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Full text of "Chartes, chroniques et mémoriaux pour servir à l'histoire de la Marche et du ..."

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CHARTES 

CHRONIQUES ET MEMORIAUX 



PODR BEaVIE A I« ItlSTOlSlB 



DE LA MARCHE ET DU LIMOUSIN 



pciute iOBi %m iMpu 



l)c la SocitHc deâ Lettre*, Sdcnccs et Arte de fa Corrèze 



FAfl 



F«n AUOUSTE BOSVIEUX 



TULLE 1 LIMOGES 

IMPRIMERIE CRAUFFON } UtBRAIKlE OUCOUKTIEUS 
Trâck» 89. T tuer dn Aftnei, T. 



1886 



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CHARTES, CHRONIQUES ET MÉMORIAUX 

DE LA MARCHE ET DU LIMOUSIN 



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PUBLICATIONS DE M. A. LEROUX. 



Recherches critiques sur les relations politiques de 
la France avec l'Allemagne^ 1292 à 1378. — 
Paris, Vieweg, in-8®. 

Notice historique sur l'hôpital de Magnac-Laval 
en Basse-Marche. — Limoges, Ducourtieux, 
in-8^ 

Inventaire des Archives départementales de la 
Haute-Vienne, série D, précédé d'une histoire 
de V Ancien collège de Limoges, 1525-1793. — 
Limoges, Gély, in-4^. 

Documents historiques has-latins^ provençaux et 
français concernant la Marche et le Limousin 
(avec le concours de MM. E. Molinier et 
A. Thomas). — Limoges, Ducourtieux, 2 vol. 
in-8^ 

Inventaire des Archives hospitalières de la Haute- 
Vienne (Limoges, Bellac, le Dorât, Magnac- 
Laval et Saint- Yrieix), précédé d'une notice 
sur les Institutions charitables dans l'ancien 
diocèse de Limoges. — Limoges, Gély, in-4®. 

Essai sur les antécédents historiques de la ques- 
tion allemande, 843-1493. — Paris, Picard, 
in-12. 

Chroniqueurs et historiens de la Marche et du 
Limousin jusqu'à la Révolution. — Limoges, 
Ducourtieux, m-8®. 

POUR PARAITRE PROCHAINEMENT ! 

Livres de raison et registres de famille limousins 

et marchois (en collaboration avec MM. Louis 

Guibert, Lecler et de Cessac). 
Inventaire des archives communales de Bellac, 

le Dorât, Rochechouart et Saint-Junien. 
Histoire de la Réforme dans la Marche et le 

Limousin. 



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CHARTES 
CHRONIQUES ET HEHORIÂUX 

POUR SERVIR A l'hISTOIRB 

DE U MARCHE ET DU LIMOUSIN 

PUBLIÉ! WOm LS8 ADtPICBS 

De la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze 

PAR 

AliFRBr) IjEîIIOXJX 

Arcbiviito du déptriement de It Htate-Vienne 

BT 

Feu AUGUSTE BOSVIEUX 

Ancien arehiTiite du dëpariement de It Creuie 



TULLE 

36, rue dn Trech, 36 
i8S6 



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AVERTISSEMENT. 



Les Chartes qui ouvrent ce volume ont d*ahord 
paru dans le Bulletin de la Société des Lettrés, 
Sciences et Arts de la Corrèze, d'octobre 1883 à 
juillet 1885. 

Quelques-unes des chroniques qui suivent sont 
publiées sur les copies prises par feu Auguste 
Bosvieux (fonds Bosvieux des Archives départe- 
mentales de la Haute-Vienne, série F). Les notes 
nous appartiennent, mais nous déclinons toute 
responsabilité quant à la correction des textes 
mêmes, que nous n'avons pu vérifier. 

Chargé de mission depuis le mois de novembre 
1885, il nous a été impossible de consacrer aux 
tables analytiques tout le temps qu'elles eussent 
exigé pour être complètes. Telles quelles^ elles 
offriront cependant quelques secours aux cher- 
cheurs. 

A. L. 




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CIIA.RTB8 

DES ARCHIVES DÉPARTEMENTALES ET HOSPITALIÈRES 
DE LIMOGES 



La plupart des chartes qui suivent étaient destinées 
primitivement à prendre place dans les Documents 
hisixyriquesvûzXik à la Marche et au Limousin que nous 
venons de publier avec la collaboration de MM. Ant. 
Thomas et Em. Molinier (1). Les exigences de l'im- 
pression nous ayant contraint de les enlever à ce re- 
cueil, nous sommes heureux de les publier aujourd'hui 
sous les auspices de la Société des Lettres^ Sciences 
et Arts de la Corrèze. 

Les érudits de cette société sauront apprécier, nous 
n'en doutons pas, la valeur des nombreux actes des 
x®-xii® siècles que nous avons empruntés au fonds 
S. Martial des archives de Limoges. Seuls jusqu'à ce 
jour, MM. C. Rivain et R. de Lasteyrie avaient com- 
mencé d'explorer cette mine féconde (2). On pourra 
juger «'il restait à trouver après eux. 

La série E (titres de famille) des mêmes archives a 
aussi beaucoup enrichi notre recueil de pièces des 



(1) Tome I, in-8^. Limoges, Ducourtieux, 1883. 

(2) Voyez Bull. Soc. Arch. du Limousin, t. XXV, p. 390, et 
t. XXVII, pp. 337; Bull. Soc. Hist. de la Corrèze, à Brive, 
t. II, p. 49 et 51 ; et les Comtes et Vicomtes de Limoges, p. 126. 



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— 6 — 

XIV® et XV* siècles intéressantes pour le Bas-Limou- 
sin. On nous saura gré sans doute d'avoir poussé nos 
investigations de ce côté. 

Dans leur ensemble, les pièces que nous donnons 
au public ne sauraient prétendre à faire progresser 
beaucoup l'une quelconque des branches de l'histoire 
locale. Mais chacune d'elles pourra contribuer soit à 
fixer une date douteuse, soit à éclaircir un point 
obscur du droit privé, soit enfin à expliquer quelque 
événement mal compris ou à vérifier une conjecture 
hasardée. Elles serviront en tout cas à faire mieux 
connaître les trésors des archives de la Haute- Vienne; 
peut-être aussi à leur attirer l'honneur de nouvelles 
investigations, plus méthodiques, plus complètes que 
toutes celles qui ont précédé. C'est de ce labeur 
trop dédaigné jusqu'ici parmi nous, que dépend dé- 
sormais le progrès des études historiques sur la 
Marche et le Limousin. 



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I. --Donation faite par Adémar et Ermengarde sa femme 
au monastère de 8> Martial de trois manses sises en Péri- 
gord, dans la vicairie de Molnisinse et dans la villa de 
Sarrazanas. — 954. Orig. 

Ego enim in Dei nomen Âdemarus et uxor mea nomen 
Ennengardis, nos insimul tractavimus de Dei misericordia vel 
remedio animanim nostrarum ut omnipotens Deus in tre- 
mendi judicii die de jehenne i^nis nos eripere di^netur. 
Donamus ad locum istum qui est in honore Domini nostri 
Jhesu Christi ubi beatissimus Marcialis, confessor Domini, 
requiescit, hoc sunt tresmansi nostri; et sunt in pago Petre- 
corio fl), in vicaria Molnisinse, in villa quœ dicitur Saraza- 
nas (2), mansum ubi Âurucius visus est manere et alium 
mansum ubi Balducius visus est manere, et alium mansum 
ubi Rainaldus visus est manere ; et sunt ipsi mansi cum 
servos et ancillas, cum terris, vineis et cum omnibus abja- 
cenciis, quantum ad ipsos mansos aspicit vel aspicere videtur ; 
totum et ab integrum donamus ad locum jam supra diclum, 
ia tali racione quamdiu nos vixerimus usufructuarium abea- 
mus et per singulos annos censum reddamus unum modium 
devinum et dimidium et post obitum nostrum in integrum 
remaneat sanctissimi Marcialis. Quia si quis, nos aud ullus 
de heredibus nostris vel pro heredibus aud ullus homo qui 
contra elemosinaria ista uUa calomnia jenerare presiimpserit, 
inprimis iram Dei omnipotentisinciirrateta liminibussanc- 
tfB Dei ecclesiœ extraneus permaneat et cura Juda qui Dorai- 
num tradidit, partem daranacionis recipiat et sua insuper re- 
peticionullum obtineat efFectu[m]. Cum stibulacione subnixa 
facta elemosinaria ista in mense septemb[ris], régnante Lo- 
therio rege (3). 

Signum Ademaro et uxore sua Ermengardis qui elemosi- 
naria ista fiere (sicj vel adfirmare rogaverunt, S. Gauzberto. 
S. Ademaro. S. Jeraldo. S. Folcerio. S. item Folcerio. Hilde- 
bertus Roitus scripsit. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n^ prov. 
9162). 



(1) Le pays de Périgord. ^ 

(2) Sarrazanas, hameau de la commune de Salignac. arrondisse- 
ment de Sarlat (Dordogne). 

(3) Lothaire no fut couronné à Reims que le 12 novembre 954. 
Mais Louis d'Outremer son père était mort dès le 10 septembre. 



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- 8 - 



IL — Donation faite par Gérald et Eldie sa femme au mo- 
nastère de S. Martial d'une manse sise dans la vicairie 
de Plavignac. -- 9 Sa. Orig. 



Ego enini in Dei nomine Jeraldus et uxor mea Eldia^ nos 
insimul tractavirnuB de Dei misericordia vel remedio anima- 
rum nostparum ut omnipoteus Dominus in tremendi judicii 
die de jehenne ignis nos eripere dignetur. Donamus ad lo- 
cum istum ubi beatissimus Mabcialis [discipulus] (1) Christi 
requiescit, hoc est mansum meum, et est in pago Lemovicino, 
in vicaria Flaviniacinse (sic) (2), in villa que dicitur Boscca- 
roni, illum mansum ubi Aldebaldus visus est manere, quan- 
tum ad ipsum mansum aspicit vel aspicere videtur/ totum 
et ab integrum donamus ad locum istum (3). Quia si quis, 
ego aud ullus de heredibus meis vel pro heredibus aud uUus 
homo qui contra elemosinaria ista ulla calomnia generare 
presumpserit, inprimis iram Dei omnipotentis incurrat et a 
liminibus sanct» Dei ecclesiœ extraneus permaneat, et sua 
insuper repiticio nihil obtineat eifectum. Cum stibulatione sub- 
nixa facta elemosinaria ista in mense septemb[ris], régnante 
Lotherio rege (4). 

S. Jeraldo et uxore sua qui elemosinaria ista fiere (sic) vel 
adfirmare rogaverunt. S. Constantinus t. S. Gerardus f. 
S. David f. S. Petrus f. Hildebertus Boitus scripsit. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n° prov. 
9162). 



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1) Le mot a été gratté dans le dessein d*y substituer celui de apoi- 
lus. 

(2) Flavignac, arrondissement de Saint- Yrieix (Haute-Vienne). 

(3) Suivent trois lignes biffées ensuite par le scribe : Ea tamen 
ratione quant diu ego ipse Jeraldus vixero usnfructuarium ah eam 
et post AUum meum sine mea uxore et sine meos infantes beatissi- 
mum Marcialem in intsgrum remaneai et per singulos annos censum 
reddam dimidlium] modio defrumenio. 

(4) Cf. la note 3 de la charte n« L 



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— 9 — 



III. — Donation faite pat Umbert et Plectrude sa femme 
au monastère de S. Martial d*une manse sise en Limousin^ 
dans la vicairie de Nantiat et dans la villa de OAatenet, 
et de deux autres manses sises au même lieu dans la villa 
de Adillavemia. — 955. Orig: 



Igîtup ego enim in Dei nomen Uncbertus, ego et uxor mea 
Plectrudis insimul pariter facimus carta et condonacio pro 
amore Dei omnipotentis et sancti Pétri apostoli, in cujus ser- 
vicio ego vocatus aum. Ego trado adque dono a beatissimum 
Marcialem confessorem Dominum aostrum Jhesum Christum 
manso meo qui est in urbe (1) Lemovicino, in vicaria Nantia- 
censis (2), in villa que dicunt Castanedo, ubi Berno cum uxore 
sua et cum infantious suis visus est manere; et in alio loco 
alios duos mansos meo quid sunt in urbe Lemovicino, in vi- 
caria Nantiacensis, in villa que dicunt Adillavemia (3), ubi 
Petrus cum uxore sua et cum infantibus suis visus est ma- 
nere, et Bonellus cum uxore sua et cum infantibus suis visus 
est manere, Isti remansissent mansi beatiasimi Marcialis et 
ad servientes corpusculum illius (4) 



Aut si fuerit] ullu3 omo aut uUa persona potente qui ista con- 
donacione in captivitatem tradere voluisset aut ad servientes 
beatum Marcialem toUere voluisset, neque monacus atque 
laicus neque abbatus non venissent in memoriam aput Deum 
set ista condonacio remansisset ad parentes meos Uncberto 

Srocerus, amore et pro cujus honore confacere rogo ista con- 
onacione. Ipse mini sit adjutor et c^nsolator et redemtor et 
protector et defensor et consiliator et misericors omnibus die- 
bus vite meœ in hoc seculo et in futuro. 

S. Plectrudis. S. Huncberto qui hoc fieri jussit vel firmare 



(1) In urbe seu pago Lemovicino^ disent quelques chartes de cette 
époque (Voyez Deloche. Cart, de Beaulieu, xxviu). Il faut donc com- 
prendre ici qu'il s'agit du Limousin et non de Limoges môme. 

(2) Nantiat, arrondissement de Bellac (Haute- Vienne). Castanedo 
serait alors le Chatenet dans la commune de Compreignac, canton de 
Nantiat. M. Deloche ne signale pas cette vicairie. 

(3) Peut-être la Vergne, hameau de la commune de Nantiat. 

(4) Suivent trois lignes et demie, la moitié d'une en blanc, le reste 
inintelligible dans son ensemble. 



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- 10 ^ 

rogavit. S. U^ono. S. Huncberto. S. Arselente (?). S. Gauz- 
berto. Facta est condonacio ista in mense decemorio, anno II 
régnante Lotario rege (Ij. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S, Martial, n** prov. 
9162.) 



IV. — Donation faite par Eugénie au monastère de S. Mar- 
tial de V alleu d'Alpoi, sis en la paroisse de S. Sulpice. 
— 992. Oriff. 



In nomine Dei summi et in honore alrai Martialts ubi 
domnus Gozfredus cum turba monachorum ibidem Deo ser- 
viencium abbas esse videtur, eg'o Eug^nia consentiente viro 
meo nfominej Frentio, dono alodum meum qui est In pago 
Limovicino, m villa quae vocatur Alpoi, in parrochia sancti 
Sulpicii (2), quantum visa sum tenere et possidere; post 
mortem meam, totam, sit Deo et sancto Marciali. De uno la- 
tus habet terra domni Gozfredi abbas, de tercio latus terra 
Donelli, de alio latus terra Rain....dis; infra istas fines quan- 
tum ibidem visa sum habere quod in mea potestate esse vide- 
batur, totum trado summo Deo et sanctissimo Martiali at(}ue 
abbati ipsius loci et monnchis ut faciant quicquid voluerint, 
neminem contradiœntem habentes. 

S. Eugeniœ qui hoc donum fecit. S. Frentio viro suo qui 
ei consensit. S. Donelli. S. Rainaldi. S. Arnulfi presbiteri. 
Facta est hista donatio in mense agusto (sic)^ anno VI 
régnante Hugono rege. Botgerius scripsit sub die VIII 
kalendas septembris (3). 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n® prov. 
9162.) 



(1) Cf. la note 3 de la charte n« I. 

(2) Peut-être Saint-Sulpice-les-Feuilles, arrondissement de Bellac 
(Haute -Vienne). On trouve en efTet dans ce canton trois hameaux 
du nom de Peux, forme marchoise de Podium^puy, poi : le Peux dans 
la commune de Jouac, les Grands-Peux dans la commune de Gromac 
et les Petits-Peux dans la commune de Mailhac. 

(3) G'est-à-dire le 25 août 992. 



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- 11 - 

V. — Donation faite par Uchert au monastère de S. Martial 
(Tune manse comprise dans un alleu de la paroisse de 
S. Gaudent. — 4046. Orig. 

Catholicœ fidei certum habet credulitas cotidiana delicta 
fragilitatis humanae per salutiferam relaxari elemosinarum 
dispensationem. Propterquodscriptum est : Redemptio a^iime 
viriproprix divitûe (1). Et alibi : Éicut aqua extinguit ignem, 

ita nelemosina extinguit peccatum (2j. Quodper , egro in 

Dei nomine Ucbertus cedo Deo, salvatorî nostro et beato 
Martial! primo Galliarum patron i unum mansum de alodo 
meo qui est in parrœchia sancti Gaudentii (3), in villa quae 
dicitur Adromanes. Veruntamen quamdiu vixerotenebo illum 
ad usus proprioB, reddens censum omni anno VU sextarios 
sigilae et XII denarios. Post obitum vero meum sit libère Deo 
et sancto Martiali servientibusque sibi. Si quis huic mese 
helemosinse contrarius extiterit et de dominatu domni Mar- 
tialîs auferre [presumpserit], accipiat a Deo sempiternam in 
infemo inferiori dampnationem. insupsr et jam examine coac- 

tus ius[ti]ci8e.. .. libras auri emendœ. Data die kalendas 

aprilium (sic)^ anno ab incarnatione Domini MX VI (4), indic- 
tione XIIII, ep[acta] XXVIII, imperante Domino et sub eo rég- 
nante rege Rotberto. 

S. Ucberti de Toron. S. uxoris ejus Hildiœ. Item, S. fratris 
ejus Ucberti. S. Josfredi. S. Hilduini. S. Rotgerii Berget. 
S. Ucberti qui hune mansum dédit. 

(Ajch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n® prov. 
9162.) 



VI. — Donation faite par Hugues et sa femme de lamanse de 
Juillac et de ses habitants au monastère de S. Martial. — 
4049. Orig. 

Igitur ego enim in Dei nomine Ugo et uxop mea nomine 

tractavimus pro Dei amope et coram ejus pro remedio anime 
nostre et filiorum nostrorum simulque parentum nostrorum 



(1) Peut-être réminiscence de Frov. XIII, 8 : « Les richesses font 
qu'an homme peut racheter sa vie. » 

(2) Ce passage ne se trouve nulle part dans l'Ecriture, au moins 
dans les livres canoniques. 

(3) Saint-Gaudent, arrondissement de Givray (Vienne). 

(4) Beconde moitié de mars 1016. 



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- I 



— 12 — 

ut n[os. . . Jis in die judicii liberare dignetur de potestate osti^ 
antiqui. Tradimus ergo quendam alodum'nostrum, unum 
mansum q[ui vocatur Ajuliaco (1) ad locum sanctissimi Mar- 
cialis ubi ipse in corpore quiescere videtur, cum servis et an- 
cillis, hoc est Galterio et Gauzfredo, et cum silvis e^ pratis 
et omnia queipsum alodum pertinere videntur, in tali racione 
ut hodierno die monachi jam supra dicti beatissimi Marcialis 
ad usus proprios possideant. Quod si ego aut aliquis ex ere- 
dibusnostriscontrahancdonationem inquietare presumpserit, 
inprimis iram Dei omnipotentis et sanctorum angelorum 
omniumquesanctorum incurrat et peticîoejus nichil proficiat. 

Insuper coactus libras XXX^** conponat. Facta donatîone 

ista anno ab incarnatione Domini millesimo XVIIII mense 
augusto, VIIIo kalendas septembris, manibus Gauzfredi ab-. 
bâtis, régnante Rotberto rege. Signum Ugoni et uxoris ejus 

?[ui hanc donationem fecerunt. S. Odoni filii ejus et Ugoni 
ratpi ejus. S. Geraldi de Crosenc. S. Beraldi. S. Raimundi de 
Noallis. 

(Au bas, de la même écriture) : 

Donatio Hugonis et filiorumejus de manso qui vocatur Ju- 
liaco et de servis et ancillis qui eum incolunt, sancto Marciali. 

(Apch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n® prov. 
9162). 



VII. — Donation faite par Tisalgade au monastère de 
S. Martial de deux manses non dénommées, d'un domaine 
sis à Boyère, de la moitié de Véglise de S. Dizier et des 
vignes de BurgueiL — 4027. Orig. 

Dum moneamur a pio Domino thesaurizare thesauros in 
cœlo, quorum freti adjutorio mereamur recipi in œtemo ta- 
bernaculo, volo ego utinam omnipotentis Dei servus nomine 
Tisalgadus ac toto animo delibero dare quandam partem he- 
reditatis meœ Domino Deo, salvatori ac sancto presuli Marciali 
ut per interventionem ejusdem apud ipsum Dominum salva- 
torem aetemam merear consequi, eo annuente, quietem. Est 
autem hœc hereditas scilicet duo mansi quondam ad sanctum 
vultum Domidi a mea génitrice coUati, quos ad presens ex 
toto concedo ac dimitto; et hœc omnia quœ in curti de Bc&- 



(1) PcaUêtre Juiliac, arrondissement de Brive (CSorrèze). 



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- 13 - 
ria (1) hucusque visus sum tenere, similiter semper relinquere 
censeo. Addo insuper post obîtum meum in eadem donatione 
partem meam, idem medietatem de ecclesia sancti Desiderii (2) 
et vineas meas de Burgolio (3) quœ toto conamine concedendo 
afflrmo ut locus sancti Marcialisr in perpétue jure possideat. 
Et hoc est meum velle sine ulla contradictione. Anno Domini 
millésime XXVII, indictione X, mense septembris, régnante 
Botberto rege* Aimericus. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n° prov. 
9162). 



VIII. — Donation faite par Gérald Barraban au mo^iastère 
de 8. Martial éPune serve nommée Aldeierge et de ses fils 
Qérald et Itier.— 4064. Orig. 

Sciant omnes tam présentes quam futuri quod ego Geral- 
dus Barrdban in Del nomine absolve quendam vernaculos 
meos Domino Deo et sancto Marciali, nomine Aldebergua 
cum filiis suis Giraldo et Iterio et omni progenie eorum q^ui 
de eis nascituri sunt, ita ut nullum servicium inpendant nisi 
Deo et sancto Marciali, pro remédie anime mee vel patri meo 
vel matri vel parentum meorum, ut plus Dominus absolvat 
nos de omnibus peccatis nostris. Facta firmatio (4) ista in 
mense junio, régnante Philippe rege. 

S. Rainaldi modo prepositi de Vernol (5). S. Gr. militi de 
sancti Hilarii. S. Pétri Bemardi. 

(Arch. dép. de la Haute- Vienne, fonds S. Martial, n» prov. 
9162). 



IX.— Donation de divers Mens faite par Cfaucelm de Pierre- 
Hffière et ses parents au monastère de Solignac et à 
l'église de Vie. — 4063 (6). Orig. 

MUNBI TERMINUM RUINIS CBBBRESCENTIBUS ADPROPINQUAN- 

TEM iNDici certa manifestantur. expérimenta declarare (?) 
noscuntur et ad discutiendas inndelium mentes dudum m 
evangeliis a Domino dicta oracula incumbere noscuntur. 



(1) Sans doute Royère, arrondissement de Bourganeuf, Grease. 
1 2) Saint-Dizier, arrondissement de Boorganeuf, Grease. 
3) Lieu-dit inconnu. 

i 4) En interligne il y a le mot karta, au-dessus de firmatio qui n'a 
pas été exponctué. 

(5) Verneuil, arrondissement de Limoges. 

(6) Voyez la formule de cette date. 



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— 14 — 

Opère precîum arbitror fùturopum tempomm vîcîssîtudinem 
prseoccupans anticipare et iacertum humane coaditionis 
eventum sagaci mentis intuitu^ quatenus ex hoc in nactis 
facinorum vulneribus indulta pietate remédia mereatur, adi- 
pisci. 

Igitur in Dei nomîne ego Jauzcelmus de Petrabufepia(l) 
et nepos meus, qui similiter vocatur Gauzcelmus, et Aymiri- 
cus de Jaunac et uxor ejus Aalmodis et filii eorum Petrus, 
Stephanus, Bernardus atque Guido sed et Petrus del Mont et 
fratres ejus Gauzelmus et Ugo, pertractantes qua gravamus 
sarcina peccatorum et reminiscentes bonitatem Domini di- 
centis : Date elemosinam et omnia munda sunt vobis (2) ; de 
tanta igitur miseratione et pietate Domini conâsi, idirco per 
banc epistolam donationis donamus donatumque in perpe- 
tuum esse volumus aliquam çartem hereditatis nostrœ atque 
de jure nostro in jure et dominatione monasterii sanctorum 
Pétri et Pauliapostolorum quod antiquitus noscitur SoUemp- 
niacum a beato Eligio, Noviomagensi episcopo (3), nobiliter 
constructum, ubi preciosus requiescit Tillo, Christi confessor. 
' Ibi namque Guido, abbas, rector preesse videtur congrega- 
tioni sibi commisse. Hoc est monasterium quod edificare cœ- 
peramus in honore Domini nostri Jhesu Christi et sanctœ 
Crucis t ejusdem in qua passus est çro tocius mundi sainte, 
et in honore sanctœ hac perpetuœ Virginis Mariœ sanctique 
Stephani protomartiris Christi, et in honore sancti Pétri, 
apostoiorum principis, necnon et sancti Marcialis, juxta cas- 
trum quod dicitur Petrabuferia, ad ortum solis ; ipsud mo- 
nasterium cum suo atrio atque cimiterio et cum quattuor 
casalibus sive ortalibus qui in circuitu ejus sunt, totum et 
integrum sancto Petro cedimus et monachis supradicti loci ad 
habendum sive ad possidendum jure perpétue. 

Similiter aetiam dono feuum presbiterale œcclesie sancti 
Martini de Vico (4) per consiliumet voluntatem eorum a qui- 
bus eandem œcclesiam teueo necnon et illorum qui habebant 
de me illam. Hujus doni sunt testes hii quorum nomina hic 
Bubscripta sunt : Aimiricus de Jaunac, Oeraldus de Jaunac, 
Ugo de Ponraiy Geraldus dePonrai, Stepbanus de Vie, près- 
biter. Petrus de Monte, Constantinus, presbiter et alii 
multi. 

Si quis autem huic donation! nostrœ per quaslibet adin- 
ventiones seu occasiones, sicut mundus cotidie artibus et 
ingeniis dilatatur, convulsor aut tergiversator extiterit, an- 
nathema sit et cum Batan et Abiran hiatu terrœ absortis 
vivons in infemum descendat et cum Giezi (5], fraudis mer- 



SI) Pierrebuffière. arrondissement de Limoges. 
l) Luc, XL 41. Mais voyez le contexte. 

(3) Saint Eloi, évoque de Noyon, vers 659. 

(4) Vicq, arrondissement de »aînt-Yrieix, Haute- Vienne 

(5) Sur ce mot voyez Ducange, Ghts. 



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- 15 - 



. catorem fsicj^ et ia presenti et futuro seculo partem damp- 
nationis excipiat,et cum Juda traditore epuletur cotidie. 
ÂMEN. Sic fiât. 

{Au dos de la pièce) : 

Pbecbptum de Petrabuferia, régnante Philippe rege anno 
V*** fsicj^ anno ab incarnatione Domini millésime LXIII *^^'*. 

[Arch, dép. de la Haute-Vienne, fonds de Solignac, n*» prov. 



X. — Donation faite parnoile dame Qeniosa à Valihaye de 
SoUgnac, de certaines rentes à percevoir dans la villa de 
Rochechouart. — Vers 4068. Orig. Se. perdu. 

Noscant tam présentes quam posteri quod domina Ge[niosaj 
pro anima domni Angelemni de Petrahufer (1). filii sui, et 
pro sua et ad salutem filie sue domine Admirabilis, et mariti 
ejus domni Robberti de Roncon (2), dédit Deo et sancto Petro 
Sollempniacensi (3) ad anniversanum predicti filii sui domni 
Angelemni f aciendum X V*^'"* sol [idos] in villa deRochacJioart (4) 
in festo sancte Marie d^aost et V 1II*« sextarios de segila et IP* 
d[e] fromenti etll~ d[ej ci[vada] in eadem villa, in festo sancti 
Marie de setembre annuatim reddendos, que omnia débet 
reddere Iterius Vigirs, miles ejusdem ville, ad mandatum 
domni abbatis SoUempniacensis. Et ut hocratum in posterum 
habeatur predicta domina Geniosa cum ascensu fstcj domni 
Bobberti de Roncon fecit hanc donacionem^ qui mantus erat 
dicte filie sue Admirabilis et ejUS sig'illo in majus testimo- 
nium fecit presentem cartam si^illari. Hujus rei fuerunt testes 
Ar. prepositus SoUempniacensis et P. lo Grans, cellararius, 
S. Joraas, Guido de Meiras, monachi ; Guido de Lur^ Guido 
Gau^ Fos de Meiras, B. Trenchaleo et A. filius ejus, P. de 
Ponroi, B. de Meiras^ W. de Boaschau, B. Pigmaurs, mi- 
lites, et P. Vilas^ clencus, Guido, cappellanus Petrebuferie 
et multi alii. Hac donacione facta, jussit domina Gîniosa 
sacerdotibus et clericis SoUenniacensibus donari V sol[idos] 
quos dictus Angelemnus çrius reliquerat monasterio Sollen- 
niacensi in terra patris sui. 

(Arch. dép. delà Haute-Vienne, fonds de Solignac, n° prov. 
9180 Wj.) 



(t) Pierrebnffière, arrondissement de Limoges. 

(2) Rançon, arrondissement de Bellac, Haute- Vienne. 

(3) Solignac, près de Limoges. 

(4) Rochechouart, chef-liea d'arrondissement, Hante- Vienne. 



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— 16 — 

XI. — Donation de Vablaye de Vigeois au monastère de S. 
Martial par Gérald Bernard de Bré. — 4082. Orig. 

Salubris valde et utilîs ab antiquitate tradita et jam conti- 
nuatione usitata processit institucio ut videlicet nomo qui- 
libet pro remissione peccatorum suorum de rébus suis inpre- 
sentiarum Deum heredem faceret. Quapropter ego Geraîdus 
Bernardus de Bré (1), Dei amore et timoré commotus et 
salutis proprie soUicitus, dedi et concessi Deo et sancto Mar- 
cuLi abDatiam sancti Pétri Vosîdensîs (2) ut semper in potes- 
tate et dominio sancti Marcialis et abbatis ejus m perpetuum 
ipsa permaneat. Hoc autem donum pro remedio animœ mesB 
et patris mei et matris uxorisque et omnium parentum meo- 
rum feci, présente et adstante Ademaro (3), tune temporis 
abbate existente. Die vero illa quando hoc donum feci, dedi 
quoque sancto Petro Vosidensi ex integro vicariam quam in 
terra illius habebam, ubi sanctus Petrus et abitatores monas- 
terii ejus censum et redditus suos habent, afflrmans et pro- 
mittens ut ulterius nec ipse nec vicarius meus aut aliquis alius 
iussione mea furtum aut raptum aut incendium aut leucum 
belli aut judicii in terra illa usurpare présumât, sed semper 
in potestate abbatis loci illius et ejus monacorum existât; 
sed neque parvi panis aut mensurarum velmonetae justiciam 
inibi amplius requiram. Si autem omo quilibet terram 
aliquam, ubi vicariam habere videor^ sancto Petro Vosidensi 
attribuent, similiter ipsam vicariam sicut superiorem ipsi 
sancto Petro possidendam concessi. Si forte feuales mei terram 
quam de me feualiter retinent sancto Petro dare voluerint, 
hoc quoque sicut ipsi dederint, ita et ego concessi permanen- 
dum. Malas vero cosdumas et malos rapinarum usus quos in 
terra ejusdem sancti Pétri omines mei vel ego inmise- 
rant, ex toto dimisi et gurpicionem feci. Testîum ergo no- 
mina sub quorum oculis ista dévote peregi, inferius anotan- 
tur (4). Acta sunt autem haec millesimo ab incarnacione 
Domini anno LXXXII, indictione quinta, Ademaro abbate 
existente, Guidone (5) quoque Lemovicensi sedi présidente, 
Philippo nichilominus rege Francorum regnum obtinente. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n*> prov. 
6841. — Communication de M. Beaure d'Augères). 



(1) Peut-être Bret, commune de Goussac-Bonneval, arrondisse- 
ment de Saint- Yrieix, Haute- Vienne. 

(2) Vigeois, arrondissement de Brive, Gorrèze. 

(3) Adémar, premier abbé cluniste de Tabbaye de Saint-Martial, 
1063 à 1114. 

(4) Le bas de la charte a été coupé. Les séries de noms propres au*on 
lit au dos de la pièce sont des notes de la main de Bernard Itier, 
comme on en connaît d'autres exeniples. 

(5) Gui I«' de Laron, évêque de Limoges, de 1075 environ à 1086. 



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— 17 — 



XII. — Donation de partie de la mame judiciale de Pa- 
niccie, faite par Âimeric de Razès et sa femme Arsinde 
au monastère de S. Martial. — 4094. Orig. 

Noverint cuncti présentes et futuri per futuras generationes 
invicem sibi successuri quod Aimencus de Reses (1) et nxor 
ejus Arsendis dederunt Deo et sancto Marciali et monachis 
ia monasterio Lemovicensi commanentibus, presentibus ac 
futiipis, quartam partem mansi judicialis de Paniccie (2) ex 
toto, et tenore et conventione quo Abbo Rateri medietatem 
ypsius mansi Deo et sancto Marciali et monachis in monas- 
terio Lemovicensi commanentibus contulit. Pro hac ij^çitur 
donatione accepit LX^ sol. a Ramnulfo monacho. Auditorea 
hujus donationis fuerunt isti : Aimericus Caturcensis, Ilde- 
erarius Normant^ Abbo episcopus, Ramnulfus monachus, 
Gausfredus monachus. Anno millesimo nonagesimo quarto 
ab incarnatione Domini, indictione prima, régnante Philippo 
rege Francorum et domno Ademaro abbate vivente. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n° prov. 
9163). 



XIII. — Donation faite par Abion Ratier de Mortemart au 
monastère de 8. Martial de la moitié de la manse Judi- 
ciale de Panissac. — /094. Orig. 

In nomineDeisummî, agnoscant omnes présentes et futuri 
seriem hujus donacionis ne in posterum orîatur super hoc 
aliqua contentio disceptationis. Abbo Raterius (3) de cas- 
tello Mortemar habebat medietatem unius mansi judicialis 
de Panizac (4), et veniens in capitiilo sancti Marcialis 
Lemovicensis pro anima patris sui ac matris omniumque 
parentum suorum et pro remedio animœ suae dédit Deo et 



(1) Razès, arrondissement de Bellac, Haute- Vienne. 

(2) Peut-être Panissac, commune de Berneuil, arrondissement de 
Bellac, Haute- Vienne. Cf. les pièces suivantes. 

(3) Sur cet Abbon Rattier, voyez la charte précédente. — Morte- 
mar, arrondissement de Bellac, Haute-Vienne. 

(4) Panissac, commune de Berneuil, arrondissement de Bellac, 
Haute- Vienne. 



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- 18 - 

sancto Marciali et fratribus in monasterîo Lemovîcensi com- 
manentibus, presentibus ac futuris, medietatem ejusdem 
mansi ex toto, ut homines et mulieres ac hereditarii inibi 
manentes sînt sancto Marciajli et auicquid in prefata medie- 
tate mansi judicialis habuerint, haoeantde sancto Marciaxe; 
et omnes bomines qui ibi causa manendi advenerint, sint 
quieti et salvi per omnem medietatem ejusdem mansi ubicun- 
que sit. Feuum vero servientis sui quod habebat in prefata 
medietate mansi, dédit similiter sancto Marciali ut serviens 
teneat et habeat de sancto Marciale ; aut si placitum eum 
monachis Lemovicensibus facere voluerit, habeat omnem 
licentiam. Pro bac autem donatione accepit centum solidos 
aRamunulfomonacho, preposito ipsius obedientie. Acta sunt 
bec temporibus domni Ademari abbatis in capitule Lemovi- 
censi, anno ab incamatione Domini millesimo nonage- 
simo un'*, indictione i", régnante Philippo rege Francorum, 
acHumbaldo Lemovicensi sedi présidente episcopo(l). Testes 
bujus donationis sunt isti : Ramnulfus monachus, Ramnulfus 
de la Cultura, Constantinus de Forcellas, Savinac serviens 
ipsius. 

(Arcb. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n» prov. 
9162). 



XIV. — Donations de divers Mens faites au monastère de 
S. Martial par Aimery de la Croix et Geofroy de Peyrat^ 
chevalier. — 4096. Orig. 

Notum sit omnibus fidelibus christianîs quod Aîmericus de 
Cruce (2) veniens ad mortem fecit donationem Deo et sancto 
Marciali de rébus suis pro remissione peccatorum suomm et 
parentum suorum, ut Deus omnîpotens per interce[ssionem 
ejusdem] i3) absolvat eum ab omni vinculo delictorum et det 
illi requiem semçiternam. Hoc est donum quod fecit : man- 
sum de Lavaleta in parochia de Cruce ; mansum de Lafon in 

ipsa parochia; mansum Martini et y\Q,^.vïbmaEsclaoonac^ 

unum mansum et unum carterium de alio manso in molino 
de Laprada, dimidium modium annone a Lagarda, medie- 
tatem unius mansi et unam domum et unum ortum et unum 

boscum sensu et voluntate Helie de Brolio de quo habebat 

ipsam domum et ortum et boscum in feuo, et unum vilarium 



(1) Humbald de Sainte-Sevère, 1085-1097. 

(2) La Croix, arrondissement de Bellac, Haute- Vienne. 

(3) U y a, à partir de cet endroit, une déchirure qui porte sur huit 
lignes de la pièce. 



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— 19 — 

Îuem incolunt filii Ârnaldi del (1), medietatem del 'oilar 
^astevic et in alla medietate duos solidos in IIII sexta* 

rios sigrile de feuo Aldeberti Boterii. Qui Audebertus et 
uxor ejus hoc donum concessit et voluit; huic dono addidit 
unam domum cum pasle qui est juxta ecclesiam cum omni 

suppellectiii vasorum vinariorum et de Bémol. Quicquid 

habebam in hanc domum dedi et concessi Deo et sancto 
Marciali et medietatem de alia mansione quam habebam de 
Arnulfo de Mont et de Jordano et Helia et Bernardo fra- 

tribus ejus, qui libenter concesserunt ; et qualemcun- 

que feuum habebat de illis, concesserunt et yoluerunt et 
laudaverunt; et in parrochia de Cruce hoc quod habebam 
în feuo presbiterali totum ex intègre, exceptis primieiis, dono 

Deo et sancto Marciali addidît medietatem de molino de 

Bantic et mansum de Varenas in pignus per L** solidos et 
hoc quod exierit concessum in feuo. Stephanus vero de 
MagnaCy de quo istam predictam donationem in feuo concessit, 

libenter voluit et îaudavit, audientibus subscriptis testi- 

bus Audeberto Boterio et Unberto Rabia et Petro Balbo et 
Bamnulfo monacho, Petro de Combraila. Ipse vero Aimericus 
de Cruce, quando helemosinam suam commendavit in illa 
infirmitate de qua mortuus est, concessit ut si alic^uis de senio- 
ribus suis voluisset aliquid dare sancto Marciali de feuo 
quem de illo habebat in parochia de Cruce, licentiamhaberet, 
audientibus Helia del irai et Audeberto Boterio et G., mo- 
nacho. Gaubertus et Petrus nepotes ipsius Aimerici lauda- 
verunt et corroboraverunt donum istud in presentia domni 
Ademari abbatis, audiente Ramnulfo monacho. Acta sunt 
hec anno ab incarnatione Domini millésime XCVI, indic- 
tione IIII, régnante Philippe rege Prancorum. in manu 
domni Ademari abbatis (2). Si quis autem hanc aonationem 
infringere voluerit, Dei omnipotentis iram incurrat et quod 
petit ad eflfectum non perducat. 

Notum sit omnibus presentibus et futuris quod quidam 
miles Gausfredus nomine, de Peirat (3), dédit Deo et sancto 
Marciali pro remédie anime sue et parentum suorum medie- 
tatem décime de duobus mansis de Nantolio (4) in curte de 
Panizac (5), propter malum et rapinam quam fecerat sancto 
Marciali et hominibus ejus. Testes hujus donationis Petrus 
Rundil et Petrus Marti de Panizac et Ramnulfus monachus. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n** prov. 
9201). 



(i) Le nom propre a été gratté avec soin. 

(2) Adémar, premier abbé cluniste de Saint-Martial, 1063-1114. 

(3) Peyrat, arrondissement de Beliac, Haute- Vienne. 

(4) Nanteail, lieu-dit aujourd'hui inconnu dans les appartenances de 
Panissac. 

(5) Panissac, commune de Bemeuil, arrondissement de Beilac, 
Haute-Vienne. 



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— 20 — 

XV. — Donation du mas de la Grenouillère faite par Ber- 
nard de Hautmont au monastère de S. Martial. — 
JP siècle (1). Oriff. 

Ego Bernardus de Alto-monte (2) pro remedio anime mese 
dono Deo et sancto Marciali, ut ipse plus ad jutor et protector 
sit michi, unum mansum qui vocatur a las Grenolers (3). 
Quicquit ego habeo totum ab integro sancto Marciali trado, 
videlicet quartum terrae cunctum et sexdecim denarios quos 
débet ipse mansus. Hoc ergo firmo ante presentiam sancti 
Marcialis et ejuâ sacratissimum altare, ut nullus vivons existit 
oui hoc contradicere posait. Signum Johannis. Signum Pétri, 
decani. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n** prov. 
9162). 



XVI. — Donation^ faite par Jourdain et Bdimond Tetbaud 
au monastère de S. Martial des mas de Bonagret, Falge- 
ries et Marval-garnier, — Xp siècle (4). Orig. 

Notum sit omnibus quod Jordanus Tetbaudus et Raimun- 
dus consensione fratrum suorumvidelicet Jordani, Hunberti 
et Aimerici, dederunt Deo et sancto Marciali pro remedio 
animarum suarum mansum de Bonagret (5) et mansum Cons- 
tancie, femine, de Falgeries (6) et medietatem mansi de Ma- 
raval-garneir (7) . Donum autem istud fecerunt concessione 
seu voluntateillorum a quibusterram illam in feuo habebant, 
quorum nomina sunt hsec : filii et filia Pétri CAavenc a qui- 



(1) A en juger par récriture. 

(2) Aumont ou Haumont. Il y a quatre localités de ce nom dans la 
Gorrèze. 

(3) La Grenouillère, commune de Saint-Méard, arrondissement de 
Limoges. 

(4) A en juger par récriture. 

(5) Lieu-dit inconnu. 

(6)Fargues près Saint-Geniès-ô-Merle, arrondissement de Tulle 
(d'après M. Deloche, CartuL), ou peut-être Faugeras, commune de 
Boissière, arrondissement de Limoges. 

(7) Maraval, commune de Saint^enest, arrondissement de Limoges. 



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— 21 — 

bus medietatem mansi de Banagret habebant, Raimundus 
Agrraspaia quoque a quo medietatem ejusdem mansi predicti 
et mansum Costancise de Palgeries et medietatem mansi de 
Maraval^garneir tenebant. Testes vero qui huic donadoni 
interfuerunt sunt isti : Jordanus Oigef, Gosfredus Talus, 
Gosfredus Lobet, Petrus grammaticus, Johannes clericus 
ejus, Stephanus, 

(Arch. dép. delà Haute-Vienne, fonds S. Martial, n^ prov. 
9162). 



XVII. — Donation du mas d'Alpi faite par Pierre et Jour- 
dain Garandel au monastère de S. Martial. —4400. 
Orig. 

In nomine Domini sciant omnes présentes et futuri quod 
Petrus Garandel et Jordanus frater ejus dederunt Deo et 
sancto Mabtiau unum mansum qui vocatur Alpi (1), totum 
ex integro quod in iilo habebant in manu Amelii Fulcaldi 
de quo nabeoant ipsum mansum : unus habebat censum et 
alius espleit; audientibus subscriptis testîbus Audeberto 
Boter et Audeberto David fratre suo et Petro Jordane nepote 
suo et Aimerico Arveio et Willelmo Fulcaudo, in manu Ar- 
berti monachi qui tune decanus erat ipsius obedientie. Eodem 
modo Willelmus de la Tremola et Audebertus nepos élus et 
Willelmus frater ejus et filii Gi raidi de la Tremola deaerunt 
Deo e^sancto Martiali totum ex integro quod habebant in 
predicto manso pro remissione peccatorum suorum vel pa- 
rentum suorum. Si quis ex parentibus eorum vel aliqua per- 
sona hoc donum calumpniare presumpserit, iram Dei omni- 
potentis incurrat et ab nereditate celesti extraneus fiât. Acta 
sunt hec anno ab incaraatione Domini miUesimo C, indic- 
tione VIII, tempore Philippi régis Francorum et Willelmi 
ducis Aquitanorum (2) et domni Ademari abbatis, strenue ad- 
juvante Domino [et] congregationem sancti Martialis régente. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n® prov. 
9162). 



(1) Liea-dit inconnu ; peut-être le môme que Alpoi mentionné ci- 
dessus, dans la charte n» IV. 

(2) Guillaume VII dit le Vieux, IX» du nom comme duc d'Aqui- 
taine, t 1127. 



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-1» - 



XVIII. — Transaction par laquelle TaVbé de S. Cylard 
cède à Vabié de S. Martial Véglise de Saujon au diocèse 
d'Anffouléme. — 4408. Orig. Se. perdu. 

OiRABDus (1], Engolismensis episcoptjs et sanctœ romanœ 
ecclesiœ legatus, presentibus et futuris universis notum esse 
volumus quod controversia quœ diu habita est pro Saljo- 
nensi (2) œcclesia inter beati Eparchii (3) et sancti Martia- 
us (4) œcclesiam, hoc modo terminata est : Ugo siquidem, 
abbas sancti Eparchii, cum diu multumque pro supradicta 
œcclesia adversus Ademarum, beati Marcialis abbatem, 
clamasset, q^uamvis idem Ademarus abbas per multa tempera 
Sanctonensium concessione pontificum atque quorundam 
principum, per manum etiam domni Urbani, pape secundi, 
mvestitus Saljonensem œcclesiam jure possederat, consilio 
tamen et hortatu nostro, qui sanctse Dei secclesisB pacem re- 
formare et reformatam conservare desideramus, immo œtiam 
capituli sui atque Willelmi (5), Engolismensis comitis, con- 
cessione et consilio, prefatus Hugo concessit, dédit quantum 
potuit sancto Marciali et Ademaro abbati at^ue fratribus in 
œcclesia beati Martialis Deo servientibus SaVjonensem œccle- 
siam in perpetuum possidendam et quicquid ad illam perti- 
nebat, totamque calumpniam œcclesiœ suœ pro hac causa 
diu habitam flnivit. Et ut hoc magis ratum omniquefirmi- 
tate subnixum semper maneret, universa testamenta quœ de 
œcclesia Saljonensi et de quibuslibet rébus ad illam pertinen- 
tibus in œcclesia sancti Eparchii continebantur, in manus 
Ademari abbatis reddidit. 

Ego Girardus, Engolismensis episcopus et sanctœ romanœ 
ecclesiœ legatus, interfui et subscripsi. f 

Ego Eustorgius (6), Lemovicensis episcopus, interfui et 
subscripsi. f 

Ego Hugo, abbas sancti Eparchii, subscripsi. f 

Ego Aldebertus, Lemovicensis œcdesiœ archidiaconus et 
decanus, subscripsi. f 

Ego Mainardus, cantor, subscripsi. f 

Ego Henricus, Anjeriacensis (7) ecclesiœ abbas, subscripsi^ 



(1) Gérard II de Blaye, + 1136. 

(2) Saujon, arrondissement de Saintes, Charente-Inférieure. 

(3) Le monastère de Saint-Gybard d*Angoulôme. 

(4) Le monastère de Saint-Martial de Limoges. 

(5) GaiUaume UI Tailiefer. 
(6} Evéquedel106àll37. 

SSaint-Jean-d'Angély, cheMieu d*arrondissement, Gharente- 
ieure. 



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- 23 - 

Datum Engolisme in général! capitulo beati Eparchii^ 
die XY°^^ kalendas augusti, anno ab incamatione Domini 
millesimo C VIII, indictione II, epacta XVII, primo anno 
regni Ludovici régis Francorum. 

(Au dos de la pièce) : 
Preœptum de œcclesia Saljonensî. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n« 
prov. 8981). 



XIX. — Investiture du monastère d'Anzème donnée à ràbbé 
de S. Martial contre Valié de Déols par les évêques de 
Limoges et ^AngoulôTne, en vertu d'une commission du 
pape y rapportée. — 4408. Orig. Se. perdu. 

Quoniam diutumitate litterarum memoria gestarum re- 
rum ab oblivionis interitu defenditur et ad posteros trans- 
mittitur, idcirco nos Eustorgius Lemovicensis et Gerardus, 
Engolismensis episcopi (1), querimoniam Ademari, Lemovi- 
censis abbatis^ adversus Johannem, Dolensem (2) abbatem, 
de Anzismensi (3) secclesia, et quid et quomodo in presentia 
nostra de ea actum sit, stilo et memoriœ mandare curavi- 
mus. Domnus igitur noster P. (4) papa nobis suis litteris 
mandavit ut predictos abbates convocaremus et causam An- 
zismensis monasterii penitus decideremus. Apostolicarum 
autem litterarum ténor talis erat : 

P. episcopus, servus servorum Dei, G. et Eu.^ Engolis- 
mensi et Lemovicensi episcopis, salutem et apostolicam bene- 
dictionem. Gum in partibus Galliœ essemus, querimoniam 
Lemovicensis abbatis adversus Dolensem abbatem super An- 
zismensi monasterio accepimus. Sed aliis nos negociis impe- 
dientibus, querimonia illa dilata est. Unde dilectioni vestrœ 
mandamus ut predictos abbates convocetis et predictam que- 
rimoniam i)enitus decidatis, ita tamen ut occasione privilegii 
nuUi parti in sua justicia prejudicium inferatur. Datum La- 
terani, VI idus aprilis. 

Harum igitur litterarum auctoritate utrosque abbates ad 



(1) Voyez la charte précédente. 

(2) Déols, arrondissement de Ghâteauroox. L'abbaye s'appelait de 
Bourgdieu. Voyez Gallia christ. 

(3) Anzème, arrondissement de Guéret. 
(4)PascalII, tlli8. 



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— 24- 

Lemovicam sedem termine competenti învitavimus. Abbas 
vero Lemovicensîs aflfuit, Dolensis non aflFuit; sed duos suos 
monachos misit postulans inducias, ut melius ad tantam 
causam se munire potuisset. Nos vero nichil precipitanter 
açere volentes, invito et reclamante Lemovicensi abbate qui 
ad causam se paraverat, XL dierum et eo amplius inducias 
Dolensi abbati indulsimus.Termino igitur constituto, utreque 
partes ad Lemovicam sedem ante nos convenerunt. Abbas 
ergo Lemovicensis super abbate Dolensi de Anzismensi seccle- 
sia conquestusest. Cujus justiciam dehac causa vel audire 
vel cum eo agere Dolensis abbas renuit, sed adversum nos 
de incompetentia loci agere cœpit. Cui nos respondimus non 
incongruum nobis videri de Anzismensi œcclesia, quae est. 
Lemovicensis œcclesiœ filia, in Lemovicensi sede agere. Quod 
cum renueret, eum ex auctoritate domni nostri pape non 
semel invitavimus ut Lemovicensem abbatem de predicta 
querimonia audiret etnostrum îudicium, si verumesset, sus- 
ciperet. Tune idem Dolensis abbas cum nec Lemovicensis 
abbatis narrationem nec nostrum judicium audisset, se a 
nobis gravatum asserens, apostolicamaudientiam appellavit. 
Quem cum nos nisi post datam sententiam appellare non 
debere doceremus, et si post datum judicium appellaret, nos- 
trum judicium scribere et ad domnum nostrum papam mit- 
tere diceremus, nobis nuUatenus adquiescere voluit. Nos 
igitup adhuc illum admonentes et nisi causam suam ageret 
Lemovicensi abbati, jus suum nos reddere predicentes, tota 
die expectavimus. Postera vero die, cum jam sepedictus Do- 
lensis abbas ab urbe Lemovica recessisset, nos videntes eum 
justiciam pœnitus fugere et justiciam abbatis Lemovicensis 
in Anzismensi aecclesia habundare, ex dono Lodovici (1), Ro- 
manorum imperatoris et Francorum régis, facto in consecra- 
tione monasterii beati Marcialis, présente Audone (2) Lemo- 
vicensi cpiscopo, et hoc verum esse cognoscentes ex canonica 
imperatoris carta, quam etiam suo anulo signari precepit, 
abbatem Lemovicensem ex parte domni nostri pape cum qua- 
dam pastorali virga, salvo tamen jure Dolensis œcclesifie, si 
guid naberet, de Anzismensi aecclesia investivimus. Et ut hœc 
investiturae carta firmior permaneret, propriis manibus nos- 
tris subscripsimus et sigillis nostris signari precepimus. In- 
terfuerunt autem huic investiturae abbates Gosbertus User- 
censis (3), Petrus Vosiensis (4), Aldebertus decanus, Lanber- 



(i) Il ne peat s'agir que de Louis le DébonDaîre, f 840. 

(2) AIdo, t vers 866, avait succédé en 861 à Stodilus. Il ne peut 
donc comme évoque être contemporain de Louis le Débonnaire. Peut- 
être le scribe a-t-il lu Audone pour Audacher qui occupa le siège de 
Limoges de 821 environ à 843. 

(3) Uzerche, arrondissement de Tulle. 

(4) Vigeois, arrondissement de Brive, Corrèze. 



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— 25 — 

tus cantor^imiricus archidiaconus^ Ebolus, canonici Lemo- 
vicenses, umbertus prepositus Evaunensis (1), Rigualdus 
prepositus Aintensis i2), Mainardus cantor, Arnaldus de Porta 
et Ildradus, canonici Engoliamenses, Poncius prier Lemovi- 
censîs, et Helias prepositus Cambonensis (3), Bernardus vice- 
comes de Comborno (4), Girbertus de Malamorte (5), Aldega- 
rius de Montecuculi (6). 

ACTUM BST AtTEM HOC IN URBE LEMOVICA, ANNO AB INCARNA- 
TIONE DOMINICA MILLESIMO CVIU, PONTIFICATUS DOMNI NOSTRI 
PASCHALIS PAPE 8ECUNDI Vin, INDICTIONE PRIMA, PHILIPPO REBE 
FRANCORUM REGNANTE. 

Ego Eustorgius, Lemovicensis epîscopus, subscriçsi. f 

Ego GerarduB, Engolismensis episcopus, huic actioni subs- 
cripsi. t 

Ego Aldebertus, Lemovicensis ecclesiœ decanus, interfui 
et subscripsi. f 

Ego Lambertus, Lemovicensis eoclesiœ precentor, interfui 
et subscripsi, f 

{Au dos de la pièce) : 

Preceptum de Anzismo. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n<* prov. 
8981). 



XX. — Donation de Véglise de S. Martin de Cha/rgnac faite 
par Vévêque de Limoges au monastère de S. Martial. — 
4408 (N. st. 4409). Orig. Se. perdu. 

£2. (7), Lemovicensis] ecclesiae episcopus, A. (8), venerabili 
ati monasterii sancti Marcialis omnicjue sibi commissse 
congre[gationi, salutem.] Ecclesiam sancti Martini de Char- 



(l)Evaax, arrondissement d'Aubusson, Creuse. 

(2) Corrigez Aheniensis^ Ayen, arrondissement de Brive, Corrèze. 

(3) Chambon Sainte- Valérie on snr Voueize, arrondissement de 
Boussac, Creuse. 

(4) Comborn ou Combort, commune d'Orgnac, arrondissement de 
Brive, Corrèze. 

(5) Malemort, arrondissement de Brive, Corrèze. 

(6) Peut-être Montcocu, commune d'Ambazac, arrondissement de 
Limoges. 

(7) Eastorge, occupa le siège de Limoges de 1106 à 1137. 

(8) Adémar Cf. ci-dessus. 



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— 26 — 

niaco (1) nostrœ dioœseos, quam de manu secularium homi- 

num et precio possidebam, vestracaritas postulat a nostra 

humilitate sibi concedi. Quorum [precibus fîbjentissime au- 
nuens, quippe religiosam Dei domum religiosis viris ad 

meliorandum et con cupiens, consilio et concessione archi- 

diaco[no]rum nostrorum precipue Audebertî, Karrofensis (2) 
nostrœ [ecclesiœ arjchidiaconi, in cujus mi[ni]sterio eadem 
ecclesia sita est, demde vero Aimerici de Joenniaco (3), Pétri 

[ ,archi] diaconorum, predictam ecclesiam vobis et ecclesie 

vestrœperpetualiterpossidendam concedo,tribuo atque [dono. 
Si] autemnocnostraB concessionisetauctoritatistestamentum 
legalitep et canonice factum [uUus contrajire presumpserit, 
perpétue anathemati subdetur nisi congrua satisfactione pe- 
niteat. [Ut firmum] et inconcussum maneat, nostro sigiUo 

f^redicti testamenti kartam signari precipimus. Facta est 
donatio ista a]nno dominicae incarnationîs millesimo œnte- 
simo VHP, régnante Ludovico rege Francorum, [anno pri] 
mo regni ejus. Data apud Lemovicas. XIII kalendas marci 
(sic) (4). 

(Arcli. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n« prov. 
9162). 



XXI, — Adjudication faite par Girald, ivêque â^Angouléme 
et légat du S. Siège, en faveur de F abbé de S. Martial, du 
prieuré de S. Pierre de Montendre. — ///7. Orig, Se. 
perdu. 

Gteraldus (5), Engolismensis episcopus et sancte romane 
ecclesie legatus,yenerabili firatri Amblardo (6}, abbati menas- 
terii Lemovicensis beati Marcialis ejusque successoribus re- 
gulariter substituendis in perpetuum. Pro querda fratris 
nostri Guitberti, Burgidieusis (7) abbatis, quam adversum te 



(1) Peut-être Ghargnac, commone de Louignac, arrondissement de 
Brive, Corrèze. 

(2) Gharroux, arrondissement de Givray, Vienne. 

(3) Peut-être Jaugnac, commune de SaintJean-Ligoure, arrondis- 
sèment de Limoges. 

(4) G'est-à-dire le 17 février 1109. 

(5) Gérard II de Blaye, évêque d*Angoulême de 1101 à 1136. 

(6) Amblard, troisième abbé cluniste de Pabbaye de 8. Martial, 
1115 à 1143. 

(7) Bourgueil, commune de Bonnes, arrondissement de Poitiers, 
Vienne. 



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- 27 ^ 

super monasterio beati Pétri de Ifonteandro (1) et ad idem 
pertinentibus habebat, pro querela eciam tua, q^uam adversus 
eum pro invasione quam quidam monachi sui in idem mo- 
nasterium fecerant, nabebas, te et ipsum in curiam nostram 
vocavimus. Auditis siquidem predicti abbatis Burguliensis 
adversum te racionibus tuisque adversus eum diligenter au- 
ditis exciisacionibus, eum venerabilibus fratribus Hildeberto 
Cynnomanensi, Rainaldo Andegavensi episcopis (2), Hugone 
sancti Eparchii (3), Radulfo de Nobiliaco (4j abbatibus, Achardo 
Engolismensi archiacono, Petro Engolismensi precentore, 
Iterio magistro scolarum Sanctonensi (5) et pluribus aliis una 
judicavimus raciones Burguliensis abbatis quas adversum (6) 
te pretendebat, nichil valere. Tibi autem atoue successori- 
bua tuis predictum monasterium beati Pétri ae Monteandro 
eum omnibus suis pertinenciis, quia tu et monachi tui illud 
possidebatis, adjudicavimus ut deinœps monasterium beati 
Marcialis pacifiée ipsum haberet et tum successores tui quiète 
in perpetuum possideretis. Quod judicium equitate favente 
factum ab utraque parte concessum est, atque idcirco abbas 
Burguliensis Guitbertus querelas quas içse et Bur^ulienses 
monachi in predicto monasterio habebant; m presencia nostra, 
astantibus supramemoratis personis omnino finierunt. Et ut 
hoc nostrum definitîvum judicium firmius et certius perma- 
neat, propria manu nostra subscripsimus et sigillo nostro 
muniri fecimus; disposuimus quoque ut prefatus abbas Bur- 
guliensis ad majoremconcessionemet corroboracionem hujus 
carte subscriberet. Qui eciam subscripsit et Baldricus, Dolen- 
sis (7) archiepiscopus, Interîuerunt autem huic nostro defi- 
nitivo judicio WilleîmuSjabbas sancti Florencii (8), Petrus 
abbas Malliacensis (9), Willelmus abbas Talimundi (10), 
abbas de Vallibus (11), Aldebertus Lemovicensis decanus, 
Oddo decanus beati Martini Turonensis, Sichardus magister 
scolarum Turonensis, Willelmus Adelelmi, Pictavensis 



(1) Peut-être Montendre, arrondissement de Jonzac, Charente- 
Inférieure. 

(2) Les évoques du Mans et d'Angers. 

(3) Abbaye de Saint-Gybard, à Angoulême. 

(4) Saint-Léonard de Noblac, près Limoges. 

(5) Saintes, chef-lieu d'arrondissement, Charente-Inférieure. 

(6) Le texte porte, comme plus haut^ à deux reprises, advenunte. 

(7) Dol, arrondissement de Saint-Malo, Ile-et-Vilaine. 

(8) Saint-Florent, arrondissement de Niort, Deux-Sèvres. 

(9) Maillezais, arrondissement de Fontenay-le-Gomte, Vendée. 
(iO) Talmont, arrondissement des Sables-d'Olonne, Vendée, — ou 

peut-être Talmont sur Gironde, arrondissement de Saintes, Gharente- 
inférieurû. 
(il) Vaux. U y a de nombreuses localités de ce nom dans la région. 



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- 28 - 

archidiaconus^ichardus domînus Montîsandrî, Bîchardus de 
Paulîniaco et ÎPoncius frater ejus et plures alii clerici et laici, 
Girardus prier Belli-loci (1), Rodulfus prier Perusio (sic) (2), 
monachi Burgulienses, Guide prier Mirebelli (3), Iterius mo- 
nachus, ûlius Ricardi de Monteandro, Petrus Sarrazi, mena- 
chus. 

Ege Girardus. Engolismensis episcopus et sancte romane 
ecclesie legatus, propria manu subscripsi ff . 

Ego Ildebertus, Cenomannensis episcopus, subscripsi f. 

Ego Rainaldus, Andegavensis episcopus, subscripsi tf. 

Sfignuml Guitberti, Burguliensis abbatis f. 

S[ignum] Baldrici, Dolensis archiepiscopi f (4). 

Actum est autem hoc nostrum dennitivum judicium Ea- 
golisme in capitule matricis ecclesie, anno incarnationis do- 
minice W C° XVII, indictione X, régnante Ludovico rege 
Francorum. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n» prov. 
8987). 



XXII. — Confirmation par Geofroi de Breuil et ses frères 
de la donation faite par leur père et leur oncle au monas- 
tère de S, Martial de Véglise de la Croix et des fiefs en 
dépendant. Snum^ration des tènemsnts qui composent 
le fief presUtéral de Véglise de la Croix. — Premier quart 
du XIP siècle. Orig. Se. perdu. 

Noverint fidèles présentes et futurl quod Raimundus de 
Pauras et Gautildis, soror ejus et Gaufredus deu Brol, ma- 
ritus ejus, donaverunt Deo et sancto Marciali ecclesiam de 
Cruce (5j et feuum Preveiril et feuum auz Siroenz. "Postes. 
vero filii Gaufredi deu Brol, nepotes Raimundi de Fauras^ 
scilicet Gaufredus deu Brol et Guillelmus et Petrus calump- 
niantes tulerunt donum istud ; et post hec venientes in pre- 



(1) Beaulieu, arrondissement de Brive, Gorrèze. 

(2) Peyrouse, commune de Saint-Saud, arrondissement de Péri- 
gueux, Dordogne. 

(3) Mirebeau, arrondissement de Poitiers, Vienne. 

(4) Il s*agit de Baudry, évêque de Dol, Ue-et- Vilaine. 

(5) Il doit s'agir de Péglise de la Croix près Bellac, Haute- Vienne. 
Voyez en effet les chartes n<»« II et IV de nos Documents hiUorlques 
9ur la Marche et le Limousin^ I. 



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- 29 - 

sentia domni Amblardi (1) abbatis coâ^noverunt culpam suam 
et concesserunt et gurpiverunt ipsud (sic) donum, quicquid 
inde vel juste vel injuste exegissent totum ex intègre Deo et 
sancto Marciali et fratribus. Et cartas et scripta prioris doni, 
(][ue domnus abbas fecit coram se recitari secundum ea, ex 
intègre concesserunt et laudaverunt. Testes sunt : Otgerius 
monachus qui ipsam obedientiam tenebat, Petrus de Vila- 
maset et Abo de Vilamaset^ Giraldus de Poimolo, Umbertus 
de Vemol et Helias deu Brol^ Petrus Johannis (2) capellanus, 
Petrus Gaufredus presbiter, Guide deu Peirat et Giraldus 
Guido. 

Incipit feuus sacerdotalis de ecclesia de Cruce : cimiterium 
et sepultura, caminata et ortus, domus de Malo-ingenio et 
ortus, domus Umberti vicarii, juxta escuram pledura equa- 
]is et juxta domum militum de la Marcha pledura equalis; 
insuper per totum vicum medietas et de vicaria medietas, vil- 
larius Ademari de Pairac et tota décima deo (sic) mas Marti (3) 
medietas décime, deo mas deo Poi et deuz Plas (4j et de las 
Masuras[h) et de la Bordarias (6) que mansis pertinent me- 
dietas décime, de la iordaria de v alle-Gelata (7) medietas 
décime, de terra que est Brucha medietas, inter Sstival et 
Brucham particule terre medietas ; terra ^uam Stephanus 
jocularis solet colère, terra et vinea inter viam de Cruce et 
perarium usque ad ortum Girardi in dominio, lo vilars ubi 
Gauterius stetit et tota décima in dominio, de manso de Lai- 
gadit et de la Valeta medietas décime, de manso sacerdo- 
tisse tota décima, la Ckaronia tota et décima, deuz mnals 
la desma, deu mlar de Puteo medietas décime, de la terra 
de Fontanela medietas décime, inter vadum de Noalas et 
Lastelas una terra unde habemus dimidium, in terra juxta 
bordariam Pachot duos nummos ; in alodio de Uclen dede- 
Tunt sancto Salvatori très mealas de ces, dimidium primicia- 
rum et lane et lini et gallinarum, sint vestidas sint absas, 
per totam parrochiam, lo mlarsBQtno^xxm décima, terra nu- 
geri, pars mortuorum fratrum, noval[ia] subtus pontem, la 



(1) Fat abbé de Saint-Martial de 1115 à 1143. 

(2) Le texte porte ihois^ qu'il faut corriger sans doute en iohii^ Cf. 
plus loin, charte de 1181, un B. Johannis, capellanui, 

(3) Mas-Martin, commune de Lepinas, arrondissement de Guéret. 

(4) Les Plats. Il y a deux localités de ce nom dans Parrondissenient 
de Guéret. 

(5) Peut-être la commune de Faux-Mazuras^ arrondissement de 
Bourganeuf, Creuse. 

(6) U y a cinq localités de ce nom dans la Creuse. 

(7) Yaugelade, commune de Saint-Marc à Loubaud, arrondisse- 
ment d'Aubusson, — ou commune de Saint-Pierre le Bost, arrondisse- 
ment de Boussac, Creuse. 



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— 30 — 

pledura Gauterii d'Esclabonac juxta puteum, la desma e la 
mna Goeescha tota post mortem Gosbert, lo vilars Aura/l e 
la desma e la primtcia tota, deu vilar Peiro Airaut unam 
eminam de froment e la desm^, de VEstaisanenc tota décima, 
de la bordaria sancti Pétri tota décima, de la terra deu Pas- 
sador la desma, deu clau sancti Pétri tota décima e la meitat 
de la terra que Bastencs donet sancto Marciali a sa mort, 
de la Costa de Pradela (1] tota décima; lo vilar de Lalo e 
la desma donet Gauterius de la Croz sancto Marciali. au- 
diente Raimundo de Beriiolio et Abbone. Donaver[aJt la 
Commanda IIII denarios in domo Raimundi Pelata; Kam- 
nulfus monachus recepit donum ; la meitat de la terra e la 
desm^a tota de Deusiao el pradel Yiger: la meitat de la terra 
donet Gauterius de la Croz sancto Marciali, de la terra Pe- 
lœla qui est supra Fontanela la desma a Vautar^deuFomU 
la meitat de la terra e la desma a Vautar. 

Hec omnia, sicut hic scripta sunt, recitata sunt ante Gau- 
fredum deu Brol et Guillelmum, fratrem ejus et Petrum, 
fratrem ejus^ qui fuit homo domni Amblardi abbatis. Ista 
donatio fuit facta in manu domni Amblardi abbatis, coram 
suprascriptis testis (sic)^ Otgerio tenente obedientiam de 
Cruce, qui fecit placitum; et ipsa carta recitata est in pre- 
sencia domni Amblardi abbatis; et ipsi qui fecerunt dona- 
cionem concesserunt et firmaverûnt, présente Umberto de Ber- 
nolio et ceteris predictis testibus. 

(Arcb. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n* prov. 
9162). 



XKIII. — Lettre de Gérald, évéque de Zimoçes, aux moifies 
de SoUgnac pour les informer que, en vertu de la sen- 
tence arbitrale rendue par V archevêque de Bourges et 
Vévêque d'Angoulême^ il a investi le prieur de Solignac 
de Véglise WAyen et de la chapelle du château, son anr- 
nexe. — 4447. Orig. Se. perdu. 

Geraldus(2),Dei gr^tia Lemovicensis episcopus, priori toti- 
que capitule SoUempniacensi salutem eî dilectionem. Novit 
fratemitas vestra quod domus P., (3) Bituricensis œcclesie ar- 
chiepiscopus, nos ad presenciam suam, ad agendum de œcclesia 
Aentensi (4)cum abbate SoUempniacensi, evocavit. Nos vero 
vocacione ejus compulsi, die préfixa, parati agere adversus 
abbatem venimus. Yerum cum in presencia domni archiepis- 



(i) La Pradelle. Il y a six localités de ce nom dans la Creuse. 

(2) Gérald de Cher, 1 1177. 

(3) Pierre de la Chastre, t H7i. 

(4) Ayen, arrondissement de Brive, Gorréze. 



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- 31 - 

copi essemus, ipso abbas nos humiliter et misericorditer exor- 
civit ut de secclesia Aentensi, quam ab antique SBcclesia 
SoUempniaœnsis prius intègre per sues monacos, deinde 
censualiter per sacerdotes possedei*at, eum investiremus. Nos 
vero bénigne preces ejus suscipientes et jus suum recognos- 
oentes, in manu et consilio domni P., aichiepiscopi et Lam- 
berti (1), Engolismensis episcopi, nos posuimus. Ipsi vero 
communicato super hoc consilio et audito tam a nobis quam 
ab aliis, predictam œcclesiam de jure SoUempniacensis seccle- 
sie esse precibus consuluerunt, judicio difSinierunt ut œcclesie 
Sollempniacensi jus suum intègre restitueremus. Quorum 
precibus et consilio de voluntate protinus obsequentes, 6., (2) 
abbatem SoUempniacensem, de œcclesia Aentensi et de ca- 
pella ejusdem castelli cum omnibus ad ipsas pertinentibus 
soUempniter in presencia eorum investi vimus et adhuc inves- 
timus et damus et in perpetuum concedimus. Concedimus 
etiam ut predictus abbas capellanos in utraque SBCclesia 
id[oneo8] eUgat nobisque ad comitendum eis curam anima- 
rum présentât. Data Bituricis, anno ab incarnacione Domini 
M*» C* XL** VIP, indictione décima, Eugénie tercio papa 
sanctam romanam œcclesiam gubernante et Ludovico Fran- 
corum legnum et ducatum Aquitanie régente. 

(Arch. dép. delà Haute-Vienne, fonds de Solignac, n* prov. 
9219 ter). 



XXIV. — Mandement de Varchevêque de Bourges au doyen 
du chajfitre de S. Yrieix, pour lui enjoindre de réparer 
vis-à-^is de Pabté de Solimac le tort quHl a causé à ce 
dernier en dépouillant V église éPAyen et en T occupant de 
vive force i^). — Vers 4447. Vidimus. 

P. (4), Dei gratia Bituricensis ecclesie archiepiscopus, B; 
decano S. A. (5), a noziis abstrahi et dirigi ad salutaria. Quanto 
amplius te diligimus et pro nobilitate generis et pro sangui- 
nitate qua nobis convinctus es, tanto gravius tuos que nobis 



(i) Mort en 1148. 

(2) Gérald de Terrasson était abbé dès 1137. 

(3) Cette lettre est précédée d'une autre lettre de rarchevê(|ue de 
Bourses à Tévêque de Limoges, pour l'informer des actes de violence 

3ui viennent d'être commis a Ayen. Le doyen de Saint- Yrieix y est 
énommé en toutes lettres, ainsi que l'abbé de Solignac, Gérald de 
Terrazon, f vers 1160. — Cette première lettre est malheureusement 
effacée en grande partie. 

(4) Pierre de la Châtre, de 1141 à 1171. 

(5) C'est-à-dire Sancti Aredli, Saint-Yrieix, chef-lieu d'arrondisse- 
ment, Haute-Vienne. Voyez ci-dessus la note 3. 



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-32- 

referuntur ferimns excessus. Ecclesiam nainq[ue de Aenno (1) 
que in curia nostra Sollemniaœnsi abbati fuit adjudicata et 
postea pér episcopum (2) confirmata, sacrilegro ausu invasisti, 
oblationes rapuisti et adhuc eam per violenciam auferens, 
ab inchoata malicia non desistis. Misimus içitur pro eodem 
abbate litteras devocatorias suas. Sed nec justicia sua nec 
intercessio nostra profecit. Commonitus ab episcopo tuo ut 
resipîsceres et abbati satisfaceres, contempsisti. Sciens senten- 
ciam super te promulg^atam esse, non minus in tua contu* 
macia persévéras. Nos tamen quia condolemus insipientîe 
tue, adhuc te revocare volumus et per presentia scripta tibi 
mandamus ut abbati sine dilatione satisfacias, ecclesia sibi 
reddita et dampnis, que per te sustinuit, restitutis. Nam si 
usque ad octavam S. Luce non satisfeceris ei, nos ulterius non 
sustinebimusquin manum nostram super te [aggravemus] (3}. 

(Arch. dép. delà Haute-Vienne, fonds de Solignac, n^prov. 
9172. — Long rouleau de parchemin contenant une tren- 
taine d'actes relatifs au même fait, transcrits sur le recto et 
le verso). 



XXV. — Mandement de Varchevêque de Bourges à revé- 
cue de Limoges pour lui enjoindre de protéger l'abbé de 
Solignac dans la possession de T église de S. Cyprien et de 
faire exécuter la sentence d'excommunication portée contre 
ceux qui ont dévasté V église d^Ayen. — Vers 4447. Vidi- 
mus. 



CO] 



P., Dei gratîa Bituricensis ecclesie archiepiscopus, G.,epis- 
v.opo Lemovicensi, salutem. Quia venerabilem fratrem G. (4;, 
Soliemniacensem abbatem, de ecclesia sanctiCipria[ni (5)....] 
investivistis, mandamus dilectioni vestre et rogamus ut ope- 
ram dfetisut] eam sine inquietatione possideat, et nonpermi- 
tatis ioi constitui capellano[s] nisi i)er electionem abbatis. 
Preterea U. de Marchia (6), qui violenciam intulit in Aentensi 
ecclesia, et He. Bruschardi, qui homines S. P. (7) cepit et 



(1) Ayen, arrondissement de Brive, Corrèze. 

(2) Uévôqae de Limoges, Gérald de Cher. Cf. la charte précédente. 

(3) La charte est rongée à Tendroit du dernier mot. 

(4) Gérald IV deTerrasson. Voyez la charte n» xxiii. 

(5) Saint-Cypricn, arrondissement de Brive, Corrèze. 
(G) Umbert de la Marche. Voyez la charte n» xxx. 

(7) Ces deux initiales ne se retrouvent pas dans la charte qui précède 
ni dans les suivantes. 



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-33- 

captos tenet, a vobis excommunicatos audivimus; et nt sen- 
tenciam illam super eos finniter teneri et publiée adnunciari 
faciatis, ammonemus,plenamque justiciam in omnibus abbati 
faciatis. 

(Ut supra). 



XXVI. — Mandement de Parchevéque de Sources à Vévêque 
de Limoges y pour Vinviter à ménager la paix entre l'abbé 
de Solignac et U. de Jaugnac^ à obtenir satisfaction du 
doyen de S. Trieix et à remettre P église de S. Cyprien à 
Vabbé de Solignac. — Vers 4441. Vidirnus. 

P.. Dei gratia Bituriœnsis cecclesie archîepiscopus, ve- 
neraoili 6., Lemovicensi episcopo, salutem. Venerabilis 
frater G., SoUemniacensis aobas, significavit nobis q[uod 
U. de Jaunac, [cum] versus eum guerram gerebat, posuit se 
in manu vestraprocompositionepacis. Rogamusigiturdilec- 
tionem vestram quatinus studiose operam detis ut inter eos 

Eax [comjponatur ad utilitatem Sollemniaœnsis ecclesie et 
onorem aobatis; preterea decan[um S.] A. (1) commoneatis 
ut, quod super est, ae dampno [abbati] et nominibussuis illato, 
aine [dilatijone et minutione restituât. Illud etiam depreca- 
mur ut donum quod e[st factum] abbati de secclesia sancti 
Cipriani in presencia nostra (2), fecistis reet opère oonf[ici]. 

fut supra). 



XXVII. — Requête de Vabbé de Solignac à Varchevêque de 
Bourges contre le doyen de S. Yrieix qui avait empri- 
sonné les Tnarchands de Vabbaye, et contre Vévêque de 
Limoges qui refusait Vinvestiture de Véglise de S. Cy- 
prien. — Vers 444T. Vidimus. 

Venerabili patri suo et domno P., meritis et Dei gratia Bi- 
turicensis ecclesie [archîjepiscopo, G., licet indigne dictus 
abbas SoUemniacensis, salutem et cum omni devotione hobe- 
dientiam. Quoniam vos sue paupertati propicium SoUemnia- 
censis secclesia in defendendio suo jure cognovit, idcirco per- 



(i) Sancii Âredit, Saint- Yrieîx. Voyez la charte n<> xxiv. 
(2) Voyez la charte précédente. 



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— 34 - 

secutorum gr^avata infestationibus ad vos recurrit ut ad 
pasiorem, ut addominum, ut ad justicie defensorem et patro-^ 
num. Ut enim, domne, mala que nobis illata sunt cum 
presenciam vestram adiremus, in parte sileamus, tamen ea 
que vîx sustinere possumus auribus sancte paternitatîs vestre 
presentibus litteris et per earum latorem designare curavi- 
mus. Decanus S. A., venerande pater, mala malis, dampna 
dampnis addens, bomines nostros mercatores XX aut am- 
plius cepit et incarceravit, nec nobis vult eos solvere. Unde 
sancte paternitati vestre supplicamus quatenus episcopo man- 
detis ut eum cogat a tanta malicia desistere hominesque nos- 
tros nobis solvere faciat et res eorum. Insuper, domne, 
pietati vestre supplicamus quatinus episcopo (1) mandetis ut 

ecclesiam sancti Cipriani quam nos in presencia vestra, 

in sinodo sua soUemniter învestiat plenamque justi[ciamj 
super persecutoribus nostris nobis faciat, nobisqueamore Dei 
et vestro propicius perman[eat]. 

(Ut supraj. 



XXVIII. — Mandement de Vévêque de Limoges an doyen de 
S. Trieix pour lui enjoindre j sous peine d'excommunica- 
tion, de restituer l'église cPAyen à Vabiaye de Solignac et 
de réparer tous les dommages quHl a causés à celle-ci. — 
Vers 4 4 AT. Vidimus. 

G., Dei gratia Lemovicensis episcopus, venerabili et karis- 
simo suo B., sancti Aredii ecdesisB decano, salutem et pluri- 
mam in Christo dilectionem. Quanto propension cura singu- 
larique privilégie amoris vos diligimus, tanto magis de exces- 
sibus vestris et injuriis et dampnis que Ecclesie Dei infertis 
dolemus. Hoc enim abbas SoUemniacensis significavit nobis 

3uod vos, cum quo pacem in manu nostra fecerat, ecclesiam 
e Aenno sibi a domno Bituricensi ex mandato domni pape 
adjudicatam, sacrilega invasione abstulistis, excommunica- 
tisque domni arcbiepiscopi et nostris ejusdem ecclesie claves 
reddere militibus vestris fecistis. Insuper etiam jussu nostro 
excommunicati cum militibus vestris monachos ibidem Deo 
famulantes cesos verberibus fiisoque sanguine eorum de eccle- 
sia ejecerunt. Quod quia sancte romane Ecclesie decretis con- 
trarium est, vobis nimium inminere periculum videntes, 

f)recipiendo mandamus quatinus usque adproximam terciam 
èriam abbati ecclesiam cum ref[orma]cione dampnarum et 



(l) Suppléez : LemovicenH. Voyez les chartes précédentes. 



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-35- 

com débita satisfactione reddatis ; alioqain nos exinde to- 
tam terram vîcecomitatus Lemovicensîs sub interdicto pone- 
mus vosque vinculis anatematis innodabimus, velimus, noli- 
mus. 
(Ut supra). 



XXIX. — Mand&nient de Vévêque de Limoges au clergé de 
la vicomte pour Vinformer de V excommunication portée 
contre le doyen de S. Yrieix qui avait dévasté P église 
WAyen. — Vers / /47. Vidimus. 

G., Dei ^atîa Lemovicensîs episcopus, abbatibus, priori- 
bus, archipresbiteris, capellanis per Lemovicensem viceco- 
mitatnm constitutis, salutem et dilectîonem. Gravis et into- 
lerabilis querela ad nos venit quod B.,decanus sancti Âredii^ 
eoclesiam de Àenno sacrilegainvasione abbati SoUemniaœnsi 
abstulit, insuper et monachos verberare fecit. Unde nos fra- 
temitati vestre mandamus quatinus eum excommunicatum 
esse sciatis et puplice [sic) denuncietis. Nos vero omnem ter- 
ram Lemovicensîs vicecomitatus a divinis cessare jubemus, 
prêter baptisma et in extremis viaticum. 

(Ut supra). 



XXX. — Mandemsnt de Vévêque de lÀmoges aux archi- 
prêtres de Lubersac et de Êrive pour les informer de 
T excommunication portée contre Umbert de la Marche et 
ses complices^ à cause Wun sacrilège ^ar eux commis dans 
l'église d'Ayen (1). — Vers 4441. Vidimus. 

G., Dei gracia Lemovicensîs episcopus, S., archipresbitero 
de Zoierzac (2) Petroque de Briva,' archipresbitero, salutem, 
Noverit dilectio vestra quod nos Uncbertum de Marcha cum 
omni sua familia et G. Mirape, sacerdotem, et B. de Chastel 
et S. de Petrafixa et P. de Castel et St., patrem suum, omnes- 
que eorum complices propter sacrilegium quod in ecclesia de 
Aenno perpetraverunt, excommunicavimus et excommuni- 
camus. Unde fraternitati vestre mandanus quatinus eos per 
archipresbiteratus vestros publiée esse exconununicatos 
de[nuncieti8 omniaque loca m quibus manserint a divinis 
ces[8are jubeatis; insuper etiam totam terram Uncberti de 
Marcha hominesque suos sub interdicto ponimus. 

(Ut supra). 



(1) Voyez la charte précédente. 

(2) Lubersac, arronaissement de Brive, Gorrèze. 



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— 36 - 

XXXI. — Mandement de Varchevéque de Bourges à Varchi- 
diacre de Limoges pour Vin former que le jugement de la 
plainte portée par Vaihé de Solignac contre les spolia- 
teurs de Véglise éPAyen, est ajourné. — Vers 4447. Vidi- 
mus. 

P.j Dei gratia Bituricensîs archiepiscopus, E.. Lemovicensî 
archidiacono, salutem. Signiôcavit nobis abbâs SoUemnia- 
censis quod de ecclesia de Aenno spoliatus est, de qua tibi et 
ipsi diem constitueramus. Et quia incongraum est ut spolia- 
tus traatur (sic) ad causam, oportet causam illam dinerri. 
Nam cum revestitus fuerit, utrique diem nominabimus coin- 
petentem. 

(Ut supra). 



XXXII. — Mandement de ParcAevéque de Bourges à Vévé-^ 
que de Limoges pour lui enjoindre de faire exécuter la 
sentence portée contre le doyen de S. Trieix^ coupable de 
nouvelles violences contre les prêtres, ses complices, et 
contre Umbert de la Marche. — Vers 4447. Vidimus. 

P., Dei gratia Bituricensîs archiepiscopus, G., Lemovicensi 
episcopo, salutem. Redundat in contemptum domni papsB et 
nostrum quod abbati SoUemniacensi pro ecclesia de Aenno 
tôt et tante molestie inferuntur. Nam prêter alios labores quos 
eum pro eadem ecclesia sustinuisse cognovimus, nunc de 
novo gravem ipsius conquestionem accepimus, quodper deca- 
num sancti Aredii ecclesia illa ei ablata est monachique 
verberati et contumeliose tractati. Justiciam vero quam super 
eundem decanum et super terram vicecomitatus pro hoc sa- 
crilegio promulgastis, approbamus et confirmamus ; et ut eam 
super ipsum et super ecclesiam sancti Aredii^ cujus decanus 
est, et super alias ecclesias vicecomitatus inviolabiliter teneri 
faciatis^ fraternitati vestre mandamus. lUud etiam intimate 
ei quod nisi malicie sue finem imposuerit, abbati satisfaciens, 
nullo modo sustinebimus quin super personam ejus manus 
nostras aggravemus. De presbiteris verp G. S. et B. et S. et 
P. de Castel (1) qui excommunicati a vobis parrochialia jura 
celebrare presumunt, prudencia (2) provideat vestra quati- 



(1) Sans doute le château de Solignac. Cf. mêmes noms dans la 
charte n* xxx. 

(2) Le scribe avait d'abord écrit prookfencta, mais sa correction n'est 
pas douteuse. 



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— 37 — 

nusvesana eorum rebellio corrigatur, et si facultas fuerit, 
de toto vicecomitatu expellantur, ne contagrione eorum sin- 
cera pars populi corpumpatup. Insupep etiam U. de Marchia, 
sicut excommuûicastis, excommunicatam teneatis. 

(Ut supra). 



XXXIII. — Requête de Vabbé de Solignac à T archevêque de 
Bourges contre le doyeu de S. Trieix qui avait renou- 
velé ses violences avec Vappui secret de V&oêque de Li- 
moges. — Vers 4147. Vidimus. 

Reverendo patri suo et domno P., Dei gratia Bituriœnsis 
eçclesie archiepiscopo, G., licet indigne dictus abbas Sollem- 
niaœnsis, salutem et cum omni devocione obedienciam. Novit 
nec ad plénum, prout credo, venerande pater, discrecio vestra 
quot laoores et erumpnas in brevi tempore SoUemniacensis 
passa sit ecclesia. Ex quo enim vestram cepi adiré presen- 
ciam^ domniun episcopum, quem propicium abueram, ilico 
inimicmn abero cepi ; licet enim sud silencio transeam exac- 
tiones et dampna que ejus suggestione SoUemniacensi eçcle- 
sie facta sunt, quia tam sepe matrem sanctam Bituricensem 
visitabam ecclesiam. Nec de novo (1) justiciam illam quam 
super Lemovicensem vicecomitatum firme et districte posue- 
rat ob sacrilegia que decanus eçclesie beati A. in ecclesia de 
Aenno fecerat, quam etiam scripto commendaverat tenere. Ex 
(juo misi ad vos nuncios meos (2) minus districte facere. Cum 
igitur vos gladium, qui usque ad divisionem pertingat anime 
et spiritus, manu teneatis, miramur quia illi tam assidue com- 
mittitis qui ostibus eçclesie novis parcere fréquentât, Sancte 
itaque vestre paternitati suplicat universum corpus SoUem- 
niacensis eçclesie quatinus tanto et tam longo labori finem 
inponatis. Ut enim, domne, ma^is doleamus, littere vestre 
quas domno mittatis episcopo, pocius hobis obstant quam pro- 
sint. Ipse enim aperte promulgat sentenciam, sed occulte 
relaxât. Date igitur requiem SoUemniacensi eçclesie. Nos 
enim ex toto in labore deficimus nisi finem supremo labori 
inposueritis. 

fut supra). 



(1) U semble qu'il y ait ici un mot oublié et qu'on doive Bupplôer 
tenait, 

(2) 11 n'est point nécessaire de supposer l'oubli d'un mot pour com- 
prendre cette phrase. Nous avons là un gallicisme. 

5 



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- 38 - 

XXXIV. — Mandement deVarchevique de Bourges au 
prieur de Brivepour lui enjoindre d'observer la sentence 
portée par V&oêque de Limoges en faveur de Pabbé de So- 
lignac contre les violateurs de Véglise d'Ayen. — Vers 
n47.Vidimus. 

P., Dei gracia Bituricensis ecclesie archiepiscopus, priori 
et conventui de Briva, salutem. Pervenit ail aures nostras 
quod justiciam quam venerabilia frater noster G., Lemovi- 
censis episcopus, pro injuria abbati SoUempniacensi illata ex 
preœpto nostro vobis teneri precepit, non observatis. Idcirco 
Yobis mandamus atque precipimus ut de cetero ipsam abbati 
firmiter teneatis, ne deinceçs ad nos inibi querela perveniat. 
Graviter enim a vobis ipsis tantum contemptum exigere- 
mus. 

(Ut supra). 



XXXV. — Mandement de Vévêque de Limoges à Varchipré- 
tre de Lulersac et aux curés de son ressort pour leur en- 
joindre de publier V excommunication portée contre les 
moines du puy S. Robert qui avaient enseveli contre tout 
droit un certain Etienne de Terrasson^ de la paroisse 
â!Ayen. — V^s //47. Vidimus. 

Q.j Dei ^ratia Lemovicensis episcopus, St. de Luperciaco 
archipresbitero et omnibus capellanis de eodem archipresbi- 
teratu ad quos littere iste pervenerint, salutem. Plurimum 
oonquerimur super monachis de podio sancti Botberti (1) 
qui St. de Terrazo condonatum Soliemniacensi monasterio et 
parrochianum œtiam Aentensis ecclesiœ contra calumniam 
et prohibicionem quam G., abbas, ex parte domni pape et 
domni Bituricensis et nostra etiam fecerat, sepeliire presump- 
serint. (Inde nos pro tam sacrilega presumptione prefatos 
monachos sub interdicto posuimus. Illi vero interdictum nos- 
trum et etiam interdictum domni Bituricensis archiepiscopi 
servare prorsus contempserunt. Unde vobis precipimus quod 
pro excommunicatis monacos de podio sancti Botberti pu- 
bliée adnuncietis donec corpus prerati St. reddant clamanti- 
bus et nobis de tam sàcrilega presumptione et violencia con- 
digne faciant. 

(Ut supra). 



(1) Saint-Robert, arrondissement de Brive, Ck>rrèze. 



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— 39 — 

XXXVL — Mandement de V&oique de Limoges au prévôt de 
S. Robert touchant la sépulture d'un de ses paroissiens 
accomplie en violation d'une sentence ecclésiastique. — 
Vers 44S7. Vidimus. 

G., Dei gratia Lemoviœnais episcopus, P., preposito sancti 
Botberti, salutem. Abbas SoUemniaci conquestus est adver- 
sus te qui parrochianum et condonatum suum post prohibi- 
cionem ex parte domnipape et domni achiepiscopi et nostram 
sepelire presumsisti. Unde nos tibi et illi diem assignavi- 
mus ad agendum super hoc. Ille verodiestatuta venit, paratus 
comprobare illum se supprema volumptate dédisse sepelien- 
dum Sollemniacensi monasterio. Tu vero defecisti. Unde nos 
decrevîmus et decernimusabbatem investiri cum débita satis- 
factione parrochiano et condonato suo, cumque post prohibi- 
donem domni pape et domni archiepiscopi et nostra constat 
esse factum, cumque tu defecisti, cumque contra privilegium 
domni pape quod Sollemniacensi dédit œcclesie, m quo con- 
tinetur quod nemo suppreme voluntati eorum qui ibi sepeliri 
voluerint, résistât, factum est. Si vero tu abbatem infra VII 
dies parrochiano et condonato (I) 

(Ut supra). 



XXXYII. — Mandement de V archevêque de Bourges à Vévê- 
que de Limoges fixant un jour à comparoir pour juger du 
débat qui s^est élevé entre Pàbbé de Solignac et le prêtre 
Bernard au sujet de V église d'Ayen. — Vers 4447. Vidi- 
mus. 

Petrus. Dei gratia Bituricensis œcclesi» archiepiscopus, 
venerabili fratri G., Lemovicensi episcopo, salutem. Sicut 
novit yestra fratemitas, domnus papa Uugenius (2) per lit- 
teras suas nobis mandavit ut querelam G., abbatis SoUem- 
niacensis, adversus Bemardum presbiterum de Aenno^ super 
ipsius loci œcclesia dili£[enter audiremus et justicia dictamen 
mffiniremùs. Unde nos ipsum per vos ad nostram presenciam 
evocayimus. Sedpredicto abbateG., statuto termino, nostro 
conspectui presentato, presbiter non venit nec aliquam excu- 
sationem prétendit; propter quod, ^uamvis in eum possemus 
de rigore justicie protulisse sentenciam, secundo tamen ipsum 
ad nostram presenciam evocayimus. Tandem verotam aobate 



(!) Le bas de la pièce a été conpé. 
(2)Eagènemtil53. 



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— 40 - 

quam (1) [presbitero an]te nos présentais, querelam suam 
abbasaeposuit, quod ipsepresbiter ecclesiam [deÂenno, quam 
mo]nasterii sui esse asserit, injuste et sine suo predecessorum- 
que suorum Foccupaverat], Presbiter vero, suscepto de nostra 
curia advocato, per eum advocatum [dixit quod ecclesiajm 
ipsam vestra concessione prius habuerat. Et cum predeces[sor 
abbatis predicti] adversus ipsum super eadem secclesia recla- 
maret, demum per manum vestram cum [ipso pacem fecisse 
asserjùit (2), ita videlicet quod sexaginta soliaos censuales 
de ipsa ecclesia SoUempniacensi abbati anjnuatim persolve- 
ret. Super hoc etiam litteras vestre fraternitatis nobis presen- 
tavit ; con[fessusl est etiam secundo et tercio publiée coram 
nobis quod qaidam frater suus et ante fratrem avunculus 
œcclesiam ipsam sub eodem censu tenuerant. Abbas vero res- 
pondit ecclesiam ipsam juris SoUemniacensis secclesie omnino 
existere, et predecessores sues aliquando per monachos, ali- 
quando per sacerdotes œcclesiam ipsam per longa tempera 
quiète possedisse, aliquando etiam de ipsa œcclesia sexagmta 
solides, aliquando centum censualiter habuisse. Ad hoc au- 
tem comprobandum testes sues in presencia nostra pro- 
duxit. 

Nos autem, causa ipsa hinc inde diligenter audita, quesi- 
vimus a sacerdote si de pace, quam cum predecessore istius 
abbatis per manum vestram se fecisse asserebat, testes habe- 
ret. Ipse vero sufficientes testes habere respondit; sed in tam 
brevi spatio per vos vocationem susceperat quod eos nulla 
ratione adduxisse potuerat. Quamvis itaque nobis molestum 
esset quia vocationem nostram plus juste tardaveratis, equa- 
nimiter tamen sustinuimus [etj eidem presbitero tercio aiem 
prefiximus quo eosdem testes et alia, si qua haberet, ad ra- 
tionem suam defendendam nobis ostenderet, licet abbas pa- 
cem ipsam factam fuisse negraret; et si etiam facta fuisset, de 
jure non valere asserebat, quoniam tune temporis abbas ille, 
Mauricius (3) scilicet, abbatis offlcio suspensus erat; et super 
hoc testes suos producebat. 8ta[tuto autem] (4) termine, ab- 
bate présente, presbiter nostro se conspectui presentavit ; sed 
nec testes, [quos promiselrat, habuit nec aliquid ratione sub- 
nixum pro se respondit. Cum sic itaque tercio [contingeret] 
et aliam parrochialem œcclesiam se habere coram nobis pu- 
bliée connteretur, ecclesiam de Aenno sibi in perj^etuum in- 
terdiximus. Yobis autem qui [ecclesiam de Aenno] de* jure 



(!) Il y a, à partir de cet endroit, une déchirare qui porte stir huit 
lignes de texte. 

(2) Voyez plus bas, au commencement du nouvel alinéa. 

(3) Prédécesseur immédiat de Gérald de Terrasson : était abbé en 
1114 et 1134. 

(4) Nouvelle déchirure portant sur six Ugnes de texte. 



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- 41 — 

vestro esse asseritis et hoc in nostra presencia vos probatu- 

rum, quando et ubi nobis pla[cuerit ] significastis, prima 

sexta feria proxime XL (1) diem prefigimua, quô nostro vos 
[conspectuij apud Bituricas presentetis et justiciam vestram 
vobis conservatam in ipsa aecclesia contra eundem abbatem, 
si poteritis, ostendatis; intérim vero eidem abbati tam in ea- 
dem œcclesia quam in aliis sua jura illibata servetis. Prete- 
rea scire vos volumus quod sacerdoti viva voce precepimus 
ut sexaginta solidos censuales quos sacerdos, sicut judicave- 
ramuB et sibi preceperamus, reddidisse debuerat, usque ad 
festivitatem sancti Andreœ persolvat; alioquin ex tune a sa- 
cerdotali offlcio eum suspendimus. Data Vilie-Dei (2). 

(Ut supra). 



XXXVIII. — Mandement de V archevêque de Bourges à r&oê- 
que de Limoges pour lui enjoindre d'éloigner le prêtre 
Bernard de V église éPAyen et d^y rétablir les droits de 
Vablé de Solignac. — Vers //47. Vidimus. 



Petrus, Dei gratia Bituricensis œcclesie archiepiscopus, ve- 
nerabili fratri G., Lemovicensi eçiscopo, salutem. Bernardo 

Sresbitero. qui omnino defecerat in curia nostra, secclesiam 
e Aen interdiximus ipsumque, quia sexaginta solidos quos 
debebat abbati non readiderat, ab offlcio sacerdotali suspen- 
dimus. Postea vero querimoniam abbatis accepimus quod 
idem [Bernjardus adhuc ecclesiam illam contra interdictum 
nostrum retinere per vicarium suum presumit et bénéficia 
[percipit.l Mandamus igitur fraternitati vestre ut eum ab 
ecclesia illa prorsus removeatis atque in ipsa ecclesia ab[batij 
Sollemniacensi jus suum, sicut per alias lîtteras vobis man- 
davimus, intègre conservetis. Quod si vos proFxime] ad diem 
juam vobis prefiximus venire volueritis, non deerimus vobis 
in justiciavestra. Data [Bitujricis. 

(Ut supra). 



(1) Go chiffre signifie évidemment quadragesime. 

(2) Probablement Villedieu de l*Indre, arrondissement de Château- 



roux. 



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— 42-- 

XXXIX. — Mandement de Parehevéque de Bourges à l'évéque 
de Limoges pour lui enjoindre de faire exécuter l'interdit 
porté contre le prêtre Bernard. — Vers 4441. Vidimus. 

IP.,] Dei gpatia Bîturicensis aecclesie archiepiscopus, vene- 
rabili fratri G., Lemoviœnsi episcopo, salutem. Audivi[mus 

Suod] B. (1) de Castello, presbiter, cui interdiximus ecclesiam 
e Aen, adhuc tenere eam contra interdictum nostrum et 
per capellanos suos administrare presumit. Mandamus 
igitor fraternitati tue ut eum coherœas quatinus inter- 
dictum nostrum teneat et sexag'inta solides, q^ui in curia 
nostra adjudicati fuerunt abbati SoUemniacensi, persolvat. 
Âlioquin nos super eum sentenciam excommunicationis pro* 
'mulgabimus. Data Montilucio (2). 

fut supra). 



XL. — Mandement de F archevêque de Bourges à Védique de 
Limoges^ pour lui enjoindre de renouveler la déclaration 
publique d'excommunication portée contre V. de Jaugnac 
qui avait attaqué à main armée les moines de Solignac, et 
contre les clercs qui avaient dévasté l'église â!Ayen. — 
Vers 4447. Vidimus. 

P., Dei gratia Bituricensis ecdesie archiepiscopus, venera- 
bili fratri Gr., Lemovicensi episcopo, salutem. Quot labores et 
exçensas pro œcclesia de Aenno Sollemniacensis abbas susti- 
nuit, fraternitati tue non extat incognitum. Tandem vero ad 
nos rediens queritur (?) quod et ipsa ecclesia sibi violenter 
ablata sit atque multe et graves injurie sibi et monaohis suis 
a parrochianis vestris illata sint; de quibus, sicut asserit, 
necdum per vos plenam potuit adipisci iusticiam. Tirannus 
etenim quidam de vestro episcopatu U. de Jaunac quemdam 
monachum suum ausu sacrilego cepit et crudeliter vulnera- 
vit, et imçietati superaddens impietatem, vulnera ejus curari 
non permisit, donec quantum potuit peccunie ab eo extorsit 
hommesque suos incarceravit et ad redemptionemcoegit. Que 
omnia, frater episcope, etsi personam tuam fratema kari* 



(!) n 6*agit incontestablement dn prtoe Bernard, dénommé dans 
l'acte précédent. 
(2) fiiontlnçon, chef-lien d'arrondissement. Allier. 



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— 43 — 

tate diligamus^ absque tamen ^vi yin[dicatione] preterire 
non pofisumus. Nos quoque (?) litteras tuas ante abbatis ad- 
ventum receperamus in quibus continebatur quod [eos quij 
ecclesiam abatulerant et eos qui monachum ceperant, excom- 

municationis vinculo innodaveras sic atantacrudelitate 

resipiscunt etjuxta sacre scripture testimonium ferro rese- 

canda sunt non senciant. Mandamus fraternitati vestre 

quatenus tam illos qui monachum cepenint et incarcerave- 
runt et homines abbatis ceperunt et ad redemptionem coege- 
runt et illos qui ecclesiam cie Aenno per nos sioi adjudicatam 
et per vos restitutam et concessam et scripto firmatam vio- 
lenter abstulerunt et eorum fautores in maleficio^ sicut jam 
excommunicastis, in conventibus vestris publiée excommu- 
nicatos denuncietis et excommunicatos tamdiu habeatis et 
haberi faciatis, donec abbati ablata restituant et de sacrile- 
gio satisfaciant. Clericos vero q[ui invasioni predicte aecclesie 
interfuerunt vel quorum concilio (sic) et auxiho facta est, eccle- 
fiiasticis privetis beneficiis. De supradictis vero et aliis talem 
ei justiciam faciatis ut pro defectu justicie ad nos redire ite- 
rum non [cojgatur. In terra vero illorum oui monachum ce- 
perunt vel captum detinent et in locis aa que pervenerint, 
divina proMoeatis officia celebrari donec, ut prediximus, resi- 

Jiscant et de tanto sacrilegio et querimoniis suis satisfaciant. 
^ata Bituricis. 

fut supra). 



XLI. — Mandement de Vévique de Limoges au prêtre Ber- 
nard pour lui enjoindre de payer le cens dû à VaVbé de 
SoliffTtac sur V église d^Ayen et de donner satisfaction à 
Parchevéque de Bourges dont les ordres ont été si long- 
temps méprisés. — Vers 4U7. Vidimus. 

G., Dei gratia Lemovicensis episcopus, B.^ sacerdoti de 
Castello (1), salutem. ManJato domni archiepiscopi (2) com- 
pulsi, tibi [precipjiendo mandamus quatinus integrum cen- 
«•um abbati »ollemniacensi de ecclesia Aentensi sine dilatio[ne 
persojlvas et domno archiepiscopo de contemptu satisfacias. 
Quod si more solito contempseris, introitum omnium eccle- 
siarum tibi interdicimus. Data Bituricis. 



(Ut supra). 



(1) Le prêtre Bernard dénommé précédemment. 

(2) L'arcbevéque de Bourges. 



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— 44 — • 

XLII. — Mandement de Parckevêaue de Sources à revécue 
de Limoges pour lui reprocher de n'avoir point fait exé- 
cuter les or ares de son supérieur contre ceux qui ont déoasté 
V église d^Ayen et pourcui fixer en même temps un jour 
à comparoir. — Vers HAÏ. Vidimus. 

P., Dei gratia Bituricensisœcclesie archiepiscopus, venera- 
bili G., Lemoviœnsi episcopo^ salutem. Scire vos credimus 
quod a tempore nostre promotionis et etiam vestre personam 
vestram sincero affectu dilecximus (sic) et, in quibus potui- 
mus, perôone vestre fraternam caritatem detulimus. Verum- 
tamen et nobis gratum et vobis nec inhonestum foret si sancte 
Bituricensis œcclesie, communi matri nostre, et nobis majo- 
rem honorem et reverentiam exibetis et mandata nostra que, 
nobis etiam tacentibus. per se forent a vobis eflfectui manci- 
panda, diligentius pernceretis (1). Ecce SoUemniacensis abbas 
pro œcclesia de Aento prêter antiquum lus sue secclesie a 
vobis sibi concessa et scripto firmata et aliis a parrochianis 
vestris illatis injuriis, quarto vel amplius ad nostram presen- 
ciam venit [etj auctoritatis nostre litteras reportavit. Sed, 
sicut asserit, aut parum aut nichil de justicia sua consequi 
potuit. Immo SoUemniacensem SBCclesiam, jure vicecomitatus 
quera ad curam vestram pertinere dicitis (2), yiolenter occu- 
pastis et custodes vestros in ejusdem œcclesie municionibus 
posuistis. Terra quoque ipsius secclesie incendio devastatur et 
tam ipse abbas quam sui adeo a raptoribus impune per tu r- 
bantur et opprimuntur quod terram ipsam relinquere vel 
aliud consilium querere ex necessitate coguntur. Tandem 
vero idem abbas cum dolore et gemitu ad nos rediens, cum 
nullum apud vos (31 refugium vel patrocinium inveniat, 
litteras nostras suppliciter postulavit, cum quibus domnum 
papam adeat et justiciam ab ipso requirat. Nos autem, 
quamvis tôt ipsius et nostras injurias moleste feramus, pro 
pace tamen et quiète vestra distulimus et causam ipsam per 
nos plenius cognoscere dignum duximus. Mandamus itaque 
vobis ut proxima dominica ante festum beati Michaelis apad 
Bituricas nostro vos conspectui presentetis, super querimo- 
niis ipsius abbatis et litteris nostris pro eo vobis directis res- 
ponsurus. Data Castrinovi (4). 

(Ut supra). 



(1) Ces reproches de rarchevèque de Boorges àl'évéqae de Limoges 
justifient indirectement raccusation de complicité portée contre ce 
dernier par Pabbé de Solignac dans la charte no XXXIII. 

(2) h&jui vicecomitatus, attribué ici à révoque de Limoges, mérite- 
rait d^être expliqué. Aucun historien local ne parait Pavoir connu. CF. 
ci-dessus la charte n» XXVIII. 

(3) Le texte porte nos^ ce qui nous parait un contre-sens. 

(4) Ghateauneuf-sur-Gher, arrondissement de Saint-Amand, Gher. 



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- 45 — 

XLIII. — Mandement de ParcAevéque de Sources à F&oé- 

?ue de Limoges pour lui enjoindre de rendre justice à 
atbé de Solignac. — Vers 4447. Vidimus. 

P. , Dei gratia Bituricensis ecclesie archiepiscopus, venerabili 
fratri G., Lemovicensi episcopo, salutem. Scripsimus vobisut 
abbati SoUemniacensi super domnis de Pairac et P. U. de 
Porta et filiis ejas justiciam faceretis. Iterum vobis manda- 
mus quatintis de eisdem plenam justiciam abbati faciatis. 
Data... (1). 

(Ut supra). 



XLIV. — Mandement de P archevêque de Bourges au doyen 
du chantre de S. Trieix pour lui enjoindre de réparer 
vis-à'Vis de Paibé de Solignac le tort qu'il' a causé à ce 
dernier en dépouillant l'église d'Ayen et en P occupant de 
vive force (2). — Vers 4441. Vidimus. 

P., Dei gratia Bituricensis aecclesisB archiepiscopus, B.,de- 
cano S. A., a noxiis abstrabi et dirigi ad salutaria. Quanto 
amplius te diligimus et pro nobilitate generis et pro consan- 
guinitate qua nobis convinctus es, tanto gravius tuos, qui 
aobis refferuntur, ferimus excessus. Ecclesiam naraque de 
Aenno que ia curia nostra SoUemniacensi abbati fui tadjudi- 
cata et postea per episcopum confirmata, sacrilego ausu inva- 
sisti, oblationes rapuisti et adhuc eam per violentiam aufe- 
rens, ab incoata malicia non desistis. Misimus tibi pro eodem 
abbate iitteras deprefcatorjias ; sed ei nec justicia sua nec in- 
tercessio nostra profecit. Commonitus ab episcopo tuo ut resi- 
pisceres et abbati satisfaceres, contemsisti. [Scijens sentenciam 
super te promulgatam esse, non minus in tua contumatia 
persévéras. Nos tamen, quia condolemus insipientie [tu]e, 
adhuc te revocare volumus et per presentia scripta tibi man- 
damus ut abbati sine dilatione satisfacias, œcclesia sibi red- 
dita [et] dampnis que per te sustinuit restitutis. Namsi usque 
ad octavam sancti Luce non satisfeceris ei, nos ulterius non 
sustinebimus quin manum nostram super te aggravemus (3). 

(Ut supra). 



(1) Le nom du lieu fait défaut. 

(2) Cf. ci-dessus la charte n° XXIV, à peu près identique à celle-ci. 

(3) A la suite de cet acte , en tête d'une nouvelle bande de parche- 
min, on lit la mention suivante qui ne semble pas se rapporter aux 
événements dont s'agit dans le reste de la pièce : P. Bninus de Trasdos 
cétpU famulum et eguitafuram P. de Cevena etjecit redimere XXXV 
ioL P. vero clamorem fecit domno episcopo; ipse tamen audire recU" 
savU, 



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— 46 — 

XLV. — Requête de Vahhé de SoUgnac à V&oique de Péri- 
gueux pour lui demai^der justice contre un certain A. de 
Neuville et Cf. vicaire d*Éxcideuil qui avaient chassé des 
moines de Péglise WAyen à la suggestion du doyen de 
Saint-Yrieix. — Vers 4447. Vidimw. 

R. (1), venerando Dei gratia Petragorîcensi episcopOj G., 
SoUemniacensis SBCclesiœ dictus abbas^ salutem et cum omni 
devocione amiciciam. Quoniam ad episcopale ofQcium eccle- 
siam Dei spectat, que tôt et tanta cotidie patitur, deffendere, 
malis obsistere, sancte paternitati vestre supplicamus qua- 
tinus super A. de NovaviUa et G., vicarium de Bxidolio (2), 
firmam justiciam ponatis. Ipsi enim, jussu decani sancti 
Arediij ad despectum sancte romane ecclesie et domni archie- 
piscopi Bituriœnsis, monacos cesos verberibus de ecclesia de 
Aenno ejecerunt, claves etiam excommunicatis reddiderùnt (3 <. 
Quid super his faciendum sit, vestra interest. Domnus enim 
episcopus illos qui de episcopatu suo interfuerunt excommu- 
nicavit omnesque villas, in quibus advenirent, a divinis 
cessare preœpit. Domnus vero archiepiscopus et decanum 
excommunicavit et totum Lemovicensem vicecomitatum sub 
interdicto posuit. 

(Ut supra). 



XLVI. — Mandement de Varchevêque de Bordeaux à Vévêque 
de Périgueux pour lui enjoindre de (aire respecter dans 
son diocèse les droits de Fàbbé de Sohgnac contre ceux qui 
ont chassé les moines de Péglise WAyen. — Vers 4447. Vi- 
dimus. 

G. (4), Burdegalensium dictus episcopus (sic), venerabili 
fratri R., Petragoricensi eçîscopo, salutem et dileccionem. 
Abbas Sollemniacensis significavit nobis quod B., ecclesie 
beati Aredii decanus, ausu sacrilego contra preceptum domni 
pape et domni Biturieensis- archiepiscopi, monacos de 
ecclesia de Aenno cesos verberibus ejecit. Unde nos fratemi- 
tati vestre mandamus quatinus super omnem terram suam 
que in episcopatu vestro est et super ejus complices, pro dé- 
bite offlcii vestri, firma sibi non desit justicia, 

[Ut supra). 



(() Raimond de Mareuil. — Si Ton pouvait prouver que Pacte ap- 
partient bien exactement à Pannée 1147, la date encore douteuse ae 
Pintronisation de cet évoque devrait être fixée à 1147 plutôt au'à 1149 
Voyez le Gallia christ. 

(2) Excideuil, arrondissement de Périgueux. 

(3) Cf. ci-dessus la charte n« XXVni, ligne 10. 

(4) Godefroi m^ de Louroux 1 1 158. 



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- 47 - 



XLVn. — Mandement de Varchevique de Bourges à V&o$' 
que de Limoges pour lui enjoindre d'oMenir satisfaction 
des prêtres qui attaquent les droits de Vdbhaj/e de Soli- 
gnac ou bien de les interdire. — Vers 4 4 Al. Vidimus. 

P,,Dei çratia Bituricensis ecclesie archiepiscopus, vene- 
rando fratri G., Lemovicensi episcopo, salutem. Sacerdotes 
qui pro infestatione abbatîs Sollemniacensis excommunicati 
sunt, Bernardum scilicet, Stephanum, Guidonem et Petrum, 
audivimus nequa^uam pro excommunicationis sententia cor- 
rigi, imo in malicia sua persistentes, sacrilega et abomina- 
bili presumcione divina tractare. Unde fraternitati vestre 
manaamus quatinus eos ad satisfactionem commoneatis et 
post commonicionem , nibi infra XIIIP^"" dies predicto abbati 
satisfecerint, exponatis eos et a defensione ecclesie éjectes pu- 
bliée annuncietis, Preterea mandamus ut detis operam qua- 
tinus justicia, que super terram vicecomitatus posita est, fir- 
miter teneatur. 

(Ut supra). 



XL VIII. — Mandement de Vévê^ue de Limoges à Varchipré- 
tre de Luhersac pour lui enjoindre de suspendre V office 
divin dans les églises d^Ayen^ de Noinac et d^Yssanaon^ 
d'abattre les crucifix et ù fermer avec des broussailles 
rentrée des dites églises jusqu^ à ce que F abbé de Solignac 
ait reçu pleine investiture de Péglise d'Âyen. — Vers / 447. 
Vidimus. 

G.,Dei gratia Lemovicensis episcopus, G., de Loberzac 
archipresbitero, salutem. Per presentia scripta tibi precipiendo 
mandamus quatinus juxtamandatum domni archiepiscopi(I], 
in ecclesia de Âenno et in ecclesia de Noinac (2) et m ecclesia 
de Exandonio (3), que de vicecomitatu Lemovicensi esse di- 
cuntur, ex parte nostra divina celebrari proibeas, prêter bap- 
tisma et in extremis viaticum. Crucifixi etiam in terram pros- 
temantur et porte spînis circumdentur in predictis ecclesiis. 
In podio vero sancti Rotberti precipimus et volumus divina 
sub silencio celebrentur^ quousque abbas Sollemniacensis de 
ecclesia de Aenno integram habeat investituram. 

(Ut supra). 



(1) L'archevêque de Bourges, métropolitain. 

(2) Localité inconnue. 

(3) Yssandon, arrondissement de Brive, Gorrèze. 



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-48^ 

XLIX. — Mandement de rarchevéque de Bourges à P&oêque 
de Limoges pour lui enjoindre de faire exécuter la procé- 
dure d'excommunication portée contre les ennemis de 
Vaibé de Solignac et de faire délivrer un serviteur de 
Pdbbéj injustement détenu. — Vers H 47. Vidimus. 

P. , Dei gratîa Bituricensis ecclesie archiepiscoçus, venera- 
bili fratri G., Lemovicensi episcopo, salutem. Scitia quod in 
presencia nostra et vestra statutum fuit quod justicia, çue 
posita erat pro abbate SoUemniacensi in Lemovicensi vice- 
comitatu, ita adgravaretur ut ad terrorem malefactorum, pro 
compescenda malicia eorum, janue ecclesiarum spinis operi- 
rentur et crucifixi ad terram deponerentur (1). Dictum est 
autem nobis hoc minime factum esse, immo justiciam que 
prius tenebatur, ex mag^na parte in ecclesia beati Àredii ad 
nostrum contemptum esse relaxatam, nec in c^uibusdam aliis 
locis vicecomitatus teneri (2). Mandamus igitur fraternitati 
vestre et precipimus quatinus justiciam prius positam facia- 
tis firmîter teneri et adgravationem que communi consilio 
nostro et vestro statuta fuit, scilicet de portis spinis operien- 
dis et crucifixis per predictum vicecomitatum deponendis. Pre • 
terea conquestus est abbas SoUemniacensis quod domni de 
Nobiliaco(3), Gaucelmus scilicet et Gaubertus, quemdam ser- 
vientem suum, qui etiam clericus est, captum tenent. Unde 
mandamus vobis ut eos commoneatis quatinus captum illum 
soldant. Quod si non fecerint usque ad festum omnium Sanc- 
torum, super eos et super terram eorum firmam justiciam fa- 
ci atis et super eorum complices. Frater, cavete ne abbas ite- 
rum pro defectu justicie ad nos redire cogatur. Data apud 
Bituncas, 

(Ut supra). 



L. — Missive de Vévêque de Limoges à Vévéque de Péri- 
gueux pour lui demander de fixer un nouveau jour à com- 
paroir dans Pa faire de F église de Viveyrol. — Vers 41 47, 
Vidimus. 

B.^ venerando Dei gratia Petragorîcensi episcopo, G., Le- 
movicensis ecclesie qualiscumque minister, salutem et cum 
omni devocione amiciciam. Sicut accepimus, vos abbati Sol- 



(1) Cf. la charte précédente. 

(2) Nouvelle justification de raccusation de comphcité portée par 
Tabbé de Solignac contre révoque de Limoges. Cf. ci- dessus l^ ebarto 
no XLII. 

(3) Saint-Léonard de Noblac, arrondissement de Limoges. 



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— 49 — 

lemniacensi ad agendum de ecclesia de Vivairolas (1), quam 
ipse de jure ecclesie sue esse asserit, prefixeratis diem proxi- 
mam dominicain. Abbas Tero multis impeditus negociis et 
precipue nostris, ad diem illam nuUatenus venire potest. 
Unde nos vestre supplicamus pietati quatinus amore Dei et 
nostro et ob reverenciam Lemovicensis ecclesie, que vestra 
est, diemaliamabbatiSollemniacensipostnativitatem Domini 
et locum quo ipse nos secum adducere possit, adsignetis et 
per presencium latorem sibi aut nobis rescribatis, 
(Ut supra). 



LI. — Requête de Vaiié de Solignac à Varchevêque de Bor- 
deaux pour lui demander de prescrire à Vévêque de Périr- 
ffueuxia restitution de V église de Viveyrol ou au moins 
la fixation éPunjour à comparoir. — Vers 4iJn. Vidimus. 

Reverendo patri suo et domno G., per Dei gratiam Burde- 
galensium archiepiscopo, G., licet indigne dictus abbas Sol- 
lemniacensis, salutem et cum omni devotione amiciciam. 
Sancte paternitati vestre umiliter et dévote supplicamus qua- 
tinus domno R., Petragoricensium episcopo, precipiatis ut 
ecclesiam sancti Mareialis de Vivairots, que de jure nostre 
ecclesie est, amore Dei et vestro nobis reddat, vel ante ves- 
tram presenciam aut ante suam nobis diem ad agendum de 
ea donet. 

fut supra). 



LU. — Mandement de rarchevéque de Bourges à Pévêque de 
Limoges pour lui enjoindre de mettre en interdit la cha- 
pelle du château de Chalusset. — Vers 4450, Vidimus. 

P., Dei gratia Bituricensis secclesiae archiepiscopus, vene- 
rabili fratri G., Lemovicensi episcopo, salutem. Audivimus 
mala plurima contigisse abbatie SoUemniaci occasione cu- 
jusdam capelle quœ est in castro de Chaslut (2). Proinde 
mandamus fraternitati vestrse quatenus capellam illam sub 
interdicto teneatis et divina celebrari non permittatis nisi ad 
petitionem et voluntatem SoUemniaci abbatis et nostram con- 
cessionem. 

(Ut supra). 



(1) Saint-Martial de Viveyrol, arrondissement de Ribérac,Dordogne. 

(2) 11 ne peut s'agir de Chalus arrondissement de Saint- Yrieix, 
Haute- Vienne, mais de Chalusset dont le château s'élève à quelques 
kilomètres de Solignac. 



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— 50 — 

LIII. — Donation de Véglise de S. Pierre-dthMoutier faite 
par Vévêque de Limoges au monastère de 8. Martial. — 
44S0. Oriff. Se. perdu. 

Ego Geraudus (1), Dei gratia Lemoyiœnsis episcopas, di* 
vina favente pi'etate, domno abbati Alberto (2) fratribusque 
sanctissimi patris et apostoli nostri Marcialis. Speciali devo- 
tioûe convinctus, largitiones et helemosinas predeœssorum 
nostrorumkaritate benignacupiens ampliare, jam dicto abbati 
fratribusque dono et conœdo ecclesiam sancti Pétri que voca- 
tur Monasterii (3) cum suis omnibus pertinentiis et integri- 
tate possessionum suarum, quatinus eadem ecclesia ad sancti 
Marcialis œnobium deinceps jure perpétue pertineat, salvis 
justiciis et redditibusepisGopalibus.Hujusreigratia,piayicis- 
situdine, domnus abbas et fratres mihi concesserunt ut post 
decessum meum in régula nomen meum annotetur et anni- 
versarium ecclesiastico more persolvatur, celebrato in con- 
yentu fratrum generaliter offlcio et missa. Si quis autem usu 
temerario huic nostrœ donationicontrariusessepresumpserit, 
anathematis supplicie donec resipiscat dampnetur. Hec autem 
acta sunt anno ab incarnate Domino M^ C^ L^, in presentia 
yenerabilium fratrum nostrorum canonicorum sancti Ste- 
phani (4) Heliœ &auteriî, archipresbiteri et Pétri de Luro, 
Willelmi monachi, prioris sancti Marcialis^ Hu^onis mona- 
chi, capicerii, Rotgerii monachi, helemosinarii et aliorum 
multorum. 

(Arch. dép. de la Haute- tienne, fonds S. Martial, n® proy. 
9162). 



LI V. — Donation faite par P&oéque de Limoges à Vdbhé de 
S. Martial des chapelles du château d'Aixe. — Vers 4450. 
Orig. 8c. perdu. 

Ego Geraldus (5), Dei ^ratia Lemoyiœnsis episcopus, diu- 
tuma Lemoyicensium abbatum agitatus querela quam pro 



(1) Gérald du Cher. Cf. la charte suivante. 

(2) Albert de iCourcelle. Cf. la charte suivante. 

(3) Il s'agit de Moutier-Ferrier, aujourd'hui Eymouthiers, arrondisse- 
ment d'Angoulôme. 

(4) Saint-Etienne, cathédrale de Limoges. 

(5) A en juger par récriture, la charte appartient au zii« siècle. D 
s'agirait donc de révoque Grérald du Cher qui occupa le siège de Li- 
moges de 1142 environ à 1177. 



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— 51 — 

capellis de castello de Axya (1) utpote in&a SBCclesiœ parro- 
chialis de TAaman (2} terminos constitutis sepius ing'ere- 
bant, tandem perpendensjustam eorum et racionabilempeti- 
cionem, consilio clericorum nostrorum, easdem capellas in 
manu Alberti (3), venerabilis abbatis, dono et concedo sancto 
Martiali ex inte^ et eidem abbati ac successorîbus ejua in 
perpetuum possidendas. Et ut hec donatio sive conœssio rata 
et inconvulsa permaneat, proprii eam sigilli auctoritate con- 

finno. Huic donationi interfuerunt , chanonicus matricis 

sdoclesiœ sancti Stepbani, Helias Gauterii, Lemoyicensis 

©cclesiœ et Geraldtis de acho, prepositus de Vernolio. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n*» prov. 
9162). 



LV. — Donation de Véglise de S. Martin-Château faite 
par V&oique de Limoges aux monastères de S. Martial de 
Limoges et de S. Denis de Peyrat. — Entre U45 et 4466. 
Orig. Se. perdu. 

G. (4)^ Dei gfratia Lemoyicensis episcopus, preaentibus et 
futuris in perpetuum, Nosse volumus tam présentes quam 
futuros quoniam precibus dilecti nostri Pétri de Pairaco> prio- 
ns de Pairaco (S), concessimus ecclesiam sancti Martini de 
Castello (6) cum omnibus suis pertinentiis monasterio Lemo- 
vicensi sancti Marcialis et monasterio sancti Dionisii de Pai- 
raco in perpetuum possidendam, in manu Alberti (7), abbatis 
sancti Marcialis et prefati Pétri, prioris de Pairaco ; Ugone 
de Gemello derico nostro assentiente, in audientia ejusdem 
Ugonis de Gimello, canonici nostri, magistri Philipi. can- 
cellarii nostri, Helie Alexandri çresbiteri, Pétri Geralai, ca- 
pellani nostri, salvis per omnia justiciis nostriset redditibus 
episcopalibus. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n» prov. 
9162). 



(t) Arrondissement de Limoges. 

(2) Tam, aujoard'hui faubourg d'Aixe. 

(3) Albert de Gourcelles, fut abbé de Saint-Martial de 1143 a 
1156. 

(4) Gérald de Cher, fut évoque de 1142 environ à 1 177. 

(5) Peyrat-le-Cbâteau, arrondissement de Limoges. 

(6) Saint-Martin-Gb&teau, arrondissement de Bourganenf, Creuse. 

(7) Albert de GourceUes, fut abbé de 1143 à 1156. 



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-52 - 

LVI. — Donation de Véglise de S. Martial c^Excideuil faite 
au monastère de S. Martial de Limoges par V&oêque de 
Périgueux. — 4451. Orig. Se. perdu. 

[RJaimundus (1), Dei gratia Petragorioensis ecclesiœ 

episcopus, dilecto m Christo Petro (2), sancti Marcialis abbati, 
totique conven[tui fratrum r]egulam beati Benedicti inpre- 

sentiarum Deo ibidem servientium omnibusque succes- 

sione in eodem loco regulariter substituendis, m perpetuum. 
Rerum mundanarum conditione fragilitatili numane lubrica 
et labilis habetur scientia. Verum equidem quœ scripto com- 
mendantar facilius ad memoriam reducuntur^ ut rei gest© 
séries sub firma et certa nota maneat. Ex ofBicio nobis a Deo 
commisso, nostrum est justis çeticionibus benignum prebere 
assensum ut sanctarum et religiosarum personarum justus 
afiFectus facilem sorciatur effectum. Eapropter peticioni vene- 
rabilis in Christo f rat ris Pétri, sancti Augustini abbatîs (3), 
necnon et Wfillejlmi sacristse vestri et Heliœ capicerii, vene- 
rabilium in Domino fratrum nostrorum, precibus commoti, 
insuper Dei amore et karitatis intuitu compulsi, ecclesiam 
sancti Marcialis quœ juxta castrum Exidolii (4) sita est, cum 
omnibus ad eam pertinentibus, vobis successo[ribtisque] 
vestris, salvo jure episcopali, Deo auctore, donamus. Et ut 
libère et quiète et absq^ue ulla cont[radict]ione perpetuo possi- 
deatis, sanctœ fraternitati vestrae donando concedimus. Hoc 
donum autem factum est apud Lemovicas, anno ab incarna- 
tione Domini M. C. L. Vil, in romana ecclesia présidente 
Adriano papa IlII, régnante Ludovico illustri rege Franco- 
rum, duce Aquitanorum Henrico, rege Anglorum, Bosone 
consule apud Petragoras. Et ut hoc donum firmius et cer- 
tius habeatur, litteras commendari et sigilli nostri auctori- 
tate corroborari precipimus.Hujusrei sunt testes W[illel]mus 
Jordani et Arcnambaudus, archidiaconi Petragoricenses, 
Helias de Marolio, archidiaoonus Lemovicensis, Ademarus 
scriba, archipresbiter, Gaufridus de Montiniaco, Petrus abbas 
sancti Augustini, W[illelm]us sacrista, Helias capicerius, 
Bernardus pictor, quorum coneilio et precibus hoc donum 
fecimus. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds SS. Martial, n® prov. 
9162). 



(1) Raimond de Mareuil, fut évêque de Périgneux de 1149 à 1158. 

(2) Pierre IH de Pithiviers, fut abbé do 1156 à 1160. 

(3) L'abbaye de Saint- Augustin lez Limoges. 

(4) Excideuil, arrondissement de Périgueux, Cf. ap. Chron. de 
Saint Martial, p. 11 : [Amblardus abbas] apud castrum Exidolium de 
Ademaro vicecomite terram adquisivit, uni etvineas piantavitet domum 
cum contigua capeila ibi edificavit. 



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- 53 - 

LYII. — Accord entre VàUbé de S. Martial de Limoffes et 
l'dbbi de Lesterps portant établissement d'un cimetière au 
lieu dit de Sagne-Moussouse, paroisse de Saint-Priest^ 
lanFeuUle. — 44B5. Chirographe. Se. perdu. 

Quoniam memoria renim g^estarum per temponim inter- 
yalla aboleri solet nisi que scripture velutdepositum commit- 
titur, idcirco que gesta sunt inter nos et œcclesiam Stirpea- 
sem posteris mandare curavimus. Est locus in parrochia 
saucti Prejecti (1) quem Sanamolsosa (2) vocant, uoi fratres 
Stirpenses (3) commorantur. Et quoniam œcclesia sancti Pre- 
jecti ad jas et dominium prepositi de Subterranea (4] respicit, 
in cujus parrochia supra dictus locus situs est, his pactioni- 
bus interpositis, eidem loco cimiterium habere permisimus ut 
non liceat canonicis Stirpensibus vel aliis religiosis quemque 
ibi sepelire de parrochiis nostris nisi tantum eos qui habitum 
religrionis, sani et incolumes, ibidem susceperint, vel sub 
eodem habitu a fratribus Stirpensibus illuc missi fuerunt. 
Quod si forte quis de parrochianis nostris metu mortis in in- 
firmitate habitum religionis ibidem susceperit, non ibi se- 
peliatur nisi cum voluntate et licentia prepositi Subterranee 
yel vicarii ejus. Item, pacti sunt fratres Stirpenses ne quem- 
quam |^rrochianum nostrum quoquomodo recipiant ad di- 
yina omcia ut ea causa parrochialia jura amittamus. Et ut 
proniores et favorabiliores sint prepositus et fratres de Sub- 
terranea ad id perpétua lege tenendum^ dabunt fratres su- 
pradicto loco inhabitantes preposito de Subterranea II sol. 
puhlice monetein nativitate beatSB Marib quos singulis annis 
persolvent. Ut autem hujus rei ârmius judicium fiât utrique 
nostrum, ego Petrus (5], abbas sancti Marcialis et ego Icte- 
rius (6), abbas Stirpensis, impressione sigillorum nostrorum 
direptorias cartas per cvrographum munivimus, ut altéra 
apud œcclesiam sancti Marcialis, altéra apud Stirpensem œc- 
clesiam permaneant. Hœc autem gesta sunt in presentia fra- 
trum Lemovicensium et Stirpensium quorum nomina infra 
subscripta sunt, anno M» G^ LX» III^, quando celebratum est 
concilium Turonis a felicis memorie papa Alexandro. Hujus 
rei testes sunt Iterius de Crosent et Hehas subprior, Bernar- 
dus de Tarno (7), capellanus et Ugo de Mansaco et multi alii 



(1) Saiat-PrieBt-la-Feaille, arrondissement de Guéret. 

(2) Sagne-Moassouse, commune de Saint-Priest-Ia-Feuille. 

(3) Lesterps, arrondissement de Gonfolens, Charente. 

(4) La Souterraine, arrondissement de Guéret. 

(5) Pierre V du Barri, fut abbé de 1162 à 1174. 

(6) Itier, abbé depuis 1148 environ. Voyez le GaUia christ 

• (7) 11 faut comprendre Bernard, curé de Tarn, près Aize, arrondis- 
sement de Limoges. 



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— 54 — 



monacorum, de canonicis Johannes, prior Stirpensis^ Petras, 
tune prior de Maleria (1), G. Gunibaus et Aimericus, prior 
loci. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n^ prov. 
9162). 



LVIII. — Donation de Viglise d'Ars à Vablaye de S. Mar- 
tial par Pévégue Sébrand. — 4478. Orig. Se. perdu. 

Seebrandus, Dei gratia Lemoviœncis episcopus, universis ad 
quos littere ille pervenerint, salutem et caritatem, Notum sit 
tam presentibus quam futuris quod nos obtentu beati Mar^ 
cialis sanctissimi patris nostri, quem pre ceteris diligere et 
venerari tenemur, ipsius monasterium ampliare cupientesad 
interventum dilectorum nostrorum venerabilis J., abbatis 
ejusdem loci, et monachorum, ecclesiam de Arcs (2) cum suie 
pertinenciis prefato monasterio libère dedimus et assigna- 
mus ac perpetuo concessimus possidendam ; salvo tamen iu 
omnibus jure pontificali et censu qui de eadem ecclesia epis- 
copo Lemoviœnsi débet persolvi, scilicet XII denarii. Hec 
siquidem donatio facta fuit in presencia Willelmi, prions 
Grandimontis, etfratris Bernardiéfé Paizac. Oui interfuerunt 
Ugo sacrista, Boso capiœrius, Willelmus, helemosinarius 
ejusdem monasterii, magister Geraudus, archipresbiter de 
Rançon, Guido, clericus, notarius noster. Quod factum ut 
inviolabiliter perseveret, per manus Aimerici, clerici nostri, 
nostri sigilli auctoritate fecimus communiri. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial , n® prov. 
6841. — Communication de M. ^aure-d'Augères). 



LIX. — Donation de Véglise de Floirae par Févéque de Ca- 
hors au monastère de Saint-Martial. — 4481. Orig. Se. 
perdu. 

Ego G. (3), Dei gratia Caturcensis episcopus, Isembert» (4), 
eadem gratia abbati sancti Marcialis Lemovicensis, totique 
conventui salutem in perpetuum. Quoniam omnium sancto- 



(1) Peut^tre faut-il corriger Malreria^ Mauvière, arrondissement du 
Blanc (Indre), où se trouvait un prieuré nommé ians les Ckron. de 
Saint'BÊartial, 

(2) Il s'agit peut-ôtre d'Ars, arrondissement d»Aubu8Son, Creuse. 

(3) Gérald Hector fut évoque de Cahors de 1152 à 1199. 

(4) Isembert Escoblart fut abbé de 1174 à 1198. 



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— 55 — 

rum suffragia et precipue beati Marcialis, quem ubique nobis 
protectorem et deffensorem pretendimus, ad'salutem anima- 
rum nostranim plurimum sunt necessaria et ut preces yestre 
pro nobis intercédant ad Dominum, idcirco ego Gr.,Caturcen- 
sis episcopus, consilio clericorum nostrorum sciiicet archidia- 
coni B. de Rofilac et Hugonis de Cornil, archipresbiteri et 
aliorum clericorum, tibi, Isemberto, abbati sancti Marcialis 
Lemovicensis, totique conventui ejusdem monasterii dedimus 
et concessimus ecc[es\a.mde Floirac{l) perpetuo tenendamcum 
omnibus pertinenciis suis ; salvo in omnibus jure episcopali, 
ita tamen quod ad representationem abbatis et fratrum pre- 
dicti monasterii episcopus in memorata ecclesia capellanum 
constituât qui de manu ejus curam animarum suscipiat. Et 
ne predicta donatio aiiqua machinatione in irritum possit 
revocari, eam litteris nostris munîri et sigilli nostri impres- 
sione corroborari fecimus. Hujus donationis testes sunt dom- 
nus Hugo (2), Rutenensis episcopus, et G. (3), abbas Tutelen- 
sis, et G. deCros, Claremontensis archidiaconus, etB. Johan- 
nis, capellanus, et Âmatus. Hoc autem anno ab incarnatione 
Domini W C^ LXXXI^ factum est, Lucio papa existente, Phi- 
lippo rege Francorum régnante . 

(Arcli. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n® prov. 
9162). 



LX. — Confirmation par r archevêque de Sources d^une sen- 
tence arUtrale rendue par l'abbé de Tulle et le prieur de 
Brive dans un différend mû entre Vévéque de Limoges et 
Vabbé du monastère de S. Martial au sujet des églises de 
Rochechouart. — Vers 4484. Orig. Se. perdu. 

[ (4), Dei gfratia] Bituricensis archiepiscopus, Aquita- 

nie primas, dilectisfiliiBJ[semberto(5), abbati, et fratribus beati 
Marcialis Lemovicencis salutem in Domino nos duricia 



(1) Arrondissement de Gourdon, Lot. 

(2) Hugues fat évoque de Rodez de 1162 à 1211. 

(3) Gérald d'Escorailles fut abbé de Tulle de 1151 à 1188 environ. 

(4) La date de l'acte est trop incertaine pour que nous puissions 
suppléer le nom de rarchevôque, puisque vers ce temus, en moins de 
cinq années, trois prélats se succédèrent sur le siège ae Bourges. 

(5) Isembert, abbé de Saint-Martial de 1174 à 1198. 



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— 56 — 

redarguere si pr^es vestras qui semper nobis et predecesso- 

ribus nostris noscimîni hactenus fuisse aremus .repel- 

1ère, presertim cum eas adjuvari noscimus honestate. Icteo- 

que, karissimi in Christo filii, considerato autentico 

nostri Seebraadi, Lemovicensis episcopi (1), super composi- 
tione que înter vos et ipsum super ecclesiis Kupechavarai (2) 

per manus amicorum ejusdem venerabilis abbatis Tute- 

lensis et Helie, prioris Brivensis (3), deasseusu utriusque par- 
tis facto, votis vestris rationabilibus satisfacere cupientes, com- 
positionem ipsam auctoritate metropolitica (sic), ^ua Deo auc- 
tore fungimur, coDârmamus et presentis scripti testimonio 
commuûimus, ipsam de verbo ad verbum ad majorem caute- 
lam preseatibus litterisexprimentes : 

S., Dei gratia Lemoviœnsis epîscopus, omnibus tam pre- 
sentibus quam futuris in perpetuum. Noverit presens etas 
hominumque secutura postérités nos et Isembertum, venera- 
bilem abbatem sancti Marcialis, super controversia que oc- 
casione ecclesiarum Bupechavardi agitabatur per manus 
amicorum nostrorum O. (4), venerabilis abbatis Tutelensis, et 
Helie, prioris de Briva, talimodocomposuisse. Quicquidenim 
juris in ecclesiis de Rupechavardo habebat vel per se habere 
credebat nobis reliquit et in perpetuum nos quiete et pacifiée 
concessit habere et possidere; et nos in hujus rei recompensa- 
tione centum solides Lemovicensis monete synodalibus ter- 
minis annuatim reddendos apud villam que ïnsula (5) dicitur 
sibi assignavimus, donec in alio competenti loco, unde cen- 
tum vel eo amplius posset habere, assignaremus. Et tune illi 
centum solidi ad proprietatem nostram redibunt, his fratri- 
bus suis prebenti bus assensum : Bosone capicerio, Hugone sa- 
crista, Qaufrido helemosinario, P. preposito Subterranensi(6), 
Radulfo, preposito de Arnaco(7), Guidone de Grandimonte (8), 
testibus etiam priore de Briva magistro G., archipresbitero 
de Ramcon (9), Âimerico de sancto Bemigio (10), magistro Al- 



(l)De 1179 à 1198. 

(2) Bochechonarty chef-liea d'arrondissement, Haute- Vienne. 

(3) Brive, chef-liea d'arrondissement, Cîorrèze. 

(4) Gérald d'Ëscorailles f vers 1188. D'après le Gallia chmt.y il eut 
une conférence avec l'évêque 8ébrand le 30 décembre 1181. 

(5) isle près Limoges. Les évoques de Limoges y avaient leur châ- 
teau. 

(6) La Souterraine, arrondissement de Guéret. 

(7) Sans doute Arnac-Pompadour, arrondissement de Brive, Gor- 
rèze. 

(8) Grammont, commune de Saint-Silvestre^ arrondissement de Li- 
moges. 

(9) Rançon, arrondissement de Bellac, Haute-Vienne. 

(10) Peut-être Saint-Remy, arrondissement d'Ussel, Gorrèze. 



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— 67 — 

berto, pluribus aliis hinc et inde. Quod ut ratum consistât 
et inconcussum, per manus magistrî Guidonis de Clausellis, 
clerici nostri, corroborari fecimus et consignari. Statuimus 
qaoque et sud divini interminatione judicii districtius prohi- 
bemus ne quis te, fili abbas, autaliquem successorum tuorum 
super prescripta institutione vexare aut indebite molestare 
présumât^ sed futuris temporibus immobilis et inconcussa 
persistât. 

(Arcb. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n^ prov. 
9162). 



LXI. — Confirmation par le pape Zucius III du don de 
VégliseWArs au monastire de S. Martial [l). ^4iS2 ou 
4483. Oriff. 8c. perdu. 

Lucius (2) episcopus, servus servorum Dei, dilectis flliis 
abbati et monachis sancti Marcialis salutem et apostolicam 
benedictionem. Justis petentium desideriis dignum est nos 
facilem prebere consensum et vota que a rationis tramite non 
discordant, effectu prosequente complere. Eapropter, dilecti 
in Domino filii, vestris justis postulationibus grato concur- 
rentes assensu, ecclesiam de Arx (3] cum pertinentiis suis, 
sicut eam ex donatione venerabilis tratris nostri S. (4), Le- 
movicensis episcopi, juste et sine contre versia possidexis, de- 
votioni Testre auctoritate apostolica confirmamus et presentis 
scripti patrocinio communimus, statuentes ut nuUi omnino 
hominum liceat banc paginam nostre confirmationis infrin- 
gere vel ei ausu temerario contraire. Si quis autem hoc attemp- 
tare presumpserit, indignationem omnipotentis Dei et bea- 
torum Pétri et Pauli, apostolorum ejus, se noverit incursu- 
rum. Datum Yelletri III nonas aprihs (5). 

(Ârch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n^ prov. 



(1) Voyez ci-dessus la charte m LVUI. 

(2) Lncins III qui fat pape de 1181 à 1185. 

(3) Ârs, arrondissement d'Aubusson, Creuse. 

(4) Sébrand qui fut évoque de Limoges de 1179 à 1197. 

(5) C!*est-à-dire le 3 avril. Quant à Tannée, rien ne permet de déci- 
der entre J 182 et 1183, puisque la présence de Lucius Ùl à Veliétri, atl 
mois d'avtii de ces deux années, est constatée d'une manière certaine. 



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58 



LXIL — Cession faite par les religieux éCAuhignac à r hô- 
pital S. Géraldde Limoges, de tout le droit qu'ils pou- 
vaient avoir sur les village, chapelle et terre du Dognon, 
sous le devoir d'une livre pesant d'encens, par anr. — 4483, 
Chirographe. Se. perdu. 

Quoniam mortalium vita morte finituret labilis eorum me- 
moria, ras gestas custodie litterarum commendare cousQOvit 
antiquitas. Inde est a uod presentibus et futuris notum fieri 
volumus quod ego Johannes, abbas Albiniaci (1), et ego Bai- 
mundus et e^o Rotbertus et eço Gauf ridus de Du[n] et ego 
Johaanes d'Albussa et ego Baimundus deu Bosc et ego Ge- 
paldus de saucto Amando et ego Jordanus, monachî, et ego 
Petrus de las Forgas et ego Baimundus et ego Deodatus et 
ego Ugo et ego Johannes et ego Johannes de Beuveer et ego 

Ïetrus, medicus, et ego Petrus de Gha^italoba et ego Geral- 
usi. sutor, et ego Petrus, faber, conversi, et omnis tam mo- 
nacnorum quam conversorum conventus Albiniaci, bona fide 
et sine fraude conoedimus et persolvimus Deo et Helie, priori 
sancti Geraldi*Lemoviœnsis (2), et pauperibus quicquid juste 
vel injuste requirere poteramus in villa et in capella et in 
omni terra deu Domno (3) et in pertinentiis ejus in perpetuum. 
lUe vero qui tenebit villam deu Domno, reddet noois annua- 
tim in vigilia natalis Bomini unam libram incensi quam 
prior sancti Geraldî nobis in pace faciet reddi. Pactum est 
noc in capitulo Albiniacensi in manu domni Helie, Prati-be- 
nedicti abbatis (4), anno ab incarnatione Domini M^ C** LXXX* 
IIP, feria secunda, nonas decembris(5), videntibus et audien- 
tibus predicto abbate Prati-benedicti, cujus consilio factum 
est, et Ugone de &eniz, monacho, et Jo. Alafracta et Ste- 



(1) Aubignac, commane de Saint-Sébastien, arrondissement de 
Gnéret. Dans un autre acte de 1183, auquel la date du mois fait mal- 
heureusement défaut (imprimé dans nos Documents historiques, p. 139), 
il est fait mention d'un Hélie, abbé d' Aubignac. Les localités dénom- 
mées dans le présent acte, Dun, Aubusson, Ghanteloube, etc., prou- 
vent qu'U ne peut' s'agir d'Âlbignac, arrondissement de Brive, Gor- 
rèze. 

(2) SaintrGéraid, prieuré-hôpital lez Limoges. 

(3) Le Dognon. Il y a six localités de ce nom dans la Haute- 
Vienne. 

(4) Prébenoit, commune de iJetète, arrondissement de Boussac, 
Creuse. 

(5) G'est-à-diro le lundi 5 décembre. 



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— 59 — 

phano Bspa et Bbone Jalada, caiumico Beneventi (1), et 
Ugone de Solario, caDonko, et Petro Geraldi, capellano WÂ- 
^érable (2), et Raimundo de Mandrazac et Petro Andegavensi, 
clericis, et Geraldo Porret, milite, et Geraldo, filio ipsius, et 
Beraldo deu BosCj et Aimerico Malfaras. Hoc ut firmum et 
ratum esset in perpetuum ego Jobannes, Albiniaci abbatts, 
proprîo sigillo et sigillis domni S[aibrandi], Lemovicensia 
episcopi, et domni 0., Dalonensis (3) abbatis, et domni Helie 
Prati-benedicti confirmare curavi et commun! alfabeto (4). 

(Arch. hospital. de Limoges, fonds de l'hôpital Saint-Gé- 
raid, H. 1). 



LXIII. — Sauvegarde de Richard, comte de Poitiers, pour 
VaVbaye de Solignac. —Entre 4468 et 4489. Orig. Se. 
perdu. 



Ricardus, comes Pictavensis (5), archiepiscopis» episcopis, 
abbatibus, comitibus, baronibus et omnibus hominibus suis 
Pictavie et A^uitanie, salutem. Sciatis quod abbatia sancti 
Pétri Sollemniacensis est in mea manu, custodia et proteo- 
tione et defensione cum omnibus pertinentiis suis, in eclesiis^ 
in terris, in hominibus et omnibus possessionibus suis ad- 
quisitis sive adquirendis. Et idcirco(6)volo etfirmiter precipio 
quod predicta aobatiaet abbas cum omnibus pertinentiis suis 
meam firmam pacem habeat (sic). Et si quis abbatie vel abbati 
vel hominibus vel rébus super hanc meam protectionem in- 
juriam vel contumeliam fecerit, sciât se iram mee indigna- 
tionis incursurum, guoniam ipsa abbatia et quicquid ad eam 
pertinet meum dominicum fsicj est. Teste WiUelmo Maingot 



(1) Bénévent-r Abbaye, arrondissement de Bourganeuf, Creuse. 
(2} Commune de la Souterraine, arrondissement de Guêret. 

(3) Dalon, commune de Sainte-Trie, arfondinseUBêni de Pérignenx. 

(4) Ce sont en effet les six premières lettres de Talpbabet qui se 
lisent sur les bords de cette cbarte partie. 

(5] Il s'agit de Richard Cœur de Lion. Gomme il n'est point qualifié 
roi d'Angleterre, il en faut conclure que l'acte eelanlériear à 1189. 

(6) Le texte semble porter jo avec un trait faoriaoalàl 4«M k valeur 
est au reste douteuse. 



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— 60 — 

efFulcone de Mallae, BeneaGBAliQ Pictavensibus^ Americo de 
Xocachuard, Petro de Petrabufera et pluribus aliis. Âpud Le- 
movicas. 

(Arch. dép. delà Haute-Vienne, fonds de Solîg'nac, n" ppov» 



LXIV. — Renonciation faite par Gérard de Fraehet et les 
siens à la moitié des droits appartenant à la paroisse du 
Viffenj en faveur de Vallaye ae Solignac. — 1495 (n, st. 
4496). Orig. Se. perdus. 

Constat/'jicy meGeraldumde Fpacheto(l],canonîcuni Lemo- 
vicensem, et F. Geraldi. fratrem meum, et Heliam et Gaute- 
rium, fratres meos, et A., matrem meam, et Philippam, so- 
rorem meam, fecisse finem et refutationem Deo et sancto 
Petro Sollempniaœnsi et Hugfoni, ejiisdem loci abbatî, ejus- 
que successoribus et monachis ibidem Deo servientibus in 
perpetuum, de quereia quam moveramus adversus abbatiam ^ 
SoUempniacensem de medietate capellanie Vicani (2), nobia- ' 
que perpetuum înde silentium imposuimus ; et in capitulo Sol- 
lempniaœnsi ego G. et P. G., frater meus, tactis sacrosanctis 
evangeliis, pro nobis et pro omnibus de génère et consan- 
guinitate nostra juravimus nos ea, que superius scripta sunt, 
deinceps observaturos ut nuUam littem nuUamve controver- 
siam ductus abbas ejusque successores et ecclesia Sollempnia- 
censis aliquo in tempore a nobis vel a nostris super hoc de* 
beat sustinere. Hujus rei testes sunt A., prier sancti Johannis 
de Cola (3), et S. Boder^ prior SoUempniacensis^ et P. Viffiers 
et P. deu Barri et Helias, sacrista ejusdem loci, et Ar., pre- 

Eositus de Brivasac (4), et P., monachus, et B. Mauricîi, pres- 
iteri, B. de Jaunac, Guido de Petragoricis, W. Jordani, B. 
de Boeria^ nepos ejus. Postmodum vero domnus S. (5), Lemo- 
vicensis episcopus, in cujus manu factum hoc firmatum fuit, 
présent! carte ad testimonium majus suum apposuit sigil- 



(1) n ne peut 8*agir da chroniqueur de ce nom, puisque celui-ci 
naquit en iz05 et mourut en 1271. Mais il s'agit vraisemblablement 
d'un de ses oncles du côté paternel. — Un autre oncle du chroni- 
queur est aussi connu : Guillaume de Maumont qui aida de ses de« 
niers à la construction de l'église des Dominicains de Limoges. S'il 
n'est pas mentionné ici, c'est qu'il appartenait sans doute à lu ligne 
maternelle. 

(2) Le Yigen, près Solignac. arrondissement de Limoges. 

(3) SaintJean de Gole, arrondissement de Nontron, Dordogne. 

(4) Brivezac, arrondissement de Brive, Gorrèze. 

(5) Sébrand, qui occupa le si^e de Limoges de 1179 à 1197 en- 
viron. 



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— 61 — 

lum ; nobilium quoque virorum ad majorem flrmitatem volai* 
mus sigilla apponi. Actum in capitulo Sollempniacensi, XV 
kalendas marcii, anno incarnat! verbi M** C« XC© v*» (1). 

(Arch* dép. delà Haute-Vienne, fonds de Solignac, n® proy. 
6846). 



LXV. — Renonciation faite par le vicomte de Limoges à 
tous les droits qu'il possédait sur les Mens de Vaiiaye de 
Soliûnac. — n96. Orig. Quatre cordelettes de cuir. Se. 
perdus. 

Constet omnibus bas litteras inspecturis tam presentibus 
quam futuris quod ego Ademarus, vicecomes Lemovicensis, 
cum consensu Gruidonis, filii mei, pro mea meorumque sainte 
dedi finem irrevocabilem et pacem perpetuam abbatie beati 
Pétri SoUempniacensis de mestiva specialiter <^uam ego in 
toto génère meo primus ex abbatie terra levari teceram et de 
omnibus aliis exactionibus quas ballivi mei de Chastel (2) 
faciebant in terra ad eandem abbatiam pertinente, £t tam 
super mestiva quam super aliis exactionibus pro me et pro 
omnibus de génère meo perpetuum mihi et meis silentium 
indixi ita quod nec ego nec aliquis alius pro me, quicunque 
sit ballivus de Chastel in eadem terra, requiret decetero mes- 
tivam vel alias ibi faciet exactiones ; me quoque tam mesti- 
vam quam alias exactiones ibidem imposuisse primitus et 
injuste publiée recognovi. Et sic me precipiente Aimericus 
de Cossac, qui tune erat ballivus meus de Christel, in manu 
domni Seebrandi, Lemovicensis episcopi, concessit firmiter et 
promisit se nichilprorsiis in eadem terra decetero quesiturum. 
Ut autem nuUam litem nuUamve controversiam abbas et 
monacbi Sollempniacensesa me aut beredibus meis super hoc 
succedente tempore sustinerent, in manu ipsius episcopi hoc 
me servaturum pro me et beredibus meis promisi firmiter et 
concessi. Et hoc idem Guido, filius meus qui presens erat, in 
manu dicti episcopi promisit firmiter et concessit. Cujus rei 
testes rogati sunt Johanues decanus, magister G. Jtobertj 
Hugo Saildebroilj Petrus de Veerac^ magister Guido^ Guido 
de Ruppeforti, archidiacones />id; magister Gos, penitentia- 
rius, Aimericus de Malamfas?], Helias Qareng^ canonici 
Lemovicenses; Bernardus de Jaognac^ Guido Blanx, Cha- 
tardus Martelli, Petrus Lamberti, milites; Ademarus preposi- 



(1) C'est-à-dire le 15 février 1196. 

(2) Il semble s'agir ici, comme plus loin, da château de Solignac 



même. 



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- 62- 

tus, Petrus de Solerio, Bernardus Molinerii et alii quamplures. 
Hoc autem, ne dubietas inde possit aut contentio suboriri, 
scribi voliii , et sigillo domni episcopi , in cujus ma&u factumest, 
et meo sigillisque plurium sublimium personarum ad majus 
robur presentem feci paginam communiri. Actum apud 
SoUempniacum VII kalendas juliî, anno incarnati Verbi M® 
centesimo nonagesimo sexto, domno Hugone tune abbate 
SoUempniacensi, Ricardo Anglorumrege, Philippo Francorum 
rege tune existentibus. 

(Arch. dép. de la Haute- Vienne, fonds de Solignac, n** prov. 
8624). 



LXVI. — Promulffation faite par Vévêque de Limoges de 
raccord intertenu entre le chapitre de Saint-Junien, 
d'une part, Foulques de Cozet et Itier son père, cheva- 
liers^ a^ autre, au sujet des rentes dues sur le mas de Ter- 
rasson. —4498. Oriç. Se. perdu. 

J., Dei gratia Lemovicensis (1) episcopus, omnibus in per- 
petuum. Ne res geste ob decursum temporis a memoria ela- 
Dantur, universitatem vestram volumus non latere quod, 
cum inter dilectos nostros prepositum et canonicos sancti Ju- 
niani çt Fulconem de Cozet et Yterium, fratrem suum, mili- 
tes, super manso de Teraso (2) questio verteretur, et utraque 
pars ante nostram presenciam constituta, tandem predicti 
milites ducti spontanea voluntate pro se et suis querelam 
illam in perpetuum posuerunt,tactis sacrosanctis evangeliis, 
juramento nrmantes q^uod decerio (3) a terra illa nichil prorsus 
exigèrent, et, si quid juris in ea habebant, illud Deo et beato 
Juniano liberaliter concesserent. Prepositusveroetcapitulum 
in recompensatione illius facti et pro pace habenda, sex so- 
lidos et sex denarios barbarinos eisdem militibus annuatim 
reddere concesserunt, quousque illos solidos et sex denarios 
loco compétent! assignarent militibus prenotatis. Testes au- 
tem hujus donationis et pacis sunt : magister C. Roberti, de- 
canus Lemovicensis, P, àe Veirac (4), prepositusetarchidiaco- 
nus, Hugo de Malamorte^ archidiaconus, R. de Brigolio^ G. de 



(1) Jean de Veyrac, neuvième prévôt de Saint-Junien, évoque de 
Limoges de 1198 à 1218. 

(2) Terrasson, commune de Milhaguet, arrondissement de Boche- 
chouart, Haute-Vienne. 

(3) Il faut peut-être corriger de cetera. 

(4) Pierre de Veyrac, dixième prévôt de SaintJunien, neveu du pré- 



cèdent. 



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— 63 — 

Moneoguly Humbertus de Montibus, G. Duratos, P. Zanda- 
TOZj Arnaldus Ssperos^ P. de AfHac, sancti Juniani cano- 
nici, A. de Cozet miles, et présentes alii. Nos etiam ne inde 
dabitacio poSî^it aut contencio in posterum saboriri, illud scribi 
voluimus et sigilli nostri munimine fecimus roborari. Datum 
in claustro sancti Juniani, yigilia nativitatis Domini, anno 
verbi W C* XC« octavo. 

(Bibl. nat., coll. Gaignières, 1. 185. — Copie d'Aug. Bos- 
vieux). 



LXVII. — Lettre d'un chanoine de Limaces aux curés de 
Varchiprêtré de S.* Junien pour leur recommander les 
frères quêteurs du monastère de S. Martial. — Commen- 
cernent du ZIIP siècle. Orig. 

P. Laurerîus (1), Lemovice (sic) sedis canonicus et archi- 
presbiter de sancto Juniano (2), omnibus cappellanis per suum 
archipresbiteratum constitutis ad quos littere iste pervenerint, 
salutem et caritatem. Semper curant qui Deum diligunt men- 
tem suam summo conamine caritatls hoperibus [sic] inflam- 
mare. Inde est quod vobis mandamus et universitatem ves- 
tram obnixe rogantes in Domino commonemns ^[uatinus la- 
tores presentium, qui de'confratria et negociis monasterii 
sancti Marcialis Lemovicensislaborant, cum ad vos yenerint, 
bénigne ethonorifice in ecclesiisvestris recipiatis neque alios 
* q^uestores eis preponere, nisi cum eorum consensu, in eccle- 
siis vestris presumatis Rogamus eciam ut amore nostri et 
reverentia beatissimi Marcialis, tanti beneficii participes et 
maxime confratresesse dignemini ut inexemplum vestri, boni 
hoperis aliis viam aperiatis. Vobis insuper mandamus et di- 
ligenterprecipimusut plebem vobis commissam attensius (sic) 
commoneatis ut vobiscum se gaudeant sancti Marcialis pa- 
troni nostri confratres fieri; aut qui esse noluerint, de suis 
facultatibus aliquit ad hoc hopus manutenendo largiantur, 
quantum eis divitiis fuerit inspiratum. Hoc autem ita dili- 
genter agentes ut interventu beati Marcialis plus et miseri- 
cors Dominus suam celestem nobis aperiatmansionemet suo- 
rum nos faciat parti[cip]es gaudiorum. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds S. Martial, n® prov. 
9162). 



(t) S'agirait-il de ce Pierre Laurier qai mourut en 1223 d'après les 
Chroniques de Saint-Martial ? 
(2) Saînt-Junien, arrondissement de Rochechouart, Haute-Vienne. 



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— M — 

LXYllL ^ Cession faite par Bos(m de Mauriac, chevalier, 
au monastère de S. Martial, de tout le droit qu'il possé- 
dait sur les domaines dudit monastère, en la paroisse de 
S. Denis des Murs, et ce en expiation aes torts causés par 
feu son père auxdits domaines, — 4209. Orig. Se. perdu. 

Notum sit omnibus quod ego Boso de Mauriac^ miles, i-e- 
cognovi in generali capitulo sancti Marcialis Lemovicensis 
injurias, oppressioneset vexationes quas pater meus intulerat 
hominibus et terre sancti Marcialis. qui sunt in villa et jn 
parrochia sancti Dionisii de Murs (1), et multis precibus in- 
ploravi a domno abbate et capitulo sancti Marcialis quod 
absolverent me a prefatis injuriis et animam patris mei de- 
functi ; quod ipsi singuli libenter fecerunt. Ego vero occur- 
rens liberalitati eorum, concessi et quittavi eis, amore Dei et 
intuitu anime patris mei, omne jus quod habebam vel habere 
debebam in feudo presbiterali, in hominibus, domibus, terris, 
ortis qui pertinent ad monasterium sancti Marcialis. Processu 
vero temporis eandem donationem et quitationem fecit Ar- 
chambaudus, frater predicti Bosonis, in generali capitulo 
sancti Marcialis et abrenunciavit omni juri quod habebat vel 
habere debebat in predictis et domnum abbatem ad majorem 
firmitatem cum régula investi vit. Pro hujusmodi dédit hele- 
mosinarius predictis Bosoni et Arcfiambau, fratribus, decem 
libras caritative. Actum anno gratie M© CC® VIIIP,menseno- 
vembrio [sic)^ videntibus et audientibus B. et R. prioribuF, 
W® helemosmario, R. cellarario, Gregorio, Mateo infirmario, 
monachis, Helia Cfialboi, J. deu Peirat, P. de Clausellis, bur- 
gensibus, Rotgerio, Laurentio, Nicolao, servientibus, 

(Arch* hospital. de Limoges, B. 433). 



LXIX. — Accord intervenu par devant VaVbé de S. Martial 
entre V aumônier du monastère et Arckambaud de Mauriac, 
chevalier j au sujet de quelques domaines sis dans la por- 
roisse de Saint-Denis des Murs. — Vers42U (2). Orig. Se. 
perdu. 

P[etrus] (3), Dei gracia sancti Marcialis Lemovicensis hu- 
milis abbàs, omnibus présentes litteras videntibus in Domino 
salutem. Noveritis pro certo quod mense octobris, in die 

(1) Saint-Denis des Murs, arrondissement de Limoges. 

(2) D'après une note de Duroux^ archiviste de Thôpital^ jointe au 
présent acte : les considérations critiques dont il appuie cette date pa- 
raissent fondées. Cependant il n'est point certain que Pierre de Naillac 
ait pris le titre d'abbé avant 1216. Voy. le Gallia christ. 

(3) Pierre de Naillac fut abbé de 1216 environ à 1220. Voy. la note, 
précédente. 



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— 65 — 

sancti Frontonîs (1), dies fuit assignata coram nobis apud 
palacium Templariorum (2) W<»., helemosinario nostro et Ja- 
cobo, nepoti ejus, ex una parte, et Archambaudo de Mauriac^ 
militijjex alia. Ad qiiam diem cum inter partes esset diucius 
litigatum, tandem per Dei graciam ad hune finem i*es ipsa 
pervenit quod jam dictus Archambaudus quiquid rancoris vel 
querele de prefatis habebat monachis, sive q^uiquid require- 
bat, habebat vel habere poterat in conquestis quas sepefati 
monachi fecerant apud sanctum Dionisium (3), totum intègre 
in manu nostra libère et absolute quittavit et querelam ipsam 
penitus deposuit. Et quod de cetero non vexaret eos super 
premissis nrmiter promisit. Antea enim apud Aureil{^) inter 
predictos raonacospax alia super jam dictis extiterat refor- 
mata, quam plenius et firmius apud Palacium ad diem hanc 
fuit innovata et, ut credidimus, omnino sopita. Huic compo- 
sifioni apud Palacium jam facte interfuerunt G. de Arnaco et 
Ai[mericus] de Fisco, prepositi, Huffo,cellararius vini, Goda- 
fredus, Wpllelrajus Chaorol, W. de sancto Martino, monar- 
chi, Guido de Brusac, templarius, Guido et Gaubertus de 
Noalac, milites et Ad[emarjus Vigers, miles et Adfemarlus 
Passât^ qui huic facto poterunt veritatis testimonium perni- 
bere. Nos enim, prout vidimus et audivimus^ testificamur et 
sigilli nostri munimine confirmavimus. 

(Arch. hospit. de Limoges, B. 433). 



LXX. — Cession faite par Bernard et Hélie Aniel à la 
Maison-Dieu des lépreux de Limoges^ de la moitié d^une 
forêt appelée Botardeu, moyennant certaine rente et la 
célélratioh Wun anniversaire. — /2/7. Chirographe dont 
les deux parties subsistent. 8c. perdu. 

Magister Guido, archidiaconus Lemovicensis , omnibus 
bas litteras inspecturis salutem in Domino. Ut in presenti 
pateat universiset in futurum cognoscant filii qui nascentur, 
pro bono recordacionis et memorie, presenti scrijjto duximus 
commendandum quod Bernardus et Helias Anieli, fratres, 
dederunt et concesserunt in perpetuum Deo et pauperibus le- 
prosis domus Dei de castro Lemovicensi, tam pro sainte sua 
quam parentum suorum, medietatem nemoris aeu Botardeu ^ 



(1) Le 25 octobre. 

(2) Le Palais, près Limoges. 

(3) 8aint-Denis des Murs, arrondissement de Limoges. 

(4) L'abbaye d'Aureil, près Limoges. 



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- 66 - 

ç[uodest supra ri vulum qui Chiera (1) vulg;aliter nuncupatur, 
ita tamen çiuodin eodem nemore,quoa predicti leprosi procom- 
muni utilitate observabunt, iidem leprosi sine fratrum pre- 
dictorum licentia nichil colligent modo aliquo vel assument, 
neque fratres similiter sine assensu et voluntate spontanea 
leprosorum. Debetur insuper eisdem fratribus a leprosis ad 
mensuram castri unus sextarius silig-inis annuatim et sex 
denarii de acaptamento, et pro pâtre (?) eorum anniversarium 
fiet annis singfulis. Quod concessit in nostra presencia Jo- 
hannes, presbîter et rector domus predicte, eisdem fratribus 
liberaliter et libenter; ibique prefatum Johannem investi ve- 
nant de medictate nemoris, pro leprosis jurantes in manu 
nostra de nemore devestiti se donacionem nujuscemodi boqa 
fide in pcrpetuum servaturos. Nos itaque nolentes quod ca- 
reant firmitate que acta sunt coram nobis, consimiles litteras 
sigilli nostri munimine consig'nitas (sic) utrisçiue conces- 
simus ut sint illis perpetuo in subsidium et munimen, et hoc 
de mandate et volumtate spontanea eorumdem et ab eis 
eciam requisiti. Actum in vigilia beati Andrée (2) apud sanc- 
tum Martinum (3), anno Verbi gracie M« C C" XVIP, assisten- 
tibus et odientibus magistro Arnaldo, canonico Lemovicensi, 
Boneto et Nicholao de Clauselis, clericls, Alexandre, G. Mar- 
teu de Porta, G. Amenrici. 

(Arch. hospit. de Limoges, fonds de la Maison-Dieu. 
B. 10). 



LXXI. — Excommunication des religieux d*Aureil qui re- 
çoivent des legs au delà de 20 sols sans la permission du 
prieur. — Vers 4248. Orig. Se. 

Scriptura reducit ad memorîamposteris quodoblivioconatur 
toUere de die in diem. Ego R. (4), prier Aureliensis, et ejus- 
dem ecclesie capitulum notum facimus présentes litteras ins- 
pecturis multa et innumera mala que nobis provenerant ex 
testamentis que ad finem fecerant aliqui Montis-acuti laici, 
in dampnum ecclesie nostre et in periculum anime sue et con 

tra debitaque in commississiveballiisceterissumpserant 

aliquid preceducium (sicj] unde fere possessiones [tote] nichi- 



(1) il y a plusieurs ruisseaux de ce nom en Limousin, particulière- 
ment au N. de Limoges. 

(2) Cest-à-dire le 29 novembre. 

(3) Saint-Martin lez Limoges, abbaye. 

(4) Raynald ou Raymond. Voy. Inveni. du Arch. dép. de la Hauie^ 
Vienne, série D, p. XLvni. 



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— 67 - 

lantur. Statuimus yero, cum aliquis e fratribus nostris adobi- 
tum venerit, ordinacionem rerum suarum peaitus faciat nul- 
lam nisi cum consilio et voluntate prions sui sive alicujus ei 
probati [e] fratribus nostris, si presens prior adesse non pote- 

rit. Decrevimus eciam ut cum aliquis balliam et domum 

ali^uam nostram, nuUum penitus accipiat debitum ultra XX 
Bolidos, nisi cum consilio et voluntate prioris sui ; et ne aliquis 

ultra constitucionem istam audeat progrredi, ad omnes 

contra hoc agentes générât iter excommunicavimus, addentes 
utquîsquisad obitum in hiis inventus fuerit, christianam 
careat sepulturam. Factum est hoc anno incarnacionis Verbi 

M" ce® in generali capitule nostro, ista probantibus et 

fieri postulantibus P. Helia supriore, B. sacrista, P. de sancto 
Martine, Gaufredo Marteu, Ge. de sancta Martha, M. de Bor- 

dasola W. Aiasso.claustralibus, Aimerico de sancto Paulo, 

Gaucelmo Paissae, Stéphane de Quinsac, militibus (?), Sté- 
phane de Correzia, P. de sancto Juniano, Ge. de sancto Ni- 
colao, Stéphane Garlit, Aimerico Bosonis, Aimerico deFonlop, 
R. la Riieira, Stéphane de Vila-nova, Willelmo Mailart, J. 
Picmaurj J. Picota , Stéphane Poilo, B. de Palissas, Wil- 
lelmo de Poial, B. Code (?), obedienciariis. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, série D. 658). 



LXXII. — Se7Uence de V officiai de Limoges adjugeant cer- 
taine rente au prieur et à l'hôpital de S. fférald contre 
Renaud de Salvanhec et Uniert de Peirat, son procureur, 
et faisant mention des dépens et du salaire des avocats. — 
4224. Orig, Se. perdu. 

Magister Willelmus, offlcialis curie Lemovicensis, omnibus 
has litteras inspecturis salutem in Domino. Notum fieri vo- 
lumus universis quodcum dilectusin Christo viartinus, prier 
sancti Geraldi Lemovicensis, in causam traxisset coram nobis 
R>iinaldum de Salvanehec et Unbertum de Peirato, quem 
dictus Rainaldus laudavit actorem et qui pro ipso R. causam 
ipsam suscepit agendam super m solides et diraidium, quos 
petebat ab ipsis renduales in domibus sitis ante escuram no- 
bilis viri vicecomitis Lemovicensis in castre Lemovicensi, 
quas tenebat quondam Jordanus Engalvis et P., ejuspater. 
Quorum denariorum idem prior petebat xvin denarios pro 
censu et duos solides pro helemosina facta domui sancti Ge- 
raldi. Tandem cum super hoc esset diutius litigatum et no- 
minatus prior tam super premissis quam super acaptamento 
et investitura, que ibidem petebat, testes idoneos produxisset 
et renunciatum esset hinc inde testibus producendis et depo- 
siciones testium publicate fuissent^ nos visis, auditis et dili- 



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- 68 - 

genter inspectis deposicionibus teatium eorumdem, memorato 

Sriori et domui dicte pauperutn sancti Geraldi predictos xvni 
enarios censuales et duos solidos pro helemosma et posses- 
sionem super acaptamento et investitura predictis duximus 

Ser difinitivam seutenciam adjudicandum in domibus supra- 
ictis, condempnantes eundem Unbertum de Peirato, qui 
causam ipsam susœperat agitandam pro dicto Rainaldo, par- 
centes eidem, cum absens esset et per filium suumcomparuis- 
set ad diem, in tribus solidis pro expensis quas idem prior 
tantum in portulîs fecit in causa ipsa, licet multum amplius 
in salariis avocatorum et in exequutione (sic) cause istius 
expendisset ; reservata tamen proprietatisquestione si aliquin 
(sic) de jure comçetat, et salvo jure Sarracenorum, burgen- 
sium Lemovicensium, qui dicunt premissa coram se debere 
litigari si tamen aliqnid jus ibi habeant vel debeant habere. 
Datum vn idus juîii, anno DominiM® CC® XX® primo. 

(Arch. hospit de Limoges, fonds de S, Gérald, B. 3). 



LXXIII. — Sentence arbitrale du prévôt de S. Junien dans 
le différend mû entre Vun de ses chanoines et G. Godard, 
au sujet de la dot d^ Agnès ^ femme de ce dernier et nièce 
dudit chanoine. — 4223. Oriç. Se. 

G. de Montecuculi, prepositus ecclesie sancti Juniani (1), om- 
nibus bas litteras inspecturis salutem in Domino. Presentium 
testimonio litterarum omnibus notum facere volumus quod, 
cum À. deu Solier^ canonicus sancti Juniani et nepotes sui, 
âcilicet Johannes clericus, Willelmus, Junianus et Arnaudus 
traxissent in curiam G. Godart, et peterent ab eo ut ipse 
G. dimitteret et redderet eis, secundum coiisuetudinem ville 
sancti Juniani, medietatem omnium bonorum tam mobilium 
quam immobilium que acquisierat postquam Agnetem, nep- 
tem dicti A. et sororem dictorum fratrum, habuerat in uxo- 
rem, tandem dictus G. Godarz et A. deu Solieret nepotes sui 
prenominati nostro arbitrio se superposuerunt. Nos igitur de 
consilio amicorum utriusque partis, eoscomposuimus in hune 
modum : quod dictus A. deu Solier et nepotes sui prefati quip- 
tarent et finirent in perpetuum dicto G. Godart quodcunque 

i'us habebant vel habere poterant in acquisitis bonis tam mo- 
âlibus quam immobilibus que acquisierat cum Agnete uxore 
sua jam defuncta, sive in vineis, sive in terris, sive in domi- 
bus, sive in redditibus vel aliis rébus mobilibus fuerant ac- 



(l) Gréraud de Montcocu, 12* prévôt de 8. Junien, d'après Bitleu. 
moorai en 1226. 



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— 69 •-. 

quisita ; finirent et quiptarent dotem illam quam dictus G. 
Godarz acœperat in denariis ab eisdém cum ùxore predicta, 

auod ipsi fecerunt et quiptaverunt in pace. Et propter hoc 
ictus G. Godarz dédit A. deu Solier et nepotibus suis XVI 

libras et X solidos Marchionenses Actum in claustrum (^c; 

S. Juniani in vigriiia sancti Dionysii, in presentia nostra. Tes- 
tes sunt : A. deu Solier^ P. de Montecuculi, P. Sussoures, He- 
lias de Brîgolio, canonici sancti Juniani, maçister P. de Mon- 
valy Nicolaus Godarz, W. Seguis, clerici:, Guitardus miles, P. 
deu Banx, 60. Barbe, Go. deu Solier, Umbertus Taines, J. 
Godarz, Engravis Goeus, Jordanus Goeus, B. Segrestas, G. 
LoHssens, Bartholomeus Zobissens et multi alii. Nos igitur 
de consensu utriusçue partis présentes litteras sigillé nostro 
in testimouium hujus rei fecimus consignari. Datum anno 
gratieM»CC<>XXIIP. 

(Bibl. nat., coll. Gaignières, t. 185. — Copie d'Aug. Bos- 
vieux). 



LXXIV. — Acte par lequel Gilles et Bernard ffAr feuille, 
frères, se déclarent, eux et leurs descendants, hommes liges 
de r hôpital S. Gérald de Limoges. — 4225. (n. st. 4224). 
Orig. Se. perdu. 

Magiter Willelmus, offlcialis curie Lemovicensis et Johan- 
nes, prier domus pauperum sancti Geraldi Lemovicensis, uni- 
versis presentem paginam inspecturis salutem in Domino. 
Noverint universi quod Egidius et Bernardus de Arfolio, fra- 
tres, dederunt se et posteritatem suam in homines ligios Jio- 
hanni, priori et domui^auperum sancti Geraldi, ubicumque 
idem prior vel successores mus eos in terra pauperum habi- 
tare jusserint monituros. Dictus vero prior eos posuit et ha- 
bitare precepit in domo pauperum de Clidat (1), talibus con- 
dicionÎDus interpositis quod omnia quecunque habebant tune 
temporis dicti fratres sive in blado sive in pannis. bestiis, 
apiaribus, utensilibus sive quibuscumque aliis, deierre de- 
buerunt ad domum predictam; et eam de predictis vestiit ac 
demum (?) tam ea quam illa que in domo ipsa invenerunt sive 
in blado sive in terris, pannis, bestiis, appiaribus, utensili- 
bus vel quibuscumque aliis et que in futurum quocumque 
modo acûuirere poterunt, communiter possidere et uti. Et de 
hiis habebunt victum et vestitum communiter tam ipsi fra- 
tres et sui quam unus sacerdos et unus clericus et una do- 



(1) Glédat, commune de Saint-Julien-le-Petit, arrondissemeut de Li- 
moges. 



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— 70 - 

mina quos domus predicta semper de domo sancti Geraldi 
tenebit ; et eciam providebitur capelle ipsius loci in necessa- 
riis pannis, utensilibus et oleo atque cera, sacerdoti tamen re- 
servato dominio et honore, ut videlicet pannos, detensiores (?) 
et cibam, festivis et aliis oportunis diebus, in pane frumeati 
et vino, prout facultates domus sustinere poterunt, habeat 
meliorem; etquod ad mandatum ejus omnia disponantur nec 
ipsi fratres vel sui aliqua dig-na consilio faciantsine ejus con- 
silio et assenau. Ipse eciam de bonis communibus nichilagat 
dig'num consilio sine ipsorum fratrum consilio et assensu; 
domina quidem et cleri^us in communi loquela, in pulcriori 
loco et aliis que sumptus non exigunt, pre aliis personis lai- 
calibus honorentur. Item, ita erunt omnia communia quod 
nec sacerdos aut illi qui pro domo sancti Geraldi morabun- 
tur in domo predicta, necdicti fratres aut sui scient vel dicent 
aliquid proprie Huum esse, sed ita fideliter procurabunt et 
custodient ea que fuerunt alterius sicut ea que sua fuerunt. 
Priori vero sancti Geraldi, oui pro tempore fuerit, et fratri- 
bus ac aliis personis ipsius domus et equibus eorumdem fra- 
trum sancti Geraldi, quotiens veneritur(^fç) domus predicta rf^ 
Clidat, çro posse suo necessaria ministrabunt et semel in 
anno ipsi priori et domui sancti Geraldi de donis suis dabit, 
sive requîsita fuerit si ve non, quod dicto priori debeat esse 
gratum. Ipsa tamen domus de Clidat in communi percipiet 
quicquid de capella vel de hominibus ibi manentibus poterit 
provenire. Item vero fratres et sui de domo predicta de Clidat 
non recèdent nisi de mandate vel permissione prioris sancti 
Geraldi; et si aliter recédèrent et alibi vellent quam in terra 
pauperum habitare, dictus prier eos et omnia bona eorum, 
ubicumque fuerint, tanquam bona pauperum poterit vendi- 
care. 3i autem dicti fratres et sui cum sacerdote, clerico et 
domina, qui pro tempore ibi erunt, concordare non possent 
et idcirco, de licentia ipsius prioris sancti Geraldi, de domo 
de Clidat vellent recedere. vel si forte ipse prier cui semper 
in hoc obedire tenentur, alibi in terra pauperum eos precipe- 
ret habitare, ita dividerentur res mobiles que invenirentur in 
domo : de bestiis, apiaribus, pannis, blado sicco et viridi 
et utensilibus dupplicibus medietatem récipient dicti fratres 
et sui, et medietatem aliam domus ipsa. Si autem utensilia 
fuerint simplicia, remanebunt intègre domui memorate. Porro 
si alter fratrum ab altero fratrum vellet discedere, ipse qui- 
dem de predictis omnibus, sicut expressum est superius, re- 
ciperet (1) quartam partem, et non posset alio quam ad ter- 
ram pauperum se transferre, nisi prioris sancti Geraldi petita 
licentia et obtenta. Et si faceret, prier vendicaret eum et omnia 
bona sua, sicut superius est expressum. Si vero alter fratrum 
vel ambo décédèrent, superstes vel heredes eorum premissa 



(1) Le texte porte reciperent^ ce qui est évidemment fautif. 



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— 71 — 

intègre observarent et eis eciam servarentur. Si vero sine 
herede décédèrent, domus sancti Greraldi in universis bonis 
succederet eorumdem . Ut autem omnia que prescripta sunt 
firmius et fideliua observentur, tam dicti fratres quam Ste~ 
phanus las Bordas j qui tune temporis domui preerant [sic] 
sepe dicte, tactis sacrosanctis evangeliis, juraverunt quod ad 
invicem essent et domui sancti Geraldi fidèles, et quod contra 
ea, que premissa sunt, aliquo umquam tempore non veni- 
rent. Hiis interfuerunt G. ae Pleveis, capellanus sancti Ge- 
raldi et G., cellararius ejusdem domus et M. de Lagarda et 
Willelmus de Maseria et P. de Noyc, presbiteri et Guido et 
G. de Montilio, diaconi, N. et G. ae Fraissenet^ subd[iaconi] 
et P. lasPreiras, laicus. Actum anno Domini M^CC^XX^^IIP, 
die martis infra octabas Epiphanie (Ij. 

(Arch. hospit. de Limoges, fonds de S. Gérald, B.3). 



LXXV. — Confirmation par Gui, évêque de Limoges, de la 
donation faite en 424$ au prieuré de VArtige par Boson 
etArchamtaud de Mauriac, frères, chevaliers, d'une écluse 
avec ses dépendances le long de la Vienne. — 4228 (n. st. 
4229). Orig. Se. perdu. 

Guido (2), Dei gracia Lemovicensis episcopus, omnibus bas 
litteras visuris in Domino salutem. Noverint universi quod 
nos litteras bone memorie G. de Frachet et Guidonis Afarnol^ 
canonicorum Lemovicensium, vidimus et earum seriem verbo 
ad verbum presentibus inseri fecimus in huncmodum : 

G. de Frachet et Guido Marnol, canonici Lemovicenses, 
omnibus in perpetuum pro bono pacis notum facere curavi- 
mus universis presentibus et futuris quod Boso et Archam- 
baudus de Mauriac fratres, milites, in nostra presancia 
constituti dederunt Deo et domui Artigie (3) quicquid prier et 
fratres ejusdem domus ab ei?dem acquisierant vel dono vel 
empcione habuerant, scilicel ripas in Viffenna(4) fluvio, pra- 
tum quoque quod est in ripa ejusdem Vigenne et terram ad 
dilatandum pratum et escluzam (5} in eodem fluvio et capai-- 



(t] G'estrà-dlre le 8 juin 1224. 

(2) Gui II, évéque de 1226 à 1235. 

(3) L'Artige, commune de Saint- Léonard, arrondissement de 
Limoges. 

(4) La Vienne, rivière. 

(5) Il doit s'agir de Pécluse de la Gabye, près Verneuil sur Vienne. 
Voy, plus loin les chartes des années 1293-1295. 



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— 72 - 

ram pischium; et de hiis omnibus P. priorem publiée et 
BoUempniter investiverunt et hec habenda eis in posterum 
jure perpetuo concesserunt. Et ne deinceps aliqua super hoc 
posset calumpnia suborirî, nos presenti pagine sigilla nostra 
apposuimus m hujus facti testimonium et mnnimen. Actum 
puolice apud Artigiam, anno Domini M<» CC® XVIIP, audien- 
tibus G. de Gresas^ suppriore [sic) Artigie et B. la Plania 
frotre, presbitero et P. Aimerici, laico et Simone, laico et 
W. Laid et J. ChapoîOy laicis. 

Nos vero donacionem istam, sicut dictum est, ratam ha- 
bentes et firmam, sicut juste facta fuit, duximus confirman- 
dam. Postea vero Nicholaus Hynberti, clericus, nepos dicti 
Bosonis, coram nobis veniens, dédit in perpetuum et quittavit 
Deo et domui Artigie quicquid petere poterat vel habere in 
predictis omnibus, jure turni, promittens fide prestita dona- 
cionem istam se firmiter in perpetuum observaturum pacifiée 
et quiète. In cujus rei memoriam présentes litteras sigillo 
nostro duximus consignandas. Actum XIIIP kalendas ja- 
nuarii, anno Domini M** CC« XXVIIP (1). 

(Areh. dép. de la Haute-Vienne. Série D. 992.) 



LXXVL -— Vente faite par B. et J.Reynaud, frères, au mo- 
nastère de SoUgnac des droits qu'ils possédaient sur la 
justice du Chdtenet. — 4230. Oriç. Se. perdu. 

Hugo (2), Sollempniacensis (3) ecclesie humilis minister, 
omnibus nas litteras inspecturis salutem in Domino. Noverit 
universitas vestra quod B. et Johannes Rainaudi fratres in 
presentia nostra constituti quistaverunt (sic) Deo et sancto 
Petro SoUempniacensi quicquid juris habebant vel habere 
poterant pro se et pro heredibus suis in jutzia deu CAasta- 
neth (4), tam in domibus quam in ortis et in torcularibus et 
rébus aliis. Hanc quistacionem fecerunt prenominati fratres 
B. et Johannes et niii eorum et filie, et filie Johannis que ha- 
bebant maritos, una apud Buxolium (5), altéra apud Petram- 
buferiam (6). Hoc eciamquistavit sorordictorum fratrum En- 



Ci) G'est-à-dire le 19 décembre 1229. 

(2) Sans doute Hogaes de Maumont, quoique le Gallia christ, et 
M. Roy Pierrefitte prétendeat qu'il résigna entre les mains d* Adémar 
en 1228. 

(3) Solignac, près Limoges. 

(4) Le Ghàtenet en Dognon, arrondissement de Limoges. 
C5) Boisseail, arrondissement de Limoges. 

(6) Pierrebaffîère, arrondissement de Limoges. 



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^ 73 - 

falsias, uzor tune temporis P. Gharetus (sic), et dicte sororis 
lii, Stephanus clericus et P. laicus, frater dicti clerici. Pro 
quistacîone ista acceperunt dicti fratres XV^*°* libras Lemovi- 
censis monete, prenominati fratres B. et Johannes pro se et 
pro suis. Actum apud Sollempniacum, anno Domini M"* CC 
triscesimo [sic]. Et ad majoris roboris firmitatem presentem 
paginam sigilli nostri munimine fecimus consignari. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds de Solignac, n*» prov. 
4595). 



LXXVII. — Vente faite par les exécuteurs testamentaires de 
Gilles Eschaudat, moines de Solignac^ à Adémar SHves- 
trCj d'une maison appartenant audit Eschaudat. — 4232. 
Oriff. Se. perdu. 

Hugo (1), Sollempniacensis abbas, omnibus bas litteras vi- 
suris salutem in Domino. Noverint universi quod Ademarus 
Silvestri comi)aravit domum que fuit P. EscAaudat etEgidïo 
Eschaudat, ejusdem P. filio, que sita est juxta fossatum, ab 
helemosinariis dicti Egidii Eschaudat, videlicet a P. Ruâ et 
G. Portachapa, monachis nostris et Aimirico Fabri et P. 
Chatbaudi, aIP^"" libras Lemovicensis monete cum dominiis 
et achaptamentis, de quibus recognoverunt dicti helemosina- 
rii gratum suum habuisse. Hoc annuerunt et concesserunt 
omnes parentes Egidii superius nominati, videlicet Aimiri- 
cus Faori et filia P. Trolaudi et B. Martis et Aimiricus Mar- 
tis. Et dicti helemosinarii debent dictam domum dicto Ade- 
maro jure defendere et garentire. De dicta domo débet de 
censu monasterio nostro XIIII denarios in octabas apostolo- 
rum Pétri et Pauli (2) et X sextarios vini renduales ad anni- 
versarium P. Eschaudat. Hoc actum fuit in presentia nostra 
coram torculari nostro, presentibus testibus videntibus et au- 
dientibus Helia, preposito nostro et P. cellerario et Willelmo 
lo Qorro, et J. deMainac et Gaucelmo deFrachet et Guidone 
Fuscherii et B. de Prato sancti Aredii et multis aliis, anno 
Domini M** ce® XXX*» secundo. Et ad peticionem utriusque 
partis nostras dedimus litteras testimoniales sigilli nostri 
munimine consignatas. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds de Solignac, n^prov. 
8180 ter). 



(1) Hugues il 1 1240. Le Gallia chriti. et Nadaud ne le font abbé de 
Solignac qu'en 1236. 

(2) Cest-à-dire du 30 juin au 6 juillet. 



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— 74 — 

LXXVIII. — Sentence arbUrale réglant les droits de Vdblè 
de S. Augustin et du prieur de S. Gérald de Limoges sur 
Vhôpital d^Aimeric Lagorse^ sis au-delà du pont S. Mar- 
tial (l) — /257. Orig, 8c. perdu. 

Willelmua Audeberti, domiai pape subdelegatus, canonî- 
cus Lemovicensis, universis bas [litteras inspecturis] salu- 
tem. [Noverint] univers! quod cum inter Aimiricum (2), 
pro tempore venerabilem abbatem sancti Augustini et con- 
ventum sancti Augfustini Lemoviœnsis, ex parte [uua, et G., 
priorem sancti Geraldi LemovicensisJ et fratres suos, ex al- 
téra, orta esset matheria questionis saper boc quod dicebant 
ipse abbas et conventus bospitale situm ultra [pontem sancti 
Marcialis (3) ....] donrni Guidonis (4), quondam Lemovi- 
censis episcopi, et A. La fforsa, qui illud construxerat, dicti 

prior et fratres obtinebant [in terra pertinente ad dom- 

num abbatem] sancti Augustini Lemovicensis situm esse ; tan- 
dem dominio suo assererent se fraudatos, cum proprietas 

ipsius terre ad locum esset religiosior super noc satis- 

neri competenter. Tandem cum super hoc esset diutius liti- 
gatum, in nos alte et basse ab utraque parte si premissis ... 
Abbas pro se et conventu suo in verbo sacerdotis et abbatis, 
et dictus prior pro se et fratribus suis sub eodem verbo sacer- 
dotis, pena quing'entorum solidorum ab utraque parte abpo- 
sita, se nostrum observaturos arbi trium promiserunt. Nos vero, 
post multas altercationes bine inde habitas, inquisita super 

gremissis, prout potuimus, veritate, nostrum super hiis ar- 
itrium protulimus in hune modum : videlicet quod dictus 
prior et Aimiricus Lagorsa eidem abbati darent sex libras 
Lemovicensis monete, ut permitterentdomum sancti Geraldi... 
Lemovicensis dictum hospitale cum suis pertinenciis pos- 
sidere et sic idem abbas pro se et pro conventu concederet 
eis dictum hospitale. Et quod, si prior sancti Geraldi vel ejus 
mandatum aliquas officinas vel domos eidem hospitali ne- 
cessarias vellet facere, quod hoc ei lîceret in terra que ali- 
(juem fructum modo non proflfert. Si vero in orto vel vinea, 
in quibus monasterium sancti Augustini decimam vel jus 
aliud percipiat, vellet idem prior domos aliquas construere, 
oratorio excepte, poterit hoc facere, ita tamen quod ad arbi- 



(1) Yoy. dans nos DocumaUs historiques....^ 1. 1, un acte de 1229 (?) 
qui 88 rapporte à ce même hôpital. (Charte XLVIll). 

Les premières lignes de la pièce sont fort endommagées. 

(2) Aimeric fut abbé de 1222 à 1247. 

(3) Le faubourg du pont Saint-Martial en dehors des murs de Li- 
moges. 

(4) Gui de Gluzei qui occupa le siège de Limoges jusqu'en 1235. 



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— 75 - 

trium uniuB amici abbatis sancti Aiigustini et alterius ipsius 
prioris, si super hoc possent concordare, — vel ad arbitrium 
cantoris Lemovicensis qui pro tempore es^et, si concordare 
non valerent, — eidem abbati de décima sua et dominio et 
alio jure suo, satisfacerent competenter, salvis in premissis 
omnibus eidem abbati censu suo, videlicet octo solidorum 
annuatim solvendo, et accaptamento duodecim denariorum 
solvendorum, in mutatione scilicet abbatis sancti Augustini 
et prioris sancti Geraldi, et salva eciam décima que prius 
abbas habebat ibidem, et retento dominio suo ibidem, si ip- 
sum bospitale a priore sancti Geraldi vendi contingeret vel 
alienari. Quod arbitrium utraque pars recepit et approba- 
vit, et sub eadem pena promisit inviolabiiiter observare et 
contra non venire. Et abbas sic pro se et suo conventu de 
ipso hospitali priorem sancti Geraldi investivit; AimericoLa- 
gorsa, dicti ioci hospitalario, sub eadem pena et juramento 
prestito, se ratum habere premissa ppomittente ceterum. 
Cum super décima quam nominatus totiens abbas sancti Au- 
gustini habebat in terra in qua dictum hospitale fundatum 
exstitit, prout ab eodem clauditur hospitali et domo fra- 
trum Predicatorum Lemovicensium, esset inter eos questio 
jam incepta racione edificiorum si qua forte a premisso priore 
sancti Geraldi vel ab aliis ad ampliationem hospitalis vel of- 
ficinarum ipsius fièrent in eadem, supradicto adhuc pendente 
negocio, coram nobis paulo post processu temporis, dilecto 
in Christo P. Vido, archipresbistero à'BscAiroza (1), in quem 
partes hinc inde super hoc compromiserant, mediante, ad 
talem coram nobis composicionem super hoc devenerunt quod 
prenotatus abbas sancti Augustini, pro se et conventu suo, 
quittavit priori et fratribus domus sancti Geraldi, necnon 
predicto hospitali perpétue, quicquid pro décima vel raciqne 
décime dictus abbas in premissa terra dicti hospitalis exi- 
gere poterat et habebat; et tam preraissus prior sancti Ge- 
raldi quam Aimericus La Gorsa, pretaxati rector tune tempo- 
ris hospitalis, quittarunt eidem abbati et monasterio sancti 
Augustini et in recompensacionem predicte quittacionis de- 
cime concesserunt, pro se et domo sancti Geraldi et hospitali 
predicto, quicquid in vino vel in blado, vel in aliis habebant 
vel exigere poterant in terris seu vineis quas dictus abbas 
aquisierat ab Helia Americi, burgensis castri Lemovicensis, 
in clauso qui quondam fuit bone memorie Helie, precentoris 
Lemovicensis, qui clausus vocatur clausus Cantoris, videlicet 
in tertia parte iliius clausi, que tercia pars est prope stratam 
publicam qua itur de ponte sancti Marcialis versus Sollemp- 
niacum ; in quo clauso videlicet dictum hospitale habebat ex 
donacione cantoris ejusdem octo sextarios vini et unum sex- 



(1) Peut-être Ghirouze, commune de Saint-Quentin, arrondissement 
d^Aubasson, Creuse. 



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^ 76 - 

tarium frumenti renduales. Dedèrunt insuper, pro quicta^ 
cione premissa facta ab abbate superius nominato, eidem 
abbati et monasterio sancti Àugustmi duos sextarios yiui 
renduales iu predicto hospitali percipiendos annuatim tem- 
pore vindemiarum, vel in domo sancti Oeraldi, si dictum hos- 
pitale vel rectores ipsius aliquo casu supervenienti deficerent 
m solvendo. Quodbona fide et absque ulla contradictione et 
calumpnia, tam premissus prior quam dictus Â. La Oarsa 
se reddituros libère promiserunt, dictum ad boc hospitale 
perpétue supradicto monasterio obligantes et domum sancti 
Greraldi si inde percipi non valerent. Et promiserunt par* 
tes bine inde se contra quictationem bujusmodi et conces- 
sionem ullo tempore non venturos ; sciendum tamen quod dicti 
prior et Americus Lagorsa asseruerunt quod dictum sexta- 
rium frumenti babebant in parte quam Petrus Americi, bur- 
gensis castri Lemovicensis, liabet in supradicto clause, quod 
sextarium ibi retinuerunt ; et fuit dictum inter eos quoa pars 
ipsius abbatis de dicto clause.... nec monasterium sancti Au- 
gustin! tenebitur eisdem priori nec supradicto A. Lagorsa 
pro censu partium aliarum. Et cum partes bine inde per dic- 
tum arcbipresbiterum composicionem factam fuisse recogno- 
vissent in presencia nostra, prout superius est expressùm, 
nos présentes litteras una cum sigiliis dictorum abbatis et 
prioris ad peticionem partium sigillé nostro duximus robo- 
randas. Datum anno bominî M® CO*^ XXX* septimo, mense 
julii. 

(Arcb. bospit. de Limoges, B. 195. — Communication de 
M. Louis Guibert). 



LXXIX. — TraMOction passée entre le prieur de la Maison- 
Dieu de Limoges et le commandeur de la commanderie du 
Palais, touchant deux hommes de ladite Maison-Dieu qui 
n'avaient point payé la somme de 54 livres par eux pro- 
mise au commandeur s'il les achetait à Adémar Quahainh, 
leur premier maitre. — 4^9. Orig. Se. 



Omnibus bas litteras inspecturis offlcialis decani et capituli 
Lemovicensis in Domino salutem. Noveritis quod cum inter 

Sriorem domus Dei leprosorum Lemovicensis et G. de Poi- 
\lzil et B. Vis, fratres, bomines ejusdem prioris, ex parte 
una, et fratrem Jobannem pro tempore preceptorem domus 



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— 77 — 

Templi de Palacio (1), pro se et domo et fratribus de Palacio, 
ex altéra, orta esset materia questionîs super hoc quod idem 
preceptor dicebat dictos homines sibi promisisse trig'inta 
quatuor libras ad hoc ut idem preceptor emeret eos cum 
possessionibus suis ab Adamaro Gruahainh, quondam domino 
eorumdem, et quia non reddiderant, ut dicebat, petebat 
dictos denarios ab eisdem et quod congrue satisfacerent sibi 
de dampnis que propter hoc dicebat Templum sustinuisse, 
cum, ut dicebat, dictam empcionem fecisset, sed in defectu 
eorum dictam emcionem compulsus fuerat rescindere; et 
super hoc quod petebat amoveri de manso de Chastanet, 
qui est ejusdem prioris, sito in parrochiade Palacio, G. et P. 
deu ValtU et alios ibidem habitantes, quos idem prior ibidem 
posuerat quia dicebat eos esse morbo lepre infectes, dicto 
priore penitus hoc iiegante; et propter hoc diceret idem 
preceptor se amittere jus parrochiale quod in heredibus dicti 
mansi, qui alio nomine vocatur Beuveher^ antea ibidem ha- 
bitantibus habere se dicebat, et etiam super aliis conviciis et 
querelis quas idem preceptor tam contra dictum priorem 
quam contra (juosdam homines suos, tam pro se quam pro 
quibusdam aliis hominibus domus de Palacio habere se dice- 
bat. Tandem idem preceptor in nostra presencia constitutus 
tam pro se quam pro domo et fratribus et hominibus de 
Palacio quittavit in perpetuum dictum priorem et domum Dei 
et homines ejusdem domus Dei et specialiter dictos G. de Poi- 
Olzil et B. Vis fratres tam de dicta promissione dictarum 
triginta quatuor librarum quam de dampnis et pactis pre- 
missis et de omnibus aliis querelis quas usque ad hodiernam 
dîem habebat vel habere poterat tam contra dictum priorem 
et domum Dei quam homines memoratos, pro se et domo et 
fratribus et hominibus de Palacio. De hominibus autem habi- 
tantibus hodie in dicto manso de Beuveher, quos idem prier 
sanos esse asseruit, ita fuit concordatum et condictum quod 
idem preceptor promisit pro se et domo de Palacio quod, dictis 
hominibus existentibus m eo statu quo sunt hodie, usque ad 
quatuor annos ab instanti festo beati Michaelis computandos, 
eosdem homines in pace absque omni calumpnia çermitteret 
ibi esse ; et noluit quod usque ad predictum terminum dicti 
homines reciperent a capellano domus Dei omnia ecclesiastica 
sacramenta tam in sepultura quam in aliis, libère et in pace. 
Et nos super hiis, ad instanciam parcium, nostras dedimus et 
concessimus litteras testimoniales sigillé Lemovicensis curie 
sigillatas. Datum, sede Lemovicensi vacante, quinto idus 
aprilis, anno Domini M"* GG" tricesimo nono. 

(Arch. hospit. de Limoges, fonds de la Maison-Dieu. B. 5). 



(l) Le Palais près Limoges. 



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-78 - 

LXXX. — Sentence arbitrale prononééepar Vofficidl de Li-- 
moges entre l'abbé et le couvent deSolignac, d'une part, et 
les habitants de la ville, d'autre part, au sujet de certaines 
violences exercées par les habitants contre l'abbé et les 
moines. — 1246 fn. st., 4241). Orig. Se. perdu. 

Dniversis présentes litteras inspecturis magister Helîas, 
officialis curie Lemovicensis, salutem in Domino. Ad singu- 
lorum notitiam tenore presentium volumus pervenire quod 
olim mota materia questionis inter Petrum (1), pro tempore 
venerabilem abbatem SoUempniacensexn, ex una parte et ho- 
mines ville SoUempnîacensis, ex altéra, pro eo quod dicebat 
idem abbas quod graves expensas fecerat et dampna non 
modica sustinuerat ex eo quod abbatiam et homines ejusdem 
abbatie Sollempniaœnsis perpetuo adquittaverat a vicecomite 
Lemovicensi ejusque successoribus de procurationibus, quas in 
eadem abbatia singulis mensibus se debere percipere conten- 
debat, et de denariis et de quibusdam aliis serviciis et explec- 
tis, certa pecunie quantitate et certis sibi redditibus propter 
hoc assignatis. Item et pro eo quod dicebat idem abbas quod 
abbatibus SoUempniacensibus in novitate sua dare debebant, 
et propter hec peteret sibi ab eisdem hominibus subvenir! in 
certo pecunie quantitate. Item et pro eo quod dicebat quod 
post multos compositionis tractatus inter se habitos de pre- 
missis, gravi super eisdem inter eos discordia suscitata, dicti 
homines SoUempniacenses contra ipsum abbatem, socios et 
monachos suos, necnon et monasterium et domos ipsorum 
ausu temerario insurgentes manu armata monasterium in- 
trareacinvadere presumpseruntetclocheriumet aliafortalîcia 
castri Sollempniacensis, que idem abbas tenebat, occupare per 
violentiam ac sàzire, graves et atroces injurias et dampna 
non modica sibi et suis inhumaniter inferentes, fractis qui- 
busdam domibus et quibusdam rébus ejusdem abbatis et 
suorum ablatis, perditisvel consumptis. — Quarepetebatidem 
abbas de premissis violentiis, dampnîs, injuriis et sazinis 
sibi ab eisaem hominibus satisfieri competenter et ipsos ca- 
nonice de tanta temeritate puniri. Tandem post multas alter- 
cationes et discordias hinc inde super premissis omnibus, in 
nos exstitit compromissum, promittentibus dicto abbate et 
Radulfo, prepositoSollempniacensij etpreposito d'Arto{2), et 
prepositode Fagia (3] et Helia Mauricii, prepositoéfo Linars(^) 



(1) Pierre I fut abbé jusqu'en 1249. 

(2) Peut-être Arthon, commune de 8aint-Martin-le- Vieux, arron« 
dissement de Limoges, où se trouvait un prieuré fondé au xiti* siècle. 

(3) La Faye. II y a dix-sept localités de ce nom dans la Haute- 
Vienne. 

(4) Linards, arrondissement de Limoges. 



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— 79 — 

et Willèlmorftf Galbre^ supprioreSollempniacensî et œllerariô 
ejusdem loci, monachis suis, pro se totoque conventu Sollemp- 
niacensi, prestîto corporaliter juramento, sub pena ducen- 
tarum marcharum argenti a parte que contra veniret solvenda 
parti alteri arbitrium obserVanti, se stare alte et basse super 
premîssis dicto nostro laudo arbitrio vel mandato, ordinationi 
vel provisioni nostre, quidquid arbitrando, ordinando vel 
providendo diceremus, et ecoiitrarioP.de Viridario, B. MarzOj 
Willelmo Hibau, P. Vifforos, Ademarus Vitalis, Guidone 
deVauzelas.B.deMalanhaCySteph^no de Cluzello, Ayme-ico 
de Orto, Helia Vaychieira, P. Asnerii, Guidone Marnhol, 
P. et Stéphane et G. de Malanhac^ G. de Poypot^ P. de 
Manso, Helia de Pozeng^o, B. et Willelmo et P. Espirda, 
P. Chatbaudi, Guidone et W. et S. de Agia, W. Rabasco, 
Johanne Fabri, G. Sardena, P. Daleyrac^ B. Taraihn, P. et 
Willelmo et Aymerico de Beuna, Aymerico de Rupe, Pari 
deu Verdier, Ademaro de Rivo, B. Johannis, W.et B. Berardi, 
Aymerico Marti, Stéphane de Cluzello juniori, Gaucelmo 
de Vauzelas, B. Ebesçiue, B. Junchada, B. MoUnier de Ri- 
beria, Guidone Asnerii, P. Vaychieira juniori, J. de Orto, 
Aymerico Racau, J. Tolitta, Gaucelmo de Minieiras^ G. 
Tdba^ P. Lama, Jacobo Rufla, W. de Agia juniori, Mathia La 
Maesza^ P. Charet, W. Malregart, P. et B. Moart, Martiale 
Aynart, B. Biguet, J. Ficha, Stephano Granet, P. MoUnier, 
P. de Orto, laico, P. Petiti, Jacobo Régis, St. Chatbau, W. 
Telo, B. Petiti, P. de Moychac, Logoure, P. deu Solier^ P. 
Borzes^ P. et St. Maurizi, J. Raembert et ChaDalier, P. et 
Guidone Bomenc, P. et St. VisHC, Willelmo Logorro^ P. deu 
Boycho, et pluribus aliis ejusdem ville hominibus usque ad 
quinquaginta, prestitis ad sancta Dei evangelia juramentis, 
promittentibus pro se et omnibus aliis hominibus SoUémp- 
niacensibus pena ducentarum marcharum argenti insimili 
apposita et adjecta, se stare alte et basse nostro arbitrio vel 
mandatovel ordinationi vel provisioni, sicut de parte ad versa 
superius est predictum. Datis ex parte dictorum abbatis et 
conventus duobus fidejussoribus, videlicet nobili Viro P. Ber- 
nardi, domino de Castro-Lucii (1) et Hugone de Peyrigos, 
ïnilitibus qui se pro eisdem abbate et conventu fide prestita 
obligarunt sub pena predicta ducentarum marcharum pro 
nostro arbitrio observando; et datis ex parte ipsorum homi- 
num tribus fidejussoribus, videlicet dicto P. Bernardi, et 
Guidone Arnaudi, et Johanne Pauli, civibus Lemovicensibus 
qui se pro eisdem hominibus obligarunt, sicut fecerat idem 
nobilis pro parte ad versa; et datis insuper et traditis ab eisdem 
hominibus decem obsidibus, scilicet decem hominibus Sol- 
lempniacensibus, ut superius est expressum. 
Nos vero pro bono pacis partes nostras interponere cu- 



(1) Ghalas, arrondissement de Saint- Yrieix, Haute-Vienne. 



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— 80 — 

pientes, attendentes etiam quod voluntarios labores appetere 
debeamus et ducere noctes insompnes ut quietem aliis pre- 
paremus, inquisita super premissis diligentius veritate, 
communicato prudentum yirorum consilio, dictum nostrum 
arbitrium sive lâudum, ordinationem aeu provisiouem nos- 
tram presentibus partibus protulimus in hune modum. In- 
primis precepimus eidem abbati ut dictes homines SoUemp- 
niacenses tanquam bonus deminus custediat et deffendat, 
precipientes eidem abbati sub virtute prestiti juramenti et 
pena (1) ut si forsan contigerit, quod Deus avertat, quod aliqui 
occasione predicte injurie irrogate personas vel res ipsorum 
hominum invadere, capere, damçnificare présumèrent vel 
sazire, idem abbas pro se vel suis maleficia, dampna vel 
violentias sic illata pro posse suo requireret bona fide, et ma- 
lefactoreshujusmodi persequeretur usque ad satisfactionem 
condignam ad expensas hominum predictorum. Dictis vero 
hominibus arbitrando precepimus quod dent eidem abbati 
centum et decem libras monete Lemovicensis semel solvendas 
sub modo et terminis inprisis inter ipsos, quando de compo- 
sitione alias tractabatur, ad subsidium expensarumet damp- 
norum que idem abbas fecerat et sustinuerat in adquitanao 
abbatiam et homines abbatie SoUempniacensis a dicto vice- 
comité, prout superius est expressum; et quod pro premissis 
invasionibus, injuriis, dampnis, violentiis et sazinis dent ei- 
demabbati amplius mille et trecentos solides semel solvendos 
terminis assignandis a nobis, prout viderimus expedire; ita 
tamen quod de illis mille et trecentis solidis ablata vel sub- 
tracta et dampna illata in fractione domorum vel in aliis 
eidem abbati vel suis et specialiter prepositosuo SoUempnia- 
censi in pace primitus restituant vel emendent nuUo termino 
expectato. Item et ne sopita questio patiatur in posterum 
recidivum, arbitrando, ordinando seu providendo injunxi- 
mus eisdem hominibus quod singulis futuris abbatibus 
Sollempniacensibus quotienscumque institutis, in novitate 
eorum semel dent et dare teneantur in perpetuum mille so- 
lides singulk abbatibus in novitate sua semel solvendos, ita 
quod abbates, qui pro tempore fuerint, nihil amplius pro no- 
vitate sua ab eisdem exigant vel requirent, exceptis accap- 
tamentis et hiis etiam omnibus in quibus quidam homines 
dicte ville tenebantur vicecomiti Lemovicensi, antequam 
dictus abbas ea sibi adquisivisset a vicecomite antedicto, in 
quibus eidem abbati et monasterio Sollempniacensi réma- 
nent obligati, prout erant obli^ati vicecomiti memorato; 
quare in hiis et similibus non intendimus arbitrari. Item 
eisdem hominibus precepimus et sub virtute prestiti jura- 
menti et pena predicta inhibuimus ne de cetero insurgant 
cum armis contra abbatem vel monasterium Sollempniacen- 



(t) Sappléez predicta, comme plus loin. 



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— 81 — 

sem, nec muniant slve saziant vel occupent portale seu 
clocnerium sive aliud fortalicium dicti castri, monasterii 
vel domorum, nisi facerent de precepto abbatis. Et ut pre- 
dicta rata et inconcussa permaneant in futurum, eidem 
abbati iojunximus sub juramento et pena predictis ut a con- 
ventu suo SoUempniacensi eadem rata et grata haberi faciat 
et accepta eï concédât nichilominus eisdem hominibus et con- 
cedi laciat a conventu suo super premissis tesminoniales lit- 
teras domini Lemovicensis electi necnon et domini Bituricen- 
sis archiepiscopi, cum presens fuerit, si tamen a predictis 
hominibus fuerit requisixus, et aliorum proborum virorum de 
quibus videbimus expedire. Et hec universa et siugula pre- 
cepimus a partibus inviolabiliter observari , prout superius 
suntexpressa; declarandi, interpretandi,mutandi, corrigendi 
de premissis dubia, superflua vel obscura retinentes nobis us- 
que ad integrum annum nichilominus potestatem. Ad hec 
arbitrium hujusmodi sive dictum utraque pars gratum ha- 
huit et acceptum. In quorum omnium testimonium et muni- 
men présentes litteras super premissis fieri fecimus et sigillo 
Lemovicensis curie consignari. Actum mense febroarii, anno 
Domini millésime ducentesimo quadragesimo sexto. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds de Solignac, n* prov. 
8361. Cf. ibid, 3090 et 7010. — Copie revue de M. C. Rivain, 
ancien archiviste de la Haut&-Vienne) . 



LXXXI. — Donation faite aux prieurés de l'Artige et de 
Clairefaye par Itier Bernard, chevalier et aumônier^ 
comme administrateur des tiens de Raimond de Veyrac, 
chevalier, et d'Anielrand son frère, tous deux en Terre 
sainte^ des divers droits que pouvaient avoir lesdits frères 
dans toute la chdtellenie â^Aixe et dans toute la vicomte de 
Limoges (1).— 1249. Vidimus de la même année. Se. perdu. 

Universis présentes litteras înspecturis magister Helias, 
offlcialis curie Lemovicensis, eternam in Domino salutem. 
Noveritis nos vidisse et diligenter inspexisse et verbo ad ver- 
bum presentibus inseri fecisse sequentes litteras sigillatas vero 
sigillo Iterii Bernardi,miiitis,non rasas, non cancellatas, non 
aoolitas nec in aliqua parte sui viciatas omnique suspicione 
carentes, quarum ténor talis est : 



(1) Cf. dans nos DocwnenU historiques. . . , t. 1, la charte LV. 



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— 82 — 

Universis présentes litteras înspecturis Iterius Bernardî, 
miles, helemosinarius et administrator bonoruni Raimundi de 
Veiraco (1), militis et Anielrandi, fratrum exigtentium in 
transmarinis partibus in servicium Terre Sancte^ salutem in 
Domino. Noveritis quod nos pro sainte, anime nostre et pa- 
rentum nostrorum et ipsorum fratrum dedimus, concessimus 
et qnittavimus pro nobis et heredibus nostris et pro ipsis 
fratribus et heredibus eorumdem in perpetuum, présente Rai- 
mundo de Montilio, serviente et bailivo dictorum fratrum et 
de consensu et voluntate ejusdem, religiosis, priori et fratri- 
bus domus de Artig-ia et çreceptori/ fratribus et domui de 
Clara-Fagia (2), ordinis Artigie, omnes actiones et querelas et 
quicquid juris vel questionis nos et dicti fratres habebamus 
vel habere poteramus racione dominii, feodi, seu quacun- 
que alia racione, in omnibus illis que habebant et acqui- 
siverant usque in hodiernam diem apud Axiam (3) et in 
tota castellania de Axia et in toto vicecomitatu Lemovi- 
censi, scilicet in torcularibus, vineis, terris, domibus et qui- 
buscunque aliis bonis, excepto tamen alto dominio quod 
nobis et nostris et dictis fratribus et suis in predictis omnibus 
specialiter retinemus ; promittentes nos contra premissa vel 
aliquid premissorum per nos vel per alios de cetero non ven- 
turos. Promittimus eciam bona fide quod premissa a dictis 
fratribus, quando redierint a partibus transmarinis, faciamus 
haberi rata pariteret accepta. Et in recompensacionem hujus- 
modi donacionis, concessionis et quittacionis recepimus a 
dicto priore Artigie sex libras Lemovicensis monete pro nobis 
et fratribus antedictis, renunciantes exceptioni non numerate 
pecunie et non habite et omni auxilio et beneficio juris cano- 
nici et civilis, si quod in hac parte nobis et nostris posset 
competere et parti alteri nocere. In cujus rei testimonium nos 
super hiis présentes litteras fieri fecimus et sigilli nostri mu- 
nimine roborari. Datum idus augusti anno Domini millesimo 
ducentesimo quadragesimo nono. 

Nos vero magister Helias, offlcîalis curie Lemovicensis, 
transcripto dictarum litterarum sigillum Lemovicensis curie 
duximus apponendum. Datum prîdie kalendas septembris 
anno Domini millesimo ducentesimo quadragesimo nono. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, série D. 1022). 



(1) Yeyrac, arrondissement de Limoges ou peut-être de Bellac, 
Haute-Vienne. 

{%) Clairefaye, commune de Séreilhac, arrondissement de Limoges. 
Cf. noire Invent. des Arch. dép, de la Haute-Fienne, D, n^ 502-513. 

(3) Ghef-iieu de canton, arrondissement* de Limoges. 



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— 83 — 

LXXXII. — Vente faite par Raoul Palmone^ damoiseau et 
0ou/ler son frère, seigrieur de Bruzac, à Gui Péragut, 
sergent de Ségur, de divers tènements sis dans les parois • 
ses de Brusac et Glandoti. — 1251 (n. st. 1252). Orig. Se. 
perdu. 

Universis présentes litteras visuris Ademarus vicecomes (1), 
cantor sancti Aredii (2), et magister Stephanus de Jumilka[c] 
(3). sacrista ejusdem ecclesie, archiprcsbiter de.Nontronio (4), 
salutem in Domino. Noveritis quod constitutus personaliter 
in nostra presencia Rodulphus Falmone, domisellus, pro se 
et procurator Golferii, fratris suî, dominus de Bruzac (5) in 
parte, quondam filins Jauberti^^djw^;^^, militis def nncti, gra- 
tis et spontanea voluntate recognovit coram nobis et confes- 
sus fuit se et fratrem suum, a quo asseruit habere spéciale 
raandatum, prestito juramento, vendidisse pro se et suis Gui- 
doni Feragut, de Securio (6), servienti, et neredibus suis et 
successoribus precio* septem milium solidorum monete Lemo- 
vicensis, de quibus confessus fuit se et dict?um fratrem suum 
habuisse plenarie gratum suum a dicto Guidone in pecunia 
numerata, renuncians pro se et fratre suo, expresse et ex 
certa sciencia, exepcioni (sic) non numerate pecunie, non 
habite, non recepte et excepcioni doli, mali, fori loci, et in 
factum accioni et sine causa et bénéficie coherenti rei et 
persone, et omni exepcioni, accioni et defencioni reali et 
personaii, et omni usui, consuetudini et statuto et bénéficie 
quod competit deceptis ultra medietatem ju^i precii et resti- 
tucionis in integrum, et omni decepcioni et omni auxilio et 
bénéficie juris canonici et civilis, que premissa in parte vel 
in toto sibi et suis possent competere et dicto G. et suis no- 
cere,et specialiter juridicenti generalem renunciacionem non 
debere valere de jure, — mansos sive bordarias de Brolio sites 
in parrochia de Parzac (7) et mansos sive bordarias de Lava- 
lada et de Mqrsenac sites in parrochia de Glandom (8) et 



(1) Il doit s'agirnon du vicomte en titre, qui était alors Gui IV dit 
le Preux, f 1263, mais d'un de ses fils. 

(2) Saint- Yrieix, chef-lieu d'arrondissement, Haute- Vienne. 

(3) Il ^ a deux localités de ce nom dans la Dordogne. Il doit s'agir 
de Jumitiac-le-6rand, arrondissement de Nontron. 

(4) GfaiE-lieu d'arrondissement, Dordogne. 

(5) Il ;^ deux hameaux de ce nom dans le canton de Thiviers, ar- 
rondissement de T<ïontron. 

(6) Ségur, arrondissement de Drive, Gorrèze. 

(7) Peut-être Parsac, commune de Neuvic, arrondissement de Li- 
moges. 

(8) Glandon, commune et arrondissement de Saint-Yrieix, Haute- 
Vienne. 



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— 84 — 

• 

mansos sive bordarias de Lafauria et Larocha-porchia sitos 
in eadem parrochia de CHandom^ cum heredibus, cultoribus, 
domibus, grangiîs, escuris, solaribus^ ortîs, pagicuis omnibus, 
aquis, arboribus, nemoribus, talliis, questis, serviciis, juri- 
bus, pertinenciis omnibus premissorum ; et ulterius jus quod 
habebat in Johannem Tayt et Gk^raldo (sic) Guidonis, Petro 
Vernhi, hominibus suis et heredibus ac successoribus ipso- 
rum cum omni hereditate, teneuris isic)^^ possessionibus et 
bonis eorumdem; et ulterius (juartas bladi rendualeset quic- 
quid consuevit percipi pro eisdem que habebat au Boycho, 
au Poysaviy a Mesurac, a la Brugeria, a ChantagreUy a La- 
vaus. a Neffra-loba, a Peupeoilh, a la Meania.ala Bomelia, 
a la Corûj a la Riberia^ a Betaneylh (1), et census, redditus, 

S[uestas, proventus, exitus et omnia alia jura et quicquid de 
àcto vel de jure, consuetudine, usagio et alias quocunque 
modo ipsi et pred[ec]essores eorum et dictusGuido prepositus 
et bailivus eorum de Lavalata et eorum prepositi et balivi 
pred[ec]essores eorum fratrum levare, habere, percipere pote- 
rant et consueverant in parochiis antedictis et ab hominibus 
dictorum locorum et eciam ab hominibus sancti Aredii ; et 
acaptamenta et dominia que habebant in omnibus preinissis 
vel altéra çremissorum, ita quod sibi et heredibus suis nul- 
lum jus retinent in premissis vel altero premissorum. Et sic 
dictus Rodulphus pro se et fratre suo coram nobis se devesti- 
vit de premissis omnibus et investivit dictum Guidonem cum 
presenti cartula de eisdem, promittens pro se et fratre suo 
g[uod contra dictam vendicionem et concessionem et contenta 
in litterifl istis, in parte vel in toto, per se vel per alium de 
cetero non veniret, et quod premissa omnia vendita defendat 
et garenciat dicto Guidoni ab omnibus hominibus prout esset 
de jure. Promisit etiam qtiod G. ponatur in corçoralem pos- 
sessionem vacuam et liberam de premissis omnious venditis. 
Hec vero predicta singula et universa promisit dictus Rodul- 
phus se et fratrem suum observaturos et contra non venturos, 
prestito ad sanctaDei evangelia corporaliter juramento; et 
promisit sub prestito juramento idem R. quod premissa grata 
faciat haberi et aceptari fratri suo et quod super premissis 
litteras consîmiles vel meliores, (juam cito domnus vicecomes 
Lemovicensis presens fuerit, faciat dari et concedi suo sigillo 
sigillatas dicto Guidoni. In cujus rei testimonium sigilla 
nostra una cum sigillo dicti R. presentibus litteris duximus 
apponenda. Nos vero dictus R. si^illum nostrum presentibus 
apposuimus ad majorem roboris firmitatem. Datum duodeci- 
mo kalendas aprilis anno Domini M® CC® L"° primo. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, série E, fonds des Cars, 
n^ prov. 6009). 



(1) Lieux dits de rarrondissement de Saint- Yrieix, Haute-Vienne. 



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- 85 — 

LXXXIIL— ^c^ par lequel Grérald Bruneau déclare retenir, 
comme héritier de Pierre Champagnol, la rente de 40 sols 
acquise par ce dernier sur la maison de Mathieu Boutin. — 
1252 (». st. 1233). Orig. 8c. perdu. 

Conoguda chauza sia a tosthz (sic) seus qui son e qui son 
a venir que G. Brunaua rptenc duratblamen, coma eretiers de 
P. Champanhol duratblamen, XL sol. redens, los cals P. 
Champanhols avia comprat de Mathieu Boti iper lo prehtz de 
XL Is. en la maijo Mathieu Boti, la cals es pauzada en la 
charieira deu Merchat-vieilh, davan Tandeir, entre la maijo 
Helia Boiol e la maijo P. Boiol, so es a saber en las doas 
parthz de aquela maijo que son Mathieu Boti, i aquetz XL 
soi. redens Mathieus Botis vendet de tal manieira que negus 
hom autres non avia ces ni senhoria en la dicha maijo soa 
mas can[t] eu, e en aischî avia [en] vistit P. Champanhol. 
E ^er que aisso sia ferm e tenatble, li cossol deu chasteu de 
Lemotges donere[n alquestas presens letras testimonials, a la 
requesta de las partidas, saeladas deu seeu cuminal de la vila 
deu chasteu de Lemotges. Batum, facto grato de precio, 
VIII halendas aprilis, anno Bomini millesimo ducentesimo 
quinquagesimo secundo. 

(Arch. hospit. de Limoges, B. 156). 



LXXXIV. — Sentence arbitrale de Vofficial de Limoges entre 
le prieur-curé du Balais et le prieur de la Mazelle^ au 
sujet de la possession par eux disputée du mas de Grazas. — 
1253. Orig. Se, perdu. 

Unîversis présentes litteras inspecturis magister Helias, 
offlcialis curie Lemovicensis, salutem in Domino. Noveritis 
quod cum questio verteretur inter preceptorem domorum mi- 
licie Tempîi in Lemovicinio et preceptorem et capellanum 
domus milicie Templi de Palacio (l), ex parte una, et precep- 
torem domus de Mazella (2), ordinis Artigie, ex altéra, super 



(1) Le Palais, près Limoges. 

(2) La Mazelle, commune de Beaune, arrondissement de Limoges. 
Sur ce prieuré, voy. notre liwefU. des Areh, dép. de la ffaute-Vienne 
D. 566-573. 



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— 86 — 

jure parrochialî et décima grahgie (1) sive mansi de Grazas^ 
que iidem preceptor domorum milicie Templi in Lemovicinio 
et preceptor et capellanus dicte domus de Palacio racione 
parrochialis ecclesie de Palacio petebant, cum dictus mansus 
sive grangia de Grazas esset infra metas parrochie dicte 
ecclesie de Palacio, ut dicebant; tandem frater Rotgerîus, 
preceptor et capellanus dicte domus de Palacio, de mandato 
et voluntate relig'iosi viri fratris Petri de Malo-monte, pre- 
ceptoris domorum milicie Templi in Lemovicinio [2), qui suas 
super hoc litteras suo sigillé proprio sigillatas aedit : ténor 
quarum, quem vidimus et diligenter inspeximus non cancel- 
latum nec in aliqua parte sui viciatum sive corruptum, talis 
est : 

Universis présentes litteras inspecturis frater Petrus de 
Malo-monte, numilis preceptor domorum milicie Templi in 
Lemovicinio, salutem in Domino. Noveritis quod cumdilectus 
in Christo frater Rotgerius, preceptor et capellanus domus 
nostre de Palacio, ex parte una, et frater Gerardus, preceptor 
domus de la Masela, ordinis Artigie, ex altéra, alte et basse 
compromiserint in venerabilem virum magistrum Heliam 
Coralli, officialem et canonicum Lemoviceusem, de querelis 

3uas habebant inter se ad invicem super jure parrocniali et 
ecima de Grasas, nos hujusmodi compromissum ratum, 
gratum et acceptum h&bemus et promittimus quod contra 
composicionem, laudum, dictum, ordinacionem seu arbitrium 
ipsius magistri Helie, C[uecunque duxerit facienda, minime 
veniemus. In cujus rei testimonium et firmitatem lïostras 
damus super hiis présentes litteras testimoniales nostro si- 
gillatas sigillo. Datum sexto decimo kalendas julii anno 
Domini M^ C C° L** tercio. 

Ex parte una; 

Et frater Gerardus, preceptor dicte domus de Mazella, ex 
altéra, compromiserunt in nos alte et basse super premissis, 
prestito corporaliter juramento, pro se et domibus supradictia, 
promittentes sub eodem juramento se stare alte et basse com- 
posicioni,*laudo, dicto, ordinacioni seu arbitrio nostris super 
premissis; unde nos communicato virorum prudenium con- 
silîo, cum non constaret nobis nec constare potuerit quod 
dicta domus de Palacio vel ecclesia jus parrochiale haberet in 
dicta grangia capella de Grasas sive hominibus manentibus 
in eadem grangia nec decimam in manso sive mansis seu 
bordariis pertinentibus addictam grangiam nec quod unquam 
fuisset dicta domus de Palacio vel ecclesia in possessione de 
predictis vel de alicjuo predictorum et eciam dicta domus de 
Mazella per sexaginta annos et amplius fuisset in pacifica 



(1) Ducange explîqae ce mot par prcsdium^ villa rustica. 

(2) La phrase se complète plus loin, après Pacte ci-dessous rapporté 



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-87 - 

possessione de premissis, hiis et aliis rationibus et allegracio- 
nibus hinc inde propositis plenius intellectis, pronunciamus 
dictam domum de Palacio et ecclesiam nichil juris habere in 
premissis, absojventes sentenci aliter arbitrando dictam do- 
mum de Masella et grangiam capellam de Grasas et homines 
manentes in dicta grangia ab impeticione dicti preceptoris 
domorum milicie Templi in Lemovicinio et dicti preceptoris 
et capellani dicte domus de Palacio supradicta. Et super 
hiis damus nostras présentes litteras testimoniales. Datum 
sexto nonas julii anno Domini M® CC® L® tercio. 

St. de Julhac. 
(Arch. dép. de la Haute-Vienne, série D. 568). 



LXXXV. — Testament de Seguin Hilie^ léguant ses Meris 
au monastère d'Ârnac, aux prêtres de Ségur et de Beysse- 
nac. — 1262. Orig. Se. perdu. 

In nomîne Patrîs et Filii et Spiritus sancti, amen. Ego Se- 
guinus Helie, filius quondam domni Gaufridi Helie, mili- 
tis. et domine Sibille uxoris ejus, defunctorumbonememorie, 
innrmus tamen corpore meum condo seu facio testamentum 
nuncupativum sive meam ultimam voluntatem in hune mo- 
dum. In primis volo et precipio quod omnibus de me juste 
sive injuste conquerentibus plenaria fiât emenda pro me et 
omnia mea débita persolvantur. Item, lego et concedo et dono 
donatione simplici et irrevocabili et etiam inter vives in per- 
petium pro sainte anime mee Deo et beato Marciali Lemovi- 
censi, specialiter sancto Pardulpho et monasterio et domui de 
Arnaco(l), ubi meam eligo seçulturam, et preposito de Ar- 
naco et suis successoribus omnia servicia, expletaet quicquid 
de jure vel de facto vel consuetudine habebam vel haoere seu 
requirere poteram vel alio quoquo modo, tam ex parte patris 
quam ex parte matris, in prepositatu et domo de Arnaco, 
burgis, viliiSj mansis, ten[en]ciis et pertinenciis omnibus qui- 
buscunque dicte domus de Arnaco; et quod omnia quecun- 
que dicte monasterium et domus de Arnaco vel aliqui nomine 
ipsius monasterii habuerunt, habeant. exerceant, teneant et 
possideant et eciam justiciam et juriaictionem temporalem, 
quecumque ad me pertinent seu pertinere possunt, tam ex 
parte patris quam ex parte matris, habeant et exerceant et 



(1) Amac-Pompadour, arrondissement de Brive, Gorrèze. 



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utantur omnibus supradictis. Item, legfo pro salute anime 
mee parentumque meorum ad opus cujusdam prçsbiteri qui 
celebret cotidie pro anima mea et animabus parentum meo- 
rum dicto monasterio, medietatem vinee de ciauso de Mala- 
vau (1), prout ad me pertinet pleno jure, et medietatem man- 
sorum ae la Perpeâia et de PayssUeyras, prout ad me 
pertinent pleno jure, cum omnibus pertinenciis, possessioni- 
bus, tenenciis, terris cultis et incultis, absis et vestitis, pra- 
tis, aquîs, nemoribus et aliis bonis et juribus et heredibus 
omnibus eorumdem. Item, leg^o cuiiibet monachorum et près- 
biterorum de Arnaco et de parrochia de Arnaco et presoite- 
rorum de Securio et de Baysshenac (2) très solides et unum 
denarium et omnibus aliis presbiteris cuiiibet tresdecîm de- 
narios semel solvendos in aie obitus mei. Item, leffo cuiiibet 
pauperumqui mee intererunt sépulture unam denariatam 

f)anis in sero et aliam denariatam in mane sequenti. Item, 
effo ecclesiis de Arnaco et de Baysshenac et de Securio cui~ 
libet unam libram cere rendualem ad opus luminarie (sic) 
in dictis ecclesiis perpetuo faciende ; item, ecclesiis de Poupe- 
dors (3) et de sancto Juliano cuiiibet sex denarios renduales. 
Item, lego annuale meum semel sciticet XXX solides cappel- 
lano de Arnaco et totidem capellanis de Baysshenac et 
de Securio. Et sciendum feat] quod legationem, donationem 
et concessionem predictam a me factam prefatis monasterio 
et domui de Arnaco et preposito ejusdem loci et ejus succes- 
soribus de serviciis et expletis et aliis, prout supra dictum 
est, facio et concède pro quodam anniversario in dicta domo 
de Arnaco a prefato preposito ejusdem domus et ejus succes- 
soribus pro anima mea et animabus parentum meorum annis 
singulis faciendo in die obitus mei, volens eciam et ordinans 

3uod die illa qua anniversarium dictum fiet, intersint unus 
e meîs servientibus et presbiteri et clerici de Arnaco et de- 
Ponpedors. Hiis autem completis plenarie et per integ^rum, 
prout superius est expressum, in omnibus residuis bonis meis 
mobilibus et immobilibus, Golferium fratrem meum heredem 
institue. Venerabilem vero domnum Gaucelmum pro tempore 
prepositum de Arnaco, facio et constitue defensorem, conser- 
vatorem etexequutorem (sic) hujusmodi mei testamenti. dans 
eidem plenariam potestatem percipiendi et levandi readitus 
meos et omnia alla bona mea,quousqae plene et per integrum 
dictum completum fuerit testamentum. Voie eciam, precipio 
et ordino quod premissa universa et singula valeant et robo- 



(1) Peat-ôtre Maiaval, commune de Saint-Sol ve, arrondissement de 
Brive. 

(2) Ségur et Beyssenac, arrondissement de Bnve. 

(3) Pompadour, commune d'Amac-Pompadour, arrondissement de 
Brive. 



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— 89 - 

ris firmitatem obtineant ratione testamenti vel saltem jure 
codicillorum seu ut extrême dispositio voluntatis. In quorum 
omnium testimonîum ego prefatus Seguinus rogo quantum 
p<>8sum magîstrum Geraldum de Pardinis, capellanum eccle- 
sie de Baysshenac, et Ramnulfum Arnaudi, clericum, et 
P. dew Rover ^ diaconum, et eciam prefatum prepositum de 
Amaco, coram me dictum testamentum seu extremam volun- 
tatem condente personalitér existentes, ut sigilla sua litteris 
presentibus de predicto testamento seu ultima voluntate mea 
confectis apponant. Nos, vero dicti prepositus et G., rector 
ecclesie de Baysshenac, et R. Arnaudi ad preces et instan- 
ciam dicti Seguini sigilla nostra litteris presentibus duximus 
apponenda. Et ego dictus P. deu Rover ^^vo me ad instanciam 
ejusdem Seguini sîgillum capellani de Arnaco feci litteris pre- 
sentibus apponi^ cum sigillum proprium pre manibus non 
haberem. Co[nlstat nobis de interlineari que facta fuit ante 
datam et appositionem sigillorum, scilicet Qerardum. Actum 
et datum apud Ponpedors, pridiekalendasjulii, annoDomini 
M® ce® sexagesimo secundo. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, série E, n° prov. 4348). 



LXXXVI. — Conventions faites entre Henri III, roi d'An- 
gleterre^ et Raymond VI, vicomte de Turenne. — 1263. 

Henricus. Dei gratia rex Angliœ, dominus HibernisB etdux 
Aquitanise, omnibus ad quos présentes litterœ peryenerint, 
salutem. Sciatis quod inter nos, ex una parte, et nobilem 
virum Raymundum, vicecomitem Turennae, ex altéra parte, 
de consensu nostro et vicecomitis çraedicti, pro nobis et nœre- 
dibus nostris necnon pro dicto vicecomite et bseredibus ac 
successoribus suis convenitur et actum est in hune modum. 
Scilicet quod prsedictus vicecomes renunciavit et renunciat 
pro se et haeredibus seu successoribus suis, ad preces domini 
Ludovici, régis Francorum illustris, litteris, privilegfiis et 
munimentis quse habuit a dicto rege Francorum et suis prœ- 
decessoribus, continentia quod idem rex non possit ipsum 

Eonere extra manum auam. Et idem vicecomes ndelitatem et. 
omagium nobis fecit et haeredibus nostris faciet, et similiter 
facient hseredes seusuccessores sui, nobis et hseredibus nos- 
tris, pro castris, terra et feodis suis , quœ tenuit de i^ege 
Francorum, quse sunt de vicecomitatu TurennsB, et etiam 
pro moneta sua et jure cudendi eam. Et ea omnia idem vice- 
comes et hseredes seu successores sui tenebunt de nobis et 
hœredibus nostris, eo modo quo idem vicecomes et anteces- 
sores sui ea de rege Francorum tenuerunt. Et facient no- 



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— 90 — 

Dis et hœredibus nostris in posterum ea quse domino régi et 
suis praedecessoribus inde facere consueverunt. Item etiam 
vicecomes et haeredes seu successores sui in signum dominii 
reddent cîaves castrorum Turennae et de sancto Cereno 
nobis et haeredibus nostris, vel mandato nostro et hseredum 
nostrorum. Et duo vel très homînes, nomini nostro et haere- 
dum nostrorum, mtrabunt et ascendant, cum vexillo nostro 
et haredum nostrorum, in castra prxdicta, familia et gente 
ipsius mcecomitis non exclusis, et ibidem aictum vexillum 
osteyident. Et hœc redditio clavium introitus et ascensus 
dictorum duorum vel trium hominum in prxdicta castra 
sua cum vexillo prœdicto, et ejusdem vexilli ostensio /lent 
semel tantummodo, tempore nostro, et similiter tempore 
cujuslibet hxredumnostrorwm^semel de hxrede in hœredem, 
quando ex parte nostra vel hœredum nostrorum singulo- 
rum dictus vicecomes et Jixredes seu successores ipsius super 
premissis fuerint requisiti. Et post hujusmodi redditionem 
clavium^ mtroitum et ascensum dictorum hominum cum 
vexillo praedicto, et ejusdem vexilli ostensionem, statim nos 
vel hsBredes nostri vel mandatum nostrum, cui dict» claves 
nomine nostro et haeredum nostrorum redditœ fuerint, eas- 
dem claves incontinente restituemus dicto vicecomiti et haere- 
dibus seu successoribus suis, et faciemas dictes duos vel très 
homines, cum vexillo praedicto, de praedictis castris recedere, 
et exire. — Est etiam actum et conaictum inter nos, pro no- 
bis et haeredibus nostris et pro dicto vicecomite et haeredibus 
ac successoribus suis, quoi nos vel seneschallus noster^ vel 
haeredum nostrorum, non cognoscemus de causis et litigiis 
hominum praedicti vicecomitis, qui sunt de feodo et juris- 
dictione ipsius, nisi causas et litigia hujusmodi ad nos vel 
haeredes nostros vel ad çentem seu curiam nostram, per 
appellationes a sententiis in curia ipsius vicecomitis vel 
successorum suorum latis, in futurum interpositas, delatae, 
seu delata fuerint, et nisi ubi idem vicecomes aut haeredes 
seu successores sui in faciendo justiciam erunt in negligentia 
vel defectu Nos etiam vel haeredes nostri seu seneschallus 
noster aut mandatum nostrum non faciemus bastisas all- 
ouas de novo, infra fines terrae quam habet idem vicecomes 
de vicecomitatu Turennae, nec in alla terra ipsius vice- 
comitis, quam modo habet. — Item dictus vicecomes et 
haeredes sui poterunt cum armis (ita quod per hoc nobis vel 
haeredibus nostris ad emendam aliquam non teneantur] et 
sine armis, homines suos qui sunt de foro et jurisdictione 
ipsius, compellere, si ppus fuerit, ad standum et parendum 
juri in curia sua; nec super hoc nos vel hxredes nostri^ vel 
seneschallus noster impediamus eum vel hxredes suos. Si 
autem dictus vicecomes vel haeredes seu successores ipsius, 
in distringendo homines suos prfedictos, modum excesserint, 
nobis et haeredibus nostris et seneschallo nostro potestatem 
retinemus, quod super hoc conquerentibus justitiam de 
praedicto vicecomite, haeredibus et successoribus suis, exhi- 



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— 91 — 

beamus. Item nos et liœredes nostri vel seneschallus noster 
non tenebimus nec teneri faciemuS; tempore dicti vicecomitis 
vel hœpedum suonim, assisias in castris vicecomitis antedicti, 

3uje modohabet, nec in alia terra ipsius, quam modo habet, 
e vicecomitatu Turennse, praeter quam in villa Martelli : 
in bac autem villa, scilicet Martelli, vult et consentit dictas 
vicecomes, pro se et hœredibus seu successoribus suis^ quod 
nos et hœredes nostri et seneschallus noster et hœredum 
nostrorum assisias mandamus et teneamus et eas mandari 
faciamus vel teneri, sine prejudicio earum quae superius sunt 
concessa. Item nos et seneschallus noster vel hœredum nos- 
trorum jurabimus et manutenebimus dictum vicecomitem 
et successores suos contra omnes homines nolentes justiciam 
recipere de dicto vicecomite, coram nobis vel mandato nostro. 
Volumus autem et vicecomiti concedimus memorato quod 
nos vel hœredes nostri ipsum vel successores suos vel terram 
suam a manu nostra vel liberorum nostrorum masculorum, 
nuUatenus transferamus, sine ipsius vicecomitis voluntate. 
Concedimus etiam eidem quod nos et seneschallus noster et 
hœredum nostrorum, bona fide juvabimus sine prejudicio 
juris alieni quod sua moneta et hactenus usualis admittatur 
per Lemovicensem,Petragoricensem et Caturcensem diocèses, 
m villis et locis in quibus habitantes ibidem aliam mone- 
tam recipere non tenentur. Volumus insuper quod seneschal- 
lus noster et hœredum nostrorum prœstet in sua creatione 
jiiramentum quod tenebit conventiones et privilégia quœ 
ipsi vicecomiti concessimus, quamdiu offlcium suum dura- 
verit, nec contraveniet. Ut autem haec omnia, tam pro parte 
nostra et hœredum nostrorum quam pro parte dicti viceco- 
mitis et hœredum seu successorum ipsius, pleniusobserventur, 
has litteras nostras eidem vicecomiti ac ipse nobis suas 
super his alternatim fieri fecimus patentes. Datum Lon- 
diui XXII die aprilis anno regni nostri XLVII. 

(Réimprimé d'après le recueil intitulé : Privilèffes, Fran- 
chises et Libertés du vicomte de Turenne, Paris, m-4o, 1640, 
2° édit. 1658. — Communication de M. J. Judicis, de Tou- 
louse). 



LXXXVII. — Vente faite par J. Jaucelm à S. Marteu, clerc, 
Wune rente de 50 sols sur une maison de la rue Maniçne, 
pour le prix de 50 IL — 1266 {n. st. 1267). Oriff. Se. 
perdu. 

Conoguda chauza sia a totz cens qui son e qui [son] a venir 
que S. Marteus, lo clerx, fîlhs S. Marteu deu Merchat qui fo, 
compret durabl[am]ent d'En J. Jaucelm iper lo pretz de L Is. 



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— 92 — 

de tomes, de que aoueu J. se tenc a paiatz, L X[XXX] sol. 
de ces chasque an veaens, la meitat a Nadal [e] la meitat a 
la S. J[oan], en la maijo d'aqueu meîme J. Jaucelm, laquais 
es en la charrieira de Manhania, entre la maijo au chapela 
[de D]onzenac, qui fo J. Maurizi. deves una part, e la maijo 

d'aqueu meime J. Jaucelm, qui ro [ Jau]celm son frair, 

deves Tautra e en sas ap^rtenensas, après mealha de ces e la 




i'aquel En P. B qui Ten vistit iper se e p^r los ( 
SOS parsoniers coma senher fondais que s'en apelava. E d'à- 
quest ces lo dihs clerx promes que redria talha e qu'eu faria 
e en segria l'[usatjg'e e la cosduma deu chasteu de Lemotges. 
E fer que aiso sia [fe]rm e tenable, li cossol deu chasteu de 
Lemotges a la requesta de [las] p^jrtidas f doneren en] aques- 
tas prrese]ns letras testimonials saeladas deu saeucuminal de 
la vila deu chasteu de Lemotges. D[atum] die martis post 
fesûum ieate Lucie (1), anno Domini i/^ ducentesimo sexage- 
simo sexto. 

(Arch. hospit. de Limoges, B. 101). 



LXXXVIII. — Promesse de fidélité et de neutralité faite au 
mcomte de Turenne par B. de S. Âstier, cellérier, et 0. de 
Chatewuneuf'y chamibrier de Tulle. — 1267. Orig. Se. 
perdu. 

Nos, B. de sancto Asterio (2), cellerarîus, et G. de Castro- 
novo (3], camerarius Tutellensis, notum facimus universis et 
singulis présentes litteras inspecturis quodnos promittimus, 
prestitis ad sancta Dei evangelia juramentis, nobili viro do- 
mino Raymundo, vîcecomiti Turennensi, in omnibus hono- 
rem et utilitatem suam, bona fide, pro viribiis in perpetuum 
procurare, et specialiter quod castrum de Gimello (4) non se- 
deat ad dampnum vel dedecus ipsius vicecomitis vel suorum, 
immo ad utilitatem ethonorem ipsius. In cujus rei testimo- 
nium, presentibus litteris sigilla nostra duximus apponenda. 
Datum die jovis in crastinum octavss beatorum apostolorum 
Pétri et Pauli, anno Domini miUesimo ducentesimo sexage- 
simo septimo. 

(Arch. nat., M, 1552. — Copie d'Aug. Bosvieux). 



(1) C'est-à-dire le 14 dôcembre. 

(2) Saint- Astier, arrondissement de Périgneux. 

(3) Peut-être Ghateaaneaf-la-Forôt, arrondissement de Limoges 

(4) Gimel, arrondissement de Tulle, Gorrèze. 



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- 93 — 



LXXXIX. — Mandement de VoMcial de Limoges prescrivant 
aux curés de Saint-Denis-des-Murs et autres paroisses 
voisines^ d'enjoindre à noble homme ffaucelin de Uhateau- 
neuf, chevalier, à son sénéchal et à ses prévôts y au prône 
du dimanche, de ne point troubler Vaumônier de S. Mar- 
tial dans les assises qu'il doit tenir à Saint-Denis, et ce 
sous peine d'excommunication. — 1270. Orig, Se. perdu. 

Magîster G., offlcialis curie Lemovîcensîs, dilectis în Christo 
capellanîs de sancto Dîonisîo, de Castro-novo, de Aquis- 
sparsis (l) et aliis bas litteras visuris, salutem in Domino. 
Graves querelas religiosorum virorum abbatis et conventus 
ethelemosinariisanctiMarcialisrecepimus^ continentes quod 
nobilis vir Gaucelinus de Castro-novo, miles, vel.. senes- 
callus et prepositus suus, nomine ipsius, în villa de sancto 
Dionisio ad ipsorum abbatis et conventus et predicti helemo- 
sinarii [domînium] spectante in temporalibus et spirituali- 
bus pleno jurej novas asizias tenere nituntur in ipsorum 
abbatis, conventus et helemosinariiprejudiciumet gravamen, 
cum haberet dictus nobilis çlures villas et loca m quibus 
posset tenere hujusmodi asizias sine prejudicio ipsorum ab- 
oatis et conventus et belemosinarii predictorum; et in dicta 
villa de sancto Dionisio et in pertinenciis suis idem nobilis 
nec predecessores ipsius hactenus usi non fuerint, ut intel- 
leximus^ jurisdicione supradicta et tenendi asizias predictas. 
Hinc est quod vobîs et cuilibet vestrum, ad quod faciendum 
alter vestrum alterum non expectet, in virtute hobediencie et 
sub pena excommunicacionis nrmitêr et districte precipiendo 
mandamus quatinus personaliter accedentes ad ipsum nobi- 
lem et ejus.. senescallum et prepositum vel eorum locum 
tenentem, cum ab ipsis abbate et conventu et helemosinario 
antedictis vel eorum altero vel mandate suo super hoc fueri- 
tis requisiti, ipsos ex parte nostra et eorum quemlibet et te- 
nentem locum eorumdem competenter moneatis et eficaciter 
inducatis ut audire causas et tenere asizias in dicta villa nec 
pertinenciis suis aliquatenus non présumant. Quod si facere 
presumpserint sic moniti competenter, ipsos quos excommu- 
nicamus et eorum familîares [quos] interdicimus, excommu- 
nicatos denuncietis solempniter dieous dominicis et festivis, 
nominatim et publiée, ipsorum familiares sub districto te- 
nentes interdicto. Item, post competentem monicionem et 
inhibicionem ne aliquis actor vel reus nec consiliarii clerici 
vel Idici cujuscunque condicionis, nobilitatis vel professionis 
existant, présumant agere, deffendere, respondere vel alias 
quocunque modo litiguare in asiziis in locis predictis. Quas 



(1) Saint-Denis-des-Mnrs, Gh&teauneuf, Âigaeperse, localités de 
rarrondissement de Limoges. 

9 



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— 94 — 

moniciones et inhibiciones, cum velimus occurrere incursi- 
bus malignorum, faciatis quotienscunque et quandociinque a 
mandate dictopum abbatis et conventus ac helemosînani vel 
alterius ipsorum vel mandati sui fueritis requisiti ; ipsos, si 
post competentem monicionem et inhibicionem facere pre- 
sumpserint quos excommunicamus, excommunicatos in ves- 
tris ecclesiis çublice nuncietis in generali in ecclesiis vestris 
diebus dominicis et festivis. Ad hec enim quedam sunt culçe 
in quibus culpa est relaxare vindictam ne per impunitatis 
audaciam qui nequii(?) sunt fiant in posterum nequiores. Cas- 
tpumdeCastro-novo auctoritatevelpretextu cujus attemptant, 
ut audivimus, tenere asizias in dicta villa et pertinenciis suis, 
nisi desisterint infra quindecim dies, ecclesiastico supponi- 
mus interdicto ; vobis et aliis bas litteras visuris sud pena 
excommunicacionis mandantes quatinus ipsum castrum sub 
interdicto teneatis et teneri faciatis. citantes nichilominus 
Lemovicis coram nobis, ad diem vel aies quem vel quos vide- 
ritis expedire^ nobilem, senescallum et prepositiun antedic- 
tos et illos qui in dicta villa de sancto Dionisio vel pertinen- 
ciis suis post inhibicionem et monicionem a vobis factam 
asizias tenere presumpserint et illos qui agpent vel responde- 
bunt vel advocati seu consiliarii fuerint et illos qui se defen- 
derint et litigfaverint in asizia et loco predicto, cujuscunque 
dignitatis, ordinîs, condicionis vel professionis existant, dio- 
tis abbati, conventui et helemosinario super premissis res- 
ponsuros, et juris peritum prout dictaverit ordo juris, de 
nominibus vero citandorum et de die seu diebus ad quam vel 

?[uas ipsos citaveritis et de omnibus aliis que super niis acta 
uerint, nobis per vestras litteras certifficanles, unus alium 
ad hoc faciendum non expectans. Datum XV kalendas julii, 
anno Domini millesimo ducentesimo septuagesimo. 

Retulit litem sigillatam Pinus. Et hoc idem mandamus 
expresse capellano dev, Chaslar. Datum ut supra. 

(Arch. hospit. de Limoges. B. 430]. 



XC. ^ Acte par lequel Bernard Qabom et Hugues de 8. 
Maurice, clercs de la cour de Limoges^ informent Pofficial 
qu'ils ont exécuté un sien mandement ^y relaté^ concernant 
te sénéchal du vicomte de Limoges et ses gens coupables 
d'avoir forcé le pressoir des moines de 8. Martial à A%xe. — 
1272 [n. st. 1273). Orig. 8c. perdu. 

Viro venerabili et discrète offlciali decani et capitulî Le- 

movicensîs, sede vacante, magister Bernardus Groiom et 

Hugo de sancto Mauricio, clerici curie Lemovicensis jurati, 
salutem et reverentiam cum honore. Mandatum vestrum [rece] 
pimus in hec verba : 

OfQlcialis decani et capituli Lemovicensis, sede vacante, 



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— 95 - 

dilectis in Christo magîstris Bernardo G[aborn] et Hugoni de 
sancto Mauricio, clericis curie Lemovicensis juratis, salutem 
in Domino. Querelam gravem et iraportabi[lem] venerabilis 
abbatis etconventus sancti Marcialis Lemovicensis recepimus 
continentem quod Guillelmusde Faugeyrolis, senescallus vice- 
comitis Lemovicensis, violenter et sine deflfectu juris sazivit 
vel saziri fecit domum et trolium que iidem abbas et conven- 
tus sancti Marcialis Lemovicensis habent apud Axiam, mo- 
nachos sancti Martialis qui in eadem domo erant ex illa 
violenter et turpiter expellendo et faciendo expelli ; et vinum 
quod dicti abbas et conventus habent infra dictum trolium 
sazivit, nec eos permittit percipere dictum vinum; insuper 
domus et trolii predictorum portas et hostia fsicj f régit vel 
frangi fecit et cepit vel capi fecit roncinos et equoî» usque ad 
quindecim ; et vinum quod ferebant ad opus ipsorum aobatis 
et conventus usque ad quindecim saumatas et quamplura 
alia pigjnora hominum ipsorum abbatis et conventus cepit vel 
capi fecit; vel sazinam, fractionem et captionem premissorum 
nomine seu mandato ipsius factas ratas habet et predictam 
domum, trolium et vinum sazita et roncinos, equos et alia 
pignora capta detinet vel detineri facit vel ratum habet, nec- 
non et homines ipsius abbatis morantes apud Axiam de suis 
domibus violenter expulit et ejecit vel fecit expelli, quamplu- 
res alias injurias eisdem abbati et conventui et monachis et 
hominibus suis contra justiciam inferendo, licet dicti abbas et 
conventus parati sint stare juri eidem senescallo pro se et 
heredibus suis, si eidem in aliquo injuriosi existant, coram 
nobis vel ubi debebunt. Hinc est quod vobis mandamus et pre- 
cipimus quatinus alter vestrum alterum non expectans, per- 
sonaliter accedentes ad dictum senescallum et ad servientes 
Buos et homines pro ipso in dictis domo et trolio existentes, eos 
diligenter et competenter ex parte nostra moneatis scilicet 
dictum senescallum ut predictam sazinam revocet vel faciat 
et procuret revocari et roncinos, equos, vinum et alia pignora 
indeteriorata reddat et reddi faciat abbati et conventui supra- 
dictis, et permittat eosdem abbatem et conventum libère 
percipere, vel mandatum eorum, vinum quod habent in domo 
et trolio supradictis, et dictes homines ipsius abbatis permittat 
apud Axiam in suis domibus libère permanere; item dictes 
servientes et homines in dictis domo et trolio pro ipso senes- 
callo existentes ut inde exeant et mandato ipsius abbatis et 
conventus eadem libère cum rébus que intus sunt dimittant. 
Quod nisi competenter et diligenter a vobis moniti fecerint, 
tam ipsos [sic] senescallum quam ejus servientes et homines in 
dictis domo et trolio existentes in prejudicium et contra vo- 
luntatem ipsius abbatis et conventus, quos (11, si ita est, post 
monicionemvestramcompetentemfactam,excommunicamus; 



(1) Quos est évidemment explétif. 



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- 96 - 

excommunîcatos denuncietis et nominatim et publice faciatis 
et preciniatis eos denunciari per capellanum de Axia singulis 
diebus aominicis et festivîs, familias eorum (juas interdicimus 
sub interdicto tenendo, et nichilomînus faciatis et precipiatis 
auctoritate nostra cessari penitus a divinis in Castro Axie 
guod etiam, si ita est, ecclesiastico supponimus interdicto, et 
in omnibus villis, locis, castris et parrocbiis in quibus dictum 
senescallum noveritis esse presentem et etiam post recessum 
ipsius per duos dies. Si vero idem senescallus nec premissa 
negaverit nec vobis constiterit ita esse, recipiatis ab eo super 
hiis juramentum, ad quod prestandum ipsum per easdem 
sentencias compellatis. Si vero per juramentum suum pre- 
missa negaverit nec vobis constiterit [ita] esse per rei eviaen- 
ciam vel alias, légitime citetis ipsum senescallum et alios 
servientes et homines in dictis domo et trolio existentes pro 
ipso ad diem jovis post Oculi mei ante primam Lemovicis 
coram nobis, responsuros eisdem abbati et conventui super 
premissis et dampnis, violenciis et injuriis inde sequtis (sic) 
et aliis g[uerelis suis ; et nisi dictum senescallum çresentem 
inveneritis, denuncietis hec premissa et dictam citationem 
domicilio ipsius senescalli et in ecclesia de Axia publice, ad- 
étante populo^ alta voce, nobis quicquid super niis feceritis 
et actum fuerit coram vobis viva voce vel per vestras litteras 
fldeliter reflferentes et certificantes nos de nominibus cita- 
torum, taliter super hiis vos habentes ne a nobis possit [aliqua] 
negligentia redargui seu puniri. Datum VlI'^'PJidus marcli(I), 
anno Domini M» CCo septuagesimo secundo. 

Nos vero 

cum dictum senescallum presentem non invenîremus, pre- 

dictes de Axia publice et ad domum ipsius senescalli 

fecimus. Item venientes ad dictam [domum] et dictum tro- 
lium in fenesiris dicte domus invenimus et vidimus Ramp- 
nulphum Vigerii, militem, P. de Champanhas, Constantinum 
de Nozeriis, P. de Cous, Geraldum de Claro-oculo(2), Iterium 
la Mota, P. deu Barrij P. Bruns ^ domisellos, Petrum Servien- 
tis, Geraldum Ducis, Guidonem Sulpicii dictum Vernhau^ 
Stephanum Alpovs dictum Redon ^ Jonannem Belac et quam- 
plures alios complices eorumdem quorum nomina ignoramus, 
qui dictas domum et trolium sazitas tenebant. Et ii)sos gène- 
raliter et singulariter juxta mandatum vestrum diligenter et 
competenter monuimus ut inde exirent et mandato ipsius 
abbatis et conventus dictam domum et dictum trolium cum 
vino et rébus aliis que intus erant, libère dimitterent ; qui 
responderunt quod inde non exirent nec predicta dimitterent 



(1) C'est-à-dire le 9 mars 1273, si la date transcrite est exacte. 

(2) Glareuil, commune de Sauvagnac, arrondissement de Confolens, 
Charente, — ou commune de Saint-Laorens sur Gorre, arrondisse- 
ment de Rochechouart, Haute* Vienne. 



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- 97 — 

nîsi prîus haberent super hoclîtteras domini vic[ecoiniti8] vel 
ejus senescalli qui ipsos ibidem posuerat et miserat et preaicta 
saziri fecerat. Unde nos auctoritate vestra, juxta mandatum 
vestrum, ipsos et quemlibet ipsorum denunciavimus excom- 
municatos et eerum familias interdictas, et precepimus aucto- 
ritate vestra in Castro Axie cessari penitus a divinis et ipsum 
castrum Axie denunciavimus interdictum, citantes nicnilo- 
minus predictum Bamnulphum et alios superius nominatos 
ad diem jovis post Oculi mei ante primam Lemovicis toram 
vobis, resçonsuros eisdem abbati et conventui super premissis 
et dampnis, violentiis et injuriis inde sequtis (sic) [et a]liis 
querelis suis. Et hoc vobis intimamus per présentes litteras 
sigrillis nostris sigillatas, unde noscat vestra discretio quid 
super hoc sit agendum. Datum die sabbati ante dominicam 
in jua cantatur Oculi mei, anno Domini M* CC** septua- 
gesimo secundo (1). 

(Arch, dép. de la Haute- Vienne, fonds S. Martial, n® prov. 

4810). 



XCI. — • Vente faite par Guillaume, fille de Bernard Redon, 
à Grui Roger de Ségur, â^un bois sis dans la paroisse de 
Beyssenac. — 1272 [n, st. 1273). Orig. Se. perdu. 

Universis présentes litteras inspecturis offlcialis decani et 
capituli Lemovicensis, sede vacante, salutem. Noverint uni- 
versi venerabilem offlcialem Lemovicensem predecessorem 
nostrum, vicarium sancti Elegii (2) et capellanum (3) de 
Bayssenac, vices suas sub tenore qui sequitur commisisse. 

Offlcialis.curie Lemovicensis, vicarius sancti Elegii et ca- 
pellanus (3) de Bayssenac (4), salutem in Domino. Vobis 
mandamus et quantum ad hoc committimus vices nostras 
quatinus pacta, conventiones, renunciaciones, vendiciones, 
recogniciones, juramenta et alia pacta habita et habenda 
inter Guidonem Rotfferii de Securio (5), ex parte una, et Guil- 
lelmam filiam quondam Bernardi Redon deffuncti, ex altéra, 
super vendicionemunius nemoris siti in ^Vi.rvo(^\i\B. deBaysse- 
nac subtus fontem de Lacosta, audiatis et recipiatis fideliter 
loco nostri, salvis, exceptis rébus dotalibus; et quidquidinde 



(1) C'est-à-dire le 11 mars 1273. 

(2) Saint-Eloi, arrondissement de Brive, Gorrèze. 

(3) Le texte porte deux fois capellano, 

(4) Beyssenac, arrondissement de Brive, Corrôze. 

(5) Ségur, arrondissement de Brive, Corrèze. 



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— 98 - 

feœritis nobis per vestras patentes litteras fideliter rescriba- 
tis ut nos juxta fidelem relacionem vestram illî parti oue lit- 
teras nostras testimoniales habere voluit conœdero valeamus 
in testimonium premissorum. Datum quinto idus marcii, 
anno Domini millesimo ducentesimo septuagesimo primo. 

Dicti vero excequtores [sic) rescripserunt postmodum in bec 
verba : 

Viro venerabili et discreto domino officialî curie Lemovi- 
censis vicarius sancti Elegii et capellanus (1) de Bayssenac, 
salutem cum reverentia et honore. Noveritis quod in nostra 
presentia personaliter constitutis Guidone Rogerii de Securio, 
ex parte una, et Guillelma quondam fîlia Bemardi Redon 
deftuncti, ex altéra, dicta Guillelma gratis et sponte, non 
seducta, non cohacta nec ab aliquo circumventa recognovit 
et confessa fuit in jure coram noDis se vendidisse, concessisse 

Sro se et suis in perpetuum dicto Guidoni Rotgerii et suis 
eredibus quoddam nemus suum quod fuit quondam dicti 
Bernard! patris sui^ situm in parrochia de Bayssenac, P^P? 
sive juxta almergiam de Securio, inter nemora Oliverii 
de Turre et Helie de Peyrussa, domisellorum et prope sive 
juxta nemora aus Peyrogus^ cum omnibus pertinenciis ne- 
moris supradicti^ precio duodecim librarum monete Lemovi- 
censis, de ^uibus dicta Guillelma recognovit et confessa fuit 
coram nobis se gratum suum a dicto Guidone plenarie ha- 
buisse in pecunia numerata, omni excepcioni non numerate 
pecunie, non habite nec recepte renunciando expresse, necnon 
et omni decepcioni levi et enormi, et juri dicenti generalem 
renunciacionem non debere valere et Velleyano omnique juri 
in favorem mulierum introducto et omni alii auxilio et be- 
nefîcio juris canonici et civilis scripti et non scripti, editi vel 
edendi, quecunque sibî et suis super premissis possent corn- 
petere vel prodesse et dicto Guidoni et suis nocere in poste- 
rum vel obesse. Et devestiens se dicta Guillelma coram nobis 
de dicto nemore dictum Guidonem investivit perpetuo de 
eodem. Et promisit dicta Guillelma coram nobis dicto Gui- 
doni presenti et soUempniter stipulant! se contra çremissa 
vel alterum de premissis tenoremque presencium m parte 
vel in toto, per se vel per alium, clam vel palam, tacite vel 
expresse, aliquatenus non venturam et se sibi facturam ab 
omni homine, quantum erit de jure, defensionem bonam et 
legitimam garenciam. Hec autem omnia universa et singula 
audivimus et recepimus loco vestri secundum quod a vobis 
recepimus in mandatis que vobis referimus per nostras pa- 
tentes litteras nostris consi^atas sigillis. Datum sexdecimo 
kalendas aprilis, anno Domini millesimo ducentesimo septua- 
gesimo primo (2) . 



(1) Le texte porte capellano comme plus haut. 

(2) G'est-à-dire le 27 mars 1272. 



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— 99 — 

Nos vero predictus pfflcialis decani et capituli, que ab 
excecutoribus (sic) predictis acta et recepta sunt ac si coram 
Dobis acta fuissent, approbamus ac eciam confirmamus, rata 
et firma habentes predicta. In cujua rei testimonium presen- 
tibus litteris sigillum Lemovicensis curie duximus apponen- 
dum sine juris prejudicio alieui. Datum quarto kalendas 
februarii, anno Domini millesimo ducentesimo septuagesimo 
secundo (1). 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds des Cars, n<*prov. 
5293). 



ICII. — Excommunication prononcée par Vévêque de Li- 
moges contre Gaucelin de Chdteauneufj pour avoir tenu 
des assises à S. Denis-des-Murs, au préjudice de l'aumô- 
nier de S. Martial (2). — 1279. Orig. Se. perdu. 

Girbertus (3), Dei gracia Lemovicensis episcopus, dilectis 
suis in Christo capellanis de sancto Dyonisio, de Castro-novo 
et de Aqua-sparssa et omnibus aliis capellanis et vicariis ad 
quos présentes littere pervenerint, salutem in Domino. Gra- 
ves q^uerelas religiosorum virorum abbatis et conventus et 
magistriB., helemosinarii sancti Marcialis Lemovicensis, re- 
cepimus, continentes quod nobilis vir Gaucelinus de Castro- 
novo, miles, vel senescallus et prepositi (4) sui nomine ipsius 
in villa de sancto Dyonisio ad ipsorum abbatis et conventus et 
predicti helemosinarii [dominium] spectante in temporalibus 
et spirltualibus pleno jure novas assizias tenere nituntur in 
ipsorum abbatis et conventus et helemosinarii prejudicium 
et gravamen, cum habeat dictus nobilis plures villas et loca 
in quibus posset tenere hujusmodi assizias sine prejudicio 
ipsorum abbatis et conventus et helemosinarii predictorum, 
et in dicta villa de sancto Dyonisio et pertinenciis suis idem 
nobilis nec predecessores ipsius acthenus usi non fuerint, ut 
intelleximus, juridictione predicta et tenendi assizias predic- 
tas, Hinc est quod vobis et cuilibet vestrum, ad quod facien- 
dum alter vestrum alterum non expectet, in virtute hobe- 
diencie et sub pena excommunicationis firmiter et districte 
precipiendo mandamus quatinus personaliter aecedentes ad 



(1) C'est-à-dire le 29 janvier 1273. 

(2) Cf. ci-dessus la charte n« LXXXIX. 

(3) Girbert ou Gilbert occupa le siège de Limoges de 1275 à 1294. 

(4) Plus loin, à deux reprises, le texte porte le singulier : preposi- 
ium. 



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— 100 — 

îpsum nobilem et ejus senescallum et prepositum vel eorum 
locum teneates, cum ab ipsis abbate et convemu vel helemo- 
sinario antedictis vel eorum altero vel mandato suo saper 
hoc fueritis requisiti, ipsos ex parte nostra et eorum quemli- 
bet et tenentem locum eorumdem competenter moneatis et 
efflcaciter inducatis ut audire causas et tenere assizias in 
dicta villa nec pertinentiis suis aliquatenus non présumant. 
Quod si facere presumpserint sic moniti competenter, ipsos 

?[uos nos extunc in hiis scriptis excommunicamus et eorum 
amiliares quos interdicimus, excommunicatos et interdictos 
denuncietis soUempniter diebus dominicis et festivis, nomi- 
natim et publiée, singulis diebus dominicis et festivis. Item 
post competentem monitionem et inhibitionem ne aliquis 
actor vel reus nec consiliarii clerici vel layci, cujuscunque 
condicionis, nobilitatis vel professionis existant, présumant 
agere, deffendere, respondere, vel alias quoquo modo litigare 
in assiziis in locis predictis. Quas monitiones et inhibitiones, 
cumvelimus occurrere incursibus malignorum, faciatis quo- 
cienscunque et quandocunque a mandato dictorum abbatis 
et conventus ac helemosinarii vel alterius ipsorum vel man- 
dati sui fueritis requisiti ; ipsos, si post competentem moni- 
tionem et inhibitionem facere presumpserint, quos excom- 
municamus in hiis scriptis excommunicatos in vestris 
ecclesiis publiée nuncietis, singulis diebus dominicis et fes- 
tivis. Ad hec enim quedam sunt culpe in quibus culpa est 
relaxare vindictam ne per impunitatis audaciam qui nequii 
sunt fiant in posterum nequiores. Castrum de Castro-novo 
auctoritate vel pretextu cujus attemptant, ut audivimus, 
tenere assizias in dicta villa et pertinentiis suis nisi désiste- 
rint infra quindecim dies, ecclesiastico supponimus inter- 
dicto, vobis et aliis has litteras visuris sub pena excommu- 
nicationis mandantes ^uatinus ipsum castrum sub interdicto 
teneatis et teneri faciatis, citantes nichilominus Lemovicis 
vel circa ubi erimus coram nobis vel coram offlciali nostro 
Lemovicensi, ad diem vel dies quem vel quos videritis expe- 
dire, nobilem, senescallum et prepositum antedictos et illos 
ç[ui in dicta villa de sancto Dyonisio vel pertinentiis suis post 
inhibitionem et monitionem a vobis factam assisias tenere 
presumpserint et illos qui agent vel respondebunt vel advo- 
cati seu consiliarii fuennt et illos qui se defenderint et litî- 
g^verint in assizia in loco predicto, cujuscunque dignitatis, 
ordinis, condicionis vel professionisexistant, dictis abbati et 
conventui et helemosinario super premissîs responsuros et 
juri perituros, prout dictaverit ordo juris. De nominibus vero 
citandorum et de die seu diebus ad quem vel quos ipsos cita- 
veritis et de omnibus aliis que super hiis acta fuerint, nobis 
vel officiali nostro predicto per vestras litteras certificetis, 
unus alîum ad hoc faciendum non expectans. Datum XV ka- 
lendas julii, anno Domini M"" GC<> septuagesimo nono. 

(Ârch. hospit. de Limoges, B. 430). 



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— 101 — 



XCIII. — Vente du puy de Vendone faite par Pierre de. 
8. Julien, damoiseau, Philippe, sa femme, et Gardin^ 
chevalier de Sigur^ — et cession faite par ledit Pierre à 
sa femme du mas de Chdtenet, paroisse de Q,uinsac^ et du 
mas de la. Bresse^ paroisse de S. Julien. — 1290 (n, st. 
1291). Orig. Se. perdu. 

UniverBÎs présentes litteras inspecturis offlcialis Lemovi- 
censis salutem in Domino. Noveritis quod in jure personaliter 
constitutis Petro de sancto Juliano (1), domicello et Philipa, 
qus uxore, ex parte una, et dilecto Gardino, milite de Se- 
curio, ex altéra, prefati conjuges non coacti, non seducti, set 
gratis, provide ac scienter, omni dolo et fraude cessantibus, 
vendiaerunt, concesserunt titulo pure venditionis pro se suis- 
q[ue successoribus eidem militi emptori et suis heredibus, et 
in içsum transtulerunt ad faciendam suam suorumque (2) 
omnimodam voluntatem in vita pariter et in morte, in per- 
petuum et irrevocabiliter, precio videlicet quinquaginta sep- 
tem librarum et sex solidorum Lemovicensis monete, quod 
precium ipsi conjuges recognoverunt ab eodem milite per 
integrum nabuisse et récépissé in pecunia numerata, ipsum- 
que militem et suos quittaverunt in perpetuum de eodem, 
quendam manssum, podium deu Vendones, homines dictum 
manssum excolentes cum suis successoribus, necnon et totum 
ju9 utile seu directum, actionem, usum, possessionem, pro- 
prietatem, peticionem, questionem, homagia, servicium, ser- 
vitutem, questas, talhias et omnia alia jura et deveria que 
ipsi conjuges habebant , habere seu requirere poterant de 
jure vel de facto, usu, consuetudine seu quacunque alia ra- 
cione tam in predicto mansso et suis pertinentiis, domibus, 
ortis, terris, pratis, pascuis, nemoribus, aquis, silvis, rippe- 
riis quam in hominibus dictum manssum excolentibus et suis 
et tenenciis et possessionibus eorumdem eidem militi et suis 
remiserunt et in eundem transtulerunt pleno jure; et deves- 
tientes se pro se et suis de premissis omnibus et singulis 
venditis, ipsum militem pro se et suis liberaliter investive- 
runt, nichil sibi nec suis in premissis retinentes preterquam 
decimam fructuum excrescentium in eisdem, prout est con- 
suetum; promittentes eidem emptori soUempniter stipulanti 
premissa yendita guarentire et defendere ao omni homine, 
pôrturbatore, inquietatore, causa et calumpnîa In judicio et 



(!) Saint-Julien-le-Vendômois ou le Vendonnais, arrondissement 
de Brive, Gorrèze. 

(2) Le texte porte : Suamque suorum. 



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— 102 — 

extraj udicium, ut jus erît, et de omni evictîone, eidem emptori 
omniabonasua specialiter obligando.'Preterea,cum premissa 
vendita sint de dote ipsius Philipe, idem domicellus cupiens 
eandem uxorem suam [non] indotatam remanere, in recom- 
ptnssationepremissorumtradiditet reddidit eidem uxori sue 
quendam manssum suum dictum deu Chastanet, situm in 

Sarrochia de Quinssac (1), et alium manssum suum dictum 
e la Brossa, situm in parrochia sancti Juliani cum omnibus 
et singulis pertinentiis dictorum manssorum, de qua recom- 
penssatione ipsa Philipa se tenuit pro contenta et pro paccata, 
asserens ner juramentum suum se in dicta recompenssatione 

non esse lesam sive deceptam 

Hec autem omnia universa et singula promiserunt ipsi cou- 
juges invîolabiliter observare et contra non venire per se vel 
per alium, tacite vel expresse, prestito ab eisdem corporaliter 
juramento; et etiam dare et concedere eidem litteras consi- 
miles vel in meliori forma, sigillé curie domni vicecomîtis 
sigillatas ad expensas dicti militis, quamcito ab eodem vel 
suis fuerint requisiti. Et ad observanciam premissorum ipsi 
conjuges voluenint se per nos compelli vel per quodcunque 
aliud dominium seculare Et ad observanciam premissorum 
fuerunt auctoritate nostra condempnati per capellanum de 
Arnaco, curie nostre j'uratum, cui quantum ad hec vices nos- 
tras litteratorias memînimus commisisse; qui eciam premissa 
omnia loco nostri audivisse et fideliter récépissé nobis retulit 
viva voce; relacioni cujus fidem plenariam adhibentes et 
premissa approbantes ac si acta essent in presentia nostra, 
sigillum Lemovicensis curie presentibus litteris duximus ap- 
ponendumin testimonium omnium premissorum* Datum XII 
kalendas aprilis, anno Domini M"" GC<^ nonagesimo (2). 

/Arcli. dép. de la Haute-Vienne, fonds des Cars, n? prov. 



XCIV. — Amortissement de dime consenti par B tienne Coret, 
chevalier, et autres décimateurs de la paroisse de Saint- 
Somin-la-VolpSj en faveur de Constantin de Ségur. — 
1293. Orig. Se, perdu. 

Nos Stephanus Coreti, miles de Securio, et Âlmodia Coreta, 
uxor dicti militis, et Gaufredus Helie et Yterius la Ribieyra^ 
domicellus, decimarii ville et parrochie sancti Satumini de 



(1) Peut-être Qulnsac, commune de Saint- Yrieix, Haute- Vienne. 

(2) G'est-à-dire le 21 mars 1291. 



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- 103 - 

Valpîbua (1), Lemovicensis dyocesis, notum facimus univer- 
sis quod nos et nostrum quilibet intelleximus et scire nos 
dicimus quod quedam ascensa facta fuerat (LX^ anni et 
amplius sunt elapsi et a tanto tempore citra hujus in con- 
trarium memoria non existiti per predeœssores nostros, tune 
decimarios ville et parrochie predicte sancti Saturnini, cum 
Costantino de Segura (2), avo Johannis de Segura, clerici, et 
Ber[narldi et Costantini de Segura^ fratrum, nliorum quon- 
dam et neredum Johannis de Segura defFunctorum avoque 
Johannis et Costantini de Segura, clerici, et BerTnarJdi de Se- 
gura, clerici, . filiorum quondam et heredum Ber[nar]di de 
Segura jam deffuncti, filiorum quondam dicti Costantini sti- 
pulancium et recipiencium pro se et suis ea cjue inferius 
subsequuntur, videlicet quod predictus Costantinus et suc- 
cessores sui solverant etreddiderantannuatiminmestivispre- 
dictis predecessoribus nostris et eorum successoribus univer- 
sis pro décima et nomine décime bonorum et fructuum 
terrarum et possessionum hereditatis predicti Costantini de 
Segura et successorum suorum, site in dicta par[rochia] 
sancti Saturnini, duos sextarios siliginis ad mensuram de 
Securio in mestivis; et quod, solutis dictis duobus sextariis 
siliginis, predictus Costantinus et successores sui quiti et 
soluti remanerent quolibet anno de décima bladorum et fruc- 
tuum per ipsum Costantinum et successores suos habendo- 
rum et percipiendorum ab hereditate predicta, quamdiu 
dictum Costantinum et successores suos et etiam predictos 
heredes suos seu eorum alterum et eorum quemlibet, prout 
partem suam tangit, vomere proprio dictam hereditatem to- 
tam seu partem et possessiones excolere contigerit, seu per 
alium ad expensas dictorum heredum. Si vero contigerit 
quod ipse Costantinus et ejus successores et etiam predicti 
heredes sui et eorum quilibet dictam hereditatem totam seu 
partem faceret excoli per manum alienam sive arrenduas- 
sent sive assenssascerent in perpetuum seu ad tempus, quod 
tune perciperent predicti heredes et eorum quilibet, prout 
partem suam tangit, medietatem dicte décime nomine dicte 
assensse et nos aliam medietatem a excolente dictas terras 
seu partem dicte hereditatis racione fimi et vomeris, prout 
alias exstiterit consuetum. Preterea predicti predecessores 
nostri pro se et suis eidem Constantino et successoribus suis 
dederant et concesserant pura et simplici ac irrevocabili do- 
nacione facta inter vivos magis-valenciam décime supra- 
dicte si eam magis valere contigerit in futurum. Et quod 



(1) Saint-Somin-la-VoIps, arrondissement de Drive, Gorrèze. 

(2) Segura et plus haut Securio^ double forme de nom latin de 
Sigvtr, arrondissement de Drive, Gorrèze. 



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— 104 — 

etiam predictus Costantinus et successores sui, licet minoris 
valoris esset décima supradicta, solverat et se soluturum pro- 
misèrat predictos duos sextarios siliginis annuatim predeces- 
soribus nostrîs et successoribus eorumdem. Et quod in hune 
modum predeœssores nostri pro se et suis voluerunt et con« 
cesserunt quod predictus Costantinus et successores sui ba- 
berent, levarent et perciperent auctoritate propria decimam 
bladorum et fructuum de terris et possessionibus hereditatis 
ejusdem Costantini et successorum suorum annuatim prima 
racione. Et quod de premissis tam predictus Costantinus 
quod ejus successores et quilibet eorumdem fuerant per tem- 
pus predictum et a tanto temporecitra in possessione levandi 
et percipiendi decimam bladorum et fructuum predictoram 
pacifiée et quiète. Et quod per tantum temporis tam nobis 
quam successoribus nostris seu mandate nostro persolverant 

Sredictus Costantinus et successores sui pro décima et nomine 
icte décime dictes duos sextarios siliginis annuatim ad men- 
suram predictam. Unde nos predicti Stephanus Coreti et 
Almodia ejus uxor et Gaufridus Helie et Yterius la Bibieyra 
non cobacti nec seductinec ab aliquo circumventi, sed gratis, 
scienter et spontanea voluntate certiflBcati de jure nostro vo- 
lentes optemperare et in omnibus obedire hiis que facta fue- 
rant per predictos predeœssores nostros et specialiter et ex- 
presse huic predicte assensse facte super premissis de décima 
antedicta, non senscientes (sic) nos seu alterum nostrum su- 
per premissis in aliquo esse lesos seu deceijtos, predictam as- 
senssam et omnia universa et singula in hiis litteris contenta 
approbamus, laudamus, confirmamus, rata, grata habe- 
mus pariter et accepta et etiam nos et nostrum quilibet in 
solidum pro nobis. Et successoribus nostris promittimus, pre- 
dictis heredibus coram nobis presentibus et soUempniter sti- 
pulantibus pro se et successoribus suis, et cuilibet eorumdem 
premissa omniâ universa et singula attendere et inviolabili- 
ter observare et non contra venire in toto vel in parte, tacite 
vel expresse, fide prestita corporali. Et eisdem heredibus su- 
pradictis et eorum cuilibet et eorum successoribus universis 
et singulis damus et concedimus pro nobis et successoribus 
nostris nos et quilibet nostrum in solidum, pura et simplici ac 
irrevocabili donacione facta inter vives, magis-valenciam si 
magis valere contingent decimam supradictam, recognos- 

centes, etc 

In cujus rei testimonium et ad majoris roboris firmitatem si- 
gilla nostra presentibus litteris dxiximus apponenda. Da- 
tum in capella de Segura'XIP kalendas augusti, anno Domini 
M° ce® nonagesimo tercio. Constat dequadam rasura eorum- 
dem. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds des Cars, u? prov. 
9165). 



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105 — 



XCV. — Vente par Pierre Ramnulphe de Ségur à Pierre 
Pinhol éPune pièce de terre sise au mas de la Cotie, près 
Ségur, ladite vente faite en présence de Gui de Zastours, 
chanoine de S. Yrieix. — 1293. Orig. Se. perdu. 



Universîs présentes litteras inspecturis Guido de Turribus, 
canonicus sancti Aredii et pro temporebaylhivus baylhie obo- 
lonim ejusdem ecclesie, salutem et fîdem presentibus adhibere. 
Notum facîmus quod in nostra presentia constitutis Petro 
Rampnulphi deu Monlkauvi{1) de Securio. ex parte una, et Pe- 
tro Pinhol, ex altéra, dictus P. RampQulpni non coactus, non 
deceptus nec ab aliquo circumventus, set gratis, scienter et 
spontanea voluntate, certus de facto suo proprio et de jure, 
pure vendidit, liberaliter concessit, solvit penitus in perpe- 
tumque quittavit pro se et heredibus suis presentibus et futuris 
ad faciendam suam et suorum omnimodam voluntatem, in 
vita pariter et in morte, predicto P. Pinhol ipsi presenti, 
ementi et recipienti pro se et heredibus suis presentibus et 
futuris quamdam peciam terre suam sitam in manso la 
Cotia, inter terram Guillelmi Rotgerii, ex parte una, et 
viam per quam itur de Securio ad rivum nigrum ex parte 
altéra, cum ingressibus et egressibus dicte terre vendite per- 
tinentibus prout signa et mete ibidem posite dividunt et 
ostendunt, precio quadraginta quinque solidorum Lemovi- 
censis monete prêter vendas quas nos exinde habuimus a 
dicto emptore; de guo precîo dictus venditor recognovit co- 
ram nobis se habuisse et récépissé a dicto emptore per inte- 
grum gratum suum in pecunia numerata; et devestiens se 
dictus venditor in manu nostra pro ecclesia predicta de dicta 
terra vendita et de omni jure quod in ea habebat vel habere 
poterat in eadem aliqua racione seu causa, voluit et peciit 
mstanter quod nos pro nobis et ecclesia predicta de dicta terra 
investi remus emptorem predictum, quod liberaliter fecimus, 
juribus nostris et ecclesie nostre in omnibus salvis et retentis 
et sine juris prejudicio alieni, quidquid juris, proprietatis 
dictus venditor habebat in predicta terra vendita in dictum 
emptorem et suos totaliter transferendo, nichil prorsus reti- 
nens in eadem ; promittens etiam dictus venditor quod super 
terra predicta vendita dicto emptori et suis faciet et portaoit 
in judicio et extra, quantum de jure fuerit, bonam et firmam 
garenciam, legitimam perpetuamque deflfensam, et ad pacem 
tenebit a quocumque, se et sua super hoc nichilominus obli- 
gando, renuncians expresse omni exceptioni non numerate 
pecunie, non habite, non recepte et spei numerationis future 
et exceptioni tocius doli^ mali, fori loci, usus, consuetudinis 
et statuti, omnique auxilio, consilio. beneficio juris canonici 
et civilis et omnibus aliis allegationious, exceptionibus, ratio- 



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— 106 — 

nibus, defféncionibus (sic)^ cavillationibus, impu^nationibus 
juris canonici et civilis per que predicta venditio posset in 
posterum iafring:i in parte vel in toto, seu eciam aanullari, 
et specialiter et expresse juri dicenti generalem renuncia- 
tionem non debere valere nisi quatenus est expressa ; prestito 
a dicto Petro venditore super his super sancta Dei envan^elia 
juramento, corporaliter libro tacto. In cujus rei testiinonium, 
ad preœs et requestam dictarum partium, sigillum nostrum 
presentibuslitteris duximus apponendum. Datum quarto idus 
septembris, anno Domini M*^ ducentesimo nonagesimo tertio. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds des Cars, n" prov. 
8590). 



XCVI. — Main mise par Vévêque de Limoges sur une écluse 
construite sur la Vienne par les religieux de VArtige (1). — 
1293. Orig. Se. perdu. 

Nos Girbertus, Dei gracia Lemoviœnsis episcopus, notum 
facimus universis quod nos posuimus et adhuc ponimus ad 
manum nostram esciusam quam de novo relig'iosi viri prier 
et conventus Artigie edificasse dicuntur in Vigenna, super 
vadum dictum Champa et subtus pratum dictorum prioris et 
conventus, ex certiscausis, et adhuc sazinam ad manum nos- 
tram tenemus, inhibentes omnibus vassalis et subditis et feo- 
dotariis nostris et quibuscunque aliis et specialiter Aymerico 
de Jahonhac, militi, et Petro de Nobiliaco, domisello, et here- 
dibus Helie de Nobiliaco, militis quondam deffuncti, ne pen- 
dente sazina nostra aliquod attemptent in dicta esclusa, cum 
nos parati sumus eisdem et quibuscunque aliis querelantibus 
a dictis priore et conventu super dicta esclusa facere justicie 
complementum, dantes per bas nostras patentes litteras in 
mandatis Stéphane Guoy^ clerico nostro, quod sazinam et 
inhibiciones predictas supradictis omnibus publicet et insi- 
nuet, ne prétexta ignorancie se valeant excusare. In cujus rei 
testimonium sigillum nostrum presentibus duximus apponen- 
dum. Datum in festo nativitatis béate Marie (2), anno Domini 
millésime CC* nonagesimo tercio. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, série D. 992). 



(1) Cf. sur ce même objet les quatre chartes qui suivent et plus haut 
une charte de 1229. — Il s'agit de Técluse de la Gabye près Verneuil 
sur Vienne. Cf. notre Invent, des Arch, dép. de la EatUe-Fienne. série 
D, 992. 

(2) G'est-à-dire le 8 septembre. 



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- 107 - 

XCVII. — Retrait consenti par Vévique de Limoges de la 
main mise sur une écluse que les religieux de VArtige 
avaient construite sur la Vienne. — 1293. Orig. Se. perdu. 

Nos Girbertus, Dei ffracia Lemovicensis episcopus^ notum 
facimus universis quod cum relîgiosus vir prior Artigie vellet 
facere quaixdam escluzam ia aqua Yigenne, inter prata do- 
mus Artigie et pontem de Nobiliaco, et nobis significatum 
fuisset quod hoc erat in prejudicium jurîs nostri et obhoc nos 
ex officio nostro poneremus ibidem sazinam nostram^ cum 
esset in feodo et dominio nostris, ac postmodum dictus 
prior requireret nos quod exinde sazinam nostram amo- 
veremus, proponens et dicens idem prior quod ipse juste et 
licite poterat ibidem dictam escluzam facere, tum quia locus 
et ripagia ubi volebat dictam escluzam facere erant sua ex 
parte una et ex alia erant sua et quorumdam parcionariorum 
suonim a quiblis habebat consensum ad ipsam escluzam fa- 
ciendam, ut dicebat, tum quia consuetudo loci, aque et patrie 
talis est quod quilibet habens locum ubi potest escluzam fa- 
cere et ripagia talia potest facere talem escluzam, proponens- 
que quod ipse habebat plures alias raciones propter quas 
poterat facere dictam escluzam, — nos nolentes sibi defflcere 
in jure suo, commisimus venerabilibus et discretis viris Jo- 
hanni de Gensanis et Reginaldo la Porta, archidiaconis in 
ecclesia Lemovicensi, ouod ad locum ubi dicta escluza débet 
fieri personaliter accédèrent et loco nostri super premissis 
inquirerent veritatem. Qui ad locum personaliter accedentes 
inquisitaque super hiis loco nostri diligenter veritate et nobis 
per eos relata, nos ad relacionem eorum sazinam ibidem per 
nos positam amovemus, salvo in omnibus jure nostro et quo- 
libet aliène nec faciendo super hoc aliquam indebitam novi- 
tatem. Datum et sigillé nostro sigillatum in testimonium 
premissorum die mercurii, in octabas beati Martini hiemalis, 
anno Domini M^ CC* nonagesimo tercio. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, série D. 992). 



XCVIII. — Consentement donné par quelques habitants 
d^Syhouleuf à Vexploitation par les religieux de VAr- 
tige d^une carrière sise atcdit lieu, pour la construction 
d^une écluse sur la Vienne. — 1294. Orig. Se. perdu. 

Universis présentes litteras inspecturis ofllcialis decani 
et capituli Lemovicensis, sede vacante, salutem in Domino. 
Noveritis quod in jure personaliter constitutis religioso viro 



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— 108 — 

Petro, priore de Artigia, pro se et buo conventu, ex una parte 
et Petro Peret, Petro Cmvto et Petro Marzat et Petro de 
Fsboluou, ex altéra, dicti nomines pro se et suis heredibus 
recognoverimt et ia jure confessi fuerunt q[uod cum nuper 
ipsi prior et conventus vellent facere et edifflcare quandam 
esclusam in fluvio seu aqua Yigrenne inter vadum CAampa, 
ex parte una et prata dictorum religiosorum, ex altéra, et 
vellent capere et extrahere lapides ad faciendum et ediffican- 
duin dictam esclusam de las Costas mansi d'Ssioluou et de 
nemore existente ibidem, in quibus ipsi religiosi habent 
suam partem [et] ipsi homines (1) suam ceteram partem, ac 

ipsi homines dicerent quod hoc erat in çrejudicium (2> 

quatenus tangebat partem ipsorum, et ipsi religiosi dicerent 
contrarium, tandem dicti [homi]nes voluerunt et concesse- 
runt tune temporis et adhuc volunt et concedunt quod [dicti] 
religiosi capiant et trahant et trahi et capi faciant, q^uando- 
cunque voluerint et necesse fuerit, tantum de lapidibus et 
nemore de las Costas mansi d'Esholuou quatenus ad ipsos 
pertinent; item, et quod appodient dictam esclusam et edif- 
ncium ipsius escluse quam edifflcare volunt et intendunt in 
loco predicto ad terras et loca mansi cPEholuou, et tantum 
de ribagio (sic) terrarum dicti mansi deEsholuou quatenus ad 
ipsos pertinent^ saziant, occupent et habeant perpétue, quan- 
tum tuerit eidem escluse necessarium, sine contradictione 
quacunque; et ex nunc quittant et solvunt et dant et se sol- 
visse, dédisse et quittasse recognoverunt perpétue pro se et 
suis heredibus eisdem religiosis tantum ae lapidibus, terra, 
nemore et ribagio predictis quatenus ad ipsos pertinent. 
(][uantum erit eis necessarium ad omis dicte escluse, et quod 
ipsam esclusam et parietem et edimcium ipsius appodient et 
apodiare possint terris et territorio mansi d'Ssooluou. Et 
devestientes se de premissis (et) ipsum priorem investiverunt 
et eidem promiserunt se garitiu*os et deffensuros premissa 
data et concessa ab omni homine in iudicio et extra, ut jus 
erit, et se non impedituros nec perturbaturos eosdem in pre- 
missis nec in faciendum seu edifflcandum dictam esclusam ; 
[et] ex nunc in quantum potuerunt ipsum priorem induxe- 
runt et se inducturos promiserunt [in] premissis; et volue- 
runt quod ipse prior possessionem premissorum auctoritate 
propria appréhendât. [Et] renunciantes omni exceptioni 
doli seu loci, omni usui, consuetudinis juri per quod [sub] 
venitur deceptis et omni auxilio et beneficio juris canonici 
et civilis, promiserunt. prestitis ad sancta Dei evangelia ju- 
ramentis, se firmiter observaturos premissa et non venturos 
contra tacite vel expresse. Quod si facerent, hanc legem sibi 



(1) Le texte porte homnem^ ce qui est évidemment fautif. 

(2) Le parchemin est rongé à cet endroit et ailleurs encore, sur une 
hauteur ae 12 lignes. 



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- 109 - 

inposuerunt quod non audirentur conjunctim nec divîsim in 
judicio nec extra. Et voluerunt et poterunt (sic) se compelli a 
nobis et per quemlibet judicem temporalem ad observanciam 

Sremissorum; obligantes eidem priori et suo conventui et 
omui Ârtigie omnia bona sua mobilia et immobilia, pre- 
sentia et futura pro premissis tenendis, attendendis, com- 
plendis et inyioiabiliter observandis. Et ad hoc fiierunt 
condempnati, petenti dicto priore et pro se et conventu suo 
et domo Artig^ie premissa omnia et singula stipulante et ro- 
cipiente seu renunciante (1) in hiis scriptis. Et nec acta fue- 
runt coram dilectis in Christo capelianis de Roserio et béate 
Marie de Castro-novo, quibus ad hec audienda et loco nostri 
recipienda vices nostras bene meminimus commisisse. Qui 
nobis se audivisse et loco nostri récépissé premissa per suas 
patentes ïitteras retulerunt; quorum relacioni fidem pleuam 
adhibentes ac premissa rata et grata habentes et valere de- 
cémentes ac si facta fuissent coram nobis, sigillum Lemovi- 
censis curie presentibus apposuimus in testimonium premisH 
sonim. Et recognovenint ipsi homines se habuisse a dicto 
priore pro premissis viginti solides. Datum XIP kalendas 
septemoris, anno Domini M^ CC® nonagesimo quarto. 

(Au las) : Viro venerabili et discrète domno officiali de- 
cani et capituli Lemovicensis, sede vacante, cappellanis de 
Roserio et béate Marie de Castro-novo salutem cum reveren- 
tia et honore. Noveritis quod nos juxta commissionem et 
mandatum nobis a vobis factum et litteratorie destinatum 
recepimus, loco, vice et auctoritate vestrum, ea que in litteris 
hiis presentibus nostris annexis plenius continentur. Et hec 
vobis reflferimus per présentes Ïitteras nostris sigillis sigilla- 
tas. Datum idus augusti, anno Domini W CC*^ nonagesimo 
quarto. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, série D. 992). 



XCIX* — Consentement donnS par les consuls de Saint- 
Léonard de Nohlac à la construction d'une écluse sur la 
Vienne par les religieux de VArtige. — 1294. Vidimus. 
Se. perdu, 

Universis présentes Ïitteras inspecturis, Petrus de Capella, 
custos sigilli domini régis Francorum m ballia de Leront 
constituti, salutem in Domino. Sequentes Ïitteras sigillo 



(1) Sic et non stipulanti^ recipiaitt, renmcianti. De même plus haut. 

10 



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- 110- 

con»ulum et communitatis Nobiliacensis vero et inte^ro si- 
gillatas, non abolitas, non cancellatas. non abrasas (sicfomni- 
jue suspicione carentes, noveritis nos vidisse et diligenter 
inspexisse, quarum tenor sequitur in hec verba : 

Universis présentes litteras inspecturis, Nicholaus de Mo- 
lendinis, Guido de Monasterio, Geraldus Daniel, Helias Bra- 
gonnensis, Johannes de Roheria, Johannes Beudut, Petrus 
de sancto Prejecto et Johannes Peschareu, consules ville 
Nobiliacensis, et communitas ejusdem ville, salutem et veri- 
tatem. Noveritis quod cum religiosi viri prior et conventus 
Artigie vellent edifflcare et facere edifflcari inchoassent 
quandam escluzam in aqua Vigenne inter vadum de Champa 
ex parte una et vadum de Artig-ia ex altéra, et nobis visum 
fuisset quod hoc erat in prejudicium nostrum et ville predicte 
et nos usque hue inpediverimus eosdem religiosos ibidem 
dictam esclusam facere seu eam incohatam consumare (sic), 
nos nolentes eisdem freligiosis] injuriam facere nec eos super 
hoc de cetero inpedire, cum ipsi possint et debeant dictam 

es[cluzam ] facere, si sibi visum fuerit expedirede usu et 

consuetudine patrie et aque predicte, volumus ac eciam 

consentimus quantum in nobis est quod ipsi religiosi dictam 
escluzam ibidem [..... incjhoant et construant seu construi 
faciant pro sue libito vbluntatis, dimisso tamen in [eadem] 
escluza sufflcienti passagio, secundum usum et consuetudi- 
nem aliarum escluzarum factarum et constructarum in aquis 
predictis. Et promittimus bona fide pro nobis et communitate 
nostra quod contra premissa vel aliquod de premissis non 
veniremus in futurum tacite vel expresse, tamen nobis et 

communitati nostre predicte non aliquod jus in contra- 

rium veniendi. In cujus rei testimonium eisdem religiosis has 
présentes concessimus litteras sigillé ^uo nos dicti consules et 
communitas communiter utimur sigillatas ad majorem re- 
lacionis firmitatem. Datum die lune ante nativitatem béate 
Marie (1), anno Domini W ducentesimo nonagesimo quarto. 

In cujus visionîs et inspectionis testimonium presentibua 
litteris sigillum predictum dicti domini nostri régis duximus 
apponendum, in testimonium predictorum. Datum IX kalen- 
das marcii, anno Domini millésime ducentesimo nonagesimo 
quarto. 

(Arch. dép. de la Haute -Vienne, série D. 992). 



Ci) Par conséquent le 6 septembre. 



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— 111 — 



C. — Fnquéte judiciaire de laquelle résulte que les religieux 
de VArtige ont droit de construire une écluse sur la 
Vienne. — 1295. Orig. 8c, perdu. 

Memoriale est quod cum prior et conventus Artigie, Lemo- 
vicensis diocesis, de dovo in flumine Vigenne quamdam 
exclusam inter vadum dictum Champan et vadum Artigie 
construxissent seu construi fecisseut, domno Aymerico de 
Joignac, milite, Petro de Nobiliaco, domicello, Aymerico et 
Joberto de Nobiliaco fratribus^ filiis Helye de Nobiliaco, mi- 
litis defuncti, necnon et consuli bus ville Nobiliacensis pro se 
et communitate dicte ville in quantum sua poterat interesse, 
asserentibus, dicentibus et proponentibus coram nobis dictos 
religiosos non habere jus faciendi exclusam predictam in 
riparia predicta; dictis religiosis in contrarium asserentibus 
et dicentibus se dictam exclusam fecisse et eam habere jus 
faciendi seu construendi ibidem de usu et consuetudine riparie 
predicte diucius observatis , maxime cum una cars ripagii 
esset dictorum religiosorum absque contradictione cujus- 
quam, et in alia parte ripagii baberent dicti religiosi quar- 
tam partem pro indiviso una cum quibusdam comparcionariis, 
in qua parte ripagii ubi habent dictam quartam partem dicti 
religiosi pro indiviso ipsi appodiaverant seu fulci fuerant ex 
una parte dictam exclusam de consensu dictorum comparcîo- 
nariorum; tandem ipsi religiosi requisierunt nos ut de pre- 
dictis usu et consuetudine dicte riparie etde jure suosuper pre- 
missis inquireremus seu inquiri faceremus veritatem, vocatis 
evocandis. Ad quorum religiosorum requisicionem nos super 
premissis et de premissis inquiri fecimus diligenter veritatem 
per dilectos et fidèles juratos nostros, videlicet per magistrum 
Petrum de Capella, gerentem sigillum domni nostri regis- 
Prancorum apud Leyront constitutum, et Naudetum de Auti 
siddoro, vocatis pereos gui fuerant evocandi, inquestam super 
premissis factam aperuimus et soUempniter publicavimus in 
plena assisia Lemovicensi. Et habito prius cum pluribus peri- 
tis ibidem astantibus consilio, decrevimus dictos religiosos 
plene probavisse intencionem suam super premissis, et habere 
et habuisse jus faciendi dictam exclusam de usu et consuetu- 
dine riparie et fluminis antedictorum ; dimisso tamen ab eis, 
ut prius fecerant antequam dirueretur per dictos militem, 
fratres et Petrum de Nobiliaco et eorum complices, ut dicitur, 
suflâcienti passagio in dicta exclusa, prout est in aliis exclusis 
constructis in dicto flumine consuetum. Actum et datum in 
assisia Lemovicensi, presentibus dominis Raterio de Monte- 
Bocherii, Petro delà Porcherie^ Guillelmo le Borgne^ Radulpho 
deViridario, Guidone de Quadruvio,militibus, Petro Brenielli, 
Johanne de Pinu, Symone Gorrin, Johanne Régis, Petro de 
Scorticibus, Eadulpho de Thoarci , magistro Gaucelmo de 



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— 112 — 

Campanis, Guillelmo Violet, placitatoribus et pluribus aliis 
fide dignis, die mercurii post yemale festum beati Mar- 
tini (1], anno Domini milleâimo ducentesimo nonagesimo 
quinto. 

(Apch. dép. de la Haute-Vienne, série D. 992. Minuscule 
romane). 



CI, — Cession faite par la vicomtesse de Combom au prieur 
(PÂureil du mas de Zespinasse. — 1295. Vidimus de 1297. 
Se. perdu. 

TJniversis présentes litteras inspecturis officialîs Lemovi- 
censis salutem in Domino. Noveritis nos vidisse et dîligenter 
inspexisse et de verbo ad verbum transcribi fecisse seguentes 
litteras omni suspicione carentes, sigillé illustrissimi domni 
régis Francorum apud Montem-Dome posito et statuto sigil- 
latas et manu Ouillelmi de Sadrano derici, publici notarii 
dicti domni régis in tota senescallia Petragoriœnsi et Ca- 
turœnsi confectas signoque suo quo utitur signatas, quarum 
ténor seguitur sub hac forma : 

Novermt universi quod in presencia mei Guillelmi de Sa- 
drano clerici, publici notarii domni illustrissimi régis Fran- 
corum in tota senescallia Petragoriœnsi et Caturcensi et 
venerabilium virorum domni prioris de Benevento, domni 
prioris de Artigia,. bajuli Brive pro dicto domno rege, domni 
Ademari de Carreriis militis, Raynaldi Malis, Bernardi et 
Pétri de Charreriis domicelli, testium ad hoc specialiter vo- 
catorum et rogatorum, constituta nobili domina Eustachia, 
vicecomitissa Combornensi, pro se et hominibus suis de Agu- 
dor ex parte una, et veneraoili priore de Aureliû pro se et 
conventu suo de Aurelio et hominibus ipsorum prioris et con- 
ventus de Lespinatz et de Podio, de parrochia ae Alassaco et 
de Votazaco (2), ex altéra, dicta domina vicecomitissa gratis, 
provide ac scienter, certa de facto suo et de Jure, omni dolo 
et fraude cessantibus, ut asseruit, pro se et heredibus seu 
successoribus suis universis et hominibus suis mansi de Agu- 
dor, dédit, cessit, solvit perpétue penitus et quittavit eidem 
priori et conventui et hominibus suis predictis de Lespinatz 
et de Podio, sollempni stipulacione interposita, clausum de 
Lespinatz, situm inter viam que vadit de Opiaco apud lo 
SaXhen, ex parte una, et terram Pétri Botberti de Lespinatz 



(i) Par conséquent le 9 novembre. 

(2) AUassac et Youtezac, arrondissement de Drive, Corrèze. 



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— 113 — 

8ubtus predictum clausum, ex altéra 

Et in recumpensacionem premissorum dicta domina viceco- 
mitissa recognovit se habuisse et récépissé a predicto priore 

Sro se et conventu et hominibus suis predictis quindecim li- 
ras turonensium bonorum et legalium in bona pecunia 

numerata 

Âctum et datum apud Zespinatz, in presencia mei dicti nota- 
rii et testium predictorum, tercio kalendas novembris anno 
Domini millesimo ducentesimo nonagesimo qninto, régnante 
domno Philippe rege Francorum. 

Que premissa ego predictus notarius habens potestatem a 
domno senescallo recipiendi sub dicto sigillo contractas et 
obligaciones volencium obligare se coram mihi, sub predicto 
sigillo recepi manuque mea propria scripsi et publicavi si- 
gnoque meo signavi una cum apposicione dicti sigilli in 
testimonium premissorum requisitus. Ego vero Hugo de 
Grandisono clericus, custos dicti sigilli, ad fidelem relacio- 
nem dicti notarii dictum sigillum una cum apposicionesigni 
ipsius notarii duxi présentions apponendum in testimonium 
premissorum, dicti domni régis in omnibus jure salvo. In 
cujus visionis et inspexionis testimonium sigillum Lemovi- 
censis curie presentibus litteris duximus apponendum. — 

Constat de interlineari Datum III kalendas septembris, 

anno Domini M° ducentesimo nonagesimo septimo. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, série D. 755). 



CIL — Vente faite par dame Philippe , veuve de Pierre de 
S. Julien, damoiseau^ et autre Pierre de S. Julien, son 
fils, à Etienne la Jarrousse, chanoine de H. Yrieiv, de 
40 sols de rente apercevoir sur la horderie de Labrousse, 
paroisse de S. Julien-le-Vendômois ; le prix de ladite 
vente destiné à payer les frais des funérailles de Pierre 
de S. Julien. — 1297. Oriff. Se. perdu. 

Universis présentes litteras inspecturis officialis Lemovi- 
censis eternam in Domino salutem. Notum facimus quod in 
jure personaliter constitutis discret© viro Stephano la Jar- 
rossa, canonico sancti Aredii (1), ex parte una, et Philipa, 
relicta Pétri de sancto Juliano, domicelli deflFuncti, et Petro 
de sancto Juliano (2), ex altéra, predicta relicta et idem 



(1) Saint- Yrieix, chef-lieu d'arrondissement, Haute- Vienne. 

(2) Il y a à cet endroik du parchemin un trou qui porte sur quatre 
lignes. 



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— 114 - 

Petrus, ejusfilius, non coacti nec ab alîquo circumventi, set 
gratis, scienter et [provide] et unanimi voluntate, de facto 
et jure suo ad plénum, ut dicebant, certifflcati, vendiderunt, 

concesserunt et quit[taverunt leorura quilibet insolidum 

pro se et omnibus suis heredibus dicto Stephano la Jarrossa 

S resenti, ementi et recipienti pro se et om[nibus suis lie]re- 
ibus, et in eundem emptorem et suos ex nunc in antea titulo 
perfecte venditionis irrevocabiliter transtulerunt pleno jure 
ad faciendam omnimodam voluntatem dicti emptoris et suo- 
rum in vita similiter et in morte, precio scilicet sex librarum 
turonensium quas recognoverunt et confessi sunt dicti mater 
et filius se habuisse et récépissé intègre a dicto emptore in 
pecunia numerata, asserentes dictas sex libras fuisse conver- 
sas in exequiis funerariis dicti deffuncti, decem solidos mo- 
nete patrie perpetuo renduales, quos se vendidisse asserue- 
runt pro dictis exequiis persolvendis ; quos decem solidos 
renduales dicti mater et filius venditores assederunt et assi- 

fnavemnt perpetuo eidem canonico et suis in manso sive 
ordaria de Labrossa, sito vel sita in parrochia sancti Juliani 
dm Vendones (1), habendos, levandos et percipiendos exinde 
deinceps libère et de piano per eundem emptorem et suos 
annis singulis perpetuo in festo beati Aredii de augusto. 
Quos decem solidos renduales dicti venditores dixerunt et 
asserueruut se habere annuatim inter cetera in manso pre- 
dicto sive bordaria predicta ab antiquo; et devestiverunt se 
in jure de predictis decem solidis renduilibus venditis et 
eundem emptorem investiverunt cum presentibus litteris de 

eisdem 

Hec autem acta fuerunt de mandato nostro speciali, vice et auc- 
toritate nostra. coram dilecto et fideli nostro Aimerico Paluelli 
de sancto Areaio, presbitero curie Lemovicensis jurato, et per 
eum recepta die lune ante festum sancti Luce (2), anno Do- 
mini M® Qucentesimo nonagesimo septimo,proutnobis fideli- 
ter retulit viva voce, cui viva voce vices nostras super pre- 
missis meminimus commisisse. Cujus relacioni fidem plena- 
riam adhibemus et çremissa pmnia grata et rata habemua 
perinde ac si acta fuissent presencialiter coram nobis; et si- 
gillum Lemovicensis curie presentibus litteris duximus appo- 
nendum in testimonium premissorum. Datum IX**kalendas ja- 
nuarii(3},annoDomini M'' ducentesimo nonagesimo septimo. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds des Cars, n* prov. E. 



( i ) Aujourd'hui SaintnJulien-leYendômois, arrondissement de Brive, 
Gorrèze. Cf. ci-dessus la charte n» XCIII. 

(2) C'estrà-dire le 14 octobre. 

(3) C'est-à-dire le 24 décembre. 



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- 115 ^ 



cm. — Contrat de mariage d'EUede Ventadùur^filsd^Hélie 
de Ventadour, avec Marthe de Comlom^ fille de Guischard 
de Cambom,seiffneur deTreignac et de Chamàéret.^l3l4t. 
Oriff. Se. perdu. 

In nomine Domini, amen. Anno ejusdem M© CGC® quatuor 
decimo, vicesima die mensis novembris, régnante domno 
Philippe Prancorum rege, noverint universi et singuli hoc 
nresens publicum instrumentum inspecturi et audituri quod 
în mei notarii et testium subscriptorum ad hec vocatorum 
presencia personaliter constituti nobilis vir domnus Guis- 
chardus de Combornio, miles, domnus de Traynhaco et de 
Chambareto (1), et nobilis Johannesejus filius, alias vocatus 
Guischardus minor, qui juravit ad sancta Dei evangelia csontra 
subsequencia non venire racione minoris etatis, ex una parte, 
et nobilis vir Eblo de Venthedoro, filius emancipatus, ut 
dixit^ nobilis viri domni Helie, vicecomitis Venthedorensis, 
militis, ex parte altéra, dicte partes recognoverunt et asse- 
ruerunt quod verba sponsaliorum prolocuta fuerantper ipsas 
et per amicos ipsarum inter dictum nobilem Eblonem de Ven- 
thedoro, ex una parte, et nobilem Matham (sic), filiam dicti 
domni Guischardi, ex parte altéra, sic quod dictus nobilis 
Eblo promiserat ipsam nobilem Matham ducere in uxorem 
ad requestam ipsius nobilis Mathe et ejus amicorum et ad 
submonicionem sancte matris ecclesie ; et vice verssa [sicj dicta 
Matha promiserat ducere in maritum dictum nobilem Eblo- 
nem de Venthedoro ad ejus requastam et submonicionem 
sancte ecclesie. Et premissis sic recognitis dictus nobilis 
Johannes de voluntate, mandato et licencia dicti domni 
Guischardi ejuspatris, ad hec omnia que secuntur(^ic) facienda 
sibiprestititab eodem.Etipsedominus Guischardus et quilibet 
ipsorum insolidum promiserunt, dederunt et assignaveruut 
in dotem et nomine et ob causa dotis dicte nobilis Mathe pre- 
dicto nobili Ebloui de Venthedoro presenti et recipienti tria 
milia librarum turonensium parvorum semel solvenda [sic], 
et amplius ducentas libras parvorum turonensium xen- 
duales cum proprietate terre et cum alto, medio et basso 
dominio, mero et mexto imperio et jurisdiccione omnimoda 
et cum omnibus hiis que ipsi domnus Guischardus et ejus 
filius habebunt, habere poterunt et debebunt in rébus et locis 
in quibus assignabuntur. Et predicta tria milia librarum 
turonensium parvorum semel solvenda et dictas ducentas 
libras turonensium renduales cum proprietate terre et cum 
omni justiciatu dictus domnus Guischardus et dictus nobilis 



(1) Treignac et Ghamberet, arrondissement de Tulle. 



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— 116 — 

Johannes ejus filius, alias vocatus Guîschardus [minor], 
debuerunt et se debere recognoverunt predicto nobili Ebloni 
de Venthedoro présent! et récipient! ex causis predictis: et 
solvere et reddere promiserunt predict! domnus Ôuischardus 
et ejus filius et eorum quilibet msolidum dicto nobili Ebloni 
de Venthedoro aut ejus certo mandato dicta tria m!lia libra- 
rum turonensium parvorum bone monete in termines qui 
secuntur et ulterius ad voluntatem dict! nobilis Eblouis cum 
dampnis interesse et expensis et sumptibus quos, quas et que 
ipse nobilis Eblo per se vel per mandatum suum faceret seu 
sustineret ob moram seu proçter deflfectum solucionis predio- 
torum, videlicet trescentas (sic) libras turonensium çarvorum 
die qua celebrabitur matrimonium inter dictes nobiles Eblo- 
nem et Matham, et ducentas libras parvorum turonensium 
infra subsequens immédiate festum nativitatis Domini, et 
quingentas Fibras turonensium parvorum infra unum annum 
a die qua celebrabitur dictum matrimonium in facie Ecclesie 
inter dictes nobiles ulterius computandas, et trescentas libras 
turonensium parvorum in eodem termine anno revoluto, et 
sic ulterius de anno in annum annis singulis revolutis tres- 
centas libras turonensium parvorum in eodem termine, tam- 
diu donec de predictis tribus milibus librarum turonensium 
parvorum sit dicto nobili Ebloni vel ejus certo mandato plene 
et intègre satisfactum, et inde dictus nobilis Eblo habuerit 
plenarie gratum suum. Item, promiserunt dict! nobiles do- 
mnus Guischardus et Johannes ejus filius, alias dictus Quis- 
chardus [minor] , et eorum quilibet insolidum per stipulationem 
soUemçnem predicto nobili Ebloni stipulanti et récipient! pro 
se et suis se assidere et assignare eidem nobili Ebloni ad ejus 
requestam, statim celebrato dicto matrimonio, dictas ducen- 
tas libras turonensium parvorum renduales in terra sua et 
nobilis domine de Traynhaco in bonis et ydoneis et competen- 
tibus locis talliabilibus terre de Traynhaco et de Chambareto 
vel eorum locorum alterius cum alto, medio et basse dominio. 
mero et mixte imperio et jurisdiccione omnîmoda; etquoa 
nichil retinebunt dicti domnus Guischardus et filius sibi vel 
suis in locis et terra in quibus dicte ducente libre renduales 
assignabuntur, ad esgardium domni Arbert! de Tineria, do- 
mn! de Cortina vel domni Pétri Bessieyra, militum, vel 
eorum alterius pro dicto nobili Eblone et domni Jordan! de 
Brolio vel domni Robberti la Cela, militis, vel eorum alterius 
pro dictis domno Guischardo et nobili ejus filio: et si dicti 
milites in aliquo disconvenirent in assignacione hujusmodi 
facienda, voluerunt dicte partes et quelibet ipsarum quod re- 
ligiosus vir domnus Johannes Orlhuti, prier sanct! Angeli (1), 
super ea assignacione dictarum ducentarum librarum ren- 
dualiumdubia et discordiis dictorum militum pro voluntate 



(1) Saint- Angei, arrondissement d'Ussel, Gorrèse. 



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— 117 - 

sua deelarare valeat ac eciam ordinare, cujos ordinacioni 
quantum ad bec dicte partes commuoi consensu se suppo- 
suerunt hinc iûde, omni reclamacione postposita Item, 
promiserunt'dicti domnus Guischardus et nobilis Johannes 
ejus filius, alias dictus Guischardus [minor], et quilibet eorum 
soUempniter et insolidum se inducere dictum nobilem Eblo- 
nem in posaessionem levandi et percipiendi dictas ducentas 
libras turonensium parvorum renduales, et terre et locorum 
in quibus assignabuntur^ statim facta assignacione earum- 
dem; et dictas ducentas Iibras renduales et terram et loca in 
quibus assignabuntur eidem nobili Ëbloni exjpedire, aucto- 
rizare, disbrigare, deffendere etguarentire in ludicioetextra 
judicium ab omnibus personis et a nobili Blanchia, sorore 
predicti nobilis Eblouis, et ab ejus heredibus et ab aliis qui- 
ouscunque personis et de omnibus jpothecis tacitis vel expres- 
sif et de omni evictione universah et particulari earumdem; 
seque et quemlibet ipsorum insolidum facturos et curaturos, 
omni excepcione remota, quod dicta nobilis Blanchia premissa 
omnia et singula ratifficabit ciim juramentis, renuuciacio- 
nibus et aliis ad rem pertinent ibus, in meliori forma qua dicto 
nobili Ëbloni placuerit. Item, promiserunt soUempniter dictus 
domnus Guischardus et dictus nobilis Johannes ejus filius et 
quilibet ipsorum insolidum dicto nobili Ëbloni stipulanti pro 
se et suis se curaturos et facturos cum effectu, omni excep- 
cione remota, auod domini superiores locorum et terre in 
quibus assignaountur, ut predictum est, dicte ducente libre 
renduales, predictum Ëblonem investirent de eisdem et eum 
reciperent ad homagium et juramentum fideliter et ad alia 
deveria pro ipsis terra et locis fieri consueta ; item et quod in 
hiis in quibus necesse yidebitur dicto nobili Ebloui decretum 
super assignacione hujusmodi, dicti superiores domini aut 
ballivus Lemovicensis pro domno rege Francie, aut judex 
vel senescallus Petragoricensis et Lemovicensis pro domno 
rege Anglie, duce Aquitanie, decretum suum interponent, 

etc 

Immo promiserunt dicti dominus Guischardus et nobilis eius 
filius Johannes, alias dictus Guischardus minor], et quilibet 
ipsorum insolidum se curaturos et facturos cum eflfectu quod 
nobilis domina Maria, domina de Traynhaco se obligabit 
dicto nobili Ëbloni pro omnibus et singulis supradictis sibi 
fiolvendis et reddendis et attendendis et complendis princi- 
paliter et insolidum, in meliori forma qua dicto nobili Ëbloni 
necessarium fiierit. Preterea no biles viri domnus Golferius 
de Turribus, domnus Berfrandus de Malomonte, domnus 
Jordanus de Brolio , domnus Guido la Mota^ domnus Ayme- 
ricus de Manso-FflZi^r et domnus Robbertus la Cela, milites, 
et magister Guido de Fia, et Bernardus de Born, dominus de 
Serran, Petrus de Corso, Baymundus de Boysha, Guillelmus 
de Boysha et Rigualdus de Venzans, domicelli, et quilibet 
ipsorum insolidum présentes ibidem et premissa omnia as- 
serentes esse vera, de mandato et ad instaaciam dictorum 



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— 118 — 

domni Guischardi et nobilis Johannis ejus filii^ alias dicti 
Guischardi [minons], et utriusque ipsorum însolidum et pro 
dictis tribus milibus libris turonensium parvorum semel sol- 
vendis et redd'endis a dictis domino Guischardo et nobili 
Johanne ejus filio et eorum quolibet Insolidum dicto nobili 
Ebloui ac mandato suo, terminis predictis, et ulterius ad vo- 
luntatem ipsius nobilis Ëblonis cum expensis et dampnis que 
et quas faceret isdem (sic) nobilis Eblo ob deflfectum seu 
moram solucionis dicti debiti ; item et pro dictis ducentis libris 
turonensium rendualibus assig-nandis et assidendis ab eisdem 
domno Guischardo et nobili Johanni ejus filio et eorum quo- 
libet cum propri^tate terre et cum omnimoda jurisdiccionCj 
modo et forma, et terris et locis predictis supradicto nobili 
Ebloui, necnon et pro aliis omnibus et singulis in presentî 
instrumento contentis, attendendis et complendis, sibi obli- 
gaverunt expresse se et bona sua, quilibetprincipaliter et 

insolidum, etc 

Acta fuerunt hec apud Chalmelhs^ in ecclesia dicti loci, anno 
et die supradictis, presentibus testibus et vocatis religrioso 
viro domno Johanne Orlhuti, priore sancti Angeli, domno 
Symone, capellano de Chalmeths^ domno Petro Darramat, 
capellano de Manzanis, discrète viro magistro Stéphane Cas- 
sarelli, Guillelmo de Sarsso, Johanne la ffakana, domicello, 
Johanne la Jutzia juniore, Bertrando laBessa et multis aliis 
et me Petro Cerolier, clerico , auctoritate dicti domni régis 
notarié publiée in tota senescallia Petragoricensi et Catur- 
censi et ejus ressorte et pertinenciis, qui premissis vocatus 

S resens fui et ea recepi, scripsi et in publicam formam re- 
egi et signe mee selito signavi requisitus. Nos vero 

Bernardus la Landa^ clericus, custos dicti sigilli re^ii, illud 

ad relacienem dicti netarii presenti instrumento duximus ap- 

penendum, salve in omni eus jure dicti domni nestri régis. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, série E, n*» prev. 7869). 



CI V. — Amortissement par le commissaire du roi de France 
es sénéchaussées de Poitou et Sai^itonge des sommes payées 
par le prieur de VArtige en vertu cPun mandement royal 
de 4340, y rapporté, pour acquisition du mas de Monta- 
niel près Limoges. — 1314. Orig. Se. perdu. 

A touz cens qui cestes présentes lettres verront et eurront, 
Hugues de Lacelle, chevalier nesîre seigneur le roy de France 
et commissaire envolez por celui mesmes seigneur es senes- 
chaussées de Poitou et oe Xaintenge, salut. Sachent tuit nos 
avoir veu et receu les lettres nestre seigneur le roy de France 
contenant la forme qui s'en suit : 

PhilippuSy Dei gracia Francorum rex, dilecto et fideli 
Hugorn de Ûella, militi nostro, salutem et dilectiojiem. Ad 
nostrum pervenit auditumquod nonnulli fidèles et subditi 



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— 119 — 

nostri Xanetonensis et Pictavensis senescalHarum^ feoda 
plura noUlia dbsque nostro consenm in innobilium monas- 
teriorum et ecclesiarum et ecelesiasticarum personarum 
manus mortuas transtulerunt. Unde, cum talia que in 
dampnumnostrum et grande prejudicium juris nostrifacta 

sunt nondeheamus tolerare, vobis de omni fidelitate et 

industria plene con/ldimus finandi super predictiset finan- 
dos reciptendi a personis predictis; aut alias cum eis pro- 
cedendi et ordinandi de ipsis, prout vestra discretio vide- 
rit faciendum utilius pro noois et nostro nomine, plenam 
concedimus potestatem, volentes quod vos illis cum quitta 
/Inandas hujusmodi facietis vestras litteras concedatis, in 
ipsis nostra voluntate retenta, per nos jpost modum conjlr- 
mandas. In eu jus rei testimonium sigillum nostrum feci- 
mw presentibus Mis apponi. Datum Carnuti{\]^ die XXVIII 
septenibris anno Domtni millesimo CCC'^'' décima. 

Pour la vertu desquelles lettres religîos bons le prior e le 
covens de la mayson d'Artig-e haut fine ou nous (2) , en nom 
de notre seygnour le roy , des choses qui s'en sievent : sou est 
assavoir d'un mas de Mont-anielh ou ses apartenences et en 
les bourderies des Eyglag'iliers et des Linars (3), les ques chou- 
ses dona en aumône au dit prior Guillaume de Bosogles et 
valens diz libres de rente chacun an; pour la finance des 
ques chouses le dit prieur et sont (sic) covent nous ont paie 
en nom du roy nostre seigneur a Chasteunuou (4) pour ray- 
son des finances dessus dites trante libres tornois petitz pour 
les fruictz de très années, et la .quarte nos ly avons reoatu 
pour reson des charges des dictes chouses ; item^ vint libres 
tornois petitz pour reson de ceu que ces chouses estoyent chef 
de fie, lesquelles chouses desus dictes en nom de nostre sey- 
gnher /^iWc/ le roy, en tant que a li apartient e puet apartenîr, 
nos confirmans au dit prior e a son moustier a tenir de li e 
de ses successeurs perpetument sens estre contraint a finer 
pour raysons (?) des chouses dessus dittes ne d'elles mettre hor 
de leur maen, rec'eue la volunté de notre seignor (sic) le roy 
e sauve son droyt en autres chouses e en cestes le dro^t d'au- 
truy . E en tesmoygn de vérité nous avons doné au dit prieur 
ses lettres saellées de nostre sael. Doné en Chateunuou le 
samedi auprès les ottaves de TÂssumption de Notre Dayme 
saincte Marie, l'an de nostre Seygnour mille CCC e quatorze. 

Faicte est coUacion par Johan de Belac, nostre clerc, e en- 
registrée, 

(Ârch. dép. de la Haute-Vienne, série D, deuxième complé- 
ment à publier). 



fl| Chartres, Eure-et-Loire. -* Le texte semble porter CameU. 
(2) C'est-à-dire : avecf nous. 

QO Localités situées vraisemblablement sur le territoire actuel de 
la mute- Vienne. 
(4) Ghàteauneuf-la-Forêt, arrondissement de Limoges. 



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- 130- 

Cy. — Taxe des droits de nouveaux acquêts pour la 
Maison-Dieu des lépreux de Limoges. — 1325. Orig. 8c. 
perdu. 

Universis présentes litteras inspecturis Reçînaldus de Vo- 
geto, canonicus Belnensis, commissarius subdelegatus per 
venerabilem et discretum virum dominum Rdymbaldum de 
Rechingne-Voysin^ archidiaconum in ecclesia Eduensi (1), 
domni régis Francie et Navarre clericum, et nobilem virum, 
Iterium de Podio Ademari, domicellum, senescallum Marchie 
et Lemovicini, commissarios per dictum domnum regem in 
dictis senescalliis deputatos ad levandum financias rerum et 
possessionum acquisitarum in dictis senescalliis [per eccle- 
sias] (2) aut pro ecclesiis et eciam per personas mnobiles, 
salutem et presentibus darefidem. Litteras dictorum dom- 
norum commissariorum nos récépissé noveritis, tenorem qui 
sequitur continentes : 

Itaymbaut de Rechingne-Voysin^ arcediacre en Péglise 
d'Autun, cler le roy, et Itier de Puy- Aymar ^ seneschal de 
la Marche et de Limozin, commissaires de par le dict nostre 
sire le roy es dictes semsckaucees, sur les conquez faitzpar 
les yglises et personnes non nobles, a non seigneur Regnaut 
de Voget, chanoine de Beune, salut et dilection. Nous avons 
receu les lettres du dict nostre sire le roy, es quelles il notes 
commet pluseurs grans négoces es dictes seneschaucees, et 
entre les autres choses sur le fet des conquez faitz puys 
LXans en sa (sic), il nous commet en la forme que s'en 
suyt : 

Item, et personas certas et ad hoc ydoneas per vos specia- 
liter deputandas, super quo vobis concedimus potestatem, 
secundum institutionem quam super hoc vobis mittimus sub 
nostro contrasigillo inclusam, faciatis levare financias do 
acquisitis per ecclesias aut pro ecclesiis, in feodis, retrofeo- 
dis, allodiis et censivis temporalibus et eciam de acquisitis 
per personas innobiles in feodis nobilibus, que fieri nequent 
•absque nostro interveniente consensu juxta instructionem 
super hoc vobis missam. 

Par la vertu des quelles lettres et clause nouz, confiens 
de vostre loyauté et diligence, vous estdblissons en la senes- 
chaucée de Lymozin et ou ressort pour faire lever et paier 
les finances ou receveur (3) du roy de la ditte seneschaucée 



(1) Cf., aa tome I de nos Document historiques :..<, la charte u9 XG 
dont la note 1 se réfère à la présente charte. 

(2) Ces deux mots per ecclesias ne sont pas dans le texte ; nous les 
avons suppléés à Taide d'un passage qui se trouve quelques lignes 
plus bas. 

(3) Mias receveur. 



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- 121 - 

au a celuy quHl estaUira sus ceu, selon les instructions, 
eoiksultacions et responces a nous envoiées^ de la teneur 
desquellas vous havés la copie sous noz seaus. Et vous don- 
nons povoir et auctorité de par le roy deprandrepar vous 
ou par autres, saizir, guagter et esploitier Mens temporels 
des personnes tenues aus dictes finances paier et especiau- 
ment les dicz conçuez qu'ils hont fetz mètre en la m^in le 
roy, sens seu quhlz en puissent joir et lever les f ruiez d'i- 
ceuSj ou faire lever, juques (sic) a la satisfaction des dictes 
finances^ — et de estabtir sus ceu sergens convenables a ceu 
faire par voz lettres, si iesongnes est, et de lever les aman- 
des de ceus qui ne vous hoieiront ou iriseront la main le 
roy ou la saisine. Et mandons au dit receveour ou a celuy 
qu'il aura estahly sus ceu que a ce fere vous baille vos des- 
pens convenables et a tous ces justiciers, offidaus et subgez 
du roy, et d'autres que il, &n ce faisant, vous hobeissent 
et entendent diligemment. Et donnés lettres de vostre seel 
a ceus qui fineront ou vous, contenens la finance et les cho- 
ses de que il ront. Donné sous noz seaus le samedi emr- 

près les octeves de JPentAecoste, Van mil CCC vint et cinq. 

Virtute guarum litterarum et commissionis predicte nobis, 
ut premittitur, facte^ recognoscimusçrioremdomusDeilepro- 
sorum castri Lemoviœnsis pro acquisitis sex denariorum ren- 
dalium [sic] cum fundali dominio et acaptamento a Guillelmo 
de la Mota, domicello, et septem solidorum et sex denario- 
rum a Guido Fulcherii, domicello, super infirmaria de la 
Meyza et manso Phelipo, et duorum pextarîorum frumenti et 
UQius sextarii avene, quos idem domicellus habebat super 
infirmaria de Barriera, et duorum sextariorum silliginis ren- 
dalium super manso deu Poyet^ et viginti solidorum renda- 
lium a Jonanne Arberti, et decem solidorum rendalium a 
Petro et Hugone deu Clouzeu, et quinque solidorum super 
domo Draperii, et trium solidorum super domo a la Salue, 
et septem solidorum a Gerardo Foiassier, et sex denario- 
rum rendalium a Johanne lo Tort, et viginti solidorum super 
domo dicti Jaubert, et viginti unius denariorum rendalium 
ab Helia Vigerii et Petro Gaucelini, et septem solidorum et 
sex denariorum a Guidone Fulcherii, et trium sextariorum 
frumenti a Johanne Marcialis, et duorum sextariorum fru- 
menti a Petro Dourat, et unius sextarii frumenti a Jordano 
Meynart, et unius sextarii frumenti et unius sextarii avene 
a Rampnulpho Yilani, et unius sextarii frumenti a dicto Ro- 
mieu[Èt de premissis acquisitis finavit et solvit, tempore 
domni Hugonis de Cella, tune commissario régis super ne- 
podo conquestuum, quatuor decim libras et sex denarios), 
item, post premissa, pro financiis trium solidorum acquisiton- 
rum a Guillelmo de la Mota, et quatuor solidorum aonato- 
rum per eundem Guillelmum, et decem solidorum a Guillel- 
mo Domençet et Marcialo Boneu et de domna Âymerico de 
Cfuanhj milite, duorum solidorum rendalium pro hujusmodi 



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— 122 — 

ultimoacquisitis, (1) nobiscum concordasse pro sex annatis ad 
sex libras duodecim deoarios semel solvendos, nomine et ad 
opus dicti domni régis Guidone Pingnete de Lemovicis, re- 
CQptoriad levandum dictastinaocias per ÂymericumBruselne, 
receptorem regium io dictis senescalliis, substituto. In eu jus 
rei testimonium présentes litteras nostro sigillé sigillatas 
eidem priori duximus concedendas. Constat de interlineari- 
bus duodecim, semel. Datum Lemovicas, die jovis post fes- 
tum beati Sixti, anno Domini M** CCC° vicesimo quînto. 

(Ârch. hospit. de Limoges, fonds de la Maison-Dieu B, 2}. 



CVI. — Reconnaissance par noble Bamnulphe Helie de 
rassiffnation de dot faite par noble Gruischard de Com- 
born, seigneur de Chambéret et de Treignac, en faveur de 
noble demoiselle Souveraine, sa nièce.-- 1299. Vidimus de 
1358, Se. perdu. 

Nos Petrus de Peyraco, custos sigilli autentici re^ii in 
baillivia Lemovicensi constitutif notumfacimus universis nos 
vidisse et diligenter inspexisse ac de verbo ad verbum trans- 
cribi fecisse quasdam litteras sigillé Lemovicensis curie si- 
gillatas, non abolitas, non canceilatas nec in aliqua sui parte 
viciâtes omnique vicio et suspicione carentes ut prima facie 
apparebatj quarum ténor sequitur et est talis : 

Universis présentes litteras inspecturis offlcialis Lemovi- 
censis salutem in Domino. Noveritis quod in jure personaliter 
constitutis nobili domicello Ramnulio Helie pro se et procu- 
ratorio nomine Sobirane uxoris sue, neptis nobilis domicelli 
Guischardi de Combornio, domini de Chambaret et de Trayn- 
haco (2), filie quondam nobilis domiselle Mathe (sic), sororis 
quondam dicti Guischardi, ad subsequencia facienda et con- 
cedenda, ex una parte, et dicto Guischardo ex altéra, dictus 
Bamnulfus Helie gratis, scienter ac provide recognovit et 
confessus fuit pro se et nomine quo supra quod dictus Guis- 
chardus assignaverat et assederat eidem, nomine et ad opus 
dicte Sobirane uxoris sue, racione successionis et dotis dicte 

Îuondam Mathe, [mat]ris quondam ipsius Sobirane, viginti 
uas libras renduales monete currentis in vicecomitatu 
Combornensi in bailiis dictis de Guillelmo Malia et de Petro 
Gaufridi, prout hec plenius contineri dicuntur in quodam 
instrumente confecto sub eadem data cum istis litteris si- 



11) Soas-entendez ici le recognoscimus priorem qui se trouve aa 
(Ut de Palinéa. 
(2) Ghamberet et Treignac, arrondissement de Tulle. 



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— 123 — 

ffillo regio Montis-Dome sierillatis. Item, recognovit et con- 
i^sus fuit idem Ramnulfus quod idem Guischardus dederat 
in proprium eidem et dicte uxori sue omnia chevagia que 
idem Guischardus habebat et habere et percipere consueverat 
et lerare in mansis, aflfariis et tenementis da la Cassyeyra et 
dal Chastanet et pertinenciis suis, et in terris et possessioni- 
bus quas et que tenent habitatores et mansionarii dictorum 
locorum. Item, recognovit et confessus fuit idem Ramnulfus 
se et dictam uxorem suam tonere a dicto Guischardo in feo- 
dum cum homagio litgio et juramento fidelitatis predictas 
viginti duas libras renduales et dicta chevagia et dictos 
mansos, affaria et tenementa da la Cassyeyra et dal Chas- 
tanet et quitquid tenent habitatores et mansionarii dictorum 
mansorum^ et insuper mansos, affaria et tenementa dictos de 
Larzaliec et de Laval et de Podio et aus Salvans^ cum omni- 
bus terris, çossessionibus, censibus, redditibus, questis et 
talliis, serviciis et explectis, juribus, deveriis ac pertinenciis 
quibuscumque omnium premissorum. Item, recognovit et 
confessus fuit idem Ramnulfus pro se et nomine quo supra 
quod idem Guischardus habet jurisdiccionem omnimodam, 
altam et'bassam et mediam, et merum et mixtum imperium 
in omnibus universis et singulis supradictis et quod omni- 
moda jurisdiccio alta et bassa et média, et merum et mixtum 
imperium omnium premissorum spectat et pertinet ad ipsum 

Guischardum 

Et ad observanciam omnium premissorum voluit et peciit 
idem Ramnulfus Helie se et suos heredes et dictam uxorem 
suamcompelli a nobis; ad que observanda fuit auctoritate 
nostra sentencialiter condempnatus per excequtorem (sic) 
nostrum infrascriptum, et eidem fuit datum in mandate per 
ipsum excequtorem ut predicta teneat, compleat et observet. 
Acta autem fuerunt hec vice et auctoritate nostra, die martis 
(sicj post natalem Domini, anno Domini M*» CC® nonagesimo 
octavo, coram magistro Johanne de Riperia, jurato curie Le- 
movicensis: cui, ut nobis constat, super premissis viva voce 
commisimus vices nostras,qui nobis predicta retulit viva voce ; 
relacioni cujus nos fidem plenariam adhibentes et predicta 
confirmantes et approbantes et ea perinde habentes ac si acta 
fuissent presencialiter coram nobis. sigillum Lemovicensis 
curie presentibus duximus apponenaum in testimonîum pre- 
missarum. Constat, etc. Datum y dus decembris, anno Do- 
mini W ducentesimo nonagesimo nono. 

In quarum visionis et inspeccionis testimonium nos dictus 
custos sigillum predictum autenticum regium litteris presen- 
tibus sive presenti transcripto duximus apponendum. Datum 
pro transcripto XVIIP die mensis aprilis, anno Domini millé- 
sime CGC"*® quinquagesimo octavo. Facta est coUatio cum 
originalibus litteris per me Petrum Bragerii et per me 
Johanem de Gosomio. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, série E, n® prov. 7662). 



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- 124 - 

CVII. —Mandement de Charles de Bretagne, vicomte de 
Limoges^ au sénéchal et gouverneur du Limousin, portant 
exécution Wune donation de terre faite par ledit vicomte 
à Aymar de la Rivière, chevalier (1). — 1360. Vidimus. 
Se. perdu. 

Sachent touz que en nostre court a Angers [avons veu et] 
diligeanment regardé et leu de mot a mot unes lettres saellees 
dou saei Challes [sic), duc de Bretaigne(2),.... (3) contenans 
la forme qui s'enssuit : 

Charles, [duc de Bre]taigne, viconte de Lymoges, seîgnour 
de Guîsse et de Maine, a nostre amé chevalier messire Hues 

de Carentret , seneschal et gouvernour en nostre viconté 

de Limosin, [salut. Pour] ce que autrefoiz feismes certaine 
donnaison a nostre chier et amé escuier Aymar de la Ribière 
en nostre dit viconté [de] Lymosin, en certains lieux et places 
devisées et espicié^ es lettres qu*il a de nous sur ce, et pour 
les causes contenues en ycelles et pour ce que nous desirons 
très parfaitement que [l'assiete] (4) li soit faite etparfeite/'wcy, 
comme contenu est es ditas lettres, si Pen a esté en deflFaut de 
la fayre, de quoy nous desplest si einsi est, et pour ce est 
pourquoy nous vous mandons, commendons et aveqc ce cornet- 
tons que vous voiez l'assiete a lui faite ; et si elle est bien faite 
et a point es places et lieux dont mention est [faite] en boz 
dites [lettres], faites Ten jouyr sanz aucun empaichement. Et 
si qu'es (5) non en tout ou en partie, faites la bien et a point 
es lieux et places dessus dites, selont la teneur de noz dites 
lettres a li sur ce baillées, ramandans se il y aucun errour ou 
deeschange de place pour place, de value a non value, de 
pais pour pais, de non pris pour pris ou autrement; [et] l*en 
metez en possession et saisine ou de son comendement de ladite 
assiete raelment [sic) et de fait, li baillant voz lettres des 

{)ieces, pris et assiete en signe de li avoir faite, parfaite et 
ivrée ou nom de nous, lesqueles lettres voulons que h baillez(6) 



(1) Le nom de la terre n'est point rapporté dans l'acte. Mais une 




aujourd'l 

(2) 11 s'agit de Charles de Blois tué à la bataille d'Auray en 1364. 

(3) 11 y a, à cet endroit du parchemin et ailleurs, des taches d'hu- 
midité qui ont fait disparaître l'écriture. 

(4) Le mot est douteux à cet endroit, mais on le retrouve plus loin 
fort lisible. 

(5) Le texte porte 9ique9, d'un seiil tenant, comme beaucoup d'au- 
tres mots. 

(6) Le texte porte baillant. 



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- 125- 

f)ar parfêt et perpétuel titre a ses hoirs et qui cause auront de 
ui aveques noz autres lettres. De ce fayre et tout ce que ap- 
partient nous vous donnons plain pover et mandement espe- 
cial, mendant et commendant a tous noz subgez que en ce 
faisant vous obéissent et entendent diligeanment. Donné en 
nostre ville de Guingamp, le XXVIP jour de septembre, l'an 
mil CCG soixante. 

Par monsseigneur le duc en son grant conseil : Lot Maria. 

Et cest présent vidisse fut donné a Angers et saellé dou 
sael des contraz doudit lieu leXIV® jour d'octombre (ncjy l'an 
de graice mil CGC et soixante. 

Collation est faite : P. Sohibb. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds des Cars, n® prov. E, 
•4447). 



CVIII. — Dédommagement accordé par le roi à Védique de 
Limoges pour un prêt de 500 livres d'or fait par le dit 
évéque pour la rançon du château de Ségur sur les An- 
glais. — 1379. Vidimus de 1389. Se. perdu. 

Nos Martialis Biza, burgensis castri Lemovicensis, custos 
sigilli vicesenescalli in Zemovicensi haylima pro domino 
nostro Francie rege constitutif notum facimus universis 
nos vidisse^ tenuisse, palpasse et diligenterde verbo ad ver- 
bum tratiscribi fecisse quasdam patentes litteras sigillis 
personarum in ipsis litteris nominatarum et contentarum^ 
ut prima facie apparebat, sigillatas, non viciatas, non 
cancellatas nec in aliqua sui [parte] suspectas, sed prorsus 
omni vicio et suspicione carentes ; quarum litterarum ténor 
sequitur sub Mis verbis : 

Gauchier de Passac (1), chevalier, seneschal de Lymosin, 
pour le roy de France nostre seigneur, — Aymeri, par la 
grâce de Dieu evesque de Limoges, pour leclergié — et Jehan, 
seigneur de Pierrebufflere et de Cnastelneuf, pour les nobles 
— et Marcial Biza, burgois (sic) du chastel de Limoges, pour 
les communes du dit pays, de part le roy nostre dit seigneur 
commissaires en ceste partie députez, a discret home Lienart 
Videl du dit chastel de Limoges, receveur sur le (sic) imposi- 
don ordenee et mise novellement ou dit pais, pour la expe- 
dicion d'icellui député et ordené, et a tous autres receveurs, 
collecteurs et assenssateurs d'icelle ou autres imposicions, 



(1) Cf. 1)08 Dooumenit historiques 1. 1, p. 224. 



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— 128 - 

9(iftbdlea> aides (m sUbrândiona et snibëidâs misM CrtI orien-'' 
Bées ou a mètre et ordëner sur le dit t)ftis pour le (^} expe^ 
dicion desus dicte, qui sur ce seront requis, salut. Comme 
pour le bien et profit publique et expedicion du chastel de 
Segur (1), monsseigneur Aymeri evesque de Limoges, comme 

S riVee personne ait preste, baillé et délivré mil et cinq cens 
'anz (Tor de bon po^s, lesquels ont estez paies à Nouoon du 
Çan, capitaine du dit chastel de Segur, pour la délivrance 
d'icellui, et a la requeste du dit monssei^neur l'ebesque (Hc) 
vueillànz lui desdomagier^ si comme raison est^ du dit prest, 
â lui àions assigné et oussi assignons, et il oussi tant comme 
il puet. par la tenur des présentes, les diz mil et cinq cens 
franz d'or sur les imjjosicions, guabelles, aides, subvencions 
et subsides susdiz, mises et ordenees ou a mètre et ordoner, 
ôomme dit est, pour la cause susdicte, en et par tout le pais 
[assis sur et auj (2) delà la rivière de Vezere, tant en Teves- 
chié de Lymcjsin que de Tuele, pour ce nous volons et vous 
mandons, comandons ei estroi[tement enjoijngnons e [Hc) a 
chascun de vous, si comme a luy apartiendra, de la auctorité 
dont nous usons en ceste partie que tant tost et sanz nul 
[dfelay ne con]tradit vous paiez, bailéset délivrez prestament, 
quant et si tost que requis en serés, au dit monsseigneur 
Aymeri evesque de Limoges ou 1 de son cert]ain mandament 
ou procureur ad ce par luy estably ou députe, de ce que levé, 
cuilli et receu avez ou premieyrament recevrez, levarez et 
culhirez des imposicions, guabelles, aides, subvencions et 
subsidez desus déclarés ou aehu[s] d'eulx pour la cause des- 
sus dicte, la somme dez diz mille et cinq cens frans d'or..i.« 
en paiement par la forme susdicte. et reportant de et sur ce 
quistance sumsanz nous volons et outroions ycelle somme 
vous estres déduite c'est asavoir a celui qui ouroit fait le dit 
paiement et alloé en vous comptes; et parainssi vous en 
voulons dèmourer et estre quictez. Donne à Lymogeâ souz 
lïoz propres seaulz, le im® jour de janvier Pan ae grâce mil 
trois cent soixante et quatorze. 

Item, seauitur alia littera dictis sigillis eciâni, uiprêH- 
GUufiHgiiltUa: 

Qauchier de Passac, chevalier, senechal de Lymosin, pour 
le roy de France, — Aymeri^ par la grâce de Dieu evesque 
de Lymoges. pour le clergié, — Jehan, seigneur de Pierre- 
buffiere et de Chastelneuf, chevalier, pour les nobles — et 
Marcial Bize, bourgeois du chastel de Lymoges, i)our lez com-* 
munes du dit pais, de part le roy nostre dict seigneur com- 
missaires en ceste partie députez, aus rece[ve]urs, collecteurs 
et assensseteurs dez impositions nouvellement ordenees su)^ 



WBMaÉfalUM. 



(1) Arrondissement de Brive, Gorrôze. 

(2) Les mots entre crochets sont ici doateux, en raison de la tache 
qui recouvre récriture sur une hautettr dé quatre lif^neA. 



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le dit pays pouf le (Hc) ezpedîcion de oelai depatefl et ovda» 
nés en et Bur les lieus de Chambôret, la Crousille, S. Ger-r 
main et Vie, le Pourcherie, Soulompgnat et le Boche le 
Baille (1) et a chascun d'iceulx, salut. Comme pour le bien et 
prouflt publique et expedicion du chastel de Segur le dit 
monsseigneur Aymeri, evesque de Limoges, ait preste et bailé 
royaument nagaires oultre lez autres çrestz par lui faitz par 
avant oent franz d'or de bon poys qui ad ce faire estoient 
très grandament nécessaires, lesouels ont esté paiez et bailez 
a Naudon du Gan, capitaine du ait chastel de Begur, pour le 
expedicion avant dicte, et a le requeste du dfit monssei-« 
gneur Tevesque nous voullens lui desdomager, si comme rak 
son est, du dit prest, a lui ayons assigné et ^inssi assignons 

5ar ces lettres, et il aussi tant comme il puet, lez diz cent frans 
'or sur les imposicions mises et ordeneez ou qui ce metront 
ou ordeneront sur lez lieux desus nommes pour le causQ 
susdicte. Pour ce nous volons et vous mandons, comendons 
et estroictement enioingnons et a chascun de vous qui sur ce 
estes députez, establiz et ordenés ou serés mis, ordenez, de* 
pûtes ou establiz au temps a venir, si comme a chascun de 
vous appartendra de la auctorité dont nous usons en ceste 

Sartie que sans nul delay et contradit vous payés, bailla et 
elivrés présentement et si tost que requis en serez au dit 
monsseigneur l'evesque ou a son certain mandament ou pro* 
cureur a oe par lui député, de ce que levé, cuilli et recehu 
avés ou premieyrament lèverez, recevrez et cuillirez des im- 
posicions sus déclarées et de chascune d'icelles pour le cause 
avant dicte, les diz cent frans d*or. Car en paiaut et ballant 
yceulx cent frans par le forme desus dicte et resortant de et 
sur ce quittanse souffisante, nous voulions et octroionsparla 
tenur des présentes vous estre ycelle somme de oent franz 
déduite et aloee en vos comptes et envers Linart Vidal, du dit 
chastel de Lymoges, gênerai receveur sur ce député, et envers 
touz autres vous en voulons demorer et estre quittes. Donné 
a Lymoges soubx nous propres seaux en tesmoing de ce, le 
xnn'^ jour de jenvier Tan de grâce mil trois cens soixante et 
quatorze. 

Item^ sequUur ténor eujusdam rotuli siffillis infra^erip^ 
torum Hgillati : 

Il est ausi [que] Mons. Pevesque de Limoges comme privée 
pwsonne et sire de Legeouchat (2) transportera et quittera a 



(1) Chamberet, arrondissement de Tulle ; — la Crouzille, peut-être 
commune de Boisseuil, arrondissement de Limoses; — Saint-Germain- 
les-Belles. Vicq, la Porcherie e( la Boche^r^^eille, i^rrondisaaai^nt 
deSaint-Yrieix, Hî^u>e-Viepiip5 — Solignac, arrondissement d^ Li- 
moges. 

(2) Lase-au-Ghapt, aujourd'hui la Jonchapt, commune et a^oçdis- 
sement oe daintrVrieix, HftataKVûNme. 



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-128- 

ma dame de Bretaingne (1) et sez heretiers tout le chevàtgé 

Îue ces prédécesseurs ont acostumé lever ; et panny ce ma 
icte dame quitteca le dit sire de Legreouchat ou ses heretiers 
et biens de soyxante livres de rente en deniers et de arreyrat- 
ges dUceiles, esquelles il luy estoit tenus tant a cause du dit 
chevatge que autrement. Et pour le greigneur valeur du dit 
chevatge, ma dame assignera au dit signeur de Lageouchat, 
en sa terre plus prochain du chastel de Lageouchat, vint li- 
vres de rente assize selonc le coustume de se viconw de Li- 
moges, avec toute juridiccion aulte, basse et moyenne, mère 
et mixte, empire et tous services, droys et devoyrs et char- 
ges que a elle appartient es lieuz out fsic) la dicte rente sera 
assize et avec la juridiccion de quatre vilatges plus prochains 
de dis lieux out la dicte rente sera assignée, pourveu que 
muevent et soient tenus de ma dicte dame et que ne soient a 
présent de sa propriété, mes tant seulement en sa justice et 
que elle ne y ait alcune rente, et en oultre tout le droit si et 
lequel ma dicte dame ha ou puet avoir en la juridiccion du 
lieu et parroisse de Mansat (2j et du dit chastel de Lageou- 
chat et leurs appartenenses, retenu eu tôt ce a ma dicte dame 
sa souverainté ou ressort; et que le dit sire de Lejeouchat 
tenge (sic) de me dicte dame toutez les chouses desus dictes et 
en sont tenus fere ommage a me dicte dame. Les chouses sus 
dictes sont ainsi acourdees, retenu le volonté de ma dame 

f)ar le seigneur de Pierrebuffiere, senechal et gouverneur de 
e dicte viconté, et religieu frère Raoul de Herquin, de Pordre 
des Meneurs, commisseres sur ce députés par me dicte dame, 
d'une partie, et par le dit mosseigneur de Limoges, comme 

Î)rivée personne pour soy, d'autre partie, en présence de Mons. 
'abé S. Augustin (3), de frère Jehan Mesnier, mestre en teu- 
legie (sic), Guillem le Chieze, prieur de Ghambo saincte 
Groys (4), Greraut Jutge, Guillem Rampnel, Pierre de Ma- 
gnat, Ëstiene Gharretier, Jehan Sarrazin, escuiers et plusieurs 
autres, le XIX» jour de may l'an mil GGG sexante diz et neuf. 
Et en tesmoin de ce, les dis commisseres et sire de Lageou- 
chat ont mis leurs seels en ceste cedule. 

In quarum quidem lUûerarum et rotuli seu cedule visione 
et inspeccione nos custos pre/atus sigillum predictum au- 
tenticum litteris presentibus duximus apponendum, Datum 
et actum pro hujusmodi copia seu transcripto die XIII * 
mensis mardi, anno Domint AP CGC"''' octogesimo [sic) nono. 
Constat de rasuris factis superius demores, et estre quittes, 
infrascriptorum, en se terre plus prochain. Datum et actum 
ut supra. 



(1) Gomme vicomtesse de Bretagne. 

(2) Gommnne et arrondissement de Saint- Yrieix. 

(3) A Limoges. 

(4) Ghambon Sainte-Croix, arrondissement de Gméret. 



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— 129 — 

Pacta est collatio per me Peûncm Corlada, presHterum, 
dicûi sigilli regii commissarium et juratum una cum do- 
mno Petro Natalis, presiitero. ejusdem sigilli jurato; et 
per me Petrum Nathalis, presoiterum, una cum dicto do-- 
mno Petro Cortada. 

(Arch. dép. de la Haute- Vienne, fonds des Cars, no prov. 
E, 7517 bis). 



CIX. — Ordred*in former contre B tienne ^ abbé de S. Martial 
de Limoges, coupable de concussion, trahison, sacrilèges 
et autres crimes. — Vers 1393. Copie du temps (1). 

A^itur contra abbatem et monachos super criminibus. 

Dilecto filio magistro Raymundo de Albigfosio, canonico 
Ruthenensi, capellano nostro et causarum camere apostolice 
audltori, salutem etc. Nuper ad nostrum, (dilecto filio Jacobo 
Lagerii clerico causarum curie camere apostolice procuratore 
fiscali refferente), non sine mentis turbatione pervenit auditum 
quod dilectus filius Stephanus, abbas monasterii sancti Mar- 
cialis Lemovicensis, 0. S. B. abjecta modestia regiilarium^ 
dyabolico ductus spiritu, de quodam in quo venerabile caput 
sancti Marcialis est acconditum ac de quodam alio auctentico 
per felicis recordationis Gregorium papam XL predecessorem 
nostrum eidem monasterio allato reliquiariis auro et argento 
ac perlis et lapidibus preciosis ornatis, in certis armariis dicti 
monasterii repositis, quorum idem abbas custodiam habere 
dicitur. relinquiarum partes necnon plures auri et argenti 
penas (?) et perlas et lapides preciosas magni valoris et non- 
nulla alla jocalia et bona uicti monasterii furtive propria 
temeritate recepit illaque sibi appropriavit, distraxit, delapi- 
davit et alienavit partesque relinquiarum predictarum paren- 
tibus suis et aliis dédit; ac verisimile presumitur quod nisi 
sucer hoc celeriter provideatur, jocalia restancia dicti monas- 
terii alienabit seu alias in manus alias transportabit ; prodi- 
clones quoque ac conspiraciones et presertim contra castrum 
Lemovicense intendendo illud extra manum regiam et in 



,1 

(1) Cette copie est très incorrecte : nous avons tâché de la rendre ; 

an moins claire. I 



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- 130 - 

ali&m personam transferre perpetravit; necnon ipse et non- 
nuli monachi dicti mouaaterii ejus in hac parte complices in 
Castro predicto et alibi concubinas publiée tenuerunt hacte^ 
nus et tenent de presenti ex quibus filios et filias habuerunt, 
testimonium de eorum incontinencia^ perhibentes ac alla 
adulteria, raptus, violaciones mulierum, lenocinia, sacrile- 
ia, furta, vulneraciones, mutilaciones, homicidia ac usurar- 

] pravitatis et nonnuUa alla diversa crimina dampna-»- 

ilitcr commiserunt. Nos igitur actendentes crimina in per- 
sonis regularibus, presertim alianim regimini (?) presidentibus 
tanto fore pocius detestanda quanto pro religione assumpta 
deceret eos purioris honestatis meteoro clarere, talia quoque 
sub dissimulacione transmitti salva consciencia neq^uentes 
ne incorrecta in presenti audaciam committendi pejora ac 

cupien [ ], contra dictum abbatem super nonnulis crimini- 

bu0 iniormacio per nos commisaa extitit, per ^ppostolica 
scripta committimus et mandaxnus quatenus te per sum* 
maria informatione vel alium tuo nomine recipiendum, 
abbatem de distraccione, dilapidacione, alienacione seu 
transportacione jocalium predictorum ac ipsum et complices 

{)refatos de aliis premissis criminibus quibus repereris pu- 
ice diiftimatos aut vehementer suspectes, pro seouritata pre- 
dicti mouasterii et custodia jocalium ipsorum, prediota et 
alla dicti monasterii jocalia in loco tuto et securo ac sub duo<- 
bus novis elavibus quarum una per unum et alla clavis 
predicta per alium probos viros ecclesiasticos in dicto castro 
aut suburbiis civitatis Lemovicensis commorantes per te eli» 

S«ndos quandiu dictus abbas eidem monasterio prefuerlt, 
untaxat teneantur, exponifacias et procureset in super voca- 
tis dictis abbate, monacnis et complicibus eciam personaliter 
super premissis criminibus sumarie et de piano ac sine stve* 
pitu et figura judicii induiras auctoritate nostra diligenciu? 
veritatem, Et si per inquisitiones hujusmodireperis prefatum 
abbatem premissa yel aliqua ex eis propter quod regimine 
prefati monasterii privari debeat commisisse, ipsum auctori- 
tate nostra prefato regimini et abbaciali dignitate finaliter 
prives et amoveas ab eodem et alias abbajtem et monachos ac 
complices predietos eadem auctoritate juxta eorum démérita 
ac canonicaa sanctiones etiam per captionem personarum et 

. • • , çorrigas ac punias prout de jure fuerit fa- 

ciendi oontradictores pro ton^ura, et mvocato ad hoc si opus 
Aigrit auxilio brachii secularis, non obstante tam feiicis f6- 

eord^tionis Bonifacii pape VIII predecessoris nostri in qui 

bus caveatur ne quis extra suam civitatem et diooesim nisi in 
eertis exceptionibus, casibus, et in illis ultra unam dyetam a 
fine sue diocesis ad judicium non evocetur ne judices a sede 
apostolica députât! aliquos ultra unam dietam a Qu^ dlQ£$Si3 

eorumdem trahere presumatur Datum etc. 

• 

(Arcb. dép. de la Gironde, G. 81, fo 118}. 



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- 131 - 



ex. ^ ÀecensÊ faite par A^meHc la Jafnmêëê^ damUêau, 
i ffUillaufM du Caus, de Ségur^ d'un his et pré appelés 
le Vêfiief près du Riou-nègre. — 1398. Orig. Se. perdu. 

Nofi judex curie caetri et oafetellanie de Secui^io pi'o domnô 
noBtro rege I^rancie, notum faclmud univereis quod coram 
fldeli oommissario noetro et jurato subscHpto ad hoo spetiialiter 
deputato et testibus infrascriptis personaliter oonstitUtiÉi tio^ 
bili viro Âymerico la Jarrode, domicello, pro se et suis here- 
dibus et successoribus universis, ex una parte, et Guillelmo 
d9U Caue, habitatore castri sive loci de Securio, eciàm pto 
se et suisneredibus et successoribus quibuscunque,ex altéra, 
dictus Aymericus la Jarrossie non conactus, non seductusnec 
ab aliquo. ut asseruit, in hac parte circunventus aliq^uat^- 
nuB necaeceptus, ymo gratis, sponte, nrovide et scienter 
tradidit et assensavit perpetuo et se tradiaisse et assen[sa9]se 
perpetuo légitime recoguovit et publice conféssus fuit diotô 
truillelmo presenti, recipienti ac pro se et suis soUempniter 
^ipulabti^ quoddamnemus et unum pratum contigua, vocata 
deu VerdteTj intér terram Guidonis deu Viga, ex una porte, 
et rivum vocatum lo Siou-negre, ex alia parte, et pratum 
Helie deu Bruelh^ ex alia parte, et viam per quam itur ac re- 
greditur de Securio versus Bardolo(?), ex reliqua parte, precio 
seu assensa perpétua cujuslibet anni seu annuatim septem 
solidorum monete communiter currentis rendualium et sex 
denariorum de accaptamento; quosquidem septem renduales 
et dictes sex de acaptamento promisit dictus Guillelmus pro se 
et suis solvere et reddere dicto domicello et suis in hune mcH 
dum : yidelicet dictum redditum anno quolibet in festo beati 
Aredii de auguste, et acaptamentum in mutatione utriusque 
dominii, ut meris est. Et devestivit se perpetuo dictus demi^ 
cellus de premissis sic perpétue assensatis, ipsumque Ouil- 
lelmum diu Caus presentem et recipientem quantum potuit^ 
ut dominus fundalis^ prout dixit, perpétue investivit per tra- 
ditionem cujusdam hbri sibi per aictum Aymericum in sig- 
num pocessionis premissorum perpetuo assensaterum traditi 
et liberati. Et quidquid juris, deverii, accionis, peticioniSi 
ueus, requeste etexplecti, queetquas dictus domiccllus habet 
et babebat et habere, requirere seu exigere poterat in pre- 
missis sic perpétue assensatis, in ipsum Quillelmum et sues 
tranatulit tetaliter, pleno jure, nichil sibi nec suis in pre- 
missis sic perpetuo assensatis aliquatenus retinendo tacite nec 
expresse, nisi dumtaxat redditum et acaptamentum dicta. . . 

Ad aue premissaôtnnia et sin^ûla attendenda, teneûda, sol- 
THâfla^ conplenda et invielabiliter observanda fuetiitit sepé^ 
diètfe tartes et eaixitil quelibet présentés -volentes et co&ceû' 
tientes (sic) , ipsis ad invicem presèntibus petentibUs ac pio se 



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-132 - 

^t suis soUemniter stipulan tibus loco nostrî, sententialiter con- 
dempnate per Guillelmum de Manso, clericum, fidelem corn- 
missarium nostrum et juratum, qui premissa loco nostri 
audivit et recepit, ut nobis fideliter retulit : relacioni cujusnos 
fidem plenanam adhibentes et premissa laudantes ac si 
coram nobis in judicio acta fuissent, sig'illum autenticum 
dicte curie bis presentibus in premissorum fidem et testimo- 
nium duximus apponendum. Datum et actum presentibus 
Bernardo Fomandi, clerico, et Bertrando de Foniaysseyr, tes- 
tibus ad premissa vocatis, die tertia mensis mayi, anno Domini 
millesimo CGC"'' nonagesimo octavo. 

OuiLLELMus DE Manso retullt. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds des Cars, n® prov. 
E. 5203). 



CXI. — Investiture faite par Hélie de Bancléger à Jean 
Lascive, procureur des Chartreux de Mortemart^ éPune 
maison sise à Limoges^ sous la réserve des droits de Guil- 
laume de JPérigord. — 1399 (n. st. 1400). Orig. Se. perdu. 

Nos Marcialis Biza, custos sigilli autentici in bajrlivia Le- 
movicensi j)ro domno nostro Francie rege constituti, notum 
facimus universis quod coram magistro Stéphane de Manso, 
quondam in officie dicti sigilli commissario et jurato ad hoc 
tune deputato, jam defuncto, personaliter constitutis Helia 
de Banclatgier pro se et suis, ex una parte, et magistro 
Johanne Lasciva, clerico castri Lemovicensis, procuratore lit- 
teratorie destinato venerabiiium et religiosorum virorum 
prioris et conve.ntus Cartusiensium de Mortuomari(l), Lemo- 
vicensis dyocesis, et pro ipis, ex parte altéra. Cum, sicut dicte 
partes nominibus quibus supra ibidem asseruerunt et reco- 
gnoverunt alias et nuper, Guillelmus de Petra^oris, mercator 
castri Lemovicensis, hères universalis et insolidum, ut asse- 
ruit^ Johannis Beulaygua, quondam teuchinarii castri Çre- 
dicti, deffuncti, perpétue vendiderit, cesserit, solverit penitus 
et quittaverit venerabili et religioso viro fratri Aymerico del 
Chauze^ priori Cartusiensi dicti loci de Mortuomari, pro se et 
conventu suo tune presenti, ementi et soUempniter stipulanti, 
quandam domum iâpideam cum arcello lapideo a parte ante. 



(i) Mortemart, arrondissement de Bellac, Hante-Vienne. — La 
Chartreuse dont il est ici question fut fondée par le cardinal de Mor- 
temart, dans la première moitié du xiy» siècle. (Voyez Tabbé Roy- 
Pierreûtte, Monastères du Limousin). 



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- 133 - 

gue qaondam fuit dicti Johannis Beulaygua deffuncti, eitam 
in dicto Castro in rua de Veteri-mercato, lacientemqueyriam, 
Bicut itur deversus tripodem veteris mercati (1) versus portale 
de Pissa-vacha, inter ipsum tripodem, rua intermedia, ex 
uua parte, et domum Stephani Donzeta, pistoris, ex alia, et 
escuram dicti Guillelmi de Petragoris, ex altéra, cum ta- 
berna ipsius domus et aliis pertinentiis suis, certo et justo 
precio ac modo et forma in litteris sucer dicta vendicione 
confectis et receptis, die septima mensis januarii proxime 
preterita contentis et declaratis, dictusque Guillelmus ven- 
ditor de predicta domo et tabema sic venditia se deyestiverit 
ipsum(][ue priorem emptorem, quantum in eo erat, de ipsis 
investiverit, supplicaveritque idem venditor domino seu 
dominis fundalibus dicte domus et tabeme sic venditarum 
quatinus ipsos dictos priorem et conventum emptores de eis- 
dem sic venditis investiret, ipso venditore non présente, non 
vocato nec aliquathenus expectato et ejus absentia non obv- 
iante et absque alia devestitione per ipsum venditorem de 
eisdem ulterius facienda, prout nec inter cetera in litteris 
super dicta vendicione confectis plenius continentur; hinc 
est quod die hodierna subscripta prefatus Helias de Bandât- 
ffier, dominus fundalis, ut asseruit, premissorum sic ven- 
ditorum, gratis et sponte dictum magistrum JohannemLas- 
civa ut procuratorem predictum çresentem et investituram 
re^uirentem, nomine dictorum prioris et conventus, de pre- 
missis sic venditis, per tradicionem cujusdam capelli nigri, 
quem idem Helias in suis manibus tune tenebat manualiter, 
et perpétue in presencia dicti Guillelmi venditoris predicti 
investivit, salvis eidem Helie et suis heredibus et successori- 
bus in et super premissis sic venditis duodecim denariis anno 
quolibet censuaûbus [pro] dominio fundali et sex denariis de 
accaptamento, et salvo eciam alio jure suo et quolibet aliène. 
Et nichilominus idem Helias ut dominus fundalis predictus 
recognovit et confessus fuit sibi fuisse integraliter satisfac- 
tum per manum dicti Guillelmi de Petragoris ibidem pre- 
sentis de vendis et accaptamento que eidem Helie, bac vice, 
racione vendicionis predicte debebantur, et ulterius de arrey- 
ratgiis dicti census; de quibus vendis et accaptamento et 
arreyratgiis idem Helias eosdem priorem et conventum et 
dictum Guillelmum et suos et sua solvit perpétue, penitus 

et quittavit 

Ad quorum premissorum observanciam fuit ipse Helias pre- 
sens, volens et consenciens, instantibus dictis magistris Jo- 
banne Lasciva, nomine procuratorio quo supra, et Quillelmo 
de Petragoris soUempniter stipulanti, quatenus quemlibet 
tangit, judicio curie dicti domni nostri Francie régis con- 
dempnatus per dictum quondam magistrum Stephanum de 



(1) Sur Pandeix du vieux marché, voy. les annales dites de 1638. 

19 



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— 134 - 

Manso^ quondam in officio dicti sigilli reg^ii commissarium 
et juratum tune viventem, jam deffunctum, coram quo pre- 
missa acta et per eum loco nostri recepta faerunt die ultima 
mensis febroarii anno Domini millesimo CGC"'® nonagesimo, 
prout Marcialis Chambo et Petrus Operarii alias Âlesplevta, 
clerici, commissarii ad extrahendum et grossandum sud dicto 
sigillo regio litteras ex notulis, papiris. registris et protho- 
coUis dicti deffuncti notarii a nobis specialiter deputati, ita 
in qualibet alia littera sub dicto sigrillo reg^io confectaet manu 
propria dicti deffuncti notarii consignata et scripta invenisse 
et premissa ex dicta littera de mandato et commissione nos- 
tris sibi per nos super hoc factis extraxisse et ^rossasse, et de 
premissis cum dicta littera diligenter coUationem fecisse, 
cum dictus quondam magister Stephanus de Manso morte 
preventus hujusmodi litteram pro neredibus dicti Helie de 
Bancletaier neque pro ipso Helia grossare non potuerit, 
nobis fideliter retulerunt. Relacionibus quorum commissario- 
rum et littere predicte de te super premissis confecte et, ut 
prefertur^ signate, nos prefatus custos fidem plenariam 
adhibentes et premissa laudantes et approbantes ac rata et 
grata habentes pariter et accepta perinde ac si coram nobis 
in judicio presencialiter essent acta, sigillum predictum au- 
tenticum regium litteris presentibus duximus apponendum 
in fidem et testimonium omnium premissorum. Constat no- 
bis de rasuris etc. Datum et actum, quatinus tangit receç- 
cionem dicti deffuncti notarii, die et anno predictis, presenti- 
bus ad bec testibus Petro Valeri, ferrerio et Geraido Pauli, 
castri Lemovicen$»is, et nobis per dictos commissarios ad dic- 
tum sigillum regium relatum et eodem sigillo sigillatum die 
quarta mensis marcii, anno Domini millesimo CGC"^ nona-> 
gesimo nono. 

Facta est collatio per me Marcialem Chambo, clericum, 
una cura magistro Petro Operarii alias Espleyta, clerico,— et 
per me Petrum Operarii alias Espleyta, clericum, una cum 
magistro Marciale Chambo, clerico. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds de Saint-Pierre du 
Queyroix, n« prov. G. 8125) . 



CXII. — Extrait des lettres de provision de la charge d^ad^ 
ministrateur de r hôtel-Dieu de Dun (1) accordées à Martial 
Audoin par Gui de Chauvigny. — 1411. Copie du 
xvn" siècle. 

A tous ceulx qui ces présentes verront, Guy de Chauvigny, 
seigneur de Chasteauroux et viconte de Brosse, salut en 
nôstre Seigneur. Sachent tous (]^ue nous, de nostre bonne 
vollonté et certaine science, considérant le profflt et utillité 



(l) Arrondissement de Guéret, Creuse. 



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— 135 — 

de la Maison-Dieu de nostre ville de Dun-le-Paleteau, et des 
pauvres qui abergent en icelle, et par le bon rapport de la 
tx)nne renommée et bon gouvernement a nous fait de la 
personne de Marçaut Audoin, nostre homme, demorant en 
nostre dite ville de Dun-le-Paleteau^ et aussy pour ce que 
ladite Maison-Dieu est cheue en ruine tant du bastiment 

comme d'aultres d'icelle pour le mauvais gouvernement 

que ladite Maison-Dieu a eu le temps passé, nous, ces choses 
et chesquunes considérées, avons donné et donnons par ces 

S resentes audit Marsaut Audoin, nostre dit homme dessus 
it, et a ses hoirs presens et advenir qui seront de nostre 
seigneurie, laditte Maison-Dieu de nostre dite ville de Dun- 
le-Paleteau, avec ses appartenances, soient maisons, chesaux, 
plaines, vergers, prés, bois, buissons, terres contigues et non 
contigues et aultres héritages quelconques appartenant à 
ladite Maison-Dieu, en ce ^[ue ledit Marsaut et ses noirs seront 
tenuz de tenir ladite Maison-Dieu et ses appartenances en 
bon estât et de gouverner bien et dhuement les pauvres 
abergés en icelle, et en oultre a faire en ladite maison ce qui 

luy appartient à faire 

Donné en nostre chastel de Cluys-Dessous (1), le vendredy 
davant la feste de Toussaints Tan 1411. 

( « Pris sur une copie du xvn* siècle « par Aug. Bosvieux, 
sans autre indication de source.) 



CXIII. — Statuts de la confrérie de N.-D. du Puy 
à Limoges (2). — 1425. Orig. 

§ 1. Item y se enseguen las ordenansas que deven far los 
bayles : premieyrament que syant diligent a conservar las 
rendas per sobastacions. 

8 2. Item^ deven far letras per baylar o trametre aus cha- 
pelas de las perophias que son a l'entor de Limotges V o VI 
léguas; et deven estre senhadas del grant sagel de argent 
de la cofreyria ont es la ymage de nostra Dompna ; et los 
chapelas deven amassar laysas comandas que an fait las 
perophias, et deven aportar las laysas et comandas XV jors 
davant la Ascencion et baylar aus bayles. 

§ 3. Item^ los bayles deven far la questa tostz los dimenches 



(1) Gluis, arrondissement de La Châtre, Indre. 

(2) Les statuts de ce genre, en dialecte limousin, ne sont pas rares 
dans nos archives locales. Cf. notre Invent, des Arch. hospit. de 
Limoges, fonds des confréries unies, passim. Voy. aussi les statuts de 
la confrérie de N.-D. de S. Sauveur (1212) ap. Annales de 1638, 
p. 183, et ceux de la confrérie de la Conception Notre-Dame à 
8. Michel-des-Lions (xv* siècle), ms. coté 24 de la bibliothèque com- 
munale de Limoges. 



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— 136 — 

après Pasques a Saint Peyre del Queyroy et a Saint Michel et 
a Saint Maraal; et lo dilus davant que anen el Puey far la 
roda. 

§ 4. Itemj quant il irant far far la roda de la sera (1), deven 
far despens seguon lor consciensa afi que non syant point 
repres. Si alcuna gens erant el Puey coma romieus, coma 
gens que la cofreyria poyria mays valer, los bayles lor deven 
trametre de lor vi honestamen ; et los bayles que y seran quant 
hom en montera la roda, chascun deu aver una torcha en sa 
ma ardent et deven far far très o quatre liouras de tortis de 
sera per baylar ans cofrayres, si n'y avia point, et chascun 
deu aver I chapel de flors. 

§ 5. Item, los bayles deven demandar als segrestas de 
nostra Dompna qualqUe chauza per la cofreyria. 

§ 6. Item^ los bayles que iran far far la roda de la sera 
deven pagar de lor argent l'anar o lo venir. 

§ 7. Item, deven far la cofreyria lo dimenche aprop la 
nostra Dompna de setembre. una annada a Saint Peyr del 
Queyroy et Tautra annada a Saint Michel : et chascun cofrayre 
deu aver sa chandela, aneyssi coma es de costuma, et deven 
far dire la messa soUempnialroent am chantres, aneyssi 
coma aperte a la cofreyria. Et chascun cofrayre et cofreyressa 
de (sicj pagar per son lume X d. de bona moneda, et deven 
far far la absolucion a tostz los prestes. 

§ 8. Item, si alcun vay de vita a mort^ que los bayles 11 
deven far honor am la iuminaria, aneyssi coma es de cos- 
tuma, et li deven far dire una messa de mors; et los amies 
del mort o deven far assaber ans bayles et deven guardar la 
cofreyria de domatge, et non fassant point hostar lo nom del 
mort ny de la morta. mas far una crotz. 

§ 9. Item, los bayles que non siant tengut de far despensa 
desordenada lo jor de la cofreyria ny lo jor de la reda justa 
lor consciensa. 

§ 10. Item, pregem a tostz los bayles que vendrant aprop 
nos^ que non escrivan neguna chausa en aquest libre sy no 
que los renduers se mudessan o mètre los noms dels cofrayres 
novels de las cofreyressâs. 

(Arch. hospit. de Limoges, fonds Saint-Gérald, H. 5). 



CXIV. — Testament par acte public de messire Guichard de 
Comborn^ abbé d'uzerche et évêque élu de Tulle. — 1459. 
Orig. 

In nominb Domini, ambn. Quoniam condicio humani 
generis a morte evadere non potest nec est qui divinum ef- 
fugere valeat judicium, idcirco non differt sapiens de suis 



(1) La roue de cire que Ton faisait brûler devant la statue de N.-D. 



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— 137 — 

disponere rébus dum compos est mentis sue, ne post ejus 
mortem bons sua veniant ad ingnratos et ne pro eis questio 
seu discencio (sic) inter aliquos oriatur nec oriri possit, sed 
illa in expedito remaneant atque claro. Quamobrem noverint 
universi et singuli seriem et tenorem hulus çresentîs publici 
instrumenti visuri, lecturi et eciam audituri quod anno ab 
incarnacione Domini millesimo quadringentesimo quinqua- 
gesimo nono, die vero vicesima quarta mensis septembris, 
ioclito principe et domino nostro, domino Earolo Dei gracia 
Prancorum rege régnante, în mei notarii publici et testium 
inferius nominatorum presencia personaliter existens et cons- 
titutus reverendus in Christo çater et dominus, dominus 
Guischardus de Gombornio, diyma miseracione abbas mo- 
nasterii beati Pétri Userchîe (1), ordinis sancti Bene- 
dicti, Lemovicensis diocesis, electusque in episcopum et 
pastorem ecclesie cathedralis Tutellensis (2), sanus mente et 
oene compos et in ejus bona et perfecta memoria existens, 
licet eger et languens corpore jacensque in grabato in qua- 
dam caméra domus fortis îoci ae Vesco (3), Lemovicensis dio- 
cesis, considerans de superius quod nullum est adeo stabile 
quin sit [injfirmum et quod nil est cercius morte nil^ue in- 
cercius hora mortis, premeditans dictum apostoli qui ait ^uod 
c omnes stabimus ante tribunal Jbesu Cnristi, redditun ra- 
cionem de gestis et administratis, sive bonum fuerint sive 
malum » (4), nolensque intestat us decedere ad finem quin (?) 
extrema nécessitas que ullos decipere solet seraper et ubique, 
eum inveniat esse paratum, disponendo et ordinando de se 
bonisqueet rébus suis sibi adeo collatis^ suum ultimum testa- 
mentum nuncupativum, sine scriptis, ejusque ultimam vo> 
luntatem testamentariam et disposicionem extremam fecit, 
creavit, condidit, disposuit et sollempniter ordinavit in mo- 
dum et formam sequentes, premisso signe venerabilis sancte 
crucis sic dicendo : 

t In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti, Amen. Im- 
primis quidem comendavit animam suam omnipotenti Deo 
beateque et gloriose virgini Marie beatisque Michaeli et Ga- 
brieli, archangelis, ac beatis Petro et Pàulo, apostolis, beato> 
que Bénédicte, ejus patrono, sanctisque Leoni et Coronato ac 
Sabine, presulis (sic), ac toti collegio civium (?) superiorum, 
corpusque terre, quod sepelliri voluit, jussit et ordinavit ipse 
dominus testator, quando ejus anima ab hoc seculo migra- 
verit, in monasteno Usercnie et ante altare capelle beati 



(1) Uzerche, arrondissement de Tulle. 

(2) Guichard de Gomborn fut élu évêque de Tulle en 1454, concur- 
remment avec Louis d'Aubusson. Il ne renonça à ses prétentions 
qu'en 146«S, au prix d'une pension annuelle de 300 11. {Gallia christ.) 

(3) Veix, arrondissement de Tulle. 

(4) Rom. XIV, 10 et il Cor. V, 10. 



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— 138 - 

Benedicti quam, novitur, ipse dominns testator construi et 
reedifflcari fecit. Item, voluit, jussit et ordinavit içse reve- 
rendus dominus testator quod die sépulture sue mtersint 
ibidem ducentum presbiteri m!issam de Requiem célébrantes 

Ero ejus anima et aliorum fidelium defiFunctorum, et quod de 
onis ipsius testatoris cuilibet eorumdem presbiterorum den- 
tur sex albi (1) in refeccio[ne] corporalis, et celebrantibus 
missas majores ipsius servicii dentur de dictis bonis quinque 
solidi semel solvendi. Item, quod dicta die sépulture sue pro 
dicto servicio operetur de cera ad voluntatem neredis et exce- 
cutorum suorum infrascriçtorum. Item, quod dicta die 
sépulture sue detur de bonis suis helemosina omnibus eam 
petentibus et ad domum suam venientibus. Item^ quod in 
octaba dicte sue sépulture intersint ubi supra alii centum 
presbiteri missam de Requiem célébrantes pro ejus anima et 
aliorum deflfunctorum, et quod cuilibet eorundem dentur de 
bonis suis alii sex albi monete currentis. Item, q^uod quadra- 
gesimo die post dictam suam sepulturam intersmt ubi supra 
alii centum presbiteri missam de Requiem célébrantes pro 
ejus anima et aliorum deflfunctorum, et quod cuilibet eorum- 
dem dentur alii sex albi dicte monete et çuod operetur de 
cera pro ipso servicio ad voluntatem heredis et executorum 
suorum infrascriptorum. Item, quod anno revoluto, tali die 
quo fuerit suum corpus sepultum et in fine ipsius anni, in- 
tersint et veniant uni supra alii ducentum presbiteri mis- 
sam de Requiem célébrantes pro ejus anima et aliorum sui 
g^eneris et Christi fidelium deflfunctorum, et quod cuilibet 
eorumdem presbiterorum dentur de bonis ipsius testatoris alii 
sex albi monote currentis et quod pro servicio ipsius diei 
operetur de cera ad voluntatem heredis et excecutorum suo- 
rum infrascriptorum. Item, quod sue raupe dentur amore Dei 
presbiteris ad esgardium excecutorum suorum infrascripto- 
rum. 

Item, legavit dictus testator pro salute et remedio anime 
sue ecclesie béate Marie Userchie centum solides monete cur- 
rentis inter capellanum et presbitèros ejusdem dividendes, 
pro uno obitu et servicio in eadem ecclesia fiendo (2j pro 
ejus anima et aliorum fidelium deflfunctorum, semel solvendos 
de bonis suis per heredem suum universalem infrascriptum. 
Item, legavit ulterius dictus testator pro salute et remedio 
anime sue ecclesie de Vesco, pro reparatione ejusdem, decem 
libras monete currentis semel solvendas de bonis suis predictis 
per dictum heredem suum infrascriptum ; et amplius unum 
calicem suum argenti deauratum, minorem duorum suorum. 
Item, monasterio Userchie pro reparatione ejusdem monas- 



(1) BUiTu, monnaie d'argent de très petite valeur. 

(2) On trouve également en toutes lettres fiendo (et non fiendis) quel- 
ques lignes plus bas. 



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— 139 — 

terii trioentum {sic) librasmonete currôntis semel solvendas de 
bonis ipsius teatatorisper heredem suum universalem infras- 
criptum; et cumhoc recommendavit animam suam monachis 
et reli^iosîs ipsius monasterii, eosdemque deprecatus fait et 
est, virtute hujusmodi sui ultimi testaifienti, quod quolibet 
anno perpetuis temporibus faciant unum obitum et rogBnt 
Deum pro salute et remedio anime sue, et qualibet septimana 

dicent unam missam. Item, omnes sues libros, discos 

argent!, suum majorem calicem cum canetis argenti deau- 

ratis et unum vestimentum gamitum. Item, luminario 

beati Ânthonii de Stauro (?) duas thedas decem librarum 
cere semel per heredem suum universalem infrascriptum 

solvendas. Item, ecclesie beati Nicholay Userchie cappel- 

lanoque eti)resbiteris ejusdem œntum solidos monetecurrentis 

f)ro uno obi tu seu servicio in eadem ecclesiaper ipsos cappel- 
anum et presbiteros fîendo. Item, ecclesie sancte Eulalie 

Userchie cappellanoque et presbiteris ejusdem alios centum 
solidos dicte monete semel per heredem suum universalem 
infrascriptum cappellano et presbiteris ejusdem ecclesie sol- 
vendis, pro uno oDitu et servicio in eadem ecclesia fiendo per 
ipsos cappellanum et presbiteros pro ejus anima et aliorum 
fidelium deffunctorum. 

Item, voluit, lussit et ordinavit ipse testator quod domus 
abbatialis Userchie et domus fortis sua loci de Y&sco sint et 
remaneant garnite lectis, superlectilibus,linteaminibus,pintis, 

scutellis, archis et aliis utensilibus, prout decet. Item, 

quod ejus famuli et ancille solvantur plenarie et intègre de 
bonis ipsius testatoris per heredem suum universalem infras- 
criptum. 

Item, legavit dictus testator jure institucionis omnibus 
aliis servitoribus suis pro servicio sibi per eos impenso du- 
centum scuta auri per heredem suum universalem infras- 
criptum solvenda de oonis ipsius testatoris et dividenda inter 
ipsos predictos servitores, secundum magis et minus et se- 

cundumquod plus eidem domino testa toriservierunt. Item, 

fratri Petro Huoi'onis, preçosito Sancti Salvatoris (1), centum 
scuta auri semel de bonis ipsius testatoris solvenda per here- 
dem suum universalem infrascriptum, et unum lectum muni- 
tum et breviarium ipsius testatoris et de utensilio pro domo 
sua; cuiquidem domino preposito dédit quittanciam gene- 
ralem et specialem de quibuscunque per eumdem receptis et 
administratis pro ipso domino testatore. 

Item, voluit, jussit et ordinavit dictus testator quod dicttis 
frater Petrus Hugonis habeat, accipiat et recipiat et habere 
debeat et accipere de bonis ipsius testatoris semel duntaxat 
alia ducentum scuta auri, pro de eisdem disponendo juxta et 
secundum voluntatem ipsius domini testatoris, domino 



(1) Saint-Salvadoor, arrondissement de Tulle. 



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— 140 — 

preposito idem reverendus dominas testator dicet et decla^ 

rabit ad partem et in secreto. Item. quod omnea homines 

cujuscunque condicionis existant debentes deffectus, contes- 
taciones et emendas, sint et remaneant quitti ; quibuB idem 
dominas testator onmia illa dédit et eisdem quittavit. 

Item, legavit preffatus reverendus dominus testator jure 
institucîouis reverendo domino episcopo Lemovicensi (1) tri- 
ginta solides monete currentis semel solvendoa de bonis 
ipsius testatoris^ et hoc sine prejudicio exempcionis monasteri i 
predicti Userchie et membrorum; et cum noc ipse dominus 
episcopus nichil aliud petere nec exhigere possit nec debeat 
de et super bonis ipsius testatoris. 

Et quiâ tbstambntum vires assumit ab heredis institu- 
cione, [que] capud (sic) dicitur esse testamenti, ideo preflRatus 
reverendus dominus testator in omnibus et singulis aliis 
bonis, juribus, accionibus, deveriis et rébus suis c^uibuscun- 
que presentibus et futuris, quecunque sint et ubicunque ac 
quocunque nomine censeantur et nuncuçentur seu dici et 
nuncupari possint et sub quacunque juridicciono existant, 
heredem suum universalem sibi fecit,instituit etsollempniter 
ordinavit ac ore suo proprio nominavit, videiicet ejus dilec- 
tisimum fratrem^ egregium et potentem dominum, demi- 
num Johannem de Ck)mbornio, vicecomitem Combomii, 
domiuum de Treynhaco; per quem heredem suum ipse 
reverendus dominus testator voluit, jussit et ordinavit débita, 
legata, clamores et rancores sues, si qui sint, ac omnia et 
singnla in hoc presenti publico suo testamento contenta 
exsolvi, tradi et emendari ac eciam adimpleri. Et hoc esse 
voluit dictus reverendus dominus testator suum ultimum 
testamentum sine scriptis nunçupatum suamque ultimam 
voluntatem testamentariam et disposicionem extremam, 
quam seu quod dictus reverendus dominus testator laudavit, 
approbavit, emologavit /^^|etconfîrmavit; ipsumque valere 
voluit, jussit et ordinavit ipse reverendus d!ominus testator 
ad perpetuum jure testamenti sine scriptis nuncupativi seu 
jure codiclUorum aut alterius cujuslibet ultime voluntatis 
testamentarie et disposicionis extrême vel jure donacionis, 
causa mortis aut aliis eis meliorlbus modo, via, jure et forma 
quibus de jure, usu, stilo, more, consuetudine et observancia 
melius et utilius valere poterit et debebit ad utilitatem et 
commodum heredis prenominati, domini testatoris et lega- 
tariorum ac suorum successorum et cujuslibet ipsorum. Et si 
non valet secundum leges, quod psaltim (sic) valeat secun- 
dum canonicas paccioneis; et si non valet in toto velprout 
actum est, quod psaltim valeat in illa parte in qua melius 
de jure valere poterit et debebit. Omnia autem alia testa- 
monta omnesque donaciones et quasvis alias disposiciones et 



(1) Jean I de Barthon. 



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— 141 - 

ordinaciônes, si que per dictum reverendum dominum testa- 
torem facte seu lacta extiterint, dictus testator de sua certa 
ficiencia eis melioribus modo, via, jure et forma quibus po- 
tuit, revocavit, cassavit penitus et perpetuo ac eciam anul- 
lavit j)resente testamento ac omnia et sing^ula in eodem con- 
tenta in suis robore çt effectu perçetuo duraturis. 

Hujus ÂUTBM ultimi testamenti nuncupativi sine scriptis 
dictus testator suos executores fecit videlicet venerabiles et 
religfiosos viros fratres Guydonem de Turre, infirmarium 
monasterii Userchie, et P^trum Hugonis de Alauda, prepo- 
situm Sancti Salvatoris, membrum (sf'c) dicto monasterio 
Userchie immédiate deppendens ; quibusquidem executoribus 
et eorum cuilibet dictus reverendus dominus testator dédit et 
concessit plenam et liberam potestatem ac spéciale et générale 
mandatum omnia et singnla in hujusmodi suo ultime testa- 
mento contenta integraliter excequendi {sic) et complendi et 
pro excecucione et complemento illorum, auctoritate sua 

Eropria, intrandi, capiendi, recipiendi, vendendi et distra- 
endi bona ipsius reverendi dommi testatoris et alias agendi 
et excequenai super premissa, prout ad ipsos et eorum çuem- 
libet pnertinebit et spectabit, absque mandate et licencia ali- 
cujus judicis seu personealteriuscujuscunque. Quibusquidem 
eciam excecutoribus preffatiset eorum cuilibet preffatus reve- 
rendus dominus testator legavit jure institucionis pro labore 
suo et excecucione sui presentis ultimi testamenti impen- 
dendo decem scuta auri nunc cursum habentia, semel de 
bonis ipsius domini testatoris recipienda sive per heredem 
suum infrascriptum solvenda. Supplicavitque preflfatus re- 
verendus dominus testator nobili et potenti viro domino 
senescallo Lemovicensi regio, in patria Lemovicensi consti- 
tuto, et ejus honorabili locumtenenti necnon et honorabilibus 
et scientifflcis viris dominis ofllciali Lemovicensi ac aliis ju- 
dicibus quibuscunque et eorum locumtenentibus et cuilibet 
ipsorum quathinus hujusmodi testamentum ac omnia et 
sm^ula in hoc presenti publico instrumento contenta complere 
faciant et ea de puncto ad punctum penitus et perpétue invio- 
labiliter observare; quorum foro, cohercioni, juridiccioni, 
compulsioni et districtui submisit se dictus reverendus domi- 
nus testator et heredem suum ac omnia et singula bona sua 
quecumque. Bogavitque preffatus reverendus dominus testa- 
tor dilectos in Christo dominos Salmum de Frech-Montelh et 
Petrum de Freyssirmas, presbiteroSj discrètes honestosque 
viros Petrum de Malomonte alias Purre Barba^ canonicum 
Ayhentis-monasterii (1), Anthonium Pradelli, clericum solu- 
tum parrochie de Bassmhaco, Tutellensis diocesis, Guiller- 
mum Jolyioy, Barberinum Treynhaci, Johannem dit Petit- 
Johan de la Trancha, et Petrum ûlium Penoti de Coux, parro- 



(1) Eymoutiers, arrondissement de Limoges, 



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— 142- 

chie Treynhaci, dicte Lemoviœnsîs diocesis, ac me notarium 
regium publicum infrascriptum et quemlibet nostnim ibi- 
dem presentem, et sub uno et eodem contextu existentes et non 
divertentes ad alios actus extraneos, quathinus de hujus- 
modi auo ultimo testamento et de omnibus et singrulis in 
eodem contentis essemusmemores, siopusesset, atque testes, 
et de premissis omnibus et singulis testimonium perhibe- 
remus veritatis. De quibus premissis omuibus et singulis 
voluit preffatus l'everendus dominus testator et reguisivit me 
notarium publicum infrascriptum quathinus de eisdem con- 
ficerem instrumentum et instrumenta unum et plura ad 
opus heredis sui preffati et legatariorum suorum suprascrip- 
torum et aliorum quorum interest [etj intererit in futurum, 
melioribus modo, via et forma, cum consilio peritorum, pro- 
ducta in judicio sive non refflcienda facti tamen substancia 
in aliquo non unitata, quod et que sibi concessit agendum et 
agenda, 

Acta vero fuerunt premissa in dicta domo forti loci de 
Yesco, Lemovicensis diocesis, anno, die, mense et régnante 
predictis^ presentibus ibidem et audientibus testibus superius 
nominatis per dictum reverendum dominum testatorem ad 
premissa vocatis specialiter et rogatis. 

(Dans un cartouche) : t G. db Montillio. 

Et me Guischardo de Montillio, clerico parrochie de Yesco, 
Lemovicensis diocesis, oriundo, publico auctoritate regia no- 
tario, qui premissis omnibus et singulis, dum, sicut pre- 
missum est, agerentur, disponerentur, ordinarentur per 
dictum reverendum dominum testatorem et fièrent una cum 
prenominatis testibus presens interfui, eaque sic fieri et dici 
vidi et audivi, et de eisdem hoc presens publicum instrumen- 
tum manu mea propria scriptum, dicta auctoritate recepi. 
hicQue mesubscripsi etsigno meo manuali solito et quo in 
talious utor signavi in fidem et testimonium omnium et sin- 
gulorum premissorum vocatus et requisitus. Basuras, etc 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, n** prov. E. 601.) 



CXV. — Codicille du testament de Jean de Treignac, 
vicomte de Combom. — 1472. Oriff. Se. perdu. 

Je Jehan, visconte de Combort et seigneur de Treignat, 
estans en mes bous sens et mémoire, faiz et ordonne mou 
codicille en la forme et manière que censuit (sic) : CPest assca- 
voir ^ue, comme je aye fait et ordonné mon testament, le 
premier jour d'avril mil quatre cens soixante et dix, et en 
icelluy fait mon héritier universal Jehan mon filz naturel et 
légitime, et mon fils Loys naturel et légitime mon héritier 



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- 143 — 

particulier es chaste!, terre et segnoriede Rocheffbrt (1) avec- 
ques ses appartenances et deppendences, a sa vie seulement, 
sans riens y retenir, et voulu et ordonné que mon dit héritier 
universal les luy eust a mettre a plaine délivrance et pai- 
sibles (2), et jusques a ce que Tait fait, ordonné et voulu que 
luy baille et paie par chascun an la somme de trois cens livres, 
les deux tiers en deniers et l'autre tiers de tous blés, sans 
justice sur materie et segnorie de Chambaret et la place ou 
pourra edifSer pour sa demorance, icelle place non comptée ne 
comprise es dites trois cens livres de rente, esquelles Tay fait 
mon héritier particulier; pour ce en diminuant, entant que 
touche mon ait filz Loys, et limitant et déclarant ma volunté 
par ce presant mon codicille, veul (sic) et ordonne que le dit 
mon filz Loys, a présent abbé de Conques (3) et de Saint- 
Âugustin (4), acquitte et tiegne quittes et paisibles les dits 
chastel, terre et segnorie de RocheflFort avecques ses apparte- 
nances et deppendences, de ses deniers et a ses propres costz 
etdespens, de tousdrois, actions, obligacions et Hypothèques 
que autres personnes y peuent (sic) avoir ne demander, au 
profflt ampres son trespassement de mon dit héritier universal 
et de son fils ainsné, se il trespassoit premièrement oue moy 
ou le dit Loys mon filz. Lequel filz ainsné ou celluy qui 
vivroit et seroit ainsné je faiz par ceste présente mienne 
volunté mon héritier universal au cas dessus dit du trespasse- 
ment de mon dit filz Jehan. Et en cas que mon dit filz Loys 
ne acquitteroit ettiendroit paisibles les dits chastel, terre et 
segnorie de Rocheffbrt a ses propres costz et despens et de ses 
deniers, je veul et ordonne que des dittes trois cens livres il 
ait seulement et ne soit tenu mon dit héritier luy bailler que 
cent livres tournoiz en deniers et a sa vie seulement et sans 
justice; esquelles cent livres il sera et demorera, est et de- 
more mon neritier particulier. Et veul et ordonne que sur 
mes biens et de mon dit héritier n*ait autre chose a demander, 
pour quelque cause ou raison que ce soit, et que s'en tiegne 
pour content. Et ceste mienne présente voluntô et declaracion 
veul que vaille et tiegne sans derroger es autres choses qui 
sont contenues en mon dit testament. En tesmoing de ce j ay 
signé ces présentes de mon seing manuel et fait signer a 
maistres Â^lbert Josse, licencié en loix« et Estienne Faure, 
notaire, tesmoings par moy appelés, et fait seeler du seel de 
mes armes au chastel de Treignat, le onziesme jour de sep- 
tembre mil quatre cens soixante et douze. 

Tbbignat. Josse. Et"* Faxjbb. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, n» prov« E. 319). 



(1) Près Limoges. 

(2) Il y a, semble-t-il, un mot oublié à cet endroit. Cf. cependant 
21 lignes plus loin. 

(3) En Kouergue, aujourd'hui arrondissement dç Rodez, Âveyron. 

(4) Arrondissement de Tulle. 



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— 144 — 

ex VI. -^ Testament par acte public de Jean de Combom, 

seigneur de Treignac^ Chamteret et autres lieux. — 1480. 

Vidimus de 1499 (n. st. 1500). 
* 

Nous garde du sel (sicj auctentique estably aux contraulx 
au bailliaige de Limoges pour le roy notre sire, a tous ceulx 
qui ces présentes lettres verront et auront (^icA salut. Scavoir 
faisons que aujourduy dessoubz escript, par devant le notaire 
juré du dit scel et les tesmoings cy dessoubz escriptz i>erson- 
nellement constitué et estably, nault et puissant seigneur 
messire Jehan (1), chevalier, vicomte de Combort, seigneur de 
Treygnat, de Chambaret, de Chambolive, de Beaumont et de 
Rocnefort (2), attendent et considérant qu'il n'est chose plus 
certaine que la mort et incertaine que Teure d'icelle, et en son 
bon sens et entendement posé, amn que au temps advenir 
dicension, noyse a Toccasion de ses biens ne sortissent entre 
ses'enffans ne autres ses parens pour le temps advenir, a 
fait et ordonné son testament et dernière volunté en la forme 
et manière que s'ensuit l 

Je Jehan, chevalier, vicomte de Coinbort, seigneur de 
Treygnat, de Chambaret et de Chambolive, de Beaumont et 
de Kochefort, considérant que toutes choses sont ordonnées 
a fin, mesmement les corps et âmes, selon leurs œuvres, et 
que naturellement jeunes et vieulx, foibles et fors, fault tous 
venir a la mort, selon la divine providence, et n'est a la 
puissance des mondains commander aux esperits et âmes 
eulx deppartir des corps dont Teure est incertaine; et pour ce 
que souvent entre les prouchains adviennent noises et discen- 
cions par faulte de faire testament, voulant y obvier, consi- 
dérant que de ma personne et de mon sens suis, par la grâce 
de Dieu, en bonne disposicion, et voulant ordonner de mes 
biens que luy a pieu moy donner, faiz et ordonne mon testa- 
ment et darniere volunté en la manière que s'ensuyt : 

P Et premièrement, je donne et recommande mon ame a 
Dieu le Père, le Filz et le benoist Sainct Esperit, ung Dieu en 
troys personnes, adoré et chérit, et a la benoiste vierge Marie, 
a tous les sainctz, sainctes, angelz, archangelz^ chérubins, 
séraphins, et a toute la cour celestielle, leur suppliant que 
leur plaise supplier et requérir mon dit benotet créateur que 
en pitié luy plaise avoir regard a mon ame et ne la juger par 
sa rigoureuse justice selon mes démérites ; car si la vouloit 
ainsi juger, seroit en trop grand dangier. Et des maintenant 



(1) Jean II. Il survécut de cpielgues années à la rédaction de ce 
testament et ne mourut qu'en janvier 1589. 

(2) Gonbom (commune d'Orgnac), arrondissement de Brive; Trei- 
ffnac, Ghamberet, Chamboulive, Beaumont, arrondissement de Tuile 
Rochefort (commune de Séreilhac}, arrondissement de Limoges. 



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- 145 — 

prens mon recours a sa graûde miséricorde et a sa saincte 
passion et proteste de mourir en sa saincte foy catholique ; 
et si par temptacion de Pennemy ay desvoyé aucunement, 
je le casse, révoque etannulle de tout et mect au néant. 

2* Veulx aussy et ordonne que ijuant mon ame sera hors 
de mon corp^, que mon dit corps soit sépulture en Te^^lise des 
Chartreux de Glandiers (1), auprès de leu mon très redoubté 
seigneur et père monseigneur le viconte de Combort (2), sei- 
gneur en son vivant aes seigneuries dessusdites, duquel 
Famé soit en la saincte gloire de paradis ; duquel et de feu 
monseigneur de Clermont (3) mon oncle, ordonne les testa- 
mens estre acompliz en ce que reste. Et vueil aussi et ordonne 

3ue le jour de ma ditte sépulture soient seullement fait faire 
eux cierges de cire, chescun de ving livres de cire, dont 
Fung sera a mon chîef et l'autre a mes piedz, sans autre 
luminaire. Et si messires mesparens et amys en veulent faire, 
je m'en rapporte a eulx; et aussi au regard du service divin, 
ausmone et autre cherité fsic), m'en rapporte a mon héritier 
et a sa conscience, tant du jour que de la septenne, que de 
Tannée et autre temps. 

3** Item, vieulx (4) et ordonne estre fondées et des mainte- 
nant fonde chacun jour perpétuellement une messe : Tune au 
lundy, de Requiem^ en la chappelle de la basse court de 
Treygnat, et que celuy qui la dira avant qu'il despoulhe ses 
vestemens die rabsolucion pour les trespassés ; l'autre le 
mardy, en la chappelle du dit chastel de Treygnat, de sainct 
Jehan evangeliste et sainct Christofle; l'autre le mercredy des 
sainctes Anne et Catherine, au chastel de la Viguerie; et 
veulx que ceiuv qui la dira face commemoracion de Madame 
saincte Magdelene ; l'autre le jeudy , au couvent des frères 
Mineurs deDonzenac (5), du corps de Dieu ; l'autre le vendredy 
de la Passion, et que la ditte Passion soit ditte en la ditte 
messe ; et le sabmedy de Notre-Dame en l'église des dits 
Chartreux de Oiandiers, les deux (6), et que ceux qui diront les 
dittes messes diront la ditte absolucion sur ma tombe pour 
les âmes du dit feu monseigneur de père et de ma feue dame 
ma mère, de moy et de mes amys trespassés - et le dimanche 
en l'église parocialle de Treyçnat appellé[e| des églises de 
Sainct Esperit, et que celuy qui dira la messe aille faire l'ab- 
solucion au cimytiere de la ditte église avant que soyt des- 



(i) Glandier, commune de Beyssac, arrondissement de Brive, Gorrèze. 

(2) Jean I, f 1476. 

(3) Jacques de Combort, évôqae de Clermont, f 1474. 

<4) Ce mot est très diversement orthographié : ici isieiAx, plus loin 
Wtti, ailleurs oeui/, vetilx. Nous avons suivi le texte. 
(5) Arrondissement de Brive, Gorrèze. 
lô) C'est-à-dire la messe du vendredi et celle du samedi. 



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- 146 — 

poulhé ; et soit dicte la ditte messe quant celle delà paroisse 
aussi sera dicte. Et chescune des dittes messes donne par an 
et fonde de cent solz en deniers payables par mon dit héritier 
universal jusques que ayt assigné les dits cent solz; lesquelz 
ordonne qu'il les assigne bien diligemment le plus tost qu'il 
pourra, et de ce le charge et sa conscience. Et veul que les 
debtes loy animent deuz par feu mon dit seigneur et père, 
monseigneur mon oncle revesque de Claramont (1), et demoy 
soyent entièrement payéez ; et de ce charge mon héritier et sa 
conscience. 

4® Item, comme au traicté de mariage (2) de ma chîere et 
aymée compaigne Jehanne de Maignalais luy ait esté pour 
son douayre ou donacion a cause de notre manai^e donné la 
terre et seigneurie du dit Chambaret en Pestimacion de 
quatre cens livres de rente, comme appert par les lettres de 
notre mariaige, jevieulx et ordonne qu*elle en joysse selon la 
teneur des dittes lettres et que, attendu la charge de ma 
maison, desdittes debtes et autres, elle supporte mes héritiers 
et autres enffans siens et miens. Et car (3) François, Gilles, 
Margarite et l'autre Margarite, l'autre Margarite et Anne ses 
enfans et mineurs (?) sont pupilles et en bas eaige et ont 
besoing de tuteurs, confiant a plain de monseigneur des 
bourgs de Deolx (4) et de Conques, mon frère (5), d'elle et de 
mon héritier universal, je les faiz et. ordonne leurs tuteurs 
a d'eulx deux (6) et ordonne q^ue ne facent et ne soyent tenuz 
ne contrainctz faire aucun inventoire ne rendre compte et 
reliqua^ et les en relevé afin que la grandeur ou petitesse de 
ma chevance ne soient descouvertes et sceuez; et expressé- 
ment le leur deffands. 

5° hem, vueil et ordonne que ma dite compaigne soit 
dame seigneuresse et administrateresse des dits enfans et usu- 
fructuaire de mes biens, tant qu'dle vivra en viduité, et 
payera et acquitera d'iceulx biens les debtes et ma ditte 
maison dessus ditte. 

6** Item, faiz et ordonne mes héritiers particuliers les dits 
François et Gilles, c'est assavoir ledit Francoys de ma terre et 
seigneurie de Bochefort avecques ses appartenances et deppen- 
dences quelzconques, en Testimaciou de troys cens livres de 
rente. Et si ne valoit ne n y pouvoit estre assises les dittes 
troys cens livn*s de rente, veulx et ordonne que soient four- 



(1) Voyez pins haat. 

(2) De 1456, d'après le NobU. de la Génér. 

(3) Dans le sens de parceque. Voy. Grodefroy, DlcUownalre. 

(4) Déols, arrondissement de Ghâteauroux, Indre. 

(5) Il se nommait Louis et était abbé de Saint- Augustin lez Limoges. 
Toyez le Nobil. de la Génér. 

(6) Le testateur veut dire sans doute que les trois tuteurs par lui 
nommés se partageront ses six enfants deux par deux. 



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— 147 - 

nies par mon dit héritier de prouchain en prouchain et que 
luy soient délivrées par mon dit héritier franches et quittes 
de toutes debtes et hypotechques. Et le dit Gilles (1) en trovs 
cent livres en deniers par chascun an payables par mon dit 
héritier a deux termes, l'ung a la feste de la Nativité sainct 
Jehan-Baptiste et Pautre a la feste de la Nativité notre- 
Seigrneur. Et au cas (jue le dit Francoys seroit homme d'Egalisé, 
je le faiz mon héritier es dittes troys cens livres en deniers et 
le dit Gilles en la ditte terre et seigneurie de Bochefort, en la 
manière dessus ditte. Et si tous deux estoient hommes d'E- 
fflise, je les faiz héritiers chascun en troys cent livres en 
deniers payables par mon dit héritier, comme dit est, jusques 
a ce que seront chascun d'eux parvenuz en saincte Eglise 
jusques a la ditte somme de troys cens livres en deniers ou la 
valeur. Et en ce cas que seront pourveuz en l'Eglise ou Pung 
d'eux jusques a la ditte somme, que celuy qui sera pourveu, 
ou si tous deux le sont, mon héritier ne soit tenu leur bailler 
aucune somme fors que a chascun d'eulx ou a celuy qui 
seroit ainsi pourveu en l'Eglise dix livres en deniers une fois 
payables, esquelles dix livres je les, au dit cas, fays mes héri- 
tiers particuliers; et vueilh que ne puissent autre chose 
demander en mes biens et succession. Et en advenent que 
les dits Francoys et Gilles, mes enfans, demeureront au monde 
sans estre gens d'Eglise, ou Tun d'eux et mon dit héritier 
universal iroyt de vie a trespas, sans hoirs masles descendens 
de son corps par loyal mariaige, en ce cas je luy substitute 
(sic) et vieulx que la ditte succession viengne au dit Francoys ; 
et au dit Gilles donne au cas susdit la dite terre et seigneurie 
de Rochefort^ par la manière qu'elle seroit au dit Francoys se 
mon dit héritier universal vivoit. 

7* Item, si les dits Amanjon (2) et Francoys aloient de vie 
a trespas sans hoirs masles descendens de leur corps par 
loyal mariage^ en ce cas faiz et ordonne mon héritier uni- 
versal le dit Gilles et substitue au dit Amanjon et Francoys. 

8*^ Item^ donne et lègue par droit d'institucion [a ma] fille 
naturelle et légitime Catherine, femme de Pierre, seigneur 
de Chasteauneuf et de [Peyrat (3) chevajlier, ce que luy ay 
donné en douayre au contrault de son marj[iage...j en tout le 
droit, action, porcion, peticion et demande qu'elle pourroit 
avoir en [mes] biens et succession la somme de cent solz 
tournois, une foiz payée par mon dit héritier universal; et 
desquelz cent sols tournois la faiz et institue mon héritière 

Sarticuliere et ne vieulx que y puisse autre chose y avoir ou 
emander. 



(1} Suppléez : fais <l ordonne mon héritier 

(2) Remarquez que cet Amanjon n*a pas encore ôté nommé. C'était 
l'ainé des fils du testateur. Voyez le NohiL de la Géfiér. 

(3) Nous complétons ce nom d'après le NMl. dé la Génir. 



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- 148 - 

9"* Item, au regard de mes dittes filles pupilles, si elles ou 
d'elles celle veullent estre religieuses, les faiz mes héritières 
chascune eu dix livres chascun an, leur vie durant, et jusques 
a ce que seront beneficieres jusques a la ditte somme, 
pour leur secourir a leurs alimens. Et si elles ne veuAent 
estre religieuses, je les faiz et chascune d'elles ({ui ne vauldront 
[sic) estre religieuses, mes héritières et héritière chascune en 
la somme de mille escuz, pour les marier. Et si plus faisoit 
besoing pour les marier a Tonneur de la maison, je en charge 
mon héritier universal de le faire. 

Wltem, aussy charge mon dit héritier universal de payer 
et contenter mes serviteurs et ceulx qui ont servy en la maison, 
et de ce charge sa conscience. 

11^ lùem, et au résidu de tous et chascuns mes biens meu- 
bles et immeubles, droitz et actions quelzconques, faiz et 
institue mon héritier universal mon filz Amanzon, naturel et 
légitimer Et au cas que yroit de vie a trespas sans hoirs ou 
hers masie ou masles descendent de son corps par loyal ma- 
riage auparavant que moy, je faiz mon héritier celluy de 
mes dits enfans Francoys et Gilles qui ne sera pas homme 
d'Eglise ou ses enfans descendent de son corps par loyal ma- 
riage et luy substitue. 

12® Item, que, comme croy, ma ditte compaiçfue est en- 
ceinte (1), si elle a filz masie le faiz mon héritier en troys 
cens livres en deniers, payables comme dit est, et soubz la 
qualité dessusditte. Et si elle a fille la faiz mon héritière en 
la somme de mille escuz et soubz les qualitez de mes autres 
filles dessus nommées. Et si la succession et hoirie de mes 
terres et seigneuries par deffault de mes héritiers masles 
venoit a mes dittes filles ou Tune d'elles, en ce cas je ordonne 

Suator^e messes, chascun jour deux messes, oultre les sept 
essus dittes, lesquelles messes veulx estre fondées perpé- 
tuellement et es lieux dessus dits. 

13» Item, et au dit cas que la ditte succession et hoirrie 
viendroit a Tune de mes dittes filles et auroit enfans masles, 
je veulx et ordonne que le filz segond porte le nom et armes 
de Gombort. 

14* Item, mes exequteurs de ce présent mien testament et 
darniere volunté, (laquelle si ne valoit comme testam^nt, 
vieulx et ordonne que vaille comme codicille ou dernière 
volunté et bénignité canonique, lemieulxque faire ce pourra, 
car telle est ma volunté), faiz et ordonne nos seigneurs mes 
dits frères et mes cousins germains Anthoine d'Aubusson, 
chevalier, seigneur de Monteilh et de Poncharreon,. et Jehan, 
seigneur de Pompadour et de Croumyeres, aussy chevalier, 
honnorable homme etsaige monseigneur maistre Albert Josse, 
licencié en loix, conseiller et procureur en Limosin pour le 



(i) Le texte porte emainU. 



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— 149 - 

roy nostre sire ; ausquelz et aux deux d'iceulx j'ay donné et 
donne plain pouvoir pour complissement d'icelluy ou tel que 
j*ay et avoye (juarente jours par cy-devant. Et si aucuns 
testamens, codiciJles ou donacions j'ay [ou] avoye faitte[s] au 
temps passé, des maintenant je les casse et adnulle. Et a ce 
présent mien testament je insiste et adhère, et vieulx que 
soit ma dernière volunté et extrême disposicion. Et supplie 
a vous, monseigneur le (1) garde de scel auctentique estably 
aux contraulx au bailliage de Limoges pour le roy nostre 
sire, et a monseigneur l'offlcial de Limoges et a ung chascun 
de vous que vous, mon dit seigneur le (2) garde, le dit scel 
auctentique royal, et .vous, mon dit seigneur l'offlcial, le scel 
de la court de Limoges a ce présent mon testament et der- 
nière volunté et disposicion extrême, et ung chascun de vous 
en tesmoingage de vérité mettez et apposez ou faictes mettre 
et apposer. 

Et pour ce, nous garde susdit, a la supplicacion et tequeste 
dudit monseigneur le viconte et testateur et a la feable rela- 
cion de Jehan de Bestetes, cler notaire et juré du dit scel et 
de la court de monseigneur Tofflcial de Limoges, davant le- 
quel les choses susdittes ont esté faictez et passées et par luy 
au lieu de nous receues, ainsi qu'il nous a relaté par ces 
mesmes présentes, auquel nous, garde susdit, avons com- 
mis et donné noz mandement, pouvoir, puissance et auctorité 
quant a ce; a la relacion du(}uel nous au dit testament et der- 
nière volunté adjoustantplamefoy par ainsi que si en [nostre] 

présence (:3) eut esté faict et le dict scel auctentique royal 

[au dict] bailliage de Limoges estably en tesmoingnage de 
vérité y avons mis et apposé (4). 

Fait en la ville de Treygnat, en la maison de Guillaume 
Joliboys, cirugien de la aitte ville, presens a ce vénérable et 
religieuse personne frère Michel Disnamandi, prevost de 
Serchieres, menbre deppendent de l'abbaye de sainct Mar- 
cial de Limoges, ordre de S. Benoist; maistre Anthoine Che- 
neau, notaire des Albeux; ledit Guillaume Joliboys: maistre 
Guy son filz, bachelier en decretz et maistre es ars; messire 
Guillaume Desprivet (?), presbtre; Jehan de Lagteliere et 
Jehan Savondi, laboureur, habitans de la ditte ville de Trey- 
gnac, tesmoings requis et appelez le vingt quatorziesme (sic) 
jour à'aoust, Tan mil CCCC quatre vingte. 

Collatio presentis coppie ad requesûam Prançisci de Com- 
bort, vicecomitis de Combort, et domini de Treignac, facta 
est cum originaliy de quo idem supplicans in dicta causa in 



(1 et 2) Le texte porte la, 

(3) Un mot effacé. 

(4) Constat de rasuris etc. 



13 



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— 150 - 

hujusfuodi euria inter ipsum supplieantem actorem ex una 
parte et Amaneum de Combort, scutiferum, defensarem ex 
altéra, mota et pendenti sejuvare intendit, visa dicto origù 
ginali per magistrum Guiclelmum Geneste^ dicti defensoris 
procuratorem ad hoc auctoritate curie ecclesiastice (?) voca- 
tum. Actum Burdegale in parlamento, prima aprilis 
M'' CCCC' nanagesimo nono ante Pascka. 

Db Maeciliac. 
(Arch. dép. de la Haute- Vienne, n^ prov. E, 183 bis). 



CXVII. — Promulgation faite par le sénéchal et gouverneur 
du Limousin des lettres patentes de Louis XI, confirmées 
par Charles VIII, portant établissement de foires et mar- 
chés aux lieux de Rochefort, Aixe et Séreillac. — 1483. 
Orig. Se. perdu. 



Gilbert de Chabannes, conseillier et chambellan du roy 
nostre sire et chevalier de son ordre, seigneur de Curton, <ïe 
Charluz, de Madit et de Ladailhe, baron de Rocheffort, d'An- 
riac et de Caussade et contour de Saignes, gouverneur et 
seneschal de Lymosin, a tous ceulx qui ces présentes lectres 
verront, salut. Savoir raisons que de la partie de Christofle de 
RocheflFort, escuier, nous ont estées présentées et exhibées 
les lectres patentes du feu roy, (]^ue Dieu absoilhe, en forme 
de chartre, sceellées en laz de soie et cyre vert, données aux 
Montiz-Ies-Tours au mois d'aoust, Pan de grâce milCCCC 1II1« 
et troys et signées au replit des dictes lectres ; Par le Boy, le 
conte de Clermont et de la Marche, le grant seneschal de 
Normandie et autres presens, Vn^LECHARTRE. Ausquelles 
lectres sont attachées les lectres pattentes du roy de confir- 
macion soubz le contre seel' du dict seigneur, sceellées en 
cyre jaune, dattées le XXV"''* jour de septembre Fan de grâce 
mil CCCC llllxx et troys : Par le Roy^ a la relacion du 
conseil, Aurillet, impetrées par le dict Christofle de Rocheffort 
en icelles lectres expressément nommé; par lesquelles le dict 
seigneur veult et mande et cousant que les dictes lectres du 
feu roy son père soient mises a exécution de point en point 
sellon leur forme et teneur. Et par lesouelles lectres de 
chartre le dict feu roy avoit donné au dict Christofle de 
Rocheffort deux foyres par chascun an, c'est assavoir l'une le 



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- 151 — 

jour de la tmcte.fHc) Sainct Jacques et Sainct Christofle, et 
l'autre le jour de la faicte des Royâ amprès ensuivant, et par 
chascune sepmaine le jour du mercredi ungr marché, pour 
d'icelles foires et marché ioyr doresenavant par icelluy sup- 
pliant au dict lieu de Rocheffort (1), ses sugetz et leurs suc- 
cesseurs perpétuellement et a tousjours, a tous telz droiz, 
francises (sic), libertez comme les autres foyres et marchés 
par nous ou nous prédécesseurs octroyées es pays et circon- 
voisins du dict lieu de RocheflFort ; et que illec se puissent 
vendre, achapter et revendre toutes manières de danrées et 
marchandisses licites et comme il est de coustume de faire 
es autres foyres et marchés du dict pays. Nous, requérant 
renteriuement et consentement des dictes lectres patentes aus- 
quelles ces présentes sont attachées soubz le contresceel de noz 
armes, si donnons en mandement par ces présentes a nostre 
lieutenant gênerai de Lymosin et a tous les justiciers, officiers 
et subgetz du dict seigneur que audict suppliant ses subgetz 
et habitans du dict lieu de Rocheflfort, leurs sussesseurs et 
ayans cause, il facent, seuflfrent et laissent joyr et userplaine- 
ment, paisiblement, perpétuellement et a tousjours sans leur 
faire mettre, donner ne souflFrir estre fait, mis ou donné aucun 
destorbier ou enpeschement, au contraire en faisant icelles 
foyres et marches crier a son de trompe par cri publique, si 
mestier est, en tout ainsi et par la forme et manière que 
le dict seigneur le veult et mande par ces dictes lectres pa- 
tentes, selon leur forme et teneur. Fait et donné a Amboyse 
le deuxsieme jour du moys d'octobre. Tan de grâce mil CCCC 
quatre vingts et troys. 

Par commandement de mon dict seigneur le gouverneur et 
seneschal de Lymosin 

H. Bakdeau. 

(Au dos de la pièce) : 

Publiées ont esté ces présentes selon leur contenu en la 
ville d'Aixe (2) et en plein marché et au lieu et place ou l'en 
a acostumé fere criés et bans soUempnes, et ausi au lieu et 
bourg de Serelhac ^3) près Rocheflfort, par nous Jaques Lepar- 

Juier et Bernard Chalemaud. sergens reaulx, le XXIII jour 
u moys de décembre Tan mil IIIP IIII" et quatre. 

J. Le PARQmER. B. Ghâlâmaud. 

Item, le XXIIIP jour de may l'an mil 1111° IIII" et cinq 



(i) Commune de SéreiUac, arrondissement de Limoges. 
(2 et 3) Arrondissement de Limoges. 



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— 152 — 

furent publiées ces présentes par cry public aux troys quaref- 
fors de la ville d'Aixe et au jour de la faite de la Pentegoste 
et selon le contenu es présentes et assig'nacion d'icelles par 
nous Jaques Leparquier et Bernard Chalamaud, sergens 
reaulx. 

J. Le Parquibr. B. Ch\lamaud. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fds des Cars, n^ prov. 
E. 8187). 



CXVIII. — Enquête instituée par les visiteurs de l'ordre de 
Fontevrault sur les déportements du prieur et de la 
prieure de Blessac, Jean et Françoise d'Auiusson (1). — 
1530. Copie du temps. 



L'an mil cinq cens trente et le dix-huitiesme jour du moys 
de jung, à nous fresres Jehan Lamy et Françoys Pelletier, 
prebstres, religieux réformés de Tordre de Fontevrault, par 
maistre Martial des Champs, licencié en droictz, solliciteur et 
procureur de nostre très révérende dame et souveraine mère, 
ma dame Renée de Bourbon, abbesse du monastère et ordre 
dud. Fontevrault, subject sans moyen [au sainct siège apos- 
tolic, comme nous est apparu par lettres de sa procuracion en 
date du neufiesme jour de may aud. an, nous ont esté bail- 
lées certaines [lettres] de commission desquelles la teneur 
s'ensuit : 

(Ces lettres, en latin, commettent les deux prêtres ci-dessus 
nommés à la réformation du prieuré de Blessac (2) ; elles sont 
en date du 16 juin 1530}. 

Nous requérant ledit des Champs, procureur, que eussions 
à nous transporter sur les lieux nécessaires pour vacquer à 
l'exécution de lad. commission, ce que luy accordasmes; et 
dès lors en sa compagnye et de saines et discrètes per- 
sonnes, maistres Jehan Pradal, licencié en chascun droict, 



(i) Une enquête provoquée par la conduite scandaleuse de frère 
Jacques d'Âubusson, prieur duait prieuré, avait déjà eu lieu en 1476. 
(Voy. le carton des monastères et abbayes de la Marche dans le fonds 
Bosvieux. Arch. dép. de la Haute- Vienne) . 

(2) Arr. d'Aubusson, Creuse. 



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— 153 - 

lieutenant ffénéral pour le Roy nostre sire au bailliage de 
Montferrandetbas Aulvergne, Raufet Pasmole, 6;reffler dud. 
Montferrand, Gabriel Cholier, sergent royal, Pierre Tran- 
chant et Françoys Genille, nous transportâmes au lieu et 
ville de Croc eo Aulvergne où arrivasmes le jeudi, septiesme 
jour de juillet oud. an, pour exécuter nostred. commission . 
lequel jour ouysmes et interrogeasmes secrètement sus cer- 
tains faictz et articles à nous baillés Jehan Fredesche, labou- 
reur, demorant au villaige de Herfuille, paroisse de Saint- 
Pardou, aagé de trente-cinq ans ou environ, lequel, après le 
serment par luy faict de déposer et dire vérité, dist qu'il 
estoit fermier d'une chappelle estant aud. villaige de Herfuille, 
deppendant dud. prioré de Blessac, et l'avoir assencée pour 
ceste présente année de maistre Jehan d'Aubusson, soy-disant 
prieur dud. Blessac, cinquante et cinq septiers de bled. In- 
terrogé si c'estoit tout le revenu de lad. chappelle, dist que 
non et qu'elle valloit oultre dix ou douze livres en argent, 
à laquelle somme la tenoit le vicaire dud. Saint-Pardou, le- 
quel n'a sceu pour lors nommer, à la charge de dire les mes- 
ses et y faire tout aultre service requis et acoustumé y estre 
faict. Interrogé sus le gouvernement des religieuses, prieure 
et couvent dud. Blessac, dist qu'il avoit plusieurs foys esté 
aud. prioré et entré ea logis desd. religieuses, lesquelles 
touteffoys ne aucune d'icelles ne sceut led. déposant nommer 
lors, mais qu'il avoit bien ouy dire aud. lieu de Croc, Her- 
fuille, Blessac et ailleurs que lesd. religieuses avoient maul- 
voys bruit et vivoient lubricquement, et entre aultres que la 

Srieure dud. lieu avoit eu troys ou quatre enfans de Charles 
'Aubusson, seigneur de la Borne, lequel ildict bien cognois- 
tre par ce gue souvent Ta veu aud. lieu de Blessac avecques 
lesd. religieuses, en la ville d'Aubusson et ailleurs, et que le 
commun bruit estoit quMl entretenoit lad. prieure et qu'il 
avoit eu plusieurs enfans d'elle. Interrogé s'il sçavoit aultres 

Sersonnes qui entretinssent lesd. religieuses ou aulcunes 
'icelles, disx que non, mais que tout le monde y entroit par 
manière de dire, tant gentilz hommes que aultres qui y vou- 
loient entrer. 

Item, lesd. jour et an, Jehan Galicher, lieutenant de lad. 
'ville de Croc et y demeurant, aagé de quarente ans ou envi- 
ron, après le serment par luy faict de dire et déposer vérité 
et par nous interrogé sur lesd. articles, dist qu'il est bruit 
commun aud. lieu de Croc, à Felletin, & Aubusson et aultres 
lieux circonvoysins que le baron de la Borne a eu plusieurs 
enfans de la prieure de Blessac et l'entretient ordinairement 
i!omme si c'estoit sa femme, qu'il vait et vient aud. prioré de 
Blessac aussy souvent et familièrement comme chez luy. 
Pareillement que le frère dud. baron hante communément 
aud. prioré et avecques lesd. religieuses, plusieurs desquelles 
il dit mal vivre et en si grande lubricité, ordure et villannye 
de luxure que tout fe pays d'entour et à plus de dix lieues la 
ronde en est scandalizé et mal édifié, par manière que led. 



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— 154 — 

déposant à toutes les interrogations qu'on luy faisoit sus la 
vie et conversacion desd. religieuses, disoit avecq^ues grandes 
adjurations : Crucifigantur : digne sunt crucifigi, Dist aussy 
en nostre présence et de plusieurs aultres aud. Jehan Fre- 
desche, tesmoiug cy-dessus examiné, telles paroles ou sem- 
blables : a Viens. N'as tu pas esté compère des religieuses 
de Blessac ? » Lequel Fredesche fait responce que non : auquel 
led. Galicher répîica en disant : a Tu as menty, tu Tas esté 
» plus de quatre foys, et situ scez bien que la prieure et aul- 
» très religieuses dud. lieu paiilardent ordinairement et yi- 
» vent mechantement. Pourquoi le celez tu % Dyz le hardiment, 
9 car aussi bien tout le monde le sçayt. » 

Item, lesd. jour et an, messire Michel Mondeillet, prebMre 
et chanoyne de Croc, aagé de quarante et cinq ans environ, 
après le serment par luy faict de dire et déposer vérité, fut 

Sar nous interrogé s'il cognoissoitles religieuses dud. lieu de 
lessac, lequel déposant dist que non pas bien, mais que on 
avoit autrefoys veu aulcunes d'icelles sus les champs a Tes- 
bat, dont n'est recors led. déposant du temps et lieux. Dist 
aussi il qui dépose eh avoir souventeflfoys ouy parler en très 
mauvaise sorte, mesmement que la commune renommée 
estoit aud. lieu de Croc et par tout ailleurs où il y a ouy par- 
ler desd. religieuses, qu'elles vivent de une meschante et 
lubricque vie et non comme religieuses, mais plus toust 
comme filles ou femmes habandonnées, et que aud. lieu de 
Blessac estoit ung bourdeau public, et que lesd. religieuses 
avoient eu plusieurs enfans. Interrogé s'il scavoit qui han- 
tygist avecques elles, dit que on tcnoit communément que le 
seigneur de la Borne entretenoit la prieure dud. lieu, et 
qu'elle avoit eu de luy aucuns enfants^ dont il déposant n'a 
sceu dire quelz ne combien. Interrogé s'il scavoit aulcune 
chose du revenu dud. prioré de Blessac, dist que à la vérité 
il n'en scavoit rien, lors de une petite chapelle qu'il déposant 
dict estre dépendant dud. prioré distant de lad. ville de 
Croc de demye lieue ou environ, laquelle désert à présent le 
vicaire de Sainct-Pardou, à la charge de douze livres tournoys 
qu^il en donne par chascun an au prieur dud. Blessac. Dict 
aussy que oultre led. argent y a certaine disme apartenant 
à lad. chappelle vallant communes années cinquante ou* 
soixante septiers de bled, et que pour ceste année présente 
Jehan Fredesche l'avoit afermée cinquante et cinq septiers 
de bleb et qu'il tenoit son marché de W Jehan d'Aubusson, 
frère dud. sieur de la Borne. Et est ce <][ue dict led. déposant. 
Et advenant lendemain, huitiesme jour desd. moys et an, 
nous commissaires susd. dud. lieu et ville de Croc, nous 
transportasmes au villaige de Herfuille, distans l'ung de l'aul- 
tre de demye lieue ou environ, pour voir et visiter certaine 
chappelle estant aud. villaige de Herfuille en la paroisse de 
Sainct-Pardou, diocèse de Limoges, laquelle chappelle on 
dit estre deppendant du prioré de Blessac : de laquelle fismes 
faire overture par Guillaume Perron, laboureur, demeurant 



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— 155 — 

aud. villaîge de Herfuille aiant la garde des clefz et aorne- 
mens d'icelle chapelle, comme après il nous dist sus ce enquis 
et par nous interrogé. Laquelle chappelle trovasmes fort 
cassée, démolie et caduque en plusieurs et divers endroictz 
d'icelle et en très mauvays ordre et réparation tant de cou- 
^ verture que de murailles, mesmes n'y a aulcunes'voirières 

* ou vitres, ains est toute ouverte de tous coustez^ par manière 
que le vent y peult entrer en tous temçs. Au pignon d'icelle 
chapelle par le davant y avoit deux lenestres pour pendre 

• deux cloches qui de tout temps ont accoustumé y estre, 
comme on dict aud. villaige et es environs : en Tune desquel- 
les fenestresy avoit pendue une cloche ; l'aultre étoit dedans 
une fenestre en lad. chapelle qu'on nous dist pour lors na- 
gueres estre tombée de Paultre desd. fenestres, et estoit lad. 
cloche cassée. Dedans lad. chapelle avoit plusieurs bancz et 
coufres avecques une grande arche de boys servant de gre- 
nier à blé et plusieurs aultres meubles et ustansilles de 
ménage, en manière que lad. chappelle resembloit plus 
servir de granche que de oratoire. N'estoit aussy lad. cha- 
pelle pavée, ains toute foncée et plaine de pailles, pouldres, 
salleté et ordures. L'autel d'icellç estoit garny de deux nap- 
pes fort grosses, usées, pourries et pertuises en pluseurs 
endroictz et rongées de ratz et vermine, et si très noires, 
salles et ordes qu'il sembloit qu'elles eussent servy plus de 
troys ans, sans estre reblanchies ne oustées de dessus led. 
autel. Sus lesd. nappes estoient deux corporaulx tous de- 
ploiéz et decouvers. lesquelz aultant ou plus salles que lesd. 
nappes, en sorte qu'on les eust estimé servir plus toust 
de torchon de cuisine que d'aultre chose, et n'y a celuy de 
quelque estât qu'il soit qui se voulsist servir de semblable 
linge en table ou aultrement, parce que lesd. nappes et cor- 

Î)oraulx estoient tous pourriz et puans. Trovasmes aussy sus 
éd. autel ung vaisseau de cuivre en forme de double potence, 
dedans lequel y avoit troys petitz pacquetz de quelques poul- 
dres et ossemens brisez, pliez et enveloppez en sendal rouge, 
viel et rompu, et ne sceusmes dire que c'estoit par ce que n'y 
avoit aucun escripteau : lesquelz paquetz étoient accoustu- 
mez estre couvers de voirre cristallin, duquel trovasmes 
encore aulcunes pièces dedans led. vaisseau et meslées avec- 
ques lesd. pouldres et pacquetz. Trovasmes aussy sur led. 
autel les aornements, comme amy, aulbe et chasuble, tous 
déchirez, rompuz et salles en tel désordre qu'il n'y avoit 
celuy auquel us ne feissent horreur et qui ne craignist bien 
y toucher. Trovasmes aussy en lad. chappelle un calice 
d'estaing tout descouvert et sans estre euvelopé d'aulcun 
linge, lequel estoit sur une pièce de boys près led. autel, si 
salie et pouldreux qu'on ne scauroit pencer. Joignant lad. 
chapelle avoit aulcunes masures vielles et apparences de 
logis et maisons ou souloit estre la demourance du chappe- 
lain de lad. chappelle, comme lors nous fut dict et raporté 
par aulcuns des nabitans dud. villaige^ mesmes par led. 



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— 156 — 

Guillaume Perron, Pierre de Betz, Jehan Galicher et aultres, 
les quelles masures servent à présent de toîtz à vaches, brebis 
et pourceaux, Faicte lad. visitaccion es présences dud. Pra- 
dal, des Champs, Pasmole, Cholier, Tranchant, Genille et 
pluseurs aultres. 

Lesd. jour et an et après lad. visitacion faicte, fut par nous 
ouy et interrogé led. Guillaume Perron, aagédequarenteans 
ou environ , laboureur, demourant au villaige de Herf uille, par- 
roisse dudit Saint-Pardou, lequel, après le serment par luy 
faict de dire et déposer vérité, nous dist qu'il avoit la garde 
des clefz et aornemens de lad. chappelle par le commandement 
du vicaire dud. Saint-Pardou, lequel servoit lad. chappelle. 
Interrogé à qui estoitlad. chappelle, dist qu'elle estoit au 
prieur de Blessac, frère dud. seigneur de la Borne, et que 
led. vicaire luy en faisoit dix ou douze livres de ferme, et 
Jehan Fredesche estoit fermier de certaine disme apartenant 
à lad. chappelle, et en faisoit aud. prieur pour ceste année 
cinquante et cinq septiers de bled. Interrogé s'il avoit jamais 
esté aud. lieu de Blessac et congnoissoit aulcune des reli- 
gieuses dud. lieu, dist çjue non, mais qu'elles avoient très 
mauvays bruits, et estoit comme renommée que ung chas- 
cun fréquentoyt avecques elles et en leurs logis et maisons, 
aussy que alloient souventeflfoys jouer et à Tesbat sur les 
champs, et qu'on disoit qu'elles avoient eu plusieurs enfans. 
Lesd. jour et an, Pierre de Betz, laboureur, demourant aud. 
villaige de Herfuille, aagé de trente et cing ans ou environ, 
lequel après le serment par luy [faict] de dire et déposer vé- 
rité, interrogé s'il ne scavoit pas bien que la chappelle estoit 
deppendant dud. Blessac, dist que ouy et que Jehan Fredes- 
che estoit fermier de certaine dismerie apartenant à lad. 
chappelle à cinquante et cinq septiers de bled pour ceste 
présente année, combien que aulcuneffoys en valoit davan- 
tage. Interrogé s'il scavoit rien 4e Testât desd. religieuses et 
de leur manière de vivre, dist qu'il n'en scavoit rien si non 
par le commun bruit qui estoit que le seigneur de la Borne 
entretenoit la prieure dud. lieu, et semblablement que les 
autres religieuses se gouvernoient mal. 

Après laquelle visitacion faicte comme dict est, nous trans- 
portasmes au lieu et ville d'Aubusson, en la compaignye dud. 
Pradal, des Champs et aultres dessus nommez, en la maison 
où pend pour enseigne le Lion d'or; auquel lieu tantoust après 
que y fusmes arrivez, survindrent led. M® Jehan d'Aubusson, 
soy disant prieur dud. Blessac, et Charles d'Aubusson, son 
frère^ baron de la Borne, tous deux acompaignés de pluseurs 
gentilz' hommes et mauvays garçons jusques au nombre de 
quarante ou cincjuante, enbastonez et sainctz d'espées et poi- 
gnars ; en la présence desquelz, dud. Pradal et plusieurs aul- 
tres, led. baron de la Borne, incontinant qu'il rut entré de- 
dans la chambre, comme tout esmeu et furieux, en lieu de 
salut demanda si nous estions ceulx qu'on disoit estre venuz 
pour réformer les religieuses de Blessac, auquel fut respondu 



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- 157 — 

far led. Pradal que ouy. Et incontinant led. baron se print 
courrocer contre nous et à nous injurier en plusieurs et 
diverses manières, en disant que a n'estions dignes et ne 
» nous apartenoit réformer de si honestes et nobles dames 
» comme estoient les religieuses dud. lieu de Blessac, qu'elles 

• vivoient myeulx et plus honestement que nous, avoient 
» meilleur bruit et moins besoiag de réformacion que nous, 

• qu'elles estoient toutes gentilz femmes et de bonne maison, 
» et ne apartenoit à telz villains et si meschants gens que 
» nous entreprendre congnoissance sur elles, en jurant et 
» blasphémant le nom de Dieu par plusieurs et diverses foys 
» que si procédions plus avant au faict de nostred. commis- 
» sion, il nous romproit les testes, et que nous vaulsist 
» myeulx jamais n'avoir entré en la Marche, et que serions 

• beaucoup plus seurement en nostre abbaye, et par ce, que 
» eussions à nous donner garde en rien nous enquérir et de 
» la vie et faictz desd. religieuses, et qu'elles estoient trop 
)• femmes de bien, » et plusieurs aultresestranges, rigoreuses 
et oultrageuses paroUes. Semblablement usoit envers nous de 
tels ou semblables propos et menasses led. M® Jehan d'Au- 
busson, frère dud. oaron, soy disant prieur dud. Blessac. Et 
plusieurs aultres de leur compaignye en disoient que ne se- 
rions saiges aller voir et visiter led. prioré dud. Blesac, comme 
mandé nous estoit. 

Et advenant lendemain, neufiesme jour dud. moys, aud. 
lieu d'Aubusson et logis, et environ dix heures du matin, 
retournèrent led. M° Jehan d'Aubusson, acompaigné comme 
dessus, lequel d'Aubusson et sond. frère baron réitérèrent à 
rencontre de nous telz ou plus estranges propos, menasses 
et paroUes injurieuses qu'ils avoient faictz le jour précédant : 
à quoy, ce nonobstant, par nous ne aulcun de nous nulle 
desd. foys, avant ne depuys, ne fut faict auculne réplicque ne 
dict ungseul mot. 

Tantoust après furent appellées pardevant led. Predal noble 
et religieuse dame, ma dame Renée de Bourbon, abbesse du 
monastère et ordre dud. Fontevrault, demanderesse en exé- 
cussion d'arrest sur la réformacion dud. prioré de Blessac 
contre led. M* Jehan d'Aubusson et frère Anthoine Le Gent, 
eulx disans prieurs dud. Blessac, deffendeurs en lad. exécu- 
cion d'arrest, lesouelles parties comparurent, scavoir est nos- 
tred. dame par led. des Champs, led. d'Aubusson en per- 
sonne^ et led. Le Gent par M® Pierre Tranchant. Led. des 
Champs pour nostred. dame présenta aud. Predal certain 
arrest de la réformacion dud. prioré de Blessac en date du 
vingt et sixiesme jour d'apvril Tan mil cinq cens trente (26 
avriH530), requérant led. des Champs l'exécuciondud. arrest 
aud. Predal, commissaire en ceste partie, et que en ce faisant 
il avecques nous eust & se transporter aud. prioré pour voir, 
visiter, informer et faire les aultres choses contenues plus â 
plain en nostred. commission, et que à ce lesd. d'Aubusson, 
Le Gent et aultres fussent contrainctz y obéyr par les coer- 

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— 158 - 

cions dud. arrest et toutes aultres manières deues et raison- 
nables, avecques condempnacion de despens, domages et 
interestz. A qiioy par led. Tranchant, procureur quant ad ce 
spéciallement fondé par led. Le Gent, fut dict qu'il consentoit 
les fins et conclusions prinses par led. des Champs, et que 
de sa part il ne entendoit ne vouloit empescher Texecucion 
dud. arrest en tout et par tout selon sa forme et teneur. Par 
quoy, du consentement dud. Le Gent, par led. Predal fut 
déclaré exécutoire quant à luy. Et au regart dud. d'Aubus- 
son parlant par la voix de maistre Jehan Brunet, licencié es 
loix, fut dict que aussy ne vouloit et n'entendoit empescher 
de sa part l'exécucion dud. arrest; demanda nonobstant terme 
de venir respondre ausd. conclusions, qui luy fut baillé jus- 
ques à troys heures après mydy dud. jour. Laquelle heure 
advenue, comparurent par devant Predal led. d^Aubusson 
acompaigné de sond. frère et pluseurs aultres gentilz hommes 
en grant nombre, comme dessus, et led. des Champs pour 
nostred. dame qui requist que led. d'Aubusson eust à deffen- 
dre à sesd. conclusions ensuivant Tapoinctementdud. Predal. 
A quoy par icelluy d'Aubusson, parlant comme dessus, fut dict 
que led. Predal ne povoit ne debvoit assister avecques nous à 
la visitacion et réformacion dud. prioré, et que n'estions capa- 
bles, ydoines ne suflSisans pour .certaines telles quelles cau- 
ses de récusacion baillées par escript par led. d'Aubusson, qui 
lors furent leues à haulte voix. Nonobstant lesquelles fut 
remonstré au contraire par led. Deschamps qui a persisté à 
sesd. conclusions. Et alors sans attendre l'ordonnance et 
apoinctemcnt dud. Predal, led. s*" de la Borne qui estoit assis 
près led. Predal, semblablement led. M° Jehan d'Aubusson, 
frères, se levèrent souldainement en murmurant et eulx cor- 
rosant tant contre led. Predal, des Champs, que contre nous, 
en disant que a par le sang-Dieu nous ne entrerions point 
» ne aussy led. Predal aud. prioré, et que si nous essaions 
» de ce faire, nous trouverions bien carrière, et quUlz alloient 
» devant nous aprester le logis et bancquet. » Et en tenant 
des propos et pluseurs autres fort fâcheux, rigoreux et vio- 
lantz, yssirent hors de lad. chambre lesd. d'Aubusson et em- 
menèrent avecques eulx tous lesd. gentilz hommes et aultres 
qu'ilz avoient amenez : le tout en très gros bruit, scandalle 
et desobéissance de justice. Cenéantmoins led. Predal envoya 
quérir led. M° Jehan d'Aubusson. en la présence duquel et de 
sond. conseil il déclara que, nonobstant et sans avoir regard 
esd. causes de récusacion contre nous baillées, il passeroit 
oultre et assisteroit avecques nous à lad. réformacion, et pour 
ce donna assignacion au lendemain, dixiesme jour dud. moys 
de juillet, aud. prioré de Blessac, heure de sept heures atten- 
dant huit du matin. Duquel apointement led. d'Aubusson se 
porta pour appellant. En quoy faisant, il s'en va de rechef 
tout courcé (?) et mutiné en menassant et blasphémant comme 
dessus. Lesquelles menasses, joinct le commun bruit que lesd. 
d'Aubusson et chascun d'eulx ont aud. lieu d'Aubusson et 



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— 159 — 

ailleurs de batre, fraper et tuer indiféremment sans propous 
et ordinairement user de force et violence, donnèrent quelque 
crainte aud. Predal et à nous de aller aud. prioré pour exé- 
cuter lesd. arrest et commission. Aussy qu'il nous fut ra- 
porté par led. M® Jehan Brunet, Léonard Martellade, M° An- 
thoine d' Aubusson, prevost du Moustier-Rozeille, et plusieurs 
aultres de la ville d'Aubusson que au dedans dud. lieu de 
Blessac y avoit plusieurs des parens desd. relig'ieuses et aul- 
tres tenant fort aud. prioré, et g-arniz de bastons, hacquebu- 
tes, arbalestes et aultres bastons invasibles, pour nous em- 
pescher l'entrée aud. prioré, disantz que ne serions saines y 
aller sans main forte, et qu'ils estoient asseurez au'il se feroit 
meurtre et g'rosse baterie. Par quoy led. Predal nst commen- 
dement ausd. Brunet, Martellade et M° Anthoine d'Aubusson, 
prevost susd., de par le Roy et à la peine de cinq cens livres 
aud. sieur à applicquer, de venir lea. lendemain, dicte heure 
de sept attendant huict, acompaigner nous et led. Predal pour 
aller aud. prioré, affin que en leur compag'nye fussions en 
plus grande seurté de nos personnes. Lesquels et chascun 
d'eulx firent responce que a pour rien au monde ilz ne le 
» feroient, non pas pour dix mille escuz qui les leur baiUe- 
» roit, mais que en toute aultre part oii il plairoit aud. Pre- 
» dal les mener luy obéiroient et acompaigneroient très vo- 
» luntiers, mais non aud. lieu de Blessac, par ce qu'ilz sca- 
» voient bien que eulx mesraes y seroient en grant danger, 
» nonobstant qu'ilz fussent congneuz, parens, officiers et 
» amys desd. d'Aubusson. et qu'ilz sca voient bien que lesd. 
» d'Aubusson scavoient faire et de quelle fureur, force et 
» violance ont acoustumé user, et mesmes qu'ilz estoient si 
» très marriz, sans raison et quasi incensez pour cause dud. 
» 'arrest de réformacion, voiaut que par le moyen d'icelle ilz 
» estoient en danger de perdre la pocession dud. prioré de 
» Blessac, duquel ilz avoient jouy eulx et leurs prédécesseurs 
» par si long espace de temps sans contredict ou empesche- 
» ment aulcun. » Nonobstant lesquelles remonstrances et 
excuses fist de rechef led. Predal commandement, à la peine 
du double, ans dessusd. Brunet, Martellade et provost du 
Moustier-Rozeilleveniracompaigner nous et led. Predal aud. 
Heu de Blessac, et pour ce faire se tenir pretz à lad. heure de 
sept heures dud. lendemain en nostred. logis du Lyon d'or, 
pour d'ilec se transporter sur les lieux. : lesquelz furent de ce 
faire refusans par les moiens et excuses que dessus. 

Attendant lad. heure de sept heures dud. lendemain, led. 
neufiesme jour dud. moys, aud. lieu d'Aubusson, furent par 
nous oujrz sur lesd. articles les troys tesmoings ensuivants. 
Et premièrement : 

Maistre Anthoine le Clerc, à présent demeurant en la ville 
de Croc, aagé de vingt et deux ans ou environ, lequel, après 
le serment par luy faict de dire et déposer vérité, fut par 
nous interrogé s'il congnoissoiL lesd. religieuses dud. lieu 
de Blessac, lequel déposant dist que non, parce qu'il c'estoit 



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— 160 - 

tenu aux escolles à Poitiers et ailleurs, et ne c'estoit tenu sus 
le lieu ; mais depuis qu'il estoit au pays en avoit ouy parler 
fort sinistrement et deshonestement, et qu'il estoit commun 
bruit aud. lieu de Croc que lesd. religieuses vivoient fort 
lubriquement, et que le baron de la Borne avoit laissé sa 
femme pour entretenir la prieure dud. lieu. Interrogé s'il 
scavoit aulcuue chose du revenu dud. prioré, dist que non, 
fors de une chappelle près lad. ville de Croc deppendant dud. 
prieuré, laquelle il dist valoir communs ans soixante sep- 
tiers de bled et dix ou douze livres tournoys en argent, 
comme il déposant a ouy dire au fermier d'icelle chappelle et 
pluseurs aultres. Dist aussy led. déposant, sur ce interrogé, 

S[ue lad. chappelle estoit en fort grant ruyne et décadence et 
ort mal entretenue, en sorte que la dévocion du peuple es- 
toit fort diminuée. Dist. aussy led. déposant que au moyen 
desd. ruynes et décadence et par faulte de voirières estoit 
advenu ung très grant scandalle puys n*a guères en lad. 
chappelle, qui est que en y célébrant la messe vint ung vent 
qui emporta la saincte hostie de dessus Tautel jusques au 
milieu de lad. chappelle, comme aussy led. déposant dict 
avoir ouy dire à aulcuns de lad. ville de Croc. 

Maistre Jehan de Lyon,prebstre, prothenotaire et chanoyne 
deSt-Gacien de Tours, aagé de vingt et cinq ans ou environ, 
demeurant au lieu de Passât près Montlusson, après le ser- 
ment par luy faict, dist que le jour de St-Jehan Baptiste 
dernier passé vit une des religieuses de Blessac toute seule, 
de laquelle ne sceut dire le nom, à St-Jehan de Villiers en 
Bourbonnoys, qui est, comme il dict, une chappelle deppen- 
dant dud. prioré de Blessac, laquelle religieuse il déposant 
dict y estre encore pour le présent et tousjours depuys et 
longtemps devant y avoir demorée. 

Maistre Austril.le de la Soumaigne, prothenotaire du sainct 
Siège appostolicet curé de Sainct Marc, aagé de ving-t et deux 
ans ou environ, après le serment par luy faict, dist, sus ce 
enquis, qu'il congnoissoit les religieuses dud. lieu de Blessac 
et que pluseurs dMcelles estoient ses cousines et proches pa- 
rentes. Dist aussy avoir pluseurs foys esté aud. lieu de Bles- 
sac, parce que leur maison d'Aubepere (1) où il se tient n'est 
loing dud. Blessac que de deux lieues ou environ. Dist aussy, 
sus ce enquis, que la prieure dud. lieu portoit souventeffoys 
une cotte de samyn blanc et des manchons de satin blanc, 
frangées et ouvrées et atachéez par le dessoubz à laz et gros 
boutons de soye, la chemise souflée par le dessoubz, en la 
manière des plus mondaines Qu'on scauroit voir. Portoit 
aussy lad. prieure en ses doitz plusieurs bagues et agneaux, 
comme tout ce il qui dépose dit avoir ouy dire à une femme 



(1) Aubepeyre, commune de Saint- Yrieix-la-Montagne, arrondisse* 
mentd'AobassoD, Creuse. 



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- 161 — 

nommée Mar^erite dePontcharrault, laquelle il dit luy avoir 
dict souventeffoys avoir veue lad. prieure en l'estat que 
dessus. Dist aussy led. déposant que aujourduy à quinze 
jours, son frère aisné, nommé Lyonet de la Soumaigne, sei- 
gneur dud. lieu d'Aubepere, en venant du Râteau en la Mar- 
che, qui est une place à luy appartenant, passa et fut en la 
commenderie de Chambereau distant dud. Blessac de deux 
lieues ou environ, auaucl lieu il trova avec«iues le commen- 
deur dud. lieu troys des religieuses dud. Blessac, l'une des- 
quelles se appelloit Marguerite d'Aubusson, aultrement de la 
FeuiUade, et des aultres ne scayt le nom, comme ce il dépo- 
sant dict scavoir par le raport que luy en fist sond. frère 
tantoust après qu'il fut arrivé en sad. maison d'Aubepere. 
Dist aussy, sur ce interrogé led. déposant, que le bruit est 
tout commun que Charles d'Aubusson, seigneur de la Borne, 
entretient la prieure dud. Blessac, et qu'il fréquente avecques 
elle comme si elle estoit sa femme et ne bouge ordinairement 
dud. prioré, par ce que dud. lieu oii il se tient jusques aud. 
lieu de Blessac n'y a de distance que de demye lieue ou envi- 
ron ; oultre, qu'il a tant fréquenté avecques lad. prieure que 
c'est une voix commune qu'elle a eu de luy troys ou quatre 
enfans, et que non seulement lad. prieure a bruit de mal se 
gouverner, mais aussy pluseurs et la plus grand part desd. 
religieuses sont notées de incontinance et lubricité et ont eu 
aussy des enfans. Dist oultre led. déposant que pour l'amour 
de sesd. parentds qui sont religieuses aud. lieu, il et sond. 
frère vouldroient qu'ilz leur eust cousté^beaucoup de leur bien 
et led. prioré fust bien réformé. 

Et advenant led. lendemain et dicte heure de sept heures 
de matin oue estoit l'assignation pour nous transporter 
avecques lea. Predal aud. prioré, et voiant icèlluy Predal que 
lesd. Brunet, Martellade et d'Aubusson, prevost, n'estoient 
venuz, comme euioinct leur avoit esté, pour acompaigner 
nous et led. Predal, icelluy Predal, ce requérant led. des 
Champs, envoya de rechef faire lesd. commendemens ausd. 
Brunet et Martellade qui estoient demourens en lad. ville 
d'Aubusson, par Gabriel Cholier, sergent royal, qui raporta, 
quant aud. Brunet, qu'il ne l'avoit sceu trover à son logis ne 
scavoir ailleurs où il estoit, et quant aud. Martellade^ Qu'il 
avoit encore trové couché au lict, malade, comme il luy aist, 
de la colicque, nonobstant qu'il fut tantoust après veu dehors 
sain et en bon point. Par quoy, attendues lesd. desobéissances 
faictes au Roy et à justice par lesd. Brunet, Martellade et 
prevost, led. des Champs, procureur sasdit, requist contre 
eulx et chascun d'eulx defiFault, et que par vertus d'icelluy 
led. Predal, commissaire susdit, eust à déclarer les peines 
avoir esté par eulx encornes, ce que ne voulut faire pour 
lors, ains luy réserva faire droict sus ce en fin d'exécution. 

Et bientoust après survindrent aud. logis Louys de St-Ju- 
lien, escuyer, seigneur d'Escurettes, et led. M. Jehan d'Au- 
busson, avecques deux ou troys gentilz hommes et cinq ou 



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— 162 — 

six serviteurs, lesquelz de St-Julien et d'Aubusson nous di- 
rent, semblablement aud. Predal, que très voluntiers qye 
nous, commissaires susdictz, sans led. Predal, allissions aud. 
prioré, et nous permettroient entrer dedans icelluy, le voir et 
visiter, parler ausd. religieuses, nous informer et enquérir 
selon que par nostred. commission mandé nous estoit, et que 
en ce faisant ne nous feroient ne feroient faire aulcun des- 

?laisir, mais jurèrent et détestèrent le nom de Dieu que led. 
redal ne yroit point avecques nous, ne nous avecques luy. 
Par quoy nous, voiant la crainte dud. Predal, lequel sembla- 
blement nous conseilloit y aller tous deux tous seulz, et que, 
veu lesd. menasses et rebellions ne serions iamais obéys en 
sa compaîgnye, ains en plus grant danger de noz personnes, 
et que s'il alloit avecques nous y auroit de la foUie : attendu 
aussy que nous, ne led. Predal, ne sceusmes trover aulcun 
ç[u'il nous voulsist acompaigner sus led. prioré, quelques in- 
jonctions et commenderaens penaulx qui leur fussent faictz, 
comme dict est; voiant aussy que lesd. d^Aubusson ne ten- 
doient que rendre led. arrest illusoire et suspendre Texécution 
d'icelluy : pour ses causes et aultres, condescendismes et nous 
acordasmes aller tous deux tous seulz aud. prioré, avecques 
lesd. de St-Julien. d'Aubusson et aultres, avecques lesjiuelz 
environ Theure de huit heures dud. lendemain, dixiesme 
jour dud. moys de juillet, dud. lieu d'Aubusson nous trans- 
portasmes aud. prioré de Blessac, distantz Tung de Paultre 
demye lieue ou environ, pour commencer à vacquer au faict 
de nostred. commission. 

Et premièrement éntrasmes dedans Téglise desd. reli- 
gieuses, et après avoir salué et faict oraison en icelle devant 
le corps nostre Seigneur, visitasmes le grant autel que tro- 
vasmes garny de troys nappes, et les corporaulx dessus tous 
despliez, avecqres les aornemens, scavoir est chasuble, aulbe 
et amy, le tout fort salle et deshoneste et mal en ordre, le 
sacre pendant sus led. autel à une petite corde desliée et 
nouée en pluseurs endroitz, en grant danger de rompre en 
brief , comme est vraysemblable que plusieurs foys a esté 
rompue pour la présumption desa. nodz; la custode en la- 
quelle pendoit le siboire dud. sacre estoit de linge par trop 
salle. Laquelle église trovasmes toute plaine de pailles, poul- 
dres et ordure. Et de là nous transportasmes au cuer desd. 
religieuses, lesquelles y trovasmes assemblées, scavoir est : 
seurs Fransovse d'Aubusson, prieure, Jehanne de Rebéré, 

Erieure de cloistre, Marguerite de St-Domain, célérière, 
ouyze de St-Geor^, soubz prieure, Jehanne de St-George, 
secrétaire, Marguerite d'Aubusson, enfermière, Daulphine 
du Fou, Jacquette de St-Julien, Jehanne de Ussé, Jehanne 
de St-George. Après demandasmes à lad. prieure si c'estoient 
toutes les religieuses dud. prioré, qui nous fist responce qu'il 
y en avoit encore une, nommée Gaorielle de Persac, qui estoit 
abscente, y avoit six sepmaines ou plus, par son congé et 
licence, comme elle nous dist, et pluseurs aultres desd. reli- 



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— 163 — 

gieuses. Et la raison pour quoy elle estoit abscente dud. 
monastère et prioré estoit, comme lad. prieure et aultres nous 
dirent, par ce qu'elle n'avoit que manger et qu'elle estoit 
contraincte en aller demander chez ses parens et amys, et 
non seulement elle, mais aussy plusèurs des aultres reli- 
gieuses dud. lieu estoient contrainctes de ce faire. Et quant 
nous remonstrasmes à lad. prieure que cela ne ce deovoit 
faire et qu'elle en leur donnant telz congez les exposoit en 
danger de apostater et estre méchantes, comme le commun 
bruit est qu'elles sont, laquelle prieure nous fist responce que 
le prieur ne leur vouloit rien donner oultre ce qu'il avoit 
acoustumé, nonobstant que le temps soit beaucoup plus cher 
qu'il n'estoit. Et lors enquismes lad. prieure combien elle et 
chascune des aultres desd. religieuses avoîent acoustumé 
avoir dud. prieur, ce oue ne nous voulut dire, mais seule- 
ment que led. prieur leur donnoit si peu de chose que ce 
n'estoit pour suffire au vivre et entreténement de la quarte 
partie desd. religieuses; par quoy estoient contrainctes courir 
et vagabonder, comme dict est : laquelle chose nous fut dicte 
et confermée par plusèurs des aultres desd. religieuses dud. 
lieu sur ce enquises et interrogées. Trovasmes aussy lad. 
église très mal garnye et porveue des livres nécessaires pour 
faire le service divin selon l'ordre et fondacion d'icelle : 
mesmes n'y avoit livres de chant qui peussent servir à dire 
ou faire led. service à haulte voix et chanté, comme ce doibt 
et a acoustumé estre faict es aultres couventz dud. ordre, 
etiam non réformez; ains ceulx qui v estoient presque tous 
descousus, déchirés et rompuz, si vielz et antiques que n'y a 
mot entier et ne seroit possible y lire ne chanter. Lors de- 
mandasmes auxd. religieuses comment et en quelle sorte elles 
disoient led. service divin, lesquelles nous firent responce 
qu'elles le disoient en basse voix et non chanté. 

Et d'illec nous transportasmes en la chambre de lad. 
prieure, pour ce que c'estoit le lieu plus apparent pour faire 
nostre examen, en une part de laquelle chambre nous retiras- 
mes lad. prieure, les aultres religieuses d'aultre part retirées 
q^u'elles nous povoient veoir, selon les statuz et forme de vi- 
sitacion. Laquelle prieure nous interrogeasmes comment elles 
faisoient et disoient led. service, en continuant le propos 
commencé, laquelle nous fist response qu'elles disoient ma- 
tines environ quatre ou cinq heures du matin, pour ce qu'il 
n'y avoit nulle oreloge, et puys faisoient quelque intervalle, 
et tantoust après retournoient dire le surplus jusques à ves- 
pres. Interrogée lad. prieure du revenu dud. prioré, dist qu'il 
valoit pour le moins mille livres tournoys; dist aussy, sus ce 
enquise où estoient les letres, tiltres et enseignemens dud. 
revenu, qu'ils estoient en ung couffre de lad. esglise duquel 
elle avoit la clef, fors celle de la fondacion et première insti- 
tucion dud. prioré que led. s"" de la Borne tient de long temps 
en sa possession et duquel ne l'ont pu et ne peuvent retirer 
en quelque sorte et manière que ce soit. Et de rechef luy de- 



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— 164 — 

mandasmes combien elle et les aultres religieuses avoient 
duel., revenu pour leur porcion; mais en disant ces paroUes, 
lesd. M® Jean d'Aubusson et seigneur d'Escurettes et pluseurs 
aultres parens desd. religieuses, avecques leurs complisses 
et alliez, lesquelz avoient tous les espées et poignars aux 
coustez et. nous suyvoient quelque part que allissions, nous 
dirent, queuque soit led. d'Aubuason : a Sus, sus, Messieurs. 
Par le saug-Dieu, c'est assez jazé. Allons! Allons I » Par quoy 
lad. prieure lors ne nous fist aulcune responce. Par quoy 
fusmescontrainctz'pour lors nous départir desd. religieuses 
et nous transportasmes au lieu de St-Jehan de THabbit, qui 
est -le lieu député pour l'abitacion des frères nécessaires pour 
administrer les sacremens et aultres choses nécessaires ausd. 
religieuses, auq[uel lieu demeure à présent led. d'Aubusson et 
y faict sa continuelle résidence. 

Auquel lieu trovasmes vingt ou vingt et cinq^ personnes, 
tant gentilz hommes que aultres méchants garnimens, tous 
embastonnez d'espées et poignars, desquelz les chausses, 
pourpoints et aultres habillemens estoient découpez et déchi- 

3uetez en manière d'avanturiers. Aussy trovasmes aud. lieu 
e PHabbit pluseurs arbalestes, hacquebutes, coulevrines, 
cornetz à pouldre de canon et aultres bastons à feu et inva- 
sibles; grand nombre de chiens et oyseaulx de proye. en sorte 
que tout led. logis en estoit infaict et puant. Auquel dinasmes 
en la compaiguye desd. d'Aubusson, d'Escurettes et aultres, 
les propos desquelz durant disner ne furent que de paillar- 
dye et méchanceté, sans cesser de jurer et blasphémer le nom 
de Dieu en pluseurs sortes et manières; durant lequel disner 
et tout le temps que fusmes aud. lieu de Blessac avoit led. 
d^Aubusson attaché à son bohnet rond ur^gr boucquet de huil- 
letz lié de cheveux de l'une desd. religieuses qui luy avoit 
esté baillé en nostre présence en l'esglise, devant disner. du- 
rant que nous y estions. Et ung semblable avoit led. d'Au- 
busson quant il vint pour nous quérir en lad. ville d'Aubus- 
son, lequel boucquet il oublya et laissa sus la table de la 
chambre de nostred. logis. Dist aussy led. d'Aubusson en 
disnsnt qu'il estoit marry qu'il n'avoit amené aulcune desd. 
religieuses poyr luy tenir compaignye à disner, et de faict en 
envoya quérir une qui fist responce par le messager qu'elle 
avoit ja commencé et estoit à table. Et lors demandasmes 
aud. d'Aubusson si aulcunefibys on venoit pour disner avec- 
ques luy, tjui nous fist responce que ouy souvent. Durant le- 

3uel disner led. d'Aubusspn nous fist enfermer de clef au 
edans led. logis de l'Habbit, par quoy fusmes alors en plus 
grand crainte de noz personnes ; au moyen de quoy ne nous 
fut loisible et craignismes lors faire plus emple inquisition 
et visitacion, comme eussions bien voulu et neu sans la crainte 
des dessusd. qui nous suyvoient tousjours de près et nous as- 
sailloient de pluseurs propos fâcheux et ne demandoient sinon 
que nous leur donnissions occasion de se mutiner, mesmement 
led. M® Jehan d'Aubusson. 



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— 165 — 

Après dîsner fusmes de rechef pour parfaire et achever noS' 
tred. visitacion et inquiaicion au logis desd. religieuses. Et 

Îremièrement nous transportasmes en la chambre de seur 
ehanne de Rebéré, prieure de cloistre dud. lieu, tousjours 
acorapaignés dud. M* Jehan d'Aubusson, sesd. complisses et 
méchants garniments, comme dessus, et embastonnez comme 
dict est. En laquelle chambre trovasmes troys ou quatre de- 
moiselles, comme nous dict lad. prieure du cloistre, avecques 
leur train de chamberières et varletz. Et incontinant que 
fusmes entrés en lad. chambre et led. d'Aubusson eut apper- 
ceu les lesd. demoiselles, en nostre présence, aussy desd. 

Î)rieure, soubz prieure et toutes les aultres religieuses dùd. 
ieu, lesquelles estoient la venues et entrées avec nous, led. 
d'Aubusson, soy disant prieur, les baisa toutes l'une après 
Taultre. Quarum unam inter brachia arripiendo deosculatus 
est et ipsam in lectum dicte camere resupinando, longo tem- 
poris spatio multis osculis sub se retinuit, mammas ejus 
palpando et aliis immundis, inhonestis et obscenis contac- 
tibus utendo (1). Quoy voyant lesd. religieuses, chascun 
en son endroit se prist à soubzrire envers led. d'Aubusson en 
ly gettant pluseurs regartz dissolutz et impudiques, comme 
si elles eussent prins plaisir à ce que led. d'Aubusson faisoit 
avec lad. demoiselle. Item, nous prinsmes et retirasmes à part 
en ung coing de lad. chambre lad. prieure de cloistre, la- 
quelle interrogeasmes de la forme de vivre aud. lieu, mesme- 
ment sus le gouvernement de lad. prieure, laquelle nous dict 
que icelle prieure se gouvernoyt très mal, en grant disolu- 
cion, lubricité et scandalle de toute la religion et ordre; 

Qu'elle admettoit ordinaii:ement et indifféremment au dedans 
ud. prioré et particulièrement ^ sa chambre plusieurs gen- 
tilz hommes et aultres mal renommez et notez d'incontinance, 
sans dénier l'entrée à aulcun : lesquelz gentilz hommes et 
aultres y demouroient longuement et n'en bougeoient ne jour 
ne nuy t, et plus que nul aultre le seigneur de la Borne et sond. 
frère : nous priant lad. prieure de cloistre que de ce voulsis- 
sions corriger lad. prieure, ce que nous n'avons ausé faire 
pour la crainte que avions dud. M® Jehan d'Aubusson et de sa 
bande qui tousjours nous suyvoit en soye de veloux, l'espée 
au cousté et led. boucquet sus l'aureille. Ne ausasmes aussy 
faire la correction en présence dud. W Jehan d'Aubusson par 
aultant que le commun bruit est aud. lieu de Blessac, en la 
ville d'Aubusson et ailleurs les environs, que icelluy M° Jehan 
d'Aubusson, pareillement son frère, le seigneur de la Borne, 
entretenoient tous deux lad. prieure. Pareillement nous dist 
lad. prieure du cloistre que lad. prieure alloit souvent jouer 
dehors chez les gentilz hommes voisins et aultres, et le plus 



(1) Tout ce passage est en français dans l'enquête; nous le tradui- 
sons littéralement en latin. 

16 



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— 166 — 

souvent chez le seigneur de la Borne et sond. frère au chas- 
teau de la Borne aud. lieu de THabbit. 

Après tirasmes et parlasmes à part en lad. chambre à seur 
Marguerite de St-Domain, célérière dud. lieu, et après à plu- 
seurs particulièrement des aultres religieuses, chascune des- 
quelles se plaignoit fort dud. M° Jehan d'Aubussson et [de] 
lad. prieure et de leur méchant gouvernement, en disant que 
led. d'Aubusson les laissoit presque mourir de faim et ne leur 
donnoit comme rien pour vivre et se entretenir, au moyen de 
quoy estoient contrainctes la pluspart du temps aller vivre 
chez leurs parens. Nous dirent aussy plusieurs desd. reli- 
gieuses avec lad. prieure de cloistre que lad. prieure estoit 
fort subjecte à ses complexions et plaisirs mondains et 
qu'elle portoit ordinairement habillements trop dissolutz et 
qui plus apartenoient et convenoient à dames, demoiselles et 
aultres femmes que à religieuses, comme agneaulx en grant 
nombre, patenostres trop précieuses et curieuses, cottes de 
satin et samyn, robes de sarge et demye ostade, manchons 
de satin et de veloux de couleur blanche et aultre, fandues 
par dessoubz et soufOLées de la chemise à la mode qui a cours 
aujourd'huy au monde, ribans coulorés en saincture, souUiers 
escoUetez et plusieurs superfluités mondaines. Et de faict led. 

{'our vismes lad. prieure aiant vestue une cotte de samyn 
)lanc, la queue traînant en façon de demoiselle et bourdée 
f)ar le dessoubz de noir ; avoit aussy lad. prieure par dessus 
ad. cotte une robe de drap noir doublée de demye ostade, 
comme aperceusmes parce que lad. robe estoit troussée par le 
dessoubz, tout au tour, à la mode des séculières ; avoit aussy 
lad. prieure des souliers escolletés, larges et cornus par le de- 
vant, en la manière que à présent les portent les séculiers. De 
laquelle façon et mode de souliers portoient aussy toutes les 
jeunes religieuses dud. lieu, à arulcune desquelles vismes des 
agneaulx en leurs doitz, mesmement ausd. Jehanne de 
Sainct George, de Rebéré et Marguerite d'Aubusson, autre- 
ment appellée de la Fuillade. Les voilles et acoustremens 
de la teste desd. religieuses estoient de toille fort desliée, 
mais petitz et haultement et curieusement acoustrées, et tous 
les aultres habillemens et acoustremens de leurs personnes, 
en sorte que ung chascun à les voir ne les jugeroit estre reli- 
gieuses, ains plus toust demoiselles et séculières. Trovasmes 
pareillement toutes lesd. religieuses vestues de cottes blanches, 
aulcunes desquelles estoient do rdées de noir, et aulcunes desd. 
religieuses avoient robes doublées de demye ostade et troucées 
comme celle de lad. prieure. £t nous fut dist lors par aulcun 
de la compaignye dud. d'Aubusson dont ne sceusmes sca- 
voir le nom, que les habillemens que lors portoient lesd. reli- 
gieuses n'estoient que les habillemens des jours ouvriers, et 
que les festes en portoient bien d'aultres plus riches, sump- 
tueux et gouriers (?). 

De la chambre de lad. prieure de cloistre nous transpor- 
tasmes en la chambre de seur Marguerite de Sainct Domain, 



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- 167 - 

célérière, en la compaignye de toutes lesd. relig^ieuses, et 
nous Buy voient tousjours de près led. d'Aubusson et sa bande. 
Laquelle chambre trovasmes en ung fort pauvre et piteux 
ordre : n'estoit pavée ne couverte, en sorte qu'il y pluvoit en 
tous endroitz". dont se complaignoit fort à nous lad. de St. 
Domain, disant qu'elle n'y pouvoit plus demourer, et par ce, 
que eussions à y mettre ordre et y pourvoir. Enquise lad. 

I)rieure et aultres qui les confessoit, disoit leurs messes et 
eur administroit les sacremens de l'église, respondirent que 
c'estoit ung prebstre, lequel fismes venir par devers nous, 
qui estoit de Taage de quatre ving1;s dix ans ou environ, tant 
cassé et décrépy et si vieulx qu'il ne voit quasi plus et n'est 
possible qu'il se puisse bien acquiter de lad. charge. 

Ses choses faicte3,nous fismes conduire par lesd. religieuses 
au lieu où souloit estre le cloistre, oii trovasmes seulement 
Taparence du circuit et fondements d'icelluy, fors qu'il y 
avoit encore aulcuns pillîers debout et ung cousté garny de 
vielle charpente, tout découvert, par faulte de laquelle cou- 
verture lad. charpente estoit pourrie et gastée. N'y avoit aussy 
dortouer, refectouer, chappitre ne aultres officines requises a 
observance régulière, fdrs seulement de vielles masures es 
quelles ont lesd. religieuses à présent leur demourance, sé- 
parées loing l'une de Taultre, lesquelles vivent et couchent 
Sareillement à part et non en commun. Ont chascune cham- 
erière et filles et enfans qu'elles disent avoir prins et tenir 
avecques elles pour les instruire et aprendre. 

Et comme voulions plus avant enquérir et visiter, fusmes 
empeschez par led. M° Jehan d'Aubusson et sad. bande qui 
toujours nous suy voit quelque part que nous allissions et ne 
permettoit nous laisser voir et enquérir librement, en disant : 
« Sus. Sus. Allons! Par le sang-Dieu, il est temps de s'en 
aller. C'est trop faict pour mesuy. » Et juroit tant led. d'Au- 
busson que les aultres de sad. cempaignye en plusieurs et 
diverses sort^, et disoit plusieurs paroUes fascheuses par les- 
quelles il ne demandoit que soy mutiner et occasion de soy 
corrocer contre nous. Par quoy, craignant's avoir desplaisir, 
fusmes contrainctz nous départir dud. lieu de Blessac, et nous 
en retournasmes led. jour aud. lieu d'Aubusson. 

Auquel lieu et le lendemain, unziesme jour du moys, en- 
quismes Damian Parade, serrurier, demourant en lad. ville 
d'Aubusson, aagé de vingt et cinq ans environ, s'il scavoit 
aulcune chose de la vie et gouvernement desd. religieuses, 
dist que luy demourant à Castanault en Rouargue, aulcuns 
des habitans dud. lieu luy demandèrent si lesd. religieuses 
vivoiont si mal et lassivement qu'il en estoit bruit. Dist aussy 
que du temps qu'il a demeuré aud. lieu de la Borne, a veu 
plusieurs foys lesd, prieure et religieuses aller et venir sou- 
vent aud. lieu de la Borna, y disner, souper, boire et manger 
et banqueter. Et quant voulusmes faire faire le serment en 
tel cas acoustumé aud. Parade et sad. déposicion rédiger par 
escript, ne voulut faire aulcun serment, disant qu'il s'en re- 



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— 168 — 

{)entoit beaucoup de ce qu'il nous en avoit dict, par ce que si 
éd. s*" de la Borne et sond. frère le scavoient, il seroit con- 
trainct de vuyder le pays ou le turoient. Semblablement 
voulusmes informer et de faict parlasmes à plusieurs per- 
sonnes dud. lieu d'Aubusson, nous encoresy estanSj touchant 
Testât desd. relierieusos et des abuz et malversacions qu'on 
dict q^u'elles commettent j mais n'en trovasmes aulcun qui en 
voulsist déposer sus le lieu, ne semblablement en lad. ville 
d'Aubusson, ne es environs près desd. baron et son frère, 
ains disoient que s'ilz en avoient parlé, tant peu fust-il, que 
led. baron et sond. frère les vienaroient ou envorroient tuer 
jusques au lict; mais bien nous disoient que c'estoit la plus 
grant pitié qu'on scauroit dire ne pencer, et qu'il guangneroit 
paradis qui les réformeroit. 

A ceste cause nous a esté force informer et enquérir au plus 
loing. Par quoy, led. unziesme jour dud. moys, nous en re- 
tournasmes de lad. ville d'Aubusson en la compaignye dud. 
Predal et plusieurs aultres dessus nommez, auquel jour et 
mois estantz aud. lieu de Croc, fut par nous ouy Marsault 
Marcy, laboureur, demourant au village de Cruchaut, par- 
roise de Geou, aagé de soixante et dix ans ou environ, lequel, 
après le serment par luy faict de dire et déposer vérité, dict 
qu'il a bonne congnoissance de AP Jehan d'Aubusson depuys 
le temps de sa jeunesse, auquel il a veu user assez mauvaise 
et dissolue vie et luy a veu quasi tousjours porter Tespée au 
©ousté, plumes et boucquetz en son bonnet, comme si c'eu&t 
été ung homme pur séculier. Dict aussy qu'il a veu led. 
M** Jehan d'Aubusson user et que encore à présent use de 
forces et violances, et que plusieurs filles ont esté forcéœ et 
violées par luy. Dict pareillement que puys troys ou quatre 
moys en cza [sic], aultrement du temps n'est recors, il déposant, 
estant au chasteau de la Borne, veit led. maistre Jehan d'Au- 
busson prendre une jeune fille à marier, aagée de vingt ans 
ou environ, devant led. chasteau, laquelle il déposant dict 
que la print et emmena par force; par ce lad. fille se def- 
fendoit de luy et crioit tant qu'elle povoit. Dict aussy icelluy 
déposant que, ainsi que led. d'Aubusson emmenoit lad. fille, 
luy dist : a Monsieur, vous ne cherchez et ne demandés que les 
belles filles. » Auquel déposant led. d'Aubusson ne fist aulcune 
responce, et depuys ne veit lad. fille. Dict aussy il déposant, 
sus ce enquis, que led. M® Jehan d'Aubusson a souventeflFoys 
mené et tenu plusieurs gens de guerre et mauvays garçons 
en grant nombre aud. prieuré qui ont prins et emporté tous 
les fruictz et revenu d'icelluy. Dict aussy, sus ce enquis, qu'il 
a plusieurs foys veu Charles d'Aubusson, baron de la Borne 
et frère dud. M° Jehan d'Aubusson, aller, venir et fréquenter 
aud. prioré. Pareillement a veu la prieure et plusieurs aultres 
religieuses dud. lieu boire, manger, bancqueter et coucher 
au chasteau dud. lieu de la Borne, et lad. prieure plus 
souvent que nulle aultre desd. religieuses, laquelle prieure 
led. déposant dict avoir veu souveuteffoys baiser et embrasser 



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— 169 - 

aud. baron de la Borne; et oultre, qu'il est un commun bruit 
que led. baron a tant et si longuement entretenu lad. prieure 
qu'il en a eu plusieurs enfans, aulcuns desquelz ont esté 
nourriz aud. cnasteau de la Borne, et que pour entretenir 
lad. prieure led. baron a laissé sa femme et habandonnée, 
laquelle pour ceste cause il dict avoir esté retirée et à présent 
demeurer avecques sa mère. A aussy ouy dire, comme il dé- 

E osant dict, que la pluspart desd. religieuses raaineut vie lu- 
ricque et très meschante, et que toutes manières de gens 
hantent [et] fréquantent avecques elles, par manière que tout 
le pays en est infect et scandallizé. 

Le douziesme jour du moys de juillet, nousestantz en lad. 
ville de Croc, fut par nous ouy Jacques Fredaclion, laboureur, 
demeurant au village de Herfeuille, aagé de trente et cinq 
ans ou environ, lequel, après le serment par luy faict, dist 
qu'il a plusieurs foys ouy dire aud. lieu de Herfuille, en lad. 
ville de Croc et ailleurs, que la prieure deBIessac et troys aul- 
très des religieuses dud. lieu ont eu des enfans, lesquelles 
aultrementne asceu nommer ne dire le nombre desd. enfans. 
Dict aussy led. déposant sus ce interrogé qu'il a plusieurs 
foys veu lesd. religieuses, queuque soit plusieurs d'icelles, 
dehors led. prioré et aller ensemble à l'esbat en plusieurs 
lieulx circonvoysins. 

Led. jour, au lieu de Pontgibault, interrogé messire Ga- 
briel Regnault, prebstre, vicaire dud. lieu, aagé de quarante 
ans ou environ, dist, après le serment par luy faict, que a ouy 
dire à plusieurs marchantz de Felletin, d'Aubusson et aultres 
voisins dud. lieu de Blessac, comme ils alloient et venoient 
au marché dud. lieu de Montferrand, que lesd. religieuses 
mainent une très méchante et abhominable vie, que la prieure 
et aultres religieuses dud. lieu estoient entretenues par le 
baron de la Borne et son frère, soy disant prieur dud. lieu, et 
que d'iceulx elles avoient eu des enfans et que, selon que luy 
ont dict lesd. marchantz, c'est pitié du désordre et meschant 
gouvernement qui est aud. prioré, tant envers le service divin 
que aultrement, et que tout le monde se esmerveilloit fort 
comme ceulx qui en avoient le gouvernement n'y donnoient 
quelque ordre. Dict aussy que led. baron et sond. frère ont 
oruit d'estre fort violantz, user de force, frapper et baptre 
ung chascun à tort efc sans raison, par manière que par les 
grans excez qu'ilz commettent chascun jour au pays, ils sont 
craînctz de tous et n'y a celuy qui osast rien dire ni déposer 
contre eulx. 

Le treziesme jour dud. moys, et nous en retournant dud. 
Pontgibaud aud. lieu de Monferrand, trovasmes sus les che- 
mins M** Anthoine Tarde, greffier dud. lieu de Pontgibaud, 
natif de la Roche d'Angoux en Aulvergne, aagé de trente ans 
ou environ, avecques lequel chevauchasmes jusques au lieu 
de Montferrand, et en chevauchant nous dist, sus ce interrogé, 
que il aplusieurs foys ouy dire aud. lieu de la Roche d'Angoux, 
a Aubusson, à Pontgibault et ailleurs que le baron de la 



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— 170 — 

Borne a longtemps entretenu et entretient encore de présent la 
prieure de Blessac/ et que led. baron pour ses causes a sou- 
ventefFoys mal traictée sa femme, en sorte qu'elle a été con- 
traincte le laisser et habandonner. Dict aussy qu'il estoit aud. 
Pontg-ibault et veit quant la femme dud. baron y passa et s'en 
alloifc, après qu'elle eust été contraincte de laisser sond. 
mary, comme dict est. Dict oultre led. déposant que qui 
yroit jusques à Rome, qu'on oyroit parler de la mauvoise vie 
et meschant gouvernement desd. religieuses de Blessac. 

Pour lesquelz désordre, dissoludions, malversacions et abuz 
mencionez et plusieurs aultres causes à ce nous movants, 
avons faict l'ordonnance dont la teneur s'ensuit : 

Nous, frères François Pelletieret Jehan Lamy , prebstres, reli- 
gieulx réformez de Tordre de Fontevrault, suyvantla commis- 
sion à nous adroissée [sic) par nostre très révérande mère 
abbesse, madame Renée de Borbon, en ensuivant l'arrest 
de la. court de Parlement à Paris, nous sommes transportés 
au prioré de Blessac dud. ordre et icelluy visité, enquis et 
informé, comme mandé nous estoit : auquel avons trové un 
merveilleux désordre et plusieurs faultes difficiles à corriger, 
partie desquelles avons secrètement rédigé par escript, telle- 
ment que led. prioré ne peult bonnement estre réformé sans 
translacion d'aulcunes personnes et sans le disposer à obser- 
vance régulière et y introduire religieuses et religieulx 
réformés, pour tenir et régler Tobservance et instruire les 
non réformées. En attendant lesquelles translacion et dis- 
posicion et introduction» nous avons ordonné et ordonnons 

{)ar provision que les religieuses qui à présent sont aud. 
ieu, vivront en commun, garderont silence en dortouer, re- 
fectouer et cloistre; et, par ce qu'il n'y a dortouer ne refec-, 
touer, elles prendront leur réfection ensemble en la grant 
salle en lieu de refectouer, et les deux chambres haultes 
serviront de dortouer oii elles coucheront toutes, exceptées 
les malades, laquelle salle et chambres tient et usurpe à pré- 
sent la prieure : lesquelles malades durant leur maladie seront 
en une chambre à part où à présent se tient la prieure de 
cloistre, seur Jehanne de Rebéré, en lieu d'enfermerie, et y 
beuront et mangeront. Et parce qu'il n'y a clousture faicte, 
ne istront [sic] hors le pourprins de leur habitacion et demou- 
rance, les jardins prochains comprins, et ne souffreront venir 
devers elles aulcunes personnes séculières, sinon que ce soit 
par nécessité, comme pour confesser les malades qui ne pou- 
roient aller au confessional et leur administrer les sacremens, 
les médecins, les ouvriers pour reparer le lieu et le disposer 
à reformacion, ou aultres œuvres ou choses nécessaires, mais 
ne converseront avecques eulx ; et se déchargeront des en- 
fans qu'elles ont et les envoyront à leurs parens ; aussy se 
déchargeront et envoyront a leurs couventz les religieuses 
qu'elles tiennent aud. lieu, qui ne sont professes dud. ordre de 
Fontevrault ; diront le service et heures canoniales ensemble 
à l'église à heures compétentes, à tout le moins en bas, si 



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- 171 - 

hault et en chantant ne le peuvent ou scavent dire, et par 
bonnes pauses, atraict et entendiblement (sic) chanteront der- 
rière au cuer aux grants messes, les dimanches et festes so- 
lennelles ou qui sont de commandement. Auront pour moys 
pour leur vivre et entretenement six charg-es de bled, une 
pipe de vin, trente livres tournoys en argent, douze chartées 
de boys, deux quartes d'huille et douze livres de chandelle. 
Auront une chamberière vefve, femme de bien et de bon 
aage, pour leur faire et administrer leurs provisions. Y aura 
au lieu de l'Habbit deux chappellains bien famés pour dire 
et célébrer lesd. messes, confesser lesd. religieuses et leur ad- 
ministrer lesd. sacrèmens, qui seront nourriz, entretenuz et 
salariés du revenu jusques à ce qu'il y ait religieux reformés. 
— Seront faictes préalablement grilles de fer et tours et la 
clousture en la manière des aultres lieux et couvents reformés 
dud. ordre de Fontevrault ; les maisons, granches et édifices 
des dommaines reparées; et successivement seront reparées et 
refaictz les cloistres, refectouer, dortouer, chappitre, enfer- 
merye et aultres officines régulières. Pour fournir et satis- 
faire ausquelles choses susdites par ordre, et les plus urgentes 
et nécessaires les premières, et aux fraiz raisonnables de ceste 
présente execucion et de Fentière reformacion, seront em- 
ployées les deux pars du revenu dud. lieu qui sera saisy, 
regy et gouverné soubz la main du Roy par bons et suffisants 
commissaires qui bailleront et admmistreront ausd. reli- 
gieuses et chappellains les choses dessus ordonnées, et le reste 
employé ausd. reparacions, lesquelles seront par nous ou 
aultres qu'il plaira à nostred. très révérende mère abbesse y 
envoyer, divisées et marchandées aux maistres et ouvriers, et 
Faultre tierce partie sera pour/celuy qui jouyra dud. prioré 
comme prieur, à la charge des procès et sans préjudice du 
procès pendant aux requestes entre les eulx disants prieurs, 
et de povoir par cy après leur diminuer lad. tierce partie, 
s'il est besoing, laquelle tierce partie sera baillée et livrée à 
celuy qui jouyra comme prieur par les mains desd. commis- 
saires : le tout par provision, comme dict est, jusques à ce 
que aultrement y soit pourveu et sans préjudice de la vraye 
et entière communité et reformacion qui ce fera par cy après, 
quant les choses y seront mieulx disposées. Laquelle ordon- 
nance, signée de nous le quatorziesme jour dud. moys aud. 
lieu de Montferrand, nous presentasmes aud. Predal, le re- 
quérant, semblablement led. Des Champs pour nostred. très 
révérende dame et mère abbesse, publier ou la faire publier 
et signifier ausd. religieuses, M. Jehan d'Aubuason et tous 
aultres qu'il apartiendra, et leur enjoindre et commender 
icelled. ordonnance tenir et entretenir et acomplir de point 
en point, selon sa forme et teneur. En tesmoing desquelles 
choses nous avons signé ce présent nostre procès. Faict les 
jour et an que dessus. 

J. Lamy. 

F. Pbllbtibb. 



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— 172 - 

Analyse d'%ine autre enquête sur les mêmes faits instituée 
par Gabriel Cholier, notaire et serge^U royal (juillet 

1530). 

L'abbesse de Fontevrault, Renée de Bourbon, obtenait, le 
4 février 1529 (v. st.), du Parlement de Paris, des lettres de 
commission adressées à Gabriel Oholier, notaire et sergent 
ordinaire du Roi, pour informer, a à la requête de lad. abesse, 
» à rencontre de M® Jehan d'Aubusson et des prieure et reli- 
» gieuses du prieuré conventuel de Blessât en la Marche, sur 
» les assemblée illicite, port d'armes, batemens, ravisse- 
» mens, homicides, menasses, assaultz,' invasions, malversa- 
» cions, dissolucions, vie lubricque, scandalles et autres cas 
» et malfices plus 5 plain déclarez et spécifiiez esd. intendit 
» et articles. » En conséquence, Gabriel Cholier, assisté de 
Pierre Tranchant, notaire royal et procureur au bailliage de 
Montferrand, qu'il s'était adjoint, procéda de son côté à une 
enquête distincte de celle des visiteurs que nous avons rap- 
portée plus haut. 

L'enquête commence le 10 juillet 1530 et se termine le 15 du 
même mois. Dix-sept témoins sont entendus, dont trois seule- 
ment figurent dans l'enquête des visiteurs. Tous s'accordent 
à reconnaître Tiuconduite du prieur et des religieuses, de la 
prieure surtout : mais quelques-uns ajoutent de nouveaux 
détails, des faits même qui ne sont pas indiqués dans l'en- 
quête précédente. Nous nous contenterons donc de reproduire 
c^ parties de leurs dépositions. 

Le premier témoin entendu est noble et vénérable personne, 
W Austrilhe de la Soumaigne, curé de Saint-Marc à Lou- 
bauld, au diocèse de Limoges. Il renouvelle, aux expressions 
près, la déposition que nous avons enregistrée à l'enquête des 
visiteurs. Il rapporte que la prieure a porte bacgues et an- 
» neaulx d'or au doit, tout ainsi et par la forme et manière 
» que si elle estoit mariée, » et qu'elle a eu un enfant du sgr. de 
la Borne. Il ajoute qu'il y a un an, étant à Fontevrault, il a 
entendu dire à un des prieurs de l'abbaye que Jean d'Au- 
busson avait violé par force une fille des environs d'Aubusson. 
Enfin il dépose « c^u'il a oy dire a Geneviesve Marlyne, sa 
» tante, qu il povoit avoir deux ans ou entour que deux desd. 
» religieuses aud. Blessac, le nom desquelles n'a sceu déclarer, 
» lesquelles accompaignées de M® Jehan d'Aubusson, s'en 
» vindrent en ceste ville d'Aubusson et logèrent en la maison 
» où pend l'enseigne du Lyon d'or, et illec mandarent venir 
» ladicte Merline laquelle y alla, et feyrent illec lead. reli- 
» gieuses avec ledict d'Aubusson bonne chère et baucque- 
» tèrent ensemble par longue espace de temps. » Dans cette 
déposition, comme dans plusieurs autres, le prieur de Blessac, 
M* Jehan d'Aubusson, est qualifié de « prothenotairede aostre 
Saint-Père le Pape. » 



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_ 173 — 

Damieû Parrade, serrurier, second témoin entendu, répète 
le propos qu'il a entendu tenir à Castelnau sur le compte des 
religieuses, propos remontant à trois mois de. là ; mais on ne 
peut lui arracher de nouvelles révélations, a Et ce faict, 
» avons voulu enquérir ledict depposant plus à plain sur le 
» contenu esd. articles et intendit de laaicte infôrmacion, 
» lequel nous a faict responce qu'il n'en deppouseroit riens 
» pour tout l'or et argent de la terre, non pas si on le devoit 

> ffehener, disant que si le baron de la Borne, nommé Charles 
» d'Aubusson, frère audict M® Jehan d'Auousson, lesquelz 
» dict bien cognoistre pour les avoir veuz souvent et qu'il est 
» demourant et subject audict seigneur et baron de la Borne, 
» [sceust] qu'il eust deppousé du contenu esd. articles, icelluy 
» baron de la Borne le viendroit tuer en son lict, ou seroit 
» contrainct de passer le pays : car led. baron est homme 
» furieulx et dangereulx et qui est craint et doupté audict 
* pays de la Marche et ailleurs es environs : par quoy a dict 
» qu'il n'en deppouseroit en sorte que ce fut. » 

Le troisième témoin, Martial Mary, de Cruchant, paroisse 
de Gioux, déjà entendu par les visiteurs, ajoute à sa première 
déposition q^uelques détails sur la femme de Charles d'Au- 
busson. « Dict plus qu'il a oy dire et tenir pour certain que 
» le baron dgla Borne, nommé Charles d'Aubusson, lequel 
» dict bien cognoistre pour ce qu'il est son subject et de- 
» mourant en sa justice, a conféré grand inhimitié contre 
» sa femme à ocasion de ce que ledict Charles d'Aubusson 
» est amoureux et entretient la prieure Judict lieu de Bles- 
» sat, laquelle led. deppousant n'a sceu nommer, (1) à cause 
» duquel entretenement faict par ledict de la Borne à lad. 
9 prieure, icellu^ de la Borne a laissé sa dicte femme pour 

> entretenir ladicte prieure. Et icelluy deppousant [dict] 
» que la femme dud. Charles d'Aubusson est honneste da- 
» moyselle, procréée et yssue de nobles gens, femme de bonne 
» vie et conversacion, touteflfoys elle a esté contraincte soy 
» retirer à la maison de la dame du Montai, sa mère^ où elle 
j» a demouré l'espace de troys ans ou entour, et y est encores, 
n comme ledict deppousant dict scavoir, pour ainsi l'avoir oy 
» dire à plusieurs dont n'est recordz. » Il dit encore qu'il y 
a deux ans, un jour d'été, il vit la prieure toute seule au 
château de la Borne avec le baron ; « plus ne scet pour quojr 
a icelle prieure y estoit. Et a dict ledict deppousant que si 
» led. baron de la Borne scavoit qu'il eust deppousé ce que 
» dessus, qu'il le tueroit tout redde, pour ce qu'il est homme 
» vindicatif, bapteur et qui traicte mal ses pauvres subjectz. » 

« Vénérable personne, messire'Franço^s Sentient, prebstre 
du lieu de Croc, » âgé d'environ trenteAîinq ans, a après ser- 
ment par luy faict, la main mise sur son pictz, » dit qu'il est 



(1) Au lien de à cause le texte porte auquel. 



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— 174 — 

notoire que le baron de la Borne entretient la prieure de 
Blessac et qu'il a l'a cogneue charnellement plusieurflFoys et 

» d'elle en a euung: ou deux enfans Et peult avoir troys 

» ou quatre moys ou entour que led. seigrneur de la Borne 
» print et cogfneut charnellement lad. prieure par force la 
» première foys qu'il eust affaire avec elle. » — Erreur évi- 
dente, du moins (juant à la date des premières relations : 
car le même témoin dépose qu'il y a eu un ou deux enfants 
de ce commerce, et d'autres témoins font remonter cette liai- 
son à dix ans en arrière. 

Françoys Vasupelite, marchand de Clermont, âgé d'envi- 
ron trente ans, dit qu'il peut y avoir neuf ou dix ans, « qu'il 
* estoit demeurant escollier audict lieu d'Aubusson, » et qu'un 
jour ayant fait le projet avec d'autres écoliers, ses compa- 
gnons, d'aller à Notre-Dame de la Borne, ils passèrent près 
du prieuré de Blessac. Ayant rencontré une des religieuses 
du couvent, un de ses camarades lui dit qu'il connaissait 
bien le personnage qui l'entretenait, et que les religieuses 
a estoient putains et tenoient vie meschante et lubricque. » 
Comme on le voit, il y avait déjà longtemps que le désordre 
durait à Blessac, lorsqu'on songea à le réprimer. 

Gilbert Revérond, marchand, habitant de la ville de Cler- 
mont, âgé d'environ trente ans, dit qu'il y a à peu près six 
ans, étant à Felletin, oii il demeurait chez un marchand, 
nommé Anthoine Baudou alias le Pastinier (Pastissier?), 
il avait entendu plusieurs fois à Blessac, où son maître l'en- 
voyait en commission, parler de la mauvaise conduite des 
religieuses et de leurs relations avec plusieurs gentilshommes 
du pays qu'il ne connaît pas. 

Martial Champredoud, boucher d'Aubusson, âgé de trente 
ans, dit « qu'il a veu M** Jehan d'Aubusson, peut avoir troys 
» ou quatre ans ou entour, aller plusieurflFoys à la chasse 
» menant grand nombre de chiens, acoustré en gentilz 
D homme. Dict plus que le commun bruit est aud. lieu d'Au- 

> busson et ailleurs es envyronsque led. M*' Jehan d'Aubus- 
i> son entretient une gueuse nommée Ahelips, natifve dud. 
» lieu d'Aubusson, et icelle a entretenue en la maison du 
* prieuré de Blessac l'espace d'envyron deux ans, comme si 

> faict encores. » Il constate la mauvaise réputation des reli- 
gieuses et de la prieure qui était de la maison de Velhac. 
Il ajoute que le prieuré de Blessac vaut au moins 500 francs 
de ferme. 

Martial Coste, boucher d'Aubusson, âgé de trente-deux 
ans, dit que Jean d'Aubusson est homme de vie lubricque et 
pailharde, et qu'il entretient depuis trois ans dans sa maison 
de Blessac une nommée Ahelips, native d'Aubusson. Il ajoute 
que les religieuses tiennent une conduite dissolue et que la 
prieure a eu deux ou trois enfants du baron de la Borne. Il 
s'accorde avec le témoin précédent pour la valeur du revenu 
du prieuré. 

Jehan Bouzu, boucher et marchand d'Aubusson, âgé de 



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— 175 — 

trente-cinq ans, dit que M® Jehan d'Aubusson a entretient 
» et a entretenu continuellement en sa maison par l'espace 
» de deux ans et plus une femme nommée Ahelips, laquelle 
» n*a sceu surnommer, et icelle a cog'neu charnellement plu- 
» sieurs et souventeflFoys, et Ta poyné et ravye par force et 
» violence, et d'elle a eu deux ou troys bastards, ainsi que le 
» commun bruit est aud. lieu d'Aubusson et ailleurs. » Non 
content d' Ahelips, le prieur entretenait encore depuis deux ans 
une religieuse de son couvent que le témoin n'a su nommer, 
pendant que de son côté le baron de la Borne entretenait la 
prieure et en avait deux ou trois enfants. Le témoin ajoute 
qu'il a vu souvent les religieuses « aller ça et là, avec des g^en- 
» tils hommes du pays, rians et faysant goant chez les ungs 
» avec les autres et se baisant Fun l'autre. Dict plus ledict 
» deppousant que le commun bruitz est aud. lieu d'Aubusson 
» entre les y nabitans que ung nommé Lombre, barbier, 
» habitant dud. Aubusson, lequel led. deppousant cogiioit 
> bien pource que sont de mesme ville, a entretenu par long- 
» temps Tune des religieuses dud. prieuré qu'il depposant 
» n'a sceu nommer, et que icelluy barbier en a eu ung bas- 
» tard, lequel icelluy deppousant aict avoir veu par plusieurs 
» foys en la maison etbouticque dud. Lombre, barbier. Aussi 
» dict avoir oy dire audict Lombre plusieurs foys desçuisdeux 
» ou troys ans en ça que c'estoit le bastard qu'il avoit heu de 
» l'une des religieuses dud. prieuré de Blessac. Dict plus que 
» depuys le trespas du frère prieur de Blessac dernier et tres- 
» passé, .que peut avoir troys ou quatre ans ou entour^ icel- 
» luy M** Jehan d'Aubusson a mis et tenu dans ledict prieuré 
)» de Blessât plusieurs gens de guerre armez et embastonnez 
» d'espées, arbalestes, haquebutes et autres bastons, en trou- 
» blant et empeschant le divin service qui ce faisoit aud. 
» prieuré. » 

Pierre de Migramard, tondeur du lieu du Moustier près 
Limoges, âgé de trente ans, dit qu'il y a environ douze ans 
« qu'il c'est premièrement tenu au lieu de PhuUetin et y de- 
» meura presque ontinuellement lexpace de dix ans ou en- 
» tour oii a besoungné de son mestier, » et qu'il a entendu 
parler de la mauvaise conduite des religieuses et de la prieure 
notamment, que le baron de la Borne « entretient et cognoit 
» charnellement par longue expace de temps. » . 

Jehan Boussat, tondeur et taneur de Felletin, âgé de 
trente-sept ans, dépose de la mauvaise réputa':ion de la 

frieure qui a eu deux ou trois enfants du baron de la Borne. 
1 dit que Jehan d'Aubusson a est ung homme fort mondain 
* et qu'il tire et mène avec luy souvent à la chasse grand 
» nombre de chiens, abilhé en homme de guerre le plus 
» souvent, » qu'il entretient enfin depuis deux ou trois ans 
une religieuse de Blessac. 

Jehan de Riberey, tapissier, natif de Felletin, à présent 
demeurant en la ville de Pontgibauld, âgé de trente ans. Sa 
déposition est une des plus intéressantes et des plus complè- 



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— 176 — 

tes. Il a entendu dire que « le seigneur de la Borne et son 
» frère, soy-disant prieur de Blessac, entretenoient par en- 
» semble une des religieuses dudict prieuré et lieu de Blessac 
b et en faisoient à leur plaisir et volonté. Pas n*a sceu dire 

> sur ce enquis si s^estoit la prieure dudijct lieu et prieuré ou 
» quelle des autres, ne s'ilz entretenoient tous deux une 
» d'icelles ou chascun la sienne. Dict plus que depuys deux 
» ans en ça et nng jour des lors dont led. deppousant n'est 
9 recordz, touteflPbys dict que c'estoit ung jour de caiesme, 

> icelluy deppousant s'en alla audict lieu de Blessac et passa 
» au devant ledict prieuré et monastaire desd. religieuses, 
» au devant duquel icelluy deppousant veid plusieurs d'icel- 
» les religieuses habillées et vestues de habillements tous 
x> blancz sans qu'elles eussent aucun habillement sur elles, et 
» elles railloient, ryoient et faisoient bonne chère par ensem- 
» ble. Dict plus led. deppousant avoir oy dire a plusieurs 
» de ses compaignons besou^fnans audit Phelletin que ledict 
» s*" et baron de la Borne avoit vioUé, ravy et prins par force 
» une jeune fille qui estoit venue audict s** de la Borne pour 
» avoir recours de justice, aflfin qu'il luy feist randre son bien 
» qui estoit destenu par aucuns personnaiges, et icelle avoit 
» cogneue charnellement, ravye et prinse par force, et par 
» avant Tavoyt envoyé quérir par faulces enseignes à venir 

» audict chasteau de fa Borne parquelcun de ses serviteurs 

» Dict plus led. deppousant qu'il peult avoir six ans et ung 
» jour aèslors dont led. deppousant n'est à présent recordz, luy 
» estant aud. PhuUetin, ung de ses compaignons, npmmé An- 
» thoine du Puy-Judault luy dit qu'il c'estoit trouvé audict 
» lieu de la Borne et avoit veu ung homme de labeur qui fai- 
» soit aracher une dant, le nom duquel n'a sceu déclarer et ne 
» le luy déclara led. Judault pour lors, et que après qu'il Teust 
» faicte tirer et arracher à un arracheur de dentz illec présent, 
» le sieur baron de la Borne survint illec pour son plaisir, et 
» oultre le gré et volonté dud. pauvre homme de labeur luy 
» avoit faict arracher une autre dent, combien qu'elle ne luy 
» fist aucun mal; et nonobstant quelzques remonstrances 
» ç[ue led. pauvre homme sceut faire à icelluy de la Borne, 
]> il fut contraint de complayre aud. plaisir et de se laisser 
» arracher la dicte dent. » Il termine en disant que le prieur 
a entretenu pendant deux ans une jeune femme dont il ne sait 
le nom. C'est sans doute l'Ahelips, déjà citée par deux 
témoins. 

Anthoine Pyneton, marchand d'Aubusson, âgé de 40 ans, 
déclare avoir entendu parler de la vie lubricque et paillarde 
du prieur qui avait violé une jeune fille, « laquelle se feist 
» admener par la mère de lad. filhe par moyens esquis, et la 
» entretient encores, comme si faict une des religieuses du 
» prieuré de Blessac, laquelle n'a sceu nommer. > Il a aussi 
ouï dire que le seigneur de la Borne entretenait une desdites 
religieuses ; mais il ne sait si c'est la prieure ou une autre. 
Enfin il rapporte qu'il y a cinq ou six ans, étant dans 



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— 177 — 

son jardin près de la rivière qui passe à Âubusson, il vit 
trois ou quatres religieuses accompaguées d'aucunes ser- 
vantes qui venaient du prieuré de la Cour et passaient le pont 
pour s'en revenir à Blessac. La réputation du couvent ebt très 
mauvaise. 

Reynault Vivien, marchand d'Aubusson, âgé de 25 ans, a 
entendu parlerde la vie dissolue que mènent les religieuses de 
Blessac et des relations que le baron de la Borne entretient avec 
Tune d'elles qu'il n'a su désigner d'une manière plus précise. 
Il est notoire à Aubusson qu'un nommé Lombre, barbier, a 
eu un bâtard de Tune desaites religieuses, « lequel bastard 
» led. Lombre entretient avec luy ordinairement comme son 

> enfant et bastard. » Il y a quatre ans, il a vu à Aubusson et 
aussi au village delaSecade, à deux lieues de ladite ville, un 

Personnage nommé Legendre Jan Vault, qu'on réputait être 
âtard d'une religieuse de Blessac. Enfin il a rencontré, il y 
a cinq ou six ans, au village de Courcelles, qui appartient au 

Erieuré, quatre ou cinq religieuses avec deux ou trois cham- 
rières" et autant de jeunes filles, « lesquelles ralloient et 
» devisoient entr'elles par ensemble. » Preuve que la clôture 
était bien gardée. 

Jacques Vedrint, marchand de Croc, âgé de 45 ans, a en- 
tendu parler à Croc de l'inconduite des religieuses et des re- 
lations du baron de la Borne avec l'une d'elles qu'il n'a su 
nommer. 

Turaud Ranon, marchand de la ville de Croc, âgé de 
30 ans, a entendu dire que les religieuses de Blessac allaient 
souvent à l'ébat, toutes seules ou en compagnie, que plu- 
sieurs menaient une vie scandaleuse, et que le baron de la 
Borne en entretenoit quelqu'une ;.mais il ne sait si c'est la 
prieure. Enfin il a a oy dire à plusieurs marchans et autres 
» gens de labeur, peult avoir quatre ou cinq moys, que c'es- 

> toit mal faict de laisser mener si meschante vie es dictes 
» religieuses, que c'estoit gros scandalle au pays et es envy- 
» rons. 9 

€ Maistre Claude Escudier, procureur et praticien au bail- 
» liaige de Montferrànd, aagé de trente-quatre ans, dict que 
» peut avoir sept ou huit ans ou envyron, autrement du temps 
» n'est record, que pour le dangier de peste qu'estoit à Cler- 
» mont et à Montferrànd, il alla et s 3 retira avec M° Pierre 
» Escudier, son frère, qui faisoit quelques livres pour led. 
» baron au chasteau de la Borne, et demeura avec sond. frère 
» l'aydant à faire lesdictz livres (sans doute des terriers), de- 
» puys le premier jour de janvier jusques entour la feste de 
» Pasques qu'il s'en retourna amprest oii la court du bail- 
» liage de Montferrànd estoit et se tenoit à cause dud. dan- 
» gier de peste qu'estoit audict Montferrànd. Durant lequel 
» temps il alla par plusieurs et diverses foys dud. chasteau 
» de la Borne au lieu et monastère de Blessac en la compai- 
» gnye dud. baron delà Borne, oii estoit aussi led. M* Jehan 

> d'Aubusson, et luy estant aud. monastère les veist railler, 



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- 178 — 

» deviser avec la prieure dud. lieu et autres relijjieuses dud. , 

» couvent, et aller dans la chambre de lad. prieure qu'on 

» disoit estre leur parente, et n entroit personne à lad. 

» chambre si n'est led. baron et aucuneffoys sond. frère et les 

» serviteurs dudict. Ledict deppousant demouroit dehors dud. 

» prieuré avec les chevaulx, et disoient lesd. serviteurs, quant 

» led. baron estoit en la chambre de lad. prieure, qu'il ne 

> s'en reviendroit sans coup frapper. » Il a aussi entendu dire 
.que le baron avait eu de la prieure « ung" enfant que led. 

» baron faisoit norrir aud. lieu de la Borne^ près le chasteau, j 

» lequel enfant led. deppousant a veu par plusieurflFoys au 
» commencemant qu'il alla aud. lieu de la Borne, mais n'est 
» recordz si c'estoit filz ou filhe, car ne myst en memoyre telles 

> choses qui ne valloient riens. Et luy fut monstre led. en- 
» faut par ung des serviteurs dud. baron qui dicfc que c'es- 

9 toit Diens fl'enfant (?) de madame l'abbesse de 

» Blessac, et que led. baron avoit "bailé la chambre où elle 
» demouroit à la norrisse et le faisoit norrir à ses despens. 
9 Ainsi l'a oy dire à plusieurs habitans dud. lieu de te Borne 
» qu'il n'a sceu nommer. Dict plus que a veu durant led. 
» temps, par deux ou troys foys, lad. prieure de Blessac, ac- 
» compaignée de deux religieuses, dans led. chasteau de la 
» Borne, qui alloit disner et bancqueter avec led. baron, et 
» y demouroient depuys le matin jusques au soir; et quant 

> s'en alloient, led. baron les aconvoyoit jusques aud. Blessac; 
» et quant lad. prieure alloit audict lieu de la Borne, ceulx 
» dud. chasteau disoient que led. baron les envoyoit quérir, 
» et qti'elle ne luy eust osé dire de non de venir, car l'entre- 
9 tenoit et faisoit à son plaisir, comme si faisoient aucuns 
» autres d'aucunes des autres religieuses dud. couvent, mais 
» que personne n'ousoit toucher à ladicte prieure que led. 
» baron. Dict plus led . deppousant qu'il a veu pourter des 

> bacgueset aneaulx à ladicte prieure; ne scet si c'est à cause 
» de sa dignité, et n'est recordz que les autres religieuses 
» qu'estoient avec elle en ayent pourté, car on ne les aou- 
» soit [sic) que reguarder à demy pour crainte dud. baron qui 
» est craint et douté au pays, et homme qui donne aussi toust 
» le coup que la parolle. Aussi a veu pourter des manchons 
» de tafetas et satin à lad. prieure et aucunes des autres re- 
» ligieuses dud. couvent qu^il n'a sceu nommer. Dict oultre 

> qu'il n'a hanté ni fréquenté led. M® Jehan d'Aubusson de- 
» puys qu'il sortit dud. chasteau de la Borne, qui peult avoir 
» sept ou huict ans, comme dict, qu'estoit devant que led. 
h baron fust maryé, et aud. temps n'estoit de la Qualité men- 
» cionnée esd. articles ; car ledict feu prieur de Blessac qu'es- 
9 toit son oncle estoit en vie, et n eust osé ledict M' Jehan 
» d'Aubusson faire les choses contenues ausd. articles pour 
» craincte de sond. oncle qui se tenoit journellement aud. lieu 
» de Blessac, en une maison qu'il avoit k ung gect d'arc près 
» ladicte religion. » 

Des enquêtes qui précèdent, il ressort, entr'autres faits, que 



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— 179 — 

Françoise d'Aubusson, prieure de Blessac, était de la branche 
de Viîlac ; que Jehan d'Aubusson, le prieur jje Blessac, était 
en môme temps prieur de la Ville-Dieu et protonotaire du 
Saint-Siège; qu'il ne fut pourvu du prieuré de Blessac que 
quelques années après 1522; qu'à cette époque c'était un de 
ses oncles, encore un d'Aubusson, qui possédait ce bénéfice; 
que déjà la prieure Françoise d'Aubusson était en charge; 
qu'au même temps Charle*s d'Aubusson, baron de la Borne, 
n'était pas encore marié, et que ce ne fût que plus tard qu'il 
épousa une fille de Ja maison de Montai en Auvergne qu'il 
força par sou inconduite à le quitter (1). 



Suite du procès dirigé contre Jean d'Aulusson, 
prieur de Blessac. 

Nous avons vu qu'un arrêt du Parlement de Paris, rendu 
le4 février 1529 (v.st.) à la requête de l'abbesse de Fontevrault, 
Renée de Bourbon, nommait un commissaire pour informer 
contre le prieur et les religieuses de Blessac et contre le baron 
de la Borne. Jean d'Aubusson ayant appelé de cette sentence, 
la chambre des requêtes du Parlement rendit, le 26 avril 1530^ 
un nouvel arrêt au profit de Tabbesse de Fontevrault et 
d'Antoine Legent, le compétiteur de Jean d'Aubusson au 

Srieuré de Blessac, La cour mettait à néant l'appel de Jean 
'Aubusson qu'elle condamnait aux dépens, et décidait que 
le jugement dont était appel sortirait son plein et entier 
eflPet. En conséquence elle ordonnait que deux religieux -ré- 
formés de l'ordre de Fontevrault, commis à ce par l'abbesse, 
se transporteraient au prieuré de Blessac pour procéder à la 
réformation de ce couvent, et elle désignait pour assister 
lesdits visiteurs le bailli de Montferrand qu'elle chargeait 
de faire ramener à exécution l'ordonnance de réformation 
qui serait rendue. 

Le bailli de Montferrand en eflFet, Jehan Predal, accom- 
pagna les visiteurs dans leur voyage; mais les dangers qu'il 
courut, ou du moins les menaces qu'il eut à subir, le dégoû- 



(1) Le Nobiliaire de la Généralité {I, 53, de la seconde édition) nous 
fournit sur ces personnages quelques détails complémentaires. Jacques 
d'Aubusson sgr. de la Borne, t 1505, avait épousé en secondes noces 
D"« Damiane du Puy dont il eut : l® Charles d'Aubusson sgr. de la 
Borne, mentionné dans la présente pièce. Condamné à mort pour ses 
crimes parle Conseil du Roi, il fut décapité en février 4533. (Cf. la 
Chronique du chanoine Fouscher dans nos Documents historiques, 
n, 54); 2<' Jean d'Aubusson qui figure dans la présente pièce; doyen 
du chapitre de la ChapeUe-Taillefer dès 1525, il était encore prieur de 
Blessac en 1540. 



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- 180 — 

tèrent de mener plus avant la mission qui lui était confiée. 
Aussi, prétextant Tindisposition de sa personne et les aflFaires 
du Roi qui le retenaient à son siège, il commit pour l'exé- 
cution de l'ordonnance rendue le 13 juillet 1530 par les visi- 
teurs, ce même Gabriel Cholier, notaire et sergent royal qui 
avait dirigé la seconde enquête que nous avons analysée. 
Gabriel Cholier était chargé de signifier aux prieur, prieure 
et religieuses de Blessac et au baron de la Borne l'ordonnance 
de rétbrmation, « et en cas de reflfuz et contradiction, de 
» prendre et saisir le temporel dud. prieuré, pour satisfaire 
» à lad. ordonnance, en le faisant régir et gouverner soubz 
j> la main du Roy, jusques ad ce que led.. prieur auroit 
» entièrement obey. » Il devoit procéder contre les laïcs re- 
belles et désobéissans par prise de corps et de bien et autres 
voies de justice dues et raisonnables; et dans le cas où il ne 
pourrait comprendre personnellement le prieur, les religieuses 
et le seigneur de la Borne, il devoit procéder à la publication 
de Tordonnance par affiches et placards apposés aux portes 
du prieuré et du château de la Borne. 

L'ordonnance du lieutenant-général de Montferrand était 
du 14 juillet 1530. En conséquence, le 20 du même mois, 
Gabriel Cholier, accompagné de M* Jehan Chalvon, Jehan 
Esclarzit et François Janillier, notaires royaux, praticiens en 
la cour du bailliage de Montferrand, se transporta au lieu de 
la Borne en la Marche. 

a Et illec, le mercredi xx® jour desd. mois et an, au 

» chasteau dud. lieu de la Borne [avons] trouvé et comprins 
» en personne puissant seigneur Charles d'Aubusson, s*" et 
» baron dud. lieu, auquel baillez (sic) des lectres missives de 
» Monseigneur le duc d'Albanye et signées de sa main et de 
» noble homme Jehan de CoUonges, s*" de la Motte, par les- 
» quelles lettres que le s' de la Borne me monstra après les 
» avoir veues et leues, led. s*" d'Albanye mandoit aud. s*" de 
» la Borne qu'il avoit faict rébellion aud. Pradal à l'exécu- 
» cion de Tarrest dessus incéré et que il souflFrist l'exécucion 
» d'icelluy ; autrement s'il estoit adverti de seconde rébellion, 
» il en advertiroit le Roy et Madame. Et ce faict, feiz lecture 
» et publicacion aud. s"^ de la Borne de l'ordonnance desd. 
» Pelletier et Lamy, commissaires et viccaires refformateura, 
^ sellon que dessus est incérée, et luy feis commandement 
» de par le Roy, à peyne de cent marcs d'or aud. s*" à aplio- 
» quer, de ne contrevenir ne empescher directement ou mdi- 
» rectement, en façon que ce soit, lad. ordonnance Lequel 
» d'Aubijsson me fêist responce que lad. ordonnance ne luy 
» touchoit en riens et qu'il ne y vouloit contrevenir. Et à la 
» requisicion dud. s"" de la Borne et en actendant quelcun que 
» led. s' disoit avoir envoyé quérir, demouray illec environ 
» une heure et demye. Et après arryva aud. chasteau noble 
» et vénérable personne maistre Jehan d'Aubusson, soy disant 
> prieur dud. Blassat; et après avoir parlé et eu conferance 
» avec led. s*" de la Borne, son frère, tant led. s' de la Borne 



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- 181 - 

» que led. prieur, son frère, s'adressarent à moy, disant led. 
h baron telles parolles ou semblables : « Sang* Dieul vous 
» avez informé contre moy et mon frère, et avez volu faire 
» dire aux tesmoing-s qiie j'avoys foutu les nonnains de 
» Blassat. Par le sang Dieu ! vous avez menti; mais si je 
» Tavoys faict, ce ne seroit pas bougrerie. » Et led. maistre 
h Jehan dist : « Oy, vous 1 avez volu informer, et aussi que 
» j'auroys tué ung nomme et prins sa fille à force. » Et pour 
» ce que me voluz excuser ne Tavoir faict, me dirent lesd. 
» frères que les tesmoings le leur avoient dit. Et voyant la 
» fureur dud. s*" de la Borne et qu'estoys advçrty de sa 
D qualité, usez (sic) de belles parolles envers luy , et après feys 
» semblaole lecture aud. M° Jehan d'Aubusson de lad. or- 
» donnance desd. vicaires et commissaires de mad. dame, 
» sellon qu'il m'estoit commandé faire, et luy feys les en- 
» jonctions et commandemens d'entretenir lad. ordonnance 
» de par le Roy aux peynes que dessus. Lequel me feist res- 
» ponce qu'il ne voloit empescher lad. ordonnance quant à la 
» reformacion desd. nonnains, mays que à la saisie dud. 
a prieuré il y avoit interest et n'estoit chose raisonnable, 
» pour ce qu'il nourrissoit bien lesd. nonnains et s'en con- 
» tentoient, et n'estoit dit par Tarrest de la" court de parle- 
» ment que led. prieuré seroit saisi, et ne le pourroient lesd. 
» viccaires avoir ordonné. Et me fust requis tant par led. 
» s' de la Borne que par led. Jehan d'Aubasson, son frère, le 
» double de mond. pouvoir et commission que luy baillez ^^ic^, 
» signé de ma main. 

> Et ce faict, me fust dit par led. Esclarzit. runff de mes 
» tesmoings, qu'il avoit veu sortir duJit chasteau de la 
» Borne quatre hommes embastonnés, les troys d'espées, et 
» l'autre une javelline, et avec eulx le serviteur dud. s*" de la 
» Borne qu'on disoit estre son maistre d'ostel, lequel peu 
••après estoit revenu et luy avoit dit et aussi aud. Janilher, 
» autre tesmoing, que s'ilz aymoient leur vie, ilz ne dévoient 
» point aller aud. Blassat et qu'ilz entreprenoient haulte 
» lollye de y aller. Semblablement me dirent mes troys tes- 
momgs que led. s*" de la Borne envoyoit tousjours gens ça 
» et là et qu'ils les voyoient souvant sortir et entrer. Quoy 

» oy, affin d'avoir et faveur dud. s*" de la Borne, luy feys 

» commandement, suyvant mond. pouvoir, de par le Roy, à 
» peyne de mil livres,* de me bailler ayde et confort pour no- 
» tifier lad. ordonnance et faire les enjonctions qu'il m'estoit 
» mandé faire aux religieuses et prieure dud. Blessac, le- 
» quel s*" de la Borne me offrist bailler ung de ses serviteurs 
» pour me conduire aud. lieu de Blessât, disant que de luy 
» ne de son frère, je n'auroys aucun empeschement à Texé- 
» cucion de maa. commission, mays que les dames dud. 
» Blessac avoient des parens, et que s'ilz empeschoient lad. 
» exécucion ou me faisoient quelque desplaisir, il ne m'en 
» garderoit plus ne ceulx de mad. compagnye; et disant feist 
> led. s*" delà Borne venir ung sien serviteur qu'il se disoit 

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— 182 — 

» nommer Robert Danjou. que led, s** dist estre son cuisinier, 
• et icelluy oflFrit me bailler, en ce mocquant dud. Daniou, 
» disant qu'il estoit mal fondé. Quoy voyant la qualité dud. 
» serviteur et que led. s*" de la Borne se mocquoit de moy et 
» me prochassoit de remettre lad. exécucion à mond. s' d'Al- 
» banye et aud. de la Motte, disant que sond. frère se trans- 
» pourteroit par devers eulx et que ce qu'ilz commanderoient 
» estre faict touchant TafiFaire dont estoit question, seroit faict 
» et y obeyroient : quoy voyans et craignans led. s*" de la 
» Borne et sond. frère que cogneuz estre collerez et tous fu- 
» rîeux, fuz contrainct luy promectre que ne yroye aud. 
» Blassac et ne feroys lad. exécucion. Quoy voyant led. s' de 
» la Borne et afttn que ne misse à exécucion mond. pouvoir, 
» me bailla pour me acompaig^ner à m'en retourner led. 
T> maistre d'ostel et ung gentil homme qu'il nommoit le 
» Chiron et qui se disoit frère d'une desa. religieuses. Et 
» pour ce que le chemyn pour aller de la Borne à Aubusson 
» estoit passer par led. Blassatet que je requis lesd. maistre 
» d'ostel et de Chiron de me conduyre et mad. compagnye 
» le droict chemyn et passer par led. Blassat, ilz ne le volu- 
» rent faire, disant qu'il y aurait de la fascherie si moy 
» et mad. compagnye y passions. Pour quoy fuz contrainct 
» m'en aller avec mad. compagnye à travers les champs aud. 
/) lieu d* Aubusson près dud. Blassat d'ung quart de lieue ou 
» envyron. » 

Le lendemain, 21 desd. mois et an, en la place publique 
» d' Aubusson, « au defifault d'avoir personnellement com- 
» prins lesd. religieuses, moyennant la crainte dessusd., et 
» aussi qu'il me fust dit par l'osthesse du Lyon d'or dud. Au- 
» busson et autres que le jour d'hier, environ midi, pendant 
» ce que moy et mad. compagnye estions aud. lieu de la 
» Borne, estoient venuz aud. Blassat plusieurs gens jusques 
» au nombre de vingt-cinq chevaulx. armez et embastonnez 
» pour empescher l'exécucion de maa. commission, afBLchey 
» ung placart, » par lequel étaient signifiées au s" de la Borne, 
aux prieur, prieure et religieuses de Blessac et à tous autres 
l'ordonnance des réformateurs et la saisie présentement faite 
des revenus du prieuré, avec défense aux tenanciers dudit 

Î)rieuré de payer et d'autres qu'aux commissaires du séquestre 
es redevances qu'ils étaient tenus d'acquitter. 

Le même jour, Gabriel Cholier se transporta a en la ville 
]> de Pheletin distant dud. lieu de Blessât de deux petites 
» lieues, ou envyron, » pour chercher des commissaires à la 
régie des revenus du prieuré qu'il venait de saisir, et après 
s'être enquîs de la solvabilité d'Anthoine Texier, Michel Rey 
et François Chantault, bourgeois et marchands dudit Felletin, 
les deux premiers riches, disait-on, de plus de 40,000 livres, 
il les chargea, malgré leurs refus réitérés, de l'administration 
des biens saisis. Puis il apposa en la place publique de 
Phelletin, a au lieu acoustumé à mettre plaquatz, 9 une affiche 
semblable à celle qui avait été mise a Aubusson. Enfin il 



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— 183 — 

termina sa mission, en signifiant la saisie qu'il avait opérée 
aux fermiers de la chapelle d'Arfeuille, membre dépendant 
du prieuré de Blessac, qui se trouvait sur sa route pour se 
rendre d'Aubusson à Montferrand (1). 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, série F. Copie d'Aug. Bos- 
vieux, sans indication ^e source). 



CXIX. — Acte par lequel les sieurs Botin reconnaissent les 
habitants de Bort et leurs descendants en possession du 
droit de secondes heries sur le pré de la Ribeyre. — 1564. 
Recopie du temps. 

Sur la requeste présentée devant nous Anthoine Trenchaud, 
licencié en loix, juge ordinaire de la ville de Bort, par hono- 
rables hommes Jehan Fay, Pierre Chabanier et Jenan Pré- 
vost, scindictz de la ville de Bort (2), comparans en leurs per- 
sonnes a rencontre de honnorables hommes M** Pierre Botin 
et Jehan Botin, sieurs de Lampré et contrerolleur pour le Roy 
au bas Lymosin, dient les dicts scindictz par leur requeste 
que les dicts Botins ont faict ung valon et plant vif d'espines 
et buissons a ung leur pré assis et scitué aux prés de la Ri- 
beyre, que fut de Langhard, et par eulx acquis des Marchés, 
et partie d'icelluy dict pré deaja fermé. Et de tant que le dict 

Sre est assis et scitué a la dicte ribeyre et joigniant aux prés 
e M® Guyot Botin, [et que le] boriaig^ de Termeneyre (3) et 
autres prés de la dicte Ribeyre ne portent aucun revyvre, et 
n'apartient aulx tenanciers des dicts prés que la première 
herbe d'iceulx dicts prés, et la seconde herbe apartient aulx 
manans et habitans ae la dicte viUe de Bort et leurs succes- 
seurs annuellement jusques au jour Nostre Dame de mars 
de ung chacun an, requièrent les dicts scindictz pour eulx 
et pour les autres habitans de la dicte ville que les dicts Botin 
ayent a déclairer a eulx devant nous si les dicts Botins veu- 
lent et entendent fermer le dict pré entièrement et fere porter 



(1) Cette saisie ne mit point fin aux poursuites entamées par Pa- 
basse de Fontevrault contre les religieuses de Blessac. Le procès se 
continua jusqu'en 1534. Voy. le carton des monastères et abbayes de 
la Marche dans le fonds Bosvieux. 

(2) Arrondissement d'Ussel, Gorrèze. 

(3) La forme régulière et primitive de ce nom est Entremeneyre 
(Entre-manoirs^ inter manerta) qui existe encore aujourd'hui. La forme 
vulgaire Termeneyre s'explique d'ailleurs fort bien philologiquement. 
Il en résulte qu'on ne saurait lire légitimement Teraneveyre ni Ter.- 
neveyre^ quoique la graphie du mot permette de proposer cette double 
leçon. 



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— 184 - 

a icelluy pré revivre et empêcher les habitans de la dicte ville 
et leurs successeurs a la jouissance de la seconde herbe et 
revivre du dict pré et en jouyr annuellement jusques au 
jour Nostre Dame de mars, la première herbe receue par 
les dicts Botins, pour amprès la déclaration faicte par les 
dicts Botins s'ayder par les dicts sCindictz des voyes de 
droict, ainsi qu'ilz verront affaire par raison. 

Les dicts Botins comparans en leurs personnes, respondans 
a la requeste des dicts scindictz, ont dict et declairé aux dicts 
scindictz que la fermure et cloyson qu'ils ont faicte a leur 
dict pré de la Ribeyre et par eulx acquis des Marchés de Lan- 

fhards, qu'ils n'ont faict la dicte fermure pour ampescher les 
abitans de la dicte ville de Bort, euls ne leurs successeurs a 
l'advenir, a la jouyssance de la seconde herbe et revivre du 
dict pré, et ne veullent et n'entendent que le dict pré porte 
revivre pour en fere par eulx leur proumct particulièrement, 
si n'est comme habitans comme les autres de la dicte ville, et 
que la clousture qu'ils y ont faicte, ils ne l'ont faicte que seu- 
lement pour leur servir au dict pré, que despuis le jour Nostre 
Dame de mars jusques a ce qu'ils auront prins et recueilli la 
première herbe du dict pré et affin que durant le dict temps 

Ïue la dicte première herbe est et excroit au dict pré, les 
aistes, jumens, chevaux, pourceaulx ne viennent a man- 
ger et dépérir la dicte herbe, première herbe ; et après avoir 
recully la dicte première herbe, veullent et consentent les 
dicts Botins que les habitans de la dicte ville et leurs suc- 
cesseurs cy après joyssent entièrement de la seconde herbe 
du dict pré jusques au jour Nostre Dame de mars annuelle- 
ment. 

Desquelles chouses susdictes et consentement faict par les 
dits Botins les dicts scindictz nous ont requis acte que leur 
avons octroyé. 

Faict icelluj soubz nostre seel, Lb vingt huictiesme jour de 
mars, l'an mil V^ soixante quatre (1). 

A. MiLANGES, greffier. 

(Au dos de la pièce et en travers) : 

Déclaration concernant l'interest des habitans de Bort pour 
le subject du revivre de Bort au Prémongial, de Tan 28'' mars 
1564:^ (Sic). 

(Arch. communales de Bort, pièce non cotée). 



(1) 11 est difficile de dire si cette date de 1564 est la bonne ou s'il 
faut la modifier en 1565. L*édit royal qui ordonna de commencer Tan- 
née au l»»" ianvier est, il est vrai, de 1564, mais postérieur au mois de 
mars. I^a difficulté vient surtout de ce que les usages du bas Limousin 
en matière de style chronologique sont encore mal connus. L'auteur de 
la cote transcrite ci-dessus Ta compris. C'est le sens de son point d'in- 
terrogation. 



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18Ô 



CXX. — ProeèS'Verial de Vincendie des Mtiments du prieuré 
d'Aureilpar V armée du duc des Deux Ponts ^ en 4569, et 

Îar les huguenots de St-Léonardj en 4575. — 1577. Copie 
u temps. 

François Dateil, procureur au siège présidial de Limoges et 
juge ordinaire de la jurisdiction d'Aureil, scavoir faisons 
qu'aujourdhuy soubz escript s'est comparu par devant nous 
vénérable messire Simon Palais, prieur d'Aureil et chanoine 
de Teglise de Limoges, par M*' Paul de Negregnat, son pro- 
cureur, lequel en présence de M"*" Pierre Mouret, procureur 
fiscal de la jurisdiction dudit Aureil, nous, a dit et remontré 
luy être besoin et nécessaire faire attestation et notoriété pu- 
blique comme, en l'année mil cinq cens soixante-neuf, le 
frieurédudit Aureil auroit été brûlé par le camç du duc de Deux 
onts qui passa en la dite année au pays de Limosin et même 
au dit lieu d'Aureil, ensemble plusieurs titres et renseigne- 
ments concernans les droits et devoirs appartenans au dit 
prieuré. Et depuis le dict Palais, prieur susdict, auroit fait 
reédifier et bastir les dits bruslements. Et en Tannée mil 
cinq cens soixante quinze les révoltés qui tenoient et occu- 

S oient la ville de St Léonard auroient derechef fait brûler par 
eux fois les chambres et édifices du dit prieuré, ensemble 
l'église d'iceluy ; aus quelz bruslements réitérez plusieurs 
titres et enseignements auroient été perduz et bruslez ; et que 
depuis le dict Palais, prieur sus dict, auroit fait rebastir et 
reedifiier la dicte église, les chambres et édifices où il auroit 
emplojré grande somme de deniers ; ensemble il fist faire et 
administrer le service divin, et pour maintenir les droitz et 
devoirs du dict prieuré, il soutint plusieurs procèz. 

Veu lequel dire, nous juge sus dict, aurions sur ce que des- 
sus moyennant sermens des susnommés illec preseus, scavoir 
est : Léonard le Petit, de ViroUe, Léonard Boyreaud, de Peys- 
sac^ Léonard Boyer, du lieu de Seichères, Jean Moury, de 
Gaignedoux, Jean Rastier, du Bosc-las-Monjas et Pierre de 
St Gervais demeurans au dict lieu et paroisse d'Aureil, Fran- 
çois Savy et Bernard de Villegorre, maître charpentier de la 

ville de Limoges, illec presens^ lesquels 

moyennant serment sur ce par nous interrogez l'un après 
l'autre, ont dict et attesté que en la dicte année soixante neuf, 
le camp du duc des Deux Ponts passant en ce pays de Limo- 
sin brûla le dict prieuré d'Aureil ou plusieurs titres d'icellui 
se perdirent, et despuys le dict Palais l'auroit fait rebastir. 

Et^aussy en l'année mille cinq cens soixante quinze les en- 
nemis du Roy qui tenoient la ville de St Léonard, proche du 
dict Aureil (Pune lieue et demye ou environ, auroient aussy 
brûlé par deux fois ledict prieuré, ensemble l'église d'icelui. 
Et aussi que, despuys le dit bruslement, le dit Palais a fait 
rebastir le dit prieuré ensemble l'église d'icellui et qu'il y a 
faict et faict journellement plusieurs réparations et a faict 



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- 186 — 

faire et reparer les chaulsées des estangs et le moulin du dict 
Aureil qui estoient rompus et démolis ; ensemble faict et faict 
faire le service divin en la dicte église d' Aureil par le curé, 
cbambrier, aulmosnier et aultres religieux ; et que le dict 

S rieur a plusieurs procès pour raison des droictz et debvoîrs ! 

eubz au dict prieuré. Ce qu'ilz ont dict scavoir pour avoir ' 

veu les dicts bruslemens et iceulx veuz faire reparer au dict 
Palais, comme est tout notoire ; ensemble pour avoir veu et 
voir journellement faire ce service divin au grand contente- 
ment de tous les parroissiens du dict Aureil. De laquelle attes- 
tation le dict Palais, prieur susdict, nous a requis acte pour ; 
luy servir ce que de raison, que luy avons concédé. 

Faict a Limoges par nous juge susdict^ le dix huictiesme 
jour du moys de novembre mil cinq cens soixante dix sept. 
Ainsin signé en l'original des présentes : Duteil, juge d' Au- 
reil; MouRBT, procureur susdict. 

Lâubbns, commis du greffe du dict Aureil. 
(Ar^h. dép. de la Haute-Vienne, série D, 765). 



CXXI. — Reconnaissance de rente faite par les cotenanciers 
du ténement de Mersent en faveur de tf '® Anne de Bosre-' 
don, dame de MérincAaL — 1605. Copie du temps. 

Personnellement establi Claude Barret, tant de son chef que 
a nom de père et légitime administrateur des personnes et 
biens de ses enfants et de défunte Jehanne Cbasaigne sa feue 
femme, François PoUy mari de Navie Cbasaigne sa femme, et 
Lesbaront, faisant par Anthoine Cursy mari de Anne Cba- 
saigne, Anthoine Goubelly demeurant à Prinvais, métayer 
de la demoiselle de Saint, tous en la paroisse de Mérincbal (1), 
diocèse de Clermont, de leur bon gré confessent tenir et 
porter avec Jacques et Anthoine Cbasaigne, père et fils, et An- 
toine Cbasaigne frère du dît Jacques, Gaspard Pauvais et 
Martin Bosle, cy absents, et encore Anne Cbassaigne veuve de 
feu Estienne de Lapiôte, demeurant au dit Mersant, leurs pré- 
décesseurs avoir tenu de tout temps de demoiselle Anne de 
Boscbardon (2), veuve de feu noble Louis du Plantadis, tant en 
son nom que comme mère et légitime administratrice de nobles 
Jeban et Antboine du Plantadis ecuyers, ses enfants cy ab- 
sents, par devant le sieur Merlin, son châtelain et procureur 
en cette affaire, et a cause de la dite seigneurie de la Mothe, 



fl) Arrondissement d'Aubusson, Creuse. 

(2) Aug. Boachardon, commune de St-Aignant de VersîUat, arr. de 
Guéret. — Dans la pièce suivante, au lieu de Boschardon on lit Boi- 
redon qui prédomine aujourd'hui comme nom de famille. Ces deux 
formes supposent un intermédiaire Boicheredon^ que Ion rencontre 
aussi quelquefois. 



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- 187 — 

a savoir : le village de Mersent et ses appartenances composé 
de plusieurs édifices, jardins, chenevières, prés, terres, bois, 
oucnes, cours, enclos, fraux et communaux et autres proprié- 
tés, le tout tenant et se continuant es terres et propriétés de 
Commandarie, Merinchal, Testaùg des Malevoix, terres et 
masures de l'Absioe-Dieu ; et pour raison de quoi, ont con- 
fessé être du de rente annuelle et perpétuelle d'argent six 
livres et dix sous, de seigle dix setiers, d'avoine quatre setiers 
marchands, mesure d'Âuzance, de gelines quatre, de maneu- 
vres quatre, une paire de bœufs de Quindé(î) pour aller quérir 
le vin de la dite demoiselle une fois l'année, au lundi accou- 
tumé, ensemble le droit de quint a raison de trois sous par 
chaoue feu, surcens et reditents, et directe seigneurie, usage 
de cnevalier, cens de lods et ventes, en assendant les tailles 
aux quatre cas et aux manières accoutumées, justice haute, 
moyenne et basse, qu'ils ont promis payer et porter solidai- 
rement au château de la Motne, a savoir : moitié du dit ar- 
gent et grains a chaque fête de S. Jullien au mois d'août et 
l'autre moitié dudit argent et droits de quint a la raison 
dite (?) a chaque fête de Noël, et la dite rante en temps du 
et accoutumé et les dits maneuvres en temps susdit, et de ne 
connaître autre seigneur direct ne justicier du dit village ni 
imposer aucune rente sur le dit lieu sous peine de commise. 
Et par eux mêmes les dits confessant au dit nom ont confessé 
tenir de la dite demoiselle au dit nom noté et rapporté comme 
dessus un tenement appelle Darsoupt de las Âgraulias, 
contenant environ cinquante setiers et se continuant depuis 
une charrée passant par le milieu du dit bois tirant vers le 
village de Mersent et étang de Mal vois et sans comprendre le 
surplus du dit bois de la dite Charaud de Bize. Et pour raison 
du dit tenement ont certifié devoir de rente annuelle et per- 
pétuelle a la dite demoiselle argent vingt sous, seigle un 
setier de la dite mesure en droit et justice comme dessus, et 
qu'ils ont promis porter et payer solidairement, comme dit 
est, au château de la dite Mothe, annuellement a chaque fête 
de S. Julien au mois d'août et tant qu'ils seront tenanciers. 

Ont aussi promis, juré etc. venir et attendre etc. Passé au 
dit château de la Mothe dans la salle blanche avant midi par 
devant M. François Chambonqui a signé avec Pierre Michon 
de Golignat, témoin; et le dit Barret et tous les autres con- 
fessant n'otit su signer de ce requis, le vingt unième de octobre 
mil six cens cinq. 

Et en la dite tenue est comparu le dit Antoine Chasaigpe 
l'ainé, lequel ayant entendu la lecture des dites reconnais- 
sances a reconnu être cotenancier au dit lieu de Mersent avec 
les susdits conjointement et de compagnie et payer et porter 
comme dessus. Présents les susdits, le dit jour et an. 

Merlin, Claude Barbet, Michon, Fouoirol, notaire royal, 
commissaire. 

(Extrait d'un vieux terrier de la seigneurie de Mérinebal 
communiqué par M. Yillemaud, avoué a Limoges, p. 11). 



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— 188 — 

CXXII. — Reconnaissance de rente faite par les cotenanciers 
du ténement de la Bessède en faveur de demoiselle Anne 
de Bosredon, dame de Mérinchal. — 1605. Copie du temps. 

Personnellement estably Francoys PouHin, tant pour luy 

Îue par sa femme etc. a la grille du villaige de Merssen, Pierre 
anet tant a son nom que comme mary de Marye de Laporte 

sa femme etc. a la grille de comme de la seigneurye de 

la Mothe, et Jacques Annet Lasderat aussy par Marguerite de 
la Porte sa femme, a la grille du villaige de la Bessede, tous 
parroussiens de Mesrinclial, diocèse de Clermont, confessent 
tenir et pourter et leurs prédécesseurs de tout temps avec noble 
Fillibert de Crouzet, sieur d'Issen, a cause de damoiselle Gil- 
berte de Sallevert sa consorte, de damoiselle Anna de Bosredon, 
dame de la Mothe de Mesrinchal, et a cause de la dicte seigneu- 
rve^ tant a son nom que comme tutrice de nobles Jehan et An- 
tûome duPlantadiscoseigneurs ses enfans, icy absents, mais 
ad ce présent W Michel Marlin son procureur quant ad ce et 
receveur, c'est assavoyr le villaige de la Bessede en la dicte par- 
roisse, compozé de plusieurs bastymans, jardins, chenevyères, 
oulches, prés, terres, pasturaux, fraulx, communaulx et autres 

Eropriétés comme se comporte es propriétés des villaiges de 
ayrat, Commadarye (?), la Vernede et Merssen a diverses 
Sarties. Et pour raison d'icelles ont confessé debvoyr a la 
icte damoiselle, a cause de la dicte seigneurye de la Mothe, 
de raute annuelle et perpétuelle : argent quinze solz, seigle 
treize hemignes, avoyne neuf quartes marchant, mesure Au- 
zance, bestail ung beuf, gelline une, qu'ilz ont promis payer 
solideremant et de compagnie tant qu'ils seront tenans, le 
dict argent et bledz chascun an a chascune feste sainct Jul- 
lien au moys d^aougst, le dict bestail en temps deub et la 
dicte gelline a Noël, surcoûts et reditentz, et directe seigneu- 
rye, tyers denier de loctz et vantes et ascendant usaige de 
chevallier et autres muhaiges coustumés, justice haulte, 
moyenne et basse. Lequel bestail, gellyne et argent susdict 
la dicte damoiselle et [les] confessantz ont aprecyé et abonné le 
tout a la somme de cmquante solz tournois payables au dict 
jour et feste sainct Juliien, au moys d'aougst, et pourtable 
au dict chasteau de la Mothe^ comme dict est. Car ainsy ont 

promis et juré etc. tenir, octroyer etc etc. vouleu etc, 

Boubzmis etc. renonçant etc. Faict au dict chasteau de la 
Mothe apprès midy, présent M® François Chambon, le petit, 

3uy et le dict Marlin ont signé ; et Antoine Chassaigne, du 
ict Mérinchal ; lesquels confessants ont déclaré ne scavoir 
signer, le XXVIIP novembre mil six centz et cinq. 

Marlin ; Chambon ; J. FouamoL, notaire 
royal, commissere susdit; Oaigniol^ 
notaire royal et commissere susdit. 

(Extrait d'un vieux terrier de la seigneurie de Mérinchal 
communiqué par M. Villemaud, avoué a Limoges, p. 52J. « 



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— 189 - 

CXXIII. — « Instructions concernant le clergé du diocèu de 
Limoges pour représenter aux Bstatz » (1). — 1614. Orig. 

1** Préambule. — Ce sont les mémoires que Messieurs les 
abbés, prieurs, prévostz, chappitres, communautés, archi- 
prestres et curés en l'estendue du diocèse de Lymoges, duement 
appelles et légitimement convocqués par cemmendement et 
permission de Sa Majesté en la salle épiscopale du dit évesché 
à Lymoges, ont donnés à révérend père en Dieu Messire 
Henry de la Martonie, évesque de Lymoges, après l'avoir 
esleu et nommé seul à l'assemblée des Estatz généraulx pour 
estre communiqués premièrement à Messieurs du Clergé et 
après présentés à Sa Majesté. Mais d'autant que toutz les 
susnommés ont recogneuz unanimement avoir une très 
grande obligation avecq tous les subjectz de ce royaulme à 
La Majesté de la Royne pour les véritables et certaines preuves 
qu'elles a données durant le bas eage du Roy du soing qu'elle 
a tesmoigné avoir en la sage conduite du gouvernement de 
cest estât, comme en la conservation de la personne de nostre 
bon Roy qui luy est si chère et à nous tant vénérable et sacrée, 
ilz ont esté d'advis que la royne debvoit avant tout autre 
action estre trèz humblement, trèz honorablement et trèz 
dignement remerciée de son heureuse administration, et que 
La Majesté du Roi debvoit estre trèz instamment requise et de 
toute affection trèz humblement suppliée de vouloir désormais 
continuer à la royne la mesme faveur et le mesme pouvoir et 
Tassister de ses prudentz advis et plus sages conseilz au ma- 
niement de ses affaires et conduite de son estât. 

2o Du concile de Trente. — Cela faict, le Roy sera trèz hum- 
blement supplié, comme roy trèz chrestien, fils aisné de 
TEsglize et premier entre toutz les princes chrestiens, de con- 
sidérer que la conservation de la religion catholicque, apos- 
tolicque et romaine deppend principalement de l'extirpation 
des hérésies, réformation des abus et purgation des humeurs 
corrompues que le malheur du temps et la corruption du siècle 
peult (sic) avoir faict glisser parmy l'estat ecclésiastique. A 

3uoy^ il a esté saintement et suffisamment pourve^i (2) par le 
ernîer concilie général tenu à Trente. Les Majestés des roys 
vos prédécesseurs ayant esté plusieurs fois suppliées d'ordonner 
la publication du dit sacré concilie en ce royaulme ; sur quoy 
le feu roy de bonne mémoire, Henry le grand, vostre père, 
auroit en dernier lieu remis ceste délibération à rassemblée 
des personnes les plus notables de ce royaulme tenue par son 



(1) Au dos da dernier feuilici. 

(2) Ces deux mots sont soulignés dans le texte. 



18 



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— 190 — 

commandement et en sa présence en la ville de Roan au com- 
mencement de l'année quatre-vingtz-dix-sept, de laquelle 
néanltmoins n'avoit réussi aulcung eflfect pour les grandz 
troubles desquelz cest estât estoit pour Ihors troublé et agité; 
mais maintenant que ceste monarchie se trouve grandement 

Saisible par le bon heur et valeur du déf unct Roy et par la pru- 
ence de la reine (sic), vostre mère, attendu que les mesmes 
occasions d'en requérir Vostre Majesté continuent et que les 
abus et désordres croissent de jour en jour au grand presju- 
dice de nostre sainte religion, diminution et desavantage de 
cest estât, il plairra à Vostre Majesté ordonner que le consille 
(sic) de Trente sera publié par tout voste royaulme et les 
constitutions d'icelluy gardez et observez inviolablement, 
sans presjudice toutes loys des droictz de Vostre Majesté, 
libertés de l'Esglize gallicane, privilèges et exemptions des 
chappitres, monastères et communautés ; pour lesquelz privi- 
lèges et exemptions desdits chappitres, monastères et commu- 
nautés, Sa Sainteté sera suppliée pour le repos universel de 
l'Esglize de Dieu, soubz son authorité- 

3** Des élections. — Et d'autant q^ue toutz concilies, toutes 
loix et toutz reiglementz ecclésiastiques, quoy qu'ilz soyent 
sainctement délibérés et arrestés, sont ordinairement inutiles 
s'il n'y a personnes qui tiennent la main à l'exécution d'iceulx, 
comme principalement archevesques, évesjues et autres pré- 
latz de doctrine, vie et conversation requise et tant recom- 
mendée par les sainctz décretz, il plairra à Vostre Majesté, 
en prestant Toreilhe aux trèz humbles et trèz instantes suppli- 
cations cy-devant faictes et par plusieurs foys réitérées aux 
roys vos prédécesseurs, remettre les eslections en l'Esglize 
pour estre cy-après pourveu aux archeveschés, éveschés et 
abbayes suivant les sainctz décretz et constitution canonique. 

4® Des nominations. — Et où Vostre Majesté ne voudroit 
pour ceste heure accorder ceste grâce à l'Esglize, attendant 
qu'il plaise à Dieu vous en donner ses saintes inspirations et 
affln que cependant il soit pourveu dignement aux dites pré- 
latures à la décharge de votre conscience, il plaira à Vostre 
Majesté, en amplifiant le premier et deuxiesme articles de 
l'ordonnance de Bloys qui prescrit la forme à garder pour la 

I)reuve del'eage, qualité et capacité dez nommés, ordonner que 
es informations de la religion, vie, mœurs et doctrine de 
ceulx qui seront cy après nommés aux archeveschés ou éves- 
chés, se fairont par Tarchevesque ou plus ancien évesque de 
promotion qui se trouvera en la province, appelles avecq eulx 
trois chanoines des esglizes vaccantes depputez à cest eflFèct 
par leurs chappitres, et lesquelz néantmoins pourront décer- 
ner commission pour informer sur les lieux de la naissence 
ou plus ordinaire demeure de celluy qui aura esté nommé, de 
la vie, mœurs, capacité, suffisance, charges et qualités du dit 
nommé ; et lesquelz archevesques et évesques procédantz aus^ 



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— 191 — 

dites informations, pareilhement des moyenz par lésa uelz l'on 
sera parvenu aus dites nominations et nommément de la con- 
fidence et simonie, pensions ou pactions illicites, si aucunes 
y en a. Et seront les dites informations envoyées à Vostre 
Majesté closes et scellées, pour estre rapportées par vostre 
grand aulmonier ou en son absence par tel autre prélat qu'il 
vous plaira ordonner, dont il sera faict mention en vos lettres 
de nomination à nostre sainct Père. 

5^ Des informations pour estre pourveu aux àbiaies. — 
Et pour les nommés aux abbayes (IJ, que Tinformation de la 
vie et mœurs pour obtenir les provisions ne se pourra faire 
que par l'évesque diocésein qui se trovera à propos, et en 
cas de légitime empeschement par Tarchevesque ; et si le 
siège épiscopal est vacant, par le plus ancien évesque de pro- 
motion estant en la province. 

6^ Des peines à faulte de se faire pourveoir. — Encores 
que sur la plaincte faicte de la longue vacance desdits arche- 
veschés et éveschés ayt esté ordonné par les cinquième et 
huitième articles de la dite ordonnence de Bloys que lesdits 

I nommés seront déchus des droictz qu'ils peuvent prétendre 

aux dits archeveschés et éveschés et rendront les fruictz par 
eulx prins et perceus pour estre amployés ez œuvres pies, s'ilz 
ne se font pourvoir et sacrer dans le temps porté par les cons- 

i titutions canoniques, (laquelle ordonnance auroit été sans 

eflfect pour n'y avoir neu aulcung qui ay poursuivy ny la 
peine ny l'exécution pour remédier à ce désordre) ; le bon 

! plaisir ae Vostre Majesté sera, en interprétant les dits articles 

ou bien les amplifiant, déclarer que, à faulte de faire dili- 
gence suffisante par les dits nommés d'obtenir bulle dans les 
neuf mois après leur nomination, les fruictz des ditz arche- 
veschés et éveschés seront acquis de faict et sans aultre juge- 
ment, scavoir est : la moitié au chappitre des esglizes cathé- 
drales des dits archeveschés et éveschés pour estre employée 
à la fabrique des ornementz des dites esglizes, et Fautre moi- 
tié à l'hospital ou à la maison-Dieu du diocèse pour la nour- 
riture dez pauvres. 

7*» Des nommés aux abbaies. — Et pour le regard des nom- 
més aux abbayes qui sont en demeure de se faire pourvoir 
dans letempspréfix après la vaccance, Vostre Majesté déclarera 
semblableraent la moytié dez fruictz des dictes abbayes, ledit 
temps expiré, acquis de faict aux prieurs, relligieux et cou- 
vents, pour estre employés aux ornementz et fabricque de 
leur esglise, et l'autre moitié à l'hospital et maison-Dieu de 
la ville et diocèse au dedans duquel se trouvera la dite ab- 
baye. 



(1) Sous entendu : Il vous plaira ordonner. 



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— 192 — 

8® Des élections des abhesses. — Pareillement, encore que 
sur les plainctes dez désordres qui sont aux monastères des 
moni ailes ayt estépourveu de remèdes par le trente ungiesme 
article de Tesdict de Blois, néanltmoins ledit désordre conti- 
nue et augmente, ce qui provient principallement de ce que 
les eslections estant ostées, il n'a esté pourveu aux dictes mo- 
nialles de supérieures qui heussent l'authorité et suflasance 
requises de commender et maintenir les religieux (1) en leur 
debvoir. Et pour pourvoir & ce désordre que les Roys vos pré- 
décesseurs ont toujours détesté, il plairra à Vostre Majesté de 
remettre aux dites monialles les anciennes eslections, suy- 
vaut la disposition du droit divin et concordat faict entre le 
Sainct Siège et ceste couronne, et néanltmoins ordonner 
qu'aucune religieuse ne pourra estre esleue abbesse que 
quinze ans après sa profession, ou qu'elle n'eust exerssé office 
claustral ou attainct l'eage de quarante ans, à peine de nul- 
lité de ses provisions ; et cependant enjoindre très expressé- 
ment à toutz archevesques et evesques diocéseins de faire te- 
nir closture aux monialles qui se trouveront dans leur 
diocèse, sans permettre qu'elles puissent sortir de leurs 
cloistres pour vaquer parmi le monde sans dispense d'occasion 
légitime, comme aussy deffendre très expressément l'entrée 
des maisons religieuses à toutes sortes de personnes, de quel- 
que qualité ou condition qu'ilz (sic) puissent estre, si ce n'est 
à ceux qu'il est permis de droict. 

9® Des choses d/ ordre. — Vostre royaume est particulière- 
ment illustré de plusieurs chefz d'ordre par lesquelz se con- 
serve non seulement le lustre de Tancienne et vrajre piété dez 
Francoys, mais aussy la discipline qui se communique par le 
moyen ae la supériorité sur toutes les provinces de la chres- 
tienté. Cette dignité, sire, et surtout la discipline régulière 
ez chefz d'ordre ne peult estre seurement commise aux sécu- 
liers commandatères qui n'ont ni vœuf (sic) ni profession ni 
correction sur les religieuses et encor moins de volonté 
de s'y renger. Les roys vos prédécesseurs ayant trez sage- 
ment considéré ces inconvénients ont par leurs ordonnances 
et mesme par les estazt tenuz à Bloys en l'an mil cinq centz 
soixante seize (article troysiesme), deffendu très expressément 
à toutes personnes séculières d'impétrer, soubz quelque cou- 
leur ou prétexte d'occasion qui pourroit estre, lesdits chefz 
d'ordre conformément à la disposition des concordatz et droictz 
divins ; et néanltmoins ces ordonnences sont par surprinse, 
importunité et avarice dez particuliers mises toutz les jours 
a mesprix, au grand préjudice de l'honneur de Dieu et de la 
discipline ecclésiastique, abbus de vostre authorité et charge 
de vostre conscience. Il plaira donc à Vostre Majesté corn- 



(1) Il faut évidemment corriger religieuses. 



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— 193 — 

mender que les dites ordonnences soyent de poinct en poinct 
entretenues et que, ce faisant, deffenses soyent faictes à 
toutes personnes d'impétrer d'ores en avant telz droitz et 
obtenir brevetz à cest effect ; et où il s'en trouveroit aucuns 
impétrés ou obtenus, les déclarer dez à présent nuls et de 
nul eflfect et valeur, cassant et révocquant toutz ceulx qui 
pourroieut avoir esté obtenus par surprinae. 

10** Dujaieux advènement des roys à la, couronne et ser- 
ment de fidélité des prélatz. — Despuis quelques années en 
ça ont esté introduictes nouvelles entreprinses et usurpations 
sur TEsglize, mesmes ez collations des bénéfices, de sorte que 
Ton veult contraindre les arclievesques,évesqueset chappitres 
ayantz les collations des prébendes de leurs esglises, de les 
conférer en vertu de certains dons et brevets obtenus de 
Vostre Majesté soit pour le joyeux advènement à la cou- 
ronne, séreraent de fidélité des prélatz ou aultres telz droictz 
prétendus et dont les gens tenantz vostre Grand Conseil s'in- 
gèrent de prendre cognoiscence, bien qu'elle ne leur appar- 
tienne pour n'avoir aulcune juridiction sur les bénéfices 
collatifs par vos ordonnences. Geste introduction, Sire, ne se 
faict en faveur des plus cappables ni pour personnes qui 
ayent envie de résider sur leurs bénéfices, mais bien pour con- 
templer (sic) l'avidité de certaines personnes affamées, lesquel- 
les et le plus souvent revendent telz brevetz qu'ils (sic) ont 
obtenus par la faveur dez seigneurs de vostre cour et sussi- 
tent par ce moyen dez procès pour travailher et molester 
ceulx qui sont bien et légitiment pourveus par voye odinaire, 
fort cappables et qui font résidence. A ceste cause, il plaira 
à Vostre Majesté, en conservant les archevesciues, évesques et 
chappitres en leur ancienne façon de pourvoir aux bénéfices, 
leur en laisser la disposition libre sans qu'ilz puyssent estre 
contrai ntz de conférer les dites prébandes ou aultres bénéfices 
de leur collation en vertu des dicts droictz prétendus, et 
révocquer toutz les dons qui soubz ce prétexte avoyent esté 
obtenus de Vostre Majesté, faisant inhibitions et deflfènces 
aux dits gens tenants vostre Grand Conseil de prendre aul- 
cune cognoiscence du possessoir dez bénéfices collatifs, 
comme à vos cours de parlement et aultres juges ordinaires 
de recepvoir aulcunes actions en vertu desdits dons et bre- 
vetz. Et où, pour raison de ce, y auroit desjà quelque diflFé- 
rent, le renvoyer dez à présent par devant vos juges ordi- 
naires et par appel en vos cours de parlement ausquelles 
naturellement la cognoiscence en appartient. 

11® De la simonie et confidence, — Pour ester les crimes de 
confidence et de simonie tellement enrassinés en vostre 
royaulme qu'une bonne partie des bénéficiers d'icelluy en est 
infectée, il plaira à Vostre Majesté ordonner que la bulle du 
pape Sixte (1) contre les simoniacles (sic) et confidenciers sera 



(1) Sixte-Quint, f 1590. 



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— 194 — 

publiée et receue en vostre royaulme, et en admonester les 
archevesques et évesques comme estant de leur debvoir, et 
néanltmoins leur enjoindre de procéder soigneusement et 
seurement, sans dissimulation et exception de personne, 
contre les ecclésiastiques qui tiennent bénéfices en confidence 
pour estre punis des peines portées par les décretz et consti- 
tutions canoniques et mesmes par ladite bulle. 

12^ Qu'il soit défendu à ceulx de la religion prétendue 
de jouir des iénéfices. — Et d'autant qu'il est encore plus 
scandaleux, ignoiîiinieux et préjudiciable que ceulx qui se 
sont séparés de l'iîsglize catholicque, apostolicque et romaine 
participent au bien d'icelle, il plairra à Vostre Majesté 
deflFendre très expressément qu'aulcung* de la religion pré- 
tendue puisse obtenir d'ores en avant aulcuns bénéfice, 
charges ou dignités ecclésiastiques directement ou indirecte- 
ment f 1), encor que ce fust à la charge d'y nommer personnes 
cappaoles, d'autant que telle nomination qu'ilz fairoyent ne 
pourroit estre exempte de diverses suspicions ; et oii ilz en 
obtiendroyent quelque don de Vostre Majesté, déclarer le tout 
de nul eftect et valeur, 

IS'* Des violantes usurpations du bien d^Eglise. — En 
plusieurs endroictz de vostre royaulme, la noblesse et aultres 
personnes de ceste prétendue religion se trouvant avoir la 
force en main, prennent et occupent les dixmes (2), quelque 
foys à tiltre d'affermé qu'ilz se font adjuger par monopoUe et 
violance, et quelque foys à force ouverte ; et bien souvent 
détiennent le revenu des bénéfices sans tiltre ou apparence 
ctuelconque, qui est ung mal, lequel passe d'ores en avant 
jusques aux catholicques mesmes ; et aussi les personnes pro- 
fanes détiennent contre leur debvoir et conscience le bien de 
l'autel qu'ilz ne doibvent et ne voudroyent desservir. Pour 
donc pourvoir à ce désordre, il plaira à Vostre Majesté, en 
conséquance dez ordonnences des roys vos prédécesseurs, 
faire très expresses inhibitions et deffences à toutes personnes 
d'occuper sans tiltre les bénéfices, prendre les fruictz ou partie 
d'iceulz soubz quelque couleur ou prétexte que ce soit, enjoi- 
gnant à vos procureurs généraulx en vos cours de parlement 
et à leurs substitués de procéder générallement contre ceulx 
qui occupent les dits bénéfices et en prennent le revenu direc- 
tement ou indirectement, pour estre punis comme usurpa- 
teurs du bien d'Esglize. 



(1) Il y a eu des exemples de ce fait en Limousin; des seigneurs 
calvinistes ont possédé le droit de nomination aux abbayes de Saint- 
Martial et de baint-Martin de Limoges, à celle de Solignac et au 
prieuré de Saint-Angel. 

(2) Gela s'est vu à Ghâteauneuf-la-Forêt au commencement du 
XYu« siècle. Cf. notre Invent, des Jrch. dép. de la Haute-Vienne^ 
série D, 1129. 



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— 195 — 

14" Des pensions laicques. — La Majesté du feu roy de 
bonne mémoire Henry le grand, vostre père, durant le mal- 
heur des guerres passées a esté souvent importunée d'ouvrir 
la porte aux pensions laïques estantz de la nomination 
royalle ; et quelque résistance qu'il fist à telles ouvertures 
comme pernicieuses et contraires à Thonneur de Dieu, si est- 
ce qu'il s'en est expédié quelques-unes soit par le consente- 
ment et prévarication oe ceulx qui avoyent esté nommés 
aux dîtes pensions, soit par expresse volonté de Sa Majesté. 
Et toutes foys, Sire, il n'y a rien de plus désagréable à Dieu 
que de commettre des choses sainctes aux personnes propha- 
nes et en la propre maison de Dieu voir le ravissement et disper- 
sion des pains de proposition mis sur l'autel et destinés pour la 
norriture des seulz prebstres, qui cependant sont dissipés par 
ce moyen au gré de personnes sacrilèges et prophanes. Que 
si ce mal continue guère plus longtemps, il adviendra que 
les dons du sainct Esprit et functions épiscopales seront par 
cy après aux plus vilz et prophanes simoniacles (sic) qui se 
puissent rencontrer en cest estât, au grand scandalle et des- 
honneur de nostre religion et très grand mesprix de vostre 
authorité (jui par ce moyen sera despartie entre plusieurs 
pensionnaires, lesquels mettront en butin les charges ecclé- 
siastiques, choisissantz et establissantz à prix d'argent et de 
rînsion les prélatz, archevesques, évesq[ues, abbés et aultres 
pourvoir, à votre nomination. Il plaira donc à Vostre Ma- 
jesté, en considération des prospérités et faveurs qu'il a pieu 
à Dieu par sa seule grâce et singulier miracle despartir à La 
Majesté de feu d'heureuse mémoire Henry le grand, vostre 
père, lesquelles nous désirons et prions de tout nostre cœur 
vous vouloir continuer, destourner ung tel malheur de l'Es- 
glize gallicane qui a esté tousjours tant renommée à lachres- 
tienté pour avoir porté de trez grandz personnages en scavoir 
et piété ; et, ce faisant, vouloir abolir une telle et si perni- 
cieuse introduction, deflfëndant trez expressément à toutes 
personnes d'impétrer pour l'advenir de telles pensions sur 
les bénéfices estantz de vostre nomination ; et où par impor- 
tunité ou surprinse ilz en obtiendroyent aulcunes, les déclarer 
dez à présent nulles, de nul eflfect et valeur, révocquant ex- 
pressément toutes celles qui auroyent esté cy-devant obtenues, 
avec deffences aux cours de parlement et à toutz aultres 
juges d'y avoir esgard, nonobstant tout prétexte ou couleur 
quelconques contenus ausdits dons et brevetz ; enjoignant à 
vos procureurs généraulx de poursuivre vertueusement ceulx 
qui se trouveront avoir impétré telles pensions et qui en vou- 
droyent jouyr et composer contre tout droict divin, et à vos 
cours de parlement de les punir comme occupateurs du bien 
d'Esglize. 

15" Des contributions. — Encores que par le trente-sixième 
article de l'ordonnence de Bloys, lettres patentes et contracta 
faictz avecq les Majestés des roys vos prédécesseurs, les ecclé- 



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— 196 — 

siastiques soyent exemptz de toutes contributions de deniers, 
garnisons, munitions, fortifications, subsides, aydes, gardes 
de villes, emprumptz généraulx et particuliers, feus, .dons 
gratuitz et toutes aultres taxes et cotes et subventions pour 
quelque occasion que ce soit, néanltmoins les consulz des 
villes ne délayssent d'en taxer les ecclésiastiques, contreve- 
nantz aux immunités et promesses portées par les contratz 
faictz avec les roys vos prédécesseurs; mesmes aulcuns ecclé- 
siastiques ont esté forcés au payement de telles foules et sur- 
charges par voyes de rigueur qui n'auroyent jamais esté 
{)ractiquées. Pour à quoy pourvoir, il plairra à Vostre Majesté 
aire très expresses inhioitions aux esleus et aultres vos 
juges ordinaires, thrésoriers généraux de France, mères (^mî), 
eschevins, juratz, capitoulz et consulz des villes de trouver ni 
comprendre iceulx ecclésiastiques en aulcune levée de deniers, 
ni les faire contribuer aux munitions, fortifications, subsides, 
entrée des villes, emprumptz généraulx ou particuliers, dons 
gratuitz, cottes ou charges pour quelque cause et occasion 
que ce soit, encor que par la commission il fust très expres- 
sément porté de comprendre tant exemptz que non exemptz, 
privilégiés ou non privilégiés, et mesmes les ecclésiastiques. 
Et où aulcuns entreprendroyent d'imposer telles taxes par la 
licence accostumée au presjudice desaits contractz, les révoc- 
quer et déclarer nulles dez à présent, attribuant néanltmoins 
la jurisdiction et la cognoiscence des oppositions qui en pour- 
royent survenir à vos cours de parlement et suivant vos 
ordonnences. Et pour le regard du passé ez lieux oii les dites 
taxes n'ont encores esté payées par les dits ecclésiastiques et 
pour ce qui en reste à payer, descharger entièrement lesdits 
ecclésiastioues des dites taxes, sans qu'il soit loisible de les 
en rechercher, avec deffense très expresse pour l'advenir 
d'user de semblables impositions, force ou violance pour le 
recouvrement d'icelles, sur peine aux ordinateurs d'en res- 
pondre en leur propre et privé nom. 

16^ Des exemptions, francs-fiefs et nouveaux acquestz. — 
Bien que de tout temps les ecclésiastiques ayent esté par les 
ordonnences exemptz de \^ rechersche dez francz phiefz (si4^)^ 
si est-ce que, depuis quelques années en ça, soubz couleur de 
certaines commissions encores non ouyes, on les ayt voleu 
comprendre. Le bon plaisir de Vostre Majesté sera deflFendre 
pour Tadvenir telles commissions; et où aulcunes. auroyent 
esté obtenues par surprinse, les révocquer comme nulles et 
de nul eflFect et valeur, avec inhibitions et deflFences aux com- 
missaires de passer oultre au faict des dites commissions, à 
peine de nullité de leurs jugementz et procédures. 

17« Des ausmones. — La misère de ce siècle est telle que 
Ton recherche toutz prétextes pour travailher TEsglize et les 
ecclésiastiques et, au mespris de sa dignité, la ravaller au des- 
Boubz des aultres estatz, de sorte que vos juges, magistratz, 
purs lays, mesmes estant question du faict de police, s'ing^ 



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- 197 — 

rent de condempner les archevesques, évesques et chappitres 
à certaines aulmones quMlz taxent et imposent tant sur le 
corps du diocèse que par les lieux et membres deppendantz 
d'icelluy . En quoi il y a notoire abbus, tant pour la matière 
du jugement, laquelle est pure spirituelle, que pour Tincom- 
pétance des juges. Les ecclésiastiques n'en veulent dire davan- 
tage pour la manifeste entreprinse qui se faict en telz juge- 
mentz. Il plairra donc à Yostre Maiesté deffendre à toutz juges 
et aultres de s'ingérer et prendre cognoiscence des dites 
aulmosnes, ains renvoyer aux prélatz l'entière exécution de 
leurs charges. 

18^ Des fabricques. — Les comptes des fabriques des esgli- 
zes sont par vos ordonnences attribués aux évesques, archi- 
diacres, curés et aultres ecclésiastiques, tant seulement et bien 
que par lettres patantes du deflFunct de bonne mémoire Henry 
le grand, vostre père, en forme d*édict en datte du vingt un- 
giesme may mil cinq centz quatre vingtz douze, il soit très 
expressément deflfendu aux esleus et aultres juges royaulx 
d'en prendre cognoiscence ; néanltmoins lesdits esleus et juges 
royaulx, faisantz toutz les jours nouvelles entreprinses sur 
vos ordonnences, s'en veulent attribuer la cognoiscence quov 
qu'elle ne leur appartienne. Il plairra donc à Vostre Majesté, 
en refreschissant ledit édict et ordonnences faire très expres- 
ses inhibitions et deffences aus dits esleus et aultres juges en 
cognoistre et aux particuliers de s'y pourvoir que car devant 
les dictz ecclésiastiques, à peine de nullité de leurs jugements 
et d'amende arbitraire, telle qu'il appartiendra. Les privi- 
lèges des personnes dez prebstres et clercz sont si notoires, 
estantz prmz du droict divin et des constitutions canoniques, 
qu'il ne s'est trouvé jusques en ce temps personne entre les 
catholicques qui les aye voleu révoquer en doubte ou bien y 
contrevenir (1); néanltmoins en plusieurs endroictz de vostre 
royaulme on a voleu tirer par force les prebstres en la juris- 
diction layque, bien que les crimes dont ilz pouvoyent estre 
accusés ne fassent des cas privilégiés ; et ce qui est le plus 
énorme, c'est qu'on les a voleus en aulcuns lieux tirer par 
force des prisons épiscopalles pour les traisner aux prisons 
layq^ues, qui est une dure violance, veu la qualité de leur 
ministère et les deffences si expresses portées par les sainctes 
Escriptures et disposition des droictz divins et humains. A 
ceste cause, il plairra à Vostre Majesté, en refreschissant les 
anciennes ordonnences, faire très expresses inhibitions et 
deffences à toutz juges de cognoistre desdites personnes ni 
de vioUer les prisons épiscopaUes, pour quelque cause que ce 
soit, sur peine de nullité de jugementz et d'amende arbitraire 



(1) Assertion bien inexacte. Voy. VHisi. du Limouiin de M. À. Ley- 
marie, I, 182-184 et II, passim, 

19 



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- 198 — 

en leur propre et privé nom ; et néanltmoins leur enjoindre 
qu'incontinant qu'il leur sera appareil de la cléricature et 
ordres, ils ayent à renvoyer Taccusé par devant son évesque, 
encor qull ne décline, sauf s'il est question dez cas réservés, 
ce qui sera par exprès adjousté en la sentence. 

19® Des réserves. — Et d'autant qu'il n'y a rien plus indi- 
gne d'un vray ecclésiastique et vrayeraent chrestien que de 
prévenir la nomination et libre eslection du Boy aux charges 
et prélatures ecclésiastique par réserves que défunct Henry 
le grand, de bonne mémoire, vostre père, a plusieurs foys 
détestées pour estre tant réprouvées par les sainctz décretz et 
de tant plus odieuses qu'elles semblent désirer la mort de 
ceux ausquelz ilz veulent succéder, laquelle le plus souvent 
ilz advancent par façons extraordinaires, il plaira à Vostre 
Majesté révocquer toutes telles réserves qui pourroyent avoir 
este obtenues par surprinse ou aultrement, et nonobstant 
icelles déclarer qu'advenant vacation des dits bénéfices réser- 
vés comme dessus, il y sera de nouveau pourveu de telles 
personnes qu'il plaira à Vostre Majesté choisir, aultres tou- 
tesfoys que ceux lesquelz auroyent obtenu les dites réserves, 
faisant inhibitions et deffences très expresses d'en obtenir cy 
après soubz quelque prétexte et occasion que ce soit où pour- 
roit estre, et où par importunité ilz en obtiendroyent aulcu- 
nes, les déclarer dez à présent comme dez Ihors nulles et de 
nul effect et valeur. 

20<* De la noblesse. — Sa Majesté sera aussy très humble- 
ment suppliée par Messieurs les depputés du Clergé de vou- 
loir maintenir et conserver Messieurs de la noblesse en leurs 
. libertés, franchises et immunités et de les remettre en la pos- 
session entière de leurs anciens privilèges, lesquelz Sa dite 
Majesté pourra rendre tellement esclaircis en ceste grande 
assemblée des Estatz généraulx que désormais personne n'en 
pourra faire doubte, non plus que prendre prétexte ou subject 
de les troubler en la paisible jouyssance d'iceux, attendu 
qu'ilz sont les meilleurs et plus fortz remparts de ceste cou- 
ronne et que leur valeur en est la plus asseurée frontière. 

2P Du peuple. — Davantage il plairra à Sa Majesté de 
. jetter les yeux de considération et de commisération sur son 
pauvre peuple qui est sur le poiuct de ployer soubz le faye 
(sic) de tant de sortes de foules et d'oppressions qui l'accablent 
du tout, s'il n'en est rellevé de sa bonté naturelle par la sup- 
pression ou retrenchement de ce nombre effroyable dotant de 
juges et de financiers qui ont soubz eulx une aultre encore 
plus grande multitude de ministres et petits officiers, autant 
superflus que du tout inutiles, qui néanltmoins donnent une 
oppression insupportable à tout le reste de ses subjectz, les- 
quelz se treuvent plus incommodés^ plus rudement traités par 
les départementz des tailhes qui ne sont accompagnées d'aul- 
cune esgalité mais de la seule volonté des esleus qui en usent 



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— 199 — 

comme il leur plaict, à la discrétion de leur passion, que de 
tout aultre façon de rigueur dont ilz puissent estre travaillés. 
Et Sa Majesté croira, s'il luy plaict, que ce grand Dieu aura 
ceste action tant agréable qu'il prospérera (1) toutz les aultres 
déportementz et conduira toutes ses intentions à leur entière 
et plus d&irée perfection. 

22» Des provisions aux éveschés et lénéfices ayanU charge 
d'ames. — Pour toutz les aultres aflfaires qui regardent le 
général du clergé de tout le royaulme, les susnommés s'en 
remettront du tout et se conformeront entièrement à ce qui 
en sera trouvé bon par Messieurs les prélatz et aultres dep- 

Ïutés qui ont esté nommés pour se rendre en rassemblée dez 
istaz généraulx, après avoir néanltmoins supplié nos dits 
seigneurs prélatz et depputés de faire instance envers Sa 
Majesté à ce qu'il luy plaise faire publier et vérifier ung 
édict général par lequel il soit promis et juré, en foy de Roy, 
que désormais il ne sera pourveu aux éveschés ni aux cures 
qui ont charge d*âmes que de vrays titulaires et légitimes 
possesseurs Kqz uns et des autres, nommés et choisis par 
Sa Majesté et pourveiis canoniquement dez cures aux charges 
desquelles ils seront appelles et institués par les évesques 
diocéseins ou aultres coUateurs des bénéfices de mesme na- 
ture ayantz charge d'âmes ; ne recognoissant pas remède 
Elus prompt ni plus souverain pour empescher que le mal- 
eur de la confidence, qui régne en ce temps dans le mal- 
heur de l'Esglize, n'achève de la ruiner du tout par ceste dan- 
gereuse sape qui ne cesse de ruiner TEsglize de Dieu. 

Ce sont les mémoires et instructions que i'ay reçues en la 
convocation dez ecclésiastioues de mon diocèse assemblés 
pour depputer à l'assemblée des Eataz généraulx, et qui m'ont 
esté données le vingt deuxième jour du moys de septembre de 
la présente année mil six centz quatorze. 

Henry, é[vesque] de Limoges. 

(Arch. dép. de la Haute-Vienne, fonds de Tévêché, n® prov. 
18Ô9). 



(1) C'est-à-dire Jera prospérer. 



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OHROISriQUES 

LIMOUSINES ET MARCHOISES DES X^*-XVII1* SIÈCLES 



Ces chroniques limousines et marchoises ont 
été souvent citées par les auteurs qui ont traité 
de rhistoire des provinces du Centre. Elles sont 
même entrées, en substance, dans Tindigeste et 
pourtant utile compilation que le P. Bonaven- 
ture de Saint- Amable fit paraître à Limoges en 
1685 sous le titre d'Annales du Limousin. Mais 
jusqu'ici elles étaient restées inédites, au plus 
grand détriment de l'emploi qu'on en pouvait 
faire. 

En les publiant ici, nous ferons précéder chacune 
d'elles d'un court préambule où nous exposerons 
leur valeur historique et où nous résumerons les 
indications nécessaires à l'étude critique des docu- 
ments de ce genre. 



so 



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I. — Chronique et Journal de Gérald TarneaUy notaire de 
Pierrehuffière, — 1423-1438. 



Cette chronique de quatre années (1 424- 1427 j, abstraction faite des 
événements d'ordre domestique qu'elle renferme, aurait dû depuis 
longtemps sortir de son obscurité ; car elle possède à bien des égards 
une valeur particulière que tout historien saura reconnaître. 

Et d'abord, c'est la première de nos chroniques locales qui ait été 
composée par un laîc^ue. A ce point de vue et en raison aussi de 
son contenu tout à fait profane, ellq n'appartient déjà plus & l'histo- 
riographie du moyen à^e. 

En second lieu, c'est la seule chronique digne de ce nom que nous 
possédions pour le xv<» siècle. Elle nous fait assister aux dernières 
passes d'armes de la guerre dite de la vicomte. Aucune des chroni- 
ques ecclésiatiques du siècle précédent ne nous montre aussi vive- 
ment le bouleversement de cette époque, où la guerre était deve- 
nue l'état permanent de la société. 

Enfin, son auteur est aussi le premier qui nous ait laissé un livre 
de raison (1423-1438), ou, si l'on veut, les éléments do ce Hvre. Car 
Gérald Tarneau ne parait guère avoir songé à passer par cette voie 
à la postérité. Autant sa chronique de Pierrebuffière est soigneu- 
sement rédigée sur une suite de feuillets blancs au milieu de son 
répertoire d'actes notariaux, autant sont éparses les mentions qu'il 
nous a laissées sur les événements intimes de sa famille. Pélc- 
mèlant tout, il insère ceux-ci au premier endroit venu, dans les 
marges de son registre, dans les blancs compris entre deux actes, 
parfois dans le corps môme de sa chronique. 

Nous ne pouvions laisser subsister un pareil désordre. Il suffit de 
le constater ici et de donner pour chaque changement le numéro des 
feuillets, afin de fournir un élément de plus à l'étude critique de 
cette chronique. Nous avons donc rôtabh 1 ordre chronologique des 
ÎSLVS aussi bien pour la chronique que pour le livre de raison. Le 
récit ne peut qu'y gagner en clarté et en suite. 

Les détails biographiques que Tarneau nous fournit sur lui-môme 
d'une manière indirecte se bornent à peu de chose. Il était bachelier 
es lois et notaire de profession. C'est à ce dernier titre qu'il ligure 
dans un état de dépense de 1438 publié par M. A. Thomas (1). 
Marié vers 1422 à Mariette Bondusson (fille de Pierre Bondusson et 
de Souveraine Audier), on peut conjecturer que Tarneau était né 
dans les dernières années au xiv^ siècle. De son mariage naqui- 



(1) L9t Etaii proplnelaMX d« la France centrale tout Charlet VU, II, 401. 



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— 204 — 

rent en moins de quinze ans huit enfants, dont quatre garçons et 
quatre filles, mais la plupart moururent en bas âge. Gérald Tar- 
neau avait une sœur, Pétronille, mariée à Jean Labrousse, et deux 
frères dont Tun, Hugues, était prêtre à Carcassonne dès 1424, et 
l'autre, Jean, étudiait encore à Toulouse en 1435. 

Tout bachelier es lois qu'il fiit, Gérald Tarnoau savait assez mal 
le latin. Nous signalerons en leur lieu les bévues échappées à sa 

Î)lume inconsciente. Le style est naturellement à la hauteur do la 
angue : les pléonasmes abondent et les propositions relatives s*en- 
chevôtrent parfois les unes dans les autres au plus grand détriment 
de la clarté du récit. 

J. Duroux a utiUsé la chronique do Tarneau dans son Essai sur 
la Sônatorerie de Limoges (1811). Il en a même reproduit quelques 
lignes. Après lui, personne ne semble s'en être sérieusement pré- 
occuDé. Peut-être lui accordera-t-on maintenant toute l'attention 
qu'elle mérite. 

Cette chronique est extraite du ms. orig. n<> 23 de la bihliothègue 
communale de Limoges. Elle est d'une écriture très serrée, parfois 
difficile, qui va du f^ 34 v» au f-* 43 r^. Le registre mesure 27^ sur 14. 
Il renferme d'abord un certain nombre d'actes privés assez peu in- 
téressants, passés devant le notaire de Pierrebuffière; puis, à la 
suite de la chronique, une série de pièces d'une valeur nistorique 
beaucoup plus grande, tels que hommages, provisions, actes capi- 
tulaires, 1425-1428, qui vaudraient la peine d'être aussi publiés. 



1423. 

P>39v^ 

Nota quod die martis que fuit ultima mensis augusti, circa 
mediam noctem et ultra, anno Domini millésime CCCC"® vice- 
simo tercio, Mariota Bondussona, filia Pétri Bondussonis et 
Sobeyrane Oudieyra, conjugum, et uxor magistri Geraldi 
Tarnelli, bacallarii in legibus, peperit quamdam filiam voca- 
tam Anthonia, que babtizata fuit cum Dei auxilio quamvis non 
esset ad terminum, ymo pocius oppinabatur fore sexmestralem, 
quoque septimestralem. Et in partu multum fuit dubitatum de 
morte ipsius Mariote et filie. Et interfuerunt in tali partu dicta 
ejus mater et Maria Oudieyra, soror dicte matris et avuncula 
dicte Mariote, cum .pluribus aliis mulieribus. Et prœ timoré 
mortis dicte filie nate, fuit ibidem babtizata per unam de mulie- 
ribus. Et paulo post venit domnus PetrusM^nre/i, rector hospi- 
talis (1) de Petrabufferia, qui eamdem filiam babtizavit in 
monasterio Sancte Crucis (2 ) cum soUempnitate condecenti, et 
adhuc non erat dies. Et fuit compater dictus Petrus Bondus- 
sonis, pater, et commater dicta Maria avuncula. Et depost vixit 
usque fuit magna dies et deinde sepulta in tumulo parentum 
dicti magistri Geraldi cum soUempnitate condecenti. Cujus 
anime et parentum suorum Deus parcat. 



(1) C'est la plus anricnno mention quA l'on connaisse jusqu'ici de eet hApilal. 
(f ) Co mona«(ère fui donne en 1061 à l'abbaye de Solignac. 



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1424. 

FMOi*. 

Nota hic quod die mercurii que fuit quinta mensis julii, anno 
Domini millesimo quadringentesimo XX® quarto, Mariota Bon- 
dussonis, uxor magistri Geraldi Tarnelli, bacallarii in legibus, 
peperit quamdam miam aue fuit babtizata in monasterio Sancte 
Cîrucis par domnum Nathalem Fabri, presbiterum, cappella- 
num de Petrabufferia et avunculum dicti maçistri Geraldi ; 
cujus fîlie fuit compater Hugo Tarnelli, frater dicti Geraldi, et 
commater domna mea, domna Maria de Rouchochoàrt (1) 
domna de Petrabufferia, que interfuit tempore partus cum 
magna multitudine mulierum. Et fuit eadem die dicta fîlia 
sepulta. Cujus anima in pace requiescat et parentum suorum. 

P35r». 

Nota hic quod anno quo computabatur millesimo quadrin- 
gentesimo vicesimo quarto et circa festum nativitatis Domini, 
cum esset concessa quedam taillia in patria Lemovicensi per 

fentes trium statuum ejusdem patrie (2) domno nostro régi 
rancie et delegata per eundem domnum nostrum regem domno 
Guillelmo de Lehret (3), domno de Oroal, fratri domni de 
Lebreto et locumtenenti pro ipso domno rege in patria eciam, 
et de ipsa taillia essent quatuor viginti franchi monete tune 
currentis, scuto auri exeunte, in valore triginta trium solido- 
rum et quatuor denariorum, traditi in villa de Petrabufferia, 
et pro ejusporcionevenitin hac villade Petrabufferia Johannes 
de Açiamonte, domicellus, qui tune erat commissarius archi- 
presbiteratus de la Meyza (4), ut michi dixit, quia cenavit pênes 
me; et erat secum quidam dictus Maehoart qui erat receptor 
generalis dicte taillie. Et dum gentes hujus ville sciverurit quod 
ipsi vénérant pro facto taillie, se congregaverunf de mane cum 
gladiis et fustibus et dixerunt quod nichil solverent (5), et mi- 
nati fuerunt (6) eisdem Johanni de Lagoumont et Maehoart ; 
et hoc inconsulto domno Ludovico de Petrabufferia, domno 



(1) Mentionnée plus loin, 1423, dans dos circonstances toutes diiïércutes. 

IS) Il s'agit pout-étro de la session d'aTril(?) i4t4, constatée par M. A. Thomas dans sou 
histoire drs Etat* provinciaux de la France centrale, I, S42. Le terme do Nu{'l dont il est 
ici question, s'applique non à la tenue des Etals, mais à l'arrivéo de Jean do rAjaumoul à 
Pierrebuffièro. mentionnée plus loin. 

^3) Aujourd'hui AUret. 

(4) La Meyze, arrondissement do Saint-Yrieix, Haute-Vienne. 

(5) Tout ce qui précède, depuis Nota hic jusqu'ici, a été publié déjà par J. Duroux dans 
son Eêtai sur la se'natorerie de Limoge* ^811), p. 203. 

(6) Le texte porte minatitfuerunt , peut-être pour mlnatiff'uerunt. De niéinc plus» loin 
ttcidiatisfueiu/tt, lucralhfuerunt. 



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— 206 — 

dicte ville, qui tune vivebat, qui multum iratus fuit. Et reces- 
serunt sine aliqua responcione quia dicebant habitatores ville 
quod nichil solverent. 

Item, post modicum tempus post, transivit per istam villam 
de Petraoufferiapreffatus domnus de Orval qui ibat Lemovicas. 
Et iterum se congregaverunt preffati habitatores ante magnam 
portam de PetrabuflFeria que dicitur de Maignaç, credentes 
quod peteret (1) tailliam predictam, pro resistendo. Et fuit 
domnus Ludovicus predictus multum iratus contra gentes et 
eis mmatus fuit ; et sic recessit preflFatus domnus d'Orval sine 
taillia. 

Item, depost, ipse domnus d'Oroal mandavit açud Sanctum 
Leonardum preffatum domnum Ludovicum et ibidem loc^utus 
fuit sibi de dicta taillia ; et tandem ipse dictus d'Oroal dixit sibi 
quod ipse debebat cuidam Vascono sive Guasco, qui vocabatur 
Johannes de Sq,ncto Paulo sive de Lespero, qui morabatur in 
Castro-Luceto (2), bene summam quatuor vigmti franchonium 
et volebat eosdem sibi assignare super taillia et taxa de Petra- 
buffiera, sicut et fecit. Erat quippe ipse Johannes cum pluri- 
bus aliis suis complicibus exeuntibus in Castro-Luceto et inter 
ceteros cum Sthephano de Clermont qui custodiebat dictum 
castrum pro domno Bertrando Feran, gubernatore tune terra- 
rum domni de Lebreto in Lemovicinio, magnus latro et depre- 
dator et deppopulator agrorum. Et dum genteahujus ville sci- 
verunt assignacionem, multum timuerunt scientes qualiter ipsi 
de Castro-Luceto se habebant circa omnes hu jus patrie ; et que- 
relosi iverunt deversus prefTatum domnum Ludovicum, dom- 
num predicte ville, supplicantes quatinus véllet providere. 
Qui respondit : « Fecîstis rebellionem sine concilie (sic) meo 
et ideo habeatis vos sicut vos volueritis, quia ego non me in- 
tromittam. > Etfuerunt gentes multum stupeffacte et dolentes. 



1425 (3). 

Item, depost, circa festum Pasche, anno vicesimo quinto, 
ipse Johannes de Sancto Paulo sive de Lespero venit apud Pe- 
trambufferiam cum duobus vel tribus, et ospitatus fuit pênes 
JohsinnQm Labrousse in viUa, magna de burgo (4) prope mq- 
nasterium, et ibidem pranssus fuit et postea mandavit quesi- 



(1 Le texte porto pétertnl. 

(t) Lo chftteaa do Chftlucct, près Limoges, appartenait depuis 1400 à la famille d'Àlbret. 

(S) Pour no point rompre la suite du récit, nous insérons à la fin de l'année 14f5 diverses 
mentions do faits peu impor&nts qui, chronologiquement, devraient prendre place en t4te. 

(A) Nous avions cru d'abord que villa magna de burgo désignait Ifagnac-bourg, arron- 
dissement de Saint-Yrieiz. Mais le sens autant que Tëtymologie s'opposent à cette identi» 
fîretion. 



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— 207 — 

tum me, Geraldum Tarnelli, Johannem Michaelis et Guillel- 
mum Hugonis, et in presencia Johannis LabroussCy Guillelmi 
Michaelis servientis regii, et Johannis de Piatea, de Sancto 
Johanne Ligora (1), eciam servientis regii, exposuit qualiter 
per domnum d'Oroal fuerat sibi assignata porcio taillie hujus 
ville, videlicet predicti quatuor viçmti franchi sive libre, et 

quod ipse volebat solvi et per justiciam (2); et ideo exhi- 

buit quandam commissionem signatam manu, ut in eadem le- 
gebatur, Seçuiny Ay[meri]cy de Crosilhia ; et in principio iç- 
sius erat etiam nomen ipsius Seguiny : que commissio diri- 
gebatur Guillelmo Hugonis et Petro Bailtot ut haberent tail- 
fiare et levare; et requisivit ipse Johannes de Sancto Paulo 
servientes ut eisdem Guillelmo Hugonis presenti et Petro 
Baillot licet absenti traderent : qui tradiderunt. Sed Guillelmus 
Hugonis dixit quod non se intromitteret, et ibidem remansit 
commissio. 



P35v\ 

Item, predicta commissio fuît exhibita per Johannem predic- 
tum de Sancto Paulo sive de Lespero quadam die lune. Et por« 
tabat dicta commissio quod argentum predictum solveretur 
infra octo dies tune proxime venturos. 

Item, sabbato immédiate sequenti dictam diem lune et abs- 
que hoc quod expectarent dictos octo dies contentos in dicta 
commissione, ipse Johannes de Sancto Paulo cum pluribus 
aliis suis complicibus de mane in aurora diei, ipsis presentibus 
in numéro decem et septem, aliqui venerunt cursum deversus 
lo Telhol ad hanc viUam, et ibidem insidiati fuerunt ho- 
mînibus hujus ville et ceperunt quatuor vel quinque et se- 
cum duxerunt ; et fuit factus insultus magnus in villa ista 
et proclamatum a l'arma ; et gentes se congregaverunt cum 
gladiis et fustibus et insequute fuerunt eosdem de Castro- 
Luceto; et dum fuerunt in pogia per quam itur de Castro- 
Chervix (3) versus Castrum-Lucetum prope Tilhiam sive lo 
Telh de Seinto {sic) Johanne Ligora, ibi eisdem obviati (4) 
fuerunt et clamaverunt alta voce ; et ipsi de Castro-Luceto 
fugierunt et fuit captiis unus de ipsis de Castro-Luceto vocato 
Cliiquoy et ductus apud Petrambufferiam ; et ibidem stetit per 
magna tempora et eciam très vel quatuor de Petrabufferia 
steterunt in Castro-Luceto quandiu ipse stetit in Petrabufferia ; 
et isto tempore pendente, sepe et sepissime illi de Castro-Luceto 



(4) Saint-Jean-Ligoure, arrondissement de Limoges. 

(5) Il 7 a là évidemment un mot oublié, peut-être «a(i«/ltfri. 
(3) Chftteau-Chervix; arrondissement de Saint-Yrieiz. 

U) Le texte porte oriati. 



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venîebant apud Petrambufferiam cursum in Podio-Engra (1) 
et non propinquum ; et fuit eciam in illo însultu quidam equus, 
qui erai cujusdam dicti Pedegos, occisus dum adinvicem bel- 
labant. 

Item, depost, quia guerra erat magna cum illis de Petra- 
bttfferia et de Castro-Luceto, domnus Ludovicus de Petra- 
bufFeria, domnus dicte ville, misitquesitum domnum Ludovicum 
de Petrabufferia, domnum de Castro-novo (2), eius nepotem, 
pro advisando quid erat faciendum : qui venit. Et çentes de 
PetrabufTeria congregari fecerunt ante portam dictam de 
Maingnae; et ibidem per me ad longum coram ipsis domnis 
et gentibus ville fuit negocium expositum et depost conclusum 
quatinus taillia predictorum quatuor viginti francorum tallia- 
retur et solveretur; etipsam solvendo ipsi domni promiserunt, 
casu quo illi de Castro-Luceto aliud peterent a dictis quatuor 
viginti libris, eisdem indicere bellum et ipsas çentes de Petra- 
bufferia iuvare. Et ideo taillia predicta luit taïUiata et soluta. 

Item, depost, îpse predictus Pedegos, qui erat famulus Ste- 
phani de Clerwont, (qui Stephanus et Johannes de Sancto 
Paulo erant socii), petivit rigide ec|uum vel centum scuta pro 
valore. Qui fuerat occisus in predicta rixa per illos de Petra- 
bufferia (3). Et detinebantur adhuc in Castro-Luceto illi de 
Petrabufferia ; sed cum solutione taillie et certarum expensa- 
rum fuerunt relaxati. 

Item, paulo post, ipse Pedegos cum centis aliis suis compli- 
cibus cepit duos homines tailliabiles domni mei de Petrabuf- 
feria, loci de Poàio-Boareau (4) prope Sanctum Ylarium- 
Bonevallis. Et ipsos captives duxerunt apud Castrum-Lucetum 
et ipsos posueruntin fovea cujusdam turris ; et ibidem steterunt 
bene per quinque septimanas, petendo equum vel centum scuta 
pro valore. 

Item, et q^uod, ipsis hominibus exeuntibus in dicto Castro- 
Luceto, socii de Petrabufferia usque ad numerum decem et 
septem vel decem et octo, qui (5) audiverant dici quod in 

Juadam domo exeunle extra fortalicium dicti castri, erant certi 
e Castro-Luceto, de nocte iverunt illuc et asalliverunt dictam 
domum ubi erant bene septem vel octo, quidam dictus San- 
ehisto, alius Fresquet et alms Machaclou quihabebatbalistam. 
Et ibidem fuit factus magnus insultus in tantum quod ipse 
Machaclou de uno vomere sive relho occidit quemdam de 
Petrabufferia qui vocabâtur Johannes Velutz, qui erat multum 



(i) Lieu-dit à nous inconnu. 

(t) Chàtcaunenf-U-Forét, arrondiB»ement de Limoges. 

(3) Cette dernière phrase a éié écrite k la marge, sans renvoi d'aucune eorte. Elle se 
rapporte bien évidemment au cheval dont la mort nous a déjà été signalée plus haat. 

(4) Aujourd'hui le Puy-Barreau. commune de Saint-Hilaire-Donneval, arrondissement de 
Limoges. 

(5) Ce qui est explétif. 



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— 209 — 

palcher, socius fortis et audax. Et alii tanquam stupefacti re- 
cesserunt et ipsum portaverunt apud Petrambufferiam, ubi 
honorifîce fuit sepultus; anima cujus in pace requiescat. Et in 
illo insultu infra domum fuit occisus equus ipsius Sanzisto, 

Item, post predictas quinque septimanas dicti homines de 
Podio-jBoareau evaserunt de nocte a Castro-Luceto, inscienr 
tibus iiiis de Castro-Luceto. 

F* 36 r«. 

Item, post modicum tempus post, [advenit] (1) predictus 
Maehaclou qui erat famulus cujusdam vocati domni de Lissa, 
qui per magna tempora extiterat cappitaneus de Castro-Luceto ; 
et in suo tempore fuerant facta multa mala; ipseque erat 
magnus latro ; et cum ipso semper extiterant in Castro-Luceto 

t)redicti Stephanus de Clermont et Johannes de Sancto Paulo, 
qui] erat Lemovicis cum dicto domno de Lissa et in Jacobitis ; 
quem gentes de Petrabufferia ibidem ipsum (2) sciverunt et 
iverunt ipsum ibi quesitum et infra ecclesiam Jacobitorum 
ipsum ceperunt ; etmagistersuus fugiit et ipsum aduxeruntapud 
Petrambufferiam, equum suum et alia bona sua; et ipsum in 
itinere bis vel ter crediderunt submergere; sed fuit quidam qui 
ipsum custodivit; et ipsum posuerunt mfra turrim ville predicte 
in fundo, et ibidem bene stetit per septem septimanas m com- 
pedibus. 

Item et postea, ipse Maehaclou evasit a turri et fugiit per 
muros ville et retraxit se apud Castrum-Lucetum. 

Item, depost, predictus Sansisio, Sthephanus de Bovayre, 
dictus Frisquet, dictus Vertutet Verdot, ejus frater, cum pluri- 
bus aliis qui morabantur in Curvifîno (3) cum domno Hugone 
de la Barre, milite, qui ibidem erat capitaneus pro domno de 
Lebreto, accesserunt apud Sanctum Paulum et ceperunt très 
homines videlicet PerinumsivePetrumBo^-^so, famulum domni 
mei de Petrabuffiera, Paulum de Buxeria et quemdam alium 
de cujus nomine non recordor ; et duxerunt apud Curvifînum 

Eetentes equum qui fuerat occisus in domo deextra Castrum- 
ucetum, qui erat ipsius Sanzissto, et occisus per illos de Petra- 
bufîeria ; et eosdem ibi tenuerunt per magna tempora. 

Item, et ipsis hominibus exeuntibus in Curvifîno, illi de Pe- 
trabufferia et de Sancto Paulo usque ad numerum quinaua- 
ginta sive sexaginta iverunt cursum apud Curvifinum, creaen- 
tes aliquos repperire extra castrum ; et ipsos invaserunt rigide 



(i) L« mot entre croehets n'est pas dans le texte; nous I« eupplëoni pour donner un 
MBS k la phrase. 

(t) Quem iptMm, pléonasme habituel à l'auteur. 

(3) Courbefy, commune de Saint-Nicolas, arrondiseemcot de Saint-Yrieix. — Le chAteaa- 
ort de Conrbefy, aujourd'hui détruit, passait pour une dés clés de la protince, tant eo 
raison de sa position que do la solidité do ses murailles. 



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- 210 - 

et nullus fuit ausus exire a Castro ; et ceperunt unum famulum 
et ipsum verberarunt et equum et arma dicti Frisquet ; et ad- 
ducti fuerunt apud Petrambufferiam ; et inter ceteros qui ac- 
cesserunt apud Curvifinum fuit domnus de Esgallo, vocatus 
Fuiquerius juvenis. Johannesde Ruppe de SauctoPauio, Ludo- 
vicus Jauberti de Aquasparsa ; Johannesde Marse al. Mestre 
d'ostal de Sancto Paulo, Johannes la Brosse, filius Johannis 

la Brosse, cum pluribus aliis (l); et pendente ipso tempore 

fuerunt facte multe invasiones sic et in tantum quod ilii de 
Castro-Luceto non audebant ire extra castrum quesitum vic- 
tualia. 

Item, istis pendentibus, ipse Pedegos semper petebat equum 
suum ; et mediantibus (2) nobili Johanne de Cunnhaco [etj domno 
Sancti Johannis Ligora, fuit appunctuatum quod quelibet pars 
caperet unum hominem pro se et cjuod staretur dieto (sic) 
eorumdem; et fuit electus pro parte iliorum de Petrabufferia 
domnus Guillelmus de Salanhaco, miles, domnus de Manhaco, 
et pro parte ipsius Pedegos et adherentium suorum domnus 
Hugo de la Barre, miles, capitaneus de Curvifino ; et fuit assi- 
gnatus terminus ad comparandum coram ipsis in Sancto Jo- 
hanne Ligora. Ad quem locum accesserunt domnus Lu- 
dovicus de Petrabufferia , domnus dicte ville , preffatus 
domnus Guillelmus de Salanhaco, Johannes la Brousse, Jo- 
hannes Michaelis, Petrus Villatelle et plures alii de Petrabuf- 
fiera armati usque ad numerum viginti, cum balistis, lanceis 
et aliis armaturis. Egoque Geraldus Tarnelli intereram. Et dura 
fuerunt in Sancto Johanne Ligora, pars ad versa venerat etjam re- 
cesserat apud SanctumPrejectum Ligora, domnusque de Petra- 
bufferia credidit reverti apud Petrambufferiam ; sed post multas- 
oppositiones fuit consultum auod ipsos insequeretur et ideo ibi- 
dem accessit cum ceteris; etaumfueruntibidem, ipsos repperie- 
runt videlicet dictum domnum Hugonem, Sthephanum aeCler- 
mont, Sansisto et plures alios non in tanto numéro sicut erant illi 
de Petrabufferia : etipsi milites domnus Guillelmus de Salanha- 
co, domnus Hugo de la Barre sederunt pro tribunali pro expe- 
diendonegocium,interpellaciones,partes,quatinusprocederetur 
in négocie ; et fuit dictum per me, electum per illos dePetrabuf- 
fieria, quod ipsi erant actores et quod debebant incipere prout 
ibidem fuit cognitum. Et ideo ipse Sthephanus de Clermont 
sub brevibus verbis petivit eauum vel centum scuta pro valore; 
de equo d^ Sansisto nulla fienat mentio nec fuitibi lacta. 

P»36:v«. 

Item^ et post prèdictam peticionem fuit petita res[)oncio; et 
tune ipse domnus de Petrabufferia precepit michi Geraldo 
Tarnelli quatinus responderem. Qui prout melius scivi et de 



(1) Un mot illigible, composé de trois lettres avec un sigle abrévialif d'une valeur 
douteuse. 
(S) Le texte porte mtdientehut. 



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— 211 — 

precepto dicti domni et voluntate et consensu aliorum de Pe- 
trabufferiaj feci responcionem et narravi casum ad longum et 
de principîo usque ad finem, petens in conclusionibus meis 
justiciam. Et preffatus Sthephanus de Clermont dum audivit 
que dixerem, proprio motu dixit : € Domini mei, ego non crede- 
bam quod haberemus istam causam sic litigare, quia ego ha- 
buissem unum advocatum, et certe vos, ma^ister Geralde, lo- 
quendo mecum non auderetis dicere que dixistis in parlamento.» 
Oui respondi me nrothulisse verba vera et de precepto domni 
mei et voluntate habitancium de PetrabufiTeria, qui me advo- 
[cjaverunt. Et post hinc et inde fuit ab ipsis arbitris petitum jus. 
Oui Hugo de la Barre dixit : € Certe magister Geraldus plura 
dixit, tamen non video causam quam equus seu valor ejusdem 
non restituatur. » Et quantum est de me, dixit ipse Hugo : 
€ Eco ordino quod restituatur seu valor. » Et ipse domnus 
Guilïelmus dum audivit ipsum Hugonem sic loquentem, dixit : 
€ Domini mei, e^o credebam quod istud veniretperviam com- 
posicionis videhcet quod cognosceremus ut aroitratores seu 
amicabiles compositores et non ut arbitri quia, quantum est 
de me, ego non sum clericus, et ipse magister Geraldus tanta 
allegavit quod ego nescirem decidere, et ideo reverto ad cle- 
ricos. > Et tune pro parte illorum de Petrabufferia fuit dictum : 
« Habeatis consulere peritiores et faciatis nobis jus, vel certe 
nos sumus prompti stare ordinacioni locumtenentis domni se- 
nescalli 'Lemovicensis vel alterius sufïîcientisclerici veladhuc. 
senescalli domni de Lebreto videlicet magistri Audoyni de Al- 
vernhia. » Quod ipse Sthephanus de Clermont, Pedegos et alii 
sui complices reffutaverunt et sic recesserunt hinc et inde sine 
appunctuamento quocunque, cum minis hinc et inde. Depost 
tamen fuit multum loqutum de appunctuamento, quod ipse 
Sthephanus de Clermont non poterat repçerire modum reçu- 
perandi equum, cum illi de Petrabufferia rigorose sibi respon- 
derent. 

Item, îstis pendentibus, venit apud Castrum-Lucetum 
domnus Bernardus Fer an, miles, qui, prout supradictum est, 
erat gubernator terrarum domni de Lehreto in Lemovicinio. 
Qui modicum tacuit ac si non curaret et dicebat quod nolebat 
facere dampnum domno de Petrabufferia, et ex eo quod ipse 
cum domno de Castro-novo ejus nepote fuerat, causa recupe- 
randi castrum de Castro-Luceto quod fuerat captum, non erat 
diu, per quemdam dictum lo p&tit Basée cum suis complicibus 
et Jacmeto Feran, fratre dicti domni Bernardi, exeunte custode 
dicti castri et exeunte infra castrum Cl), qui fuit in captione 
multum vulneratus. Et fuerunt obsessi iWe petit Basée cum suis 
complicibus aliquibus, que major pars fuerat capta et destros- 
sata in Petrabufferia per domnum de Petrabufferia, domnum 



(\) Cette phrase incidents est usez peu claire. Il faut peut-être comprendre que Jaemet 
F<lran, qui venait de monter sa garde, se relirait au deU du château. 



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— 212 — 

de Castro-novo et suis adherentibus et dictum Jacmetum ; et 
tandem recuperaverunt per modum composicionis dictum cas- 
trum. Sed bene volebat ipse domnus Bernardus quod inauire- 
retur veritas et quod fieret jus. Et fuerunt assignate plures 
diète ; tamen nulla fuit excequta. 

Item, quadam dierum (sic) circa quadragesima quo (sic) 
computabatur miiiesimo quadringentesimo vicesimo quinto, 
içse domnus Bernardus Feran, qui erat homo muitum mali- 
ci^sus et qui plura mala inLemovicinio construxerat a Castro- 
Luceto et plura contrafecerat et promiserat , multasque inde- 
bitas exacciones fecerat et tanquam lupus rapax ore 
apperto avarissimo rappuerat, non respiciens que rappienda 
erant et sine aliqua distinctione personarum nobilium neque 
innobilium, cum quilibet timeret, patriam circumvisinam 
(sic) vexaverat modo quodam nephanaissimo concepto in se et 
ymaginato. Villam seu nabitatores de PetrabulTeria, cura videret 
ipsos gravare non posse nisi proditorie, vexare nisus fuit 
et tantum fecit per se vel per interpositam personam quod fecit 
loqui cum Guiilelmo Lafon al. Deoayat, habitatore ville de 
PetrabufTeria ; et fuit nuncius Bernardus de Cohoperto-fonte (1), 
faber dicte ville, qui eidem Deoayat dixit quod Sthephanus 
de Clermont volebat loqui secum. Qui Deoayat dixit quod ipse 
loqueretur secum libenter. 

F« 37 ro. 

Item, depost, ipse Guillelmus Deoayat dixit eidem Bernardo 
de Cohoperto-fonte quod ipse volebat habere unum salvum 
conductum a Castro- Luceto, et quia diceret Sthephano de Cler- 
mont aixod ipse volebat loqui secum. Qui Bernardus dixit dicto 
Sthephano (2). Et tune fuerunt concordes de die in qua debe- 
bant adinvicem congregari et insimul loqui. Et ivit ipse Guil- 
lelmus cum dicto Bernardo apud Castrum-Lucetum, videlicet 
prope planchîam de Rousella deversus partem Castri-Luceti 
m manso dicto Guillot, Et ibidem reçperierunt dictum Sthe- 
phanum de Clermont cum uno alio dicto Peyrot de Castro- 
Luceto. Et ibidem ipse Deoayat juravit super quibusdam 
matulinis, sed quid, nescio. Tamen illud quod accidit depost 
facit intelliçere quid juravit. Et ideo cogitetis ex inde sequutis. 

Et nota hic miod illa die ipse Guillelmus ivit apud Castrum- 
Lucetum cum dicto Bernardo. Petrus Baillot, Petrus Fabri al. 
jBardmo, Johannes /îe^ro^^ Geraldus deuPryex et plures alii de 
Petrabufferia erant in vinels suis apud VolpilJiac, Ego quidem 
vidi ipsum Guillelmum ante monasterium de PetrabulTeria et 



(1) Cuberlafont est un nom de famille qui existe encore aujourd'hui en Limousin, et 
p route la forme de Cohopertk-fonte. 

(S) Quelle logomachie! 11 n'est cependant pas impossible de retrouver le vrai sens: 
Guillaume Devayat dit à Bernard de Cubertafoni que lui (G. D.) voulait avoir u* tauf- 
conduit pour eortir de Ckàlueetet, que lui fB. de C.j dit à /Ctienne de Clermont que lut 
fC. D.J woulait parler audit Etienne de Clermont. 



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— 213 — 

petivi ab ipso quo ibat. Et ipse dixit michi qaod ipse ibat ou 
puey Boareau (1) visum qaamdam vaccam, quia ipse erat cap- 
nifex. Et ita ego cradebam. Ipse tamen bene sciebat predictos 
esse in viaeis predictis et ivit, ut predixi, loquutum cum dicto 
Sthephano de Clermont. Et post prestatione juramenti ipse 
Bernardus de Cohoperto-fonte accessit apud Petrambufferiam, 
et ipse Guillelmus ûeoayat cum illo Peyroto de Castro-Luceto 
ivit apud Volpillmc, et ipse Stbephanus de Clermont cum 
pluribus aliis armatis équestres (sic) insequuti fuerunt ipsum 
Guillelmum. Et dum ipse Guillelmus fuit aqud Volpilhac, ipse 
et ille Pe^rotus incidiabantur predictis hominibus et maxime 
Petro BaiLhot. Et ipse Petrus Bailhot casu fortuito vidit capud 
uQÏus et venit ad alios et dixit eis quod viderat hominen inci- 
diantem eis, ut credebat, et quia quilibet se custodiret, 
quod ipse recedebat prout sequaciter recessit quia anti- 
quus. Alii vero videlicet predicti Petrus Fabri al. Bardisso, 
Johannes Reyrol et Geralaus deu, Pruext qui habebant secum 
balistas, dixerunt quod vidèrent ouid hoc erat et accesserunt 
versus illam partem ubi viderant nominem; et dum fuerunt in 
itinere publico prope curtem lapideam, prope tillam ubi sunt 
affixe furce de Petrabufferia, repperierunt iGuillelmum lo 
Deoeyat (aie) qui dixit eis : « Fugiatis quia hic sunt illi de Castro- 
Luceto. > Et ipse incepit fugere versus ipsos de Castro- 
Luceto et versus Nouitz (2). Et immédiate quod fuit infra ne- 
mus, Petrus Bardisso vidit predictum Peyrotum de Castro- 
Luceto qui habebat balistam cum satgita desuper, e!; incepit 
clamare ad rusticos quod hic sint. Ipseque Petrus Bardisso dixit 
ei : € Noli satgitare, quia si sagites ego sicque faciam et peries 
et peream. » Et tune ille malus Peyrotus sagitavit et deffecit et 
ipse Petrus eciam satgitavit et defiTecit. Et sic ipse Peyrotus 
venit ad dictum Petrum et cum quadam sagita percutiebat 
ipsum in cappite et facie, sicque san^uis emanebat cum magna 
coppia. Et Qum Johannes Reyrol vidit ipsum Petrum sangui- 
nantem, (qui perpresens non audebatire ipsum juvatum,cum 
videret predictum Sthephanum de Clermont cum pluribus aliis 
équestres armatis cum lanceis et aliis diversis armaturis ; sed 
non audebant appropinquare quia videbant ipsum Johannem 
Reyrol habentem baiistam promptam), ipse Johannes Reyrol 
credens dictum Petrum fore vel quasi mortuum, furebunde (sic) 
se irruit in ipsum Peyrotum qui tenebat dictum Bardisso ; et 
quamdam sa^itam cum balista totam infra corpus suum posuit 
sicque post m crastina die mors fuit insequta. Et tune ipse 
Sthephanus de Clermont venit et cum lancea percutit ipsum 
Petrum Bardisso in pectore attrociter; sicque cecidit prostra- 
tus ad terram; percutitque eciam ipsum Johannem Reyrol qui 



(0 U Pay-Barreaa, Cf. platbaol. 

(f) Pent-f'lre N(*uvtc-Entier, arrondissement de Lioioges* 



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— 214 — 

non habuit tempus tendendi balistam. Et ipse Geraldus deu 
Pryexz jam fugierat sicque ipse Reyrol in pectore fuit eciam 
cum lancea attrociter vulneratus; et ipse Petrus Fabri al. 
Bardisso, qui fingebat se esse mortuum, cum adjutorio dicti 
Devayat surrexit et fugiit; et ifse Devayat, qui erat auctor 
istius prodicionis, fingebat se esse innocentem. Et ipsi volue- 
runt secum ducere dictum Rirol (sic) qui fingebat eciam se 
esse mortuum ; et ideoque nolebat ne ipsum tam in capite quam 
in tibiis atrociter vulneraverunt, quia in cappite habebat noyem 
ciquatrices (sic), in pectore unam et in crure unam et aliam 
maximam in tibia prope genu, ex qua fuit factus tortipes. 
Tamen infra modicum tempus fuerunt servatietdictus Devayat 
et Berxardus fugierunt et fuerunt banniti. 

F«37v^ ^ 

Item, et dum ipse domnus Bemardus scivit ista nova, fuit 
multum iratus et quasi insensatus : et immédiate scripsit domno 
de Petrabufferia quatinus veliet repparari facere injurias, 
dampna et convicia quas (sic) ipsi de Petrabufferia commise- 
rant versus domnum de Lebreto, equum dicti Pedegos, famuli 
Sthephani de Clermont, equum dicti Sansisto et bonaetinjurias{?) 
dicti Maehaclou, quia ipse habebat mandatum denovo a domno 
de Lebreto petendo ista; sed distulerat in quantum poterat, sed 
non poterat amplius differre cum haberet de novo mandatum ; 
et casu quo non faceret repparare, quod ipse faceret repparare. 
Cui domnus de Petrabufleria rescripsit quod gentes sue non 
fecerant aliquid in prejudicium domni de Lebreto, et quod si 
fecerant, offerebat pro ipsis stare ordinacioni domnorum pro- 
borum virorum vel unius, sic et in tantum quod ipse domnus 
Bemardus voluit quod domnus Guillelmus de Salanhaco, 
miles, iret apud Castrum-Lucetum pro appunctuando : qui 
eciam ivit. £t pro faciendo certum appunctuamentum ipse 
domnus Bernardus voluit quod venirent de Petrabufferia qua- 
tuor vel quinque pro videndo appunctuamentum et pro se 
obligando ad tenendum, prout retulit ipse domnus Guillelmus 
de Salanhaco, domnus de Manhaco. Quod appunctuamentum, 
ut ipse domnus Guillelmus retulit eciam domno de Petrabuf- 
feria et gentibus ejusdem ville, erat quod ipsi qui petebant, 
eligerent unum hominem pro ipsis, et ipsi de Petrabufferia 
alium pro ipsis. Et si illi ordinarent, auditis racionibus hinc et 
inde, quod gentes de Petrabufferia tenerentur quod facerent 
prout ordinarent, sin autem, quod essent auicti; quod gentes 
gratum habuerunt et primo domnus Guillelmus. Fuit dubium 
quis iret et finaliter ordinatum quod ego Geraldus Tarnelli 
cum predicto domnû de Manhaco, Nicholaus deu Vernk, 
Guillelmus Eseudier iremus : qui ivimus. Et fecit domnus 
Bernardus Feran bonum vultum et post potacionem dixit 
michi quod scriberem appunctuamentum. Quod prout intelle- 
xeram scripsi et posui ipsum domnum Berncurdum pro se et pro 



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— 215 — 

domno de Lebreto, ut gubernatore (1), et alios oominatim. Et 
eciam nominavi nos présentes qui promittebamus pro aliis de 
Petrabufferia qualiter hinc et înde promittebamus stare ordi- 
nacioni duorum, unius eiecti per ipsos et alterius eiecti per nos 
de il lis de quibus appareret nos teneri. Qui domnus Bernardus 
dum vidit scrl^turam meam, non fuit contentus. ymo dixit q^uod 
nolebat quod neret mentio de domno de Lebreto nec quod ipse 
faceret pro ipso nec quod servaret nos indempnes ab ipso. Et 
illud quod ipse faciebat, faciebat ut privata persona et eciam 
volebat quod poneremus in appunctuamento, quod staremus 
ordinacioni illorum duorum de illoquodforefeceramus, volens 
nos jam recognoscere nos forefecisse. Quod ego facere nolui 
quamvis ipse domnus de Manhaco diceret quod idem erat et 
(juod bene poteramus facere. Et ideo ipse domnus Bernardus 
incepit irasci et minari nobis et irasci cum famulis suis et 
omnibus, dicens : € Vultis dicere quod vos non forefecistis, 
certe ego faciam suspendere multos, nam vos invasistis cas- 
trum domni mei et gentes suas. » Et ego respondi sibi quod 
ego non habebam mandatum ad hoc» quod domnus de Petra- 
bufferia et habitatores eîusdem ville constituerant terminos 
leçacionis mee et non auaerem extendere fines mandati, quod 
eciam in aliis non crederent michi, sed quod ego reçportarem 
eis, et si vellent facere, quod facerent. Et sic recessimus cum 
multis minis. Et ego repportavi quod feceram. Et fuerunt 
domnus et gentes contenti c|uod non feceram, dicentes quod 
non facerent residuum, c[uia jam esset causa decisa. Et scripsit 
domnus de Petrabufferia eidem domno Bemardo voluntatem 
gentium, et sic res remansit. Et ipse domnus Bernardus recessit 
ad partes suas videlicet Vascomam sine reppaxacione petite- 
rum. 

Item, istis temporibus erant in Curvifino predicti homines 
domni de Petrabufferia videlicet Petrus Boysso, Paulinus de 
Buxeria et unus alius. Et pro eosdem recuperando, illi de 
Sancto Paulo iverunt quesitum et captum quatuor de illis de 
Castro-Luceto qui tune erant apud Borgueunuou (2), et ipsos 
ceperunt in quadam domo et ipsos adduxerunt apud Petram- 
bufferiam. Et fuerunt positi très in fundo turris ville in compe- 
dibus. Et alius qui dicebat se nobilem et vocabatur Bertranaus 
sens raso fuit positus in ferris in domo Johannis Labrosse et 
eslargitus semel pro eundo apud Castrum-Lucetum. Alii très 
vocabantur unus Chiquoy, alius Verdot le routier; nomen 
alterius ignore. Et steterunt per magna tempera infra turrim 
ubi tenebantur et custodiebantur. 



(1) Lo texte porta : quod ut gubernatore. Le narrateur aura touIu d'abord écrire ; quod 
erat gubemaior; puis aura change la construction de sa phrase en onbliant d'exponctuer le 
quod» 

(t) Bourpanouf, chef-lieu d'arrondissement. Creuse. 



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— 216 — 

Fo38r«. 

Item, post alic^ua tempora ipsi très qui erant infra tumm exi- 
verunt a compedibus et in crepusculo noctis deversus cero (sic) 
exiverunt a fovea pro fugiendo extra villam. Sed quidam custos 
turris venit ad turrim et repperit qaaliter volebant fugere et 
clamavit. Et tune ipsi clauserunt turrim et accenderunteandem 
clamantes : Lehret! Chasluceé! FeranI et Lebret lo vlelh! Et 

Êrohiciebant (sic) magnos lapides super domos et per vicos. 
!t fuerunt gentes multum (1) stupefacte et irate; et quilibet 
cucurrit ad muros ville timentes prodicionem; et quidam 
vocatus Feurier, loci deQueyrello (2), parrochie Sancti Pauli, 
habebat ipsos in custodia ; qui fuit captus immédiate ; et fuit 
sibi petitum qualiter istud fuerat actum. Qui dicebat se nescire. 
Fuitque in vula magnus insultus, timor et turbatio, et dictum 
eisdem qui erant in turri quod redderent se : quod facere nole- 
bant. Et tune immédiate cum certis magnis trabibus appodiatis 
muro turris deversus partem rue per quam itur de porta Magnae 
versus las estauxz, deversus et prope queyriam exeuntem de- 
versus dictam portam Manhat, fuit turris perforata et positus 
ignis infra. Et tune ipsi clamaverunt, et credidit quilibet quod 
vellent se reddere, et fuit extinctus ignis. Et dum ignis fuit 
extinctus, dixerunt quod non se redderent nisi omnia que fue- 
rant eisdem capta sioi restituerentur. Et ideo iterum fuit infra 
dictam turrim accensus ignis. Et ipsi ribaldi erant (3) in cacu- 
mine ipsius turris prohicientes {sic) lapides. Et ignis intantum 
processit quod ipsi censiverunt (sic) caliditatem et non erant 
ausi ostendere cappita timoré sagitancium. Qui multi erant 
numéro sagitantes contra ipsos. Sed cohacti caliditate ignis, 
opportuit eos se sagittariis se exhibere junctis manibus; qui 
dolore moti sagitare cessaverunt; et ipsi oppressi igné, Deo se 
coram populo se recomendantes et petentes veniam, saltare a 
turris cacumine riitebantur. Sed domna Maria de Rockochoart, 
domna de Petrabufferia i4), cordulam subtiliter cum quadam 
sagita tradi fecit et cum illa a turris summitate deversus 
partem porte dicte turris et ad longum aueyrie que res- 
picit domum Johannis Labrousse, dejsjcenaerunt, quod erat 
mirum videre, et sic mortem evaserunt et fuerunt positi infra 
castrum domini in compedibus ubi steterunt per aliqua tempora. 
Et turris fuit combusta nsque ad ultimum solare, desuper quod 



(i) n 7 a après multmm deux leltret «, e qui semblent avoir été biffées après coup, 
(t) Aujourd'hui le Queyraad (commune de Saint-Pan! d'Ejaux), arrondissement de 
Limoges. 

(3) Le mot est dcrit en toutes lettres ; mais le I est accompagné d'un sigle abréviatif ^i 
ne peut avoir été tracé que par inadvertance. 

(4) Fille de Jean II de Kochechouart, et de Eléonore de la Uothe-Pénélon» mariée en 1401 
à Louis II de Pierreouffiàre, mourut^près 14iG. Elle avait donc environ 45 ans à répoqne 
•h se passent les lai le ici rapportés. 



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— 217 - 

nltîmtiin remansit incombustnm cum tecto ejQsdem tums ; et 
immédiate foramen mine dicte turris fuit repparatum et turrig 

cumulata usque ad portam turris; et infra dictam turrim (1) 

tune temporis erant. Ego tamen amisi unam lodicem. 

Item et depost, steterunt per aliqua tempora in compedibus 
infra dictum éastnim domini, et postea ex certa composicione 
evaseinint et aliqua de bonis suis recuperaverunt et alia ami- 
serunt. 

Item, istis pendentibus, predicti Petrus Boysso etPàulinus 
de Buxeria semper erant in Curvifino ; nec poterat repperiri 
modus reccuperandi eos nisi solveretur magna peccunie 
summa eo importabilis per ipsos. Sed quadam die vénit 
domnus d'Oroal, locumtenens régis in partions istis, et nomine 
cujus predictus domnus Nicholausde/aJBarrstenebat castrum 
de Curvifino in Sancto Leonardo, Et dum domnus de Petra- 
bufferia scivit quod ipse erat ibi cum iilis de Curvifino, c^ui 
tenebant homines suos et quos ipse domnus d'Orval facie- 
bat (2) excequtores levandi talhias per patriam, congregavit 
çentes de Petrabufferia pro consulendo an esset bonum acce- 
aere apud Sanctum Leonardum pro ostendendo scitum nostrum 
eidem domno d'Orval ; et firialiter fuit conclusum ire et ordi- 
natum quod domnus Johannes de Petrabufferia, miles, filius 
dicti domni Johannis Labrousse, et ego iremus et quod itemus 
deversus Castrum-novum pro ducendo domnum de Castro- 
novo ; prout fecimus. Et dum fuimus ibidem, ipse domnus 
d'Orvdl loquutus fuit rigorose cum domno Johanne de Peti'a- 
bufferia rétro al tare magnum sancti I^eonardi. Sed finaliter 
domnus de Castro-novo dixit sibi auodnon crederet omnibus et 
quod ipsi ibidem vénérant pro inlormando ipsum de veritate, 
auam volnerunt per me sibi ibidem exponi, presentibus domno 
ae Castro-novo, aomno Johanne de Petrabufferia, Ludovico de 
Cadris, domno de Monhru (3). Quani exposui ; et recitavi totum 
factum et principium et q^uomodo extiterat processus. Quod 
audivit gratanter et remisit nos post prandium, post quod fuit 
ordinatum quod illi de Curviffino qui petebant, videhcet Sarv- 
sisto, Pedegos, Vertut, Verdotet alii, ponerent in scriptis que pete- 
bant, et postea eos (sîe) in scriptis responderemus atque omnia 
traderentur Johanni de Roheria ville Sancti Leonardi et vice- 
comiti de Conehes (4) qui morabatur in Sancto Leonardo et 
erat receptor tailharum ; qui haberent repportare dicto domno 



H) Un Mot inintelligible : erwtita ou meaUa. 
(i) Le mannscrit porto faciebant. 

(3) Louis des Cars. — Les Cars et Honbrun, commune de Donmatae, arrondissement de 
Saint-Yrieix, Haute- Vienne. 

(4) Ce -vicomto de Conehes s'appelait Nicolas Henry et 4tait rece^enf de Messire d'Albret. 
Il est mentionné avec ce titre dans un arto do 1425 publié par M. A Thomas dans nos Docu- 
neulê hiitoriquei êur la Marche et le Limouttn, l, 230, acte qu'il fiant rapprocher de la 
Chronique do Tameau. 

21 



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— 218 - 

d'Oroal. Qui, prout extiterat ordinatum, tradiderunt peticiones 
suas, de quibus habuimus coppias. Et postea e^o, Johannes 
Lahrousse, Johannes Fabri de Sancto Paulo, fecimus scriptu- 
ras et responciones in Sancto Leonardo; et habuimus in fac- 
cionemagistrum Martialem Bermondeti, licenciatum in leçibus, 
et tradidimus predictis Johanni de Roheria et vicecomiti qui 
non potuerunt tradere satis ad tempus dicto domno d'Oroal, 
qui non erat in provincia. 

P»38 v^ 

Item, in isto appunctuamento extiterat ordinatum quod pri- 
sonarii, qui erantin Curvifino, essent elargiti donec ipse dom- 
nus d'Oroal ordinasset ; et casu quo non çosset concordare, 
domnus Johannes de Petrabufferia promisit ipsos reddere dicto 
Sansiato ; et sic fuerunt elargiti et venerunt ad domos suas, 
et eciam ille qui erat in Petrabufferia, qui fuerat captus in 
cursu que fuerat facta apud Curvifînum. 

Item, ipse domnus d'Orval istis pendentibus disposuerat ire 
ad patriam Sanxonensem (1) unde ipse eciam erat locumtenens 
regius ; cum quo debebat ire domnus Johannes de Petrabufferia. 
Et dum fuit in Sancto Juniano ipse domnus Johannes voluit 
accedere ad ipsum domnum d'Orval et dixit michi quod irem 
secum ; et erat nox quando recessit. Cum quo solus volui acce- 
dere nec repperi qui vellet mecum ire ; sed originale respon- 
sionum nostrarum quod habebam pênes me, sibi tradidi, quia 
coppiam habebant ipsi Johannes de Roheria et vicecomes (2) ; 

3uod originale secum portavit et ibidem ostendit ; quod ipse 
omnus d'Orval noluit légère nec perfecte intelligere quia 
concideravit (sic) in principio earumdem veritatem et quomodo 
ibidem illi latrones canonizabantur (3) et vita ipsorum ibidem 
erat descripta ; sed proprio motu ordinavit auoa ipse Sanzisto 
haberet quatuor vigmti scuta* Pedegos quaaraginta et Vertut 
et Verdot viginti quinque. Quam ordinacionem domnus Jo- 
hannes de Petrabuneria mandavit domno patri suo verbo per 
Hugonem Bruny aL de Vallibus, filium Hugonis de Vallibus ; 
quam domnus et gentes repputaverunt intempestivam et one- 
rosam. et recalsitraverunt {aie) eandem tenere et venerunt 
inmediate predicti cjuesitum, quilibet partem suam. Qui in hac 
villa de Petrabufferia non fuerunt letanter recepti, ymo reces- 
serunt sine bona responciono. 

. Item, ipse Sansiato mandavit per dictum Sthephanum de 
Bonayre, quem dicebant fore socium suum armorum, domno 
de Petrabufferia quod sibi solveret quatuor viginti scuta sibi 



(1) La Saintonge. €'ost en effet la direction que prend mesiire d'Orral quand de Pierre- 
buffière il te rend à Saint4unien. 
(I) Le vicomte de Conches mentionné pins haut. 
(3) Aver le sens de approbare. Voyei Ducange. 



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— 219 — 

débita ex ordinacione domni d'Orval; qui respondit non esse 
informatum (?) predicte ordinacionis , et ideo ipse Sansisto 
accessit (1) deversus dictum d'Orval et domnum Johannem de 
Petrabufferia qui cum ipso erat. Qui domnus d'Orval et 
domnus Johannes scripserunt quod satisfierent dicto Sansisto 
quia de aliis ipse domnus d'Orval non multum curabat. Et 
venit hic plunes ipse Bonayre nro habendo dicta scuta, et 
finaliter fuit sibi responsum quod naberet quittanciam a domno 
d'Orval et faceremus quod esset contentus ; quod facere renuit, 
et dixit quod faceret de pejori quod posset domno et ville et 
lerre sue ; et sic recessit insolutus. 

F^ 34 vo. 

Die dominica in crastinum epiphanie Domini , anno Do- 
mini millésime CCCC*» XXIllP, que fuit septima mensis 
januarii (2), Johannes Johannelli mansl Cherhonnier (3) con- 
duxit Petro Martini eX.^Meart Daucebe quemdam filium suum 
quem asseruit fore habilem ad culturam et gubernare boves et 
ad arandum, precio siquidem guatuor scutorum auri, boni 
auri et legitimi pondens, cugni domni nostri Francie régis, 
duorum sextariorum siliginis ad mensuram de Petrabufferia, 
et unius turte panni (sic) talis quem in domo sua consuevit ipse 
parrochinus (sic) facere. 

P»43i^. 

Item, die XXII* mensis apprilis, anno Domini millesimo 
CCCC"** XX? quinto^ circa horam meridiei, ante portam castri 
domni mei, domni de Petrabufferia, régnante quo supra, no- 
bilis vir Johannes Régis, domicellus de Petrabufferia, fecit 
homatgium cum juramento fidelitatis domno Ludovico de 
Petrabuflferia, militi presenti, domno dicte ville de Sancto Paulo 
et de Âquisparsis (4), de omnibus que habet in castellania de 
Petrabufferia, de Sancto Paulo et de Aquisparsis. Qui domnus 
sibi injuncxit (sic) quatinus infra terminum juratum faceret " 
nominatam sive la nommée (5) ad penam iuris, presentibus 
domno Dionisio Devoti, presbitero, et Guillelmo La/on de 
Petrabufferia testibus etc. G. Tarnelli retulit. 

Item, die XXIX* mensis maii, anno Domini millesimo 
CCCC® XX° quinto, circa horam terciarum, in villa de Petra- 
bufferia, in domo habitacionis Johannis de Dezeyr al. Sanso- 



(I) Le texte porto apud devergus, mais apud semble avoir éié exponctué. 
(I) Par eonsëquent UtS. 

(3) Peatrétre Charbonnier, hameau de la commune do Bassière-Galant, arrondissoment de 
Saînt-Yrieix. 

(4) Aujoard'hui Aigneperse, près Limoges. 
5) Actrement dit la monstrée do ses terres. 



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— 220 — 

tau, régnante quo supi^a, personaliter eonstitntue Helias 
Gregori Sancti Vertuniani (sic) (1) prope Lemovicas dixit et 
exposait quod Dionisius Johanau, mercator castri Lemovi- 
censis, sibi tradiderat quemdam equum ibidem presentem et 
exhibitum» pili bavard [iL habentem unum de pedibus de rétro 
album, pro ducendoapud Petrambufferiam et tradendo Johanni 
de Orto, commoranti in dicta villa de Petrabufiferia. Cui eum- 
dem equum sibi (2) tradidit et eumdem ipse de Orto recepit 
cum protestatione quod ipsum equum ipse de Orto recipiebat 
jure pignoris et pro deductione certe peecunie summe, et non 
al[iter|, quam sibi débet dictus Dionisius et in qua sibi tenetur, 
prout ipse de Orto ibidem dixit. De quibus premissis partes 

Î>redicte pecierunt instrumentum quod concessi, presentibus 
ohanne de Crozene al. Savoy a, parrochianus Sancti Genezii, 
et Petro Paradinau, laboratore de Petrabufiferia, testibus etc. 

G, Tarnelli recepit. 
F*40r». 

Nota quod die martis vicesima sexta mensis juniî, in qua 
fuerunt celebrata festa beatorum Johannis et Pauli, martirura, 
et Maxencii confessons, circa horam terciarum, in caméra de 
|retro domus (3) contigue domui hospitalis de Petrabufferia, quod 
inagistri Aymerici Tarnelli defuncti et nunc Geraldi Tarnelli 
et ffatrum et sororum suorum [est] , anno Domini millésime 
CCCC"® vicesimo quinto, presentibus Sobeyrana Audieyra, 
uxore Pétri Bondussonis, Mariota Belussa, relicta quondam 
Pétri Belutz, Mariota Phelipona, relicta quondam Guillelmi 
Roverini al. Phelipe, et quadam alla Mariota commoranti in 
Castro domni mei de Petrabufferia, et Hugone Tarnelli, pres- 
bitero, Mariota Bondussonis peperit quemdam filium qui 
ibidem fuit subumblatus (4) per dictum Hugonem. Et fuit sibi 
impositum nomen Petrus, Que Mariota erat filia predictorum 
Pétri Bondussonis al. Dinon, et Sobeyrane Audieyra conju- 
gum, et uxor dicti Geraldi Tarnelli. Et fuit dictus filius custo- 
ditus usque ad fdieml jovis sequentem dictam martis immé- 
diate. Et dicta jovis fuie], fuit babtizatus circa horam tercia- 
rum in monasterio Sancte Crucis per domnum Johannem 
Roverini. Et fuit compater magister Geraldus de Cuille, ville 
Tutelle (5), et commater Mariota de Labroussa, uxor magistri 
Marcialis Bermondeti, licenciati in legibus, ville Lemovicensis, 



(1) Sans douto Saint- Victarnien pris Saint-Junien, arrondissement de RochechoaarL 
(I) Ctti... tibi, antre exemple de pléonasme , comme on en trouve sonTsnt dans relte 
chronique. 

(S) Plus loin de rétro gouTome l'accnsatit. 

(4) Pour iubnmbratu*. Mais que signifie ce mot ? Il faut certainement corriger enhun 
ditut, ondoyé. La qualité de Hugues Tarnean, prêtre, et les circonstances qui suitent sem- 
blent bien prouver qu'il s'agit en effet d'un baptême par prorision. 

(5) Tulle en Bas-Limousin. 



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— 221 — 

et filia Johannis Labrousae de Petrabufferia et quondam Petro* 
nille Taroella , auondam sororis dicti Geraldi Tarnelli , 
quondam uxoris dicti Johannis Labrousse, deffuncte. Et fuit 
eidem filio nomen impositum Geraldus, quo nomine vocatur 
et vocabitur quamdiu vivet in humanis. 

P« 34 Y^ 

Die yeneris in qua fuit celebratum festum beali Bartholomei, 
que fuît XX* qumta mensis auguGti, anno Domini millesimo 
ôuadringentesimo XX™® auinto, venit intus moratum Johannes 
ae Axia, filius quondam Y terii de Axia, castri Lemovicensis, et 
Petronille, relicte quondam macistri Aymerici Tarnelli. Item, 
recessit abhinc die sabbati que fuit décima mensis novembris, 
anno quo supra. 

1436. 

F^ 34 v°. 

Nota quod die lune que fuit undecima mensis marcii, anno 
Domini M® OCCC<* XX<* quinto fl), Johannes Chadeland, parro- 
chianus de Glanges (2), se concordavit cum domno et domna 
meis dq Petrabufferia de omnibus illis in quibus poterat teneri 
eisdem racione explecti facti per ipsum cum animalibus suis, 
de toto tempore preterito usque ad hune {sic) in locis, pascuis 
dictorum domni et domne. Et ipsum solverunt et quittaverunt 
cum hoc quod dictus Johannps promisit solvere semel tria 
scuta auri, cugni domni nostri Francie régis, boni auri et legi- 
timi ponderis, videlicet duoinfra ramas palmarum proximas et 
reliquum infra festum proximum beati Michaelis. Et in antea 
ipse potest depasci cum animalibus suis in dictis locis sive 
pascuis ipsorum domni et domne, cum hoc quod habeat sol- 
vere anno quolibet, racione explecti, tempore quo talia explecta 
solvuntur et solvi consueverunt, unum scutum auri, predicti 
cugni et ponderis, et unum sextarium frumenti ad mensuram 
de Petrabufferia dictam, tamdiu placebit eisdem domnis et dicto 
Johanni. Et fuerunt premissa acta die et anno predictis in 
Castro inferiori, subtus domum que quondam fuit dicti Doeet, 
videlicet in orto dicte domus. Et erat ibidem domicella mea 
Margarita (3) et Mariota famula cum ceteris aliis mulieribus. 

P38v*. 

Item, nota quod die vicesima sexta mensis augusti, anno 
Domini millesimo quadringentesimo vicesimo sexto, domnus 



(I) N. rt. i«8. 

(t) ÀrronditMment d» SMiK-Tn'eiz. Hmale-VieniM. 

(S) Sans doute vnt fille de dame Marie de Rochecboa^rt mentionnée prieédemMeat. 



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- 222 — 

meus Johannes de Britannia, domnus de Acquilla (1), frater 
Oliverii de Britannia, comitis Pemthevrie vicecomitisque Le- 
movicensis, de mane visus fuit cauthelose intrare villam Le- 
movicensem per portam de Arena ; etdum vidit quoddeffecerat, 
dictam villam obsessit deversus partem civitatis et stetit ibidem 
bene spacio quindecim dierum vel circa. Et domnus Johannes 
de Petrabufferia, filius domni Ludovici, portavit banieyram 
sive vexillum, et postea accessit apud Axiam ; et de ibi fuit 
factum magnum bellum et continuum, et multi hinc inde fuerunt 
interfecti. 

Item, ipsi de Lemovicis, çendente ista guerra, fecerunt quod 
habuerunt de parte sua et in villa sua receperunt Potonem de 
Seintraille, qui erat capitaneus Castri-Luceti, qui ad reques- 
tam ipsorum de Lemovicis venit cum multis Picardis usque ad 
numeriim sexaginta et fecit guerram. Ipse enim domnus de 
Acquila habebat plures Anglicos qui fayebant sibi ut Gallici. 
Et nunc decesserat domnus Ludovicus de Petrabufferia 
domnus dicte ville. 

Item, vp%Q Bonayre, Pedegos, Frisquet et plures alii de Castro- 
Luceto, de quibus superius est facta mentio, erant in villa 
Lemovicensi cum dicto Poto et incidiati fuerunt (2) secrète et 
de nocte ville de Petrabufferia, que villa de Petrabufferia 
tune temporis non dubitabat de illis de Lemovicis, neof etiam 
unus alteri indicerat bellum; sed tacite hinc et inde se habe- 
bant et veluti (3) sub umbra, sic quod nullus se determinabat 

ad pacem neque ad bellum; sed sic inter (4) se habebant 

et accidit quod sequitur : 



Die veneris circa mediam noctem que fuit ultima dies mensis 
januarii, anno Domini millésime quadringentesimo vicesimo 
sexto, predictus Poto cum dicto Bonayre et pluribus aliis tam 
de Lemovicis quam de alibi , inter quos de Lemovicis erat 
quidam dictus Rogeyro, filius dicti Rogier, filius Mathei deu 
Peyrat, filius dicti Boneffan, dictus Mare Sanor et plures alii 
de dicta villa et quidam brigandus de ipsis qui vocabatur Be- 



(1) Sur les motifs d« la pr4i«ne« de Jean de Laigle en Limonsin, totoz Tarticle de 11. L. 
Guibert, Jean 4« Laigle et let bourgeois de Limogei, ap. Bulletin de la Société archéolo- 
gique du Limousin XXXI, 7t. L'autour n'a pas usé do la chronique do Tarneau. Elle n'ajoute 
pas grand chose d'ailleurs à ce que l'on sait déjà du dernier épisode de la Guerre de la 
wieomté. — Nous rappellerons que Jean de Laigle faillit s'emparer do la irille grâce à la 
complicité du fameux Gautier Pradeau. Le complot fut découvert et le coupable mis à 
mort. La ville a célébré jusqu'aux approches do la RéTolution par une procession solennelle 
1 sonvenir de ces éTènemonts. 

(t) Le texte porte incidiatiifUerunlt comme plus haut minatit fuerunt. Cf. ci-dessus. 

(3) Le texte porto très lisiblement, comme plus loin encore : welate. 

(4) Ua mol illisiblo. 



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— 223 — 

tola, qui erat cappitaneus brigandorum ; et intraverunt predic- 
tam villam per murum dicte ville contiguum muro portalis 
anterioris porte castri domini , ubi de novo ipse domnus de 
Petrabufferia et domna ejus uxor fieri feeerunt quamdam por- 
tam et scalam quamdam lapideam incipientem a porta de 
Meyras deextra usque ad murum portalis predicti vel quasi, 
ubi extiterat facta porta ; et predictam scalam assenderunt («zc) 
primo ipse Bonayre cum tribus aliis ; et unus illorum erat de 
Sollempniaco (1^ faberet de illis deuxz Bodaus, qui morabatur 
Lemovicis. Et illi quatuor ascenderunt. Dum fuerunt in ca- 
cumine scale lapidée, per quamdam scalam ligneam supra 
murum et per aliam scalam ligneam descenderunt ; et 
dum fuerunt infra cum quadam magna barra ferri dicta 
pes câpre (2), fregerunt quamdam scathenam {sic) que 
tenebat barram dicte porte, et tune omnis intravit sine im- 
pedimento usque ad numerum septem vel octo viginti gentium 
armorum in summo armatarum.Et erat vigil sive faciebatex- 
cubias illanocte Petrus Feurier de QueyrelTo, parrochie Sancti 
Pauli, filius Pétri Feurier, qui sine deffectu vigilabat ; et nun- 
quam ipsos audivit, ut asseruit, donec fuerunt ante torcular sive 
lo truelh domini, quamvis fuisset bene inquisitus et conciona- 
tus (3) rigide, me présente ; sed dicebat quod impetus aque 
impedivit ne audiret. Et illa nocteerant de rerguath Johannes 
Michaelis, clericus, et Petrus Manien, faber, qui Michael jam 
cubuerat et fuit reppertus in lecto, sed non alter. 
• Item, ipse Ponto cum comitiva sua, dum fuerunt ante pre- 
dictum torcular, clamaverunt insimul omnesalta voce ad mor- 
tem et postea clamaverunt se intra. lUe Deus scitquantus fuit 
clamor et timor. Egoque eram in lecto cum Mariota Bondus- 
sona uxore mea, Geraldo filio meo, in domo quam construi , 
alias fecit maçister Petrus Maignae, Et dormiebam et ipsa 
uxor me exvigilavit; et dum audivi tumultum, surrexi impe- 
tuose et ivi ad fenestram et audivi quemdam vocatum lo Clerc 
de Lissa qui erat ante domum magistri Pétri Hugonis, qui 
bene cognoscebat me quia pluries dederam sibi potum. Et 
clamabat : « Magister Geralae, opportet te reddere I > Et erat 
nox tam opaca quod non poterat aliquid videri. Et ego de fe- 
nestra nudus clamavi : « Quis es? > Et continue sagitavit ipse 
Clericus contra fenestram et credidit me occidere. Et tune ego 
multum turbatus recordatus fui quod magna porta anterior 
dicte domus non eratclausa, et cucurriad eandem descendendo 

S'adus scale. Et dum credidi claudere ostium, fuit ipse Clerc 
i dicens : « Certe non claudes, sed redde te, et faciès auid 
prudens, quia morieris. » Et tune ego fugii et ascendi scalam 



(i) Solignac, pr6t Limoges. 

(I) Le PUd-dt-ehèwre désigne encore aujourd'hui une piace fendue et courbe fàitên 
office de loTier. (Landais, DUt.). Littré attribue le même sens au mot Hêâ^e-bUht. 
(3) Xoa« supprimons un et inutile on cet endroit. 



c 



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— 224 — 

domus et clausi aliad osiium ; et ipse inse<}uuta9 fuit me ; et 
dum fuit in alio ostio aule deversus turrim ubi ego cubabam , (1) 
vidit ostium clausum et non vidit ignem • subito, cum esset 
solus recessus. Et ego assendi muros ville et portale ubi 
repperi Petrum Bondussonis, patrem predicte uxoris mee, 
vulneratum de jactu cujusdam lancée in femore de una parte 
ad aliam. Et istis pendentibus ipse Clere de Lissa ivit quesitura 
majores gentes; etinillo intervallo Sthephanus Combaud cwok 
uxore mea clauserunt portam magnam aicte domus; et immé- 
diate post yenefunt bene decem et septem homines multum 
bene armati, clamantes : « Ad domum magistri Geraldi! > Et 
dum fuerunt prope domum desuper portale ubi ego eram, ego 
et très vel quatuor qui eramus, eis de lapidibus multum bene 
servivimus, sic quod fuit eis necesse terga vertere ; et fuit unus 
prostratus ad terram sic quod de tota nocte non venerunt am- 
plius prope domum neque portale. Ipsi tamen assenderant (sic) 
Ignem in quadam curte tenentem cum domo de Vision, in qua 
domo erat Petrus Fabri al. Baudisso qui se deffendebat ; et 
eandem intraverunt domum et ipsum Fetrum occiderunt et 
omnia stia bona secum detulerunt. Et fiebat magna turba quia 
domnus Johannes de Petrabufferia, miles, domnus dicte ville, 
multum clamabat; cum quo erat domnus Hugo Tarnelli, frater 
meus, qui eisdem sagitabat sic quod non erant ausi stare ante 

Sredictum torcular. Multi tamen de Petrabufferia recesserunt 
esuper muros prout fecit Petrus Villatella, Johannes Reyrol, 
Aymericus Cuquart et plures alii. Plures tamen erant in illo 
chadaffau subtus portale de Archanbaut, quod facit queyriam ; 
et de ibi sagitabant sic quod gentes armorum se retraxerunt 
et clamabant : « Ad diem, rusticil » Et posuerunt ignem in 
domo Pétri Hugonis que se tenebat cum orto deu Bayte. 

P39v^ 

Item, în turri erant très vel quatuor, sed non potuerunt 
inmediate assendere quia ulterius solare non bene erat; sed 
iinaliter assenderunt et plures homines ibi se retraxerunt et 
prohiciebant (sic) lapides ; nosque prohiciebamus de portali 
sic quod nullus audebat transire per vicos. Nam domus Pétri 
Hugonis faciebat tam magnum lumen ac si esset dies, eratque 
magnus insultus. Et ipse Bonayre, qui prior intraverat villam, 
erat jam in domo Johannis Labrousse que fuerat sibi donata, 

Juia intrabat primus et non repperierat resistenciam , quia 
ohannes Labrousse non erat, sed solum unus de filiis suis, 
vocatus Johannes, qui jam assenderat super domum. Et dum 
vidit Bonayre quem cognoscebat, locutus fuit secum ; et ipse 
Bonayre ipsum affidavit et sic ipse Johannes venit ad ipsum; 
et finaliter cum aliis bonis Johannis Labrousse duxit secum 



(i) Noos fupprimons un tt inutile en cet endroit. 



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— 225 — 

Ipsum Johannem apud Castrum-Lncetum, et ipsum posuit in 
fovea, et opportuit post omnia ipsum solvere centum scutaauri; 
que solvit. 

Item, ego non credebam quod esset aliquis pênes Johannem 
Labrousse quia non dicebant verbum; et clamavi et vocavi 
Johannem. Et tune ipse Bonayre intellexit me quia multa bona 
habuerat in domo mea, et dixit michi quod redderem me sibi 
vel quod apperirem sibi ostium , quod faceret michi bonam 
societatem. Et ego dixiquod non facerem. Et tune dixit michi 
quod ymo facerem, vellem aut noUem. Et tune ego cum ma- 
gistro scolarum (1) et domno Nathale Fabri, avunculo, qui 
multum timebat Johannem de Deaeyr (2) al. Sansotau Johan- 
nem, ejus genero, et quodam clerico dicti magistri, fortiffi- 
cavi domum et posui super domum, deversus la tonella, tabulas 
ad modum d'eyehaffau, et posui gosies in fenestris et feci 
prepcurare sagittas quia habebamus in domo très balistas ; et in 
portali erant due et in ehadaffau de TarnfelloJ (3) erat 
una; et adhuc non fuit dies; ymo gentes se retranebant in 
turri et alibi. 
Quere infra ad istud signum * (4). 

* Item, per totam noctem visitaverunt terribiliter domos et 
gentes quas tenere poterant et specialiter Johannem Michaelis 
et Petrum Manien et alios. Et aum fuit dies, venerunt ad por- 
tam Archambaudi pro exercendo. Et ibi fuit resistencia quia 
Petrus Arehanbau sagitabat cum balista de illo eschauffau de 
queyria, quia portale de Arehanbau non erat preparatum de- 
versus villam et homines non poterant se deffenaere propter 
satgitarios. Quod si fuisset preparatum, nonquam exissent per 
ibi. Sed ipsi venerunl cum mulieribus quas ante se ponebant, 
et opportuit, cum nollent mulieres occidere, quod se redderent. 
Et luit occisus de quadam satgita in portali de queyria Petrus 
Arehanbau ; et post captionem occiderunt Guillelmum Ylarii 
alias Guaris. Et fuit eciam occisus Guillelmus Gendraud al. 
Dourdepy, textor, qui erat in Albieu, Quilibet istorum trium ha- 
bebat mulierem pregnantem et plures liberos. Fuit eciam 
occisa uxor Bernardi de Rouffinhae qui eciam habebat plures 
liberos ; et eciam fuit occisus Aymericus Guillot de quadam 
satgita, in fenestra domus sue que est prope turrim, rua inter- 
media. Et sic ipsi lucrati fuerunt (5) portam Archambaudi. Et 
immédiate post, ipse Bonayre primus cum pluribus aliis. 



(i) L'une des rares mentions que l'on puisse relever en Limousin d'un maître d'école au 
XT* siècle. 
(S) Déjà mentionné plus haut, 89 mai i425. 

(3) Cf. la page précédente, où il est parlé d'un Chadaffau peu après qu'il a été fait 
mention de Hugues Tarneau. 

(4) Lo siguo auquel Tarneau renvoie existe on effet en tète du folio i\ r*. 

(5) Lo texte porte lucratU fuerunt ^ orthographe habituelle h l'auteur. Cf. ci-dessus. 



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- 226 — 

habentes paneys et balistas, venerunt ad domum nostram de- 
versus la tonella que non erat preparata, et clamavit quod me 
redderem. Et ego non dixi verbum, sed quod sagitabam et 
satgitari faciebam et çrohicere (sic) lapides de turri. Et fuit 
unus qui venit ad ostium domus de rétro. Ego quidem qui 
feceram levare las planchas desupra dictum ostium, dedi sibi 
de una lancea supra capud, quod ipsum projessi (sic) ad ter- 
ram, et dimisit capellum. Et depost ibidem nul lus venit ; sed de 
rétro domum deversus tonellam et prope murum ville, ubi 
lapides de turri non poterant venire, inceperunt minare; et nos 
inivimus contraminamina. Etdum viderunttalem resistenciam, 
recesserunt; et sic remansi quod nichil admisi nec Petrus 
Bondusso quia non intraverunt pênes ipsum, nec Petrus Baillât 
nec Hugo de Vallibus nec dictus Chabrier, Guillelmus Hugonis 
fuit dictus apud Lemovicas et nichil solvit ; nec domus sua fuit 
deppredata quia ipsi de Lemovicas (sic) custodiverunteandem. 
Et sic ipsi latrones recesserunt cum videront quod non pote- 
rant habere turrim neque castrum cum omnibus bonis vel 
saltem majori parte habitantium dicte ville. Et portaverunt 
apud Lemovicas ubi gentes de Lemovicas fingerunt fore ira- 
tos ; et ceperunt bona que poterant repperire et posuerunt in 
uno loco dicentes quod restituèrent ; et mandaverunt quod mu- 
lieres de Petrabuneria irent quia restitucionem aliquam reci- 
peront; et sic ipsas ten'uerunt supra fontem (1) per très septimanas 
sine aliquali restitucione. Nulles tamen habuerunt captives de 
Petrabufferia. 

1427. 

Item, tune temporis domnus meus de Acquila erat apud Exi- 
duelh (2). Et scivit ista nova quod villa de PetrabuflFeria erat 
capta, et fuit stupefactus et iratus ; et inmediate misit quesi- 
tum gentes armorum ançlicos cum pluribus aliis et scripsit 
domno Johanni de Petraoufferia, domno dicte ville, et gentious 
ville. Ténor littere gencium ville talis est, que ultime fuit missa, 
que comprehendit tenorem anterioris littere : 

Très chiers etgrans amis, Puys nagueres tantost appres que 
je ouy que ces malvayses gens de Limotaes avoyent pillé vostre 
ville et vous cuidé prandre, et tout en aespit de Tfioy et pour le 
grant desplaisir que je en ay, il ne a gueres que je vous res- 
cripspar un nommé Ponehut le grant desplaisir que je avoye 
en eetle matière, ainsi que je pense que par mes lettres avés 
ouy; et ay entendu que mes gens, en retournent des parties de 
Limotges ou estoyent allés, sont retournés par vostre ville, 
auxz quieulxz avés fait très bonne chère, dont je vous mercie. 
Et pour ceu (sic) je envoyé devers vous le capitaine de la Rouche- 
Labeille et. Jehan de Roy ère, auxz quieulxz je ay enchargévous 
dire certaines chouses. Si vous prie que lez veuillez creire de 



(i) Il faut comprendre Yraisemblablement qu'on les retint dans une pièce de premier 
étage aa-doTant de laquelle se trouTaît la fontaine publique, 
(t) Exideuil, arrondissement de Përiguenx. * 



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— 227 — 

ee que Hz voua diront de par moy. Et en vérité, a l'aide de 
notre Seigneur, je ay espérance de vous faire avoir vengenee 
sur ces malvayses gens du desplaisir que Hz vous ont fait. 
Car je reppute le desplaisir que Hz vous ont fait, que Hz 
le ont fait a moy mesmes. Très chiers et grans amis, si 
chouse est quefaire puisse, faites le moy seavoir pour la complir 
de très bon cuer, a l'aide de Dieu, qui soit guarde de vous. 
Escript a Exideulh, cest XV^^ jour de février. Sic signate 
desubtus : Jehan de Bretaigne, manu ipsius propria. Et de- 
super : A mes très chiers et grans amis lez gentillz hommes, 
nobles, bourgoys et habitens de la ville de Pierrebufflere, 

Credulit€is littere non se extendebat in plus' quam ipsa 
littera. 

fo 41 ^o^ 

Item, depost, ipse domnus de Acquilla cum magna comitiva 
gencium armorun tam Gallicorum quam Anglicorum, qui tamen 
Ànglici serviebant sibi ut Gallici, inter quos erat capitaneus 
Anglicorum quidam vocatus Q,uadiffer Chartreuse, qui erat ca- 
pitaneus Montisdome et de Bregeyraco (1), venit apud Man- 
sum-serenum (2) et dehic (sic) scnpsit domno Johanni de Pe- 
trabufferia, domno dicte ville, et domno Ludovico de Petra- 
buflferia, domno de Castro-novo, cognatis germanis, ut venirent 
inmediate loquutum secum apud Mansum-serenum, quia erat 
multum cum ipsis loquturus. Qui iverunt indilate ; et dum fue- 
runt apud Mansum-serenum, quia ego eram cum ipsis, loquti 
fuerunt ad partem, et ipse domnus de Acquilla inter cetera ro- 
gavit et requisivit domnum Johannem de PetrabufÏQria quati- 
nus ipsum cum gentibus suis reciperet in Petrabuflferia ut 
abhinc possetgravare Lemovicenses et quoscumque alios con- 
traries. Qui respondit quod erat presto sioi obedire in obedien- 
dis , volebat tamen super istis deliberare cum domna matre 
sua et aliis suis parentibus et amicis. Et sic dédit sibi termi- 
num ad deliberandum usque ad [festum] Johannis proximum ; et 
hoc fuit [die] lune que fuit XX"* mensis febroarii, anno Domini 
M^'CCCC™'* vicesimo sexto. Et sic salutationibus prepositis ipsi 
domni Johannes et Ludovicus de Petrabufferia iterarripuerunt. 
Et dum ego cepi (3) licenciam domni de Acquilla, rogavit me 
afTectuose quatinus ego consulerem domnum Johannem ut 
reciperet ipsum cum gentibus suis. Et dum fuimus in itinere, 
fuit consultatum per preffatos dominos et plures nobiles an erat 
expediens obedire domno de Acquila in petitis. Qui finaliter 
post domnum Ludovicum tenuerunt quod debebat (4) ipsum 
recipere dum tamen non reciperet Anglicos. Ego quidem 
assero (et sic sit michi Deus testis) quod non consenti! neque 



0) Domme, arrondissement de Sarlat, et Bergerac, chef-lien d'arrondissement, Dordogne. 
(I) Masse ret, arrondissement de Tulle. 

(3) Le texte porto iepi. — Licenciam capere : prendre congé. 

(4) Ce debebat a pour sujet sous-entcndu Johanuei, dont il e»i question plus haut 



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~ 228 — 

antô neque post, sic quod credo quod veluti (1) incurri indi- 
gnacionem domni de Acquilia talem qualem, quia ego eram 
bene in gracia sua, quia judex vicecomitatus. Sed multum du- 
bitabam et non sine causa. Tamen per me nichil in hoc fuit 
actum. 

Item, [die] jovis que fuit penultima mensis febroarii, circa 
horam nonam, anno Domini M° CCCC"** vicesimo sexto (2), 
absque hoc quod domnus Johannes de Petrabufferia mandasset 
domno de Acquilia ejus voluntatem quam habuerat cum illis 
de villa qui in oppinione mea se teneoant et quomodocunque 
esset quod Anglici non intrarent, vènit inoppinate ipse domnus 
de Acq^uilla cum magna societate gencium armorum et cum 
Anglicis, videlicet cum illo Quadiffer Chartreuse (3), et sine 
dimcultate intraverunt villam et*hospitaverunt equos et perso- 
nas infra villam sive fortalicium magnum ; ipseque domnus 
de Acquila erat hospitatus pênes me. Non tamen faciebantma- 
lum, sed solvebant, et dum adequabant equos ad pontem, 
eadem die illi de Castro-Luceto venerunt usque ad reclusam (4) 
vel quasi; et ipsi de villa insequti fuerunt ipsos usque ad Cas- 
trum-Lucetum rigide. 

Item, [die] saboati sequenti que fuit prima dies mensis mar- 
cii, anno quo supra, ipse gentes armorum usque ad numerum 
trecentum équestres et usque ad numerum trecentum pédestres 
et satgitarii iverunt cursum apud Lemovicas deversus partem 
Carmelistarum (5) ; et ipsos de villa impetuose precipitaverunt 
usque ad portam et occiderunt quatuor vel qumque homines 
et mfinitos vulneraverunt et ceperunt plures et secum adduxe- 
runt infinita animalia bovina usque ad Petrambufferiam. 

Item, [die] lune que fuit XVII* mensis febroarii, anno Do- 
mini Mo quadringentesimo vicesimo sexto (6), Ponto de Sein- 
traille cum gentibus suis et aliis de Lemovicis ceperunt pro- 
ditorie ecclesiam parrochialem Sancti Prejecti-Ligora (7) et 
ipsam cum omnibus reliquiis, libris, omamentis, bonis quibus- 
hbet comburerunt totahter ; et opportuit gentes saltare de- 
super muros, et amiserunt infra dictam ecclesiam ipse gentes 
omnia bona sua, blada et alia quecunque, sic quod opportuit 
eosdem mendicare. 

Item, istis peractis, ipsi de Lemovicis timuerunt et de per- 
petratis per ipsum Ponto non fuerunt bene contenti nec confi- 



(1) Le texte porte comme plut haat welate. 
(I) N. et. UV. 

(3) Déjà monHonné plus haut. 

(4) La Recluse chargée de prier pour la Tille, comme on en connaît plusieurs en Li- 
mousin. Yoy. un article de M. Àrbellot, ap. Bull. Soc. areh. du Um., XXXIII. 

(3) Par conséquent k Touest de la Tille, non loin des Arènes. — Ces Carme lUê* sont les 
Grands Carmes établis à Limoges depuis le milieu du xii* siècle. 

(6) N. st. Uf7. Chronologiquement ce récit doTrait prendre place aTant le précédent. 
Mais l'écart de leurs dates respectires est peu considérable. 

(7) Saint-Priest-Ligouro, arrondis8omcnt de Sainl-Yrieix, Haute*Vicnno. 



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— 229 — 

derunt in ipso prout consueverant ; et fecerunt tantum quod 
recuperavenint castrum de Veyrae (1) ab eodem Ponto, quod 
ceperat ipse Ponto de consensu ipsoruinde Lemovicis. Et quod 
castrum erat filie uxoris domni Ludovici de Petrabufferia, 
domni de Castro-novo, et in custodia et gubernatione ipsius 
domni Ludovici ; et ideo paulatim ipse Ponto fuit deiectus a 
villa Lemovicensi et tenuit se apud Castrum-Lucetum uoimina- 
batur nobis et illis de Sancto Paulo. 

P» 41 v«. 

Item, gentes ipsius Ponto, dum erat in Castro-Luceto, bis vel 
ter iverunt cursum apud Sanctum Paulum, ubi se (2) deffen- 
debant et ipsos in fugam ponebant. Tamen semel ceperunt (3) 
animalia de Aquisparsis et secum duxerunt. Tamen die vice- 
sima sexta mensis marcii, anno Domini millesimo quadringen- 
tesimo vicesimo septimo (4), in qùadiemet ipse Pontho miserat 
domno de Aquilla sine deffectu (quia ego legi et custodivi per 
unam diem et unam noctem quamdam sunertam sigillatam 
sigillo suo proprio in papiro (?), prout est consuetum), de non 
faciendo guerram usque ad ouindecim dies tune proxime ven- 
turos, prout et ipse domnus ae Acquilla soUemnem sibi Ponto 
miserat sigillatam sigillo suo proprio, ^uam ego scripseram ; 
et eciam dederat aliam illis de Lemovicis c|uia, mectientibus 
(sic) quibusdam et principaliter rege Francie, fuerant convo- 
cate in villa de Substarenea (sic) (5) gentes trium statuum de 
Lemovicinio die martis que fuit prima mensis apprilis, anno 
Domini M° CCCC"^ vicesimo septimo (6). Tenores guarum 
suffertarum inserius sunt inserti (7). Ipse Ponto predicta die 
vicesima sexta mensis marcii predicti, anno predicto, fecit 
cucurrere (sic) gentes suas de Castro-Luceto proditorie et pen- 
dente suHerta usque ad numerum sexaginta decem apud 
Sanctum Paulum. Et venerunt primi novem vel decem et alii 
remanserunt in quodam nemore. Et dum gentes de Sancto 
Paulo ipsos viderunt, exiverunt sine ordinatione aliquali et 
ipsos insequuti fuerunt aliqui et aliqui non ; et dum fuerunt 
prope nemus ubi alii erant, exiverunt exeuntes in nemore super 
ipsos. Et ibi fuit magna tribulacio et copia ictium. Fuerunt 
tamen capti de illis de Sancto Paulo duodecim et ligati; et de 
illis de Castro-Luceto in conflictu fuit occisus quidam de nota- 



ci) Canton do Nieul, arrondissement do Limoges. 
(I) Se désigne les habitants de Saint-Paul. 

(3) Le texte porte ieperunt comme pins hant déjà. Le sujet du rerbe est ërideroment 
gentea ipgiua Ponto. 

(4) Le millésime est exact puisque, en Limousin, on commençait alors l'année au tS mars. 
C'est ce qui est confirmé quelques lignes plus loin par la mention môme du jour. 

(3) La Souterraine, arromlisscmonl de Guéret. 

(6) M. À. Thomas, ^ui signale celte session (Ouv. cité, I, tU) sur la foi de Tarneau, ne 
coanalt aucun document ik l'appui de cette mention. 

(7) VoTOz en effet plus bas. 



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- 230 — 

bilibas ipsorum, vocatus domnus de Baro, et plures vulnerati. 
Et dum ipsî viderunt illum mortuum et alios vulneratos, occi- 
derunt illos quos tenebant captivos usque ad numerum duode- 
cim, quibus scindebant guttura. Et fuit unus letaliter vulneratus 
qui eciam postea decessit ; et sic fuerunt tridecim (sic) mortui de 
Sancto Paulo. Inter quos fuit occisus Ademarus Laoendier, 
Johannes de Artiaco; nomina aliorum ignoro. Et duxerunt 
secum quatuor vel quinque ; et dum fuerunt in Castro-Luceto 
in crastmum, suspenderunt unum in quadam arbore et alios 
detinuerunt captivos et in fovea Castri-Luceti. 

Item, ipse Ponto, dum vidit tantam cladem factam, pendente 
sufferta per ipsum concessa, mandavit quod suflferta quam 
ipse tradiderat sibi restitueretur, et quod ipse volebat conse- 
dere {sic) aliam sub data diei vicesime septime mensis predicti 
marcii, anno quo supra. Et istud mandavit per episcopum (1) 
Lemovicensem, vel nisi sibi restitueretur, quod non teneret 
aliquam sufPertam. Et ideo fuit sibi missa, quamvis semel fuit 
conclusum quod non restitueretur per domnum de Acquilla , 
domnum de FetrabufFeria, domnum de Castro-novo, Stheobal- 
dum (sic) de la Gomblaye (2), cubernatorem ^sw^ vicecomitatus 
Lemovicensis, et plures aliis de consilio. Egoque eram pre- 
sens. Et fuit dicta sufferta michi tradita in custodia ut ipse 
Bonto (sic) posset reprobari tempore et loco ; que postea fuit 
restituta, ut preffertur, de mandato domni de Acquilla. Ipsique 
de Lemovicis recuperaverunt castrum de Veyrac (3) ab eodem 
Ponto cura duodecim centum multonibus auri quos sibi tradi- 
derunt. Et sic ipse Ponto recessit a partibus istis et ivit apud 
Boygensi prope Aurelianum (4) unde ipse erat cappitaneus, et 
dimisit in Castro-Luceto Tandonetum de Fumel, ejus locumte- 
nentem, cum pluribus aliis. 

FM2p«. 

Sequuntur tenores suflfertarum, et primo îllius de Lemovi- 
cis : 

Jehan de Bretaigne seignour de l'Aigle, lieutenant gênerai 
pour nostre très chier seignour et sire monseignour le comte de 
Peinthievre, vicomte de Limoges, a toux ceaulx qui ces pré- 
sentes verront, salut, Scavoir faisons que par honnour et ré- 
vérence de Dieu et nonobstant aucunes chouses naguerres 
advenues et en obeicent et optemperent auxz commandemens de 
Tnonseignour le roy par révérend père en Dieu monseignour le 



(4) A cette date do Tannée i4t7, il doit s'agir do Pierre de Monlbrun, nouvellement élo, 
quoique son prëdëcesseur Hugues de Rouffignac, transféré à Rieux, n'ait quitté le siège de 
Limoges que dans les premiers mois de l'année 1417. 

(I) Désignation géographique inconnue. C'est peut-être une corruption do Cont^atlhe. 
Nous avons déjà rencontré plus haut tubumblatu» pour tulmmbratui, 

(3) Cf. plus haut. 

(4) Beaugency, arrondissement d'Orléans. 



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— 231 — 

esleu de Limotges et dez aultres legaa a nousfaiz sur ahstù 
nence de toute guerre et voye défait /aire a ceulxde Limoges, 
nous adversaires, nous au jour d'uy avons pris et donné et 
par ces présentes prenons et donnons pour nous, nous alliés, 
souhsdayers, vassauxz, suhgiez et touxz aultres quieulxzeun- 
ques tenens nostre party, soufferte et abstinence de guerre 
ausdicts de Liniotges, bourgoys, manens et habitens et a ung 
chescun d'eulxz por soy et ensemble a toute leur commune, 
leurs subgiez, soubzdayers, amis, alliez et leurs aultres adhe- 
rens, eonsourtens et aultres quieulxzeunques tenens leur 
party, de quielque estât, condition que ilzsoyent, et touxz leurs 
oiens quieulxzeunques, du jour duy jusques a quinze jours 
finis et eomplis prouchenement venens. Et promettons en bonne 
foy et jurons par lajoy et serement de nostre corps que nous 
tiendrons et ferons tenir la dicte abstinence et soufferte de 
guerre, le dict temps durent, cens (sic) enfreindre pour mer- 
que contre merque ne voye défait en quelque manière que ceu 
(sic) soit. Et promettons et jurons aussy que nous ne donnerons 
passatae, confort ne aide, ne recevrons ne recuillirons nefervns 
recevoir ne recuillir le dict temps durent, en nous villes, chas- 
teaux, terres et seignories nulles personnes qui puissent domp- 
matger par guerre, hostilité ou voye de fait, en quelque ma- 
nière que ceu soit, les dessus diets de Limotges, leurs alliez, 
adherens, eonsourtens et tenens leur dit party. Et sy aucune 
ehouse se faisoit a Vencontre, promettons et jurons incontinent 
le faire repparer et cens aucune fraude, barrât ou aultre mal 
engin. Et en tesmoing de ceu et j)or plus grant fermeté avons 
signé ces présentes de nostre main et fait seller de nostre pro- 
pre seau te XXX^ jour de mars. Van mil quatre cent et vint et 
sept. 

Prout superius dictum est, ista soufTerta et illa quam misit 
Ponto, erant sub data XXVl" die mensis marcii, anno quo 
supra. Sed postea fuerunt mutate racione predicta. 

Ipse domnus de Acquilla non curavit habere suffertam scrip- 
tam ab illis de Lemovicis. 

Sequitur tenor illius de Castro-Luceto : 

Jehan de Bretaigne seicjnour de Laigle, lieutenant gênerai 
pour nostre très chier seignour et sire mon seignour le comte 
de Peinthievre, vicomte de Limotgez, a touxz ceaulxz qui ces 
présentes lettres verront, salut, Seavoir faisons que enobeicent 
et obtempèrent auxz cômmandemens de mon seignour le roy a 
nous faitz par révérend père en Dieu monseignour le esleu de 
Limotgez et lez aultres legas sur abstinence de toute guerre, 
merque contre merque, juré a Ponton de Seinttraile, nous au 
jour d'uy avons promis et donné, promettons et donnons par ces 
présentes pour nous, nous alliez, subgiez, soubzdayers, vas- 
saulxz et tous aultres tenens nostre party, estens en cest pays 
de Limosin et de Perreguort, de quielque condition que soyent, 
soubzferte et abstinence de toute guerre, merque contre merque, 
au dessusdiçt Ponthon, a touxz ces (sic) gens d'armes et aul- 



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/ -. 232 — 

très tenens sonparty, de (juielque estai, eondieion que soyent, 
et a touxz leurs biens quieulxzcunques, du jour d'uy jusques 
a quinze jours prouchenement oenens. Et promettons en bonne 
foy et jurons par lafoy et serement de nostre corps que nous 
tiendrons et ferons tenir la dicte soufferte et aostmence de 
guerre, merque contre merque, le dict temps durent, cens (sic) 
enfreindre en aucune manière. Et sy aucune chouse sefaisoit a 
rencontre, promettons et jurons incontinent le faire repparer 
et cens aucune fraude ou barrât ou aultre mat engin. Et en 
tesmoing de ce, nous avons yci desoubz escript de nostre main 
et fait sceller ces présentes de nostre propre seel. Donné a 
Pierrebuffiere le XXIX^ jour de mars, Van mil IIIP et vint et 
sept, 

Sequitur ténor illius soufferte de Ponto : 

F" 42 v^ 

Je Pontom de Seinttrailles, cappitaine de Chaslucet, certiffie 
a touxz qui ces présentes verront que en obeicent et optempe- 
rent auxz commnndemens du roy nostre sire a mjoyfaictz par 
révérend père en Dieu monseignour le esleu de Limotges et les 
aultres legas sur abstinence de toute guerre, merque contre 
wjerquefaire a monseignour de Laigle, je aujourd'uy ayprins 
et donné, prens et donne par ces présentes pour moy et pour 
touxz ceaulxz de ma compaignie, soubzdayers et touxz aultres 
gens, de quielque estât que soyent, estans en ma compaignie 
ou pais de Limosin, soufferte et abstinence de toute guerre, 
merque contre merque ou dessusdict monseignour de Laigle, 
a touxz ces gens d'armes et aultres tenens sonparty, de quiel- 
que estât ou eondieion que soyent, et a touxz leurs biens quielxz- 
cunques, du jour d'uy jusques a quinze jours prouchenement 
venens. Etpromes en bonne foy et jure par lafoy et serment de 
mon corps que je tiendray et feray tenir la dicte soufferte et 
abstinence de guerre, merque contre merque, le dict temps 
durent, sens enfreindre en aucune manière. Et si aucune 
chouse sefaisoit a V encontre, je promet {sic) et jure incontinent 
le faire repparer et sens aucune fraude ou barrât ou aultre 
mal engin. Et en tesmoigne (sic) de ce, je ayfait seeler ses pré- 
sentes de mon propre seel. Donné a Chaslucet le samedi vint et 
neufyesme de mars, l'an mil quatre cens et vint et sept, 

Prout superius dixi, semel concesserat de die vicesima sexta, 
sed mutavit datam propter forefactum quod fecit fieri eadem 
die in Sancto Paulo, ut superius scriptum est. Plures alie souf- 
ferte depost fuerunt concesse similes in effectu. Ideo non euro 
ponere coppias. 

Item, nota hic quod die mercurii que fuit secunda mensis 
apprilis, anno Domini M® CCCC"** vicesimo septimo(l), domnus 
de Acquilla accessit apud Mansum-serenum (2) ; et antequam 



(1) Le millésime est exact poar les raisous que nous avons indiquées plus haut, 
(fi) Masseret, arrondissement de TuUo. 



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— 233 — 

recederet, convocavit domnos Ludovicum de PetrabuflTeria, 
domnum de Castro-novo, Johannem de Petrabufferia, domnum 
de Petrabufferia, milites cognatos germanos, et ad partem in 
domo mea. Et fuit presens Theobaldus de la Gomblaye (1), 
gubernator vicecomitatus, Guillelmus Beaupeil (2), concilia- 
rius (sic) domni de Acquilla, et ego. Nulli aliierant. Etfuerunt 
ibidem prestita juramenta de tenendo sub secreto que acta 
fuerunt ibidem ; nam ipsi domni de Acquilla, de Castro-novo 
et de Petrabufferia adinvicem alter alten prestitit juramentum 
de sustinendo alter alterum, prout continetur in litteris infra- 
scriptis, compositis et ordinatis per dictum Guillelmum Beau- 
peil et me. Et ipse domnus de Acquilla primus prestitit jurac 
mentum et domnus de Castro-novo secundus et domnus de Pe- 
rabufferia ultimus in sancta Dei euvangelia, que tenebat ipse 
gubernator vicecomitatus. Ténor littere domni de Acquilla se- 
quitur : 

Jehan de Bretaigne, seignour de Laigle, a touxz eeaulxz qui 
ee8 présentes verront, salut, Seavoir faisons que nous avons 
promis et juré et par ces présentes prometons et jurons par la 
Jby et serment de nostre corps a nous très chiers et amés cou- 
sins les seignours de Chasteauneuf et de Pierrehuffière de leur 
estre aident et confourtent (3) a guarder leur bien et konnour 
[et] heritatqez a nostre pouvoir ; et estre leur allié et bien 
veuillent a Rencontre de eeaulxz de Limotges et de leurs alliés 
et aussi a Vencontre de Ponthon de Seintraille, soy disent cap- 
pitaine de Chaslueet, et de ces gens ; et leur estre aident a 
faire repparer les maulxz, injures et oultratgez que y eeaulxz 
de Limjotgez et le diet Ponthon et aultres leur[8\ complices leur 
ont fait, comme avoir prins et détenu le chasteau et fourte- 
resse de Veyrae et pillé la ville de Pierrebuffiere ; et a guarder 
et soubztenirnous diz cousins et feurfa] subgez et allies a nostre 
pouvoir douresenevent (sic), a Vencontre des dessusdictz et 
aultres leurs complices et alliez^ Et oussy jurons et promettons 
a non faire tractte ne adeourdement avecques lez dessusdictz de 
Limjotgez ne avecques le dict Ponthon ne leur[s] complices, 
sens le advis et consentement de nous diz cousins et que Hz ne 
en soyent d' accourt; lesquelles chouses et chescune desusdictes 
nous promettons en bonne foy tenir, fournir et acomplir sens 
alet a Vencontre, En tesmoing de ce etporplus grant fermeté, 
nous avons mis a ces présentes nostre sainçf manuel et scellées 
de nostre seau le IP jour de avril. Van mil IIII^ vint et sept. 
— Jehan db Bretâignb. 

Sequitur ténor littere predictorum domnorum : 

Loys de Pierrebuffiere, seignour de Chasteauneuf et Jehan 



(1) Sur co nom cf. plus haut la note. 

(S) Lo manuscrit porte bien incontestablement, ici comme plus bas, Btauptilt autre forme 
de Beaupoil, nom très fréquent en Limousin. 
(3) Rt non eontourtent, comme plus haut. 



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— 234 — 

de Pierrehuffière, aeignour dudit lieu de Pierrebuffière, a tous 
ceaulxz qui ces présentes verront, salut. Seavoir faisons que 
nous et eheseun de nous avons promis et juré et par ces présentes 
promettons et jurons par la foy et serement de nous corps a 
nostre très redouhté seignour wjonseignour de Laigle de luy 
estre aident et confourtent a guarder son bien, honnour et he- 
ritatge de monseignour le comte de Peinthievre son frère, 
vicomte de Limotgez, et de mon diet seicjnour de Laigle a 
nostre pouvoir, et de luy eztre alliez et b^en vueillens a Van- 
contre (sic) de ceaulxz de la ville et chasteau de Limctgez qui 
faucement et induement detienent et occupent le heritatge an- 
sien de nostre dict seignour et oussy a rencontre de Ponton 
de Seintrailles. soy disent cappitaine de Chaslucet, et de ces 
gens qui ont pillé et roubé la terre de nostre dict seignour 
monseignour de Peinthievre en la chastellanie de Chasteau- 
Chervix et ailleurs. Et oussy promettons et jurons a non faire 
traictié ne acourt avecques les dessusdicts de Limotges et Pon- 
thon ne aultres leurs complices, cens le vouloir et consente- 
ment de nostre dict seignour monseignour de Laigle; les- 
quelles chouses et cheseune desusdictes nous promettons en 
bonne foy tenir, fournir et acomplir sens aler a l'encontre. Et 
en tesmoing de ceu et porplus grant fermeté, avons mis en ces 
présentes nous sangns (sic) manuels et scellées de nous seauxz, 
le jour et an que dessus. 

Domnus de Âquilla recessit a Petrabufferia die dominica que 
fuit undecima mensis maii, anno Domini M° CCCC** XXVII*. 
Et antequam recederet, fecit accordium cum Tandoneto de 
Fumel, locumtenenti de Castro-Luceto, cum hoc quod debuit 
habere ipse Tandonetus, quia Potho iam recesserat, sex cen- 
tum scuta auri, cugni domni nostri Francie régis, que solvit 
ipse domnus de Âcquilla vel saltim tradidit pignus sufficiens 
aureum et argentum. Et pro ipsis sex centum scutis sol vendis 
eisdem fuit facta taillia quedam predicte summe et ultra, quia 
ego fui presens in distribution^ ; qui dolebam multum, sed non 
audebam aliquid dicere quia ipse domnus de Acquilla cum 
multis aliis domnis intererat. Et in ipsa taillia debuit contri- 
buere terra (1) de Petrabulîeria, de Castro-novo, de Castro- 
Chervix, de Manso-sereno cum ressortis de Ruppe-Apis (2), de 
Breno (3), de Cadris, de Securio, de Nexonio, Axia et villa 
Sancti Aredii, cum multis parrochiis circumvicinis. Et accessit 
apud Axiam et de' hic intulit magnam guerram illis de Lemo- 
vicis et cepit multos brigandos quorum aliquos fecit mori. 

P>40^^ 

Et nota hic quod die nona mensis maii, anno Domini 
M° 1111° vicesimo septimo, predictus Geraldus, filius meus, 



(t) La plupart des noms qui suivent ont été identifiés dans les pages prëcddentes. 
(i) La Boche-r Abeille, arrondissement de Saint-Yrieix. 

(3) Brenum a donné Bret (commune de Coussac-Bonneval » arrondissement de Saint- 
Yrieix), comme Hanstu-Serenus a donné Masseret. Mais on trouve aussi Bré et Bfa>s«rd. 



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— 235 — 

fuit remotus sive esclausus (sic) (1) a non sucgendo sive non 
tetando. Et fuit magna pena pro Sobeyrana ejus avia et pro me 
qui ipsum gubernavi per octo noctes. Et fuit multum iniirmus. 
Predictus Geraldus, fîlius meus, incepit ire ad scolas Pétri 
Hugonis (2) vel Gonau de Petrabufferia die lune in qua fuit ce- 
lebratum festum beati Crispini, que fuit XII* mensis marcii, 
anno Doraini millesimo quadringentesimo tricesimo. 

Nota hic quod die vicesima secunda mensis octobris que fuit 
mercurii, circa mediam noctem, in aula Pétri Bondussonis, 

Eatris Mariote Bondussona, uxoris magistri Geraldi Tarnelii, 
accaliarii in legibus, anno Domini Mo quadringentesimo vice- 
simo septimo, prefTata Mariota peperit quamdam filiam que fuit 
babtisata in crastinum, qui fuit jovis. Et fuit compater domnus 
Johannes de Petrabufferia, miles, domnus dicte ville, et com- 
mater Helis de Sancto Ylario, domna Sancti Johannis Liguera. 
Et fuit dicta fîlia vocata Helis. Et ipsam babtisavit domnus 
Johannes Roverini, capellanus de Glanges (3). 

1430. 

F« 40 vo. 

Nota hic q^uod die sabbati que fuit septima mensis maii, 
anno Domini M® quadringentesimo tricesimo, peperit circa 
unam horam noctis Mariota Bondussona, uxor Geraldi Tar- 
nelii, quamdam fîliam cujus, in crastinum quod fuit dominica 
et in quo fuit babtisata circa meridiem. Fuit compater religio- 
sus vir domnus Aymericus Bailloti, presbiter de Petrabufferia 
et baccallarius in decretis, prior prioratus Calvimontis (4) dep- 
pendentis inmediate a monasterio Sancti Sernin (sic) Tholoze, 
ubi ipse domnus Aymericus studens moratur, et causa impedi- 
menti nunc ibidem (5) vigentis repatriavit; et commater Ma- 
riota Bondussona, soror germana dicte Mariote cjue peperit. 
Nomen cujus commatris ipsa fîlia habet. Et peperit ipsa Ma- 
riota in aula Pétri Bondussonis ejus patris. Decessit predicta 
filia prima die mensis febroarii, vigilia béate Marie Chande- 
Zour anno Domini M»^ CCCC"« XXX VI™° (6), et [fuit] sepulta 
in dicta die béate Marie honorifice. Anima cujus requiescat in 
pacel 

1432. 

Nota quod die octava mensis junii in qua fuit celebratum 
festum Penthecostes, anno Domini M<* CCCC'"^ XXX"»® secun- 



(i) Il est surprenant que l'auteur n'emploie pas le mot propre Separatus» si expressif en 
ce cas, et qui a donné le français Sevré, 
(i) II en a été question plus haut. 

(3) Déjà mentionné plus haut. 

(4) Peut-ôtre Calment, arrondissement de Rodez. 

(5) C'est-à-dire à Pierrebuffière. 

(6) N. st. U37. 



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— 236 - 

do, Mariota Bondussona uxor mea peperit quemdam filium vo- 
catum Johannem, circa horam prime, in aula Pétri Bondusso- 
nis, ejus Mariote uxoris patris. Et fuit babtizatus in crastinum 
in monasterio Sancte Crucis. Et fuit compater religiosus vir 
frater Johannes de Alvernhia, monachus monasterii Sancti 
Marcialis ac prepositus de Fisco(l}; et commater Katerina, 
uxor Johannis Lafcrosse, etc. 

Et in illo anno fuit maxima caristia bladi frumenti et siligi- 
nis ; et quasi non repperiebatur, et valuit Lemovicis sextarium 
frumenti, mensure Lemovicensis, scutum cum septem solidis 
et sex denariis monete, scuto auri exeunte in valore XXX^ 
solidorum ; et sili^nis totidem vel quasi. Et incepit caristia a 
festonatalis Domini quo computabatur millésime quadringen- 
tesimo tricesimo primo. Et multe gentes decesserunt famé quia 
aliqui non repperiebant bladum, alii non habebant unde emere 
et comedebant avenam, que deffecit eis bene scito (sic); et co- 
medebant erbas egrestes et carnes sine pane (2). Et illud dura- 
vit per magnum tempus. Sed tanta erat coppia petasoram (3) 
et tam bonum forum quia tante fuerant glandes in anno çrete- 
rito que duraverunt usque ad festum Pasche ultime preteritum, 
quod porchi fueraut ita pingues quod nunquam fuerant visi 
taies. In isto anno frumenta non fructifficaverunt yvemalia 
quia yems ipsa detruxerat. Infiniti pauperes vagabant per pro- 
vinciam et potissime de provincia Marchie. Ego per Dei gra- 
ciam eram bene provisus bladi quamvis haberem ma^am 
familiam. Et valuit hoc anno grana rapparum libra duas hbras 
piperis, et non repperiebatur. Famés continuavit de malo impe- 
jus (^sie) ab anno tricesimo primo usque ad annum tricesimum 
tercium ; et usque ad tempus autumpnale pauce erant gentes 
que habuerint unde vivere. 

1434. 

F«40v^ 

Item, nota quod dictus Johannes fuit esclausus (4) a non 
tetando die veneris in auo (sic) fuit celebratum festum beati 
Barnabe, que fuit unaecima mensis junii, anno Domini 
M** 0000*°** ^?^^ quarto ; et incepit ire ad scolas (5) duodecima 
mensis marcii anno Domini Mo quadrinçentesimo tricesimo 
septimo. Et ego ipsum duxi et primam lectionem sibi dixi. 



(i) Feyt oa Feiz-Fayle, arrondisBement d'Uscel, Corrèxe. Cf. les Chrouiqnês de Saint 
Martial, pagsim. 
(1) C'est la seule menlioa que nous connaissions de cette famine. 

(3) Pourceau. — Ducange qui enregistre petaium ne connaît point à ce mot un sens auss 
précis. 

(4) Cf. plus haut, même forme de mot. 

(5) Cf. plus haut. 1430 



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— 237 — 



1435. 



Nota quod die veneris, ante diem per unam horam, décima 
octava ménsis marcii, anno Domini millesimo [quadringente* 
simo] (1] tricesimo quarto (2), Mariota Bondussona, uxor mea, 
peperit m aula Pétri Bondussonis, çat[ris ejus], in Castro 
magno de Petrabufferia, ad quem ivit dum senciit dolores 
partus, cum esset mecum in , Geraldum filium meum se- 
cundo genitum. Et fuerunt ibidem plures mulieres. Et fuit 
babtizatus dum [viveret diej sequenftij. Et cum non possemrep- 

Serire venerabilem virum domnum Geraldum Bruny, priorem 
e Cambonio (3), qufem egol volebam esse compatrem, loco 
ipsius fuit compater nobilis Hugo Bruny, eius frater. Et fuit 
imposirtum eij nomen dicti domni çrioris. Et fuit commater 

Perenela Maribota, uxor Pétri Villati de Petrabufferia. Et 

tune repatriavit Johannes Tarnelli, frater meus, tune studens 
Tholoze qui e[rat] bacallarius in legibus. Decessit iste j^ulcher 
filius et intelligens secundum etatem suam, die domimca que 
fuit crastina assumpcionis béate Marie de augusto ; et décima 
sexta dicti mensis, anno Domini M» quadringentesimo trice- 
simo nono, et [fuit] sepultus' in monasterio Sancte Crucis ubi 
intendo facere sepulturam meam. 



1438. 

P> 39 v^. 

Nota quod die martis que fuit prima mensis julii^ anno Do- 
mini Mo CCCC"** tricesimo octavo, Mariota Bondussone circa 
ortum solis et meexistente in lecto, peperit in aula Pétri Bon- 
dussonis, ejus natris, quemdam filium qui fuit babtisatus in 
crastinum, quoa fuit mercurii, in monasterio de Petrabufferia 
per domnum Nathalem Fabri, capellanum dicte ville, et post 
prandium. Et fuit compater domnus Hugo Tarnelli, frater meus 
qui de novo venerat ae Carcasonna ubi morabatur presbiter; 
et commater Maria de Plenavayre, uxor nobilis Hugonis Bruny 
al. de Vallibus (4). Et fuit vocatus Hugo. 



(I) Le muiascrîl est déchiré à cet endroit sar une bantear de neaf lignes. 
(«) N. «t. 1435. 

(3) n y e deux prieures de ce nom d&ns la Creuse : Ghambon-Sainte-Croix (arrondisse- 
ment de Guëret), et Chambon-sur-Voaeixe (arrondissement de Boussac). 

(4) Dûjà mentionné en 1415. 



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~ 238 



II. — Supplément aux Chroniques anonymes de Saint-Martial 
de Limoges. — 1494-1684. 



Nous donnons sous ce titre quelques notes historiques tirées d'un 
registre manuscntdes Archives départementales de la Haute- Vienne 
appelé le Livre jaune Je la trésorerie de Saint-Martial (n9 prov. 
H. 54925 folios 257 rû et v®, 270 v»). Les faits dont il est question 
sont d'ailleurs déjà connus d'autre source. 



Sapchent tous presens et advenir que le Vil* jour du moys de 
may, l'an mil IIll*' lUI** et XIIII, arriva en ceste ville et chas- 
teau de Limoges très aulte et excellente prinpcesse (sic) mar 
dame Jehanne, fille et seur de roys de France, duchesse d'Or- 
Ihians, de Milan et de Valloys, contesse de Blays, de Panie 
et de Beaumont, dame d'Ast et de Coussi. Et luy alamez au 
devant jusques a la porte de Manynve. Et la fust receue par 
reverand père en Dieu monseigneur Albert Jouvion, nostre père 
abbé, revestu en son pontiffical, et nous son couvent en aulbez. 
Et de la l'amenasmes a grant proceccion (sic] jusques céans, 
en chantent le respons Deum time. Et fismes sonner les deux 
grossez cloches et ouy vespres céans. Et emprès s'en alla a 
son locgilz (sic) que estoit a la maison nommée du bastiment de 
Julien (1). Et lendemain VHP du dict moys, que estoit l'Ascen- 
cion nostre Seigneur, par les privilèges dez enfans dez roys de 
France, elle fist délivrer tous prisonniers estans ez prisons 
tant du roy que de la dicte ville. Et le soir, a heure de dix 
heures demye, acompaignée de ses gens et damoiselles , Ihi 
fust monstre le précieux chieph de monseigneur saint Marcial 
nostre patron, sagretement, pour la cause du bruyt et grant 
tumulte du peuple. Car elle le demanda et y estoit venue en 
parellinaige (sic) par la grande dévotion que elle y avoit. Et 
notez que nul n'y leust convoqué, ne consulx ne aultres gens 
de la dicte ville. Et lendemain IX** du dict moys, a heure de 
douze heures, elle partit avecques ces dicts gens et grant 
nombre de noblesse, bien contente de nous. Et nous donna plu- 
sieurs beaux dons. Et print son chamin pour aller a Cadouih 
(2) au saint suhère, et de la a Nostre Dame d'Autafage [3). 



(1) Appelé prëcëdemment la Bayarderie, devint plut tard le couvent des Récollets. 

(i) Aujourd'hui Cadouin, arrondissement de Bergerac, Dordogne. ^ 

(3) Pent-ôlre Haute-Fage, arrondissement de Villeneuve sur Lot. Lot-et-Garonne. 



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- 239 - 



Pateat quod die vicesima sexta mensisjanuarii, anno Domini 
millesimo quingentesimo decimo nono, mit' factum vidimus in 
auditorio domini officialis Lemovicensis cujusdam bulle pen- 
sionum date a summo pontiffice Alexandre, anno incarna- 
cionis dominice millesimo quadringentesimo nonagesimo nono, 
decimo nono kalendas ianuarii, pontifficatus sui anno octavo, 
receptum a vero originali per magistrum Anthonium de Beys- 
saco, notarium graffarium causarum criminalium, una cum 
magistro Petro de Charlonia, predicte curie jurato. 



L'année mille six cent cinquante deux est decedé Messire 
Pierre Verdier, abbé de Saint-Martial, en son chasteau de 
Beauvaix, et a esté inhumé à Saint-Léonard dans l'esglise des 
Recollets, lîeyuiesca^ m joace, 

Luy succéda Messire Charles François de la Vieiville, le- 
quel voulant porter le camail sur le rochet, comme fesoit 
M^o Duverdier, y fut molesté par Tevesque ; ce qui l'obligea de 
permutter son abbaye avec M*"® Henry de la Mothe-Audan- 
cour, evesque de Rhenez (sic) et ensuite archevesque d'Auch, 
qui est decedé en 1684. 

A succédé M''° Jacques de Courtarvel de Pezé, lequel ayant 
pris le camail, Tevesque s'y est opposé, ce qui l'a obligé de se 
retirer pour poursuivre son procès à Paris. 



in. — Extraits d'une Chronique remaniée du Chapitre 
de Saint-Junien. — 1318-1564. 



Cette chronique, sous la forme où nous la publions ici, semble être 
l'œuvre personnelle de Tabbé Nadaud (f 17/5), dans les Mémoires 
manuscrits duquel elle existait jadis (t. IV et V). C'est assez dire 
qu'elle ne peut prétendre à une valeur originale, et nous ne l'au- 
rions pas comprise dans notre recueil si elle n'avait pour substra- 
tum une chronique de Saint-Junien aujourd'hui perdue et quelques 
autres documents qui semblent également disparus. Cette chronique 
perdue était vraisemblablement celle du chapitre de Saint-Junien; 
ces documents disparus c'étaient ceux des archives du même chapitre 
dont il ne subsiste presque rien dans notre dépôt départemental. Les 
sources de Nadaud sont donc de premier choix et la sincérité bien 
connue du compilateur laisse hors de suspicion l'emploi qu'il en a pu 
faire. 

Nous n'ignorons pas que M. l'abbé Arbellot a fait entrer dans ses 
Documenta historiques sur Saint-Junien une bonne partie du con- 



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— 240 — 

tenu de la chronique de Nadaud; pourtant il n'a point tout donné et 
d'ailleurs la forme de son récit ne permet pas de reconnaître aisé- 
ment la nature des sources primitives. 

M. Arbellot s'est servi du manuscrit même de Nadaud, lequel ne 
se retrouve plus aujourd'hui dans les registres conservés au çraiid 
séminaire de Limoges. Nous avons dû nous servir d'une copie in- 
complète, du xix<^ siècle, que nous a communiquée M. Bourgoin- 
Mélisse et dont voici la description en quelques mots : 

C'est un cahier in-folio, d'une vingtaine de feuillets, dont le pre- 
mier commence au milieu d'une bulle de Clément V ae 1309. Tout 
ce oui précédait devait être emprunté à la chroniqne latine d'Etienne 
Mateu, comme le laisse supposer la mention suivante du même 
feuillet : c Ce prévôt [Gaucefin] fut fait vice-chancelier du Saint- 
Siège, et c'est par ce trai t qu'Estienne Maleu, chanoine de Saint-J unien, 
finit la chronique de cette église en 1316. Elle se fait lire avec plaisir 
par le ton de bonhomie qui y règne d'un bout à l'autre. Le P. Éstien- 
not en a tiré des extraits qu"on conserve à Saint-Germain-des^ 
Prés. » 

Nous avons cité tout au long ce passage parce au'il caractérise 
assez bien la manière de Nadaud. Ailleurs, sous la aate de 1580, le 
remanieur se réfère au témoignage de t notre annaliste, » mais 
sans le nommer: ailleurs encore, à propos d'un testament ou de 
statuts dont il rapporte la date, il cite Baluze et Bonaventure de 
S. Amable pour rectifier leurs erreurs. Souvent il accompagne l'ana- 
lyse d'un document de réflexions personnelles plus ou moins heu- 
reuses. Nous en concluons que Nadaud n'entendait point publier son 
travail et se proposait seulement d'en faire la base d'une histoire du 
chapitre de Saint-Junien. 

Ces superfétations du compilateur, nous avons cru devoir les 
supprimer dans le texte, pour nous rapprocher autant que possible 
de la forme que devait posséder la chronique originale. Celle-ci, à 
en juçer par l'œuvre de Nadaud, était rédigée d'une manière très 
primitive. A la suite du nom de chaque prévôt on enregistrait les 
laits essentiels qui le concernaient et les événements importants surve- 
nus sous son gouvernement. Cette chronique était vraisemblablement 
destinée à continuer celle de Maleu; en tout cas, on i)eut admettre 
qu'elle était en latin et qu'elle fut poursuivie par plusieurs chanoines 
successivement. 

La copie dont nous avons parlé s'arrête à l'année 1564 sans qu'on 
puisse dire si cette date finale est celle de la chronique originale. 
Les citations de M. Arbellot semblent prouver en tout cas que l'œuvre 
de Nadaud allait un peu plus loin, au moins jusqu'au commencement 
du xvïï^ siècle. 



13^8. 

Les frères Prêcheurs av oient enterré chez eux Pierre 

Durato, damoiseau ; par transaction de 1318 ils ne peuvent 
enterrer chez eux aucun paroissien de la ville de Saint-Junien, 
qu'auparavent ils n'aient averti le sacristain du chapitre et le 
curé du mort 

1340. 

Pierre Nigri, clerc marié, avoit demandé d'être veillé toute 
la nuit de sa mort dans l'église de Saint-Junien. Le procureur 



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— 241 — 

du chapitre n'y consentit en 1340 qu'à condition que le fils du 
dëfunct ètabliroit une rente pour l'anniversaire de son père, 
déjà fondé 

1344. 

Suivant les statuts, un chanoine, à raison de sa nouvelle 
entrée, devoit fonder 20 sols de rente pour faire une fête. Hu- 
gues Pichon choisit celle de Saint-Laurent en 1344 

1358. 

Etienne de Magnac, neveu de Jean, cardinal d'Ostie, fut cha- 
noine de Limoges et de Saint-Junien ; prit possession de la prô^ 
vôtô vers la fête de Sainte-Magdelaine 1358 

Vers 1378. 

Le chapitre fit fête ensemble le jour de l'octave de Saint- 
Junien au mois d'octobre. Le repas en maigre et la façon du 
cuisinier coûtèrent 49 sols 10 deniers. On en fit de même le 
jour de la fête-Dieu; le diner fut composé de mouton, bœuf, 
cochon de lait salé, choux et fromage 

1378. 

Le chapitre se joignit à l'archiprètre de Saint-Junien pour 
demander devant Tévèque le lit et le bréviaire d'un de leur 
corps, qui avoit été curé de Saint-Gervais dans son archipré- 
tré. On paya dix francs à ce prélat pour son joyeux avène- 
ment 

1385. 

Noble Louis de Pierrebufiére, clerc, archidiacre d'Aulnis, 
prit possession le 18 août 1385. L'hebdomadier lui mit en main 
un bâton pastoral ou bourdon, ainsi qu'on l'explique dans 
l'acte 

1400. 

Le 11 décembre, Tévèque de Limoges et le chapitre prirent 
pour arbitre Simon de Cramaud, patriarche d'Alexandrie, au 
sujet de la visit^ annuelle et du droit de procuration 

1404 et suivantes. 
Noble Simon de Rochechouard, clerc, fils du vicomte, étoit 

[>révôt en 1414 et le 25 mars 1407. On commencoit ce jour-la 
'année en Limousin, jusqu'au premier janvier 1568 qu'on 
changea la datte 

1405. 

Noble dame Pètronille de Magnac, veuve de vénérable et 
circonspect maître Clément Relhac, porta elle-même le bras 
de Saint-Cloud, le dimanche après la fête de Saint-Pierre et 
Saint-Paul, 5 juillet 1405. Le prévôt et le chapitre se chargè- 
rent de faire la procession de cette relique à perpétuité le même 
jour 



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— 242 — 

1416. 

Commença, le 24 juin, une maladie ëpidèmique qui duroit 
encore le 8 février suivant ^ 

1427. 

Le 2 juin, le prévôt à la tète du chapitre prêta le serment de 
fidélité à Pierre de Montbrun, évéqueae Limoges, à la nouvelle 
entrée du prélat dans Téglise de Saint-Junien : Tévôque promit 
de son côté de garder le prévôt et chapitre dans leurs posses- 
sions, franchises et libertés anciennes et accoutumées, comme 
ses prédécesseurs Tavoient fait 

1439. 

Au chapitre général du 2 juin, deffendu à tous les vicaires 
de jouer publiquement dans les places et carrefours aux dès, 
cartes et autres jeux deffendus, pendant qu'on dira Tofifice et 
la messe, sous peine de privation de leurs revenus. Même 
paine pour eux s'ils se louent pour garder les portes de la 
ville pour quelques particuliers et s'ils y vaquent pendant l'of- 
fice (1) ; 

1457. 

Par transaction du 30 avril, les consuls présentent au cha- 
pitre un maître ou recteur ou gouverneur des écoles de la 
ville ; et sur le champ le chapitre est obligé de lui conférer cet 
employ 

1458. 

Le 7 février, Pierre Chatardi, chanoine et curé de Saint- 
Amand-le-Vigen, prez Saint-Junien, consent que frère Guil- 
laume Régis, hermite, demeure pendant sa vie dans les mai- 
sons de la cure en y menant une vie honnête. Aprez qu'il se 
sera servi des aumônes qu'on lui donnera pour sa nourriture 
et ses habits, il emploiera tout le reste aux réparations de ces 
maisons sans qu'il en puisse rien donner à ses parents ni à 
d'autres ; que s'il le fait, le curé pourra le mettre dehors. A la 
mort de l'hermite, tout ce qu'il y aura appartiendra au curé ou 
à ses successeurs 

1459. 

Par statut du chapitre général du 22 mai, un chanoine qui 
aura résidé neuf mois consécutifs, aura 30 jours continus ou 
interrompus pour vaquer à ses affaires, pendant lesquels il ne 
perdra rien pour le bled et le vin. Sept cnanoines s'opposèrent 
à ce statut comme étant au préjudice de l'église 



(i) Pour lef d<$f6iiies do cette nature faites iei et plas loin, cf. lee itatnts ocelëiiaiti 
qnes des xt* ot xvt* 8i^clell. pabl. dans nos Documents hittoriqnei tmr la Marche... 1. 1. 



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— 243 — 

1462. 

Le roy Louis XI venant de Limoges alla diner à Verneuil le 
2 juillet, coucher à Saint-Junien et se rendit de la à Amboise. 

1465. 

Deffendu aux vicaires de porter des chapeaux dans la ville 
sans nécessité, de fréquenter les tavernes ou hôtelleries en la 
compagnie des laïques 

Vers 1468. 
Le roy Louis, apj)aremment XP du nom, écrivit de Ham le 
12 mai et du Montil-les-Tours, sans datte ni année en ces 
termes : « Nous avons sceu que le prévôt de votre éçlise est 
vieil et ancien, tellement que, à l'occasion de sa grande vieil- 
lesse, foiblesse et débilitation de sa personne, la prévôté et 
prébande qu'il tient sont en voye de brief vaquer. Et pour ce 
que de tout notre cœur désirons la provision en votre église de 
maître Clément de Brilhac, protonotaire apostolique, tant pour 
ses biens, vertus et mérites que en faveur des bons et agréa- 
bles services que aucun ses parents et amis nous ont fait et 
font chaque jour au fait de nos guerres, nous vous prions vous 
veuilles, en faveur de nous, le pourvoir de la ditte prévôté ou 
aultre bon bénéfice à votre collation. Vous fairés plaisir agréar 
ble, dont nous vous saurons très bon gré, et en aurons les 
affaires de votre église et de vous, tant en général qu'en par- 
ticulier, pour spécialement recommendés. > 

1486. 

Peste aux environs de Saint-Junien. 

1488. 

Le dimanche Cantate Domino 21 avril 1488, le prévôt fit la 
dédicace de Téglise de Saint-Junien, accompagné de frère 
Pierre Barton,abbéde Saint- Augustin-les-Limoges, de plusieurs 
ecclésiastiques et gentilshommes. 

1490. 

15 juin, tous ceux du chapitre ne porteront de chapeaux en 
allant à l'église, ni en revenant, ni dans la ville, mais des 
capuces. Ils ne porteront pas de robbes qui [ne] soient cousues 
tout du long par derrière. Depuis la veille de Pâques jusqu'à la 
Toussaint, tous porteront dans l'église des aumusses, les jours 
de fêtes chômées par le peuple, et les autres jours, le camail... 

1493. 

5 juin, deflTendu à tous les membres du chœur de porter de 
bonnet quarré rouge, des tuniques ou soutanes trop courtes et 
des souliers blancs 

1494# 

Le chapitre fit faire l'orgue. Le prévôt donna 20 livres ; on 
voit ses armes sur la boiserie. 



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■- 244 — 

1496. 

3 juin, à la demande des consuls on fit une procession autour 
de la ville et dehors, et Tostention des reliques pour être pré- 
servé de la peste 

2 décembre, désormais on fera dans Téglise une solennité le 
jour qu'on chantera O Sapientia, si on peut le faire commodé- 
ment. Les chanoines mangeront et boiront en chapitre ce jour-là 
à perpétuité. 

Le chapitre fit unir à la mense la cure de Saint-Amand. 
Trois contendents dressèrent toutes sortes de batteries pour 
faire casser l'union et s'aproprier un bénéfice si revenant et si 
peu pénible. Un de ces plaideurs eut recours à l'attestation 
des frères Mineurs de la ville , pour prouver les abus de l'u- 
nion. Le sindic du chapitre répondit qu'en telles matières on ne 
devoit pas s'arrêter aux Cordeliers de la ville de Saint-Junien 
ni à telle manière de billon : car l'on scait bien que pour un 
carton de bled, on leur fairoit dire et prêcher ce qu'on voudroit. 
Aussi n'est-ce pas matière de leur gioier 

1498. 

20 juillet, le chapitre fera un présent de 50 à 60 sous au 
vicomte de Rochechouard (1) et à sa dame, pour le joyeux 
avènement d'un fils dont elle étoit accouchée 

1500. 

25 septembre, le gouverneur du Limousin (2) écrivit pour 

Î^rier un ou deux du chapitre d'assister à l'entrée qu'il vouloit 
aire à Limoges. 

1501. 

4 février, le chapitre fit dire une messe solennelle de mort 
pour le fils du vicomte de Rochechouard (3), 

8 juin, on réformera l'office et on le fera conformément à la 
cathédrale. 

12 juin, le gardien des Cordeliers demanda pour le lendemain 
({uatre ou cina chappes, parce que l'évèque vouloit sacrer ce 
jour-là leur église ; ce qu'on accorda. 

12 décembre, les enfans de chœur seront habillés de draps 
rouges. 

31 décembre, le vicomte de Rochechouard fit demander de 
le recevoir pour chanoine et fondateur, de lui donner dans le 



(1) Il s'agit stns doate de François do Roehechoaart-Pontville, nd en 1474 et manJ en 
U93 à Renée d'Anjou. 

(!) La liste encore si imf arfaite des gopTernenrs du Limousin offre justement une lacune 
aux euTirons de rann(;c 1500. 

(3) Sans doute ro'ui qui est mentionna plus haut, car il ne figure pas dans la gënëalogio 
de la maison de Bocliocbouart. 



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- 245 — 

chœar an tombeau pour sa mère et de lui laisser mettre une 
litre avec ses armes dans Tèglise. On répondit qu'on en parle- 
roit à Tévèque, qui étoit prévôt du chapitre, et à leur conseil. 

1502. 

Le 23 décembre, noble Jean de Triou, capitaine du vicomte, 
vint représenter qu'autrefois le chapitre avoit reçu ce seigneur 
dans leur église, comme fondateur, et que le scribe n'en vou- 
loit pas expédier l'acte. Le chapitre renvoya aussi l'affaire à 
Tévéque, Le vicomte voulut depuis exiger ces prérogatives 
comme un droit. L'affaire [se] plaida et demeura mdécise, les 
preuves ne pouvant être démonstratives. 

8 février, on fit un présent valant 6 livres au prince de 
Chabanois. 

1504. 

24 mars, à la prière des consuls, on faira une procession 
pour être préservé de la peste. 

21 avril, on montra jusqu'au dimanche après la fête de Saint- 
Martial, avec toutes les solennités, les reliques de la Sainte- 
Croix, les chefs de Saint-Junien et de Saint- Amand, les samedis, 
dimanches, lundis et toutes les fêtes de la semaine. On fît citer 
devant le juge les femmes qui faisoient des chandelles, pour 
leur prescrire les fils qu'elles dévoient y mettre. 

24 novembre, deffendu à tous les membres du chapitre de 
jouer à la paulme dans le cloitre. 

20 décembre, Tévêque étant à Saint-Junien, le chapitre lui 
fit présent de deux moutons et d'un quartier de bœuf. 

1506 et 1507. 

On devoit lui faire le même présent le 21 novembre 1506, 
mais il ne vint que le 17 mars 15 J7. On lui donna 12 carpes, . 
6 tanches et 6 béchets ou brochets. 

1507. 

9 juillet, les consuls exposèrent leur embarras pour 
préserver la ville de la peste qui étoit à Limoges (1), et sup- 

E lièrent le chapitre de leur aider de quelque argent pour garder 
îs portes. On répondit qu'on ne vouloit pas renare l'église 
tributaire, qu'on en parleroit au prévôt, chef du chapitre, et 
que dans peu on leur donneroit une réponse plus ample. 

1510. 

19 novembre, un mardi, à quatre heures du matin, fut fondue 
la cloche appellée Saint- André, par un maître allemand nommé 
Anse (2). Il l'avoit manquée cy-devant faute de métal. 



(I) Les Regiilrtê comulairêM de LÏAoges ne parlent point explicitement de cette peeto 
de iS07. 
(3) Sans doate Haks, forme populaire de Josanhes. « 



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— 246 — 

Le 8 décembre, fut bénite sous le nom de Saint-André la 
cloche qu'on avoit fait fondre pendant la vacance de la pré- 
vôté. Le nouveau prévôt fut parrin, et marreine Valérie rul- 
conne, femme de M® Clément Barengier. 

1513. 

En juin, on fit Tinventaire des reliques et joyaux de Téglise. 
Elles étoient alors dans des chasses sous le grand autel, et on 
ne les serroit point comme aujourd'hui, jusqu'au scrupule qu'il 
n'y a que quelaues anciens chanoines qui scachmit le lieu. Il 
y avoit un os ae saint Cloud, avec lequel on faisoit le saint 
vinage à Saint-Cloud. On fait tremper les reliques du saint dans 
de l'eau qu'on bénit et on s'en sert pour laver les ployes. De 
même apparemment à Saint-Junien, on trempoit cette relique 
dans du vin. On y avoit encore deux tieys couverts d'argent 
dont on se sert aujourd'hui pour chanter l'épître ei l'évangile 
aux fêtes solennelles; du sang du prépuce, de la chair de 
sainte Âgnés. Mais par un abus du temps on mettoit des re- 
liques dans le vase d'argent où reposoit le Saint-Sacrement. 

1515. 

6 juin, depuis Pâques jusqu'à la fête de Saint-Junien, les 
chanoines et demi-prébandiers, à peine d'être ponctués de deux 
deniers à chaque office, porteront leurs aumusses les jours de 
fêtes et de dimanches. Ceux qui n'en ont point s'en procureront 
dans la prochaine fête de l'Assomption de la Samte- Vierge. 
Quand on dira la grand messe, il y aura une stalle vide entre 
deux chanoines, pour les empêcher de causer; que s'ils le font 
après la monition de leur ancien, ils seront ponctués de pareille 
somme. 

1516- 

Le chapitre se prétendit héritier d'un chanoine qui était mort 
sans tester. 

1519. 

Pour faire la clôture de l'ostention des reliques, on envoya 
chercher des trompettes et des hautbois, qui assistèrent à la 
procession le 26 jum. On porta en chappes les reliques. 10 li- 
vres d'offrandes qu'elles avoient procurées, aidèrent à payer 
les frais de la solennité. 

2 juillet, deffendu de porter au chœur des robbes trop courtes 
et des souliers blancs. 

16 juillet, on fournit tous les ornements qu'on avoit aux en- 
fans de la ville, pour faire le mystère de la sainte Hostie. On 
exempta même du chœur tous ceux qui voulurent y jouer, et 
on donna aux acteurs un écu d*or au soleil. 

1520. 
9 mars, ordonné de noter sur du parchemin l'office de Saint- 
Joseph. 



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— 247 — 

1521. 

16 août, présence accordée à tous les chanoines qui voudront 
aller à Limoges voir jouer les mystères de la Passion. On 
î'avoit commencé le 2 du mois (1). 

13 décembre, la dame du Ghatelard dit que son fils Âmbroise 
de Magnac, chanoine, étoit fort mal dans son château qui est 
tout près d« la ville, et demanda pour lui exemption de trois 
semâmes jusqu'à ce qu'il fut guéri. Elle fut refusée parce qu'il 
étoit hors la ville. 

1522. 

14 mars, un Cordelier vint se soumettre au conseil parce 
que le chapitre exigeoit qu'il fit porter dans l'église paroissiale 
le corps d une veuve servante et mère du couvant. Il allégua 
le privilège de son ordre d'administrer les sacremens et ense- 
velir, et le fit lire dans un livre intitulé : Mare magnum. On 
répondit qu'on consulteroit. 

6 avril, le prévôt se trouva à la prise de possession et à la 
première messe de Charles de Villiers, évéque de Limoges, et 
au repas qu'il donna à quantité d'ecclésiastiques et de sei- 
gneurs. 

17 juin, le vicomte de Rochechouard pria le chapitre d'as- 
sister, de lundi en huit, à un service de la sépulture de la 
vicomtesse (2). Répondu qu'on y iroit volontiers et qu'on y 
fairoit tout ce qu'on^ourroit : on y porta 12 torches et on y 
alla en bon ordre. 

20 août, au sujet des amortissements demandés par le roi, 
les députés pour Limoges représenteront la pauvreté de l'é- 
glise causée cette année sur les dixmes par la grêle. On vendit 
un angelot et trois calices pour payer. Sur la représentation 
de plusieurs habitants, que Dieu avoit préservé la ville des 
gens d'armes et de leurs excès, on fit trois processions : une 
aux environs de la ville, le dimanche suivant, l'autre à Saint- 
Amand, la troisième le jour de la décollation de Saint-Jean à 
la chapelle de Notre-Dame du Pont. On porta devant la proces- 
sion un cierge de 4 à 5 livres. Frère Jean Godet, docteur de 
l'ordre des frères Mineurs, prêcha. 

1523. 

2 janvier, congé de trois jours donné à un chanoine pour 
aller à Limoges aider à son frère qui étoit roi de la frairie de 
Notre-Dame-la-Joyeuse. Autre exemption pour aller aux noces 
d'un cousin. 

11 janvier, un Espagnol, facteur d'orgues, s'offrit d'en faire 



(1) Voyez en effet les Begiitrei comulairei de Limogei, I, 108. 

(1) Jaquette de La Bochefoucaut, épouse en secondes noces de François de Roche 
chouard-Ponlville niectionné plus haut. Elle fut enterrée dans l'égliso du prieuré du 
Ch&tenet près Rocbechouart. 



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— 248 — 

une à la mode , <}ui chanteroit avec des tympans, cimbales, 
flûtes à cinq ou six jeux. On ne fut pas alors en état ; mais peu 
après on envoya au Dorât voir celles qu'il avoit faites et on le 
fit travailler en conformité. 

9 février, ordonné aux semi-prébandiers de donner avec 
l'honneur convenable les chappes du chœur aux chanoines, 
chacun de leur côté, de faire diacre et sous-diacre pendant 
toute la messe et de ne point parler ensemble, d^'allumer les 
chandelles, de ne point faire de querelle au chœur sous peine 
d'être ponctués de 10 deniers, ainsi que s'ils disent les heures 
deux à deux à voix basse. 

13 mars, deux [semi-prébandiers] privés de leurs revenus 
parce que, le jour des Cendres, ils parurent nuds dans la ville. 

20 mars, sur les représentations de l'hermite de Saint- 
Amand, qui ne pouvait plus marcher, les chanoines s'ençagô- 
rent de lui envoyer à tour de rolle son diner par un serviteur, 
qui chaque jour emportera les clefs de l'ermitage. On en donna 
une à un prêtre pour aller dire les heures canoniales avec cet 
hermite, et une chappe à un chanoine pour aller faire le service 
dans cette église aux fêtes de Noël. 

14 novembre, on paia la dépense que fit le prévôt lorsqu'il 
vint à Saint-Junien ; car il demeuroit habituellement au châ- 
teau de Brigueil. 

1530. 

Notre annaliste (1) rapporte un miracH arrivé le 7 décembre 
de cette année : une inondation emporta un des moulins du 
pont de Notre-Dame à Saint-Junien ; de deux enfans âgés de 
10 à 12 ans un fut noyé, l'autre invoquant la Sainte Vierge 
prit à la main une pièce de bois et se sauva dans un pré voi- 
sin. La rivière étoit si grosse qu'elle monta sur tous les autels 
de la chappelle ; mais celui de la Sainte Vierge ne fut mouillé 
en aucune façon. 

1540. 

23 mars, permission à deux chanoines de jouer dans le 
cloître le jeu de l'Assomption de la Sainte Vierge, avec les 
autres miracles. 

En mai, congé donné à ceux qui voulurent jouer la Passion. 

1541. 

29 juillet, congé donné à un chanoine pour aller à la frairie 
de Saint-Étienne de Chalus. 

1542. 

En avril, le sindic fera assigner devant l'ofBcial un prêtre 
de Brigueuil, qui avoit administré le sacrement à un paysan 
de la paroisse de Saint-Pierre, de la ville de Saint-Junien. 



(4) Vojrei le prëambwU dç ce(U chron^ue. 



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— 249 — 

Juillet, le chapitre emprunta 25 ècus d'or et donna en gage 
le grand calice. 

Août, un chanoine et un prêtre, bailes de la frairie de l'As- 
somption de Notre-Dame, proposèrent au chapitre si, malgré 
la stérilité du vin et du temps, ils voulaient manger cette frai- 
rie (1). La raison parut très légitime pour s'en dispenser cette 
année et la suivante. 

1543. 

30 mars, désormais, ce oui sera fait en chapitre sera mis en 
langue gallicquane et fen] rrançois. Celui qui sortira du chapi- 
tre sans congé, sera ponctué. 

21 août, M. de Montréal, gouverneur deLimosin, ayant con- 
vié le chapitre de lui faire honneur à son entrée à Limoges, le 
2 septembre (2), le sindic eut ordre d'y aller et de donner un 
présent, qui consista en 12 perdrix, dix levreaux et six chap- 
pons. 

1544. 

2 juin, on ne tint point de chapitre parceque les aventu- 
riers (3) étoient tous autour de la ville, logez dans les faux- 
bourgs par étappe. 

1546. 

En juin, le prévôt écrivit au chapitre cju'il vouloit faire son 
entrée et qu'on l'avertit de ce qu'il devoit y observer. Il fit dire 
par un chanoine, son açent, qu'il étoit sujet à catarres, qui lui 
avoient occasioné une cicatrice au dessous du visage, que par 
cette raison les médecins lui avoient ordonné de porter grand 
barbe, ce que le chapitre lui permit par grâce ; car, dans le 
même tems, on ordonna au maître de psallette qu'on venoit de 
recevoir, de faire sa grand barbe. Le prévôt fit son entrée le 
25 juillet, jour de dimanche. On le reçut devant la grand 
porte, où il fit serment. Le chapitre lui donna une barrique de 
vin. Depuis il gagna quelque chose tant en vin que autres 
fruits pour quatre prébandes, sur deux desquelles il fut obligé 
de payer les gasteaux. 

1547. 

2 janvier, Mathurin Joubert de la Bastide, jeune chanoine, 
à l'issue de vêpres, un jour de dimanche, déguaina dans l'é- 
glise une épée contre un semi-prébandier et Tauroit tué sans le 
secours. Le chapitre les ponctua tous deux pour trois mois et 
appliqua les fruits aux réparations de Téglise. 

7 juin, ordonné de faire la procession hors la ville pour le 



(1) Cett-à-dire célébrer la frairie par an banqnet. 
(S) Cf. let Hegittret cotuulairei de Limoges, I, 359. 

(3) La bande des Gascons qui assaillit Limoges vers la mémo époqne. Voyez les HegU- 
très conêulaireê, I, 387. 



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— 250 — 

danger de la peste qui ètoit à Limoges ^1) et d'y porter les 
précieux chefs, c'est à dire les tètes de Saint-Junien et Saint- 
Amand. Le mardi suivant, on les remit en lieu secret. Les 
consuls furent priés de donner bon ordre à la police. 
17 octobre, Mathurin de Cognac, cet écervelê dont j'ay déià 

{>arlô, entre au chœur, ayant grand barbe, en scandale de 
'église et contemnement aes statuts. On lui ordonna de se re- 
tirer, ce qu'il ne voulut faire. On le punit par la pointe (aie) 
de son revenu. Un autre entra le jour de Toussamt avec la 
même malpropreté. Il ne voulut pas sortir Le chapitre plus 
malin céda la place et cessa de dire vêpres. 

1551. 

27 Juillet, ordonné aux chanoines de porter des aumusses 
depuis Pâaues jusqu'à la Toussaint, et dans l'entre-tems des 
camails. Mais nul ne portera des robbes ayant les manches 
coupées à moitié, faisant quatre bras, chemises froncées, ni 
dagues dans l'église. Les contrevenants seront ponctués pour 
un Diane. 

1554. 

22 mars, ceux du chapitre, semi-prébandiers et gagiers de 
l'église qui joueront dans le claustre, seront ponctués pour un 
teston. 

6 octobre, un chanoine expose qu'étant sujet à un rhume, il 
ètoit contraint de porter grand barbe, que jamais il ne la fit et 

au'il alloit souvent dehors. 11 prie de lui permettre de la porter. 
In lut les statuts et on conclut que la porteroit qui voudroit. 
Deux chanoines n'opinèrent que pour le médiocrement. On 
permit au maître de psallette, qui alloit faire un voyage en son 
pays, de la porter jusqu'à Pâques; mais les semi-prébandiers 
et gagiers eurent ordre de la faire, sous peine de ne rien ga- 
gner tant qu'ils la porteroient. 

1555. 

30 août, Martial Merlin, maître ez arts, fit rapporter qu'il 
vouloil lire les épitres de Saint-Paul les jours de fêtes, s'il 
plaisoit à Messieurs du chapitre ; ce qu'ils lui permirent. Même 

S permission à un autre en 1556, de lire en chapitre, les jours de 
êtes, en philosophie naturelle. 

4 avril, seront suivant les statuts ponctués ceux qui porteront 
les manches coupées, qui se promèneront dans la grand nef 
durant le service sans surplis, les Messieurs qui descendent 
aux basses chaires durant le même tems, les semi-prébandiers, 
s'ils montent au-dessus de leurs sièges, [ceux] qui sortiront par 
ht grand porte, ceux qui entreront dans le chœur sans faire 
la révérence vers le grand autier. 



(i) Vo^ez les Htgittret conmlaireM, I, 412. 



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— 251 — 

1557. 

19 novembre, tous chanoines et semi-prébandiers qui vou- 
dront célébrer messe feront leurs barbes ; autrement ne feront 
leurs hebdomades. 

31 décembre, on tint une assemblée à Limoges pour accorder 
au roi quatre décimes qu'il demandoit. 

1558. 

5 mars, on lut les lettres du doyen, chanoines et chapitre de 
Limoges touchant le fait du ban et arriére-ban, par lesquelles 
ils demandoient 25 livres pour les frais qu'il convenoit faire. 
On leur en envoya 20 livres. 

18 mars, un père prédicateur dit que quelques gens avoient 
mangé en carême de la chair, des œufs, des oeignets avec du 
fromage. Afin qu'il en fut fait justice, on le somma de déclarer 
les coupables. Il ne pût ou ne voulut. On l'avertit que désor- 
mais il ne preschat telles choses publiquement sans en être bien 
averti. 

9 août, le vicaire perpétuel de Notre-Dame, paroisse du cha- 
pitre, obtint une sentence à Limoges par laquelle il fut main- 
tenu en la possession d'administrer les sacrements à ses pa- 
roissiens, et inhibé aux Cordeliers de l'en empêcher. 

1559. 

Neuf gradués requirent une prébende qui vaqua dans ce 
mois. 

On ne voulut pas reprendre un organiste, parce qu'il s'étoit 
marié. 

1560. 

19 juillet, ordre à Thermite de Saint- Amand de se désister de 
faire la quête des poids et fèves. 

7 août, un sufifragant vint avec le grand vicaire bailler les 
chresmes et confirmer. On leur fournit à chaque repas, pendant 
leur séjour, quatre pintes de vin, 

20 septembre, on lut les lettres de M. le Gouverneur, et on 
envoya un député à Limoges, le 13 octobre, aux Estats (1). Au 
synode suivant, on y commit trois députés pour aller aux Etats 
à Meaux. Le chapitre donna procuration pour présenter les 
articles des doléances. 

15 octobre, si à la fête de Saint-Junien qui sera demain, 
aucuns du chœur font la rage et perturbent le service divin, il 
ne leur sera rien distribué. On donne d'extraordinaire 6 deniers 
pour chacune des trois heures du jour. 



(1) Cette date ne concorde pas aTOc celles de mai et juin données par les R§gMr9t 
cmifulairêê de Limoges, l, 310 et 8t) . 



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(1) Particttlièrtmont du c6i6 de Rochechoaart. 

(I) Cr. les Regtêtrtf contulttireê de Limoges, I, t06. 

(t) Préoantioiu pritee contre let hu^onott, eomme plue haut, à U dal« de 1561. 

(4) Voyei loa Hegittf* contnlairett L tsy. 



I 



I 
I 

— 252 — 

I 

25 octobre, les vicaires de la chapelle Notre-Dame-du-Pont, 
qui ètoient fermiers des offrandes, se plaignirent qu'ils étoient 
grandement dëperdants, à cause de Thèrôsie qui ètoit entour 
les circonvoisins de la ville (1). | 

8 novembre, un chanoine représenta qu'il avoil été occupé à | 

aller par le diocèze avec le suifragant pour bailler les ordres, , 

et gu'il n'avoit pu poursuivre les procès de Messieurs, qui 
étoient pendants à Limoges. I 

6 décembre, arrivèrent à Saint-Junien neuf ou dix compagnies i 

de gens d'ordonnance et 1,200 hommes de pied, commandées , 

par le maréchal de Termes pour aller arrêter les progrès des 
calvinistes à Limoges. Les consuls de cette dernière ville 
assistés de quelaues gentilshommes allèrent lui présenter le 
service de leurs nabitants (2). 

1561. 

14 mars, deux députés envoyés à Limoges, pour comparoir 
au nom du chapitre et nommés pour aller aux États. 

13 avril, trois des plus anciens chanoines commis pour aller 
visiter les précieux chefs. On les garda par hebdomades et le 
mériglier coucha dans l'église avec un chien pour les garder. 
On les serra le 22 juin, et le 3 juillet on statua, suivant l'an- 
cienne coutume, qu'ils seroient serrés par les quatre plus 
anciens chanoines. 

23 juin, les enfans de la ville dirent qu'ils vouloient faire 
mostrèes et jouer apparemment quelque histoire sainte, à quoi 
il leur falloit faire plusieurs frais. Le chapitre leur donna un 
écu. 

24 décembre, il ne sera plus fait d'ôvéque pour la fête des 
Innocens, ains un prévôt. 

1562. 

30 mai, les portes des cloîtres du chapitre seront fermées et 
muraillées pour la sûreté de l'église et afin qu'elle ne soit pillée, 
ainsi que l'ont été d'autres églises circonvoisines. Il y sera mis 
des gens, les nuits, pour la garder, aux dépens des cnanoines ; 
et sera au choix d'un chacun de fournir d'homme ou y être en 

Personne pour la garder. On fit mettre aussi en sûreté l'image 
e la Sainte-Vierge de la chapelle du Pont (3). 

1563. 

La peste qui étoit à Limoges (4) fit déserter la cathédrale et 
assigner leur chapitre à Saint-Junien pour le 20 août. Ce fléau 
de Dieu parut peu après à Saint-Junien. Le 31 août, il fut 



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- 253 - 

arrêté (}u'on mettroit six personnages, prêtres stipendiés pour 
le service de l'église. Si Messieurs s'en vont hors la ville à 
cause du danger, ils ne partiront qu'après le 5 septembre. 
Statuèrent que si, pendant leur absence, il venoit à vaquer 
quelque bénéfice, celui qui sera en aigle pourra présenter, en 
quelque lieu que ce soit, pardevant trois chanoines de cette 
église; que ceux-ci conféreront comme si tous étoient présents 
au chapitre : que les malades pourront pendant ce temps pré- 
senter par procureur. On assigna le futur chapitre au aernier 
jour du mois, au lieu de Château-Gaillard, qui est près de la 
ville de Saint-Junien. On mit un prêtre gagé pour administrer 
les sacrements dans les deux paroisses. Elles sont composées 
de 4,000 communians. 

4 septembre , les consuls firent une taxe de pauvres qui étoît 
excessive pour le chapitre. On ne voulut pas la tenir. Chaque 
chanoine donna un septier de seigle. 

4 octobre, on tint un chapitre à Chaillac près de la ville, et 
pas un autre le reste de l'année à cause de la peste. 

1564. 

13 mars, on en tint un à Saint-Brice, où un chanoine s'offrit 
généreusement d'administrer les sacremens, sans autres gaçes 
que sa prébande ; ce qu'on accepta. Il avoit pour auxiliaire 
deux semi-prébandiers et un gagier. 

20 juillet, les consuls sommèrent le chapitre de conférer une 

Ï^rébande vacante par mort à un maître régent, pour instruire 
a jeunesse, suivant l'édit du roi, et présentèrent un sujet. On 
leur donna des délais. Le 28, le prévôt vint en chapitre et dit 
que c'étoit à l'évéque, les chanoines et consuls préalablement 
appelles, de nommer le régeni ; ce qui se fit unanimement. 



IV. — Extraits du Journal de AP Pierre de Teysseulh, 
chanoine de Véglise de Limoges. — 1533-1568. 

Le journal de M° Pierre de Teysseulh est comme la continuation de 
celui que nous a laissé un autre chanoine de Limoges, Pierre 
Fouscher, mort vers 1513 (Voyez au tome II des Documents histo- 
riques sur la Marche et te Limousin), On peut juger par la forme 
qu il affecte de la manière dont il fut composé. Une première partie 
va de 1533 à 1568, une seconde de 1537 a 1565. Cette anomalie vient 
de ce que Fauteur avait commencé son journal par les deux bouts du 
registre et le continuait tantôt par Tun, tantôt par Tautre. Etait-ce 
parti pris? Etait-ce négligence? Nous ne savons; mais une étude 
attentive des matières de chaque partie permettrait peut-être de 
proposer une solution sur ce pomt. 

On ne sait rien de l'auteur de cette chronique sinon qu'il était 



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^ 254 - 

chanoine du chapitre cathédral de limoges. On peut espérer toute- 
fois que les documents du temps, mieux interrogés, fourniront tôt ou 
tard les renseignements essentiels sans lesquels on ne saurait se 
prononcer sur le mérite intrinsèque d'une œuvre de ce genre. 

Quoique contemporain de V Anonyme de Saint-Léonard que nous 
éditons plus loin, Teysseulh ne fait point double emploi avec lui. 11 
conserve donc toute sa valeur pour la période dont il s'occupe. 

Les extraits que nous publions ont été pris vers la fin du xvu® siècle 
sur Foriginal même du journal communiqué par M» Bertrand, autre 
chanoine de Saint-Etienne. Ils se retrouvent au tome 186 de la col- 
lection Gaignières (tome III des Extraits de titres originaux du 
Limousin, pp. 172-180), à la Bibliothèque nationale. C'est là que 
feu Auguste Bosvieux les a transcrits à son tour, et c'est de sa copie 
que nous nous servons en l'accompagnant de quelques notes indis- 
pensables. 

Mémoire que R. P. en Dieu Jehan de Langheac, èvesque de 
Limoges, fit son entrée comme èvesque en l'église de Limoges, 
le dimanche 22 juin 1533, et mourut à la fin de juillet 1541, à 
Paris, et fut porté pour ensevelir à Limoges : ce qui fut fait en 
grand honneur, car entr'autres choses, y avoit 500 pauvres 
faisans deuil et vestus de noir, chascun portant un flambeau 
à la main. Il flt, luy estant èvesque, de grandes choses en 
ladite église, entr'autres bailla la grande tapisserie et celle où 
sont les mystères de N.-D., et faisoit bastir le chasteau près 
les fossés de la Cité, et par son décès demeura ledit basti- 
ment, dont fut grande perte. Il fut fort plaint audit Limoges. 

11 estoit estimé le plus riche de trésor que prélat de France ; 
aussy il bailla grand somme de deniers aux pauvres filles à 
marier. 

Mémoire que les grands jours se tinrent à Limoges par un 
nommé Brisson, pour lors quart président de Bourdeaux, et par 

12 des conseillers dud. Bourdeaux, à Limoges et en la sale 
de consulat, et ne firent point grands justices, nonobstant que 
le monde au commencement avoit grand peur. Ce fut le 1*' de 
septembre qu'ils commencèrent et finirent le dernier octobre, 
vigile de Toussaint 1542 (1). 

Item, le 22 octobre, dimanche, firent lesd. président et con- 
seillers faire ostension de M. saint Martial, eux présens avec 
leurs robes rouçes; et après qu'il fut dehors, lesd. président et 
conseillers habillés comme dessus, s'en vinrent à Saint- 
Etienne, et, après que la grand messe fut dite, firent la proces- 
sion par la ville. Et après l'église venoient mesd. sgrs. prési- 
dent et conseillers, précédans beaucoup dlnstrumens; et fut 
dit le sermon à Saint-Martial, et les chanoines de Saint-Mar- 
tial y estoient et alloieiit à main senestre, avec M. de Saint- 
Etienne. Demeura le chef de M. saint Martial dehors despuis 
le matin à 7 heures jusques après vespres dudit jour. Fetta 



( ) Cf. Annotée de 1638, p. 310, ot les hegiitre» eon$nlairei, I. 837. 



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- 255 — 

(sic) le chef du glorieux apostre M. Tèvesque de Bazas, qui 
estoit lors à Limoges, et ses assistans l'abbé de Solounhac, 
Roland Barton, et Tabbé de Saint-Martin, Guill. Jouyiond (1). 

M. d'Escars mourut le 17 mars 1545 à Paris, où il fut sé- 
pulture. 

Item, le 3 juin 1546, mourut aud. Paris M® François Texier, 
protonotaire, duquel j'avois eu la prébende ou chanoinie de 
Saint-Etienne par permutation, le 17'' de feuvrier auparavant. 

Mémoire que M. l'abbé de Dalon, prieur du Chaslard et curé 
de Nexon, de la maison de Las Tours, fut frappé, en revenant 
de N.-D. de Rochamadour, de certain canon à Saint-Robert 
près de Vignoux (2), duquel coup mourut le dernier de juin 
1546, et par son décès vaquèrent lad. abbaye de Dalon, le 
Chalard, Nexon et plusieurs autres bénéfices. 

{Il y a ensuite dans le même journal mémoire des reconnais- 
sances de rentes dues à la vieairie d'Aymery de Serra fondée 
à l'autel Saint-Georges). 

Mémoire que l'an 1547, au mois de mars, commença une 
grande peste en la ville de Limoges : demeura le peuple aux 
champs depuis juillet jusques en février après, nonobstant 
qu'elle pulluloit toujours, jusques au mois de décembre 1548, 
et sursoya après jusqu'au mois de juillet 1549, que sortit sou- 
dainement aux bares (sic) de Manhanie, là où moururent dans 
24 heures 12 personnes, dont le peuple fut fort espouyanté, et 
le commun se retira aux champs soudain. Touttesfois la rue 
de Consulat et de Magninie ne partit point, qui fut un grand 
espoir au peuple, et grâces à Dieu n'y eut que tout ,bien pour 
lors (3). 

Un évesque cordelier, nommé Andréas Texerii, donna des 
tonsures dans l'église de Limoges, le 27 juillet 1553, par per- 
mission de noble Christophle Marsupin, vicaire de Cœsar de 
Burgognonibus, évesaue de Limoges. 

Mémoire que le lundi, 11 septembre 1553, fut stalle le siège 
présidial au siège de Limoges, et par M. Massiot, conseiller 
au Parlement de Bordeaux (4J. 

Mémoire que, le 6 décemore 1553, le château appelé de 
Château-Chervis (5) fut brûlé, et auparavant tués dedans la 
femme du sieur, sa mère, leurs entans et filles dud. sieur; 
servantes et chambrières, sans excepter aucun qui fut dedans, 
et, après les avoir tués, mirent le feu audit château et firent 
brûler les corps; et la dame qui étoit enceinte ne se peut brûler 



(1) Cf. Annaleê dt 4A58. p. 327. 

(1) Saint-Robert, arrondissement de Brive, Corrèze. — Vignoux doit étro le môme nom 
que Vignols, arrondissement de Brive. 

(3) Cr. Annalen de 1C38, p. 330. 

(4) Cf. Annale» de 1638, p. 334. 

(5) Arrondisse ment de Saiut-Yrieiz, Haute- Vienne. 



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— 256- 

qu'une partie du corps, et en l'autre partie on trouva les coups 
des espées et dagues qu'on leur avoit baillés : par quoy lut 
cogneu qu'il y avoit du meurtre, qui fut la cause que la justice 
en fît très grosse diligence, et le sieur gaigna au pied. Et fut 
pris un prêtre nommé Barmondieras, paroisse de Chalucet (1), 
qui confessa le cas et que led. sieur 1 avoit fait faire, et le tout 
confessa sans torture, et qu'auparavant mettre le feu, qu'il les 
avoit tués, et que, ce fait, les mirent au milieu d'une chambre, 
et sur eux la paille des lits et autres choses, et puis mirent le 
feu, le tout par commandement du sieur qui les vouloit tuer, 
comme disoient, s'ils ne l'eussent fait. Et le dernier mars, an 
susdit (2), led. Barmondieras prêtre fut mené sur un tombereau 
par la ville de Limoges, en chemise, tète nue et pieds nus, et 
avecq luy la figure dud. sieur, et furent tenaillés luy et lad. 
figure par les carrefours de lad. ville; et après estre arrivé à 
l'espiuloir (sic) de lad. ville, led. Barmondieras fut mis tout vif 
à quatre quartiers, et nuis tranché la tête, et après lesd. 
quartiers et la figure dua. seigneur qui avoit esté condamné à 
estre brûlé tout vif, furent brûlés et mis en cendre. 

Mémoire que l'an 1554 fut fait ostention de M*" saint Martial 
et des autres glorieux saints de Lymosin ; et fut serré le mardy, 
22° du mois de may, qui estoit le lour M** saint Loup ; et mardy 
après la fête de la Trinité, à Tneure de 12 heures, sous les 
arbres, et en faisant la prédication, s'éleva un tonnerre qui 
dura tout le jour, et le soir après vespres fut serré M*^ samt 
Loup, après avoir fait la procession par la ville et porté led. 
saint Loup. Et le mercreay auparavant, après la Pentecoste, 
fit un tonneî're et orage avecq gresle qui fit beaucoup de mal 
en aucunes vignes, par exprès le long de la rivière, depuis le 
pont Sainl^Estienne tirant vers Sousdenas (3). En cette ostention 
ne furent faits aucuns jeux : le peuple avoit beaucoup d'affaires 
à cause des subsides imposés par le prince. Âussy passèrent 

Sar trois fois les gendarmes gascons et basques par ce pays, 
urant lad. ostention. 

(Il y a ensuite dans le mêmejournal unfragment d'histoire de 
l'exécution de quelque misérable, laquelle commençait en un 
autre feuillet qui a été coupé. Suivent les huit lignes qui termi- 
nent cette narration et qui sont suivies de cette phrase du co- 
piste : € Il y a apparence que c'étoit un Huguenot. > ) (4). 

Mémoire que le 8® novembre 1555 fut brûlé par effigie un 
nommé M'ChristophleMarsupin, et devant l'esglise de Limoges, 
pour être accusé du péché sodométique par luy perpétré tant en 



{i) Aujourd'hui commune de BoUseuil, près Limoges. 
(S) 1853, nouY. style 4554. 

(3) Soudanas, commune do Panatol près Limoges. 

(4) Il s'agissait Traisemblablement de Guillaume du Dongnott, cttré de la Jonclière, br&U 
comme calviniste à Limoges en 1535. 



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— 257 — 

masles oue femeaux. Ledit Marsupin avoit demeuré vicaire 
général ae M. Mess. Cœsar de Bourgognonibus, évesquede Li- 
moges, bien l'espace de sept ans : pendant lequel il fut tant heu- 
reux en vaccances des bénéfices que fut été auparavant luy ; 
il avoit cinquante ans (?) et tout grosses pièces. Ledit éves(](^ue qui 
étoit un gardien étoit Italien : aussy led. Marsupin. Mais led. 
évéché étoit pour le fils de M. le comte de la Mirandoie^ Italien 
aussy. Led. Marsupin fit cesser led. bastiment de lad. esglise 
pour faute de vouloir fournir argent, et s'efforsa de tollir à lad. 
esglise tout ce qu'il put, et eut fait davantage, n'eut esté l'empê- 
chement que Dieu y fit, tellement qu'il la vouloit priver de tous 
ses privilèges. 

Le jour de la septuagèsime, tous bons chrétiens receurent 
leur créateur, après avoir jeûné les mercredi, vendredi et sa- 
medy, et ce par authorité de N. S. P. le Pape q^ui avoitconcédé 
plénière rémission, en disant chacun jour trois Pater Noster 
et Aoe Maria, pour la paix de la chrétienté, et afin que N. S. 
donnât aud. pape de bien régir son peuple. 

Le 10* janvier 1556, baillé charge à M. Jean Corbier dire 
chacune semaine une messe à l'autel Saint-Georges, à l'in- 
tention d'Aymery de Serra, évesque de Limoges, fondateur 
d'une vicairie aud. autel. 

Soit mémoire de ce qui fut fait à l'image de la benoiste Vierge 
Marie et à celuy de son fils qu'elle avoit sur les bras, estant 
sur l'autel de la place Saint-Michel, le dimanche 14® du mois 
de juillet 1560: led. insulte fait par les nouveaux chrétiens. 
Mais le lendemain lundy, après avoir remis led. image, non 
sans grande quantité de peu)jle criant à genoux miséricorde 
pour l'outrage et injure faute aud. image et Vierge Marie, 
voyant la dévotion du peuple, les prêtres de Saint-Michel 
mirent en délibération de faire la procession par la ville. 
C'estoit environ 7 heures du soir, et portoient l image de la 
benoiste dame, non celuy à qui avoit esté faitte l'injure, ains 
un autre. Et estant près les bancs charniers de la ville, soudain 
vint une esmotte de gens voulants venger l'injure faitte à la 
glorieuse dame (1). 

Le 7'* jour de juillet 1563, MM'* de l'église de Limoges bail- 
lèrent l'absence à un chacun, causant la peste, et jusques au 
20® aoust prochain, auauel jour fut le chapitre assigné, en la 
ville de Samt-Junien, et laissèrent 13 locataires (?) et 3 choristes 
pour faire le divin service. Tout après continuée lad. absence 
jusques au 1®*" jour de la quadragésime, 15® février. 

Nota : le 15® aoust 1565 M*" le cardinal de Guise, M™® de 
Guise, son fils, le prince de Mercœur, ouïrent la grand messe 
à Saint-Etienne. 

L'an 1567, durant les troubles de la religion, furent faits les 
ponts-levis des ponts Saint-Martial et de Saint-Etienne et le 



(1) Cf. AnnaltM de 4638, p. Ui. 



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— 258 - 

pôHal des chanoines tirant de Saint-Etienne aux barys de 
Magninie. 

Item, le lendemain de Pasques, 19 avril 1568, fut baillé par 
le sgr. des Cars le collier de chevallier (de Saint-Michel) à M® 
de Pontbriant, gouverneur et sénéchal de Lymosin, en Téglise 
de Saint-Estienne, après avoir, ouy la grande messe et devant 
le grand autel. 

Item, le lendemain mardi, 20® du mois d'avril, an susdit, 
fut fetté M*" saint Martial et autres saints, et ne pensoit-on point 
qu'on les fettast lad. année pour cause des tumultes, et n'en 
sceut-on rien que la vigile des Rameaux. 

Extraits du même journal commençant de Vautre côté 
du registre. — 1537-1565, 

Mémoire que le 14 octobre, Tan 1537, un dieumens a vespras 
lous religions de Saint-Marsaud, ordre de Saint-Benoist, en- 
trèrent à vespras dire lasd. vespras, chacun en lour surpelia 
et aumusas, et laissèrent lodit nabit de Saint-Benoist, dont lo 
poublo menoit grand murmurament. Et furent chanoines et 
erro abbat Mons** M® Guillaume Jauviond, loquaul jamais en 
près no froget (1). 

Item, ny aguet plusours que ne voulgient jamais laisar lour 
habit, ains aguerent grand question ensemble. 

Mémoire que le pénultième jour du meis d'octobre l'an 1539, 
environ miesjour. M""" Guillaume Lablois murist soudaine- 
ment, en volant disnar, et nero mas vengut de Saint-Estienne, 
et per son dens vaquoit una grand vicaria et une chanoinie de 
la Règle (2) et plusours vicarias. 

MM^ François deu Bosc, chanoine de Limoges, murist le 
dernier décembre 15 ]9, et vaquoit la chanoinie, et fut elegit 
M. François Barton, doyen de Limoges, et fut enterrât davant 
la chapelle de M'aies Benoist appellée N.-D. de Loretteen lad, 
église. 

Mémoire que l'an 1540 fut faitte ostension du glorieux ami 
de Dieu, M. saint Martial, et de M. saint Léonard et autres 
corps saints du Limosin : à laquelle ostension on entreprit de 
jouer le jeu de Jacob, leauel fut commencé le jour de la Pen- 
tecoste, et ce sous les-arores (3). En ce jeu eut grande alter- 
cation, etétoit quasi contre le vouloir du peuple. Si vint qu'en 
jouant ce jeu le temps se changea, et faisoient tonnerres, dont 
le commun peuple fut esmeu contre ce jeu, et de fait s'en allè- 
rent à Saint-Pierre prendre les cloches et se mirent à sonner, 
dont le lieutenant criminel, le juge de la ville et touttes gens 



(1) Cf. Ànnalei de 463S, p. 324. 
(t) Abbayo de Limoges. 

(3) C'est-à-dire la place voisine de Tabbaye Saint-Martial et qu'on Appelait de desêom* Ui 
arkret. 



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— 259 — 

de justice allèrent pour faire cesser lesd. cloches, ce qu'ils ne 
purent, ains s'en retournèrent sans mettre leur vouloir en exé- 
cution ; dont le jeu pour ce jour demeura. Le samedy emprès 
fut Saint-Loup, et jouèrent. Le lendemain, jour de la Trinité, 
jouèrent, et finit led. mystère de Jacob. Le mardy emprès s'é- 
leva grand tonnoirre et tomba si grand gresle que Ton estimoit 
que du vignaut de Limoges ètoient abbattues de trois parties 
les deux, sans avoir rien demeuré auxdittes vignes, ains ètoient 
comme à Noèl sans aucune feuille, et si av oient beaucoup 
avancé, car ètoient en agrats, et disoit Ton et est pour le vray 
que en toutte la paroisse de Soubrevatz (1) ne se trouveroit un 
dîou, ny un denier de pourade ; et par ce l*on murmuroit con- 
tre les joueurs. Et vouloient lesd. joueurs jouer le mystère de 
Job, le dimanche emprès, ce qu'ils n'osèrent faire, et aussy 
sainte Suzanne. Depuis lequel mardy qu'il fit le temps que dit 
est, dura le tonnoire dix jours emprès sans cesser, car conti- 
nuellement l'on étoit aux cordes des cloches, et eussies ouï dire 
que le temps avoit abattu telle parroisse, demain, l'autre: 
aont le pays de Lymosin fit grande perte ; et nonobstant ce, 
ne s'enchérit le vm d'un denier pour pinte, ny le boisseau de 
bled de 2 sols tournois ; et disoit l'on ouïr les diables en l'air 
hurler. Ledit jour de mardy tomba (car on la voyoit en l'air 
tomber visiblement), en la paroisse de las Ëglicgas, une 
pierre plus grosse qu'un barril apte à tenir vin, et entra en 
terre plus de 2 aulnes de pro ond, et la jettèrent à grosses 
barres de fer pour voir que c'étoit. En ce tems mourut si 
^ande auantité de petits enfants que c'étoit merveille, comme 
Se salachou(?) et des persors {f) ; et eurent les grands une mala- 
die inconnue et ne malevioient(8/e) longtems, au plus haut deux 
jours les uns, les autres 10, 15 jours, un mois, et femmes en- 
ceintes ètoient en grand danger. Ycelle année eut si grande 
sécheresse en ce pays que vendanges furent en aoust, et les 
raisins ètoient comme confits et les feuilles des vignes ètoient 
tombées par terre, comme si eût fait grande gelée, et les vins 
furent merveilleusement bons. 

Mémoire que lou dieumen après N.-D. de septembre 1540, 
ce soir, en soupant chez M° Pierre Benoist, officiai de Limo- 
ges, lequel tenoit la confrairie appellée la Mournifle, M® Pierre 

des Lys, chanoine de Limoges, archiprebstre de , curé de 

Saint-Pardoux, mourut subitement en lad. table, et tous ses 
bénéfices vacquèrent. Et fut esleu le neveu dud. officiai en son 
lieu chanoine, et fut sépulture le lundy au soir devant l'entrée 
du chœur de lad. église. 

Mémoire que lou dieumen, 14 novembre 1540, furent bénis- 
tes en la Règle 11 relligieuses, et les bénit M. de Betlèem, 
évéque. 

loannea, Dei gratia epiaeopus Ehroîeensia, donna les ordres 
en ce diocèse, aux quatre temps, après les Cendres 1543, 



(1) SottbrevatSainle-Clairo, banlieue de Limoges. 



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— 260 — 

Mémoire aue le 20* jour de décembre, Tan 1556, dimanche 
avant Noôl, les princes roy et reyne de Navarre, vicomtes de 
Limoges, nommés Jean de Vendosme et Jeanne (1) sa femme, 
arrivèrent au prieuré de Saint-Gérald : scavoir est lad. reyne, 
environ trois heures emprès midy, avecq son train, et le roy 
environ soleil couché ; car après avoir disné au château d'Isle, 
là où il avoit couché, il s*en alla à la chasse. Arrivèrent avecq 
luy les S^^ de Lavauguion, des Cars et autres en grand nom- 
bre : à la venue desquels roy et reyne l'artillerie de la ville 
sonna. 

Le mardy emprès, 22® dud. mois, led. sieur roy, avecq deux 
evéques, les S^""* susdits et plusieurs autres, s'en vint sur un 
èchafaud fait en mani)ère d'un cabinet, étant dans le cimetière 
de devant l'église de Saint-Gérald, et environ 10 heures du 
matin. Etoit son train arrangé, scavoir est les 12 suisses de- 
vant luy, à terre, son arrière-garde, 12 archers garnis à pisto- 
lets à feu, devant luy, ses instruments joignants à eux, et trois 
trompettes ; et son train arrangé, commencèrent à venir les 
mendians du costé de la croix Saint-Nondonaud [sic, lege 
Mandonaud), car avoient sorty à la porte des Arènes ; emprès 
vinrent les prêtres de Saint-Pierre et Saint-Michel ; après vint 
le couronal de la ville, nommé Boyol, receveur des tailles 

Sour le roy, à cheval, jusques qu'il fut près du cabinet; autour 
e luy douze personnes, 6 d'un costé, 6 de l'autre, acoustrées 
d'une livrée et en sorte de suisses. Et luy fit une grande révé- 
rence, et emprès luy avoir fait l'harangue, se retira de l'autre 
costé, et ses gens se mirent 6 deçà et 6 delà^ et luy au mitan. 
Et emprès passèrent les enseignes, et dura la passée deux 
heures ; et, après les bandes passées, ensemble 50 enfants 
pages d'honneur à cheval, tous couverts d'un manteau de ve- 
lours cramoisy. Led. coronal monta à cheval, et alloit après, 
et emprès eux, les consuls de la ville habillés de velours noir, 
et emprès les bourgeois, manants et habitants de la ville à 
cheval, et MM"* de la justice emprès ; et lors tout passé, ainsy 
que dit est, l'artillerie de la ville sonna, et tout incontinent le 
roy monta sur une haquenée blanche et commença à marcher 
pour faire son entrée, lesd. suisses pour l'avant-garde, et em- 

Erès les deux evéques et luy emprès, et emprès les gentils- 
ommes en grand nombre, et emprès les tout derniers les 
12 archers. Et étant arrivés à la porte de Magninie, fut jouée 
une moralité, et sortit une jeune fille de dedans un cœur cou- 
vert de satin rouge, laquelle luy fit l'harangue et luy bailla une 
clef d'argent, et lors entra la première porte, et les consuls 
furent là qui mirent sur luy un pavillon ae velours cramoisin, 
et lors entra dans la ville où furent jouées plusieurs moralités, 
et s'en alla descendre à la maison du Brueil près Saint- 
Michel. 
Item, environ deux heures après midi, la reyne s'en vint sur 



(1) Jeanne d'Àlbret, mère d'Henri IV. 



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— 261 — 

led. cabinet avecçi M"® de Roen (sie, lege Rohan), la damoi- 
selle d'Es et plusieurs autres en grand nombre, ensemble les 
evèques susdits et gentilshommes, et s'assit lad. reyne sur 
une chaise, et lad. dame de Roen auprès d'elle (1). 

Nota que le 20 novembre 1552, M® Jean Bermondet décéda, 
et par son décès vaqua la dignité cantonale. Furent exclus 
MM. M° Martial Douhet et Pierre Benoist qui en firent grand 

Erocès, et par arrest led. M® Martial Douhet fut maintenu, 
éd. chantre le lendemain fut sépulture au couvent des Carmes, 
en la chapelle de N.-D. de Pitié. 

Le , M® Jean de Loménie, doyen, décedda, et par son 

décès vacqua la dignité décanale, et fut esleu M*" M* François 
Boyol qui eut plusieurs compétiteurs, mais récompensa ses 
parties adverses et demeura possesseur. Led. de Loménie fut 
sépulture aux sépultures de ses prédécesseurs devant le mo- 
nument, en lad. église. 

Le 27® avril 1559, les lettres de la paix (2) furent publiées en 
la cour de la présente séneschaussée, qui estoit le jeudy avant 
l'Ascension; et le dimanche emprès fit la grande église de Saint- 
Estienne la procession par la ville pour icelle paix, et le jour 
de l'Ascension de N.-S., 4® may, m^ les consuls firent porter 
en procession M"" saint Martial , et l'emprès-disnée M"" le gé- 
néral de Julien, avecq MM" les consuls, vinrent en la place 
des Bancs, et. avecq grands instruments et artillerie firent les 
feux de joye. 

Et le 21° jour dud. moys de may emprès , MM^ de la ba- 
soche jouèrent une moralité devant et en la place de la Court en 
Roy (?), et allumèrent le feu, et quasi par les carrefours en firent 
autant; car cette paix étoit tant désirée qu'il étoit possible et 
de touts états. 

Item, le 2(P novembre 1564, mourut M»" M® Pierre Benoist, 
prieur de Saint-Gérauld, archi-diacre de Limoges, et par son 
décès vacquèrent les pièces Çsic, lege prieurés) susd. avecq la 
prébende ou chanoinie de Limoges. 11 mourut subitement au 
Mas-de-l'Age, le jour susdit, et le lendemain sépulture en lad. 
église de SaintrEtienne es sépultures de ses prédécesseurs, en 
la chapelle de N.-D. de Lorette. Le lendemain fut faite l'élection 
dud. archidiaconat, et furent esleus MM"* M" Jean Poylevô à 
la majeure et Pierre Romanet. 



(4) Cf. Annaleê de 1638, p. S35. 

(2) Il s'agit de la paix de CateaaCambrésis. conclue les 8 et 3 août arec l'Angleterro et 
rfspagno. 



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— 262 — 



V. — Chronique de ee qui s'est passé en Limousin, Marche et 
pays eireonooisins, par un homme curieux, dit l'Anonyme de 
Saint-Léonard. — 1548-1604. 



On ignore absolument le nom de cet c homme curieux i : mais 
la place qu'il accorde aux moindres événements survenus à Saint- 
Léonard autorise à croire qu'il habitait cette dernière ville. Sa 
chronique nous a été conservée par une copie de Dom Fonteneau, 
au tome XXXI de sa collection où elle ne fait qu'un seul tout avec 
la première chronique de Pierre Robert que nous donnons plus loin. 
Elles ont môme un titre commun ainsi rédigé : Chronique,,, com- 
mencée par un homme curieux et continuée par Pierre Robert. 
Nous avons jugé bon de les disjoindre ici pour rendre plus aisé 
l'examen critique de Tune et de l'autre. 

La copie de feu Aug. Bosvieux a été faite directement sur celle 
de Dom Fonteneau. Nous la suivrons de point en point, en l'éclairant 
seulement par quelques notes essentielles. 



Premièrement et du plus loin de ma souvenance, me re- 
corde de l'émotion et révolte de Bordeaux et de Limoges 
touchant le fait de la gabelle que le roi Henri II avait fait 
imposer à la Gujrenne (1). Bordeaux se révolta, résista et fut 
puni. Quant à Limoges, ils ouvrirent les portes à l'armée du 
roi et s'humilièrent, en sorte qu'il ne fut fait aucun ravage, et 
tant y eut que ladite gabelle fut abolie. Environ le même temps 

Sassa à Saint-Léonard (2) M. de Bonnivet avec quelque troupes, 
juelques séditieux huguenots de Limoges portèrent une nuit 
un image de N.-D. qu'on priait dans l'église de Saint-Michel 

f>ar le dehors, sur un èchaïaud, au lieu où on exécute les mal- 
àiteurs audit Limoges, et illec la décollèrent, et, y étant 
trouvée le matin, il y eut un grand scandale qui vint jusques 
aux oreilles du roi, dont y eut grand bruit (3), mais cela s'a- 
paisa. Un autre huguenot fut si abommable que de faire sa 
villenie sur l'autel de M. saint Léonard , en la ville de Saint- 
Léonard, que l'on ne put scavoir qui étoit celui-là. 

Quelaue temp$ après, en l'année 1565, la ville de Saintp 
Lèonara fut fort travaillée de la contagion, tellement qu'on 
portait le nombre des morts à 1,800. Peu après il y eut un hiver 
si rigoureux, que les arbres se fendirent; les branches des 



0) 1548. Cr. Reg. conmU de Limoges eiAnn. 4e 1638, à la date 
(2) Arrondissement de LiAOges. 
V3) 1560* 



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— 263 — 

noyers furent gelées, si bien qu'il fallut les couper, pour ne 
laisser que le tronc ; les neiges furent si abondantes qu'elles 
dépassaient en plusieurs lieux les maisons; les vignes furent 
gelées et il v eut une si grande disette que le setier de seigle se 
vendait 10 fr. Cela ne dura guère, mais assez cependant pour 
causer la mort d'une foule de pauvres gens. C'était en l'année 
1573. 

(L'auteur ne dit qu'un mot du passaae des troupes catholiques 
et protestantes en Limousin, pendant ï'année 1569. Il mentionne 
seulement les escarmouches de La Roche-l' Abeille (1) et du gué 
La Salève sur la Vienne. Sous le règne de Henri III, le royaume 
fut troublé par les guerres religieuses) : 

Même le pays de Limosin, ayant la ville de Saint-Léonard 
demeuré entre les mains de ceux de la religion par le moyen 
du duc de Ventadour qui les y admit, comme étant gouverneur 
du Limosin, et portoit leur parti, de quoi on ne se doutoit nulle- 
ment; et, en voulant faire autant à Limoges, les habitants, 
soupçonnant la vérité, les empêchèrent très bien. Cette garni- 
son demeura seulement en cette ville (Saint-Léonard), quelques 
six mois, où commandoit un gentilhomme françois, appelé le 
sieur de Bussy, qui étoit assez bien accompagné. Ayant voulu 
partir de Saint-Léonard où il étoit demeuré six mois, le duc de 
Ventadour le remplaça par le baron de Saint- ângel avec deux 
compagnies d'arquebusiers, presque tous du pays, fort di ssolus, 
conduits par un capitaine nommé La Borde d'auprès Felletin, 
homme, fort insolent. Mais les habitants, soupçonnant d'eux 
quelques pernicieux dessins résolurent de les chasser, ce qu'ils 
exécutèrent fort prestement, Dieu leur en ayant baillé le moyen. 
L'avant veille des rameaux de l'an 1575, une partie de ces 
galants étant allés à la guerre contre ceux de Limoges qui les 
frottèrent assez bien de leur côté, presque tous ceux qui res- 
tèrent dans la ville furent massacrés, ayant cinq ou six bons 
compagnons de la ville gagné subtilement la porte, et puis 
firent battre la cloche, et furent tellement favorisés de Dieu 
qu'en moins d'une heure ils furent libres, ores qu'ils n'eussent 
que quelques épées et autres chétifs bâtons, parce que dés leur 
prise le gouverneur avait fait porter les armes de tous les ha- 
Ditants dans la maison de ville, de laquelle il avoit les clés : à 
cause de quoi il ne fut tiré que deux arquebusades en toute 
cette faciende (sic), et ce qui est plus admirable et quasi prodi- 
gieux, il ne fut tué ni blessé un seul des dits habitants. 

De ce temps là Périgueux, Felletin (2), Cahors, Monde, Es- 
moutiers, Chalusset (3) et plusieurs autres villes et forts furent 
pris par ceux de la religion qui les tinrent assez longtemps. Et 
ne s'exerçoient que voleries, assassinats et autres semblables 



(1) Arrondissement d« Saint-Trieix, Haute-Vi«nne. 

(I) Arrondissement d'Aubusson, Creuse. 

(3) Eymoutiers et Chalueet, arrondissement de Limoges. 



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— 264 — 

actes d'hostilité d'un parti à Tautre, jusqu'à ce qu'arriva la 
paix, en 1580, qui ne dura que quatre ou cinq ans. Pendant ces 
troubles, les châteaux de Chalusset appartenant au roi de Na- 
varre et de Saint-Vie (1) qui étaient des retraites de brigands, 
furent pris et rasés par M. d'Hautefort, lors gouverneur de 
Limosin pour le fait ae la guerre, assisté des habitants de Li- 
moges, Saint-Léonard, Hesmoutiers, Solempniac (2) et autres 
du pays. Et y en eut force de pendus audit Saint-Vic, et pour 
Chalucet, on disoit aue le roi de Navarre étoit fort indigné 
contre les habitants ae Limoges pour l'avoir rasé, parce que 
c'étoit une place des plus fortes d'assiette et autrement. Quel- 
ques-uns s'emparèrent aussi de l'abbaye des Alloys (3) pour 
faire la guerre au pays ; mais ils n'y firent grand séjour, car 
ils furent incontinent assiégés et chassés par les habitants de 
Limoges et Saint-Léonard, assistés d'un brave capitaine, appelé 
le sieur Couriat, et de sa compagnie. 

L'armée qui assiégea Issoire passa à son retour par les 
villes de Saint-Léonard et de Limoges, et ruina tout le pays. 

(Immédiatement après un événement accompli en l'an 1584 se 
trouve cette note) : 

Deux gentilshommes de la Basse-Marche, l'un nommé le 
sieur Prinsay de Saint-Sornin-la-Marche (4) et l'autre, le sieur 
de Bouchot, furent exécutés à mort à Limoges, par la malice 
d'un nommé Bulot, natif dudit Limoges, ^ui les y fit venir sous 
couleur de vouloir conspirer avec eux d'introduire ceux de la 
religion dedans la ville, et les fit empoigner au vice-sénéchal le 
second jour suivant, et furent décapités. 

Le château de Saint-Germain (5) appartenant au seigneur 
de Saint-Germain-Beaupré, environ le même temps, fut rasé 
par le maréchal d'Aumont, seigneur de Dun le Palleteau (6), 
de l'autorité du roi, à cause d une haine mortelle qui étoit 
entre ledit maréchal et lui, joint qu'il faisoit la guerre pour 
les huguenots contre S. M. Quelques Suisses ou lansquenets 
qui en venoient, au nombre de près de 2,000, passèrent à 
Saint-Léonard, où il eii mourut près du pont plus de 50, 
d'une maladie fort dangereuse qui étoit parmi eux. Durant 
trois ou quatre ans, cette ville eut de grandes affaires pour 
empêcher que les tailles ne lui fussent imposées, comme le 
voulaient ceux de Limoges, à cause d'une inimitié invétérée 
qu'ils avoient contre ceux de Saint-Léonard; ce que néantmoins 



(I) Saint-Vitte, arrondittement de Saint-Yrieiz, Haale- Vienne, 
(t) Solignac, arrondissement de Limoges. 

(3) k quelques lieues de Limons. 

(4) Arrondissement de Bellac, Haute- Vienne. — Sur cet épisode, voyez aasii l'article de 
M. René Page, Les Gran4ê jQun de Poitou ap. Altnuntich 4u Umouêin, 1t86, partie histo- 
rique. 

(5) Arrondissement de Guéret. 

(6) Arrondissement de Guëret. 



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— 265 — 

ils ne purent effectuer. Ains furent les privilèges confirmés, et 
par conséquent la ville et franchise maintenues en la posses- 
sion et jouissance d'iceux. Plus ladite ville fut contramte de 
faire faire Téperon qui est à la porte de TAumônerie et autres 
fortifications, même des râteaux de fer pour toutes les portes 
de la ville, pour icelles renforcer et fortifier, ce qui se passa 
durant les années 1583 à 1585. 

(De 1585 à 1588 se passèrent les choses suivantes : Grande 
stérilité, grande disette : le blé valait 6 et 7 livres le setier. 
Grande mortalité par suite de la peste qu'un marchand de Li- 
moges appelé P, Bouti apporta à Sauviat, en venant d'Au^ 
vergne, et un maçon à Marsac, Cette peste fit de rapides 
progrès à Limoges, et y reparut pendant trois ans, à diffé- 
rents intervalles). Et sembtoit Tire de Dieu être si enflammée 
sur ledit pays qu'aux deux fléaux de la peste et de la famine, 
se joignoit celui de la gendarmerie des catholiques et des 
huguenots' qui ne cessoient de se faire la guerre. 

Dans ledit pays de Limosin faisoient la guerre pour le roi 
de Navarre les nommés Lamorie, le Ligneux, la Borie et au- 
tres. Peu après la bataille de Centras, Lamorie s'empara de 
Tulle, et Labopie de Montberon qu'il quitta pour monter vers 
la Haute-Marche et l'Auvergne, avec le sieur de Saint-Jean- 
Ligoure, ledit Ligneux et le capitaine Piedmontois; il fut 
chargé à Pontarion (1) par Charon , gentilhomme du pays, 
avec quelqu'autre noblesse de la Haute-Marche et Berry, et 
des gens des communes. Le capitaine Piedmontoys y fut tuè 
avec quelques soldats, et du côté des assaillants, un fort hon- 
nête gentilhomme, nommé le sieur de Saint-Priest près La 
Souterraine (2), gouvertieur de Guéret, un autre, le sieur de 
Piégu, et un autre nommé le sieur de Puyrageon. A partir 
de là lesdits Lesbories (sic) et Saint-Jean s'en allèrent sur- 
prendre Château-Ponsac (3) où ils firent séjour quelques 
mois, faisant la guerre, levant les tailles et autres actes d'hos- 
tilité. Avec ce Lesbories, Lamorie et un nommé Vieux-Mort, 
fils du baron de Saint-Angel, faisoient la guerre autour de 
SaintrLéonard. 

Le sieur de Lorges, environ ce temps, venant de Saint-Be- 
noit (4) avec sa troupe, faisant la guerre pour ceux de la reli- 
gion, passa près de Saint-Léonard, logea à Moissannes (5), et 
le lendemain fit jouer le pétard à Lartige (6), où sa troupe 
entra et pilla l'église. Passant ledit sieur de Lorges, Lesbories 
et SaintrJean avec leurs troupes vers Saint-Léonard, un 



(1) ArrondÏMement de Boarganeaf, Creuse, 
(t) Arrondissement de Gaéret, 

(3) Arrondiseement de Bellac, Haate-Vienne. 

(4) Arrondissement de Poitiers. 

(5) Arrondissement de Limoges. 

(6) Ibid. 



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— 266 — 

nommé Lescure de Limoges, homme de qualité et bien appa- 
renté, fut soupçonné et enfin convaincu de quelque conspira- 
tion contre la ville de Limoges, par quoi ayant été prompte- 
ment appréhendé, eut la tête tranchée. 

En Limosin et ôs environs faisoient la guerre pour la Ligue 
les sieurs de Pompadour, d'Aubeterre, de Randon, gouver- 
neur d'Auvergne. Tenoient aussi pour ce parti la ville de 
Saint^Yrier où étoit M. de Restignac, Lerier (?) qui est au 
sieur de Pompadour, le Chalard (1), Châtelus (2) et quelques 
autres, ainsi que Périgueux. Quant à Limoges, elle a toujours 
tenu pour le roi. Saint»-Léonard se maintenoit comme il pou- 
vait. Au Dognon (3), il y avoit toujours garnison pour le roi, 
et au château d'Argenton (4) dont le sieur de Saint-Germain- 
Beaupré était gouverneur. 

Quelque temps auparavant ce que dessus, le vicomte de Tu- 
renne fit raser la maison d'un gentilhomme, nommé le sieur 
du Peschier, au Bas-Limosin, son ennemi, et qui adhéroit au 
parti de la Ligue. 

Au mois d'octobre de Tan 1589 advint à Limogea un grand 
désordre que fit naître la tentative de quelques habitants pour 
introduire les ligueurs dans la place. Quelques troupes du 
sieur de Pompadour vinrent se loger dans la cité et s'emparè- 
rent de la cathédrale. Une foule de gens du même parti s'y 
acheminoit déjà; mais mal leur en prit, car, quoiqu'ils fus- 
sent en grand nombre et en armes, ils furent attaqués si promp- 
tement par le comte de la Voulte, gouverneur du pays, qui 
étoit lors à Limoges, par les capitaines, consuls et autres ci- 
toyens de la ville zélés au service du roi, qu'ils furent rompus 
et dispersés. Quelques uns des principaux de ceux qui étoient 
soupçonnés de cette trahison furent saisis et exécutés, parmi 
lesquels le juge Petiot. L'évèque de Limoges, Henri de la Mar- 
thonie, étoit de la partie, à ce qu'on disoit ; mais il se sauva, 
voyant que l'affaire réussissoit si mal et que le duc d'Epernon 
arrivoit au secours de Limoges avec 3 ou 400 chevaux et 
quelques troupes des sieurs de Saint-Jean et de Beaumont, 
lieutenant du gouverneur d'Argenton, qui chassèrent ceux qui 
tenoient la cité et la cathédrale, où fut tué assez de peuple 
d'un côté et d'autre, entr'autres un brave capitaine natif d'Ar- 
genton, nommé le capitaine Sourdault, et le capitaine Vertha- 
mond de Limoges. Un grand nombre des habitants de la cité 
et des faubourgs, ayant été soupçonnés d'être d'intelligence 



(1) Hante- Vienne, qu'il n'agiste da châteaa sis en la commune de Bujalenf» arrondîss»- 
ment de Limoges, ou de la commune de Tarrondissement de Saint-Yrieix. 

(t) Chalelus-le-Harchoix. arrondissement de Bourganeaf, ou Chatelus-MalTaleix, arron- 
dissement de Boussac, Creuse. 

(3) Il 7 a six localités de ce nom dans la Haute- Vienne . 

(4) Arrondissement de Chàteauroux. 



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— 267 — 

avec les ligueurs, furent contraints de s'éloigner et allèrent 
tenir le parti de la Ligue (1). 
Le sieur de Pompaaour et ses adhérents faisoient toujours la 

guerre pour la Ligue, et advint que le sieur de Saint-Germain- 
eauprè.fut pris et mené prisonnier dans le château de Lau- 
rière (2) avec deux ou trois autres gentilhommes par la garni- 
son dudit lieu qui Tavoit rencontré près de là. Toutefois il fut si 
promptement secouru et ledit lieu assiégé par aucuns ses amis 
et par quelques troupes qu'il fut mis en liberté ; et peu après, 
entendant ceux de la garnison qu'il y menoit le canon, mirent 
le feu et s'en allèrent. 

Il se donna environ ce temps là une escarmouche entre 
les troupes de M. le gouverneur et celles du sieur de Pompa- 
dour au lieu appelé Champvert (3), où ledit sieur gouverneur 
n'eut pas du meilleur, bien qu'il eût beaucoup plus de peuple 
que l'autre, à ce qu'on disoit. M. le grand-prieur' vint avec 
Quelques forces et canons jusqu'à Guéret qui avoit la réputation 
Je tenir pour la Ligue, et la prit par composition. Hesmoutiers 
aussi se rendit à l'obéissance du roi, et demanda à M. le 
gouverneur le baron de Lestrange pour le leur, ce qui fut fait. 
Il se donna pour lors quelques escarmouches entre le gouver- 
neur de Limosin et ceux de la Ligue vers Masseré, que ceux 
des garnisons de Pompadour et autres forts qui tenoient ledit 
parti avoient pris, et aussi en un bourg où y avoit une église 
et quelques maisons fortes nommé Ladignac, que ledit gou- 
verneur assiégea avec ses troupes et quelques habitans de Li- 
moges. Il y avoit mené un canon dudit Limoges avec lequel il 
les salua de telle sorte l'espace de quatre ou cinq jours qu'ils 
furent pris et tous tués ou pendus, réservé un gentilhomme 
nommé le sieur de Paradis, autrement la Gousse, qu'ils me- 
nèrent à Limoges où il eut la tète tranchée. Or ce qui faisoit 
tenir les assiégés, c'est qu'ils attendoient d'un moment à l'autre 
des secours du sieur de Pompadour et autre noblesse du parti 
de la Ligue. Pompadour vint à la vérité, mais un peu tard pour 
eux, bien qu'il ne perdit pas son temps pour poursuivre les 
troupes du gouverneur qui retournoient à Limoges ; il les at- 
teignit à deux ou trois grandes lieues de Ladignac, et donna 
dessus de telle force qu'il enleva la pièce de canon et l'emmena 
à Pompadour, s'étant ledit sieur gouverneur un peu trop avancé 
et laissé icelle mal accompagnée, avec laquelle du aepuis et 
autres qui sortirent dudit Pompadour ils battirent la ville de 
Saint-Yrier que le sieur de Pompadour, le sieur de Montpezat 
et leurs forces, assistés de quelque noblesse de leurs quartiers 
qui étoit à leur dévotion, assiégèrent; dans laquelle se jeta le 



(1) Sur cet épisode, voyez l'diude de M. Louis Gaibert publiée à la suite du lomo III des 
Reglttre* eon*ulaire9 de Limoge». 
(t) Arrondissement de Limoges. 
(3) CommuiA} do la Porcherie, arrondissement de Sainl-Yrieiz, HauterVienne. 



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— 268 - 

sieur de Chambaret, nonobstant le siège, avec trente ou quar 
rante chevaax, et se deffendirent lesdits assièges si bien qu'ils 
empescherent leurs ennemis d'y entrer, quelque brèche qu'ils 
eussent faite. Mais le pis du jeu fut que, pendant trois semaines 
ou un mois que le siège demeura devant Saint- Yrier, ledit sieur 
gouverneur assembla de ses amis et toutes les forces qu'il put, 
qui faisoient bien le nombre de 7 ou 800 hommes de cheval, 
ainsi que l'on disoit, compris ce qu'il y avoit de Limoges, et 
s'y en alla, pensant tenir le siège et oien frotter les assiégeants ; 
mais il fut bien fruste de son entreprise; car le désastre fut si 
grand et succéda leur dessein si mal, qu'étant arrivés à une 
Reue ou environ dudit Saint- Yrier, ils trouvèrent l'ennemi en 
tète qui les chargea d'une telle furie et impétuosité, bien qu'il ne 
ftlt en si grand nombre que les autres (mais s'en falloit beau- 
coup, à ce .que l'on disoit), aue M. le comte de La Roche-Fou- 
cautd, le sieur de la Côte de Niezières, gouverneur de la Mar- 
che, les sieurs de Rochefort et son fils, le sieur de Lourdoys en 
la Marche, le sieur de Frédaigne, le capitaine Proge et plu- 
sieurs autres gentilshommes et habitans de Limoges, des pre- 
miers et principaux, et étant mal secondés, prenant leurs gens 
l'épouvante et tournant visage, y furent tués avec soixante ou 
quatre-vingts soldats, et force blessés, et ne perdirent ceux de 
la Ligue de gens de marque que le baron de Saint-Chamans et 
un autre gentilhomme et peu de soldats. Ce fait, deux ou trois 
jours après, ils levèrent le siège. 

Environ ce temps le château du Muraud (1) fut rasé par les 
habitants de Saint-Léonard, à l'occasion de ce qu'il s'y retiroit 
quelques voleurs et guetteurs de chemins ^ui portoient grand 
dommage dans le pays et empéchoient les vivres. 

Cependant ceux de Limoges faisoient, comme ils ont toujours 
fait, contre la ville de Samt-Léonard tous les plus mauvais 
offices qu'ils pouvoient, jusqu'à les faire imposer aux tailles 
s'ils eussent peu, à cause d'une haine invétérée qu'ils ont eue 
toujours contre eux et qui s'est renouvelée souvent, même du 
temps que la contagion étoit audit Limoges, deux ou trois ans 
premier (aie) qu'elle fût, à l'occasion qu on refusa la porte de 
Saint-Léonard à un de Limoges qui étoit infecté, et ne se vou- 
lant retirer d'entre le peuple, lui fut donné quelques coups de 
bâton : à l'occasion de quoi ils firent Quelques chansons diffa- 
matoires contre ceux de Saint-Léonard, et ceux de Saint-Léo- 
nard contre eux. Il y eut aussi quelque temps auparavant de 
fraudes inimitiés entre ladite ville et les sieurs de Brignac et 
u Repaire qui durèrent quelque temps, pendant lequel se fai- 
soient mille déplaisirs, et battoient lesdits sieurs ceux d'icelle 
ville de Saint-Léonard, ou les faisoient battre quand ils les ren- 
controient aux champs, à leur avantage. Et informations de ce 



(I) Commune de Saint-Denis-deb-MurH. itrrundi»i»emenl do Limoges. 



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étoient faites. Mais enfin M. de Hautefort (1), lors gouverneur 
de Limoges, les mit d'accord en la susdite année 1590 et la 
subséquente. Les consuls de Saint-Léonard firent plusieurs 
belles réparations et fortifications, même percer et flanquer 
les tours de ladite ville, curer les fossés, relever les murailles 
et agrandir le chemin et passade d'autour d'iceux. Aussi le- 
vèrent-ils sur ladite ville et paroisse plus de 1,000 écus d'impo- 
sition. 

Peu après ledit siège et charge de Saint- Yrier, le sieur de 
Saint-Germain-Beaupré qui s'y étoit trouvé, fut tué d'une mous- 
quetade devant le Moûtier d'Ahun (2) qu'il avoit assiégé avec 
quelques antres, lequel lieu tenoit pour la Ligue. Le sieur de 
Montcocu et de Barmontet, son gendre, qui tenoient garnison 
pour le roi dans Thouron (3), furent pareillement tués, et di- 
soit-on que c'étoit à l'occasion qu'ils faisoient la guerre par 
exprès à ceux deGrandmont(4),etdecertaine querelle, mesme 
qu ils avoient de paravant fait tuer un des religieux dudit Grand- 
mont, honnête homme, frère du sieur de Lessard, qui avoit 
trouvé moyen de s'en venger. 

Le vin et le blé étoient assez chers durant lesdites années 
1588, 1589 et 1590, à cause de la pluie qui avoit gâté les ré- 
coltes, et des gens de guerre qui les détniisoient. 

he vicomte de la Guierche, soi-disant gouverneur de la 
Haute et Basse-Marche et de Poitiers pour Te parti catholique 
et de la Ligue, autrement de l'Union, assiégea la ville de 
Bellac (5), et y demeura le siège quelques jours ; mais il l'en 
leva hâtivement et n'eut le loisir de ramener ses canons dans 
Poitiers, ains les mit dedans Montmorillon (6), qu'assiégea et 
enleva le prince de Conti. Au partir de là ledit prince prit 
quelques torts es environs de Poitiers, entr'autres Chauvigni 
et Mirebeau (7), et murmuroitron qu'il prendroitsa brézée (sic) 
vers le Limosin et Saint-Léonard, à la sollicitation de ceux de 
Limoges, pour leur (aux habitants de Saint-Léonard) nuire, 
s'il les (haoitants de Limoges) vouloit croire, et aussi afin de 
prendre le Chaslard et Chàtelus, 

Audit Limoges étoit un secrétaire du roi, nomméM.Tur- 
gan (8), qui y avoit demeuré quelque temps, et, comme inten- 



(1) n y a ici une orrenr. M. de Haatefort ayait été releycS de eon commandement on plutôt 
réToqnd on 1587 ou plus probablement en 1588. C'était le comte de la Voulte, fils de M. de 
Venladou:*, qui dtait à cette épojue gouverneur du Limousin. 

(t) Arrondissement de Guëret. 

(S) Arrondissement de Bellac, Haute-Vienne. 

(4) Commune de SaintSyWestre. arrondissement de Limoges. 

(5) Chef lieu d'arrondissement, Haute-Vienne. 

(6) Chef-lieu d'arrondissement, Vienne. 

(7) Chauvigny. arrondissement de Montmorillon ; — Mirebeau on Poitou» arrondissemen 
de Poitiers, Vieni\e. • 

(8) Sur ce personnage, cf. les Annale* de 4638, pp. 361, 371 et 373, et deux articles rela- 
tifs aux intendants de Limoges, ap. Bull. Soe, arck. du Um., XXXII et XXXIII. 



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— 270 — 

dant, commandoit en l'absence du goavemeur, et ètoit maître 
des requêtes, lequel, à l'instigation des habitans de Limoges, 
usant de leur façon de faire accoutumée, vint en ladite ville 
de Saint-Léonard, fit arrêter prisonniers en lad. ville 7 ou 8 des 
marchands d'icelle ville qui ètoient allés à la foire de Saint- 
Martial, et ne trouvoit de sujet ( de les arrêter ) sinon qu'il 
demandoit qu'on lui délivrât aucuns habitans de Limoges 
qui s'étoient retirés en icelle ville, ayant été chassés dudit Li- 
moges, ou qu'on leur fît payer et tenir audit Limoges certaine 
somme de deniers, à quoi ils avoient été taxés et cottisés pour 
quelques raisons, réparations et affaires de leur ville. 

{Récit d'un épouvantable orage survenu le 17 juillet 1591), 

Peu de jours auparavant, le sieur de Saint-Germain, fils du 
feu sieur ae Beaupré, passa auprès d'icelle ville de Saint-Léo- 
nard, avec quelque cavalerie, feignant de vouloir assiéger ou 
autrement faire la guerre à ceux du Chalard, où toutefois il ne 
fit autre efTet, sinon recouvra et fit mettre en liberté quelques 

Erisonniers qu'ils tenoient pour d'autres qui étoient dans le 
loignon. Et ce fait, prit sa orisée vers Hesmou tiers, et ayant 
assemblé encore aucuns de ses amis et tenant le oarti du roi, 
s'en alla directement, subtilement et de surprise, àonner à un 
château nommé Mas-Laurent près de Felletin (1), appartenant 
au sieur de Toirac, frère du défunt sieur de Saint-Marc, ou, 
quoique ce soit, y faisant sa résidence et y tenant garnison, 
fesant la guerre en ce pays-là pour la Ligue, lequel sieur du 
Toirac ètoit accusé d'être le principal auteur de la mort dudit 
feu sieur de Beaupré, de quoi ledit sieur de Saint-Germain, 
son fils, se vengea bien. Ayant d'abord fait mettre le feu par 
les granges, appliqué et fait jouer quatre ou*cinq pétards aux 

Eortes et autres endroits dudit château tellement qu'ils firent 
rèche suffisante, laquelle ceux de dedans se voulurent mettre 
en devoir de deffendre, et de fait tuèrent trois ou quatre de leurs 
ennemis; mais enfin Ton y entra et fut procédé d'une telle furie 
qu'ils mirent tout au fil de l'épée, et même le sieur de Toyrac, 
la tête duquel fut portée à Samt-Germain, pour mémoire et té- 
moignage de la vengeanpe. 

Aussi fut au même temps le château de Courbefi (2), duquel 
un gentilhomme nommé le sieur de Poucet, de la maison de 
Restignac en Périgord, s'était emparé puis quelque temps et y 
faisoit sa résidence, l'ayant un peu fait accommoder et rendu 
habitable, faisant la guerre avec quelque nombre de soldats 
pour ledit parti de la Liçue, repris par ceux de l'autre parti 
étant sous la charge des sieurs de Chamberet et de Puisraveau, 
moyennant l'intelligence de celui qui y commandoit, à ce que 
disoit, et en l'absence dudit sieur du Pouget : auquel lieu le fils 



(1) Arronditsamant d'Aohaston, CreaM. 

(t) Commune d« Saint-Nicolu, uronditsement de Saint-Trieiz, Haoto-Vienne. 



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- 271 ^ 

dudit sieur de Puiraveau s'est du depuis tenu avec la garnison 
nécessaire pour se garder. 

Au mois d'août subséq[uent, le gouverneur de la Marche, 
M. d'Abain, assisté du sieur de Saint-Germain et de quelque 
noblesse et troupes faisant le nombre de 5 ou 6U0, tant de 
cheval que de pied, assiégea Châtelus avec trois pièces de ca- 
non ou coulevrines. Et voulurent ceux qui étoient dedans faire 
quelc^ue mine et semblant de tenir, et avoient fait mettre dedans 
l'église dudit lieu quelque nombre de gens, entre lesquels 
estoient deux de Villemonteys, l'un nommé le Chevalier, et 
l'autre, le sieur de Mougerac, et un autre, leur frère bâtard, 
qui se faisoit appeler La Fontaine, qui pensoient à l'extrémité 
se jetter dans la tour ; mais ils furent tenus de si près et y fut 
procédé d'une telle façon au'ils furent cris d'abord, quelque ré- 
sistance qu'ils sceussent taire, et si bien châtiés et punis de 
Tabominable vie qu'ils avoient menée quelque temps, que, 
voyant ceux dedans ladite tour, desquels estoient les sieurs de 
l'Essort et de Tersanes, l'exécution, ledit bâtard pendu et le 
reste presque tout mis au fil de l'épée, et le canon les saluer si 
furieusement qu'il emportoit les guérites et couvertures de leur 
habitation, pensèrent en leurs affaires, demandèrent à capituler 
et se rendirent, à la charge que la vie leur seroif sauve, ce 
ui leur fut accordé. L'autre des frères de Villemonteys, chef 
B ladite garnison, comme le sieur de Naillac, se sauva. Ce fait, 
les assiégeants s'en montèrent, ayant au préalable démoli ou 
quoique soit rendu ladite tour inhabitable, vers le château de 
la Borne pour le prendre, ensemble quelques autres forts qui 
tenoient pour la Ligue en ces quartiers là. 

En ladite année, le jour que les habitants de Limoges ont 
accoutumé de mettre les consuls, le jour de la Conception 
N -D., il V eut audit Limoges un grand tumulte, à raison qu'au- 
cuns vouloient créer des consuls à leurs postes (en charge?), 
et furent les sieurs nrésident Martin et lieutenant criminel, son 
frère, chassés de laàite ville avec tous leurs alliés et adhérents 
que l'on blâmoit avoir causé ledit tumulte. Et furent les sieurs 
Martin en grand hazard de leurs personnes, et les sieurs élus, 
Beyssac et Mathieu Massiot, gendre dudit sieur lieutenant, 
tués. Et nommoit on les exilés les Verroulhes, qui demeurèrent 
longtemps aux champs, comme ceux de la Ligue, et n'en- 
trèrent les uns et les autres dans ladite ville de Limoges jus- 
qu'à ce que la trêve se fit, gui fut en 1592, au'ils furent tous 
réunis par les édits du roi, en faisant proiession devant le 
lieutenant-général de vivre désormais en l'obéissance de Sa 
Majesté. 

Le sieur de Ventadour se retira de ce pays, et fut le sieur de 
Chambaret gouverneur (1) en son lieu. Tan 1592. Ceux qui 



a: 



(1) M. de Chamberet fat nom m< tealement lieutenant da gouverneur; II. de Ventadour 
conserva le gouvernement. 



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— 272 — 

tenoient le Chasiard le quittèrent. La trêve qui avoit été conclue 
pour six mois dans le courant de cette année, fut prolongée; le 
roi se fit catholique, et la paix se mit à renaître. 

Les habitants de Saint-Léonard, environ ce temps, obtinrent 
du roi, par le moyen et faveur du sieur Verdier, des foires 
nouvelles dont ils jouissent du depuis. 

Pendant lesdites trêves, s'émurent certaines communes de 
paysans que l'on nomma les Croquants (1), et prirent les 
armes. Ils commencèrent vers la vicomte de Turenne en Bas- 
Limosin, lesquels incitoient et pro voquoient les uns et les autres 
de telle façon qu'étant un peu forts commencèrent à s'éman- 
ciper, tellement qu'ils faisoient des commissions qu'ils intitu- 
loient : € De par les communes assemblées, » et les appeloil-on 
ores Croquants, ores Chasse-Voleurs, et ores Tards advisés. 
Ils envoyoient ladite commission par les paroisses et ètoit la 

terreur telle (2) Or, vinrent lesdites commissions à être 

envoyées depuis ladite vicomte de Turenne, confins de Périgord 
et Bas-Limosin, jusqu'à Limoges et tout le pays circonvoisin 
cinq à six lieues. Et s'armoient lesdits croquants de mousquets, 
arquebuses, hallebardes et autres bâtons, selon les départements 
qui étoient faits par des sindics qui étoient nommés par les pa- 
roisses, et créoient des capitaines, lieutenants, enseignes, tam- 
bours et autres officiers, s assembloient plusieurs paroisses et 
faisoient monstre aucunes fois en des endroits de 5U0, autrefois 
de 1,000, assiéçeoient et prenoient des chasteaux et les pil- 
loient, menassoient la noblesse, la dédaignoient et tenoient des 
langages hauts même contre les villes, logeoient dans les fau- 
bourgs d'icelles et faisoient mille insolences, jusqu'à se faire 
accroire que le roi ne seroit pas leur maître et teroient des lois 
toutes nouvelles. Bref ils donnoient terreur et épouvantement 
à plusieurs, et semboit que ce fut le monde renversé. Quoi 
voyant le sieur de Chambaret, gouverneur du pays de Limosin, 
délibéra et résolut d'y pourvoir, et en ayant premièrement 
averti S. M. qui fit certains édicts qu'ils eussent à baisser les 
armes, à peine d'être convaincus de crime de lêze-majestè. 
Cependant ils continuoient toujours d'envoyer leurs dites com- 
missions et de s'épandre, se couvrant qu'il n'étoit possible qu'ils 
payassent tant de tailles extraordinaires et impositions nou- 
velles qu'ils avoient fait par le passé, et aimoient mieux tous 
mourir, et oue c'étoit là le sujet qui leur faisoit prendre les 
armes : qui lut cause que ledit sieur de Chambaret se mit aux 
champs, ayant quelques 200 chevaux, et s'en vint au bourg de 
Bujaleuf (3), où il fit mettre le feu en Quelques maisons et 
granges d'aucuns qu'il estimoit les plus séaitieux, et fit pendre 
un nommé la Pierrie qui étoit capitaine desdits croquants de 



(0 Cf. les Annalêi de iBH, pp, 374 et S7S. 

(1) Voyez Joailleton. BMoirt de la Marche. I, 348. 

(S) ArrondÎMemont de Limoges. 



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— 273 — 

ladite paroisse, où il fut bientôt et suivi par plus de 2,000 cro- 
quants qui s'ètoient assemblés autour de la ville de Saint- 
Léonard ; mais il se retira soudain au bourg de Saint-Priest- 
Thaurion (1) et lesdits paysans rebroussèrent dans le faubourg 
d'icelle ville de Saint-Léonard; et se fit quelque capitulation 
entre ledit sieur de Chambaret et les croquants par le moyen de 
Verdier, sieur d'Arfeuille, et autres consuls d'icelle ville, par 
laquelle Ton se retira d'un côté et d'autre pour la Fête-Dieu de 
Tan 1594. 

Pendant ce temps-là ledit sieur de Chambaret ne laissoit pas 
d'employer ce qu'il pouvoit de noblesse et de ses amis, voyant 
ledit pays tout en combustion desdits croquants, et que s'il n'y 
pourvoyait promptement, il lui seroit plus difficile d'en avoir 
raison, et ayant assemblé pour son secours le sieur d'Abain, 
gouverneur de la Marche, le sieur de Messilac (aie) d'Auver- 
gne, le sieur de Saint-Germain, faisant le nombre de 5 à 600 
chevaux, s'en allèrent du côté de Chaslus (2) où il y avoit bien, 
à ce que l'on disoit, 5 à 6,000 croquants, lesquels ils char- 
gèrent si furieusement qu'ils furent en un moment rompus et 
mis en route et en tel désordre qu'il en demeura sur la place 
plus de 1,000, sans compter grand nombre de blessés et pri- 
sonniers, et firent pendre quelques chefs. Et fut faite ladite 
exécution la vigile de saint Jean-Baptiste de l'an 1594 : chose 
pitoyable à voir et à ouyr raconter la misère de tant de pauvres 
veuves et orphelins ; et le pays, à quatre ou cinq lieues à la 
ronde presque, fut dépeuplé de laboureurs, et par ce moyen 
demeura inculte. Ladite exécution faite, ledit sieur de Cham- 
baret et le sieur de Saint-Germain firent contraindre tous ceux 
d'entour de Limoges, Saint-Léonard et du Doignon de rendre les 
armes et les porter audit Limoges et au Doignon, et dès lors 
ne se parla plus de Croquants, 

Depuis la fête de saint Jean de l'an 1594 jusqu'au commence- 
ment du mois d'août, la pluie fut continuelle, si bien que les 
blés avoient germé sur pied. Toutefois vers le 5 août, le temps 
se mit au beau et on put faire la récolte ; mais le blé n'en de- 
meura pas moins très cher, et se vendit de 5 à 6 livres. 

En la même année 1594, le sieur de Chambaret tint le siège 
trois à quatre mois devant Gimel, qui ruina fort le pays cir- 
convoism. 

Es années 1594 et 1595, le couvent des PP. Recollets de 
Saint-Léonard fut bâti,' et en fut l'auteur le sieur général Ver- 
dier, et y avoit lors de bons religieux. Il fut sacré par leR. Père 
en Dieu, Henri de la Marthonie, évoque de Limoges, où assis- 
tèrent plusieurs ecclésiastiques signalés, entr'autres MM. l'abbé 
de Grandmont, le prévôt d'Esmoutiers, le prieur d'Aureil (3), le 



(1) Arrondifsemonl de Limoges. 

(i) Arrondi siement de Saint-Yriolx, naulo-Viinnc. 

(3) Arronditsement de Limoges. 



â( 



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' — 274 — 

sieur archidiacre Benoit de Limoges, homme de grand savoir 
et bonne vie, qui fit un très beau sermon dedans Téglise dudit 
couvent, le jour dudit sacre, lequel sieur archidiacre mourut 
peu de temps après. 

Environ Tan 1599, une balade se faisant à Confolent-sur- 
Vienne (1), le fol de la balade ayant des tenailles de bois en la 
main, s'étant mis derrière le prêtre, à genoux, lorsqu'il célébroit 
la sainte messe, et lorsque le prêtre leva la sainte eucharistie, 
le fol s'étant levé prit avec les tenailles de bois le Saint-Sacre- 
ment et le mangea, disant au prêtre : Y t'ai be affina. Mais 
ledit prêtre s'étant écrié, le fol étant saisi fut mené prisonnier, 
et le jour même condamné à être pendu et étranglé par Boreau, 
juge de la dite ville, bien que pour lors il fût huguenot; ce qui 
fut exécuté. 

Le jubilé ayant été transféré de Rome à Orléans en 1601, il 
y alla grand nombre de peuple du Limosin et de la Marche, 
entr'autres M® Jean Robert, lieutenant-général de la Basse-» 
Marche, homme fort docte et bon juge. 

Environ ce temps-là on commença à faire des pénitents à 
Saint-Léonard. Les premiers furent les bleus qui ont fait bâtir 
leur consistoire sur la porte du jubé, à l'entrée des cloîtres, et 
font leurs dévotions en l*église de Saint-Michel ; les blancs, en 
Tèglise de Saint- Antoine, au cimetière, et ceux de feuille-morte, 
en Téglise de Saint-Martial-du-Pont. Mais quant à la ville de 
Limoges, il y en avoit dès longtemps auparavant. Les premiers 
furent les noirs dont étoit feu M. de Bardon de Brun, pour lors 
avocat au siège présidial de Limoges, qui du depuis est mort 
en grande piété et sainteté de vie, ayant mené une vie très 
austère et pénitente, ainsi que Ton peut voir dans le livre qu'a 
fait imprimer M. Talois, juge officiai de Limoges, et du de- 
puis le P. Petiot, jésuite (2). Il y eut par après les bleus oui fai- 
soient leurs assemblées dans Téglise de Saint-Paul, par aelà le 
couvent des Cordeliers de Limoges, dont le patron est saint 
Jérôme, dont étoit M° Pierre'Robert(3)» lieutenant-général de la 
Basse-Marche et du depuis président audit siège du Dorât, lors 
qu'il étoit écolier à Limoges, es années 16 il, 1602, 1603, 1604. 

Le roi fit un èdit général en Tannée 1602 que tous exempts 
et non exempts, privilégiés et non privilégiés, fussent cottisés 
es tailles; même fallut que les gentilshommes fissent preuve de 
leur noblesse, et eurent assez de peine à avoir chacun leur 
métairie de la porte franche. La ville de Saint-Léonard fut 
enrôlée et cottisée, à cause de quoi fallut envoyer en cour; et 
furent députés le prieur et le juge Veyrier qui y firent bien leur 



(1) Chef-lieu d'arrondissement, Charente. 

(t) Vie du vénérable Bardon de Brun, 4653, t' édition, 1668. An jugement de M. Pierre 
LaTorest, « l'œuvre est au-dessous du médiocre. » 

(3) Auteur des trois chronicpies qui suivent cl fils de If' Jean Robert , mentionné un peu 
plus haut. 



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— 275 — 

devoir. Le sieur d'Arfeuille aussi s'y employa avec ses amis, 
entr'autres le sieur Zamet, et tous ensemble ne pouvoient guère 
rien faire s'ils ne se fussent finalement adressés au confesseur 
de la reine, lequel s'y employa aussi et remontra à ladite 
dame la pauvreté de ladite ville et fit entendre l'origine des 
privilèges d'icelle , tellement qu'elle pria le roi vouloir con- 
firmer lesditsjprivilèges, ce qui lui fut accordé; et vint un con- 
fesseur à Saint-Léonard pour cet effet» et logea chez ledit juge 
Veyrier. En mémoire de quoi ladite ville fonda perpétuellement 
une messe tous les jours pour ladite dame* laquelle fit bailler 
peu après à son dit confesseur l'évéché de Marseille. Ladite 
confirmation coûta beaucoup à ladite ville. 

L'année 1603 eut lieu l'ostension des précieuses reliques de 
M. saint Martial et de M. saint Léonard. 

Cette année fut assez fertile pour le Limosin , malgré la 
sécheresse qui régna. Les pois, fèves et d'autres fruits don- 
nèrent des récoltes avant la Toussaint. 

En l'année 1600 les PP. Jésuites furent mis et installés dans 
la ville de Limoges, comme aussi le couvent des PP. Recollets 
fut bâti auprès de l'église de Saint- Valdrie (sic, lege Sainte- 
Valérie). 

En l'année 1598, régna en Limosin une maladie populaire 
que l'on appela dysseuterie, laquelle fut si contagieuse qu'il en 
mourut granl nombre de peuple, jusqu'à être contraint de 
vuider la ville. 

Il y eut une grande rumeur en Limosin, l'an 1601, à l'occa- 
sion de quelque imposition qu'on appeloit la Pancarte, sur- 
tout sur les marchandises, bétail et autres denrées, qui fut 
cause qu'il y eut deux hommes de Limoges pendus et une 
femme fouettée pour avoir fait quelque sédition dans la ville, 
Aéme jeté des pierres à la porte et fenêtres du sieur Verdier, 
trésorier général à Limoges, autrement appelé le sieur d'Ar- 
feuille; mais cela ne dura guère, et fut ladite imposition ab.olie. 
M*^ Pierre Robert, lieutenant-général et président en la Basse- 
Marche, au siège royal du Dorât, demeurant pour lors à Li- 
moges, au logis du nommé Pézeret, avec MM. Antoine Saige 
qui du depuis a été abbé de Beuf (s«c), conseiller clerc au siège 
présidial de Brive, et du depuis officiai de MM. François de la 
Fayette, évéque de Limoges, après le décès du feu sieur Bandel, 
dit Annet, allant une après-dlner en classe au collège où les 
menoit un maître précepteur, nommé Salvan, du Bas-Limo- 
sin, d'un lieu nommé Alassac, allié du P. Soulier, principal 
pour lors dudit collège des Jésuites de Limoges, et étant vers 
les Bancs ou la rue qui y va, fut fort étonné de voir une grande 
bande de gens , au nombre de 2 ou 3lX) , criant tous aux armes 
contre les maltôtiers et les pancartiers : à l'instant chaque 
marchand se mit à fermer sa Doutique, le pédagogue jeta ses 
élèves dans une boutique jusqu'à ce que ces gens mal esmus 
fussent passés, et les ramena vitement en leurs logis. Ils étoient 
à peine rentrés que survint le conseiller Joyet, le plus ancien 
conseiller du présidial, avec sa robe longue, et accompagné de 



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— 276 — 

quelques consuls et officiers avec les sergents de la maison de 
ville-, criant partout que personne ne sortit de son logis, que cela 
n'étoit rien. Mais Ton disoit que vers la place du Palais, vers 
Saint-Martial et vers Saint-Etienne, il y avoit force rumeur et 
tumulte. 

Les réparations du clocher de Saint-Léonard furent faites 
es années 1603 et 1604, sans lesquelles ladite église s'en alloit 
en décadence. 



VL — Chronique protestante de la basse Marche par Pierre 
Robert, lieutenant-général au siège du Dorât, — Î53ô'1658. 

Cette chronique est tirée du tome XXXI de la collection de Dora 
Fonteneau , conser\'éo à la bibliothèque de Poitiers. Elle a été in- 
titulée par son principal auteur, Pierre Robert, comme suit : De ceux 
de la religion prétendue ou huguenote et de son origine dans le 
Liniosin, Poitou et Angoumois. Comme nous ne publions que ce 
qui regarde la basse Marche, nous avons jugé qu'une modification 
ae ce long titre était nécessaire. 

La copie de feu Aug. Bosvieux, que nous suivrons, résume certains 
passages au lieu de les reproduire intégralement. Ces résumés nous 
les imprimons en italiques toutes les fois que nous avons pu les re- 
connaître. 



(Après avoir parlé de Luther et de l'introduction de son 
hérésie en France, Robert ajoute) : 

Le sieur de Mirambeau de la Saintonge, seigneur de Brillac 
en la Basse-Marche, se trouva pris des premiers de ce pays à 
rhameson de cette hérésie, comme aussi Antoine, sire de Pons, 
dont étoit descendu Esther de Pons, femme de N... Ponssart, 
seigneur du Vigean. 

{Après avoir parlé de Calvin, de son séjour à Poitiers et à 
Angoulême, et des menées de ses disciples principalement en 
Poitou, Robert ajoute) : 

Quelques marchands de la ville du Busson (sic) en la Haute- 
Marche, étant allés à Genève, portèrent dans leur ville les 
i>remières semences de cette hérétic^ue religion dont ils in- 
éctèrent bientôt la plupart de ladite ville. 

{Robert dit qu'après les guerres de religion, les huguenots se 
sont dissipés enptusieure villes et lieux, et il ajoute) : 

J'ai vu qu'il y en avoit un tiers en cette ville du Dorât, et à 
présent il n'y en a pas un. J'en ai vu force à Rançon, Magnac 
et Bellac, et il n'y en a plus pas un aussi, et la plus grand part 



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— 277 - 

des susdites grandes maisons se sont converties (1), fors de 
celle du Vigean, de laquelle il n'y a que le mari, sa femme et 
ses enfants catholiques. 

Florimond de Rèmond, au livre VII, chapitre XIX de la 
Naissance des Hérésies, rapporte aue Fayen, médecin à Li- 
moges, ayant été nourri toute sa vijB aedans le calvinisme, étant 
tomoé grièvement malade et arrivé au dernier période .de sa vie 
au sortir d'un assoupissement que la fièvre lui avoit donné, 
dit qu'un ange lui étoit apparu, prononçant sa sentence de 
damnation éternelle s'il n'abjuroit son hérésie. Ce fait, il de- 
manda des hommes de lettres, surtout des PP. Jésuites, conféra 
avec eux pendant trois ou quatre jours que la mort lui donna 
de relâche, puis fit abjuration de son erreur, condamna lui- 
même au feu les livres qu'il avoit écrits contre l'église catho- 
lique (2). 

Je scaique feue dame Ester de Pons, dame du Vigean, étant 
en l'agonie de la mort, se leva en sursaut et s'écria qu'on lui 
amenât des prêtres, qu'elle se vouloit convertir, disant au mi- 
nistre qui illec étoit présent que leur religion ne valoit rien, et 
que, si elle ne se convertissoit, elle seroit damnée : à auoi ledit 
Lefèvre, ministre, duquel il a été parlé ci-dessus (3), lui ayant 
.dit q^u'elle révoit, elle fit réponse qu'elle ne revoit point et qu'elle 
disoit cela du meilleur sens qu'elle eût; mais tant par le 
moyen dudit ministre que de ses enfants huguenots, elle ne put 
jamais avoir ni le curé, ni le prieur, ni aucun prêtre pour se 
confesser, et ainsi mourut. Quelque temps après, ledit Lefevre, 
ministre du Vigean, étant aussi tombé en maladie et venu en 
l'agonie de la mort, lui qui avoit été moine renié et avoit dit la 
sainte messe, s'écria que sa religion ne valoit rien, qu'il n'avoit 
prêché que des erreurs et hérésies, demanda des prêtres pour 
abjurer son schisme et son crime et qu'il se vouloit convertir; 
mais sa femme, ses enfants et autres huguenots qui étoient de- 
dans la maison lui firent la même réponse qu'il avoit faite à 
ladite dame du Vigean, qu'il revoit et que sa religion ètoît 
bonne; et ainsi mourut ce pauvre misérable misérablement (4). 

Par ordonnance du conseil de la reine Isabelle, douairière 
de France et comtesse de la Marche, du 3 janvier 1584, sur ce 
qu'il auroit été exposé que les habitants de la Basse-Marche 



(1) Ce qu'on sait de l'histoire des prolestanls do Ift basso Marche confirme Tasscrtion de 
Pierre Robert. Mais Tautour oublie de dire par quels moyens ces proleslants furent conver- 
tis. 

(t) Nous n'avons pas trouvé (rare do ce fait dans les chroniques locales ni ailleurs. Jean 
Fayen dtait cependant fort connu de son temps. Il est possible que Florimond de Rëmond 
souvent mal informé, ait confondu Fayen avec un médecin de Limoges nommé Chabodio, 
qu'on a prétendu aussi avoir abjuré. 

(3) C'était un moine augustin do Rochechouart, qui jeta le froc aux orties dès 1533 ou 1S3C, 
et fut chargé par Calvin de prêcher la Réforme dans la basse Marche. 

(4) Nous n'avons trouvé nulle part confirmation de ces faits étranges ot pour le moin« 
snspects, puisque Robert n'a pu les connaître que par oui-^jre* 



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— 278 — 

de la R. P. R. auroient remontré que cy devant Texercice de 
leur religion se faisoit aux faubourgs du château du Dorât, 
suivant un acte donné par feu Claude de la Pouge, lieutenant- 
gènèral du Dorât, portant permission auxdits habitants de 
ladite R P. R. de faire ledit exercice, et d'un acte de notoriété, 
signé de Claude Bruias, lieutenant-particulier en icelle ville du 
Dorât, du 17 septembre 1577, lec^uel étoit huguenot et mourut 
de ladite reliçion. Et d'autant qu'il y avoit de la contrariété es 
dits actes, ledit conseil auroit décerné commission à M. Jean 
Robert, lieutenant-général, mon père, de se porter sur les lieux, 
s'informer au vrai des personnes non suspectes si le dix-septième 
jour de septembre 1577 l'exercice du prêche de ladite nouvelle 
prétendue religion s'étoit fait aux faubourgs du château de ladite 
ville du Dorât publiquement et librement, ainsi qu'il étoit porté 
par le dernier édit de pacification. 

Mais ceux de ladite R. P. R. qui étoient du Durât, ayant 
eu avis de cette commission, auroient récusé ledit feu Robert 
par acte judiciaire, soutenu que depuis qu'il étoit en sa charge 
de lieutenant-général de la Basse-Marche, il avoit toujours 
entrepris de troubler lesdits de ladite religion et empêché le 
prêche en ladite rue du chàtel du Dorât, qui étoit un lieu fort 
éloigné de ladite ville du Dorât, bien qu'ils y eussent continué 
ledit prêche jusqu'au mois de septembre de l'an 1577, qu'ils en 
étoient en possession dés l'an 1564, suivant les lettres patentes 
duroidonnèesàMontpellier,levingt-neuvième jour de décembre 
audit an, et autres lettres patentes données à Bordeaux le 
3 mai 1565, qu'ils avoient encore obtenu lettres du 23 jan- 
vier 1583 par lesquelles S. M. leur permettoit de continuer 
l'exercice de leur religion dans ladite rue du châtel, que ladite 
ordonnance du conseil de la reine Isabelle avoit été donnée à 
la suscitation dudit Robert, comme ennemi de ladite R. P. R. 

Par les cayers des trois Ëstats de la Basse-Marche, faits le 
15 septembre 1588, au Dorât, pour être portés aux Estats-gô- 
néraux de Blois, dont M** Antoine Vacherie, avocat, étoit 
député, le premier article fut qu'il n'y eût qu'une religion en 
France, à scavoir la religion catholique, apostolique et ro- 
maine. Au mois de juillet 1585, le roi de France fit autre édit 
sur la réunion de ses sujets à l'église catholique, apostolique et 
romaine (1), lequel fut publié en cette ville du Dorat^ les plaids 
et audiences tenant, le 8 août 1685. 

Et bien que ces malheureux aient fait maux infinis pantout, 
néantmoins le pays de la Basse-Marche ne s'est pas tant res- 
senti de leur fureur que les autres du voisinage, ainsi que le 
Poitou et l'Angoumois. 

J*ai vu en mes jeunes années un tiers de la ville du Dorât 
qui étoit de ladite R. P. R. Leur prêche se tenoit là sus au 
château, dans une pauvre et petite maison, et avoient leur 
cimetière auprès qui se voit encore. Petit à petit cette nation 



(!) Il l'agtt de redit de Nemours. 



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— 279 — 

est defTailIie dans le Dorai, et se convertirent tous les hu^e- 
nots à la religion catholique environ Tan 1628, fors d'un misé- 
rable nommé Doigt-au-Cul, qui mourut environ Tan 1649, dans 
cette malheureuse hérésie. 

En l'an 1656, les huguenots de la Basse-Marche firent faire 
vers le Vigean un temple, lequel fut fait démolir du depuis en 
une nuit par le M'* de Fors, seigneur du Vigean, en Tan 1658, 
fils du feu seigneur du Vigean qui étoit ferme huguenot et (\ni 
mourut en laaite religion, sans se vouloir j[amais convertir, 
auquel en 1658 il y eut un grand bruit entre lui (le démolisseur) 
et lesdits huguenots maintenus par la dame de La Force ; 
mais cela s'apaisa au mois de juillet dudit an 1658. 



VU. — Première chronique de Pierre Robert, lieutenant- 
général au siège du Dorât. — 1605 à 1638. 

Le préambule de la chronique chiffrée V prouve clairement que, 
des trois chronigues de Pierre Robert, celle-ci doit être considérée 
comme la première en date puisqu'elle fait suite à celle de l'Ano- 
nyme de Saint-Léonard. C'est aussi la plus intéressante et la plus 
riche quoiqu'elle n'ait été commencée que vers 1650. 

Pour apprécier cette chronique et les deux suivantes il faut lire la 
Notice sur Pierre Robert insérée par M. Eug. Lecointre dans les 
Mémoires de la Société des anticiuaires de l'Ouest (1845). De la bio- 
graphie de l'auteur on peut conclure à la valeur de ses écrits. 

Nous nous servons, comme précédemment, d'une copie faite par 
feu Aug. Bosvieux sur celle du tome XXXI de la collection de Dom 
Fonteneau. 



Le roi Henri IV fut en Tannée 1605 dans le Limosin, fit son 
entrée à Limoges, le 20 octobre, accompagné de 2 ou 300 
hommes, tant de cheval que de pied, entre lesquels étoient le 
duc d'Epernon, gouverneur de Limosin, les sieurs de Roque- 
laure et de Créqui, les princes de Boissons, de Joinville, d Ai- 
guillon, de Montbazon, de Lescure, de Rosni, de Fourailles 
et autres. Il descendit premièrement à Poitiers, puis vint à 
Lussac-le-Château (1) et logea au château de M. de Morthe- 
mard. Puis il vint à Bussière-Poitevine (2) et dîna au lieu et 
château de Busserolles ^3). Après dîné, il se fit une grande 
éclipse de soleil, Tune des plus grandes que l'on eût jamais 



(1) Aujourd'hui Lnssac-les-Ch&teaux, arrondissement de Montmorillon, Vienne. 

(f ) A.iTDndissement de Bellac, Haute-Vienne. 

(3) Aujourd'hui dans 1» commune de Bussière-Poitevine. 



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— 280 — 

vues. Le roi se fit porter dans une chambre haute de la grosse 
tour où il avoit diné, un fagot de paille de froment ou de seigle, 
se coucha dessus et y dormit quelque temps, ayant fait mettre 
ladite paille au milieu de ladite chambre, 

DlUec fut à Bellac coucher, où il demeura quelques jours, 
y voulut avoir le plaisir de la chasse. Feu mon père, 
M® Jean Robert, lieutenant-général de la Basse-Marche au 
sièçe royal du Dorât, accompagné de tout le clergé du Dorât 
et de tous les officiers et avocats en habits décents, y fut lui 
faire une belle harangue, où il fut présenté devant le roi par 
M. Henri de Schomberg, gouverneur du pays de la Marche. 
Après le discours fait, le roi lui dit qu'il avoit toujours affec- 
tionné le Dorât et qu'il. Taffectionneroit toujours; et dit aux 
sieurs princes et audit sieur de Schomberç que depuis Paris il 
n'avoit point rencontré aucun qui Teust mieux contenté que ce 
vieillard. 

De Bellac, il fut à Limoges où il y fit doux entrées : Tune 
premièrement comme vicomte de Limoges, sans autre apparat, ' 

et l'autre, deux jours après, en roi. L'occasion de sa venue I 

dans le Limosin étoit pour mettre des garnisons dans le châ- «l 

teau de Turenne et aux villes et forts de ladite vicomte, à cause, , 

ainsi que l'on disoit, de quelque entreprise faite par le vicomte 
de Turenne et quelque noblesse du pays contre S. M. Peu de ' 

jours après furent exécutés à Limoges cinq gentilshommes, i 

entre lesquels étoit le baron de Calverac, et quelques autres 
exécutés en effigie à Toulouse. 

J'étois alors à Paris, escolier, demeurant au collège de Li- 
zieux, étudiant en philosophie sous M. M° Guillaume Du val, 
à présent célèbre médecin à Paris, où demeuroit aussi, dans 
leâit collège de Lizieux, M. de Mesne {sic), second président 
à mortier en la grand chambre du parlement de Paris. Il alla 
voir au Pré aux clercs la revue de l'armée que le roi envoyoit 
contre Sedan et qui s'élevoit à plus de 30,000 hommes. 

Ladite année 16U6 fut fertile. 

En ladite année 16D8 vint en ce pays de la Marche M. le 
comte de Schomberg, gouverneur de la Haute et Basse-Marche 
et lieutenant de M. le auc d'Epernon en Limosin, accompagné 
de 7 ou 800 hommes : lequel fut reçu fort honorablement à 
Limoges, Saint-Léonard et autres villes desdits gouvernants; 
etjlui furent les reliques de M. saint Martial et de M. saint Léo- 
nard montrées. Le blé et le vin furent fort chers. 

L'année ensuivant 1609 fut fertile en tous biens, réservé du 
vin, et l'année 1610 fut aussi bonne et fertile. Et furent en 
ladite année les reliques de M. saint Martial et saint Léonard 
montrées, comme étoit la coutume de sept en sept ans, où se 
vit une belle dévotion et réjouissance du peuple du pays et des 
pays circonvoisins. 

L'adnée 1611 fut pareillement bonne et fertile en tous biens. 
L'année 1612 semblablement fut assez bonne. Pour Tannée 1613, 
elle fut fort stérile, tant de blé, vin que autres choses, fors des 
ch&taignes» dont fut assez compétemment, sans lesquelles il 



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— 281 -^ 

y auroit eu grande cherté et famine, et encore valut le setier 
de blè communément, ladite année et sur la fin dlcelle, 10 li- 
vres, et la charge de vin pareille somme : et ce à cause des 
pluies continuelles de l'année précédente en la saison des se- 
mences, depuis le mois de mai jusqu'environ la Madeleine, 
après lesquelles pluies il y eut une grande sécheresse qui dura 
jusqu'à la mi-octobre. 

L année 1614 fut assez fertile; mais avant la récolte des 
fruits les pauvres eurent beaucoup à souffrir et voyoit on ordi- 
nairement si grand nombre de pauvres que c'étoit chose 
pitoyable à voir, ce qui devoit faire fendre le cœur à ceux qui 
avoient moyen de donner Taumosne : à auoi néantmoins la 
plupart n'avoit esgard ; au contraire, si le blé valoit 9 ou 
10 livres le setier au marché, ils le vendoient aux pauvres, en 
prests pour deux ou trois mois, 12 ou 13 livres, et causa ladite 
cherté et ce que le pauvre .peuple avoit pâti de faim une grande 
maladie et mortalité. J'étois en ce temps-là en la ville de Paris où 
je me faisois recevoir en l'office de lieutenant-général de la 
Basse-Marche au siège royal du Dorât, et me lut dit, auand 
je fus de retour, que le chapitre du Dorât n'avoit point donné 
l'aumône en toute ladite cherté et année, sinon deux fois, la 
semaine de carême, qui étoit chose fort étrange et contre un 
arrêt de la cour et les conseils. 

La convocation des Etats de la Basse-Marche se fît au mois 
de... en la ville du Dorât, où étoit messire Georges d'Aubusson, 
sénéchal de la Basse-Marche. M. Pierre Robert, lieutenant- 
gënéral, n'avoit que nouvellement pris possession de sondit 
office de lieutenant-général, et bien que M. François Remon, 
lieutenant au siège particulier de Bellac, eût fait plusieurs 
grandes brigues et monopoles pour être nommé, néantmoins 
ledit Robert fut nommé, et, étant prié par ledit Rémon de l'y 
admettre, il l'y admit avec lui : ce qui fut pour le tiers état. 
Pour le clergé, fut messire Gabriel Murraud, abbé du Dorât, 
nommé ; pour la noblesse, les sieurs du Vigean, de Chemon- 
ceaux, de la Messelière. Et s'étant acheminés à Paris où ils ne 
purent rien faire, ne rapportèrent que des malédictions du 
peuple. 

Pendant les troubles qu'excita en 1615 ot 1616 le prince de 
Condé, ce pays de la Basse-Marche fut fort travaillé du pas- 
sage de la gendarmerie ; mais il n'y eut de garnisons, comme 
il y eut en plusieurs villes du Haut et Bas-Limosin et Poitou, 
comme la Souterraine, Tulle, Saint-Yrieix, Montmorillon et 
autres, où M. d'Epernon, colonel de l'infanterie françoise, 
gouverneur du Limosin, les avoit mises pour se rafraîchir. 
Quelque temps après le retour du roi (de Bordeaux) et jus- 
ques à ce que la paix fut faite, M. le prince de Joinville passa 
à Saint-Léonard, et aussi le sieur d'Epernon, auxquels les reli- 
ques de M; saint Léonard furent montrées. 

Ladite année 1616, nonobstant le grand hiver qu'il y eut, fut 
fort fertile. Il y eut une grande sécheresse en ladite année, car 
depuis la Saint-Jean jusqu'à Noél il ne plut que deux ou troiç 



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— 282 - 

fois, et fort peu à chag[ue fois, et depuis la Saint-Michel les 
rivières, puits et fontaines, vinrent presque tout à sec. 

Ladite année 1617, Tostension de M. saint Martial et de 
M. saint Léonard fut faite et célébrée, suivant la coutume, à 
Limoges et à Saint-Léonard, fort solennellement, où il y eut 
une fort belle dévotion et force peuple qui y vint de toutes 
parts. 

Ladite année fut assez fertile en blé, nonobstant quelques 
celées qu'il fit sur la fin du mois d'avril 'qui portèrent oien du 
nommage aux fruits des arbres ; et fut ladite année autant su- 
jette à la pluie au'avoit été la précédente à la sécheresse, et ne 
fut le blé plus cher que Pannée précédente. 

Environ ce temps fut commencé à édifier le couvent des 
PP. Recollets du Dorât, en Tan 1618, comme aussi les reli- 
gieux de la Trinité en cette ville. Auparavant il y avoit de 
longtemps un hermitage et une petite chapelle nommée N.-D. 
de Recouvrance. 

L'année 1619 fut assez fertile en blés et vins, réservé des 
fruits des arbres. 

Au mois de mars la reine-mère Marie de Médicis s'étant 
retirée à Angouléme, avec le duc d'Epernon oui la soutenait, le 
roi eut l'intention d'assiéger ladite ville. Il dressa une armée 
et fit mener quantité de munitions de guerre qui furent laissées 
à Limoges et en quelques autres lieux. La reine et le duc 
d'Epernon avoient aussi force gens de guerre, et fut le pays 
fort ruiné tant des uns que des autres jusqu'à la fin du mois 
de mai, que cela se pacifia et que les troupes se retirèrent. 

Au mois d'avril de ladite année, l'abbaye d'Uzerche (1) fut 
assiégée et prise par le comte de Schomberg, gouverneur de 
la Marche et du Limosin, assisté de *M. de Pompadour et de 
force noblesse du Limosin, Haute et Basse-Marche, et en 
chassa tous ceux qui étoient dedans et la tenoient pour le duc 
d'Epernon, et la fit raser : lequel duc d'Epernon, peu de temps 
auparavant, avoit passé à Limoges où il avoit logé, et à Saint- 
Léonard aussi. 

Il fut fort peu de vin en ce pays en ladite année, à cause de 
la grande sécheresse qu'il fit depuis environ la mi-août jusau'à 
la Sainte-Catherine, qui brûla fort les raisins; néantmoins il en 
fut assez honnêtement par les autres vignobles, qui fut cause 
qu'il ne fut pas plus cher que de coutume; même au Dorât en 
eurent passablement, quoiqu'ils retardèrent trois ou quatre 
jours de trop à faire leurs vendanges; car ils ne commencèrent 

aue le lunai 13 d'octobre qu'il gela fort et leur porta grand 
ommage, et aussi gâta une partie des châtaignes. 
L'année 1620 fut assez bonne en tous fruits, réservé du vin. 

{La reine mère et les princes avant recommencé leurs menées, 
le roi dut prendre des mesures défensives) : 



(I) Arrondissemenl d« TulU. 



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— 283 - 

S. M. envoya dans le pays de la Basse-Marche le sieur de la 
Roche-Posay qui demeura quelque temps au Dorât, lieutenant 
audit gouverneur, pour l'absence de M. le comte de Schom- 
berg qui ne pouvoit pas partir de Paris, étant surintendant des 
finances^ et demeura près de la personne du roi qui cependant 
se disposoit à mettre ordre à la guerre. 

(Les troupes de la reine et du prince de Condé furent dé- 
faites aux ponts de Ce près d'Angers, et à la suite de cette 
victoire la reine-mère et te roi se mirent d'accord) : 

Puis le foi s'en vint à Poitiers et de là à Saint-Jean-d'An- 
géli (1) et à Bordeaux, avec son armée, où les princes de 
Mayenne et de Joinville le furent trouver, et passèrent à Saint- 
Léonard, où leur furent les reliques de M. saint Léonard mon- 
trées, ensemble à M. le prince de Condé qui y passa, venant 
de Bordeaux, accompagné seulement de cinq ou six chevaux, et 
bailla des menottes d'or (2) et quelques écus d'or aux religieux 
dudit monastère, et 10 écus aux PP. Recollets ou à leur pro- 
cureur. Il passa force troupes dans le pays et furent mises des 
garnisons en plusieurs lieux. 

En ladite année 1621, le sieur de Saint-Germain-Beaupré, 
nommé Gabriel Foucault, fut fait gouçrerneur de la Haute 
et Basse-Marche, et se convertit à la foi et religion catholi- 
que avec la dame sa femme et sa famille. Et fut l'arche- 
vêque de Bourges à Saint-Germain pour l'y recevoir et 
l'endoctriner ; et environ la Saint-Jean-Baptiste il fut à Ma- 
Çnac (3), où il fut reçu honorablement par MM. les ecclésias- 
tiques et autres habitans. Il alla deaans l'église où il fut 
chanté le Te Deum laudamus et quelques hymnes, et après, 
ayant fait collation chez La Coste, sénéchal de Magnac, s'en 
vint coucher en cette ville du Dorât, où ayant séjourné un jour 
ou deux, il fut à Bellac où il fut aussi reçu. 

M. de Pompadour au même temps fut fait gouverneur du 
Limosin, et fit son entrée es villes de Limoges, de Saint- 
Léonard et autres dudit gouvernement. 

Ladite année ne fut des plus fertiles ni des plus stériles, et 
fut du vin fort honnêtement en quelques endroits, mais fort peu 
à Magnac et au Dorât, à cause de la gelée qui vint à la Saint- 
Michel, qui gâta tout. 

Cette année-là fut assez fertile ; mais il fit une grande séche- 
resse depuis environ la Saint-Jean jusques près de la fin du 
mois d'août qui porta grand dommage. Le blé et le vin demeu- 
rèrent à môme prix que l'année précédente. 



(1) CheMiou d'arrondissement, Charente-Inférieure. 

(S) n venait de sortir de la Bastille. 

(3) Maçaac-Laval, arrondissement de Bellao, Haute-Vienno. 



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— 284 — 

(1623. Conversion des sieurs de Saint-Angel et de V Age-Ber- 
nard, gentilshommes huguenots du pays) (1). 

Ladite année fut assez fertile en blés et vin ; toutefois il a 
fait une grande sécheresse depuis la Saint-Jean, jusqu'à la fin 
d'août, ce qui a bien porté du dommage en beaucoup de 
pays, et même en la Basse-Marche. 

En la même année 1623, environ la Saint-Jean-Baptiste, ont 
été découvertes certaines fontaines minérales auprès d'A- 
vailles en la Basse-Marche, par mon moyen; car recherchant 
les antiquités et singularités de ce pays et étant en ladite ville 
d'Availles etm'enquérantdes principaux officiers et bourgeois 
de ce, sur ce qu'ils me dirent qu'il y avoit près dudit lieu cer- 
taines fontaines d'eau salée, dites en langage^du pays la Font- 
Salade, où les pigeons et ramiers y courent à troupes pour 
en boire,m'en étant fait porter un peu dedans une pinte et en ayant 
goûté, je vis qu'elles étoient vitriolées et qu'elles sentoient au 
soufre ; et ayant vu un pauvre à la porte du logis qui avoit ses 
mains toutes pleines de grosse galle, je le fis entrer et lui en 
fis frotter les mains. Le lendemm il me vint dire que sa gale 
avoit toute séché, et n'en avoit plus auxdites mains, mais qu'il 
en avoit d'étranges aux jambes. Je lui donnai l'aumosne et lui 
dis qu'il allât se baigner les jambes dans le bain que l'on disoit 
estre au dessous desdites eaux, et y fus le mesme jour avec 
les autres officiers et les principaux habitans d'Availles, et 
leur dis oue tous les pauvres qui auroient des maladies, quelles 
qu'elles lussent, qu'ils les envoyassent auxdites eaux, soit à 
boire, ou à mettre es lieux malades par douches, comme aux 
ulcères, teignes et tels autres maux : ce qu'ils firent, de sorte 
que tous ceux qui en prenoient s'en étant bien trouvés, cela 
proclama-la vertu desdites eaux, de sorte que chacun y accou- 
rut comme à un nouveau miracle. Et y fus quelque temps 
après où j'y vis plus de 1,000 ou 1,200 personnes, et du depuis 
cela a toujours continué, mais non pas avec une si grande 
abondance de peuple. 

M. Robert étoit si enchanté de sa découverte qu'ayant 
passé, dans une tournée, aux environs d'Availles, il alla 
prendre quinze ou vingt verres de cette eau, laquelle à l'ins- 
tant lui fit lâcher le ventre l'espace de beaucoup de fois ; mais 
à dix ou douze jours de là, il lui sortit une si grande quantité 
de galle et de gratette par tout le corps et les jambes qu'il en 
pensa périr, et il lui fallut user de bains, de purgations et de 
saignées (2). 

Le 2 décembre 1623, décéda Claude du Bellay, dame de 
Maignac. Elle avoit plus de cent ans, à ce que l'on disoit. 



(1) M. A. fiosTÎeux n'a pas jngé à propos de transcrire lo récit de cette contersion. Los 
détails sont probablement sans intërét. 
^t) Tout cet aliQé» semble interpolé, 



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- 285 - 

En l'adite année fut l'ostension des reliques de saint Martial, 
saint Léonard et autres saints. 

11 fit, ladite année 1624, un hiver étrange, long et rigoureux ; 
la neige fut plus abondante qu'elle ne l'avoit été depuis vingt 
ans. Il en tomba tant le 15 février, qui étoit le vendredi avant 
le mardi gras, et le lendemain que les plus anciens du pays 
disoient n'en avoir jamais tant vu audit pays. Les chemins 
êtoient obstrués. Le P. Sallet du collège de Limoges, savant 
jésuite que j'avois connu à Limoges, y étant escolier, fut prê- 
cher à Magnac en ladite année, aue Ton ne put envoyer quérir 
pour prêcher le Carême à cause de ladite neige. Mais un autre, 
nommé le P. du Monteil, natif de Château-Ponsac, qui avoit été 
chanoine au Dorât, homme fort capable et bien zélé, qui avoit 
prêché TAvent à Saint- Benoit et y alloit pour prêcher le Carême, 
se trouva à Magnac assiégé de la neige, où il fit de très beaux 
sermons les Jours de dimanche, lundi et mardi-gras; et le len- 
demain, le temps étant un peu remis, il s'en alla prêcher à 
Saint-Benoit. C'est lui qui a fait l'histoire de la vie de sainte 
Radegonde, imprimée in-8^. Le P. Sallet revint à Maçnac. 

La commanderie de Bourganeuf (1) tomba, en ladite année 
ou peu devant, entre les mains du grand-prieur d'Auvergne, 
lequel rançonna les officiers de Bourganeuf pour la confirma- 
tion de leurs lettres de provision. 

Environ ce temps, en mai de l'an 1624, fut fait un cruel as- 
sassinat à Limoges par les Boujolis, grands et puissants, de 
la personne d'un marchand nommé la Biche, en plein jour, 
passant près de leur logis, dont il y eut une étrange poursuite 
qui ruina la maison des Boujolis. 

Les années 1625 et 1626 ont été assez fertiles en grains, et 
peu de vin. Les chenilles gâtèrent fort les arbres en ce pays et 
par tout le Limosin et le Poitou. 

Environ ce temps la confrérie du Rosaire fut instituée en la 
ville de Magnac et en beaucoup d'autres lieux, et quelque temps 
après en la ville du Dorât, où il arriva un cas étrange d'une 
femme qui, voulant tirer de l'eau d'un puits fort profond et se 
penchant trop en bas, y tomba dedans, la tête la première, et 
en tombant ayant intercédé N.-D. du Rozaire, à l'mstant étant 
tombée au fond dudit puits, elle sentit quelque chose qui la prit 
par le col et la sourdit (sic) en sus à fleur de l'eau où elle se 
prit aux pierres dudit puits. Sa robe et son cotillon s'épanchant 
sur l'eau du puits la tenoient comme nageant dessus. Et ayant 
été ouye, on courut où l'on entendoit la voix et l'y trouva-t-on 
ainsi faite, et on la tira. Elle-même m'a raconté ce que dessus, 
peu de temps après. Elle s'appeloit, je crois, Msrçuerite ou 
Marie David, femme de Merlm, sergent royal, fille de feu 
Claude David, marchand de cette ville du Dorât. Elle mourut 
en l'an 1631 de la peste. 



(î) Chef-liea d'arrondissement, Cronse. 



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-286- 

II fit un hiver fort long avec de grandes pluies et du froid, 
même au printemps et au mois de mai, et en l'été, il y eut de 
grands tonnerres et des grêles en beaucoup d'endroits qui por- 
tèrent de grands dommages. Lesdissenteries aussi eurent cours 
dont il mourut force peuple. Il fut du vin honnêtement en 
ladite année. 

Âpres la prise de la Rochelle, les fortifications de cette ville 
furent rasées, ensemble celles de quelques autres villes de la 
religion et aucuns châteaux, entr'autres Fronsac près de 
Bordeaux, Argenton (1), Aubusson (2). Mais la prise de la Ro- 
chelle a été la ruine totale de la Guyenne, car d'illec venoit 
quantité de toutes sortes de marchandises à fort bon compte, 
sans payer ^uasi point de tributs, comme aussi le sel ; Ton y 
menoit aussi le bled, le vin, bétail de toute sorte, ce qui le fai- 
soit renchérir; mais du depuis tout cela n'a guère valu, et 
Lymoges a perdu son commerce, ensemble plusieurs autres 
villes. 

En l'année 1631, la peste et contagion fut presque univer- 
selle en la France et particulièrement dans les villes de Li- 
moges, de Saint-Léonard, du Dorât, de Bellac, d'Availles (3j, 
risle-Jourdain (4), Montmorillon. Poitiers, Châtellerault (5), le 
Blanc en Berri (6), Saint-Savin (7) et autres. La ville de Ma- 
gnac en fut préservée par les prières de tout le peuple qui se 
mit en dévotion envers saint Mesmin ou Maximin, patron de 
leur église, et le bon ordre qu'y apporta messire François de 
Salaignac, sieur de la Motte-Fénélon, seigneur de Magnac, 
y faisant observer une bonne police, et n'y en eut qu'un seul, 
qui fut le sergent Beyler, qui en fut atteint. 

D""® Louise Thomas, ma femme, fille de feu Paul Thomas, 
ancien sénéchal de Montmorillon, et de D"^ Fraise Mangin, 
s'étant retirée au château de Saint-Sornin*la-Marche, se trouva 
prise du mal de contagion, le soir, â vespres, le jour de Sainte- 
Croix du mois de septembre, un jour de dimanche où j'étois 
f)our lors avec elle. Elle mourut le vendredi d'après, par la 
àute de l'apothicaire Poinjet qui la saigna mal à propos, dont 
elle perdit tout son sang. Et moi, le jour de la Saint-Michel, 
étant remué â Villemartin, je me trouvai aussi pris dudit mal 
contagieux, qui me commença â prendre par des douleurs sous 
les aisselles avec une grosse fièvre. Il me sortit deux grandes 
pustes, sous chaque aisselle une, qui ne purent jamais percer, 
plus un charbon en chaque bras et un autre en chaque jambe 



(1) Sans douta Argentoa sur Creuse, arrondissement de Ch&teanroux. 

(i) Chef-lieu d'arrondissement, Creuse, où les protestants étaient fort nombreux. 

(3) Availles-Limouxinc, arrondissement de Civray, Vienne. 

(4) Arrondissement de Montmorillon, Vienne. 

(5) Chef-lieu d'arrondissement, Vienne. 

(6) Chef-lieu d'arrondissement, Indre. 

(7) Saint-SaTin sur Cartempo, arrondissement de Montmorillon, Vienne. 



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— 287 - 

« 

qui percèrent, mais ceux des jambes furent plus fâcheux et 
terrioles, dont je porte les marques et les porterai toute ma vie. 
Je ne trouve point au monde ae meilleur remède, outre ceux 
que j'appliquai comme èpithèmes sur le cœur avec de la thè« 
riaque et des confections d'alkerne et d'hyacinte mises sur de 
Tëcarlate et des oignons remplis de bonne thèriaque cuite sous 
les cendres, que d'avoir recours à Dieu et à la sainte Vierge. 
Je me mis de tout mon cœur à les prier et je m'en trouvai bien, 
si bien que je fus guéri entièrement la vigile de Toussaint. 

A Guèret n'eurent point aussi de mai par les prières qu'ils 
firent à M. saint Pardoux, lequel les en délivra. 

La contagion étoit par tous le^ villages autour de Ville- 
martin (Ij, et il n'y eut (jue moi seul dans ledit lieu (]ui eut 
ledit mal. Au bourg de Dinsac, il y avoit du mal. Deux jeunes 
laboureurs, un jour, ayant chacun une pinte de vin pleine et 
un verre à la main, sautèrent dessus les tombeaux du cime- 
tière, sautant et gambardant, dont l'un avoit été mon métayer, 
fils de Laguyet, se moquant de la contagion et disant : < Je to 
nargue, contagion, je te défie. » Et sur cela burent d'autant. Mais 
le lendemain au soir ils se trouvèrent frappés dudit mal, dont 
ils moururent la nuit. Jean Douche, servent royal du Dorât, se 
jactoit qu'il assistoit force malades de vivres et autres choses, 
et qu'il ne mourroit pas, parce que Dieu le vouloit laisser vivre 
pour faire payer les mauvais debteurs et payeurs ; mais il se 
trompa, car dans peu de jours après il mourut. Cette maladie 
dura trois ou quatre ans par la France; mais elle fut plus 
cruelle en l'année 1631 que dans les autres. Et le pauvre peuple 
n'étoit pas seulement affligé de ladite maladie, mais aussi de 
la famine. Le setier seigle valoit, ladite année, 15 ou 16 livres 
argent comptant, et le setier froment, 21 et 24 livres. Les 
riches le prétoient à plus haut prix : le setier seigle à 20 livres 
et le froment à 28 ou 30 livres. Pour le vin il fut à assez bon 
compte, et y en avoit assez en abondance. 

Quel(}ues années auparavant D°^^® Renée Richard, mariée à 
François Sornin, sieur de la Valade, fils alnè de M° Guillaume 
Sornin, avocat au siège royal de Bellac, (auc|uel, à cause de 
sa richesse son père l'avoit mariée étant écolier à Poitiers, et 
du depuis ne voulut plus aller faire ses études), ayant tué son 
mari endormi, la nuit, dans le lit, le lendemain de carême, 
étant venu saoul et yvre de Montmorillon où il menoit la dé- 
bauche tout le carnaval ; elle ayant été appréhendée, je lui fis 
son procès. Elle accusa faussement un nommé le Chastrar 
qui n'y étoit pas, lequel fut aussi accusé par le frère bâtard 
a'icelle Richard qui lui soutint même au gibet qu'il y étoit, 
lesquels accusèrent aussi les trois gentilshommes de la Tour- 
au-Pommier, cousins germains d'icelle Richard qui les dé- 



(t) Villomartin» commane de Dinsac, nommée plus loin, arroudi^semoat de Bellac, Haale- 
Vienne. 



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— 288 - 

chargea i>eu après par les vœux et prières qu'ils firent à Dieu 
et à Ta sainte Vierge. Mais quant audit Chastrar, il fut roué : 
il ètoit innocent de ce crime; mais il en avoit fait d'autres pour 
lesquels Dieu voulut qu'il fût puni, entr'autres il avoit battu 
son père par diverses fois qui fut témoin contre lui. Et quant à 
ladite Richard, elle fut par moi condamnée à faire amende 
honorable devant le logis de son beau-père, crier pardon et 
merci à Dieu et à son beau-père, oncle et beaux-frères, puis 
devant l'église de Saint-Pierre du Dorât en faire autant, où elle 
auroit le poing duquel elle avoit tué son mari coupé, puis d'illec 
traînée sur une claie et menée au marché public du Dorât où 
elle auroit la tète tranchée, puis son corps brûlé et ses cendres 
jetées au vent. Je n'eus rien de toute cette procédure que des 
m^atitudes et méconnaissances de ses parents qui vouloient 
faire condamner plusieurs innocents. 

Le roi Louis XIII, après avoir fait faire le procès au duc de 
Montmorenci, sur la fin du mois d'octobre de l'an 1632, passa 
à Limoges environ la fête de Toussaint, puis d'illec à Mont- 
rocher (1) et au bourg de Darnac (2)* Je lui fis une harangue 
en pleine campagne, prés du bourg de Darnac ; j'étois accom- 
pagné de plusieurs officiers et habitans du Dorât. Nous le 
trouvâmes dans un petit carrosse, qui avoit le fouet à la main 
et le menoit tout seul, et n'y avoit que lui dans ledit carrosse; 
et quand il fut jprès de Darnac, il monta à cheval, et avoit un 
manteau d'écarlatte. Mon harangue finie, il eut grand peine 
à nous dire : < Tenés-moi cela et je vous seroi bon roi » ; car 
il ne pouvoit pas parler qu'avec une grande peine ; mais il 
avoit un fort bon jugement et étoit adroit à toutes sortes d'exer- 
cices que l'on lui put montrer. Madame la princesse de Condô 
arriva aussi en ces quartiers et logea à Magnac, qui suivoit le 
poi. 

L'année 1633 fut bonne et fertile de toutes sortes de blés et 
de fruits, fors qu'il fut fort peu de châtaignes qui se perdirent 

Sour quelques gelées et brouées qu'il fit sur le commencement 
u mois de septembre. Le setier de blé vint à trois livres. Les 
tailles furent tiercées par tout le royaume, et disoit-on qu'il 
y avoit des lieux et paroisses qui ne les pourroient pas cottiser 

J>our ne les pouvoir payer, et qu'elles montoient plus que leurs 
ruits n'en valoient. Ce ne sont pas communément les riches 
qui en sont surchargés. 

L'on joua au Dorât quelque tragédie pour la Saint-Pierre; 
à Châteauponsac, ils représentèrent la vie et martyre de leur 
patron, saint Tyrse, et en la ville de Magnac jouèrent deux 
fois : savoir au mois de mai, et l'autre pour la Saint-Maximin, 
au mois de septembre, une belle tragédie, appelée /a Dorinde, 
où il y eut grand nombre de spectateurs, et ètoient plus de 



(i) Commuae de lIontarol-SëTarJ, arronditMoicnt do Bellac, Haute- Vieane . 
* (i) ArrondiM«ment de Bellac, Hauto*Vienne. 



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- 289 — 

2,000 étrangers, noblesse et habitans des villes et des bourgs 
circonvoisins. 

Pendant cette année et la précédente, il y avoit un intendant 
à Limoges, nommé le sieur d'Argenson qui registroit les af- 
faires d importance. 

En Tannée 1633, environ le mois de février, fut tué et assas- 
siné M® Pierre de Fonsréau, lieutenant-criminel du Dorât, 
lequel, s'étant rendu adjudicataire du lieu noble et château de 
Touron et en ayant été mis en possession par M. le prince de 
Condé, à son passage au Dorât, b,\\ mois de septembre de Tan 
1632, allant à Limoges, en fit chasser le Breuil de Thouron qui 
le possédoit, qui étoit un gentilhomme de Périgord, qui, étant en 
son pays, fit ^and amas de noblesse, lesquels vinrent la nuit 
et entrèrent dans ledit château de Thouron. Ledit de Breuil 
en entrant dans la chambre où étoit ledit de Fonsréau, sieur 
de Beaumont, dit : c Où est celui qui se dit seigneur de Thou- 
ron ? > L'autre lui répondit : c C'est moi. > A l'instant ledit Breuil 
lui tira un coup de pistolet c[ui lui donna dans le bras grauche ; 
mais ledit de Fonsréau â l'instant lui dit : < Tu en mourras, » 
et lui tira un coup de pistolet qui lui porta droit dans le cœur, 
dont à l'instant il tomba roide mort : ce que voyant les enfants 
dudit Breuil tirèrent à icelui de Fonsréau un coup de fusil 
qui lui porta dans le ventre, dont il languit quelques heures, 
priant Dieu, étendu à terre, puis l'achevèrent de tuer. 

Peu de temps après le vice-sénéchal de Limoges fut tué, 
voulant prendre quelques voleurs, à quatre ou cinq lieues de 
Limoges. 

(Après avoir cité les reliques de quelques saints qu'on vé- 
nère à Limoges et aux environs, le chroniqueur ajoute) : 

Quant aux pénitents qui sont presque par toutes les bonnes 
villes du Limosin (l),les uns ont pour patron M. saint Jean- 
Baptiste, les autres saint Jérôme, les autres, sainte Marie- 
Madelaine, et sont vêtus de diverses couleurs; font plusieurs 
prières et processions nus pieds, la face couverte et tout le 
corps seulement de linge. Ils se visitent étant malades, portent 
et accompagnent les morts à la sépulture, prient et font prier 
Dieu pour eux, comme font aussi ceux des confréries du Ro- 
saire et autres, et ont plusieurs beaux statuts. Etant écolier 
â Limoges, en l'an 1602, 1603 et 1604, je fus de la congrégation 
des pénitents bleus qui ont pour patron saint Jérôme. Nous 
nous assemblions tous les vendredis et les dimanches en l'é- 
glise de Saint-Paul qui est par delà les Cordeliers, et nous 
nous baillions la discipline les vigiles des bonnes fêtes et tous 
les vendredis de carême, portions la haire et le cilice souvent. 

Il y a aussi une certaine institution de filles et de femmes 
veuves dévotes â Limoges que l'on y appelle Menettes. Elles 



(1) Vojei le livre do 11 . L. Guibert : Let confrériet de PéniUnt». 



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— 290 — 

vivent en chasteté et continence, font des prières et ont des 
statuts. 

En ladite année 1634 furent les Grands Jours de Poitiers, 
vers le mois de septembre, où il y eut plusieurs exécutions. 
Mourier, lieutenant du prévôt de Bellac, y fut pendu et étranglé 
pour divers crimes de concussion. Un jeune gentilhomme eut 
aussi la tête tranchée pour avoir battu un homme dans une 
église (1). • 

M. de Pompadour est mort cette année, et M. de Ventadour 
a été élu gouverneur du Limosin en sa place. 

Depuis le 8 avril jusqu'au 3 juin il gela quasi continuelle- 
mant, même le jour de Saint-Nicolas, avec un grand vent de 
bise extrêmement froid, et fut cause que les petits blés demeu- 
rèrent et les herbes, dont à cause de ce le Détail mouroit de 
faim. Celia lit grand mal aux vignes. Que si la terre eût été 
mouillée^ il y eut eu bien pis. 

Il s'est passé aussi une méchante affaire entre les habitans 
de Limoges et ceux de Saint-Léonard, au sujet de ce que les- 
dits habitans de Saint- Léonard avoiept obtenu du roi une petite 
sénéchaussée, tirée de celle du Limosin, où il y avoit six 
villes et quelques vingt ou vingtrcinq paroisses, et en avoient 
lettres et édit de S. M. qui avoient été vérifiées par la cour du 
parlement de Bordeaux, et ceux de Limoges qui étoient oppo- 
sants déboutés de leurs oppositions. Mais par après ceux de 
Limoges, par faveur ou par argent, firent le tout révoquer, et 
même les imposèrent aux tailles bien grosses, dont ils furent 
appelants à la cour des Aydes de Montferrant, où ils plaidèrent, 
et cependant allèrent en cour pour faire sceller leurs privilèges 
qu'ils avoient demeuré de sceller par négligence d'aucuns Ses 
habitans, quand ils furent confirmés ; cnose qui a bien coûté 
auxdits habitans ; car ils firent imposer une grosse somme sur 
eux et sur toute la franchise pour faire leurs dites affaires. Et 
finalement lesdits privilèges de Saint-Léonard furent recon- 
firmés et scellés, malgré leurs ennemis, et furent apportés par 
Cadeux et Léonard Beuvre, consuls d'icelle ville qui vinrent 
avec M™ de Pompadour jusqu'à Laurière, la veille de N.-D. de 
septembre, la présente année 1635. Et le lendemain elle vint à 
Saint-Léonard, et les habitants lui allèrent au devant avec 40 
ou 50 chevaux et lui firent le meilleur accueil et traitement 
qu'ils pouvoient, d'autant qu'elle s'étoit employée pour eux 
auxdites affaires, y ayant beaucoup de pouvoir, comme étant 
sœur de la femme de M. le garde des sceaux. 

Le ban et arrière-ban fut mandé au mois de millet de ladite 
année 1635 en ces provinces de Poitou et de la Marche. 

Le blé et le vin n'ont pas été enchéris plus aue l'année der- 
nière, nonobstant la sécheresse la plus grande que l'on ait 
jamais vue ; mais il fut force châtaignes, glands, blé noir et 
paves, car la première pluie qui vint après remit tout. 



(1) Voyez la Nouvelle chronique, n* VIII. 



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— 291 — 

L'année 1636 fut fort fertile et pleine de tonnerres. Sept ou 
huit jours dans le mois de mai, môme le jour de la Pentecôte, 
il se leva un si grand tonnerre environ les dix heures du matin 
qu'un recollet prêchant à Magnac fut interrompu, afin que 
l'on sonnât les cloches, mais il paracheva son sermon à vespres. 
Il grêla fort sur Magnac et ôs environs, q^iii porta grand dom- 
mage. La sécheresse et chaleur a continué presque tout le 
mois de juin, tellement que les métives ont été de fort bonne 
heure, et coupa-t-on du blé en ce pays huit jours devant la 
SaintJean et mangea-t-on des cerises devant la Pentecôte : ce 
qui causa une grande rareté de foin, car celui qui avoit accou- 
tumé d'avoir (Ex charretées de foin n'en avoit pas trois, et 
disoit-on que la charretée valoit à Poitiers 100 livres, et en ce 
pays elle valoit communément 15 ou 16 livres. Les rivières 
vinrent presque toutes taries. Il fut force vin, châtaignes, blé 
noir et raves. 

En ce temps-là l'on ne voyoit presque point de monnoye de 
France, mais seulement d'Espagne, d'Italie, d'Angleterre et 
autres pays étrangers. 

L'année 1637, les offices de présidents dans les sièges royaux 
furent créés et établis. Je levai le mien au mois de septembre 
dudit an. 

L'année 1638, il y eut force garnison au Dorât. Taverier, 
sieur de Conti, m° des requêtes, fut fait surintendant de la jus- 
tice, police et finances dans la généralité de Limosin. 
M® François Deuze, avocat du roi au Dorât, l'étant allé voir, 
il lui fit le meilleur accueil qu'il put ; mais comme il voulut 
sortir, ses gens le constituèrent prisonnier pour un emprunt de 
4 ou 5,000 livres qui étoit sur le Dorât. 



VIII. — Nouvelle chronique de Pierre Robert, lieutenant- 
général au siège du Dorât, — 1598 à 1645. 

Cette nouvelle chronique de Pierre Robert n'est que le complé- 
ment de la première et elle ne lui est postérieure comme rédaction 
sans doute que de peu d'années. Nous les aurions môme fondues 
ensemble si nous n'avions craint de faire disparaître ainsi un élé- 
ment de critique important pour juger de la valeur intrinsèque de 
ce nouvel écrit. Nous nous sommes permis cependant de rétablir 
l'ordre chronologique bouleversé en quelques points. Ainsi, dans la 
copie d'Aug. Bosvieux les faits rapportés à Tannée 1618 viennent 
après ceux de l'année 1645 ; l'histoire des sorciers de 1630 suit le 
récit des faits de 1618 ; enfin ce qui concerne les grands jours tenus 
à Poitiers en 1634 forme un tout indépendant de la chronique, sans 
autre raison déterminante que l'isolement de ce morceau dans la 
collection de Dom Fonteneau. Ces légères anomalies disparaissent 
dans la publication qui suit. 



1598. 



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— 292 - 

Le 30 octobre 1607 mourut M* Jean Robert, docte lieutenant- 
général du Dorât. 

Ladite année 1608 se virent des phantosmes en Angoumois. 
Le jour étant clair et serein, en un moment il se vit un grand 
nombre de petites nuées épaisses qui descendirent à terre et se 
formèrent en hommes de guerre qui paroissoient être de 10 ou 
12,000, tous beaux et çrands, couverts d'armes bleues, ran- 

Sjés sous des enseignes oleues, demi rouges et demi éployées, 
es tambours ayant leurs caisses sur les épaules, comme prêts 
à battre aux champs : dix pas devant étoit le chef avec une 
belle apparence. Puis Tarmée se mit en marche en grande 
haste et en ordre, divisée en bandes et troupes. Cette vision fit 
que plusieurs paysans et la noblesse même en prirent l'alarme, 
ïls s'assemblèrent en grand nombre pour reconnoitre ce pro- 
dige ; mais en le poursuivant, ils remarquèrent que, s'appro- 
chant d'un bois taillis, afin de ne rompre leur ordre en le 
passant, ils s'élevèrent tous par dessus le bois, touchant seule- 
ment la feuille des arbres de l'extrémité de leurs pieds, puis 
cheminèrent encore à terre jusques vers une forêt où ils se 
perdirent tous et ne parurent plus. J'ai écrit cela d'un papier 

manuscrit de feu messire Prévost, curé de Lussac-les- 

Eglises(l). 

Le vendredi, 7 du mois de juin 1613, la grêle ffâta les blés et 
autres fruits dans le pays, de sorte que le setier olé valoit à la 
Toussaint 8 livres 16 sols et 9 livres. 

En l'année 1615, au mois de mars, il tomba grande quantité 
de neige. 

J'ai vu, environ l'an 1618, un jeune garçon de la ville du 
Dorât, nommé Bajodie, à présent sergent royal, pour lors en 
l'âge de cinq ans ou environ, lequel scavoit parfaitement bien 

Sar mémoire et sans jettons toute l'addition et n\ultiplication 
e quelque nombre que ce fût et pour difficiles qu'elles 
fussent. 

J'ai vu aussi un nommé Rabillac, prieur de l'hôtel-Dieu du 
Dorât, en l'âge de seize ou dix-sept ans, reçu bachelier à 
Poitiers, soutenir telle thèse que l'on désiroit en philosophie et 
dans la théologie, et disputer es dites sciences de quelque ma- 
tière que l'on voulût sur l'heure même et in promptu. 

Le lundi dans les octaves du précieux corps de Dieu, 3 du 
mois de juin 1619, fut faite la montre générale des troupes de 
M, le comte de Schomberg, gouverneur de la Haute et Basse- 
Marche et du Limousin, où il assista avec MM. de Pompa- 
dour, de Lauriére, Saint- Angèle, M** le M^'d'Espine/«ic^ fils 
audit sieur de Schomberg, La Capelle-Biron, les sieurs des 
Plats, de Bussi, Picard de nation, le sieur de la Vergue, lieute- 
nant dudit sieur comte, le baron de Souillard de Châtelus. Il y 
avoit deux enseignes et dix cornettes de cavalerie et une com- 



(1) Arrondissement de Bêll&c. Haute- Vienne. 



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— 293 — 

pagnie de carabiniers conduite par le sieur de Francourt, au 
nombre de 1,000 hommes de pied et de 1,000 chevaux en tout. 
L'assemblée fut faite proche le bois de Mondon, Mont-Lambert, 
les Loges ^1] et près le chemin de la Souterraine. Y assistèrent 
plusieurs nommes du Dorât, Magnac, Saint-Benoit et autres 
endroits du pays. 

Le saint sacrement de l'autel fut porté àM. de l'Age-Bernard, 
qui s'ètoit rendu catholique et oui avoit eu l'absolution de l'hé- 
résie par le P. Louis, recollet au Dorât. 

Le jour et fête de saint Rémi, 1®^ jour d'octobre 1624, les 
religieuses de la ville du Dorât prirent possession de leur 
monastère. Y assistèrent M^ du chapitre de Saint-Pierre du 
Dorât qui les allèrent quérir processionnel lement à une croix 
apnelèe de la Croisette, où il y a un arbre joignant, et les prés 
de la ville non beaucoup éloignés [sic] du couvent qui est hors 
de la ville où demeurent à présent les Recollets, qui y assistè- 
rent aussi dès leur monastère susdit jusqu'à ladite croix. 

Le dimanche, 9 de novembre 1625, D®"® Esther Lignaud 
commença à venir à l'église, et le 16 novembre 1625, elle fit 
profession de notre religion catholique par devant un P. re- 
collet du Dorât. 

En l'année 1630, au commencement de l'an, près du château 
de Rochefort, en Limousin, près de la ville d'Âixe, à trois lieues 
de Limoges, trois j)aysans rustiques, fort vieux et âgés d'en- 
viron soixante à soixante-dix ans, ayant ensorcelé une fille et 
un garçon, de sorte que l'enfant devint gros et enflé et sembloit 
être hydropique, et la fille toute troublée de son esprit, qui étant 
amenés à Limoges pour subir les remèdes des médecins furent 
encore plus tourmentés, les P. P. recollets s'y étant portés 
pour les voir, lors cette fille commença à crier qu'elle voyoit 
trois sorciers Qu'elle nomma en tel lieu et village, accompagnés 
de plusieurs démons effroyables, et les assistants virent jeter 
des pierres à diverses fois, sans pouvoir voir d'où elles ve- 
noient. Ce que les sieurs de la justice de Limoges ayant sçu, 
se transportèrent es maisons ae ces sorciers accusés, qu'ils 

g rirent et amenèrent dans les prisons royales de Limoges, 
êpendant le mal ne cessoit point aux affligés ; mais au con- 
traire les tourments plus que devant avoient faitde violence. Lors 
vinrent grand nombre de personnes des lieux circonvoisins de 
leur demeure qui se vinrent plaindre de leurs sortilèges et des 
maux qu'ils leur avoient faite. 

Les accusés furent ouïs sur ces plaintes diverses, et étoient 
ces paysans si résolus en leurs réponses que l'on eût dit qu'ils 
étoient les plus innocents du monde ; mais ayant été appliqués 
à la question ordinaire et extraordinaire, le plus ancien ayant 
son démon sur la joue étoit empêché de parler; mais enfin il 



(i) Mondon, commune de Mailhac; — llontlenibert, commane de Cromac; ^ les Lo^s^e 
commune de Gajoubert, arrondiseement do fiellac, Uaule-Vienne. 



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— 294 — 

fut obligé de confesser qu'il ètoit sorcier, qu'il avoit son démon 
nommé Xibert sur la joue qui lui tenoit la bouche close, et 
accusa celui qui avoit donné ce maléfice à cet enfant et fille. 
Un autre, après avoir aussi enduré la question ordinaire et 
extraordinaire, confessa aussi qu'il étoit sorcier, qu'il avoit été 
souvent au sabbat où il avoit vu celui qui avoit donné les ma- 
léfices qu'il accusa, et accusa plusieurs autres personnes du 
pays d'être sorciers. Le troisième qui étoit celui qui avoit donné 
le maléfice, ayant été appliqué à ladite question, ne voulut rien 
confesser, bien qu'on lui présentât les autres deux (}ui l'accu- 
sèrent et qui lui maintinrent toujours que c'étoit lui qui avoit 
donné le mal et maléfice aux affligés et qu'il avoit été au 
sabbat avec eux, ce qu'il nia toujours, encore qu'on l'appli- 
quât encore à la question ordinaire et extraordinaire. Plus il 
ètoit pressé, plus il crioit qu'il étoit innocent et qu'il n'avoit 
point commis ce dont il étoit accusé. Pendant qu'il étoit in- 
terrogé dans la chambre du palais de Limoges, 1 on fit venir 
cet enfant et cette fille pour être présentés à eux; mais ils 
furent pour lors plus tourmentés et oppressés, faisant des 
signes et cris effroyables, déclarant qu'ils voyoient plusieurs 
démons horribles tout autour desdits sorciers. 

Enfin, après le procès duement fait et instruit à ces trois 
sorciers, par jugement desdits juges du siège présidial de Li- 
moges, furent condamnés à faire amende honorable, être 
pendus et étranglés chacun à une potence, puis être brûlés, 
et les cendres jetées au feu (sic) : ce qui fut exécuté le 
24 avril 1630, où les vis exécuter au creux des Arènes, hors 
de la ville de Limoges. Deux se repentirent, confessant leur 
crime et qu'ils avoient bien mérité la mort ; mais le troisième 
qui avoit donné le maléfice, ne voulut jamais se repentir, 
quelque exhortation que les P. P. recollets lui fissent. En sorte 
que 1 exécuteur de la justice ayant été contraint de le jeter au 
vent, à peine fut-il étranglé que tous les assistants virent sortir 
le démon de ce sorcier, de son épaule droite près de l'oreille, 
en forme d'un bregaud (frelon), de la grosseur d'environ une 
noix qui passa sur la potence en sifflant, traînant une queue 
après lui en forme de fumée, dont l'exécuteur effrayé se mit 
à crier JesuSy Maria, et la potence trembla toute et fut ouy en 
l'air un murmure en forme de tonnerre. L'enfant et la fille qui 
assistoient toujours pendant l'exécution de ces sorciers, étant 
près des potences, dirent qu'ils voyoient six diables qui em- 
portoient l'âme de ce misérable obstiné. Ce que dessus a été 
attesté être véritable par une quantité de personnes notables et 
dignes de foi. 

Au mois de décembre 1631 et le mois de janvier 1632, le sé- 
néchal et autres officiers, avec le siège royal de Montmorillon, 
durent transférés dans le bourg de Lussac-les-Eglises. Ils tin- 
rent les grandes assises d'après Noël dans' l'église de Saint- 
Etienne audit bourg. C'étoit â cause de la peste qui étoit en 
ladite ville de Montmorillon. Jean Chastenet, sénéchal dudit 
siège, faisoit sa demeure et résidence dans le château de 



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— 295 — 

Laige; les autres officiers ètoient loçës dans les tavernes et 
dans les maisons particaliôres dudit Dourç. 

L'an 1639, il y eut en garnison au Dorât le baron de Unards, 
avec sa compagnie de cavalerie, (\ui y demeura jusques au 
. mois d'août ; et ayant obtenu commission du roi Dour y faire 
son armement des trois autres compagnies, la ville du Dorât 
chassa la compagnie de cavalerie qui ètoit dans le Dorât, un 
jour de dimanche que la plupart des cavaliers s'en ètoient allés 
à la promenade : si bien que le baron de Linards étant 
descendu du Limousin avec ses trois autres compa^ies de 

cavalerie Et voyant que les habitants du Dorât avoient pris 

les armes à l'induction de La Gorco, d'un François Rampion, 
chanoine, autrement Bras-de-Fer, qui ne valoit rien et oui étoit 
cause de tous les désordres du Dorât, et de Jean du Cnalard, 
lieutenant particulier du Dorât, et de M® Joseph Philippe, lieute- 
nant criminel dudit Dorât, tous mes ennemis, je me retirai en 
mon lieu de Villemartin, dont m'étant voulu retirer après que 
toutes les frénésies desdits habitans du Dorât et du baron de 
Linards furent passées et que ses compagnies se furent re- 
tirées, et étant allé au Dorât au mois de septembre suivant, 
peu de jours après ie fus assiégé par les habitans, un soir, à 
ta nuit, le tambour battant, à coups de pierre et d'arquebuse 
dont ils me pensèrent tuer. J'en fis informer et poursuivre en 
justice les principaux auteurs. Cette affaire me coûta plus de 
50,CXX) livres. Dieu soit loué de tout. 

Le 10 février 1645, pendant la nuit, il vint un extrême et 
grand ora^e de vent qui gâta les couvertures des églises de 
Saint-Martial et de Saint-Etienne de Lussac-les-Eglises, et 
enleva les cloches de plusieurs églises, et abattit une grande 
quantité d'arbres dans les vergers par tout le pays. 

Des grands Jours de Poitiers, de Van 1634-1635 (1), 

Depuis les grands jours de Lyon tenus en l'an 1596, il s'étoit 
commis une infinité de crimes et de forfaits, tant par les gentils- 
hommes [et] ecclésiastiques que les peuples du tiers état dans le 
Poitou, Limousin, Haute et Basse-Marche, Angoumois et dans 
les autres provinces voisines et attenantes. Fraîchement maître 
Pierre de Fonsréau, lieutenant criminel du Dorât, avoit été 
misérablement assassiné de nuit dans son château du Thouron 
entre le Dorât et Limoges, qui lui avoit été adjugé par décret 
interposé à la cour, et ceux qui ètoient avec lui, au nombre de 
dix ou douze soldats du Dorât, dépouillés tous nuds, blessés, 
volés et outragés en leur personne, au mois de février de 
l'an 1633. 



(1) Nous avons indique, dans une note de notre ëtnJe sar les IntUtuttoiu eharitabU» 
dans l'ancien iioeèsé de Limoges (chap. II), les autres sources à consulter pmar l'histoire 
de ces grands jours. 



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— 296 — 

Laurent Douadic, conseiller du roi au siège royal de Mont- 
morillon et juge du Ris-Chauveron en la Basse-Marche, avoit 
eu des coups de bâton avec son greffier, voulant tenir son 
assise au bourg d'Azac-le-Pomier. L'année d'auparavant, au 
mois de février de l'an 1632, un Père recollet du Dorât, nommé 
le Père Balthazar, revenant dudit bourg d'Azac, ayant fait ren- 
contre de quelques gens masqués du Dorât entre lesquels 
ètoient La Gorce, Sorm et Le Mazeis, son frère, chanoine, le 
bâtirent à coups de bâtons. Lors naguère quelqu'autre chanoine 
du Dorât étant dedans la place du chatel de cette ville, voyant 
des filles qui dansoient, prit son membre entre les mains et se 
mit à pisser au milieu de la danse, criant tant qu'il pouvoit : 
Aspergea me. Domine, hissopo, etc. 

Les mêmes chanoines étant au cimetière de TAusane et y 
soupant avec un sonneur de trompette, alloient sur les tom- 
beaux dudit cimetière, criant : Levés vous, morts^ au Jugement 
du vin clairet et du vin blanc, 

Lesdits chanoines du Dorât s'étoient entrebattus dedans leur 
chapitre un jour, etavoient foulé aux pieds l'un d'eux oui étoit 
prêtre, appelé M^® Guillaume Gascone, leur ayant voulu faire 
quelques remontrances. Les officiers de la sénéchaussée de la 
Haute-Marche à Guéret s'étoient entrebattus et favoient] griève- 
ment outragé M* Louis Beydier, leur lieutenant-général ; et du 
depuis, audit an 1632, environ le mardi gras, ils s'étoient entre- 
tués dont Gentil sieur de Mortsaugé, assesseur, après en avoir 
tué aucuns, fut tué aussi par l'un des conseillers. Bref l'on 
n'entendoit parler partout que des violences, voleries, assas- 
sins (sic), meurtres et outrages commis de toute part par l'inso- 
lence des gentilshommes et autres peuples desdits pays de Poi- 
tou, Limousin, Haute et Basse-Marche et Angoumois, ainsi qu'il 
étoit arrivé autrefois peu auparavant la terreur des grands 
jours à Poitiers l'an 1531, au récit de Du Bouchot en la 4° partie 
des Annales d'Aquitaine. Mais comme jadis le pays de Lacé- 
démone voguait sur l'océan des séditions et vacarme, si Lycur- 
gue n'eût apaisé par ses lois les flots impétueux de cette 
république, ainsi le grand roi Louis le Juste, voulant dissiper 
l'orage de tant de désordres qui étoient commis dans ces pays 
ça bas de la Guyenne, par les conseils de ce grand cardinal de 
Richelieu, voulut par ses lettres du onzième jour du mois de 
février 1634, que la cour des grands jours se tint à Poitiers 

Sour les pays du Haut et Bas-Poitou, Angoumois, pays 
'Aunis et de la Saintonge, y ajoutant par sa déclaration du 
septième jour du mois d'août suivant, audit an 1634, les pays 
de la Haute et Basse-Marche qui y avoient été omis, et par 
autre du 9 d'icelui mois, y ajouta encore le Haut et le Bas- 
Limousin et du depuis encore le Périçord, et pour iceux tenir 
commit messireTennegui Seguier, président à mortier en ladite 
cour du parlement de Paris, François de Villemontet, maître 
des requêtes de son hôtel, Jean Boguier, Antoine Crespin, 
Nicolas Tudert, Guillaume Parfait, Jean Domai, Henri Bou- 
chet, Charles Tardieu, Pierre Pastoureau, Charles du Tron- 



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— 297 — 

chet, Pierre Catinat, Jean Gadart, Henri Feydeau, Denis 
Paluaalt, Jacques Favier, Louis de la Grange, François Fouquet 
et Pierre Lodic, conseillers en ladite cour du parlement de 
Paris, messire Omer Talon, très docte avocat général du roi 
audit parlement, et M. Tronchet, premier et plus ancien 
substitut de M. le procureur général audit parlement de Paris, 
tous gens de grande doctrine, probité et élite qui- ne furent pas 
longtemps à commencer à tenir leurs grands jours, au mois 
de septembre, que l'éclat de leur justice commença par la 
capture de Louis de Montfaucon, dit Mourier, natif de ëellac 
et y demeurant, assesseur de robe courte du vice-séneschal de 
la Basse-Marche, fils d'Isac de Montfaucon qui avoit été vice- 
séneschal et i>révôt de Montmorillon, qui peu après ayant été 
duhement atteint et convaincu d'un grand nombre de voleries, 
pilleries, malversations, concussions, exactions, violences et 
excès par lui commis en l'exercice de ladite charge, fui par 
arrêt de ladite cour des grands jours condamné à faire amende 
honorable nuds pieds, nue tête et à genoux, en chemise, tenant 
une torche ardente du poids de trois livres devant l'église de 
Saint-Pierre, cathédrale de Poitiers, etdevant le palais de ladite 
ville, et illui (sic) crier pardon et merci à Dieu et à justice de ce 
que méchamment et malheureusement il avoit commis lesdits 
excès, exactions et concussions et autres malversations com- 
mises en la charge mentionnée au procès, dont il se repentoit, 
puis d'être mené en un gibet au marché public de ladite ville 
et y être pendu et étranglé, son office confisqué au roi et con- 
damné en de grandes réparations et amendes. Il fut exécuté 
sur la fin du mois d'octobre suivant, en ladite ville de Poitiers, 
ce qui donna grande terreur à tous les autres prévôts des pro- 
vinces sujettes auxdits grands jours. Il étoit fils d'Isac de 
Montfaucon, prévôt de Montmorillon et de la Basse-Marche, 
auquel pour crime de faux et fautes par lui commises contre le 
nommé Touchard de Saint-Savin en fut atteint et convaincu 
par arrêt de ladite cour du parlement et son office acquis et 
confisqué au roi. Aussi ledit Mourier étoit fils d'un homme qui 
par sa mauvaise vie avoit perdu son office, et lui perdit le sien 
avec la vie, aussi par sa mauvaise vie. Peu après l'exécution 
dudit de Montfaucon, Jean Audebert, prévôt provincial de ces 
pays de la Basse-Marche demeurant à Bellac, fut mis es pri- 
sons de Poitiers à la requête de M. le procureur général desdits 
grands jours. Un jeune gentilhomme ayant battu un curé dedans 
l'église paroissiale de sa paroisse fut condamné à la mort et 
fut exécuté peu après, et jamais son père, ses parents et amis 
ne le purent sauver par or ni par argent ; ni son jeune âge ne 
le peut excuser. Gaspard de Nuchesses, sieur de la Brullon- 
nière et de la Motte de Persac en la Basse-Marche, ayant été 
emprisonné sur diverses plaintes faites contre lui et pour 
exactions et violences diverses par lui commises contre les 
sujets, faites au préjudice de la loi des douze tables et l'autorité 
des fiefs, fut par arrêt d'icelle cour condamné aux 15,000 livres 
de restitution envers ses sujets, 2,000 livres de réparation 



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— 298 - 

envers sa partie et aux dépens du procès, et ses justices de la 
BruUonnière et de la Motte de Persac confisquées envers le roi 
et remises à son domaine du comtè-sènèchaussèe de la Basse- 
Marche, et certes peu s'en fallut qu'il n'y laissât le moule du 
prèpouin (V) et sa vie, pour un exemple mémorable à la posté- 
rité d'abuser par les gentilshommes et seigneurs des fiefs plus 
relevés de la simplicité et impuissance de leurs sujets, laoou- 
reurs et paysans. La maison de Thouron, détenue encore par 
aucuns des meurtriers de feu Pierre de Fonsréaux, lieutenant 
criminel du Dorât, fut par commission de ladite cour des grands 
jours et arrêt d'icelle prise par Paul de Noslet, mon neveu, 
chevalier, seigneur de l'Espault et du Mas-du-Bost, sénéchal 
de la Basse-Marche, avec le nommé de la Lande, vice-sénéchal 
d'Angers, prévôt desdits grands jours. Et ceux qui y furent 
trouvés dedans furent menés prisonniers à Poitiers, et peu de 
jours après furent pendus et étranglés et la tour dudit cnàteau 
fut ruinée et démolie en partie, place forte (jui avoit servi 
durant les guerres de la ligue et autres d'un nid de voleurs et 
tanière de brigands. 

Plusieurs bons et saints règlements furent faits en ladite 
cour desdits grands jours : entr'autres, par arrest du vingtp 
deuxième jour de septembre audit an 1634, il fut enjoint à tous 
curés et autres bénéficiers ayant charge d'âmes es diocèses, de 
résider personnellement et actuellement dans leurs cures et 
es dits bénéfices, nonobstant toute dispense ; et ordonné que 
visites seroient faites par les députés des sénéchaux de Poitou, 
de la Haute et Basse-Marche et d'Angoumois et pays d'Aunis, 
ou leurs lieutenants généraux, ensemble des autres séné- 
chaussées et sièges royaux du ressort d'icelle cour, des bâti- 
ments des églises paroissiales et presbitéralles, pour y mettre 
la police nécessaire. Par autre arrest du vingt-troisième jour de 
décembre suivant, icelle cour fit inhibition et defTenses à 
toutes personnes de quelque état, Qualité et condition qu'ils 
fussent, tant catholiques que de la religion prétendue réformée, 
de jurer etblasfèmer le saint nom de Dieu, travailler les jours 
des dimanches et des fêtes, donner à boire et à manger es dits 
jours es hostelleries et cabarets, pendant le service divin, si 
non aux forains et passants, comme aussi de bailler à manger 
à qui que ce fut de la viande aux jours prohibés par l'Eglise ; 
enjoint à toutes personnes, même à celles de la religion pré- 
tendue réformée, de porter honneur et respect au saint sacre- 
ment de l'autel et oter le chapeau de dessus la tète lorsqu'il 
seroit porté par les rues; plus, comme il est rapporté par 
Cossin en l'addition chronologique des Annales de Baronius, 
ladite cour des grands jours, par son arrest dudit mois de 
septembre audit an 1634, deffendit aux hérétiques de ne plus 
enterrer leurs morts dedans les cimetières des catholiques à 
peine que les corps seroient déterrés et les 1,000 livres d'a- 
mende applicable aux églises des lieux, et de ne plus se servir 
de cloches en leurs temples pour sonner le prèc» ; a ordonné 
que le service divin seroit rétabli aux lieux ott il ne l'avoit pas 



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— 299 — . 

encore été, que l'exercice des collèges et écoles établis par les 
hérétiques sans permission du roi vérifiée au parlement, cessô- 
roit tout à fait, et aue les gentilshommes de lareligion prétendue 
réformée gui ont droit de haute justice choisiroient dans lequel 
de leurs lieux ils voudroient faire tenir le prêche sans le pou- 
voir faire tenir à autre part, et que ceux qui n'auroient point 
droit de haute justice ne le pourroient faire tenir [quej dans 
leur maison et pour leur famille seulement, et avec permission 
du seigneur de la haute justice dans laquelle ils étoient, et que 
les prêches qui étoient bâties dedans les cimetières ou si près 
des églises que le service divin en étoit empêché, seroient 
abattus. 

Cette cour des grands jours (à laquelle de toute part l'on y 
accourroit en grande aflfluence par ceux qui avoient reçu des 
torts et outrages) dura puis le premier jour du mois de septembre 
1634 juscju'à la fête des Rois 1635, avec effroy et épouvantement 
particulièrement des gentilshommes qui se trouvèrent pour la 
majeure part en grande peine, et les prisons remplies de leurs 
personnes. Feu messire Henri Foucaud, seigneur de Saint- 
Germain-Beaupré, gouverneur de la Haute et Basse-Marche, 
avoit grand peur aue sa vie fut recherchée, car il avoit fait 
tant de voleries, pilleries, concussions, exactions, fait faire des 
meurtres, fait brûler des maisons et autres malversations qu'il 
en étoit en grand peine, car il m'écrivit par diverses fois de ce 
que l'on disoit de lui auxdits grands jours, si je ne savais pas 
qu'on eût parlé de lui ; et de ikit lesdits grands jours ne furent 
sitôt finis que dans les mois de février ou de mars de Tan 1635, 
il y eut un furieux arrest donné contre lui au parlement de Paris, 
donné par défaut et contumace, par lequel il fut condamné 
d'avoir la tête tranchée, sa maison rasée, privé et déclaré in- 
digne de sa charge de gouverneur, ce qu'ayant prévenu de 
bonne heure, il s'en étoit défait au profit de son fils aine, en la 
faveur duquel il Tavoit résignée; et mourut ledit sieur de Saint- 
Germain en cet état, sans avoir jamais osé purger sa contu- 
mace. Il y eut un gentilhomme du pays nommé Coursât qui de- 
meuroit en sa maison, lequel fut pour les maux que ledit sieur 
de SainV-Germain lui avoit fait faire, décapité en grève à Paris, 
contre lequel sieur de Saint-Germain il y eut tant de plaintes 
contre lui de son vivant dans le parlement, que c'étoit une 
pitié (1). 

Par arrêt de ladite cour des grands jours, il avoit été dit aue 
tous les lieutenants-généraux, les lieutenants criminels et les 
procureurs du roi de chaque baillage et sénéchaussée compa- 
raitroient en personne aux grands jours pour rendre raison de 
leurs fonctions et charges, et pour autant que punition n'avoit en- 
core été faite de l'assassin C«ic) commis en la personne de M. Pier- 
re de Fonsréaux, lieutenant criminel du Dorât. Parlant de cet 



(1) Cf. sar ce personnage les BUtorUtte* de Tallomant des Rdaux, VII, i55, idil. 
Monmerqaé. 



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— 300 — 

assassin ainsi comme à M. Seguier, président en ladite cour 
des grands jours et à M^ Talon, avocat général de ladite cour, 
ils m'obligèrent d'en parler à toute ladite assemblée lorsque je 
me présenterais et que je serais appelé par l'huissier de ladite 
cour, si bien que je fus contraint et obligé d'en demander justice 
par le discours suivant 



IX. — Dernière chronique des événements arrivés dans le 
Limousin et la Marche, par Pierre Robert. — 16i6 à 1657, 

Quoique continuant la précédente, cette dernière chronique en 
diffère foncièrement en ce qu'elle n'a jamais formé, semble-t-il, un 
tout suivi. Feu Aug. Bosvieux l'a extraite de i six mémoires diffé- 
rents dont on trouve les titres à la table des matières du 29^ volume 
de la collection de Dom Fonteneau. > Cette dispersion répond-elle 
& l'état du manuscrit original, c'est ce que nous ne saurions dire. En 
tout cas, Pierre Robert n'étant mort qu'en 1658, rien n'empêche 
d'admettre qu'il a rédigé lui-même, d'une manière ou d'une autre, 
les éléments qui composent cette dernière chronique. 

En l'an 1646, il n'y eut noint d'hiver dans la Bsisse-Marche. 
L'on y voyoit, au mois ae janvier, des fleurs de mars, des 
roses incarnates épanouies, aes cerisiers fleuris. 

Environ cette année-là, la seigneurie de Saint-Germain- 
Beaupré (1) fut érigée en marquisat. Henri Foucaut, seigneur 
de Saint-Germain, ayant voulu avoir le consentement des offi- 
ciers de Guéret, afin que les appellations de sa justice ne rele- 
vassent à Guéret ains au Parlement, ils n'y voulurent jamais 
consentir. 

Puis l'an 1646 jusques à l'an 1649, dura une peste étrange 
sur les chevaux dans le Limosin, le Poitou et autres provin- 
ces environnantes. Le mal les prenoit par un grand tremble- 
ment de tout le corps et les étoutfoit. On trouva que le meilleur 
remède étoit de les couvrir bien chaudement et de leur faire 
avaler de la fleur de soufre avec du vin blanc. Il y eut aussi 
une grande mortalité sur le brebiage et sur les pourceaux. 

En ladite année 1647, les nobles ou plutôt voleurs des pays 
du Limosin et de la Marche, abusant du désordre oui étoit en 
France à cause des guerres, enlevèrent fils et filles d anciennes 
maisons qui avoient le bruit d'être moyennes et firent, nonobs- 
tant les ordonnances, des mariages clandestins. 

En toutes ces années, les tailles du Limosin, la Marche et 
le Poitou, ne se purent lever qu'à main armée par les compa- 



(i) Arronditsemoni de Guirel, Creaso. 



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— 301 — 

gnies de fazeliers qui ruinèrent tous les bourgs et villages où 
us èl oient, de sorte que Ton payoit trois ou quatre fois autant 
de tailles par ce moyen. 

(La création des grands prévôts des généralités, mesure 
financière imaginée par Mazarin, donna lieu à quelques 
désordres. Ces ojfieiers étendaient leur autorité sur toute une 

? Généralité; mais leurs attributions en faisaient des seconds 
ieutenants criminels, de sorte qu'avec ceux-ci ils furent sans 
cesse en débat). 

Le vice-sénéchal de Limoges fit enlever et prendre prison- 
nier Chastaiçnac, pourvu de la charge de grand prévôt de 
Limosin ; mais il fut recouvré, dont par après ils se pensèrent 
entretuer. 

Le long hiver fut depuis la mi-septembre de Tan 1648 jusqu'à 
la fin d'avril 1649. 

Les Pères de la Doctrine chrétienne furent établis à Bellac 
au mois d'août de Tan 1648, moyennant 800 fr. de gages que 
la ville s'obligea à leur payer, et 200 fr. à prendre sur les de- 
niers d'octroi, pour y faire trois classes, la 5®, la 4® et la 3*. 

(Robert, parlant des intendants qui furent supprimés par 
déclaration royale du SI juillet 1648, passe en revue ceux de 
Limoges) : 

Il y avoit eu quelques mauvais et voleurs d'intendants, 
ainsi que Gillaume Sorin et quelques autres ; mais il y en 
avoit eu aussi de gens de bien, ainsi que Nicolas de Corbe- 
ron, le sieur de Chaunes, de Vauterle, maîtres des requêtes 
et d'Argenson. 

(Quelques pages après cette note se placent les élections 
des trois Etats de la Haute et Basse-Marche, en 1649, qui 
sont rapportées séparément). 

Au commencement de janvier 1649, depuis le 7, les pluies 
durèrent sans interruption dix à douze jours de suite, en Li- 
mosin, dans la Marcne et dans le Poitou, si bien que toutes 
les rivières débordèrent et qu'il y eut de grandes inondations. 

Au mois de juin suivant, Anne de Lôvis, duc de Ventadour, 
gouverneur et sénéchal du Haut et Bas-Limousin, décéda. Par 
son décès, son frère, le duc Danville (sic), fut pourvu des dites 
charges. 

Au début de la Fronde, à la rupture du parlement et de la 
cour, la ville de Limoges ne voulut se prononcer pour aucun 

Sarti, et cette prudence fut suivie par toutes les autres villes 
u Haut et Bas-Limousin, de la Haute et Basse-Marche. 
La reine envoya lettres pour faire assembler les Etats géné- 
raux. Les Etats particuliers du Haut et Bas-Limousin, Haute 
et Basse-Marche, s'assemblèrent dans les villes de Limoges, 
Guéret et le Dorât, pour la nomination de leurs députés. Mais 
les Etats ne se tinrent pas. 
Dans la révolte qui eut lieu, en 1649, à Bordeaux, contre le 



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- 302 — 

dnc de Bordeaux [d'Epernon], les Bordelais avoient pour chef 
Henri de Pierre-Buffière, comte de Chamberet(l) en Limousin, 
qui mourut quelque temps après et fut remplacé par son fils à 
la tète des révoltés. 

Lorsque la guerre de la Fronde fut arrêtée dans le nord de 
la France, il arriva en Limosin, en qualité d'intendant de la 
Généralité, le sieur Etienne Foulé, m^ des requêtes ordinaires 
au roi. Il eut quelques contestations avec les trésoriers de 
Limoges, puis il s'achemina, au mois d'avril, dans le Bas- 
Limosin pour y faire payer les tailles du roi, avec le régi- 
ment de Paluaut, où il fut fait de grandes violences, les pay- 
sans et les commis s'étant mis en défense. Plus de trente ou 
quarante villages, à ce que le bruit couroit, furent brûlés ; 
nombre de petits enfants, de vieillards et de femmes âgées et 
autres, qui n'avoient pu gagner au pied, y furent brûlés. Ledit 
sieur Foulé, après cet exploit, vint au Dorât, au mois de mai, 
avec une troupe de maltôtiers, et une partie de ce régiment de 
Paluaut y fut en garnison. 

Les pnnces de Condé, de Conti et de Longueville ayant été 
constitués prisonniers, au mois de mars 165U, le duc de Bouil- 
lon se retira dans sa vicomte de Turenne, où il amassa des 
troupes, s'empara de la ville de Brive-la-Gaillarde qui lui ten- 
dit les mains, menaça celle de Tulle que, si elle ne chassoit 
la garnison qui y étoit, il la mettroit à feu et à sang ; mais ils 
lui mandèrent qu'ils ne le craignoient en rien. 

En Tan 1650, tout le pays de la Basse-Marche, du Limosin 
et haut Poitou furent remplis de garnisons. Il y avoit 8 com- 
pagnies, tant de cavalerie que d'infanterie, dans le Dorât, qui 
y demeurèrent jusque au 8 ou 9 de juin, à Bellac 12 compa- 
gnies. Il y en avoit aussi à Confolent, à Brillac (2), à Availles (3), 
risle-Jourdain (4), Limoges, etc. Ceux du Dorât ayant un ordre 
dedéloger prirent leur route par Morterol (5) et Saint-Âmand (6), 
le 8 jum 1650. Ceux de Morterol s'étant oarricadés pour les 
empêcher de loger, les capitaines et soldats gagnèrent la bar- 
ricade et le bourg ; les habitants se retirèrent dans le fort dudit 
bourg où ils furent à l'instant assiégés. Cependant les capitai- 
nes et soldats mirent le feu aux maisons dudit bourg, dont il 
eut plus de 50 de brûlées, aussi plusieurs métairies. 

Il y eut en ladite année quelque émotion à Limoges contre 
les maltôtiers, plusieurs desquels furent contraints de s'absen- 
ter. Vers le 15 du mois de juin 1650, M. de la Meilleraie pas- 



(1) Arrondissement de Tulle, Corrèze. 

(I) Arrondissement de Confolens, Charente. 

(3) ATailles-Limonzine, arrondissement de Cirray, Vienne. 

(4) Arrondissement de.Montmorillon, Vienne. 

(5) MorteroUes, arrondissement de Bellac, Haute-Vienne, on pent-Atre de Boarganonf, 
Creuse. 

(6) Arrondissement d'Anbnsson, Crease. 



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- 303 — 

sant à Confolent fit arrêter prisonnier le partisan Tabouret qui 
ètoit avec M. Foulé, m® aes requêtes, disant qu'ils êtoient 
cause, par les violences qu'ils avoient exercées en Limosin, 
que tout ce pays là s'étoit révolté. Il fit attacher la bride du 
bidet sur lequel étoit monté ledit Tabouret au bout de son cha- 
riot qui menoit son bagage. 

Au mois de novembre 1650, la dyssenterie se mit dans Guê- 
ret, comme aussi les fièvres pourprées et malignes, et, au mois 
de décembre, s'épandirent dans le Dorât, 'et, quelque froid 
qu'il fît tout le long de l'hiver qui fut rude et âpre, elles ne 
laissèrent, à chaque renouvellement de lune, d'y faire des ra- 
vages. 

Au mois de février 1651, les princes de Condé, de Conti et 
de Longueville ayant été élargis, et le cardinal Mazarin chassé 
de la cour, aussitôt une foule de grands seigneurs, parmi les- 
quels le duc de la Rochefoucauld et le marquis de èaint-Ger^ 
main Beaupré se firent rendre à lui (sic), et dès lors il com- 
mença à comploter ce que par après il mit à exécution. 

Sur la fin d'avril de l'an 1651, la ville de Guéret fut fort mo- 
lestée et ravagée du régiment d'infanterie de Paluaut, composé 
de 12 compagnies, qui y entra en garnison et y fit maux 
étranges, par quelques recommandations particulières du gou- 
verneur de la provmce, à ce que l'on disoit. 

Les princes délivrés de prison, Condé remit sur pied les 
troupes de son parti qui passèrent, pour la majeure part, en 
Limosin, Haute et Basse-Marche, Angoumois et Berry, où 
elles firent des maux infinis jusqu'à la mi-juin qu'elles eurent 
achevé de passer. La troupe du chevalier de Rhodes passa à 
Bellac où elle fit toute sorte de maux. 

Le jeudi, 17 du mois d'août, audit an 1651, Charles de Se- 
neterre, sieur de Saint-Victour, gendre de Paul de Rabaines, 
sieur d'Usson et de Brillac, après avoir souffert plusieurs indi- 
gnités de son beau-père, se saisit de la maison de Brillac. Le 
seigneur de Saint-Germain, gouverneur du pays, y fut avec 
Quelques gens de Bellac qu'il avoit mandés ; mais le marquis 
de Pompadour, les sieurs de Montbas et de Marcillac et divers 
autres seigneurs étoient pour aider ledit sieur de Saint-Victour. 
L'on fit quelque accommodement, 

La récolte du bled au mois de juillet de cette année 1651 se 
trouva fort pauvre et misérable dans la Haute et Basse-Marche 
et dans le Limosin ; car en l'automne de Van 1650, il y eut 
tant de pluies que l'on ne put pas semer, de sorte que malaisé- 
ment trouvoit-on du blé pour ensemencer. les terres. Le setier 
de seigle valoit, dès le mois d'août, 10 livres, et celui de fro- 
ment, 12 livres. Mais Dieu envoya tant de mil, blé noir, raves 
et châtaignes dans ledit pays que le blé diminua beaucoup de 
prix. 

Le jeudi, fête de Saint-Barthélémy, 24 août 1651, fut consa- 
crée réglise de Notre-Dame de Recouvrance des P. P. Recol- 
lets du Dorât, par un P. recollet, natif de la Basse-Marche, 
èvêque d'Olonne (?), sufifragant (sic) de l'êvêque de Clermont . Les- 



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— 304 — 

dits P.P. Recollets, bien que pauvres mendiants, firent festins et 
tinrent table ouverte à tous hommes et femmes oui y voulurent 
aller boire et manger, et toutes leurs chambres turent ouvertes 
à toutes sortes de personnes. 

Sur le soir, il y eut un grand tremblement de terre qui arriva 
audit pays. 

Août 1651. Conversion du sieur de Meillards, gentilhomme 
huguenot du Limousin, que Robert raconte avec de grands 
détails et qu'il attribue à un miracle. La femme et les enfants 
dudit seigneur étaient aussi de la reliaion réformée ; mais 
elles se convertirent et n'eurent plus dès cors d'autre souci que 
de ramener leur époux et père à la religion catholique. Elles 
firent des vœux à N.-D. de Rocamadour; mais rien n'opérait, 
et l'accord avait été tellement rompu dans le ménage que le 
seigneur de Meillards avait ordonné à sa femme et à ses filles 
de quitter le château dès le lendemain. La veille du départ^ 
dans la soirée, il se déclara un violent orage; le tonnerre 
tomba dans la chambre où, se trouvait le seigneur de Meillards, 
brisa tout autour de lui, et traversa toutes les chambres excepté 
celle où se trouvaient la dame et ses filles. Quelques instants 
après, le seigneur allait trouver sa femme, la suppliait de rester 
et lui annonçait qu'il se rendait à ses prières et qu'il abjurait 
l'hérésie. Immédiatement il manda unjést^ite auprès de lui, se 
fit instruire pendant douze jours, puis envoya un gentilhomme 
vers l'évéque de Limoges, Af**" deçà Fayette, pour le prier de 
venir à Meillards lui donner l'absotution de son hérésie, 
L'évéque se rendit à Meillards, le lendemain, jour de dimanr 
che. Il reçut en habit pontifical, à la porte de l'église, ledit 
sieur de Meillards, suivi de quatre de ses enfants, de sa dame 
et de trois de ses filles, et à tous donna l'tibsolution de leur 
hérésie, puis y dit la sainte messe. L'oraison de quarante heu- 
res y fut établie par les PP. Jésuites, avec la permission dudit 
évéque, et commença le jour de la nativité de N.-D., 8 de sep- 
tembre de l'an 1652 (1). 

Le roi ayant ordonné la convocation des Etats généraux de 
son royaume en la ville de Tours, l'assemblée des trois Etats de 
la Basse-Marche fut faite en l'auditoire royal du Dorât, le 4 sep- 
tembre 1651, qui fut une des plus belles et des plus notables 
assemblées qui se fussent jamais vues dans le pays ; car il y 
avoitplus de 200 ecclésiastiques, plus de 4 à 500 gentilshommes, 
grand nombre d'officiers, tant royaux que subalternes, et grand 
nombre de députés des villes et paroisses. Paul de Nosler 
(sic : NoUet), sieur de l'Espault, y assista en qualité de séné- 
chal de robe courte dudit pays. M® René Marraud, abbé du 
Dorât, fut député pour l'église ; pour la noblesse furent nommés 



(1) n ■ii]>titte plnsienrs vorsions de cet événement. H est regrettable qne M. fiosTieoz ne 
nous ait pat tranemie le récit même de Pierre Robert. (Voyei notre BUtoirt de U Bé- 
formt..., chapitre II). 



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— 305 — 

Antoine de Salignac, marquis et baron de Maignac, N. Bon- 
nin, marquis de Messignac, François Barton, vicomte de 
Montbas ; pour le tiers- état, Jean Duchalard, lieutenant par- 
ticulier du Dorât. 

(La guerre s'étant rallumée dans le Midi, après la délivrance 
des princes, de nombreuses troupes y furent envoyées par le 
cdrainal et la cour). 

Le premier jour de février 1652, Tarmée dudit cardinal Ma- 
zarin commença à passer par la Basse-Marche, pendant quatre 
ou cinq jours, au nombre de 8 à 10,000 hommes, à ce qu'on 
disoit, ayant pris leur chemin par Argenton (1) et Saint- 
Benoit-du-Sault (2), Saint-Léger (3), puis Dinsac (4), la Ba- 
zeuge, Tersanes, Azat, Oradour-Saint-Genest, Thiat, Darnac 
et autres paroisses^ faisant des maux étranges dans ledit pays ; 
et, bien qu'il y eut passé, puis la fête de Toussaint, deux autres 
armées, savoir celle du prince de Conti, frère du prince de 
Condé, et celle du sieur de Castelnaud pour le roi, qui av.oient 
pris même route, ils ne firent pas le quart de maux que fit 
icelle dudit cardinal ; car ils violoient filles et femmes, em- 
menoient celles qui estoient un peu jolife, voloient tous ceux 
qu'ils rencontroient, rouoient à coups de bâtons les laboureurs 
et autres personnes qulls trouvoient, pilloient les églises et 
toutes les maisons où ils entroient et n'y laissoient que les 
quatre murailles. Ils forcèrent mon château de Villemartin, à 
moi appartenant, qu'ils pillèrent, bien qu'il y eût une bonne 
porte ae fer avec trois gros cadenas de fer bien fermés en clef, 
qu'ils cou|)èrent, ensemble une grosse porte doublée fermée 
avec une bonne serrure. Ils forcèrent aussi et pillèrent les châ- 
teaux de la Rivaldie, du Vignault, de la Grand-Maison, d'Azat, 
du Ris-Chauveron, de Pierri, des Coustanneries, de la I oche- 
rie, du prieur de la Plaigne. Ils enlevèrent le blé qu'ils y trou- 
vèrent, le donnèrent à leurs chevaux à pleins grands sacs, 
dont ils en faisoient litière par-dessus le foin, bien que le 
septier pour lors se vendit, mesure du Dorât, 14 et 15 livres, 
pour la grande cherté qui étoit, en cette année 1652, audit 
païs. Ils tirannisoient et pilloient les maisons des curés des 
paroisses, si bien que quantité d'icelles se trouvèrent sans 
aucun pasteur, et quasi toutes les maisons et villages vides et 
désertes totalement. L'on trouva près Lussac-les-Eglises jus- 
qu'au Dorât, où il n'y a que trois lieues, trois corps morts dé- 
Eouillés tout nuds. Ils en tuèrent en divers autres lieux, 
rùlèrent des granges, abattirent des maisons, noyèrent des 
hommes, enlevèrent des bestiaux, pillèrent des églises dont ils 



(1) Arrondissement de Cbaleauroux. 
(t) Arrondissement d« Blanc, Indre. 

(3) Peut-être Sainl-Léger-firidereix, arrondissement de Gaëret, Creuse. 

(4) Arrondissement de Bellac, Huule-Vienno, comme les localités suirantes. 



27 



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— 3C6 — 

faisoicnt des étables à leurs chevaux. Bref, s'ils eussent été en 
p£iïs ennemi et de conqueste, ils n'eussent pas pis fait. 

Je me souviens des guerres de la Ligue ; mais quand les 
ennemis passoient, ils ne faisoient pas le quart des maux que 
ceux-ci faisoient. Depuis que le parlement élargit de prison 
le prince de Condé, Tannée dernière 1651, les gens de guerre 
ont pris un tel libertinage qu'ils volent, violent et font toute 
sorte de maux impunément. J'ai bien vu autrefois des guerres 
en France ; mais ce pays étoit grandement conservé. Il est 
vrai qu'il y avoit pour lors de braves et valeureux gouver- 
neurs qui y tenoient bien la main et empeschoient que les 
garnisons qui estoient dedans les villes et que les gens de 
guerre qui y passoient ne fissent aucun désordre ; mais de pré- 
sent, bien que le gouverneur soit dedans le pays, il ne se remue 
et ne s'en mêle non plus qu'un petit enfant, dont un chacun en 

f)arle très mal, que je ne veux pas mettre ici. Les paysans par 
e fréquent passage des gens de guerre ne purent guère semer 
dans tous les pays ça bas. 

Il y eut une grande disette, en cette année 1652, dans le 
Limosin, la Marche, le Poitou, l'Angoumois, la Saintonge et 
le Bourbonnais, tant à cause des ravages des gens de guerre 
que des pluies qui avoient duré toute l'année et gâté les blés. 

Le 12 mars 1652, le roi, étant en la ville de Tours, à la prière 
de François de la Bisaudière, marquis de Rouhet, seigneur de 
risle-Jourdain, qui lui porta la parole, octroya sa déclaration 
en faveur de la noblesse de la Haute et Basse-Marche, par 
laquelle il ordonna que tous les gentilshommes de cette pro- 
vince jouiroient pleinement et paisiblement de l'exemption du 
logement des gens de guerre en leurs maisons et lieux à eux 
appartenant, tant dans les villes fermées et les bourgs qu'à la 
campagne. 

En ce temps florissoit Bruno Chassin (1), recollet, leauel, 
après avoir été grand pénitencier à Rome, fut provincial de la 
province d'Aquitaine, natif d'Egletons en Limosin, de la 
famille de l'Espinasse. Il a écrit quelques œuvres en latin, 
entre autres Des Prioilèges des Religieux contre les Eoêques, 

Au commencement d'avril 1652, le prince de Condé, voyant 
que ses troupes avoient été écrasées par le comte d'Harcourt, 
quitta Bordeaux, où il laissa sa femme, son frère, le prince de 
Conti, et sa sœur, la duchesse de Longueville, et vint passer 
en Limosin vers Lauriôres (2), avec quelques 15 chevaux, 
puis tira de là à Bénévent (3) et au bourg de Salaignac (4), 
puis vers la Combraille (5) et vers Montrond (6), pour s'aller 



(1) ChMBÏn on ChatMing. Sur ce religieux, voyez la Biographie des hommee Illustre» dm 
Limousin. 
(f ) Arrondisaemeni de Limoges. 
(3) Arrondissement de Bourganeuf. Creuse, 
(ij Commune du Graod-Bourg, arrondissement de Guéret. 

(5) Pays à l'est du département do la Creuse, sur les confins de TAuTergne. 

(6) Situation inconnue. 



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— 307 — 

joindre à l'armée du duc de Beaufort sur la Loire. Cependant 
rarmèe de Du Plessis-Bellièvre et celle du marquis de Genlis 
descendirent en Limosin, la Basse-Marche et Montmorillon, 
faisant mille maux, partout où elles passoient. 

Le 8 avril, à dix heures du matin, s'ètant paru une éclipse 
de soleil au 19® degré d'Âriès, ce luminaire étant prés de neuf 
doigts écliptiques et près de trois quarts de soleil lorsque les 
bleds étoient en leur montant, ils défaillirent presque tous 
dans le Limosin et la Haute et Basse-Marche. 

Le prince de Condé surprit quelques troupes du maréchal 
d'Hocquincourt qui étoit pour le roi, prés de Concressault, et 
laissa sur la place aucuns du régiment de Navailles qui avoit 
fait tant de mal dans tous ces pays de la Marche, Limosin et 
Poitou. 

Au commencement de Tannée 1654, courut une maladie qui 
commençoit par des maux de tête et dont on mouroit beau- 
coup. En tout ce temps-là, Tévéque de Condom (1) de la mai- 
son de TEstrade, demeuroit à Limoges, dans la maison de 
Tévesché, avec M. de la Fayette, évesque de Limoges, comme 
aussi Tévesque de Limoges. 

Au même temps vint Tmtendant de la généralité de Limoges, 
le sieur de Champigny, m*' des requestes, lequel fit interdire 
les trésoriers-généraux de Limoges au Conseil, pour avoir 
voulu changer une sienne ordonnance. 

Cependant on parloit pour lors de l'engagement du comté de 
la Haute et Basse-Marche au conseil des finances du roi. 
Henri Foucaud, sieur de Saint-Germain-Beaupré, gouverneur 
dudit pays, en offrit 300,000 fr. ; il y eut quelques enchères qui 
furent mises par autres ; mais la Haute-Marche s'y opposa et 
offrit au roi de lui prêter de l'argent sans intérêts, savoir : la 
ville d'Aubusson, la somme de 200,000 fr., les villes d'Ahu (2) 
et de Felletin (3), 60,000 fr. 

Audit mois de février 1652 le duc de Mortemar, seigneur du 
Ferret et de Lussac-le-Château, Tun des anciens ressorts de la 
Basse-Marche, acheta le château et ville d'Availles (4) en ce 
pays de la Basse-Marche. 

Au mois de mars suivant, on levoit les francs-fiefs dedans 
la Basse-Marche, où se commettoient mille exactions, concus- 
sions et violences sans aucune justice, si bien que pour la 
somme de 8,000 fr. que quelques maltôtiers avoient donnée 

Eour lever les francs-nefs, ils en recevoient par leurs exactions, 
arbaries et tyrannies, plus de 200,000 fr. Ils faisoient exécuter 
un chacun, sans attendre que les taxes fussent faites au Con- 
seil, sous prétexte qu'ils avoient un arrêt du Conseil portant 
qu'outre les déclarations on fourniroit des titres ; car encores 



(4) Jean V, qui rdsigna son ëvéchd en 16S8 ot mourut en i685. 
(i) Ahun. arrondissement de Guérct. 

(3) Arrondissement d'Aubusson. Creuse. 

(4) Availles-Limouzine, arrondissement de Civray, Vienne. 



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— 308- 

que Ton en fournit, ils disoient que ces titres n'estoîent pas 
bons et valables, et ainsi faisoient enlever quantité de bes- 
tiaux, même sans donner d*exploits d'exécution, et ne don- 
noient quittance que d'un tiers ou d'un quart de ce que l'on 
payoit. Certes donner par le Conseil le moindre arrêt du monde 
à ces maltôtiers, c'est leur mettre entre les mains une espée 
à deux tranchants et causer du mal beaucoup dans la pro- 
vince, dont tout le peuple du païs crioit miséricorde. Ce qui 
estoit plus étrange, ils avoient un arrêt du Conseil portant 
deffense à tous juges des provinces d'en prendre aucune con- 
noissance, laquelle leur estoit interdite et réservée au Conseil, 
de sorte (jue tout le peuple estoit à leur merci, et un chacun 
aimoit mieux composer avec eux que non pas aller dépenser 
3 ou 400 livres pour aller à Paris en faire dire au Conseil. 

Le 14 dudit mois de mars 1654, la nuit du samedi au di- 
manche, l'on vit passer par tout le pays de Basse-Marche 
grande quantité d'armées au ciel qui s'entrebattoient. Quasi au 
même temps, il fondit de plus haut que la hauteur d'une pi- 
que, une quartonnée déterre entre les villages de Chabreyroux 
et de Miomandre, prés du bourg d'Oradour-Saint-Genest (1), en 
la Basse-Marche. 

{Un éditdu mois de mars, vérifié le 9 dudit mois en la Chambre 
des comptes et Cour des aides de Paris, supprima un certain 
nombre d'officiers dans les sièges d'élections. Il réduisit, dans 
les élections composées de plus de 100 paroisses, comme Li- 
moges et Guéret, le nombre des officiers à deux présidents, le 
lieutenant, l'assesseur et quatre élus, le procureur du roi, les 
greffiers et un receveur des tailles et du taillon. Dans les 
élections comprenant mjoins de 100 paroisses, comme Bellac, il 
n'y eut plus qu'un président, un lieutenant, un assesseur, deux 
élus, un procureur du roi, les greffiers et un receveur des 
tailles et du taillon. Cette mesure est grandement approuvée 
par Robert): 

Et véritablement ce ne fut pas sans cause, car il y avoit des 
élections, ainsi que celle de Bellegarde (2) en la Combraille, 
où les tailles du pays n'estoient pas suffisantes pour payer les 
gages des officiers, et seroit besoin que les deux tiers des of- 
fices de la France fussent supprimés, n'y ayant royaume ni 
république en toute l'Europe où il y ait tant d'officiers, soit de 
la justice ou des finances, qu'il y a en France, lesquels ne s'a- 
musent pour la plupart qu à se quereller et avoir des procès 
entr'eux. 

Au mois de février 1657, les maladies se mirent furieusement 
dans le Poitou, le Limosin, l'Ângoumois et la Haute et 
Basse-Marche. C'étoient des enrumures avec des maux de 
côté : Ton appeloitces maladies la coqueluche. De cette même 



(i) Arrondissement do BellAC, Hiate-Yienne. 
(t) Arrondissement d'Àubusson» Crease. 



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— 309 — 

maladie mourut en ce mois François Fauconier, lieutenant 
particulier au siège particulier de la Basse-Marche établi à 
Bellac, natif du Dorât, laissant bonne renommée et réputation 
d'homme de bien et de bon juge. Il étoit fils de feu M* Simon 
Fauconier, docte et célèbre médecin au Dorât. Comme aussi 
mourut de mort soudaine au même temps, Jean Chastenet, 
sénéchal de Montmorillon , mais de contraire réputation à 
l'autre. •* 



X. — Journal historiqiie d'Antoine de Jarrige, chanoine 
de SainUYrieix. — 1600-1633. 



M. bonhomme de Montégut a publié, en 1867, dans le Bulletin de 
la Société archéologique de la Charente (p. 167-279), le Journal 
HISTORIQUE de Pierre de Jarrige, viguier de Saint- Yrieix, et celui de 
Pardoux de Jarrige, son fils. Le premier s'étend de 1560 à 1574 ; le 
second de 1574 à 1591. Celui d'Antoine de Jairige, que nous donnons 
ici, semble avoir été ignoré de M. de Montégut. Malgré une lacune 
de quelques années, ce journal peut, cependant, être considéré 
comme continuant les deux premiers. C'est pour ce motif que nous 
lui avons donné le titre de Journal historique adopté par M. de 
Montégut pour les précédents, nous ignorons d'ailleurs sur quelle 
autorité. Ils ont bien plutôt, comme leur continuation elle même, le 
caractère d'une chroniaue locale. Les événements sont, en tout cas, 
trop distants les uns aes autres pour qu'on puisse attribuer aux 
rédacteurs l'idée d'avoir voulu enregistrer l'histoire de Saint-Yrieix 
au jour le jour. 

Il faut remarquer, toutefois, que le journal d'Antoine de Jarrige 
ne nous fait connaître que la société ecclésiastique de Saint-Yrieix. 
Cette société devait être, du reste, fort considéraole, puisque la ville 
et sa banlieue comprenaient, outre le chapitre, une demi-douzaine 
de paroisses et plusieurs communautés religieuses. Quoiqu'il en soit, 
cette particularité, qui résulte de la situation même de l'auteur, 
différencie profondément son journal de ceux de Pierre et de Par- 
doux, et en fait une sorte de chronique ecclésiastique de Saint-Yrieix. 

Si nous nous en rapportons aux notes généalogiques insérées par 
M. de Montégut à la suite de sa publication, notre Antoine de Jar- 
rige serait fils de Pardoux de Jarrige et de Françoise Garreau. Né 
en 1583, il serait mort le 21 novembre 1656. Il avait donc environ 
18 ans à l'époque où il commença de rédiger sa chronique, et était 
vraisemblablement déjà engagé dans les ordres. Lui-même nous 
apprend qu'il fut pourvu d'une prébende canoniale le 29 novembre 
lè09 et qu'à cette occasion t il traita tout le jour fort honora- 
blement. » 

Il ne faut point confondre l'auteur du présent journal avec un 
sien oncle des mêmes nom et prénom, qui fut aussi chanoine du cha- 
pitre de Saint-Yrieix et mourut le 26 avril 1584. 

Le manuscrit du journal d'Antoine de Jarrige ne nous est pas 
connu. M. Aug. Bosvieux, qui en avait obtenu communication du 



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— 31J — 

possesseur, semble l'avoir transcrit fort hâtivement. Lui, d'ordinaire 
si précis, ne nous donne que des renseignements assez vagues sur 
plusieurs points de fait où il importerait d'être fixé exactement. Toute- 
fois, il paraît résulter de quelques notes marginales de M. Bosvieux. 
que le manuscrit consulté par lui est bien l'original, — que cet original 
a appartenu à un M. Morange — et que lui, M. Bosvieux, en a tiré 
seulement les passages intéressants. Nous ne saurions dire par 
conséquent si les dates extrêmes du journal coïncident tout-à-fait 
avec celles des extraits que nous publions ici. 

Le 3"»® novembre 1600, le chapitre de Saint- Yrieix nomma 
Pierre Baud, curé de Saint^Mîchel de Pistorie à Limoges. 

Le 27 novembre 1601, Pierre de Jarrige, sieur de la Morélie, 
trésorier général de France à Limoges, fut nommé viguier à 
la place de Jehan du Garreau, sieur de Leyssard, décédé. 

Lel®*" avril 1603, Tostension du chef de Saint-Yrieix eut lieu. 

Le 17 octobre 1603, il fut fait défense à tout chanoine de sortir 

Ï)endant Foffice, à moins de besoins corporels, et de rentrer par 
a grande porte du chœur, dès que ledit service seroit commencé. 

Le 2 février 1604, M. de Bonneval présenta un placet qu'il 
avoit obtenu du roi pour faire nommer un chanoine. Le cha- 
pitre ne voulut point qu'il entrât au chapitre. Le procès fut jugé 
par le grand conseil. Toutefois après passa aux parlements de 
Bordeaux et de Paris. 

Le 27 février 1604, Saturnin de Geoffre, chanoine, fut promu 
par le chapitre à la cure de Saint-Martin, en la ville de Mar- 
thon(l), diocèse d'Angoulème, dont le chapitre avoit une rede- 
vance. 

Le 12 mars 1604, le chapitre nomma à la cure de Sar- 
lande (2). , 

Le 20 février' 1605, M® Jean Chapelle, prêtre, a été pourvu 

f»ar le chapitre à la vicairie des Palmiers qui est fondée en 
'autel de Notre-Dame, où se dit la messe de paroisse. 

Le 30 décembre 1605, M® Bernard Roque fut pourvu par le 
chapitre de la vicairie perpétuelle, appelée Saneti Boneti de 
Miramonte (3), au diocèse de Pèrigueux. 

Le 9 avril 1606, le chapitre accorda au marguiller de La 
Noaille (Saint-Pierre hors les murs) (4) sur l'argent du purga- 
toire, 6 deniers tous les dimanches, et 5 sols à tous les services, 
en balayant l'église. 

Le 30 juin 1606, le chapitre nomma Léonard Chaillaud à la 
vicairie fondée par feu François Lescote, à l'autel de Notre- 
Dame, dans la cnapelle qui est démolie, avec l'autel dans le 
couloir qui est entre le cloître et le petit cimetière appelé de 



(I) Aajoard'hai arrondisiteinent d'Angouléme, Charenlo. 
(t) Arrondissement de Nontron, Dordogne. 

(3) Miremont. oommune de Unouaille, arrondUtomemt de 7ÎQi)troa. Dordogne. 

(4) Aujourd'hui arroodiitement do Saini-Yrieix. 



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- 311 — 

la Vigne. Les semi-prébandés n'avoient pas le droit de dire la 
messe au grand autel. 

Le 27 mai 1608, le chapitre nomma Georges Mallet, cha- 
noine, curé de Sarrazac (1). 

Le 4 novembre 1609, Jacques de Gentils fut immatriculé par 
le chapitre du doyenné, étant pourvu par N. S. P. le Pape. 

Le 29 novembre 16J9, Antoine de Jarrige, auteur de ces no- 
tes, prit possession de sa chanoinie, où le chapitre, les officiers 
de la justice, tous ses parents jusau'aux cousins seconds et 
tant d'autres, il traita tout le jour tort honorablement. On lui 
fit offrande d'un calice avec sa patène et une clochette, le 
tout d'argent, une belle bague d'or avec une cornaline, une 
pièce d'argent en laquelle était peint un Phaéton avec son 
chariot, et en or ou argent monnayé la somme de 59 livres et 
quelques sous. Les invités lui avoient envoyé la veille: 9 le- 
vrots, 7 lièvres, 4 lapereaux, 25 perdrix, 40 bécasses, 5 petits 
bécaneaux, 4 canards, 14 moutons, 23 dindons ou coqs d'inde, 
45 chapons, 5 oies, 1 poule, 7 paires poulets, 2-vistords, 7 co- 
chons, 5 quartiers de veau, 3 langues salées, 2 septiers fro- 
ment, 2 pintes vin muscat, 2 pintes hypocras, 2 pains de sucre, 
1 anguille, 1 fromage de forme, 2 fromages blancs petits du 
pays, 6 livres beurre, 10 douzaines d'œufs, 6 oranges, 7 pas- 
taneses (?) et 7 truffes. 

Le 14 mai 1610, Henri IV a été assassiné par François Ra- 
vaillac, natif d'Angouléme. 

Le 28 mai 1610, Ta grêle gâta tous les blés et autres fruits à 
la Meyze, la Roche, la Plagne, Lauriéras (2), et l'année pré- 
cédente elle avoit fait beaucoup de mal dans le Haut et Bas- 
Limousin : les bois avoient été mis en pièces. 

En 1610, 21 juin, les dîmes furent partagées. La paroisse de 
La Noaille, 315 septiers; Quinsac, 125 septiers; Sainte-Cathe- 
rine, 170 septiers; Saint-Cyr-les-Champaçnes , 155 septiers, 
Sarrazac, 35 septiers ; Montgibaud, 30; les Retz, las Jour- 
nias, Beyssenac , 26 septiers; le Moustier et Saint-Pierre 
dans les Murs, 405 setiers ; La Rochette, 250 setiers. Plusieurs 
chanoines préférèrent prendre la pension d'après les fermes, 
ce qui prouve que les dîmes étoient peu fortes. 

L^ 11 septembre 1610, les chanoines de Tours, députés par 
le chapitre de Tours, furent loger au Cheval Blanc, où le cna- 
pitre en corps fut les saluer. Ils furent visiter l'église, les 
cloches sonnant et les chandelles allumées. Un chanoine, 
nommé Jacques Ducros, fut interdit pour le mois et du tiers de 
ses revenus, pour avoir chez lui une concubine qui avoit 
plusieurs enfants. Comme supérieurs, ils firent la police. 

Ils détruisirent un usage qui étoit qu'on revétissoit, le jour 
de la fête des Innocents, un enfant de chœur des ornements 



(<) Arrondissement de Nonlron, Dordopnc 
(2^ Village» voisint do Si^int-Yrieix. 



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— 312 — 

pontificaux qu'il portoit par toute la ville, avec tout plein de 
choses indécentes qui s'y commettoient (1). 

Le 30 mai 1611, Louis Mazeau fut pourvu par le chapitre 
du prieuré de Charmaillas (2). 

Le 15 août 1616, Gaspard de Gentils, sieur de la Prévôté et 
de Lajonchapt, fut promeu par le chapitre à la dignité de 
doyen; mais, craignant n'avoir pas assez de voix et voulant 
être pourvu par force, fit amas de ses parents et amis au nom- 
bre de plus de 200, en armes tout autour du cloitre. Le sieur 
de Nanthiat arriva avec le sieur de Lancenade. Il y eut dispute 
entre ledit sieur de Lancenade et le sieur de Lauriéras, frère 
dudit sieur de Lajonchapt ; et s'ètant retirés dans le logis du 
Cheval Blanc les sieurs ae Permangle, de la Morélie, le sieur 
de Beaulieu et plusieurs autres, étant bien accompagnés lesdits 
de Permangle et de la Morélie, comme aussi lesdits sieurs de 
Lancenade et de Lauriéras, y arriva aussi le sieur de Lajon- 
chapt bien accompagné. Commencèrent à tirer leurs pistolets 
et carabines et plusieurs coups d'arquebuse. Le sieur de Lan- 
drevie, fils du sieur général Jarrige, frère du sieur de la 
Morélie et neveu du sieur de Permangle, y fut tué; plus M. de 
Monmédi, gentilhomme de Périgord ; et plusieurs autres du 
côté du sieur de Lajonchapt furent blessés. 

Le chapitre nomma au prieuré de Saint-Laurent (3). 

Le 10 février 1617, arrêt du parlement de Bordeaux rendu 
entre le chapitre et les maire et échevins de la ville de Saint- 
Yrieix, qui déclare la garde des clefs de ladite ville appartenir 
au chapitre, privativement auxdits maires et échevins, comme 
aussi les droits communément appelés de Tayde, de sel et 
panions (?), ainsi que le chapitre en a toujours joui, et les ma- 
nans et habitans sujets à les payer, sauf réserve pour les blés 
et vins de leur cru et pour les blés par eux achetés au marché 
public dudit lieu, les vendeurs ayant pajjé lesdits droits. Dé- 
clare les maires et échevins sujets au paiement des droits du 
greffe et procès où ils plaideront en qualité de maire et éche- 
vins. Le chapitre est maintenu en la jouissance des louages 
des fossés, portaux et boulevards de ladite ville^ à la charge 
d'employer lesdits louages aux réparations des murs d'icelle ; 
et Que, suivant la transaction du 3 mars 1537, la moitié du 
sucnet qui sera octroyé par le roi, sera employé aux répara- 
tions des ponts, fontaines, murailles, chemins, passages ; et le 
surplus des deux tierces parties sera payé par ledit chapitre, 
et le tiers par les manans et habitants qui sont autorisés à 
nommer annuellement un maire et quatre échevins. suivant la 
permission portée par lettres patentes de l'an 1565. Lesquels 



(i) Voyes les statuts qao les chanoines do Tours rédigèrent à cette occasion dans nu» 
Doeumentt hittùriqueê twr la Marche et le Limouain, I. 
(3) Commune de la Bachellerie, arrondissement de Nontron, Dordogne. 
(3) Commune de Mareuil-sur-Belle, arrondissement de Sarlat, Dordogne. 



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- 313 — 

maire et èchevins auront la connaissance delà police de ladite 
ville, en ce qui concerne Talignement et nettoiement des rues, 
taux des vivres, qui sera fait par eux conjointement avec les 
officiera de ladite ville et en leur présence, comme aussi pour- 
ront capturer tout délinquant trouvé en crime flagrant, et 
dresser procès-verbal, sans pouvoir les retenir, mais les 
mettre en prison. Les maire et èchevins auront rang honorable 
dans Téglise, en lieu commode, au-dessous du juge viguier et 
autres juges. Lors des élections, le juge viguier présidera 
l'assemolée, sans néamoins sonner la grande cloche. Il est 
enjoint aux maires et èchevins de rendre audit chapitre le 
respect qui est dû à leur ordre et à la qualité de haut justicier 
de la ville , 

En mars 1618, François Mazeaux fut condamné par arrêt 
de la cour du parlement de Bordeaux à 1,200 livres et aux 
dépeïids et 500 livres envers le roi, et à tenir prison close jus- 
qu'aux pertes payées, pour avoir donné un coup d'épée et 
quasi estropié François de Jarrige. Ledit Mazeau étoit demi- 
prébandier. 

Le 15 octobre 1618, le chapitre a permis à Adrien du Gar- 
reau, sieur de la Brégère, un lieu en l'église de Quinsac (1) et 
au côté droit de Tautel, pour mettre des tombeaux, une barre 
sur iceux, et y faire une litre pour y mettre ses armoiries; et 
ce, depuis le coin de la grande fenêtre tirant jusqu'à la pile de 
ce côté, moyennant 100 livres, avec permission de mettre des 
girouettes sur sa maison de la Brégère. 

Le 20 décembre 1619, acte capitulaire qui porte que les 
messes des chanoines ètoient de 2 sols 6 deniers et des demi- 
prèbandiers 15 deniers, lorsqu'il s'agissoit de messes de 
fondation. 

Le 5 mars 1620, le chapitre permit à Adrien du Garreau et 
Jehan du Garreau de mettre créneaux et mâchicoulis à la Bré- 
gère, aux Brousses et aux Biards (2). 

Le 12 mai 1620, il fit un si grand déluge que l'eau faillit 
emporter les maisons des Aires et des Barris (3). 

Le 16 juin 1620, les dîmes du chapitre ont été affermées à 
sire Yrieix Mazeau pour la somme de 750 livres en argent et 
1,500 setiers seigle, qui est en tout 2,000 setiers. Le chapitre 
lui en a laissé 500 pour les 750 livres. Non compris la Noaille 
qui fut cédée en jouissance pour trois années, moyennant 
2,250 livres. 

Le 19 juin 1620, les revenus du chapitre furent affermés 
1,10.) livres argent, 1,160 septiers blé, moitié seigle, 74 froment 
et 76 avoine, 430 gélines. Le greffe y étoit compris et avoit été 
hypothéqué pour ^OO livres. Les palmées de sel furent affer- 
mées 40 quartes. 



(4) Commune et arrondiiiement de Saint-Yrieix 
(t) Hameaux Toisins do Saint-Yrieix. 
(3) Faubourgs de Saint-Yrieix. 



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- 314 — 

Le 13 juillet 1620, il fut promis, pour le grand tableau du 
grand autel des Recollets et deux petits, 55 écus (1). 

Le 29 janvier, la grande cloche a été fondue, moyennani 
120 livres. Le parain est M. le doyen de Gentils ; la marraine, I 

damoiselle Marguerite de Joussineau de Fazat, femme de no- ! 

ble François du Garreau, sieur du Puy de Bette. 

Le 31 mars 1624, jour des Rameaux, le père Siméon prê- 
chant, certains archers du vice-sénéchal de Limoges, accom- 
pagnés de plusieurs autres gens armés d'épées et armes à feu, 
firent prisonnier au milieu de l'église René Mazeau, sieur du 
Puy-la-Garde, armé d'une épée et ayant autour de lui plu- 
sieurs personnes armées. Un archer y fut tué et un autre 
blessé. Le Saint-Sacrement, pour raison de ce meurtre, fut 
transporté dans Téglise de Samt-Pierre jusqu'au 16 avril que 
l'église fut réhabilitée. René Mazeau, le 25 novembre précé- 
dent, avoit blessé en deux endroits M. Chouly, sieur de Mon- 
chasti, devant l'église, près la fontaine de la place. Ce René 
fut condamné aux galères par le parlement de Toulouse. 

Le 22 novembre, il fut tenu un chapitre général, qui défen- 
dit aux chanoines de fréquenter les tavernes, cabarets, etc. 

Le 12 janvier 1625, Jacques Gentils, sieur du Claud, capi- 
taine au régiment de Champagne, voulut ôter de sa place son 
frère doyen, et lui donna des coups d'éperon. Le 19, il fut à la 
grand'messe, accompagné de plusieurs personnes armées. 

Le 23 juin 1625, le doyen, sieur de la Prévôté et de Lajon- 
chapt, et M° François Mazeau, demi-prébandiers, par arrêt du 
parlement de Toulouse, ont été condamnés en 6,0U0 livres d'a- 
mende envers M. le général Jarrige, et en 2,000 livres à la dis- 
crétion de la cour, et solidairement et aux dépens, qui mon- 
tèrent plus de 25,000 livres, pour meurtre commis sur le frère 
dudit général. Le procès a été plaidé à Bordeaux et devant le 
grand conseil. 

Le 24 mars 1626, le chapitre de Saint-Yrieix confirma la no- 
mination d'un chanoine faite par les prévôt, chanoines et cha- 
pitre du Moustier-Roseille (2). Le pourvu paya 18 livres au 
chapitre et 3 livres aux chantres. 11 devoit en outre les arré- 
rages de la pension de 10 livres par an qui étoit due à l'église 
de Saint-Yrieix. 

Le 12 juin 1626, le greffe fut affermé 1,000 livres par an. 

Le 17 juillet 1626, il plut si fort et l'eau dura tellement que 
le chapitre, à l'exemple de Limoges et ailleurs, et les Recollets 
prêchèrent pour exhorter au jeûne et à l'abstinence. On fit des 

f>rocessions, et la chasse de Saint-Yrieix fut portée autour de 
a ville, le 22. 

Du 25 octobre au 6 novembre, il fut fait au chapitre des 
actes de requête à l'occasion de M® Charles de Los, nommé 
doyen par le pape. Plusieurs des chanoines se refusèrent à son 



(1) Lei Récultett l'éUioni établis \ Saint-Yrieix nn 1648, 

(2) Arrondiisement d'AubusioQ. Creuâc, 



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— 315 — 

installation, et M"* Guillaume Thiersault, père d'un conseiller 
au grand conseil, fut mis en possession, en vertu d'un arrêt du 
grand conseil du 22 septembre. 

Le 15 novembre 1627, le chapitre général défend aux cha- 
noines et demi-prébandés de confesser, à moins d'extrême 
nécessité. 

Jean Buisson, bedeau, fut pourvu de la vicairie connue sous 
le nom de la Foucaudie, fondée et dédiée à saint Jean Tévan- 
géliste par M. Jehan du Garreau, sieur de ce lieu. 

25 février 1628, convention entre MM" les doyens et cha- 
noines dudit chapitre et MM*"' François du Garreau de Bour- 
delas, gentilhomme ordinaire de. la chambre du Roi, capitaine 
exempt des gardes du corps de Sa Majesté, et Jacques du Gar- 
reau de Leyssard, en vertu de laquelle lesdits du Garreau, en 
reconnaissance de services rendus à ladite église, tant par eux 
que par leurs devanciers, auront à l'avenir pour eux, leurs 
enfants, filles portant leur nom, les enfants de leurs enfants et 
leurs femmes non remariées, le droit de sépulture à tom'beaux 
en voûte, de la contenance de 12 pieds de long sur 8 de large, 
dans le chœur de ladite église, au devant de l'autel de M. samt 
Biaise, depuis le premier degré de pierre qu'on monte audit 
autel, tirant vers la porte qu'on entre dans la chapelle des trois 
Marie, avec licence d'apposer et faire peindre sur le mur 
correspondant, et de la largeur desdits tombeaux , ceinture, li- 
tre, armes et timbres. A chacun des cinq obits qu'ils sont obligés 
de faire, lesdits chanoines seront également tenus d'aller avec 
tout le chœur sur lesdits tombeaux dire une absolution géné- 
rale. De plus a été accordé au sieur de Bourdelas en parti- 
culier la sonnerie de la grande cloche, lors de ses obits. 

Le 16 avril 1631, Tostension eut lieu, et attendu qu'il existoit 
une contagion (1) qui emporta 5 à 600 personnes, non com- . 
pris les villages, les maire et échevins firent prolonger les 
ostensions ; et il fut arrêté que les curés de Sarrazat, Sarlande, 
Génis, Saint-Julien (2) et autres qui, devant venir en proces- 
sion, y avoient manqué, seroient cités. 

Le 11 mars 1632, Lespèrut se justifia de la mort de Pierre 
Dujardin qu'il avoit tué d'un coup de pistolet, et pour ce 
donna au chapitre les rentes de Puymoreau et Lascaux pour 
600 livres, qu'il tenoit de M. de Jumilhac auauel le chapitre les 
avoit vendus lors de l'aliénation du temporel de l'église. 

Le 28 janvier 1633, le chapitre emprunta d'un chanoine de 
Saint-Etienne de Limoges, 1,800 livres. Il payoit 120 livres 
d'intérêt. Les êcus de France étoient donnés pour 4 livres 
10 sols, les pistoles d'Espagne pour 8 livres 10 sols. 



(1) Sur la pcs'.o de 1631 cf. Iw Annale» de 1638, p. 400 

(I) Sarrazat ot Sarlande, tovoz plus haut. — Cdnis, arrondissemeal do P<?rigueu](. — 
Saint-Jalien-Ie-Petit, arroodietetneqt de I^irqoges, -^ et Çaint-Julien-Sfautnoqt. arrunditsoi 
(nont 4e Briye, Corrèse, 



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— 316 — 



XI. — Chronique factice de la fondation des séminaires de la 
Mission et des Ordinands à Limoges, ^- 1657-1675, 

Cette chronique figure en tête d'un terrier in-folio, que Ton con- 
serve dans le ,fonds du séminaire de la Mission aux Archives 
départementales de la Haute- Vienne (série G, n» prov. 5495 bis). 
Elle parait avoir été rédigée dans les premières années du xviii« siè- 
cle (puisqu'il y est fait mention incidemment d'un événement survenu 
en 1/02) pour servir d'introduction historique audit terrier. Ce n'est 
donc point à proprement parler une chronique de la communauté, 
rédigée au fur et à mesure des événements^ mais simplement un 
résumé des documents qiii ont formé le premier fonds des archives 
du séminaire de la Mission. Plusieurs de ces documents paraissant 
aujourd'hui perdus, il nous a paru utile de publier ce résumé sous la 
forme où il nous est parvenu. 



De Rétablissement etjbndation du séminaire de la Mission. 

Il y a quatre choses à expliquer dans cette première partie : 
l*' L'origine et la fin de la maison du séminaire de la Mission 
et les titres sur lesquels elle est établie ; 2** la personne de son 
fondateur; 3*> quels biens son fondateur luy adonnez; 4® de 
quelles dettes ces biens estoient chargez. Mais parce que le 
séminaire de la Mission n'estoit pas distingué au commence- 
ment de celui des Ordinands, il faut voir en premier lieu ce 
qu'il y a de commun entre les deux maisons et ensuite ce qu'il 
y a de particulier. 

L'origine et la fin du séminaire des Ordinands et delà Mission 
et les titres de son établissement, 

M" Martial de Maledent, prestre, seigneur de Meillac, que 
Ton appeloit plus ordinairement Monsieur de Savignac, fon- 
dateur du séminaire de la Mission, de la personne duquel il 
sera parlé cy après (1), ayant apris que Monseig. de La Fayette, 
évesque de Limoges, avoit obtenu des lettres patentes de Sa 
Majesté (2) pour l'établissement d'un séminaire en la ville de 
Limoges, fut informé en même temps par des personnes de 
piété des grands biens qui se faisoient pour la gloire de Dieu 
et le salut des âmes par le moyen de ces sortes d'établisse- 
ments, et le fruit qu'il y auroit à espérer de celuy de Limoges, 



(1)11 n'en est rien toutefois. Le feuillet intitulé : De la penonne de M. de Sovignae en 
resté en blanc, 
(t) Ces lettres patentes sont de janvier 1657, comme il est dit plus loin. 



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— 317 — 

s'il s'ètablissoit. Il fut même solicité de contribuer à cette bonne 
œuvre par ses libéralitez, ce qu'il estoit alors en estât de faire, 
feu Monsieur son père, qui estoit décédé depuis peu, luy ayant 
laissé beaucoup de bien. 

Les lettres patentes sont du 15° janvier 1657, signées : 
Louis, et sur le reply : Guenégaud, visa : Seguier, et sellées du 
grand seau de cire verte, registrées au parlement de Paris le 
5® décembre 1659 (signé : Du Tillet), et registrées au parle- 
ment de Bordeaux le 29® janvier 1660 (signé : Suau). 

Par ces lettres, le roy permet au seigneur évesque de Li- 
moges rentier établissement et institution d'un séminaire selon 
la forme des saints décrets, tant pour disposer aux saints 
ordres les Ordinands, que pour y former de bons ouvriers qui 
puissent travailler utilement à Tmstruction du diocèse, voulant 
que pour le faire subsister etc., ledit seigneur évesque puisse 
se servir de tous les moyens permis et portés par les conciles 
et les ordonnances par union de tous bénéfices, translations de 

fondations et chapelles assignations de pensions sur les 

bénéfices exédant 600 livres en revenus autres aue des pré- 
bendes, taxes sur le clergé ou autrement ; que ledit séminaire 
ainsi établi puisse recevoir, accepter et occuper tous legs, do- 
nations et fondations, acquérir, tenir et posséder toutes sortes 
de fonds, droits, héritages, rentes et possessions pour luy de- 
meurer à perpétuité acquises et unies nonobstant tous édits, 
ordonnances, loix, coustumes, arrêts, etc., voulant que la 
maison dudit séminaire et tous autres héritages etc., luy soient 
et demeurent bien et duement amortis, etc. , sans qu'il soit obligé 
bailler homme vivant et mourant et confisquant... ny soit 
tenu pour raison de ce payer au roy ny à ses successeurs 
aucune finance, indemnité, contribution de ban, arrière-ban, 
francs fiefs, nouveaux acquêts, lots et ventes; comme aussi les 
bénéfices et pensions unies ou autrement, appartenant audit 
séminaire, n^entreront en aucune imposition, contribution ou 
nouvelles charges du clergé, payant seulement les décimes 
suivant leur ancien estât etc. Comme Monsieur de Savignac 
s'estoit consacré au service des pauvres, il délibéra queiaue 
temps sur la proposition qui luy estoit faite, de peur de prenare 
le change et de quitter cette vocation pour en embrasser une 
autre. Mais, après y avoir bien pensé et après avoir bien con- 
sulté, il conceut le désir et prit la résolution de s'appliquer à 
cette bonne œuvre et d'employer une somme considérable pour 
la construction d'une maison, pourveu que le séminaire s'o- 
bligeast à fournir quelques prestres pour rendre les assistances 
spirituelles aux pauvres de l'hôpital. Il voyoit que l'employ de 
cet argent tendoit au bien spirituel des pauvres, que par ce 
moyen il remplissoit les desseins de Dieu dans sa vocation et 
même qu'il faisoit deux biens en même temps, le premier en 
assistant les pauvres et l'autre en contribuant à l'étaDlissement 
d'un séminaire qui çouvoit produire de très grands fruits. 

C'est pour parvenir à cette fin qu'il demanda aux consuls et 
habitants de la ville de Limoges une place dans le fond (sic) de 



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— 318 — 

l'hôpital pour y bastir un séminaire, ce qui luy fut accordé, 
comme il se voit par l'acte de délibération de Thôtel de ville de 
Limoges, du 15 may 1659 (1). Dans lequel acte il est dit entre 
autres choses que de pieux eclésiastiques s'estoient offerts de 
s'employer charitablement à instruire les pauvres et d'en faire 
un des principaux exercices de leur piété parmi les fonctions 
d'un séminaire qu'ils désirent ériger tout proche et joignant 
audit hôpital, pourveu qu'on leur veuille accorder ainsi q^u'il 
est requis et proposé par M. de Savignac ; que pour favoriser 
ce pieux dessein, il a esté résolu d'octroyer en leur faveur et à 
cause de l'instruction qu'ils donneront aux pauvres, une place 
suffisante pour y bastir un logement convenable à leur dessein 
dans le fond de l'hôpital Saint-Gérald, au bout et à l'extrémité 
du bastiment qui est fait de nouveau et joignant à iceluy d'un 
costé, et de l'autre à l'église qu'on destine de faire à l'opposite 
de l'ancien bastiment (2) ; lequel édifice fait servira pour le loge- 
ment d'un séminaire et sera fait et construit aux dépens des 
eclésiastiques ou autres personnes qui voudront y contribuer, 
sans pouvoir prétendre soit en conséquence dudit bastiment, 
soit en conséquence du service que lesdits eclésiastiques 
seront obligez de rendre aux pauvres, aucun dédommagement, 
nourriture, salaire ou contribution de la part dudit hospital ou 
de la ville, et qu'ils ne pourront estre trouolez dans l'habitation 
de la maison qu'ils auront bastie, quoy qu'elle se trouve dans 
le fond dudit hospital, à la charge que ladite maison ne pourra 
àervir à autre usage que celuy desdits eclésiastiques. 

Il fut pareillement acordé par le même acte à M. de Savi- 
gnac le pouvoir de continuer, si bon luy sembloit, la maison 
et édifice qu'il a fait faire à ses propres frais et dépens à la 
teste du bastiment nouveau, et porter ledit édificQ jusqu'à la 
rue pour joindre et lier l'ancien oastiment de l'hospital Saint- 
Gérald, à la condition par luy offerte et acordée que ladite 
maison ne pourra servir qu'au logement des eclésiastiques ou 
autres personnes qui dépendront de son choix et qui s'employe- 
ront à l'instruction des pauvres ou à quelque ministère et fonc- 
tion dans l'hôpital général. Après cette concession. Monsieur de 
Savignac obtint dudit seigneur évesque la permission pour l'é- 
tablissement d'une communauté et de bastir pour y loger le 
séminaire. Ce qu'il fit. 

Ces lettres sont signées dudit seigneur et sellées de son 
seau, en datte du 1®** juillet 1659. 

En l'année 1661, Monseigneur l'évesque fit une ordonnance 
par laquelle il enjoignoit à tous ceux qui aspiroient aux saints 
ordres de demeurer pendant un an dans son séminaire avant 
que de recevoir les ordres sacrés, et en atendant qu'il y eust 



(1) Cet âcl« ne figare pae dans les Regittret eontulalret de Limoges, 
(t) Voyez le plan des bâtiments do l'hâpital général, qao nons avons joint à notre notict 
snr les ln$tituHoni eharitablft dont l'ancien diocèie de Limogeê, 



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— 319 - 

une maison bastie pour cet effet dans la ville épiscopale, il leur 
ordonnoit de se retirer au château dlsle (1) pour y faire les 
exercices de l'ordination. Ce qui fut exécuté dès la même année 
1661. 

Mais parce qu'il estoit nécessaire de directeurs expérimen- 
tez en cette conduite, il appella quelques prestres du séminaire 
de Saint-Sulpice de Paris, pour prendre soin de cette direc- 
tion, lesquels se rendirent à Limoges r.u mois de mars 1662 
et demeurèrent dans ledit château dlsle jusqu'à ce que la 
maison fust bastie. Ce fut M. Jean Bourdon, prestre, docteur 
de Sorbonne, qui fut le premier supérieur du séminaire, qui 
arriva le 24 mars 1662 et y décéda le 29 août 1702. 

Monsieur de Savignac, voulant afermir cet établissement, 
pensa à faire confirmer ce qui avoit esté fait avec les consuls 
et habitants de Limoges par les administrateurs de l'hôpital 
général érigé par lettres patentes du mois de décembre 1660. 
C'est ce qui fut fait le 11° aoust 1663, comme il paroist du 
traité du même jour entre ledit sieur de Savignac et lesdits 
sieurs administrateurs (2), par lequel les sieurs administrateurs 
ratifient ce qui avoit esté acordé par les consuls et habitants de 
Limoges le 15 mai 1659 (3), et de plus acceptent l'offre de 
M. de Savignac pour le jardin, et ledit sieur de Savignac pro- 
met : 1** que les eclésiastiques qui demeureront dans ladite 
maison s'apliqueront en nombre sufisant à instruire et caté- 
chiser les pauvres et leur faire faire les prières tous les jours, 
matin et soir, leur faire entendre la sainte messe à heure réglée, 
leur administrer les sacrements, etc., le tout gratuitement; 
2" qu'il prendra pour ledit séminaire à bail perpétuel le jardin 
de l'hôpital (4) en payant annuellement aux administrateurs 
la somme de deux cents cinquante livres, et faisant dire tous 
les jours une messe dans l'église dudit hospital, aux fins de 
satisfaire à l'intention des fondateurs ou des bienfaiteurs de 
l'hôpital, aux conditions de laisser, toutes fois et quantes qu'il 
en sera besoin pour l'utilité et commodité des pauvres, la place 
convenable dans ledit jardin, pourveu que ladite place n'excède 
pas le coin de la muraille qui sépare l'hôpital général de la 
maison des eclésiastiques; laquelle muraille aussi bien que 
celle qui sépare la cour dudit hospital du petit jardin acordé 
pour le service de la maison dudit sieur de Savignac, seront 
communes et mitoyennes entre ledit hospital, etc., pour estre 
refaites et réparées à communs frais lorsque besoin sera, 
sans que ledit sieur de Savignac et séminaire puissent pré- 
tendre aucun droit pour apuyer sur lesdits murs, qui d'ailleurs 



(!) Chàtoau particulier de l'dvôqae, à quelques kilomètres do Limoges. 

(t) Cet accord figurait probablement au premier registre des délibérations du Bureau, 
aujourd'hui perdu. Voyez notre Inventaire de» Archivée hoepitalièrea de Limogée, série E. 4, 
note 1. 

(3) Voycx plus haut. 

(4) Voyez notre Inventaire de* Archivée hoepitalièree de limoge», B. if. 



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- 320 - 

demeureront en Testât qu'ils sont. Et où il seroit jugé néces- 
saire de prendre tout Tespace du jardin qui est au-aessous des 
manufactures, il sera délaissé une allée de 30 pieds de large 
au bout et extrémité de ladite place pour servir de passade 
aux dits eclésiastiques et pour aller ae leur jardin dans le 
chemin de Saint-Gérald à Sainte-Valérie, en diminuant la vente 
au prorata, sans néanmoins pouvoir retrancher de la messe 
aucun jour. Et où lesdits eclésiastiques seroient pendant trois 
ans sans payer la rente de 250 livres, il sera permis auxdits 
administrateurs de rentrer dans la propriété et jouissance dudit 
jardin, etc.; 3** qu'il sera fait procez verbal, etc.; 4** que ledit jar- 
din ne pourra servir à d'autre usa^e qu'àceluy de ladite maison, 
qu'il ne pourra estre vendu ny aliéné... qu'il demeurera sujet 
à recevoir les eaux pour le nettoyement des canaux qui ser- 
vent à la décharge des lieux communs et aux autres services 
nécessaires audit hospital, comme il auroit peu estre avant le 
bail. Sous ces conditions il fut permis audit sieur de Savignac 
de poursuivre ledit bail à ses frais et dépens. 

Le 20° août 1663, M''° Henry Brugyere, lieutenant général 
de la sénéchaussée de Limoges, en conséquence de son ordon- 
nance [rendue] à la requête dudit sieur de Savignac, se trans- 
porta accompagné du procureur du roy audit jardiix pour en 
faire le procez-verbal. Ledit jardin confrontant du costé de haut 
aux boutiques des manufactures de l'hôpital, au passage de ladite 
cour dans le chemin de Saint-Gérald à Sainte-Valérie, au bas- 
timent destiné pour les eclésiastiques ; du costé de bas au 
jardin du sieur Jean Pinot, une muraille entre deux, et des 
autres costez aux deux chemins descendant de Saint-Gérald 
l'un à Sainte- Valérie et l'autre à la Croix-Verte ; ledit jardin 
contenant deux sestérées six coupes et un huitième de coupe. 

Le 18 septembre 1663, ledit bail fut délivré et estroussé. 

Le 10® mars 1664, le séminaire fut transféré par l'autorité 
de Monseigneur l'évesque, du château d'Isle dans la maison 
bastie proche et joignant l'hôpital générai, et l'on commença 
dés ce temps-là à s'appliquer non seulement à former les Ordi- 
nands, mais encore à rendre les assistances spirituelles aux 

f>auvres dudit hospital, par le moyen de quelaues prestres qui 
ùrent destinez dés lors à faire des missions aans le diocèse. 
Par contrat du 13® may 1664 receu par M" Clément, no- 
taire royal de Limoçes, Monsieur de Savignac acquit par 
échange du sieur Âudoy Taillandier une vigne que ledit sieur 
Taillandier avoit acquise de sieur Joseph Malevergne par contrat 
du 26 janvier 1661, receu par ledit Clément. Ledit sieur Savi- 
gnac donna en contréchan^e six sestiers de seigle, huit émi- 
naux d'avoine, mesure de Limoges et y portables, trois poules 
et 20 sols en argent de rente foncière et directe avec les droits 
de lots et rentes à raison de 20 deniers pour livre sur le tène- 
ment du Mas-du-Puy, paroisse de Verneilh ; ladite vigne con- 
frontant à la vigne de M® François Rouchaud, prêtre de Saint- 
Pierre, à la vigne de M® Jean Gadaud, procureur, aux chemins 
de Saint-Gérald à la Croix-Verte et à la Croix-Mandonnaad 



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- 321 — 

sAQS àuoun cens, de la contenance d environ six }ôanniùx ; 
ledit sieur de Savignac voulant faire bastir Téglise de la Mis- 
sion et du séminaire [des Ordinaudsj dans ladite vigne. 
Monsieur de Saviçnac ayant fait bastir tant [dans] ladite vigne 

3ue dans la place qui avoit ètè destinée pour Feutrée et bassecourt' 
e la maison du séminaire une église de cent trente*quatre 
pieds de longueur et quarante de largeur avec deux sacristies* 
et deux chapelles et leurs chœurs aux deux costez, le tout à 
ses dépens, (excepté la chapelle et le chœur des sœurs de Saint* 
Alexis, suivant le contrat du 5' novembre 1665, receu par 
Rougier, notaire royal), il donna ladite église audit séminaire 
tant des Ordinands que de la Mission, en présence de Monsei* 

Sieur Tévesque de Limoges autorisant ladite donation, 
•• M® Jean Bourdon, prestre, docteur do Sorbonne, supérieur 
dudit séminaire stipulant et acceptant. Ladite donation fest] du 
9* novembre 1665, à condition : V* que ladite église sera à 

Serpétuité sous le nom et titre de Saint-Alexis, et oue le jour 
e la feste de ce saint on y fera l'office solennel et la prédfica- 
tion; 2*^ que les clauses portées par le traité du 11'* aoust 1663 
entre luy et les administrateurs, et le contrat du 5 dudit mois 
de novembre 1665, passé avec les sœurs de Saint- Alexis, 
seront pleinement et entièrement exécutées en tous leurs 

§ oints; 3° que ledit séminaire sera obligé de fournir à ses' 
ëpens touttes les choses nécessaires pour l'autel et la cha- 
pelle qui est du costé de Tévangile, gu'il veut estre à per- 
f>étuité destinée pour les pauvres dudit hospital de l'un et de 
'autre sexe, soit parements, aubes, chasubles, luminaire, 
nappes et autres choses requises pour la célébration de la sainte 
messe etc ; 4° de faire à toujours toutes les réparations, cou- 
vertures de ladite chapelle et chœur des pauvres, même de 
faire faire alors et entretenir à l'avenir une balustrade de la 
hauteur de dix pieds, pour servir de closture aux pauvres et 
les séparer de ladite chapelle en les renfermant dans le chœur 
d'icelle (1); 5^* afin que les pauvres puissent voir le grand 
autel etc, que la place qui est entre l'arcade qui çépare l'é- 
Çlise de ladite cnapelle ne pourra jamais estre fermée que 
d'une balustrade; 6° que le second dimance de l'Avent, jour du 
renfermement des pauvres, on v fera l'office solennel en action 
de grâces ; 7** que le lendemain du j[our de Saint- Alexis, on y dira 
la messe de Requiem pour les bienfaiteurs défunts dudit hô- 

fdtal; 8*^ q^ue le banc que ledit sieur fait faire proche et joignant 
a pile qui sépare la chapelle des pauvres d*avec le cnœur de 
ladite chapelle sera perpétuellement acquis et conservé aux 
administrateurs de 1 nôpital pour s'y placer dans les deux sus- 
dites cérémonies et autres qui se feront dans ladite église ; 
9* qu'au cas que le séminaire de l'une et de l'autre maison, qui 
ne laisoient qu'un corps, vinst dans la suite à en faire deux, il 



(1) Cf. dans noire Inventaire det Archivée hoepitaliiree de Limoget, rarticle £ I. f^ fO. 



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— 322 — 

veut que ladite église serve à Tune et à l'autre maison et que, 
s'il se trouvoit quelque difficulté touchant l'usage de ladite 
église, le tout fust jugé par mon dit seigneur évesque et ses 
successeurs. Toutes lesquelles donation, acceptation, clauses 
et conditions furent approuvées etc., par ledit seiçneur, à con- 
dition que le tout seroit sous son autorité, dépendance, pleine 
et entière jurisdiction. 

En l'année 1675, quelques-uns des sieurs administrateurs 
ayant jprétendu que ladite église estoit de l'hospital, on fît une 
assemblée des anciens et nouveaux administrateurs, dans 
laquelle il fut dit et conclu que cette église estoit et apartenoit 
au séminaire de la Mission. Cet aresté est dans le grand livre 
des registres de l'hospital (1) où l'on écrit toutes les résolu- 
tions des assemblées de l'administration. 

De ce qui concerne en particulier l'établissement du séminaire 
de la Mission. 

Avant que le séminaire fût établi dans la maison dont on a 
parlé jusqu'à présent, l'on reconnut qu'elle seroit trop petite 

Eour les Ordinands et pour les Missionnaires, qu'il seroit 
eaucoup mieux que des personnes destinées à des fonctions 
si diférentes, eussent un logement et des biens et peut^estre 
même des supérieurs diférents. C'est pour cela que M. de Sa- 
yignac prit résolution de faire bastir le séminaire de l'ordina- 
tion en un lieu séparé, afin de laisser ensuite la première 
maison aux prestres qui dévoient s'employer au service de 
l'hôpital et aux missions, laissant pourtant l'église commune, 
comme nous l'avons dit cy-devant. 

Pour cet effet il acheta du sieur Aubin Faute, bourgeois de 
Limoges, une vigne dite de 1-as Treilhas, autrement le clos 
Sainte-Valérie, d^environ quatorze journaux, confrontant à la 
vigne du sieur prieur de Saint-Gérald, au chemin de l'hôpital 
à Sainte-Valérie, au chemin du faux-bourg Magnine à Sainte- 
Valérie et au chemin de Saint-Gérald au gont Saint-Martial 
par le devant, suivant le contrat du 26 avril 1663, receu par 
Rougier. Il fit bastir une maison dans ladite vigne (2), et le29 oc- 
tobre 1666, par contrat receu par Chazaud, il fit aonation pure 
et simple de ladite vigne alors en place, de tous les bâtiments 
en l'état qu'ils estoient et matériaux sous l'acceptation de 
M. Bourdon audit séminaire, à condition : 1** qu'il seroit à 
perpétuité sous la jurisdiction épiscopale ; 2** que la maison 
ne pourroit estre employée que pour les Ordinands et qu'elle 
ne pourroit servir à d'autre usage, sous quelque prétexte que 
ce soit ; 3** que ledit séminaire des Ordinands demeureroit uni 
et agrégé au séminaire de Saint-Sulpice de Paris, ledit dona^ 



(i) Le premier registre dee délibérations dn Bareau, anjourd'hai perdtt. 
(2) C'est aujourd'hui le quartier de cavalerie. 



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— 323 — 

teur n'ayant fait ladite donation que dans cette vue, et sans les 
susdites clauses il ne Tauroit faite ; et au cas (ju^à l'avenir on 
ne voulust pas y envoyer les Ordinands, ladite maison sera 
pourtant toujours occupée par les eclèsiastiques de Saint- 
Sulpice, lesquels demeureront indispensablement soumis à la 
supériorité desdits seigneurs èvesques, obligez de recevoir les 
Ordinands toutes fois et quantes qu'il plaira auxdits seigneurs 
èvesques de les y envoyer, en payant une pension convenable, 
à la charge aussi par ledit séminaire de payer la rente cons- 
tituée de trois cent vingt-cinq livres créée par ledit sieur de 
Savighac au profit de M. le marquis de Magnac, pour la 
somme de 6,500 fr., par le contrat du 25 juillet 1665, receu par 
Chazaud, notaire royal, laquelle somme avoit esté par luy 
empierrée pour bastir partie audit séminaire. 

L'union dudit séminaire à celui de Saint-Sulpice fut faite le 
4* novembre 1666, par acte receu par M® Martial Chazaud, 
notaire royal, entre Mgr. de La Fayette, évesque de Limoges, et 
M* Alexandre Le Ragois, sieur de Bretonvillers, prestre, supé- 
rieur dudit séminaire de Saint-Sulpice de Paris, aux conditions 
portées par ledit acte. Et le premier jour du mois de février 
1669, ladite maison estant en estât d'estre habitée, messieurs 
les supérieur et directeurs du séminaire de l'Ordination et les 
ordinands s'y retirèrent et laissèrent la première maison libre 
pour messieurs du séminaire de la Mission. Cependant Mon- 
sieur de Savignac voulant pourvoir à la fondation et dotation 
du séminaire de la Mission fit son testament le 18 août 1666 (1), 
receu le 26 du même mois et an par M° Rougier, notaire 
royal, par lequel il fait héritière ladite Mission et veut : 1° qu'a- 
près son décez on fasse dire mille messes pour le salut de son 
âme et qu'on enterre son corps dans le caveau de l'église du 
séminaire ; 2^ que le traité fait avec les sieurs administrateurs 
de l'hospital sera exécuté; 3** que la maison bastie proche dudit 
hospital et l'autre maison où il logeoit, ensemble la place qui 
luy sert de bassecourt avec le pouvoir d'y bastir et le jardin qui 
est au devant seroient audit séminaire de la Mission, à condi- 
tion qu'ils ne pourront, sous quelque prétexte que ce soit, rien 
prétendre de messieurs les administrateurs pour le secours spi- 
rituel qu'ils donnent aux pauvres, et oue lesdits administra- 
teurs auront l'usaçe à perpétuité d'une aes sales pour y faire 
leurs assemblées dans ledit dernier bastiment, lequel cependant 
sera entretenu aux dépens dudit séminaire ; 4^ que ladite Mis- 
sion payera au petit couvent (2) la somme de 22,000 livres qu'il 
1M.de S. 1 leur devoit et encore celle qui leur avoit esté donnée par 
a sœur de Saint-François, sa nièce (3) ; 5® que ledit séminaire de 



(1) Voyez ce testament au tome II de nos Documents historiques... . 
(t) Non ddnommd. La saito tombie indiquer qu'il s'agit de la cummunautë des religieuses 
hospitalières de Saint-Alexis. 
(3) Sans doute nièce de M. de Savignac. 



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— 824 — 

laMiB^ion fournira tous les jours un prestre pour dire U me&se 
4ans l'église dudit petit couvent, à l'heure la plus commode 
aux r^ligieuses et aonnera un confesseur du corps de ladite 
Mission pour les confesser, et ce gratuitement et à, perpétuité, 
en ce que néanmoins, où à l'avenir elles ne trouveroient pas à 

Sropos de se confesser à un éclésiastiijue dudit séminaire, il 
emeurera déchargé de ladite obligatioa de les confesser et 
ne pourra estre obligé, sous quelque prétexte que ce soit, de 
contribuer et donner à l'autre confesseur; 6^ il donne la place 
où est aujourd'huy le séminaire des Ordinaods, à certaines 
conditions où il aporta quelque changement par l'acte du 
39 octobre 1666 dont il a esté parlé; 7*^ il confirme la donation 
de l'église avec les sacristies qui sont proches de l'hôpital gé- 
néral, dont il déclare qu'il a acquis plus des deux tiers de la 
place, par l'acauisition du sieur Taillandier et transport du 
chemin ancien de ladite vigne et le restant de l'église dans le 
fonds donné pour bastir un séminaire, le tout fait bastir de ses 
deniers, etc., à la charge que le contrat fait avec les sœurs sera 

Eonotuellement exécuté et que la chapelle et chœur faits pour 
)s pauvres seront entretenus aux frais communs de l'une et 
de l'autre maison ; 8^ il donne à tous ceux qui pourroient pré- 
tendre en ses biens à chacun 5 sols ; 9^ il institue pour son 
héritier universel le séminaire de la Mission, afin que MM*^ les 
eclésiastiques oui l'habitent et habiteront puissent à perpétuité 
trouver un fonas pour entretenir ceux qui s'apliqueront à l'ins- 
truction et secours spirituel dudit hôpital sans estre à charge 
aux pauvres, etc., et [afin] qu'il se trouve un fonds pour l'entre- 
tien et subsistance des missions, qu'il veut et entend estre faites 
pour l'instruction du diocèse par les prestres dudit séminaire ; 
lOo il reconnoist que, ses dettes payées, la terre de Meillac est ce 
qui aparamment peut rester de franc et de net pour ledit sémi- 
naire de la Mission ; que possible elle pourroit leur demeurer 
chargée de quelques dettes. Il veut et entend qu'il soit permis 
et il permet à M. Bourdon, supérieur de ladite maison, assisté 
de M*"' Gaye, Mercier, Sejgonzat et de Nemange, prêtres associez 
dudit séminaire de la Mission, ou à ceux qui en cas de décez 
ou d'absence de l'un d'iceux seront choisis pour estre conjointe- 
ment avec eux conseillers pour les afaires de ladite maison, de 
vendre, changer et aliéner ladite terre de Meillac, comme ils 
verront estre non à faire, aprouvant, etc., par la confiance qu'il 
a en leur bonne conduite et prudence; à la charge pourtant 
que cette vente ou permutation se fera sous l'aveu, par l'avis 
et Aonsentement de M^^ l'évesque de Limoges ; 11*» il nomme et 
prie très humblement M^** de Limoges de vouloir faire exécuter, 
et estre exécuteur de son présent testament. 



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— 325 



XII. -r- Brève chronique anonyme du séminaire de^ Ordinançis 
de Limoges. — iS96, 

Cette chronique de quelques semaines est tirée d'un petit cahier 
in- 12 (6 feuillets pa})ier), conservé dans le fonds du séminaire des 
Ordinands aux Archives départementales de la Haute-Vienne (série 
G, no prov. 44 bis). Son importance historiciue est à peu près nulle; 
mais ce défaut nous paraît compensé par 1 intérêt péda^o^que des 
détails. L'auteur est évidemment quelque prêtre du sémmaire, dési- 
reux de faire servir Texpérience de chaque jour à la bonne organisa- 
tion des divers exercices du séminaire. A ce point de vue, sa 
chronique peut être rapprochée des règlements scolaires du xvin® 
siècle que nous avons publiés au tome II des Documents histori- 
ques sur la Marche et le Limousin. En tout cas, le narrateur ne se 
mettant point lui-même en scène et son r6le propre se dissimulant 
complètement, il ne serait point légitime d'attribuer à cette chroni- 
que le caractère de journal personnel que nous lui avions d'abord 
imputé. 



Mémoire de ce qui s'est/ait au séminaire depuis le 4^ oet. 1696 
jusques au 2P novembre de ladite année. 

L'ouverture des exercices se fit le 4® d'octobre tant pour les 
anciens ordinands que pour ceux qui êtoient receus pour ren- 
trer nouvellement au séminaire. La distribution des chambres 
se fit selon la coutume par M*" Toeconome, le matin environ 
quatre heures, pour les anciens, et l'aprèsdiner, environ deux 
Heures, pour les nouveaux. On fit distribuer aprèsdiner, par l'un 
des sonneurs, les livrets de l'intérieur de la sainte Vierçe aux 
MM" qui sont dans les ordres sacrés, mais il paroitroit plus 
convenable que chacun de ces MM*"* en prit un dans la cham- 
bre de M"* l'œconome à proportion qu'ils y viendroient prendre 
les clefs de leurs chambres, afin qu'ils fussent en état de 
réciter les premières vespres, lesquelles ils ne récitent pas sou- 
vent faute de livres. Il seroit peut-être utile aue MM*"* les nou- 
veaux, étant assemblés dans la chambre de M'' l'œconome pour 
recevoir les clefs des chambres, on les y avertit des livres qu'ils 
doivent acheter pour la retraite ; car par ce moyen : 1° on 
leur êpargneroit la sortie qu'ils font exprès pour les aller acheter 
et qui peut les dissiper ; 2** on leur donneroit le moy^n de 
s'occuper dans leurs chambres dès le premier jour. 

Le même - - - - 




commença J 

et demie, 

Vierge ; car il fut réglé que le lendemain de l'entrée on en feroit 



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- 326 — 

toujours la solennité, à moins qu'il (sic) ne fut empeschè par une 
fête double de la première ou de la seconde classe, auquel cas on 
feroit cette solennité le jour qui suivroit immédiatement apré^. 
Après matines et laudes, les MM" s'ôtant randus au réfectoir, 
on leur marqua les places qu'ils y occuperoient, ce qui fut 
cause que Ton soupa un peu plus tard et que l'on fut obligé de 
prolonger d'un quart d'heure la récréation. Peut-être seroit-il 
mieux de faire sonner à l'avenir l'office un cjuart d'heure 
plustot, affin que la récréation finissant à l'ordinaire, le sujet de 
l'oraison n'empeschat les MM"*" de s'aller coucher de bonne 
heure pour se reposer de la fatigue du voyage. 

Après la prière du soir. M*" Marlot donna le sujet de l'oraison 
sur l'intérieur de la sainte Vierge ; puis il avertit les MM" nou- 
vellement venus que le lendemain matin, au lieu d'aller faire 
oraison avec les autres dans la grande salle, ils allassent dans 
la petite. 

Il faut remarquer que le premier jour de l'entrée générale : 

l'* Il faut pourvoir qu'il ne manque aucun des officies de la 
maison, qui sont : deux sacristains pour l'église, un sacristain 
pour chaque cha];)elle avec chacun son coadjuteur, deux son- 
neurs, deux choristes pour l'office, trois visiteurs, deux per- 
sonnes pour monter l'horloge et une autre pour avoir soin des 
lampes ; 

2® Il faut avertir celui qui a soin de la lecture de table des 
livres que l'on y doit lire, et en particulier de celui de l'Ancien 
Testament par lequel on doit commencer la lecture du diner du 
lendemain. Pour ce qui regarde le Nouveau Testament, on com- 
mence ordinairement par le V^ chapitre de saint Mathieu ; 

3° Il faut avertir de ne faire sonner le réveil le lendemain 
matin qu'à cinq heures parce qu'on ne fait lever la commu- 
nauté qu'a cinq heures et demie. 

Le 10 d'octobre, on se leva à cinq heures et demie selon la 
coutume. 

Ces messieurs nouvellement entrés au séminaire s'étant 
assemblés dans la petite sale, M. Finet leur fit un petit entretien 
de l'importance d'entrer dans les desseins de Dieu touchant 
leur entrée dans le séminaire, qui n'est autre que de travailler 
à la sanctification, et des principaux moyens qu'il faut pren- 
dre pour cela. Après ce petit entretien M Finet fît un quart 
d'heure d'oraison mentale (1) tout haut sur ce sujet; puis il avertit 
les messieurs de se retirer à leurs chambres et de s'y occuper 
utilement jusques à huit heures, auquel temps ils dévoient des- 
cendre pour assister à une autre instruction. 

A huit heures, M. Maguelonne fit un entretien du règlement 
pour les nouveaux et il leur dit la suitte des exercices pour le 
reste du jour. Il leur dit aussi de sortir après le diner pour aller 
acheter les livres de retraite qu'il leur spécifia. 



(I) De même plut bu. Mais qu'est-ce qu'une oraison mentale faite à haute voix? 



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— 327 — 

On commença à quatre heures la grand'messe à laquelle 
personne ne communia, suivant la coutume qui porte que per- 
sonne des ordinands ne communie au'aprës avoir fait la 
confession générale ou extraordinaire aans la retraitte. Il n'y 
eut point de déjeuner. 

Après le diner les nouveaux sortirent pour aller acheter des 
livres. Mais on a remarqué plus haut qu'il seroit peut-être mieux 
que désormais ils les achetassent le jour précédent. 

Un peu après les vêpres solennelles de l'intérieur de la 
sainte Vierge, M. Bourget fit un entretien aux nouveaux de 
l'oraison mentale et il leur donna à chacun un exemplaire de 
la méthode pour la bien faire. Il n'y eut point d'entretien géné- 
ral pour les autres messieurs. C'est pourquoi on dit le chapelet 
à l'ordinaire. 

Le 11 d'octobre, les nouveaux s'étant rendus dans la petite 
sale à cinq heures et demye, M. Finet leur répéta sommai- 
rement le sujet qu'il avoit proposé le matin du jour précédent, 
après quoi il fit tout haut les actes du bon propos et l'oraison 
mentale ; puis il avertit de la suitte des exercices jusques à 
huit heures et demie, auquel tems ils dévoient monter à leurs 
chambres et s'y occuper pendant une demy heure. A sept heu- 
res ils descendirent portant du papier et de l'encre pour écrire le 
règlement delà retraitte que M. Bourget leur dicta. Après quoy, 
il leur expliqua une partie dô la méthode d'oraison ; puis il 
les en interrogea, L'après-dinée à trois heures, M. Bourget 
acheva de dicter le règlement de la retraitte, d'expliquer la mé- 
thode d'oraison et d'en interroger les nouveaux. A la fin de cha- 
cune de ces conférences, il leur marqua la suitte des exercices. 

11 faut remarquer que ce règlement des retraittes contient 
diverses choses qu'il ne paroit pas nécessaire ni utile de faire 
écrire aux MM**" comme l'on fait. Cela paraitra aisément à 
en [sic) faisant la lecture. 

Le soir. Monsieur Vachier donna le sujet d'oraison sur l'im- 
portance de commencer les exercices avec ferveur. 

Le 12 d'octobre. M' Finet ayant répété en abrégé le sujet 
d'oraison du soir précèdent aux nouveaux dans la petite sale, 
il fit tout haut les actes du bon propos et l'oraison mentale ; 

Suis il avertit de la suitte des exercices et qu'à neuf heures ils 
escendissent dans la petite sale. A neuf neures M^ Finet fit 
aux nouveaux un entretien de la lecture spirituelle. 

A trois heures après midy, M^ Maguelonne fit un entretien de 
divers moyens pour bien observer le règlement et du choix du 
directeur. 

Le 13 d'octobre M. Finet fit pour la dernière fois le bon propos 
et l'oraison mentale tout haut, comme le jour précèdent ; après 
auoy il avertit MM™ les nouveaux que désormais ils iroient à 
1 oraison avec la communauté. 

A huit heures on sonna la messe de communauté et après le 
déjeuner M*" Bourdon, vicaire général, fit le premier entretien de 
la retraitte dans laquelle on fit régulièrement deux entretiens 
par jour, excepté lesamedy suivant 20 octobre qu'il n'y en eut 



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— 328 — 

Îue le matin, pour donner liberté de faire les confessions l'âprès- 
inêe ; et l§ dimanche suivant, qu'il n'y en eut qu'un autre, l'a- 
Srès-dinèe, pour faire la clôture de cette retraitte, remarqua 
iverses choses dans cette retraitte : 

La première qu'il seroit nécessaire de réformer le règlement 
que l^on afficha dans la salle pour la communauté, parce qu'il 
paroit fort embarassé, contenant un grand nombre de choses 
qui ne sont d'aucun usage pour cette retraitte; 

La deuxième qu'il seroit bon de faire dès les premiers jours 
de la retraitte les entretiens de la manière de faire la confes- 
sion générale, comme aussi celui de la nécessité ; car on re» 
mctfqua que pour l'avoir fait un peu trop tard MM'* les 
nouveaux n'ont sceu à quoy s'occuper dans leurs chambres 
pendant plusieurs jours, et que les derniers jours de la re- 
traite ils ont été trop pressés, n'ayant pas assez de tems pour 
préparer leur confession ; 

La troisième qu'il seroit bon, les jours de fête qui se rencon- 
trant dant la retraitte, de sonner les vêpres un peu plustôt qu'à 
l'ordinaire, affin qu'il put y avoir un peu de tems entre l'orai- 
son qu'on fait après l'entretien d'après vêpres et le bréviaire. 

Enfin M' Bourdon résolut de distribuer lui-même les sujets 
des entretiens aux directeurs, parce qu'il remarqua que l'avoir 
fait faire par quelqu'autre il arriva' quelques inconvêniens, 
comme de ne pouvoir l'asseurer quel jour précisément chacun 
feroit les entretiens. Il arriva aussi que M. Lemaire et M. Du- 
mond le préparèrent et se présentèrent en même tems pour faire 
le même entretien. 

Le lundi 22 octobre. M' Maslot commença le traittè de Deo 
par les anciens et par les nouveaux et M' Dumond celui des 
censures. 

On commença aussi ce jour-là les conférences du chant, sur 
lesquelles il faut remarquer que, bien que parmi les nouveaux 
il y eut plusieurs personnes q^ui sceussent assès bien chanter, 
néanmoins on crut qu'il seroit utile qu'ils demeurassent pen- 
dant quelque tems dans la dernière classe avec les autres, afHn 
de pouvoir écouter l'explication de la méthode du chant. 

Le mardy 23, M*" Maguelonne fit à quatre heures et trois 

2uarts après midy un entretien général du règlement dont il 
t lire une partie, et on résolut qu'à l'avenir on feroit de même 
cet entretien d'abord après la retraitte, affin de profiter de la 
ferveur où sont pour lors les MM" pour leur en parler, et pour 
ne pas laisser plusieuris jours* MM'* les^iouveaux sans scavoir 
ce qu'ils ont à faire dans la maison. 

Le samedy suivant 27, on fit la première conférence spiri- 
tuelle à sept heures et trois auarts du soir, et pour cet effet on 
afficha selon la coutume à la porte de la salle des exercices 
un billet ou l'on avoit écrit le nom des trois MM'* qui dévoient 
se préparer pour parler. 
Le dimanche 28y M' Finet fit après vêpres un entretien de 



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— 389-^ 

rimportance de bien faire ses actions en général, affin de 
pouvoir reprendre la suitte des entretiens sur les actions en 
particulier dont on n'avoit point parlé Tannée passée. 

Le lundy suivant 29, M^ Maslot avertit que le soir de ce même 
jour on reprendroit Texplication du rituel, et que tous les M"* 
de la maison tant nouveaux qu'anciens y assisteroint, et que 
pour cela chacun fit provision d'un rituel. Le soir à quatre 
heures, M^ Finet fit la conférence du rituel et l'employa toute 
à parler de l'importance quil y a de bien prendre et de bien 
faire les cérémonies des sacremens. Dans la conférence sui- 
vante on expliqua les régies de la confirmation ou l'on en étoit 
demeuré au commencement des vacances. 

Le 1^' |our de novembre, il ny eut point de ohappelet en com- 
mun, mais on sonna l'office à l'avant quart de cina heures selon 
la coutume, à cause de l'office des morts que Ton dit après celui 
du lendemain. Quand on sonna matines à l'avant quart de cinq 
heures, tout le monde descendit comme pour dire le chappélet. 
Pour éviter cet inconvénient il seroit peut-être à propos que 
l'on fut averti quil n'y a point de ohappelet. Après le souper il 
n'y eut point de récréation et l'on avertit après les grâces oue 
chacun se retireroit à sa chambre jusques à huit heures, amn 
de prier pour les défunts. Après la prière du soir, il y eut selon 
la coutume sujet d'oraison sur les peines des âmes du purga- 
toire, lequel fut donné par M** Dumond. 

Le matin du jour des morts, on prit le camail pour la pre- 
mière fois, ainsi qu'il fut réglé l'année passée. On dit la grand 
messe plus tard qu'à l'ordinaire. On détermina qu'a l'absoute 

Î générale ondiroit à l'avenir l'oraison i^^'el^Z/umDeu^jM^ Mague- 
onne dit Absolve. 

Le 4 novembre on fit l'office de saint Charles, double ma- 
jeur, comme d'un patron moindre. La communauté du sémi- 
naire alla selon la coutume chanter la messe et les vêpres à la 
Mission. 

Quelques jours après, on commença de lire au réfectoir la 
grande vie de saint Charles Boromée. La grande satisfaction 
que tous les Messieurs eurent de l'entendre et le fruit qu'elle 

{produisit firent que M^ Bourdon détermina qu'à l'avenir on 
iroit plus régulièrement de ces sortes de livres pendant le re- 
Ïas, ceux qui traitent les choses spirituelles n'étant point si 
ien écoutés. 

Le 18 novembre, jour de dimanche, M^ Bourdon fit assembler 
tous les directeurs pour scavoir d'eux quels manquements 
chacun avoit remarqué dans la maison contre le règlement; 
et M. Maguelonne l'écrivit pour en avertir les Messieurs dans 
un entretien qu'il fit l'après-dinée. Il paroitra utile de faire de 
tems en tems ces sortes d'assemblées, car cela contriburoit 
beaucoup au bon ordre et donneroit occasion d'avertir de plu^ 
sieurs choses, dont chaque directeur oublie ou peut oublier 
d'avertir M^ Bourdon. 
On détermina aussi dans cette assemblée : 
1° Que le jour de la présentation de la sainte Vierge on 

s» 



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— 330 — 

exposeroit le Saint-Sacrement pendant les offices, mais qu'il 
ne demeureroit pas exposé depuis la fin de Toffice du matin 
jusques à vêpres, à cause du peu de personnes qui viennent 
dans notre église pendant ce tems là ; 

2^ Qu'à l'avenir on l'exposeroit de même, seulement pendant 
la grand messe et vêpres, jusques à ce qu'il y ait quelques rai- 
sons singulières qui, obligeant le monde de fréquenter davan- 
tage notre église en ce jour, oblige aussi de le laisser exposer 
tout le jour; 

3^ On régla que le renouvellement de la profession cléricale 
se feroit devant le Sàint-Sacrement exposé à l'issue de la grand 
messe ; 

4° Que, le soir, en chanteroit au salut les litanies de la 
sainte Vierge ; 

5° Qu'il seroit bon d'obtenir de nouveau l'indulgence pour 
notre église, celle qu'on avoit obtenue étant finie. 

Le même jour, immédiatement après la recréation du matin, 
M. Finet ayant fait assembler la communauté dans la salle 
des cérémonies, commença l'exercice général des cérémonies 
de la grand messe, tant pour les officiers que pour le chœur, 
lequel il continua les deux dimanches suivants : 1° affin que 
ceux qui ne se souvenoient pas bien des cérémonies s'en re- 
nouvelassent les idées; et 2^ afân de suppléer aux exercices 
particuliers qu'on ne pourroit pas faire de tous les diacres 
jusques à Noël. 

On a remarqué qu'une autre année, il sera expédiant de 
commencer cet exercice général un peu plustôt et peu de tems 
après la rettraite générale du commencement des exercices, à 
cause qu'il n'incommodera point alors les Messieurs qui sont 
plus éloignés de l'examen. 
1 La veille de la Présentation, il y eut confession générale et 
conférence spirituelle, selon la coutume. 

Le jour de la Présentation (1), on* sonna le dernier coup de 
la grand messe à huit heures et trois quarts. La cérémonie du 
matin commença d'abort par l'exposition du Saint-Sacrement, 

Sour laquelle on chanta seulement les deux dernières strophes 
e l'hymne Saeris solemniis. Après quoy on dit tout de suite 
la grand messe, laquelle étant finie les officiers se retirèrent à 
la sacristie et deux acolythes s'étant rendus devant l'autel avec 
chacun un cierge allumé, les deux Messieurs qui avoient fait 
l'office de chapiers à la messe et qui n'étoient alors qu'en sur- 
plis, commencèrent le Veni Creator, que l'on continua pendant 
que tous les Messieurs alloient faire le renouvellement de la 
profession cléricale, ce qu'ils firent de la même manière qu'on 
va à la communion. D'abort après cette cérémonie on chanta le 
Te Deum, puis on fit la clôture du Saint-Sacrement pour la- 
quelle le chœur chanta Tantum ergo. Les deux acolythes ne 



(I) Il novembre. 



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— 331 — 

disent que le verset Panem de eœlo. Et cependant M' Mague- 
lonne, qui ètoit célébrant, dit trois oraisons, scavoir celles de 
l'action de grâces, du Saint-Sacrement et de la présentation. 
Cela fit croire qu'à l'avenir il seroit à propos que les acolythes 
disent de plus le verset Benedicamus Patrem et Dignare me, 
L'après-dinée on sonna vêpres à l'ordinaire ; on exposa d'à- 
bort le Saint-Sacrement et l'on chanta pour cela O Salutaria 
hostia. Après vêpres les officiers se retirèrent à la sacristie 
pour Quitter les ornemens, et l'officiant en étant sorti pour aller 
faire le salut, on chanta Fange lingua, puis les litanies de la 
sainte Vierge, selon le chant marqué en la page 174 de l'ancien 
processionnal de Paris, deux ecclésiastiques chantant un 
verset et le chœur répondant un autre. Après quoy les... (1). 



(1) La suite do manuserit oit pordne. 



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MEMOHIA^UX 

DES VISI.TES PASTORALES DE l'ÉVÊQUE DE LIMOGES 
1762- 1765 



Les mémoriaux de visites pastorales que nous 
publions ci-après se réfèrent aux années 1762- 
1765 et ne concernent que sept des archiprêtrés 
de l'ancien diocèse de Limoges. Ces sept archi- 
prêtrés s'étendent heureusement tant sur la Marche 
que sur le haut et le bas Limousin, voire sur les 
Lsières poitevines, angoumoisines et périgourdines 
qui encadraient le diocèse. Les mémoriaux relatifs 
aux onze autres archiprêtrés ont peut-être existé: 
en tout cas ils paraissent aujourd'hui irrémédia- 
blement perdus. 

C'est un sérieux dommage que cette perte pour 
l'histoire du clergé limousin à cette époque, car, 
par leur nature comme par la qualité du ré- 
dacteur, ces mémoriaux présentent un cai^actère 
exceptionnel et une valeur inappréciable. Rédigés 
par l'évêcjue lui-même, Mgr du Flessis d'Argentré, 
ils n'étaient point dans sa pensée destinés à la 
publicité. Autrement on s'expliquerait mal la peine 
que se donne l'évêque de les mettre au net ae sa 
propre main, après les avoir rédigés primitivement, 
selon toute vraisemblance, sur les feuillets volants 
d'un carnet de voyage. Uécriture large et ferme 
du prélat est aisément reconnaissable. Le soin 



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— 334 — 

qu'il prit de dresser lui-même les tables alphabé- 
tiques avec renvois aux pages ne laisse subsister 
aucun doute sur le caractère intime qu'il attribuait 
à ces notes, non plus que sur Tusage fréquent qu'il 
en comptait faire. Ces mémoriaux oifrent par 
conséquent un degré de véracité qu'on ne rencontre 
pas toujours dans les documents de ce genre. N'é- 
crivant que pour lui, l'évêque formule ses appré- 
ciations en toute liberté, sans se sentir influencé 
par les petites considérations de personnes ou 
d'opinion. Et comme Mgr d'Argentré est un homme 
d'un jugement fin et d'un esprit délié autant qu'un 
prélat indulgent, qui s'informe de tout et ne se 
scandalise de rien, ses notes ont souvent un agré- 
ment de forme qui rehausse encore la valeur du 
fond. 

De l'enquête par lui instituée au cours de ces 
visites annuelles, il ressort un double enseigne- 
ment, que l'historien peut recueillir sans défiance : 

1° Que le clergé des sept archiprètrés de Saint- 
Junien, Rançon, Limoges, Nontron, La Meyze, 
Libersac et Anzême ne présentait à cette époque 
(la ville épiscopale demeurant hors de cause) 
aucun sujet d'élite, l'abbé Nadaud excepté, mais 
une foule de prêtres inférieurs à leur tâche par 
manque d'instruction ou par absence de zèle et de 
dévouement professionnel ; 

2^ Que ce même clergé comptait un certain 
nombre de membres indignes sur le compte des- 
quels l'évêque ne s'abusait nullement. Il faut 
reconnaître toutefois que la proportion des bons 
et des mauvais prêtres ne présentait rien d'anor- 
mal. Quinze coupables reconnus et dix-sept 
suspects sur environ quatre cent vingt curés ou 
prêtres communalistes et deux cent quatre vingts 
vicaires, cela n'est vraiment point exorbitant au 
xvm® siècle, si l'on veut bien tenir compte de la 
faiblesse humaine. Nous nous expliquons de la 



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— 335 — 

sorte rindulgence dont le prélat fait presque tou- 
jours preuve à Tégard des défaillants. 

Ces mémoriaux méritent d'être consultés enpore 
à d'autres points de vue. Outre la caractéristique 
de chaque curé, ils fournissent sur la population 
des paroisses, sur leur rattachement aammistra- 
tif, sur leur étendue et leurs confrontations, sur 
les couvents, hôpitaux et confréries qu'elles possé- 
daient, sur leurs patrons ecclésiastiques, seigneurs 
décimateurs, gentilshommes de marque, parfois 
sur l'état matériel des églises, des renseignements 
sommaires mais précis dont l'histoire locale pourra 
toujours faire son profit. 

Ces mémoriaux se trouvent aujourd'hui aux 
Archives départementales de la Haute-Vienne, 
fonds de l'évêché, série G, n^ prov. 2253. 



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I. — Visite des archiprâtrés de Saint-Jnnien et Rançon, 
commenoée le 7 Juin 1762. 



CIEUX. 

Curé : M. Matthieu Psalmet Faulte, prêtre en 1752, curé en 
1753 ; de la douceur, bon prêtre, bon curé, instruit, un air très 
décent, un peu timide, aimé dans sa paroisse. 

Vicaire : M. Pierre Faure Dumont, prêtre en 1760, vicaire en 
1760. Bon prêtre et bon vicaire, méaiocre pour la capacité. 

Patron : Monseigneur. 

Eglise : Le vaisseau assés petit, le tabernacle vieux et an- 
cien, deux grandes chapelles collatérales qui forment une 
croix dans lad. église, une sacristie à côté du sanctuaire. 

Communians : 1,100. 

Sénéchaussées de Limoges et de Montmorillon. 

Seigneur : M. de Cieux du Gros. 

Déeimateurs : Le seigneur et le curé. 

Etendue : Environ une lieue. 

BLOND. 

Curé : M. Jean-François Laçeneste, prêtre en 1746, curé en 
1755. Bon curé, capable et zélé, d'un caratère fort uni et fort 
droit. 

Vicaire : M. Louis Garât, prêtre en 1760, vicaire en 1760, 
fort médiocre pour la capacité. 

Véglise est vaste, en bon état et suffisamment décorée. 

Communians : 1,500. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Etendue de la paroisse : Trois lieues de diamètre. 

Déeimateurs : 

Seigneurs et gentilshommes : 

Patron : 

VAURIS. 

Curé : M. Joseph Teulier, prêtre en 1749, curé en 1761. Bon 
prêtre, talens médiocres. 
Vicaire : Point. 
Communians : 500. 
SénéchaUSsée : Montmorillon. 

Déeimateurs : 

Seigneur : M® de Vauris. 

Etendue de la paroisse : Une lieue de diamètre. 

Patron : M. l'abbé de Saint-Martial. 



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— 338 



CHA.MBORET. 



Il jouit en même temps du prieuré, Tun et Ta 
,tion de Mad^ Tabbesse de la Règle. 



Curé : M. Joachim Manet, absent, très infirme, bon prêtre, 
médiocre. Il jouit en même temps du prieuré, l'un et l'autre à 
la nomination < 

Vicaire : Point. 
• Communians : 400 ou environ. 

Sénéchaussées : Montmorillon et Limoges. 

Déeimateurs : Le prieur. 

Seigneur : 

Etendue de la paroisse : Environ une lieue de diamètre. 

PKYRILHA.C. 

Curé : M. Martial Cheyrou, prêtre en 1757, curé en 1759. 
Bon prêtre et bon curé quoique jeune. Il est aimé et considéré 
dans sa paroisse ; d'une bonne figure et un air d'éducation et 
de politesse. 

Vicaire : M. Jean Cheyrou, frère du curé, prêtre en 1760, 
vicaire en 1762, bon médiocre. 

Communians : 700. 

Sénéchaussée de Limoges. 

Déeimateurs et Patron : les Feuillans de Limoges. 

Gentilshommes : M. Petiot de la Mothe. 

Etendue de la paroisse : Deux lieues de diamètre. 

JAVERDAT. 

Curé : M. Pierre Parc^uet, prêtre en 1749, curé en 1758. Très 
médiocre pour la capacité ; s'en informer particulièrement de 
M. le visiteur. 

Vicaire : Point. 

Communians : 550. 

Etendue de la paroisse : Deux grandes lieues de diamètre. 

Déeimateurs : 

Seigneurs : 

Patron : Le chapitre de Saint-Junien. 

Sénéchaussée : Montmorillon et Limoges. 

CONORE. 

Curé : M. Pierre Faveau, prêtre en 1727, curé en 1742, très 
mince. 
Vicaire : Point. 
Communians : 80. 

Etendue de la paroisse : Un quart de lieue. 
Sénéchaussée de Limoges. 
Patron : M. le commandeur de Limoges. 
Seigneur : M. le commandeur. 
Déeimateur : 

ORADOUR-SUR-GLANE. 

Curé : M. Jean- Joseph Mandon, religieux de la Chancelade, 
absent par maladie, prêtre en 1734, curé en 1743, infirme ha- 



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— 339 — 

bituellement, ne manque pas d'esprit, instruit bien, brouillé 
avec son seigneur. 

Vicaire : M. François RoUé, de la paroisse de Chammiers, 
prêtre en 1750, vicaire en 1751, neveu du curé, bon prêtre, bon 
vicaire, médiocre pour la capacité. 

Communians : 800. 

Etendue : Une lieue et demie de diamètre. 

Sénéchaussée de Montmorillon. 

Patron : M. l'abbé de Léterp. 

Gentilshommes : M. d'Oradiour, M. de Lescourt d'Oradour, 
M. de Lescourt de Puygaillard de Lapleau. 

Déeimateurs : Le curé en partie. 

SAINT-VICTURNIBN. 

Curé : M. Joseph Yrieix Deschamps, prêtre en 1731, curé 
en 1744, visiteur de son canton, très bon sujet à tous égards, 
intelligent et capable de s'acquitter de touttes sortes de com- 
missions, estimé dans tout son canton. 

Vicaire : M. Léon Trufy, prêtre en 1748, vicaire en 1752, 
très bon sujet et qui mérite d'être placé incessamment par ses 
bonnes qualités et ses anciens services, d'une bonne figure et 
de la politesse. 

M. Martial Merlin, prêtre communaliste âgé d'environ 
40 ans, a été interdit par mon prédécesseur pour cause de 
mœurs et de scandale. 

Communians : 750. . 

Etendue de la paroisse : Une lieue et demie de diamètre. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : M. le duc de Mortemart. 

Déeimateur : M. le duc de Mortemart. 

SAINT-YRIEIX-SOUS-AIXB. 

M. François Mouret, prêtre en 1731, curé en 1742, un peu 
rustre et grossier, mais Don prêtre et bon homme. 
Vicaire : Point. 
Communians : 250. 

Etendue de la paroisse : 3/4 de lieue. 
Sénéchaussée de Limoges. 
Patron : Mad*^ l'abbesse de la Règle. 

Seigneur : 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

SAINTE-MARIE DE VAUX. 

M. Pierre Hugonneau, prêtre en 1714, curé en 1730, habi- 
tuellement infirme, impotant et hors d'état de faire aucune 
fonction; il étoit bon curé dans son temps. 

Point de vicaire, 

Communians : 240. 



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— 340 — 

• 

Etendxie de la paroisse : 1/2 lieue. 
Sénéchaussée : Montmorillon. 
Patron : Monseigneur. 

Seigneur : 

Déeimateur : 

Gentilshommes : 

NIEUIL. 

M. JeanPouyat, prêtre en 1737, curé en 1743, très bon curé, 
zélé, qui a du talent pour la chaire. 

Vicaire : M. Jean Pradeau, prêtre en 1759, vicaire idem ; 
bon sujet, très capable et gradué. 

Communians : 440, 

Etendue de la paroisse : 1/2 lieue. 

Sénéchaussée de Limoges. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : 

Déeimateur : M. le curé. 

Gentilshommes : M. de Puymaud. 

SAINT-OENCB. 

M. Jean Baptiste Bardy, prêtre en 1729, curé en....,boncuré, 
honnête homme, d'un caractère doux, est tranquille et pieux. 
Point de vicaire. 
Communians : 450. ^ 
Etendue de la paroisse : Une lieue. 
Sénéchaussée de Limoges. 
Patron : Monseigneur. 
Seigneur : M. de Nieuil. 

Déeimateur : 

Gentilshommes : 

VBYRAT. 

M. J.-B. Hérault, orêtre en 1740, curé en 1754 ; un peu in- 
quiet, plaintif, brouillé avec les principaux bourgeois de sa 
paroisse qui le tracassent sur tous les chefs ; il y a eu quelques 
mauvais bruits sur ses mœurs, mais qui n'ont pas été suffisam- 
ment prouvés. Il seroit à propos de le changer. Il réussiroit 
peut-être moins mal ailleurs. 

Vicaire : M. François Richard, prêtre ep 1758, vicaire en 
1761, sujet commun ; il ne demeure point avec son curé qui a 
vu avec grand chagrin l'établissement d'un vicaire a sa 
charge. 

Communians : 650. 

Etendue de la paroisse : 1 lieue et 1/2. 

Sénéchaussée de Limoges. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : M. de Veyrat. 

Déeimateur : 

Gentilshommes : 

COGNAC. 

M. Jean-Baptiste Sénemaud, prêtre en 1743, curé en 1749, 
sujet ordinaire. 



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— 341 — 

M. Philippe Mathieu, prêtre en 1758, vicaire idem; il étoit 
très foible au séminaire. 
Communians : 1,200. 
Etendue : Une lieue. 
Sénéchaussée de Montmorillon. 
Patron : Monseigneur. 
Seigneur : M. de Ch&teaumorand. 

Déeimateur: 

Gentilshommes : ..... 

SAiNT-jDNiEN : Notre-Dame. 

M. Joseph Hugon, prêtre en 17.., curé en 1732, grand oriçi- 
nal, chicaneur, singulier, inquiet et inquiétant, de l'esprit, 
mais dur et amer, assés négligeant dans toutes ses fonctions, 
haï du chapitre et peut-être avec raison. 

Vicaire : M, Jean Chabaudie, prêtre en 1753, vicaire en 1754, 
capable, mais un peu tro{) persuadé de sa suffisance et de son 
mérite, bénéficier du chapitre avec lequel il est brouillé, parce 
qu'il refuse de s'assujétir à certaines fonctions attachées à son 
bénéfice. 

M. Joseph Ailiaud, prieur de Peyrat, prêtre en 1754, vicaire 
en 1760, bon sujet et capable. 

Communians : 2,000. 

Etendue : Une lieue. 

Sénéchaussée : Limoges. 

Patron : Le chapitre. 

Seigneur : Monseigneur. 

Déeimateur : Le chapitre. 

Gentilshommes : 

MONTROLLET. 

M. Pierre Bemon, prêtre en 1736, curé en 1738, à s'in- 
former. 

M , ancien curé de Monterre, à qui mon prédécesseur a 

permis de faire bâtir une chapelle dans son bien. 

Vicaire : Point. 

Communians : 550. 

Etendue : 1/2 lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Le chapitre. 

Seigneur : 

Déeimateur : 

Gentilshommes : 

SAINT-BRICB. 

M. Antoine Dupeyron, chanoine régulier, prêtre en 1735, 
curé en 1742, poh, de l'éducation, de l'esprit. Il y a eu des 
plaintes qui n'ont pas été approfondies. 

Point de vicaire. 

Communians : 500. 

Etendue : Une lieue. 

Sénéchaussée de Limoges. 



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— 342 — 

Patron : M. Tabbé de Leyterp. 
Seigneur : M. de Saint-Brice, 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

JUSSAC. 

M. Clément Hucon de Glane, prêtre en 1718, curé en 1721, 
bon curé, honeste nomme, estimé, d'un caractère fort doux. 

Vicaire : Point. 

Communians : 400. 

Etendue : 1/2 lieue. 

Sénéchaussées de Limoges et de Montmorillon. 

Patron : Le prieur de SaintrJean de Col. 

Seigneur : 

Décimateurs : M. de Grammont et le chapitre de Saint- 
Junien. 

Gentilshommes : 

CHAILLAC. 

M. Jacques Chabaudie, prêtre en 1755, curé en 17G0, bon 
prêtre, instruit suffisamment. 
Vicaire : Point. 
Communians : 800. 
Etendue : 3/4 de lieue. 
Sénéchaussées : Limoges et Montmorillon. 
Patron : Le chapitre de Saint-Junien. 

Seigneur : 

Décimuteur : Le chapitre de Saint-Junien. 
Gentilshommes : 

LA BRBTAIGNB. 

M. Etienne Mazaud, prêtre en 1738, curé en 1746, très mé- 
diocre et fort simple. 
Point de vicaire. 
Communians : 40. 
Etendue : Le bourg. 
Sénéchaussée : Limoges. 
Patron : M. le prévôt de SaintJunien. 
Seigneur : Id. 

Décimateur : Id. 

Gentilshommes : 

BRIGUBIL-LAINé. 

M. Joseph Delaplace, prêtre en 1734, curé en 1760, homme 
de condition et qui en a tous les sentimens, très bon sujet pour 
la capacité, régulier, d'un bon exemple et d'un bon conseil, 
visiteur de son canton et fort estimé. 

Vicaire : M. André Delaplace, frère de Tarchiprétre, prêtre 
en 1747, vicaire en 1760, honnête homme, mais très médiocre 
pour la capacité. 

Vicaire : M. François Coudeau, prêtre en 1745, vicaire en 



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- 343 — 

1746, très bon sujet, d'une bonne figure, de la politesse et qui 
mérite d'être placé incessamment. 

Communians : 1500. 

Etendue : 5/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : M. de Mérinville. 

Déeimateurs : 

Gentilshommes: 

ROCHBCHOUART. 

M. Léonard de Marcillac, prêtre en 1718, curé en 1732, très 
honnête homme, irréprochable, charitable, zélé ; il a eu le 
malheur de gagner des procès contre ses paroissiens, ce qui 
les a indisposés contre lui. 

M. Léonard Brandi, prêtre en 1742, vicaire en 1754, très bon 
et ancien vicaire, qui mérite d'être placé. 

M. Brandi jeune, prêtre en 1761, vicaire en 1751, bon sujet, 
instruit et qui promet beaucoup. 

Communians : 900. 

Etendue de la paroisse, y compris Biennac : Une lieue. 

Sénéchaussée : Montmonllon. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : M. de Rochechouard. 

Déeimateurs : Le curé, le prieur et le seigneur de Roche- 
chouard. 

BIENNAC (Matrice de Rochechouart). 

M. Laurent Rayet, prêtre en 1752, vicaire en 1752, chargé 
de la desserte, paroit bon sujet; il est éloigné de s'établir à 
Biennac. 

Communiant : 900. 

SAINT-AUVKNT. 

M. Aubin Buisson, prêtre en 1731, curé en 1739, bon curé, 
capable, mais un peu singulier ; il s'est fait beaucoup de que- 
relles avec la maison de Saint-Âuvent. 

Vicaire : M. Jean Martial, prêtre en 1754, vicaire en 1760, 
bon prêtre, médiocrepour la capacité et peu d'éducation. 

Communians : 1,200. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : M. de Saint-Auvent. 

Déeimateurs : 

Gentilshommes : M*"* de Saint- Auvent. 

SAINT-CIRQ. 

M. Jean Parât, prêtre en 1741, curé en 1746, bon prêtre, bon 
enfant, fort zélé pour son église qu'il a bien ornée et qu'il tient 
dans une grande propreté, aimé de son seigneur et de sa 
paroisse. 



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— 344 — 

M. François Chaisemartin, prêtre en 1759, vicaire en 1759; 
il a de l'esprit et des bonnes mceurs, mais un peu vain quoique 
de basse naissance. 

Communians : 750. 

Etendue : 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Le chapitre de Saint-Junien. 

Seigneur •.•M. de Saint-Laurent. 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

CHASSENON. 

M. Jean-Baptiste Noailler, prêtre en 1735, curé en 1748, bon 
sujet, bon prêtre, bon curé. 

M. Léonard Chauvigné, prêtre en 1759, vicaire en 1761, bon 
médiocre, mais un peu mondain. 

Communians : 650. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussées : Angoulême et Montmorillon. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : 

Déeimateurs : ..... 

Gentilshommes : 

PRESSION AC. 

M. Aimé , chanoine régulier, prêtre en 1753, curé en 

1761; il a de la politesse et de l'éducation et paroit instruit; il a 
du goût pour les réparations et s'il tient son église comme son 
presbytère, tout ira bien. 

M. Jean Comte, prêtre en 1751, vicaire en 1751, bon prêtre, 
bon vicaire, mais qui s'est un peu trop fait valoir. 

Communians : 750. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussées : Ançoulême et Montmorillon. 

Patron : M. l'abbé ae Leyterp, 

Seigneur : M. de Pressignac. 

Décimateur : Le curé. 

Gentilshommes : 

VIDAIS* 

M. Joseph Mathieu, prêtre en 1744, curé en 1746, fort mé- 
diocre pour les talens. 
Point de vicaire. 

Communians : 

Etendue : 1/4 de lieue. 

Sénéchaussées : Montmorillon et Angoulême. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : 

Décim/iteurs : 

Gentilshommes : 

SAINT-PIERRB DE VATRB. 

M. Jacques Codet, prêtre en 1744, curé en 1752 ; de la 



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— 345 — 

Solitesse, du talent pour la chaire, aimé dans son canton ; il 
èsireroit une meilleure cure. 
Vicaire : Point. 
Communians : 200. 
Etendue : 1/4 de lieue. 
Sénéchaussée : Montmorillon. 
Patron : Monseigneur. 
Seigneur : M. de Rochechouard. 
Décimateur' .... 
Gentilshommes : 

SAINT-JEAN DE VAYRB. 

M. J.-B. Robert, prêtre en 1732, curé en 1742, curé négli- 
gent, méprisé de ses paroissiens ; on lui a reproché en fait de 
mœurs les choses les plus graves ; il est vif et emporté, et dans 
la colère il oublie toute bienséance. Il est suj^t à la goutte et 
aux vertiges. 

Vicaire : M. Raymond de la Croix, prêtre en 1761, vicaire 
en 1762, très médiocre pour les talens. 

Communians : 1150. 

Etendue : 2 lieues 1/2. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Monseigneur, 

Seigneur : M. de Rochechouard. 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

SAINT-GERVAIS. 

M. Antoine d'Estèves, prêtre en 1722, curé en 1744, homme 
fort simple, très plat, peu instruit et en général un pauvre 
homme. 

Vicaire : Point. 

Communians : 140. 

Etendue : 1/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur: 

Décirpateurs : 

Gentilshommes: 

LÉSION AC-DUR AND. 

M. Jean-Charles Guyot de Saint-Quentin, prêtre en 1753, 
curé en 1759, homme de condition fort honorable, d'une bonne 
société et aimé de ses voisins ; ne manc^ue point de talens ni de 
zèle et paroit rangé dans son domestique et tient son église 
décemment. 

Vicaire : M. Jacques de Beaufaure, prêtre en 1755, vicaire 
en 1759, sujet bon et commun, cependant au-dessus du médio- 
cre et gradué. 

Communians : 560. 

Etendue: 1/2 lieue. 

30 



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- 346 — 

Sénéchaussée : Angoulème. 

Patron: Monseigneur. 

Seigneur : M. de Lèsignac. 

Décimateurs: 

Gentilshommes : M'' et Mad® de Lèsignac qui sont dans une 
très grande pauvreté et que j'ay promis de recommander à 
M. Flntendant et d'appuyer la requête qu'ils doivent me ^eme^ 
tre au sujet du 20®. 

SAINT-QUENTIN. 

M. Pierre Lagrange, prêtre du diocèse de Poitiers, paroisse 
de Saint-Barthèlemy de Confolent, prêtre en 1742, curé en 
1758, aimé dans son canton, d'une bonne société, de la poli- 
tesse, de la gayeté et d'un bon esprit. 

Vicaire : PomL 

Communians :%00. 

Etendue ; Petite demie lieue. 

Sénéchaussée : Angoulème. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : M. de Ppessac. 

Décimateurs : 

Gentilshommes : 

LAPLBAU. 

M. Benoit Chaussade, prêtre en 1723, curé en 1739, vieux et 
sourd. 

Vicaire : Point. 
Communians : 120. 
Etendue : 1/4 de lieue. 
Sénéchaussées : Angoulème et Poitiers. 
Patron : Monseigneur. 

Seigneur : 

Décimateur: 

Gentilshommes : 

VERONOLET. 

M. Etienne Baudet, chanoine régulier, ci-devant Récollet, 
transféré prêtre en 1725, curé en 1746 ; bon curé. Nota qu'il 
n'est sorti des Récollets que pour cause d'infirmités. 

Vicaire : Point. 

Communians : 160, 

Etendue : 1/4 de lieue. 

Sénéchaussées : Angoulème et Poitiers. 

Patron : M. le prieur des Sales. 

Seigneur : 

Décimateurs : ...., 

Gentilshommes : 

MOZOK. 

M. Henry Guinguand, prêtre en , curé en , âgé de 

72 ans, très infirme et qui auroit besoin de repos et assès riche 
de son patrimome pour se passer de sa cure. 



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- 347 — 

M. Guillaume Blancheton, prêtre en 1759, vicaire idem, bon 
prêtre, mais fort médiocre pour la capacité. 
Communians : 330. 
Etendue : 1/2 lieue. 
Sénéchaussée : Angoulême. 
Patron: Monseigneur. 

Seigneur : 

Décimateur: 

Gentilshommes: 

GBNOniLLAC. 

M. Philippe Hugonneau de Fillanier, prêtre en 1730, curé en 
1748. Je ne connois ni sa capacité ni ses talens ; j'ai reçu des 
plaintes que ie n'ai pas encore approfondies sur son compte. Ses 
paroissiens lui demandent un vicaire et veulent le forcer d'en 
tenir un et m'ont présenté une requête à cet effet, prétendant 
qu'il y a un nombre suffisant de paroissiens. On lui fait aussi 
des reproches par rapport à la gestion de la fabrique. Il se sert 
d'une servante mariée, mais qui ne couche pas chez lui. 

Vicaire : Point. 

Communians : 460. 

Etendue : 1/2 lieue. 

Sénéchaussée : Angoulême. 

Patron : M. le prieur des Sales. 

Seigneur: 

Décimateur : 

Gentilshommes: 

FEURIS. 

M. Antoine Soulier, prêtre en 1724, curé en 1744, de Tes- 

Îrit, vif et un peu inquiet. M. Nauche et son fils se plaignent 
'avoir été reiusés par lui au tribunal (1) ; sa (sic) plainte est 
un peu ancienne, ce qui engagea mon prédécesseur en 1751 de 
lui accorder, à toute sa famille et à ses domestiques, partout où 
bon leur sembleroit, même pour la communion paschale (2). Je 
n'ai pas cru devoir leur accorder la continuation de la même 
permission n'i aiant pas de nouvelles plaintes et de nouveaux 
refus de sa part ; il est processif et plusieurs autres paroissiens 
se plaident de lui 

Vicaire : Point. 

Communians : 360. 

Etendue : 

Sénéchaussée \ Angoulême. 

Patron : M. le prieur des Sales. 

Seigneur : 

Décimateur : 

Gentilshommes : 



(1) C'Mt- à-dire an confessionnal. 

(t) La phrase n'est pas complète ; mais lo sens se deyine aisément. 



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— 348 — 

LAPBRUSSE. 

M. François Pouchat, prêtre en 1748, curé en 1758, très 
bon curé, fort estimé de ses confrères et qui mérite avec le 
temps d'être mieux placé. 

Vicaire : Point. 

Communians : 250. 

Etendue : 1/4 de lieue. 

Sénéchaussées : Angoulème et Poitiers. 

Patron : M. le prieur de Lapeyruse. 

Seigneur : M. le prieur de Lapeyruse. 

Décimateur : Id. 

Gentilshommes : Point. 

LE PETIT-MAS-DIEU DE MALTHB. 

M. Anioine Valade, prêtre en 1732, curé eu 1741, très mince 
âujet, mauvaise tête. 
Vicaire : Point. 
Communians : 120. 
Étendue : 1/4 de lieue. 
Sénéchaussée : Poitiers. 

Patron : M. le commandeur du Gran Mas-Dieu. 
Seigneur : Id. 

Décimateur : Id. 

Gentilshommes : 

MASSIGNAC. 

M. Pierre Nadaud, prêtre en 1739, curé en 1750, visiteur, 
très bon curé, fort régulier, paroit avoir Tesprit porté à la con- 
ciliation et cependant il est amateur du bon ordre ; on peut 
compter avec assurance sur son rapport. Il est d'un caractère 
gay, fort aimé et estimé de ses conirères. 

Vicaire : M. Joseph Chamoyneau, prêtre en 1761, vicaire 
en 1762, bon médiocre. 

Communians : 640. 

Étendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussées : Angoulème et Poitiers. 

Patron : Monseigneur. 

Décim>ateurs : Les Jésuites (1) et M. le curé. 

Gentilshommes : 

ROUMAZIÈRBS. 

M. Martial Paignon, prêtre en 1722, curé en 1744, bon 
homme, mais mince à tous égards. 
Vicaire : Point. 
Communians : 180. 



(1) Voyex en effet notre Inventaire det Arehite» départementale* de la Haute Virm me, 
série D. 



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— 349 — 

Sénéchaussée : Angoulème. 
Étendue : 1/4 de lieue. 
Patron : Monseigneur. 

Déeimateurs : 

Gentilshommes : 

Chabanois : Saint-Sèbastien (1). 

M. Annet-Joseph des Bordes, prêtre en 1719, curé en 1724, 
bon homme, l'esprit original et facessieux. Il tient son église 
proprement ; est Tort aimé et estimé de ses paroissiens. 

Vicaire : Point. 

Communians : 500. 

Etendue : 1/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Ângouléme. 

Patron : 

Seigneur : M. de Chabannois. 

Déeimateurs : 

Gentilshommes : 

ORENORD. 

M. François Rousset, prêtre en 1740, curé en 1742, pauvre 
sujet, grand chicanneur contre lequel on m'a porté souvent des 
plaintes. 

Vicaire : Point. 

Communians : 300. 

Etendue : Petite demie lieue. 

Sénéchaussée : Angouléme. 

Patron : M. le patron des Sales. 

Seigneur : 

Déeimateurs: 

Gentilshommes : .,... 

CHIRAC. 

M. Jean Planteau, prêtre en 1750, curé en 1751, mince sujet, 
peu régulier; il m'a promis de renvoyer sa sœur; négligent et 
malpropre dans sa maison et dans son église qui sont mal 
tenues. 

Vicaire : Jean Cordeau, prêtre en 1742, vicaire en 1742, bon 
sujet, d'un caractère doux et honnête et qui mérite d'être placé 
promptement. 

Communians : 750. 

Etendue : 5/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Angouléme. 

Patron : Monseigneur. 

Décimateur : 

Seigneur : 

Gentilshommes : 



(i) Saint-Pierre de Chabannois, renvoyij à la fin après Saint-Pierre de Saint-Junien (^ote 
au manMêcritJ. 



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— 350 — 



CHABRAC. 



M. Michel Daureix, chanoine régulier, prêtre en 1756, curô 
en 1759, encore jeune curô et qui pourra se former dans le mi- 
nistère. 

Vicaire : Point. 

Communians : 400. 

Etendue : 1 lieue. 

Sénéchaussée : Angoulôme. 

Patron : M. Tabbé de Leyterp. 

Décimateur : 

Seigneur : 

Gentilshommes : 

ETAGNAC. 

M. Pierre Mayjonade, prêtre en 1726, curé en 1759, ci-de- 
vant curé de Chasteaux dont je l'ai obligé de se défaire à cause 
des plaintes ^aves que Ton m'avoit portées sur ses mœurs. 
Il avoit été ci-devant pour la même cause exilé. Il ne m'est pas 
revenu de nouvelles plaintes depuis qu'il est à Ëtagnac ; il 
commence à être vieux et à devenir infirme. 

Vicaire : M.Jean de la Croix, prêtre en 1755, vicaireen 1758, 
petit médiocre. 

Communians : 760. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Angoulême. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur: 

Décimateur : 

Gentilshommes: 

SAUJON. 

M. Pierre-Noôl Grafîard, chanoine régulier, prêtre en 1734, 
curé en 1747. Il a de l'esprit, de la politesse et un bon maintien 
et paroit homme fort sensé. 

Vicaire : M. Jean Périgord, prêtre en 1751, vicaire en 1755, 
médiocre. 

Communians : 750. 

Etendue : 1 lieue. 

Sénéchaussée : Angoulême. 

Patron : M. l'abbé de Leyterps. 

Seigneur: 

Décimateur: 

Gentilshommes: 

LB CHAMBON. 

M. Joseph Parrical, prêtre en 1742, curé en 1749, très mince 
sujet pour les talens, fort intéressé au point de refuser les 
sacremens et d'entendre en confession, même de donner des 
billets aux personnes avec lesquelles il a des discussions ; 
violent et emporté et de mœurs très suspectes. 

Vicaire : Point. 



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— 351 — 

Communians : 100. 

* Etendue : 

Sénéchaussée : Angouléme. 

Patron : M, le commandeur du Grand Mas-Dieu. 

Seigneur: 

Décimateur: 

Gentilshommes-. 

BTXIDBUIL. 

M. François de Lagrange, prêtre du diocèse de Poitiers, 

1>rètre en , curé en De la politesse, fort honorable chez 
ui et obligeant ; ses talens pour le ministère sont fort ordi- 
naires ; suj«t à la goutte; il a chez lui une jeune servante qu'il 
conviendroit de renvoyer. 

Vicaire : M. François de Laborderie, prêtre en 1760, vi- 
caire en 1761, bon prêtre, bon vicaire^ médiocre pour la ca- 
pacité. 

Communians : 800. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Angouléme. 

Patron : M. Tabbé de Leyterp, 

Seigneur : M. de Montmartel. 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

CoNFOLBNT : Salut-Maxime (1). 

M. Jean Seguin, chanoine régulier, prêtre en 1733, curé en 
1747, grand homme, de bonne mine, d'une figure très décente 
et imposante, vif, mais foncièrement bon, instruit, tenant bien 
sa paroisse et son église ; il est en procès avec le curé d'Ësse 
et, quoiqu'il en dise, je crois qu'il aime un peu la chicanne et 
entier dans son sentiment. 

Vicaire : Jacques Duclos, prêtre en 1745, vicaire en 1748, 
bon médiocre, un peu vif, s'accordant cependant très bien avec 
son curé qui en dit du bien. 

M. François Méandre, communaliste, prêtre en 1735, non 
approuvé, 

Communians : 550. 

Etendue : 1/2 quart de lieue. 

Sénéchaussée : Angouléme, 

Patron : M. l'abbé de Leyterp. 

Décimateur : 

Seigneur : M. de Confolent. 

Gentilshommes ' 

Nota. Un hôtel-Dieu desservi par des hospitalières tirées de 
celles de Lusignan. Elles sont au nombre de cinq et peuvent 



(1) Saint-Michel, renvoyé à U fin à la «uito de Saiut-Pierro do Chabannois (Note du 
manutcriij. 



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— 352 — 

avoir 600 livres de revenu ; il y a 8 lits : 4 pour les hommes et^ 
4 pour les femmes. Le prieur en est le principal administra- 
teur. 

AZA-SUR-VIENNE. 

M. Michel- Augustin Lequeyru , chanoine régulier, prêtre en 

17 , curé en 1743, vieux et infirme et depuis plus ae 12 ans 

hort d'état de faire aucune fonction. Sa paroisse demande un 
second vicaire et son revenu est assés considérable pour en 
avoir un. 

Vicaire : M. Jean-Baptiste Tally, prêtre en 1730, vicaire 
en 1733, bon sujet et très ancien vicaire qui mérite d'être placé 
dans quelque cure de convenence. 

Communians : 560. 

Etendue : Une bonne 1/2 lieue. 

Sénéchaussée : Poitiers. 

Patron : M. Tabbé de Leyterp. 

Décimateur : 

Seigneur : 

Gentilshommes : 

LESIGNAC-SUR-GORRB. 

M. Nicolas Polinier (?), chanoine régulier, prêtre en 1721, 
curé en 1739, bon homme, soigneux de son église. 
Vicctire : Point. 
Communians : 380. 
Etendue : 1/2 lieue. 
Sénéchaussée ; Angoulême. 
Patron : M. l'abbé de Leyterp. 

Décimateur: 

Seigneur : 

Gentilshomm£s : 

MANOT. 

M. Pierre Favard, prêtre en 1750, curé en 1760, bon garçon, 
mais très médiocre à tous égards. 

Vicaire: M. Simon Dupuy, prêtre en 1759, vicaire en 1761, 
très médiocre. 

Communians '. 700. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Angoulême. 

Patron : M. l'abbé de Saint-Martial. 

Décimaleurs: 

Seigneur : M. de Fennelon. 

Gentilshommes : 

LOUBERT. 

M. Jean Pagnon, prêtre en 1757, curé en 1758, très médio- 
cre pour les talens et la capacité, sujet au vin, suspect pour 
les mœurs et avec fondement. Il a eu une jeune servante chez 
lui qui y est devenue grosse et qui, aiant été mariée depuis, 



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— 353 — 

n'a cessé de fréquenter sa maison, quoiqu'elle n'y couchât pas, 
et d'agir en maîtresse. Je lui ai expressément deffendu de la 
recevoir chez lui et il me l'a promis. 

Vicaire : Point. 

Communians : 90. 

Etendue: 

Sénéchaussée : Angouléme. 

Patron : M. l'abbé de Leyterp. 

Décimateurs *. 

Seigneur^ 

Gentilshommes: 

SAINT-MAURICE-DBS-LIONS. 

M. J.-B. Ventenat, prêtre en 1744, curé en 1746 ; très bon 
prêtre et bon curé, zélé pour son église et pour les fonctions de 
son ministère, il désireroit se rapprocher de Limoges et de sa 
famille. 

Vicaire : Paul Peyrinaut, prêtre en 1761, vicaire en 1762 ; 
bon médiocre. 

Communians : 1,400. 

Etendue : 5/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Angouléme. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneurs : Monseigneur et M. de Confolent. 

Décimateurs : Idem et M. de Leyterp. 

Gentilshommes : 

s AINT-OERM AIN-SUR-VIBNNB . 

M. François Barrier, prêtre en 1748, curé en 1756 ; sujet 
commun et très ordinaire. 
Vicaire : Point. 
Communians : 160. 
Etendue : Une portée de fusil. 
Sénéchaussée : Le Dorât. 
Patron : M. l'abbé de Charoux. 

Décimateur : 

Seigneur : 

Gentilshommes: 

ESSE. 

M. Simon Tranchant, absent, prêtre en , curé en 1758; 

en procès avec le prieur de Saint-Maxime, et à Paris pour Cette 
raison. 

Vicaire : M. Jacques Auvié de Saint-Rémy, médiocre. 

Communians : 525. 

Etendue : Une lieue. 

Sénéchaussée : Angouléme. 

Patron : Monseigneur. 

Décimateur : 

Seigneur : 

Gentilshommes : 



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— 354 — 



LETTERP. 



M. Jean-Baptiste Perdrigeon, chanoine régulier, prêtre en 
1746, curé en 1760, bon homme, d'un caractère fort uni, très 
honorable chez lui ; son église et sa maison ont besoin de beau- 
coup de réparations. 

Vicaire : Jean-François de Lapierre, chanoine régulier, prê- 
tre en 1757, vicaire en 1761. 

Louis-Joseph FoUetier, chanoine régulier, prêtre en 1756, 
vicaire en 1761. 

Communians : 700. 

Etendue : 1/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Confolent. 

Patron : Les religieux de Léterp. 

Seigneur : M. Taobé de Léterp. 

Décimateur ; Id. 

Gentilshommes : 

SAINT-MARTIAL PRES BARBAN. 

M. Christophe Malbay de Bellac, prêtre en 1726, curé en 
1730, bon homme, aimé et estimé ; il étoit un peu chasseur, 
mais je crois qu'il y a renoncé. Quoiqu'il n'ait que 400 commu- 
nians il désireroit d'avoir un vicaire d'un bon caractère et 
d'une bonne société ; il vit bien chez lui et a du bien de patri- 
moine. Quoique son clocher soit situé à 100 pas de l'église de 
Saint-Barban, diocèse de Poitiers, il m'a prié d'approuver 
pour sa paroisse le vicaire de Saint-Barban, ce que je lui ai 
accordé. 

Vicaire : Point. 

Communians : 400. 

Etendue : 1 lieue. 

Sénéchaussées : Poitiers et Limoges. 

Patron : Le chapitre du Dorât. 

Seigneurs : .... 

Décimateurs: 

Gentilshommes : 

BRILHAC. 

M. Pierre Boutinon, prêtre en 1720, curé en 1732; visiteur, 
très bon prêtre et curé, mais fort infirme et presque hors d'état 
de faire ses fonctions. 

Vicaire: M. Jean Boutinon, prêtre en 1761, vicaire en 1762, 
très médiocre pour la capacité et fort infirme, quoique jeune. 

M. Jean Robert, prêtre en 1757, vicaire en 1762, très bon 
sujet à tous égards et gradué ; il est fort estimé dans son can- 
ton et particulièrement de son curé. On dit qu'il veut lui ré- 
signer. 

Communians : 960. 

Etendue : 1 lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 



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— 355 — 

Patron : Le chapitre du Dorât. 

Seigneur : 

Déeimateur : 

Gentilshommes : 

s AINT-CHRISTOPHLE . 

M. J.-B. Dessain, chanoine régulier, prêtre en 1748, curé en 
1757, de Tesprit, doux, bon sujet. 

Vicaire : M. Etienne Valette de Morange, prêtre en 1761, 
vicaire en 1762 ; bon sujet, fort capable, mais un peu scrupu- 
leux. 

Communians : 950. 

Etendue : Petite lieue. 

Sénéchaussée : Confolent. 

Patron : M. l'abbé de Leyterp. 

Seigneur : 

Déeimateur ; 

Gentilshommes: 

ANIBRBS. 

M. François Rampnoulx, prêtre en 1728, curé en 1742, bon 
prêtre, talens communs. 

Point de vicaire. 

Le curé m'a prié d'approuver un jeune prêtre du diocèse de 
Poitiers. J'ai acquiescé à sa demande jusqu'à ce qu'il ait ob- 
tenu un vicaire en titre de M. Girard. 

Communians : 600. 

Etendue : 1/2 lieue. 

Sénéchaussées : Poitiers et Bellac. 

Patron : M. l'abbé de Leyterp. 

Seigneur : Guyot d'Anières. 

Décimateurs : 

Gentilshommes : 

OAJOUBERT. 

M. J.-B. de Verdilhac, prêtre en 1745, curé en 1750. 

Vicaire : Point. 

Communians : 12(3. 

Etendue : Petite demie lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron : l'abbesse de Ligneux. 

Seigneur: 

Décimateurs : 

Gentilshommes : 

CHAMPEAUX. 

M. Antoine Belliot, prêtre en 1760, curé en 1762, jeune prê- 
tre, mais qui parait bon enfant; il est encore peu formé au 
ministère ; la cure ne vaut que 200 livres ; mais le fermier le 
prend chez lui à condition d'élever ses enfans. 

Point de vicaire, 

Communians : 70. 



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— 356 — 

Étendue : 1/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron : M. le commandeur de Charapeaux. 

Seigneur : Id. 

Déeimateur : Id. 

Gentilshommes: 

Nota. Le sieur Tixier en ètolt vicaire régent, mais il s'est 
retiré auprès de Thomme d'affaires de M. de Meyrinville, son 
protecteur, aiant fait paroitre quelques traits de folie occasion- 
nés par des excès de vin. 

ORADOUR-FANOIS. 

M. Philippe Rabilhac, prêtre en 1729, curé en 1733, visi- 
teur, bon curé, mais un peu avantageux, défaut qui lui est 
commun avec ceux de sa famille. 

Vicaire : M. Antoine Maurat, prêtre en 1760, vicaire en 1760, 
bon médiocre. 

Communians : 600. 

Étendue : 1/2 lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : M. de Marcillac de Confolent. 

Déeimateur : 

Gentilshommes : 

SAINT-QUENTIN PRÈS LEYTERP. 

M. Louis-Joseph Darfeuille, prêtre en 1733, curé en 1740, 
homme de condition, très vif, mais bonhomme; peu de talens. 
Il a chez lui une nièce âgée d'environ 22 ans qu'il fait coucher 
dans la même chambre que lui, les deux lits n'étant sépa- 
rés que par une chaise, ce qui fait tenir de fort mauvais dis- 
cours et soupçons sur le genre d'incommodité dont sa nièce est 
attaquée. 

Église mal tenue, sans soin, sans proi)reté; la sacristie 
comme une cave, sans être pavée, fort humide ; les ornemens 
tenus sans soin, pas une aube ni un surplis plies, ce qui mar- 
que dans le curé la plus grande négligence. Il se charge de 
ferme et fait toutes sortes d'affaires et de négoces ; il a acquis 
dans sa paroisse pour plus de 2,000 livres de fonds par son 
économie. En général il paroit n'avoir ni le ton ni l'esprit ecclé- 
siastique, mais celui d'un homme gentiilàtre. 

Vicaire : Il n'y en a point actuellement, M. Belliot l'aiant 
quitté pour aller à Champeaux. 

Communians : 560. 

Étendue : 1/2 lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron : Le| chapitre de Saint-Etienne. 

Déeimateur : Le chapitre de Saint-Etienne. 

Seigneur: 

Gentilshommes : M. Hugot du Doignon. 



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— 357 — 

NOUIC. 

M. Jean Crozat, prêtre enl737, curé en 1753, visiteur de son 
canton ; il n'est pas d'une taille ni d'une figure avantageuse, 
mais il est bien dèdomagè par un bon caractère, l'esprit, la 
politesse et l'usage du monde et desconnoissances. Il est aimé 
et estime dans tout son canton et principalement de la maison 
de Meyrinville. 

M. Mathieu Alaboissette, prêtre en 1749, vicaire idem, bon 
sujet à tous égards et recommandé tout particulièrement par 
M. de Meyrinville ; il a une figure et un extérieur très modeste 
et très décent. 

Communians : 1,000. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Mad. l'abbesse de la Règle. 

Déeimateurs : Mad. l'abbesse, M. de Meyrinville. 

Seigneur : M. de Meyrinville. 

Gentilshommes : M. des Moniiers d'Auby. 

MORTEMART. 

M. Pierre Mazoyer, prêtre en 1742, curé en 1747, d'un em- 
bonpoint et d'une taille énormes, qui fait craindre quelque 
attaque d'apoplexie. Sa cure ne vaut pas la portion congrue. 
Il demande avec instance un changement pour une cure qui 
lui donne de quoi vivre ; mais il ne lui faudroit pas une cure 
où il y eut beaucoup de travail, eu égard à sa grosseur qui ne 
lui permet pas de se donner beaucoup de mouvement ; il ne 
manque point d'esprit ni de capacité. 

Vicaire : Point. 

Communians : 200. 

Etendue : Le bourg. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Monseigneur. 

Décimateur : 

Seigneur : 

Gentilshommes : 

Nota qu'il y a à Mortemart deux communautés : une 
d'Augustins qui tiennent une espèce de petit collège et qui ont 
des bourses (1) ; une de grands Carmes qui sont chargés de la 
direction de l'hôpital. 

MEYZlàRES. 

M. Jean Elitas de Belac, prêtre en 1726, curé en 1732, très 

{»auvre sujet et regardé comme tel dans son canton où il est 
brt peu estimé et aimé, intéressé et avare ; il a acheté de ses 
économies pour 12,000 livres de fonds dans sa paroisse et de 



(1) Sur ce collège de Mortemart, voyos une note que nous avons insérée dans le Buttitin 
de la Société arekéologiqug du limouHn, XXXII, 



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— 358 - 

plus la liéutenance de roi de Belac, 3,000 livres^ pour son ne- 
veu. La paroisse se plaint des tracasseries qu'il suscite jour- 
nellement, et en particulier de ce qu'il n'a pas de vicaire. On 
prétend qu'il ne veut point en avoir chez lui et ceux qui y ont 
demeuré se sont plaints qu'il les faisoit mourir de faim. Il vou- 
droit avoir pour vicaire un jeune diacre de son bourg qui est 
actuellement au séminaire et dont il faudra s'informer; on ne 
peut pas être plus malpropre et plus négligent dans son église 
et dans sa maison que l'est le sieur curé. Son caractère est ti- 
mide et nonchalent. Je ne lui crois pas d'autres vices. 

Vicaire : Il n'y en pas à présent. 

Communians : 850. 

Etendue : Une lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron : Le chapitre du Dorât. 

Déeimateur : 

Seigneur : M. Delary, méchant et parlant mal de tout le 
monde et de son curé, ce qui doit rendre fort suspect tout le 
mal qu'il en dit. 

Gentilshommes : M. Delary. 

MORTBROL-SEN ARD . 

M. Jean-Baptiste Bigaud, prêtre en 1755, curé en 1756, bon 
prêtre et bon curé quoique jeune. Il est frère du prieur de 
Mag^nac. 

Vicaire : Point. 

Communians : 700. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussées : Montmorillon et le Dorât. 

Patron : Monseigneur. 

Déeimateur : 

Seigneur : 

Gentilshommes : 

BUSSlàRB-BOFFY. 

M. Joseph Duroy de Chaumareix, prêtre en 1733, curé en 
1736, homme de condition, très mince sujet. 

M Daché, prêtre en 1753, vicaire en 1762, médiocre. 

Communians : 850. 
Etendue : 1/2 lieue. 
Sénéchaussées : Limoges et Poitiers. 
Patron : Mad. l'abbesse de la Régie. 

Déeimateur: 

Seigneur : 

Gentilshommes : 

BELAC. 

M. Antoine Denesmond, prêtre en 1754, curé en 1755, grand 
homme de bonne mine, de l'éducation, de la politesse, fort 
honorable chez lui, de l'esprit et des connoissances dans le 
ministère, aimé et estimé des honnêtes gens de Bellac. 



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— 359 — 

M. Jacques Crouzeau, vicaire et communaliste. 

M. François Feydeau : Id. 

M. Joachim Lerroi : Id. 

Communiana : 2,400. 

Etendue : 1/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Belac. 

Patron : Le chapitre du Dorât. 

Décimateur : 

Seigneur : 

Gentilshommes : M. de Montbas, M. Delary, M. Delavault. 
J'ai promis au dernier de tonsurer un neveu de sa femme, s'il 
se prèsentoit l'occasion d'un petit bénéfice pour lui procurer de 
l'éducation. 

PBYRAT. 

M. de la Buxière, prêtre en ...., curé en ...., absent et fugi- 
tif à justice ; il a eu une affaire criminelle pour cause de 
mœurs et scandale qui l'a déshonoré. Il a été jugé pour le délit 
commun par l'ofïicial de Guéret qui le condamna à trois mois 
de séminaire. J'obtins, sur la procédure envoiée et communi- 
quée à M. de Saint-Florentin, une lettre de cachet pour le faire 
enfermer aux Cordelière de Boisféru (1), espérant par ce 
moyen le soustraire aux poursuites criminelles; mais M. le 
procureur général de Paris, sur un supplément d'information, 
obtint la levée de la lettre de cachet et le décréta de nouveau 
pour être traduit dans les prisons de Bellac et son procès lui 
être achevé. Mais sur l'avis qu'en eut le sieur curé, il s'évada 
des Cordeliers de Boisféru et est actuellement errant et fugitif 
sans qu'on sache sa demeure. Nota : Sa servante a été con- 
damnée par contumace au siège de Bellac à être pendue pour 
crime de suppression d'enfant et d'homicide, dans laquelle 
accusation le curé se trouve enveloppé. Le siège de Bellac et 
en particulier le lieutenant général criminel ont témoigné 
beaucoup d'animosité contre lui. 

Vicaire : M. Pierre Roumilhac, prêtre en 1752, vicaire régent 
en 1761 ; il ne manque point d'esprit ni de capacité ; il est même 
zélé et a gagné la connance de cette paroisse qui est très diffi- 
cile à mener et à servir, eu égard à son étendue. On l'accuse 
d'aimer un peu trop la dépense. 

Communians \ 700. 

Etendue : Une lieue. 

Patron : Le chapitre du Dorât. 

Sénéchaussée : Bellac. 

Décimateur'. Le curé. 

Gentilshommes : 

Seigneur: 



(1) Boisferra, commune de Linards, arrondiMemont de Guéret. Les Cordehert y pesté- 
daient un petit hdpital qui semble remonter & la fin du ziv* siècle. 



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— 360 — 

BLANZAC. 

M. Gabriel Rey, prêtre en 1729, curé ei:i 1736, ne manque 
point d'esprit et bon curé, quoique de Bellac (aie). 
Vicaire : Point. 
Communians : 450, 
Etendue : 3/4 de lieue. 
Sénéchaussée : Bellac. 
Patron : Monseigneur. 

Déeimateur: 

Seigneur: 

Gentilshommes: ..,,. 

LAOUDET. 

M. Léonard Gônébrias, prêtre en 1717, curé en 1725, bon 
sujet. 

Vicaire : Point. 

Communians : 40. 

Etendue : Il n'y a que le bourg. 

Sénéchaussée : Bellac. 

Patron : M. le prieur de Saint-Gérard. 

Déeimateur l M. le curé. 

Seigneur : Id. 

Gentilshommes : 

SAINT-JULISN-LES-COlfBBS. 

M. Joachim Lasalle, prêtre en 1729, curé en 1743, d'une 
bonne figure, d'un bon maintien, capable et instruit ; il a tra- 
vaillé longtemps en qualité de prêtre habitué sur la paroisse 
de Saint-Eustache de Paris. 

Vicaire : Point. 

Communians : 300. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Bellac. 

Patron : M. l'abbé de Leyterp. 

Déeimateur: , 

Seigneur: 

Gentilshommes : M. de Montarin. 

SAINT-BONNBT-LA-MARCHB 

M. Jean Badou, prêtre en 1725, curé en 1737 ; il passe pour 
avare ; on prétend que sa sacristie et ses vases sacrés sont 
mal tenus quoique sa cure soit bonne ; très médiocre pour les 
talens et pour la capacité. 

Vicaire : Point. 

Communians : 500. 

Etendue: 

Sénéchaussée: Bellac. 

Patron : Monseigneur. 

Déeimateur: 

Seigneur : M. de Saint-Martin de Baignac. 

Gentilshommes : Id. 



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— 361 - 



LAGARttt. 



M. Martial de la Salle, prêtre en 1725, curé en 1727; bon 
caractôre, un ipen de difficulté à parler. 
Vicaire : Point. 
Communians : 35. 
Etendue : Deux portées de fusil. 
Sénéchaussée : Le Dorât. 
Patron : Le prieur de Saint-Gèrald. 

Décimateurs : 

Seigneur: 

Gentilshommes: 

BBRNBUIL. 

M. Michel Lafont, prêtre en 1749, curé en 1750; basse 
extraction et sujet mince, peu estime dans sa paroisse. 

Vicaire : M , vacant actuellement. 

Communians : 550. 
Etendue : Une lieue. 
Sénéchaussée : Bellac. 
Patron : Le chapitre du Dorât. 
Décimateur : ./.... 

Seigneur : 

Gentilshommes : 

BRELIOFAS (1). 

M. Joseph Martin, prêtre en 1729, curé en 1740 ; bon sujet 
à placer dans une meilleure cure. 
Vicaire : Point. 
Communians : 120. 
Etendue : Le bourg. 
Sénéchaussée : Montmorillon. 
Patron : M. le commandeur de Limoges. 
Décimateur : Id. 

Seigneur : Id. 

Gentilshommes : 

VAQnBURS. 

M. François Lafleur de Thouvera, prêtre en .1738, curé 
en 1753 ; bon curé, mais médiocre pour les talens. 
Vicaire : Point. 
Communians : 70. 
Etendue : Petite demie lieue. 
Sénéchaussée : Bellac. 
Patron : Les religieuses de Montazé. 

Décimateur : 

Seigneur : 

Gentilshommes : 



(t) Aujourd'hui BreuUaufa. 



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— 362 — 

LACROIX. 

M. Ërissaud, absent pour cause de maladie, prêtre et curé 
en 1731 ; sujet très ordinaire ; on n'en a jamais entendu parler 
ni en bien ni en mal. 

Vicaire : Point. 

Communiana : 500. 

Etendue : 1/2 lieue. 

Sénéchaussées ; Bellac et le Dorât. 

Patron : M. Tabbè de Saint-Martial. 

Décimateur : 

Seigneur : 

Gentilshommes : 

LE DOHAT. 

M. Joseph Vételay de Montgomard, prêtre en 1738, curé en 
1740, visiteur, très bon homme, excellent sujet, considéré dans 
la ville et dans tout son canton. On peut compter sur ses rap- 
ports ; il est en même temps chanoine théologal. 

Vicaire : M. Pierre-Jacques Boussy, prêtre en 1753, vicaire 
en 1755, bon médiocre. 

Communians : 1,250. 

Etendue : Demie-lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron : Le chapitre. 

Seigneur : Le roi. 

Gentilshommes : 

Déeimateurs : 

SAINT-SORNIN. 

M. Antoine Maurat, prêtre en 1749, curé en 1750. 

Vicaire : Point. 

Communians : 500. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Etendue : 1/4 de lieue. 

Patron : Le chapitre du Dorât. 

Seigneur : 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

LE PONT SAINT-MARTIN. 

M. André Loret, prêtre, chanoine régulier, prêtre en 1729, 
curé en 1749, sujet assés commun qui m'a paru fort négligé et 
fort négligent. 

Vicaire : Point. 

Communians : 440. 

Sénéchaussées : Bellac et le Dorât. 

Étendue : 1/2 lieue. 

Patron : M. Tabbé de Leyterp. 

Seigneur : 

Décimateur : 

Gentilshommes : 



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— 363 — 

ORA0OUR SAINT-0ENE8T. 

M. Etienne-François Bigaud, prêtre en 1724, curé en 1736, 
▼isiteur, très bon sujet, goûteux. 
Vicaire : Point actuellement 
Communians : 800. 
Étendue : 1 lieue. 
Sénéchaussée : Le Dorât. 
Patron : Le chapitre du Dorât. 

Décimateur : 

Seigneur \ 

Gentilshommes : 

VOULONS. 

M. Antoine Roby, prêtre en 1753, curé 1759, d'une figure 
assès modeste et décente, mais un peu précieuse. 
Vicaire : Point. 
Communians : 140. 
Étendue : 1/2 lieue. 
Sénéchaussée : Le Dçrat. 
Patron : Mad. Tabbesse de la Règle. 
Décimateur : Id. 

Seigneur : 

Gentilshommes : 

LA BAZEUGB. 

M. Joseph Marcoulx, prêtre en 1737, curé en 1738. 

Vicaire : Point. 

Communians : 250. 

Etendue : 1/2 lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron : Le chapitre du Dorât. 

Décimateur : 

Seigneur: 

Gentilshommes : 

DINSAC. 

M. François Malebay de Saint-Sauveur, prêtre en 1741, curé 
en 1746 ; bon sujet, il prétend avoir des protections auprès de 
Mgr Tévéque d'Orléans et m'a demandé, en conséquence, une 
attestation de vie et mœurs que je lui ai accordée. 

Vicaire : Point. 

Communians : 250. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron : Le chapitre du Dorât. 

Décimateur : .... 

Seigneur : 

Gentilshommes : 

SAINT-OUEN. 

M. Pierre Micoult, prêtre en 1729, curé idem, sujet très 
commun. 



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— 364 — 

Vicaire : Point. 
Communians : 160. 
Etendue : 1/2 lieue. 
Sénéchaussée : Le Dorât. 
Patron : Le chapitre. 

Décimateur : 

Seigneur : 

Gentilshommes : 

MOUNISMES. 

M. Joseph David, prêtre en 1717, curé en 1719, bon prêtre 
et bon curé, aimé dans son canton. 
Vicaire : Point. 
Communians : 140. 
Étendue : 1/2 lieue. 
Sénéchaussée : Le Dorât. 
Patron : Le chapitre du Dorât. 

Seigneur : 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

LUSSAC. • 

M. Sylvain Barthélémy de la Font, prêtre en 1730, curé en 
1734, bon curé, mais fort infirme et sujet à la goûte qui le 
retient au lit la moitié de Tannée. 

Vicaire : M. Israël Sandemoy de TAge, prêtre en 1754, vicaire 
en 1762. Il demanderoit à se retirer dans sa famille; il avoit 
eu quelques liaisons suspectes. 

M. Léonard Guillemin, prêtre en 1724, approuvé et desser- 
vant rhôpital, paroit honnête homme; Jil a 25U livres de fixe. 

M. Berneron, vicaire, bon sujet, mais il veut cesser de tra- 
vailler. 

Communians : 850. 

Étendue : 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : M. le prévôt de la Souteraine. 

Décimêiteur : 

Seigneur : M. de Lussac. 

Gentilshommes : M. de Lussac. 

Il y a un hôpital (1) composé de 7 lits pour hommes et pour 
femmes. Led. hôpital a environ 1,500 livres de revenus; u lui 
est dû d'arrérages prés de 4,000 livres, dont la plus grande par- 
tie est due par le seigneur. 



M. Alexis Barthélémy de la Font, prêtre en 1743 et curé en 
750 ; bon sujet; il a réparé son église à ses frais voyant qu'il 



(1) Fondé en 1677, par François de fiourdal, premier chirurgien du Roi 



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— 365 — 

ne pouvoit pas venir à bout des dècimateurs (1) et autres 
contribuables pour les réparations. J'ai levé en conséquence 
l'interdit de son église. 

Vicaire : Point. 

Communians : 160. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Le roi. 

Décimateur : 

Gentilshommes: 

BRIGUEIL LE CHANTRE. 

M. Gaspard Mathieu Delagorce, prêtre en 1756, curé en 
1761 ; bon prêtre et bon sujet, mais je le crois un peu inquiet 
et tracassier. Ce qui me le fait penser c'est que j'ai reçu des 
plaintes de plusieurs de ses paroissiens à son sujet. 

Vicaire : Joseph-Hilaire Maurat, absent, prêtre en 1760, vi- 
caire en 1762, bon prêtre et bon vicaire. 

Communians : 682. 

Etendue : 5/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Le chapitre du Dorât. 

Seigneur : M. de Lussac. 

Décimateur: 

Gentilshommes : 

Nota. Le curé m'a présenté une requête pour me demander 
l'établissement d'un vicaire dont il fonde la nécessité sur l'é- 
tendue de la paroisse et sur le nombre des communians. 

AZA-LE-RIS. 

M. Léonard Péricault, prêtre en 1717, curé en 1740, très 
pauvre homme pour les talons, la capacité et le zèle; il n'ins- 
truit point son peuple et laisse aller sa paroisse comme elle 
peut. Il est fort infirme. 

Vicaire : M. Dumaubert, prêtre médiocre ; il est aussi com- 
munaliste de Magnac. 

Communians : 400. 

Etendue : 5/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron ; M. l'abbé de Saint-Martial. 

Seigneur : Mad® du Doignon. 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

Nota, L'église paroit menacer ruine de tous les côtés; on 
répare actuellement le pignon de la nef dont la démolition a 
occasionné des efforts dans la voûte et les murs de côté. 



(1) Le in«nu8cril porto en abrégé : Xtcurs, 



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- 366 — 

TERSANNES. 

M. Léonard Bigaud, absent, prêtre en 1733, curé en 1745. 

Vicaire : Point. 

Communians : 260. 

Etendue : 1/2 lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon, 

Patron : Le chapitre du Dorât. 

Seigneur : 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

T1LL18. 

M. Antoine Vacher, prêtre en 1731, curé en 1747, a un 
extérieur fort modeste ; il parolt avoir l'esprit de son état. 
Vicaire : Point. 
Communians : 250. 
Etendue : 1/2 lieue. 
Sénéchaussée : Montmorillon. 
Patron : M. l'abbé de Charoux. 

Seigneur : 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

THÉOLBT. 

M. Antoine Richard, prêtre en 1717, curé en 1719, grand 
homme, qui a Tair et les manières soldatesques ; il m'a paru 
très médiocre à tous égards. 

Vicaire : Point. 

Communians : 290. 

Etendue : 1 lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Mad'^ l'abbesse de la Règle. 

Seigneur : Id. 

Décimateur : Mad® l'abbesse. 

Gentilshommes : 

Nota, Le prieuré de Théolet a été réuni à l'abbaie de la 
Régie. Mad^ l'abbesse doit une messe matutinale, les fêtes et 
dimanches, qui depuis plusieurs années n'a point été célébrée. 
Le fabricien f'attaaue à présent et demande que les honoraires 
de lad. messe, penaant qu'elle n*a point été acquittée, soient ap- 
pliqués à la fabrique. 

BONNŒIL. 

M. Joseph Gravier, prêtre en 1732, curé en 1736, assês bon 
sujet; il a du talent et du goût pour les humanités. 
Vicaire : Point. 
Communians : 140. 
Etendue '. 1/4 de lieue. 
Sénéchaussée : Montmorillon. 
Patron : Le roi. 

Seigneur : 

Décimateur : 

Gentilshommes : 



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— 367 — 

MOUTIERS. 

M. Antoine Dedaud, prêtre en 1748, curé en 1753. 

Vicaire : Point. 

Communians : 95. 

Etendue : Demi-lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : M. Tabbé de Charoux. 

Gentilshommes : 

Deeimateur : 

Seigneur : 

COLLONGES. 

M. Antoine Guillemin, prêtre en 1731, curé en 1732. 

Vicaire : Point. 

Communians : 400. 

Etendue : Une lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Les Bénédictins de Limoges. 

Gentilshommes: 

Décimateur : 

Seigneur : 

SAU^T-MARTIN-LE-MAULT. 

M. Léonard Dubrac, prêtre en 1746, curé en 1758, bon 
sujet et bon curé ; il a régenté à Magnac (1). 
Vicaire : Point. 
Communians : 300. 
Etendue : 1/2 lieue. 
Sénéchaussée : Montmorillon. 
Patron : Le roi. 
Seigneur : M. de Saint-Martin. 
Décimateur :...., 
Gentilshomm^es : M. de Saint-Martin. 

JOUAC. 

M. Jean-Claude Dubrac, prêtre en 1729, curé en 1751, bon 
sujet et bon curé. 
Vicaire : Point. 
Communians :300. 
Étendue : 1/2 lieue. 
Sénéchaussée : Montmorillon. 
Patron : M. le curé de Beaulieu. 

Seigneur : 

Décima teur : 

Gentilshommes : 

SAINT-SULPICB. 

M. Joseph Delascoux, prêtre en 1745, curé en 1755, bon 



(i) Cts^k'dite aa eoUègo do Mftgnae-Uval. 



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Srètre, d'un extérieur et d'un maintien fort décent, zélé pour la 
écoration de son église qui est en très bon état; il paye une 
pension à M. Donyau, son prédécesseur. 

Vicaire : M. André de Cressac, bon prêtre, d'une capacité 
médiocre, çrètre en 1760, vicaire idem. 

Communians : 960. 

Étendue : 5/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : M. le supérieur des Missions étrangères. 

Seigneur : 

Gentilshommes : M. Depiégu Pot de Rhodes, pauvre et an- 
cien gentilhomme. 

CROMA. 

M. René Caillaud, prêtre en 1749, curé en 1758. 

Vicaire : Point. 

Communians : 550. 

Étendue : 1 lieue 1/2. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : M. le curé de Beaulieu. 

Seigneur : 

Gentilshommes *. 

BEAULIEU. 

M. François-Philippe Silvain, prêtre en 1732, curé en 1738, 
bon prêtre, bon homme, mais sujet fort commun. 
Vicaire : Point. 
Communians : 80. 
Étendue : Petite 1/2 lieue. 
Sénéchaussée : Montmorillon. 
Patron : L'abbé de Bénévent. 

Seigneur : 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

MAILLAC. 

M. Jean Pantécoulant Baugé, prêtre en 1736, curé en 1744, 
assés bon curé ; il a perdu par un panar^ la première phalange 
de l'index de la main droite; il a un frère curé en Berry, qui 
vaut mieux que lui, qui demande à rentrer dans le diocèse. 

Vicaire : Point. 

Communians : 430. 

Étendue : 1 lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : M. le supérieur des Missions étrangères. 

Seigneur: 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

LES CBEZEAUX. 

M. Bruno Butaud, prêtre en 1731, curé en 1735, infirme et 
goûteux et qui se sert de ses infirmités comme d'un prétexte 
pour se livrer à son humeur et s'exempter de faire ses fonc- 



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— 369 — 

tions; il est peu aimé et peu considère dans sa paroisse; j'ai 
reçu beaucoup de plaintes de ses habitans; j'y ai vu de la 
passion et de Tanimositè contre lui, mais en même temps j'ai 
reconnu que le curé y avoit donné occasion par le peu de dou- 
ceur avec lequel il les traite. Il refuse assés arbitrairement 
d'entendre ses paroissiens en confession et môme de leur 
donner la liberté de s'adresser ailleurs ; il exige à Pasques de 
chacun de ses paroissiens une douzaine d'œufs ; il m'a promis 
de renoncer à ce prétendu droit; il a chez lui depuis 9 ans 
une servante mal famée et qui, avant d'entrer chez lui, s'étoit 
déshonorée par deux coucnes ; elle est haute, méchante et 
impérieuse, même à l'égard de son maître. Je lui ai représenté 
la nécessité de la renvoyer et il me l'a promis. Il désireroit 
changer de cure, attendu qu'il ne peut faire défaut dans celle 
où il est. Il y a deux églises : une au commencement du bourç 
et l'autre au milieu. Le curé fait l'office dans la chapelle oui 
est au milieu du bourg et ne va jamais à l'église paroissiale, 
ce qui autorise les plaintes des habitans qui demandent même 
avec instance que l'on fasse les réparations. J'ai permis à 
M. le curé (1), eu égard à ses infirmités et à ce que lad, cha- 
pelle est à portée du plus grand nombre des habitants, qu'elle 
est suffisamment grande et ornée, à condition toutefois que, 
trois ou quatre fois l'année, aux fêtes principales, il fera l'of- 
fice dans 1 église paroissiale. 

Vicaire : Point. 

Communiana : 160. 

Etendue : 1/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : M. le supérieur des Missions. 

Seigneur : 

Gentilshommes : M. de la Goute-Bernard. 

SAINT-GEORGES-LES-LANDES . 

M. Jean Gobertière, prêtre en 1722, curé en 1723. 

Vicaire : Point. 

Communians : 400. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : M. le curé de Beaulieu. 

Seigneur: 

Déeimateur : 

Gentilshommes : 

ARNAC-LA-POSTE. 

M. Jean-Baptiste Plaignaud, prêtre en 1742, curé en 1759» 
très bon prêtre, fort régulier, grand travailleur, du talent pour 
l'éducation de la jeunesse à laquelle il s'étoit formé au collège 
de Magnac. Il continue quoique curé d'instruire de jeunes 



(1) 11 faul évidemmeDt compléter : Dû continuer à faire Vofilce <tanê la dite chapelle. 



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— 370 — 

ens; il a même des pensionnaires chez lui ; mais il en em- 

rasse trop à la fois, aiant des écoliers de toutes les classes, 
même jusqu'à la rhétorique inclusivement, ce qui fait craindre 
que ses fonctions n'en souffrent. 

Vicaire : M. J.-B. Plaiçnaud, prêtre en 1757, curé en 1760, 
frère du curé ; on peut lui appliquer les mômes notes. 

Communians : 1,300. 

Etendue : 1 lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât et Montmorillon. 

Patron : M. le supérieur des Missions étrangères. 

Décimateur : 

Seigneur: 

Gentilshommes : 

MAONAC (-LAVAL). 

M. Léonard Rabilhac, prêtre en 1740, curé en 1744, très bon 
curé, bon prêtre, très régulier et fort zélé, d'un bon caractère 
et d'une grande gayté, mais toujours avec décence ; il est 
visiteur de son canton et on peut compter sur l'exactitude de 
ses rapports. Il y a trois vicaires : 

M. Claude Mitraud, préftre en 1740, vicaire en 1744, fort bon 
sujet et très régulier. 

M. François Dubreuil, prêtre en 1757, vicaire en 1759, mé- 
diocre. 

M. Joseph Lacoste, prêtre en 1758, vicaire en 1759, idem. 

Communalistes : Renvoyé à la fin du cayer, à l'article de 
Magnac. 

Communians : 2,200. 

Etendue : Une lieue et demie. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron : M. l'abbé de Charoux. 

Décimateur: ...,. 

Seigneur : M. le duc de Laval. 

Gentilshommes : 

SAINT-LÊGER-MAGNIAZBIX. 

M. Jean-Baptiste Nicaud, prêtre en 1728, curé en 1732, 
sujet fort ordinaire et qui paroit fort négligent. La paroisse 
se ressent de son indolence. Il en a mal usé avec son vicaire 
q\i'il a même traité de valet, et paroit difficile à vivre. 

M. François de Cressac, prêtre en 1757, vicaire en 1760 ; il 
paroit un peu avantageux et n'a pas assés de liant dans l'es- 

f>rit pour bien vivre avec son curé. Ils se sont plaints l'un de 
'autre ; je les ai raccommodés, mais je ne serois pas surpris 
qu'ils se brouillassent de nouveau. 
Communians : 900. 
Etendue : 3/4 de lieue. 
Sénéchaussée : Le Dorât. 
Patron : Le chapitre du Dorât. 

Décimateur : 

Seigneur : 

Gentilshommes : 



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- 371 — 

• DOMPIERtUS, 

M. Joachim-Charles-Antoine Augier, prêtre du diocèse de 
Poitiers en 1756, curé en 1758, bon sujet, de Tesprit, de la 
politesse, de Tèducation et du talent pour la parole. 

Vicaire : M. Simon Mitraud, prêtre en 1757, vicaire en 1758, 
bon médiocre. 

Communians : 910. 

Etendue : Une lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron : Le chapitre du Dorât. 

Décimateur : 

Seigneur : 

Gentilshommes : 

8AINT-HlLAIRB-LiL-TRBILUS. 

M. Jacques-Joseph Vételay de la Valette, prêtre en 1740, 
curé en 1743, bon garçon^ sans grands talents. 
Vicaire : Point. 
Communians : 420. 
Etendue : 3/4 de lieue. 
Patron : Monseigneur. 
Sénéchaussée : Le Dorât. 

Seigneur : 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

DROUX. 

M. Jean Montazeau, prêtre en 1739, curé en 1749, bon 
prêtre, plaintif et pleureur ; il a eu des démêlés avec Mad* de 
Chamborand, qui est dame de Droux. Mon prédécesseur a 
tâché de les accommoder, mais de temps en temps il y a encore 
de nouvelles querelles. Le curé est inquiet et la dame est mé- 
chante. 

Vicaire : M. Joseph Lester, prêtre en 1759 et vicaire en 1759, 
fort médiocre ; il a reculé son examen et n'a pas voulu profiter 
de la circonstance de la visite. 

Communians : 800. 

Etendue : Une lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : Mad. de Chamborand. , 

Gentilshommes : 

Décimateur : 

FOULVENTOUR. 

M. Jacques Mitraud, prêtre en 1735, curé en 1738, très bon 

Erêtre, fort sage, fort prudent, il est confesseur des religieuses 
ospitalières de Magnac (1). 



(1) Cf. notre Notice êur Vhâpital de Magnac-Lai/al, p. 3i et note. 



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— 372 — 

Vicaire : Point. 

Communians : 40. 

Etendue : 1/4 de lieue. 

Sénéchaussée : 1/4 de lieue. 

Patron : M. le commandeur de Morterol. 

Seigneur : 

Dôcimateur : 

Gentilshommes : 

Chatbauponsac : Saint-Tirce, 

M. Gaspard-Joachim de Fênieux de la Mèronière, prêtre en 
1742, curé en 1753, très régulier, bon prêtre, zélé, mais inquiet 
et un peu porté à la chicanne ; avec de bonnes qualités il a le 
malheur de n'être ni aimé ni considéré dans sa paroisse. Il est 
très honorable chez lui. 

Vicaire : M. François de Lavalette, prêtre en 1756, vicaire 
en 1757, bon médiocre. 

M. Jean Villebard, prêtre en 1758, vicaire en 1760, bon 
médiocre. 

Communians : 2,500. 

Etendue : 1 lieue et demie. 

Sénéchaussées : Limoges, Montmorillon et le Dorât. 

Patron : Le roi. 

Seigneur : Le chapitre de Chàteauroux. 

Décimaieur : 

Gentilshommes : 

Il y a une compagnie de Pénitents noirs (1). La fabrique est 
très riche ; elle a environ 700 livres de revenu. Il y est dû des 
arrérages considérables ; les comptes ne se sont point trouvés 
en étal d'être arrêtés. Les habitans sont fort divisés et fort 
irrités contre le sieur Laçorce, juge du lieu, homme riche, 
rempli d'hauteur et de vanité et qui a gagné un procès considé- 
rable contre la paroisse. 

s AINT-SORNIN-MAGN AZBIX . 

M. Antoine Chastenet, prêtre en 1730, curé en 1739. 

Vicaire : Point. 

Communians : 650. 

Etendue : Une lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patfr>n : Monseigneur. 

Déeimateur : 

Seigneur : 

Gentilshommes : 

RANÇON. 

M. Jean Charles Barbou, prêtre en 1724, curé en 1734, grand 



(1) Etablie en 1663. Voyez L. Guibert, Le* C^nftérie» de pénitent», p. 170. 



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— 373 — 

homme de riche figure, peu zèle ; sa santé est altérée; il devient 
pesant et paroit menacé d'une attaque d'apoplexie. 

Vicaire : M. Vincent Bonnin de Lavaultbois absent, prêtre 
en 1756, vicaire idem, très instruit et d'un extérieur très dé- 
cent; mais mal avec M. le curé. Il demeure dans sa famille 
avec son frère. 

M. Romanet absent, prêtre en 1761, vicaire en 1762, bon mé- 
diocre, d'un caractère fort doux : il paroît que M. le curé com- 
mence à s'en dégoûter, mais ce ne doit pas être un préjugé 
contre M. le vicaire, attendu que M. le curé est d'une humeur 
inconstante et fort changeante. 

Communians : 1,200. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Bellac. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

BALBDENT. 

M. Jean-François Nouhau, prêtre en 1734, curé en 1738; il 
commence à avoir beaucoup d'infirmités ; il paroit assés bon 
homme; il a chez lui une jeune servante qu'il m'a promis de 
renvoyer. * 

Vicaire : Point. 

Communians : 460. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron : Les Jésuites de Limoges. 

Seigneur : 

Décimateur : • 

Gentilshommes : 

VILLEFAVARD. 

M/ François Thouvenet, prêtre en l'Î44, curé en 1748 ; il y 
a eu autrefois quelques soupçons sur une liaison qu'on vouloit 
faire passer pour suspecte, qui est entièrement rompue. Il jouit 
d'une assés nonne réputation ; il a l'air modeste, décent et 
régulier. 

Vicaire : Point. 

Communians : 260. 

Etendue : 1/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : M. le marquis de Nieul. 

Décimateur : 

Gentilshommes: 

SAINT-AMAND-MAGNIAZBIX. 

M. François Perron, prêtre en 1752, curé en 1760; il est des- 
tiné par M. le grand prieur d'Auvergne pour la cure de Bour- 



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— 374 — 

ganeuf ; il a un bon maintien, il a de la politesse et paroit 
instruit et fort estime dans son canton. 

Vicaire : Point. 

Communiana '. 540. 

Etendue : Une lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron: M. le commandeur de Morterol. 

Seigneur : Id. 

Décimateur : Id. 

Gentilshommes : 

SAINT-PRIEST-LE-BETOU. 

M. Antoine Mazeyrault, prêtre en 1730, curé en 1740, 

Vicaire'. Point. 

Communians : 130. 

Etendue : 1/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Le Dorât. 

Patron : M. Tabbé de Bônèvent. 

Seigneur : 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

COMPREIGNAC. 

M. Joseph Lamy de Luret, prêtre en 1746, curé en 1754, bon 
prêtre, d'un bon caractère et doux, talens ordinaires; il est 
assês zêlè pour ses fonctions (1). 

Point de vicaire actuellement. 

Communians : 1,500. 

Étendue : 1 lieue. 

Sénéchaussée *. Limoges. 

Patron : M. l'abbè de Saint-Martial. 

Seigneur : M. Martin de Compreignac. 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

NANTIAT. 

M. François Richer, chanoine régulier, prêtre en 1753, curé 
en 1758, paroit bon sujet. 
Vicaire : Point. 
Communians : 600. 
Étendue : 1 lieue. 
Sénéchaussée : Limoges. 
Patron : Les petits Carmes de Limoges. 
Seigneur : M. de Nantiat. 

Décimateur : 

Gentilshommes : M. de Nantiat. 



(i) Il daviot, raanëe toivanle, professeur de théologie au collège royal de Limogei. 



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— 375 — 

s AINT-J AUVENT. 

M. Jacques Lajoumard, prêtre en 1729, curé en 1732, très 
bon sujet à tous égards. 
Vicaire : Point. 
Communians : 600. 
Sénéchaussée : Limoges. 
Patron : M. le doyen de- Saint-Etienne. 
Seigneur : M. de Nieuil. 
Décimateur : M. le doyen de Saint-Etienne. 
Gentilshommes : 

ROUSSAT. 

M. Léonard Dumaret, prêtre en , curé en 1748, fort in- 
firme et aveugle, d'un caractère singulier, difficile à vivre. Sa 
paroisse souffre beaucoup de son état. On n'a jamais pu le dé- 
terminer à résigner sous pension et à quitter sa cure. Je lui 
avois même fait espérer une pension du clergé pour le déter- 
miner. 

Vicaire : M. Louis-François Marcoux, prêtre en 1761, vi- 
caire en 1762, il se dêplait beaucoup dans ce vicariat tant à 
cause du travail que de la mauvaise humeur de son curé. J'ai 
fait tout ce que j'ai pu pour Tengaçer à y demeurer, mais je 
doute qu'il y reste longtemps. Il faudrait absolument un second 
vicaire, attendu Tétenaue ae la paroisse. 

Communians : 800. 

Etendue : Une lieue. 

Sénéchaussée : Limoges. 

Patron : M. l'abbé de Saint-Martial. 

Décimateur : Le chapitre de Saint-Martial. 

Gentilshomm£s : 

CHATSLAT. 

M. Rameru, absent, prêtre en , curé en , éloigné de 

sa paroisse par lettre de cachet à cause de ses procès et de 
son humeur inquiette. 

Vicaire desservant : M. Gabriel Depéret, prêtre en 1757, 
vicaire régent en 1761, ne manque pas de capacité mais est 
un peu original et singulier : vice de famille. 

Communians : 400. 

Etendue', Une lieue. 

Sénéchaussée : Limoges. 

Patron: Monseigneur. 

Seigneur : M. de Nieul. 

Deeim>ateurs : 

Gentilshommes : M. de Bussi. 

TOURON. 

M. Jean-François Deschamps, prêtre en 1748, curé en 1750, 
original qui s'est fait plusieurs affaires dans sa paroisse ; il 
est sujet au vin, un peu brusque, peu aimé et considéré dans 
sa paroisse, un peu joueur. Il est toujours monté sur le ton 



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— 376 — 

plaintif ; il demande avec instance son changement pour une 
cure de pareille valeur à la sienne, en quelqu'endroit qu'elle 
soit. 

Vicaire \ Point. 

Communians : 300. 

Etendue : 1/2 lieue. 

Sénéchaussée : Bellac. 

Patron: M l'abbé de Saint-Martial. 

Seigneur : M. Dupeyrat. 

Décimateur: 

Gentilshommes: 

s AINT-STMPHORIBN . 

M. Jacques Père de Confolent, prêtre en 1734, curé en 1746, 
homme de condition, bon prêtre et fort régulier, il a sa belle- 
sœur et une partie de sa famille chez lui ; il m'a promis de 
renvoyer une jeune servante qu'il avoit. 

Vicaire : M. Jean Maurat, prêtre en 1760, vicaire en 1761, bon 
médiocre, il a une difficulté de langue. 

Communians : 500. 

Etendue : Une lieue. 

Sénéchaussée : Limoges. 

Patron : Les Feuillans de Limoges. 

Seigneur : 

Décimateur : 

Gentilshommes: 

DONNAT. 

M. François Teullier, prêtre en 1746, curé en 1749; de l'es- 
prit, de la politesse, de l'éducation, du talent et du zèle pour 
son ministère ; il est fort aimé et estimé dans sa paroisse; il est 
gradué. 

Vicaire : Point actuellement. 

Communians : 600. 

Etendue : 5/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Limoges. 

Patron : Les Bénédictins de Limoges. 

Seigneur : Desflottes de Lechoisier. 

Décimateur : 

Gentilshommes : M. Desflottes. 

SAiNT-JUNiEN ! Saint-Picrrc. 

M. Robert de Verdilhac, prêtre en 1751, curé en 1753, bon 
sujet, de l'esprit, du talent, de la politesse, mais il tient un peu 
du climat de Bellac, lieu de sa naissance (1). 

Vicaire : M. Jean Bernard, prêtre en 1759, vicaire en 1760; 
il n' avoit pas trop bonne réputation au séminaire pour les talens 
et la conduite ; s'en informer plus particulièrement. 



(1) Cr. ci-detsas, à propos du curé do filaniac, an trait semblable. 



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— 377 — 

Cotnmunians : 1,900. 

Etendue : 5/4 de lieue. 

Sénéchaussées de Limoges et de Montmorillon. 

Patron : Le chapitre. 

Seigneur : Monseigneur. 

Décimateur : Le chapitre. 

Gentilshommes : 

s AINT-PIBRRE-DB-CH AB AN AIS . 

M. Pierre Pontus Revel, chanoine régulier, prêtre en 1730, 
curé en 1741, d'un caractère assés singulier et bizarre, quoi- 
qu'avec de Tesprit et de la politesse ; son presbytère et son 
église sont tenus très proprement; il est fils unique, d'une fa- 
mille très riche. 

Vicaire : Point. 

Communians : 300. 

Étendue : 1/2 quart. 

Sénéchaussée : Ângoulesme. 

Patron : M. Tabbé de Leyterp. 

Seigneur : 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

SAINT-MICHBL-DB-CONFOLBNT. 

M. François Desvergnes, prêtre en 1712, curé en 1729, bon 
homme, mais qui commence un peu à radoter ; c'est le grand 
pénitencier de toute la ville ; je ne sais si c'est sa çrande faci- 
lité qui lui attire tant de pratique ; sa cure est médiocre, mais 
il a au patrimoine; sa maison et son église sont mal tenues. 
Je ne sais s'il est charitable, mais il ne passe pas pour être 
généreux ni honnorable. 

Vicaire : Point. 

Communians : 200. 

Étendue : Il n'y a que le faubourg. 

Patron : Monseigneur. 

Décimateur : 

Sénéchaussée : Angoulême. 

Seigneur : M. de Confolent. 

Gentilshommes: 

Nota. — Il y a sur sa paroisse un couvent de Recollets (1), 
composé de cinq prêtres approuvés et de deux frères. Leur 
église et leur maison sont assés bien tenues et bien placés. 

BELLAC. 

Communalistes. 

M. Jean Degude, prêtre et vicaire en 1706. 

M. Jacques Desmoulin, prêtre en 1713, approuvé. 

M. François Lafontaine, prêtre en 1712, non approuvé. 



(1) Établis vert i6i6. 



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- 378 - 

M. Jacques Crouzeau, prêtre en 1719, vicaire en 1761, pré- 
dicateur. 
M. Joseph Lacour-Dupuy, prêtre en 1722, approuvé. 
M. François Feydeaud, prêtre en 1724, vicaire en 1760, con- 
fesseur des religieuses. 
M. Pierre-Joachim Perrot, prêtre en 1721 et vicaire en 1760. 
M. Jean Jean, prêtre en 1750, approuvé. 
M. Pierre Arbelot, prêtre en 1732, non approuvé. 
M. Pierre Teytaud, prêtre en 1732, habitué dans la ville et 
approuvé. 

M. Roussin, demeurant chez M. de Montbas où il a été pré- 
cepteur de M" ses enfans, ancien prêtre et fort bon homme. 
Il y a à Bellac : 

Une communauté de filles de TUnion chrétienne au nombre 
de 19 religieuses (1). Elles ont environ 3,000 livres de revenu, 
un hôpital (2) composé de dix lits dont le revenu est d'environ 
1,500 livres. Il est actuellement gouverné par une servante : 

Un petit établissement des sœurs de la Croix (3) au nombre 
de deux; 

Un collège de Doctrinaires (4) ; ils ont trois pensionnaires et 
environ 20 écoliers ; 

Une compagnie de Pénitens blancs (5) ; leur tribune est dans 
Téglise des Doctrinaires ; 

Un hermite de contrebande (6) qui ressemble beaucoup à 
celui qui êtoit à Limoges. 

LE DORÂT. 

Etat du Chapitre, 
M. Lester, abbé, prêtre en 1626. 

Chanoines. 

M. Vrignaud de Rochefort, prêtre en 1715, chantre. 
M. Vrignaud Taîné, prêtre en 1705, approuvé, 1706. 
M. Laurent de Murai, prêtre en 1718. 
M. de Nesmond, clerc. 

M. Laurent de Cromac, prêtre en 

M. Grenard, prêtre en 1708, 

M. Teytaud de Lherboucher, prêtre en 1742, aumônier de la 
gendarmerie. 
M. Berneron, prêtre en 1734. 
M. Teytaud de Razé, prêtre en 1740. 



(1) Etablie! en t7t7. Mais c'est en 1733 seulement qu'elles se chargèrent de l'hôpital 
(i) Fondé on 1530 par la famille Gallicher. Ce qui subsiste de ses archires a été analj»é 
dans l'Inventaire det Archivée hoêpitalièret de la Baute-Vienne. 

(3) Fondé en 4746. Ces religieuses tenaient école. 

(4) Fondé en 1648. 
(3) Etablie en 1716. 

(6) Voir Les Ermitet en Limonnn. de If. l'abbé Arbellot. 



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— 379 — 

M. Junien, prêtre en 1745, approuvé en 1745. 

M. Vételay, prêtre en 1723. 

M. de la Bastide, clerc. , 

M. Delavergne, prêtre en 1746. 

M. Belliot, prêtre en 1730, approuvé en 1730. 

M. Vételay de Montgomard, prêtre en 1737, curé en 1740, 

M. Laurent de Maseloux, prêtre en 1759. 

M. Vacherie, prêtre en 1758. 

Semi'prébendés et bénéficier s. 

M. Lester, clerc, semi-prêbendé. 

M. Brunet, semi-prébendé, prêtre en 1755, approuvé en 1755. 

M. Bernesse, semi-prébendé, sous-diacre en 1761. 

M. Junien, bénéficier, clerc acolythe. 

M. Boucheuil, bénéficier, prêtre en 1733. 

M. Grenard, bénéficier, clerc. 

M. de Sandemoy, bénéficier, prêtre en 1752 et vicaire de la 
même année. 

Il y a une communauté de Bénédictines (1) composée de 
19 religieuses ; elles ont depuis plusieurs années déienses de 
recevoir des sujets. 

Il y a aussi un couvent de Récollets (2) composé de quatre 
prêtres approuvés et d'un frère. 

Il y a aussi un hôpital (3) assés bien bâti dans lequel il y a 
deux salles. Tune pour les femmes, l'autre pour les hommes, 
composées de 16 lits en tout ; il a environ 2,600 livres de revenu 
et environ 8,000 livres d'arrérages qui lui sont dus. 

SUPPLÉMENT DB MAGNAC. 

Il y a un collège (4) bien bâti et propre à loger soixante 
pensionnaires chacun dans leur chambre. MM. du séminaire 
de Limoges sont chargés de l'administrer. Il y a toutes les 
classes juscju'à la rhétorique inclusivement ; il y a cinq maî- 
tres, scavoir : le supérieur M. Ducoux, très bon sujet à tous 
égards ; M. Garennes, qui fait les fonctions de préfet, bon prê- 
tre, âgé de 27 à 28 ans ; trois professeurs, scavoir : M. Giraud, 
Ï>rêtre, bon sujet et du talent pour enseigner, il est chargé de 
a seconde et de la rhétorique ; M. Menot, prêtre, bon sujet, 
talens suffisans pour l'instruction ; il est chargé de la 3° et de la 
4® ; M. Plazias, diacre, a du talent pour enseigner et est chargé 
de la 5** et 6^. Les quatre premiers sont approuvés. 
Il y a un hôpital dirigé par des religieuses hospitalières du 



(0 Etablie en 1634. 
(8) Etabli en 16tl. 

(3) Restaure en 1657. Ce qui subsiste de ses archives a éié analyse dans Vlarentairc dtt 
Arehivt» hoipitaliirei de la Haute-Vienne. 

(4) Fondé en 1664. Voyez la notice de M. Normand. 



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— 380 — 

tiers ordre de Saint-Dominiaue (1) ; elles sont au nombre de 22. 
La communauté m'a paru oien composée et bien régulière et 
bien administrée pour le spirituel et pour le temporel. Leurs 
biens sont confondus avec celui des pauvres et ne font qu'une 
même masse (sic). Elles fournissent deux sujets pour l'hôpital 
de Bourganeuf ; elles ont fait faire des batimens assés considé- 
rables, mais qui auroient pu être un peu mieux entendus, leur 
église est très jolie et bien décorée ; leurs confesseurs ordi- 
naires sont M. le curé et M. Mitraud, curé de Foulventour (2). 

SAINT-PIBRRB DE CHATBAUPONSAC. 

M. Jean- Antoine Lafont, prêtre en 1713, curé en 1720, fort 
mince, négligent pour ses fonctions et pour les instructions. 

Vicaire : M. Philippe Vignaud, prêtre en 1752, vicaire en 
1761, communaliste de Saint-Thirce, approuvé seulement pour 
la paroisse de Saint-Pierre. 

Communians : 160. 

Etendue : 3/4 de lieue. 

Sénéchaussée : Limoges. 

Patron : M. le prévôt de la Souteraine. 

Seigneur: 

Décimateur : 

Gentilshommes : 

SUITE DU SUPPLÉBiENT DE CHATBAUPONSAC 

Communalistes. 

M. Jean-Ignace Dumonteil, prêtre très infirme ; il a été 
40 ans vicaire; il mérite que la Chambre (3) lui donne quelques 
secours. 

M. Charles Leborlhe de Chigurat, prêtre en..., beaucoup 
d'esprit, orné et cultivé, mais presque dans un état de démence 
habituelle. J'ai réglé que la communauté lui donneroit toutes 
ses présences et distrioutions à l'exception des honoraires de 
messes qu'il ne peut célébrer, étant interdit toutefois sans for- 
malité. Il me persécute pour avoir la permission de dire la 
messe, mais on ne peut nas la lui accorder sans de grands 
inconvénients ; toutefois il communie comme les laïcs. 

M. Jean Vignaud, prêtre en 1750, approuvé pour la campa- 
gne. 

M. André-Mathieu de Fenieux, prêtre en 1746, frère de 
M. le curé et comme lui un peu porté à la chicanne, néan- 
moins bon sujet approuvé. 

M. Philippe Vignaud, prêtre en 1752, vicaire de Saint-Pierre. 

M. François Lavalette, prêtre en 1756, vicaire de Saint- 
Thirce, bon médiocre. 



(<) RetUorë en 1714. Ce qui sabsiste de tes arebiTet « iU UAlysë dans Vtmwniairt deê 
Archivée hoipitallèret de la Baute-Ylenuê. 
(I) voyei plut haut, toas ce nom. 
(3) La chambre ecclésiastique qui administrait les revenus du diocèse. 



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n. — Visite des arohiprêtrés de Limoges, Nontron 
et La Meyze, oommenoèe au mois de mai 1763. 



AIXB. 

M. François Brousse, prêtre en 1736, curé en 1753, bon 
prêtre, bon curé, fort régulier, un peu inquiet, peu aimé dans 
sa paroisse surtout des gens considérables qu'il n'a pas eu le 
talent de ménager. Ne pas s'en rapporter à ses projets sans 
examen. 

M. Jean-Baptiste Reix, prêtre en 1756, vicaire en 1759, talens 
médiocres, assés bon travailleur. 

Communiant : 1,800. 

Sénéchaussée : Lamoges. 

Patron : M. l'abbé de Saint-Martial et M. le prévôt. 

Gentilshommes : M. Delavergne de Marygni, M. de Mau- 
mont, M. Auvray de Saint-Rémy et M. Delépine de Lamothe. 

Décimateurs : M. l'abbé de Saint-Martial et M. le prévôt, 

Seigneur : En litige entre la maison des Cars et celle de 
Saint-Abre. 

Nota, Le caractère des habitans est difficile à conduire, très 
enclins à la chicanne. La fabrique est riche en offrandes; 
cependant l'église n'est pas trop bien tenue, à l'exception des 
omemens oui sont beaux et en nombre. 

Tarn est l'église matrice d'Aixe (1), éloignée d'un petit quart 
de lieue. Le vaisseau est beau, mais menace ruine ; les répa- 
rations en seroient très considérables. Il y a environ six 
maisons, composées de quinze à seize communians, qui avoi- 
sinent l'église, laquelle est interdite depuis 1756 et le cimetière 
depuis beaucoup plus longtemps. Les habitans de ce lieu ont 
fort à cœur que leur église soit rétablie, mais cela paroit peu à 
propos : cela ne feroit que partager le service de la paroisse 
en faveur d'un très petit nombre d'habitans et nuiroit à celui 
d'Aixe aui est à la portée du plus grand nombre. Il y a dans 
l'église ae Tarn une prétendue relique de saint Alpinien, sans 
autentique, et la vénération qu'ils ont pour cette relique sert de 
prétexte à leur zèle pour le rétablissement de leur église. 

Communalistes : M. J.-B. Moriliéras, esprit dérangé depuis 
plusieurs années, interdit verbalement de la messe. La 



(1) « On appelle dglise malrice celle qui est la plus ancienne d'un lieu. > Dictionnaire de 
Trévoux. 



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— 382 — 

Chambre (1) lui fait une petite pension pour le dédommager 
des honoraires qu'il perd. 

M. J.-B. Duverger, prêtre en 1733, approuvé; il paroît avoir 
de Tesprit et de la politesse ; il jouit de Taumônerie d'Aixe, 
qu'il prétend relever de la grande aumônerie (2). On se plaint 
qu'il jouit de tous les revenus qui dévoient être employés pour 
les pauvres de l'hôpital de ladite ville; il en a cependant 
Quelques-uns, mais à qui il donne de foibles secours. Il se plaint 
aepuis longtemps de ses décimes et a même fait intervenir 
M. le grand aumônier qui m'a écrit à son sujet. 

N Duverger, frère du précédent, ex-jésuite, bon sujet, 

du zèle et du talent, mais un peu prévenu en sa faveur. 

M J.-B. Métadier, prêtre en 1734, non approuvé. 

Pierre Boissou, prêtre en 1754, approuvé. 

Il y aune compagnie de Pénitents noirs fort nombreuse (S). 

SAINT-M\RTIN-LB-VIEUX. 

M. Raymond Martin, prêtre en 1754, curé en 1761; il a été 
autrefois jésuite ; bon sujet. 

Vicaire : Point. 

Communians : 550. 

Sénéchaussée : Limoges. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : Les héritiers de M"* d'Orsay. 

Décimateurs : M le curé et les seigneurs héritiers. 

Gentilshommes : yi. de Villautrec de la Judie; M. Londeix 
du Puytignaud. 

BEYNAC. 

F. Joseph-Léonard Boutaudon, religieux Jacobin, prêtre en 
1733, curé en 1739, bon religieux et bon curé, d'un caractère 
doux et paisible. 

Vicaire : Frère Léonard Chazette, religieux Jacobin, absent, 
prêtre en. . . ., vicaire en 1751. 

Communians : 240. 

Sénéchaussée : Limoges. 

Patron : Les Jacobins de Limoges. 

Seigneur : Les héritiers de M"« Dorsé. 

Décimateurs : Les Jacobins. 

Gentilshommes : Point. 

SBRILHAC. 

M. J.-B. LorioUe, nrêtre en 1756, curé en 1757 ; il paroit avoir 
fort peu de teste et beaucoup d'humeur et d'hauteur ; avec le 
temps il pourra se former et se corriger. 



(i) Lft Chambre ecclësiastiqae do diocèse. 

(t) U grande aumônerie do France, one des charges de la Coar. 

(S) On ignore encore la date de son établissement. 



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— 383 — 

Vicaire : M. Jean Deschamps-Ducheyroux, prêtre en 1762, 
homme de condition, d'une famille peu riche, talens médiocres, 
caractère doux. 

Communians : 1,050. 

Sénéchaussée : Limoges. 

Patron et visiteur : Le chapitre de Saint-Etienne. 

Seigneur : M. de Saint-Abre. 

Décimateurs : 

Gentilshommes : Point. 

s AINT-PRIEST-SOUS-AIXE . 

M. Léonard Texier absent, prêtre en 1759 et curé en 1761, 
bon sujet ; il a une maladie incurable dont il n'y a pas ap- 
parence qu'il se relève. 

M. Constans, ancien curé, continue de desservir la paroisse. 
C'est un très honnête homme et qui travaille volontiers 
dans le ministère, quoique âgé. 

Vicaire : M. Jacaues Rayet, prêtre en 1759, vicaire en 1762, 
talens médiocres, non travailleur, caractère difficile et peu 
aimé. 

Communians : 500. 

Sénéchaussée : Limoges. 

Patron : M. l'abbé de Saint-Martial. 

Seigneur : M. de Lastours. 

Décimateurs : 

Gentilshommes : Point. 

VERNEUIL. 

M. Charles Marsat, prêtre en 1744, curé en 1754, bon sujet, 
intelligent et du talent. 

M. J.-B. Bordier Raby, prêtre en 1755, vicaire en 1757. Son 
curé en dit du bien, mais au surplus on en parle diversement. 

Communians : 1,050. 

Sénéchaussée : Limoges. 

Patron : M. l'abbé de Saint-Martial. 

Décimateurs : M. le prévôt de Saint-Martial. 

Seigneur : Id. 

Gentilshommes : 

SAINT-LAURENT DE GORRE. 

M. Jean-Joseph Leynia, prêtre en 1730, curé en 1744, curé 
très zélé, très régulier, mais fort avare, inquiet, processif et 
intéressé, mal propre dans sa maison, fort négligeant pour son 
église, en procès avec son seigneur. 

Vicaire : M. J.-B. Lacroix, prêtre en 1752, vicaire en 1759, 
mince pour la capacité, fils d'un médecin de Rochechouard ; 
il a deux autres frères vicaires, l'un à Chassenon, l'autre à 
Saint-Jean-de-Vayre : ils passent tous pour être inquiets dans 
cctie famille. M"**" de Saint-Auvent s'intéresse pour eux. 

Communians : 1,660. 

Sénéchaussée : Limoges, 



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— 384 — 

Patron : Monseigneur. 
Seigneur : M. de Saint-Laurent. 
Décimateurs : M. de Saint-Laurent est le principaL 
Gentilshommes : M. de Saint-Laurent, M. du Soulier, M. do 
Ribeyreix, de la Feuillade. 

CHàMPàIONàC. 

M. Pierre Besson, prêtre du diocèse de Clermont, prêtre en 
1738, curé en 1745, bon curé ; il demande à se rapprocher du j 

côté de Bord sa patrie. 

Vicaire : M. Gabriel Mandon de Forges, prêtre en 1754, I 

vicaire en 1756, bon prêtre, talens fort médiocres. ' 

Communians : 900. ! 

Sénéchaussée : Montmorillon. ! 

Patron : M°>® Tabbesse de la Régie. 

Décimateurs : M"*' Tabbesse. 

Seigneur : M"**' de Vassay. 

Gentilshommes : Point. 

GORRB. 

M. François Vignaud, prêtre en 1742, curé en 1760. Il a été 
curé dans le diocèse de Poitiers ; bon sujet ; je crois qu'il s'en- 
nuie à Gorre quoiqu'il doive cette cure à la recommandation 
de la maison de Beaupoil. 

Vicaire : Point. 

Communians : 560. i 

Sénéchaussée : Limoges. 

Patron : Le chapitre de Saint-Junien. 

Décimateurs ; M. de Saint-Martial. 

Seigneur : La maison des Cars. 

Gentilshommes : M. Beaupoil de Saint-Aulaire, M. de Brie 
de Soumaignac. 

OR ADOUR-SUR-VAYRES . 

M. Pierre Soury, prêtre en 1744, curé en 1762; il a été ci- 
devant curé de Champniers ; très bon sujet, aimé et estimé dans 
son ancienne paroisse, fort désiré et demandé par la paroisse 
d'Oradour où il n'a pas moins réussi; un maintien décent, de 
l'esprit et de l'éducation, du zèle et de la régularité pour ses 
fonctions. Il est visiteur. 

Vicaire : M. Laurent Brissaud, prêtre en 1761, vicaire en 
1761, bon prêtre et bon caractère, talens médiocres. 

Vicaire : M. Jean Soury, prêtre en 1761, vicaire en 1762, 
frère du curé ; bon prêtre, peu de talens et de capacité . 

Communians : 2,000. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : M. Dumanadaud. 

Décimateurs , M. l'archiprêtre. 

Gentilshommes : M. de Berny. 



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— 385 - 

CHAMPNIBRS 

M. François Charon, prêtre en 1757, curé en 1762, d'une 
bonne figure et d'une bonne représentation, de Tesprit et de la 
politesse ; il promet d'être bon sujet ; recommandé a'une façon 
particulière par M. le duc de Lavoyon (1) ; il y a eu quelques 
petites discussions d'intérêt entre lui et le curé d'Oradour pour 
les réparations. 

Wcaire ; M Joseph Daniel de Montfay on, prêtre en 1760, 
vicaire en 1762, d'un caractère doux et fort aimable ; bachelier 
de Sorbonne, bon sujet et instruit. 

Communians : 550. 

Sénéchaussée : Périgueux. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : M. le chevalier Dulau. 

Déeimateur : M. le chevalier Dulau. 

Gentilhomme : id. 

CUSSAC. 

M. Jean Goursaud, prêtre en 1741, curé en 1751 ; il a eu une 
servante mal famée : oel homme, d'une belle figure ; il a été 
autrefois garde du corps ; talens médiocres. 

Vicaire : M. Charles Nénert, prêtre en 1750, vicaire en 1762, 
bon prêtre, talens médiocres, caractère un peu simple ; il a fait 
ses études au collège de Montaigu à Paris. 

Comm^xnians : 1,000. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : M. de Bermondetde Cromière. 

Décimateurs : M. le curé, M. de Bermondet, les dames de 
Bonbon (2) et Madame de Vassan. 

Gentilshommes : M. de Bermondet de Cromière, M. Guilhot 
du Doucet. 

SAINT-MATHIEU. 

M. Martial Drouchaud, prêtre en 1755, curé en 1760, très 
bon sujet, fort régulier, bon théologien qui a fait de fort bonnes 
études ; bon caractère, mais un peu inconstant. 

Vicaire : Pierre Veyreton, prêtre en 1761, vicaire idem, 
talens médiocres, bon prêtre, d'un caractère fort doux. 

Communians : 1,300. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : M. Guinguant de Saint-Matthieu. 

Décimateurs : M. le curé pour les 3/4, M. de Saint-Matthieu 
pour 1/2 quart et M. de Mirabeau pour l'autre demi-quart. 

Gentilshommes : Il n'y en a point actuellement. 



(1) Ne serut-cA pM plutôt La Yauguyonf 

(t) Abbaye de filles nobles, voisine de Rocbechouart. Voyez plus loin. 



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— 386 - 

SAINT-BASILE. 

M. Pierre Jude, prêtre en 1715, curé en 1749, gros, vilain 
homme maussade, méprise dans son canton de ses confrères 
et encore plus de ses habitans ; mœurs suspectes ; il a eu chez 
lui une servante qui est devenue grosse et qu'il a reprise après 
ses couches, sans qu'on ait pu le déterminer à la renvoyer ; 
je ne scais si c'est la même qu'il a encore, mais celle qu'il a 
n'est pas d'un âge compétent et je lui ai signiffié que s'il ne l'a 
pas renvoiée à la Saint-Jean, je ferai porter plainte par le pro- 
moteur contre lui. Il a eu des querelles très vives et des haines 
scandaleuses contre M. le curé de Saint-Jean de Vayres ; enfin 
nuls talens. 

Vicaire : Point. 

Communians : 260. 

Sénéchaussée: Montmorillon. 

Patron : Monseigneur. 

Déciniateurs : M. le curé et Madame de la Reille. 

Seigneurs : M. Dumanadaud et M. de Bermondet. 

Gentilshommes : Point. 

CUEIRONNAC. 

M. Jean Longeau de Charbonnière, prêtre en 1743, curé en 
1748, l'air un peu fou et égaré, d'une vivacité qui va jusqu'à 
la turbulance ; esprit inquiet et brouillon qui s'est fait des que- 
relles avec tout le monde, décrié et décrédité dans son can- 
ton; mœurs au moins équivoques et suspectes. Implacable 
dans sa vengeance et conservant une rancune irrémissible, il a 
eu un procès criminel avec M. Dupin de Chenonceau dans 
lequel on lui a fait les reproches les plus graves sur toutes 
sortes de matières. Il a été décrété de prise de corps et conduit 
dans les prisons de Guéret, où il a été conduit sur la revendi- 
cation de l'official, par lequel il fut condamné à six mois de 
séminaire qu'il a fait aux Jacobins de SaintrJunien. Il a été 
renvoyé au surplus par le juge laïque de l'accusation (?) du 
cas privilégié. 

Vicaire : Point. 

Communians : 650. 

Sénéchaussée : Montmorillon. 

Patron: M. le prieur des Salles. 

Déeimateurs : Le curé, M. de Mirabeau et le chapitre de 
Saint-Junien. 

Seigneur : M. de Mirabeau. 

Gentilshommes : Point. 

LES SALLES. 

M. Jean Dupré, prêtre en 1713, curé en 1743 ; il a été Carme 
déchaussé ; il a passé un temps assés considérable à Ponti- 
chery, d'où il a rapporté de l'argent dont il s'est servi pour se 
faire transférer aux Salles, dont il est devenu curé. Ladite 
cure est très médiocre, mais il y a suppléé par les fonds qu'il 



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- 387 — 

y a placés en rentes constituées ou à fonds perdus. Il a de l'es- 

Ï>rit et paroit assés considéré des curés voisins ; au surplus, il 
ui reste toujours un petit vernis de moine dont il n'a pu se 
défaire. 

Vicaire : Point. 

Communians : 350. 

Sénéchaussée : Montmorillon, 

Patron : M. le prieur des Salles. 

Décimateur : la. 

Seigneur : Id. 

Gentilshommes : M. Roux des Combes et M. des Roches de 
la Broussardie. 

BUXEROLBS. 

M. Jean-Baptiste Arondeau, prêtre du diocèse de Cahors en 
1727; curé en 1728 ; il paroit bonhomme ; je le crois fort né- 
gligent sur ses fonctions, peu zélé et peu instruit. Il a chez lui 
deux jeunes nièces et paroit beaucoup préoccupé du soin de sa 
famille ; il paroit aimf' dans sa paroisse, surtout des principaux 
habitans avec lesquels il vit bien. 

Vicaire : M. Matthieu de Lambertie, prêtre en 1751, vicaire 
en 1761, talens fort médiocres, caractère doux. 

Communians : 1,250. 

Sénéchaussée : Périgueux. 

Patron : Monseigneur. 

Décimateur : M. le curé. 

Seigneur : La terre est en décret depuis longtemps ; elle 
ètoit anciennement possédée par M. Delavoyon (1). 

Gentilshommes : M. Delacropte de Francpalais et M. Des- 
cravailliac de la Bariére. 

MAISONAIX. 

M. Jean de Lavaud, prêtre en 1745, curé en 1752, bon prê- 
tre, bon curé, capable, mais d'un caractère un peu vif et sin- 
gulier. 

Vicaire : M. Louis Simon, absent, infirme, bon prêtre, ta- 
lens médiocres. 

Communians : 750. 

Sénéchaussée : Montmorillon, 

Patron : Monseigneur. 

Décimateurs: M. Delavogion (2), M. Dechateaurocher, M. le 
curé et le prieur clostral des Salles. 

Seigneur: M. le comte de la Vogion. 

Gentilshommes : M. Dulaux de Chateaurocher, M. Moussier 
de Saint-Etienne. 

SAUVAGNAC. 

M. Pierre Turdy, prêtre en 1737, curé en 1751, assés bon 
homme qui a été moine mendiant; transféré aux Salles. 



(1 et 8) Corr. sans douto La Vaugu^oii, comme plu» h&ul. 



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- 388 — 

Vicaire : Point. 

Communians : 140. 

Sénéchaussée : Angoulesme. 

Patron : M. le prieur des Salles. 

Décimateur : le seigheur des Etangs. 

Seigneur : Id. 

Gentilshommes : M. Dauphin, seigneur de la Peyre. 

ROUZÂDB. 

M. François Dey, prêtre en 1726, curé en 1737, înfinne ; il 
vient de résigner sa cure à son neveu. 

M. François Thavè, neveu du précédent, prêtre en 1758, 
vicaire en 1759; c'est à lui à oui la cure de Rouzède vient d'être 
résignée ; bon prêtre, talens tort médiocres. 

Communians : 400. 

Sénéchaussée : Angoulême. 

Patron : Monseigneur. 

Décimateur : M. le curé en seul. 

Seigneur : M. Cheyrade, comte de Montbron. 

Gentilhomme : M. Barbot d'Hauteclaire. 

LE LINDOIS. 

M. J.-B. Blanchard, prêtre en 1722, curé en 1743, bon prêtre, 
bon curé, honnête homme et reconnu pour tel. 

Vicaire : Point. 

Communians : 500. 

Sénéchaussée : Angoulême. 

Patron : Monseigneur. 

Décimateur : M. Dulindois, M. le curé et M" les chanoines 
de La Rochefoucault, chacun pour un tiers. 

Seigneur : M. Chatenier de la Rochepozay. 

Gentilshommes : Id. 

RBILHAC. 

M. Jean-Baptiste Fàuveau, prêtre en 1723, curé en 1745, 
frère de M. le curé de Conore; excellent prêtre, d'une très 
grande piété, mais très peu de talents. 

Vicaire : Point. 

Communians : 200. 

Sénéchaussée : Périçueux. 

Patron : M. le grand prieur d'Auvergne. 

Décimateur : Id. 

Seigneur : 4d. 

Gentilshommes : M. de Reiihac; M. de Fornelle; M. de 
Lajartre. 

ROUSSINBS. 

M. François Rayet, prêtre en 1748, curé en 1757, presque 
aveugle et pauvre sujet d'ailleurs; il a une difficulté de 
langue. 

Vicaire : Point. 

Communians : 500. 



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— 389 — 

Sénéchaussée : Angoulôme et Pèrigtieux. 

Patron : M. le prieur de Bussière-Badii. 

Décimateurs : M. de Lambertie et M. le curé par moitié. 

Seigneur : M. de Lambertie. 

Gentilhomme : M. Descravaillac de Bellat. 

SAINT-ESTÂPHB 

(Autrement Saint-Etienne-le-Droux), 

M. Pierre Laforest, prêtre en 1739, curé en 1754, bon sujet, 

Earoisse bien tenue et bien instruite, jolie église bien ornée et 
ien entretenue. I^ curé a beaucoup d'ordre et d'arrangement 
dans sa maison et dans son église ; très honorable. 

M. Laforest, son frère, ancien curé de Roussine, fait les 
fonctions de vicaire dans ladite paroisse, autant que ses infir- 
mités et la faiblesse de sa vue peuvent lui permettre ; c'est un 
très honnête homme et un bon prêtre ; il a une pension du 
clergé. 

Communians : 560. 

Sénéchaussée : Périgueux. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : M. le président de Laire. 

Décimateurs : M. le curé et M. le président. 

Gentilhomme : M. de la Ramière. 

AUGINIAC. 

M. Pierre Rousset, prêtre en 1742, curé en 1748, frère du 
curé de Grenord (?) et aussi inquiet que lui; intéressé et faisant 
servir les fonctions les plus sacrées de son ministère à son in- 
térêt ; litigieux, processif, peu aimé et encore moins estimé 
dans sa paroisse ; il refuse depuis deux ans d'entendre en con- 
fession et même de donner la permission de se confesser ail- 
leurs à un père et un fils, sous prétexte que la femme du 
[crémier avoit chargé son mary solidairement avec son fîls^ au 
it de la mort, de lui remettre à lui curé, qui êtoit le confes- 
seur de lad. femme, qui passoit pour être aliennêe d'esprit, 
la somme de 120 livres. 

Vicaire : Point. 

Communians : 500. 

Sénéchaussée : Pêrigueux. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur : M. Dalman-Dubost. 

Décimateur : M. lé curé est seul dêcimateur. 

Gentilshommes : Point. 

PLUVIERS. 

M. Jean Basset des Rivailles, prêtre en 1743, curé en 1759, 
bon prêtre, bon curé et capable. 
Vicaire : Point. 
Communians : 600. 
Sénéchaussée : Pêrigueux. , 
Patron : Monseigneur. 



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— 390 — 

Décimateur : M. le curé. 
Seigneur : M. Daim and. 

Gentilshommes : M. de Vassal, M. Demasfranc de la Do- 
maize. 

LE BOURDEIX. 

M. Jean Gaultier, prêtre en 1746, curé en 1757, très bon curé, 
instruit et parlant bien de son ministère. 
Vicaire : Point. 
Communians : 270. 
Sénéchaussée '>■ Périgueux. 
Patron : Monseigneur. 

Décimateurs : M. le curé et le seigneur par moitié. 
Seigneur : M. le président Lavie. 
Gentilshommes : Point. 

ETOUARS. 

M. Antoine-Léonard de Létang, prêtre en 1751, curé en 1753, 
médiocre au séminaire, curé commun dont on ne dit rien. 
Vicaire : Point. 
Communians : 280. 
Sénéchaussée: Périgueux. 
Patron: M. le prieur de Bussière-Badil. 
Décimateur : M. le curé. 
Seigneur : Madame de Coursillon. 
Gentilshommes : Point. 

TE Y J AT. 

M. Joseph Nadaud, prêtre en 1736, curé en 1754, très bon 
sujet, bon prêtre, bon curé, des mœurs fort simples, excellent 
caractère, fort régulier (1); il s'est adonné par un çout particu- 
lier d'érudition à la recherche de toutes les antiquités avec un 
zélé infatigable à déchiffrer et dépouiller les vieux titres et les 
anciennes inscriptions ; il seroit à désirer qu'il y eut un peu 
d'ordre et de suite dans les notes qu*il ramasse de tous 
côtés (2). 

Vicaire : M. Barthélémy Lepaffe, prêtre en 1755, vicaire id., 
bon prêtre, bon sujet, caractère doux, talens médiocres. 

Communians : 520. 

Sénéchaussée : Périgueux. 

Patron : Monseigneur. 

Seigneur: M. le président de Lavie. 

Décimateur : M. le curé en partie. 

Gentilshommes : Point. 



(1) Ce jugement a été reproduit assez inexactement dans la biograph