BARROIS. SELON M. PEIGNOT. 

676. Histoires de la terre d'Orient. 210. Histoires de la terre d'Oriant. 

677. Du gouvernement du monde et des Macabées. 211. Remèdes de l'une et l'autre fortunes. 

678. Le livre des déduits. 212. Sixiesme descade de Titus-Livius. 

679. Cent ballades d'amans et de dames. 21S. Du gouvernement du monde et des Macabées. 

680. Dits des apôtres. 214. Le livre des déduictz. 

681. La somme Le Roi. 215. Épîtres et évangiles. 

En cet inventaire, comme aux précédents, nous n'avons fait aucune attention aux fautes 
orthographiques, ni ajouté le mot (sic) pour les faire remarquer 5 nous pensons que ces dési- 
gnations sont au-dessous de l'importance de ce résumé. 

Que nous importe si le n° 210 porte d'Oriant ou d'Orient , et si en d'autres endroits il y a 
des mots selon l'ancienne orthographe , et d'autres selon l'orthographe moderne , tel qu'on 
le voit au catalogue de M. Peignot et à plusieurs articles correspondants du catalogue de 
M. Barrois. 

Cependant Louis XI, mélange de profusion, lorsqu'il était satisfait, et de mesquinerie dans 
sa vie journalière, fit don de tout ce riche mobilier inventorié, au sire de Craon. Mais le comte 
de Crevant qui avait aussi rendu des services au roi , dans la conquête de ce pays , sollicita 
de son côté le don de ce mobilier. La décision formelle du roi , que nous allons transcrire , 
d'après M. Peignot, nous fera connaître la dispersion définitive d'une partie importante de la 
Bibliothèque de Bourgogne. 

Voici les extraits de cette singulière correspondance, qui porte tout le caractère de men- 
dicité des serviteurs de Louis XI. « Je suis seur (écrit le sire de Craon, dans une lettre datée 
» de la ville de Gray, à la chambre des comptes de Dijon, le iSînai 1477), je suis seur qu'il 
» (le maréchal) les a demandés, comme non adverty que le roi m'en eust aussi faict le don 
» et quant il verra le double des lettres du dit seigneur, s'en départira. » 

Voici le double de cette lettre décisive de Louis XI, au sire de Craon : 

« Le conte de Crevant m'a parlé des meubles et vaisselle que je vous ai donnés , je veuil 
» que vous les prenes et que en faites comme du vostre. Touchant ma part des restes, prenez 
» le entre vos mains, pour les employer en ce que verres que sera nécessaire par de la, comme 
» je dis à Merlin. Et adieu. A Arras le 23 e jour de mars 1476 (v. st.). » 

Ainsi, les livres des hôtels de Dijon, du Rouvre, d'Auxonne, sous la main du sire de Craon, 
et à plus forte raison ceux de l'hôtel de Bourgogne à Paris , qui étaient sous la main directe 



xcvin NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

et personnelle du roi, furent dispersés. C'est de la sorte, sans doute, qu'est sortie une partie 
des livres des librairies de Bourgogne, qui sont devenus les ornements des bibliothèques 
étrangères. 

Une autre dispersion moins considérable, il est vrai, venait d'avoir lieu : c'étaient les livres 
abandonnés par le duc Charles , pendant les désastres de Morat et de Nancy. Nous en avons 
donné quelques détails par la lettre de M. De Wagner, de Berne ; nous avons dit aussi que 
M. Barrois a vu le livre d'heures de Charles-le-Téméraire , en Danemarck, et il m'a assuré 
que ce magnifique manuscrit conserve encore l'éclat de la plus grande fraîcheur. 



DEUXIEME SECTION. 



MAISON D AUTRICHE-BOURGOGNE. 



PREMIÈRE DIVISION. 

BRANCHE FLAMANDE. 



CHAPITRE PREMIER. 

M aximilien d Autriche , 1477-1493. — Marie de Bourgogne, 1477-1482. 



WOUTRE DE OUT HEUSDE» , BIBLIOTHÉCAIRE 



Six mois après que le duc Charles-le-Téméraire, eut péri devant Nancy, Marie de Bour- 
gogne, sa fille unique, née à Bruxelles, le 13 février 1457, (n. st.) âgée de vingt ans et demi, 
épousa Maximilien , fils de Frédéric III , empereur d'Allemagne , duc d'Autriche , né à Gran , 
le 5 janvier 1459, peu de temps après la bataille de Kermend, gagnée par son père sur 
les Hongrois. Maximilien n'avait donc que dix-huit à dix-neuf ans, lorsqu'il arriva aux 
Pays-Bas. 

Les opinions sont aussi partagées sur le caractère de son père que sur le sien. Parmi 
plusieurs écrivains, le célèbre et savant Eneas Sylvius Piccolomini, qui fut pape sous le nom 
de Pie II, qui avait voyagé en Autriche et en Bohême , et qui avait connu personnellement 
l'empereur Frédéric III, dont le règne commença en 1440 et finit en 1493, nous apprend que 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. xoix 

ce prince encouragea les belles-lettres et les beaux-arts. C'est à lui que la ville de Vienne, 
doit la fondation de la bibliothèque impériale , selon le témoignage des abbés Andrès et 
Morelli et du savant bibliothécaire Ébert. Mais au contraire, selon Pfeffel, Frédéric III était 
« un prince faible et irrésolu , incapable de penser et d'agir, dissimulé sans être prudent, 
» et odieux par son avarice. » 

Nous sommes entrés dans ces détails, parce qu'on assure que ce prince avait formé le 
caractère de Maximilien, son fils. Celui-ci, nous le réitérons, est aussi diversement juge que 
son père. Si l'empereur Frédéric III est l'objet des éloges des artistes allemands , pour avoir 
introduit les beaux-arts dans sa patrie, il a fait peu de chose en leur faveur, pendant les 
vingt premières années de son règne, quoiqu'en dise Eneas Sylvius, qui mourut pape en 1463; 
mais il y fut excité incontestablement parles conseils de Maximilien, son fils, après l'arrivée 
de celui-ci aux Pays-Bas. C'est Maximilien qui a contribué pour beaucoup à la fondation de 
la bibliothèque impériale de Vienne, vers l'année 1485, pendant le règne de son père, et 
qui sans doute la fit établir à l'instar des librairies de Bourgogne , et peut-être aussi par 
esprit de rivalité, pour égaler Mathias Corvin , roi de Hongrie, qui avait fondé à Budc , une 
bibliothèque qui coûta plusieurs millions de notre monnaie actuelle, et que nous ferons 
connaître plus amplement , à la provenance des manuscrits de Marie , reine de Hongrie , 
sœur de l'empereur Charles-Quint, tante du roi Philippe II. 

Si les artistes et plusieurs écrivains allemands font le plus grand éloge de Maximilien, il 
n'est pas jugé aussi favorablement aux Pays-Bas. Nous pensons que nos historiens l'ont blâmé 
avec trop de sévérité, et qu'il mérite plus d'indulgence. 

L'on doit considérer qu'il avait été élevé par un père dont on ne peut douter de la mes- 
quinerie et de l'irrésolution ; on en a la preuve par la fuite de Frédéric III de la ville de 
Trêves, dans la nuit qui précéda le couronnement projeté de Charles-le-Téméraire, en qualité 
de roi de Bourgogne. 

L'on doit encore considérer que Maximilien fut transporté aux Pays-Bas, à dix-huit ans et 
demi, sans avoir reçu une éducation analogue à ses hautes destinées, parlant difficilement le 
clerc français, selon l'expression des Mss. 9278, etc., c'est-à-dire la langue française de la 
cour de Bourgogne, la plus polie et la plus brillante de l'Europe, pour en devenir le sou- 
verain, après avoir passé son adolescence dans des contrées peu avancées alors en civilisation, 
et dans lesquelles le régime féodal était dans toute sa sévérité. Il se trouva sans expérience, au 
milieu de nos gens de lettres, de nos artistes et dans nos grandes villes jalouses de leurs 
privilèges, fières de leur opulence. 

En arrivant aux Pays-Bas, il devenait le chef de ces puissants chevaliers de la Toison-d'Or, 
et des vieux et habiles conseillers qui avaient été initiés aux secrets politiques du père et de 



c NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

1 aïeul de sa jeune épouse. Il ne pouvait donc avoir ni assez d'expérience, ni assez d'aplomb 
pour soutenir son rang, à l'égal des quatre ducs de Bourgogne-Valois, ses prédécesseurs, qui 
avaient fondé la monarchie et qui avaient tenu dans leurs mains la balance des destinées de 
l'Europe. 

Maximilien fut léger dans ses opérations , inconstant dans sa marche politique, mauvais 
financier dans un pays peuplé d'habiles calculateurs , tels furent ses torts. Mais il n'a pas été 
tyran ou cruel, comme il aurait pu le devenir à l'exemple de Louis XI, tel est son éloge. 
Certes, il a commis des fautes qu'on ne peut contester, telles que d'avoir tergiversé et finassé, 
long-temps après la mort de Marie de Bourgogne, au moment où il devait aller en Bretagne 
et se hâter d'épouser personnellement l'héritière de ce duché. Mais il est bien excusable de 
toutes ses fautes, par la grandeur des deux règnes de Philippe-le-Beau, son fils et de Charles- 
Quint, son petit-fils; car cette grandeur est en partie son ouvrage, c'est-à-dire le résultat 
de renseignement qu'ils ont reçu tous les deux, par ses conseils et par ceux de Marguerite, 
sa fille chérie. 

On lui attribue , pendant ses moments de gène pécuniaire, d'avoir engagé à des usuriers 
lombards , une partie des précieux manuscrits des librairies de Bourgogne , de les avoir 
dépouillés des pierreries qui ornaient leurs couvertures et, pour comble d'inconséquence, de 
n'avoir pu les retirer des engagistes, aux échéances des paiements. On ajoute qu'alors il se 
contentait dune somme supplémentaire, pour leur abandonner ces manuscrits en toute pro- 
priété. On dit que c'est de là que proviennent dans d'autres bibliothèques, les volumes de la 
Bibliothèque de Bourgogne qui sont épars en Europe. 11 nous semble qu'il y a de l'exagé- 
ration dans ces inculpations , et qu'il faut diviser la défense ou l'apologie de Maximilien en 
trois parties : 1° concernant les manuscrits qui n'étaient plus dans les états soumis à sa domi- 
nation, au moment où il épousa Marie de Bourgogne ; 2° les manuscrits restés sous sa 
domination; 5° ceux qui sortirent après son départ des Pays-Bas. 

Quant à la première partie, on a vu plusieurs partages des successions de Philippe-le-Hardi 
et de Jean-sans-Peur ; on a désigné entr'autres preuves le procès-verbal fait à la requête des 
ducs Antoine de Limbourg et Jean de Bourgogne et ducomtedeNevers. Nous ne dirons rien 
des donations faites par la munificence des quatre ducs de Bourgogne- Valois , nous ne les 
connaissons pas , et nous passerons sous silence les livres perdus à Morat et devant Nancy. 
Nous n'ajouterons rien aux dons que le roi Louis XI a faits, après la saisie du duché de Bour- 
gogne. Ainsi, Maximilien n'est pas coupable de Téparpillement de toute cette masse de 
manuscrits, que l'on admire dans les pays étrangers. 

Quant à la troisième partie de ces inculpations, nous l'expliquerons plus loin, au règne de 
Philippe II , car elle est plus moderne d'un siècle entier, relativement à Maximilien. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ci 

Il nous reste à rendre compte de 1 eparpillement des manuscrits, pendant son administration 
aux Pays-Bas et de la spoliation des pierreries. On reconnaîtra facilement l'exagération, en 
faisant la remarque qu'il n'y avait guères que les livres de la chapelle qui fussent recouverts 
de pierreries , à l'instar de l'Ëvangéliaire des comtes de Namur, que nous avons décrit à la 
XIII me provenance, page lxxxix. Parmi les autres reliures, les plus précieuses étaient en cuir 
blanc, jaune ou rouge, en damas noir ou rouge, en veluyau, c'est-à-dire en velours, en d'autres 
étoffes, et même en baudequin broché d'or et d'argent, avec des fermoirs d'argent ou de 
vermeil. H y a encore plusieurs de ces reliures intactes en la Bibliothèque de Bourgogne, nous 
les conservons avec le plus grand soin. Les dommages ne concernent donc que les livres de 
liturgie. Si l'on en doutait, on peut prendre, pour comparaison, les inventaires de la biblio- 
thèque du Louvre, qui s'étendent jusqu'à l'année 1429, comme on l'a expliqué précédemment. 

D'un autre côté , il faut remarquer que la gravité des embarras pécuniaires où Maximilien 
se trouva, ne commence fortement qu'après le décès de Marie de Bourgogne, en 1482, car 
auparavant, ce prince qui n'était qu'un adolescent, écoutait les avis des conseillers de sa 
jeune épouse. Lorsqu'il fut veuf, à vingt-deux ou vingt-trois ans, on lui contesta la tutelle 
de ses enfants dans les provinces et les villes , surtout à Bruges , où se trouvait alors la 
plupart des manuscrits. Il n'a donc pu exercer ces spoliations que pendant peu de temps, 
presque clandestinement; nous pouvons même les réduire à une valeur très-faible. D'ailleurs, 
Charîes-le-Téméraire n'avait-il point vendu sa vaisselle quelques années auparavant? Qui 
nous assurera que plusieurs pierreries de ses manuscrits n'y fussent pas comprises ? 

Mais, avant d'aller plus loin, on doit se ressouvenir, pour les actes que nous allons analyser, 
que Maximilien prit le titre d'archiduc à rassemblée des états à Alost, en 1484, et qu'il fut 
élu roi des Romains, en 4486, à la diète de Francfort. 

L'année précédente, le 24 juillet 1485, il avait fait rédiger à Gand un inventaire qui 
constatait l'effectif des joyaux et des livres qui se trouvaient en la trésorerie de cette ville; le 
libellé initial de l'acte porte ces mots qui démontrent que Maximilien n'y avait ni détourné, 
ni spolié des manuscrits. Voici le texte d'après M. Barrois : 

« Présent monseigneur le comte de Nassow, premier chambellan de monseigneur l'archiduc 
» d'Austrice, etc. etc. ouquel inventoire sont escript tous et quelzconque les joyaulxde pierrie, 
» d'or, d'argent, d'église, de livres, et autres bagues qui ont este trouvés en ladite tréso- 
» rerie, etc., et quant aux autres bagues et joyaulx (remarquons ici qu'il n'y est point fait 
» mention spéciale des livres), qui par cidevant ont este baillez à Woutre de Out Heusden , 
» garde d'iceulx, commis par mon dict seigneur et feue madame la ducesse, que Dieu 
» absoille, les quels sont les aucuns engaigeez et les aultres vendus et distribués, l'on en 
» aura renseignement. » 

y 



en NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Cet article ne fait aucune indication de la perte des manuscrits en la ville de Gand , quoi- 
qu'un auditeur de la chambre des comptes eut mis alors, en marge, cette annotation 
sévère et ironique : «Soit, soit, où est cest renseignement? et quelz acquis ledit Woutre 
en a ? » 

Cet inventaire ne renferme, il est vrai, que vingt articles de manuscrits du n° 4615 y com- 
pris, à 1834, selon ledit M. Barrois. 

Mais un autre inventaire, beaucoup plus considérable, a été fait à Bruxelles le 15 no- 
vembre 4487. Il commence au n° 1635 (y compris) de M. Barrois et finit au n° 2181 ; cet 
acte renferme donc 547 articles de manuscrits. 

Deux mois plus tard, la garde des objets repris aux deux inventaires susdits, faits à Gand 
et à Bruxelles, fut confiée audit Woutre de Out Heusden, le même jour, 25 janvier 1487 
suivant (v. st.), c'est-à-dire en 1488; ils comportent ensemble 20 -f- 547 Mss. = 567 Mss. 

Mais ces deux trésoreries des Pays-Bas n'étaient pas les seules qui renfermassent des 
manuscrits ; il y en avait aussi en la trésorerie de Bruges , car, selon un inventaire rédigé 
circa 1467, selon M. Barrois, c'est-à-dire dix à onze ans auparavant, il y avait à Bruges, 
depuis le n° 705 à 1612, c'est-à-dire 908 articles manuscrits. 

Nous avons examiné attentivement cet inventaire de Bruges , nous y avons reconnus plu- 
sieurs doubles emplois par erreurs , tels que des manuscrits transportés hors de Bruges, 
selon l'inventaire susdit de Bruxelles. 

Ainsi, l'effectif probable est le suivant : 

Gand 20 articles. 

Bruxelles 547 » 

Bruges (pour mémoire) . x » 

Autres places (aussi pour mémoire) . x » 



Total. ... 2x+ 567 articles. 

Nous n'avons , pour le moment , à notre connaissance , à Bruxelles , aucun moyen de 
déterminer la valeur de ces deux x, ou nombres inconnus et réels. 

Nous reviendrons sur ce décompte, en analysant plus loin, au règne de Philippe II, l'inven- 
taire de l'an 1577, qui renferme 963 articles de livres manuscrits. 

XXI. — Transcriptions. 

Cette provenance est peu nombreuse, cependant il faut y désigner le beau manuscrit alle- 
mand , concernant la chasse au cerf et au daim, dans le Tyrol , n° 5751 . 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. cm 

CHAPITRE II. 

Philippe -le- Beau. 

Quelques détails chronologiques sont nécessaires sur la famille de Maximilien et Marie. 
Deux de leurs enfants leur survécurent : Philippe-le-Beau qui était l'aîné, naquit à Bruxelles, 
le 22 juillet 1478. Avant d'être devenu majeur, en 1495, après le départ de Maximilien, son 
père, qui avait été élu empereur d'Allemagne, il prit le titre d'archiduc d'Autriche, duc de 
Bourgogne, de Brabant, etc. Marguerite, sa sœur, était née aussi à Bruxelles, le 10 jan- 
vier 1480 (n. st.), selon Olivier de La Marche, qui était bien informé, et non à Gand, selon 
des écrivains qui ont copié un texte erroné; elle eut le titre d'archiduchesse d'Autriche. En 1496 
le frère et la sœur épousèrent les infants de Castille et d'Aragon , Jean et Jeanne. Ce double 
mariage, résultat des négociations politiques de Ferdinand roi d'Aragon , souverain dans les 
Deux-Siciles, etc., avait pour objet de cerner la France par un enchaînement d'alliances de 
princes espagnols, autrichiens et impériaux. Mais l'infant Jean mourut après quelques mois 
de mariage. Marguerite, sa veuve, épousa le duc Philibert de Savoie, qui mourut en 
l'année 1504. Plusieurs manuscrits, tels que le n° 10985, sont relatifs à cet événement mal- 
heureux. C'est de ce second mariage que Marguerite conserva les deux noms de Marguerite 
d'Autriche et de Savoie. De là provient le mi-parti de ses armoiries de Savoie et d'Autriche- 
Bourgogne, écartelé d'Espagne (voir Mss. 9466 et page précédente). Nous ajouterons que les 
manuscrits de Maximilien ni de Marie n'ont pu le porter. 11 y a des voyages de l'archiduc 
Philippe-le-Beau en Espagne, sous le n° 7382, etc., de la Bibliothèque de Bourgogne. 

Nous ajouterons aussi, par appendice, la remarque que l'archiduc Philippe-le-Beau, après 
avoir appris la nouvelle de la mort de la reine Isabelle, sa belle-mère, fut proclamé solennel- 
lement roi de Castille, en l'église de S te .-Gudule, à Bruxelles, en l'année 1506. Qui aurait pu 
croire qu'un demi siècle plus tard, le roi Philippe II, petit-fils de Philippe-le-Beau, eût résolu 
de faire dépendre nos provinces de ses royaumes d'Espagne. 

XXII. — Transcriptions. 

Si les manuscrits de cette provenance sont peu nombreux, on doit cependant faire remar- 
quer le livre d'heures de Philippe-le-Beau et de Jeanne la folle , sa femme. Leurs portraits 
sont à l'iconisme de ce volume , qui est un des plus admirables de la Bibliothèque, n° 9126 
de l'Inventaire. 



civ NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

XXIII. — Manuscrits provenant d'Espagne. 

Nous classons, dans cette provenance, plusieurs manuscrits qui paraissent avoir servi à 
l'instruction de Philippe-le-Beau, ou probablement aussi de Charles-Quint et de Philippe H, 
son fils et son petit-fils. Parmi ces Mss. il faut remarquer les constitutions de Jacques II, roi 
de Majorque, n° 9169 de l'Inventaire; ce volume est incontestablement un des plus précieux 
livres de la provenance espagnole; la miniature de l'iconisme représente le roi sur son trône, 
entouré des grands de sa cour, en son conseil. Cependant, il y aurait possibilité que ce ma- 
nuscrit fût échu en héritage à Charles-Quint, après le décès de Ferdinand, roi d'Aragon, qui 
mourut en 1516. 



CHAPITRE III. 

Charles-Quint, 1 506-1 555. 

La bibliothèque formée par la munificence du duc Philippe-le-Bon , ayant servi à l'éduca- 
tion de Charles-le-Téméraire , de Philippe-le-Beau et de Marguerite , ne pouvait avoir une 
plus noble et plus utile destination que de servir à l'enseignement de Charles d'Autriche, né 
à Gand , le 24 février de l'année i 500 , élevé aux Pays-Bas , fils aîné de Philippe-le-Beau et de 
Jeanne , connu dans les deux hémisphères sous le nom de Charles-Quint. Il était arrière 
petit-fils de Charles-le-Téméraire. La riche collection de ses librairies fut augmentée par les 
livres que sa première maraine , Marguerite d'York , veuve de ce prince , lui laissa en héritage 
en l'année 1503 ; nous en parlerons à la provenance y relative. Il eut aussi la librairie de 
Charles de Croy, prince de Chimay , son premier parrain, qui lui donna son nom de 
baptême ; nous en parlerons également à la provenance des manuscrits de Croy. 

Il eut aussi la jouissance de la librairie de Marguerite d'Autriche ou de Savoie , sa tante et 
sa seconde maraine, qui lui tint lieu de mère, car Jeanne la folle, sa véritable mère, était 
incapable de surveiller son éducation. 

Charles-Quint avait pour frère l'archiduc ou infant Ferdinand, né et élevé en Espagne; il 
avait quatre sœurs dont il faut faire connaître les noms , à cause des bibliothèques de deux 
d'entre elles : Elisabeth , qui épousa Emmanuel , roi de Portugal, mort en 1521 , et ensuite 
le roi de France, François I er ; Isabelle, qui épousa Christiern, roi de Danemarck, dont 
l'exil aux Pays-Bas n'est que trop malheureusement célèbre ; Marie, qui épousa Louis II , roi 
de Hongrie, tué à la bataille de Mohacz , contre les Turcs, en 1526; enfin Catherine, qui 
épousa Jean III, roi de Portugal, successeur d'Emmanuel , décédé en 1537. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. cv 

Selon des conventions de famille, l'héritage des Pays-Bas, se composant, entre autres, des 
librairies de Bourgogne, ne fut point morcelé; plusieurs sommes d'argent et des pensions 
suppléèrent à ce partage , de même que cela s'était fait envers Marguerite, sœur de l'archiduc 
Philippe-le-Beau , après toutefois un premier partage qui lui concédait l'Artois, et qui n'eut 
pas d'exécution parce que les projets de son mariage avec le dauphin furent anéantis. 

Le jeune archiduc Charles fut élevé aux Pays-Bas , il passa son enfance presque entière au 
palais de Bruxelles. L'empereur Maximilien , son aïeul , devait être son tuteur, quoiqu'il 
résidât en Allemagne. Les historiens de Belgique ont expliqué ces événements ainsi que le 
refus de Maximilien d'accepter la tutelle; mais les véritables charges de la tutelle furent 
confiées à Marguerite, sa tante, comme on l'a dit précédemment. 

Marguerite fut secondée, dans les soins de l'éducation de Charles-Quint, par un des seigneurs 
de Croy, dont la famille était, depuis un siècle, au plus haut degré de faveur. C'était Guil- 
laume de Croy, sire de Chièvres , cousin de ce Charles de Croy, qui était parrain du jeune 
archiduc. Il traça le plan de ses études. Il confia l'enseignement des humanités au savant 
et modeste latiniste Adrien d'Utrecht, (voir la biographie de celui-ci, Mss. n° 10167), qui 
depuis fut pape, sous le nom d'Adrien VI, par un bonheur qu'on ne peut comparer qu'à 
l'élection de Gerbert de Rheims ou Silvestrell, qui avait été le précepteur de Robert, fils 
du roi Hugues Capet, comme on l'a dit à la page lviii. Mais Guillaume de Croy se réserva 
pour lui-même la principale et la plus importante partie de l'enseignement de son noble 
élève, relativement à l'usage que celui-ci en devait faire, lorsque devenu majeur, il serait 
souverain d'un grand nombre de royaumes. 

Cette principale étude fut la science de l'histoire. C'est ce que fait connaître un passage de 
Varillas, auteur du livre intitulé : «La pratique de l'Education des princes, contenant 
l'histoire de Guillaume de Croy, surnommé le Sage, gouverneur de Charles d'Autriche. » 
Varillas va démontrer ce que nous venons d'avancer dans les paragraphes précédents. 

« Et après que Chièvres, dit-il, eut donné à l'archiduc, par l'histoire, les lumières géné- 
» raies dont il avait besoin , pour la conduite de sa vie , il lui fournit les lumières particu- 
» Hères , en l'instruisant de ses véritables intérêts , à l'égard de toutes les puissances de 
» l'Europe, en ce qu'il avait des intérêts présents et des intérêts à venir, et que les futurs 
» étaient les mêmes que ceux de ses aïeux paternel et maternel, dont il devait un jour hériter.» 

Ces deux illustres aïeux étaient Maximilien, empereur et roi, et Ferdinand roi d'Aragon, 
des deux Siciles, etc. 

Ainsi, la Bibliothèque de Bourgogne, que le duc Philippe-le-Bon avait fait augmenter pour 
l'enseignement de Charles-Ie-Téméraire , son fils, fut l'instrument le plus utile à l'instruction 
de Charles-Quint. Peut-être sans l'enseignement puisé dans les collections si judicieusement 



cvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

formées des librairies de Bourgogne, dont se servit un maître aussi habile que Chièvres, 
Charles-Quint n'eût jamais été capable de régner avec gloire sur tant de souverainetés , si 
différentes par leurs privilèges, par leurs autres lois et par leurs événements historiques. La 
diversité des langues y était la moindre des difficultés. D'ailleurs les collections bibliogra- 
phiques n'étaient pas alors aussi faciles à réunir que de nos jours ; ce n'était guères que par 
des transcriptions longues et dispendieuses et non par des achats chez les marchands , qu'on 
pouvait y parvenir. Nous le verrons plus loin , lorsque nous parlerons de la typographie, 
sous le règne de Philippe II. 

Parmi les livres précieux qui composent ces librairies , les volumes du riche manuscrit 
de la Fleur des Histoires , ont été un grand nombre de fois dans les mains d'un prince qui 
porta, quelques années plus tard, le sceptre impérial et d'autres sceptres de plusieurs grands 
royaumes de l'Europe et de l'Amérique. Qui nous assurera que la vue des belles minia- 
tures de ces manuscrits , quand Charles y étudiait l'histoire , n'aient point élevé lame de 
Marguerite, sa tante, et de Marie, qui fut reine de Hongrie, et de ses autres sœurs, et que des 
livres, si parfaits pour leur siècle , n'aient point contribué à leur inspirer réciproquement le 
goût éclairé des études à la fois brillantes et solides , pour gouverner dignement une partie 
considérable du genre humain. 

XXIV. — Manuscrits de Marguerite d'Yorck, veuve de Charles-le-Téméraire, décédée en 1503. 

Cette princesse, première marraine de Charles-Quint, était sœur d'Edouard IV, roi d'An- 
gleterre, de la maison d'Yorck ou de la Rose-Blanche ; elle était la troisième femme du duc 
Charles-le-Téméraire ; elle lui survécut pendant 26 ans. Tout porte à croire qu'elle surveilla 
successivement l'éducation de Marie de Bourgogne, fille d'Isabelle de Bourbon , qui avait 
été la seconde femme de feu son mari ; de Philippe-le-Beau , et de Marguerite de Savoie. 
Étant marraine de Charles-Quint, comme on l'a dit plus haut, le bonheur de son filleul aurait 
été sans doute l'objet de sa sollicitude, mais elle mourut en 1503; Charles n'avait alors que 
trois ans. Les historiens sont d'accord sur les belles qualités de cette princesse , dont l'exis- 
tence fort prolongée, après la mort de son mari, servit à transmettre à la maison d'Autriche- 
Bourgogne, les traditions de la profonde politique et les glorieux souvenirs de la puissance 
des quatre ducs de Bourgogne- Valois , car Marguerite d'Yorck avait vu le règne du duc 
Philippe-le-Bon , son beau-père. 

Elle avait su apprécier les beautés des collections primitives de la Bibliothèque de Bour- 
gogne , dont elle avait vu continuer la formation. On ne doit donc point s'étonner qu'en 
faisant imiter ces modèles, les livres qu'elle fit transcrire, tels que le n°9296, intitulé: 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cvn 

Bienheureux seront les miséricordieux, soient des chefs-d'œuvre de calligraphie et de minia- 
tures. Ses manuscrits sont par conséquent la contre-partie de ceux de Charles-le-Téméraire 
et le complément de ceux de l'école immortelle de Philippe-le-Bon. 

On doit ici rectifier une erreur assez grave du texte de La Serna ; voici ce qu'il dit (page 29), 
concernant un manuscrit qu'il présume avoir été apporté d'Angleterre par Marguerite d'Yorck : 

« Je ferai encore mention particulière, dit-il, d'un manuscrit sur vélin, infiniment précieux 
et d'une exécution vraiment magnifique, qui existait, en dernier lieu, dans notre Bibliothèque 
de Bourgogne. Ce manuscrit, de format petit in-folio, intitulé : Psalterium, était tout écrit 
en lettres d'or et d'azur; il était en outre enrichi de plusieurs miniatures très-brillantes, qui 
représentaient les mystères de la Vie de Jésus-Christ, ainsi que les sujets des fêtes principales 
de l'année. Les diverses oraisons et prières, qu'on y trouvait, adressées à divers saints, 
révérés particulièrement en Angleterre, et peu connus dans d'autres pays, tels que S l .-Alban, 
S^-Edmond, St.-Oswald, S l .-Kenelius, etc., etc., prouvent évidemment que ce riche 
manuscrit a été fait et exécuté dans ce royaume ; d'un autre côté, sa magnificence et la beauté 
de l'exécution, nous font voir qu'un tel ouvrage n'a pu être fait que pour l'usage d'une per- 
sonne de la première distinction ; de manière que tout bien considéré, nous sommes pour ainsi 
dire forcés de reconnaître, qu'il a appartenu à la dame Marguerite d'Yorck, douarière de notre 
Charles-le-Téméraire , dernier duc de Bourgogne. » Ce manuscrit ne provient point de 
Marguerite d'Yorck. Nous le reverrons au règne de Philippe II. 

M. de La Serna est excusable de cette erreur, parce qu'il écrivait à Bruxelles et que le 
manuscrit était alors à la bibliothèque impériale, à Paris. Si M. de La Serna était encore vivant, 
nous ne ferions aucune remarque relative à la rectification de ce passage, par l'impression des 
présentes observations; nous aurions été l'en informer verbalement et lui exposer nos doutes, 
parce qu'il ne convient pas que des employés d'une même administration, et encore moins un 
des subalternes, comme je l'ai été sous les ordres de La Serna, depuis l'an 1798 jusqu'à 1802, 
exposent réciproquement les erreurs de leur chef, devant le public ; ce sont des affaires de 
famille. 

Ce manuscrit nous paraît être le n° 879 de l'inventaire de la bibliothèque du Louvre. Nous 
l'avons déjà dit : il est passé de ce dépôt en la librairie de Philippe-le-Bon. Voici sa descrip- 
tion dans cet inventaire : « Un très-beau psautier tout escript de lettre d'or et d'azur et dont 
» les hays brodez des armes de Bourgogne et y est le sacre des roys d'Angleterre. » 

En effet, ces miniatures du commencement du quatorzième siècle, sont sur un fond en 
ogives mauresques, fleurdelisé de France; la tenture byzantine de ce fond est d'azur, de 
gueules ou de sinople, qui sont les couleurs de la royauté. Le personnage qui préside, comme 
une sentinelle , à côté de la lettrine initiale du premier psaume Beatus vir, est un guerrier 



cvin NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

dont le bouclier d'argent est armorié d'un dragon de sable; ce sont les armoiries présumées 
primitives de France. Elles sont peut-être fabuleuses. On voit aussi le dragon aux lettrines 
anglo-saxonnes, mais non en armoiries; elles paraissent être imitées des Mss. de France. (Voir 
le St.-Césaire du viu e siècle, qui est de transcription française, n° 9851). 

Quant aux prières adressées à des saints qui étaient nés en Angleterre , elles ne sont pas 
exclusives; il y en a qui s'adressent à un nombre plus grand de saints d'autres pays. Les 
prières paraissent être faites pour être prononcées par un roi, telles sont entr autres ces 
paroles : Domine... populum gubernare digneris. 

Enfin, on doit remarquer que, comme le décrit l'inventaire du Louvre, les ais sont bordés 
de plusieurs armoiries de la maison de Bourgogne , et de ses héritages et acquisitions. On y 
trouve en quelques endroits celles de la maison de Boulogne sur mer, qui sont d'or aux trois 
tourteaux de gueules; celles-ci furent-elles ajoutées selon toute probabilité, lorsqu'en 1435, 
le comté de Boulogne fut cédé au duc Philippe-le-Bon ? Ou bien, elles pourraient être en 
souvenir de 1 antique alliance de famille des comtes de Boulogne et des ducs de Brabant. 
Je l'ignore. 

Quoiqu'il en soit, les armoiries du duc Philippe-le-Bon , qui sont écartelées de Brabant, 
c'est-à-dire de la date de 1451 à 1467, se trouvent en profusion et au bas de chaque miniature, 
mais elles sont évidemment plus modernes que le manuscrit. On dirait que ce prince a voulu 
éclipser les fleurs de lis de France, qui sont parsemées sur tous les fonds. Ce volume ne 
porte point d'indices qui pourraient, par leur spécialité, se rapporter à Louis de Maie, comte 
de Flandre, dont quelques personnes présumaient qu'il provient. Il n'y a point d'armoiries 
de Nevers. En résumé la provenance originaire de ce chef-d'œuvre est inconnue. Sa pesanteur 
spécifique, comparée à d'autres manuscrits , d'un volume analogue, fait présumer qu'il ren- 
ferme pour 600 francs d'or, ce qui équivaudrait à la somme de 12,000 francs, en raison de 
la dépréciation graduelle de l'or, depuis quatre cents ans. 



XXV. — Manuscrits de Charles de Croy , comte de Chimay. 

J\ous avons fait mention de la faveur dont la maison de Croy avait joui auprès des quatre 
ducs de Bourgogne- Valois , depuis plus d'un siècle avant Charles-Quint ; cette faveur est trop 
connue par un grand nombre de témoignages, pour en rappeler le souvenir ; elle s'est presque 
accrue jusqu'à l'intimité de famille , puisque le parain de ce jeune prince fut Charles de Croy, 
qui lui donna son nom, comme on l'a dit aux pages précédentes, et que Guillaume de Croy, 
sire de Chièvres, cousin de Charles de Croy, fut son gouverneur, comme on vient aussi de le 






DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. 



cix 



dire. Pour mieux démontrer le degré de parenté entre Charles de Croy et Guillaume de Croy, 
nous allons l'indiquer, d'après le crayon généalogique par Scohier, dont nous faisons l'extrait 
que voici : 

EXTRAIT DES GENEALOGIES DE LA MAISON DE CROY. 



£5 Jean, sire de Croy, etc., conseiller et chambellan des ducs Philippe-le-Hardi et Jean-sans- 
Peur; il fut tué à Azincourl, en 141 S. 



BRANCHE DE CROY , DE 
POURCEAN, D'AERSCHOT, 
DE CHIMAY ET D'HAVRE. 

> Antoine, sire de Croy, etc., premier 
chambellan du duc de Bourgogne ; il mourut 
en 1475. 

^ Philippe, sire de Croy, d'Aerschol, etc.; 
il mourut en 1511. 

^ Guillaume de Croy, seigneur de Chiè- 
vres, duc de Soria , marquis d'Aerschol, 
chevalier de la Toison d'Or , gouver- 
neur de la jeunesse de l'empereur Char- 
les-Quint ; il mourut en 1527, sans 
postérité. 



BRANCHE DE CROY, DE CHIMAY, DE SOLRE, etc. 

Jean, sire de Croy, chevalier de la Toison d'Or, de ta première pro- 
motion. Il fut créé comte de chimay en 1-473, par le duc Charles-le- 
Téméraire. 

& Philippe de Croy, comte de Chimay, chevalier delà Toison d'Or; il mourut 
en 1482 ou 1483. 

® Charles de Croy, comte de chimay, succéda à son père en 1482 ou 1483; il 
fut fait prince de Chimay, par Maximilien, roi des Romains, en 1486. 11 fut che- 
valier de la Toison d'Or; c'est ce Charles de Croy qui donna son nom de baptême 
à l'empereur Charles-Quint; il mourut en 1 521 . Il avait épousé Louise d'Albret. 
Remarquons donc que Charles de Croy, fut comte de Chimay, de l'année 
1482 à 1486. 



Constatons maintenant la présente provenance. L'on voit que Charles de Croy, parrain de 
Charles-Quint, était petit-fils de Jean de Croy, qui fut créé comte de Chimay, en i473, par 
le duc Charles-le-Téméraire et non par le duc Philippe-Ie-Bon , qui était décédé depuis six 
ans. Charles de Croy, fils de Jean, fut le second comte de Chimay en 1482 ou 1483; il ne fut 
prince de Chimay qu'en 1486. 

Si l'on confronte avec la généalogie, le titre de Charles de Croy, comte de chimay, comme 
nous venons de le dire, on trouvera par la preuve de la signature suivante, que tous ces 
manuscrits sont de sa provenance , tels que les n os 9331, 9551, etc. ; ils portent l'indication 
autographe , que voici : « Ce présent volume appartient à Charles de Croy , comte de 
Chimay. » Cette annotation autographe est toujours suivie de sa signature, très-lisible, 
imitant la paraphe de Charles-le-Téméraire. On doit conclure de cette signature, qu'elle 
n'a pu être écrite qu'entre les années 1482 à 1486, c'est-à-dire de dix-sept à vingt-et-un ans 
après la mort de Philippe-le-Bon , dont plusieurs contemporains imitaient aussi la paraphe. 

Il résulte de tout cela que le texte de La Sern a (page 19), que voici , nous paraît être 
erroné, quand il avance que les manuscrits de Croy furent donnés à Philippe-le-Bon : 

« Parmi les seigneurs qui se sont les plus distingués à cet égard , dit-il , nous pouvons 



aa 



ex NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

compter ceux de la maison de Croy, qui se sont soutenus pendant si long-temps en grande 
faveur dans la cour de Philippe-le-Bon , au point même d'exciter la jalousie et quelquefois 
les plaintes de son propre fils , le comte de Charolais. » 

La Serna indique ensuite plusieurs ouvrages qui effectivement portent la signature ou les 
armes de Croy. 

En conclusion de nos remarques , qui démontrent , selon notre opinion , l'erreur de 
La Serna , nous ajouterons une observation bien naturelle : Charles de Croy était parrain 
de Charles-Quint ; il était cousin-germain de Guillaume de Croy, son gouverneur; tout porte 
donc à croire qu'il lui a fait donation de sa riche librairie , commencée peut-être en même 
temps, par ses ancêtres, que celle des ducs de Bourgogne-Valois. Aucun autre que lui n'a 
pu la donner à Charles , qui était son filleul , et l'élève de Guillaume , sire de Chièvres , son 
cousin. 



XXVI. — Manuscrits de Marguerite d'Autriche ou de Savoie, décédée en 1530. 

Nous avons déjà fait connaître les grandes qualités de cette princesse. Son attachement 
envers son neveu , ou pour mieux dire son fils d'adoption , n'a point cessé pendant sa vie 
entière; elle lui écrivit une lettre remplie de la plus sincère affection le jour même de 
sa mort. 

La collection des manuscrits margarétiques , (qu'on nous permette cette expression), est 
facile à reconnaître par leur beauté et par le caractère spécial de leur écriture. On pourrait 
les diviser en trois parties, ceux qu'elle avait acquis, ceux qu'elle a fait transcrire et ceux 
dont elle a composé elle-même le texte ; ces derniers sont des recueils de chansons mises 
en musique par les plus habiles compositeurs du xvi e siècle, tels que les n os 228, 10572, 
11239, etc. Les subdivisions de cette nature nous mèneraient trop loin; ceux de son 
commandement sont d'une écriture du seizième siècle, très-peu avancé, ce qui prouve 
que ce fut pendant et après la durée de l'éducation de son royal élève qu'elle les fit 
transcrire ; chacun connaît ces vers de son écriture, (Mss. 9258) de la Fleur des Histoires : 

Pensez à moi , ma cousine , 
C'est Margot qui fait la rime. 

Les manuscrits margarétiques sont armoriés mi-parti de Savoie et de Bourgogne-Espagne , 
car elle était archiduchesse et infante; plusieurs ont sur leur tranche la croix d'argent de 
Savoie , au champ de gueules. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. cxi 

XXVII. — Manuscrits de Marie, reine de Hongrie, sœur de Charles-Quint, décédée en 1558, 

trois ans après l'abdication de son frère. 

Cette provenance devrait être placée au règne de Philippe II, qui va suivre, mais comme la 
carrière politique de Marie, reine de Hongrie , gouvernante des Pays-Bas , se termine avec 
le règne de Charles-Quint et qu'elle mourut dans la même année que son frère, au commen- 
cement du règne de Philippe II, il nous semble que c'est ici qu'on doit en faire mention. 

Cette provenance se compose de deux sortes de volumes, la première ne renferme guères 
qu'un seul volume, mais c'est incontestablement l'un des plus précieux de l'Europe entière. 

Ce manuscrit provient de la bibliothèque de Mathias Corvin, qui fut roi de Hongrie, depuis 
l'an 1458 jusqu'en 1490. Ce monarque, malgré les guerres souvent d'extermination, qu'il 
soutenait contre le sultan Mahomet H , qui avait conquis les villes de Constantinople et de 
Trébizonde, qui étaient les deux capitales des empereurs d'Orient, malgré d'autres guerres 
moins cruelles, mais aussi fréquentes, contre l'empereur Frédéric III , duc d'Autriche , avait 
attiré à Bude, sa capitale, plusieurs peintres d'Italie et des savants. Il y avait fondé, sous la 
direction des artistes italiens Galeotti et Ugoletti, une bibliothèque sans doute pour rivaliser 
en richesse , avec la Bibliothèque de Bourgogne et avec celle des Médicis , car très-incon- 
testablement ce riche amateur les connaissait l'une et l'autre. 

On assure, selon des témoignages qui sont très-respectables , tels que ceux de Brassiacus, 
et d'autres, cités par Balbi, dont nous faisons ici l'extrait du texte, que Mathias Corvin 
dépensait annuellement trente mille ducats pour augmenter sa librairie; ce qui, ajoute-t-on, 
équivaudrait, depuis l'an 1466 jusqu'en 1490, à la somme de 165,000 ducats, lesquels 
à 11 francs chacun , produiraient la somme de 1,815,000 fr., ce qui s'élèverait aujourd'hui 
à 4,840,000 fr. On assure aussi que cette bibliothèque se composait de 55,000 volumes, en 
manuscrits latins transcrits par son ordre ou achetés en Italie et dans d'autres contrées de 
l'Europe , et en manuscrits grecs provenant de Constantinople où les lumières intellectuelles 
avaient repris beaucoup d'éclat, sous les Paléologues, dans les années qui précédèrent la 
prise de la ville par Mahomet II. Mathias Corvin avait aussi fait acquérir en Asie, des 
manuscrits syriaques, arabes, hébreux, etc. 

Enfin, selon M. Schanz, que nous citons aussi d'après M. Balbi, cette bibliothèque aurait 
été évaluée à 35 ducats par volume et aurait valu pendant 24 années une somme moyenne 
de 80,204 ducats, en totalité 1,925,000 ducats, monnaie d'alors, qui représenteraient 
aujourd'hui la somme de 116,662,500 francs. 

Quelque respectables que soient les autorités que nous venons d'indiquer, nous pensons 
qu'il y a erreur dans ce calcul évidemment exagéré. Ce calcul nous semble être inspiré par le 



cxn NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

juste enthousiasme que mérite" le roi Malhias Corvin ; mais il paraît qu'au lieu de 35 ducats 
par volume , si l'on mettait trois ducats et demi , c'est-à-dire 38 à 40 francs , ce serait un 
calcul plus vraisemblable. Il en résulterait que cette bibliothèque aurait valu onze à douze 
millions de francs , monnaie actuelle. On doit convenir que ce compte est encore fort élevé, 
en comparaison des autres bibliothèques anciennes; il est encore plus exagéré en le faisant 
cadrer avec les ressources financières de la Hongrie , car la plupart des impôts directs et 
indirects se paient en grande partie, dans ce pays, par des prestations en nature, tant de la 
part du serf au seigneur, que du seigneur ou vassal au souverain ou suzerain. 

11 est possible qu'en une seule année , Mathias Corvin ait dépensé 30,000 ducats pour sa 
bibliothèque, mais qu'il ait persisté annuellement dans celte dépense, cela nous paraît 
d'autant plus invraisemblable , qu'il devait soutenir des guerres contre l'ennemi naturel de 
son royaume et de la chrétienté, et que dans leurs guerres les Turcs mettent tout à feu et à 
sang, comme nous l'avons vu en 1813, dans les provinces illyriennes. Les autres guerres 
qu'il soutenait contre les Allemands à l'occident de ses états , et même contre les Valaques et 
les Moldaves à l'orient , devaient épuiser souvent ses ressources pécuniaires. 

Les trésors des Pays-Bas, au temps de Philippe-le-Bon , réunis à ceux de la Toscane ou 
des Médicis, n'auraient pu subvenir à cette dépense, sans obérer le souverain. 

Quant au 55 mille manuscrits, nous comprenons que cela peut signifier 55 mille ouvrages, 
soit petits, soit grands, dont plusieurs se trouveraient dans le même volume, tels qu'il y en a 
dans la Bibliothèque de Bourgogne ; ce calcul est encore beaucoup trop élevé, en compa- 
raison des bibliothèques modernes manuscrites les plus nombreuses, telles que la biblio- 
thèque royale de France. 

En résumé, la réduction de 116 millions et demi de francs, à onze ou douze millions 
même monnaie, quoique des neuf dixièmes, ne diminue en rien la gloire de Mathias 
Corvin, car ce calcul est encore supérieur de beaucoup à toutes les dépenses du duc Philippe- 
le-Bon, pour un objet analogue. 

Enfin, ce qui détruit ce calcul exagéré, c'est l'histoire de Mathias Corvin. Grand homme 
d'état et de guerre , ayant fait plusieurs sièges longs et dispendieux et livré plusieurs grandes 
batailles , laissant à son successeur un royaume dans une position formidable de défense , 
aurait-il, comme un extravagant bibliomane, dissipé uniquement pour avoir des livres, les 
sommes d'argent qui lui étaient indispensables pour combattre les Turcs, les Autrichiens et 
les Valaques? 

Ne laissant point d'enfants légitimes , Ladislas VI , roi de Bohême , fut élu pour son suc- 
cesseur, par la noblesse hongroise, en 1490. Celui-ci mourut en 1516, laissant le trône à 
Louis, son fils, âgé de dix ans. Ce très-jeune prince avait épousé Marie, sœur de notre 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxm 

Charles d'Autriche , appelé ensuite Charles-Quint ; elle était petite-fille de l'empereur 
Maximilien I er , qui, dans sa politique envahissante, convoitait depuis long-temps le royaume 
de Hongrie. 

En 1521 , le jeune et ardent Soliman-le-Magnifique , sultan des Turcs depuis l'année pré- 
cédente, avait déclaré la guerre à Louis et venait de prendre Belgrade. En 1526, le jeune 
roi de Hongrie perdit la vie à la malheureuse bataille de Mohacz. La ville et la bibliothèque 
de Bude furent saccagées par les Turcs ; Marie , qui était alors éloignée de ce théâtre 
d'horreurs, dut retourner aux Pays-Bas. Cette malheureuse reine, plus tard gouvernante des 
Pays-Bas, ayant été élevée avec Charles-Quint, son frère, parlait et écrivait avec élégance 
la langue latine , langue qui est vulgaire en Hongrie. Elle rapporta de ce royaume deux 
célèbres manuscrits; l'un est le Missel dit de Mathias Corvin , n° 9008, que nous décrirons 
amplement au règne d'Albert et d'Isabelle; l'autre manuscrit est un Evangéliaire que le 
roi Philippe II emporta en Espagne, en l'année 1558 et qui se trouve en la bibliothèque de 
SVLaurent de l'Escurial. 

La Serna assure , dans son mémoire sur la Bibliothèque de Bourgogne , qu'on montrait 
autrefois ce livre en grande cérémonie, en le faisant sortir de dessous un rideau et qu'on 
l'éclairait de la lumière de deux cierges. Nous pensons utile de reproduire ici la description 
de ce mauuscrit d'après une notice autographe et qui parait inédite de Gérard , dont voici 
la copie : 

« Il se trouve dans la bibliothèque de l'Escurial, un manuscrit en lettres d'or, sur vélin , 
» qui est un grand in-folio de 168 feuillets; il contient les quatre évangiles en entier. L'or 
» des caractères est très-brillant et le livre est très-bien conservé , quoiqu'on le dise très- 
» ancien. On y trouve aussi les préfaces de S*. -Jérôme et les canons d'Eusèbe de Césarée. A 
» la première page est une peinture représentant Jésus-Christ dans les nues , environné 
» d'anges, donnant sa bénédiction à l'empereur Conrad et à l'impératrice Gisèle, son épouse, 
» qui sont prosternés à ses pieds , et autour sont des vers élégans pour le tems auquel ils ont 
» été faits. 

» La seconde page présente la S te . -Vierge, assise sur un trône, devant laquelle sont à 
» genoux l'empereur Henri et l'impératrice Agnès. On y lit aussi tout autour des vers qui 
» sont de même style que les autres. 

» Voici le titre de ce livre : « Sancta quatuor Evangelia, litteris aureis scripta, jussu Régis 
» Henrici, Conradi imperatoris filii , liber vitse nuncupatur. 

» On voit, par ce titre, que ce livre a plus de 700 ans, etc. » En effet, nous ferons la 
remarque, pour expliquer la description de Gérard, que Conrad H, le salique, fut empereur 

depuis l'an 1024 jusqu'en 1039, et que Gisèle, qu'il épousa en 1016, mourut en 1045. 

bb 



cxiv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Quant à Henri-le-Noir, leur fils, qui fut empereur depuis l'an 1059 jusqu'en 1056, il 
épousa Agnès d'Aquitaine, le 1 er novembre de la même année 1043. Ce manuscrit est donc 
de la moitié du onzième siècle. 

« On l'appelait le livre d'or, continue Gérard, et on ne le montrait qu'avec solennité, en 
» allumant des flambeaux et en faisant d'autres cérémonies. C'est un don fait à Philippe II, 
» par la princesse Marie, sa tante, ainsi que d'autres manuscrits rares. Celui-ci est fermé à 
» la clef, sous un grillage et toujours couvert d'un voile. 

» Il se trouve dans la Bibliothèque de Bruxelles, continue encore Gérard, un manuscrit 
b qui peut servir de pendant à celui de l'Escurial , qui avait été donné à Philippe II , par la 
» princesse Marie , sa tante ; il aura vraisemblablement été tiré de la Bibliothèque de Bour- 
» gogne. Le manuscrit, qui se trouve à Bruxelles, est un psautier, petit in-folio, manuscrit 
a sur vélin, en lettres d'or et bleu , dit outremer. L'or des caractères est encore très-brillant 
» et le livre assez bien conservé. Il est orné de plusieurs peintures qui , étant toutes mal 
» faites, annoncent l'ancienneté du livre. (C'est le Psalterium que nous avons décrit, page cvii, 
provenant primitivement de la librairie du Louvre). 

» On voit aussi dans la bibliothèque de l'Escurial le Traité de S*. -Augustin sur le Baptême 
» des enfans, en caractères lombards, sur vélin ; il a été donné à ces religieux par la princesse 
» Marie , tante de Philippe H. » 

XXVIII. — Héritage de Catherine, reine de Portugal. 

iNous plaçons à cette provenance de la plus jeune des sœurs de Charles-Quint , le magni- 
fique antiphonier (n° 15075), qui faisait partie de la collection Van Hulthem. Ce volume est 
incontestablement un des plus beaux de l'époque où il fut transcrit et enluminé. On y voit, 
comme au Cantus missœ de Philippe-le-Beau (n° 9126), qui était le père de Catherine, 
les portraits de Jean III, roi de Portugal et de son épouse. Nous parlerons plus loin des 
manuscrits qui furent exportés en Portugal et au Brésil. 

XXIX. — Acquisitions diverses. 

II faut placer ici, en première ligne, le célèbre manuscrit des statuts de l'ordre de la Jarre- 
tière (n° 15966) de l'Inventaire, qui provient aussi de la collection Van Hulthem. Philippe II, 
fils de Charles-Quint, roi des Deux-Siciles , étant devenu roi d'Angleterre , par son mariage 
avec Marie , fille de Henri VIII , envoya à Charles-Quint , en le faisant inscrire au nombre 
des chevaliers de l'ordre de la Jarretière, le manuscrit dont nous faisons ici mention. Ce 
volume est d'une haute valeur, à cause de l'extrême rareté des livres de cette espèce. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxv 

On doit remarquer quelques phrases des statuts de l'ordre de la Jarretière; cet ordre pour 
nous servir de l'expression en usage au temps de son établissement par le roi Edouard III , 
en 1346, est celui de S*. -George et du Bleu-Jarretière, fondé à Windsor. Ces phrases ont 
été intercallées textuellement parmi les statuts de l'ordre de la Toison-d'Or, fondé à Bruges, 
en 1431, par le duc Philippe-le-Bon. On voit par là, comme en beaucoup d'autres événe- 
ments , que ce prince voulait surpasser tout ce qu'il y avait de grandeur ou précédente ou 
contemporaine aux Pays-Bas et à l'étranger. 

Nous ajoutons à cette provenance quelques livres de la Chapelle de nos souverains , tel 
qu'un antiphonier du plus grand format, qui renferme une messe inédite du célèbre musicien 
Pierre Larue. Les miniatures de ce volume, autrefois magnifique , ont été découpées par des 
personnes tellement maladroites et ignorantes, qu'elles en ont laissé les bords des enca- 
drements, c'est-à-dire qu'elles ont fait le mal sans aucun but d'utilité. Nous avons obtenu 
ce livre de l'administration des archives de l'état. 



DEUXIÈME DIVISION. 

MAISON D'AUTRICHE. — BRANCHE ESPAGNOLE. 



CHAPITRE PREMIER 
Philippe II, 1555-1598. 

BIBLIOTHÉCAIRES. — VIGLIUS , DAMMAN. 

La révolution générale qui fit passer l'Europe, vers la fin du seizième siècle et pendant le 
règne de Philippe II , son perturbateur, de l'état politique dit des grands vassaux ou du 
moyen-âge, à celui de la monarchie tendant à l'absolutisme de l'histoire moderne, eut la 
plus grande influence de revirement sur les bibliothèques, parce que cette révolution était 
en très-grande partie le résultat des innovations favorisées par la propagation de l'impri- 
merie. Nous démontrerons plus loin que le roi François I er avait voulu supprimer l'exercice 
de cet art dans son royaume de France. 

Depuis ce temps, la bibliothèque du souverain n'est plus partagée entre ses héritiers 
légitimes. L'on commence à connaître et distinguer dès-lors le mobilier, les joyaux, les 
domaines de la couronne. 



cxvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

C'est depuis ce même temps que la Bibliothèque des ducs de Bourgogne prend le titre de 
bibliothèque royale , quoique ce titre fût étranger aux Pays-Bas ; mais il fut donné à cause des 
nombreux royaumes que Philippe II possédait dans les deux hémisphères 5 c'est depuis son 
règne, comme on le verra plus loin , qu'elle fut réunie et définitivement conservée, au palais 
de Bruxelles. 

Cependant, il n'avait pas été possible d'en empêcher quelques nouveaux éparpillements. 
Ils feront suite aux pertes que nous avons antérieurement indiquées, page lxxviii, con- 
cernant les partages par héritages ; page xcvn, après la conquête de la Bourgogne, suite 
des désastres des derniers temps de Charles-le-Téméraire , et page xcix , par les engagères de 
Maximilien. Voyons les autres pertes qui eurent lieu pendant le seizième siècle. 

En Autriche , il y a dans la bibliothèque impériale plusieurs manuscrits de la Bibliothèque 
de Bourgogne. Ont-ils été apportés par Maximilien, aïeul de Charles-Quint, ou par Ferdinand, 
frère de ce dernier, qui lui succéda en qualité d'empereur, en 1556? Je l'ignore. 

En Portugal, plusieurs manuscrits de cette même Bibliothèque de Bourgogne étaient au 
nombre des raretés les plus précieuses. Y ont-ils été importés par les deux maris de Catherine, 
sœur de Charles-Quint, qui furent rois de Portugal, ou bien, ce qui est plus probable, par 
Catherine elle-même ? Je l'ignore également. Mais le portrait diaphane de cette princesse, que 
l'on voit placé sur les magnifiques vitraux de l'église de S te .-Gudule à Bruxelles, parmi les 
autres personnes de l'illustre famille des enfants de Philippe-le-Beau, et d'autres indices, sont 
les nombreuses preuves que Catherine, l'élève et la nièce de l'illustre Marguerite de Savoie, 
aimait et encourageait les beaux-arts. Il se pourrait donc qu'une partie de ces manuscrits, 
au lieu d'être perdus, eussent été faits par son commandement et fussent par conséquent 
étrangers à la Bibliothèque de Bourgogne. 

Les manuscrits qui étaient autrefois à Lisbonne , et parmi lesquels se trouvaient ceux que 
nous soupçonnons, peut-être à tort, être provenants des librairies de Bourgogne, tels que les 
belles miniatures d'un tournoi donné par Maximilien , si nous sommes bien informés, furent 
embarqués en l'année 1807, au moment de l'approche des troupes françaises. Ils sont en ce 
moment au-delà de l'Océan atlantique , à Rio de Janeiro , capitale de l'empire de Brésil. Ces 
nobles débris de nos librairies , semblables aux médailles helléno-romaines , exportées de 
l'Asie mineure, de la Grèce et de l'archipel hellénique, au bord de la mer du Nord, 
apprendront à la postérité des peuples du nouveau monde, le haut degré des beaux-arts 
dans la Belgique au quinzième et au seizième siècle , lorsque deux rois de leur métropole, 
avaient épousé successivement la même princesse flamande, sœur de Charles-Quint, le 
souverain de Fernand Cortez et des autres conquérants du Mexique et du Pérou. 

En Angleterre, il y a plusieurs manuscrits qui paraissent provenir, selon toute apparence, 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxvn 

des librairies de Bourgogne. On assure que les plus beaux sont en ce moment un des prin- 
cipaux ornements du British Muséum. Nous ne les avons point vus. Plusieurs y ont-ils été 
importés par Catherine d'Aragon , quatrième fille de Ferdinand-le-Catholiquc et d'Isabelle, 
femme de Henri VIII, belle-sœur de notre archiduc Philippc-le-Bcau qui avait épousé Jeanne, 
leur2 me fille, ou bien, ce qui serait plus vraisemblable, pendant le séjour de Philippe II, 
roi des deux Siciles, fils de Charles-Quint, et devenu roi d'Angleterre, par son mariage avec 
Marie , fille de Henri VIII ? Je l'ignore. 

En Espagne, le même Philippe II , après avoir quitté les Pays-Bas en 1558, sans esprit de 
retour, avait fondé le monastère de S*. -Laurent de l'Escurial , en souvenir de la bataille de 
S*. -Quentin, gagnée le jour de la fête de S 1 . -Laurent. On sait, qu'en conséquence, le plan de 
cet édifice représente la configuration d'un gril. Le roi Philippe II y fonda une des plus pré- 
cieuses bibliothèques de ses états; c'était sans doute à l'imitation de la Bibliothèque de Bour- 
gogne. Plusieurs de nos manuscrits y furent déposés, en même temps que le célèbre livre d'or 
que Marie, reine de Hongrie, lui avait laissé prendre et qui provenait de la librairie de Mathias 
Corvin. Nous l'avons fait connaître par une description de Gérard, à la page cxm précédente. 
Ainsi , tandis que la bibliothèque impériale de Vienne et peut-être celle de Mathias Corvin , 
sont des imitations du noble exemple des librairies de Bourgogne, la bibliothèque de l'Es- 
curial, à l'époque de l'apogée de la grandeur espagnole , est établie sur ce même modèle. 

CHAPITRE II. 

De quelques bibliothèques de l'Europe au seizième siècle. 

Faisons , par une espèce de corollaire , la récapitulation de quelques autres bibliothèques 
qui étaient alors florissantes en Europe, car un peu plus loin, nous verrons la Bibliothèque de 
Bourgogne s'augmenter par les livres imprimés. 

En Italie, nous pensons qu'il n'y avait plus rien des bibliothèques fondées par le peuple-roi 
dans la ville éternelle, mais les souverains pontifes en établirent d'autres sur leurs débris. Au 
quinzième siècle, dans le même temps où les librairies de Bourgogne et des Médicis devenaient 
célèbres, la bibliothèque du Vatican s'agrandissait. On assure qu'elle avait été commencée 
en 1417 par Martin V, qui avait fait transporter à Rome, la bibliothèque pontificale 
d'Avignon, ce qui serait une nouvelle preuve que depuis le pape Gerbert (v. page lviii 
précédente), les lumières bibliographiques étaient aussi grandes dans les Gaules qu'en Italie. 

A Florence, la bibliothèque laurentinienne ou des Médicis, dont il y a un Mss. en la 
Bibliothèque de Bourgogne, signé par Pierre de Médicis, ayant éprouvé de grands désastres, 

fut restaurée vers l'an 1500. Elle fut ouverte au public en 1571. 

ce 



cran NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

A Venise, la bibliothèque de S 1 . -Marc était arrivée à un degré de très-grande splendeur 
par le don que le cardinal Bessarion, qui fut à la veille detre pape, avait fait de ses manuscrits 
grecs. Il y en a cependant quelques-uns de ce prélat en la Bibliothèque de Bourgogne; ils 
proviennent des jésuites d'Anvers , comme nous le dirons au règne de Marie-Thérèse. Ils 
furent laissés à l'université de Louvain, pendant l'ambassade de Bessarion auprès du duc de 
Bourgogne, avant d'aller auprès du roi Louis XL 

En France , la bibliothèque du château royal de Fontainebleau , établie par François I er , 
faisait oublier les dilapidations de la bibliothèque du roi Charles-le-Sage et les anciens 
malheurs de l'occupation anglaise. On dit qu'elle fut transportée à Paris, en 1595, par ordre 
du roi Henri IV, et qu'elle est devenue le noyau de la bibliothèque royale actuelle. 

Qu'on ne s'étonne point si nous réitérons qu'en Allemagne, la bibliothèque impériale de 
Vienne, en Autriche, qui avait été fondée soit spontanément par Frédéric III, soit par 
les conseils de Maximilien , son fils, vers l'année 1485, comme nous l'avons dit, fut établie, 
à l'instar des librairies de Bourgogne , dont sans doute Maximilien avait gardé un profond 
souvenir. Nous ajoutons que Ferdinand, frère de Charles-Quint, l'a probablement aug- 
mentée, quoique l'on ne puisse le démontrer. Cette répétition a deux objets importants : le 
premier, de signaler qu'elle fut rendue accessible au public en 1575 , par l'empereur Maxi- 
milien II ; ensuite parce que le nom de Maximilien II , fils de Ferdinand, et qui régna depuis 
l'an 1564 jusqu'en 1578, doit être cité spécialement dans ce résumé, car c'est lui qui octroya 
des lettres de noblesse au célèbre musicien Orlando Lasso, né à Mons, en Hainaut. 
(Voir n° 14405). Voici l'extrait du commencement du texte de ces lettres, qui intéressent 
notre nationalité et qui honorent également la mémoire de l'empereur Maximilien II, 
d'Albert-le-Magnanime, duc de Bavière, son beau-frère, qui les sollicita et celle de l'artiste 
qui les avait méritées. 

(Les mots ressemblent à la définition de l'utilité des belles-lettres que chacun de nous a 
apprise dans Cicéron : Hœc studia adolescentiam alunt, etc.) 

« Maximilunus, nostro et Imperii Sacri fideli dilecto Orlando Lasso, illustris Alberti, comitisPalatini Rheni ac utriusque 
» Bavariae ducis, etc., chori musici praefecto, Gratiam nostram Cœsaream, et omne bonum. Ea musices vis est, atque dignitas, 
» ut tum sacris, tum prophanis, apta et idonea omnium conditioni atque aetati conveniat, omnibusque grata et jucunda existât, 
» quin imo tenuioris fortunœ hominibus subsidio, digniori Ioco positis ornamento, adversis rébus solatio, prosperis autem 
» voluptati esse soleat. 

» Adeo ut prisci non imraerito musicam semper in prœtio habuerint ac sine ea nihil elegans, nihil doctum aut eruditum, 
> nihil denique libérale aut absolutum duxerint. Nos verô eximio hoc musices encomio non contenti, scientiam illam non suâ 
i. tantum laude , sed usu potissimum aestiraandam et tanto majoris faciendam arbitramur, quanto plus utilitatis ejus beneficio 
» humano generi accedere constat. 

> Agnoscentes ergo ejusdem cognitionem mortalibus , eam potissimum ob causam esse concessam , ut hoc quasi stimulo ad 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxix 

» subeundos et tolerandos prœsenlis vitœ labores, alacriorcs, vegetioresque, imprimis verô ad solvendasdignasrerumCreatori, 
» laudes, proraptiores redderentur, non abs re sane prscclaram illam artem conservandaro , eximiosque cjusdem cultores 
>• dementer fovendos et ornandos existimamus. 

» Cum itaque tu, supradicte Orlando Lasse, ab ineunte œtate Musices studium loto animi impelu amplexus sis, et in eelebri 
» illo scientiœ génère (quod diversœ lucubrationes tuœ satis testantur), ita profeceris, ut summa in texendis numeris Musicis 
» solertiae atque felicitatis laude auctus et conspicuus merito tuo in oculis omnium verseris, dignusque fueris visus, quem illustr. 
a Albertus, Cornes Palalinus Rheni ac utriusque BavariœDux, Sororius, Consanguineus et Princeps noster charissimus, Sym- 
» phoniacorum suorum choro prœfectum adhiberet , etc., etc., etc. 

» Molu igitur proprio, ex certâ nostrâ scientia , animoque bene deliberato , et authoritate Nostrâ Caesareâ te supradictum 
h Orlandum Lassum, omnesque hœredes, liberos, posteros et descendentes tuos legilimos, utriusque sexûs, natos et posthac, 
» œternâ série nascituros, virlute prsesentium ad statum , gradum, ordinem et cœtum nostrorum et Imperii Sacri nobilium 
» assumimus , etc., etc., etc. 

» Datum Spirae, die 7 mi3 decembris, anno 1570. » 

L'expédition authentique des présentes lettres de noblesse a été délivrée par la chan- 
cellerie impériale de Vienne, en Autriche , le 15 juillet 1834, et transmise à l'ancienne 
Bibliothèque royale des ducs de Bourgogne. 

Ces lettres de noblesse peuvent dignement se comparer à l'anoblissement accordé par le roi 
défunt de Bavière, avec le titre de baron, à Aloys Senefeder, l'inventeur de la lithographie. 

La bibliothèque autrefois électorale, aujourd'hui royale de Munich, se formait vers la fin de 
ce même seizième siècle; alors l'électeur accueillait à sa cour un autre Belge, le célèbre dessi- 
nateur Hoefnaegel, d'Anvers, qui s'était réfugié en Bavière, et qui alla ensuite en Autriche, 
après avoir perdu toute sa fortune par le sac d'Anvers, en 1574. La Bibliothèque de Bour- 
gogne possède une des plus belles et des plus inimitables miniatures, n° 11620, de ce 
dessinateur, qui travailla comme il l'écrit lui-même : naturâ solâ magistrâ. 

Elle représente le port de Séville ; l'encadrement est entouré des attributs de toutes les 
plus riches productions végétales et animales de la terre et de la mer, qui sont apportées des 
deux mondes pour la prospérité et la magnificence de cette grande ville de l'ancienne 
Bétique. Cette miniature, comparable aux plus beaux tableaux qui représentent en per- 
spective les villes et leurs environs, fut commencée en 1570 et finie en 1573; elle est 
remarquable par la petitesse quasi-microscopique des maisons , des églises et des tours ; par 
la netteté de la forêt des mâts de navires, qui couvrent le port; par les personnages à pied, à 
cheval, en canot, et par les autres objets que l'on distingue avec une étonnante exactitude. 
Au-dessus , au milieu des richesses de la terre , on reconnaît le trône gothique d'or sur 
lequel est assis le roi Philippe II, entre deux évêques. Si l'on s'étonne de la vue perçante 
de l'auteur qui a produit ces merveilles, on se demande avec quelle plume, avec quels 
pinceaux et avec quelles couleurs assez délayées, il a pu tracer cet admirable ouvrage. 



cxx NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

dont la plupart des détails échappent à la vue simple. Leur vérité est si complète que des 
habitants de Séville , qui ont examiné cette miniature , en visitant la Bibliothèque de Bour- 
gogne, y ont reconnu la rivière, les remparts, les édifices et même beaucoup de maisons qui 
existent encore en ce moment. Ce chef-d'œuvre a été acquis en 1852. 

Hoefnagel composa d'autres miniatures qui sont dans les bibliothèques de Munich, et 
de Vienne en Autriche. On jugera facilement que leur nombre ne peut être considérable. 
Leur rareté ajoute donc à leur valeur. 

Ces bibliothèques des souverains et beaucoup d'autres que nous ne pouvons décrire dans ce 
résumé déjà trop étendu, tant des princes que de leurs vassaux et de leurs autres sujets, se 
formaient en Europe pour l'utilité publique. Leur augmentation , mélange d'imprimés et 
de manuscrits, était le résultat de la propagation des livres imprimés, dont le nombre s'ac- 
croissait annuellement. 

Quelques explications sont nécessaires sur la marche de celte révolution, qui s'est fait 
ressentir dans la Bibliothèque, devenue alors royale, des ducs de Bourgogne par l'introduction 
des livres imprimés. Il est temps de constater cette nouvelle forme, que la Bibliothèque de 
Bourgogne va prendre. 

CHAPITRE III. 

De l'invention de l'imprimerie et de sa propagation. 

C'est au règne de Philippe II, que se termine la longue période de l'industrie des Scriptoria 
et des transcriptions faites avec tout le luxe de la calligraphie et des miniatures pour nos ma- 
nuscrits. S'il y a plus tard quelques exceptions, telles que le Mss. de l'Office du S*. -Sacrement, 
calligraphié pour la chapelle électorale de Bonn, à la fin du dix-septième siècle (Mss. n°9397), 
on doit les considérer comme des anomalies de seule curiosité, car l'imprimerie et la gravure 
qui en est la sœur, ont porté un coup mortel à ce genre d'industrie. Mais, si la cause de 
cette cessation fut la propagation de l'imprimerie , la lutte fut et devait être si lente et si 
peu progressive, malgré l'activité de cette propagation, qu elle dura un siècle entier. 

En effet, depuis le second tiers du quinzième siècle, le secret de l'art de la typographie, 
trouvé par Guttemberg de Mayence, avait été divulgué. L'on avait fait succéder aux éditions 
clandestines et frauduleusement vendues comme des manuscrits, les livres portant ostensi- 
blement le nom et le sceau de l'imprimeur, la date et le lieu de l'impression. Le caractère 
gothique , et même le formulaire de Yincipit, des chapitres et de Yexplicit des manuscrits 
que l'on avait imités, furent abandonnés pour le caractère romain parles Aides, imprimeurs 
établis à Rome, comme nous l'avons dit précédemment, et par d'autres imprimeurs. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxxi 

Alors on inventa les impositions typographiques dont les principes sont parvenus à leur 
perfection par le manuel que Didot a publié. Ainsi, tandis que la première renaissance des 
études est provenue de la ville éternelle, au temps de Charlemagne, comme nous l'avons dit, 
les premières éditions imprimées selon le type moderne de l'art de multiplier les copies 
identiques d'un même ouvrage , art qui est le principal et le plus actif véhicule des connais- 
sances humaines, vient aussi de la même ville éternelle. 

Avant la fin du quinzième siècle, une masse de livres que l'on appelle incunables, (c'est- 
à-dire du berceau de l'imprimerie) avait été éditée dans les grandes villes et dans les monas- 
tères de la chrétienté ; le tableau de ces éditions princeps a été plusieurs fois publié , avant 
et depuis l'ouvrage de La Serna, sur l'origine de l'imprimerie, que nous citons de préférence 
aux autres , parce que son livre est une production nationale. 

C'est le même ouvrage de La Serna, publié en 1805, qui démontra avec évidence par des 
titres authentiques, la fable de l'invention de l'imprimerie, par Laurent Coster, à Harlem, en 
Hollande, dont on nous berçait autrefois, et la preuve que cette invention est due au génie 
de Guttemberg de Ma} r ence. La statue qui vient d'être récemment érigée à ce grand homme 
par l'Allemagne entière, est le résultat de l'examen le plus sérieux et le plus impartial ; c'est le 
témoignage de la reconnaissance de toute l'Europe. 

Qu'il nous soit permis d'ajouter que Des Roches (v. Mss. 15964, etc.) avança l'hypothèse que 
1 imprimerie fut inventée à Anvers ; mais il nous semble que le livre imprimé à Copenhague 
en 1566 par Judex, qui est au n° 540 de l'Inventaire de 1577, dont nous parlerons plus loin , 
ne fait aucune mention de Laurent Coster, ni d'Anvers. 

La chronique flamande de De Weerdt d'Anvers, en 1595, (Mss. 5975) porte : « Anno 1450, 
» onder den keyzer Fredericus tyden den derden , wert de boekdruckerye jerst vonden te 
» Mens van twee gebroeders die hooghduytse waeren. » 

Le judicieux Meyerus (Annal. Flandrise, ad annum 1440), attribue cette invention à Gut- 
temberg, qu'il dit être de Strasbourg. Enfin Prosper Marchand. (Mss. n° 17718) religionnaire 
protestant français, qui s'établit en Hollande en 1711 et qui mourut à Amsterdam en 1756, ne 
fait mention que de Guttemberg. La copie de son manuscrit, sur l'origine de l'imprimerie, 
copie destinée à une nouvelle édition, avait coûté 50 louis à M. Duperron, comme l'atteste 
M. Van Hulthem, qui l'acheta à Paris en 1799, à la mortuaire de l'abbé de S*. -Léger. 

Revenons à la lutte qui exista, pendant long-temps entre les imprimés et les manuscrits. Ce 

serait une erreur de prétendre que dès les premiers temps de cette invention, l'on composa par 

la réunion des collections de seuls livres imprimés, l'immense majorité des bibliothèques; cela 

était impossible, car les imprimés , malgré l'activité des presses, étaient clair-semés et peu 

variés dans le monde littéraire. Les manuscrits bibliographiques formaient la principale partie 

dd 



cxxii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

des collections. Si des éditions soignées telles que celles des Aides, avaient multiplié les copies 
de plusieurs bons ouvrages, elles n'apportaient, nous le réitérons, que peu de variétés dans 
le choix, immensément étendu, des auteurs de l'antiquité helléno-romaine et du moyen-âge; 
il fallait donc pour se former des collections, recourir, pendant long-temps, à une très- 
grande majorité d'ouvrages qui étaient manuscrits. 

II en est résulté que pendant un siècle, depuis l'invention de l'imprimerie, les Scriptoria 
soit monastiques, soit laïques, se soutinrent dans un état de prospérité; mais, comme la 
typographie fournissait au public les ouvrages à bon marché , tels que les manuels élémen- 
taires des écoles , les livres et les traités ascétiques , les recueils de lois , d'édits et d'ordon- 
nances, les brochures politiques, celles de polémique religieuse et d'autres ouvrages, pour 
la plupart d'une utilité momentanée et de circonstances, qui ne sont point des livres de 
fonds , la calligraphie fut réservée surtout pour les ouvrages de luxe. De là les magnifiques 
exemplaires des diverses provenances du temps de Philippe-le-Beau , de Charles-Quint , 
de Marguerite d'Autriche ou de Savoie et même des premières années du règne de Philippe II; 
de là les riches antiphoniers de l'abbaye de Gembloux, portant la date de l'an 1540, 
(n° 5644) et le magnifique antiphonier (n° 15075), portant les armoiries de Portugal, qui fut 
composé pour Catherine , sœur de Charles-Quint , dont nous avons parlé à la XXVIII e pro- 
venance. 

A cette époque, la cause de l'utilité indispensable de l'imprimerie, par ses avantages 
qui résultaient de la correction et de la netteté régulière du texte et par sa supériorité sur les 
transcriptions manuscrites, qui résultait de sa prompte apparition et de son économie, n'était 
pas encore entièrement gagnée aux Pays-Bas, quoique pendant les règnes de Philippe-le-Beau 
et de Charles-Quint, les ateliers typographiques de Colard Mansion à Bruges, de Martin 
d'Alost et de Jean de Weslphalie à Louvain, et de leurs successeurs , et dans le même temps, 
en France, sous Louis XII et François I er , ceux de la savante famille des Etienne et d'autres 
typographes célèbres à Paris , à Lyon , à Poitiers , eussent porté l'art de la typographie à un 
tel degré de perfection, qu'elle laissa peu à faire, plus tard, aux Plantins et aux EIzevirs. 

Cependant, comme on abuse des meilleures choses, on eut recours pour le scandale fréquent 
de la polémique , à la facilité de faire des tirages typographiques qui multipliaient au nombre 
de plusieurs milliers , par édition , les copies identiques d'un pamphlet ou d'une brochure, 
avec une rapidité qu'on peut appeler magique. Le bienfait de cet art, pour la propagation 
des lumières, portait donc son mal avec lui. En un mot, la typographie était devenue au 
commencement du seizième siècle, un instrument dangereux pour troubler l'ordre public, 
dont se servirent les novateurs des opinions religieuses, qui surgissaient de toute part, et avec 
toute sorte d'idées, en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas, en Angleterre, en France et même 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxmii 

en Italie et en Espagne ; ces novateurs sappaient, dans toute l'Europe, les antiques fondements 
du catholicisme romain, par des écrits qui circulaient partout, avec promptitude. 

Pour apporter remède au mal, le roi François I er , par lettres patentes du 13 janvier 1534 
(n. st.), ordonna la suppression de l'imprimerie dans tout son royaume de France, sous peine 
de la hart (c'est-à-dire de la corde). Cette ordonnance, émanée d'un prince qui porte le titre 
de protecteur et de père des lettres, et qui mérite ce titre glorieux, est la preuve qu'alors la 
cause de l'imprimerie typographique contre les transcriptions manuscrites, était loin d'être 
gagnée, et que, par conséquent, les Scriptoria calligraphiques soutenaient encore, avec- 
succès, et en grand nombre, la concurrence des ateliers de typographie. 

M. Taillandier, de la société royale des antiquaires de France, a reproduit cette ordonnance, 
avec la clarté et l'impartialité du caractère de ses écrits, dans un ouvrage qu'il a publié en 1837. 
D'autres savants ont combattu la réalité de l'ordonnance, quoiqu'elle soit avérée, selon le 
témoignage du Mss. 14450, de l'Inventaire de la Bibliothèque de Bourgogne, intitulé : 
Registres du Parlement de Paris, dont nous ferons mention plus amplement, un peu plus loin 

On doit ajouter qu'un autre ouvrage, publié en 1825, est très-défavorable à François I er 
sur cet objet, et que cet ouvrage tend à noircir la mémoire de Louis XII, son prédécesseur, 
surnommé le père du peuple. 

Mais , en examinant cette cause avec impartialité avant de la juger, et en consultant le 
nombre des livres jusqu'alors édités par la typographie , dont on peut facilement établir un 
catalogue fort approximatif, en comparaison des livres qui étaient encore restés manuscrits, 
dont les copies étaient infiniment plus répandues , on verra , comme nous l'avons déjà dit 
plusieurs fois , que les lumières propagées par la typographie , n'étaient qu'à leur aurore , 
et que la suppression de l'imprimerie n'eût pas été, pour le temps alors présent, un malheur 
incurable. En effet, nous verrons plus loin, qu'en 1577, c'est-à-dire 43 ans plus tard, le choix 
le plus exquis et le plus complet des imprimés du 16 me siècle, qui étaient dans la Bibliothèque 
de Bourgogne , ne s'élevait qu'à 665 ouvrages, en différentes langues et dans tous les genres 
des connaissances humaines, pour cette époque. 

Mais le parlement de Paris pénétra avec prévoyance dans les ténèbres des abymes de la 
postérité. Cette corporation célèbre eut le courage de s'empresser d'adresser des remontrances 
au roi , (voir le Registre susdit du parlement, n° 14450, cité ci-dessus). Aussitôt le roi, par 
nouvelles lettres patentes , datées du 23 février suivant , eut la magnanimité de suspendre 
l'exécution de son ordre de prohibition ; il ordonna d'autres mesures pour arrêter la licence. 
Nous verrons, plus loin, que Charles-Quint, un peu plus tard, fit publier aussi des édits 
contre les livres licencieux et que de là naquirent malheureusement l'index et la censure, 
car on abusa du remède, de même que l'on avait abusé de l'invention. 



cxxrv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Combien de rois, d'empereurs et d'autres monarques et même de souverains pontifes, 
dans l'exercice de leur administration temporelle, eussent été autrefois capables de revenir, 
aussi promptement, sur une mesure générale qui aurait été émanée de leur autorité suprême ? 
François I er donne le plus sage et le plus éclatant démenti à ce paradoxe : « La cour ne se 
trompe jamais » . Comme si les souverains et le nombreux personnel de leur conseil et de 
leur chancellerie étaient infaillibles; comme s'ils étaient supérieurs à la nature humaine; 
comme si l'adage du bon et naïf Térence ne leur était pas applicable : 

« Humanum est labi. » 

Pendant les années qui suivirent cette ordonnance , la typographie avait pris une grande 
extension à Paris, à Lyon, dans quelques autres villes de France, en Italie, en Allemagne, 
à Bàle , et surtout à Anvers , alors métropole du commerce de l'Europe océanique ; dans 
cette ville les ateliers de Plantin avaient dix-sept presses, selon le témoignage oculaire de 
Guicciardin. L'imprimerie était florissante aussi à Louvain et dans d'autres villes des Pays-Bas. 

Beaucoup de livres utiles aux sciences et aux arts venaient d'être publiés ; il fallait en 
enrichir la Bibliothèque de Bourgogne , pour l'alimenter et la tenir au niveau des connais- 
sances humaines de cette époque , comme nous allons l'expliquer au chapitre suivant. 

CHAPITRE IV. 

Acquisitions faites par Figlius, bibliothécaire. 

Vers ce temps, Viglius ab Aytta, seigneur de Zwichem, près de Leeuwaerden, en Frise, était 
devenu un des plus célèbres jurisconsultes des Pays-Bas ; il avait acquis une connaissance 
approfondie de la langue grecque qu'il avait étudiée à l'université de Louvain; il était 
connu, dans le monde littéraire, par ses études du droit civil, qu'il avait faites à Dôle en 
Franche-Comté ; par la rectitude de son jugement et surtout par la plus intègre probité. 

Ami et collègue d'Alciat, professeur de droit à l'université de Bourges (v. Mss. 3400, etc.); 
éditeur des Institutes grecques de Théophile (v. Mss. 613, etc., etc.), d'après un manuscrit 
de Bessarion, qu'il avait conféré à Venise ; conseiller de Charles-Quint dans les Chambres 
Impériales de Spire, de Nuremberg, etc., de 1534 à 1543 (v. Mss. 4758, etc., etc.); appelé au 
Grand-Conseil de Malines, en 1543; devenu plus tard abbé de St.-Bavon à Gand après le 
décès de Jacqueline Damant, sa femme, et président du conseil privé et du conseil d'État, le 
gouvernement du roi Philippe II, avait jeté les yeux sur lui, pour être le successeur de David 
Aubert, de Soillot, de Woutre, etc. Voici la copie des lettres patentes de sa nomination aux 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxxv 

fonctions de bibliothécaire; elles sont datées de l'an 1559. Nous les reproduisons textuel- 
lement , parce que depuis Viglius , on a souvent consulté cet acte , qui est un des titres 
organiques de la Bibliothèque de Bourgogne. 

Philippe, par la grâce de Dieu, roy deCastille, de Léon, d'Arragon, de Navarre, de Naples, de Sicille et Malliorque, de Sar- 
daigne, des ysles Yndes et terre ferme de la merOcéanc, archiduc d'Austriche, duc de Bourgogne, de Lothier, de Brabant, de 
Limbourg, de Luxembourg, de Gheldres et de Milan, comte d'Habsbourg, de Flandres, d'Artois, de Bourgogne, palatin, etc., de 
Haynaut , de Hollande , de Zélande, de Namur et de Zutphen, prince de Zwave, marquis du St. -Empire, seigneur de Frize, de 
Salins, de Malines, des cités, villes et pays d'Utrecht, d'Overyssel, de Groeninghen, et dominateur en Asie et en Afrique, à 
tous ceux qui ces présentes verront salut, comme pour aucuns bons respects, nous avons donné charge de faire rassembler tous 
les livres étant en nos païs de pardeça, à nous appartenants, et nommément ceux délaissés par feue de bonne mémoire la royne 
douaigière d'Hongrie, de Bohème, etc., notre tante que Dieu absoille, et de tous iceux livres, faire une belle librayrie ou biblio- 
thèque, en tel lieu, que ordonnerons ci-après, afin que nous et nos successeurs puissions prendre passetems a lire estui livre, et 
partant soit besoing de commettre quelque bon personnaige, ydoine et qualifié pour avoir la charge, soing et garde de nostre dite 
bibliothèque, ensemble des livres étant en icelle ; SÇAVOIR FAISONS que ce considéré et nous confians a plain des sens, prudence, 
littérature, léauté, et bonne diligence de notre très chier et féal chevalier, chief et président de notre privé conseil, messire 
Viglius de Zuichem, l'avons commis, ordonné et estably, commettons, ordonnons et establissons par ces présentes, en Testât et 
office de trésorier et garde de notre dite bibliothèque, en lui donnant plain povoir, aucthorité et mandement spécial dudit estât 
dorénavant tenir, exercer et desservir, de tenir bon et soigneux regard au recouvrement et recueil des livres susdits, en faire 
une bibliothèque, aussi l'augmenter de tels livres, qu'il verra convenir, et avoir la garde d'iceux, et au surplus faire toutes et 
singulières les choses que bon et léal trésorier et garde de notre dite bibliothèque est tenu et doit faire, et que y compétent et 
appartiennent, aux gaiges et traictement de cent cinquante livres du prix de xl. gros de nostre monnoye de Flandre la livre, par 
an, a en estre paie par les mains de nostre audiencier présent ou aultre a venir et des deniers procedans du renouvellement des 
loix de nos villes de Middelbourg et Zeericxzee, de demi an, en demi an, par égale portion, dont la première demye année 
commencera a avoir cours aujourd'huy datte de cettes, et doresnavant tant qu'il nous plaira, sur le serment qu'il nous a fait, 
et pour ce que au recouvrement, recueil et a la garde desdits livres, luy conviendra travailler et avoir bon soin, mêmes attendu 
qu'il y en a de plusieurs langaiges, nous lui avons consenti et accordé qu'il puisse et pourra prendre pour son aide et assistant 
quelque homme de bien, escrivant en diverses langues, lequel y debvra entretenir a ses charge et dépens, sur les gaiges et trai- 
tement des susdits et le pourra mettre et desmettre comme pour notre service le trouvera le mieulx convenir, si donnons en 
mandement a tous nos justiciers, officiers et subjecls qui ce regardera, que dudit estât de trésorier et garde de nostre dite biblio- 
thèque et librairie, ensemble des gaiges, droits, honneurs, libertés et franchises y appartenans, ils fassent, souffrent et laissent 
ledit messire Viglius de Zuichem pleinement et paisiblement jouir et user, cessant tous contredits et empechemens au contraire, 
car ainsi nous plaist-il. En temoing de ce, nous avons fait mettre notre scel, a ces présentes ; données en nostre ville de Bruxelles 
le xij jour d'avril l'an de grâce mil cinq cens cinquante neuf après pasques, de nos règnes, a sçavoir des Espaignes, Sicille, etc., 
le quatrième et de Naples le 6 me . Sur le reply est escrit : Par le Roy, et signé d'Overloepe , et scellé du scel de S. M. en cire 
vermeille en double queue pendante. 

Il n'y avait alors personne, qui fût plus capable que Viglius, d'exercer les fonctions de 
bibliothécaire ; homme de lettres et d'état , notabilité doctorale depuis long-temps célèbre, au 

barreau et dans l'église, il connaissait mieux qu'un savant, qui n'eût été qu'un bibliophile, 

ee 



cxxvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

éloigné du monde et qui ne fût jamais sorti du séjour solitaire de son cabinet, quels sont les 
livres nécessaires pour éclairer l'administration suprême du successeur du grand règne de 
Charles-Quint, pour joindre l'utile dulci, qui est le comble du talent. 

Nous ignorons quelle influence a pu avoir Granvelle, en sa qualité de ministre, dans cette 
nomination. Nous pensons qu'il y contribua fort peu, car le cardinal de Granvelle était loin 
d'avoir les talents que le ministre comte de Cobentzl, 200 ans plus tard, déploya dans le 
choix des personnes capables. Nous en parlerons au règne de Marie-Thérèse. 

Les troubles des Pays-Bas commencèrent vers ce même temps ; ils ne cessèrent de s'aug- 
menter depuis l'an 1564, au point de se métamorphoser pendant quelques années, en une 
épouvantable anarchie et d'avoir pour résultat, en 1579 et 1580, la séparation définitive des 
sept provinces du nord, qui se confédérèrent par l'Union d'Utrecht. C'est depuis la même 
année 1580 jusqu'en 1585, que les monuments publics, tant religieux que profanes, dans la 
ville de Bruxelles, furent saccagés par des iconoclastes plus fanatiques que ceux de Constan- 
tinople au huitième siècle, dont nous avons tracé le hideux tableau à la page xix pré- 
cédente. Nous nous étonnons du bonheur de la Bibliothèque de Bourgogne d'avoir échappé, 
du moins en très-grande partie, à leurs dévastations, car le sceau impérial de Charles-Quint 
et d'autres objets mobiliers tombèrent entre leurs mains. Nous parlerons plus loin des dom- 
mages qu'il paraît que la Bibliothèque de Bourgogne a soufferts. 

C'est au tribunal de l'histoire qu'il appartient de juger ces sombres événements. Nous 
devons nous borner ici , pour l'intelligence de ce résumé , d'indiquer que le gouvernement 
général avait été confié successivement par le roi Philippe II , à des personnes dont l'admi- 
nistration fut très-différente. Après Marguerite de Parme, de 1555 à 1567, se succédèrent : 
le duc d'Albe, de 1567 à 1573; nous en parlerons quand nous ferons mention de l'Index des 
livres; Requesens de 1573 à 1576; le Conseil d'Etat , présidé par Viglius, bibliothécaire, 
en 1576; don Juan d'Autriche, qui fera procéder au récolement de cette bibliothèque, 
comme nous allons le dire un peu plus loin. 

Mais avant de continuer le résumé de l'histoire de la Bibliothèque de Bourgogne, quelques 
détails sont nécessaires pour constater qu'à dater de l'an 1577, cette bibliothèque, quoiqu'objet 
de sciences et d'arts, fut continuellement du ressort du conseil des finances, jusqu'à la fin du 
gouvernement autrichien en 1794. 

Nous allons donc donner, d'après Nény, une explication sur cette partie de la constitution 
interne des Pays-Bas. L'administration supérieure se divisait, d'après l'organisation de 1531, 
en trois conseils collatéraux, c'est-à-dire qui étaient ad lalus principis , faisant partie de la 
cour et de la maison du souverain. 

1° Le conseil d'État « dans lequel on ne pouvait traiter que les grandes et principales 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. cxxvn 

» affaires , et celles qui concernent l'État , la conduite et le gouvernement du pays , c'est- 
» à-dire de la guerre, de la paix, etc. » 

C'était ce conseil d'état qui fut présidé par Viglius, ainsi que celui que nous allons désigner. 

2° Le conseil privé, dont les instructions avaient été renouvelées le 42 octobre 1540; on 
y traitait « des matières de la suprême hauteur et souveraine autorité de Sa Majesté, et des 
» choses accordant des grâces, tant au civil qu'en criminel, etc., etc. » 

3° Le conseil des finances, tel qu'il a toujours continué de subsister, comme l'atteste Nény, 
déjà cité. Il faut ajouter au ressort de sa jurisdiction , facile à désigner, puisqu'elle n'a pour- 
objet que les domaines, les recettes et les dépenses, l'administration de la Bibliothèque de 
Bourgogne, qui continuait d'être , en quelque sorte, une annexe aux joyaux du souverain. 

Remarquons finalement qu'en 1564, le prince d'Orange, dont le nom n'est que trop mêlé 
à tous les événements politiques de cette époque, avait voulu faire supprimer les conseils 
privé et autres; il y serait peut-être parvenu sans l'opposition de Viglius. 

Après ces explications on comprendra, à quelques lignes ci-après, le motif du choix du 
comte de Berlaymont, du baron de Rassenghien, de J. Remgout, de Butkens, de Sterckxet 
de Croonendael, tous employés des finances qui furent nommés commissaires pour procéder 
au récolement de la Bibliothèque de Bourgogne , dont on va parler un peu plus loin. 

Revenons à l'administration de Viglius et au récit de ce résumé. En 1577, c'est-à-dire trois 
ans avant les iconoclastes de Bruxelles et après dix-huit ans d'exercice, Viglius avait enrichi 
la Bibliothèque de Bourgogne d'un grand nombre de livres imprimés. Il avait sollicité au 
mois de mars 1568 (v. st.), par une sage mesure de prévoyance, un édit de son souverain, 
Philippe II , roi d'Espagne , pour obtenir un nouveau récolement général de cette biblio- 
thèque et de tout le trésor des joyaux, ce qui paraît avoir eu lieu. 

Cette mesure fut de nouveau indispensable le 22 juin 1577, parce que les fonctions de 
Viglius, bibliothécaire, allaient être confiées à une autre personne, car il était décédé le 
8 mai de cette année. 

On lui reproche le cumul d'un grand nombre de hauts emplois, mais il fut simple et 
respectable dans ses manières. Supérieur en talents à Granvelle, dont il n'avait ni la vanité, 
ni les ridicules, ni l'aveugle et servile dévouement, n'oubliant jamais comme lui, au milieu 
de la noblesse de cour , qu'il n'était né que gentilhomme de campagne, il savait tenir tète au 
prince d'Orange, étant plus instruit que lui dans la science de la législation. Il s'emporta un 
jour contre lui, en 1565, tellement qu'il « fut touché d'une attaque d'apoplexie, » comme il 
est dit au Mss. n° 12907. Il sut aussi refuser, au Syllade la Belgique, le duc d'Albe, tant pour 
lui que pour ses collègues du conseil privé, tout emploi au tribunal arbitraire des troubles. 
Pendant cette période sanglante, il fut, en 1570 et 1571, le principal rédacteur de ledit de 



cxxviii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

justice criminelle , monument d'une profonde science légale , qui continua , en grande partie , 
d'être en vigueur jusqu'en 4794. 

S'il avait vécu plus long-temps, les saturnales gouvernementales de 1578 à 1584, dirigées 
par le prince d'Orange, ne seraient probablement pas arrivées. Né propriétaire en Frise, 
demeurant à Bruxelles, l'Union d'Utrecht, entravée sans doute par son influence, n'aurait 
peut-être pas été signée. Par sa mort, le roi perdit le plus éclairé et le plus fidèle de ses 
sujets des Pays-Bas, et qu'il nous soit permis d'ajouter, il perdit son meilleur bibliothécaire. 

On choisit pour son successeur François Damant, qui nous paraît être le neveu de sa 
femme, morte en 1552. Vers ce même temps, François Hannart, garde des joyaux, était 
aussi décédé. On réunit de nouveau les joyaux, bagues , etc., avec les livres, et l'on confia 
ces deux fonctions , comme cela s'était fait avant Viglius, en la personne du même titulaire, 
François Damant. 

En conséquence on procéda à un inventaire que l'on peut considérer comme un acte de 
réorganisation. 

La copie contemporaine de ce nouvel inventaire, qui fut rédigé, en exécution de cette mesure, 
est en la Bibliothèque de Bourgogne, sous le n° 11676. Il nous semble nécessaire d'en repro- 
duire ici le libellé, quoique son titre sera transcrit à la page l re du tome n de ce catalogue. 

« Inventaire faict tant en la ville de Bruxelles que celle d'Anvers, es années XV e . soixante dix-sept, soixante dix-huit et 
soixante dix-neuf, par messire Charles comte de Berlayraont, chevalier de l'Ordre, chief des finances, gouverneur et souverain 
bailly du pays et conté de Namur; Maximilien Vylain , chevalier, baron de Rassenghien, aussi chief des finances, gouverneur 
de Lille, Douay et Orchies; Jacques Remgout, conseiller commis desdites finances et trésorier de l'espargne du Roi, notre sire; 
Pierre Bulkens, président de la chambre des comptes en Brabant ; M e Henri Sterckx, conseiller et M e en icelle chambre ; et Paul 
de Croonendaele, greffier d'icelles finances, à ce commis par lettres patentes de Sa M te . données en sa ville de Bruxelles le X e 
jour de juing XV e . soixante dix-sept, desquelles la copie est transcrite en dessoubs, de toutes les riches bagues, ornements 
d'esglise, pierries, vasselles, tapisseries, livres et aultres joyaulx appartenans à Sa dite M te , tant celles comprinses et déclairées 
au dernier Inventoire, faict et renouvelle au mois de mars XV e . soixante-huict, avant Pasques, que aucunes y ajoutées depuis, 
lesquelles sont trouvées en estre, selon qu'elles sont déclairées sur ce dit Inventoire, et délivrées à Franchois Damant, à présent 
conseiller et garde des dits joyaulx, par les héritiers de feu Franchois Hannart, pour les garder et en faire comme il appar- 
tiendra et selon la charge et commission qu'il a d'icelle Sa M le . » 

A la suite de cet intitulé il y a une copie des pouvoirs qu'il nous semble utile de reproduire, 
parce que cette pièce fait partie des actes organiques de la Bibliothèque royale des ducs de 
Bourgogne ; la voici : • • 

COPIE DU POUVOIR DESDITS COMMISSAIRES. 

Philippe , etc., à nos aymés et féaulx messire Charles , conte de Berlaymont, etc. Maximilien Vylain, chevalier, baron de 
Rassenghien, etc., Jacques Remgout, etc., Pierre Butkens, etc., Henri Sterckx, etc. et Paul de Croonendaele, etc. Comme au 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxxix 

moment du trespas de feu Franchois Uannart, en son vivant garde de nos joyaulx , nous ayons commis audit état notre bien 
aymé Franchois Damant, et que partant soit besoing, tant à notre seureté, que à la descharge des héritiers dudit feu Franchois 
Uannart, lui faire bailler nosdits joyaulx par bon et léal inventoire, pour en respondre selon icelluy, quant et de par nous 
sommé et requis en sera , savoir vous faisons que ce considéré , et nous confians à plain de vos prudence , léaulte et bonne 
diligence, vous mandons et commettons par ces présentes, que incontinent les six, quatre ou du moins les trois de vous, qui 
mieulx vacqner pourront, procédez et entendez soigneusement et diligemment à veoir et visiter le dernier inventoire de nosdicts 
joyaulx et aussy iceulx joyaulx, en ampliant tout ce que depuis le dernier renouvellement dudit inventoire a esté mis en la main 
dudit feu garde, et dont il ait veu ensemble ce qu'en a esté osté et levé ; là, où et à qui, il a esté délivré et distribué, avecq les 
ordonnances et acquis sur ce servans ù la justification dudit dernier inventoire et ce faict procédez au renouvellement d'icelluy 
inventoire à la descharge desdits héritiers dudict défunct, des pertes de nosdits joyaulx, que par ordonnance ou aultrement, en 
aura deûment délivré et dont, par acquit suffisant, il vous apperra; en chargeant ledict Franchois Damant par ledict nouvel 
inventoire des parties que depuis ledit dernier inventoire ont esté délivrées et commises en garde dudict deffunct, et de celles qui 
pourront avoir esté engaigées , et après recouvertes à nostre prouffict et venues en sa main, ensemble de la librairie que 
feu messire Viglius de Zwuychem , prévost de S l .-Bavon, à Gand, a tenu en sa garde, jusques a son trespas, qui 
va doresnavant estre gardée par ledit Damant. Le tout selon que, pour raison et en vos consciences, trouverez appartenir, et 
icelluy inventoire p^r vous renouvelle , soubzsigné et deuement verifflé , délivrerez à Franchois Damant, à présent 
notre dit garde, et en prenant d'icelluy ung double et récépissé , subsigné et veriffié comme dessus, et en envoyez le double 
authentique en la chambre de nos comptes a lille, pour y estre gardé à nostre seureté, de faire ce que dict, est bien et 
deuement et qui en dépend, donnant à vous tous, aux quatre, ou du moins trois de vous, povoir, auctorité et mandement 
especial par ores , et promettant, en parolle de roi et prince, avoir pour aggreable, ferme et estableà toujours, et faire observer 
et entretenir vostre besoingne en ceste partie, comme si en nostre présence ou par nous et nostre personne en fut faict, et que 
lettres en fussent este expédiées, soubz nostre nom et scel ; car ainsi nous plaît-il. Donné en notre ville de Bruxelles, le 10 mc 
jour de juin, l'an de grâce 1577, et de nos règnes à scavoir des Espagnes, Siciles, etc., le 22 e et de Naples le 24 e . Quibus 
estost escript. Par le Roy, signé d'Overloope. 

Le texte renferme ensuite la commission , qui confère les pouvoirs, les honneurs et les 
prérogatives du nouveau titulaire, François Damant. Nous ne reproduirons pas cet acte, 
dont les phrases ne sont qu'un formulaire de chancellerie, qui n'apprend rien, excepté le 
paragraphe suivant : « Les dites lettres ont été délivrées à la date du 22 mai 1577, sur 
» l'advis de nos amez et féaulx les chief trésorier général et commis de nos domaines et 
» finances. » Le texte ajoute : Avons accordé, « icelluy, par délibération de nostre très 
» chier et très amé frère, Don Jehan d'Austrice, chevalier de nostre ordre, lieutenant 
» gouverneur et capitaine général de nos pays de par de çà. » Ces deux clauses attestent la 

compétence du conseil des finances et que l'opération eut lieu à l'époque du gouvernement 
de don Juan d'Autriche. 

Maintenant analysons l'inventaire de 1577 5 il est divisé en trois chapitres. 

Le premier renferme « les déclarations des parties des riches bagues et joyaulx, tant des 
» ornemens, de pierres précieuses, perles, or, argent doré et blancy. » On y trouve divers 

ff 



cxxx NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

titres ou divisions, dont voici les sommaires. Quant aux descriptions, elles indiquent la 
richesse de la matière et la rare perfection du travail : 

Ornements d'église. — Autres ornements servant à un évêque ou prélat. — Linge. — Joyaux 
et autres objets servant à la chapelle. — Vaisselle, tant dorée que blanche , dont on sert le roi 
à son buffet et autrement, pour les offices de son hôtel, comme paneterie, échançonnerie, etc. 
Coupes. — Tasses. — Autres parties de vaisselle. — Autres bagues d'or et d'argent, etc. — 
Améthistes, jacinthes, cornalines et autres pierres, anneaux et verges d'or, garnies de diverses 
pierreries. — Autres parties venant d'Allemagne, contenues aux derniers inventaires, 
(sans doute de 1545 et de 1568), y compris les joyaux, etc., etc. — Rubis, ballais. — 
Saphirs. — Améthistes. — Autre vaisselle dorée et à demi dorée. — Peintures. 

Il y a ensuite une description du mobilier de Marie , reine de Hongrie , décédée sans pos- 
térité; cette description avait été faite en exécution d'une ordonnance de Marguerite, duchesse 
de Parme, gouvernante générale et par ordre du conseil des finances. 

Enfin, il y a une longue description des nombreuses tapisseries, tant d'ameublement de 
l'hôtel que de la chapelle, parmi lesquelles on remarque celle de la bataille de Roosebeeke, 
livrée en 1382; celle de la bataille de Liège, en 1467, et en six pièces, et celle de Godefroi 
de Bouillon. Il y a aussi une description des dosserets , couvertures, coussins , pavillons , 
baigneries, etc. 

Plusieurs de ces objets, les plus précieux, sont désignés pour être provenus du duc Philippe- 
le-Bon. Plusieurs autres ont été acquis par Charles-Quint. Plus tard les archiducs Albert et 
Isabelle firent ajouter à ces riches ornements quelques tableaux de Rubens. 

Nous regrettons de ne pouvoir entrer dans de plus amples détails sur ce premier chapitre 
de l'inventaire, dont chacun des articles porte l'estimation pécuniaire; ce chapitre ne nous con- 
cerne pas. La partie de ce mobilier, qui périt dans l'incendie du palais, en 1731, comme nous 
le dirons plus loin , fut évaluée à 24,000,000 de livres tournois ou de francs (car 80 francs 
égalent 81 livres tournois), en y comprenant, il est vrai , plusieurs tableaux de Rubens, qui, 
nous le redisons, furent placés à la cour, pendant le règne suivant d'Albert et d Isabelle. Cette 
estimation, faite depuis 109 ans, peut équivaloir à 72,000,000 de francs, valeur actuelle. 
Nous doutons que d'autres souverains de l'Europe, au commencement du dix-huitième siècle, 
à l'exception des cours de Rome , de Versailles et de Madrid, eussent un aussi riche mobilier 
que celui des archiducs d'Autriche, ducs de Bourgogne et de Brabant, etc., en leur qualité 
de souverains des Pays-Bas. Nous ne disons rien des désastres de Charles-le-Téméraire , ni 
de ceux de 1580 à 1585. 

Le deuxième chapitre renferme les livres manuscrits. On n'y trouve pas l'indication des 
estimations pécunaires. En voici le titre : « LIVRES : Et premiers ceulx qui ont été trouvés 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxxxi 

» selon Finventoire précédent, reposé en une chambre à part, joindant la chambre nouvelle 

)> des Joyaulx. » 

Ce chapitre indique 148 articles, qui sont enregistrés du n° 1 à 148 

II y a ensuite : «L'Inventoire de tous livres estants en hault dessus la grande sale.» 
Cette salle renfermait 18 pupitres, selon l'usage antique, au lieu de rayons ; les 

trois premiers sont sans aucune indication, de n° 149 à 522 174 

Le 4 e pupitre a pour titre : Chroniques, de n° 323 à 341 19 

Le 5 e et le 6 e pupitres n'ont point de titre, de n° 342 à 380 39 

Le 7 e pupitre contient les livres de la chapelle, de n° 381 à 411 31 

Les 8 e à 18 e pupitres sont sans indication spéciale, du n° 412 à 649 238 

Total égal. ... 649 

11 y a ensuite : 

« Autres livres renseignés par les exécuteurs de feu messire Viglius de Swichem , 
» prévost de St.-Bavon , et président du conseil d'estat , par ci-devant commis au 
» rassemblement de tous et quelconques livres de Sa Ma t<? , etc., etc., (voir ses 
» lettres patentes aux pages précédentes).... et.... lesdits livres ci-dessous ont 
» appartenu à ce qu'est dit à feue de bonne mémoire la Royne de Honguerie » . Ces 
manuscrits font donc partie de la XXVI e provenance, ils sont cotés n° 550 à 960. . 31 1 

Total égal. ... 960 

Livres non retrouvés, qui sont enregistrés après les n° 218, 333, 617, 672, 676, 
698, 799, 869, plus 534 et 549 parmi les imprimés et qui probablement étaient en 
effectif à l'inventaire de 1577 10 

livres manuscrits Total général. . . . 970 

Nous ignorons par quel motif les divisions bibliographiques ne sont pas aussi bien marquées 
qu'à l'inventaire de 1467 fait à Bruges, selon M. Barrois, qui indique les titres suivants: 
Bonnes meurs, Etiques, Politique. — Chapelle. — Librairie meslée. — Livres de gestes. — 
Livres de ballades et d'amours. — Chroniques de France. — Oultre-mer, Médecine, Astro- 
logie. — Livres non parfaits. 

Cet inventaire de 1577 est publié en entier, quant au nombre des articles, à la suite de la 
2 e partie de ce discours résumé. Cependant il faut remarquer que chaque article du texte 
porte un long libellé qui décrit principalement les reliures , par exemple : 

N° 1 . Ung groz livre en parchemin, escript à la main, illuminé par dedens en aucuns lieux, couvert de velour noir damassé 
garny de chacun coste de cinq doux de leston, doré sans clouans, intitulé dessus par le dehors : « C'est le premier volume 
de la bible « , commence en haut au second feuillet : « humilité est la cité » . 



cxxxu NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Nous expliquerons à la seconde partie de ce résumé, l'avantage de l'indication des premiers 
mots de ce second feuillet. 

Il nous semble que ce formulaire ancien, nous est aujourd'hui fort peu intéressant, d'autant 
plus que plusieurs de ces manuscrits ont été reliés de nouveau dans des temps plus modernes. 
Quant à notre gestion actuelle, nous conservons précieusement les anciennes reliures, qui 
sont un moyen de récolement et un souvenir de l'état primitif de cette bibliothèque. 

En conséquence de cette remarque, nous avons réduit à une ligne chacun des articles de 
l'inventaire de ces manuscrits, que nous publions. Le tableau se divise en six colonnes, 
la 4 re indique le n° d'ordre, la 2 e le n° de l'inventaire de 1731, qui suivra ceux de 1577, (nous 
en parlerons plus loin) , la 3 e le n° actuel que porte le manuscrit , la 4 e le nom de l'auteur, et 
après un tiret , le titre de l'ouvrage , la 5 e l'indication des premiers mots du 2 e feuillet , la 
6 e l'annotation si les livres sont illuminés, c'est-à-dire avec miniatures et s'ils sont sur papier. 
Nous ne faisons aucune mention spéciale des autres articles qui sont ou sans miniatures ou sur 
vélin, car la plus grande partie des manuscrits est sur vélin , dans cette librairie. 

Quant à la date de la transcription , comme il n'en est fait aucune mention , on ne peut 
indiquer avec précision que celles que nous avons retrouvées ; on en reconnaîtra l'ancienneté 
à notre Inventaire général et plus exactement encore au Répertoire. 

En résumé, on trouve beaucoup d'analogie entre le formulaire de cet inventaire, modèle 
parfait de la bureaucratie du seizième siècle, et celui de la bibliothèque du Louvre, rédigé 
deux cents ans auparavant. 

Le troisième chapitre de l'inventaire, de 1577, a le titre suivant : « Aultres livres en toutes 
» sciences et diverses langues que le feu prévost de S*.-Bavon a achapté au nom et de la part 
)■> de Sa M'% resçu et délivré comme au chapitre précédent » . 

« Et premiers en théologie, tant grecque, hébreux que aultres langues, n° 1 à. . 158 

Histoires, nM 59 à 389. (Déduire n° 334. Voir Mss.) 231 

Livres es droit , canon et civil , n° 390 à 435 46 

Livres en médecine et chirurgie , n° 436 à 482 47 

Livres en géographie et mathématiques, n° 483 à 606 (on pourrait en déduire 

le n° 549 qui paraît être Mss.) 124 

Livres divers et agriculture, n° 607 à 635 29 

Livres de diverses matières , n° 636 à 665 30 

livres imprimés Total égal . . . 665 

Cette liste est publiée à la suite des manuscrits vers la fin du présent résumé. Chaque 
article est inscrit sur une seule ligne, comme aux manuscrits. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxxxm 

Cet inventaire est la preuve la plus évidente que la bibliothèque royale des ducs de 
Bourgogne possédait au seizième siècle, une riche collection de livres imprimés, dont le 
dernier article est coté n° 66d, au présent inventaire, qui est d'une écriture contemporaine. 
Comme il n'y a point d'indication de clôture du procès-verbal, pas même une date finale, 
une simple note ou une signature, comme on ne trouve parmi ces 665 ouvrages qu'un seul 
du quinzième siècle, qui paraît s'être fourvoyé, c'est le numéro 495, {Fenetiis 1496);; comme 
le titre qui commence les imprimés fait connaître que cette collection a été achetée par 
Viglius ; enfin comme le titre initial de l'inventaire , quoique faisant connaître que c'est la 
liste des livres trouvés, tant à Bruxelles qu'à Anvers, (voir aux pages précédentes), ne 
renferme que ceux de Bruxelles , on peut conclure de tout cela que cette copie n'est pas 
achevée, qu'il y manque les livres déposés à Anvers et sans doute aussi les livres dont 
l'acquisition avait été faite antérieurement à la gestion de Viglius, au commencement du 
seizième siècle et pendant le dernier tiers du quinzième. 

En effet, quand on a la certitude que la Bibliothèque de Bourgogne a servi à l'éducation 
de Philippe-le-Beau et de Charles-Quint, et que l'imprimerie fut établie à Alost et à Bruxelles, 
en 1476; à Audenaerde, en 1480; à Hasselt, en 1481 ; à Gand, en 1483 et qu'elle y était 
florissante, (v. Mss. autographe d'Ermens, n° 17869 sur les éditions du 15 me siècle, trouvées 
dans les couvents supprimés, en 1785); il ne peut y avoir aucun doute que les productions 
de cet art, alors nouveau, n'eussent été introduites à la cour du prince , sans compter les 
éditions faites dans les villes des autres pays qui nous sont étrangers. 

Quoiqu'il en soit, si nous bornons nos remarques au seul inventaire des imprimés achetés 
pendant la gestion de Viglius, il faut faire le plus grand éloge du choix de cette collection . 
quoiqu'elle soit peu nombreuse, ce qui démontre la rareté des imprimés à cette époque, 
comme nous l'avons dit aux pages précédentes. Rien n'y manque pour la polémique religieuse 
et pour éclairer l'autorité suprême du prince sur les points théologiques que l'administration 
civile doit connaître. II en est de même pour le droit canonique et le droit civil ; pour 
l'histoire et la diplomatique; pour la géographie et même jusques pour l'agriculture et la 
poésie. • 

Sur le nombre de 665 ouvrages, pour la plupart du second tiers du seizième siècle, il y en 
a 125 qui sont sortis des presses d'Anvers, avec le nom de l'imprimeur , et beaucoup d'autres 
sans nom d'imprimeur; 24 de Louvain ; 7 de Bruges; 2 de Gand; 1 de Bruxelles: 1 de Mons, 
en Hainaut. 

Quant aux éditions étrangères, il y en a 168 de Paris; 73 de Baie ; 46 de Cologne; 42 de 
Lyon; 28 de Venise, etc., comme on le verra à la récapitulation faite à la suite de la liste 
des imprimés vers la fin du présent résumé. 

99 



cxxxiv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Par conséquent, si la ville de Paris, célèbre par son université, qui était la plus fréquentée 
de l'Europe, et par la centralisation des sommités politiques et littéraires de la France, tenait 
le premier rang en typographie, la ville d'Anvers, simple port de commerce, sans université, 
sans noblesse de cour et même sans administration provinciale, était au second rang. 

XXX. — Manuscrits de Viglius. 

Les manuscrits de cette provenance sont pour la plupart des autographes du propriétaire ; 
ils traitent de jurisprudence et d'histoire. Une autre partie de la bibliothèque manuscrite de 
Viglius était déposée au collège qui portait son nom , à Louvain , selon l'indication donnée 
par la liste de Sanderus, (Bibl. manuscript., T. i, p. 243). Nous en avons retrouvé 
quelques-uns en la Bibliothèque de Bourgogne. 

XXXI. — Acquisitions diverses. 
Cet article n'est guères porté ici que pour mémoire. 



CHAPITRE V. 

Fin du règne de Philippe II. — Albert, 1598-1621. — Isabelle, 1598-4635. 

BIBLIOTHÉCAIRES — DAMANT, PHILIPPE BORLUÏ , ADRIEN RIEBEEK. 

L'empereur Maximilien II, qui octroya des lettres de noblesse au musicien Montois 
Orlando Lasso , comme nous l'avons dit à la page cxvm , eut quatre fils : Rodolphe , l'aîné , 
fut empereur après lui, depuis l'an 1576 jusqu'en 1612; celui-ci, aux premiers moments de 
son avènement à l'empire, voulut être le médiateur pour le rétablissement de la tranquillité 
publique aux Pays-Bas, mais il ne put y réussir. 

L'archiduc Mathias, son frère, qui aimait les beaux-arts, et fut plus tard empereur après 
lui, de 1612 à 1619; il avait été appelé, en 1578, à la souveraineté des 17 provinces des 
Pays-Bas , par les Etats-Généraux , mais son règne fut aussi éphémère que celui de son 
successeur François , duc d'Alençon , frère de Henri III , roi de France, qui avait été appelé 
aux Pays-Bas en 1580. 

Sur ces entrefaites, Alexandre Farnèse, fils de Marguerite de Parme avait été nommé 
gouverneur-général, en 1578, par le roi Philippe II, pour succéder à don Juan d'Autriche, 
qui venait de mourir. Alexandre Farnèse réconcilia successivement avec le roi , ou pour 
mieux dire, reconquit, par la plus savante habileté diplomatique et militaire, et conserva, 



DE LA BIBLIOTHEQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxxxv 

au roi d'Espagne, par sa franchise et sa bonne foi, toutes les grandes villes et toutes les 
provinces catholiques , à peu près dans les limites qu'elles eurent jusqu'à la paix des 
Pyrénées, en 1659. 

Il rentra dans Bruxelles par traité ou capitulation du 13 mars 1585. Il y fit cesser l'exercice 
public et forcé du calvinisme, qui répugnait aux habitants, et qu'on leur avait imposé. 
(Voir Mss. 6544, etc., relatifs aux bannissements de Jean Hauchin, doyen de S tc .-Gudule et de 
Reuskensveld). En rentrant au palais, Alexandre Farnèse mit la Bibliothèque de Bourgogne 
à l'abri des dilapidations , auxquelles tout porte à croire qu'elle n'avait été que trop exposée , 
pendant le régime de l'anarchie du Gueusen magistraet (selon l'expression flamande de ces 
temps malheureux). Peut-être l'archiduc Mathias, amateur de peinture, aura-t-il emporté 
aussi des manuscrits, qui seraient à Vienne, chose facile à vérifier par l'inventaire de 1577. 

Nous ne pouvons mieux démontrer ces dilapidations qu'en faisant la comparaison de 
l'inventaire de 1577, en 970 articles ou volumes, dont nous avons parlé précédemment, et 
celui de 1731, qui ne renferme que 528 articles ou 595 volumes, dont nous parlerons plus 
loin, au règne de Charles VI. 

En effet, la cour de Bruxelles ne fut plus exposée à aucun désordre depuis l'entrée de 
Farnèse jusqu'en 1731, pas même pendant les années 1706 à 1712, que les puissances 
alliées des Provinces-Unies et de la Grande-Bretagne occupèrent les Pays-Bas. II est pro- 
bable en conséquence, que les désordres furent commis, en cette bibliothèque, entre les 
années 1578 et 1585, car on verra plus loin, en faveur des alliés, que les bibliothécaires, en 
fonctions au commencement du dix-huitième siècle, ne se sont plaints d'aucune dévastation. 
II n'y a rien sur cet objet dans le grand nombre de pièces qui sont restées de leur adminis- 
tration et qui sont aux archives de l'Etat, à Bruxelles. 

Alexandre Farnèse mourut en 1592; l'archiduc Ernest, troisième fils de l'empereur 
Maximilien II, fut gouverneur-général après Mansfeld, en 1594; il mourut à Bruxelles . 
en 1595. Son tombeau est dessiné au Mss. 18301. 

On sait que l'archiduc Albert, quatrième fils de Maximilien II, fut gouverneur-général 
après Ernest, et qu'en 1598, il alla épouser, à Madrid, l'infante Isabelle, sa cousine germaine. 
Les époux ayant le titre d archiducs, obtinrent du roi Philippe II, la souveraineté des Pays-Bas : 
ils arrivèrent à Bruxelles, en 1599. 

C'est une chose également notoire que les 25 et 28 novembre de la même année 1599, ils 
furent inaugurés souverains de Brabant à Louvain, ancienne capitale de ce duché, le 25 no- 
vembre (vin Kal. decembris), et à Bruxelles, le 28 du même mois. 

Nous allons extraire du texte de l'histoire de Brabant par Loyens, page 543, {Bruxellis, 
1672, in-4°), quelques détails sur ces inaugurations, qui se firent publiquement, pour 



t xxxYi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

lesquelles on fit usage du magnifique missel de Mathias Corvin , que la reine Marie avait 
rapporté de Hongrie, comme on l'a dit à la page cxi précédente. 
Voici le texte de Loyens : 

Inde vin Kal. januarias , Lovanii principatûs solemnia Le 8 des kalendes de janvier, (il jautKal. decem., 23 no- 

inierunt. Convenerunt ibidem anlistites, nobiles et quatuor vemlre 1599), la solennité de l'inauguration eut lieu à Lou- 

primariarura urbium Brabantiaedelegati, très ejusdem ordines vain, en présence des prélats, des nobles, des députés des 

referentes quatre villes premières du Brabant, qui en composent les 

Deinde Audienciarius, Lseti Ingressûs seriem recitavit, États, etc., etc. Ensuite l'Audiencier fit lecture de la Joyeuse- 

ac prolatà mensulâ, panno aureo illustratâ, cum pulvinaribus Entrée ; une petite table qui avait été approchée, fut couverte 

item aureis, iisque imposito sacrato mysteriorum codice, d'un tapis et de coussins d'étoffe d'or ; on y plaça un missel, 

queni liturgicum appellant , archiprœsul Mechliniensis ex (C'est le n° 9008 ou missel de Mathias Corvin). L'arche- 

unâ parte et cancellarius Brabantiae ex altéra parte , nomine vêque de Malines , (en sa qualité d'abbé d' Afflighem. pré- 

Ordinum accedentes , in genua prociderunt , lectâque ab sident des Etals) d'un côté, et le chancelier de Brabant, de 

audienciario latine et teutonice juris-jurandi formula, usque l'autre, se mirent à genoux; l'audiencier fit lecture du serment 

ad verba : Sic me Deus adjuvet et omnes sancti ej'us, eu latin et en tbiois, jusqu'à ces mots : que Dieu me soit en 

praeeunte archiepiscopo, accessit Infans Serenissima Isabella, aide et tous ses saints. L'archevêque se leva. La Sérénissime 

genibusque innixa , tacta manu sacrosanctis Evangeliis , Infante Isabelle s'approcha, se mit à genoux, posa la main sur 

solemne Sacramentum Ordinibus dixit. Quod ab Archiduce les Saints Évangiles et prononça le serment solennel devant 

separatim factum est, etc., etc. les États. L'archiduc fit la même chose séparément, etc., etc. 

L'attestation suivante écrite et signée par Mireeus, qui fut plus tard bibliothécaire des 
archiducs , est ajoutée : Super his Evangeliis seu missali Albertus et Isabella, Belgarum 
principes, suum juramentum solemniter fecerunt. Nous ajouterons : (Die 25 novembris 
anni 1599. Quod attestor : A. Mirœus, bibliothecarius regius, manu propriâ). 

Nous ajouterons aussi que les deux pages en regard qui présentent le commencement du 
canon de la messe, sont très-détériorées ; ce n'est point par la vétusté, mais elles portent les 
apparences de décalques violentes , provenant probablement de la pluie qui tombait , en ce 
moment; chose fort vraisemblable, c'était à une des portes de Bruxelles, le 28 novembre, et en 
plein air. « Multum et assiduum imbrem, . . . ad duas quercus. . . extra urbem — ad portam. ...» 
(Narratio historica Bochii. Antv. Moretus, 4602, page 46i). Tout porte à croire que l'on con- 
serva avec soin, l'empreinte de la main d'Isabelle, qui prononça son serment sur ce manuscrit, 
empreinte reconnaissable par les traces de la rugosité de l'épiderme des doigts et par la confi- 
guration de la palme entière de la main. 

Telle est notre opinion ; elle pourrait se corroborer, quand on se souvient que la joie des 
Brabançons était alors excessive , car après 44 ans de malheurs , ils avaient enfin des sou- 
verains qui venaient , selon l'ancien usage , de nouveau résider dans leur pays , et quand on 
remarque aussi que depuis cette époque, on se plaisait à chercher tous les moyens de conserver 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxxxvn 

le souvenir de l'inauguration d'Albert et Isabelle. Ce livre servit toujours depuis ce temps, à 
l'inauguration de nos princes, comme le démontrent les attestations authentiques, inscrites à 
la suite de celle de Mirœus, pour plusieurs princes : pour Philippe V, en 1702; pour 
Charles VI, en 1712 ; pour Marie-Thérèse, en 1744 ; pour Joseph II, en 1781 . Je puis ajouter 
y avoir vu prêter le serment inaugural, le 23 du mois d'avril 1794, par l'empereur François II, 
à Bruxelles. J'étais un des élèves du collège thérésien qui portaient les attributs de la cou- 
ronne et entre autres ce missel, le coussin d'or et le tapis. La solennité de l'inauguration de 
François II, que j'ai vue par le plus beau des jours azurés du printemps, fut une des plus 
brillantes du gouvernement autrichien. Ce fut la dernière, car les républicains français con- 
quirent la Belgique deux mois plus tard. 

La description de ce missel est trop longue pour entrer dans ce résumé. Nous y reviendrons, 
au chapitre du Répertoire qui indique les livres d'heures et de liturgie de nos souverains. 

CHAPITRE VI. 
Aubert Le Mire, bibliothécaire. 

Selon le mémoire de La Serna (page 46), le garde-joyaux qui avait succédé à François 
Damant était Philippe Borlut , conseiller des finances et premier roi d'armes; celui-ci eut 
pour successeur Adrien Riebeek, retenu par lettres patentes des archiducs Albert et Isabelle, 
du 2 mai 1621; il était aussi conseiller des finances et premier roi d'armes. Lesdites lettres 
patentes de retenue portent ces mots : « Il sera obligé de prendre et avoir en sa garde la 
librairie de nostre cour». Le 8 novembre 1617, Aubert Le Mire (Aubertus Mirœus) , fut 
nommé bibliothécaire des archiducs et garde de la librairie de leur cour ; de là l'expression 
latine de bibliothecarius recjius que Mirœus écrivait souvent à côté de sa signature sur plusieurs 
livres de cette bibliothèque. 

Cependant, par d'autres lettres patentes antérieures, du T septembre de l'année 1611 , les 
archiducs avaient ordonné la confection d'un nouvel inventaire de la bibliothèque. C'était, 
selon toute probabilité, le récolement de celui de 1577. Philippe Sterckx, conseiller et commis 
aux finances, et Paul Croonendael, aussi conseiller et en même temps greffier auxdites 
finances , furent chargés de cette opération, qui fut commencée en 1614, et terminée le 20 
décembre 1617. Ce Philippe Sterckx est-il le fils de Henri Sterckx, commissaire en 1577? Je 
l'ignore. Mais ce Paul Croonendael est le même que celui dont on voit le nom audit inven- 
taire. Il naquit en 1540 et mourut en 1621; il composa une histoire de Namur, (Mss. 15892). 

Cet inventaire, que nous n'avons point vu , doit être à la bibliothèque royale de Paris, selon 

le témoignage de La Serna. Probablement avant La Serna, on ignorait où se trouvait cette pièce 

hh 



xxxviii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

importante. En voici la preuve, par un rapport rédigé vers Tannée 4756 , et qui fut adressé au 
conseil des Finances. On y lit : « Il serait à souhaiter qu'on pût retrouver ce catalogue que 
le savant Mirseus, (successeur de Riebeék , en 1617, comme nous venons de le dire), aura 
lui-même, sans doute , très-exactement dressé, (on voulait dire vérifié) , qui est peut-être 
caché dans la bibliothèque, ou parmi les archives du conseil des finances ou chez les héritiers 
du bibliothécaire défunt , ou prêté » . 

Voici l'attestation de la remise des manuscrits à Aubert Le Mire, nous la copions de la 
page 51 e du Mémoire de La Serna, parce qu'elle servira peut-être un jour de moyen pour 
pouvoir constater l'identité de cet inventaire, si on le retrouve. 

« Je Aubertus Mirseus, preslre, etc., etc., certifie et confesse avoir reçu en présence du 
» conseiller et greffier des finances Kinschot, commissaire (et non commis (de) faire, comme on 
» l'a imprimé par erreur dans le texte de La Serna et dans plusieurs ouvrages copiés de 
» La Serna), à ce député, tous les livres enprins en certain registre et inventoire, promettant 
» d'en faire bonne et seure garde, etc., etc. Temoing mon seing manuel cy mis, le dernier 
» de janvier 1618. Signé : Aubertus Mir^us. » 

Mirseus remplit dignement la mission qui lui avait été confiée ; il satisfit pleinement à 
l'engagement qu'il avait pris par le reçu que nous venons de transcrire , car ce fut le biblio- 
thécaire le plus laborieux de la Bibliothèque de Bourgogne. 

Sa principale opération fut d'apposer sur une des gardes de la reliure de la plupart des 
volumes , soit imprimés , soit manuscrits , une vignette coloriée aux armoiries mi-parties de 
Hongrie-Bohême, Autriche, etc., pour l'archiduc Albert, et de Bourgogne-Castille, Ara- 
gon, etc., pour l'achiduchesse-infante Isabelle, avec Flandre et Àutriche-Tyrol en abyme. 
Nous en avons fait mention à divers paragraphes précédents. Les armes sont timbrées de la 
couronne de prince royal, et supportées par deux génies, ou jeunes femmes (Pace et Justitiâ), 
ce qui est la preuve que c'étaient les anciens supports adoptés par les ducs de Bourgogne- 
Valois, (voir le magnifique Mss. n° 9017), dont le simple trait de l'iconisme est au frontispice 
de ce catalogue. J'ignore pourquoi Mirseus n'a pas blasonné Portugal en abyme pour Isabelle. 

Comme chacune de ces vignettes est surchargée d'un numéro d'ordre , de l'écriture de 
Mirseus , nous avons cherché à les reclasser, telles que nous les avons retrouvées , par un 
enregistrement qui aurait dû être conforme à l'inventaire de Mirseus , du moins en nous 
bornant à ce qui concerne les numéros retrouvés. Mais cette opération n'a pas donné un 
succès satisfaisant, parce que les numéros ont été ôtés ou transposés à beaucoup de livres 
par les relieurs de la bibliothèque impériale de Paris et en d'autres temps. 

Cependant Mirseus était bibliothécaire depuis trois ans seulement, lorsque, en 1621, l'ar- 
chiduc Albert mourut. Mirseus fit l'éloge funèbre de ce prince. Beyerlinck ajouta au texte 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxxxix 

imprime, la note aussi imprimée et panégyrique, que voici (page 97) : « Habuit item perpeluo 
» ante oculos, in mensâ Musœi sui, catalogum codicum pra;sertim manuscriptorum, qui jain 
» inde à temporibus Philippi Boni et Maximiliani I Austriaci , in bibliothecâ palatinà prse- 
» sertim asservantur » . — « Or, il eut surtout aussi toujours devant les yeux, sur la table de 
» son Musée, le catalogue de ses livres manuscrits, qui déjà depuis le temps de Philippe- 
» le-Bon et de Maximilien I er d'Autriche, sont principalement conservés dans la bibliothèque 
» de la cour » . 

Sans doute les archiducs Albert et Isabelle méritent des éloges ; ils furent en vénération. Leur 
règne fut un âge de renaissance et de bonheur; alors l'agriculture et l'industrie, qui avaient 
tant souffert sous le règne précédent, se ranimèrent. Toute la plénitude du surnom de bien- 
faisants, que l'histoire pourrait leur donner, leur est acquise. Mais, quoiqu'entourés d'hommes 
de génie, tels que Spinola, né Génois, pour la guerre; Verrycken, Routard, Richardot, Rubens 
et beaucoup d'autres Belges, pour la politique extérieure, la législation et pour les beaux-arts; 
quoiqu'en relations continuelles avec la France et les Provinces-Unies , ils ne surent point 
s'élever, (c'était cependant leur intérêt), à la hauteur des idées dont le roi Henri IV, Sully et 
plus tard Richelieu, en France; Maurice de Nassau et ensuite Frédéric-Henri , en Hollande, 
donnaient l'exemple. Une distance immense sépare le génie réparateur et tutélaire d'Albert et 
Isabelle et le génie créateur de Philippe-le-Bon. 

La génération entière des compagnons du grand Charles-Quint n'existait plus; elle avait 
produit pour descendance quelques hommes de haute capacité. Ainsi , le soleil du solstice 
d'été après son coucher, fait luire un long et brillant crépuscule. 

XXXU. — Manuscrits de Mirœus et acquisitions diverses. 

Mirseus, né à Bruxelles le 50 novembre 1573, élève de Juste-Lipse qui mourut en IC06, 
selon le chronographe oMnIa CaDUnt, envoyé en Hollande et ensuite en France, vers 
l'année 4610, fut bibliothécaire le 20 septembre 1617 et vicaire-général de levêché d'Anvers 
en 1624; il mourut dans cette dernière ville le 19 octobre 1640, peu de mois après Rubens. 
La liste de ses ouvrages nombreux est connue. Ses manuscrits dont la liste est donnée par 
Sanderus, {Bïbl. manusc.) sont en grande partie en la Bibliothèque de Bourgogne. (Voir 
n° 17740). 

Peu d'acquisitions, ou pour mieux dire, aucune acquisition importante que nous con- 
naissions, n'est entrée en cette bibliothèque pendant cette période et ne pouvait guères y 
entrer, puisque c'était le premier temps de la supériorité des imprimés, comme nous 
allons l'expliquer plus amplement. 



cxi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 



CHAPITRE VII. 

Des manuscrits au temps des gouverneurs -généraux espagnols, 
depuis le décès d'Isabelle. 

Le règne d'Albert et Isabelle, qui termine le seizième siècle et qui ouvre le dix-septième, 
fut la période de l'entier achèvement de la révolution bibliographique, qui fit substituer les 
imprimés aux manuscrits, car le triomphe de l'imprimerie était enfin complet. Les éditions 
des Moretus, successeurs de Plantin, à Anvers, celles des Jansonius, des Blaeuw et des Elzevirs 
aux Provinces-Unies des Pays-Bas, celles un peu plus anciennes des Froben, à Bàle, celles de 
Rome, de Venise, de Cologne, les belles éditions des nombreux typographes de Paris, et un 
grand nombre d'autres, avaient reproduit en Europe les classiques de l'antiquité grecque et 
romaine, dont c'était alors le temps de la plus grande vogue et presque de la seule érudition. 
On pouvait se passer d'autant mieux de manuscrits , que le goût de ce temps était presque 
général pour les belles éditions des écrivains de l'antiquité latine. Les Mirseus, les Haraeus, 
plus tard les Loyens, les Stockmans, les Van Espen, etc., avec un très-petit nombre d'autres 
savants des Pays-Bas, étaient presque les seuls qui fussent occupés de publications d'histoire 
nationale et de droit ; ils imitaient en toute occasion les écrits des classiques de l'antiquité, 
sur lesquels ils cherchaient à se modeler, même au point de latiniser leurs noms de famille. 

Les manuscrits étaient donc réservés pour un petit nombre de savants, car les amateurs 
leur préféraient les éditions imprimées et faisaient déjà la distinction entre les éditions 
antérieures à l'an 1S00 et celles qui étaient plus modernes. Les manuscrits des historiens et 
. des poètes, du moyen-âge surtout, lorsqu'ils n'étaient pas écrits en langue latine, commen- 
cèrent dès-lors à être séparés des autres ouvrages. De là cet oubli des vieux romanciers en 
vers et en prose, ce mépris pour leur style ; de là cette école nouvelle du siècle de Louis XIV, 
de là enfin ces injustes vers de Boileau : 

Villon sut le premier 
Débrouiller l'art confus de nos vieux romanciers. 

De là cet autre vers, non moins injuste, de ce législateur du Parnasse : 

Enfin Malherbe vint et le premier en France, etc., etc. 

Ainsi , à dater de cette période , la Bibliothèque de Bourgogne acquit une autre valeur 
par cette révolution totale en bibliographie, car les manuscrits qui avaient été sa seule com- 
position jusqu'au règne de Charles-Quint , furent considérés au dix-septième siècle comme 
des raretés, de même qu'on n'a cessé de les considérer depuis ce temps, jusqu'aujourd'hui. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxli 

Cette même révolution s'était opérée jusque dans les bibliothèques monastiques. Les 
Scriptoria y étaient fermés ; il n'était plus question , dans les abbayes et les autres monas- 
tères, que d'y établir de belles bibliothèques de livres imprimés. On en retrouvera les 
catalogues au commencement du Répertoire , pages 4 à 8 , tels que celui des Carmes 
déchaussés de Bruxelles, n° 6437, modèle de rédaction en ce genre. 

A cette époque, c'est-à-dire immédiatement après la mort de Mirseus , qui termine l'école 
calligraphique, deux bibliographes publièrent les listes des ouvrages imprimés et celles des 
manuscrits de la Belgique. Plus tard les Foppens et les Paquot les ont imités. 

Sanderus le premier des deux, en 1641 et 1645, fit paraître sa Bïbliolheca Belgica manus- 
cripta, sive elenchus univer salis codicum Mss. , in celebrioribas Belgii coznobiis, ecclesiis, urbium 
ac privalorum hominum bïbliothecis, adhuc lalentium. Insulis, MDCXLI, etc., 2 vol. m-4* . 

En 1644, le second, appelé Valère André, fit paraître sa Bibliotheca Belgica de Belgicis viris, 
scriptisque claris. Lovanii 1644, m-4 t0 . 

On remarque par la comparaison des deux titres que l'usage des manuscrits était déjà 
devenu alors ce qu'il est aujourd'hui : In bibliothecis adhuc latentium. 

On a blâmé Sanderus, dans nos temps modernes, de n'avoir publié dans son ouvrage, que 
des listes sèches qui n'apprennent rien de plus que des étiquettes. Ce blâme est l'effet des 
difficultés qu'on éprouve aujourd'hui, de retrouver les manuscrits désignés par cet écrivain, 
car la plus grande partie en est dispersée depuis la suppression des abbayes et des autres 
monastères, en 1783 et 1795, et par les mutations et les dilapidations que la Bibliothèque 
de Bourgogne et les bibliothèques des particuliers ont éprouvées depuis environ deux siècles. 

Mais au temps où Sanderus publiait son ouvrage , les volumes n'avaient éprouvé aucune 
révolution, ils étaient mis en place dans les bibliothèques ; leurs numéros d'ordre et les autres 
indications qu'il leur donne, suffisaient pour les retrouver. Il a fait plus encore : il a indiqué, 
à plusieurs catalogues partiels, le nom de celui qui les a rédigés et la date de la rédaction. 
Ainsi, par exemple, le Calalogus vitarum sanctorum, in monasterio divi Vedasti , porte 
l'indication d'avoir été fait par Claude Doresmieulx, anno 1635. 

D'ailleurs Sanderus n'annonce sur le grand titre de son ouvrage qu'un elenchns universalis; 
il a satisfait à sa promesse. 

L'ouvrage de Sanderus donne deux espèces de listes : la première indique celles des 
bibliothèques de la cour et des établissements civils et religieux, et la seconde celles de 
quelques bibliothèques de particuliers. Nous réunirons plus loin, aux règnes de Marie- 
Thérèse et de Joseph II, tout ce qui concerne les bibliothèques monastiques, parce qu'alors 
nous parlerons de la suppression d'une partie de ces corporations religieuses et des accrois- 
sements qui en résultèrent pour la Bibliothèque de Bourgogne. Nous ne donnerons ici que 



cxlh NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

l'indication des bibliothèques de manuscrits que des particuliers avaient formées, au temps 
de Sanderus; ce qui est la preuve la plus évidente que dès le commencement du dix- 
septième siècle, les manuscrits étaient totalement distincts des imprimés. Voici cette liste par 
ordre alphabétique : 

T. i. p. 245. — Bologne (Philippe de) chanoine de Tournay. Mss. provenant de la bibliothèque de Jean de La Lou, de 

Valenciennes et de messire du Razoir, chanoine de Tournay. 
T. il. p. 14. — Bourgogne, (Antoine de) des comtes de Waeken, archidiacre à Bruges; catalogue de l'an 16-41. 

T. i. p. 284. — Bultelius Nipaeus. Catalogue de l'an 1639; il y a plusieurs manuscrits historiques et quelques 

classiques. 
T. i p. 288. — Cardevacke (Jean François de) d'Arras, seigneur de Simencourt; ilpossédait une belle collection de 

poètes et de prosateurs. 
T. i. p. 295. — Dielman (Cornélius) de l'ordre de St. -Augustin ; ce catalogue de 1638, indique principalement des 

Mss. de théologie. 
T. i. p. 254. — Doresmieux de Lille, catalogue de 1638; il y a beaucoup d'Acta sanctorum. 

T. i. p. 253. — Hoius (Timothée) de Douay, qui possédait une histoire romaine de Florus. 

T. il. p. 129. — Le comte (Jean) seigneur de Jaudrain , secrétaire du conseil d'état; il avait plusieurs Mss. historiques. 

T. ri. p. 21 et 117. — Lemire (Aubert) bibliothécaire et doyen d'Anvers; ses manuscrits sont à la xxxn e provenance de la 

Bibliothèque de Bourgogne. 
T. ii. p. 1. — Ligne (Albert Henri, prince de), catalogue rédigé en 1640; ilpossédait plusieurs manuscrits précieus, 

relatifs à l'histoire des Pays-Bas. 
T. î. p. 273. — Meurchin (le seigneur de) catalogue fait en 1569; on y remarque beaucoup d'ouvrages héraldiques. 

T. i. p. 282. — Sanderus (Antoine) chanoine d'Ypre, auteur de VEletickus ; catalogue rédigé en 1642. (Voir son 

nom au Répertoire de la Bibliothèque de Bourgogne). 
T. i. p. 226. — Vredius (Olivier) de Bruges; catalogue fait en 1639. 

T. î. p. 208. — Winghe (De) etD. Willers, chanoines de Tournay, qui donnèrent leurs Mss. à la cathédrale. 

Nous pourrions augmenter cette liste par les manuscrits d'un grand nombre d'autres 
savants, tels que Van der Haer, en 1533, (Mss. n° 1017); Desprez (v. n° 6496) et d'autres; 
mais cela nous entraînerait trop loin, notre but étant seulement de constater que les 
manuscrits étaient alors distincts des imprimés et in bibliothecis adhuc latentium. 

Ce n'était pas seulement aux Pays-Bas qu'on distinguait alors les manuscrits et leurs pro- 
priétaires; on en trouve la preuve par la Bibliotheca patavina manuscripta, publica et 
privata Tomasini. Utinœ 1639, in-4°. 

Environ dix ans avant sa publication, le même Sanderus en 1633, invoquant l'exemple de 
l'archiduc Albert , qui s'était intéressé à la prospérité de la Bibliothèque de Bourgogne, pro- 
posait aux magistrats de Gand d'établir, sur ce modèle, une bibliothèque, à l'usage du public, 
dans leur ville. «Albertus piusut pleno virtutum omnium cumulo, amorem artium seriarum 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. «nu 

» praecipue ac sacrarum conjungeret, luculenta bibliotheca Bruxellis apud Palatium, adornala 
» egregie socerum suum (Philippe II, fondateur de la bibliothèque de l'Escuriaï), imitatus est » . 
(Voir la dissertation de Sanderus : Pro instiluto bibliothecœ Gandaverisis. Brux. 1633, in-4 t0 , 
page 22). Le passage que nous venons de citer est une nouvelle preuve que la Bibliothèque 
de Bourgogne était encore très-connue et appréciée par le public en général, à cette époque. 

Sanderus fait ensuite 1 enumération d'un grand nombre de bibliothèques de particuliers et 
de monastères, qui étaient composées incontestablement d'une grande majorité d'imprimés, 
comme on le voit par son texte, telles que celles de Balthazar Moretus d Anvers , neveu de 
Plantin ; celles de Rocoxe , de Gevartius , de Jean Jacques Chiflet , médecin des archiducs à 
Bruxelles; de François Paz, médecin de l'infante Isabelle ; d'Erycius Puteanus, historiographe 
royal, et de beaucoup d'autres. Quant aux monastères, nous en parlerons, comme nous l'avons 
dit, aux règnes de Marie-Thérèse et de Joseph II. 

Un peu plus tard, Erycius Puteanus publiait une brochure analogue, qui parut en 1639, 
pour proposer d'établir aussi une bibliothèque publique dans la ville universitaire de Louvain. 
Il dédia son ouvrage à Jacques Boonen , archevêque de Malines. Il s'appuie, comme Sanderus, 
sur l'exemple des archiducs et par conséquent de la Bibliothèque de Bourgogne : « Jam et 
» consensus Ser. Princ. Alberti et Isabellse impetratus erat, legesconscripta3,^ionoraria viris 
» doctis destinata, qui singulari titulo, cura, munere, vel Libris sive numismatibus, sive 
» gemmis prœfuissent. Evanuerunt haec omnia; in suis tandem sumptibus bibliothecam 
» Academia corraderet». Il fait ensuite une lougue enumération, selon le style emphatique 
de ce temps, des différentes sciences et des écrits qui ne peuvent prospérer sans le secours 
d'une bibliothèque. Nous parlerons plus loin de la bibliothèque publique de Tournay. 

On ne peut donc mieux prouver que par ces citations, l'état de transition de la Biblio- 
thèque de Bourgogne, au commencement du dix-septième siècle, en une collection considérée 
comme objet de rareté et de curiosité, quant aux manuscrits. 

Nous allons démontrer le peu d'utilité que les successeurs d'Albert et Isabelle en ont retiré. 
Nous commencerons par citer les annotations de Mirœus sur plusieurs manuscrits qu'il fit 
voir au Cardinal-Infant, neveu d'Isabelle. Si ce prince avait consulté habituellement les volumes 
de cette bibliothèque, comme aux temps antérieurs à sa visite , ces annotations n'eussent pas 
été mises. 

Selon le Mss. 16510, continué par Vander Vynckt, auteur d'une histoire des troubles des 
Pays-Bas, le Cardinal-Infant, don Fernand, archevêque de Tolède, frère du roi Philippe IV, 
neveu d'Isabelle, comme on l'a dit, vint aux Pays-Bas peu de temps avant la mort de sa 
tante. Il était décoré de la pourpre romaine ; il était fils du roi d'Espagne Philippe III, frère 
d'Isabelle. C'est une chose assez étonnante que trois cardinaux de la maison d'Autriche , se 



cxliv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

soient succédés au gouvernement des Pays-Bas ; Albert, qui épousa l'infante Isabelle; André, 
son cousin , fils de Ferdinand , comte de Tyrol , qui gouverna pendant l'absence d'Albert et 
enfin le Cardinal-Infant don Fernand. Celui-ci ayant succédé à Isabelle, après le 1 er dé- 
cembre 1655, mourut à Bruxelles le 9 novembre 1641. 

Après le Cardinal-Infant, presque tous les autres gouverneurs-généraux, jusqu'à la fin du 
17 me siècle, n'avaient guères que des talents militaires. La cour d'Espagne les choisissait 
pour défendre par la force des armes, les restes des provinces obéissantes, sans cesse menacées 
par les Français au midi, par les États-Généraux des Provinces-Unies au nord. En voici la liste : 

En 1641 , don Francisco de Mello, issu de la maison royale de Portugal. En 1644, le marquis 
de Castel Rodrigo, aussi d'origine portugaise. En 1647, l'archiduc Léopold, fils de l'empereur 
Ferdinand II. En 1656, don Juan d'Autriche, fils naturel du roi Philippe IV, alors régnant. 
En 1659 , le marquis de Caracène, descendant des rois de Léon. En 1664, un autre marquis 
de Castel Rodrigo. 

Pendant la durée de son gouvernement, le roi Charles II succéda le 17 septembre 166b à 
Philippe IV, son père. Les armées du roi Louis XIV, en 1667, s'emparèrent de toute la partie 
méridionale des Pays-Bas , y compris le Cambrésis qui porta depuis ce temps le nom de 
Flandre française , de Hainaut français, de Luxembourg français. L'Artois avait été conquis 
précédemment. 

Le 27 août 1667, les armées françaises entrèrent dans la ville de Lille. Alors les archives 
de la Chambre des Comptes qui sont dans cette ville, et qui renferment encore aujourd'hui les 
anciens catalogues, les inventaires et d'autres pièces comptables de la Bibliothèque de Bour- 
gogne, passèrent sous la domination française. Nous verrons plus loin que la reprise de ces 
titres importants et d'un nombre infini d'autres pièces administratives, financières et histo- 
riques, furent un objet de litige entre les deux gouvernements des Pays-Bas et de France, 
jusqu'au traité du 16 mai 1769, c'est-à-dire pendant cent deux ans. On doit ajouter que malgré 
la franche exécution de ce traité, dont nous parlerons plus loin, il y a encore en la Chambre 
des Comptes de Lille, une masse de pièces qui concernent nos provinces belges en général et 
la Bibliothèque de Bourgogne en particulier. 

En 1669, le duc de Frias succéda au marquis de Castel Rodrigo, dans le gouvernement- 
général. Après lui, il y eut pour gouverneur-général en 1670, le comte de Monterey, premier 
ministre d'Espagne. En 1675, le duc de Villa Hermosa. En 1680, Alexandre Farnèse, des- 
cendant de la célèbre Marguerite de Parme, fille de Charles-Quint. En 1682, le marquis 
dal Caretto et de Grana, qui avait « tant de crédit à la cour de Madrid, qu'on le consultait 
» dans les affaires les plus secrètes et les plus importantes ». (Mss. 10196, etc.). Il était allié 
à la maison d'Aremberg. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxlv 

Sous son gouvernement furent renouvelées d'anciennes mesures administratives concernant 
la Bibliothèque de Bourgogne ; ces mesures étaient indispensables pour assurer la tranquillité 
publique, troublée par les querelles du jansénisme dont les Pays-Bas et la France étaient le 
principal théâtre ; ces mesures furent donc prescrites pour maintenir l'exécution des dispo- 
sitions relatives à la censure. 

Pour mieux nous expliquer, il faut remonter aux règnes de Charles-Quint et de Philippe II. 
et se ressouvenir des remarques que nous avons faites surl'édit de François 1 er , en 4554, 
concernant la suppression de l'art de la typographie en France (v. page cxxm). 

"Aux Pays-Bas, pendant les années 1546, 1550, 1551, 1559, etc., plusieurs mesures avaient 
été prises concernant l'index des livres défendus. En l'année 1571 fut publié le fameux 
Index pnrgatorius librorum , par ordre du duc d'Àlbe. Un exemplaire chyrotype de cet 
ouvrage, ayant probablement appartenu à un des inquisiteurs, est en la Bibliothèque de 
Bourgogne. Ce volume est surchargé de remarques manuscrites. 

Le gouvernement s'étant attribué, dès le quinzième siècle, la surveillance préventive de la 
presse, par le moyen de la censure, imposa aux éditeurs la condition de donner à l'état, 
d'abord un exemplaire et ensuite plusieurs. 

En 1594, cette mesure fut appliquée à l'avantage de la Bibliothèque de Bourgogne. On 
n'exigea des éditeurs que le don d'un exemplaire, mais l'année suivante , elle fut étendue 
aussi à l'avantage de la bibliothèque de l'Escurial , en exigeant le don d'un second exem- 
plaire pour cette bibliothèque; on verra, beaucoup plus loin, que le 5 février 1759, sur la 
proposition du savant Nélis, on exigea un troisième exemplaire pour la bibliothèque de l'uni- 
versité de Louvain, et finalement un quatrième exemplaire pour le conseil privé. 

Cette ordonnance avait été renouvelée en 1684, par une circulaire du gouverneur-général, 
marquis dal Caretto et de Grana, que nous venons de désigner. La flagrance du Jansénisme, 
qui agitait alors tous les esprits aux Pays-Bas et en France , était alimentée par un grand 
nombre de brochures pseudonymes et par d'autres livres d'auteurs connus; ces troubles 
furent sans doute le motif de cette circulaire. Les dispositions pénales d'une amende de cent 
florins (181 fr .-40 c environ) y furent ajoutées, ce qui prouve que le gouvernement ne consi- 
dérait plus cette mesure pour le simple avantage de ses bibliothèques et pour octroyer 
l'obtention du privilège, mais pour la surveillance de ce qui pouvait nuire à l'ordre public. 
En effet, on le prouve parce que plus tard, le 4 novembre 1696, le conseil de Brabant 
reçut une dépèche du gouverneur-général , « tendant à faire supprimer toute doctrine et 
opinion nouvelles, qui ont leur source dans les écrits et livres des novateurs et dans des 
imprimés injurieux et scandaleux » . 

Nous reproduisons textuellement l'ordonnance du comte de Fuentes, de 1595, et la 

* 33 



cxlvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

circulaire du marquis de Grana , de \ 684 , parce que c'est un des moyens de faire connaître 
les plus anciennes mesures de l'administration publique, relativement au dépôt des livres, 
pour enrichir, sans frais, les bibliothèques de l'état aux Pays-Bas et en Espagne. Nous y 
reviendrons plus loin, au règne de Marie-Thérèse. 

ORDONNANCE DU 29 MAI 1595 ? TOUCHANT LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE. 

Comme feu monseigneur Erneste, archiducq d'Austrice, chevalier de l'ordre du roy, lieutenant-gouverneur et capitaine-général 
desPaïs de par deçà, ait pour l'augmentation de la librairie de Sa Majesté, en cette ville , ordonné par ordonnance du 29 
d'avril 159-4, que doiz en avant neseroit concédé aucun privilège d'imprimer quelque nouveau livre , soit du conseil privé, celluy 
de Brabant ou autre , sans promesse et obligation d'en délivrer un exemplaire bien relié en cuir, au garde-joyaux François 
Damant, présent ou autre advenir, qui en seroit tenu donner son récépissé , défendant aux secrétaire dud 1 privé conseil, de cellui 
de Brabant et autres , de n'expédier aucun octroy sans la charge et condition susdites, et délivrer et envoyer en finances, certifi- 
cation de tels octrois et accords par eux dépêchés chacun an pour reconnoitre quels livres le garde-jayaux debvra recouvrer, et 
en pouvoir charger son inventaire. Son Ex ce . désirant aussi pourveoir à la bibliothecque que S. M. fait assembler en Espagne à 
S 1 . -Laurent le Royal , auquel effect Elle fait de tems à autre achapter en Anvers et ailleurs grande quantité de volumes, at 
ordonné que depuis le premier de juin, prochainement venant, ne seront concédés aucuns octroys d'imprimer livres, sinon moienant 
et parmi délivrant, par ceux qui obtiendront tel octroix, leurs obligations es mains du secrétaire qui fera la dépêche, de endeans 
certain tems raisonnable délivrer aud'. garde-joyaux, ou son ayde , soubsleur récépissé deus volumes desd s . livres, bien reliés 
en cuir noir, rouge ou jaune , où soient imprimés les armes d'icelle , pour par led 1 . garde-joyaux les garder la et ainsi qu'il 
appartiendra , jusques à tant que quelque nombre de livres assemblé l'on en aye averti Sad e Majesté , et entendu son vouloir 
et plaisir , s'il plaira à icelle en avoir aucuns par delà. Ordonnant aussy Sad te . Exc ce . que copie de cette ordonnance soit 
envoyée tant au conseil privé, que celluy de Brabant et ailleurs où il appartiendra, et que les secrétaires ou greffiers ayant charge 
du despesche desd s . octroys soient obligés de selon ce eulx régler et conduire , et d'an en an envoyer certification en la chambre 
des finances de Sa Majesté de tous les octroys d'imprimer livres qu'ils auront expédiés. Fait à Bruxelles le 29 mai 1595. 
Soubscript El Conde de Fuentes , et plus bas signé j Charles d'Arenbergh , J. de Drencwairt , d'Overlope , G. de Merode. 

circulaire d'otton henry marquis dal caretto , de savona et grana, etc., en conséquence de 

l'ordonnance de 1595. 

Monsieur , 

Nous vous faisons la présente pour vous requérir . et au nom et de la part du Roi, noire sire, ordonner de faire insérer à l'avenir 
en chaque octroi que vous accorderez pour l'impression de quelque livre, la clause portante, que l'imprimeur sera tenu de livrer 
en mains du bibliothécaire et garde de la librairie de S. M. présent et à venir, deux exemplaires du livre qu'il aura imprimé, et 
et ce dans le terme de quinze jours après l'impression, à peine tant d'exécution que ledit bibliothécaire pourra faire faire, sans 
avoir pour ce besoin des lettres exécutoriales , ou aucune autre authoiïsation, que de nullité dudit octroy et de cent florins 
d'amende à encourir ipso facto par le défaut de ladite délivrance, et pour ce qui regarde le passé, vous nous informerez si 
aucune clause et qu'elle a été insérée aux octroys accordés depuis six ans en ça. A tant, messieurs, Dieu vous ait en sa S te garde. 
De Bruxelles , le 14 de mars 1684. Était signé : 0. H. M. Alcaretto , soussigné A. Claris. 

En 1685, le marquis de Castanaga fut gouverneur-général après le décès du marquis de 
Grana. En 1692, Maximilien-Emmanuel, duc et électeur de Bavière, succéda au marquis de 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxlvii 

Castanaga. Il était cousin-germain de Charles II, roi d'Espagne, et petit-fils de l'empereur 
Ferdinand H. Il espérait que son propre fils eut été souverain des Pays-Bas après Charles II, 
mais cet enfant mourut en 1699. 

Nous ne connaissons rien qui démontre que l'électeur de Bavière se soit intéressé à 
l'amélioration de la Bibliothèque de Bourgogne, quoique d'ailleurs il ait fait de grands efforts 
pour rendre aux Pays-Bas leur ancienne splendeur industrielle, entre autres en l'année 1698. 

Sous son gouvernement, les 13, 14 et 15 août 1695, la Bibliothèque de Bourgogne courul 
le plus grand danger d'être incendiée, car le maréchal de Villeroy étant venu camper avec- 
une armée française de 60,000 hommes, dans les plaines qui sont à l'occident de Bruxelles, 
fit bombarder la ville, pendant quarante-huit heures, espérant, par cette cruelle diversion, 
forcer le gouverneur-général, électeur de Bavière, commandant les troupes espagnoles, 
ainsi que le prince d'Orange et les troupes alliées , de lever le siège de Namur. 

Le feu de ses batteries détruisit 4000 maisons, 16 églises, une partie de l'hôtel-de-ville et 
plusieurs autres édifices publics. Mais les bombes ne purent atteindre le palais delà cour, qui 
renfermait la Bibliothèque de Bourgogne, sur la colline, à l'extrémité orientale de la ville, 
quoique la première bombe eût tué un bourgeois au pied de la rue dite Montagne de la Cour. 

Le 16 février 1700, le roi Charles II mourut; le duc d'Anjou, son neveu, petit-fils de 
Louis XIV, lui succéda, sous le nom de Philippe V. Il fut inauguré, à Bruxelles, le 21 
février 1702, selon l'attestation officielle qui est signée, par le bibliothécaire De Brouck- 
hoven, sur le Missel de Mathias Corvin. C'était le 15 février, selon la Joyeuse-Entrée que 
j'ai consultée aux archives de l'état. Ce livre avait servi à la prestation du serment, selon la 
Joyeuse-Entrée. Ce n'était point le 21 mars, selon l'abrégé de Foppens , Mss. 10281. Son 
règne a fini dans la ville de Bruxelles, le 28 mai 1706. 

XXXIII. — Manuscrit de l'Electeur de Cologne. 

Environ deux ans auparavant, le 1 er octobre 1704, le gouverneur-général, électeur de 
Bavière, ayant vu envahir tous ses états d'Allemagne, par les événements de la guerre de la 
succession d'Espagne, revint aux Pays-Bas; Joseph Clément, électeur élu de Cologne, 
son frère, entraîné dans le même désastre, vint à Bruxelles et habita l'hôtel d'Orange, selon 
le témoignage de la Chronique de Bruxelles, autographe de Foppens, Mss. 10281, que 
l'abbé Mann a publiée presque textuellement, en entier, en 1785. 

C'est probablement à cette époque que la Bibliothèque de Bourgogne s'est enrichie du 
Mss. 9397 de la fin du dix-septième siècle, intitulé : « Ritus celebrandi in capellà aulicà 
» electorali Bonnensi, Festum et Octavum SS. Corporis Christi ». Ce précieux manuscrit est 
enrichi de belles lettrines, paysagées et fleuronnées, dans le genre des peintures de Lebrun. 



cxlviii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

En terminant la période espagnole, nous ajoutons les remarques suivantes : ce serait une 
erreur de s'imaginer que le second et le dernier tiers du dix-septième siècle furent des temps 
dune ignorance absolue, pour nos provinces. Si la Bibliothèque de Bourgogne ne jouissait 
plus de son ancienne splendeur, à cause des opérations militaires presque continuelles qui 
détournaient le chef du gouvernement-général de nos provinces , de l'encouragement qu'il 
devait à ce dépôt, pour résister à Louis XIV, quelques hommes doués de la plus profonde 
érudition travaillaient encore aux études littéraires, outre nos nombreux poètes latins et les 
jurisconsultes Loyens et Stokmans, etc., dont nous avons parlé précédemment. Plusieurs 
d'entre eux préparaient des manuscrits qui plus tard ont augmenté les richesses de ce 
dépôt littéraire. 

On comprendra aisément que nous voulons désigner ici quelques philologues , tels que les 
frères Chifflet , qui résolurent plusieurs problèmes importants d'archéologie. Un d'entre eux 
fit la description des monuments exhumés du tombeau du roi Childeric , fils de Mérovée , 
que l'on retrouva à Tournay en 1655 et que l'archiduc Léopold, alors gouverneur-général, 
donna à Louis XIV. On avait alors perdu de vue que les deux premières races des rois 
de la monarchie française appartiennent autant à la Belgique qu'à la France moderne , et 
que par conséquent les monuments trouvés dans le tombeau du père de Clovis, qui naquit 
probablement et qui résida à Tournay, font partie des antiquités belges. 

Parmi les autres illustrations du second tiers du dix-septième siècle , on doit citer avec le 
plus grand éloge, les quatre frères Wiltheim de Luxembourg. (Voir leurs nombreux ma- 
nuscrits autographes qui sont en la Bibliothèque de Bourgogne). Les frères Wiltheim ont fait 
d'immenses recherches sur les antiquités romaines et franques de leur province, de la ville de 
Trêves et de l'abbaye de S^-Maximin, hors des murs de cette ville. Nous avons parlé à la 
page xxi de la bibliothèque du palais impérial des Romains , qui fut établie jadis dans cette 
grande métropole. 

Enfin , pour terminer ce qui concerne le dix-septième siècle , nous ferons observer que 
pendant cette période, Bollandus, jésuite, né à Tirlemont, le 13 août, 1596, exécuta le plan 
colossal, proposé par le P. Rosweide, de publier une collection complète des Ada Sandorum > 
ouvrage historique d'autant plus utile que les particularités des biographies de tous les saints 
personnages qui sont décrites dans ce recueil, présentent le tableau complet de la vie privée 
et de la vie publique des personnes de toutes les professions, de tous les pays et de tous les 
temps, depuis la naissance du Christ, et que ce tableau est appuyé des preuves diplomatiques 
qui en constatent l'exactitude. Cet ouvrage immense , également religieux et profane, a fait 
exhumer des bibliothèques une masse de manuscrits précieux. On sait que les pères 
Henschenius, Papebrochius et d'autres savants érudits, furent les collaborateurs et les suc- 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxlix 

cesseurs de Bollandus. On sait aussi que la publication agiologique du mois de janvier parut 
en 1643, en 2 volumes, in-folio; qu'en 1675 , on était parvenu à la fin du mois d'avril, 
au tome ll me ; en 1688, au tome 18 me ; en 1717, à la fin du mois de juin, au tome26 me ; en 
total 53 volumes, in-folio, parurent avant l'invasion française de 1794. 

Les matériaux authentiques de cette immense collection, qui est aussi d'un avantage 
incalculable , puisqu'ils ont eu pour résultat la création et le perfectionnement de la science 
diplomatique, par les Mabillons et d'autres bénédictins, avaient été recueillis dans les biblio- 
thèques de manuscrits de tous les monastères et de beaucoup d'établissements laïques de 
l'Europe entière. Ils sont, en ce moment, en très-grande partie, et pour les 365 jours des 
douze mois de l'année, en la Bibliothèque de Bourgogne. La liste des numéros de ces 
manuscrits occuperait plusieurs feuilles du présent résumé. On peut les reconnaître à 
l'Inventaire, au Répertoire et à leur provenance. 

Cette collection est donc nationale ; elle a été commencée et elle s'est continuée par les 
soins des écrivains et des typographes de nos provinces, on en a déjà publié, nous le réitérons, 
cinquante-trois volumes in-folio, jusqu'à la date du 15 octobre. Une masse de manuscrits de 
la Bibliothèque de Bourgogne sert, en ce moment, à éditer les 16 derniers jours du même 
mois d'octobre et les mois de novembre et de décembre; une société savante y travaille en ce 
moment, sous la protection la plus spéciale du gouvernement belge. Ce sera encore un des 
services nombreux que la Bibliothèque de Bourgogne aura rendus aux sciences et aux arts 
en général et à la science de l'histoire en particulier. De plus amples détails sur les Bollan- 
distes se trouvent au mémoire de La Serna sur la Bibliothèque de Bourgogne et dans d'autres 
écrits. Le gouvernement impérial de Napoléon avait projeté de s'intéresser vivement à la 
continuation de leurs travaux. 

XXXI V. — Acquisitions diverses. 

Nous plaçons ici quelques manuscrits qui sont entrés pendant le dix-septième siècle, mais 
dont nous ne pouvons déterminer la date. 

En terminant ce qui concerne le gouvernement espagnol , nous ferons observer que nous 
n'avons pas établi de classification spéciale pour le règne de Philippe V, de la maison de 
Bourbon, et que nous avons passé sous silence que ce prince fut représenté pour la 
prestation de serment, à son inauguration, par le marquis de Bedmar, en l'absence de 
l'électeur de Bavière (voir Missel, n° 9008). 

Le présent résumé étant essentiellement bibliographique , nous avons omis ces détails et 

d'autres, tels que le gouvernement intérimaire du marquis d'Aytona, immédiatement après 

la mort de l'infante Isabelle, en attendant l'arrivée du Cardinal-Infant, et après le prince 

Eugène, qui va suivre, celui du comte de Daun. 

kk 



cl NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

TROISIÈME DIVISION. 

MAISON D'AUTRICHE. BRANCHE ALLEMANDE. 



CHAPITRE PREMIER 

Charles VI , 4706-1740. — Le prince Eugène, gouverneur-général. — L'archiduchesse 
Marie-Elisabeth, gouvernante-générale, 1725-1741. 

BIBLIOTHÉCAIRES — DEBROUCKHOVEIV, FRANQUEN. 

Dès les premiers moments de l'occupation des Pays-Bas espagnols , les puissances mari- 
times établirent une conférence de ministres pour le gouvernement-général. Le lord duc 
Marlborough , en fut le premier membre. 

La conférence, par résolution du 21 juillet 1706, établit un Conseil d'Etat, commis au 
gouvernement-général , au nom de l'empereur Charles VI , ( appelé avant cette époque, 
Charles III , roi d'Espagne). 

La présidence en fut confiée à l'archevêque de Malines , Humbert-Guillaume Precipiano ; 
les autres conseillers étaient : Léopold-Charles-Philippe duc d'Aremberg , d'Aerschot et de 
Croy ; Jean-Philippe-Eugène, marquis de Westerloo, comte de Mérode; ils étaient tous les 
deux chevaliers de la Toison-d'Or; il y avait ensuite Conrad-Albert-Charles, comte, depuis 
duc d'Ursel, et douze autres membres des maisons les plus illustres des Pays-Bas. 

Leurs noms se reproduiraient avec justice dans ce résumé, s'il était moins succinct, car ils 
ont consolidé l'établissement du gouvernement autrichien et leurs descendants ont rendu de 
grands services à ce pays. Remarquons entre autres que la bibliothèque des ducs d'Aremberg 
est un des ornements de la ville de Bruxelles, et que les maisons de Mérode, d'Ursel, de Ligne, 
de Beaufort et beaucoup d'autres ont aussi des collections artistiques et littéraires d'une 
grande richesse. 

La dignité de ministre plénipotentiaire de Sa Majesté , établie aux Pays-Bas pour la con- 
clusion du traité de la barrière, qui fut signé le 15 novembre 1715, devint permanente. Le 
comte de Kinigsegg ou de Kônigsegg en fut investi ; un de ses successeurs, quarante ans plus 
tard, réorganisa la Bibliothèque de Bourgogne. 

Ce résumé n'ayant pour objet que cette bibliothèque, nous ne dirons rien du gouvernement 
du prince Eugène de Savoie, qui descendait de Catherine-Michelle , infante d'Espagne, fille 
de Philippe II , sœur germaine et cadette de l'infante Isabelle. Quoique qu'il protégeât les 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cli 

lettres et qu'il eût une grande collection de tableaux , comme l'atteste son palais du Belvé- 
dère à Vienne, en Autriche, on n'a aucune preuve qu'il ait donné des ordres pour l'amélio- 
ration de la Bibliothèque de Bourgogne ; il ne vint point aux Pays-Bas , pendant la durée 
de son gouvernement. Le marquis de Prié, fut ministre et s'occupait principalement de 
finances. 

Sous son ministère eut lieu le procès d'Anneessens , l'un des doyens des corporations de 
Bruxelles, (voirMss. 15490, etc., etc.). En 1725, l'archiduchesse Marie-Elisabeth, sœur de 
l'empereur Charles VI, fut gouvernante-générale. Elevée dans la connaissance parfaite des 
principales langues de l'Europe, ayant étudié le droit, la philosophie et l'histoire, paraissant 
avoir de l'érudition dans ces diverses sciences, on doit présumer qu'elle s'intéressa à l'amé- 
lioration de la Bibliothèque de Bourgogne , puisque nous démontrerons plus loin qu'après 
l'incendie de 1751, on voulut placer ce dépôt précieux dans un endroit convenable. Mais la 
réputation de haute science de l'archiduchesse fut mise à une grande épreuve par un projet 
d'édit pour la censure des livres, qui avait été rédigé sous l'influence du père Amyol, son 
confesseur; cet édit, plus sévère que celui du ducd'Albe, publié en 1571, aurait étouffé les 
dernières étincelles des études littéraires, si le conseil de Brabant, aussi sage et aussi ferme, 
en cette occasion, que l'avait été le parlement de Paris en 1554, lorsque le roi François I er 
avait ordonné la suppression de l'imprimerie, comme on l'a dit précédemment, n'eût adressé 
les plus énergiques remontrances par une consulte inédite du 12 janvier 1756, (il y en a 
plusieurs Mss. en cette bibliothèque) qui est un chef-d'œuvre de jurisprudence. L'archidu- 
chesse, aussi généreuse que le roi de France, ne donna aucune suite à ce projet d'édit. 

Antérieurement , un incendie avait éclaté dans les cuisines du palais pendant la nuit 
du 5 au 4 février 1751 ; on y faisait les préparatifs d'une fête pour le carnaval. Le feu consuma 
tout ce vaste et vieux édifice. 

Les détails de ce désastre sont connus , par la chronique de Foppens , que l'abbé Mann a 
publiée en 1785 et par d'autres écrits. Ils sont étrangers à ce résumé. Il nous suffit de rap- 
porter que le riche mobilier de Bourgogne , évalué à 24 millions de livres tournois , monnaie 
d'alors, (v. page cxxx) et les archives de Bourgogne, qu'il ne faut pas confondre avec la 
Bibliothèque de Bourgogne, comme on le voit par erreur dans plusieurs publications litté- 
raires, furent la proie des flammes. 

Quant à la Bibliothèque de Bourgogne, elle eut plus de bonheur que celle de Copenhague, 
incendiée trois ans auparavant, en 1728 et qui renfermait un nombre immense de manuscrits ; 
la position de la Bibliothèque de Bourgogne, reléguée à l'extrémité du palais, fut la cause de 
sa préservation de ce fléau, du moins en très-grande partie. Après cette catastrophe elle fut 
replacée dans une salle voûtée, qui était le souterrain de la chapelle de la cour. 



clii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Cependant les fonctions de bibliothécaire et garde-joyaulx, avaient été confiées par lettres 
patentes du 28 septembre 1706, à P. Franquen; il était successeur du greffier Brouckhoven. 
L'exercice de ses fonctions ne consistait guères qu'à continuer de recevoir les livres imprimés 
qu'il plaisait, dit-on, aux éditeurs de lui transmettre. 

Après le désordre de l'incendie , Franquen fit un récolenient de la Bibliothèque de Bour- 
gogne, pour constater les livres existants et ceux qui manquaient. 

La liste de ce récolement est divisée en deux parties : la première renferme les livres 
manuscrits et la seconde les imprimés ; ces ouvrages sont au nombre suivant : 

Livres manuscrits retrouvés 528 

Idem manquants 12 

Total. ... 540 

Livres imprimés retrouvés 865 

Idem nouveaux, c'est-à-dire provenant des dépôts envoyés par des 

éditeurs, (n° 866 à 998) 135 

998 / 
. . 1,177 

Idem imprimés manquants 179 ) 

Total des manuscrits et des imprimés. . . . 1,717 

11 faut remarquer que les 540 ouvrages manuscrits sont au nombre 595 volumes et qu'il y 
manque seulement douze manuscrits, tandis qu'on n'a point retrouvé 179 imprimés, ce qui 
nous fait conjecturer, qu'ils avaient servi à la lecture dans différents appartements du palais. 
Ce serait une preuve que la Bibliothèque de Bourgogne, n'était pas, comme on le présumait, 
totalement oubliée. 

Comme les deux parties de ce catalogue sont la base de toutes les opérations qui vont 
suivre, nous les publierons en entier, à la fin de ce résumé, après les inventaires de l'an 1577 
et immédiatement avant notre inventaire général. Nous avons eu soin d'indiquer à côté des 
numéros d'ordre, les numéros actuels des manuscrits que nous avons retrouvés. 

Nous avons placé dans deux autres colonnes , les numéros d'ordre du catalogue de San- 
derus, publié à Lille en 1643 et ceux de l'inventaire de 1467, publié par M. Barrois. Ainsi, 
le lecteur pourra reconnaître ce qui composait l'ancienne bibliothèque ou librairie primitive 
et leurs transitions jusqu'à la bibliothèque actuelle. 

Quant aux imprimés, ils n'ont jamais été de notre compétence, comme nous l'expliquerons 
vers la fin de ce résumé. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cun 

CHAPITRE II. 

Marie-Thérèse, 1740-1780. — L'archiduchesse Marianne et le prince Charles, 

gouverneurs-généraux. 

BIBLIOTHECAIRES — FRANQUEN , LE BARON DE LABOS , WOITEBS. 

Les premières années du règne de Marie-Thérèse ne furent pas favorables pour la 
Bibliothèque de Bourgogne. La guerre commençait de toute part contre la maison 
d'Autriche. 

En 1741, le comte de Harrach, qui avait été grand-maître de S. A. R. Marie-Elisabeth, 
avait été chargé du gouvernement-général, après le décès de cette archiduchesse. En 1743, 
le comte de Konigsegg-Erps, fut ministre plénipotentiaire. 

Cependant, le 30 mai 1742, le baron de Lados, conseiller et greffier du conseil des finances, 
succéda au bibliothécaire Franquen. L'emplacement où se trouvait la Bibliothèque de Bour- 
gogne, sous la chapelle de la cour, avait été trouvé peu convenable , dès le 27 mars pré- 
cédent, ce qui est constaté par un rapport du 31 mai suivant. Le déplacement en avait été 
déjà projeté sous le gouvernement de Marie-Elisabeth. En conséquence, on avait résolu de 
consulter S. Exe. le ministre plénipotentiaire de S. M., chargé de la haute administration 
des Pays-Bas. Nous expliquerons plus amplement, un peu plus loin, à la date de lan 1755, 
les suites de ce projet. Les termes de la consulte portaient ces mots : « qu'en exécution du 
» décret du 27 mars 1742, par laquelle S. Exe. avait été servie de charger le conseil de lui 
» remettre un catalogue des livres de la bibliothèque de la cour, et de l'informer en même 
» temps, s'il n'y aurait pas place, pour la retirer dans la maison où les trois conseils colla- 
» téraux, privé, d'état et des finances tiennent leurs séances , dans la chambre actuellement 
» occupée par le bureau de la régie des droits » . 

Ces deux résolutions restèrent sans exécution pendant tout le temps que le baron de Lados 
fut bibliothécaire. Les événements de la guerre contre la France, occupaient de plus en plus 
toute l'attention du gouvernement des Pays-Bas, menacés d'une invasion. 

Le 7 janvier 1744, le prince Charles- Alexandre de Lorraine, frère unique du duc de 
Lorraine, François I er , depuis empereur, qui avait épousé Marie-Thérèse , épousa l'archi- 
duchesse Marie-Anne, sœur unique de cette princesse. Les hauts mariés, selon l'expression 
de ce temps, furent déclarés gouverneurs-généraux des Pays-Bas. Y étant arrivés, le prince 
Charles représenta sa belle-sœur pour la prestation du serment de l'inauguration sur le 
missel n° 9008. 



cliv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

II partit des Pays-Bas un mois après, pour commander les armées autrichiennes en 
Allemagne. II n'eut pas le bonheur de revoir sa jeune épouse, car elle mourut à Bruxelles, 
le 16 décembre 1744, après avoir donné le jour à une princesse, qui était morte en 
naissant. 

Le comte de Kaunitz-Rittberg , chargé du gouvernement sous le titre de grand-maître de 
LL. AA. R.R., en vertu des actes du 6 et du 24 octobre i744, supporta le fardeau de 
la guerre défensive contre les armées de Louis XV, commandées par le maréchal de Saxe, 
et victorieuses à Fontenoy, le II mai 1745. 

Après la conquête de la Flandre , les troupes françaises entrèrent dans le Brabant, et com- 
mencèrent le siège de Bruxelles , au mois de janvier 1746. Le 20 février, cette grande ville se 
rendit par une capitulation , dont l'article xiv est relatif à la Bibliothèque de Bourgogne , 
le voici : 

Extrait de la capitulation de la ville de Bruxelles, proposée par Son Excellence le comte de 
Kaunitz-Rittberg, ministre plénipotentiaire de S. M. l'Impératrice, reine de Hongrie et 
de Bohême, pour le gouvernement des Pays-Bas. 

Art. XIV. 

Tous les bâtiments et maisons royales, qui sont dans la ville ou dehors, avec leurs appartenances 
et dépendances respectives , seront conservés dans l'état où ils sont présentement, sans pouvoir 
réponse. être détériorés ou dégradés en telle manière que ce soit ; tous les meubles , peintures et statues , 

Accordé , à l'exception qui s'y trouvent , le magazin des antiquités a Bruxelles , qu'on appelle communément 

des effets militaires, LE GARDENEST j les arbres de l'orangerie du palais royal , les archives et la BIBLIOTHÈQUE 

DE S. M. et tous les autres effets, sans exception, qui LUI appartiennent, seront pareillement con- 
servés en leur entier, sans qu'on puisse en rien soustraire ou transporter ailleurs et le tout 
demeurera a la garde des personnes, qui y sont préposées. 



s'il s'en trouvait. 



Au quartier-général de l.aekeu, le 20 février 1740 



Cet article est la preuve que la Bibliothèque de Bourgogne n'était pas aussi oubliée qu'on 
se l'est imaginé. Elle servait très-peu , cela est vrai , mais il faut considérer l'état de torpeur 
intellectuelle des belles-lettres aux Pays-Bas. Quant au magasin des antiquités, selon les termes 
de la capitulation , c'était une des plus riches et des plus nombreuses collections d'armures 
et d'autres objets historiques. C'étaient de précieux et glorieux témoignages de l'état artistique 
et de la gloire nationale, pendant la dynastie des ducs de Bourgogne et la branche flamande 
de la maison d'Autriche-Bourgogne. Quarante ans plus tard , lorsque les lumières intellec- 
tuelles étaient rallumées dans toute la Belgique, les ministres maladroits de l'empereur 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. cly 

Joseph II, firent vendre toutes ces vieilles ferrailles , préférant en faire de l'argent à l'avantage 
des finances. Je me souviens parfaitement d'avoir entendu ces expressions approuvées par- 
certaines gens, qui passaient alors pour philosophes. 

Pendant l'occupation des Pays-Bas par les troupes françaises, un arrêt du conseil d'État du 
roi Louis XV, du 2 mai 1747, nomma maître Courchelet Desnans , qui était conseiller au 
parlement de Besançon, et fort habile dans la connaissance de la science diplomatique, 
commissaire pour l'examen des archives des pays conquis, afin de faire mettre à part, sans 
déplacement, les titres et toutes les autres pièces, concernant les droits des rois de France, sur 
les domaines des pays cédés à Sa Majesté Très-Chrétienne , car les souverains des Pays-Bas 
avaient toujours éludé la restitution de ces titres. Nous ne ferons ici aucune mention de la 
mission précédente, en I74(i, de M. de Godefroi, garde des archives de la Chambre des 
Comptes à Lille, qui a publié, à son retour, un recueil de pièces de la Bibliothèque des 
ducs de Bourgogne, (voir page vu précédente). Sa mission n'a pas été hostile à la Belgique. 
D'ailleurs les Français n'enlevaient pas alors les objets d'art, comme cela se fit sous la répu- 
blique et l'empire. 

En conséquence de tout ceci, le conseiller Desnans visita les dépôts des diverses villes et 
des provinces aux Pays-Bas. Il vint à Bruxelles, et se transporta le 14 septembre 1748, à la 
tour de la Chambre des Comptes , après avoir requis l'assistance du baron de Lados , con- 
seiller, secrétaire du conseil des finances , chargé de la garde de plusieurs dépôts d'archives 
du gouvernement. Comme le baron de Lados était aussi bibliothécaire, le conseiller Desnans 
se fit accompagner par lui en la Bibliothèque de Bourgogne , pendant qu'il y faisait ses 
recherches diplomatiques. Le baron de Lados avait obtempéré à cette invitation ; mais le 
conseiller Desnans, ayant ensuite allégué qu'il devait faire en cette bibliothèque plusieurs 
autres recherches historiques et critiques, pour des curieux de France, lui demanda les clefs 
de ce dépôt littéraire , afin de ne pas le déranger continuellement , pendant une quinzaine 
de jours que cette opération devait durer. 

Le baron de Lados lui confia les clefs, sur la promesse que M. Desnans lui avait faite, de 
« se charger du dépôt, pendant qu'il en aurait ces dites clefs, et ajoutant, en termes formels, 
» que M. de Lados pouvait être dans une entière tranquillité à cet égard ». 

Le conseiller Desnans, garda les clefs beaucoup plus long-temps qu'il le lui avait promis. 

Cependant le comte d'Argenson , secrétaire d'état de la guerre , était venu de Versailles à 
Bruxelles, vers le moment où la paix allait être conclue à Aix-la-Chapelle. Ce ministre visita 
la Bibliothèque royale dite de Bourgogne, que le conseiller Desnans lui fit voir, sans la par- 
ticipation du baron de Lados, après avoir informé celui-ci qu'il ne savait pas précisément 
l'instant où le ministre y viendrait; il prétextait qu'il ne convenait pas de faire attendre S. Exe. 



clvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

à cause de son rang élevé; il ajoutait qu'il ne voulait pas, d'ailleurs, assujétir M. de Lados à 
une longue attente. 

On doit remarquer que le comte d'Argenson jouissait d'une grande réputation de con- 
naissances littéraires et de libéralisme , résultant de la faveur qu'il accordait à l'esprit philo- 
sophique. Il était, selon les expressions de Lacretelle, devenu nécessaire à Louis XV, par ses 
talents, et il avait su se rendre indépendant de l'ascendant politique et littéraire de la marquise 
de Pompadour. Ainsi , il n'y avait rien d'étonnant que le comte d'Argenson eût manifesté 
l'intention de visiter la plus célèbre des anciennes bibliothèques de l'Europe, mais cela ne 
prouve en aucune manière que ce ministre ait eu connaissance de la soustraction illicite 
d'un grand nombre de manuscrits, dont nous allons parler. 

Après le départ du comte d'Argenson, le conseiller Desnans gardait encore les clefs, 
sous divers prétextes, M. de Lados avait fait un très-long rapport, le 12 octobre suivant, 
sur toutes les circonstances que nous venons de relater, à M. De Kerle, greffier du conseil 
des finances , qui était à Aix-la-Chapelle , en le priant d'en rendre compte audit conseil des 
finances. INous avons extrait tout ce récit, de pièces qui sont aux archives du royaume. 

Enfin, le conseiller Desnans, avait clos ses opérations le 29 octobre 1748; il partit de 
Bruxelles , deux mois après la paix, au commencement de l'année 1749, sans avoir restitué 
les clefs. 

Le 1 er février suivant, quelques jours après son départ, le baron de Lados fit ouvrir , par 
un serrurier, en présence de témoins, la porte de la salle de la Bibliothèque, placée sous la 
chapelle de la cour, comme en l'a dit précédemment. 

Un procès-verbal constate qu'après l'ouverture de la porte , les témoins et le bibliothécaire 
s'aperçurent qu'il y avait des lacunes sur les rayons, mais que les livres y étaient rangés, 
quoiqu'un peu séparés les uns des autres, pour occuper plus de place. 

Les habitants du voisinage ayant été appelés en témoignage, déclarèrent le même jour, 
jer février 1749, « d'avoir vu plusieurs fois des messieurs français et d'autres, qu'ils supposent 
» être leurs domestiques , qui en ont emporté des livres qu'ils tâchaient de cacher sous leurs 
» manteaux, et d'avoir vu aussi qu'on en avait mis dans un carosse, qui les attendait, avec 
» lequel ils étaient venus, sans qu'ils se soient jamais aperçus qu'on en soit venu rapporter » . 

En conséquence de ce qui vient d'être exposé , le baron de Lados fit un récolement de la 
bibliothèque ; il en résulta que le conseiller Desnans devait avoir enlevé soixante et dix-neuf 
volumes manuscrits. Il écrivit deux lettres à M. Desnans, qui était à Paris, en lui envoyant 
la liste de ces 79 ouvrages manquants, la première lettre le 5 février, la seconde le 14, 
ayant eu soin de faire opérer le chargement de cette dernière, au bureau de la poste aux 
lettres à Bruxelles , car M. Desnans n'avait pas répondu à la première. Il reçut une réponse 



DE LA BIBLIOTHÈQUE KOYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. clvii 

anti-datéc du iO février, car elle arriva tardivement. Nous ne pouvons nous dispenser de 
transcrire en entier cette singulière épitre, qui est une véritable mystification : 

paris, le 10 février 1749. 

Monsieur, 

Ce n'est en vérité pas ma faute , si les clefs de la bibliothèque ne vous ont pas été rendues dans le temps. J'en avais 
chargé M. d'Armenliers , [trésorier des troupes françaises a Bruxelles), et j'ignore pourquoi il n'a pas exécuté cette 
commission. Je conviens d'en avoir emporté quelques livres chez moi pour y (ravailler, mais ils ont été exactement remis en 
place et je ne sais ce que c'est que la liste ou inventaire dont vous me parlez. Au reste, Monsieur, comme ma commission est 
entièrement finie , la relation à cet égard deviendra totalement inutile. 

J'ai l'honneur d'être très-parfaitement, Monsieur, 

Votre très-humble et bien obéissant serviteur, 
[Signé) DESNAXS. 

Une autre lettre, aussi anti-datée, du 7 février, de M. d'Armentiers, alors à Lille, annonçait 
que la clef venait d'être renvoyée par le cocher de la diligence de Lille à Bruxelles. 

Le baron de Lados fit un rapport sur toute cette affaire au conseil des finances, le 
5 mars 1749, nous en avons extrait le récit qui précède. Ce rapport, rédigé avec toutes les 
précautions administratives , est trop prolixe pour paraître dans un résumé. 

Une liste, jointe à ce même rapport, faisait connaître les titres de ces 79 manuscrits. Nous 
les avons indiqués à une colonne séparée sur le catalogue de Franquen, rédigé en 1731, qui 
avait servi à constater cette triste découverte. Comme nous avons placé sur ce catalogue, les 
numéros actuels des manuscrits de la Bibliothèque de Bourgogne, on pourra facilement 
reconnaître par leur description au Répertoire, que M. Desnans s'était emparé de ceux qui 
sont au nombre des plus précieux de cette riche collection, soit par la beauté des miniatures, 
soit par leur intérêt historique et littéraire. 

Nous ignorons si le comte d'Argenson, dont nous avons fait connaître le libéralisme, si 
le maréchal de Saxe , général en chef des armées françaises aux Pays-Bas et si le comte de 
Lowendahl, gouverneur français de Bruxelles, avaient été informés de cette spoliation, 
c'est-à-dire si elle fut faite par ordre de l'autorité supérieure française ; ou bien , ce qui est 
plus vraisemblable, si le conseiller Desnans, abusant autant de la confiance du bibliothécaire, 
que du droit d'occupation militaire, enleva tous ces livres de son autorité privée, pour les 
envoyer, il est vrai , à la bibliothèque du roi à Paris , mais s'imaginant que le bibliothécaire 
de Bruxelles ne s'en serait pas aperçu. 

Ce ne serait pas la première fois que le zèle irréfléchi d'un employé peu délicat, eût com- 

mm 



CLvin NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

promis la réputation et l'honneur de son gouvernement , car c'était une infraction manifeste 
au droit des gens, une véritable violation de la capitulation qui avait ouvert les portes de 
Bruxelles, en 1746 et qui garantissait les propriétés domaniales de l'état. 

Nous ignorons également si le gouvernement autrichien , rentré en possession des Pays- 
Bas , mais ayant sans doute des affaires plus urgentes , a réclamé ces manuscrits dès 
Tannée 1749; nous reviendrons plus loin sur l'issue de cette affaire. 

Quoiqu'il en soit, ce serait à tort que l'on voudrait persister à prétendre qu'en celte occasion 
l'enlèvement des 79 manuscrits, eût été fait par infraction officielle à ladite capitulation de 
Bruxelles. Il n'y eut point de manifestation officielle soit publique, soit secrète. Ce fut donc 
un véritable vol , d'autant plus que M. Desnans nie le fait dans sa lettre ironique anti-datée 
du 10 février 1749. Dès lors il nous semble que c'est à tort qu'on a voulu, dans différents 
ouvrages, en inculper la bonne foi du gouvernement français. 



CHAPITRE III. 

Ministère de Cobentzl. 

Le prince Charles de Lorraine, étant de retour en son gouvernement-général des Pays-Bas, 
selon l'avis qu'il en donna le 24 avril 1749, le marquis de Botta Adorno, né Génois, fut 
ministre plénipotentiaire. Une branche de la famille de ce ministre avait autrefois habité la 
ville de Bruges; elle y a fondé l'établissement appelé Jérusalem. Après son retour à Vienne, 
le marquis de Botta alla remplir les fonctions de vicaire de l'empereur, en Lombardie. 

Cependant, sur la proposition du prince Charles, l'impératrice Marie-Thérèse avait déclaré 
par lettres patentes du 15 septembre 1753, le comte de Cobentzl ministre plénipotentiaire 
aux Pays-Bas. Il était grand-échanson héréditaire de Carniole, amateur éclairé de biblio- 
graphie, bon administrateur et fort zélé pour la propagation du progrès industriel qui se 
développait dans toute l'Europe depuis la paix d'Aix-la-Chapelle. 

Le choix du ministre comte de Cobentzl, est une des preuves du tact de Marie-Thérèse et 
du prince Charles, pour discerner la capacité des personnes qui devaient avoir leur confiance. 

Remarquons à l'occasion de ce choix judicieux , qu'avant le marquis de Botta et avant le 
comte de Cobentzl , les opérations du ministère et de la retraite des troupes , pendant la 
guerre, avaient été confiées au comte de Batthyani , feld-maréchal , Ban de Croatie, qui 
depuis fut gouverneur de l'archiduc, appelé ensuite Joseph II. Ainsi, cet empereur fut instruit 
par les leçons verbales d'un ministre qui connaissait très-exactement les Pays-Bas, et par 
les écrits du président de Nény; celui-ci publia pour ce prince, qui devait être son souverain, 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. eux 

les Mémoires historiques et politiques sur les Pays-Bas autrichiens. Remarquons encore pour 
mieux faire connaître le comte de Batthyani , l'un des plus bienfaisants utopistes de Hongrie, 
et pour mieux démontrer sa ressemblance avec Cobentzl, dont nous allons parler plus 
amplement, qu'il disait souvent que si les Français avaient possédé la Hongrie, ils l'auraient 
exploitée comme S^-Dominguc, qui était alors la plus florissante colonie des deux hémis- 
phères. 

Il nous semble que selon toute probabilité, un ministre, homme de lettres, était alors néces- 
saire, surtout en ce qui concerne les bibliothèques, depuis les recherches faites dans tous les 
dépôts diplomatiques et littéraires des Pays-Bas autrichiens par les Godefroi et les Desnans. 
Peut-être même aussi la visite du comte d'Argenson , pendant l'occupation française , avait 
eu du retentissement jusques à la cour de Vienne. Rien n'était plus naturel , après la paix, 
que de chercher à élever les Pays-Bas au niveau intellectuel des autres contrées des deux 
mondes, car outre ce qui se passait en Europe depuis S l .-Pétersbourg jusqu'à Madrid, 
Franklin et d'autres savants d'Amérique, dès l'année 1744, avaient fait établir une biblio- 
thèque publique à Philadelphie. 

Cobentzl était donc le ministre qui pouvait le mieux remplir les intentions de sa souve- 
raine. Il avait vu, comme l'atteste La Serna, d'après Gérard qui doit être considéré comme 
le principal témoin contemporain , plusieurs manuscrits de la Bibliothèque de Bourgogne, 
dans diverses bibliothèques d'Allemagne ; nous avons expliqué antérieurement les causes de 
leur éparpillement. 

Dès le 50 mars 1754, une commission de retenue, par provision du conseil des finances, 
par suite au décret du 20 du même mois, émané de l'autorité suprême du prince Charles , 
donna pour adjoint au bibliothécaire, baron de Lados, qui cumulait d'autres fonctions impor- 
tantes au conseil des finances, Pierre Wouters, prêtre, chanoine de St.-Gomar, à Lierre, qui 
avait la réputation d'être bibliophile, depuis qu'il avait fait le catalogue des livres de 
M. Cordeys , président de la Chambre des Comptes. Il lui fut prescrit d'établir un catalogue, 
car il n'était pas possible que le baron de Lados, dont ledit Wouters devenait l'adjoint par 
celte commission, s'en occupât sans se détourner de ses autres fonctions. Ce catalogue 
devait être plus détaillé que les listes et les inventaires des temps antérieurs et transcrit en 
triple minute , l'une pour le prince Charles , la deuxième pour le conseil des finances , car la 
bibliothèque était du ressort de ce conseil, et la troisième pour la Chambre des Comptes, qui 
apurait les opérations des finances. Sa commission définitive fut délivrée le 17 mai suivant. 

Mais une opération plus urgente fut jugée nécessaire, afin de rendre les autres mesures 
d'une exécution plus facile. Le ministre, après avoir visité lui-même les localités, fit transférer 
la Bibliothèque de Bourgogne hors des souterrains de la chapelle de la cour brûlée et non 



clx NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

de l'ancienne cour actuelle, c'était l'ancien projet de 1756 , dont nous avons fait mention 
précédemment. Ce projet avait donné lieu à plusieurs rapports faits depuis le gouver- 
nement de l'archiduchesse Marie-Elisabeth, mais qui n'avaient pas eu de suite. 

Cobcnlzl choisit lui-même la grande salle d'un bâtiment qui avait été construit, comme l'at- 
teste la Chronique de Foppens, Mss. 10285, en mémoire d'une solennité qui avait eu lieu à 
Bruxelles, en 1615. « L'infante Isabelle, y est-il dit, ayant fait l'honneur à ceux du Grand 
» Serment, de tirer avec eux à l'arbalette, l'oiseau qui était dressé sur la tour de l'église du 
» Sablon, eut l'adresse de l'abattre. Cette bonne princesse fut reconduite à la cour, comme 
» Reine du Grand Serment, aux acclamations de toute la ville. On fit des feux de joie et des 
» festins partout, et S. A. donna de nouvelles robes noires à tous ceux du Grand Serment». 

Cet événement est une des preuves nombreuses de la populatité de l'infante Isabelle. Un 
tableau contemporain, peint par Snellaert, en conserve le souvenir. On peut le voir au 
Musée de Bruxelles, n° 433 du catalogue de ce Musée; je l'ai vu avant l'année 1794, en 
l'église du Sablon d'où il fut transféré à Paris, et en 1815 au Musée actuel. 

Le comte de Cobentzl, après que le baron de Lados eût donné sa démission des fonctions 
de bibliothécaire, auxquelles il n'avait pas le temps de vaquer, fit délivrer des lettres patentes 
au chanoine Wouters. Il nous semble que c'est un devoir pour nous, de les reproduire en 
entier, non-seulement parce que c'est un des actes organiques de la Bibliothèque de Bour- 
gogne , mais surtout parce que nous sommes informés que l'on a publié par erreur, au lieu 
de ces lettres patentes, un projet incorrect de rédaction, qui inculpait les prédécesseurs de 
Wouters , avec autant d'injustice que de dureté. 

Voici les patentes de Wouters; nous les avons copiées et collationnées sur le registre officiel 
n° 256, folio 114, intitulé : « octrois, patentes de l'année 1755 du conseil des finances», qui 
est aux archives du Royaume à Bruxelles. 

Lettres-patentes de trésorier et garde de la bibliothèque royale de Sa Majesté aux Pays-Bas, 
pour le prêtre-chanoine de St.-Gomar, à Lierre, Pierre Wouters. 

Bruxelles, le 15 août 1755. 

MARIE-THÉRÈSE, PAR LA GRACE DE DIEU, IMPÉRATRICE DES ROMAINS, ETC., ETC. 

Quoique notre bibliothèque royale des Pays-Bas ait souffert des pertes considérables, tant par le trouble de guerre, que par 
l'incendie du palais de Bruxelles, cependant, comme les livres qui ont échappé à ces accidents, parmi lesquels, il y a des 
manuscrits précieux, nous ont paru mériter des attentions particulières , nous les avons fait rassembler en bon ordre, dans un 
bâtiment royal, approprié pour cet effet en notre ville de Bruxelles. Nous avons jugé de plus, qu'il convenait d'en commettre le 
soin à une personne qui, n'étant point distraite par d'autres occupations, pût s'appliquer entièrement à rétablir notre dite 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. clxi 

Bibliothèque, dans un état convenable, à en former un catalogue raisonné, et à y faire entrer les exemplaires des livres, qui, 
suivant nos ordonnances et octrois, ainsi que les ordonnances et octrois des princes, nos prédécesseurs, doivent, ou ont dû y 
être placés ; a ces causes , pour le bon rapport qui nous a été fait de la personne de Pierre Wouters , chanoine de l'église 
collégiale de S l .-Gomar, à Lierre; nous confiant à plein, en ses sens, léauté, littérature et bonne diligence, l'avons, par avis de 
nos Irès-chers et léaux, les surintendant, directeur et trésorier généraux, conseillers et commis de nos domaines et finances, et 
Ma délibération de notre très-cher et très-aimé beau-frère et cousin, Charles-Alexandre, duc de Lorraine et de Bar, et notre 
lieutenant-gouverneur et capitaine-général de nos Pays-Bas, etc., commis, ordonné et établi, commettons, ordonnons et 
établissons, à l'état et office de trésorier-bibliothécaire et garde de notre dite bibliothèque royale, aux Pays-Bas, lui donnant plein 
pouvoir, authorité, mandement spécial de tenir, exercer et desservir dorénavant ledit état ; de recevoir, sous sa quittance, tous les 
livres que les imprimeurs ont été et seront tenus d'y remettre, conformément à nos édits, ordonnances et octrois, et d'y con- 
traindre les défaillans par les voies ordinaires et usitées, de prendre bon soing, regard au recouvrement, garde et conser- 
vation desdits livres, d'en former plusieurs inventaires, dont l'un expliquera ce que les manuscrits et autres livres rares 
contiennent de plus curieux, et de faire toutes et singulières les choses que bon et féal trésorier et garde de notre dite bibliothèque 
peut et doit faire, et qu'au dit état compétent, et appartiennent le tout aux droits, honneurs, prérogatives, et exemptions dont 
ont joui ou dû jouir, en cette qualité, ses prédécesseurs, les trésoriers, bibliothéquaires et gardes de notre bibliothèque, et tant 
qu'il nous plaira sur quoi et de se bien et duement acquitter des fonctions dudit état, ledit Pierre Wouters, sera tenu de faire ls 
serment du pertinent es mains du marquis de Herzelles, etc., que commettons à ce, et en outre, de présenter les présentes, tant à 
ceux du conseil des finances, que de notre chambre des comptes, pour y être respectivement vérifiées , intérimées et enregistrées 
selon leur forme et teneur, si donnons en mandement à tous nos justiciers, officiers et sujets, qui ce regardera, que dudit état de 
trésorier et garde de notre dite bibliothèque, ensemble des droits, honneurs, prérogatives et exemptions, y appartenant, ils 
fassent, souffrent et laissent ledit Pierre Wouters pleinement jouir et user, cessant tous contredits et empêchement au contraire, 
car ainsi nous plaît-il. En témoin de ce, nous avons fait mettre notre grand scel à ces présentes; donné en notre ville de 
Bruxelles, le 13 aoûsll755, paraphé Steenh. Sur le plis par l'impératrice-reine, son altesse royale, lieutenant-gouverneur et 
capitaine-général des Pays-Bas, messire Neny. Bellanger, de Keerle ; signé le baron de Lados. Au dos était la vérification ordinaire 
du conseil des finances. 

Ces lettres-patentes sont entièrement rédigées selon la vieille formule suivie pour ces 
anciennes lettres-patentes délivrées à Viglius, que nous avons publiées à la page cxxv pré- 
cédente. Le ministre Cobentzl, avant de les faire expédier, avait éprouvé une forte résistance 
de la part de plusieurs fonctionnaires , parce que depuis long-temps, le plus ancien des deux 
greffiers du conseil des finances, (c'était alors le baron de Lados), était en possession de 
cumuler les fonctions de bibliothécaire; le moins ancien exerçait les fonctions de trésorier 
de la chapelle de la cour. Un mémoire autographe du baron de Lados et une lettre auto- 
graphe du comte de Cobentzl , qui sont parmi les inventaires et titres de la Bibliothèque de 
Bourgogne, expliquent celte affaire. Pour lever toute entrave, le ministre voulut qu'on ne 
fit usage ni plus, ni moins que de la vieille formule. Nous y reviendrons plus loin. 

Le bibliothécaire Wouters était chargé de quatre opérations principales pour réorganiser 

la Bibliothèque de Bourgogne : 

nn 



cLxu NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

1° Recouvrer les deux exemplaires que les éditeurs étaient dans l'obligation de donner. 

2° Acquérir des livres nouveaux, soit dans les ventes publiques, soit chez les libraires. 

3° Rédiger un catalogue des manuscrits et un autre pour les imprimés. 

4° Préparer les moyens d'ouvrir la bibliothèque au public. 

Quant à la première opération, ce serait une erreur de s'imaginer, comme je sais qu'on l'a 
prétendu, que les mesures prescrites par les actes de 1594, 1595 et 1684, qui sont transcrites 
ci-dessus, étaient tombées en désuétude. 

Tout au contraire, car ledit de 1696 dont nous avons parlé précédemment, en avait 
renouvelé la teneur, et l'on voit au catalogue de Franquen , rédigé après l'incendie de la 
cour en 1731, que plusieurs ouvrages nouveaux, c'est-à-dire, déposés par les éditeurs, man- 
quaient parmi ceux qui sont spécifiés à ce catalogue que nous publierons plus loin , à la fin 
de ce résumé, et après celui de l'an 1577, comme on l'a dit plusieurs fois. 

C'est une chose superflue de faire observer que sous la domination de la branche allemande 
de la maison d'Autriche, on continua de faire fournir deux exemplaires pour la Bibliothèque 
de Bourgogne, quoiqu'on eût cessé d'en envoyer le second à la bibliothèque de l'Escurial, 
devenue étrangère à nos provinces. Pour mieux démontrer que ces mesures n'étaient pas 
tombées en désuétude, nous devons ajouter que le 12 décembre 1736, le substitut biblio- 
thécaire Jean Léonard, ayant donné volontairement sa démission, en faveur de son fils qui 
était libraire, fut remplacé selon sa demande, à condition que son fils «veillera en cette 
» cour que les exemplaires de chacun lieu que les imprimeurs de toute la domination 
» de S. M. en ce Pays-Bas ont imprimés ou réimprimés, depuis la soumission des provinces, 
» impriment ou réimpriment, deux exemplaires bien conditionnés seront livrés en ladite 
» bibliothèque royale, conformément au décret de l'archiduc Ernest, du 29 avril 1594, 
» confirmé par lettres de feu le marquis de Grana , écrite au chancelier et au conseil de 
» Brabant, en date du 14 mars 1684». 

En conséquence de ce qui se pratiquait, le bibliothécaire Wouters continua de faire, 
mais avec une ostentation qui déplaisait, les plus exactes recherches pour la rentrée des 
livres que les éditeurs n'avaient pas envoyés. 

Arrêtons-nous un moment, parce que nous devons rendre compte que pour terminer ce 
résumé nous avons quatre sources principales des diverses preuves à fournir: 1° le Mémoire 
de La Serna, que nous avons déjà cité un grand nombre de fois, qui se lit avec plaisir à 
cause de la franchise de sa rédaction et qui renferme des détails anecdotiques et curieux, 
moins intéressants actuellement qu'à l'époque où il les écrivait; nous en avons élagué un 
grand nombre de faits que nous y avons trouvés, et qui ne seraient ici que des choses redites; 
2° les documents authentiques qui ont servi à ce mémoire et qui sont classés parmi les 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. clxiii 

inventaires de la Bibliothèque de Bourgogne ; ils ont été restitués par MM. les héritiers 
Van Hulthem, le 16* décembre 1836. C'est aux soins de M. Voisin, bibliothécaire de l'uni- 
versité de Gand , que l'on doit, comme nous l'avons dit, la rentrée de ces pièces importantes. 
Ils sont depuis ce temps à la disposition du public ; plusieurs éditeurs en ont l'ait un grand 
usage avant l'impression du présent résumé , nous nous étions empressés de les leur com- 
muniquer et de les laisser transcrire; 5° d'autres documents, qui sont aux archives de l'état, 
à Bruxelles. Nous y avons copié les principales pièces qui manquaient à la restitution faite 
par les héritiers Van Hulthem , soit en ce qui concerne les périodes espagnole et allemande, 
soit pour des temps plus modernes ; 4° les traditions que nous avons apprises par nous- 
mêmes, de plusieurs personnes dignes de foi, entre autres de M. Gérard, qui a tant con- 
tribué à la réorganisation de cette bibliothèque ; il fut secrétaire perpétuel de l'académie 
jusqu'en 1776; il me parla souvent de la bibliothèque, j'étais admis dans son intimité, 
car ses deux fds, savants bibliophiles, comme leur père, furent mes amis de collège. 
Nous ajoutons d'autres traditions telles que de M. Lortye, qui reçut cette bibliothèque 
en 1830 de M. Van de Weyer. Il avait été lui-même employé au triage des archives de 
Lille, depuis l'an 1769 jusqu'en 1772, comme je le dirai plus loin. MM. Gérard et Lortye 
avaient eu de fréquents rapports administratifs avec le ministre Cobentzl , et à plus forte 
raison avec ses successeurs. 

Ayant donné ces garanties, nous allons continuer notre résumé. Après plus de onze ans 
d'exercice, le bibliothécaire Wouters éprouva un grand désagrément, en voici la cause : Il 
aimait à faire des collections de livres, pour son compte particulier, en même temps qu'il en 
achetait pour le compte de Sa Majesté. Demeurant dans un appartement assez resserré, sous la 
salle de la bibliothèque, il avait mêlé les manuscrits avec les imprimés, sans distinction de 
format; il avait aussi mêlé ses livres particuliers avec ceux de l'état, et comme la bibliothèque 
n'était pas encore ouverte au public, les livres étaient en partie sur les rayons, en partie 
couchés sur le parquet de la salle et couverts de poussière , dans un désordre qui n'est que 
trop fréquent parmi les bibliomanes. 

Un jour, le ministre Cobentzl, vers le milieu d'avril de l'an 1766, conduisit lui-même, en 
la bibliothèque, le professeur Schôpflin qui avait été appelé de Strasbourg, pour former le 
plan d'une académie des sciences à Bruxelles, dont nous parlerons plus loin. Que Ion juge du 
désappointement du ministre, lorsqu'après avoir vanté à ce savant étranger, la prospérité 
renaissante de cet antique dépôt littéraire, objet de toute sa sollicitude, il trouva dans un 
aussi triste état , les nombreux volumes qui la composaient et surtout lorsque Wouters , 
interpellé sur plusieurs bons ouvrages imprimés, avait répondu à Son Excellence que ces 
livres étaient sa propriété particulière et non celle de Sa Majesté. 



clxiv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Pour comble de désagrément , on avait travaillé l'esprit du ministre, contre Wouters, 
depuis long-temps, comme nous le dirons plus loin. 

Le ministre signifia à Wouters de faire transporter hors de la bibliothèque, tout ce qui 
n'était pas la propriété de S. M. , et comme il était déjà très-mortifié, il fut encore plus 
mécontent, lorsqu'il fut informé que le catalogue dont la confection avait été ordonnée, 
en 1754, n'était pas encore commencé, ce qui devait retarder l'ouverture de la bibliothèque 
au public. 

Le conseil des finances, conformément à un décret du 50 avril 1766, émané du prince 
Charles, gouverneur-général, fut invité de lui faire un rapport sur toute cette affaire. 

En conséquence, le conseil des finances informa Wouters, le 5 mai suivant, qu'un officiai 
du greffe appelé Jouen, venait d'être nommé pour procéder, avec lui, à la confection du 
catalogue et pour l'aider à rétablir l'ordre. 

Le 2 juin 1766, Jouen fit un rapport général, tant sur les imprimés que sur les manuscrits. 

Enfin le 26 janvier 1767, un long rapport fut rédigé en forme de consulte. Cette pièce, 

intitulée : A rapporter à Son Altesse Royale (n° 6), signée par le baron de Casier, Ph. de 

Cobentzl, et Delescaille, rapporteur, ayant été soumise au prince Charles, S. A. R. l'apostilla 

de la manière suivante : 

« Il est constant que les opérations du bibliothécaire sont fort embrouillées, mais comme 
» rien ne saurait surpasser sa probité, on peut et doit se reposer sur la séparation qu il a faite, 
» de ce qu'il a déclaré lui appartenir; du reste, tous les arrangements et toutes les dispositions 
» que le conseil propose sont bonnes et je les approuve. Mais, comme après les marques 
» que Wouters a données de son irrésolution et de la confusion qui accompagne tout ce qu'il 
» a fait, il n'est pas apparent qu'il pourra faire, et beaucoup moins achever, dans un terme 
» de six mois ou même dans un terme plus long, un catalogue utile et tel que le bon ordre 
» l'exige, mon intention est que le conseil charge de la besoigne , qui résulte de son sen- 
» timent, l'official Jouen ou quelqu'autre officiai, au choix du conseil, etc., etc. » 

Remarquons ici qu'en cette affaire comme en beaucoup d'autres, on reconnaît la largesse 
du gouvernement paternel de la maison d'Autriche aux Pays-Bas. Doit-on s'étonner que nous 
avons long-temps regretté sa domination, lorsqu'en 1794, le gouvernement ombrageux, 
méticuleux et fiscal de la république française lui eut été substitué. 

Tel est le récit historique des désagréments que Wouters a éprouvés ; on en trouve de 
plus amples détails dans le Mémoire de La Serna, qui, malgré la bonté de son caractère, s'était 
laissé influencer par les ennemis de Wouters, dans les pièces manuscrites qui sont aux 
archives du royaume et dans les papiers que les héritiers Van Hulthem ont restitués. Mais 
ces pièces, pour la plupart d'administration intérieure, sont peu dignes d'être éditées. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. clxv 

Cependant, après leur examen dont nous avons présenté l'analyse dans ce récit, et après 
avoir aussi consulté les deux manuscrits autographes de la gestion de Wouters , n os 10991 
et 10992, et aussi le Mss. 14391, le beau catalogue de Cordeys, président de la chambre des 
comptes, qui est son titre d'admission aux fonctions de bibliothécaire, il nous semble que 
c'est un devoir pour nous, successeur de Wouters, de réhabiliter sa mémoire. 

CHAPITRE IV. 

Remarques sur la gestion de Wouters. 

Nous ne dirons rien de la poussière, ni du désordre, ni du mélange des livres ; ce serait une 
apologie trop mesquine, trop pitoyable, quand on considère que la Bibliothèque de Bourgogne 
n'était pas encore accessible au public. Un aide, tel que le jeune avocat Jouen, et le concierge 
Timmermans , qui tous les deux ont été fort connus par des contemporains existants encore 
aujourd'hui, auraient trié et replacé, en peu de jours, les livres sur les thèques ou rayons 
et fait disparaître la poussière, tandis que Wouters eût fait des travaux plus importants. 

Mais ce qu'il faut considérer, c'est que Wouters a toujours été mal vu par les membres du 
conseil des finances, parce qu'il fut imposé, à ce conseil, par le comte de Cobentzl. Ce ministre, 
au lieu de faire réorganiser peu-à-peu la bibliothèque, en laissant exercer à Wouters les fonc- 
tions de substitut-bibliothécaire sous les ordres du baron de Lados, qui eût été sinécure, selon 
la commission du 50 mars 1754 que nous avons citée, ce qui ne blessait l'amour-propre de 
personne, exigea que le conseil des finances nommât Wouters aux fonctions de bibliothé- 
caire, en remplacement de Lados, et qu'on l'élevàt au rang de Viglius. « Viglius, dit le ministre 
» dans sa lettre autographe du 26 juillet 1755», ayant eu des lettres-patentes , «Wouters 
» peut en avoir aussi ; mais, par la même raison, ajouta-t-il, il n'aura d'autres titres que celui 
» que Viglius avait eu » . C'est par ses ordres impératifs que les lettres-patentes de Wouters 
sont un véritable anachronisme en style du seizième siècle. 

Avouons que vouloir porter tout à coup au rang des David Aubert, des Viglius, des Mirrcus, 
un nouvel employé qui n'était connu par d'autres antécédents que d'avoir été le rédacteur du 
catalogue de Cordeys, quoique bien rédigé, devait déplaire à la susceptibilité de beaucoup de 
personnes. Le mémoire autographe du baron de Lados, pour s'y opposer, que l'on peut con- 
sulter parmi les inventaires et autres papiers renvoyés par les héritiers Van Hulthem, est une 
preuve que le conseil des finances n'a cédé qu'à contre-cœur à la volonté réitérée du ministre. 
Ce ne fut pas la seule fois que Cobentzl, malgré ses grandes qualités, avait agi avec une per- 
sévérance qui approche du despotisme des monarchies absolues , ce qui était peu tolérable 
aux Pays-Bas. 

Mais jugeons Wouters par ses œuvres bibliographiques. Le catalogue de Cordeys. 

oo 



clxvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

ouvrage manuscrit en langue latine , est savamment rédigé. Les classes et leurs divisions 
inférieures sont systématiquement graduées selon les meilleures méthodes du dix-huitième 
siècle. Les ouvrages s'y présentent par un enchaînement continu ; leurs descriptions sont 
claires et précises. Ce qui concerne les Pays-Bas autrichiens, est presque toujours ressortant, 
à cause de l'utilité de la matière. Les manuscrits, séparés des imprimés, sont désignés aux 
dernières pages de l'ouvrage. La copie calligraphique en est même remarquable par sa 
netteté et par l'expérience qu'elle démontre. Enfin, comme ce manuscrit, n° 14591, est à la 
disposition du public, comme d'ailleurs le catalogue, rédigé sur ce manuscrit, pour la vente de 
cette bibliothèque, réduite à 5695 articles, a été imprimé à la mortuaire de Cordeys, en 1760, 
nous osons présumer que quiconque voudra le consulter, confirmera notre opinion favorable. 
Cette vente dont les prix sont cotés au volume 22543 du catalogue Van Hulthem, a produit 
10908° 5 S argent de change (25046 francs). Si la vente avait lieu actuellement, elle s'élèverait 
à une triple valeur, à cause de la hausse du prix actuel des livres d'histoire nationale. 

Quant aux deux manuscrits distincts, n os 10991 et 10992, renfermant le journal, aussi en 
langue latine, de l'administration de Wouters jusqu'en l'année 1763, il est tenu avec exac- 
titude; les écritures des deux pages en regard du debitum et du solutum, (pour le débet et le 
crédit des commerçans), sont libellées selon les conditions qu'on exige encore aujourd'hui par 
nos lois, c'est-à-dire, sans lacune, ni rature ; les numéros et les dates depuis l'an 1755 Maii 16 â , 
se suivent. On y voit les articles qu'il devait réclamer et ceux qu'il avait reçus des éditeurs 
ayant impétré des octrois ; on y trouve des arrêtés-de-comptes qu'il avait réglés avec plusieurs 
de ces éditeurs; Wouters a toujours le soin de les dater et de les signer. Lorsqu'il a reçu de 
l'argent, soit des éditeurs, en remplacement du second exemplaire, soit du gouvernement, 
ces deux articles servent pour des achats de livres; il en rend un compte raisonné ; ce compte 
est additionné hors lignes. Il a tout enregistré, jusqu'aux dons qu'il a faits, tels que les 
opuscules sur l'histoire du jansénisme ; les 278 pièces de théâtre (cumfiguris), depuis l'an 1622; 
la belle Bible de Lyon, imprimée en 1516; l'exemplaire de Plantin, en 1571, du Concile 
de Trente, etc., etc. Jl a fait don aussi du beau manuscrit n° 10884, Antonii Astesani de 
origine et vario regimine civitatis iïlediolani. Ce Mss. est indiqué au livre qu'il a fait imprimer 
sous le titre de : catajogus librorum quibus bibliotheca Belgica-regia adaucta est, 25 ajpnïï's 1755. 
Sans doute, si le prince Charles avait vu le journal de Wouters parmi les pièces à l'appui 
du rapport, en forme de consulte, du 26 janvier 1767, que nous avons cité précédemment, 
il aurait été encore plus indulgent envers ce bibliothécaire, qu'il le fut par son apostille que 
nous avons publiée à la page clxiv. 

Ces Mss. 10991 et 10992 étant à la disposition du public', ainsi que le catalogue n° 14591 
de Cordeys, tant le manuscrit que l'imprimé publié à Bruxelles en 1760, nous pensons 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. clxvii 

en avoir dit suffisamment pour réhabiliter la mémoire d'un de nos prédécesseurs. C'était un 
devoir dont nous nous sommes acquittés. Enfin, nous ajouterons, par corrolaire, queWouters, 
étant mort le 26 juin 1792, sa bibliothèque fut vendue le 17 mai 1794. On y retrouve le 
choix fait par un connaisseur de livres et d'estampes. Comme ce catalogue, en 7086 articles, 
fut rédigé et imprimé parErmens, autre connaisseur du dix-huitième siècle, chacun peut 
juger si nous sommes dans l'erreur. Wouters était un de ces hommes qui ont du savoir, et 
qui n'ont pas l'intrigue du savoir faire. 

Le 29 novembre 4767, Jouen rendit compte au conseil des finances, qu'il avait terminé les 
deux catalogues, l'un des manuscrits, l'autre des imprimés. Il proposait que les manuscrits fus- 
sent conservés en entier, et que pour les imprimés, leur nombre inventorié à 9000 volumes fût 
restreint à 2000, par divers motifs, entre autres à cause des seconds exemplaires provenant des 
éditeurs, à cause aussi des exemplaires répétés plusieurs fois et des ouvrages de la plus entière 
inutilité , tels que des catéchismes , des thèses et autres ; Wouters se servait de tous ces objets 
pour faire des échanges. On rendit compte de tout cela à S. A. R. le 5 décembre 1767. 

Jouen informa plus tard par un autre rapport , dont nous ignorons la date , qu'il avait 
transmis les deux catalogues au ministre comte de Cobentzl, qu'il avait « appris que S. Exe. 
» les avait envoyés à l'examen de différents savants et curieux, sans qu'il sache ce que ces 
» deux catalogues sont devenus depuis la mort de S. Exe, en janvier 1770 ». Nous expli- 
querons plus loin cet événement. Quant aux deux catalogues, nous ne savons pas s'ils ont 
été restitués à la bibliothèque. 

Wouters quitta sa demeure sous la salle de la bibliothèque, le 8 octobre 1768. Jouen qui 
le remplaçait en réalité, ne fut nommé que substitut-bibliothécaire par commission du 
12 novembre suivant, réunissant outre les pouvoirs des commissions délivrées en 1721 à 
De Leener, et en 1736 à Léonard fils, toute la plénitude des fonctions de Wouters, tant 
à l'intérieur qu'à l'extérieur de la bibliothèque, puisqu'il devait recouvrer les livres à 
déposer par les éditeurs. 

Mais on ne commit plus la faute de lui donner des lettres-patentes de bibliothécaire, de 
même qu'on avait changé malencontreusement la commission de Wouters, du 30 mars 1754, 
en titre définitif du 13 août 1755, qui lui avait fait tant d'ennemis dans l'intérieur du conseil 
des finances, en blessant l'amour-propre du baron de Lados. 

Enfin, par une décision définitive du prince Charles, datée du 31 octobre 1770, huit mois 
après la mort de Cobentzl , Wouters, quoique dispensé de s'acquitter de ses fonctions de 
bibliothécaire, « fut continué dansées honneurs et attributs de sa place, avec la faculté de 
» se rendre à la bibliothèque lorsqu'il le trouvera convenir, à condition d'y rendre ses services 
» lorsqu'il en sera requis ». Telle est la fin de cette pitoyable affaire. 



cLxvm NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

CHAPITRE V. 

Restitution des manuscrits qui avaient été enlevés par le commissaire Desnans. 

Continuons le récit des dernières opérations du ministère de Cobentzl. Le substitut-biblio- 
thécaire Jouen , comme l'attestent les rapports susdits , avait correspondance directe avec le 
ministre comte de Cobentzl ; il l'informa de tous les détails de la soustraction des précieux 
manuscrits, que maître Desnans, commissaire français, alors décédé, avait fait transporter 
en France, après la paix d'Aix-la-Chapelle. On avait découvert que ces manuscrits étaient 
placés dans la bibliothèque du roi à Paris et qu'ils avaient été , pour la plupart , reliés en 
maroquin cramoisi aux armoiries du royaume de France, à l'instar des autres volumes de cette 
grande bibliothèque. 

Voici comment le comte Cobentzl saisit l'opportunité de réclamer au cabinet de Versailles, 
cette restitution importante. 

Le duc de Choiseul y était alors ministre. Il voulait exciter la jalousie et l'ambition du 
cabinet autrichien contre les vues politiques de Catherine , impératrice de Russie , qui avait 
l'intention d'expulser les Turcs de l'Europe et de partager la Pologne. Ce ministre pour mieux 
s'assurer de l'exécution de ses projets contre la Russie, avait négocié le mariage du Dauphin, 
duc deBerry, qui depuis fut le roi Louis XVI, avec l'archiduchesse Marie-Antoinette, l'une 
des filles de la nombreuse famille de Marie-Thérèse. 

Jamais le cabinet de Versailles n'avait été plus condescendant envers la maison d'Au- 
triche. Les conventions matrimoniales amenèrent la conclusion du traité du 16 mai 1769, 
ayant pour objet la rectification de la ligne des limites respectivement gênées, depuis un 
siècle , par un grand nombre de parcelles et d'enclaves aux frontières des deux états des 
Pays-Bas et de France. Une clause que le ministre Cobentzl avait eu l'adresse d'y faire 
insérer, porte ce qui suit : 

Art. XXXVIII. 

« Les hautes parties contractantes, désirant exécuter de bonne foi les stipulations des différents traités, qui ont ordonné la 
» restitution respective des papiers et documents, sont convenues des points suivants : 1°, etc., 2°, etc. et 3°. Quant aux 
» titres et documents qui intéressent exclusivement les possessions et les droits d'une des deux puissances, ils resteront au 
» pouvoir de celle qu'ils concernent, si elle les a en sa possession et ils lui seront en tout cas rendus et restitués de bonne foi, 
» s'ils se trouvent en la possession de celle des deux puissances qui n'y a point d'intérêt » . 

C'est en vertu de cette clause , que des commissaires du gouvernement des Pays-Bas tra- 
vaillèrent pendant environ deux ans à la Chambre des Comptes de Lille ; on a compris 
dans leur travail, la restitution des manuscrits, qui avaient été enlevés par maître Desnans. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ci.xix 

Nous les avons designés à une colonne séparée au tableau de l'Inventaire, rédigé par 
Franquen, en 1731. 

Cette restitution eut lieu, scion le procès-verbal et la liste, qui sont aux archives du 
royaume à Bruxelles 5 il est daté de Lille le 22 mai 1770, et signé par le comte de Wynants, 
fils de l'auteur du traité des charges publiques, pour les Pays-Bas et par l'historien Pfeffel, 
jurisconsulte, pour la France; leur placement en la Bibliothèque royale de Bourgogne, 
fut consommé le 7 juin 1770, comme on l'a exposé à la page vu, au commencement de 
ce résumé. 

Cependant la liste du baron de Lados, reprenant 79 articles (v. page clvi), que nous avons 
copiée aux archives de Bruxelles , n'est concordante ni avec tous les titres et le nombre 
des 77 ouvrages restitués, comme on vient de le dire, ni avec le chiffre 188, renseigné 
par le mémoire de La Serna, page 57; nous n'en avons retrouvé que 39 

En y ajoutant les 79 à restituer, selon M. de Lados 79 

Total. ... 118 
Cette discordance provient de plusieurs causes : 1° que la copie de la liste que nous avons 
vue des 79 articles de M. de Lados, nous le présumons, n'est pas complète ; 2° que le savant 
M. Bignon, alors garde des imprimés, à la bibliothèque du roi à Paris, en avait retenu 
plusieurs, tels que les n os 8, 13, etc., indiqués dans le Mémoire de La Serna, page 58 et 
qui ne furent pas compris au procès-verbal de restitution du 22 mai 1778 ; 3° que ledit 
Mémoire de La Serna, en faisant monter la liste des manuscrits enlevés à 188, l'avait portée à 
un chiffre trop élevé au-dessus des 118 articles. Nous présumons, mais par simple conjecture, 
qu'une vérification des renseignements communiqués par feu M. Van Praet, à feu M. de 
La Serna qui les a publiés dans son mémoire , peut seule constater qu'il faut probablement 
inscrire 118 au lieu de 188, par erreur typographique. 

Mais, le comte de Cobentzl n'a pas eu le bonheur de voir l'issue de cette négociation de 
diplomatie, qu'on peut appeler habile, car l'amitié des deux cours ne se serait pas altérée par- 
le refus de restitution de quelques vieux manuscrits. Il mourut d'apoplexie le samedi 27 jan- 
vier 1770 (et non le 20), ce qui est attesté par deux numéros de la gazette des Pays-Bas, 
imprimée à Bruxelles , le 29 janvier et le 1 er février. Il fut inhumé le 29 janvier, dans l'église 
de N.-D. de la Chapelle, comme on peut s'en assurer par les registres de l état-civil. Il était 
né à Laybach, en Carniole, le 21 juillet 1712. 

Le buste sculpté de ce ministre est conservé à l'académie de peinture, sculpture et architec- 
ture, et au musée à Bruxelles ; une copie en a été peinte en 1833, pour la Bibliothèque de 
Bourgogne, dont il est le régénérateur, sous les ordres du prince Charles, comme le présent 
résumé le démontra plus loin. Ce portrait lui donne la physionomie de l'aigle , si l'on peut 

PP 



ci.xx NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

avoir confiance au système de Lavater. En effet, il éleva les provinces Belgiques qui étaient, 
avant son ministère, isolées au milieu du mouvement intellectuel et ascendant de la France, 
de l'Angleterre, delà Hollande et des états du grand Frédéric, au point le plus haut qu'il 
leur était alors possible de monter, sous les rapports agricole, industriel et intellectuel. 
Pendant les dix-sept années de son ministère, une génération de gens de lettres qui n'a cessé 
de se propager et de s'améliorer jusqu'à présent, a été en quelque sorte créée en Belgique. 

Quoique la science de l'histoire des Pays-Bas n'eût pas cessé d'être cultivée dans nos 
provinces depuis les Mirœus, contemporains d'Albert et Isabelle, jusqu'aux Foppens, contem- 
porains des premiers temps du gouvernement du prince Charles, elle prit un nouvel essor ou 
pour mieux dire, elle se réforma en une nouvelle école, sous le ministère de Gobentzl. Cette 
nouvelle école doit principalement ses succès à la Bibliothèque de Bourgogne. 

C'est encore sous ce ministère , que les deux partis connus alors en Europe sous les 
noms de philosophique et de religieux, pénétrèrent aux Pays-Bas et s'y dessinèrent; des 
hommes de talents se distribuèrent dans les deux camps. Cobentzl savait se servir des uns 
et des autres, et les influencer, pour la propagation des lumières. 

Dans l'administration générale qui lui était confiée, Cobentzl savait inventer, distribuer 
et conduire le travail de toutes les branches du service public avec une facilité et une 
lucidité, qui n'ont jamais dévié. 11 saisissait toujours l'opportunité, qui est le meilleur des 
préliminaires; il avait la dextérité de faire désirer les innovations utiles avant de les pro- 
voquer. Il savait éloigner le soupçon qu'on les regardât comme des infractions aux privilèges 
nationaux. 

Quoique peu travailleur par lui-même , il était à la fois l'auteur et le spectateur de ses 
opérations. 11 sut toujours se tenir à la distance qui sépare le trône et les ministres. Jamais 
il n'a cessé, devant le public, d'être le subordonné intègre, dévoué et respectueux du prince 
Charles ; mais vers la fin de ses longues relations intimes qui durèrent environ dix-sept 
années avec ce chef du gouvernement des Pays-Bas , Cobentzl vieillissant, était quelquefois 
tenace et même exigeant. Plus heureux que Colbert, il est mort dans la plénitude des 
égards de la plus entière faveur; il n'éprouva point comme Colbert, et après un ministère 
à-peu-près aussi long , ministère que l'on peut avec équité placer en parallèle , la froideur, 
et qu'il nous soit permis d'ajouter, l'ingratitude du prince , dont la gloire était en grande 
partie le résultat de son travail. 

XXXV. — Acquisitions faites par Wouters. 

Il est temps de continuer à décrire les provenances qui entrèrent en la Bibliothèque de 
Bourgogne. Celles de l'administration de Wouters, consistaient presque toutes en livres 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. clxxi 

imprimés, car les manuscrits mal connus, à cette époque, n'étaient guères recherchés dans 
le commerce, excepté ceux qui étaient relatifs à l'histoire des Pays-Bas et ceux qui , par des 
copies clandestines, obviaient aux entraves souvent méticuleux ou prohibitifs de la censure. 

Nous avons établi à la fin de cette provenance, d'après l'inspection du journal de Woulers. 
qui rend compte exactement des éditions imprimées aux Pays-Bas , une statistique de la 
presse, surtout pour les années 1756 à 1763. On sera étonné, malgré les préjugés vulgai- 
rement répandus en défaveur de la typographie et de l'histoire littéraire, aux Pays-Bas, 
pendant les deux premiers tiers du dix-huitième siècle, d'y trouver un nombre plus consi- 
dérable de bonnes éditions qu'on se l'imagine. 

Il faut ajouter ici le don, fait par Woutcrs , du beau manuscrit : de origine civitatis 
Mediolani, n° 10884; nous en avons parlé ci-dessus. 

XXXVI. — Transcriptions faites par ordre de Cobentzl. 

Le ministère de Cobentzl est l'époque où la Bibliothèque de Bourgogne recommence ses 
acquisitions continuelles de manuscrits; mais ce n'était pas toujours une chose facile d'en 
trouver dans le commerce, parce que les plus précieux étaient dans des bibliothèques 
monastiques, dont il était alors impossible de les faire aliéner. Pour y suppléer, le ministre 
eut recours à l'ancienne méthode des Scriptoria , c'est-à-dire qu'il emprunta plusieurs 
manuscrits historiques pour les faire copier, ou bien il envoya des personnes instruites dans 
la science de l'ancienne orthographe, pour en faine des copies. Mais rien n'est plus difficile , 
soit par la transcription, soit par la typographie, que de reproduire avec précision cette 
ancienne orthographe. 

C'est pour cela, par exemple, que l'on doit estimer la copie des mémoires deDuclerq, 
rédigés en langue française, sur le règne du duc Philippe-le-Bon , qui fut faite par Gérard, 
d'après le manuscrit qui était, dit-on, à l'abbaye de St.-Vaast d'Arras. Il nous semble 
cependant que cet ouvrage n'est pas sur la liste de Sanderus, T. i, p. 61 . Il y en a un fragment 
considérable, relatif aux Vaudois , aux archives du royaume à Bruxelles. 

Nous ne dirons rien du Molinet, ni d'autres qui proviennent de la transcription, parce que 
les copies de ces ouvrages historiques sont assez nombreuses. 

XXXVII. — Acquisitions faites par ordre du ministre Cobentzl. 

Cette provenance peu nombreuse, est extraite de la liste qui indique les transcriptions; ces 
manuscrits sont relatifs à l'histoire des Pays-Bas. 

Nous avons établi séparément ces deux provenances XXXVI e et XXXVII e , d'après une liste 
autographe de Gérard, qui est classée parmi les inventaires de la Bibliothèque de Bourgogne. 



clxxii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

XXXVIII. — Autographes de Jean-François Foppens. 

La liste des ouvrages de cette provenance est fort nombreuse ; leur savant propriétaire, 
né à Bruxelles le 17 novembre 1689, dont nous venons de faire une mention spéciale à la 
page clxx précédente , mourut à Malines le 16 juillet 1761 ; elle se compose de trois espèces 
d'ouvrages : 

1° Les compilations faites par Foppens, telle que sa chronique de Bruxelles, (Mss. 10285). 

2° Les copies d'autres ouvrages , par d'autres auteurs que Foppens. 

3° Les pièces imprimées auxquelles il ajoutait des notes augmentatives ou explicatives, 
qui en font de véritables et précieux chyrotypes. 

Généralement les ouvrages de Foppens , sont des matériaux de la plus grande utilité pour 
l'histoire de nos provinces ; on les reconnaît facilement par l'écriture de ce bibliophile et 
par la vignette au Génie portant ses armoiries avec devise : Quod vis videri esto. Elle est 
ordinairement collée à la première garde du volume. 

XXXIX. — Mortuaire de Cobentzl. 

Quelques mois après le décès du comte de Cobentzl, sa bibliothèque fut vendue. 

Pendant les longues années de son ministère il s'était formé une collection bibliographique, 
richement composée de manuscrits et d'imprimés, surtout en ce qui concerne l'histoire des 
Pays-Bas. La Bibliothèque de Bourgogne en a fait l'acquisition de plusieurs bons ouvrages 
manuscrits ; j'ignore ce que sont devenus les imprimés également acquis. Quant à ces ma- 
nuscrits qui sont à la présente provenance, on les reconnaît aux armoiries de Cobentzl , qui 
sont imprimées en or sur les deux côtés de leur couverture; elles sont reconnaissables de loin 
par les supports qui représentent deux chamois, animaux des montagnes de la Carniole, 
patrie de ce ministre. 

CHAPITRE VI. 

Ministère du prince de Starhemberg . 

Le prince de Starhemberg fut appelé aux fonctions de ministre plénipotentiaire de S. M., 
aux Pays-Bas, après le décès du comte de Cobentzl. Avant d'arriver à son poste, il accom- 
pagna, jusqu'à Versailles, la jeune archiduchesse Marie-Antoinette, qui allait épouser le 
dauphin, que l'on appela Louis XVI, lorsqu'il fut roi. Le prince de Starhemberg partit ensuite 
pour Bruxelles, il y arriva le 12 juin 1770. Quelques jours plus tard le prince Charles fit un 
voyage à Vienne. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. clxxiii 

Les gens de lettres, qui avaient fondé une école historique nationale, si l'on peut se servir 
de cette expression, pendant les dix-sept années du ministère précédent, craignaient que le 
nouveau ministre eût entravé les plans de son prédécesseur, dont une partie n'était encore 
que des projets sans exécution, ou même qu'il les eût abandonnés. Mais on fut bientôt rassuré 
et l'on reconnut que si la personne du ministre était changée, le même prince Charles, gou- 
verneur-général , était toujours à la tête de l'administration de la Belgique. Le choix du 
ministre prince de Starhcmberg qui avait été envoyé par la cour suprême de Vienne, était 
en harmonie avec les intentions et la marche de la cour succursale de Bruxelles. 

Nous sortirions du cadre de ce résumé, qui ne concerne que la bibliographie, si nous nous 
étendions dans de plus amples détails sur les projets scientifiques et artistiques, mûris 
pendant le ministère Cobentzl; mais en nous appuyant d'une citation de La Serna, page 78 
de son Mémoire, nous pouvons désigner, en fait d'architecture, à Bruxelles, le plan de la 
jolie place de S l .-Michel, dont les édifices réguliers et gracieux, sont comparables à des 
miniatures. Nous pouvons y indiquer aussi le quartier de la Place Royale et du Parc, com- 
mencé en 1774, supérieur au quartier analogue que le roi Stanislas avait fait construire à 
Nancy, capitale de la Lorraine, dont le prince Charles était originaire et qu'il n'oublia 
jamais. 

On doit regretter que le quartier du Parc et de la Place Royale n'aient pas été commencés 
après l'année 1783, époque de la démolition des fortifications de Bruxelles ; il en serait 
résulté que l'architecte Guimard, qui éprouva tant de difficultés à cause du resserrement du 
terrain, aurait pu s'étendre hors de l'enceinte du rempart, jusqu'au revers du glacis, ce qui 
aurait donné à ce quartier, véritable ville nouvelle, de l'invention du ministère Cobentzl, le 
grandiose qui manque à sa perfection. Guimard laissa au talent de ses successeurs, l'achève- 
ment des aboutissants à ce quartier, ouvrage qui n'est pas encore bien repris. On verra plus 
loin, en 1795 et 1796, que cette remarque est en corrélation avec l'édifice de la Bibliothèque 
de Bourgogne, démoli pour cause d'utilité publique; elle n'est donc pas étrangère à ce résumé. 

Nous pourrions ajouter au texte de La Serna, l'hôtel des monnaies, rétabli à Bruxelles, 
en 1756, comme l'atteste une médaille frappée à cette occasion; cet établissement fit faire 
alors de grands progrès à l'art numismatique, branche collatérale de l'écriture, comme 
nous l'avons dit à la page xxix. 

Mais une autre branche de l'expression de la pensée avait été aussi l'objet de la sollicitude 
du ministre comte de Cobentzl. Nous voulons dire l'art du dessin, sans lequel les édifices, 
les monnaies et médailles et les bibliothèques ne peuvent exister. Le ministre ayant reconnu 
l'utilité de l'académie de peinture d'Anvers, qui remonte au siècle de Rubens, et de l'acadé- 
mie de peinture de Bruges, organisée en 1717 , placée depuis, sous la protection spéciale 

qq 



ctxxiv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

du prince Charles, ne cessa de veiller à l'amélioration de l'académie de peinture, sculpture et 
architecture de Bruxelles , qu'il visita plusieurs fois. Il savait que si l'on voulait faire fleurir les 
belles-lettres , les beaux-arts et les manufactures , il fallait former une nouvelle génération 
intellectuelle d'élèves, qui procréassent le talent des artistes et des artisans. Comme les actes 
administratifs de 171 1 , 1757, 1742, concernant cette académie ou école artistique de Bruxelles, 
étaient insuffisants, il provoqua de l'autorité quasi-souveraine du prince Charles, plusieurs 
mesures, dont les résultats bienfaisants subsistent encore en grande partie aujourd'hui ; elles 
ont même été améliorées. Déjà en 1772, c'est-à-dire deux ans après la mort de Cobentzl , 
cette académie artistique réunissait un personnel de 210 élèves. 



CHAPITRE VII. 

Etablissement de l'académie des sciences et belles-lettres , en la Bibliothèque de Bourgogne. 

Un projet d'une portée beaucoup plus universelle , projet qui ne pouvait s'exécuter sans 
la réorganisation de la Bibliothèque royale dite de Bourgogne et sans l'y adjoindre, devait 
completter l'œuvre de l'émancipation intellectuelle de la Belgique. C'était l'établissement d'un 
faisceau réunissant le personnel de toutes les sommités littéraires et scientifiques quelconques, 
c'est-à-dire d'une académie des sciences et belles-lettres. La société réunie par ce plan, 
ne pouvant être étrangère à aucune des connaissances humaines , devenait, si l'on peut se 
servir de cette expression , la continuité vivante et perpétuelle de l'immortelle encyclopédie , 
dont l'invention venait d'être perfectionnée par Diderot. On pouvait donc lui attribuer cet 
axiome de Cicéron , que Van Hulthem avait pris pour devise des livres de sa bibliothèque : 
« Omnes artes quœ ad humanitatem pertinent, habent commune quoddam vinculum » . 

Le projet d'une académie, foyer d'exploitation intellectuelle des collections de la Biblio- 
thèque de Bourgogne, paraissait d'autant plus nécessaire, que l'université de Louvain n'avait 
pas fait tout l'usage qu'elle aurait dû faire , du monopole de toutes les branches des hautes 
études, monopole qu'elle avait acquis depuis que Louis XIV, enl667, ayantconquis la Flandre 
française , il en était résulté que l'université de Douay , qui avait été jusqu'alors le contre- 
poids de celle de Louvain , était devenue étrangère à notre pays. Ce monopole n'est que trop 
avéré par le témoignage de l'histoire de la fin du dix-septième siècle et pendant le dix- 
huitième ; on le voit surgir dans toute sa force , au milieu des disputes du jansénisme. 

En vain, pendant la première année du ministère Cobentzl, un décret du prince Charles, 
daté du 18 juillet 1754 , avait prescrit de remettre en vigueur les anciennes mesures de 
l'an 1617, etc., entre autres en ce qui concerne les devoirs des professeurs ; mais sous ce même 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. clxxv 

ministère , dès l'année suivante, un edit de Marie-Thérèse, du 22 décembre 1755 , paralysait 
toutes les mesures bienfaisantes de ce décret, en portant «défense d'aller faire des cours de 
» philosophie publics ou privés, ailleurs qu'en l'université de Louvain ou dans d'autres 
» universités soumises à son obédience, sans une permission spéciale et par écrit du gou- 
» vernement » . 

II fallait donc que le gouvernement se dégageât des entraves dont il s'était lui-même 
enveloppé pour avoir la paix , ayant cédé sans doute à des importunités alors secrètes. 
Il ne pouvait y parvenir que par l'établissement d'une académie, immédiatement sous sa 
protection impériale et royale. Si l'on nous objectait que nous avançons des hypothèses , nous 
donnerons la preuve que ce sont des faits bien avérés, en copiant, parmi plusieurs paragra- 
phes sur l'université de Louvain , le passage suivant de la relation officielle du prince Charles 
du 7 avril 1772, qui a pour objet la demande de l'établissement de cette académie. (Foir 
l'annuaire de l'académie, pour l'année 1840). «L'université, y est-il dit, comblée de bienfaits 
» et enrichie de fondations considérables et nombreuses , ne remplit point ce qu'on devait 
» attendre d'un corps si bien doté. On y néglige tout ce qui excède la routine et les termes 
» ordinaires des écoles » . 

Remarquons bien ici que cette relation est écrite plus de deux ans après le décès de 
Cobentzl; on ne peut la lui attribuer, le talisman de son influence était brisé depuis environ 
vingt-six mois. 

Mais remontons à l'année 1765 , époque où Cobentzl s'était le plus occupé de réorga- 
niser la Bibliothèque de Bourgogne , avant de fonder son académie , comme on l'a vu par les 
désagréments de Wouters. Le projet d'ouvrir cette académie était alors parvenu au point de 
son accomplissement. Cependant il n'y avait encore presque personne aux Pays-Bas qui eût 
assez d'expérience et d'aplomb, pour poser les bases de cet édifice encyclopédique. La 
génération formée par Cobentzl , n'était pas encore dans une jeunesse assez mûrie , tant 
par son âge, que par ses études. Gérard, qui plus tard, ainsi que ceux que nous allons dési- 
gner, eut tant d influence dans l'académie et à la bibliothèque, était né en 1754; il était 
infatigable travailleur et compilateur, mais peu inventeur; INélis, qui avait aussi formé le 
plan d'une académie, dont le ministre a peut-être tiré parti, était né en 1756; il était le 
plus capable de tous. Il suivait de loin, la route tracée par les Bossuet et les Fénélon. 

Des Roches, historien, prédécesseur de Dewez, était né en 1755. Les uns et les autres et 
ceux que nous pourrions ajouter à cette liste, à cause de l'influence qu'ils eurent sous le mi- 
nistère suivant, c'est-à-dire de Starhemberg, ne s'étaient donc formés que très-récemment; 
ils n'avaient guères que trente ans. Quanta Verdussen, échevin à Anvers, né en 1698, zélé 
bibliophile national, il n'avait aucune influence avant celle que lui donna plus tard son rang 



clxxvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

académique. Le seul Nény , qui était né en 1716, pouvait aider le ministre, mais il était 
plus occupé d'histoire administrative que de sciences, quoiqu'il marchât sur les traces de 
Wynants , son beau-père , comme on peut s'en assurer en comparant les manuscrits de 
Wynants et les mémoires de Nény, dont il y a dans le commerce beaucoup de manuscrits. 
On ne s'étonnera donc pas que Cobentzl eût appelé de Strasbourg , le professeur Schôpflin, 
dont nous avons parlé précédemment, pour établir son académie. 

Schôpflin, {Voir notice imprimée sur sa biographie par J. G. S.), né au pays de Bade , 
en 1696, était depuis l'an 1720, professeur d'éloquence, d'antiquités et d'histoire à l'université 
de Strasbourg. Devenu historiographe de France, il fut consulté souvent par les souverains 
de l'Europe. Il n'avait pas accepté les fonctions d'historiographe de Russie, qu'en 1725, 
l'illustre veuve de Pierre-Ie-Grand lui avait offertes, pour l'attacher à l'académie de 
S l -Pétersbourg , fondée quelques mois auparavant. Auteur d'un grand nombre d'ouvrages de 
science tant diplomatique qu'historique, il avait donné les plans, en 1763, pour la fon- 
dation de l'académie de Manheim, que l'électeur palatin Charles - Théodore lui avait 
demandés, dans l'intention de faire fleurir la science de l'histoire au Palatinat. Il arrivait 
donc à Bruxelles avec toute l'expérience qui est le présage du succès. 

II y avait déjà à cette époque des académies dans presque toutes les capitales de l'Europe. 
Parmi ces académies, celles d'une origine alors récente, avaient été érigées, entre autres à 
Lisbonne en 1722, à St.-Pétersbourg en 1724, à Varsovie et à Stockholm ei\ 1753, à Munich 
en 1760, etc., etc. 

La France, dont l'influence a très-souvent réjailli sur les Pays-Bas, avait aussi beaucoup 
d'académies provinciales nouvellement instituées, entre autres à Bordeaux età Angers en 1713, 
à Marseille en 1726, à Toulouse en 1730, à La Rochelle en 1732, à Dijon en 1736 , (con- 
firmée en 1741), à Clermont-Ferrant en 1747, à Amiens et à Nancy (capitale de la Lorraine, 
dont le prince Charles, comme nous l'avons dit, a toujours gardé le souvenir) en 1750, à 
Nismes età Besançon en 1752, à Chàlons-sur-Marne en 1753, etc., etc. 

Dans plusieurs villes de France, telles qu'à Auxerre en 1749, à Metz en 1760, elles avaient 
été établies sous le titre de société littéraire dans l'expectative d'un succès qui aurait permis 
de les élever au rang d'académies. 

C'est d'après ces renseignements et beaucoup d'autres , que Schôpflin , dans deux voyages 
qu'il fit à Bruxelles, le premier à l'époque où il fut conduit à la Bibliothèque de Bourgogne 
par Cobenlzl en personne, le second en 1768 et 1769, donna à ce ministre le plan d'établis- 
sement de la société littéraire de Bruxelles , dont l'installation eut lieu le 5 mai 1769. La Serna 
nous informe (p. 76) que ce professeur n'avait pu assister à l'installation. « Etant tombé 
» malade , il s'était vu forcé de retourner chez lui » . Il était âgé de soixante et treize ans. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. clxxvii 

Mais , si les premières opérations furent commencées par un étranger, l'ouvrage avait été 
repris avec succès, même avant l'ouverture des séances, par des régnicoles. Nélis et Nény 
coopérèrent pour beaucoup à la formation du personnel, j'en ai vu la liste autographe. Ils 
avaient sur cet objet , une expérience que Schôpflin ne pouvait avoir. 

Pour terminer ce qui concerne cet établissement, qui va donner une nouvelle utilité à la 
Bibliothèque royale dite de Bourgogne, nous dirons que les membres de la société littéraire 
envoyèrent une députation le 16 octobre 1770, au nouveau ministre, prince de Starhemberg, 
« pour demander l'appui de S. A. et demander aussi que ce prince s'occupât dès lors des 
» moyens nécessaires pour assurer à la société , la protection immédiate de l'impératrice et 
» du prince Charles » . 

Cette demande fut favorablement accueillie, car dans la séance mémorable du 15 avril 1773, 
en la Bibliothèque de Bourgogne, la société entendit la lecture de l'édit du 16 décembre 1772. 
de l'impératrice-reine Marie-Thérèse, qui avait érigé cette société en académie impériale et 
royale des sciences et belles-lettres. {Voir Journal des Sciences, T. i, p. lxii et suivantes). 



CHAPITRE VIII. 

Ouverture de la Bibliothèque royale dite de Bourgogne au public. 

On doit ajouter à toutes ces remarques qu'il fallait outre l'institution de l'académie de 
Bruxelles, pour achever de contre-balancer l'influence de l'université de Louvain, établir 
auprès de cette académie une bibliothèque accessible au public, et rivale de celle de Louvain. 
« L'université de Louvain, dit M. de Nény dans ses mémoires, T. u, p. 244, a une biblio- 
thèque nombreuse, rassemblée dans un édifice magnifique, construit pour cet effet en 1724. 
Le gouvernement lui avait assuré en 1759, une augmentation considérable de fonds, 
moyennant une taxe modique , imposée sur les grades académiques » . 

Il fallut trouver d'autres ressources pour la bibliothèque de Bruxelles. Afin de les apprécier, 
rétrogradons à l'année 1769 précédente. Un mémoire de Gérard, alors secrétaire de la 
société littéraire faisait connaître ce qui suit : (voir l'annuaire de l'Acad. 1840, p. 85). Voici 
son texte : 

« La société littéraire était à peine érigée que les membres exposèrent à feu S. Exe. le 
» comte de Cobentzl , que sans le secours d'une bibliothèque publique à Bruxelles , il ne 
» serait guères possible d'y exciter le goût des lettres. Ce ministre en étant persuadé , se 
» proposait de donner ses soins pour que la bibliothèque royale pût devenir bientôt 

» publique, et dans le dessein de faire vendre les livres incomplets et inutiles, il avait chargé 

rr 



ctxxYiii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

» le secrétaire de la société {Gérard), d'en faire examiner l'inventaire par les membres de la 
» société, les plus versés dans la connaissance des livres. Cet examen n'ayant été achevé 
» qu'après la mort de ce ministre , il n'en est rien résulté. Mais la société n'en a pas moins 
» insisté dans la séance du 26 avril 1770, sur la nécessité de rendre publique la bibliothèque 
» et de la fournir d'un nombre de bons ouvrages » . 

Nous ajoutons l'observation qu'on doit regretter qu'au journal imprimé des séances de 
l'académie (T. i, p. lxi), il ne soit fait aucune mention de cette importante proposition et de 
ses résultats, qui sont la base de toutes les mesures administratives qui furent prises pour 
ouvrir la Bibliothèque de Bourgogne au public. La rédaction avait sans doute de plus 
amples détails. 

Mais on conjecture aisément quels furent les résultats, par le texte de la page 77 du mé- 
moire de La Serna , qui fait connaître que Nélis, Paquot, Verdussen, et peut-être aussi 
l'abbé Chevalier, qui plus tard fut bibliothécaire, venaient avec un zèle, qui mérite la recon- 
naissance de la postérité, aider Gérard, pour faire le triage des livres à conserver et de ceux 
à rejeter. Ces savants reconnurent que sur 9000 imprimés, il y en avait effectivement, 
comme l'attestait Jouen, 7000 inutiles. Tout porte à croire qu'on se procura de l'argent en 
vendant ces 7000 volumes. 

Quoique ces savants académiciens soient incontestablement nos maîtres en science biblio- 
graphique, il nous semble qu'on peut en appeler de leur jugement sur une partie des 
7000 volumes, autres que des catéchismes, des thèses, des catalogues, etc., qui furent rejetés 
et sans doute vendus. Plusieurs de ces ouvrages, d'une polémique contemporaine et alors de 
peu d'intérêt, comme on le voit au journal de Wouters, n° 10991 et 10992, ont acquis 
aujourd'hui de l'importance par le temps qui s'est écoulé et par une plus grande extension 
du cercle des études. Si une bibliothèque de particulier ne doit être composée que d'ouvrages 
au goût de son propriétaire, il n'en est pas de même d'une bibliothèque publique. Toutes les 
productions typographiques y sont utiles pour satisfaire à l'universalité de toutes les classes 
des lecteurs. Le bibliothécaire, agent nommé pour prêter et surveiller les livres au nom de 
l'Etat, n'a aucun droit d'influence sur les auteurs et les lecteurs, il n'est pas juge de leurs 
travaux. La bibliothèque publique est un dépôt général et passif, dans lequel tout doit 
entrer, et non une collection d'amateurs pour laquelle tout doit être choisi. 

Cependant la relation, très-détaillée, du prince Charles à l'impératrice-reine , datée du 
17 avril 1772, concernant l'académie et dont nous avons fait mention ci-dessus, avait fait 
connaître à S. M. l'achèvement de tous les travaux pour réorganiser la Bibliothèque royale 
dite de Bourgogne. S. M. sur un rapport daté du 23 juin 1772, de son chancelier de cour et 
d'état, prince de Kaunitz, avait approuvé par dépêche du 26 juin suivant, le contenu de cette 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. clxxix 

importante relation. Toutes ces pièces sont à l'inspection des savants et du public en général, 
aux archives du royaume à Bruxelles ; elles sont publiées à l'annuaire de 1840 de l'académie. 

Par une des conséquences de cette dépêche, un bibliothécaire fut choisi, c'était l'abbé 
Chevalier, membre de la société royale de Londres, correspondant de l'académie des sciences 
de Paris ; il exerçait sans doute déjà, comme on vient de le dire, les fonctions de bibliothé- 
caire sans en être titulaire, cardans la séance du 16 octobre 1770, la société littéraire en 
le nommant parmi ses membres, le désigne par ces mots : « présentement bibliothécaire de la 
» bibliothèque royale » . (Journal des Séances, p. lxiii). Dès lors il n'est plus question de 
Jouen , dont le nom se trouve aux almanachs de la cour, parmi les avocats au conseil de 
Brabant. 

Quoiqu'il en soit, voici l'extrait de 'ses lettres-patentes; on ne les rédigea pas selon le for- 
mulaire suranné de celles du malencontreux Wouters , que nous avons données ci-dessus. 

« S. M. l'impératrice-douairière et reine, ayant jugé à propos d'ériger, en cette ville de 
Bruxelles, une bibliothèque publique, dans la vue de faciliter à ses sujets des Pays-Bas, les 
moyens de cultiver les sciences et les belles-lettres, et ayant à cet effet non-seulement fait 
approprier l'édifice connu sous le nom de Bibliothèque Royale, mais encore fait déposer dans 
cette bibliothèque les précieux restes de l'ancienne Bibliothèque de Bourgogne, qui a été 
augmentée depuis, par le don de différents ouvrages , etc., etc., avons nommé, etc., etc., 
Jean-Baptiste Chevalier, chanoine de Leuze, membre de la société littéraire de Bruxelles, de 
la société royale de Londres, Bibliothécaire de la Bibliothèque Royale aux Pays-Bas, et à un 
traitement de 600 livres du prix de 40 deniers de gros, etc., à dater du 26 juin 1772 » . 

Voici ses instructions et le règlement de la dite bibliothèque. On nous excusera si nous 
les publions, parce qu'il nous semble que c'est le meilleur moyen de faire connaître les 
dispositions anciennes, concernant cet établissement littéraire, envers le bibliothécaire et 
envers le public. 

Instructions pour l'abbé Chevalier, chanoine de Leuze, bibliothécaire de la 

Bibliothèque royale dite de Bourgogne. 

Article premier. 

Ce bibliothécaire devra se rendre à la bibliothèque les mardi, jeudi et samedi de chaque semaine, y rester depuis neuf heures 

du matin jusqu'à midi, et en surplus à commencer du 15 mars jusqu'au 15 octobre depuis trois heures jusqu'à six heures de 

l'après-midi. 

Art. 2. 

11 tiendra soigneusement les clefs de la bibliothèque, sans pouvoir les confier à d'autres qu'au concierge, pour le temps que 

celui-ci sera occupé à balayer la salle et il se les fera rendre dès que la salle sera nettoyée, et comme il aura à répondre, en son 

particulier, de tout ce qui se trouve dans la bibliothèque, personne d'autre n'en aura la clef que lui et personne n'y pourra 

entrer sans lui. 



clxxx NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Art. 3. 

Il aura soin de faire rentrer les exemplaires duement reliés que, d'après les octrois qu'obtiennent les imprimeurs , ceux-ci 
sont obligés de déposer à la bibliothèque royale, et il remettra tous les ans au ministre plénipotentiaire, une note des livres 
remis par ces imprimeurs pour qu'on puisse faire vérifier si ceux-ci ne sont point en défaut ou au besoin d'y pourvoir. 

Art. 4. 

Il annotera dans un registre qui lui sera fourni à cet effet, les ouvrages qui ont été ou qui seront donnés dans la suite, à la 
bibliothèque royale, de même que les noms et titres des donateurs. 

Art. 5. 
11 tiendra aussi un registre des livres qui seront achetés pour la bibliothèque royale , en y désignant le prix d'achat. 

Art. 6. 

Pour qu'on puisse tirer parti des occasions où on pourrait faire des emplettes utiles pour la bibliothèque, il examinera les 
différents catalogues des livres qui se vendront tant dans l'intérieur du pays que chez l'étranger, et il formera une note de ceux 
des ouvrages y contenus dont il jugera l'acquisition convenable et utile pour la bibliothèque. Il remettra cette note avec une 
indication des prix apparents au ministre plénipotentiaire, pour en recevoir les ordres. 

Art. 7. 

Il fera en son particulier et de temps en temps une visite, où se trouve des ouvrages de la bibliothèque ; il en rendra compte 
de temps à autre au ministre plénipotentiaire, dont il demandera les ordres dans tous les cas, où cela pourrait être nécessaire ; 
mais, indépendamment de ces visites particulières, il pourra répéter aussi souvent qu'il le trouvera convenable, et fera à l'inter- 
vention du secrétaire de l'académie et une fois par an, notamment à la fin de chaque année, une visite générale de tous 
les livres de la bibliothèque , dont le résultat devra être porté à la connaissance du ministre plénipotentiaire par un rapport 
signé par l'un et l'autre ; au surplus lorsque le bibliothécaire aura des rapports à faire ou des ordres à demander au ministre 
plénipotentiaire, il devra s'en acquitter par écrit, en exposant clairement les objets dont il s'agira ainsi que son sentiment dans 
les cas qui exigent une disposition, laquelle il recevra par apostille sur des mémoires ou notes ou par billet du secrétaire d'état 
et de la guerre. 

Art. 8. 

Il formera deux catalogues de livres de la bibliothèque, l'un rédigé d'après l'ordre des matières, l'autre selon les noms 
des auteurs. 

Art. 9. 

Les livres devront être constamment arrangés sur le pied où ils se trouveront désignés ou annotés dans le catalogue, afin de 
prévenir les confusions et en rendre la recherche facile et prompte. 

Art. 10. 

Comme entre les manuscrits qui se trouvent dans la bibliothèque , il en est qui sont ornés de très-belles miniatures et qui 
d'ailleurs ne peuvent être d'aucune utilité pour ceux qui fréquentent la bibliothèque , il ne fera voir ces manuscrits qu'à des 
personnes de considération ou à des savants étrangers , afin que ces manuscrits , étant trop maniés, ne perdent pas de leur valeur. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. clxxxi 

Art. 41. 
Quant aux manuscrits soil historiques ou autres, dont les gens de lettres pourraient tirer du secours , il ne pourra les com- 
muniquer qu'aux membres de la société littéraire ou ù des personnes d'ailleurs connues pour gens de lettres. 

Art. 12. 

Il remplira par lui-même et tiendra la main à ce qu'on remplisse exactement tous les articles du règlement, qui sera affiché 

à la porte de la salle de la bibliothèque. II regardera ces articles , ainsi que les autres dispositions qui pourraient être faites 

plus tard, soit relativement aux jours et heures de l'ouverture de la bibliothèque ou sur d'autres objets comme insérés dans la 
présente instruction. 

Art. 43. 

11 ne pourra faire aucune dépense pour la bibliothèque sauf celles qui concerne la provision de papier, plumes, encre, etc., 

sans avoir préalablement détaillé l'objet dans une note, qu'il présentera au ministre plénipotentiaire dont il attendra l'agrément 

et ses ordres, auquel il recourra de même, s'il s'agissait de quelque provision considérable en papiers, plumes, etc., dont, dans 

tous les cas, il devra remettre les états de trois en trois mois ou de demi en demi année, afin d'en obtenir le paiement. 

Règlement pour ceux qui fréquentent la Bibliothèque royale dite de Bourgogne. 

Article premier. 
La bibliothèque sera ouverte les mardi, jeudi et samedi de chaque semaine, depuis neuf heures du matin jusqu'à midi et au 
surplus à commencer du 15 mars jusqu'au 15 octobre, depuis 3 jusqu'à 6 heures de l'après-midi. 

Art. 2. 
On ne pourra prendre aucun livre, mais on devra s'adresser pour cela au bibliothécaire qui procurera d'abord celui qu'on 
lui demandera. 

Art. 3. 

Personne ne pourra transporter des livres hors de la bibliothèque et un chacun sera obligé de rendre au bibliothécaire, avant 
que de sortir de la salle, le livre que celui-ci lui aura remis. 

Art. 4. 
On observera dans la bibliothèque bon ordre et silence, afin de ne pas troubler ceux qui y lisent. 

Art. S. 
On ne pourra appuyer l'écritoire ni le papier sur les livres, lorsqu'on voudra en tirer des extraits 

Art. 6. 
Chacun sera obligé de se retirer dès que les heures indiquées ci-dessus auront sonné. 

Art. 7. 
Celui ou ceux qui rempliront les fonctions de concierge ne pourront rien exiger de personne, pas même recevoir la moindre 
chose de ceux qui fréquenteront la bibliothèque. 

Art. 9. 
Le bibliothécaire fera observer exactement les articles du présent règlement, ainsi que les dispositions ultérieures qu'il sera 
jugé à propos de faire sur cet objet ; et au surplus, il devra faire sortir et ne plus admettre à la bibliothèque, ceux qui refusent 
de s'y conformer. 

Ce règlement fut en vigueur jusqu'à la fin du gouvernement autrichien. 

ss 



clxxxh NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Nous devrions ajouter ici un tableau des dépenses annuelles de cet établissement, mais 
comme l'administration financière des Pays-Bas autrichiens était fort différente de celle des 
budjets du royaume actuel de Belgique, ne se composant point, comme aujourd'hui, des deux 
masses de toutes les recettes et de toutes les dépenses, nous ferons remarquer seulement que 
l'on avait alors recours à toutes sortes de ressources, pour former la somme convenable. On 
a vu à la commission de Viglius, page cxxv, que son traitement était payable par l'audiencier 
et « des deniers provenant du renouvellement des lois des villes de Middelbourg et de Zee- 
» rickzee». Le traitement de l'abbé Chevalier, bibliothécaire, était composé de trois parties: 
1° les 600 florins (1088 fr. 40 c.) accordés à titre de pension par l'impératrice, selon 
dépêches et édit du 26 juin 1772, en y absorbant la gratification que l'employé Jouen 
recevait, montant à 100 écus, lesquels à 8 escalins (de 7 sols de Brabant), font 560 florins 
courants (1015 fr. 88 e ) ; 2° son canonicat de Leuze, évalué à 2000 florins ou (3628 fr.); c'est à 
cause du produit de ce canonicat qu'il fut préféré à Des Roches , autre académicien , qui 
n'avait pas un semblable moyen d'existence ; 3° des franchises et privilèges qui exemptaient 
de plusieurs impôts en Brabant et notamment en la ville de Bruxelles. Quant au con- 
cierge Timmermans , occupé seulement trois jours par semaine , il avait 300 florins 
(544 fr. 20 e ). Je l'ai vu lorsqu'il était logé dans la petite maison de Wouters, qui avait été 
rachetée pour une rente de 38 '/» florins, payable par l'académie que le même concierge 
servait; ses gages étant peu de chose, il avait le chauffage. 

Ajoutons ici , à cause de la connexion avec la bibliothèque , la dotation de l'académie, 
évaluée et accordée par les dites dépêches du 26 juin 1772, à 2400 florins , sans les frais de 
jetons de présence, évalués à 420 florins au plus haut, montant au plus avec ces jetons, 
à 3000 florins (5442 francs). De plus amples détails financiers sont superflus, on pourrait les 
retrouver aux archives de l'ancienne Chambre des Comptes. 

Quant aux premières acquisitions de livres modernes, nous verrons à la provenance qui va 
suivre, avec quelle adresse Gérard, Nélis, Verdussen et d'autres académiciens surent engager 
les abbayes et les plus riches propriétaires , de faire le don à la bibliothèque , d'un grand 
nombre de livres de fonds. Ce moyen suppléa facilement à l'insuffisance du produit de la 
vente des livres inutiles. Dans la suite, les dépenses d'acquisitions furent prélevées en partie 
sur le reliquat excédant des dépenses payées pour la dotation annuelle des 3000 florins, 
accordée à l'académie, et en partie de l'argent donné par la munificence du souverain. 

Les préparatifs pour l'ouverture de la bibliothèque étaient fort avancés le 16 août 1772; 
ce jour-là le prince Charles , accompagné du ministre plénipotentiaire et d'une partie de la 
principale noblesse , (nous transcrivons ces détails de la Gazette des Pays-Bas du 20 août 
suivant), se rendit à la Bibliothèque royale dite de Bourgogne. Il fut satisfait des change- 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. clxxxu. 

nients et des embellissements qui avaient été faits à l'édifice et surtout à la salle; il remarqua 
aussi, avec satisfaction, les livres qui avaient été donnés et que nous désignerons à la susdite 
provenance suivante, afin de ne pas interrompre le cours de cette narration. II y ajouta le 
don de beaucoup d'autres livres d'un prix fort élevé, que nous désignerons à cette provenance. 

Depuis ce temps la société littéraire érigée quelques mois plus lard en académie, tenait ses 
séances dans la salle de cette bibliothèque; les deux administrations étaient donc à-peu-près 
identifiées. 

Enfin, après tant de préparatifs, le 6 octobre de la même année 1772, un avis inséré dans 
la Gazette des Pays-Bas, du premier du même mois, fit savoir que la bibliothèque allait 
être ouverte au public ; nous croyons devoir transcrire le texte de cet article , parce que ce 
fut alors un événement fort remarquable. 

Extrait du supplément à la Gazette des Pays-Bas du jeudi 1 er octobre 1772, n° 81 . 

De Bruxelles, le 1 er octobre. Notre auguste souveraine, dans la vue de faciliter de plus en plus à ses sujets des Pays-Bas, les 
moyens de cultiver les sciences et les belles-lettres, a autorisé le gouvernement à rendre publique la Bibliothèque royale dite de 
Bourgogne, en cette ville. 

Cette bibliothèque , qui renferme une quantité de manuscrits , précieux débris de la magnifique bibliothèque des ducs de 
Bourgogne , de même que plusieurs livres rares , sauvés de l'incendie de la Cour en 1 73 1 , et qui vient d'être considérablement 
augmentée, sera ouverte à commencer du 6 de ce mois , les mardi , jeudi et samedi de chaque semaine, depuis 9 heures du 
matin jusqu'à midi, et au surplus, à commencer du 15 mars jusqu'au 15 octobre, depuis 3 jusqu'à 6 heures de l'après-midi. 

Une médaille, dont on voit le dessin et la légende, au premier volume des anciens mé- 
moires de l'académie de Bruxelles et dans les collections numismatiques du règne de Marie- 
Thérèse, fut destinée à perpétuer le double souvenir de l'établissement de l'académie et de 
l'ouverture de la bibliothèque publique. On y remarque d'un côté, le buste du prince Charles 
avec la légende qui le fait connaître. Au revers, il y a ces mots : Munificentid Augustœ Scient, 
et Litt. Academia Regia instituta, Bibliotheca Publ. erecta. Brux. M.DCC.LXXII. 

Une inscription latine, en style momumental, fut placée dans la salle de la bibliothèque, 
pour perpétuer le souvenir de cet événement; nous l'avons transcrite, avec sa rectification, à 
la page ix précédente. Nous prions le lecteur d'y recourir. 

Nous croyons superflu d'entrer dans d'autres détails d'administration intérieure , concer- 
nant la réorganisation de la Bibliothèque royale dite de Bourgogne. Les provenances que 
nous allons expliquer, feront connaître ses nombreuses améliorations. Pour mieux en faire 
estimer la valeur, nous transcrivons seulement un paragraphe du mémoire désigné sous le 
n° 17554 de l'Inventaire, il se trouve dans un manuscrit de Nélis, concernant les propo- 
sitions faites deux années plus tard, pour l'acquisition des meilleurs livres des jésuites, que 
nous désignerons à la provenance y relative. 



clxxxiv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

En voici le texte : « Les livres réservés (des bibliothèques jésuitiques) pour la Bibliothèque 
» Royale, forment malgré toutes les ventes faites et à faire, une collection aussi précieuse 
» qu'étendue, qui, jointe à l'ancienne bibliothèque, doit en faire un ensemble des plus ma- 
» gnifiques. Pour peu qu'on ait soin d'en compléter les suites, on ne craint point d'assurer 
» qu'après la Bibliothèque du Vatican de Rome ; après celle de S. M. à Vienne et celle du roi ' 
» de France, la Bibliothèque de Bruxelles sera facilement la quatrième de l'Europe. L'auteur 
» de ce mémoire en peut parler avec d'autant plus de connaissance de cause, que tous ces 
» livres lui ont passé par les mains ». Nélis, doué d'une haute capacité, avait effectivement 
coopéré à leur triage, comme nous l'avons dit ; c'était lui, selon les témoignages des contem- 
porains, qui donnait alors la principale impulsion à la bibliothèque et à l'académie. 

Avant de terminer l'histoire de la réorganisation de cette bibliothèque , il nous semble que 
nous devons faire ici un éloge particulier de la générosité du prince Charles de Lorraine; 
car on a vu dans ce résumé , qu'avant son gouvernement , la Bibliothèque de Bourgogne 
servait à l'usage exclusif du souverain ou de celui qui le représentait. Le prince Charles se 
désista de ce droit, en nationalisant ce beau domaine royal. Il nous semble qu'aucun écrivain, 
soit contemporain à cette époque, soit plus moderne, n'a fait cette remarque. Que l'on ne 
s'imagine point que cet acte de la munificence royale, cet abandon des droits sur la plus riche 
des anciennes bibliothèques de l'Europe, eût été le résultat d'une indifférence pour l'usage des 
livres, dont le prince Charles aurait eu la vanité de tirer parti, voulant se faire admirer par 
de stériles éloges populaires. Le contraire est démontré, parce qu'il avait sa bibliothèque et ses 
bibliothécaires, (l'abbé Viquesney, etc.) et parla publication du catalogue des livres, estampes 
et planches gravées de cette bibliothèque du palais du prince Charles , rédigé et imprimé 
par Ermens, en 1781. Cette bibliothèque particulière, vendue publiquement, le 20 août 
de la même année, se composait de 3354 articles de livres choisis et précieux qu'il avait 
fait acheter. Le catalogue de ses estampes se composait de 232 articles, également remar- 
quables. Ainsi, en aliénant, au profit du public, l'usage de la Bibliothèque royale dite de 
Bourgogne, le prince Charles avait fait un véritable sacrifice à ses goûts et à ses intérêts. 

Une révélation que je crois inédite, doit être faite à la gloire du prince Charles, pour finir ce 
long chapitre. J'en appelle au témoignage du petit nombre de contemporains qui existent 
encore. Ce prince, comme le bon Henri IV, avait un Sulli. Inexorable envers les intrigants, 
favorable et bienveillant envers les honnêtes gens , Gamond , cet autre Sulli , était surin- 
tendant du château et parc de Marimont et capitaine du château et parc de Tervueren. Il 
conseilla au prince Charles plusieurs grandes choses , entre autres d'encourager la publicité 
de la bibliothèque: il lui disait la vérité avec la sévérité d'un Mentor; on assure que ce 
prince, dans sa vieillesse, craignait sa désapprobation, lorsqu'il ne soutenait pas toute la 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. clxx\% 

dignité de gouverneur-général des Pays-Bas autrichiens. Pour faire mieux connaître Gamond, 
nous dirons qu'il envoyait, au fur et à mesure de leur publication, à Duval, son ami, biblio- 
thécaire et garde des médailles de l'empereur François I er à Vienne, l'Esprit des lois, Emile , 
Héloïse, le Contrat social, des brochures de Diderot et d'autres livres alors prohibés; ce qui 
est attesté parleurs lettres autographes qui sont en cette bibliothèque. Gamond était aussi en 
correspondance avec Voltaire, à qui il a rendu spontanément un service littéraire, en l'aver- 
tissant d'une contrefaçon de son histoire générale, comme on le voit par la réponse auto- 
graphe de Voltaire, laquelle est aussi en cette bibliothèque. Elle est datée des Délices, le 
25 octobre 1755. On y lit entre autres : « Me sera-t-il permis, monsieur, de vous prier 
» d'ajouter une bonté à l'attention que vous avez eue de m'écrire, ce serait de présenter, 
» dans l'occasion, mes respects à S. A. R. M sr . le prince Charles de Lorraine. J'ai eu 
» l'honneur, autrefois, de lui faire ma cour à Lunéville. Leurs Majestés l'empereur, son 
» frère et l'impératrice m'ont daigné honorer quelquefois des marques de leur générosité». 
Ce n'était pas seulement Voltaire, qui sollicitait la bienveillance du clairvoyant Gamond, 
mais aussi plusieurs des plus grands seigneurs de la cour de Bruxelles. On jugera par ce para- 
graphe que l'esprit appréciateur du progrès des lumières du dix-huitième siècle, n'était pas 
étranger à la cour du prince qui était le beau-frère et le meilleur conseiller de Marie-Thérèse. 

CHAPITRE IX. 

Donations et acquisitions. 

XL. — Dons faits par plusieurs abbayes , par des administrations et des particuliers. 

La bibliothèque de Bruxelles , au moment d'être ouverte au public, ne possédait pas les 
grands ouvrages qui avaient été imprimés depuis le milieu du dix-septième siècle, en France 
et en Hollande, ouvrages qui étaient alors d'une utilité indispensable. Pour se les procurer, 
les savants qui travaillaient au triage et qui prévoyaient que le montant de la vente des 
livres de rebut serait loin d'être suffisant , eurent recours à un expédient qui réussit complè- 
tement. 

Voici ce qu'ils firent : ils avaient la certitude que dans les moments de gène pécuniaire, 
les abbayes, propriétaires de riches domaines terriens, venaient au secours du souverain. 
En conséquence, ils firent un appel au patriotisme des abbés, pour la plupart membres des 
Etats provinciaux ; ceux-ci répondirent, avec générosité, en envoyant un choix complet de 
livres de fonds et d'une haute valeur commerciale. Les noms de vingt-sept abbés de Brabant, 
de Flandre, de Hainaut, de Limbonrg, de Luxembourg, de Namur et de Tournay, furent 

on conséquence inscrits sur un magnifique registre ouvert, pour «noter ces donations. 

ti 



cr.xxxvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Plusieurs de ces abbés étant en même temps évoques et membres des états , comme on 
vient de le dire, envoyèrent encore divers articles, en raison de ces deux qualités. 

Le prieuré de Groenendael ; les chartreux anglais de Nieuport, ayant parmi eux pour 
prieur l'abbé Mann , académicien; le chapitre deTournay, ayant Nélis parmi ses membres; 
celui de Soignies; le provincial des récollets, imitèrent cet exemple. 

Les magistrats de Bruxelles et d'Anvers , le corps des brasseurs de Bruxelles, envoyèrent 
aussi plusieurs grands ouvrages. Enfin, pour mieux expliquer ces dons patriotiques, il faut 
dire que les membres de la société littéraire indiquaient les achats, les donateurs faisaient les 
paiements. 

Quelques académiciens, alors désignés sous le nom de sociétaires, donnèrent aussi plusieurs 
ouvrages, ce furent MM. De Grumpipen, président, Gérard et Chevalier, bibliothécaires , 
Needham , Verdussen , il faut y ajouter le marquis de Chasteler, qui fut plus tard reçu à 
l'académie. 

Le ministre, prince de Starhemberg , fit aussi un don considérable; MM. Delmarmol et 
Van Velde de Melroy , demeurant à Bruxelles , les comtes de Celle , de Lichtervelde , les 
vicomtes de Voogt et de Haren , les barons d'Overschye , de Gotlignies et un élève de 
l'abbaye de S l .-Amand, envoyèrent également des ouvrages de fonds; lord Stanhope, 
Anglais, imita leur exemple. 

Le don envoyé par le duc d'Aremberg , consistait en deux globes du célèbre géographe 
Coronelli; ils ont chacun au-delà d'un mètre et demi de diamètre, l'un céleste, l'autre 
terrestre; ils sont encore en ce moment un des plus beaux ornements de la bibliothèque 
publique de la ville de Bruxelles. 

Le prince Charles n'avait pas encore contribué à l'élan général. On avait eu l'adresse de le 
lui laisser ignorer jusqu'au moment où il fut prié de visiter la bibliothèque, quelques 
semaines avant l'ouverture, afin que le don qu'il aurait voulu faire , fût le plus considérable 
de tous. En effet, il donna en deux fois un grand nombre de collections de livres. Le public 
en fut instruit par deux articles sur cette visite , qui sont à la Gazette des Pays-Bas. 

Quant à la liste de toute cette provenance, nous la faisons connaître sommairement 
au tableau qui la renferme ; nous avons fait usage du manuscrit autographe de Gérard et 
du texte de La Serna pour les décrire , car le livre des dons n'est plus en la Bibliothèque 
de Bourgogne. Il en est résulté que plusieurs centaines de volumes tant in-folio qu'in- 
quarto, plusieurs avec des planches, formant la collection de tous les grands ouvrages 
de l'époque, tels que les mémoires de l'académie des inscriptions, etc., etc., entrèrent en 
la bibliothèque et la mirent au niveau des connaissances humaines, tant littéraires que 
scientifiques. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. clxxxvii 

XLI. — Manuscrits Verdassen. 

Cet académicien, échevin d'Anvers, dont nous avons déjà parlé, mourut le 13 octobre 1775;, 
sa bibliothèque renfermait également des manuscrits et des imprimés. Elle présentait en 
fait de manuscrits, une collection considérable d'ouvrages concernant l'histoire des Pays-Bas 
en général et de la ville d'Anvers en particulier. Ses volumes sont reconnaissables par leur 
reliure au dos en parchemin, aux ailes d'une même sorte de papier marbré. La vignette de 
Verdussen est remarquable ; elle représente l'amour filial de la cigogne, qui nourrit son père 
infirme. II y a pour devise : Pietas, homini lutissima virtus. 

La vente de cette bibliothèque était annoncée par un catalogue imprimé ; l'académie, dans 
les séances du 20 et 21 mai 1776, décida, sur la proposition de son président, qu'on deman- 
derait au ministre plénipotentiaire, les moyens de faire l'acquisition d'un grand nombre 
d'ouvrages utiles , aucune occasion n'étant plus favorable pour completter plusieurs lacunes 
dans la bibliothèque publique. Le rapport de Nélis, de Gérard et de Des Roches, est enre- 
gistré n° 17847 de l'Inventaire de la bibliothèque. 

Cette demande fut faite avec un discernement louable. L'académie, pénétrée du principe 
que l'utilité doit l'emporter sur le luxe, se restreignit dans une liste d'ouvrages qui ne pou- 
vaient être refusés, devant servir incontestablement à l'amélioration des travaux de la science 
de l'histoire nationale. On négligea, selon les expressions du rapport de Des Roches, principal 
commissaire, chargé de l'examen du catalogue Verdussen, on négligea, disons-nous, «la 
» demande de ces précieuses inutilités , qui font plus d'honneur au cabinet d'un bibliomanc 
» qu'à une bibliothèque publique, où tout, jusqu'à la magnificence même, doit être sage 
» et raisonné ». Telles sont les expressions de ce rapport. On y lit un peu plus loin : « Si ces 
» livres avant l'an 1470, contenaient des passages qui ne se trouvent plus dans les éditions 
» postérieures, si la beauté de l'exécution les faisait regarder comme des chefs-d'œuvre de 
» l'art, ou que ce fussent des monuments que leur antiquité ou leurs miniatures rendent 
» recommandables, alors sans doute, ces morceaux seraient dignes d'être placés dans notre 
» bibliothèque et attireraient le regard des vrais curieux et des vrais savants. C'est une 
» multitude d'ouvrages semblables, et non pas » un Spéculum humanœ salvationis ou une 
» Joannis apostoli historia, qui ont donné aux bibliothèques de l'empereur, du roi de France 
» et du Vatican , ce haut degré de célébrité où nous les voyons parvenues » . 

Le public, dans son impartialité, sera sans doute de la même opinion que Des Roches 
et jugera, dans l'intérêt des gens de lettres, qu'il fallait augmenter celte bibliothèque par les 
bons ouvrages les plus utiles et les plus récents, car on ne peut faire avancer les connais- 
sances humaines si l'on n'est pas instruit exactement des points où elles sont parvenues. 



clxxxviii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

La liste des acquisitions faites le 15 juillet 1776 et jours suivants, à la vente de la mortuaire 
Verdussen , à Anvers , est au nombre des inventaires renvoyés par M. Voisin, au nom des 
héritiers Van Hulthem ; elle est aussi au n° 47746 de l'Inventaire. Nous la publions, par 
extraits, au tableau de la présente provenance. Elle se compose de 88 articles , annotés par 
Des Roches et Gérard, avec des remarques et avec les prix des enchères qui montent à 
1841 fl. 16 s argent de change (3886 fr. 20 e ), valeur qui serait aujourd'hui plus que triplée, 
si la même vente avait lieu. 



CHAPITRE X. 

Bibliothèques des jésuites. 

Au moment de l'acquisition des manuscrits Verdussen, une provenance tellement consi- 
dérable et précieuse, qu'elle formerait à elle seule une riche et vaste bibliothèque, vint se 
présenter naturellement et sans aucune dépense, comme si la providence elle-même, (on ne 
désapprouvera pas, sans doute, cette juste expression), voulait ajouter aux efforts généreux 
que le prince Charles avait faits par son désistement de ses droits de gouverneur-général 
sur la Bibliothèque de Bourgogne, désistement dont l'exemple eut pour résultat les dons que 
les académiciens et un grand nombre de personnes et d'administrations avaient envoyés, pour 
contribuer aussi à rétablir cette bibliothèque , dans son antique splendeur. Nous voulons 
parler des livres tant manuscrits , qu'imprimés , qui sont provenus de la suppression de 
la compagnie de Jésus, aux Pays-Bas. 

Cette société avait été expulsée du Portugal, après le supplice du père Malagrida, qui eut 
lieu le 21 septembre 1759, et qui avait été condamné par l'inquisition, quoique le pape 
Clément XIII ait refusé un bref d'adhésion. Les jésuites furent abolis en France, par un édit du 
mois de novembre 1764, arraché à Louis XV pour avoir la tranquillité. Mais la bulle papale : 
Dominus ac redemptor, prononçant la dissolution de cette société, par Clément XIV, suc- 
cesseur de Clément XIII , n'est daté que du 21 juillet 1773. Ledit de Marie-Thérèse, pour 
l'exécution de la partie temporelle de ce bref, porte la date du 13 septembre de la même année. 

On ne consuma point en frais de séquestre aux Pays-Bas, comme on l'avait fait en France, 
pendant plusieurs années d'indécision , la valeur des riches propriétés des jésuites. On y 
trouva au-delà de 38,000 volumes imprimés, non compris les miscellanea , ensemble 
42 à 43,000 volumes; plus 1100 manuscrits, non compris les livres des Bollandistes auteurs 
des Acta Sanctorum et ceux confiés à Ghesquierre, historiographe des Pays-Bas, dont nous 
parlerons plus loin. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. clxxxix 

L'académie réclama une part clans les livres de leurs diverses bibliothèques, savoir : tous 
les manuscrits ; deux exemplaires de tous les ouvrages relatifs à l'histoire de Belgique; deux 
des livres les plus rares; un de ceux d'une utilité générale. Nous transcrivons ceci du texte de 
LaSerna, notre guide dans tout ce résumé. Il avait été lui-même attaché, dans sa jeunesse, 
en Espagne, à la compagnie de Jésus, ainsi que son oncle bibliothécaire du roi d'Espagne à 
Madrid et le savant père Buriel, son ami, dont il parlait souvent. Gérard fut chargé du triage 
des imprimés, il en rendit compte à l'académie, selon le manuscrit 14966, copié en 1781. 

Nous y ajouterons que la partie la plus rare de cette provenance , consiste en un grand 
nombre de manuscrits en langue grecque, de transcription soit hellénique, c'est-à-dire faite 
à Constantinople et ailleurs en Orient, quelques-uns provenant du cardinal Bessarion , soit 
italique, c'est-à-dire faite à Rome et ailleurs en Occident, celle-ci se composait, en grand 
nombre, des copies faites pour les Bollandistes, à Rome, au mont Gassin, à Naples, etc. 
C'était pour la bibliothèque le complément d'une lacune considérable. 

Voici la liste des maisons des jésuites aux Pays-Bas autrichiens, dont il y a des manuscrits : 

Maison professe, collège, etc., etc., à Anvers. Autres collèges : Audenaerde, Alost, Bruges, 
Bruxelles, Courtray, Gand, Halle, Ipre, Lierre, Louvain, Luxembourg, Malines, Mons, 
Namur, Ruremonde et Tournay. 

Il y avait, sous l'obédience, la résidence deTongres, au pays de Liège; les collèges de 
Bailleul, Bergues S^-Winocx, Cassel, Dunkerque, en France; ceux de Bois-le-Duc, Bréda, 
Groningue, Maestricht, aux pays de la domination des Provinces-Unies. Mais leurs ma- 
nuscrits ne sont pas entrés à la Bibliothèque de Bourgogne. 

Les manuscrits de provenance jésuitique sont reconnaissables par la >%* qui est au-dessus 
du numéro d'ordre. 

Les nombreux articles qui proviennent des collections jésuitiques, se trouvent disséminés 
à l'Inventaire. Les catalogues des bibliothèques de leur société, sont au chapitre II du I er titre 
du Répertoire, (pages 4 et suivantes). 

Parmi les collections d'archéologie nationale, on doit faire un éloge particulier des ma- 
nuscrits des pères Wiltheim de Luxembourg ; ils étaient quatre frères, également instruits 
(n° 5993, etc.), nous en avons parlé précédemment. 

La bibliothèque des jésuites d'Anvers, la plus riche de la compagnie, était ouverte à tout 
le public en général, comme celle du chapitre de S e . -Martin à Tournay et celle de l'uni- 
versité de Louvain. Dans les autres bibliothèques monastiques des jésuites, et les maisons 
religieuses d'autres ordres, on n'admettait que les travailleurs; nous le redirons plus loin. 

Mais une autre collection, beaucoup plus vaste dans la même maison d'Anvers, car elle for- 
merait aussi à elle seule une bibliothèque, parmi tout ce riche héritage d'un mobilier amorti. 

uu 



exe NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

se composait de la plupart des ouvrages qui servaient à la rédaction des Acta Sanctorum, par 
lesBollandistes, au Muséum Bellarminum, en la dite maison professe des pères jésuites à 
Anvers. Le catalogue des imprimés à l'usage des BoIIandistes, s'élevait à 8000 volumes; celui 
des manuscrits, trouvés en la bibliothèque de cette maison, (coté n° 4), transcrit par Gérard, 
chargé de leur triage, indique 499 articles; ce nombre serait beaucoup plus élevé, si l'on 
divisait les porte-feuilles renfermant plusieurs cahiers, les reliures recouvrant plusieurs 
livres et les collections composées sous un seul numéro. Ainsi, par exemple, n° 82 : Historia 
monastica omnium ferc totius orbis ordinum, (Mss. 7689 à 7750) est en quatorze énormes 
volumes in-folio. 

Ce serait sortir de l'objet de ce résumé, que d'indiquer qu'après la suppression de la maison 
professe d'Anvers, les BoIIandistes, dont nous avons fait connaître les commencements des 
immenses travaux, à la fin du dix-septième siècle, furent transférés le 19 juin 1778, « par les 
» attentions généreuses de Sa Majesté, pour le succès d'un établissement qu'elle a toujours 
» particulièrement protégé, dans l'abbaye des chanoines réguliers de S 1 . -Augustin, dite de 
» Caudenberg, à Bruxelles; ils y étaient sous les auspices du gouverneur-général le duc 
» Charles de Lorraine et de Bar ». Telles sont les expressions d'un rapport très-étendu 
(Mss. 17694), du 10 mai 1779. Plus tard les BoIIandistes se retirèrent à l'abbaye de Tongerloo, 
au Nord-Est du Brabant; c'est des environs de ce monastère, que sont rentrés en 1826, en la 
Bibliothèque de Bourgogne, plusieurs centaines de manuscrits, comme on le dira plus loin. 

Si les événements malheureux du règne de Joseph II et de celui de Léopold II , ne fussent 
pas arrivés, les 12 volumes restant à imprimer en 1781, pour achever les Acta Sanctorum, 
eussent été publiés en 1792. 

Nous laissons hors de compte de la provenance jésuitique, 900 autres volumes imprimés 
et 55 autres manuscrits prêtés à Ghesquierre, historiographe des Pays-Bas. Ainsi, il y 
a en résumé, 43,000 •*- 8000 -+- 900 = 51,900 pour les imprimés, qui furent triés, et 
1100 •+- 499 -*- 55 = 1654 manuscrits, qui durent entrer en la Bibliothèque de Bourgogne, 
selon le Mss. 17344 déjà cité, de l'Inventaire. C'était beaucoup pour ce temps, car il n'y avait 
pas alors le tiers du nombre des ouvrages typographiques soit nouveaux, soit réimprimés qui 
sont aujourd'hui dans le commerce. 

On doit remarquer finalement que parmi ces 51 ,900 imprimés et ces 1654 manuscrits, il y 
avait peu de livres ascétiques, car les travaux des jésuites, avaient pour la plupart, plus de 
connexité avec la philologie, l'histoire et la littérature qu'avec la théologie, excepté en ce qui 
concerne les disputes du jansénisme. 

La Bibliothèque de Bourgogne, ayant obtenu tous les manuscrits et les meilleurs imprimés, 
provenant des collèges de la compagnie de Jésus, il n'était pas possible de renfermer ce 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxci 

surcroît de volumes dans la salle de la rue d'Isabelle. Comme il fallait en laisser en dehors une 
grande partie, on les avait réunis de presque tous les collèges des ci-devant jésuites de la 
province Belgique, en leur église à Bruxelles. Gérard, secrétaire perpétuel de l'académie, 
en avait la garde ; il tenait la clef de l'église. 

Ce temple, situé près du centre de Bruxelles, était un des plus beaux et des plus vastes 
de la compagnie de Jésus; c'était un des monuments remarquables de la ville. Il fut construit 
en 1621 ; une flèche, découpée en forme de tour à plusieurs étages, était adossée au chœur, 
elle couronnait l'édifice et dominait sur la perspective entière de la ville et des environs, à 
une hauteur d'au moins ISO pieds. 

Celte église n'était pas en croix latine ou grecque, mais en rectangle de trois nefs, le tout 
en architecture grecque, fort chargée d'ornements, à l'instar des autres temples jésuitiques. 

Le gouvernement avait d'abord eu l'intention d'y établir une nouvelle paroisse pour sup- 
pléer à la lacune qui résultait de la clôture de cette église, dans l'exercice de l'office divin, 
au milieu d'un des quartiers les plus populeux de Bruxelles. Mais cela fut jugé de peu 
d'utilité, parce qu'il y avait plusieurs autres églises avoisinantes tant paroissiales que cou- 
ventuelles. On voulut la laisser pour la chapelle d'un pensionnat du nouveau collège Thérèsien 
ou royal , qui remplaçait les six classes humanitaires du collège des jésuites , mais elle fut 
jugée trop vaste. L'autorité ecclésiastique n'en pouvant tirer parti, permit qu'elle fût pro- 
fanée (v. Mss. 17544). Alors l'académie demanda au ministre plénipotentiaire, par un rapport, 
qui fut accueilli favorablement, d'y placer la Bibliothèque publique ou royale dite de 
Bourgogne. 

Les gens de lettres et tous les habitans de Bruxelles, doivent éprouver le regret que ce plan 
n'ait pas été effectué. On proposait parce rapport, auquel l'abbé Nélis eut une très-grande 
part, de faire des changements aux ornements dont la façade était surchargée, pour lui ôter 
son aspect couventuel de la société de Jésus. 

A l'intérieur on voulait élever, un peu, les trois nefs sur une voûte, pour les mettre à 
l'abri de l'humidité; un vestibule en forme d'antichambre de 52 pieds de Brabant (de "/» du 
pied de roi) de longueur, sur 50 de largeur et 20 de hauteur, devait être l'entrée de la grande 
salle; celle-ci devait s'étendre dans tout le reste de la longueur de la nef du milieu, elle 
aurait eu la même largeur que l'antichambre ou vestibule, et 126 pieds de longueur. Les 
nefs latérales eussent été closes en cabinets, pour recevoir les manuscrits , les médailles et 
d'autres objets réservés. Cette grande salle aurait servi aux séances de l'académie; le pourtour 
supérieur, près des voûtes ceintrées du plafond, devait être couronné par une gallerie, à 
l'instar de celles de beaucoup d'autres bibliothèques de l'Europe. 

Quant à la tour, on la conservait pour continuer d'être un des ornements de la ville. Toute 



cxcn NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

cette dépense fut estimée à la somme brute de 44,707 florins courants (81,128 francs); mais 
on démontrait qu'en faisant servir une quantité considérable de matériaux, on pouvait 
réduire les frais des trois quarts, c'est-à-dire à un peu plus de 12,000 florins, en vendant 
le magnifique pavé de marbre, les confessionnaux richement sculptés , les autres ornements 
de sculpture en bois, etc., etc. Enfin on ajoutait que les bénéfices d'un immeuble de deux à 
trois cent mille florins, tel que l'église et les autres bâtiments provenant de la suppression 
des seuls jésuites à Bruxelles, étaient une large compensation de 12,000 florins de dépense. 

Ce plan, long-temps discuté (voir Description de Bruxelles par l'abbé Mann, T. h, p. 156), 
ne fut pas exécuté. Je me souviens très-bien qu'un des motifs qui vint l'entraver malencon- 
treusement, fut le projet d'y établir une nouvelle salle de spectacle, celle dite de la monnaie, 
bâtie en 1700, menaçait alors ruine, d'une manière effrayante. Pendant l'occupation de 
l'armée française de Dumouriez , en 1792 , l'église des jésuites fut le club des jacobins ; plus 
tard ce fut un magasin militaire. 

Plus tard encore on voulut en faire la salle des pas perdus du palais de justice, etc., etc. 

Par le plan primitif, digne de la haute administration de la capitale de la Belgique, la belle 
église des jésuites, couronnée de sa flèche élégante, serait aujourd'hui le palais de la biblio- 
thèque royale, c'est-à-dire un temple destiné aux Muses. 

XL1I. — Acquisitions diverses pendant le règne de Marie-Thérèse, sous le ministère du 

prince de Starhemberg. 

Nous plaçons ici , d'après une notice autographe de Gérard , la liste de quelques ouvrages 
manuscrits que le prince de Starhemberg avait fait acquérir. Ils sont à la suite des acqui- 
sitions faites par ordre de Cobentzl, son prédécesseur. 

XLIII. — Mortuaire du prince Charles. 

Le prince Charles Alexandre de Lorraine et de Bar, mourut à son château de Tervueren, 
le 4 juillet 1780, selon la Gazette des Pays-Bas. Son éloge, qui nous serait dicté par l'opinion 
unanime de tous ses contemporains, est aussi superflu que celui que ce panégyriste d'Hercule 
allait prononcer. Les Spartiates ne voulurent pas écouter, lui disant : Qui est-ce qui pourrait 
blâmer Hercule ? 

Après le décès du prince Charles, le savant imprimeur-libraire Ermens, fut chargé de faire 
le catalogue des livres, estampes et planches gravées de la bibliothèque du palais de feu 
S. A. R. Ce catalogue est imprimé. La vente commença le 20 août 1781 ; elle s'élevait à 
3354 articles; la section d'histoire commençait au n° 1615, elle se compose par conséquent de 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxciu 

1739 articles, outre un grand nombre d'articles portés aux Belles-Lettres, ce qui fait plus 
des deux tiers de ce catalogue , dans un temps où le nombre des historiens modernes était 
beaucoup moins étendu qu'aujourd'hui. Cela démontre que le prince Charles était pénétré, 
comme le gouverneur de Charles-Quint , le célèbre sire de Chièvres, (voir page cv), que la 
science de l'histoire doit être la principale étude des souverains. 

Avant l'impression du catalogue de ses livres, les meilleurs articles des manuscrits , et 
tous ceux relatifs à l'histoire des Pays-Bas, furent envoyés à la Bibliothèque publique dite 
de Bourgogne; nous en faisons connaître la liste au tableau de la présente provenance. 

CHAPITRE XI. 

Joseph II, 1780-1790. — En 1781, l'archiduchesse Marie-Christine et Albert duc de Saxe- 
Teschen, gouverneurs-généraux. — Ministres : en 1780, le prince de Starhemberg et 
en 1785, le comte de Belgiojoso. Suppression de plusieurs couvents. 

L'ABBÉ CHEVALIER, BIBLIOTHÉCAIRE. 

Les tristes nouvelles de la maladie mortelle et du décès de l'impératrice Marie-Thérèse , 
furent annoncées à l'académie, clans les séances du 7 et du 21 décembre 1780. A cause de ce 
fatal événement, les lectures furent suspendues en l'académie et à la bibliothèque. (Voir 
Journal des Séances, T. iv). 

Le deuil était d'autant plus grand dans toutes les familles, qu'elles n'étaient pas encore 
consolées de la mort du bon prince Charles. 

L'académie reprit ses fonctions et la salle de la bibliothèque, dans laquelle cette compagnie 
tenait ses séances, fut réouverte au public, sous les auspices de Joseph II, successeur de Marie- 
Thérèse. (Y oir Journal des Séances, T. iv). 

Cet empereur, ayant résolu de visiter la Belgique, qu'il avait déjà parcourue en partie 
trois ans auparavant, arriva à Bruxelles le 22 juin 1781. Depuis 148 ans, le souverain n'était 
plus venu dans la capitale des Pays-Bas. Le 27 du même mois, l'empereur reçut en son palais, 
les hommages de l'académie. Le président renouvela à S. M. l'expression de la reconnais- 
sance de cette compagnie littéraire, pour la donation récente d'une partie de la bibliothèque 
du prince Charles, qui est décrite à la provenance y relative. (Voir Journal des Séances, 
T. iv, p. xxiii). 

Le 10 juillet 1781, LL. AA. RR. Marie-Christine et Albert de Saxe-Teschen, gouverneurs- 
généraux, arrivèrent aux Pays-Bas ; dès le 7 du même mois, l'empereur Joseph II était parti 
pour la Hollande; il revint à Bruxelles le 22 du même mois de juillet, et repartit le 27, pour 

Versailles. 

vv 



cxc.iv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

En 1783, le ministre comte de Belgiojoso remplaça le prince de Starhemberg. Ce chan- 
gement était le présage des réformes qui allaient être faites, par une conséquence de celles 
qui avaient été commencées en Allemagne et en Hongrie , dans les états héréditaires. 

Remontons à quelques mois auparavant. L'empereur avait fait donner, dans les deux 
langues, à Bruxelles, le 28 de novembre 1781, un édit sur l'indépendance des ordres reli- 
gieux aux Pays-Bas, de toute supériorité étrangère. — Over de onafhangelyckheydt van de 
religieuse ordens. D'autres édits en furent la conséquence. 

Voici les termes du motif et de quelques articles de cet acte intempestif et inconcevable, 
de la part d'un empereur catholique, qui reconnaissait la juridiction de la cour de Rome. 

Les mots en caractère italique, sont ainsi à la publication officielle de l'imprimerie royale 
des Pays-Bas autrichiens, en 1781. Par quelle maladresse, signalait-on en lettres italiques, 
les points les plus délicats de ces innovations, qui étaient alors d'une gravité majeure ! 

JOSEPH, par la grâce de Dieu, etc., etc. Les liaisons que les Communautés et les Maisons-Religieuses dans les Provinces 
de Notre Domination aux Pays-Bas, entretiennent avec des Communautés et Maisons-Religieuses étrangères, occasionnant des 
inconvéniens et des abus et pouvant entraînera des conséquences dangereuses et préjudiciables à l'État, nous avons résolu de 
rompre ces Liaisons, en détachant tous les monastères et couvents, sans exception, de la dépendance des généraux ou autres 
supérieurs ecclésiastiques étrangers quelconques. A ces causes, etc., etc. 

Article premier. Toutes les maisons religieuses, monastères et couvents, sans exception, de l'un ou de l'autre sexe, 
de quelque ordre que ce soit, situés dans les Provinces de Notre Domination aux Pays-Bas, seront désormais dans une indé- 
pendance complète et absolue de toute autorité et supériorité prétendue , ou exercée ci-devant, à quelque titre ou sous 
quelque dénomination que ce puisse être, par des Monastères, Couvents, Généraux et Supérieurs, établis dans des Pays étrangers 
à notre domination dans ces provinces, etc. 

Art. a. D'après cela, toute commission et recours à des chapitres, assemblées ou supérieurs quelconques , hors de 
nos états, et toute acceptation d'ordres, de mandemens, d'obédience, de visiteurs, de correcteurs ou commissaires de 
la part de ces congrégations, chapitres, assemblées et supérieurs étrangers, est interdite et défendue. 

Les articles suivants règlent le mode des assemblées générales , qui devaient remplacer les 
généraux d'ordres et les autres supérieurs étrangers de chaque congrégation ; elles devaient 
avoir lieu à Bruxelles , et elles se composaient des abbés de chaque ordre et des premiers 
supérieurs de chaque couvent. 

Les articles 22 et suivants plaçaient toutes les maisons religieuses, sans exception, sous la 
surveillance des évêques et du gouvernement. (Ces mots sont aussi en italique au texte officiel). 

Cet acte est basé sur des causes qui étaient dénuées de toute vérité. Les moines n'avaient 
manifesté, sous le règne de Marie-Thérèse et pendant le voyage de Joseph II, aucune oppo- 
sition envers le gouvernement; les jésuites eux-mêmes, dont on s'était plaint en France , 
avaient toujours été des sujets paisibles, dans nos provinces. Les supérieurs religieux et les 
généraux d'ordres, résidant à l'étranger, n'envoyaient aucune instruction hostile. L'on savait 






DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. c\cv 

à la cour de Rome, par une longue expérience, depuis les diplômes du règne de Maximilicn et 
de Philippe-le-Beau, en 1484 et 1497, que les actes de l'autorité ecclésiastique étrangère, 
même en ce qui concernait uniquement le dogme, étaient sévèrement lus et examinés, par 
le gouvernement des Pays-Bas, avant d'être revêtus du placel, s'il y avait des clauses relatives 
à l'autorité temporelle, ou du visa, si c'étaient des pièces uniquement théologiques. Sans cette 
formalité, le clergé ne pouvait ni les divulguer, ni les rendre exécutoires. Il y a plusieurs 
exemples de rejet de ces actes par le gouvernement, parmi les manuscrits de la Bibliothèque 
de Bourgogne. 

L'on savait aussi à Rome, qu'aucune autorité étrangère aux Pays-Bas , ne pouvait attrairc 
en justice, hors de nos provinces, aucun régnicole laïque ou ecclésiastique , pour une cause 
quelconque, y compris les causes religieuses, soit dogmatiques, soit disciplinaires. Elles 
devaient être jugées aux Pays-Pas , selon nos lois et non autrement. Cela s'est fait plusieurs 
fois. Ainsi, l'édit spontané de Joseph II, résultat d'une de ces illusions philosophiques qui 
rendirent son règne si agité aux Pays-Bas, mettait en problème, sans nécessité, au milieu 
d'une paix profonde , parmi un peuple beaucoup moins éclairé qu'aujourd'hui, les vieux 
axiomes de nos libertés religieuses, qui avaient résisté à la sanglante dictature du duc d'Albe. 

Le pape Pie YI, résolut alors d'aller trouver l'empereur Joseph II, dans sa capitale ; le saint 
père arriva à Vienne le 22 mars 1782 ; mais, malgré les témoignages du respect de l'empereur, 
il ne put obtenir que de vaines promesses. L'édit du 24 novembre 1783, renouvela les 
diplômes de 1484 et 1497 dans toute leur force et vigueur. Tels sont les termes de ledit. 

Le 17 mars de la même année 1785 , un autre édit avait été donné à Bruxelles par l'em- 
pereur Joseph IL En conséquence LL. AA. RR. Marie-Christine et Albert de Saxe-Teschen , 
informèrent le Conseil de Brabant et les corps supérieurs des autres provinces, que S. M. 
ordonnait, par cet édit, « la suppression de plusieurs couvents inutiles, aux Pays-Bas » . Telles 
sont les expressions de cet acte administratif. Le 2 juillet suivant, une déclaration impériale 
étendit celte mesure aux ermites, soit isolés, soit en communauté, « voulant, y est-il dit, 
faire cesser les inconvénients, qui résultent de leur séjour dans les bois et à la campagne». 

Des détails plus longs sur l'impression défavorable que ces mesures et beaucoup d'autres 
innovations, avaient faites aux Pays-Bas , seraient étrangers à ce résumé bibliographique. 
Nous devons seulement faire connaître les résultats qui en sont provenus, sur les observations 
et les demandes faites par l'académie, pour compléter des lacunes de la Bibliothèque de 
Bourgogne, parce que la plupart de ces monastères avaient des bibliothèques précieuses que 
, l'on vendait à vil prix, à cause de l'abondance des livres. Ces mêmes livres auraient coûté 
plus tard fort cher, si la Bibliothèque de Bourgogne avait dû les acheter. La liste de ces 
couvents, devient donc ici nécessaire. 



cxcvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

En effet, au mois de juin même année 1783 et en 1784, avaient été supprimés les 
chartreux et les chartreuses, les carmélites déchaussées, les annonciades, les riches-claires 
et les pauvres-claires, les capucines, les dominicaines, les brigittines, les religieuses de 
Béthanie et de Nazareth, etc., et dans Bruxelles les religieuses de S*. -Pierre, de Jéricho, 
de S te . -Elisabeth, etc., etc. On étendit cette mesure jusques sur plusieurs couvents de ces 
ordres qui étaient composés de catholiques anglais et irlandais, réfugiés aux Pays-Bas. 

Il faut ajouter à cette liste, dont nous n'indiquons que les principaux monastères, les 
prieurés érémitiques de S*. -Augustin, dans la forêt de Soigne, savoir : Rouge-Cloître, Groe- 
nendael, les Sept-Fontaines, célèbres par leurs antiques Scriptoria et surtout par leurs 
riches bibliothèques de manuscrits. On se souvient qu'elles furent visitées par nos sou- 
verains, pendant qu'ils allaient à la chasse, tels que Philippe-le-Bon (voir page lxxx) et 
Charles-Quint. Enfin le prieuré du même ordre, à Corsendonc, près de Turnhout , aussi 
propriétaire d'une très-riche bibliothèque de manuscrits, fut compris dans la réforme. 

Il ne faut pas confondre celte première suppression des couvents, pendant les années 1783 
et 1784, sur laquelle, en 1790, le gouvernement des Etats-Unis de Belgique est revenu, pen- 
dant l'expulsion de l'autorité autrichienne, avec la seconde suppression du 6 décembre 179a, 
qui fut générale pour tous les ordres monastiques sans exception, pendant les premiers temps 
de la réunion de la Belgique à la France. L'effet de cette seconde suppression et non de 
la première, s'étendit sur les monastères abbatiaux de Gembloux, d'Afflighem, de Villers, 
de Tongerloo et autres en Brabant ; sur ceux de S 1 . -Laurent et autres à Liège ; sur ceux de 
Stavelot et de Malmedi au pays de ce nom, etc., etc., dont il y a aussi des manuscrits en la 
Bibliothèque de Bourgogne. En effet, en 1783, les abbés de Brabant, de Flandre et d'autres 
provinces, faisaient partie principale et intégrante des états du pays; les revenus de plusieurs 
abbayes étaient d'ailleurs affectés aux manses des nouveaux évêchés établis depuis le concile 
de Trente ; ils n'avaient pu être atteints par ledit de Joseph H, qui n'avait alors pour objet 
que les cloîtres inutiles, c'est-à-dire plusieurs ordres mendiants et surtout ceux de religieuses, 
qui n'avaient aucune charge d'âmes , tandis que les abbayes rendaient de grands services 
au pays, selon les anciennes constitutions, par leurs finances, en temps de guerre et en 
temps de paix. 

Le séquestre fut apposé sur les biens meubles et immeubles de ces couvents supprimés. Dès 
Tannée 1785', on fit la vente de quelques-unes de leurs bibliothèques; un catalogue imprimé 
des livres trouvés dans les quinze couvents supprimés à Bruges et à Nieuport , annonça la 
vente de ceux-ci pour le 14 mars de cette même année, en l'hôtel de ville de Bruges. Une 
autre vente pour le 22 août de la même année 178o, devant avoir lieu au couvent des ci-devant 
chartreux de Bruxelles , fut annoncée par un autre catalogue imprimé , de la rédaction du 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxcvu 

savant catalogiste Ermens, que nous avons déjà fait connaître aux mortuaires de Cobentzl, 
du prince Charles, etc., etc. D'autres catalogues subséquents, tant de livres imprimés que 
de manuscrits des couvents supprimés, furent rédigés par lui. Leurs indications, faciles à 
retrouver, seraient fastidieuses dans ce résumé. C'est alors que l'académie fit les récla- 
mations dont nous venons de parler, pour obtenir les livres dont l'acquisition aurait été fort 
dispendieuse. 

J'ai copié aux archives du royaume , ces réclamations qui tendaient , nous le réitérons, à 
obtenir du ministre, outre les manuscrits, un triage des meilleurs livres imprimés. On y 
faisait l'observation fort sage « que ces livres sont d'une nécessité indispensable pour une 
» bibliothèque publique où l'on ne va consulter que les ouvrages qu'on ne trouve point chez 
» les particuliers » . 

Ces réclamations faisaient connaître qu'on avait vu avec regret, que « des diplômes, des 
» cartulaires, des bulles et d'autres pièces manuscrites, utiles pour l'histoire des Pays-Bas, 
» avaient été achetées par M. Kluyt, savant Hollandais, auteur d'une histoire de Zélande; 
» il les avait acquises à vil prix, à la vente des livres des chartreux d'Anvers » . 

En conséquence, l'académie insista à demander un triage préalable aux ventes ; le gouver- 
nement obtempéra à cette demande; mais nous ne pouvons indiquer avec précision, si cette 
affaire fut terminée avant ou après la révolution de 1790. On doit seulement remarquer que 
le savant libraire Ermens, qui avait fait le 1 er et le 3 e catalogues des livres de cette provenance, 
en 1785, fit imprimer en 1792, deux autres catalogues, pour deux ventes, fixées au 16 août 
de cette même année. On voit au feuillet en carton, au commencement du troisième cata- 
logue, une longue liste de livres « qui ne seront point vendus ». Tout porte à croire qu'ils 
furent réservés pour la Bibliothèque de Bourgogne, après l'impression du catalogue, par 
une conséquence des réclamations de l'académie. 

On faisait élever toutes ces collections de 100,000 à 200,000 volumes choisis, selon les 
témoignages avérés des contemporains. Ce nombre est loin d'être exagéré; car, on peut lui 
comparer la masse qui est provenue de la suppression faite en 1795 et qui fut rassemblée par 
feu M. le bibliothécaire de La Serna. J'en ai catalogué, dans les dépôts superflus de la seule 
bibliothèque de l'école centrale à Bruxelles , pendant les années VIII , IX et X de la répu- 
blique, (1799 à 1802) une partie immense, lorsque j'y étais employé à la rédaction des 
catalogues. Il y avait plus d'un million de volumes superflus, entassés et provenant des dites 
abbayes et des autres monastères du département de la Dyle, (province actuelle de Brabant). 
Si l'on doutait de la réalité de ce nombre, je puis appeler en témoignage, les employés et 
les sous-employés encore vivants, qui étaient mes collègues à l'ancienne école centrale de la 

Dyle. On a vendu, en un grand nombre de fois, toutes ces masses, ou pour mieux dire on 

ww 



cxcviu NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

les a mises à l'enchère, par lots, rassemblés pêle-mêle, sans se donner la peine de réunir 
les volumes d'un même ouvrage. Les épiciers en ont acheté la plus grande partie. 

Nous devons ajouter qu'Ermens a aussi rédigé en 1792, trois tables ou listes qui sont 
manuscrites autographes, n° 17869, de l'Inventaire de la Bibliothèque de Bourgogne , pour 
indiquer les éditions du quinzième siècle qui sont dans les 3 e et 4 e catalogues qu'il avait 
fait imprimer. On y voit, avec étonnement, le nombre immense de ces livres précieux. 
Ermens a rédigé cette liste alphabétiquement : 1° par noms d'auteurs, 2° par noms de villes, 
3° par noms d'imprimeurs. Tout porte à croire, si nous en avons bon souvenir, que cet ouvrage 
a été d'un grand secours pour la rédaction du dictionnaire bibliographique de La Serna. 

Enfin, qu'il nous soit permis, pour terminer ces remarques, d'ajouter par anticipation, 
(car nous allons voir un peu plus loin la dilapidation de la Bibliothèque de Bourgogne) , Je 
paragraphe suivant de l'extrait du mémoire statistique du département de la Dyle, adressé en 
l'an X (1802) , au ministre de l'intérieur (de France), par le préfet Doulcet-Pontécoulant. Ce 
paragraphe donne des détails sur le rétablissement d'une nouvelle bibliothèque dont nous 
parlerons : « Cette bibliothèque de l'école centrale, y est-il dit, contient près de 80,000 vo- 
» lûmes. Cette riche collection littéraire, formée en grande partie des livres des couvents 
» supprimés, renferme un grand nombre de manuscrits et d'ouvrages imprimés à une époque 
» très-voisine, si non contemporaine de la découverte typographique » . 

Ces détails suffisent pour faire connaître les richesses bibliographiques des ordres religieux 
aux Pays-Bas autrichiens et la facilité qu'il y aurait eu, si Joseph II s'y était pris autrement, 
d'employer leurs propriétés à faire prospérer les bonnes études. Les monastères d'aucune 
contrée en Europe, même de l'Italie, n'étaient aussi abondamment alimentés de bons livres, 
tant imprimés que manuscrits. La liste générale des maisons abbatiales et autres, qui renfer- 
maient ces trésors littéraires des suppressions de 1783 et 1795 est fort longue à décrire. Par 
ce motif, nous l'avons détaillée sommairement sur le tableau des provenances qui termine le 
présent catalogue , à la suite des manuscrits des jésuites , afin de ne pas trop interrompre le 
texte de ce résumé. Nous ne pouvons indiquer ici le numéro de cette nombreuse provenance, 
facile d'ailleurs à reconnaître, parce qu'il nous a été impossible de distinguer les manuscrits 
de la première suppression de 1783, et ceux de 1795, car plusieurs couvents ont été rétablis 
en 1790, sous le gouvernement des Étals-Unis de Belgique. 

Nous divisons ce tableau par sous-provenances, en indiquant, selon l'almanach ecclésias- 
tique des Pays-Bas, de 1782, c'est-à-dire de l'année avant la première suppression , les 
abbayes des ordres de S 1 . -Benoit, des Prémontrés, de Citeaux et autres; nous plaçons ensuite 
les prieurés et les couvents de S 1 . -Augustin, des Chartreux, les couvents de S*. -Dominique, des 
trois ordres de S^-François , des Carmes et autres. Nous y cataloguons les manuscrits de ces 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cxcix 

monastères, qui sont en la Bibliothèque de Bourgogne. On jugera aisément que l'analyse de ce 
tableau, devant être de plusieurs pages, serait une trop forte intercallalion au présent résumé. 

Cette liste est accompagnée de remarques sur les principales bibliothèques monastiques; 
elles sont composées d'après les renseignements qui commencent à la fin du règne d'Albert 
et d'Isabelle, jusqu'à celui de Joseph II, période d'au-delà d'un siècle et demi, pendant laquelle 
les couvents n'ont cessé de s'enrichir et de s'augmenter. 

Les principaux ouvrages que nous avons consultés, tant pour les manuscrits que pour 
l'histoire , sont : la Bibliotheca manuscripla de Sanderus et ses autres ouvrages, tels que la 
Flandria illuslrata ; Valère-André, Mirœus, les ouvrages de Butkens, tels que les Trophées 
et le Théâtre sacré du Brabant ; Van Gestel , llistoria archiepiscopatûs Mechliniensis ; Fop- 
pens, etc., etc.; les voyages littéraires de Martenne et Durand en 1717; le second voyage litté- 
raire fait en 1724; ceux de Dom Berthod, etc., vers l'an 1776; la Bibliotheca bibliothecarum 
de Montfaucon, publiée en 1759; Gérard, Nélis, Paquot; les Répertoires de la Bibliothèque 
de Bourgogne; La Serna, etc., etc., etc.; enfin, le voyage fait par Camus en 1802, aux 
départements réunis et les livres récents de MM. Barrois, Heenel, Pertz, etc., etc. 

CHAPITRE XII. 

Erreurs et omissions des étrangers concernant la Bibliothèque de Bourgogne. 

Nous ne pouvons nous dispenser ici de faire quelques remarques sur les voyages littéraires 
de 1717 et de 1724. On y cherche envain l'indication de la Bibliothèque de Bourgogne, au 
milieu des détails donnés sur les bibliothèques des jésuites de Bruxelles, sur celles de Rouge- 
Cloître, de la Cambre, de Forêt et d'autres des environs de cette même ville, sur les autres 
bibliothèques abbatiales des Pays-Bas, sur le Bollandiste Papebroch, etc. Le désappointement 
redouble à la lecture du second voyage, publié en 1724, page 113. On y lit le paragraphe 
suivant, parmi le récit qui indique ce que les deux savants voyageurs ont fait à Bruxelles. 

« On envoya quérir un libraire qui pût nous indiquer les meilleures bibliothèques de la 
» ville et les endroits où nous pourrions trouver des manuscrits. Celui-ci nous dit qu'il n'y 
» avait personne de lettres à Bruxelles, parce que ceux qui étudiaient et qui menaient une vie 
» un peu plus réglée que les autres, passaient pour des Jansénistes et que personne ne voulait 
» avoir cette réputation; que lorsqu'il lui tombait des manuscrits en mains, les Anglais et les 
» Hollandais les enlevaient aussitôt, que la meilleure bibliothèque qui fût a Bruxelles, était 
» celle de l'ambassadeur de l'empereur, mais qu'elle était inaccessible. Il nous invita ensuite 
» d'aller en sa boutique, etc., etc. » 

Ce passage fait naître la triste réflexion qu'en général l'histoire politique, artistique et litté- 



ce NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

raire de notre pays a été mal connue des écrivains étrangers, quelque fût leur mérite. Nous 
n'avons point fait mention de ce passage , au récit des événements des premiers temps de la 
domination allemande-autrichienne , parce que nous l'avons réservée pour la faire ressortir 
ici, en la comparant à l'histoire monastique qui est un peu mieux connue. 

En conséquence, quoique l'amertume de la critique et l'ironie nous répugnent, nous 
allons commenter le passage ci-dessus du second voyage des Bénédictins , comme si nous 
expliquions le texte d'un livre de l'antiquité helléno-romaine ou d'une des lettres édifiantes, 
arrivées de la Chine ou du Japon. Ce prétendu ambassadeur de l'empereur, en 1724, à 
Bruxelles, pays soumis au même empereur, était le ministre plénipotentiaire, marquis de 
Prié, très-connu en Europe, depuis le temps de la guerre de la succession d'Espagne. Il fut 
ministre plénipotentiaire aux Pays-Bas , faisant, par intérim, les fonctions du gouverneur- 
général, (le prince Eugène), depuis l'an 1717 jusqu'en 1726. Chacun le sait. 

La bibliothèque du prétendu ambassadeur de l'empereur, était par conséquent et devait 
être infailliblement la Bibliothèque de Bourgogne; elle était inaccessible, c'est-à-dire qu'on 
n'en faisait presque pas d'usage hors du palais. Un libraire, ou plutôt un ignorant vendeur 
de livres, ne la connaissait pas ; mais les deux savants voyageurs auraient dû la connaître ; ils 
auraient dû demander où elle se trouvait. Pourquoi ne se sont-ils pas fait conduire chez le 
marquis de Prié, qui sans doute, les eût bien accueillis? Les voyageurs, nés français, igno- 
raient-ils que dans Bruxelles à cette époque, les écrits diplomatiques et historiques de 
Butkens , en langue française , étaient de leur compétence et que c'étaient des publications 
récentes. L'étonnement redouble, lorsqu'à la table des matières du premier voyage, imprimé 
en 1717, on remarque qu'il n'y a rien sur la Bibliothèque de Bourgogne et qu'à la lettre A 
(page 161) de la dite table , et pas du tout à la lettre M, le nom d'Jubert Mirée est inscrit. 
Le texte , reporté par cette table , littera A , indique seulement ces mots insignifiants : 
(( Fameux parles ouvrages qu'il a laissés à la postérité ». 

Ainsi les deux Bénédictins ignoraient en 1717, qu'Aubert Le Mire ou Mirseus, avait été 
77 ans auparavant, c'est-à-dire jusqu'en 1640, le bibliothécaire des archiducs Albert et 
Isabelle, c'est-à-dire qu'à une époque qui leur était aussi peu éloignée, que nous le sommes 
de la guerre d'Amérique. Deux hommes de lettres, nés français et par conséquent nos 
voisins, étaient donc aussi étrangers à l'histoire littéraire des Pays-Bas que nous le sommes 
à l'histoire modârne de la Chine et du Japon , et cela , à soixante et douze lieues de Paris , 
dans un pays où l'on parlait la même langue française et où travaillaient leurs confrères 
diplomatistes, les Bollandistes; quelques années après que le sang des enfants de la France 
avait coulé à Ramillies, à Malplaquet, à Denain , pour établir, dans nos provinces, un fils 
de France, le roi Philippe V. Que l'on nous pardonne cette triste remarque. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. cci 

CHAPITRE XIII. 

Gouvernement des Etats-Unis de Belgique. 

L'ABBÉ CUEVAL1ER, BIBLIOTHÉCAIRE. 

Nous réclamons l'indulgence des lecteurs pour l'expression : États-Unis de Belgique, que 
nous employons de préférence à celle de : Révolution brabançonne. Ce titre, ayant été en usage, 
pour les actes officiels, nous pouvons nous en servir; nous pouvons citer entre autres preuves, 
s'il fallait prouver des choses aussi évidentes, un passeport délivré par ordre des dits Etats-Unis 
de Belgique, signé par Van der Noot; cette pièce est à la Bibliothèque de Bourgogne. 

L'empereur Joseph II, ayant éprouvé de la résistance dans l'exécution de son projet 
d'établir à Louvain, un séminaire général, en 178(i et 1787, avait ordonné défaire transférer 
à Bruxelles, les trois facultés de droit, de médecine et de philosophie de l'université de 
Louvain, y laissant la seule faculté de théologie. L'histoire de la Belgique par Dewez, auteur 
contemporain et bien instruit sur cette matière, en donne de plus amples détails. 

Pendant l'année 1789, les gouverneurs-généraux, après une consulte sur les affaires ecclé- 
siastiques, firent ordonner au secrétaire perpétuel de l'académie (feu M. Gérard), de remettre 
au conseiller Leclerq Lebidard, les clefs de l'église des jésuites, dans laquelle étaient déposés 
et classés, depuis plusieurs années les livres de provenance jésuitique, qu'il n'avait pas été 
possible de placer dans la salle, trop peu spacieuse, de la Bibliothèque de Bourgogne. Cette 
remise des clefs avait été jugée nécessaire, parce que le gouvernement voulait faire déposer 
en la même église des jésuites, le mobilier et les livres des trois facultés de l'université de 
Louvain, qu'on installait à Bruxelles. M. Gérard confia les clefs avec la même bonne foi que 
M. De Lados avait confié, autrefois, en 1748, celles de l'ancienne salle, à M. Desnans. 

Après l'expulsion de l'autorité autrichienne, les Etats de Brabant, au commencement de 
l'année 1790, avaient autorisé le rétablissement des trois facultés à Louvain, conformément 
aux privilèges que l'empereur Joseph II avait enfreints. Le 13 avril de la même année 1790, 
le D r Vandevelde , bibliothécaire de l'université, ayant reçu l'ordre d'en réintégrer les livres 
dans le local de la Bibliothèque à Louvain, faisait enlever et transporter avec le mobilier qui 
avait été déposé en l'église des Jésuites, les livres que Marie-Thérèse avait donnés à la Biblio- 
thèque de Bourgogne. Rien ne peut excuser ce procédé que l'on peut taxer de mauvaise foi. 

Dès le lendemain 14 avril, le secrétaire perpétuel en rendit compte à la séance de l'académie. 
Cette compagnie nomma, à l'instant même, une commission composée de trois académiciens, 
qui étaient ledit secrétaire perpétuel Gérard , le bibliothécaire abbé Chevalier et l'abbé Mann, 
pour signifier opposition à cet enlèvement, dès le jour même. 

On reconnut que les États de Brabant , assemblés alors à Bruxelles , avaient été induits 

xx 



ccii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

en erreur, en accordant au bibliothécaire D r Vandevelde, une autorisation subreptice pour 
cette soustraction. De longues et pénibles contestations s'ensuivirent. L'académie obtint enfin, 
que les livres du dépôt de l'église des ci-devant Jésuites, fussent transférés en l'église du 
couvent supprimé des Brigitinnes , en la même ville de Bruxelles. Ce transport fut fait avec 
une telle incurie, qu'il en résulta de nombreuses dilapidations. 

Cette affaire n'était pas encore terminée, le 7 avril 1794 , car ce jour-là , Gérard fit un 
nouveau rapport à l'académie. La farde de ces pièces est fort volumineuse. Nous n'insiste- 
rons pas davantage sur cet objet, parce que trois mois plus tard, les Français ayant conquis 
le Brabant, il en résulta d'abord un état de paralysie et bientôt après, la dévastation de la 
Bibliothèque de Bourgogne et la suppression de l'université de Louvain. Dès lors toute 
recherche ultérieure n'aurait eu aucun résultat d'utilité , à cause des dilapidations irrémé- 
diables qui s'ensuivirent. 

CHAPITRE XIV. 

Fin de la domination autrichienne. — Léopold II, décembre, 1790-1792. — François II, 
1792-1794. — L'archiduc Charles, gouverneur-général; le comte de Melternich-Win- 
nebourg, ministre plénipotentiaire. 

L'ABBÉ CHEVALIER, BIBLIOTHÉCAIRE. 

Au mois de décembre 1790, l'autorité autrichienne de l'empereur Léopold II, frère et 
successeur de Joseph II, fut rétablie dans Bruxelles; au commencement de l'année 1792, 
l'empereur François II succéda à Léopold II , son père ; au mois de novembre de la même 
année, l'armée française, commandée par Dumouriez, victorieuse à Jemmappes , envahit 
Bruxelles et la Belgique; mais au mois de mars 1793, les Autrichiens refoulèrent l'armée 
française jusques au-delà de Valenciennes. L'archiduc Charles âgé de 22 ans, frère de l'em- 
pereur François 11, fut lieutenant-gouverneur et capitaine-général des Pays-Bas, le comte 
de Metternich-Winnenbourg , fut ministre plénipotentiaire. Ces deux noms commencèrent 
alors à devenir célèbres dans la guerre et dans la diplomatie. 

Cette période est remarquable par le grand nombre de lecteurs étrangers qui fréquentaient 
la Bibliothèque de Bourgogne. C'étaient des émigrés français. On distinguait, parmi eux, 
plusieurs illustrations de l'église gallicane ; quelques-uns avaient été membres de l'assemblée 
nationale de 1789, d'autres avaient pu se soustraire à la hache des septembriseurs, d'autres 
avaient quitté leur cloître ou leur presbytère. Beaucoup d'autres émigrés français, officiers 
de terre et de mer ou magistrats, étaient également assidus en la salle de lecture. Je les ai vus 
plusieurs fois, jetais alors élève au collège Thérésien. Tous cherchaient à oublier dans cet 
asyle silencieux des Muses, les ennuis et les privations de l'exil. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccm 

Au commencement de l'année 1794 ils espéraient, plus que jamais, de rentrer en France. 
Le jeune empereur François II, âgé alors de 26 ans, arriva à Bruxelles le 9 avril. Il fut 
inauguré, en personne, duc de Brabant, le 23 du même mois; il prêta serment sur le 
missel des ducs de Brabant, à la même page où se voit l'empreinte de la main de l'infante 
Isabelle. 

Mais les immenses préparatifs des armées coalisées, échouèrent le 26 juin suivant, à la 
bataille de Fleurus , contre l'armée républicaine de Sambre et Meuse , tandis que la ville 
d'Ypres et les autres places de la Flandre maritime, étaient envahies par d'autres troupes 
françaises, qui formaient l'armée du Nord. 

La jonction des deux armées victorieuses, l'une par Genappe et Waterloo, l'autre par Gand 
et Alost, se fît dans Bruxelles, le li juillet suivant. 

Leur entrée dans la capitale des Pays-Bas , avait été retardée de quelques jours , par la 
savante retraite de l'armée autrichienne, commandée par le prince de Cobourg; elle s'était 
ralliée , après avoir été battue à Fleurus , dans de belles positions militaires , depuis la 
Dyle et les Quatre-Bras jusqu'à Soignies , pour favoriser l'évacuation des objets appartenant 
au gouvernement autrichien dans la ville de Bruxelles. Les préparatifs entre autres de l'ex- 
pédition des archives vers l'Allemagne, commencèrent ostensiblement et se firent tranquil- 
lement dès le 1 er juillet. Comment fut-il possible que dans les dix jours entiers du 1 er au 11 , 
qui précédèrent l'entrée des Français, on oublia la Bibliothèque de Bourgogne, qui était la 
propriété incontestable du souverain. 

Que l'abbé Chevalier, bibliothécaire et chanoine de Leuze, que l'abbé Mann , né Irlandais , 
que Nélis, évêque d'Anvers et d'autres académiciens, eussent suivi l'entraînement des émigrés 
français, qui avaient tout à redouter des soldats de Robespierre (c'était alors l'expression vul- 
gaire), cela s'explique aisément: mais que le dépositaire ait oublié le dépôt ; que l'on ne 
retrouve aucune trace écrite, si nous sommes bien informés, qui fasse connaître que l'on eût 
demandé les instructions du gouvernement autrichien, au moins pour emballer les manuscrits 
les plus précieux , cela ne peut s'expliquer, d'autant plus que l'on savait, par les mesures 
administratives mises en usage en France, qu'on enlevait les objets les plus précieux des arts 
et des sciences, pour les centraliser à Paris. Il faut dire cependant, pour l'apologie de l'émi- 
gration de l'abbé Chevalier, que Gérard, secrétaire perpétuel de l'académie, demeurant dans 
une maison attenante à la Bibliothèque de Bourgogne, n'a pas émigré. Il aurait pu le faire, 
car le 21 mai 1794, l'académie avait tenu sa dernière séance, avant les vacances qui ne 
devaient finir qu'au mois d'octobre suivant. Mais ce corps littéraire ne s'est plus réuni avant 
le 18 novembre 1816, conformément aux arrêtés du roi des Pays-Bas du 7 mai et du 5 juillet, 
même année. 



cciv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

TROISIÈME SECTION. 

PÉRIODE DE LA RÉUNION DE LA BELGIQUE A LA FRANCE. 



CHAPITRE PREMIER. 

Spoliation de la Bibliothèque de Bourgogne. 

Si, dans Paris et à la Convention nationale, il y avait un parti nombreux, long-temps 
dominant , qui voulait métamorphoser la civilisation de la France , et la rendre rétrograde ; 
si un Dumas avait dit qu'il fallait guillotiner tous les gens d'esprit ; si un Chabot avait avoué 
qu'il n'aimait pas les savants; si les Robespierristes avertissaient les autorités constituées 
qu'il ne fallait qu'un seul genre d'esprit, et enfin s'ils ajoutaient, selon les témoignages des 
écrivains contemporains : « Méfiez-vous de cet homme qui vous demande un certificat de 
» civisme, car il a fait un livre », on doit faire connaître aussi qu'il y avait à Paris et dans 
cette même Convention nationale , un parti également nombreux , qui renversa les Robes- 
pierristes, qui sauva l'honneur de la France et conserva la belle civilisation française; ce 
parti fit recueillir les débris des monuments des connaissances humaines et des beaux-arts, 
que les anarchistes avaient voulu anéantir. 

C'est ce généreux parti, qui fit provoquer, malgré la flagrance de la terreur, le décret 
du 5 brumaire an II de la république (2a octobre 1793), explicatif de celui du 18 vendé- 
miaire précédent (10 octobre), qui prescrivait la destruction des monuments de la féodalité. 

L'article 1 er du décret du 3 brumaire an II, défendait « d'enlever, de détruire, de mutiler, 
» ni altérer en aucune manière , sous prétexte de faire disparaître les signes de féodalité ou 
» de royauté, dans les bibliothèques, les livres imprimés et manuscrits » . 

L'article 2 de ce décret, prescrivait de faire transporter au muséum le plus voisin, pour y 
être conservés pour l'instruction nationale, les monuments qui intéressent les arts ou l'his- 
toire. 

Ces mesures provoquées courageusement, lorsque l'opposition encourait souvent la peine 
de mort, étaient en quelque sorte l'exécution d'un autre décret du 13 octobre 1790, qui est 
le commencement de la centralisation à Paris, de tous les objets artistiques et scientifiques, 
dans un temps où l'on supprimait en France, toutes les maisons monastiques, et toutes 
les anciennes administrations, avec plus ou moins de violence. 

On sait aussi que le gouvernement français fit application de ces principes de centrali- 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccv 

sation artistique, aux pays conquis; la France était alors infatuée de ces idées de spoliation, à 
l'exemple de la république romaine, qui, en faisant la conquête de la Grèce, en avait enlevé 
les chefs-d'œuvre des beaux-arts. Les Romains avaient imité d'autres peuples, nous l'avons 
dit à la page xix précédente. 

On comprendra aisément d'après ces explications, pourquoi les meilleurs tableaux de nos 
églises et de nos monastères, plusieurs statues et d'autres objets d'arts du domaine public, tels 
que les livres de la Bibliothèque de Bourgogne, furent soumis aux recherches des commis- 
saires que le Comité de salut public avait envoyés de Paris, aux représentants du peuple, 
près des armées de Sambre et Meuse et du Nord. 

Les visites des commissaires se firent lentement à Bruxelles et ailleurs , depuis la fin du 
mois de juillet 1794. La terreur avait tellement paralysé les esprits, que personne n'osait 
penser à déplacer et à soustraire un seul objet. 

Enfin les commissaires des sciences et arts, Faujas, Leblond et Dewailly, se présentèrent 
à Bibliothèque de Bourgogne, le S complémentaire an II, (21 septembre 1794). Ils y 
furent reçus par le concierge , unique employé qui était resté à son poste en cette biblio- 
thèque. Ils enlevèrent un grand nombre de livres imprimés et de manuscrits ; ils en don- 
nèrent un reçu que nous avons imprimé à la page vm précédente; ils y revinrent encore 
plusieurs autres fois. Mais j'ignore s'ils ont laissé, à Bruxelles, des actes écrits de leurs 
spoliations subséquentes. Ce qu'il y a de certain, c'est que la restitution faite par le gou- 
vernement du roi Louis XVIII, le 20 novembre 1815, dont nous parlerons plus loin, est 
cinq à six fois plus nombreuse que le premier enlèvement, dont on connaît le reçu. 

« La république a usé de son droit, disait le bibliophile A. G. Camus, dans son Voyage, 
» T. i, p. 167, en choisissant parmi les dépouilles des vaincus, celles dont elle voulait s'en- 
» richir; on doit savoir gré à ceux qui gouvernaient , d'avoir mis un assez grand prix aux 
» richesses littéraires, pour regarder leur acquisition comme un des plus beaux fruits de la 
» victoire». 

Mais nous le demanderons, comment peut-on concilier ces paroles avec les proclamations 
de ce temps-là , avec les bataillons de soldats Belges, qui servaient, en leur qualité nationale, 
aux armées françaises, pour venir, disait-on, délivrer notre patrie; avec les sociétés popu- 
laires, alors créées à Bruxelles; avec les demandes de réunion à la France, qui furent faites 
dès le 28 juillet 1794. Sans doute les opinions républicaines n'étaient pas celles de la majorité 
du peuple belge ; mais une faible minorité, aux idées révolutionnaires, avait l'apparence 
d être les mandataires des vœux de la généralité ; celle-ci était réduite au silence par la 
crainte d'être maltraitée. 

Les commissaires des sciences et arts, firent apposer, conformément à l'article 8 du décret 

yy 



ixvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

du 3 brumaire an II , les scellés sur la salle de la Bibliothèque de Bourgogne , après la 
spoliation de ses meilleurs livres, dans l'intention d'empêcher la dilapidation du petit nombre 
de volumes qu'ils y laissèrent. Le 7 vendémiaire an III (28 septembre 1794), le conven- 
tionnel Grégoire rendit compte à la tribune, par un discours très-étendu, qu'à l'imitation 
des Romains et de Démétrius Poliorcète, on avait recueilli de la Belgique et transporté à Paris : 
« les planches de la fameuse carte de Ferraris , vingt-deux caisses de livres et cinq voitures 
» d'objets scientifiques ». Ce conventionnel ajoutait que : a parmi les manuscrits se 
» trouvaient ceux qui avaient été enlevés en 1749 et restitués par suite au traité du 
» 16 mai 1769 ». 

Ces détails sont extraits du Moniteur. M. Barrois, (dans sa Bibliothèque protypographique), 
fait monter à 440, le nombre des manuscrits pris à la Bibliothèque de Bourgogne. Millin, 
(Magasin encyclopédique) , fait connaître T. i , p. 284, que la bibliothèque de Louvain avait 
été spoliée de 5000 volumes ; nous ignorons ce qui fut pris à Gand et ailleurs, quoique nous 
ayons vu, pendant ces dernières années, le fameux manuscrit d'Aldelmus, de Virginitate, 
provenant de l'abbaye de S 1 . -Pierre de Gand et qui avait été à la bibliothèque de Paris , 
comme l'atteste sa reliure impériale. 

Selon le témoignage de M. Barrois, les manuscrits de la Bibliothèque de Bourgogne, 
déposés d'abord au local des Cordeliers , à Paris , où l'on rassemblait provisoirement toutes 
les collections bibliographiques enlevées aux monastères , aux autres établissements sup- 
primés et chez les émigrés , furent inventoriés par Germain Poirier, alors ex-Bénédictin de 
la congrégation de S*.-Maur. Ce savant avait eu le bonheur d'échapper aux massacres de 
septembre 1792, quoiqu'il fût à l'abbaye; il s'y trouvait encore pendant l'incendie qui en 
dévora les imprimés, le 20 avril 1794; c'est lui qui en sauva les manuscrits; c'est encore lui, 
comme on vient de le dire, qui inventoria ceux de la Bibliothèque de Bourgogne, avant 
leur dépôt et leur estampille en la bibliothèque dite alors nationale. On doit regretter de ne 
pas avoir une expédition de son travail. Il mourut le 13 pluviôse an XI (2 février 1803), 
âgé de 79 ans. Les satellites de Robespierre respectèrent toujours ses opinions religieuses, 
qu'il manifestait avec la modestie inoffensive de la vraie piété. 

CHAPITRE II. 

Organisation d'une bibliothèque publique à Bruxelles. 

Ce n'était plus le temps où l'Assemblée Nationale de France, proclamait, à la face de 
l'univers, qu'elle ne voulait point s'immiscer dans les gouvernements des peuples étrangers, 
et refusait son patronage au peuple belge, après l'expulsion de l'autorité de Joseph II. En 1794 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. tcvu 

et 1795, au contraire, la Convention Nationale et le gouvernement constitutionnel qui lui 
succéda, avaient propagé les idées de démocratie dans le Porentrui, en Savoie, aux Pays-Bas 
autrichiens, au pays de Liège, etc., de même que peu de mois plus tard, un jeune général 
qui devait un jour, devenir comme César, le souverain de ses concitoyens, introduisait les 
mêmes principes de démocratie, en Italie. Mais si les Italiens, sous l'influence de ce jeune et 
habile capitaine, également homme de guerre et de cabinet, eurent le bonheur de former des 
souverainetés, qui conservèrent les apparences de l'indépendance et de la nationalité, il n'en 
fut pas de même aux Pays-Bas. Les généraux français des armées du Nord et de Sambre et 
Meuse, n'étaient pas des hommes d'état, comme le général en chef de l'armée d'Italie. 
Celui-ci évita de commettre les fautes de Charles VIII à Naples , et de Louis XII et de 
François I er , dans le Milanais, par de folles réunions. Contrairement à cette sage politique, 
on insinua dans Bruxelles, de s'attacher aux destinées nouvelles de la France, et d'oublier 
notre vieille nationalité. On ne considéra point que deux fleuves en se réunissant, ne forment 
qu'un seul courant et que le plus faible perd son existence et son nom. Au-delà des Alpes, 
on voulut conserver la vieille Italie et rendre la ville de Milan l'égale de la ville de Paris, 
au lieu que Bruxelles n'allait être qu'un chef-lieu de département. Sa bibliothèque allait 
devenir départementale et ensuite communale. 

Si notre nationalité s'était conservée, il est possible que les malheurs de l'Europe, sous 
l'empire français, ne fussent pas arrivés par une extension monstrueuse de territoire, dont 
les premiers jalons furent posés en Belgique. Que l'on me pardonne ces réflexions étrangères 
à ce résumé; elles nous conduiront, un peu plus loin, à la réunion de la Belgique à la France. 

Dès le 21 fructidor an II, (7 septembre 1794), aussitôt que la domination française se 
fut étendue sur tout le territoire belge et liégeois en deçà de la Meuse , un arrêté des repré- 
sentants du peuple, envoyés près les armées du Nord et de Sambre et Meuse, procéda à une 
organisation générale, en conservant les noms de cinq provinces, le Brabant, la Flandre, y 
compris le Tournaisis, le Hainaut, Namur et Liège. 

Trois jours plus tard, le 24 fructidor (10 septembre), une municipalité, sous le nom de 
Magistrat, fut organisée à Bruxelles; c'est cette municipalité qui procéda, vers la fin du 
même mois de septembre , à l'apposition des scellés sur la salle de la Bibliothèque de Bour- 
gogne , comme nous l'avons dit. 

Un autre arrêté du 24 vendémiaire an III (17 octobre 1794), des mêmes représentants du 
peuple , organisa des administrations générales pour la Belgique , à Bruxelles , à Gand , à 
Ypres , à Tournay, à Namur, à Mons et à Liège. Par l'article cinquième de cet arrêté, une 
commission fut établie à Bruxelles, pour l'administration centrale et supérieure de toutes les 
affaires de la Belgique. 



ccvm NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Alors un généreux étranger, né en Espagne, mais dont les ancêtres étaient établis à 
Bruxelles depuis le temps d'Albert et Isabelle, La Serna y Santander, dont nous avons cité 
un grand nombre de fois le nom et le Mémoire, dans ce résumé, et qui possédait lui-même 
une très-riche bibliothèque , se dévoua pour recueillir les objets scientifiques qui avaient 
échappé aux recherches des commissaires français , dans les collections qui provenaient des 
émigrés et qui allaient provenir de la suppression des ordres monastiques. Aussi modes- 
tement pieux que Dom Poirier, que nous avons fait connaître à la page ccvi précédente, 
il ne dissimula jamais la profession de ses opinions religieuses, dans un temps où tout 
tendait à l'abolition du christianisme. Il se dévoua pour sauver les débris de la Bibliothèque 
de Bourgogne, qui avait été presqu'enlièremcnt la proie du vainqueur, par une conséquence 
d'un l'oubli inexplicable pendant les derniers jours de l'autorité autrichienne. 

Cependant, à Paris, depuis le 7 vendémiaire précédent, (28 septembre 1794), le con- 
ventionnel Grégoire avait prononcé à la tribune , au nom de la commission chargée de 
réparer les pertes résultant du vandalisme des Robespierristes , un long discours dont nous 
avons extrait ci-dessus, les lignes dans lesquelles il rend compte des trophées littéraires, pro- 
venus de la Belgique. La Serna pouvait donc agir sans qu'on lui fit un crime de ses bonnes 
intentions. L'ordre commençait à se rétablir. Plusieurs honnêtes gens eurent le courage, tels 
que l'ami de La Serna, Lambrechts, qui plus tard fut ministre, de se mettre à la tête des 
administrations et de surveiller les monuments artistiques et littéraires. 

Dès le 12 frimaire an III (3 décembre 1794), l'administration centrale prit un arrêté pour 
rétablir une bibliothèque publique dans la commune de Bruxelles, car le nom de Biblio- 
thèque de Bourgogne eût été un contre-sens, pendant cette période anti-féodale. Par l'article 3, 
de cet arrêté, Gérard fut nommé bibliothécaire , Ortals de Tournay et La Serna , furent 
sous-bibliothécaires. 

L'article 4 prescrivait la vérification de la Bibliothèque ci-devant dite de Bourgogne et la 
rédaction d'un catalogue, selon la méthode de De Bure, alors en usage et qui était la meilleure 
pour ce temps-là. L'article 5 étendait les mêmes dispositions aux autres bibliothèques qui 
leur seraient confiées. (Voir T. m, p. 352 de la collection de Huyghe). En conséquence les 
scellés furent levés par un autre arrêté de l'administration centrale, daté du 12 nivôse 
an III, (1 er janvier 1795). 

Enfin un arrêté du 4 prairial an III (25 avril 1795), de l'administration centrale, pres- 
crivit les mesures pour l'ouverture de la bibliothèque « pour l'usage de chacun , y est-il dit, 
» à dater du 17 présent mois de prairial, (7 mai 1795) ». 

Cet arrêté est à-peu-près rédigé dans les mêmes termes que celui de 1772, que nous 
avons publié précédemment, mais avec des mesures pour empêcher l'insubordination de 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccix 

légalité républicaine, qui se croyait permis de toucher à tout, comme à un bien commun. 
On y ajouta la sage disposition que la bibliothèque serait ouverte tous les jours, excepté les 
quintidis et les décadis. C'est de là, lorsque le calendrier Grégorien fut rétabli, au i CI jan- 
vier i806, qu'est resté l'usage de fermer la bibliothèque de la ville, le mercredi. On trouve 
cet arrêté imprimé au T. iv, page 145, de la collection de Huyghe. 

Pendant la même année, quelques habilans du quartier du parc, (nous avons fait con- 
naître les constructions de ce quartier, à la page clxxiv précédente), renouvelèrent, en faveur 
de la liberté, les plaintes déjà anciennes, sur leur isolement du centre de la ville ; ils deman- 
dèrent la démolition du bâtiment de la Bibliothèque de Bourgogne, pour y percer un passage 
entre le milieu de la rue de la Liberté, c'était la rue Royale, au Parc, et le milieu de la rue 
de la Bibliothèque, c'était la rue d'Isabelle- car on avait changé, par arrêté municipal du 
27 vendémiaire an III, les noms de toutes les rues qui avaient quelque rapport avec ceux des 
princes, des monastères, de la religion et de l'ancien gouvernement. 

Ainsi, ce ne furent pas seulement les livres de la Bibliothèque de Bourgogne qui dispa- 
rurent du sol de la Belgique, mais on fit aussi détruire l'édifice qui les avait renfermés, tandis 
qu'en Italie, on conserve les monuments qui rappellent des souvenirs historiques. 

Avant de faire droit aux plaintes de ces habitans du parc, un arrêté du 6 vendémiaire an IV, 
(27 septembre 1795), prescrivit le transfert de la bibliothèque au local que le chancelier de 
Brabant avait occupé, qui est l'aile occidentale du palais actuel des Représentants et du Sénat. 
Cette opération fut commencée le 1 er brumaire (22 octobre) et la bibliothèque y fut réouverte 
au public, le 1 er frimaire (21 novembre 1795). 

Nous devrions terminer ici l'histoire ancienne de cette célèbre collection littéraire, mais 
quelques détails sont nécessaires pour arriver à sa réorganisation actuelle. 

CHAPITRE III. 

Bibliothèque appartenant successivement à l'Ecole Centrale de la Dyle et à la ville de Bruxelles. 

Une question se présente à résoudre. A laquelle des deux collections doit-on conserver le 
nom de Bibliothèque de Bourgogne ? Est-ce à la collection des livres manuscrits et des im- 
primés, qui a été formée par les ducs de Bourgogne-Valois et par les archiducs d'Autriche- 
Bourgogne, de la branche flamande, collection qui fut placée en grande majorité de volumes, 
dans la bibliothèque dite alors nationale à Paris ; ou bien , conservera-t-on ce nom à ses débris 
laissés à Bruxelles, en faible minorité, débris presque totalement composés de livres im- 
primés, provenant d'acquisitions du dix-huitième siècle, auxquels on ajouta les livres des 
couvents supprimés, en 1795, comme l'atteste le rapport statistique du préfet de la Dyle. 



ccx NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

adressé au ministre de l'intérieur, en l'an X. L'éparpillement en a été préservé par les soins 
de La Serna, en la commune de Bruxelles. 

Ce n'est pas à nous, partie intéressée, qu'il appartient de faire la réponse à ce problème, 
sur ces deux Bibliothèques de Bourgogne. On doit remarquer cependant, que la principale 
collection quoique enfouie à Paris, continuait d'y porter, étant réunie dans une salle spé- 
ciale , le nom célèbre et européen de Bibliothèque de Bourgogne , de même qu'il y a dans 
cette vaste bibliothèque de Paris, la bibliothèque Colbertine, celle de Peiresc, et beaucoup 
d'autres qui forment des fonds spéciaux, et de même aussi qu'à la bibliothèque du Vatican il 
y a la bibliothèque de la reine Christine et d'autres collections. 

On ne peut douter de la dilapidation presque totale de la Bibliothèque de Bourgogne à 
Bruxelles, car le texte de La Serna l'assure en termes fort clairs, (page 97). « On s'occupa 
» d'abord, dit-il, à former le catalogue des livres qui s'y trouvaient et qui étaient en si petit 
» nombre, qu'on peut dire avec vérité, qu'à cette époque, nous avons commencé l'établis- 
» sèment d'une nouvelle bibliothèque». Cela démontre que si les commissaires de la répu- 
blique ont enlevé 5000 volumes à Louvain, (voir page cevi précédente), ils ont enlevé, 
sans doute, à la Bibliothèque de Bourgogne, beaucoup plus que les 159 imprimés et les 141 
incunables, indiqués à leur premier et unique reçu qui soit connu. Si la seule restitution des 
manuscrits, en 1815, fut cinq à six fois plus considérable que le nombre porté en ce premier 
reçu, à combien devait se monter le nombre des imprimés enlevés en 1794? Cela est peu 
calculable. Mais comme je n'ai jamais vu la liste de la restitution des imprimés qui a été faite, 
en 1815, au commissaire Lammens, je ne puis rien dire de plus précis. 

Il n'y avait donc plus à Bruxelles que l'ombre de la Bibliothèque de Bourgogne. 

La solution de cette question n'est pas une chose oiseuse en bibliographie, parce qu'en 
Tannée 1809, La Serna l'a soulevée par le fait de la publication de son ouvrage, intitulé : 
Mémoire historique sur la Bibliothèque dite de Bourgogne, présentement bibliothèque publique 
de Bruxelles. 

31ais on pénètre facilement l'intention patriotique de l'auteur. Comme il n'y avait pas, 
en 1809, le moindre espoir, qu'un jour, les plus précieux manuscrits de la Bibliothèque 
de Bourgogne eussent été restitués à la Belgique, La Serna, véritablement belge par ses 
opinions, avait voulu conserver à sa patrie d'adoption, un des plus beaux noms nationaux, 
témoignage de la gloire littéraire de nos ancêtres. 

Ses expressions et ses citations des manuscrits, (pages 96 et autres de son mémoire), nous 
font connaître que la vraie Bibliothèque de Bourgogne était à Paris. 

Hàtons-nous d'arriver à la fin de ce résumé, par quelques détails sur la bibliothèque de la 
ville de Bruxelles, dans laquelle nous verrons plus loin, que furent déposés les volumes resti- 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccxi 

tués par une des conventions du 20 novembre 1815, d'autant plus que la Bibliothèque de 
Bourgogne est encore aujourd'hui dans ce même emplacement, au palais dit de l'Ancienne 
Cour- elle y occupe des salles attenantes à celle de la ville. Consultons encore La Serna sur 
cette nouvelle collection, qui est son ouvrage, à lui seul, comme nous allons le voir. 

« La confusion, dit-il, qui régnait chez nous, dans ces circonstances orageuses, occasionna 
» des dilapidations considérables; heureusement l'administration centrale et supérieure de la 
» Belgique, composée d'hommes à talents et de probité, rétablit bientôt l'ordre dans le gou- 
» vernement intérieur et arrêta les progrès de la malveillance. Les malheurs arrivés aux 
» lettres et aux arts ne lui furent pas indifférents. Cette administration s'occupa d'abord de 
» la bibliothèque publique ». Nous ajoutons qu'à cette administration transitoire, succéda 
le gouvernement régulier de la Constitution de l'an III. 

En effet, on sait que la réunion de la Belgique à la France, fut l'opération des dernières 
séances de la Convention Nationale, le 9 vendémiaire an IV, (1 er octobre 1795); que la sup- 
pression des couvents en fut la conséquence; que les scellés avaient été apposés sur les 
bibliothèques monastiques, par la loi du 15 frimaire an IV (C décembre 1795). 

On doit ici faire une remarque importante sur la perte d'un grand nombre de manuscrits 
des couvents supprimés. Depuis le rétablissement de l'autorité autrichienne , entre les an- 
nées 1791 et 1794, le haut clergé belge, membre des Etats provinciaux, était de plus en 
plus mécontent, malgré les concessions et les ménagements du gouvernement de Léopold II 
et de François H. On peut voir sur cet objet, (Hist. belg. de Dewez), la lettre des gou- 
verneurs-généraux, adressée, en 1791, aux Etats de Brabant. Contre toute vraisemblance, 
un grand nombre de religieux aspiraient après l'entrée des républicains français. Dans beau- 
coup d'abbayes, on s'était imaginé qu'ils auraient rétabli les privilèges dans leur intégrité. 
On ne peut expliquer ces illusions absurdes. Dans d'autres abbayes, au contraire, on les 
redoutait tellement, que tout le personnel en était émigré, au moment de leur invasion. 

Cependant, on fut assez prévo}ant dans quelques églises et monastères, pour soustraire 
aux désordres des premiers moments de l'entrée du vainqueur, les objets les plus précieux, 
surtout ceux en or, en argent, en pierreries et même des manuscrits. On les fit partir, à la 
suite du convoi d'évacuation militaire, vers l'Allemagne. 

On doit citer, par exemple , qu'avant l'entrée des Français, on avait fait évacuer de l'église 
de S te .-Gudule, à Bruxelles, l'argenterie qui était une des plus riches de l'Europe, la isobe de 
perles, donnée par l'Infante Isabelle, au S 1 . -Sacrement des Miracles, et qui était évaluée 
à 50,000 florins (environ 100,000 francs), le tableau de S 1 . -Pierre, recevant les clefs de 
Jésus-Christ, l'un des chefs-d'œuvre de Rubens. On avait fait évacuer de l'église des Petits- 
Carmes , véritable gallerie de tableaux de Rubens , celui de S te . -Thérèse en extase devant 



ccxu NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Jésus-Christ, évalué à un million de florins, ce qui signifie d'un prix au-dessus de toute 
estimation; mais aussitôt après l'entrée des Français, on n'osa plus rien soustraire, comme 
nous lavons dit précédemment. 

Cependant les honnêtes gens s'étaient rassurés depuis la chute de Robespierre. Beaucoup de 
nobles et d'ecclésiastiques, qui avaient émigré, rentrèrent en Belgique, surtout depuis que 
l'administration centrale , qui se conduisait avec sagesse et fermeté , était enfin parvenue à 
comprimer les Sans-Culottes. Cette expression hideuse est historique. 

Les moines, pendant l'année 4795 tout entière, voyaient s'avancer chaque jour, le moment 
de leur suppression ; ils eurent alors tout le temps nécessaire pour soustraire, parmi des objets 
précieux, un grand nombre de manuscrits et même des registres et des archives, malgré 
les ordres tardifs donnés pour l'apposition des scellés sur les bibliothèques monastiques. 

Enfin, le décret de suppression fut promulgué, mais cette opération désagréable s'est faite 
tranquillement, sans désordre, sans violence; je parle de tous ces faits en témoin occulaire. 
Les temps étaient bien changés, depuis les horreurs qu'on avait commises en France, cinq 
années auparavant, pour de semblables suppressions. 

Il est résulté de tout cela, qu'une masse de manuscrits précieux est passée clandestinement 
dans les mains d'un grand nombre de détenteurs ecclésiastiques ou bourgeois et chez des 
fermiers d'abbayes. Ces détenteurs sont morts pour la plupart, sans les avoir restitués , ayant 
toujours attendu le retour chimérique des Autrichiens , qui devaient rétablir l'ancien ordre 
des choses; plusieurs de leurs héritiers ont ignoré d'où provenaient ces dépôts. 

Ainsi l'on reconnaîtra , d'après cet exposé , comment il se fait qu'on rencontre souvent , 
dans le commerce, les manuscrits les plus précieux des monastères et les pièces diplomati- 
ques de leurs archives. Le gouvernement est dans la nécessité de les racheter quelquefois fort 
cher, pour les faire rentrer sous la main de l'État. 

Peu de jours après le décret de réunion de la Belgique à la France, les Ecoles Centrales 
furent instituées, par la loi du 5 brumaire an IV. La bibliothèque rétablie par Gérard, 
La Serna et Orthals, fut annexée à l'École Centrale du département de la Dyle, qui devint 
une des plus florissantes de la France, pendant cette période de réunion. 

L'École Centrale et la bibliothèque furent placées au palais des gouverneurs-généraux 
qu'on appela dès lors l'Ancienne Cour. On établit les livres dans plusieurs des grands appar- 
tements, qui sont remarquables par les magnifiques plafonds du sculpteur Dewez , qu'il ne 
faut pas confondre avec l'historien. La Serna en fut bibliothécaire ; nous avons fait con- 
naître précédemment que cette bibliothèque, devenue départementale, se composait d'en- 
viron 80,000 volumes, provenant, en très-grande partie, des couvents supprimés. 

Peu de temps auparavant, Gérard s'était retiré, conservant comme beaucoup d autres 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE, ccxm 

employés de l'ancien gouvernement de nos provinces, la fidélité la plus constante envers la 
maison d'Autriche, dont il espéra toujours que la domination se fût bientôt rétablie chez 
nous. C'était, à cette époque, comme nous l'avons dit, l'illusion d'un très-grand nombre 
d'honnêtes gens; c'est le plus bel éloge du gouvernement paternel de cette auguste maison; 
mais ce fut une des causes qui nuisirent, dans ce pays, à la prospérité publique, pendant les 
premières années de la réunion de la Belgique à la France. 

Gérard s'était identifié en quelque sorte, avec la Bibliothèque de Bourgogne, pendant 
quarante ans de travaux assidus, depuis- le ministère de Cobentzl. La réorganisation et les 
immenses accroissements de cette bibliothèque, lui sont dus en très-grande partie. Il était 
né le 2 avril 1734; il mourut, dans sa maison, attenante autrefois à la bibliothèque, le 
4 juin 1814. Il rédigea un catalogue des manuscrits, sous la date de l'an 1797, nous en avons 
fait une copie , que nous citons souvent ; le texte autographe est la propriété du gouver- 
nement hollandais. «. 

Si l'on regrette ce catalogue de Gérard, ouvrage que l'on peut recomposer en très-grande 
partie, Ion doit regretter, cent fois davantage, que le roi Guillaume I er , après avoir ordonné 
l'acquisition de sa bibliothèque, dont le catalogue fut imprimé en 1817, en ait fait trans- 
porter en Hollande les manuscrits, au nombre d'environ trois cents, car toute la bibliothèque 
de Gérard était un véritable musée de l'histoire de Belgique. Ses manuscrits ne sont pour 
les Hollandais qu'une collection précieuse ; ils eussent été pour les Belges, un des plus utiles 
monuments des annales de notre antique et glorieuse nationalité. 

Après que les Lycées eurent remplacé les Ecoles Centrales en 1802, la bibliothèque fut 
confiée aux soins de la mairie de Bruxelles, selon l'usage de ces temps, de faire supporter le 
plus qu'il était possible, les charges du budjet de l'état par les budjets des communes. Il y eut 
une vérification des catalogues, qui est datée du 25 brumaire an XI. La Serna eut la géné- 
rosité de continuer d'exercer gratuitement les fonctions de bibliothécaire. Enfin, un des 
articles d'un décret impérial, daté de Bruges, le 19 mai 1810, en accordant plusieurs avan- 
tages à la ville de Bruxelles, lui concéda le palais de l'Ancienne Cour. Depuis lors cette 
bibliothèque est devenue définitivement communale. 

Nous ne pouvons nous dispenser, avant de terminer cette section , de transcrire le texte 
d'un autre décret impérial, daté du 20 février 1809, (Bulletin des lois 226), concernant les 
publications des manuscrits ; ce décret important qui nous paraît être encore en vigueur, est 
peu connu : 

Napoléon, etc., etc. 
Article premier. Les manuscrits des archives de notre ministère des relations extérieures et ceux des bibliothèques impé- 
riales, départementales et communales, ou des autres établissements de notre empire, soit que ces manuscrits existent dans les 

aao 



ccxiv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

dépôts auxquels ils appartiennent, soit qu'ils eu aient été soustraits, ou que leurs minutes n'y aient pas été déposées, aux 
termes des anciens règlements, sont la propriété de l'état et ne peuvent être imprimés sans notre autorisation. 

Art. 2. Cette autorisation sera donnée par notre ministre des relations extérieures, pour la publication des ouvrages dans 
lesquels se trouveront des copies, extraits ou citations des manuscrits, qui appartiennent aux archives de son ministère et par 
notre ministre de l'intérieur pour celle des ouvrages, dans lesquels se trouveront des copies, extraits ou citations des manus- 
crits qui appartiennent à l'un des autres établissements publics, mentionnés par l'article précédent. 

Le 2 septembre 1811, La Serna donna sa démission de ces fonctions gratuites de biblio- 
thécaire de la ville et proposa en sa place Van Hulthem, son ami, qui les exerça aussi 
gratuitement. 

Nous devons faire mention de cette mutation, parce que nous allons voir, quatre années 
plus tard, que Van Hulthem, conservateur de la bibliothèque de la ville, cumulera, toujours 
gratuitement , les fonctions de conservateur de la Bibliothèque royale de Bourgogne , lors- 
qu'elle sera restituée par le gouvernement français. Van Hulthem la fera placer auprès de la 
bibliothèque de la ville, comme nous l'avons dit. Il en est résulté qu'avant 1850, le vulgaire, 
et même des savants tels que l'estimable M. Hsenel (catalogus codicum Mss.)^ se sont imaginé 
que les deux bibliothèques, administrées par le même conservateur et dans le même palais, 
l'une à côté de l'autre, étaient une seule propriété et qu'il n'y avait que des manuscrits de 
Bourgogne , sans aucun livre imprimé. 

Vingt-cinq jours après la proposition faite par le maire de Bruxelles , Van Hulthem fut 
nommé, par arrêté suivant du préfet de la Dyle. Nous avons copié cet acte sur la minute 
qui est au gouvernement provincial du Brabant. 

Bruxelles, 27 septembre 1811. 

Le préfet. Sur la présentation de M. le maire de Bruxelles, nomme M. Van Hulthem, recteur de l'académie (univer- 
sitaire impériale d'instruction publique) , à la place de conservateur de la bibliothèque de cette ville , vacante par la 
démission de M. de La Serna. 

Copie du présent arrêté sera adressée à M. le maire de Bruxelles , pour en transmettre ampliation à M. Van Hulthem et le 
faire entrer en fonctions. 

(Signe) Le préfet , Latour Du Pin. 

La Serna, étant décédé le 23 novembre 1813, Van Hulthem resta définitivement titulaire 
de la place de son ami , jouissant de la plus haute considération , car l'empereur Napoléon 
ayant voulu le nommer sénateur, il eut la générosité et la délicatesse d'informer l'autorité 
suprême, qu'il n'avait pas encore atteint lage de 40 ans révolus, qui était fixé par un des 
articles de la constitution de l'an VIII, pour être appelé à cette dignité. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE KOYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccxv 

QUATRIÈME SECTION. 

DU ROYAUME DES PAYS-BAS. 



CHAPITRE PREMIER. 

Rétablissement de la Bibliothèque de Bourgogne. 

Par une des conventions du 20 novembre 1815, qui furent signées à Paris entre les minis- 
tres des puissances alliées et ceux du roi Louis XVIII , les objets d'arts et de sciences , qui 
avaient été enlevés dans les pays conquis par les armées françaises , furent restitués. En 
conséquence, le commissaire belge Lammens, de Gand, fut chargé de la partie de cette 
reprise, qui concernait les livres appartenant au royaume des Pays-Bas. lis avaient été 
placés, comme on l'a dit, en la bibliothèque alors impériale, à Paris; ils étaient pour la 
plupart dans une salle où je les ai vus réunis , si j'ai bonne mémoire , et les moins précieux 
étaient dans un grenier ; leur reprise a dû être facile à s'effectuer. 

Ceux placés dans ladite salle , étaient en grande partie reliés au dos en maroquin rouge , 
avec le chiffre impérial N et les attributs impériaux 5 quelques-uns avaient le chiffre royal LL, 
ayant été reliés, après la première abdication de Napoléon, pendant le régne de Louis XVIII, 
en 1814 et 1815. 

Cette reliure, qui est, en ce moment, un des ornements de la Bibliothèque de Bourgogne, 
est plus éclatante que celle en maroquin cramoisi , qui avait été confectionnée sous le règne 
de Louis XV, pour les manuscrits enlevés par le commissaire Courchelet-Desnans , et qui se 
trouvaient mêlés avec ceux de reliure impériale. 

Van Hulthem, bibliothécaire de la ville de Bruxelles, étant aussi conservateur de la 
Bibliothèque de Bourgogne, comme nous l'avons dit, avait reçu du commissaire Lammens, 
le 23 novembre 1816 : 

Articles inventoriés sur une liste 930 Mss. 

A déduire les manuscrits du stadhouder, prince d'Orange, qui furent ren- 
voyés à La Haye 52 — 

Reste. . . 898 — 
Plus les manuscrits repris en masse , dans les greniers de la bibliothèque 
impériale et qui ne sont pas inventoriés 621 — 

Total. . . 1,519 — 



«xxv! NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

J'ignore ce qui concerne les 141 volumes d'anciennes éditions et les 159 volumes d'ou- 
vrages sur les sciences , les arts, l'histoire, etc., qui sont désignés à la page vm précédente, 
d'après le texte de La Serna (p. 75.), ayant été enlevés le 21 septembre 1794, par les com- 
missaires de la République française. Nous engageons le lecteur à relire ce reçu qui est une 
pièce importante pour l'explication du présent passage de notre résumé. 

Alors fut rétablie la Bibliothèque de Bourgogne , dans une des salles de la bibliothèque 
publique de la ville de Bruxelles, comme nous l'avons dit. L'académie des sciences et belles- 
lettres ayant été réorganisée, par arrêté royal du 7 mai 1816, tint ses séances pendant 
quelques mois, dans cette même salle, comme cela s'était fait sous le gouvernement de la 
maison de Lorraine. 



CHAPITRE II. 

Acquisition de la bibliothèque des Bollandistes. 

Pendant les dernières années de l'administration de M. Van Hulthem , on informa de 
divers côtés , le ministre de l'intérieur, qu'une partie considérable de la bibliothèque des 
Bollandistes, recelée depuis Tannée 1795, par des fermiers de l'abbaye de Tongerloo, allait 
être vendue publiquement à Anvers. On a vu antérieurement au chapitre concernant la 
suppression des jésuites, que ces livres étaient la propriété de l'état. 

En effet, nous avons dit à la page cxc, en expliquant les manuscrits laissés à la disposition 
des Bollandistes, que le gouvernement du prince Charles leur avait accordé pour la publica- 
tion des ActaSanctorum, un logement à Bruxelles, en l'abbaye de S*. -Jacques en Froidmont, 
dite vulgairement Caudenberg, en langue flamande. Ce n'est pas nous qui inventons le nom 
français tombé en désuétude, on le trouve en lettres capitales, parmi les titres des églises 
urbicaires de Bruxelles, à l'almanach ecclésiastique des Pays-Bas, page 35, année 1782. 

L'abbé Warnots, prélat de cette abbaye de l'ordre de S*. -Augustin, premier chapelain de 
la chapelle royale et curé de la cour, obtint pour la dépense de la pension des pères 
De Bye, De Bue , Hubens et Ghesquierre , collaborateurs de cet ouvrage, la somme annuelle 
de 2000 florins (environ 3828 francs), l'autre moitié étant au profit des rédacteurs. Le 
père Hubens, étant décédé en 1780, le père Fonçon, jeune religieux de Caudenberg, le 
remplaça. 

Le 23 mai 1786, l'abbaye fut supprimée par ordre de Joseph II; les Bollandistes transpor- 
tèrent leur cabinet et leur bibliothèque dans la partie du bâtiment des anciens jésuites qui 
avait servi , momentanément, au pensionnat du collège Thérésien, à Bruxelles. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccxvn 

L'abbé Ghesquierre, ayant quitté la rédaction, pour publier isolément les Acta Sanctorum 
Belgii selecta, dont il fit paraître six volumes, fut remplacé par Dom Bcrthod, bénédictin de la 
congrégation de S*. -Vannes, bibliothécaire à Besançon, mais celui-ci mourut le 19 mars 1788. 

Enfin, le 31 octobre de la même année 1788, le gouvernement de Joseph II , ordonna aux 
Bollandistes de cesser leurs travaux. Ils avaient publié jusqu'au tome v, finissant au H du 
mois d'octobre. On voulut vendre le fond de leurs matériaux bibliographiques, mais le père 
De Bye parvint à obtenir, par l'abbé de S 1 . -Biaise , l'autorisation de reprendre cet ouvrage 
pour son compte personnel. 

Le riche prélat de l'abbaye de Tongerloo , de l'ordre des prémontrés , offrit au gouver- 
nement de recevoir dans son monastère, les rédacteurs et leur bibliothèque, pour faire con- 
tinuer la rédaction au compte de l'abbaye; il proposa aussi de faire instruire, pour ce travail, 
plusieurs des religieux de son monastère. 

Les pères De Bye, De Bue et Ghesquierre obtempérèrent à ces propositions, mais le père 
Fonçon préféra demeurer à Bruxelles; il y fut placé en l'église de N. D. du Sablon. 

En conséquence de tout ceci, trois religieux prémontrés de Tongerloo, Sicardus Dickius, 
Cyprianus Goorius et Matheus Stalsius, se joignirent aux anciens jésuites De Bye, De Bue et 
Ghesquierre. 

En l'année 1794, avant l'entrée des Français, fut imprimé à Tongerloo, lypis abbatiœ , le 
tome vi d'octobre, contenant les trois jours, 12, 13 et 14; on devait y ajouter le 15 e jour. 
A cet effet la rédaction de la vie de S te . -Thérèse de Jésus, avait été composée typographi- 
quement. Pour l'écrire, on se servit entre autres d'un précieux manuscrit espagnol , que feu 
M. deLaSerna, dont le patriotisme commençait alors à se manifester, avait fait venir d'Italie. 

Remarquons à ce propos, que tous les détails du présent chapitre, sont extraits d'une note 
de La Serna ; nous en parlerons un peu plus loin. 

Malheureusement ce dernier travail typographique du 15 octobre, était resté inédit dans 
les magasins de l'imprimerie de l'abbaye et fut, dit-on, dilapidé ; le seul exemplaire que je 
connaisse, est à la bibliothèque de la ville d'Anvers. La régence d'Anvers a eu l'obligeance 
d'en faire expédier une belle copie manuscrite, qui est à la Bibliothèque de Bourgogne depuis 
l'an 1837. 

Aux mois de juillet et d'août 1794, les armées de la république française ayant conquis tout 
le Brabant, les religieux de Tongerloo et avec eux les Bollandistes, émigrèrent. Le père de Bue, 
revint plus tard à Hal, près de Bruxelles, dans sa famille; les deux autres ne revinrent plus. 
« Les abbés De Bye et Ghesquierre, (nous copions ceci de la note de La Serna), sont morts 
» en Allemagne, de sorte que de tous les collaborateurs des Acta Sanctorum, il ne restait 

» plus en 1810, que les trois religieux de Tongerloo, que l'on croyait retirés en Hollande 

bbb 



ccxvm NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

» OÙ IL ÉTAIT APPARENT QU ILS AVAIENT FAIT TRANSPORTER LA BIRLIOTHÈQUE ET LES MANUSCRITS » . 

Le père Goorius (Van de Goor), doit encore exister; il est octogénaire en ce moment. 

Tels sont les détails sur cette collection qui était, disait-on, chez les fermiers de l'abbaye de 
Tongerloo, à la frontière belge du Brabant-Hollandais. 

Ces détails furent transmis , le 9 août 4810, au préfet de la Dyle, pour renseignements 
positifs, par feu M. de La Serna, conformément à une lettre du 26 juillet précédent, du mi- 
nistre de l'intérieur (3 e division, bureau des sciences et beaux-arts), qui demandait au préfet, 
un rapport circonstancié sur ce qui pouvait exister encore du personnel des Bollandistes 
et de leur bibliothèque , sur les opérations à faire, pour continuer cette grande publication. 

Cette dépêche ministérielle se termine par cette phrase : « En un mot, je vous invite, mon- 
» sieur le préfet, de prendre tous les moyens convenables pour me faire parvenir des notions 
» positives sur la continuation de l'ouvrage dont il s'agit , et en particulier sur l'existence des 
» derniers auteurs qui se sont occupés de ce travail » . 

Cette pièce importante est une des preuves innombrables, que l'empereur Napoléon voulait 
immortaliser son règne, par tous les genres d'utilité et de célébrité. 

En effet, comme on le voit par la note de La Serna, on trouve dans la collection des 
Acta Sanctorum « un grand nombre de diplômes, de monuments, de dissertations savantes 
» et propres à éclaircir l'histoire de l'Europe et de l'empire d'Orient. » On voit aussi dans 
cette note, qu'en 1660, les pères Henschenius et Papebroch, envoyés à Rome, aux frais du 
Musée jésuitique d'Anvers , dont nous avons parlé à la page cxc , avaient fait la copie de 
700 biographies des saints «qu'ils tirèrent eux-mêmes des anciens manuscrits, tant grecs que 
» latins » . Enfin , on voit encore dans cette note, que le père De Bue , décédé à Hal , était 
bon poëte latin et qu'il était savant helléniste, chose alors assez rare. Nous ajoutons que 
Ghesquierre, outre ses talents philologiques, était un des meilleurs naturalistes belges de son 
temps et en correspondance avec Linnée. Je tiens ces détails d'un de ses amis. 

Une grande partie de cette riche collection bollandine , retrouvée aux environs de Ton- 
gerloo, est rentrée en la Bibliothèque de Bourgogne en 1827; elle est inventoriée au cata- 
logue depuis n° 7448 jusqu'au n° 9000. On y remarque, avec le plus grand intérêt, les 
matériaux, rédigés et mis en ordre selon les dates du calendrier, pour cet ouvrage , depuis le 
d 6 octobre jusqu'au 34 décembre. Ils sont cotés n°8911 à 8991, non compris le texte grec; 
ils sont reliés en 80 volumes. 

Le gouvernement royal des Pays-Bas a racheté cette précieuse collection , mais il paraît 
que l'on n'a pas encore la totalité. On préféra le rachat par de l'argent, à des menaces et à 
des poursuites par le ministère public , parce que d'autres collections de provenance monas- 
tique, se trouvant chez d'autres détenteurs depuis l'an 4795, comme on l'a dit à la pageccxn 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccxix 

précédente, il valait mieux payer pour les reprendre, que de risquer que les restes de ces 
collections précieuses fussent détruits par la crainte des désagréments que pourraient éprouver 
les héritiers de ceux qui les ont soustraites. 

Quoiqu'il en soit, la reprise des quatre-vingts volumes du manuscrit entièrement préparé, 
avec les pièces justificatives, pour la continuation de cet ouvrage jusqu'à sa fin , depuis le 
16 octobre jusqu'au 51 décembre, est une conquête précieuse pour la science de l'histoire. 

Par la conséquence déplorable de l'erreur qui avait commencé à se propager depuis 
l'an 1815, sous le gouvernement royal des Pays-Bas, on ne rechercha que les manuscrits 
des Bollandistes pour la Bibliothèque de Bourgogne, tandis que leurs impressions avaient été 
délaissées, loin de cette bibliothèque. Si cette erreur ne s'était pas accréditée, la Bibliothèque 
de Bourgogne, très-riche en impressions rares sous le gouvernement autrichien , comme on 
l'a démontré dans un très-grand nombre de passages du présent résumé, n'aurait pas été 
frustrée des imprimés précieux des Bollandistes. Un catalogue de la vente publique de ces 
imprimés et des manuscrits, annoncée à Anvers pour le 29 août 1825, prouve l'étendue de 
cette perte. 



CHAPITRE III. 

Fin du gouvernement du roi des Pays-Bas. — Réunion de la Bibliothèque de Bourgogne 

aux archives de l'État. 

M. Van Hulthem, bibliothécaire de la ville de Bruxelles depuis Tan 1811 , chargé de la 
conservation de la Bibliothèque de Bourgogne depuis la fin de l'an 1815, était membre des 
états-généraux ^ il devait par conséquent, alterner sa résidence entre Bruxelles et La Haye. 
Préférant d'ailleurs le séjour de Gand, sa ville natale, il avait donné sa démission de biblio- 
thécaire de la ville de Bruxelles, dès l'année 1821; mais il gardait les clefs de la Bibliothèque 
royale de Bourgogne. Ce dépôt n'était pas alors, à beaucoup près , aussi fréquemment visité 
et consulté qu'aujourd'hui. Les études artistiques et historiques étaient loin d'avoir l'exten- 
sion qui leur a été donnée depuis ces dernières années. 

M. Van Hulthem était à Gand, lorsque le 13 janvier 1827, à l'heure de midi, quelques ou- 
vriers plombiers réparant la toiture du palais , presqu'au-dessus de la salle de la Bibliothèque 
de Bourgogne, y laissèrent, par imprudence, un brasier allumé , pendant qu'ils étaient allés 
dîner. Le vent y fit éclore et propager, en peu d'instants, un incendie violent. M. Van de 
Weyer, bibliothécaire de la ville , quoique n'ayant jusqu'alors aucun rapport avec les ma- 
nuscrits de la Bibliothèque de Bourgogne , accourut accompagné d'un grand nombre de per- 



ccxx NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

sonnes notables. On brisa la porte de la salle et les serrures des armoires. L'on jeta par les 
fenêtres ceux des manuscrits qu'on n'avait pas le temps d'emporter. Heureusement on fut 
maître de l'incendie avant que ce fléau fût parvenu à la salle de la bibliothèque. Les assistants 
se conduisirent avec une telle délicatesse, qu'on n'a pas à regretter la perte d'un seul manuscrit. 

M. Van Hulthem donna sa démission de ses fonctions gratuites de la conservation de la Bi- 
bliothèque de Bourgogne; elle lui fut honorablement accordée, par arrêté royal du i6 jan- 
vier 1827. Een eervol onslag van zyne betrekking , als opzichter der handschriften van de 
zoogenaamde Bourgondische Bibliothéek. C'est-à-dire : Une démission honorable de ses fonc- 
tions de siwveillant des manuscrits de la Bibliothèque dite de Bourgogne. 

M Van de Weyer fut nommé en sa place, par le même arrêté royal du 16 janvier 1827, 
dont nous avons extrait la citation ci-dessus. Il en est résulté qu'il cumula, comme son pré- 
décesseur, ces fonctions sous les ordres du ministre de l'intérieur et de l'administrateur de 
l'instruction publique, des sciences et arts, avec les fonctions, entièrement distinctes , de 
bibliothécaire de la ville de Bruxelles, sous les ordres de la régence municipale. 

Cependant, à la fin de l'année 1826 précédente, le gouvernement du roi des Pays-Bas avait 
eu l'intention d'encourager de la manière la plus signalée , les publications des documents de 
l'histoire de tout le royaume, et les écrivains qui feraient usage de ces documents et d'autres 
pièces inédites , pour en composer de nouvelles histoires générales ou partielles, plus exactes 
que les précédentes. C'était, en quelque sorte, reprendre l'œuvre qui avait été un des objets 
de l'établissement de l'académie, sous le gouvernement du prince Charles de Lorraine. 

En conséquence , l'arrêté dont le texte va suivre , fut publié dans tous les journaux du 
royaume, vers le 4 janvier 1827. 

Nous Guillaume , etc. , roi des Pays-Bas , etc. Considérant qu'il existe sur l'histoire des Pays-Bas , de nombreux docu- 
ments qui n'ont pas été exactement examinés, dont on n'a encore fait aucun usage et qu'il n'y a, jusqu'ici, aucune histoire des 
Pays-Bas, faite d'après des pièces authentiques et qui embrasse toutes les parties de ce royaume ; 

Considérant qu'une telle histoire aurait le grand avantage de nourrir l'amour de la patrie , d'affermir les vertus civiques et 
de fortifier le caractère national ; 

Vu le rapport de notre ministre de l'intérieur , du 14 du courant ; 

Nous avons arrêté et arrêtons : 

Article premier. Il sera pris des mesures pour faire découvrir, examiner et mettre au jour, dans l'intérêt de l'histoire des 
Pays-Bas, les documents qui la concernent et qui, jusqu'ici, sont restés inconnus, ou dont il n'a point été fait un usage suffisant. 

Art. 2. Tous les savants nalionanx, qui s'occupent de travaux historiques , sont invités à nous faire parvenir, avant les fêtes 
prochaines de Pâques: 1° un plan détaillé, d'après lequel ils pensent qu'il conviendrait d'écrire une histoire des Pays- 
Bas, etc., etc. [Suivent aux articles S et -4, d'autres mesures pour l'examen et V exécution de ce plan). 

Art. 5. Notre ministre de l'intérieur est chargé de donner les ordres nécessaires aux gouverneurs de toutes les provinces et du 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. ccxxi 

grand-duché de Luxembourg, à l'effet de faire mettre en ordre et 'de classer toutes les archives des provinces, villes, com- 
munes et corporations ; d'en faire dresser des inventaires , dont un double sera envoyé à notre dit ministre , pour qu'il puisse 
en tirer parti, pour la composition de l'histoire des Pays-Bas. 

Notre ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté. 

Donné à Bruxelles , le 23 décembre 1826, de notre régne le 14 e . 

{Signé) GUILLAUME. 

Avant que le roi Guillaume I er eut formé le projet de réunir aux archives de l'état, la 
Bibliothèque de Bourgogne, qui renferme un grand nombre d'ouvrages historiques inédits, 
il fit prescrire des mesures semblables à celles de l'arrêté susdit; elles avaient pour objet de 
donner une nouvelle extension aux inventaires et au classement des archives de l'état, surtout 
à Bruxelles. Des ordres furent transmis par le ministre de l'intérieur et l'administrateur de 
l'instruction publique, des sciences et arts, à M. Van Wyn, archiviste général du royaume, 
Çsryksarchivarius), en résidence à La Haye, comme la plupart des chefs d'administration, 
sous le gouvernement du roi Guillaume 1 er , et à M. L'Ortye , secrétaire archiviste, (archi- 
varius), l'un des subordonnés de M. Van Wyn, chargé de la garde et direction du dépôt 
général des anciennes archives de l'état, à Bruxelles. 

En conséquence , le personnel des employés au dépôt des archives de Bruxelles , fut aug- 
menté. J'y fus placé par rescrit du cabinet du roi, du 2 mars 1827, n° 98, par le motif 
indiqué dans cet acte, que j'avais offert à Sa Majesté, à mon retour des Indes-Orientales, le 
premier exemplaire d'un tableau imprimé de l'histoire des Pays-Bas. 

Remarquons ici que les anciennes archives de l'état à Bruxelles, se composaient presque 
entièrement des dépôts provenant de l'administration des ci-devant Pays-Bas autrichiens, 
tels que l'Audience, le Scel de secret, les Conseils d'état, privé et des finances, les Secrétai- 
reries d'état espagnole et allemande, la Chambre des comptes, la Trésorerie des Chartres 
de Vilvorde, etc., etc. Toutes ces collections, alors au nombre de plus de cinquante-trois, 
renferment des titres officiels , qui sont les preuves et la direction de l'historien. Les exhumer 
de la poussière et de l'oubli était un service important à rendre aux études historiques. 

Le gouvernement du roi Guillaume I er étendit ces mesures au recouvrement d'autres collec- 
tions de litres ou de parties de ces. collections, qui n'avaient pas été réunies aux archives de 
Bruxelles, soit parce qu'elles avaient été celées, au moment de l'entrée des Français en 1794, 
soit parce qu'on avait oublié de les reprendre. C'est ainsi, entre autres , que je fus chargé, par 
correspondance directe avec l'administrateur de l'instruction publique , des sciences et arts, 
quoique sous les ordres de M. L'Ortye, qui me donnait ses instructions, d'aller reprendre, 
après en avoir fait l'inventaire, une partie immense des archives des Etats de l'ancien duché 

de Brabant, qui était restée en l'hôtel-de-ville de Bruxelles, au-dessus des salles qui avaient 

ecc 



ccxxn NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

été le siège des dits Etats de Brabant, jusqu'en 1794. Je prie le lecteur de m'excuser si j'entre 
dans ces détails, mais on verra plus loin qu'ils sont nécessaires pour expliquer les événements 
ultérieurs. 

J'exécutai ce travail à l'hôtel-de-ville, avant de transférer toute cette masse d'archives au local 
des anciennes archives de l'état à Bruxelles. Le seul transport dura pendant quinze jours entiers. 

En conséquence de cette marche administrative, le gouvernement d'alors ordonna, le 
2 avril 1850, par un arrêté royal, la réunion des manuscrits de la Bibliothèque de Bour- 
gogne, (de handschriften van de Bourgondische Bibliothéek), aux anciennes archives de l'état, 
déposées à Bruxelles. 

Cette réunion n'était pas conforme, selon l'opinion de beaucoup de personnes, aux prin- 
cipes de la législation administrative , parce que dans tous les temps , même en Egypte , 
dans l'ancienne Rome, dans Rome papale dès le tempsdeS^-Grégoire-le-Grand, et dans le 
palais des Carlovingiens , comme le démontre M. Petit-Radel, les bibliothèques ou librairies 
avaient été distinctes des archives. Cette séparation était évidente depuis la bibliothèque de la 
S te . -Chapelle établie par S 1 . -Louis, (voir page lx) depuis la formation de la bibliothèque du 
Louvre , au quatorzième siècle , par le roi Charles V, et depuis celle de la Bibliothèque de 
Bourgogne, par les ducs de la maison de Valois, surtout pendant le règne éclairé de Philippe- 
le-Bon et ensuite pendant celui de l'empereur Charles-Quint, le plus grand prince de la 
maison d'Autriche-Bourgogne. 

Les trésoreries des Chartres dé Lille , de Vilvorde , de Rupelmonde et d'autres dépôts d'ar- 
chives n'avaient cessé d'être alors également l'objet de la sollicitude du souverain et même 
plusieurs registres, transcrits avec luxe, y renfermaient quelquefois des miniatures aussi 
précieuses que celles de la Bibliothèque de Bourgogne. 

On retrouvait partout cette séparation, avant les événements de 1789 et de 1794, dans 
les châteaux féodaux et dans les abbayes. La bibliothèque y était destinée à l'instruction et 
au délassement; elle était accessible à toutes les personnes, excepté pour les livres de religion 
et de politique que l'on ne communiquait, selon le Répertoire de jurisprudence de Merlin, 
que par une autorisation du prince. La bibliothèque y était toujours distincte du dépôt des 
titres d'administration, de propriété et de finances, qu'on appelle archives, et que l'on 
fermait avec soin. 

La législation actuelle a consacré ce principe , par la loi organique du 7 messidor an II , 
qui prescrivait , après la suppression des ordres religieux et des administrations féodales, un 
triage des titres, pour en transmettre une partie aux archives et l'autre aux bibliothèques. 
Merlin explique les attributions des unes et des autres, dans son Répertoire de jurisprudence 
que nous venons de citer. Remarquons toutefois que s'il se trouve aux archives de Lille et 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccxxm 

ailleurs, plusieurs manuscrits historiques , ils y sont entrés comme pièces collatérales, pour 
éclairer ces administrations, dans un temps où elles étaient en activité, de même qu'actuel- 
lement les administrations modernes se forment des bibliothèques. 

On aurait dû considérer d'ailleurs, que si la Bibliothèque de Bourgogne renferme un 
grand nombre d'ouvrages qui ont rapport à la science de l'histoire, et qui ne sont point des 
minutes d'actes diplomatiques, il y a aussi dans cette collection, un nombre fort considérable 
d'autres ouvrages, également utiles et précieux, qui sont totalement étrangers à cette science, 
tels que les livres de théologie, ceux de jurisprudence, ceux des diverses sciences, etc., etc. 
Que pouvait-on faire, par exemple, aux archives, des collections de Grégoire de S 1 . -Vincent 
sur les mathématiques, des livres d'heures, des livres de l'art militaire; de ceux sur lâchasse, 
les échecs ? 

Le 13 avril 1830, un arrêté n° 134, émané de l'autorité de M. De laCoste, alors ministre 
de l'intérieur, me fut transmis par M. L'Ortye. C'était un ordre d'aller reprendre, en ma 
qualité d'employé attaché aux archives, les manuscrits de la Bibliothèque de Bourgogne, 
(de handschriften), que ce ministre daignait confier à ma garde, sous les ordres de M. L'Ortye, 
et sans me donner aucun titre nouveau. M. le conservateur Van de Weyer avait obtenu du 
roi, une démission honorable, comme l'atteste, entre autres, une lettre écrite le 13 juillet 
suivant, par M. L'Ortye à M. l'administrateur de l'instruction publique, des sciences et arts 
qui était alors à La Haye. 

Plusieurs difficultés s'opposaient à effectuer la réunion de cette bibliothèque aux archives, 
outre des considérations personnelles de délicatesse, qui sont étrangères à ce résumé. Le secré- 
taire archiviste L'Ortye, après avoir eu la bonté de se concerter avec moi, n'avait pu répondre 
à la lettre d'envoi de l'arrêté du 2 avril 1830, que le 30 juin suivant; c'est alors seulement 
qu'il informa le ministre, par cette réponse, dont le texte est enregistré aux archives de 
l'état à Bruxelles, de toutes les difficultés qui entravaient l'exécution de cet arrêté ; il alléguait : 

1° Qu'il n'y avait point de catalogue de cette bibliothèque; que je pourrais être chargé de 
sa rédaction sous la surveillance du conservateur; mais celui-ci, en sa qualité d'avocat 
exerçant près la cour supérieure de justice à Bruxelles, (voir Almanach des provinces méri- 
dionales, année 1827, p. 134), avait plaidé pour la défense de M. De Potter, dans un procès 
politique contre le ministère public; il était tombé malade et le médecin lui avait prescrit de 
s'abstenir de toute occupation. Cependant ce catalogue était indispensable pour la reprise d'un 
dépôt aussi précieux. C'était d'ailleurs de cette manière que j'avais agi en l'hôtel-de-ville de 
Bruxelles, par ordre du même ministère de l'intérieur, avant la signature du procès-verbal de 
reprise des archives des États de l'ancien duché deBrabant, comme on vient de le dire ci-dessus ; 

2° Qu'il n'y avait point d'emplacement au bâtiment des archives, pour y recevoir la masse 



ccxxiv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

énorme des manuscrits de la Bibliothèque de Bourgogne ; force était donc, ajoutait M. L'Ortye, 
d'attendre jusqu'à ce que les réparations commencées à la porte de Hal , eussent été achevées. 
Cette porte, bastille du quatorzième siècle, était destinée à devenir l'édifice succursal des ar- 
chives , considérablement accrues depuis l'arrêté royal du 23 décembre 1826. Alors seulement 
il y aurait eu dans le local actuel des archives , un espace vide pour y placer la Bibliothèque 
de Bourgogne. 

Enfin, pour concilier les intérêts de l'état et ceux du conservateur, et surtout pour gagner du 
temps , à cause de la position orageuse toujours croissante , où se trouvait alors la Belgique , 
M. L'Ortye proposait au ministre, par ladite lettre du 30 juin 1830, de faire mettre les scellés 
sur la salle de la bibliothèque. Cette mesure n'aurait été préjudiciable, ni au conservateur, 
ni au gouvernement, ni même au public, parce que depuis le désordre de l'incendie du 
13 janvier 1827, la bibliothèque n'avait pas été remise en état d'accessibilité au public; la 
salle qui la renfermait était tellement peu spacieuse , qu'une partie des volumes était sur le 
plancher ; le reste se trouvait entassé dans quatorze énormes armoires. Quatre de ces armoires 
obstruaient le milieu de la salle. 

D'ailleurs on n'attachait pas alors, nous le réitérons, la même importance qu'aujourd'hui 
aux travaux et aux monuments du moyen âge ; la privation de cette bibliothèque était peu 
sensible au public, comme l'atteste l'article concernant la bibliothèque de Bruxelles, à 
l'almanach de la cour et des provinces méridionales, pour l'année 1827, que nous venons de 
citer; on y trouve ces mots (page 414) : « Les manuscrits ne se donnent point en lecture, ils 
» peuvent être examinés les lundis et les vendredis » . 

Enfin , cette réunion des manuscrits de la Bibliothèque de Bourgogne aux archives de 
l'état, se fit sur un ordre réitéré, par une lettre ministérielle du 5 juillet, et par un procès- 
verbal, daté du 19 juillet 1830, entre M. le secrétaire archiviste L'Ortye, que j'accompagnai 
et qui me remit les clefs, et M. le conservateur Van de Weyer. M. Van Wyn, archiviste 
général du royaume, en résidence à La Haye, en fut probablement informé par M. L'Ortye, 
qui en rendit compte à l'administrateur de l'instruction publique, des sciences et arts. 

Pendant l'administration de M. le conservateur Van de Weyer, qui, deux mois plus tard, 
fut membre du gouvernement provisoire de la Belgique, et qui est actuellement ministre de 
S. M. le Roi des Belges près de S. M. la reine de la Grande-Bretagne, les démarches com- 
mencées pour l'acquisition importante des manuscrits des Bollandistes , dont nous avons 
rendu compte à la page ccxvi, furent continuées; elles se terminèrent avec un succès complet. 

Ce même conservateur fit aussi d'autres acquisitions utiles et considérables , telles qu'une 
partie des manuscrits de l'abbaye du Parc. Nous en rendrons compte au tableau des pro- 
venances. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccxxv 

CINQUIÈME SECTION. 

ROYAUME DE BELGIQUE. 



CHAPITRE PREMIER. 

Réorganisation de la Bibliothèque de Bourgogne. 

Environ sept mois après que la Belgique se fût déclarée indépendante, la Bibliothèque de 
Bourgogne a été réorganisée par un arrêté du Régent, qui était investi de tous les pouvoirs 
de la royauté, par la constitution qui venait d'être promulguée, et avant l'élection du roi 
Léopold , actuellement régnant. En voici le texte : 

Bruxelles, le 24 avril 1831. 

Nous, baron Surlet de Chokier, Régent de la Belgique, 

Sur la propositiOQ du ministre de l'intérieur, 
Avons arrêté et arrêtons : 
Article premier. Le sieur J. Marchai est nommé conservateur de la Bibliothèque de Bourgogne , aux appointements de 
quinze cents florins par an, avec jouissance de son traitement à partir du 1 er avril courant. 

Art. 2. Le ministre de l'intérieur nous fera les propositions nécessaires pour convertir la Bibliothèque de Bourgogne en un 
Musée historique , spécialement destiné à réunir les médailles, manuscrits, livres, documents diplomatiques et autres qui se 
rattachent à l'histoire des provinces belges. 

Art. 3. L'arrêté du gouvernement provisoire du 22 février dernier, concernant ledit sieur Marchai , est rapporté. 
Art. 4. Notre ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté. 

{Signe) Baron Surlet de Chokier. 

Par le Régent , 

Le ministre de l'intérieur, 
{Signé) E. De Sauvage. 

Voici le texte de l'arrêté rapporté du 22 février 1831 : cet acte est émané de l'autorité du 
gouvernement provisoire qui avait été établi en Belgique , au moment de la déclaration de 
Indépendance, au mois de septembre 1830 et qui termina sa mission le 24 février 1831. 
époque de la nomination du Régent de la Belgique. 

Le gouvernement provisoire de la Belgique, 

Comité central , 
Sur le rapport du Comité de l'intérieur, arrête : 
1° M. J. Marchai, commis aux archives de l'État, à Bruxelles, est nommé conservateur des manuscrits dits delà Biblio- 
thèque de Bourgogne en ladite ville. 

ddd 



ccxxti NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

2° M. Marchai est en outre chargé de la recherche et de l'examen des archives dans toute la Belgique , sous la surveillance et 
direction de M. l'archiviste général L'Ortye. 

3° M. Marchai jouira , à ce double titre, d'un traitement de douze cents florins par an. {Le traitement antérieur à cet 
arrêté , était de mille florins .) 

4° Il lui sera alloué des frais de voyage pour ses tournées dans les provinces. 

5° Le Comité de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté. 

Bruxelles , le 22 février 1851. 

Signé : Sylvain Van de Weyeii , Ch. Rogier , J. Van der Linden. 

Expédié aux Comités de l'intérieur et des finances et à la cour des Comptes. 

La reproduction très-exacte du texte de ces deux arrêtés est ici nécessaire , pour démon- 
trer que le second, en détruisant l'effet du premier, avait pour résultat d'ôter toute attribution 
de l'administration des archives sur celle de la bibliothèque, c'est-à-dire de la rétablir dans 
son indépendance des archives. 

Il y a un autre motif qui rend encore cette reproduction nécessaire. Ces deux arrêtés ont 
été imprimés, avec des erreurs graves, dans des ouvrages littéraires qui sont répandus dans 
le commerce de librairie , en Belgique et à l'étranger. Ces erreurs se remarquent entre autres 
à l'article 2 de l'arrêté du 24 avril 1831 , que l'on a imprimé d'une manière fautive, par ces 
mots : en un Musée historique spécialement destiné à réunir les médailles , livres manuscrits , 
documents diplomatiques, etc., tandis que le texte véritable et officiel porte ces mots : 
les médailles , manuscrits, livres, documents diplomatiques, etc., etc. 

Je puis attester, avec la plus grande certitude, qu'il faut lire à l'arrêté du 24 avril 1831 , 
les mots : médailles, manuscrits, livres, parce que la rédaction de tout cet arrêté a été faite 
par M. le ministre de l'intérieur, d'après les renseignements les plus détaillés que ce haut 
fonctionnaire m'a demandés et que je lui ai transmis, entre autres le 19 mars 1831, sur l'état 
de la Bibliothèque de Bourgogne avant l'année 1794, sur le grand nombre de livres imprimés 
qu'elle renfermait et qui avaient été égarés, malgré les restitutions faites par la France, 
le 20 novembre 1815. J'expliquais l'objet de sa réorganisation en 1772. On pouvait donc de 
nouveau , en faire un véritable Musée des documents de l'histoire de la nation belge , chose 
également facile et utile à rétablir en 1831 , dans la Belgique redevenue nation indépendante. 

Voici les conséquences de la réorganisation de cette bibliothèque : 

1° Elle a été réouverte au public, à dater du jour même où le roi Léopold, présentement 
régnant, est arrivé sur le territoire belge, le 19 juillet 1831. Les journaux périodiques de 
Bruxelles ont annoncé cette réouverture. 

2° Tout le public y est admis à voir les manuscrits et à travailler tous les jours , pendant 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccxxvn 

plusieurs heures consécutives , sans faire une visite préalable chez le conservateur, comme 
c'est l'usage dans quelques autres pays et sans se faire connaître. Le règlement de 1772, 
était remis en vigueur, par le fait de ce service régulier d'accessibilité publique, qui avait été 
paralysé depuis l'an 1794. 

3° Tous les volumes qui composent les collections, même les plus rares et ceux qui ren- 
ferment les miniatures les plus précieuses, sont à la disposition du public, pour l'instruction 
et le délassement de quiconque veut en faire usage, mais avec toutes les précautions de 
surveillance, pour obvier à la détérioration de ces chefs-d'œuvre et de ces titres originaux, 
dont la perte serait irréparable. Ces volumes doivent passer aux siècles à venir, dans le même 
état que nous les avons reçus des siècles précédents. 

4° Le classement de la bibliothèque est fait de manière à trouver les volumes sans le 
moindre retard; mais pour leur conservation et leur garde, ils sont tous sur les rayons de 
grandes armoires, fermées à battants, et à clef. 

5° Un premier catalogue, qui avait été composé sommairement en 1831, pour répondre 
aux demandes du public, a été remplacé au mois d'octobre 1834, par un autre catalogue 
complet, comme l'atteste entre autres le compte rendu le 4 juin 1835, à M. le ministre de 
l'intérieur; ce second catalogue, mis à la disposition du public dès le mois d'octobre 1834, est 
du format des plus grands et des plus épais registres in-folio. Voici sa composition actuelle et 
manuscrite : 

Dix-huit volumes ou registres de l'inventaire, par ordre numérique, renfermant mille 
articles, chacun. 

Quatre volumes du Répertoire méthodique, par ordre des matières. 

Un id. de table alphabétique, tant onomastique que des matières. 

Deux id. en forme d'agenda, pour indiquer le gissement dans les armoires, etc., etc. 

MM. les ministres, qui se sont succédés, depuis 1831, ont toujours ordonné, avec la solli- 
citude la plus spéciale, les mesures relatives à l'accroissement et à l'amélioration de cette 
bibliothèque. Le nombre des manuscrits s'est augmenté au-delà du double, depuis l'arrêté 
du 24 avril 1831 , par des acquisitions faites dans le royaume et à l'étranger, toutes les fois 
que l'occasion s'en présente. On achète de préférence les manuscrits relatifs à l'histoire 
nationale. Plusieurs personnes tant règnicoles qu'étrangères, ont donné des manuscrits 
précieux; leurs noms et leurs dons, sont inscrits sur un registre particulier. 

La Bibliothèque de Bourgogne, dans son état actuel, est incontestablement plus riche 
en manuscrits et beaucoup plus florissante, que pendant les plus belles années de l'adminis- 
tration autrichienne. 

Les nombreuses et considérables provenances entrées pendant ces dernières années , qui 



ccxxvui NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

sont inscrites à la fin du présent catalogue, peuvent démontrer cette prospérité nouvelle de 
cette antique bibliothèque dans la Belgique régénérée. 

Les chambres législatives ont daigné seconder les intentions généreuses du ministère , car en 
l'année 1851, il n'y avait au budget, pour cette bibliothèque , que 1,900 florins (4,198-90) 
dont 1,500 fl. pour le conservateur et 400 fl. pour les frais de bureau. En 1837, l'allocation 
s'était élevée à 25,000 francs, déjà accordée pendant les années 1855 et 1836. Par une com- 
pensation de ce chiffre passif, il faut faire entrer à l'actif, en ligne de compte, les bénéfices que 
les publications artistiques et littéraires provenant de cette bibliothèque , tant directement 
qu'indirectement, ont rapporté à la Belgique , par la circulation commerciale des dessins 
gravés ou lithographies, et des livres imprimés, dont les matériaux ont été puisés en la Biblio- 
thèque de Bourgogne. Il faut aussi faire entrer en ligne de compte, la dépense que les étran- 
gers doivent faire pour séjourner à Bruxelles , dans l'intention de visiter cette bibliothèque, 
quoique l'entrée en soit gratuite. Quelques-uns d'entr'eux ont demeuré des semaines entières 
et des mois entiers dans cette intention. Les éditeurs qui ont publié des classiques latins et 
grecs, en Allemagne, depuis ces dernières années, ont trouvé de nombreuses améliorations 
et des augmentations précieuses dans la Bibliothèque de Bourgogne. Il en est de même pour 
une masse de publications historiques et diplomatiques, répandues dans le commerce de 
librairie trans-rhénane , française, anglaise et d'autres contrées étrangères; tels sont les 
ouvrages de M. Pertz et beaucoup d'autres. 

Sa Majesté le roi des Belges, outre les preuves écrites de sa bienveillance suprême, a 
daigné m'assurer verbalement, qu'il accordait toute sa protection à la Bibliothèque royale 
des ducs de Bourgogne. 

Sa Majesté la reine des Belges a visité plusieurs fois cette bibliothèque. 

Nous avons dit à la page xcm précédente, que la reine des Belges, notre auguste souve- 
raine, descend en ligne directe de l'impératrice Marie-Thérèse, par la reine des Deux-Siciles, 
Marie-Caroline-Louise d'Autriche, son aïeule, et de Philippe-le-Bon , fondateur de cette 
bibliothèque , par l'alliance de Marie de Bourgogne avec Maximilien d'Autriche. Cette des- 
cendance est expliquée au tableau historique des provenances de cette bibliothèque, qui est 
en regard de la page lxiii précédente. Nous prions le lecteur d'y recourir. 

La reine a visité la Bibliothèque de Bourgogne la première fois en 1832 , quelques 
semaines après son arrivée dans son royaume. Alors j'ai osé réclamer la protection la plus 
spéciale de Sa Majesté, pour cet établissement royal, qui commençait à se réorganiser après 
les longues et pénibles vicissitudes, dont nous avons rendu compte dans ce résumé, cet 
établissement étant un des plus précieux souvenirs qui attestent le haut degré d'instruction 
et de magnificence de la plupart de ceux de nos princes, qui sont les ancêtres de Sa Majesté. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. ccxxix 

Le 13 mars 1833, et les jours suivants, la reine conduisit en cette bibliothèque, S. M. la 
reine des Français, son auguste mère, madame la princesse Adélaïde, le duc de Nemours, le 
prince de Joinville et les ducs d'Aumale et de Montpensier, la princesse Marie (qui depuis 
fut duchesse de Wurtemberg) et la princesse Clémentine. En aucun temps , depuis le règne 
de l'empereur Charles-Quint, il n'y avait eu, dans cette bibliothèque, un aussi grand nombre 
d'aussi illustres visiteurs. J'eus l'honneur d'expliquer à Leurs Majestés les opérations de la 
rédaction du catalogue, qui fut achevé l'année suivante. 

La reine, après ces différentes visites, pendant l'année 1833, daigna envoyer à cette biblio- 
thèque, le don du manuscrit précieux de la Cyropédie de Xénophon , provenant du duc 
Charles-le-Téméraire, manuscrit retrouvé à Paris. Nous avons décrit ce volume, à la page xcm. 
Pendant une autre visite , Sa Majesté me permît de demander, en son nom , à la Régence 
municipale de Bruxelles , propriétaire du palais qui renferme la Bibliothèque de Bourgogne, 
comme on l'a dit précédemment , une vaste et magnifique salle attenante à la première salle • 
il en est résulté d'autres agrandissements locaux, qui ont donné à cette collection royale, 
une étendue digne de sa noble et utile destination. 

La reine conduisit à la Bibliothèque de Bourgogne, le 25 mai 1839, le prince Ferdinand 
de Saxe-Cobourg-Golha , son auguste beau-frère , et la princesse Victoire , qui est actuel- 
lement duchesse de Nemours. 

Le prince Ferdinand, actuellement roi de Portugal et le prince Auguste de Saxe-Cobourg- 
Gotha, son frère, ont visité cette bibliothèque le 18 février 1836. Elle a aussi été visitée par 
le prince Ernest et par le prince Albert, actuellement prince royal de la Grande-Bretagne. 



CHAPITRE II. 

Réunion de la Bibliothèque de Bourgogne à une nouvelle Bibliothèque Royale. 

M. Van Hulthem qui avait été conservateur jusqu'en 1827, mourut dans la ville de Gand, 
le 16 décembre 1832, laissant une des plus grandes bibliothèques de l'Europe ; elle est prin- 
cipalement composée d'ouvrages relatifs à l'histoire nationale, le catalogue en a été rédigé et 
publié par M. Voisin, bibliothécaire de la ville et de l'université de Gand. 

Un projet de loi fut présenté aux chambres législatives, le 22 novembre 1836, pour l'acqui- 
sition de cette précieuse collection, par contrat conclu à Gand le 2 août 1836 avec les héritiers 
Van Hulthem. Ce projet fut sanctionné par les chambres législatives. Aucune bibliothèque, 
disait M. le représentant Lejeune, à la séance du 23 janvier 1837, « n'a été formée dans un 

» but aussi éminemment national ; elle est assez appréciée dans le monde savant. M. Van 

eee 



ccxxx NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

» Hulthem , ajouta-t-il , a vécu dans les temps les plus favorables pour former une biblio- 
» thèque , temps où les dépôts les plus précieux des couvents et des abbayes, sont tombés 
» dans le domaine public , et il a toujours recherché avec le plus grand soin ce qui avait 
» rapport à l'histoire de notre pays » . 

En conséquence, un arrêté royal du 19 juin 1857, a établi à Bruxelles, sous la dénomina- 
tion de Bibliothèque royale , un dépôt général et public de « tous les livres imprimés , es- 
» tampes , cartes et plans appartenant à l'État , qui ne sont pas spécialement affectés au ser- 
» vice de quelque établissement. » Ce paragraphe est la copie de l'article 1 er de l'arrêté susdit. 

La chambre des représentants décréta le 43 décembre 1837 la réunion des deux biblio- 
thèques ; le sénat sanctionna cette mesure législative. En conséquence un arrêté royal du 
50 juin 1838, ordonna la réunion de la Bibliothèque de Bourgogne à la nouvelle biblio- 
thèque royale ; cet acte est inséré au Moniteur du 6 juillet suivant et au Bulletin officiel 
des lois et arrêtés royaux , premier semestre 1838 , n° 523, pages 1016 et 1017; en voici 
le texte : 

Arrêté royal du 30 juin 1838 , qui réunit la Bibliothèque des manuscrits de l'État, dite des ducs de Bourgogne, à la 
Bibliothèque royale et la soumet au régime de l'arrêté organique du 19 juin 1837. 

Le conservateur actuel de la Bibliothèque de Bourgogne est attaché à la section des manuscrits en qualité de conservateur- 
adjoint, avec le titre personnel de conservateur des manuscrits de l'État, et demeure chargé de la conservation et du catalogue 
des manuscrits. Son traitement est porté à la somme de cinq mille francs. (Ce traitement était de 4000 fr. depuis le 
1" janvier 1838). 

En exécution de cet arrêté royal , la Bibliothèque de Bourgogne est devenue la seconde 
section de la Bibliothèque royale actuelle. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccxxxi 



TROISIÈME PARTIE. 

NOTICE SLR LA REDACTION DL CATALOGLE. 



Conformément à une décision de M. le Ministre de l'Intérieur et des affaires Étrangères , en 
date du 28 mai 1836, l'impression du catalogue des manuscrits de cette ancienne Bibliothèque, 
fut commencée au nombre de douze cents exemplaires. Cette édition se divise en trois parties : 
l'Inventaire, le Répertoire et les Tables. 

L'Inventaire est imprimé par extraits d'une ligne pour chaque article : ces extraits n'étaient 
cotés primitivement que depuis le n° 1 jusqu'à 15000, l'impression des feuilles qui les renfer- 
ment était achevée, et l'on avait commencé la composition et le tirage des premières feuilles 
du Répertoire, lorsque par une nouvelle décision ministérielle, les manuscrits de la biblio- 
thèque de feu M. Van Hulthem, achetés en 1837 , furent déposés à la Bibliothèque de Bour- 
gogne; leur enregistrement fut ajouté au catalogue, depuis le n° 15001 jusqu'à 18000; cette 
opération fit suspendre l'impression pendant plusieurs mois. 

Le tirage de ces 18000 articles inventoriés était achevé lorsque, par une autre décision 
ministérielle du 3 avril 1839, l'édition commencée , comme on vient de le dire, à douze cents 
exemplaires, fut réduite au nombre de six cents, pour compenser le surcroît des dépenses 
résultant de l'intercalation des manuscrits Van Hulthem. 

La conséquence de cette mesure fut que l'extrait de l'Inventaire , qui formera le premier 
volume du catalogue de la Bibliothèque de Bourgogne , a été tiré au nombre de douze cents 
exemplaires et que les autres volumes ne doivent l'être qu'au nombre de six cents exem- 
plaires ; il y a donc un double tirage de l'extrait de l'Inventaire. 

Pour utiliser cet excédant, M. le Ministre de l'Intérieur et des Affaires Etrangères, décida 
qu'il en serait fait une publication indépendante du catalogue complet, et qu'elle pourrait 
servir de vade-mecum aux gens de lettres qui consultent souvent les manuscrits. Tel fut l'objet 
d'une publication séparée, en un volume, qui a paru en 1839. 



ccxxxii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

Comme il a fallu faire de longues recherches pour trouver une méthode de rédaction d'un 
catalogue aussi étendu, ainsi que nous l'avons dit aux pages précédentes, nous allons donner 
quelques explications sur cet ouvrage. 

Si l'on n'avait eu qu'à décrire une simple bibliothèque de particulier, c'est-à-dire de 
quelques centaines d'articles, il aurait suffi d'analyser l'un après l'autre et sans ordre métho- 
dique, les volumes manuscrits qui la composent; une table alphabétique et raisonnée, 
placée après le texte, aurait donné le moyen de faire toute espèce de recherches; mais il n'en 
est pas de même pour une masse de dix-huit mille ouvrages divers manuscrits. Il faut remar- 
quer en passant, qu'il y en a un nombre beaucoup plus considérable dans la bibliothèque, et 
qu'elle s'est accrue depuis l'impression du présent travail. 

En conséquence , il nous a fallu inventer un système de classification à la fois simple , 
méthodique et uniforme , à l'imitation , si nous pouvons nous servir de cette comparaison , des 
méthodes de Linnée, pour la Botanique, et de Werner, pour la Géologie. Si nous avions 
voulu suivre l'usage des longues descriptions et des extraits que l'on trouve dans la plupart 
des catalogues de manuscrits, tels que celui de La Gruthuyse par Van Praet, etc., le catalogue 
de la Bibliothèque de Bourgogne aurait été publié en plus de douze volumes in-folio. 

Après cela , nous devons faire remarquer qu'il y a une grande différences entre les livres 
imprimés et les manuscrits. 

En général, chaque volume imprimé est un corps d'ouvrage, ou une partie distincte et com- 
plette d'un ouvrage, avec un titre clairement rédigé et avec une date certaine; les exceptions , 
qui sont en petit nombre , se reconnaissent facilement. Les manuscrits ont bien d'autres diffi- 
cultés. Si la composition des impressions typographiques, surtout depuis l'an 1500, n'a 
presque point changé et n'a point d'abbréviation , si elle n'a presque pas varié, quanta la 
forme, depuis près de trois siècles et demi , et si les changements ne se portent guère que sur 
son élégance, il n'en est pas de même pour les manuscrits. L'écriture, qui est la moindre des 
difficultés que l'on rencontre en les classant , s'est continuellement modifiée depuis douze 
siècles ; les nombreuses abbréviations dont les manuscrits sont hérissés , ont aussi changé de 
siècle en siècle. On pourrait dire des livres manuscrits occidentaux ce que Volney a dit des 
livres arabes, qu'il n'y a personne qui puisse les lire sans aucune hésitation. On en tirera 
la conséquence , déjà très-connue , que l'invention de l'imprimerie , cette clef des sciences 
et des arts, est un bienfait incalculable pour la civilisation, puisque la lecture des livres est 
devenue aujourd'hui aussi claire et aussi facile que la parole prononcée. 

Remarquons en outre que , s'il y a des manuscrits qui ne renferment qu'un seul ouvrage , 
à l'instar des livres imprimés, tels que sont les quatre volumes des chroniques de Charles 
Martel , indiqués aux n° 6 à 9 de l'Inventaire , on en trouve un nombre beaucoup plus grand 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccxxxm 

qui renferment, dans un seul corps de volume, plusieurs ouvrages distincts et qui traitent 
quelquefois d'objets incohérents, tels qu'un roman qui suivra un livre de théologie; il arrive 
aussi que souvent plusieurs volumes, primitivement séparés, ont été reliés dans un même 
tome. Nous en pouvons citer pour exemple le n° 1061 5, etc. de l'Inventaire, qui renferme 
112 articles distincts. Il y a donc impossibilité de suivre la méthode de classification des 
imprimés; il nous a fallu scinder tous ces articles partiels, qui étaient rassemblés dans un 
même volume et faire une opération préalable, pour les détailler un à un dans l'Inventaire 
dont on public ici l'extrait. 

Cette publication éditée, au lieu de rester manuscrite clans l'intérieur de la blibliothèque, 
n'est pas superflue, car nous devons souvent nous référer à l'Inventaire, dans les autres parties 
de l'ouvrage; il y a d'ailleurs plusieurs volumes manuscrits que nous appelons codices, pour les 
distinguer du code ou codex, mot qui est synonyme de volume. Ces codîces sont précieux 
par leur antiquité, par leur correction, ou par leur provenance; il faut donc les désigner, 
dans leur totalité à (Inventaire ; sinon, on ne pourrait les connaître par leur morcellement 
au Répertoire méthodique, dont nous parlerons plus loin. 

L'Inventaire est donc pour une bibliothèque de manuscrits, ce que le Journal est pour une 
maison de commerce; l'un et l'autre constatent l'entrée et l'intégralité des objets; mais, 
comme d'une part les entrées se font sans ordre méthodique et que d'autre part, l'intégralité 
doit en être analysée ou disséquée, il a fallu établir des catégories, des classifications et des 
emmagasinements, (qu'on nous permette cette expression) , pour retrouver les objets sans 
difficulté. Par une conséquence toute naturelle, le livre dans lequel on trouve la classification 
bibliographique , est le Répertoire ; c'est ainsi que l'on donne le nom de Grand Livre aux 
tables analytiques et détaillées du Journal. C'est pour le Répertoire, comme pour le Grand 
Livre, que l'on réserve le luxe du travail ; l'un et l'autre sont consultés de préférence à tous 
les autres livres et plus fréquemment. 

Après ces explications, nous allons donner quelques détails sur la rédaction de l'Inventaire. 
Nous avons préféré en établir l'extrait par des tableaux pour être plus économique, plus 
méthodique et plus succint. 

Chaque page imprimée de l'extrait de l'Inventaire, se compose de cinquante numéros ou 
articles; il n'y a, comme nous l'avons déjà dit, qu'une seule ligne pour chaque numéro; le 
feuillet par conséquent en renferme cent. II y a donc une grande facilité de faire des recher- 
ches, puisque la numération des feuillets se fait par centaine d'articles, en nombre exact et 
rond. Chacun de ces articles étant d'une seule ligne, dans cet extrait de l'Inventaire, il y a 
impossibilité de faire aucune erreur, par omission ou par double emploi, sinon la cinquan- 
taine ne serait pas exacte au bas de la page. Passons à l'explication des colonnes du tableau. 

ïïf 



ccxxxiv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

PREMIÈRE COLONNE. NUMÉRO d'oRDRE GÉNÉRAL. 

L'enregistrement a lieu depuis 1 jusqu'à 18000, formant quatre-vingt-dix feuilles de l'In- 
ventaire. Il y a, comme nous l'avons dit , un plus grand nombre de manuscrits dans la Bi- 
bliothèque, mais nous remarquerons que nousavons préféré vers la fin de l'Inventaire, indiquer 
seulement les meilleurs ouvrages , laissant à part beaucoup d'ascétiques , de scolastiques , de 
copies insignifiantes, pour avoir le nombre définitif de 18000. 

DEUXIÈME COLONNE. — MANUSCRITS DIVERS DANS UN MÊME CODICE. 

Nous venons d'expliquer ce mot; c'est ainsi, par exemple, qu'il y a 29 manuscrits dans le 
même codice , depuis le n° 6676, jusqu'à 6706. 

TROISIÈME COLONNE. — NOMS DES AUTEURS ET INTITULÉS DES OUVRAGES. 

Nous aurions pu la diviser en deux colonnes distinctes, comme on le verra au Répertoire ; 
mais ayant dû mettre de la brièveté , dans le court espace d'une ligne , à l'extrait de l'Inven- 
taire , nous avons séparé les auteurs et leurs ouvrages par un simple tiret : il n'y a donc point 
de blanc entre ces deux parties. En voici un exemple : 

11901. — Alexandri papae l mi . — Bulla confirmans , etc. 

Les noms des auteurs , désignés en langue latine ou grecque , sont au génitif. 

On s'est servi de caractère romain lorsque, dans cette colonne, le titre du manuscrit est 
connu ou qu'il se trouve à la tête de l'ouvrage ; mais lorsqu'il a fallu l'inventer, la composition 
typographique est en caractère italique , par exemple : 

1920. Recherches historiques sur l'origine de V Université de Louvain. 

Lorsque deux ou plusieurs articles de l'extrait de l'Inventaire qui se suivent , ont un com- 
mencement semblable dans leur intitulé , nous avons laissé du blanc à l'article inférieur, au 
lieu de mettre le mot idem, par exemple : 

18453. \P/èees concernant le Parc de Bruxelles. 
13454. la Forêt de Soigne. 

Nous espérons que cette innovation sera reçue avec indulgence ; il nous semble qu'elle 
présente une facilité nouvelle pour la lecture des titres. Cependant, nous ferons remarquer 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccxxxv 

que le mot idem a été reconnu indispensable pour la clarté, toutes les fois que les titres sont 
entièrement semblables , par exemple : 

13539. Actes divers concernant V Abbaye de la Cambre. 
131540. Idem. 

13541. Idem. 

Quant à la répétition du nom de l'auteur, elle est indiquée par le mot ejusdem, au génitif. 

243. B>>. Ambrosii. — De dignilate, etc. 

244. ejusdem. — De mysterio Paschœ. 

245. ejusdem. — Hexameron. 

Le mot Beati (B u ) a été adopté, pour les noms de saints, en langue latine, comme on vient 
de le voir; mais pour les noms en français ou en flamand, on a mis S 1 ., par abbréviation. 

QUATRIÈME COLONNE. INCIPIT OU COMMENCEMENT DU TEXTE. 

Cette colonne indique ordinairement les premiers mots du texte et non ceux des préfaces, 
des prologues ou des prohêmes , à moins que ceux-ci ne fassent en quelque sorte partie 
inhérente du texte, comme on le voit à quelques dédicaces. Le motif de cette préférence est 
facile à donner : les discours préliminaires peuvent changer ou être omis, tandis que les 
mots initiaux du texte, sont le véritable commencement de l'ouvrage et en même temps, ils 
sont invariables pour toutes les copies. Quant aux titres d'actes diplomatiques profanes, nous 
n'y avons mis souvent que le seul nom du prince. Mais, quant aux bulles papales et aux 
autres actes diplomatiques canoniques, chacun sait que leur incipit est une citation légale, 
par exemple : la bulle In vineâ Domini; la bulle ou constitution Unigenitus. On voit donc 
qu'il ne faut pas confondre l'incipit avec la rubrique, comme nous le démontrerons plus am- 
plement au Répertoire. 

Cette colonne d'incipit nous paraît être d'une utilité d'autant plus réelle , qu'elle nous a 
servi, un grand nombre de fois, à reconnaître les noms des auteurs de manuscrits, qui 
paraissaient être anonymes , et pour établir la similitude de divers exemplaires que l'on 
croyait être des ouvrages différents. 

Lorsque le commencement du texte manque, soit par lacération ou par vétusté, soit par 
toute autre cause , nous substituons le mot (lacune), et nous inscrivons ensuite les premiers 
mots du texte existant , par exemple : 

9115. Biblia sacra, etc., etc. (Lacune...) de illa vox. 

On remarquera que l'incipit manque quelquefois à l'extrait de l'Inventaire, cela provient 



ccxxxvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

de diverses causes , entre autres , de ce que la révision du travail ayant été faite au fur et à 
mesure de l'impression, le manuscrit était alors prêté en dehors; d'ailleurs, dans cette im- 
mense opération , nous avons été souvent distrait pour servir le public. Mais les incipit qui 
manquaient, ont été rétablis presque en totalité au Répertoire, ayant eu alors plus de loisir. 

Nous espérions placer les derniers mots du texte , pour indiquer si les exemplaires sont 
complets , mais , entravé , comme nous venons de le dire _, le tems nous a également manqué 
pour les inscrire. 

Une autre remarque reste encore à faire: nous avons eu soin, au texte manuscrit de la mi- 
nute du catalogue, de relater les mots initiaux de la seconde page ; nous les avons omis au texte 
imprimé. Cette méthode est prise dans l'Inventaire de la Bibliothèque de Bourgogne , publié 
par M. Barrois ; ce savant l'a imitée du texte original qui est aux archives de Lille; elle se re- 
trouve à l'Inventaire officiel de l'an 1577 qui est dans cette bibliothèque de Bourgogne et 
que nous allons publier un peu plus loin. En effet, il y a, entre autres exemples, un grand 
nombre de Bibles qui sont décrites de la même manière ; on ne peut les distinguer que par 
les mots initiaux du second feuillet , car elles commencent toutes par les mots : In principio. 

CINQUIÈME COLONNE. LANGUE DANS LAQUELLE LE TEXTE EST ÉCRIT. 

INous avons indiqué séparément les poètes et les prosateurs, par exemple : 

11013. En vers français. 
8601. En langue latine, (prose). 

7904. En latin et en flamand , (prose). 

SIXIÈME COLONNE. — DATE OU SIÈCLE DE LA COPIE. 

JNous croyons plus que superflu de faire observer qu'il ne s'agit ici que de la seule copie 
et non de l'époque de la rédaction de l'ouvrage. Ainsi, on trouvera des traités de St-Augustin, 
depuis le neuvième siècle jusqu'au dix-huitième. 

Lorsque le manuscrit porte une date certaine, ce qui se trouve ordinairement aux derniers 
mots de la copie, nous en faisons l'indication, par exemple : 

11-401. Somme le Roy... année 1415. 

Lorsqu'il faut déterminer la date , cela se fait , comme chacun sait , par l'inspection de 
l'écriture , mais nous préférons la reconnaître par la configuration des grandes lettres initiales 
ou majuscules dont la mode varie plus visiblement que l'écriture du texte , dans un même 
siècle; c'est donc, selon nous, un moyen de reconnaissance plus assuré que l'écriture minus- 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccxxxvi. 

cule. Nous portons l'indication séculaire en chiffres romains et nous désignons les fractions 
séculaires, c'est-à-dire, le commencement, le milieu et la fin d'un siècle, en les inscrivant de 
cette manière : '/', "/s, A h-> (un tiers, deux tiers, dernier tiers). Nous avons préféré innover 
la désignation à h (dernier tiers), parce qu'elle nous semble plus exacte que ' i h qui signifierait 
un entier. Voici un exemple : 

6925. Diplômes du duché de Luxembourg... XVII ^3. 

C'est-à-dire, second tiers du XVII e siècle. 

La subdivision par tiers de siècle, nous paraît être plus rationnelle que par quart ou par 
moitié de siècle ; d'abord parce que la durée d'une génération est calculée à trente-trois ans ; 
l'expérience ayant fait connaître que l'écriture et surtout les grandes lettres initiales se modi- 
fient à chaque génération; ensuite parce que la division par demi-siècle est trop vague, et 
que celle par quart de siècle présente peu d'exactitude pour les manuscrits qui sont copiés 
pendant le milieu de cette période; on ne pourrait savoir s'ils appartiennent précisément au 
second ou au troisième quart, tandis qu'au contraire, le second tiers indique le milieu du 
siècle. Quant au mot siècle, il ne s'applique qu'à cette période réellement commencée. 

SEPTIÈME COLONNE LETTRINES ET MINIATURES. 

Nous indiquons ici tout ce qui est ornement, et tout ce qui a contribué à l'amélioration de 
la copie, tels que les sceaux, les cartes, etc., etc. Nous y indiquons, par complément, si la 
copie est authentique, par exemple, les n os 6915 à 6928 ; il en résulte qu'on peut y ajouter 
foi en matière civile ou religieuse, tel est le manuscrit janséniste hollandais n° 159, que voici : 

159. Victoris de Beughem a P. Codde. — Informalio de jansenislis Hollandiœ , etc., etc. 

Ce manuscrit n° 159 porte la signature et le sceau de Victor Van Beughem, protonotaire 
apostolique. 

Nous indiquons encore, dans cette colonne, si la copie est autographe, tels sont les ma- 
nuscrits de l'écriture de feu M. Beyts, sénateur belge, qui ont été donnés par sa famille, 
en 1833, (n° 11648 à 11670); telle est encore la note de Napoléon , (Mss. n° 14596), donnée 
par M. le comte de Lalour-Maubourg , lorsque ce ministre de France résidait en Belgique. 

Remarquons encore que souvent, dans un même tome manuscrit, il y a des intercallations 
de pièces imprimées , qui sont indispensables pour en compléter la collection et qu'on ne 
peut en détacher sans la mutiler. On trouve , par exemple , plusieurs imprimés dans le pré- 
cieux recueil provenant des jésuites de Bruges, n° 6933, etc. Nous en faisons l'indication par 
le mot : Imprimé. 

m 



CCXXXVIII 



NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 



Enfin nous ferons une dernière remarque sur cette septième eolonne de l'extrait de l'In- 
ventaire. On y trouve quelquefois le mot chyrotype, par exemple, au n° 11592, etc., des 
manuscrits de Dewez. Cette expression que nous avons inventée, ne connaissant point de 
mot fiançais pour en désigner l'idée , est tirée des deux mots grecs x«p, TWoo- qui signifient : 
main-impression, c'est-à-dire : livre imprimé , surchargé d'écritures. Nous nous servons de ce 
mot, pour décrire les ouvrages imprimés, dont le texte se modifie par des annotations, des 
ratures, etc. Tels sont, par exemple, les volumes de l'édition de 1805 de l'Histoire de la 
Belgique de Dewez, que nous venons de citer (n° 11592, etc.) ; ils ont servi à refondre la 
rédaction du texte pour sa seconde édition , qui a été publiée en 1827. Il n'y a pas de doute 
que les chyrotypes, présentant à la fois le texte primitif et le texte corrigé, ne soient de 
véritables et précieux manuscrits. Comme plusieurs auteurs ont laissé des chyrotypes de 
leurs ouvrages, ce serait un grand avantage, si l'on pouvait en faire des collections dans les 
bibliothèques publiques; on pourrait s'en servir pour de nouvelles éditions posthumes. 

Ce serait une absurdité de s'imaginer que nous classons parmi les chyrotypes, toute espèce 
d'imprimé qui aurait des annotations manuscrites sur l'édition de l'ouvrage ou sur la vie de 
l'auteur, comme on le voit à la plupart des livres de la collection Van Hulthem. Ces anno- 
tions ne changeant rien au texte, le livre n'est pas chyrotype. 

Tels sont les détails sur les colonnes de cet extrait de l'Inventaire dont la publication va 
suivre. Quant à l'Inventaire authentique et en minute, qui est déposé en la Bibliothèque de 
Bourgogne, nous allons faire connaître la formule de la case des articles qui le composent; 
elle est imprimée de la manière qui va suivre : 



1 
N° général 


Nom de 
l'auteur 






Voluvie 


Commence 






Codice 








de à 








N° spécial 


2 d feuillet 






Provenance 


Fin 






Transcrit de 










Nombre de 


Format 


Ecriture 


CLASSEMENT 


feuillets 


* 








Siècle 


Lettrine 


Marques 


Langue 


ou Date 


Mignatures 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. 
Pour mieux faire connaître cet exemple , nous allons en remplir la formule. 



ccxxxix 



N° général 8900. 

Volume 1186, collection A. 

CODICE 

de §897 à39U. 
N° spécial 

PROVENANCE 

des Bollanàistes. 
Transcrit de 

CLASSEMENT 

page 84 du Répertoire , 
Géographie ancienne. 

Marques. La croix des 
Bollandistes. 



Nom de 

l'auteur: Antonini Augustin [ouvrage attribué vulgairement a cet empereur). 

Commence : [Rubrique). Incipit liber qui itinerarius vocatur provinciarum om- 
nium Antonini Augusti, in primis provincial Africœ. A Tingi Mauritaniœ. 

2<I feuillet: lient, etc. Orrea. 

Fin : Muniorum, MXV. [Rubrique). Explicit itinerarius vocatus,etc, Incipit, etc. 



Écriture lombardique. 
Lettrines monochromes rouges. 



Miniatures. Portrait d'un empereur, assis en face , ayant 
la couronne surmontée d'un croissant d or] en toutes 
couleurs. 



Nombre de 


Format 


feuillets 


28 e 


20. 






Siècle 




ou Date. 


Langue 


1819. 


Latine. 





Il y a cinq cases sur chaque page, il y a par conséquent vingt cases sur une feuille, les cinq 
feuilles forment un cahier de cent cases; dix cahiers ou iOOO articles forment un volume. 
La première case de chaque recto a pour chiffre final, i ; par exemple, 13801 ; la première 
case du verso a pour chiffre final, 6; par exemple, n° 15806. Il y donc impossibilité de faire 
aucune erreur dans la série infinie de l'enregistrement. 

Passons à l'explication du Répertoire, qui se trouve au tome 11 et suivants du catalogue. 
Nous allons faire connaître quelques détails sur sa rédaction , afin de démontrer la méthode 
de classement qui a été suivie. Nous en donnerons le modèle ou spécimen à la page suivante. 

Nous ferons observer que sur le spécimen, la première colonne rappelle le numéro de 
l'Inventaire. Il n'y a point de série initiale de numéro d'ordre, en tête de ces colonnes, parce 
que cette série initiale nous paraît superflue ; en voici les motifs : 1° Elle compliquerait le 
tableau par un double numérotage et sans aucune utilité. 2° Elle devrait déjà être interrompue, 
par des suppléments , quoique le catalogue de la bibliothèque soit loin d'être imprimé, parce 
que depuis la clôture de 18000 articles de l'Inventaire, il est entré en la bibliothèque un grand 
nombre de manuscrits ; ils ont été intercallés au catalogue en minute, qui est déposé en celte 
bibliothèque; ils proviennent des acquisitions qui se font chaque jour. 

Pour opérer celte intercallation au Répertoire, dans les exemplaires du catalogue imprimé, 
qui sont en cette bibliothèque, tant pour le service public que pour le travail des bureaux, nous 
avons fait .tirer quelques exemplaires en blanc ou sansretiration, c'est-à-dire d'un seul côté. 

Rien n'est plus facile que de faire une coupure au feuillet où l'on doit placer les intercallations 
supplémentaires; on tient par ce moyen toujours au courant leRépertoire de cette bibliothèque. 



CCXL 



NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 



Voici le spécimen de la formule du Répertoire , extrait de la page 257 : 






REPORT 




INTITULÉ DES OUVRAGES, 


INCIPIT 


- 


DATE 


au Pi° 


NOMS 






LANGUE, 




D'ORDRE 


DES 


AVEC LES INDICATIONS DE LEUR EXPLICIT, 


ou 


FORMAT, 


DU SIÈCLE 


GÉNÉRAL 




DES MINIATURES, DE LA CALLIGRAPHIE 


COMMENCEMENT 




de la 


de 


ACTEURS. 


ET DE LA PROVENANCE. 


DU TEXTE. 


ETC. 


COPIE. 


l'Inventaire. 












3883 




Chfonicon. 


Sapientis con- 


Latine. 


XV'/ 3 






Cette chronique générale est une compilation ; elle com- 


siliuin docens. 


In-folio 








mence à la création du monde et finit au temps de la nais- 












sance du Christ. 








8151 


Weingar- 


Chronicon Weingartensis monachi, de 


Generationes 


Latine. 


XVII <i/ 3 




tensis mo- 


Guelfis principibus. 


principum nos- 


In-folio. 






nachi. 


Terminée à l'an 1181. Copie moderne. 


Irorum. 






8152 


Ejusdem 


Chronicon de Gwelfis principibus. 


Generationes 


Latine. 


XVII à /i 




Weingarten- 


Terminée, comme le n° 8151, à l'an 1181. Copie moderne. 


principum nos- 


In-folio. 






sis monachi. 




trorum. 






7764 


Ejusdem 


Chronicon Weingartensis monachi, de 


Welfi principes 


Latine, 


xvn 73 




Weingarten- 


Gwelfis principibus, ex codice Mss. Au- 


de Altorf. 


In-folio. 






sis monachi. 


gustano, usque ad annum 1191. 


Generationes 
principum. 






7765 


Ejusdem 


Chronicon ejusdem Weingartensis mona- 


Post tempora 


Latine. 


XVII «./j 




Weingarten- 


chi, a Christo nato, usque ad annum 


consulum. 


In-folio. 






sis monachi. 


i 1 97, ex Mss. Augustano ; nunc primum 
editum. 

Cette chronique, quoique du même nom d'auteur, ne 
concorde pas avec les précédentes. 








10236 




Notice chronologique depuis St. -Pierre jus- 


S 1 . Pierre fut 


Française. 


XV «/ 3 






qu'à St. -Louis. 


pape l'an XL. 


In-folio. 








On y trouve l'indication de beaucoup d'événements 










' 


remarquables. 








9146 


Fratris Vin- 


(Titre). Incipit Spéculum historiale fratris 


Quoniam mul- 


Latine. 


1450 




centii Bello- 


Vincentii. 


tiludolibrorum. 


38". 






vacensis,Or- 


(Commence). De causa suscepti operis. 


Il y a impos- 


REMARQUE. 
Le format 






dinis Pradi- 


(Fin). Prsesens volumen fuit scriptum 


sibilité défaire 


en papier 






catorum. 


et completum anno Domini millesimo 
CCCC. L. 


concorder V In- 
cipit de ce n" 


est indiqué 
par: In-fol. 
in-4°, etc j 








Vincent de Beauvais, écrivait, par ordre de saint 


avec la plupart 


celui en vé- 








Louis, divers ouvrages en latin, sous le titre de : Spéculum 


des suivants , 


lin, par cen- 








(ou Miroir), tels que : Spéculum Doctrinale , Spéculum 


parce que les 


timètres de 








Naturale, Spéculum Morale et Spéculum Historiale. Ce 
dernier ouvrage comprend l'histoire universelle depuis 


manuscrits qui 


hauteur. 








la création jusqu'à l'an 1244; il a été traduit en français 


vont être dési- 










dès le xiv e siècle, par ordre et pour l'usage de Jeanne de 


gnés , sous le 










Bourgogne, première femme du roi Philippe de Valois, 
par Jehan de Vignay, sous le titre de Spécule Historial; 


nom de Vin- 










il y en avait un exemplaire en langue française et en 


cent de Beau- 










cinq volumes, dans l'ancienne Bibliothèque de Bourgogne 


vais , sont des 










comme on le reconnaît par les n os 726 à 730 de l'Inventaire 
de 1577. On en retrouve trois articles à l'Inventaire de 


tomes diffé- 










Barrois; nous ignorons s'ils sont restés à Paris. 


rents de ses 










Magnifiques initiales mosaïquées, en toutes couleurs 


ouvrages. 










et d'or. S' 1 Laurentii, Leodii. 









DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccxli 

Après avoir donné ce spécimen, quelques explications sont nécessaires sur la classification 
des i8000 articles. Nous n'avons pas suivi, comme nous l'avons dit aux premières pages de 
cette seconde partie, la méthode en usage par plusieurs bibliographes, et entre autres celle 
de De Bure, qui était le code des bibliophiles et des libraires pendant le dernier tiers du dix- 
huitième siècle. Leur méthode consiste à diviser les catalogues en cinq classes : la théologie, 
la jurisprudence, les sciences et arts, la littérature et l'histoire. Cette classification, qui 
paraît remonter au temps de Sidonius Apollinaris , comme nous l'avons expliqué plus 
amplement au résumé qui précède, était fort utile pour les bibliothèques monastiques qui 
furent les principaux et presque seuls dépôts littéraires, au temps des grands vassaux; 
car les abbayes comme on l'a dit aussi , recueillirent les débris des livres qui échappèrent à 
l'ignorance , résultant de l'établissement des barbares en Occident et du discrédit dans lequel 
la littérature païenne était tombée, par un zèle mal entendu de la part de beaucoup de pieux 
chrétiens , qui travaillaient à l'extinction du culte de Jupiter ; c'est l'effet inévitable de toutes 
les révolutions. La bibliographie était donc autrefois plus sacrée que profane. 

La théologie devait être pour les monastères la première et principale partie de la classifi- 
cation des bibliothèques, dites alors librairies; la Bible, appelée pendant longtemps Pandectes 
et Bibliothèque par excellence , était mise en tête de cette classe et par conséquent de tout le 
dépôt , quoiqu'elle renfermât plus de livres historiques , que de livres poétiques et prophé- 
tiques. 

La classe de jurisprudence suivait celle de théologie, elle en était le complément; cette 
seconde classe renferme les divisions du droit civil et du droit canonique, (utriusque juris). 
Les sciences et arts qui suivaient la jurisprudence, avaient peu d'étendue. En effet, les études 
des sciences se réduisaient à peu de chose. La principale, qui était celle des mathématiques, 
n'était alors qu'élémentaire. Les notions des sciences naturelles n'avaient guères pour objet 
que la curiosité; les livres de médecine étaient peu nombreux. Les sciences étaient suivies 
des sept arts libéraux; on en détachait la grammaire et la rhétorique, pour ouvrir la classe 
de littérature dans laquelle on devait faire entrer les poètes, tels qu'Homère, Virgile, Lucain; 
on n'avait pas encore remarqué que ces poètes sont géographes, mythologues et historiens, et 
que dès lors ils font partie de la science de l'histoire, dont les ouvrages étaient réunis dans la 
dernière classe. Cette classe d'histoire recevait tout ce qu'on n'avait pu placer ailleurs, tels 
que les ouvrages qui traitent de la bibliographie. 

Mais, depuis la grande révolution qui s'est opérée à la fin du dix-huitième siècle, dans l'état 
politique de l'Europe; depuis l'amélioration des études qui ne sont plus dans la dépendance 
de la latinité et qui sont replacées sur de nouvelles bases ; depuis la création de plusieurs arts 

devenus vulgaires, qui sont d'une utilité générale et qui se développent chaque jour davan- 

hhh 



ccxlii NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

tage , il nous semble que la méthode des cinq classes bibliographiques est surannée. Si les 
livres servent aux études, leur classement doit être en corrélation avec les études. 

Tel est le motif qui nous porte à présenter ici un nouveau système de classification. Les 
savants de Belgique, de France, d'Angleterre, d'Allemagne et d'autres contrées, qui ont 
visité la Bibliothèque de Bourgogne, depuis l'an 1832, ne l'ont pas désapprouvé. Plusieurs 
d'entre eux ont daigné emporter, dans leur pays, les formules imprimées de ce système. Nous 
ajouterons que l'invention d'un système nouveau a été la cause de l'introduction de plusieurs 
mots nouveaux tels que chyrolypes et autres ; et l'application d'une nouvelle signification à 
plusieurs mots, tels que provenance qui présente une idée plus exacte que celle du mot origine. 
L'Inventaire a été séparé du Répertoire, celui-ci est à la disposition du public, depuis 
l'année 1834 ; enfin d'autres innovations ont été reçues avec indulgence. 

Notre système ne se divise qu'en quatre classes au lieu de cinq : 

1° La polygraphie; elle renferme les ouvrages qui traitent de plusieurs objets très-diffé- 
rents, par exemple les voyages; car le voyageur décrit tout ce qu'il a vu. 

2° L'histoire , qui est la collection de tout ce qui est récit d'événements ou pièces justifica- 
tives de ces récits. 

3° La sociabilité, qui réunit tous les principes constitutifs du faisceau des connaissances 
humaines, que nous avons classée le plus systématiquement qu'il nous a été possible. 

4° Les religions; cette dernière classe est le recueil de tous les ouvrages qui établissent les 
rapports entre l'homme et la divinité. 

S'il y a réduction dans le nombre des classes , on verra aussi qu'il y a simplification dans 
la distribution de leur contenu. Pour démontrer cette simplification , nous allons reproduire 
la distribution du contenu de ces quatre classes , adaptées aux manuscrits ; nous prions le 
lecteur de les comparer à la table qui se trouve dans l'ouvrage de De Bure, adaptée aux 
imprimés, mais en remarquant, que les principes de bibliographie ne permettent point une 
entière conformité entre la classification des manuscrits et celles des imprimés. 

PREMIÈRE CLASSE. 

POLYGRAPHIE. 

l re SECTION. — Bibliothèques. — Leurs catalogues étant l'indicateur des livres, il nous 
paraît rationnel de commencer par cette section. Elle se divise en Bibliothèque de Bourgogne, 
Bibliothèques royales, Bibliothèques commnuales, Bibliothèques monastiques, etc., Etudes 
bibliographiques. — 2 e SECTION. — Typographie. — 3 e SECTION. — Traités généraux 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccxliii 

des études. — 4 e SECTION. — Compositions littéraires. — Lorsqu'elles sont polygra- 
phiques, c'est-à-dire, des recueils qui traitent de divers objets, tels que les extraits d'analyses 
d'ouvrages. — 5 e SECTION. — Correspondance. - 6 e SECTION. — Voyages. 



DEUXIÈME CLASSE. 

HISTOIRE. 

Les bornes de ce travail étant trop restreintes pour expliquer l'enchaînement de toutes 
les matières qui composent le Répertoire , nous en exposerons seulement les principaux 
Titres et Chapitres, renfermés dans les Sections. Les détails des motifs de leur classification 
se trouveront à chaque partie respective du catalogue. 

1 er SECTION. — Études collatérales. — 1 er Titre. Géographie générale.— 2 e Titre. Comput. 

— 3 e Titre. Diplomatique. — 4 e Titre. Héraldique. — 5 e Titre. Numismatique. — 6 e Titre. In- 
scriptions etépitaphes. — 7 e Titre. Méthodes et étymologies historiques. — 8 e Titre. Historiens. 

2 e SECTION. —Écriture sainte. — 1 er Titre. Instructions sur la Bible. —2 e Titre. Textes 
bibliques, en un volume ou polytomes. — 3 e Titre. Évangiles isolés du Nouveau Testament. 

— 4 e Titre. Histoire biblique. — 5 e Titre. Traités et commentaires sur la Bible. 

3 e SECTION. — Histoire ethnique. (C'est-à-dire des nations). — 1 er Titre. Histoire des 
peuples avant les Romains. — 2 e Titre. Histoire Romaine et Bysantine. — 3 e Titre. Chroni- 
ques générales. — 4 e Titre. Histoire de l'Eglise, (considérée sous le rapport des événements 
qui se rattachent à toute la chrétienté). — 5 e Titre. Histoire de la Monarchie Française. — 
6 e Titre. De l'Empire d'Allemagne. — 7 e Titre. Des Iles Britanniques. — 8 e Titre. De la Pé- 
ninsule Espagnole. — 9 e Titre. De la Péninsule Italique. — 10 e à 14 e Titre. Histoire de la 
Suisse ; de Hongrie et d'Illyrie ; de Prusse ; de Pologne ; de Suède et de Danemarck ; de Russie. 
— 15 e Titre. Histoire des Croisades, des Royaumes de Jérusalem, de Chypre, etc. — 16 e Titre. 
Histoire du Mahométisme, de Mahomet; des Sarrazins; de l'Empire Ottoman. — 17 e Titre. 
Histoire de l'Asie centrale et orientale; de la Tartarie; de la Chine, etc. , (non compris les 
Indes). — 18 e Titre. Histoire des Deux-Indes ; Archipel indien; Afrique; Amérique. 

4 e SECTION. — Histoire de Belgique. — Nous en avons fait une section spéciale, à cause 
du grand nombre d'ouvrages qui traitent de cette matière. 

l re Partie. — Géographie générale; hydrographie générale. — 2 e Partie. — Antiquités proro- 
maines , romaines , franques. — 5 e Partie. — Bibliographie générale ; Dictionnaires , etc. , etc. — 
4 e Partie. — Histoire du Royaume de Lotharingie. — 5 e Partie. — Histoire provinciale. — 
1 er Titre. Histoire d'Artois; géographie; généalogies; histoire du comté; Arras; communes et 



ccxliv NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

monastères. — 2 e Titre. Histoire de Brabant; géographie et hydrographie; histoire ducale gé- 
nérale ; histoire ducale partielle ; généalogies ; communes et monastères , (y compris Anvers 
et par ordre alphabétique); Terres franches. De la Joyeuse entrée, autres chartres et privi- 
lèges. — 3 e Titre. Histoire de Cambray et du Cambrésis, sous le rapport politique et non 
épiscopal. — 4 e Titre. Histoire de Flandre ; géographie et hydrographie ; histoire comitale 
générale; histoire comitale partielle; généalogies; communes et monastères, (par ordre 
alphabétique); chartres et privilèges, etc. — 5 e Titre. Histoire de Frise. (Cette histoire et les 
suivantes sont subdivisées comme le Brabant et la Flandre, en adoptant l'ordre alphabétique, 
toutes les fois que cela est possible. — 6 e Titre. Gueldre, etc. — 7 e Titre. Hainaut. — 8 e Titre. 
Hollande. — 9 e Titre. Limbourg. — 10 e Titre. Luxembourg et Chini. — 11 e Titre. Malines. 

— 12 e Titre. Namur. — 15 e Titre. Tournay et le Tournésis, sous le rapport politique et non 
épiscopal. — 14 e Titre. Utrecht, etc. — i5 e Titre. Zélande. 

6 e Partie. — Histoire monarchique. — d er Titre. Maison de Bourgogne-Flandre. — 2 e Titre. 
Maison d'Autriche-Bourgogne, branches flamande et espagnole. — 5 e Titre. Branche alle- 
mande et maison de Lorraine-Autriche. — 4 e Titre. Réunion à la France. — 5 e Titre 
Royaume des Pays-Bas. — C e Titre. Royaume de Belgique. 

7 e Partie. — Histoire des Provinces-Unies et finalement du Royaume de Hollande, etc. 

8 e Partie. — Histoire administrative. — 1 er Titre. Du gouvernement. — 2 e Titre. Chan- 
celiers de Bourgogne. — 3 e Titre. Gouverneurs-généraux. — 4 e Titre. Toison d'or. — 
5 e Titre. Funérailles, etc. — 6 e Titre. Traités de paix et autres actes diplomatiques généraux. 

— 7 e Titre. États généraux ; Etats de Brabant; Etats de Flandre, etc. — 8 e Titre. Dignités; 
offices; formulaires, etc. — 9 e Titre. Des Consaux; Conseils d'État, suprême, privé, de 
l'amirauté , des finances. — Conseil souverain de Brabant ; Parlement ensuite Grand-Conseil ; 
Conseils de Flandre; de Hainaut; de Namur; de Luxembourg, etc. — 10 e Titre. De la 
guerre ; armées de terre , armées navales. 

9 e Partie. — Finances et domaines. — Suivent les Titres, entre autres : des charges publi- 
ques ; de la Chambre des comptes de Lille et ensuite de Bruges ; Chambre des comptes de 
Bruxelles, en Gueldre, en Hollande. Monnaies. Recettes générales. Domaines et forêts. Amor- 
tissements. Hydrographie, en Brabant, en Flandre, en Hainaut, etc.; watergravie : poldres. 
Aides et subsides des Provinces : en Brabant, en Flandre, à Namur, etc. ; contributions; les 
quatre Impôts en Brabant , etc. ; scel de secret , petit-scel , etc., etc. 

10 e Partie. — Commerce et manufactures. Avant Marie-Thérèse et Compagnie des Indes 
à Ostende; depuis Marie-Thérèse. Commerce avec les Provinces-Unies, avec l'Angleterre, 
l'Espagne , la France , l'Italie. Douanes et Thonlieux. 

II e Partie. — Études; universités de Louvain et de Douai , etc., etc. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE BOYALE DES DUCS DE BOUBGOGNE. ccxlv 

12 e Partie. — Histoire ecclésiastique catholique. Avant le concile de Trente. Anciens évêchés; 
nouveaux évèchés. Placet; Nonciature. Jurisdiclion des évoques étrangers, en Brabant. etc. 

i3 e Partie. — Affaires relatives à la religion réformée, dans les Provinces-Unies. 

14 e Partie. — Histoire de la principaulé-épiscopale de Liège • géographie • histoire générale : 
histoire partielle. Communes et monastères. Noblesse de Liège et de Loos. Cour judiciaire 
de Liège, etc., etc. — Stavelot; Malmédi. 

5 e SECTION. — Histoire des ordres religieux. — i ei Titre. Règles monastiques primi- 
tives, etc. — 2 e Titre. Ordres ascétiques; histoire spéciale; Augustins; Béguines, etc., etc. 
— 3 e Titre. Ordres de chevalerie; Hospitaliers; Templiers, etc. 

6 e SECTION. — Histoire agiologique. — 1 er Titre. Recueils généraux. — 2 e Titre. Béatifi- 
cations; fêtes religieuses ; martyrologes; passionnaires ; légendaires; etc. — 3 e Titre. Recueils 
spéciaux. Saints de divers pays; de diverses professions, etc. 

7 e SECTION. — Biographie. Recueil, par ordre alphabétique, de toutes les biographies 
sacrées et profanes. 

8 e SECTION. — Histoire fictive. — 1 er Titre. Discours ; romans helléno-romains; romans 
de chevalerie; romans philogyniques , etc. — 2 e Titre. Dialogues; débats , bucoliques, comé- 
dies, tragédies, etc. 

TROISIÈME CLASSE. 

SOCIABILITÉ. 

PREMIER ORDRE. - EXPRESSION DE LA PENSEE. 

1 er Titre. Par des mots : linguistique; grammaires; glossaires. — 2 e Titre. Par le raison- 
nement : logique; dialectique; art poétique; rhétorique. — 5 e Titre. Par des gestes : instruc- 
tion des sourds-muets; danse. — 4 e Titre. Par le dessin : peinture; sculpture, etc. — 
5 e Titre. Par des sons : musique. 

DEUXIÈME ORDRE. - ÉTUDES MATHEMATIQUES ET DES OBJETS MATERIELS. 

l re SECTION. — Évaluation des objets corporels et incorporels. De l'espace et du temps. — 
Mathématiques pures. Traités de Grégoire de S 1 . -Vincent; algorithme, arithmétique, etc., 
géométrie; de la sphère, (sous le rapport mathématique.) etc. Horographie, etc. 

2 e SECTION. — Physique. —Traités généraux. Auteurs helléno-romains; auteurs bysan- 
tins; auteurs occidentaux; auteurs modernes. 

5 e SECTION. — Astronomie.— 1 er Titre. Astronomes helléno-romains; Tables Alphonsines 
et autres; Astronomes Arabes, Juifs, etc., etc. De la terre, sa mesure, etc., etc. — 2 e Titre. 
Astrologie judiciaire et hygiénique; auteurs hébrœo-arabes ; auteurs chrétiens. 

m 



ccxlvi NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE 

4 e SECTION. — Histoire naturelle. — Anthropographie (ou description physique de 
l'homme); zoologie; bestiaires ; botanique, diétaires, herbiers , etc., etc. 

5' e SECTION. — Médecine. — Dictionnaires; médecins helléno-romains , bysantins, juifs, 
arabes. Écoles de Salerne, de Montpellier. Médecins modernes; traités spéciaux de pathologie, 
fièvres, lèpre, peste, mal vénérien, etc. Anatomie. Chirurgie; Gynécie; Hygiène. — Médecine 
de divers animaux; hippiatrique. Diétaires (voir Botanique) ; pharmacie; eaux thermales. 

6 e SECTION. — Alchimie. — Auteurs arabes, auteurs chrétiens. 

7 e SECTION. — Chimie. — Avant Lavoisier. Depuis Lavoisier. 

8 e SECTION. — Économie. — Rurale, domestique, culinaire. 

9 e SECTION. — Commerce, industrie et manufactures, etc., principalement aux Pays-Bas. 
10 e SECTION. — Constructions industrielles. — Architecture civile, nautique; ancienne, 
moderne. 

li e SECTION. — Attaque et défense de la société. — Stratégie; helléno-romaine, bysantine, 
des grands vassaux. De la guerre depuis Charles-Quint. Fortification, places de guerre, artillerie. 

12 e SECTION. — Imitation de la guerre. — Entre les hommes : tournois, échecs, paulme. 
Contre les animaux : chasse, fauconnerie, pêche, etc. 

TROISIÈME ORDRE. - ÉTUDES PHILOSOPHIQUES ET INTELLECTUELLES. 

l re SECTION. — Philosophie cosmogonique. — Formation du monde; auteurs payens, 
Platon, Aristote; auteurs chrétiens, commentateurs de Platon, etc. 

2 e SECTION. — Philosophie scholastique, ou adaptée au christianisme. — Pierre Lombard, 
ses commentateurs. 

3 e SECTION. — Philosophie antropologique (ou de l'homme intellectuel). — De la jeunesse ; de 
la vieillesse ; de 1 ame ; auteurs payens ; auteurs chrétiens non théologiens ; auteurs théologiens. 

4 e SECTION. — Philosophie métaphysique ; ontologie, etc., etc. 

5 e SECTION. — Philosophie éthique ou morale. — Auteurs payens; Aristote, ses commen- 
tateurs; autres auteurs helléno-romains tels que Cicéron, Sénèque, etc. Auteurs chrétiens. 
Apologues ; moralistes avant le règne de Charles-le-Chauve ; depuis Charles-le-Chauve. Dits 
Moraux. Doctrinaux, Cathon. Sapience. Des autres vertus. Auteurs helléno-romains, auteurs 
chrétiens; charité, amour et amitié; de la fortune, de la félicité, etc., de l'infortune, con- 
solation, etc., etc. Combats moraux des vertus et des vices. 

6 e SECTION. — Philosophie politique ou régime social. — Traités généraux; information 
des rois et des princes ; des ministres ; de la noblesse. Éducation de la jeunesse et des femmes. 

7 e SECTION. — Jurisprudence ou raison sociale écrite. — Droit de la nature et des gens; 
droit de la guerre; de la paix, etc.; lois rurales; code de Justinien, ses commentateurs. 
École boulonnaise et autres. Manuscrits de Viglius, d'Alciat, etc., etc. 



DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DES DUCS DE BOURGOGNE. ccxlvii 

QUATRIÈME CLASSE. 

RELIGIONS. 

PREMIER ORDRE. - MONOTHÉISME. 

PREMIER SOUS-ORDRE. — JUDAÏSME. 

Judaïsme ancien ; rabbinisme. 

DEUXIÈME SOUS-ORDRE. — CHRISTIANISME. 

l re SECTION. — Traités généraux du dogme. — Dictionnaires de théologie. CoIIationes et 
Bibliothecœ patrum , etc. 

2° SECTION. — Théologiens de diverses écoles ; avant Saint-Augustin; depuis S 1 . -Augustin 
jusqu'à S^-Thomas d'Aquin; depuis S*. -Thomas d'Aquin; Thomistes, autres théologiens. 

3 e SECTION. ■ — Traités dogmatiques spéciaux. — De Dieu, de la S te . -Trinité , de la Foi, 
des Symboles, du Décalogue. De la Grâce et du libre Arbitre, avant le Jansénisme. Baïanisme 
et Jansénisme. 

4 e SECTION. — Des sacrements, avec les traités sur le mariage civil avant le code Napoléon. 

5 e SECTION. — Des quatre fins de l'homme. — De la mort, etc. 

6 e SECTION. — De la polémique. — Contre les payens et les incrédules; contre les juifs; 
contre les hérétiques. 

7 e SECTION. — Des sermons et des homélies. 

8 e SECTION. — De la vie spirituelle; des vertus chrétiennes; traités ascétiques, etc. 

9 e SECTION. — De l'église; des conciles, etc.; du pape, des primats, etc., etc. 

10 e SECTION. — De la liturgie, etc., etc. 

TROISIÈME SOUS-ORDRE. — MAHOMÉTISME. 

Du coran ; des prières. 

SECOND ORDRE. _ POLYTHÉISME. 

Mythologie astronomique et allégorique; helléno-romaine; indienne, etc. 

Après cette indication du contenu du Répertoire, nous devons rendre compte de la for- 
mation des tables qui terminent cet ouvrage : il a fallu les établir pour faire le second triage 
d'un grand nombre d'objets qui sont trop difficiles à retrouver dans la vaste étendue du 
Répertoire, et qui ne sont point en rapport avec la classification par ordre des matières. 
Voici l'indication des tables; elles sont au nombre de cinq. 

Littera A. Table des provenances, indiquant par ordre de numéros et par intitulés, les 
manuscrits de divers établissements, soit religieux, soit profanes : on sait que souvent 
le manuscrit d'un auteur, ou qui provient de telle ou telle abbaye , est précieux. 



cciLTin NOTICE SUR L'HISTOIRE ET LE CATALOGUE, etc., etc. 

B. Table princeps, indiquant les plus anciens manuscrits de chaque ouvrage et tous ceux 
antérieurs au 15 e siècle ; nous n'en donnons les titres que de la manière la plus succincte. 

C. Table des miniatures ; elle nous paraît d'autant plus nécessaire , que les artistes de- 
mandent souvent des miniatures de différents siècles. 

D. Tables comparatives des divers catalogues de la Bibliothèque de Bourgogne , que nous 
indiquons ici, pour mémoire, parce que nous allons les éditer aux pages qui vont suivre. 

E. Une table alphabétique avec un vocabulaire des mots que nous avons introduits. 

La première des tables comparatives des catalogues devient nécessaire pour reproduire les 
titres des manuscrits de la librairie primitive, qui se trouvent indiqués : 1° au catalogue de 
M. Barrois, publié en 1830, d'après les Inventaires qui sont en la Chambre des comptes, 
à Lille; 2° à l'Inventaire , rédigé par ordre du gouvernement, en 1577, après le décès du pré- 
sident Viglius qui était bibliothécaire; 3° à ceux qui furent rédigés en 1641, par Sanderus; 
4° en 1731 par Franquen; 5° à celui que Gérard rédigea en 1797, trois années après l'enlè- 
vement , par ordre des représentants de la République Française , de presque tous les ma- 
nuscrits précieux et des meilleurs livres imprimés , et 6° à la comparaison avec le présent 
Inventaire. On doit regretter que le catalogue remis à Mirœus, en 1617, (voir page cxxxvu), 
ne soit point sur cette table comparative. Alors on y aurait réuni tous les catalogues officiels. 

La seconde table comparative est aux colonnes du catalogue rédigé en 1731 par Franquen, 
après l'incendie du palais. Cette reproduction est aussi nécessaire que la précédente, parce 
qu'il y en a plusieurs copies répandues dans le public et qu'elles sont fautives. 

Nous avons ajouté aux deux catalogues de 1577 et de 1731 , la liste des imprimés qui fai- 
saient alors partie intégrante de la Bibliothèque des ducs de Bourgogne, comme l'atteste le 
catalogue des manuscrits de Peresc, rédigé avant 1639. Ce catalogue est indiqué à la 
page 1181 de la Bibliotheca Bibliothecarum de Montfaucon. 

Ces deux catalogues étant un préliminaire de l'Inventaire de 1839, il nous semble qu'ils 
doivent le précéder immédiatement. 

Le conservateur des manuscrits de l'État, 
J. MARCIIAL, 

CHEVALIER DE L'ORDRE ROYAL DE LA LÉGION D'HONNEUR. 



CATALOGUE 



DE 



VIGLIUS , 

RÉDIGÉ APRÈS SON DÉCÈS, LE 8 MAI 1577, 

PAR SES EXÉCUTEURS TESTAMENTAIRES. 
DIVISÉ EN DEUX PARTIES INTEGRANTES, LES MANUSCRITS ET LES IMPRIMES. 



ssâ^r!>9$<x 



Nota. Les détails sur cette opération, en ce qui concerne les manuscrits, se trouvent à la page ccxlviii précédente. 
On voit ici l'indication comparative des numéros que les volumes portent sur les autres catalogues et les inventaires. 
En conséquence, on reconnaîtra par les comparaisons avec ces ouvrages, la situation ancienne de la bibliothèque, au 
quinzième siècle, et la situation actuelle : 

Barrois, Bibliothèque protypographique, années 1467 et 1487. 

Viglius, 1577. 

Mir£Us , en 1617, (voir p. cxxxvn et ccxlvii) Mémoire. . . . 

Sanderus, Bibliotheca manuscripta, 1645. 

Franquen, Inventaire fait après l'incendie de la cour, en 1731. 

Gérard, Catalogue rédigé en 1797. 

Le présent catalogue, dont le texte fut arrêté en 1854, augmente et publié en 1839. 

On trouve aussi l'indication des manuscrits, enlevés en il 49, par M tre Courchelet Desnans, commissaire français, 
restitués en 1770. Cette colonne est placée après celle de l'inventaire de 1859 , afin que l'on y reconnaisse si les 
manuscrits sont rentrés après leur seconde restitution, en l'année 1815. 



m 



PREMIÈRE DIVISION. 

MANUSCRITS CONCORDANT AVEC L'INVENTAIRE DE VIGLIUS, EN 1577. 



Livres et premiers ceulx quy ont esté trouvés selon l'inventaire précédent, reposés en une chambre a part, 

joindant la chambre nouvelle des joyaulx. 



BARROIS , 

467, 1487, etc. 



VIGLIUS 

1577. 



711-1157-1685 
'22-1507-1636 

'28-791-1513 
29-1514-1645 

26-1511-1626 
1622 
789-16U 
1693 

2252 
707 
40-1726-2038 



1099-1778 

1101 
1531-1640 
0-1156-2189 

1703 

897-1668 

1624 

869 

872-1682 

876-1637 

910-1667 

912-1613 

10-1646-2195 

1648 
527-1724 
: o-l 500-1 652 
14-1499-1681 
75-1518-1701 
/U 51 9-1702 
1893 
1700 
1651 
1894 
596-1749 
597-1750 
598-1751 
599-1752 
246-1705 
247-1706 
601-1707 
1708 
603-1687 



SANDERCS, 

1643. 



FRANQEEN 

1731. 



1 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 

14 

15 

16 

17 

18 

19 

20 

21 

22 

23 

24 

25 

26 

27 

28 



31 

32 

33 

34 

35 

36 

37 

38 

39 

40 

41 

42 

43 

44 

45 

46 

47 

48 

49 

50 



10 



GERARD, 
1797. 



80 
31 



34 
35 
36 
37 
38 
39 
40 
41 
42 
43 
44 
45 
46 
47 
48 



6 17 

Qhis. 17bis. 

21 

2 ibis 



12 
9 

99 
100 
22 
23 
44 



INVENTAIRE, 
1839. 



Mss. 
ENLEVÉS 

EN 

1749. 



148 

967 

352 

893 

398 

395 

2 bis . 
(v.n°3G0j 



189 
189^ 5 . 

174 
172 

307 

221 



191 

191^. 

199 

199^. 

182 

182»> is . 

182'er-. 

1834°. 

200 

200''ù>. 

200 ter . 

200 4°. 
285 

235 bis . 

235t«-. 

235 4°. 
226 



869 
983 
983 b " 
979 
979 bi 
1374 

478 
449 



1362 

863 
864 
798 
798 bi; 



834 bis 
834 ter 
8344° 
799 
799 bis . 
799 ter . 
7994°. 
777 
777 b ' s . 
! 777 ler . 
77740. 

739 



9001 
9002 

9005 
9006 

9015 

10308 

9228 

9270 

9092 

9157 



NOMS DES AUTEURS 

ET 

INTITULÉ DES OUVRAGES. 



PREMIERS MOTS 



SECOSD FEUILLET. 



64 



9018 
9021 

9104 



9049 
9050 



9089 
9505 
9091 



9231 

9232 

9066 

9067-68 



9261 



C'est le premier volume de la Bible. Illuminé, 

C'est le second volume de la Bible. id, 

St. -Augustin. — De la cité de Dieu , en vingt-deux livres. 

Le premier volume de S'- Augustin, de la cité de Dieu, en francbois 

Second volume de la cité de Dieu. 

St-Augustin. — De la cité de Dieu. 

B li -Augustini. — Prima pars de civitateDei. 

C'est le livre de Josephus qui parle de l'ancienneté des Juifs. 

Le miroir de l'âme. 

La légende dorée, en francbois. 

Le ave Maria. 

C'est lepater noster, translaté de latin en franchois. 

La Bible en latin, sans histoires. 

La Bible en latin. 

Magistri Henrici Goethals. — Quodlibet. 

Le livre de l'apocalipse. 

Création du Monde, en latin , (imprimé). 

Historia Alexandii,Machabœorum,destructio Jérusalem, Judith. (T. i). id. 

Autre livre en thiois, contient des prophéties,les faicts des Apôtres. (T. n) . id. 

C'est le livre du Trésor. 

Chronicques de la Bible et des faicts des Romains. 

Le premier volume des histoires Romaines. 

Le second volume des histoires Romaines. 

Le premier livre de Titus Livius, en franchois. 

La seconde décade de Titus Livius, en franchois. 

Yalerius Maximus , translaté avec la déclaration d'icelluy. 

Valere-le-Grant, translaté en franchois, par M lre Simon de Hcsdin. 

Les etiques, politicques et ecconomiques d'Aristole. 

C'est le livre nommé eticques et politicques. 

Lesepistres deSeneque, translatées de latin en franchois. 

Le livre du gouvernement des Rois et Princes. 

C'est le livre de Jehan Bocace, des cas des nobles hommes et femmes. 

C'est le livre des propriétés des choses. 

Le premier volume du livre nommé la Fleur des histoires. 

Le second volume de la Fleur des histoires. 
55 Le premier volume des conquestes de Charlemaigne. 
Idem. Le second volume de Charlemaigne. 

5 Le premier livre de Froissart. 
Idem. Le second livre de Froissart. 
Idem. Le tiers livre de Froissart. 
Idem. Le quart livre de Froissart. 
25 Le premier volume de Charles Martel. 
Idem. Le second volume de Charles Martel. 
Idem. Le tiers livre de Charles Martel. 
. Le iiij me volume de Charles Martel. 
Le premier volume de Regnault de Monlauban. 
Le second volume de Regnault de Montauban. 
C'est le tiers volume de Regnault de Monlauban. 
C'est le livre, ou quart volume de Regnault de Montauban. 
Le prologue du premier livre du recueil des histoires de Troye. 



2 il 

a, 

id. 

id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 

id. 
id. 



id, 

ii} 
iij 

a. 
id. 

id. 
id, 

id 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id 

id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 

id. 



Humilité est la cité. 

Nous trouverons grans riches 50 ' 

Parce qu'il avoit veu. 

Et mise en ceste bannière. 

Mais orendroict pour ce. 

Depuisest mise en ceste ban ie,c . 

Ilonor me dont combien. 

Jour, il créa les bestes. 

De lâche négligence. 

A nous et nous oste. 

Et le fruict de ton ventre. 

De monstrer notre indigence. 

Liber apocalipsis. 

Et nemo aperit. 

Quam fecit forma circa. 

Johanspour le pressement. 

In principio. 

Hoe AlexanderBucifale. 

Niet wenen. Du en salz. 

Seconde et la tierce. 

Eussent la presse et la seig rie . 

Devant les aultres, le Roy latin. 

Sembloit proprement. 

Se combattent plus à pied. 

Et avoyent ensemble ordonné. 

Appelé Maximus. 

De mémoire digne de la cité. 

Plus dure et en meilleur estât. 

Quy 1res souvent sont es livres. 

Sont ceste à ceulx. 

D'ung chacun genre. 

Ils deschasserent de ce monde. 

Cuer royal le désir. 

Du monde celle lumière. 

Ainsy obstiné. 

Et melancolye. 

Mené à si grande désolation. 

De Beaufort a cuy. 

D'armes pour résister. 

Qui m'en informoyent. 

Seigneur et maître. 

Mais m'efforcheray. 

Le Débonnaire laissa trois filz 

Quy voudroit racompter. 

Pour venir au faict. 

Et si aucunes en y a. 

Que mye ne le vouloyent. 

Quil avoit. Il fut. 

Et en angorie puissamment. 

Gros concepvoirs. 



CCLII 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



BARROIS, 

1467, 1487, etc. 



VIGLIUS. 

1577. 



884-1669 
1600-1886 

1808-1719 

1414 
1605-1722 
1416-1764 

2181 

1682 
1415-1696 

1688 
1478-1647 
1438-2182 

2183 

1254-1632 
1255-2187 

1256 
1257-2188 

1258 
1241-2184 

2185 
896-1684 

1678 

1436-1892 

1438-1929 

1558-1912 

935 

900 

823-1879 

1267 

1280-1851 

1563 

1275 

1279-1877 

995-1830 

767-1754 
907-1789 

1301 
1525-1732 
973-1884 
1079-1782 

1897 

1990 
1989 
1138 



51 

52 

53 

54 

55 

56 

57 

58 

59 

60 

61 

62 

63 

64 

65 

66 

67 

68 

69 

70 

71 

72 

73 

74 

75 

76 

77 

78 

79 

80 

81 

82 

83 

84 

85 

86 

87 

88 

89 

90 

91 

92 

93 

94 

95 

96 

97 

98 

99 

100 



SANDERIS. 

1648. 



51 
52 
53 
54 
55 
56 
57 
58 



62 
63 
64 
65 
66 
67 
68 
69 
70 
71 



89 

91 
92 



FRANQEEN , 

1731. 



204 
230 
238 
280 
187 
183 

11 

187 bis . 
187 ter . 
236 

236 bis . 
236 ler . 
236 4°, 
236 5o 
236 Go 
185 
165 bis 



GERARD 
1797. 



INVENTAIRE 
1839. 



73 


243 


74 


303 


75 


298 


76 


314 


77 






308 


79 




80 


408 


81 


346 


82 


507 



287 

289 

267 
259 



219 

52 

1 

146 



738 
508 

1366'° 

1034 
1030 
1230 
1010 

25 

977 
1230 bis 
1230 ter 

776 

776 bis 

776ter 

7764°. 

776 5o . 

776 Go . 

770 

770 bis 

985 

509 
1305 
1306 

599 

720 

989 

754 
816 

749-1251 
774 
812 
513 
711 

500 
764 
995 



736 



52 



42 



9263 



9242 
9029 

9017 

9243 
9244 



9287 

9469 
10218 

10777 

9631 
10238 
10233 



9573 

10176 

9508 



9545 

9253 
9125 
9217 



Mss 
ENLEVÉS 

EN 

1749, 



7 

8 

13 

36 

6 



Idem. 



NOMS DES AUTEURS 



INTITULÉ DES OUVRAGES. 



PREMIERS MOTS 



SECOND FEUILLET. 



24 
Idem. 



19 
18 



31 
94 
33 

28 



38 



Le premier livre du receuil des histoires de Troye. Illuminé, 

Cest le 1 Cl ' et le 2 d vol me du songe des viel z pèlerins s'adressan t au faulcon . id 

Le tiers volume du songe du viel pèlerin adressant au blanc faulcon. id. 

Cest le livre de maistre Guillaume Machaut. ( V.plus loin 1 99 et 2 00). id 

Cronicques de France, que le seigneur de Tours donna a Monsieur. id. 

Cronicques abregiées de la geste franchoise. id. 

Ce sont les cronicques de France, selon ce qu'elles sont à S 1 . -Denis . id. 

Cest la première partie des chronicques des nobles princes de Hainault. id 

Les cronicques de Pise. id. 

Le2 d vol me des cronicques abrégées, coramenchant au temps de Herodes.zVZ 

Le livre de : Cy nous dict. 

Cest l'histoire du bon roy Alexandre. 

La seconde partie des histoires des nobles princes de Hainault. 

La tierce partie des histoires des nobles princes de Hainault. 

Le premier volume du roy Perceforest. 

Le second volume de Perceforest. 

Le iij e volume de Perceforest. 

Le iiij e volume de Perceforest. 

Le v e volume de Perceforest. 

Le vi e volume de Perceforest. 

Le premier volume de Giron le courtois. id, 

Le second et tiers volume de Giron le courtois. id 

Le premier volume du livre traictant en brief des empereurs. id. 

La Salle. id 

Chroniques de la Grande-Bretaigne, que a présent est appelée Angleterre, id 



Et qu'il avoit environ 20 ans. 
Mais comme les apostres. 
Très grant douleur et y at. 
Tout vient, tout passe. 
Chilz qui cest œuvre. 
Si comme toutes autres nation! 



: 



Chroniques d'Escoche. id 

Modus et Ratio. id 

Le livre de Othea, la déesse. id 

De la l' e guerre punique, que eurent les Romains et les Cartagiens. id. 
Le livre du myroir du monde. id. 

Le livre de Gérard de Nevers. 

Loys de Gavre. id. 

Cestuy livre quy parle de M me Marguerite de Flandre et d'aultres choses. 
Ce livre parle de Guys, sire d'Antonne, du royaulme d'Angleterre. 
L'histoire des vaillants princes mons r Jehand'Avaisne,ducontesonfils,etc. 
Le disciple de sapience, auquel est adjoint le livre du corps de policye. id. 
L'estrif de fortune et de vertu. id. 

Le livre du songe du pelerinaige humain. id. 

De la mutation de fortune. id. 

Olivier de Castille. id. 

Levoyaged'OultremerduroyPb e de ValloisetdeBertr. delaBrocquerie. id. 

Les dicts des philosophes. id. 

Comment Jason conquist la Thoison d'Or et de la 1 re destruction de Troye. 

L'histoire de Troye. id. 

Ung livre de messe, en chant. 

Ung missal. id. 

Ung missal. id. 

Evangelium , en latin et en franchois. 

Missale, secundum consuetudinem Romanse, etc. id. 

Missale, secundum regulam beati Isidorii. (imprimé). 



Aucuns en prisrent. 
Au plus brieff que je pourri 
Par déclaration en chappiti 
Le conte fust desconfist. 
Parle de la venue d'antecriste 
Bonté et renommée du dict. 
Délucidation de ceste 2 de partie 
Mariaige a Bauduin. 
Chevalerye duquel je me tais. 
Tardifve médecine. 
Si vous plaisoit demourer. 
Roy Perseforesta establi. 
Estoit très bien advis. 
Autrement et quilz seroyent. 
Beaux dis et de courtois. 
Plus a pense qu'il ne faisoit. 
Levé ilzl'avoyent. 
Fait à cause de leurs engiens 
Et vaillants et de grans povoi 
Conforme en raison naturelle 
A la venerye des cerfz. 
Si ne veuillez mespriser. 
Et d'enfermete humaine. 
QueS te -Église octroyé. 
Vouloir et couraige. 
Tout seul l'espée au poinct 
Faisoit jugier des manans. 
Nourrir et gouverner. 
Et ce tant par le lignaige. 
Une petite briefve doctrini 
Traicte du fond de la S u -Es< 
Mais ce moult me desconforli 
Car moult loger y print. 
Vertueulx roy. 
De toutes pars gens. 
Il doibt hanter et aymer. 
Was wunig auf. 
Où ilz estoyent. 
Amet salutare. 
Masculum et feminam créa 
Carissimi pascientes 
Adeo, cui nomen erat Johai 
Vias tuas, domine. 
Est annunciatum. 






INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



CCLIII 



BARR0IS, 



467, 1487, etc. 



1174-2041 
1104-2027 

|l 105-2026 
2032 



1131 

1273-1686 

792-1680 

782-2193 

2010 

(492-1777 
!l 570-2037 



1064 



VIGLIUS, 

1577. 



001755-2194 



101 

102 

103 

104 

105 

106 

107 

108 

109 

110 

111 

112 

113 

114 

115 

116 

117 

118 

119 

120 

121 

122 

123 

124 

125 

126 

127 

128 

129 

130 

131 

132 

133 

134 

135 

136 

137 

138 

139 

140 

141 

142 

143 

144 

145 

146 

147 

148 



149 
150 



SANDERtS 

1643. 



96 
97 

98 



103 

105 

106 



107 
108 



110 


373 


111 


525 


112 




113 




115 


144 


116 




118 




119 




120 





FRANQCEN. 

1731 



132 
26 



43 
15 

137 



GERARD, 

1797. 



118 



INVENTAIRE 

1839. 



123 

127 
128 

129 

131 

134 455 
Inventaire de 

122 



36 
129 



883 
873 

505 



9126 

9961 
10987 



9967 
9081 



10475 
10995 

10571 



Un 

ENLEVÉS 
EN 

1749, 



603 11137 
tons les livres 



NOMS DES AUTEURS 



INTITULÉ DES OUVRAGES. 



Illuminé. 



ii, 

id. 

a. 

id. 

1,1. 



a. 



Unes petites heures. 
Livre de chant. 

Impues. Probablement : Horœ pi.t. 

Oroisons en franchois. 

Demy tems, commcnchant en la Trinité. 

Le mistere de la Passion. 

Demy tems, commenchant à l'Advent. 

Les sept pseaulmes, en franchois. 

Livre de devocion. 

Ung psaultier, aux armes du bon duc Philippe. 

Livre de dévotion intitulé : Horarium. 

Horarium. 

L'histoire deS te Hélaine, mère de St. -Martin de Tours. 

La vengeance de nostre seigneur Jésus-Christ. 

Deux Passions, l'une faicte par J. Mansel et l'autre par M e Jehan Jason. id. 

Ung livre intitulé : Ung an tout entier; servant à la Chapelle. 

Les conquestes de Jérusalem, de ceulxquy a vecGodeffroi de Buillon, etc. 

Ce sont les previlegesde la ville de Gandt et du pays de Waes. 

Moralité des nobles hommes, sur Iejeudeséchets. Auxarm.dePh e IeHardi 

Le livre de Laurent de Malespine, contenant les gestes des Romains. 

La première partie de Jehan Echius, contre les Luthériens. 

Le livre des cautelles en guerre. 

Le livre de venerye. 

Ballades, avecq le songe de la pucelle. 

Pétri Mamoardi, de triplici Imperio. 

Les disticques des Empereurs, par Jaspar Echius. 

Traité, en espaignol, du nombre de Jésus. 

De la coronalion des Papes et Empereurs, de leur puissance et dignité. 

Jeronymi Balbi. — De coronatione. 

Livre en allemand, théologicque. 

Les articles réprouvés par Jehan Echius de Zuingle, (aux armes de Liège). 

Banquet de noblesse, (en la fin St.-Cosmeet Damian). 

Articles extraicts des escriptures des hérétiques, réprouvés par Echius. 

Ung manuel de théologie, en allemand. 

De concordiâ etdiscordià, Johanis Ludovici Vivis ad Cœsarem. 

Hieronimy Balbi. — Liber de coronatione, ad Cœsarem. 

Oeuvre poeticque à l'Empereur. 

Ung livret en espaignol, marqué au 1 er feuillet d'une croy St.-Andrieu. 

Déclaration contre Luther, a l'empereur; de Damien Benesse. 

Prophéties des successeurs de l'Empereur, parLeBegghe. Aux arm.del'Emp. 

De la deffiance faicte parle Roy de France à l'Empereur, (en espaignol). 

Dialogues des puissances spirituelles et séculières, par deux advocatz. 

Ben.Aretini.-De la guerre desChretiens contre lesTurcqs. Aux arm.deFrance 

Salomon, (aux armes de Valois). 

Brief receuil des histoires d'Espaigne. 

Les offices de Cicero. 

La saincte Bible. 

Le livre de faulconnerye. id. 



PREMIERS MOTS 



SECOND FEUILLET. 



Et os meum annunciabit. 

Kyrie eleyson. 

Celli sumit et beatam. 

Hommes decevans mais. 

Carissima Sancti Spiritûs. 

Qui non abiit in concilio. 

Exaudi, domine, praeces nostras 

Me mect en voye de mort. 

Quoniam exaudi vit dominum. 

Laudans ut le. 

Non cognoverunt vias meas. 

Quy non abiit in consilio. 

Au prouffict et salut de tous. 

Contre Jesus-Christ, leur S° r . 

Je les fayt vous ne me voulez. 

Nativitate domini. 

Et de menu peuple. 

Dat hy hem laichtre. 

Le livre en grey. 

Primus omnium ordinavisse. 

Domino Cœsari. 
Cest acteur traicte. 
Lesquels sont les plus beaux. 
Faiz doncques ce que tu. 
Reperitur vos in aeternis. 
Feu... et Maxim... terrarum 
Eando las Rodillas. 
Car nous voyons. 
Pulchrum et admirabile. 
Wordt dese halb ail. 
Nomen domini. 
Regnis et terris. 

in dem Namen. 
Notwendich. 
A principe illo. 
Judex rerum. 
Sœpe et Augusti memor. 
Chari etlaudati. 
Mimas vir. 
Oramen amonii. 
Relation particular. 
Deux seurs et filles. 
Scriptos absque ornatu. 
Voz familiers et serviteurs. 
Praebet veluti. 

inam.... profecto. 
Cultis filiis iniquis. 
Pour rivière. 



20 



963^! 



estans en havlt, dessus la grande sale, au premier pupiltre. 

Une Bible, en franchois. Illutniné.lles générations Sem. 

La Bible en franchois, historiée. id. Font maies œuvres. 



kkk 



CCLIV 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



BARR01S , 

1-167,1487, etc. 



803-1976 
709-1185-1962 

732-1517-1729 
1224 
805-1980 
843-1977 
1184-2074 
845-1978 

806 
755-2151 
860-1770 

744-1874 

1656 
1294-1671 
1218-1979 
1530-1846 

815-1840 
846-1918 
751-1619 
777-1787-2196 
851-1800 
752-1984 

838 

1201-2127 

737-1712 

1219 

1783 
1489-1670 
753-2071 
1030-2066 
1040-2008 



1039 

1425-1650 
1426-1698 

1699 
1454-1772 

2088 
1455-1773 

1543 
908-1704 



903-1839 

1309-1748 

1307-1888 



VIGMliS, 

1577. 



SANDERIS 

1643. 



151 

152 

153 

154 

155 

156 

157 

158 

159 

160 

161 

162 

163 

164 

165 

166 

167 

168 

169 

170 

171 

172 

173 

174 

175 

176 

177 

178 

179 

180 

181 

182 

183 

184 

185 

186 



140 



147 



150 



160 



163 



168 



FRA.NQIEN, 

1731. 



GERARD 

1797. 



62 
47 



61 



126 

374 

86 
75 

119 

13 

77 
10 



495 



39 



381 

525 

375 
190 

367 

380 
889 
379 
394 



574 



INVENTAIRE 
1839. 



9394 



10993 

10516 
10388 

11208 
10386 

10500 

9553 

11041 

11209 

9225 

11210 

11083 

10146 
5097 



Mss. 

ENLEVÉS 

EN 

1749. 



187 


169 






188 








189 








190 


172 


323 


768 


191 


173 




1005 


192 


174 


309 


996 


193 






997 


194 






785 


195 








196 


176 






197 




167 


976 


198 




321 


786 


199 






1366'« 


200 






1366'" 



9492 



10387 



111 



NOMS DES AUTEURS 



INTITULE DES OUVRAGES. 



39 



PREMIERS MOTS 



SECOND FEUILLET. 



Cest le livre des evangilles, en franchois. Illuminé. 

La Bible, en franchois. 

Le vielz testament, en franchois. id, 

Le psaultier, en franchois. 

Cest le commenchement des epistres, en franchois. id. 

Les evangilles de toute l'année, en franchois. id. 

Les quatre évangiles, en franchois. 

Evangilles, en franchois, de toute l'année. id. 

Ce sont les epistres de S 1 . -Paul et l'apocalipse, en franchois. 

Exposition des evangilles. 

Ce livre traicte et parle des parabolles de Salomon, des prophètes. id. 

Livre des vies de plusieurs Saincts et Sainctes, en franchois. id. 

La composition de la Saincte Escripture. 

L'histoire de Saint-Greal. id. 

L'histoire de Saint-Greal. 

Le livre de la trinité et contient autres livres. id. 

Brunet to Latini.- Du trésor de sapience,quy parledela naissance des choses. 

Livre de S' e . -Escripture, en portugalois. id. 

CestIeprohesmedutranfferant,enfranchois,suraucunserreursdelafoi. 

La somme Le Roy. 

Le premier livre du dialogue de S 1 . -Grégoire. id. 

Cest le premier livre du dialogue S 1 . -Grégoire. id. 

Parabolles de Salomon. id. 

Le livre des dix commandements de la loi. id. 

Livre de Thobie. 

Delà création des anges. id. 

La légende dorée. id. 

Ci commence ung traité de pénitence , qui est divisé en trois parties . 

Cy a 47 sermons de frère Barlhole et les signes du jour du jugement. 

Cest le livre berger désolas. id. 

Composition de la Sainte-Escripture, autrement : Cy nous dict. id. 

Tullius, de somno Scipionis. 

Les dyalogues de S'. -Grégoire, en latin. 

Sermon sur les evangilles et epistres de S' .-Paul et ung traicté de l'escript re . 

La vie de Girard, le conte de Rossillon, en latin. 

Ce sont aucuns experimens contre plusieurs maladies, en latin. 

Au n e pulpitre. 

Cest le premier volume de Froissart. Iluminè. 

Cest le second livre de Froissart. id. 

Cest le tiers livre de Froissart. id. 

Le premier livre de Goddeffroy de Buillon. id. 
Godeffroy de Buillon. 

De Godeffroy de Buillon. id. 

La conqueste de la Terre-Saincte, faicte par Godeffroy de Buillon. id. 

De Oracle, l'empereur. id. 
L'histoire de Thebes, d'Athènes, de Troye la grande, de Enéas, etc. 

Histoires contenant plusieurs gestes de nobles et autres. id. 
Le premier livre des faictz d'Alexandre, compilé de plusieurs livres. 
Le livre des hautz faictz et vaillances de i'emp r Octavien et de ses fils. 

Cest le livre de maistre Guillaume de Machaut. {V . plus hautn 54). id. 
Les œuvres de Guilaume Machaut. (V. n° 54). 



Queroyent l'ame de l'enfant. 

Dolent en seras. 

Chacun homs a en ses œuvres. 

De son filz grever. 

Fin que il ouvrit les yeulx. 

Jusques au temps. 

Nous sommes venuz. 

Cieulxse monveront. 

Le délivre et désirs de leurs. 

Etsingulis festivitatibus. 

Ne cuide mie estre saige. 

Glorions bone eurée. 

Bel pensa que seslevera. 

Je suis celluy de cuy l'escrip re . 

Li mesters a quy Nicodemus. 

(3 e ,/i?tt/7.)Purfye en plusieurs. 

A la l' e science de philosophie. 

Proximo. 

Lesquelles dont et pourquoy. 

Nouvel testament. 

Nye que il ny ait eu despreudho. 

Nye qu'il y ait eu des preuduo. 

Finent devant toy. 

Mortellement. 

Ers et recognoit. 

Rable par laquelle. 

David le prophétisa. 

Aures suas. 



Tu celi prœlata. 

Le bien du mal signifye. 

Quia Africanus. 

Si jus deseritur, si justitia. 

Gaudioégi des.... 

Octo in régis domo. 

Folia betorice. 



Volent y trouvera. 

Mil trois cent soixante-quinze. 

En fit qu'il avoit. 

Alliance entre ceulx de Perse. 

Que femme ne peult à nul. 

Prinse la saincte cité de Jerus. 

Bler tel et tant comme mestier. 

Une chose quy estoil advenue. 

A pied descend de son cheval. 

Conseil que ly mariaige. 

Plusieurs parlemens. 

Très-grand désir et affection. 

En hault penser. 

Jus tel douleur à dire vouloir. 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



CCLV 



BARROIS, 

1467, 1487, etc. 



1238-1641 
1236-1757 
895-1896 
1318-1868 

848 
1315-1767 
1450-1741 
1287-1634 
1532-1733 
945-1821 
813-1847 

1898 

855-1740 

1488 

1264-1795 
1263-1981 
879-1899 

1329 

2113 

1809 

1882 
892-1895 
901-2197 

1957 
1316-1768 
1244-1739 
1482-1937 

1786 
1576-2137 

1339-1796 
1362-2139 
888-1738 

1919 
1317-1869 

1661 



1359-2087 

1284-1930 
1303-1947 
1336-2114 
1322-1961 

1296 

1467 

2115 
1827-2122 



VIGLICS, 

1577. 



SANDERU9, 

1643. 



FRANQEEN 

1731. 



201' 

202 

203 

204 

205 

206 

207 

208 

209 

210 

211 

212 

213 

214 

215 

216 

217 

218 

219 

220 

221 

222 

223 

224 

225 

226 

227 

228 

229 

230 

231 

232 

233 

234 

235 

236 

237 

238 

239 

240 

241 

242 

243 

244 

245 

246 

247 

248 

249 

250 



181 

182 
183 

185 

186 



188 
189 
190 

191 

194 
195 
196 



199 

200 
201 



203 
204 
205 
206 

207 



208 

209 
210 

212 
213 

214 



GERARD, 

1797. 



INVENTAIRE, 

1839. 



M ss 

ENLEVÉS 

EN 

1749. 



277 
207 



494 

302 

284 



67 
324 



292 
380 



750 
787 



791 
607 



336 



782 



809 
796 



104 



447 



451 755 



9245 
9401 
9240 



10205 



10197 
10419 



9627 



1064 11064 



558 



11113 



58 



493 



322 



475 
498 



805 



753 



748 



10320 



11019 
11192 
10437 



98 
26 



57 



73 



47 



NOMS DES AUTEURS 



INTITULE DES OUVRAGES 



PREMIERS MOTS 



SECOND FEUILLET. 



40 



Le livre de Cassidorus. Illuminé. 

Le livre de Cassidorus. id. 

L'histoire de la piteuse destruction de la noble cité de Troye. id. 

Cest le livre de Ogier le Dannois. 

Histoires de ceulx qui ont règne après le déluge. 

C'est le livre de Merlin. 

C'est le livre de Gérard de Rosillon , rimé en gascon. 

L'histoire desquelz gens descendit l'empereur Alexandre. 

Le livre de l'histoire d'Oultremer et du Roi Salahadin. id. 

Le livre nommé l'art de guerre. id. 

Le premier livre du trésor qui parle de toutes choses. id. 

De Alexandre, de doctrinâ le Sauvaige, de la vie S'.-Charlemaigne, etc. id. 

L'histoire de Troye, auquel est contenu l'ordre de la lignée de France id. 

Cest le livre des trois pélerinaiges. id. 

Ce livre parle de la mort et ocision de feu Loys, duc d'Orléans. 

Cest le livre de Canare. id. 

La mort du Roy Artus. id. 

La mort du Roy Artus . id. 

Cest le livre de l'histoire de Troye. 

L'histoire de Clyomedes et de Claremondinela constante. 

Le Chastellain de Cousil et la dame du Facele. id. 

L'exil de feu maître Alain Charlrier. id- 

Cest l'histoire de Layne. 

L'histoire de Troye la grande. 

Les faictz des Romains compilez ensemble selon Lucan, de Suétone, etc.id. 

Cest le Rommand de Meranges. id. 

Les histoires de Merlin . id. 

Le second livre de Tritain. id 

Livre pastoral. 

Cydrac en franchois. id. 

Cydrac en franchois. id. 

Sidrac. 

Cest le livre du Cabats. 

Cest le romandt deGuil e de Païenne. 

Cest le tiers volume du miroir historial. 

Cest le livre de la Somme le Roy. id, 

Le romant des enffans Ogier. id 

Livre des gestes (des Lorrains). id 

Cest le roman deVillammen Gouste. 

La geste de Garin de Magdelayne. 

Cest le romant du houchier d'AbbeviIle,en Poittou. 

Le romant de Guilame d'Oranges. 

Du conte d'Arthois et de sa femme. 

Des besteset de Guill e d'Oranges. 

Cest le livre du testament maître Jehan de Menin (Mehun). 

Cest le romant de la Roze. 

Du Roy Apolonius et de Antiocus. 

Ung livre qui parle de France et de la manière du Roy Richard d'Angle re 

Cest le codicelle M re Jehan de Menin [Mehun). 

C'est le livre de Regngrd. 



Ung enffant masle. 

Pais fussent destruis. 

Royaulme de Thesalye. 

Sy tient sa terre. 

Ce s rs et dames. 

Et diroye que vous ne povez 

Mesporsonfieu. 

Temps conquist. 

Tans du Roi Foucques. 

Fut chose excommuniée. 

Toute la première. 

Que peu connues gueroit. 

Tous ceulx qui sont a moy. 

Une moult grande merveille. 

Gyez non pas tant seullement. 

Au sire de Heli. 

A tantsen pert. 

Ture fut advenue. 

Et ce est grand honte a toy. 

Moult fort dolent. 

Le et a pust uns houms. 

Et me couvrit le visaige. 

Que l'on appella Titus. 

Des lettres en moult bien. 

Estoyent appeliez conseilliers. 

Que oncques ne la semons. 

Me oyrent et y respondirent. 

Or dit ly contes. 

Telle ou pareille compaignye. 

Matière d'un pechie de inceste. 

Envoyé ce livre ly roix d'Esp. 

A ouvrer de leur art. 

Il luy octroyé bonnement. 

Par son sens et par savoir. 

Pais cruelz. 

Nous gardons de père , etc. 

Charles que toute soit materre. 

Fossez funderent. 

Doibt ou gerpir. 

Dicelle etyssit. 

Ne sera mes deux coqs ensemble 

Et y respond. 

au temps passé. 

Prie luy qui joue luy face. 

Quouques diez en commende 

Et sy estoit entortilée. 

Tu que tuue Iediscz. 

Elles furent baillées. 

Maincles parollcs sont en logiq 

A toutes bestes regarder. 



CCLVI 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



EARR0IS, 

1467, 1487, etc. 



1805 

1761 
1405-2206 

1449 

1485 

1386 
1348-1794 



1260-1714 

1347-1797 

1856 

1863 
1274-1734 

1875 
1349-1866 

953-1676-1982 

1838 

1338-1831 

1102-1901 

1408-1617 2075 
1480-1878 

1593 
1354-1793 
963-1822 
1 432-1 832 
1356-1867 

1609 2200 

829-1955 

1313-2140 



1529-1815 
1268-1854 

1590-1829 

1936 

1881 
1551-2203 

890-1900 
1445-1910 

909-2144 
1490-1923 
1375-2134 



13611956 
1324-1960 



Ticiirs 
1577. 



251 
252 
253 
254 
255 
256 
257 

258 

259 

260 

261 

262 

263 

264 

265 

266 

267 

268 

269 

270 

271 

272 

273 

274 

275 

276 

277 

278 

279 

280 

281 

282 

283 

284 

285 

286 

287 

288 

289 

290 

291 

292 

293 

294 

295 

296 

297 

298 

299 

300 



SAADERIS, 

1643. 



215 
216 

217 
218 
219 

220 

221 

222 
223 
224 
225 
226 
227 
228 
229 
230 

282 

234 
235 
236 
237 
238 
239 
240 
241 
242 
243 

244 
245 
246 
247 
248 
249 
250 
251 
252 
253 

255 
256 
257 
258 
259 
260 
261 
262 



FRWOTEY 

1731. 



286 



420 
270 



344 
231 



315 

208 

854 
405 



375 
370 

272 

127 
271 

835 



882 



395 
459 
305 



GERARD, 
1797. 



1266 
775 



761 

801 
992 
815 



778 

610 

1280 
740 

1022 



612 
1227 

1377 

806 

772 
1041 



IKVEIfTAIRE. 

1839. 



10487 



9095 



829 
1202 



445 
788 



9079 



9570 
11124 

10486 



10476 
10213 



9309 
9568 



7235 
10366 
11138 



4782 



Mss. 
EU LEVÉS 

EN 

1749. 



110 



60 



NOMS DES AUTEURS 

ET 

INTITULÉ DES OUVRAGES. 



PREMIERS MOTS 



SECOND FEUILLET. 



79 



Illuminé, 



68 



74 



86 



104 



Du Roy Cleriadus et delà Royne Miliadice. 

Le Romant de Reynart. 

C'est le livre de Ysengrin. 

Le Romand de Gérard de Rosillon Duc de Bourg ne . 

Responce faicle de par le Duc de Bourgogne aux ambassa" de France 

Du Ch lr au Cigne. 

C'est le Romant de Baisin (Z?a^«). 

Au in e pulpiire. 

Les cent nouvelles. 

Le Ch lr du Cigne. 

D'ung Roy de Grèce quy eult trente filles. 

Le voyaige de Turquie. 

Laurens Garin- 

Quieret le guidon. 

Le livre de cy nous dit. 

La dame à la licorne. 

C'est le livre du Baril et y a pluiss" autres choses. 

C'est le livre de l'abre des batailles. 

Vegece, de chevalerie. 

Le Bancquet, les Veux , la Bulle et une épistre. 

Destruction de Troye la grande. 

C'est le livre de Charny. 

C'est le livre de consolation delà desconfiture d'Hongrie. 

Le Gouvernement du Monde. 

C'est le livre du temps pastoral et plusieurs ballades et laix. 

C'est ung livre nommé le livre des faictz d'armes et de chevalerie. 

Le 8 e livre des histoires des nobles Princes de la conte de Haynault 

Histoire des auctes du ch lr au lion. 

Le livre des sept saiges et autres choses. 

Gérard, conte de Nevers. 

Le Romand de Judas Machabeus. 

Cest le livre des enffans Ogier le Dannois. 

Le livre qui parle des faictz et bonnes moeurs de saige Roy Charles. 

C'est le livre du Pelerinaige humain et contient autres choses. 

Le livre du Trésor. 

Le livre du s r de Saintré. 

Histoires en Ryme. 

C'est le livre de Messire Marc Paul. 

Les contes de Flandres. 

Le livre du noble chevalier Guy de Warwic. 

Du passaige d'oultremer pour la conqueste de la terre sainte. 

Du noble vaillant Chevalier Eric. 

De la destruction de Troye. 

Ung livre delà paix faicte en l'an mil quatre (cent) douze. 

Le Romand de Constantinople. 

Les veux du Hairon et la généalogie d'aucuns Roix. 

Ce sont les veux du Paon. 

C'est le Romand de la Rose. 

Le Romand de la Rose. 

Le Romand de Pharon Pharora. 

C'est le livre de Romand de la Rose. 



Ces deux Royaulmes. 
Je ne cuyde pas. 
En celle manière non telle. 
Nul ne luy doibt tollir. 
Le premier avez divise. 
Plaisance entra en luy. 
Elles les eust de sa envers. 



■d. 



a, 



quatre élémens. 

Es cavernes de le mont. 

Les mots quelle disoit. 

Cy commenche le prologue. 

L'or et l'argent. 

Historiens Romains. 

Monde et toutes choses. 

Quant it les vit devant par 

Lavens entrèrent. 

Maintenant puisque. 

Le corps de ce livre. 

Se faisoyent. 

Escaudelle quy esmeut les grez 

Que cestuy dict parfaictement. 

Homme navre en luy baillant. 

Celluy quy dams. 

Sy nen puis mais. 

De fer et d'acier. 

Wardez et que ils ne puissent. 

En leurs cueurs. 

Premièremet astronomie. 

Vivans sereit extaincte. 

Mais la mort. 

A la dans plus ne volt demeurer. 

N'appartenoit me dict. 

Mais tout ainsy. 

Et nous monstres la nature. 

Portoient vouîoient garder. 

Droict ores de Machedoine. 

Quant les frères furent. 

Receut le conte. 

Dame moult s'entreaimoit. 

D'icelle gente payne ennemye 

Souldre ung grand domaige. 

En la translation il veult. 

Hayne quy de toute part. 

Roy est en quelle part. 

Alla une fois voler. 

Qui scait en ses montaignes. 

Etlemist l'enviex. 

Que joye prez dillecquesbruy. 

Et celles des deux enffans. 

Bien semble estre treucheresse. 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



CCLVII 



IiABHOIS, 

1467, 1487, etc 



1276-1926 

1863-2100 

1434-2101 

964,1872 

1481-1864 

1588-2091 

1285 

1852 

1396 
1544-1876 

1465-1848 

1446-2167 
1472-2109 

1431 
1290-1935 

1409 

1457 

1552-1946 
1302 



1419-1710 

1412 
1410-1722 
1421-1713 

1649 

1417-1932 

1422-1858 
1776 

1688-1807 

1423-1933 
1442-1934 

1441 

1487-1762 

620-832-1924 

902-1780 



vir.uus, 
1577. 



1633 
1993 



1071-1992 
.1094-2001 



301 
302 
303 
304 
305 
306 
307 
308 
309 
310 
311 
312 
313 
314 
315 
316 
317 
318 
319 
320 
321 
322 



SAKDEBUS, 

1643. 



263 
264 
265 
266 
267 
268 
269 
270 
271 
272 



274 
275 
276 
277 
278 



281 
282 
283 



FKANQUEN, 

1731. 



432 
511 

228 
415 



407 

443 
385 

404 
424 



GERARD, 

1797. 



Mss. 
HVEKTAinE Ml£VÉS 

1839. 

1749, 



702 
807 

727 

1046 

604 

1048 
734 



846 
802 



10231 
11188 



10230 
11183 



10478 
11181 



1302 
767-999 



11143 
15702 



NOMS DES AUTEURS 



INTITULE DES OUVRAGES. 



PREMIERS MOTS 



SECOND FEUILLET. 



32 Le livre du duc Haulbert, premier duc de Normandie. 

Le livre deGrigilidis. 

Cestle livre qui parle des faictz du roy Loysde France. Illumine. 

Champion des dames. id. 

52 Bertrand de Glaquin. 

Cest le livre des deduitz de messire Gasse. 

De la vraye histoire de Guyon. 

Cest ung livre qui parle des histoires et faictz des nobles ducs de Normandie. 

Abregié des cronicques, la dance machabrée. 

Ce livre parle de l'armée d'Oultremer. 

Une vielle hystoire en thiois. id. 

Cest le livre des merveilles et notables faictz depuis la création du monde. 

Le débat de trois moult chevalleureux princes. id. 

Gérard de Rossillon, duc de Bourgogne. 

Les loix de France et de Verraandois. 

Cronicque de Brabant. 
35 Cest l'histoire du conte Bauduin de Flandres et de Haynnau. 

Les batailles punicques des Romains et Cartagiens. 

Complainctes que les pays de Monsg r firent pour sa maladie. 
95 Mémoire et épitaphe de feu de bonne mémoire domp Fernande. 

L'histoire de l'empereur de Constantinoble et de Bauduin conte de Flandres. 

L'histoire du noble Chilperic. 



323 


284 


193 


1031 


324 


285 


197 


1035 


325 


286 






326 


287 






327 


288 


173 


1028 


328 


289 


178 




329 








830 


290 






331 


291 


252 


1249 


332 


292 


225 


998 


333 








834 


293 


253 


1040 


335 


294 


336 




336 


295 






337 


296 






338 


297 




843, etc. 


339 








340 


298 


442 


1300 


841 


299 







53 
17 



7383 



10232 

10432 
10431 



16 
15 



108 



22 



Illuminé, 
id, 
id. 



842 








343 








344 








345 


303 






346 




418 


970 


347 








348 




317 


622 


349 




406 


1375 


350 






476 



5680 



9764 
9902 



Au iv e pulpitre. — Cronicques. 

1 (Les grands cronicques et faicts des Roix de France. 
Chronicques de France. 
Chronicques de France anciennes. 

Chronicques des Roix de France, translatées de latin en franchois. 
Les faicts des Roix de France. 
Chronicques de France. 
Chronicques des Roix de France. 

Chronicques de France et d'Engleterre, de Flandres, de Lille et de Tournay . 
Chronicques de Hollande. id. 

Cronicques de Constantinoble. 

Cronicques de la terre d'Oultremer. id. 

Cronicques abrégées de Philippe-le-Bel , roy de Fr . et de Gui de Dampierre . id. 
Cronicques de Flandres. 
Ce sont les cronicques de Flandres. 
Cronicques abrégées de plusieurs terres et pays. 
Cronicques abrégées, les veux du hairon et les sept articles de la foi. 
Cronicques sur aucuns faitz des Romains. id. 

Cronicques du Roy Domp Pierre de Castille. 
Vielles cronicques. 

Au v e pulpitre. 

La cosmographie de Ptholomée, en latin. {Imprimé.) 

Les cas des institutions, en latin. 

Ce livre, en latin, contient les anchiennes !oix Romaines. 

Le cathalogue des papes et empereurs, en latin. 

Instruction de Cyrus, Roy de Perse, par Zenophon, en latin. 

Vergilius. 

Les offices et epistres de Cicero. 

Valerius Maximus. 

Les epistres de Seneque, en franchois. 



Illuminé. 



id. 
id. 
id. 



Ouen de Rouen. 

Délivre nous. 

D'Alenchon, son filz. 

Mais se ma vertu s'est efforcée. 

Tant d'eux que de leur mesuyers 

Dit une parole moult dure. 

Son filz venant ensamble. 

Et de leurs alliez. 

Moult grande signiffiance. 

Quant ilz voudroyent. 

Hadde haf gheseghe. 

An soixante-dix. 

Ne voye le très fort. 

Chil qui n'a que donner. 

Joute lo que tu ays. 

Gracieux seigneur. 

Povoir a aus de faire autant. 

A la requeste de bonne mémoire 

Fust esleve. 

Est fabriquée mémorable épit. 

Ly princes de Savoye. 

D'or et d'argent. 



De leur sang. 

Pièces de temps. 

De son règne. 

Entre la grand mer. 

Fit en sa prison. 

Justement le mineur. 

S'il estoit trop fort. 

Biens d'un forain. 

Sont venuz a cogiioissance. 

Av sa mère 

Mess rs laissèrent demeurer. 
Ne nulz nobles hommes. 
Picquigny là où ilz furent. 
Vers le roy Pbilippus. 

Si seront nous nous 

Royne Elienor. 
Et en nostre première mère. 
Mais après l'an révolu. 
Ne la debvoit pas tuer. 



Non enim pontifici. 
Impossibile quod semper. 

De le post luminehocest. 

Anacletus. 

Dignilale rem. 

Hic tamen banc mecum. 

Suscipitur de aliquâ re. 

Cererem placarent. 

Gia Invenient nullum. 



/// 



CCLY1I1 



INVENTAIRE DE V1GLIUS. 



BARR0IS , 

1467, U87, etc. 



VIGMIS, 

1577. 



1032-2057 

1058 
1070-2000 
1038-1998 
1023-2060 
1022-2065 

2058 

2006 

1078 



1986 



1996 
1055-1995 
863-1997 

2003 
1077-2004 

1036 
1053-1994 
1029-2009 

1042 

2059 
1021-2064 

2061 



2022 

1124-2015 

1225-2016 

2928 

1118 
1119-2013 



750-2050 
1170-2051 
1129-2014 

2054 

2025 

1020-2024 
1026-2017 



351 
852 
353 
354 
355 
356 
357 
358 
359 



361 
362 



365 
366 
367 
368 
369 
370 
371 



373 
374 
375 
376 
377 
378 
379 



381 
382 
383 
384 
385 
386 
387 
388 
389 
890 
891 
392 
393 
394 
395 
396 
397 
398 
399 
400 



SANDERFS, 


FRANCIEN. 


GERARD, 


1643. 


1781. 


1797. 




468 


648 




403 


700 




343 


564 


313 


496 


483 


314 


469 


635 


316 


439 


570 


317 


212 


993 



INVENTAIRE, 

1839. 



Mss. 

ENLEVÉS 

EN 

1749 



325 
326 
327 
328 
329 

331 
332 



53 
51 

68 

85 
97 
65 

435 



477 



69 



9881 



9743 
4220 



9176 



11 



NOMS DES AUTEURS 



INTITULÉ DES OUVRAGES. 



PREMIERS MOTS 



SECOND FEUILLET. 



Les tragédies de Seneque, en latin. 

Seneca — De ira, de tranquilitate animi,de providentiâ Dei, de sapientiâ,etc. 

Romulus, etc. 

De proprietatibus rerum. 

C'est le livre de l'information des roys et des princes, en latin. 

De origine et vario regimine civitatis Mediolanensis. 

Une epistre de Francisque Pétrarque poète en latin. 

Compotus maior. 

Le voyage de Turquie et de la Terre Saincte, en latin. 



Au vi e pulpitre. 



1001 
1000 



825 
921 
490 
514 



482 



9347 
9404 



9815 
9596 



10826 



Au vn c 



131 



9427 



9484 



La bible en latin. 

Petite bible en latin. 

2 da pars S" Augustini, de civitate Dei, en latin et en franebois. Illuminé. 

Flores beati Augustini, en latin et franchois. id. 

Epislolœ Divi Jheronymi. 

Sectarum errorum anacephaleosis usquead nostra tempora. 

Divi Dionysii opéra. 

Sécréta fidelium. (Imprimé.) id. 

Medulla libri secrelorum fidelium. id. 

Cincq mois de matreologe, en latin, cest assavoir juillet,aougst,septembre. 

Liber revelationisS tœ Brigide, la règle du Salvateur sermon , etc. 

Liber revelationum beatae Brigitae. 
65 Petrus de mala muliere. 

Du scisme de l'église qui advint après la mort du pape Grégoire , l'an 1378. 

Le miroir des roys, en latin. 
87 La doctrine de parler et de soy taire. 

De studio librorum gentilium. 

Recepta necessaria audienlibus confessiones. 

Ysodarus de summo bono. 

De informatione principum. 

|Une vielle vigille de mors. 

pulpitre. — Livres de la chapelle. 

Graduale. 

Ung gréai. 

Graduale. 

C'est ung psautier, en latin. 

Le psautier en latin et en franchois, les heures du St.-Esprit,etc. Illuminé, 



Dng psautier d'église. 

Psalterium. 

Breviarium in magnâ forma. 

Breviarium. 

Horarium. 

Ung petit horarium. 

Les lessons des vigiles des mors. 

Vigiliœ mortuorum. 

Les heures Notre Dame a l'usaige de Paris et le psautier. 

Heures en latin. 

Epislolœ animœ, cum nonnullis prophetiis et evangeliis. 

La somme des cas ecclésiasticques. 

Epistres et évangiles, en latin. 

Missale, secundum usura parisiensem. 

Les heures de Notre Dame en latin et en portugalois. 



id. 
id. 



id. 



id. 



id. 



Sequente et incipit. 
Sy omne nos ledum. 
Ambat ploras et dolens. 
Ad mortalibus. 
Posita persequemur. 
Vastavitque quidem. 
Essemus. 
Tibus et motus. 
Demonstratur provenit. 



Certo fonte eglesiae. 
Latenten inspexisset. 

. perseverantia*. 
Et premers alleghe. 
Nec rursus filius. 
Prologum. 
Romani duabus. 
In nomine domini. 
In nomine domini. 
Videlicet Sebastianum. 
Suete inter quas arietes. 
Lezus non. 

Joacim genuit Johannera. 
Sanctae matris ecclesia;. 
Collalur inea. 
Nitatem et verba mendacii. 
Magnarum execlipsium. 
Qud in te peccaverunt. 
Tamen in suis amb'ulat. 
Prœdicta institutus est. 
Quia Dominus, etc. 



Primus mandentem. 

Concipit et hominem. 

Primus mandent. 

Assisterant reges terrae. 

Filii homienum usque quod. 

Melos cananus gloriae. 

Exultate ei cum tremore. 

Tu percussisti omnes. 

Domine, etc. 

Fac propter misericordiam. 

Et canta alleluya. 

Sera son maistre. 

Heu mihi, quia incolatus. 

Quid est homo. 

Domini ab œterno. 

Spe repleat. 

Et non permittitur. 

Manura suam super terram. 

Accedo ad altare. 

Carenla ad nos. 

















INVENTAIRE DE VIGLIUS. 


CCLIX 




BARROIS, 


VIGL1US, 


SANDERUS, 


FRANQUEN, 


GERARD, 


INVENTAIRE, 


Mss. 
ENLEVÉS 


NOMS DES AUTEURS 


PREMIERS MOTS 


[1467. 1487, etc. 


1577. 


1643. 


1731. 


1797. 


1839. 


EN 


ET 


DU 
















1749. 


INTITULÉ DES OUVRAGES. 


SECOND FEUILLET. 






401 












Ordo recitandi orarii. 


Auliphona : Ecce Rex. 




2053 


402 




117 


130 


3827 




Les heures de la Passion de Notre-Seigneur. Illuminé. 


Remus quoniam ipsius. 




1621 


403 
404 


854 
355 


59 


117 


9215 




Pontificale. id. 
Pontificale. 


Genesi sui. 
Pontificœmissœ. 




405 












Liber continensbenediclionespcrsonaruni,ordinalionesetconsecrationes. 


Consecratione. 


1111-2029 


406 












Livre servant à la chapelle, quemessire Guy donna a Monsseigneur. id. 


Vobiscum. 


1110 


407 
408 
409 


356 


249 


119 


5557 




Cest ung livre pour chapelle. 

Cest ung livre à la chapelle servant. 

Livre en musicque. 


El in terra pax. 
Flos virginum. 
Et in terra pax. 


1143-2052 


410 












Livre servant à l'egl se pour baptiser. 


Omnipotens sempiterne Deus. 


1196-2063 


411 


861 










Sinodus Remeusis ecclesiae. 


Dicere debemus orationes. 












Au vm e pulpilre. 




764-1940 


412 












Livre des Vertus, les 7 heuresdelaPassion,lasciencede bien mourir. id. 


D'eulx comme d'aultrui. 


776-1692 


413 












La vye, la passion, la résurrection de Notre-Seigneur Jesus-Christ. id. 


De luy soigneusement. 


802 


414 












Cest le livre des prophètes qui tesmoignent l'advenement de J.-C. 


Dit en enfer après sa mort. 


746-1745 


415 


364 


14 


871 


9229 




Les miracles de Notre-Dame, en rime. id, 


Ou serons pris. 


747-1775 


416 


365 


109 








Cest la vye d'aucuns Saincts et Sainctes. id. 


En soncouraige. 


814-2201 


417 


366 










La passion S 1 . -Adrien. id. 


A leurs Dieux. 


1608-1747 


418 




40 


886 






La vye et martyre de S le . -Catherine. id. 


Icelle prinche seigneur. 


781-1970 


419 




73 


899 






La vye S'.-Franchois. id. 


EtFranchois luy dict humblein 1 . 


1207-2154 


420 












Cest le livre S'.-Francois. 


Commis de la pietée desavye. 


816-1968 


421 












La vie Sainct Julien et d'aultres Saincts et Sainctes. 


Lors arievet meffaict. 


1203-1967 


422 


871 


120 


897 


10326 




La vie des Sainctz. 


Adam fut Eve formée. 


822-2163 


423 


872 


149 


902 


6408 




La vye de S te -Collette. 


Douer de grâce. 


1975 


424 


373 


154 


901 


10980 




La vye de Seor Collette. id. 


Baptiste après pluisieurs. 


771-1974 


425 












La vie S 1 . -Grégoire. 


En est retenue. 


756-2152 


426 
427 


875 










La vye S l .-Loys , jadis Roy de France. 
La vye des pères. 


De la bien heurté perdurable. 
Moult les garda. 


780-2090 


428 












Cest le livre intitulé : Les méditations frère Bonaventure. 


Este bien tenu. 


762-2156 


429 


878 


145 


905 


6409 




Cest le livre de la vyeS'.-Remy. 


Que nulz hommes. 


761-2155 


430 
431 


379 






5265 




SVRemy. 

Livre en flameng, contenant vies et miracles de plusieurs Saincts. 


As franchois damer la couronne 
Mesmes doivent. 


860-2136 


432 


881 










Cest le livre de la voye d'enfer et de paradis. 


Que je le puisse a oubly. 


2092 


433 


382 










Cest le livre de l'aignel. 


Trerent en la S te . -Terre. 


1209-1871 


434 


883 


76 


366 






La complainte de l'église. 


Pape Clément et Boniface. 


862-2148 


435 












Le reucluz de Molleyns. 


Se plus y a dict soleil. 


821 


436 


384 










Le miroir des cueurs. 


Tellement que ly. 


795-1939 


437 


385 


103 


853 


11123 




Le miroir de l'ame. 


La berby quy avoit. 


757 


438 


386 










Le miroir de l'humaine Salvation. 


Par l'ordonnance de Dieu. 


809-2150 


439 

440 

. 441 








10747 




Cest le livre des miracles de la Vierge Marie. 

Ung livre en thiois. {Probablement livre d'heures en Jlamund). 

Ce livre parle des tribulations. 


Que est amere et enfielée. 

Miserere mei. 

Et advertsités mondianes. 


799 


442 












L'eschelleduCiel. 


Pour plus legierement. 


2073 


443 












La vie de plusieurs Sainctes. 


Gens ne y voyent goutte. 




1044 


444 


391 






9816 




Cest le livre de la vye S'.-Guilame , en latin. 


Vacabat study. 




812-2165 


445 












De la nativité Notre-Seigneur et du Roy Hérode. 


Que ly sans esprit descendit. 




1461 


446 


893 


422 


1266 


10490 




La vie de la benoiste Christine. 


Ces choses doneques. 




800 


447 




489 








Petit traicte en ryme faict de la Vierge Marie. 


Eslargyma éloquence. 














Au ix e pulpilre. 






1586-1907 


448 




294 


473 


10222 


81 


Boece. — ■ De consolation et de confort. 


Est bien entendible. 




1908 


449 












Boece. — De consolation , de lapidaire. 


Sauvera 1 fuyent estrange lieu . 




1905 


450 












Boecius. — De consolatione. 


Tement chacun homme. 

_ — 1 



CCLX 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



BARR0IS, 

1467, 1487, etc. 



1535-1904 
1 339-1906 



1018-1953 

785 
759-1760 

760 
827-1920 

836-1758 
1523-2077 

1812 

1008 

2102 
948-1930 
969-1857 
933-1318 
732-1819 
986-1853 
1574-1826 
1573-1825 
1360-2103 
835-2108 
1097-1784 
795-2129 
828-1791 
971-1836 

2120 

2095 
1229-2070 
1490-1835 
918-1788 
919-1789 
1202-1759 

941-2097 
914-1814 
913-2067 

1476-2125 

2138 
970-1823 

1340 



983 
988-2157 



VIGLIUS. 

1577. 



451 
452 
453 
454 
455 

456 
457 
458 
459 
460 
461 
462 
463 
464 
465 
466 
467 
468 
469 
470 
471 
472 
473 
474 
475 
476 
477 
478 
479 
480 
481 
482 
483 
484 
485 
486 
487 
488 
489 
490 
491 
492 
493 
494 
495 
496 
497 
498 
499 
500 



SANDERUS, 

1643. 



406 
407 
408 
409 



414 
415 
416 
417 
418 
419 
420 



423 
424 
425 
426 
427 
428 
429 



432 
433 
434 



437 

439 
440 
441 

442 
443 



445 



FRANQUEN, GERARD, 



1731. 



499 

437 



38 



1797. 



472 
718 



629 

360 
399 



INVENTAIRE 

1839. 



89 489 



288 

84 

497 
465 
365 
351 
282 

387 
345 

128 

63- 

290 
399 

138 

79 
275 
450 
358 
202 
487 

472 

473 
118 
390 
281 



537 

377 

676 

519 
719 
712 

715 
714 

383 

335 
507 

510 

356 
462 
463 

351-1065 



486 

751 
374 
532 
523 



1041 



10220 
10221 



11127 

9249 
9544 



11038 
11129 



11108 
11101 
9559 
11102 

10982 
10983 

11206 



9390 
10394 

18210 

10971 
9359 
11043 
10310 

10812 

11201 

11190 
10986 
10309 



10440 
10749 



Mss 
ENLEVÉS 

EN 

1749 



72 



63 



30 



97 



71 



NOMS DES AUTEURS 



INTITULE DES OUVRAGES 



Boece. — De consolation. Illuminé, 

Boece. — De consolation. 

Boece. — De consolation, en franchois. 

Livre en alleman. 

Cicero. — Du livre de viellesse, en franchois. 

Au x e putpitre. 

Livre de vertus pour apprendre a bien mourir. Illuminé, 

Miroir de la salvation humaine. - id, 

Le miroir de l'humaine salvation. id 

Cest le livre de la Somme Le Roy. id 

Des commenchemens des doctrines d'enffans. id, 

Cest le mesnagier de Paris. 

La mappemonde spirituelle, que fist maistre Jehan German. 

Le prologue de l'acteur sur le traicté des quatre dernières choses. 

Caton. en franchois. 

Cest le livre de Ysope. 

Les dicts moraulx des philosophes. 

Les expositions de George, sur vérité mal prise. 

Nouveaulx traitez Othea. id, 

Otliea la déesse, que messire Goffroy a donné a monseig r . 

Le livre maitre Alain de Chartier. 

C'est le livre nommé le chemin de long estude. id, 

Cest le livre du chemin de longue estudes. id, 

Cest le livre de buchon d'enfance, le miroir des estatz, le bestiaire, etc. id. 

Ce livre parle des vices et vertuz et en la fin de pluisieurs sermons. 

Pluisieurs moralitez eu hault alleman , comme l'on se doibt gouverner. 

Cest le livre du pelerinaige de la vie humaine. 

Le jeu de palme moralisé. 

Ung livre parlant du jeu d'eschets, de la fondation de Tournay, etc. 

Le jeu des eschetz moralisé. 

La salade. Récupéré après l' impression deslft, 000 n° s de l'Inventaire. 

L'orloge de sapience. 

L'orloge de sapience. 

Senecque. — Des remèdes de fortune. 

Senecque. — Des remèdes contre fortune. 

Le mesnagier et autres choses de dévotion. 

Livre parlant de mariaige. 

Les dits des philosophes et oraisons. 

Les éticques de Aristote. 

C'est le livre des politicques. 

La forme et sente de la chose publique. 

La responce des sept saige a Dioclesiens. 

Sensuylt aucuns notables enseingnemens paternelz. 

Cest le livre de la visiou Chretiane. 

Sentences des bestes et autres divers livres. 

Cest le livre du bestiaire. 

Enseigneraens pour ung seigneur. 

Aucuns enseignemens que feist M ie Alain le Charretier. 

Les quatre, vertuz cardinales et lestât de viellesse. 

Cest le livre du corps de polieye. 

Briefve doctrine enseignée pour quatre manières de gens. 



PREMIERS MOTS 



SECOND FEUILLET. 



id. 

id. 
id. 



id, 



id, 

id. 



Taut le maisné et demaine. 
Lors proposa en sa pensée. 
Le mal que on leur faict. 
Aider herste. 
N'est préférée. 

Mes que espurger. 

Notre Seigneur forma Adam. 

Prœceptum datur Adœ. 

Cest ce que nous cryons. 

Monstrer que en celluy jour. 

Salvation de l'ame. 

. . .Seurs sains en diverses prov. 

Que l'homme se cognoisse. 

Quanques len te dire ne crois. 

Or compte d'ung. 

Que celle quy est faicte. 

Et cautelle. 

Les choses quy sont a advenir. 

Ceulx quy ayment et tiennent. 

En josne eaige. 

Et ilz sont telz et de sy noble. 

Mes ne veullez despriser. 

Moult est ly bûchons beaulx. 

Ordonna ce commandement. 

Daz man.... 

En laquelle estoyent. 

11 dict : j'ay labouré plus que. 

Entre tous les autres signes. 

Sainct George. 

Noz corps se nous. 

En dévotion ne quy. 

Est envielli en malice. 

Les cueurs des justes hommes 

Et d'oyseaulx. 

Vous mesmes. 

Mectre arrière. 

Que le peuple est bien heureux 

Mieulx entendre mesment. 

Quant ung homme. 

La matière legiere. 

Ly empereur a respondu. 

Execution de Croy. 

... Strumens... infinis. 

Ceulz quy la laisse. 

Mes par le pechié. 

En donnant vigueur. 

La riche et très renommée. 

Merveille que si petit. 

Cest-à-dire que la félicité. 

Sont le père et le filz. 






^ 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



CCLXI 



BARR0IS, 

1467, 1487, etc. 



1345-2169 
1346-1736 
1319-1902 
1320-1903 
1019-1991 

1555-1913 



1911 
784-1766 

928-1801 

929-1827 

1805 
924-1828 
1553-1618 
922-2112 

1802 

831 
927-1808 

1806 
769-2208 

2104 
1010-2119 
873-1672 
1393-2130 
981-1890 

875 
1012-1889 
1556-1915 
1554-1916 
949-2131 
818-2147 
834-2135 

1921 
770-2166 

1366 
778-2145 



1014-1873 
996-2142 
796-2106 

793 
923-2110 

1208 
1217-2098 



VIGLIUS, 

1577. 



501 
502 



SANDERUS, 

1643. 



503 


448 


504 




505 




506 




507 




508 




509 


454 


510 


455 


511 




512 




513 




514 


457 


515 


458 


516 


459 


517 


460 


518 


461 


519 


462 


520 


464(*^ 


521 


46S(«'<0 


522 


465 


523 


466 


524 


467 


525 


468 


526 


469 


527 


470 


528 


471 


529 


472 


530 


473 


531 


474 


532 


475 


533 


476 


534 


477 


535 


478 


536 


479 


537 


480 


538 


481 


539 




540 




541 




542 


484 


543 





FRANQUEN, 

1731. 



460 
250 



255 
476 
312 



285 
481 



411 

366 
188 



430 
266 
426 
293 
184 
190 

388 
466 
484 



GERARD, 
1797. 



647 



464 



609 
481 

484 



491 

496 

485 



1359 
731 
708 

1360 
729 
810 
478 

512 



544 




383 


723 


545 








546 




521 




547 








548 


490 






549 








550 




492 


516 



INVENTAIRE 

1839. 



Mss. 

ENLEVÉS 

EN 

1749. 



10988 



9476 
9543 



9467 
9468 

10368 

10367 

10976 

11047 

11074 

9475 

9474 



9509 

10778 

9542 



11107 
11203 
11184 



10549 
10575 

10973 
11225 



11216 



78 



77 



66 



NOMS DES AUTEURS 

ET 

INTITULÉ DES OUVRAGES. 



La grand nef des folz du monde. (Imprimé). 
La somme des vices, en franchois. 

Au xi c pulpilre. 

Rondeaulx et épistres amoureuses. 

Ovide. — De l'art d'aimer. 

Ovide. — De l'art d'amour. 

Le premier volume d'Ovide, de Métamorphose. 

Le second volume d'Ovide, de Métamorphose. 

Les épistres de Francisque Petracque. 

Li ars d'amours. 



PREMIERS MOTS 

DU 

SECOND FEUILLET. 



Illuminé, 



Ce livre contient deux livres, c'est assavoir: Modus et Ratio et le Doctrinal. 

Modus et Ratio, quy parle des déduictz de chasse. ià. 

Cest le livre de Modus et Ratio. id. 

Mappemonde et autres choses. 

Enseignemenspour ung seigneur qui a guerre. 

L'information des princes. id. 

Cest le débat de l'honneur et de la noblesse. id. 

Le livre du gouvernement des Roix et des princes. 

Enseignemens pour princes, seigneurs et aullres gens. id. 

Du gouvernement des Roix et princes. 

Le livre de chevalerie, du jeu des eschetz et de la chasse. id. 

Instrucl n d'un jeune prince pour se gouvernerenversDieu et le monde, id. 

De vraye noblesse et enseignemens pour princes et chevalereux. 

De vertu et mistëre de noblesse et de plusieurs autres choses, etc. 

C'est le livre de l'information des Roix et des princes. id. 

Le livre du gouvernement des Roix et princes, frère Gilles de Roma. id. 

Ce sont les enseignemens de MS'S'-Loys, qu'il donna à son filzel à sa fille, id. 

Enseignemens du Roy Loys à son filz. id. 

Establissement de chevalerie. 

La controversie de noblesse. id. 

Le livre que fiel Jehan Bocache, de cleres et nobles femmes. id. 

Le triumphe des dames. id. 

Cest le livre faict pour l'enseignement des femmes. id. 

Bocace. — Des fortunes des nobles hommes et femmes. id. 

Cest le livre de la cité des dames. id. 

Le livre de Placides et Tymeo, en franchois. 

Le livre de Placides et Tymeo. id. 

C'est le livre du miroir aux dames. 

Livre de clergye, appelé l'ymaige du monde. 

Le chapellet du paradis. 

La somme le Roy. 

La voye d'enfer et de paradis. 

Ung petit traicté de Charny, en ryme. 

L'ymaige du monde. 



La où vertu. 
Et selon cecy. 



Tous mes bons jours. 

Jaçoit ce que ce soit droict art. 

Nous debvons sçavoir. 

En loef et en trois choses. 

La terre ay à genoulx baisée. 

Massilia naufragion. 

A amours songist. 

Il ne m'avoit voulu croire. 

A la vie de sauvement. 

Sur lesquelz sont les plus beaux 

Plains d'ordure et plains de. 

Je ne le propose pas. 

Sont au corps de la chose. 

Labeurs ont attaint. 

Estre ne plus longhe. 

Et que compète à tousprinces. 

D'une columbe de feu. 

Quy peult venir. 

Il alla ung jour visité. 

Etaprèsce que mon entendem 1 . 

Après ce prêtre. 

Cause est le roy désigné. 

Mectre leurs souverains biens 

Il n'y se oze seullement. 

Fin lecompaignon. 

Mais elles ont mains. 

Ne sont-ils pas à croire. 

Comme celle quy a bien. 

Quel sera Ieceur. 

Que à mes filles que je veye. 

Soyt mye semblable. 

Acteur à ce propos. 

Faicte pour ce ne me plaire. 

Sçavoir et à entendre. 

Le souverain RoiRenye. 

Si dirons tous. 

De lis est comparée. 

En l'intitulation des commande 

Ne cuyt que Jahons. 

Et doyent ensuyr tellement. 

Doux Jhs. 



Au xn e pulpitre. 

Le livre des trois vertus et l'enseignement des dames. 

Zenephon, philosophe. 

Parabole de vérité. 

Ce livre est en franchois et parle de cincq sens corporelz. 

J. Pelleret. — Comment ung duc se doibt gouverner et de ses vertuz 

Des vertus et pêchéz. 

Traicté contre les devineurs. 



Chanterons semblablement. 
Illuminé. Car je prenne et manifeste. 
'Ne je ne sai foresl qui vaille. 
Pour le fol musart. 
En lisant est délectable. 
De souvent envoyer. 
Et requérir que il soitveu. 



mmm 



CCLXII 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



BARROIS , 

1467, 1487, etc. 



VIGLIUS, 

1S77. 



2116 

914-1744 

939-1862 
936-1820 

1922 
982-2143 
975-2111 

1837 

1849 

1964 

1583-1616 



1528-1725 
1592-2205 
985-1679-2192 
967-2062 
980-1769 
1561-2204 

1792 
990-2089 



976-1771 
1571-1677 
1350-2202 
1368-2128 

1372 

1331 

2086 



2084 
950-2132 
1353-1952 



1310-1880 
1351-1945 

2078 

1334 



1388-2173 



551 



552 

553 

554 

555 

556 

557 

558 

559 

560 

561 

562 

563 

564 

565 

566 

567 

568 

569 

570 

571 

572 

573 

574 

575 

576 

577 

578 



SANDERCS, 

1643. 



franqijen, 
1731. 



GERARD, 
1797. 



INVENTAIRE, 

1839. 



Mss. 
ENLEVÉS 

EN 

1749. 



NOMS DES AUTEURS 



INTITULÉ DES OUVRAGES. 



C'est le livre des bonnes meurs. 



PREMIERS MOTS 



SECOND FEUILLET. 



M'en cause de grande humilité. 



Au xm e pulpitre (n° 552-567), au xiv e pulpitre (n° 568-570), et au xv e pulpitre (n° 571-578) 

C'est le livre de Code, comraenchant au 4 e feuillet : Des appostres nous, etc. 
209 419 9251 Ce livre est appelé code. 

240 429 9084 Décrétais , en franchois. 

115 430 11082 Décrétales , en franchois. 

Décrétâtes. 

Traicté de la vye tyrannicke privée. Illuminé. 

Traicté de la vye tyranicque et privée. id. 

C'est le livre des enseingnemens ou ordonnances pour ung seigneur. 



498 
499 
500 



504 



509 
510 
511 

513 



516 

517 



452 
320 



261 
276 
300 
213 
360 



327 



608 
534 



600 

602 
565 
578 



11042 
9507 



10959 



10217 
5751 
9094 

10227 



579 


518 


333 


498 


580 


519 






581 


520 


444 


686 


582 


521 






583 


522 




687 


584 


523 




716 


585 


524 






586 








587 


525 






588 


526 






589 


527 






590 


528 


509 


724 


591 


529 






592 


530 






593 




355 


705 


594 


532 






595 


533 






596 


534 






597 


535 






598 


536 






599 


537 


491 


693 


600 


538 




690 



9054 
11140 
11218 



11034 



10748 
10492 



105 



88 



99 



id. 



td. 



Le livre du bien universel. 

Végece. — De l'art de chevalerie. 

C'est ung livre de chevalerye Végesse. 

La Salle. 

Dng livre en allemand. 

Livre en anglois. 

Livre en al le ma n. 

Ung livre en espaignol, en ryme. 

C'est le livre de la science de chasser aux oyseaulx. 

Livre espagnol, traictant de faulconnerye. 

Livre en alleman, traictant de le vénerye. 

C'est le livre des propriétéz des choses. 

Livre des arbres et propriétés d'iceulx. 

Le livre despropriétéz des bestes; de lucidaire ; des sept saiges deRome ;etc . id 

C'est ung petit livre d'argorismo. 

La deuxième partie des problêmes d'Aristote. 

C'est ung livre de médecines. 

Livre en médecine. 

C'est le livre comment l'on se doibt tenir en santé. 



id. 



id. 



En pluisieurs manières. 

Pourveus en l'église. 

S te trinité. 

Recevoir selon leurs mérites. 

Sont les délictz et de plaisance. 

Moult singulière doctrine. 

Mes en emprinses des Chartres. 

Nulles ne osent estre. 

Comme dit est estre tout. 

Veult mectre le dit livre. 

Les biens précédent. 

Vom dem konig Buch. 

Yt es wel wist. 

Von nederhebung. 

Etel conjuro. 

Hauthor et pria. 

Regione queste. 

Und dyameder. 

Saige de savoir. 

Esprouvées expose. 

Peut percevoir. 

Jennuarius. 

Philosophes. 

Especial en temps d'esté. 

Et jaçoit ce. 

Sy on est chil quy vivent 









Au xvi e pulpitre. 

Le débat de félicité. 

Le livre des eschetz d'amour. 

C'est le livre du trésor amoureulx. id. 

Ce livre est intitulé : Le dit de la pasture. 

Livre d'amours. 

C'est le livre des cent balades. 

Ballades. 

Ce sont ballades. 

C'est le livre d'amours. id. 

Ballades de maistre Alain. 

C'est le livre du miroir aux dames. id. 

Le débat de deux amans. 

Ce sont ballades. 

Des douze tours de grâce. 

Le livre de Mathéolus, en franchois. 

C'est le livre des veulx du pan. 

C'est le livre du jeu des dames. 

Les cent ballades , l'art d'amours et l'exposition des songes. 

Livreen ryme,commenchant aul er feuillet: A Marguerite, contessedeFIandre 

Livre à Madame la duchesse, quy est imparfaict. 

Du desconfort de Madame De Fresne. 

Livre d'amours. 



Seigneurs. 

Une dame trop advenant. 

Comment l'aucteur s'endort. 

Que jamais jour ne ameront. 

Que on peult au monde choisir. 

Alors mon cœur du tout laissa. 

Mamour, mon cœur, ma joye. 

La regarde comme longuement. 

Tant que refuser n'osoy. 

Plus, ne veult. 

Et des bois que ja en a eu. 

II le repaisoit de dire. 

De vous choisir. 

Guer a honte le faict tresbucher. 

Dont il avoit apprins la game. 

A ung corps d'olifant. 

Dict la plus dame d'honneur. 

Des biens que amours. 



Il] 



Dont vous et Iy debvez estre. 
Que de son amours murmure. 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



ccLxin 



BARR0IS , 


VIGLICS , 


SANDERCS, 


FRANQUEN, 


GERARD , 


INVENTAIRE, 


Mss. 

ENLEVÉS 


NOMS DES AUTEURS 


PREMIERS MOTS 


1467, 1487, etc. 


1577. 


1643. 


1731. 


1797. 


1839. 


EN 

1749. 


ET 

INTITULÉ DES OUVRAGES. 


DU 

SECOND FEUILLET. 


1221 


601 


539 










Le livre du songe véritable. 


Et maints aultres. 


1569-2121 


602 


.540 


457 


505 


10502 




Le livre du jeu des eschelz. 


Le blancq. 




603 


541 




845 






Livre, en ryrae. 


(1 cr feuillet.) En nom de Dieu. 










Au xvn e pulpitre (n° 604-6H) et au xvm e milpitre (n° 612-649). 


1587-1928 


604 


542 










C'est le livre de Quadrupartis Ptholomée. 


Est diverses en deux grandes. 


2146 


605 


543 


134 




11185 




C'est le livre de l'imaige du monde. 


Que aultrement n'en peult nul. 


1584-2096 


606 








11200 




Ce livret contient les impressions de méthéores, en franchois. 


Sivault aultant comme parole. 




607 


545 


96 




9822 




L'imaige du monde, en franchois. 


Et des autres pilosophes. 


824 


608 


546 










Cest le calendrier de la Royne. 


Quy passez est. 


1231-1891 


609 




32 




9945 




Janvier, fébvrier, mars, apvril, may et juing de marlreloge. 


Capadocefuthomme de bonne foi 


1232 


610 




32bi3- 




9946 




Octobre, novembre et décembre de martreloge. 


Immortel, lequel St.-Remy. 




611 


549 


384 


1365 


1175 




Dng vielz rentier, historié en pluisieurs lieux. Illuminé. 


(1 er feuillet). Deux histoires. 


738-2196 


612 




125 








La vie et les miracles de Notre Dame. id. 


Nyt trente trois ans 


736,1861 


613 




28 


877 






Les miracles de Notre Dame. id. 


L'evesque de celle cité. 


1746 


614 




29 








Livre de plusieurs miracles de Notre Dame. id. 


De l'église. 


749-1972 


615 


553 


87 


900 


10958 




La vye et miracles de St.-Josse confes. id. 


Juchael de St.-Josse père. 


1965 


616 


554 










La légende de St. -Hubert d'Ardenne. id. 


Nullement entendre. 


840 


617 








11052 




Cy sont trois dévotes oroisons de Notre Dame, en franchois. 


Ord es taches de pèche. 


787-1737 


618 




41 


385 


9303 




Cest le livre iutitulé : L'Aiguillon d'amours divine, en franchois. 


Materes sont moult. 


1200-1804 


619 


657 










Cest le trésor maistre Jehan de Menin. 


Ains y est le monde. 


783-1783 


620 


558 






10432 




Les 7 articles delafoy,lesveuxduhaironetcronicquesdeFrance abrégées. 


Lesceution le jugement. 


991-1658 


621 


559 


45 


709 


9308 




Le livre que fit le chevalier de La Tour a l'enseignement de ses filles. id. 


Bons exemples et doctrines. 


1547-1810 


622 




367 


867 






Le livre de la fleur des histoires de la Terre d'Orient. id. 


De Royaulme de Turquye. 


952-2076 


623 












Histoire de pluisieurs papes. id. 


Dominus Symon. 


1589 


624 


561 


467 


1379 






Les rapports de messire Ghillebert De Lannoy , de pluisieurs pays. 


Clerement veoir a l'œil. 




625 


562 


186 


611 


9009 




L'arbre des batailles. id. 


Descrirai en abrégeant. 


1270-2191 


626 


563 


218 


766 






L'histoire (deJason). id. 


Comment Jason fut chevalier. 


893-1860 


627 




227 


739bi*. 


9262 




Le secondlivre du recueil des histoires deTroyes. ( V .plus haut n" 50) . id. 


Avoit veucu pluisieurs lyons. 


1448-1695 


628 












L'histoire de Gérard de Rossillon. id. 


Souffrit en son temps. 


1855 


629 
630 


565 


834 






27 


Le livre du chastellain de Couchy et de la dame de Fayet. 
Cronicques d'Espaigne, en languaige espaignol. 


Son escu lui fut monstre. 
Et verdadero parescher. 


1464-2178 


631 


567 


379 


I06l,etc. 


10306 




La matière au vray de la guerre entre les Roys de France et d'Angleterre. 


Des Mérovyens. 


! 1394-2176 


632 
633 
634 


568 






5769 




Déclaration des trois tapisseries de Turquye. 

Les obsèques funeraulx de Domp Fernando, RoydeCastille. [Imprimé). 

Ordonnances de la Thoison d'Or. id. 


Belles victoires dont il disoit. 
La descendre des bourdes. 
Prénoms et ordonnons. 


1653 


635 
636 


569 


368 


576 


10226 




Livre d'arboriste. 

Ordinaire ou demy temps, en grande forme, en latin. 


L'estomach en catable. 
Domine, susceptor meus es. 


1165-2045 


637 
638 
639 












Heures de Notre-Dame, en latin. id. 

Heures de Notre-Dame, en latin. 

Livre poéticque de Peregrin, moral à l'empereur, en latin. (Imprimé). 


Secula seculorum. 
Est nomen tuum. 
Karole Cœsarey. 




640 


572 




695 






Gratulation de François de Crème à l'archiduc Philippe, en latin. 


Desiderio lot saecula. 




, 641 




478 


572 


10861 




Traicté de la conservation de corps et de tous les membres, en latin. 


Ad Illustrissimum et excellen. 




642 












OEuvre poétique de Pierre Lemartier, en latin. (Imprimé). 


Pétri martiris. 




643 




158 


378 






De la juste querelle des chrétiens à faire la guerre aux infidèles, en latin. 


Les gente patres libri. 




644 












Anthoine Admotensis. — De l'erreur desBohemyens, en latin. 


In primis sanctœ matris. 


1495-2080 


645 
646 
647 
648 


578 
579 




706 






Rondeaux avecq ung dialogue de l'homme et de la femme, au duc de Bourgoig 

Livre, en ryme. 

Le livre de povreté et de richesse. 

Le débat des dons d'amours. 


Quest Jason que de son corps. 
Pour le doulx rossignol oyr. 
Que je en nulle cueurestrainct. 
Tout ce dict le viellard. 


2011 


649 




55 


116 


9216 




Ung pontifical. id. 


De benedictionne abbalissrc. 




y 


iultres i 


livres re 


nseigni 


\z } qui ont appartenu à feue de bonne mémoire, la Roine de Hongerie. 




650 




88 


19 


9004 


62 


La bible, en franchois. 























CCLX1V 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 















Mss 


NOMS DES AUTEURS 


PREMIERS MOTS 


EARROIS, 


VIGLIUS , 


SAÎVDERUS, 


FRANQUEN , 


GERARD, 


INVENTAIRE, 


ENLEVÉS 






1467, 1487, etc. 


1577. 


1643. 


1731. 


1797. 


1839. 


EN 

1749. 


ET 

INTITULÉ DES OUVRAGES 


DO 

SECOND FEUILLET. 


720-1505-1727 


651 




70 


22 


9024 




Le premier volume de la bible historiée, en franchois. Illuminé. 


NOTA. Les premiers mots 




652 
653 




74 
5 


23 


9025 
9013 




Le second volume de la bible moralisée, en franchois. id. 
La cité de Dieu , en franchois. 


du second feuillet, ne sont plus 
indiqués au texte de l'inventaire. 




65-4 




gbis. 


151 


9014 




Le dernier volume de la cité de Dieu , en franchois. 






655 




34 


144 






Le livre des méditations S 1 . -Augustin , en franchois. 






656 




36 


401 


9296 




Benoictz seront les miséricordieulx. 




1460 


657 
658 
659 












Pluisieurs livres de dévotion, en franchois. 

La première partie du dialogue M e Jan Jason, en franchois. 

Rudimentum novitiorum. 






660 




25 


875 


9174 




La généalogie depuis Adam jusques à Jésus-Christ , en latin. id. 






661 












Le tiers volume des exemples moraulx , en franchois. 






662 












La reste de deux volumes. 






663 












La reste du tiers volume des exemples moraulx . 






664 


619 


42 




9096 




Régime des princes, en franchois. 


v 




665 


620 






9268 




Le premier volume de la fleur des hystoires, en franchois. 




666 


621 






9269 




Le second volume de la fleur des histoires romaines , en franchois. 






667 


622 


245 


860 


9257 




Le deuxiesme volume ou partie du tiers volume de la fleur des histoires. 






668 


623 


245 bis - 


865 


9258 




Les rubriches du premier livre du tiers volume de la fleur des histoires. 






669 


624 


168 


861 


9260 




La fleur des histoires , en franchois, le quart livre. 






670 


625 


166 


835 


9069 




La cronicque martiniane. 




671 


626 










La mer des histoires. 






672 


627 










Le second volume de la mer des histoires. 






673 




232 


645 






Ovide. — Métamorphose. 






674 












Métamorphoses Ovidii, in gallico, ex latino translati. 






675 








9896 




Les rubricques du livre Valerius Maximus. 






676 












Le second volume de Valere. 






677 




241 


737 


9254 




Receuil des histoires de Troye. 






678 




17 


890 


9226 




La légende dorée. 


. 




679 




279 


741 


10194 




Cronicques de Troye. 






680 




516 








Les rubriches du derrenier volume du livre ou Romant. 






681 


636 










Le cavalier Sifar, en espaignol. 






682 


637 


222 


447 






Le passe temps impérial. 




965-1983 


683 


638 


248 


725 


9466 




Le champion des dames. 




1261 


684 




211 


759 






Les cent nouvelles vielles. 






685 




233 


981 


9277 




L'histoire des douze Césariennes. 




686 




8 


872 


9220 




La vie de Jhesus-Christ. 






687 




2 


332 


9007 




La forteresse de la foy. 






688 




180 


838 


9047 




Livre des sept eaiges du monde. . 




689 




4 


968 






Deux livres de Josephus. 






690 




194 


857 


10509àl3 




Trois livres Margariticques. 






691 




198 


973 


9051 à 53 




Trois livres de Tite Live. 






692 




177 








Julius César. 






693 












Quintus Curtius. 






694 












Deux livres de Valere Maxime. 






695 












Exposition du psautier. 






696 












Un livre intitulé : Rapiamus. 






697 




201 


418 


9234 




Le digeste viel , en franchois. 






698 












Deux livres de Bocace , en franchois. 






699 


652 


169 


779 






Deux livres de Lancelot du Lac. 




. 


700 


653 


192 








Deux livres de Merlin , en franchois. 





INVENTAIRE DE V1GLIUS. 



CCLXV 



(JARROIS , 

1467, 1487, etc. 



946 
1424 



1458 



1628 



1803 
2268 



876 



1718 
2215 



VIGMUS. 



1577. 



701 

702 

703 

704 

705 

706 

707 

708 

709 

710 

711 

712 

713 

714 

715 

716 

717 

718 

719 

720 

721 

722 

723 

724 

725 

726 

727 

728 

729 

730 

731 

732 

733 

734 

735 

736 

737 

738 

739 

740 

741 

742 

743 

744 

745 

746 

747 

748 

749 

750 



SANDERCS, 

1643 



654 
655 
656 
657 
658 
659 
660 
661 



687 
688 



FRANQUEN, 

1731 



703 



181 

220 
224 

247 



523 

27 
39 
60 

57 



92 
71 

71>is 

78 
251 
278 
260 



341 
316 

81 
263 

50 



262 
264 
263 
165 
301 
372 

176 



GERARD, 

1797. 



1845 

866 
1011 

988 
1264 

575 

868 

24 

26 

874 



INVENTAIRE, 

1839. 



Mss. 
ENLEVÉS 

EN 

1749 



363 

363 bis . 

368 
854 



9949 



10173 



9018 à 21 

9080 

9541 



54 



14 



745 
364 
710 
362 



1363 
649 

474 

1373 

646 

338 

987 
780 



10202 

10203 

9230 

9550 

9503 

10201 

10175 



11145 

9650 

9510 
9106 



10180 
9078 



9543 
9055 



II2-II3 



NOMS DES AUTEURS 



INTITULÉ DES OUVRAGES. 



106 



56 



L'arbre des batailles, en franchois. 

Généalogie des Rois de France, un franchois. 

Le cilé des dames, en franchois. 

Le quart volume de la fleur des histoires, en franchois. 

Les chronicques de Pise, en franchois. 

Romuléon, en franchois. 

Thoisond'Or, en franchois. 

L'histoire Martinienne, en franchois. 

Le livre de santé. 

La bible, en flameng. [Deux volumes). 

Le second volume de la bible, en franchois. 

Extraict de la bible, en franchois. 

Le grand vita Christi, en franchois. 

Vita Christi, en franchois. 

Le second volume de grant vita Christi, en franchois. 

Le grand vita Christi, en franchois. 

Seconde partie des méditations sur la grande vie de Jésus-Christ. 

La vie des saincts, en franchois. 

Le miroir des curés, traictant de la S te .-Escripture. 

Le prologue du miroir des curés. 

La vie des pères, en franchois. 

Les dix commandemens de Notre Seigneur. 

Le quart livre des Assiriens, du grand Roy Nabugodonosor. 

Cronicque abrégiée depuis le tems de Adam jusques à Sévère Emp r . de Rome. 

Du commencement du monde,jusques au tems que J. César se partit de Rome. 

Livre de chant. 

Le premier livre du miroir hislorial de Vincent, en franchois. 

Le second volume de Vincent, miroir hislorial, en franchois. 

Le tiers volume de Vincent, miroir hislorial. 

Le quart volume de Vincent, miroir historial. 

Le quint volume de Vincent, miroir hislorial. 

Le premier, second et tiers volume de Froissart. 

Le second volume de Enguerran de Monstrelet. 

Le sainct Gréai, en franchois. 

Le livre de monseigneur Jehau d'Avesne. 

L'histoire de Thebes, en franchois. 

Le miroir du monde, en franchois. 

L'estrif de fortune et vertuz, en franchois. 

La somme de perfection, en franchois. 

Térence, en franchois. 

La bible des poètes. 

Bocace des cleres dames, en franchois. 

Lucain, en franchois. 

Le grand Boece de consolation, en franchois. 

Valere-le-grand, en franchois. 

Les fables d'Ovide, en franchois. 

Le livre des verluz. 

L'art d'amours, en franchois. 

Romulens, en franchois. 

Du Roy Artus, des douze pairs de France, du chevalier à deux espées. 



PREMIERS MOTS 



SECOND FEUILLET. 



NOTA. Les premiers mots 
du second feuillet, ne sont plus 
indiqués au texte de l'inventaire. 



mm 



CCLXVI 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 















Mss. 


NOMS DES AUTEURS 


PREMIERS MOTS 


BARROIS , 


VIGLICS, 


SANDERCS, 


franquen, 


GERARD, 


INVENTAIRE, 


ENLEVÉS 






1467, 1487, etc. 


1577. 


1643. 


1731. 


1797. 


1839. 


EN 

1749. 


ET 

INTITULÉ DES OUVRAGES. 


DU 

SECOND FEUILLET. 




751 




413 


722 


9236 




Ong livre intitulé : Cy commence la table des rubriches du livre des 3 vertuz. 


NOTA. Les premiers motsl 




752 


705 


268 


813 






Le chevalier errant, en franchois. 


du second feuillet, ne sont plus 
indiqués au textede l'inventaire. 




753 


706 


295 








Tristan de Léonnois, en franchois. 






754 




72 


707 


9555 




Le miroir des dames. 






755 












Les triumphes de messire Franchois Pétrarque, en franchois. 




1314 


756 


709 










Ogier le Danois, Waurin. 




2291 


757 
758 
759 
760 
761 
762 
763 
764 


710 
711 


340 


758 


9632 


34 


Le livre de Paris et Chrétienne {de Vienne), Waurin. 

Le livre de l'arboriste, Waurin. 

Le viel testament et nouveau figuré, en franchois. 

Les epistres et evangilles de toute l'année, en espaignol. 

T'Winterstuck des passionaels, en thiois. 

Livre en latin, commenchant : Bealissimo Patri. 

Ecclesiastica historia. 

Copias de vita Christi, de la Cena, con la Passion. 




1575 


765 


718 


297 


556 


11110 




Sidrac, en franchois. 




735 


766 












Les rubriches des miracles Notre-Dame, en franchois. 






767 




107 


894 


9282 




La vie des sainctz et autres, en franchois. 






768 




18 


891 


10295 




La légende des sainctz, en franchois. 




1211 


769 




129 


887 






La vie de saincte Katheline de Saine, en franchois. 




1212 


770 
771 
772 
773 

774 












La légende de saincte Katheline de Seyne, en franchois. 
Livre en latin, intitulé : Tabula exemplorum. 
Livre en franchois escript, commenchant : On seult dire. 
Substance des trois traictez de la voye du salut, en franchois. 
Pluisieurs enseingnemens, en franchois. 






775 




83 


376 


9048 


Les quatre novissimes, en franchois. 




2280 


776 




111 


354 


11120 


Le miroir de l'ame, en franchois. 






777 


730 


311 


969 


11142 




De Jhiérusalem, en franchois. 






778 












Le miroir de l'homme, en franchois. 




2255 


779 
780 
781 




90 

357 


334 
358 


10321 
11099 




Le livre de éternelle consolation. 

Le livre du régime des princes et le trésor. 

Livre nommé l'orloge de Sapience. 






782 




216 


497 


9083 




Le débat de félicité. 






783 




142 


337 


1127 




Le livre du pélerinaige du viel homme. 






784 






721 


9551 




Le livre des trois vertuz, à l'enseignement des dames et damoiselles . 






785 






536 


10547 




Le livre du trésor. 






786 




82 


494 


11063 




Bonnes mœurs. 


1 




787 


, 


376 


1308 


10485 




Pluisieurs remonstrances, en franchois, selon le stil Jehan Bocace. 


2271 


788 
789 
790 




356 


735 


11020 




Le serviteur sans guerdon. 

Ung notable traité sur le faict de la guerre. 

Burei, in libellum epigramma. (Armoiries de l'emp. Maxmil. et deSavoye). 


1 


_ 


791 




296 




11062 




Modus et Ratio. 




792 




524 


623 


10036 




Livre de Marais Tullius Cicero, de officiis. 






793 




170 








Le premier volume de la première décade de Titus Livius. 






794 




170'^. 








La décade de Titus Livius. 






795 




170^. 




• 




Premier livre de la première décade de Titus Livius. 






796 




369 


784 






Livre de Octavien de Rome. 






797 




306 


477 


10546 




Epistres de Seneca, en franchois. 






798 












Petrarcha, en italien. 


t 




799 


752 


348 








Le livre de (Jason , probablement), Waurin, en franchois. 






800 


753 


409 


1009 




50 


De Aimé {Amèdée) premier duc de Savoye, en franchois. 




















( 















INVENTAIRE DE VIGLIUS. 


CCLXVII 


BARR0I8, 


VIGLIUS. 


SANDERUS, 


FRANQIJEN , 


GERARD, 


INVENTAIRE, 


Mss. 
ENLEVÉS 


NOMS DES AUTEURS 


PREMIERS MOTS 


1 1467, 1487, etc. 


1577. 


1643. 


1731. 


1797. 


1839. 


EN 

1749. 


ET 

INTITULÉ DES OUVRAGES. 


DU 

SECOND FEUILLET. 




801 
802 
803 


755 
756 


386 
842 


763 
800 




49 
29 


Egre de Romme. [Probablement Egide ou Gilles de Rome). 
L'histoire de Bauduin de Sebourcq , en rilhme. 
Livre de la Royne Rose, mère de Godefroy de Bullion. 


NOTA. Les premiers mots 
du second feuillet, ne sont plus 
indiqués au texte de l'inventaire. 




804 


757 


349 


790 


9624 




Le livre des prophéties, de Merlin. 






805 


758 


338 


794 






Le livre d'Ansey de Cartaige, en franchois. 






806 


759 


350 


783 


10390 




Mellusine. 




1245 


807 












Les rubriches du premier volume du livre de romans de Tristan Léonnois. 






808 


761 


304 


769 


9630 


80 


Loherain Guerin, en rythme franchoise. 






809 












L'entrée de Bruges, en franchois. 






810 












Isopet, en Castillan. 






811 




291 


730 


9235 




Les rubriches du livre de la cité des dames, en franchois. 






812 


764 










Le livre du roy de Frise, en franchois. 






813 




396 


743 


9571 




La destruction de Troyes, en franchois. 






814 


765 


246 




10391 




L'histoire de Godefroi de Bouillon, en rythme. 






815 


766 










Explit (sic) le rommain. 






816 












Dng livre en une custode, sans escripture. 






817 




427 


752 


9633 




Exploit d'Apolonius, roy de Tyre et deTyrenée. 






818 












Les rubriches du livre des trois vertus. 






819 












Exemplaire, en espaignol. 






820 












Le Bible et le Nouveau Testament, en latin. 






821 












Autre Bible et Nouveau Testament, aussy en latin. 






822 




140 


40 






L'apocalypse saint Jehan, en franchois. 






823 




112 


41 






Ung livre en latin, commenchent : Incipit Visio beati Johannis, apostoli. 






824 












RIissal vieux et caducque, en latin. 






825 












Ung missal commençant : Gloria in excelsis. 






826 












Dng livre en latin, commenchent : Quicumque vult 6alvus esse. 






827 


778 










De santo Petro, Lucemburgensi. 




1136 


828 




133 


120 






Le bréviaire, en franchois. 






829 




151 


44 


10757 




Les évangilles de toute l'année, en italien. 




763-1971 


830 
831 
832 
833 






132 






Le livre des miracles de Notre-Dame, en franchois. 

Ung petit livre en latin , commenchant : Pater noster. 

La vie des pères, et le débat du corps et de l'ame, en franchois. 

Le prologue des saincts anges, en franchois. 






834 




114 


369 


11133 




Le livre des dix commandements, en franchois. 






835 






746 




Judas Machabée, en franchois. 






836 




105 


333 




• Le jugement de Adam, en franchois. 






837 






530 




L'entretenement du corps et de l'ame, en franchois. 






838 










Contemptus mundi, en espagnol. 






839 












Le traité intitulé: De la différence des schismes et des concilies, en franchois. 






840 












La vie chrétienne, légende et passion admirable. 






841 


790 


113 


903 






La vie abrégée de la très sainte-vierge seur Collette. 






842 












La vie, mort, résurrection, ascention et jugement de Notre Rédempteur. 






843 




150 


46 






La Passion, en franchois. 






844 












Ung petit livre commenchant : In mortem exclamatio. 






845 












Le livre du pelerinaige humain, de Waurin, en franchois. 


? 




846 












Livre en franchois, intitulé : Pour cognoistre soy inesme. 






847 












La consolation de paix, en franchois. 






848 












Merveilles du monde, en franchois. 




926 


849 


797 










Renseignements des rois et princes. 






850 




391 


469 


11109 




Des moraulx dits des philosophes, en franchois. 





CCLXVIII 










INVENTAIRE DE VIGLIUS. 




1 

S 


BARR01S, 


VIGLIIS, 


SANDERIS, 


FRANQUEN, 


GERARD, 


INVENTAIRE, 


Mss. 
ENLEVÉS 


NOMS DES AUTEURS 


PREMIERS MOTS 

DE 


■ 


1467, 1487, etc. 


1577. 


1643. 


1731. 


1797. 


1839. 


EN 

1749. 


ET 

INTITULA DES OUVRAGES. 


SECOND FEUILLET. 




1568 


851 
852 
853 


799 


130 
123 


504 
365 


11045 

10204 




Les tiltres du chapitre du livre de la moralité des nobles hommes. 

Prologue, en franchois. 

Le miroir du monde, en franchois. 


NOTA. Les premiers mots 
du second feuillet, ne sont plus 
indiqués au texte de l'inventaire. 






854 


802 


389 




11046 


1 L'art de chevalerie, en franchois. 








855 




108 


403 


10972 


iLe chappelet des vertus, en franchois. 








856 




274 


480 


9043 


69 Le gouvernement des princes, en franchois. 








857 












Changement de fortune en toute prospérité, en franchois. 








858 




483 


515-694 


11217 




Consolatoria , en italien. 




' 




859 












L'abuzé en court, en franchois. 






860 


807 




692 


10968 




Le débat des deux bons serviteurs, en franchois. 








861 




397 


467 


11096 




Livre de Theseo, en franchois. (Probablement Timeo). 








862 




436 




11114 




Les ditz moraulx des philosophes, en franchois. 








863 


809 


421 


1266 


10489 




Ung quohier intitulé : Le voyaige de l'empereur, de Flandre en Espaigne. 








864 






975 


11105 




Les merveilles de Alexandre de Macedone, en franchois. 








865 












Les œuvres de Senecque , en franchois. 






866 


812 










Livre de l'empereur Maximilien et de Madame, en latin. 








867 


813 








iLivre de l'empereur Maximilien, en italien. 








868 










Livre sur lequel est escript : Incomparabili, en latin. 








869 












Uug quohier de pappier, en franchois, intitulé : La louange de Dieu. 








870 












Devise de Madame, en latin. 








871 


816 


502 




11182 


58 


Le petit traictié de malheur de Franche, en franchois. 








872 


817 










Les louanges de Philippe Marie, duc de Milan, en latin. 








873 




273 


495 


11049 




L'enseignement de vraie noblesse, en franchois. 








874 


819 










Bauduin, conte de Flandre, en franchois. 








875 




328 


973 


11104 


103 


Le livre du fort roy Alexandre, en franchois. 








876 




458 


676 


11193 




Le livre des fables de Ysopet, en franchois. 








877 












Ung petit traitié, en franchois. 








878 






684 






Witricquet, en franchois. 








879 




518 








Des poètes, en latin. 








880 


825 










Du duc Philippe, en franchois. 








881 


826 


429 


1047 


10239 


12 


La cronicque du duc Louys de Bourbon, en franchois. 








882 


827 


400 


814 






Darais etDaville, en rythme franchoise. 








883 


828 










Soo de Mauence Waurin, en franchois. 








884 


829 


401 


529 


10409 


20 


Chroniques de pluisieurs saiges philosophes, en franchois. 








885 












Ung vieux livre escript en rylhme franchoise. 


\ 






886 












La nef desfolzdu monde, en franchois. 






887 


831 


116-393 


373 692 


10984 


67 


Ancu nés petites œuvres de Mes" Gauvain, seigneur de Candie, en franchois. 






1581 


888 
889 




513 


728 


10557 




Livre de Musicque. 

Le miroir des dames, en franchois. 








890 




528 


698 


9085 




Pluisieurs bassedance. 








891 
892 




505 
434 




10994 




Pluisieurs ballades, en franchois. 
Eucoires pluisieurs ballades , en franchois. 




: 




893 




419 


962 


10970 


89 


La triomphe des dames, en franchois. 








894 


838 










Ung songe faict de Jorge du Cliasteaulens, en franchois. 








895 








11219 




Encoires pluisieurs ballades. 








896 












Les livres du chevalier au cercle d'or, en franchois. 








897 
898 




453 




11075 




La moralité des eschetz. 
Bélial, en franchois. 






1330 


899 
900 


842 










Le livre de Clamades , en franchois. 

Ung livre en prose, en franchois, commenchant : Plume infelice. 




%: 


















- 





INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



CCLXIX 



IlARROIS, 

I, 1487, etc. 



362 



VIGLIUS , 

1577 



901 

902 

903 

904 

905 

906 

907 

908 

909 

910 

911 

912 

913 

9U 

915 

916 

917 

918 

919 

920 

921 

922 

923 

924 

925 

926 

927 

928 

929 

930 

931 

932 

933 

934 

935 

936 

937 

938 

939 

940 

94l 

942 

943 

944 

945 

946 

947 

948 

949 

950 



SANDERUS 

1643. 



845 



FRANQEEN , 

1731 



488 
438 



16 



148 



GERARD, 
1797. 



614701 



INVENTAIRE, 

1839. 



Mss. 

ENLEVÉS 

EN 

1749 



124 



229 



330 



371 



10971 
10493 



10730 



11198 



382 



873 



875 



877 



414 



781 


9088 


856 


9271 


726 


9281 


982 


10168 



468 1H07 



757 



1045 



10237 



10439 



51 



NOMS DES AUTEURS 



INTITULE DES OUTRAGES. 



Paternois de Bloix. 

L'imaige du monde. 

Le chevalier hermite , en franchois. 

Ung livre en italien. 

Pluisieurs menuz ouvraiges. 

Ung petit livre de [Bille probablement). 

Le livre de Avicenne, Waurin, en franchois. 

La vertu de pluisieurs fruictz et herbes. 

Le régime du corps et de l'âme. 

Le premier volume de vita Cristi , en espaignol. 

Le miroir de la rédemption de créature. 

La seconde peregrinarum Jehirusalem. 

Vita Christi, en castillan. 

Luzero de la vida Christiana. 

La vie de Antichristi. 

Contemplation de Notre Dame, en castillan. 

Pluisieurs évangilles, en franchois. 

Ung sermon de frère Aury Brixiensis. 

Le sermon de frère Estienne Marion. 

Faict de par messire Juliens Fauselliers. 

Plusieurs ensengnemens en rytme. 

Le petit Artus de Bretaigne. 

La table du second livre du trésor des histoires. 

Le IX me et dernier livre de Quinte Curse. 

Le livre du champion des dames. 

Lucan , Suétoine et Saluste , en franchois. 

La seconde partie de Cinus, sur le code. 

De proprietatibus rerum, en castillan. 

Les secretz des philosophes. 

Livre escript et intitulé : A la très-clere fleur pacifique M me Marguerite 

La fleur des histoires de la terre d'Orient. 

La farce de Antphitrion et Josias. 

Le traicté des vices et des vertus. 

Ung quohier de pappier, en espaignol. 

Histoire de Melussine, en espaignol. 

De Bertran de Clacquin. 

Ung livre escript en prose, intitulé : S'ensuyt la table de ce présent livre. 

Couple de Jan de Lauzone. 

Le livre de messire Gille de Chin, en franchois. 

Explicit le bréviaire des nobles. 

Les douze fils Doon, en franchois. 

La table des chapitres du livre et de l'histoire de M3 r Gérard de Bossillon. 

Le livre d'amourettes, en franchois. 

Le livre nommé Mandeville, en franchois. 

Deuxlivres,l'ungenrythme, l'autre enprose, des commenchemens du monde 

Le jardin de plaisance, en franchois. 

Livre escript en prose, en franchois, commenchant. les haulx, etc. 

Les cent nouvelles, en franchois. 

Le livre de Mandevie, en franchois. 

Lyon de Bourges, en franchois. 



000 



PREMIERS MOTS 



SECOND FEUILLET. 



NOTA. Les premiers mots 
du second feuillet, ne sont plus 
indiqués au texte de l'inventaire- 



CCLXX 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



BARROIS , 


VIGLIUS , 


SANDEKl'S, 


FRANQUEN, 


GERARD , 


INVENTAIRE, 


Mss, 
ENLEVÉS 


NOMS DES AUTEURS 


PREMIERS MOTS j 


1467, 1487, etc. 


1577. 


1643. 


1731. 


1797. 


1839. 


EN 

1749. 


ET 

INTITULÉ DES OUVRAGES. 


DU 

SECOND FEUILLE 




951 












Les vingt épistres d'Ovide, en franchois. 


NOTA. Les premiers 




952 












Marcus Tullius Cicero, en franchois. 


du second feuillet, ne son 




953 












Les grans cronicques des ducz de Savoye. 


indiqués au texte de l'inven 




954 












Dng livre en franchois, plain de pappier coppez en forme de patrons, etc. 




1709 


955 
956 
957 
958 












Regnault de Montauban, en franchois. [Voir n° 45 à 48). 
Ung petit livre en franchois, intitulé : Boece de consolation. 
Livre du jeu d'esches, en castillan. 
Livre en rythme, des guerres du roy Ëdouart. 




1407 


959 












Aymery de Nerbonne, en franchois. 




1384 


960 












Pluisieurs ballades, en franchois. 






wn T..1 




1 .1., l'inTT» 













que c'est une chose superflue de reproduire ici les détails que nous avons donnés à la page cxxxi précédente, et de redire que les articles que nous venons d'extraire, 
sont pris textuellement sur l'inventaire , selon son orthographe et son libellé. Nous avons omis les descriptions des couvertures , des clouants et les autres menus 
détails qui sont étrangers aux titres , parce qu'ils n'ont d'intérêt que dans un catalogue de livres à vendre , cependant quelques-unes de ces reliures existent encore 
aujourd'hui. 

Quant au mot illuminé, qui se trouve à plusieurs articles , et au mot ii. (idem), qui le suit , c'est l'expression de l'indication faite au texte même , pour signifier 
qu'il y a des miniatures enluminées et de belles lettrines. 

Nous n'avons indiqué à la colonne de notre inventaire de 1839, que les articles bien évidemment reconnus pour provenir de la bibliothèque primitive. Nous aurions 
pu nous hasarder d'en ajouter un plus grand nombre, surtout à la partie des manuscrits provenant de Marie, reine de Hongrie, depuis n° 650 jusqu'à 960, car ils n'ont 
point de premiers mots du second feuillet , mais dans le doute , nous avons préféré de nous abstenir de toute indication. 

Enfin, on remarquera que parmi les manuscrits, il y a quelques imprimés qui se sont fourvoyés, tels que n° 17, etc. Ils auraient dû être inventoriés dans la liste de: 
livres qui va suivre et qui fait partie intégrante du procès-verbal rédigé en 1577 ; mais on verra que cette liste d'imprimés renferme de son côté, plusieurs manuscrit' 
aussi fourvoyés ; c'est une des preuves pour corroborer celles qui démontrent que la Bibliothèque de Bourgogne était autrefois également riche, en manuscrits et er 
imprimés , comme nous l'avons dit en plusieurs endroits. 

La continuation du texte se trouve à la page cclxxi , qui va suivre immédiatement. Nous avons eu soin d'y faire concorder les numéros de l'inventaire rédigé pai 
Franquen, après l'incendie de la cour en 1731 , et comme depuis cet inventaire de Franquen , il n'y a pas eu de dilapidation jusqu'en 1794, nous pouvons assurei 
que ces imprimés ont existé depuis le temps de Viglius jusqu'à la fin du gouvernement autrichien : ils sont encore actuellement, en grand nombre, dans la bibliothèque 
de la ville de Bruxelles. Par conséquent, si la Bibliothèque de Bourgogne, sous le rapport des manuscrits , est la plus ancienne de l'Europe, nous pouvons dire 
en toute vérité , que cette bibliothèque , au seizième siècle et au dix-huitième , était une des plus riches en imprimés , comme nous l'avons démontré à la page cxxxii 
et à la page clxxxiv. 

Cette continuation aura l'utilité d'indiquer plusieurs livres peu connus , entr'autres de l'imprimerie d'Anvers ; il y en a parmi ceux-ci qui ne sont pas désignés au; 
catalogues de Plantin des années 1642 et 1656. 









DEUXIÈME DIVISION. 

LIVRES IMPRIMÉS. 



Aultres livres en toutes sciences et diverses langues, que le feu prévost de St.-Bavon, a achapté, au nom et de la 'part 

de Sa Majesté, remis et délivrés comme au chapitre précédent. 



NUMÉRO 


VIGLICS, 


INVENTAIRE 
DE 






Il'OItlIRt, 


1577. 


FRANQUEIY, 

1731. 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


ÉDITIONS. 






Et 


premiers en théologie, tant grecque, hébrieux que aultres langues. 




1 


961 


1-1017 


Biblia sacra, hebraïca, chaldaïca, grœca et latina. 


Antverpiœ, Plantini, 157 1 .8vol . 


2 


962 


4 


Joannis Benedicti. — Biblia. 


Parisiis, 1565. 


3 


963 


40 


Andreae Masii. — Josue imperatoris historia illustrata atque explicata. 


Antverpiœ, 1574. 


4 


964 


822 


Fratris Joannis Fabri. — Enchiridion Sacrœ Bibliœ. 


Augustœ, 1549. 


5 


965 




Georgii Bulloci. — OEconomia methodica concordantiarum Scripturœ Sacrae. 


Antverpiœ, 1572. 


6 


966 


82 


Fratris Hieronymi Vielmii, episcopi jEmoniœ. — De sex diebus conditiOrbis. 


Venetiis, 1575. 


7 


967 


87 


Cornelii Jansenii, episcopi Gandavensis. — Paraphrases in omnes psalmos Davidicos. 


Lovanii, 1574. 


8 


968 


1117 


Francisci Titelmanii. — Paraphrases in psalterium Davidicum per J. Mahusium. 


Antverpiœ, 1553. 


9 


969 


77 


Davidis régis, Ariâ Montano interprète. — Psalmi ex hebraïca veritate in latinuracarmen. 


Antverpiœ, 1574. 


10 


970 


697 


Georgii Buchanani. — Paraphrasis psalmorum. 


Antverpiœ, 1566. 


11 


971 




Roberti, Lincolnensis episcopi. — De testamentis duodecim patriarcharum libellus. 


Parisiis, 1549. 


12 


972 


20 


Theodoreti episcopi. — Opéra omnia compacta. 




13 


973 


93 


Benedicti Ariœ Montani. — Elucidationes in quatuor evangelia. 


Antverpiœ, 1575. 


14 


974 


41 


Cornelii Jansenii, episcopi Gandavensis. — Commentariuminsuamconcordiamevangelicam. 


Lovanii, 1571. 


15 


975 


684 


JacobiVeldii.-Paraphrastica enarratio evangeliorum quœ quadragesimœ tempore proponitur 


Antverpiœ, 1570. 


16 


976 


123 


Isidori, episcopi Fulginalis. — In sermonem Domini in monte orationes. 


Venetiis, 1566. 


17 


977 




Ejusdem. — Orationes. 


Venetiis .... 


18 


978 




Ejusdem. — Orationum volumen secundum. 


Venetiis, 1567. 


19 


979 


751 


Pauli Apostoli. — Epistolse carminé compositœ, Francisco Bonado auctore. 


Basileœ, 1537. 


20 


980 


31 


D. Thomœ Aquinatis. — Enarrationes in catenam auream, per Fr. Antonium Senensem. 


Antverpiœ, 1571. 


21 


981 




Joannis Effrem Siri, Edessenae ecclesiœ diaconi. — Sermones. 


Argenlorati, 1509. 


22 


982 




J. Geyleri. — Sermones de tempore et sanctis. 


Argentinœ, 1515. 


23 


983 


765 


Pétri Bacherii. — Homeliœ in evangelia dominicalia. 


Lovanii, 1575. 


24 


984 


687 


Breviarium romanum, in-folio, ex decreto concilii Tridentini restitutum. 


Romœ, 1568. 


25 


985 


13 


Aliud breviarium romanum, in parvâ forma cujus usus revocatur. 


.... anno 1561. 


26 


986 




Joannis Olmeri, Angli. — Prœces horariœ. 


Lovanii, 1571. 


27 


987 


851 ' 


Georgii Cassandri. — Prœces ecclesiasticae. 


Coloniœ, 1560. 


28 


988 


601 


Dsuardi. — Martyrologium, Joannis Molani operâ editum. 


Lovanii, 15. .8. 


29 


989 




De divinis catholicae ecclesiœ officiis ac ministeriis ; varii vetustorum ecclesiœ patrum libri. 


Coloniœ, 1568. 


30 


990 


8 


Missale romanum. 


Parisiis, 1551. 


31 


991 


9 


Aliud missale romanum, in parvâ forma. 


Antverpiœ, 1511. 


32 


992 


565 


Secretum sacerdotum, quœ in missâ teneri debent, collecta per Henricum de Hassiâ. 


Argentinœ, 1508. 


33 


993 


129 


Décréta concilii Basiliensis. 




34 


994 


104 


Jacobi Pamelii. — Liturgica latinorum, duobus tomis digesta. 


Coloniœ, 1571. 


35 


995 


830 


Dionysii Carthusiani. — De quatuor hominis novissimis. 


Coloniœ, 1547. 


36 


996 




Ejusdem. — Dialogus de parliculari judicio animarum post mortem. 


Coloniœ, 1568. 


37 


997 


30-57 


Aloysii Lipomanni. — Historiœ de vitis Sanctorum, in epitome redactœ, per Guill. Simonis. 


Lovanii, 1564. 


38 


998 


640 


Emmanuelis Accostani. — Historia rerum Societatis Jesu, in Oriente gestarum. 


Parisiis, 1572. 


39 


999 


728 


Georgii Wicelii. — Historia de divis, tam veteris quam novi Testamenti celeberrimis. 


Basileœ, 1557. 


40 


1000 


78 


Joachimi Perionii. — De sanctorum virorum patriarcharum rébus gestis ac vitis liber. 


Lutetiœ, 1555. 


41 


1001 




Ejusdem. — De rébus gestis, vitisque apostolorum libellus. 


Parisiis, 1557. 


42 


1002 


113 


Joannis abbatis Spanhemii, dicti Trithemii. — Catalogus Ecclesiœ scriptorum. 


. . . . anno 1531. 


43 


1003 




Laurentii Surii. — De probatis Sanctorum historiis, tomus l us . 


Coloniœ, 1570. 


44 


1004 




Ejusdem. — Historiarum, tomus secundus. 


Coloniœ, 1570. 


45 


1005 




Ejusdem. — Historiarum, operumque tertius tomus. 


Coloniœ, 1573. 


46 


1006 




Ejusdem. — Quartus tomus. 


Coloniœ, 1573. 


47 


1007 




Ejusdem. — Quintus tomus. 


Coloniœ, 1574. 


48 


1008 




Ejusdem. — Tomus sextus, complectens menses novembrem et decembrem. 


Coloniœ, 1575. 


49 


1009 


144 


Martini Poloni — Operâ Suffridi Pétri reddita. 


Antverpiœ, 1574. 


50 


1010 


10 


Nicephori Calisti. — Historia ecclesiastica. 


Basileœ, 1560. 



CCLXXI1 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



MUÉRO 


\ [GLIUS, 


D' OR K E. 


1577. 


51 


1011 


52 


1012 


53 


1013 


5-4 


1014 


55 


1015 


56 


1016 


57 


1017 


58 


1018 


59 


1019 


60 


1020 


61 


1021 


62 


1022 


63 


1023 


64 


1024 


65 


1025 


66 


1026 


67 


1027 


68 


1028 


69 


1029 


70 


1030 


71 


1031 


72 


1032 


73 


1033 


74 


1034 


75 


1035 


76 


1036 


77 


1037 


78 


1038 


79 


1039 


80 


1040 


81 


1041 


82 


1042 


83 


1043 


84 


1044 


85 


1045 


86 


1046 


87 


1047 


88 


1048 


89 


1049 


90 


1050 


91 


1051 


92 


1052 


93 


1053 


94 


1054 


95 


1055 


96 


1056 


97 


1057 


98 


1058 


99 


1059 


100 


1060 

i 



INVENTAIRE 
DE 

FKANQUEN, 
1731. 



405 
32 

795 
66 



821 

740 
92 

467 

814 

117 

89 

55 

48 

775 



39 

114 

81 

509 

82 
83 

592-1085 

827 
1103 



650-1122 
716 



95 

686 



711 



777 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



Palladii D. Evagrii discipuli. — Lausiaca. Theodoreti hist. interprète Gentiano Herveto. 

Historia ecclesiastica. 

Catechismus ex decreto concilii Tridentini ad parochos editus. 

Franc. Sonnii. — ■ Démonstratif) religionis christianœ. 

Franc. Titelmanni. — Summa mysteriorum christianœ fidei. 

Michaelis Médina, Hispani. — De rectà in Deum ride. 

D.Epiphanii.— Oratio de fide catholicâ et apostolicâ,perVilum Amerbachium, latine conversa 

Epistolœ de rébus gravibus et minima a controversiis ecclesiasticis horum temporum. 

Confessiones christianœ catholicœ fidei Pétri Comensis, synodi nomine ab Hosio. card. 

Décréta concilii Tridentini. 

Gangrensis Synodi, Joannis Quintini, Hedui, commentatio. 

Synodus diocœsana, Cameraci celebrata. 

Décréta concilii Basiliensis. 

Reformationis abusuum cleri formula, per Ludovicum pium, Rom.Irap. 

Reginaldi Poli cardinalis. — Reformatio Angliœ, ex decretis ejus. 

Alani Copi. — Dialogi contra summi ponlificatûs,vitœ monasticœ, SS om imagin. oppugn. 

Epiphani, Episcopi. — Contra hœreses. 

Judoci Ravestani. — Confutatio errorum cujusdam confessionis Calvinistœ. 

Francisci Turriani, Societatis Jesu. — Adversus Magdeburgenses centuriatores. 

Fred. Staphilei. — Responsio in defensionem apologiœ suœ de scripturœ sacrœ intellectu. 

Ejusdem. — Prodromus in defensionem suœ apologiœ. 

Martini Isengrem. — Concio. 

Gabrielis Prateoli. — De vitis, sectis et dogmatibus omnium hœreticorum. 

Gerardi Jansenii. — Decem de Ecclesiâ tractatus. 

Guil. Lindani, episcopi Ruremundensis. — Apologetica ad Germanos. 

Heiirici Joliffi et Roberti Jonson. — Responsio ad Joannis Hopperi articulos quosdam. 

Hier. Osorii, episcopi Silvensis. — In Gualterum Haddonum liber. 

Jero. Vielmii episcopi jïmoniœ. — Apologetica oratio. 

Jeronimi Vielmii, Ep. jEmoniœ. — De sexdiebus conditi Orbis. 

Jacobi Fabri. — Pro Missœ sacrificio, adversus analomem familiœ Calvinianœ. 

Joan. Cochlei. — Libellusqui incribitur septiceps Lutherus. 

Joan. Occi. — Enchiridion locorum communium adversus Lutherum. 

Joan. Garetii. — Assertio mortuos virorum prœcibus juvari. 

Ejusdem. — De Sanctorum invocatione. 

Consensus omnium œtatum, nationum. etc., in veritatem Christi in Eucharistiâ. 

Joan. Porthesii. — De verbis Domini : Hoc facite ; adversus Math. Thaccum. 

Jonœ, Aurelianensis episcopi. — Libellus de cultu imaginum. 

Judoci Ravestani Tiletani. — Apologia seu defensiones decretorum concilii Tridentini. 

Ejusdem. — Confutatio confessionis Antverpiensis ecclesiœ. 

Georgii Cassandri. — Liber de Baptismo infantium, de qua Anabaptisticœ seclœ origine, etc. 

Martini Oysingrem. — Concio : Cur tam multi ad Lutheranismum deficiant, conversatio. 

Martini Gromeri. — Liber de falsâetverâ Christi religione. 

Pétri Canisii. — De corruptelis verbi Dei commentariorum liber primus. 

Pétri Fontidonii. — Apologia de concilio Tridentino adversus Fabritium. 

Richardi Smithei, Angli. — De confutatione locorum communium theologiœ Melanchtonis. 

Slanislai Orichonii. — De Sacramentari sectâ. 

Thomœ Elisii. — Piorura clypeus adversus veterem pravitatem hœreticorum. 

D. Ambrosii. — De Helià et jejunio libellus. 

B. Anselmi, Cantuariensis archiepiscopi. — Dialogus, summa totius christianœ theologiœ. 

Benedicti AriœMonlani. — Monumenta humanœ salulis. 



Parisiis, 1570. 
Basileœ, 1554. 
Lovanii, 1567. 
Antverpiœ, 1572. 
Lugduni, 1554. 
Venetiis, 1564. 
Augustœ, . . . . 
Augustœ Rhetiœ, . 
Coloniœ, 1573. 
Antverpiœ, 1564. 
Parisiis, 1560. 
Bruxellis, 1567. 



EDITIONS. 



Coloniœ, 1549. 
Romœ, 1562. 
Antverpiœ, 1566. 
Basileœ, 1561. 
Lovanii, 1567. 
Florentiœ, 1572. 
Coloniœ, 1563. 



Coloniœ, 1569. 
Coloniœ, 1576. 
Antverpiœ, 1568. 
Antverpiœ, 1564. 
Olissiponœ, 1567. 



Parisiis, 1564. 
Parisiis, 1564. 
.... anno 1562. 
Antverpiœ, 1565. 
Gandavi, 1570. 
Antverpiœ, 1569. 
Antverpiœ, 1567. 
Antverpiœ, 1565. 

Lovanii, 1567 et 1570. 
Coloniœ, 1563. 
Coloniœ, 1563. 
.... anno 1559. 
Dilingœ, 1571. 
Antverpiœ, 1574. 
Duaci, 1563. 
Coloniœ, 1563. 
Venetiis, 1563. 
Antverpiœ. 1538. 
Lutetiœ 1560. 
Antverpiœ, 1571. 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



CCLXXIII 



NUMERO 



D'ORDRE. 



VIGLICS, 



1577. 



101 

102 

10g 

104 

108 

106 

107 

108 

109 

110 

111 

112 

11g 

114 

115 

116 

117 

118 

119 

120 

121 

122 

123 

124 

125 

126 

127 

128 

129 

130 

131 

132 

133 

134 

135 

136 

137 

i38 

139 

140 

141 

142 

143 

144 

J45 

146 

147 

148 

149 

150 



1061 

1062 

1063 

1064 

1065 

1066 

1067 

1068 

1069 

1070 

1071 

1072 

1073 

1074 

1075 

1076 

1077 

1078 

1079 

1080 

1081 

1082 

1083 

1084 

1085 

1086 

1087 

1088 

1089 

1090 

1091 

1092 

1093 

1094 

1095 

1096 

1097 

1098 

1099 

1100 

1101 

1102 

1103 

1104 

1105 

1106 

1107 

1108 

1109 

1110 



INVENTAIRE 

DE 
FRANQUEN, 

1731. 



42 

1111 

570 

635-109^ 
1080 



624 
625 
779 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



49 

694 
373 

1087 

723 
838 

820 
11 

774 



91 



62 
792 
611-682 



736 
685 
354 



610 



Brève totius theologicœ veritatis compendium. 

Dominicis a Soto. — De Justitià et jure. 

B« Ephrem. — Opuscula omnia. 

Francisci MauriHispellatis minoridae, Francisciados. LibriXIII, in-8°. 

Fred. Slaphyli. — Theologiœ Lutheranœ epitorae. 

Gabrielis Prateoli. — Libellus de nostrorum temporum calamitate. 

Gabrielis Putherbei. — Theotimus, sive de malis libris expurgendis. 

Georgii Wicelii. — Commentariolus de arbore bonâ, Antichristo, intercessione divorum 

GregoriiNysseni. — De virginitate liber, Joanne Limneo interprète. 

Hieronymi Vielmii. — De D. Thomœ doctrinâ et scriptis. 

Hieroymi Osorii. — De Régis institutione et disciplina. 

Ejusdem. — Oratio de optimo episcopi munere. 

Ejusdem. — De justitià. 

Hier. Torrensis Soc. Jesu. — Liber complectens Augustinianam confessionem. 

B u Hypoliti, episcopi et martyris. — Oratio de consummatione mundi. 

Jacobi Ledesma. — De divinis scripturis lingua non legendis; de sacrificio missœ. 

Joannis Ludovici Vivis. — De anima et vitâ. 

B" Justini, martyris. — Opéra. 

D. Lactantii. — Divinarum instilutionum libri , emendati per Michaelem Thomesum. 

Lœvini Tzetzenlii. — Poemata sacra. 

Nicolai Hanapi. — Exempla virtutum, vitiorumque. 

Pétri Bacherii. — Libellus de militiœ Christianœ disciplina. 

Pétri Franc. Zini. — Opéra abbatum Ephraem , Nili , Marci et Esaïœ. 

Polidori Virgilii. — De malo dialogi et de patientiâ. 

Reginaldi Poli. — Liber de Sumno Pontifice, Christi in terris vicario. 

F. Sixti, Senensis, ord. prœd. — Bibliotheca sancta ex prœcipuis calholicœ ecclesiœ scriptis, 

B 1 ' Sixti tertii, Pontificis Maximi. — Liber de divitiis, de malis doctoribus , etc. 

D. Thomœ Aquinatis. — Sumna totius theologiœ. 

Math. Felisii. — Catholica prœceptorum decalogi elucidatio. 

Sermons de l'evesque de Valence. 

Sermons de M e Franchois Picard , reliez en quatre parties. 

Sermon faicl par Franchois Richardot, évesque d'Arras, aux funérailles de Charles V me . 

Sermons dudit évesque , prononciez à Douay , pour le commencement de l'université. 

Sermons funèbres par ledit évesque d'Arras , aux exsêques des royne et prince d'Espaigne. 

Six sermons sur l'explication de l'Oraison Dominicale et sur l'Incarnation par ledit évesque. 

Discours tenu entre ledit évesque d'Arras et ung prisonnier Calviniste. 

Œuvres de George de Selve , évesque de Lavaur. 

JeanCottreau. — Commentaire en forme de sermon, sur les dix commandements de Dieu. 

Pierre Boulanger. — Institution chrétienne. 

Franchois Le Picart. — Forme de prier Dieu. 

Pierre Dore. — La méditation de la messe. 

Du même. — La vie et mort chrétienne ; des épistres de S 1 . -Paul. 

Recueil de prophéties et révélations, tant anciennes que modernes. 

Jean Talpin. [Probablement TaJJin). — La police chrétienne. 

Discours de l'immortalité de l'âme et résurrection des corps. 

Marques pour connaître la différence de la vraye église de J,-C. avec la fausse. 

Jean Porthesius. — Chrétienne déclaration de l'Église et de l'eucharistie. 

Maurice Poncet. — Démonstration de la vérité de l'eucharistie et de la messe. 

Despée. — Apologie des deux conférences des ministres de la religion prétendue réformée. 

DeMarconville-De la diversité des opinions des hommes et de l'excellence de la loi chrétienne 



ÉDITIONS. 



Parisiis, 1549. 
Anlverpiœ, 1569. 
Coloniœ, 1546. 
Antverpiœ, .... 
Coloniœ, 1558. 
Parisiis, 1560. 
Parisiis , 1549. 
Coloniœ, 1548. 
Antverpiœ, 1574. 



Coloniœ, 1572. 
(Sans indication). 
Coloniœ, 1572. 
Dilingœ, 1567. 



Coloniœ, 1554. 
Basileœ, 1538. 
Parisiis , 1554. 
Antverpiœ, 1575. 
Antverpiœ, 1572. 
Parisiis, 1548. 
Lovanii, 1562. 
Venetiis, 1564. 
Basileœ, 1553. 
Lovanii, 1569. 
Venetiis, 1566. 
Romœ, 1573. 
Antverpiœ , 1569. 
Antverpiœ, 1576. 
Paris, 1559. 
Paris, 1563, 64 et 65. 
Anvers , 1559. 
Cambrai, 1562. 
Anvers , 1569. 
Anvers , 1 572. 
Louvain , 1567. 
Paris , 15"*. 
Paris, 1576. 
Paris, 1564. 
Rheims, 1557. 
Paris, 1546. 
Rheims, 1556. 
Paris, 1561. 
Paris, 1568. 
Paris, 1564. 
Paris, 1563. 
Anvers, 1567: 
Paris, 1567. 
Paris, 1568. 
Paris, 1563. 



PPP 



CCLXXIV 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



NUMÉRO Vicies, 

1877. 



DORURE 



INVENTAIRE 

DE 

FRANQCEN , 

1731. 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



EDITIONS. 



151 
152 
153 
154 
155 
156 
157 
158 



1111 
1112 
1113 
1114 
1115 
1116 
1117 
1118 



159 


1119 


160 


1120 


161 


1121 


162 


1122 


163 


1123 


164 


1124 


165 


1125 


166 


1126 


167 


1127 


168 


1128 


169 


1129 


170 


1130 


171 


1131 


172 


1132 


173 


1133 


174 


1134 


175 


1135 


176 


1136 


177 


1137 


178 


1138 


179 


1139 


180 


1140 


18L 


1141 


182 


1142 


183 


1143 


184 


1144 


185 


1145 


186 


1146 


187 


1147 


188 


1148 


189 


1149 


190 


1150 


191 


1151 


192 


1152 


193 


1153 


194 


1154 


195 


1155 


196 


1156 


197 


1157 


198 


1158 


199 


1159 


200 


1160 



12 

1124 
636 
210 
626 
585 
722 



398 

1063 

705 

178 



190 
1098 
603 
593 
1074 
713 
422 
387 
151 
719 
134 
308 
233 
786 
612 

595 



139 



SSJ 



1066 
573 
176 



René Benoist. — Consolation aux habitans de Nantes, affligez de peste. 

Jean Dietenberger. — La bible, en allemand, avec des annotations. 

Luis de Grenada. — Manual de diversas orationes. 

Alonso Venero. — Enchiridion de los tiempos. 

Cronica del glorioso padre Sant Augustin, ordenado por un padre de la misma orden. 

El bachellier Juan Arias. — Tratado de confessores en casos de restitution. 

Fray Luys de Grenada. — Guia de peccadores. 

Pietro de Cobarruburias. — Remedio de' peccalori. 

Histoires. 

Abrahami Ortelii. — Libellus continens deorum, dearumque capita. 

Alberti Crantzii. — Saxonia et metropolis adjacentium regionum explicantur. 

Ejusdem. — Metropolis sive liistoria Saxoniœ, usque ad tempus Caroli Magni. 

Ant. Bonfinii. — Rerum Hungaricarum décades quatuor. 

Ant. Des Barres. — Libellus de iramortalitate Caroli V, Ceesaris.. 

Ant.Cocci Sabellici. — De omnium gentium, omniumque sseculorum insignibus dignis factis. 

Ant. Matharelli. — Ad Franc. Hotomanni Franco-Galliam responsio. 

Appiani Alexandrini. — Romanorum bisloriarum liber. 

Ejusdem. — Hispanica et Annibalica. 

Arriani Nicomedensis. — De rébus geslis Alexandri Magni. 

Antonii Nebrissensis. — Rerum a Ferdinando et Elisabeth Hispaniarum regibus gestarum. 

JEmiliï Probi. — De vilis excellentium Grsecise principum. 

Cujusdani monachi Benedictini. — Annales regum Pippini, Caroli Magni et Ludovici pii. 

Apologetici libri proCarolo V,Rom.Imp.in satisfactionem eorum quae in ipsum scripta erant. 

Berosii Chaldaïci, Joanne Annio interprète. — Antiquilates Italise et totius orbis. 

Blondi Flavi. — De Romse triumphante. 

Belli Dietmarsici a Daniœ Rege Frederico II, anno 1559, descriptio. 

Caroli Sigonii. — Fasti consulares; de triumphis. 

Caroli V Cses. - — Protestatio cum papa et cardinalibus contra regem Francise. 

Cselii Augustini Curionis. — Historise Saracenicse libri très. 

Constantini Manassis, Leunclavio interprète. — Annales de Gratis, exSambuci Bibliothecâ. 

Cornelii Taciti. — Per Justum Lipsium libri emendali. 

Cathalogus regum omnium sub christiana professione. 

Eunapii , Adriano Junio interprète. — De vitis philosophorum, grsece et latine. 

yEthiopicse historiée. 

Epistolse Indicse. 

Guicciardini , Cselio Secundo Curione interprète. — Historia sui temporis. 

Chronicon de regibus Francorum, a Pharamundo usque ad Henricum Xl um . [Sic.) 

Caroli Augusti et Francisci Francise regum. — Conventiones pacis, Toleti promulgatae. 

Damiani a Goes. — Hispanise descriptio. 

Davidis Georgii. — Heresiarcha vita et dotirina. 

jEginhardi, abbatis S 1 ' Bavonis. — De vitâ Caroli Magni. 

/Egidii Tescbudi. — De priscà ac verâ Alpinœ Rhetise descriptio. 

Epistolse aliquod gravium virorura, ex Urbe ad Germanos de gestis Pii pp. V. 

Francisci I. Francorum régis ad Germanise principes, epistola apologetica. 

Georgii Fabricii — Roma. 

Ejusdem. — De diversis itineribus. 

Georgii Sauromani. — Ad Hispanos post Caroli V, decessum oratio. 

Francisci Patricii. — De regno et régis institutione. 

Franc. Taraphse. — De origine ac rébus gestis regum Hispanise. 

Gregorii Turonici. — Historiœ Francorum. 

Gerardi Mercaloris. — Chronologia usque ad annum 1568. 



Paris, 1564. 
Coloigne, 1567. 
Anvers, 1558. 
Anvers, 1551. 
. . . . anno 1551. 
Alcala, 1552. 
Antv. Plantini, 1572. 
Venetia, 1561. 



Antverpise, 1573. 
Colonise, 1574. 
Colonise, 1574. 
Basilese, 1568. 
Lovanii, 1559. 
Basilese, .... 
Lutetise, 1575. 
Basilese, 1534. 
.... anno 156*. 
Bernse, 1554. 
Granatse, 1550. 
Colonise, 1543. 
Colonise, 1551. 
Moguntiae, 1527. 
Autverpise, 1552. 
Basilese, 1531. 
Basilese, 1570. 
Basilese, 1559. 

Basilese, 

Basilese, 1573. 
Antverpise, 1574. 
. . . . anno 1554. 
Antverpise, 1568. 
Antverpise, 1556. 
Lovanii, 1566. 
Basilese, 1566. 



Lovanii, 1542. 
Antverpise, 1560. 

Basilese, 1538. 
Colonise, 1567. 

Basilese,.... 



Parisiis, 1567. 
Antverpise, 1553. 
Parisiis, 1561. 
Colonise, 1569. 






INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



CCLXXV 







INVENTAIRE 






NUMÉRO 
D'ORDRE. 


VIGLIUS, 

1577. 


DE 
FRAIVQUEN, 

1731. 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


ÉDITIONS. 


201 


1161 


761 


Guillelmi Neubrigensis. — De rébus Anglicis. 


Antverpiœ, 1567. 


202 


1162 


174 


Guil. Zenocari. — De republicâ, vitâ, moribus et gestis Caroli V. 


Brugis, 1559. 


203 


1163 


1059 


Guil. Godelevœ. — Aulœ Turcicœ descriptio. 


Basileœ, .... 


204 


1164 




Sigeberti Gemblacensis ; Roberti de Monte et Lamberli Scliaffnaburgensis. — Historiœ. 


Francofurti, 1566. 


205 


1165 


348 


Hier. Oliverii. — De Imperio Romano in pristinam dignitatera restituto. 




206 


1166 


564 


Hier. Osorii, Lusitani. — De rébus gestis ab Emraanuele rege. 


Coloniœ, 1576. 


207 


1167 


207 


Hier. Rubei. — Historiœ Gothorum atque Longobardorum. 


Venetiis, 1572. 


208 


1168 




Hub. Goltz. — Historiœ Imperatorum, ex antiquis numismatibus restitutae. 


Brugis, 1563. 


209 


1169 


232 


Ejusdem. — Liber complectens vivas Imperatorum imagines. 


Brugis, 1557. 


210 


1170 


173 


Ejusdem. — Gracia. 


Bruges, 1556. 


211 


1171 


258 


Jacobi Meyeri. — Annales rerum Flandricarum. 


Antverpiœ, 1561. 


212 


1172 


426 


Ejusdem. — Compendium chronicarum Flandriœ. 


Nurembergœ, 1538. 


213 


1173 


683 


Joan. Ant. Viperani. — De scribendâ historié. 


Antverpiœ, 1569. 


214 


1174 


407 


Joannis Bodini. — Methodus ad facilem bistoriarum cognitionem. 


Parisiis, 1566. 


215 


1175 


165 


Goropii Becani. — Origines Antverpianœ. 


Antverpiœ, 1569. 


216 


1176 


415 


Joannis Herburtii. — Cbronica sive historia Polonica. 


Basileœ, 1571. 


217 


1177 


748 


Joannis Fabricii. — De motu Monasteriensium. 


Coloniœ, 1546. 


218 


1178 


212 


Joannis Olai Magni. — Historia Gothorum Suedorum. 


Romœ, 1554. 


219 


1179 


1092 


Ejusdem. — Historiœ de gentibus septenlrionalibus epitome. 


Antverpiœ, 1558. 


220 


1180 


197 


Joan. Pieri Valeriani. — Hierogliphica ./Egyptiorum. 


Basileœ, 1567. 


221 


1181 


143 


Joannis Zonarœ. — Compendium bistoriarum, grœce et latine. 


Basileœ, 1557. 


222 


1182 


157 


Ejusdem. — Georgii Cedereni , Necetœ , Nicephori et Chalcondilœ historiœ. 


Lutetiœ, 1567. 


223 


1183 




Joannis Majoris. — Historia Majoris Brilanniœ, tam Angliœ quam Scoliœ. 


• . . . anno 1521. 


224 


1184 




Joannis Voerthusii. — Phœnix sive liber de Carolo V Cœsare. 


Antverpiœ, 1562. 


225 


1185 




Ejusdem. — .... legatio. 


Antverpiœ, .... 


226 


1186 


594 


Julii Solini, Antonio del Rio emendatore. — Polyhistoria. 


Antverpiœ, 1572. 


227 


1187 




Icônes insignium aliquot virorum. 


Lugduni, 1559. 


228 


1188 


343 


Lamberti Hortensii. — De bello Germanico. 


Basileœ, 1560. 


229 


1189 




Lanciloti Carlei. — De Lotharingii Guisii ducis, postremis dictis et factis. 


Parisiis, 1563. 


230 


1190 


679 


Laurentii Surii. — Commentarius de rébus in Orbegestis. 


. . . . anno 1574. 


231 


1191 


319 


Leandri Alberti. — Descriptio lotius Italiœ. 


Coloniœ, 1566. 


232 


1192 


441 


Libri italici , cura Leonardi Aretini. — De bello Punico secundo. 


AugustœVindelic, 1537. 


233 


1193 




Leonhardi Goretii, Poloni. — Oratio de matrimonio régis Philippi ac reginœ Angliœ. 


Londini, 1554. 


234 


1194 




L. Annœi Flori. — Rerum Romanarum epitome. 


Pictaviis, 1563. 


235 


1195 


256 


Martini Bellai Langei. — Commentarius de rébus Gallicis. 


Antverpiœ, 1574. 


236 


1196 


187 


Martini Gromeri. — De origine et rébus gestis Polonorum. 




237 


1197 


276 


Nicolai Cruchii Rothomagensis. — De comitiis Romanorum. 


Lutetiœ, 1555. 


238 


1198 


419 


Nicolai Leonici. — De varia historia. 


Basileœ, 1531. 


239 


1199 


169 


Nicephori Gregorœ, Bisuntini. — Historiœ. 


Basileœ, 1562. 


240 


1200 


196 


Notitia utriusque, tum Orientis , tuin Occidenlis Imperii, ab Honorii Cœsaris tempore. 


Basileœ, 1552. 


241 


1201 




Pauli Jovii. — Historiœ. 


Florentiœ, 1550. 


242 


1202 


133 


Ejusdem. — De vitâ Leonis X, Summi Pontificis. 


. . . . anno 1549. 


243 


1203 


254 


Pauli Orosii. — Adversus paganos historia. 


Coloniœ, 1562. 


244 


1204 


166 


Pausaniœ. — De lotà Grœciâ. 


Basileœ, 1550. 


245 


1205 


298 


Platinœ, Onuphrio Panvinio annotante. — Historiœ de vitis Ponlificum Romanorum. 


Coloniœ, 1568. 


246 


1206 


164 


Pétri Appiani et Bartholomœi Amautii. — Inscriptiones sacro-sanctœ veteres orbis. 


Ingolstadii, 1534. 


247 


1207 




Pétri Bysuntini. — Cypriani 


Basileœ .... 


248 


1208 


1070 


Pétri Guodalii. — De seditione vulgi rusticorum, anno 1523, per universam Germaniam. 


Basileœ, 1570. 


249 


1209 


730 


Pétri Marcelli, Sylvestri Girelli et aliorum. — De rébus Venetorum. 


Francorfurti, 1574. 


250 


1210 




Pétri Paschalii. — Adversus Joannis Manlii parricidas actio. 


Lugduni, 1548. 



CCLXXVI 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 







INVENTAIRE 






NUMÉRO 
I)' ORDRE 


MUI.ICS, 

1577. 


DE 

F r .vivote:?, 
1731. 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


ÉDITIONS. 


251 


1211 


183 


Polybii. — Historiarura libri, grœce et latine. 


. . . . anno 1549. 


252 


1212 


170 


Polydori Virgilii. — Historiœ Angliœ. 


Basileœ, 1534. 


253 


1213 


849 


Ejusdem. — De inventoribus rerum. 


Lugduni, 1561. 


254 


12U 




Parmensis belli causarum explicatio. 




255 


1215 


270 


Quinti Curtii. — De rébus gestis Alexandri. 


Basilese, 1545. 


256 


1216 


240 


Renecii Steinhemii. — De tribus prioribus monarchiis. 


Basileœ, 1571. 


257 


1217 


404 


Roberti Ceva. — Bellum inter Venetos et lmperatorem. 


Parisiis, 1557. 


258 


1218 


801 


Sallustius cura scholiis. 


Venetiis, 1568. 


259 


1219 




Idem. — Iterum restitulus per Cyprianum Popraâ. 


Lovanii, 1572. 


260 


1220 




Sebastiani Foxii. — De regni ac régis institutione. 


Antverpiœ. 1566. 


261 


1221 


653 


Suetonii Tranquilli, cura Pulmanni. — XII Cœsares. 


Antverpiœ, 1574. 


262 


1222 


152 


Titi-Livii. — Historiœ. 


Lutetiœ, 1573. 


263 


1223 






Basileœ, 1557. 


264 


1224 


326 


Antoine Pinet. — Histoire du monde, en franchois. 


Lyon, 1562. 


265 


1225 


432 


Olivier de La Marche et auteur incertain. — Chroniques de Flandre. 


Lyon, 1562. 


266 


1226 




Jean Souare. — Annales. 


Lion, 1560. 


267 


1227 


156 


Plutarque. — Les vies des hommes illustres. 


Paris, 1558. 


268 


1228 


163 






269 


1229 


180 


Plutarque. — Œuvres morales. 


Bâle, 1573. 


270 


1230 


277 


Paul Jove. — Histoires. 


Lion, 1558. 


271 


1231 


<277bis 


Ejusdem. — Item. Tome 2. 


Lyon, 1555. 


272 


1232 


192 


Tite-Live. — De la seconde guerre Punique. 


Paris, 1559. 


273 


1233 


239 


Wolffgangii Lazii. — De migrationibus gentium. 


Basileœ, 1572. 


274 


1234 


44 


Josephe. — Histoires en deux volumes. 


Lyon, 1558. , 


275 


1235 


278 


Martin Dubellay. — De plusieurs choses advenues de l'an 1513, au trépas de François I er . 


Paris, 1569. 


276 


1236 


188 


Eugueran de Monstrelet. — Chronicques 2 volumes. 


Paris, 1572. 


277 


1237 




Sebast. Munster. — Cosmographie universelle. 


Basileœ, 1572. 


278 


1238 




Gabriel Despreau. — Histoire de la guerre sainte, contre les Sarrasins. 


Paris, 1573. 


279 


1239 


208 


Jean Chaumeau. — Histoire du Berry. 


Lyon, 1566. 


280 


1240 


160 


Histoire des neuf rois Charles de France. 


Paris, 1568. 


281 


1241 


135 


Fr. Sauvage, etc., etc. — Histoire de Flandre. 


Paris, 1566. 


282 


1242 




Diodore Sicilien. — Histoires. 


Paris, 1554. 


283 


1243 




Nicole Gillis. < — Annales des modérateurs des Gaules, depuis la désolation de Troye. 


Paris, 1544. 


284 


1244 


216 


Hérodien. — Histoire. 


Lyon, 1554. 


285 


1245 


194 


Thucydide. — Histoire. 


Paris, 1559. 


286 


1246 


206 


Paradin. — Annales de Rourgogne. 


Lyon, 1566. 


287 


1247 


251 


Hérodote. — Histoire. 


Paris, 1566. 


288 


1248 


259 


Valère-le-Grand. 


Paris, 1548. 


289 


1249 


146 


Richard de Wassenbourg. — Antiquitez de la Gaule Belgique. 


Paris, 1549. 


290 


1250 


155 


Annales et chroniques d'Anjou. 


Paris, 1529. 


291 


1251 


227 


Catalogue des Grands-maîtres de France , jusqu'au roi Henri. 


Parisiis, 1555. 


292 


1252 




Pompe funèbre de l'empereur Charles V, à Bruxelles. 


Anvers, 1559. 


293 


1253 


209 


Guicciardin. — Description des Pays-Bas. 


Anvers, 1567. 


294 


1254 


330 


Pierre d'Oudegheerst. — Annales de Flandre. 


Anvers, 1571. 


295 


1255 


262 


Belleforest. — Histoire universelle du monde.. 


Paris, .... 


296 


1256 


737 


Jean de Caures. — Œuvres morales, en histoires plaines de beaux exemples. 


Paris, 1575. 


297 


1257 


420 


Nicolas de Nicolai, Dauphinois. — Navigations, pérégrinations et voyages en Turquie. 


Anvers, 1576. 


298 


1258 


654 


Jean Le Frère de Laval. — Histoire des troubles et guerres civiles et de religion. 


Paris, 1574. 


299 


1259 




Discours de tout ce qui s'est passé pour la négociation de Pologne. 


Paris, 1574. 


300 


1260 


729 


Pierre de Vallès. — Histoire des Albigeois. 


Paris, 1569. 






INVENTAIRE DE V1GLIUS. 



CCLXXVII 







INVENTAII1E 


NUMÉRO 


VIGLIUS, 


DE 


D'ORDRE. 


1577. 


FRANQUEIV, 

1731. 


301 


1261 


383 


302 


1262 


750 


303 


1263 


342 


304 


1264 




305 


1265 


324 


306 


1266 


870 


307 


1267 


175 


308 


1268 


1065 


309 


1269 


672 


310 


1270 


556 


311 


1271 


785 


312 


1272 


1075 


OlJ 


1273 


1066 


31-i 


1274 


136-228 


315 


1275 


410 


316 


1276 


340 


817 


1277 


504 


318 


1278 


825 


319 


1279 


363 


820 


1280 


1101 


321 


1281 


1089 


322 


1282 




823 


1283 


590 


324 


1284 


742 


325 


1285 


695 


326 


1286 




327 


1287 


852 


328 


1288 


323 


829 


1289 




330 


1290 


337 


331 


12S1 


810 


832 


1292 




& ù •_» 


1293 




834 


1294 




335 


1295 


655 


336 


1296 


424 


337 


1297 


656 


338 


1298 


846 


839 


1299 




840 


1300 




841 


1301 


602 


342 


1302 


309 


348 


1303 


703 


344 


1304 


605 


345 


1305 


215 


346 


1306 




847 


1807 




248 


1308 




349 


1309 


1153 


350 


1310 





AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



Suétone Tranquille. — De la vie des XII Césars. 

Fernand Lopez. — L'histoire de l'Indie , contenant comment l'Inde a été découverte. 

Guillaume Paradin. — Histoire de Savoye. 

L'histoire de l'origine des Tartares, Persans, Arabes, Turcs, etc. 

Egésippe. — Histoire. 

Frère André Thevet. — Cosmographie du Levant. 

Chronica chronicarura, gallice. 

Des choses faictes à Bayonne, a l'entrevue du roi Charles IX avec la royne, sa sœur 

Historiale description de l'Africque. 

Commentaire des dernières guerres belgiques, de Henri II avec Charles-Quint et Philippe II. 

Histoire de Normandie, jusqu'à la dernière réduction d'icelluy pays. 

Deux discours, 1° sur la guerre de Maltha , 2° sur la guerre de Hongrie. 

Pierre Messie. — ■ Sur la lecture des vrayes histoires. 

Robert Gaguin. — La mer des chroniques. 

Les estats d'Espagne, tenus à Toledo, en 1560. 

Des estatz et maisons plus illustres de la chrétienté. 

Ordonnances du roi Charles IX, faites sur les plaintes des trois Estats, tenus à Orléans. 

Le cardinal de Lorraine. — Oraison de Poissy. 

Bernard de Girard. — De Testât et succès des affaires de France. 

Remontrances au roi Louis XI, sur les privilèges de l'église Gallicane et doléances du peuple. 

L'Empereur Ferdinand.— Remontrance au pape Pie IV, sur le faict du Concile de Trente. 

Histoire de la guerre d'Escosse. 

Les dignitez, magistrats et offices du royaume de France. 

Des recerches de la France. 

Philippe deComines. — Chronique et histoire des choses advenues durant le règne deLouisXI e 

Généalogie des Ducs de Lorraine. 

L'Institution des loix , coustumes, etc, tant du Royaume de la Chesne, que des Indes. 

Guillaume Postel. — De la république des Turcques. 

JeanMacer. — Histoire des Indes , translatées en franchois. 

Receuil des histoires diverses des régions et pays des trois parties du monde. 

Le second tome des histoires tragicques. 

Discours des villes et chasteaux, forteresses, batailles, assaillies durant le règne de Philippe II. 

Lettres sur la vérité des choses passées entre l'Emp. Ch. V. et Franchois roi de France. 

Jehan Molinet. — Extrait de ses chroniques, escript à la main, {inanuscrit fourvoijè 

Histoires prodigieuses, avec les pourtraitz et figures. 

Jean Alphonse, capitaine. — Les voyages aventureux. 

Don Antoine de Gevare. — L'horloge des princes, avec le livre de Marcq Aurele. 

Marcq Aurele. — Livre doré. 

Fumée S? r De Marly Le Chastel — Histoire des Indes Occidentales et terres neuves. 

Jean Talpin. (Peut-être Taffîn). — Institution d'ung prince chrétien. 

Claude de Seyssel. — Histoire de roi Louis XII me . 

Antoine De Pinet. — Planctz, pourtraicts et descriptions de pluisieurs villes et fortresses. 

Guil. Budée. — L'institution du prince au roi de France. 

Poinctzprincipaulxdelal re et 2 <Ie reraonstrances, en la court du parlement de Paris. 

Alain Bouchard. — ■ Chroniques et annales des pays d'Angleterre. 

Die cronicque van Hollandt , Zeelandt en Frieslandt , tôt den jaere 1 517. 

Die cronicque van Zeelandt. 

Een historié van Julius César en den Romeynen , hoe zy de Nederland gewonnen hebben 

Item. — Eene historié van den zeven vorsten van Roomen. 

Eene historié van Pieter van Provence en die schoenen Mageloene. 



EDITIONS 



Lyon, 1556. 
Paris, 1553. 
Lyon, 1552. 
Paris, 156*. 
Paris, 1556. 
Lyon, 1556. 
Paris, F. Regnault. 
Paris, 1566. 
Anvers, 1556. 
Paris, 1559. 
Paris, 1558. 
Paris, 1567. 

Paris, 

Paris, .... 
Paris, 1562. 
Paris, 1549. 
Paris, 1561. 
Paris, 1561. 
Paris, 1572. 
Paris, 1561. 
Paris, 1563. 
Paris, 1556. 
Paris, 15". 
Paris, 156*. 
Parisiis, anno 1539. 
Paris, 1549. 
Paris, 1556. 
Poictiers, 1560. 
Paris, 1555. 
Paris, 1547. 
Paris, 1565. 
Paris, 1563. 
. . . anno 1536. 
IJ^. Inventaire n° 
Paris, 1566. 
Poictiers, 1569. 
Poictiers, 1561. 
Anvers, .... 
Paris, 1568. 
Paris, 1567. 
Paris, 1558. 
Lyon, 1564. 
Paris, 1547. 
Paris, 1575. 
Paris, 1531. 
Antwerpen, 1520. 
Antwerpen, 1551. 



10436). 



Wl 



CCLXXV1II 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 







INVENTAIRE 






NUMÉRO 
D'ORDRE. 


VIG11CS, 

1577. 


DE 
FRWQUEN, 

1731. 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


ÉDITIONS 


351 


1311 




Een historié van Turias ende Florelta. 




352 


1312 




Item. — Een historié van burchgravinne van Vergy. 




868 


1313 




Historié van vier Heme kinderen. 




354 


1314 


307 


Een historié van Jason ende Hercules en Malegis. 




355 


1315 




Die cronicque van Vlaenderen, in 't corle. 




356 


1316 




Die blyde incompste van Brabant. 


Coelen, 1576. 


357 


1317 


828 


Den wonderlycken strydt voer Tunen en 't beleg der zelver. 




358 


1318 




Den ontsegghe van den coningen van Vranckryck en van Engelandt, aen die Keyserl. Majest. 




359 


1319 


272 


JuanCalveEslrelIa. — El viaie del principe Don Philippe, hijo del Iraperador, desde Espana. 


Anvers, 1552. 


360 


1320 


140 


Estevan de Garibay. — Compendio de las cronicas de Espana. 


. . . . anno 1571. Svcl. 


361 


1321 




Hernan Lopez. — Describimiento y conquesla de la India por los Portugueses. 


Anvers, 1554. 


362 


1322 


285 


Plutarcho. — Las vidas de los illustres varones Griegos y Romanos. 


Anvers, 1562. 


363 


1323 


268 


Cronica del Rey Don Alonso XI. 


Médina del Campo, 1563. 


364 


1324 




Lopez de Gomara. — La historia gênerai de las Indias. 


Anvers, 1554. 


365 


1325 




PetroMexia. — Historia impérial desde Julio César hasta el emperador Carolos V. 


Anvers, 1561. 


366 


1326 


428(V.574.) 


Hernando de Acuiia. — El cavallero determinado, traducido delà lengua francese. 


Anvers, .... 


367 


1327 




Marco Aurelio. — Libro aureo. 


Anvers, .... 


368 


1328 




Marco Aurelio. — Libro aureo. 


Anvers, 1546. 


369 


1329 


604 


Primera parte delà chronica del Peru. 


Anvers, 1554. 


370 


1330 


764 


Historia del capitan Don Hernando de Avalos, marques de Pescara. 


Anvers, 1558. 


371 


1331 


225 


Summa de todas las chronicas del mundo. 


Anvers, 155*. 


372 


1332 


831 


JEneas Silvio. — Dichos y hechos notables del Rey Don Alonso de Aragon y de Naples. 


Anvers, 1554. 


373 


1333 




Alvar Nuiïez Cabera. — Relacion de las doz jornadas que hizo a las Indias.' 




374 


1334 


428(v.3G6) 


Hieronymo de Urrea. — El cavallero determinado. 


Anvers, 1555. 


375 


1335 


572 


Apotegmas de los philosophos. 


Anvers, 1549. 


376 


1336 


835 


Vidas y dichos graciosos de muchos notables varones. 


Anvers, 1549. 


377 


1337 


360 


Franc. Garridode Villena. — El verdadero successode la batalla de Roncevalles. 


. . . . anno 1555. 


378 


1338 


658 


Don frey Hernando de Talavero. — Vida del primer arçobispo de Granada. 


Médina del Campo, 1545. 


379 


1339 


848 


Libro de Lazarillo de Tournes. 


. . . . anno 1554. 


380 


1340 




Franc. Thamara. — Las costumbres de todas las génies del mundo y de las Indias. 


Anvers, 1556. 


381 


1341 


421 


Lud. Guicciardino. — Commentarii délie cose piu memorabili seguite in Europa. 


Anvers, 1565. 


382 


1342 


153 


Dal medesimo. — Descrittione di tutti y Paesy Bassy. 


Anvers, 15**. 


383 


1343 


638 


Paulo Giovio ed Andréa Gambini. — Commentarii de' Turchi e vita de Scanderberg. 


Venetia, 1545. 


• 384 


1344 


552 


Gaio Giulio Cesare. — Commentarii. 


Venelia, 1530. 


385 


1345 




Alingi Davila. — Commentario délia guerra délia Germania, fatta dal Imp. Carolo V. 


Venetia, 1548. 


386 


1346 


289 


M. Guazzo. — Chronica. 


Venetiis, 1553. 


387 


1347 




. . . . fatti piacevoli 




388 


1348 


171-234 


Leandro Alberti. — Descrittione di tutta l'Italia. 


Bologna, 1550. 


339 


1349 




Navigazioni e viaggi in molli luogi de TAffrica, del paese de prête Janni, a Calicut, etc. 

Livres es droiclz canon et civil. 


Venetia, 1554. 


390 


1350 




Alfonsi a Castro. — De potestate Ponlificis. 


Lovanii, .... 


391 


1351 


124-1048 


Francisci Vargas. — De episcoporum jurisdictione et Pontificis aucloritate. 


Romœ, 1563. 


392 


1352 


488 


Ivonis Carnulensis , cura Joan. Molinœi. — Decretum. 


Lovanii, 1561. 


393 


1353 


563 


Pétri Rebuffi. — Tractatus de decimis, tam feudalibus quam aliis. 


Parisiis, 1549. 


394 


1354 


352 


J. Hier. Albani. — De potestate Papse et Concilii. 


Lugduni , 1558. 


395 


1355 


125 


Fr. Ant. Pagani. — Tractatus de jurisdictione episcoporum. 




396 


1356 


450 


Felini Sandei , Bened. a Vadis , Ph. Simonetis, J. de Gradibus, etc. — De decretalibus. 


Basileœ, 1567. 4 vol. 


397 


1357 


809 


Remundi Rufi — Defensio pro Pontif. Max. Cardinalib., etc., contra Carolum Molinœum. 


Parisiis, 1553. 


398 


1358 


389 


Joan. Wolffgangi. — Elenchus omnium auctorum in jure tam civili, quam canonico. 


Francofurti, 1574. 


399 


1359 


551 


CaroliSigonii. — De jure Ponlificis. 


Venetiis, .... 


400 


1360 


462 


Didaci Covarrubias a Leyna. — In varios titulos juris civilis ac pontificii. 


Lugduni, 1568. 2 vol. 






INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



CCLXXIX 







INVENTAIKE 






NUMÉRO 
U'OR D KE. 


VIGLIUS, 

1577. 


DE 

TRAiVQlEiy, 

1731. 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


ÉDITIONS. 


401 


1361 


485 


Joan Wolffgang Freyraonii. — Symphonia juris utriusque chronologica. 


Francofurli, 1574. 


402 


1362 


476 


RaphaelisSeyleri— SelectissimarumsententiaruminlmperialisCameracjudicio. A°l495-1570 


Francofurti, 1572. 


403 


1363 


477 


Hieronymi Verrutii. (Probablement). — Lexicon. 


Lutetiac, 1572. 


404 


1364 




Joannis Leunclci. — Synopsis librorum basilion, de graeco in latinum. 


Basileae, 1575. 


405 


1365 


616 


Jacobi Renardi. — De juris ambiguitate. 


Brugis, 1564. 


406 


1366 


778 


Ejusdem. — Liber ad legcs Duodecira Tabellarum. 


Brugis, 1563. 


407 


1367 




Joacbimi Hopperi. — De juris arte. 


Lovanii, 1555. 


408 


1368 


494 


Jacobi Menocbii. — De arbilriis judicum. 


Colonie, 1574. 


409 


13G9 


823 


Ejusdem. — De adipiscendâ et retinendà possessione. 


Coloniae, 1572. 


410 


1370 


752 


Ejusdem. — De retinendà possessione. 


Coloniae, 1572. 


411 


1371 


598-1102 


Ejusdem. — De recuperandâ possessione. 


Coloniae, 1572. 


412 


1372 


453 


Julii Clari, patricii Alexandrini, jurisconsulte ■ — Opéra omnia. 


Francofurti, 1572. 


413 


1373 




Damhouderi. — Praxis rerum criminalium. 


Antverpiœ, 1562. 


4J4 


1374 




Ludovici Lane, Brixiensis. — De formulis enchiridion. 


Venetiis, 1574. 


415 


1375 


470 


Ruffardi. — Textus juris civilis emendatus. 


Lugduni, 1561. 


416 


1376 


491 


Corpus civile, in duobus voluminibus compactum. 


Antverpiœ, 1575. 


417 


1377 




Aniani. — Codicis Tbeodosiani corpus. 


Lugdani, 1566. 


418 


1378 




P. iErodii. — Decretorum apud diversos populos ab omni antiquitate judicatorum, etc. 


Parisiis, 1567. 


419 


1379 


773-1100 


Guil. Budœi. — De asse, ejusque partibus. 


Coloniae, .... 


420 


1380 




Pbotii,patriarchaeConstantinop. — Nomocanonus,siveexlegibusetcanonibus compositum. 


Basileae, 1561. 


421 


1381 


727 


Viglii, cum recognitione Wibrandi Aylta. — Commentaria in decem titulos institutionum. 


Lovanii, 1569. 


422 


1382 


457 


Les coustumes et statuts des baillages de France. 


Paris, 1552. 


423 


1383 




Le grand coustumier général de France. 


Paris, 1567. 


424 


1384 


455 


Loix, ordonnances et édictz de France, depuis St. -Loys jusque au Roy Henry. 


Paris, 1552. 


425 


1385 


454 


Josse de Damhoudere. — Practique judiciaire es causes criminelles. 


Anvers, 1564. 


426 


1386 




Iterum. 


Anvers, 1572. 


427 


1387 


561 


Coustumes de Haynau. 


Mons en Haynau, 1540. 


428 


1388 




Grand slile et protocolle de la chancellerie de France. 


Paris, 1548. 


429 


1389 




J. Papon. — Arretz notables des courts souveraines de France. 


Paris, 1563. 


430 


1390 




Ordonnances, statuts, stil et manière de procéder pour le Grand-Conseil de S. M. 


Anvers, 1560. 


431 


1391 


608 


Sommaire des loix, statuts et ordonnances royaulx, faiclz parles feuzRoyx de France. 


Paris, 1549. 


432 


1392 


505-506 


Judoci Damhonderi. — Praxis rerum criminalium, germanice. 


Francofurti, 1565. 


433 


1393 


522 


Costuymen van Ghendt. 


Ghendt, 1564. 


434 


1394 


526 


Ordonnancien van de zeevaert. 


Antwerpen, .... 


435 


1395 




Alonso Diaz de Montalvo. — Fuero real de Espana, porel noble rey D. Alonso IX. 


.... anno 1554. 






Livres en médecine et chirurgie. 




436 


1396 




Andréa? Vesali, Bruxellensis. — De humani corporis fabricâ. 


Basileae, 1555. 


437 


1397 


1021 


Avicennac libri, ex arabico translali. 


. . . . anno 1527. 


438 


1398 


726 


Adriani Junii, cum commentario de Coma. — Animadversorum libri. 


Basileae, 1556. 


439 


1399 




Ant. Mizaldi. — Memorabilium in aphorismos arcanorum. 


Lutetiae, 1566. 


440 


1400 


536 


Hieronymi De Saliis. — Articella, etc. 


Venetiis, 1523. 


441 


1401 




Baverii Gasparis Toralle. — Consilia de peste, etc. 


Roraœ, .... 


442 


1402 




Caroli Clusii. — De simplicibus apud Indos nascentibus. 


Antverpiœ, 1567. 


443 


1403 


534 


Rasis, cum commentario Hieronimy Suriani. — Libri. 


Venetiis, 1509. 


444 


1404 


543 bis . 


Ejusdem. — • Secunda pars. 




445 


1405 


863 


Pétri Talpae. — Empiricus, sive indoctus medicus. 


Antverpiœ, 1563. 


446 


1406 




Guil. Grataroli. — De vini naturà, artificio et usu. 


Argenlorati, 1565. 


447 


1407 




Hieronymi Cardani. — Contradicenlia. 


Parisiis, .... 


448 


1408 




Hippoliti Sulmanni. — Médecins historiœ. 


Romae, 1554. 


449 


1409 


535 


Galeni. — Opéra omnia. 


Venetiis, 1565. 


450 


1410 


542 


Joannis Manardi. — Epistolae médicinales. 


Basileae, 1535. 



CCLXXX 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 







INVENTAIRE 








NUMÉRO 
D'ORDRE. 


VIGUCS, 

1577. 


DE 

FRANQCEN, 
1731. 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


ÉDITIONS. 




4SI 


1411 


618 


Pétri Matheoli. — Epistolac médicinales. 


Lugduni, 1564. 




452 


1412 




Dioscoridœ. — De materiâ medicâ. 


Basileae, 1557. 




453 


1413 




Remberti Dodonoei. — Opéra. 


Anlverpiac, 1566. 




454 


1414 


537 


Ben Hahyha Bingezla cura Tacuini. — /Egritudinum et morborum corporis humani. 


Argentorali, 1532. 




455 


1415 


714 


Remberti Dodonaei. — Purgantium, etc., herbarum historiœ. 


Antverpiae, 1574. 




456 


1416 


541 


Vivae imagines partium corporis humani expressae. 


Antverpiae, 1566. 




457 


1417 




Guillelmi — Medicamentorum, etc. 


Lugduni, 155\ 




458 


1418 


671 


Foesii, Mediomatrici. — Pharmacopola medicamentorum. 


Basileae, 1561. 




459 


1419 


797 


Valerii Cordi. — Pharmacorum conficiendorum ratio. 


Verobergae, 1551. 




460 


1420 


543 


Cornelii Gemroœ, Lovaniensis. ■ — De arte cyclognomicâ, tomi 1res. 


Antverpiae, 1569. 




461 


1421 


699 


Idem. — De naturae divinis characterismis. 


Antverpiae, 1575. 




462 


1422 


511 


Joannis.... De re cibariâ, libri XXII. 


Lugduni, .... 




463 


1423 


1118 


Jo. Bax, Neapolitani. — Magia naturalis. 


Antverpiae, 1560. 




464 


1424 


580 


Joannis Silvii. — Morbi populariter grassautis praeservatio et curatio. 


Lovanii, 1572. 




465 


1425 


837 


Franc. Arcei. — De rectâ curandorum vulnerum ratione. 


Antverpiae, 1574. 




466 


1426 




Dioris Enchyontis. — De polychuna , lib. 4. 


.... anno 1567. 




467 


1427 


315 


Joan. Sambuci. — Icônes veterum aliquot ac recentium mcdicorum, philosophorum,etc. 


Antverpiae, 1566. 




468 


1428 


815 


Paracelsi. — Libri quinque. 


Basileae, .... 




469 


1429 


273 


Albert Durer. — De la proportion des parties et pourtraicts des corps humains. 


Paris, 1557. 




470 


1430 




Charles Etienne. — De la dissection du corps humain et figures, par Etienne de la Rivière. 


Paris, 1546. 




471 


1431 


379 


Diosoride. — De la matière médicale. 


Lyon, 1559. 




472 


1432 


789 


Jehan Lu.... — Raison de vivre pour toutes fiebvres. 


Paris, 1557. 




473 


1433 




Jean Masse. — Grande mareschallerie. 


Paris, 1567. 




474 


1434 


545 


Jacques de Grevin. -Livre des venins et des bestes venimeuses, thériaques, contre poisons, etc- 


Anvers, 1568. 




475 


1435 


743 


Lievin Lemne. — Les occultes merveilles de la nature. 


Paris, 1567. 




476 


1436 




Jan Bap le . {Sic). — La magie naturelle, qui est les secrets et miracles de la nature. 


Lyon, 1565. 




477 


1437 




Les secrets d'Alexis et aultres. 


Anvers, .... 




478 


1438 


755 


Nie. Godin. — La chirurgie militaire. 


Anvers, 1568. 




479 


1439 




Theophrasti Paracelsi. — Formen und Werckung , etc. 






480 


1440 




Item. ■ — Zvveen tractaet von Laeme sunpt grUntlicher gewisser irer Cur. 






481 


1441 


770 


De las cosas que trae de nuestras Indias occidentales. 






482 


1442 


754 


Christoforo de Meissiburgo. — Libro a far d'ogni sorte di vivanda. 

Livres en géographie et mathématicque. 


Venetiis, 1557. 




483 


1443 


286 


Strabonis. — Geographia , latine cum graeco textu. 


Basileae, 1571. 




484 


1444 


214 


Idem. ■ — Latine. 


Basileae, 1539. 




485 


1445 




Caroli.... — Novae regiorum et insularum cosmographicae tabulae navigalionis , etc. 


Basileae, 1555. 




486 


1446 




Dionysii Alexandrini. — Opus de situ Orbis. 


Parisiis, 1556. 




487 


1447 


377 


Iterum, Andréa Papio, Gandavensi, interprète. 


Antverpiae, 1575. 




488 


1448 


571 


Gabrielif Barii. — De antiquitate et situ Calabriae. 


Romœ, 1571. 




489 


1449 


397 


Siculi Flacci. Julii. Frontini , etc. — De agrorum, conslitutionibus et limitis. 


Parisiis, 1554. 




490 


1450 




Ant. Misaldi. — Cosmographia mundi. 


Lutetiae, 1567. 




491 


1451 


435 


Artis divinatricis, quam astrologiam vocanl encomia. 


Parisiis, 1549. 




492 


1452 


291 


Julii Firmici Materai. — Astronomica. 


Basileae, 1533. 




493 


1453 


1011 


Joannis de Monte Regio. — Epitoma ed almagestum Ptolomeei. 


Venetiis, 1496. 




494 


1454 


238 


Joannis Stoffler. — Calendarium Romanum. 


Oppenheym, 1518. 




495 


1455 


1036 


Alfonsi, régis. — Tabulae astronomicae. 






496 


1456 


1057 


Pauli Eberi. — Calendarium historicum. 


Basileae, 1550. 




497 


1457 


1126 


Mich. Neandri. — Elementa spherica? doctrinae. 


Basileae, 1561. 




498 


1458 




Guillelmi Insulani. — Divinatio extremorum tempoium mundi. 

Livres en philosophie et poésie. 


. . . . anno 1549. 




499 


1459 




Aristotelis. — Politica et œcomraica. 


Parisiis, 1543. 




500 


1460 


444 


Ejusdem. — De republicâ. 


Parisiis, 1548. 







INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



CCLXXXI 



NUMERO 
D'OR 11 HE. 



VIGI-ICS, 



1577. 



INVENTAIRE 

DE 
FRANQUEIV, 

1731. 



501 


1461 


502 


1462 


503 


1463 


504 


1464 


505 


1465 


506 


1466 


507 


1467 


508 


1468 


509 


1469 


510 


1470 


511 


1471 


512 


1472 


513 


1473 


5U 


1474 


515 


1475 


516 


1476 


517 


1477 


518 


1478 


519 


1479 


520 


1480 


521 


1481 


522 


1482 


523 


1483 


524 


1484 


525 


1485 


526 


1486 


527 


1487 


528 


1488 


529 


1489 


530 


1490 


531 


1491 


532 


1492 


533 


1493 


534 


1494 


535 


1495 


536 


1496 


537 


1497 


538 


1498 


539 


1499 


540 


1500 


541 


1501 


542 


1502 


543 


1503 


544 


1504 


545 


1505 


546 


1506 


547 


1507 


548 


1508 


549 


1509 


550 


1510 



725 
181 
158 
434 

692 
633 
706 
132 
54 
237 
700 



619 
776 
776bii 

597 
440 
793 
558 

1099 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



200 

219 
790 



388 
664 

507 

293 



392 
662 



Platonis Sophistici. — Opéra. 

Ejusdem , Nicolao Liburno collcctore. — Sententiœ. 

Plularchi. - — Ethica sive moralia opéra, latine. 

Ejusdem. — Quomodo adolescentes poetasaudiredebent; dcllomeri poesi, ejusqueutilitate 

Steph. Pigii. — Mylhologiarum commentarius de symbolis antiquis. 

....ontis. — Pbilosopbica opéra. 

Nie. Biesii, Gandavensis. — De republicâ. 

Hier. Cardani. — De subtilitate. 

Idem. — De ulililate ex adversis capiendâ. 

Conradi Lycoslhenis et Theodori Zuingcri, philosophi. — Theatrum vitœ humanœ. 

Joannis Ludovici Vivis. — Opéra. 

Demoslhenis, cum Ulpiani commentariis. — Opéra. 

Joannis Pétri Cermenari. — Rapsodia de rectâ regnorum administratione. 

Claudii Paradini et Gabr. Simeonis. — Symbola heroïca. 

Franc. Goethalsii, Brugensis. — De felici et infelici republicâ. 

....chilli, Bononiensis. — Symbolica. 

Georgii Viviennii. — De officio probœ matris familias. 

Franc. Statii Advortenlii Triumphonis. — De Mecenale. 

Iterum. 

Jacobi Siraancae, Pacensis episcopi. — Collectanea de republicâ. 

Joannis Trithemii. — Polygraphia. 

Athenœi. — Opéra. 

Panegyrici aliquot. 

Frederici Dekinden. — Grobianus et Grobiana, de morum simplicitate. 

Adagia quœcumque ad hune diem exierunt. 

Adriani Junii. — Adagiorum centuriœ. 

Andreœ Garlneri. — Proverl)ia, dicteria unâ cum germanicâ interpretatione. 

Pétri Bembi. — Opéra. 

Ciceronis et Demosthenis. — Orationes. 

JEnex Silvii. — Epistolœ. 

Erasmi Roterodamei. — Epistolarum floridarium. 

Guillelmi Budœi. — Commentarii linguœ grœcœ. 

Ejusdem. — Lucubraliones variœ, cum ejusdem epistolis grœcis et latinis. 

Adriani Junii. — Nomenclator omnium rerum propria nomina, variis linguisexplicata. 

De orthographia explanationes grammaticales, etc., etc. 

Joachimi Perionii. — De linguœ gallicœ origine, ejusque cum grœcà cognatione. 

Joannis Piloli, Barrensis. — De gallicœ linguœ institutione. 

i 
Joannis Ludovici Vivis — Cum conscribendis epistolis, cum aliorum methodo, etc. 

. Proverbia e poetis grœcis et latinis. 
Julii Pollucis. — Onomasticon. 

MathœiCardeni. — In paradoxa Ciceronis commentarius. 
Ejusdem. — Rhetorica. 
Joannis Joviniani Pontani. — Opéra omnia. 
Thomœ Burei. — In belli laudem. etc. 

. veterum latinura, etc. 
Isocratis. — Orationes et epistolœ , e grœco in latinura conversœ. 
Martini Gromeri. — Funebris oratio Sigismundi régis. 
Mercurii Arboriensis. — Oratio manuscripta. [Manuscrit fourvoyé .) 
Nie. Cisneri. — De Frederico II imperatore. 
Suffridi Pétri, Leowardiensis. — Orationes de multiplici utilitate linguœ grœcœ. 



ÉDITIONS. 



Lovanii, 1552. 
Parisiis , 1556. 
Basileœ, 1552. 
Basileœ, 1566. 
Lovanii, 1559. 
Basileœ, 1534. 
Lugduni , 1564. 
Parisiis, 1551. 
Basileœ, 1561. 
Parisiis , 1571. 
Basileœ, 1555. 
Basileœ, .... 
Lugduni, 1561. 

. . . anno 1567. 
Lovanii, 1567. 
Bononiœ, 1574. 
Antverpiœ, 1563. 
Leidœ, 1564. 

Antverpiœ, 1574. 
Francofurti, 1550. 
Parisiis, 1556. 
Basileœ, Froben, 1520. 
Francofurti, 1564. 
Venetiis, 1575. 
Basileœ, 1558. 

Basileœ, 1556. 
Antverpiœ, 1564. 



Basileœ, 1556. 
Basileœ, 1557. 
Antverpiœ, 1567. 
Venetiis, 1566. 
Parisiis, 1555. 
Antverpiœ, 1563. 
Basileœ, 1536. 

. . . anno 1534. 
Basileœ, 1536. 
Colonise , 1562. 
Coloniœ, 1553. 
Basileœ, 1538. 
Parisiis, 1531. 
Romœ, 1555. 
Basileœ, 1548. 



Basileœ, 1565. 
Basileœ, 1566. 



rrr 



CCLXXXII 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



NUMERO 



551 

552 

553 

554 

555 

556 

557 

558 

559 

560 

561 

562 

563 

564 

565 

566 

567 

568 

569 

570 

571 

572 

573 

574 

575 

576 

577 

578 

579 

580 

581 

582 

583 

584 

585 

586 

587 

588 

589 

590 

591 

592 

593 

594 

595 

596 

597 

498 

599 

600 



VIGMES. 

1577. 



1511 

1512 

1513 

1514 

1515 

1516 

1517 

1518 

1519 

1520 

1521 

1522 

1523 

1524 

1525 

1526 

1527 

1528 

1529 

1530 

1531 

1532 

1533 

1534 

1535 

1536 

1537 

1538 

1539 

1540 

1541 

1542 

1543 

1544 

1545 

1546 

1547 

1548 

1549 

1550 

1551 

1552 

1553 

1554 

1555 

1556 

1557 

1358 

1559 

1560 



INVENTAIRE 
DE 

FRA>OlE\, 
1731. 



336 

403 

783 

1077 



1068 
568 
817 
402 
560 
362 
659 
741 

294 
818 
576 



186 
195 
205 
148 

381 
861 

670 



94 
707 



691 

378 

1053 

666 



380 
364 

717 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



Orationes clarorum horainum ad principes, vel in funere de virtutibuseorum. 

Nonnii Panoplitœ. — Dionysica, graece. 

Carmina quinque poetarum illustrium. 

Horatii, cum scholiis ab Henrico Stéphane — Poemata illustrata. 

Joannis Sambuci. — Emblemala. 

Andreae Alciati. — Emblemata. 

Valerii Flacci. — Argonautica. 

Apollonii Rliodii, per ValcntinumRotmarum,Salisburgensem,translatatio — Argonanutica, 

Iterum, graece. 

Claudiani, cum commentario Jani Parrhasii. — De raptu Proserpinae. 

Lucretii Cari. — De rerum naturà. 

. . . Angelii. — Cynegelica. 

Daretis Phrygii. — De bello Trojano. 

Julii Cœsaris Scaligeri. — Poemata. 

Ovidii. — Opéra. 

^Esc-pi, cum Joannis Posthii Germershemii iconibus. — Fabulae. 

L. Annœi Senecœ, cura Georgii Fabricii. — Tragediae. 

Sophoclis, a Georgio Raltallero translatas tragœdiae. 

Chritophori, ab Joanne Lauterbauchio. — Carmina et allegoria picturae. 

Hesiodi. — Opéra et dies. 

Gabrielis ....la... — Popularia epigrammata. 

Gaspari, Rudolphi, Silesii. — Carmen gratulatorium de Maximiliano redeunte ex Hispanià. 

P. VirgiliiMaronis, cum comment. Germani Valentis et Jos. Schaligeri. — Opéra. 

Pierre Bellon. — Histoire de la nature des oyseaulx. 

Guil. Rondelet. — Histoire des poisons. 

Belleforests. — Harenges militaires et concions des ambassadeurs, capitaines, etc. 

Hier. Ruscelli, trad. de l'italien parBelleforest. — Épislres des princes adressées aux princes. 

Champfleuri. — De la vraye proportion des lettres antiques, selon le corps et visaige humain. 

Palissy. — Recepte par laquelle les hommes de la Franche pourront multiplier leurs trésors. 

Des comètes et de leurs significations générales et particulières. 

Pierre Bellon. — Observations sur plusieurs singularités, etc., en Asie, Indie, Egypte, etc. 

Délie, object de la plus haulte vertu. 

Paradin et Gabr. Syméon. — Les devises héroïques. 

Dictz et sentences notables de divers auteurs, pour exemples aux enffans. 

Pierre Sunone dict Talon. — L'arithméticque. 

Pierre de La Place. — Traicté de la vocation et manière de vivre. 

D'Aurigni. — Livre de police humaine. 

Guillaume de la Perrière. — Le miroir politicque. 

L. Le Roy dit Regius. — Des changemens, ruines et conservation des états et de leurs remèdes 

Isocrate. — Exhortation à Démonique, 

Jean Baptiste, mis en franchois par Claude Gruget. — Les dialogues d'honneur. 

Isocrate et Xénophon. — Enseignemens pour bien régner. 

Jacques Tahurean. — Dialogues. 

Antoine Guevare.... — Lettres... 

Etienne de Tronchet. - — Lettres missives. 

La doctrine d'Epictete, stoïcien. 

Christofe de Cattan. — La géomance. 

Recueil de poésie. 

Alciat. — Emblèmes. 

Thomas Morus. — République d'utopie. 



ÉDITIONS. 



Venetiis, 1559. 
Antverpiae, 15*9. 
Florentiœ, 1549. 
Paris, 1544. 
Antverpiae. 1566. 
Parisiis, .... 
Lugduni, 1548. 
Basileae, .... 
Basileae, .... 
Basileœ, 1538. 
Antverpiae, 1566. 
. . . . anno 1561. 
Basileœ, 1558. 
Lugduni, 1546. 
Basileae, 1533. 
Francorfurti, 1566. 
Lipsiœ, .... 
Antverpiae, 1570. 
Nurembergae, 1551. 
Basileae, 1521. 
Antverpiae, 1562. 



Antverpiae, A LXXV. 
Paris, 1555. 
Lyon, 1558. 
Paris, 1573. 
Paris, 1572. 

Rochelle, 1564. 

Anvers, 1555. 
Paris, 1564. 
Anvers, 1563. 
Paris. 1560. 
Paris, 1565. 
Paris, 1561. 
Paris, 1561. 
Lyon, 1555. 
Paris, 1566. 
Paris, 1560. 
Paris, 1557. 
Paris, 1568. 
Paris, 1566. 
Paris, 1563. 

. . anno 1559. 
Poictiers, 1567. 
Paris, 1567. 
Paris, 1549. 
Lion, 1549. 
Lyon, 1559. 






INVENTAIRE DE VIGLIUS. 



CCLXXX1U 







INVENTAIRE 






NUMÉRO 


VIGLIUS, 


CE 
FRANQUEJf, 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


ÉDITIONS. 


D'ORDRE. 


1577. 


1731. 






601 


1561 


292-1013 


Nicolai Machavelli. — L'art de la guerre. 


Paris, 1546. 


602 


1562 


836 


Juan de Mena, por Fern. Nuiîez. ■ — Las trezientas glosadas, tratado de vitios y virtudes. 


Anvers , 1 552. 


603 


1563 


1072 


Colloquias de las damas. 


. . . . anno 1548. 


604 


1564 


847 


Inigo Lopez de Mendoça de Santelana. — Proverbios. 


Anvers, 1558. 


605 


1565 




Don Ant. de Guevara. — Aviso de privados. 


Anvers, .... 


606 


1566 


566 


Silva de varia lecion. 

Livres de divers arts et agrictdture. 


Anvers , 1549. 


607 


1567 


756 


Christophori Encelii. — De re melallicâ. 


Francofurti, 1557. 


608 


1568 


562 


Leonhardi Portii. — De re pecuniarià antiquâ, de ponderibus , etc. 


Coloniae, 1551. 


609 


1569 


1073 


Mathei Judicis. — De typographia; inventione. 


Copenhagii, 1566. 


610 


1570 




Kartmanni Scbopperii. — Panoplia omnium artium illiberalium. 


Francofurti, 1568. 


611 


1571 


816-1123 


Cassii Dionysii Uticensis. — De agriculturà. 


Lugduni, 1543. 


612 


1572 


667 


Constantini Cœsaris. — De agriculturà. 


Basileœ, 1540. 


613 


1573 




Conradi Heresbachii. — De re rusticâ, de venatione , de piscatione. 


. . . . anno 1570. 


6U 


1574 


808 


Prœdium rusticum. 


Lutetiae, 1554. 


615 


1575 


182-639 


Catonis Marci Terentii Varonnis. — De re rusticâ. 


Parisiis, 1530. 


616 


1576 




Antonii Mizaldi. — Secretorum agri, enchiridion hortorum, etc. 


Lutetiœ, 1560. 


617 


1577 


728. 


L. Junii Moderati Columellœ. — De re rusticâ. 


Lugduni, 1548. 


618 


1578 


229 


Vitruve. — Architecture. 


Paris, 1547. 


619 


1579 


1015 


Végece. — Du fait de guerre et fleur de chevalerie. 




620 


1580 




Jules Frontin. — Des stratagèmes, espèces et subtilités des guerres. 




621 


1581 


613 


jElian. — De l'ordre et instruction des batailles. 




622 


1582 


341 


odeste. — Des vocables du fait de guerre. 




628 


1583 




Histoires concernant le fait de guerre. 


Paris, 1536. 


624 


1584 




Végece. — L'arbre des batailles et fleur de chevalerie. 


Paris, 1527. 


625 


1585 


SOI 


Instruction sur le fait de la guerre. 


Paris, 1548. 


626 


1586 




Robert Valturin. • — La discipline militaire. > 


Paris, 1555. 


627 


1587 


347 


Bernardin Rocque, trad. de l'italien, par Belleforest. — De la conduite de l'art de la guerre. 


Paris, 1571. 


628 


1588 




Bernardin Rocque , trad. par Lancelot. — Entreprises , ruses et faultes de guerre. 


Paris, 1571. 


629 


1589 




Columella. — Des choses rusticques. 


Paris, 1555. 


630 


1590 




Palladius Rutilius. — Des choses rusticques. 


Paris, 1554. 


631 


1591 


367 


Charles Estienne. — L'agriculture et maison rusticque. 


Paris, 1567. 


632 


1592 




Le grant mesnagier. 


Lyon, 1554. 


633 


1593 


279 


Philibert de Lorme. — Inventions pour bien bâtir et à petits fraix. 


Paris, 1561. 


634 


1594 




Nie. Machiavelli. — Dell'arte délia guerra. 


Venetia, 1541. 


635 


1595 


260 


Girol. Muggi et Jacomo Castriotto. — Délia fortificatione délie cittâ. 

Livres de diverses matières. 


Venelia, 1564. 


636 


1596 




Benedicti Curtii, Symphoriano commentante. — Aresta amorum. 


Lugduni, 1546. 


637 


1597 




Merlini Cocaii. — Poemata. 


Venetiis, 1554. 


638 


1598 




Pétri Mochii. — Dialogus de cruciatu, exilioque Cupidinis. 


Parisiis, 1536. 


639 


1599 


320 


Heliodore. — L'histoire œlhiopique et les amours de Théagenes et Charicléa. 


Paris, 1559. 


640 


16C0 


266 


Marguerite de Valois. — Les nouvelles. 


Lyon, 1561. 


641 


1601 




Bonaventura Des Periers. — Les nouvelles récréations. 


Paris, 1564. 


642 


1602 




Les joyeuses aventures et facétieuses narrations. 


Lion, 1556. 


643 


1603 




L'arrest d'amours. 


Paris, 1555. 


644 


1604 


627 


Le courtisan. 


Paris, 1537. 


645 


1605 


738 


Estienne Paquier. — Le monophile , avec quelques aultres œuvres d'amour. 


Paris, 1566. 


646 


1606 


1169 


L'histoire plaisante de Lazarus de Tourme. 




647 


1607 


865 


Plutarque, traduit par J. de Marconville, — De l'heur et malheur du mariaige. 


Paris, 1564. 


648 


1608 




Le favory de l'art. 


Lyon, 1576. 


649 


1609 




Le mespris de la court, avec la vie rusticque. 


Paris, 1549. 


650 


1610 




Léon Ladulphi. — Discours rustiques. 


Paris, 1554. 



CCLXXXIY 



INVENTAIRE DE VIGLIUS. 







INVENTAIRE 








NUMÉRO 
D'ORDRE 


V1GL11S, 

1577. 


DE 
FRASQCES, 

1731. 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


ÉDITIONS. 


651 


1611 


401 


Lucien, traduict par Claude Depuis. — Dialogue de l'amitié. 


Anvers, 1563. 




652 


1612 


447 


Innocent l'Rhinger. — Cinquante jeux divers d'honnête entretien. 


Lyon, 1555. 




653 


1613 


191 


Amadis de Gaules. 


Paris, 1538. 


2 volumes. 


654 


1614 


327 


Pierre Ronsart. — Œuvres poétiques. 


Paris, 1567. 


6 tomes. 


655 


1615 




Pierre Soreil. — Œuvres diverses. 


Paris, 1566. 




656 


1616 


586 


Ronsart. — Les amours. 


Paris, 1553. 




657 


1617 


331 


Jean des Franchieres, Malepin, Tardif, Artelonche. — Les faulconnerie et volerie. 


Poitiers, 1567. 




658 


1618 


449 


Jacques Du Fouilleux. — De la vénerie et remèdes pour guerrir les chiens. 


Poictiers, 1561. 




659 


1619 




Le roi Modus, des déduits de la chasse, vénerie, faulconnerie. 


Paris, 1560. 




660 


1620 


433 


Le miroir dePhebus, des deduictz delà chasse, vénerie, auxbestes sauvaigesetoyseaulx. 


Paris, .... 




661 


1621 




Perspectif?, (dédié au conte de Mansfelt). 


Antverpiae, .... 




662 


1622 




Amadis de Gaulo. — Quatros libros. 


Lovayna, 1551. 


2 volumes. 


663 


1623 


864 


El cortesano. 


Anvers, 1544. 




664 


1624 


621 


Dei miracoli e maravigliosi effelti dalla natura prodotti. 


Venetia, 1560. 




665 


1625 




Baldesar de Castiglione. — Il libro del cortegiano. 


Firenze, 1531. 




666 


1626 




Deux fourmes et moles armoryées des armes de Sa Majesté. 







Tel est le texte littéralement reproduit d'après le manuscrit, fort détérioré, de l'inventaire qui fut rédigé après le décès de Viglius. Nous avons 
rétabli un grand nombre de noms d'auteurs, de villes, et des dates d'après Valère André, {Bibliothccabelgica) , d'autres catalogues tels que 
celui de G. Draudius, (Francof. 1625), et surtout d'après les annales typographiques de Maittaire et les index de la typographie plantinienne. 

Cet inventaire n'est pas achevé ; la date et la signature y manquent , il est incomplet , car entr'autres il n'y a point de doute, que dans une 
bibliothèque aussi bien composée, on devait trouver Rabelais, dont les éditions sont de 1535 , 1542, 1547, Clément Marot, etc. Il y avait 
ensuite , selon toute vraisemblance , une liste des autres imprimés qui furent recueillis avant la gestion de Viglius. Si l'on avait l'inventaire 
de Mirœus que nous avons fait connaître aux pages ccxlix, etc., précédentes, nous y trouverions peut-être, le moyen de remplir cette lacune. 

Nous allons publier aux pages suivantes, l'inventaire rédigé par Franquen, pour le recollement de la Bibliothèque de Bourgogne, après qu'elle 
eut été sauvée de l'incendie de la cour , au mois de février 1731 . Cette publication se fait d'après le texte autographe que Franquen a signé, 
et qui diffère de plusieurs copies incorrectes qui sont répandues dans le public. 

On y verra le report des numéros de l'inventaire de Viglius , de manière que l'un sert de preuve à l'autre ; ils démontrent réciproquement 
qu'en 1731, plus des trois cinquièmes des ouvrages de l'inventaire de Viglius étaient encore dans cette bibliothèque. Depuis lors jusqu'en 1794, 
comme nous l'avons dit plusieurs fois, cette bibliothèque ne cessa de s'accroître sans avoir rien perdu. 

Si nous avons publié avec la plus grande conformité orthographique qu'il nous a été possible et même avec les lacunes, que nous n'avons 
pu combler, et provenant de la détérioration, le texte de l'inventaire de Viglius, parce qu'il fut rédigé dans un temps où les principes de 
l'ortographe française n'étaient pas fixés, nous avons agi d'une manière toute différente pour l'inventaire de Franquen, parce qu'en 1731 
cette orthographe était fixée. Mais son rédacteur n'étant pas littérateur et , selon toute probabilité , ne sachant pas la langue latine , sa minute 
est souvent vicieuse , sous le rapport grammatical. Nous avons corrigé les fautes de ce genre , et nous pensons que les reproduire et les 
signaler, par le mot : sic, serait un purisme déplacé. 

L'ignorance de Franquen est bien excusable, lorsqu'on se souvient que depuis le décès de Mirœus , la place de trésorier et garde de la 
bibliothèque ne fut plus confiée à des gens de lettres , mais à des greffiers du Conseil des Finances , ce qui dura jusqu'à la nomination de 
Wouters en 1755, comme nous l'avons expliqué à la page clx. 



INVENTAI RE DE FRANQUEN. 

Catalogue des livres, qui composent la Bibliothèque de la Cour de Bruxelles, formé après l'incendie du palais, en 1731 ,, 
par le greffier du conseil des domaines et finances et bibliothécaire de Sa Majesté, Franquen. 



IVo D'ORDRE 
du 


INVENTAIRE 


INVENTAIRE 




IV» D'ORDKE 
du 


INVENTAIRE 


INVENTAIRE 




CATALOGUE 


de 
VIGLIl'S, 


ACTUEL, 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


CATALOGt'E 


de 
VIGLILS, 


ACTUEL, 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


.le 
FRANQBEIV. 


1577. 


1839. 




de 
FRANQUEN. 

N.— M 


1577. 


1839. 


» 






PREMIÈRE DIVISIO 


/VNUSCRITS. 








Livres ecclésiastiques 


spirituels et moraux. 








IN-FOLIO. 








1 


96 


9217 


Missale romanum. 


51 


368 


9404 


Medulla Iibri secretorum fidelium crucis. 


2 


687 


9007 


La forteresse de la Foi. 


52 


95 


9125 


Livre de chant. 


3 






Psalmi Davidis. 


53 


367 


9347 


Medulla secretorum fidelium crucis. 


4 


689 




Flave Josephe. — Histoire des Juifs. 2 volumes. 


54 






Le livre des vertus. 


5 


653-654 


9013-14 


St.-Augustin. — De la cité de Dieu. 2 volumes. 


55 


649 


9216 


Pontificale romanum. 


6 


1-2 


9001-2 


La sainte bible. 2 volumes. 


56 




9246 


Le saint Gréai. 


7 


21 


9104 


Chroniques de la bible. 


57 


714 




La vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ. 


8 


686 


9220 


La vie de Jésus-Christ. 


58 


236 


10320 


La somme des rois. 


9 


8 




Flave Josephe. — Histoire des Juifs. 


59 


403 


9215 


Pontificale romanum. 


10 


180 




Les vertus du Sola ; imparfait. 


60 


712 


9541 


Extraits de la bible. 


» 


61 


9017 


Le vieux et nouveau testament, appelé : Cy nous dit. 


61 


161 


10516 


Les paraboles de Salomon. 


12 


7 


9015 


St.-Augustin. — De la cité de Dieu. 


62 


151 


9394 


Les évangiles. 


13 


177 


9225 


La légende dorée. 


63 


476 




Pèlerinage de la vie humaine. 


14 


415 


9229 


Miracles de Notre-Dame , en rimes. 


64 






Breviarium romanum. 


15 


115 


9081 


Histoire de la passion de Notre-Seigneur. 


65 


374 


9596 


Le miroir des rois. 


16 






Biblia sacra. 2 volumes. 


66 






Le livre des vertus. 


17 


678 


9226 


La légende des saints. 


67 


214 


10197 


Pèlerinage de la vie humaine. 


18 


768 


10295 


La légende des saints. 


68 


370 




S te .-Brigitte. — Révélations. 


19 




6068 


Missale romanum. 


69 


394 


9484 


Heures de Notre-Dame. 


20 




9046 


S 1 ' Augustini. — Flores. — De civitate Dei. 


70 


651 


9024 


La bible historiée. 


21 


4-5 


9005-6 


St.-Augustin. — De la cité de Dieu. 2 volumes. 


71 


719-20 


10202-3 


Le miroir des curés. 2 volumes. 


22 


11 


9270 


Traité théologique sur l'Ave-Maria. 


72 


754 


9555 


Le miroir des dames. 


23 


12 


9092 


Sermons sur le Pater-Noster. 


73 


419 




La vie de saint François. 


24 


457 


9249 


Le miroir de la salvation humaine. 


74 


652 


9025 


La bible historiée. 


25 


660 


9174 


Généalogie depuis Adam jusqu'à Jésus-Christ. 


75 


171 


9553 


Dialogues de saint Grégoire. 


26 


109 




Traités divers de dévotion. 


76 


434 




Complainte de l'Église. 


27 


710 


9018-21 


Bybelsche historien. 2 volumen. 


77 


179 


11083 


Frère Bertholt. — Ses sermons. 


28 


613 




Les miracles de Notre-Dame ; premier volume. 


78 


722 


9550 


Commentaire sur les dix commandemens de Dieu. 


29 


614 




Vie et miracles de Notre-Dame ; second volume. 


79 


482 


10981 


L'horloge de Sapience. 


30 






Discours moraux , en vers. 


80 




9227 


La légende des saints. 


81 






Le songe du pèlerin. 2 volumes. 


81 


737 




Le miroir du monde. 


82 


609-610 


9945-46 


Martyrologe romain. 2 volumes. 


82 


786 


11063 


Le livre des bonnes mœurs. 


33 


102 


9126 


Livre de chant , pour la messe. 


83 


775 


9048 


Connoissance des quatre novissiipes. 


84 


655 




St.-Augustin. — Méditations. 


84 


463 


11129 


Les quatre fins de l'homme. 


35 






Jean Gerson. — Dialogues. 


85 


372 




Pétri de Malà Muliere. — Chronologia. 


36 


656 


9296 


Traité des œuvres de miséricorde. 


86 


169 


10500 


Livre d'aucunes erreurs de la foi. 


37 






Fleurs des exemples. 3 volumes. 


87 


615 


10958 


Vie et miracles de saint Josse. 


38 


456 




Discours pour apprendre à bien mourir. 


88 


650 


9004 


La bible figurée. 


89 


711 


9030 


La bible inoralisée. 


89 


459 


9544 


La somme des rois. 


40 


418' 




La vie de sainte Catherine. 


90 


779 


10321 


Le livre de l'éternelle consolation. 


41 


618 


9303 


St.-Bonaventure. — L'aiguillon de l'amour divin. 


91 






Psalterium romanum. 


42 


664 


9096 


Le régime des princes. 


92 


718 




Les vies des saints. 


43 


113 


9967 


L'histoire de sainte Hélène. 


93 




9026-9511 


Le bréviaire romain. 2 volumes. 


44 


13 


9157 


Biblia sacra. 


94 






Traités moraux. 


45 


621 


9308 


Enseignemens des filles. 


95 




2064 


L'horloge de Sapience. 


46 






La somme des vices. 


96 


607 


9822 


L'image du Monde. 


47 


152 




La sainte bible. 


97 


373 


9815 


Schisme de l'église. 


48 




9218 


Missale romanum. 


98 






Traités moraux. 


49 




9008 


Missale romanum. 


99 


9 


10308 


Le miroir de l'âme. 


50 


739 


9106 


La somme de perfection. 


100 


10 


9228 


La légende des saints. 



sss 



CCLXXXVI 



INVENTAIRE DE FRANQUEN. 



>» D'ORDRE 

du 
CATALOGUE 

de 
FRAffQUEN. 



101 
102 
108 
104 
105 
106 
107 
108 
109 
110 
111 
112 
113 



115 
116 
117 
118 
119 
120 
121 
122 
123 
124 
125 
126 
127 
128 
129 
130 
131 
132 
133 
134 
135 
136 
137 
138 
139 
140 
141 
142 
143 
144 
145 
146 
147 
148 
149 
150 



INVEN TAIRE 

de 
VIGLIUS, 

1577. 



437 
229 
836 

767 
855 
416 

776 
823 
841 

ft9« 



INVENTAIRE 



ACTUEL , 



1839. 



9125 
11123 
11064 

11128 
9282 

10972 
9549 

10392 

11120 



11133 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



555 


11082 


887 


10984 


402 


3827 


492 


10986 


174 


11041 


422 


10326 




2858 


150 


9634 


853 


10204 


916 




612 




166 


11208 


280 




474 


11206 


769 




851 


11045 


108 


10987 


828 




605 


11185 


119 




480 


18210 


822 




783 


1127 


178 


11210 


128 


10571 


429 


6409 


98 






9427 


909 


11198 


423 


6408 


843 





Composition du vieux et du nouveau testament. 

Missale romanum. 

Le miroir de l'âme. 

Bucharii. — Le Pastoralet. 

Le jugement d'Adam. 

Traité du salut. 

Vie et miracles de plusieurs saints. 

Le chapelet des vertus. 

Les vies des saints. 

Liber precum Ducis Philippi Audacis. 

Le miroir de l'âme pécheresse. 

Explication de l'apocalypse de saint Jean. 

La vie de sainte Colette. 

Les dix commandemens de Dieu. 

IN-QUARTO. 

Les décrétales du pape Grégoire. 

L'homme mondain. {Voir aussi , n° 393). 

Heures de la passion de Notre-Seigneur. 

Enseignemens paternels. 

Les dix commandemens de la Foi. 

Les vies d'aucuns saints. 

Livre de prières. 

La sainte bible. 

Le miroir du monde. 

Contemplationes de divâ Virgine. 

Vie et Miracles de Notre-Dame. 

Le livre de la sainte Trinité. 

Histoire de Judas Machabée. 

Le livre des vices et vertus. 

La vie de sainte Catherine. 

Le jeu des échets moralisé. 

De la création des âmes. 

Les sept pseaumes. 

Bréviaire, en françois. 

L'image du monde. 

Gestes de saint Louis. 

Vita sanctae Gertrudis. 

Moralité des nobles. 

La Salade. {Voir Inventaire Viglius). 

Les bestuleries. 

L'apocalypse de saint Jean. 

L'horloge de Sapience. 

Livre du pèlerinage humain. 

De la pénitence. 

De la coronalion des Papes. 

La vie de saint Remy. 

Les quatre évangiles. 

Diurnale Romanum. 

Le régime du corps et de l'âme. 

La vie de sainte Colette. 

La sainte Passion. 



l\o D'ORDRE 

du 
CATALOGUE 

de 
FRANQUEN. 



INVENTAIRE 

de 

VIGLIUS, 

1577. 



INVENTAIRE 



ACTUEL, 



1839. 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



165 
166 
167 
168 
169 
170 
171 
172 
173 
174 
175 
176 
177 
178 
179 
180 
181 
182 
183 
184 
185 
186 
187 
188 
189 
190 
191 
192 
193 
194 
195 
196 
197 
198 
199 
200 



151 


829 


10757 


152 




5538 


153 






154 


424 


10980 


155 






156 




11220-21 


157 






158 


643 




159 






160 






161 






162 






163 




8840 


164 




5070 

i 



IN-OCTAVO ET DUODECTMO 

Evangelii di lutlo l'anno. 

Vita sancti Remigii. 

De la doctrine chrétienne. 

Vie de sainte Colette. 

Getyde van Onze-Lieve-Vrouwe. 

Enseignemens de Salomon. 

Biblia sacra. 

De la juste querelle des chrétiens. 

Getyde van Onze-Lieve-Vrouwe. 

Livre de dévotion. 

Le Pater-Noster. 

Concordia evangeliorum. 

Liber precum. 

Liber precum. 

Histoire, belles-lettres , romans et sciences. 

IN-FOLIO. 

Valère-le-Grand. 

Chronique Martinienne. 

Quinte-Curse. — Histoire d'Alexandre-le-Grand. 
La fleur des histoires, quart partie. 
Histoire de Lancelot du Lac. 2 volumes. 
Les décades de Tite-Live. 3 volumes. 
Chronique de France, dite de saint Denis. 
Valère-le-Grand. 
Les faits des rois de France. 
Les rubriques de Valère-le-Grand. 
Histoire du roi Alexandre. 
Le livre de Romuléon. 
Les commentaires de Jules César. 
Chronique ancienne de France. 
Jean Bocace. — Des cas des nobles hommes et femme: 
Les sept âges du monde. 
Généalogie des rois de France. 
Chroniques de Froissart. 4 volumes. 
Chronique de Pise. 

Jean Bocace. — Des cas des nobles hommes et femme 
Histoire de Guiron le Courtois. 2 volumes. 
Honoré Bonnet. — L'arbre des batailles. 
58-63-64 9242-44 Histoire des comtes de Hainaut. 3 volumes. 



745 


9078 


670 


9069 


197 




669 


9260 ! 


699 




793-795 






1 


27 




327 


4 


26 




749 






9055 


692 




328 




688 


9047 


702 


9949 


38-41 




59 


9029 


533 




71-72 




625 


9009 


KP. RI Rh 


991"). ÂA 



525 

24-25 
534 

34-35 
700 

323 
690 



691 
36-37 

42-45 



9474 



Le livre du gouvernement des rois et des princes, 



9049-50 Histoire romaine. 2 volumes. 

9393 La cité des dames. 
9231-32 La fleur des histoires. 2 volumes. 
Histoire de Merlin. 2 volumes. 
3 Les grandes chroniques des rois de France. 
10509-10-1» Chronique Margarilique. 3 volumes. 
9027-28 Histoire de la Toison-d'Or. 

Histoire des empereurs. 2 volumes. 
2 Les chroniques de France. 
9051-53 Histoire romaine. 3 volumes. 
9067-69 Chronique et conquêtes de Charlemagne. 2 volumes. 
6-9 Histoire de Charles Martel. 4 volumes. 



INVENTAIRE DE FRANQUEN. 



CCLXXXV1I 



!»• D'ORDRE 

du 
CATALOGUE 


INVENTAIRE 


INVENTAIRE 




N« D'ORDRE 

du 
CATALOGUE 


INVENTAIRE 


INVENTAIRE 




de 
VIGLICS, 


ACTUEL, 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


•le 
VIGLIUS, 


ACTUEL, 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


de 
FRVNQLEN. 


1577. 


1839. 




de 
FRANQUEN. 


1577. 


1839. 




201 


697 


9234 


Le vieux digeste. 


251 


723 


9503 


Hisloire des Assyriens. 


202 


486 




Le livre du mariage. 


252 


331 




Chronique de Hollande. 


203 




5 


Chronique des rois de France. 


253 


334 




Chronique de Philippe-le-Bel, roi de France. 


204 


54 




Guillaume Machaud. — Ses œuvres. 


254 






Séneque. — Les éthiques. 


205 






Bocace. — Des nobles femmes et des hommes malheureux. 


255 


508 


9476 


Plutarque. — Épitres morales. 


206 






Bocace. — Des nobles malheureux. 


256 






Histoire des ducs et princes Romains. 


207 


202 


9401 


Cassiodore. — Ses œuvres. 


257 




9264 


Histoire de la destruction de Troie. 


208 


267 


9079 


L'arbre des batailles. 


258 






Enseignements pour les princes. 


209 


553 


9251 


Le code Justinien. 


259 


90 




Histoire d'Olivier de Castille. 


210 






Hisloire de l'empereur Héraclius. 


260 


725 


10175 


Histoire depuis le commencement du monde. 


211 


684 




Jean Bocace. — Les cent nouvelles. 


261 


568 




Traité des oiseaux. 


212 


359 


9176 


Le voyage de Turquie et de la Terre-Sainte. 


262 


742 




Bocace. — Des claires dames. 


213 


571 


9094 


Le livre de la propriété des choses. 


263 


738 


9510 


Estrif de fortune et de vertu. 


2U 






Chronique abrégée. 


264 


743 




Lucain ; en françois. 


215 






Le débat de la noblesse. 


265 


744 


10180 


Boëce. — De la consolation ; en rimes. 


216 


782 


9083 


Le débat de félicité. 


266 


530 


9509 


Le livre des claires et nobles femmes. 


217 






Le chevalier César. 


267 


89 


9508 


Le livre de la mulation des choses humaines. 


218 


626 




Histoire de Jason. 


268 


752 




Le chevalier errant. 


219 


94 


9253 


Abrégé de l'hisloire de Troie. 


269 


92 


9545 


Les dits des philosophes. 


220 


704 




La fleur des histoires. Le 4 me volume. 


270 


256 




Histoire du chevalier Achine. 


221 


30 


9091 


Les épitres de Séneque. 


271 


281 




Le roman des enfans d'Ogier. 


222 


682 




Passe-temps impérial. 


272 


278 


9433 


Les sept sages de Rome. 


223 




10226 


Platearius. — Histoire des plantes. 


273 


873 


11049 


De la vraie noblesse. 


224 


705 




Les chroniques et gestes des Pisans. 


274 


856 


9043 


Du gouvernement des princes. 


225 


332 




Les chroniques de Constantinople. 


275 


483 


9359 


Séneque. — Des remèdes de fortune. 


226 


50 


9261 


Chronique de Troie. 


276 


569 


10217 


Traité de fauconnerie. 


227 


627 


9262 


Histoire de Troie. 


277 


201 


9245 


Histoire de Cassiodore, empereur de Constantinople. 


228 


304 




Le champion des dames. 


278 


724 


10201 


Histoire depuis Adam, jusqu'au temps de Sévère. 


229 




9088 


Le petit roi Artus. 


279 


679 


10194 


Histoire de Troie. 


230 


55 




Chronique abrégée de France. 


280 


57 




Chronique de France, de l'abbaye de saint Denis. 


231 


261 


9095 


Avis directif pour faire le voyage d'Outre-Mer. 


281 


494 




Les sentences des bêtes. 


232 


673 




Ovide. — Métamorphoses. 


282 


469 


11102 


Othéa, déesse de prudence. 


233 


685 


9277 


Histoire des douze empereurs. 


283 




10961 


Diverses poésies. 


234 






Le voyage de Turquie. 


284 


210 


10205 


De l'art de la guerre. 


235 


46-49 




Le roman de Montauban. 4 volumes. 


285 


515 


9468 


De l'information des princes. 


236 


65-70 




Le roman de Pcrceforest. 6 volumes. 


286 


252 




Le roman du renard. 


237 






Histoire de Troie. 2 volumes. 


287 


85 




Histoire de Jean d'Avesnes. 


238 


56 




Chronique abrégée de la geste française. 


288 


461 




Le messager de Paris. 


239 


258 




Les cent nouvelles des cent nouvelles. 


289 


87 


9573 


Estrif de fortune et de vertu. 


240 


554 


9084 


Le livre des décrétâtes, en françois. 


290 


477 


9390 


Le jeu de paume moralisé. 


241 


677 


9254 


Recueil des histoires de Troie. 


291 


811 


9235 


Le livre de la cité des dames. 


242 




10467 


Les institutions de Justinien. 


292 


218 


9627 


La mort du roi Artus. 


243 


74 


9287 


La Salade. 


293 


532 


9542 


Enseignements des dames. 


244 






Généalogie des rois. 


294 


4^8 


10222 


Boëce. — Delà consolation. 


245 


667-68 


9257-58 


Deux tierces parties de la fleur des histoires. 


295 


753 




Histoire de Tristan, noble chevalier. 


246 


814 


10391 


Histoire de Godefroi de Bouillon. 


296 


791 


11062 


Modus et Ratio. 


247 


706 


10173 


Romuléon ou l'histoire romaine. 


297 


765 


11110 


Sidrac, le philosophe. 


248 


683 


9466 


Le champion des dames. 


298 


76 


9469 


Chronique d'Ecosse. 


249 


407 


5557 


Livre de chant. 


299 


922 




Le roi Artus et les douze pairs de France. 


250 


505 




Ovide. — L'art d'amour. 


300 


570 


5751 


La vénerie ; en allemand. 


~ 















CCLXXXVIII 




INVENTAIRE DE FRANQUEN. 






IP D'ORDRE 

du 
CATALOGUE 


INVENTAIRE 


INVENTAIRE 




IV° D'ORDRE 

du 
CATALOGUE 


INVENTAIRE 


INVENTAIRE 




de 
VIGLUS, 


ACTUEL, 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


de 
VIGLUS, 


ACTUEL , 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


de 








de 








PRAIfQDBR. 


1577. 


1839. 




FRANQUEN. 


1577. 


1839. 




301 


746 


9639 


Fables d'Ovide, en vers. 


351 


468 


9559 


Le livre de la déesse Othéa. 


302 


209 




Histoire d'Outre-Mer et du roi Saladin. 


352 






Philippe de Waurin. 


303 


75 


10235 


Chronique d'Angleterre. 


353 




10415 


Histoire de la Grande-Bretagne. 


304 


808 


9630 


Loherin Guerin ; en rimes. 


354 


270 


9570 


Destruction de Troie. 


305 


295 


11138 


Les vœux du Héron et généalogie d'aucuns rois. 


355 


593 




Mathéolus, en françois. 


306 


797 


10546 


Séneque. — Ses épilres. 


356 


788 


11020 


Le serviteur sans guerdon. 


307 


28 


9089 


Aristote. — Les éthiques et politiques. 


357 


780 


11099 


Le régime des princes. 


308 


79 


10777 


Histoire de la première guerre punique. 


358 


485 


10310 


Le messager, œuvre moral. 


309 


192 


9492 


Guillaume de Tyr. — Histoire de la guerre sainte. 


359 




9554 


Enseignements des rois. 


310 






Compendium historiœ Hispaniœ. 


360 


572 


10227 


Les profits ruraux. 


311 


777 


11142 


Histoire de la sainte cité de Jérusalem. 


361 






Rimes sententieuses. 


312 


510 




Le roi Modus. — De la chasse. 


362 






Remarques morales. 


313 






Le songe trompeur. 


363 




10398 


Le livre de moralité. 


314 


77 


10218 


Modus et Ratio ; en françois. 


364 






Les gestes de la chevalerie. 


315 


265 




Le roman de la dame à la licorne et du beau chevalier. 


365 


467 


11101 


Exposition sur la vérité mal prise. 


316 


736 


9650 


Histoire de Thèbes. 


366 


524 


9475 


Les informations des princes. 


317 


348 


9764 


Les épitres de Cicéron. 


367 


622 




La fleur des histoires d'Orient. 


318 




10228 


Le livre du trésor. 


368 


635 


10226 


Waurin. — L'arboriste. 


319 






Le livre des vents. {Peut-être des vertus). 


369 


796 




Histoire d'OctaviendeRome. 


320 


560 


9507 


Le livre du bien universel. 


370 


276 


10213 


Histoire des comtes de Hainaat. 


321 


198 


10387 


Histoire de l'empereur Octavien. 


371 






Le banquet du duc Philippe . 


322 


243 




Histoire du comte d'Artois et de sa femme. 


372 


747 




Le livre des vertus. 


323 


190 




Histoire de Godefroi de Bouillon. 


373 


122 


10475 


Cautelles des guerres. 


324 


215 


10419 


Discours de la mort du duc d'Orléans. 


374 


167 


10386 


Trésor de Sapience. 


325 




9629 


Gillon de Trasignies. 

1 


375 


275 


10476 


Le livre des faits d'armes et de chevalerie. 


326 




9574 


Le roman de la rose. 


376 


787 


10485 


Rémonstration de la reine d'Angleterre. 


327 


573 




Les secrets d'Arislote. 


377 






De l'instruction des princes. 


328 


875 


11104 


Histoire d'Alexandre le conquérant. 


378 




10437 


Fragment d'une histoire de France. 


329 






Astrologie judiciaire. 


379 


631 


10306 


Histoire au vrai de la guerre. 


330 


925 


9281 


Le champion des dames. 


380 


220 




Histoire du très-victorieux prince le roi Cléomèdes. 


331 






Le pèlerinage du vieil homme. 


381 






Le miroir des exemples. 


332 


84 




Histoire de Guy, S r d'Artois. {Ou d'Antonne). 


382 


287 


9309 


Les histoires de Marc-Pol de Venise. 


333 


579 


9054 


Le débat de félicité. 


383 


544 


10973 


Enseignements aux dames. 


334 


629 




Histoire du châtelain de Coucy. 


384 


611 


1175 


Un vieux rentier. 


335 


282 




Histoire du roi Charles Cinq. 


385 


314 


11181 


Histoire de Gérard de Roussillon. 


336 


335 


10232 


Les chroniques de Flandres. 


386 


802 




Histoire de Baudouin de Sebourg. 


337 






Chronologie du monde. 


387 


471 


10982 


Le livre du chemin des longues études. 


338 


805 




Le livre d'Anceys de Carthage. 


388 


536 


11107 


Le livre de Placide et de Timéon. 


339 






Histoire de Marguerite de Flandres. 


389 


854 


11046 


L'art de chevalerie. 


340 


757 


9632 


Histoire de Paris et de Vienne. 


390 


493 


10309 


Le livre des visions. 


341 


735 




Histoire du vaillant prince Jean d'Avesnes. 


391 


850 


11109 


Les dits moraux des philosophes. 


342 


803 




Histoire de la reine, mère de Godefroi de Bouillon. 


392 




11186 


L'image du monde. 


343 


354 


9743 


Tractatus de proprietatibus rerum. 


393 


887 


10984 


Œuvres du S r de Candy. {Voir n° 116). 


344 


260 




Histoire d'un roi de Grèce qui eut trente filles. 


394 






Histoire de la reine Blanche. 


345 


472 


10983 


Le chemin des longues études. 


395 


293 


10366 


Le livre de paix. 


346 


82 


10238 


Histoire de Louis de Gavre. 


396 


813 


9571 


Histoire de la destruction de Troie. 


347 






Chronique abrégée. 
IN-QUA.RTO 


397 
398 


861 


11096 


Thyméo, le philosophe. 
Le disciple de la Sapience. 


348 
349 


799 
304 


9624 


Histoire de Jason Gorin. 
Les prophéties de Merlin. 


399 
400 


478 
882 


10403 


Histoire de la fondation de Tournay. 
Damis et Daville; en rimes. 


350 


806 


10390 


Histoire de Mellusine. 



























INVENTAIRE DE FRANQUEN. 



CCLXXXIX 



N° D'ORDRE 

du 
CATALOGUE 


INVENTAIRE 


INVENTAIRI 




H» D'ORDRE 

du 

CATALOGUE 


INVENTAIRE 


INVENTAIRE 




de 

VI6UI8, 


ACTUEL , 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


de 
\ [GLICS, 


ACTUEL, 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


de 
FRANQUEN. 


1577. 


1839. 




de 
FRAIVQUEN. 


1577. 


1839. 




401 


884 


10409 


Chronique des philosophes. 


451 


284 




Roman de Guillaume de Païenne. 


402 


320 


11143 


Mémoire de Ferdinand deCastille; en vers. 


452 


559 


11042 


Enseignements et ordonnances pour un seigneur. 


403 


353 




Romuléon, en latin. 


453 


897 


11075 


La moralité du jeu des échecs. 


404 


317 




Histoire de Baudouin, comte de Flandres. 


454 






Chronique de frère Melchior. 


405 


272 


10486 


Consolation de la défaite de Hongrie. 


455 


148 


11137 


Extrait de la fauconnerie. 


406 


349 


9902 


Valerius Maximus. 


456 






Enseignements des princes de Bourgogne. 


407 


808 




Chronique des ducs de Normandie. 


457 


602 


10502 


Moralités. (Du jeu des échecs, probablement). 


408 


81 


9631 


Histoire de Gérard de Nevers. 


458 


876 


11193 


Les fables d'Esope. 


409 


800 




Histoire d'Amedée, duc de Savoie. 


459 


294 




Roman de Constantinople. 


410 






Histoire de chevalerie. 


460 


503 




Rondeaux. 


411 


522 


11047 


Histoire de la vraie noblesse. 


461 






Déclaration de la Mappemonde. 


412 




10436 


Extrait des chroniques de Molinet. 


462 




11048 


Le livre de chevalerie. 


413 


751 


9236 


Le livre des trois vertus. 


463 






Merveilles d'Alexandre de Macédoine. 


414 


939 


10237 


Histoire de Gilles de Chin. 


464 






Le miroir des vertus du bon duc. 


415 


305 


10230 


Histoire de Bertrand du Guesclin. 


465 


466 


11108 


Les dits moraux des philosophes. 


416 






Recueil de vers amoureux. 


466 


537 


11203 


Le miroir des dames. 


417 




10479 


Livre dédié à Madame Marguerite d'Artois. 


467 


624 




Le rapport de Guilbert de Lannoy. 


418 


846 




Cyri régis instruclio. 


468 


351 


9881 


Senecœ. — Tragediœ. 


419 


893 


10970 


Vers en françois. (Peut-être le triomphe des dames). 


469 


356 




De regimine civitatis Mediolani. 


420 


255 


10487 


Réponce du duc de Bourgogne. ) 


470 






Histoire du chevalier de Coucy. 


421 


863 


10489 


Voyage du prince Charles. > Reliés en un tome. 


471 




11136 


Le jeu des échecs. 


422 


446 


10490 


La vie de sainte Christine. ) 


472 


489 


1120] 


Le livre des politiques. 


423 






Le Spoltro ; en françois. [Peut-être Spéculum). 


473 


491 


11190 


La réponse des sages à l'empereur Dioclétien. 


424 


321 


15702 


Chronique de Baudouin, empereur de Constantinople. 


474 




10965 


Complainte amoureuse. 


425 






Roman. 


475 


246 


11019 


Le roman de la rose. 


420 


531 


10778 


Le triomphe des dames. 


476 


509 


9543 


Le livre des amours. 


427 


817 


9633 


Histoire d'Apollonius, roi de Tyr. 


477 


379 


10826 


Liber de informatione principum. 


428 






Histoire du roi Alexandre. 


478 


641 


10861 


De conservandà sanitate. 


429 


881 


10239 


Chronique du duc de Bourbon. 


479 






Chroniques. 


480 


529 




La controverse de la noblesse. 


480 






Roman. 


431 






Enseignements moraux. s 


481 


517 


10368 


Du gouvernement des princes. 


432 


301 


10231 


Histoire de Haubert, premier roi de Normandie. 


482 






Calendarium perpetuura. 


433 




11106 


La Philosophie de Sidrac. 


483 


538 


11217 


Consolatoria di Maria Philippe 


434 


892 




Plusieurs ballades. 


484 


538 


11184 


Le livre de clergie. 


485 


875 




Ars loquendi et tacendi. 


485 






Coronatio Caroli V. 


436 


862 


11114 


Les dits moraux des philosophes. 


486 




2027 


Le triomphe des dames. 


437 


455 


11127 Cicéron. — De la vieillesse. 


487 


487 


10812 


Les dits des philosophes. 


438 


903 


10493 


Le chevalier hermite. 


488 


902 


10971 


L'image du monde ; en vers. 


439 


358 




Computus major. 


489 


447 




Petit traité en rimes, sur la Vierge. 


440 






Entretènement du corps et l'âme. 


490 






Libro délie donne. 


441 




9S47 


Histoire de la vie du chevalier de Saintré. 


491 


599 


10748 


Le livre du confort de madame Du Fresne. 


442 


340 


10431 


Chronique du roi Don Philippe de Castille. 


492 


550 


11216 


Contre les dévineurs. 


443 


312 


10478 


Histoire des merveilles et notables faits. 


493 






Traité de philosophie. 


444 


581 


11140 


Le trésor amoureux. 


494 


207 




Gérard de Roussillon. 


445 






Roman. 


495 


186 


5097 


Contre les maladies. 


446 


239 




Roman de Willaume Gouste. 


496 


355 


4220 


De informatione principum. 


447 


231 


11113 


Livre de Sidrac le philosophe. 


497 


465 




Fables d'Esope. 


448 




11199 


Le gouvernement des rois. 


498 


247 


11192 


Les devises du roi Apollonius. 


449 




11215 


Les chroniques de Flandres. 


499 


454 




Le livre allemand. 


450 




484 


11043 


Séneque , des remèdes contre fortune. 


500 






Roman. 



tu 



CCLXC 



INVENTAIRE DE FRANQUEN. 



>° D'ORDRE 
du 

CATALOGUE 
de 

FRA>QIEV 



501 
502 
803 
504 
505 
506 
507 
508 
809 
510 



511 

512 

513 

5U 

515 

516 

517 

518 

519 

520 

521 

522 

523 

524 

525 

526 

527 

528 



INVENTAIRE 

de 

VIGL1US , 

1577. 



INVENTAIRE 



ACTUEL, 



1839. 



871 

640 
891 

83 

590 

302 



680 



879 



546 

709 
792 
124 



890 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



9548 De l'art d'amour. 
11182 Le malheur de la France ; en vers. 
6263 .Chronique de la ville de Milan. 

iGratulatio. 
10994 [Ballades. 

Livre en espagnol. 
10233 Marguerite, comtesse de Flandres. 

Les aventures depuis deux cents ans. 
11034 Le débat (de deux amants). 

Roman. 



11188 



11225 



10036 
10995 



9085 



IN-OCTAVO 

Griselidis. 

Mercurii Arboriensis. — Oratio. 

Le livre de musique. 

Les gestes de la chevalerie. 

Vers, en françois. 

Roman. 

Coronatio Caroli V. 

Poète. 

Paix. 

Observations historiques. 

Les paraboles de la vérité. 

Roman. 

Livre de santé. 

Cicero. — De officiis. 

Ballades. 

Libro di musica. 

Lettre de l'empereur Charles V. 

Plusieurs basses danses. 



N° D'ORDRE 

du 
CATALOGUE 

de 
FRANQCEIV. 



INVENTAIRE INVENTAIRE 
de 
VIGLIUS, 



1577. 



1839. 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



Catalogue des livres manuscrits qui manquent à l'ancienne 
Bibliothèque de la Cour de Bruxelles, par l'incendie. 



529 
530 
531 
532 
533 
534 
535 
536 
537 
538 
539 
540 
541 
542 
543 



2 e vol. de la vie et des miracles de Notre-Dame. (V.n°28). 

Le miroir de l'humaine salvation. 

1 er volume des miracles de Notre-Dame. (V. n° 29). 

Salomon. — Traité moral. 

Catalogue des papes. 

Vertu des herbes. 

Cornes Flandriœ, etc. 

Auris et Floridus. 

3 e volume de l'histoire de Guiron le Courtois. (V.n°185) 

Chronique et histoire de Brabant. 

Traité des saints. 

Traité de la vie tyrannique. 

Enseignement pour les princes. 

Le livre de la déesse Othéa. 

Le livre du songe véritable. 



Telle est la partie du catalogue , concernant les manuscrits. Nous avons 
dû laisser plusieurs lacunes parmi les numéros de la comparaison entre l'inven- 
taire de Viglius et le nôtre, parce que plusieurs titres sont trop douteux pour 
être pris en considération,, tels que les romans aux n° 425, 445, 480, 510 ; 
rondeaux n° 460 ; vertus du Sola n° 10 ; le Spoltro n° 423 ; traités de dévo- 
tion n° 26, 160} traités moraux n° 94, 98, 363, 431 ; bestuleries n° 139; 
vers françois n° 419 ; chroniques n°789; Gralulalu n° 501; Poète n° 518; 
Paixn 519, etc., etc. 



INVENTAIRE DE FRANQUEN. 



CCLXCI 



NUMÉROS 
des 

IMPRIMAS. 



INVENTAIRE 
de 

1577 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES 



SERIE 
GÉNÉRALE, 



NUMÉROS 
des 

IMPRIMÉS. 



INVENTAIRE 
de 

1577. 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



1 

2 

3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 
32 
33 
34 
35 
36 
37 
38 
39 
40 
41 
42 
43 
44 
45 
46 

47 

48 

49 

50 



30 
81 
50 
128 
152 
25 



12 



37 
20 
52 



73 
3 

14 
102 

274 



69 
118 



DEUXIEME DIVISION. 

Livres ecclésiastiques, 

IN-FOLIO. 

Biblia sacra chaldaïca, grœca et latina. 6 volumes. 

Novura lestamentum, grsece. 

Lexicon grœcum. 

Biblia sacra, cum commentariis Benedicti. 

Den bybel, in 't vlaemsch. 

La bible historiée. 2 volumes. 

Francisci Lucae. — Concordantia bibliorum. 

Missale romanum. 

Missale romanum. 

Nicephori. — Historia ecclesiastica. 

Divi Thorax. — Summa. 

Den bybel, in 't hoog duytsch. 

Breviarium romanum. 

Epistolœ et evangelia totius anni. 

Legender der heylighen. 

Graduale romanum. 

Kerckelyke historié. 

Le miroir de la rédemption de la nature humaine. 

Missale romanum, secundum regulam S u Isidori. 

B li Theodoreti. — Opéra. 2 volumes. 

C. A Lapide. — In Ecclesiasticum. 

Ejusdem. — In Josue. 

Ejusdem. — In Ecclesiasticum. 

Ejusdem. — In Proverbia. 

Ejusdem. — In Prophetas minores. 

yEstius. — In Magistrum sententiarum. 2 volumes. 

Ejusdem. — In Epistolas Pauli. 2 volumes. 

Ejusdem. — In Epistolas Pauli; pars prima. 

L'Abbate. — Thésaurus moralis. 2 volumes. 

Lippomani. — Vitae sanctorum. 6 volumes. 

Divi Thomœ. — Catena aurea. 

Auctores historiœ ecclesiasticœ. 

Jacobi Bosii. — Crux triumphans. 

Bannes. — In Divum Paulum. 4 volumes. 

Ramiri. — In epistolas Chrisli. 

Vasquez. — In epistolas Pauli. 2 volumes. 

Corderii. — In Job. 

Tornelli. — Annales ecclesiastici. 2 volumes. 

Sectarum ab origine christianœ ecclesiae. 

Masii. ■ — In librum Josue. 

Corn. Jansenii. — In evangelium. 

Dominici de Soto. — De Justitia et Jure. 

Davidis a Manden. — In decalogum. 

Flave Josephe. 2 volumes. 

Chrysostomi. — Orationes. 

Philippi, abbatis. — Opéra. 

Effigies Calvini. 

Turriani. — Adversus Magdeburgenses. 

Beali Justini. — Opéra. 

Triumphi veritatis ordinati, etc. 



— LIVRES IMPRIMÉS. 

spirituels et moraux. 



594 
595 
596 
597 
598 
599 
600 
601 
602 
603 
604 
605 
606 
607 
608 
609 
610 
611 
612 
613 

614 
615 
616 
617 
618 
619 
620 
621 
622 
623 
624 
625 
626 
627 
628 
629 
630 
631 
632 
633 
634 
635 
636 
637 
638 
639 
640 
641 
642 
643 



51 
52 
53 
54 
55 
56 
57 
58 
59 
60 
61 
62 
63 
64 
65 
66 
67 
68 
69 
70 

71 

72 
73 
74 
75 
76 
77 
78 
79 
80 
81 
82 
83 
84 
85 
86 
87 
88 
89 
90 
91 
92 
93 
94 
95 
96 
97 
98 
99 
100 



511 

67 

37 



137 



54 



9 
40 



75 

6-79 

80 



66 

133 
61 
13 

586 
93 



Dominici de Soto. — In quartura sententiarum. 

Bonartii. — In Eslherem. 

Mendocœ. — Opéra. 3 volumes. 

Ludovici Vivis. — Opéra. 

Divi Epiphanii. — Opéra. 

Evangelii nota?, per Lahaye. 

Lippomanni. — Vitae sanctorum. 

SextiSenensis. — Biblia. 

Nicolai Lancinii. — Opuscula spiritualia. 2 volumes 

De divinis officiis. 

Peckii. — De primatu S. Pétri. 

Selve. — Ses œuvres. 

Assomarium majoris hebdomad;e. 

Médina. — ■ De recta in Deum fide. 

Bacchii. — Schat der sermoonen. 

Sonnii. — Defensio fidei. 

Reysenbergii. — Sermones. 

Hierarchia ecclesiastica. 

Jansenii. — In Job. 

Erycii Puteani. — Oratio. 

IN-QUARTO 
Joannis a Bononiâ. — De prœdestinatione. 
Synodus Mechliniensis. 
Puteani. — Pietatis thaumata. 
La différence des schismes. 
Bélial, en françois. 
Emm. in evangelia. 
Psalmi Davidici. 

Peronii. — Vitae patriarcharum. 
Mich. De Luna. — Lectiones. 
Lahaye. — Apparatus evangelicus. 
Lindani. — Liber apollogeticus ad Germanos. 
De sex diebus mundi. 
Fabri. — De sacrificio raissae. 
Lessii. — De perfectionibus divinis. 
Sotomajor. — In Canticum canticorum. 
Lancilotti. — Lapis adjutorii, etc. 
Jansenii. — In psalmos. 
Nisseni. — De virginitate. 
Alani Coxi. — Dialogi. 
Rayaei. — Adversus acta sanctorum. 
Deux sermons. 
Synodus Gangrensis. 
Ariœ Montani. — Elucidationes. 
Traité de la vocation. 
Canisii. — Commentaria. 
Augustini. — Confessiones. 
Veridicus christianus. 
Martini Cromer. — De religione. 
Eusebii Nierembergii. — De festo conceptionis. 
Th. Elvsii. — Controversiae fidei. 



CCLXC11 



INVENTAIRE DE FRANQUEN. 






sEKIE 



GÉNÉRALE 



M KtBOS 

des 

IMPBIIUÉS. 



644 
645 
646 
647 
648 
649 
650 
651 
652 
653 
654 
655 
656 
657 
658 
659 
660 
661 
662 



665 
666 
667 
668 
669 
670 
671 
672 
673 
674 



101 
102 
103 
104 
105 
106 
107 
108 
109 
110 
111 
112 
113 
114 
115 
116 
117 
118 
119 
120 
121 
122 
123 
124 
125 
126 
127 
128 
129 
130 
131 



INVENTAIRE 

de 

1577. 



675 


132 


676 


133 


677 


134 


678 


135 


679 


136 


680 


137 


681 


138 


682 


139 


883 


140 


684 


141 


685 


142 


686 


143 


687 


144 


688 


145 


689 


146 


690 


147 


691 


148 


692 


149 


693 


150 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES 



52 

74 



65 



16 
391 

395 



33 



Isidorii Clarii. — Orationes. 2 volumes. 

Dell' Antichristo. 

De jejunio. 

Pamelii. — Liturgia. 2 volumes. 

Forsani. — Conciones calechisticae. 

L'usure ensevelie. 

J. Eckii. — Disputationes. 

Contemplationes sobre el rosario. 

Haflen. — Catechismus. 

Geestelyke dichten. 

Eckii. — -Repulsio Zwinglii. 

Molina. — De libero arbilrio. 2 volumes. 

Catalogus scriptorum ecclesiasticorum. 

Gerardi Jansenii. — Tractatus. 

Marchantii. — Horlus pastorum. 

Yriningi. — De Jejunio. 

Reformatio Angliae. 

Doctrinal de confessione. 

Staplelon. — Principia fidei. 

Theatrum principum utriusque Teslamenli. 

Relectio principiorum fidei. 

Fasciculus exemplorum. 

Isidori Clari. — Sermones. 

De episcoporum jurisdictione. 

Pagani. — Traclatus de ordine. 

Eckii. — Disputationes. 

Tratado del nombre de Jésus. 

Traité de la paix. 

Concilium Basiliense. 

Ryckel. — Phylacterium. 

Floridae Marianae. 



Livres historiques imprimés. 

IN-FOLIO 



510 
242 
176 
281 
314 



185 
360 



221 
49 

289 

576 



Lycosthenis. — Theatrum vitœ humanœ. 

Pauli Jovii. — Vitœ illustrium, etc. 

Sigonii. — Fasti consulares. 

Sauvage. — Chroniques de Flandres. 

La mer des histoires. 2 volumes. 

Histoire françoise de notre temps. 

Belleforest. — La cosmographie. 

Guicchiardini. — Historia Franciae. 

Garibai. — Historia de Espana 4 volumes. 

Miroir historial. 5 volumes. 

Pline. — Ses œuvres. 2 volumes. 

Zonare. — Annales. 

La chronique Martinienne. 

Blondi Flavii. — De Româ triumphante. 

Wassebourg. — Antiquités de la Gaule Belgique. 

Belleforest. — Sa cosmographie. 

Belleforest. — Harangues. 

Henrici a Gandavo. — Uuodlibeta. 

Froissart. — Chroniques. 3 volumes. 



SÉRIE 



GÉNÉRALE, 



694 
695 
696 
697 
698 
699 
700 
701 
702 
703 
704 
705 
706 
707 
708 
709 
710 
711 
712 
713 
714 
715 
716 
717 
718 
719 
720 
721 
722 
723 
724 
725 
726 
727 
728 
729 
730 
731 
732 
733 
734 
735 
736 
737 
738 
739 
740 
741 
742 
743 



NUMEROS 

des 

IMPRIMÉS. 



151 
152 
153 
154 
155 
156 
157 
158 
159 
160 
161 
162 
163 
164 
165 
166 
167 
168 
169 
170 
171 
172 
173 
174 
175 
176 
177 
178 
179 
180 
181 
182 
183 
184 
185 
186 
187 
188 
189 
190 
191 
192 
193 
194 
195 
196 
197 
198 
199 
200 



INVENTAIRE 



de 



1577. 



174 

262 
382 

290 
267 
222 
504 

280 



246 
215 

244 



239 
252 
388 

210 

202 
307 
200 

162 



503 
615 
251 



573 

236 
276 

166 

653 

272 

285 
574 
240 
220 



533 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



Blondi Flavii. — De Româ triumphante. 

Titi Livii. — Historia Romana. 

Guicchiardini. — Descrittione de' Paesi Bassi. 

Dupleix. — Histoire de France. 4 volumes. 

Annales d'Anjou. 

La vie des hommes illustres. 

Chronique de Zonare. 

Plutarque. — Œuvres mêlées. 

Historia piscium. 

Les neuf rois Charles de France. 

Histoire de Théodose. 

Van Meerbeck. — Chronyck. 

Canalis. — Historia Clallica. 

Infrascriptiones antiquae. 

Origines Antverpianse. 

Pausanise. — Historia Grœca. 

Belleforest. — Histoire des neuf rois Charles. 

Chronique de France. 

Corpus historiœ Bysantinœ. 

Pol. Virgilii. — Historia Anglise. 

Descriptione di tutta Pltalia. 

Novus orbis variorura. 

Golzii. — Graecia. 

Zenocarii. — De vitâ Caroli V. 

Chronicon chronicorum. 

Gerardi Mercatoris. — Chronologia. 

Ovide. — Métamorphoses. 

Bonfinii. — Historia Hungariœ 

Introitus Alberti in Antverpiam. 

Plutarque. — Morales. 

Plutarchi. — Moralia. 

De re rusticâ. 

Polybii. — Historia. 

Strabonis. — Geographia. 

L'archevêque de Tyr. — De la guerre sainte. 

Virgilii. — Opéra. 

Cromeri. — Chronicon Poloniae. 

Monstrelet. — Chronique. 2 volumes. 

Descriptione de' Africa. 

Appiani Alexandrini. — Opéra. 

Amadis des Gaules. 2 volumes. 

Tite Live. 

Coronatio Ferdinandi. 

Thucydide. — Histoire. 

Belin. — Histoire de la nature des oiseaux. 

Notifia utriusque Imperii. 

Pierii. — Hieroglyphica. 

N. Gerbelii. — Grœcia Sophiani. 

Rerum Germanicarum scriplores. 

Guillelmi Budaei. — Elucubrationes. 



INVENTAIRE DE FRANQUEN. 



CCXCI1I 



SÉRIE 



GÉNÉRALE. 



NUMÉROS 

des 
IMPRIMÉS. 



744 

745 

746 

747 

748 

749 

750 

751 

752 

758 

754 

755 

756 

757 

758 

759 

760 

761 

762 

763 

764 

765 

766 

767 

768 

769 

770 

771 

772 

773 

774 

775 

776 

777 

778 

779 

780 

781 

782 

783 

784 

785 

786 

787 

788 

789 

690 

791 

792 

793 



INVENTAIRE 
de 

1577. 



201 

202 

203 

204 

205 

206 

207 

208 

209 

210 

211 

212 

213 

214 

215 

216 

217 

218 

219 

220 

221 

222 

223 

224 

225 

226 

227 

228 

229 

230 

231 

232 

233 

234 

235 

236 

237 

238 

239 

240 

241 

242 

243 

244 

245 

246 

247 

248 

249 

250 



575 
286 
207 
279 
293 
155 

218 

484 
345 
284 



535 



371 

291 
314 

618 



209 
178 
388 



512 

494 
273 
256 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES 



Pauli Manutii. — Adagia. 
Golzii. — Fasti consulares. 
Petrarca. 

Polybe. — Histoires. 
Rondelet. — Histoire des poissons. 
Paradin. — Annales de Bourgogne. 
Hieronymi Rubœi. — Historia Gothorum. 
Jean Chaumière. — Histoire de Berri. 
Guiciardin. — La description des Pays-Bas. 
SantoAugustino. — Cronica. 

Alberti Crantzii. — Cronica Daniœ, Sueviae et Norwegiœ, 
Joannis Magni. — Gothorum historia. 
Chifflet. — Lilium Francicum. 
Strabonis. — Geographia. 
Chronique d'Angleterre. 
Hérodien. — Histoire. 
Obsidio Bredana. 

Ponti Heuteri. — De rébus Burgundicis. 
Daurgii. — Antiqui , novique Latii orthograghia. 
La régla y establicimientos de la cavalleria. 
I carichi militari. 

Lorini. — Fortificationi dibuonajuto. 
Aristotelis. — Problemata. 
Roberti Valturii. — De re militari velerum. 
Padre Philippo. — Chronica del mondo. 
Le triomphe d'Anvers. 
Catalogue des Grands-maitres de France. 
La mer des chroniques. 
Vitruvii. — Architectura. 
jJoannis Blanchin. — Luminarium. 
Les effigies des ducs de Brabanl. 
Golzii. — Vitœ Imperatorum. 
Curionis. — Saracenica historia. 
Descriptio Italiœ. 
Regiomontani. — De triungulis. 
Ptoloniœi. — Geographia; en parchemin. 
Demosthenis. — Opéra. 
Calendarium Romanum. 
Lazii. — De gentium migrationibus. 
Reneri Renecii. — De familiis. 
De l'art militaire. 

P. iEmilii. — De rébus gestis Francorum. 
Xenophonlis. — Opéra. 
Garibay. — Compendio historia!. 
Chronique du roi Don Juan. 
Chronique de France. 
La vie des fols. 

Francisco Patrizzi. — Paralleli militari. 
Mausolée d'Isabelle. 
Roman de Tristan Léonnois. 



SÉRIE 



GÉNÉRALE. 



NUMÉROS 



de» 



IMPRIMES. 



INVENTAIRE 
de 

1577. 



794 


251 


795 


252 


796 


253 


797 


254 


798 


255 


799 


256 


800 


257 


801 


258 


802 


259 


803 


260 


804 


261 


805 


262 


806 


263 


807 


264 


808 


265 


809 


266 


810 


267 


811 


268 


812 


269 


813 


270 


814 


271 


815 


272 


816 


273 


817 


274 


818 


275 


819 


276 


820 


277 


821 


278 


822 


279 


823 


280 


824 


281 


825 


282 


826 


283 


827 


284 


828 


285 


829 


286 


830 


287 


831 


288 


832 


289 


833 


290 


834 


291 


835 


292 


836 


293 


837 


294 


838 


295 


839 


296 


840 


297 


841 


298 


842 


299 


843 


300 



287 

241 

235 

211 
288 
635 

295 

640 

363 

255 

359 
469 



237 

270-271 

275 

633 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



362 
483 



386 

492 
601 
546 
566 



245 



Hérodote. — Ses neuf livres. 
Pauli Cluverii. — Sicilia antiqua. 
Roman du roi Artus. 
Paulo Jovio. — Histoire. 2 volumes. 

Joannis — De Vitœ medicinâ. 

Bellay. — Commentaria de rébus Gallicis. 

Capitano Flaminco. — L'execulio decavaleria. 

Meyeri. — Chronica Flandriœ. 

Valère-le-Grand. 

Délia forlifîcatione délie cilla. 

Ephemerides octavœ spherœ. 

Belleforesl. — Cosmographie. 

Commentaria linguœ Grœcœ. 

Joannis de Turre-Cremata. 

Séneque. — Ses œuvres. 

Nouveaux contes à plaisanter. 

L'état et comportement des âmes. 

Cronica del rey Don Alonso. 

Coronation de l'empereur Maximilien. 

Q. Curtii. — Opéra. 

Il capitano Flaminco. — Theatro militare. 

Viagge del principe. 

Albert Durer. — Ses quatre livres. 

Artillerie, en allemand. 

Arte militare terrestre. 

Grutii. — De comitiis Romanorum. 

Pauli Jovii. — Tomus primus. 

Du Bellay. — Ses mémoires. 

Nouvelles inventions pour bien bâtir. 

Bapt. Bellici. — Fortifications. 

Corona impériale. 

De militià equestri. 

Avicenna. 

Golzii. — Gracia et Sicilia. 

Plutarque. — La vie des illustres Romains. 

Strabonis. — Opéra, grœce et latine. 

Beoraldi. — Chronicon Scripturœ Sacrœ. 

Praelium Woeringianum. 

Marco Guezzo. — Chronique. 

Exemplario contra los enganos del mondo. 

Julii Firmici Materni, etc. 

L'art de la guerre. 

Isocratis. — Orationes. 

Isopo, famoso fablador. 

Il cavalier Melso. — Regole militari. 

Louange de la langue hébraïque. 

Las siele partidas del reyno de Espana. 

Platina. — De vitis Pontificum. 

Joannis da Monte. — Epitome. 

Brancacio. — De arte militari. 



uiiu 



CCXC1Y 



INVENTAIRE DE FRAÏNQUEN. 



SÉRIE 


PU HÉROS 


INVENTAIRE 




SÉRIE 


NUMÉROS 


INVENTAIRE 






des 


de 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 




des 


de 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


GÉNÉRALE. 








GÉNÉRALE. 










niFRIMLS. 


1577. 






IMPRIMÉS. 


1577. 




8-44 


301 


625 


Instruction sur le fait de la guerre. 


894 


351 




__ 


845 


302 




Lamberti. — Thealrum regiura. 


895 


352 


394 


De potestate papœ. 


846 


303 


588 


Perrière. — Le miroir politique. 


896 


353 




Tesoro di politico. 


847 


304 




Verba quadrata. 


897 


354 


145 


L'athéomachie et discours de l'immortalité de Pâme. 


848 


805 




Pétri Mexii. — Historia impérial. 


898 


355 




Louange du roi Philippe IV. 


849 


306 




Libri de proprietatibus rerum. 


899 


356 




Prodomus scientiarum. 


8150 


307 


854 


Jason et Hercule; bistoirc, en flamand. 


900 


357 




Istoria délia guerra frà Turchi e Persani. 


851 


308 


177 


Carolo Csesari Invictissimo. 


901 


358 




Conneslaggio. — Délie guerre di Germania inferior. 


852 


309 


342 


Livre des printcs et édifices. 


902 


359 




Avancini Nicolai. — Leopoldi virtutes. 


853 


310 




Ciceio. — De officiis, en françois. 


903 


360 


377 


Bataille de Roncevalle. 


854 


311 




Caroli Scribani. — Polilico Christiano. 


904 


361 




Elemenla spherica. 


855 


312 




Rudimentum noviciorum. 


905 


362 


563 , 


Pétri Angelii. — Cynegetica. 


856 


313 




Historia delà lynda Melosyna. 


906 


363 


319 


L'état des affaires de France. 


857 


314 




L'art militaire, pour l'infanterie. 


907 


364 


597 


Cattai. — La géomance. 


858 


315 


467 


Effigies Imperatorura Romanorum. 


908 


865 




Van Gute. — De nobles cavalleros. 


859 


316 




Le livre de Baudouin, comte de Flandres. 


909 


366 




Frederici Marcelar. — Equitis legatus. 


860 


317 




Justi Lipsii. — De militià Romanâ. 


910 


367 


631 


De l'Agriculture et maison rustique. 


861 


318 




Le livre des saints anges. 


911 


368 




Les châtelains de Lille. 


862 


319 


231 


Descriplio totius ltaliœ. 


912 


369 




Cardinal Bentivoglio. — Guerre di Fiandria. Tome I. 


863 


820 


639 


Héliodore. — Histoire. 


913 


370 


306 


Theve. — Cosmographie. 


864 


321 




Declaralio de las armas de Espaïïa. 


914 


371 




Liberti Fromondi. — Meteorologicorum philosophia. 


865 


322 




Titus Livius. — Première décade. 


915 


372 




Ludovici Tuberonis. — Commentaria. 








IN-QUARTO 


916 


373 


120 


Lœvini Torrentii. — Poemata sacra. 


866 


323 


828 


Histoire de la république des Turcs. 


917 


374 




Senecœ. — De rébus Romanorum. 


867 


324 


305 


Egesippe. — Histoire. 


918 


375 




Erycii Puteani. — Epistolœ. 


868 


325 




Garât. — Histoire ecclésiastique des Pays-Bas. 


919 


376 




Insignia Scotiae. 


869 


326 


264 


Histoire universelle du monde. 


920 


377 


487 


Dionysii Alexandrini. — De situ orbis. 


870 


327 


654 


Ronsard. — Ses œuvres. 6 volumes. 


921 


378 


591 


Les dialogues d'honneur. 


871 


828 


617 


Columelle. — Ses œuvres. 


922 


379 


471 


Pedacien Dioscoride. — Ses six livres. 


872 


329 




Ferreoli Locrii. — Chronicon belgicum. 


923 


380 


596 


La doctrine Epictete, stoïcien. 


873 


830 


294 


Oudegherst. — Chronique de Flandres. 


924 


381 




Repeticion de amores. 


874 


331 


657 


J. De Franchieres. — De la Fauconnerie. 


925 


382 




J. Molletii. — Ephemerides. 


875 


832 




Histoire de Mahomet. 


926 


383 


301 


Suétone. — De la vie des XII Césars. 


876 


333 




Justi Lipsii. — Historia de militià Romanâ. 


927 


384 


578 


Champfleury. — De la proportion des lettres. 


877 


334 


192 


Épitres des princes. 


928 


385 




Tabulae Frisicœ. 


878 


335 




Historia Moscoviœ. 


929 


386 


572 


Pompa Maximiliani Imperatoris. 


879 


336 


551 


Oraliones clarorum virorum. 


930 


387 


173 


Beroso Caldeo. — Le antichità. 


880 


837 


380 


État des empires du rnonde. 


931 


388 


540 


Julii Pollucis. — Onomasticon. 


881 


338 




Recueil de quelques discours politiques. 


932 


389 


398 


Elenchi juris. 


882 


339 




Les livres de Paul de Foix. 


933 


390 




Les vies des empereurs. 


883 


340 


316 


Histoire des maisons illustres. 


934 


391 




Mores pietalis. 


884 


341 


622 


Entreprises et ruses de guerre. 


935 


392 


549 


L'écurie de Frédéric-Ie-Grand. 


885 


342 


303 


Chronique de Savoye. 


936 


393 




Equités Aurei Velleris. 


886 


343 


223 


Lamberti Horlensii. — De bello Germaniœ. 


937 


394 




Besson. — Cosmolabe. 


887 


344 




Contemptus mundi. 


938 


395 




Joanni Frobenii. — Opéra, etc. 


888 


345 




Voyage du prince-cardinal. 


939 


896 




Alexandri Gerardini. — Prœfatio. 


889 


, 346 




Pieter van Provence. — Historié. 


940 


397 


489 


De agrorum conditionibus et constitulionibus Iimitum 


890 


347 


627 


Maniement et conduite de l'art militaire. 


941 


398 


159 


Abrahami Ortelii. — Deonim, dearumque capita. 


891 


343 


205 


Hieronymi Oliverii. — De Imperio Romano. 


942 


399 




Chiffletii. — Vesunlio civitas. 


892 


349 




Les états, empires et principautés du monde. 


943 


400 




Reinholt. — Tabula directionum. 

Il 


893 


350 




Isocrate. — Enseignement. 















INVENTAIRE DE FRANQUEN 






CCXCV 


SÉRIE 


MMÉROS 


INVENTAIRE 




SÉRIE. 


m MÉROS 


INVENTAIRE 








des 


de 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 




dos 


(le 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


GÉNÉRALE. 


IMPRIMÉS. 


1577. 




GÉNÉRALE. 


IMPRIMÉS. 


1577. 






94-4 


401 


651 


Lucien. — Toxare. 


994 


451 








945 


402 


561 


Jani Pharasii. — De raptu Proserpinse. 


995 


452 








946 


403 


553 


Nonnii. — Dionysiaca. 


996 


453 


412 


Julii Clarii. — Opéra omnia. 




947 


404 


257 


Foscarini. — Historia Venetia;. 


997 


454 


425 


Pratique judiciaire. 




948 


405 


51 


Palladii. ■ — Historia Lausiaca. 


998 


455 


424 


Ordonnances et édits de la Franche-Comté. 




949 


406 




Maniaco. — Historia universale. 


999 


456 




Gilkenii. — In Codicem. 




950 


407 


214 


Bodini. — Methodus historiœ. 


1000 


457 


422 


Coutumes de la France. 2 volumes. 




951 


408 




Lettres du cardinal d'Ossat. 


1001 


458 




Lessii. — De jure et justitià. 




952 


409 




Historia di Napoli. 


1002 


459 




Oroscii. — Ad digesta. 




953 


410 


315 


États d'Espagne, tenus à Tolède. 


1003 


460 




Statuts particuliers de la France. 




954 


411 




Olivier de La Marche. — Ses mémoires. 


1004 


461 




Franc. Connani. — Commentaria juris. 




955 


412 




Historia Hierosolymitana. 


1005 


462 


400 


Jus Ponlificum. 




956 


413 




Lipsii. — De magnitudine Romanâ. 


1006 


463 




Everhardi. — Loci argumentorum légales. 




957 


414 




Délia vita politica di Parusa. 


1007 


464 




Covaruvias. 2 volumes. 




958 


415 


216 


Heremiti. — Cronica Poloniœ. 


1008 


465 




Alciati. — Opéra. 4 volumes. 




959 


416 




Le antichità di Roma. 


1009 


466 




Equinarii Baronis. — Adlnstituta. 




960 


417 




Oratio funebris Alberti. 


1010 


467 


63 


Concilium Basiliense. 




961 


418 




Reyse van Jherusalem.. 


1011 


468 




Loyckx. — De pace. 




962 


419 


238 


Nicolai Leonis. — pe varia historia. 


1012 


469 




jUconomia juris. 




963 


420 


297 


Nicolay. — Sa navigation et ses voyages. 


1013 


470 


415 


Jus civile. 




964 


421 


381 


Guicciardini. — Cose memorabili. 


1014 


471 




Raphaelis Leileri. — Remissiones legum. 




965 


422 


172 


Caroli V apologia. 


1015 


472 




De servis et fugitivis. 




966 


423 




Martini Cromeri. — Polonia. 


1016 


473 




De potestate legis pcenalis. 




967 


424 


336 


Voyages avantureux du capitaine Alphonse. 


1017 


474 




Codex theodosianus. 




968 


425 




Recueil d'anciennes lettres. 


1018 


475 




De jure novissimo ; libri sex. 




969 


426 


212 


Meyeri. — Compendium cronicorum Flandriœ. 


1019 


476 


402 


Sententiœ Imperialis Caméra;. 




970 


427 




Dictonnaire français-espagnol. 


1020 


477 


403 


Lexicon juris. 




971 


428 


366-374 


Le chevalier déterminé. 


1021 


478 




Viglii. — De testamentis. 




972 


429 




Lipsii. — Politica. 


1022 


479 




Statilii Pacifici. — De interdicto. 




973 


430 




Marchantii. — Flandria. 


1023 


480 




Aimonis Cravettœ. — Ccnsilia. 




974 


431 




Botero. — Relatione universali. 


1024 


481 




Les loix de la France. 




975 


432 


265 


Olivier de La Marche-. — Ses mémoires. 


1025 


482 




Decisiones Sacra Rota; Romanae. 




976 


433 


660 


Livre de chasse. 


1026 


483 




Universi juris Romani synopsis. 




977 


434 


505 


Mythologiarum liber. 


1027 


484 




Hotoraani. — Commentaria juris. 




978 


435 


491 


Ars divinatoria. 


1028 


485 


401 


Juris utriusque syrnphonia. 




979 


436 




Puteani. — Purpura Austriaca. 


1029 


486 




Petitiones de regulis juris. 




980 


437 




Virtutes gentis Austriacœ. 


1030 


487 




Coutumes de Gueldre. 




981 


438 




Commentario del governador Alvarez. 


1031 


488 


392 


Ivonis Carnotensis. — Decretum. 




982 


439 




Regiomontani. — Astronomica. 


1032 


489 




Wamesii. — Consilia. 




983 


440 


521 


Trithemii. — Polygraphia. 


1033 


490 




Las siete partidas. 7 volumes. 




984 


441 


232 


Leonardi Aretini. — De bello Punico. 


1034 


491 


416 


Jus civile. 2 volumes. 




985 


44a 




De repertis insulis. 


1035 


492 




Misinghenis. — Ad Instituta. 




986 


443 




Silvii. — Epistolae. 


1036 


493 




Argentie. — Opéra. 




987 


444 


500 


Aristotelis. — De republicâ. 


1037 


494 


408 


De arbitrio judicum. 




988 
989 
990 
991 
992 


445 
446 
447 
448 
449 


652 
658 


Torquato Tasso. — Délivrance de Jérusalem. 

Trattato del imbrillarc. 

Jeux divers. 

H. Balbi. — Valicinium. 

Foulioux. — Livre de vénerie. 

Juridici. 

IN-FOLIO. 


1038 
1039 
1040 
1041 
1042 
1043 


495 
496 
497 
498 
499 
500 




IN-QUARTO. 

Matlhaei Wesenbecii. 

Chopini. — De dominio Francorum. 

Ronsard. — Hymnes. 

M. De Luna. — Opéra. 2 volumes. 

Statuta Delfinatùs. 

J. Roberti. — Notae. 




993 


450 


396 


Felicii Saudei. — Ad décrétâtes. 3 volumes. 































CCXCVI 



INVENTAIRE DE FRANQUEN. 



SÉRIE 


NUMÉROS 


INVENTAIRE 




SÉRIE 


NUMÉROS 


INVENTAIRE 






des 


de 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 




des 


de 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


GÉNÉRALE 








GÉNÉRALE. 










IMPEIMÉS. 


1577. 






IMPRIMÉS. 


1577. 




\ou 


501 




Novarum declarationum juris. 


1094 


551 


399 


Sigonii. — De antiquo jure. 


1045 
1046 


502 
503 




Coutumes d'Audenaerde. 
Pisoni. — In Instituta. 






IN-OCTAVO ET IN-DUODECIMO 


1047 


504 


S17 


Ordonnances de Charles IX. 


1095 


552 


384 


Julii Caesaris. — Commentaria. 


1048 


505 


432 


Practyk van de criminele saecken. 


1096 


553 




Lancelotti. — Haereticum quare. 


1049 


506 


Idem. 


Praxis rerum criminalium. 


1097 


554 




Promptuarium morale super evangelia totius anni. 


1050 


507 


543 


Pontani. — Opéra. 3 volumes. 


1098 


555 




Claude Despence. — Apologia. 


1051 


508 




Oroscii. — De nobilitate. 


1099 


556 


310 


Continuation des guerres en la Gaule Belgique. 


1052 


509 


77 


Oroscii. — Contra Gualterum. 


1100 


557 




Theorica y practica de guerra. 


1053 


510 




Bartoli. — Dislinctiones juris. 


1101 


558 


523 


Panegyrici veteres. 


1054 


511 


462 


Hartanii. — De bannitis. 


1102 


559 




Papinii. ■ — Opéra. 


1055 


512 




Coustume van Aelst. 


1103 


560 


562 


Lucretii. — De rerum naturà. 


1056 


513 




De potestate legum. 


1104 


561 


427 


Coustumes d'Haynau. 


1057 


514 




Coustume van Fumes. 


1105 


562 


608 


Liber de re pecuniariâ antiquâ. 


1058 


515 




Coustume van Eecloo. 


1106 


563 


393 


Tractatus de decimis. 


1059 


516 




J. FrisiL — De juris arte. 


1107 


564 


206 


Hieronymi Osorii. — Emmanuelis régis, etc. 


1060 


517 




Coustume van Cassele. 


1108 


565 


32 


Instructio sacerdotum. 


1061 


518 




Coustume van Berghewinockx. 


1109 


566 


606 


Silva. — De varia lectione. 


1062 


519 




Coustume van Anlwerpen. 


1110 


567 




Orationes el viernes en" la noche. 


1063 


520 




Coustume van Poperinge. 


1111 


568 


559 


Apollonii Rhodii. — Opéra. 


1064 


521 




Coustume van Assenede. 


1112 


569 




Concio catbolica. 


1065 


522 


433 


Coustume van Ghendt. 


1113 


570 


104 


Francisiados. 


1066 


523 




Coustume van Rousselaer. 


1114 


571 


488 


De antiquitate Calabriae. 


1067 


524 




Lyste der gemeyne middelen. 


1115 


572 


375 


Libro de apophthegmas. 


1068 


525 




De jure pacis. 


1116 


573 


199 


Gregorii Turonici. — Historiae Francorum. 


1069 


526 


434 


Nieuwe ordonnantie. 


1117 


574 




Confessionis succincla confutatio. 


1070 


527 




Coustume van Brouckburek. 


1118 


575 




De verâ ride capescendâ. 


1071 


528 




Ordonnantie van toi. 


1119 


576 


568 


Sopboclis. — Tragedia?. 


1072 


529 




Liste der vvaeren. 


1120 


577 




De l'élection du roi de Pologne. 


1073 


530 




Coustume van Cortryck. 


1121 


578 




Gallicœ linguse institutio. 


1074 


531 




Commentarius juris. 


1122 


579 




J. de Gallemart. — Decisiones et declarationes. 


1075 


532 




Coustume van Ostende. 


1123 


580 


464 


Morbi grassanlis prœservatio. 


1076 


533 




Pisonis. — Observationes. 


1124 


681 




Anti-capellanus. 








Medici. 


1125 


582 




Martini Poloni, Archiepiscopi, etc. 








IN-FOLIO 


1126 


583 




Litanise et orationes. 


1077 


534 


443-444 


Rasis. 2 volumes. 


1127 


584 




Mémorial de la vida christiana. 


1078 


535 


449 


Galeni. — Opéra omnia. 6 volumes. 


1128 


585 


157 


Guia de peccadores. 


1079 


536 


440 


Articella. 


1129 


586 


656 


Ronsard. — Ses amours. 


1080 


537 


454 


Tacuini. — jEgritudinum. 


1130 


587 




Pratique de guerre. 


1081 


538 




Trincavellii. — Consilia medica. 


1131 


588 




Justi Lipsii. — Defensio posthuma. 


1082 


539 




Argentarii. — Opéra medica. 


1132 


589 




Pacificatorum dissecti Belgii. 


1083 


540 




De maleriâ medica. 


1133 


590 


323 


Dignités et offices de France. 


1084 


541 


456 


Fabrica corporis huraani. 


1134 


591 




Institutiones medicœ. 


1035 


542 


450 


Manardi. — Opéra. 


1135 


592 


82 


Silva locorum communium. 


1086 


543 


460 


Cornelii Gemmae, Lovaniensis. — Médecin*. 


1136 


593 


169 


JEWï Ant. Rubricensis. — De rébus gestis Ferdinandi. 








IN-QUARTO 


1137 


594 


226 


C. Julii Solini-Polyhistor. 


1087 


544 




Pharmacopœa Bruxellensis. 


1138 


595 


182 


Vitœ philosophorum. 


1088 


545 


474 


Le livre des venins. 


1139 


596 




S. F. Xavier. 


1089 


546 




De morbis animae. 


1140 


597 


520 


J. Simancœ. — Derepublicâ. 


1090 


547 




Puteani. — ■ De medicamentis. 


1141 


598 


411 


De recuperandâ possessionc. 


1091 


548 




Marequis. — Pestifuga. 


1142 


599 




De frumentis. 


1092 


549 




Livre en allemand. 


1143 


600 




Berosii Chaldaïci. — Commenlarii. 


1093 


550 




Dani. — Medicina philosophica. 








. 



















INVENTAIRE DE FRANQUEN. 



CCXCVII 



SÉRIE 



GÉNÉRALE. 



1144 
1145 

1146 

11147 
1148 
1149 
1150 
1151 
1152 
1153 
1154 
1155 
1156 
1157 
1158 
1159 
1160 
1161 
1162 
1163 
1164 
1165 
1166 
1167 
1168 
1169 
1170 
1171 
1172 
1173 
1174 
1175 
1176 
1177 
1178 
1179 
1180 
1181 
1182 
1183 
1184 
1185 
1186 
1187 
1188 
1189 
1190 
1191 
1192 
1193 



NUMÉROS 
des 

IMPRIMÉS. 



601 

602 

603 

604 

605 

606 

607 

608 

609 

610 

611 

612 

613 

614 

615 

616 

617 

618 

619 

620 

621 

622 

623 

624 

625 

626 

627 

628 

629 

630 

631 

632 

633 

634 

635 

636 

637 

638 

639 

640 

641 

642 

643 

644 

645 

646 

647 

648 

649 

650 



INVENTAIRE 
de 

1577. 



28 
341 
168 
369 
344 



431 

150 
139 
180 
621 



405 

451 
517 

664 
458 

111 
112 
156 
644 



343 
508 

106 
154 

383 

615 

38 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES 



88 



Usuardi. — Martyrologuin. 

Histoire de Louis XII. 

De rébus gestis Alexandri Magni. 

La cronica del Peru. 

Remontrances. 

L'académie d'honneur. 

L'abusé en cours. 

Statuts de France. 

De concordiâ et discordiâ. 

De la diversité des hommes. 

Instructions chrétiennes. (Voirn 682). 

Cornélius Tacitus. 

L'arbre des batailles. 

Thomae... — De vitâ Caietani. 

La religieuse reformée. 

De juris ambiguitatibus. 

De divà virgine Rosâ, Trajecti. 

Andréas Mathiolus. 

De maire familias. 

Protocolle de France. 

Miracoli di natura. 

Foesii. — Pharmacopaea. (Voir n" 671). 

C. Tacite. — Ses œuvres. 

Hieronymi Osorii. — De régis institutione. 

Osorius. 

Tractatus de casibus reservatis. 

Libro del cortegiano. 

Artes mecanicae. 

De la lycantropie. (Voirn 804). 

Pétri Traffrensis. — Academica. 

L'ordre des trois états. 

Institution d'un prince chrétien. [Voir n° 701 

De subtilitate. 

Déclaration de l'église chrestienne. 

Calamitas nostrorum temporum. 

Enchiridion de los tierapos. 

Monarchia J. C. 

Cose de' Turchi. 

De re rusticâ. 

Emmanuelis Acostae. — Historia. 

Hortensii. — Institutiones medicae. 

De divinâ naturâ. 

Sermons et instructions chrétiennes. 

Manuale exercismorum. 

Le favori en cour. 

Vita S 1 ' Francisci. 

Malderi. — Anti-synodica. 2 volumes. 

Bellarmini. — De gemitu columbae. 

. de arte bene moriendi. 
Apologia pro concilio Tridentino. 



SÉRIE NUMEROS 

des 



GÉNÉRALE. 



1194 

1195 

1196 

1197 

1198 

1199 

1200 

1201 

1202 

1203 

1204 

1205 

1206 

1207 

1208 

1209 

1210 

1211 

1212 

1213 

1214 

1215 

1216 

1217 

1218 

1219 

1220 

1221 

1222 

1223 

1224 

1225 

1226 

1227 

1228 

1229 

1230 

1231 

1232 

1233 

1234 

1235 

1236 

1237 

1238 

1239 

1240 

1241 

1242 

1243 



IMPRIMÉS. 



651 

652 

653 

654 

655 

656 

657 

658 

659 

660 

661 

662 

663 

664 

665 

666 

667 

668 

669 

670 

671 

672 

673 

674 

675 

676 

577 

578 

679 

680 

681 

682 

683 

684 

685 

686 

687 

688 

689 

690 

691 

692 

693 

694 

695 

696 

697 

698 

699 

700 



INVENTAIRE 
de 

1577. 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



261 
298 
335 
337 

378 
564 



550 

541 

593 
612 



581 
458 
3 09 



230 



139 

213 

15 

144 
94 

24 



590 
507 

119 

325 

10 

461 
513 



Laudatio funebris Isabellae. 

Fragmenta historicorum. 

Suetonius Tranquillus. 

J. Lefrere. — Troubles et guerres civiles de France. 

Histoire admirable d'un possédé. 

Guevarre. — Épitres dorées. 

Jansonii. — In Canticum. 

Summario de la vida del arçobispo de Granada. 

Daretis Phrygii. — De bello Trojano. 

Apologia pro Philippo II. 

Plutarchi. — Commentaria. 

Suffridi. — Orationes. 

Natales sanctorum Belgii. 

Cardani. — In Ciceronis paradoxa. 

Refutatio locorum communium. 

Jacques Lahurean. — Ses dialogues. 

Constantini. ■ — De agriculture. 

Orlando Furioso ; en flamand. 

Diurnale pietatis. 

Pierre Belon, du Mans. — Ses observations. 

Foesii. — Pharmacopaea. (Voir n° 622). 

Léon.... — Description de l'Afrique. 

Pinti. — In Danielem. 

Examen reformations novae. 

Exhortacion a la vertud. 

Beyerlinck. — Promptuarium morale. 

Oraisons de dévotion. 

Florimond de Raymond. — L'Antichrist. 

Surii. — Commentaria. 

Aldi Manutii. — Orthographia. 

Th. a Jesu. — De contemplatione divinâ. 

Institution chrétienne. (Voir n° 611). 

Viperani. — De scribendâ hisloriâ. 

Veldii. — In evangelia. 

Police chrétienne. 

Fontidonii. — Apologia. 

Missale. (Probablement un bréviaire). 

Garetii. — De corpore Christi. 

Stapletoni. — Antidota evangelica. (Voir rc°709). 

Rosweydi. — De fide hœreticis servandâ. 

Isocrate. — Exhortation à Démonique. 

Biesii, Gandavensis. — De republicâ. 

Contemptus mundi. 

Lactantii. — Divinae institutiones. 

Commines. — Ses chroniques. 

Clusii. — De Romanorum historia. 

Bockii. (Peut-être: Buchanani).— la psalmos Davidis 

Antidota apostolica. 

Gemmai, Lovaniensis. — De naturae characterimis. 

Cermenari. — De republicâ. 



wv 



CCXCVII1 



INVENTAIRE DE FRANQUEN. 



SÉRIE 


NUMÉROS 


INVENTAIRE 




SÉRIE 


NUMÉROS 


INVENTAIRE 






des 


de 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 




des 


de 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


GÉNÉRALE. 








GÉNÉRALE. 










IMPRIMÉS. 


1577. 






IMPRIMÉS. 


1577. 




1244 


701 




Jacobi de Vitriaco. — Orientalis historia. 


1294 


751 


19 


Divi Pauli. — Epistolœ. 


1245 


702 




B u Thomœ Aquinalis — Opuscula. (Voirn" 731). 


1295 


752 


410 


De retinendà possessione. 


1246 


703 


343 


De l'institution des princes. {Voirn 632). 


1296 

4 


753 




L'encensoir de l'âme dévote. 


1247 


704 


528 


Pétri Bembi. — Opéra. 


1297 


754 


482 


Libro novo a far ogli sorte de vivanda. 


1248 


705 


161 


Crantzii. — Saxonia. 


1298 


755 


478 


La chirurgie militaire. 


1249 


706 


509 


Cardani. — Disputationes. 


1299 


756 


607 


De re metallicâ. 


1250 


707 


587 


Livre de policie. 


1300 


757 




Arezii. — De curandis vulneribus. 


1251 


708 




De la meditacion y oration. 


1301 


758 




Julii Cœsaris. — Commentarii. 


1252 


709 




Stapletoni. — Antidota. {Voir n° 689). 


1302 


759 




Tratado delà oracion. 


1253 


710 




Sermons de l'advent. 


1303 


760 




Costerii. — Catholycke leeringhe. 


1254 


711 


97 


Th. Elysii. — Clypeus adversus hœreticos. 


1304 


761 


201 


Guillelmi Neubringensis. — Res Angliae. 


1255 


712 




J. Wilichii. — Urinarum probationes. 


1305 


762 




Deux traités en forme de démonstration. 


1256 


713 


171 


Initium regni Francise. 


1306 


763 




Manual de diversas oraciones. 


1257 


714 


455 


Purgantium historia. 


1307 


764 


370 


Historia del gran capitan Hernando de Pescara. 


1258 


715 




Psalteriura davidicura. 


1308 


765 


23 


Pétri Bacherii. — Homeliœ in evangelia dominicalia. 


1259 


716 


89 


J. Raverteyn. — Defensiones. 


1309 


766 




Spiritualium strenuorum manipulus. 


1260 


717 


599 


Alciati. — Emblemata. 


1310 


767 




Estii. — Orationes. 


1261 


718 




Beyerlinck. — Promptuarium morale. 


1311 


768 




Analecta de catholicorum rébus. 


1262 


719 


175 


De bello Dilhmarsico. 


1312 


769 




Septiceps Lutherus. 


1263 


720 




De l'oraison dominicale. 


1313 


770 


481 


Historia de la conquista de las Indias. 


1264 


721 




Recueil de poésies. 


1314 


771 




L'impiété combattue par les infidèles. 


1265 


722 


158 


Remedio di giuocatori. 


1315 


772 




L'idolâtrie huguenotte, figurée au patron des payens, et 


1266 


723 


124 


Polidori Virgilii. — Dialogi. 


1316 


773 


419 


De asse et partibus ejus. {Voir n° 1100). 


1267 


724 




Jamblici. — Emblemata. 


1317 


774 


130 


L'évêque de Valence. — Ses sermons. 


1268 


725 


502 


Platonis. — Sententiœ. 


1318 


775 


70 


Staphilœi. — Apologia ejus. 


1269 


726 


438 


Adrian: Junii. — Animadversiones. 


1319 


776 


518-519 


Francisci Statii Advertensii. — De Mecenate. 


1270 


727 


421 


Zuicheraii. — Commentaria. 


1320 


777 


99 


B''Anselmi, Cantuariensis episcopi. — Promptuariuu 1 


1271 


728 


39 


Wiceilii. — Historia. 


1321 


778 


406 


Jacobi Revardi, Burgensis. — Ad leges XII tabellaruc| 


1272 


729 


300 


Histoire des Albigeois. 


1322 


779 


113 


Hieronymi Osorii. — De justitiâ. 


1273 


730 


249 


De vità et moribus ducum Venetorum. 


1323 


• 780 




Thomœ Feni. — Apologia. 


1274 


731 




B li Thomœ Aquinatis. — Opuscula. {Voir n" 702). 


1824 


781 




Institutiones linguœ hebraïcœ. 


1275 


732 




Historia y practica de guerra. 


1325 


782 




Histoire de la passion de S te . -Cécile. 


1276 


733 




Aaron purgatus. 


1326 


783 


554 


Carmina quinque illustrium poetarum. 


1277 


734 




Discurso de la vida humana. 


1327 


784 




Giovanni Tagultio. — Chirurgia. 


1278 


735 




Professio fidei. 


1328 


785 


311 


Histoire de Normandie. 


1279 


736 


143 


Recueil de prophéties. 


1329 


786 


179 


Constantini Manassis. — Annales. 


1280 


737 


296 


J. De Caurres. — Œuvres morales. 


1330 


787 




Mizaldi. — Cosmographia. 


1281 


738 


645 


Le monophile. 


1331 


788 




De confessione. 


1282 


739 




De curandis vulneribus. 


1332 


789 


472 


Raison de vivre pour toutes les fiebvres. 


1283 


740 


60 


SS. Concilii Tridentini canones et décréta. 


1333 


790 


536 


Joach. Perionii. — Linguœ gallicœcumgrœcâ cognât. 


1284 


741 


565 


Cœsaris Scaligeri. — Poemata. 


1334 


791 




Den wegh der deughden. 


1285 


742 


324 


Recherches de la France. 


1335 


792 


138 


Commentaires en forme de sermons. 


1286 


743 


475 


Les occultes merveilles de la nature. 


1336 


793 


522 


Athenœi. — De ccenâ sapientium. 


1287 


744 




De re cibarià. 


1337 


794 




Felicii — De decalogis. 


1288 


745 




Ara cœli. 


1338 


795 


53 


Catechismus romanus. 


1289 


746 




Théâtre funèbre. 


1339 


796 




Liber psalmorum. 


1290 


747 




De substantiis physicis medicinam proficiscentium. 


1340 


797 


459 


Pharmacorum conficiendorum ratio. 


1291 


748 


217 


Motus Monasterinenses. 


1341 


798 




Pratique de la S te .-Communion, en espagnol. 


1292 


749 




De felici et infelici republicâ. 


1342 


799 




Guia de peccadores. 


1293 


750 


302 


Histoire générale des Indes. 


1343 


800 




Collatio jubilœi Hebrœorum. 

1 



INVENTAIRE DE FRANQUEN. 



CCXCIX 



SÉRIE 


NUMÉROS 


INVENTAIRE 




SÉRIE 


NUMÉROS 


INVENTAIRE 






des 


de 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES- 




des 


de 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES 


GÉNÉRAI. L. 








Uflt.il.l 










IMPRIMÉS. 


1577. 






IMPRIMÉS. 


1577 




1344 


801 


258 


Sallustii. — Conjuratio Catilinœ. 


1394 


851 


27 


Cassandri. — Prœces ecclesiasticœ. 


1345 


802 




Divina ac pracclara quœdam. 


1395 


852 


327 


Histoire de la Chine. 


1846 


803 




Ludovici Gardinii. — Anima rationalis. 


1396 


853 




Maure. — Eutopie. 


1347 


804 




F.Claude. — Dialogue de la lycanstrophie. (V. «°629). 


1397 


854 




Jonœ. — De cultu imaginum. 


1348 


805 




Responsio venerabilium sacerdotum. 


1398 


855 




Résolutions, etc. 


1349 


806 




Pétri Pascalis. — Actio. 


1399 


856 




Van de outheyt der Carmeliten. 


1350 


807 




Del araor de Dios. 


1400 


857 




B t!C Mariœ officium. 


1351 


808 


614 


Stephani. — Prœdium rusticum. 


1401 


858 




Tamburini. — Melhodus confessionis. 


1352 


809 


397 


In Molinœum defensio. 


1402 


859 




Malevalet. — Handlboeck. 


1353 


810 


331 


Histoires tragiques. 


1403 


860 




Confessionis christianœ. 


1334 


811 




Der kennis : De Deo uno. 


1404 


861 


579 


Recepte véritable pour augmenter les trésors. 


1355 


812 




De institutione Regni Hispanici. 


1405 


862 




Lancelotti. — Epistolœ. 


1356 


813 




Conversion du roy de Navarre. 


1406 


863 


445 


Erapiricus medicus. 


1357 


814 


64 


Reformationis abusuum cleri formula. 


1407 


864 


663 


Libro del cortesiano. 


1358 


815 


468 


Paracelsus. 


1408 


865 


647 


Malheur du mariage. 


1359 


816 


611 


Agriculture. 




Les nouveaux livres imprimés. 


1360 


817 


560 


Apollonii Rhodii. — Opéra. 




IN-FOLIO. 


1861 


818 


567 


Annœi Senecœ. — - Tragœdiœ. ' 


1409 


866 




nistoriœ ecclesiasticœ scriptores. 


1362 


819 




Seditio rusticorum. 


1410 


867 




Acta sanctorum. 3 volumes. 


1863 


820 


127 


S. Sixti III. — De divitiis. 


1411 


868 




Leven der oude vaders. 


1364 


821 


58 


Epistolœ de rébus gravibus. 


1412 


869 




Mansi. — Bibliotheca moralis. 4 volumes. 


1365 


822 


4 


Enchiridium Bibliœ. 


1413 


870 




Van Espen. — Opuscula. 


1366 


823 


409 


Menochii. — De adipiscendâ possessione. 


1414 


871 




Coustume van Vlaenderen. 


1367 


824 




Don Quixotte de la Mancha. 


1415 


872 




Silvii. — Opuscula. 5 me et 6 me volume. 


1868 


825 


318 


L'oraison du cardinal de Lorraine. 


1416 


873 




Tuldeni. — Ad codicem. 


1869 


826 




Jansonii. — In Canticum. 


1517 


874 




Julii Belli. — Laurea Austriaca. 


1370 


827 


84 


De invocatione sanctorum. 


1418 


875 




Harœi. — Annales Brabantiœ. 3 me volume. 


1871 


828 


857 


L. Avila. — Commentaria. [Concerne Tunis). 


1419 


876 




Christians — Ad consuetudines Bruxellenses. 


1372 


829 




Vie et mort du chrétien. 


1420 


877 




Deckeri. — Dissertations. 


1373 


830 


35 


Dionysii, Carthusiani. — De quatuor novissimis. 


1421 


878 




Gouet. — Theologia. 5 volumes. 


1874 


831 


372 


Dichos del rey de Aragon. 


1422 


879 




Kerchove. — In statuta FF. Minorum. 


1375 


832 




Aviso del privador. 


1423 


880 




De Clerck. — Leenrechten. 


1376 


833 




Hiatus Jacobi Cassani obstructus. 


1424 


881 




Zoesii. — Ad digesta. 


1877 


834 




Alberti elogium. 


1425 


882 




Placcaet-boek van Vlaenderen. 2 volumen. 


1878 


835 


376 


Vidas y échos gratiosos. 


1426 


883 




Bona. — Opéra. 


1379 


836 


602 


Ombras de Juan de Mena. 


1427 


884 




Van Espen. — Jus ecclesiasticum. 


1380 


837 


465 


Arei. — De vulneribus. 


1428 


885 




Plutarchi. — Viri illustres. 


1381 


838 


125 


Poli. — De Summo Pontifice. 




IN-QUARTO. 


1382 


839 




Epistolœ medicœ. 


1429 


886 




Pastorale romanum. 


1883 


840 




Corona virginea. 


1430 


887 




De Cock. — De jure et justitiâ. 


1384 


841 




Instruction, en forme de prière. 


1431 


888 




Les vies des SS. pères du désert. 


1385 


842 




Vida del Picaro Guzman. 


1432 


889 




Commonitor ad orlhodoxos. 


1386 


843 




Le consolateur des âmes. 


1433 


890 




Perezii. — Ad codicem. 


1887 


844 




Enchiridion ; Handbuch. 


1434 


891 




P. Leonis. — ■ Conciones adventuales. 


1388 


845 




Hieronymi Osorii. — Gloria. 


14*35 


892 




P. Danielis Papebrochii. — Responsio. 3 volumes. 


1389 


846 


338 


Marco Aurelio. — Libro aureo. 


1436 


893 




Burgundi. — Opéra. 


1390 


847 


604 


Lopez. — Proverbios. 


1437 


894 




Hesselii. — Cathechismus. 


1891 


848 


379 


La vida de Lazarillo. 


1438 


895 




Goris. — Adversaria juris. 


1392 


849 


253 


Polidori Virgilii. — De rerum inventoribus. 


1439 


896 




Bugno. — De legibus abrogatis. 


1393 


850 




Compendium theologiœ. 


1440 
1441 

1442 


897 
898 
899 




Jansenii. — In psalmos. 
Epistolœ Canluarienses. 
Architectura Bruxellensis. 


" 








1443 


900 




Den verstandigen hovenier. 



ccc 






INVENTAIRE DE FRANQUEN. 






rnntHos 


INVENTAIRE 






NUMÉROS 


INVENTAIRE 




SÉRIE 








SÉRIE 










des 


de 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 




des 


de 


AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 


générale. 








GÉNÉRALE. 










IMPRIMÉS. 


1577. 






IMPRIMÉS 


1577. 




1444 


901 




Verheyen. — Anatomia. 


1494 


951 




Histoire de France. 2 e , 4 e , 5 e , 6 e et 7 e volumes. 


1448 


902 




Collationes spirituales. 


1495 


952 




Régula scripturœ. 


1446 


903 




Thoraac a Villanovâ. — Conciones. 


1496 


953 




Le notaire Belgique. 


1447 


904 




Jansenii. — In evangelia. 


1497 


954 




Voorbeldt der waere deughd. 


1448 


905 




Janssenii. ■ — De Pontifice. 


1498 


955 




Dévote vergaederingen. 


1449 


906 




Wercken van Joannes van der Cruys. 


1499 


956 




Grammaire espagnole. 


1450 


907 




Penalosa. — De virgine. 


1500 


957 




Alvares. — Grammatica. 


1451 


908 




Histoire de Lalain. 


1501 


958 




Pontificia autoritas. 


1452 


909 




Mansi. — Singulares opiniones. 


1502 


959 




Seraphinsche oefeningen. 


1453 


910 




Hondegein. — Domus propitiationis. 


1503 


960 




Abellii. — Theologia. 






1504 


961 




Vita trina et una. 




IN-OCTAVO. 


1505 


S62' 




Seven meditatien op de wonde Christi. 


1454 


911 




Vida de S. Juan de la Cruz. 


1506 


963 




Traité de St. -Ignace. 


1455 


912 




Désirant. — De Eucharistie. 


1507 


964 




Christelycke waerheden. 


1456 


913 




Don Quixotte de la Manche. 2 volumes. 


1508 


965 




Œuvres pastorales. 


1457 


914 




Christelycke onderwysinghe. 


1509 


966 




Les délices des Pays-Bas. 


1458 


915 




Bonvalet. — Méditations. 


1510 


967 




Korte onderwysinge. 


1459 


916 




Yerschil tusschen net tydelyck en het heywick. 


1511 


968 




Thomœ a Kempis. 


1460 


917 




Nodus prœdatinationis. 


1512 


969 




Schat der waerheden. 


1461 


918 




Zedige sinnebelden. 


1513 


970 




Janua linguarum. 


1462 


919 




Historié van het oudt en nieuw Testament. 


1514 


971 




Afbeeldingen der waerachtige mensch. 


1463 


920 




S. Ignatii. — Exercilia. 


1515 


972 




Historié van Jesus-Christus. 


1464 


921 




Masker van de wereldt. 


1516 


973 




Tractalus de conscientiâ. 


1465 


922 




Geestelycke zedepunten. 


1517 


974 




Fonteyne der liefde. 


1466 


923 




De heer van der cruys. 


1518 


975 




Catechismus Concili Tridentini. 


1467 


924 




Van Roy. — Theologia. 2 e , 8 et 5 e volumes. 


1519 


976 




Boudot. — Le règne de Dieu. 


1468 


925 




Becani. — Analogia. 


1520 


977 




Mœurs des Israélites. 


1469 


926 




Roomsche catechismus. 


1521 


978 




Den geestelycken goeden avont. 


1470 


927 




Boudait. — Catechismus. 


1522 


979 




Épitres et évangiles. 


1471 


928 




Rodrigues. — De la perfection. 3 volumes. 


1523 


980 




Epistelen ende evangelieu. 


1472 


929 




Crasset. — Bemerkingen. 4 volumes. 


1524 


981 




St.-Augustins. — Belydenisse. 


1473 


930 




Dictionaris. 


1525 


982 




Geloof, hope etide liefde. 


1474 


931 




Pétri. — Conciones. 


1526 


983 




Catéchisme historique. 


1475 


932 




Naervolginge Chrisli. 


1527 


984 




Instructio pastoralis. 


1476 


933 




Amor divinus. 


1528 


985 




Les voyes de la croix. 


1477 


934 




Spiegel der sondaren. 


1529 


986 




St. -Augustin. — Meditatien. 


1478 


935 




Joli. — Les dimanches. 1 er , 2 e et 4 e volumes. 


1530 


987 




Peresii. — Ad Instituta. 


1479 


936 




Wissel universeel. 


1531 


988 




Gedurigh cruys. 


1480 


937 




Heriberti. — Arithmetica. 


1532 


989 




Catéchisme de la mission. 


1481 


938 




Avancini. — Méditationes. 


1433 


990 




Sales. — Onderwys. 


1482 


939 




Change universel. 


1534 


991 




Institutiones juris civilis. 


1483 


940 




Verclaeringe van de latynsche taele. 


1535 


992 




Catechismus Academiae Lovaniensis. 


1484 


941 




Torres. — Dialogi. 


1536 


993 




Pelegrinatie van den ebristenen. 2 volumes. 


1445 


942 




Crasset. — Considérations. 


1537 


994 




Villagartani. — Onderwys. 


1486 


943 




Les deux livres des rois. 


1538 


995 




Vie de madame de Chantai. 


1487 


944 




Geestelycke colomn;je. 


1539 


996 




Quintus Cursius. 


1488 


945 




Besloten hof. 


1540 


997 




Justiniani institutiones. 


1489 


946 




Lingua Burgundica. 


1541 


998 




Gebeden van de godtvreesende zielen. 


1490 
1491 


947 
948 




Heyaert. — Aphorismi. 
Geestelycke morgen. 
Zedycke loete steen. 


Catalog 


ue des livres imprimés qui manquent à la Bibliothèqi 


1492 


949 




du rc 


n, en cette ancienne Cour de Bruxelles, par l'incendie. I 


1493 


950 




Arneii. — Geestelycke scripture. 




IN-FOLIO. 










1542 


999 




Calisti. — Historia ecclesiastica. 








1 


1543 


1000 




Chronica de los frayles de S. Hieronymo. 



INVENTAIRE DE FRANQUEN. 



ceci 



SÉRIE 



GÉNÉRALE. 



1544 

1545 

1546 

1547 

1548 

1549 

1550 

1551 

1552 

1553 

1554 

1555 

1556 

1557 

1558 

1559 

1560 

1561 

1562 

1563 

1564 

1565 

1566 
1567 
1568 
1569 
1570 
1571 
1572 
1573 
1574 
1575 
1576 
1577 
1578 
1579 
1580 
1881 
1582 
1583 
1584 
1585 
1586 
1587 
1588 
1589 
1590 
1591 
1592 
1593 



NUMÉROS 
des 

IMPRIMES. 



1001 

1002 

1003 

1004 

1005 

1006 

1007 

1008 

1009 

1010 

1011 

1012 

1013 

1014 

1015 

1016 

1017 

1018 

1019 

1020 

1021 

1022 

1023 
1024 
1025 
1026 
1027 
1028 
1029 
1030 
1031 
1032 
1033 
1034 
1035 
1036 
1037 
1038 
1039 
1040 
1041 
1042 
1043 
1044 
1045 
1056 
1047 
1048 
1049 
1050 



INVENTAIRE 
(le 

1577. 



493 

601 

1 

437 
493 
601 
619 
1 

437 



49c 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



391 



Vidas de los illustres romanos. 

Historia de Espaiïa. 2 volumes. 

Historia morum gentium. [Voir n° 1039). 

Histoire de plus mémorable du Pays-Bas. (V. ?i" 1040) 

Annales Brabantiae. 2 volumes. 

Laurini, Austriaca. 

Maurian. — Toison d'Or. 

De origine ordinis S. Jacobi. 

Diejo. — Otonomia constituendi. 

Rodolphi Fabri. — Systema juris. 

Ptolomaei. — Astrologia judiciaria. 

Problemata astronomica. 

L'art de guerre. 

Walhausen. — L'infanterie. 

Végèce. — L'art de guerre. 

A Lapide. — In scripturam. Manque 1 volume. 

Montani. — Biblia Sacra. Manque 1 volume. 

Triumphus veritatis evangelii. Manque 1 volume. 

Abbatis, etc. — Tomus secundus. 

Généalogie des comtes de Flandres. 

Avicennœ. — Omnia opéra. 

Derde placaet boek van Vlaenderen. Manque 2 vol. 

IN-QUARTO. 

Guerra di Flandra. 

Cronicas de Francia. 

Histoire de Lataire. 

Chiffletii. — Vindiciœ historiae. 

Bellerii. — Sermones. 

Scholia in quatuor evangelia. 

Apologia pro religione. 

Vindiciœ Deiparae. 

Livre moral. 

Philacterium ex SS. reliquiis. 

Molina. — De libero arbitrio. 

Patrocinium Mariae. 

Eckius, en allemand. 3 volumes. 

Tabulée astronomicœ. 

Mulleri. — Tabulœ solares. 

Leonardi. — Oratio. 

Historia morum gentium. (Voirri> 1003). 

Histoire de plus mémorable des Pays-Bas. {V . n" 1004). 

Pétri Martini. 

Gemma. — De arte ciclognomicâ. 

Elenchus auclorum juris. 

Masii, singul. opinionum. 

Défense des monts-de-piété. 

Cartarii. — De executione sententiae. 

Albertina. 

De jurisdictione episcoporum. 

Practica di guerra. 

Manière de procéder. 



SÉRIE 



GÉNÉRALE. 



NUMÉROS 
(les 

IMPRIMÉS. 



1594 
1595 
1596 
1597 
1598 



1051 
1052 
1053 
1054 
1055 



1599 


1056 


1600 


1057 


1601 


1058 


1602 


1059 


1603 


1060 


1604 


1061 


1605 


1062 


1606 


1063 


1607 


1064 


1608 


1065 


1609 


1066 


1610 


1067 


1611 


1068 


1612 


1069 


1613 


1070 


1614 


1071 


1615 


1072 


1616 


1073 


1617 


1074 


1618 


1075 


1619 


1076 


1620 


1077 


1621 


1078 


1622 


1079 


1623 


1080 


1624 


1081 


1625 


1082 


1626 


1083 


1627 


1084 


1628 


1085 


1629 


1086 


1630 


1087 


1631 


1088 


1632 


1089 


1633 


1090 


1634 


1091 


1635 


1092 


1636 


1093 


1637 


1094 


1638 


1095 


1639 


1096 


1640 


1097 


1641 


1098 


1642 


1099 


1643 


1100 



INVENTAIRE 

de 

1577 



496 
592 
203 

198 

160 

308 
313 

558 

248 

603 
609 
170 
312 

555 
107 



122 
321 



219 
106 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



167 
525 
419 



Ordonnantie van den keyser. 

Sénèque. — Ses œuvres. 

Vers, en latin. 

Reyse van Jérusalem. 

Humedi. — De revelatione judicum. 

IN-OCTAVO 
Marcii Antonii. {Voir n<> 1 105). 
Calendarium historicum. 
Isocrate. — Exhortations. 
Aulae Turcicœ descriptio. 
Tonneel der uytvaerden. 
De rébus regum Hispaniae. 
Sceptrum regium. 
Alberti. — Saxonia et metropolis. 
De scribendi origine. 
Choses notables arrivées à Bayonne. 
P. Mexie. — Diverses leçons. 
Historia de divis utriusque Testamenti. 
Valerius Flaccus. 
Pétri Cremati. — Rapsodia. 
Seditio repentina. 
De naturâ divinâ. 
Colloquios de las dameas. 
De inventione typographiae. 
jîmilii. — Vitee Graecorum. 
Guerre de Malte. 
Diverses histoires. 
Horatii. — Opéra. 
Codrus evangelicus. 
Felisnes, in decalogum. 
De tollendis malis libris. 
De la S te .-Eucharistie. 
Nouvelles de l'autre monde. 
Responsio ad Hoperum. 
De charitate. 

Sylva locorum communium. 
De verbis Domini. 
Disciplina Christianae militiae. 
Grobiani. — De morum simplicitate. 
Ferdinando. — Ses graves remontrances. 
Bern. Bauhusii. — Epigrammata. 
Orichovii Roxelani — Chimera. 
Historia de gentibus septentrionalibus. 
Calamitas nostrorum temporum. 
Suite des princes de France. 
Schola cordis. 

Thomas a Kempis. {Voir n° 1014). 
Epitome de vità spirituali. 
Appiani Ale.xandri. — Hispanica. 
Adagiorum centuria. 
Budœi. — De asse. 



www 



CCCII 



CATALOGUE DE GERARD. 



GÉNÉRALE, 



M HÉROS 

des 
IHPBIHés. 



1644 


1101 


1645 


1102 


1646 


1103 


1647 


1104 


1648 


1105 


1649 


1106 


1650 


1107 


1651 


1108 


1652 


1109 


1653 


1110 


1654 


1111 


1655 


1112 


1656 


1113 


1657 


1114 


1658 


1115 


1659 


1116 


1660 


1117 


1661 


1118 


1662 


1119 


1663 


1120 


1664 


1121 


1665 


1122 


1666 


1123 


1667 


1124 


1668 


1125 


1669 


1126 


1670 


1127 


1671 


1128 


1672 


1129 


1673 


1130 


1674 


1131 


1675 


1132 


1676 


1133 


1677 


1134 


1678 


1135 


1679 


1136 


1680 


1137 


1681 


1138 


1682 


1139 


1683 


1140 


1684 


1141 


1685 


1142 



INVENTAIRE 
de 

1577. 



320 

411 

85 



103 



8 
463 



88 
611 
153 

497 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



Église Gallicane. 

De recuperandâ possessione. Manque 2 e volume. 

De eucharistie. 

Conceptions tliéologiques. 

Hypocrisis Marci Antonii. {Voir n° 1056). 

Contemptus mundi. 

Les sermons des fêtes et dimanches. 

Duodecim spécula. 

Prompluarium morale. Manque 1 volume. 

Siete meditationes. 

S. Ephraem Syri. 

De vitiis et virtutibus. 

Libro di musica. 

Thomas a Kempis. (Voirn 1096). 

Ciceronis. — Officia. 

Ouvrages coupés. 

Paraphrasis psalmorum. 

Magia naturalis. 

Jansenii. — In Canticum. 

Cockemii. — In Cicenonis paradoxa. 

Secunda parte de los buenes spirituales. 

Apologia pro Concilio. 

De l'agriculture. 

Grenada. 

De divinis spiritualibus. 

Mundi sphœra. 

Statula synodi Gandavensis. 

Lancelot du Lac. 

Le miroir, etc. 

Historié des bybels. 

Leven dermaghden. 

Geestelyke zedepunten. Manque 1 volume. 

Mezerai. — Histoire de France. Manque 1 er et 2 e vol. 

Joly. — Ses dimanches. Manque 3 e volume. 

Van Roy. — Théologie. Manque 1 er et 4 e volume. 

Fléchier. — Ses sermons. 

Den schat der christelycke leeringe. 

Pulmami. — Breviarium. 

L'arche d'alliance. 

Heures chrétiennes. 

Ovidii. — Fasti. 

Ciceronis. — Epistolœ. 



SERIE 
GÉNÉRALE 



NUMEROS 
des 

IMPRIMÉS. 



INVENTAIRE 
de 

1577. 



AUTEURS ET TITRES DES OUVRAGES. 



1686 1143 Devoirs des parents. 

1687 1144 Avancini. — Meditatien. 

1688 1145 Synophis juris canonici. 

1689 1146 L'innocence reconnue. 

1690 1147 Bible de Sacy. 32 volumes, retrouvé seulement le 2 e . 

1691 1148 Livres des rois. 

1692 1149 Instruction de la jeunesse. 

1693 1150 Histoire de la bible. 

1694 1151 Synodus Sylvaducensis. 

1695 1152 Novum Testamentum. 

1696 1153 349 Histoire romaine. 

1697 1154 Pensées chrétiennes. 

1698 1155 Syntaxis. 

1699 1156 Prosodia. 

1700 1157 Histoire du St. -Sacrement de Miracles. 

1701 1158 Warachtige christen mensch. 

1702 1159 Regels van Bona. 

1703 1160 Enchiridion confessariorum. 

1704 1161 Mœurs des chrétiens. 

1705 1162 Bloedige passie.. 

1706 1163 Rammillette. 

1707 1164 Le cuisinier françois. 

1708 1165 Paradysus animae. 

1709 1166 Manière van het geldt te handelen. 

1710 1167 Voie cachée de Jésus-Christ. 

1711 1168 Manuel du chrétien. 

1712 1169 646 Lasarillo de Tormas. 

1713 1170 Martialis. 

1714 1171 Imitation de Jésus-Christ. 

1715 1172 Goddelycke pieuse, etc. 

1716 1173 Geest des gebedts. 

1717 1174 Novene van St.-Antonis. 

1718 1175 Devoot broederschap. 

1719 1176 De seven geteyden. 

1720 1177 Berydinge lot de doot. 

Signé: FRANQUEN. 

Nota. On verra parles n 0s 966, Délices des Pays-Bas; 1133, Mezerai ; 1136, 

Sermons de Fléchier; 1147, Bible de Sacy et par beaucoup d'autres ouvrages dont 

les titres sont antérieurs à ceux-ci , que les acquisitions pour la Bibliothèque de 
Bourgogne, furent continuées sans interruption, quoique faiblement, jusqu'en 1731. 

On a vu (p. cli) qu'on avait projeté de la déposer dans un meilleur local , avant 

sa réorganisation en 1755. Elle n'était donc ni abandonnée, ni oubliée. 



CATALOGUE DE GERARD. 

Nous disons Catalogue, au lieu du mot Inventaire, parce que ce travail, rédigé par Gérard, depuis l'an 1797 jusqu'en 1799, est distribué à-peu-près méthodiquement, 
selon les cinq classes de la bibliographie de De Bure. Ce catalogue se compose de 1380 articles , qui correspondent, dans leur totalité, à plusieurs milliers de numéros de 
notre Inventaire qui va suivre, car un même article y renferme souvent plusieurs ouvrages distincts. Comme nous ne l'avons reçu des héritiers Van Hulthem (V. p. ccxrn) 
qu'après l'impression de notre Inventaire, nous éprouvons le regret tardif de n'avoir pu y intercaller les numéros qui sont en corrélation avec les articles désignés 
par Gérard. 

Ce catalogue de Gérard indique, aux premières colonnes, les provenances des manuscrits. Mais nous avons reconnu qu'un grand nombre d'articles de ces provenances , 
quoique bien constatées en la bibliothèque actuelle, a été omis , ce qui porte à croire que Gérard a rédigé son catalogue selon des fiches ou sur d'autres pièces volantes, 
après l'époque -de l'enlèvement de presque tous les manuscrits par les représentants du peuple, en 1794, (V. p. cciv, etc.). En effet, on assure que l'abbé Chevalier, 
dernier bibliothécaire sous la maison d'Autriche , n'avait pas fait une copie générale du catalogue des manuscrits. En conséquence de ces considérations, nous nous réservons 
de reproduire, par analyse, le catalogue de Gérard , en y ajoutant les suppléments, à la partie des provenances qui suivra le texte du Répertoire. 



EXTRAIT 



DE 



L. — - -£. 



L'INVENTAIRE GENERAL. 



3V3L' 



5 ré5erT«* 



EXTRAIT 



DE 



T ' 



L'INVENTAIRE GENERAL. 



N° 

D'ORDRE 

GtNhKAL. 



Mss. 

DIVERS 

DANS VU 

MÊME 
CODICEt 



L 



3 

4 

5 

6 

7 

8 

9 
10 
11 

n 

13 

14 

15 

16 

17 

18 

19 

20 

21 

22 

23 

24 

25 

26 

27 

28 

29 

30 

31 

32 

8 •'. 

84 

35 

36 

37 

38 

39 

40 

41 

42 

43 

44 

45 

46 

47 

48 

49 

50 



2 

1 



l 
2 
3 
4 
1 
2 
3 
1 
2 
1 
2 
1 
2 
3 
4 
5 

1 

2 
3 
4 
5 
6 
1 
2 
1 
2 
3 



NOMS DES AUTEURS 



INTITULÉ DES OUVRAGES. 



Chronique dite de France ou de St. -Denis, finissant à l'année 1380. 
idem. 1390. 

idem. 1380. 

idem. 1383. 

idem. 1321. 

David Aubert — Roman du roi Charles-Martel et de ses successeurs, 
ejusd. idem, 

ejusd. idem, 

ejusd. idem. 

Mémoire statistique sur la généralité de Paris. 

idem. idem. d'Amiens, 

idem. la province d'Artois. 

idem. le duché de Bourgogne, 

idem. la ville de Bresse et le pays de ce nom. 

idem. le pays et le baillage de Gex. 

idem. la généralité de Bourges, 

idem. idem. Moulins. 

idem. idem. Riom. 

idem. idem. Soissons. 

idem. idem. Chàlons. 

idem. les duchés de Lorraine et de Bar. 

idem. le comté de Bourgogne ou la Franche-Comté, 

idem. la généralité de Tours, 

idem. la province d'Anjou. 

idem. idem, du Maine, 

idem. la généralité d'Orléans, 

idem. idem, de la Rochelle, 

idem. idem, de Poitiers. 

idem. idem, de Limoges, 

idem. la province de Languedoc, 

idem. idem, de Roussillon. 

idem. la généralité de Rouen, 

idem. idem. de Caen. 

idem. les trois évêchés de Metz, Toul et Verdun. 

idem. sur le Luxembourg français. 

Histoire des anciens rois d'Austrasie. 

idem, des évoques de Metz , de Toul et de Verdun. 
Mémoire statistique sur la province d'Alsace, 
idem. les pays de Provence, 

idem. la province de Hainaut. 

idem. le Hainaut autrichien. 

idem. la Flandre gallicane, 

idem. la ville de Tournai et le Tournésis. 

idem. la ville et prévôté de Valenciennes. 

idem. la ville de Cambrai et le Cambrésis. 

idem. la Flandre flamingante, 

idem. concernant Y près (extrait du ?i° précédent. 

B 1 ' Augustini episcopi — Exposilio in evangelia et epistolas. 
ejusd. — Contra academicos. 
ejusd. — DeBeatàvità. 



INCII'IT 



COMMENCEMENT DU TEXTE. 



LANGUE. 



Cil qui cest œuvre. Française. 

idem. id 

idem. id. 

idem. id. 

idem. id. 

Pour le temps qui en France. 

Pour ce que les fais des anciens. id 

L'histoire racomplequ'enla cité. id 

Cy commence la table des. 

Le roy voulant estre pleinement. id. 

La Picardie tomba sous la. id. 

Tous les auteurs qui ont écrit. id, 

Avant que d'entrer dans la descr. id. 

Le pays de Bresse dans toute. id. 

Le baillage de Gex est confiné. id. 

La province de Berry. id. 

La généralité de Moulins. id. 

La province d'Auvergne. id. 

La généralité de Soissons. id. 

La Champagne qui est l'un des. id. 

Les eslats deLorraine etBarrois. id. 

La comté de Bourgogne nommée. id. 

La généralité de Tours joint. id. 

La province d'Anjou est. id. 

La province du Maine est. id. 

La généralité d'Orléans est. id. 

Ceste généralité a esté establie. id. 

La province de Poitou est. id. 

La généralité de Limoges. id. 

Je croy pouvoir renfermer. id. 

La province du Roussillon est. id. 

Quoy qu'on n'ait dessein. id. 

La généralité de Caèn fait partie, id. 

Le pays Messin est entouré. id. 

Wic, principauté, petite ville. id. 

Le premier pays que les Français. id. 

Drogon fut le premier Évèque. id. 

La province d'Alsace est. id. 

La Provence se nommoit. id. 

La Province du Haynault est. jd. 

La province de Haynault. id. 

La chàtellenie del'Isle. id. 

LeTournaisisestunepetitteProv. id. 

La prévôté, le comte de Valenc. id. 

La province de Cambrésis. id. 

La Flandre entière a pour bornes. id. 

L'Évéché d'Yprès est. id. 

Lacune... levasse oculos. Latine. 

Primo Ioco inter libros. 

Zae«we...immanissimus. id. 



DATE 

ou 
SIÈCLE. 



XIV d /j 
id. 
id. 
id. 

XIV »/ 3 

XV */ 3 
id. 
id. 
id. 

XVIII '/ 3 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

XIV 2 / 3 

id. 

id. 



I.ETTHINES 



Ml M ITUflES. 



Miniatures, 
id. 
id. 

Miniatures. 
id. 
id. 
id. 
id. 



EXTRAIT DE L'INVENTAIRE GÉNÉRAL. 



H- 

D'ORDRE 


Mss. 
DIVERS 

DANS m 


NOMS DES AUTEURS 

ET 


INCIPIT 

ou 


LANGUE. 


DATE 

ou 


LETTRINES 
et 


GÉNÉRAL. 


MÊME 
COD1CE. 


INTITULÉ DES OUVRAGES. 


COMMENCEMENT DU TEXTE. 




SIÈCLE. 


MINIATURES. 


51 


4 


B li Augustini — Deordine, libri duo. 


Ordinem rerum, Zenobi. 


Latine. 


XIV »/ 3 




52 


5 


ejusd. Soliloquiorum , libri duo. 


Volventi in multa ac varia. 


id. 


id. 




53 


6 


ejusd. De immortalitate animée. 


Sic ubi est disciplina nec esse. 


id. 


id. 




54 


7 


ejusd. De moribus ecclesiœ catholica; et Manicheorum. 


In libris aliis satis opinor. 


id. 


id. 




55 


8 


ejusd. De qualitale anima;, liber unus. 


Quoniam video te abundare. 


id. 


id. 




56 


9 


ejusd. De libero arbitrio. 


Die mihi queso te, utrum Deus. 


id. 


id. 




57 


10 


ejusd. Degenesi, contra Manicheos. 


Si eligent Manichei quos. 


id. 


id. 




58 


11 


ejusd. De Musicà, libri sex. 


Modus quis pes est. 


id. 


id. 




59 


12 


ejusd. De seconda disciplina et de dialeclicà. 


Dialectica est bene disputandi. 


id. 


id. 




60 


13 


ejusd. De categoriis Aristotelis. 


Cum omnis scientia, disciplina. 


id. 


id. 




61 


14 


ejusd. Demagislro, secundum evangelium. 


Quid tibi videmur efficere. 


id. 


id. 




62 


15 


ejusd. De verâ religione. 


Cum omnis vita; bonœ ac. 


id. 


id. 




63 




Pétri Berthorii — Repertorium morale. 


Vacca nomen est. 


id. 


XV »/ 3 




64 




Passionale magnum a S. Nicolao usque ad S. Martialem. 


Magnificat Christus qui est. 


id. 


XI. 




65 




B li Augustini — Ouinquagena prima de psalmis. 


Beatus vir qui non abiit. 


id. 


XV a / 3 




66 


1 


B u Iheronimi presbiteri — Altercatio Luciferani et Orthodoxi. 


Proxime quidem Luciferi. 


id. 


XV >/ 3 


Lettrines. 


67 


2 


ejusd. Contra Halyndium hœreticum. 


Nuper rogatus a fralribus ut. 


id. 


id. 




68 


3 


ejusd. Contra Jovianum ha;reticum. 


Pauci admodum dies sunt. 


id. 


id. 




69 


4 


ejusd. Epistolœ contra di versos hœreticos. 


Quod ad te hucusque non. 


id. 


id. 




70 


5 


ejusd. De diversis Ieprœ generibus. 


Admirabiledivinaedisposiciones. 


id. 


id. 




71 


1 


B 1 ' Iheronimi presb. et Rufini — Expositio symboli. 


Michi quidem, fidelisseme. 


id. 


id. 




72 


2 


B l1 Iheronimi presbiteri — De optimo génère interpretandi. 


Paulus apostolus, présente. 


id. 


id. 




73 


et 


B u Iheronimi, Rufini, Eusebii — De Origene. 


Nichil mirum, iïatres. 


id. 


id. 




74 


4 


B" Iheronimi, Bufini (varii tractatus). 


Relegi scripta, Aproniane fili. 


id. 


id. 




75 


5 


B 1 ' Iheronimi — Dialogus Attici et Ctiloholï. 


Die michi, Critobole.verum est. 


id. 


id. 




76 


6 


B 1 ' Iheronimi, Orosii — Contra Pelagium haereticum. 


Possibilitalis non est. 


id. 


id. 




77 


1 


Alberti Magni — De summo bono. 


Questio est de bono. 


id. 


id. 




78 


2 


ejusd. Distinctiones de reparafione hominis. 


Cum igitur venit. 


id. 


id. 




79 




Tincentii Bellovacensis. — Secundu pars speculi historialis. 


Caio igitur cum esset Romae. 


id. 


XIV '/ 3 


Miniatures. 


80 


1 


BB'"' u,n Gregorii, Augustini et aliorum — Homélie. 


In die sancto paschœ. 


id. 


XV »/ 3 




81 


2 


RRoriim Augustini, Maximi , et aliorum — Sermones. 


Incipiunt sermones de resurrec. 


id. 


id. 




82 


3 


Martini pp. V. — Bulla de venerabili sacramento altaris. 


Ineffabile sacramentum. 


id. 


1430. 




83 


4 


Eugenii pp. IV. id. 


Excellenlissimi corporis. 


id. 


1433. 




84 


5 


Egesippi — Passio Pétri et Pauli apostolorum. 


Erant tune temporis Borna?. 


id. 


XV >/ 3 




85 


1 


Jacobi de Vitriaco — Sermones de tempore. 


Incipiunt tripartiti sermones. 


id. 


id. 




86 


2 


ejud. De studio divinarum scripturarum. 


Multi tibi in novalibus. 


id. 


id. 




87 


1 


gRorum iheronimi et Augustini — Primun volumen epistolarum. 


Domino carissimo et desideran. 


id. 


id. 




88 


2 


B u Iheronimi. — Expositia fidei Niceni Concilii. 


Credimus in unum Deum. 


id. 


id. 




89 


3 


ejusd. Contra Halyndium hsereticum. 


Nuper rogatus a fratribus. 


id. 


id. 




90 


4 


ejusd. Altercatio Luciferani et Orthodoxi. 


Proxime quidam Luciferi. 


id. 


id. 




91 


5 


ejusd. Adversus Vigilani blasphemias. 


Justum quidem fuerat. 


id. 


id. 




92 


6 


ejusd. Contra Jovianum hœreticum. 


Pauci admodum dies sunt quos. 


id. 


id. 




93 


7 


De tribus virtutibus fortitudine , sapientià et prudentià. 


Très quodammodo vir tûtes. 


id. 


id. 




94 


8 


B 1 ' Iheronimi — Supplemenlum epistolis ejusdem. 


Si summo ingenio, parique. 


id. 


id. 




95 


9 


BB 0,um Iheronimi et Augustini — Dialogus de anima. 


Cum apud vos célestes. 


id. 


id. 




96 


10 


B 1 ' Iheronimi — De ortu ha;resis luciferianae. 


Cum defuncto imperatore Const. 


id. 


id. 




97 




Biblia sacra (Pentateuc. Josue, Judices , Jeremias). 


Frater Ambrosius. 


id. 


id. 




98 


1 


Passionalis sanclorum secundo, pars — Junii-Septembris. 


Beatissimi Medardi antistitis. 


id. 


XV */ 3 




99 


2 


B 1 ' Clemenlis — Epistola ad Jacobum apostolum. 


Omnes ecclesias. 


id. 


id. 


Lettrines. 


100 


3 


B 1 ' Iheronimi — Epistola de Nativitate B lT Virginis Maria;. 


Petis a me petiunculam. 


id. 


id. 


id. 






EXTRAIT DE L'INVENTAIRE GÉNÉRAL. 



DOKDRE 

gém'i ai.. 



101 

102 

103 

104 

105 

106 

107 

108 

109 

110 

111 

112 

113 

114 

115 

116 

117 

118 

119 

120 

121 

122 

123 

124 

125 

126 

127 

128 

129 

130 

131 

132 

133 

134 

135 

136 

137 

138 

139 

140 

141 

142 

143 

144 

145 

146 

147 

148 

149 

150 



Mss. 
DIVERS 

DANS t'H 

MÊME 
COItICE. 



NOMS DES AUTEURS 



INTITULÉ DES OUVRAGES. 



Antiphonale. 

Catholicon {Recueil encyclopédique par ordre alphabétique). 
Doctrinale grammatical ( Principes généraux). 
Lectiones pro tempore et festis, cum calendario ab a n no 1 1 38 ad 1 2 1 3 . 
Le calendrier , séparé du n° 104 , à cause de son ancienneté. 
Biblia sacra , pro tempore : Penlatcuchus , Josue, Judices , Rutli. 
Bil)lia sacra, pro tempore : Reges, proverbia , ecclessiastes , Job. 
ReinheriPisani.Pantheologia 1 pars prima (par ordre alphabétique.) A. -C. 
•jusd. idem. Lit. D.-L. 

ejusd. idem. Lit. M.-Z. 

Catalogus benefactorum bibliothecœ Sti.-Micbaelis, Antverpiensis. 
B' 1 Iberonimi — Ad feminas et de earum laudibus. 

ejusd. Sermones de tempore. 

Fragment de géographie — De Italià al) Italo rege, de Africâ. 
Biblia sacra , [Bible de St. -Jérôme) jusqu'aux Macchabées. 
Guilhelmi Parisiensis — De universo corporali et spirituali. 
B 1 ' Bernardini — Sermones de tempore. 
Vincentii Bellovacensis — Terlia pars Speculi naturalis. 
B 1 ' Augustini — Contra Faustum maniclieum. 

ejusd. Epistola ad Simplicianum episcopum. 

ejusd. De libero arbitrio , libri très, 

ejusd. De consensu quatuor evangelistarum. 

ejusd. De praedestinatione et perseveranlià sanctorum. 

ejusd. De bono conjugali. 

Justiniani — Codicis ejusdem , libri novem. 
Alexandri de Nevo Vincentii — In quartum decrclalium. 
Biblia sacra , Ezecbiel , Daniel , XII prophetae , Macchabeorum. 
Missale romanum. 
Pétri à Rivo — Tetramonum evangelicum , metrice. 

ejusd. Monotesseron evangelicum de verbo Dei. 

Brocardi J.-C. , D"' Ottonis — Generalia qure vulgo brocarda dicunlur. 
Régula Juris. 

Brocardica — Super librum Insfitutionum. 
Magistri R** — Liber de ordine judiciario. 

jjgorum jiaximi , Leonis pp. , Gregorii pp. ; Bedœ , etc. — Lectiones. 
B*' Augustini — Quinquagena tertiaPsalterii. 
Biblia sacra — Penlateucluis , Josue , Regum , us([iie ad Job. 
B H Pauli — Epistola? cum commentariis Augustini , Ambrosii et aliorum 
Antiphonale. 

B li Augustini — Quinquagena secundaPsalterii. 
Henrici de Gandavo per Robinum de Campo — Disputationes. 

ejusd. Eumdem Glossarium. 

Antiphonale. 

pgorum Gregorii pp., Isidori — Libri moralium in Job. 
Roberti Holcoth — Lectiones postillarum super libros ejus. 
Novum testamentum. 

B li Augustini — Quinquagena secunda Psalterii. 
ejusd. De civitate Dei. 

ejusd. 63 sermones de verbis domini secundum Evangelium. 

ejusd. 33 sermones. 



INCIPIT 



COMMENCEMENT DL TEXTE. 



Alleluya. 

Audivimus vocem. 

Prreterea Sciendum. 

Prosodie quaedam pars. 

Gloria tibi trinitas equalis. 

Fraler Ambrosius. 

Viginti et duas litferas esse. 

Aaa. Domine Deus ecce. 

Décime : Circa soluiionesdecimi. 

Sequitur de M. littera.-Maior. 

BibliolhecœecclesiœSt-Michaelis 

Ignota vultu fidei inardere. 

Hodie verus sol ortus est. 

Sunt domili ad equilandum. 

Frater Ambrosius. 

S( ientia de universo dicitur. 

Articulus primus , quœ sit. 

De contemporalitate IX regnor. 

Faustus quidam fuit genteAfer. 

Gratissima plane atque. 

Dum adhuc Romœdemoraremur. 

Inleromnes divinas aucloritates. 

Dixisse quidemapostolum. 

Quoniam unusquisque. 

lu nomine Domini. 

H.tc rubrica iwtest conlinuari. 

Ezecbiel prophela. 

Dominica prima adventus. 

A tribus est in opus sacrum. 

Quoniam hominibus. 

Commodant. 

Régula , etc. 

In nomine Domini , quœ fit. 
Edia sine scriplis fieri potest. 
In die sancto paschœ. 
Ecce unus pauper orat. 
Frater Ambrosius. 
(Lacune)... et in scripluras. 
Gloria Palri et Filio. 
(Lacune.)... guis ac prefuit. 
In generali disputatione. 
Abbas. Sub quatuordecim. 
Custodit domiuus. 
Inter multos sa>pe qua?ritur. 
Diligite justitiam qui. 
Beatissimo Damaso. 
Psalmus brevis est de quo. 
Civitatem Dei dicimus cujus. 
Evangelium audivimus. 
Audivimus veracem magistrum 



LANGUE 



Latine. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 



DATE 



SIECLE. 



XIV »/, 
1457 

id. 

1138 

id. 

XV '/;, 

id. 
id. 
id. 
id. 
XVII '/ 3 
XV '/ 3 
id. 

XIV '/, 
XV >/ï 

id. 
1471 

XIII •/;< 

1466 

id. 
id. 

XV »/ 3 
id. 

id. 
XII -/ 3 

xv /, 

xiv --/, 

XV "/;, 

xv <</, 
xv »/ 3 

XIV '/ 3 
id. 
id. 
id. 

XVI '/ 3 

1461 

XV d / 3 
id. 

XV '/ 3 

id. 

1448 

id. 

XIV »/ 3 

XV '/ 3 

XV=/3 

id. 
XV «/ 3 
XV '/a 

xv '/ 3 

id. 



LKTTRINKS 



MIMAT! lil S. 



Miniatures. 



Lettrines. 



Miniatures. 



(Lettrines, 
id. 
id. 



Lettrines. 



EXTRAIT DE L'INVENTAIRE GENERAL. 



No 


Mss. 




DIVERS 


DORDRE 


DANS UN 




MIME 


OÉNKBAL. 


CODICE. 



NOMS DES AUTEURS 



INTITULÉ DES OUVRAGES. 



INCIPIT 



COMMENCEMENT DU TEXTE. 



LANGUE. 



DATE LETTRINES 

OU 
SIECLE. MINIATURES. 



loi 
152 

153 

154 

155 

156 

157 

158 

159 

160 

161 

162 

163 

164 

165 

166 

167 

168 

169 

170 

171 

172 

173 

174 

175 

176 

177 

178 

179 

180 

181 

182 

183 

184 

185 

186 

187 

188 

189 

190 

191 

192 

193 

194 

195 

196 

197 

198 

199 

200 



B 1 ' Bernardi et Ancelmi — Méditât iones de visu Jesu-Christi, etc. 
Nicolaï de Palude — Directorium juris utriusque. 
ejusd. Rubrica de feudis. 

ejusd. Appendix de decanis in directorio juris. 

Antiphonale. 

Alphonsi de Spinâ- — Fortalitium fidei, de bello daemonum. 
Martini Cordubensis — Anecdota de quodam Judeeo. 
Bfn ri Brunonis — Glosa; in epistolis Pauli. 

Victoris deBeughemaP. Codde — Informatio de Jansenist. Hollandiœ. 
Catholicon — Litterae D-H. 
Summa de virtutibus (secundum theologiam). 
Missale ecclesiae Aquensis. 

B li Iheronimi — In libros explanationum Ezecliielis. 
Eusebii Ilieronimi — Liber hebraïcarum questionum. 

ejusd. De hebraïeis locis in Bibliis contentis. 

Beati Iheronimi — Dialogus contra Pelagium haereticum. 
Biblia Sacra, detempore — Esdras, Paralipomen. Daniel, etc. 
Pétri Damiani Ravenalis — Sermones. 

ejusd. Vita beati Mauri episcopi. 

ejusd. Epistola de recusatione praclaturac. 

ejusd. Aliqui hymni , ritlunni et orationes. 

ejusd. Sermones. 

Joannis Deelft Prioris Eynsteyn — Sermo in capitulo Windesheim. 
Simonis Toruacensis. — Sermones. 
Alcuini, abbatis Ferraniensis — Sermo de oneribus. 
Odonis Cluniacensis monachi — Sermones de tempore et sanctis. 
Odonis Cantuariensis — Sermones de tempore et sanctis. 
B li Serlonis, abbatis in Angliâ — Sermones. 
Liberti, episcopi suffrag. Leod. Bercensis — Sermones. 
Pétri Commestoris — Sermones de conceptione B. V. M. 
B li Ambrosii et Gratiani Augusti — Epistolae. 
ejusd. — De obitu Valentiniani imperatoris. 
ejusd. Sermo in evangelium : Hominis cujusdam, etc. 
Augustini — Epigrammala a B' u Prospère collecta. 
Joannis de Bommelia — Planctus religionis. 
B. Ambrosii — Epistolae per decem libros digestae. 
ejusd. Epistolae ad Demetriadem virginem. 
ejusd. De mycteriis Paschae. 
ejusd. De passione Bealae Agnetis virginis. 
ejusd. Epistolae ad virgines. 
ejusd. Epistolae de gestis Concilii Aquilejensis. 
Visiones et homelia: secundum prophetas. 
Origenis — Homelia? in Isaïam prophetam. 

Hugonis de S l "-\iclore. — Devotus Iractatus super Lamentationes. 
Biblia Sacra — Paralipom. Esdr. Tob. Judith. Proverb. Prophet. 
Nie. Weigel — Summa indulgentiarum. 

Legenda sanctorum — Ab assumptione B. M. usque ad novembrem. 
Notice sur les chapelains de l'église de.... jusqu'à l'an 1557. 
B 1 ' Iheronimi Antiphonale. 
Commentariorum libri super Prophetas. 



Nunc secundum Jeronimum. 
Quicumque totam legem. 
Deinde considerandum. 
Utrumdecanusalicujus collegii. 
Ecce nomen domini. 
Ouaeris fortitudinis etc. 
Adhuc nota de Judœisunum. 
In singulis epistolis Pauli. 
Articulus singularis in quo. 
Dagon , Nota quod Dagon fuit. 
Cum circa utilia studere debeamus 
In dominicis diebus. 
Et factum est in XXX anno. 
In principio fecit Deus celum. 
Eusebius qui a beato Pamphilo. 
Die mihi Critobole. 
Utrum difficilius. 
Hodie fratrescharissimi beati. 
Cupientes aliquid scribere. 
Dilectissirao Gerardo Florentine. 
De sancto Gregorio papa. 
Opportune nobis Johannes. 
Videte vocationem vestram. 
Tirneo ne quis inter vos. 
Tempus est , fratres charissimi. 
Verbum caro faclum est. 
Domino et fralri Gerardo. 
Ecce venit rex occurramus. 
Dilectissimae sorores. 
Conceptionem beatae virginis. 
Ambrosius,ServusChristi vocatus 
Etsi incrementum doloris. 
Duplex est tentationum species. 

Dum ego te lector relegis. 

Plange quasi virgo accincta. 

Epistolarum sancti et devoti. 

Ambrosiusepiscopus sacra? Virg. 

Paschae mysterium de fide. 

Servus Chrisli Ambrosius. 

Qui ad convivium magnum. 

Concilium quod convenit. 

Quamdiu Ozias rex vixit. 

Deus ad benefaciendum. 

Quomodo sedet sola civitas. 

Si septuaginta interprelum. 

Quia equidem notatio erroris. 

Assumplio gloriosae et interner 

Continence à l'an 1441. 

Resurrexi et adhuc. 

Temporibus Ozie et Jonathe. 



Latine, 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 
id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 






XV '/ 3 

1451 

1451 

1451 
XIII 2 / 3 

1415 

1415 
XIV »/ s 

1800 
XV '/ 3 

1342 

XIV '/ 3 

xv '/ 3 

xv »/ 3 

xv '/ 3 

xv '/ 3 

1418 

1408 

1408 

1408 

1408 

1433 

1433 

1408 

1408 

1408 

1408 

1433 

1536 

1433 

1433 

xv '/ 3 

1433 

1463 

XV '/b 

XV '/î 

XV '/ 3 

xv ■/?. 

XV '/ 3 
XV 2 / 3 
XV '/ 3 
XV "/ 3 

xv=/ 3 

XIV '/ 3 

XV >/ 3 
XV 2 / 3 

1557 
XIV '/ 3 

1460 
1460 



Lettrines. 



Miniatures. 



Lettrines. 






EXTRAIT DE I/IN V KNTAIRE GÉNÉRAL. 



D'ORDRE 


Mss. 

DIVERS 

DANS IN 


NOMS DES AUTEURS 

ET 


INCIPIT 

ou 


LANGUE. 


DATE 

ou 


I.ETTBINES 

et 


GÉNfillAL. 


M OIE 
QODICG. 


INTITULÉ DES OUVRAGES. 


COMMENCEMEMT DU TEXTE. 




SIÈCLE. 


MINIATt'IlES. 


201 




Biblia (de tempo re). Pentaleuchus , Josue, Jud. Rutli , Jerem ; tome 1. 


Frater Ambrosius. 


Latine. 


1471 


Miniatures. 


202 




idem. idem. Actaaposl.Epist. Reg. Parai). Job,Sapienl;Aw«?2. 


Lucas nationeSyrus, cujus laus. 


id. 


1471 


id. 


203 




idem. idem. Tobias, Judith, Macchab. Prophète; tome 3. 


Chromalio et Heliodoro. 


id. 


1471 


id. 


204 




Biblia (de tempore). Jeremias Esdr. Act. Epistohe Apoealipsis ; tome 3. 


Jeremias propheta cui hic prolog. 


id. 


XV '/B 




205 




idem. Maechab. Prophète, Bpistoke; tome 4. 


Et factum est postquam. 


id. 


xv »y 3 




206 




Passionalis macjni . pars 3'. 


llluminalionem domini. 


id. 


xv/ 3 


Lel. et Min. 


207 


1 


idem. idem, pars l a . 


Incipit vita sancti Basilii. 


id. 


xii *y 3 


id. 


208 


2 


Liste provinciale des diocèses de la chrétienté. 


Incipit provinciale continens. 


id. 


XII d / 3 




209 




Missale romanuin. 


Istam orationem. 


id. 


XIV •/., 




210 




Antiplionale (de l'abbaye de Grimberq). 


Alleluya. 


id. 


1473 




211 




Biblia (de tempore). 


Mémo cum prophetas. 


id. 


XV '/j 




212 




Missale romanum. 


Ad te levavi animam meam. 


id. 


XIV >/ 3 


Miniatures. 


213 




Bartholomei Anglici — De proprietatibus reruin. 


Cum proprietatibus rerum. 


id. 


XV '/j 




2U 




Biblia sacra, a Pentateueho ad Reges. 


Frater Ambrosius. 


id. 


XIV »/ 3 


Miniatures. 


215 




Pierre De la Rue — Messe en musique. 


Missa quinque vocum de septem. 


id. 


XVI '/ 3 


Min. -Mus. 


216 




Musique sacrée en plein chant. 


De beatœ Mariœ virginis. 


id. 


XVI '/ 3 


Musique. 


217 




Antiplionale (de l'abbaye de Grimbery). 


Benedictus. 


id. 


1483 




218 




B 1 ' Gregorii pp. et aliorum. — Homeliae. 


Reverendissimo Secundino Greg. 


id. 


XII »/ 3 




219 


1 


Bedœ , Gregorii et aliorum — Homeliœ; Sennones. 


Tanta ac talis est. 


id. 


XV >/ 3 




220 


2 


Calixi pp. — Bulla inslitutionis fesli transfiguralionis. 


Inter divinœ disposilionis. 


id. 


1457 




221 




Miracula quaedam de S U| Anna. 


Aliud miraculum de S a -Annâ. 


id. 


XV '/ 3 




222 




Guidonis de Baiso — Rosarium super decretis. 


Reverendo in Christo patrisuo. 


id. 


XIII d / 3 




223 




Antiplionale. 


Alleluya. 


id. 


XV 2 / 3 




224 




Instruction sur le chant yréyorien. 


Omnis cantus ecclesiasticus. 


id. 


XV '/ 3 


Musique. 


225 


1 


P. de Quesnel — Summa juris in foro conscientiac et judiciali. 


Si quis ignorât , ignorabitur. 


id. 


XV*/ 3 




226 


2 


Arenga super passagio ad Terrain Sanctam. 


Moyses vir Dei , beatissime pater. 


id. 


XV '/ 3 




227 




B" Augustini — Quinquagena prima super Psalterium. 


Omnis scriptura. 


id. 


XV >/ 3 




228 




Josquin Des Prés et autres — Musique pour Marguerite d'Autriche. 


Tous les regrez qui les cueurs. 


Française. 


XVI '/ 3 


Min. -Mus. 


229 


1 


B li Gregorii pp. — Moralium in Job. 5 a et 6" partes. 


Prœfationem hujus operis. 


Latine. 


XIII '/ 3 


Miniatures. 


230 


2 


Libellus de semine Scripturarum et computo. 


Quœso te , o lector. 


id. 


XII J / 3 




231 


1 


Godefridi Vrie de Assindio — De sponsalibus. 


Supra visum est in precedenti. 


id. 


1471 




232 


2 


ejusd. — De accusationihus. 


Si legitimus. 


id. 


XV */| 




233 




Missale roinanum (eccl. Hallensis in Hannonid). 


Dominica prima adventûs. 


id. 


XIV »/ 3 




234 




Godefridi Vrie de Assindio — De probationibus. 


Hœc rubrica satis. 


id. 


xv »/ 3 




235 


1 


B 1 ' Iheronimi — Explanationes in Isaïam prophetam. 


Expletis longo vix tempore. 


id. 


XV «/ 3 




236 


2 


ejusd. idem. Jeremiam prophetam. 


Post explanationes duodeeim. 


id. 


XV '/ 3 




237 


3 


Bedre — Explanationes in Jeremiam prophetam. 


Et factum est verbum domini. 


id. 


XV '/ 3 




238 




B 1 ' Iheronimi — idem in duodeeim Propbetas. 


Si in explanationibus. 


id. 


XV '/ 3 




239 




B li Gregorii pp. — Moralium in Job , pars prima. 


(Lacune) ... et sanctissimo fratri 


id. 


XV '/ 3 




240 




Rabbi Pauli — Additiones ad postillas MB" de Lyrà. 


Quoniam inlentio et quod tibi vis. 


id. 


1429 




241 




Socralis, Sozomenis , Theodoreti — Hisloria ecclesiastica. 


Aiunt antiquis seorsum. 


id. 


XV '/ 3 




242 


1 


Joannis a lapide — Epistola de Sancto Ambrosio. 


Etsi multi apud rempublicam. 


id. 


XV '/ 3 




243 


2 


B" Ambrosii — De dignitate humana? conditionis. 


Faciamus hoininem. 


id. 


XV '/ 3 




244 


3 


ejusd. De mysterio Paschae. 


Paschœ mysterium de fide. 


id. 


XV '/ 3 




245 


4 


ejusd. Hexameron. 


Dominus suscepit me. 


id. 


XV '/ 3 




246 


5 


ejusd. Liber de virginibus. 


Natalis est virginis. 


id. 


XV '/ 3 




247 


6 


ejusd. De viduis. 


Bene accidit , fratres. 


id. 


XV '/ 3 




248 


7 


ejusd. De vocatione omnium gentium. 


Inter defensores liberi , etc. 


id. 


XV >/ 3 




249 


8 


ejusd. Liber de paradiso. 


De paradiso adoriendus sermo. 


id. 


XV 1 /, 




250 


9 


ejusd. De Cain et Abel. 


De paradiso in superioribus. 


id. 


XV '/ 3 





EXTRAIT DE L'INVENTAIRE GENERAL. 



ir« 


Mss. 

DIVERS 


NOMS DES AUTEURS 


INCIPIT 




DATE 


LETTKINES 


D'ORDRE 


DANS UN 


ET 


on 


LANGUE. 


ou 


Cl 


sAadBA.ii. 


M t H E 
CODICE. 


INTITULÉ DES OUVRAGES. 


COMMENCEMENT DU TEXTE. 




SIÈCLE. 


MINIATURES. 


251 


10 


B. Ambrosii — De Noe et archà. 


Noe sancti adorimur vilain. 


Latine. 


XV »/ 3 




252 


11 


ejusd. De dignitate sacerdotali. 


Si quis fralres oraculi. 


id. 


XV »/ 3 




333 


12 


ejusd. Oratio praeparativa ad Missam. 


Summa in incomprehensibilis. 


id. 


XV */s 




254 


13 


ejusd. De fide orthodoxâ. 


Multas equidem et graves. 


id. 


XV '/, 




255 


14 


ejusd. De incarnatione Doinini in Sacramento. 


Debitum fratres cupio. 


id. 


XV '/ 3 




256 


15 


ejusd. Epislolœ varia?. 


Ambrosius justo exponens. 


id. 


XV '/ 3 




257 


16 


ejusd. De obitu Valentiniani Imperatoris. 


Etsi incrementum doloris. 


id. 


XV »/ 3 




258 


17 


ejusd. Oratio de bœreticis. 


Syricius,MedioIanensisecclesiœ. 


id. 


xv »/ 3 




259 


18 


ejusd. De celebritate Pasclue. 


Non mediocris esse sapientiae. 


id. 


xv «/ 3 




260 


19 


ejusd. De passione B lBe Agnetis. 


Diem festum sacratissimœ. 


id. 


XV '/j 




261 


1 


ejusd. Ad Gratianum , de fide. 


Assertio autem nostrœ fidei. 


id. 


XV '/ 3 




262 


2 


ejusd. De Spiritu sancto. 


Hieroboal sub arbore, nonenim. 


id. 


xv </ 3 




2Gi 


3 


ejusd. De pœnitentiâ. 


Si virtutis finis ille est. 


id. 


xv »/ 3 




264 


4 


ejusd. De excessu fratris sui Satyri. 


Deduximus fratres. 


id. 


xv '/ 3 




265 


5 


ejusd. De fide resurreclionis. 


Superiore libro aliquid. 


id. 


xv 7j 




266 




Gregorii IX pp. — Libri decretalium. 


Rex paeificus. 


id. 


XIII d / 3 




267 




Innocentii IV pp. — idem. cum glosis. 


Cum in multis juris. 


id. 


XIII d / 3 




268 




Antipiionale. 


Alleluya. 


id. 


XV 7j 




269 




B li Iberonimi — Epistolœ cum Augustino et aliis. 


Dornino dilectisimo et cultu. 


id. 


XV 7j 




270 




Pétri Manducatoris , Galli abb. — Généalogie de Jésus-Christ, 


Considerans hystoriae sacrae. 


id. 


XIV 7a 




271 




Henrici de Malinis — Spéculum divinorum. 


Honorabilium bonorum. 


id. 


xv 7a 




272 




B u Augustini — Epistolœ ad varios. 


Domino illustri... de salute. 


id. 


xv 73 




273 




ejusd. De origine anima?. 


Dominum nostrum qui nos. 


id. 


1455 




274 




ejusd. De verbis aposloli Jacobi. 


Qui totam servaverit legem. 


id. 


1455 




275 




B u Thoma? de Aquino — Super quatuor Sententiarum libros. 


Misit verbum suum et sanavit. 


id. 


XV 7a 




276 




B t! Gregorii pp. — Libri moralium in Job 19 us usque ad VS"'". 


Quid mirum sunt eterna. 


id. 


XV 7a 




277 




Origenis — Homelia : Ingrediente domino. 


(Lacune).. . . magnus faclus est. 


id. 


XIII 73 




278 




B" Thomœ de Aquino — Prima secundœ. 


(Lacune).... quia sicut. 


id. 


XV 7a 




279 




B 1 ' Gregorii pp. — Liber primus moralium in Job. 


Vivebat in terra Hus. 


id. 


XV 7a 




280 




Malogranatum. 


Verba exhortationis. 


id. 


XV 7j 




281 




Spéculum humanre salvationis. 


Incipit spéculum etc. In quo patet 


id. 


xiv 73 




282 




Bartholomei Brixiensis — Questiones dominicales. 


Ad bonorem omnipotentis. 


id. 


xiv 73 




283 




Prophatii Judaei — Almanach pour l'an 1300. 


Istud almanach. 


id. 


1300 




284 




B li Gregorii pp. — Libri moralium in Job 9 L,S ad 16 u,n . 


Perversa? mentis si semel. 


id. 


XV 73 




285 




B u Joannis Chrysostomi — Secunda parsOperis imperfecti. 


Aliam parabolam proposuit eis. 


id. 


xv d / 3 


Lettrines. 


286 




ejusd. Sermones. 


Consueverunt, pater beatisisime. 


id. 


XV 73 




287 




ejusd. et Basilii — De dignitate sacerdotali. 


Michi quidem multi. 


id. 


XV 7 3 




288 




Jacobi Januensis — Legenda aurea. 


Universum tempus presentis. 


id. 


xv 73 




289 




Beda? , Gregorii et aliorum — Homeliae et sermones. 


Vigilias nobis hujus sacratissimœ 


id. 


xv 73 




290 




Alberti Magni — Liber de animalibus. 


Scientiam de animalibus. 


id. 


XIV 7s 




291 




B li Augustini — De civitate Dei. 


Gloriosissimam civitatem Dei. 


id. 


XV 73 




292 




B 1 ' Gregorii pp. — Registrum. 


Oportet fratres karisimi. 


id. 


1462 




293 




B l1 Tliomae de Aquino — Glosa continua super Lucam. 


Inter cetera incarnationis. 


id. 


XV 7a 




294 


1 


ejusd. Glosa continua super Matbeum. 


Evangelii pronunciator. 


id. 


XV 7a 




295 


2 


ejusd. Glosa continua super Marcum. 


Vocationem genlilium. 


id. 


xv 73 




296 




Hildeseni bistoria , ab anno 1500 ad 1570. 


Eodem anno. 


id. 


xviii 73 




297 




Inferioris ad Rhenum Germains historia usque ad annum 1 660. 


Populos qui trans Rhenum. 


id. 


xviii 73 




298 


1 


Vita S. Hugonis Gratianopolitani. 


Cum praefali patris. 


id. 


XV 73 




299 


2 


Vita S. Ancelmi , Beliensis episcopi. 


Novimus gentiles antiquitûs. 


id. 


XV 7, 




300 


3 


Vita S. Stephani , Dyensis episcopi. 


Beati Stephani vita heremi. 

1 


id. 


XV 73 





EXTRAIT DE L'INVENTAIRE GÉNÉRAL. 



D'ORDRE 
GÉNÉRAL. 



301 

302 

303 

304 

305 

306 

307 

308 

309 

310 

ail 

312 

313 

3H 

313 

316 

317 

318 

319 

320 

321 

322 

323 

324 

325 

326 

327 

328 

329 

330 

331 

332 

333 

334 

335 

336 

337 

338 

339 

340 

341 

342 

343 

344 

445 

346 

347 

348 

349 

350 



Mss. 
DIVERS 

DANS UN 
MEME 
CODICE. 



«OMS DES AUTEURS 



INTITULÉ DES OUVRAGES. 



Arnokli de Novavilla — Contra illos qui dicunt carthusienses peccare etc 

De veritate religionis ordinis carthusiensis. 

Epistola Summo Pontifici de ordine carlhusiensi. 

Spéculum Carlhusianorum. 

Joannis Gerson — Contra impugnatores ordinis carthusiensis. 

Vita beati Hugonis, Lincolnensis episcopi. 

Jacobi de Vitriaco — Sermones dominicales. 

B" Augustin! — Sermones de verbis apostoli. 

ejusd. Psalmorum quinquagena tertia. 

ejusd. idem idem. 

Ludolphi — Vita .fesu-Christi j primum volumen. 
B 1 ' Auguslini — De libero arbitrio. 

ejusd. De sanctâ virginitate. 

ejusd. De sanctâ viduitate. 

ejusd. De moribus ecclesiaî catbolicit. 

ejusd. De moribus Manicbeorum. 

ejusd. Contra adversarium legis et propheta?. 

ejusd. Contra Adimantum Manichei discipulum. 

ejusd. Sup. epist. Pauli ad Romanos. 

ejusd. De fide et symbolo. 
Leven van suster Maria van Agreda. 

Suster Maria van Agreda — Gheestelyke stad Godts . l slt deel. 

ejusd. idem 2 ,lt- deel. 

B li Auguslini — De sanctissimà Trinitate. 

ejusd. De decem cordis. 

ejusd. Encbiridion. 

ejusd. De quatuor virtutibus caritatis. 

ejusd. De sanctissimà virginitate. 
Vita sancti Pantaleonis. 

B i Augustini — Homelia de sancto Evangelio secundum Joannem. 
Stephani — Officium et vita S li Maurini. 
Relatio de passione S 1 ' Albini martyris. 
Vita gloriosœ reginœ Mathildis. 

Brunonis arebiep. Coloniensis — Teslamentum S 1 "' Csecilia 1 ecclesia 1 . 
Vita S 11 Brunonis archiepiscopi. 
Rotgberi — Vita domni Brunonis. 
Miraculum S 1 ' Pantaleonis de Aroldo rege Russorum. 
De translatione S 1 ' Evergesti Coloniensis arebiep. 

idem. S" Patrocli. 
B u Augustini , Bedœ — Sermo de dedicatione ecclesiaî. 
Visio Elisabeth de assumptione B. V. M. 

Dictionnaire biographique ecclésiastique , lettres C. I). E. 
Pétri Lombardi — Psalterium glosatum. 
Gloses sur divers Psaumes et autres.