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Full text of "Catalogue des sculptures & inscriptions antiques (monuments lapidaires) des Musées royaux du cinquantenaire"

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MUSÉES ROYAUX DU CINQ.UANTENAIRE 



CATALOGUE DES 

SCULPTURES ET INSCRIPTIONS ANTIQUES 

(MONUMENTS LAPIDAIRES) 



BRUXELLES 1918 



CATALOGUE 

DES SCULPTURES & INSCRIPTIONS 
ANTIQUES (MONUMENTS LAPIDAIRES) 

DES MUSÉES ROYAUX DU CINQUANTENAIRE 

PAR Franz CUMONT, conservateur 



DEUXIÈME ÉDITION REFONDUE 







VROMANT & C^ IMPRIMEURS-EDITEURS 



3, RUE DE LA CHAPELLE, BRUXELLES. — igiS 



DU MEME AUTEUR 



Textes et monuments figurés relatifs aux mystères de Miihra. 

Deux volumes in-40, avec 509 figures dans le texte, 9 planches en hélio- 
typie et une carte. Bruxelles, Lamertir, 1900. 

Les mystères de Mithra. Troisième édition, revue et annotée, avec 
28 figures et une carte. Bruxelles, Lamertin, 1913. 

Les Religions orientales dans le paganisme romain. Deuxième édi- 
tion, revue. Paris, Leroux, 1909. 

Astrology and religion among the Greeks and Romans. New- York 
et Londres, Putnam, 1912. 

Recherches sur le manichéisme. — I. La Cosmogonie manichéenne. — 
IL Fragment d'une hom,élie de Sévère d'Antioche (en collaboration avec 
M. A. Kugener). Bruxelles, Lamertin, 1908-1912. 

Catalogus codicum astrologorum graecorum. Onze volumes parus 
en collaboration : Codices Florentini. — Codd. Veneti. — Codd Medio- 
lanenses. — Codd. Italici. — Codd. Romani (3 vol.). — Codd. Vindoho- 
nenses. — Codd. Germanici. — Codd. Parisini (2 vol.). Bruxelles, 
Lamertin, 1898-1912. 

Studia Pontica. — IL Voyage d' exploration dans le Pont et la Petite 
Arménie (en collaboration avec Eugène Cumont). Bruxelles, Lamertin, 
1903. 

— m. Recueil des inscriptions du Pont et de l'Arménie (en collabo- 
ration avec MM. Anderson et 



RI' 




PREFACE 
DE LA PREMIÈRE ÉDITION, 



Le Musée du Cinquantenaire, qui possède des séries importantes 
de vases et de bronzes antiques, est relativement pauvre en monu- 
ments lapidaires de la même époque. Le sol de la Belgique actuelle 
n'a livré aux fouilleurs que peu de sculptures et d'inscriptions ro- 
maines, et la majeure partie de celles-ci est demeurée dans les 
provinces où elles ont été mises au jour. D'autre part, l'État n'a 
jamais cherché à se former une collection de marbres anciens par 
des acquisitions à l'étranger. Un nombre restreint de morceaux dé- 
couverts dans notre pays ou dans les régions limitrophes, quelques 
autres dont des hasards heureux ont rendu le Gouvernement pro- 
priétaire, composent, jusqu'à présent, tout l'avoir du Musée royal de 
Bruxelles. 

Parmi ces monuments, neuf épitaphes [n^s 152-160], dont quatre sont 
certainement et les autres probablement originaires de Rome, se trou- 
vaient, dès le début du xviii^ siècle, au collège des Jésuites de Bru- 
xelles où le philologue hollandais Gisbert Cuperus (Cuypers, 1644- 
1716), député à l'armée de Marlborough, les copia en 1706 en même 
temps que quatre autres, aujourd'hui perdues ^. Lors de la suppression 
de la Compagnie de Jésus (1775), elles furent confisquées par l'État. 
Conservées d'abord dans l'ancien palais des gouverneurs généraux 

r. Cf. ScHUERMANs, BuU. comm. art et arch., t. VIII, 1869, pp. 295 et suiv. Le 
manuscrit de Cupérus est conservé à La Haye (Fonds Cuper., SuppL, pp. 466, 47a, 
49a). — L'une des inscriptions perdues était fausse (Schuermans, p. 307, n° 145; 
cf. CIL, VI, 29647). 



(Bibliothèque actuelle), elles furent transportées, en 1847, ^^-^ Musée 
d'antiquités, alors à la porte de Hal ^. 

Cinq sculptures intéressantes [n^s 169-71, 173-4] ont fait partie du 
cabinet que le baron Guillaume de Crassier forma à Liège, dans la 
première moitié du xviii^ siècle -, et elles ont été décrites par lui dans 
le catalogue de ses antiquités ^. A sa mort (1750), elles restèrent 
en possession d'une branche de sa famille établie à Maestricht *, 
et furent acquises par le INIusée, d'un des membres de celle-ci, en 
1851. 

Six inscriptions, dont deux sont malheureusement fausses [n^s 195, 
198-200, 206, 207], et une urne cinéraire [no 201] proviennent de la 
collection que le comte de Renesse-Breidbach réunit à Coblence, 
au commencement du xix^ siècle. Après le décès de cet amateur, elles 
furent transportées à Anvers, vendues aux enchères en 1836 et dis- 
persées ^. Elles ont été, plus tard, acquises par l'État pour la plupart 
avec la collection Hagemans, en 1861 [n^s 198-201, 207; cf. n^^ 94 
et suiv.]. 

Les autres monuments dont nous nous occuperons, sauf deux qui 
se trouvaient à Bruxelles dès le xviii^ siècle [n^^ 178, 193] et trois 
qui ont été exhumés dans des fouilles entreprises aux frais du Gouver- 
nement [nos 175-6, 181], sont entrés au Musée, depuis sa création, par 
voie d'achats ou de dons particuliers. Il faut noter surtout les trois 

1. Cf. ScHUERMANs, loc. Cit., pp. 312 et suiv. L'histoire de ces marbres, entre les 
années 1775 et 1839, et la disparition de certains d'entre eux ne sont pas entièrement 
éclaircies; cf. L. Paris, Annales de la Société d'archéologie de Bruxelles, t. XIV (1900), 
pp. 1-22. 

2. Cf. sur cette collection, Schuermans, Bull. comm. art et arch., t. X, 1871, p. 449. 

3. Séries numismatum antiquorum, etc., quae congessit Guil. baron de Crassier, 
1721, Liège, 360 pp. et 10 pp. A'Additamenta. — Nous avons trouvé d'utiles rensei- 
gnements dans la Correspondance de Bernard de Montfaucon avec le baron G. de Cras- 
sier, publiée par Ulysse Capitaine en 1855 et dans ses Lettres inédites, qu'a fait con- 
naître M. Halkin, en 1897. 

4. Le voyageur Feller les signale à Maestricht en 1773; cf. Ul. Capitaine, loc. cit., 
p. 7, n° 2 : On voit dans une autre place des autels, des fragments de colonnes et d'autres 
monuments. 

5. Sur la collection Renesse, cf. Schuermans, Die ehemalige Renesse' sche Samm- 
lung (Jahrb. des. Ver Alterth. fr. Rheinl., t. LVIII, 1876, pp. 90 et suiv.) et Bull. comm. 
art et arch., t. XII, 1873, pp. 428 et suiv., spécialement p. 450. 

VI 



nscriptions, dont la célèbre colonne itinéraire, offertes en 1848 par 
la ville de Tongres [n^s jgz, 196-7]. 

La collection Ravestein, si riche en bronzes et en vases, qui fut géné- 
reusement donnée à l'État par ce collectionneur en 1873 ^, ne contenait 
que peu de marbres et de peu d'importance [nos g^^ jo2, 104-106. 
112, 118]. 

L'ensemble assez hétérogène formé par ces acquisitions successives 
n'a jamais fait l'objet d'une description raisonnée. Il n'en existe que 
des inventaires sommaires, dont le dernier, paru en 1867, est devenu 
non seulement incomplet, mais aussi introuvable ^. 

Nous pouvons donc espérer que cet opuscule ne sera pas une œuvre 
superflue. Nous nous sommes efforcé de déterminer la provenance 
exacte de chaque objet, de le décrire avec précision, de signaler les 
publications qui lui avaient été consacrées et de faire connaître enfin 
par quelques mots d'explications son caractère ou son intérêt spécial- 
Nous inspirant de l'excellent exemple qui a été donné par les musées 
étrangers, nous avons ajouté à chaque numéro une reproduction de 
la pierre. Il est difficile qu'un catalogue qui doit être un ouvrage à la 
fois populaire et scientifique, satisfasse pleinement toutes les caté- 
gories de lecteurs auxquels il s'adresse. Nous croirons être assez récom- 
pensé de la peine que celui-ci nous a coûté, s'il peut être de quelque 
utilité aussi bien aux amateurs qui visiteront le Musée du Cinquan- 
tenaire qu'aux archéologues qui chercheront dans leur bibliothèque 
à se renseigner sur les antiques conservés à Bruxelles. 

Nous devons faire observer, en terminant, que cette brochure ne 
comprend que les monuments sculptés ou gravés dans la pierre. Les 
menues inscriptions tracées sur métal ou empreintes dans la terre 
cuite en sont exclues, de même que tous les ustensiles, bijoux, bibe- 
lots, etc., quelle qu'en soit la matière ^. Toutes ces petites pièces trou- 

1. Sur la formation de ce musée Ravestein, cf. Schuermans, Bull. comm. art et 
arch., 1871, p. 403 M. Jean De Mot en parlera plus longuement dans la préface du 
Catalogue des vases, qu'il prépare. 

2. Th. Juste, Catalogue du Musée royal d'antiquités, 2" éd., 18G7. 

3. Le « beau médaillon de marbre blanc représentant la tête d'un empereur romain, 
trouvé à Bavai en 1813 » (?) [Juste, I, 12 = Inv. 996] a été transféré parmi les sculp- 
tures de la Renaissance. 

VII 



veront une place plus appropriée dans le catalogue des bronzes ou 
celui des objets mobiliers. 

Il nous reste enfin à remercier M. Joseph Destrée, conservateur au 
Musée du Cinquantenaire, de sa constante obligeance, qui nous a sin- 
gulièrement facilité la tâche que nous avions assumée. 

Bruxelles, le 7 mars 1898. F. C. 



VIII 



PREFACE 

DE LA DEUXIÈME ÉDITION. 



La deuxième édition de ce catalogue est, en réalité, un ouvrage 
nouveau. Ce qui était une brochure est devenu un volume. Au moment 
où nous faisions paraître la première, en 1808, la section de la sculp- 
ture antique, en dehors des monuments gallo-romains, était presque 
inexistante : il suffisait, pour l'inventorier, d'une dizaine de numéros; 
elle en comprend aujourd'hui plus de douze fois autant, et le chiffre 
des inscriptions trouvées en dehors de la Gaule a aussi quintuplé. 

La première acquisition importante fut, en 1900, celle de deux admi- 
rables bustes et d'un torse praxitélien, trouvés à Smyme [n^s 12, 39, 
40]. Puis vint, en 1904, la vente du prodigieux assemblage d'œuvres 
d'art que Léon de Somzée avait réunies en Italie et c|ui comprenait, 
notamment, une série remarquable d'antiques provenant surtout des 
collections Ludovisi, Demidoff et Tyszkiewicz ^. Un crédit important, 
accordé par l'État, et la générosité de donateurs libéraux nous permi- 
rent d'obtenir, aux enchères, outre la grande statue en bronze de 
Septime Sévère ■, une série de marbres de valeur. En fait, on peut 
dire que presque toutes les pièces importantes furent adjugées 
soit au Musée du Cinquantenaire, soit à M. Raoul Warocqué, et furent 
ainsi conservées à notre pays. Cette vente fut, pour nos monuments 
lapidaires, ce que la donation Ravestein avait été pour les vases et 
les bronzes. Elle créa véritablement une section nouvelle du Musée et 

1. Cf. l'index des provenances. 

2. Cette statue, acquise au prix de 250,000 francs, sera décrite dans le Catalogue des 
bronzes. Elle a été étudiée par Furtwaengler, Collection Somzée, n" 64 et pi. XXX; cf. 
aussi Bulletin des Musées royaux, IV, 1904-5, p. S4 

IX 



lui assura, du premier coup, uu raug honorable parmi les collections 
publiques d'Europe. 

Depuis lors, des achats réguliers nous furent possibles à cause de 
l'augmentation de nos crédits et surtout grâce au concours que n'ont 
cessé de nous prêter des mécènes dévoués à nos Musées. Parmi eux, 
qu'on nous permette de citer, comme ayant mérité notre reconnaissance 
particulière, M'"^ Paul Errera, MM. Beemaert, Cuypers, Gandin, Gin- 
dorff, Warocqué. La fondation de la Société des Amis des Musées, à 
qui nous devons déjà une œuvre importante [n" 41], nous permet 
d'espérer, pour l'avenir, uu appui constant des amateurs éclairés 
qui l'ont fondée. 

Nous pouvons considérer avec satisfaction les progrès accomplis 
par notre section depuis quatorze ans. Mais la valeur de tous les accrois- 
sements dont elle s'est enrichie risquerait d'être méconnue si un cata- 
logue ne mettait en lumière leur intérêt artistique ou archéologique. 
Le luxueux in-folio où Furtwangler, avec sa maîtrise coutumière, a 
classé et apprécié les trésors de la collection Somzée, ne sera jamais 
accessible au grand public et il ne décrit qu'un petit nombre de 
nos marbres. Il devait donc être repris et complété. Mais un travail 
comme celui-ci, s'adressant à la fois aux archéologues de cabinet, qui 
étudient les œuvres antiques en historiens, et aux visiteurs habituels 
ou occasionnels que le Cinquantenaire attire de plus en plus nombreux, 
risque d'avoir à souffrir d'une double critique : les uns lui reprocheront 
de répéter des vérités élémentaires qu'aucun homme de science 
n'ignore, les autres de ne pas leur faire grâce des minuties d'une érudi- 
tion vétilleuse. Nous espérons que chacune des deux moitiés de nos 
lecteurs nous pardonnera en faveur de l'autre moitié. 

En annotant les inscriptions, qui n'offriront pour les amateurs d'art 
qu'un intérêt superficiel de curiosité, nous avons songé surtout à 
nos étudiants, dont beaucoup ne pourront jamais examiner d'autres 
originaux que ceux de notre petite collection épigraphique. 

J'ai l'agréable devoir de remercier, en terminant, mes collègues 
MM. Jean De Mot et Jean Capart qui, après avoir uni leurs efforts 
aux miens pour enrichir notre section, m'ont aussi aidé parfois à la 



décrire. M. ^I.-A. Kiigener, professeur à l'Université de Bruxelles, 
m'a communiqué, avec une prévenance dont je lui sais gré, d'utiles 
observations. Je me plais à reconnaître enfin mes obligations envers 
mon ami M. Charles ^Michel, membre du Comité de la Section de 
l'Antiquité, qui a bien voulu revoir les épreuves de ce catalogue avec 
le soin scrupuleux d'un philologue et qui m'a prêté, particulière- 
ment pour dater les inscriptions, le secours de sa grande expérience 
d'épigraphiste. 

Bruxelles, janvier 1913. 



LISTE DES OUVRAGES CITÉS EN ABRÉGÉ 
DANS LA BIBLIOGRAPHIE 

Annali (et Bidletind) deW Instituto di correspondenza archeologica, Rome, 
1829-1885. 

Athen(ische) Mitt(eilungen) .=: Mitteilungen des kaiserlich deutschen nrchïolo- 
gischen Instituts. Athenische Abteihmg, t. I (1876) à XXX\'II (1912). 

Brambach, Corpus inscriptionum Rhenanarutn, Elberfeld, 1867. 

C(orpus) I (nscriptionum) L(atinarnm), publié par l'Académie de Berlin, 
1863 et suiv. 

Maxime Colligxon, Histoire de la sculpture grecque, 2 vol., Paris, Didot, 
1892 et suiv. 

Crassier (B**** G. de), Séries numismatum antiquorum tam Graecorum quam 
Romanorum, etc. Liège, 1721, 360 pp. avec 10 pp. d'Additamenta, ajoutés plus 
tard et qui manquent dans certains exemplaires. 

— Correspondance de Bernard de Montfaucon avec le baron G. de Crassier, 
publiée par Ulysse Capitaine, Liège, 1855 (extrait du Bulletin de l'Institut 
archéologique liégeois, t. II). 

— Lettres inédites du baron G. de Crassier à Bernard de Montfaucon, publiées 
par Léon Halkin, 1897 (extrait du même Bulletin, t. XXVI). 

Emile Espérandieu Recueil général des bas-reliefs, statues et bustes de la 
Gaule romaine, Paris, t. I (1907) à V (19 13). 

Frôhxer, La collection Tyszkiewicz, choix de monuments antiques avec texte 
explicatif, Munich, 1892 et suiv. 

— Collection d'antiquités du comte Michel Tyzskiewicz. Vente aux enchères, 
Paris, juin 1898. 

XI 



Adolf Furtwaengler, La collection Somzée, Munich, Bruckmann, 1897. 

Hagemans, Un cabinet d'amateur. Notices archéologiques et description rai- 
sonnée de quelques monuments de haute antiquité, Liège et Leipzig. 1863. 

Th. Juste, Catalogue des collections composant le Musée royal d'antiquités, 
d'armures et d'artillerie. Bruxelles, 1864. Une deuxième édition, qui n'est guère 
qu'une réimpression, a paru en 1867. 

Musée de Ravestein. Catalogue descriptif par E. de Meester de Ravestein. 
3 vol. in-8°, Liège, 1871-1882. Deuxième édition, en i vol. Bruxelles, 1884. 

Renesse (C. de). Catalogue du magnifique cabinet délaissé par feu le comte 
Clément-Wenceslas de Renesse-Breidbach , dont la vente aura lieu à Anvers, le 
31 mai 1836, no 4, Antiquités grecques, romaines, celtes, etc.. Anvers, imprimerie 
Rysheuvels. 

Rdm(ische) Mitt(eilungen) . = Mitteilungen des kaiserlich deutschen arch.'-olo- 
gischen Instituts. Rômische Abteilung. I (1886) à XXVI (1912). 

Saglio-Pottier, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, Paris. 1877 
et suiv. 

Salomox Reixach. Répertoire de la statuaire grecque et romaine, 3 vol., Paris, 
1S97 ^t sulv. 

Schayes, Catalogue et description du Musée royal d'armures, d'antiquités et 
d'ethnologie.'Braxelles, 1854. 

— Les Pays-Bas avant et durant la domination romaine. 2 vol., 1837-1838. 
Une deuxième édition en trois volumes a paru en 1858 et 1859, sous le titre: 
La Belgique et les Pays-Bas avant et pendant la domination romaine. Une préten- 
due troisième édition, publiée en 1877, ^'^ qu'un nouveau titre. 

Theodor Schreiber, Die antiken Bildwerke der villa Lndovisi in Rom., 
Leipzig, 1880. 

Somzée (vente Léon de). Catalogue des monuments d'art antique, etc., com- 
posant les collections de Somzée, dont la vente aura lieu les mardi 24 mai 1904 
et jours suivants. 



XII 



PREMIERE PARTIE 

SCULPTURES GRECQUES ET ROMAINES 



STATUES, BUSTES ET BAS-RELIEFS 



I. STATUES ET BUSTES. 



1. [A 1146.] Tête arcHaiccue d'Apollon (?).Tête de 
marbre blanc (Paros), « envoyée de Grèce » au comte Tyzskiewicz. 
Collection Somzée. Acquise en mai 1905. 

Haut. 0^29; larg. o"ii7. — Pas de restaurations. — Epaufrures légères à la 
pointe du nez, au côté gauche de la lèvre supérieure et au côté droit de 
l'inférieure, au côté gauche du menton. Des morceaux de la chevelure 
manquent à la boucle du front, à la masse qui pend sur le dos. 

Le \dsage est celui d'un jeune homme d'une apparence presque féminine, 
mais au menton large et fort, aux joues pleines et bien en chair. Les yeux 
largement fendus en amande sont à peine relevés vers les tempes, le globe 
en est médiocrement bombé, presque à fleur de tête. Les paupières sont 
minces et celle de dessus semble, à l'angle externe, se superposer légèrement 
à l'inférieure. Les sourcils arqués ne bordent pas mais surmontent la saillie 
de l'orbite. Le nez, dont la pointe est brisée, n'était pas très proéminent, 
mais continuait presque la ligne du front. La bouche est souriante, mais le 
sourire, accentué par la fossette où se perdent les commissures, ne consiste 
pas, comme dans la plupart des œuvres archaïques, en un simple retrousse- 
ment des lèvres closes : celles-ci sont entr'ouvertes et animent le \asage 
d'une grâce recherchée. Entre elles, suivant un procédé fréqiiemment em- 
ployé, apparaît la ligne des dents, qui étaient sans doute marquées au 
pinceau. Tout le visage est asymétrique : « l'œil gauche est plus plat, un 
peu plus remonté et plus fuyant vers la tempe que l'œil droit ; la joue 
gauche, au-dessus de la pommette, est moins arrondie que la droite »; 
l'oreille droite est plus petite que la gauche, etc. » L'artiste ne s'est pas 
soucié d'établir une correspondance exacte dans les proportions. 

Les cheveux ont une disposition très particulière :«Un bandeau plat, large 
d'environ deux centimètres, fait le tour entier du crâne, en touchant presque 
de chaque côté l'ourlet supérieur de l'oreille. Au-dessus du bandeau, sur le 
haut de la tête, les cheveux sont simplement peignés, ils descendent du som- 
met en lignes ondulées, que recoupent transversalement de légers cercles 



concentriques. ]\Iais immédiatement au-dessous du bandeau les cheveux 
se divisent et selon leur direction sont traités de façon diverse. La masse 
principale, par derrière, garde les fines ondulations du haut en bas et les 
sillons transversaux»; elle couvre la nuque et s'élargit sur le dos en une 





masse rectangulaire, mais l'extrémité en a aujourd'hui disparu. « Tout 
contre l'oreille, une longue boucle épaisse descend mollement sur chaque 
épaule par devant. La disposition des cheveux sur le front est nouvelle. 
Ils forment trois « paquets », un au miheu du front, les autres sur les tempes... 
Celui du milieu est retroussé en arrière jusque sous le bandeau dont la pres- 
sion maintient le tout en place ; ceux des tempes, après avoir descendu 
jusqu'au niveau du lobe de l'oreille, puis avoir remonté jusqu'au bandeau, 
laissent une seconde fois retomber leur extrémité amincie, réduite à quel- 
ques mèches frisées et collées l'une à l'autre... Au bord inférieur du bandeau 
était, sans doute, un anneau fait dans la réalité d'un cordon de fil tressé, 
dans lequel passait l'extrémité des cheveux. » Au-dessous de ces coques est 
creusé un sillon profond, qui leur donne une légèreté flottante et entoure 
le visage d'ombre. 

La patine est jaunâtre, presque dorée, l'épiderme du marbre n'a pas été 



touché et même les dépôts calcareux qui s'y sont formés par places, ont été 
respectés. 

La forme de la cassure au bas du marbre semble prouver que la tête 
a été travaillée à part pour être adaptée à un torse. 

« Je pense qu'on doit désigner cette tête déjeune homme par le nom d'Apollon. 
Elle pourrait assurément désigner un éphèbe quelconque. Mais il y a dans son 
air de jeunesse un rayonnement et comme un épanouissement de joie qui sem- 
blent dus au désir qu'a eu l'artiste de répandre sur ces traits humains l'expres- 
sion d'une vie bienheureuse et divine. Ce n'est qu'au temps de sa maturité 
que la sculpture archaïque put réussir à éclairer d'un reflet d'idéal les traits 
d'un visage. Ce caractère indique donc déjà que la tête qui nous occupe est d'une 
époque relativement récente : elle doit être de la première moitié du v^ siècle... 

» Il semble que la figure a dii être exécutée dans un atelier ionien. La grâce 
un peu molle de cette jeunesse en fleur, l'élégance recherchée de la coiffure, 
l'amabilité souriante des lèvres et des joues, indiquent assez clairement, surtout 
pour l'époque dont il s'agit, la main d'un brillant sculpteur de quelque cité 
côtière ou insulaire de la Grèce asiatique. » (Lechat.) 

Pour M. Frôhner, au contraire, cette tête serait une tête de femme. Nous 
croyons qu'il a tort, mais, il faut le faire observer, l'un des arguments invoqués 
par M. Lechat est sans valeur. Trompé par le moulage qu'il avait sous les yeux 
et où les cassures ne se distinguaient pas nettement, cet archéologue a cru que 
la chevelure allait en se rétrécissant à partir de la nuque et se terminait sur le 
dos par un nœud comme celle de l'Apollon de Piombino. Il n'en est rien. Le 
rétrécissement apparent est dû simplement à ce que, de chaque côté, un mor- 
ceau de la masse a été enlevé. Le Musée Ny-Carlsberg, à Copenhague, possède 
une tête, cataloguée comme tête de femme [n° 32], qui est très inférieure 
comme style à la nôtre, mais dont la coiffure est la même. 

Certains détails techniques, comme le travail des paupières, dont la supé- 
rieure recouvre l'inférieure à l'angle externe, feraient supposer que ce marbre 
est une œuvre archaïsante, mais il n'a rien de la sécheresse des imitations 
tardives de l'ancien style grec. 

Frôhner, Catalogue de la vente Tyzskiewicz, p. 96, n° 308 et pi. XXXI. — Lechat, 
Revue archéologique, 1900, t. II, pp. i et suiv., pi. IX-X, à qui sont empruntés les pas- 
sages entre guillemets. — Catalogue de la vente Somzée, n° 63. 

2. [A 1316.] Torse de style ionien archaÏQue. 

Torse de marbre blanc. Ancienne collection Panckoucke. Acquis en 
IQ05. 

Haut. oin68; larg. max. o'n30. — Pas de restaurations. 

Torse d'une femme debout, la jambe droite portée légèrement en avant, 
comme prête à marcher. Elle est vêtue du costume ionien. Le chiton de lin, 
dont la plissure sur la poitrine est rendue par une série de sillons ondulés. 



est garni autour du cou d'un large ourlet ou d'une broderie. L'himation de 
laine est fixé sur l'épaule et le bras droits par des boutons qui laissent entre 
eux des « crevés », et descend transversalement vers la taille en passant 
sous le sein gauche. Son bord supérieur est rabattu et forme un bourrelet 




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symétriquement tuyauté, qui fait le tour du corps. De grands pans tom- 
bent à droite et à gauche et couvrent les hanches en plis longitudinaux 
de longueur inégale, qui se terminent par une longue ligne sinueuse. Un 
des coins du vêtement, artistement retroussé, descend sur la jambe droite ; 
son extrémité est terminée par une sorte de gland — sans doute un poids 
qui doit l'empêcher de flotter au vent — et plus haut ses bords sont réunis 
par un filet de marbre, qui semble représenter une fibule ou une couture 
destinée à assurer l'élégance recherchée de sa chute. De plus, sous le bras 
gauche, un autre coin paraît avoir été ramené par-dessus le bord supérieur 
et pendre librement. 



A la partie inférieure, le vêtement — qui est le bas du chiton ^ — est 
massé par devant et forme entre les jambes un faisceau plat. Par derrière, 
il tombe verticalement et accuse la rotondité des fesses, comme sur les côtés 
le contour des jambes. 

La tête, perdue, était encastrée dans un trou conique, creusé dans le cou. 
Un tenon en fer dans le bras droit paraît n'être pas antique. 

Cette statue doit avoir été exposée longtemps aux intempéries et la surface 
du marbre est en partie corrodée. Aucune trace de polychromie n'est visible. 
De plus, le bord extrême de beaucoup de plis est entamé. Néanmoins, ce mor- 
ceau reste d'un haut intérêt et il mériterait d'être étudié en détail. Il offre tous 
les caractères de cet art d'une élégance un peu précieuse et d'une grâce souvent 
conventionnelle que nous ont fait connaître les célèbres koraî de l'Acropole. 
Toutefois, il ne semble pas que notre morceau puisse avoir été sculpté, comme 
elles, vers l'an 500 à Athènes, mais peut-être est-il un produit de cette tradition 
archaïque qui se maintint en Grèce à travers les transformations de la période 
classique ; plus probablement, il faut y voir une copie antique de quelque statue 
perdue du début du v^ siècle. Nous n'avons pu obtenir malheureusement aucune 
indication précise sur la provenance de notre torse, apporté en France certai- 
nement avant l'année i8so. 



Inédit. 



3. [A 1133] Tête barbue de style ardiaÏQtie. 

Tête de marbre blanc. Autrefois à la villa Ludovisi à Rome, puis 
dans la collection Somzée. Acquise par le Musée en mai 1904. 

Haut, o^zg; de l'extrémité de la chevelure au milieu de la bouche 0^117; de 
l'angle interne de l'œil au milieu de la bouche o^^oô^ ; longueur de l'œil 0^036, 
de l'oreille o™o68, largeur de la bouche 0^056. — Pas de restaurations. 

Tête d'un personnage barbu (Zeus?) aux formes pleines et puissantes. 
La che\elure, entourée d'un cordon étroit et épais, part en lignes sinueuses 
et divergentes du sommet du crâne et couvre le haut du front de mèches 
courtes, légèrement tordues; par derrière, elle est nouée en torsade et rele- 
vée sur la nuque. Les sourcils sont fortement arqués, les yeux, à fleur de tête, 
largement ouverts; l'arcade sourcilière est taillée en biseau. Le nez, autre- 
fois restauré — peut-être dans l'antiquité — est perdu. La bouche, dont la 
lèvre inférieure dessine une sorte de croissant, est surmontée d'une mous- 
tache mince rétombant des deux côtés. La souplesse de la barbe, dont la 
partie inférieure est brisée, est marquée par une série d'ondulations trans- 
versales, tandis que de fins traits longitudinaux indiquent les poils. 

I. Chiton pour M Lechat {Au Musée de l'Acropole, 1904, pp. 158 et suiv.), hima- 
tion pour M. Holwerda {Rhein. Muséum, t. LVIII, 1903, pp. 516 et suiv.). 
Cf. Lechat, La Sculpture avant Phidias, p. 217, n. 3. 



L'aspect général, comme le détail de cette tête sont conformes au style 
archaïque. M. Furtwàngler, qui en rapproche deux têtes découvertes à Athènes 
(Friedrichs-Wolters, Bausteine.n^ 105 et 'Fi(çy][izç). àp^aioX. 1887, pi. 3; 
Perrot et Chipiez, t. VIII, p. 526, fig. 271-2. = Brunn-Bruckmann, Denk- 
mdler, n'^29. = Collignon, Hist., t, I, p. 304, fig. 151. Cf. p. 303), estime que 





l'original était une œuvre attique de l'an 500 environ. Nous n'en possédons 
qu'une copie romaine ; c'est ce que prouvent certains détails de la facture, 
l'emploi du foret, pour séparer les mèches de cheveux sur le front, le fait que 
l'extrémité de la paupière supérieure empiète sur l'inférieure, etc. 

ScHREiBER, Villa Ludovisi, p. 225, n» 254. — Furtwaengler, Collection Sotnzée, 
n° 2 et pi. II. — Cat. de la vente Somzée, n° 2. 

4. [A 1134.] Statue d'attilète de l'école d'Argos. 

Statue de marbre italien, à reflets bleuâtres, sillonné de veines plus 
sombres. Autrefois à la villa Ludovisi (décrite en 1877), puis dans la 
collection Somzée. Acquise en mai 1904. 

Haut. 1^50; de la fossette du cou au pubis 0^582; distance entre les seins 
o™28i; longueur des pieds env. 0^30. — Le genou gauche est en stuc; les 
autres restaurations, qui existaient autrefois, ont été supprimées, le bras gauche 
est deux fois brisé, mais les morceaux sont antiques. 

Un homme robuste est debout, appuyé sur la jambe gauche; la droite, 
dégagée, est brisée au-dessus du genou; le pied devait poser, autrefois, 
à plat sur le sol. Le bras gauche replié présentait quelque objet, car la posi- 
tion des muscles de l'avant-bras indique que la main, qui fait défaut, était 



8 



retournée. Le bras droit, un peu écarté du corps, est abaissé, mais l'avant 
bras, qui manque, se soulevait légèrement. La tête, qui est perdue, était 
tournée à droite, du côté de la jambe libre, comme le montre la saillie du 
cou à gauche. La musculature 
est vigoureusement indiquée : 
on notera la puissance des pec- 
toraux, le bourrelet épais qui 
surmonte les hanches et la 
saillie semi-circulaire qui sépare 
la caxàté thoracique de l'abdo- 
men : nous avons sous les 3'eux 
un athlète dont le torse, comme 
les membres, s'est fortement 
développé par l'exercice. 

La pose générale du personnage, 
la structure massive du corps, la 
largeur de la poitrine comparati- 
vement à celle des hanches, les 
formes encore anguleuses, sans 
méplats fondus, le dessin trian- 
gulaire du pubis, tout concourt 
à prouver que l'original de cette 
statue est une œuvre de l'école 
argienne du v^ siècle. Une jambe 
n'est pas encore rejetée en arrière, 
ne touchant terre que du bout des 
orteils, comme dans l'attitude de 
repos animé qu'inventa Poly- 
clète, mais le modelé n'a cepen- 
dant plus la raideur des œuvres 
archaïques. M. Furtwângler at- 
tribue l'original de notre marbre 
à un contemporain de Polyclète 
qui s'inspirait encore de l'ancien 
canon d'Hagelaidas, et il en rap- 
proche le Zeus de Munich {Mas- 
terpieces, p. 212, fig. 90. = Reinach, Rép., t. I, 
Olympie {Olympia, III, pi. 56, i). 

La copie romaine est peu soignée. On remarquera le procédé qui consiste 
à^séparer la jambe du tronc d'arbre, qui le renforce, et le pied gauche du socle en 
les entourant d'un sillon régulier. 

ScHREiBER, Villa Ludovisi, n° 231. — Furtwaexgler, Collection Somzée, n° 5 et 
p! VI — Cat. de la vente Somzée, n° 5. 




193, 2) et un torse trouvé à 



5. Tête d'un jeune atHlète. Tête de marbre provenant 
de Rome, où elle se trouvait en iSqq. Aequise par le Musée en 1912. 

Haut. o'"34; haut, du menton au crâne o'"28; larg. o'"2i. Une lame de 

marbre a sauté du front à l'extrémité 
(lu nez. Êpaufrures légères au men- 
ton, aux oreilles, etc. Le visage a été 
regratté. 

Le front étroit, peu saillant, les yeux, 
largement ouverts entre des paupières 
épaisses et rapprochées des sourcils, le 
nez droit et fort, la bouche sinueuse, 
le menton large et la mâchoire robuste 
rappellent dans cette tête le type des 
athlètes du v^ siècle. La chevelure, 
hérissée au-dessus du front et divisée 
en petites mèches qui se coupent et se 
courbent en tout sens, trahit la repro- 
duction d'un original de bronze. 

Cette tête se rapproche, en particulier, 
de celle d'un jeune athlète du musée des 
Offices de Florence (Bloch, Rom. Mitt., 
VIII, 1892, pp. 81 et suiv., pi. III). 
D'autres œuvres apparentées à celle-ci 
ont été réunies par Hartwig, Jahresh. des Oesterreich. Instit., t. IV, 1901, 
pp. 151 et suiv. 

Publiée : H.\rtwig, loc. cit., p. 158, fig. 185. 

6. [A 1136.] Athiéna PartKénos. Statue en marbre de 
Paros, provenant de Rome. Collection Somzée. Acquise par le Musée 
en mai 1904. 

Haut. i"\^2 sans la tête; de la fossette du cou à l'extrémité de l'apopt^-gma 
o"i595. — Le bras droit est restauré depuis l'épaule, le bras gauche depuis le 
biceps. De même la tête et le casque, mais l'extrémité des boucles sur les 
épaules et celle de la chevelure dans le dos sont antiques. Le bout des 
pieds, chaussés de sandales, est moderne, ainsi que la plus grande partie du 
socle. 

La déesse est debout, appuyée sur la jambe droite; la gauche, dégagée, 
fait saillir le \-êtemtint. Elle porte le péplos dorien, agrafé sur les épaules et 
dont le bord rabattu (apopivs,ma) descend jusqu'au-dessous des hanches. 
Il est serré sous les seins par une ceinture mince, nouée par devant. Par- 




10 



dessus est jetée une égide, couverte d'écaillés, portant en son milieu une 
tête de gorgone entourée de serpents. Les boucles de la chevelure re- 
tombent sur les épaules et dans le dos descend l'extrémité amincie 
du chignon. Un tenon, dont 
l'amorce subsiste à droite à la hau- 
teur de la jambe, a servi à affermir 
un bouclier, posé à terre et que 
retenait la main. 

Cette statue est une réplique de la 
célèbre Athéna Parthénos qui fut 
exécutée par Phidias, en or et en 
ivoire, et consacrée sur l'Acropole 
en 438 av. J.-C. Mais l'auteur de 
notre marbre ne s'est pas astreint à 
une imitation exacte de son modèle. 
Les plis rectilignes et sévères de la 
robe portée par la Vierge athé- 
nienne ont été remplacés par un jeu 
de draperies plus libre et plus varié. 
Le corps même de la déesse guerrière 
a pris une apparence plus féminine. 
On reconnaît dans cette transforma- 
tion l'influence de l'art du iv^ siècle. 
La réplique qui se rapproche le plus 
de la nôtre est, suivant Furtwàngler, 
celle de Wobum Abbev {Statuen- 
copieen im Altertum , I, pi. 7. = Rei- 
NACH, Rép., t. II p. 279. 5). 

FuRTVrAENGLER, Collection Somzée, 
n" 13 et pi. IX. — Rein.\ch, Rép., 
t. II, p. 275, 6. — Catal. de la vente 
Somzée, no 13 et pi. III. 

7. [A 1406.] Torse d'Homme de l'école attiQue. 

Torse de marbre pentélique. Collection Somzée. Acquis par le Musée 
en 1907. 

Haut. 1^14; de la fossette du cou à l'attache du membre o™568; distance 
entre les seins o'n268. — Le marbre est brisé en deux à la hauteur de la taille 
et les deux morceaux sont raccordés; le tronçon du bras gauche, avec une 
partie de l'épaule et de l'aisselle, est rajusté. 

Jeune homme robuste, entièrement nu, debout, appuyé sur la jambe 
droite. La jambe gauche est dégagée, mais le pied semble avoir posé à plat 




II 



sur le sol. Le bras gauche, cassé au milieu du biceps, est abaissé, mais il 
s'écartait légèrement du corps et s'avançait un peu. La tête était tournée 
vers la droite, si l'on en juge par le peu qui subsiste des muscles du cou, 

Les petites boucles plates du pubis 
sont d'une facture presque archaïque, 
et leur sommet dessine une ligne 
légèrement convexe. Contre la cuisse 
gauche, par derrière, subsiste le reste 
d'un objet allongé, sans doute d'un 
support. 

La surface du marbre est très endom- 
magée, surtout par derrière, mais les 
formes du corps, telles qu'elles appa- 
raissent encore, sont conformes au 
« style libre de la fin du v^ siècle, le 
style de l'époque des frises du Parthé- 
non », et la manière de traiter le corps 
est celle de l'art attique, non de l'art 
argien. 

L'œuvre la plus proche de celle-ci 
est un beau torse de Paris (reproduit 
FuRTWAENGLER, Collection Sonizée, 
p. 17). La section semi - circulaire du 
pubis et les formes de cette statue 
concordent avec notre marbre dans 
l'ensemble et dans les détails (notam- 
ment l'entour du nombril) au point 
qu'on peut soupçonner que ces deux 
œuvres ont pour auteur un seul et 
même artiste. 

FuRTWAENGLER, Collection Somzée, n° 20 et pi. XII (nous reproduisons en grande 
partie sa description). — Reinach, Rép.. t. II, p. 818, 3. — Cat. de la vente Somzée, 
1907, n» 20. 

ô. [A 1407.] Torse d*\in jeune liomme. Torse de 
marbre pentélique, provenant de la collection Somzée. Acquis en 1907. 

Haut. o™93; de la fossette du cou jusqu'à l'attache du membre 01^^32; dis- 
tance entre les seins env. oni2o8. — Les restaurations ont été supprimées 
avant l'entrée au Musée. Les broches et les trous du marbre sont modernes. 

Jeune homme entièrement nu, debout, appuyé sur la jambe gauche, la 
droite légèrement repliée, de façon à faire saillir la hanche. Le bras 




12 



droit était levé plus haut que la tête, 
le gauche paraît avoir été plus ou 
moins étendu. Un fort tenon circulaire, 
dont l'amorce subsiste sur la cuisse 
droite, allait sans doute rejoindre 
quelque objet volumineux que regardait 
peut-être le personnage, car la tête était 
tournée de côté. Les formes sont sveltes 
et délicates, mais la surface du marbre 
a presque partout été profondément cor- 
rodée, de sorte qu'on ne peut guère 
juger de la qualité du travail. 

Furtwàngler attribue cette statue au 
ve siècle et en rapproche un torse de jeune 
garçon d'Olympie, qui paraît être un origi- 
nal et se rattacher à l'école argienne 
{Olympia, t. III, pi. 56, 2, cf. Berliner 
Winckelmannsprogramm, pp. 147 et suiv.). 
Il suppose que notre marbre pourrait pa- 
reillement représenter un adolescent vain- 
queur. Tout cela est très conjectural. 

FuRTWAENGLER, Collection Somzée, n° 21 et 
pi. XIII. — Reinach, Répertoire, t. II, 
p. 818, 2. — Cat.de la vente Somzée, 1907, n° 21. 




9. [A 1342.] Hermès d'Alcamène. Tête de marbre 
grec (Paros), trouvée en 1903 à Corinthe. Donnée au Musée par 
M. Raoul Warocqué en 1905. 

Haut. o™28; larg. max. o'"i7. — Pas de restaurations. 

Admirable tête barbue reproduisant un type archaïque. La chevelure, 
très stylisée, forme une série de fines mèches divergentes, sinueuses, partant 
du sommet du crâne, et elle est retenue par un bandeau dont s'échappent 
des boucles frisées en tire-bouchon, qui forment une triple couronne au-dessus 
du front, mais, pour éviter un schématisme disgracieux, l'artiste a fait 
saillir davantage la rangée du milieu. Par derrière, une large masse pendait 
sur le dos, mais un éclat du marbre a sauté emportant tout le bas de la che- 
velure ; derrière les oreilles, deux longues mèches, aujourd'hui brisées, retom- 
baient sur les épaules. Le front est bombé et lisse, sans sillon longitudinal. 
La courbe de l'arcade sourcilière, l'œil allongé en amande et relative- 



13 



ment petit et les joues sans plis accusés sont d'un modelé très délicat. Le 
nez, assez large à la base, est malheureusement mutilé. Les oreilles, d'une 
finesse remarquable, sont percées d'un petit trou rond à la place du canal 
auditif. Une moustache effilée descend des deux côtés de la bouche, dont elle 
cache les commissures. La barbe est formée de ranj^ées de petites mèches 
superposées dont l'extrémité se recourbe en spirale. Le bas en est forte- 
ment épaufré Le cou est taillé de façon à être encastré dans la gaine d'un 
hermès, et la partie inférieure est percée d'un trou destiné à recevoir un 
tenon. 



Il n'est pas douteux que cette tête soit une réplique de l'Hermès d'Alcamène, 
que nous ont fait connaître les fouilles de Pergame (Altmann, Athen. Mitt., 

XXIX, 1904, pp. 178 et 
suiv.). Le type général est 
le même, et notamment la 
triple couronne de frisures, 
qui est particulièrement ca- 
ractéristique, est semblable 
jusque dans les détails : le 
nombre même des boucles 
qui surmontent le front est 
identique. Seulement, les 
mèches du crâne font dé- 
faut sur le marbre perga- 
ménien, où elles ont dû être 
indiquées au pinceau. Le 
modelé du visage et spécia- 
lement le dessin de l'œil, 
moins grand et plus en- 
foncé, la petitesse de la 
bouche, la souple inflexion 
de l'arcade sourcilière sont 
d'une sculpture plus raffi- 
née et plus tardive, la 
barbe est d'un archaïsme 
plus schématique et plus 
voulu. On la comparera 
utilement, pour la forme et 
la facture, à celle de la belle 
tête de Zeus provenant 
d'Athènes, qui a passé de 
la collection Tyzskiewicz au Musée de Copenhague (Arndt, Glyptothèque de 
Ny-Carlsberg, pi. XIII; S. Reinach, Rec. de têtes antiques, pi. CXVII). Le 
marbre de Pergame, qui date du ii« siècle de notre ère, paraît être une copie 




14 



sèche et froide, mais exacte de l'original perdu : le nôtre est une imitation 
moins fidèle et plus personnelle, d'un art encore vivant. Il a moins de majesté 
et plus de douceur. Le sculpteur semble avoir voulu mettre la grâce du visage 
en harmonie avec l'élé- 
gance un peu mièvre de 
la vieille coiffure ionienne. 
Quoiqu'il soit assurément 
difficile d'assigner une date 
à une œuvre qui reproduit 
une composition tradition- 
nelle, l'exécution de ce 
beau morceau de sculpture 
pourrait remonter jusqu'au 
iv« siècle. Cet exemplaire 
de proportions réduites at- 
teste la popularité durable 
en Grèce du type d'Hermès 
créé par le contemporain 
et l'émule de Phidias. 

L'original, qui était peut- 
être l'Hermès, placé sous les 
Propylées d'Athènes, que 
mentionne Pausanias (I, 
22, 8 : 'Eppvîç 7:ponvlaioi), 
datait, selon toute proba- 
bilité, de l'année 430 ap. 
J.-C. environ (Cf. Winter, 
Athen. Mitt., XXIX, 1904, 
pp. 208 et suiv. contre 
LoscHKE, Jahrb. des Inst. 
1904, pp. 22 et suiv.). 

Collection Raoul Warocqué. Antiquités égyptiennes, grecques et romaines, Mariemont, 
1904, n» 142 (la provenance indiquée ici [Athènes] sur la foi du vendeur est inexacte; 
d'après des renseignements très sûrs que nous avons obtenus postérieurement, cette 
tête a été trouvée à Corinthe en 1903). Cf. Lechat, La Sculpture attique avant Phidias, 
p. 501. — Bulletin des Musées royaux, t IV, pp. 29 et suiv., et p. 84. 

lO, [A 1405.] Torse de l'ApHrodite de Cnide. 

Torse de marbre pentélique (?), autrefois au palais Sciarra à Rome, 
puis dans la collection Somzée. Acquis par le ]\Iusée en 1907. 

Haut, o^g},; distance entre les seins on^aô; de la fossette du cou au bas de 
l'abdomen o'»623. — Le bras gauche, brisé à la hauteur de l'humérus, avait été 
travaillé à part et attaché au moyen d'une broche, scellée à l'aide de plomb. 




15 



qui subsiste encore. Le bras droit était fixé à l'épaule à l'aide de deux forts 
goujons enfoncés dans des trous carrés et qui restent visibles. Une baguette de 
fer, dont l'extrémité est encore fichée dans le torse au bord de l'abdomen, a 
maintenu l'avant-bras gauche dont il permet de déterminer le mouvement. 
Un trou foré dans le cou est moderne : la tête avait été sculptée dans le 
même bloc que le tronc. Un autre trou, qui perce profondément la cuisse gauche 
par derrière, doit avoir servi à fixer un tenon. 

Ce torse a appartenu à une bonne réplique d'une des statues les plus 
célèbres de l'antiquité : l'Aphrodite de Cnide, un des chefs-d'œuvre de 
Praxitèle. La déesse était représentée sans voiles au moment où elle entrait 
au bain. Debout sur la jambe droite, la gauche légèrement repliée, les genoux 
rapprochés et comme "frissonnante, elle tournait vivement la tête, crai- 
gnant d'être surprise, et faisait 
de la main droite un geste 
instinctif de pudeur. De la gau- 
che, elle déposait, sur un vase 
placé à côté d'elle, le vêtement 
qu'elle venait de dépouiller. 
L'auteur de notre réplique sem- 
ble avoir fidèlement reproduit 
cet original fameux (le bracelet 
qui entoure le bras gauche se 
retrouve sur les meilleures ré- 
pliques). Il paraît seulement 
avoir accentué un peu l'inch- 
naison du torse, et il a certaine- 
ment modifié la coiffure : ici la 
chevelure descendait dans la 
nuque, où un morceau s'en est 
conservé, tandis que Praxitèle 
l'avait relevée en un chignon 
retenu par une bandelette. 

La surface du marbre, qui pa- 
raît être resté longtemps exposé 
aux intempéries, est fort endom- 
magée : le dos est entièrement 
rongé et troué par l'action des 
eaux; la partie antérieure, pro- 
tégée contre les pluies par l'inclinaison du torse, est heureusement moins 
corrodée, mais elle a reçu de nombreuses éraflures. On peut à peine se faire 
une idée, par ce fragment mutilé et maltraité, du charme, tant vanté par les 




i6 



anciens, de la plus célèbre des œuvres de Praxitèle. Il faut un effort pour se 
figurer « le rythme exquis des lignes, la souplesse onduleuse des contours, 
l'heureux emploi de la draperie qui servait de soutien en même temps qu'elle 
faisait valoir, par le contraste, le travail poli et caressé des chairs » (Colli- 
gnon) . IMais on y aperçoit, cependant, quelque reflet de cette grâce délicate, 
de cette pureté des formes, qui distinguaient la déesse du maître athénien, et 
dont on appréciera mieux la sobriété, si l'on compare ce torse à celui de 
l'Aphrodite hellénistique que nous décrirons plus loin [n» i8]. 

FTJ'RTWAEiiG'LBR, Collectioti Sotnzêe, n° 33 et pi. XVIII. — Cat. de la vente Somzée, 
1907, no 33. 



11. [A 1138.] Jeune satyre. Statue de marbre de Paros, 
autrefois à la villa Ludovisi, puis dans la collection Somzée. Acquis 
en mai 1904. 

Haut. i'^3o; distance entre le bord 
de la pardalide et l'attache du membre 
env. 001306; distance entre le nombril 
et l'attache du membre 0^138; largeur 
maximum de la poitrine 0^256. — La 
jambe gauche est brisée au mollet et 
à la cheville; le morceau détaché est 
antique, mais le pied, ainsi que le socle 
et le bas du tronc, sont modernes (mar- 
bre italien) ; modernes aussi semblent 
être les tenons de fer qui fixaient à la 
peau de faon des lambeaux du bord. La 
tête, qui est perdue, était emboîtée dans 
le torse. Le bras droit et l'avant-bras 
gauche, qui avaient été travaillés séparé- 
ment, font également défaut. La partie 
postérieure de la statue n'est qu'ébau- 
chée. 

Un jeune homme est debout, le 
poids du corps reposant sur la jambe 
gauche, que renforce un tronc d'arbre. 
La jambe droite, légèrement pliée, est 
brisée au milieu de la cuisse. Le bras 
droit, qui fait défaut, était relevé, 
comme le prouve le mouvement de 
l'épaule; le bras gauche était abaissé 
le long du corps. Le corps se penche 




17 



un peu de ce côté, où la taille se creuse. De l'autre, tous les muscles sont 
tendus par le mou\'ement de l'épaule. 

Cet éphèbe est vêtu d'une peau de panthère, qui pend derrière le dos 
et descend jusqu'au genou; la tête de l'animal vient couvrir le milieu de 
la poitrine; les pattes antérieures sont nouées sur les épaules et les pattes 
postérieures sont rejetées au-dessus d'un lien qui entoure les hanches. 
Les pieds étaient chaussés de sandales, garnies de peau de faon. 

Le type de cette statue n'est connu par aucune autre réplique, mais son atti- 
tude de station hanchée, rélégance juvénile des formes, la souplesse sinueuse 
du corps la font reconnaître immédiatement pour une œuvre de l'école de Pra- 
xitèle. La pose est presque identique à celle du célèbre « Satyre versant à 
boire » (Collignon, Hist. sciilpt. gr., t. II, p. 265), et Furtwàngler suppose que 
ce motif nouveau fut inventé par Praxitèle lui-même et constitue une variante 
inconnue de son œuvre. « Il est impossible que l'agencement de la peau de 
panthère et les sandales soient dus à un imitateur : de tels accessoires sont 
absolument étrangers au fonds où les copistes puisent les additions et rema- 
niements qu'ils se permettent. » Mais récemment des doutes se sont fait jour 
sur l'attribution même du fameux « Sat3^re versant à boire » au maître athé- 
nien (Maviglia, Bull, connu, arch. comunale, XXXVIII, 1912, p. 161), et tout 
ce qu'il est permis d'affirmer, c'est que ces œuvres ont subi l'influence des 
types de satyres créés par ce grand artiste. 

FuRTWAENGLER, Collection Somzée, n° 22 et pi, XIV. — Reinach, Rép., t. II, p. 148, 1. 
— Cat. de la vente Somzée, n" 22 et pi. V. 

12. [A 1077.] Dionysos (?). Torse de marbre blanc très 
cristallin (Paros?), trouvé à Smyrne dans les « Bains de Diane» 
avec les n^s 3g, 40. Acquis en 1900. 

Haut. 1^04; larg. max. 0^43; de la fourche du cou à l'attache du membre 
o°>46. — Pas de restaurations. — La jambe gauche est brisée au-dessus du genou, 
la droite au milieu de la cuisse (la partie conservée de celle-ci est rajustée, 
mais antique). 

Un jeune homme est debout, le poids du corps reposant sur la jambe 
gauche, la droite légèrement pliée, et il appuie le coude gauche sur un 
pilier sur lequel pend la nébride (peau de faon) enroulée autour du bras. 
Cette attitude produit une souple inclinaison du torse et un jeu de lignes 
harmonieusement rythmées. Le bras droit s'élevait presque verticalement 
et était sans doute, par un geste nonchalant, replié au-dessus de la tête, 
qui était tournée vers la gauche. 

La pose de cette statue, comme celle de la précédente, rappelle l'attitude 
du '( Satyre versant à boire », mais ici le bras droit se relève beaucoup plus 

18 




verticalement, le torse est plus 
incliné et, de plus, la nébride 
n'est pas déposée sur un tronc 
d'arbre à côté du dieu, mais 
entoure le bras gauche. Il semble 
que nous nous trouvions en pré- 
sence d'un Bacchant, imité du 
Satyre de l'artiste athénien, ou 
d'une variante, due à lui-même, 
du type qu'il avait créé. On re- 
trouve bien marqués dans notre 
torse la largeur et l'aplatisse- 
ment de la poitrine, la saillie 
des muscles de l'abdomen, tous 
les caractères qui ont fait regar- 
der le « Satyre versant à boire » 
comme une œuvre de jeunesse 
de Praxitèle subissant encore 
l'influence de Polyclète (Furt- 
WAENGLER, Masterpteces. p. 311) 
ou comme une production de 
l'école argivo-attique, inspirée par 
les satyres du célèbre sculpteur 
(Maviglia, /. c. cf. supra. n° 11). 
Mais le geste du bras, qui devait 
être languissamment ramené au- 
dessus de la tête, rapproche davan- 
tage notre statue de 1' « Apollon 
au repos », connu par quantité de 
répliques (Reinach, Rép., t. II, 

p. 95, etc.). — L'ensemble de la composition a dû être très semblable au type de 
la statuette n» 93. La copie, d'époque romaine, est peu soignée : on notera la 
rigole profonde qui sépare de la jambe le tronc d'arbre, qui n'a pas été «nettoyé». 
Les traces des coups de râpe sont visibles sur toute la surface du marbre. 
Inédit. 



13. [A 1162 ] Torse d'Apollon oti de Dionysos. 

Torse de marbre blanc, de provenance inconnue, autrefois dans la 
collection Somzée. Donné au Musée du Cinquantenaire par un 
anon3'me en 1904. 

Haut. on»83; delà fossette du cou à l'attache du membre 0^442; distance 
entre les seins oniig5. — Le corps est brisé au milieu et restauré en ciment, 
mais les deux parties sont antiques. Un large éclat a sauté dans le dos, du côté 
droit. 

19 




Jeune homme debout, appuyé sur 
la jambe droite tandis que la gau- 
che ployée se porte légèrement en 
avant. Le bras gauche écarté du 
corps, était probablement soutenu 
par quelque support où cet éphèbe 
s'appuyait nonchalamment. Ce mou- 
vement provoque une souple incli- 
naison du torse, dont la hanche fait 
saillie à droite, tandis que la taille 
s'é\'ase du côté opposé avec un jeu 
de lignes sinueuses. Le bras droit 
était abaissé. La tête, qui est perdue, 
était tournée vers la droite. Deux 
boucles de cheveux retombant sur 
les épaules semblent indiquer que la 
statue était celle d'un Dionysos ou 
d'un Apollon. 

Le modelé fondu, les formes moel- 
leuses de ce corps d 'éphèbe comme la 
position hors d'aplomb, le corps pen- 
ché étant soutenu par un support, rap- 
pellent les œuvres de la maturité de 
Praxitèle. 

FuRTWAENGLER, Collectiou Somzéc, n° 27, 
— Cat. de la vente Somzée, n° 27. 



14' [A 1408.] Fragment de statue. Fragment de marbre 
pentélique, provenant de la collection Somzée. Acquis en 1907. 

Haut. 0^24; larg. oin35. — Pas de restaurations. 

Partie inférieure d'une statue d'homme, qui se tenait debout, appuyé 
sur la jambe droite, la gauche avancée. Il n'en subsiste que les deux pieds, 
posés à plat, et la jambe gauche jusqu'au genou, qui sont restés atta- 
chés à la base. Les formes de la jambe sont robustes et la musculature est 
accusée. A droite, se trouve un rocher dont la face antérieure est décorée d'un 
grand masque barbu à longue chevelure, tel qu'on représentait les dieux 
fluviaux. Les sourcils sont froncés, le front est plissé de rides, le regard dirigé 
vers le haut, la bouche ouverte avec une expression de souffrance très mar- 



20 



quée. Au-dessus, le marbre est taillé horizontalement et, au milieu de la 
section, on remarque un petit trou de scellement. 

« Ce fragment est un original grec de valeur : il date de la meilleure époque... 
Le masque rappelle celui d'Achéloos des monuments attiques du iv^ siècle 
('Eç7]{ASplç àp/aio>v, 1894, pi. 7). avec cette différence qu'il a l'apparence d'une 




figure morte. Je conjecture que cette statuette représentait Héraklès appuyant 
de la main gauche sa massue sur la tête d'Achéloos, qu'il avait tué (Roscher, 
Lexikon, I, 2245, II. 64 et suiv., et Beschreib. der ant. Skulpt. Berlin, n<'637). » 
[Furtwàngler.j 

FfRTWAENGLER, Collection Somzée, n° 57. — Reinach, Rép., t. II, p. 796, 6. — Cat. 
de la vente Somzée, 1907, n° 57. 

15. [A 1140.] Statue d'une déesse de la Santé. 

Torse de marbre de Parcs, autrefois au palais Rospigliosi à Rome. 

Collection Somzée. Acquis en mai 1904. 

Haut. 0^98; de la fossette du cou au genou o"» 712. — Les restaurations ont 
été supprimées. 

Une jeune fille s'avançait posément, la jambe droite pliée en arrière. Elle 
est vêtue d'un simple manteau dont le bord supérieur, enroulé, forme un 
étroit bourrelet qui traverse la poitrine, découvrant le sein droit. Ce 



?T 



manteau est garni d'une série de cordons destinés à l'attacher. Il enve- 
loppe le bras gauche vers lequel sont ramenés tous ses plis, et à travers 
la fine étoffe de laine transparaissent les formes délicates, presque graciles, 
d'un corps ^•irginal. Le bras gauche, brisé au-dessous du coude, était replié 

en avant, le bras droit fait défaut 
depuis l'épaule. Une protubérance 
\isible au-dessous, sur le côté, est 
le reste de quelque attribut ou plus 
probablement d'un tenon. L'attitude 
de la statue et ses formes élancées, 
d'autre part la sobre élégance de la 
draperie, traitée avec un art admi- 
rable dans sa simplicité, tendent à 
faire regarder cette statue comme 
une œuvre du milieu du iv^ siècle. 

L'interprétation a donné Heu à di- 
verses conjectures. Le musée du Capi- 
tole possède une réplique de la même 
œuvre faussement restaurée en Uranie 
(Helbig, Fûhrer Samml. Rom, P, 
no 603). A ses pieds, à droite, est dé- 
posé un coffret à manuscrits fscnmMmj. 
Comme ce coffret caractérise souvent 
dans l'art antique les écrivains, on a 
voulu reconnaître dans notre statue 
une poétesse, et M. Furtwângler crut 
pouvoir l'identifier avec un des chefs- 
d'œuvre du sculpteur Silanion, le por- 
trait idéalisé de Corinne, rivale de 
Pindare. Mais il abandonna bientôt 
lui-même cette opinion (Kôrte, Berl. 
Philol. Wochenschr,, 2 avril 1902, 
no 37), et depuis M. S. Reinach a 
découvert, à Compiègne, une Corinne, 
qui est peut-être celle de Silanion [Rev. archéol., 1898, t. I, p. 162; 1900, t. I, 
p. 168) et qui n'a rien de commun avec notre torse. 

D'autre part, M. Helbig (loc. cit.) a rapproché de la statue du Capitole et de 
la nôtre un petit marbre du Louvre (Reinach, Rép., t. II, p. 622, n» 3), qui est 
certainement une réduction du même original. Sur le vêtement on distingue le 
reste d'un serpent qui s'enroule autour du bras gauche. C'est l'attribut des dieux 
médicaux, et cette image serait donc celle d'une jeune déesse de la Santé. 
L'explication proposée est d'autant plus probable qu'autrefois, au palais 
Rospigliosi, les deux bras attachés à notre torse portaient un serpent et une 




22 



coupe. Ces bras ont malheureusement disparu, mais il est manifeste qu'où bien 
ils étaient antiques, ou bien rétablis par le restaurateur d'après des fragments 
découverts en même temps que le torse. Le scrinium est peut-être censé contenir 
des recettes ou des livres médicaux; plus probablement il faut y voir une 
pharmacie portative (Cf. Pline, VII, § io8, scrinium un guentorum) . — L'auteur 
de cette œuvre charmante reste à chercher. 

Matz-Duhn, Antike BUdwerke in Rom, n° 863. — Furtwaengler, Collection 
Sonizée, n" 37 et pi. XX. — Reinach, Rêp., t. II, p. 675, 6. — Catal. de la vente Somzée, 
n° 37 et pi. IX. — Cf. CuMONT, Bull, des Musées royaux, t. XI, 1912, pp. 69 et suiv., 
où sont reproduites les répliques connues de la statue. 



16. [A 1141.] É-ros bandant son arc. Statue de marbre 
de Paros. Rapportée d'Espagne sous le premier Empire par le prince 
de Canino, elle a fait partie des collections Pourtalès, Demidoff et 
Somzée. Acquise en mai 1904. 

Haut, totale in»24; de la 
fossette du cou jusqu'aux 
pieds o™95. — Les restau- 
rations sont nombreuses : 
la tête, les ailes jusqu'aux 
attaches, le bras droit de- 
puis l'épaule, l'avant-bras 
gauche, l'arc, la jambe gau- 
che depuis le genou, le car- 
quois (?), le membre. La 
plinthe et les pieds sont an- 
tiques, ainsi que la jambe 
droite, bien qu'une partie 
du pied et un morceau de 
la cuisse au-dessus du ge- 
nou soient des raccords. 

Un jeune garçon ailé, 
aux formes sveltes, mais 
robustes, empoigne de la 
main gauche le milieu 
d'un arc qu'il appuie con- 
tre sa jambe, et de l'autre 
main il fait glisser la 
corde dans l'encoche pra- 
tiquée à l'extrémité supé- 
rieure de l'arme. L'atti- 




23 



tude est saisie dans la spontanéité d'un effort instantané : le pied gauche 
repose fermement sur le sol, la jambe étant légèrement fléchie; seule la 
pointe du pied droit touche la terre et assure l'équilibre instable du corps 
à demi incliné et qui se tourne en se courbant. L'original était en bronze : 
le carquois qui sert de support est une addition du copiste ancien ou du 
restaurateur moderne. 

Le grand nombre de répliques conservées de cette statue (Reinach, Répart., 
t. I, pp. 357 et suiv. ; t. IL pp- 247 et suiv.) prouve que roriginal en était célèbre, 
et il faut, sans doute, y reconnaître l'Éros que Lysippe avait consacré, à côté 
de celui de Praxitèle, dans un temple de Thespies {Paus., IX, 27, 3). La statue 
a tous les caractères de l'art de Lysippe, notamment les formes élancées que 
la flexion du torse ne rend pas sensibles au premier aspect. « La figure n'est pas 
au repos, mais se trouve dans cet état d'instabilité que détermine un mouve- 
ment commencé. C'est bien là une de ces attitudes fugitives, un de ces moments 
que Lysippe aime à saisir et à fixer, témoin l'Apoxyomenos du Vatican. L'ana- 
logie avec cette statue se poursuit encore plus loin. Voyez comme le geste des 
deux bras portés en avant masque certaines parties de la poitrine et fait saillir 
les pectoraux. Vous retrouverez les mêmes nuances de modelé dans l'athlète 
au strigile. Ajoutez, enfin, comme trait bien caractéristique, la hardiesse de la 
silhouette, preuve certaine que l'original était en bronze. » Lysippe, par contraste 
avec Praxitèle, avait fait de son Éros « une sorte de petit athlète attentif et 
résolu, occupé à déployer sa force physique » et « à la grâce voluptueuse de 
l'œuvre attique, il opposait la ferme vigueur de son style » (Collignon, Lysippe, 
p. 68). 

Clarac, pi. DCL, n° 1491. — ■ Reinach, Répart., 1. 1, p. 375, 7. — Dubois, Description 
des antiques faisant partie des collections du comte de Pourtalès-Georgier, Paris, 1841, 
p 8, n° 37 (:e marbre a été apporté d'Espagne en France par Lucien Bonaparte . 
— Cataiogue des objets d'art dont la vente aura lieu à Florence au palais de San Donato, 
le 15 mars 1880, n» ioo5. — Furtwaengler, Collection Somzée, n° 39. — Cat. de la 
vente Somzée, n° 39. 

17. [A 1142.] NympHe dénotiant sa sandale. 

Statue de marbre de Parcs, provenant de la collection Somzée. Ac- 
quise en mai 1904. 

Haut. o™96; larg. 0^52. — Restaurations : le pied gauche, la moitié anté- 
rieure de l'avant-bras droit, un morceau de l'épaule droite avec l'omoplate. 
La statue est cassée à la taille, et le torse est assez endommagé dans le dos ; 
l'avant-bras gauche est brisé, mais antique. 

Une jeune fille est assise sur un rocher, où elle s'appuie de la main gauche, 
et elle se penche pour dénouer la sandale de son pied gauche, qu'elle lève. 
L'autre pied, posé à terre, est déjà nu et la sandale, qui le chaussait, est 
placée à côté de lui. Le manteau qui revêtait le corps a glissé sur les genoux, 

24 



découvrant le torse, et il pend jusqu'à terre, retenu seulement par le bra^ 
gauche qui en serre un pan contre la taille. La tête, comme le prouve la place 
de la fourche du sternum et la comparaison avec une statuette de Naples. 
était levée et regardait non la sandale du pied, mais quelque autre objet 
ou personnage. 

Le motif charmant que reproduit cette statue dut être très populaire dans 
l'antiquité. Il est connu par plusieurs répliques, qui offrent de légères \ariantes, 
mais la nôtre paraît 
être la meilleure de 
toutes celles que 
nous avons conser- 
vées (Furtwàngler). 
On admire en parti- 
culier l'élégance de la 
draperie qui tombe 
mollement sur e 
sol. On est d'accord 
pour placer vers le 
iii« siècle la date de 
l'original; l'ensemble 
de son mouvement 
rappelle, comme on 
l'a fait observer, la 
Tychè d'Antioche du 
sculpteur Eut3xhi- 
dès, élève de Lysippe 
(Amelung) . 

Le sujet, selon 
l'opinion commune, 
n'est pas mythologi- 
que : on y a vu sim- 
plement une jeune 
fille se préparant à 
prendre un bain. 
" C'est une œuvre de 
genre traitée avec 

une simplicité exquise et une entente rafftnée de la forme. On songe à certaines 
figures en terre cuite de Myrria qui reproduisent des originaux de la même 
époque et conçus suivant le même idéal» (S. Reinach). 

Mais une autre interprétation est préférable. Le socle, qui est antique, est 
entamé du côté gauche, ainsi que le bas du rocher, de telle sorte qu'on 
pourrait y adapter la base d'une autre statue. Or, une monnaie de Cyzique 
(Imhoof-Blumer, Jahrb. des Inst., 1888, p. 296 et pi. IX, 29) représente 
notre nymphe assise, regardant un satyre dansant. Ce satyre paraît être celui 




25 



que reproduit un marbre bien connu du Louvre (Clarac, pi. 297, 



Reinach. Rc[^.. l. I, p. 150, 3 




1888, pp. 434 et suiv.; Rép. 



1° 171 1. = 
Frôhner, Sculpt. du Louvre, n" 266). 

Il semble donc qu'il faille réunir ces deux 
statues et que le groupe reproduise quelque 
œuvre célèbre qui était conservée à Cyzique. 
De quelle légende grecque ou asiatique s'était 
inspiré son auteur? Nous l'ignorons et nous 
ne connaissons pas davantage le nom de cet 
artiste, qui a peut-être appartenu à l'école 
de Bithynie (Doedalsès?). Nous donnons ici 
une restitution de ce groupe, qui a été tentée 
par M. Klein à Prague. 

La nature de la représentation change 
ainsi complètement : la nymphe, qui lève la 
tête, est occupée tout entière par la danse de 
son compagnon, et ne prête plus, à l'acte 
machinal qu'elle accomplit, qu'une attention 
distraite. 



FuRTWAENGLER, Collection Somzée, n° 40 et 
pi. IX. — S. Reinach, Gazette des Beaux- Arts, 
t. II, p. 821, n" 26. — Cat. de la vente Somzée, n" 40. 



lÔ. [A 1139.] Torse d'ApKrodite. Fragment d'une 
statue de marbre de Paros. Collection Somzée. Acquis en mai 1904. 

Haut, o^-jg; de la fossette du cou à la naissance des jambes o™6i5; distance 
entre les seins o™225. — Pas de restaurations actuelles. Les restes d'un tenon 
en fer dans la nuque et les trous forés près du cou et au-dessus du bras droit 
sont modernes. 

Ce torse, un peu courbé en avant, appartenait à une statue d'Aphrodite 
dont le motif est connu par une quantité de reproductions : la déesse, sor- 
tant des flots où elle est née, exprime l'humidité de sachevelure ruisselante; 
la main droite presse une masse épaisse de cheveux au-dessus de la tête; 
la gauche, moins élevée, saisit les boucles qui pendent dans le cou. La tête 
de notre statue a disparu, mais quelques mèches de cheveux, qui retom- 
baient au delà de l'épaule droite, sont conservées sur le haut du bras. Le 
corps était appuyé sur le pied gauche, la jambe droite légèrement ployée, et 
un petit bourrelet, qu'on remarque près de la cassure de la cuisse, est un 
reste du vêtement qui enveloppait les membres inférieurs. 

Malgré les mutilations qu'il a subies, ce torse est d'une grande beauté. Le 
marbre donne fortement la sensation de la chair. C'est « un savoureux chef- 
d'œuvre qui fait songer à la Vénus de Milo » (Reinach). Quelle que soit la date 



26 



qu'on assigne à celle-ci, l'original que reproduisait notre statue n'est certaine- 
ment pas antérieur à l'époque alexandrine. Elle représente un type assez avancé 
dans la série des Aphrodites 
nues. Elle n'a plus la finesse 
gracieuse de la Cnidienne de 
Praxitèle [n° lo] ; ses formes 
pleines, presque grasses, que 
le sculpteur a accusées en 
creusant profondément le 
nombril, en gonflant le pubis, 
la rapprochent de la « Vénus 
accroupie » de Doedalsès (vers 
230 av. J.-C). Ses charmes 
sont déjà sensuels, elle est 
quelque peu orientale et fait 
prévoir l'apparition des plan- 
tureuses Aphrodites syriennes. 
On a supposé que le tj'pe 
sculptural avait été inspiré par 
une peinture célèbre d'Apelle, 
représentant « Aphrodite sor- 
tant de l'onde et tordant sa 
chevelure ». Mais, l'addition 
du vêtement qui entoure les 
jambes a transformé un ta- 
bleau mythologique en une 
simple scène de genre : la déesse- 
sort de l'eau, se rhabille et se 
recoiffe. Ceci aussi est con- 
forme au goût alexandrin. 

FuKTWAENGLER, Collection Somzée, n°35 et pi. XX.— Reinach, Gazette des Beaux- 
Arts, XX, 1898, p. 443 et Rép., t. II p. 369, I. — Cat. de la vente Somzée n» 35 
et pi. VIII 

19. [A 1143.] Satyre agaçant tine pantlière. Statue 

de marbre de Thasos. Elle se trouvait, à la fin du xyiii^ siècle, à Paris 
dans l'hôtel d'un amateur écossais, Quentin Crawfurd. Confisquée à la 
Révolution, elle figura au Louvre au moins de 1801 à 1815. Restituée 
alors à son propriétaire, elle fut vendue en 1820 au comte de Pourtalès, 
puis, en 1865, fut achetée (15,300 francs) par le prince Demidoff. De 
sa collection elle passa, en 1880, dans celle de Somzée et fut acquise 
par le Musée en mai 1904. 




27 



Haut. i'"37 (sans la plinthe); de la fossette du cou à l'attache du membre 
o™402. — Restaurations : quelques fragments du lagobolon, pattes antérieures 
et cou de la panthère, raccords aux deux genoux, bout du pouce droit, frag- 
ments du bord de la peau de bouc, peut-être le pied droit avec un morceau de 
la plinthe. 

Un sat\Te rieur s'avance en sautant et saisit de la main gauche la queue 
d'une panthère qui bondit à côté de lui, les pattes antérieures posées sur un 

cratère renversé. De la main 
droite, il brandit au-dessus 
de sa tête un cep de vigne 
(laooholon) , dont il menace 
l'animal familier, qui le re- 
garde comme il le regarde. 
Son corps d'adolescent, 
svelte et agile, est entière- 
ment nu, sauf une peau de 
bouc passée en bandoulière 
autour du torse et dont les 
pattes sont nouées sur 
l'épaule gauche. Une petite 
queue de bouc dans le dos 
rappelle sa nature semi- 
animale. La tête, au front 
aplati, au nez écrasé, aux 
oreilles pointues, aux cheveux 
ébouriffés, aux lèvres sen- 
suelles qu'écarte un large 
rire, est néanmoins d'une 
grande finesse et exprime la 
joie de \d\Te de ce compa- 
gnon de Bacchus. Déité des 
forêts, il porte une couronne 
de pin. 

Du côté gauche, un tronc 
d'arbre recourbé, entouré dp 
pampres, sert d'appui. Lr 
travail en est négligé, comme 
celui de la panthère; la sur- 
face rugueuse du marbre, gratté à grands coups de râpe, fait valoir la déli- 
catesse avec laquelle est achevé le corps juvénile du sat\Te. 

L'original de cette statue doit avoir été en "bronze. Pour se fi:urer la 




28 



grâce hardie de cette figure, il faut supprimer, par la pensée, le support 
(tronc), les tenons (queue de la panthère, membre), et le bloc placé sous 
le pied droit. 

Ce marbre est « l'exemplaire le plus beau et le mieux conservé » d'un type 
dont le développement a été étudié par Furtwaengler {Saiyr aus Pergamon ; 
Winckelmannsprogramm, XL, Berlin, 1880; Collignon, t. II, pp. 581 et suiv.) 
et qui est connu par des répliques variées ( Reinach, Rép., t. II, pp. 137 et suiv.) . 
Les motifs fort anciens du « Satyre soulevant par la queue une panthère » (coupe 
de Brygos : Hartwig, Meisterschalen, p\. XXXII) et du « Satyre exécutant un 
pas de danse » ont été combinés, à l'époque hellénistique, avec d'autres types 
(satyres portant des fruits dans leur nébride, ou le jeune Dionysos sur le braS;. 
Mais la simplicité charmante de notre groupe contraste avec cette accumulation 
déconcertante d'attributs et de fonctions, et il doit occuper, dans la série, une 
place assez ancienne. Il remonte, sans doute, au iii^ siècle. Son auteur est inconnu. 

L'histoire de notre statue a été retrouvée par M. Etienne ^Iichon {Bull. Soc. 
antiquaires de France, 1898, pp. 363 et suiv.), à qui j'emprunte en partie la 
bibliographie : 

Inventaire (du Louvre) du Premier Empire, p. 24,11° 5420, avec l'indication, sans 
doute erronée : « ancienne collection delà Couronne ». — Notice de la galerie des antiques, 
édit. de 1801, n° 53, édit. de 1802, n° 49. — Piroli et Piraxesi, Monuments antiques 
du Musée Napoléon, t. II, 1804, p. 37 et pi. XV. — Robillard, Pérouville et Lau- 
rent, Musée français, pi. XLVI. — Filhol, Galerie du Musée Napoléon, t. IX, pi. 
DCVI. — Catalogue des tableaux, antiquités, etc., composant le cabinet de M. Quentin 
Craufurd, Paris, 1820, n" 406 [vendu le 29 novembre]. — Visconti, Opère varie rac- 
colte da G. Labus, t. IV, 1831, pi. XIV. — Clarac, Musée de Sculpture, pi. DCCXI, 
n° 1693A. — Dubois, Description des antiques faisant partie des collections du comte de 
Pourtalès-Georgier. 1841, p. 13, n° 46. — Catalogue des objets d'art qui composent le 
cabinet de feu le comte de Pourtalès-Georgier, Paris, 1865, n° 46 [cfr. Lenormant, Gaz. 
des Beaux-Arts, XVIII, 1864, p. 473]. — C. de Roddaz, L'Art ancien à V Exposition 
belge, 1882, p. 385. — Furtwaengler, Collection Somzée, n° 42 et pi. XXIII. — 
Reinach, Rép., t. I, p. 403, 2; t. III, p. 37, 6. — Cat. de la vente Somzée, n° 41. 

20. [A 1144.] Olympos o\i DapHnis. Statue de marbre 
pentéliqiie, provenant de la villa Ludovisi à Rome, où elle se trouvait 
en 1633. Collection Somzée. Acquise en mai 1904. 

Haut. i°>34 — Restaurations : la tête et le cou, le membre, la main droite et 
la plus grande partie de la flûte, les doigts de la main gauche, une partie de 
l'avant-bras gauche, le talon droit. Les bras et les jambes sont brisés en 
plusieurs endroits et rajustés à l'aide de raccords et de tasseaux, mais ils sont 
presque entièrement antiques. La plinthe est restaurée en plâtre à droite et 
sectionnée à gauche ainsi que le rocher. La surface du marbre a été retra- 
vaillée près de la nuque, là où passait le bras de Pan. 

Un texte de Pline (XXXVI, 29) nous apprend que dans les galeries qui 
entouraient le lieu de réunion des Comices, au Champ de ]\Iars, se trouvait 

29 



un groupe de Pan et d'Olynipos, œu\re d'un artiste inconnu et qu'il faisait 
pendant à un autre, représentant Achille et Chiron. On a depuis longtemps 
reconnu le premier dans une série de répliques qui nous montrent Pan assis 

sur un rocher, apprenant à jouer de la syrinx 

P* ^•'** à un jeune homme, dont il entoure le cou du 

> , .;^ ^ bras gauche. Notre statue est détachée de ce 

, ^^ mi couple. 

Un jeune homme nu est assis sur un rocher 
et touche à peine le sol de la pointe du pied 
droit; la jambe gauche est repliée, le pied 
s'appuyant contre le mollet de l'autre jambe. 
Des deux mains, cet adolescent approche de 
ses lèvres la flûte des pâtres. Une épaule est 
levée comme par un mouvement de timidité. 

Dans le groupe complet (Reinach, Rép., t. I, 
pp. 407, 413. 414; t. II, p. 70), l'apparence à 
demi animale du dieu hirsute et barbu, aux lon- 
gues jambes velues, contraste avec les formes 
déUcates et juv'éniles de son élève. L'attitude un 
peu contrainte et comme embarrassée du bel 
adolescent s'oppose à l'empressement avide de 
son rude précepteur. Le sculpteur a mis dans 
cette leçon de musique une intention sensuelle 
et erotique. La complexité des sentiments 
qu'expriment cette œuvre curieuse et le raffine- 
ment de sa composition indiquent suffisamment 
déjà qu'il faut la placer à l'époque alexandrine. 
Le sujet traité confirme cette impression : il 
appartient à la période où fiorissait la poésie 
bucolique. C'est, en quelque sorte, la naissance 
de l'églogue qu'on a célébrée, en montrant Pan 
apprenant à un jeune pâtre l'art de jouer de 
la syrinx (Cf. Reitzenstein, Epigranim und 
Skolion, 1893, PP- 247, 279 et suiv.; Amelung, Fûhrer in Florem, p. 41, n» 59). 
On a discuté sur le nom qu'il convenait d'attribuer à ce pâtre. Il semble que 
Pline ait confondu la légende de Marsyas et d'Olympos avec celle de Pan et 
Daphnis, mais cette contamination se retrouve ailleurs et devait être habituelle 
à Rome (Weitzaecker dans Roscher, LeArz^ow, s. v» « Olympos », pp. 862 et 
suiv. Cf. ibid., s. v» ». Pan », pp. 1453 et suiv., où l'on trouvera la liste la plus 
complète des répliques du groupe de Pan et Olj'mpos ou Daphnis). 

ScHREiBER, Villa Ludovisi, p. 184, n° 175. — Furtwaengler, Collection Sonizée, 
0041 et pi. XXII. — Reinach, Rép., t. II, p. 70, 7. — Cat. de la vente Somzée, 1904, n° 42. 




^o 



21. [A 1076.] Torse d*\in Dioscure (?). Torse de marbre 
blanc, très cristallin, trouvé vers 1900 dans une maison du quartier 
turc de Smyme. Donné au Musée en 1903 par un anonyme. 

Haut. o™95; larg. max. 0^50. — Pas de restaurations. La partie postérieure 
a été en partie aplanie, sans doute pour encastrer la pierre dans quelque mur 
moderne. 

Torse d'un jeune homme vêtu d'une simple chlamyde, jetée sur les épaules 
et laissant le bas de la poitrine et l'abdomen à découvert. Agrafé à droite, 
ce manteau pendait derrière le dos et était ramené sur le bras gauche. A la 
partie supérieure de ce bras adhère 
encore un fragment arrondi, orné 
d'une rosace : c'est l'extrémité du 
fourreau d'un glaive, dont le héros 
tenait autrefois la poignée. La 
main droite, élevée, devait s'ap- 
puyer sur une lance. Le poids du 
corps portait sur la jambe droite; 
la cuisse gauche était avancée et 
fléchie. A la hanche droite, est 
resté attaché le reste d'un support. 

Le travail de ce marbre est bon. 
L'artiste a soigneusement rendu le 
jeu des muscles de ce corps qui 
paraît animé, bien qu'au repos, et 
qui reste harmonieux malgré sa mu- 
tilation. Les ombres profondes du 
manteau s'opposent au modelé lumi- 
neux des nus. C'est une excellente 
réplique d'un original de l'époque 
hellénistique dont nous connaissons 
de nombreux dérivés. L'œuvre pri- 
mitive paraît avoir représenté l'un 

des Dioscures, dieux sauveurs dans les dangers et protecteurs des combats. 
La copie la plus semblable à la nôtre est une statuette du Louvre (Reinach, 
Rép., t. II, p. 109, 3). On doit en rapprocher le prétendu Ares du Latran 
(Helbig, Fûhrer, 2^ éd., n» 658. — Clar.^c, pi. 635, n" 1435; cf. Dilthey, 
Jahrb. Ver. Altert. Rheinlande, LUI, 1873, pp. 29 et suiv.). Ce pourrait être aussi 
quelque général héroïsé. 

Publié : Bulletin des Musées royaux, juillet 1903, p. 76. 




3r 



22. [A 1176] Tête imitée de la Déméter de 
Onide. Tête de marbre blanc, achetée à Smyme en 1904. 

Haut. o'"37; larg. o'"J35. — Pas de restaurations. Le nez est brisé et un 

morceau de la chevelure enlevé au- 
dessus du front du côté gauche. 

Un visage de jeune femme, d'un 
o\-ale allongé, est encadré par un 
manteau qui, couvrant la tête, 
retombe sur la nuque, et la cheve- 
lure, divisée au milieu par une raie, 
est ramenée sous le voile en deux 
masses bouffantes. Un petit trou 
circulaire paraît avoir servi à fixer 
quelque ornement au-dessus du 
front, et les oreilles sont percées 
pour recevoir un bijou. Le front 
est bombé, lisse et très convexe, 
et les yeux, fort allongés et comme 
à demi fermés, sont profondément 
enfoncés sous l'arcade sourcilière, 
dont la saillie noie le regard d'om- 
bre. La bouche entr'ouverte est 
petite et sinueuse, et l'ondulation 
charmante des lè\-res contribue à donner au \'isage une grâce indéfinis- 
sable. 

Cette tête est apparentée à la célèbre Déméter de Cnide du British Muséum 
et paraît être une réplique quelque peu modifiée du même type. Le travail de 
notre marbre est beaucoup moins délicat que celui de la statue de Londres 
et ne paraît pas antérieur au ii^ siècle av. J.-C. — on notera l'emploi du trépan, 
dont les trous sont restés visibles, pour détacher l'oreille de la draperie. 
Néanmoins, on y retrouve l'expression de douleur contenue et de beauté 
mélancolique prêtées par l'auteur du chef-d'œuvre de Cnide à la déesse à qui 
fut ravie sa fille. 

La disposition du manteau qui est habituelle dans les bustes funéraires 
[cf. n° 38] pourrait faire songer aussi à un portrait idéalisé, destiné à orner 
un tombeau. Nous savons que la sculpture funéraire a utilisé un type très voisin 
de celui de la Déméter cnidienne (Collignon, Les statues funéraires dans l'art 
grec, 191 1, p. 180). Mais la ressemblance avec celle-ci est telle, dans notre buste, 
qu'il n'est pas déraisonnable de croire que ce morceau, encastré dans un torse 
de statue, a pris place autrefois dans quelque temple de la grande déesse. 

Inédite. 




32 



23. [A 1145.] Tête de barbare. Tête de marbre blanc 
d'un grain très fin, provenant de Rome. Collection Somzée. Acquise 
en mai 1904. 

Haut. 0^19; larg. 011115. — Restaurations : le nez avec une grande partie de 
la lèvre supérieure, le menton et la lèvre inférieure, un morceau des deux 
sourcils, peut-être un morceau de la joue gauche. Ces restaurations sont remar- 
quablement habiles et il est probable que le sculpteur moderne a travaillé 
d'après des débris antiques de la tête. 

Les sourcils contractés, le regard levé vers le ciel, la bouche entr'ouverte, 
cette tête nerveuse exprime une poignante angoisse. C'est vraisemblable- 
ment celle d'un guerrier succombant dans la lutte, mais combattant encore 
avec l'énergie du désespoir. 

Ce guerrier était un barbare : c'est ce que prouve l'arrangement tout 
particulier de la chevelure : coupée court sur la nuque, elle est ramenée en 
longues mèches du sommet du crâne et du côté gauche jusqu'au-dessus de la 





tempe droite, où elle forme une torsade épaisse (mutilée). Le duvet d'une 
moustache naissante garnit la lè\re supérieure et des touffes de poils appa- 
raissent sur les joues. 

« Cette tête est une œuvre tout à fait remarquable : on y reconnaît, au premier 
coup d'œil, le style puissamment pathétique de l'école dePergame» [F.]. Elle est 



encore dans la tradition de Scopas. Les yeux sont profondément enfoncés dans 
l'arcade sourcilière et très rapprochés de la racine du nez; le globe en est peu 
convexe. C'est un original du 111^ siècle avant notre ère, digne d'être comparé 
à la tête de Gaulois du musée de Gizeh (von Schreiber, Bull, comni. arch. 
comun., 1897, P' ^^4' Edgar, Cat. du Caire, Greek sculpt., p. 20, n° 27475). 
On y remarque ce souci de l'exactitude ethnographique qui est un des caractères 
de l'art de cette période. 

D'après la disposition de la coiffure, qui se retrouve sur certains bas- 
reliefs du trophée d'Adam-Klissi, dans la Dobroudja, M. Furtwàngler a 
supposé que cette figure était celle d'un « Bastame », peuplade ger- 
manique établie sur les bords du Danube inférieur; mais cette hj^othèse se 
heurte à des difficultés historiques considérables. Un bronze du Cabinet des 
Médailles (Babelon et Blanchet, no 915) figure un captif agenouillé, portant 
une coiffure semblable à celle de notre barbare et cette coiffure se retrouve 
encore sur un certain nombre de monuments inédits; cf. Bienkowski, Ueber 
den sog. Suebischen Haarknoten dans C. R. Acad. Sciences de Cracovie, 1902, 
p. 61. Les recherches de cet archéologue sur les types de barbares permettront, 
sans doute, de déterminer de quelle race était le guerrier que représente 
notre buste. 

La tête appartenait à un personnage qui n'était visible que de profil 
ou de trois quarts du côté droit, car le côté gauche et la partie postérieure 
sont inachevés. Ce personnage était sans doute tombé, à demi couché sur 
le sol, 

FuRTWAENGLER, Collection Somzée, n° 48 et pi. XXV. — Calai, de la vente Somzée, 
n" 48 et pi. XIV. 

24* [A 180.] Statue de femme, dite la Ptidicité. 

Statue de marbre blanc, achetée à la vente de la collection Van 
Hueme (1844). 

Haut, i^iio; larg. o'^^iA- — Restaurations : le bas du visage et le bout du 
nez, morceau de l'épaule gauche; le haut de la tête est sculpté dans un morceau 
rapporté. La pierre est brisée au-dessus du genou, mais les deux morceaux sont 
antiques. 

Jeune femme debout, appuyée sur la jambe gauche, la droite légèrement 
écartée et pliée. Elle est vêtue d'une longue et fine tunique, tombant jus- 
qu'à terre, et d'un manteau plus épais, qui, passant sur le sommet de la 
tête, descend le long du corps et dissimule les deux bras sous ses phs. La 
main gauche s'appuie sur la hanche opposée, la droite retient, près du cou, 
le bord du manteau. Les pieds sont chaussés de sandales. Le \dsage est pro- 
bablement un portrait. 

Le type de cette statue, dont nous ne possédons qu'une réphque réduite et 
médiocre, est bien connu par une série de reproductions plus grandes et d'un 

34 



travail plus soigné : l'exemplaire le plus célèbre est au Vatican 
Fiihrer, t. I^, n° 8; Amelung, Die Skulpturen des Vat. Mus., t. I 
nuovo, no 23). En rapprochant ces œuvres 
d'une monnaie romaine de l'Empire, on 
prétendit retrouver dans cette femme, qui 
s'enveloppe chastement de son manteau, 
une image de la déesse de la Pudicité 
(Pudicitia). Mais des recherches récentes 
ont permis d'établir que cette gracieuse 
composition remonte à l'époque hellénis- 
tique et le type en a probablement été créé 
par un artiste rhodien vers le début du 
lie siècle avant notre ère (Cf. Collignox, 
Les statues funéraires dans l'art grec, 191 1, 
pp. 290 et suiv.). 

« On le trouve fréquemment reproduit sur 
les bas-reliefs funéraires aussi bien romains 
que grecs, et l'on peut en conclure que 
l'original ne représentait pas une déesse, 
mais a servi à décorer un tombeau. Dès 
l'origine, ces statues doivent avoir été les 
portraits de nobles dames » (Amelung). 
Notre réplique est probablement aussi 
l'image d'une jeune femme de l'aristocratie 
romaine, et fut placée autrefois sur sa 
sépulture. 

Catalogue des collections de tableaux, etc., 
formant le cabinet Van Huerne, dont la vente se 
fera à Bruges, le 21 octobre 1844, Gand, 1844, 
p. 121, n° 723. — ScHAYES, Catalogue, p. 85, 
n° 72. — Th. Juste, Catalogue, i"^* édit., 
p. 146. 



(Helbig, 
, Braccio 




25. [A 1937.] Torse d'une NiKè volant. Fragment 
de marbre blanc (pentélique?), trouvé à Athènes près du théâtre 
de Dionysos. Acquis à x-Vthènes en 1905. 

Haut. 0^49 ; larg. 01125. — La tête, les bras et la partie inférieure du vêtement 
ont disparu, ainsi que les ailes, fixées dans des trous qui subsistent derrière les 
épaules. 

Nikè, les ailes ouvertes, descendait vers la terre où elle allait se poser. 
Sa longue tunique, ramenée au-dessus d'une ceinture qu'elle dissimule, 
est rabattue sur la poitrine, qu'elle coupe en diagonale; elle s'enfle à droite 



35 



et est projetée en arrière à gauche par la violence du vent. Plus bas, ses plis 

serrés se massent derrière 
les jambes, dont l'étoffe 
légère, en s'y collant, des- 
sine les formes. Tout dans 
le traitement de la dra- 
perie concourt à faire 
sentir la rapidité du vol 
de la déesse. 

Ce type de la Victoire, 
qui remonte à la célèbre 
Nikè de Péonios, consacrée 
par les Messéniens à Olym- 
pie, a fréquemment été re- 
produit par l'art antique 
avec des variations de dé- 
tail (Cf. Studniczka, Die 
Sièges gottin, 1898, pp. 14 
et suiv. et Bulle dans 
RoscHER, Lexikon dev 
Mythol., s. vO((Nikè)), col. 
341 et suiv.). Le travail de 
notre marbre paraît dater 
du commencement de l'Em- 
pire, et cette figure, plus 
petite que nature, a peut- 
être servi d'acrotère sur un 
fronton. 

Inédit. 




26. [A 1166.] Centaure. Statue de marbre blanc, prove- 
nant du palais Soderini à Florence. Collection Somzée. Acquise en 
mai 1904. 

Haut, actuelle 0^91 sans la plinthe. — Restaurations : la tête (mais des 
mèches de cheveux descendant dans le cou sont antiques), les quatre pieds et 
un morceau de la queue du cheval, les pattes et le groin du sanglier, une patte 
de la peau de panthère, la partie supérieure de la massue, la plinthe et la 
partie inférieure du support. 

Cette statue nous montre un centaure bondissant joyeusement, se 
fouettant les flancs de sa queue et emportant, sur l'épaule, un sanglier qu'il 



36 



vient d'abattre. De la main droite, il tient un bâton noueux recourbé et 
ses épaules sont couvertes d'une peau de panthère (pardalide), dont les 
pattes sont nouées autour 
du cou. 

Ce sont des attributs que 
les centaures partagent avec 
les satyres [no^n , 19]. Comme 
ceux-ci, ces monstres, bu- 
veurs intrépides, étaient 
entrés dans le cortège de 
Bacchus, dieu de l'ivresse 
bruyante. 

Le support est décoré de 
feuilles d'acanthe. 




Ce marbre faisait pendant à 
deux autres analogues, et ils 
ont probablement servi tous 
trois de décoration architectu- 
rale. 

Les formes des corps, des 
corps de cheval comme des 
corps d'homme, ont été rap- 
prochées des sculptures del 'au - 
tel de Pergame. On y trouve 
la même fougue, la même 
exagération dans la muscula- 
ture. «Ces centaures sont vrai- 
semblablement des sculptures 
décoratives, créées dans le courant du ii<" siècle av. J.-C. » 

FuRTWAENGLER, Collection Somzée, n° 4O. — Cat. de la vente Sotnzée, n° 46. 



27. [A 974.] Tête de Centaure (?). Masque de marbre 
blanc, provenant du Péloponèse, au xviiie siècle dans la collection 
Nani à Venise. Acquis à Legnaro (près de Padoue), avec le n» 124, 
et donné au Musée en 1901 par un anon^-me. 

Haut. 0^32; larg. 0^18. — Restaurations : le bout du nez est en plâtre 
Lorsque ce marbre fut acquis, toute la partie postérieure de la tête était de 
même refaite en plâtre. Quand on l'enleva, on découvrit un tenon ancien au 
milieu de la tranche postérieure. La chevelure et la barbe sont endommagées. 
Le cou est brisé, mais antique. 



37 



Ce masque est celui d'un personnage portant une barbe courte et épaisse 
et une moustache dont les bouts retombent sur les commissures des lèvres. 
Une forte che\"elure bouclée couronne le front ridé. Les sourcils froncés, 
les traits contractés, la bouche entr'ouverte donnent au visage une expres- 
sion violente et pathétique. 

On serait tenté, à première vue, de prendre cette œuvre étrange pour un 

mascaron de la Renaissance, mais 
c'est, en réalité, un travail de l'épo- 
que impériale. M. Furtwângler, à qui 
nous l'avons autrefois soumise, n'a 
pas hésité à la déclarer antique. Elle 
offre une grande affinité avec un 
bronze du musée de Spire, où l'on 
reconnaît une tête de centaure, pro- 
duction de l'école de Pergame, da- 
tant environ du ii^ siècle av. J.-C. 
(FuRTWAEXGLER, Jakrb. Altertumsfr. 
Rheinlande, t. XCIII (1892), pi. 6; 
cf. S. Reinach, Têtes antiques, 
pi. 233, 4). Elle se rapproche encore 
davantage d'un marbre de Saint- 
Pétersbourg (KiESERiTZKY, Ermi- 
tage impérial, Musée de sculpture, 
1901 [en russe], p. 83, no i8ia). Les 
procédés techniques, notamment 
dans le traitement de la chevelure, 
sont ceux de l'époque romaine : il 
faut donc reconnaître, dans ce cen- 
taure furieux, une réplique tardive 
d'une œuvre tourmentée d'un artiste 
pergaménien. 

Paciaudi, Monutnenta Peloponne- 
siaca, t. I [1761], p. 55 ; Collezione di fuite 
le antichita nel mtiseo Naniano, 1815, p. 24, n9 216. — -Après la dispersion de la collection 
Nani une partie de celle-ci, dont nos n°^ 27, 122, fut transporté? dans une villa 
du comte Pagani à Legnaro (ii kilomètres de Padoue) ; cf. Ziebarth, Rheinisches 
Muséum, 1898, p. 635. 

28. [A 1163.] Fragment d'une statue de femme. 

Moitié inférieure d'une statue de marbre blanc, autrefois dans la col- 
lection Somzée. Don d'Auguste Beemaert (1904). 

Haut. on»65; larg. o^^z. — Sans restaurations. La pierre est brisée au milieu 



I 




38 




de la cuisse droite, dont un 
éclat a sauté, et au-dessus 
de la gauche. La partie 
supérieure était sculptée 
dans un autre bloc qui a 
disparu. De même le genou 
gauche, qui était rapporté, 
et le pied gauche font dé- 
faut. 

Une femme ou déesse 
s'avançait rapidement 
vers la droite. Sa jambe 
gauche, projetée en avant, 
tend les plis de sa robe, 
tandis que la droite est 
repliée de façon à faire 
saillir le genou droit sous 
l'étoffe. La \'itesse de sa 
marche fait flotter der- 
rière elle son vêtement, 
enroulé autour de la taille. 
Deux trous forés au 
milieu semblent avoir 
servi à fixer quelque at- 
tribut. 

L'original de cette statue paraît avoir appartenu à l'école néo-attique du 
i^r siècle av. J.-C. 

Cat. de la vente Somzée, n" m ? 

29. [A looi.] Hermès de Dionysos. Petit buste de 
marbre blanc, posé sur un socle antique de marbre jaune à veines 
violacées. Acheté à Constantinople en 1900 comme provenant d'Apol- 
lonie de Bithynie. 

Haut, du buste 0^22; haut, du socle 01052 ; larg. o™i35 à o'ni2; ép. 0^08. — 
Pas de restaurations. Quelques épaufrures ont entamé le marbre surtout du 
côté droit, sinon l'épiderme ancien est conservé avec les traces d'un dépôt cal- 
caire, que le temps y a formé. 

Tête barbue dont l'abondante chevelure, divisée en deux par une raie, 
est serrée au-dessus du front par un bandeau, et, encore reprise plus haut 



39 




v>..r 



sous un diadème, est ensuite ramenée en arrière 
\-ers les tempes, de façon à recouvrir le haut des 
oreilles. Deux longues mèches descendent derrière 
celles-ci et se déroulent sur les épaules. La mous- 
tache, tombant des deux côtes de la bouche, et la 
barbe sont formées de lourdes boucles, dont la 
pointe se recourbe en spirale. Les yeux évidés, 
cernés d'épaisses paupières, étaient autrefois in- 
crustés d'émail. Au-dessus, les arcades sourcilières 
s'enflent en protubérances, qui font saillie sur la 
racine du nez. La partie postérieure, coupée 
vei-ticalement, est lisse, et ce petit monument a 
dû être appliqué contre la paroi de quelque con- 
struction. Les anciens ont souvent employé des 
hermès comme celui-ci pour décorer leurs de- 
meures. 

Travail d'atelier, assez mou. Reproduction d'une 
image traditionnelle qui parait avoir été en faveur en 
Bithynie, car le musée de Brousse possède un hermès 
assez semblable au nôtre. « Les traits du visage repro- 
duisent en l'adoucissant beaucoup un type de la 
seconde moitié du v^ siècle » (Mendel, Catalogue du 
musée de Br. dans Bull. corr. hell.. 1909, n° 2). Ils 
semblent appartenir l'un et l'autre au ii^ siècle de 
notre ère. — M. H. Mendel, loc. cit., énumère une 
série d'œuvies apparentées à celles-ci; comparer nos 
nos 103 et suiv. 

Inédit. 



30. A 1135] Fragment d'tine statue d*Hippo- 

lyte [}). Moitié inférieure d'une statue de marbre blanc, autrefois 
dans la collection Somzée. Acquise en 1904. 

Haut. o™59; de l'attache du membre à la plante du pied, om4o; larg. de la 
base o™33; ép. 01^26; haut. 0^09. — Brisée en plusieurs fragments, mais sans 
restaurations. 

Un jeune homme, dont le torse a disparu depuis l'abdomen, est debout, 
appuyé sur la jambe droite, la gauche dégagée, à côté d'un tronc d'arbre, sur 
lequel sans doute il s'accoudait. Les membres robustes et la forte saillie 
des muscles de la hanche s'inspirent de la tradition polyclétéenne (cf. no 4). 



40 



Un gros lézard grimpe sur le tronc. La base, dont les deux côtés sont 
moulurés, porte sur sa face antérieure un petit bas-relief : deux jeunes 
chasseurs attaquent une 
panthère : l'un se prépare 
à lui plonger son épieu 
dans le poitrail, l'autre la 
poursuit accompagné 
d'un chien bondissant. 

Le travail au trépan, 
assez sommaire, de la frise, 
comme les formes engor- 
gées du corps, assigne à 
cette statue une date assez 
récente, probablement le 
11^ siècle de notre ère. 
« Peut-être représentait-elle 
le beau et farouche chas- 
seur Hippolyte, que nous 
trouvons appuyé de même 
sur une statue de Trézène, 
remontant à un groupe de 
Polyclète et dont on peut 
citer une reproduction sur 
une monnaie et une piene 
gravée » (Cf. Furtwaen- 
GLER, Meisterwerke, pp. 450 
et suiv., traduction anglaise, 
p. 249). 

Publié : FURTWAENGLER, 

Coll. Somzée, n° 10. — Cat. 
de la vente Somzée, n° 10. 




31. [A 977.] Tête d'E^sctilape o\i de Jtipiter. Tête 
de marbre blanc parsemé de larges cristaux, découverte vers 1885 près 
d'Acco (Saint- Jean d'Acre), l'ancienne Ptolémaïs de Phénicie. D'après 
le récit des fellahs qui la vendirent, cette tête appartenait à une sta- 
tue colossale, qui était ensevelie dans le sable au bord de la mer, et 
elle fut brisée pour être plus facilement emportée. Donnée au Musée 
en 1901 par un anonyme. 

Haut. 01142. — Sans restaurations. La partie postérieure n'est qu'ébauchée : 
la statue a dii être placée dans une niche et visible seulement par devant. 



41 



Il est difficile de décider si cette tête barbue, ombragée par une puissante 
chevelure, au front saillant, coupé d'une ride profonde, aux yeux large- 
ment ouverts, appartenait autrefois à une image de Zeus ou d'Asklépios, les 
t^^es traditionnels des deux divinités étant étroitement apparentés. Mais 
la façon dont la barbe est ramenée sous le menton au lieu de s'étaler en une 





large masse, comme l'absence de tout diadème, paraît convenir mieux 
au second qu'au premier. Asklépios, identifié avec le dieu indigène 
Eshmoun, était très populaire en Phénicie. 

Pour la coupe de la barbe, cf., par exemple, l' Asklépios de Milo (S. Reinach, 
Têtes antiques, pi. 195). — Ce marbre est une médiocre reproduction romaine 
d'une figure idéale de l'ancienne sculpture grecque. Le travail est dur et sec, le 
modelé est dépourvu de toute délicatesse, les boucles des cheveux et de la 
barbe sont sommairement façonnées au trépan. Mais, malgré toutes ces négli- 
gences, le visage garde cette expression de bienveillance sereine et de douceur 
majestueuse que l'art hellénique avait prêtée tant au souverain de l'Olympe 
qu'au dieu secourable qu'invoquaient les malades. 

Inédite. 

32. [A 1137.] Silvain. Statue de marbre blanc, grenu et 
cristallin. D'abord à la villa Cesi, elle fut transportée en 1622 à la villa 
Ludovisi et passa de là dans la collection Somzée. Acquise en 1904. 

Haut. 1^50 sans la tête. — Restaurations : la tête (en plâtre; elle aurait dû 
être barbue et sans doute couronnée de pin), l'avant-bras droit avec le bout de 
la manche et le couteau, le genou droit, la jambe gauche, les deux pieds et la 



42 



plinthe avec la partie infé- 
rieure du support. Une partie 
de la peau de la chaussure 
droite est antique. La surface 
du marbre est rongée. ; 

Le dieu des bois, des 
prés et des cultures a ici 
l'apparence d'un paysan 
romain. Il s'avance lente- 
ment, la jambe gauche 
rejetée en arrière, et porte 
une tunique à manches qui , 
retroussée dans une lanière 
serrant la taille, laisse les 
genoux à découvert. Par- 
dessus, est jetée une peau 
de chèvre, nouée sur 
l'épaule droite ; la main 
gauche la soulè\'e pour por- 
ter dans ses plis une quan- 
tité de pommes et de rai- 
sins. La serpe des jardiniers, 
que tient la main droite, est 
une restauration probable- 
ment exacte. Les pieds 
étaient couverts de bottes 
de peau. 

Les figures de Silvain 
nous sont parvenues très 
nombreuses, peu de divinités 
ayant été aussi populaires 
dans les campagnes romai- 
nes. Mais ce dieu agreste est 
généralement figuré le corps 
à demi nu, portant un simple 
manteau. Notre statue le 
montre couvert de la tunique 

courte de laine, qui était le vêtement ordinaire des paysans et qui se retrouve 
sur quelques autres images de Silvain (Reinach, Rép., II, p. 44. nos 3. g, etc.). 
« La disposition des plis est tout à fait dans le goût de l'âge de Phidias. Sans 
doute, nous n'avons affaire qu'à une pâle imitation, mais il est intéressant de 




43 



constater que le sculpteur, qui a dû appartenir à l'époque d'Auguste, s'inspire 
des procédés de Phidias, qui étaient alors classiques. » (Furtwàngler.) 

ScHREiRER, r///a Lxrfof/sî, n" 215. — Fl'rtwaengler, Collection Somzée, n" 18 et 
pi. XI. — Rfinach, Réf^., II, p. 781, 2. — Cat. de Invente Somzée, n" 18. 



33. TA 1164.^ Dace prisonnier. Statue de marbre blanc. 
Collection Somzée. Donnée au ]\Iusée en 1904 par Auguste Beemaert. 

Haut, onija. — Restaurations : la 
jambe gauche, les deux pieds et la 
plinthe. La tête manque. La partie pos- 
térieure de la statue n'est qu'ébauchée. 

Ce barbare est vêtu d'une tunique 
à manches, serrée à la taille par une 
ceintme que cachent ses plis, et d'un 
pantalon bouffant, qui devait être 
noué sous la cheville. Par-dessus, il 
porte un long manteau, agrafé sur 
l'épaule droite et qui en\-eloppe le bras 
gauche. Il place la main gauche sur le 
poignet droit en signe de soumission. 
La droite relève un pan du manteau. 

On connaît une série de figures avec 
le même costume et dans la même atti- 
tude (Reinach, Rép., I, pp. 515, 518; 
n, pp. 196 et suiv.). La plus célèbre est 
une statue colossale du musée du Latran 
(Helbig, Fûhrer, 2^ éd., n» 710). Elles 
représentent les Daces, habitants de la 
Transj-lvanie actuelle, lesquels furent 
vaincus par Trajan, et ces images de 
prisonniers devaient orner quelque mo- 
nument construit sous cet empereur. 

FuRTWAENGLER, Collectioti Somzée, n" 56. 
— Reinach, Pép., II, p. 794, 3. — Cat. de 
la vente Somzée, n° s6. 




34. ;Aii48.] Tête d*A\ig\iste jeune (?). Tête de marbre 
blanc très cristallin, provenant de la collection Somzée. Acquise par 
le Musée en 1904. 

Haut. o™42 (et non on'58) ; larg. max. 0^28. — Un coin du menton et le bout 



44 



du nez sont restaurés, ainsi qu'une tranche de la partie postérieure du crâne, 
dont la surface entière est corrodée. Les oreilles sont mutilées. 

Cette tête, plus grande que nature, est celle d'un jeune homme imberbe, 
dont la chevelure, di\àsée en courtes boucles, est ramenée sur le front. La 
saillie de l'arcade sourcilière jette une ombre sur les yeux, fendus en amande ; 





^■fflifyr- 



le nez est droit et charnu, le menton rond et plein ; la bouche sinueuse est 
bien dessinée. Tout dans ce visage respire la force et la jeunesse, mais les 
sourcils un peu contractés et une légère inclinaison de la tête vers la 
gauche donnent à ce personnage une expression réfléchie et presque attristée. 

Excellent portrait de l'époque d'Auguste, peut-être celui de l'empereur lui- 
même dans sa jeunesse. 

Cité : Cat. de la vente Somzée, n" 93. 

35» [A 181.] Tête d'\in prêtre (?). Tête de marbre blanc. 
Achetée à la vente de la collection Van Hueme (1844). 

Haut. 0^23; larg. 0^15. — Sans restaurations. 

Tête imberbe de jeune homme, légèrement penchée vers la gauche. Ses 
cheveux tombent en boucles jusque sur la nuque. Il porte sur le front une 
rouelle décorée d'un masque radié, qui est un symbole solaire. Comme 
c'est souvent le cas dans les portraits antiques, les lèvres un peu écartées 
laissent apercevoir les deux rangées de dents. — Travail soigné. 

Sur la signification de la rouelle, cf. Gaidoz, Études de mythologie gauloise, I, 
Paris, 1886 (Extr.de la Revue archéologique). — Il se pourrait que le petit 



45 



disque, placé au-dessus du front du jeune homme, fût un de ces médaillons que 
les prêtres fixaient à leur bandeau sacerdotal et où étaient souvent figurés les 
dieux qu'ils servaient (Cf. Jahresh. Oesterr. Instituts, II, 1899, pp. 245 et suiv.). 





Catalogue Van Huerne (cf . au n° 24), p 120, n" 722. — Schayes, Catalogue, p. 85, 
n» 73. — Th. Juste, Catalogue, i'^ édit., p. 138, I, 5; 2^ édit., p. 146. 

36. [A 1927.] Portrait d'un stéplianopKore. Tête 
de marbre blanc bleuâtre, découverte en Mésopotamie dans les ruines 
de l'ancienne Séleucie du Tigre. Acquise en 191 1. 

Haut, o^^j; larg. max. 0^126. — La pointe du nez est cassée, quelques épau- 
frures. Pas de restaurations. 

Ce portrait idéalisé est celui d'un homme dans la force de l'âge, auquel 
l'artiste a prêté une expression reposée et bienveillante. Le front élevé 
marque l'intelligence et, sous les protubérances sourcilières accusées, les 
yeux allongés sont bien ouverts, sans indication de pupille. Le nez est 
droit, la bouche petite, le cou robuste, et la barbe assez fournie est sommai- 
rement traitée par masses de petites boucles frisées. La tête est ceinte d'une 
triple couronne, qui cache presque entièrement la chevelure. Cet insigne de 
la dignité du personnage est formé d'un bandeau enroulé (strophium), puis 
d'un épais bourrelet dont les bouts noués pendent sur la nuque et enfin 



46 



d'une couronne de laurier, probablement en métal. La section du cou, ter- 
minée par une amorce arrondie, prouve que cette tête était fixée dans un 
torse, dont la draperie dissimulait le raccord. 

Cette œuvre est largement traitée, sans ce souci minutieux du détail qui mar- 
que les portraits de l'époque impériale [cf. n^s 39-40], et l'artiste semble avoir 
cherché un effet décoratif plutôt qu'une ressemblance scrupuleuse. Les qualités 
de son style ne permettent pas d'attribuer à ce marbre une date postérieure au 
début de notre ère, et peut-être 
remonte-t-il à la fin de la période 
hellénistique. La triple couronne 
qui entoure la tête de ce person- 
nage ne se retrouve exactement 
reproduite, que je sache, sur aucun 
autre portrait antique, mais elle 
ofifre une grande analogie avec celle 
que porte un buste de prêtre païen 
trouvé à Éphèse (Hill, Jahresh. 
Oesterr. Instit., II, 1899, p. 245 et 
pi. VIII) ; la couronne de feuillage 
est ici placée entre deux bandeaux. 
De même, les prétendus portraits 
de Julien conservés à Paris au 
musée des Thermes et au Louvre, 
lesquels sont en réalité ceux de 
stéphanophores, portent « d'abord 
un bourrelet uni, puis une cou- 
ronne de feuillage, enfin deux nou- 
veaux bourrelets » (Michon, Revue 
archéologique, 1901, II, p. 279), 
Notre buste appartenait certaine- 
ment aussi à une statue de stépha- 
nophore. Celui-ci était le prêtre 
principal de la cité; il donnait son 
nom à l'année et était généralement 
un citoyen riche et considérable, 
dont on attendait d'abondantes 
libéralités (Cf. Chapot dans Saglio-Pottier, Dict. ant., v» « Stephanephoria ») . 

Il n'est pas surprenant que cette charge municipale ait existé à Séleucie 
comme dans les autres villes d'Asie : nous savons en effet que la grande métropole 
des bords du Tigre était organisée absolument selon le type hellénique (Cf. Revue 
de l'ïnstr. publique en Belgique, XXXVI, 1893, pp. 373 et suiv.). Mais le por- 
trait qu'a acquis le Musée est, si nous ne nous trompons, l'œuvre sculpturale 
la plus remarquable qui soit sortie jusqu'ici des ruines de la célèbre colonie 
grecque, détruite en 165 durant l'expédition de Lucius Vérus. 

Inédit. 

47 




37. [A 1958.] Portrait d'Homme. Tête d'albâtre, prove- 
nant d'Egypte. Achetée à Alexan- 
drie à M. Remy en 1908. 

Haut. 0^21 ; larg. o^ij. — Le bout 
du nez est cassé, la joue droite épau- 
frée, les oreilles sont mutilées, la par- 
tie postérieure brisée. Pas de restau- 
rations. 

Cette tête porte une chevelure 
ondulée, ramenée en arrière. Le 
visage glabre, aux pommettes sail- 
lantes, aux yeux ronds, au menton 
fuyant, avec une bouche maussade 
dont les coins s'abaissent, a un 
caractère individuel et un type bar- 
bare très accusés; c'est probable- 
ment un portrait unéraire prove- 
nant de quelque tombeau. 

Inédit. 




3Ô. [A 958.] Biiste 
itinéraire. Buste de 
marbre blanc, acheté à 
Smyme en 1900. 

Haut, oniiô. — Sans restau- 
rations. Le menton et les sour- 
cils sont épaufrés, le nez est 
brisé. Le visage, nettoyé à 
l'aide d'un acide, a pris un 
aspect savonneux. Deux trous. 
forés dans le marbre par der- 
rière, semblent avoir servi à 
fixer ce buste dans la niche où 
il a dû être placé. 

Jeune femrrie, la tête cou- 
verte de son manteau qui 
encadre le visage. Une partie 
de l'étoffe ramenée en avant 
forme une sorte de bandeau 




48 



qui cache la raie de la chevelure. De petites mèches descendent devant les 
oreilles. Le lobe de celles-ci est percé pour recevoir un bijou. Les traits du 
visage sont individuels : pommettes accusées, menton fort, bouche aux 
commissures abaissées. C'est, à n'en pas douter, un portrait réaliste qui 
doit avoir orné quelque tombeau. La peinture achevait de donner à cette 
physionomie expressive un aspect vivant : les restes de polychromie sont 
nombreux : ton brun sur les cheveux, rouge sur le voile. — Travail d'ate- 
Uer qui paraît remonter au i^r ou même au ii^ siècle avant notre ère. 

Publiée : Collignon, Fevue archéologique, 1903, I, pp. i et suiv., pi. II, et Les Sta- 
tues funéraires dans l'art ^rec, 191 1, p. 308, fig. 193. 



39-40. [A 1078-1079.] Btistes de personnages 

inconnus. Bustes de marbre blanc d'un grain très hn, sans 

paillettes, découverts à 

Smyme en même temps 

que le n" 12. Ils furent 

trouvés enfouis dans la 

vase au fond du bassin 

des Bains de Diane. 

Haut. 0^79 et o™82 (avec 
le socle) . — Sans restaura- 
tions. Les socles sont anti- 
ques. Un mince dépôt cal- 
careux s'est formé sur une 
partie de la surface du 
marbre. 

Ces deux bustes, dont 
l'état de conservation est 
parfait, se faisaient mani- 
festement pendant. Ce 
sont les images d'inconnus 
qui vivaient sans doute 
à l'époque des Antonins. 
Cette date résulte aussi 
bien du fait que ces per- 
sonnages portent la barbe 
entière que de tous les 
caractères de la sculpture. 
Les deux œuvres sont 
étroitement apparentées. 




49 



elles sont l'une et l'autre des portraits réalistes où tous les_traits individuels 
(rides du front, etc.) ont été soigneusement notés; les prunelles sont pareil- 
lement incisées et les pupilles creusées en croissant. Les socles même, 

portant un cartouche dé- 
coré de rinceaux, sont 
semblables. Mais l'expres- 
sion des deux visages est 
différente, l'un, plus 
grave, a les lèvres serrées 
et la paupière tombante 
attriste son regard; l'au- 
tre, plus jeune, est aussi 
plus avenant et la bouche 
légèrement entr ' ouverte 
découvre les dents en 
esquissant un sourire. Le 
soin minutieux dont ces 
bustes témoignent n'a 
pas nui, comme dans 
d'autres marbres analo- 
gues, à l'impression 
d'ensemble. Ces deux per- 
sonnages, magistrats, 
philosophes ou hommes 
de lettres, ont, dans leur 
calme serein, une beauté 
un peu froide, mais impo- 
sante. 

Ces marbres sont des 
œuvres caractéristiques 
d'une intéressante école de 
sculpture qui florissait en 
Asie-Mineure au ii^ siècle de notre ère. Ses productions se distinguent par un 
souci souvent exagéré du détail, qui tient de l'art du ciseleur plutôt que de 
celui du sculpteur. C'est une imitation en pierre de la technique du bronze. 
Déjà sous Hadrien, Aristéas et Papias, les artistes d'Aphrodisiade en Carie, 
auxquels sont dus les centaures du musée du Capitole, s'efforcent de faire 
produire à une matière rebelle les effets du métal (Helbig, Fûhrer, 3^ éd., 
n° 861, p. 483). La même technique scrupuleuse est appliquée dans le bas- 
relief d'Antinous par Antonianos d'Aphrodisiade, trouvé près de Lanuvium 
en 1907 (Cf. Gauckler, Comptes rendus Acad. Jnscr., 1908, p. 356 — Le temple 
syrien du Janicule, 191 2, p. 345). Dans nos bustes, cette patiente recherche 




50 



s'élève jusqu'à une étonnante virtuosité. Ils peuvent être postérieurs d'environ 
un siècle et se rapprochent, par leur style, du célèbre buste de Commode 
du Capitole (Helbig, loc. cit., n° 574), où l'on croirait avoir sous les veux non 
du marbre, mais de la porcelaine, et aussi d'un buste de Septime Sévère du 
British Muséum (n°9i6) et de certains bas-reliefs mithriaques (von Schneider. 
Alhuni der Antikensammhing, Vienne, 1895, P- 8; Cumont, Mon. niyst. Mithra, 
t. I, pp. 214 et suiv.).Ce maniérisme est surtout 
sensible dans la minutie avec laquelle les barbes 
sont fouillées. Les sourcils aussi sont indiqués 
comme à coups de burin. La chevelure, au con- 
traire, n'est qu'ébauchée au trépan et, bien que 
toute trace de polychromie ait disparu, elle 
devait sans doute être achevée au pinceau. La 
façon dont elle est traitée rappelle absolument 
celle employée dans une tête de Milétopolis 
(Mysie) que M. Wiegand attribue avec raison 
au 11^ siècle de notre ère {Athen. Mitt.. IQ04, 
p. 306, pi. XXIV et XXV). Suivant un procédé 
fréquemment usité sous l'Empire, les chairs 
nues étaient polies par opposition aux autres 
parties, où la pierre est laissée mate. 

Nous reproduisons ici une tête, trouvée à 
Rome et conservée au Stâdelsches Museitm de 

Francfort, dont la photographie nous a été communiquée par M. Pollak. 
Selon la remarque de celui-ci, elle offre une singulière ressemblance avec le 
n** 39, bien que le travail en soit beaucoup moins soigné. 

Inédits. 




4-1» [A 1561.] Portrait d*tin inconnu. Tête de marbre 
blanc, trouvée à Aphrodisiade en Carie (Asie-Mineure). Don des Amis 
des Musées royaux (1908). 

Haut, on^ag; larg. o^izo. — Pas de restaurations. Ce fragment a été soumis à 
l'action du feu, et le marbre, dont la surface est partiellement calcinée, a pris une 
patine noirâtre. Le cou est brisé. 

Cette tête est certainement un portrait d'un caractère individuel très 
accusé et très \'ivant. Un visage émacié aux pommettes osseuses, à la barbe 
courte et drue; sous des sourcils arqués, relevés vers les tempes, des yeux 
largement ouverts saillant sur la maigreur des joues; un nez fort, dont la 
racine fait un angle brusque avec le front bombé, coupé de rides, composent 
une physionomie d'un réalisme saisissant. La chevelure achève de donner au 
personnage une physionomie originale. Formée de petites mèches sinueuses, 
divergeant du sommet du crâne, elle se termine par une couronne de 



51 



boucles qui s'étagent artistement sur le front, contournent les oreilles pro- 
fondément creusées et descendent jusque sur la nuque. 

Au sommet du crâne, dans la chevelure, sont gravées les lettres XMF | , 
GeBOHOI. X(piaT6ç?), MlixayjX ?), r(aPpiy)X ?). | ©(€)€ poyje(€)i 
«Christ, Michel, Gabriel, Dieu, secours (moi). » 

Sur la nuque, un reste du manteau prouve que cette tête appartenait à 
un buste drapé ou à une statue vêtue. 

Les procédés de l'éccle d'Asie-Mineure, que nous avons notés à propos de 
nos bustes de Smyrne (n^^ 39-40), se retrouvent appliqués dans cette tête. Ici 

aussi l'influence du 
travail du métal est 
manifeste. L'artiste 
a dessiné comme à 
coups de burin les 
poils des sourcils, 
marqué d'un trait 
mince le bord de 
la lèvre, creusé la 
pupille en forme de 
croissant et indi- 
qué l'iris par deux 
cercles concentri- 
ques, gravé d'une 
pointe acérée les 
rides parallèles du 
front, les plis des 
paupières et de la 
racine du nez, al- 
légé et évidé au 
trépan les boucles 
de la chevelure. 

Mais l'expression 
dififère complète- 
ment de celle des 
bustes smyrniotes. 
Nul souci dans ce 
marbre d'ennoblir 
ou d'embellir le mo- 
dèle ; un réalisme 
presque brutal sem- 
ble se plaire à en 
exagérer la laideur, et lui prête un visage émacié d'ascète et des yeux hagards 
de visionnaire. L'idéal dont s'inspire le sculpteur s'est transformé : nous appro- 
chons du moyen âge. 




52 



Le critère le plus sûr pour fixer la date de cette tête paraît être la disposition 
de la coiffure. C'est celle qui nous est connue par les effigies des empereurs du 
iv^ siècle et en particulier des fils de Constantin : les cheveux conservés longs 
sont ramenés en 
avant sur le front 
et descendent dans 
la nuque, et, tandis 
qu'ils sont lissés 
sur le crâne, leur 
extrémité est soi- 
gneusement frisée. 
In viris capilli acu 
crispati, comae rétro 
quidem cervicem coo- 
perientes ante autem 
frontem ahsconden- 
tes, dit un auteur 
de cette époque 
(NlCÉT.\S DE Rémé- 
si.\NA, De Symbolo, 

fr. 3)- 

L'inscription est- 
elle contemporaine 
de la sculpture? La 
forme des lettres ne 
s'y oppose pas. 
Placée à un endroit 
où elle devait être 
invisible, ce serait 
alors la prière dis- 
crète d'une âme 
pieuse, sans doute 
de l'auteur de la 
statue. Mais peut- 
être cette invoca- 
tion a-t-elle été ajoutée après coup en guise d'exorcisme sur une œuvre païenne 
par un chrétien. Elle prouverait au moins alors que ce portrait ornait un lieu 
public au commencement de la période byzantine. 

Le sigle XMF, dont l'interprétation est controversée (cf. Perdizet, Revue 
des éludes grecques, 1904, pp. 350 et suiv. ; Prentice, American Exped. to Syria, 
III, Greek Inscript.. 1908. pp. 21, 156, n» 153, etc.), est fréquent en Syrie, 
mais assez rare au nord du Taurus [Mél. école franc, de Rome, XV, 1895, 
p. 261, n° 4). 

Ce morceau de sculpture se place à une époque de transition. Fidèle aux 
procédés techniques de la ^xulpture antique, l'artiste qui l'exécuta appartient 




53 



déjà au moyen âge par l'esprit qui l'anime. C'est une œuvre d'une réelle 
importance pour nous faire saisir les liens qui rattachent l'art romain d'Asie- 
ÎNIineure à l'art byzantin. 

Décrit : Cvmont, Bulle!,)! des Musées royaux, 1908, pp. 25 et suiv. 



STATUES CYPRIOTES 

42. [A 876 a.] Tête de stxle oriental. Tête de calcaire 
blanc, trouvée dans les fouilles exécutées aux environs des ruines 
d'Amathonte, île de Cypre, par M. Ed. Paridant, d'Aerschot, qui en 

fit don au Musée en 1874. 

Haut. 0^25 ; larg. 0^15. — La pierre 
est brisée du haut et du bas et elle a 
été sciée en deux, de façon que seul le 
masque subsiste. 

Cette tête était coiffée d'un bon- 
net conique dont la pointe est brisée. 
Ce bonnet était muni de côté d'oreil- 
les qui sont ici relevées, mais qui 
pouvaient se rabattre sur les joues. 
Les yeux sont gros, à fleur de tête 
et légèrement obliques. Le nez est 
brisé. La bouche aux lèvres serrées se 
relève aux commissures, le menton 
est saillant et pointu. 

Le bonnet conique que portait ce 
personnage caractérise les œuvres 
cypriotes les plus anciennes : celles 
qui s'inspirent de la sculpture 
assyrienne, exécutées avant que l'in- 
fluence grecque devint prédominante 
(Cf. Perrot et Chipiez, Histoire de l'art, t. III, p. 518). Le tj-pe du visage, 
notamment le dessin de la bouche, est encore tout à fait oriental. 

43-44. [A 875-876.] Statues de l'Aphrodite 

cypriote. Statues de tuf calcaire, provenant de fouilles entre- 
prises aux environs des ruines d'Amathonte par M. Ed. Paridant; 
données par celui-ci au Musée en 1874. 
A. Haut. o^gS; larg. o^ag. 




54 



Jeune femme debout, les deux jambes rapprochées. Elle porte un 
chiton de lin, dont les plis sont figurés par des sillons parallèles. Il descend 
jusqu'aux pieds, et les manches couvrent les bras jusqu'au coude. La partie 

inférieure est ornée d'une sorte de volant, à 
moins que ce ne soit le bas d'un second chiton 
placé sous le premier. Celui-ci est en partie 
caché sous un épais manteau, bordé de pour- 
pre, qui passe sur l'épaule gauche, s'enroule 
autour de la taille et dont un coin est rejeté 
sur le bras gauche replié. Le cou est entouré 
d'un riche colher et le poignet droit d'un 
fito- i'^'^KWfe-'*- y'fl^ft bracelet. Les pieds sont chaussés de brode- 

^^ K/f!&S ^^^"^Bi quins rouges à semelle épaisse. De la main 

droite abaissée, la jeune femme relève un pan 
de son manteau, et de la gauche, elle appuie 
contre sa poitrine une fleur. La face posté- 
rieure n'est pas sculptée et n'a qu'une légère 
convexité. La bordure du manteau est indi- 
quée en couleur. 

La tête, trop petite, n'appartient pas 
au corps; tandis que celui-ci offre tous les 
caractères de l'art archaïque, le modelé du 
visage, dont la bouche est légèrement ouverte, 
et celui du cou, creusé de deux sillons trans- 
versaux (collier de Vénus) , assignent à l'autre 
fragment une date beaucoup plus récente. 
Les cheveux crêpés, divisés au sommet du 
front par une raie, sont en partie cachés sous 
un voile qui retombe sur la nuque. 

B. Haut. omSg; larg. 0^35. — Les pieds et la moitié des jambes ont disparu. 
Le nez est brisé. 

Femme debout, la jambe droite légèrement repliée. Sur la tête, elle 
porte une couronne murale, à laquelle est attaché par derrière le manteau 
qui lui recouvre l'épaule gauche, s'enroule autour de la taille et cache l'abdo- 
men et les membres inférieurs. Par-dessous, elle est vêtue d'une tunique 
légère, à longues manches, qui laisse voir ses mamelles gonflées de lait. Sa 
chevelure, crêpée autour du front, retombe en boucles symétriques derrière 
les oreilles, auxquelles sont suspendus de lourds bijoux. Le bras droit 
pend le long du corps, et la main paraît tenir une fleur; la main gauche, 
appuyée contre la ceinture, porte une colombe. Comme la précédente, cette 




55 



statue n'est travaillée que par devant. La face postérieure est presque 
plane. 

La fleur et la colombe, données comme attributs à cette déesse, nous révèlent 
immédiatement sa nature : c'est l'Astarté phénicienne identique à l'Aphrodite 

grecque ou du moins identifiée avec elle. 
i< Ces emblèmes que tiennent du bout des 
doigts les Aphrodites vêtues de la statuaire 
grecque, jusqu'au iv^ siècle, ce geste par 
lequel elles relèvent un pan de leur vête- 
ment, tout cela nous le rencontrons dans les 
images phéniciennes et cypriotes d'Astarté; 
dans les unes comme dans les autres, on voit 
la fleur ou le fruit, aimables symboles de la 
vie qui se renouvelle à chaque saison pour 
durer éternellement; on y voit, en lonie 
comme à Paphos, pressée contre la poitrine 
de la déesse, la colombe qui remplissait de 
ses battements d'ailes et de ses longs roucou- 
lements les parvis des temples d'Astarté » 
(Perrot et Chipiez, Histoire de l'art dans 
r antiquité, t. III, Phénicie, Cypre, p. 626). 

Au point de vue technique, ces statues 
sont de bons spécimens de l'art cypriote : 
taillées dans le calcaire tendre qui a tou- 
jours été employé par les sculpteurs de l'île, 
elles ont un aspect terne, grisâtre, qu'égaient 
seules les applications de couleurs. La faible 
épaisseur de la dalle mise en oeuvre a 
déformé, en l'aplatissant, la forme du corps : 
comme c'est presque toujours le cas à Cypre, 
^ K . ces Aphrodites ne devaient être vues que 

I ' - _. - ; de face. 

Les artistes de ces pays ayant répété pen- 
dant des siècles les mêmes compositions, 
fixées par une tradition hiératique, il est difficile d'assigner une date à ces 
statues. Tout ce qu'on peut dire, c'est que la première reproduit un type créé 
par l'art grec du vi^ siècle et que la seconde s'inspire d'un modèle qui ne peut 
être antérieur au v^. 




4'5» [A 1950 a.] Statue d*tin prêtre (?). Statuette de cal- 
caire blanc, provenant de Cypre. acquise en 1912 avec les numéros 
suivants. 

Haut. o'"55; larg. o"ii4; ép. orooy. — Brisée en trois; sans restaurations. 




Un personnage imberbe est debout, enveloppé 
du cou jusqu'aux pieds dans un tricot de laine, qui 
couvre les bras jusqu'aux coudes. Ces bras sont 
collés au corps; la main gauche tient un oiseau, la 
droite, ce semble, un gâteau. Le visage, sommai- 
rement traité, nous montre de gros yeux saillants, 
un nez large et une bouche aux lè\Tes minces et 
serrées. Une rangée de boucles entoure le front en 
demi-cercle et au-dessus une couronne de feuil- 
lage est 
posée sur 
la cheve- 
lure. Des 
traces de 
couleur 
rouge 
sont con- 
s e r \' é e s 
sur la 
bordure 
du vête- 
ment, les 
lèvres, la 
couron- 
ne, etc. 
Inédite. 



46. [A IQ50 Statue 
d'une femme ou d'une 

déesse. Statuette de calcaire 
bleuâtre, acquise avec le numéro 
précédent. 

Haut. om33; larg. 0^15; ép. 01105. 
-^ La partie inférieure du corps et la 
main gauche sont brisées. La tête est 
détachée, mais se raccorde exactement. 

Jeune femme engainée dans une 
longue robe sans phs, qui couvre les bras jusqu'aux poignets. Le gauche 
pend le long du corps; le droit est repHé sur la poitrine et la main tient une 
fleur. Le cou est entouré d'un triple collier et de gros bijoux sont fixés 




5/ 



aux oreilles; le visage, mutiltS est presque méconnaissable, mais les cheveux 
ondulés recouxTent la tête et retombent derrière les épaules. 

Sur la fleur que cette femme ou déesse (peut-être Aphrodite) tient en main, 
voyez le n» 44. 
Inédite. 

47. [A 1951.] Petite tête d'Homme (?). Tête de calcaire 
blanc, acquise avec les numéros précédents en 1912. 

Haut. o™i3; larg. o^iog. — Brisée au bas du cou. Le nez est cassé. 

Les boucles en tire-bouchon encadrant le front lisse, les yeux à fleur de 
tête, largement ouverts et relevés vers les tempes, la bouche aux lèvres 
serrées, esquissant un sourire, le menton saillant et fort, tout rappelle dans 
cette tête le style grec archaïque, qui a exercé à Cypre une influence pro- 
longée (no 44). Le personnage portait un large diadème, entourant sa che- 
velure rele\-ée en chignon sur la nuque. La partie supérieure en est entamée. 

Inédit. 





4S. [A 1952.] Portrait d'époQue romaine. Tête de 
calcaire blanc, acquise avec les numéros précédents en 1912. 
Haut. o'"i4; larg. on^oS. — Le cou est brisé, l'oreille gauche cassée. 

Le front de ce personnage est en partie caché sous la chevelure, ramenée 
en avant, qu'entoure une couronne de feuillage. Les yeux, largement ouverts, 

58 



1 



n'ont plus l'obliquité des sculptures archaïsantes ; le nez droit, épaté, a les 
ailes relevées; la bouche est large et sinueuse, le menton robuste. 

Cette tête, dont le caractère individuel est accusé, ne paraît pas antérieure à 
l'époque alexandrine ou même romaine. C'est probablement un portrait destiné 
à être placé dans la niche de quelque tombeau. La partie postérieure est négligée. 

49. Fragments de sctxlpture arcKaÏQue. 

Série de petits morceaux de sculpture découverts à Larnaka, dans un 
temple gréco-phénicien du vii^-vi^ siècle, et acquis par voie d'échange du 
British Muséum en 1904. Ils sont taillés dans le calcaire blanchâtre de 
Cypre, grossièrement enluminé de rouge. 

a) [A 1221.] Bas relief représentant une femme assise, de face, portant un 
enfant sur les genoux. — Haut 0^25; larg. 0^15. 

b) [A 1222.J Bas-relief semblable. — Haut. 0^17; larg. o'"i2. 

c) [A 1223.] Tête de femme portant une haute tiare, partagée en carrés par 
des incisions. — Haut. 0^07. 

d) [A 1224.] Tête de femme couverte d'un voile. — Haut. o™o95. 

e) [A 1225.] Tête d'homme imberbe, coiffé d'un bonnet conique. — Haut. 
o™o8. 

/) [A 1226.] Tête d'homme imberbe, portant une coiffure de style égyptien. 
Sur ces fouilles de Larnaka, cf. Mvres, Journal of hellenic studies, XVII, 1897, 
pp. 164 et suiv. 



59 



II. BAS-RELIEFS VOTIFS 
OU DÉCORATIFS 



50. rAii5o.] Bas-relief archaïQtie consacré aux 
COrès (jeunes filles). Fragment d'un bas-relief de marbre blanc 
trouvé en Grèce. Collection Tyszkiewicz, puis collection Somzée. 
Acquis en mai 1904. 

Haut, o'^ij; larg. 0^25; ép. 0^035. — Pas de restaurations. 

Trois jeunes filles sont debout, placées l'une derrière l'autre, de façon que 
leurs profils se confondent presque, vêtues de longues robes qui les enserrent 
comme une gaine : une simple rainure indique la forme de la croupe et 
des jambes de celle qui est entièrement visible. Les deux premières tiennent 
dans la main droite, qui s'avance, l'une un collier muni de son fermoir, 
l'autre une grenade; la troisième semble oftrir ime fleur. Les cheveux sont 
noués au sommet du crâne et une longue mèche, ronde et effilée, retombe 
comme une queue derrière le cou. La main gauche, invisible, est censée pen- 
dre le long du corps. Le profil du \'isage, au nez saillant, au menton pointu, 
comme la raideur de toute la silhouette, a tous les caractères de l'art 
archaïque. 

A la partie inférieure, un morceau de marbre a disparu, enlevant les pieds 
des déesses. De même la partie de droite de la plaque manque : elle portait 
probablement des figures d'adorants, comme sur les bas-reliefs d'Argos 
cités plus bas. 

Dans le coin droit supérieur, on lit l'inscription Kôpaç SoTiàç. Il faut 
sous-entendre àveSrixe et traduire : « Sotias 1 a consacré ces jeunes filles. » 
La forme des caractères paraît assigner comme date à l'inscription le 
commencement du v^ siècle, et le style de la sculpture ne contredit pas 
cette conclusion, si l'on considère que c'est l'œuvre d'un modeste ouvrier 
reproduisant un modèle ancien. 

I. .Troitôç, nom de femme; se retrouve en CI. G. I79i,etc. 
60 



La pierre a une patine jaune foncé, noirâtre par places; «elle a séjourné 
dans l'eau ou a été lavée par les eaux d'une fontaine durant des siècles » 
(Frôhner). La saillie du relief actuellement peu accusée a été diminuée par 
une lente usure. 

Quelles sont ces jeunes filles qui forment un groupe si étroitement uni? On a 
voulu reconnaître en elles des nymphes; on trouve, en effet, dans les auteurs le 
nom de Kopai appliquée ces déesses (Preller-Robert, Griech. Myth., p. 817, 
n. 2) et sur 
le bas-relief 
archaïque de 
Thasos au 
Louvre les 
nymphes 
portent, com- 
me l'une de 
nos Kor aï, un 
collierouune 
ceinture 
( R A Y E T , 
Mon. de l'art, 
I,pl.2o;CoL- 

LIGNON,iï/s/. 

sculpt. gr., 1, 
p. 276). 

D'autre 
part, on a vu 
en elles les 
Euménides 
qui ne sont 
pas toujours 
conçues com- 
me des furies 
vengeresses, 
mais parfois 
aussi comme 
des déesses 
bienveillan- 
tes, qui ap- 
portent la fé- 
condité et la richesse. C'est pourquoi on les voit figurées sur des bas-reliefs d'Ar- 
gos — qui offrent une grande analogie avec le nôtre — sous l'apparence de trois 
femmes tenant un serpent, svmbole de la terre, et présentant une fleur (cf. 
Athen. Mift.,IV (1879), pi. 9, 10; Sagï^io-Fottier, Dictionn. antiqu., t. IV, 
s. v». <( Furiae», fig. 3367). Mais puisque la dédicace leur donne simplement le 




61 



nom de Kopai, il est probable qu'elles n'en portaient point d'autre dans le 
temple rustique où elles étaient adorées. C'étaient les « déesses jeunes filles » 
analogues aux « déesses mères )> des Gaulois. 

Elles sont trois, parce que le nombre trois est sacré et qu'on s'est plu de bonne 
heure à grouper en triades les divinités protectrices des champs, comme les 
Charités, les Euménides. les Nymphes, les Heures, etc. (Usener. Dreiheit, 
[Rhein. Muséum, LVIIIj, 1903, pp. 9, 323 et suiv.). C'est la plus ancienne représen- 
tation connue de ces vierges triples, caractéristiques de la m}i;hologie grecque. 
En les massant ici en un groupe serré, l'artiste semble avoir voulu montrer que 
les trois personnes n'en faisaient qu'une ou plutôt que les trois sœurs sont insépa- 
rables (cf. Harrisox, Prolegom. to the stiidy of Greek religion, 1903, p. 289 et 

fig- 73)- 

L'origine exacte de ce monument n'est pas connue, mais le style rappelle celui 
des vieilles sculptures de la Laconie (p. ex. Athen. Mitt. ,Y111, pi.] 6), « une impres- 
sion que confirme la présence dans l'inscription du sigma à cinq branches. Le 
marbre semble aussi être celui employé à Sparte » (Studniczka). La coiffure, 
très particulière, ne fournit point d'indice certain, car la mèche ronde qui la 
caractérise se rencontre en divers endroits de la Grèce (cf. Gerhard, 
Trinkschalen und Gefàsse, pi. IV-V, et Studniczka, /oc. cit., p. 132). 

Frôhner, Collection Tyszkiewicz, pi. XVI. — Cf. Studniczka, Gôtt. Gelehrte Anzei- 
gen, 1895, p. 312. — Cat. vente Tyszkiewicz, n» 307 et pi. XXX. — Cat. de la vente Som- 
zée, n° 104. 

51. [A 1Q35.] Poséidon avec le trident. Fragment d'un 
bas-relief de marbre blanc, acheté en 1911 comme provenant d'Athènes. 

Haut. o™4o; larg. 0^44; ép. o™o8. — Brisé de tous côtés sauf à gauche, où 
la section lisse du marbre indique un joint. Le nez du dieu est brisé, les boucles 
supérieures sont épaufrées. Pas de restaurations. 

La partie droite de la plaque était occupée par un personnage vu de dos, 
l'épaule gauche couverte de sa chlam\'de, dont quelques plis subsistent, et 
tournant la tête, de façon à la montrer de profil. De la main droite, il tenait, 
incliné diagonalement, un trident, dont la fourche est rattachée à la hampe 
par deux dauphins : c'est donc certainement Poséidon. Malgré la mutila- 
tion qu'il a subie, le visage reste très expressif. Sous la protubérance sour- 
cilière, l'œil petit semble scruter l'horizon, et la moustache tombante, la 
barbe collée en boucles, qui pendent en désordre, se marient bien avec une 
chevelure humide et lourde, emmêlée par les vents du large, telle que l'art 
grec, depuis le iv^ siècle, Ta prêtée au dieu de la mer. A gauche, subsiste 
un morceau d'un voile qui couvrait la tête d'une déesse, peut-être Héra. 

Le joint prouve que cette place venait buter contre une autre et que notre 
fragment faisait partie d'une frise décorative, peut-être d'une représentation 
des douze grands dieux. Le type dont est dérivé celui de ce Poséidon, notam- 

62 



ment pour l'arrangement de la chevelure, remontent probablement jusqu'à Ly- 
sippe (cf. Bulle dans Roscher, Lexikon, s. v « Poséidon », col. 2893 et suiv.), 
mais notre relief est une œuvre d'époque romaine : les boucles sont séparées par 
des interstices profonds, forés au trépan, de façon à accentuer le coloris par une 




opposition violente des ombres et de la lumière. C'est pour le même motif 
qu'une rigole a été creusée pour marquer davantage les contours, comme 
on l'observe ailleurs aussi sur certaines sculptures de l'époque impériale (Mon. 
mystères de Mithra, t. II, p. 479, n" lobts, p. 482, n^ 586^5). Les impression- 
nistes modernes ont parfois eu recours à un procédé analogue en cernant d'un 
trait noir les figures de leurs tableaux. 

Inédit. 

52. [A 1091.] Kx-voto audieu tlirace Asdotilès. 

Bas-relief provenant de Melnik en Macédoine, dans l'ancien pays des 
Maides, apporté à Salonique en 1895. Don de M. Cuypers, consul de 
Belgique à Salonique (1903). 

Haut. 01146 sans le tenon du bas destiné à fixer la pierre dans une base; 
larg. 00141. — Pas de restaurations. Sont brisés : le bras droit du cavalier (mais 
la main subsiste), les jambes du cheval. 

63 



Le fond du relief est couvert par une vigne gigantesque. Deux enfants 
nus sont perchés dans les branches et vendangent avec des faucilles. A 
droite, sous la vigne, vendange aussi le vieux Silène, reconnaissable à son 
justaucorps velu. Pour se mettre à l'aise, il a noué sa tunique autour des 

reins. Il tient 
une grappe 
de la main 
gauche, l'au- 
tre main le- 
vée va tran- 
cher avec la 
faucille la 
tige d'une 
sec onde 
grappe. Au 
centre du ta- 
bleau ,1e dieu 
Asdoulès, 
assimilé à 
D i o n 3^ s o s . 
galope vers 
la droite. Il 
porte la né- 
bride, passée 
en bandou- 
lière autour 
de la poitri- 
ne ; ses pieds 
sont chaus- 
sés des demi- 
bottes thra- 
ces et sa 
chevelure, 
dont une 

; grande tres- 

se retombe 
sur l'épaule droite, est ceinte d'une bandelette (strophion) à laquelle étaient 
fixées par devant deux baies de lierre. Sous le cheval court une panthère, 
dont l'arrière-train est caché dans la vigne. Derrière Dionysos, Pan, aux 
pieds de chèvre, suit son maître en s'accrochant à la queue du cheval de la 
main droite, et de la gauche il tient une syrinx. Asdoulès, mis en belle 




64 



humeur par le vin, empoigne de la main droite la barbe de son com ] ; ; i c 
pour l'entraîner plus vite, tandis que, d: la gauche levée, il saisit une grappe 
que lui tend un enfant vendangeur. 

Au-dessous, se lit la dédicace : KXauSiavèç IIùppoç xcil Ilûppoç Aàv 
6pou xai oi nepï aÙTOù(ç) oaXxàpioi 6eù) 'AoôoûXy) xu) Ç,na' eT(e)i 
« Claudianos Pyrrhos et Pyrrhos, fils de Landros, et leurs gens du domain 
au dieu Asdoulès, en l'année 246 » (215 ap. J.-C). 

La lecture de rinscription offre peu de difficultés : Pyrrhcs est un nom thrace 
bien connu, mais Landros est nouveau : peut-être faut-il y voir une abréviation 
de Aiy.v^poç (Léandre), ou une erreur du lapicide pour Màvèpoç. Plus loin, 
il ne paraît pas possible de lire 01. iitpi auTOUç <x\':a.ploi, mot qui serait nou- 
veau et signifierait : les gens prenant part au sacrifice offert sur l'autel. Le gra- 
veur a sauté un sigma : les ax'k'îOipioi ou saltuarii (en bas latin saltarii) sont 
les employés du sa//MS, les gardiens du domaine (Hirschfeld, Verwaltungsbeam- 
ten 2, p. 133, n. 3). Ces saltuarii s:>Tit fréquemment nommés dans les inscriptions 
latines. L'ex-voto a donc été consacré par les maîtres ou les intendants d'une 
propriété rurale et par leurs gens. Cette propriété était plantée de vigne et le 
dieu du canton, Asdoulès, était assimilé à Dionysos, le génie du vin. L'artiste l'a 
représenté galopant joyeusement au milieu du vignoble qu'il protège — il ne 
s'agit pas d'une chasse : « Encore aujourd'hui il y a autour de Melnik un vigno- 
ble important... Il fallait aller en Thrace pour voir Dionj'sos à cheval : rien de 
pareil en Grèce... En Thrace et en Asie-Mineure, pays de grandes plaines, fertiles 
en chevaux, les seigneurs allaient à cheval; on s'imaginait donc les dieux à che- 
val. En Grèce, pays insulaire et montagneux, les dieux pour la plupart ne sont 
pas cavaliers » [Perdrizet]. 

Le type du .serviteur, accroché d'une main à la queue d'un cheval marchant 
au pas ou même galopant, comme le font encore les aboyâtes en Orient, est fré- 
quent sur les bas-reliefs thraces (Seure, Revue des études anciennes, XIV 
U912), pp. 158 et suiv. ; cf. Helbig Fûhrer ^. n" 11 19. collection Baracco). 
Le motif des enfants dans la vigne, qui apparaît ici au iii^ siècle, a été 
repris par l'art chrétien et est fréquent jusqu'à l'époque de Justinien. 

Décrit: MoRDTMANN, .4Me«. Mitt., 1896, pp. 100 et suiv. — Publié: Perdrizet 
Rev. archéologique, 1904, L PP- 19 et suiv. (à qui nous empruntons une partie de cette 
description). — Cf. Clermont-Ganxeau, Recueil d'archéologie orient., VI (1905), p. 215. 

53. [A 1002.] Groupe de divinités. Médaillon circulaire 
de marbre blanc, acheté en 1900 au bazar de Constantinople.Don d'un 
anonyme. 

Diam. on^aô; ép. omo25. — La partie gauche a été usée par frottement ou 
par les eaux et un segment a disparu à la partie inférieure. Le nez du buste 
supérieur de gauche est brisé. 

Dans un encadrement formé d'une double moulure, sont sculptées en 
5 65 



relief cinq figures de divinités. Au-dessus, à gauche, on voit le buste d'un 
personnage barbu, à longue chevelure.vêtu d'une tunique et d'un manteau, 
dont sort la main gauche appuyée sur la poitrine ; à sa droite, est perché un 
oiseau : c'est évidemment Zeus avec l'aigle. A droite, est un buste de femme, 
portant un diadème posé sur sa chevelure épaisse ; les détails sont indistincts, 
mais c'est probablement Héra, l'épouse de Zeus. En dessous, se trouvent des 




deux côtés les bustes de Hélios et de Seléné : le Soleil est un jeune homme 
nimbé et radié, portant une cuirasse historiée ; la Lune est méconnaissable, 
mais on aperçoit encore l'extrémité du croissant qu'elle avait derrière les 
épaules. Entre eux, se tient Hermès, un jeune homme minuscule, tenant de la 
main droite une bourse et de la gauche le caducée, appuyé contre l'épaule. 

Ce médaillon acheté à Constantinople provient-il de Thrace ou d'Asie-Mi- 
neure? On ne saurait le dire, mais on comprend les raisons religieuses du choix 
des divinités qui y sont groupées. Au-dessus, on voit Zeus et Héra, les maîtres 
du monde, qui habitent au plus haut du ciel; plus bas, les « dieux visibles », 
le Soleil et la Lune, qui éclairent et fécondent la terre; enfin, près de Hélios, 
Hermès, le messager de l'Olympe, qui servait d'intermédiaire entre les hommes 
et les puissances célestes et qu'on identifiait avec la petite planète Mercure, 
qui accompagne constamment le Soleil dans sa course. 

Inédit. 



66 



54- [A 1912] Ex-voto avi dieti Très-Hatit. Aigle de 
marbre blanc qui se trouvait en 1853 à Ak-Hissar, l'ancienne Thyatire 
(Lydie), « dans la maison d'un iman » (Wagener). Acquis à Paris 
en 1912. Don d'un anonyme. 

Haut. 01152 ; larg. o^^t, ; haut, des lettres o™02. — La tête est brisée et en par- 
tie restaurée en plâtre. 

Sur une base semi-circulaire est posé un aigle robuste, les ailes éployées, se 
préparant à prendre son essor. Sur la plinthe, on lit la dédicace : Mog^i- 
avoç BaooiXXT^[ov)] 
I 6eû> 'Y4»iaTco eùx^n^» 
« Moschianos (fils) de 
Basile au dieu Très-Haut 
en accomplissement 
d'un vœu ». 

La partie postérieure 
n'est qu'ébauchée. Une 
colonne en demi-relief, 
dont la partie supérieure 
est brisée, semble n'av^oir 
servi qu'à renforcer le 
marbre jusqu'à la hau- 
teur du cou de l'oiseau. 




V 1 <s- . 



h 



Le second nom a été lu 
Baocriavoç par Wage- 
ner, BaaiXsûç par Fon- 
trier. On voit clairement 
BACC I A puis une lettre 
qui est plutôt un A qu'un 
A, enfin un H dont la 
seconde haste verticale est 
entamée. Le nom est donc 
probablement BacjaiX- 
7.r^oq pour BarjiXsioç, 
par analogie du nom fré- 
quent BàcQft-XXoç dimi- 
nutif de Bàaao^ (cf. 

Bxa'i'kzoç [C.I.G. 668o,86S6], Bacaéa [7352], BoLoriXT^oç à Ancyre [C. I. G. 
8690]. En latin, Basileus et même Basilaeus se trouvent à côté de Bassillus 
[Thesaur. l. L, II, col. 1771, 1781]). 

Un Moschianos, fils de Philippe (Mod^tavoç OiXI-ktzou), remplissait les 
fonctions de stratège à Thyatire sous Commode (He.\d, Greek coins in the 



67 



Br. Mus.. Lydia (1901), p. cxxiii). C'est peut-être un parent du nôtre. La forme 
des lettres assigne pour date à notre marbre le ii»^ siècle. 

t)£oç ' 1 '^(.aroç, le dieu Très-Haut, est le nom sous lequel les colonies judéo- 
grecques de la Dispersion 
et les païens qui avaient 
plus ou moins adopté les 
mêmes cro^'ances. dési- 
gnaient le Dieu d'Israël. Il 
s'était formé spécialement 
en Asie-Mineure de nom- 
breuses associations 
religieuses qui, sans se sou- 
mettre à toutes les prati- 
ques de la Synagogue, ren- 
daient cependant un culte 
au Très-Haut, Dieu éternel 
et créateur, et le christia- 
nisme trouva un terrain 
éminemment favorable à sa 
diffusion dans ces milieux 
tout pénétrés d'idées bibli- 
ques sans être étroitement 
attachés à la loi mosaïque 
(cf. ScHUERER, Sitzun^sb. 
Akad. Berlin, mars 1897, 
pp. 200 et suiv. ; Cumont 
Hypsistos, Suppl. Rev. instr. 
publ. en Belgique, 1897, ^^ 
P.\ULY-WissowA, Realenc, 
s. vo). 

Comme divinité suprême, 
le Très-Haut fut assimilé 
par les Grecs à leur Zeus, 
et c'est pourquoi nous voj'ons qu'on lui consacre un aigle. L'aigle était d'ail- 
leurs aussi l'oiseau sacré des Baals sémitiques, seigneurs du ciel. Il est fréquem- 
ment représenté sur les monuments consacrés au dieu Hypsistos (I. G. XII, 
fasc.II, n» 115; cf. ScHUERER, p. 220). 

Décrit : Wagener, Mém. des sav. étrangers, Acad. de Belgique, t. XXX (1859), p. 39, 
n» XIV et pi. 6. — Fontrier, Rev. des études anciennes, IV (1902), p. 239. — Publié : 
CuMONT, Bulletin Acad. de Belgique, 1912, pp. 252 et suiv. 

55» [A 17.] Dédicace à des divinités syriennes. 

Fragment d'un bas-relief de pierre calcaire blanche, trouvé à Homs, 
l'ancienne Hémèse, en 1899, « chez Ibrahim Dallâti », par le Père 




68 



Lammens et obtenu par lui pour le Musée du Cinquantenaire 

en 1902. 

Haut. 01141 ; larg. 0^32; ép. onin; haut, des lettres o™oi8. — La pierre est 
brisée à droite et à gauche. Pas de restaurations. Les visages ont été mutilés 
par quelque musulman. 

A droite, un soldat en costume militaire oriental est debout; il est vêtu 
d'une tunique lâche, entourée à la taille d'une large ceinture, dont le bout 
frangé retombe par devant. Par-dessus, un manteau, attaché sur l'épaule 
droite par une 
fibule ronde, tra- 
verse la poitrine 
et recouvre le côté 
gauche. Au bras 
gauche de ce guer- 
rier, est suspendu 
un bouclier rond et 
de ia main droite, 
qui est cachée, il 
retient une lance. 
Sa tête, très abî- 
mée, paraît avoir 
été entourée d'un 
turban. Au-dessus , 
on lit la dédicace : 
Kepauvtô, .\u 
(dieu) Foudre ". 

Au milieu, une 
femme, un collier 
au cou, est entiè- 
ment enveloppée 
dans une ample 
robe et a la tête 
recouverte d'un 
voile rejeté sur 
l'épaule gauche. 
Elle tient de la 

main gauche un sceptre ou plutôt un javelot, et au-dessus de son épaule 
droite est suspendu un bouclier ovale, caché en partie derrière la tête (ce 
qui l'a fait prendre à tort pour un nimbe). Au-dessus, on lit son nom : 
'ABiQva, « A Athéna ". 




69 



La déesse est un peu plus grande que son voisin de gauche, mais plus 
petite que son voisin de droite, qui est manifestement le personnage prin- 
cipal. Celui-ci est vêtu d'un costume militaire romain; il porte une cuirasse 
d'où pend un lambrequin garni de plaques de métal et qui est traversée 
par un large ceinturon. Ses jambes sont nues et ses pieds chaussés de 
bottes. Sur la poitrine passe la chlamyde qui retombe derrière le dos. De 
la main gauche abaissée, il tient un objet indistinct (foudre?) et il appuj^ait 
la droite sur une lance, dont l'extrémité inférieure est restée visible. Sa 
tête, aujourd'hui mutilée, est entourée d'un nimbe radié. 

Il manque certainement à gauche un personnage, dont un pied est seul 
conservé, et probablement deux, car le guerrier romain, de proportions plus 
grandes que ses deux compagnons, devait occuper le centre de la composi- 
tion. 

Sur la plinthe est gravée la dédicace : Oeoîç TraTpîoiç MaXa^^T^ ?] Xto, 
*Iape(3a>Xu), 'AyXiPcôXco xai Zc| i(AÎa | ô Seîva xoO 8eïvoç] vmèp atoxy)- 
piaç aÙToO xè T[tôv iSîcov], « A ses dieux ancestraux (Malakli?) bel, laré- 
bol, Aglibol et Seimia (un tel fils d'un tel) pour son salut et celui de (ses 
proches) ». 

La restitution du premier nom divin est incertaine. On peut hésiter entre 
MaXaxPT^Xto, Bt^Xco ou 'EXayapâXcj). La dernière serait préférable s'il 
était certain que la pierre fût originaire d'Emèse, dont Élagabal était le 
dieu, mais il paraît plus vraisemblable qu'elle a été apportée à Homs de 
Palm\Te, siège principal du culte de larhibol et d' Aglibol, auquel est joint 
souvent IMalakhbel. 

Ce petit monument est d'une valeur singulière pour la connaissance de l'ico- 
nographie des dieux svriens, mais son interprétation est rendue malaisée du 
fait que nous ignorons si une ou bien deux divinités ont disparu et si l'inscrip- 
tion comprenait quatre ou cinq noms. Il est naturel de supposer que les noms 
grecs gravés au-dessus des figures traduisent les appellations orientales inscrites 
sur la plinthe, mais la correspondance n'est pas certaine. 

larhibol, c le seigneur des mois », appelé ici larébolos, était un dieu solaire : 
il apparaît sur une tessère palmyrénienne avec le nimbe radié et en costume 
militaire. Le Père Ronzevalle semble donc l'avoir reconnu avec raison dans le 
premier personnage de gauche. 

Aglibol, dieu lunaire, est caractérisé sur d'autres monuments par un large crois- 
sant attaché aux épaules et par le costume militaire romain. Cette figure ne se 
trouve pas sur ce qui reste du relief et devait être placée à la droite de larhibol. 

Seimia, dont le nom a été restitué à la fin de la ligne, n'est connue encore que 
par un petit nombre d'inscriptions. Elle semble bien devoir être assimilée à 
Athéna, seule déesse féminine qui apparaisse dans ce groupe. Athéna était 
une des principales divinités adorées dans l'est de la Syrie (Le Bas-Wadding- 
Tox, 2308, 2335, etc.). Toutefois, cette identification reste douteuse, car la déesse 

70 



séffliitique.. que les Grecs ont généralement confondue avec leur Athéna, est Allât 
(Dussaud) . 

Le culte du dieu Foudre (Kspauvoç), qui occupe le coin gauche, est attesté 
en Syrie par les monnaies de Séleucie de Piérie. Généralement, suivant un 
processus fréquent, ce génie naturiste a été absorbé par le dieu suprême, le Baal 
céleste, qui devient pour les Grecs un Zeus Kepauvioç, «maître de la Foudre » 
(cf. UsENER, Keraunos [Rhein Muséum, N. F., LX], 1901, et mes Religions 
orientales, 2^ éd., p. 372, n° 67). Il n'est donc pas impossible qu'il soit consi- 
déré comme l'équivalent d'un Bel, nommé en tête de l'inscription, bien que la 
place secondaire qui lui est dévolue semble peu favorable à cette hypothèse. 

Ce morceau de sculpture, malgré son état de mutilation, est un document 
fort intéressant pour l'étude du panthéon syrien, encore très mal connu, et 
nous ne pouvons qu'indiquer ici quelques-uns des problèmes qu'il pose, sans 
prétendre dissiper les incertitudes qui les entourent encore. 

Décrit : Lammens, Le musée belge, V (igoi), p. 273, n» 28. Cf. VI {1902), p. 273. — 
Publié : RoNZEVALLE. Revue archéologique, 1902, I, pp. 387-391 et Comptes rendus 
Acad. des Inscr., 1902, pp. 235 et suiv. ; cf. 1903, p. 279. — Dussaud, Notes de mythol. 
syrienne, 1903, pp. 105 et suiv. (cf. Revue archêol., 1904, I, p. 206) et Les Arabes en 
Syrie avant l'Islam, 1907, pp. 130 et suiv. 

56. [A 1623.] Dédicace a\i dieu Bel. Plaque de basalte, 
provenant de Killiz, l'ancienne Ciliza, et achetée à Alep en 1907. 

Haut, on^ôo; larg. o^^~=); ép. omiS; haut, des lettres o'"o2. — La plaque est 
brisée à droite et à gauche et ébréchée à la partie supérieure. 

Vers la gauche, un personnage barbu, dont le visage a été mutilé, est 
debout devant un autel où brillent des bûches rondes. Vêtu d'une ample 
robe talaire qui est entourée d'une large ceinture, coiffé d'une haute tiare 
conique, chaussé de brodequins couvrant le pied et la cheville, il paraît 
attiser le feu d'une main et de l'autre y verser une libation : peut-être 
tenait-il une patère. A gauche, une plante, tige de lierre ou cep de vigne, 
s'élève en serpentant. De chaque côté, on distingue les restes d'un taureau 
colossal debout, vu de face, dont la tête dépassait un peu le sommet de la 
plaque. Dans le champ, on Ht l'inscription : 

Bj^Xto 6eâ> I Faioç 'EKiyévIouç aùv y^vaixl | 'Efxeoûç xai xéxvoiç 
l 'Avxioxoç, 'EKiyévyiç, [ AioxXyjç, Mâpxoç, | Xlexpcôvioç, | Faioç, | 
0y)8ici)v, I MàpSaç | àcpiépiojaav. 

Et sur la robe du prêtre : Faloç | ô aÙToç | eiepeuç. 

<( Au dieu Bel, Gaïos, (hls) d'Épigénès, avec sa femme Eméous et ses 
enfants Antiochos, Épigénès, Dioclès, Markos, Petronios, Gaïos, Thédiôn, 
Marthas ont consacré (ce bas-relief). » — Et sur la robe : « Le même Gaïos 
(est le) prêtre. » 

71 



La lecture est certaine; 1. 3, peut-être pourrait-on lire 'EjacOuç, mais 
'EfxeoOç est préférable, «les noms de femmes en oOç étant fréquents en 
Syrie. La forme carrée des lettres, adoptée à cause de la dureté de la pierre, 
n'implique pas une époque tardive, nous la voyons apparaître dans des 
inscriptions de la région datées du ler siècle de notre ère » (Jalabert). 




Ce bas-relief a donc été consacré au dieu Bel par son prêtre Gaïcs, par sa 
femme et par ses enfants. On trouve dans sa famille un singulier mélange de 
noms latins (Gains. Mardis, Petronius) , grecs (Épigénès, Antiochos, Dioklès) 
et sémitiques (Eméous, Thédiôn, Marthas) . C'est une image raccourcie de la 
civilisation syrienne, où se combinaient, sous l'empire romain, les trois éléments 
que nous trouvons juxtaposés dans cette onomastique. Gaïos devait d'ailleurs 
savoir médiocrement le grec : il laisse au nominatif au lieu de les mettre au 
datif les noms apposés à ■zz'/.MOïc,. On trouve, il est vrai, des exemples de pareils 
solécismes même en Grèce à une époque ancienne (cf. A.-J. Reinach, dans 
Rev. études grecques, XXI (1908), p. 203). 

Les inscriptions grecques qui font mention du dieu Bel sont en très petit 
nombre. On sait cependant que de Babylone, d'où il est originaire, son culte se 
répandit dans la Syrie du Nord et qu'un temple magnifique lui était consacré 
à Palmyre, d'où l'empereur Aurélien devait le transporter à Rome. Notre bas- 



7-^ 



relief est peut-être le monument le plus curieux que son culte nous ait laissé 
en Syrie. 

Les taureaux, dont la taille dépasse celle du sacrificateur, rappellent les tau- 
reaux ailés qu'on trouve fréquemment en Assyrie, dressés des deux côtés des 
monuments sacrés ou profanes. Ils paraissent n'avoir qu'une valeur architecto- 
nique et figurer l'entrée du sanctuaire où le sacrifice s'accomplit. 

Le mauvais état de la pierre ne permet pas de déterminer quel genre de sacrifice 
offre le prêtre, mais, si la plante placée derrière lui est un cep de vigne, celle-ci 
rappelle sans doute le rôle que le vin jouait dans les cérémonies liturgiques. 

Notre bas-relief est le seul où un prêtre de Bel soit représenté en costume 
sacerdotal. Ce costume est purement oriental. On le trouve déjà — robe et haut 
bonnet conique — sur les monnaies à légendes araméennes frappées au iv^ siè- 
cle avant notre ère par le dynaste d'Hiérapolis, Abd'Hadad. Le roi-prêtre s'est 
représenté à peu près comme notre Gaïos : sacrifiant sous un temple, il tient 
une pomme de pin(?) au-dessus d'un petit autel (Babelox, Monnaies de la Bihl. 
Nationale, Perses Achéménides, i8g2, p. lui, reproduite par Dussaud, A'^o/es de 
mythol. syrienne, p. 97). L'observation scrupuleuse de tous les détails liturgi- 
ques, la fidélité traditionnelle aux formes extérieures du culte, se maintinrent 
dans les religions antiques, même quand leur contenu se fut profondément 
modifié sous l'influence de la pensée grecque. 

Publié : CuMOXT, Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions, 1907, pp. 447 et suiv. 

57. [A 1505.] SpHinx Pantliée. Bas-relief de marbre 

blanc, acquis au Caire en 1907. Provenance indiquée : Fayoum. 

Haut. o™3o; larg. 01142; ép. o">i2. — Sans restaurations. Le marbre a pris 
une patine jaune foncé. La partie postérieure est en partie évidée. 

Un sphinx marchant à droite foule aux pieds un serpent. Sa tête est 
nimbée et radiée et surmontée du disque solaire entre deux uraeus. Il 
porte au cou un pectoral couvert d'écaillés imbriquées — peut-être l'égide 
d'Athéna — ; de son cou sort une tête de crocodile et sa queue se termine 
par une tête d'uraeus. Entre ses pattes sont sculptées la harpe de Persée et 
le marteau de \'ulcain. Sur son dos est accroupi le griffon de Némésis, une 
patte posée sur une roue, et au-dessus de sa croupe, le disque ailé du soleil 
est figuré dans le champ du relief. 

On connaît cinq ou six bas-reliefs analogues à celui-ci trouvés en Ég^-pte, et 
des monnaies d'Alexandrie, de Domitien à Antonin le Pieux, représentent le 
même sphinx étrange (M.\llox, Revue archéologique, 4^ série, ¥(1905), pp. 169 et 
suiv.). L'une d'elles notamment, datant de la 18^ année du règne d'Hadrien 
(145 ap. J.-C), offre l'image d'un « androsphinx, marchant à droite, avec 
l 'uraeus sur le front, la tête de crocodile dans la poitrine, le serpent sous les 
pieds, le griffon femelle sur le dos » (Mallon, p. 176, fig. 9). Cet androsphinx 
est identique au nôtre. C'est donc de cette époque que date notre bas-relief. 

73 



Nous savons qu'on représentait parfois le sphinx avec une queue de serpent 
(Nicole dans Saglio-Pottier, Dict., s. v», p. 1439, n. 35), et un cratère à 
figures rouges le montre déjà la tête entourée de rayons {Monum. Instituto, 
II, pi. LV, = Annali, t. X, 1828, p. 267). Mais l'accumulation des symboles et 
des attributs de divinités diverses sur notre bas-relief nous prouve que, comme 
Sérapis à l'époque d'Hadrien (Weber, Untersuch. zur Gesch. des Kaisers 




Hadrianiis. 1907, p. 260), le sphinx à tête radiée avait été transformé en un 
panthée, c'est-à-dire en une divinité réunissant en elle la puissance de toutes les 
autres, et, conformément à la théologie du temps, cette puissance était regardée 
comme ayant son siège principal dans le Soleil. Le culte de ce sphinx solaire 
dut être puissant à Alexandrie, au moins depuis Domitien, car il figure sur les 
monnaies de cet empereur. Mais la faveur d'Hadrien, qui, durant son séjour en 
Egypte, s'engoua des mystères de ce pays, lui assura sans doute une popularité 
nouvelle. Ainsi s'expliquerait la multiplicité des monuments d'un culte dont 
les écrivains ne nous disent rien et dont ce silence nous empêche de com- 
prendre parfaitement le symbolisme compliqué. 
Inédit. 

50. ^A 1940.] Bas-relief de MitKra Tatiroctone. 

Plaque de marbre blanc bleuâtre, achetée à Rome en 1896 et provenant, 
probablement de Naples. Donnée au Musée par un anonyme en 1912. 



74 



Haut. o™84; larg.oiïgg; ép. 0^07. — Le coin gauche supérieur, qui fait défaut, 
avait été travaillé séparément (comme l'est encore le reste de la bordure 
supérieure jusqu'à la hauteur du visage de Luna) et rajusté au reste de la 
plaque à l'aide de pointes de fer. De même, l'avant-bras droit de Mithra et 




le couteau, qui manquent, avaient été taillés dans un morceau rapporté. Des 
trous forés dans l'épaisseur de la plaque montrent qu'elle était encastrée dans 
une muraille. 

Un jeune homme en costume oriental — bonnet phrygien, tunique bouf- 
fante à longues manches, serrée par une ceinture, manteau flottant au 
vent, pantalon noué à la cheville et brodequins — appuie le genou gauche 
sur le dos d'un taureau abattu sur le sol, tandis que du pied droit, posé 
sur le paturon, il maintient étendue en arrière la patte droite postérieure de 
sa victime. De la main gauche, il lui saisit les naseaux et de la droite, 
aujourd'hui mutilée, il lui plongeait au défaut de l'épaule un coutelas, dont 
il porte en bandoulière le fourreaii. L'animal agonisant contracte nerveu- 
sement sa patte gauche antérieure, sa langue tuméfiée sort de sa gueule, 
et sa queue, terminée par trois épis, se redresse dans un spasme. Un chien, 
qui porte un collier, et un serpent viennent lécher le sang qui coule de sa 
blessure, tandis qu'un scorpion lui pince les testicules. Derrière lui, un cor- 
beau, dont la moitié a disparu, est perché sur un rocher, et dans le coin 
droit supérieur, on voit un buste de la Lune, un croissant sur la tête, 



75 



auquel devait correspondre, à gauche, un buste du Soleil. Le champ du 
relief taillé irrép:ulièrement figure les parois d'une grotte. 

Ce bas-rclicf d'un travail médiocre (la croupe du taureau, beaucoup trop 
étroite, est d'une disproportion choquante) est cependant un exemplaire suf- 
fisamment représentatif d'une série de monuments qui ont été retrouvés sur 
toute l'étendue du monde romain (cf. n°^ 39-60). Ce sont les représentations de 
« Mithra tauroctone », qui étaient placées au fond des temples souterrains con- 
sacrés à ce dieu. 

Mithra est une divinité perse, dont le culte, pratiqué depuis une époque fort 
ancienne en Asie-Mineure, se répandit, surtout à partir du i^r siècle de notre ère, 
dans tout l'Empire. Les monuments qui régulièrement le montrent égorgeant 
un taureau représentent la légende mazdéenne de la création : le premier être 
vivant formé par Ahura-Mazda, le dieu suprême, fut un taureau, et lorsqu'il 
mourut toutes les plantes salutaires naquirent de san corps. Cette floraison 
miraculeuse est rappelée par le bouquet d'épis qui garnit l'extrémité de sa queue. 
Le chien, qui lèche le sang jaillissant de sa plaie, est l'animal bienfaisant chargé 
de veiller sur son âme, tandis que le scorpion, qui saisit ses testicules, est l'insecte 
venimeux envoyé par l'Esprit du mal pour empoisonner la source de la vie. Le 
corbeau, que Mithra semble écouter, est le messager du Soleil, qui vient exhorter 
le sacrificateur à immoler sa victime. D'autres personnages ont souvent été 
ajoutés à cette scène sous l'influence du culte chaldéen des astres. Les deux 
« dadophores >, que nous trouvons n°^ 59-60, sont les symboles de l'aurore et 
du crépuscule, ou plus probablement du soleil grandissant ou déclinant des 
deux équinoxes. 

Publié ; CuMONT, Textes et monuments relatifs aux mystères de Mithra, t. II, p. 486, 
n° Q^bis. 

59. TA 9096.] Fragment d'\in bas-relief analo- 
gue. Fragment d'un bas-relief de marbre blanc, acquis à Rome en 
1896 et qui aurait été trouvé, au dire du vendeur, dans une vigne 
entre la Porta Portese et l'église Saint-Pancrace. 

Haut, o^^ô; larg. 0^37; ép. o™io. — Sans restaurations. Un trou foré dans 
l'épaisseur de la plaque, à droite, montre que celle-ci a dii être fixée par un 
tenon à une muraille. La face postérieure est parfaitement lisse. 

Moitié supérieure de la représentation ordinaire de Mithra tauroctone. 
Le dieu, vêtu du costume oriental et coiffé du bonnet phrygien, saisit de la 
main gauche le taureau par les naseaux, tandis que de la droite il lui enfonce 
un large couteau dans le flanc. Un chien, dont le sommet de la tête est seul 
conser\'é, vient lécher le sang qui s'échappe de la blessure. A la ceinture de 
Mithra, est suspendu le riche fourreau de son arme, et sur son manteau 
flottant est perché im corbeau, vers lequel il tourne la tête. Sur le coin du 

76 



manteau, on reconnaît les vestiges de trois épis, qui terminaient la queue de 
la victime immolée. Des deux côtés, se tiennent les porte-flambeau ou dado- 
phores, nommés Cautès et Cautopatès. Vêtus du même costume oriental que 
Mithra, ils tenaient l'un une torche élevée, l'autre une torche abaissée ; 
celle-ci a aujourd'hui disparu, avec le bras droit du dieu, qui appuie la 
tête sur sa main gauche en signe de tristesse. Dans les angles supérieurs, on 




y- 



aperçoit à gauche le buste du Soleil radié, à droite celui de Luna, un crois- 
sant derrière les épaules; ils sont l'un et l'autre mutilés. — Travail d'atelier. 
On distingue des traces de couleur rouge sur les vêtements des personnages et 
même sur le champ du relief. 

Sur la signification de cette scène, voyez le numéro précédent. 

Reproduit : Cumont, Monuments relatifs au culte de Mithra, t. II, 1896, p-48o, n°2jh:s 
et fig. 414. 

60. [A 906.] Débris d'tin bas-relief analogue. 

Fragment de marbre blanc, acquis en 1892 à Drvno (Serbie) et qui 
provient des ruines voisines de Viminacium, ancien chef-lieu de la 
Mésie supérieure. 

Haut. 0^13; larg. o°»i25; ép. o™055. Brisé adroite et en haut. 

Coin gauche inférieur d'une représentation de Mithra tauroctone. A 
gauche, un des dadophores (Cautopatès), abaissant une grosse torche vers 



77 



le sol, est conservé jusqu'à la ceinture. A droite, on distingue une 
patte étendue du taureau, avec le pied de Mithra qui la maintient. Un 

scorpion saisit les testicules de la 
victime. 

Sur la plinthe, on lit le reste d'ins- 
cription : Deo invicto M[ithraé]... 
nauclerns pon[endiim curavit], «Au 
dieu invincible Mithra (un tel) 
armateur a fait placer (ce bas- 
relief). )' 

Pour le sens de cette représenta- 
tion, voyez n» 58. 

J'ai publié l'inscription \Arch. epigr. 
Mitth. aus Oesterr. - Ungarn, t. XVII, 
1894, p. 31, n° 6; le fragment entier : 
Monuments rel. aux mystères de Mithra, 
II, p.-275, noi32. 




61. [A 1936.] Retour de la cHasse. Bas-relief de marbre 
blanc, acheté à Bologne (Italie) par M. Fernand Scribe, de Gand. 
Acquis par le Musée en 1912. 

Haut. 01145; larg. o'^jo. — La plaque a été sectionnée à droite, à gauche 
et au-dessus et, de plus, écornée pour servir de pierre tumulaire au caveau d'une 
nonne en 1803 (cf. infra). Sont restaurés : la tête du taureau de droite, la tête 
et la patte du sanglier supérieur, la patte postérieure de la biche. 

Deux boeufs accouplés et sanglés, réunis par un fort joug recourbé, 
fixé par des courroies, tirent une charrette à roues pleines et à ridelles, 
entre lesquelles sont empilées des pièces de gibier : en dessous un sanglier, 
plus haut un sanglier et une biche. Sous le char se trouvent deux chiens; 
l'un est à demi caché derrière les roues, l'autre, un collier au cou, court 
entre les pattes d'un des taureaux. A droite, un personnage, vêtu d'une 
tunique et d'un manteau, soutient l'un des sangliers (?) qui glisse du char ; 
à gauche, un deuxième personnage, vêtu du costume des artisans (tuni- 
que retroussée et brodequins), est debout, le bras gauche replié sur la 
poitrine, et tient de l'autre une perche — celle peut-être qui lui a servi à 
battre les buissons. Au-dessous, on aperçoit la jambe nue et la chaussure 
d'un troisième personnage, qui a disparu. 

Le travail est médiocre et ce morceau de sculpture est d'un intérêt archéolo- 
gique plutôt qu'artistique. Il faisait partie d'une composition plus étendue, qui 



78 




se continuait à droite et à gauche et représentait sans doute un retour de chasse. 
Le char à ridelles rappelle par sa forme celui qui figure dans une scène de ven- 
danges sur un couvercle de sarcophage conservé au Louvre (Clarac, pi. 136, 
n° 122; Reinach, Répertoire, I, p. 33, n'' i ; cf. Frôhner, Sculpture du Louvre 
n" 282). Peut-être notre fragment provient-il aussi d'un sarcophage. 

Cette œuvre de l'époque impériale paraît avoir été exécutée à Modène 
(Mutina) ou aux environs. On lit au revers l'épitaphe : Hic iacet \ (2 lignes 
martelées) | in Mutinensi olim monasterio \ discalceatarum professa \ religiosa- 
rumque virtutum ornata \ obiit die XXVIII Mail MDCCCIII | (mot martelé) 
sorori dileciissimae m ( onumentum ) h (oc) p(osuit). 

Inédit. 



79 



m. BAS-RELIEFS FUNÉRAIRES. 



Ô2. [A 1315.] Stèle atticftie. Stèle de marbre blanc veiné 
de bleu (Hymette ?). Achetée à Paris en 1904. Provenance indiquée: 

Béotie.Don 
deMm'Paul 
Errera. 

Haut.oni46; 
larg.om37._ 
Pas de res- 
taurations. 
Brisée du bas 
à la hauteur 
du siège où la 
femme est 
assise et des 
genoux de 
l'homme. 

La stèle 
est sans en- 
cadrement. 
Sur un cou- 
ronnement 
cintré est 
inscrit le 
nom de la 
d V f u n t e , 
' E p (JL o cp à- 
veia, qui est 
figurée au- 
dessous : une 
jeune femme 
assise sur un 




'-t«»KÇ» 



80 



siège à dossier élevé et muni de bras latéraux terminés par des têtes de 
bélier. Sa chevelure, dont les boucles ondulées encadrent le front, est 
retenue par un bandeau. Ses oreilles sont ornées de gros bijoux ronds. 
Elle est vêtue d'un chiton, qui glisse sur le bras droit en découvrant 
l'épaule, et d'un himation, qui passe sur la tête, retombe sur l'épaule gauche 
et derrière le dos et enveloppe le bas du corps. Un pan du manteau est 
coquettement rejeté sur le bras du fauteuil. Du bras gauche, cette jeune mère 
serre contre sa poitrine un bébé emmailloté, et elle allonge le bras droit pour 
saisir un oiseau que lui tend à deux mains un enfant, debout devant elle, 
dont il ne subsiste que la tête et les bras. Derrière cet enfant se tient un 
homme barbu, qui regarde la femme assise. Il est vêtu d'un simple manteau 
qui cache le bras gauche et, découvrant le côté droit du torse, s'enroule 
autour de la taille. 

Le sculpteur a représenté la morte, comme sur beaucoup d'autres stèles fu- 
néraires attiques, au milieu des occupations auxquelles elle se plaisait durant 
sa vie. Elle joue gracieusement avec son fils, qui lui apporte un oiseau familier. 
Mais une expression de tristesse recueillie est exprimée discrètement dans toute 
la composition, et la mélancolie qui s'en dégage rappelle que ces joies fami- 
liales ne sont plus qu'un souvenir. 

Bon travail d'atelier. L'inscription date du début du iv^ siècle av. J.-C. 

Inédit. 

63. [A 1901.] Fragment d'tine stèle atticttie. 

Morceau d'un bas-relief de marbre blanc (pcntélique), acheté en 
août 1910 comme provenant d'Athènes. 

Haut. 0^70; larg. o'n5o; ép. du relief o'ni2. — La partie conservée est brisée 
en cinq fragments qui se rajustent exactement. Le fond est restauré en plâtre. 

Une jeune femme, assise sur un siège à dossier incurvé, serre la main 
droite à un personnage, qui était debout devant elle, mais dont il ne reste 
que la main, sans doute le mari de la défunte. Cette femme est vêtue du 
chiton ionien, tunique de lin attachée sur le bras par une série de boutons 
qui la plissent, et, par-dessus, du péplos dorien, ample pièce de laine, cousue 
sur les épaules. Ce péplos était ramené en larges plis sur les genoux; les 
jambes ont disparu avec la partie inférieure du siège. La tête est comme 
couronnée par une chevelure largement ondulée et entourée par un simple 
ruban (ténie). Les yeux, dirigés légèrement vers le haut, regardaient 
l'homme qui se tenait en face, et le visage, malgré la mutilation que le nez 
a subie, garde une expression pénétrante de tendresse recueillie. 

Le monument lorsqu'il était complet pouvait mesurer environ i™2o sur cnSo. 
Le style est celui du iv<^ siècle. Le motif figuré ici, la Ss^twaiç ou « poignée de 

6 81 



main », est très fréquent sur les monuments funéraires. Les archéologues ne 
sont pas d'accord sur sa signification : les uns le désignent du nom de scène 

des adieux » : 
l'étreinte des 
deux époux 
ind iquerait 
leur sépara- 
tion suprême 
et la mélan- 
colie expri- 
mée par les 
visages s'ac- 
corde bien 
avec cette in- 
terprétation. 
D'autres, au 
contraire, y 
voient une 
scène de réu- 
nion : « L'A- 
thénien croit 
à un lieu sou- 
terrain où les 
morts sont 
rassemblés, 
où les nou- 
veaux venus 
retrouvent 
leurs proches 
qui leur font 
accueil, où se 
renouent les 
liens, un in- 
stant déta- 
chés, des af- 
fections indissolubles » (Collignon, Histoire de la sculpt. grecque, II, p. 150). 
Enfin, selon l'opinion la plus probable, on cherchait simplement dans cette 
composition funéraire une évocation des sentiments d'amour qui unissaient 
les membres de la famille sur la terre et dans l'au-delà, sans qu'on voulût 
préciser où se rejoindraient les défunts chéris qu'on espérait retrouv-er dans 
une autre vie. 

Publiée : Jean De Mot, Bulletin des Musées Royaux, X, 191 1, p. 59. 

64- [A 1932.] Stèle itinéraire attique. Stèle de 
marbre blanc (pentélique), trouvée près d'Athènes. Elle provient. 




82 



ainsi que la suivante, d'une nécropole située non loin du Pirée et que 
les constructions entreprises au nouveau Phalère ont remise au jour 
vers 1905. Acquise par le Musée en 1912. 

Larg. om39 
à on»36; haut. 
0^58 ; épais. 
o^oj. — La 
partie supé- 
rieure est bri- 
sée. Pas de res- 
taurations. 

Sur un siège 
de bois à large 
dossier et à 
pieds recour- 
bés, une fem- 
me est assise. 
Elle est vêtue 
d'une longue 
tunique et en- 
veloppée, par- 
dessus, dans 
un ample pé- 
plos, dont un 
pan rejeté sur 
les cuisses re- 
tombe du siè- 
ge et dont elle 
retient de la 
main droite 
l'autre bord 
près du cou. 
Sa main gau- 
che, négligemment posée sur les genoux, se cache dans les plis du vête- 
ment, et ses pieds, chaussés de sandales, s'appuient sur un tabouret. Sa 
large chevelure, relevée en chignon, est maintenue par un ruban. Elle 
regarde une jeune esclave, qui, debout devant elle, lui tend un coffret et 
paraît attendre ses ordres, la main gauche levée en signe de respect. Cette 
servante est vêtue d'une simple tunique agrafée sur l'épaule et qui tombe 
en plis verticaux jusqu'aux pieds. 

Cette scène à deux personnages était entourée d'un encadrement dont il 

83 




ne reste que les deux bords verticaux, et au-dessous une large surface lisse 
sert en quelque sorte de socle à la sculpture. 

Les fabricants athéniens de décorations funéraires ont répété avec d'infinies 
variations le thème de la jeune femme à laquelle une servante apporte son coffret 
et qui manie encore après sa mort les bijoux dont elle aimait à se parer. La 
célèbre « stèle d'Hégéso » en est la représentation la plus connue (Coixignon, 
Sculpture grecque, IL P- 150, pi. IV). Notre bas-relief, plus modeste, n'atteint 
pas la perfection de ce marbre célèbre du v^ siècle, mais il semble s'en inspirer 
dans sa composition; il garde quelque chcse de sa beauté grave et recueillie 
et ne doit pas être de beaucoup postérieur. 

Inédite. 



65. [A 1933.] Fragment de stèle attique. Stèle de 
marbre blanc, provenant d'Athènes, où elle fut découverte vers 1905 

avec le numéro précédent. 
Acquise par le Musée en 1912. 

Larg. o"i23; haut. 0^47; ép. 
o™o6. — Le coin gauche supé- 
rieur et la partie inférieure font 
défaut. Pas de restaurations. 

Cette stèle, qui va se rétré- 
cissant légèrement vers le haut, 
est surmontée d'un fronton 
orné d'acrotères. Au-dessous, 
dans un encadrement rectangu- 
laire, une jeune femme est de- 
bout, adossée au montant de 
gauche. Elle est vêtue d'une 
tunique recouvrant les bras 
jusqu'au coude et d'un ample 
pépies de laine, dont elle retient 
le bord de la main gauche. Sa 
chevelure ondulée, dont une 
natte épaisse retombe sur la 
nuque, est serrée par un simple 
itiban et un large bijou est fixé 
à l'oreille. Elle tend de la main 
gauche un oiseau, sans doute à 
un chien, qui sautait devant elle 
et qu'elle observait en souriant, 
la tête doucement inclinée. 




84 



Cette gracieuse composition figure une des scènes empruntées à la vie 
familière dont les Athéniens se plaisaient à orner les tombeaux de leurs'proches 
(cf no 62). Le motif du jeune homme ou de la jeune fille tendant un oiseau à 
un chien est fréquent, et l'on pourrait faire remonter sa filiation jusqu'au 
v« siècle (cf. Brûckxer, Jahrb. des Archàol. Instituts, XVII (1902), pp. 3g et 
suiv.). Il se retrouve notamment sur une stèle de la collection Warocqué 
(n° 148), qui appartient, comme probablement celle-ci, au iv^ siècle. 

Inédite. 



Ô6. A 1545.] Stèle funéraire avec figtires de 

sirènes. 

Stèle trapé- 
zoïdale de cal- 
caire blanc. 
Acquise à Pa- 
ris en 1907 
avec le n» 85 
et qui pro- 
viendrait de 
la côte d'Asie- 
Mineure. 

Haut. 0^82; 
largeur 0^48 à 
o'"44; ép. o^noS. 
— Une grande 
partie de la base 
est restaurée 
en plâtre. Les 
deux visages 
ont été mu- 
tilés, .sans doute 
par quelque mu- 
sulman. 

Cette stèle, 
couronnée d'un 
fronton et po- 
sée sur une 
plinthe saillan- 
te, est d'une 
simplicité élégante; comme les anciens monuments de C3 type (n» 62), 
elle est dépourvue d'encadrement et coupée seulement par deux moulures 




85 



rondes parallèles. Entre celles-ci deux sirènes, corps de femme et pattes 
d'oiseau, avec de grandes ailes et une queue en éventail, sont debout des 
deux côtés d'un cartouche ovale, qu'elles soutiennent d'une main, tandis que 
de l'autre elles s'arrachent les cheveux en signe de deuil. Dans le cartouche 
et au-dessous, sont gravés les noms Elevîaç \ "Iwvoç, « Xénias (fils) d'Ion». 

Le nom du père paraît avoir été gravé après coup, en lettres moins pro- 
fondes, mais leur forme est semblable à celles de la première ligne : elle permet 
de dater la stèle du iii^ siècle av. J.-C. Tous les caractères de la sculpture nous 
reportent aussi à cette date. 

Des images de sirènes ornent fréquemment les monuments funéraires. Pri- 
mitivement emblème de l'âme, em- 
prunté aux Égyptiens par les anciens 
Grecs, la sirène apparaît d'abord dans 
l'art sous la forme d'un oiseau à tête 
de femme. Mais peu à peu le goût hel- 
lénique atténua le caractère animal 
de ce monstre dimorphe. Le type que 
lui a prêté l'auteur de notre stèle est 
celui qu'il avait pris à l'époque hellé- 
nistique. Par suite de leur antique 
signification mythologique, les sirènes 
sont souvent sculptées sur les tom- 
beaux en Attique comme en Asie- 
Mineure, mais d'ordinaire elles se frap- 
pent d'une main la poitrine, tandis 
que l'autre saisit la chevelure. Le 
motif que nous trouvons adopté ici 
paraît nouveau (cf. Georg Weicker, 
Der Seelenvogel in der alten Kunst, 
1902, notamment p. 172; Collignon, 
Les statues funéraires dans l'art grec, 
191 1, pp. 216 et suiv.) . 
Inédit. 

67. [A 1310.] Tombeati 
d'tine femme. Stèle de 
marbre blanc trouvée, « en 1902, 
à 500 mètres du bord de la mer. 
entre l'emplacement d'Élée, port 
de Pergame, et le village actuel de Kilissé-Keiiï». Don de M. A. Gin- 
dorff, de Smyme (1905). 

Haut. o™i 2 ; larg. o™ 10 ; ép. o™02. — Sans restaurations. Conservation médiocre. 




86 



Dans une niche cintrée, une femme est assise sur un siège carré à 
dossier droit et garni d'un coussin. Le corps est drapé dans un long hima- 
tion qui passe sur la tête, descend derrière le dos et est ramené sur les 
genoux. Sous le bord inférieur de ce manteau apparaissent les plis obliques 
du chiton. Les deux pieds, chaussés, sont posés sur un tabouret. La tête 
repose sur la main droite dans une attitude pensive, et le bras droit 
est soutenu lui-même par le poignet gauche. Derrière cette femme, un enfant 
vient s'appuyer sur ses genoux. 

Au-dessus du cintre, on lit l'inscription 'A6aviaa ]VIyjTpo5tb[p]ou, 
« Athanisa, fille de Métrodore )>. Les caractères sont probablement encore 
du 11^ siècle av. J.-C. 

La partie supérieure est formée d'un fronton surmonté d'un antéftxe 
et de deux acrotères. 

Le geste de la « pleureuse», le visage penché, appuyé sur une main, l'autre soute- 
nant le coude, est fréquent, et remonte au moin? au iv^ siècle (cf. Collignon, 
Statues funéraires, pp. 207 et suiv.). 

Inédit. 

6ô. [A 1959.] Fragment de stèle. Coin gauche supérieur 
d'une stèle' 
de marbre 
blanc. Pro- 
venance in- 
connue. Ac- 
quis par le 
Mus ée en 
1912. 

Haut. 0^60; 
larg. om35;ép. 
oroi5. La moi- 
tié de droite 
est restaurée 
en stuc; larg. 
totale o'n63. 

L'encadre- 
ment de la 
stèle était for- 
mé de deux 
colonnes co- 
rinthiennes 




JJi 



87 



supportant un entablement. Au-dessus de l'architrave régnait une corni- 
che, garnie d'antéfixes circulaires, sculptésen relief sur le champ. Dans cet 
encadrement, était figuré un personnage dont il ne reste que la tête et l'épaule 
gauche. C'est un jeune homme imberbe, dont la chevelure courte est divisée 
en petites boucles; il portait une toge passant en larges plis sur l'épaule. 

Sur l'architrave, on lit le nom du mort : r(aîoç) *IouXioç Acol 

«Caius Julius Léo... » 

Les caractères sont de bonne époque; ils remontent au moins au ler siècle de 
notre ère, et le personnage dont cette stèle marquait le tombeau, ou l'un de 
ses ascendants, avait obtenu le droit de cité d'un des membres de la famille des 
Juin, peut-être de Jules César. 

Inédit. 

69. A 131Q] Stèle 
d'tine femme- Stèle 
de marbre blanc bleuté. Ac- 
quise à Paris en 1905. Le 
marbre est de l'Hymette; la 
provenance doit être attique. 

Haut 0^63; larg. o'^ig ; ép. 
01005; haut, des lettres 0^02. — 
Pas de restaurations. 

Au centre de la stèle, dans un 
creux rectangulaire, une femme 
est debout, la jambe droite dé- 
gagée. Elle est vêtue d'un chi- 
ton et d'un manteau qui lui 
traverse diagonalement la poi- 
trine et recouvre le bras gau 
che. De la main droite, elle 
élève un éventail. 

Au-dessus, on lit l'épitaphe 
*AvTioxiç XP^^'^^» " Antiochis 
(fut) bonne. » Les caractères pa- 
raissent dater du i*^'" siècle ap. 

J-c. 

Le haut de la stèle est décoré 
d'un fronton en relief,surmonté 
d'acrotères. Travail médiocre. 

Inédit. 




88 



70. 'A 1108/ Portrait d'un bouvier. Bas-relief de 
marbre blanc (pentélique) à patine ambrée. Acquis à Paris en octobre 
1904. Provenance indiquée : Laurium. Don d'un anonyme. 

Haut.o"»88; 
larg. on»65 ; ép. 
onioj. — Pas 
de restaura- 
tions. 



Un person- 
nage barbu 
est debout, de 
face, vêtu 
d'une tunique 
courte, serrée 
à la taille par 
une ceinture 
de cuir, et 
d'un manteau 
agrafé par de- 
vant et muni 
d'un capu- 
chon. Les jam- 
bes sont nues, 
les pieds 
chaussés de 
bottes molles 
de cuir, à re- 
vers, qui s'ar- 
rêtent au-des- 
sus des chevil- 
les. La main 
gauche, qui 

sort des plis du manteau, tient un bâton noueux; la droite saisissait le 
licou (peint autrefois sur la pierre) d'un bœuf, dont le corps s'aperçoit de 
face, mais qui tourne la tête vers son conducteur. Un second bœuf se tient à 
la gauche du bouvier. 

Cette scène est encadrée par deux colonnes supportant un entablement 
surmonté d'une série d'antéfixes. Sur le bord de l'architrave est gravée 
l'inscription : 'AcpSôvYjTOÇ 'HpaxXéwvoç MciXtqoioç. h Aphthonétos, fils 
d'Héracléon, de Milet ». Caractères du i^r ou du ii« siècle ap. J.-C. 




89 



Deux trous ronds forés à la partie supérieure de la plaque montrent 
qu'elle a dû être fixée à la paroi de quelque tombeau. Travail d'atelier. 
Inédit. 



71. [19347.1 Stèle funéraire d'un enfant. Plaque de 
marbre blanc, découverte à Athènes, au dire du vendeur, au pied 

de la colline de Philopappos. Acquise 
en 1911. 

Haut, in^oy (i'"i4 avec le tenon dissi- 
mulé dans la base) ; larg. 00139; ép. o^nio; 
haut, de la figure 0^67. — Brisée diagona- 
lement au-dessus de la tête de l'enfant, 
mais les joints, restés vifs, se raccordent 
exactement. Pas de restaurations. 

La stèle est surmontée d'un fronton, 
garni d'un antéfixe et d'acrotères et 
décoré d'une grande rosace. Ce fronton 
est supporté par deux pilastres, qui 
bordent une niche rectangulaire où est 
sculptée en haut-relief la figure du 
défunt. C'est un jeune garçon aux 
membres potelés et aux formes encore 
indécises, qui est debout, de face, entiè- 
rement nu, un manteau plié sur l'épaule 
et rejeté sur le bras gauche. Ses cheveux 
sont divisés en deux au-dessus du front 
et, au milieu, une natte tressée est 
ramenée en arrière jusqu'au sommet de 
la tête. Dans la main droite qui pend 
le long du corps, cet enfant tient une 
balle, de la gauche, repliée contre la 
poitrine, un pigeon familier. Sa che- 
ville droite est entourée d'un anneau 
formé, ce semble, d'une torsade de fils 
de métal. Au pied de l'enfant, levant 

la tête vers lui, est accroupi un petit chien de Malte à longs poils, favori 

habituel des Athéniens. 

Sur l'architrave, on lit le nom du défunt : Mouocôviç A/jfxrjTpiou | Aa(x- 

TTTpcûç « Mousonis, fils de Démétrios, (du dème) de Lamptrées ». Mou- 

ocôviç est pour Mouacôvioç, Musonius. 




90 



Cette stèle ne se distingue pas par la rareté du sujet qui s'y trouve représenté . 
l'enfant avec ses jouets et ses bêtes favorites est un motif fréquent de décora- 
tion sur les stèles funéraires, et l'on trouve, depuis l'époque classique, des figures 
très semblables à celle de notre Mousonis ou Musonius (cf. Conze, Attische 
Grabreliefs, pi. CLXXXIX, n° 976). La date de ce petit monument n'est pas 
non plus fort ancienne : les caractères de l'inscription le placent au ii'' siècle 
de notre ère. Mais l'excellent état de conservation du marbre permet de distin- 
guer tous les détails, dont quelques-uns sont d'un curieux intérêt. La coiffure 
avec sa tresse caractéristique se retrouve dans de nombreuses figurines d'enfants 
ou d'amours (Saglio-Pottier. Dïct. ant., s. vo « Coma », fig. 1810 et note 53), 
et notre collection de terres cuites en fournit des exemples. Le spitz de Malte 
MeXiratov xuvoSlov, à poils soj-eux, était le « chien de salon « le plus aimé 
des Grecs et des Grecques, et l'art a fréquemment reproduit sa fine silhouette 
(Keller, Hunderassenim Altertum dans Jahresh. Oesterr. Instituts, VIII, 1905, 
p. 243, et Die antike Tierwelt, I, 1909, pp. 92 et suiv.). Enfin, l'anneau qui 
entoure la cheville n'est pas, semble-t-il, un simple ornement, mais une amulette : 
il passait pour avoir une puissance prophvlactique et devait garantir l'en- 
fant contre tout malheur (cf. Paris dans Saglio-Pottier, Dict. des ant., s. v» 
« Periscelis » ; Frazer, Golden Bough, 3« éd., part. II, Taboo, pp. 313 et suiv.; 
Heckenbach, De nuditate sacra sacrisque vinculis, Giessen, 191 1 , pp. 92 et suiv.). 

Inédit. — Décrit d'après un rapport de M. Jean De Mot. 

72. [A 943.] BanQuet funéraire. Bas-relief de marbre 
blanc bleuté. Acheté à Constantinople en 1900. 

Haut. o«»38; larg. on»59; ép. o^oô. — Sans restaurations. 

Un personnage barbu est étendu sur une couche, le bras gauche accoudé 
sur des coussins, le corps à demi soulevé. Le torse est nu, les hanches sont 
entourées des plis d'un manteau, qui cache les jambes. La main droite, 
portée à la tête, semble y placer une couronne, la gauche tient un rhyton. 

Sur l'extrémité de la couche est assise une femme, couverte d'un chiton et 
d'un long manteau, qui passe sur sa tête et dont elle écarte le bord de la 
main gauche, découvrant son visage. Ses pieds sont posés sur un tabouret. 
Devant la couche est dressée une table chargée de fruits et de gâteaux, 
à droite, un grand cratère est posé sur un socle, et un échanson tenant une 
aiguière et un bol s'avance vers les deux convives. A gauche, se tiennent 
quatre personnages plus petits que les premiers : devant, deux enfants, 
derrière, un homme et une femme, faisant le geste d'adoration. 

La surface du bas-relief est fort endommagée et les visages sont mutilés, 
mais le style de la sculpture, comme l'absence de tout encadrement, lui 
assigne une date ancienne, sans doute le iv^ siècle av. J.-C. 

Ce bas-relief appartient à une classe très nombreuse de monuments — on en 
a inventorié plus de trois cents — connus sous le nom peu exact de « banquets 

91 




funéraires » et dont le type remonte au moins au v^ siècle (cf. le beau bas- 
relief de Thasos. Comptes rendus Acad. Insc, 1908, p. 478). Ils représentent en 
réalité les morts héroïsés. adorés par leur famille. On a émis des opinions très 
difiérentes sur la signification du festin auquel ces défunts prennent part. Il 
est probable que ces représentations sont inspirées par les croyances répandues 
en Grèce par les mystères du Dionysos thrace. Les Thraces, de même que le? 
Germains, se représentaient les joies de la \'ie future comme un festin, où les 
bienheureux mangeaient et s'eni\Taient, comme les guerriers dans leurs fêtes 
terrestres. A l'époque hellénistique ces idées se transformèrent sous l'influence 
des cultes alexandrins et les morts furent identifiés aux dieux infernaux eux- 
mêmes (cf. n° 73). 
Inédit. 

73. 'A 1341] Banctviet funéraire. Bas-relief de marbre 
blanc. Acheté à Paris en 1904. Provenance indiquée : île de Milo. Don 
d'un anonyme. 

Haut. 01022 ; larg. oro3i5; ép. o^^Oj. — Le coin gauche supérieur est restauré 
en plâtre. Le pilastre a disparu de ce côté. 

Un homme barbu est assis sur une couche garnie de coussins, le torse nu, 
le bas du corps enveloppé dans un manteau. Son abondante chevelure, dont 
les boucles retombent sur le front et les joues, est surmontée d'un boisseau. 



92 




De la main droite, il élève un rhyton.etdelagauche il soutient un large bol. 
Sur l'extrémité delà couche, est assise une femme, de profil, vêtue d'un 
chiton et drapée dans un manteau, qui laisse le bras droit à découvert; ses 
pieds sont posés sur un tabouret. De la main gauche, elle tient une cassette 
et de la droite s'apprête à prendre un gâteau sur une table chargée de 
pâtisseries et de fruits, placée devant ces deux convives. Sous la table, un 
serpent déroule ses anneaux et dresse la tête, comme pour prendre part au 
festin. Derrière le lit, un échanson nu verse dans une coupe le vin qu'il 
vient de puiser dans un cratère. A gauche, six adorants s'avancent : un 
homme barbu suivi de deux femmes et au premier plan trois enfants, dont 
l'un conduit un bélier, destiné à être sacrifié sur un autel cubique qui se 
voit au pied du lit. Le tableau est encadré par deux pilastres supportant une 
architrave surmontée d'antéfixes. 

Ce bas-relief, qui paraît dater du i^"" ou du ii^ siècle av. J.-C, représente, 
comme le précédent, deux morts héroïsés, festoyant et adorés par leur famille. 
Mais la représentation est plus complète : un bélier va être sacrifié aux défunts : 
c'est l'animal immolé d'ordinaire aux divinités infernales. Le serpent, qui vit 
dans la terre, est consacré aux dieux souterrains, puis il est même censé incarner 
ces dieux (cf. Roscher, Lexikon, s. v" « Héros, » 2467), et c'est pour ce motif 



93 



qu'il prend part ici au banquet d'outre-tombe. Détail plus important, le type 
donné au héros, coiffé du polos, est manifestement celui du Sérapis de Bryaxis 
qui trônait dans le temple de ce dieu à Alexandrie (Amelung, Rev. archéol., 1903, 
II, pp. 177 et suiv.). Le convive masculin du « banquet funéraire» prend souvent 
cette apparence à l'époque alexandrine : conformément aux idées égyptiennes, 
oii l'immortalité est l'identification avec Osiris, il est assimilé au maître des 
enfers et élevé au rang d'un dieu (cf. mes Religions Orientales, 2^ éd., p. 120, 
no 20). 
Inédit. 

74« [A 1947]. BanQuet funéraire. Bas-relief de pierre 
calcaire blanche provenant de la collection Dattari (Le Caire). 
Acheté en 1912. 

Haut. oni24 ; larg. 0^26. — Brisé à droite ; sans restaurations. 



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Jeune femme étendue sur une couche, appuyée sur le coude gauche. La 
main droite tient un gouvernail. Le torse est nu, un manteau passe sur 
l'épaule et enveloppe le bas du corps. Aux pieds de la morte, son chien est 



94 



accroupi. Devant la couche, était placée, ce semble, une table dont l'extré- 
mité droite a disparu. Dans le champ on lit l'inscription : Konpîa èTÛv 
lY)'. Eùtp^X^' " Kopria, (âgée) de i8 ans. Aie bon courage. » 

KoTrpta, — qui doit être dérivé non de xoTipoç (ordure), mais d'un nom 
géographique (KoTrpoç est un dème de l'Attique) — se retrouve porté par une 
femme, par exemple : CIG, 5712. Le conseil « Eijt];û/!.)) se rencontre souvent sur 
les tombes; on souhaite au mort de se consoler dans l'autre vie et d'y retrouver 
le bonheur de l'âme. — Les bas-reliefs figurant le « banquet funéraire » (cf. n°s 72- 
73) sont nombreux en Egypte. Le musée du Caire en possède toute une série 
(Edgar, Catalogue des ant. du musée du Caire, Greek Sculpture, 1903, n°s 2731 
et suiv.) C'est une simplification du type décrit plus haut (n°^ 72-73). — Le gou- 
vernail que tient la défunte est un symbole de Tyché, de sa Fortune adverse 
qui l'a fait mourir à dix-huit ans. 

Décrit : Catalogue de la vente Lambros-Dattavi (Paris, 17-19 juin 1912), n" 342. 

75. [A 15.] Bas-relief funéraire thrace. Plaque 
de marbre blanc, autrefois chez les Sœurs françaises de Salonique. 
Don de M. Cuypers, consul de Belgique dans cette ville (1902). 

Haut. o'n52; larg. 0^59, ép. o^og. — Sans restaurations. Les coins supé- 
rieurs sont écornés. Tous les visages ont été mutilés. 

La plaque, entourée d'un encadrement, est divisée en deux registres 
superposés, séparés par une moulure. A la partie supérieure, on voit l'image 
bien connue du « cavalier thrace » : un homme, monté sur un cheval galo- 
pant vers la droite, élève le bras droit comme pour lancer un javelot ou 
brandir un épieu. Sous le ventre du cheval, un chien se prépare à bondir sur 
un sanglier, qui lui tient tête. La bête forcée est à demi cachée derrière un 
autel, et au delà s'élève un arbre entouré d'un serpent. Dans le coin de 
droite, une femme est assise sur un siège, les pieds posés sur un tabouret, 
et de la main droite elle retient son voile. Sa tête et une portion du corps ont 
disparu. Dans le registre inférieur, quatre personnages sont représentés 
debout, de face : aux deu.x extrémités un homme barbu, entre eux une femme 
et un adolescent. Ils ont tous un aspect et une attitude presque semblables : 
les deux bras sont cachés sous un ample manteau qui enveloppe tout le 
corps; le gauche pend le long du côté, le droit est replié, la main appuyée 
contre la poitrine. 

Sur le bord supérieur et inférieur, se lit un reste d'inscription : 

. . . u> TÛ> iSiio àvSpl xal Ilupto tw [Traxpi. . . (jlvy)(xy)ç] | X**P^^ "^^^ 
aÛTOÏç Çtôaiv. "Etouç eq, « (Une telle à un tel), son mari, et à Pyrrhus, 
son (père?), en souvenir, et à eux-mêmes vivant (encore). En l'année 95» 
(de l'ère d'Actium = 64 ap. J.-C). 

95 



L'épitaphe, mal rédigée, paraît avoir été consacrée par une femme et par son 
fils au père de famille et au grand-père, mais le tombeau devait plus tard rece- 
voir les deux survivants. Le seul nom conser\-é Ilûooç, est thrace (cf. n<^52,76). 

Le registre inférieur donne simplement le portrait des quatre membres de la 
famille. Mais le registre supérieur offre plus d'intérêt. Il représente les morts 




assimilés aux dieux : le type du héros chasseur, avec l'autel et l'arbre entouré 
d'un serpent, se répète un nombre infini de fois sur les bas-reliefs funéraires en 
Thrace, et bien que le sens religieux n'en puisse encore être exactement expliqué, 
il a certainement rapport à la vie future et rappelle l'espérance d'une immor- 
talité bienheureuse (cf. p. ex. Seure, Revue des études anciennes, XIV, 1912, 
pp. 137 et suiv.). 

Il en est de même de la femme voilée qui apparaît ordinairement non à côté 
■du chasseur, mais dans la scène du banquet funéraire (cf. n** 72 et suiv.). 
a C'est la dame qui a fait faire la stèle, mais héroïsée, telle qu'elle pensait devenir 
après la mort. » 

Perdrizet, Bulletin des Musées Royaux, t. I, 1902, p. 77. 



96 



1 



76. [A 1096] Bas-relief itinéraire. Bas-relief trouvé 

dans la nécropole de Cheikh-Soû, à Salonique, en même temps que les 

inscriptions n^s 125 ss. Don de M. Cuypers, consul de Belgique (1904). 

Haut, o'^'^ôo; larg. o^^;^\ ép. o»o2. — Sans restaurations. Incomplet à gauche 
et au bas. Brisé en deux morceaux. 

La plaque était divisée en trois registres par des moulures horizontales. Du 
troisième, au bas, il reste trop 
peu de chose pour qu'on puisse 
déterminer le motif funéraire 
qui y était figuré (personnage 
conduisant un bige ?). Au- 
dessus, on voit quatre ligures 
de femmes, debout, joignant 
les mains sur la ceinture, les 
bras croisés, enveloppées de 
longs vêtements ; au milieu 
une femme mariée est recon- 
naissable au voile qui lui en- 
toure la tête; de chaque côté, 
se tenaient deux jeunes filles, 
ses enfants, mais il n'en sub- 
siste plus qu'une seule à 
gauche. 

Le milieu du tableau supé- 
rieur est occupé par un person- 
nage (jeune garçon?) figuré en 
pied, la main droite abaissée 
et tenant de la gauche un 
objet indistinct appuyé contre 

l'épaule. A droite, s'alignent deux grands bustes drapés ; de ceux de 
gairche, il ne subsiste rien qu'un morceau du vêtement de l'un d'eux. 

Sur la moulure supérieure est .tjravée l'épitaphe : 

... MàvTa T^ (xy)T(pl) xè 'laiàôi xè Mâvrou xè IIûpco [xè .... fiveiaç] 
xApiv. 'Hyôpaott xàç xpoûoTaç (Syjvâpia) ^Ppv' [.... xal tôv] Ttivaxa 
<8r)v<xpia) x'- 

«... A Manta, ma mère, et à Isias et à Mantes et à Pyrrhos... en souvenir. 
J'ai acheté le dallage pour 2,150 deniers et la plaque (du relief) pour 
600 deniers. » 

Le bas-ielief, d'une exécution maladroite et sommaire, est sans valeur artis- 
tique, mais l'inscription ne manque pas d'intérêt. Les xp où ara t. ou crustae 




97 



désignent les pièces d'un placage de marbre, qu'il s'agisse de revêtements appli- 
qués sur les murs ou d'un dallage. Le denier ne valait plus, à l'époque de Dio- 
clétien, — c'est à peu prés celle de notre marbre, — que 2 cent. 1/4 de notre 
monnaie. 

MàvTa et nûpoç sont des noms thraces (cf. n° 75). — L. i MavTOu équi- 
vaut, peut-être à MavTot, datif de MàvTOUÇ (Perdrizet), mais je crois plu- 
tôt que MàvTOU est un génitif pour un datif. 

Perdrizet, Mélanges d'archéol. École de Rome, XXV, 1905, pp. 83 et suiv. 

77. [A 984.] Stèle pHrygienne en forme de porte- 
Stèle de marbre blanc, provenant de Gimékeuï, non loin de Gédiz, dans 
le Kizil-Dagh (Phrygie). Don d'un anonyme (1901). 

Haut. i™50 (sans le tenon de la base); larg. 0^75 à 0^6'j; ép. o«»ii. — Sans 
restaurations. 

La partie inférieure est formée d'une porte à deux vantaux, richement 
moulurée et partagée en quatre panneaux. En haut, à gauche, une large 
feuille de vigne représente l'applique de métal, à laquelle est attaché par 
une charnière le loquet, qui se fixe dans la serrure placée à droite. En bas, 
à droite, on voit l'anneau qu'on saisissait pour fermer la porte et, à gauche, 
un vase pansu à petites anses. De chaque côté de la porte, les pieds-droits 
sont décorés de branches de lierre stylisées, sortant de trois losanges, et le 
linteau porte au-dessus d'une baguette plate un faisceau de feuilles imbri- 
quées, noué en son milieu. Ce chambranle est compris lui-même dans un 
encadrement lisse : sur le bandeau horizontal est gravée l'épitaphe. Au- 
dessus, se dresse un fronton en forme de demi-hexagone où s'inscrit un 
demi-cercle outrepassé, creusé en niche. Dans la niche, est accroupi un lion 
de profil qui montre la tête de face. Le bord supérieur du fronton est décoré 
au sommet d'une palmette que des rinceaux en spirale rattachent à deux 
demi-palmettes placées aux angles. 

L'inscription se lit clairement : 

M(àpKoç) SyjaTÛXXioç Zeouyjpoç M((xpKov) SyjoxùXXiov niv8a]pov 
Tov 6p€4>avTa €Tei(xy)aev. « Marcos Sestullios Sévéros a honoré M. Ses- 
tullios Pindaros, son père nourricier. » 

Sauf Pindaros, tous les noms sont romains. Sestullios est une corruption 
fréquente du gentilice Sextilius. La forme des caractères donne, ce semble, 
pour date le iii^ siècle. 

Ce monument est un exemplaire de choix d'un type de stèles funéraires très 
fréquemment reproduit en Phrygie (cf. n°^ 78-9), surtout dans la région dont il 
provient (Munro, Journal of hellenic studies, XVII, 1897, pp. 279 et suiv.; 
XXI, 1901, p. 229). On n'est pas d'accord sur sa signification : les uns vou- 

98 



(Iraient y voir la porte du monde infernal, par où les âmes descendent dans le 
royaume souterrain (cf. Ramsay, Cities and bishoprics, II, p. 386, n° i-^z: Gûpal 
(i.èv £V0a xal Tipoç 'AtSav oSot). ou, d'une manière plus générale, le 
passage par lequel 
le monde de la vie 
communiquait avec 
le monde de la mort 
(Ramsay, Journ. of 
hellenic studies, V 
1884, pp. 254 et 
suiv.), conception 
analogue à celle qui 
existe depuis une 
haute antiquité en 
Egypte, où la 
« porte de l'âme » 
ne fait défaut dans 
aucun mastaba. 
Pour d'autres, au 
contraire, la porte 
est une représenta- 
tion abrégée de 
l'ancien monument 
rupestre, une dégé- 
nérescence de la 
façade qu'aux siè- 
cles antérieurs les 
Phrygiens sculp- 
taient sur la face 
aplanie des rochers 
à l'entrée du caveau 
sépulcral (Noack, 
Athen. Mitteil., 
XIX, 1894. p. 326). 
Parmi les «stèles- 
portes >) publiées 
jusqu'ici, celles de 
la vallée d'Altyn- 
Tach, conservées au 
Musée de Brousse, 
se rapprochent le 
plus de la nôtre 
(Mendel, Cat. mus. 
Brousse dans Bull. 




99 



corr. hell., XXXIII, 1909, p. 323, n° 78 et suiv.) On y voit, comme ici, figuré 
dans le fronton le lion. Le lion est l'animal sacré de Cybèle, la Grande iSIère de 
Phrygie : il semble garder le tombeau contre toute violation et sa présence a 
une signification analogue à celle des imprécations par lesquelles on appelle 
la colère divine sur ceux qui ouvriraient le sépulcre. — Le petit vase, placé sur le 

vantail de gauche, est un 
de ces objets domestiques 
ou familiers dont le défunt 
aimait à se servir durant sa 
vie et dont on décorait 
son tombeau (cf. n» 79), 
ou bien le vase liturgique 
dont on se servait pour les 
lustrations. 

Sur les stèles en forme de 
porte, cf. Mendel, loc cit., 
où l'on trouvera, au n" 76, 
p. 73, la bibliographie anté- 
rieure. On peut y ajouter 
MiCHON, Mém. soc. anti- 
quaires de France, 1906, 
pp. 27 et suiv. ; Anderson, 
CuMoxT et Grégoire, Re- 
cueil inscr. du Pont, n^^ 180, 
181, note au n" 174; Alt- 
MANN, Die rômischen Grab- 
altàre der Kaiserzeit, 1905, 
pp. 13 et suiv. 
Inédit. 

78. [A 1366.] Stèle 
funéraire pKpy- 
gienne. Stèle de 
marbre blanc, provenant 
des environs d'Acmonia, 
en Phrygie. Acquise par 
le Musée en 1906. 

Haut. i™35; larg. o™6o; 
ép. onii5. — La moitié in- 
férieure de la bordure de 
droite et le coin inférieur 
de gauche sont restaurés en 
plâtre. 




100 



Une porte à deux battants, divisés chacun par des moulures en deux pan- 
neaux superposés, est scrJptée à la partie inférieure de la stèle. Sur le bat- 
tant de gauche, deux cercles semblent être des représentations sommaires 
de la serrure et de l'anneau, que nous avons décrits au n^ 77. Au-dessus de 
la porte, une moulure cintrée figure une voûte outrepassée, qui repose sur 
deux pilastres dont le chapiteau est décoré de trois feuilles lancéolées. Le 
cintre porte l'épitaphe, dont le dernier mot a été ajouté au-dessus : 

Tpû<pcjv Faeio) xai 'OvyjaifXY) (jlvy)(xy)ç X^9^^- " Tryphon à Gaïos et à 
Onésime pour (conserver leur) mémoire. » 

Entre le cintre et la porte, une couronne est sculptée en relief. Au-dessus, 
on voit deux rosettes et des plantes stylisées. 

On avait coutume chez les Grecs de couronner les morts, et cette couronne, faite 
parfois de métaux précieux, accompagnait souvent le cadavre dans la tombe. En 
outre, on rappelait fréquemment l'honneur rendu au défunt en sculptant une 
couronne sur la pierre sépulcrale (cf. Keil et von Premerstein, Reise in 
Lydien und in Aiolis dans Denkschr. A kad. Wiss., LUI, Vienne 1908, p. 71, note 
au n" 149, et Siebourg. Archiv fur Religionsiviss., VIII, 1905, p. 391). En 
Orient, on attacha à ces couronnes un sens mystique, et on les regarda comme 
le symbole de la victoire que le défunt avait remportée sur les puissances du 
mal par une vie pieuse, qui lui assurait l'immortalité (cf. Revue d'hist. des reli- 
gions, XLTl, 1910, p. 145; et infra n» 136). 

Décrite : Chapot, Revue des études anciennes, IV, 1902, p. 84. 

79- [A 1042.] Stèle fv&néraire pKrygienne. Stèle de 
marbre blanc, provenant des environs d'Acmonia (Phrygie). Donnée 
au Musée en 1902 par M. Paul Gaudin. 

Haut. 0^78; larg. 0^50; ép. o">i2. — Sans restaurations. 

A la partie inférieure de la pierre, est figurée une porte à deux battants 
divisés chacun par des moulures en deux panneaux rectangulaires. Sur le 
panneau supérieur de gauche, le trou de la serrure est indiqué. Les deux 
montants de la porte sont décorés de rinceaux ou plutôt de plantes stylisées 
s' élevant d'un vase. Au-dessus du linteau, une moulure cintrée porte 
l'inscription : EùéXTtioToç (Ayjxpl xai narpi eTtoiYjaev. « Euelpistos a fait 
(ceci) pour sa mère et son père. » Entre le cintre et le linteau, on voit, 
sculptés en bas-relief, un peigne, un miroir et un coffret. A l'extérieur de la 
moulure arrondie, se trouve de chaque côté une fleur stylisée. 

On avait souvent l'habitude en Asie-Mineure, et spécialement en Phrygie et 
dans le Pont, de représenter sur les pierres tumulaires les objets que le défunt 
aimait à employer dans sa vie journalier'? (Noack, Athen. Mitt., XIX 1894, 

ICI 



pp. 315 et suiv. ; Anderson, Cumont et Grégoire, Recueil des inscr. du Pont, 
11030: Keii et von Premerstein, Zweite Reise in Lvdien igii, n°^ 134. 143, 

151, etc.). 

Le peigne, le 
miroir, le coffret 
sont ceux dont 
s'était ser\à la 
mère d'Euelpis- 
tos, qui est nom- 
mée avant son 
mari. 

La plante qui 
s'élève d'un va- 
se sur une stèle 
de Brou zos 
(R\us\Y,Cities, 
p. 701) est une 
vigne, symbole 
de l'immortalité 
dionysiaque. 
Sur notre n» 77, 
c'est le lierre, 
toujours vivace, 
qui a la même 
signification. 

Sur l'interpré- 
tation des stèles 
en forme de por- 
te, cf. n° 77. 

Décrite : Cha- 
POT, Revue des 
études aucieymes, 
IV, 1902, p. 84. 




ÔO. A 1562.] Stèle funéraire d*\in gladiateur 

(dimachaerus). Bas -relief de marbre blanc, trouvé à Samsoun 
(Amisos), dans le Pont. Don d'un anonyme (1907). 

Haut. ora46; larg. o™3o-3i; ép. max. o"'o6. — Pas de restaurations. 

A gauche, un homme robuste, dont la longue chevelure bouclée ressemble 
à une perruque, est debout, fermement appuyé sur ses pieds écartés, et tient 
dans chaque main un coutelas levé. Il porte l'armure des gladiateurs : 
à la taille un pagne épais, apparemment de cuir (suhligacidiim) , est entouré 



102 



par un fort ceinturon, et la partie inférieure, échancrée au milieu, descend 
de chaque côté sur le haut des cuisses. Entre les deux pièces, un linge, ce 
semble, recouvre le bas de l'abdomen et passe entre les jambes. Un plastron 
de cuir, attaché au cou, protège le haut delà poitrine. Autour du bras droit 
s'enroulent des lanières serrées, et la main est couverte d'un gantelet; le 
bras gauche, qui est nu, s'abritait derrière un grand bouclier (scuium), 
déposé derrière le combattant. Un casque rond, à visière, mais sans cimier, 
et dont un large rebord descendait sur la nuque, est sculpté à droite sur 
le champ du relief. La jambe gauche était garnie d'une cnémide (ocrea), 
la droite était nue, mais entourée d'un anneau au-dessus du genou et à la 
cheville. Derrière l'épaule gauche de ce lutteur, s'élève une palme pour 
montrer qu'il est sorti victorieux du combat. 

Devant lui, à droite, un personnage , muni du même armement, s'est assis 
sur le sol, où s'appuie sa main gauche (decumhere) , tandis que, de la main 
droite levée, il fait le geste par lequel le gladiateur incapable de prolonger 
la lutte demandait grâce. Derrière lui, se voient les pièces de son armure 
qu'il vient de déposer : son grand bouclier et, par-dessus, son casque. 

En dessous de cette scène, une inscription métrique en explique le sens 
Chaque vers est séparé par un point (haut, des lettres 0^015) : 

'Ev6à8e vcix^^aaç xetjAai Ai65(opoç|ô T>.TQ(xtt)v, 
àvTiTtaXov pi^Çaçl Ay)(xiQTpiov oùx exTavov €Ù6\jç,| 
àXXâ |i.€ Moîp' ôXoY) xal oou(X(Aà[po'j 86Xoç a'ivôç 
ëxTavov, ex Sèlcpàouç rjXu6ov, elç 'At8y)v. 
Keï{(jt.aL 6'èv yaiT) aÙToxôovwv, r\hï (x'ë|6a4»ev 
€v6a cpîXoç àyaOoç eûo€[(3iT)ç é'vexev. 

« Voici que je gis victorieux (moi), le malheureux Diodore; ayant abattu 
mon adversaire, je ne le tuai pas tout de suite, mais la Parque funeste et la 
ruse horrible d'un mercenaire(?) me firent périr, et de la lumière je des- 
cendis dans l'Hadès. Je gis dans la terre de (mes ancêtres) indigènes et un 
brave ami m'ensevelit ici par devoir de piété. » 

La pièce devait être composée de trois distiques, mais rintroduction 
du nom de Démétrios a rendu boiteux le second vers, comme le génitif auTO^- 
Govwvle cinquième: on s'attendrait à auTO/Ocov. D'après la forme des carac- 
tères, soigneusement gravés, l'inscription semble appartenir au x" siècle de 
notre ère. Le sens est certain; un seul mot fait difficulté : cou(Xfxàpou, qui 
ne s'est pas encore rencontré, que je sache. C'est, semble-t-il, un terme technique 
de l'art du gladiateur qui, comme tant d'autres, aura passé du latin en grec. Je 
conjecture qu'il désigne celui qui s'était loué pour une somme déterminée sans 
avoir passé par l'entraînement de l'école (Lafaye et dans Saglio-Pottier, 
Dict., v» « Gladiator», p. 1576). Peut-être est-ce aussi une simple injure, un 

103 



terme de mépris : summarius a parfois, dans le latin vulgaire, le sens de « bête de 
somme >) (ital. somaro). 

A partir du moment où un gladiateur s'était couché à terre et avait (levé la 
main — ordinairement la gauche, non comme ici la droite, — en signe de sou- 
mission pour obtenir 
la vie sauve, il lui 
était interdit, par les 
règles du combat, de 
faire aucun mouve- 
ment pour reprendre 
l'avantage (Lafaye, 
loc. cit., p. 1595). Dé- 
métrios avait abusé 
de la confiance de 
son adversaire pour 
lui porter traîtreuse- 
ment un coup mortel. 
Peut-être une épita- 
phe latine de gladia- 
teur fait-elle allusion 
à une surprise ana- 
logue. Le mort y 
donne le conseil de 
ne jamais épargner le 
vaincu (C I L.. V, 
5933 • Te moneo ut 
quis quem vicerit oc- 
cidat). 

Le type de gladia- 
teur représenté ici 
armé de deux coute- 
las paraît être nou- 
veau, mais cette 
classe de combat- 
tants est mentionnée 
dans les textes : c'est 
le dimachaevus, Si- 
[xà^^aipoç (C I L., 
XIII, 1997; Dessau, Inscr. sel., 5097; Artemid., Onirocr., II, 32), dont on 
n'avait jusqu'ici aucune représentation certaine (cf. Letronne, Rev. archéoL, 
V, 1849, p. 562; Chabouillet, ibid., VIII, 1852, p. 416; Friedlaender, Sit- 
tengesch., II®, p. 533, 528). Il ne paraît pas possible d'admettre que Diodore 
porte, outre son glaive, celui que lui a rendu son adversaire, puisque celui-ci 
a fini par le tuer. 

Les combats de gladiateurs, dont la diffusion fut favorisée par la politique 




104 



du gouvernement romain, se répandirent, sous l'Empire, jusqu'au fond de l' Asie- 
Mineure. Si les Grecs éprouvèrent toujours une invincible répugnance pour ces 
tueries organisées, les populations plus barbares du Pont se passionnèrent 
pour les jeux sanglants de l'amphithéâtre. Plusieurs inscriptions qui s'y rap- 
portent ont été découvertes à Amisos et dans le reste du pays (cf. Gladiateurs 
dans le Pont [Festschrift fiir Otto Hirschfeld, 1903], pp. 270 et suiv.). 
Publiée : Anderson, Cumont, Grégoire, Recueil des inscriptions du Pont, n° 7 

Ôl. [A 1621.] Bas-relief palmyrénien. Bas-relief de 
calcaire blanc, provenant de Palmyre. Acheté à Damas en 1907. 

Haut. o'n59; 

larg. o^j\6; ép. 
o'^iô, du relief 
o'ïiii. — Pas de 
restaurations 

Buste d'un 
homme barbu, 
vêtu d'une tu- 
nique et d'un 
manteau. Le 
type sémitique 
du personnage 
est fidèlement 
rendu. La che- 
velure est for- 
mée de trois sé- 
ries de petites 
boucles en spi- 
rale plaquées 
sur la tête au- 
dessus des oreil- 
les, très écar- 
tées. Les yeux, 
largement fen- 
dus en amande, 
sont relevés 
vers les tempes , 
et sous la pau- 
pière supérieu- 
re, qui chevauche sur l'autre, l'iris est indiqué par un demi-cercle. Le nez 
droit et court a les ailes des narines relevées. La moustache et la barbe. 




105 



divisée en mèches frisées couvrent la lèvre, les joues et le dessous du 
menton, qui est glabre ou rasé. La tunique, largement échancrée au cou, 
est ornée sur l'épaule droite d'un clavus. Le manteau, passant derrière 
le dos, enveloppe le bras droit replié, et, couvrant l'épaule gauche, il 
s'enroule autour du bras jusqu'au poignet. La main droite saisit le bord 
de la toge ; la gauche tient une palme, et deux autres palmes se dressent 
aux deux coins de la plaque. A ces branches de palmier est fixée, par 
deu.x rosaces, une étoffe tendue qui tombe derrière le personnage et sert 
ainsi de fond à la représentation. A droite, à côté du personnage, on lit son 
nom en caractères palmjTéniens, où il reste des traces de minium : 
« Zabd'atch, fils de Yamlikou, (fils de) Nes(é).? Hélas ! » 

Les palmes, symbole de victoire, sont fréquemment placées sur les tombeaux 
comme emblème d'immortalité : le défunt a triomphé des puissances du mal 
et de la destruction pour parvenir à une vie bienheureuse. La draperie suspendue 
à des branches de palmier est un arrière-plan fréquent dans ce genre de monu- 
ments (cf. SiMONSEN, Op cit., p. 13, B 2). 

Ce bas-relief est un exemplaire très représentatif de ces bustes funéraires, 
sculptés dans un calcaire blanc, autrefois polj'chromé, qui ont été trouvés en 
grand nombre dans les nécropoles de Palm3're. La Glyptothèque Nj^-Carlsberg 
à Copenhague est particulièrement riche en œuvres de cette catégorie (cf. 
SiMONSEN, Sculptures de Palmyre à la Gl. Ny-Carlsberg, i88g), mais elles ne font 
défaut dans aucun grand musée. Si leur valeur esthétique est médiocre, elles 
sont intéressantes par le mélange de style grec et de traditions orientales qu'on 
y constate et par tout ce qu'elles nous révèlent sur le costume, le type et l'ono- 
mastique des habitants de Palmyre, vers l'époque où cette ville devint, sous 
la reine Zénobie, la capitale de l'Orient. 

Inédit. 

Ô2. [A 1620.] Bas-relief palmyrénien. Bas-relief de 
pierre calcaire blanche. Acquis avec le numéro précédent. 
Haut. 0^57; larg. 0^54; ép. o™23, relief 0^15. — Sans restaurations. 

Sur un champ lisse, entouré d'un encadrement, est sculpté un buste de 
jeune homme : le front est à demi caché sous la chevelure, ramenée en avant, 
qui forme comme un bourrelet autour de la tête et recouvre aussi à moitié 
les oreilles. Les sourcils arqués sont indiqués par un trait. Sous la paupière 
épaisse et démesurément longue, l'iris et la pupille sont marqués dans le 
globe très convexe des yeux. Le nez est brisé. La bouche est large et sinueuse 
et le menton pointu. Le bras gauche, comme sur l'autre relief, se dissimule 
dans les plis du vêtement, dont la main saisit le bord, et le bras droit 
est roulé dans le manteau, tandis que la main tient deux objets arrondis 
indistincts. 

106 



A gauche de la tête du défunt, son nom est gravé dans le champ: «Ramé, 
fils de Zabdelah, fils de Boltra. L'an 50. Hélas ! » 

« La date est libellée en abrégé selon une habitude que j'ai démontré avoir 
existé chez les Palm>Téniens, c'est-à-dire avec omission du centésime. Il faut 
restituer proba- 
blement (4)50 
ou (5)50 de l'ère 
des Séleucides, 
c'est-à-dire 138 
ou 238 après 
J.-C. » (Note de 
M. Clermont- 
Ganneau). 

L'espèce de 
bâton court 
placé dans la 
main du mort se 
retrouve sur un 
grand nombre de 
bustes mascu- 
lins. On a songé 
à un rouleau de 
manuscrit, à une 
poignée d'épée 
ou à un sceptre, 
mais la première 
explication sem- 
ble la plus vrai- 
semblable (cf. 

SiMONSEN, op. 

cit., p. 7, n» i). 
On sait combien 
le type du per- 
sonnage drapé 
tenant le volu- 
men est fréquent 

dans la sculpture funéraire (cf. Birt, Die Buchrolle in der Kunsl, Leipzig, 1907). 
Sur les caractères des bustes palmyréniens, cf. n^ 81. 

Inédit. 

Ô3. [A 1557]. Fragment d^tin bas-relief syrien. 

Fragment de calcaire jaunâtre, provenant du Haurân (Syrie). Don 
de M. Hussein Haïdar, de Beyrouth (1908). 
Haut. oin24; ép. oi^ij. — Sans restaurations. 

107 




Tête d'un personnage barbu, 
coupée verticalement derrière 
les oreilles. Les cheveux sont 
ramenés en avant sur le front, 
étroit et ridé. Les yeux, fendus 
en amande et dont l'iris est 
incisé, sont relevés vers les tem- 
pes. Le nez est droit, la bouche 
sinueuse. La barbe courte est 
indiquée par des traits entre- 
coupés. 

Ce morceau, d'un travail mé- 
diocre, provient d'un bas-relief 
funéraire analogue à ceux de 
Palm}-re (n^s 81-82). Le type 
sémitique du personnage est 
distinctement exprimé. 

Inédit. 



Ô4. [A 1558.] Fragment analogue. Morceau de cal- 
caire blanchâtre, provenant du Haurân, comme le précédent, et 
offert au ]Musée par M. Hussein 
Haïdar, de Beyrouth, en 1908. 




Haut. o™2o; larg. 
restaurations. 



— Sans 



Tête d'homme barbu. La chevelure 
est ramenée en avant en larges mè- 
ches sur le front, qu'elle recouvre 
en partie. La barbe est sommaire- 
ment indiquée en quelques traits. Le 
nez est mutilé, les yeux, où l'iris est 
incisé, ont la forme caractéristique 
de ce genre de portraits. Les sourcils 
sont marqués par un trait recourbé. 
Les oreilles, grossièrement ébauchées, 
sont placées beaucoup trop bas. 

Ce morceau, comme le précédent, a 
appartenu à un bas-relief funéraire. C'est le portrait d'un personnage défunt, destiné 
à orner quelque tombeau. 

Inédit. 




ro8 



Ô5. [A 1546] Fragment de sarcophage portant 
une représentation d\i mythe de Méléagre. 

Deux fragments contigus d'un sarcophage de marbre blanc, achetés 
à Paris en 1907 avec le no 66. Ils proviendraient de la côte d'Asie- 
Mineure. 

Haut. 0^67; larg. 0^63. — Les deux morceaux sont raccordés. Les mutila- 
tions sont nombreuses. 

On^voit, à droite, la partie antérieure d'un robuste sanglier, aux boutoirs 
menaçants, qui se précipite sur Anchée, tombé sur le sol. On ne distingue 
plus qu'avec peine le corps du héros, une portion du torse et du visage ainsi 
que le bras, qu'il étendait, enveloppé dans son manteau, pour se protéger 
contre la bête furieuse. Derrière lui, Méléagre, vu de face, le torse nu, 
brandissait du 
bras droit, au- 
jourd'hui brisé, 
une lance et rete- 
nait de la main 
gauche, le bord 
de son manteau 
flottant, agrafé 
au cou. Derrière 
le sanglier, Thé- 
sée s'apprête à 
lui asséner sur la 
tête un coup du 
bâton noueux 
qu'il a levé. Il 
porte une e.xo- 
mide, qui lui en- 
toure la ceinture, 
et son bras gau- 
che était enve- 
loppé dans sa 
chlamyde. 

Sur le bord su- 
périeur et dans 
le champ, est 
gravée en mau- 
vais caractères du me siècle ap. J.-C. une épitaphe qui paraît postérieure 
à la sculpture. Le sarcophage a probablement été réemployé. Sur le bord. 






109 



on ne lit que quelques lettres qu'il faut peut-être compléter : ëXJaPov to 
tx[vyj(xa... xaixoùç xijovaç «J'ai recule tombeau... et les colonnes»; dans 
le champ, on peut restituer les mots : .. M[àpK(ov)] Aù|p[tqXi]ov| 'A[vi]KT]- 
Tov« [e]i 86|[t]iç ÛKolpiav 6e | Xi^ar) j xivà ëTe| pov 6eî|vai... « (Ce tom- 
beau appartient à) Markos Aurélios Anikétos. Si quelqu'un, par violence, 
vient y placer quelque autre (corps, il subira un châtiment). » 

L'interprétation de ce fragment est assurée par la comparaison avec un sar- 
cophage de Patras, aujourd'hui au Musée national d'Athènes, qui, comme me 
l'a fait observer M. Robert, est une réplique exacte du même type (cf. Die anti- 
ken Sarkophagreliefs, III, -z^ partie, 1904, pi. LXX et p. 278). Suivant la légende, 
la Parque aurait prédit à Althée, mère de Méléagre, que son fils mourrait quand 
un tison, qui brûlait dans le foyer, serait consumé. Althée s'empressa de retirer 
le tison du feu et l'enferma dans un coffre. Plus tard, lorsque Artémis eut envoyé 
un sanglier monstrueux dans les champs de Calydon, Méléagre le poursuivit avec 
les héros les plus vaillants de la Grèce. Il réussit à le tuer d'un coup de lance et en 
offrit les dépouilles à la chasseresse Atalante, qui d'abord avait blessé la bête 
sauvage. Les frères d'Althée ayant enlevé ce trophée à la vierge guerrière, 
Méléagre les tua. «Althée, dans sa douleur et dans sa colère, se souvint alors de la 
prédiction de la Parque. Elle lança dans les flammes le tison qu'elle avait 
jusqu'alors si précieusement gardé, et Méléagre ne tarda pas à périr avec le 
brandon enflammé auquel sa vie était attachée » (Decharme) . Ce mythe célèbre 
qui prêtait à des interpétations mystiques, a été reproduit plus fréquemment 
que tout autre sur des sarcophages romains. Notre fragment, malgré les muti- 
lations qui le déparent, n'est pas dépourvu de beauté. La composition ne 
manque ni d'élégance ni de mouvement, et l'exécution, s'il est permis d'en juger 
par les parties les moins endommagées, devait être soignée. La présence de 
l'inscription, qui fournit un terminus ante quem, donne à ce débris un intérêt 
spécial. 

Inédit. 

86. [A 9167.] Bas-relief figurant la légende 

de Pélops et d'Œ^noinatis. Bas-relief de marbre blanc, 
trouvé en 1843, à Mons, dans l'hôtel du baron de Bagenrieux, où il 
avait dû être enfoui à une date récente; plus tard, en la possession du 
sculpteur Fraikin (1857) ; acquis par le Musée en 1885. 
Haut. 0^93; larg. -z'^ij; ép. o^io. — Sans restaurations. 

Ce bas-relief, qui fonnait autrefois la partie antérieure d'un sarcophage, 
porte la représentation d'une légende souvent reproduite par la sculpture 
antique et qui était un sujet approprié à la décoration du tombeau de deux 
époux. Un oracle avait prédit à Œnomaùs, roi de Pise en Élide, qu'il mour- 
rait de la main de celui qui épouserait sa fille Hippodamie. Pour conjurer 

lio 



ce sort malheureux, ce prince, dont les chevaux étaient plus rapides que 
le vent, imposa comme condition à tous les prétendants à la main d'Hippo- 
damie de le vaincre à la course de chars ; une défaite devait leur coûter la 
vie. Déjà treize jeunes gens avaient succombé sous ses coups, quand Pélops, 
fils de Tantale, roi de Lydie, débarqua en Élide. Il gagna l'amour d'Hippo- 




damie, qui persuada à M3n-tilos, cocher de son père, d'enlever du char de 
celui-ci les clavettes qui en retenaient les roues. Le roi de Pise périt sous les 
pieds de ses coursiers, et Pélops vainqueur emmena son amante au delà des 
mers. 

Le bas-relief représente cinq scènes successives de ce récit mythique : 
I. A gauche. Arrivée de Pélops. — Sous un portique, le prince lydien, 
vêtu d'un costume oriental, fait face à un personnage, coiffé comme lui du 
bonnet phrygien, sans doute son serviteur. Il contemple Hippodamie, 
assise avec une suivante à l'intérieur du palais de Pise. Toutes deux sont 
enveloppées dans un large péplos, ramené sur la tête. Le palais est une sorte 
de tabernacle, supporté par des colonnes corinthiennes et dont le fronton 
est orné d'une aigle éployée, emblème de la royauté. Au pied de l'édifice, 
un Cupidon, aujourd'hui mutilé, qui lève les yeux vers Pélops, — et sans 
doute lui décochait une flèche, car un carquois est déposé à ses pieds, — et 
plus loin une corbeille remplie de fleurs, sur laquelle est perchée une colombe, 
rappellent la passion qui s'empare du cœur des deux jeunes gens. Devant le 
palais, se tient debout Œnomaiis, vêtu d'un chiton et d'une chlamyde 
rejetée sur le bras gauche, les pieds chaussés de hauts cothurnes; son abon- 
dante chevelure est entourée d'un diadème et il tient le sceptre de la main 



HT 



gauche. Le geste de son bras replié exprime la surprise que lui inspire le 
nouveau prétendant qu'il aperçoit. Derrière lui, une grande lampe, sup- 
portée par une colonne, montre la richesse de l'habitation royale et sépare 
cette première scène de la suivante. 

2. La course de chars. — Au premier plan, l'attelage d'Œnomaiis, lancé 
au galop, foule au.x pieds le roi renversé sur le sol. A côté de lui, est étendu 
l'aurige Myrtilos, dont la perfidie a causé la mort de son maître ; honteux de 
sa trahison, il se cache le visage dans la main. Derrière ce groupe, on aperçoit 
le quadrige de Pélops. Celui-ci, debout sur son char, tire de la main gauche 
les rênes de ses chevaux qui se cabrent et se détourne pour regarder Hippo- 
damie. Son bras droit fait défaut. Derrière lui, sous un portique, se tient 
son serviteur (?), toujours coiffé du bonnet phr^'gien. 

3. Retour de Pélops à Pise. — ■ Le prince, toujours accompagné de son ser- 
viteur, occupe encore son quadrige, qui maintenant marche au pas. Il porte 
les insignes de la victoire : une couronne de laurier ceint son front et une 
palme est dans la main de son aurige, qui le regarde avec admiration. Sous le 
ventre des chevaux, est placé un grand cratère qui a probablement contenu, 
comme dans les jeux du cirque, la palme et la couronne destinées au vain- 
queur. 

4. Rentrée de Pélops au palais. — Pélops, encore couronné de laurier, est 
descendu de son char et s'avance à pied vers le palais. De la main gauche, 
il retient son manteau, rejeté sur l'épaule. Du bras droit levé, il paraît 
faire signe à son amante, mais la main est aujourd'hui brisée. Il est 
suivi de son fidèle serviteur coiffé du bonnet phr\-gien. 

5. Départ de Pélops.- — Pélops, vêtu comme dans la première scène, prend 
la main d'Hippodamie,qui descend les degrés d'un portique du palais. Par- 
dessus son péplos, elle est couverte d'un long voile, à la façon des fiancées 
romaines. Aux pieds de Pélops, une coupe rappelle la cérémonie rehgieuse 
qui s'est accomplie. Derrière la jeune femme, une vieille servante, sans 
doute sa nourrice, semble se lamenter de son départ. Le portique, qui 
occupe ce bord du bas-relief, fait pendant à celui qui se trouve à l'extrémité 
opposée et encadre avec lui toute la représentation. 

La sculpture de l'époque impériale s'efEorce souvent de raconter, par une 
suite de tableaux successifs, des événements historiques ou mythiques. On peut 
reprocher à cette composition, comme à celle de la plupart des sarcophages 
romains, d'être surchargée et par suite confuse; la proportion relative des per- 
sonnages est souvent contraire à toute perspective et à toute réalité. Cependant 
l'habileté technique de l'exécution ne permet guère de placer cette œu\Te après 
le iiî^ siècle de notre ère. La manière dont sont traitées les chevelures des 
personnes et des animaux, figurées par des rainures ou des trous multiples, forés 

112 



à l'aide du trépan, est habituelle dans ce genre de sculpture sous l'Empire. La 
substitution du trépan au ciseau, pour rendre les détails des architectures ou 
des corps vivants, commence dans les sarcophages. d'Asie-Mineure au ii^ siècle 
et va s'étendant et se généralisant jusqu'au v*^ (cf. Bréhier, Archives des 
missions scientifiques. 191 1, pp. 44 et suiv.). 

L'artiste s'est, comme de coutume, inspiré des usages romains pour repré- 
senter cette scène héroïque; ainsi, l'aigle éployée est l'attribut des Césars, 
comme le cothurne que porte Œnomaûs est leur chaussure. Sur un sarcophage 
du Vatican (Helbig, Fûhrer, 3^ éd., n° 329), la course d'Œnomaiis est figurée à 
la façon des jeux du cirque. Ces anachronismes ne choquaient pas. Le cos- 
tume de Pélops est un accoutrement en partie conventionnel, que l'on prête 
à tous les héros et dieux orientaux (Paris, Attis, Mithra). 

Publié : J. Roulez, Pélops et Œnomaiis dans Mémoires de l'Académie de Belgique, 
t. XXX, 1857, avec une planche lithographique. 

Ô7. [A 563] Morceati d^une urne cinéraire 

étrusque. Plaque d'albâtre sciée, qui formait autrefois la face 
antérieure d'une urne carrée. Probablement découverte à Volterra, 
autrefois au musée Gaddi à Florence, puis dans la collection 
Raoul Rochette, d'où elle passa dans la collection Hagemans. Acquise 
en 1861. 

Haut. o™37; larg. o"»62; ép. o">ii. — Pas de restaurations. Sont brisés : le 
bras droit du personnage de gauche et de celui du milieu, la tête et les deux 
bras du personnage de droite et le bras droit du suivant. 

La plinthe est formée d'une moulure continue décorée d'un chapelet 
d'oves entre deux rangées de perles. L'encadrement supérieur a l'apparence 
d'une corniche, bordée pareillement de deux rangées de perles et 
ornée de denticules. Le champ intermédiaire est occupe par sept person- 
nages. xA.u premier plan, un homme imberbe, enveloppé dans les plis d'un 
large manteau, s'affaisse vers le sol, tandis qu'un de ses compagnons, vêtu 
d'un manteau semblable, s'efforce de le soutenir. A gauche, s'éloigne celui qui 
vient de le frapper : il tient encore le fourreau où il allait remettre le glaive 
qu'il avait autrefois dans la main droite. Son costume est celui des esclaves, 
tunique et manteau avec capuchon, semblable à la lacerna des Romains, et 
ses pieds sont chaussés de brodequins liés au-dessous du mollet. A gauche 
de la victime, un autre esclave, avec les mêmes vêtements, est debout près 
du moribond. Il levait la main droite, brisée aujourd'hui, sans doute pour 
le frapper d'un dernier coup ; la gauche saisit l'extrémité du fourreau dont 
il a tiré son glaive. Plus loin, un personnage, vêtu d'une simple tunique sans 
manches, serrée à la taille (colohinm) , les pieds chaussés, tient une échelle 
ou peut-être un brancard pour emporter le cadavre. Un autre esclave, 

8 113 




qui n'a, pour tout vêtement, qu'un pagne noué autour des reins, porte, sur 
l'épaule gauche nue, un vase à large panse. Un troisième, vêtu comme le 
premier, aujourd'hui mutilé, a\ait autrefois un vase sur l'épaule, comme 
son voisin. Peut-être ces récipients contenaient-ils l'huile qui devait nourrir 
la flamme du bûcher. 

De la comparaison de ce bas-relief funéraire avec un autre analogue du 
Museo Archeologico de Florence (Kôrte, pi. CXV, i), il paraît résulter, avec cer- 
titude, qu'il s'agit d'un sacrifice humain. Bien que de pareilles immolations 
aient été usitées chez les Étrusques à une date relativement récente, ils étaient 
très exceptionnels à l'époque historique, et notre représentation ne paraît pas 
se rapporter à des rites funèbres, mais à quelque fait célèbre de l'histoire ou de 
la m^^thologie nationale : « des nobles se seraient offerts eux-mêmes en sacrifice 
pour leur patrie et, dans la mémoire de leurs descendants, ils auraient gardé 
une place honorée à côté des autres héros nationaux » (Kôrte). 

GoRi, Muséum Etriiscum, I, 1737, pi. 97. — Inghirami, Monumenti etruschi, I, 2, 
1823, pi. XCVII, p. 714. — Catalogue (de vente) des monuments antiques de R. Rochette, 
Paris, 1855, no 340. — Hagemans, Cabinet, p. 391, n° 277. — Th. Juste, Catalogue, 
l'e éd. p. 207; GG; 2^ éd. p. 282 (ces trois derniers ont considéré, on ne sait pourquoi, ce 
morceau d'urne cinéraire comme un monument chrétien). — Kôrte, Rilievi délie urne 
etrusche, Berlin, 1S96, II, 2, p. 258 et pi. CXV, 2. 

ôô. [A 1089.] Urne cinéraire. Cassette quadrangulaire de 
marbre blanc, surmontée d'un couvercle plat, provenant de Saïda 
(Sidon), en Phénicie. Donnée par M. Ferdinand Farah en 1903. 



114 



Cassette: haut. 01^26; long. 0^40; larg. 0^30, Couvercle: haut. o™io (ou o™i 
avec les acrotères) long. o°i4o; larg. o°*32. — Sans restaurations. 

Cette urne de marbre est décorée aux angles de têtes de bélier qui sou- 
tiennent des guirlandes. Au-dessus des guirlandes sont sculptées des rosaces. 
Le couvercle est une épaisse et lourde pierre plate, garnie d'acrotères aux 
quatre coins. Elle ne paraît pas avoir été taillée pour l'urne, car elle la dépasse 
en largeur, mais elle y était fixée par des agrafes en fer, dont les trous de 
scellement, visibles sur les côtés, contiennent encore du plomb. 





Cette fermeture solide et l'épaisseur du couvercle devaient protéger les cen- 
dres du mort contre toute violation. Les têtes de bélier soutenant des guirlandes 
se retrouvent très fréquemment sur les urnes ou les cippes romains (cf. Altmann, 
Grabaltâre dey Kaiserzeit, 1905, pp. 68 et suiv. et passim, cf. infra, n^go). C'est 
un motif décoratif qui remonte jusqu'à l'art grec archaïque. Mais le bélier rap- 
pelait probablement aussi les sacrifices qu'on offrait aux défunts, et la guiriande 
les fleurs dont on avait coutume d'orner le sépulcre. 

Inédite. 

69. [Rav. 2514.] Urne cinéraire. Coffret de marbre 
blanc, probablement d'origine romaine. Entré dans la collection 
Raves tein peu avant 1884. 

Haut. o™34; long, o'^^z; larg. o'^ig. — Sans restaurations. 

Sur la face antérieure, deux génies ailés, affrontés, supportent un tableau 
portant une épitaphe. Les deux côtés sont ornés de griffons, un pied posé 
sur une roue. Le couvercle, bombé, est décoré à la partie supérieure d'une 



115 



tige plate dont naissent de chaque côté cinq feuilles d'acanthe, et il se ter- 
mine à ses extrémités par deux coussinets noués en leur milieu. Par devant 

il forme deux volutes à 
double enroulement, ac- 
colées, qui sont ornées de 
rosettes et séparées par 
un fleuron. L'inscription 
est conçue comme suit : 

D(is) M(anibus) | M. 
Numeri | M(arci f(ilii) | 
Liberalis Pos|tumi 
v(ixit) a(nnos) XLII. 

« Aux dieux Mânes de 
Marcus Numérius Libéra- 
lis Postumus, fils de Mar- 
cus. Il vécut 42 ans. » 

On trouve fréquemment 
depuis le commencement de l'Empire, mais surtout à partir du ii^ siècle, 
deux ou plusieurs surnoms attribués à un même personnage (Cagnat, Cours 
d'êpigr. latine. 3^ éd., p. 53). — ^Le griffon et la roue sont des attributs ordi- 
naires de Némésis, la fortune adverse, qui apporte la mort. 





Cat. du musée de Ravestein, 2^ éd., 1884, SuppL, p. 676, n° 2514. Cette urne n'es^'pas 
mentionnée dans les éditions précédentes. 



116 



I 



90. [A 1853.] Cippe funéraire (?). Cippe de marbre 
blanc, provenant d'Asie-Mineure. Donné par M. Paul Gaudin en 1909. 
Haut. omg2; long .0^36; larg. 0^37. — Sans restaurations. 

Cippe quadrangu- 
laire surmonté d'un 
toit en pignon, garni 
d'acrotères et dont 
chaque pente est divi- 
sée en trois par des piè- 
ces de recouvrement, 
terminées par des an- 
téfixes. La face anté- 
rieure et les deux côtés 
•sont ornés de guirlan- 
des soutenues par des 
têtes de bélier ornées 
de bandelettes. Au-des- 
sus de la guirlande est 
sculpté un cercle sail- 
lant semblable à l'oni- 
phalos d'un bouclier. 

Le cippe a probable- 
ment servi à décorer un 
tombeau. La partie 
postérieure, qui est lisse, 
indique qu'il a été ap- 
pliqué contre le mur 
d'un édifice. Les anciens 
donnaient fréquemment 
au monument sépulcral 
le nom de « demeure 
éternelle » (domus aeter- 

na) et l'aspect d'une maison (cf. Altmann, Die rômischen Grabaltâre dev Kai' 
serzeit, 1905, pp. 19 et suiv.). 

Sur les béliers soutenant une guirlande, cf. n" 88. 

Inédit. 




117 



IV. STATUETTES 
ET MENUS FRAGMENTS. 



91. [A 123.] AtHéna d^ancien style. Fragment de 
marbre blanc, trouvé en 1888, près de Misano, sur la route de Bo- 
logne à Florence, le long du torrent Reno. Don du D"^ Yseux (1902). 

Haut. 0^14. — Pas de 
restaurations. Manquent 
la tête, le bras droit de- 
puis l'humérus, les janabes 
à partir des genoux. 

Statuette portant le 
costume ionien : tunique 
de lin à manches et 
manteau agrafé sur 
l'épaule gauche, traver- 
sant diagonalement la 
poitrine et retombant à 
gauche en plis symétri- 
ques. Par-dessus la tuni- 
que, la poitrine est cou- 
verte de l'égide, décorée 
d'un masque de Méduse 
et à demi cachée sous le 
manteau. Le bras droit 
élevé, devait retenir une 
lance posée sur le sol ; la 
main gauche est appuyée 
contre la hanche et le 
coude, en s'écartant, soulève en larges plis tunique et manteau. La tête 
manque : elle était coiffée d'un casque, dont s'échappait une longue cheve- 
lure ; l'extrémité de celle-ci, nouée en forme de catogan, est conservée. 




118 



Cette statuette est une copie ou une imitation d'époque romane de quelque 
Athéna du commencement du vf^ siècle. Elle se rapproche beaucoup d'un bronze 
se trouvant à Munich (Reixach, Rép., I, 229. 3), mais a conservé plus fidèlement, 
notamment dans la coiffure, les caractères du style grec archaïque. Elle res- 
semble plus encore à un bronze, malheureusement très endommagé, découvert 
récemment à Cologne, qui a été étudié par M. S. Reinach [Rev. des et. gr., 
1907, p. 415). Ces répliques paraissent rendre avec plus ou moins de fidélité 
le type d'une statue d'Hègias qui se dressait sur l'Acropole et est reproduite sur 
un vase datant des environs de l'an 460. 

Publiée: 1ean De Mot, Annales de la Société d'archéologie de Bruxelles, XVII, 
1903, pp. 63 et suiv., fig. 

92. [A 1194.] Statuette d^Herinès. Statuette de 
marbre blanc, provenant d'Athènes. Collection Somzée. Acquise par 
le Musée en mai 1904. 

Haut. 0^135; larg. 0,07. — Pas de restaurations. Manquent ; la tête, le 
bras droit, la main gauche, les jambes depuis les genoux. 

Jeune homme debout, appuyé 
sur le pied droit, le genou gauche 
légèrement avancé et plié. La tête, 
qui fait défaut, était tournée vers 
la droite. Le dieu est vêtu d'une 
simple chlamyde, attachée sur 
l'épaule droite, qui recouvre le bras 
gauche et tombe diagonalement 
jusqu'aux genoux, laissant tout 
le côté droit du corps à nu. Le 
bras gauche portait un caducée, 
dont un reste est visible sur la 
chlamyde à la hauteur de l'humé- 
rus; le bras droit brisé, s'écartait 
un peu du corps et, sur la hanche, 
subsiste le reste d'un tenon carré, 
qui devait soutenir quelque attri- 
but que tenait la main. 

L'élégance et la souplesse du vête- 
ment, la délicatesse du modelé, l'op- 
position artistique des chairs lisses et 
presque polies aux plis épais de la 

draperie, feraient supposer que le type de cette statuette remonte à quelque 
œuvre d'un grand maître. Cette impression est confirmée par ce fait que le 




119 



Cabinet des Médailles de Paris possède une figurine de bronze (Babelon et 
Blaxchet, Catalogue, n° S38) identique à notre petit marbre, mais qui a con- 
servé la tête. Furtwàngler, à qui est dû ce rapprochement, a émis rh%'pothèse 
que l'original dont dérivent ces deux répliques était une petite statue de bronze 
de l'école de Polyclète [Masierpieces, p. 2^^). Mais cette opinion, qui se fonde 
surtout sur le caractère du visage et de la ccififure du bronze parisien, est très 
douteuse, car on connaît d'autres statuettes, manifestement dérivées du même 
original et dont la tête est différente (cf. Reixach, Répertoire, II, pp. 164 et 
suiv.). 

FvRTWAENGLER, Collection Somzée, p. 74, n" 102. — Cat. de la vente Somzée, 1904, 
p. 20. n° 83. 



93. [A 1861.] Dionysos à la pantHère. Statuette de 
marbre blanc (pentélique?), acquise par le Musée en 1910 comme 

provenant de Grèce. 

Haut. o™37; larg. de la base, 
o'"i6. — Le torse est brisé en deux 
au-dessus de l'abdomen, le bras 
gauche à l'attache du biceps, le cou 
à la naissance du thorax, la base à 
gauche du tronc d'arbre, dont la 
moitié supérieure a disparu. Man- 
quent : le bras droit du haut du 
biceps au poignet, le bras gauche 
depuis le coude, la jambe droite du 
bas de la cuisse à la cheville, la 
gauche du genou à la cheville, des 
morceaux des boucles. Pas de res- 
taurations. Patine orangée. 

Un jeune homme nu, appuyé 
sur la jambe gauche, la droite 
dégagée, s'accoudait du bras gau- 
che sur un tronc d'arbre entouré 
de pampres et repliait noncha- 
lamment le bras droit au-dessus 
de sa tête, où s'appuie la main. 
Son abondante chevelure, soi- 
gneusement ramenée en arrière 
et nouée en chignon sur la nuque, 
est entourée d'un bandeau et 
ornée de corymbes. Deux longues 
boucles tombent sur les épaules 




120 



et se déroulaient sur la poitrine, où l'on aperçoit encore leur extrémité. Le 
visage s'incline, amusé, vers une petite panthère, qui, accroupie au pied du 
tronc d'arbre, regarde son maître, la gueule entr'ouverte, comme pour 
répondre à son appel, et appuie une patte sur une tête de taureau, ce 
semble, ou de bouc, animaux consacrés à Dion3sos. 

L'attitude de ce personnage accoudé, une main appuyée sur la tête, comme la 
mollesse de ses formes, dont sa pose alanguie fait valoir les courbes harmonieuses, 
trahit immédiatement l'influence du style de Praxitèle. « Toute praxitélienne 
est aussi la composition en haut relief : les mouvements de la figure s'accomplis- 
sent tous dans le même plan vertical et donnent ainsi une silhouette très claire. 
Rien ne prouve que cette statuette,' destinée sans doute à orner nne demeure 
privée, soit une copie exacte d'une œuvre du maître, mais ses qualités d'exé- 
cution, très supérieure à la moyenne, rendent probable qu'elle reproduit, avec 
soin, quelque original célèbre de son école. « Cet original a inspiré aussi la 
composition de la statue n'^ 12, que nous pouvons compléter parla pensée d'après 
cette réplique réduite, bien qu'ici la'nébride. que portait probablement le bras 
gauche, ait été plus écartée du corps. 

L'art de cette époque a rajeuni et humanisé 
les types divins. Dionysos a cessé d'être un per- 
sonnage sévère, à longue barbe, drapé avec une 
gravité hiératique dans les plis parallèles d'une 
robe majestueuse : c'est un éphèbe nu dans tout 
l'épanouissement de sa beauté juvénile jouant 
avec un animal familier — le protecteur sou- 
riant de la joie des festins. On rapprochera ce 
motif de celui du satyre à la panthère, n" iq. 

Publiée : Jean De Mot, Bulletin des Musées 
Royaux, t. X, (191 1) pp. 11 et suiv. 

94. [A 332.] ApHrodite de 

Cnide. Statuette de marbre blanc jau- 
nâtre. — Ancienne collection Hagemans. 
Acquise par le Musée en 1861. 

Haut. o"i3i ; larg. base o™ro. — Pas de restau- 
rations. La tête est brisée, mais appartient au 
corps. 

Petite réplique de l'Aphrodite de Cnide 
(cf. no 10) faisant, de la main droite, un geste 
pudique et déposant, de l'autre, son vêtement 

sur une hydrie, pour entrer au bain. Ce vêtement, sommairement ébauché, 
sert ici de support et est réuni à la hanche par un tenon. Cette Aphrodite 




121 



ne porte pas, comme les meilleures copies, un bracelet au bras gauche, 
mais on distingue sur la poitrine les traces d'un collier et un petit bijou d'or 
est resté attaché au lobe de l'oreille droite. 

Travail grossier. Ce genre de figurines doit avoir été souvent reproduit. Le 
British Muséum possède une statuette de marbre, trouvée à Antarados, sem- 
blable à la nôtre et d'un travail aussi médiocre (n» 1576). 

Décrite : G. H.\gemans, Un Cabinet d'amateur, 1863, p. 388, n° 256. 

95 A ^^^.] ApHrodite, Éros et Priape. Statuette 
d'albâtre, autrefois dans la collection Hagemans. Acquise par le 
Musée en 1861. 

Haut. 0^225; larg. à la base 0^065. — L'avant-bras droit, l'extrémité supé- 
rieure de la corne d'abondance, le corps de Priape 
sont brisés. La statuette est cassée en deux, à la 
ceinture. 

La déesse, dont le visage et la coiffure cher- 
chent à rappeler le type praxitélien, est de- 
bout sur la jambe droite, la gauche dégagée. 
Sa longue tunique de lin, qui tombe jusqu'aux 
pieds, est serrée à la taille par une ceinture. 
Son péplos s'enroule autour des hanches et 
passe au-dessus de l'épaule gauche. Derrière 
l'épaule droite, vole un enfant, l'Amour, qui 
tend un bras vers la tète de la déesse. La main 
gauche de celle-ci, qui tient une corne d'abon- 
pance, s'appuie sur un cippe orné d'une figure 
de Priape ith\'phallique, soulevant sa tunique. 

Travail médiocre et sommaire; les dimensions 
sont démesurément longues. Les groupes d'Aphro- 
dite, s'appuyant sur un Priape et parfois accom- 
pagnée d'Ércs, sont fréquents (cf. Roscher, 
Lexikon Myihol., s. v» «Priapos «, col. 2988), et la 
composition en est variée, mais aucun ne paraît 

reproduire exactement la nôtre. La corne d'abondance achève de caractériser 

Aphrodite comme déesse de la fécondité. 

Décrite : G. Hagem.\ns, Un Cabinet d'amateur, p. 388, n° 157 (donnée comme 
l'Abondance avec Pan). 

96. [A 331.] Aplirodite et Éros. Statuette de marbre 
blanc. Ancienne collection Hagemans. Acquise par le Musée en 1861. 




122 



Haut. 0^28; larg. 




base on'ii. — Pas de restaurations. Manquent: le bras 
droit depuis le biceps, une boucle de cheveux 
au-dessus de l'épaule droite. 

Aphrodite, le torse nu, debout, retient de 
la main gauche son vêtement, enroulé autour 
des hanches. Le bras droit, qui est brisé, 
s'abaissait et paraît avoir présenté quelque 
objet ou fait une libation. La tête est cou- 
ronnée d'un diadème élevé. La chevelure, 
divisée par une raie . était ramenée en ban- 
deaux, et deux boucles tombaient sur les 
épaules. A gauche de la déesse, sur un sup- 
port, un Éros ailé est endormi, la tête incli- 
née sur un bras, qui s'appuie sur une torche 
renversée. Le socle mouluré est antique. 

Le travail est très médiocre. Ce type d'Aphro- 
dite est très fréquent (Reinach, Rép., IL pp. 
337 et suiv., etc.), mais l'addition d'un Amour 
distingue cette statuette des autres œuvres 
similaires. 

G. Hagemans, Un Cabinet d'amateur, 1863, 
p. 388, n" 255. — Juste, Catalogue 2^ éd., 1867, 
p. 147; I, II [" la tête manque >, csL une erreur]. 



97. A 881] Jtipiter o\i 

E^SCtilape* Statuette de marbre 
blanc, trouvée à Carthage, le 20 février 
1871, et donnée au Musée par le comte 
Arthur Le Bailly d'Inghuem. 

Haut. o'n32; larg. o™i8; ép. o™2o. — 
Sans restaurations. 

Sur un trône est assis un personnage 
masculin, dont la tête et les bras ont dis- 
paru et dont le pied gauche et les genoux 
sont mutilés. Son torse robuste est nu ; 
un manteau, qui pend sur l'épaule gau- 
che, est ramené sur les genoux, laissant à 
découvert les pieds chaussés de sandales. 

Cette statuette représentait peut-être un 
Jupiter, la main droite appuyée sur un 




123 



sceptre et portant l'aigle de la gauche, plus probablement un Esculape trônant. 
analogue à celui du Musée de Cherchel, qu'a publié M. Gsell, Rev. archéoL, 
3e série, t. XXXVIII, 1901, I, p. 72. Le culte d'Esculape, qui s'était identifié 
avec le dieu punique Eshmoun, était très populaire à Carthage. 

9Ô. [A 1317.] Divinités phrygiennes. Groupe de 
marbre blanc cristallin, provenant de Sandykli, dans l'ancienne 
Phrygie. Acquis en 1906. 

Larg. o™i8; haut. o™2o; ép. omo4. — - Pas de restaurations. Les têtes sont 
rajustées, mais antiques; le revers n'est pas modelé. 

Un cheval démesurément long est monté par deux divinités : par devant, 
un dieu à califourchon, vêtu d'une longue tunique, serrée par une ceinture, 

et d'un pantalon, et portant, un 
diadème posé sur sa longue che- 
\'elure bouclée ; sa main droite, 
cachée par l'encolure de sa mon- 
ture, devait tenir les rênes, la 
gauche repose sur la cuisse. En 
croupe, est assise une déesse, 
habillée d'une longue robe. Elle 
porte sur la tête le calathos, sur 
lequel passe un voile, qui pend 
derrière le dos, et elle joint les 
mains, sur la poitrine la gauche 
appuyée sur la droite. Sous le 
vertre du cheval, un autel sert 
de support et assure la solidité 
de ce morceau de sculpture. 

Ce groupe n'a aucune qualité ar- 
tistique, mais, au point de vue de 
l'iconographie religieuse, il est fort 
intéressant. C'est le seul exemple que l'on ait d'un dieu et d'une déesse mon- 
tant ensemble un même cheval. Non loin de Sandykli, se trouvaient quatre 
cités florissantes : Hiéropolis, Otrous, Eucarpia et Brouzos (cf. Ramsay, Cities 
and bishoprics of Phrygia, pp. 678 et suiv.), mais ni l'épigraphie ni la numis- 
matique de ces villes ne permettent de déterminer de laquelle provient l'image 
de ces divinités équestres. Le personnage masculin est sans doute le grand 
dieu lunaire d'Anatolie, Mèn, qui est souvent figuré, en Phrygie, à cheval, 
tenant la bipenne (Drexler dans Roscher, Lexikon Myth., v» « Mèn », 
col. 2708 et suiv., 2758 et suiv. ; Head, Greek coins Brit. Mus.; Phrygia, 1906, 
p. 444, vo V Rider god »).Ce dieu cavalier est parfois uni à la déesse-mère d'Ana- 

124 




1 



tolie, qu'on l'appelle C^'bèle ou de quelque autre nom local (cf. Remy, 
Musée belge, XI, 1907, p. 135, n" 3). A Cybèle, convient le calathos, emblème 
de fertilité, que porte la déesse. Toutefois, la monture ordinaire de Cybèle n'est 
pas un cheval, mais un lion, et l'on peut se demander si les Galates d'Asie-Mi- 
neure n'avaient pas apporté avec eux le culte d'une écuyère divine, semblable à 
l'Épona gauloise (n° 177), et si ce n'est pas cette déesse qui est jointe au dieu 
cavalier sur le bas-relief de Sandykli? 

Publié : Salomon Reinach, Revue archéologique, 1902, I, p. 223. 

99« [A 122.] Tête de femme. Petite tête de marbre 
pentélique, acquise en 1863, à Athènes, par Alphonse Willems, qui en 
a fait don, en 1902, au Musée. 
Elle avait été trouvée, suivant le 
vendeur, sur l'Acropole. 

Haut. 0^75. — Pas de restaurations. 
Le nez et le menton sont ébréchés, la 
surface postérieure endommagée. 

Le visage est celui d'une jeune 
femme aux traits réguliers et calmes. 
La face pleine, la mâchoire robuste, 
les yeux largement ouverts, très rap- 
prochés de l'arcade sourcilière et mé- 
diocrement enfoncés, sont conformes 
au type du v" siècle. La disposition 
de la chevelure est dans le même 
stvle : elle dessine sur le front deux 
bandeaux symétriques, qui descen- 
dent sur les tempes et, par derrière, 
se réunissent sur la nuque, où ils 
sont noués en une masse épaisse. 

Cette tête pourrait avoir surmonté quelque statuette votive, comme il a dû 
s'en trouver en quantité sur l'Acropole. 

Publiée: Jean De Mot, Bulletin des Musées Royaux, II, 1902, 3, p. 13. 

100. [A 1906.] Tête de femme. Petite tête de femme, 
achetée en janvier 1901, comme provenant d'Athènes. 

Haut. 0^14; larg. oi^ia. — La coiffure est ébréchée, le bout du nez est entamé. 
Pas de restaurations. 

Tête d'une jeune femme coiffée d'un voile s'enroulant au-dessus du front 
en un épais bourrelet et recouvrant toute la chevelure, sauf quelques mèches 




125 




sur chaque tempe. Le mentou lourd, la moue dédaigneuse, qui se retrouvent 
sur d'autres oeuvres attiques, la simplicité grave des formes, tout rappelle 

dans cette œuvre modeste le 
grand style du v^ siècle. 

L'asymétrie très sensible qui 
distingue les deux moitiés du 
visage — le côté gauche étant 
plus étroit que le côté droit — 
prouve que cette tête faisait par- 
tie d'un haut-relief. La tête devait 
être vue de trois quarts et placée 
du côté droit du monument. Elle 
provient sans doute d'une stèle 
funéraire et appartenait à la ser- 
vante qui y accompagne souvent 
sa maîtresse. « Par sa coiffure 
autant que par son style, la tête 
rappelle singulièrement celle de 
la servante de la célèbre stèle 
d'Hégéso, qui se place à. la fin du 
v^ siècle. » 

Publiée : Jean De Mot, Bulletin 
des Musées Royaux, t. X, 191 1, p. 61. 

101. [A 1037.] Xête de jeune lioinine. Tête de marbre 
blanc, acquise à Rome par M. Jessé, du Musée de Leyde. Donnée au 
Musée du Cinquantenaire par M. Jean 
Capart (1902). 

Haut. 0^12. — Les oreilles et le nez sont 
mutilés. Brisée au cou. 

Cette tête est asymétrique et le côté 
gauche est négligé, ce qui prouve qu'elle 
faisait partie d'un haut -relief et était 
vue du côté droit. Le visage est celui 
d'un jeune homme, la bouche légèrement 
entr'ouverte. La chevelure courte est 
formée de petites boucles sinueuses. 

Travail d'atelier. 

Inédite. 




126 



102. [R 2337.] Satyre o\i Silène (?). Petite tête de 
calcaire blanc, provenant probablement de Rome, autrefois dans la 
collection Ravestein, donnée au Musée en 1873. 

Haut. o™i2; larg. o^og. — Sans restaurations. 

Ce masque barbu, grimaçant, les sourcils froncés, la bouche entr'ouverte, 
les cheveux couronnés de lierre (?), paraît devoir figurer Silène ou un satyre. 
La partie postérieure est plane (cf. n» 160). 

Travail sommaire qui ressemble à une ébauche. Il n'est pas certain que ce 
morceau soit antique. 

Cité : E. DE Meester de Ravestein, Musée Ravestein, t. II, 1872, p. 168, n" 1800; 
2^ éd., 1884, p. 524, no 2337. 





103. [A loio.] Hermès arcHaÏQue. Buste de marbre 
blanc, bleuâtre (Thasos?). Acheté au bazar de Constantinople en 1900. 

Haut. o™26; larg. omao. — Pas de restaurations. Mutilations nombreuses. 

Buste, de style archaïque, d'un personnage barbu. Le sommet du crâne 
est épaufré, mais, sur les côtés, la chevelure est figurée par des traits 
divergeants coupés par des lignes sinueuses. Elle est retenue par un ban- 
deau, dont les extrémités, ornées de franges, retombent sur les épaules. 
Sous le bandeau, une rangée de petites boucles en croissant garnit le haut 



127 



du fntnt. Le visage est très endommagé, mais on distingue nettement le 
contour des yeux, largement fendus et relevés vers les tempes. Une 
moustache mince descend sur les commissures de la bouche, qui paraît 
être entr'ouverte. La barbe, qui forme une masse lisse, devait être dessinée 
au pinceau; la partie inférieure en est brisée. Le torse est couvert d'un 
vêtement, cchancré, qui laisse à nu le haut de la poitrine et d'un manteau 
agrafé svu" l'épaule gauche. 
Inédit. 



104. [R 2337.] BaccHxis, tête d'tin Hermès. Buste 
de calcaire blanc jaunâtre, provenant de Rome. Collection Ravestein, 

donnée au^ Musée en 1873. 

Haut. oini6; larg. o™ii. — Pas de 
restaurations. La surface est endom- 
magée. 

Petite tête barbue de style ar- 
chaisant. La chevelure, qui forme, 
au-dessus du front, une double 
rangée de frisures, est retenue par 
un diadèrre et surmontée de 
corymbes (?). Les orbites creusées 
devaient recevoir des yeux d'émail. 
Le nez et la bouche sont mutilés. La 
partie in f érieure de la barbe est com- 
posée d'une série de boucles symé- 
triquement calamistrées. La partie 
postérieure est plane (cf. n^ 106). 

Travail médiocre. 

Cité : E. DE Meester de Ravestein, 
Musée Ravestein, t. II, n^ 1800; 2^ éd., 
1884, n° 2337. 




105. [R 2337.] Bacclwis, tête d**!!!! lierinès. Tête 
de marbre blanc jaunâtre, provenant probablement de Rome, autre- 
fois dans la collection Ravestein, donnée à l'Etat en 1873. 



Haut. o'ni2; larg. o™io. 
brisé. 



Pas de restaurations. Le nez est mutilé, le cou 



Tête de jeune homme, que sa longue chevelure, deux fois ceinte d'une 
bandelette et couronnée de lierre, font reconnaître comme un Bacchus. Les 



128 



yeux étaient enchâssés en émail dans les orbites évidées. La bouche est 
entr'ouverte. 

Le travail de et petit marbre est quelconque. La section de la partie posté- 
rieure rend probable que cette tête, comme le numéro précédent, faisait partie 
d'un buste surmontant un hermès. 

Cité : E. DE Meester de Ravestf.in, loc. cit., au numéro précédent. 




106. [R 2337] Bacchtis, buste d'un Kermès. 

Petite tête de marbre, provenant probablement de Rome, autrefois 
dans la collection Ravestein, donnée à l'Etat en 1873. 

Haut. omi6: larg. o^ii; ép. onio65. — Pas de restaurations. Le nez est mutilé; 
toute la surface est rongée. 

Le dieu du vin est figuré sous l'aspect d'un jeune homme dont la longue 
chevelure bouclée est entourée d'un ruban orné de corymbes. Les orbites 
évidées contenaient autrefois des yeux d'émail. Les plis d'une tunique 
couvrent les épaules. La section de la partie postérieure et de la face infé- 
neure, qui se coupent à angle droit, montrent que ce buste, placé sur un 
hermès, a été appliqué contre le mur de quelque demeure romaine, qu'il 
décorait (cf. n» 29). — Le travail en est médiocre. 

Cité : E. DE Meester de Ravestein, Musée Ravestein, t II, 1872, p. 168, no 1800; 
2« éd., 1884, p. 524, n° 2337. 

9 129 



107. [A 1371] Fragment de sarcophage (?). Frag- 
ment de marbre blanc bleuâtre, provenant de la collection Somzée. 

Acquis en 1904. 

Haut. o™42; larg. max. oni23; ép. o™i2. — Brisé 
de tous côtés, sauf le dessus. 

A gauche, un personnage nu, vu de face, 
dont la tête a disparu, brandit de la main 
droite un glaive et porte au bras gauche un 
bouclier rond. Les jambes ne sont conservées 
qu'en partie, la droite repliée, la gauche tendue. 
L'attitude est donc celle d'un combattant qui 

se fend. A droite, il reste l'avant-train d'un 

h|^^ / î cheval bridé, qui galopait ou se cabrait. 

jÊT '" Ce débris paraît provenir d'un sarcophage où 

'^ était figurée une scène de eombat, peut-être celui 

des Grecs contre les Amazones. 
Inédit. 




108. TA 1318.] Je\i de l'éphédrismos. 

marbre blanc, acheté 
à Rome en 1903. Don 
d'un anon}Tne. 

Haut. 0^185 ; larg. 
0^15; ép. o'no4. — Brisé 
de tous côtés. 

Ce morceau de bas- 
relief, d'un excellent 
travail, nous montre le 
torse d'un homme nu, 
vu par derrière de trois 
quarts, saisissant des 
deux mains le genou 
d'un compagnon, qui 
a disparu, mais dont 
ime main est restée ap- 
puyée sur le dos du 
premier personnage. 
La cuisse du second 
paraît être entourée 
d'une lanière. 



Fragment 



de 




130 



C'est probablement un morceau d'un bas-relief figurant le jeu de V ephedrismos : 
ce Jeu, très populaire, et dont il y avait diverses variétés, consistait essentielle- 
ment à porter un compagnon sur son dos en le saisissant des deux mains sous 
les genoux. Il a souvent été représenté 
par les peintres de vases et par les coro- 
plastes (cf. Reinach dans Saglio-Pot- 
TiER, Diction. antiqu.,vo « Ephedrismos >>) . 
Inédit. 

109. [A 2943.] Fragment 
de bas - relief. Morceau de 
marbre blanc, < acquis du sieur Dii- 
gnioUe en 1867 » avec les numéros 
suivants. 

Haut. 0^14; larg. o«no8 ; ép. 01004. Le 
bras gauche et le bas du corps sont brisés. 

Jeune homme imberbe, sans vête- 
ment, tourné vers la droite et avançant 
le bras droit. Il paraît avoir été assis, 
mais les mutilations qu'il a subies ne 
permettent pas de l'affirmer. A droite, 
on distingue les traces d'un encadrement contre lequel le personnage s'ap- 
puyait. 

Publié : EsPÉRANDiEU, Bas-reliefs de la Gaule, t. V, n" 4001. 




110. [A 2945.] Fragment d'une statue de 

femme. Éclat de marbre blanc, acquis avec les nos J09, m. 

Haut. 01113; 
larg. o™24. 

Ce débris, a ap- 
partenu à quel- 
que statue figu- 
rant une femme, 
les hanches en- 
tourées des plis 
de son manteau, 
et tenant les 
mains croisées 
l'une sur l'autre. 




131 



111. [A 2Q44.] Main armée d'tin bâton. Fragment de 

marbre blanc, acquis avec les 
nos log-iio. 

Haut. o'"i2; larg. o'n22. 

Main d'un bon travail, tenant 
un bâton noueux ou une arme. Les 
doigts sont en partie brisés. Dans 
la cassure du poignet, on remarque 
un trou destiné à fixer un tenon. 
Il est regrettable que nous ne con- 
naissions pas l'origine exacte de ces 
trois fragments, qui paraissent avoir été achetés par Dugniolle en Grèce, pen- 
dant un vovage qu'il y fit en 1861. 




112. [R 2331.] Pied d'une statue colossale. Partie 
antérieure d'un pied en serpentin vert, trouvée près de la Porta Pia, 
à Rome. Autrefois dans la collection Ravestein, donnée à l'Etat 
en 1873. 

Haut. on^iS; larg. o'"20. — La pierre est brisée à la hauteur du cou-de-pied. 

Ce pied gauche était 
chaussé d'un calceus de 
cuir recouvrant les or- 
teils et serré au-dessus 
par des courroies entre- 
croisées. Ses dimensions 
prouvent qu'il a appar- 
tenu à une statue colos- 
sale. 

Cette statue devait être 
exécutée en plusieurs 
morceaux, car il n'existe 
pas de bloc de serpentin 
assez gros pour y tailler 
une figure de cette gran- 
deur. On fit souvent, à l'époque impériale, des statues polychromes, en unissant 
des pierres de diverses teintes. 

Décrit : E. de Meester dk Ravestein, Musée Ravestein, t. II, 1872, p. 166 
2^ éd., 1884, p. 523, n° 2331. 




I?2 



113. [M 837.] Torse drapé. Fragment d'une statuette de 
marbre blanc, provenant de la collection Mistho à Smyme. Acquis 
par le Musée en 1900. 

Haut. 0^175, larg. 0^14. — 
La statue est brisée au travers 

de l'abdomen, la main gauche ^:^ *ÎÎ5l 

fait défaut. La tête, qui man- 
que, devait être travaillée sépa- 
rément et fixée dans le cou à 
l'aide d'un tenon, dont le trou 
d'attache subsiste. 

Torse d'un personnage, pro- 
bablement un enfant, entière- 
ment drapé. Un large man- 
teau, ramené sur l'épaule 
droite, recouvre en partie d'un 
de ses coins le bras droit 
replié, et, passant derrière le 
dos, retombe du côté gauche 
en plis épais. Les bras sont 
nus. Les mains, qui se rejoi- 
gnent sur la poitrine, tenaient 
un objet aujourd'hui indis- 
tinct. Le poignet droit est entouré d'un bracelet, 
rouge sont encore visibles sur le manteau. 

Inéi.t. 




Des restes de couleur 



114'* [M 838.] Buffle. Fragment d'une statuette de marbre 
noir, autrefois dans la collection Mistho à Smyme. Acquis par le 
Musée en 1900. 

Long. o"^i6, haut. max. o"io8. — Les pattes, la queue, les cornes ont disparu. 
— Pas de restaurations. 

Corps d'un buffle, dont le garrot, renflé en bosse, et tout l'avant-train sont 
couverts d'un poil long et épais, tandis que la robe du dos et de la croupe 
est lisse. La tête, petite, est penchée en avant, comme si l'animal se prépa- 
rait à l'attaque. Une protubérance sur la croupe est peut-être l'extrémité 
de la queue repliée. La surface du marbre était autrefois polie. 

Les caractères de cette race de bovidés, comme la manière dont les touffes de 
poils sont indiquées à gros traits, ne paraissent pas permettre d'attribuer ce 



133 



morceau à un sculpteur grec. C'est plutôt un produit — peut-être fort ancien — 
de l'art d 'Asie-Mineure. Toutefois, on sacrifiait en Grèce des bœufs noirs aux 




divinités infernales, comme Pluton et Proserpine, et c'est peut-être ce rite ou 
un rite analogue qui inspira le choix de la matière. 
Inédit. 

115» [A 941.] Mortier. Mortier de marbre blanc, provenant 
de Sour, l'ancienne Tyr (Phénicie). Acquis en août 1900. 

Diam. o™2i, 
avec les ressauts 
o™ 2 5 ; haut . 
o°»o6. — Sans 
restaurations. 

Ce mortier 
très évasé est 
muni sur le 
bord de trois 
ressauts hori- 
zontaux en 
queue d'aronde 
destinés à le 
maintenir plus 
aisément, et du 

quatrième côté d'un élégant déversoir. Le pilon recourbé dont la partie 
inférieure porte des traces d'usure, imite la forme d'un doigt replié. 

134 




i 



Les mortiers dans l'antiquité, plus encore qu'aujourd'hui, étaient employés 
à une foule d'usages dans les cuisines, dans les pharmacies et même chez les 
artistes, qui y broyaient leurs couleurs. On les fabriquait en pierre ou en métal, 
cf. Saglio-Pottier, Diction, des Antiquités, v° « Mortarium », où l'on trouvera 
reproduit (fig. 5152) un exemplaire, trouvé en Bretagne, qui est très semblable 
au nôtre et dont le pilon a le même aspect. 

llô. [A 1147.] Fragment d'un plafond lam- 
brissé. Bloc de marbre blanc, autrefois dans la collection Somzée. 
Acquis en 1904. 

Haut. 0^045 ; larg. o^gS. — Brisé de tous côtés, sauf à gauche. 

Ce plafond est divisé par des rangées de feuilles de vigne stylisées en 
caissons carrés d'inégale dimension. Au centre, dans un grand caisson, on 




*"^v^- ■ 







?|-*^^^ç 




voit en bas-relief une tête de nymphe (?), couronnée de fleurs, la chevelure 
dénouée, motif de décoration rarement employé. A gauche et à droite, une 
rangée d'oves fleuronnés court entre deux lignes de dentelures. 
Le travail, exécuté au trépan, date de l'époque impériale. 

Publié : FuRTWAENGLER, Collection Somzée, p. 49, n° 68. — Cf. Cat. de la vente 
Somzée, 1904, p. 19, n» 68. 

117. [A 1133B.] Cliapiteati. Chapiteau rectangulaire de 
marbre blanc, autrefois dans la collection Somzée. Acquis en 1904. 
Larg. à la base o^ai et o'^ï\ ; larg. au tailloir o'n27 et oi^ai ; haut. o^zC . 



135 



La partie intérieure est formée d'une sorte de calice, échancré des quatre 
côtés en demi-cercle, recou\rant une seconde membrane arrondie d'où 
s'échappent à chacun des angles une feuille terminée par une volute. 





Entre ces deux feuilles s'élève une troisième plus large, à nervure, sur- 
montée d'un fleuron qui recouvre un tailloir mouluré. 

Dans la collection Somzée, ce chapiteau servait de socle à la tête archaïque 
no 3. 

Publié : FuRTWAENGLER, Collection Somzée, pi. II. 

llô. Fragments arcHitectonictues. Fragments dé- 
coratifs, provenant sans doute de Rome, faisant partie de la collec- 
tion Ravestein, donnée à l'Etat en 1873. 

A. Morceau quadrangulaire de marbre blanc, décoré d'une rangée d'oves, 
de palmettes, etc. 

Larg. 0^25; haut. omoS. 

B. Morceau de jaune antique portant une grande feuille de chêne (ou 
d'acanthe) et des fruits. 

I-arg. 0^18. 

C. Plaque de marbre blanc, provenant d'une frise ornée de feuilles 
d'acanthe. 

Larg. o™2o; haut. o™i8. 

Cités : Musée Ravestein, t. II, p. i(j8, n" 1800; 2^ éd., 1884, p. 524, n° 2337. 

D. Rosace en serpentin vert, trouvée à Ostie en 1857 et ayant probable- 
ment décoré le caisson d'un plafond. 

Haut. G™ 17. 

Cité : Musée Ravestein, t II, n° 1799; 2<= éd. 1884, n° 2332. 



136 



119-122. Colonnes antiques. Quatre tronçons de 
colonnes, provenant de la collection Albert Vaucamps, à Buysinghen, 
achetés sans doute en Italie par cet amateur, et acquis par le Musée à 
sa vente, en avril 1903. 

[A 1080 et 1082.] Deux morceaux 
du fût de colonnes de porphyre rouge 
d'Egypte. 

Haut. on»87; diam. 0^139; haut. on>gf; 
diam. 0^37. 

Les anciens connaissaient l'art de polir 
le porphyre, roche siliceuse très dure à 
cristaux de feldspath. Les carrières prin- 
cipales se trouvaient dans la Haute- 
Egypte, d'où de nombreuses colonnes ont 
été transportées à Rome sous l'Empire. 

[A 1081.] Tronçon de colonne de vert 
antique. Ce fût est monté sur un socle 
ionique en marbre rouge, moderne ou 
du moins retaillé (fig.). 

Haut. on>93; diam. 0^35. 

Le vert antique, brèche où la serpen- 
tine se fond dans une pâte de marbre 
blanc, était tiré par les anciens de Thes- 
salie et de Macédoine. 

[A 1803.] Tronçon d'une colonne de 
cipolin. 

Haut. o™9i; diam. o"i33. 

Le cipolin est un marbre blanc ou gris avec de larges veines de talc verdâtre, 
que les anciens tiraient de Caryste, dans l'île d'Eubée (marmor Carystium). 
Les Italiens lui ont donné le nom de cipollino parce que la disposition des veines 
rappelle souvent celle des feuilles concentriques de l'oignon (cipolla). 




137 



DEUXIÈME PARTIE 

INSCRIPTIONS TROUVEES EN DEHORS 
DE LA GAU LE 



INSCRIPTIONS GRECQUES ET LATINES 



I. INSCRIPTIONS GRECQUES 



A. GRÈCE PROPRE. 

(Cf. nos 50, 62, 69 à 71.) 

123. [A 681 Compte de travaux faits aux 

fortifications d\i Pirée. Fragment d'une stèle de marbre 
pentélique, trouvé au Pirée, acquis par le Musée du Cinquante- 
naire en 1905. 

Haut. oin24; larg. 0^23; ép. on^os; haut, des lettres o™! 1-0^08. 
est brisée du haut. 



La stèle 



ri-l-l- (A[io(ewTT](;).....] 

7T>.Iv[6cl)V àpiOfJLÔO 

(JLia(6cÔTY)Ç) A10VU068 topoç 

MeYa(pev)ç)^ 
5 TôJv ènitxioôojSeaôJv 7tX[îv]- 

ewvàpiejjLoçPHHHni. 
àvepàXXovTo ai x^^iai Ah H H 
(xia(etoTYiç) NiKÔÔcopoç SuTta- 

Xt^t(tioç). 
KaxaXicpYÎç èni AafAooTpàTO 

'° AAA (jLiaiecoTYjç) 4>âevvoç 'Axap- 
ve(ûç). 
Ph 'EKiaxeuYÎç àva{iaa{xâ)v 
mil {xio(eu>TY)ç) AiovuaôSwpoç 
Meyalpeûç). 
KaxaXicpyjç Itzi ^iXoxXéoç 

AA]n iiio(eu)TY)ç) 4»à€vvoç 'Axap- 

ve(ûç). 



8 drachmes, entrepreneur... 

nombre des briques... 

mise en place, le mille 13 drachmes; 

entrepreneur Dionysodore de ^lé- 
gare. 

Nombre de briques données en adju- 
dication : 5,350; 

mise en place, le mille, 13 drachmes; 

entrepreneur Nicodore de Sypa- 
lettos. 

Pour badigeonnage, sous l'archontat 
de Damostrate (393/2 av. J.-C). 

30 drachmes, entrepreneur Phaen- 
nos l'Achamien. 

6 dr. 5 oboles pour restaurations des 
marches, Dionysodore de Mégare. 

Pour badigeonnage, sous l'archontat 
de Philoclès (392/1 av. J.-C). 

25 drachmes, entrepreneur Phaennos 
l'Achamien. 

141 



KecpâXaiov àpyopio \ 

I PHHHAA 
KecpâXaiov rcXîvOtov 

PMHHHHnAAA 



2 drachmes pour la stèle. 



Total de l'argent : 825 drachmes. 
Total des briques : 60,480. 



Le 5. Le mot éTijjLiaôow ne se retrouve, ce semble, que dans une seule autre 
inscription ('Eçr, [x'Ap}^., 1902, p. 97,1. 31), mais on l'a corrigé à tort dans 
un passage d'Élien {\'ar . hist., III, 14). Son sens est clair. — L. 9, 




KaTaXio-/] est aussi un mot rare (cf. Dittenberger, Orient, gr. inscr., 737, 
1. 10 : xxTaXi.(p-/]v y.al xoviaaiv). Il indique soit le badigeonnage du mur, 
soit le jointoiement des pierres. 

Notre inscription fait partie d'un groupe de documents dont d'autres frag- 
ments sont conservés (I. G., II, 830-33; II, v, 830 b d) et qui se rapportent à 
la célèbre reconstruction des murs du Pirée par Conon après la guerre du Pélo- 
ponèse (cf. Lech.\t, Bull. corr. helL.'KII, 1888, pp. 337 et suiv. ; Frickenhaus, 
Athen's Maiier, Bonn, 1905, pp. 5 et suiv.). Le travail fut adjugé par les 'XZiyo- 
Tco tôt. des tribus à divers entrepreneurs, et nous avons ici un fragment des 



142 



comptes des années 393-392 av. J.-C. Il est à noter qu'on trouve, parmi les entre- 
preneurs, à côté de deux citoyens athéniens, un étranger de Mégare. Nous 
savions déjà que les Béotiens et diverses cités avaient, de leur plein gré, con- 
tribué à rebâtir les fortifications d'Athènes (Xénoph., HelL, IV, 8, 10), et 
notre texte rend probable que Mégare faisait partie des villes qui s'étaient 
liguées contre l'hégémonie de Sparte. 

Publiée: E. Nachmanson, Athen. Miit., XXX, 1905, pp. 391 et suiv., cf. XXI, 
1906, p. 372. — Ch. Michel, Revue de philologie, XXX, 1906, p. 108, et Recueil d'inscrip- 
tions grecques, SuppL, 1912, n» 1512. 

*124* [A 973.] Fondation en faveur d'un temple 

d'Artémis. Petite plaque de marbre blanc, apportée en 1758 
d'Ithaque à Venise, où elle fut conservée dans la collection Nani jus- 
qu'à sa dispersion. 
Acquise en 1899 à 
Legnaro, près de 
Padoue, du comte 
Pagani avec le n^ 27, 
et donnée au Musée 
par un anonyme. 

Haut. o™i9; larg. 
o^ï6; ép. 0^035; haut, 
des lettres, o™oi. 

Dans un cadre tracé 
à la pointe, on lit : 

'lepoç ô x<^po<; 
TYJÇ j 'ApTé(xi8oç, 
TÔv ê| xovra xai 
xapTioû! (xevov tyjv 
(lèv ôelixàxyjv xa 
xaôûeiv é[x(xaTou 
] êxouç, ex 5è toO | 
TtepiTToO TÔV vaov 
èlKioxeuàî^eiv . èàv 

5é TIÇ I \i.r\ TTOÎY) 

TaGxa, TTJi II ôeôji 

(jLcXiQaei <•< « Ce lieu est consacré à Artémis. Celui qui le possède et y récolte 
sacrifiera, chaque année (avec le produit de) la dîme, et, avec le surplus, 
il réparera le temple. S'il ne le fait pas, la déesse aura soin (de le punir). » 
Cette inscription pose un problème curieux. Le texte est celui que Xénophon 
fit graver, comme il le raconte dans VAnabase (V, 3, 13), sur une stèle qu'il 




143 



consacra clans sa propriété de Scillus en Messénie. Or, l'écriture et surtout 
l'usage des ligatures indiqueraient comme date, pour notre inscription, la 
fin du ii« ou le commencement du iii^ siècle ap. J.-C. A cette époque, où 
florissaient le culte et l'imitation de Xénophon, quelque admirateur de celui-ci, 
en édifiant, comme lui, sur ses terres un petit temple d'Artémis, auquel était 
attribué le produit de quelques champs, aurait donc répété le règlement édicté 
par l'écrivain attique pour sa tondation. C'est l'explication à laquelle s'est 
arrêté Dittenberger. « Mais cet épigraphiste n'avait pas pu examiner l'original 
et l'aspect des caractères, où se mêlent étrangement des formes d'époques 
différentes, ne permet pas de croire à l'authenticité de l'inscription, qui paraît 
due à quelque faussaire érudit de la Renaissance » (Ch. Michel). 

Reproduite : Pacial'di, Monumenla Peloponnesiaca, I, 1761, p. 142 (qui mira atque 
infructuosa sedulitate illustra vit 1. — Cf. Boeckh, C. I. G.,n" 1926. — Dittenber- 
ger, I., G. IX, p. I, n° 654, où l'on trouvera une bibliographie plus complète. 



B. MACEDOINE ET THRACE. 



(Cf. nos 52, 75, 76. 



125. [A 1095.] É^pitapHe dtine affrancliie. Plaque 
de marbre blanc, découverte dans la nécropole de Cheikh-Sou à Sa- 

lonique. Donnée 
au Musée par 
M. Cuypers, con- 
sul de Belgique 

(1905)- 

Haut. 01^25; larg. 
0^36 ; ép. on^04- 
0^07 ; haut, des let- 
tres oiioa. 

TÎTOÇ Axiaxioç 
^^Xi^ I Aùoxia 
<ï>a\jaTa ty) auv- 1 
eÇeXeuOépa xal 
CTUv|pîto t6 fAvyj- 
(xa xal àxô) ^tôv. 
« Titus Auscius Fé- 
lix (a élevé) ce tombeau à Auscia Fausta, sa co-affranchie et son épouse, et 
à lui-même de son vivant. » 

« La forme àrôj pour auTd) date ce texte des environs de l'époque d'Auguste 
(Meisterhans, Grammaiik der a ti. Inschr., II, p. 121; Dittenberger, Sy^/og-e, 




144 



2« édit., I, p. 557). La gravure paraît bien être du i^r siècle de notre ère plutôt 
que du ii^ v (Perdrizet). 

Publiée : Perdrizet, Mélanges d'archéol. et d'histoire de l'École de i?ome,XXV, 1905, 
pp. 81 et suiv. 

126. [A 1094.] Épitaplie d-un épotix. Plaque de 
marbre blanc trouvée avec la 
précédente. Don de M. Cuy- 
pers (1905). 

Haut. 00137; larg. 0^2^; ép. 
omo»; à oi»o2 ; haut, des lettres 
oi^oa. 

Aâxeva NeilKOOTpâxcu | tcô 
iôio) àv|8pel (xveîaç | x^piv. 

<( Lacéna à Nicostrate, son 
époux, en mémoire. « 

Caractères soignés ; les mots 
sont parfois séparés par des 
feuilles de lierre. 

L. I. Aàxsva est pour Aàxa- 
iva, proprement la « Lacédémo- 
nienne ». Cet ethnique est devenu 
un nom de personne, assez fré- 
quemment usité. — L. 3. On no- 
tera le tréma sur \'i. 

Publiée : Perdrizet, loc. cit., 
p. 83, n» III 




127. [A 1092.] ÉpitapKe d*\ili ami. Plaque de marbre 
blanc bleuâtre, trouvée avec la précédente. Don de M. Cuypers (1905). 

Haut. 0^52; larg. 0^24; ép. on»o2; haut, des lettres 00^04. Le minium., 
qui les rendait plus visibles, est en partie conservé. 

*Epfi.eiaç | EûaTaGilto éx tôjv [ iSicov fi.ve| iaç xap^*^- « Herméias à 

Eustathios, de ses propres (deniers), en mémoire. » 

La forme des caractères carrés — c'est-à-dire où les traits courbes (G GO) 
sont le plus possible évités pour la facilité du graveur — et en particulier le 
thêta en losange permettent de dater l'inscription du ii^ ou me siècle de notre 
ère. 

Cette épitaphe très simple n'offrirait rien de remarquable si, comme le montrent 
nos figures, on ne la trouvait gravée deux fois, £ii cinq lignes sur une face du 



145 



marbre, en six sur l'autre. Il semble qu'Herméias, peu satisfait de la première 
disposition (longueur irrégulière des lignes, coupe du mot è| x, adjonction du 2 
de (xvsiaç), ait fait recommencer son travail au lapicide. 
Publiée : Perdrizet, loc. cit., r>. 82, n" II. 




12Ô. [A 1097.] Épitaplie 
Fragment d'une plaque de 
marbre gris, trouvée avec les 
précédentes. Don de M. Cu}'- 
pers (1905). 

Haut. o°»27; larg. oii'3o; ép. 
0^05; haut, des lettres 01^035. — 
Le fragment est brisé de tous 
côtés. 

MY)(x6?]piov 8ia[<pépov. . . 
7rJai6aYCi>[Yto. . ] yay.éTri. . . 
OYOCA\ . . ïojuviou 61' «Mo- 
nument appartenant à... péda- 
gogue... à sa femme... le 14 juin. 



d'tin pédagogue 




146 



L emploi du mot M7](z6piov, pour désigner le tombeau (cf. nos 129, 167), 
semble prouver que l'épitaphe est chrétienne, ce que confirment l'indication de 
la date de la mort et la forme tardive des lettres. 

Publiée : Perdrizet, loc. cit., p. 85, n° V. 



129. [A io93.]£-pitaplieclirétienned'\in soldat. 

Plaque de marbre blanc, trouvée avec les numéros précédents. Don de 
M. Cuypers (1905). 

Haut. 01122; larg. o™28; ép. o^ioz; haut, des lettres 0^013. 

Ku[XY)TTQpiOV (Jlo|v6oCO(Jt,OV <CTtO(JLo|v> 'ëvôtt kîtc MaÇi| (xiavoç 
vofxépou I 'Aaxapi[co]v GINOYPOC f. « Tombeau pour un seul corps. 
Ci-gît Maximien du nmnerus des Ascarii... » 

L. 2. Le graveur a répété par erreur la fin de [xovocwfxov. Le mot se 
retrouve dans une inscription provenant de la même nécropole de Salonique : 

M7}[j(,6pt,0 V [iOVO- 

<îO)(jiov Kaaaàv- 
Spaç 'svba XLT£ 
nXouTLva et les 
expressions : locus 
bisomiis, trisomus , 
quadrisomus appa- 
raissent à Rome dans 
les épitaphes du iv^ 
siècle. 

L. 4. vo(j(.épou est 
pour voufxépou. Un 
numerus signifie sim- 
plement, à cette épo- 
que, un corps de 
troupes. Les Ascarii 
mentionnés dans 
Ammien Marcellin 
(XXVII, 2, 9) et dans 

la, Notitia Dignitatum (p. 29, Seeck), semblent être des pontonniers (Mommsen, 
Hermès, 1889, p. 203). « La Notitia mentionne les Ascarii senïores et les Ascarii 
iuniores. Je me demande si la fin de notre inscription n'est pas une transcrip- 
tion malhabile de numeri Ascarioruyn iunionim. M. Th. Reinach pense qu'il faut 
lire Ma^tfjLtavoç voufxépou 'Aaxapt((o)v£tvou pl^ (= éxaTovxap^^oç). 
Mais la pierre ne porte pas de signe d'abréviation au-dessus de poç et 'Aaxa- 
plcovstvou semble impossible» (Perdrizet). 

Publiée : Perdrizet, loc. cit., p. 86, n° VI. 




147 



C. ASIE-MINEURE 

(Cf. aussi n"s 54, 77 à 80.) 



10. 



130-131. É'pitaphes de deux bourgeois de 
Smyrne. — Plaques de marbre blanc, trouvées au mois de 
novembre 1898, à Smyme, dans le quartier dit Tépédjik, sur la route 
actuelle de Nif, non loin de l'église grecque de Saint-Constantin. 
Elles proviennent probablement d'un tombeau qui s'élevait le long 
de la voie antique conduisant aux « Bains de Diane ». Offertes au 
Musée en 1901 par M. A. Gindorff. 

130. [A 1004.] Haut. o™3i; larg. 01138; ép. o™o8; haut, des lettres omo2. 

ToOto t6 r)(À)ov kSv | oùv tîô Stopaxeîu) ] xéxTrjTai M. 0\>X7ii|oç 
"IXapoç Sfxupvaîoç 1 1 aÛTto xal tyj Y^"^aixî 1 «ùtoû AûprjXia rXv)|- 
xtovîSi xai Toîç xéjxvoiç xal toîç ISîoiç Tiâoi | (jLYjSevôç ëxovxoç 
€Çou||oiav érépou xy)8eûaai ejv aÙTCO • el 5è (Jiyj eloaoîaei ] elç xè 
Tafiieïov (8y)vdcpia) ,pcp'. -•< 

« Ce tombeau tout entier avec sa clôture a été acquis par Marcus Ulpius 

Hilarus de Smyme 
pour lui, pour son 
épouse Aurélia Gly- 
conis, pour ses en- 
fants et pour tous les 
siens. Personne n'a 
l'autorisation d'y en- 
sevelir un autre 
(corps). S'il le fait, il 
versera à la caisse 
publique 2,500 de- 
niers. » 

Beaux caractères 
ornés à'apices, datant 
du ne siècle ap. J.-C. 
Les mots au bout 
des lignes ne sont cou- 
pés qu'à la fin des syllabes. Lorsqu'il reste un espace vide, il est rempli par une 
sorte de crochet (1. 2) ou une feuille de lierre (11. 7, 12). — L. 10 'ETÉpou semble 
une erreur du lapicide pour sTspov. — L. 11 Wiaaolazi est pour elaoiati. 




148 



Marcus Ulpius Hilarus, bourgeois de Smyme et citoyen romain, s'était fait 
construire un hérôon, ainsi nommé parce que le mort qui doit l'habiter sera élevé 
au rang des héros, deviendra une sorte de divinité. Le sépulcre était entouré 
d'un terrain sacré, clos d'un mur ou d'une palissade s'élevant jusqu'à la hauteur 
de la poitrine (OcopocxsLOv). Ce caveau sera la sépulture commune de la famille, 
et celui qui y introduirait un autre cadavre, serait frappé d'une amende de 
2,500 deniers romains au profit de la caisse municipale de Smyrne. De pareilles 
stipulations sont fréquentes dans les épithapes antiques (Liebenam, Stàdte- 
verwaltung im rômischen Kaiserreiche , Leipzig, 1900, pp. 38 et suiv.). Elles 
devaient préserver la demeure dernière, où reposaient les membres d'une même 
maison, contre toute intrusion d'un étranger et toute violation de la part des 
pillards. Pour assurer davantage la paix éternelle des défunts, on ajoutait par- 
fois des imprécations terribles contre ceux qui ne respecteraient pas la sainteté 
du tombeau. Toutes ces menaces et ces malédictions n'ont d'ailleurs pas plus 
arrêté les voleurs d'autrefois que les archéologues d'aujourd'hui. 



131. [A 1003.] Haut. 0^33; larg. om^o; ép. on»o6; haut, des lettres 0^02- 
0^025. 

Zi^vtjjv Zt^viovoç I b xaXoûfxevoç | rvaîoç àyopàaaç T6|7tov i|>eiXàv 
Çûv èv aû||Tà) Kaxeaxeùaoe TO | évoopiov éauTÛ) xai | y^vaixi xal 
Texvoiç I xal èx- 
yâvoiç. «Zenon, fils 
de Zenon, surnom- 
mé Gnaios, ayant 
acheté de son vi- 
vant un terrain nu, 
y prépara un sépul- 
cre pour lui, pour 
sa femme et pour 
ses descendants. » 




Ln seconde inscrip- 
tion se di-stingue dés- 
avantage u semé n t 
de la première. Elle 
n'en a point la beauté 
symétrique ; ses let- 
tres irrégulières et 
mal gravées ne sont 
pas nettement sépa- 
rées. A la ligne 4 un N, oublié par le lapicide, a été maladroitement ajouté au- 
dessus de la ligne. Nous n'avons plus affaire ici, on s'en aperçoit au premier 
coup d'œil, à un riche citoyen romain, mais à un homme de condition très 
médiocre; c'est ce que prouve aussi le contenu de l'inscription. 



149 



Ce Zenon, fils de Zenon, qui était sans doute un petit bourgeois de Smyme, 
portait un sobriquet romain, Gnaios. L'onomatologie latine s'était répandue 
dans les villes d'Asie, au point d'y devenir presque indigène, et avait pénétré dans 
l'usage vulgaire. En dehors de ce surnom, notre épitaphe n'offre rien de remar- 
quable, sauf le mot èvooptov pour désigner le tombeau. Ce terme assez rare 
paraît s'appliquer à un caveau funé- 
raire pouvant contenir une série de 
cercueils. 

Publiées : Fr. Cximont, Annales de 
la Soc. d'archéol. de Bruxelles, "KY, 1901, 
pp. 250 et suiv. 

132; [A 757.] Fragment 
de poésie. Débris de mar- 
bre blanc, acheté en 1900, à 
Tiré, en Lydie. 

Haut. o°ii2; larg. o"^io; ép. o'^oa; 
haut, des lettres o™02. — Brisé de 
tous ôtés. 

'H€Xic[io AEIAIN 

MOYN . . . Y]aîa[<;? 

Ce débris d'une poésie en dialecte 
ionien, où l'on ne déchiffre que les 
mots du soleil... de la terre... serait 

dépourvu de toute valeur s'il n'offrait un exemple, intéressant au point de 
vue épigraphique, d'une correction inscrite au-dessus du texte. On lit au-dessus 
de OYN en caractères plus petits OIN. 

Inédit. 




133. [A 1834.] Fondation de Titus Flavius 

Praxias. Gros bloc de marbre blanc, provenant d'Acmonia, en 
Phrygie, qui se trouvait en mai 1901 à la station du chemin de fer 
à Banaz, à deux heures d'Ahat-Keui (Ramsay). Donné au Musée en 
1909 par M. Paul Gaudin. 

Haut. o"»88; larg. o^^ôy; ép. 0^32; haut, des lettres o'ni5. — Brisé à la partie 
supérieure et au coin gauche inférieur. Les premières lignes sont légèrement 
écourtées à droite. 

TYJç] 5iavo(jLY)ç (jLe[T]éxeiv xai la[o(xoip€Ïv? xoùç Ka6|eaTa]- 

fxévoTjç Û7t6 ToO Ilpa^îoxj Trpoç TÔi (jLvrjjxeîo) aùroO à7r€[Xeu|6é]pouç 
ë^ • àvTapiôfxeïaGai 6'elç tôv tû)v TeXeuTtbvTtov [tôtcov] | toùç èÇ 



150 



5. aÙTtôv aÙTtôv éTiiYevvtofxevcjv (iéxpi tûv ëÇ • Y€iv[€a]||6ai 5è t9)v 
xaTâxXioiv [jLYjvôç navTQjJLou inP'^P? Eû5ai(Aoaûvy)ç [xal aKo t^ç Ttpo- 
a68ou TttÙTYjç èTrl x6 (xvYjfxeïov toG Ilpa^iou à[7ro]{<pépco6ai v>k6 tûv 
àpxôvTWV TYJç TioXecoç xal toO YPO'P-t'-'*'^^**^[€] I "^^Ç (âouXyjç p68a 
Syjvapiwv Séxa 8uo • Ttpovoeïv 8è ttqv xe | (âouXyjv [xal] | toùç xaxà 

'° èviauTov (e)lç xàç àpxàç xaôiaxafxévouç Tcàvxaç tôjv T[e] || aTreXeuSé- 

ptov xal ÔTtwç (XTQÔèv ToG fxvY)(xeîov) TOUTOU ri Ttôv Tcepi a[û]|TO cpu- 

TCitôv i^ olxoSofJLiôJv eXaoocoGy) r\ è^aXXoTpitoSYJ xaTà (xy)8é|va 

. TpÔTtov • TOÛTO 8è t6 ij^T^cpiafxa v€vo(Ao6eTyja6ai Tto alcôvi tyjç *Pcij-| 

(xaîcov T^yejxoviaç cpuXaxQin^ôfxevov, (Jir)8evèç èÇouoîav ëxovToç [ 

»5 àXXâÇai Ti TÔiv 8eSoY(xéva>v y^ (xeTaTtoiyjaai ri eiç cTépav Tivà || 
Xpeiav [A€Tevevxelv xaTà (AYjSéva TpoTrov • nàvTaç 8è xoivy) | xal 
xaô'é'va Ttpovoeîaôai ÛTièp toO cpuXaxOYJvai Ta evj^yjcpiafxéva | xoipia 
xal àveTiixeipTQTa T^pôç ty] Tîtou IlpaÇîou 8iaTaYr), x[aÙTt{>] 1 (jlôvco 
è^eïvai Tcôv èv tu) 4»Y)cpiCT(jLaTi y^YP^'M-M-^^^^ àXXâ^ai ti y^ 8iop- 

20 ôôiioai ri Toïç y^YP^'H'-I^^'^o^Ç 7tpoç8iaTà^aa9ai • elvai || 8è toîç 8e8oY- 
[xévoiç Ttâoi xal (xàXiaTa ïva (xôvoi ol TtapovTCÇ | xal xaTaxXeivofxe- 
voi pouXeuTal Xa(x(3àvajai ty)v 8iavo[XY)v | [Ta]ÙTY)v eKiaxoTtouç xal 
{xàpTupaç 06OÙÇ 2€[P]aoToùç xal 6é|[ouç] 7taTpioi>[ç] xal Aià Sto8- 
{jLT)v6v xal StoTYJpa 'AoxXyjttiôv xal "Apj[T€(jLiv] 'Ecpeclav xoivî) 

25. Te ÛKO TràvTcov xal xaS'ëva €7tixexXY](Aé |j[vouç TÔiv], è^ri(pia[i.é- 
vcov «pûXaxaç • KapaxexXyjaôai 8è tôv ypa[i.\[ii.aréa. tyjç] ^ouX^ç 
xal lepéa 'AaxXy)7riâ8Y)v OKtaç xal [ACTà tôv | [toG OavcxTOU evijauTOV 
Tipôvoiav noiYjTai t<x>v Gk6 toG npa^lou | |8e8o(JLévcov?| xal 8iaTe- 
TaYfAévtov clç to 8iy)V€X€ç, xaGcbç xal | [Gtto toG TlpaJE,i\o\j nape- 

30 xXtq6y) • XaxôvTtov 8oY(Ji-aTOYpcxcpiov novjl[TixoG toG Aio|cpàvTOU, 
'ExaTcou ToG IIovtixoG, 'AXe^àv8pou | (toG . • | • • 'ExujpitoSY) npo 
Tpitùv Ncovôjv MapTÎtov | [aÙTOxpaTopi Ao[jL|iTiavû) Kalaapi Sc- 
(BaaTÛ) repfxavixôj TÔi ai' | [ÙTcaTto, ctouç p^|6' (ayjvôç 2av8ixoG 
Tpiçxai8[€xàTou 'Kypâtpri 8]ià 'EpfxoYÉvou 8Y)(jioaiou. 

«... Participeront à cette distribution (avec une part égale) les six affran- 
chis que Praxias a établis près de son tombeau, et à la place des défunts 
ceux de leurs descendants qui leur survivront compléteront leur nombre 
jusqu'à six. Le banquet aura lieu le jour de la Félicité du mois Panémos, et 
sur le revenu (de cette fondation) les magistrats de la ville et le secrétaire 
du conseil prélèveront douze deniers de roses qui seront déposées sur le 
tombeau de Praxias. Le conseil et tous les magistrats qui, chaque année, 
seront en charge prendront soin des affranchis et (veilleront) à ce qu'au- 
cune portion du tombeau ou des plantations ou des édifices qui l'entourent 
ne soit amoindrie ou aliénée d'aucune façon. Ce décret a reçu force de loi 

15Ï 



pour être observé durant (toute) l'éternité de la domination des Romains, 
personne n'ayant le pou\-oir de rien changer ou transformer de ce qui a été 
décidé ou de l'appliquer à un autre usage d'aucune manière. Tous en com- 
mun et en particulier prendront soin que les (dispositions) votées soient 
maintenues en vigueur et dans leur intégrité suivant la volonté exprimée 
par Titos Praxias, et à lui seul appartiendra de modifier ou de corriger le 
texte de cet acte ou d'y ajouter une disposition nouvelle. Seront surveil- 
lants et témoins de ce qui a été décidé et surtout de ce que seuls les séna- 
teurs présents au festin peuvent recevoir (leur part de) la distribution, les 
divins Augustes et les dieux nationaux et Zeus Stodménos et Asklépios 
Sauveur et l'Art émis d'Ephèse, invoqués par tous en commun et en particu- 
lier comme les gardiens de ce qui a été décrété. Et l'on invitera Asklé- 
piade, secrétaire du conseil et prêtre, à prendre soin, même après (l'année 
de la mort) de Praxias, de tout ce que celui-ci a (donné) et fixé à jamais, 
comme il y fut invité par Praxias lui-même. 

» Les dogmatographes désignés par le sort furent Pontikos, fils de Dio- 
phante, Hécatée, fils de Pontikos, Alexandre, fils de... L'acte fut validé 
le troisième jour avant les nones de Mars, sous l'empereur Domitien-César- 
Auguste Germanique, consul pour la onzième fois, l'an i6g, le 13 du mois 
Xanthikos (5 mars 95 ap. J.-C). Il fut rédigé par le greffier public Hermo- 
gène. » 

L. 3. On s'attendrait à aùxoïç dépendant de è7H.y£vv(jL)[xévoi v: «ceux 
issus d'eux qui leur survivront ». Il n'y a pas place sur la pierre pour la resti- 
tution de Ramsay S'sîç Tov rwv tsXsutwvtwv [tottov XsxItoÙç] è^ 
aÙTÔÎv au Twv èTriysvvcofjiévwv. Peut-être aÙTWV est-il une dittogra- 
phie. M. Ramsay conjecture que è7rtY£vva)[jL£V0!. pourrait être une traduc- 
tion de agnati, mais ce serait un emploi insolite du mot. 

L. 5. La yjfxépa EùSoci.[J!.oaûvr]Ç, jour de fête du printemps, ne paraît 
connue que par notre inscription. 

L. 12. Comme l'a vu Ramsay, nous trouvons ici une allusion intéressante 
de V Aeternitas imperii Romani, bien qu'aico v traduise mal le mot latin. Cf. 1. 28 
sic t6 Scr^vexÉç. 

L. 17. xocpia pour y.ûpta est dû à l'iotacisme. — xauTCO. Ramsay: xàfxoi, 
en passant de la troisième personne à la première, « trait constant de l'épigraphie 
phrygienne». 

L. 23. naTptou[ç] Le ç a été omis par le graveur. — Le Zeus Stodménos est 
inconnu. C'est quelque divinité locale de Phrygie. L'invocation de l'Artémis 
d'Éphèse prouve « qu'Éphèse était déjà reconnue comme la cité centrale et 
impériale de la province, même dans la Phrygie supérieure et que l'unité de la 
province était fermement établie » (Ramsay). 

L. 27. L'espace libre admet le supplément [tov toîj ÔavcxTOU èviJauTOV. 

152 



.j^rr^^ 











î^#^::i 7-V~*-J*>'k; jr-^A*'*^ • -r-ff-i^'r^' tL /H-«'&» 




«i-ÇîJ 



îm<cmy: 





L. 29. Même expression dans une inscription d'Iasos (Reinach, Rev. et. 
grecques, VI, 1S93, p. 161) : 'EypàçY] Sià tôîv Xa^^ovxcov SoyjjLaTO- 

ypàçwv. 

L. 32. Le onzième consulat de Domitien commence le i^'' janvier 85. L'ère de 
la province d'Asie commençant à l'automne de 85 av. J.-C, on restitue avec 
certitude le chiffre de l'année p^9', 169 = 85 ap. J--C. Le est bien visible sur 
la pierre. Le mois de Xanthikos commençant le 21 février, le 13 est le 5 mars, ce 
qui répond exactement au troisième jour avant les Nones. 

L. 34. 'EpixoyÉvou est pour 'Epfxoyé vouç. Les génitifs en ou de nomina- 
tifs en 7] ç se rencontrent dans l'épigraphie attique dès le iv^ siècle et sont fré- 
quents en Asie-Mineure (cf. Meisterhans, Gramm. Att. Inschr., 3^ éd., p. 135; 
ScHWEiZER, Graynm. der Pergam. Inschr., p. 154; N.\chmanson, Granim. der 
Magnet. Inschr., p, 136). Hermogène est nommé dans une autre inscription d'Ac- 
monia, qui provient probablement du même monument et était peut-être la fin 
d'un décret rendu par la boulé en l'honneur de Praxias (CIG. 3858 i = Ram- 
SAY, Cities and bishoprics, 544): 'Ep(i,oyévT;£; SyjjjLoatoç £[ypa4'a] xaxà ràç 
^'^jçoùç xal xaTÉxa^a. 

Praxias est connu par une autre inscription encore, qui complète la nôtre 
(Ramsay, Rev. et. anc, III, 1901, p. 274). Il y est dit que « Titus Flavius Pra- 
xias a élevé un tombeau pour sa femme Tatia, pour lui-même et pour ses fils, 
leurs descendants et leurs affranchis et qu'il y a ajouté une exécration pour 
empêcher qui que ce soit de vendre ou d'acheter ni le tombeau, ni les édifices 
et les plantations qui l'entourent » (ji,i^[t£ TTwT^Yjca]!., [jl7]T£ àyopàoat (jnf]T[e 

TO {Jt,V7][jt,£tOV ]Xy\[xZ Tt. TWV TTSpt. aÙJTO Û îxoSojJLT] [/,àT[œ v] "5^ CpUTStWV 

(cf. supra, 11. lo-ii). C'est évidemment à ce tombeau monumental, élevé au 
milieu de jardins, qu'ont appartenu les blocs de pierre, dont le nôtre, où 
était gravé l'acte de donation. C'est dans les dépendances de cet hérôon que 
logeaient les six affranchis préposés à sa garde. 

L'épitaphe que nous venons de citer nous apprend, en outre, que Titus 
Flavius Praxias était citoyen romain, ayant reçu la civitas d'un des empereurs 
Flaviens. Par conséquent, il a dû observer, en instituant sa fondation, les 
règles du droit romain. On remarque immédiatement que, pour la date, le 
calendrier romain a été employé concurremment avec le calendrier macédo- 
nien, et que le consulat de Domitien est noté à côté de l'année de la province. 
L'influence du droit public de Rome se manifeste encore dans notre document 
par la mention des « dogmatographes ». Les dispositions adoptées par la boulé 
ont été rédigées par le secrétaire officiel pour être déposées aux archives, mais 
trois « dogmatographes » tirés au sort parmi les membres du Conseil ont surveillé 
sa rédaction. C'est là une imitation de l'usage romain : les sénatus-consultes 
mentionnent pareillement les noms de trois sénateurs qui scrihundo adfuerunt. 
C'est sous l'influence romaine que l'institution des dogmatographes se répandit 
dans la province d'Asie (Ramsay, Cities and bishoprics, II, p. 699; Swoboda, 
Griech. Volksbeschlûsse, pp. 213 et suiv.). 

Au point de vue du droit privé, la procédure suivie n'est pas moins remar- 
quable. Praxias doit avoir énoncé au Conseil municipal les clauses de sa dona- 

154 



tion. Le Conseil représentant la cité, qui apparemment est la donataire (cf. 
11. 8 et suiv.), les a adoptées par un vote, et ce décret (d/Yiç!.(7[xa 11. 12 et 18), 
enregistré par le greffier, constitue l'acte de donation. Le Conseil n'est plus libre 
de l'abroger ou d'y déroger (11. 13 et suiv.), ses membres se sont engagés par 
serment en corps et individuellement à en obser\'er les dispositions (1. 24), 
mais Praxias conser\-e la faculté de modifier celles-ci ou d'en ajouter de nou- 
velles (1. 18). On sait, en effet, qu'en vertu de la lex Cincia, les donations dépas- 
sant un certain taux étaient toujours sujettes à réduction de la part du donateur 
jusqu'à sa mort. On sait aussi que, pour rendre une donation parfaite, Con- 
stantin exigea l'inscription sur les registres publics, et cette formalité nécessaire 
pouvait être accomplie apud curaiorem mimicipalesve civitatis [Cod. Theod., 
VIII, 12, 3). Il ne faisait, on le voit, que rendre légalement obligatoire une 
pratique usitée longtemps avant lui, au moins dans les \illes d'Orient, car la 
procédure suivie ici pour une donation à la cité a probablement été adoptée 
aussi mutatis niutandis pour les actes importants de donation entre particuliers. 

Cet acte révocable, qui a pour but essentiel d'assurer la célébration à perpé- 
tuité de certaines cérémonies sur le tombeau du donateur, se rapproche beau- 
coup d'un testament. Des textes tardifs (Cod., VI, 23, de testani., 19, 2 ; actis 
municipum ; Nov. de Valentinien, III, titre 20, detestatn., I, 2) nous apprennent 
qu'une des formes du testament, sous l'Empire, était une déclaration verbale 
faite devant les autorités municipales, qui en faisaient dresser acte (Girard, 
Manuel de droit romain, 5^ éd., 1911, p. 815, n. i). Mitteis [Reichsrecht, 1891, 
p. 95, n. 4) a émis l'opinion que cet usage, introduit dans le droit romain, 
serait une pratique grecque. Notre texte donne à cette explication, qu'avaient 
déjà confirmée des papyrus d'Egypte, une sûreté nouvelle. 

Les clauses de la donation ne nous sont qu'imparfaitement connues, le com- 
mencement de l'inscription faisant défaut. Mais on voit que chaque année les 
membres de la boulé devaient se réunir en un banquet le jour de la Félicité du 
mois Panémos - — c'est-à-dire en juin — et que chacun des convives recevait 
une certaine somme d'argent (11. 4, 20). Ce genre de libéralité était très usité 
dans les villes d'Asie-Mineure, et les banquets célébrés sur les tombeaux, 
héritage de l'époque la plus primitive, sont une coutume partout répandue. Les 
affranchis, gardiens du tombeau, participaient ici à cette distribution. 

Une stipulation intéressante est celle qui oblige les magistrats à consacrer 
douze deniers pour orner le tombeau de roses lors de la fête. Ces « rosalies » [rosalia, 
poStajjLOç), fête mortuaire des roses, étaient célébrées particulièrement parmi 
les populations thraco-phrygiennes (Heuzey, Mission de Macédoine, p. 156; 
Ramsay, Ciliés and bishoprics, II, pp. 563 et suiv.; Perdrizet, Bull. corr. 
hell.. XXIV, 1900, pp. 300 et suiv.). On en connaît un autre exemple à Acrao- 
nia même (Ramsay, loc. cit., nos 455-457). Cette coutume se propagea dans 
les provinces latines (Marquardt, Staatsverwalt., III^, p. 311) et persista à 
l'époque chrétienne et jusqu'au moyen âge. 

Publiée : Ramsay, Revue des études anciennes, III, 1901, p. 273. — Cf. Chapot, ibid., 
IV, 1902, pp. 79 et suiv.; Ra.msay, ibid., pp. 267 et suiv. — Cagnat, Année épigr., 
1902, n» 96. 



134. [A 1855] Dédicace en rHonne\ir d'tin ago- 
ranome. Base de marbre, sans ornement, provenant des environs 
d'Acmonia, en Phrygie. Offerte au Musée par M. Paul Gaudin en 1909. 

Haut, on^go; larg. o^^^j; ép. o'n22; haut, des lettres orao4-o™035. — Brisé 
à la partie supérieure. 

['H (âouXy) xal ô 5^(jloç] | èxeifjiyjoav A. KXaû8i|ov 'louXiavôv 
T^pcôa, I uiôv AouKiou KXauSiou | KaKiTtovoç axecpavyjlicpôpou, 
àvSpa àno KpwxiQç j yjXixîaç elç tyjv TraxpîSa cpiX6|xei{xov, àyo- 

pavofXT^oavxa èv | 
oeixo6eîaèv86Hu>i; 
xai xcôv 7Tpo||YÔ- 
vcov àÇicoç • xy)v 
àvàoxa|aiv ttoiy)- 
aafxévtov F.KXau] - 
5ÎOU AouKiavoO 
xal r. KXau5i|ou 
'AoiaxixoO xcôv 
àSeXcpcôv I aùxoû. 

<( Le conseil et le 
peuple (d'Acmonia) 
ont honoré le héros 
(défunt) Lu ci us 
Claudius Julianus, 
fils de Lucius Clau- 
dius Capiton, sté- 
phanéphore. Animé 
depuis sa première 
jeunesse d'une am- 
bition généreuse 
envers sa patrie, il 
exerça durant une 
disette les fonctions 
d'agoranome d'une 
manière glorieuse et 
digne de ses ancê- 
tres. Ce monument 
a été élevé par ses 
frères Gains Claudius Lucianus et Gains Claudius Asiaticus. » 

La restitution de la première ligne n'est pas certaine, mais répond le mieux aux 
restes encore visibles de sept ou huit lettres. Les caractères très ornementés 




156 



(cf. notre n° 130) datent du i^^ ou du ii^ siècle de notre ère. Le lapicide, pour 
gagner de la place, a réduit certaines lettres à des proportions minuscules et, 
ligne 10, 0^, oubliés dans èvSo^wç, ont été insérés après coup. 

Lucius Claudius Julianus appartenait à une de ces familles de l'aristocratie 
municipale qui se succédaient aux honneurs. Son père avait été stéphanéphore 
(cf. n0 36), et lui-même, chargé comme agoranome d'assurer la subsistance du 
peuple durant une période de disette, y avait sans doute contribué de ses 
deniers. La cité reconnaissante décréta après sa mort qu'on lui élèverait un 
monument, peut-être une statue, que supportait notre base, mais ses frères 
prirent à leur charge les frais de son érection. 

Publiée : Ramsay, Revue des études anciennes, III, iQoi, p. 275. — Chapot, ibid., 
IV, 1902, p. 78. 

135. [A 1856.] Dédicace à un magistrat mu- 
nicipal* Bloc de marbre blanc, trouvé à Ahat-Keuï, l'ancienne 
Acmonia (Phrygie), « sur le flanc ouest de la colline ». Offert au Musée 
par. M. Paul Gaudin en 1909. 

Haut. o'^'jS; larg. 0^50; ép. 0^135 ; haut, des lettres oino3-o'no2, — La pierre est 
brisée à gauche, le coin gauche inférieur de l'inscription est perdu. 

A gauche, on voit les restes d'un encadrement rectangulaire; à droite, sont 
sculptées trois couronnes. Autour et à l'intérieur de celles-ci, on lit l'in- 
scription : 

'H PouXy] Kai b 8yJ(jl|oç | àyoplavojAlov 
*H (âouXy) xai ô ÔYJjxoçl oTpalxyjyôJv 

'H '^ç.^oMoicL xà I ^UYo[[a]Tâoia Tipôç | [tû] (xaKéXXto | [éx] TÛiv 
lSlct>v| [TTOiTQaavjxa. 

« Le conseil et le peuple (ont couronné leur) agoranome. 
» Le conseil et le peuple (ont couronné leur) stratège. 
» La gérousie (a couronné) celui qui a construit le pesage public à côté 
du marché. » 

Les lettres placées entre crochets et qui ont disparu aujourd'hui, existaient 
encore quand fut prise la copie des premiers éditeurs. 

Notre bloc formait le côté droit du tombeau, dont la moitié de gauche fut 
découverte près de lui à Ahat-Keuï. Le milieu avait la forme d'une porte, divisée 
en panneaux (cf.nos 78 et suiv.), le nom du défunt a dû être gravé sur le couron- 
nement, qui était brisé. A gauche du chambranle, se trouvait une inscription 
analogue à la nôtre, où ce mort inconnu était honoré comme « décaprote », gar- 
dien des archives et caissier de l'État. Nous voyons que, remplissant la série des 
charges municipales, il était devenu agoranome, chargé de la surveillance des 
marchés, et stratège, c'est-à-dire le premier magistrat de la cité. C'est sans doute 

157 



iî,'"^- 






comme agoranome qu'il avait, construit près du marché des ^UYoaTàa!.a. Ce 
mot, rarement usité (CIG, 3705 ;Co(i. Just., X, 27,1), désigne un pesage public, 
auquel était joint un bureau des poids et mesures (cf. Wilcken, Griech. 

Ostraka, 1899, I, p. 369, 
§ 165). La gérousie, c'est-à- 
dire le collège des vieillards, 
opposé au collège des jeunes 
gens (véot), nommé sur 
l'autre pierre, a décerné pour 
ce motif une couronne au 
défunt, qui était certaine- 
ment un de ses membres. 

Les couronnes sculptées 
sur le tombeau et qui entou- 
rent le nom des charges rem- 
plies par le défunt, perpé- 
tuent, en effet, le souvenir 
de celles qu'il avait obtenues 
pour s'être bien acquitté de 
ses fonctions. Elles rempla- 
cent le mot èoTStpàvcoaav 
que supprime la concision 
du style épigraphique. Cette 
décoration est fréquente sur 
les pierres sépulcrales : une 
disposition semblable à celle- 
ci s'observe par exemple sur 
un tombeau d'Erythrée 
(Keil, Jahresh. Oesterr. Insti- 
tuts, XIIL 1910, Beiblatt. 
p. 72, n0 56). 

Publiée : Legrand et Chamonard, Bull. corr. hell., t. XVII, 1893, p. 262; Ram- 
SAY, Ciiies and bishoprirs of Phrygia, II, p. 646, n" 549. 




136. [A 1089.] Dédicace relative à la célébra- 
tion de mystères. Autel (bômos) de marbre blanc, prove- 
nant d'Otourak, près d'Acmonia (Phrygie), donné au Musée par 
M. Paul Gaudin en 1903. 

Haut. 0^84; larg. des côtés à la base o'"39, au sommeto™29; haut, des lettres 

Cet autel quadrangulaire va s'amincissant vers le haut, mais est terminé, 
au sommet, par une moulure saillante décorée d'un feston de lierre, à la base 
par une moulure semblable avec un feston de pampre, les deux plantes 



158 



consacrées à Dionysos. Aux quatre coins, on distingue des restes d'acrotères, 
le sommet est percé de trous. Sur chacune des quatre faces étaient sculptés 
des bas-reliefs, qui ont été intentionnellement martelés et sont devenus 
en partie méconnaissables. 

Face A. Ala. partie supérieure, on voit un buste du Soleil, nimbé et radié; 
plus bas, dans un médaillon circulaire entouré d'une double moulure, un 





cavalier, s'avançant vers la droite et portant la bipenne, sans doute, le 
« héliodromos » de l'inscription. A la partie inférieure, dans une sorte de 
niche rectangulaire, on reconnaît un grand buste, les deux bras sur la poi- 
trine, probablement une déesse (Hécate?). Nous aurions ainsi les trois divi- 
nités auxquelles Épitynchanos, suivant l'inscription, a été initié successi- 
vement. 

Face B. Au centre, se trouve une couronne entourée de bandelettes dont 
on distingue les extrémités. La figure qu'elle contenait (portrait d'Ispa- 



159 



taJc?) a été effacée et, à sa place, quelque chrétien a creusé profondément 
une croix. 

Face C. Dans l'angle supérieur de droite, est perché un oiseau, proba- 
blement un aigle, tenant dans son bec une couronne. Au-dessous, au centre, 
il reste des vestiges d'un groupe tout à fait indistinct et, plus bas, d'une 
figure d'animal, ce semble. 

La face D est occupée par un personnage debout, la chlamyde re jetée sur 
le bras gauche replié, le bras droit abaissé, probablement Hermès — l'Her- 
mès psychopompe — • tenant la bourse et le caducée, dont certaines traces 
semblent subsister au-dessus de l'épaule gauche. 

Sur trois des quatre faces, une longue inscription court entre les bas- 
reliefs et autour d'eux : 

A [*A]6àvaToç 'EKiTÛvxa voç IIîou, xifjiYjOlç ûtto 'Exàlxyjç Trpcjxrjç, 
SeÛTCjpov \>n6 Màvou Aàouj [:^]XioSp6(iou Aïoç, Tpijxov ^oi(3ou 
<*PX^Y^'^°l^] XP^*^(^oSÔTo\j, à|XY)6tôç 5ci>[[p]ov eXap [o]v xP^o|[{jl]o5o- 
TÎ|[v] àXy)l[6€(]aç èv| 7TaTpi|6i, xè (è)v o|[p]oiç xPl^o^fJ-oj Soxtv, vôfjLouç 
Ti6îv, èv ôpoi ç [xp]Tno(Ao5oTÎv| [7i]âoiv TOÛTO ëx*** 8ti3[[p]ov é^ à6a- 
vd|TtiJV 7ràvTa>v.| 'AGavàxco Kpcô Tto àpxiep(e)î xa[ [XjXixéxvto nîu>|xc 
(jLYjTpi Tarîei (i)e|pi(Y)?) ri èTéxexe (sic)] xaXà xéxva, xa|Xôv 6vo(JLa| 
TrptJTov 'Aôàlvaxov 'ETtixuvxavov àpxi€p|éa, atoxyjpa 7t[a]xpi8oç, 
vo(JLo6é| [xy)]ç (sic). 

B "Exouç xqiQ xè xr)p jcùv evxoXàç àSavàxtov; xè eyw ï{Ae ô XaXtôv 
Trâ'vxa 'AGâvaxoç 'EkiIxuyx**^®?' fJ-^^nôiç \j nb xaXyjç àpxiepiaç[ 
6y)(j,oxixyjç, xajXôv ôvofJL |a ' lo [ Tiax àXy) ç, y)v è xifxrjaav] àOâvaJxoi 
G|eoi xèj(ê)v opoiçj xè ÛKèjp ôpov>Iç, eXuxptôîaaxo yàp ttoXXoùç èx 
xa xôjv (3aaàvtov. àpxiepéla ['E] Kixûvxavov xi(jLY)0é vxa ûkô 6e(ûv 
àôavàxcjv I xaGiéptoaav aùxèv AïoyiSç xè i^'E)7rixùvxavoç xè Tàxi- 
o[v]i vûvcpy) xè xà xéxva aùxôjv 'Ovi^oifxoç xè 'AXéÇavôpoç xè 'Ao- 
xXâç xè 'ETtixûvxavoç. 

C 'AOàvaxoi Tipcôxoi j àpxiepïç ô(ji(i[8eXcpoi Aïoylâç xè ('E)kixûj- 
vxav oç, ocl) xy)p[€]|ç 7rax|p(5o ç, vo|(jLo6jéxe. 

A. « ^loi, Athanatos Épit3mchanos, fils de Pios, honoré par Hécate, 
d'abord, en second lieu par Manès Daès, courrier solaire de Zeus, en troisième 
lieu par Phébus, dieu archégète et prophétique, j'ai vraiment reçu le don 
de rendre des oracles véntables dans ma patrie et dans les limites (de la 
cité), d'établir des lois, de rendre des oracles à tous dans ces limites. Je 
tiens ce don de tous les immortels. 

» A Athanatos Pios, premier grand prêtre, père d'une belle lignée, et à 
ma mère, la prétresse (?) Tatis, qui mit au monde de beaux enfants, au nom 

i6o 



favorable, et d'abord Athanatos Épitynchanos, grand prêtre, sauveur de la 
patrie, nomothète. » 

B. « L'an 398 (313/14 ap. J.-C.) : observant les commandements des 
immortels, c'est moi qui dis tout cela, Athanatos Épitynchanos, initié par 
l'excellente grande prêtesse'publique, au nom favorable, Ispatalé, que les 




dieux immortels ont honorée dans (nos) frontières et au delà. En effet, elle 

a racheté beaucoup (d'hommes) des pénibles tortures. 

» Au grand prêtre ÉpitjTichanos, honoré par les dieux immortels : l'ont 

consacré (enveveli), Diogas et Épitynchanos avec sa femme Tation et leurs 

enfants, Onésimos et Alexandre et Asclas et Épit^Tichanos. » 

C. « Les deux frères Athanatos Diogas et Athanatos Épitynchanos, 

premiers grands prêtres, sauveurs de la patrie, nomothètes. » 

La lecture est presque partout certaine, mais l'interprétation est parfois 

douteuse : 

Face A, 11. 3-4. Peut-être faut-il lire MavouSàou en un mot au lieu de Ma- 
il 161 



vou Aàou, car Aàigç est inexplicable. Màvyjç (le bon) (Kretschmer, Ein- 
leitung in die Gesch. der Griech. Sprache, 1896, p. ig8, note) passait pour l'an- 
cêtre de la dynastie lydienne (Denys Hal., I, 27; Herod., I, 94; IV, 45) et 
Ramsay l'a rapproché ingénieusement de Mavsuç, père d'Acmon, fondateur 
mythique d'Acmonia (Stkphi.Byz., v» 'Axfxovia) d'où provient notre inscrip- 
tion. Au lieu de considérer 'HT^to S po(i,oç comme un surnom, il est préférable d'y 
voir un titre : « courrier solaire ». Héliodromos désigne de même, dans les 
mystères de Mithra, l'initié du quatrième degré {Mon. myst. Mithra, I, p. 317; 
cf. aussi F. DE MÉLY et Ruelle, Lapidaires grecs, II, p. 89). Comparez le 
0£oSp6(xoç dont parle S. Ignace, Epist. ad Polyc, 7, 2; ad Philad., 22. 

L. 5. Phébus, c'est-à-dire Apollon, est le dieu « rendeur d'oracles « j^pyjaao- 
S6ty](;, c'est aussi le dieu « archégète », c'est-à-dire qui conduit son peuple et 
fonde les cités (Pauly-Wissowa, Realenc, v» 'Ap5(y]Y£Ty]ç). 

L. 7, du bas. ""PIH. La restitution izçir\ pour lepsia, est douteuse. 

Face B, 1. 15. 'EXu-poicaTO yàp TioXT^oùç èx xaxcov ^aaàvœv est 
rapproché par Ramsay, de Tit. II, 14 : " I va XuTpwcf/jxai. r\\iOLC, àizo nâoriç 
àvo[/,iaç. De même, 1. i, T'/]pcov èvxoXàç àGavàxcov rappelle l'Évangile 
de Jean, XIV, 15 : xàç èvToXàç tqlç, èfjiài; TTjpyjcreTS. Mais il ne semble pas 
qu'il faille expliquer ces similitudes assez vagues par une imitation voulue, une 
contrefaçon du langage chrétien : elles sont dues à l'usage général de ces termes 
dans la langue religieuse du temps. Les Marcosiens avaient un sacrement 
d'àTToXÛTpœciç qui, suivant eux, rendait les âmes invisibles et insaisissables 
pour le juge des morts (Iren., I, i36;Bousset, dans Pauly-Wissowa, Real- 
encycl., s. v° « Gnosis », col. 1522). La délivrance dont parle notre texte se rap- 
porte aussi aux tourments de la vie future. 

Les Épitynchanos sont connus par d'autres inscriptions de Phrygie. L'un 
d'eux se dit fils d'un « hiérophante d'une cohorte sacrée », dans une épitaphe 
d'Acmonia, datée de 249-50. Un autre — peut-être notre Épitynchanos, fils 
de Pios, — se vante, dans une inscription de Praipénisseis, d'avoir, grâce à ses 
connaissances astrologiques, répandu au loin des oracles infaillibles. Ces person- 
nages appartenaient donc tous à une famille sacerdotale considérable de Phry- 
gie. La généalogie assez embrouillée, à cause de la répétition des mêmes noms, 
de ceux qui sont mentionnés dans notre texte a été restituée comme suit, par 
M. De Stoop : 

Pios x Tatis 
Epitynchanos 



DiOG.\s Epitynchanos x Tatis 

Onésimos, Alexandre, Asklas, Épitynchanos 

L'intérêt principal du monument provient de sa date: nous sommes en 3 13-3 14 
ap. J.-C, c'est-à-dire avant l'édit de tolérance de Constantin. Si la persécution 
sanglante a cessé, Maximin Daza soutient le clergé païen contre l'Église; il for- 
tifie sa hiérarchie et soumet aux grands prêtres (àpv (.spsïç) les autres minis- 



162 



très du culte : nous voyons Épitynchancs édicter des règlements religieux, se 
poser en législateur du paganisme (1. A fin, vo(xo0éT'/;ç, C fin vo[jLoO£Ta!., 
A. 1. i8, v6[jioijç TiOs^v). 

De plus, l'empereur encourage la pratique de l'ancien culte, et nous constatons 
ici qu'on célébrait avec ferveur, à Acmonia, les mystères d'Hécate, — nom grec 
appliqué à quelque déesse phrygienne du monde souterrain, — de Manès Daès 
ou Manoudaès, vieille divinité indigène, et de Phébus. c'est-à-dire du Soleil, devenu 
le centre du panthéon païen. Dans ces mystères, on promettait de préserver 
les initiés des châtiments d'outre-tombe (IXuTpwaaTO ex xaxwv ^acavôiv) 
et de les faire parvenir à une vie bienheureuse en les identifiant avec les Immor- 
tels : de là, le nom ou surnom sacré d'AGàvaTOÇ porté par ces prêtres. 

Mais bientôt après, le christianisme était vainqueur : on mutilait alors les 
reliefs du tombeau, et l'on gravait, à la place de l'un d'eux, une croix qui 
devait mettre en fuite les démons et les âmes damnées hantant cette sépulture 
maudite. 

Publiée : Ramsay, Ciiies and bishoprics oj Phrygia, II, p. 566, n°^ 467-469; pp. 506 et 
suiv. et p. 790. Cf. Classical Review, 1905, p 442. — De Stoop, Une Camille sacerdotale 
de Phrvgie dans Revue de l'Instr publique en Belgique, t. LU, 1909, pp. 243 tt suiv. 

137. [A 1563.] Épitaphe de l'esclave PKarna- 

baze. Stèle de marbre blanc, découverte à Amasia dans le Pont. 

Acquise par M. Grégoire en 1907 à Sam- 

soun pour le musée du Cinquantenaire. 

Don d'un anonyme. p* y'" V 

Haut. oinSo; larg. o'"32;ép. 0^08; haut, des . '^'^ 

lettres o'noi5. 

Le sommet de la stèle est percé de deux 
trous qui ont servi à fixer le couronnement ^ 

qui a disparu. La partie supérieure, qui est , . 

lisse et sans aucun ornement, portait peut- ; 

être autrefois une peinture. Au bas est gravée \ 

l'inscription : Myjpiovov) toO xupîov) è|7riTà- 
ÇavTcç ê7ti(iT^|aai €711 tôji <ï>apva(âà|Çou 
(xvY](xeib> OTT^ Xrjv 8ià xô è^yjxoXou 6r)xé- 
vai Ttôi Kupîcji 8i|xaî(oç xe xai eùvoîioç. | 

Comme il arrive souvent, dans le style K^'y'- 

épigraphique, le verbe personnel a été sous- ' 

entendu et l'on traduira : « Le seigneur 
Mérionès ayant ordonné d'ériger une stèle 
sur le tombeau de Phamabaze, parce qu'il fei_ 

obéit au (dit) seigneur avec justice et dévoue- ^-r-- 

ment, (on éleva ce monument). » 

163 












La forme des caractères permet de dater cette épitaphe de la fin du ii^ ou du 
commencement du i^r siècle avant notre ère. C'est une des très rares inscriptions 
trouvées dans le Pont qui remontent à l'époque où ce pays était gouverné par 

des rois indépen- 
dants. Elle se place 
probablement sous 
le règne de Mithri- 
date Eupator, le 
grand adversaire 
de Rome (i 11-63 
ap. J.-C). 

Le nom de Mé- 
rionès, qui était 
sans doute un gou- 
verneur du roi Mi- 
thridate, est pure- 
ment grec. Celui de Pharnabaze, probablement un officier placé sous les ordres 
de Mérionès, est perse. Nous retrouvons, dans cette épitaphe, ce mélange 
d'éléments helléniques et iraniens qui caractérise, à cette époque, la civilisation 
du Pont et spécialement celle de la ville d'Amasia (Th. Reinach, Mithri- 
date Eupator, p. 249). 

Publiée: Anderson, Cumont, Grégoire, Recueil des inscriptions du Pont, ■p. 116, 
no 95 a. 



^\ 







13Ô. [A 956.] Épitaphe d^tine femme. Plaque arron- 
die de marbre blanc, terminée par deux cartouches en queue d'aronde, 
trouvée en 1892 dans les ruines de Kara-Samsoun (Amisos). Acquise 
à Samsoun en 1900. 

Larg. 0^36; haut, o™o8; ép.o™04; haut, des lettres 0^014. — Sans restaurations. 

MûoTa Y^v^ I 'AvTiTraxpou | toG NeiXétoç ^aipe. « Mysta, femme 
d' Antipate r , 

(fils) de Néileus, ."^^ 

adieu. » "'^^ 

Épitaphe du / , ,. , L_j ^^ • 

type le plus ordi- '^ jt rUj- V ^-Jr-jr^-y 

naire; les lettres, i, . ^ { ' '^ 

très ornées, pa- ]ciy,/'^t^^lAj , 

raissent remonter ,.<>' 

au commence- -- — - —n-- ■... - 

ment du i^r siècle 
de notre ère. 

Publiée : Papagiorgiadi, Izvéstija Russk. Instit., I, Kronika, p. 31, i. — Anderson, 
Cumont, Grégoire, Recueil des inscriptions du Pont, p. 16, n" 8. 



164 



139. [A 1565]. Épitaplie d^un inconnu. Huit frag- 
ments d'une plaque de marbre blanc, acquis à Samsoun (Amisos) en 
1907. 

Haut, totale environ 0^40; larg. env. 0^23; haut, des lettres o™o2. 

Aoûxioçl • • ofJL.o ! [ëÇïjaEvlëJTir) fJ.e'«« [ >ca]l lTeXeù[Ty)cev].. | ^TQa[aç 
8ià I Trdvxa ] tov (âiov | [TTÔppto] 
triq àncLT[r]q-\ TrapoôïxajixaîpeTe. 

« Lucius . om . o . . vécut quarante- Ji^^HPMi,'^»^''^''^-^' 

cinq ans... mourut ayant passé toute 
sa vie loin de la fraude. Passants, 
salut ! » 

La restitution est en partie conjec- 
turale. Les formules épigraphiques 
sont courantes. Le salut au passant 
est une fin très habituelle des épitaphes 
grecques. Les caractères paraissent 
dater du ii^ siècle. 

Publiée r Anderson, Cumont, Gré- 
goire, Recueil d'inscr. du Pont, n° 10 c 

Le Musée a reçu, en même temps 
que ces fragments, d'autres menus 
débris, provenant d'inscriptions diffé- 
rentes et dont on ne peut rien tirer 
(Inv. A. 1566-1569.) Ils sont repro- 
duits. Recueil ïnscr. Pont, n° 10 d, 10/. 




140. [A 1564.] Épitaplie clirétienne. Plaque de 
marbre, trouvée à Kara-Samsoun (Amisos) et qui paraît provenir 
de l'église rupestre de Saint- Jean-Prodrome, où il y a des tombeaux. 
Acquise à Samsoun par H. Grégoire en 1907. Don d'un anonyme. 

Haut. o'"27; larg. oniôg; ép. o"i03; haut, des lettres o">025-o™04. 

■|- Soi (xàxap IIpoSpofjLe | àvéBr\aev éauxôv | Eùypàcpioç àTcocpuyyjv 
Kàv[TUJv Ô5v)vr)pâ>v tov Tipôç a(è) | ràcpov eûpàfievoç xe xai... 

« Eugraphios s'est confié à toi, ô bienheureux Précurseur, ayant trouvé 
dans ce tombeau, proche de toi, un remède contre toutes les souffrances. 
Le 4e jour du mois (?). » 

D'après la forme des caractères, l'inscription date du v® ou du vi^ siècle. Le 
dernier mot est douteux. M. Grégoire complète TexàpTy), ce qui pourrait 
signifier « le quatrième jour du mois « ou « un mercredi », qui indiquerait le jour 



165 



de la déposition du corps. Mais la pierre porte clairement T(?TAI non TG TAP, 
et il est probable que le texte se continuait sur une autre plaque de pierre, 
placée sous celle-ci. 

Eugraphios s'est fait enterrer près du Précurseur, c'est-à-dire dans l'église 
de Saint- Jean-Baptiste ou près de celle-ci. Les premiers chrétiens aimaient à 











V. 



J^ 



construire leurs sépultures près des tombeaux des martyrs (Cabrol etLECLERCO, 
Dictionn. archéol. chr., v» « Ad Sanctos », cf. CIL, III, 2, 14188 et infra n" 167) 
et saint Jean fut assimilé à ceux-ci. A l'époque païenne, les sectateurs de cer- 
tains mystères orientaux se faisaient pareillement inhumer près des temples de 
leurs dieux. 

Grégoire, Bull. cnrr. hell., XXXIII, 1909, p. |, et Recueil des inscript, du Pont, p. 23, 
no 13. 



D. SYRIE ET PALESTINE. 

(Cf. n" 55.) 

141* ^A^ 1622.] Dédicace à la déesse I^exicotHéa 

pour le saltit de Xrajan. Bloc de marbre, trouvé à l'endroit 
appelé El-Burdj, au-dessous de Kala'at-Iendal, sur le versant oriental 
du Djebel-ech-Cheikh (Hermon) [Fossey], déposé dans une ferme 
située à environ une heure et demie de Qatana, village distant de 
Damas de quatre heures, au pied de l'Hermon [Clermont-Ganneau]. 
Acheté à Damas en 1907. 

Haut. ©'"56; larg. oi^ôa ; ép. o™i2 (mais l'épaisseur du bloc a été réduite pour 
le transport) ; haut, des lettres 0^025. 



Dans un encadrement rectangulaire, on lit sur la face légèrement incur\^ée: 
'YTtèp oa>Ty)piaç aÙToxpôcTopoç | TpaiavoG, Népoua, Zc(BaaTo\> | 
uioç 'SepaoTÔç repfjiavixoû | Aaxixôç Mevvéaç BceXià^ov) || toû 
BeeXid^ou narpoq Nelxeipou, toO àTToOewôevxoç | ev xto XépyjTi, 8i' 
oô ai [éjopTai âycovlTai, èTrlaxoTioç TràvTcov tcôv èv[Gdc5€ yeyovà- 
Tu>v epywv xax' eû| ae(3eiaç àvéSyjxev Geâ Aeuxo 6éa Seyeipwv. 




« Pour le salut de l'empereur Trajan, fils de Ner\'a- Auguste, Auguste, 
Germanique, Dacique, Mennéas, (fils) de Béeliabos, (petit-fils) de Béeliabos, 
père de Néteiros, qui fut divinisé dans le chaudron, par lequel les fêtes sont 
célébrées, surveillant de tous les travaux exécutés ici, a dédié (ceci) par 
piété à la déesse Leucothéa de Ségeïra. » 

L'empereur étant appelé Dacicus, mais non encore Parthicus, l'inscription a 
été gravée entre les années 103-106 ap. J.-C. Son auteur connaissait mal le grec; 
de là la confusion des cas qui lui a fait employer (1. 3) les nominatifs uioç Ss- 
PaoTOÇ au lieu des génitifs, et la construction enchevêtrée de la phrase, qui ne 
permet pas de voir clairement si Si' ou se rapporte à Mennéas ou à Néteiros. 
Tous les noms sont d'ailleurs sémitiques : BseXtàpoç, « don de Bel », répond 
au grec AioSoxoç. 

Le culte de Leucothéa, déesse hellénique assimilée à quelque divinité indigène, 

167 



est attesté par d'autres inscriptions de l'Hermon. Mais le village où elle était 
adorée, Ségeïra, n'est connu par aucun autre texte (cf. Jalabert, Mél. fac. 
orient, de Beyrouth, II, 1907, pp. 269 et suiv.). 

L'intérêt principal de notre inscription réside dans les mots aTToGewGévTOÇ 
èv TCO Xé^YjTl. M. Clermont-Ganneau hasarda l'hypothèse qu'il s'agissait d'une 
immolation d'enfant. Néteiros, nouveau Pélops voué au chaudron, « aurait été 
offert par son père comme victime d'un de ces sacrifices monstrueux que les 
cruelles divinités syriennes n'ont jamais cessé de réclamer ». M. Grifith, allant 
plus loin, mit ce rite en rapport avec la coutume égyptienne de rendre des hon- 
neurs divins à ceux qui se noyaient dans le Nil {Zeitschrift fur Mgyptische 
Sprach- und Alterfumskunde, XLVI, 1910, pp. 132 et suiv.). M. Fossey, invo- 
quant le sens qu'aTioOsoco a dans certaines inscriptions d'Asie-Mineure (C. I.G. 
2831-2), expliqua que Néteiros avait simplement été enseveli dans un chaudron. 
« Les cendres de Néteiros ont été déposées dans un vase sacré et Mennéas a 
tenu à rappeler une faveur qui honorait toute sa famille. » M. Drexler a proposé 
une interprétation qui semble préférable : dans le culte de Leucothéa, en sou- 
venir sans doute d'une fable rapportée par Apollodore (3,4,3), l'enfant plongé 
dans le chaudron sacré était assimilé à la déesse. Ce rite s'est perpétué dans les 
usages populaires de divers peuples (cf. aussi Strab., VII, 2, i : Tov izpaxcc- 
Tov -ap' auTOtç [se. les Cimbres] Xé^TjTa). 

Clermont-Ganneau, Recueil d'archéoL orientale, II, 1898, pp. 61 et suiv., 98 et 
suiv. — Revue critique, 1886, II, p. 232. — Fossey, SmW. corr. hell., XIX, 1895, 
pp. 303 et suiv. — DiTTENBERGER, Orient, gr. inscr., II, n°6ii. — Cagnat, Inscr. res. 
Rom. pert., III, n° 1075. — Drexler dans Roscher, Lexikon d. Mythol., s. v° «Néteiros ». 



142. [A 1457.] ÉpitapHe de Sidon. Plaque de marbre 
blanc, achetée à Saïda (Si- 
don) en 1907. 

Larg. o°i2o; haut. 01^13; ép. 
0^35: haut, des lettres o'no2. 

'ApeSfxéXexe | xp^tr^è xal ] 
âcope yalç^e. « Abedmélech, 
(toi qui fus) bon et (mourus) 
trop jeune, adieu ! » 

Cette épitaphe, d'un type très 
fréquent en Syrie, n'offre de 
remarquable que le nom du dé- 
funt : ^A^z^\ii'kzy^OQ ne s'est 

pas encore rencontré, que nous sachions, dans l'épigraphie de ce pays. C'est la 
transcription exacte de « 'abd Milk » ou « *abd Mélek », c'est-à-dire « serviteur 
du roi», le titre de roi étant appliqué à un dieu local, comme c'est celui de Ba'al 
« maître)- (cf. Baetgen, Beitràge zur semit. Religions gesch., 1888, pp, 37 et suiv.). 

Inédite. 






168 



143* [A 10/4] Épitaphe métriQxie d*Apion de 

Gadara. Bloc de basalte, trouvé à Saffoûré, hameau situé dans 
la région sud-est du Jac de Tibériade, non loin de l'ancienne Hippos. 
Acquis par le Musée en 1903 avec les n^^ 144, 168. 




Haut. oin33 ; larg. 01^82 ; ép. o"M i ; haut, des lettres o™o3. — La pierre paraît 
être incomplète du bas. L'inscription est gravée entre des rainures parallèles. 

~Hv (xov) TraTTTjp Koivxoç, 9)v ^ryz-^p 4>iXoûç. 
Tô 8'ouvo(x' èaxlv 'ATieitov, Traxpiç 6é aou 
xai notai koivy) Tàba.^aLXpi\a'zo\t.o\ia{^)ia. 
oocp^ç 8'àcp' "Iktiou eaxiv y) (xriTTqp ^iXoOç • 
s "ATiaiôa t'oÎkov èyXmtbv èni xpiaiv 
olxcù KeXeùSoiç tÛ(x(3ov, eiç o[v\ oûctîyjv 
TcaxYjp ânaaav éx^éaç (x'eTrXoÛTiaev 
Î^TQaavx'ëxY) Sic ëvôex^a) (jt-ovoYevTjÇ ëp^Qv. 

« Mon père était Ouintus, ma mère était Philous ; mon nom est Apion ; 
ma patrie et celle de tous les miens est Gadara, (séjour) des bonnes Muses. 
Ma mère Philous était originaire d'Hippos la Sage. Laissant une maison 
sans enfants, j'habite au carrefour de trois chemins un tombeau pour lequel 
mon père a dépensé tout son avoir, m'enrichissant (ainsi), moi qui vécus 
deux fois onze ans. Fils unique, je m'en allai. » 

L. 6. La pierre porte OMOYCIHN, qui ne donne pas de sens. 

Comme le remarque M. Clermont-Ganneau, le nom de OiXoûç est nouveau: 
c'est une forme issue du nom OiXcî) déjà connu, et tirée de l'accusatif OtXoijv. 
Si les vers de l'épitaphe qui veulent être des trimètres ïambiques, sont médio- 
cres, les sentiments qu'elle manifeste sont touchants, mais l'intérêt principal 

169 



de ce texte réside dans les épithètcs données à Gadara et à Hippos, les deux 
cités voisines de Judée. Xp'/]aTo;j(,oûa(£)ioç est nouveau. M. Clermont-Gan- 
neau avait songé à l'interpréter par « aux belles mosaïques « ((jLOuastov), 
le nom même de Gadara signifiant en phénicien, suivant Tzetzès (C/«7., 8,126), 
pavement en mosaïque. Mais il est plus naturel d'opposer à Hippos la Sage, 
c'est-à-dire celle qui cultive la science, Gadara « aux bonnes Muses », c'est-à- 
dire la ville lettrée : « le nombre et la réputation des écrivains qu'a produits 
Gadara justifient amplement cette épithète flatteuse. Les dévots de Méléagre 
n'y contrediront pas » (Perdrizet). 

Publiée : Clermont-G.^nneau, Etudes d'archéologie orientale, II, 1896, p. 142 
et. ibid., 1S98, p. 399. — Perdrizet, Revue avchéologiqiie, 1899, II, p. 4g. 

144. [A 1073.] Construction d'\in nwir par \in 

go\iverne\ir de Palestine. Bloc de calcaire gris, pro- 
venant, au dire du vendeur syrien, des environs de Nazareth en 
Palestine, et acquis par le Musée en 1903 avec les n°s 143, 168. 

Haut. o™53; larg. 0^74; ép. o"ii4; haut, des lettres 01^05. — La pierre est 
brisée en deux fragments. 

■j- Xp(6voiç) 4>X(apîou) 'Icaàvvou j èvSo^(oTàTou)(3€OTÎTo(pcç)8ea|- 

7roTiK(oO), ànb 8ouK(tôv), x(ai) û[7r]a|TiK(ox>) to P' xal toOto to ëplyov 
Toû 'ziyoxjç, eyél vexo èv lv8ix(Tià)vi)...| « Du temps de Flavius Johan- 
nès, illustrissime chambellan impérial, ancien général et consulaire pour la 
deuxième année, on lit encore ce travail de la (construction de la) muraille, 
l'an... de l'indiction. » 

L. I. L'interprétation de l'abréviation XPP est assurée par la comparaison 
avec une autre inscription de Palestine, que me signale M. Grégoire. Dans 
cette inscription, trouvée à Scythopolis, èv ypôvoïc, est écrit GNXPPç {Échos 
d'Orient, 1901, p. 73 c; Revue biblique, 1902, p. 318 et 1911, pp. 289, 440). Le 
P est redoublé pour marquer le pluriel. 

L. 5. On trouve fréquemment des formules semblables dans l'épigraphie 
byzantine (cf., p. ex., Lefébure, Recueil des insériptions grecques chrétiennes 
d'Egypte, 1907, n^ 592 : àvsvEOjO'/] xal toûto to [lipoc, toû xeiy^ouc, (xtzo 
6e(i,£Xtojv). 

L. 6. Du chiffre de l'indiction, il ne reste qu'un jambage horizontal qui a 
appartenu à un F ou un E. 

Le personnage dont il est question ici, après avoir été dux, c'est-à-dire com- 
mandant des troupes d'une province, était passé consularis (gouverneur) de 
Palestine première. Il était revêtu, en même temps, de la charge très honori- 
fique de chambellan impérial. Les vestitores, comme leur nom l'indique, avaient 
le privilège de vêtir la personne sacrée de l'empereur et prenaient soin de sa 
garde-robe et en particulier des insignes impériaux (Théophane, p. 226, 16, De 
Boor; Const. Porph.. De cerim., p. 68, 6, éd. Bonn). 

'170 



La Palestine première était gouvernée par un ccnsulaire {Not. dign.,Or. I, 5g; 
HiERocLES,7i8),la Palestine seconde et la troisième l'étaientpar un sivœpleprae- 
ses. Notre inscription doit donc, nécessairement, avoir été trouvée dans la pre- 
mière pro\'ince, et comme Nazareth est située dans la seconde, la provenance 
indiquée par le vendeur est inexacte. De plus, la Palestine première cessa en 536 
d'être gouvernée par un consulaire pour être donnée à un proconsul (Nov. 




CIII; cf. Seeck, dans Pauly-Wissowa, i?ffl/^f3C>'c/., s. v» a Consularis » col. 
1141 . et par conséquent notre texte est certainement antérieur à cette date. 

Le OX.'Icoà wr^ç mentionné dans notre texte ne peut être identifiéavec celui 
qui est nommé dans une inscription de Milet [Sitzungsb. Akad. Berlin, 1906, 
p. 257, mieux dans Grégoire, Inscr. chrét. d'Asie-Mineure, n» 219), et qui n'est 
autre que le célèbre préfet du prétoire Jean de Cappadcce. Il ne doit pas être 
confondu davantage avec Jean, dux de Mésopotamie en 540-541 (Procope,/?c//. 
Pers.. II, 14; I, 216, et suiv. Bonn) : la date s'y oppcse. 

M. Grégoire a conjecturé que ce pourrait être le Jean qui est mentionné 
comme ayant réprimé, en 529, la révolte des Samaritains. En effet, Cyrille de 
Stythopolis {Vita Sahae, dans Cotelier, Eccl. Gr. Monum., III, p. 340 a) dit 
'Exs^-sûOr^Gav ©soSojpo:; xal 'lojàvvr^^ 01 èvSo^oTa.TO!. a-paTOV au- 
vaysopai xal twv HafxapsiTcôv xaTaaTpaTS'jay.i. Or, nous apprenons, 
par Malalas (p. 446 Bonn), que Théodore était le dux de Palestine et qu'il mar- 
cha d'accord avec les gouverneurs du pays : Jean doit être l'un de ceux-ci. 

Une autre hypothèse se présente. Notre Jean étaità-o SouKÔiv, c'est-à-dire 
ancien dtix. Peut-être est-ce donc le dux de la province d'Euphratésie, qui était 



17* 



en fonctions en 528 d'après Malalas (p. 434 Bonnj Mais si le chiffre de l'indic- 
tion est y' ou s', l'année doit être 524 ou 526 av. J.-C, et cette identification 
est impossible. 

Nous savons qu'après avoir soumis les Samaritains, Justinien fit construire 
une forteresse sur le mont Garizim près de Néapolis (Naplouse) (Procope, 
De aed., p. 326, 12, Bonn). Peut-être la pierre vient-elle de là : Néapolis était 
dans la Palestine première. j\Iais si le travail avait été exécuté sur l'ordre de 
l'empereur, le nom de celui-ci n'eût probablement pas été omis, et nous pensons 
qu'il s'agit d'une autre restauration exécutée, nous le disions, en 524 ou 526. 

Inédite. 

145. [A 1308.] Inscription trilingue de l'église 

Saint-Serge» à Zébed. Linteau de basalte gris foncé, prove- 
nant de Zébed, village en ruines, situé dans le désert entre Alep et 
l'Euphrate. Découvert par Sachau en 1879, ce monument fut acquis 
pour le Musée à Alep, en 1904. 

Haut. 0^67; larg. 3^05; ép. o™i6; haut, des lettres oino3-o'no6. — La pierre 
a été brisée en trois fragments pour être transportée à dos de chameaux. 

Au centre, le monogramme du Christ — croix grecque avec une boucle 
à la branche supérieure pour figurer le P — est sculpté dans un cercle qu'il 
divise en quatre segments. Dans les deux segments inférieurs, on lit, de 
gauche à droite, les lettres A Çl; dans les segments supérieurs, on voit deux 
corps ronds, représentation conventionelle des astres (soleil, lune ou Vénus). 

A la partie supérieure du linteau, est gravée, à droite, une inscription 
grecque; à gauche, une inscription syriaque, qui se continuent sur les mon- 
tants de la porte. Plus bas, entre deux rangées d'oves, sur la surface taillée 
en biseau, se trouve une inscription arabe. 

^.■j- "Etouç yxto' (xy)(v6ç) ro(p)7tiou Sx' èôefxeXeoSi xtb | (xapxûpiov 
Toû âyiou Sepyîou kiii toO Kep(io5e)jTou) | 'Itoàvvou, xal "Avveoç 
Bouxeov) xal SépYiç xpiç | ëxTio[a]v | Zufjietbv | 'Ajxpàa | 'HXia, | 
AeôvTiç I àpxiT(éxToveç). Gq'. 

Plus bas, d'un bout à l'autre de la moulure creuse, au-dessus de la première 
rangée d'oves, ont été ajoutés les noms : "|" Saxopvtvoç "A^iÇoç, "AÇi^oç 
Zepyîou xai "AÇiÇoç Mapa(ââpxa 6i(ç?). 

« En l'an 823 (= 512 ap. J.-C), le 24 du mois Gorpiaios, furent 
établies les fondations du martyrion de Saint-Serge sous le périodeute 
Jean Annéos, fib de Boukcos, et Sergios, fils et petit-fils de Sergios, le fon- 
dèrent. Siméon, fils d'Amraas, fils d'Elias, et Léontios en furent les archi- 
tectes. Amen. » 

172 



Plus bas : x Satorninos Azizos, Azizos, fils de Sergios, et Azizos, fils de 
Marabarka. » 

B. Texte syriaque : 

« f Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. En l'an huit cent vingt- 
trois, le vingt-quatre (du mois) Iloul, ont été posées les fondations (de 
l'église), et ce fut Jean, le périodeute — que sa mémoire soit bénie — qui 
en posa la première pierre et Mara qui écrivit (l'inscription), et Annas et 
Antiochus et Sergius qui en furent les fondateurs. » 

Suivent les derniers mots, qui sont peu clairs. M. Littmann propose de 
les traduire en les transposant : « la construisirent (restaurèrent) Abou- 
Sergis et Antiochos et Mouqim bar Timaï et Marî. » 

C. Texte arabe. 

« f Avec le secours de Dieu, Sergios, fils d'Amat Manâf, et Hounai, fils 
de Mar'alqais, et Sergios, fils de Sa'd et Sitr (?) et Sergios. » 

Pour les textes sémitiques, nous nous bornons à reproduire les traductions 
de M. Kugener et Littmann. L'inscription grecque, dont l'orthographe est fau- 
tive, nécessite quelques explications. 

L. I. La date, qui est celle du calendrier macédonien et de l'ère des Séleucides 
usitée en Syrie, répond au 24 septembre 512 de notre ère. 

L. 2. La lecture 7C£p(toS£UTOu) est rendue certaine par le texte syriaque. 
Le périodeute est un prêtre qui parcourait un diocèse et avait pour mission sur- 
tout de préparer au baptême les infidèles convertis. Bouxéou est peut-être 
pour Bopxéou (cf. BopxaLOÇ, Jos., Bell. lud. , II, ig, 3, etc.). M. Littmann veut 
corriger Bopx.£(o)ou pour Mopxéaou, et croit retrouver le même personnage 
dans le Hounai, fils de Mar'alqais, du texte arabe. 

L. 3. La lecture xpiç est certaine, mais le ç est placé sous le t. Le sens ordi- 
naire de ce mot, après un nom propre, est celui que M. Kugener lui a attribué : 
M fils et petit-fils de Sergios ». Mais, considérant que trois Sergios sont précisé- 
ment nommés dans le texte arabe, M. Littmann préfère traduire « les trois 
Serge » comme s'il y avait Hzp-f loi zpzZc,. 

L. 4. 'ExTtaav. Le A est mal gravé et ressemble à un Y. 

L. 9. La restitution àp)^!.TéxTOV£ç ne paraît pas douteuse : la mention du 
nom des architectes est fréquente dans les inscriptions de Syrie. 

Les caractères qui suivent, comme l'a reconnu M. Grégoire, sont les chiffres 
0q' qui équivalent au total des lettres de à(XY)V, considérées comme signes 
numériques. Le mot amen est SDuvent représenté aussi par isopséphie dans les 
inscriptions et les manuscrits. 

La seconde inscription grecque ajoutée après coup donne, comme l'inscrip- 
tion arabe, les noms de donateurs qui ont contribué après les premiers à l'achè- 
vement de l'église. 

La '( trilingue de Zébed ». qui a déjà beaucoup exercé la sagacité des philolo- 
gues, offre une double importance. C'est d'abord une preuve curieuse de la diver- 
sité des langues parlées dans la Syrie byzantine et de la civilisation complexe 



qui y florissait avant l'invasion musulmane : syriaque conservé par la popu- 
lation indigène: grec, idiome urbain, officiel et littéraire; arabe introduit par 
les tribus nomades qui avaient occupé toute la lisière du désert jusqu'au nord 
d'Alep — l'arabe, encore relégué à la troisième place, mais qui bientôt s'em- 
parera de la première. 

Notre inscription est ensuite le plus ancien monument de la vénération parti- 
culière que les Arabes chrétiens, établis le long de la frontière de Syrie, avaient 
pour saint Serge. « Les peuples arabes, dit un texte syriaque du vi" siècle, ché- 
rissaient le nom de ce martyr et y avaient recours plus que tous les autres 
hommes » {Vïe d'Ahoudemneh \Patr. or., III], p. 2g) . 

Enfin, la troisième inscription est le plus ancien document de l'écriture arabe 
avant Mahomet. La seule inscription arabe antérieure qui soit connue, celle d'En- 
Nemâra, datée de 328 ap. J.-C, est écrite en caractères nabatéens. Comme les 
noms des donateurs ont été gravés certainement peu d'années après la pose de 
la première pierre, en 512, notre dédicace est antérieure d'un siècle environ 
à l'hégire. 

Au point de vue archéologique, le cercle gravé au centre du linteau avec les 
deux astres et les lettres symboliques est un exemple intéressant d'une série 
de représentations très fréquentes sur les maisons et les églises de Syrie. Il faut 
probablement y reconnaître une transformation christianisée de la roue ou du 
disque solaire qu'on plaçait au-dessus des portes pour écarter de la demeure les 
mauvais esprits. Les deux astres, joints au soleil étaient la lune et Vénus et les 
lettres .A. O. rappelaient les douze signes du zodiaque (cf. Littmann dans But- 
ler, American expédition to Syria, Architecture, p. 32, note de Montelius). 

Sachau, Eine dreisprachige Inschrift aus Zebed dans Monatsb. Akad. Berlin, 1881, 
pp. 169 et suiv., et Zeitschrift der deutschen morgenldndischen Gesellsckaft, XXXVI, 
1882, pp. 345 et suiv. et Reise in Syrien und Mesopotamien, 1883, pp. 126 et suiv. 
De là : Lidzbarski, Handbuch der rwrdsemitischen Epigraphik, 1898, t. I, p. 484; t. II, 
pi. XLIII, et Prkntice, American archaeological expédition to Syria, Greek and latin 
Inscriptions, 1908, p. 269, n» 336 a. — Barthélémy, Recueil des travaux relatifs à la 
philologie et à l'archéologie égyptiennes, publié par Maspero, XIX, 1897, p. 39 (nou- 
velle copie du texte arabe). — Kugener, Note sur l'incription trilingue de Zébed dans 
Journal Asiatique, mai 1907, pp. 510 et suiv., et Nouvelle note sur l'incription trilingue 
de Zébed dans Rivista degli studi orientali, I, 1908, pp. 577 et suiv. (la meilleure publi- 
cation). — Cf. Jalabert, Mélanges de la Faculté orientale de Beyrouth, III, 1909, 
pp. 740 et suiv., et Littmann. Rivista degli studi orientali, IV, igii, pp. 196 et suiv. 
(corrections proposées) . 

E. EGYPTE. 

(Cf. n" 74.) 

146. TA 1484.] Dédicace à Ptolémée VI et 

Cléopâtre II. Plaque carrée de calcaire blanc crayeux, achetée 
au Caire en 1907. 

Haut, et larg. o'n29; ép. 0^075; haut, des lettres 0^015. 



Le texte est gravé dans un encadrement en biseau. Les lettres devaient 
être inscrites entre des lignes parallèles, tracées d'avance, mais le lapi- 
cide maladroit n'a pas su les suivre. On lit clairement : 

*Yk€p paoïXétoç nToXefiaiou | xal (3aatXîooy)ç KXeoKaxpaç | Oeûv 
cpiXo(XY)T6ptov I 'Aaxepia xal Tifxàpiov al | StoTÎtovoç toû àpxiotofxaxo- 
j cpùXaxoç xal oTpaTTjYoij | OuyaTepeç BoupàoT€[i]. 

Dédicace en faveur de Ptolémée VI Philométor et de sa sœur Cléopâtre II 
qu'il épousa en 172 av. J.-C. (Bouché-Leclerco. Histoire des Lagides. t. II, 

p. 6; cf. DiTTENBERGER, Orient. 
inscript., n» 106 et note). Le roi 
mourut en 146. L'inscription se 
place entre ces deux dates, mais 
probablement après 163, année 
où finit le règne commun de 
Philométor et d'É vergeté. 

Elle est consacrée à la déesse 
Bubastis (Bast) qui avait un 
temple célèbre dans la ville du 
même nom. L'antiquaire arabe 
qui nous a vendu cette plaque 
nous avait indiqué comme lieu 
provenance le Fayoum, mais 
cette affirmation est probable- 
ment controuvée. Comme nous 
Ta fait observer IM. SejTnour de 
Ricci, notre texte doit être rap- 
proché de deux autres dédicaces 
analogues, découvertes à Bubastis 1. Les fouilles récentes pratiquées dans les 
mines de cette ville ont mis au jour beaucoup d'antiquités (cf. Naville, 
Bubastis, Londres, 1891), dont une partie aura, comme de coutume, passé chez 
les marchands par des voies dérobées. 

Bubastis, déesse que les Grecs identifiaient avec Artémis, paraît avoir été ado- 
rée surtout par les femmes. La consécration est faite ici par deux filles de Sotion, 
stratège ou gouverneur d'un nome, qui, comme beaucoup d'autres fonction- 
naires de ce rang, portait le titre aulique de chef de la garde royale (archi- 




I. L une, Fa/MTEia Osoôôtov Bov^dozi, copiée par Frazer sur la base d'une statue 
a été publiée par Sayce, Proc. Soc. Biblical Archaeol., 1904, XXVI, p. 92. L'original 
est entre, en 1902, au Bristish Muséum avec un certain nombre de chats en pierre, 
(reproduits d'après un croquis de M. Se\Tnour de Ricci dans Reinach, Rép., t. III, 
p. 213, no 7). L'autre dédicace, autrefois dans la collection Rostowitz, est depuis peu 
au Musée d'Athènes. Elle est publiée, m'écrit M. de Ricci, dans l" E/./.r]vicor , que je 
n'ai pas à portée. 



176 



somatophylaque ^; cf. Bouché-Leclercq, Histoire des Lagides^t. III, p. 114). 
Ce personnage très décoré paraît être inconnu jusqu'ici dans l'histoire. Ses 
filles pieuses s'appellent Astéria et Timarion, ce qui prouve que les noms neu- 
tres de femmes, comme l'est ce dernier, ne désignent pas toujours, ainsi qu'on 
l'a prétendu, des courtisanes ou des esclaves. C'est un diminutif d'amitié. 
Inédite. 

147. TE 493.1 Dédicace potir le salut de Ptolé- 
mée X, de sa mère et de sa femme. Fragment 
d'une plaque 
de calcaire ac- 
quise, en dé- 
cembre 1900, 
à Gizéh, par 
M. Jean Ca- 
part, avec le 
ro 148. 

Haut. 0^25 ; 
larg. 0^40; ép. 
0^05; haut, des 
lettres o™o3. — 
La plaque est 
brisée à droite 
et à gauche. 




vi i. 






X'V-^i-^» 




'Ynèp (âaaiXîaarjç KXeoTTJàxpaç xal PaaiXécoç IlToXfefxaîou | xai 
PaoïXfaayjç KXeoTcâTJpaç T^ç à5eXcpyjç 6eùiv |4>tXo|[XY)T6pajv Scott^- 
ptov xal TÛiJv xéxvtov "Ioi5i 9eài [).ey\iaTr]i \ xal SapàmÔi xal "£l?]- 
ptoi xal 'Ayxopîvi xal toïç auv|vâoiç ôeoîç nàai xal Kaaaiç IIJto- 
Xejjialoç IIoCTeiôtovfîou tcôv napà toîç toO n€pi6:Q(3aç(?) xaToîjxoi- 
[ç i]Tr7ràpx<JJv xal tôjv [TeTayjJiévajv ûk' j aÙTÔv toû IlaSupîjTOV) xal 
T^ç (XY)Tpc[7r6Xea>ç.... 

« En faveur de la reine Clcopâtre et du roi Ptolémée et de la reine Cléo- 
pâtre, sœur des dieux Philométors Sauveurs, et de leurs enfants, à Isis, la 
grande déesse, à Sérapis, à Horus, à Anchoris et à tous les dieux et déesses 
qui habitent avec eux leur temple, Ptolémée, fils de Posidonius, l'un des 



I. Strack, Griech. Titel im Ptolemàerreich dans Rhein. Mus., LV, 1900, p. 187, 
donne une liste de dix-neuf archisomatophvlaques, dont plusieurs sont en même 
temps stratèges. La liste pourrait être aujourd'hui allongée. 



177 



hipparques de la territoriale (du canton) de Perithèbes et des troupes, pla- 
cées sous ses ordres, du nome Pathyrite et de la métropole... » 

Si les restitutions de ^OI. de Kicci et Strack sont exactes, ce qui paraît cer- 
tain au moins pour les premières lignes, l'inscription se place entre les années 
114 et loS et les personnages nommés sont Cléopâtre III, Ptolémée X Soter 
et sa deuxième femme Cléopâtre Séléné avec ses trois fils (cf. Bouché-Leclerq, 
Histoire des Lagides, II, pp. 91, 94et suiv.) « Cette inscription estle premier docu- 
ment témoignant de l'existence de Cléopâtre Séléné et il prouve : 1° que Séléné a 
\Taiment changé son nom en celui de Cléopâtre, comme on pouvait le supposer 
d'après Strabox, XVI, p. 749, et Josfphe, Anl. lud., XIII, 420 (Strack, 
Dynastie der Ptolemder, p. 108) ; 2° qu'elle eut vraiment des enfants de Soter, ce 
que nous ne savions jusqu'à présent que par un passage peu probant de Justin 
(XL, 4, i) ; 3 "qu'elle fut admise au nombre des (I)!.Xo[/,riTop£ç2(OT^p£ç[Strack]. 

Le dieu Anchoris mentionné 1. 4, à côté de la « grande déesse Isis », est certai- 
nement le même qui est appelé Akoris sur une amulette égyptienne et identifié 
avec Athor et Baït (Kaibel, Epigramm. graeca, 1139 : ELç BatT, sic AGcop, 
pLta TÔ)v ^i<x, sic Se "Axcop!., yoclps, -arèp x6(j[i,ou, X'^^?^ Tptjjiopcpe 
Osoç). Notre inscription, qui mentionne une divinité peu connue du ciel égyp- 
tien et qui précise la généalogie des Ptolémée, offre, on le voit, un double intérêt. 

La restitution des dernières lignes est très douteuse. Les seuls mots certains 
sont xaTOixto V t- -a p^oç, c'est-à-dire commandant de cavalerie des soldats 
libérés, établis sur un lot de terre et qui restaient astreints au service militaire 
(cf. Paul Meyer, Das Heerwesen der Ptolemder, Leipzig, 1900, pp. 68 et suiv.). 

Publiée : Strack, Inschriften aus Ptolemâischer Zeit dans Archiv fur Papyrusfor- 
schung, II, 1903, p. 353, no 35. 



I4Ô. [E 492.] Dédicace à Horus 




Fragment d'une 
tablette de mar- 
bre blanc, acquis, 
en décembre 
1900. par M. Jean 
Capart, à Gizéh, 
avec le n» 147. 

Haut. 0^185, • 
larg. 0IÛ29 ; ép. 
0^05 ; haut, des let- 
tres 0^025. — La 
plaque est brisée à 
droite et à gauche. 

M. Aùp(TQXioç) 
'A]Xé^av8poç ô 



178 



>taiKaXX[iviKoç? | ... SapaTiiou xà ày[à.'Xy.ctT(x {"Slpixii nY)Xo?]uoîtoi àvé- 
[6r)Kev . , . I . A. 'AvtJojvîvov) S€(3aaTo[\5. . . | . . ÛTrèp aû]ToG xal AlXî- 
cov[oç ToO \jioG]. 

« M. Aurélius Alexandre (qui s'appelle) aussi Callinice... de Sarapios a 
consacré ces (statues à THorus de Péluse?...) Lucius Antonin Auguste... 
pour lui et son (fils) Élion. » 

Les restitutions sont très hypothétiques. L'empereur peut être Antonin le 
Pieux, ^larc-Aurèle ou Caracalla. 

Publiée : Seymour de Ricci, Bullet.n épi graphique de l'Egypte romaine dans Archiv 
/ùr Papyrusforschung, II, p. 445, 1903, n" 69, 



149. [A 1483.] É'pitapHe chrétienne. Plaque de marbre 
blanc, achetée au Caire avec le n^ 146. La provenance indiquée, le 
Fayoum, n'est peut-être pas plus exacte pour la seconde inscription 
que pour la première. 

Haut. 0^29; larg. o™ 38; ép. 0^05 ; haut, des lettres 0^03. — Brisée à gauche 
et au-dessus, mais l'inscription est complète. 

-|- 'EK0i(jLTQ6(r)) b (xaxcxpi loç) | recopyioç. ô xûpioç [aÙTOV àvanaiiaei} 
àfJLTQV. Meaopy) | y.'Ç Iv5(ikti<Ï)vo(;) (3', SeuTépa -j-, « Ci-gît le bienheureux 
Georges. Le Sei- 
gneur lui donnera 
le repos. Amen. Le 
27 (du mois)Nésori, 
deuxième (année de 
r)indiction, un 
lundi». 

T3^pe d'épitaphe 
chrétienne. La phra- 
se : « Le Seigneur le 
fera reposer, amen » 
est probablement 
empruntée à une 
prière pour les tré- 
passés. II n'est pas 
rare de trouver en 
Egypte, gravées sur les tombeaux chrétiens, des formules liturgiques tirées de 
l'office des morts : l'expression àvaTTOCUGOV t7)v ']^\jyjr\v aÙTOÛ, y revient 
fréquemment (Dumont, Mélanges d'archéologie réunis par Homolle p. 586; 
Lefebvre, Recueil des inscr. grecques chrétiennes d'Egypte, igoy, n^s 62 et 
suiv. et passim). 




179 



Le 2 7 mésoriest le 20 août qui tombait, suivant le texte, un lundi (SeuTépa). 
Quand le 20 août est un lundi, le i*^'" janvier est aussi un lundi, ou un dimanche 
si l'année est bissextile, et les lettres dominicales sont donc G ou AG. Or, depuis 
314, où commence le cycle des indictions, la deuxième année de celle-ci ne corres- 
pond à ces lettres que quatre fois : en 344, 389, 434 et 479 ap. J.-C. Puis la même 
correspondance ne se retrouve plus qu'en 764 ap. J.-C. Cette dernière date étant 
trop tardive, on peut être certain que notre épitaphe n'est pas antérieure à 344 
ni postérieure à 479 (cf. les tables de l'Art de vérifier les dates, t. I, éd. de 
1818, pp. 43 et suiv.) 



180 



II. INSCRIPTIONS LATINES. 

A. ITALIE. 



a vigne du Cav. Bertone entre la via 



•^^?e^:^''^'r-i~' 



150. [A 1333.] Cippe itinéraire. Cippe de marbre blanc, 
trouvé, en 1885, à Rome dans 
Salaria et la via Pin- 
ciana en face de la 
villa Albani, non loin 
du mausolée des Lu- 
cilii. Acquis par le 
Musée en 1905. 



" CIRrlMl 
\Klc\j L Pi-V 



Haut. on»52 ; larg. o"i29 ; 
ép. 0^225 ; haut, des let- 
tres o™i5-oro33. 

La partie supérieure, 
formée d'une corniche 
garnie de deux coussins 
et creusée au milieu, 
était mobile et elle s'est 
perdue. Le fût porte à 
gauche une aiguière (ur- 
ceus) , à droite une pa- 
tère. Sur la face anté- 
rieure, se lit l'inscrip- 
tion : 



D(is) M(anibus) j 
Cirpiniae, Sp(urii) 
f(iliae), f Calliopes ! 
M. Ulpius j Expec- 

tatus et I T.Flavius Lyucii) f(ilius) | Cirpinius Expectatus, \ duo 
Sexti I pientissimi | pater et filius, | bene merenti. 



I8i 



« Aux dieux Mânes de Cirpinia Calliope, fille de Spurius. Marcus Ulpius 
Expectatus et Titus Flavius Cirpinius Expectatus, fils de Lucius (et) les 
deux Sextus (ou Sextius), très pieux, le père et le fils, à (cette femme) pleine 
de mérites. » 

Beaux caractères du commencement du ii^ siècle. Le nom de Cirpinius est 
extrêmement rare. Cirpinia Calliope, comme l'indique sa filiation, Spurii flia, 
était une enfant illégitime. IM. Ulpius Expectatus est probablement son père 
et le personnage qui suit son frère a dii s'appeler d'abord T. Cirpinius Expec- 
tatus et, après son adoption par un membre de la gens Flavia, changer son nom 
en celui que nous lisons. La relation de la défunte avecles deux Sextius ne peut 
être déterminée. — L'urceus et\?i patère rappellent les libations que, selon les 
rites funéraires, on devait renouveler régulièrement en l'honneur des morts. 

Lanciani, Xotizie degli scavi di Antichità, 1885, p. 428, cf. pp. 400, 365 : « Un cippo 
marmoreo, cavato nell' interno a guisa di cinerario con coperchio scorniciato, puhi- 
nato, mobile. '^ — CIL, VI, suppl. 34839. 

151« [A 1320.] Cippe itinéraire. Cippe de marbre blanc, 

provenant de Rome. Il se trouvait 
à la fin du xv^ siècle dans la maison 
d'un certain Luca de Colazo. Acquis 
en 1905. 

Haut, o^^ôg ; larg. 0^32 ; ép. o'ï'23 ; haut, 
des lettres 01103. 

La partie supérieure, qui fait saillie 
en forme de corniche, est mutilée. Sur 
les côtés sont sculptés, à droite une 
aiguière (urcens), à gauche une patère, 
sur la face antérieure, dans un encadre- 
ment, est gravée l'inscription : 

D(is) M(anibus) | Quartae, 
coniugi I optimae, | Tychicus. 

« Aux dieux Mânes. A Quarta, la 
meilleure des épouses, Tychicus. « 

Caractères assez négligés du 11 ^ siècle. 
— Sur la signification de Vurceus et de la 
patère, voyez n° 150. 

Une copie de l'inscription est conservée 
dans les papiers de Petrus Sabinus, pro- 
fesseur d'éloquence à Rome (vers 1500), 
et dans ceux de Belloni d'Udine, secrétaire du patriarche d'Aquilée. L'original 
passait pour perdu. Cf. CIL., VI, pars IV, n» 25263. 




jt82 




152. [A 935] Épitaphe de Jtilia Urania. Plaque de 
marbre blanc qui se trouvait, entre 1623 et 1640, k Rome , apud lapi- 
cidam Balduinum de Briele iuxta B. Mariae ad Montes [Doni]. Vendue 
parDeBriele à Wouverius.l'ami de Juste Lipse, elle était conservée, en 
1706, au collège des Jésuites de Bruxelles [Cuperus]. On perd ses traces 
depuis la suppression de ce collège (1775) ; elle fut retrouvée, en 1898, 
dans des décombres provenant de la démolition d'une dépendance de 
la Bibliothèque royale et donnée au Musée par M. Louis Paris en 1899. 

Haut. 0^28 ; larg. 
o"i35 ; ép. o°i04-o"^o25 ; 
haut, des lettres oino25. 
— Les deux coins infé- 
rieurs de la plaque sont 
brisés et le bord supé- 
rieur entamé. 

Autour de la pla- 
que est dessiné au 
trait un encadre- 
ment ; des feuilles re- , ' 
courbées (palmes ?) a ',- . ^' j , 
se joignent par leurs 
extrémités et forment 
une série de quarts 
de cercles où sont 

inscrits de petits croissants. Au centre de la plaque, se trouve une cavité 
circulaire (long. o"i09), entourée d'un dessin imitant le bord d'un vase ou 
d'un mortier (cf n» 115) muni de deux anses. Le fond est percé de trois 
trous qui traversent la plaque de part en part. Au-dessus et au-dessous 
on lit l'cpitaphe : 

Cineribus | Iuliae Uraniae. 
« Aux cendres de Julia Urania. » 

Les caractères paraissent dater du commencement du ii*' siècle. 

La cavité pratiquée dans la plaque servait à recueillir les libations qui, sui- 
vant les croyances vulgaires, nourrissaient les esprits des morts. Le liquide tra- 
versant la plaque perforée était conduit par un tube sur les ossements calcinés. 

* Ms. de DoNius (Neapol., 524, 5, Birberin, p. 53), et GoRius, Donii ïnscriptiones 
antiques, 1731, p, 438, no 6. — De là, Muratori, Novus thésaurus inscriptionum, 1740, 
t. III, p. MDcxcii, 4. — Ms. de Cuperus à La Haye (cf. Schuermans, Bull, 
commiss. roy. d'art et d'archéoL, VIII, p. 145, n" 144). — CIL, VI, t. III, no 20732. — 
Louis Paris, Annales Société d'archéoL de Bruxelles, XIV, 1900, pp. 1-22 



183 



153. A 187. Épitaphe d'tin citoyen romain et 

de sa famille. Cotte pierre tumulaire, sans doute d'origine 
romaine, se trouvait, en 1706, au collège des Jésuites de Bruxelles 
[Cuperus] . 

Haut. o'"3o; larg. o"\55; ép. 0^06; haut, des lettres o°>035-o™02. 

Plaque de marbre blanc bordée de moulures tonnant un encadrement 
en relief. Dans le champ l'inscription : 

D(is) M(anibus). | O(uintus) Vibius Mellon fecit | sibi et Vibio 
Attico filio et Vibiae | Atticae uxori et Vibiae Agrippinae fil(iae) 
I libertis libertabusq(ue) po[sjterisq(ue) eorum cur(ante) 0(uin- 
to) V(ibio) Ep[ictejto. 

« Aux dieux ]\Iânes. Ouintus Mbius Mellon a fait (bâtir ce tombeau) 
à lui-même, à Vibius Atticus. son fils, à Vibia Attica, son épouse, et à 




Vibia Agrippina, sa fille, (ainsi qu')à ses affranchis, ses affranchies et leurs 
descendants, par les soins de Quintus Vibius Ep(icté)tus. » 

Caractères du iii^ siècle. A noter la forme triangulaire des points. — Dans le 
dernier mot, les lettres ICTE ont été omises par un oubli du lapicide ; peut-être 
étaient-elles tracées au pinceau sur la surface du marbre (cf. Hiilsen, dans le CIL.). 
De même, 1. 5, le premier S a été oublié dans posteris. — Q. Vibius Épictétus 
est un des affranchis du défunt. Q. Vibius Mellon est probablement lui-même un 
affranchi, comme l'indiquent l'absence de filiation et son surnom grec Mellon. 
Quant à sa femme elle est probablement une affranchie du même patron, un 
membre de la gens Vibia. 

184 



CIL, VI, t IV, n" 28824. — CuPERUS, Ms. de la Hâve (cf. Préface). — Schayes 
Catalogue, p. 84, n° 69. — Th. Juste, Catalogue, 1^^ édit., p. 162, S, 13; 2^ édit., p. 172 
— ScHUERMAN.s, BuU. comm. art. et arch., t. VII, 1868, p. 42, no 32; t. VIII, 1869, 
p. 301, n" 32 et pi. I, fig. 4. 

154. [A 183.] ÉpitapHe d'\in mari. Cette table de 
marbre est signalée à Rome dès le début du xvii^ siècle [Donius] ; en 
1706, on la retrouve au collège des Jésuites de Bruxelles [Cuperus]. 

Haut. o"i36; larg. o'^^zi^; ép. 0^035; haut, des lettres o"'02. 

A la partie supérieure, un fronton cintré, flanqué de deux acrotères arron- 
dis (celui de gauche est brisé), con- 
tient une couronne ornée de bande- 
lettes. Au-dessus, dans un encadre- 
ment plat, l'inscription : 

D(is) M(anibus). \ Ti(berio) 
Claudio I Niceroti |, qui et Asia- 
ti|cus, Livi(a) Ouin]tilla coiugi | 
piissimo et dul|cissimo fecit. j 
v(ixit) a(nnos) XXX. * 

« Aux dieux Mânes. A Tiberius 
ClaudiusNicéros,dit aussi Asiaticus, 
son époux très pieux et très cher, 
Livia Quintilla a fait (construire ce 
tombeau). Il vécut trente ans. » 



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rnSSlK^OETDX'l 

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Inscription du i^r siècle ap. J.-C. — 
La formule qui et est fréquente pour 
ajouter au nom un sobriquet. Ti Clau- 
dius Niceros, comme l'indiquent son 

cognomen grec et l'absence de filiation, | ^^^^^^E --* j^ 
était un affranchi, probablement un 
affranchi de l'empereur Claude (41-54 

ap. J.-C.) ou de Néron (54-68). Son surnom Asiaticus fait supposer qu'il était 
originaire d'Asie. 

CIL, VI, t. III, no 15159. — DoNius, Inscripiiones antiquae, p. 404, cl. XII, n" 53; 
d'où MuRATORi, Thésaurus vet. inscript., 1742, p. 1328, 13; — Cuperus, Ms. de La 
Haye (cf. Préface). — Cannegieter, De mutata nominuni Romanorum sub princibus 
ralione, 1758, pp. 33 et 219, d'où Orelli, Inscr. lat. coll., 1828, n° 2766. — Pockocke, 
Inscr. antiq. gr. et latin liber, 1752, p. 118, 9. — Schayes, Catalogue, p. 83, no 65. — 
Th. Juste, Catalogue, l'^eédit., p. 161, S, 13; 2^ édit., p. 171. — Schuermans, Bul- 
letin comm. art et arch., t. VIII, 1869, p. 305, n^ 143 et pi. I, fig. 8. 



185 



155* [A 185] ÈpitapKe d'un enfant naturel. 

Cette épitaphe, probablement trouvée à Rome, est signalée, en 1706, au 
collège des Jésuites de Bruxelles [Cuperus]. 

Haut. o'"4i; larg. o'»24; cp. 00105; haut, des lettres o'no25-o"ioi5. 

Plaque de marbre blanc. Le 
sommet dessine un fronton orné 
de rosettes et flanque d'acrotères 
arrondis. Dans un encadrement 
de moulures, on lit l'inscription: 

D(is) M(anibus) | L(ucii) 
Volusi(i) I Severi. Vix(it) | 
ann(os) V m(enses) VIII | 
d(ies) XVIIII. Fecerunt) | 
L(ucius)Ofillius | Carpus et 
Volusia Pauli|na fil(io) dul- 
cissi(mo). 

« Aux dieux Mânes de Lucius 
\'olusius Sévérus. Il vécut 5 ans 
8 mois et iq jours. Lucius Ofillius 
Carpus et \'olusia Paulina ont 
lait (bâtir ce tombeau) à leur fils 
bien-aimé. » 

La forme des caractères paraît 
devoir faire dater l'inscription du 
i«r siècle de notre ère. Sur le I dé- 
passant la ligne dans Dis et fil(io) , 
voyez plus bas aux nos 156 et 160. 

Cette épitaphe est celle d'un enfant naturel, car L. Volusius Severus porte le 

gentilice de sa mère (Volusia) et non celui de son père (Ofillius) . 

CIL, VI, t. IV, ro 29541. — Cuperus, Ms. de La Haye (cf. Préface). — Schayes, 

Catalogue, p. 84, n" 67. — Th. Juste, Catalogue, 1^^ élit., p. 162, S, 13; 2" édit.. p. 172. 

— ScHUERMANS, dans Bull. comm. art et arch., t. VII, 1868, p. 42, n" 30; t. VIII, i86g, 

p. 298, n" 30 et pi. I, fig. 2. 




150. [A 186.] ÉpitHapHe d'tine jeune fille appe- 
lée Nomas. Cette inscription, probablement d'origine romaine, 
se trouvait, dès 1706, au collège des Jésuites de Bruxelles [Cuperus]. 

Haut. o'"24; larg. 01^58 ; ép. 0^05; haut, des lettres o^oz-o^^oi^. 

Plaque de marbre blanc. Des moulures dessinent un cartouche rectan- 
gulaire terminé par des appendices en queue d'aronde. Ceux-ci sont percés 



186 




de trous destinés à fixer l'épitaphe au tombeau : un débris du clou qui a 
servi à cet usage subsiste du côté droit. Dans le cartouche on lit : 

Dis Manibus Nomadis. [ Fecit Veturia Fortunata [ mater sibi 
posterisque [ suis; q(uo)qu(oversus) pedes II. 

« Aux dieux Mânes de Nomas. Véturia Fortunata, sa mère, a fait (bâtir 
ce tombeau) pour elle-même et pour ses descendants. (Superficie du ter- 
rain) deux pieds de côtés. » 

A noter, l'emploi du I dépassant la ligne pour rendre la diphtongue ei. — 
L'inscription paraît dater du ler siècle de notre ère. Cette sépulture, de dimensions 
restreintes, ne de- 
vait pas recevoir 
le cadavre, mais 
simplement les 
cendres (cf. CIL, 
VI, t. III, nos 
15438, 16046). 

CIL, VI, t. III, 
n" 23000. — CupE- 
Rus, Ms. de La 
Haye, 1 706 (cf. Pré- 
face). * GÉRARD 

Ms. de La Haye, 

B, 35, p. 123. — ScHAYES, Catalogue, p. 84, n" 63.— Th. ]vàT¥., Catalogue, i^eédit., 
p. 161, S, 13; 2'' édit., p. 172. — ScHUERMANS, Bulletin comni art et arch., t. VII, 1868, 
p. 40; t VIII, 1869. p. 299, avec un? reproduction photolitho-i^'raphique, pi. I, fig. 3. 

157. [A 188.] Épitaphe d'un enfant adoptif. Ce 

marbre se trouvait, au commencement du xvii*^ siècle, à Rome, apud 
Alexandrum Rondonum (Donius). Vers 1625, il fut acheté par un 
marchand belge, nommé Baudouin Breydel, pour être envoyé en Bel- 
gique au philologue Jean Wonvere, ami de Juste Lipse [Rycquius]. En 
1708,11 était conservé au collège des Jésuites de Bruxelles [Cuperus]. 

Haut. o™2(); larg. 0^44; ép. o'"o6; haut, des lettres o'"o2. 

Plaque rectangulaire de marbre, encadrée d'un listel et de moulures. 
Sur le listel et dans le champ, l'inscription : 

D(is) M(anibus). | T(ito) Pactumeio Romano, alumlno dulcis- 
simo, qui vixit ann(is) | VIII mensibus sex diebus | XXVII 
bene merenti | fecit | T(itus) Pactumeius Pistus. 

ft Aux dieux Mânes. A Titus Pactumeius Romanus, son fils adoptif 
bien-aimé, qui vécut 8 années 6 mois et 27 jours, et mérita bien (de lui), 
Titus Pactumeius Pistus a fait (bâtir ce tombeau). » 



167 



D'après la forme des caractères, cette inscription paraît dater de la fin du 
11^ siècle. Les deux derniers mots sont séparés par une feuille de lierre, signe 
de ponctuation fréquent. — Le nom d'alunmiis est appliqué proprement à un 

enfant exposé pax 
?' ses parents, re- 

cueilli et élevé par 
des étrangers. 




.,\.^VfClSSIMûQV)VlXirANN 
hvm M^MSïBVSSIXDlîBVS- 

Ï'CII' 

v\fi\/5>rî5rvs- 



CIL, VI, t. III, 
n" 23698. — DoNius, 
Codex Marucellianus, 
^, 293, p. 222 (cf. 
CIL1. — Rycquius, 
cité par GuDius, Ms. 
de Wolfenbûttel (cf. 
CIL, VI, p. LIX), 

f. 62, 3. GUDIUS, 

Antiquae mscriptio- 
nes, 1731, p. 308, 
n° II. — CuPERUS, 
Ms. de La Haye (cf. 
Préfacel. - *Gérard, 
Ms. de La Haye, B, 35, p. 123. — Schayes, Catalogue, p. 83. — Th. Juste, Catalogue, 
l'^'édit , p. 163, S, 13; 2^ édit., p. 172. — Schuermans, Bulletin comm. art et arch., 
t. IIV, 1868, p. 42; t. VIII, 1869, p. 302, avec une reproduction photoUthographique, 
pi. I, fig. 5. 



I50. [A 182] Epita- 
pKe d'un patron. Ce 

marbre se trouvait, au début 
du xvii^ siècle, à Rome, apud 
Franciscum Brachianensem 
niarmorariu7n prope S. An- 
dreae ad Saepcs [Donius]. En 
1625, il fut envoyé, avec le 
numéro précédent, parBre^-del 
à \^'ouvere [Gudius]. En 1706, 
il était conservé au collège des 
Jésuites de Bruxelles [Cuperus]. 

Haut. o'»34; larg. 0^42; ép. 
omo33; haut, des lettres o'no25- 
o'no2. 

Plaque de marbre blanc, dont 




h.^^ 



188 



le sommet est ébréché à gauche. Dans un encadrement linéaire, l'in- 
scription : 

D(is) M(anibus). | M. Quintillio , Epaphrodito | patrono bene 
merenti | Quintillia Laea lib(erta) | fecit et sibi | posterisque 
suis. 

« Aux dieux Mânes. A Marcus Ouintillius Epaphroditus, patron plein 
de mérites (envers elle), Ouintillia Laea, son affranchie, a fait (construire 
ce tombeau) ainsi qu'à elle-même et à ses descendants. » 

Cette épitaphe remonte sans doute au i*'"" siècle de notre ère. — L. 4. L'I de 
merenti a été gravé sur la bordure. 

CIL, VI, t. IV, n" 25275. — DoNius, Ms. Marucellianus, A, 293, f. 220, etc. (cf. 
CIL, /. c.) — GuDius, Antiqtiaè inscriptiones , 1731, p. 347, n» 8. — Cuperus, Ms.de 
La Haye (cf. Préface). — *Gérard, Ms. de La Haye, B, 35, f. 123. — Schayes, Cata- 
logue, p. 83, n» 64. — Th. Juste, Catalogue, i^^ èdit., p. 161, S, 13; 2© édit., p. 171. — 
ScHUERMANS, Bull. comm. art et arch., t. VIII, 1869, p. 305, n» 142 et pi. I, fig. 7. 



159. [A 184 ] E:pitapl\e d» 

rieil* Cette épitaphe, qui provient 
sans doute de Rome, se trouvait, 
en 1706 au collège des Jésuites de 
Bruxelles [CuperusJ. 

Haut. o'»46; larg. o'"2i; ép. oni04; 
haut des lettres 0^015. 

Le sommet de cette plaque de mar- 
bre blanc affecte la forme d'un fron- 
ton cintré, entre deux acrotères arron- 
dis. Dans le fronton est sculptée une 
couronne avec des bandelettes flot- 
tantes. Au-dessous, dans un encadre- 
ment plat, on lit l'inscription : 

D(is] M(anibus). | T(ito) Aelio, 
Aug(usti) lib(erto), Priamo j et 
Sext(o) Clodio Eutycheti jamicis 
eximiae pietat(is) | bene meren- 
tibus M(arcus) | Licinius Hilarus 
loco I donato titulum posuit. 

« Aux dieux Mânes. A Titus Aelius Pr 
Sextus Clodius Eutychès, ses amis d'une 



\in affranchi impé- 







iamus, affranchi d'Auguste, et à 
affection excellente et pleins de 



189 



mérites (envers lui), M. Licinius Hilanis a fait placer cette épitaphe, après 
avoir donné le lieu (de la sépulture). » 

T. Aelius Priamus est, comme son nom et son surnom l'indiquent, un affran- 
chi grec ou oriental de l'empereur Antonin le Pieux (138-161 ap. J.-C), 
qui par suite de son adoption par Hadrien s'appelait T. Aelius Hadrianus 
Antoninus Pius. — Comme le remarque M. Schuermans (p. 378), un heureux 
hasard a fait retrouver récemment, à Rome, l'épitaphe de la femme de cet 
affranchi (J.-B. de Rossi, Roma soterranea, II, p. 290 = CIL, VI, t. II, 10900): 
D(is) M(anibus) Aeliae Aug(usti) lih(ertae) Feliculae Priamus coniugi sanctis- 
siniae et fidelissimae ctim qua vixit... 

Pour la signification de la couronne sculptée sur les tombeaux, cf. supra, 
no 78, p. loi. 

CIL, VI, t. II, no 10770. — CupERUS, Ms. de La Haye [ri. Préface). — Schayes, 
Catalogue, p. 84. n°66. — Th. Juste, Catalogue, i^'^édit., p. 162, S, 13; 2^ édit., p. 171. — 
— Schuermans dans Bull. comm. art et archéol., t. VII, 1868, p. 42, n° 29; t VIII, 
1869, p. 297, n° 29 et pi I, fig. T. 



r 



^AEMiLiA)tNlCE 

rOST OBITVM- 

AEMlLiAÊMOSCHlNlSfATROWAJ 
.SV15 



sib L,^j: 



,aa 



160. A 189.] ÉlrpitapHe d'une affranchie de 

femme. Cette inscription, probablement de provenance romaine, 

est signalée, en 1706, au 

"~" " " * """^ collège des Jésuites de 

Bruxelles [Cuperus]. 

Haut. 0^285; larg. 0^485; 
ép. onio65; haut, des lettres 

0™03-0™02. 

Plaque de marbre blanc, 
entourée d'une triple mou- 
lure. Dans cet encadrement, 

l'inscription : 

Aemilia, (mulieris) 
l(iberta), Nice | post 
obitum 1 Aemiliae Moschinis patronae | sibi et suis. 

« Émilia Nice, affranchie d'une femme, après le décès d'Émilia IMoschis, 
sa patronne, (a construit ce tombeau) à elle-même et aux siens. » 

Le C retourné, abréviation de Gaia, est souvent employé pour désigner en 
général une femme. — L'I dépassant la ligne n'a ici aucune signification (cf. 
n» 156) : il est long dans Nice, bref dans obitum, commun dans 6^6?. L'accent 
(apex) sur l'E de Nice (NtXY]) marque la longueur de la voyelle. L'usage de ce 
signe orthographique, comme la forme des caractères, ne permet guère d'assi- 
gner à ce texte une date plus basse que le ii^ siècle. Le nom Moschis est rare, 
mais il se retrouve, par exemple CIL, III, 977, 



*.wiiS.%L^il 




190 



CIL, VI, t. II, no II 137. — CuPERUs, Ms. de La Haye (cf. Préface). — *Gérard, 
Ms. de La Haye, B, 35, p. m. — Schayes, Catalogué, p. 85, n" 71. — Th. Juste, 
Catalogue, \^^ édit., p. 163. S, 13; 2*^ édit., p. 172. — Schuermans, Biill comm. art et 
archéol., t. VIII, 1869, p. 304, 11° 141 et pi. I, fig. 6. 



161. [A 1409.] ÉpitapKe d*\in époux. Partie supé- 
rieure d'un cippe de tra- 
vertin, au sommet ar- 
rondi, qui se trouvait 
autrefois à Rome sur la 
voie Appienne. Donnée au 
Musée en 1907 par M^^^ la 
comtesse de Villermont. 

Haut. oni26; larg. 0^28 ; 
ép. onioj; haut, des lettres 



-5- 



La partie infé- 




rieure est brisée. 

Ti (berioj Iulio Er- 
meti 1 (I)ulia Eutychis 
co(niux) I f(aciendum) 
c(uravit). 

« A Tibérius Julius (H)ermès Julia Eutychis, son épouse, a fait faire 
(cette épitaphe). » 

L. 3. Le C et le H sont liés. — Le premier \' qui a disparu était encore visi- 
ble quand la pierre fut copiée à Rome. 

Comme l'indiquent les surnoms grecs Hermès, Eutychis, et l'absence de 
filiation, nous avons affaire à deux affranchis qui ont dû leur liberté à quelque 
membre de la gens Julia. L'inscription paraît dater du i'^^ siècle ap J.-C. 

Publiée : CIL, VI, t. III, n° 10069 (In via Appia descripsi). 

162. [A 1864.] É^pitaptie d*\ine épouse. Autel de 
marbre blanc, provenant probablement d'Italie, autrefois dans la 
collection Albert Vaucamps à Buysinghen, vendue à Bruxelles en 
avril 1902. Donnée au Musée par M. Jean Poils en août 1910. 

Haut. o™62; larg. o'n25; ép. o^i^; haut, des lettres on'02. 

Le sommet de l'autel est formé par un couronnement arrondi, surmontant 
un chapiteau mouhir.'. 



191 



Au-dessous, dans un encadre 
ment rectangulaire, on lit l'in- 
scription : 

D(is) M(anibus). | Isidorae 
G[eniel?]!lus coniugi bene 
merenjti fecit. 

« Aux dieux Mânes. A Isidora, 
son épous' , Gémellus (?) a fait 
faire (ce tombeau). » 

Inédite. 

B. AFRIQUE. 

163-166. Inscrip- 
tions de Madatire (Mda- 
ourouch), en Numidie, offertes 
à l'État par le Gouvernement 
général de l'Algérie, en 1907. 





1Ô3. [A1411.] Dédicace à. 

Pluton. Partie supérieure d'un 
autel de pierre calcaire. Le 
fiit rond est surmonté d'un aba- 
que biseauté, décoré de rinceaux 
et creusé d'une cavité circulaire. 

Haut. o™37 ; larg. de l'abaque 0^23 ; 
haut, des lettres o'"02. 

Plutonil Aug(usto)]C.Iulius] 
Félix Pro| bianus s(a)ce(rdos). 

« A Pluton Auguste Caius Julius 
Félix Probianus, prêtre (de ce dieu).» 



192 



Nous savons par d'autres inscriptions mentionnant des sacerdotes Plutonis 
(CIL, VIII, 4680, 4683, 4687), que Pluton avait à Madaure un culte organisé. Les 
dédicaces à la divinité des enfers ne sont pas fréquentes dans l'épigraphie 
latine. On ne les rencontre guère qu'en Afrique et ce nom romain.ou pour mieux 
dire grec, y désigne sans doute quelque divinité indigène ou punique. L'épi- 
thète à.'Augustus, qui lui est souvent appliquée, convient au roi du monde 
souterrain. — Sur le double surnom de C. Julius Félix Probianus, cf. n» 89. 

Publiée : Recueil de la Société archéol. de Constantine, XL, 1906, p. 420, n° 390. — 
Cagnat, Année épi graphique, 1907, p. 63, n° 436. 

164. [A 1412.] ÉpitapKe métrictue. Plaque de calcaire, décorée 
aux coins gauche supérieur et droit inférieur d'une patère, dont une 
seule subsiste, aux coins gauche supérieur et droit inférieur d'une 
aiguière, dont il ne reste que l'orifice [cf. n^ 150]. 

Long, owiga ; haut. 0^74 ; ép. o«»i i ; haut, des lettres on»o3. — La pierre est brisée 
en deux fragments et le côté gauche et le coin inférieur sont restaurés en plâtre. 

Dans une couronne de feuillage gravée au trait, on lit l'inscription : 

D(is) M(anibus) s(acruni). 
Inclyte sacroru|ni cultor secure quies]cis. 
Hic iuvenis quem teljlus habet, quem Tartarus | ipse, 
qu(a)ere piam sedem. | Hic enim sepulti decu|mbunt. 
Flavius Natali|s Veturianus | v(ixit) a(nnos) L. | H(ic) s(itus) 

€(St). 

« Aux dieux Mânes Illustre sectateur d'un culte sacré, tu reposes ici en 
sécurité. Toi jeune homme que la terre, que le Tartare même contient, gagne 
un pieux séjour, car c'est là que les défunts festoient. » 

Au vers 2, hic est l'adjectif. Il ne faut pas le considérer ccmme un adverbe et 
traduire « cherche ici un pieux séjour, car c'est ici que les défunts reposent », 
car on n'obtient ainsi qu'une interprétation absurde. — Les vers qui veulent 
être des hexamètres sont barbares et la métrique y est constamment violée, 
comme dans les poésies de Commodien. 

Flavius Natalis, « illustre sectateur d'un culte sacré «, était probablement 
initié aux mystères de Bacchus.qui étaient célébrés à Madaure (CIL, VIII, 4681, 
4682, cf. 4883, 4887 etinfra n» 165). Saint Augustin ff/'is/, XVI, 4) parle, vers 390, 
de ces mystères auxquels prenaient part les bourgeois les plus considérables de 
la cité (decuriones et primates civitatis perplateasurbis bacchantes et furentes) .'La. 
piété de Natalis lui vaut de reposer en paix sans craindre les châtiments d'ou- 
tre-tombe : c'est ce qu'exprime en termes analogues, mais d'une manière plus 
explicite.une épitaphe deRcme (CIL, VI, 21846; Buecheler, Carm.e^zgr., 1165): 

Umbrarum secura quies, aniniaeque pioruni 
Landatae, colitis quae loca sancta Erebi... 

13 193 



Le mort, descendu jusqu'à Tartare, doit gagner de là un « pieux séjour » ou 
pour mieux dire le séjour des âmes pieuses, car c'est ainsi qu'il faut entendre 
pia sedes. Une épitaphe trouvée à Madaure même emploie une expression sem- 
blable à propos d'une femme : 

Hic sita, sed sedes meruit penetrare piorum, 

Elysios célébrât caro coniimcta marito. 

Nous avons traduit le dernier hémistiche : « car c'est ici que les défunts fes- 
toient ». On trouve exprimée l'idée que les morts dans les Champs-Elysées 
passent leur temps mollement étendus dans des prés fleuris, mais decurnbere ne 



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signifie pas seulement « se coucher» mais aussi ic se mettre à table ». Le mot semble 
avoir été choisi à dessein pour exprimer discrètement que Natalis, sectateur de 
Bacchus, participera au banquet des bienheureux (cf. supra, n°s 72-74). 

Publiée : Recueil ds la Société d'archéologie de Constantine, XLI, 1906, p. 422, n° 410. 
— CuMONT, Comptes rendus Acad. des Inscriptions, 191 2, pp. 151 et suiv. 

165. [A 1410.] Dédicace à tin pontife. Partie inférieure d'une 
base de calcaire, trouvée près des Thermes par M. Joly. 

Haut, oin^i; larg. et ép. 0^36; haut, des lettres 0^045. — Brisée au 
sommet. 



194 



Dans un encadrement rectangulaire, on lit l'inscription : 
...fl(amen),aedil(is),IIv(i)r, ] et Filicinia | Secura sa|cerdotes| 
Kapitoli(o) fi ilio ponti |fici. Locus ] d(a)tus d(ecreto)d(ecurionum). 

« (un tel) flamine, édile, duovir, et Félicinia Sécura, prêtres, à Capi- 
tolius, leur fils, pontife.; Emplacement donné par un décret des décurions. » 

La restitution de la première 
ligne, qui est mutilée, est due 
à M Paul Graindor. Le premier 
I devait surmonter le L dans 
aedilis, comme 1, 5 dans Kapitoli. 
— Le personnage dont le nom à 
disparu et qui avait exercé les 
deux plus hautes magistratures 
et une prêtrise municipales, est 
peut-être T. Clodius Loquella, qui 
d'après une autre inscription de 
Madaure (CIL, VIII 4681), cumula 
les mêmes charges avec celle de 
sacerdos Liheri. En effet, les sacer- 
dotes nommés dans notre dédicace 
son^ très probablement ceux de 
Bacchus, dont le culte était pra- 
tiqué par l'aristocratie de la cité 
(cf. n° 164) et était célébré à la 
fois par des prêtres et des prê- 
tresses (CIL, VIII, 4883). 

La base portait sans doute une 
statue élevée par ce prêtre et 
cette prêtresse de Bacchus à leur fils, pontife du culte des empereurs. Le monu- 
ment avait été placé sur un terrain public, le conseil municipal ayant accordé 
l'emplacement nécessaire. 

Publiée : Ballu, Bulletin aychéolopique du Comité des travaux historiques, 1906, 
p. 185. — Cagnat, Année épigraphique, 1907, n° 2. 

166. [A 1413.] Épitaphe cKrétieniie. Plaque de calcaire, 
décorée aux coins de patères et d'aiguières comme le n" 164. 

Haut. o™5i; larg. 0^45; ép. on^io; haut, des lettres o'no3. — Les deux côtés 
sont brisés et les coins supérieur droit et inférieur gauche manquent. 

A la partie supérieure, est gravé le monogramme du Christ. Au-dessous 
on lit, dans une guirlande de feuillage, l'inscription : 

Elia I Dativa Ma|xima in pace. | Ouater denos | et unum pia, 
I patiens, iiiode|sta, carpsit | annos. 

195 




« Élia Dativa Maxima (repose) en paix. Pieuse, patiente, modeste, elle 
cueillit quatre fois dix et une années. « 

Elia est pour Aelia. Le trait supérieur du T de Dativa est à peine indiqué et 
l'on pourrait \ïvç Daiiva, mais ce nom est inconnu, tandis que Dativus. Dativa 

sont des noms 
chrétiens bien 
connus. Qua- 
tre martyrs 
africains s'ap- 
pellent Z)rt/ if us 
(cf. Index des 
AA. S S., p. 
28 r). Maxima 
est un second 
cognomen (cf. 
no 163). Il ne 
faut pas ratta- 
cher cet adjec- 
tif à pace. 

La patère et 
l'aiguière rap- 
pellent les li- 
bations que les 
païens fai- 
saient sur les 
sépultures. Il 
est curieux de 
les trouver, 
conser\-ées par 
tradition, sur une tombe chrétienne. La guirlande ou couronne est la «couronne 
de vie » ((jTSoavoç Tr,ç ^co7;ç) qu'obtenaient les bienheureux (cf. n» 78). 




C. MACÉDOINE. 

167. [A 1309.; ÉpitapHe chrétienne. Plaque de 
marbre blanc trouvée, en octobre 1904, à Salonique, en creusant les 
fondations du nouvel hôpital municipal. Donnée au Musée par 
M. CuyperS; consul de Belgique, avec les n^^ 125-129. 

Haut. o'n4o; larg. 01025; ép. 0^035; haut, des lettres on»04. 

Domesti|cus posi|tus ad do(niinuni) | loan(nein) dat sol(idos) 
très et semis I pro memorium. 



196 



« Domesticus, enterré près du 
martyr Jean, donne trois solidi 
et demi pour son tombeau. » 

L, 4-5. Le solidus est, on le sait, 
une monnaie d'or, pesant 4 gr. 55 
(i8fr. 20). 

L. 6. Sur le sens de [X'/; j/,6p!.ov, 
usité presque exclusivement dans 
l'épigraphie de la Macédoine, voyez 
les n°* 128-129. 

« Domesticus avait payé 3 so- 
lidi 1/2 la concession d'une tombe 
sise à proximité de celle du martyr 
Jean : telle est en effet la traduc- 
tion exacte du mot dominus domnus 
dans la formule ad dominum quen- 
dain... La liste des nombreux mar- 
tyrs de Thessalonique [Acta Sanct., 
i^r juin. I, p. 48) en mentionne 
deux du nom de Jean » (Perdrizet). 
Sur l'usage qu'avaient les fidèles de 
se faire enterrer près des tombeaux 
des martyrs, voyez supra n° 140. 

Publiée : Perdrizet, Mél. arch. et hist. École franc, de Eome. XXV, 1905, p. 8g. 




D. SYRIE OU PALESTINE. 

168. [\ 1075.^ É'pitapHe d'tin soldat d*\ine 

coHorte syrienne. Dalle de pierre calcaire, trouvée selon le 
vendeur aux environs de Nazareth et provenant certainement de Pales- 
tine ou de Syrie. Acquise en 1903 par le Musée avec les n" 143, 144. 
Haut. o^SS; larg. o™55; ép. o'noo5; haut, des lettres o">05. 

Dans un cadre en relief, on lit l'inscription : 

D(is) M(anibus). \ C(aius) I(ulius) Ou|intus, miles | coh(ortis) 
III Fl(aviae) Hel(iopolitanorum?; P(iae?) Se(verianae?), vijxit 
annis XXX | militavit annjis VIIII. Castorijus Maximus, 
m|[il(es) coh(ortis) ei]usdem, [a]m|ico bene mere|nti posuit. 

« Aux dieux flânes. Caius Julius Ouintus, soldat de la cohorte III Fla- 
vienne des Héliopolitains, Pieuse, Sévérienne, vécut 30 ans, servit q ans. 



IQ7 



Castorius Maximus, soldat de la même cohorte, plaça (cette pierre) pour son 
ami bien méritant, » 

L'inscription, gravée négligemment, offre des particularités curieuses dues 
à ce qu'vm lapicide ignorant le latin a mal reproduit le modèle qu'on lui avait 

fourni. C'est ainsi 
que tous les S ont 
la forme de P. 

L. 2-3. Le N a été 
dissocié en A l et 
le M en A A. De 
même. 1. 5, N de- 
vient Al et, 11. 9-10, 
A M a été décom- 
posé en M \ , le A 
étant rejeté à la 
ligne suivante. — 
L. 7. Au début L 
estpourletVIIIII 
pourVJIIL— L.io. 
C remplace un O. 

L. 4. J'avais res- 
titué coh(ortis) III 
Fl(aviae) Hel(ve- 
tiorum), mais la 
conjecture de 
M. Clermont-Gan- 
neau Hel(iopolita- 
norum) semble pré- 
férable. Il serait 
surprenant de trou- 
ver une cohorte 
d'Helvètes canton- 
née en Palestine, 
tandis qu'Héliopo- 
lis (Baalbek) était 
voisine du lieu où 
ce monument a été 
découvert. — Les 
surnoms de ce corps de troupe sont douteux. M. Clermont-Ganneau restitue 
p(iae) f(idelis) : « Je crois que le troisième avant-dernier signe n'est pas un 
S, mais un signe d'abréviation analogue à celui qu'on voit aux lignes i et 2,1e E 
qui le suit a son trait inférieur assez court pour qu'on puisse y voir le pied un 
peu accentué d'un F». Il me paraît plus probable qu'après le Pde p(iae) le lapi- 
cide a écrit une sorte de S, au lieu du signe P dont il se sert ailleurs pour cette 




198 



lettre, et qu'il faut lire Se pour Sev, le V ayant été omis devant celui de vixit. 
L'inscription daterait donc du iii^ siècle, ce qui convient bien à la forme des 
caractères. 

La cohorte III d'Héliopolitains — comme d'ailleurs la cohorte III d'Helvètes 
— est jusqu'ici inconnue et ce texte apporte donc un renseignement intéres- 
sant pour l'histoire de l'armée romaine. 

CleRmont-Ganneau, Recueil d'w'chéologie orientale, VI, 1905, pp. iggetsuiv. 



199 



TROISIÈME PARTI E 

MONUMENTS GALLO-ROMAINS 



SCULPTURES ET INSCRIPTIONS 



MONUMENTS GALLO-ROMAINS 



169. [B204.] Base portant les figures de quatre 
dieux. Base cubique de grès jaunâtre, envoyée de Vieux- Virton 
avant l'année 1711, au baron de Crassier, à Liège, transportée plus 
tard à Maestricht et achetée par le Musée, en 185 1, à Am. Schaepkens. 

Haut. o™62; larg. et ép. o™6o. — Sans restaurations. Les mutilations sont 
nombreuses. 

Sur chacun des côtés de ce dé, est sculptée en bas-relief, dans un champ 
légèrement concave entouré d'un encadrement plat, l'image d'une divinité 
vue de face : 

A. Personnage barbu (Jupiter), debout, la main droite élevée appuyée sur 
un sceptre, tandis que la gauche abaissée tient le foudre. Il n'a d'autre vête- 
ment qu'un manteau qui pend derrière le bras gauche en phs symétriques. 





B. Femme (Minerve), vêtue d'une tunique qui tombe jusqu'à terre et 
d'un manteau qui, passant sur l'épaule gauche, s'enroule autour des hanches. 
Sa main droite élevée s'appuie sur une lance, la gauche abaissée tient le bord 



203 



d'un bouclier rond, posé sur le sol. Elle porte sur la poitrine une tête de 
Gorgone, autrefois suspendue à l'égide qui a dispai-u.^^Le bras droit et 
le visage sont mutilés. 

C. Personnage robuste, le torse nu (Hercule), qui tient une peau de 
lion rejetée sur son bras gauche replié et saisit de la main droite une 
massue, posée à terre, fort endommagée. Toute la moitié inférieure du 
dieu a beaucoup souffert. La tête a disparu. 





D. Déesse vêtue d'une longue tunique nouée à la ceinture, qui paraît 
s'avancer ou plutôt voler les deux pieds rapprochés. La rapidité de son mou 
vement fait flotter derrière elle les plis de son vêtement. De la main droite 
étendue, elle tient une courte torche enflammée et de la gauche un second 
flambeau plus long. La tête est brisée. On reconnaît d'ordinaire dans 
cette figure Cérès. 

Ce monument était travaillé en deux pièces superposées, aujourd'hui 
disjointes. La tranche supérieure (haut. o'"i3) est percée d'un trou rond de 
o™32 de diamètre. Le bloc inférieur est plein. 

Ces monuments décorés de quatre figures de divinités ont été découverts, 
en grand nombre, dans la Germanie supérieure et la Gaule septentrionale ; ils 
apparaissent aussi sporadiquement dans d'autres régions. On a cru long- 
temps que c'étaient des autels, et la cavité qui occupe le centre de notre dé 
sculpté a été expliquée comme devant servir de foyer. Il est aujourd'hui démon- 
tré que ces « pierres à quatre dieux >■> sont des piédestaux destinés à supporter 
des colonnes dont le couronnement était formé par un groupe de Jupiter à 
cheval foulant un géant aux pieds de sa monture. Il n'est pas douteux qu'il en 
ait été de même de notre base, dont le sommet est évidé. La cavité circulaire 
qui V est creusée a servi à emboîter le pied de la colonne. D'ailleurs un frag- 



204 



ment d'un groupe du géant et du cavalier trouvé à Majeroux, près de Virton, 
est conservé aujourd'hui au château de Rolley, prèsdeBastogne, etlemusée du 
Cinquantenaire en possède un moulage (cf. Annales Société archéol. de Bruxelles, 
XXIV, 1911, pp. 485 et suiv.). Cf. n° 172. 

La signification des « colonnes au géant » ou « colonnes à l'anguipède ». à pro- 
pos desquelles on a publié toute une littérature, reste toujours controversée. 
Les archéologues ont invoqué pour les expliquer le secours de toutes les mytho- 
logies, celtique, germanique, grecque et orientale. Ainsi, certains y ont vu et y 
voient encore la colonne qui, suivant les croyances germaniques, supportait 
le monde, et le dieu cavalier serait Jupiter conçu comme maître du ciel 
(Fr. Hertlein, Die Juppitergigantensaûlen, Stuttgart, 19 10). L'opinion qui nous 
paraît la plus probable est celle qui considère ces colonnes comme des monu- 
ments votifs élevés à la gloire des empereurs divinisés : Jupiter écrasant les 
géants serait l'image des Césars vainqueurs des Germains (cf. Annales Société 
archéol. de Bruxelles, XXIV, 191 1, p. 487, et, tout récemment, Espéraxdieu, 
Revue archéol., 1912, II, pp. 211 et suiv.) 

Les Viergôttersteine ont été étudiées par H.\ug, Westd. Zeitschr. fur Gesch. 
und Kunst. t. X, 1891, pp. 9 et suiv., 125 et suiv., 295 et suiv. Cf. aussi Hett- 
'S'E.R,Die Steindenkmâler des Provinzialmus. zu Trier, 1893, P- ^i- ^"^ -5 et suiv. 

B"" DE Crassier, Corres/jcwrfawce, p. 21, n" 3; Le«>rs inédites, p. 12. II (duqoctobre 
1715), cf. 4 et 5 {lll)\ Séries numismatum, i72i,p. 357, n° i. ^ — Mon"tf.\ucox, Anti- 
quité expliquée, t. 11, ijig, -ç. 427, pi. CXCXII, n" I ; ci. Supplément, t. II, p. 225. 
— D'après lui : Schoepflin, Alsaiia illustrata, t. I", 17.51, p. 485. — Leclère et 
Ga\'eav , Archéologie ctlto-romaine de l arrondissement de Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or), 
Paris, 1840, pi. VI, fig. 3 et p. 27. — Schayes, Catalogue, p. 85, n° 732. — Juste, 
Ca<a/o^2<e, i''^éd., p. 158. S, 2;2^ éd., p. 167. — Haug, loc. cit., -p. 134, n° 155. — Espéran- 
DiEv, Bas-reliefs de la Gaule, t. V, n" 4130. — I-eclère et Gaveau donnent ce monument 
comme découvert à Semond (Côte-d'Or), et ils disent, p. 27 : « Montfaucon ne désigne 
pas ce morceau comme venant de Semond », mais « Court e-Épée, historien de la Bour- 
gogne, l'indique comme venant de cette localité. » Je n'ai pas retrouvé dans Courté- 
pée {Description du duché de Bourgogne, Dijon, 1768 et suiv., 7 vol.), le passage auquel 
il est fait ici allusion et je soupçonne quelque confusion. Le baron de Crassier, dans une 
lettre à Montfaucon du 9 octobre 1715, dit simplement de cette base et de nos n°^ 170-1 : 
« Tout cela m'a été envoyé du pays de Trêves »; et dans son catalogue il précise : in 
agro Trevirensi eruta fuere, Leodiumque inde avecta. Par une réticence habituelle 
aux collectionneurs, Crassier n'a pas voulu indiquer l'endroit exact où avaient 
été découverts ses tré.sors. Nous savons que les trois morceaux de sculpture cités ci- 
dessus ont été mis au jour à Vieux- Virton, par une lettre adressée à l'antiquaire lié- 
geois par l'historien allemand Schannat.le 3 août 1711 (L Halkin, Bulletin Société d'his- 
toire du diocèse de Liège, XIV, 1903, n» i ; cf. Bulletin des Musées Royaux, III, 1903, 
p. 10.) Vieux- Virton appartenait au diocèse de Trêves et à l'ancien pays des Trévires. 

170. [B 205.] Reste d'tine base semblable. Bloc de 
grès blanchâtre envoyé de Vieux-Virton au baron de Crassier avec le 
numéro précédent. Acquis par le Musée en même temps que ce dernier. 

Haut. 0^78; larg. et ép. o^^^a. — Sans restaurations. 

205 



Sur les quatre faces de la pierre, dans une niche peu profonde, se tenait 
debout iTue ligure sculptée en bas-relief : 

A. Un personnage barbu (Jupiter), vêtu d'un manteau qui passe sur 
l'épaule gauche et entoure les hanches en couvrant la partie inférieure du 
corps, appuie la main gauche élevée sur un sceptre; la droite est brisée 

jusqu'au-dessus du coude ; 
le visage est mutilé, la 
tête paraît avoir été en- 
tourée d'une couronne de 
chêne. 

B. A gauche : un jeune 
homme (Apollon), dont 
l'abondante chevelure des- 
cend en boucles sur les 
épaules, est debout, la 
main gauche appuyée sur 
une lyre (aujourd'hui in- 
complète), qui repose sur 
un socle, et le bras droit 
ramené vers la tête et en- 
N'eloppé dans un manteau 
dont les plis tombent le 
long du corps. L'abdomen 
et le haut des cuisses sont 
mutilés, ainsi que le vi- 
sage et les pieds. 

C. Du troisième personnage il ne subsiste que des restes indistincts de 
la tête et des épaules. 

D. Le quatrième personnage a entièrement disparu. 

On remarque au sommet de la pierre une entaille profonde, qui doit avoir 
servi à fixer un tenon. 

Au temps de Montfaucon, ce monument était mieux conservé qu'aujour- 
d'hui. On voyait encore, sur le troisième côté, «Mercure avec le caducée et 
des ailes à la tête et aux pieds » et sur le quatrième « Hercule portant sur 
l'épaule la peau du lion et s'appuyant de la main droite sur sa massue ». 
Cet antiquaire n'a cependant pas reconnu Jupiter, qui est pour lui « un 
dieu qui porte une couronne radiale et qui tient une pique », ce qui peut faire 
naître quelque doute sur l'exactitude de son dessin. 

Sur la destination des « pierres à quatre dieux >>, voyez la note au numéro pré- 
cédent. 




206 



G. DE Crassier, Correspondance et Lettres inédites, lac. cit. (au n° i) et Séries numis- 
matum, p. 357, n» 2. — B. de Montfaucon, op. cit., pi. CXCXII, n» 2. — Schoepfiin, 
loc. cit. — ScHAYES, Catalogue, p. 85, no 733. — Th. Juste, Catalogue, V^ éd., p. 158 
S, 23; 2» éd., p. 167. — Haug, Westd. Zeitschr., X, 1891, p. 134, n° 156. — Espé- 
RAiiT>iEV, Bas-reliefs delà Gaw/e, t. V, n° 4137. — Sur la provenance, cf. la note au n» 169. 

171. [B 206 c] L-e soleil et son Quadrige. Fragment 
de bas-relief, trouvé à Vieux- Virton, avant l'année 171 1 et trans- 
porté, avec les numéros précédents, dans la collection de Crassier, à 
Liège, plus tard à Maestricht. Acquis par le Musée, en 1851, d'Am. 
Schaepkens. 

Haut. o™58, larg. omôi, ép. o°»i5. — Sans restaurations. La tête d'un des 
chevaux et les sabots des autres ont disparu ; les rênes étaient sans doute indi- 
quées en couleur. La surface de la pierre est endommagée . La bordure de droite 
et le coin droit supérieur manquent. 

Dans une niche cintrée, on aperçoit un char traîné par quatre chevaux 
lancés au galop 
vers la droite. 

Sur le char se ^^ 

tient, penché en 
avant, un jeune 
homme vêtu d'un 
simple manteau, 
qui flotte derrière 
ses épaules. Sa 
tête est entourée 
d'un nimbe orné 
de huit rayons. 
Il tient de la 
main droite un 
fouet et de la 
gauche les rênes 
de l'attelage. Tra- 
vail médiocre. 

Le type d'Hé- 
lios sur son qua- 
drige, que l'art 
grec a vulgarisé 
dès une époque 

fort ancienne, a été fréquemment reproduit par les sculpteurs des provinces gau- 
loises, notamment sur les monuments du culte de Mithra {cf. supra, n*^ 58 et suiv.) . 




207 



Peut-être notre fragment mutilé a-t-il fait partie de quelque composition 
de cette espèce, mais les circonstances de la découverte sont peu favorables à 
cette hypothèse. Le culte du Soleil devint général à la fin du paganisme, 
quand la théologie considéra l'astre du jour comme le dieu principal du 
panthéon romain. 

Reproduit par B. de Montf.wcon, Antiquité expliquée, t. I, 1719, pi. LUI, 4, cf. 
p. 118, qui met dans la main gauche du dieu « un bâton court comme un bâton de com- 
mandement ». — EsPÉRANDiEU, Bas-reliefs de la Gaule, t. V, n° 4138. — Mentionné, en 
171 1, dans une lettre de Sch.^nnat (cf. supra, n° 169). — Décrit : G. de Crassier, Séries 
numismatum antiquorum, etc., 1721, p. 357, n'' 3; cf. Correspondance, p. 21, n° 3; 
Lettres inédites, p. 12, II (9 octobre 1715). — Schayes, Catalogue, p. 85, n° 73. — 
Th. Juste, Catalogue, i""^ éd., p. 139, I, 10; 1^ éd., p. 147. 

172. [B 1457.] Piédestal décoré des images de 
ciliQ divinités. Bloc de grès, autrefois placé sous le maître-autel 
de l'église de Messancy (province de Luxembourg), démolie en 1848, 
puis dans le parc de M. de Mathelin à Messancy. Acquis par le Musée 
en 1908. 

Haut. o™8o; larg. et ép. o^^^j. — Sans restaurations. 

Les quatre faces sont décorées de figures encore bien reconnaissables : 

A. Apollon assis sur un rocher, le torse nu, le bas du corps enveloppé dans 
im manteau, dont un pan retombe entre ses jambes. Les boucles de sa 
longue chevelure se déroulent sur ses épaules. La main droite s'appuie sur 
le rocher, la gauche tient la lyre, qui repose sur la jambe du dieu. 

B. A droite : Mercure vêtu d'une chlamyde agrafée sur l'épaule droite 
et retombant derrière le dos. Il porte de la main gauche le caducée, appuyé 
contre l'épaule et, de la droite abaissée, une bourse 

A gauche : Vénus, dont l'opulente chevelure se déploie en longues boucles, 
tient de la main droite abaissée et de la gauche élevée les bords de son man- 
teau, dont un pli passe sur le bras gauche. Elle est censée découvrir au spec- 
tateur la beauté de ses formes (cf. n^ 173 a). 

C. Junon assise, vêtue d'une tunique dont les manches descendent jusqu'au 
coude et d'tm ample manteau qui, passant derrière les épaules, recouvre 
le bras gauche et se masse en larges plis sur les genoux. La main droite 
tenait une patère, la gauche est brisée. Dans l'angle supérieur de gauche, 
est perché un paon, l'oiseau sacré de la déesse. 

D. ^linerve debout, vêtue d'une longue tunique sur laquelle est jeté son 
manteau. De la main dioite élevée, elle retient sa lance, fichée en terre; de la 
gauche abaissée, elle saisit le bord d'un bouclier posé sur le sol. La chouette, 
qui lui est consacrée, est perchée sur son épaule gauche, et à sa droite 
sur un autel, est posé un casque à cimier élevé. 

208 







■v-t^iKMM'-^nfmfa 



M 



-C. 



La face supérieure de la pierre, qui est plane, est percée en son milieu d'une 
rainure profonde, destinée à recevoir le tenon qui fixait le bloc superposé à 
ce piédestal quand la « colonne au géant » était complète. 

Il n'est pas douteux, en effet, que ce piédestal, comme les n^s 169 et 170, ait 
servi de base à une « colonne au géant ». On ne connaît pas moins de quinze 
bases semblables trouvées dans le Luxembourg belge, qui faisait partie de 
l'ancienne cité des ïrévires, et deux dans le pays des Tongres (à Berg : 
Halkin, Bulletin deVInst. archéol. Zzégeozs, XLI, pp. 223 et suiv.;àMaestricht : 
Renard-Grenson, Chronique archéologique du pays de Liège, 31 mai I9i2,pp. 86 
et suiv.). Certainement aucun monument du paganisme n'a été reproduit avec 
une pareille fréquence sur notre sol, et ce groupe de sculptures offre ainsi un 
intérêt capital pour l'étude des croyances de nos ancêtres gaulois. 

Publié : WiLTHEiM, Luciliburgensia, publiés par Neyen, 1842, fig. 466-468 et p. 320. 
— SiBENALER, Annales de l'Institut archéologique du Luxembourg, t. XX, 1888, pp. 135 
et suiv. — Cf. Haug, Westdeutsche Zeitschrift fur Gesch. und Kunst, t. X, 1891, p. 147, 
no 183. — Fr. Cumont, Compte rendu de la fédération archéologique et historique de 
Belgique, XXI^ session, Liège, 1909. — Espérandieu, Bas-reliefs de la Gaule, t. V, 
n° 4134 

173. [B 206]. Moitié d'un piédestal avec des 
figures de divinités. Bloc de pierre calcaire blanche, 
trouvé en « labourant la terre » à Les-Fontaines, entre Maubeuge et 
Avesnes, pendant l'automne de l'année 1725. Envoyé au baron de 
Crassier, à Liège, il passa plus tard, avec une partie de sa collection, 
à Maestricht et fut acquis par le Musée en T851. 

Haut. 0^98; larg. 0^53 ;ép. 0^28. — Sans restaurations. 

A. Face antérieure. Dans une niche, sous une sor+e de conque, striée de 
lignes divergentes et dont la forme ne peut être mieux comparée qu'à la 
moitié d'un parasol, se tient debout une figure féminine, qui ne peut être que 
Vénus. Sa chevelure nouée en chignon vient toucher le sommet de cette 
sorte de dais et deux boucles légères retombent sur ses épaules Des deux 
mains, elle écarte son manteau garni de franges et découvre ses formes plan- 
tureuses. Ses pieds sont chaussés de sandales : l'un s'appuie sur le sol, tan- 
dis que l'autre est posé sur un tabouret, et l'inclinaison de la jambe droite, 
légèrement pliée, fait saillir la hanche opposée. A la gauche de la déesse, se 
dresse un autel circulaire, sur lequel elle appuie la main, tout en tenant le 
bord de son manteau. 

B. Côté gauche. A la partie supérieure d'un tableau rectangulaire, un jeune 
homme, vêtu seulement d'un manteau qui flotte sur ses épaules, s'avance 
rapidement vers la droite. Il tient à deux mains une sorte de crosse recour- 
bée, peut être un caducée ; son pied gauche vient se poser sur une colonne 

210 



ou un autel circulaire; sa jambe droite a disparu et son visage est mutilé. 
Au pied de l'autel, un chien, avec un collier au cou, est accroupi et lève 
la tête vers le dieu qui paraît fuir. A côté de celui-ci, on reconnaît les restes 
d'un second personnage plus grand que le premier qui occupait le milieu 
du tableau. Il ne substiste de lui que le bras et la jambe gauches avec une 





portion du torse. Il semble avoir été assis sur un siège et sa main gauche 
élevée se tend vers son compagnon, comme pour lui ravir l'objet qu'il 
emporte. A ses pieds, on distingue les traces de quelque autre représentation 
méconnaissable. 

C. Côté droit. Une femme, dont le côté droit est seul conservé, est debout 
sous une conque analogue à celle qui occupe le sommet de la face antérieure. 
Elle est vêtue d'ime longue robe, qui descend jusque sur son pied droit, rejeté 
«n arrière, et avait la tête couverte d'un voile, dont les plis retombent encore 
sur l'épaule et sur le bras. Elle abaisse la main, vers une urne allongée ou 
une aiguière (praefenculum) , dans laquelle elle paraît verser le contenu 



211 



d'une patère. Sur son bras, est perché un oiseau à longues pattes et à lont^ue 
queue en éventail, sans doute lin paon, l'oiseau consacré à Junon. 

La face postérieure a entièrement disparu. 

La scène du côté gauche, qui n'offre d'analogie avec aucune représentation 
qui me soit connue, paraît empruntée à la mythologie celtique, et nous devons 
reconnaître dans les déesses figurées sur les deux autres faces des divinités gau- 
loises sous un déguisement romain, déguisement d'ailleurs incomplet, car le type 
de ces compositions offre beaucoup de particularités étranges. Ce monument 





remarquable, qui occupe parmi les « pierres à quatre dieux » une place toute 
spéciale, mériterait qu'on lui consacrât une étude détaillée. Je me bornerai à 
noter que le dais étrange, qui couronne les deux déesses et qui semble être une 
représentation conventionnelle de la voûte céleste, se retrouve sur certains bas- 
reliefs des déesses-mères (infra, n» 194; cf., par exemple, Roscher, Lexik. 
Mythol., t. II, 2470, lîg. 2.) Il ne faudrait donc pas y voir la coquille d'où 
sortit la déesse marine. 

Le petit village où ce monument et les suivants ont été mis au jour a fourni 
d'autres antiquités. 1^' Annuaire statistique du département du Nord, 1837, p. 4g, 



212 



menticnne la découverte à Les Fcntaines d'une tombe romaine et d'après un 
renseignement recueilli sur place, que m'a communiqué naguère Norbert 
Hachez, d'autres tombeaux y auraient été exhumés en iSqy. 

G. DE Crassier, Correspondance, p. 49,11° ^^i Lettres inédites, p. 4^,11° 'K'K{duiga.vnl 
1726), cf. nos 24 et 35 (n" XXI) et Séries numismatum , Additam., p. 8, n° 2. — Montfau- 
con avait reçu de ce piédestal un dessin qu'il paraît n'avoir jamais utilisé. M. Hal- 
kin l'a retrouvé parmi ses papiers découverts à la Bibliothèque Nationale (nouv. fonds 
lat., 11917, f° 12; cf. i° II). A l'époque où ce dessin a été exécuté, le côté gauche paraît 
avoir été moins endommagé qu'aujourd'hui. Nous le reproduisons d'après une phcto- 
graphie que M. Omont a bien voulu faire prendre pour nous. Le personnage qui fuit 
tient un caducée et c'est manifestement une femme qui est assise au-dessous de lui. — 
ScHAYES, Catalogue, p. 85, n^ 73^. — Th. Juste, Catalogue, i^e éd., p. 158, S, 4; 
2^ éd., p. 167. — Haug, Westd. Zeitschr. fur Gesch. und Kunst, t. X, 1891, p. 135, n» 157 
(qui donne par erreur comme provenance Trêves). — Espérandieu, Bas-reliefs de la 
Gaule, t V, n° 3987. 

174* [B206B.] Tambotirjde colonne avec une 
cène bacl\icttie. Cylindre de pierre calcaire blanche 



scène bacl\i 



le, trouvé, 





«sur la fin du printemps 1726, au même endroit » que le numéro 
précédent. Comme celui-ci, il provient de la collection Crassier et a 
été acquis par le Musée en 1851. 

Haut. 0^84 ; diam. 0^40. — Sans restaurations. 

213 



La surface de la pierre, qui est certainement un tambour d'une ancienne 
colonne, est toute couverte de pampres entrelacés. Sur ces rinceaux, se 
détache d'un côté une bacchante nue, qui bondit la tête rejetée en arrière, 
les cheveux épars. Elle porte de la main gauche le thyrse et, de la droite 
élevée, elle se verse dans la bouche le contenu d'une corne ou d'un rython. 
Derrière elle, vole un amour ailé, qui, de la main droite, soutient une corbeille 
remplie de raisins posée sur sa tête et, de la gauche étendue, tient quelque 
objet indistinct. Sous ses pieds, on voit un petit quadRipède semblable à 

un lapin , qui grignotte une grappe de rai- 
sins. Lors de la découverte du bas-relief, on 
reconnaissait encore divers autres animaux 
à demi cachés dans les sarments de la vigne. 
Aujourd'hui, la moitié environ de la péri- 
phérie de cette colonne est complètement 
fruste. A la surface supérieure, un trou a 
servi à fixer par un tenon le tambour 
superposé. 

Si l'on se rappelle que les « pierres à quatre 
dieux » ont souvent supporté des colonnes sur- 
montées des statues de Jupiter (cf, supra, 
no 169), il semblera certain que ce tambour est 
un second débris du monument dont le nu- 
méro précédent, découvert au même endroit 
et sculpté dans la même sorte de pierre, for- 
mait la partie inférieure. On a trouvé à 
Neuenheim, en Germanie, une colonne entière 
décorée, comme notre fragment, de rinceaux 
de pampres, qui était certainement posée, 
comme lui, sur un piédestal cubique décoré 
de quatre figures de divinités (cf. mes Mo- 
num. relat. aux niyst. de Mithra, t. II, p. 508, mon. 245 /, et fi.g. 462). 

Il n'est pas sans intérêt de noter qu'une troisième pierre, qui n'est pas entrée 
ou du moins ne se trouve plus au musée de Bruxelles (cf. préface), a été mise 
au jour avec les deux bas-reliefs précédents. Elle est décrite comme suit par 
le B°" DE Crassier (Smes num., Addit., p. 7, n» 3; cf. Corresp., p. 51, n» i; 
Lettres inédites, p. 46) : Lapis 21/2 pedibus altus aquilam, lovis signum, orhi 
insistentem exhibât, capite tamen deperdito. Elle se trouvait au Musée de la 
Porte de Hal au moment où Th. Juste rédigea son Catalogue (2^ éd., i, 13) : 
« Bas-relief représentant un aigle, les ailes déployées. Peut-être ce groupe fai- 
sait-il partie de la décoration de la colonne. — Le dessin en est conservé dans le 
manuscrit de Paris déjà cité (Lat. 11917, f° 11). Dans un encadrement rectan- 
gulaire, on voit un aigle éployé, sculpté en relief, perché sur une sphère coupée 
par deux méridiens. Nous reproduisons ce dessin d'après une photographie qu'a 




214 



bien voulu faire exécuter pour nous M. Omont. Ce bas-relief est probable- 
ment une représentation symbolique du Ciel divinisé. On a découvert dans un 
mithréum d'Heddernheim une figure semblable accompagnée de l'inscription 
Celum (cf. Mon. myst. de Mithra, t. II, fig. 289 mon. 253 7, 3°). 

G. DE Crassier, Correspondance, p. 51,0° 36 (du 31 juillet 1726) et Séries numismatum, 
etc., Additamenta, p. 7, n" i. — Schayes, Catalogue, p. 85, n° 736. — Th. Juste, Cata- 
logue, i^^ éd., p 139, I, 9; 2^ éd., p. 147. — Espérandieu, Bas-reliefs de la Gaule, t. V, 
n° 3q88 

175- [B 15.] Morceati d'un piédestal sculpté. 

Fragment de grès jaunâtre, trouvé, en 1843, près de Virton (Luxem- 
bourg), à l'endroit dit Majeroux, en même temps que le numéro 
suivant. Entré au Musée en 1843. 

Haut. o™25; larg. o™26; ép. o™i6. — Sans restaurations. 

Partie supérieure d'un piédestal qui était orné de bas-reliefs sur les quatre 
faces. Sur chacune d'elles, une niche cintrée, creusée dans un encadrement 
rocheux, conte- 
nait l'image 
d'une divinité. 
Le buste de trois 
de ces dieux est 
plus ou moins 
complètement 
conservé : a) tête 
imberbe, h forte 
chevelure, le 
front surmonté 
d'une sorte de 
corne, peut-être 
un Apollon ; 
bj jeune homme 
imberbe (Mercu- 
re) tenant de la 

main droite un caducée dont l'extrémité subsiste ; c) tête barbue très 
endommagée (peut-être un Hercule). Le quatrième côté a disparu. A la 
surface supérieure de ce piédestal, on remarque une saillie de la pierre, 
qui semble être un reste de la statue qu'il supportait. 

Sur les « pierres à quatre dieux », voyez plus haut, n" 169. 

Roulez, loc. cit. (au numéro suivant). — Schayes, Catalogue, p. 95 .n» 242. — Th. 
Juste, Catalogue, i^e éd., p. 159, S, 7; 2e éd., p. 169. — Espérandieu, Bas-reliefs de 




215 



la Gaule, t. V, n° 41 31. — Le Musée possède une série de petits objets de bronze, 
terre cuite, etc., provenant comme ce monument de Majeroux. Ils sont énumérés par 
ScHAYES, Catalogue, pp. 94 et suiv., n"» 215-242. 

176. [B 14.] É^dictile avec l'image d*tin dieu. 

Monument de grès jaunâtre (pierre de Differdange) , trouvé et acquis 
en même temps que le numéro précédent. 

Haut. o"i49; l-irg. o™2o; prof. o^zq. — Sans restaurations. 

Ce monument figure un petit temple ou un édicule. Quatre pilastres 
pseudo-doriques, placés aux angles, supportent un entablement en ressaut 

surmonté d'un fronton. Le toit est 
couvert de tuiles plates simulées 
par des losanges. I-es deux parois 
latérales et la facefpostérieure sont 
lisses. 'Sur la face antérieure, entre 
les deux pilastres, s'avance un per- 
sonnage masculin entièrement nu, 
tenant à deux mains un voile qui 
flotte au-dessus de sa tête. Cet 
édicule était fixé sur un piédsstal 
au moyen de crampons, comme le 
prouvent deux trous, dont l'un est 
encore rempli de plomb, forés 
dans la plinthe des deux côtés. 

Le sexe indubitable de la divinité 
qui occupe l'édicule empêche d'y 
l'econnaître une Vénus faisant flot- 
ter son voile. Peut-être ce personnage 
fîgure-t-il un Jupiter-Caelus.Ce dieu, 
dont le culte se répandit dans l'em- 
pire romain au début de notre ère, 
est d'ordinaire représenté tenant au- 
dessus de sa tête son manteau enflé, 
dont la courbure est l'image de la 
voûte céleste (cf. Pauly-Wissowa, 
Realencyclopâdie , s. v° « Caelus », 
t. III, p. 1277, et R. voN Schneider, 
Arch.-epigr. Mitt. aus Oest.. t. XVIII, 
1895, p. 185, note. cf. supra p. 215. 

Roulez, Bulletin de l'Académie royale de Bruxelles, t. X, 2, 1843, p. 416. — 
ScHAYES, Catalogue, p. 95, n° 241. — Th. Juste, Catalogue, i^e éd., p. 159, S, 6; 2^ éd., 
p. 168. — EspÉRANDiEU, Bas-reliefs de la Gaule, t V, no 4133. 

216 




177. [B 748.] Statuette d'É'POna. Fragment de grès jau- 
nâtre, trouvé à Êlouges (Hainaut), en 1877, dans le sous-sol d'une 
construction romaine; autrefois dans la collection Debove, acquise par 
le Musée en 1889. 

Haut. o^i']\ larg. o™i8; ép. env. o™io. — Sans restaurations. La tête, les pieds 
et l'avant-bras droit ont disparu. L'avant-train du cheval est brisé. 

Une femme est assise sur un trône à dossier élevé. Elle est vêtue d'une 
longue robe nouée à la ceinture et d'un ample manteau qui lui couvre les 
épaules et dont les pans sont' 
ramenés entre ses genoux. Elle 
porte sur ceux-ci une corbeille 
ou patère contenant des fruits 
(ou des pains), que vient flairer 
un poulain. La main gauche de 
la déesse caresse le front de 
l'animal, dont la tête et le cou 
sont seuls conservés. — Travail 
d'atelier assez habile; le revers 
n'est qu'épannelé. 

Cette figure offre le t\'pe carac- 
téristique des images d'Épona. 
Elle présente notamment la plus 
grande ressemblance avec une 
statuette de marbre trouvée à 
Rome, qui montre cette divinité 
assise, caressant deux poulains 
(RoscHER, s. v°, col. 1290; S. 
Rbinach, /oc. c//., p. 42, no 72). 
Épona était chez les Gaulois la 
déesse tutélaire des chevaux et en 

général des bêtes de somme. Adorée dans tous les pays celtiques, elle fut de 
bonne heure adoptée par les Romains. Elle était spécialement honorée non seu- 
lement par les gens d'écurie, éleveurs, cochers, palefreniers et muletiers, mais 
aussi par les soldats de la cavalerie romaine, qui contribuèrent beaucoup à la 
diffusion de son culte (cf. Peter dans Roscher, Lexihon der Mythologie, s. v«> 
« Epona », t. \, col. 186 et suiv., et surtout Salomon Reinach, Épona, la déesse 
gauloise des chevaux [extrait de la Revue archéogique], Paris, 1895) . 

Debove, Annales du Cercle archéologique de Mom5, t. XV, 1878, p. 581 et pi. IV, 
fig. 7- — S. Reinach, Revue archéologique, 1898, II, p. 198. — Espérandieu, Bas-reliefs 
de la Gaule, t V. n°3992. 




217 



17Ô. [B 191.] Dédicace à la déesse NéKalennia. 

Édicule de calcaire grisâtre, trouvé (sans doute le 5 janvier 1647) sur 
la plage de Domburg, dans l'île de Walcheren, avec une série d'autres 
analogues. Donné en 1781 à l'Académie de Bruxelles par Van de 

Perre, ministre des 
Provinces - Unies, 
transporté à Paris en 
I795,restituéeni8i4, 
il fut déposé au Musée 
d'antiquités en 1848. 

Haut. 0^68; larg. à la 
base, o'"33; ép. o™20. — 
Sans restaurations. 

Sous un édicule, 
formé par deux pilas- 
tres corinthiens, qui 
supportent un fronton 
triangulaire terminé 
par deux coussinets, 
une femme, couverte 
de longs vêtements, est 
assise sur un trône sans 
dossier. Elle tient sur 
les genoux une corbeiUe 
de fruits. A sa dioite, 
est accroupi un chien, 
dont la tête est brisée ; 
à sa gauche, est placé 
un grand panier rempli 
de fruits. Les deux cô- 
tés du monument sont 
ornés d'acanthes. Par 
devant, une inscription est gravée sur la base élevée de l 'édicule : 
Deae Neha|lenniae '|,T(itus) Calvisius | 
Secundinus [ ob meliores actus. 

« A la déesse Néhalennia, Titus Calvisius Secundinus, à cause des 
meilleures affaires (qu'elle lui a fait faire). » 

Néhalennia était une divinité celtique ou germanique de l'Abondance qui 
présidait en particulier au commerce et à la navigation. Un négociant en 




ri~-v;^5^ 




218 



poterie d'Angleterre lui a consacré, à Domburg, un monument pour la remer- 
cier d'avoir fait parvenir à bon port ses marchandises (CIL, XIII, 8794 : 
Ob merces recte conservatas... negotiator cretarius Britannicianns). Notre 
dédicace naïve rappelle, en termes moins clairs, quelque effet analogue de 
la protection de la déesse. — Sur Néhalennia, cf. Ihm dans Roscher, Lexikon 
der Mythol., t. III, 1898, s. v°, qui donne toute la bibliographie relative à 
ce sujet. 

Sur la découverte : cf. Vredius, Hisioriae comitum Flandriae libri II, Bruges, 1650, 
Add., pp. 44 et suiv. (on ne voit pas clairement si notre monument est un de 
ceux cités par le chroniqueur). — Sur le don à l'Académie : du Chasteler, Mé- 
moires de l'Académie de Bruxelles, t. V, 1783, p. 73 avec planche. — Le Xoir, Des- 
cription des sculptures du Musée des monuments français, t. I, 1800, p. 137, n° 423 
et-p^-'^^^ll^ . et Mémoires de V Académie celtique, t. I, 1807, pp. 176 et suiv., pi. IV, n» 6; 
cf. t. IV, 1809, p. 7. — Orelli, Inscr., t. I, n° 2030. — Janssen, De romeinsche beelden 
van Zeeland, Middelbourg, 1845, p. 67 et pi. XV, 28 a è c (bonne reproduction des trois 
faces). — ScHAYES, Les Pays-Bas sous la domination romaine, i^^ éd., t. II, p. 268; 
2^ éd., t. II, 1858, pp. 483 et suiv.; Catalogue, p. 100, n» 289. — Th. Juste, Catalogue, 
I" éd., p. 160, S, 10; 2^ éd., p. 170. — Br.^mbach, Corpus inscriptionum Rhenatiarum, 
H" 39- — Schuermans, Bull. comm. art et arch., t. VIII, 1869, p. 324 et pi. II, fig. 2 
(cf. p. 314). — Corp. inscr. lut., XIII, 2^ partie, 8782, où l'on trouvera l'indication 
d'autres publications encore. 

179. [B 1145.] Portrait de femme. Tête de marbre 
blanc, trouvée, en 1905, à Mousty, près d'Ottignies (Brabant), dans 
les décombres provenant d'un établissement romain. Donnée au Musée 
par M. Louis Cavens. 

Haut. o™26; larg. 0^175. — Pas de restaurations. I^ nez est brisé et toute la 
surface de la pierre a beaucoup souffert. 

Portrait d'une femme dont la chevelure, divisée par une raie sur le som- 
met de la tête, s'abaisse des deux côtés en longs bandeaux ondulés. Les 
mutilations que ce morceau a subies ne permettent malheureusement pas 
de distinguer les détails de la sculpture. De plus, les deux côtés de la tête, 
où les cheveux recouvraient ou contournaient les oreilles, et la nuque, où 
les mèches se recourbaient en boucles, étaient travaillés dans des morceaux 
rajustés, qui sont perdus. 

Le sculpteur n'a pu obtenir un bloc de marbre suffisant pour y reproduire son 
modèle et il a dû réunir quatre petits morceaux de cette précieuse matière. 
Le marbre devait, en effet, être importé de loin et coûtait fort cher, et les artistes 
ont utilisé presque exclusivement, dans le nord de la Gaule et dans l'île de Bre- 
tagne, les calcaires du pays. Cette tête paraît être, avec un beau buste découvert 
à Messancy (Siben.\ler, Catal. musée d'Arlon. n° i), la seule figure de marbre 
que nous ait conservée le sol de la Belgique. 

Malgré l'incertitude qui résulte de l'état de dégradation de ce portrait, la 

219 




coifiure rend très probable qu'il fut exécuté dans la seconde moitié du ii^ ou au 
commencement du iii^ siècle. Il ornait, vraisemblablement, un tombeau où il 
était placé dans une niche, car la partie postérieure est négligée. 

P\ih\ié:CvTsfOiiT, Bulletindes Musées Royaux, V , 1905, pp. 7501 suiv. — Espérandieu, 
Bas-reliffs de la Gaule, t. V, n" 3^91. 



lôO. [B 1768-9.] Fragments d'une statue de la 

Fortune. Morceaux de grès jaunâtre, trouvés à Fauvillers (Luxem- 
bourg). Envoyés par M. Urbain, greffier 
de la justice de paix à Fauvillers, en 1873. 

A. Haut. 0^14; larg. o™i3. 

Tête de femme dont la chevelure ramenée 
en arrière est nouée en chignon et couronnée 
d'un diadème. Le nez est brisé et le menton 
mutilé. 

B. Haut, et larg. env. 0^18. 
Main brisée appuyée sur l'extrémité d'une 

corne d'abondance, dont sortent une pomme 
de pin et des fruits ronds. 




220 



L'attribut que portait la statue prouve qu'elle représentait Fortuna. Des 

statuettes de terre cuite figurant la Fortune 
avec ses attributs ordinaires, la corne d'abon- 
dance et le gouvernail, ont été découvertes à 
Tongres. et le culte de cette déesse était cer- 
tainement populaire dans l'ancienne Belgique 
(cf. Lucien Renard, Bull. soc. scientif. du 
Limbourg, t. XXIII, 1905, pp. 296 et suiv. 
et notre no 192). 

Pub'iés : Espérandieu. Bas-reLefs de la Gaule, 
t. V, no 4124. 




loi. [B 112.] Stattiette mutilée. Fragment d'une 
statuette de pierre calcaire, trouvé dans les ruines d'une grande 
villa romaine fouillée en 1847 
à Fouron- le -Comte (près de 
Visé), à l'endroit appelé Steen- 
bosch. Entré au Musée en avril 
1847. 

Haut. o™3i; larg. g'ï'iS. — Sans 
restaurations. La tête, le bras droit 
et l'avant-bras gauche ont disparu, 
ainsi que le bas des deux jambes. 

Cette statuette fieoirait une 
femme ou une déesse debout, p 
appuyée sur la jambe droite, la 
gauche légèrement repliée et vêtue 
d'une tunique nouée à la cein- 
ture et d'un manteau, qui retombe 
sur l'épaule gauche et entoure la 
taille et dont un pan était rejeté 
sur le bras gauche. 

ScHAYEs, Catalogue, p. 100, n° 290A. 
— Th. Juste, Catalogue, x^^éd., p. 199, 
DD, 8; 2^ éd., p. 203. — Espérandieu, 
Bas-reliefs de la Gaule, t. V, n" 4010. — - 
Le plan de la villa est reproduit par 
ScHAYES, Histoire de l'architecture en 
Belg., t. I, 1852, p. 158. Cf. Bull.Acad. 

Belg., t. XV, 1848, ire partie, pp. 197 et suiv. — Les nombreux objets de terre 
cuite et de métal découverts dans ces fouilles sont énumérés dans les catalogues de 
ScHAYEs et de Juste, loc. cit. 




221 



182-184* Débris d'un tombeau montimental 
de Bavay. 

182. [B 97.] Lion tenant une tête de bélier. Groupe de 
grès jaunâtre (pierre de sable), découvert aux portes de Bavai, « dans 
un champ situé à l'angle du chemin d'Audignies et de celui qui 
conduit à Pont-sur-Sambre ». Acheté au propriétaire du terrain, 
M. Delbauve-Coppin, en 1847. 

Haut. o'"42; larg. o™58; ép. o°>3i. — Sans restaurations. 

Un lion accroupi, l'arrière train soulevé, la queue ramenée entre les 

jambes, tient sous les 
griffes de sa patte 
gauche antérieure 
une tête de bélier et 
lève les yeux d'un air 
menaçant. La gueule, 
qui devait être en 
tr'ou verte, est mu- 
tilée. 

La représentation 
d'un lion rampant, te- 
nant une proie sous 
ses griffes, est fré- 
quente sur les tom- 
beaux, notamment en 
Gaule. J'en ai réuni 
une série d'exemples dans mes Monuw. relatifs aux myst. de Mithra, t. II, p. 440, 
n° 330; cf. p. 527. Le sens symbolique de ce groupe, qui paraît être d'origine 
orientale n'a pas encore été suffisamment expliqué. Il avait été adopté 
comme emblème funéraire par la sculpture attique dès le iv^ siècle (Collignon, 
Les statues funéraires dans l'art grec, 191 1, p. 228), et son emploi se répandit en 
Occident à l'époque romaine. 

ScHAYES, Catalogue, p. 92, n" 184, et La Belgique pendant la dom. rom., 1^ éd., t. III, 
p. 421. — Th. Juste, Catalogue, i^e éd., p. 139, I, 7; 2^ éd., p. 147. — Espérandieu, 
Bas-reliefs de la Gaule, t. V, n° 3983. 

183. [B 98.] Tête de femme. Fragment de grès trouvé et acquis 
avec le numéro précédent. 

Haut. o'»34 ; larg. 0^25 ; ép. o'"26. — Deux fragments ont été raccordés à gauche. 

Tête de femme détachée d'ime statue. La chevelure, divisée par une raie, 
s'abaisse sur les tempes, encadrant le front de deux bandeaux symétriques, 




222 



et descend en boucles derrière les oreilles. Par-dessus, est posé un voile qui 
retombe derrière les épaules. Les pupilles des yeux, largement ouverts, sont 
creusées. Le nez est brisé, le menton endom- 
magé. Par derrière, on remarque dans la 
pierre un trou de scellement qui prouve que 
la statue était fixée par un crampon à la 
paroi d'un édifice. 

Cette tête, qui trahit un travail à demi bar- 
bare, est sans doute le portrait de quelque 
Gauloise, qui était placé dans le tombeau de 
celle-ci. 

ScHAYES, Catalogue, p. 92, n» 185 ; cf. La Belgique, 
etc., toc. cit. au numéro précédent. — Th. Juste, 
Catalogua, i''6éd.,p. 139,1,8; a^éd., p. 147. — Espé- 
RANDiEU, Bas-reliefs de la Gaule, t. V, no 3985. 




184. Divers fragments arcKitectonicities, taillés dans un grès 
jaunâtre, trouvés au même endroit, furent achetés en même temps que 

les numéros précédents : 

[B 99.] Portion de chapi- 
teau entourée d'un chapelet 
d'oves et sommet du fût 
cannelé d'une colonne 
(diam. max. o'^^y, haut. 

Tambour de la même co- 
lonne cannelée (haut. o°^35). 

Tambour d'une colonne 
(haut. o™32) à cannelures 
rudentées à peu près de 
même épaisseur. 

[B 100.] Chapiteau et 
sommet du fût (haut, o^^si, 
diam. max. 0^43) d'une co- 
lonne pseudo - dorique et 
f ragmen l du fût de la même 
colonne (haut. 0^14) 

Chapiteau d'un pilastre 
pseudo-dorique (larg. max, 
0^43, haut 01131). 




223 



Cf. ScHAYES, Catalogue, p. 92, n"^ 185-188 (ïh. Juste paraît les avoir omis 
dans son Catalogue). Le Musée possède, en outre, un grand nombre de menus 
objets de métal, de terre cuite et d'os découverts au même endroit. Ils sont 
énumérés par Sch.wes, loc. cit., p. 69, n°s 188 à 193. 

ScH.WES {La Belgique, etc., t. III, p. 421) a émis l'opinion que les débris 
sculpturaux et architectoniques que nous venons de décrire (n^s 182-184) pro- 
venaient des ruines d'un temple. Il est beaucoup plus probable qu'ils ont appar- 
tenu à un tombeau monumental élevé, selon l'usage, à côté d'une route, près 
d'une porte de l'ancien Bagaciim. D'après Schayes lui-même, on aurait trouvé, 
en même temps que ces fragments de pierre, des urnes remplies d'ossements cal- 
cinés qui sont parvenues avec eux au Musée (Sch.wes, Catalogue, pp. 110-112). 



IÔ5. [A 190.] Stattie d'un captif (?). Statue de calcaire 
jaune de provenance inconnue, acquise par le Musée en 1848. 

Haut. o™43; larg. de la 
base, o"i22. — La cheville 
gauche et le bras droit sont 
• " ..j^ brisés; le genou droit est 

restauré. 

Un jeune homme im- 
berbe, aux cheveux bou- 
clés, est accroupi le genou 
droit en terre, le pied gau- 
che appuvé sur le sol, le 
haut du corps penché en 
avant, comme s'il portait 
sur les épaules un lourd 
fardeau. Ses sourcils con- 
tractés expriment l'effort 
ou la douleur. Il n'est 
vêtu que d'un manteau, 
agrafé sur l'épaule gauche 
et qui pend derrière le 
dos. La base, qui figure 
des rochers, est percée 
d'un large trou, qui paraît 
avoir servi de bouche de 
fontaine. Quoique l'ori- 
gine de ce monument soit 
inconnue, le caractère du 
travail, comme la nature 




224 



de la pierre employée, ne permettent guère de douter qu'il ait été trouvé en 
Gaule. Le calcaire jurassique où il est taillé est celui des environs de Virton. 

Il est difficile de donner un nom à cette figure. Son attitude rappelle celle du 
célèbre Atlas Famèse (Clarac, 793, 1999 A; cf. aussi Arch.-ep. Mitt., XVIII, 
1895, P- 1S3), portant sur les épaules le globe céleste. Mais ce dieu est toujours 
représenté barbu. Le type du visage fait plutôt songer à un captif ou un esclave 
barbare. On ne remarque sur le dos aucune trace d'un objet quelconque qui y 
aurait été attaché. 

ScHAYES, Catalogue, p. 102, n^ 291. — Th. Juste, Catalogue, i^e éd., p. 138, I, 3; 
26 éd., p. 146. — EspÉRAXDiEU, Bas-reliefs de la Gaule, t. V, n" 3998. 

186. [B465.] Fragment d'tin bas-relief degrés, 

trouvé à Vieux-Virton (Luxembourg), Acquis parle Musée en 1867 {?). 
Haut. o™53; larg. o^^yi; ép. 0^27. — Sans restaurations. 

Cette plaque massive était entourée d'une moulure plate, conservée 
au-dessus et à gauche, qui encadrait la représentation. A gauche, un per- 
sonnage barbu, 
qui était visible 
jusqu'à mi-corps, 
tourne la tête de 
profil et appro- 
che de son nez 
l'index de sa 
main gauche. A 
sa droite, le buste 
d'un second per- 
sonnage barbu se 
montre de trois 
quarts. Il semble 
lever au ciel ses 
yeux, profondé- 
ment enfoncés 
dans les orbites. 

A droite, on distingue les restes d'une troisième figure. — Sculpture gros- 
sière et fortement endommagée. 

La signification de cette scène mutilée n'a pas été éclaircie. 

Th. Juste, Catalogue, i^e éd., p. 129, I, 14; 2^ éd., p. 147. — Espérandieu, Bas- 
reliefs de la Gaule, t. V, n" 4129. 

Iô7. [B 935.] MasQ\ie tragique. Bas-relief de calcaire 
tendre jaunâtre, trouvé à Herstal, près de Liège, en 1899, à une 




225 



dizaine de mètres d'un tumulus romain. Donné au Musée en 1901 
par M. Paul Errera. 

Haut. o'"5i; larg. o™37-o'"23; ép. 0^22-0^07. — Pas de restaurations. 

Ce large masque au nez écrasé, les sourcils contractés, la bouche ouverte, 
surmonté d'une haute coifhire, est certainement une imitation défigurée 
de ceux que portaient les acteurs. La chevelure, nouée au-dessus du front 

et retombant des deux côtés du 
\dsage, forme, comme dans les 
masques tragiques, une pyramide 
élevée au-dessus de la tête (ôyHOç). 
Ce relief a sans doute décoré quel- 
que tombeau. Des deux côtés, on 
remarque deux trous de scellement 
qui ont ser^-i à fixer des tenons de 
métal. 

Des masques semblables ont sou- 
vent servi à orner des sépultures en 
Gaule (cf . par ex., Lehner, Das Pro- 
vinzial muséum in Bonn, I, 1905, p. 7 
et pi. XVII, I, 2; Jahrb. d. Vereins 
f. Altertumsfr. im Rheinl., t. LXXII, 
p. 69; Anthes, Westd. Zeitschr. fur 
Gesch. iind Kunst, XVI, 1897, p. 222, 
no 51, pi. VIII, fig. 4, etc.). De même 
en Italie, on les trouve fréquem- 
ment employés en guise d'acrotères 
sur le couvercle des sarcophages ou employés dans la décoration des autels funé- 
raires (cf. Altmann, Die rômischen Grabaltàre dey Kaiserzeit, 1905, index 
p. 303). Il n'y faut pas voir une allusion à la comparaison, fréquente dans l'anti- 
quité, de la vie avec une comédie dont les hommes étaient les acteurs. Mais 
le théâtre était en rapport avec les fêtes de Bacchus et, aux mystères de 
Bacchus, se rattachaient des espérances d'immortalité (cf. supra n° 72). Les 
masques figurent ainsi sur les tombeaux au même titre que d'autres accessoires 
ou sjTnboles du culte dionysiaque. 

On a voulu reconnaître dans les pierres de ce genre, un apotropaion ayant 
servi de clef de voûte (Schlusstein) [Anthes], ou une borne de délimitation, la 
laideur du masque devant indiquer aux passants que l'entrée du terrain était 
interdite [Schuermans], mais ce sont des conjectures sans fondement. 

Publiée : Ch.-J. Comhaire, Annales de la Société d'archéologie de Bruxelles, XYl, 
1900, p. 366. — Lucien Renard, Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, XXIX, 
i9oi,pp.228 et suiv. — Cf. Schuermans, Westdeutsche Zeitschr. fur Gesch. und Kunst- 
t. XIX, 1900, p. 430. — EspÉRANDiEU, Bas-reliefs de la Gaule, t. V, n° 4014. 




226 




lÔÔ. [R 2326.] MasQue de pierre. Bloc de pierre calcaire 
jurassique, provenant de la collection Garthe, plus tard dans la col- 
lection Ravestein. Donnée à 
l'État en 1877. 

Haut. o™4i3; larg. o™36; épaiss. 
o°ii5. — La partie supérieure est 
brisée. Sans restaurations. 

Au-dessus d'un socle rectangu- 
laire, une surface plane, autrefois 
cintrée, est ornée d'une figure en 
bas-relief dans un encadrement 
linéaire. C'est un large masque 
ovale au front fuyant, aux yeux 
largement ouverts, au menton 
proéminent, dont la longue che- 
velure retombe des deux côtés 
des joues. 

Ce masque de pierre, dont le tra- 
vail indique l'origine provinciale 
a probablement, comme notre 
n° 187, servi à décorer un tombeau. 
11 est difficile de donner un nom à une figure sans aucun attribut (Soleil?). 

Cité : Catalog der Kunstsammlungen des Herrn Hugo Garthe in Côln. Dritter Teil, 
Rômische und gnechische Antiquitâten, J. M. Heberle, Cologne. 1877, n" 5. — E. De 
Meester de Ravestein, Musée de Ravestein, t. III, 1795 b; 2^ éd., 1884, n0 2326 
(appelé faussement Érinnye). 



189. [R 2328] Tête de 
jetine Homme* Tête de cal- 
caire jurassique de la Moselle, pro- 
venant de la collection Hugo Gar- 
the, plus tard dans la collection 
Ravestein. Donnée à l'État en 1877. 

Haut. o™i6; larg. o"^i3. — Brisée au 
cou. Pas de restaurations. 

Tète de jeune homme portant une 
abondante che\'elure crépue, dont les 
petites boucles s'élèvent au-dessus du 
front. Dans les orbites rondes, pro- 
fondément creusées, ont dû s'enchâs 




227 



ser des yeux d'émail. La bouche est mutilée. Lu partie postérieure, 
sommairement ébauchée, est renforcée par une sorte de pilier servant de 
support. 

Cette tête, d'un travail grossier, est-elle un portrait ou a-t-elle appartenu à une 
divinité gauloise, on ne saurait le dire. 

Cité: Catal. Hugo Garthe [cf. supra, n° iSS], n" i6. — Musée Ravestein, t. III, 
n>' 1795 (f ; 2eéd., 1884, n» 2328. 

190. [B 1770.] CHapiteau coriiitliien. Fragment 
sculpté dans un grès blanchâtre, trouvé à La Madeleine, près de 

Pétange, au pied du Titel- 
berg, donné au Musée, en 
1909, par Jules Tesch, no- 
taire à Messancy. 

Haut.o'ï'73;larg. du {ùto'^},'j; 
du chapiteau o™6o. — Pas de 
restaurations. 

Partie supérieure du fïit 
cannelé et chapiteau, riche- 
ment décoré de feuilles d'acan- 
the, d'une colonne corinthien- 
ne. La tranche supérieure est 
creusée d'un large trou de 
scellement. 

On pourrait supposer que ce 
morceau architectonique a ap- 
partenu à une « colonne au 
géant •> (cf. supra, n° 174), mais 
il est plus probable qu'il a fait 
partie de quelque tombeau ou 
temple construit sur le Titelberg 
et qu'il a roulé ou été trans- 
porté de Voppidum gallo-romain construit sur la montagne jusqu'à La Made- 
leine, où il a été retrouvé enfoui dans le sol. 

Décrit : Fr. Cumont, Annales Soc. archéol. de Bruxelles, XXIV, 1910, p. 490. — Sur 
les découvertes faites sur le Titelberg, cf. A. de Loë, ibid., XIX, 1905, p. 154. — Espé- 
RAXDiEU, Bas-rcliefs de la Gaule, t. V, 11° 4211. 




191. ^ 813.] Dédicace a\i dieu Cntarabtis. Inscrip- 
tion découverte, en mai 1892, à Foy, hameau de Xoville, près de 
Bastogne, dans les ruines d'une construction romaine et donnée au 



228 



Musée par M. Louis Cavens. — Dans le champ d'où elle fut exhumée, 
on avait trouvé, en 1862, une statuette de bronze, qui est conservée 
chez M. Mathieu, à Bastogne. 

Haut. o™6i ; larg. 1^04; ép. env. o™io; haut, des lettres o™055 . 

Plaque d'un calcaire blanc, poreux (pierre de la Moselle?), brisée en quatre 




morceaux rajustés. Dans un encadrement en relief, d'un profil élégant, on lit 
l'inscription : 

Deo En[t]arabo et genio | (centuriae) Ollodag(i) porticum 
quam [ Velugnius Ingenuus promi ! serat, post obitum eius | 
Sollavius Victor fil(ius) adoptivos | fecit. 

« Au dieu Entarabus et au génie de la centurie d'Ollodagus : Le portique 
que Velugnius Ingénuus avait promis, après le décès de celui-ci, Sollavius 
Victor, son fils adoptif, {\')a. fait construire. » 

A la ]. I, il est impossible de distinguer si la pierre portait Enarabus ou Enta- 
rabus avec une ligature. L'analogie avec le nom Intarabus (cf. infra) doit faire 
préférer la seconde forme. D'après les caractères de l'écriture, il est probable 
que cette dédicace remonte au i*'' siècle de notre ère. Le graveur a recourvi aux 
lettres liées pour éviter de couper les mots ou du moins les syllabes à la fin des 
lignes. On notera l'orthographe archaïque adoptivos pour adoptivus, dont on 
trouve des exemples fort tard. — Entarabus ou Intarabus n'est connu en dehors 
de notre texte que par trois inscriptions de Trêves ou des environs (CIL, 

22q 



XIII, 3653' 41'"^; Wai.tzing, Musée belge, XIII. 1909, p. 69). C'était donc une 
divinité spécialement honorée par les Trévires, une divinité guerrière qu'on 
identifiait avec Mars (Mars Intarabus). Ce protecteur celtique des combats 
est joint ici au génie de la centurie commandée par Ollodagus, dieu 
essentiellement romain. Vélugnius Ingénuus, l'auteur du vœu dont s'ac- 
quitte son fils adoptif SoUavius Victor, était sans doute un soldat de cette 
centurie, qui, selon toute probabilité: était cantonnée à Foy sous les Flaviens. 
Le nom de tous ces personnages révèle leur origine gauloise. 

J .-P.Waltzing, Biillet. Acad. roy. de Belgique, t. XXIV, 1892, pp. 375 et suiv. et 
t. XXXII, 1896, p. 744. — Cf. Korrespondembl. der Westdeutschen Zeitschrift, XI, 1892, 
n° 66, p. 102 et n" 122, p. 234. — Schuermans, Bull, des comm. d'art et d'arch., 
t. XXXI, 1892, pp. 201 et suiv. — Corp. inscr. latin. ,'K.lll, 3632, où l'on trouvera men- 
tionnées d'autres publications. 

192. [B 188.] Dédicace à la Fortune. Fragment d'une 
plaque de pierre calcaire découverte à Tongres au même endroit que 
le n" ig6 en 1825, en même temps qu'un morceau de colonne cannelée, 
de pierre jaune. Conservé à l'hôtel de ville de Tongres jusqu'en 
l'année 1848, où il fut donné au Musée. 

Haut. o™33; larg. o™45; ép. 0^12; haut, des lettres o™03. 

Sur la face antérieure", est gravée en grandes lettres (haut. o>"03) la dédicace : 
Fortuna[e] | Aprionius | lunius v(otum) l(ibens) sfolvit). 

« A la Fortu 
ne, Aprionuis 
Junius s'est ac- 
quitté de (son) 
vœu de bon 
gré. ). 

La pierre n'est 
mutilée ni à gau- 
che ni à droite, 
de sorte que l'in- 
scription doit 
être complète. 
Cette plaque 
était sans doute 
encastrée dans 
la muraille d'un 
temple dont la 
colonne, retrou- 
vée en même temps, était un débris. Sur le culte de la Fortune en Belgique, 
cf. supra, no 179. 

2:',0 




pîk^-ife^A^ 




Rapport de 1827, publié par de Reyffenberg, Noitv. archives hist. des Pays-Bas, 
1829, n° 3, p. 175, et Mém. Acad. Brux., t. VII, 1832, p. 53, n» i (cf. infra, n» 196). 
— CuDELL, Bull. Acad. Belg., III, 1836, p. 376, n° i. — Schayes, Catalogue, p. 98, 
no 299, et Les Pays-Bas sous la dont, rom., 1^^ éd., 1838, p. 238; 2^ éd., t. II, 1858, 
p. 349. — Th. Juste, Catalogue, i^^ éd., p., 159, S, 8;2eéd., p. 169. — Schuermans, 
Bull. comm. art et arch., t. VII, 1868, p. 37, n" 2. — Corpus inscript, latin., XIII, 3591. 

193. [B466.] Dédicace à Hercule Saxantis. Autel 
de pierre calcaire, découvert en septembre 1749 à Norroy, près de Pont- 
à - Mousson (Meurthe - et - 
Moselle), « sur une haute 
montagne située à l'occi- 
dent de cette ville y^ (Cay- 
lus), ou plus exactement 
dans une carrière antique 
(sur la côte proche des car- 
rières). Envoyé au prince 
Charles de Lorraine, il resta 
dans le palais du gouver- 
neur général des Pays-Bas 
jusqu'en 1795. Acheté alors 
par M. Liagre, il fut trans- 
porté dans son jardin à 
Laeken et donné au Musée 
par M. de By en 1846. 

Haut. oi"9i; larg. o"^8; pr. 
0^146; haut, des lettres o™04. 

La surface supérieure de 
cet autel, creusée au centre 
en forme de patère, est bor- 
dée de côté par des coussinets 
et décorée par devant de 

deux volutes à double enrou- 

lement, accolées. Le chapi- 
teau dorique est uni (les stries 

qu'on remarque sur l'abaque sont modernes). Le fût, qui s'amincit au som- 
met, est légèrement renflé. La base, d'un profil assez compliqué, est aujour- 
d'hui mutilée à droite. Deux trous, forés dans la pierre, indiquent que le 
morceau manquant était autrefois rajusté. Sur le fût, on lit l'inscription : 



IAVÛI17HDIMP-FT-: 



Kvr[_ 







231 



Herculi Saxsano et | imp(eratori) Vispasiano | Aug(usto) 
et Tito imp(eratori^ et | Domitiano Caesari | Marcus Vibius 
Martialis (centurio) lig(ionis) X Gem(inae) et commili|tones 
vexilli leglionis) eiusd(em) | qui sunt sub cura eius | v(otum) 
s(olverunt) l(ibentesj m(erito). 

« A Hercule Saxanus, à l'empereur Vespasien Auguste, à l'empereur 
Titus et à Domitien César, ^1. \'ibius Martialis, centurion de la lo^ légion 
jumelle, et les soldats du détachement de cette même légion qui ser\-ent sous 
ses ordres, ont accompli leur vœu de bon gré et à bon droit. » 

Titus ayant étéassocié à l'empire en 71 et Vespasien étant mort en 79 ap. J.-C, 
rinscription a été gravée entre ces deux dates. La lo^ légion gemina, transportée 
en 71 d'Espagne sur le Rhin pour combattre Civilis (Tacit., Hist., IV, 68, 76), 
tint garnison dans la Germanie inférieure, probablement jusqu'à Trajan. Un 
détachement de ce corps, employé dans les carrières de Xorroy, a consacré cette 
dédicace à Hercule Saxanus. Caylus croyait que ce surnom dérivé de saxum avait 
été donné à Hercule « en mémoire de la pluie de pierres que Jupiter fit tomber 
du ciel pour secourir le héros qui combattait les Liguriens « (Strabon, IV, 183 C). 
On a observé, d'autre part, que la plupart des monuments dédiés à cette divinité 
ont été trouvés dans le nord de la Gaule et spécialement à proximité de carrières 
antiques, et l'on a supposé que ce nom latin désignait en réalité un dieu germa- 
nique, Donàr, le dieu de, l'orage, pourfendeur de rochers, i Les ouvriers des car- 
rières lui sont reconnaissants, car ce maître du règne lapidaire leur a facilité leur 
tâche en fendant le roc et en les aidant ainsi à le débiter » (Simrock, Deutsche 
MythoL, 6^ éd., p. 245). Si cette hx'pothèse très séduisante est exacte, on devra 
constater que les soldats de la lo^ légion ont adopté ce culte presque aussitôt 
après leur arrivée en Germanie. Ils avaient appris à le pratiquer de leurs com- 
pagnons de la Se légion, qui adoraient avant eux, à Norxo}', le Donâr latinisé 
(cf. Ch. Robert dans les Mélanges Graux, Paris, 1884, pp. 329 et suiv.). — Au 
point de vue orthographique, il faut noter dans notre texte la séparation de 
Sax. sanus par un point et la confusion de Ve avec Vi dans Vispasiano, ligionis, 
confusion fréquente dans la langue rustique. 

Cayltjs, Recueil d'antiquités, t. V, 1762, pp. 328 et suiv. — Roulez, Bull. Acad. 
Belg., t. XIII, I, 1846, p. 264. — ScHAYES, Catalogue, p. 86, n° 73. — Th. Juste, 
Catalogue, i^^ éd., p. 158, S, 5; a*" éd., p. 168, et surtout Schuermans, Bull. comm. 
art et arch., t. VIII, 1869, pp. 317 et suiv., p. 380, où l'on trouvera des détails sur 
l'histoire de r-et autel. — Le Corp. inscr. lut., XIII, 4624, contient une bibliographie 
plus complète. — La liste des nombreuses dissertations consacrées à l'Hercule Saxa- 
nus est donnée dans Roscher, Lexikon der MythoL, t. I, pp. 3014 et suiv. 

194- [B 488 B.l Dédicace aux déesses Mères. Bloc 
de grès de Hertzogenraadt (près d'Aix-la-Chapelle), trouvé en 
juillet 1870, à Hoeylaert (Brabant), en démolissant une église du 

232 



xiie siècle, dans des substructions sans doute encore plus anciennes. 
Don du baron de Man d'Altenrode (1870). 

Haut. o™95; larg. o™6o; ép. o°i3o; haut des lettres 0^07. 

Sur la face antérieure de cet autel cubique, dont la partie supérieure est 
mutilée, on déchiffre l'inscription à demi effacée : 

Matronis | Cantrustei|hiabus C. Ap | pianius | Pat[er]n|us 
pro se [et] | suis l(ibens) m(erito). 

« Aux déesses Mères du Condroz (?) C. Appianius Patemus (a fait cette 
dédicace) pour lui 

et (pour) les siens ] 

de bon gré et à 
bon droit. » 

La pierre a été 
retaillée, mais on 
voi t encore , à 
droite, un morceau 
de la base qui in- 
dique que ce bloc 
avait la forme 
d'un autel et, sur 
le côté, les restes 
d'une figure sculp- 
tée en relief, qui 
m'a paru être une 
femme tenant, 
dans chaque main, 
un objet indis- 
tinct (patère et 
corne d'abondan- 
ce?). 

Les Maires ou 
Matronae qui sont 
souvent nommées 
dans les inscriptions 
et figurées sur les 
monuments, géné- 
ralement au nom- 
bre de trois, sont 

des déesses celtiques dont le caractère complexe n'est pas encore parfaitement 
éclairci. Elles sont conçues d'ordinaire comme une triple personnification de la 




233 



Fortune et analogues aux Parques romaines. On les regardait comme des divinités 
bienfaisantes, qui donnent l'abondance et la prospérité, et on les invoquait comme 
protectrices des familles et des tribus. Beaucoup de leurs épithètes sont topiques, 
dérivées de noms de lieux. C'est ainsi qu'on trouve les Maires lulineihiae à 
Juliers (Iuliacum) , Albiahenae à Elvenich (Siebourg, Bonner Jahrbûcher 
CV . 1900, pp. 86 et suiv.). Il faut interpréter de même Cantrusteihiae, que 
Schuermans rattachait au mot Condnisi, pagus Condrustensis, c'est-à-dire le 
Condroz. Ce surnom ne se retrouve qu'une seule fois sur une inscription des 
environs de Juliers (CIL, XIII, 7880), où il est mutilé. Mais ni l'un ni l'autre 
des textes où il se rencontre n'a été trouvé dans le Condroz, et Cantrusteliiae 
paraît être plutôt une épithète celtique, qui rappelle celle d'Andrustehiae, etc. 
(cf. Ihm dans Pauly-Wissowa, Realenc, s. v^. «Cantrusteihiae»!. — Une étude 
détaillée sur les Maires ou il/rt/?'owaeaétépubliéepar Max Ihm, Der Mutter-und 
Matronenkultus dans les Bonner Jahrbûcher, t. LXXXIII, 1887, pp. i à 200; 
cf. aussi Ihm dans Roscher, Lexikon der Mythologie, t. II, col. 2464, s. v^ 
« Matres », et sur les surnoms que reçoivent ces déesses, Siebourg, loc. cit. 

Jam'né et Schuermans, Bull, des comin. d'art et d'archéoL, t. IX, 1870, p 375. 
— Schuermans, ibid., pp. 378 et suiv., avec pi. photolithographique, et Jahrt. 
des Ver. fur Aller th. fr. Rhe ni., L-LI, 1872, p. 304. — Ihm, Matvonenkultus, p. 162, 
n° 383 (copie de Zangemeister) et p. 27. — Sur le don fait au Musée: Juste, Bull, 
comm. art et arch., t. X, 1871, p. 181. — Corp. inscr. lat., XIII, 3585, où l'on trouvera 
l'indication d'autres publications. — FspéKxtiDïKU, Bas-reliefs de la Gaule, t. V, n°40co 

195. [B 467.] Dédicace à la divinité des Fron- 
tières. Grand autel de pierre calcaire, trouvé en 1810, lors de la 
construction d'un pont sur le ruisseau Vinxtbach, qui se jette dans 
le Rhin entre Andernach et Remagen. Il entra dans la collection 
du comte de Renesse-Breidbach, fut vendu à Anvers en 1836 et 
acquis par le Musée entre 1854 et 1864. En même temps que ce 
monument, on découvrit une dédicace à Jupiter et à Junon, qui est 
conservée au Musée achéologique de Liège (CIL, XIII, 7731). 

Haut. i"'03; long, du fût, o">.u; ép. o™2i; haut, des lettres o°»o5 . 

Le chapiteau cintré de cet autel est terminé de chaque côté par un cous- 
sinet formant par devant une volute. Au-dessous, règne une moulure for- 
tement saillante. Le sommet offre une cavité carrée. La base convexe et 
moulurée est ébréchée à droite. Sur le fût, on lit l'inscription : 

Finibus et | genio loci | et I(ovi) O(ptimo) M(aximo) milit(es) 
I leg(ionis) XXX U(lpiae) V(ictricis) | M(arcus) Massiaeni|us 
Secundus j et T(itus) Aurelius | Dosso | votum s(olverunt) 
l(ibentes in(erito). 

« A la (divinité des) Frontières et au génie de ce lieu et à Jupiter très bon, 
234 



très grand, les soldats de la 30^ légion Ulpienne victorieuse, Marcus Mas- 
siénius Secimdus et Titus Aurélius Dosso ont accompli leur vœu de bon 
gré et à bon droit. )> 

Cette inscription est surtout remarquable par la mention des Frontières 
déifiées (Fines) qui, à notre connaissance, ne sont nommées dans aucun autre 
texte. On sait que non seulement 
les limites du territoire romain, mais 
l'enceinte des cités et même les bor- 
nes privées avaient dans l'antiquité 
un caracère religieux. La frontière 
à laquelle cette dédicace est con- 
sacrée est probablement celle qui 
séparait les deux provinces de Ger- 
manie. La 30e légion fut cantonnée 
dans la Germanie inférieure depuis 
sa création par Trajan, à qui elle 
doit son surnom d'Ulpia, jusqu'à 
la fin du iije siècle. Notre dédicace 
n'est pas antérieure à l'époque des 
Antonins, comme le prouve le nom 
d'Aurelhis Dosso. 

FiEDLER, Neue Miitheilungen ans 
dcm Gebiete der histori schen-antiqua- 
rischen Forschung, t. I, 1834, 3, p. 100, 
et autres publications allemandes énu- 
mérées par Brambach, Corpus inscv. 
Rhénan., n° 649 et Orelli-Henzen, 
t. III, n^ 5806. — En outre, Catalogue 
de vente de la coll. de Renesse, n° 463. 

— Th. Jvsie, Catalogue, i''«'éd., p. 160, 

S, 9)2^ éd., p. 169. SCHUERMANS, 

Bull, comm art et archéol., t. VIII, 
1869, pp. 331, 379, et Jahrb. Ver. AU. 
Rheinl., t. LVIII, 1876, p. 118, n" i. 

— Corp. inscr. lat., XIII, 7732. 




196. [B 189.] Colonne itinéraire de Tongres. 

Fragment d'une stèle prismatique octogonale en calcaire noir (dit pierre 
de Namur), trouvé en i8i7,ou plus probablement en 1820, à Tongres, 
en dehors de la porte de Saint-Trond. Donné à l'État par la ville 
de Tongres en 1848. 

Haut. max. om37; long, des côtés omi35; haut, des lettres 0^03 et 0^013. 

Des huit pans de cette colonne, trois sont partiellement conservés. On 
lit sur la face de gauche : Item | a Cas|tello j fines Atrebatium ) 



235 



l(eugas) XIII; | Nemetac(um) l(eugas;... Item a B[agaco]... 

Au milieu : ... l(eugas) XV. [Nov]iomaê(us) l(eugas) XV. | 
Durocorter l(eugas) XII. | Ad fines (leugas) XII. | Aug(usta) 
Suessionum l(eugas) XII. 1 Isara l(eugas) XVI. | Roudium 
l(eugas) VIIII. I Sefulae (leugas) VIII. | Samarabriva [leu- 
gas])... 

A droite : [Bonnja (leugas) XI. | [Rigojmagus l(eugas) VIIII. 
I [Antujnnacum (leugas) VIII. | [Confljuentes l(eugas) VIII. ) 
[Baudobriga (leugas) VIII. | [Vojsolvia l(eugas) VIII. | [Bi]n- 
gium (leugas) VIII. | [Mo]gontiac(uni) (leugas) XII. | [Buc]o- 
nica (leugas) VIIII. | [Borb]itomag(us) (leugas) XI. 

Les mots Antnnnacum l. VIII, oubliés par le lapicide.ont été ajoutés après 
coup entre deux lignes. 

« Item de Cassel : frontière de l'Artois 14 lieues. Arras... lieues. Item de 
Bavai... 

» ... lieues, La Neuville 15 lieues, Reims 12 lieues, Fimes 12 lieues, Sois- 
sons 12 lieues, l'Oise 16 lieues, Roye 9 lieues, Sefulae 8 lieues, Amiens... 
lieues. 

» Bonn II lieues, Remagen 9 lieues, Andemach 8 lieues, Coblence 8 lieues, 
Boppart 8 lieues, Ober-Wesel 8 lieues, Bingen 8 lieues, ]\Iayence 12 lieues, 
Oppenheim 9 lieues, Worms ii lieues. » 

Ce monument, le plus remarquable en son genre que l'antiquité nous ait 
laissé, se dressait sans doute autrefois sur une place de Tongres, à laquelle 
aboutissaient de grandes voies romaines. II donnait pour chacune de ces routes 
rayonnant en divers sens et pour celles qui s'y rattachaient, l'indication des 
cités ou stations qu'elles traversaient et la distance qui séparait chacun de 
ces points du précédent. Si l'inscription gravée sur cette borne nous était par- 
venue dans son intégrité, ce serait, pour la connaissance géographique de la 
Gaule septentrionale, une source plus importante que la table de Peutinger et 
l'Itinéraire d'Antonin. Mutilée comme elle l'est, elle fournit encore des données 
précieuses sur le parcours de trois voies antiques : l'une qui se dirigeait de 
Cassel vers le midi, la seconde qui traversait le nord de la France de Reims à 
Boulogne, la troisième qui longeait le Rhin de Cologne à Strasbourg et Bâle. 
Comme l'a montré M. Schuermans, cette colonne remonte probablement au 
règne de Septime Sévère et de ses fils et date, par conséquent, environ de 
l'an 200. On sait, en effet, que cet empereur prit un soin spécial de la viabilité 
des routes romaines et, par une innovation dont les conséquences se prolon- 
gent encore aujourd'hui, il adopta officiellement au nord de Lyon la mesure 
gauloise des lieues (leugae) en la substituant aux anciens milles romains. La 
leuga était longue de 1,500 pas, soit 2.22 kilomètres. Apparemment, notre 
colonne fut érigée au moment où l'on établit sur les voies de Belgique les bornes 
marquant les nouvelles distances. Brisée lors des premières invasions, elle 

236 





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paraît avoir été employée avec d'autres débris dans la construction des rem- 
parts qui à la fin du iii^ siècle furent élevés à Tongres aussi bien qu'à Arlon 
et à Namur, et c'est là qu'un morceau s'en est conservé jusqu'au xix^ siècle. 

Il existe, sur la découverte de ce monument, deux traditions contraires. D'après 
un rapport officiel transmis le i8 aoîit 1827 au gouverneur du Limbourg par la régence 
de la \-ille de ïongres et dont un extrait est publié par de Reiffenberg, Mém. 
Acad. roy. Brux., t. VII, 1832, p. 53, n° i, la pierre aurait été découverte avec notre 
n» 129, en 1820 ou i8|5 ( Eindelijk moeten wij bijvoegen dut in den ontgravingen die 
plaats gehabt hebben buiten de kruisof S^-Trueirsche Poort, naast de stad langs den 
romeinsche weg of katzie in den jare 1820 en 1825 zijn gevonden worden behalve eenige 
onde rovieinsche mioiten, een achtkantig stuk meilsteen, bevaftende den afstand van 
verscheidene plaatsen in dezen steen uitgekapt, eyi voor een groot gedeelte duidelijk leesbar, 
en eenen anderen gedenksteen dragende het opschvift Fortunae... (etc.) benevens eenen 
stontp van eene uitgeroefde kolom in harden geelen steen). — Au contraire, Henneouin, 
Dissertatio inaug. de origine et princip. urbis Trajecti ad Mosam, 'Louvain, 1829 (avec 
fac-similé), dit, p. 12 : Lapide milliareo prope Tungros anno 1817 reperto inter con- 
ficiendam tnagnam viam quae Tungris ducit ad 5. Trudonem ad circiter 50 passus ab 
urbe prope portant Kruys-poort dictam quae nunc porte de Saint-Trond vocatur. — Re- 
produite d'après Hennequin par de Reyffenberg, Nouv. archives des Pays-Bas, 
nov. 1829, p. 168, et d'après lui par Férussac, Bull des se ences historiques, t. XVII, 
p. 175, n» 114. — Orelli, Inscr., t. II, n» 5236. — Cudell, Bull. Acad. Belgique, 
t. III, 1836, pp. 370 et suiv. (commentaire). — Kovl.'ez, Bull. Acad. Belgque., IVfiS^j, 
pp. 12 et suiv. avec planche, et Bull. delV Istituto. 1838, p. 51. — Schayes, Catalogue, 
p. 99, n» 287, et La Belgique avant et pend, la dom. rom., 1^ éd., t. II, 1858, pp. 352 et 
suiv. — Juste, Catalogue, \^'' éd., p. 157, S, i; 2^ éd., p. 167. — Schuermans, Bull, 
comm. art et archéol., t. VII, 1808, p. 36, n° i, et t. XXIX, 1890, p. 255. — Des- 
jardins, Geogra/j/j/e de la Gaule romaine, t. IV, 1893, pp. 26 et su!v^ (avec héliogravure), 
où l'on trouvera l'indication d'autres commentaires français. — Schuermans, Age 
de la colonne itinéraire de Tongres dans Congrès de la Fédération arch. et hist. de Bel- 
gique à Tongres, 1901, pp. 65 et suiv. ; cf. Bull, des Musées Royaux, 1, 1901, p. 50. — Cor- 
pus inscript, lat n., Xlll, pars II. n° 9158. 

197. 6 190.] Épitaplie d'un Gaulois et d'tine 

Gauloise. Bloc de pierre calcaire, découvert, en juillet 1844, 
à Tongres, derrière l'église Notre-Dame, encastré dans le mur de 
revêtement d'une citerne profonde. Donné au Musée par la ville de 
Tongres en 1848. 

Larg. inii8; haut. 01144; ép. 0^47; haut, des lettres 0^05. 

La face antérieure de la pierre est convexe. Aux deux extrémités, des 
génies ailés, sculptés en bas-relief dans des niches peu profondes, soutiennent 
à deux mains un panneau central, sur lequel est gravée en grands caractères 
(haut. o™05) l'inscription: 

D(is) M(anibus). Nepos Silvini fil(ius) | sibi et Velmadae | 
Gangussonis fil(iae) | uxori obitae v(ivus) f(ecit). 

238 



« Aux dieux ]\Iânes. Nepos, fils de Silvinus, a fait de son vivant (bâtir 
ce tombeau) pour lui-même et pour ^^elmada, fille de Gangusso, son épouse. » 

Velmada, Gangusso, peut-être aussi Silvinus, sont des noms gaulois latinisés. 
La forme des lettres semble devoir faire attribuer cette épitaphe au ii^ siècle 
ap. J.-C. A noter, à la première ligne, la feuille de trèfle, qui sert à la fois de 
signe de ponctuation et d'ornement. 

Messager de Gand, 1845, p. 145. — Roulez, Jahrb. Vev. Alterthiimsfr. im Rheinl., 
t. XI, 1847, p. 35, no 153. — SCHAYES, Bull. Acad. roy. Belgique, XVI, 1849, p. 657; 




ÇTiîViiMADAr^J 



:;â£û»e=ti^SPË^::s=^^ 




Catalogue, p. 99, n" 288, et La Belgique, etc., 2e éd., t, II, 1858, p. 352. — Th. Juste, 
Catalogue, i"'^ éd., p. 163, S, 14; 2^ éd., p. 173. — Corp. inscr. lat., XIII, 3596, où l'on 
trouvera une bibliographie complète. — Espérandieu, Bas-reliefs de la Gaule, t. V, 
n° 4003. 

198. [B 381 B.] É.pitaptie mutilée. Bloc de grès grisâtre, 
trouvé en 1809 dans la rivière de la Nette, près de la petite ville de 
Mayen (Prusse Rhénane). D'abord dans la collection du comte de 
Renesse, vendue en 1836, puis dans la collection Hagemans. Acquis 
par le Musée en 1861. 

Haut. 0^64; larg. o"»95 ; ép. onui; haut, des lettres 0^05. 

La face antérieure de la pierre est convexe. Des deux côtés, des génies 
ailés, dont les chevilles sont entourées d'un anneau de perles, sont debout 
dans une niche prismatique et paraissent supporter le panneau central, sur 
lequel est gravée l'inscription : 

M • • civs I Iu[cu]ndus | Bi[ctor]iae | Res[tit]ut|ae ux[o]ri 
pi|entis[si]nie|et f[i]lio. 



239 



« M... cius lucundus à ^'ict()ria Restituta, sa femme très dévouée, et à 
son fils. » 

L'inscription est très fruste et la lecture des lignes i et 3 est douteuse. L. i au 
milieu, un C ou un G. — L. 2. Le D de Incundus est mutilé, mais certain. — L. 3. 




Nous croyons distinguer les traces d'un C après B et d'un R avant la termi- 
naison. Bictoria pour Victoria est une confusion fréquente. Le Corpus donne 
BI D/Z/Z/'^AE. L'orthographe du datif pientissime est également incorrecte. — 
Les caractères sont d'assez bonne époque, sans doute du ii^ siècle. 

Catalogue de vente de la coll. de Renesse, 1836, n» 461 (qui indique seul la provenance). 
— Th. Juste, Catalogue, i^'e éd., p. t6i, S, 12; 2^ éd., p. 171. — Schuermans, Bull, 
iomm. art et arch., VIII, 1869, p. 332, n^ 155 et pi. II, fig. 4. — Corpus inscr. lat , XIII, 
2* partie, n° 'jbjb. 



199. [B 338.1 Épitaphe dti prêtre Aufiditis. 

Morceau d'une plaque de marbre, composé de deux fragments rajus- 
tés, trouvé à Trêve;, & dans un jardin, non loin du pont sur la 
Moselle » [Clotten], en 1781. Plus tard, dans la collection du comte de 
Renesse, vendue en 1836; puis dans la collection Hagemans. Acquis 
par le Musée en 1861. 

Haut. o™53; larg. o'"73, ép. o«'04. 

240 



La plaque était entourée d'un encadrement, formé d'une moulure plate 
et d'un rinceau. Dans l'angle de la pierre, se trouve un vase très simple, d'où 
sortent deux sarments de vigne, sur lesquels sont perchées des colombes, qui 
en béquètent les raisins. Le panneau central est occupé par l'inscription 
suivante, en caractères soignés (haut. 0^03) : 

Aufidius presbitTer, q(ui) v(ixit)] | ann(os) plus minus LX..., 
I hic in pace quies[cit], | cui Augurina so[ror] | et Augurius 
diac[onus] | filius et pro carita[te] | titulum fieri iusse[runt]. 

« Le prêtre Audilius, qui vécut environ soixante ... ans, repose ici en 
paix. Sa sœur Augurina et son fils, le diacre Augurius, ont fait faire cette 
épitaphe par amour (pour lui). » 

L. 4. Le O qui termine la ligne est une restauration moderne. — L. 6. Le et 
semble dû à une erreur du graveur. 

La vigne où perchent des colombes est un motif d'ornementation très ordi- 
naire dans l'art chrétien. II est surtout fréquemment appliqué sur les pierres 
tumulaires (cf. infra, n° 206). D'après le récit du livre des Nombres, 13, 24, on 
paraît avoir con- 
sidéré la vigne 
chargée de grap- 
pes comme un 
symbole de la 
Terre promise 
chrét i e n n e , 
c'est-à-dire du 
Paradis, et la 
colombe, qui se 
nourrit des 
fruits de la plan- 
te, est l'âme in- 
nocente qui 
jouit de la féli- 
cité céleste (cf. 
Kraus, Realen- 
cyclopâdie der 
christl. Altertû" 

mer, 1886, t. II. p. 983, s. v. « Weinstock «) . L'inscription.qui remonte à une date 
relativement ancienne (v© siècle?), n'est pas dépourvue d'intérêt. Le nom tout 
à fait païen d'Augurius pourrait surprendre dans une épitaphe chrétienne, mais 
il resta fort tard en usage, et il rappelait notamment, dans certaine familles 
romaines, que quelques-uns de leurs membres avaient fait partie du collège des 
augures. Le mot filius, qui suit, indique qu'Aufidius, quoique prêtre, était 
marié : le fait n'a rien d'étonnant à cette époque (cf. Lebl.a.nt, op. cit., au n^ôiy), 
et il n'est pas besoin de supposer que le défunt avait eu ce fils avant son ordination. 




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:'ANMr-UVS"MINV.s;^ 

',CVF.INAJ.* 
/ RI YS-Dîvg 




16 



241 



Clottex, Trierisches Wochenhlâttchen, de 1871, cité par Léonardy, Die angebli- 
chen Trierischen Inschviftenjàlschimgen, Trêves, 1867, p. 35, et autres ouvrages anciens 
énumérés par Kraus. — Catalogue de vente de la coll. de Renesse, n" 478. — Hagemans, 
Cabinet, p. 392, n» 278 et p. 518. — Th. Juste, Catalogue, 1^^ éd., 208, GG, 8; 2*^ éd., 
p. 223. — Leblant, Les Inscriptions chrétiennes de la Gaule, 1856, n° 233. — Schuer- 
MANS, Biill. cotnni. art et arch., t. VIII, 1869, p. 336. n" 157 et pi. II, fig. 6. — de 
Rossi, Bull, archéol. cristiana, 1873, II*" s., t. IV, p. 140. — Krws, Die christlichen 
Inschr. der Rheinlande, 1890, t. l^"", n^ 211. — Moulage à Trêves, cf. Hettner. Die rôm. 
Steindenkmàler des Provimialmuseums zu Trier, 1893, p. 173, n° 431, qui renvoie à 
des publications locales relatives au lieu exact de la découverte, citées aussi Corp. 
inscr. lut., XIII, 3784. 

200.[B339.]Épitaptie clirétienne d'tin enfant. 

Plaque de marbre jaunâtre, trouvée à Trêves, près de l'église Saint- 
Paulin, en 1779. Plus tard, dans la collection du comte de Renesse, 

vendue en 1836; puis 
dans la collection Ha- 
gemans. Acquise par 
le Musée en 1861. 

Haut, et larg. 0^285; 
ép. o™oi; haut, des let- 
tres 0'»02-0'n03. 

La pierre est sans 
autre ornement qu'une 
ligne à la partie supé- 
rieure. Elle porte, en 
caractères irréguliers 
et mal gravés, l'in- 
scription : 

Hic quiescit in 

pa|ce Gaudentiolus 

I qui vixit an(nos) 

VII et I men(ses) VI et dies XV. Tit|ulum posuerjunt Gauden- 

ti|us et Seriola | pater et mater. Au-dessous le monogramme : ^ 

« Ici repose en paix Gaudentiolus, qui vécut 7 ans 6 mois et 15 jours. 
Gaudentius et Sériola, son père et sa mère, ont (fait) placer cette épitaphe. » 

Le nom de l'enfant, Gaudentiolus, est un diminutif de celui de son père, Gau- 
dentius. Ces noms, comme Hilarus, Beatus, lubilator, Fidencius, qui veulent 
exprimer la joie intérieure du fidèle qu'attend une vie bienheureuse, sont exclu- 
sivement chrétiens (cf. Kraus, Realencyclopâdie der christl. Altert., 1886, s. v° 
«Namen », p. 481, 5). Quoiqu'il soit peu distinct, il n'y a pas lieu de considérer 




242 



le monogramme placé sous le texte comme une addition moderne, ainsi que 
l'a supposé Hettner. 

Sur le lieu de la découverte, cf. Clotten, Trierisches Wochenblâttchen, 1779, n" 8, 
cité par Léoxardy, op. cit. (numéro précédent), p. 34, et Hettner, Die Steindenkmâ- 
ler des Provinzialm. zu Trier, 1893, p. 161, n° 386. — Hagemaxs, Cabinet, p. 392, n» 292. 
— Th. Juste, Catalogtie, i^^ éd., p. 208, GG, 9; 2^ éd., p. 223. — Steixer, Codex inscr. 
Danubii et Rheni, 1852 p. 64, n» 1971. — Leblant, Inscriptions chrétiennes de la 
Gaule, \, 1856, no 256. — Schuermans, Bull. comm. art et arch., VIII, 1869, p. 336, 
n° 158 et pi. II, fig. 7. — Kraus, Die christlichen Inschriften der Rheinlande, t. I^'. 
1890, noi72,oii l'on trouvera l'indication d'autres publications allemandes, citées aussi 
Corpus inscr. lat., XIII, 3833. 





201. [B 1767.] Urne de pierre. Urne de calcaire blanc 
jurassique de la Moselle, trouvée à Cologne, près de la porte dite 
« Eyelite Thor ». Collection du comte de Re- 
nesse, puis collection Hagemans, acquise par 
le Musée en 1861. 

Haut. 011263; diam. 0128. 

Récipient de pierre cylindrique, muni d'un 

couverclt- 
plat, sans 
aucun or- 
n e m e n t , 
encore rem- 
pli d'ossements calcinés « parmi les- 
quels on trcuva les restes d'une fiole 
de verre tordue au feu ». 

On rencontre fréquemment des urnes 
en plomb de cette forme cylindrique. Le 
Musée en possède un exemplaire décou- 
vert à Bavay, que nous reproduisons 
ci-contre. 

Catalogtie de la vente de Renesse, 1836, 
n" 481. — Hagemans, Un Cabinet d'amateur, p. 390, n" 268. — Th. Juste, Catalogue, 
26 éd., 1867, p. 201, DD, I. 



243 



APPENDICE 



MONUMENTS D'UNE ANTIQUITÉ 
DOUTEUSE. 



202. [R 2322.] Vases de porphyre. Deux vases de 
porphyre gris, « trouvés dans les propriétés du prince d'Angri, près 
de Paestum ». Collection Ravestein 
donnée à l'État en 1873. 

Haut. o"'32: diam. o™i6. — Sans res- 
taurations. 

Ces vases à deux anses n'ont jamais 
pu servir que d'ornement : ils sont 
pleins, percés seulement au sommet 
d'une étroite ouverture circulaire. Ils 
reproduisent une forme d'amphore 
qu'affectionnaient les céramistes grecs 
du ve siècle, sauf que leurs anses sont 
taillées en biseau ; mais à cette époque 
on ne paraît pas avoir travaillé le por- 
phyre en Grèce, et ces vases ont cer- 
tainement été exécutés à une date 
beaucoup plus tardive à l'imitation de 
ce modèle hellénique. 

I] est difficile de déterminer l'époque 
à laquelle ces vases remontent, mais il 
paraissent dater de l'Empire français 
plutôt que de l'Empire romain. Les an- 
ciens ne mettaient pas une paire de vases 
identiques de chaque côté de leur chemi- 
née, et «la dureté de la pierre » ne peut guère lui avoir conservé, comme le dit 
De Meester, c le poli qu'elle a reçu des anciens ». L'indication de provenance 
donnée à ce collectionneur serait donc fausse. La rareté de la matière n'en donne 
pas moins du prix à ces vases, dont le galbe au moins est antique. 

Décrits : De Meester de R.westein, Le musée Ravestein, t. II, p. 165, n" 1793; 
2^ éd., 1884, no 2322. 




247 



203. Inv. 1138] Vase portant une représenta- 
tion des travaux d* Hercule. Vase de marbre blanc, 
« donné par Napoléon à Madame Mère, qui le légua par testament 
à son fils, le prince de Canino >' (Lucien Bonaparte). Acquis, en 1858, 

à la vente du cabinet 
de M. Rochard. 

Haut. 0^65; diam. 
0^37; long, du pied 
0^23. 

Le pied, de forme 
élégante, est un pié- 
douche élevé, décoré 
de lacis et de canne- 
lures. A la naissance 
du vase, s'épanouit un 
bouquet de feuilles 
d'acanthe. Plus haut, 
un lacis très simple, 
surmonté d'un anneau 
plat, sert de base aux 
ligures d'un bas-relief 
qui fait le tour de la 
panse. Le sommet de 
celle-ci, fortement re- 
courbé, est décoré d 'une 
guirlande de pampre, 
nouée par des rubans 
sous les anses, formées 
par deux serpents en- 
roulés. Le bord du col, 
k profil concave, est 
décoré de fleurons. 
Le bas-relief, d'un 
profil peu élevé, qui forme une frise continue, représente huit des 
travaux d'Hercule. Nous donnons la série de gauche à droite, en commen- 
çant sous une des anses : 

A. LJ071 de Némée. Hercule, entièrement nu, étouffe dans ses bras robustes 
le lion, qui cherche à lui enfoncer ses grifies dans la cuisse; 

B. Centaure du mont Pholo'è. Hercule, le bras gauche enveloppé dans une 




248 



peau de lion, brandit de la main droite une massue dont il va frapper le 
centaure, qui, bondissant vers son adversaire, lève également une massue. 

C. Descente aux enfers. Hercule, la peau de lion rejetée sur l'épaule 
gauche, sur laquelle s'appuie la massue qu'il tient d'une main, entraîne de 
l'autre Thésée, qu'il est venu délivrer. Celui-ci entièrement nu, une main 
posée sur sa poitrine, se retourne comme pour regarder s'il est poursuvi. 
Devant lui, est couché Cerbère, qui entr'ouvre sa triple gueule. 

D. Cavales de Diomède. Hercule, qui tient toujours sa massue d'une main, 
a saisi de l'autre le licou d'une jument, qui se cabre en vain pour lui résis- 
ter. Derrière lui, galope un des autres coursiers que le roi de Thrace nour- 
rissait de chair humaine. 

E. Dragon du jardin des Hespérides. Du bras gauche, Hercule se fait un 
bouclier de sa peau de lion, et lève de l'autre main sa massue pour assom- 
mer le monstre, gardien des pommes d'or des Hespérides, qui se dresse 
menaçant devant lui. 

F. Taureau de Crète. Le héros, dépouillé de ses armes, soulève de ses bras 
vigoureux le quadmpède renversé, le poitrail en l'air, la tête pendante, et il 
se prépare à le transporter vivant à Mycènes. 

G. Hydre de Lerne. Hercule, sans sa peau de lion, frappe à coups de 
massue le serpent à neuf tètes, qui lui serre la jambe droite dans les replis 
de son corps. 

H. Biche d'Arcadie. Hercule \-ient de surprendre la biche légère qui 
fuyait devant lui. Appuyant le genou gauche sur sa croupe, il saisit d'une 
main l'un de ses bois, de l'autre ses naseaux, et il la renverse en arrière. 

La composition de ces huit groupes, imités de modèles grecs, n'est pas sans 
mérite. L'exécution est plus médiocre. Il semble bien que ce soit non pas, comme 
on l'a cru, une œuvre antique, mais bien un travail exécuté pour Napoléon, 
qui en fit don à sa mère. Dans la dernière scène, la partie antérieure de la 
biche est restaurée. Plusieurs morceaux sont insérés à la partie supérieure 
de la panse. 

Th. JisTE, Catalogue, ï^^ éd., p. 138, I, i ; 2^ éd., p. 146. 

204* [R 2327.] Btiste de femme. Moitié supérieure 
(l'une statue de calcaire, provenant de la collection Hugo Garthe; 
plus tard, dans la collection Ravestein, donnée à l'État en 1873. 

Haut. 01126; larg. o™2i. — Le corps est cassé à la taille et les bras à l'épaule. 

249 




Cette femme, dont le visage est 
couronné d'une triple rangée de 
petites boucles et dont les cheveux 
retombent en longues mèches sur 
les épaules, était entièrement nue. 
La pupille est marquée dans le 
globe saillant des yeux. La poi- 
trine est bombée et les seins 
pointus sont extrêmement écar- 
tés. 

Peut-être cette statue était-elle 
celle d'une Vénus gallo-romaine 
(cf. no 173), mais la disposition de 
la chevelure me paraît suspecte et 
l'authenticité de ce morceau plus 
que douteuse. 

Cité: Catal. Hugo Garthe [cf. n» 188", 
n'' 15 — Musée de Ravestein, t. III, 
n'i 1795c; 2^ éd., 1884, n" 2327 (qui 
dit à tort « buste de femme diadémée 
et voilée »). 



205- [A 908. j Fausse épitaplie attiQtie. Plaque de 
marbre brisée en deux fragments. Le texte gravé sur ce marbre fut 
copié, en 1676, à Eleusis, par le voyageur Jacques Spon. La pierre 
elle-même était, au commencement du xviii^ siècle, à Londres, dans 
le Musée Kemp. Adam Clarke la retrouva plus tard dans le pave- 
ment d'une cuisine. Elle passa après sa mort chez des antiquaires et 
fut acquise par le Musée le 16 mars 1886. 

Haut. 0^18; larg. o'"33; ép. 0^04; haut, des lettres, 0^015-0^02. 

Ce marbre, qui a gardé de son séjour dans une cuisine un aspect grais- 
seux et une couleur noirâtre; est sans autre ornement qu'un trait à la partie 
supérieure. Il porte l'inscription : 

Tifâépioç KXaùSioç | OeôcpiXoç TiSepîou ] KXauSiou OejxiaxoxXé- 
ov)ç Byjaaiécoç. 

'< Tibérius Claudius Théophilos (fils) de Tibérius Claudius Thémistoclès 
(du dème) de Bésa. » 

Si la teneur de cette épitaphe attique fort simple, du commencement de 
l'Empire, n'olïre rien qui puisse éveiller notre défiance, la provenance du marbre 



250 



suffit à le rendre suspect. Boeckh a démontré qu'une autre inscription grecque 
du Musée Kemp (CIG, 652) avait été fabriquée d'après un texte publié par Spon, 
et il a conjecturé qu'il en était de même de la nôtre. L'examen de la pierre 
confirme la justesse de ces soupçons. Les caractères irréguliers et peu profonds 
n'ont qu'une ressemblance approximative avec ceux gravés par les lapicides 
attiques. M. Charles Michel, après avoir examiné le marbre, n'a pas hésité à 
y reconnaître avec nous une falsification moderne. 

Spon, Voyage d'Italie et du Levant, 1678, t. III, pi. II, p. 102. — Ainsworth, Monu- 
menta vetustatis Kempiana, Londres, 1719, p. 45, n° 41. — *Adam Clarke, Diarium 
class., t. II, p. 720; cf. pp. 736 et suiv. — CIG, 614. — CIA, III, 1632, où l'on trouvera 
l'indication d'autres publications anciennes. — Une découpure d'un catalogue d'anti- 
quités, collée au revers de la pierre, indique qu'elle provient from th-j colUxtion of 
D^ Adam Clarke et est à vendre pour 1 1 livres sterling. 

206. B 476.] Fa\isse épitaplie clirétieniie. 

Plaque de marbre, prétendument trouvée, en 1781, à Trêves, près 
de l'église (Saint-Paul) [Léonardy]. Autrefois dans la collection du 
comte de Renesse, vendue en 1836. Acquise par le Musée en 1867. 
Haut. on>24; larg. 0^48; ép. o>no45; haut, des lettres o™02. 

La plaque est entourée, de trois côtés, d'une large bordure sculptée ; entre 
deux moulures plates, serpente un cep de vigne, sur lequel perchent des 
colombes qui en béquètent les raisins. Dans le champ, l'inscription : 

D(is) — i Hic iacet Aelia Trib|una — M(anibus) — | quae 
vixit an(nos) LX, | di(es) X. Tet(ulum) Crescens | coniugi 
dédit. 

« Aux dieux Mânes. Ici repose Élia Tribuna, qui vécut 60 ans (et) 
10 jours. Crescens a donné (cette) épitaphe à son épouse. » 

L'inscription est manifestement apocryphe : les points qui surmontent les i, 
l'expression inusitée tet(nlum) dédit, le nom même, Aelia Tribuna, l'indiquent 
surabondamment. On trouve assez fréquemment le sigle D. M . sur les vieilles 
épitaphes chrétiennes (cf. Becker, Die heidnische Weiheformel D. M. auf nlt- 
christlichen Grabsteinen, Géra. 1881, et Grieven, Z)?^ SiglenD. M . auf altckristl. 
Grabschriften, Erlangen, 1897), mais jamais il n'est, comme ici, intercalé dans 
le texte. De même que le n» 26, ce monument sort de l'atelier d'un certain 
Clotten d'Echtemach qui. pendant les années 1779 et suivantes, fabriqua une 
quantité d'inscriptions latines. Il semble s'être servi d'une plaque de marbre 
antique, car l'encadrement ne paraît pas être moderne (sur cette ornementation 
voyez le n» 199). Cette plaque, dont le faussaire a retaillé la partie supérieure, 
était autrefois de dimensions plus considérables et partait sans doute une 
inscription peinte. 

251 



Catalogue de vente de la collection de Renesse, 1836, n° 489. — Steiner, Cod. inscr. 
Danub. et Rheni, 1854, n" 1745. — Th. Juste, Catalogue, i''^ éd., p. 209, GG, 11 ; 2^ éd., 
p. 224. — LÉONARDV, Die angeblichen Trierer Inschriftenfàlschungen, Trêves, 1867, 
p. 35. — ScHUERMANS, Bull. comm. art et arch., t. VIII, i86g, p. 338, n" 159. — 
Kraus, Die ckristlichen Inschriften dey Rheinlande, t. I*^"", 1890, p. 16S, n» 11. — Corp. 
inscr. lat.. XIII, *482, où sont indiquées d'autres publications. — ■ Moulage à Trêves : 
Hettner, Steindenkmâler des Muséums zu Trier, 1893, no 653. 

207. [B 335.] ÉpitapKe fausse. Plaque de marbre 
grisâtre, brisée en deux pièces, prétendument trouvée à Trêves, près 
de la chapelle Sainte-Barbe, en 1781. Autrefois dans le cabinet du 
baron de Hiipsch; puis dans la collection du comte de Renesse, ven- 
due en 1836; parvenue enfin dans la collection Hagemans, elle a été 
acquise par le Musée en 1861. 

Haut. 01123; larg. o'"22; ép. 0^025; haut, des lettres o™o2: 

Sur la surface polie de la pierre, on lit l'inscription : 

D(is) M(anibus). Messio Ort|elio vire fortissi|mo Messa | 
facit * 

« Aux dieux Mânes. A Messius Ortelius, homme très courageux, Messa 
fait (bâtir ce tombeau). » 

Les points qui surmontent les i, l'expression insolite viro fortissimo, l'asté- 
risque — ce n'est pas une croix — placé sous le texte, la forme même des carac- 
tères prouvent la fausseté de cette épitaphe. C'est, comme le n° 206, un produit 
de l'industrie du faussaire Clotten. 

De Hùpsch, Epigrammatographia, Cologne, 1801, I, 46, 9. — Steiner, Codex inscr. 
Rheni, 1837, Q° 802, et Cod. inscr. Danub. et Rheni, 1852 et suiv., t. III, no 1723. — 
Catalogiie de vente coll. de Renesse, 1836, n» 476. — Hagemans, Cabinet, p. 390, 
no 267 et p. 518. — Th. Juste, Catalogue, i^e éd., p. 163, S, 15; 2^ éd., p. 173. — 
Brambach, Corp. inscr. Rhénan., p. 366, n" 64. — Schuermans, Bull. comm. art et 
arch., VIII, 1869, p. 333, n" 156 et pi. II, ûg. 5. — Cf. Hettner, Die Steindenkmâler 
des Muséums zu Trier, 1893, p. 222, noôfi. — Corpus inscr. lat., XIII, 471*, où sont 
indiquées d'autres publications. 



252 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 



p. 21, no 15. Une preuve nouvelle que cette statue représente bien une déesse 
de la Santé est fournie par un torse de statuette conservé au Magazzino 
archeologico de Rome. C'est un fragment d'une quatrième réplique de la 
même œuvre et le serpent y est en partie conservé. Cf. Amelung, Berliner 
Philologische Wochenschrifi, 1900, p. 625. Ajouter à la bibliographie : Lippold, 
Griechische Portràtstatuen, p. 37, cité par Helbig, Fûhver, 3" éd., t. II, p. 477. 

P. 26, n° 17. M. Klein a parlé de 1' «invitation à la danse ». Gesch. der 
griechischen Kunst, III, p. 235, et Zeitschrift fur bildende Kunst, XX, 1909, 
pp. 101-108. 

P. 35, no 24. Reproduit : Espérandleu, Bas-reliefs de la Gaule, t. V, n° 3999. 

P. 45, no 35. Reproduit : Espérandieu, ïbid., t. V, n" 3997. 

P. 64, no 52. Reproduit : S. Reinach, Répertoire des relie/s, p. 162, n° i. 

P. 69, n° 55. Reproduit : Ibid., p. 163, n0 3. 

P. 71, 1. 7. L'article d'UsENER, i?erm/«05, est reproduit : iC/e/ne Schriften, t. IV, 
1913, pp. 471 et suiv. 

P- 73 > 1- 30 • Lire harpe au lieu de harpe. 

P. 93, n" 73. Reproduit : S. Reinach, ibid., p. 163, n» i. 

P. 99, no 77. Reproduit : Ibid., p. 162, n» 5. 

P. 104, no 80. Reproduit : Ibid., p. 163, n» 2. 

P. 113, n° 86. Reproduit : Espérandieu, Bas-reliefs delà Gaule, t. V,n° 3989; 
S. Reinach, Répertoire des reliefs, t. II, p. 161, n" 4. 

P. 150, n° 133. L'inscription de Praxias est reproduite ;C.\GNAT,/w5cr.>'es Rom. 
pertinentes, t. IV, n°66i;cf. 660. L. 27, lire probablement : SsSofjLévto v Tc. 

P. 157, no 135. Inscription reproduite : Cagnat, ibid., t. IV, n^ 657. 

P. 163, 1. 10. Lire Sy-càvcov au lieu de [Jacavcov. 

P. 218, no 78. Reproduit : S. Reinach, Répertoire des reliefs, t. II, p. 162, n» 4. 

P. 221, nos 188-9 et p. 249. no 204. Le catalogue de la vente Garthe ne donne 
aucune indication précise d'origine; mais, d'après la préface, les antiquités 
réunies par ce collectionneur provenaient presque exclusivement de la région 
du Rhin (Mayence, Xanten, etc.) et la plus grande partie en avait été trouvée 
à Cologne même [note communiquée par M. Poppelreuter, conservateur du 
musée de Cologne]. 



25: 



INDEX. 



Les chiffres désignent les numéros du catalogue. 



I. DONATEURS. 



Algérie (Gouvernement général de 1'), 

163-6. 
Amis des Musées, 40. 
Anonymes, 13, 21, 27, 31, 58-60, 77, 

80, 108, 137, 140. 
Beernaert (Auguste), 28, 33. 
By (de), 193. 
Capart, 10 1. 

Cavens (Louis), 179, 191. 
Cuypers, 52, •]=), 76, 125 à 129, 167. 
Deman d'Altenrode (B°"), 194. 
DugnioUe, 109-111. 
Errera (M. et M me Paul), 62, 187. 
Farah (Ferdinand), 88. 
Gaudin (Paul), 90, 130-136. 
Gindorff (A.), 67, 130-1. 
Hussein Haïdar, 83. 



Lammens (Père), 55. 
Le Bailly d'Inghuem (C^e), 97. 
Liagre, 193. 
Paridant (Ed.), 42-44. 
Paris (Louis), 152. 
Poils (Jean), 162. 

Ravestein (De Meester de), voir Col- 
lections. 
Tesch (Jules). 

Tongres (ville de), 192, 196, 197. 
Urbain, 180. 
Van de Perre, 178. 
Villermont (Ctesse de), 161. 
Warocqué (Raoul), 9. 
Willems (Alphonse), 99. 
Yzeux (Dr), 91. 



IL ANCIENNES COLLECTIONS. 



Angri (P'=^ d'), 202. 

Bagenrieux (de), 86. 

Bonaparte (Lucien, prince de Canino), 

16, 202. 
Cesi, 32. 

Clarke (Adam), 205. 
Crassier (B°"de), 169 à 171, 173-4. 
Crawfurd, 19. 
Dattari, 74. 
DeBove, 177. 
Demidoff, 16, 19. 



Fraikin, 86. 

Gaddi, 87. 

Garthe (Hugo), 188-9. 

Hagemans, 87, 94, 95, 96, 198 à 201, 

207. 
Jésuites de Bruxelles, 152 à 160. 
Kemp, 205. 

Ludovisi, 3, 4, II, 20, 32. 
Mathelin (de), 172. 
Mistho, 113-4. 
Nani, 27, 124. 



255 



Pagani. 27, 124. 

Panckoiicke, 2. 

Pourtalès, 16. 19. 

Ravestein (De ^lecster de), 89, 102, 

104-6, 112, iiS. 188-9, 201. 
Renesse-Breidbach (C<e de), 195, 198 

à 201, 206-7. 
Rochard, 202. 
Rochette (Raoul), Sj. 
Rospigliosi, 15. 



Schaepkcns (Arn.), 169 à 171, 173-4. 
Sciarra, 10. 
Soderiui, 26. 

Somzée, i, 3. 4, 6 à 8, 10, 11, 13, 20, 
23, 28, 30, 32 à 34, 50, 92, 107, 116. 
Tyzskiewicz, i, 50. 
Van Huerne, 24, 35. 
Vaucamps, 119-22, 162. 
Warocqué, 9. 
Wouvere ( Jean)'(Wouverius) ,152,157-8. 



III. PROVENANCES. 



Grèce, i, 2 (?), 50, 69, 71, 93, 109-111. 

Athènes (et Pirée), 25, 51, 63 à 65, 
92, 99, 100, 123. 

Béotie, 62. 

Corinthe, 9. 

Eleusis, (?) *205. 

Ithaque (?), *I24. 

Laurium, 70. 

Milo, 73. 

Péloponèse, 27. 
Macédoine. 

Melnik, j2. 

Salonique, 76, 125-129, 167. 

MÉSIE. 

Drvno (Viminaciiim) , 60. 
Thrace, 75. 

Constantinople, 53, 72, 103. 
AsiE-MiNEURE, 66, 85 (?), 90. 

Acmonia (Phrygie), 78, 79, 133-136. 

Ahat-Keuï = Acmonia. 

Ak-Hissar = Thyatire. 

Amasia (Pont), 137. 

Amisos (Pont), 80, 138-140. 

Aphrodisiade (Carie), 41. 

Apollonie de Bithynie, 29. 

Élée, 67. 

Gunékeuï (Phrygie), 77. 

Otourak (Phrygie) 136. 

Samsoun ; cf. Amisos. 



SandykU (Phrygie), 98. 

Smyme, 12, 21, 22, 38 à 40, 113-4, 
130-1. 

Thyatire (Lydie), 54. 

Tiré (Lydie), 132. 
Cypre, 45-48. 

Amathonte, 42-44. 

Lamaka, 49. 
Syrie et Palestine. 

Acco (Saint- Jean-d' Acre), 31. 

Ciliza (Killiz), 56. 

El-Burdj (Hermon), 141. 

Haurân, St,, 84. 

Hémèse (Honis), 55. 

Hermon, 141. 

Hippos (Palestine), 143. 

Nazareth (?), 144, 168. 

Palmyre, 81, 82. 

Ptolémaïs, 31. 

Saffoûré. 143. 

Sidon (Saïda), 88, 142. 

Tyr (Sour), 115. 

Zébed, 145. 
Mésopotamie. 

Séleucie du Tigre, 36. 
Egypte. 

Alexandrie, 37. 

Bubastis, 146. 

Fayoum, 57, 146, 149. 



256 



Gizéh, 147-8. 
Afrique. 

Carthage, 97. 

Madaure (Mdaourouch) , 163 à 166. 

Rome, 3 à 6, 10, 11, 15, 20, 23, 32, 59, 
89 (?), loi, 104, 105 (?), 106 (?), 
108, 112, 118 (?), 150 à 161. 

Italie, 162 (?). 
Florence, 26. 

Misano, gi. • • 

Modène, 61. 
Naples, 58. 
Paestum (?), 202. 
Volterra, 87. 

Espagne, 16. 

Gaule. 

Bavay, 182 à 184. 

Domburg (Walcheren) , 178. 

Élouges (Hainaut), 177. 

Fauvillers (Luxembourg), 180. 



Fouron-Ie-Comte (près Visé), 181. 

Foy (Luxembourg), 191. 

Herstal (Liège), 187. 

Hoeylaert (Brabant), 194. 

Les Fontaines (prèsMaubeuge), 173-4. 

La Madeleine, cf. Titelberg. 

Majeroux (Virton), 175-6. 

Mayen (Prusse Rhénane), 198. 

Messancy' (Luxembourg), 172. 

Mens, 86. ■ 

Mousty (Brabant), 179. 

Norroy (Lorraine), 193. 

No ville (près Bastogne), 191. 

SteenboscK (près Visé), 181. 

Titelberg (Luxembourg), 190. 

Tongres, 192, 196, 197. 

Trêves, 199 à 201, *2o6, *207. 

Vinxtbach (Prusse Rhénane), 195. 

Virton, 169 à 171, 175-6, 186. 

Provenance inconnue, 2, 7, 8, 13, 
14, 17 a 19, 24, 30, 33-5, 68, 102, 
107, 116-7, 119-122, 185. 



IV. INDEX ÉPIGRAPHIQUE. 



I. Dieux et déesses. 

'AyXi^wXoç, 55. 
'lAyyopK, 147. 
'A 6-/] va, 55. 

"ApT£[X!.ç, 124 — 'Ecpsoria, 133. 
'ActSoû>.-/]ç, 52, 
'AaxXY]7ci.ôç SwT'/jp, 133. 
B7)Xoç, 56, cf. 55. 
Boû[iacT!.ç, 14* ). 

'ExaTT;, 136. 

'EXocyàl^aXoç, 55. 

EûSaifxoouvT]*; 7)(jt.épa, 133. 

^'HXioç, 132. 

vjpwç, 133. 

Osol àOàvaxoi., 136, B — Tiàrpiot,, 
133 — Hs^acToi, 133 — 91X0- 
(jLTjTopEç (aoixrjpsç), 146-7. 



^ly.pépcoXoç, 55. 

~\oic, Osa [jLeyLCTT-/], 147. 

Kspauvoç, 55. 

Ko pal, 50. 

As'jxoOéa Osa, 141. 

IMaXà/JîrJXoç, 55.^ 

Màv-/)!; (ou MavoûSaoç), 136. 

Ss^aaTol 0£Oi, 133. 

2£t,(xia, 55. 

"Y'ji!.OTOc; Osôç^ 54. 

OoLpoç àp-/-/}Y^'^'0'? 7P'/]0[jioS6ty]ç, 

136. 
^Opoç, 147, 148 (?), 

ZSÛÇ, 136 — I;T0S[j!.Tjv6ç, 153. 

[Bacchus, 164-5J. 

Entarabus, 191. 

Fortuna, 192. 

Genius lori, 195 — centuriac, 191. 



17 



257 



Hercules Saxanus, 193. 
lupiter Optimus Maximus, 195. 
Matronae Cantiiisteihiae, 194. 
Mithras deus Invictus. 60. 
Pluto. 163. 

2. Souverains. 

AofjLiT'.avoç Hs^aoTOÇ, 133 — Dc- 

mitianus Caesar, 193. 
KXsoTràxpa (II), 146 
KXso-aTpa (III et Seléné), 147. 
nToX£t/.aIoç (VI Philométor) , 146. 
nToX£[jiaLOç (X Soter), 147. 
Titus imp., 193. 
Tpaïavoç, 141. 
Vespasianus imp., 193. 

3. Principaux noms de personnes. 

a) Grecs : 

'Aî^sStxéXs/oç, 142. 
'AôàvxToç, 136. 
'AOav'lca Mr^TpoScopou, 67. 
A^t^oç, 145. 
'Ajjipàa, 145. 

"AvVEOÇ BOUXÉOU, 145. 

'AvTt-aTpoç, 138. 

'A-£''C0V, 143. 

'AciaTixoç, 134. 
'AcxXr^-iàSr^ç, 133. 
'AcT£p(a, 146. 

'AoôovTîTOç 'HpaxXécovoç, 70. 
Aucxtoç (-ta), 125. 
Ba(î(jîXX-/;oç (sic), 54. 
BssXià^oç, 141. 
Bo'jxfoç (Bopxaïoç), 145, 
Fauxcoviç, 130. 
Ay.ii.ô'JTpaTOÇ (archonte), 123. 
Aiovàç, 136. 
Aïo v'jGCiSojpoç, 123. 
'Exy.Taïoç, 133.- 

'E(Jt,£0'jÇ, 56. 

'E-iyév-/;;, 56. 
'E-tTÛyyavoç, 136. 
'Epiiz'.y.c, 127. 



'EpijLoyévT]?, 133. 

'Ep[;(,09àv£!.a, 62. 

Eùypà9t,oç, 140. 
EùéXTiiaToç, 79. 
'Eu<JTà6to<;, 127. 
Z-/]V(ov, 131. 
'HXta, 145. 
'HpaxXécov, 70. 

07]SlCOV, 56. 

"iXapoç, 130. 
'laiàç, 76. 
'laTcaTaXTj, 136, B. 
['Itoàvvr^ç] (saint), 140. 
"Icov, 66. 
KaTTLTOiV, 134. 
KotvTOÇ, 143. 

Ko-pia, 74. 
Aàx£va, 126. 
AàvSpoç (?), 52. 

A£6vT!.Ç, 145. 

Aouxiavoç, 134. 
Mapa^àpxa. 145. 
MàvToç(-a), 76. 
Ma^ifxiavoç, 129. 
i\làp0aç, 56. 
M£vv£aç, 141. 
My]pi6vYî<;, 137. 
Mr,Tp6S(opoç, 67. 
Moc»/t,av6ç, 54. 
Mouocov!.(o)ç, A-/][i.r;Tpîou, 71. 
MûoTa, 138. 

N£a£UÇ, 138. 

N£t.x6c7TpaTOç, 126. 

N£T£LpOÇ, 141. 

NixoScopoç, 123. 
H,£vtaç "Itovoç, 66, ■ 

'OvTjCTlJi.-/], 78. 

'OvyjaijjLOç, 136. 

HivSapoç, 77. 

riov-ixoç, 133. 

npa^Laç, 133. 

nToXsfxaïoç noc£!.Sco vio'j, 147. 

nûppoç,52, 75, 76. 

Sapàzioç, 148. 

ZaTopvîvo:;, 145. 



258 



Sépyioç (àyioç), 145. 

Sépyiç, 145. 

Sr^aTuXXioç (Sextilius), 77. 

Su[/£a)v, 145. 

ScoTiàç, 50. 

Ta.Tiov, 136. 

TaTiç, 136, 

Tifjiàptov, 146. 

Tpûocov, 78, 

Oàevvoç, 123. 

Oapvà^ a(^oç, 137. 

Oî-Xox.Xr^ ç (archonte), 123. 

CDtXoùç, 143. 

OX(à^!.oç) 'Ico7.vv-/;ç, 144. 

T. (I)Xà^toç ripaçtaç, 133. 

b) Latins : 

Agrippina, 153. 

Appianius Patemus, 194. 

Aprionius lunius 192. 

Asiaticus, 154. 

Attica, 153. 

Aufidius, 199. 

Augurius, Augurina, 199. 

Calliope, 150. 

Carpus, 155. 

Castorius, 168. 

Cirpinius (-a), 150. 

Dativa, 166. 

Domesticus, 167. 

Dosso, 193. 

Epaphroditus, 138. 

Epictetiis, 133. 

Eutychis, 161. 

Felicinia Secura, 163. 

Gangusso. 197. 

Gaudentius, 200. 

Gaudentiolus, 200. 

Hermès, 161. 

Hilarus, 139. 

loannes dominus (saint), 167. 

Ingenuus, 191. 

Isidora, 162. 

Kapitolius, 163. 



Laea, 138. 

Liberalis, 89. 

Massiaenius Secundus, 193. 

Martialis, 193. 

Mellon, 133. 

Moschis, 160. 

Natalis, 164. 

Nepos Silvini filius, 197. 

Nice, 160. 

Niceros, 134. 

Nomas, 136. 

Numerius Liberalis Postumus, 89. 

Ofillius Carpus, 133. 

Ollodagns, 191. 

Pactumeius, 137. 

Paulina, 133. 

Pistus, 137. 

Priamus, 139. 

Probianus, 163. 

Quintillius (-ia), 138. 

Restituta. 198. 

Romanus, 137. 

Seriola, 200. 

Silvinus, 197. 

SoUavius Victor, 191. 

Tychicus, 131. 

Velmada, 197. 

Velugnius Ingenuus, 191. 

Veturia Fortunata, 136. 

Veturianus, 164. 

Vibius (-ia), 133. 

Victoria (?) Restituta, 198. 

Volusius (-ia), 153. 

Urania, 132. 

c) Sémitiques : 

Amrat Manâf, 143. 

Annas, 145. 

Boltra, 82. 

Hounai, 145. 

Mara, 143. 

Mar'alqais, 143. 

Mari, 143. 

Muqim bar Timaï. 143. 



259 



Nesé, Si. 
Ramé, S2. 
Sa*d, 145. 
Shouraih, 145. 
Sitr, 145. 
Yamlikou, Si. 
Zabd'atch, 81. 
Zabdclah, S2. 



4. Lieux et peuples. 

Wyy.pvtùc, (dème^, 123. 
Br^aa'-îûç (dème), 206, 
ràSapa, 143. 
"Ittttoç 0097], 143. 
Axy.z'îptûc, (dème), 71. 
Mzyxpzûc,, 123. 
Ms!.X7)(Tî.oç (dème), 70. 
'Po)[jLaLO!., 133. 
Ssystpa, 141. 

S[XUpV3tÏ0Ç, 130. 

D'j-aX-/]-:T!.oç (dème), 123. 
Ad fines, 196. 
Antunnacum, 196. 
Atrebatum fines, 196. 
Augusta Suessionum, 196. 
Bagacum, 196. 
Baudobriga, 196. 
Bingium, 196. 
Bonna, 196. 
Borbitomagus, 196. 
Bnconica, 196. 
Castellum (Cassel), 196. 
Confluentes, 196. 
Durocorter, 196. 
Heliopolitani, 168. 
Isara, 196. 
Mogontiacum, 196. 
Nemetacum, 196. 
Noviomagus, 196. 
Rigomagus, 196. 
Roudium, 196. 
Samarabriva, 196. 
Sefulae, 196. 
Vosolvia, 196. 



5. Varia. 

Inscription corrigée, 132 — recommen- 
cée, 127 — s fausses, * 124 (?), *205- 
207 — s chrétiennes, 128, 129, 140, 

144, 145, 149, 166, 167, 199, 200,*206. 

àyopavojxoç, 135. — àyopavofxy]- 
aaç èv ciToSeta, 134. 

TÔJ alwvt, TY^Ç 'P(0[J15CU0V ■/jyôjJl.O- 

vLaç, 133. 
àvaJ3ac[xoî, 123. 
à-oOîcoGôiç èv Tw XéS'/jTi, 141. 
y.py y.i (01 xaT'à-àç xaôiaTaas- 

voi), 133. 
àp}(!.£p£ia Sr^ii-OTi/y;, 136, B. 
àpyiepeùç zpcoTOÇ, 136. 
ixpyj.acù[i.cf.x6(fu7^y.l, 146, 
àp^^iTexTovsç, 145. 
Archontes athéniens, 41. 
à[/.7]v en chiffres, 145. 
àcxàpiot., 120. 
aTfo pour auTCo, 125. 
AQ, 143. 

pàaavo!. xaxoL, 136. 
[âsaTtTcop SsaxoTixoç, 144. 
7) ^ouX-}] xal ô Sr^pLO::, 133, 134. 
(^ouXsuTat, 133. 
yspouaia, 134. 

ypa(jt,(jt.aT£Ùç tv^ç [^cuXt;;, 133. 
à-6 Souxwv, 144. 
i-iixiadôoi, 123. 
SsxaT'/;, 124. 
Sr^vàpia, 76. 
SoyfxaToypà'-po!., 133. 
èvToXal àSavaTfov, 136, B. 
£— laxo-oç Ipywv, 141. 
èvoopiov, 131. 
£Ùi]/û/!., 74. 
J^uyoaxàaia, 135. 
7)>.ioSp6[jLOç, 136. 

TJpWOV, 130. 
(r)££ ^O'/jOe!., 41. 
6p£'v[;aç, 77; cf. Alumnus. 
0(opax£Ïov, 130. 

l£p£Ûç, 56, 133. 



260 



i--xpyoç xaTOixcov, 147. 
o xaXoûasvoc; (sobriquet), 131. 
■/.aTxAi9r;, 123. 
xpO'jaTa!. (crustae), 76. 

XUfJL'/JTTlptOV, 129, 

xôpioç aÙTOv àva-aûo£!., 149. 

>.UTp6to (èx paaàvcov), 136. 

{jiaxé>.Xov, 135. 

(j.ap-ûp!.ov, 145. 

(jLTjfJLÔp'-ov, 12S; cf. Memorium. 

(Z!.G6a)Tr,ç, 123. 

(jLOvoatofxoç, 129. 

[jtusLV, 136, B. 

votjLO0£T-/;ç, 136. 

vo(û)!X£poç 'Acxapuov. 129, 

-at-Sàytoyoç (?), 128. 

-apoSÏTa!. /x'IpsTS, 139. 

TT&p'-oSsÛTr^ç, 145. 

-tvaç, 76. 

ripoSpofjLOÇ (saint Jean), 140. 

poSa (sur tcmbeau), 133. 

aa^Taptoi, 52. 

aoupLixàpoç, 80, 

OT£oavr/-pôpoç, 133. 

CTpaTT^yoç, 134, 146. 

<îuv£>.£'j0£pa, 125. 

awTTjpEÇ zaTpt8oç,vo[7.o6éTat.,i36. 

Taa!.£LOv, 130. 

ÙT.xriy.ôç, 144. 

(];7]9!.'7u.7., 133. 

XMr, 41. 

/pY](j[xoSo-r£Lv, 136. 

5^prjaTO[/.oûa£!.oç, 143. 

Xpp = }irp6votç, 144. 

Aedilis, 165. 

Alumnus, 157. 

Apices, 160. 

Cohors III Flavia Heliopolitanorum 

(?) 168; cf. Legio; vo'j[x£poç. 
pro caritate (chr.), 199. 
Centurie, 193, cf. 191. 
Cognomen, double, 89. 
Decumbere ( = festoyer) , 1 64 . 
Decurionum decreto locus datus, 165. 
Diaconus, 199. 



Duovir, 165. 
Flamen, 165. 

Legio X Gemina, 193 — XXX Ulpia 
Victrix, 195; cf. Cohors. 
Memorium, 167; cf. iLr^y.6piov. 
Nauclerus, 60. 
Pontifex, 165. 
Porticus, 191. 
Presbjirer, 199. 
Quiet (sobriquet) , 154. 
Sacerdotes (de Bacchus), 165; (de Plu- 
ton), 163. 
Sacrorum cultor (Bacchus), 164. 
Sedes pia (= piorum), 164. 
Solidi, 167. 
Tartarus, 164. 
Vexillum, 193. 

6. Dates. 

393-2 av. J.-C, 123. 
Entre 163 et 172 av. J.-C, 146. 
Entre 114 et 108 av. J.-C, 147. 
Année 95 (ère d'Actium) = 64 ap. 

J-C. 75- 
Entre 61 et 79 ap. J.-C, 193. 
5 Mars 85 ap. J.-C, 133. 
Entre 103 et 106 ap. J.-C, 140. 
246 (ère d'Actium) = 2i5 ap. J.-C, 52. 
398 (ère d'Asie) — 314/4 ap. J.-C. 
24 Gorpiaïos 823 (ère des Séleucides) 

= 24 sept. 512 ap. J.-C, 145. 
524 ou 526 ap. J.-C. 144 
Indiction indiquée : 149 (entre 344 et 

479), 144 (524 ou 526 ap. J.-C). 

Mois : 

TopizlOLioç, 145. 
'loûvioç, 126. 
Zy.vGixoç, 133. 
MàpTioç, 133. 
Meaopi, 149. 
nàvr^ixoç, 133- 
Jours : 

EoSai.[xoGÛv-/;ç •/;[j(.£pa, 133. 
Nova!. MàpTiai, 133. — Cf. 126, 145. 



261 



V. INDEX GÉNÉRAL. 



Achéloos, 14. 

Adieux (scène dite des), 63. 

Adorants, 72, 73. 

Affranchis, 125, 153, 15S — impériaux, 
154, 159 — de femme, 160. — Fon- 
dation en faveur d'à., 133. 

Aglibol, ^j. 

Aigle, 53, 54 — et couronne 136 — 
sur sphère, 174. 

Aiguière, cf. Urceiis. 

Alcamène, 9. 

Amende funéraire, %=, (?), 130. 

Amour portant raisins, 174; cf. Éros, 
Enfant. 

Anchée, 85. 

Anchoris ou Achoris. 14 7. 

Apelle, 18. 

Aphrodisiade (école d'), 39 à 41. 

Aphrodite, iS — de Cnide, 10, 94 — 
cypriote, 43. 44 — et Éros, 96. 
A., Éros et Priape, 95 ; cf Vénus. 

Apollon, I (?), 13 (?), 170, 172, 175. 

Arabe (la plus ancienne inscription), 

145- 
Arbre entouré d'un serpent, 75. 
Archaïques (sculptures), i à 3, 42 et 

suiv., 50, 103. 
Archer (Éros), 16. 
Architecture (fragments), 116-1 22, 

1S4, 190. 
Armement des gladiateurs, 80. 
Artémis (temple d'), 124. 
Ascarii, 129. 
Asdoulès, 52. 
Asklépios, cf. Esculape. 
Asie-Mineure (art d'), 39, 41. 
Athéna Parthénos, 6, =)^, 91; cf. 

Minerve. 
Athlète. 4, 5. 
Auguste jeune (?), 34. 
Autels, 193, 195. 
Bacchante, 174. 



Bacchus, 104 à 106 — Mystères de 
B., 164-5; cf. Dionysos. 

Banquet funéraire, 72-74, 133. 

Barbare, 23, ^^. 

Bastarne (prétendu), 23. 

Bâtards, cf. Enfants. 

Bel, 55 (?).56. 

Bélier, 73 — Têtes de B., 88, 90. 

Bœufs, 70; cf. Taureau. 

Bonnet conique, 42. 

Bouc (peau de), 19, 32; cf. Peau. 

Bouclier, ^•,. 

Bouvier, 70. 

Bubastis. 146. 

Buffle, 114. 

Bustes de femme, 38. 204. — Bustes 
d'homme. 9. 39, 40. 103, 106; cf. 
Têtes. 

Caelus (?), 174 (p. 214), 176. 

Captif (?). 185. 

Cavalier tlirace, =,2, 75. 

Cavité pour libations, 152. 

Centaures, 26, 27 (?). 

Cercle et chrisme, 145. 

Cérès (?), 169. 

Chapiteau, 117 — corinthien, 190; cf. 
Colonne. 

Char, 61 — Course de ch., 86; cf. Qua- 
drige. 

Chasse, 30 — Retour de ch., 61. 

Chaudron sacré, 141. 

Cheval, 52. — Dieux à ch., 98; cf. Ca- 
valier. 

Chèvre, cf. Bouc. 

Chien, 58, 59, 61. 65 (?). 74, -j^— de 
Malte, 71. 

Chrétiens et paganisme, 136. — 
Inscriptions chr., cf. supra p. 250. 

Chrisme. 145, 166, 200. 

Cipolin, 122. 

Cippe funéraire, 90, 150, 131; cf. Stèles. 

Cléopâtre Séléné, 147; cf. supra p. 236. 



262 



Coffret, 64. 79. 

Coiffure archaïque, i, 3, 9, 50 — bar- 
bare, 23 — d'enfant, 71 — du 
ive siècle ap. J.-C, 41. 

Collier, 50 — et bijoux, 43, 44, 46. 

Colombe, 44 — et raisin, 199, 206. 

Colonnes antiques, 119 à 122 — et 
chapiteaux, 184, cf. 117, 190. — 
C. itinéraire, 196. 

« Colonnes au géant », 169, 170,172- 

174- 
Combattant, 107. 
Condroz (Condrusi ) , 194. 
Conon, 123. 

Consularis de Palestine, 144. 
Corés, 50. 

Corinne (pseudo), 15. 
Crocodile, 57. 
Croix gravée sur représentations 

païennes, 136. 
Couronne, 78 — de pin, 19 — triple, 

36 — murale, 44 — honorifique, 

135 — sur tombeaux, 159. 
Cratère, 73, 74. 
Cybèle, 98. 
Cyzique, 17. 
Dace (prisonnier), 33. 
Dais au-dessus des dieux, 173. 
Daphnis, 20. 

Décurions, 165; cf. Bouleutes. 
Dédicaces à des dieux, 50, 52, 54, 55, 

56, 60 136, 141. 146-8, 163, 191-5 

— en l'honneur d'hommes, 134-5, 
cf. 141, 146- 7, 165 — d'une église, 

143- 
Déesses Mères, 194. 
Déméter de Cnide, 22. 
As^tcoaiç, 63. 
Diadème; cf. Couronne. 
Dimachaerus , 80. 
Dionysos 12 {?), 13 (?), 29, 52, 72, 

— à la panthère, 93; cf. Bacchus. 
Dioscure (?.), 21. 

Disque solaire, 145. 
Doedalsès, 18. 



Dogmatographes, 133. 

Doigt (pilon), 115. 

Donation révocable, 133. 

Droit grec et romain, 133. 

Échanson, 72, 73. 

Édicules, 176, 178. 

Égide, 6, S7' 9i- 

Élagabal, 55 (?). 

Enfant (sur stèles funéraires), 62, 71 
— drapé, 113 — s vendangeurs, 52. 
Enfants adoptifs, 77, 157 — illégi- 
times, 150, 155; cf. Éros. 

Entarabus, 191. 

Éphèbe, I. 

Éphédrismos (jeu), 108. 

Épitaphes, 62, 66-71, 74-82, 85, 89, 
125-131,137-9, 142-3, 150-162, 194. 
197, 198 — chrétiennes, 128-9, 
140, 149,166-7, 199, 200 — fausses 
205-207. 

Épona, 177; cf. 98. 

Éros, 75, 95, 96 — de Lysippe, 16; cf. 
Amour, Enfant. 

Éternité de l'empire, 133. 

Esculape, 31, 97. 

Eshmoun, 97. 

Étrusque (urne), 87. 

Éventail, 69. 

Équestres (divinités), 98. 

Euménides, 50. 

Eutychidès, 17. 

Faon (peau de), cf. Nébride. 

Femme assise (stèles funéraires), 62 
à 64, 67, 72 et suiv., 75 — debout, 
64, 65, 6g. — F. drapées, 24, 28, 
75, 76, 181. 

Flavius Johannès, 144. 

Fleur, 43, 44, 50. 

Fleuve (masque de), 14. 

Fondations, 124, 133, 

Fortifications du Pirée, 123 — en Pa- 
lestine, 144. 

Fortune, 180, 192. 

Foudre (dieu), 55. 

Frontières (divinité des), 195. 



263 



Fruits, 32. 

Funéraires (portraits), 37, 3S — 

(tj-pes), 22, 24. 
Génies ailés (soutenant inscription), 

197, 19S. 
Gerousie, 135. 
Gibier, 61. 
Gladiateurs, 80. 
Gorgone, 6. 

Gouvernail (Fortune), 74. 
Grenade, 50. 

Grifion de Némésis, 57, 89. 
Guirlandes et têtes de bélier, 88, 90. 
Hadrien, 57. 
Harpe, 57. 
Hécate, 136. 
Héliodromos, 136. 
Hélios, 53; cf. Soleil, 
Héra, 51 (?), 53; cf. Junon. 
Hercule 14 (?), 169, 170, 175. — 

Saxanus, 193. — Travaux d'H.,*203. 
Hermès (moUj), 29, 104 à 106. 
Hermès (Mercure), 53, 92; — d'Alca- 

mène, 9; — archaïque, 103; — psy- 
chopompe, 136. 
Hiérapolis (djTiaste d'), 56. 
Hippodamie, 86. 
Hippoh-te (?), 30. 
Homme debout (stèles funéraires), 62, 

75, 109 — drapés, 75 — assis, 109. 
Hygie, 15 (?). 
H\-psistos, 54. 
larhibol, 55. 

Immolation d'enfant (?), 141. 
Immortalité, 136, 187. 
Isopséphie, 145. 
Jean (Saint) le Précurseur, 140 — de 

Thessalonique, 167. 
Jaune antique, 118. 
Junon, 172, 173; cf. Héra. 
Jupiter, 31 (?), 169, 170, 197; cf. 

Zeus. 
Koraî, 50. 
Lagobolon, 19, 26. 
Latin (lapicide ignorant le), 168. 



Lézard, 30. 

Libations (versées par un tube), 152. 

Lierre, 77, 136. 

Lieues gauloises, 196. 

Lion de Cybèle, 77 — et bélier, 182. 

Lune, ^^, 59; cf. Séléné. 

Lysippe, 16, 51. 

Main armée, m. 

Maison étemelle (tombeau), 90. 

Malachbel (?), 55. 

Manuscrit (rouleau de), 82. 

Marbre en Belgique, 179. 

Marteau de Vulcain, 57. 

Masque tragique (sur tombeaux), 187 

— masque funéraire (?), 188. 
Maires, 194. 
Maximin Daza, 136. 
Méduse (tête de), 91. 
Méléagre, 85. 
Mèn (?), 98. 

Mercure, 170, 172, 173 (?), 175. 
Militaire (costume), 55; cf. Soldats. 
Minerve, 169, 172; cf. Athéna. 
Miroir, 79. 

Mithra tauroctone, 58, 60; cf. 171. 
Mithridate, 137. 

Monogramme du Christ, 145, 166,200. 
Mortier et pilon, 115. 
Murs construits. 124, 133. 
^lystères païens, 136; cf. Bacchus. 
Oenamaiis, 86. 

Oiseau, 62, 65, 71; cf: Colombe. 
01>TTipos, 20. 
Néapolis (Naplouse), 144. 
Nébride, 12; cf. Peau. 
Néhalennia, 178. 
Némésis, 57, 90. 
Neptune, cf. Poséidon. 
Nikè volant, 25. 
Nimbe, 57. 
Nymphe, 50, 116 (?); — dénouant sa 

sandale, 17. 
Palestine, 144. 
Palmyrénien (art), 81. 
Pampres. 19. 



264 



Pan. 20, 52. 

Panthée, 57. 

Panthère (peau de); cf. Pardalide. 

Pardalide, 11, 26; cf. Peau. 

Patère, cf. Urceus. 

Peau (de bouc), 19; — cf. Nébride, 

Pardalide. 
Pédagogue, 128. 
Peigne, 79. 
Pélops, 86. 
Pesage public, 135. 
Pied colossal, 112. 
« Pierres à quatre dieux », 169, 170, 

172, 173- 
Pirée fortifié, 123. 
Phidias, 6. 
« Pleureuse «, 67. 
Plafond lambrissé, 116. 
Pluton en Afrique, 163. 
Poétesse (prétendue), 15. 
Polychromie, 38, 45. 
Polyclète, 4, 30 — (école de), 4. 
Porphyre, 119 — (vase de ), 202. 
Porte (stèle funéraire), 77-79. 
Portraits, 34, 36 à 41, 179. 
Poséidon, 51. 

Praxias (fondation de), 133. 
Praxitèle, 10 à 13, 93, 95. 
Prêtre, 35 (?) — cypriote, 45 — de 

Bel, 56 — de Pluton, 163 — de 

Bacchus, 165 — chrétien marié, 199. 
Ptolémée, VI, 146; — X, 147. 
Pudicité (prétendue), 24. 
Quadrige du Soleil, 171; cf. Char. 
Rosalies, 133. 
Roue et griffon, 89. 
Rouelle, 35. 
Sacrifice humain, 87. 
Sanglier, 85. 
Santé (déesse), 15. 

Sarcophages, 83, 86- — fragment, 107. 
Satyres, 11, 17, 102; — agaçant une 

panthère, 19. 
Scrinium, 15. 
Seimia, 55. 



Séléné, 53 ; cf. Lune. 

Sémitique (type), 81. 

Septime Sévère, 196. 

Sérapis, 73. 

Serpent, 58, 60, 73; cf. Arbre. 

Serpentin vert, 112, 118 D. 

Serrure, 77 et suiv. 

Servante, 64. 

Serviteur tenant la queue du cheval, 
52. 

Silène (?), 102. 

Silvain, 32. 

Sirènes, 66. 

Soldats, 168; cf. Militaire. 

Soleil, 35, 53, 59, 136 — sur son qua- 
drige, 171 — disque du S., 57; cf. 
Rouelle. 

Sphinx, 57. 

Stèles funéraires, 62 etsuiv.;cf. Cippe. 

Stéphanophore, 36, 134. 

Syriens (dieux), 55. 

Syrinx, 20, 52. 

Table chargée de gâteaux, 72-74. 

Taureau, 56, 58-60; cf. Bœufs, Buffle. 

Testament apud acta conditum, 133. 

Têtes, I, 2, 5, 22. 23, 27, 31, 34, 35, 
37, 41, 42, 47, 48 — de jeune homme 
loi, i8g — de femme, 99, 100, 
179, 181; cf. Bustes 

Thésée, 85. 

Thespies (Éros de), 16. 

Thraces, 52, 72, 75. 

Tombeau monumental, 133, 182, 184; 
— T. des martyrs, 140, I67. 

Torses féminins, 2, 10, 18 — mascu- 
lins, 7, 8, 12, 13, 14, 21 — drapés, 
91, 92, 113. 

Trajan, 141. 

Trépan (emploi du), 86. 

Trident, 51. 

Trilingue grecque, syriaque, arabe, 

145- 
Trois (nombre sacré), 50. 
Urceus et patère, 150, 151, 164, 166. 
Uracus, 57. 



265 



Urnes cinéraires, S7 à 89. Vêtement ionien, 2. 

Vase liturgique (?), 77 — (moderne) Victoire, cf. Nikè. 

avec Travaux d'Hercule. 203. Vigne, 19,52. 79, 136. 199; cf. Pampre. 

Vénus, 173, 176 (?); cf. Aphrodite. Voies romaines, 196. 

Vendangeurs (enfants), 52. Xénophon, 124. 

Vert antique. 1 20-1. Zeus, 3 (?), 53 — Kéraunios. 55; 

Vestitores, 144. cf. Jupiter. 



266 



TABLE DES MATIERES. 

Pages. 

Préface de la première édition v 

DE LA deuxième ÉDITION IX 

Liste des ouvrages cités en abrégé xi 

PREMIÈRE PARTIE. 

Sculptures grecques et romaines : 

I. Statues et bustes 3 

II. Bas-reliefs votifs ou décoratifs 60 

III. Bas-reliefs funéraires So 

IV. Statuettes et menus fragments 118 

DEUXIÈME PARTIE. 

Inscriptions trouvées en dehors de la Gaule : 
I. Inscriptions grecques : 

a) Grèce propre 141 

b) Macédoine et Thrace 144 

c) Asie-Mineure 148 

d) Syrie et Palestine ib6 

e) Egypte 175 

II. Inscriptions latines : 

a) Italie iSr 

b) Afrique 192 

c) Macédoine igô 

d) Syrie 197 

TROISIÈME PARTIE. 

Monuments gallo-romains 203 

267 



Pages. 
ADDITIONS ET CORRECTIONS 253 



INDEX. 



I. Donateurs. 



255 



II. Anciennes collections 255 

m. Provenances 256 

IV. Index épigraphique 257 

V. Index c;énéral 262 



2f.)8 



BINDING SECT. SEP 29 1971 



NB Brussels, Belgium. Jlusées,. 

87 royaux d'art et d'histoire 
B87 Catalogue des sculptures, 

1913 <^ inscriptions antiques 



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