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Full text of "Chants et chansons populaires du Languedoc, recueillis et publiés avec la musique notée et la traduction française"

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CHANTS 



ET 



CHANSONS POPULAIRES 

DU LANGUEDOC 



CHANTS 



ET 



CHANSONS POPULAIRES 



DU LANGUEDOC 



RECUEILLIS ET PUBLIES 



AVEC LA MUSIQUE NOTÉE ET LA TRADUCTION FRANÇAISE 

PAR 

Louis LAMBERT 



TOME DEUXIÈME 




MONTPELLIER 
IMPRIMERIE CENTRALE DU MIDI 

1905 




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XI 

DANSES RUSTIQUES 



CHANTS POPULAIRES 



DU LANGUEDOC 



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DANSES RUSTIQUES 



Les danses rustiques sont divisées en trois séries : 

1° bourrées \ 2° rigaudons ; 3° montagnardes. Dans les pays où elles 
ont été recueillies, ces distinctions n'existent pas ; suivant la région, 
ces trois genres sont confondus sous une désignation unique : dans 
la Haute-Loire, la Lozère, l'Aveyron, la Corrèze, le Gard, ce sont 
des bourrées ; dans l'Ardèche, des rigaudons. 

Il est pourtant nécessaire d'établir une classification différente 
entre les danses à deux temps et celles à trois temps. 

Tous les auteurs sont d'accord pour assigner à la bourrée et au 
rigaudonX^ mesure à deux temps (1). La différence qui existe entre 
elles consiste uniquement dans la façon de danser. 

(1) « Rigodon. — Sorte d'air qui se bat à deux temps d'un mouTement 
gai. On appelle pas de Rigodon un pas de danse qui se fait à la même 
place sans avancer ni reculer, quoique les jambes fassent plusieurs mou- 
vements différents ». (Dictionnaire François et latin, vulgairement 
appelé Dictionnaire de Trévoux^ T. VII, p. 384). 



__ 4 - 

La montagnarde, seule^ se danse à trois temps. Cette dénomination 
de montagnarde n'est point en usage dans le peuple, on la trouve 
indiquée, je crois, pour la première fois, dans VAlhum auvergnat. 

« Les deux danses favorites sont la bourrée et la montagnarde. 
» La bourrée a quelque chose de léger, la montagnarde quelque 
» chose de lourd, mais de très original ». (J.-B. Bouillet, Album 
Auvergnat. — Moulins, s. d., in-8°, p.8). 

Toutes ces danses n'ont généralement qu'un seul couplet, qui se 
répète indéfiniment. Chacun de ces petits couplets contient, presque 
toujours, un trait de mœurs, une saillie, une épigramme contre les 
filles ou les garçons d'un village voisin ou d'une province limitrophe. 



4- Bourrée. — Sorte d'Air propre à une Danse de même nom, que l'on 
croit venir d'Auvergne, et qui est encore en usage dans cette Province. 
La Bourrée est à deux Tems gais, et commence par une Noire avant le 
frappé. Elle doit avoir, comme la plupart des autres Danses, deux Parties 
et quatre Mesures, ou un multiple de quatre à chacune ». (J.-J. Rous- 
seau, Dictionnaire de musique. — Paris. MDGC. LXVIIL v. Bourrée). 

« Rigaudon. — Sorte de danse dont l'air se hat à deux Tems, d'un Mou- 
vement gai, et se divise ordinairement en deux Reprises phrasées de 
quatre en quatre Mesures, et commençant par la dernière Note du 
second Tems ». 

« On ivo\xy Q Rigodon dans le Dictionnaire de l'Académie ; mais cette 
orthographe n'est pas usitée. J'ai ouï dire à un Maître à Danser, que le 
nom de celle Danse venoit de celui de l'inventeur, lequel s'appelloit 
Rigaud d. (J.-J. Rousseau, ibid.). 

« RmAUDON ou Rigodon. — Ancienne danse d'un mouvement vif, sur un 
air à deux temps ». (Littré, Dictioiinaire). 

« Rigodon ou Rigaudon. — Ancienne danse qu'on exécutait sur un air 
à deux temps, d'un mouvement très vif ». (Larousse, Dictionnaire). 

« Bourrée. — Air composé de huit mesures à deux temps, partagées en 
deux parties égales ». (Larousse, Dictionnaire). 

LicHTENTAL, Dictionnaire de musique, v. Bourrée, Rigaudon, donne des 
renseignements identiques. 

— « la bourrée est populaire dans toute la partie montagneuse 

» du centre de la France. Elle se danse presque partout à trois temps. 
» Cependant les Auvergnats reconnaissent deux variétés de bourrées : 
» l'une, qu'ils nomment montagnarde et qui se note à trois temps.... 

» l'aulre, la bourrée proprement dite, qui se danse à deux temps » 

(Julien Tiersot, Histoire de la chanson populaire en France. — Paris, 1889, 
p. 120). 



— 5 — 




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Lai fil - hos de Sent - Ghô- lis Crom - pou de mou-co- 



(Ê pÊi^ÉÉ^gÊ^g^ i^Ëgai 



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dous, Crom - pou de mou-co - dous, Lous par - ta -jou.lous par- 



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ta-jou, Grom-pou de mou-co-dous, Lous par - ta-jou, ni fou dous. 
Lai filhos de Sent-Chèlis 



Crompou de moucodous, ' 

Lous partajou, {hh) 
Crompou de moucodous, 
Lous partajou, ni fôu dous. 

Version de la Lozère. 

Les filles de Saint-Chély (1) — achètent des mouchoirs. — Elles 
les partagent : — [d'un] elles en font deux. 

Contre les habitants d'une autre province : 



nz L_p=z:r;2_l:_j — J jt± zç=lr^^ 1 



Lous Au- ver-gnas N'an bc la bar-bo du-ro, Lous 



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Li-mou - zis Tam - bé la lus fa - rion; 



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lus fa - rion, Sens sa - bou e sens ai - go, E 



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ii—j^r 

sens ra - zous, A grans cops de bas - tous. 



(1) Saint-Chély d'Apchcr, ch.-l. de canton do la Lozère. 



— 6 - 

Lous Auvergnas 
N'an bé la barbo duro, 

Lous Limouzis 
També la lus farion, {bù) 
Sens sabou e sens aigo 

E sens razous, 
A grans cops debastous. 

M. Chassary, Mende. 

Les Auvergnats — ont bien la barbe rude, — les Limousins, — 
malgré cela, la leur feraient ; — ils la leur feraient — sans savon 
et sans eau — et sans rasoirs, — à grands coups de bâtons. 

Dans les pays montagneux, les habitants des petits villages et des 
hameaux ont rarement, en dehors des jours de fête, un ménétrier 
pour les faire danser; ils y suppléent parles chansons. 

L'un des assistants, homme ou femme, fille ou garçon, parfois 
une personne âgée (1), se dévoue pour faire danser les autres. Quand le 
chanteur est fatigué, ou au bout de son répertoire, il demande à 
être remplacé. Mais, pour ne pas interrompre la danse, il chante le 
couplet suivant, qu'un autre chanteur vient enchaîner avec une nou- 
velle chanson : 



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can - tas pas, Mous 



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a - mis, leu m ar- 



jfz-s: 



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rôs-te! 8e can - tas pas, Icu mi vauar-res - ta! 

Se cantas pas, 
Mous amis, ièu m'arreste ! 

Se cantas pas, 
Ièu mi vau arrestà! 

M. Chassary, Mende. 

Si vous ne chantez pas, — mes amis, je m'arrête! — Si vous ne 
chantez pas, — moi, je vais m'arrôter ! 

(1) La gravure de V Album auvergnat, p. 20, reproduit cette scène : on 
y voit une vieille femme qui chante, tout en filant sa quenouille. 



— 7 — 

Le nombre des chants improvisés ou chantés sur un même air est, 
du reste, si considérable qu'il leur est facile d'épuiser les forces des 
danseurs les plus intrépides, ainsi qu'on en pourra juger par l'abon- 
dance des couplets qui suivent, et qui ne représentent certainement 
qu'une partie de ceux que l'on pourrait recueillir encore dans les 
diverses contrées où nous avons glané (1). 

J'aurais voulu pouvoir donner la description de ces diverses dan- 
ses, mais je n'ai malheureusement jamais eu la chance de les voir 
pratiquer dans les pays où elles sont encore en usage. 

On trouve, dans V Album Auvergnat (p. 8), des détails relatifs à la 
bourrée et à la montagnarde. Les nombreuses gravures, représentant 
les attitudes et les mouvements des danseurs, donnent une idée très 
exacte de la façon dont s'exécutent ces deux genres de danses. 

On trouvera, dans le Dictionnaire de Larousse une analyse assez 
détaillée du Rigaudon; mais c'est surtout dans une étude consacrée 
uniquement à cette danse, par M. Guichard (2), que l'on pourra se 
rendre un compte exact de la façon de danser le Rigaudon, dans le 
pays de Mens, où la tradition s'en est conservée fidèlement. 



BOURRÉES (3) 
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la-vo, Quant ô - ro lou vent. Moun pai-re, Qu'es en bouon mas- 



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V- 



SOU, Li la plan-tavo Au - bé soun mar - te - lou. 



(1) M. Gelor, dans le Bulletin de la Société archéologique de la Cor- 
rèze publie une collection de Bourrées limousines des plus intéressantes. 

(2) Guichard, Le Rigaudon dans le Trièves. — Grenoble, 188G. 
Extrait du Rulletin de V Académie Delphinale, 3* série, t. XX. 

(3) La bourrée se danse sur un mouvement très animé. L'air est le 
même pour toutes les suivantes jusqu'au XVIII. 



— 8 ~ 

Ma maire 
N'aiô qu'eno dent, 
Toujour branlavo, 
Quand èro lou vent. 
I Moun paire, 

Qu^es en bouon massou, 
Li la plantavo 
Aube soun martelou. 

M. le D' Ghaussinand, Goux (Ardèche). 

Ma mère — n'avait qu'une dent, — toujours elle branlait, — 
quand il faisait du vent. — Mon père, — qui est un bon maçon, — la 
lui enfonçait — avec son petit marteau. 



II 



Ma maire 
'vio no grando dent, 

Que li branlavo, 
Quan fasiô dou vent. 

Moun paire, 

Qu'èro mareichau, 
» 

La li cougnavo 
A cops de deitrau. 

(Variante du Périgord). 

MM. Drouault et Petit de Plas, 
Saint-Pardoux-la-Rivière (Dordogne). 

Ma mère — avait une grosse dent, — qui lui branlait, — quand il 
faisait du vent. — Mon père, — qui était maréchal, — la lui cognait 
à coups de hache. 

III 

Ma maire 
N'aiô qu'en bichou ; 
La couô li manco , 
Lou chat li Ta rout ; 



— 9 — 

Ma maire, 
Arrenjaren tout : 
La couô que manco 
Prendren au chatou. 

M. le D' Ghaussinand, Coux (Ardèche). 

Ma mère — n'avait qu'un petit pot [de terre]; — la queue y 
manque, — le chat l'a cassée. — Ma mère, — nous arrangerons tout : 
— la queue qui manque [au pot], — nous la prendrons au petit chat. 

IV 

Ma maire 
N'aiô qu'en agnèu, 
Toujour benlavo, 
Li enlevé la peu ; 

Ma maire 
L'a plus entendu, 
Dis que sous terro 
Dèu s'estre escoundu. 

M. le D' Ghaussinand, Goux (Ardèche). 

Ma mère — n'avait qu'un agneau, -r il bêlait toujours, — elle lui 
enleva la peau ; — ma mère — ne l'a plus entendu, — elle dit que 
sous terre — il doit s'être caché. 

V. — Janeto 

« Janeto, paio de vin blan, 
De cousteleto, 
Serei toun galan ! » 
— « Toutaro, leisso-me coueifà, 
Que ma coueifuro 
T'agradariô pas. » 

M. le D' Ghaussinand, Goux (Ardèche). 

Jeannette. — « Jeannette, paie-moi du vin blanc, — des côtelet- 
» tes, — je serai ton galant. » — « Tout à l'heure ; laisse-moi me 
)) coiffer, — car ma coiffure — ne te plairait pas. » 



- 10 — 



VI 



« Janeto, vène me dubri ; 
Siéu à ta pouorto, 
Que jale de frei. » 
— (f Que jale ou que jale pas, 
Resto à ma pouorto : 
léu la duebre pas. » 

M. le D' Ghaussinand, Goux (Ardèche). 

« Jeannette, viens m'ouvrir ; — je suis à ta porte, — je gèle de 
» froid. » — « Qu'il gèle ou qu'il ne gèle pas, — reste à ma porte, 
» je ne l'ouvre pas. » 



VII 



Lai filhos d'aqueste païs 

Se creioun gento, 
Mai sai n'iô pas gis. 
N'iô qu'uno, la chau pas noumà : 

Belèu las autros 

N'en serian fach^. 

M. le D' Ghaussinand, Goux (Ardèche). 

Les filles de ce pays — se croient gentilles, — mais ici il n'y en a 
point. — Il n'y en a qu'une, il ne faut pas la nommer : — peut-être les 
autres — en seraient fâchées (jalouses). 



VIII 

Filheto, quan n'en dansarè 

Tenè-vous dreito, 

Bouligà lou ped. 
Lous garçous que vous fan dansa 



— Il - 

N'en soun pas vostre, 
Chau lous meinajà. 

M. le D' Ghaussinand, Goux (Ardèche). 

Fillettes, quand vous danserez, — tenez-vous droites, — remuez 
les pieds. — Les garçons qui vous font danser — ne sont pas à vous, 
— il faut les ménager. 



IX 



Ma maire toujour me disiô 

Qu'après la talho 

Me maridariô ; 
La talho, la capitaciéu 

An leva l'ièro, 

Encaro sai siéu. (1) 

M. le D' Ghaussinand, Goux (Ardèche). 

Ma mère toujours me disait — qu'après [avoir payé] les tailles — 
elle me marierait ; — les tailles, la capitation, — tout est payé, — 
je suis encore fille. 



X 



Ma maire me disiô toujour, 
La paubro fenno, 
De pas fa l'amour ; 

L'ai fatso, 
La farai toujour : 
Lou drôle ei brave, 
L'aimarai toujour. 

M. Ghabaneau, Nontron. 

(1) Var. : des Gévennes 

Fan ma perdicièu. 
Font ma perdition. 

M. le pasteur Fesquet, Golognac(Gard), 



— 12 



Ma mère me disait toujours, — la pauvre femme, — de ne pas faire 
l'amour; — je l'ai fait, — je le ferai toujours : — le garçon est hon- 
nête, — je l'aimerai toujours. 



XI 

Las filhas de vès Tsoumelhi 

Vendon iurs couoifas 

Per en quart de vi ; 

Las nostras fan pas tut acô : 

Gardon iurs couoifas, 

Bevon de bouon cô. 

M. Mazat, Saint-Geneys (Haute-Loire). 

Les filles de Chomélix — vendent leurs coiffes — pour un quart 
de vin; — les nôtres ne font pas cela : — elles gardent leurs coiffes, 
— et boivent de bons coups [de vin]. 



XII 

Las filhos 
De vei Mounmourin 
Vendounlours eoifos 
Per bèure de vin ; 

Nous autros 
N'en fasen pa'cô : 
Gardan lai nostros, 
Beven quauque cô. 

(Variante de la Provence). 
M'°c Pascal, L'Epine (Hautes- Alpes] 

XIII 

Lai filhos de vei Sant-Marti 
Vendoun lur coueifo 
Per bèure de vi ; 



— 13 - 

Las nostros fan pas coumo acô : 
Gardoun lur coueifo, 
Bevoun quauquo c6. 

(Variante de TArdèchc). 

M. le D»^ Ghaussinand, Coux (Ardèche). 



XIV 

Las filhos d'aqueste quartiè 

Soun trop poulidos 

Per lous estrangès; 
Que vengou aqueles d'aqui, 

Lous faren courre 

Coumo de lapins. 

M. GoNORT, Saint-Frézal-d'Albuges (Lozère). 



Les filles de notre quartier — sont trop jolies pour les étran- 
gers ; — qu'ils y viennent, ceux-là, — nous les ferons courir — 
comme des lapins. 



XV 

Las jôunas soun ou pris de l'or, 

N'aurias pas uno 

Per cent louis d'or. 
Me moque de l'iver d'antan, 

Toujour î toche 

Moun âne davan. 

MM. Drouault et Petit de Plas, 
Saint-Pardoux-la- Rivière (Dordogne). 

Les jeunes [filles] sont à prix d'or, — vous n'en auriez pas une 
— pour cent louis d'or. — Je me moque de l'hiver d'antan, — tou- 
jours je pousse — mon âne devant [moi]. 



— K — 



XVI 



Me moque de l'iver d'antan, 

Toujour î toche 

Moun âne davan ; 
Moun âne n'aimo pas lu fé, 

Per lu vilage 

Ou lu minje bé. 

MM. Drouault et Petit de Plas, 
Saint-P ardoux-la-Rivière ( D ordo gne) . 

Je me moque de l'hiver d'antan, — toujours je pousse — mon 
âne devant [moi] ; — mon âne n'aime pas le foin, — dans le village 
— il le mange bien. 



XVII 

Courage, moun paubre peiri ; 
Per uno vielho 
Voudrias-vous mouri? 
Las vielhas soun si boun marcha ! 
N'aurias cinquanto 
Per un sôu marcà. 

MM. Drouault et Petit de Plas, 
Saint-Pardoux-la-Rivière(Dordogne). 

Courage, mon pauvre parrain ; — pour une vieille — voudriez-vous 
mourir? — Les vieilles sont à si bon marché! — vous en auriez 
cinquante — pour un sou marqué. 



XVIII 

« Dourlotas, quan ne dansarèi, 
Tenè-vous drèitas 



— 15 — 

Jamai ne pendrèi. » 
— « S'iu pende pode pas mai fà : 
L'amour me meno 
De vostre coustà. » 

M. Besse, Argentat (Corrèze). 

« Fillettes, quand vous danserez, — tenez-vous droites, — jamais 
penchées. » — « Si je penche, je ne puis faire autrement : — l'amour 
me conduit — de votre côté. » 



XIX. -. La Font 



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A - nen à la font, Ja - ne - toun, ma mi - a, 



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A - nen à la font, Te di - rai qui-com. Non, nou, 




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nou, ié vo - le pa 'nà,Per-quémoun ga-lan i'es pas. 



î . (( Anen à la font, 
Janetoun, ma mia; 
Anen à la font, 
Te dirai quicom. » 
— (( Nou,(^er) ié vole pa 'nà 
A la font touta souleta ; 
Non, (/er) ié vole pa 'nà, 
Perqué moun galan i*es pas. 



— 16 — 

2. (( Lou faren veni, 
Janetoun, ma mia; 
Lou faren veni, 
Sarà lèu eici. » 
— « Nou (ter) etc.. 

M"^ Anaïs Privât, Nimes. 
Très populaire dans toute la région. 

La Fontaine. — 1. « Allons à la fontaine, ~ Jeannette, ma mie; — 
allons à la fontaine, — jeté dirai quelque chose. » 

— u Non (^e?'),jeneveux pas aller — à la fontaine toute seulette; — 
non {ter)j je n'y veux pas aller, — parce que mon amoureux n'y est 
pas. )) 

2. — « Nous le ferons venir, — Jeannette, ma mie; — nousleferons 
venir : — il sera bientôt ici. » 

— « Non (fer) etc.. 



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XX. — La Fouont 



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Vè - ne vei la fouont, Ja - ne - toun, ma mi - o ; 



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Vè - ne vei la fouont, Te di - rai quau - con. 



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Lai vouo-le pa 'nà Vei la fouont tou-to sou 



le -to. 



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Lai vouo - le pa "nà, Que moun ga-lan iai i'es pas. 

1. a Vène vei la fouont, 
Janetoun, ma mio ; 
Vène vei la fouont ; 
Te dirai quaucon. » 



— 17 — 

— (( Lai vouole pa'nà 
Vei la fouont touto souleto; 

Lai vouole pa'nà, 
Que moun galan lai i'es pas. » 

2. — (( Lou faren veni, 
Janetoun, ma mio ; 
Lou faren veni, 
Si te fai plesi (1). 
Li faren soun fai 

De floureto, (bis) 
Li faren soun fai 
De floureto de balai. » 

M. le D' Chaussinand, Coux (Ardèche). 

La Fontaine. — 1. « Viens à la fontaine, — Jeannette, ma mie; 
— viens à la fontaine, — je te dirai quelque chose. » — « Je ne veux 
pas aller — à la fontaine toute seulette; — je n'y veux pas aller, — 
parce que mon amoureux n'y est pas. » 

2. — u Nous le ferons venir, — Jeannette, ma mie; — nous le ferons 
venir, — si cela te fait plaisir. — Nous lui ferons un faix — de peti- 
tes fleurs (bis), — nous lui ferons un faix — de petites fleurs de 
genêt. » 

XXL - L'OuRJÔu 

A la davalada 

Ten ben toun ourjôu, 

Que d'una embrouncada 

Lou fiques pa 'u sôu ; 

Counserva-lou, Justina, / ,,.. 

Pioique es nou. \ ^ ^ 

M. le D' GosTE, Saint- André-de«Sangonis (Hérault). 

La Cruche. — A la descente — tiens bien ta cruche, — prends 
garde, en bronchant, — de ne pas la laisser tomber à terre ; — con- 
serve-la, Justine, — puisqu'elle est neuve {bis). 

(1) Var. : Sarà léu aqui. 

Il sera bientôt ici. 



— 18 — 



XXII. — Lou PAHRE Home 



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Ount a - nas, paure ho - me?Paure ho - me, vi - ras- 



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vous. Ount a - nas, paure ho -me?Paure ho - me, vi - ras- 



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vous : L'a - faire qu'a - nas fai - re Es pas à 



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fai - re ; Mes re - vi - ras - vous : L'ai fa per vous. 



Ount anas, paure home ? ), 



{bis) 



Paure home, viras-vous; 
L'afaire qu'anas faire 

Es pas à faire ; 

Mes reviras-vous: 

L'ai fa per vous(l). 

M.Ghassary, Camp rieux (Gard). 
L'air chanté par M™' Passet. 

Le pauvre Homme. — Où allez-vous, pauvre homme? — Pauvre 
homme, retournez sur vos pas: — l'affaire que vous allez faire — 
n'est plus à faire ; — retournez-vous : — je l'ai faite pour vous. 



XXIII. — La Cigalo 




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* — '~gl 

Pau-ro ci - ga-lo! Loubouontemspas-sà, Loubouon temspas 




1^ 



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^"^fe 



sà,'Pau-ro ci - ga-lo I Loubouontemspas-sà, N'a pa" mos-sà. 
(1) Var. : Qu'es pas per vous. 



— 19 — 

1 . Pauro cigalol 1 /, . n 
Lou bouon tems passa, \ 
Lou bouon tems passa, 

Pauro cigalo I 
Lou bouon tems passa, 
N'a pa 'mossà. 

2. Vei sa vesino, 
Quan lou frei venguè, 

S'encourreguè. 

3. « Bouono vesino, 
N'en crèbe de fam 

Emb' moun efan. » 

4. — a Digo, mamio, 

De que fasias doun 
Per la mèissoun? » 

5. — « Bouono vesino, 

Cantaven touei dous 
Per la mèissoun. » 

6. — « Danso, ma mio, ) ,, . ^ 

} iots) 
Aube toun petit, ) 

Aube toun petit; 

Danso, ma mio, 

Aube toun petit: 

Viéuras d'aqui. » 

M. le D"" Ghaussinand, Goux (Ardèche). 

La Cigale. — 1. Pauvre cigale! — Le bon temps [est] passé, — 
le bon temps [est] passé. — Pauvre cigale! — Le bon temps est 
passé, — [Elle] n'a rien amassé. 

2. Vers sa voisine, — quand le froid vint, — elle alla en courant. 

3. « Bonne voisine, — je crève de faim — avec mou enfant. » 

4. — « Dis-moi, ma mie, — que faisiez-vous donc — pendant la 
moisson ? » 

5. — « Bonne voisine, — nous chantions tous deux — pendant 
la moisson. » 



— 20 — 

6. « — Danse, ma mie, — avec ton petit, — avec ton petit, — 
» danse, ma mie, — avec ton petit — tu vivras de cela (c'est-à-dire 
de rien). » 



XXIV 

1. Una cigala, 

Lou bel tems passât, [bis) 

Una cigala, 
Lou bel tems passât, 

N'a res 'massât. 

2. Ver sa vesina 

S'en anet un jour, (bis) 

Ver sa vesina 
S'en anet un jour, 
I diguet bounjour. 

3. « Paura vesina, 

léu crèbe de fam, [bis) 

Paura vesina, 
léu crèbe de fam 
Emb* mous enfans. » 

4. — « Quan iéu granave, 

Dequé fasias vous, {bis} 
Quan iéu granave. 
De que fasias vous, 
Emb' lous picbous ? » 

5. — « Quan vous graiiaves, 

Ne cantave dous, [bis) 
Quan vous granaves. 
Ne cantave dous 
Emb' lous pichous. » 

6. — « Cantas-ne quatre 

E laissas-mc doun, {bi:^) 



— 21 — 

Cantas-ne quatre 
E laissas-me doun 
Salut! bounjoun. » 

M. Bouquet, Montpellier. 

1. Une cigale, — le beau temps passé, {bis) — une cigale, — le 
beau temps passé, — n'a rien amassé. 

2. Chez sa voisine — elle alla un jour, — lui dit bonjour. 

3. « Pauvre voisine, — je crève de faim — avec mes enfants. » 

4. — « Quand j'amassais du grain, — que faisiez-vous — avec les 
petits ? » 

5. — <( Quand vous amassiez du grain, — je chantais doucement 
— avec les petits. » (Jeu de mots : dous = deux). 

6. — a Chantez-en quatre — et laissez-moi donc; — je vous salue! 
bonjour. » 

XXV. - Janeta 



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Di-ga, Ja - ne-ta, Te vos ti lou - gkl La-li - re -ta l 



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Di-ga, Ja - ne-ta, Te vos ti lou 



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mai-re, Me vo - le ma -ri - dà. La - li - re - ta! 



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Na-ni, ma mai-rft. Me vo - le ma - ri 



dà. 



1. « Diga, Janeta, 

Te vos ti lougà? 
Lalireta I 



— 22 — 

Diga, Janeta, 
Te vos ti lougà ? » 
— « Nani, ma maire, 
Me vole maridà. 

Lalireta I 
Nani, ma maire, 
Me vole maridà. 

2. — « Se vos un home, 

Lou eau ben cercà. 

Lalireta! 
Se vos un home, 
Lou eau ben cercà. » 
— « Vole un viéulounaire 

Que m'aprengue à dansa. 

Lalireta! 
Vole un viéulounaire 
Que m'aprengue à dansa. » 

3. — (( Prenne un home 

Que sache laurà. 

Lalireta! 
Pren ne un home 
Que sache laurà, 
Fouire la vigna 
E segà lou blat, 

Lalireta! 
Fouire la vigna 
E segà lou blat. » 

4. — a Tendren boutiga, 

Vendren de tabat. 

Lalireta ! 
Tendren boutiga, 
Vendren de tabat : 
Cinq sôu lou rouge, 
Douge lou muscat. 

Lalireta ! 
Cinq gôu lou rouge, 
Dougô lou muscat. » 

Version de MontpelHcr. 



— 23 — 

Jeannette. — 1. (c Dis, Jeannette, — veux-tu te louer? — Laîi- 
rettef — Dis, Jeannette, veux-tu to louer? » — « Non, ma mère, —je 
veux me marier. — Lalirette! — Non, ma mère, — je veux me marier. » 

2. — (( Si tu veux un mari, — il faut bien choisir. » — '( Je veux 
un violoneux, — qui m'apprenne à danser. » 

3. — <( Prends un mari — qui sache labourer, — piocher la vigne 

— et moissonner le blé. » 

4. — « Nous aurons une boutique, — nous vendrons du tabac : 

— cinq sous le [vin] rouge, — douze sous le [vin] muscat. » 

Ce chant est très populaire, il n'est personne dans nos provinces 
qui no le connaisse. Il a servi de thème à Dalayrac pour l'ouverture 
de son opéra : Les deux petits Savoyards. 

C'est avec ce chant que les petits savoyards faisaient danser deux 
marionnettes représentant Jeannette et sa mère. Un fil de fer lié à 
deux tiges fixées sur une planchette, supportait les deux poupées, atta- 
chées au genou de l'enfant par un autre fil, auquel il imprimait des 
secousses qui faisaient faire aux poupées les cabrioles les plus 
amusantes. Parfois l'enfant s'accompagnait avec la vielle, en jouant 
le chant à l'unisson de sa voix. 

Il me revient en mémoire une petite anecdote de mon enfance. En 
allant prendre ma leçon de violon, je rencontrai un de ces petits 
savoyards qui tournait en vain sa manivelle : la roue, dépourvue de 
colophane, ne mordait plus sur la corde. Me voyant un violon à la 
main, il me demanda si je voud^'ais bien lui donner un peu àeparou- 
ame /j'ouvris ma boîte et partageai fraternellement avec lui mon 
bâton de colophane, qui remit aussitôt l'instrument en bon état. En 
reconnaissance, il fit danser pour moi Jeannette et sa mère, en chan- 
tant tout au long sa chanson. 

Après cinquante ans passés, je vois encore la mine réjouie de mon 
petit camarade d'occasion, quand sa vielle se mit à grincer comme 
cela ne lui était peut-être jamais arrivé. 

XXVI. — JONETO 

1. « Digo, Joneto, 

Vos tu te lougà? 

Lolireto! 
Digo, Joneto, 
Vos tu te lougà? » 



— 24 — 

— a Nani, mo maire, 
Voli me moridà. 

Lolireto! 
Nani, mo maire, 
Voli me moridà. » 

2. — « Jou voli un home 

Que saugue travalhà. 

Lolireto! 
Jou voli un home 
Que saugue travalhà, 
Foire lo vigno 
E fenezà lou prat. 

Lolireto! 
Foire lo vigno 
E fenezà lou prat. 

3. » End' un vioulounaire 
Que m'oprendrô à donsà. 

Lolireto! 
End'un violounaire 
Que m'oprendrô à donsà, 
Tendren boutiquo, 
Vendren del tobà. 

Lolireto! 
Tendren boutiquo, 
Vendren del tobà. » 

4. — (( Vous autres filhos, 

Qu'eimen lei garsous. 

Lolireto ! 
Vous autres filhos, 
Qu'aimen lei garsous, 
Prenès un home 
Qu'ase bouno feissou. 

Lolireto! 
Prenès un home 
Qu'ase bouno feissou. 



— 25 — 

5. Quon vous van vèire, 

Vous coressoun prou. 

Lolireto! 
Quon vous van vèire, 
Vous coressoun prou, 
E, quan vous tènoun, 
De cots de bostou. 

Lolireto! 
E, quan vous tènoun, 
De cots de bostou! 
Version du Périgord, recueillie par M. le vicomte de Gouboues. 

Jeannette. — 1. « Dis, Jeannette, — veux-tu te louer? — Lali- 
rette! » — « Non, ma mère, — je veux me marier. 

2. Je veux un miri — qui sache travailler. — Lalirette! — piocher 
la vigne — et faner le pré. 

3. Avec un violoneux — qui m'apprendra à danser. — Lalirette! — 
Nous aurons une boutique, — nous vendrons du tabac. » 

4. (( Vous autres, filles, — qu'aiment (qui aimez?)... les garçons. 
— Lalirette! — prenez-en un — qui ait bonne façon. 

5. Quand ils^ vont vous voir, — ils vous caressent beaucoup. — 
Lalirette! — Mais, quand ils vous ont [en mariage], — [ils vous don- 
nent] des coups de bâton. » 

Parmi les nombreuses versions recueillies sur tous les points du 
midi de la France, nous relevons les variantes suivantes : 

XXVII 

] . (( Pren ne un home 
Que sapie laurà ; 

Ma filheto, 
Pren ne un home 
Que sapie laurà, 
Fouchà la vigno 
E segà lou blat, 

Ma pJhefo ; 
Fouchà la vigno 
E segà lou blat. » 



- 26 — 

2. — « Vendren vi rouge 
E de bon muscat, 

Mafilheto; 
Vendren vi rouge 
E de bon muscat : 
Cinq sôus lou rouge, 
Douge lou muscat, 

Ma filheto ; 
Cinq sôus lou rouge, 
Douge lou muscat. » 

M. le D' GuiBAUD, Narbonne. 

1. « Prends un homme — qui sache labourer, — mafillette; — prends 
un homme — qui sache labourer, — piocher la vigne — et moisson- 
ner le blé. 

2. Nous vendrons du vin rouge — et du bon muscat, — mafillette; 
— nous vendrons du vin rouge — et du bon muscat : — cinq sous le 
rouge, — douze le muscat. » 

XXVIII 

1. « Diga, Janeta, 

Ti vos-tilougà? 

Larireta ! 
Diga, Janeta, 
Ti vos-ti lougà? » 

2. — « Nani, ma maire, 

Me voli maridà. 

3. lèu vole un home 
Que sapie travalhà, 

4. Fouchà la vigna 

E dalhà lou prat. » 

5. — (( Nou, nou, ma filha, 

N'es pas 'cô que ti cal. 

6. Ti cal un home 

Que sapie ben dansa, 



— 21 — 

7, Jougà de la viôulouna 
E tambourina. 

8, Tendres boutiga, 
Vendrés de tabat, 

9, E de vi rouge 
Amai de vi blà. 

10. Quan lou vendrôu querre, 

Fasès-lou pagà. 

11. Cinq sôus lou rouge, 
Douge lou muscat. » 

M. Chassary, Grabels (Hérault). 

1. « Dis, Jeannette, — veux-tu te louer? » 

2. — « Non, ma mère, — je veux me marier. 

3. Je veux un homme — qui sache travailler. 

4. Piocher la vigne — et faucher le pré. » 

5. — « Non, non, ma fille, — ce n'est pas ce qu'il te faut. 

6. Il te faut un homme — qui sache bien danser, 

7. Jouer du violon — et tambouriner. 

8. Vous tiendrez boutique, — vendrez du tabac, 

9. Et du vin rouge, — aussi du vin blanc. 

10. Quand on viendra en chercher, — faites-le [bien] payer. 

11. Cinq sous le rouge, — douze le muscat. » 

XXIX 

et Digos, Janeto, ti vos ti lougà? » 
— « Nani, ma maire, mi vole maridà ; 

Vole prendre un home que sabe travalbà 
Fouôire las vignos, pratejà lous prats. 
Levaren boutigo, vendren de tabat, 
Cinq sou lou rouge, douge lou muscat. » 
M. le pasteur Liebich, Saint-Maurice-de-Casevieille (Gard', 



— 28 — 



XXX 

« Digos, Janeto, 
Te vos-tu lougà? 

Ladereto I 
Digos, Janeto, 
Te vos-tu lougà? 

Ladera I 
Degourdideto, 
Poudrios fa l'afà. 

Ladereto ! 
Degourdideto, 
Poudrios fa l'afà. 

Ladera ! » 

M. E. Gleizes, Azillanet (Hérault). 



« Dis-moi, Jeannette, — veux4u te louer? — Ladereto! — Dis-moi, 
Jeannette, — veux-tu te louer? — Ladera! — Petite dégourdie, — 
tu pourrais faire l'affaire. — Ladereto ! — Petite dégourdie, — tu pour- 
rais faire l'affaire. — Ladera ! )> 



XXXI 

(( Digue, Jeannette, 
Vo-tu noaridà? 
Larirette ! 
Digue, Jeannette, 
Vo-tu maridà ? » 
(( Nani, ma maire, 
N'i vo pas pensa. 

Larirette! 
Nani, ma maire, 
N'i vo pas pensa. » 

(Variante de TAunis). 

M"e LiVCOUT. 



— 29 — 

XXXIl. — LOU BUTO-BAN DE BOUISSET 
Se chante sur l'air précédent 

1 . A la mountagno, 
Jogou dal viéuloun, 

Dieu me délie l 
A la mountagno 
Jogou dal viéuloun. 

Dieu me da ! 
Hou II 

2. Boutou castagno, 
Mai pinsou Fransoun. 

3. Pla sus sa gauto 
Plantounun poutou. 

4. La jouve sauto, 

Tan qu'un bel moutou. 

5. Lou gilet craco, 
Las caussosfan crac, 

6. Fan tico-taco, 

Las mans fan tic-tac. 

7. Gar' que t'assuti, 
Vite qu'acaban. 

8. Tout nous engajo 
A sauta de tems. 

ô. La suzou rajo, 

Sien toutis goutens. 

10. Buto que buto, 
Buto, buto-ban. 

M. E. Gleizbs, Azillanet (Hérault). 

Le Buto-ban de Bouisskt. — 1 . A la montagne, — on joue du vio- 
lon. — Dïcu me damne! — A la montagne, — on joue du violon. — 
Dieu me damne ! — IIou ! 1 



— 30 — 

2. On met [à cuire] des châtaignes, — puis on pince Françon. 

3. Bien sur sa joue — on plante un baiser. 

4. La jeune fille saute — ainsi qu'un mouton. 

5. Le gilfet craque, — les chausses font crac. 

6. Ils font tique-taque, — les mains font tic-tac. 

7. Hâtons-nous, — vite achevons [la danse]. 

8. Tout nous engage — à sauter longtemps, 

9. La sueur coule, — nous sommes tout ruisselants. 

10. Pousse, que je pousse, — pousse, pousse avant. 

XXXIII. — LOUS GOURRAUS 



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Quant è - re pi-cho - te - ta, Vou - liei un fou-gas- 



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set; A - ra que siei gran - de - ta, Vo - le un ho - me- 



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net. De goiu'-raus, de gourvauSy Ma mai-re^ Ai! de gour- 






raus^ lèu ai-me mai moun fringai-) e Que de gow^-raus. 



1. Quant ère pichoteta, 
Vouliei un fougasset ; 
Ara que siei grandeta, 
Vole un homenet. 

De gourraus^ (bis) 
Ma maire, 
Ai! de gourraus! 
léu aime mai moun f ring aire 
Que de gourraus. 



— 31 — 

2. La bèutat d'una filha 
La fai pas maridà ; 
Quan n'a pas de ramilha, 
Degus nou lavôu pas. 
De gourraus etc. 

M"* J. Lambert, Montpellier. 

l.ES FiQUES-FLKURS. — 1. Quand j'étais petite, — je voulais une 
fouace ; — maintenant que je suis grande, — je veux un petit mari. 

Des figues-fleurs, (bis) — ma mère, — ah ! des figues-Jleurs ! — 
J'aime mieux mon amoureux — que des figues-fleurs. 

2. La beauté d'une fille — ne la fait pas marier; — quand elle 
n'a pas d'argent, — personne ne la veut. 

XXXIV 



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Quan iéu é - ri pi - cho-to, Vou - lieu un fou-gas- 






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Il n'ij 



a point de fleu - ret - tes 



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saîis le prin 



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temps, Ni a - mour ni bru - net -te Sans un a - mant. 

1, Quan ièu èri pichoto, 
Voulièu un fougasset ; 
Aro que soui grandoto, 
Voie un houmenet. 

// n'y a point de fleurettes 

Sans le printemps. 
Ni amour ni brunette 

Sans un amant. 



— 32 — 

2. Quan i^u èri pichoto, 
Savièu pas fa l'amour ; 
Aro que sièu grandoto, 
La farièu nioch e jour. 

3. Quant on es poulideto, 
On a fosso galans, 

On n*a de touto meno, 
De pichots e de grans. 

4. Moun galan m'a quitado, 
Crei de me fa' chagrin ; 
N'aurai lèu fach un autre : 
N'ai un plén magasin. 

Il n'y a point de fleurettes^ etc.. 

M™» Alden, Roujan (Hérault). 

1. Quand j'éiais petite, — je voulais une fouace ; — maintenant que 
je suis grande, — je veux un petit mari. 

Refrain. — Il n'y a point de fleurettes, etc. 

2. Quand j'étais petite, — je ne savais pas faire l'amour ; — main- 
tenant que je suis grande, — je le ferais nuit et jour. 

3. Quand on est joliette, — on a beaucoup d'amoureux ; — on en a 
de toute sorte, — des petits et des grands. 

4. Mon amoureux m'a quittée, — il croit de me chagriner; — j'en 
aurai bientôt nn autre : — j'en ai un plein magasin. 



XXXV. — Catinou 




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è - res, Ga - ti - nou, Quan ta mai-re ti sou- 






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na-vo?Ount è - res Ca - ti - nou? A la cavo em-bé Pier- 



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rou. De que fa - siès a - val, Ga - ti - nel-lo, me -nu- 



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del-lo? De que fa-siôs a-val! Pctassave moun mantal. 

{/ns) 



— « Ount ères, Catinou, 

Quan ta maire ti sounavo ? 
Ount ères, Catinou? » 

— « A la cavo embé Pierrou. » 



— « De-qué fasiès aval, 

Catinello menudelio, 
De-qué fasiès aval? » 

— « Petassave moun mantal. » (1) 

M. Ghassary, Camprieux (Gard). 
L'air dicté par M""» Passbt. 

Catherine. — « Où étais-tu, petite Catherine, — quand ta mère 
t'appelait? — Où étais-tu, petite Catherine ?»> — «A la cave avec petit 
Pierre. » — « Que faisais-tu là-bas, — Catherinette mignonne,— que 
faisais-tu là-bas ?» — « Je rapiéçais mon tablier. » 



XXXVI 

Même air 

Aquel ome fai pôu : 

A de banos ; (bis) 

Aquel ome fai pôu, 

A de banos coume un biôu : 

M. Ghassary, Gamprieux (Gard). 



Cet homme fait peur : — il a des cornes [his] ; — cet homme fait 
peur : — il a des cornes comme uu bœuf. 

(1) Var. : Aici manco pas trebal. 

Ici il ne manque pas de travail. 



— 34 — 



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XXXVII 



Ail me sem-blas que dourmès,Az/ 6ow-Ze - ^as a-que-los 



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-JÊZZÉZZÉL 



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cham-bos^ Ail me sem-blas que dour-môs,Ai ! bou-le - gas-ou 



E^^J|E$EEEÎEÎE3EE^^^=T 



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tout, yl bou-le - gui! A bou-le - .^^a/ Ai ! bou-le - gas a-que-los 



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:1: 



cham-bos. A^bou-le - gui! A bou-le - ga! Ail boule - gas-ou tout. 



1 . Ail me semblas que dourmès, 
Al! boulegas aquelos càambos, 
A.i! me semblas que dourmès, 
Ai ! boulegas-ou tout. 

A bouleguil 

A boulegaf 
Ai! boulegas aquelos chambos. 

A boulegui ! 

A boulega ! 
Ai ! boulegas-ou tout. 

2. Fa de pèds e de talous, 

A il boulegas aquelos chambos, 
l'a de pèds e de talous, 
Ail boulegas-ou tout. 

A boulegui! etc.. 



M, A. Arnavielle, Alais. 



2mo ton du plain-chant. 



1. Ah ! il me semble que vous dormez, — ah ! remuez ces jambes, 
• ah 1 il me semble que vous dormez, — ah ! remuez tout. 



— 35 — 

Ah! remuez (bis)! — Ah! remuez ces jambes, — Ah! remuez [h\R)\ 
— Ah ! remuez tout. 

2. Il y a des pieds et des talons. — Ah! remuez ces jamhes. — Il 
y a des pieds et des talons, — ah! remuez tout. 



XXXVIIÎ 



li 



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Fi-lhe - tos, boule-gas-vous doun,A-ro qu'a-vetsunboundan- 



-(^ 



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B=i^3^=F=F^.^ 



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sai - re; Fi - Ihe - tos, bou-le-gas-vous doun, A - ro qu'a- 



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vets un boun vicu - loun. 



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Et al - Ions, bou - le- 



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V- 



guez,Bou - le-guez, bou-le-guez la cam-bo; Et al- Ions, 



- d ë • 



i^=l 



5=^-^-b-b-b- 



^^gn 



bou - le - guez, Bou - le - guez, bou - le-guez lou pècl. 



Filhetos, boulegas-vous doun, 
Aro qu'avets un boun dansaire (1); 
Filhetos, boulegas-vous doun, 
Aro qu'avets un boun viéuloun. 

Et allons, boulegnez^ 
Bouleguez (bis) la cambo; 
Et allons, buuh'guez^ 
Bouleguez (bis) lou pèd. 

M. le D"" GuiiiAun, Narbonne, 



(1) Vah. : fringaire =: amoureux. 



- 36 — 

Fillettes, remuez-vous donc, — maintenant que vous avez un bon 
danseur ; — fillettes, remuez-vous donc, — maintenant que vous avez 
un bon violon. 

Et allons, houleguez, etc. 



XXXIX 



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E^^^EIEE ni i MML- fc: 



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La four - ni-go m'a manjat l'ar - tèu, E loujour me 






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pa-go, Etoujourme dèu. Tra ^a la la la la la 



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^ii^^cintt. 






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i^iittztt^ 



^S 



^a /a /a la la la la la la la la la la la la la la la. 

La fournigo 
M'a manjat Tartèu, 
E toujour me pago, 
Et toujour me dèu. 
Trala la, etc.. 

M. Clair Gleize, Azillanet (Hérault). 

La fourmi — m'a mangé l'orteil,— toujours elle me paye, — et tou- 
jours elle me doit (1). — Tra la la, etc. 



XL. - Lou Fringaire 



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De que sai ve - nias l'ai - re,Moun frin-gai-re, Ca - li- 



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P=^:îri; 



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nai-re? De que sai ve-nias fai- re,Moun frin-gai-re, per ai- 
(1) Jeu d*' mots" ulraduisiMe : dèu =: soutîrance, dèu =i dette. 



— 37 ^ 




ci? Sai soui ven - gut, Per ne vèi - re vosto ai - na-do; 



-r—r~p - 



B£g i L - P - ^.k^ 



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N'en - le- va - riôi La ca - de-to, se pou - diôi ! 

— « De que sai venias faire, 

Moun fringaire, 

Calinaire? 
De que sai venias faire, 
Moun fringaire, per aici? » 

— « Sai soui vengut 

Per ne vèire vosto ainado; 
N'enlevarièi 
La cadeto, se poudièi! » 

M. Ghassary, Gamprieux (Gard). 
L'air chanté par M"« Passet. 

L'Amoureux. — « Que venez-vous faire, — bel amoureux, cajoleur? 

— Que venez-vous faire, — bel amoureux, par ici ?» — « Je suis venu 

- pourvoir votre [fille] ainée ; — j'enlèverais [aussi] — la cadette, si 
je pouvais. » 

1<=' ton du plain-chant ainsi que les deux suivantes. Les airs que 
m'a dictés M™^ Passet participent presque toujours de l'ancienne 
tonalité. 



XLL — La Troumpuso 



lipii^^i^iti^^i^ 



Dan-sen la troum-pu - so, Qui re - fu - so Mu - so. 




tCÇ=l?=«2=? 



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Latroumpu-so n'a'nga-lan, Se ma -ri- do pasd'oungan 



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Dan-sen la troum-pu- so, Qui re - fu - so Mu - so. 



— 38 — 

1. Dansen la troumpuso, J 

Qui refuso > {bis) 

Muso. \ 

La troumpuso n'a 'n galan, 
Se marido pas d'oungan. 
Dansen la troumpuso, 

Qui refuso Muso. 

2. Mais à tu, te voli pas, 
Perdequé nou t'aimi pas; 

Mais à tu, te voli, 
Marida me voli. 

M"» Rosalie Lambert, Belesta (Ariège). 

La Trompeuse. — 1. Dansons la trompeuse, — qui refuse — 
muse (bis). — La trompeuse a un amoureux, — elle ne se mariera 
pas cette année. — Dansons la trompeuse, — qui refuse — muse. 

2. Mais toi, je ne te veux pas, — parce que je ne t'aime pas; — 
mais toi, je te veux, — [avec toi] je veux me marier. 

La troumpuso de Nadal, 
Cado filho à soun oustal. 

Variante d'Azillanet, donnée par M. Etienne Gleizes. 
La trompeuse de Noël — chaque fille à sa maison. 

XLIL — La Rbtiro. 



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ti -ro, mi-o, Dansen la re - ti - ro. 





Et re - ti - ren nous, Quant ei rhou-ro, quant ei rhou-ro, 



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t=¥i 



S=tî=^ 



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Et re - ti - ren nous, Quant ei Thou-ro, Tou-tis dous. 



- 39 - 

Dansen la retiro, mio, I .. . . 
Dansen la retiro. \ ^ 
E retiren-nous, 
Quant ei Thouro, {bis) 
E retiren-nous, 
Quant ei Fhouro, 
Toutis dous. 

M. Chassary, Gamprieux (Gard). 
L'air chanté par M™« Passet. 

La Retraite. — Dansons la retraite, mie, — dansons la retraite, 
• et retirons-nous, — quand il sera l'heure, [bis) — et retirons-nous, 
- quand il sera l'heure, — tous les deux. 

XLIII. 

Tsanten la retira, mia, 
Tsanten la retira. 
E retiren-nous, 
Quant i l'houra, {bis) 
E retiren-nous, 
Quant i l'houra, 
Toutis dous. 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute-Loire). 



XLIV. — La GiRouFLADO 



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Te vo - li dou-nà, te vo - li dou-nà, Qui-com per ta 



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fiei-ro, Te vo - li dou-nà, te vo-li dou-nà, Qui-com qu'ai -mes 






pla. U - no gi-rou-fla - do, Que sio-gue pasga-ma-do, 



— 40 — 



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D.G. 



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U - no vi-ou - le - to, Que i'a - je de cou - gue-to. 



1. Te voli dounà [bis] 
Quicom pertafieiro, 

Te voli dounà (bis) 
Quicom qu'aimes pla. 

2. Uno girouflado, 
Que siogue pas gamado, 

Uno viouleto, 
Que i'aje de cougueto. 

3. Te voli dounà, etc.. 

M. le D"^ GuiBAUD, Narbonne. 

La Giroflée. — 1. Je veux te donner [bis) — quelque chose pour 
ta foire, — je veux te donner (bis) — quelque chose que tu aimes bien. 

2. Une giroflée, — qui ne soit pas fanée, — une violette, — qui ait 
une petite queue. 

3. Je veux te donner, etc.. 



XLV. — - La bourèio d'Auvergne 



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La dan - sa - ren pas pus, La bou - rô - io d'Au- 



=tszzi!^nzifczip: 



gi^i^^ig^pi 



Yer-gne ! La dan - sa - ren pas pus : Lousviôu-louns sounroum- 



:45q:ri=4!ï==^-f= 



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puts! Lous fau ra-cou-mou-dà, Sou fa- guet la chambrièiro, Lous 







fau ra - cou-mou - dà E tour-na-re» dan - sa. 



— 41 - 

« La dansaren pas pus, 
La bourrèio d'Auvergno! 
La dansaren pas pus ; 
Lous viôulouns soun roumputsl » 
— « Lous fau racoumoudà. 
Sou faguet la chambrièiro, 
Lous fau racoumoudà, 
E tournaren dansa. » 

M, Chassary, Camprieux (Gard). 
L'air xihanté par M™" Passet. 

La bourrée d'Auvergne. — « Nous ne la danserons plus, — la bour- 
rée d'Auvergne ! — Nous ne la danserons plus : » — les violons sont 
bi'isés ! » 

« Il faut les raccommoder, — ce dit la servante, — il faut les 
raccomoder, — et nous reviendrons danser. » 



XLVI 

« La dansoren pas pus, 

La bourèia d'Auvergne, 

La dansoren pas pus : 

Lous viôulouns sou roum[)us. » 

— a Lous faren adouba : 

N'io bé de paroujino ; 

Lous faren adouba, 

E tournoren dansa. » 

M. Besse, Argentat (Gorrèze). 

« Nous ne la danserons plus, — la bourrée d'Auvergne, — nous ne 
la danserons plus : — les violons sont brisés. » 

« Nous les ferons raccommoder : — avec de la colophane; — 
nous les ferons raccommoder, — et reviendrons danser. » 



— 42.— 



XLVII 



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Dan - se - ren la bour - rè - ia, nous cous - tet cinq 




frans ; L'a - gè - ren pas dan - sa - da, nous cous - tet au- 




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tan. Ve-nès à tout hou-ra, ve - nés quanvour - rés, 



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i^i^ig^Hîgi^i^^ 



A la gran car - rièi-ra nous a - trou-ba - rés. 

Dansèren la bourrèia, nous coustet cinq frans; 
L'agèren pas dansada, nous coustet autan. 
Venès à tout houra, venès quan vourrès, 
A la gran carrièira nous atroubarès. 

M™^ Jeanjean, Montagnac (Hérault). 

Nous dansâmes la bourrée, cela nous coûta cinq francs ; — nous 
ne la dansâmes pas, il nous en coûta autant. — Venez à toute heure, 
venez quand vous voudrez, — à la grand'rue vous nous trouverez. 



Variante 

léu save una bourèia 
Que Costa nôu francs ; 
Se la voulès apréne, 
Vous coustarà autan. 
Venès à touta houra, 
Venès quan voudrès; 
Venès sur la plassa, 
Me i'atroubarès. 



- 43 — 

Je sais une Ijoiirrée — qui coûte neuf francs ; — si vous voulez 
l'apprendre, — elle vous en coûtera autant. — Venez à toute heure, 
— venez quand vous voudrez ; — venez sur la place, — vous m'y 
trouverez. 



-^-ff- 



11 



XLVIII. — Barbo de buso (1) 

^3^ ,s- 




Ah ! que l'an ri, que l'an tz - oui, Tzal viel Bar-bo de 



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bu-so ! Lus tzouines tzenperlouror-dzen I pas-soun bienlour 






tems. De boun bi l'an se ban-do, L'an s'en-iéu - ro d'o 

D. G. 






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mour; Se Bacchus o-cho - lande, Ve - nus o bien soun tour. 



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Refrain. — Ah! que Tan ri, 
Que l'an tzoui, 

Tzal viel Barbo de buso ; 
Lus tzouines tzen, 
Per lour ordzen, 

I passoun bien lour tems. 

1. De boun vi Tan se bando, 
L'an s'eniéuro d'omour ; 
Se Bacchus ocholando, 
Venus bien soun tour. 

Refrain. — Ah ! que Tan ri, etc. 

2. Per porlà o loi filhos 
Cal troubà Tocosiou 



(1) Barbo de buso est le sobriquet donné à un ancien cabaretier. 



— 44 - 

D'entretène lou paire 

De lo Revoulussiou. 

Refrain. — Ah! que Tan ri, etc.. 

3, S'en von troubà lo maire, 
Li parloun del bon Dieu ; 
Von ocoustà loi filho, 
Lourbotoun lo mo '1 niéu. 

Refrain. —Ah! que l'an ri, etc.. 

4. ft Onen, belo, o Toumbreto, 
Toumbro d'un bouissou, 
Onen, belo, o Toumbreto, 
Foumbro d'un bouissou. 

Refrain. — Ah! que Tan ri, etc.. 

M. Justin Landes, Sarlat (Dordogne). 
Notation musicale par M. Selter. 

Barbk de buse. — Ah ! que l'on i-it,— que l'on jouit — chez le vieux 
Barbe de buse! — Les jeunes gens, — pour leur argent, — y passent 
bien leur temps. 

L — De bon vin l'on se grise, — on s'enivre d'amour. — Si Bacchus 
achalandé, Vénus a bien son tour. 

2. — Pour parler aux filles, — il faut trouver l'occasion — d'entretenir 
le père — de la Révolution 

3. — Ils (les jeunes gens) vont trouver la mère, — ils lui parlent du bon 
Dieu ; — ils vont accoster les filles, — ils leur font des caresses. 

4. — ((Allons, belle, à l'ombre, — à l'ombre d'un buisson; — 
allons, belle, à l'ombre, — à l'ombre d'un buisson. » 

Refrain. — Ah ! que l'on rit, etc.. 



*XLIX 






Très pas - se - rous sus udo es - pi - go Ja - mai se 



— 45 — 



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po-doun pas nour - ri, E très gar - sous près d'u - no 



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fi - Iho Ja - mai se po-doun'n-de - ve - ni! 



Très passerous sus uno espigo 
Jamai se podoun pas nourri, 
E très garsous près d'uno filho 
Jamai se podoun 'ndeveni. 

M"» Passet, Gamprieux (Gard). 

Trois passereaux sur un épi — jamais ne peuvent se nourrir, — et 
trois garçons près d'une fille — jamais ne peuvent s'accorder. 



Très passerous sus uno espigo 

Podou pas s'abari, 
Ni très garsous près d'uno filho 

Jamai s'endeveni. 

M. le pasteur Fesquet, Golognac (Gard). 

Trois passereaux sur un épi — ne peuvent pas se nourrir, — ni 
trois garçons près d'une fille — jamais tomber d'accord. 



LI. — MiROBHL 



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Que fo - ren de l'ôu - zel Mi - ro - hel^ Que 



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fo - ren de Tôu 






zel? 



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Lou hou - to - ren en 



— 46 - 



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ga-bio, N'en ven-drô que pus bel, Mi-ro-beL Lou bouto-ren en 



rS q= r=f^===i^====^=T==P=^-=^ 



ga - bio, N'en ven - drô que pus bel, Mi - ro - bel 



«Que foren de Tôuzel J 

Mirobel » \ {bis) 

Que foren de l'ôuzel?» \ 
«Lou boutoren en gabio, J 
N'en vendrô que pus bel > [bis) 

Mirobel.)) \ 

M. Justin Landes, Sarlat (Dordogne). 
Notation musicale de M. Selter. 

Mirobel. — uQue ferons-nous de l'oiseau, — que ferons-nous de 
l'oiseau — Mirobel^ — que ferons-nous de l'oiseau? 

Nous le mettrons en cage, — il n'en deviendra que plus beau. — 
Mirobel. 

LU. — La Cagnoto 



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Du - ra - rô pas tou - jour, La ca - gno - to d'in- 



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diè-no, Du - ra - rô pas tou - jour Se la pour-tan as 

:^=ip=i:pz=ipz:T=izzii=î=it^==& 



|i:_^=qiz:— i-a=iqE=:e:rz=ip=:T=^zzi^=i=ip=::4 



jours. 



Pot pas tou -jour du - rà, La ca-gno-to d'in- 






»=,rrp=fr:8:Pz3c: 



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diô-no, Pot pas tou-jour du - rà, Se la mai-na-jan pas. 



— 47 — 

Durarô pas toujour 
La cagnoto d'indièno, 
Durarô pa^ toujour, 
Se la pourtan as jours. 
Pot pas toujour dura 
La cagnoto d'indièno, 
Pot pas toujour dura, 
Se la mainajan pas. 

M. Ghassary, Camprieux (Gard). 
L'air chanté par M°« Passet. 

La coiffe. — Elle ne durera pas toujours, — la coiffe d'indienne, — 
elle ne durera pas toujours, — si nous la portons tous les jours. — 
Elle ne peut pas toujours durer, — la coiffe d'indienne, — elle ne peut 
pas toujours durer, — si nous ne la ménageons pas. 

Tonalité du plain-chant (1^"^ ton). 



LUI. 

Durarô pas toujour 
La reboumbeto verdo ; 
Se la metès as jours, 
Pouô pas toujour dura. 
Pouô pas toujour dura 
La reboumbeto verdo; 
Pouô pas toujour dura, 
Se la meinajas pas. 

M. le pasteur Liebich, Saint-Germain-de-Calberte (Lozère). 

Elle ne durera pas toujours, — la veste de drap vert ; — si v jtis la 
mettez tous les jours, — elle ne peut pas toujours durer. — Elle ne 
peut pas toujours durer, — la veste de drap vert; — elle ne peut pas 
toujours durer^ — si vous ne la ménagez pas. 



— 48 — 



LIV. — Lou CuRAT DE La Capèlo 



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Lou eu - rat de La Ga - pè - lo N'o man- 



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jat soun re - Ten - gut. 



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rat de La Ga - pè - lo, L'o pas 



jat, Lou eu 



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tout man - jat, Sa sir - ven - to i'o 'du - jat. 



Lou curât de La Capèlo 
N'o manjat soun revengut. 
L'o pas tout manjat, 
Lou curât de La Capèlo, 
L'o pas tout manjat, 
Sa sirvento i'o 'dujat. 



{hh) 



Le Curé de La Chapelle. — Le Curé de la Chapelle — a mangé 
ses revenus. — Il ne les a pas tous mangés, — le curé de La Cha- 
pelle ; — il ne les a pas tous mangés, — sa servante lui a aidé. 

Variante 

Lou curat de La Capèlo 
Coufessavo amb' un curbel 

Ail qvLes aco bel! 
Lou curat de la capèlo 

Al! qu'es aco bel! 
Coufessavo emb' un curbel. 



Le curé do La Chapelle— - confessait à travers un crible. — Ah! 



— 49 — 

que c'est beau? — Le cur6 de La Chapelle — Ah! que c'est beau ! 
il confessait avec un crible. 



M"« MiALANB, Saint-Félix-de-Sorgues (Aveyron). 



LV. — La Moulinièiro 




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Pi - 00, pi - co, mou - li - niôi - ro, Toun mou- 



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li vol pas a - nà, 



Lou cal 



ro pi- 



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cà, Mou - li - nièi - ro, mou - li - nièi - ro, Lou cal 



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rà pi - cà, Tour - na - mai a - na - rô pla. 



Pico, pico, moulinièiro, 
Toun mouli vol pas anà. 

Lou calrô picà, 
Moulinièiro (6î5), 

Lou calrô picà, 
Tournamai anarô pla. 



{bis) 



M. Ghassary, Gamprieux (Gard). 
L'air chanté par M"»* Passet. 



La Meunière. — Pique, pique, meunière, — ton moulin ne veut 
pas allei. — Il fau«|ra le piquer (piquer la meule), — meunière {bi$) 
— il faudra le piquer, — de nouveau il ira bien. 



50 - 



LVI 



Mouiinièiro (bis), 
Toun mouli ne viro pas, 
Lou tsal fa pitsà; 

Mouiinièiro {bis), 
Lou tsal fa pitsà, 
Opéi tournorô vira. 

M. BoissÉE, Le Puy. 

Meunière (bis), — ton moulin ne tourne pas, — il faut le faire 
piquer, — meunière, (bis) — il faut le faire piquer, — après il recom- 
mencera à tourner. 



LVII. — Jan Lauriôu 



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Tu - ro - lu - ro, Jan Lau - riôu, Mou - li- 




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nié del har - ri 



nôu, Tu 



?i - ras moun gen-dre. 



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lèu fa - rai Fs es-clops, Tu les a - na - ras yen-dre ; 



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lôu pren-drai l'ar - gen, Tu Ta - ni -ras des - pen-dre. 



Turoluro, Jean Lauriôu, 
Mouliniè del barri nôu, 
Tu siras moun gendre, 
léu farai l's esclops, 
Tu les anaras vendre ; 



— 51 — 

léu prendrai Targen, 
Tu l'aniras despendre. 

M"« Marie Lambert, B»lesta (Ariège) 



Je\n Loriot.— Turelure,. Jean Loriot,— meunier du rempart neuf, 
— tu seras mon gendre. — Je fabriquerai les sabots, — tu iras les 
vendre, — je prendrai l'argent, — tu iras le dépenser. 



LVII 

Torno, viro, Dzan d'Ouriol, 

Tu sera moun dzendre ; 
lou forai lous polhossous, 

E tu lou n'ira vendre. 

M. BoissÉE, Le Puy. 

Tourne, vire, Jean d'Oriol, — tu seras mon gendre, — je ferai les 
paillassons, — et tu iras les vendre. 



LIX 



Allegro 



t=àz=i 



p^=^' 



-z^=±: 



• F •- 

Ai! moun Dieu, lou tems es ni - vou,Moun ga- 



5-^ 



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:45: 



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lan si ba - gna - rà. 



:15: 



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Se si 



ba-gno,que si 



iliUii^liii 



ba - gne, Lou bel tems lou se - ca 



ra. 



« Ai! moun Dieu, lou tems es nivou, 
Moun galan si bagnarà. » 



— 52 - 

a Se si bagno, que si bagne, 
Lou bel tems lou secarà. » 

M. Chassary, Gamprieux (Gard). 
L'air chanté par M"* Passet» 

«Ah! mon Dieu, le temps est nuageux, — mon amoureux se mouil- 
lera. » — « S'il se mouille, qu'il se mouille, — le beau temps le sé- 
chera. » 

2« ton du plain-chant. 



LX 



lâ: 



pzzzp-Tzztfzzip: 



:tî!i=p=:z=i^=zp: 



jf=^=:y=t;: 



ë^^: 



Plan-ten la vi-gno, mi - o, Plan-ten la vi-gno! 




:^t=fcez=^=:± 



La ven - dé - mia - ren L'an que ven, d'a-ques te tems. 



Planten la vigno mio, 



(A'i) 



Planten la vigno ! 
E planten-la, la vigno 

A la vendémio. 

La vendemiaren 
L'an que vèn, d'aqueste tems. 



M. Chassary, Gamprieux (Gard). 
L'air chanté par M""* Passet. 



Plantons la vigne, ma mio, — plantons la vigne! — Plantons-la, 
la vigne — bonne productrice. — Et nous la vendangerons — 
l'année prochaine à la même époque. 



- 53 — 



LXI 

Planto la vigno, mio, 
Planto la vigno ; 

La culiren 
Al bout de la quinzèno, 

La culiren 
Quan vendre lou printems. 

M. le pasteur Liebich, Saint-André-de-Lancize (Lozère). 



Plante la vigne, mie, — plante la vigne; — nous la cueillerons — 
au bout de la quinzaine, — nous la cueillerons, — quand viendra le 
printemps. 



LXII. — Loui SouLiÈs (1) 



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Soun gris, soun blans, Loui sou - liés de moun frin - gai-re, 



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Soun gris, soun blans, Soun bour -dà de ri - ban blan. 



s^ig^ Éi^ 



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Soun pas cou-mo a-cô a - que - lei de ma mi - ou-no, 



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Soun pas cou-mo a - c6, Soun bour - dà de ca - li - cô. 



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(1) Cet air est le moine pour les six versions suivantes toutes re- 
cueillies par M. le D' Giiaussinand, Goux (Ardèche). 



— 54 — 

« Soun gris, soun blans, 
Loui souliès de mounfringaire ; 

Soun gris, soun blans, 
Sounbourdà de riban blan.» 
— « Soun pas coumo acô 
Aquelei de ma miouno, 

Soun pas coumo acô, 
Soun bourdà de calicô. » 



Les Souliers. — « Ils sont gris, ils sont blancs, — les souliers de 
mon amoureux, — ils sont gris, ils sont blancs, — ils sont bordés de 
ruban blanc. » — Ils ne sont pas ainsi, — ceux de mon amie, — ils 
ne sont pas ainsi, — ils sont bordés de calicot. » 



LXIIl 

Qu'es elegan 
'que jouine orne ! {bis) 
Qu'es elegan ! 
Pouorto de boutons lusan, 
La coucardo blancho, 
L'abi d'ourdounanso, 
La mouostro au constat; 
'qui n'iô per se faire amà 



Qu'il est élégant, — ce jeune homme! {bis) — qu'il est élégant! — 
il porte des boutons brillants, — la cocarde blanche, — l'habit d'ordon- 
nance, — la montre au côté ; — en voilà [assez] pour se faire aimer. 



LXIV 

N'ia 'ncaro mai 
De boumbino [bis)^ 
N'ia 'ncaro mai 
De boumbino din la mai. 



- 55 — 

Lou vi, la boumbino, 
Fan bouoDO cousino; 
Lou pan de froumen 
M'es avis que gasto rèn. 

Il y en a encore — des pommes de terre {bis), — il y en a encore 

— des pommes de terre — dans la maie, — Le vin, la pomme de terre, 

— font une bonne cuisine; — le pain de froment — lui aussi, ne gâte 
rien. 



LXV 

N'ai en galan 
De la vilo (bis), 
N'ai en galan 
De la vilo de Rouman ; 
M'envouio de letro, 
De letro d'amoureto, 
E de coumplimen, 
De letros à tout moumen. 



J'ai un amoureux — de la ville (bis), — j'ai un amoureux — de 
la ville de Romans. — 11 m'envoie des lettres, — des lettres d'amour, 
— et des compliments, — des lettres à tout moment. 



LXVl 

Ei perdu moui gans 

Dessous l'èli, {bis) 
Ei perdu moui gans 
Dessous l'èli, l'èli blan. 
Irei loui chercha 

Dessous Tèli (bis), 
Irei loui chercha, 
Moun bouon ami à inoun bra?. 



— 56 — 

J'ai perdu mes gants — sous le lis {bis), —j'ai perdu mes gants — 
sous le lis, le lis blanc. — J'irai les chercher — sous le lis (bis), — 
j'irai les chercher, — avec mon amoureux au bras. 



LXVII 

« Viro-lo plo, 
Moun ami, ta miouno, 

VJro-lo plo, 

Touornolo, 

E laisso-lo. 
(( Lo vire, lo laisse, 
Lo touorne à moun aise, 
Moun paire me di : 
Viro-lo plo, moun ami. 

« Fais-la bien tourner, — mon ami, ton amoureuse, — fais-la bien 
tourner, — tourne-la — et laisse-la.» — «Je la tourne, je la laisse, — 
je la tourne à mon aise, — mon père me dit : — Fais-la bien tour- 
ner, mon ami. 

LXVIU 

Viro-lo plo 
Ta miouno, iéu t'ou dise, 

Viro-lo plo, 
Qu'autromen se toumbariô. 
Viro-lo à toun aise, 
Touorno-lo à toun aise, 
Soun paire Ta di : 
Viro-lo plo, moun ami. 



Fais-la bien tourner, — ton amoureuse, je te le dis,— fais la bien 
tourner, — car sans cela elle tomberait. — Tourne-la à ton aise, — 
tourne-la à ton aise, — Son père Ta dit : — Fais-la bien tourner, mon 
ami. 



-^ 57 — 



LXVI. — Las Fennos dal cap dal pount 



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Las l'en -nos dal cap dal pount Ai-moun pas la sa- la- 




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du - ro, Ai-moun mai un boun viéu-loun, r«-)-o - /«-ro ! I-^s-ta- 

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cat à la cen - tu-ro. Lu - ran tu-ro-la-ro lu - vo. 

Las fennos dal cap dal pount 
Aimoun pas la saladuro, 
Aimoun mai un boun viéuloun, 

Turoluro ! 
Estacat à la centuro. 
Luran turoluro luro, 

M. le D' GuiBAUD, Narbonne. 



Les femmes du bout du pont — n'aiment pas la salure, — elles 
aiment mieux un bon violon, — turelure ! — attaché à la ceinture. — 
Luran turelure lure. 



LXVII. — L'an que ven 



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L'an que ven, se Diéus ou vol, Sa - rai pai - re 



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de fa - mi-llio, Pour-ta - rai Tbi - gos sul col; 



— 58 — 






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A - ni - rai fou - chà la vi - gno. Ai! ai! 



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Ai! ail ai! ai! 



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Toun ai - re me plai. ^// ai! ai! ai! ai! 

L'an que ven, se Diéus ou vol, 
Sarai paire de familho, 
Pourtarai Tbigos sul col ; 
Anirai fouchà la vigno. 
Ai/ ai! ail 
Ai! ail ai! ai! ai! ponlido, 
Toun aire me pîai. 
Ai! (5 fois). 

M. le D' GuiBAUD, Narbonne. 



L'an prochain, si Dieu le veut, — je serai père de famille, — je 
prendrai la pioche sur l'épaule, — j'irai travailler la vigne. — Ai! ai! 
a?, mignonne, — ta figure me plaît. Ai! (5 fois). 



LXVIIL 



Paro lou Loup 




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Pa - ro lou loup, ber-giô-ro, Pa - ro lou loup; 



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Sau - ta - rô din lou par-i^ue, Man-ja - rù tous mou - tous. 



— 50 — 

Paro lou loup, bergièro, j .... 

Parolouloup; ( 

Sautarô din lou pargue, 
Manjarô toua moutous. 

M. le pasteur Liebich, Saint-André-de-Lancize (Lozère). 

Gare au Loup. — Prends garde au loup, bergère, — prends garde 
au loup ; — il sautera dans le parc, — il mangera tes moutons. 



LXIX. 



Mes Omours 



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N'ai mes o - moursFoun-da-dos sus lai cen-dros, 



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N'ai mes o - meurs Foun - da-dos sus lou jour; 





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Lou men-dre vent Que fa - go lai m'em - por-lo, 



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Lou men-dre vent Que fa - go lai me pren. 

N'ai mos omours 
Foundados sus lai cendros, 
N'ai mos omours 
Foundados sus lou jour; 
Lou mendre vent 
Que fago lai m'emporto, 
Lou mendre vent 
Que fago lai me pren. 



M"* Gausse, Meyrueis (Lozère). 



— 60 — 

Mes Amours. — J'ai mes amours — établis sur les cendres, — j'ai 
mes amours — établis sur le jour ; — le moindre vent — qu'il fasse, 
les emporte, — le moindre vent — qu'il fasse, me les prend. 



LXX 




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Calchan-jà de 



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mi-os, Pierres, Galchanjà de mi- os. 



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Cal pas faire a - cô, Marc- An - touè-no, Marc-An-touè - no î 



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Cal pas faire a - cô : Cal gar - dà cha-cun la siô 



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« Cal chanjà de mios, Pierres, 
Cal chanjà de miosl » 
« Cal pas faire acô, 
Marc-Antouèno! {bis) 
Cal pas faire acô : 
Cal garda chacun la siè! » 



M. Chassary, Gamprieux (Gard). 
L'air chanté par M"'» Passet, 

« 11 faut changer d'amie, Pierre, — il faut changer d'amie. » — « Il ne 
ne faut pas faire cela, — Marc-Antoine ! {bis) — 11 ne faut pas faire 
cela : — il faut garder chacun la sienne. » 



LXXI. — LOU COPELOU DE PALHO 



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N'ai un co - pe - lou de pa - Iho Que lé man-co 



— 61 - 



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lou cour-dou ; Ga - lan, me-tôs - i - lou, leu vous en 



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prè - gue, Fa - rai qui - con mai per vous. 

N'ai un copelou de palho 
Que ié manco lou courdou ; 

Galan, metès-i lou, 

léu vous en prègue, 
Farai quicoun mai per vous. 

M"» Hermet, Genolhac (Gard). 

Le petit Chapeau de paille. — J'ai un petit chapeau de paille — 
auquel il manque le cordon ; — galant, mettez-le, — je vous en 
prie, — je ferai quelque chose de plus pour vous. 



LXXII. — Lou Cassaire 



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Ren - coun-trère un cas - sai - re, Tout lou Ion dai 






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ti - rà à la 



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le - bre, Pau - re-ta! m'o ti - rat à 



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iéu. 



1 . Rencountrèreun cassaire ) 
Tout lou Ion dai riéu; ) 
Au lioc de tira à la lèbre, 
Paureta! m'o tirât à iéu. 



{bis) 



— 62 — 

2. Las balas que tirava 
N'èrou pas de ploumb; 
Erou d'una autra marchandisa 
Que fôu couflà lou coutilhoun. 

M^e Ganivet, Saint- André-de-Sangonis (Hérault). 



Le Chasseur. — 1. Je rencontrai un chasseur — tout le long de la 
rivière ; — au lieu de tirer le lièvre, — pauvrette ! il a tiré sur moi. 

2. Les balles qu'il tirait — n'étaient pas de plomb ; — elles étaient 
d'une autre marchandise — qui fait gonfler le jupon. 

Ce couplet donne lieu à une observation assez curieuse : le change- 
ment de contrée a influé sur le rythme, qui est devenu celui d'une 
bourrée. 

Voir la même version aux Montagnardes. 



LXXIII 



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Tou-tislou ti guè-toun, Pawro mi-o,Pau-ro .mi-o, 



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Tou-tis lou t'au - rôu, Pau-ro mï - o, Pau-ro rrîi - o, 



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Tou-tis lou t'au - rôu, Pau-ro mï - o, quan vou-drôul 



Toutisloutiguètoun, , ,, . ^ 
Pauro mio l (bis) ^ ^ '' 

Toutis lou t'aurôu, 
Pauro mio I (bis) 



— 63 - 

Toutis lou t'aurôu, 
Pauro mio, quan voudrôu. 

M. Chassary, Camprieux (Gard). 
L'air chanté par M°^' Passet. 

Ils te guettent tous, — pauvre miel (bis) — Ils t'auront tous, — 
pauvre mie! (bis) — Us t'auront tous, — pauvre mie, quand ils vou- 
dront. 



LXXIV 



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A Tau-berge An-toi-ne Y'a du bon vin blanc 1 Y'a du bon vin 



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blanc Pour les fil - let-tes; Y'a du bon vin blanc pour les a-mants. 



A l'auberge Antoine 
Y'a du bon vin blanc ! 
Y'a du bon vin blanc 

Pour les fillettes ; 
Y'a du bon vin blanc 

Pour les amants. 



M"« Passet, Camprieux (Gard). 



LXXV. — Le Jau 



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Vi - re ton jau, Bra-io! Vi - re ton jau. Il 



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court a - près les pou-les, Li fait tout plein de niau, Vi-rc ton 



— 64 - 



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jau, Vi - re ton jau, Brà - iôl Vi - re ton jau! 

Vire ton jau, (bis) 

Bràio I 
Vire ton jau. 
Il court après les poules, 
Li fait tout plein de mau. 
Vire ton jau, {bis) 

Bràio l 
Vire ton jau ! 

M. DiOT, Vendat (Allier). 



LXXVl 



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Le long de la ri - vie- re J'ai par -du mes 



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gants, Ma - man! Le long de la ri - vie - re 






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J'ai per - du mes gants. Mes gants et mes jar'- 



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t=fiz=:i: 



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tiè - res, Mon p'tit pa - nier blanc, Ma - man! Mes 



l^i=^=pÊl^ 



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t=±=±zVzz:^^i=iU 



1 



gants et mes jar' - tic - res, Mon p'tit pa-nier blanc. 



Le long de la rivière 

J'ai perdu mes gants, 

Maman ! 



— 65 — 

Le long de la rivière 

J'ai perdu mes gauts, 
Mes gants et mes jar'tières 

Mon p'tit panier blanc, 
Maman / 
Mes gants et mes jar'tières 

Mon p'tit panier blanc. 



M. DiOT, Vendat (Allier). 



LXXVU 



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A. Granier, Laguiole (Aveyron). 



LXXVIII 



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M"» Anna Causse, Marvejols. 



LXXIX 



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M"« Anna Gausse, Marvejols. 



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M. Lefort, Antoingt (.Puy de Dôme). 



LXXXI 



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M. DiOT, Vendat (Allier). 



J'ai noté les trois bourrées suivantes à Vichy, d'après Desfougères, 
vielliste renommé dans le pays. 



LXXXII. — La Charolaisb 



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(1) Desfougères appelait cette danse : Bourrée barbounaise (sic). 



— 69 — 




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— 70 — 



RIGAUDONS 



Dans mes recherches sur les danses chantées, je n'ai trouvé le 
rigaudon (1) que dans le département de l'Ardèche. Cette danse est 
surtout en usage dans le Dauphiné, et plus particulièrement dans le 
canton de Mens, où la tradition en est conservée par les habitants, 
qui ont la réputation d'être les meilleurs danseurs de toute la con- 
trée (2). 

Quoique cette danse et ces chants soient étrangers au Languedoc^ 
j'ai tenu à noter ceux du pays de Trièves, dont le dialecte est du pur 
languedocien, à cause des intéressantes particularités qu'ils offrent 
au point de vue musical, mais surtout parce qu'ils n'avaient jamais 
été notés avec les airs originaux, dans lesquels consiste leur prin- 
cipal et même leur seul intérêt. 

Dans une brochure, extraite du Bulletin de V Académie Delphinale 
(3^ série, t. XX), intitulée : Le rigaudon dans le Trièves, Grenoble, 
1886, M. Guichard a publié une étude très détaillée de cette danse. 11 
donne le texte d'un certain nombre de rigaudons, mais sans les airs 
notés. 

Grâce à l'obligeance de MM. Arnaud, directeur d'Ecole communale 
à Montpellier, et Gay-Montel, négociant, tous deux natifs de Mens, 
le pays par excellence du rigaudon, j'ai pu noter quelques-uns de 
ces airs, qui empruntent souvent les éléments de leur mélodie aux 
modes du plain-chant. 

Depuis cette époque, M. Julien Tiersot a publié un important re- 
cueil des Chants populaires des Alpes françaises (3), contenant de 
nombreux rigaudons notés, dans le pays même, par l'éminent folk- 
loriste. Ma contribution à cette série conserve néanmoins toute sa 
valeur; je n'ai rien à changer à la note écrite avant cette publication, 
car un seul, dans le recueil de M. Tiersot (Las filhas de Mèn), est 
absolument identique à ceux qui m'ont été dictés par mes dévoués 

(1) Ainsi qu'on l'a vu dans les notes qui précèdent (p. 4), on n'est 
pas bien fixé sur la forme à employer pour le mot rigaudon ; j'ai donné 
la préférence à celle-ci, parce qu'elle est usitée dans le pays d'origine, 
où le chanteur prononce : rigàudou (Voir VIII, Maire, si savias). 

(2) « Dansarian lou tchiou din l'aigo. » (M. Guichard, Le rigaudon 
dans le Trièves, p. II.) 

(3) Julien Tiersot, Chansons populaires recueillies dans les Alpes fran- 
çaises (Savoie et Dauphiné).— Grenoble 1903, in-4». 



— 71 - 

collaborateurs, MM. Arnaud et Gay-Montel. Cette petite incursion 
dans la province voisine servira de complément à l'enquête de 
M. Tiersot, et rectifiera parfois les renseignements qui ne lui ont pas 
été donnés avec toute l'exactitude désirable. 

Le mouvement du rigaudon pendant la première reprise, qui 
comprend huit mesures (ou quatre mesures répétées), est assez 
modéré ; il devient très vif à la reprise suivante. (Observation 
communiquée par M. Gay-Montel). 

I. — Rigaudon de Belmont 










Va-t-ei - lai un la-vou - rau Que la - vouôro, que la- 



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vouero ; Va-t-ôi - lai un la-vou - rau Que la - vouôro dinc un 







trau. Vai-t-en - ti lou re - le - va, Ti que sa-ves, ti que 






sa-ves;Vai-t-en-ti lou re-le - va, Ti que sa-ves bian dan-sà. 



Va-t-eilai unlavourau 

Que lavouôro, (bis) 

Va-t-eilai un lavourau 

Que lavouôro dinc un trau (1). 

Vai-t-en-ti lou releva, 

Ti que saves (bis) ; 

Vai~t-en-ti lou releva, 

Ti que saves bian dansa. 



M. Arnaud, Mens (Isère). 



(1) Var : Dins un biau. 
Dans un béai. 



M. Gay-Montel. 



— 72 — 

Vois là-bas ce laboureur — qui laboure {bis). — Vois là-bas ce 
laboureur — qui laboure dans un trou. — Va-t-en le relever (le 
remplacer), — toi qui sais bien danser. 



II. — Lou Coucou. 



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Lou cou - cou Fa - siô soun ni sus l'au-bre, 



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Lou cou - cou Fa - siô soun ni per - tout; 



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Mai, quan ven lou vc - pre, Lou cou-cou vôu 11 ê-tre; 



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Quan ven lou ma - ti, Lou cou - cou ei par - ti. 



Lou coucou 

Fasiô soun ni sus Taubre, 
Lou coucou 

Fasiô soun ni partout; 
Mai, quan vèn lou vêpre, 
Lou coucou vôu li être ; 
Quan vèn lou mati 

Lou coucou ei parti. 



M. Gay-Montel, Mens (Isère). 



Le Coucou. — Le coucou faisait son nid sur l'arbre, — le coucou 
— faisait son nid partout ; — mais, quand vient le soir, — le coucou 
veut y être(dans le nid) ; — quand vient le matin, — le coucou est 
parti. 



— 73 - 

in 

Même air. 

Le printemps réjouit la bergère, 
Le printemps réjouit les amants. 
Allons, ma bergère, 
Sois toujours fidèle ; 
Allons, mes amours, 
Profitons des beaux jours. 

M. Revillout, Mens (Isôre). 
IV. — Las Filhas de M en 



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Las fil - has de Mèn soun a - moui - rou - sas; 



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Pre-nounun pa - nier, van à las bou-sas, Van vès lou 



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Pouont, vès lou Bré, vos las 



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E s'en vènoun pas Sens lous a - vés trou - bas. 

Las filhas de Mèn soun amouirousas ; 
Prenoun un panier, van à las bousas, 
Van vès lou Pouont, vès lou Bré, vès las Eiras, 

E s'en vènoun pa« 

Sens lous avés troubas. 

M. Gay-Montel, Mens (Isère). 

Les Filles db Mein«. — Les filles de Mens sont amoureuses ; 
elles prennent un panier, vont aux bouses (ramasser du crottin). 



— 74 - 

Elles vont vers le Pont, vers le Breuilh (1), vers les Aires (2), — et 
ne s'en reviennent pas — sans les avoir trouvés (leurs amoureux). 

Nous trouvons ici un premier ton du plain-chant bien caractérisé. 
L'air est formé, contrairement à l'usage, par deux phrases de trois 
mesures, suivies de deux autres phrases de quatre mesures. 



V. — Las Filhas de las Eiras 



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Fil-hasde las Ei - ras, Ail que dan-soun bien! 




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Fan lou vi - ro - pèd, Loucouontro-pèd, La couontro -dan-so. 



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Ai! lou bèu jou -ven, Lou bèu jou-ven Dôu pèd de Mén! 



Filhas de las Eiras, I ». 
Ai ! que dansoun bien ! ( 
Fan lou viro-pèd, 

Lou couontro-pèd, 
La couontro-danso. 
Ah ! lou bèu jouven, 
Lou bèu jouven 
Dôu pèd de Mèn ! 

M. Arnaud, Mens (Isère). 

Les Filles des Aires, — ah! qu'elles dansent bien ! — Elles font 
le vire-pied, — le contre-pied, — la contredanse. — Ah! la belle 
jeunesse — du pied (pays bas) de Mens ! 



(1) Lou Bré (le Breuilh) est la place du Marché. 

(2) Les Aires, promenade publique, complantée de tilleuls, au sud de 
Mens. 



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75 — 



VI. — La Coumaire 



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Voun va - ti à la cou-maire, Ow/ rfi lou pre - sen 



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Ou Mounta-lei - mar Vau vèi - re la cou 






ES^EÏ^EÎË^^lEÈa 



mai-re, Ou Mounta-lei - marVèi-re la cou -si - nà. 



« Voun va-ti à la coumaire, ) . 
bu ! di lou presen ti ? » ( 
— « Ou Mountaleimar 
Vau vèire la coumaire, 
Ou Mountaleimar 
Vèire la cousinà ». 
— «Lei sia ti bian aima, 
du ! di lou presen ti ? » 
— (( M'amo bien, sou di, 
M'amo coumo lou birou, 

M'amo bien, sou di, 
Me voudriô vèire foundi. » 



bis 



M. Gay-Montel, Bourg d'Oisans (Isère). 



1. — ((Tu vas voir la commère, — hein ! toi qui es présent ? » 
— « A Moatélimar — je vais voir la commère, — à Montélimar — 
voir la cousine. » 

2. — « Es-tu bien aimé, — heiiil toi qui es présent f » — ^< Elle 
m'aime bien, à ce qu'elle dit, — elle m'aime comme le beurre, — elle 
voudrait me voir fondu. » 



-• 76 



VII. — Las Bourrèas d*Ôuvergno 






v=v- 



v^ — ^ — t^ 







Las dan - sa -ren plus, Las bour-re - as d'Ôu - ver -gno, 



P^il^^^^E^ës B 



Las dan-sa-ren plus : Lou viourous soun roum-pus . L.ous 



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fa -ren a - dou - bà, Au - bé de pa - ra - zi - no, Lous 



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fa - ren a - dou - bà, Pèi tour -na- ren dan - sa. 

a Las dansaren plus, 
Las bourrèas d'Ôuvergno, 
Las dansaren plus : 
Lous viourous soun roumpus. » 
— « Lous faren adouba 
Aube de parazino, 
Lous faren adouba, 
Pèi tournaren dansa. » 

M. Arnaud, Mens (Isère). 

« Nous ne les danserons plus, — les bourrées d'Auvergne, — 
nous ne les danserons plus: les violons sont brisés. » — « Nous les 
ferons raccommoder, — puis nous reviendrons danser. » 



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Mai-re, si sa - vias D'oun-te vè-nou, d'oun-te vè-nou. 



— 77 




11^ 



Mai-re, si sa - vias D'oun-te vô-nou, me ba - trias 



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Vô-nou de Tou - lou, de Tou - lou e de Mar - se-lho, 



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Vô-nou de Tou - lou, De dan - sa lou ri - gôu - dou. 

Maire, si savias 

D'ounte vènou {bis), 
Maire, si savias 
D'ounle vènou, 
Me batrias: 
Vènou de Toulou, 
De Toulou e de Marselho, 

Vènou de Toulou, 
De dansa lou rigôudou. 

M. Gay-Montel, Mens (Isère). 



Mère, si vous saviez — d'où je viens {bis), — vous me battriez : 
— je viens de Toulon, — de Toulon et de Marseille, — je viens de 
Toulon — de danser le rigaudon. 



IX. — La Barco 



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La bar-co 




vi-ro, mi - o, La bar-co 



VI -ro. 



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Lais-so-lo vi - rà, Tan que vi-ro, tan que vi-yo, 



78 - 



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Lais-so - lo vi - rà, Tan que vi - ro dôu bon las. 



« La barco viro, mio, 
La barco viro. » 
— « Laisso-lo vira, 

Tan que viro {bïs) 
Laisso-lo vira, 
Tan que viro dôu bon las. » 

M. Gay-Montel, Mens (Isère). 

La Barque. — « La barque tourne, mie, — la barque tourne. » - 
« Laisse-la tourner, — tant qu'elle tourne — du bon côté. » 



X. — Lou Calignaire 



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A - viôu un ca - li - gnai-re, Me coun - ve - niô 



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viô lou nas de cai - re, vSa - viô pas dan- 



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A-quôu ca-li - gnai-re Me coun-ve-niô gai-re, 



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A-quôu ca-li - gnai-re Me coun - ve-niô pas. 



Aviôu un calignaire, 
Me counveniô pas; 

Aviô lou nas de caire, 
Saviè pas dansa. 



— 79 — 

Aquôu calignaire 
Mo counveniô gaire, 

Aquôu calignaire 
Me counveniô pas. 

M. Gay-Montkl, Mens (Isère). 

L'Amoureux. — J'avais un amoureux — qui ne me convenait pas ; 
— il avait le nez de travers, — il ne savait pas danser. — Cet amou- 
reux — ne me convenait guère, — cet amoureux — ne me conve- 
nait pas. 



XI. — L'AzE 

Même air. 

Ai achata 'n ase, me couato cinq sôus ; 
Qui lou voudré vèire n'ien coutarà nôu. 

Venàde bouono houro, 

Venà de toute houro, 

Venà quan voudré : 
Toujous {bù) lou troubaré. 

M. Arnaud, Mens (Isère). 



L'Ane. — J'ai acheté un âne, il me coûte cinq sous ; à ceux qui le 
voudront voir, il leur en coûtera neuf, — Venez de bonne heure, — 
venez à toute heure, — venez quand vous voudrez : — toujours vous 
le trouverez. 



XII. — La Gramuzo 



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Pau - ro gra - mu-zo, T'an cou-pà la 



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T'an cou - pà la couô, E - mai la tè - to, Pau - ro 



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hé ' tio 1 T'an cou - pà lou nà, Per ba - di - nà. 



Pauro gramuzo, 

T'an coupa la couô [àzs) ; 

Emai la têto, 

Pauro bêtio ! 
T'an coupa lou nà 

Per badina. 



M. Gay-Montel, Mens (Isère) 



Le petit Lézard. — Pauvre petit lézard, — on t'a coupé la queue ; 
(bis) ; — aussi la tête, — pauvre bête !— -On t'a coupé le nez — pour 
b adiner. 



XIII. — Lei Patarèu 



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Vès Am - bèu, mi - ou -no, 



bèu, 



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Vès Am - bèu, mi - ou - no, vès Am - bèu, Lei 



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fan de pa - ta - rôu, Ma mi - ou - no, ma mi - ou - no, Lei 




fan de pa - ta - rôu. Ma mi - ou - no, vès Am - bèu. 



(1) L* dernière période n'a que trois mesures, »u lieu de quatre. 



- 81 - 

Vès Ambèu, miouno, vès Ambèu {bis), 
Lei fan de patarèu, 

Ma miouno ; {bis) 
Lei fan de patarèu 
Ma miouno, vès Ambèu. 

M. Gay-Montel, Mens (Isère). 

Les Patarèu (1). — A Ambel, (2) ma mie, à Ambel — on fak des 
patarèu, — ma mie (bis), — on fait des patarèu, — ma mie, à Ambel. 



XIV 



Moun paire 
Moja be toudjour gui 
Que moun afaire 
Faria petafi ; 

Moun paire 
Tan me lou dguiguet 
Que moun afaire 
N'en petafinet. 

M. A. Gallon. Saint-Romain-le-Désert (Ardèche). 

Mon père— me l'avait toujours dit — que mon affaire — finirait 
mal. — Mon père — tant me l'a dit — que mon affaire — a mal fini. 

Ce rigaudon avec le suivant se chantent sur l'air de la bourrée n° I, 
p. 7. 



(1) «Nous ne connaissons pas d'équivalent français à ce mot. Voici ce 
qu'il représente : après avoir obtenu une pâte avec de la farine, on l'étend, 
au moyen d'un rouleau, en feuilles minces. Quand ces feuilles sont sè- 
ches, on les brise en petits morceaux irréguliers, et ce sont ces niorceaux, 
dont on fait la soupe, qui portent le nom de patarèus. » (M. Guichard, 
Le Rigaudon dans le Trièves, p. 15.) 

(2) Ambol (Isère), arrondissement de Grenoble. 



- 82 — 



XV. — NOSTE AZE 

Noste aze 
N*èro sufisen ; 

Porto la qùio 
Amai li vai ben. 

Noste aze 
N'èro counseliè, 
Vai à Grenobli 
Querre sei papiè. 



M™* Pascal, L'Épine (Hautes-Alpes). 



Notre âne — était glorieux ; — il porte la queue — et même cela 
lui va bien. — Notre âne — était conseiller, — il va à Grenoble — 
chercher ses papiers. 



XVI. — Ma Souorre 

Ai maria ma souorre 

Per un pouorre ; 
Li ai dounà 'n fouidiéu ; 

Louva siè Dieu ! 
Uno poulo nièro 

Per verchièro, 
Un agnèu fouirous 

Par amourous. 

M""* Pascal, L'Épine (Hautes-Alpes). 



Ma Sœur. — J'ai marié ma sœur — pour un poireau ; — je lui ai 
donné un tablier, — Loué soit Dieu! — Une poule noire — pour dot, — 
un agneau m....x — pour amoureux. 



— 83 — 

XVII 

Maride ma sorre 
Per un porre, 
Li done uno boussello d'aïet 
Per faire soun bouquet. 



M. Arnavielle, Alais. 



Je marie ma sœur — pour un poireau ; — je lui donne une gousse 
d'ail — pour faire son bouquet (de noces). 



XVIII 

Si vouré que vous dise 
Qu'es arribà 'Chabau : 
N'a près la barruleto, 
S'es ficha din lou biau. 

M"»* Pascal, L'Épine (Hautes-Alpes). 



Si vous voulez que je vous dise — ce qui est arrivé à Chabal : — 
il a pris la descente (il a roulé), — et est tombé dans le ruisseau (le 
béai). 



XIX 

Aquest an lei vièi se marioun 
Que n'an lou suc pluma ; 
Lei jouine qu'an la qùia 
S'en van sei^cir la loi. 

M^e Pascal, Montmaurin (Hautes-Alpes). 



— 84 — 

Cette année les vieux se marient, — qui ont la tête chauve {litt. : 
plumée) ; — les jeunes, qui ont k queue (le chignon) (1), — s'en vont 
servir la loi. 



XX 



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M. Arnaud, Mens (Isère). 



(1) Allusion aux guerres du Premier Empire, où les soldats à tête 
chauve (lou suc pluma), revenus du service, trouvaient facilement à se 
marier, tandis que les jeunes gens, réquisitionnés en masse, partaient 
pour l'armée et portaient les cheveux longs (la qùià)^ liés derrière la 
tôte. 



- 85 — 



MONTAGNARDES 



Allegretto 



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n'ai cinq sôu, Ma mi - o n'a que 



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ren Quan noui ma - ri - da- 






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bi - chou eno es- 
(1) 



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cuô-lo, En cul-lie - rou, Man - ja -ren tou-tei dous. 



— « léu n'ai cinq sôu. 
Ma mio n'a que quatre : 

E que far eu 
Quan noui maridaren? » 

— (( Acliat.iren 
En bichou, eno escuèlo, 

En culherou, 
Mnnjaren toutei dous. » 

M. le D' Ghaussinand, Goux (Ardèche). 



— Moi j'ai cinq sous, — ma mie n'en a que quatre : — comment 
ferons-nous — quand nous nous marierons ? — « Nous achèterons 
un petit pot de terre, — uno écuolle — une petite cuillère, — [avec 
laquelle] nous mangerons tous deux. 

(1) Toutes les danses qui suivent se chantent sur le môme air. Il en 
sera de même dans toute cette série pour chaque air nouveau. 

8 



- 86 — 

II. — Variante 

lèu z'ei chin sèus 

Ma mio n'o ma quatre, 

Que ferei iéu 
Quan me maredarei? 

N'in schoterai 
Un bichu n'eschudèie 

Un quilheru 
Mindzeren tute dus. 

M. Taillebot, Brioude (Haute-Loire). 

III . — Autre 

léu-z-i chin séus, 

Ma mia n'a ma quatre, 

De que faren 
Qiian nous maridaren ? 

Atsataren 
Una estiudeleta, 

Un tuilheirou : 
Mandzaren touti dous. 

M. Mazat, St-Genieys (Haute-Loire). 



IV 

De que farou 
Lous efons d'un paure home, 

De que farôu 
Quon se maridarôu ? 

No croumparôu 
Un toupi, uno escudèlo, 

Un cuilho nôu, 
Aqui barbouilharôu. 

M. CoNORT, St-Fri^zal-d'Albucfps (Lozère). 



— 87 - 

Que feront-ils — les eiifajiU d'un pauvre homme, — que feront-ils 
— quand ils se marieront? — Ils achèteront — un jjot, une écuelle, 
une cuillùre neuve, — là, ils barboteront. 



Ound anaren 
Ma mio Rouseto, 

Ound anaren 
Quon nous maridaren ? 

Dinc un jardi 
Catat de viouguetos, 

Aqui anaren 
Per passa nostre tems. 

M. GoNORT, St-Frézal-d'Albuges (Lozère). 

Où irons-nous, — ma mie Rosette, — où irons-nous, — quand 
nous nous marierons ? — Dans un jardin — couvert de violettes, — 
là nous irons — pour passer notre temps. 



VI 



De que iéu t'i feit 
Marguerita, ma mia, 
De que iéu t'i feit, 
Que te vira d'ilai ? 
Vira-te d'ichi, 
Marguerita, ma mia, 
Vira-te d'ichi, 
Devé toun bon ami. 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute- Loire). 

Que t'ai-je fait, — Marguerite, ma mie, — que t'ai-je fait, — pour 
que tu te tournes de l'autre côté ? — Tourne-toi de ce côté-ci, — Mar- 
guerite, ma mie, — tourne-toi de ce côté-ci. — vers ton bon ami. 



— 88 - 



VII 



Sou davalach, 
Lous pichous de la mountagno, 

Sou davalach, 
Din la plono del bartas. 

Regrètou. pas 
Lou païs nia lou mounde, 

Regretariôu 
Quauquo jouve, se Taviôu. 

M. GoNORT, Saint- Frézal-d'Albuges (Lozère). 

Ils sont descendus, les enfants do la montagne, — ils sont descen- 
dus dans la plaine du baliveau. — Ils ne regrettent pas le pays ni 
les gens, — ils regretteraient leur fiancée, s'ils l'avaient [quittée]. 

VIII 

Didzas, Dzontou, 
Coumo te fai to femno ? 

Fai te, lo touô, 
Coumo me fai lo miô ? 

Touto lo né 
Nou der, ni ne soumilho. 

N'en pinco plo 
So tsambo sur lo miô. 

M. BoissÉE, Le Puy (Haute-Loire). 

Dis-moi, Janot, — comment te fait ta femme ? — Fait-elle, la tienne, 
— comme me fait la mienne ? — Toute la nuit — elle ne dort ni ne 
sommeille, — ell^ pose bien sa jambe sur la mienne. 

IX 

Digo Jantou, 
Qu'as fait à la Jantouno, 

Qu'à miéjo-nèit 
Es toumbado del lèit ? 

M. Chassary, Gamprieux (Gard). 



- 89 — 

Dis-moi, petit Jean, — qu'as-tu fait à la petite Jeanne, — qui, à 
minuit — est tombée du lit? 



X 

Lous ai vegus 
Lous tetous de ma mio, 

Lous ai vegus 
D'en pequit perçus : 
Soun gris, soun blans, 
Lous tetous de ma mio, 
Soun gris, soun blans, 
Soun bourdas de ribans. 

M. Gallon, Saint-Romain-le-Dcsert (Ardèche). 

Je les ai vus — les petits seins de ma mie, — je les ai vus — par 
un petit trou : — ils sont gris, ils sont blancs, — les petits seins de 
ma mie, — ils sont gris, ils sont blancs, —- ils sont bordés de 
rubans. 

XI 

Lous tetous de la Madeleno, 
Lous tetous de la Madelou 
Soun blans, soun gris, 
Soun bourdas de ribaudou. 

M. le docteur Ghaussinand, Goux (Ardèche). 

Les petits seins de Madeleine, — les petits seins de Madelon — 
sont blancs, sont gris, — sont bordés de petits rubans. 



XII 



LOU RIBAN BLE 




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ri - ban blo, (jue 



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tu - ro, Lou ri - ban blé, Lo be - lo vous Tôu- 




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Vou lou - me - Iré 



vos - tro che - ve- 



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lu-ro, Vos - très - ha - bis E vos - tre cou-let gris. 



Lou riban blé 
Que me sier de centuro, 

Lou riban blé 
Lo belo, vous Tôuré. 

Vou lou métré 
vostro cheveluro, 

Vostres habis 
E vostre coulet gris. 

M. BoissKE, Le Puy. 

Le ruban bleu. — Le ruban bleu — qui me sert de ceinture, — le 
ruban bleu, — la belle, vous l'aurez. — Vous le mettrez — à votre 
chevelure, — à vos habits, et votre collet gris. 



XIII 

VARIANTE 



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izzâiiiiziz 



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zi?=i:P=l=f=:i=F=ipE^^t:i=^=a=i;^E 



^Ipsiiiiili^JIli^l 












Noie d'après Desfougôres vielliste, à Vichy (Allier). 



— 91 — 



XIV 

Aco's bé vrai 
Ce que disou las filho?", 
Que lajouinesso 
Es de l'âge la flou : 
Ni bailariéu 
Quatorze ou quinze véuses 
E belèu mai 
Per avedre un garsou. 

M. le Pasteur Fesquet, Golognac (Gard). 

C'est bien vrai — ce que disent les filles, — que la jeunesse — 
est de l'âge la fleur; — je douuerais — quatorze ou quinze veufs — et 
mèiue plus — pour avoir un garçon. 



XV 

Se iéu savièi 
De cale prène un véuse 

M'en anarièi 
Al serre de Lirou ; 

Aqui prendrièi 
Uno souqueto d'éuse 

Amai creirièi 
De m'en troubà milhou. 

M. le Pasteur Fesquet, Golognac (Gard). 

Si je savais — qu'il me fallut épouser un veuf, — je m'en irais 
au mont de Lirou ; — là je prendrais — un petit tronc d'yeuse 
et je croirais — m'en trouver mieux. 



— 92 — 
XVI 

LOU TOUR (1) 

Toudzour lou tour, 
Lou tour de lo tsambreto ; 

Toudzour lou tour, 
Enquéra n'es pas dzour. 

M. BoissÉE, Le Puy. 

[Faisons] toujours le tour, — le tour de la chambrette ; — faisons 
le tour, — il n'est pas encore jour. 

XVII 

Para ton dzai 
Que m'escranca ma poula, 

Para ton dzai 
S'en garaià dzamai. 

M. Mazat, St-Genieys (Haute-Loire). 

Garde ton coq — qui écrase ma poule, — Garde ton coq — 11 ne 
s'en éloignerait jamais. 

XVIIl 

— Tou tan plan, 
I.a Meioto se marido ; 

— Tou tan plan, 
La Meioto se planh tan. 

— De que se planh 
La Meioto {bis), 

De que se planh ? 
— Que Janton n'ei pas prou gran. 

M. Besse, Argentat (Corrèze). 

(1) Le tour est la fin de la soirée ; on t'ait le tour de l'appartement eu 
chantant ce couplet indéfiniment. 



~ ^3 - 

C'est bien vrai, — la Mariette se marie ; — c'est bien vrai, — la 
Mariette se plaint l^cancoup. — De quoi se plaint-elle la Mariette [his) 
— de quoi se plaint-elle ? — [De cej que Janot n'est pas assez grand. 



XIX 

Fasès au mens, 
La belo, que iéu aime, 

Fasès au mens 
Que perde pas moun tems ! 

Moun tems passât, 
Moun tems amai ma peno, 

Moun tems passât 
Siègue recoumpensat. 

M. Ghassary, Gamprieux (Gard). 

Faites au moins, — la belle, que j'aime, — faites au moins — que 
je ne perde pas mon temps ! [que] mon temps passé, — mon temps 
et ma peine, — [que] mon temps passé — soit récompensé. 



XX 

Fasès azaut, 
La belo que iéu aime, 

Fasès almens 
Que perde pas moun tems, (bis) 

Fasès almens 
Que perde pas ma peno, 

Que rtems passât 
Siè'n pau recoumpensat. 

M. le pasteur Fesquet, Golognac (Gard). 

Faites gentiment, — la belle que j'aime, — faites au moins — que 
je ne perde pas mon temps, — ni mu peine, — et que le temps passé 
— soit un peu récompensé. 



— 94 — 

XXI 

Lou tiéu, lou miéu, 
Et lou de la Chambourdo, 
Lou tiéu, lou miéu 
Et lou de Bourtoumiéu 
La la la (bis) 

M. A. Arnavielle, Alais. 

Le tien,le miea — et celui de la Ghambourde, — le tien, le mien 
— et celui de Barthélémy. 

En se servant d'un air connu, les improvisateurs de ces petits cou- 
plets ont une certaine habileté, pour introduire quelques syllabes de 
plus dans un vers, sans altérer le dessin mélodique. 

Voici comment ils procèdent : 



1) 



â 



=1: 



M- 



liî 



zn-é- 



±: 



^-=^-- 



£ 



Lou ri - ban blé que me sier de cen - tu - ro 



2) 



zmzêEi 



^^S^^^^^E^ ^J ^^ 



Que sai ve - gnà far, gar - sous de la moun - ta-gna 



3) 



::|i:i=:pzzp=i=:|ii=r=piz^i:i=zzzi==zzi=:i— =zi5zi 



Que ve-gnà vous tsar - t,sà, gar - sous de la moun - ta-;^'na 



1. Lou riban blé (4 syllabes) 
Que me sier de centuro 

2. Que sai venià far (5 syllabes] 
Garsous de la mountagna 

3. Que vegnà vous tsartsà (6 syllabes) 
Garsous de la mountagna. 



— 95 - 

XXII 

Qu chi vegni tsartsà 
Garsous de la mountagna, 

Qu chi vegni tsartsà 

Chi vouiè pas dansa? 

Chétsaièu pas vegni, 
Garsous de la mountagna 

Ché tsaièu pas vegni 

Chi vouià ma dourmi. 

M. Mazat, St-Genieys (Haute-Loire). 

Qui venez-vous chercher, — garçons de la montagne, — Qui venez - 
vous chercher — si vous ne voulez pas danser? — Ici il ne fallait pas 
venir, — garçons de la montagne, — ici il ne fallait pas venir — si 
vous ne voulez que dormir. 



XXTII 

Variante. 

Que sai venià far 
Garsous de la mountagna, 
Que sai venià far 
Quan voulià pas dansar? 
etc.... 

M. Gallon, St-Romam-le-désert (Ardèche). 

XXIV 

Ni vène d'amoun, 
Del cap de la Rouvièiro, 

Ni vène d'amoun, 
Dansa lou rigaudoun, 

M. le pasteur Fesquet, Golognac (Gard). 



— 96 — 

Je viens de là-haut, — da haut de la Rouvièrô (I), — je viens de 
la haut, — danser le rigaudon. 



XXV 



bis 



— Que le fajè, pettiotas 
Vè la Chutsôira ? 
— Fajan l'amour, 
Gardàvan, [bis) 
Fajan l'amour, 
Gardàvan lous garsous. 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute-Loire). 

« Que faisiez-vous petites — à la Suchère ? » [his) — « Nous fai- 
sions l'amour, — nous gardions [his] — nous faisions l'amour, — 
nous gardions les garçons »... 



XXVI 

Sens tu, Pierrou, 
Me seriôu maridada ; 

M'aviès proumés 
E ara m* as pas près. 

Me poudiès laissa, 
N'auriô troubat un autre ; 

Me poudiès laissa, 
Te veniô pas cercà. 

MiieNoémie Azais, Lézignan-la-Gèbe (Hérault). 

Sans toi, petit Pierre, — je me serais mariée ; — tu m'avais pro- 
mis — et maintenant tu ne m'a pas épousée. — Tu pouvais me lais- 
ser, — j'en aurais trouvé un autre ; — tu pouvais me laisser, — je 
ne venais pas te chercher. 



(1) La Rouvière, commune de Gros, canton de Saint-Hippolyte-du- 
Fort(Gard). 



— 97 - 



XXVII 



Sens tu, Pierrou, 
Me série maridado, 

Sens tu, Pierrou, 
léu n'auriôu un pichou ! 

M. Ghassary, Gamprieux (Gard). 

Sans toi, petit Pierre, — je me serais mariée, — sans toi, petit 
Pierre, — j'aurais un petit [enfant]. 



XXVIIl 

Sôuta de din moun prà, 
Doumeizèlas, {bis) 
Sôutà de din moun prà, 
Doumeizèlas, per dansa. 

M. BoissÉE. Le Puy. 

Sortez de mon pré, — demoiselles, (bis) — Sortez de mon pré, 
demoiselles — pour danser. 



XXIX 

léu sièi Janet 
Amai ou vole estre, 
léu sièi Janet 
Ni plante de caulet; 
N'aimarièi mai 
Ni planta de rouseto 
Que de caulet 
Din lou mes de julhet. 

Mlle Alice Hermet, Genolhac (Gard). 



— 98 — 

Petit Jean. — Je suis Janot — et même je veux l'être, — je suis 
Janot — qui plante des choux; -— j'aimerais mieux — planter des 
petits rosiers — que des choux — dans le mois de juillet. 



XXX 



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N'ei pu tour - bà c'me me ber - dze - ru - ne, 



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N'ei pu tour - bà Par te bien dan - sa. 



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tra la la la 



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la la la 



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la 



N'ei pu tourbà c'me me berdzerune, 
N'ei pu tourbà 
Perte bien dansa. 
tra laltty etc. 

M. Taillbebot, Brioude (Haute-Loire). 

Je n'en ai plus trouvé comme ma petite bergère, — je n'en ai 
plus trouvé — qui danse si bien. — tra la la, etc. 

XXXI 



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V- 



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5:=p-t 



Mi - 



t'ai cer - ca - do Bouis-sou per bouis- 






sou. 



A la fi 



t'ai trou-bado Emb 'un pou - lit gar - sou. 



-- 00 — 

Mio, t'ai cerca:lo 

Bouissou per bouissou, 

A lali t'ai troubado / 

Emb'un poulit garsou. ( 



his 
bis 



M. Ghassary. L'air chante par M"" Passet, Camprieux (Gard). 

Mie, je t'ai cherchée — buisson jiar buisson, — à la fln je t'ai 
trouvée — avec un joli garçon. 

XXXII 



Lo CUR DE MO MÎO 



Moderato 



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Lo cur de mo mi - o N'es pas sens dou- 






^ta^^F^^F^^F^^^^t^^F* 



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lour, Quan iô lo vôu vôre E - lo pu - ro tou - tzour. 



1) Lo cur de mo mio 
N'es pas sens doulour 
Quaniô lo vôu vère 
Elo puro toutzour 



bis 



bis 



M. Landes Sarlat, notation de M. Selter. 

Le Cœur de ma Mie. — 1) Le cœur de ma mie — n'est pas sans 
douleur, — quand je vais la voir — elle pleure toujours. 



XXXIII 



Von sont las minetas 
Von sont lous minous? 
Sont dién la tsasoira 



bis 



' bis 
Que divoi'on tout y 

M. Mazat, Saint-Genieys, (Haute -Loire). 



-- 100 — 

Où sont les chattes, — où sont les chats? — Ils sont dans l'ar- 
moire (aux fromagei) — qui dévorent tout. (bis). 



XXXIV 

Ena paura filha 
Se vouliè mariar, 
Vou ausava pas guire 
Ni vou desclieirar ; 
Nèit e jour souspira, 
Toujour murmurant : 
Ma très chère mère y 
Me tsal en amant. 

M. Anselme Gallon, Saint-Romain-le-Désert, (Ardèche). 

Une pauvre fille voulait se marier, — elle n'osait pas le dire — ni 
le déclarer; — nuit et jour elle soupire, — toujours murmurant — 
ma très chère mère, — il me faut un amant. 



XXXV 

I Ma maire me creida ) ,, . . 
Di Breuil de Pagnà, \ ^ ^ 

Que creida, que creida ) ,, . . 
Li vole pa na. ) 

II) Ma mairame gronda ) ,,. ^ 
Quaniéufèuramour \ ^ ^ 

Que gronda, que gronda, ) /, . n 
La faroi toudzour (1). ( 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute-Loire). 

I) Ma mère m'appelle — du Breuil de Polignac, — qu'elle appelle, 
qu'elle appelle, — je n'y veux pas aller. 

II) Ma mère me gronde — quand je fais l'amour — qu'elle gronde, 
qu'elle gronde — je le ferai toujours. 

(1) Var : L'a feite à son tour. Trad. elle Ta fait à son tour. 



— 101 



XXXVI 



s. 



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îïzztzpzzipziza: 



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m 



L'ai vis - to, ma mi - o, L'ai vis - to pel 



trauc; coui- fado à la grè - co, Sem-blavo un ba - bau. 

L'ai visto ma mio. 
L'ai visto pel trauc ; 
Couifado à la grèco (1), 
Semblavo un babau. 

M. CoNORT, Saint-Frézal-d'Albuges (Lozère). 

Je l'ai vue, ma mie, — je l'ai vue par un trou ; — coiffée à la 
grecque, — elle semblait un fantôme. 



XXXVII 



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Vai, vai, vai, me - cha - ra - da, Vai, vai. 



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vai te la - va : 



Quan ven - drà, des - coue- 



iz^: 



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fa - da, Quan ven - drà, Dan - sa - rà. 



Vai {te)'), mecharadà, 
Vai {tei") te lava : 



(bis) 



(1) Coiffée à la grecque, c'est-à-dire d'une coiffe mal faite et pointue. 
(Note de M. Conort.) 



— 102 — 

Quan vendra, descouefada, 

Quan vendra, \ {bis) 

Dansarà. 

M. Taillebot, Brioude. 

Va [ter), machurée, — va [ter) te laver : — quand tu reviendras, mal 
coiffée, — quand tu reviendras, — [tu] danseras. 



XXXVIII 



^_s_._,_ 



i^iH^iiig 



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fe^ 



Val, val, mos-co - ra - do, Vai, val ti lo- 



:C5z:i=q=ziïrir:iï: 



¥ 



\k ; E pren de so - bou, E la - vo, e 



:^= 



la - vo, E pren de so - bou, E la - vo -ti 



prou. 



{bis) 



Vai, vai, moscorado, 
Vai, vai ti lova ; 

E pren de sobou 
E lavo {bis), 
E pren de sobou, 
E lavo-ti prou. 

Mlle Anna Gausse, Meyrueis (Lozère). 

Va, va, machurée, — va te laver; — et prends du savon, — et lave(6i5), 
- et prends du savon, — et lave-toi bien. 

XXXIX 



lâ: 



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- — \J~ I -= ^ — p — h-4— <-■ 



:|!^ 



Vos dan - sà^ be - la Ja - na? 



Pa 'mbé 



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V:-r=^ 



— 103 — 



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tus, la - ga - gnous 



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t^rt— y- 



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Vai la 



va ta la- 



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ga - gna, Dan - sa - ren tou - tes dous. 



(( Vos dansa, bêla Jana ? » 
(( Pa'mbé tus, lagagnous : 
Vai lava ta lagagna, 
Dansaren toutes dous. » 



( «) 



M™* DussOL, Saint-André-de-Sangonis (Hérault). 

u Veux-tu danser, belle Jeanne ?» — « Pas avec toi, chassieux 
va laver ta chassie, — [après] nous danserons tous deux. » 



[E2:=â; 



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jÉ^ÊË^ÊEl^ 



|i«-tr*; 
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■ U - ;-L 



Pren teu su - Ihcs, Na -ne - te, Su-lhés de fes - te. 



Toun cou-qui - Ihù, D'e-que - le brave en 
^ ^ 



diô - ne 



Î2=* 




^^^l^iÊÏ 



i^ 



Toun cou-qui - Ihù Bour - dà 'mei de ve - lu. 



Pren teu sulhès, Nanete, 
Sulhès de feste, 
Toun couquilhù 

D'equele brave endiène, 
Toun couquilhù 

Bourdà *mei de velu. 



[bh) 



M. Taillebot, Brioude. 



— 104 — 

Prends tes souliers, Nanette, — tes souliers de fête, — ton cotil- 
lon — de belle indienne — ton cotillon — bordé avec du velours. 



XLl 



È-'i^^^lËE^EM^^^^^ 



Fai bon dan - sa, miou-no, Des - sus l'iier - be - to ! 



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HîtZ. 



Fai bon dan - sa, miou-no, Des -sus Ther - be - to. 0! 



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fai bon dan - sa Lou vespre, à la can - de - lo ; o ! 



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fai bon dan - sa Lou vespre, a - près sou - pà ! 



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{bis) 



-» Fai bon dansa, miouno, 
Dessus Therbeto ! 
! fai bon dansa 
Lou vespre, à la candèlo ; 

0! fai bon dansa 
Lou vespre, après soupà. 

• M. Ghassary, Camprieux (Gard). 

L'air chanté par Mme Passet. 

11 fait bon danser, mignonne, — sur l'herbe menue ! — oui ! il fait 
bou danser — le soir, à la chandelle; — oui ! il fait bon danser — 
le soir, après souper. 



XLIL — Lo Plonqueto 



Allegretto 



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Pas - san sus lo pion 



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to, Lou 



105 — 



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pô m'6 glis - sa, 



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Pau - ro ! su toum-ba - do din 




f—'é^- — • — H 






(1) 



V- 



Tai-go, Mus cou-til - lious se soun moul - hà. 



1. Possan sus lo plonqueto, 

Lou pè m'o glissa, [hu) 
Pauro ! su toumba«lo din Taigo, 
Mus coutilhous se soun moulhà {bis). 

2. Possavo très cossaires 
Tout lou loun del riéu ; [bii) 

En creren de toucà lo lèbre, 
Pôureto ! m'on toucado iéu (^15). 

3. Lo balo que tiravoun 
N'èro pas de ploumb, {hi%) 

Ero de fino merchondiso, 

Per fà donsà lo Marioun {hh). 

M. Landes, Sarlat. 
Notation de M. Selter. 

La Planchette. — 1. En passant la planchette, — le pied m'a 
glissé. — Pauvrette ! je suis tombée dans l'eau, — mes cotillons 
se sont mouillés. 

2. Passaient trois chasseurs — tout le long du ruisseau; — en 
croyant toucher le lièvre, — {)auvrette ! ils m'ont touchée moi. 

3. La balle qu'ils ont tirée — n'était pas de plomb; — elle était 
de fine marchandise, — pour faire danser la Marion. 

XLIII 

1. Possan sur lo plontseto, 

Lou pè ra'o moncà, ^ 

Moun Dieu ! 



(1) Voir p. Gl, une version recueillie dans l'Hérault dont l'air est à deux 
temps. 



— 106 — 

Sei toumbado dins Taigo, 
Mous coutilhous se sou moulhà. 

2. Passavo très tsossaire 

Tout lou loun dei riéu, ' 
N'ôu cregù tirât o lo lèbre, 
Moun Dieu ! 
Pauroto, m'ôu tirât o iéu. 

3. Las balos que tiravou 

N'èrou pas de ploumb, 
Moun Dieu! 
N'èrou de fino mertsondiso 
Fosiôu donsà lo Marioun. 



M. BoissÉE, Le Puy. 



XLIV. — La Marmito 



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tnMf-b' — ^ 



Moun - ta - ve la mar - mi - to, La pou- diôi pas moun- 



rto-:^=:^-^^rTZi (^— - pjir^^ri^d 






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La 



pou-diôi pas moun - ta, Pau - ro, tou - to sou- 



Ri45:c:^::fez^zirrri:=:^::=T:-=r=irTrq~ 



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I W. W K W. W. 1 W. p Uj Z. K_. 



le - to, La poudièipas moun-tà, Me vou-liô ma-ri - dà. 



V=^' 



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Mountave la marmito, l 
La poudiôi pas mountà. j 
La poudiôi pas mountà, 
Pauro, touto souleto (1), 



bis. 



(1) Var. : Souleto, sens fringaire. 

Seuletto, sens amoureux. 



— 107 — 

La poudiùi pas mountà, 
Me vouliô maridà (2). 

Mlle Marie Andrieu, Saint-Bauzêly (Aveyron). 

La Marmite, — Je montais la marmite, — sans pouvoir la mon- 
ter (ôis). — Je ne pouvais pas la monter, — hélas ! toute seule, — je 
ne pouvais pas la monter, — je voulais me marier. 

XLV 

Montavala marmita, i 
La pou ddi à pas monta ; f 
La pouddià pas monta 

Suvetta (bis)i 
La pouddià pas monta, 
Se vouià maridà. 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute-Loire). 

[Elle] montait la marmite, — mais ne pouvait la monter ; — [elle] 
ne pouvait la monter, — seulette [bis], — [elle] ne pouvait la mon- 
ter, — [elle] voulait se marier. 

I 

XLVI Variante 



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fl=:15: 



-i=i- 



V=¥ 



Moun-ta-vo la mar - mi - to, La sa - vie pas moun- 



=izzr--zn=i&zzi=± 



iiiiiis^^ 



:i5=t5: 



ta. La sa - viô pas moun - ta Tou - to sou- 



¥ 



;i^;êiÉi§E^i˧E^illfeii 



le-to, La sa - viô pas moun-tà Sens i'a-ju - da. 

Mlle Marthe Hermet, Genolhac (Gard). 

(2) Var. : G veni m'ajudà. 

Oh ! venez m'aider. 

Autre var. : Mo'fasiôi ajudà. 

Je me faisais aider. 



— 108 — 

XLVII 

Veniô de sus Teireto, i . 
Menave lous pourcous. j 
Menave lous pourcous, 

Roundinavou (bis) ; 
Menave lous pourcous, 
Roundinavou toutes dous. 



M"« X... (Lozère). 



Je venais de l'aire, — je gardais les petits porcs. — Ils grognaient ; 
- je gardais les petits porcs^ — ils grogaaient tous les deux. 



XL VIII 



Lo voli, le Marianno, 
Lo voli, ornai l'ôurai, 
Ornai Tonirai querre, 

Ornai lo menorai. 



M. Landes, Sarlat. 



Je la veux, la Marianne, — je la veux et je l'aurai ; — je Tirai 
chercher — et je la mènerai. 

XLIV 

La vole, la Marianno, 
La vole, mai l'aurai ; 
L'anirai querre, 
La menarai ; 
Maugra soun paire, 
L'eipousarai. 

M. Chabaneau, Nontron. 

Je la veux, la Marianne, — je la veux, et je l'aurai ; — j'irai la 

chercher, — je la mènerai; — malgré son père, - je l'épouserai. 



\<^ — 



XliX 

L'aMMT d« U MjunaMM (1) 
Pot pas dvrà tonjoar lbi$) ; 

Pot pu dura tot^jow^ 
La Kèit «aai lo« j<>i:r. 



IL E. flMÊÊKKr^ CMPdb-lcj Béners (Hénryi|. 
UiUBOiar èè U lffim—> — ae ptnot pis disrar toi^ovs (his) — la 



Lm fi||à pio« MiAd^à ; 
M«BaT« par ba krenyas^ 
PaimTe delovsbits. 



yL MaZj^t. SAi-nî-G-enier< (Haut*- Loire), 

je gsjrdùs les ckè^Pi«&, — j« ï«s faàs&is bien nianger ; — je 
g«a>iùs dias Itt I way^tei^ — je défexKl&is les blés. — Je montais, je 
<— je fiôsass Moa «rusoa (èît)« 



Ll 



N^*ià dji d« tetoos ; ^ 
AToùra que ehî beMa i 
îToi coanâ de biisoas i <***) 

M. Maia.t^ SAiat-OenJfTs (Ha«te-LMre^, 



1) Tar. riUsUaiMt: L^«B»o«r4e b l^nHo. 



— 110 -- 

Quand j'étais petite, — je n'avais pas de mamelles ; — à présent 
que je suis grande, — j'en ai comme des pots. 



LU 

Janeto fô la sausso, 
La tastarô pas [bis] : 
La gardo per dimenge, 
La gardo per deman, 
La gardo per soun galan. 

M. le pasteur Fesquet, Goiognac (Gard). 

Jeannette fait la sauce, — mais elle ne la goûtera pas [bis): — elle 
la garde pour dimanche, — elle la garde pour demain, — elle la 
garde pour son amoureux. 



bis 



LUI 

Me vouliôu mètre àToumbro 
Dinc un couvent d'Aubrac. 

1 vouliô pas anà, 
Me trouvariô sougueto, 

1 vouliôu pas anà, 

Me vouliô maridà. 

M. GoNORT, Saint-Frézal-d'Albuges (Lozère). 

On voulait me mettre à l'ombre — dans un couvent d'Aubrac. — 
je n'y veux pas aller, — je m'y trouverais seulette ; — je n'y veux 
pas aller, — je veux me marier. 



LIV 



N'oùbicà lo Morianno, 
Oval ei foun dei pra. » 
— « Qu-z-ou fa? » 
(( Oqu'ei pas lo Suzanno. » 

« — Qu-z-ou vi? » 
« Lou dronle d'emproti... » 

M. BoissÉE, Le Puy. 



— 111 — 

«On a embrassé la Marianne,— là bas au bout du pré. » — «« Qui l'a 
fait? » — :(Cg n'est pas la Suzanne. » — « Qui l'a vu?» — « Les 
enfants de par ici ». 



LV 



bis 



Gordave uno chabreto, 
La poudiôi pasgordà. 
La poudiôi pas gordà' 
La chabreto {bis)^ 
La poudiôi pas garda 
La chaguet estacà. 

M. GoNORT, Saint-Frézal-d'AIbuges (Lozère), 

Je gardais une petite chèvre, — je ne pouvais pas la tenir [his). — 
Je ne pouvais pas la tenir, — la petite chèvre [his], — je ne pouvais 
pas la tenir, — il fallut l'attacher. 



LVI 

Gordave la cabrido, ) ,. 

\ bis 
La poudiôi pas garda. ] 

La poudiôi pas garda, 

Pauro ! touto souleto ; 

La poudiôi pas gordà, 

0! vèni m'ajudà. 

Mlle Marie An rieu, Saint-Bauzély (Aveyron). 

Je gardais le troupeau de chèvres, — je no pouvais pas le garder 
(bis), — Je ne pouvais pas le garder, — hélas ! toute seulette; — je 
ne pouvais pas le garder, — oh ! venez ra'aider. 



LVII 



[p^^iipiiPîiipii 



g^=t?==^ 



-7 
Gar - da - vo la ca - bri - do, La poii-dic'' pas trar- 



— 112 — 






dà. Gar - da-vo la ca - bri-do, La pou-diè pas gar- 






Eftî 



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La pou - diô pas gar - dà Tou - to sou- 



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le - to, La pou-diè pas gar - dà Sen l'a - ju - dà. 



Gardavo la cabrido, j 
La poudiè pas garda, ( 
La poudiè pas garda. 

Touto souleto, 
La poudiè pas garda 
Sen Tajudà. 

M. le pasteur Fesquet. 
Notation musicale de M. Bousquet, Golognac (Gard). 



Elle gardait les chèvres, — elle ne pouvait pas les garder — 
toute seulette ; — elle ne pouvait pas les garder — sans qu'on lui 
aide. 

La première reprise est rythmée par deux fois 4 mesures, tandis 
que la seconde est rythmée par deux périodes de 3 mesures. 



LVIII 



SH^^^^-li^giS^ 






D. C. 



Souvenir de la Guiole (Aveyron). 
Note sous lu dictée de mon ami Henri Bonnbt-Capmartv, 



LIX 



Efcfc^ 



=Kr:^!rz=t; 



irifcji: 



V=^ 




Se sei - bià, mei mô - re De - que m'ei ' rei- 



g^g^â^^ 



y-r ^-I =f^ 



E^f 



fcfc^rriJ 



va, 



Z'a-iô très mes-tres-se, tu- tei m'an qui - ta. 



(6is) 



(&e5) 



1. (( Se seibià, mei mère, 
Dequé m'ei reivà! 
Z'aiô trei mestresse, 
Tutei m'an quità. » 

2. — Deique voué qu Ihi fasche 
Peure nigaudà? 

Schate Ihi de pères, 
Torne leis'campà. » 

3. — ((Se seibià, mei mère, 

Que n'iei bé schatà : 
Mindzavon les pères, 
Me terjon la couà. » 

M. Taillebot, Brioude. 

1. — « Si vous saviez, ma mère — ce qui m'est arrivé ! j'avais 
trois maîtresses, — toutes m'ont quitté. » 

2. — « Que veux-tu que j'y fasse, — pauvre nigaud ! — achète- 
leur des poires, — retourne les chercher. » 

3. — « Si vous saviez, ma mère, — je leur en ai bien acheté : — 
elles mangeaient les poires, — me jetaient la queue. 



LX 



1. Se soviàs, ma maire, 
So qu'es arrivât ? 

Avièi très fringaires, 
Aro n'ei pas cap. 



— 114 — 

2. Un es de l'Auvergno, 

L'autre del Quarci ; 
Lou que mai airaave 

Ero moun vesi (1). 

M"* Marie Andrieu, Saint-Bauzcly (Aveyron). 



1. Si vous saviez, ma mère, — ce qui m'est arrivé ! — J'avais trois 
amoureux, — maintenant je n'en ai plus aucun. 

2. L'un était de l'Auvergne, — l'autre du Quercy ; — celui que 
j'aimais le mieux, — c'était mon voisin. 



LXI 

Si saià, ma maire, 
Que m'es arriva! 
En passant lou Rose, 
Ma barqua a vira. 

M. A. Gallon, Saint-Romain-le-Désert (Ardèche). 

Si vous saviez, ma mère, — ce qui m'est arrivé ! — En passant le 
Rhône, — ma barque a chaviré. 



LXII 

Aià treis mestressas / . . 

^ , , ^ ^.. } OIS 

De ve la Tsa-Dieu. > 
M'ont feit banquaroute, j , . 
M'ont virale ttièu. S 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute-Loire). 

J'avais trois maîtresses — à la Chaise-Dieu. — [Elles] m'ont fait 
banqueroute, — [elles] m'ont tourné le cul. 

(1) Var : Ero de pr'aici = était de par ici. 



LXIII 

Aiéus ene mie de vès Lardeirol, 
Aie lou peal loutze coume en eiquirol. 

M. Callon, Saint-Romain-le-Désert ^Ardèche). 

J'avais une amoureuse — à Lardeirol, — elle avait les cheveux 
rouges — comme un écureuil. 

LXIV 

N'aièus ene mie^ 

L'ai vougù prestà 
A moun camarade, 

Me l'a pas tourna. 

Si moun camarade 
Vegni à meri, 

Belèu que ma mie 

Pouèriè revegiii. 

M. Gallon, Saint-Romain-le-Désert (Ardèche). 

J'avais une amoureuse, — j'ai voulu la })rêter — à mon camarade, 
— il ne me l'a pas rendue. — Si mon camarade venait à mourir, — 
peut-être que ma mie pourrait revenir. 

LXV 

N'aià-t-ena mia, 

La vouguèr'prestà 
Ni-en-t-un militère; 

Me la renguè pas. 
Chi qui militère 

Pouddià nà mouri, 
Alor ma miouna 

Tournaià vegni. 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute-Loire). 



— 116 — 

J'avais une amie, — je voulus la prêter — à un militaire, — il ne 
me la rendit pas. — Si ce militaire — pouvait aller mourir, — alors ma 
petite amie — reviendrait. 



LXVI 

N'aièu qu'en fringaire, 

L'ai vougù prestà 
A ma camarado, 

Me Ta pas tourna. 
Si ma camarado 

N'en pouiô mouri, 
Belèu moun fringaire 

Tournariô veni. 

M. le D'' Ghaussinand, Ceux (Ardèche). 

Je n'avais qu'un amoureux, — j'ai voulu le prêter — à ma cama- 
rade, — elle ne me l'a pas rendu — Si ma camarade — pouvait mou- 
rir, — peut-être mon amoureux — reviendrait encore. 



LXVII 

Fosé-lo donsà 
Oquelo mignardèlo ; 

Fosé-lo donsà ; 
Per iou ne pode pas. 



M. Landes, Sarlat. 



Faites-la danser, — cette petite mijaurée, — faites-la danser ; 
quant à moi je ne peux pas. 



LXVIII 



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ca - pe - let de 



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pa - Iho Que il 



N'ai un 



117 — 



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man - co lous cour - dous, 



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tes - li lous, léu 



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vous en prè-gue, Fa - rai qui-com mai per vous. 

N'ai un capelet de palho ) ,. 
Que li manco lous courdous.) 
Metès-li lous, 
léu vous en prègue, 
Farai quicom mai per vous. 

Mme Passet, Gamprieux (Gard). 



J'ai un petit chapeau de paille 
Mettez-les, — je vous en prie^ 
pour vous. 



auquel il manque les cordons. — 
je ferai quelque chose de plus 



LXIX 

N'ai un copelou de palho 
Que li manco lou courdou. 
Golan, bouta-li lou, 

lou vous n'en predze, 
Golan, bouta-li lou. 
Forai quicom mai per vous. 

M. BoissÉE, Le Puy. 

LXX 

N'ai très oulanas 
Dinmapocho ; 
Quan vau garda 
Las fan tieulà. 
Trin, trin, trin, trin, 
Mas oulanetas 1 

10 



— 118 — 

Trin, trin, 
Aniô n'auren bon tems. 

M, Besse, Argentat (Gorrèze). 

J'ai trois noisettes — dans ma poche ; — quand je vais garder [le 
troupeau], — je les fais tinter. — Tin-tin, (bis) — mes petites noiset- 
tes l — tin-tin, — aujourd'hui nous aurons beau temps. 



LXXI 



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Re - ve - nés, joui-nos fil-hos, Re-ve - nés al chas- 



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tel: Qui-ta - rés las den - té-los, Gar-ga - rés lous ca- 






tr^n^ 



pels, Qui-ta - rés las den - tè-los, Gar-ga - rés lous ca - pels. 

Revenès, jouinos filhos, ^ 
Kevenès al chastel : i 



Quitarés las dentèlos, 



{bis) 



Cargarés lous capels. 

M. Arnavielle, Alais. 



Revenez, jeunes filles, — revenez au château : — vous quitterez [vos 
coiffes] de dentelle — vous mettrez les chapeaux. 



LXXII 

Revenet lèu, filhetos , 
Revenet al castel : 
Quitaret las dentèlos, 
Cargaret lous capels. 

M.lej-asteur Liebigh^ Saint-Maurice de Gazeyieille (Gard), 



— 119 — 



LXXIII 



Revenez, ma mioùna, 
Venès en moun tsasté : 
Quittarè vostra couoifa, 
Ne prendres lou tsapé. 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute-Loire). 



{bis) 
{bis) 



Revenez, ma petite amie, — revenez dans mon château : {bis) 
vous quitterez votre coiffe, — vous prendrez le chapeau {bis). 



LXXIV 

La bourèa d'Auvergni, la bourèa vai bien ; 

Val bien quan soun quatre, 

Encare mèis 
Quan soun sèis. 

M. Gallon, Saint-Romain-le-Désert (Ardèche). 



La bourrée d'Auvergne, la bourrée va bien ; — [elle] va bien quand 
on est quatre, — encore mieux — quand on est six. 

Variante de la Lozère : 

La bourèio das quatre, la bourèio vai bien, 
Vai bien quan soun quatre, 
Encaro miel 
Quan soun sièis. 



LXXV 



l^^î^li^Sleî 






Ci, ma mai-re, lou vole e Tau - rai! Tai - sa - te, 






Ni - na, tai - sa - te, NI - na. Ci, ma mai - re, lou 



— 120 — 






volée Tau -rail Tai-sa-te, Ni-na, te lou dou-na - rai^ 

« Oi, ma maire, lou vole e l'aurai ! » 

— « Taisa-te, Nina.» [bis) 

— « Oi, ma maire, lou vole e Taurai ! » 

— (( Taisa-te, Nina, 
Te lou dounarai. » 

M"* DussoL, Saint- André de Sangonis (Hérault). 

« Oui, ma mère, je le veux et je l'aurai! » — « Tais-toi, mi- 
gnonne. » {bis), — « Oui, ma mère, je le veux et je l'aurai ! » — 
« Tais-toi, mignonne, — je te le donnerai. » 

LXXVI 



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lu, pet-tio-te, Pa-re le lu; 



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Pa-re le lu que t'en- mô-ne, que t'en - mè - ne ; 



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Pa-re le lu que t'en - mè-ne tèu meu - tus. 

Pare le lu, I 
Pettiote, j 

Pare le lu ; 
Pare le lu 
Que t'enmène [bis) 
Pare le lu 
Que t'enmène tèu meutus. 

M. Taillebot, Brioude. 

Prends garde auloup,|}efe'fe; — prends garde au loup ; — prends 
garde au loup, — qui t'emporte {his) ; — prends garde au loup — qui 
t'emporte tes moutons. 



— 121 — 



LXXVII 



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Ga-ro lou loup, /ie-/o - ^o, Ga-ro lou loup, 



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Ga - ro lou loup. Que t'em-por - to, t'em - por - to 




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Ga - ro lou loup Que t'em-porto un mou - tou. 



Garo lou loup, 

Beloto, 
Garo lou loup (bis) 
Que t'emporto (bis) ; 
Garo lou loup 
Que t'emporto un moutou. 

M. Landes, Sarlat. Notation de M. Selter. 



LXXVIII 



Para le loup, \ 
Pettiota, [ ùis. 

Para le loup. ) 

Para le loup, 
Le loup dinta pardzada; 

Para le loup, 
Que mandza tous moutous. 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute-Loire). 



Prends garde au loup, — petite, — prends garde au loup, prends 
garde au loup. — Le loup est dans ton parcage; — prends garde au 
loup — qui mange tes moutons. 



-. 122 — 



LXXIX, — LOU PlBOUL TRAUCAT 



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Al foun de la pra - do l'à'n pi - boaltrau- 



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cat ; Lou cou - eut ié can - to, Ni - mai i'à ni- 



\-/L «^ — 0^- - p « Xj [—§—É-—-*-\-r — ^~1~ j~ 



sat, Lou COU - eut iô can-to, Ni -mai i'a ni - sat- 

Al foun de la prado 
rà'n piboul traucat; 
Lou coucut i canto 
Nimai Ta nisat. 

M. le docteur Ghaussinand, Coux (Ardèche). 

Au bout de la prairie — il y a un peuplier troué; — le coucou y 
chante — et même il y a niché. 



LXXX. — Catin 



Allegretto 






Ga - tin vai ti - rà de 



vi, Go - pa lou tou- 






pi, Da-mous-sa la can - do - la, Tout lou vi per lou 



:fz:=g:-L_ f L. J -J LII^ Jr^^::j;:: J ^ » ^ 



sôu, Ca - tin a - guet pôu. Tout lou vi per sôu. 



— 123 — 

Catin vai tira de vi, 
Copa lou toupi, 

Damoussa la candèla, 
Tout lou vi per lou sôu, 
Catin aguet pôu, 
Tout lou vi per sôu. 



Montpellier, très connu. 



Catherine va tirer du vin, — elle casse le pot, — éteint la chandelle, 
— tout le vin sur le sol, — Catherine]eut peur, — tout le vin sur le 
sol. 



LXXXI. — Courante 



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— »-^ErzFn:n:z:z?Es: , ^ • g 



Fai - lo cour - re, Pier - re, Fai - lo co - mi - nà, 






La drol - lo que me - nés N'es pas per toun nà. 




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La drol-lo que me - nés N'es pas per toun nà. 



Fai-lo courre, Pierre, I 
Fai-lo cominà ; ' 

La droUo que menés 
N'es pas per toun nà. 



{bis) 



Seiô lo menabi, 
Menariôi per iô ; 

Le diriôi : Pitito, 
Viros-te per iô. 



î {àis) 
{bis) 



M. Landes, Sarlat. 
Notation de M. Skltkr. 



— 124 — 

1) Fais-la courir, Pierre, — fais-la cheminer ; — la jeune fille que 
tu conduis — n'est pas pour ton nez. 

2) Si je la menais, — je la mènerais pour moi ; — je lui dirais : 
« Petite, — tourne-toi vers moi. » 



LXXXII 



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M. Trinquier, Environs de Rodez 



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Mlle Anna Causse, Marvejols. 



— 125 — 



LXXXIV 



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M. Taillebot, Brioude. 



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M. Desfouqkres, Vichy (Allier) 



— 127 — 



DANSES DIVERSES 



L'absence de notation musicale n'a pas permis de classer les dan- 
ses qui suivent dans la catégorie à laquelle elles peuvent appartenir^ 



I 

1. Dansà^belo, 
Fringà, belo , 

N'espargnes pas vostres souliès (1) •; 

Fasès petà lo semelo : 
Vostrei galans soun courdouniès. 

2. Si jamai io me maride, 
Si prendre! bé un courdouniè, 
Que me chausse, que me bride, 
Que m'entretengue de souliès. 

M. le baron d'AïauEPERSE, Saint-Paul d'Eyjeau (Haute-Loire). 

1) Dansez, belles, — aimez, belles, — n'épargnez pas vos sou- 
liers ; — faites éclater la semelle : — vos amoureux sont cordon- 
niers. 

2) Si jamais je me marie, — je prendrai un cordonnier, — qui me 
chausse, qui me lie, — qui m'entretienne de souliers. 

Il 

Te reveirai, 
Dzanetoun, mo mio, 

Te reveirai 
Queste mé de mai ; 



(1) La môme idée est exprimée dans une chanson populaire des îles 
Force : 

« Marquez vos pas solides sur notre plancher, n'épargnez pas vos 
chaussures. Dieu sait quand nous boirons de nouveau le No^l » (Rap- 
port sur une mission en Islande et aux îles Féroè\ par M. Raymond 
PiLKT dans Nouvelles archives des missions sciejitifiques et littéraires, 
Paris, 1897, p. 300). 



— 128 — 

Lou printems vendre, 

Flourirô las rosas ; 
Lou coucù tsontorô, 

'Coteredzauvirô. 

M. BoissÉE, Le Puy. 

Je te leverrai, — Jeanneton, ma mie, — jeté reverrai, — au mois 
de mai ; — le printemps viendra, — fera fleurir les roses ; — le 
coucou chantera, — cela te réjouira. 



III 

Ma miouno s'en vai, 

lo lo plonze ; 
Ma miouno s'en vai, 
lo Tembrassorai (1). 

M. BoissKEj Le Puy. 

Ma mie s'en va, — je la plains {litt, : je la regrette) ; — ma mie 
s'en va, — je l'embrasserai. 



IV 

< Durorô cô, pitsounelo, 

Durorô cô toutzour? » 
— (( Tan que Tordzen durorô, 

Lo pitsounelo {bis). 
Tan que Tordzen durorô, 
Lo pitsounelo donsorô. 

M. BoissÉE^ Le Puy. 

« Cela durera-t-il, petite mignonne, — cela durera-t-il toujours?» 
— « Tant que l'argent durera, — la petite fille (bis), — tant que l'ar- 
gent durera^ — la petite fille dansera. 

(1) Var. : Tournorô lou mé de mai. 

Elle reriendra au mois de mai. 



— 129 — 



« Filhos de délai Taigo, 
Orcà de dessai. » 
— (( Coumo voulès que iou orque ? 
N'ai pas de botel, 
Ni de poun d'orcado, 
Ni de postourel 
Que me siô fidel. » 

M. BoissÉE, Le Puy. 

« Filles d'au delà de l'eau, — traversez de ce côté-ci. » — « Comment 
voulez-vous que je traverse? — Je n'ai pas de bateau, — ni d'arche 
de pont, — ni de berger — qui me soit fidèle. » 



VI 

CM sabià, drouletas, 
Dzamai vous maridaià ; 
Damouraià suvetas, 
Gardaià la libartâ. 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute-Loire). 

Si vous saviez, fillettes, — jamais vous ne vous marieriez ; — vous 
demeureriez seulettes, — vous garderiez la liberté. 



VII 

Las poumos roujos sou de bouô manjà ; 
Las junos filhos, de bouô maridà ; 
D'aquelos vièlhos diguslas vôu pas. 
Lero^ lèro. 

M. le pasteur Liebich, Saint- André-de-Lanciae (Lozère). 

Les pommes rouges sont bonnes à manger ; — les jeunes filles, 
bonnes à marier; — des vieilles, personne n'en veut. — Lèroy lèro. 



— 130 — 

VIII 

Très jouves dinc un liech, 

Très braves jouves. 
Très jouves dinc un liech, 

Lou pastre al miech. 
Très vielhos dinc un sa 

Lou sa din l'aigo, 
Très vielhos dinc un sa, 
Per las nejà. 

M. GoNORT, Saint-Frézal d'Albuges (Lozère). 

Trois jeunes filles dans un lit, — trois belles filles, — trois jeunes 
filles dans un lit, — le berger au milieu. — Trois vieilles dans un 
sac, — le sac dans l'eau, — trois vieilles dans un sac, — pour les 
noyer. 



IX 

Vidau, 

Vidau, 
Tira lou dedau. 
Las diuilhas emé lou ôau, 
Tout farà cabau. 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute-Loire). 



Vital, — tire («er), — Vital, — tire le dé. — Les aiguilles avec le 
fil, — tout fera profit. 



X 

« Dansi pas gaire, 

Pettiota I 
Dansi pas gaire, 
Dansi pas gaire ? » 



— 131 — 

— « Pouade pas dansa : 
Moun amant, moun fringaire, 
Pouade pas dansa : 
Moun amant che i pà. » 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute-Loire). 

« Tu ne danses guère, — fillette ! — tu ne danses guère ?» — 
« Je ne poux pas danser : — mon amant, mon amoureux, — je ne 
puis pas danser : — mon amant n'est pas ici. » 



XI 



Chi iéu-z-ère maridada, 
Maridada à moun plasi, 
Restaièi sous la couverta, 
A coustà de moun ami. 



bis. 
bis, 
M. Mazat, Saint-Genieys (Haute -Loire). 



Si j'étais mariée, — mariée à mon gré, — je resterais sous la 
couverture, — à côté de mon ami. 



XII 

Disiô-mi se m'aimes / , . 

r. » • ( bîs. 

Ou se m aimos pas. ) 

Ne vese uno autro que m'agacho, 

Que m'aimarô bé, 

Qu'où save bé. 

M. GoNORT, Saint-Frézai d'Albuges (Lozère). 



Dis-moi si tu m'aimes — ou si tu ne m'aimes pas. — J'en connais 
une autre qui me fait les doux yeux, — qui m'aimera bien, — j'en 
suis certain. 



Le djilet blanc, * 



— 132 — / 

XIII 

Paura Maria, i . 
Pouadi be purà : j 

Qui quet'amava, j 
Te vai quitta. i 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute-Loire). 

Pauvre Marie, — tu peux bien pleurer : -— celui qui t'aimait, 
va te quitter. 



XIV 

La vesta grisa, 
Le djilet blai 

Acouoi la moda i , . 
^. .. [ bis 

Di paisan. ) 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute-Loire). 

La veste grise, — le gilet blanc, — c'est le costume — des pay- 
sans. 



XV 

Voirnà TAuvergne, 

Maire, 
Voirnà l'Auvergne . 
Tsartsà'n'auvergnassa, 
N'auvergnassa par dansa. 

M. Mazat, Saint-Genieys (Haute-Loire). 



Je veux aller en Auvergne, — mère, — je veux aller en Auvergne, 
— Je veux aller en Auvergne — chercher une Auvergnate, — une 
Auvergnate pour danser. 



— 133 - 

XVI 

Lo sôuvodzino 
Fai nostre régal ; 

Viven de perdigal ; 

De becassino, 
Quauques lebrôudets 

Courts e grossets. 

M. BoissBE, Le Puy. 

La sauvagine — fait notre régal ; — nous vivons de perdreaux, 
de bécassines, — quelques petits levrauts, — courts et râbles. 



XVII 

l'aviè 'no cagaraulo, 
Escalavo 'no paret ; 
Dansavo ^n menuguet, 

Un passo-pèd, 

Un menuguet, 

Uno bourrèio, 
Amai ou fasiè bé. 

M. le pasteur Fesquet, Golognac (Gard). 

Il y avait un escargot — qui escaladait un mur ; — il dansait un 
menuet, — un passe-pied,^ un menuet, — une bourrée, — et même 
il le faisait très bien. 



XVIII 



A moun tour {bis), 
Gagne ma pauro vido ; 
A moun tour {bis), 
Gagne cinq sous per jour. 



Il 



— 134 — 

Fague plèjo, fague vent (bis) 
Toujour iéu gagne d'argent. 

M. le pasteur Fesquet, Golognac (Gard). 

A mon tour, — je gagne ma pauvre vie ; — à mon tour, — je ga- 
gne cinq sous par jour. — Qu'il fasse pluie, qu'il fasse vent, — tou- 
jours je gagne de l'argent. 



XIX 

Aven maridat Jano (bis) 
Coumo aven piescut ; 
L'aurian pas maridado {bis}^ 
S'avian saupiegut. 

M. le pasteur Fesquet, Golognac (Gard). 



Nous avons marié Jeanne — comme nous avons pu ; — nous ne 
l'aurions pas mariée, — si nous avions su. 



CHANSONS DE PRINTEMPS 



- 137 — 



CHANSONS DE PRINTEMPS 



I. — Là Giroundèlo 

« Giroundèlo, 

Passo belo, 
Digo m' ount as hivernât? 

En Ateno, 

"Co d'Antoueno; 
Per que me b' as demandât? » 

M. Clair Gleizes, Azillanet (Hérault). 



L'HiROiNDELLE. « Hirondelle, — belle passagère, — dis-moi où tu 
as hiverné? » — « A Athènes, — chez Antoine; — pourquoi me le 
demandes-tu? 



c L'hirondelle est la messagère du printemps. Le peuple croirait 
commettre un sacrilège, s'il détruisait son nid ou ses petits, et l'on a 
grand soin de défendre aux enfants d'y toucher, en leur répétant que 
cet oiseau et le grillon sont comme des membres de la famille. » (Alfred 
de NoRs, Coutumes et traditions des provinces de France.— Paris, 1846, 
p. 162). 



II. — Lou Coucù 



Allegro. 



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Lou cou - cù can - to, Lou prin-tems vé 



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prin-tems vé. Loi drol-los soun ai-ma - blos, Lou 



— 138 — 



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prin-tems vé, Lou jour o - mai lo 



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Lou coucù canto, i ,. 
Lou printems vé. \ 
Lou printems vé, 
Loi drollos soun aimablos : 
Lou printems vé, 
Lou jour ornai lo né. 



M. Landes, Sarlat. 
Notation de M. Selter. 

Le Coucou. — Le coucou chante, — le printemps vient (&^■s) — Les 
jeunes filles sont aimables — le printemps vient — le jour ainsi que 
la nuit. 



III 



Allegro. 



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Lou cou 



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van - to qu'es un bel au- 



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zôl, Can - to e s'a - le - gro sus soun sar-ra - del. 

Lou coucut se vanto 

Qu'es un bel auzèl, 
Canto e s' alègro 

Sus soun sarradèl. 

Mlle Marie Basset, Belesta (Arriège). 



Le coucou se vante — d'être un bel oiseau; — il chante et se 
réjouit — sur sa colline. 



- 139 — 



IV 



Allegro. 






Maire a-vetspas en-ten-dut Lou cou-cut que can-to? 

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Maire, a - vêts pas en-ten-dut Que can-to, lou cou - eut? 



Maire, avets pas entendut 
Lou coucut, que canto ? 
Maire, avets pas entendut, 
Que canto, lou coucut? 

M. le docteur Gdibaud, Narbonne. 

Mère, n'avez-vous pas entendu — le coucou qui chante? — Mère 
n'avez-vous pss entendu — chanter le coucou? 



V. — Le Rossignol 



Andantino. 



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Ros-si-gnou-let du bois, Ros-si-gnoulet sal - va - ge. 



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Apprends-moi ton lan - ga - ge, Apprends-moi-z-à chan-ter, 



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Ap-prends-moi la ma-niè-re Gom-ment faut - il s'ai-mer? 



1 . « Rossignoulet du bois, 
Rossignoulet salvage. 
Apprends-moi ton langage, 



' 140 — 

Apprends-moi-z-à chanter ; 
Apprends-moi la manière, 
Comment faut-il s'aimer? » 

2. — « Comment faut-il s'aimer, 
Je m'en vais vous le dire : 
Faut bien aimer les filles, 
Les aller voir souvent ; 
Leur parler d'amourettes. 
C'est leur contentement. » 

Texte par M. le vicomte de Gourgubs (Périgord). 
Air noté par M. Petit de Plas. 



VI 

1 . « Roussinolet du boue, 
Roussinolet sauvage, 
Apprends-moi toun langage, 
Apprends-moi-t-à chanter ; 
Apprends-moi la manière 
Comment il faut eimer? » 

2. — « Comment il faut eimer? 
Je m'en va vous le dire : 
Onà bère lo filho, 

L'onà bère souvan, 
Et lui dire : Lo bello. 
Je suis lou vostre amant. 

3. » Lo bello, vous abès 
De poumos de reineto, 
De poumos de reineto, 
Dedans vostre blanc sein, 
Perraettriez-bous, lo bello, 
Que j'y boute lo main ? d 

4. — « Golan, n'opartien pas 
Que me touchez mos poumo'^. 
Faut aller hoir lo luno, 



— 141 -- 

Lu soulel à )o main (1) ; 
Tu toucoras mos poumos 
01 despen de toun bien. » 



M. Landes, Sarlat. 



VII 



Andantino, 



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Ros - signo-let • du bois, Ros-si-gno-let sau- 



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va - - ge. Apprends-moi ton lan - ga - ge, Ap 



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prends-moi à par-ler; Apprends-moi la ma - nié re Gom- 



mont il faut ai - mer, Gom - ment il faut ai - mer. 



Rossignolet du bois, 
Rossignolet sauvage, 
Apprends-moi ton langage, 
Apprsnds-moi à parler ; 
Apprends-moi la manière 
Comment il faut aimer. 

M. le docteur Ghaussinand, Goux (Ardèche). 



1*" ton du Plain-Chanl. 



(1) Aller voir la Iuup, le soleil à la niavi, est une expression iivmique 
usitée parmi nos paysannes, pour faire comiirendre à un séducteur qu'il 
n'obtiendra pas ce qu'il désire (Note de M. Landes). 



— 142 — 

VIII 

Aici la primo, filhetos, 
On s'habilho coumo on vôu, 
On s'assèto sus Therbeto, 
On enten lou roussignôu. 
E vivo lou roussignoulet ! 
Amai soun poulit lengage ! 
E vivo lou roussignoulet, 
Soun lengage e soun bequet ! 

M. le pasteur Fesquet, Golognac (Gard). 

Voici le printemps, fillettes : — on s'habille comme l'on veut, — 
on s'asseoit sur l'herbe naissante, — on entend chanter le rossignol. 

— Et vive le rossignolet, — avec son joli langage ! — et vive le ros- 
signolet, — son langage et son caquet ! 

IX 

1. Dedin Lassalo i'o de filhos 

Que n'aimou de se passejà, 
Mais se n'en vôu à la Barraco, 
Dessus l'herbeto s'assetà. 

2. Lou roussignôu fô soun ramage : 

{( Filhetos, sourtès de moun prat, 
Que trepeias touto moun herbo, 
Lous moutous la manjarôu pas. » 

3. De délai ni sort la lupègo. 

Qu'es un tan poulit aucelou : 
« Laissas diverti la filhetos, 
Laissa-las cantà de cansous. » 

M. le pasteur Fesquet, Golognac (Gard). 

1. Dans Lasalle (1) il y a des filles — qui aiment de se promener ; 

— elles s'en vont à la Baraque (métairie voisine) — s'asseoir sur 
l'herbe menue. 

(1) Lasalle, chef-lieu de canton du département du Gard. 



— 143 - 

2. Le rossignol fait son ramage : — « Fillettes sortez de mon 
pré, — vous foulez l'herbe, — les moutons n'en voudront plus man- 
ger. )) 

3. De là-bas sort la huppe, — qui est un si joli oiseau : « Laissez 
divertir ces filles, — laissez-les chanter des chansons. » 



Andantino 



X 



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Ma-ri-da - vous, pas-tou-re - le-to, Ma-ri-da- 



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vous, car es lou tems. Be - lo ro - so. Ma - ri - da 



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vous, car es lou tems Be-lo ro - so del prin-tems. 

Marida-vous, pastoureleto (bis), 
Marida-vous, car es lou tenas. 

Belo rosOf 
Marida-voiis, car es lou tenis, 
Belo roso del printems. 

Mile Juliette Laporte, Marvejols. 

Mariez-vôus, jeune bergère, — mariez-vous, voici la saison, 
belle rose, — du printemps. 

XI. — Lou VlAGE DAU ROUSSIGNÔU 



1. « Digo mi, gairoussignôu. 

Si vourriès mi faire un viage ? 
An à parla à mas amours, 
Anà lus jougà 'no aubado, 

Lus souetà lou bonjour ? » 



— 144 — 

2. Lou roussignôu n'es anat, 
N'es anat jougàPaubado 

A la tant rare beauté^ 
E i'ô ravit soun armo 
Per aquel jouve cadé. 

3. « Maire, aquel jouve cadé 
Es d'afouns de bono mino, 

Efan de richo maisoun ; 
E li eau fà bono caro, 

Li espargnàlous afrouns. » 

4. Lou galan ni fo'n presen : 
De souliés fas en ramage 

E boiirdas à las amours, 
E lou noum de sa mestresso 
N'es escrit tout à l'entour. 

M. le pasteur Fesquet, Golognac (Gard). 

1. « Dis-moi, gai rossignol, — voudrais-tu faire pour moi un 
voyage ? — Aller parler à mes amours, — aller lui jouer une aubade, 

— lui souhaiter le bonjour ? » 

2. Le rossignol y est allé, — il est allé jouer l'aubade — à la tant 
rare beauté — et lui a ravi l'âme — en faveur de ce jeune cadet. 

3. « Mère, ce jeune cadet — est tout à fait de bonne mine, — en- 
fant de riche maison ; — il faut lui faire bon accueil, — lui épargner 
les affronts (la honte d'un refus) ». 

4. L'amoureux lui fait un présent : — des souliers à ramages (?) 

— bordés à la manière des amours, — et le nom de sa maîtresse — 
est écrit tout autour. 



XIL — Le Rossignol Messager 



Andantino 



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L'y a un' ber - gô - re dans le bois, Je l'ai en - ten- 



— 145 - 



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du'pleu-rer plu-sieurs fois; Pieu - re son ser - vi 



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teur, C'est un a - mant trom- peur, Pieu - re son cher a- 



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mant, Qui ne re - vient plus dans le bois char - mant. 

1 . L'y a un* bergère dans le bois, 

Je l'ai entendu' pleurer plusieurs fois ; 
Pleure son serviteur, 
C'est un amant trompeur ; 
Pleure son cher amant 

Qui ne revient plus dans le bois charmant. 

2. « Rossignolet du bois charmant, 
Que tu m'aimes tant, que l'amour est grand ; 

Prends ce fuseau d'argent, 
Porte le à mon amant, 
Quand te verra venir 
Te demandera : qui t'envoie ici ? » 

3. Rossignolet prend le fuseau, 

Prend son vol bien haut, y sera * bientôt ; 
Passe la mer et l'eau. 
Rivières et ruisseaux, 
Montagnes et rochers, 
Pour aller trouver son amant berger. 

4. Quand le berger l'a vu venir, 

Si d'abord lui dit : « Qui t'envoie ici ? » 

« C'est ta rare beauté, 
La plus douce à tes yeux, 

Qui t'envoie ce fuseau 
Pour te faire voir que l'amour est beau. » 



* Var. : Disparaît, 



— 146 — 

5. « Rossignolet du bois charmant, 
Viens, repose-t-en et retourne-t-en : 

Dis-lui que ses faveurs 
Sont toujours dans mon cœur, 
Et que, dans peu de temps, 
J'irai la trouver dans le bois charmant. » 

6. Rossignolet prend le fuseau, 
Prend son vol bien haut, y sera bientôt ; 

Passe la mer et Feau, 
Rivières et ruisseaux. 
Montagnes et rochers. 
Pour aller trouver sa tant bien aimé'. 

7. Quand la bergère Ta vu venir, 
Lui a demandé ce qu'il avait dit : 

« M'a dit que tes faveurs 
Sont toujours dans son cœur. 
Et que dans peu de temps 
Viendrait te trouver dans le bois charmant, i 

8. La bergère appelle son chien 

Lui disant : « Perlot, * prends soin du troupeau ; 

Prends bien soin du troupeau, 

Je vais dessous l'ormeau, 

Tu le verras venir, 
Lui annonceras que je vais mourir. » 

9. Mais, quand le chien l'a vu venir. 
Lui courant après, lui disant : « Berger, 

Va voir ta Lisabeau, 
Elle est dessous l'ormeau. 
Va voir ta bien aimé'. 
Que son tendre cœur s'en va trépasser. » 

M. le docteur Ghaussinand, Goux (Ardôche). 
1 Var. : Gorbeau. 



— 147 



XIII. — Lou Mei de Mai 



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Andantino 



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Ount' lai ro - soi bou - tou - noun. 



Veici veni lou galan mei de Mai, 
Ount' lai rosoi boutounoun {bis). 

M. le docteur Ghaussinand, Coux (Ardèche). 



Le Mois de mai. — Voici venir le joli mois de Mai, — où les roses 
sont en bouton. 



XIV 



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Le bon ma - tin me suis le - vé, J'en-tends le 



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ros-si - gno-let chan-ter, Qui dit dans son chant Si gail-lar - de- 



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— 148 — 

Le bon matin me suis levé, 
J'entends le rossignolet chanter. 
Qui dit dans son chant 
Si gaillardement : 
le joli mois de Mai, 
Que tu es joli, que tu es charmant! 

M. le docteur Chaussinand, Goux(Ardèche). 



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la ro - sée de ce jo - li mois de 



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Mai Qui nous a 



bé - ni, Qui nous bé - ni - ra. 



Le bon matin me suis levé, 
A la rosée, 
A la rosée de ce joli mois de Mai, 
Qui nous a béni, 
Qui nous bénira, 

M. le docteur Chaussinand, Coux (Ardèche). 



XVI 



1. Dans la cour du palais 

Tout le long d'un gué, 
Joli mois de Mai^ 

l'y a-t-une servante. 



— 149 — 

2. Sont trois jolis garçons, tous trois qui la fréquentent. 

3. L'un qui est boulanger, l'autre est valet de chambre, 

4. Et l'autre est cordonnier ; c'est lui qui la contente. 

5. Lui fera des souliers en maroquin d'Hollande. 

6. Son père le veut bien, sa caère en est consente. 

7. N'y a que tous ses parents qui font l'indifférence. 

8. « Malgré tous tes parents, nous coucherons ensemble 

9. Au milieu d'un bon lit couvert de roses blanches ; 

10. Aux quatre coins du lit quatre pommes d'orange, 

11. Et au milieu du lit le rossignol y chante. 

12. Oh! chante, rossignol. 

Tout le long d'un gué, 
Joli mois de Mat, 

t'auras la récompense. 

M. le docteur Ghaussinand, Goux (Ardéche). 



XVII 



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san - ce; Que tous les a-manls s'en i-rontcon-tents, S'en i- 



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— 150 — 

1. Nous entrons dans ce mois de Mai 

En grande réjouissance ; 

Que tous les amants 

S'en iront contents, 
S'en iront voir leurs maîtresses ; 
A leurs portes iront chanter 

Ce joli mois de mai *. 

2. Je suis entré dans mon jardin 
Pour cueillir la rose blanche, 

Je lui ai porté' 
Dans son lit couché'. 
Et couverte de violettes, 
En lui disant : « ma beauté 
Il faut se réveiller. » 

3. Quand la belle s'est réveillé', 
La belle s'est mise à rire ; 
M'a dit : « Mon amant, 

De quoi pensez-vous 
De contenter mon envie? 
Oh ! venez, venez dans mon cœur 
Soulager mes douleurs. » 

4. — a ma charmante Louison, 
Que pour toi mon cœur soupire, 

Allons promener 
Là-bas, dans les prés, 
Et là-bas dans la prairie, 
Nous ferons un bouquet de fleurs 
De toutes les couleurs. » 

M. le docteur Ghaussinand, Goux (Ardèche). 

XVIIL — Lou Retour dau Roussignôu 

Andantino 




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Bouon-jour, lou rous-si - gnôu sau - va - ge, Ount 'es qu'a- 
1 Var. : Ge joli réveillet. 




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via tant de mou - rà ? Cre-siôu qu'a - via res - ta 'n vou- 



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ia - ge Din lou coum-bat de Gi - bral - ta. N'en fu-gues 



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men que t'ai au - si, M'as re - jou 



1. < Bouonjoup, lou roussignôu sauvage, 
Ount 'es qu'avià tan ciemourà? 
Cresièu qu'avià resta 'n vouiage 

Din lou coumbat de Gibraltà. 
N'en fugues lou ben arribà 

De toun vouiage, 
Que dôu moumen que t'ai ausi, 
M'as rejoui. » 

2. — « Moussu, qu'avè de coumplasenso 
De vous n'en souveni de iéu ! 

Mai iéu aurei la prevenenso 
De veiai eici passa Testiéu ; . 
0, proumete qu'en voste hounour, 

Din moun ramage 
N'en chantarei la niue, lou jour, 
Eici 'lontour. » 

3. — a Iéu te douone la preferenso, 
Si vos chanta din moun jardin ; 
Au jardinié farei defenso 

De te causa ges de chagrin ; 
Si, per asar, li vos nisà, 
Li a de fulhage, 



^ 152 — 

Li mancarà pas de fricô 
Per toui pichô. » 

4. — « Moussu, couneisse à vosto mino 
Qu'amà d'entendre lous aucèu, 

N'en pregarei la cardelino 

Que n'en chante quauque er nouvèu ; 

L'alauveto qu'a bel accent 

Chanto souleto, 
Elo n'en chanto en plen champ, 

Acô's charmant. » 

5. — (( Aro, jusqu'au mes de setembre, 
Moussu, serei voste vesin, 

Auré lou plasi de m'entendre 
Autan lou ser que lou matin. 
Pièi, fau anà passa l'hiver 

Din d' autres terres ; 
léu e l'hiroundo autanbien 

Parten ensem. » 

5. — « Passas de vers la Martinico 
Aro, per aquesto sazoun, 
Que dôu constat de TAmerico 
Lai viroun lous cos de canoun. » 
— « N'en prendren un autre chami, 

Din nostro routo ; 
Moussu, vous siéu ben ôublijà, 

Aro, adéussià ! » 

M. le docteur Ghaussinand, Goux (Ardèche). 

Le Rossignol. — I. « Bonjour, rossignol sauvage, — où as- 
tii si longtemps demeuré ? — Je croyais que tu étais resté en 
voyage * — dans le combat de Gibraltar. — Sois le bien arrivé — 
de ton voyage, — car, du moment où je t'ai entendu, — tu m'as 
réjoui. )) 

2. — « Monsieur, que vous avez de complaisance — de vous 
1 Locution populaire : rester en voyage = mourir. 



— 153 — 

souvenir de moi! — Mais moi j'aurais la prévenance — de venir ici 
passer Tété; — oui, je promets qu'en votre honneur, — dans mon 
ramage — je chanterai la nuit, le jour, — ici et aux alentours. » 

3. — « Je te donne la préférence, — si tu veux chanter dans 
mon jardin — au jardinier je ferai défense — de te causer aucun 
chagrin ; — si, par hasard, tu veux y nicher, — il y a du feuillage, 

— il n'y manquera pas de nourriture {Litt.: de fricot) — pour tes 
petits. » 

4. — « Monsieur^ je connais à votre mine — que vous aimez 
d'entendre les oiseaux ; — je prierai le chardonneret — de chanter 
quelques airs nouveaux; — l'alouette, qui a belle voix, — chante 
seulette, — elle chante en plein champ — cela est charmant. » 

5. — « A présent, jusqu'au mois de septembre, — Monsieur, je 
serai votre voisin, — vous aurez le plaisir de m'entendre — autant 
le soir que le matin. — Puis il faudra aller passer l'hiver — dans 
d'autres contrées ; — moi et l'hirondelle également — partons en- 
semble. » 

6. — « Passez parla Martinique — maintenant, pour cette sai- 
son, — car, du côté de l'Amérique — éclatent les coups de canon. » 

— (c Nous prendrons un autre chemin — dans notre route ; — Mon- 
sieur, je vous suis bien obligé, — maintenant, adieu! » 

Cette chanson printanière mérite d'attirer notre attention, car, en 
outre du charmant dialogue entre le rossignol et le maître du jardin, 
son rythme et sa mélodie furent choisis par le chantre de Mirèio pour 
rimer la délicieuse chanson de Magali, ce petit chef-d'œuvre de grâce 
et de tendresse, qui, tout en ne cessant d'être naïve et simple, se 
maintient dans les plus hautes régions de la poésie. 

L'auteur en fait lui-même l'historique dans la lettre suivante, 
adressée à la revue marseillaise : Lou Felibrige. 

Maillane (B.-du-R.), 7 décembre 1898. 

Cher confrère, 

Voici l«s renseignements que vous me demandez au sujet de l'air de 
ma chanson de Magali (poème de Mirèio). 

A l'époque et au moment où je songeais à rimer une chanson d'allure 
populaire sur le thème provençal et rudimentaire de Magali, j'enten- 
dis un des laboureurs de mon père chanter une chanson provençale sur 
l'air en question que je ne connaissais pas encore et qui me parut fort 



— 154 — 

joli, et je rimai Magali sur le rythme et sur Tair de la chanson susdite 
qui commençait ainsi : 

Bon-jour, gai roussignôu sôuvage, 
N'en lugues lou bên-arribà ; 
Gresicu qu'aguôsses gras doumage 
Dins lou coumbat de Gibarta. 
Mai dou moumen que t'ai ausi, 

Pôr toun ramage, 
Mai dou moumen que t'ai ausi, 

M'as rejoui. 

Cette chanson, qui fait allusion à un combat de Gilbraltar, me paraît 
par sa facture, contemporaine du premier Empire, et par son dialecte 
originaire des bords du Rhône, entre Arles et Avignon. Chanson et air, 
je ne les entendais que dans la bouche du laboureur dont je vous ai 
parlé, et je suis convaincu que c'était le dernier détenteur du chant en 
question qui avait pour sujet l'arrivée du rossignol. Ce fut donc par un 
coup de cette Providence qui protège les poètes {Deus^ ecce Deiis!) que 
l'air et le rythme de Magali me furent révélés au moment psychologique. 

Le chanteur de Bon-jour^ gai roussignôu sôuvage était de Villeneuve- 
Ics-Avignon, et il avait habité Beaucaire plusieurs années. On l'appe- 
lait Jean Roussiôre. La chanson pourrait être d'origine beaucairoise. 

Recevez, cher confrère, l'assurance de mes sentiments cordiaux. — 
F. Mistral. 

P. S. — C'est vers 1855 que j'entendis pour la première fois la chan- 
son dont je vous parle — et le chanteur avait àe quarante à quarante- 
cinq ans. — F. M. 

Grâce aux patientes recherches de M. le docteur Chaussinand, la 
chanson entièie n'a pas été perdue ; elle fut recueillie par lui à Coux, 
il y a près de trente ans. Est-elle originaire des montagnes de l'Ar- 

dèche ? Est-elle venue de la Provence ? C'est toujours l'insoluble 

question qui se pose pour découvrir l'ongine d'un chant populaire. A- 

t-il descendu la rive du Rhône, ou l'a-t-il remontée ? Suivant la 

région où un chant est recueilli, on le trouve toujours adapté au lan- 
gage usuel de ce pays, ce qui rend souvent impossible la solution 
désirée ^ . 

1 Si, d'une façon générale, les montagnes arrêtent et séparent, elles 
sont aussi un obstacle à la tradition, et c'est pour celle-ci, au contraire, 
un merveilleux véhicule que les fleuves et que la mer. On suit de l'œil 
les chansons côtoyant, au gré du cabotage, les côtes de la Manche et de 
l'Atlantique, passant du golfe de Gascogne aux ports de la Ligurie ; on 
les voit descendre le Rhône et la Loire ou remonter le Rhin, la Seine ou 
la Garonne. (George Doncieux. — Le romancero populaire de la France 
Paris, 1904, p. XXXIV.) 



— 155 -« 

Cette chanson offre une excellente occasion d'étudier les modifica- 
tions que peut subir un chant populaire ; en changeant de milieu, le 
dessin mélodique de la deuxième phrase s'est complètement trans- 
formé. 

La tonalité de Tair dicté par M. Chaussinand est, à n'en pas dou- 
ter, celle du 6® ton du Plain-Chant : la. dominante la, autour de laquelle 
évolue constamment la mélodie, ne peut laisser aucune incertitude à 
cet égard. On pourrait objecter que la mélodie n'emploie que les 
notes supérieures à la finale fa et qu'il n'existe aucune note de la 
quarte inférieure à cette finale, ce qui constituerait plutôt la gamme 
du 5^ ton, mais la persistance du la donne à cette gracieuse cantilène 
une expression de douceur et de calme rêverie qui est bien dans le 
caractère des chants du 6^ ton. 

Dans l'air noté à la fin de toutes les éditions de Mirèio, cette domi- 
nante a la même importance, le rythme est identique, le fond de la 
mélodie est évidemment le même, mais, à partir de la huitième 
mesure, le chant qui, jusque-là, s'était maintenu dans les limites de 
la quinte supérieure fa-ut, en marchant presque toujours par degrés 
conjoints, change brusquement de caractère, descend à l'ux grave, 
parcourt (dépasse même) l'étendue de l'octave, en scandant toutes 
les notes de l'accord parfait, telle une sonnerie de clairon, ce qui donne 



- ^ fi- d^: 



i: 



H=t=:Ç: 



à la phrase une tournure moderne, une allure martiale, en désac- 
cord avec le caractère archaïque simple et caime de la première 
période. 

On peut admettre, avec assez de vraisemblance, que cette modifi- 
cation est la conséquence d'un oubli, d'une défaillance de mémoire 
ou bien que le chanteur a subi, à son insu, l'influence du temps passé 
au régiment, et gardé l'impression de quelque chanson de marche 
dont cette forme nouvelle, introduite dans la mélodie, lui rappelait 
le souvenir lointain et familier.^ 



* Cette variante, rappelle VAndalouse d'Alfred de Musset, mise en 
musique par Monpou, qui eut une grande vogue à son époque : 






A - vez-vous v^u, dans Bar -ce - lo - - - ne, etc. 



— 156 — 

Tous ceux qui chantent cet air le ressentent instinctivement : et, 
en arrivant à cette phrase, ne manquent pas d'enfler la voix jusqu'à 
la fin du couplet, quoique rien dans les paroles ne l'indique ni le 
justifie, au contraire : la chanson dit que le vent c'est apaisé : 
« L\iuro es toumbado » ; les étoiles vont pâlir 4 » mai lis estello 
paUra7in. Rien, dans ces images poétiques, ne demande un chan- 
gement d'accent, une inflexion plus forte, un son de voix plus écla- 
tant; mais cette forme mélodique incite, malgré eux, les chanteurs à 
amplifier le son, même à animer le mouvement, et à accentuer le 
crescendo aujourd'hui devenu traditionnel. 

Dans l'édition originale du poème de Mirèio, Avignon, 1859, dans 
l'édition illustrée par Burnand, datée de 1884, aucune nuance 
n'est marquée, mais l'usage s'en est tellement répandu que, 
dans son dernier ouvrage, M. Weckerlin^ reproduit la notation de 
M. Seguin avec le signe d'augmentation du son. 




Ei plan d'es - tello a pe - ra-mount,L'auro es toum- 



ralL 



lEEf 



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i^=^ 



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ba - do, Mai lis 



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tel - lo pa - li- 



rall. 



È 



^ 



::^: 



^ 



V- 



ran Quan te 



vei - 



ran. 



Malgré ces différences, les deux versions ont une commune ori- 
gine et nous devons, en le remerciant, féliciter M. le docteur 
Chaussinand de nous avoir conservé ce document si intéressant. 



1 Weckerlin, Chansons populaires du pays de France. — Paris, 1903. 
T. II, p. 55. 



— 157 — 






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I. — LE MOIS DE MAI 



Andantino 



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n'es ei - ci lou mei de Mai, Que loui ga- 



fzi=p: 



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lan plan-toun lou Mai ; N'en plan - ta - rei un à ma 



43: 



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P=P=^ 



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32: 



il 



mi - 0; Pas - sa - rô mai que sa téu - li - no. 



1. « n'es eici lou mei de Mai, 
Que loui galan plantoun lou Mai ; 
N'en plantarei un à ma mio, 
Passarô mai que sa téulino. 

2. — « Quau li metren per lou garda? 

— « Un soudar de chasque coustà. 

— (( Quau li metren per sentinèlo ? 

— « Serô lou galan de la belo. » 

3. Quan n'en venguè la mièio-nue, 
Que lou galan s'endurmigué, 

Si se durmiô; si sumiavo, 

E lou bèu Mai se de.eplantavo. 

4. « léu save bé de que farei : 
A Marselho m'enanarei , 

E de Beucaire à Marselho 
N'en pensarei pas plus end élo. 

5 » Quan de Marselho iéu vendrei, 
Davan sa pouorte passarei, 
Demandarei à soi vesino : 
Coumo se pouorto Catarino ? » 

6. — Catarino se pouorto bien, 
Es maridado i'a longtemps 



— 158 — 

Aube *n bourgès de la campagno, 
Que li fai bien faire la damo. 

7. » N'en pouorto loui chapèu mountà, 
La mouostro d'or à soun coustà, 
E la fai viéure sen rien faire, 
Farias pas tu *, mauvai cardaire ! » 

M. le docteur Chaussinand, Gaux (Ardèche). 

Le Mai. — 1 . « Ah ! voici le mois de Mai, — où les amoureux 
plantent le Mai ; — j'en planterai un à ma mie : — il sera plus haut 
que son toit. 

2. « Qui mettrons-nous pour le garder ?» — « Un soldat de cha- 
que côté. » — « Qui mettrons-nous pour sentinelle ? » — « Ce sera 
l'amoureux de la belle. )> 

3. Quand vint l'heure de minuit, — l'amoureux s'endormit ; — [pen- 
dant] qu'il dormait, qu'il sommeillait, — le beau Afai se déplantait. 

4. «Je sais bien ce que je ferai : — à Marseille je m'en irai — et 
de Beaucaire à Marseille — je ne penserai plus à elle. 

5. « Quand de Marseille je reviendrai, — je passerai devant sa 
porte, — je demanderai à ses voisines : — Comment se porte Cathe- 
rine ?» 

6. — « Catherine se porte bien, — elle est mariée depuis long- 
temps — avec un bourgeois de la campagne — qui lui fait bien faire 
la dame. 

7. » Elle porte les chapeaux montés, — à son côté la montre en 
or, — il la fait vivre sans rien faire. — Tu ne ferais pas cela, mauvais 
cardeur ! » ' 

II. — Les Dons du mois de mai 

1. (( Dequé dounarai à ma migo lou prumié de mai? » 

— (( One perdigole qui vole, ui»e perdigole qui vai ». 

2. — « Dequé dounarai à ma migo lou dous de mai ? » 

— « Deux tour 1er ellcfi, une perdigole qui vole », etc. 



» Var. 



Farias pa 'co, mauvai cardaire. 

Tu ne ferais pas cela, mauvais cardeur (terme de mépris). 



— 159 — 

3. — « Dequé dounarai à ma raigo lou très de mai? » 

— « Trois pigeons du bois, deux tourterelles », etc. 

4. — (( Dequé dounarai à ma migo lou quatre do mai? » 

— (( Quatre canards qui sont sur V herbe », etc. 

5. — « Dequc dounarai à ma migo lou cinq de mai? » 

— (( Cinq bouquets violents », etc. 

G. — Dequé dounarai à ma migo lou sieis de mai? » 

— « Six lièvres courants a, etc. 

7. — a Dequé dounarai à ma migo lou sept de mai? » 

— « Sept moutons tondants », etc. 

8. — « Dequé dounarai à ma migo lou ietz de mai? » 

— (( Huit porcs salans » (Var» ; Huit vaches s' engrais 

[sant) . 

9. — « Dequé dounarai à ma migo lou nôu de mai? » 

— « Neuf bœufs tirants », etc. 

10. — « Dequé dounarai à ma migo lou detz de mai? » 

— (( Dix boucles d'argent avec diamants », etc. 

11. — « Dequé dounarai à ma migo lou ounze de mai? > 

— (( Onze cavaliers, beaux et montés », etc. 

12. — « Dequé dounarai à ma migo lou doutze de mai? 

— « Douze demoiselles aimables et belles », etc. 

11 . — « Onze cavaliers beaux et montés ». 

10. — (( Dix boucles d'argent avec diamants ». 

9. — « Neuf bœufs tirants ». 

8. — (( Huit porcs salants ». 

7. — « Sept moutons tondants ». 

6. — « Six lièvres courants ». 
5. — « Cinq bouquets violents ». 

4. — (( Quatre canards qui sont sur C herbe ». 

3. — « Trois pigeons du bois ». 

2 . - « Deux tourterelles » . 

1 . — « Une perdigole qui vole, une perdigole qui vai ». 

M. le pasteur Fesquet, Colognac (Gard). 



— 160 — 



Allegretto 



III 



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3^ 






lz=t^z:p=t:C: ^_i-4; _ ^_[^-U 



Ga - rô plan-ta lou A/a^■ E . lou lau - riè flou- 



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rit A la por-ta de ma mi - a, N'a 'n cor tan pou- 



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Chut ! iéu ven - drô E l'en - le - va 




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ro. 



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Lou cor au - drô A - mai re 



us - SI - ro. 



Carô planta lou Mai 
E lou lauriè flourit 
A la porto de ma mia, 
N'a 'n cor tan poulit. 

Chut! iéu vendrô 
E Tenlevarô, 

Lou cor audrô, 

Amai reussirô. 

Saint- André-de- Sangonis (Hérault) 

Il faut planter le Mai — et le laurier fleuri — à la porte de ma 
mie, — elle a un si bon cœur, — Chut ! je viendrai — et je l'enlèverai, 
— j'aurai son cœur et je réussirai. 



IV. — Lou Mai 



I . Douma lou prumier de Mai, 

Miroufa miroulira! 

cadun vai bere raio. 



^ loi — 

2. Nou farei pas iou, paurot, que iou nou n'ai pas uno. 

3. Avant que siogue très jours, iou n'ôurai bé fait uno. 

4. Anirai al bosc poulit culi Iou Mai per uno. 

5. E, tout en i Iou coupant, Iou pifre ne jougavo, 

6. E, tout en i Iou pourtant, Iou tambour ne picavo. 

7. « Hè ! mlo, mio, durbès, per vouslou Mai se planto.» 

8. — « Nou se planto pas per iéu, se planto per uno 

[autro. > 

9. — « Hè ! mio, mio, durbès, vous enfounsi la porto !» 

10. — « Ai moun fraire menusiè, me farô 'n autro porto.» 

11. — « Gaitas, gaitasalboujolou, se i'ôcinqeous, pourta- 

[ne très ; 

12. Pourta-ne très, daissa-ne dous; gaitas à latrabado, 

13. A latrabado i'o de lard, 

Miroufa miroulira 

per faire la pascado. » 

M. le vicomte de Gourgues (Périgord). 

Le Mai. — 1. Demain est le premier jour de Mai — miroufa mi' 
roulira, — chacun va voir sa mie. 

2. Je ne le pourrai pas, moi, pauvre garçon, car je n'en ai point. 

3. Mais demain, avant qu'il soit jour, j'en aurai bien fait une. 

4. J'irai au bois joli cueillir le Mai pour une. 

5. Tout en le coupant, le fifre jouait. 

6. Tout en le portant, le tambour battait. 

7. « Hé! mie, mie, ouvrez, pour vous le Mai se plante. » 

8. — « Il ne se plante pas pour moi, il se plante pour une autre. » 

9. — « Hé! mie, mie ouvrez ou j'enfonce la porte! » 

10. - « Mon frère est menuisier, il fera une autre porte. » 

11. — « Regardez, regardez au nid des œufs: s'il y a cinq 
œufs, portez-en trois. 



— 162 — 

12. Portez-en trois, laissez-en deux, regardez à la travée; 

13. A la travée il y a du lard pour faire l'omelette. » 

11 existe dans cette chanson un mélange de deux chansons dif- 
férentes : les 10 premiers couplets sont afférents à la plantation du 
Mai, tandis que les 3 derniers se rapportent à une chanson de quête. 



Allegro 



lâ: 



q- 



t=f=t--=?^ 



-=r=^= 



ii: 



Vr. 



V^ 



Ai - ci 



l'a lou mes de Mai Frés e 



â: 



^ 



A. 



^rta^rfr:^ 



gai, Lous ga 



lans chan- jou de 



mi - a 



li^jgjggga f^?^!^^^ 



Uos - si-gno - let Lous ga - lans chan-jou de mi - a. 

1, Aici i'a lou mes de Mai 

Frés, e gai 
Lous galans chanjou de mia, 

Rossignoletf 

Lous galans chanjou de mia. 

2. Pierrota chanjaràpas, 

Crese pas, 
Qae sa mia es trop poulida, 

Rossignolet 

Que sa mia es trop poulida. 



M. Marsal, Montpellier. 



~ 153 — 

1 . Voici le mois de Mai — frais et gai, — les galants changent 
d'amie, — rossignolet . 

2. Pierre ne changera pas, — je ne le crois pas, — car son amie 
est trop jolie. 



"VI. — - La Maia 

Le premier jour de Mai, les petites filles de chaque quartier choi- 
sissent celle qui sera la Maia, la reine des fleurs, la représentation 
vivante du printemps. Elles lui mettent une robe blanche et sur la 
tête une couronne de fleurs, avec un léger voile blanc, qui l'enve- 
loppe presque en entier, l'assoient à un endroit passager et placent 
devant elle une corbeille remplie de fleurs ou de pétales de roses 
effeuillées; à tous les passants elles réclament en faveur de Za Maia 
une légère contribution qui servira à acheter des gâteaux pour la 
petite compagnie. Quelquefois elles vont ensemble quêter de porte 
en porte 

Coumedins lou bassin qu'es i pèd de la Maio, 
Di flous emperairis eflho dôu printems, 
Chacun trais ço que pou, unflourin o 'no maio, 
Per avé dins sa vido un risét dôu béu tems. 

(Mistral, Lis Isclod'or, p. 424) 



Il a pu exister autrefois des chants relatifs à cet usage, mais je 
n'ai pu retrouver que le suivant, se rapportant à une quête faite par 
des petites filles. 



Moderato 



ï 



B: 



' • PL 



:2: 



f^l ^n^z^zTH ^^^ 



V^ 




Le -van d'iôus, Fi - Ihe - tas, Le - van d'ièus Per 



=$z 



FPP 



Ë^^l^iEEPES 




fai - re Tau-me - le - ta, per fai - re l'au-me - le - ta, 



- 164 — 

Levan d'iôus, 

Filhetas^ 

Levan d'iôus, 
Per faire Taumeleta. {bis) 

P. R. Blavet, St-André-de-Sangonis (Hérault). 



Nous quêtons des œufs, — fillettes, — nous quêtons des œufs 
pour faire l'omelette. 



VIT. — Lou Prumier Mai 
(Chant de quête) 

Dans la nuit qui précède le premier jour de mai, les jeunes garçons 
vont, de porte en porte, quêter du lard et des œufs, pour fêter en- 
semble, le dimanche suivant, l'arrivée de la belle saison. Ils font 
cette quête en chantant la chanson suivante, qu'ils ne disent pas 
toujours en entier; si on a été généreux à leur égard, ils chantent 
les cinq premiers couplets ; mais, dans le cas ^contraire, ils rempla- 
cent ce cinquième couplet par le sixième. 



1. Bouta la mô i gni dou-j-èu, 
E tsaque mo ddusé n'en dèu. 

Oh ! chi vejà le mé de Mai 

Que nous iveuilha, 
Oh ! chi vejà le mé de Mai 

Que nous igai. 

2. Aven passé par vostous près, 
Lous aven troubès bian fumés. 

3. Aven passé par vostous blés, 
Lous aven troubès bian granès. 

4. Aven passé par vostous fau, 
Nous cheu bagué deudzouqu'i trau. 



— 165 — 

5. Chi-z-aiè de filhas à maridè 

Vous djuflaiant à las bian placé. 

C. Chi nous voulez rian dune, 
A vosta porta arien tchiè. 

Oh ! chi vejà le mé de Mai 

Que nous iveuilha^ 
Oh! chi vejà le mé de Mai 

Que nous igai. 

M. Mazat, Saint-Genieys (Hte-Loire). 



1. Mettez la main au nid des œufs; — de chaque main preuez-en 
deux. — Oliî si vous voyiez le mois de Mai, — comme il nous réveille, 
— Oh ! si vous voyiez le mois de Mai, — comme U nous égayé. 

2. Noufi avons passé parmi vos prés, — nous les avons trouvés 
bien fumés. 

3. Nous avons passé parmi vos blés, — nous les avons trouvés 
bien graines. 

4. Nous avons passé parmi vos hêtres, — nous nous sommes 
mouillés jusqu'au c. 

5. Si vous avez des filles à marier, — nous vous aiderons à les 
bien placer. 

6. Si vous ne voulez rien [nous] donner, — à votre porte nous 
allons ch... 



VIII 




3^3 



Lou mei d'A - briéu s'es e - na - nù, Lou mei de 



A ___L_b:^fe=P^I:=E=^^^^fczrg=l 



Mai s'es a prou - chà. Eh! ma - ri - oiis les 

13 



— 166 — 



li^i^i^^ip^ 



fil- Le s . Les fil - les font bon ma- ri - ei\ 






Les fil-les fo7it bon ma-ri - er Quand el - les sontgen-til - les. 

1. Lou mei d'Abriéu s'es enanà, 
Lou mei de Mai s'es aprouchà. 

Eli! marions les filles^ 
Les filles font bon marier (bis) 
Quand elles sont gentilles. 

2. Bouta la mo au nis dos iôu, 
Que chasque mo n'aduse nôu. 

3. léu que siéu lou pouorto panié, 
Pourtarièu lou ni tout entié. 

4. Si avé de magnans à espeli 
Dieu voui loui douone a réussi. 

5. Si avè de fllhos à maridà 

Dieu voui loi douone à bien plaça. 

6. Si nous voulé rien dounà 

A vosto pouorto anan cagà. 

M. le docteur Ghaussinand, Coux (Ardèche). 

1. Le mois d'Avril s'en est allé, — le mois de Mai s'est approché. 
— Ehf marions les filles, — les filles font bon marier, — quand elles 
sont gentilles. 

2. Mettez la main au nid des œufs ; — que chaque main en 
apporte neuf. 

3. Moi, qui suis le porte panier ; — je porterais bien le nid tout 
entier. 

4. Si vous avez des vers-à-soie à faire éclore, — Dieu vous les 
fasse réussir! 



- 167 — 

5. Si vous avez des filles à marier, — Dieu vous les fasse bien 
placer î 

6. Si vous ne voulez rien nous donner, — à votre porte nous 
allons ch... 



IX 



1. Nous sommes venus ici vous faire ouvrir les portes ; 
Le mois de Mai est arrivé, il faudra que l'on sorte. 

Le mois de Mai est arrivé, 
Nous venons vous l'annoncer. 

En chantant ce joli mois de Mai 

Qui a de la rosée, 
En chantant ce joli mois de Mai. 

Qui oa, qui nous réveille. 

2. Le mois de Mai est arrivé, fait venir la verdure. 

— Ah! no is cueillirons du blé pour notre nourriture. 
Les arbres sont en fleur. 
Les rosiers ont leur valeur. 

3. Le mois de Mai est arrivé; sur la verte fougère 
Qu'il fait bon garder les moutons avec les bergères ! 

On entend chanter Colin, 
Le rossignol est en train. 

4. Le rnauvais temps a fini* voici le beau temps ([u'arrive, 
L'herbe réjouit les champs, cueillirons d i fourrage 

Pour engraisser nos moutons ; 
A saint Jean nous les tondrons. 

5. Le mois de Mai est arrivé ; tout au clair de ia lune 
Une douzaine d'œufs fera notre fortune. 

Une trace de jambon, 

Ou du moins du saucisson. 

Var. : passé. 



— 168 — 

6. Fillettes qui êtes là-haut, descendez de vos chambres, 
Oh! venez vite écouter vos amants qui chantent. 

Ce sont de jolis garçons. 
Apportez leur collation. 

7. Fillettes qui m'entendez, faites pas la sourde oreille. 
Apportez dans vos tabliers pour remplir nos corbeilles. 

Apportez dans vos tabliers 
Pour remplir tous nos paniers. 

8 . Vos poules vous feront des œufs, c'est un bel avantage ; 
Vos vaches auront du lait, vous ferez du fromage ; 

Vos brebis feront des agneaux, 
Ça augmentera le troupeau. 

En chantant ce joli mois de Mai 

Qui a de la rosée, 
En chantant ce joli moi de Mai 

Qui va, qui nous réveille. 

Si les quêteurs sont bien accueillis, ils chantent: 

Nous vous remercions bien d'avoir pris tant de peine. 
Le mois de Mai dans ses faveurs 
Vous comblera de bonheur. 

Si, au contraire, on ne donne rien, ou si l'on tarde à donner : 

Si vous ne voulez rien donner^ dites-le, je vous prie, 
Car nous n avons pas le temps : voici le Jour qu^ arrive, 

La nuit s'en va, le jour s'en vient, 

Les compagnons gagneront rien. 

M. le docteur Chaussinand, Goux (Ardèche). 



CHANTS D'AMOUR 



— 171 — 



AUBADES, SÉRÉNADES 



i 



Moderato 

•9,~-Tr-t ::T 



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■s^=: 



=E^-t^- 



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5=1^ 



V 



Ma-ria - ne-to, siôs au iiô?Iéute souè-te bouono 




nié; Bouo-to touncor en fe - nes-tro, A-qui par - la-ren d'à- 







^^=x- 



mour, Que iéu t'ame, Ma-ria - ne-to; A-mai t'a -ma-rei tou - jour. 

I. — Marianeto 

1. « Marianeto, siès au lié ? 
Iéu te souète bouono nié (1) ; 
Bouoto toun couor en fenestro, 
Aqui parlaren d'amour ; 
Que iéu t'ame, Marianeto, 
Amai t'aimarei toujour. d 



Mariannette. — 1. — « Petite Marianne, tu es au lit? — je te 
souhaite bonne nuit ; — mets ton cœur à la fenêtre, — là nous parle- 
rons d'amour ; — que je t'aime, petite Marianne ! — et je t'aimerai 
toujours. » 



(1) Var. : Marianeto, mous amours, 

Icu te souèlc lou bouonjour. 
On voit, par cette variante, quo la même chanson servait, suivant 
l'heure et le moment, d'aubade ou de sérénade. 



— 172 — 

2. — « En fenestro iéu vau pas, 
Que ma maire vou vôu pas. » 
— « Perqué faire, vosto maire 
Vôu pas que fasià l'amour? 
Elo To bé vougù faire, 
Chascun lou fai per soun tour. » 



o. 



4 — « Marianeto, se m'en vau, 
De iéu t'en saurrô ben mau ; 
Pourtaras loui riban nègre, 
Saran grava din toun couor, 
vai ! pauro Marianeto, 
Saras causo de ma mouort. » 

5. — (( Loui riban pourtarei pas, 
Lous ai pas acoustumas ; 

Acô n'es pas la coustumo 
De fa dôu das araourous ; 
N'aurias pas fà ma fourtuno, 
Si sias mouort; sias bien urous. » 

6. — « Iéu n'en plagne que mas pios, 
Moui souliès que n'ai gastà 



2. — ((A la fenêtre je ne vais pas, — parce que ma mère ne le veut 
pas. » — « Pourquoi votre mère — ne veut-elle pas que vous fassiez 
l'amour ? — Elle l'a bien voulu faire, — chacun le fait à son tour. » 



3. 



4. — « Petite Marianne, si je m'en vais, — tu me regretteras, — 
tu porteras les rubans noirs, — ils seront gravés dans ton cœur ; — 
crois-le, pauvre Mariannette, — tu seras cause de ma mort. » 

5. — « Je ne porterai pas les rubans, — je ne les ai pas accoutu- 
més ; — ce n'est pas la coutume — de porter le deuil des amoureux ; 
— vous n'auriez pas fait ma fortune ; — si vous êtes mort, vous êtes 
bien heureux. » 



— 173 — 

Din lai gentos proumenados 
Qu'ai tan fa vei toun houstau, 
Toutei lous cos que li pense 
Moun paure couor me fai mau. » 

7. La joueinesso es la flour, 

Dount lou bouon frut es l'amour ; 
Urous lou brave acampaire 
Que gentamen lou culis, 
Après ben l'avedre vist 
Doucamen s'amavuri ! 

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M. le docteur Ghaussinand, Goux (Ardèche). 



6. — « Je ne plains que mes pas, — les souliers que j'ai usés — 
dans les gentilles promenades — que j'ai si souvent faites vers ta 
maison. — Toutes les fois que j'y pense, — mon pauvre cœur me fait 
mal. » 

7. La jeunesse est la fleur, — dont le bon fruit est l'amour. — 
Heureux le bon récoUeur — qui gentiment le cueille — après l'avoir 
vu — doucement mûrir ! 



II. — Mariouneto 

1. « Mariouneto, siès al lièch? 
Dieu li done bono nièch ! 
Met la testo à la fenestro, 
Que fô pa'n pouce de vent. 
Ni ralharen d'amouretos, 
E pièi nous retiraren. » 



Marionnrtte, — 1. — «Marionnette, tu es au lit? — Dieu te donne 
bonne nuit! — Mets la tête à la feuêtre, — il ne fait pas le moindre 
vent. — Nous' causerons, en riant, de nos amourettes, — et puis, nous 
nous séparerons. » 



— 174 - 

2. — « A la fenestro sorte ^pas. 
Mous parens ou volou pas. » 
— f( E dequé fô que noun viergou 
Que nautres faguen Tamour? 
léu faime, Mariouneto, 
E vole t*aimà toujour. » 

M. le pasteur Fesquet, Golognac (Gard). 

2. — «A la fenêtre je ne me mets pas, — mes parents ne le veulent 
pas. » — « Qu'est-ce que cela fait qu'ils ne veuillent pas — que nous 
fassions Tamour? — Je t'aime, Marionnette, — et je veux t'aimer 
toujours. » 

III. — DZANETOUN 

Dzanetoun, que ses ei lié, 
lou vous souate bouno né. 
Droube'n pau vostro fenestre, 
Nou fai pa'no né de vent ; 
Vedzas que lo luno es claro, 
Per vous countà mon tourmen. 

M. BoissÉE, Le Puy. 

Janeton, qui êtes au lit, — je vous souhaite une bonne nuit. — 
Ouvrez un peu votre fenêtre, — il ne fait pas de vent cette nuit ; — 
Voyez comme la lune est claire, — pour vous conter mon tourment. 



IV 



Andantino 



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La lu-na es cou-cha-da, Ma mi-a es au liech;Quan- 




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ta tris- ta soué - ra-da Que vau pas-sà a 



niecli ! 



— 175 — 

La luna es couchada, 
Ma mia es au liech ; 
Quanta trista souerada 
Que vau passa aniech ! 

M"° Noémie Azais, Lézignan-la-Gcbc (Hérault), 

Variante de Narbonne : 

La luna n'es couchado, 
Moun galant es au lèit. 
Ai ! la tristo velhado ! 
Dourmirai pas d'anèit. 

Dans la Loire-Inférieure, le jeune homme se rend sous la fenêtre de 
la jeune fille, et chante la vieille chanson usitée en cette circonstance : 

Il ne fait point clair de lune, 

Belle, levez-vous ; 
Tandis que la nuit est brune, 

Venez danser avec nous. 

Si la jeune fille répond : 

Il ne fait point clair de lune, 

Garçon, laissez-nous ; 
La nuit n'est pas assez brune 

Pour que je danse avec vous. 

C'est un refus. 

Si, au contraire, ouvrant sa fenêtre, elle dit : 

Pourquoi, Famant, venir ainsi 

Troubler mon sommeil ? 
Je n'entends point quand il fait nuit : 

Venez au réveil. 
L'accord est fait. 



— 176 — 



V. — MORGÔRITO 

1 . Morgorito mo mlo 

Queste moti 
Se permenavo 
Din soun dzordi ; 

2. N'en culio lo solado, 

Lou céleri ; 
L'ai soludado, 
Nou m'o rè di! 

M. BoissÉE, Le Puy. 

Marguerite. — Marguerite ma mie — ce matin se promenait — 
dans son jardin ; — Elle cueillait la salade, — le céleri ; — je l'ai 
saluée, — elle ne m'a rien dit ! 



VL — Serenado 

1. Bello, vous presenti la farigouro 
Que n'en es bello en touto houro, 
Encaro mai quan es flourido ; 
Vous amarai touto la vido. 

2. Bello, vous presenti la girouflado, 
N'ia uno escricho, Tautro es dôurado, 
N'ia uno facho per l'amour. 

Bello, vous amarai toujour. 



1. « Belle, je vous présente le thym — qui est beau à toute heure, 
— encore plus quand il est fleuri ; — je vous aimerai toute la vie. 

2. » Belle, je vous présente la giroflée, — il y en a une écrite 
(panachée), l'autre est dorée (jaune), — il y en a une faite pour 
l'amour. — Je vous aimerai toujours. 



— 177 - 

3. BeJlo, vous presenti la viôuleto, 

Que dia moun couor foussias souleto ; 

Acô me sérié bèn fachous 

Que din vouoste couor n'iague dous. 

4. Bello, vous presenti lou mentastre, 
Que vous n'en prenguessias pa 'n pastre 
Lou pastre sente trop Tenguent. 
Prenès-me iéu que sente rèu. 

5. Bello, vous presenti la pampo de roure 
Que quan fai vent, elo s'encourre, 
Courre d'eici, courre d'eilà. 
Vai'-t'en au diable caregnà. 

6. Bello, vous presenti la caussido 
Que semblo uno saumo esbahido ; 
Coustarias mai à 'ntreteni 
Qu'un marrit ase à reveni. 



3. » Belle, je vous présente la violette, — Que dans mon cœur 
vous soyez seule; — cela me serait bien fâcheux — que dans votre 
cœur il y en eût deux. 

4. » Belle, je vous présente la menthe sauvage. — Au moins ne pre- 
nez pas un pâtre ; — le pâtre sent trop l'onguent. — Prenez-moi, moi 
qui ne sens rien. 

5. » Belle, je vous présente la feuille de chêne, — qui s'enfuit quand 
souffle le vent; — elle court d'ici, elle court de là. « — « Va-t'en au 
diable courtiser. » 

6. » Belle, je vous présente le chardon, — qui ressemble à une 
ânesse maigre (fourbue) ; — vous coûteriez davantage à entretenir — 
qu'un mauvais âne à revenir (engraisser ou redresser). » 

M. Jude Lebre, Saint-Gannat (Bouches-du-Rhône). 



— 178 — 



VII. — AUBADO. 

1. Un vespro, à la velhado, 
La fautasié m'o près 
D'anà jougà 'no aubado 
A ma poulido aimado, 
Tout près de soun houstau. 

2. La belo es endourmido 
E Tenten pas jougà ; 
Mes sa pastoureleto, 
Galhardo et fricaudeto, 
La vô derevelhà. 

3. (( Derevelhas-vous, belo ! 
Belo que dourmissès ; 
Escoutas las aubados 

Que pèr vous sou jougados 
A Tentour de Thoustau. » 

4. — (( Mi chauti pas d'aubados, 
Ni desque fou jougà ! 

Que sert de prène peno, 
De coucha à la sereno, 
D'aimà sans estre aioaat? » 



Aubade. — 1 . Un soir, à la veillée, — il m'a pris la fantaisie — 
d'aller jouer une aubade — à ma jolie aimée, — tout près de sa 
maison. 

2. La belle est endormie — et ne l'entend pas jouer ; — mais sa 
petite bergère, — qui est vive et dégourdie, — va la réveiller. 

3. « Réveillez-vous, belle ! — Belle qui dormez ; — écoutez les au- 
bades — qui pour vous sont jouées » 

4. — « Je ne me soucie pas de ces aubades, — ni de celui qui les 
fait jouer ! — A quoi sert de prendre la peine, — de coucher au serein, 
— d'aimer sans être aimé ? » 



— 179 — 

5. — « So n'ère uno hiroundèlo. 
Que poug-uèsse voulà, 
Sus lou sù (le roa belo 
Anariei mi pau^à. » 

G. — u Moun se n'es pas un aubre 
Pér vous i arrestà ; 
Cercas uno autro branco 
Que vous piesque pourtà. » 

M. le pasteur Fesquet, Roquedur (Gard). 

5. — « Si j'étais hirondelle, — que je puisse voler, — sur le sein 
de ma belle — j'irais me poser. » 

6. — « Mon sein n'est pas un arbre — pour vous y arrêter; — 
cherchez une autre branche — qui vous puisse porter. 



Variante (1) 

1. Un vespre, à la sereno, 
La fantasié m'o près 
De donna serenado 
iV ma tan ben aimado, 
En davant soun houstau. 

2. La belo es endourmido 
E l'enten pas jougà, 
Mai sa chambrieirouneto, 
Fresqueto e poulideto, 
La vô derevelhà. 

1. — Un soir, à la brume, — il m'a pris la fantaisie — d'aller jouer 
une sérénade — à ma bien aimée, -^ devant sa maison. 

2. — La belle est endormie — et ne l'entend pas jouer, — mais sa 
petite chambrière, — fraîche et joliettc, — va la réveiller. 

(1) Voir la note p. 171. 



— 180 — 

3. « Derevelhas-vous, belo, 
Que tan ni dourmissès ; 
Aro uno serenado 

Per vous es jougado 

En davant vostre houstau. » 

4. — « Gard tas serenados, 
Tu que las fas jougà ; 

Se n'aviei uno plumo, 

Escriéuriei à la luno 

Bon souèr e bono nuèch. » 

5. — « Escriéu, se vos escriéure, 
M'aumens mi noumes pas, 
Que si tu me noumaves 

E de iéu mau parlaves, 
Lèu t'en repentiras. » 

M. le pasteur Fesquet, Golognac (Gard). 

3. — (c Réveillez-vous, belle, — qui dormez tant ; — eu ce momeut 
une sérénade — pour vous est jouée — devant votre maison. » 

4. — (( Garde tes' sérénades, — toi qui les fais jouer; — si j'avais 
une plume, — j'écrirais à la lune, — bonsoir et bonne nuit. » 

5. — « Ecris, si tu veux é^irire, — mais surtout ne me nomme pas, — 
car si tu me nommais, — et parlais mal de moi, — bientôt tu t'en 
repentirais. » 



VIII. — SUL POUNT DE NaNTO 



Allegretto 






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Sul pount de Nan-to, l'a un au - ze - lou, Tou-to 



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la nèit can^to, Gan-to pasper jou. Si - can-to,quecan-te, Can-to 



— 181 — 




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pas per jou,Gan-to pèr ma mi-o Qu'es al - près de jou. 



1. Sul pount de Nanto 
Fa un auzelou ; 
Toute la nèit canto, 
Canto pas i>er jou. 

Si C'into, que canl(\ 
Canio pas per jou 
Canto per ma mio 
Qu'es alprès de jou. 

2. Al founze de Thorto 
l'a un amelié 

Que fai de flous blancos 
Coumo do papié. 

3. D'aquelos flouretos 
Ne sort d'amellous, 
Per rourapli las pochos 
Al miéu amourous. 

4. Le coucut sj vanto 
Qu'es un bel auzel ; 
Canto e s'alègro 
Sus soun sarradel. 



1. — Sur le pont de Nantes — il y a un petit oiseau : — toute la nuit 
il chante, — il ne chante pas pour moi. 

— S'il chante, qu'il chante, il ne chante pas pour moi, — il chante 
pour ma mie qui est auprès de moi. 

2. — Au fond du jardin — il y a un amandier — qui fait des fleurs 
blanches — comme du papier. 

3. — De ces fleurettes — il sort de petites amandes — pour remplir 
les poches — de mon amoureux. 

4. — Le coucou se vante d'être un bel oise.iu ; — il chante et se 

réjouit — sur la colline. 
^ 14 



~ 182 — 

5. Les peiches pelaigo, 
Las talpos pels prats, 
Las fennos pels homes, 
Las filhos pèi goujats. 

Si canto, que cante^ 
Canto pas per jou, 
Canto per ma mio 
Qu'es alprès de jou. 

M. Angladk, Belesta (Ariège). 

5. — Les poissons pour l'eau, — les taupes pour les prés, — les 
femmes pour les hommes, — les filles pour les garçons, 

S'il chante, qu'il chante, etc. 

C'est sur cet air que les Languedociens chantent les couplets de la 
chanson attribuée à Gaston Phœbus : 

1. Aquelos mountagnos 
Que tan nautos soun, 
M'empachoun de vèire 
Mas amours ount soun. 

2. Aquelos mountagnos 
Bé s'abaicheran, 

E mas amouretos 
Que pareicheran. 

3. Se n'ère hiroundèlo, 
Pousquessi voulà, 
Sul se de ma belo 
M'aniriô pausà. 

Version recueillie à Belesta (Ariège). 

1. Ces montagnes — qui sont si hautes, — m'empêchent de voir 
— où sont mes amours. 

2. Ces montagnes s'abaisseront — et mes amours — paraîtront. 

3. Si j'étais hirondelle, — que je puisse voler, — sur le sein de ma 
belle — j'irais me poser. 



- 183 



IX. — La Font de Nime 
Allegretto 




liô, Que fai de flous blan-cos cou-mo de pa - piô, 

1. A la font de Nime, i'a un amelié 

Que fai de flous blancos coumo de papié. 

2. Aqueli flou blanco n'en fan d'amcnloun 
Per rourap i li pocho di jouine f^arsoun. 

3. Souto ma fenestra i'a un passeroun, 
Touto la ni6 canto que n'en vôa Marioun. 

4. « Marioun te vole, Marioun t'aurai, 
Embe d'aiga rosa iéu te lavaiai. » 

5. La maire davala erab'un gros bastoun, 
Pica sus la filho, laissa lou garsoun. 

Mlle Privât, Nimes. 



La Fontaink de Nîmes. — 1. A la font;iine de Nimes il y a un 
amandier — qui fait des fleurs blanches comme du papier. 

2. Ces fleurs blanches fout des amandes — pour remplir les poches 
des jeunes garçons. 

3. Sous ma fenêtre il y a un oiseau, toute la nuit il chante qu'il 
veut Marion. 

4. «Marion, je te veux, Marion, je l'aurai, — avec de l'eau rose je 
te laverai. » 

5. La mère descend avec un gros bâton, — frappe sur la fille, 
laisse le garçon. 



— 184 



Variante 

Dejout ma fenestra i'a un aucelou, 
Toute la nioch canta ; « Vole Janetoun. 

« Janetoun, ma miga, vèni me droubi, 
Que soui à ta porta, que m'en vau mouti. » 

« Se ma mia es bruna, lou sourel ou fai, 
Emè d'aiga rosa iéu la lavarai. » 

M. le D"" Gavani, Montferrier (Hérault). 

Sous ma fenêtre il y a un petit oiseau — qui chante toute la nuit : 
« Je veux Jeannetou. » 

» Jeanneton, mon amie, viens m'ouvrir, — je suis à ta porte et je 
vais mourir. 

» Si ma mie est brune, le soleil en est la cause, — avec de l'eau 
rose (la rosée?) je la laverai.» 

Il n'y a pas bien longtemps encore que l'usage des sérénades existait 
dans nos villes de Languedoc de la même façon qu'elles ont lieu en 
Espagne. On pourrait trouver encore, notamment à Montpellier, des 
survivants de ces expéditions nocturnes d'amour et d'aventure, autant 
parmi les chanteurs que chez leurs auditeurs. 

Des règlements de police, malheureusement inspirés par la crainte 
de cette exubérance de vie méridionale, ont peu à peu entravé et fait 
disparaître cette expansion de la joie populaire, si heureuse de s'exercer 
en toute occasion. 

Et pourtant rien de moins subversif quelles chants de ces sérénades. 
On en verra la preuve dans les cinq chansons suivantes, empruntées 
à un recueil formé par un collectionneur montpelliérain, de 1756 à 1779. 
Il contient un nombre considérable de chansons languedociennes, ou 
plutôt de romances dans le genre des Brunetles. C'était là le réper- 
toire favori des chanteurs nocturnes et même des salons, où les dames 
de la meilleure société ne dédaignaient pas de chanter, dans les 
réunions de famille, ces petites compositions, qui jouissaient, à 
l'époque, d'une grande vogue, ainsi qu'on peut en juger par le recueil 
ci-dessus mentionné et celui, non moins important, formé par M. Gâche, 



— 185 — 

l'exécuteur testamentaire de M. le baron Fabre, auquel la ville de 
Montpellier doit la création de son Musée et une grande partie des 
richesses de sa Bibliotlièqiie. Je dois à l'obligeance de M. Germain la 
communication de ce dernier manuscrit, dont je pourrai, si le temps 
rae le permet, faire la publication. 



X. 



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Perqué m'as fach mou - ri - lou miéu. 



1. « Janeta, tous iols tan douces 
M'an dounat jusqu'à Tama ; 
Par de cor iéu noun ai pas gés : 
S*es brullat din ma flama, 
Fai-lou reviéure din lou tiéu 
Perqué m'as fach raouri lou miéu. » 



Jeannette. — 1. « Jeannette, tes yeux si doux — m'ont touché jus- 
qu'à l'âme ; — je n'ai plus de cœur, — il s'est brûlé dans ma flamme. 
— Fais-le revivre dans le tien, — puisque tu as fait mourir le mien. » 



— 186 — 

2. — « Lou cor que tus m'aviès douiiat, 
Janti pastour, en gaje, 
N'es pas perdut, nimai biullat, 
N'ai fach un autre usage : 
léu Tai mesclat embé lou miéu 
Save pas pus quint es lou tiéu. » 

2. — « Le cœur que tu m'avais donné, — gentil berger, en gage, 
— n'est pas perdu ni même brûlé, — j'en ai fait un autre usage : — 
je l'ai mêlé avec le mien, — [si bien] que je ne sais plus quel est le 
tien, » 



XI. — Margouteta 



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lou tout fai - re, Ai-ma de bo - di 



na. 



1 . Charraanta Margouteta, 
Crenigues pas l'amour: 
Es un en fan que teta, 



— 187 — 

Que n'a pas vist lou jour; 
Caressa-lou, pecaire! 
Acô Tamusarà ; 
E laissa-lou tout faire, 
Aima de badina. 

2. Qu*es dous soun badinage; 
L'aimaras tendramen ; 

Un enfan d'aquel âge 
Es un amusamen. 
Embé sas manieretas 
Cerca pas qu'à trepà, 
E toujoursas manetas 
Volou tout arrapà. 

3. Soun naturel doucille 
Es fach per tout plazé ; 
Te sera ben facille 

De lou mètre à toun plé. 
Dressât à la brouqueta, 
Couma un passerou franc, 
Te farà l'escale ta 
D'abord que sera grand. 



Marguerite. — 1. — Charmante petite Marguerite, — no crains pas 
l'amour; — c'est un enfant qui tète, — qui n'a pas vu le jour; — 
caresse-le, mignonne! — cela l'amusera; — et laisse-lui faire tout ce 
qu'il voudra, — il aime à badiner. 

2. — Que son badinage est doux! — tu l'aimeras tendrement; — un 
enfant de cet âge est un amusement. — Avec ses mouvements gra- 
cieux, — il ne cherche qu'à folâtrer — et toujours ses petites mains — 
veulent tout saisir. 

3. — Son naturel docile ~ est fait pour tout plaisir ; — il te sera 
bien facile — de le mettre à ton pli. - Dressé à la brochette, — 
comme un moineau franc, — il te fera la courte échelle — aussitôt 
qu'il sera grand. 



— 188 — 



XII. — Ma Pastoura 



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Ai ! ma char-man-ta pas 



- tou - ra, Per-qu< 



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VOS pasm'escou - ta? Plet à Diéuqueperuna hou-raPousquès- 



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g^^^-;i^sf^=p^; 



se chan-jà - d'es - tat; Vou-driei es-tre la - flou- 

FV 




re - ta que sen-tis-ses tan sou - ven , M'au- 



i^^i^ÈSli^^pi 



ries pas qu'à tabou - que - ta, Oumou-ri-riei sustqun sen. 

1 . Ai ! ma charmanta pastoura, 
Perqué vos pas m'escoutà? 
Piet à Dieu que per una houra 
Pousquèsse chanjà d'estat : 
Voudriei estre la floureta 
Que sentisses tan souven ; 
M'auriès pas qu'à ta bouqueta 
Ou mouririei sus toun sen. 

Ma bergère. — 1. — Hélas! ma charmante bergère, — pourquoi ne 
venx-tu pas m'écouter? — Plût à Dieu que, pour une heure, — je 
puisse changer d'état: — je voudrais être la petite fleur — que tu 
sens si souvent; — tu m'aurais toujours à ta petite bouche — ou bien 
je mourrais sur ton sein. 



— 189 — 

2. L'estiéu, dodinc una tita, 
Quan prenes un ban fresquet, 
Perqué soui pas una anj^uila, 
M'amusariei un pauquet ; 
Aquel pei jaraai moussiga, 
Acô n'es pas soun defau ; 

En passan, se fai coutiga, 
L'on pot pas s'en saupre mau. 

3. Quan aprestes la fournada 
E qu'as finit de pastà, 
Perqué soui pas la flassada 
Que te sert per l'acatà ? 
San te dounà ges de pena 
Toun pan série léu levât, 

E n'auriès pas qu'à lou prene 
E série lèu enfournât. 

4. Quan vas dedin ta cousina 
Per aprestà toun soupà, 
Voudriei estre la racina 
Que tas mans devou ra?clà ; 
Voudriei estre l'escaufeta, 
Per veire coussi fariès 
Per bruUa pas la maneta 
Per ounte m'arrapariès. 

2. — L'été, dans une grotte, — quand tu prends un bain froid, — 
pourquoi ne suis-je pas une anguille, — je m'amuserais un peu ; — ce 
poisson jamais ne mord, — ce n'est pas là son défaut; — en passant, 
s'il fait des chatouilles, — on ne peut pas s'en fâcher. 

3. — Quand tu apprêtes la fournée [de pain] — et que tu as fini de 
pétrir, - - pourquoi ne suis-je pas la couverture [de laine] — qui te sert 
pour la couvrir? — Sans te donner aucune peine — ton pain serait 
bientôt levé, — et tu n'aurais qu'à le prendre, — il serait bientôt en- 
fourné. 

4. — Quand tu vas dans ta cuisine - pour apprêter ton souper. — 



— 190 — 

5. Voudriei estre la fouveta 
Que t'amusa per soun cant, 
Béuriei pas qu'à ta bouqueta, 
Becariei que din ta man ; 

E me veiriès à touta houra 
Voulastrejà sus toun sen. 
Mais aimariei mai, pastoura, 
Que m'engabièsses souven. 

6. Voudriei estre la fialousa 
Que jamai te quita pas ; 
Ai ! que seriei vanitousa 
De me vèire à toun coustat ! 
Din ta maneta, à touta houra, 
Moun pichot fus virariè, 

E tan que i' auriè de bourra, 
Nioch e jour t'en filariè. 

je voudrais être la racine — que tes mains doivent racler ; — je voudrais 
être la chaufferette pour voir comment tu ferais, — afin de ne pas 
brûler tes petites mains, — par quel endroit tu me prendrais. 

5. — Je voudrais être la fauvette — qui t'amuse par son chant, — 
je ne boirais qu'à ta petite bouche, — je ne becquèterais que dans ta 
main; — et tu me verrais à toute heure — voltiger sur ton sein, — 
mais j'aimerais mieux, ma bergère, — que tu m'encages souvent. 

6. — Je voudrais être la quenouille — qui ne te quitte jamais; — 
Ah! que je serais orgueilleux — de me voir à ton côté! — Dans ta 
petite main, à toute heure, — mon petit fuseau tournerait — et, tant 
qu'il j aurait de la bourre, nuit et jour je filerais. 

XIII. — Margartda 



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La rosa es-pan- di-da N'apasTé - clat, lou fioc,louTer-milhou 






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De ma Mar-ga - ri- da, Flora a mens de dous - sou. 



— 191 - 



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Qu'a-mour ié prenlou frés, Res-coun-dut din sous clou- tés. 



La rosa espandida 
N'a pas l'éclat, lou fioc, lou vermilhou 
De ma Margarida, 
Flora a mens de doussou. 
Sas gautetas 
Soun tan poulidetas, 
Qu'amour ié pren lou frés 
Rescoundut din sous cloutés. 

Le manuscrit ne contient que ce couplet. 



Marguerite. — La rose épanouie — n'a pas l'éclat, le feu, le ver- 
millon — do ma Marguerite, — Flore a moins de douceur. — Ses 
petites joues — sont si joliettes, — qu'amour y prend le frais — caché 
dans ses fossettes. 



XIV 



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Mau-di - tas moun • ta - gnas que tan 



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nau — tas soun, M'em-pa - choun de vèi - rc 




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mours ount. soun. 



Se de - mou-ra 



— 192 — 



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tour, Mou -ri- 



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rai, pe - cal - re, D'a-quel mau d'à - mour. 

Maaditas mountagnas que tan nautas soun, 
M'empachou de vèire mas amours ount soun. 

Se demouras gaire 

Aici faire un tour, 

Mourirai, pecaire, 

D'aquel mau d'amour. 



Ces maudites montagnes qui sont si hautes, — m'empêchent de voir 
où sont mes amours. — Si vous tardez trop — à retourner ici, — je 
mourrai, hélas ! — de ce mal d'amour. 



— 193 — 



DECLARATION D'AMOUR, RENDEZ- VOUS 



I. — ROUSETO 



Andante 



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Nou vo- loun pas, Rou 



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e tu nous ai - mian; Ai - mo-me ten-dre- ment E tu ver- 



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ras, Tu ti - re - ras de io So que tou - dras, 

1. « Nou voloun pas, Rouseto, 
Que io e tu nous aimian. 

Aimo-me tendrement 
E tu verras, 
Tu tireras de io so que voudras. 

2. » Anen, belo, à Toumbreto, 
A Toumbro d'un bouissou, 

Aqui n'en culiren 
De belos flous. 
Tu mesclaras los tiô dambé jos miè. » 



Rosette. — 1. « On ne veut pas, Rosette, — que nous nous 
aimions. — Aime-moi tendrement — et tu verras, — tu tireras de moi 
ce que tu voudras. 

2. » Allons, belle, à l'ombre, — à lombre d'un buisson ; — là nous 
cueillerons — de belles fleurs, — tu mêleras les tiennes avec les 
miennes. » 



— 194 — 

3. — « Nou voli pa 'co, Pierre, 
Nou voli pa' co fà ! 

Pèi quan ôurian mesclà 
Sôurian pas tria, 
Tu siriè lou prumiè que te ririà. 

4. » Jogo, moun ami Pierre, 
Jogo del fleijoulet. » 

— « Del fleijoulet jougà? 
Nou podi pas, 
L'oumbro d'aquel bouissou m'o rendu las.» 

M. Landes, Sarlat. 
Notation de M. Selter. 



3. — « Je ne veux pas cela, Pierre, — je ne le veux pas faire : — 
après que nous les aurions mêlées, — nous ne saurions pas les trier : 
— tu serais le premier qui en rirais. 

4. » Joue, mon ami Pierre, — joue du flageolet. » — « — Du flageolet 
jouer? — je ne peux pas : — l'ombre de ce buisson m'a rendu las. » 



II. — Janeto 



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fa - ren l'a - mour ? 



— 195 - 

1. « Couro sirô, Janeto, couro sirù lou jour, 

Trarideri tanlan liderido! 
Couro sirô lou jour 
Que iou e tu faren l'amour? » 

2. — (( Galant, vèni diraenche, dimenche après soupà. 

Trarideri tanlan liderido! 
Dimenche après soupà. 



3. » Moun pai sirô à la prado garda soun biôu brune. 

Trarideri tanlan liderido! 
Garda soun biôu brune, 
E iou e vous siren soûlés. 

4. » Ma mai irô à la glèizo dire sous chapelés. 

Trarideri tanlan liderido! 
Dire sous chapelés, 
E iou e vous siren soûlés. » 

M. le V*' DE GouRGUES, Saint-Pardoux-la-Rivière (Dordogne). 
Le chant a été noté par M. Petit de Plas. 

1. — « Quand sera-ce, Jeannette, quand sera-ce le jour — 
traderi tanlan liderido — où moi et toi ferons l'amour? » 

2. — « Galant, viens dimanche, dimanche après souper 



3. » Mon père sera à la prairie, pour garder son bœuf brun, — et 
moi et vous serons seulets. 

4. » Ma mère ira à l'église dire ses chapelets, — et moi et vous 
serons seulets. » 

III 

1. L'autre jour, me permenan, 
Hou! lanla mirolalira! 
Je rencountri bergerouneto; 
Hou ! la n la m irola lireto ! 

1. — L'autre jour, en me promenant, — IIoul lanla mirolaliral — 
j'ai rencontré une bergerette, — Houî lanla mirolalireto ! 



— 190 — 

2. J'i ai dit e demandé : 

« Vourrias estre ma mestresso?» 

3. — «Ta mestresso sirai pas, 
Que per iou sei trop jouineto ; 

4. » Iou n'ai que quinze ans passas, 
Que pcr vous sei trop jouineto, » 

5. « Las que nou-z-ou siran pas 
Tiraran à la carreto. » 

G. — « Per iou-z-i tirarai pas, 
Hou! lanla mirolalira! '■ 
Soui un pau amourouseto, 
Hou! lanla mirolalireto! n 

M. le yt*^ DE GouRGUEs, château de Lanquais (Dordogne). 

2. — Je lui ai dit et demandé: « Voudriez -vous être ma maîtresse?» 

3. — « Ta maîtresse je ne serai pas, — je suis encore trop jeunette; 

4. — » Je n'ai que quinze ans passés, pour vous je suis trop jeu- 
nette. » 

5. — u Celles qui ne le seront pas — tireront à la charrette (?). » 

6. — (( Pour moi je n'y tirerai pas, — Hou! lanla mirolalira ! — 
je suis un peu amoureuse. Hou! lanla mirolalirelo ! 

IV 

Digo-mi se m'aimes 
Ou se m'airaos pas? 
Ni save uuo drouleto, 

Galhardeto, 
Que m'amaio bé, 

Ou save bé. 
M. le pasteur Liebich, Saint-Maurice-de-Gaze vieille (Lozère). 

Dis-moi si tu m'aimes — ou si tu ne m'aimes pas? — je sais une 
jeune fille — dégourdie, — qui m'aimera bien, — je le sais bien. 



197 — 



V. — La Flemando 

1. Aval, dans ce valon, 

Lan fan la miro liro î 

i'o 'no joli flemando. 

2. Del pu loun que m'o vi, m'o feit la reveranso. 

3. Z'ai dit e damandé, d'oun bes la counessanso? 
4 

5. Chas un riche marchand n'achataren de bagos, 

6. Bagos d'or e d'argent pour nous marier ensemblo, 

7. Tous dous, davant un lit, 

Lan fan la miro liro ! 

coubert de rosos blancos. 

M. le V^<^ DE GOURGUES. 

La Flamande. — 1. Là-bas, dans ce vallon, — Lan fa la miro 
liro! — il y a une jolie Flamande. 

2. Du plus loin qu'elle m'a vu, — elle m'a fait une révérence. 
3 Je lui ai dit et demandé — d'où venait notre connaissance? 

4. (Lacune). .... 

5. Chez un riche marchand — nous achèterons des bagues, 

6. Bagues d'or et d'argent — pour nous marier ensemble, 

7. [Nous nous marierons] tous deux devant un lit — couvert de 
roses blanches. 

15 



— 198 — 



VI. — LOU POULI JoiNE HOME 

Pouli joine home, chorman brun, 
De pensa 'n tu su jomai lasso, 
Cal bé que tu n'aimes calcun. 
Tu n'en ses fré coumo lo glasso. 
Moun amo, moun cur t'otendion, 
Tu ses possat, èri crentouso. 
Moun Dieu, que io serioi urouso 
Se sus béas èls me respoundion ! 

Me proumenabi loun d*un rial, 
Me troubabi touto souleto, 
L'aigo me serbiô de mirai, 
E me troubabi poulideto. 
Poulido coumo lus bèus jours, 
Blanco coumo la tuberoso, 
Moi gautos soun coulour de roso, 
Quan risi, fôu lou niou d'omour. 



3 (lacune de 4 vers) ... 

Que io nou pesqui t'ogrodà ! 
Que tu siasques tan ensensible 



Le Joli Jeun-^: homme. — 1. Joli jeune homme, charmant brun, — 
de penser à toi je ne suis jamais lasse, — il faut bien [pourtant] que 
tu aimes quelqu'un. — Tu es froid comme la glace. — Mon âme, 
mon cœur t'attendaient, — tu es passé, j'étais craintive. — Mon Dieu, 
que je serais heureuse — si ses beaux yeux me répondaient ! 

2. Je me promenais le long d'un ruisseau, — je me trouvais toute 
seulette, — l'eau me servait de miroir, — et je me trouvais jolie, — 
jolie comme les beaux jours, — blanche comme la tubéreuse, - mes 
joues sont couleur de rose ; — quand je ris, je fais le nid d'amour 
(fossette à la joue ou au menton). 



— 199 — 

Gran Dieu ! que me serô pénible, 
lo finirai per Tôublidà. 

M. Justin Landes, Sarlat. 

3 Que je ne puisse te plaire ! — Que tu sois si insensible ! 

- Grand Dieu ! que [cela] me sera pénible, — je finirai par l'oublier ! 



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Allegretto 



VII. — La Font de Sant-Bkrtoumiéu 



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Fi-lhe-tas dau quar-tié,PrèsdeMount-pe-liè l'a 'na font tan 



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Sus l'hcr-ba nou - vè -la; L'ai-ga que ne sour- 



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Do-na la - pe - tis, Tan qu'es na - tu - rè - la. 



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A-na-ren tout l'es -tiéu A la font deSantBertou -miéu. 



1. Filhetas dau quartié, 
Près de Moritpelié 
Ta 'na font tan bêla; 
Venès ié perraenà, 
Venès ié goustà 

1. — Fillettes du quartier, — près de Montpellier — il y a une belle 
fontaine; — venez y promener, - venez y goûter — sur l'herbe nou- 



— 200 — 

Sus Therba Douvèla; 

L'aiga que ne soujtis 

Dona l'apetis, 

Tan qu'es naturèla. 

Anaren tout Testit u 

A la font de Sant Bertoumiéu . 

2. Vezès de grand mati 
Bras a bras veni 
Tircis e Roseta ; 
S'avansou toutes dous, 
Se fan de poutous 
Souven en cacheta, 

E tout lou long dau jour 
Lous couples d'amour 
Cantou sus l'herbeta. 
L'amour dona lou fiéu 
A la font de Sant Bertoumiéu. 

3. Lou pastour ven esprès 
Dire sous regrès 

A soun amigueta, 
Un cop d'iol soulamen 
Lou rendra counten 
De sa bergèireta ; 
A l'oumbra toutes dous, 
Van de rescoundous 

velle ; — l'eau qui en jaillit ~ donne l'appétit — tant elle est naturelle, 

— Nous irons tout l'été — à la fontaine Saint-Barthélémy. 

2. — On y voit, de grand matin, — bras à bras venir — Tircis et la 
petite Rose; — ils s'avancent tous deux^ — se font des baisers — sou- 
vent eu cachette, — et tout le long du jour — les couples amoureux 

— chantent sur l'herbe menue. — L'amour fait couler l'eau — de la 
fontaine Saint-Barthélémy. 

3. — Le jeune berger y vient exprès — dire ses regrets — à sa petite 
amie; — un coup d'œil seulement — le rendra content — de sa petite 



- 201 - 

Béure aquela aigueta. 
L'amour dona lou fiéu 
A la font de Sant-Bertoumiéu. 

4. Pèr emplegà lou lems, 
Louisa souven 

Vai jout la ramada, 

Cercà de passerous, 

E din lous bouissous 

Troubet la nisada : 

Ai ! comraa jouiguet, 

Quant éla troubet 

Se que desirava. 

L'amour dona lou fiéu 

A la font de Sant-Bertoumiéu. 

5. Au soun dau flajoulet, 
Dau tambourinet, 

La bêla Charlota 

Embé soun cher galant 

S'en vai tout dansant. 

Mes faguet la sota, 

Lou pèd ié glisset, 

Par malur toumbet, 

La paura pichota ! 

L'amour aget lou fiéu 

A la font de Sant-Bertoumiéu. 

bergère ; — à l'ombre tous deux, — ils vont en cachette — boire cette 
eau pure. — L'amour fait couler l'eau — de la fontaine Saint-Bar- 
thélémy. 

4. Pour employer le temps, — Louise souvent — va sous la ramure 

— chercher des petits oiseaux, ■— dans les buissons — elle trouva la 
nichée; — Ah! qu'elle fut heureuse lorsqu'elle trouva — ce qu'elle 
désirait. — L'amour fait couler l'eau — de la fontaine Saint-Barthélémy. 

5. Au son du flageolet, — du petit tambourin, — la belle Charlotte 

— avec son amoureux — s'en va en dansant, — mais elle fit la sotte. 



— 202 — 

6, Cresès mé, n'anes pas 
Couma acô sauta, 
N'esten pas souleta; 
Un verd gazoun es fresc 
E mai d'unafés, 
Près d'aquela aigueta, 
Lou pèd pot vous glissa 
E poudès toumbà 
Sus aquela herbeta. 
Car l'amour a lou fiéu 
A la font de Sant-Bertoumiéu. 

— le pied lui glissa, — par malheur elle tomba, — la pauvre 
petite! — L'amour fit couler l'eau ~ de la fontaine Saint-Barthélémy. 

6. Croyez-moi, n'allez pas — sauter ainsi, — n'étant pas seulette ; 

— le vert gazon est frais — et plus d'une fois — près de cette eau 
limpide — le pied peut vous glisser, — vous pouvez tomber — sur 
cette herbe tendre, — car l'amour fait couler l'eau — de la fontaine 
Saint-Barthélémy. 

Cette chanson est très populaire à Montpellier, la fontaine Saint- 
Barthélémy est toujours le rendez-vous des amoureux, mais ils ne 
chantent plus comme autrefois. 



Andante 



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VIII. — Ma Drounlita 



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ris à fa, pe - cal - re ! N'ia ris — à — fa. 

1. lo n'aimi una drounlita 

De tout moun cur ; 
Mais aquela drounlita 

Fai moun malur. 
Ah ! io n'ai bel la caressa, 
Li fa lous poutous, 
Amai lous èls dous ; 
N'ia res à fa, 

Pecaire! 
N'ia res à fa. 

2, L*autre jour l'atroubèri 

Dins un bousquet, 
D'abord li presentèri 

Un bel bouquet ; 
Elo refuset lou presen, 
Tout en me disen 
Lou pus fredomen ; 
*i N'ia res à fa 

Pecaire ! 
N'ia res à fa. » 



1. J'aime une jeune fille — de tout mon cœur ; — mais cette jeune 
fille fait mon malheur. — Ah ! j'ai beau la caresser, — lui faire des 
baisers — et les doux yeux : — il n'y a rien à faire, — hélas ! — il n'y 
a rien à faire. 

2. L'autre jour je la trouvai — dans un bosquet; — d'abord je lui 
présentai — un beau bouquet ; — elle refusa le présent, — tout en me 
disant — le plus froidement : — « 11 n'y a rien à faire, — hélas ! — 
il n'y a rien à faire. » 



— 204 — 

3. Ailas I lou gran martire 
D'esse amourous I 
Quan dus curs se desiron 

Qu'es malurous ! 
On s'engajo lou pus souven 
Trop laugèramen ; 
Mais, pèr s'en defà, 
N'ia res à fa 

Pecaire I 
N'ia res à fa. 

M. BoissÉE, Le Puy. 

3. Hélas ! quel grand martyre — d'être amoureux ! — Quand deux 
cœurs se désirent, — que c'est malheureux ! — On s'engage le plus 
souvent — trop légèrement ; — mais, pour so dégager, — il n'y a 
rien à faire — hélas ! — il n'y a rien à faire. 



IX. — Ma Bruneta 



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léu n'aime u - na bru - ne - ta De tout moun 



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n'ai gran pôu que me troum-pa - rà. Au gué Ion 



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La lan - le - ra, au gué Ion — 



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— 205 — 

1. léu n'aime una bruneta 

De tout moun cor : 
Es genta, poulideta, 
Vau un trésor; 
léu la laisse fa ce que vôu, 
Mes iéu n'ai gran pou, 
Que me troumparà. 

Au gué Ion la lanleray 
Au gué Ion la! 

2. Autras fès, pèr me plaire, 

Quan ne vesiè 

Aproucbà un fringaire 

Lou fugissiè ; 

Ara lou sap pas pus fugi, 

Lou laissa veni, 

Lèu lou seguirà. 

Au gué, etc. 

3. Vertadiéu ! à moun âge 

Quaii lou creiriè 
Qu'aimasse un cor voulage 
A la foulié ? 
Rode à l'entour d'aquel filhou 
Couma un parpalhou 



Ma. Brunettk. — 1. J'aime une brunette — de tout mon cœur: —- 
elle est gente, jolie, — elle vaut un trésor; — je la laisse faire ce 
qu'elle veut, — mais j'ai grand peur — qu'elle me trompe. — Au gué 
Ion la lanière, — au gai Ion la ! . 

2. Autrefois, pour me plaire, — quand elle voyait — approcher d'elle 
un amoureux, — elle le fuyait ; — à présent elle ne sait plus le fuir, — 
elle le laisse venir, — bientôt elle le suivra. 

3. Vrai Dieu! à mon âge, — qui le croirait — que j'aime un 



- 206 — 
Que se vôu brullà. 
Au gué^ etc. 

Extrait du manuscrit de M. Gâche, 
déjà cité (T. II, p. 184). 

cœur volage — à la folie ? — Je rôde autour de cette petite fille 
comme un papillon — qui veut se brûler [les ailes]. 



X 

T'aime, t'odore, ma postouro, 

E t'aimorai tan que viéurai ; 

Quan nou te veiriô qu'un quart d'houro, 

Tout lou resto dei dzour soui gai. 

M. BoissÉE, Le Puy. 

Je t'aime, je t'adore, ma bergère, — et je t'aimerai tant que je 
vivrai ; — quand je ne te verrais qu'un quart d'heure, — tout le reste 
du jour je suis gai. 

XI 

Omoriô mai esse ermito, 
Me mètre dins un couvent. 
Que noun pas quan Ton se quito 
En s'eiman tendroment. 

M. BoissKE, Le Puy. 

J'aimerais mieux être ermite, — me mettre dans un couvent, — que 
de se quitter, — quand on s'aime tendrement. 



XII. — Ma Mio 

1. N'es belo la rose al rousié, 
N'es pu belo ma ralo. 

Ma Mie. — 1. Elle est belle, la rose au rosier, — mais ma mie est 
plus belle. 



— 267 — 

2. Me permenan de loun d'un boue, 
L'ai perdudo, ma mio. 

3. Sept ans trei jours, i'o damouré, 
Seu jamai fa sourtido. 

4. Doun lou galan i'o damandc : 
< Oun restavias-vous, mio? » 

5. — « Dessus la branqueto del boue, 
Coumo la tourtourèlo. » 

6. Doun lou galan i'o damandé : 

« Oun couichaviàs-vous, mio ! » 

7. — a Dessus la branqueto del boue, 
Coumo la tourtourèlo. » 

8. Doun lou galan i'o damandé : 
'( De que vivias-vous, mio ? » 

9. — « De la racino d'aquel boue, 
Coumo la salvatsino. » 

10, Doun lou galan i'o damandé: 
« De que bevias- vous, mio? 



2. Me promenant le long d'un bois, — j'ai perdu ma mie. 

3. Sept ans trois jours, elle y a demeuré, — sans jamais en sortir. 

4. Son amant lui a demandé : — «.Où restiez-vous, mie? » 

5. — „ Sur la petite branche du bois, — comme la tourterelle. » 

6. Son amart lui a demandé : — « Où couchiez-vous, mie ? » 

7. — « Sur la petite branche du bois, — comme la tourterello. » 

8. Son amant lui a demandé : — « Do quoi viviez-vous, raie? » 

9. De la racine de ce bois, — comme la sauvagine. » 

10. Son galant lui a demandé : — « Que buviez-vous, mie? » 



— 208 — 

11 . — a M'en anavi pes rious courans 
Bèure de Taigo clèro. » 

M. le V'« De Gourgues, château de Lanquais (Dordogne). 

11. — « Je m'en allais aux ruisseaux courants, — boire de l'eau 
claire. 



XIII 



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Si iou pou - diôi vou - là, Si iou pou- 



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diôi vou - là, Cou — mo la per-dris gri -so, Lan- 

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la! Cou - mo la per - dris gri- so, Doun -doun! 



1. Se iou poudiôi voulà {fns), 
Coumo la perdris griso, 

Lanla! 

Coumo la perdris griso, 

Doundoun ! 

2. M'en aniriôi pausà 

A la porto de ma mio. 



1. Si je pouvais voler (/^^s), — comme la perdrix grise, 
comme la perdrix grise, — dondon. 

2. J'irais me poser — à la porte de ma mie. 



lanla — 



— 209 — 

3. — « Durbés, mio, durbès ! 
Qu'ei vostre amant qu'arrivo. » 

4. — « Coumo iou droubiriôi ? 
Soui al lié bien malauto? » 

5. — Iou n'ai quatre levriès 
Al boi seguen la lèbre. 

6. » Iou n'ai quatre chebals 
Qui branlen jout la sèlo, 

7. » En atal iou, paurot, 

Iou fo l'amour pas autres. » 

8. — » D'autres la fan per iou {bis)^ 
'Co'i toujour tout du même, 

Lan la ! 
'Co'i toujour tout du même, 
Doundoun! 
M. le ¥'• De Gourgues, château de Lanquais (Dordogne). 

3. « Ouvrez, mie, ouvrez ! — c'est votre amant qui arrive. » 

4. — « Comment ouvrirai-je? — je suis au lit bien malade. » 

5. — » J'ai quatre lévriers, — au bois, suivant le lièvre. 

6. » J'ai quatre chevaux, — qui piaffent sous la selle. 

7. » Ainsi je fais, malheureux, — je fais l'amour pour d'autres. » 

8. D'autres le font pour moi {bis)y — et c'est toujours de même, — 
lanla — et c'est toujours de même, — dondon. 



XIV. — BouN Maiti 

Andantino 




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Boun mai - ti me soui le - vat, - Pus mai - tique la cous- 




Al jar - di m'en soun a - nat — Gu - Ihi 



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lui disant : La bel - le, te 



sou-vien-dras de mé. 



1 . Boun maiti me soui levât, 
Pus maiti que la coustumo, 
Al jardi m'en soun anat 
Culhi l'berbeto menudo. 

Je Vai cueilli\ à ma maîtresse Vai donné' 

En lui disant : « La belle, te souviendras de mé. » 

2. Le galant s'en sort d'aqui, 
S'en va dounà 'n tour per vilo, 
Trobo très jouines galans, 
Parlavoun de sas amigos : 

« Moi yen ai une, toute faite à mon gré. 
Je vais la voir chez elle, ce soir, après soupe. » 

3. Le galant s'en sort d'aqui, 
S'en va dret vers sa mestresso, 



1. De bon matin je me suis levé, — plus matin qu'à la coutume, — 
au jardin je suis allé — cueillir l'herbe nouvelle. — Je l'ai cueillie, 
à m,a maîtresse l'ai donnée, — en lui disant : « Ma belle, vous vous 
souviendrez de moi. » 

2. Le galant part de là, — s'en va faire un tour de ville, — trouve 
trois jeunes amoureux — qui parlaient de leurs maîtresses : — « Moi, 
fen ai une, toute faite à mon gré, — je vais la voir ehez elle, ce 
soir, après souper. » 



- 211 - 

Pica à la porto très cotF, 
Coumo n'èro de coustumo : 

(( Ouvrez la porte, la belle ^ s'il vous plaît , 
Voyez : la gelée tombe, je vuù mourir de fred. » 

4. La belo ié respoundet : 

« Vous counouisse, calignaire, 
Pot tourrà, amai jalà, 
Que de vous m'en chauti gaire. 
Vous ets vantât, galant, qu'uno mestresso avets, 
Mes aro, poudets dire que perdudo l'avets. » 

5. Le galant s'en sort d*aqui. 
S'en va dret cô de soun paire. 



« Ouvrez la porte, ynon père, s^il vous plaît, 
J'ai perdu mes amours, pour avoir trop parlé. » 

M"» Julie RiQAUD, Belesta (Ariège). 

3. Le galant part de là, — s'en va droit chez sa maîtresse, — 
frappe à la porte trois coups, — comme c'était la coutume. — a Ouvrez 
la porte, la belle, s*il vous plaît, — voyez, la gelée tombe, je vais 
mourir de froid. » 

4. La belle lui répondit : — « Je vous connais, enjôleur, — il peut 
brûier, il peut geler, — de vous je ne me soucie guère. — Vous vous 
êtes vanté, galant, que vous aviez une maîtresse, — mais à présent, 
vous pouvez dire que vous l'avez perdue. » 

5. Le galant part de là, — s'en va droit chez son père — 

« Ouvrez la porte, mon père, s'il vous plaît, — fai perdu mes 
amours pour avoir trop parlé. » 



Moderato 

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XV. — Lou Pous 



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N'è-rou très joui- nés a - mou-rou-ses, N'è-rou très 



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joui -nés ca - li - gnai-res, E-roun au foun de soun jar- 



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Pèr ne eu 



li lou jans - se - mi. 



1. N'èrou très jouines amourous, 
N'èrou très jouines calignaires ; 
Eroun au foun de soun jardi 
Pèr ne culi lou janssemi. 

2. « Camarada, pren garda au pous! 
Fa 'na pèira desabranlada. » 

Pas pus lèu qu'a culit très flous, 
Lou galant tomba din lou pous. 

3. Quan din lou pous seguet toumbat, 
Cridet : « Secous ! Misericorda ! 
Misericorda ! iéu soui mort, 

Ai sèt pans d'aiga sus moun corps. » 

4. Soun camarada ié courris, 

Couma s'èra un de sous bons fraires; 
lé trai lou bout de soun mantel : 
(( Camarada, arrapa-te lèu ! » 

Le Puits. — 1. Ils étaient trois jeunes amoureux, — ils étaient 
trois jeunes galants ; — ils étaient au fond du jardin — pour y cueillir 
du jasmin. 

2. (( Camarade ! prends garde au puits ! — il y a une pierre qui est 
ébranlée. » — 11 n'a pas plutôt cueilli trois fleurs — que le galant 
tombe dans le puits. 

3. Quand dans le puits il fut tombé, — il cria : « Secours ! Miséi'i- 
corde ! — Miséricorde 1 je suis mort, — j'ai sept pans d'eau sur le 
corps. M 

4. Son camarade court vers lui, — comme s'il était un de ses frères; 
— il lui lance le bout de son manteau : — « Camarade, saisis-le vite I » 



— 213 — 

5. Quan de lou pous seguèt sourtit, 
N'aviè un frech que tremoulava : 
« Moun camarada, anen-nous-en, 
Dissate au souèr sai tournareo. » 

6. Quan lou dissate au souèr venguèt, 
Que lous bouqués se presentèrou : 

a Mia ! aqui i'a 'n bouquet de flous, 
Pèr vous soui toumbat din lou pous. » 

7. — « Galant, s'ajèsses espérât 
Que la luna siègue levada, 
La luna vous auriè esclairat. 

Din lou pous sarias pas toumbat. » 

M. Edouard Marsal, Montpellier. 

L'air chanté par M. Baussan. 



5. Lorsque du puits il fut sorti, — il tremblait de froid : — « Mon 
camarade, allons -nous-en, — samedi soir, ici nous reviendrons. » 

6. Quand le samedi soir fut venu, — qu'ils présentèrent leurs bou- 
quets, — « Mie ! voilà un bouquet de fleurs, — pour vous je suis 
tombé dans le puits. » 

7. — (( Galant, si vous aviez attendu que la lune fût levée, — la 
lune vous aurait éclairé, — dans le puits vous ne seriez pas tombé. » 



XVL — Malurous 



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Ma - lu - rous, pe - cai - re ! sei pas iou ma - lu- 



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rous ; Ma - ri-doun ma mes-tresso, a - cô se fai san iou. 

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- 214 — 

1. Malurous, pecaire ! sei pas iou malurous : 
Maridoun ma mestresso, acô se fai sans iou. 

2. L'anirai iou vèire avant qu'aje fiansà, 
Belèu pei mas proumessos la pourriôi gagna. 

3. « /Vdissias, ma mio, adissias moun cur ! 

Ount soun las proumessos que vous m'avias feit? » 

4. — « Si iou vou n'ai feitos, iou vous las tendrei : 
Filho de paraulo vous countenterei. » 

5. Maudi sion lous arbres que tan espès soun, 
M'empachouu de vèire mas amours ount soun. 

6. Beissa-vous, mountagnos, beissa-vous un pau, 
M'empachas de vèire d'ounte vé moun mau. 

M. le Y^" De Gourgues, château de Lanquais (Dordogne). 

1. Malheureux, hélas ! ne suis-je pas malheureux? — On marie ma 
maîtresse ; cela se fait sans moi. 

2. J'irai la voir avant qu'elle soit fiancée, — peut-être par mes pro- 
messes la pourrai-je gagner. 

3. « Bonjour, ma mie, bonjour mon cœur! — Où sont les promesses 
que vous m'aviez faites? » 

4. Si je vous en ai fait, je vous les tiendrai ; — je suis fille de parole, 
je vous contenterai. » 

5. Maudits soient les arbres qui sont si épais ; — ils m'empêchent 
de voir où sont mes amours. 

6. Abaissez-vous, montagnes, abaissez-vous un peu ; — vous m'em- 
pêchez de voir d'où vient mon mal. 



XVII. — Janet 

1. « Janet, moun amie, es ben grosso fauto 

De m3 quita aici per n'en prène uno autro. » 

2, — (( Pèr uno pus belo, Jan to quito'pas ; 
Partis per la guerro, Iou sort i'es toumbat. 



— 215 — 

3. » Se t'ai fach proumesso iéu la ti tendrai ; 
Fenido la guerro, iéu t'espousarai. » 

M. le pasteur Fesquet, Colognac (Gard). 

1. « Jeannot mon ami, c'est une bien grosse faute — de me 
quitter ici pour en prendre une autre. » 

2. — « Pour une plus belle Jean ne te quitte pas ; — il part 
pour la guerre, désigné par le sort. 

3. » Si je t'ai fait une promesse, je la tiendrai ; — la guerre 
finie, je t'épouserai. » 



Andantino 



XVIII 



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Quan la luno es cla - ris - son - to E le sou- 



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be - le, Quand es al - près de soun a - mant. 

1. Quan la luno es clarissanto 

E lou soulelh es tant brilhant, 
Atal es le cor de la belo 
Quand es alprès de soun amant. 

2. Uno filho tant amourouso, 
Elo jamai noun pot durmi ; 
Elo s'en vai picà 'la porto, 
A la porto de soun ami. 

1. Quand la lune est claii-e — et le soleil brillant, — ainsi est le 
cœur de la belle, — lorsqu'elle est auprès de son amant. 

2. Une fille bien amoureuse — jamais ne peut dormir; — elle s'en 
va frapper à la porte, — à la porte de son ami. 



~ 216 — 

3. « Qu'es acô que tusto la. porto, 
Que jamai noun laisso durmi ? » 

— a Acô's soun vostros araoursi, Pierre, 
Que disoun que venguets durbi. » 

4. Pèire se lèvo en camiso 
E la porto ni'n va durbi ; 

La prenguet ande sai mas blancos 
E din soun lèit la fai veni. 

5. La cousseno n'èro de salvio, 
E lei lansôus de janssemi, 
La flassado, de rosoi blancos, 
E le couissi, de roumani. 

6. Eli touto la nèit parlavoun. 
Sensé jamai poude durmi ; 
Quan mièjo nèit fousquet sounado 
La belo se met à durmi. 

7. « Réveillez-vous^ belle endormie, 
Réveillez- vous, voici le jour ; 
Sortez la tête à la fenêtre^ 

Vous entendrez parler de nous, » 

8. — « Laissa-lous fà, laissa-lous dire, 
léu aimarai que m'aimarà ; 

3. « Qui est-ce qui frappe à la porte, — qui jamais ne laisse dor- 
mir? » — « Ce sont vos amours, Pierre, — qui disent que vous veniez 
ouvrir. » 

4. Pierre se lève en chemise — et la porte va ouvrir ; — il la prit 
avec ses mains blanches — et la mena dans son lit. 

5. La couette était de sauge, — les draps, de jasmin, la couver- 
ture, de roses blanches, — le coussin, de romarin. 

6. Ils parlèrent toute la nuit, — sans jamais pouvoir dormir ; — 
quand l'heure de minuit eut sonné, — la belle se mit à dormir. 

7.« Réveillez -vous, belle endormie, — réveillez-vous, voici le jour ; 
— sortez la télé à la fenêtre, — vous entendrez parler de nous. » 



— 217 — 

Taje pas tan de jelousio 

Que posque m'empachà d'aimà. » 

M"" Catherine Pinaud, Belesta (Ariège). 

8. — « Laissez-les faire, laissez-les dire, — j'aimerai qui m'aimera, 
- il n'y a point de jalousie — qui puisse m'empêcher d'aimer. » 



XIX 



bis. 



bis. 



1. Roussignolet d'un bosc poulit, 
Tu que cantes lai rnatinados, 

De loun de l'eau^ De loun de Caigo^ 

2. Vai t'en vèire mounbel ami, 
Digo-li que me vengue vèire. 

3. Mais digo-li, se vé pas lèu, 
Me troubarà enmaridado. 

4. Maridado end'an golant 
Que servit sept ans l'ormado. 

5. Porto l'espazo à soun coustat 
E lou ploumet à la boumbardo, 

De loun de l'eau^ De loun de l'aigo. 

M. le V" DK GouRQUES, château de Lanquais (Dordogne) 

1. Rossignolet du bois joli, — toi qui chantes tous les matins, 

De loun de l'eau, De loun de l'aigo ; 

2. Va-t-en voir mon bel ami, — dis-lui qu'il vienne me voir. 

3. Mais dis-lui que s'il ne vient pas bientôt, — il me trouvera 
mariée. 

4. Mariée avec un galant — qui a servi à l'armée pendant sept ans. 

5. Il porte l'épée au côté — et le plumet comme les canonuiers. 

De loun de VeaUf De loun de Vaigo, 



— 218 - 



XX. — Ma Mestressô 



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N'ai en-ten-dut 'no voué: 



C'est la voué de ma mes- 



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très - se — Que je m'en va, — m'en va lacoun-sou-lé. 

1. Mes aval, din la pleno, 
N'ai entendu! 'no voué : 
C'est la voué de ma mestressô, 
Que je m'en va la counsoulé, 

2. « Mes qu'avès vous, la belo, 
Qu'avès vous à pluré ? » 

— « Je pluro la tendresso 
De vous avoir aimé. » 

3. — « L'amour n'est point un crime, 
Dieu nou lou defen pas. 



M. le V'« DK GouRGUES, château de Lanquais (Dordogne). 



Ma Maîtresse. — 1. Là-bas, dans la plaine, — j'ai entendu une 
voix : — c'est la voix de ma maîtresse, je m'en vais la consoler. 

2. « Qu'avez-vous donc, la belle, — qu'avez-vous à pleurer ? — 
« Je pleure de* regret — de vous avoir aimé. » 

3. — « L'amour n'est point un crime, — Dieu ne le défend pas 
(lacune) 

C'est uniquement à cause de Tair, noté par M. Petit de Plas, que 
j'ai conservé quelques fragments de cette chanson, qui n'a pas d'autre 
intérêt. 



— 219 — 



INFIDÉLITÉ, PLAINTES, REGRETS 



1. De boiin moti me sei levado, 
moun vergié iou m'en oni, 
Per culi roso e roumoni. 

2. Cresiô de li entra souleto, 
Li troubèri moun boun ami, 
Culissiô roso e roumoni. 

3. « Brave golant, torno mo roso, 
Belo roso de moun vergié, 
Brave golant, vous lo m'avé. » 

4. — « Lo belo, iou t'ai pas to rose, 
• Vai-t'en vèire à toun rousié, 

Lo n'ei pu belo que jamé. » 

5. — « Brave golant, si me voulià, 
Iou te prèje de m'eipousà, 
Gardoren lo gens de porlà. » 



1. De bon matin me suis levée, — à mon verger je suis allée, — 
pour cueillir rose et romarin. , 

2. Je croyais d'y entrer seulette, — j y trouvai mon bon ami, — 
qui cueillait rose et romarin. 

3. " Bel amoureux, rends-moi ma rose, — la belle rose de mon 
verger, — beau galant, vous me l'avez [prise]. » 

4. — <( La belle, je n'ai pas ta rose, — va-t'en voir à ton rosier, — 
elle est plus belle que jamais. » 

5. — « Bel amoureux, si tu voulais, — je te prie de m'épouser, 
— nous empêcherons les gens de parler. » 



— 220 — 

6. — « Mas, !a belo, si iou t'eipouse, 
Si iou t'eipouse, te botrai, 

A lo guerro iou n'en irai. » 

7. — « Brave golant, si tu me batei, 
Si tu me batei, suffirai, 

A lo guerro iou te segrai. » 

8. — « Mas, la belo, si tu me seguei, 
Si tu me seguei, jugorai, 
Toujour, lo belo, te botrai. > 

9. — « Brave golaut, si tu n'en jugas. 
Si n'en jugas, iou mercorai, 

Si tu perdei, iou poiarai. » 

10, En passant din lo bouèi d'Ardèno 
Din lo vilo de Mountpeliè 

r en fai lu golant preisouniè. 

11. — « Lo belo, aiàs pitô d'un home, 
Aiàs pitô de votre amant. 

Vous eimorai fidèlomant. » 



6. — « Mais, la belle, si je t'épouse, — si je t'épouse, je te battrai, 

— à la guerre je m'en irai. » 

7. — « Bel amoureux, si tu me bats, — si tu me bats, je souffrirai, 

— à la guerre je te suivrai. » 

8. — « Mais, la belle, si tu me suis, — si tu me suis, je jouerai, — 

— toujours, la belle, je te battrai. » 

9. — « Bel amoureux, si tu joues, — si tu joues, je marquerai, — 
si tu perds, je payerai. » 

10. En passant dans le bois d'Ardène, — dans la ville de Mont- 
pellier, — on a fait le galant prisonnier. 

11. « La belle, ayez pitié d'un homme, — ayez pitié de votre amant, 

— je vous aimerai fidèlement. » 



— 221 ~ 

12. — « Jomai n'aurai pitô d'un home 
Surtout de tu, brave golant, 
M'as fai sufri milo tourmans. » 

M. Bazinet, Ghampcevinel (Dordogne). 



12. — « Jamais je n'aurai pitié d'un homme, — surtout de toi, bel 
amoureux, — tu m'as fait souffrir mille tourments. » 



II 



Andante 



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A - cô's doun feit, le cru - el m'a qui- 



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ta - do! Tout en vi - vent, jeu ne fau que lan- 



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gra-do, Vô - ni léu, léu, pèr me vôi - re mou - ri. 



1. Acô's doun feit, le cruel m'a quitado ! 
Tout en vivent, jou ne fau que langui ; 
Pastourelet, si qualqu'autro t'agrado, 
Vèni lèu, lèu, pèr me vèire mouri. 



1 . C'en est donc fait, le cruel m'a quittée ! — Tout en vivant, je ne 
fais que languir ; — jeune berger si une autre t'.igrée, — viens bien- 
tôt, bientôt, pour me voir mourir. 



-- 222 — 

2. Te cresios tu, que pèr un mes d'absenso 
Moun cor fousquet sujet al cambiomen ? 

Que nou ! que nou ! Nou i'apas d'incoustenso ; 
Nou, quan iéu aimi, aimi tandromen. 

3. Jusquos al clôt n'ei proumés de t'atendre, 
Quan n'en sauriô de secà coumo un broc ; 
S'après ma mort boulegavoun mai cendros, 
I troubarion beluguetos de foc. 

M"* FouRiER, Belesta (Ariège). 

2. Pouvais-tu croire que pour un mois d'absence — mon cœur fût 
sujet au changement? — Non ! non ! non! il n'y a pas d'inconstance; 
— non, quand j'aime, j'aime tendrement. 

3. Jusqu'au tombeau j'ai promis de t'attendre, — quand je saurais 
de me dessécher comme une bûchette ; — si après ma mort on remuait 
mes cendres, — on y trouverait des étincelles de feu. 



III 

La Morianno puro, 

Purorô be mai : 

Soun golant To quitado, 

L'o leissado, 

/ L'o plantado oti 

Per reverdi. 

M. BoissÉE, Le Fuy. 

La Marianne pleure, — elle pleurera bien plus : — son amoureux 
l'a abandonnée, — l'a délaissée. — l'a plantée là — pour une autre. 
[litt. : pour reverdir). 

IV 

Marioun, t'eimi pu ! 
Quan t'eimavo, 
lo reibavo, 



— 223 — 

Marioun, t'eimi pu ! 
Quan t'eimavo, 
Aviô begù ! 

M. Camille Chabaneau, Nontron. 

V. — Lou Caulet 

Lorsqu'un jeune homme ou une jeune fille a fait la cour à une per- 
sonne qui l'abandonne pour contracter mariage ailleurs, le jour des 
noces on pend un chou à la maison du délaissé ; cela s'appelle : plan- 
ta 'n caulet. 

Digo! Janeto, toun galant se marido embé Marioun ? Te 
plantaren un gros caulet. 

M. Arnavielle, Alais. 



VI 



Andantino 



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— 224 — 

1. A l'oumbra dau bouscage 
Vène d'auzi l'auboi ; 
Lous garsous dau vilage 
S'amusaran tout ioi. 

E iéu touta souleta, 
En garden mous moutous, 
Près d'una font clareta 
Esprime mas doulous. 

2. Moun Dieu ! quan m'en souvène 
Das moumens qu'ai passât, 
Pode pas me retène 

De plourà moun ingrat. 
Touta la nioch languisse, 
N'ai pas pus de plezl, 
E talamen soufrisse 
Qu'ai mariei mai mouri. 

3. Tène pas à la vida, 
Moun pastour me trahis ! 
D'estre jouina e poulida 
A. dequé me servis? 
Abandounen, pecaire ! 
Aqueste bèu séjour, 
Cerquen pas pus à plaire, 
Renouncen à l'amour. 

Très populaire à Montpellier et dans toute la région. 

1. A l'ombre du bocage, — je viens d'entendre le hautbois ; — les 
garçons du village — s'amuseront tout aujourd'hui. — Et moi, toute 
seule, — en gardant mes moutons, — près d'une claire fontaine — 
j'exprime mes douleurs. 

2. Mon Dieu ! quand je me souviens — des doux moments que j'ai 
passés, — je ne peux me retenir — de pleurer mon ingrat. — Toute la 
nuit je languis, — je n'ai plus déplaisir, — et tellement je souffre — 
que j'aimerais mieux mourir. 

3. Je ne tiens pas à la vie, — mon berger me trahit ; — être jeune 



— 225 — 

4, Adieu, bousquet pesible, 
léu te veirai pas pus ! 
Moun cor, toujours sensible, 
Se souvendra de tus. 
Adieu, charmanta herbeta, 
Adissias, agnelous ; 
M'en vau touta souleta 
Ploura de rescoundous. 

et jolie — à quoi cela me sert-il ? — Abandonnons, hélas I — ce beau 
séjour, - ne cherchons plus à plaire, — renonçons à l'amour. 

4. Adieu, bosquet paisible, — je ne te verrai plus ! — Mon cœur, 
toujours sensible, — se souviendra de toi. — Adieu, charmante ver- 
dure, — adieu, petits agneaux ; — je m'en vais toute seule — pleu- 
rer en cachette. 

VII 

1. A Tantour de ma counoulho lous auzels i van basti. 

H ou! migré mai de ma bounololo 
Que del mal de moun ami. 

2. Men anguèri à Limotse cercà lèbres e perdis. 

3. Quan siguèri à Limotse, trobi lèbres ni perdis. 

4. Ceptat uno vièlho trètso, toulo pléno de fourmis. 

5. N'en coupèri uno liéuroto d'anvirou de cinq ardis. 

6. Las vesinos ne venguèroun : « Puro, belo, toun ami ! 

7. La mèro que l'o nourri, que lou puro, que lou cri ! » 

Hôul migré mai de ma bounololo 
Que del mal de moun ami. 

M. le V* DE GouRGUES, château de Lanquais (Dordogne). 

1. Autour de ma quenouille les oiseaux viennent bâtir (leur nidj. 

Refrain. 

2. Je m'en allai à Limoges chercher lièvres et perdrix. 

3. Quand je fus à Limoges, je ne trouvai ni lièvres ni perdrix. 

4. Excepté une vieille truie, toute pleine de fourmis. 

5. J'en coupai une petite livre de la valeur environ de cinq ardits. 

6. Les voisines vinrent [dire] : Pleure, belle, ton ami ! 

7. La mère qui l'a nourri le pleure, l'appelle ! 



— 226 — 



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VIII 



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Aqueste mes de mai 
La fièiro es à Belcaire ; 
Filhetos, i caldrà 'nà 
Caduno and soun fringaire. 

Ladera / (bis) 

Lala! (bis) 

Ladera^ laia, lala! 

Nou i'anirei pos iéu : 
Mouii galant m'a quitado 
Per un bouquet de flous 
E un de girouflados. 



1. Pendant le mois de mai, — la foire se tient à Belcaire; — 
Fillettes, il faudra y aller — Chacune avec son amoureux. 

Ladera! (bis), lala! etc. 

2. Je n'irai pas moi : — Mon amoureux m'a abandonnée — pour un 
bouquet de fleurs — et un bouquet de giroflées. 



— 227 — 

3. Per un bouquet de flous, 
Galant, tu m'as quitado ; 
Cresiots d'avé moun cor 
Coumo uno girouflado. 

4. Ei perdut moun contelhet 
Ai ! que soun malurouso ! 
Trobi un pastourelet, 

M'a rendut touto jouiouso. 

Ladera! (biis) 

Lala! (bis) 

Ladera, lala, lalal 

M"" Catherine Pinaud, Belesta (Ariège). 

3, Pour un bouquet de fleurs — galant, tu m'as quittée ; — Tu 
croyais prendre mon cœui", — comme on prend une giroflée. 

4. J'ai perdu mon petit couteau (?)- - Ah! que je suis malheureuse! — 
Mais j'ai rencontré un jeune berger, — qui m'a rendue toute joyeuse. 



IX. — Margarido 



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— 228 — 

1. « Margarido fai m*un plasé ; 

De m' lichà coucha and' tu souleto ? » 

Pero lira liro lireto 
De m' lichà coucha and' tu souleto? 
Pero lira! » 

2. — « Aquel plasé iéu te farei, 
Mes que m'en tengoi secreteto. »> 

3. — « Secreteto iéu te 'n tendre), 
De mièjo nèit jusqu'o l'albeto. » 

4. Quan se ven la punto del joun, 
Le galant cerco sas caussetos. 

5. — « Galant, ount vous voulets anà. 
Que n'es poi ni joun ni albeto ? » 

6. Mes le prumiè que rancountrec, 
Le paire de Margarideto : 

7. « Pairo, pairo, Dieu de bounjoun 
Ounte avets la Margarideto ? » 

8. — « Margarideto es dins soun lèit, 
Es dins soun lèit touto souleto. » 



Marguerite. — 1. « Marguerite, fais-moi le plaisir — de me lais- 
ser coucher avec toi seulette? — Pero lira! liro lireto î — de me 
laisser coucher avec toi seulette ?» — Pero lira ! 

2. — « Ce plaisir je te ferai, — mais tu me tiendras le secret. » 

3. — « Le secret je te tiendrai — de minuit jusqu'à l'aube. » 

4. Quand vient la pointe du jour, — le galant cherche ses chausses. 

5. « Galant, où voulez-vous aller? — il n'est encore ni jour ni aube.» 

6. Le premier qu'il rencontra — [fnt] le père de Marguerite : 

7. « Père, père, Dieu de bonjour, - où avez-vous la Marguerite ? » 

8. — « Margueiite est dans sou lit, — dans sonlittoute seulette.-) 



— 229 — 

9. — « Mes noun poi dempioi mièjo nèit, 
Que iéu n'i ei feit la coumpagneto.» 

10. — (( Galant, te 'n douni cent escuts, 
Si 'spousos la Margarideto.» 

11. — a Noun pos quan m' dounariots sieis cents, 
Qu*es pos estado prou sageto, 

Pero lira liro lireto 

Qu'es pos estado prou sageto, 

Pero lira ! » 

9. — « Mais non pas depuis minuit, — car je lui ai tenu compa- 
gnie. » 

10. — <( Galant, je te donne cent écus, — si tu épouses Mar- 
guerite. » 

11. — « Pas même quand vous m'en donneriez six cents; — elle 
n'a pas été assez sage. » 



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cor mai que noun cr« — ses E d'a-mourmai que ja - mai. 

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— 230 ~ 

1 . Dinc aquesta carieireta 
Sai tournarai pus passa ; 
Me maridou ma mestressa, 
M*en pode pas counsoulà. 

T'ai ai cor mai que noun creses, 
E d'amour mai que jamai. 

2. Quan passaves sus la plassa, 
Te fasiei mila poutous ; 
Sios talaraen poulideta, 

Me siei rendut amourous. 

T'ai ai' cor mai que noun creses, 

E d'amour mai que jamai. 

X..., Saint- Guilhem-le-Désert (Hérault). 

1 . Dans cette petite rue, — je ne passerai plus ; — on marie ma 
maîtresse, — je ne peux pas m'en consoler. — Tu es dans mon cœur 
plus que tu ne crois, — et je t'aime plus que jamais. 

2. Quand tu passais sur la place, — je te faisais mille baisers ; — 
tu es tellement jolie — que je suis devenu amoureux. — Tu es dans 
mon cœur plus que tu ne crois, — et je t'aime plus que jamais. 

XI 

Même air. 

A'n aquelos castagnetos^ 

Un janti pastourelet, 

Que ne gardo sa bergèro 

E retapo sous brebis ; 

'Quel amour es troumpat d'elo : 

Chi se fiso, troumpat es. 

M"* Marie Lambert, Belesta (Ariège). 

Dans ce bois de châtaigniers — [il y a] un gentil berger, — qui 
garde sa bergère — et renferme ses brebis ; — cet amoureux est 
trompé par elle : — celui qui se fie, est trompé. 



— 231 — 



XII. — Laflur 

1. « Que diàs, ma maire, del petit Laflur? 

S'en vai din laprado, ressemblo un Moussur. » 

2. (( Savès pas, ma maire, que m'es arribà ? 
Aviôi très mestressos, aro nou n'ei cà.» 

3. — « Que vô que li fague ? podi pas mai fà. 
T'en cal cercà 'n autro e la ben garda. 

4. » T'eu cal cercà 'n autro, la tène de près, 
N'estre pas balgaire, lène lou secret. » 

M. le V' de Gourques, château de Lanquais ^Dordogne). 

1. « Que diriez-vous, ma mère, du petit Lafleur? — Il s'en va dans 
la prairie, il ressemble à un Monsieur. » 

2. — « Vous ne savez pas, manière, ce qui m'est arrivé? — J'avais 
trois maîtresses, maintenant je n'en ai plus. » 

3. — « Que veux-tu que j'y fasse? Je n'y peux rien faire. — Il t'en 
faut chercher une autre et la bien garder. 

4. » 11 t'en faut chercher une autre, la tenir de près, — n'être pas 
bavard, garder le secret. » 



XIII. — Janot 

1 . Ta de tems que Janot m'embestio, 
Ba couneis pas, lou mal-agit ; 
Gar-lou l'emplastre, Testourdit, 
Fai dal pegous, la grosso bestio. 



Janot. — 1. H y a longtemps que Jeannot m'ennuie, — il ne voit 
pas qu'il agit en pure perte ; — regardez-le, cet empâté, cet étourdi. 
— il fait l'empressé, ce gros bêta. 



— 232 — 

2. Sai pas à que penso moun paire 
• De daissà sarrà aquel esplech, 

S'el es pas caud, proche el ei frech ; 
Paure goujat, i véi pas gaire. 

3. Se sei proche, dis : « Catarino ! 
Hè bé, digos, as dejunat? 

As pas un pauc de vi tirât ? 
Ei sét, balho me la cantino. » 

4. Quno diferenso ambe Alcido ! 
Aquel si ! que te ba sap fà ! 

(( Daisso m'un pauquet t'agafà, 
Me dis, t'aimi, me sios poulido ! » 

M. Etienne Glbizes, Azillanet (Hérault). 



2. Je ne sais à quoi pense mon père — de laisser approcher [de moi] 
ce niais. — Il n'a point d'ardeur, près de lui, j'ai froid ; — le pauvre 
garçon n'y voit guère. 

3. S'il s'approche, il dit : « Catherine ! — Hé bien, dis moi, as- tu 
déjeuné? — n'as-tu pas un peu de vin tiré? — j'ai soif, donne-moi la 
bouteille, » 

4. Quelle différence avec Alcide ! — celui-là, oui ! le sait bien faire : 
— (< Laisse-moi un peu te saisir, — me dit-il, je t'aime, je te trouve 
joHe. » 



XIV 

Me disou, pitsouno, que vous moridas, 

Ount soun las proumessos que vous ra'oviés fa? 

M. BoissKE, Le Puy. 



On me dit, mignonne, que vous vous mariez, — où sont les pro- 
messes que vous m'aviez faites ? 



— 233 — 



XV 



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1. Tout en revenant de boire bouteille, 
Un de mes amis me dit à l'oreille : 

Dondaine, 
Vamour qui nous mène 
Don la ! 

2. a Jean, prends garde à toi, on te coupe l'herbe.» 
— a Coupe qui voudra, je m'en soucie guère. 

3. » J'ai pris mon cheval, la bride et la selle, 
Et je suis allé au logis de la belle ; 

4. Trouve mon rival assis auprès d'elle, 
Sitôt qu'il m'a vu, s'est retiré d'elle. 

5. » Je lui dis : Rival, restez auprès d'elle, 
Jamais tu n'auras ce que j'ai eu d'elle. 

6. » Jamais tu n'auras ce que j'ai eu d'elle : 
J'ai eu de son cœur la fleur la plus belle. 

Dondaine^ 
Vamour qui nous mène 
Don la! 

M. HuoouNKc, Lodôre. 



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XVI. — La Counfessiou 



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ro D'à - quel pou - lit pas - tou. 



1. léu me coufessi, Pèro, 
Lou cor plé de doulou, 
D'avé, sus la faugèro, 
Badinât amé V Pierrou. 
Mes ièu m'en defendèri, 
Me defendèri prou ; 
Acô fà la coulèro 
D'aquel poulit pastou. o 

La. Confession. — 1. « Je me confesse, Père, — le cœur plein de 
douleur, — d'avoir, sur la foiigèi'e, folâtré avec le petit Pierre. — 
Je me suis défendue, — je me défendis assez, — c'est ce qui fait la 
colère — de ce joli berger. » 



— 235 — 

2. — « Tu n'as pecat, droulloto, 
Costro toun Salvadou ; 
Repentis-t'en, pauroto, 
Demando ni' n perdou. 

Mes Dieu es un boun paire, 
Qu'aimo la coufessiou, 
Mes noun perdouno gaire 
Sensé la countriciou. » 

3. — € léu vési pla, moun paire, 
Que vous avèts razou, 

xMès nou m'en chauti gaire 
D'abandouna V Pierrou. 
léu l'aimi ambé tendresse, 
El m'airao ambé furou ; 
Douplats la penitenso, 
Mes laissas-me V Pierrou. » 

4. — « Toun Pierrou es un diaple ! » 
— « Ai, moun Dieu ! qu'avets dit? 
Pierrou qu'es tan aimaple, 

Nou n'es pas TAntecrist. 
Es alai que m'espèro, 
Lou vau anà troubà. 
M'atendets pas pus, Péro, 
Tourni pas confessa. » 

M, le docteur Agussol, Le Caylar (Hérault). 

2. — « Tu as péché, petite, — contre ton Sauveur ; — repens-t'en, 
pauvrette, — demande-lui en pardon. — Mais Dieu est un bon père, 
— il aime la confession ; — mais il ne pardonne guère — sans la con- 
trition, » 

3. — « Je vois bien, mon père, — que vous avez raison, — mais 
Je ne me soucie guère — d'abandonner petit Pierre, — Je l'aime avec 
tendresse, — il m'aime avec fureur ; — doublez la pénitence, — 
mais laissez-moi petit Pierre. » 

4. — « Ton petit Pierre est un diable !» — « Oh I mon Dieu • 
qu'avez-vous dit? — Petit Pierre, qui est si aimable, — ne peut pas 
être l'Antéchrist. — Il est là-bas, il m'attend, — je vais l'aller trou- 
ver ; — ne m'attendez plus. Père, — je ne reviendrai plus confesser. » 



— 236 — 



XVII 




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1. — « Iéu me coufessi, Pèro, 
Lou cor plé de doulou, 
D'avé, sus la faugèro, 
Laissa fà lou Pierrou. 
Sul cop, iéu me fachèri, 
Me disputer! prou ; 



1. « Je me confesse. Père, — le cœur plein de douleur, — d'avoir, 
sur la fougère, — laissé faire petit Pierre. — D'abord je me fâchai, — 



— 237 — 

Mes que pot la coulèro 
Costro un poulit pastou? » 

2. — (( Avets pecat, bergèro, 
Costro lou Salvadou, 
D'avé, sus la faugèro, 
Laissât fà lou Pierrou. 
Dieu, que n'es un boun paire, 
N'aimo la countriciou ; 

Mes nou perdouno gaire 
Qu'après rHbsoulucion. « 

3. — ({ léu coumpreni, moun Paire, 
Que vous avets razou ; 

Mes, couci pourrioi faire 
De n'aima pas Pierrou ? 
léu l'aimi araé coustenso, 
El m'aimo araé furou ; 
Douplats la penitenso, 
E laissats me Pierrou. n 

4. — « Toun Pierrou n'es un diaple ! » 
— « Pèro ! qu'avets vous dit 

Es un pastour aimaple, 
Noun pas un Antecrist. 
Es al bosc, que m'espèro, 

je me disputai beaucoup ; — mais que peut la colère — contre un 
joli berger ? » 

2. — « Vous avez péché, bergère, — contre le Sauveur — d'avoir, 
sur la fougère, — laissé faire petit Pierre. — Dieu, qui est un bon 
père, — aime la contrition ; — mais il ne pardonne guère — qu'après 
l'absolution. » 

3. — « Je comprends, mon père, — que vous avez raison ; — mais 
comment pourrai-je faire — pour ne pas aimer petit Pierre ? — Je 
l'aime avec constance, — il m'aime à la fureur ; — doublez la péni- 
tence — et laissez-moi petit Pierre. » 

4. — « Ton petit Pierre est un diable ! » — Père ! qu'avez-vous 



— 238 — 

M'en vau l'anà troubà ; 
Tournarai pas pus, Pèro, 
Jamai pus coufessà. » 

M. le docteur Guibaud, Narbonne. 

dit? — C'est un aimable berger — et non pas un Antéchrist. — Il est 
au bois, qui m'attend, — je vais l'aller trouver ; — je ne reviendrai 
plus?, Père, — jamais plus confesser. 



XVIII 




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1. léu me coufessi, Pèro, 
Le cor plé de doulou, 
D'avé, sus la faugièro. 



1. — Je me confesse, Père, — le cœur plein de douleur, — d'avoir, 
sur la fougère, — folâtré avec petit Pierre. — Pourtant je me dispu- 



— 239 — 

Badinât amé Pierrou. 
Pertant m'en disputer!, 
M'en defendèri prou, 
Mes que pot la coulèro 
Countro 'n janti pastou? » 

2. — '( Tu n'as pecat, drouUoto, 
Countro toun Salvadou. 
Counvertis-te, pauroto, 
Abandouno Pierrou. 

Dieu nous aimo en boun paire, 
Aimo la counverciou, 
Mes nous perdouno gaire 
Sensé la countriciou. » 

3. — « léu cresi pla, moun paire, 
Que vous avès razou, 

Mes iéu noun podi gaire 
Abandonna Pierrou. 
El a iéu toutjoun penso, 
L*aimi dambé furou ; 
Doublas la penitenso 
Mes daissas-mé Pierrou. » 

4. — « Toun Pierrou n'es qu'un diable ! » 
— a Sigur, l'avès pas vist : 



tai, — je me défendis bien, — mais que peut la colère — contre un 
gentil berger ? » 

2. — (( Tu as péché, fillette, — contre ton Sauveur. — Conver- 
tis-toi, pauvrette, — abandonne petit Pierre. — Dieu nous aime en 
bon père, — il aime la conversion ; — mais il ne nous pardonne guère 
— sans la contrition. » 

3. — '.< Je crois bien, mon Père, — que vous avez raison ; — mais 
moi,. je ne peux guère — abandonner petit Pierre. — Il pense toujours 
à moi, — je l'aime à la fureur ; — doublez la pénitence, — mais 
laissez-moi petit Pierre, » 



— 240 — 

Es un pastour aimable 
E n'es pas l'Antecrist. 
Es en là que m'espèro, 
léu m'en vau le troubà. 
Adissias doun, moun Péro, 
Tourni pus coufessà. » 

M. Paul Barbe, Buzet (Haute-Garonne). 

4. — « Ton petit Pierre n'est qu'un diable !» — « Sûrement vous ne 
l'avez pas vu : — c'est un berger aimable — et non pas l'Antéchrist. 
— Il est là-bas qui m'attend, — je m'en vais le trouver: — Adieu 
donc, mon Père, — je ne reviendrai plus confesser. » 



XIX 



1 . € lou me coufesse, Pèro, 
Lou cor plé de doulour, 
D'ové, sur lo fougièro, 
Escoutat un postour. » 

2. — ^ « Ovès pechà, filheto, 
Countro lou Sôuvadour. 
Repentès-vous, paubreto, 
Demanda-li perdou. » 



3. 



4. — a Pierre es un piti diantre 
Que vous fariô pechà ; 
Pierre n'es un gran diable 
Que vous fariô damna. » 

1. « Je me confesse, Père, — le cœur plein de douleur, — d'avoir, 
sur la fougère, — écouté un berger. » 

2. — « Vous avez péché, fillette, — contre le Sauveur. — Repen- 
tez-vous, pauvrette, — demandez-lui pardon. » 

3 

4. — « Pierre est un petit diable — qui vous ferait pécher ; — 
Pierre est un grand diable — qui vous ferait damner. » 



— 241 — 

5. — « Pierre n'es pas un diable. 
Jésus I qu*avès-vou8 dit? 

Es un pastour chormable, 
Vous, ses un Antecrist. 

6. » Es aval, que m'espèro; 
Avès bel coufessà, 
N'espérés pas enquèro 
De me vèire tourna. » 

M. Camille Chabanbau, Nontron. 

5. — « Pierre n'est pas un diable. — Jésus! qu'avez-vous dit? — 
C'est un berger aimable ; — et vous, un Antéchrist. » 

6. Il est là-bas, qui m'attend ; — vous avez beau confesser, — 
n'espérez pas encore — de me voir revenir. 

XX 

Se chante sur l'air : Il pleut^ il pîeut^ bergère. 

1. (( lou me coufesse, Père, 
Lou cor plen de doulour, 
D'ové sus lo fôudzieiro 
Escoutat un postour. » 
— (( Ovès petsà, filhoto, 
Countro lou Sôuvodour ; 
Repentes-vous, pôubroto, 
Lou cor plen de doulour. » 

2. Pierou n'es pas un diable. 
Dzéjus ! Qu'ové-vous dit? 

1. « Je me confesse. Père, — le cœur plein de douleur, — d'avoir, 
sur la fougère, — écouté un berger. » — « Vous avez péché, fillette, 
— contre le Sauveur ; — Repentez-vous, pauvrette, — le cœur plein 
de douleur. » 

2. — « Pierre n'est pas un diable. » — « Jésus! Qu'avez-vous dit? » 



— 242 — 

Es un postour tsormable. » 
Vous, ses un Antecrit. 
Es oval que m'espèro ; 
Ovés bel coufessà, 
N'osperes pas enquèro 
De me vèire tourna, o 

M. BoissÉE, Le Puy. 

— C'est un berger charmant. » — Vous êtes un Antéchrist. » — Il est 
là-bas qui m'attend ; — vous avez beau sermonner, — n'espérez pas 
encore — me voir revenir. » 



— 243 — 



LA FILLE QUI DEMANDE UN MARI 



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Allegretto 



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ai! Quan -ta mai - re iéu 



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gnà lou mau de sa 
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ai! Quan- ta mai - re iéu 



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ai, Pot pas de - vi - gnà lou mau que iéu 



ai 




i^llii^^ElIlii 



« Ma fi - llia, tus vos 



na be - la rau - ba? 



La filha 

1. E ai ! ai 1 ail 

Quanta maire ièu ai ; 

Pot pas devignà lou mau de sa filha 

E ai ! ai I ai ! 

Quanta maire ièu ai ; 

Pot pas devigaà lou mau que iéu ai. 



1. La fille.— Aïe ! Aïe ! Aïe ! — Quelle mère j'ai, moi ; — [ellel ne 
peut pas deviner le mal de sa fille ! — Aïe ! Aïe ! Aie ! — quelle mère 
j'ai moi ; — [elle] ne peut pas deviner le mal que j'ai. » 



— 244 — 

La maire 

2. « Ma filha, tus vos una bêla rauba ? » 

La fiîha 

3. E ai I ai ! ai ! etc. 

La maire 

4. « Ma filha, tus vos una bêla côifa? » 

La filha 

5. E ai ! ai I ai ! etc. 

La maire 

6. a Ma filha tus vos un poulit jouine home! » 

La filha 

7. E ôi! ôil ôi! 
Oi, ma maire, ôi ! 

A ben devignat lou mau de sa filha, 
E ôi 1 ôl ! èi ! 
Oi, ma maire, ôi ! 
A ben devignat lou mau que iéu ai. 

Mme DussoL, Saint- André-de-Sangonis (Hérault). 

2. La mère. — « Ma fille, veux-tu une belle robe ? » 

3. La fille. — Aïe ! Aïe ! Aïe ! etc. 

4. La mère. — « Ma fille, veux-tu une belle coiffe ? » 

5. La fille. — Aïe ! Aïe ! Aïe 1 etc. 

6. La mère. — Ma fille, veux-tu un joli jeune homme ? » 

7. La fille. — Oui ! Oui ! Oui ! — Oui, ma mère, oui! — Elle a 
bien deviné le mal de sa fille. — Oui ! [ter) — Oui, ma mère, oui ! — 
Elle a bien deviné le mal que j'ai. 



— 245 — 



II 



Allegretto 



Eli^ËSËl^ë^'ii^ 



tr-=sj. 



V — ^- 



Ail 



Ail Qiian - ta mai - ra icu 



ai? 



Que cou - nou - gue 






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lou mau 



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El^^fegz l ^g^ii^^^l 



fi - Iha ? 



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Ai! 



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Que cou - nou - gue pas lou mau que iéu — 



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fi - Iha vos un ho 



me? > Oi ma 
D. G. 



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mai - re, 



01 — ma — 



mai - re, 



01. > 



La filha 

Ai ! Ai ! 
Quanta maire iéu ai? 
Que counougue pas 
Lou mau de sa filha ? 

Ai! Ai! 
Quanta maire iéu ai ? 
Que counougue pas 
Lou mau que iéu ai ? 

La fille. — Aïe ! Aïe ! — Quelle mère j'ai ? — qui ne connaît pas — 

le mal de sa fille? — Aie! Aïe I — Quelle mère j'ai, moi? — qui ne 

connaît pas le mal que j'ai ? 

18 



— 246 — 

La maire 

— « Ma filha vos un home ? » 

— « Oi, ma maire, ôi {bis) 
Acô *s acô se que iéu désire. 
Oi ! [ter) ma maire, ôi, 

Acô 's acô se que m'encôi, 

M. Bouquet, Montpellier. 

La mère. — « Ma fille, tu veux un mari? » — <r Oui, ma mère, oui, 
— c'est cela que je désire. — Oui, ma mère, oui, — c'est là ce qu'il 
me faut. » 

m 

Ma maire, lou vole., 

Lou drôle., 

Lou vole 'guesie an, 

Vole pas 'sperà un autre an. 

1. — < Ma filho, ii'o pas cap d'argent. » 

— (( Mes pèr d'argent ! 
En travalhen n'amassaren. » 

Ma maire, lou vole^ etc. 

2. — « Ma filho, n'o pas de lensôu. » 

— « Pèr de lensôu ! 
Dourmiren bé pèr lou sou. » 

Ma maire, lou vole^ etc. 

Ma mère, je le veux, — ce garçon, — je le veux cette année, — 
je ne veux pas attendre un autre an. 

1. — « Ma fille, il n'a point d'argent. » — « Pour de l'argent ! — 
en travaillant nous en amasserons. » 

2. — « Ma fille, il n'a point de draps de lit. » . — <c Pour des draps 
de lit ! — Nous dormirons bien sur le sol. » 



o 



4. 



— 217 ~ 

— « Ma fillio, n'o pas cap de car. » 

— • Mes pèr de car ! 
Tiaren lou biôu boutzar. » 

Ma maire, lou vole, etc. 

— ({ Ma filho, n'aven pas de sau. » 

— « Coussi ! de sau ! 

A la cavo n'io 'n plen dedau. » 

Ma maire f lou vole, etc. 

Ma filho, aven pas de sabou. a 

— (( Pèr (le sabou ! 

A la cavo ii'iè 'n plen seihou. » 

Ma maire, lou vole, 
Lou drôle, 
Lou vole 'questc an, 
Vole pas *sperà un autre an. 

M. le pasleur Liebich, Saint-André-de-Lancize (Lozère), 



3. — « Ma fille, il n'a pas de viande. » — « Pour de la vi'\nde ! — 
nous tuerons le bœuf bigari'é. » 

4. — « Ma fille, nous n'avons pas de sel. » — u Comment ! du sel ! 

— A la cave il y en a un plein dé (à coudre). » 

5. — « Ma fille, nous n'avons pas de savon. » — « Pour du savon ! 

— A la cave il y en a un plein seau. » 

Ma mère, je le veux, — le garçon, — je le veux cette année, — 
je ne veux pas attendre un autre an. 



IV 



Allegro 

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ii: 



ii: 



z=zz:=f5.=zqii=i&z:|zzz- 



Ma mai, ma - ri - da m' ac^uest' an Ma mai, ma- 



=U==P- 



— 248 - 



ziSnl 



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:4^: 



ri - da m'aqueste an. — « Moun Dieu 'quest' an I 



=tz=r^zÎ5^=^^=Et^=^' 



Pau - re aqueste anI))Pouo-de pas 'spe - rà en autre 



1^^ 



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an. Lou vo 



^i=-P=P^ 



le 'que dro - le, Pouo - de pas 



izSizi: 






tri 



:4:5: 



'spe - rà en autre an, lou vo - le, e - mai l'au - rei. 



— « Ma mai' marida m' aquest an (his) 

— « Moun Dieu 'quest an ! 
Pauro aqueste an ! » 

— c( Pouode pas 'sperà en autre an. 

Lou vole 

'Que drôle, 

Pouode pas 'sperà en autre an. 

Lou vole, 

Emai Taurei. » 

M. le docteur Ghaussinand, Ceux (Ardèche). 

— <( Ma mère, mariez-moi cette année. » {bis) — « Mon Dieu, cette 
année I — Malheureuse ! cette année !» — « Je ne peux pas attendre 
une autre année, — Je le veux, — ce garçon, — je ne peux pas atten- 
dre une autre année. — Je le veux — et je l'aurai. » 



Allegro 



E^ËE6^^^î-i==p===pi==P=:tii:=P===f===:f= 



Ma mai - re, ma - ri - da me A - ro que 



li 



-1: 



H-tOizS: 



— 249 — 



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-j-l — h — h — h -T I r> ^ 



soui ma • du — ro. Moun ga - lan me ba a - ga- 



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chat, En 



VI - ran 



la pas - tu - ro 



^^1^ 



prat, M'a dit qu'ô 



V 



ri ma - du — 



dal 



(1) 

mimm 



ro. 



Ma maire, marida-nie, 
Aro que soui maduro. 
Moun galant me ba agachat 
En viran la pasturo 

Dal prat 
M'a dit qu'èri maduro. 



M. le docteur Guibaud, Narbonne. 



Ma mère, mariez-moi, — maintenant que je suis mûre. — Mon 
amoureux m'a regardée — en retournant le foin — dans le pré, — 
il m'a dit que j'étais mûre. 



VI 



Marida-me, maire, marida-me lèu : 
Ma raubo se lèvo, emai moun faudiéu, 

M. le docteur Ghaussinand, Goux (Ardèche). 



Mariez- moi, mère, mariez-moi vite 
tablier aussi. 



ma robe se soulève et mon 



(1) Air ; La boulangère a des écus. 



250 



VII 



1. Lou voli, ma maire, aquel tounalié, 
Sarai la mestresso de soun atelié. 

2. Pourtarai oumbrelo, pourtarai las flous, 
Emb' ma testo alerto passarai pertout. 

3. Lou voli, ma maire, amai iéu l'aurai : 
A la fouont de Nimo, iéu l'espousarai. 

M. le pasteur Liebich, Saint-Maurice-de-GasevieiUe (Gard). 



1. Je le veux, ma mère, ce tonnelier, — je serai la maîtresse de son 
atelier. 

2. Je porterai l'ombrelle, j'aurai des fleurs (à ma coiff'ure), — avec 
ma tête levée je passerai partout. 

3. Je le veux, ma mère, bien sûr je l'aurai, — à la fontaine de 
Nimes, je l'épouserai. 



VIII 



Allegretto 



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:^rr:& 



-:=i: 



3:rTirrq3rz:i::r:rq:^i— qj— r «: 



Lou vole e Tau - rai, D'oun - te que me 



ven-gue, Iéu lou se - gui 



rai, 



Ga - rô que me 



l^r Ë t^__ rK: 



V- 



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pren - gue, 



Iéu lou 



se 



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rai per- 



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t=t-^ 



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tout, Mou - ri 



rai Ou ne ven-drai à bout 



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— 251 — 

— (( Lou vole e l'aurai, 
D'ounte que me vengue ; 
léu lou seguirai, 
Carô que me prengue ; 
léu lou seguirai pertout, 

Mourirai 
Ou ne vendrai à bout, n 

M"»» Marie Dalichoux, Saint- André-de-Sangonis (Hérault). 

Je le veux et je l'aurai, — malgré tout le monde, — moi je le 
suivrai, — il faudra qu'il me prenne ; — moi je le suivrai partout, — 
je mourrai — ou j'en viendrai à bout. 



IX 



Moderato 



M^^. 



— ^ — f -al— 



V- 



:ee^eSee^ 



l'hous - tal 



ne 



fan 



l'a 



raour, 




gar - de Ta — se ; 



?=p-- 



t^-=^^==2=^ 



Qual-quejoun le tems ven - drà, Gar - da - rà la - se, 






Gai- 



da 



|=î? 



rà l'a - se 



quai vour 



drà. 



1. A riioiistal ne fan l'amour, 
léu pauroto, garde l'ase ; 
Qualque joun le tems vendra ; 
Gardarà l'ase [bis) quai vourdrà. 



1. A la maison on fait l'amour, — moi, pauvrette, je garde l'âne ; 
■ quelque jour mon tour viendra : — gardera l'âne qui voudra. 



— 252 — 

2. A Thoustal manjoun pa blanc, 
E iéu, pauro, de touniéto ; 
Qualque joun le tems vendra : 
Manjarà tounio [bis] quai vourdrà. 

3. A l'houstal dansou tant bé, 
E iéu souleto assetado ; 
Qualque joun le tems vendra : 
Restarà soula [bt's) quai vourdrà. 

4. A Thoustal cantoun souven, 
Iéu au bosc tout Tan me taise ; 
Qualque joun le tems vendra : 
Restarà muda (bis) quai vourdrà. 

M^^* Marie Lambert, Belesta (Ariège). 

2. A la maison on mange du pain blanc, — et moi, pauvre, du pain 
de maïs; — quelque jour mon tour viendra : — mangera pain de maïs 
qui voudra. 

3. A la maison on danse bien, — et moi [je reste] seulette assise; — 
quelque jour mou tour viendra : — restera seule qui voudra. 

4. A la maison on chante souvent, — moi, au bois, tout l'an je me 
tais; — quelque jour mon tour viendra : — restera muette qui voudra. 



A Baloraugo fôu Tamour, 
E iéu, pauro, garde l'aze. 
A Baloraugo fôu l'amour, 
E ieu quon bendrô moun tour? 

A Valleraugue (1) on fait l'amour, — et moi, pauvre (fille), je garde 
l'âne. — A Valleraugue on fait l'amour, — et moi, quand donc vien- 

(1) Valleraugue (Gard), arr. du Vigan. 



- 253 — 

E quon mouii tour bendrô, 

Gardarô l'aze 
E quon moun tour bendrô, 
Gardarô l'aze quau boudrô. 

M. le pasteur Liebicb, 
Saint-Etienne-de-Vallée-Française (Lozère). 

dra mon tour ? — Et quand mon tour viendra, — gardera l'âne qui 
voudra. 



XI. — Lou MAU d'amour 



Allegro 



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p ^ » =r- 



^. 



§^^ 



: i^ 1. \;= 



léu n'en siéu fil - ho ma - lau - to, Ma - lau- 



1C=P 



P 



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"û: 



t?: 



-ir. 



to dôu mau d'à - mour. Ma - lau - to dôu mau d'à- 



:g=ijzizÉr=liz^Eib^^zi3tzzlzi^_gi— ^^ 



mour. le! lé! lé ! Pau - ro clou - len - to, Mau -dis- 



l^^^i^Ê^ll^l^ipâ 



se lou mau d'à -mour Que tant me iour-men — to. 



léu n'en siéu filho malauto 
Malauto dôu mau d'amour [bis), 

lé! (ter), pauro doulento, 

Maudisse lou mau d'amour 

Que tant me tourmenta. 



Lk mal d'amour. — Je suis une fille malade, — malade du mal 
d'am.our. — Hélas! {iev) , pauvre dolente, —je maudis le mal d'amour 
— qui tant me tourmente. 



- 254 - 

1. léu m'en vau troubà moun paire : 
Garis-me dôu mau d'amour? 

2. Moun paire me fai respouonso : 
En bastoù fai bien pèr vous. 

3. léu m'en vau troubà ma maire : 
Garis-me dôu mau d'amour ? 

4. Ma maire me fai respouonso : 
En couvent fai bien pèr vous. 

5. léu m'en vau troubà ma souorro : 
Garis-me dôu mau d'amour ? 

6. Ma souorro m'a fa respouonso : 
Siéu plus malauto que vous. 

7. léu m'en vau troubà moun fraire : 
Garis-me dôu mau d'amour? 

8. Moun fraire me fai respouonso : 
Lou travai fai bien pèr vous, 

9. léu m'en vau troubà ma tanto : 
Garis-me dôu mau d'amour ? 

10. Ma tanto me fai respouonso : 
En garsoun fai bien pèr vous. 



1 . Je m'en vais trouver mon père : — guéris-moi du mal d'amour ? 

2. Mon père me fait réponse : — un bâton va bien pour vous. 

3. Je m'en vais trouver ma mère : — guéris-moi du mal d'amour? 

4. Ma mère me fait réponse : — un couvent va bien pour vous. 

5. Je m'en vais trouver ma sœur : — guéris-moi du mal d'amour? 

6. Ma sœur m'a fait réponse : — je suis plus malade que vous. 

7. Je m'en vais trouver mon frère : — guéris-moi du mal d'amour ? 

8. Mon frère m'a fait réponse : — le travail va bien pour vous. 

9. Je m'en vais trouver ma tante : — guéris-moi du mal d'amour? 

10. Ma tante m'a fait réponse : — un garçon va bien pour vous. 



— 255 — 

lé! (ter), pauro doulento, 
Siéu gari (Tôu mau d'amour. 
Gramaci, ma tantol 

M. le docteur Chaussinand, Coux (Ardôche). 



Hélas! (ter), pauvre dolente, -^ je suis guérie du mal d'amour. 
Grand merci, ma tante. 



XII 



Allegretto 



z=^z=é=^j=\=i^ 



-±-s. 



H 



rjr=:^ ï^— \ j. — i ; — 1= 



Su - zoun ba dire à sa mai - re : t Qun 



re- 



-m- d d é 



:tr-: 



'Xi-=-\^-=\t 



T^ 



mè - di 



Ta - inour?» « Qun re - mè - di 



m 






a l'a mour, Pauro i - nou - cen - to ! » Mau -dit siô lou 



ii: 



-J^=^y=^-. 



-ili^^l^I^^I 



mau d'à - mour Que tant me tour 



men - to.» 



1. Suzoun ba dire à sa maire : 
Qun reraèdi a l'amour? {his) 

« Pauro inoucento ! » 
Maudit siô lou mai d'amour 

Que tant me tourmento. 



1. Suzon va demandera sa mère : — Quel remèile y a-t-il à l'amour? 
— v> l'auvre innocente ! * — Maudit soit le mal d'amour — qui tant me 
tourmente. 



— 256 — 

2. Sa maire ié fai respounso : 
a Lou remèdi à l'amour [bis) 

Es d'estre valento, 
De se leva '1 cap dal jour, 
E d'estre countento. » 

3. — Acô n'es pas estât gaire 
Un remèdi à l'amour {bis), 

Soui autant malauto, 
Aquel triste mal d'amour 
Autant me tourmento. » 

4. S*en ba demanda 'sa lanto : 
« Qun remèdi a l'amour ? 

— a Un galant fariè pèr vous, 

Pauro inoucento ? » 

— « Avès devignat lou mal 

Que tant me tourmento. » 

M. le docteur Guibaud, Narbonne. 

2. Sa mère lui fait réponse : — « Le remède à l'amour — c'est 
d'être vaillante, — de se lever au point du jour — et d'être contente.» 

3. — Cela n'a guère été — un remède à l'amour, — je suis autant 
malade. — Ce triste mal d'amour autant me tourmente. » 

4. Elle s'en va demander à sa tante : — « Quel remède y a-t-il à 
l'amour ?» — ce C'est un galant qu'il vous faut, — pauvre sotte 1 » 
— « Vous avez deviné le mal — qui tant me tourmente. » 



XIII 



Allegretto 




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il: 



^ fL 



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-y—>-4J — u — p- 

Ma - ri - ez - moi, ma pe 



îE 



ti - te ma- 



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S^i^^ 






a!z=Ë 



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man, — Je brûl' d'être en mé - na - ge, Je m'ap- 



— 257 — 



III^^^^^^É^^I- 



■J #: 



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pro-che dé - jà de quinze ans, — Je crois c'est un bel 



zïp^~«r:±EirE±fe^^^ 



â - ge 



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E 



Î2= 



t=l? 



Tou-jours tour - ner, Tou-jours fi- 



E=?^te=^Ç^^^=i 



lerl De ce mé - tier Je suis fort en - nu- 



?=J^^^EE^Ê^E 



yé\ Si vou: 



ne 



me ma - n 



ez 



±^: 



U— 1^ ' J - 



P=* 



^^^^SÉ^^Eg 



pas, Hél bien, ma - man, je ne fi - le -rai 



pas. 



Mariez-moi, ma petite maman, 

Je brûP d'être en ménage ; 
Je m'approche déjà de quinze ans, 
Je crois qu* c'est un bel âge. 
Toujours tourner, 
Toujours filer, 
De ce métier 
Je suis fort ennuyé', 
Si vous ne me mariez pas, 
Hé ! bien, maman, je ne filerai pas. 

Mnie DussoL, Saint- André-de-Sangonis (Hérault). 



XIV 



— or Oh! j'ai bien calculé mon âge, 
Et je compte bientôt quinze ans, 
11 faut me marier, ma mère, 



— 258 - 

Ou bien je ne coudrai pas. » 
— « Taisez-vous, petite sotte, 
Si je prends le manche à balai 
Je vous apprendrai 
A mieux parler. » 

M. le docteur Ghaussinand, Goux (Ardèche). 



XV 



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1. Al barri de Sant Jon 

r a 'no tant belo filho [bis) 
Que se vol maridà. 
Soun très que la van veze 
Saven pos qun l'aura. 



î . An Caubourg de Saint-Jean — il y a une bien belle fille — qui 
veut se marier. — Ils sont trois [soupirants] qui vont la voir; — nous 
ne savons lequel l'aura. 



— 259 — 

Le lilh del mouliniè 
r vai Taprès soupado, 
An-t-i disent : Catin ! 
Si tu non Di'aimos gaire, 
Me mori de chagrin. 



4, S'aviô saput ac6 
M'en siriô maridado ; 
Auriô près un talhur; 
Auriô cousit à l'oumbro, 
Siriô 'stat moun bounur. 

5. Que voi fèi d'un talhur? 
En touto sa journado 
Nou gagno que cinq sèus; 
Te fariô dourmi soulo, 
Quicom te fariè pou. 

M°« PiNAUD, Belesta (Ariége). 

2. Le fils du meunier — y va après souper — et lui dit : Catherine! 
— si tu ne m'aimes un peu, — je mourrai de chagrin. 
3 

4. Si j'avais su cela — je me serais mariée; — j'aurais pris un tail- 
leur, — j'aurais cousu à l'ombre, — cela aurait fait mon bonheur. 

5. Que veux-tu faire d'un tailleur? — dans toute sa journée — il 
ne gagne que cinq sous ; — il te laisserait dormir seule, — cela t'au- 
rait fait peur. 



XVI 



Moderato 



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Gar - do loua bouon temps, quan — 



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Gar - do toun l)ouon temps, ber - giôi - ro 



— 260 — 




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Quan te 



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ma - ri 



da - do, 




Toun bouon temps t'au - rô — pas 



sat. 



Gardo toun bouon temps, bergièiro, 
Gardo toun bouon temps quan Tas; 
Quand te seras maridado, 
Toun bouon temps t'aurô passât. 

M. le docteur Ghaussinand,, Goux (Ardèche). 



Garde ton bon temps, bergère, — garde ton bon temps quand tu 
l'as; — quand tu seras mariée, — ton bon temps aura passé. 



XVII 

1. Mi vole maridà, 

Que que digue lou mounde ; 
Mi vole maridà, 
Parle que vôu parla. 

2. M*en volou dounà 'n viel 
E iéu n'en vole un jouine, 
Lou vole à moun agrat 
Ou ni vole pas cap. 



1 . Je veux me marier, — quoi que dise le mondé ; — je veux me 
marier, — parle qui veut parler. 

2. On veut me donner un vieux, — et moi j'en veux un jeune, — 
je le veux à mon gré — ou je n'en veux aucun. 



~ 261 — 

3. — « Ma filho, prenès lou, 
Acô 's un home riche : 
Ma filho, prenès lou, 

A dous milo moutons 1 » 

4. (( N'o dous milo moutons, 
Grando sourso de lano. 
N'o dous milo moutons, 
Ma filho prenès lou ! » 

5. — € M'aime mai moun galant 
Em sas doussos manièros, 
Que lou riche bergiè 

Embé sa sounariè. » 

M. le pasteur Fesqubt, Roquedur (Gard). 

3. — « Ma fille, prenez-le, — c'est un homme riche : — ma fille, 
prenez-le, — il a deux mille moutons. 

4. « Il a deux mille moutons, — grande abondance de laine. — Il a 
deux mille moutons, — ma fille, prenez-le ! » 

5. — « J'aime mieux mon galant — avec ses douces manières, — 
que le riche berger — avec sa sonnaille [son grand troupeau]. » 



XVIII 

1. Joueinos filhos à maridà, 
Vous prèle de n'escoutà 
So que voui vole dire ; 
Prene n'en toutoi vostro part, 
Mais vous n'en chau pas rire. 



1 . Jeunes filles à marier, — je vous prie d'écouter — ce que je 
veux vous dire ; — prenez-en toutes votre part, — mais gardez-vous 
d'en rire. 

19 



— 622 — 

2. Lou jour qu'anarés espousà 
Las caressos mancaran pas, 
E la proumièiro annado 

Voui menarô bien per lou bras, 
En anent à la proumenado. 

3. Au bout d'en autre tant de temps, 
Li aurô bé mai de chanjoment : 
Serés devengù maire 

De un ou de dous efans, 
Serés pas prou countentos. 

4. Mes au bout de dous ou très ans, 
Que vostre efan se farô grand, 

E se farô manjaire, 

E vous demandarô de pan : 

N'ôurés pas belèu gaire. 

5. Quan voudrés anà proumenà, 
Voste home vou voudrô pas, 
Li seriô bé aviaire 

Qu'en chasque pertus de paret 
N'en sorte en calignaire. 



2. Le jour où vous irez épouser, — les caresses ne [vous] man- 
queront pas, — et la première année — il vous mènera bien par le 
bras, — en allant à la promenade. 

3. Au bout de quelque peu de temps, — il y aura bien du change- 
ment : — vous serez devenues mère — de un ou de deux enfants, — 
vous ne serez pas aussi contentes. 

4. Mais au bout de deux ou trois ans, — quand votre enfant 
deviendra grand — et se fera mangeur, — il vous demandera du pain : 

— vous n'en aurez peut-être guère. 

5. Quand vous voudrez aller promener, — votre mari ne voudra 
pas, — il aurait peur qu'en chemin, — de chaque trou de la muraille 

— il sorte un amoureux. 



— 263 — 

6. Quan n'en voudrés anà velhà 
Ses seguro que voudrô pas, 
Vous picharô l'eissino 
Vaqui lou plasl que n'auran 
Aquelos pauros filhos ! 

M. le docteur Ghaussinand, Goui (Ardèche). 

6. Quand vous voudrez aller veiller, — vous êtes sûre qu'il ne le 
voudra pas, — il vous frappera sur l'échiné. — Voilà le plaisir qu'elles 
auront, ces pauvres filles ! 



XIX 



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Nau - trcs vous la fa - r^n bais- 



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da — das. 



1 . Filhas que ses à maridà [bis] 
Qu'anàs testa levada, 
Nautres vous la faren baissa, 
Quan sarés maridadas. 



1 . Filles qui êtes à marier^ — qui allez tête en l'air, — nous vous 
la ferons baisser — quand vous serez mariées. 



— 264 — 

2. Au bout d'un an aurès l'enfant [bis), 

L'enfant sarà plouraire, 
Touta la nioch caudrà bressà, 
Ne dournairès pas gaire. 

3. Vostre home ne sarà jalous {bù), 

Jalous, amai renaire, 
Vous quitarà pas pus anà 
Encô de vostra maire. 

4. Vostre vantau sarà merdous, 
Lou coutilhoun sarà pissous, 

E touta mal couifada, 
Maudirés l'houra e lou moument 
Que sarés maridada. 

M""" TouRNEMiRK, Montferrier (Hérault). 

2. Au bout d*un an vous aurez un enfant, — l'enfant sera pleureur, 
— toute la nuit il faudra bercer, — vous ne dormirez guère. 

3. Votre mari sera jaloux, — jaloux et grognon, — il ne vous 
laissera plus aller — chez votre mère. 

4. Votre tablier sera merdeux, — le jupon sera pisseux, — et toute 
mal coiffée, — vous maudirez l'heure et le moment — où vous vous 
êtes mariée. 



Allegro 




Fi-lhos que siots à ma - ri - dà, S'a-rès d'ar- 



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jentgar-das lou pla; — Sio - guets pas cap le- 



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va — dos, Que vous lou fa - ran 



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— 265 — 



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Quan sa - rés ma - ri - da - dos. 



1. Filhos que siots à maridà, 
S'avôts d'argent, gardats lou pla ; 

Sioguets pas eap levados 
Que vous lou faran acatà 
Quan sarés maridados. 

2. Quan maridados ne sarets, 

Un pauc de milhou temps aurets ; 

Un pauc, mes noun pas gaire, 
Vostre marit sarà jalous 

Amai un pauc reiiaire. 

3. Se voulès anà permenà, 

En loc noun vous daissarà 'nà 
Qu'encô de vostro maire, 

Amai encaro vous dira : 
o( lé demoures pas gaire. » 

4. Al cap de nôu méses, un an, 
Aurets ou filho ou efant, 



1 . Filles qui voulez vous marier, — si vous avez de l'argent, gar- 
dez-le bien ; — ne levez pas la tête en l'air — car on vous la fera 
baisser — quand vous serez mariées. 

2. Quand mariées vous serez, — un peu de meilleur temps vous 
aurez ; — un peu, mais pas beaucoup, - votre mari sera jaloux — et 
même un peu grognon, 

3. Si vous voulez aller promener, — nulle part il ne vous laissera 
aller — que chez votre mère — et même encore il vous dira : — « N'y 
demeure guère. i> 

4. Au bout de neuf mois ou d'un an, — vous aurez ou fille ou 



— 266 — 

L'efant sarà plouraire, 
Touto la nèit cardrà bressà, 
Nou* dourmirets pas gaire. 

5. Aurets lou coutilhoun pissous, 
Aurets lou dabantal merdous, 

Sarets las mal coufados, 
Maudirets l'houro, amai lou jour 

Que vous siots maridados. 

M. le docteur Guibaud, Narbonne. 

garçon, - l'enfant sera pleureur, — toute la nuit il faudra bercer : — 
vous ne dormirez guère. 

5. Vous aurez le jupon pisseux, — vous aurez le tablier merdeux, 
— vous serez mal coiffées, — vous maudirez l'heure et le jour — où 
vous vous êtes mariées. 



XXI 

1. Une jeune fille veut se marier, 
N'ose pas le dire ni le déclarer ; 

Jour et nuit soupire toujours en disant : 
a Ma très chère mère, me faut un amant. » 

2. — « Oh ! dites, fillette, à quoi pensez-vous ? 
Etre si jeunette, vouloir un époux! 

Vous mettrons en ville dedans un couvent, 
Pour apprendre à vivre, passer votre temps, » 

3. — « Oh ! dites, ma mère, dedans le couvent 
De quelle manière on passe son temps ? » 
— (( Porter robe noire et le voile blanc, 

Et voilà, ma fille, Tordre du couvent. » 

4. Dit pas la parole, galant est rentré, 
Sa chère maîtresse s'en va saluer, 



— 267 — 

Lui disant : « La belle, t'en souviens-tu pas 
De tes apromesses? Tu ne les tiens pas ! » 

5. — « Toutes les promesses que je t'avais fait 
Dedans ma jeunesse, je te les tiendrai. 
Uy a rien que ma mère qui le veuille pas 
Sera tout de même, te chagrine pas. 

6. » Mon père si tendre, il se calmera ; 
De me voir si triste me maridera, 

Lui dira : « Ma femme, marions l'enfant. 
Car elle est dans l'âge d'avoir un amant. » 

M. le docteur Chaussinand, Goux (Ardèche). 



XXII 



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de - to tout l'an, Que 

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léu me maride oungan, 

Coucharai pas souleto, 

Coucharai ambé moun galant 



(1) Air : La boulangère a des écus. 



— 268 — 

Que me tendra caudeto 

Tout ran, 
Que me tendra caudeto. 

M. le docteur Guibaud, Narbonne. 

Je me marie cette année, — je ne coucherai plus seulette, — 
je coucherai avec mon galant — qui me tiendra bien chaude — tout 
l'an, — qui me tiendra chaudement. 



XXIII 



Moderato 



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A - dis - sias ma mai-re, me vei-rés pas 



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pus; Par -lis -se dis - sa -te, re-ven-drai di - lus. 

Adissias ma maire, me veirés pas pus : 
Partisse dissate, revendrai dilus. 

M""» Jeanjean, Montpellier. 

Adieu ma mère, vous ne me verrez plus : — je pars samedi, je 
reviendrai lundi. 



XXIV. ~ Variante 



Moderato 



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A -dis -sias ma mai-re, Me vei - rès pas pus, 



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Par - tis - se dis - sa - te, Re-ven-drai di - lus. 



— 269 



XXIV bis 

Adussià ma maire, sai me veiré plus : 
M'en vau la demincho, tournarei lou lus. 

M. le docteur Chaussinand, Coux (Ardèche). 

Adieu ma mère, — vous ne me verrez plus : — je m'en vais le 
dimanche, — je reviendrai le lundi. 



XXV 



Selon un usage assez fréquent, autrefois, lorsque deux amoureux ne 
pouvaient obtenir le consentement mutuel des parents à leur mariage, 
pour vaincre leur résistance, ils prenaient, en désespoir de cause, la 
résolution de s'enlever ; mais dans ce cas, pour éviter les rigueurs de 
la loi, c'était la jeune fille qui déclarait devant témoins (témoins béné- 
voles et certainement un peu complices), qu'elle enlevait le garçon. 
Ils partaient ensemble le samedi et revenaient le lundi, ainsi que dit 
la chanson. Il était bien rare qu'à la suite de ce scandale, qui mettait 
en rumeur tout le quartier, les parents persistent plus longtemps dans 
leur refus. 

Le poète montpelliérain Cyrille Rigaud a décrit, d'une façon char- 
mante, dans son poème Las amours de Mounpéyé, la fuite nocturne 
de Janet avec Liseta (I). 



Ploi embé sa voués douceta, 
La vergougnousa filheta 
Dis à lous qu'èrou vengus : 
« Srgas per temouens^ Messins y 
« Qu'enlève Jan de Fouj^ada. » 



Cyrille Rigaud, 
Las amours de Mowipéijé. Pouéma en très cants. 



(1; Obras coumplètds d'Auguste Rigaud et de Cyrille Rigaud. A Mouu- 
péyé. Virenque, 1845, p. 73. 



270 — 



XXVI. — Mairo Guenilho 

1 . Ai passa de vei lous Gras, 
Perl'ai pas r'esse trop tard. 

Anen vitament 

Vèire lous parens, 

Pèr aver la filho. 
a Bououjour, maire Guenilho, 
Vène eici per vous parla 

Mai de vostro filho, 

2. a Si me la voulià beilà, 
Vous serièu bien ôublijà : 

Dedin moun houstau 

Seriô pastro mau, 
E vous la rendrièu mestro 
De tout so qu'aurièu de resto. » 

3. Sa maire li a respoundu : 

« D'aqueste an, n'en parlenplus, 
N'aies pà' que sentiment 
Te fariô vira lou sen ; 



MÈRE Guenille. — 1. J'ai passé au Gras (Ij, — pour ne pas être 
en retard. — Allons vitement — voir les parents — pour avoir la fille. 

— c( Bonjour, mère Guenille, — je viens ici pour vous parler — en- 
core de votre fille. » 

2. » Si vous vouliez me la donner. — je vous serais bien obligé : 

— dans ma maison — elle ne serait pas trop mal, — et je la rendrais 
maîtresse — de tout ce que j'aurais de trop. » 

3. La mère lui a répondu : — « Pour cette année, n'en parlons 
plus, — n'aie pas ce sentiment, — cela te ferait perdre l'esprit ; 



(1) Gras (Ardèche), arr. de Privas. 



— 271 — 

I* 

N'as bé soissante ans, 

Siès plus en efant, 
E n'as passa l'iage 
De pensa au mariage. » 

M. le docteur Chaussinand, Coux (Ardôche). 

— ta as bien soixante ans, — ta n'es plas^ un [enfant, — et tu as 
passé l'âge — de penser au mariage. » 



XXVll 

1. L'autre jour en me proumenan, 

Ma turoluroun 

Ma turoluro^ 

Je rancountri fîlheto, 

Ma turoluroun 

Lureto. 

2. Je li ai dit e damandé ; 

« Do qu ses vous, filheto ? » 

3. « — Je suis filho d'un charpantié 

D'un charpantié boun métro. » 

4. « — Bon charpantié, bon charpantié 

Dono-me ta filheto ! » 

5. « — Mo filho n'o que quatorze ans 

E tu, n'as mai de milo. » 

M. le V' DE GouRGUES, château de Lanquais (Dordogne). 

1. L'aatre jour en me promenant, — )nn turoluroun — ma turo- 
luro — j'ai rencontré [une ] fillette. — ma turoluroun — lureto. 

2. Je lui ai dit et demandé : — « De qui êtes-vous, fillette? » 

3. — « Je suis fille d'un charpentier — d'un maître charpentier. » 

4. — u Bon charpentier, bon charpentier, — donne-moi ta fillette ? » 

5. — « Ma fille n'a que quatorze ans — et tu en as plus de mille. » 



— 272 — 



XXVIII. — Les épousailles 

1. Sai sen toutes vengus 
Dou fin-founs dôu vilage, 
Pèr n'en célébra vuei 
Lou jour dôu mariage 

A moussu vostre espous 
Autan bien coumo à vous, 

2. Ressaupè 'que gatèu, 
Madamo la nouviéto, 
Coupa n'en un moussèu, 
'Co vous farô couraprene 
Que pèr de pan raanjà 
Chau bèucop travailla. 

3. Ressaupès *qué bouquet, 
Madamo la nouviéto, 
Arrancha-li 'no flour, 
'Go vous farô coumprene 
Que lou bouon temps d'amour 
Passo coumo la flour. 



1 . Nous sommes tous venus — de l'extrémité du village, — pour 
célébrer aujourd'hui — le jour du mariage — de monsieur votre 
époux — aussi bien que de vous. 

2. Recevez ce gâteau, — madame la mariée, — coupez-en un 
morceau, — cela vous fera comprendre — que pour manger du pain 
— il faut beaucoup travailler. 

3 . Recevez ce bouquet, — madame la mariée, détachez-en une 
fleur, — cela vous fera comprendre — que le bon temps d'amour — 
passe comme la fleur. 



— 273 — 

4. N*avès plus uno nuè 

A vous coueijà souleto 
Dinc un lié blanc de flour, 
Coumo eno vierjo belo ; 
'Que souer aurés Tespous 
Tout à toucho de vous. 

5. — « Me chaurô doun quità 
L'houstau de moun bouon paire, 
léu qu'auriéu tant amà 
Viéure auprès de ma maire I 
Me chaurô quità tout 

Per sègre moun espous. » 

M. le docteur Ghaussinand, Goux (Ardèche). 

4, Vous n'avez plus une nuit — à vous coucher seulette — dans 
un lit [couvert] de fleurs blanches, — comme une belle vierge ; — ce 
soir vous aurez l'époux — tout à côté de vous. 

5. — « Il me faudra donc quitter — la maison de mon bon père, — 
moi qui aurais tant aimé — de vivre auprès de ma mère ; — il me 
faudra tout quitter — pour suivre mon époux. » 



XXIX. — La novio 

1. La nosto novio o un davantau 

E que i cache so que eau, 

Soun davantau 

Do la nosto novio ; 

E que i cacho so que eau, 

Soun davantau. 



La fiancée. — 1. Notre mariée a un tablier — qui lui cache tout ce 
qu'il faut, — le tablier — de notre mariée, — et qui lui cache tout ce 
qu'il faut, — son tablier. 



- 274 — 

2. La nosto novlo o un auzelou 
Que n'es pus fi que dèi velou, 

Soun auzelou 
De la nosto novio; 
Que n'es pus fi que dèi velou, 
Soun auzelou. 

3. La nosto novio o un passerat 
Que nou dis pas tout so que fa, 

Soun passerat 
De la nosto novio ; 
Que nou dis pas tout so que fa 
Soun passerat. 

4. La nosto novio o un agassat 
Bado la gulo coumo un cat, 

Soun agassat 

De la nosto novio ; 

Bado la gulo coumo un cat 

Soun agas>at. 

M. le V* de Gourgues, Bergerac (Dordogne). 

2. Notre mariée a un petit oiseau — qui est plus fin que du velours. 

3. Notre mariée a un passereau - qui ne dit pas tout ce qu'il fait. 

4. Notre mariée a une petite pie — qui ouvre la gueule comme un 
chat — la petite pie — de notre mariée, — elle ouvre la gueule — 
comme un chat, — sa petite pie. 



XXX 

1. Quand j'étais fille à raarier 

Dieu que j'étais galante! la. 

2. Les amoureux me venaient voir 

De deux, de trois ensemble. 



— 275 — 

3. Le plus petit seul m'a porté 

Un bel bouquet d'orange. 

4. L'orange tombe sur mes pieds, 

S'il m'a brisé ma jambe. 

5. S'en vont chercher le médecin, 

Le médecin de Nantes. 

6. — « Médecin, joli médecin, 

Pourriez guérir ma jambe? » 

7. — « Je lui ferai tout mon pouvoir 

Et toute ma puissance. » 

8. — « Tout homme qui fait son pouvoir 

Mérite récompense. 

9. — « La récompense que je veux : 

Nous marier ensemble. » la, 

M. le V* De Gouroues, château de Lanquais (Dordogne). 



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L'an toun - dut, lou no - vi. L'an toun - dut, De 






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la pôu de lai bes - tio que li cour-rion au su. 

1. L'an toundut 

Lou novi, 
L'an toundut, 
De la pôu de lai bestio 
Que li courrian au su. 



1 . On l'a tondu — le marié, on l'a tondu, — dans la crainte des 
poux — qui lui couraient sur la tête. 



— 276 — 

2. L'an poudrât 

Lou novi; 
L'an poudrât, 
De la pôu de lai bestio 
Que lou voulion manjà. 

3. L'an perdut 

Lou novi, 

L'an perdut, 
L'an perdut din la palho, 
lé lou trouvavouQ plus. 

M. le docteur Ghaussinand, Goux (Ardèche). 

2. On l'a poudré — le marié, — on l'a poudré, — dans la crainte 
des bêtes — qui voulaient le manger. 

3. On l'a perdu — le marié, — on l'a perdu, — on l'a perdu dans 
la paille, — on ne l'y trouvait plus. 



XXXII 



Moderato 



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Fa'n gar-coun i tou - lièi - ro que se vôu ma - ri- 



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dà; N'a em-prun-tà de bra - io pèr a - na es -pou- 



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sà. Ai- las! que - to pie - ta^ quaji sa-ran ma-ri - dà'? 

1. Fa'n garçoun i tôulièiro que se vôu maridà ; 
N'a emprunta de braio pèr ana espousà. 



1. 11 y a un garçou, aux tuileries, qui veut se marier; — il a 
emprunté des braies pour aller épouser, — 



— 277 - 

Allas/ queto pi'pta, 
Quan saran maridà ? 

2. La maire eméla fiho, lou paire et lou garçoun, 
Van acampà frigoulo pèr pourta 'n Avignoun. 
Allas / queto pieta^ 
Quan saran maridà ? 

M"" Veuve Gilbert, Avignon. 

Hélas! que feront-ils — quand ils seront mariés ? 

2. La mère et la fille, le père et le fils — vont ramasser du thym 
pour porter en Avignon. — 

Hélas! que feront-ils — quand ils seront mariés? 



XXXIIl. — La petite mariée 



Allegro 

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La fil - ho d'un tal-hur, La fil - ho d'un tal-hur, Soun 






pai-re la ma -ri-do, Se la ma-ri-docent le-goslengd'ai- 






ci, La ma -ri- do tan jou-ve, que se sap pas ves - ti. 

1, La filho d'un talhur, (bis) 

Soun paire la marido 

Se la marido cent legos leng d'aici ; 

La marido tant jouve, 

Que se sap pas vesti. 



Là fille d'un tailleur. — 1 . La fille d'un tailleur [bis] — son 
père la marie. — Il la marie à cent lieues loin d'ici, — il la marie si 
jeune — qu'elle ne sait pas se vêtir. 

20 



— 278 — 

2. La prènoun perla ma, (bisj 
S'en van à la marchando, 

De tant d'endiènos qu'i fan passa davant 
La novio vergougnouso 
N'a causit qu'un riban. 

3. La prènoun pèr la ma, (bis) 
Van à la courdounièiro, 

Bé i'espandissoun d'escarpins pla flouoas, 
La novio vergougnouso 
N'a causit qu'un groulhas. 

4. La prènoun pèr la ma, fbisj 
La menoun à Taufèvre : 

Tant de cadenos i'an espandit davant, 
La novio vergougnouso 
N'a prés qu'un diamant. 

5 La prènoun pèr la ma, fbïsj 
La menoun à la glèizo : 
« Anen, nouviéto, alongo 'n pau lou pas : 
La messo sarà dicho, 
Te maridaran pas » 



2. On la prend par la main, — on va chez la marchande [d'étoffes] ; 

— de tant d'indiennes qu'on fit passer devant elle, — la mariée timide 

— n'a choisi qu'un ruban. 

3. On la prend par la main, — on va chez la cordonnière ; — on 
étale devant elle des escarpins bien ornés [de rubans], — la mariée 
timide n'a choisi qu'une [paire de] savates. 

4. On la prend par la main, — on la mène chez l'orfèvre ; — de 
tant de chaînes [dorées] qu'on a étalées devant elle, — la mariée timide 
n'a pris qu'un diamant (une bague de verre). 

5. On la prend par la main, — on la mène à l'église : — « Allons, 
petite mariée, — allonge un peu le pas : — la messe sera dite, — 
on ne te mariera pas. 



— 279 — 

6. La prènoun pèr la ma, {bis) 
La menoun à la taulo. 

De tant de moiches qu'i fan passa davant, 
La novio vergougnouso 
Ne manjèt que de pan. 

7. La prènoun pèr la ma,(^î5 
La menoun à la danse, 

Pr'acô qu'entende que jogoun dal viéuloun, 
La novio vergougnouso 
Se demoro al cantou. 

8. La prènoun pèr la ma, (bis) 
La menoun à la crambo, 

Ne la despulhoun e la metoun al lèit, 
La novio vergougnouso 
Rounquèt touto la nèit. 

M. le Docteur Guibaud, Narbonne. 



6. On la pread par la main, — on la mène à la table, — de tant 
de mets qu'on fit passer devant elle, — la mariée timide — ne mangea 
que du pain. 

7. On la prend par la main, — on la mène à la danse ; — aussitôt 
qu'elle entend que l'on joue du violon, — la mariée timide — va se 
mettre dans un coin. 

8. On la prend par la main, — on la mène à la chambre ; — on la 
dépouille [de ses vêtements] et on la met au lit, — la mariée timide 
— ronfla toute la nuit. 



XXXIV. — Variantes de la Haute- Loire 



Allegro 



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Quant 6u-guè-rou di-nà, Quant ôu-guè-rou di-nà, Por- 



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- 280 



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lè-rou de lo dan-so; Lo no-vio dan-so,n'en-ten pas lou viôu • 

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lou no - vi n'en 



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lo dzen que li soun. 



1. 



2. 



3. 



4. 



— « Qu'ovè-vous, novio, que vous fai bouitezà ? » 

— « Lou souliè m'o cotzà, ne pode pas mortzà. » 

Quant ôuguèrou dinà (bis)^ porlèrou de lo danso : 
La novio danso, n'enten pas lou viôuloun, 
E lou novi n'en ris, e lo dzèn que li soun. 

'Viroun lou mièdzo né {bis) porlèrou d'onà dzaire : 
Lo novio puro, nou lei vol pas onà, 
E lou novi li dit : « zou te forai bé fà. » 

Lo meneto venguè (bis), liour pourtè de lo poulo : (1) 
Trobo lo novio, lou novi entre sous bras ! 
(( E moun Dieu ! pauro novio, tsoliô pas tant purà! » 

M. BoissBE, Le Puy. 



1. . . — « Qu'avez-vous, mariée, qui vous fait boiter? » — Le sou- 
lier m'a blessée, je ne peux pas marcher. 

2. Quand ils eurent dîné, ils parlèrent de la danse : — la mariée 
danse, [mais] n'entend pas le violon, — et le marié en rit avec les 
gens de la noce. 

3. Aux environs de minuit, ils parlèrent d'aller se coucher: — 
la mariée pleure, elle n'y veut pas aller, — et le marié lui dit : w Je t'y 
ferai bien aller 1 » 

4. La dévote vint leur porter la poule ; — elle trouva la mariée 
[tenant] le marié entre ses bras : — « Eh ! mon Dieu, pauvre mariée, 
il ne fallait pas tant pleurer ! » 



(1) L'usage était de servir une poule aux mariés, pendant la première 
nuit de leurs noces. 



— 281 — 



XXXV 



Allegro 




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La bel - lo Ma-ri-oun, la bel - lo Ma - ri-oun, soun 



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pai - re la ma - ri - do, Mai si 



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ri- do, la ma - ri - do luen d'ei - ci A fau - to de joueine 




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ho - me, que n'en trou - va - vo 



La bello Marioun (bis) 
Soun paire la marido, 

Se la marido 
La marido luen d'eici, 
A fauto de joueine home 
Que n'en trouvavo gi. 

La prenoun pèr la man, {bis) 
La raenoun vei l'ourfèbre, 

Se li boutavoun 
Toutos cheinos davant, 
La bello vergougnouso 
N'a près qu'en diamant. 

La prenoun pèr la man, (bis) 
La menoun à la glèizo, 

(( Ardi, ma mio, 
Double en pôu mai lou pas, 
La messo seriô dito 
Nous espousarian pas. » 



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— 282 — 

La prenoun pèr la man, (bis) 
La menoun à la taulo, 

Se li boutavoun 
Toatoi viandoi davant, 
La bello vergougnouso 
Manjavo que soun pan, 

La prenoun pèr la man, (bis) 
La menoun à la danso, 

Sauto que sauto, 
Coumpreniô pas lou soun ; 
Fai vergougno à soun home, 
En d'aquéu que li soun. 

La prenoun pèr la man, (bis) 
La menou à la coueijo. 

« Ardi, ma mio, 
Bouta vous d'aginous, 
Faren nosto preièro, 
Coueijaren toutei dous, » 

Quan venguè lou mati (bis) 
La bello se coueifavo 

a Ardi, ma mio, 
Chau pas toujour coueifà, 
Chau pensa au meinage, 

E toujour meinajà. » 

M. le docteur Ghaussinand, Goux (Ardèche). 



XXXVL — Le petit mari 



Allegro 



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Un cop i'aviô 'n ma - rit — Goumo un grà de ci- 



— 283 — 



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gfMe^, Tin-guet^ tin - gai — ho^ Tin - go, tin - guetl 



1. Un cop i'aviô 'n marit 
Coumo un grà de civado, 

Tingo, tinguet^ 
Tingo tingalho^ 
Tingo^ tinguet l 

2. L'ei pourtat al cantou, 
Le cat me V graufignavo, 

3. L'ei pourtat al jouquiè, 
Le poulh me 1' picassavo. 

4. L'ei pourtat din lou nits. 
L'ei perdut pèr la palho. 

5. L'ei voulgut mena '1 riéu, 
L'aigo se l'a 'nmenado. 



bis, 



1. Une fois il y avait un mari — [grand] comme un grain d'avoine. 

TingOj tinguet, — tingo, tingaiho, — tingo, tinguet î 

2. Je l'ai porté dans un coin [ de la maison ], — le chat me l'égra . 
tignait. 

3. Je l'ai porté au juchoir, —le poulet me le picotait. 

4. Je l'ai porté dans le nid, — je l'ai perdu dans la paille. 

5. J'ai voulu le mener au ruisseau, — l'eau l'a emporté. 



— 284 — 

6. M'an dit de le plourà, 
Le rire m'escapavo. 

7. M'an dit d'i pourtà dol, 
Le rouge m'agradavo. 

Tingo, tinguet, 
Tingo, tingalho, 
Tingo, U'nguet t 

M"* Marie Lambert, Belesta (Ariège). 

6. On m'a dit de le pleurer, — je ne pouvais m'empêcher de rire. 

7. On m'a dit de porter le deuil, — le rouge me convenait mieux. 



XXXVII 

Ai un home ques pitit^ 
Ou pode dire^ (bis) 
Ai un home qu'es pitit^ 
Ou pode dire qu'es pitit. 

1. And'una branca de figuèira 
Tai fa fà trege cadièiras ; 
N'i en obut un boussinou, 
N'i ai fach un tabouretou. 

2. Ande mièch pan do tèla grisa 
l'ai fa fa trege camisas, 



Xai un mari qui est petit, — je peux bien dire, (bis) —faiun mari 
qui est petit, — je peux bien dire quil est petit. 

1. Avec une branche de figuier —je lui ai fait faire treize chaises ; 
— il en resta un petit bout, — je lui on ai fait un petit tabouret. 

2. Avec un demi-pan de toile grise —je lui ai fait faire treize che- 



- 285 - 

N*i en obut un boussinou, 
N'i ai fa faire un giletou. 

3. And'una agulha despounchada 
N'i ai fa faire una espaça; 

N'i en aget, un boussinou, 
N*i ai fa faire un coutelou. 

4. And'una testa d'arencala 
N'i ai fa fà trege semraanas; 
N'i en obut un boussinou, 
N'i ai fa faire un pastissou. 



M. SiLHOL, Le Grès, près Montpellier. 



mises; — il en resta un petit bout, — je lui en ai fait faire un petit 
gilet. 

3. Avec une aiguille épointée — je lui ai fait faire une épée, — il 
en resta un petit bout, — je lui en ai fait faire un petit couteau. 

4. Avec une tête de hareng — je l'ai nourri pendant treize semaines, 
— il en resta un petit morceau, — je lui eu ai fait faire un petit pâté. 



XXXVIII 



Allegro 



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Ma mai m'a douna 'n ma — ri - dou, Me l'a dou- 



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nat pi-chou, pi - chou, Re-qtiin - quou, Qiia-tre quin 









qua-ti'Cj Cinq me lan tr^, La lyùu re - quin - quel 



— 286 — 

1. Ma mai' m'a dounà 'n maridou, 
Me Ta dounat pichou, pichou, 

RequinquoUy 
Quatre quin quatre^ 
Cinq me lan tré^ 
La miu requinqué I 

2. Me l'a dounat pichou, pichou, 
Al mouli Tenvouièri jou, 

Requinquou^ etc. 

3. S'ei jitat dins un fangassou. 

4. Pèr's aurelhos Tin tiri jou. 

5. Le m'emporti à la maisou. 

6. L'assietèri sus un bancou. 

7. Lai galinoi me 1' picoun tout. 

8. léu cridègui : E chou ! E chou I 

9. Dicha-me le miéu maridou. 

10. Qu'encaro m'en serviri jou, 

11. Pèr ié fa'stisà le tisou. 

1 . Ma mère m'a donné un petit mari, — elle me l'a donné petit, 
petit, -- requinquou, quatre, etc. 

2. Elle me l'a donné petit, petit, — au moulin je l'ai envoyé. 

3. Il s'est jeté dans un bourbier. 

4. Par les oreilles je l'en ai tiré. 

5. Je l'ai emporté à la maison. 

6. Je l'ai assis sur un petit banc. 

7. Les poules venaient le picoter. 

8. Je leur criai : Hé! chou! Hé! chou! 

9. Laissez-moi mon petit mari, 

10. Qui pourra encore me servir 

11. Pour lui faire attiser le feu. 



— 287 — 

12. E per tastàle vi s'ei bou. 

Requinquouy 
Quatre quin quatre, 
Cinq me lan tréy 
La miu requinqué. 

M"« Marguerite Basset, Belesta (Ariège). 



12. Et pour goûter si le vin est bon. 



XXXIX 



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Allegro 



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di - re qu'es pi - chou! And' u - no cles-quo d'es- 



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cail N'ieibas - tit ungranhous- tal, N'ia res - tat un es-clou- 



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pal, Po - di pla di - re qu'es pi - chou! 

léu nei *n home pickou^ 
Pode pla dire ques pichou I 

1. And'uno clesquo d'escail 
N'i ei bastit un gran houstal. 



Tai un mari tout petite — je peux bien dire qu'il est petit! 
1. Avec une coquille de noix — je lui ai bâti une grande maison, 



— 288 - 

N*ia restât un escloupal. 
Podi pla dire qu'es pichou ! 

2. D'uno quèicho d'aparat 
N'a dinnat emès soupat, 
NMa restât un sietounat. 
Podi pla dire qu'es pichou ! 

3. And'un pan de tèlo griso 
l'en ei feitos sièis camisos, 
N'ia restât un jiletou. 
Podi pla dire qu'es pichou ! 

4. D'uno clesquo d'abelano 
N'i ei bastit uno cabano, 
N'ia restât un cabanou. 
Podi pla dire qu'es pichou ! 

léu n'ei 'n home pichou, 
Pode pla dire qu'es pichou ! 



M""' Anna Mklet, Belesta (Ariège). 



il en resta [de quoi faire] un grand sabot. — Je peux bien dire qu'il 
est petit ! 

2. D'une cuisse de moineau — il a dîné et même soupe, — il en est 
resté une petite assiettée. — Je peux bien dire qu'il est petit ! 

3. Avec un pan de toile grise — je lui ai fait six chemises, — il en 
est resté [de quoi faire] un petit gilet. — Je peux bien dire qu'il est 
petit ! 

4. D'une coquille de noisette — je lui ai bâti une cabane, — il en 
est resté [de quoi faire] un petit cabanon. — Je peux bien dire qu'il 
est petit ! 

J''ai un mari tout petit, — je peux bien dire quil est petit! 



— 289 — 

XL. — Variante 

1. Am'uno clesco d'avelano 
léu n'i ai fa faire uno cabano, 
Eraai encaro un cabanou. 

Podi pla dire qu'es pichou ! 

2. Am'un mié pan de tèlo griso 
léu n'i ai fa faire uno camiso, 
Emai encaro un camisou. 

Podi pla dire ques pichou ! 

M. frère Miquel, Rabastens (Tarn). 

1. Avec une coquille de noisette — je lui ai fait faire une cabane — 
et même encore un cabanon. — Je peux bien dire qu'il est petit! 

2. Avec un demi-pan de toile grise — je lai ai fait faire une chemise 
— et même encore une camisole — Je peux bien dire qu'il est petit t 

XLI 

1 . Mon père m'a donné un mari (bis). 

2. Me Ta donné aussi petit, 

3. Al pied du feu je l'ai assis, 

4. Et par la cendre il se perdit, 

5. Je prends la rispo (pelle), j'ai rispi, 

6. Et par la cendre il s'est troubi. 

7. A peino je le troube au lit, 

8. E par la paille il s'est perdi. 

9. Je prends la fourche, j'ai fourchi, 

10. Par la paille je l'ai troubi. 

11. Dabant la porte je l'ai mis, 

12. Le loup passa, se l'emporti. 

M"' Marie Lambert, Belesta (Ariège). 



290 — 



LA MAL MARIDADO 



Moderato 









A l'a -ge de quinze ans, moun pai-re me ma - ri-do, A 

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l'a- ge de quinze ans, moun — pai-re me ma - ri - do. 



1. A Tage de quinze ans, moun paire me marido, 

2. Me marido tant lion, degus noun sap la vilo. 

3. Lou dilus au mati, lou novi la vèn querre, 

4. Aten, novi, aten, qu 'elo siogue vestido, 

5. Amai, encaro mai, qu 'elo siogue coufado. 

6. Soun pai la vai mena très cent cinquanto legos, 

7. E soun fraire lai vai au fin founs de la terre. 

8. « Adieu, ma ûlho, adieu, couro saurai nouvèlos? » 

9. — « Nouvèlos n'aurèspas qu'ai retour de moun pèro, 



La mal mariée. — LA l'âge de quinze ans mon père me marie. 

2. Il me marie si loin, que personne ne sait [où est ] la ville. 

3. Le lundi matin, le marié vient la prendre ; 

4. — (( Attends, marié, attends qu'elle soit vêtue 

5. » Et de plus, qu'elle soit coiffée. » 

6. Son père va la mener à trois cent cinquante lieues. 

7. Et son frère va au bout de la terre. 

8. — « Adieu, ma fille, adieu, quand saurai-je de tes nouvelles? » 

9. -~ <( Vous n'aurez de nouvelles qu'au retour de mon père. 



— 291 — 

10. » Amai, encaro mai, qu'ai retour de moun frèro.» 

11. Quan seguèrou pus lion, la belo se plouravo. 

12. « Que ploures tu, as pôu d'estre mal maridado? 
13 » Mal maridado pas, saras la bien aimado, 

14. )) De cops de pèd, de poung, de souflets, d'aurelhados, 

15. » Deroudelaras l'escaliè très jours de la semmano. » 

16. » — Coussi disiôs pa 'ital qu'èros davant moun pèro ? 

17. » Amai quan ne preniôs tout l'argent de ma raèro? » 

18. — « Retourno me l'argent, e reprendrai la belo. » 

19. — « L'argent, tus n'auras pas, l'argent ni mai la belo » 

M"» Virginie X..., Ambialet (Tarn.) 

10. « Et même qu'au retour de mon frère, u 

11. Quand ils furent plus loin, la belle se mit à pleurer, 

12. — « Pourquoi pleures-tu, as-tu peur d'être mal mariée? 

13. « Mal mariée ne seras pas, tu seras la bien aimée, 

14 » Tu recevras des coups de pied, de poing, des gifles, des oreil- 
lades, 

15. » Tu rouleras dans les escaliers trois jours de la semaine. » 

16. — « Que ne disais- tu ainsi quand tu étais devant mon père. 

17. « Et de même, quand tu prenais l'argent de ma mère? » 

18. — « Rends-moi l'argent et je reprendrai la belle. » 

19. — « L'argent tu n'auras pas, l'argent ni même la belle. » 



II 



1. Amoundaut sus la mountagno 
l'o *n vèuse qu'a tant de bé ; 
— Si o de bé, que lou garde, 
Que pèr iéu lou vole pas. 

1. Là-haut, sur la montagne, — il y a un veuf qui a beaucoup de 
bien ; — s'il a du bien, qu'il le garde, — car moi, je ne le veux pas, 



— 292 — 

2. Me parla pas d'aquèus vèuses, 
Es de bouliou rechanfà, 
Parla me d'aquelesjoueines, 
Soun toujour plus revelhà. 

3, Pèr dansa, toute! loui joueines, 
Soun toujour plus revelha. 
Dinc un four, toute! lou! vèuses, 
Dinc un four, lous chau brulà. 

M. le docteur Chaussinand, Goux (Ardèche) 

2. Ne me parlez pas de ces veufs, — c'est du bouillon réchauffé, - 
parlez-moi des jeunes, — ils sont toujours plus éveillés. 

3 Pour danser, tous les jeunes, — sont toujours plus éveillés. - 
Dans un four tous les veufs. — dans un four il faut les brûler. 



III 



Allegro 




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L'au - tre jour me ma - ri - de - re, Tva - la la 



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- re, N'es - pou 



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la la -la la - la, L'au - tre jour me ma - ri- 




1 . L'autre jour me maridère, 
Ti^ala lala lala lala, 
L'autre jour me maridère, 
N'espousère un feneiant. 



1. L'autre jour je me mariai, — trala lala lala lala — l'autre jour 
je me mariai, — j'épousai un fainéant. 



- 293 — 

2. N'èro toujour pèr oharrièro 
'bé lai boulos à la man. 



3. 



4. N'èro mièjo nue sounado : 
« Miouneto, lèvo-te. » 

5. N'en fuguère pas 'la pouorto, 
Qu'atrapère en bouon souflet. 

6. — « Acô n'es las aproumessos 
Que me fasias l'autre joui? » 

7. — a L'autrié n'ères ma mestresso, 
E vuei siès miéu pèr toujour. » 

8. Quan loui garsoun vous van vèire 
Soun pus dous que lou meloun, 

9. Eno fes que piei vous tenoun, 

Ti^ala lala lala Ma, 

Eno fes que piei vous tenoun, 
Fan dru marcha lou bastoun. 

M. le docteur Ghaussinand, Goui (A.rdèche). 



2. Il était toujours par les rues — avec les boules à la main. 
3 (Lacune) 

4. Il était minuit sonné : — ■ « Ma petite amie, lève-toi. » 

5. Je ne fus pas arrivée à la porte — que je reçus un bon soufflet. 
6 — <( Ce sont là les promesses — que vous me faisiez l'autre jour.» 

7. — « L'autre jour tu étais ma maîtresse — et aujourd'hui tu es à 
moi pour toujours. » 

8. Quand les garçons vont vous voir — ils sont plus doux que le 
melon. 

9. Puis, une fois qu'ils vous tiennent — ils font marcher dru le bâton, 

21 



294 — 



IV 



1. L'autre jour me maridère, ne prenguère un sans souci. 

2. Din la prumièro nuechado cridèt: « Secous! vau mouri! » 

3. N'anère cercà remèdis mai de cent legos d'aici. 

4. Quan mountave pèr la costo, lou menavou enseveli. 

5. Lai vesinos me cridavou de plourà pèr moun marit. 

6. « Que lou ploure, que lou roufle la maire que Ta nourit ! 

7. » Anarai dessus sa toumbo pregà que posque pas sourti. » 

M"» Sophie Arguel, Curan (Aveyron). 

L L'autre jour je me mariai, je pris un sans-souci. 

2. Dans la première nuit, il s'écria : « Au secours ! je vais mourir!» 

3. J'allai chercher des remèdes à plus de cent lieues d'ici. 

4. Quand [je revins] en montant la côte, on allait l'ensevelir. 

5. Les voisines me criaient de pleurer mon mari. 

6. « Qu'elle le pleure, qu'elle le clame, la mère qui l'a nourri ! 

7. » J'irai sur sa tombe prier qu'il n'en puisse pas sortir. » 



Allegro 



Et-EfcE^I-^feÈEE^-^: 



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-- J—J è 4 



léu n'ei un camp e u - no vi- gno, U - no ter- 

15 






ro e un bous - tal, E de vi mes qu'a - cô nou 



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F F^S iB 



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val, Sounmau ma - ri - dat à la ve - ri 



tat. 



— 295 — 

léu n'ei un camp et uno vigQO, 

Uno terro e un houstal, 
E de vi mes qu*acô nou val , 
Soun mau maridat 
A la veritat. 

M. BoMPARD, Lapeyre (Ariège). 

J'ai un champ et une vigne, — une terre et une maison, — et du 
vin plus que tout cela ne vaut, — je suis mal marié — à la vérité. 



— 296 - 



ÉPOUX MAL ASSORTIS 



I. 



Vieux mari 



Allegretto 

15: 






p=tï=: 



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Moun pal - re tou- jours me cri - do: Fil - ho, 




paslViéu-ras à toun 



ai - se, Oun loc nou sa- 



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b- 



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ras ta pla Qu'à l'hous - tal de toun 



pai 



re. 



1. Moun paire toujours me crido 
Filho, te marides pas ! {bis) 

Viéuras à toun aise, 
Oun loc nou saras ta pla 
Qu'à l'houstal de toun paire. 

2 N'ai pas escout-^t moun paire, 
Maridado iéu me soun, {bis), 

Pauro malurouso ! 
And'un vielhardas jalons 
Que touto la nèit rounco. 



1 , Mon père toujours me crie : — ma fille ne te marie pas ! — tu vivras 
à ton aise, — en aucun lieu tu ne seras aussi bien — qu'à la maison 
de ton père. 

2. Je n'ai pas écouté mon père, — je me suis mariée, — pauvre 
malheureuse ! — avec un vieillard jaloux — qui toute la nuit ronfle. 



— 297 — 

3. Me pessigo, me moussègo , 
Me douno de cops de pèd (bis) 

Aquel toroloro. 
Le prendren pel suc del cap, 
Le ficaren défera. 

4. Le vespre vau à la plasso, 
Vèire dansa 's coumpagnous ; 
Moun marit venguèt jalous, 

Jalous d'un bon aire. 
Se dèu crebà d'aquel mal, 
Que nou demoro gaire. 

5. Arremassen-nous, fennetos, 
Las qu'aven marit jalous ; 
Les ûcaren dins un pous 

'Quelos barbes grisos. 
Nou s'avisaran pas pus 
De caressa lai filhos. 

M"" Catherine Finaud, Belesta (Ariège). 

3. 11 me pince, il me mord, — il me donne des coups de pied, — 
ce toroloro (vieux barbon?). — Nous le prendrons par la tête, — nous 
le mettrons dehors. 

4. Le soir je vais sur la place — voir danser les compagnons ; — 
mon mari devint jaloux, — jaloux de ma joie. — S'il doit crever de ce 
mal, — qu'ilne tarde guère. 

5. Assemblons-nous, jeunes femmes — qui avons des maris jaloux ; — 
nous les jetterons dans un puits, — ces barbes grises. — Ils ne s'avi- 
seront plus — de caresser les filles. 



II. — Variante 



Moun pai - re tou-jcun me cri- do: Fi- iho, 



— 298 — 



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ri - des pas I Fi - Iho, te ma - ri - des 



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pasIViéu-ras à toun ai -se; Viéu-ras à Ten-tourde 



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Sen ja - mai res 



leu, 



fai- 



re. 



Moun paire toujoun me crido : 
Filho, te m aride s pas ! [bis] 

Viéuras à toun aise ; 
Viéuras à Tentour dé iéu, 

Sens jamai res faire. 

M. J. Demay, Fougax (Ariège). 

Mon père toujours me crie : — fille, ne te marie pas? — Tu vivras 
à ton aise ; — tu vivras auprès de moi, — sans jamais rien faire. 



III 



1. Moun paire maridà me vôu, 
Mes pas aube 'n joueine home. 

2. En bèu vielhar dounà me vôu 
Qu'ei malin courao en singe. 

3. E me mando souignà loui biôus 
Tout lou long de la vilo, 

1. Mon père veut me marier, — mais pas avec un jeune homme. 

2. Un beau vieillard il veut me donner, — qui est malin comme 
un singe. 

3. Il m'envoie soigner les bœufs tout autour de la ville. 



— 299 — 

4. léu que l'ai pas acoustumà 
M'en vau dôdin ma charabro, 

5. M'en vau pèr bien faire moun lié ; 
De moun constat, de plouraos, 

6. E dôu constat de moun vielhar, 
Eno pèiro bien duro. 

7. Opèi lou souer, en se coueijan, 
Sa testo s'esfendudo. 

8. Atrapo ! Atrapo ! bèu vielhar, 
Avalo 'quelo pruno ! 

9. 'cô t'aprendrô, maudit vielhar, 
A caressa laifilhos. 

10. Lai filhos soun pèr loui garsoun 
E loui vier pèr las vielhos. 

11 . Las vielhos soun per lous vielhars, 
Pièi, pèrfèmà la terro. 

M le docteur Ghaussinand, Goux (Arièche). 



4. Moi qui n'en ai pas la coutume, — je m'en vais dans ma 
chambre, 

5. Je vais pour faire bien mon lit : [ mettre ] de mon côté des 
plumes, 

6. Et du côté de mon vieillard, — une pierre bien dure. 

7. Et puis le soir, eu se couchant, — sa tête s'est fendue. 

8. Attrape! Attrape! beau vieillard, — avale cette prune 1 

9. Cela t'apprendra, maudit vieillard, — à caresser les filles. 

10. Les filles sont pour les garçons — et les vieux, pour les vieilles. 

11. Les vieilles sont pour les vieillards, — ensuite, pour fumer la 
terre. 



300 — 



IV. — Margarida d'Aubert 



Moderato 



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Mar 



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ga - ri - da d'Au-bert, Vous que vous en-dour-mis- 



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ses, Vous en-dour-mi - gués pas. Au - si - rés can - ta tout 



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bas: A -quel viel rou-quiè Qu'es a - qui dar - rié Vous aima à 



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la fou - lié, Dis qu'un jour sa - rés sa mou - Ihé. 



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Ail qiCa-co's cru - W, qu'u-na jou -ve prengueun viel! 

1 . Margarida d*Aubert, 

Vous que vous endourmissès ; 

Vous endourmigues pas, 
Ausirés cantà tout bas : 

Aquel viel rouquié 

Qu'es aqui darriè, 

Vous aima à la fouliè, 
Dis qu'un jour sarés sa moulhè. 

Ail qu'aco's cruel, 
Qu'una jouve prengue un viel! 

Marguerite Aubert. — 1. Marguerite Aubert, — vous qui vous 
endormez, — ne vous endormez pas, — vous entendrez chanter tout 
bas : -- ce vieux grison — qui est là derrière — vous aime à la folie, 
— il dit qu'un jour vous serez sa femme. 
Ah! que cela est cruely — qu une jeune fille épouse un vieillard ! 



— 301 — 

2. Quan carguet s' afiansà, 
léu lou vouliô pas aima ; 

Toujour me proumetiô 
Que soun bé me dounariô. 

M'auriô mai bargut 

Un jouine tout mit, 

Escarabilhat, 
Que ne seguèsse à moun grat. 

Al! guacô's cruel^ 
Qu'una jouve prenyue un vieil 

3. Un dissate al souèr 
Enviroun de miéja nèit, 

Me fasiô d'espessuch, 
Dis que iéii ié cerque bruch. 

Jamai noun me ris, 

E toujour me dis 

D'un èr fort brutal : 
Retorna t'en à touu houstal. 

Aif qu'acô's cruels 
Quuna jouve prengue un vieil 

4. Amai lou viel renous 

Es jalcus tant couma un gous, 

Me vourriô empachà 
Lou dimenche de chanjà. 

2. Quand il fallut fiancer, — moi je ne le voulais pas ; — il me pro- 
mettait — de me donner son bien, — Il m'aurait mieux valu — un 
garçon sans dot {Litt. tout nud), — bien éveillé, — qui fût à mon gré. 

3. Un samedi soir, — aux environs de minuit, — il nie faisait des 
pinçons, — disant que je lui cherchais querelle; — jamais il ne me 
rit, — et me dit toujours — d'un air fort brutal : — retourne à ta 
maison. 

4. Ce vieux querelleur — est jaloux comme un chien, — il voudrait 
m'empêcher — le dimanche de changer (de toilette), — moi qui ai 



— 302 — 

léu qu'ai din lou cap 

Lou del temps passât, 
ho pense pas pus, 
Vese qu'acô es abus. 

Ai! qu'acos cruel, 
Quuna jouve prengue un vieil 

M. Rouis, Lodève. 

dans la tête — celui (ramoureiix] du temps passé, — je n'y pense 
plus, — je vois que c'est inutile. 



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Allegro 



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Ma lïiai-re, moun pal - re ma - ri - da - da m'o, 



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M'ôu pas ma - ri - da - da, qu'es-cam-pa - do m'o. la 

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Za, li-re-ta^ li - re-ta^ la la^ li - re - ta li - rà! 

1. — « Ma maire, moun paire maridada m'o, 
M'ôu pas maridada, qu'escampada m'o. 

la la lireta lireta 
la la lireta lira! 

2. « M'o dounat un home, noun fô que renà, 
Touta la nioch ploura, lou vole quità. » 



1. — « Ma mère, mon père m'a mariée ; — il ne m'a pas mariée : 
il m'a jetée (hors de la maison). — la la lireta lireta — la la 
lireta lira! 

2. « Il m'a donné un mari qui ne fait que gronder, — toute la nuit 
il geint, je veux le quitter. » 



— 303 — 

3. « Estai siau, ma filha, lou viol mourirà, 
Touta sa richessa te demourarà. » 

4. — (( Garda la richessa lou que Paimarà, 
N'aimariô rnai 'n jouve que m' batèsse pla. 

5. « N'aimariô mai 'a jouve que m' batèsse pla, 
Quan m'aunô batudo, me caressariô. 

la la lire fa lire la, 
la la lireta lirai 

M. Rouis, Lodève. 

3. — « Reste calme, ma fille, le vieux mourra, — toute sa richesse 
te restera. » 

4. — « Garde la richesse celui qui l'aimera, — j'aimerais mieux un 
jeune homme qui me batte bien. 

5. « J'aimerais mieux un jeune homme qui me batte bien, — 
quand il m'aurait battue, il me caresserait. 



VI. — Margarida 



Moderato 



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Di - ga me, Mar - ga - ri - da, quint' ho - me m'as dou- 

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nat?Que n'a ni cùou, ni ven-tre, ni mai ges d'es-tou- 



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màc. Tou - ta la nioch Tau - zis - se : Hemî Hem! 



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ifem/ A i-ma-riei mai mou- ri, Que l'entendre — tous - si. 

1. Diga me, Margarida, 
Quint' home mas douuat? 



- 304 ~ 

Que n'a ni cùou, ni ventre, 
Ni mai ges d^estoumac. 
Touta la nioch Tauzisse : 

Hem I Hem! Hem ! 
Aimariei mai mouri 
Que Tentendre toussi. 

2, Quan siei au ièch couchada, 
Me vira lou coustat ; 

Lous poutous soun ben rares 
Jaraai m'en a pas fach. 
Touta la nioch Tauzisse : 

HemI Hem/ Hem/ 

Aimariei mai mouri 
Que l'entendre toussi. 

3. lèu m'en vau à l'armazi 
Querre de car, de pan, 

E pèr moun ourdinari 
N'ai pas ce que me eau. 
Touta la nioch l'auzisse : 

Hem / Hem / Hem / 
Aimariei mai mouri 
Que l'entendre toussi. 

Extrait du manuscrit de M. Gâche, Montpellier. 

Marguerite. — 1. Dis-moi, Marguerite, — quel homme m'as-tu 
donné? — qui n'a ni cul, ni ventre, — ni même d'estomac. — Tonte 
la nuit je l'entends (geindre) : — Hem! Hem! Hem ! — J'aimerais 
mieux mourir — que l'entendre tousser. 

2. Quand je suis au lit couchée — il me tourne le dos ; — ses bai- 
sers sont bien rares, — jamais il ne m'en a fait. 

Refrain 

3. Je m'en vais à l'armoire — chercher de la viande, du pain, — 
mais pour mon ordinaire, — je n'ai pas ce qu'il me faut. 

Refrain 



— 305 



VII. — Variante 






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m^ mm^fF^^=^ ^ 



Tou-to la nèitl'en-ten- de : A -hem! 



V- 






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A - hem! Ai- 



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ma-riei mai mou - ri que l'en- ten - di*e tous - si. 

M. le docteur Guibaud, Narbonne. 
M. le docteur Guibaud n'a pu se souvenir que de ce refrain. 

VIII 

1. A la vilo de Dagnà, i'o de tant belo filho, 

lan la la 
I'o de tant belo filho. 

2. Pèr auro n'i o pas lour paire lei marido ; 

3. Marido end' un vielhar end'un vielh barbo griso. 

4. Margarido Tenten, s'ei mese à la fuge. 

5. Lou vielhar l'apersé, pas à pas Ta segudo ; 

6. A l'entrado del boi l'a perdudo de visto ; 

7. Trobo 'n bel vignerou que binavo la vigno : 

1. A la ville de Daignac (1) il y a de bien belles filles, — lan la la 
— il y a de bien belles filles. 

2. Maintenant il n'y en a plus, leur père les marie ; 

3. 11 les marie avec un vieillard, un vieux à barbe grise. 

4. Marguerite l'entend, elle s'est mise à fuir. 

5. Le vieillard l'aperçoit, pas à pas l'a suivie ; 

6. A l'entrée du bois il l'a perdue de vue ; 



(I) Daignac (Gironde) urr. de Libourne. 



^- 306 — 

8. — « Digo, bel vignei'ou, aios-tu vist ma mio ? » 

9. — « E nou, certos, moussu, visto ni counegudo. » 

10. — a Cent escus dounarioi, m'enseignessias ma mio. » 

11. — « Coumptas, moussu, coumptas sus leram de la vigno. 

12. — « Moussu, Tavès alai, debas la vi flurido. » 

M. le V* De Gourgues, château de Lanquais (Dordogne). 

7. Il trouve un beau vigneron qui binait la vigne : 

8. — « Dis-moi, beau vigneron, aurais-tu vu ma mie? » 

9. — « Non, certes, monsieur, je ne l'ai vue ni connue. » 

10. — « Cent écus je donnerais, pourvu que vous m'enseignassiez où 
est ma mie. 

11. — « Comptez, monsieur, comptez [les cent écus] sur les rameaux 
(ouïes rangées?) de la vigne. 

12. « Monsieur, voyez là-bas : elle est sous la vigne fleurie. » 



IX 



Moderato 



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Pa - ris l'a 'n viel - Ihar, di - sou que lou ma- 



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ri - dou, Em-b'-uno fil- ho, 'no fil - ho de quinze 




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ans, E 



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lou viel - har roun - cai - re pas - so qua - tre vints ans. 



1. 



A Paris i'a 'n vielbar; 
Disou que lou maridou 



1. A Paris, il y a un vieillard, — on dit qu'il se marie — avec une 



- 307 — 

Emb' uno filho, 'no filho de quinze ans ; 

E lou vielhar rouncaire passo quatre vints ans. 

2. En venguèn d'espousà 
Al lèit lous meteguèrou ; 

Lous de la feslo ne passabou lou temps 
E lou vielhar rouncaire regassavo las dents. 

3. Lou pount del jour venguèt, 
La belo se revelho : 

Auzès, rouncaire, auzès lous raenustriès. 
Nous sonou las albados, amai nou las auzès? 

4. Lou pount del jour venguèt, 
S'en va troubà sa maire : 

« Bonjour mon paire, à toutes dous aici, 
M'avès fà prendre un home que ne fai que droumi. » 

5. — « Es un riche galant, 
Counsolo-te, ma filho. » 

— « Pèr de richessos, nautres n'avian bé prou, 
léu ère jouvenoto pèr prène un coumpagnou. » 



jeune fille, une fille de quinze ans; — et le vieillard grondeur a plus 
de quatre-vingts ans. 

2. Fin revenant d'épouser, — on les mit au lit ; — les invités conti- 
nuaient la fête — et le vieillard dormeur commençait déjà à gronder 
{Litt. grinçait des dents). 

3. l.e point du jour arrive, — la belle se réveille : — Entendez, 
dormeur, entendez les ménétriers, — ils nous sonnent les aubades, et 
vous ne les entendez pas. 

4. Au point du jour elle va trouver sa mère : — u Bonjour, ma 
mère, et à tous deux ici, — vous m'avez fait prendre un mari qui ne fait 
que dormir. » 

5. — « C'est un riche galant, — console-toi, ma fille. » — « Pour 
des richesses, nous en avions bien assez, — mais j'étais jeunette pour 
prendre un jeune compagnon, 



— 308 — 

6. « Un brava coumpagnou, 

Tout nut din sa catniso ; 
! mort cruèlo, opougnos à veni 
Pèr me veni cercà la rosso qu'es aqui.» 

M"" Virginie X..., Ambialet (Tarn). 

6. « Un jeune compagnon — tout nu dans sa chemise. — mort 
cruelle ? tu tardes à venir — pour venir chercher la rosse qui est là. » 



Allegro 



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X. — Vieille femme 



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Din Pa - ris i'a 



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viel • ho qu'a pas- 



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sat qua - tre vints ans, Tant a - mou - rou-so, Qu'a pas- 



l:©zé: 



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sat qua -tre vints ans. Taw^ a - mou-rou - se - ment! 



1. Din Paris i'a uno vielho qu'a passât quatre vints ans, 

Tant amourouso 

Qu'a passât quatre vints ans, 

Tant amourousement / 

2. Se cofo tout en dentèlos e se floco de ribans. 

3. Un jour s'en vai à la danso pèr troubà 'n jouine galant. 



1. Dans Paris il y a une vieille qui a plus de quatre-vingts ans, — 
tant amoureuse, — qui a plus de quatre-vingts ans, — tant amoureu- 
sement ! 

2. Elle se coiffe avec des dentelles et se pare de rubans . 

3. Un jour elle va à la danse pour trouver un jeune galant. 



— 309 - 

4. Lou pus jouine de la danso la vai prène pèr la raan. 

5. I dis : (( Galant, se m'espouses te farai riche marchand; 

0. a Ai de l'or dedin moun cofre, 'n moulou d'or e d'escuts 

[blans, 

7. « Ai au prat cinquantovacos, autant de biôuslavourant.» 

8. — (( Vèni, vèni,bouno vielho, nous raaridaren deman. d 

9. Seiavielhoaguet lou jouine, Ai! Faguetpas pèrcentans : 

10. Lou dilus Ta espousado, lou dimars se l'entarran. 

11. — « Paure,coumo pourrai faire per pourtà loudol un an?» 

12. — «Faras pourtà delà l'aze, algous,al cat, pertres ans.» 

Tant amourouso 
Al gous, al cat, per très ans, 
Tant amourousemerit f 

M. le docteur Guibaud, Narbonne. 

4. Le plus jeune de la danse va la prendre par la main. 

5. Elle lui dit : « Galant, si tu m'épouses, je te ferai riche mar- 
chand ; 

6. (( J'ai de l'or dans mon coffre, un monceau d'or et d'écus blancs, 

7. «j'ai au pré cinquante vaches et autant de bœufs labourant, y> 

8. — « Viens, viens, bonne vieille, nous nous marierons demain.» 

9. Si la vieille eut le jeune, Hélas ! elle ne l'eut pas pour cent ans ; 

10. le lundi il l'a épousée, le mardi on l'enterra. 

11. — « Pauvret, comment pourrai-je faire pour porter le deuil (pen- 
dant) un an ? » 

12. — « Tu feras porter le deuil à l'âne, au chien, au chat, pendant 
trois ans. » 



XI. — Variante 



Allegretto 






V--=y: 



V: 



Dins Pa - ris i'a u - na viel - ha Qua pas- 

22 



— 310 — 



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sat qua- tre vints ans, Tant a - mou - rou - 5a, Qu'a pas- 



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■X-ÀJ-ÀJ-V-AJ- 



sat qua -tre vints ans. Taw^ a - mou -rou - se - ment. 

Din Paris i'a una vielha 
Qu'a passât quatre vints ans, 

Tant amourousaj 
Qu'a passât quatre vints ans. 
Tant amourousement. 
M"e Noémie Azaïs, Lézignan-la-Gèbe (Hérault). 



XII 



1. Din Paris l'i a eno vielho 
Que passo quatre vints ans. 
Branlin-branlan : I! la vielho! 
Que passo quatre vints ans. 
Branlin-branlan ! 

2. Un jour s'en vai à la danso 
Per troubà joueines amans, 

3. Lou plus joueine de la danso 
La vai prenne per la man. 

4. a Vai, joueinesso, si m'amaves 
» Te farièu riche marchand ; 

1. Dans Paris il y a une vieille qui a plus de quatre-vingts ans. — 
Branlin-branlan : Allons ! la vieille ! — Qui a plus de quatre-vingts 
ans. — Branlin-branlan! 

2. Un jour elle s'en va à la danse pour trouver de jeunes amants, 

3. Le plus jeune de la danse vient la prendre par la main. 

4. — « Ecoute, jeune garçon, si tu voulais m'aimer, je te ferais 
riche marchand ; 



— 311 — 

5 )) N'ai de l'or dedin raoun cofre, 
M Moiilous d'or e d'escus blans ; 

6. » N'ai os prats cinquante vachos 
» Autant de biôus lavourant.» 

7. Se la vielho agué lou joueine 
Ai ! Tagué pas par cent ans : 

8. La roso tan dousso à prenne 
Desfuelho en s'espandissant. 

9. Ai! se li pren sa maneto, 
Touombo e muert en l'espousant. 

10. Per l'enterra 'quelo vielho, 
Lais ané tambour battant 

11. « De la peu d'aquelo vielho 

» N'aurei uno de quinze ans. » 

12. La plourant, eissô chantavo, 
Toutei n'en fasian autant I 
Branlin-branlan : 1! la vielho! v 

Toutei n'en fasian autant! 
Branliri'branlan ! 

M. le docteur Ghaussinand, Coux (Ardèche). 



5. » j'ai de l'or dans mon coffre, des monceaux d'or et d'écus 
blancs ; 

6. » j'ai dans les prés cinquante vaches, autant de bœufs de labour. » 

7. Si la vieille eut le garçon, ah! elle ne l'eut pas pour cent ans: 

8. La rose si douce à cueillir s'effeuille en s'épanoiiissant. 

9. Elle lui prend sa petite main, tombe et meurt en l'épousant : 

10. Pour enterrer cette vieille, il alla tambour battant : 

11. « De la dépouille de cotte vieille j'aurai une [fille] de quinze 
ans. » 

12. Pour la pleurer, il chantait ainsi, tous eu faisaient autant! 



— 312 — 



XIII. — Variante 



Allegro 



:fe -4:-< — ^- 



Ï5=is=? 






nB=B: 



p=f=X)=--f=*—,~f - 



U— ' J-^^ 



Din Pa - ris Tia e - no viel-ho que pas - so qua-tre vints 
Lento 

:qz:-=n:=z.-=^=il^=:l^=ïi:;=:q=.|===^z=zf^=4^: 



ii^ii^il^i 



F 



ans. 
Presto 



Gui-gnàvous la viel-ho Gui-gnà vous tou - jour 



^=f=d^=fz=!^ 



t=^z=yz=tt=:ti=tt:l: 



ti:l=tt=li 



f=p: 



tr=i 



Gui-gnà vous la viel- fio^ Gui-gna vous tou - jour. 

Din Paris Tia eno vielho 
Que passo quatre vints ans. 

Guiqnà vous la vielho ) , . 

(jmgna vous toujour, ) 

M. le docteur Chaussinand, Goux (Ardèche). 



Dans Paris il j a une vieille — qui a plus de quatre-vingts ans. — 
Requinquez-vous vieille, - requinquez-vous toujours. 



XIV. — La vielho a Marmando 



Allegro 



H^ip^^j^^i 



P=*: 



m — 



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mando à la Sant Jan, De la ri bouii ban^ Bvandouu la 



— 313 



o- 



viel-hol A Mar - inandoà la Sanl Jan, Dtf la rihoun ban! 



1 . La vielho s'en va ' Marmando, [bis) 
A Marmando à la Sant-Jan ; 

De la ri boun ban, 
Brandoun la vielho f 

A Marmando à la Sant-Jan. 

De la ri boun ban! 

2. Noun fousquet pos à Marmando, 
Un souldat ié pren la man. 

3. Mes al segoun tour de danso 
Dis ; « Souldat nous maridan? » 

4. — « Noun pas ande tu, vielhasso, 
N'as au-mens quatre vints ans. » 

5. — « Situ saviôs ma richesso, 
Me prendrios tout en dansant ; 



La vieille a Marmandk, — 1. La vieille s'ea va à Marmande (&»«), 
— à Marmando à la fête de Saint-Jean ; — Bc la ri boun ban, — 
Danse la vieille! — A Marmande, à la Saint-Jean. — De la ri boun 
ban ! 

2. Elle ne fut pas plutôt à Marmande — qu'un soldat la prend par 
la main. 

3. Dès le second tour de danse — elle lui dit : « Soldat nous 
marions-nous ? » 

4. — « Non pas avec toi, vieille femme, — tu as au moins quatre- 
vingts ans. » 

5. — « Si tu connaissais ma richesse, — tu me prendrais tout en 
dansant : 



— 314 — 

6. « N'ai cent vacos en mountagno 
E de biôus cournutz autant, 

7. « Cent fedos à la mountagno, 
De moutons, de braus autant ; 

8. « N'ai cent pipos de vi rouge 
E autant de bon vi blanc ; 

9. « Mai de cent capous de rendo 
E de pouls crestas autant ; 

10. € Cent sestiès de blat de rendo 
E autant de milh levant ; 

11. « N'ai cent chabals de carosso 
Pèr passejà moui galans. » 

12. Tant fasquèroun, tant diguèroun, 
Que la vielho gagnée Jan. 

13. Le dilus lous flansèroun, 
Le dimars lous maridan ; 

14. Dimecres toumbo malauto, 
E le dijôus l'entarran ; 



6. « J'ai cent vaches à la montagne — et de bœufs cornus autant ; 

7. j'ai cent brebis à la montagne — et de moutons, de taureaux 
autant ; 

8. j'ai cent tonneaux de vin rouge — et autant de bon vin blanc ; 

9 . plus de cent chapons de rente — et de poulets châtrés autant ; 

10. cent setiers de blé de rente — et autant de maïs à récolter; 

11. j'ai cent chevaux de carrosse — pour promener mes galants. » 

12. Tant ils firent, tant ils dirent — que la vieille gagna Jean. 

13. Le lundi, on les fiance, — le mardi, on les marie ; 

14. le mercredi, elle tombe malade — et le jeudi on l'enterre ; 



~ 315 — 

15. Le divendre, lai nouvenos, 
Le dissate V cap de Tan. 

16 En tournant del cementèri 
S'en veniô tout en dansant. 

17. « Al despen de la vielhardo (1) 
N'aurai jouve de quinze ans. » 

M. Demxy, Fougar (Ariège). 

15. le vendredi [on sonne] la neuvaine, — le samedi, le bout de l'an. 

16. En revenant du cimetière, — il revenait tout chantant : 

17. « Aux dépens de la vieille, — j'aurai une jeune fille de quinze 

ans. » 



XV. — La Tourteto 



Allegretto 



ËgE!E-6 — qy 



45: 



val, i'a 'no — 



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A - val, 



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1 a no — pra- 



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de - to, Tu - ro -lu - re - to voi lan - la! A -val, a- 



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de - to, Li gou - jats 

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val, i'a 'no — pra 



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m 



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prrprttrrpriir^ 



s'i van pas-- se - jà, Li gou-jats s'i vanpas-se - jà. 



(1) Variante : 



Ande toun bé, vielho ranso 
N'aurai jouve de quinze ans. 

Avec ton bien, vieille rance, j'aurai fille de quinze ans. 



- 316 — 

1 . Aval, aval, i'a 'no pradeto, 

Turolureto voi lanla! 

Aval, aval, i'a'no pradeto, 
Li goujats s' i van pasaejà. 

2. N'an rescountrat uno tourteto 
Que dis que se vol maridà. 

3 . — « Noun pas ande tus, tourteto, 
Uno jouve voli troubà. 

4. — « Moun paire n'a uno pradeto 
Que dis que me la vol dounà. » 

5. Le dimenche, bé, la vai vèire, 
E le dilus, se ûansà. 

6. Le dimars, ne toumbo malauto, 
E le dimecres, Tentarrà. 

7. Le dijôus sounoun lai nouetos, 
Le divendre, le cap de Tan. 

8. Le dissapte s'en va ' la fièiro, 
Croumpà cent canos de ribans. 

La. petite vieille. — 1. Là-bas, là-bas, il j a une petite prairie, — 
turolureto voi lanla. — Là-bas, là-bas, il y a une petite prairie, — 
les garçons vont s'y promener. 

2. Ils ont rencontré ane petite vieille [Litt. une vieille tourterelle) 
— qui dit qu'elle veut se marier. 

3. « Non pas avec toi, vieille, — une jeune je veux trouver. » 

4. — « Mon père a une petite prairie — qu'il dit qu'il veut me 
donner. » 

5. Le dimanche on fait les visites, — et le lundi, les fiançailles. 

6. Le mardi, elle tombe malade, — et le mercredi on l'enterre. 

7. Le jeudi, on sonne les neuvaines, — le vendredi, le bout de l'an, 

8. Le samedi, il [le marié] s'en va à la foire — acheter cent cannes 
de rubans. 



— 317 — 

9. Ande l'argent de la tourteto 

Turolurelo voi lanla ! 

Ande l'argent de la tourteto 
Troubarei jouve de quinze ans. 

M"» Marie Basset, Belesta (Ariège). 

9. « Aux dépens de la vieille, — je trouverai une jeune [fille] de 
quinze ans.» 

XVI 

1. Din Paris, 1' i a eno danse, 
Branli branlan. I ! la vielho ! 
CouDûpausà rien que d'efans. 

Branli branlan ! 

2. La plus joueino de la danso 
N'en passo quatre vints ans. 

3. Lou mecres pren mau de testo, 
E lou jôu pren mau de ren. 

4. Lou vendre la vielho es mouorto, 
Lou samde es l'entarrament. 

5. (( Paure! coumo pourrei faire 

» Per pourta lou dôu en an? » 

1. Dans Paris il y a une danse, — Branli branlan. Allons! la 
vieille! — composée rien que d'enfants, — Branlin branlan ! 

2. La plus jeune de la danse — a dépassé quatre vingts ans. 

3 Le mercredi, elle prit mal de tête, — et le jeudi, mal aux reins. 

4. Le vendredi, la vieille est morte, — le samedi, a lieu l'enterre- 
ment. 

5. — « Hélas! comment pourrai-je faire — pour porter le deuil 
un an ? )> 



— 318 — 

6. — « Paras faire dôu à Tàse, 
Branli branlan. Il la vielho ! 
» Au chi, au chat, per sièis an. » 
Branli branlan ! 

M. le docteur Ghaussinand, Goux (Ardèche). 



6. — « Tu feras porter le deuil à l'âne, — au chien^ au chat, pen- 
dant six ans. » 



XVII. -^ Las femnos vielhassos 



Allegro 



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45: 



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Las fem-nos viel - has - sos ai-mounlou ta - bat, 



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4 — « — é 



E las jou-ven - ce - los, un pou -lit gou- jat.Tra-Za la 



3^ 



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ipzit 



tra la li - de - ra la 



tra - la li - de - ra ! 



1. Las femnos vielhassos aimoun lou tabat, 
E las jouvencelos, un poulit goujat. 

Tra la la tra la lidera la 
Tra la lidera! 

2. Las femnos vielhassos airaoun de dourmi, 
E las jouvencelos, de se diverti. 



1. Les vieilles femmes aiment le tabac — et les jeunes filles un joU 
garçon. — 

Tra la la tra la lidera la — tra la lidera ! 

2. Les vieilles femmes aiment de dormir — et les jeunes filles de 
se divertir. 



~ 319 — 

3. Las femnos vielhassos s'en van counfessà, 
E las jouvencelos van se passejà. 

4, Las femnos vielhassos soun d'aginoulhous, 
E las jouvencelos se fan de poutous. 

Tra la la ira la lidera la 
Tra la lidera l 

M. le Docteur Guibaud, Narbonne. 



3. Les vieilles femmes vont se confesser — et les jeunes filles vont 
se divertir. 

4. Les vieilles femmes sont toujours à genoux — et les jeunes 
filles se font caresser. 



— 320 — 



LOU MARIT JALOUS 



Moderato 



êiiii^^iiiii^p^ 



Fta=:=t=^=«=3ï^i^3: 



Quau èra a - quelque te par - la - va Lan la quauèra a- 

l=a m- 



y===ir- 



tr u I— * — LL- _ — »-r : ë_l _fcrt 



quel que te par - la - va Lan fa la ma -le - ra. 

1 . — « Quau èra aquel que te parlava, 

Lan la 

Quau èra aquel que te parlava? » 

Lan fa la malera ! 

2. — a Es una de mi camarada. » 

3. — c( Li fenno portoua pas casqueta. » 

4. — a N'èro sa coifa calounada. » 

5. -- « Li fenno portoun pas li sabre. » 

6. — « N'èro soun clavié que penjava. » 

7. — « Li fenno portouQ pas moustacha, » 

Le mari jaloux. — 1. — « Quel était celui qui te parlait, 
Lan la — Quel était celui qui te parlait ? — Lan fa la malera ! 

2. — « C'est une de mes camarades . » 

3. — « Les femmes ne portent pas casquette. ï) 

4. — (c C'était sa coiffe galonnée. » 

5. — « Tves femmes ne portent pas de sabre. » 

6. — « C'était son clavier qui pendait. » 

7. — ,( Les femmes ne portent pas moustache. » 



— 321 - 

8. — « N'èra d'amouras que manjava. » 

9. — « D'aqueste temps i'a pas d'amouras. » 

10. — (( Din lou jardi n'ia unabranca. » 

11. — « Vai me n'en cercà 'na sietada. » 

12. — « Aquela branca es reservada. » 

13. — « Tus, te fa ras coupa la testa. » 

14. — a De que tus n'en faras dau resta? » 

15. — « L'escamparai per la fenestra, 

16. Li chin, li cat, n'en faran festo, 

Lan la 
Li chin, li cat, n*en famn festa, 
Lan fa la malera. » 

M. Delaruelle, Nimes. 

8. — (( C'est qu'elle mangeait des mûres. » 

9. — « En ce temps-ci il n'y a pas de m*ûres. » 

10. — « Dans le jardin il y en a une branche. >» 

11. — « Va m'en chercher une assiettée. » 

12. — « Cette branche est réservée. » 

13. — « Tu te feras couper la tête. » 

14. — « Que feras-tu du reste? » 

15. — « Je le jetterai par la fenêtre, — 

16. Les chiens, les chats, en feront fête — Lan la — les chiens, les 
chats, en feront fête — Lan fa la ynalera. n 



IL — Marioun 



Moderato 



Quau es a - cô que te par - la - va, Couv-blu^ mour- 






- 322 




ôlu^courbluMa-iH - ounIQ\ia\ies a-cô que te par -la — va? 

1. — (( Quau es acô que te parlava? 
Courblu, mourblu, courblu, Mariounî 
Quau es acô que te parlava ? » 

2. — « Era una de mas camaradas, 

Moun Dieu (ter) moun marit! 
Era una de mas camaradas. » 

3. — « Las fennas portou pas de bralhas. » 

4. — (( Ela aviè rehaussât sas raubas* » 

5. — « Las fennas portou pas moustachos. » 

6. — « Ela n'aviè manjat d'amouras. » 

7. — « Mais las amouras sou passadas. » 

8. — (( Erou de l'annada passada. » 

9. — « Vai m'en cercà una siétada. » 
10. — « Lous passerous las anbecadas. » 

Marion. — 1 , « Quel est celui qui te parlait, — corbleUf morbleu ^ 
corbleu Marion ! — quel est celui qui te parlait ? » 

2. — » C'était une de mes camarades, — mon Dieu (ter) mon 
mari ! — c'était une de mes camarades. » 

3. — « Les femmes ne portent pas de braies. » 

4. — « Elle avait retroussé sa robe. » 

5. — « Les femmes ne portent pas moustache. » 

6. — « Elle avait mangé des mûres. » 

7. — a Mais les mûres sont passées. » 

8. — « Elles étaient de l'année dernière. » 

9. — « Va m'en chercher plein une assiette. » 
10. — « Les petits oiseaux les ont becquetées. » 



— 323 — 

11. — « Tus siès una puta rusada, » 

12. — « Jamai nou la siéi pas estada. » 

13. — « E iéu te couparai la testa. » 

14. — « E pioi de que faras dau resta?» 

15. — (( Lous cats, lous chis, n'en faran festa. » 

16. — (( E quau n'en sounarà lous classes? 

Moun Dieu (ter) moun marit! 
E quau n'en sounarà lous classes? » 

17. — « Quatre ou cinq grosses courpatasses. 

Courblu, mourblu^ courblu, Marioun ! 
Quatre ou cinq grosses courpatasses. » 

M. BouQUBT, Montpellier. 

11. — « Tu es une mauvaise femme menteuse. » 

12. — « Jamais je ne l'ai été. » 

13. — « Et moi, je te couperai la tête. » 

14. — « Et puis, que feras-tu du reste? » 

15. — « Les chats, les chiens en feront fête. » 

16. — « Et qui sonnera le glas, — mon Dieu (ter), mon marif — 
Et qui sonnera le glas ? 

17. — « Quatre ou cinq gros corbeaux — corbleit, morbleu, corbîeu, 
Marionl — Quatre ou cinq gros corbeaux. » 



III 



— En quau parlavas-tu, dimenche 
Morbleu^ cor bleu, Marioun ! 

En quau parlavas-tu, dimenche? 

— lèu pariav'em nostro sirvento, 
Muun DiéUy moun Diéu^ moun amil 

lèu pariav'em nostro sirvento. 



— 324 — 

— Las femnos n'on pas de moustacho. 

— Aviô minjà de los amouros. 

— Las femnos pourton pas de bradza. 

— Aviô sa raubo restroussado. 

— Las femnos pourton pas d'espaso. 

— Aviô so counilho e filavo. 

— lèu voli te coupa la testo. 

— E que farès vous de la resto, 
Moun Dieu, moun Dieu, moun amil 

E que farès vous de la resto ? 

— Lou jitarei per la fenestro 

Corbleu, corbleu, MariounI 

Lou jitarei per la fenestro. 

M. Ghabaneau, Nontron (Dordogne). 



IV 



Moderato 






it 



Ount é - res tu — tan - tots a - na - do, Cor- 






bru^morbru, Ma- ri- ounfOxxnt è-res tu— tantots a - na — do? 

1 . — (( Ount*ères tu tantots anado ? 
CorbrUj morbru^ MariounI 
Ount'ères tu tantots anado ? » 



1. — « Où es-tu tantôt allée? — Corbleii ! Morbleu ! Aîarion. — 
Où es-tu tantôt allée ! » 



— 325 — 

2. — ((Al jardi quèlhe la salado 

Moun Diéu^ moun Diév, moun marit! 
Al jardi quèllie la salado. » 

3. — « Et qu'èro 'quelh que to parlavo? 

4. — (( Ero uno de mas camarados. » 

5. — « Lai fennos portoun poi de caussos. » 

6. — (( Eroun lai jupos retroussados. » 

7. — « Lai fennos portoun poi espados. » 

8. — « Es la quounoulho que fialavo. » 

9. — < r^ai fennos portoun poi raoustachos. » 

10. — (( Es d'amouros qu'aiô manjados. o 

11. — (( Oungan nou n'èro poi Tannado. w 

12. — (( Eroun de Tannado passado. » 

13. — « Ount las aiô ta pla fermados ? » 

14. — Dins uno bouèto pla tampado. » 

15. — (( Tu n'es uno puto proubado. » 

2. — « Au jardin cueillir la salade, — Mon Bien! Mon Dieu! 
Mon mariî — Au jardin cueillir la salade. )> 

3. — « Et quel était celui qui te parlait? » 

4. — u C'cîtait une de mes amies. •> 

5. — « Les femmes ne portent pas de chausses. » 

6. — « C'était sa jupe i-etroussée. » 

7. — « Les femmes ne poi'tent pas épée » 

8. — (( C'était la quenouille qu'elle filait. » 

9. — « Les femmes ne portent pas de moustaches. » 

10. — « C'étaient des mûi'es (ju'elle avait mangées. » 

11. — « Cette année il n'y en a point. » 

12. — « Elles étaient de l'an passé. » 

13. — « Où les avait-elle si bien conservées? » 

14. — « Dans une boîte bien fermée. *> 

15. — « Tu es une coquine fieffée. » 

23 



— 326 — 

16. — a James nou la sioi pas estado. » 

17. — « T'en couparei très dits de testo. » 

18. — (( Que farets pioi de tout lou resto ? » 

19. — < Le jitarei pèr la finestro », 
*^0. Lei courbasses faran la festo. » 

M. Jacques Demay, Fougax (Ariège). 

16. — « Je ne l'ai jamais été. » 

17. — '-i Je te couperai trois doigts de tête. » 

18. — « Et que ferez-vous ensuite du reste. » 

19. — tt Je le jetterai par la fenêtre, 

20. Les corbeaux en feront fête. » 

Cette chanson est très populaire, les versions recueillies sont pres- 
que toujours identiques à la précédente ; je n'y trouve d'intéressant à 
conserver que les deux airs suivants et quelques variantes. 



Moderato 



:±^ 



EM=P=P^?^EÎEt^2 



1=^ 



U—ii—t^ 



Ma ~ ri - Ma - ri - oim, Ma - ri - Ma - ri - oun^ Ount as pas- 




f=f=f=f=f:: 



tfczj;— B-- IZ _ U -t- | — i <L_U._U._U 



sà ta ma-ti - nâ-do'i Ma-ri- Ma- ri - oiin^ Ma-ri - Ma-ri- 




3-^ 



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Vz-=:\t 



V: 



it 



oun^ Ount as pas - sà ta ma - ti - na - do? 
M. le docteur Ghaussinand, Goux (A-rdèche). 



Variantes 

1. Mari Marioun (Ardèche). — 2. Mou7î Dtéu, moun ami 
(Ardèche). — 5 ...culotas [Lavéî^une, Hérault] ...casaquo 



— 327 — 

(Le Puy], — 8. Es sa filousa que penjava [Lavérune). — Las 
amouros soun pas maduros [Cuux). — 12. Eroun dedin de 
counfituros [Coux), — 14. Dinc un pot l'aviè counservada 
{Lavérune). — 15. Tus siès una fenna rusada [Lnvérune] ...uno 
mandro (uno renarde) (Saint-Hippolyte-du-Gard], — 20. Lou3 
escouliès {Buzet, Uaute-Garonné) . . .Lous courdeliès {Le Puy). 



VI 



Moderato 



^^±=:^=::ti-l- 



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q=::|^r=;=^V=*=^- 



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Ount 



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vous hier s6 o 



na - do Cor- 



\z±=û= 



:rz:i=:z::f5zi=:î5=rz::4==:tî: 



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bleu! Mor - bleu! Ma - ri - oun! Ount è - ras 



f^ZZI 



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m 



:1=fi: 



vous hier se o 



na 



do? 



M. BoissÉE, Le Puy. 



VII 

1. Maudi la net que tant me duro, 
Alprès d'aquel vièl Barbo-duro. 

A lauro res rouge, 

2. Touto la net fai que me dire : 
Janetoun, ount soun tas amours? 



1. Maudite la nuit qui tant me dure, — auprès de ce vieux barbon 
— A lauro res rouge. 

2. Toute la nuit il ne fait que me dire : — Jeanneton, où sont tes 
amours ? 



— 328 — 

3, « lou n'ai pas d'autre amour, moun Pierre, 
lou n'ai pas d'autre amour que vous. » 

4, — « En qu parlaves m'amour Jano ? » 
— a Pierre 'co n'èro vostre fraire, 

5. Vostre fraire e vostre nevou, 
Damandavon ount èrei vous. » 

6. — « Janetoun, iou n'ai pas de fraire, 
lou n'ai ni fraire ni nevou. 

A lauro res rouge, 

M. le V" DE GouRQUES, château de Lanquais (Dordogne), 

3. « Je n'ai pas d'autre amour, mon Pierre, — je n'ai pas d'autre 
amour que vous, » 

4. — « A qui parlais-tii, m'amour Jeanne? » — « Pierre, c'était 
avec votre frère, 

5. » Votre frère et votre neveu, — ils demandaient où vous étiez? » 

6. — « Jeanneton, je n'ai pas de frère, — je n'ai ni frère, ni neveu.» 



VIII 

1. Ai moun marit (1) qu'es tant jelous, 
Qu'ei tant cargat de jelousio (bis). 

2. Quan vé de sai, quan vé de lai, 
Sei seguro d'estre botudo. 

3. — « L'omi, perqué me botes vous, 
Nou sei pas iou belo e jolio ? » 

1. J'ai mon mari qui est si jaloux, — qu'il est rempli {liU.chRvgé} de 
jalousie. 

2. Qu'il vienne deçà, qu'il vienne delà, — je suis sûre d'être battue. 

3. — » L'ami, pourquoi me battez -vous, — ne suis-je pas belle et 
jolie ? » 

(1) Variante : moun omi (mon ami). 



— 329 — 

4. — a Belo e jolio tu ses bé 
Mes noun pas o rao fontesio. » 

5. — (( Prenès mos borios, mous jouièus, 



6. — « T'aurei tos borios, tous jouièus, 
Mes tu toujours siras botudo. » 

M. le V" DE GouRQUES, château de Lanquais (Dordogne). 

4. — « Belle et jolie tu es bien, — mais non pas à ma fantaisie. » 

5. — « Prenez mes métairies, mes bijoux, — ... .(lacune). . . » 

6. — « J'aurai tes métairies, tos bijoux, — mais tu seras toujours 
battue. » 



IX. — Fragments 



Allegretto 

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Di- men-che 



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me pren à la mes -sa, E me lor- 



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E^F_E*;^.^^^lE^^E^^pEËE^^É^ 



na me - nà Thous - tal, E me tor - na me - nà 'l'hous- 



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tal, pau - ra pri-sou -niei - ra, Ai pas sou - la- men lou 




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tems d'à - ga - chà las car - liei - ras. 



1. Dimenche me pren à la messa, 
E me torna mena ' l'houstal (/n"s), 



Fragments. — 1. Le dimanche il me conduit à la messe — et m« 



— 330 - 

Pauro prisounieira ! 
Ai pas soulamen Ion tems d'agachà las carrieiras. 

2. Tout en passen per las carrieiras, 
léu regarde mous coumpagnous (ôîs), 
Amai noun pas gaire ; 
Mais per lou mioù trapà, cougùou lou vole faire. 

M"e Noémie Azaïs, Lézignan-la-Gèbe (Hérault). 

ramène à la maison (bis) — pauvre prisonnière ! — Je n'ai pas seule- 
ment le temps de jeter un coup d'œil dans les rues. 

2. Tout en passant par les rues — je regarde mes compagnons — 
tant que je peux, — mais pour le mieux attraper, cocu je veux le faire. 



X. —■ Lo MORIOUN 



Allegro 



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Quan lo Mo - rioun vai 

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fount, quan lo Mo- 



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t^=zt;=Ç:bâ: 



rioun vai o lo fount, Pren sas se-lias, s'encourttou - jour. Lo 




ira Ion H - re Ion 



tra Ion li - re Ion 



1. Quan lo Morioun vai o lo fount (bis), 
Pren sas selias, s'encourt toujour. 

Lo tra Ion lire Ion la (bis). 

2. Pren sas selias, s'encourt toujours, 
En tsomi trobo sous amours. 

IjA Marion. — 1. Quand la Marion va à la fontaine [his]^ — elle 
prend ses seaux, et court toujours. — Lo tra Ion lire Ion la {bis). 

2. Elle prend ses seaux et court toujours, — «n chemin elle trouve 
son amoureux. 



— 331 — 

3. Li domando un besé ou dous : 

4. Fosen vite, deipeitsan nous, 

5. Lo pato lèvo, lu fiô ei ou four, 

6. Ai 'nforirià mous polissous, 

7. K moun home qu'ei tant jalous ! 

8. Que lous jalous fussian moutons, 

9. Que lous jalous fiissian moutous 
Fugue lo berdjièro de tous. 

Lo ira Ion lire Ion la (bis). 

M. Bazinet, Ghampcevinol (Dordogne). 

3. Elle lui demande un baiser ou deux : 

4. faisons vite, dépêchons-nous, 

5. la pâte lève, le feu est au four, 

6. j'ai enfariné mes paillassons, 

7. et mon mari est si jaloux ! 

8. Que les jaloux soient des moutons, 

9. que les jaloux soient des moutons — et que je sois la bergère de 
tous. — Lo ira Ion lire Ion la (bis). 

On trouve cette chanson dans [Laborde]. Essai sur la musique 
ancienne et moderne. Paris, 1780. T. Il, p. 429. Le texte est à peu 
près le même, mais l'air est différent. 



XI. — La Brunette 
Moderato 

-n-^tJ-^ \J\\ \J I iJ -l-i— qi— [ r-| — \ - — ■^ I 



Bel-le bru -net-te, d'où viens-tu? — Je viens du bois, défaire un 



^É^l^ï^Hï 



f-" r r 



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faix. — Ehl des - cen - dez, al - lo?is, ma bru- 



.- 332 — 






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net - te, Eh\ des - ceii - dez à Vom - bre du bois. 

1. — (( Belle brunette, d*où viens -tu? » (bis) 
— (( Je viens du bois de faire un faix. 

Ehl descendez, allons, ma brunette, 
Eh! descendez à lombre du bois. 

2. Je viens du bois de faire un faix, 
Et mon mari vient après moi. 

3. Et mon mari vient après moi 
Il est jaloux, vous le savez. 

4. Il est jaloux, vous le savez, 
Tous les jaloux seront brûlés. 

5. Tous les jaloux seront brûlés, 
Et mon mari tout le premier. 

6. Et mon mari tout le premier, 
Je me tournerai marier. 

7. Je me tournerai marier, 
Noun pa's amb' pastre ni bouié. 

8. Noun pas amb' pastre ni bouié, 
Sounc amb' un gaillard ménétrier. 

9. Sounc amb' un gaillard ménétrier, 
Qui m'apprendra bien à danser. 

10. Qui m'apprendra bien à danser 
Le menuet, le passe-pied. 

11, Le menuet, le passe-pied, 
Et encore le tour de pied. 

Eh! descendez, allons, ma brunette, 
Eh! descendez à r ombre du bois. 

M. Rouis, Lodève. 



- 333 — 



JANOT 



Allegretto 



léu soui Ja — net, qu'ai - mi mai vi que 



z W j ^^EEIzzÈ^^r^zzIrrirBJrryijzj 



ai - go, iéu soui Ja — net que plan - ti lou eau- 



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let, M'ai - ma-riei mai plan - ta la ber-tou - lai -go que 



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lou eau 



let (lin 



^^^^^ 



lou mes de ju 



liet. 



Iéu soui Jauet 
Qu'aimi mai vi que aigo, 

Iéu soui Jaiiet 
Que planti lou caulet. 

M'aimariei mai 
Planta la bertoulaip:o, 

Que lou caulet 
Dins lou mes de juliet. 



M. le docteur Guibaud, Narbonne. 



Je suis Janot — qui aime mieux le vin (jue l'eau, — je suis Janot — 
qui plante le chou. — J'aimerais mieux planter la salade (le pour- 
pier), — que le chou — dans le mois de juillet. 



— 334 — 



II 



Allegro 






Êif^l^ 



léu soui Ja -net, a - mai lou to - le es-tre, léu 



rt 



ï^^^^^^^m 



soui Ja - net que las por - te tout drecli. Ai - ma-riei 




P=? 



K—y 



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mai plan -ta de bour-tou - lai - gas que de eau - lets ; Quan 



Ç==I?=S: 



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p^ 



i'an cou-pat la tes - ta, vo-lou pas pus ras. 



léu soui Janet 
Amai où vole estre, 

léu soui Janet 
Que las porte tout drech. 

Aimariei mai 
Planta de bourtoulaigas 

Que de caulets ; 
Quan i*an coupât la testa 

Volou pas pus res. 



M. Bouquet, Montpellier. 



Je suis Janot — et même je veux l'être, — je suis Janot — qui les 
porte droites (les cornes). — J'aimerais mieux — planter des salades 
— que des choux ; — quand on leur a coupé la tête — ils ne valent 
plus rien. 



— 335 - 



III 



Allegro 



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È^-E^i^^i^Mt-^ 



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Lou pau - rc mis- tan - flu - to tu - ro - lu! Sa 



^^^^^^m^=^^i 



fem-no l'a ])a tul, l'a dou-nat un cop de pùd, L'a fou 






tut per l'es - ca - liô Tout en ca 



mi 



so. 



Lou paure mistaiifliito, 
Turolu ! 
Sa femno l'a batut, 
Ta dounat un cop de pèd, 
L'a foutut per l'escaliè 
Tout en caraiso. 

M"« Pauline Lambert, Belesta (Ariège). 

Le pauvre mistanflute, — turolu! — sa femme l'a battu, — elle 
lui a donné un coup de pied, — l'a jeté dans l'escalier — tout en 
chemise. 



IV 



1. E bé ! tant soun las filhos fados 
D'ôubéi à lour mari, 
Ai un home, coumo lous autres, 
Bouno cousturmo i'ai mi. 



1. Hé bien! tant sont sottes les filles, — d'obéir à leur mari, 
j'ai un mari, comme les autres, — et bonne coutume j'y ai mis. 



— 336 — 

2. Quan iou m'en vau à la gran-messo 

Me fai buli moun toupi, 
Ornai me bolatso la crambo 
E me bordo bien moun lit. 

3. Quan ne torni de la gran-messo 

Moun toupi n'a pas buli ; 
« De la barro qu'es iras la porto 
Pren-te gardo, moun ami! » 

• M. Justin Landks, Sarlat. 

2. Quand je vais à la grand' messe, -- il méfait bouillir mon pot, 

— de plus, il me balaye la chambre — et me fait bien mon lit. 

3. Quand je reviens de la grand' messe, — si mon pot n'a pas bouilli : 

— «« de la barre qui est derrière la porte — prends garde à toi, mon 
ami ! » 



V 



Allegretto 



Ee33?^^ 



t=f::t: 



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^J^^t=^^Jrt^ 



t=f=f^ 



3 




Siô-ga tran-quil-la ma t'en - ne - ta, Te fa-ra: tout ce que vou- 



i__ — ^iit:izt^z±izbzfit=: 



t:==^=h=^±it=t^: 



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pzipzîitiizr^zitiizt^ztiL-zziÇ: 
dras ; Te Ira -va - Iha-rai au de - bas, Te fi - la - rai la fi -Iou- 



:^: 



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ta. Te fa - rai ben 



a - ten- cioun au tn- 



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da - rai Iou 



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chot. 



1. Sièga tranquilla, ma fenneta, 
Te farai tout ce que voudras : 



— 337 — 

Te travalharai au debas, 

Te filarai la filouseta, 

Te farai ben atencioun au fricol (1), 

E te mudarai lou pichot. 

2. Vole que lou diable m'emporte 
Se torne pus au cabaret, 
M'atirariei quauque soufflet, 
En danger de coucha defora. 
Ai una fenna qu'es pas res de bon, 
Belèu m'arivariè quicom. 

M. Bouquet, Montpellier. 

1. Sois tranquille, ma petite femme, — je ferai tout ce que tu vou- 
dras : — je tricoterai le bas, — je filerai la quenouille, — je ferai bien 
attention au fricot — et je langerai l'enfant. 

2. Je veux que le diable m'emporte — si je retourne encore au 
cabaret, — je m'attirerais quelque soufflet, — Je courrais le danger 
de coucher dehors. — J'ai une femme qui n'est rien de bon, — peut- 
être il m'arriverait quelque chose [de fâcheux]. 



VI 



Allegro 



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:ç=t=^ 



-p=pzzipizz ^3 






Ai man-dat moun home au riéu per la - va la bu- 



z^.±=:iz=\=- 



3^; 



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ffa - da 



Gre-se-ffuen de la la -va lou riéu ié Ta 'nme- 



li^ni^^i^^i^ 



na - da Gre-se guen de la la -va, lou riéu ié l'a 'ume- 



(1) Variante : T'escoubarai, t'alumarai lou fioc. 
Je balayerai, j'allumerai le feu. 



— 338 — 




^g^ iis^mg 



na - da la - la, lou riéu ié l'a 'nine - na - da. 



Ai mandat moun home au riéu 
Per lava la bugada, 
Creseguen de la lava 
Lou riéu ié Ta 'nmenada 

la la 

Lou riéu ié Ta 'nmenada. 



bis. 



M'^« Noémie Azaïs, Lézignan-la-Gèbe (Hérault). 



J'ai envoyé mon mari à la rivière — pour laver la lessive. — Pen- 
dant qu'il la lavait, — la rivière la lui a emportée [bis] — la la. — La 
rivière la lui a emportée. 



VIL — Lou TOURTEL 

Mo femno n'o fat un tourtel 

De bure e de froumadze ; 
N'en demonde un pitzou mourcel, 

Coumo par un meinadze ; 
Me respoun din soun lengadze : 

7'iens, tiens^ tiens., 

Coumo on d'un chien ; 
E iou, paure, toudzour endure, 
Dzomai nou dise rien, 

M. BoissÉE, Le Puy (Haute-Loire). 

Ma femme a fait un gâteau — de beurre et de fromage ; — J'en 
demande un petit morceau, — comme pour un enfant. — Elle me 
répond dans son langage : — tiens, tiens, tiens, — comme à un chien ; 
— VA moi, pauvre, j'endure toujours, — jamais je ne dis rien. 



— 339 — 



YIII. — Fragmknts 



Allegretto 






-^^ 



Je m'en vais faire un vo - ya - ge du cô - té d' Saint-Ni-co- 



[:J^^ 



:&: 



^pip^i=plïi^^ 



las ; Mon ma - ri vous è - tes 



vieux, re - po - sez- 



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i^ 



SEt. 



F r ^ — »=: ~n=j::r»=::ri 



vous, Mon va - let me con-dui - ra bien mieux que vous. 

1. Je m'en vais faire un voyage 
Du côté d' Saint-Nicolas : 
Mon mari, vous êtes vieux, 

Reposez-vous ; 
Mon valet me conduira 
Bien mieux que vous. 

2, Savez-vous quel pain je mange 
Quand je suis à mon logis? 
Je mange du pain d'avoine, 
Quelquefois moitié moisi. 

S'il j a du pain dans la maison 

Qui soit bien fait, 
Ce sera pour notre femme 
Et son valet. 

M. Reboul, Lunel-Viel (Hérault). 



IX 



Moderato 



H^iiiiiijiïijiii^^i 



Moun pai - re me ma - ri - do, 



Ai! ail ail Ira - la 



340 — 



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lii. 



;izit5z:it5z:i[^z:::|^z 



ZIÉZI. 



fim^iTZiizri^: 



i?i 



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iâz=i: 



lailMomi pai-re me ma - ri-do, noun pas à moun pla- 






=15=45=^!: 



r- 



E^ 



se, nounpas à moun pla - se, noua pas à moun pla - se. 



1. Moun paire me raarido 

Ai! Ai! Ai! tra la lai! 
Moun paire me marido, noun pas à moun plasé, 

E m'a donnât un home, garatz que nou bal ré. 

Al pèd dal foc me parlo, al lèit nou me ditz ré. 

S'en ba troubà sa maire, i dire so que n'es : 

5. — « Fai lou couioul, ma filho, que toun paire ja n'es. » 

b. — (( Calhatz, calhatz ma maire, que i'a loung temps 

[que n'es. 

7. » E n'a très cornos loungos coumo nostre laurès, 

8. » Desempèi que las porto 

Ai/ Ai! Ai! tra la lai/ 
» Desempèi que las porto, a coupât très berrets. » 

M. le Docteur Guibaud, Narbonne. 



1. Mon père me marie — Ai! (ter) tra la lai I — Mon père me 
marie, — mais pas à mon plaisir {ter). 

2. Il m'a donné un mari, mais il ne vaut rien. 

3. Auprès du feu il me parle, au lit il ne me dit rien. 

4. Elle va trouver sa mère, pour lui dire ce qu'il en est : 

5. — « Fais-le cocu, ma fille, ton père Test déjà, » 

6. — » Taisez [vous], taisez [vous], ma mère, il y a longtemps 
qu'il l'est ; 

7. » Il a trois longues cornes comme notre bœuf marron. 

8. » Depuis qu'il les porte, il a troué trois bérets. >> 



- 341 - 



X. — LOU PAURE MiCOULAU 



Allefîro 



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Ve - zôs un pauQuin-tc gran mau, S'an fach cou- 



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i^a:i:t^=i^:=jiii^=[; 



gùou lou pau-re Mi-cou - lau? 



Sa fen-na 



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ba-nas, Ve- zôs un pau quin - te gran mau? Ve-zès un 



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c:fr: 



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pau Quin-te gran mau S'an fach cougùou lou pau-re Mi-cou-lau! (1) 



Vezès un pau 

Quinte gran mau, 

S'an faoh cougùou lou paure Micoulau ? 

Sa fenna ié fai pourta banas. 

Vezès un pau 

Quinte gran mau ? 

Montpellier. 

Le pauvre Nicolas. — Voyez un peu — quel grand malheur — si 
l'on a fait cocu le pauvre Nicolas! — Sa femme lui fait porter les 
cornes. — Voyez un peu — quel grand malheur? 



XI. — Lou Varlet 



1. Quan lou mestre ven de laurà 
Trobo souD liech enrambalhat, 



(1) Air de la Catacoua^ Clé du caveau, n» 674. 



24 



— 342 — 

Lanla^ leranlal 
Trobo soun liech enrambalhat, 
Lanla^ leranla ! 

2. — c< Chambrièiro! quau afach acô?» 

— (( Es la mestro embé lou bouiô. » 

3. — « Eh ! varlet, tu me quitaras. » 

— « Eh ! mestre, tu me pagaras. » 

4. Quan lou varlet s'es enanat 
La mestro s'es messo à plourà. 

5. — « Hé ! varlet, torno-te vira, 
Lou gage ti vole doubla. » 

6. — a Mestre, se me torne vira, 

léu vole saupre emb' quau coucha? » 

7 . Emb' la chambrièiro coucharas, 
Embé la mestro quan voudras. » 

8. La mestro s'es messo à cantà 
Lan la, leranla! 
E la chambrièro à ni dansa. 
Lanhy leranla! 

M. le pasteur Fesquet, Golognac (Gard). 

Le valet. — 1. Quand le maître vient de labourer — il trouve son 
lit tout en désordre, — Larda leranla! 

2. — (( Servante! qui a fait cela? « — « C'est la maîtresse avec le 
bouvier. » 

3. — (( Eh! valet, tu vas me quitter. » — « Eh! maître, vous me 
payerez. » 

4. Quand le valet s'est en allé — la maîtresse s'est mise à pleurer. 

5. — « Hé ! valet, reviens ici, — je doublerai tes gages. » 

6. — « Maître, si je reviens ici, — je veux savoir avec qui je cou- 
cherai ? » 

7. — « Avec la servante tu coucheras, -- avec la maîtresse quand 
tu voudras. » 

8. La maîtresse s'est mise à chanter — et la servante, à danser. 



— 343 — 



XII 



zJtdà 



Allegro 



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très cou - erùous dins 



un ho us - tau : Lou 



Jr==i=z=r i^---[T:T— ---1 f^ - J-T . ^ | 



pai-re, lou fil e lou gen-dre, P] se lou gran è- 




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K: 



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ra pas mort, lé se - rien quatre en - sem - ble. 

l'a très cougùous (1) dins un houstau : 
Lou paire, lou fil e lou gendre, 
E se lou gran èra pas mort, 
ïé serien quatre ensemble. 

M. Octavien Bringuikr, Montpellier. 

Il y a trois cocus dans une maison : — le père, le fils et le gendre, 
— et si le grand-[père] n'était pas mort, — ils seraient quatre 
ensemble. 

XIII. — La ronde des cocus 

1. Dous coucus nus sèn troubà, 
Lou bon Dieu nus o loubà 
Tant l'un, tant l'autre. 
Doriè vengû, vai t'en cercà 
Un autre. 

La ronde des cocus. — 1. Deux cocus nous sommes trouvés, — le 
bon Dieu nous a loués — l'un autant que l'autre. — Dernier venu, 
va-t'en chercher un autre [cocu]. 



(1) Variante : l'o très foutraus dinc un houstau. Golognac (Gard). 



— 344 — 

2. Très coucus nus sèn troubà, etc. 

M. Landes, Sarlat. 

2. Trois cocus nous sommes trouvés, etc. 

Cette ronde est particulière aux hommes, toutefois les petits gar- 
çons la chantent naïvement, à la campagne, en temps de carnaval. Le 
premier couplet est dansé par deux personnes seules, se tenant par la 
main, un troisième survient, qui ira en chercher un quatrième et ainsi 
de suite jusqu'à ce que le dernier venu ne trouve plus personne. Il y a 
donc autant de couplets que de danseurs, ils ne diffèrent entre eux que 
par le nombre, qui change naturellement chaque fois. (Note de 
M. Landes.) 



XIV 



Allegretto 



Dous cou - cù se soun trou- bas Dins eno as-sem- 



i ^gi^Ëg ^ 



f=f: 



5 



te=t3: 



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S: 



bla — do ; se trou - va - ron bé mai Per eno autre an- 



na — do. Uncou-cù fai l'au-tre, Un 



i ^^^S^^ 



^ 



cou- eu me- no 



:^r:1- 



^lE^É^-^Êgili^EllÉ^â 



l'au-tre, Loudar-rié ven - gù Vaiquerreun au - tre cou - cù. 



Dous coucù se soun troubas, dins eno assemblado ; 
se trouvaron bé mai pèr eno autre annado. 
Un coucù fai l'autre, 



Deux cocus se sont trouvés dans une assemblée; — ils se trouve- 
ront bien plus [nombreux] l'année prochaine. — Un cocu pousse 



~ 345 — 

Un coucù meno l'autre, 

Lou darriè vengù 
Vai querre en autre coucù. 

M. le docteur Ghaussinand, Goux (Ardèche). 

l'autre, — un cocu mène l'autre, — le dernier venu — va chercher un 
autre cocu. 



XV 



Perqué coucuts ses vautres, 
Poudès veni embé nautres ; 

Mes, que lou darriè vengut 
N'en ane querre d'autres. 

M. le pasteur Fesqubt, Golognac (Gard). 

Puisque vous êtes aussi cocus, vous pouvez venir avec nous; — 
mais, que le dernier venu — en aille chercher d'autres. 



FIN DU TOME DEUXIEME 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Danses rustiques 3 

I. Bourrées 7 

II Rigaudons 70 

III. Montagnardes 85 

IV. Danses diverses 127 

Chansons de printemps 137 

Le mois de Mai 157 

Chants d'amour . . 171 

Déclaration d'amour, rendez-vous 193 

Infidélité, plaintes, regrets 219 

La fille qui demande un mari ^ 243 

Les épousailles . 272 

La novio 273 

La petite mariée 277 

Le petit mari 282 

La mal maridado 290 

Epoux mal assortis . 296 

Vieux mari 296 

Vieille femme 308 

Lou marit jalous 320 

Janot 333 

La ronde des cocus 343 



MONTPELLIER. — IMPRIMERIE CENTRALE DU MIDI 



G 



I 



M Lambert, Louis 
1732 Chants et chansons 

L33 populaires du Languedoc 
t. 2 

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