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Full text of "Chronographia regum Francorum: extraits relatifs à l'histoire de France ..."

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d 



CHRONTQOE 

D'ANTONIO MOROSINI 

BXnUITS BELATIFS A LIIISTOIIIB DB KlUNCE 
MIBI.IVS poni bi Hociriti! hr i/aiaTOiiiK dk tbiI^ce j 

ISTRODtlC-nilN m- CUMMiiNTMKi: 

GEBHiiTt LEFfiVRE-PONTALIS 
TExrt ktabli v.r [itAUCiT 

Lkoi DOREZ 

TOME gUATRl^ME 

ISTI'^DE SITR ANTOMO MOUOSIM ET SON OBUVBE" 

A^SEXK9 ET HBLKS 




A PARIS 

tlBRAlUlE RENOUAHD 

H. LAUllENS, 8CCCESSEUB 




CHRONIQUE 

D'ANTONIO MOROSINI 

EXTRAITS HEUTIFS 
A L'HISTOIRE DE FRANCE 

(1396-1433) 



IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR 



A NOGENT-LE-ROTROU. 



CHRONIQUE 

D'ANTONIO MOROSINI 

EXTRAITS RBLATIFS A L'HISTOIRE DE FRANCE 

PUBLICS POUE Li sociiri DB l'histoirb db fringe 



INTRODUCTION ET COMMENT AIRE 

PAR 

Gbrmhn LEPfiVRE-PONTALIS 

TEXTS BTABLI ET TRADUIT 
PAR 

Leon DOREZ 



TOME QUATRIEME 
ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI ET SON OEUVRE 

ANNEXES ET TABLES 




A PARIS 

LIBRAIRIE RENOUARD 



LIBRAIRE DB LA SOCIETE DE l'hISTOIRE DE FRANCE 



H. LAURENS, SUGCESSBUR 

SOCIETE DE l'hIST 
RUE DE TOURNON, R^' 6 

M DGCGG II 



308 



' / ■, •  



- I 



EXTRAIT DU RiiGLEMENT. 



06) 0, 



Aet. 44. — Le Gonseil designe les ouTrages a publier, et /^ ii'k jl 1 
choisit les personnes les plus capables d'en preparer et d'en * ^ 

suivre la publication. 

II n(»nme, pour chaque ouvrage a publier, un Gommissaire 
responsable, cbarge d'en suryeiller Teiecution. 

Le nom de I'editeur sera place en tete de chaque Yolume. 

Aucun volume ne pourra paraitre sous le nom de la Societe 
sans lautorisation du Gonseil, et s'il n'est accompagne d'une 
declaration du Gommissaire responsable, portant que le trayail 
lui a paru meriter d'Mre publie. 



Le Commissaire responsable souLssigtU declare que le tome IV 
de la Ghroxiqub d'Apctonio MoaosiNr, pr^parS par MM. Germain 
LBF&YRB-PoifTiLis et Loou DoREZ, lui a paru digne d'etre publie 
par la Sogi^tb' de l'Histoire de France. 

Fait a Paris^ le io Janvier 4902. 

Signe : M'^' [)K BEAUCOURT. 



Certifi^ : 

Le Secretaire de la Soci6te de rHistoire de France, 

A. DE BOISLISLE. 






£tude 



SUR 



ANTONIO MOROSINI 



ET SON OEUVRE 



IV 



/ 










CHAPITRE I. 



AVERTISSEMENT. 

Oiyulgation toute recente de ToeuYre du V^nitien Antonio Moro- 
sini. — Etat ou elle se trouvait conserv^e : a \ienne en 
maauscrit original, provenant de la collection du doge Marco 
Foscarini; k Venise en copie moderne. — Citation inopinee de 
diyers passages interessant Jeanne d'Arc, par M™« Adele Butti, 
dans son elude : Di Giovanna d'Arco. — Communication du 
R. P. Ayroles. 

Etude de M. Leopold Delisle : Soci^t^ de Thistoire de France; 
Journal des Savants. — Revelation d'une description detail- 
lee de Touvrage d' Antonio Morosini, publiee des 1843, par 
Tommaso Gar, dans YArchivio storico italiano, — Identifica- 
tion de TcBuvre d' Antonio Morosini, etablissement de ses 
caracteres successifs : d'abord Chronique composee, puis Diario, 
Journal tenu quotidiennement, notant les evenements veni- 
tiens et les nouvelles recues de tous pays a Venise dans le pre- 
mier tiers du xv« siecle. — Constatation de Tinterdt special des 
correspondances relatives a la France, et en particulier a Pac- 
tion de la Pucelle, de 1429 a 1431. — Oubli singulier ousemble 
demeuree cette source de renseigaements, cependant facilement 
accessible dans VArchivio storico italiano. 

Traduction francaise des passages relatifs a Jeanne d'Arc, publiee 
par le R. P. Ayroles, dans les Etudes religieuses, — Edition 
partielle du teste venitien, publiee par M"*® Adele Butti dans 
ses Studi sur la Pucelle. — Edition totale, publiee par le R. P. 
Ayroles dans la Vraie Jeanne d'Arc. 

Plan de la presente edition, comprenant tous lesextraits de Toeuvre 
d'Antonio Morosini relatifs a riiistoire de France, entre 1396 et 
1433. — Conditions oti la publication a pu s'ex^cuter. 

L'oeuvre qui fait Tobjet de cette presente Edition parait 
etre demeuree longtemps, par un singulier et deroutaut 



4 iTUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

destin, sinon insoup^anee, au moins inutilisee par Terudi- 
tion contemporaiDe. C'est seulement dans une occasion 
toute r^cente qu'elle vient d'etre reellement signal^e, on 
pent dire revelee, k la critique et au public. C'est pour la 
premiere fois qu'une suite methodique d'extraits, embras- 
sant tout Tensemble des renseignements qu'elle fournit sur 
un ]fetat ou une nation, en est ainsi tiree et mise au jour, en 
permettant ainsi d*appr6cier, et sa valeur generale, et 
Tappoint special qu'elle apporte k I'histoire frangaise, dont 
elle eclaire une epoque chargie d'6v6n6ments, traversee 
d'agitations furieuses, attirante et grandiose entre toutes. 

Avant d'aborder la discussion des questions, multiples et 
delicates, qui se rattachent k Toeuvre d' Antonio Morosini, il 
ne sera pas sans interet de r^sumer ici bri^vement les con- 
ditions ou son existence a pour ainsi dire et6 d^couverte, ou, 
tout au moins, s'est trouv6e pratiquement d^voilee. 

Le manuscrit unique ou ce remarquable temoignage a 
survecu, obscurement conserve, depuis Tepoque de son 
execution, k Venise ou dans la region voisine, etait entre 
en 1756, par un don particulier, dans la bibliotheque pri- 
v6e r^unie par Marco Foscarini, le lettr^ et Thomme d'Etat 
v6nitien bien connu, Tauteur des m6moires politiques desi- 
gn's sous le nom de Storia Arcana et du traite demeure 
classique Delia letteratura veneziana, qui exerga les 
fonctions de doge pendant la derniere annee de sa vie, 
de 1762 k 1763, et dont la double carriere rappelait, k 
travers les temps, le souvenir d*un Andrea Dandolo, son 
grand pred'cesseur du xjv° si^cle. Acquis des heritiers de 
Foscarini, avec toute la riche collection dont il faisait 
partie, par le gouvernement autrichien, en 1801, au cours 
de la premiere et 'ph6mere annexion de Venise aux Etats 
de la maison de Habsbourg, 11 a pris place, depuis cette 



AVERTISSEMENT. 5 

date, k la Biblioth^ue imp^riale de Yienne, ou il se trouVe 
toujours actuellement. Depuis 1888, une copie offlcielle, 
ex^cut^ par riDitiative v^nitienne, en figure k la Mar- 
ciennede Venise*. 

Le catalogue imprimS des manuscrits de la Biblioth^que 
imp^riale de Yienne, en atteignant les num^ros sous les- 
quels Touvrage se trouve class^, Tinventoriait publique- 
ment, en 1871, sous le nom de son auteur, Antonio Moro- 
sini, mais le designait seulement, selon le plan normal du 
repertoire, sous sa quality essentielle, bri^vement inoncee, 
de Chronique de Venise. Le catalogue imprim6 des 
manuscrits de la Marcienne de Yenise, limits, sauf excep- 
tion pour certaines collections particuli^res, aux manuscrits 
en langues anciennes, ne comprend pas, entre autres, les 
manuscrits du fonds general italien parmi lesquels est ran- 
gee la copie en question*. 

Dans les d6p5ts divers ou ce precieux texte, sous des 
etats differents, se trouvait ainsi conserve, la connaissance 
de sa valeur particuliere devait done forcement se res- 
treindre k quelques inities, ou bien k ceux-lk seuls qu'un 
heureux hasard ou quelque renseigneraent personnel pou- 
vait mettre isolement sur cette voie. 

II en etait ainsi, quand dernierement, en mai 1895, le 
R. P. Ayroles, dont on connait les recents et importants 
travaux sur Tenserable de la vie de Jeanne d'Arc, attira Tat- 
tention de M. Leopold Delisle sur certaines indications pre- 
sentees par une recente publication italienne, dans laquelle 
se trouvait signalee riraportance de plusieurs temoignages 
contemporains relatifs k I'histoire de la Pucelle, temoi- 

\. Sur ces divers points, ci-apres, cli. u, le Manuscrit, p. 19-*20, 
33-34. 
2. Sur ces divers catalugues, ci-apres, ibid., p. 18-19, 34. 



6 tTVBE SUR ANTONIO MOROSINI. 

gnages contenus dans une chronique y^nitienne semblant 
encore inexploree sous ce rapport*. 

En efifet, au cours d'une 6tude parue k Trieste en 1892 
sur le poete Jean Chapelain et son poime de la Pucelle, 
M"* Adele Butti* indiquait Texistence, k Venise et k 
Vienne, en double 6tat, d'une source historique parais- 
sant encore inconnue, la chronique du venitien Antonio 
Morosini, renfermant, entre autres renseignements de pre- 
mier ordre interessant Thistoire du xnr® et du xv** siecle, 
une relation suivie des evenements accomplis en France 
pendant la merveilleuse carriere de Jeanne d'Arc^. 

Une revelation aussi inattendue appelait une enquete 
approfondie. Aussit6t entreprise, une suite de recherches, 
conduites avec cette surete et cette decision dont chacune 
de ses oeuvres quotidiennes porte si personnellement Tem- 
preinte, fournissait en pen de temps k M. Leopold Delisle la 
solution definitive d'un probleme pose de facon si soudaine, 
et lui permettait d'en divulguer promptement au public les 
resultats les plus essentiels et les plus convaincants. Bien- 
t6t, en efiet, une communication faite au Conseil de la Societe 
de THistoire de France, des sa seance du 4 juin 1895, puis 
une etude plus complete, parue dans le Journal des 
Savants du mois d'aout suivant, venaient coordonner et 
preciser les notions les plus iuteressantes et les plus inatten- 
dues sur la source historique en question, son ideatite, son 
auteur et sa portee^ 



i. Sur ce point, voir Touvrage indique dans la note qui suit. 

2. Adele Butti, DiGiovanna d'Arco resuscitata dagli shtdi storici 
e del vecckio poeyna di Giovanni Chapelain. Triosto, Ti[)oj;ra(ia 
Giovanni Balestra, 1892, in-16, 85 p. 

3. Adele Butti, op. cit., note, n. 35, p. 79-81. 

4. Proces-verbal de la seance du Conseil d'administration de la 



AYERTISSEMENT. 7 

Cette enquete confirmait d^nitiyement TexisteDce, en 
original probable k Vienne, en copie moderne k Venise, du 
texte d'une chronique en dialecte y^nitien due k un auteur 
nomme Antonio Morosini, chronique int^ressant non seu- 
lement les Annales memos de Yenise, mais encore This- 
toire gen^rale d'un grand nombre d'Etats, et, en particulier, 
celle de la France au temps oi s'y prononga I'eitraordi- 
naire action de Jeanne d'Arc. Particularity k peine croyable, 
auteur comme chronique semblaient inconnus en France, 
ou, en tout cas, cette source n*ayait jamais jusqu'ici etk 
mise k profit. 

D'aprte les donnees ainsi recueillies, cette oeuvre, debu- 
tant sous forme de Chronique venitienne, se continuait 
et s'achevait dans le cadre d'un Journal^ tenu au jour le 
jour, selon le type de maint document venitien de memo 
ordre, et au cours duquel se trouvaient notes les evenements 
les plus saillants dont la connaissance parvenait de tous les 
points de I'univers civilis6 jusqu'k la cit6 des Doges, precieux 
t^moignage reprfeentant une condensation continue des nou- 
velles de toute provenance qui affluaient quotidiennement k 
Venise, alors reine unique des mers, des routes et des interets 
commerciaux du monde. C'est de la sorte, entre autres, que 
ce Journal se trouvait contenir nombre de renseignements 
originaux ayant trait k I'histoire de France sous les regnes 
de Charles VI et de Charles Vll pendant la seconde partie 
dela guerre de Cent ans. C'est k ce litre enfin que s y ren- 

Soci^te de Thistoire de France, du 4 juin 1895, dans Annuaire" 
Bulletin de la SocieU de I'histoire de FrancCj annee 1895, fasc. 2, 
p. 118-119. — La Chronique d'A?itonio Morosini, dans Journal des 
Savants, 1895, aoilt, p. 511-518. Tirage a part, avec fac-simile 
d'un folio du ms., fol. 507 a [fol. 185 \<* du t. II moderne], conte- 
nant documents en date des 16 et 17 juillet 1429, enregistr^s entre 
le 18 aoilt et le l*"" septembre. 



8 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

contrail toute une s6rie de correspondances dat^ de 1429 
k 1431, enregistrant au jour le jour les bruits et les echos 
qui se propageaient dans tons les pays de I'Europe avec une 
\J surprenante rapidite sur les faits merveilleux de la Pucelle, 
inappr^iable collection d*impressions contemporaines r^di- 
g6es avec toute la sincerity, toute T^motion qui purent alors 
secouer les esprits, les imaginations et les coeurs. 

Des recherches ainsi entreprises ressortait, en outre, un 
rSsultat accessoire peut-etre, mais propre n^anmoins k cau- 
ser un certain 6tonnement. G'est que cette oeuvre d'Antonio 
Morosini, avec toutes ses particularites et la mise en relief 
de son importance, etait en somme dejk signalee k Tatten- 
tion, depuis pres de cinquante ans, dans un repertoire 
dresse selon toutes les regies, mais ou, k ce qu'il semble, en 
France au moins, cette indication etait demeuree compl^te- 
ment enfouie. 

Depuis 1843, en efiFet, un catalogue des manuscrits de la 
collection Foscarini, passes en 1801 k la Bibliotheque irape- 
riale de Vienne, etait imprime dans un recueil italien aussi 
accessible que repandu, VArchwio storico italiano, ou il 
avait ete publie par T^rudit venitien Toramaso Gar, qui 
devait plus tard occuper les hautes fonctions de directeur de 
YArchivio di Stato de Venise. Or, dans ce catalogue, le 
manuscrit en question, k la suite de la mention sommaire et 
normale qui le concerne, etait Tobjet d'une description 
detaillee, tiree d'une notice annexee au manuscrit meme, et 
vraisemblablement redigee au temps ou 11 figurait dans la 
bibliotheque personnelle de Foscarini*. 

Cette description notait Tentree du manuscrit, en 1756, 
dans la bibliotheque particuliere de Foscarini; elle determi- 

1. Sur cc catalogue, ci-apres, ch. ii, le Manuscrit, p. 20-22. 



AVERTISSEMENT. 9 

nait ridentit^ de Tauteur, le y^nitien Antonio Morosini, en 
relevant le fait qu'il se denomme lui-meme en certains 
passages ; elle distinguait les limites chronologiques et les 
caracteres g^neraux de la composition ; elle fixait son degrS 
d'importance, en signalant la yaleur des passages relatifs 
aux ^Y^nements de France, et en mentionnantmeme specia- 
lement, k ce propos, Texistence de renseignements concer- 
nant Taction et la carri^re de la Pucelle. 

Tels etaient les resultats de ces premieres et dteisives 
investigations. 

D^ormais, dans la source historique ainsi d^gag^e et 
etudiee, il fallait reconnaitre une oeuvre originale, se clas- 
sant au premier rang des temoignages contemporains, et 
particulierement attirante pour Thistoire du plus noble 
episode des annales de la France. Gette oeuvre, eniSn, s'af- 
firmait comme celle d'un 6crivain dont le nom, incoanu 
jusqu'ici, passait ainsi brusquement de Tombre au grand 
jour, Antonio Morosini, Venitien par excellence, de race 
comme de personne, caractere d*historien passionne pour la 
gloire de son pays, que Venise devra dorenavant inscrire 
parmi ceux de ses fils les plus devoues et les plus dignes de 
m^moire. 

II est certainement anormal qu'un texte aussi important, 
dont rinteret general ou special s'imposait sous tant d'as- 
pects, soit jusqu'ici deraeure k peu pres inapercu. On ne 
pent que constater le fait, sans chercher k Fexpliquer. 
Toujours est-il qu'aucune allusion a Toeuvre ou au nom 
d' Antonio Morosini ne se rencontre dans les grands reper- 
toires de bibliographie ou de biographic actuellement exis- 
tants, dont le cadre pourrait en comporter la mention. 

II ne faut pas s'etonner de n'en voir ni indication ni signa- 
lement figurer dans le traite Delia letteratura veneziana 



10 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

de Marco Foscarini en person ne, le possesseur meme du 
manuscrit en question, traite demeur^ avec raison la refe- 
rence premiere de toute etude critique des sources de This- 
toire de Venise*. Le traite de Foscarini parut en 1752*, 
tandis que le manuscrit contenant Toeuvre d' Antonio Moro- 
sini ne parvint k la connaissance de Foscarini que quatre 
ans plus tard, en 1756 seulement^. Le savant recueil con- 
sacre par le P. Leiong et ses coUaborateurs aux sources de 
rhistoire frangaise, la Bibliotheque historique de la 
France, ne pouvait, k moins d'un hasard tout special, 
soupQonner la presence d*un document presentant un tel 
int^ret national dans une collection particuliere lointaine et 
peu accessible, dont la composition apparente, en tout cas, 
ne serablait comporter que des ouvrages limites k des 
questions italiennes^. Le recueil du P. Leiong, sous sa 
forme definitive, achevait de paraitre en 1778^, alors 
que le manuscrit de Toeuvre d' Antonio Morosini etait 
encore conserve dans la bibliotheque privee, formee par 
Foscarini, et recueillie par ses heritiers depuis sa mort 
en 1763 ^ 

Mais il est singulier qu'apres Teveil donne, des 1843, par 
Tapparitiou de la description raisonnee de Toraraaso Gar, 
dans un recueil aussi consulte que YArchivio storico ita- 

1. Delia leileraiura veneziana libri otto di Marco Foscarini cava^ 
Here e procuratore, Padoue, 4752, in-fol. [Livres I a IV seule- 
ment.J 

2. Voir la note qui precede. 

3. Voir ci-dessus, p. 4-5, 8-9. 

4. Bibliotheque historique de la France..., par feu Jacques Leiong... 
Nouvelle edition revue, corrigle et consid6rablement augment6e, par 
M. Fevret de Fontette. 176S.1778, 5 vol. in-fol. 

5. Voir la note qui precede. 
0. Voir ci-dessQs, p. 4-5. 



AVERTISSEMENT. 1 i 

lianOy aucnn appel d'attention ne se soil maDifeste autour 
d'un temoignage aussi fortement qualifie. 

Malgre le supplement d'examen que la publication de ce 
catalogue pouvait motiver au sujet de la collection Fosca- 
rini, la seconde edition du traite Delia letteratura vene-- 
ziaruif parue en 1854, ne contenait aucune addition rela- 
tive k Antonio Morosini, k son nom ou k son ouvrage*. En 
depit des indications speciales divulgu^es par Tommaso Gar 
concernant le fait de Jeanne d'Arc, la magistrale publica- 
tion de Quicherat sur le procte et les sources de Thistoire 
de la Pucelle, poursuivie depuis 1841 jusqu'en 1849, non 
plus que la suite de ses recherches ult^rieures sur le meme 
sujet, continuees avec tant de perseverance, ne renferment 
aucune allusion qui marque la connaissance du chroniqueur 
v^nitien ou de son oeuvre-. Enfin, Tun etl'autre paraissent 
bien avoir tehappe, plus recemment, aux immenses et cons- 
ciencieuses enquetes sur la production historique et les per- 
sonnages marquants du moyen age, instituees par August 
Potthast^ et par Tabbe Ulysse Chevalier ^ 

G'est done k bon droit qu'on pent qualifier de veritable 

i. Delia letteratura veneziana del doge Marco Foscarini^ con 
aggiunte inedite. Venise, i85'i, in-4®. [Livros I a IV seulement.] 

2. Proems de condamnation et de r^hahilitation de Jeanne d'Arc, 
dite la Pucelle. Publ. de la Soc. de I'/ust. de France, 1841-1849, 
5 vol. — Relation inddite sur Jeanne d'Arc, dans Revue historique, 
t. IV, 1877, mai-aoilt, p. 327-344. — Supplejuent aux thnoignages 
contemporains sur Jeanne d^Arc, dans Revue historique, t. XIX, 
1882, mai-juin, p. 60-83. 

3. Bibliotheca historica medii xm. Wegweiser durch die Geschi^ 
chtswerke des Europaischen Mittelalter bis iiWO. l"ed., 1S52, 1 vol. 
in.40, avec Supplement, 1868, 1 vol. in-80; 2« ed., 181)5-1896, 
2 vol. in-80. 

4. Repertoire des sources histoj^iques du moyen d^e, Ribliographie. 
Publ. de la Soc. bibliographiquc, 1878-1883, 1 vol. gr. in-80, avec 
Supplement, 1887, 1 vol. gr. iu-8". 



12 ifiTUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

decouverte Tensemble des circonstances toutes r^centes ou 
s'est op^ree la revelation pratique de ce precieux texte 
ainsi signal^, reconstitu6 et porte au grand jour par une 
s6rie d'initiatives heureuses, puis d*investigations critiques, 
qui impose envers tous ceux qui ont pris part k cet eflfort 
une Equitable part de reconnaissance*. 

Telles sont les conditions ou le Conseil de la Society de 
THistoire de France, k la suite de la communication faite en 
sa stance du 4 juin 1895, a decide de confier aux auteurs 
de cette pr6sente Mition la mission d'extraire et de publier 



4. Au point de vue de I'histoire venitienne proprement dite, 
I'oeuvre d' Antonio Morosini s'est trouvee signaloe ou cit^e un 
certain nombre de fois. Entre autres : par Karl Hopf, dans ses 
travaux sur I'histoire de la Grece au moyen age. (Karl Hopf, 
Geschichte Gricchenlands vom Beginne des Mittelalters bis auf die 
neuere Zeit, periode II, part. IV, ch. in, dans Ersch et Gruber, 
Allgemeine Encyklopddie, section I, t. LXXXVI. Voir p. 78, n. 2.) 
— Par Auguste Prost, dans son precieux inventaire des chro- 
niques veniliennes. (Auguste Prost, les Ckroniques venitiennes 
[premier memoire], dans Revue des Questions hisloriques, t. XXXI, 
i**" avril 1882, p. 512-555; second memoire. Ibid,, t. XXXIV, 
!«' juillet 1883, p. 199-204. Voir n" 73 [premier memoire], 
p. 547.) — Par M. Molmenti, dans son 6tude sur les dogaresses 
de Venise. (P.-G. Molmenti, la Dogaressa di Venezia. Turin, 1884, 
in-8o. Voir p. 126, n. 2; p. 130, n. 1.) — Par M. Vittorio Lazza- 
rini, dans ses etudes sur la conjuration du doge Marino Faliero, 
en 1355, et sur I'acquisition de la ville de Lepante par la R^pu- 
blique venitienne en 1407. (Vittorio Lazzarini, Marino Faliero, la 
Congiura, dans Nuovo archivio vcneto, t. XIII, 1897, p. 5-107,277- 
374. Voir specialement p. 12-13. — L'acquisio di Lcpanto, Ibid., 
t. XV, 1898, p. 267-283. Voir specialement, p. 282-283.) — Par 
M. Giovanni Monticolo, dans los notes do la nouvelle edition dos 
vies des doges do Marino Sanuto. (Le Vite dei dogi di Marin 
Sanudo, ap. Renim Halicarum scriptores, nouv. ed., t. XXII, 
part. IV, 1900. Premiere citation, ad ann., 1094, p. 157, n. 6. 
Of. ad. ann. 1096-1108, p. 160, n. 1; 163, n. 1; 166, n. 13; 
169, n. 1.) 



AVERTISSEMENT. \ 3 

tons les extraits de ToeuYre d* Antonio Morosini relatiCs k 
Thistoire firanQaise, parmi lesquels figurentau premier rang 
les documents relatifs k Jeanne d'Arc. 

An cours de la preparation de ces trois volumes, la s^rie 
des passages se rapportant exclusivement k Thistoire de 
Jeanne d'Arc s'est trouvte publiie sous diverses formes. Le 
R. P. Ayroles, dans les Etudes religieuses d'octobre 1895 k 
fevrier 1896, donnait une premiere traduction frangaise de 
tons ces documents*. M™* Adele Butti, dans une autre oeuvre 
litteraire, Un essai gdnirai sur la vie de Jeanne d'Arc^ 
paru en 1896 2, pr6sentait le texte v6nitien d'un choix de 
ces plus importants fragments, texte etabli sur la copie de 
Venise^. Enfin, le R. P. Ayroles, au cours de la publica- 
tion de La Vraie Jeanne d'Arc'^y editait dans le tome III, 
paru en 1897, une nouvelle traduction fran^aise de la serie 
de ces temoignages, suivie du texte venitien, ce dernier 
dress6 d'apres la copie de Venise et revu sur Toriginal de 
Vienne**. 

Congue d'apres un plan diflferent, Tedition que con- 
tiennent aujourd'hui ces trois volumes comprend non seu- 
lement ces documents relatifs k la Pucelle, mais encore, 

4. P. Ayroles, Un document contemporain sur Jeanne d'Arc, la 
Chronique Morosini, daos tliudes religieuses, ann^e 1895, livr. des 
15 octobre, 15 novembre, 15 decembre; ann^e 1896, livr. du 
15 fevrier, t. LXVI, p. 323-333, 487-503, 620-622, t, LXVII, 
p. 321-333. Gf., sous la date du 11 juin 1895, P. Ayroles, Jeanne 
d'Arc d'aprts une correspondance de I' Opaque jusqu'ici inidite, dans 
Univers du 11 juin 1895. 

2. Giovanna d'Arco, Studi di Adele Butti. Trieste, Tipografia 
Giovanni Balestra, 1896, in-16, 311 p. 

3. Adele Butti, op, cit.j note, Gronaca Veneziana, p. 293-311. 

4. La Vraie Jeanne d'Arc, 1890-1901, 5 vol. gr. in-8". 

5. P. Ayroles, la Vraie Jeanne d'Arc, t. Ill, I. 6, p. 567-608, et 
Pieces just., P, p. 614-660. 



^' 



44 l^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

relev6s depuis le d6but original de roeuvre d' Antonio Moro- 
sini jusqu'k sa fin, tout Tensemble des extraits qui peuyent, 
k un degrS quelconque, interesser Thistoire de la France. 

Le texte en a ^t^ copi^ enti^rement sur le manuscrit ori- 
ginal de la Biblioth^que imp6riale de Vienne, tr6s lib^rale- 
ment mis k la disposition des Miteurs par la cour d'Au- 
triche-Hongrie. La traduction plac6e en regard permet de 
tirer de la redaction archaique venitienne tout le profit 
desirable. Un commentaire critique, courant au bas des 
pages, pr&ente sur chaque extrait public et sur chaque fait 
allegu6 les 6claircissements necessaires k la comprehension 
des 6v6nements reels, des bruits extravagants, des ichos 
prophetiques ou mensongers, des generations spontan^es de 
16gendes qui font de ces notations quotidiennes un des plus 
curieux groupements de t^moignages susceptibles d*6clairer, 
dans toute leur immediate sinc6rite, les sentiments des 
foules et des individus devant qui se d^roulent ces grands 
drames d'histoire humaine. 

Les auteurs de cette edition n'ont 6pargn6 ni temps ni 
peine pour achever une oeuvre dont les difficultes ont sou- 
vent depasse leur attente. lis esp^rent s'y etre efibrces de 
leur mieux, en conservant le regret de sentir subsister, dans 
une entreprise de cette nature, encore trop d'irritantes 
lacunes et d'imparfaites solutions. 

En termiuant cet expose prealable, 11 leur sera perrais de 
remercier tous ceux dont Taide et les conseils leur ont faci- 
lite leur t&che. 

lis ont k s'acquitter d'une dette particuliere envers 
M. Leopold Delisle, le veritable initiateur de cette publica- 
tion, dont la sure critique a degage si prompteraent les pre- 
mieres donnees de ce problerae historique, et dont les 
encouragements constants, pendant tout le cours de ce long 



AVERTISSEMEM'. 15 

travail, les ont p^n^tr^s de la plus vive reconnaissance. — 
M. le marquis de Beaucourt, dans la charge de commis- 
saire responsable, les a fait profiter de sa par&ite connais- 
sance du r^gne de Charles YII et n'a cesak de porter dans 
ses fonctions une in^puisable bienveillance. — M. Fran- 
cesco Novati, le savant professeur de Milan, a revu toutes les 
ipreuves de Touvrage avec un soin, une perseverance et une 
obligeance extremes : c'est k lui que sont dus, dans plus d'un 
passage, rStablissement conjectural du texte et sa traduc- 
tion la plus plausible. — M. Paul Meyer a bien voulu mettre 
k leur disposition les notes et dossiers annexes de Touvrage 
du regrette Michel Perret sur les Relations de la France 
avec VenisCy idit^ par ses soins, et dans les materiaux 
duquel a pu etre puisee plus d'une pr6cieuse indication. 

Le manuscrit conserve k Vienne, dont il vient d'etre 
d6jk parie k maintes reprises, — unique texte actuellement 
connu de I'oeuvre d' Antonio Morosini, — a kik communique 
par la cour de Vienne, en vue de la pr^sente edition, avec 
la plus entiere bonne gr^ce, sans derogation d'ailleurs au 
mode traditionnel de ces sortes de prets. II convient d'en 
remercier particulierement MM. le chevalier de Hartel, 
alors directeur de la Bibliotheque imperiale, le comte de 
Wolkenstein-Trotsburg, ambassadeur d'Autriche-Hongrie 
k Paris, auxquels il faut joindre MM. Hanotaux, ministre 
des Affaires etrangeres, et Girard de Rialle, directeur du 
depdt des archives des Affaires etrangeres. 

La copie de la Marcienne de Venise a ete gracieusement 
mise k la disposition des editeurs par feu M. Carlo Castellani 
et par M. le D'' Salomone Morpurgo, son successeur. 

M. Baroncelli, aujourd'hui bibliothecaire de TUniversite 
de Catane, a fait pour eux, dans divers manuscrits his- 
toriques de la Marcienne, des recherches et des extraits 



16 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

qui ont 6t6 ex6cut6s avec une remarquable diligence. — 
M. Vittorio Lazzarini, professeur k TUniversite de Padoue, 
leur a communique, de son propre mouvement, les r^ul- 
tats de son enquete, k VArchivio di Stato de Venise, 
sur Antonio Morosini et sa famille. 

De vifs remerciements sont enfin dus k M. Niccold 
Barozzi, dont on connait I'excellente Erudition v6nitienne, 
et k M. E. Blochet, de la Biblioth^ue nationale, qui met 
toujours si lib^ralement sa science des choses de TOrient au 
service des < occidentalistes >. 



GHAPITRE II. 



Le manuscrit. 



Mannscrit ancien unique, suppose original, k la Biblioth^que 
imperiale de Vienne. — Son histoire : entr6 dans la collection 
du doge Marco Foscarini en 1756 ; passe avec cette collection 
k la Bibliothdque imperiale de Vienne en 1801 ; objet d'une 
notice d^taillee de Tommaso Gar en 1843. — Sa descrip- 
tion : numerotation ancienne des feuillets, d'un seul tenant; 
division actueile en deux tomes, avec numerotation moderne 
des feuillets dans chacun de ces tomes ; importance de la 
numerotation ancienne, la seule a considerer; dimensions, 
papier, filigranes, ecriture. — Gonstatation de deux parties 
dans I'apparence exterieure du manuscrit : la premiere con- 
sistant en une transcription d'un seul jet, du debut jusqu'en 
1413-1414; la second e consistant en series d'inscriptions succes- 
sives, depuis 1413-1414 jusqu'a la fin. — Titres courants, man- 
chettes, renvois, indications accessoires. — Reputation inde- 
chiffrable de ce manuscrit, se reduisant a de r^elles difficultes 
de lecture pour certains passages de la seconde partie. 

Gopie moderne totale, a la Marcienne de Venise. — Son execu- 
tion sur le manuscrit de Vienne, en 1888. — Gopie moderne 
partielle, dans la collection du comte Leonardo Manin. — Son 
indication, vers 1850. 

Etat de divers documents transcrits dans Toeuvre d'Antonio Moro- 
sini. — Lettre de Famiral v6nitien Garlo Zeno, en date de 1403, 
imprimee dans les Vies des doges de Venise, de Marino Sanuto. 
— Deux groupes de correspondances concernant les choses de 
France et Taction de Jeanne d'Arc, en 1429, existant dans les 
archives de I'abbaye venitienne de San Giorgio Maggiore, 
et publics recemment par M. G. dalla Santa. 

Le texte de Toeuvre d' Antonio Morosini se conserve sous 

forme d'un manuscrit contemporain, que tout porte k croire 
IV 2 



18 tTVDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

origiDal, existant a la Bibliotheque imp^riale de Vienne, et 
d'une copie toute moderne figurant k la Marcienne de Venise ; 
des copies partielles de quelques-uns des documents trans- 
crits par Tauteur se rencontrent en outre, sous divers 6tats, 
en diflferents dep6ts. 



I. 



Manuscrit original. 

Un manuscrit de Toeuvre d' Antonio Morosini, le seul 
d'origine ancienne signale jusqu'ici, existe k la Bibliotheque 
imp6riale de Vienne. 

II y est conserve en deux tomes, sous les n""* 6586 et 6587 
du cadre general de classement du depot. 

Le catalogue imprime* le decrit ainsi, au tome V, paru 
en 1871 2 : 

6586-65873. — [Fosc. 234 et 235 *.] Ghartac. xv saec. 349 f. » 
et 293 f. ^. Antonio Morosini, « Grouica veneta » ab urbe con- 

« 

ditausquead annum 4433, ab initio mutiia. Incip. : a. ..a. 1085'^ 



1. Tahulx codicum manu scriptorum prxier grxcos et orientales 
in bibliotheca palatiiia Viiidobonensi asscrvatorum. Edidit Acade- 
mia Capsarea Vindobonensis. Vienne, 1864-1S99, 10 vol. in-8'. 

2. Op. ciL, t. V, [1871,] p. 13. 

3. Numeros du cadre general de classement de la Bibliotheque 
imperiale dc Vienne. 

4. Numeros du cadre particulier de classement de la collection 
Foscarini. 

5. Entendre 270. Voir p. 25. 

6. Entendre 291. Voir p. 25. 

7. Gette mention chronologiijue appartient on realild, non a la 
redaction proproraent dite, mais au titre courant. 



MANUSCRIT ORIGINAL. 19 

quel luogo fose meso*,.. » Expl. : « ... per la Lamagna a 
Veniexia^... » 

Ce manuscrit appartenait, au milieu du xvin^ si^cle, k 
r^rudit italien Annibale degli Abati Olivieri, de Pesaro^, 
entre les mains duquel on constate ainsi pour la premiere 
fois son existence. Celui-ci, en 1756, en fit don au V6nitien 
Marco Foscarini*, possesseur d'une biblioth^que particu- 
li&re patiemment enrichie, et alors dans tout I'^lat de sa 
carriire politique et littiraire. 

Diplomate remarqui, ambassadeur de Venise k Vienne, 
k Rome et k Turin, ayant rapport^ de sa mission k Vienne, 
en 1732, le curieux expose de la politique autrichienne 
connu sous le nom de Storia Arcana, appele depuis 1735 
aux fonctions d'historiographe oflBciel de la Republique, 
investi depuis 1741 de la charge de procurateur de Saint- 

i. Premiers mots du feuillet que I'etat de Passemblage actual a 
place le premier du tome I, feuillet appel6 effectivement, par 
I'examen de son contenu, a 6tre conserve comme feuillet de l^te 
de ce tome I, mais ne representant en fait qu'un feuillet depareilU 
de tout le dSbut manquant de Touvrage. Les premiers mots du 
feuillet representant, en realite, le premier feuillet coniinu de la 
partie preservee de I'ouvrage, sont les suivants : a ... e altry 
barony J che iera aprestady d'andar, chomo io dito, al pasazo. . . » 

2. Derniers mots du feuillet que T^tat de Tassemblage actuel a 
plac4 le dernier du tome II, mais qui est appele en fait, par Texa- 
men de son contenu, a 6tre classe comme le second feuillet de ce 
tome II. Les derniers mots du feuillet representant, en realite, 
le dernier feuillet continu du tome II (feuillet que I'etat de Tas- 
semblage actuel place Tavant-dernier de ce tome II), sont les sui- 
vants : ... lor legitima nienle non citade ne legitima,., » 

3. Annibale degli Abati Olivieri, ne en 1708, mort en 1789. 
Sur lui, voir Zaccaria, Excursus litterarii per Italiam, ab anno 
i742 ad ann. 1753, t. I, ch. ii, p. 9-21. — (Venise, 1754, 2 vol. 
in-4«.) 

4. Sur cette possession et ce don, voir Notice indiquee, ap. Tom- 
maso Gar, publication visee ci-dessous, p. 21, n. 1 et 2, Catalogue, 
p. 304-305. 



!J0 STUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

Marc, il venait de publier, en 1752, son traits Delia let- 
teratura veneziana, classique expose de Thistoire litt^ 
raire venitienne, qui est reste le principal titre de son renom. 
II 6tait destin6 k se voir 61eve, en 1762, k la dignite de doge, 
ou la mort vint le surprendre Tan suivant, en 1763, aprte 
quelques mois seulementd*exercice*. 

La remarquable collection de manuscrits rassembl^s par 
Marco Foscarini demeura entre les mains de ses h^ritiers 
jusqu'en 1801. A cetteepoque, le gouvernement autrichien, 
k qui Venise appartint, comme on sait, de 1797 k 1805, 
entre les traites de Gampo Formio et de Presbourg, se ren- 
dit acquereur de cette celebre bibliotheque pour la somme, 
qui paraitrait aujourd'hui invraisemblable, de 10,880 lires 
venitiennes, prix que d^passerait certes actuellement, k lui 
seul, tel ou tel des ouvrages qui la composent^ 

Peu utilis6e3 pendant un certain temps, recensee^ seule- 

i . Noiizie intorno alia vita del doge Marco Foscarini, dans Delia 
letteralura veneziana, ed. de 1754, p. xi-xxi. 

2. La vente generale de la bibliotheque de Marco Foscarini se 
preparait depuis 1799. Eq ce qui concerne les manuscrits, leur 
acquisition par le gouvernement autrichien, dans leur ensemble, 
se negociait des septembre 1799. Le catalogue en fut dresse a cet 
effet par Tabbe Morelli, garde de la bibliotheque Saint-Marc de 
Venise. La collection antra a la Bibliothbque imperialede Vienne 
en avril 1801. En ce qui concerne les imprimes, ils ne paraissent 
pas avoir 6te vendus en bloc, mais separement. Le catalogue en 
fut public en 1800; il repr^sentait un vol. in-8o de 296 p. (Tom- 
maso Gar, publication visee ci-dessous, p. 21, n. 1, Preface, 
p. xxxv-xxxvn.) 

3. II est assez singulier de voir un historique de la Bibliotheque 
imperiale de Vienne avancer qu'on ne trouve pas trace de Ten- 
tree, dans ce grand dep6t, de la pr6cieuse collection Foscarini. 
(Edlen von Mosel, Gescliichte der K. K. [lofbibliothck zu WieUs 
ch. XV, p. 241, n. i. — Vienne, 1835, in-8^) 

4. Outre le premier catalogue dresse a Venise, par Tabbe 
Morelli, pour les besoins de la vente preparec vers 1799-1801, 
donl il vient d'etre question (n. 2), un recensoraont de la collec- 



MANUSGRIT ORIGINAL. 21 

ment dans des inventaires de service demeur^ manuscrits, 
un catalogue m^thodique et raisoDne, alors qu'elle se trou- 
vait fondue dans le cadre general de classement du d^pdt, 
en itait enfin entrepris par Tommaso Gar, T^rudit v6nitien 
auquel devaient etre r^servees ulterieurement les fonctions 
de directeur de YAr^chivio di Siato de Venise. Tommaso 
Gar imprimait ce catalogue, en 1843, comme complement 
de TMition des CBuvres inedites de Marco Foscarini, entre 
autres de la Storia Arcana. Le tout composait, en entier, 
le tome V d'un recueil italien, fonde depuis peu, YArchivio 
storico italianOy qui devait fournir une longue et importante 
carri&re*. 

Ce catalogue' decrit ainsi le manuscrit en question ^ : 

^4\ _ Cod. GG XXXIV ^ N« 6586 «. 

Gartac. del sec. xv, di lett. difQcile e buona cons., di c. 320, 
in.4°^ 

Cronica Veneta di Anlonio Morosini, dal principio della citla 
aH433. Parte I ». 

tion Foscarini, passee a Vienna, avail ete execute en 1817 par le 
pavant philologue slave Kopitar (1780-1844), alors bibliothecaire, 
et, depuis, en 1843, directeur de la Bibliotheque imperiale. 
(Edlen von Mosel, op. cit., p. 241-242.) 

1. / codioi storici della collezione Foscarini coiuervata nella impe- 
riale bibliotheca di Vienna, descritti e ordinati. A la suito de Storia 
Arcana ed altre scritti inediii di Marco Foscarini. Publication do 
Tommaso Gar. Archivio storico italiano, l""* serie, t. V, 1843. 

2. Dans cette publication, le Catalogue occupe les p. 280 a 505. 

3. Tommaso Gar, Catalogue, p. 304-300. 

4. Numero d'ordre attribue au manuscrit par le Catalogue de 
Tommaso Gar. 

5. Numero du cadre particulier du classement de la collection 
F'oscarini. 

6. Numero du cadre general du classement du depict de la 
Bibliotheque imperiale do Vienne. 

7. Entendre 270. Voir p. 25. 

8. II faudrait ici, au lieu de la date do « 1433 », entendre colle 
de « 1416 ». 



22 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

42. — Cod. CCXXXV. N° 6587 ^ 
Gartac. come sopra, di c. 330 ^. 

Gronica Yeneta di Antonio Morosini, dal 4446 al 4433. 
Parte IP. 

A cette mention sommaire, I'auteur du catalogue ajoutait 
la transcription complete d'une notice annexee aux feuillets 
de garde du manuscrit memo, document r^dige en italien 
moderne, et remontant, selon toutes les apparences, au 
temps memo de Foscarini. Cette notice fournit sur Touvrage, 
sur son entree dans la collection de Foscarini, sur son 
auteur et sur son contenu, una serie de renseignements 
utiles et circonstancies, auxquels ont ete empruntees les 
notions essentielles de I'enqu&te qui a fixe Tidentite d' An- 
tonio Morosini et de son oeuvre^. 

A Texamen, le manuscrit, objet de ces diverses descrip- 
tions, represente un assemblage de feuillets de papier, de 
format in-4'*, dont le debut et la fin font defaut. 

Les feuillets subsistants portent, h Tetat continu, une 
numerotation primitive suivie de bout en bout. Cette nume- 
rotation est disposee k Titalienne, c'est-k-dire, le livre une 
fois ouvert k plat, avec le merae chifi're repete deux fois, 
face k face, au verso d'un feuillet comme au recto de Tautre, 
au lieu de la forme plus habituelle, etablie par chifi're ins- 
crit une seule fois au recto seulement de chaque feuillet •». 

1. Pour les aumeros ainsi portes, m(^mes remarques que 
ci-dessus. 

2. Entendre 201. Voir p. 25. 

3. Dates a maintenir. 

4. Tommaso Gar, Catalor/ue, p. 304-305. Cette notice a ete 
signalee, puis traduito in extenso en franrais par M. Leopold 
Delislo, dans sa communication a Ja Societe d(* I'iiistoire de 
France, i)uis dans retud(» [jarue <lans leJo^/r/m/ <lrs SnviDits, publi- 
calions montionnees dans le ciiapitre precedent, Accrti.s.sctncfU. 

5. Distinction qui s'opere par Tadjouctiun des lettres a et b : 
tol. I A-1 u; 1Ua-1i)h; lOOA-UKhj; au lieu de radjonctiou habi- 



MANUSGRIT ORIGINAL. 23 

EUe est ici irac^ en chiffres arabes et visiblement contem- 
poraine derex^ution du manuscrit^ 

Ces feuillets, tels que T^tat actuel du mauuscrit en permet 
I'inspection, s'Mendent du fol. 49b jusqu'au fol. 611 a. lis com- 
prennent, en plus, deux feuillets depareilles, seuls yestiges 
de deux lacunes reconnaissables, Tune au d^but, I'autre k 
la fin du manuscrit. L'un de ces feuillets, assemble k sa 
place en tete, mais dont la numerotation primitive ne pent 
etre relev6e, repr^sente seul les quarante-neuf premiers 
feuillets de Touvrage, tons detruits, k Texception de ce 
t^moin isol62. L'autre, ou plut6t le fragment mutile de 
Tautre feuillet, assemble hors de sa place dans le corps de 
Touvrage, et dont la numerotation primitive a egalement 
disparu, est aussi seul k repr^senter le deficit terminal dont 
il est malheureusement impossible de pr^ciser Tetendue, 
peut-etre beaucoup plus considerable qu'on ne pourrait le 
croire, mais dont il ne subsiste plus, de fa^on assez inatten- 
due, que cette courte et unique preuve^. Enfin, quelques 
feuillets intermMiaires, en nombre tres minime, se trouvent 

tuelle des termes recto et verso : fol. 1 ro-i y°; 10 r«-10 y^; 100 ro- 
100 yo. Selon ce procede, dans un manuscrit normal, le fol. 1 r» 
correspondrait a une page blanche; le fol. 1 v** correspondrait au 
fol. 1a; le fol. 2 r** au fol. 1b. Si le manuscrit comptait 100 feuil- 
lets, le fol. 100 ro correspondrait au fol. 99 b; le fol. 100 v^ corres- 
pondrait au fol. 100 a; le fol. 100 b n'existerait pas. 

1. Dans le manuscrit, cette numerotation, tracee la premiere, 
occupe les angles superieurs gauche et droit du verso et du recto 
respectifs de chaque feuillet. 

2. Fol. Ob-OOa, auquel un essai de retablissement de la nume- 
rotation ancienne attribue a tort les nuraeros factices 48b-49 a. Ce 
feuillet, dans la numerotation moderne, porte le numero 1 r^-l \° 
du t. I. 

3. Fol. 0A-00A,quin'est Tobjct d'aucun essai dc retablissement 
de la numerotation ancienne. Co feuillet, dans la numerotation 
moderne, porte le numero 281 r°-'28i \° du t. 11. 



24 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

en deficit pur et simple; d'autres, par une erreur qui 
remonte au temps de la num^rotation primitive, se trouvent 
omis ou portes en double. 

Une division tout k fait arbitraire, qui parait dijk remon- 
ter au temps ou le manuscrit figurait dans la bibliotheque 
de Marco Foscarini, a separe Tensemble subsistant des 
feuillets en deux tomes distincts, assembles, descetteepoque, 
chacun k part. Division qui a persiste, sous des apparences 
et des formes successives, et dont la reliure assez recente, 
qui recouvre k Theure actuelle chacun des deux tomes ainsi 
cr^s, ne fait que continuer la tradition*. 

A chacun de ces tomes, en vertu de cette division, sont 
ajoutes quelques feuillets de garde factice, sur lesquels, d*une 
main relativement moderne, est inscrite, comme titre prea- 
lable de chaque volume, la mention suivante : « Cronaca 
del N. U. Antonio Morosini q. Marco^ », avec la distinc- 
tion, selon les tomes, de « Parte prima » et de «< Parte 
seconda ». Au premier tome, entre ces feuillets de garde, k 
la suite du feuillet portant le titre susdit, se trouve annexee 
une notice relative au manuscrit meme, k son historique et 
k son contenu, document dont Tinsertion k cette place 
remonte, selon toutes les apparences, au temps meme de 
Foscarini : c'est la notice dont Timportance et Temploi 
viennent d'etre sufBsamment indiques^. 

La coupure ainsi etablie entre ces deux tomes artiflciels, 
coupure assez grossierement executee en son temps, porte, 

\. Sur le caraclere relativement ancien do cette separation, 
voir notice indiquee, ap. Tommaso Gar, Catalogue, p. 305. 

2. G'est-a-dire : « Cronaca del Nobile Uomo Antonio Morosini 
quondam Marco ». — Glironique de Noble Ilomme Antonio Moro- 
sini tils de feu Marco. 

3. Gi-dessus, p. 22, n. 4. 



MAPOJSCRIT ORIGINAL. 25 

sans raison d6cisive| apparente, sur le milieu de Tan 1416. 
EUe attribue au tome I, avec le feuillet initial depareillS, 
dont la presence a kik signal6e, les feuillets qui courent du 
fol. 49 b au fol. 320 a. EUe departit au tome II les feuillets 
qui s'etendent du fol. 320 b jusqu'au fol. 611a, avec le 
fragment de feuillet final d^pareille, dont I'existence a hie 
relevee. Au cours d'une des operations successives de 
reliure, un hasard malheureux a assemble, comme der- 
nier feuillet actuel du tome II, un feuillet qui represente 
en r6alite le second feuillet de ce tome II, feuillet devant 
comporter la num^rotation primitive 321 b et 322 a*. 

Dans chacun de ces deux tomes factices, une numerota- 
tion toute recente se superpose k la numerotation primitive 
dont le mode vient d'etre decrit. Cette numerotation moderne 
est dressee, selon I'usage habituel, par chiffre unique inscrit 
au recto de chaque feuillet^. Soigneusement etablie, mais se 
conformant strictement k Tetat actuel de I'assemblage des 
feuillets, meme visiblement irr6gulier, et les suivant un k 
un, tels que la reliure les presente, elle assigne dans ces con- 
ditions 270 folios au tome I et 291 au tome IP. 

i. Ce feuillet, dont la numerotation primitive serait encore 
reconnaissable, porte, dans la numerotation moderne, le numero 
291 ro-291 v° du t. II. 

2. Dans ce manuscrit, cette nomination, traceo en second lieu, 
est inscrite a Tangle inferieur droit du recto de chaque feuillet. 

3. Un tableau de correspondance entre le foliotago ancien, d'un 
seul tenant, et le foliotage moderne distinct pour chacun des 
deux tomes cre^s par la division moderne, est annexe a cette 
Etude. (Gi-apres, appendico I.) II est vivement a souhaiter que, 
dans la publication inte^rale de Tceuvre de Murosini, qui ne 
manquera pas de se produiro un jour ou I'autre en Italic ou ail- 
leurs, les editeurs ne manquent pas de se referer, au moins en 
double, au foliotage ancion, Ic seul rcclletnent iritrressanl. G'est un 
point sur loquel, dans I'int^^ret general, on ne saurait ici trop for- 
tement insislcr. 



26 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

Dans cet etat, le manuscrit est enti^rement ^crit sur papier 
de format iii-4'*, mesurant 295 millimetres de hauteur sur 
215 millim^res de largeur et presentant des marges sup^ 
rieures et inferieures de 20 k 25 millimetres, avec des marges 
laterales de 15 k 20 millimetres environ. Le papier employe 
oflfre constammentlameme apparence, verge, k gros grains, 
traverse de six larges pontuseaux tres marques. II est vrai- 
semblable qu1l provient d'un des centres de fabrication con- 
nus pour exister alors dans TEtat venitien^ Le filigrane en 
est interessant k observer*. Sur les feuillets subsistants, 
on pent facilement en distinguer jusqu'k trois, successifs et 
continus. Le premier, depuis les premiers feuillets conserves 
jusqu'au fol. 479 b, sous la date de mars 1428^. Le second, 



1. Outre les fabriques cel6bres de Fabriano, entre Anc6ne et 
Perouse, Tindustrie du papier en Italie comptait au xv« siecle des 
centres actifs de production, en nombre de points des possessions 
venitiennes, dans le Frioul, a Trevise, a Padoue, sur les bords du 
lac do Garde. Les recentes etudes de M. Briquet ont apporte a 
toutes ces questions des eclaircissements deBnitifs. {Papiers et fili- 
granes des archives de Genes de ii5k d 1100, avec 593 dessins auto- 
graphids. Geneve, 1888, in-4°. Publication des Atti delta Socicta 
Ligure di Sioria Pairm, t. IX. Voir notamment, ch, i, p. 21-25. 
Gf. le Papier et ses filigranes, dans Revue des bibliothdques, t. IV, 
1894, p. 209-231.) 

2. Les filigranes des papiers provenant de Fabriano ou des Etats 
de Venise ont ete I'objet de travaux speciaux et approfondis. Pour 
Fabriano : Aurelio Zonchi, le Antichc curte Fabrianesi. Fano, 1884. 
Pour les fitats de Venise en general : Domenico Urbani, Segnidi 
carliere ariticlie. Venise, 1870. Pour le Frioul : V. Joppi, VArtc 
della stampa in Friuli. (Atti dell' Academia di Udinc^ 1872-1875, 
ser. 2, t. 111.) Pour Tr^vise : Luigi Bailo, Sullc prime carliere in 
Treviso, notizie pubblicate da Andrea Mariano Fontebasso per nozze 
Brunelli'Devide. Trevise, 1887. Pour Padouo et les bords du lac de 
Garde, voir Briquet, Pap. et filigr. dc Gtncs^ p. 22, n. 3; p. 24, n. 2. 

.S. Tn>s visible, on belle transparence, sur un demi-feuillet 
blaiic, au fol, \VJ u, actuellenient cote fol. 70 r" du t. 1. 



MANUSCRIT ORIGINAL. 27 

depuis le fol. 481 b, sous la date d'avril 1428, jusqu'au 
fol. 526 b, sous la date de septembre 1430^ Le troisi^e, 
depuis le fol. 533 b, sous la date de d^cembre 1430, jus- 
qu'aux deruiers feuillets^, qui s'arreteut, comme il a ^t^ 
expos^, dans le cours de 1433^. Ces trois filigraues paraissent 
correspondre k trois types classes ^ des papiers en usage 
dans ritalie du xiv® et du xv" siecle^, types dont des varie- 
tis se reconnaissent, vers cette epoque, en divers Etats 
europeens, en France notamment®, et jusqu'en Russie'. 

1. Specimen le meilleur au fol. 485b, actuellementcote fol. 162 r® 
du t. II. 

2. Specimen le moins confus au fol. 571 b, actuellement cote 
252 TO du t. n. 

3. Le fragment de feuillet d^pareill^, de date posterieure, dont 
Texistence a et^ signal^e, actuellement cote sous le n** 281 r^- 
281 V* du t. II, est de ceux sur la surface desquels le filigrane ne 
se trouve pas reparti. 

4. Types rentrant dans les marques suivantes. Premi^rement, 
les TroiS'Monts, ou Tune des varietes de la Couronne, signe irhs 
repandu, tres atondant, signals sous de multiples formers. (Bri- 
quet, Pap. etfiligr. de G^nes. Descript., n* 99, p. 102 ; no 32, p. 80; 
Reprod,, no» 450 a 476, 185 a 187.) Secondement, les Trois- Fruits 
ou les Trois- Cerises. {Op. cii. Descript., n" 63, p. 9i ; Reprod., 
u9* 297 a 299.) Troisiemement, manjue difficile a identifier, tous 
les specimens existants, y compris le moins confus indique, se 
trouvant repartis sur les feuillets les plus charges d'une ecriture 
qui devient de plus en plus serree. 

5. Briquet, Pap. et filigr. de Genes, c!i. iii, p. 57-61. 

6. Midoux et Matton, Elude sur les fHigranes des papiers employes 
en France aux XIV* et XV" sieclcs, accompagnee de 600 dessins litho- 
graphics. Paris, 1868, in-8o. — Dans le typo classe sous la rubrique 
de c Gonfalon (?), » n^ 428, p. 60, n^ 84, p. 6^i,on reconnait aise- 
ment la marquo des Trois-Monls, qui viont d'etre citee. 

7. Likhatchev, le Papier et les plus ancieris moulifis a papier 
dans l empire moscovite, avec addition de 116 planches de filigranes. 
Saint-Pctcrsbourg, 1801, in-i^. — Dans les typos presentes dans 
los planches XXXIII a XXXV, on roconnait la mome marquo 
des Trois- Munis. 



28 StUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

L'teriture qui couvre ces pages et qui porte en elle-meme 
tous les caract^res qui peuvent la faire juger contemporaine 
des evenements relates est k consid^rer de tr^s prte quant 
k son aspect exterieur. 

II convient d'abord, sous ce rapport, de reconnaitre dans 
le manuscrit en question deux sections mat^rielles bien dis- 
tinctes. 

En premier lieu, une transcription d'un seul jet, de suite 
et k main posee, qui s'etend visiblement depuis le debut du 
recit jusqu*k la mort du doge Michele Steno et k Tav^ne- 
ment de son successeur, Tommaso Mocenigo, k la fin de Tan 
1413 et au commencement de 1414. On pent arreter cette 
premiere fraction, au point de vue de Tapparence exterieure, 
soit au milieu du second alin6a du fol. 272 b, en decembre 
1413, soit k la fin du premier alinea du fol. 277 b, en mai 
1414*. Dans toute cette partie, les caracteres exterieurs de 
Tecriture, similitude des formes gra plaques, couleur perio- 
diquement pareille de Tencre^ regularite de la justifica- 
tion^ maintenue constante^, denotent une transcription sui- 

1. La fin du fol. 272 b, au milieu du second alinea, est visible- 
ment d'une autre reprise d ecriture que la transcription suivie. 
Cette reprise d'^criture se poursuit au fol. suivant, 273a. Ces 
deux pages sont occupees par I'expose des derniers fails survenus 
a la tin de la vie du doge Michele Steno. Les fol. immediatemcnt 
suivants, 273 b a 277 b, sont d'une ecriture qui rappelle beaucoup 
I'ecriture posee de la transcription suivie. Ces quatre pages sonl 
occupees par I'exposd de I'^lection du dogo Tommaso Mocenigo et 
des premiers fails qui la suivent. Au cours du fol. 277 b, avec le 
commencement du second alinea, nouvelle reprise d'une ecriture 
difforente se poursuivant jusqu'au fol. 278 a. Des lors et definiti- 
vement jusqu'a la On du manuscrit, les reprises d'ecriture diffo- 
rente se succedenl a intervalles pins on moins rapproches. 

2. Caracteres continuellement visibles a chaque page. 

3. Moyenne reguliere, 38 lignes a la page et 50 lottresala ligne. 
•i. Dans tout le cours de cette partie, la justitication conserve 



MANUSCRIT ORIGINAL. 29 

Tie, un travail de longue haleine entrepris d'un seul jet. On 
reconnaitra au chapitre suivant, dans Texamen de ToBuyre 
meme, quecette section renfermeen r^lite la transcription, 
d'abord, d'une Chronique compost, r6digte k loisir, puis 
d'un Journal improvise, comprenant des notations quoti- 
diennes, double element dont on essaiera de determiner le 
point de partage et de demarcation. Mais, pour Tinstant, ou 
les signes materiels et exterieurs de Tecriture du manuscrit 
sont uniquement k considerer, un seul fait demeure acquis, 
k savoir la continuite de ce premier travail de transcription, 
courant jusqu'k la date et aux evenements qui viennent 
d'etre indiques. 

En second lieu, une serie successive, s'etendant depuis 
Tinstant qui vient d'etre precise au foL 272 b ou au 
fol. 277 b, entre 1413 et 1414, jusqu'aux derniers feuillets 
subsistants, au cours de I'an 1433. Dans cette section, au 
contraire, tout demontre cette fois, non plus une transcrip- 
tion de longue haleine, mais bien des reprises d'ecriture 
multiples et disparates. Diversite des formes graphiques*, 
difference repetee des encres, irregularite de la justifica- 
tion* inegalement modifiee^, tous ces symboles exterieurs, 
presque imraediatement reconnaissables^, sautent aux yeux 

constamment la m^me reserve d'espace en blanc au bas des 
pages. 

1. Garact6re continuellement visible a chaque reprise d'^criture, 
par exempie, des le debut de cette partie, aux fol. 2SiA, 286 b, 
294 a et B, 299 A et b, 313 b, 314 a, etc. 

2. Limites extrtoes, de 38 a 50 lignes a la page et de 50 a 
70 lettres a la ligae. 

3. Des le debut de cette partie, la justification change, des le 
fol. 278 a, ou, pour la premiere fois, les lignes d't'criture entament 
la reserve d'espace en blanc maintenue jusque-la au bas des pages. 

4. Premiers exemples visibles, sitot apres le fol. 277 b, point de 
demarcation siguale : pour les di\ersites d'ecriture, au fol. 278 a; 



30 ETUDK SUR ANTONIO MOROSINI. 

les moins avises comme indices manifestes d*uD travail du 
sans doute k la meme main, mais execute k de plus ou moins 
longs intervalles. Arexamen, on reconnaitra que cette section 
renferme uniquement un Journal improvise, comprenant des 
notations quotidiennes, continuation ininterrompue de celui 
dont la transcription remplit la fin de la premiere partie 
graphique determinAe tout k Theure. Caractere k remar- 
quer : les reprises de copie, les zones d'ecriture, si Ton peut 
s'exprimer ainsi, d'abord assez etendues, tendent insensible- 
ment k se restreindre de plus en plus, k mesure que Toeuvre 
s'avance. II semblerait que Tauteur recopiat d'abord des 
portions plus ou moins etendues de son Journal d'apres des 
brouillons prealables ecrits au jour le jour, puis que, deve- 
nant plus confiant, il se risque enfin k se passer de redac- 
tion premiere, en jetant immediatement sur le papier, au 
courant de la plume, le resultat de ses impressions res- 
senties^ 

Comrauns k Tensemble, quelques caracteres annexes sont 
encore k relever. 

Dans toute Fetendue du manuscrit, tant dans la trans- 
cription suivie que dans les inscriptions successives, se ren- 
contrent, en tete des pages, en forme de litres courants, des 
mentions de dates en italien, puis, dans les marges, des man- 
chettes en latin souveut fantaisiste; enfin, au bas du recto 
de certaines pages, une indication invitant k tourner la 
feuille. 

Les mentions de dates portees k chaque page en forme de 
titres courants semblent d'une ecriture a peu pres contem- 
poraine de Texecution du manuscrit. EUes sont frequemment 

pour les differences d'encre, au fol. 281 a; pour le changement de 
justification, au fol. 278 a. 

1. Sur cc poial, voir ci-apros, CAulcur, 



MANUSCRIT ORIGINAL. 3i 

J6t^ avec n^ligeace, indiquant des ana^ auxquelles les 
^y^nements relates dans la page situee au-dessous ont cess^ 
de correspondre depuis un ^rt de temps quelquefois assez 
considerable. 

Les manchettes, plus ou moins fr^quentes, paraissent 
d'une 6criture plut6t postArieure. Trac^es k I'encre noire, et 
exceptionnellement, en certaines series de pages, k Tencre 
rouge, elles attestent, de la part de leur r^acteur, une lec- 
ture et une comprehension constante des passages qu'elles 
r^sument. 

Quant k I'indication « Volze », r^pandue qk et Ik comme 
invitation k tournerla feuille, elle n'est reservte qu'k certaines 
pages s'achevant au has de leur recto avec un alin&i plein, 
en appelant I'attention sur le fait que Tespace demeure 
blanc k leur partie inferieure n'implique pas ach^veraent de 
Toeuvre, qui continue en se poursuivant au verso*. 

II faut enfin noter que de loin en loin, dans toutl'ouvrage, 
se rencontrent, fondus dans la redaction, des renvois k 
divers feuillets precedents. L'exaraen faisant reconnaitre 
tous ces renvois comme exacts, il serable bien qu*ils ne 
puissent gu^re avoir ete etablis et inscrits que par Tauteur 
en personnel. 

L'ensemble de Tecriture qui couvre les feuillets du manus- 
crit, ainsi passe en revue, a dejk donne lieu k une sorte de 

i. En outre, dans I'ensemble du manuscrit, se rencontrent k6- 
quemment, en marge, differenls signes destines a appelcr Tatten- 
tion, tels que lettres alphabetiques de divers types, croix, mains 
indicatrices, traits divers. 

2. Par exemple : dans la description continue, fol. 110 b, 152 a; 
dans les inscriptions successives, fol. 332 a, 287 a. — Au fol. 11 Ob, 
il faut attribuer seulement a quelque erreur materielle de trans- 
cription le renvoi indique comme se reft^rantau fol. 92, quand, en 
realite, c'est au fol. 102 quo se rencontre le passage vise. 



32 l^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

legende qui tendrait k lui attribuer un caractere ind^hif- 
frable*. II y a Ik une forte part d'exageration qu'il est 
D^cessaire de ramener k de plus justes proportions*. 

Toute r^criture de la premiere partie du manuscrit, com- 
prenant la transcription suivie dont il a ete parle jusqu'aux 
fol. 272 b ou 277 b, entre 1413 et 1414, est large, regu- 
liere et n'offre aucune diflBcult^ particuli^re de lecture, sauf 
peut-etre dans les premiers feuillets subsistants, ou diverses 
causes de destruction ont de place en place attaque Tepais- 
seur du papier 3. EUe presente simplement les caracteres 
generaux d'une ecriture italienne de la premiere moitie du 
XV® siecle, sans particularites speciales k relever. 

II n'en est pas de meme de la seconde partie, comprenant 
les inscriptions qui ont ete definies depuis le point qui vient 
d'etre signale jusqu'k la fin dans le cours de Tan 1433. Lk, 
rinegalite, Tirregularit^ de I'ecriture, serree parfois jus- 
qu'au plus extreme degre de compression, presentent par 
instants d'incontestables difficultes de lecture. Ces obstacles 
augmentent k mesure que Toeuvre s'avance et sont portes k 
leur plus haut point lorsqu'il s'agit de documents transcrits 
in extenso dans le corps de redaction ^ Une gene nouvelle 

1. Sur ce point : Tommaso Gar, Catalogue, p. 304; P. Ayroles, 
Un document contemporain sur Jeanne d'Arc, dans Etudes religieuses, 
15 octobre i895, t. LXVI, p. 329. 

2. Le fac-simile public par M. Leupold Delisle, a la suite du 
tirago a part de I'etude parue dans le Journal des Savants (aoiit 
4895), permet du reste de porter sur ce point une appreciation 
suffisante. 

3. Feuillet depareilJo de t6te (fol. 1 r^-l v^ du t. I moderne); 
feuillets corapris entre le fol. 49 b (fol. 2 ro du t. I moderne) et le 
fol. 61a. 

4. Par example, entre le fol. 501 a et le fol. 549 b, feuillets conte- 
naut la transcription de correspondances relatives au fait de 
Jeanne d'Arc, objot })rincipal do cotte edition. 



COPIES MODERNBS. 33 

s'y ajoute par suite de la composition chimique des encres 
employees, tantdt fortemeat d^lay^es, jusqu'k ^galer presque 
la nuance jaunedu papier^ tant5t corrosives k I'exc^s, jus- 
qu'k faire ressembler certaines pages k une planche mordue 
par Teau-forte plutdt qu'k un feuiUet d'teriture^. Difficult^ 
qui, du reste, n*ofirent rien d'insurmontable, et, apr^ tout, 
moins embarrassantes que les obscurit^s de pens^ et les inco- 
herences de syntaxe si largement r^pandues dans la redaction 
meme de Toeuvre^. 

De toutes ces observations ext^rieures, il r^ulte qu'il 
existe de fortes pr&omptionsportant k croire que le manus- 
crit conserve k Vienne represente le manuscrit original de 
ToBuvre d' Antonio Morosini. 

Ce manuscrit parait jusqu'ici le seul connu. Mis k la dis- 
position des Miteurs avec une liberality toute sp^iale par la 
Cour d'Autriche-Hongrie, c'est d'apres lui qu'a ete 6tabli le 
texte de cette pr^sente edition. 

II. 
Copies modernes. 

Une copie toute moderne, directement ex6cutee sur le 
manuscrit conserve k Vienne, qui vient d'etre decrit, figure 
actuellement k la Marcienne de Venise. 

1. Par exemple, aux feuillets cotes de 591 a 5%. 

2. Par exemple, aux feuillets cotes de 552 a 561. 

3. G'est precisement une page de cette partie da manuscrit qui 
se trouve reproduite par le fac-simile en question. Page represen- 
tant le fol. 507 a (dans la numerotation moderne, fol. 185 v^ du 
t. II), et contenant, enregistres a Venise entre le 18 aout et le 
1" septembre 1429, deux documents relatifs a Jeanne d'Arc, en 
date du 16 et du 27 juillet. Documents laisant partie de la pre- 
sente edition, ad. ann. 1429, t. Ill, p. 168-186. 

IV 3 



34 StUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

II n'existe pas, comme on salt, de catalogue imprim^ du 
fonds general des manuscrits italiens de la Marcienne de 
Venise. Les renseignements suivants, relatife k cette copie, 
ont pu &tre recueillis par les 6diteurs h la suite de la com- 
munication qui leur en a 6te consentie. 

Cette copie est conserv^e en deux tomes dans le fonds 
des manuscrits italiens, classe VII, sous les n*** 2048 
et 2049. 

Ex6cut6e sur papier de format in-folio, paginte et non 
foliotte, le tome I {n^ 2048) comprend 1052 pages, le second 
(n® 2049) en contient 1569. Par une heureuse mesure, la 
num^rotation ancienne des feuillets du manuscrit original 
est constamment rep6r6e en marge. La coupure entre les 
deux tomes se conforme k la division artificielle op6ree sur 
le manuscrit ancien. Comme dans celui-ci, elle porte sur 
I'an 1416. 

Entreprise par Tinitiative combinee de la Marcienne 
de Venise et de la Reale Deputazione Veneta di storia 
patria, elle a ete dressee en 1887 et 1888 et porte la date 
d'achevement du 24 novembre 1888. La transcription 
en est due k M. Giuseppe Gallovich, archiviste a YArchivio 
di Stato de Venise; la revision du texte k M. Bartolomeo 
Cecchetti, alors directeur de ce c61ebre depot. 

Transcrite d'une ecriture moderne courante et soignee, 
cette copie reproduit le texte du manuscrit avec toutes ses 
singularites et ses obscurites. Ceux qui, k defaut du manus- 
crit de Vienne, auraient k la consulter, soit sur place, soit k 
distance en communication, doivent 6viter de Tincriminer, 
en lui attribuant la responsabilite de certaines deformations 
de noms propres etrangers, telles surtout qu'on peut en 
remarquer dans les textes relatifs k la France. II faut bien 
se garder de croire que la consultation directe du manus- 



FRAGMENTS DIVERS. 35 

crit de Vienne soil destin^ k lever toutes les difficult&s( de 
Get ordre. Ceux qui, au premier abord, sur la seule inspec- 
tion de la oopie vSnitienne, pourraient croire que la compa- 
raison avec le manuscrit viennois aplanirait ces obstacles, 
doivent abandonner cette opinion et se rendre compteque la 
communication de ce pr^ieux texte est loin de suffire, pour 
toute ^tude s^rieusement entreprise, k supprimer sur ce 
point les difficult^ et les peines. 

Une autre copie, paraissant s*^tendre seulement jusqu'k la 
date du 12 aout' 1418, et qualifl^e de « fedelissima », a ^t6 
occasionnellement indiqu^ comme figurant k Yenise, entre 
les mains du comte Leonardo Manin, vers 1850*. 

La copie conserv6e k la Marcienne de Venise semble 
avoir ^ik la seule signal^, k la suite du mouvement de 
recherches que la divulgation du texte d' Antonio Moro- 
sini vient de provoquer. Obligeamment communiqu6e aux 
auteurs de cette Mition par le gouvernement italien, elle a 
6t6 couramment utilise, avec grand profit, pour faciliter 
la consultation generale de Toeuvre du chroniqueur venitien. 



m. 



Autres exemplaires de documents transcrits. 

Certains documents transcrits dans I'oeuvre d' Antonio 
Morosini se rencontrent sous des etats divers, isolement, en 
d'autres fonds. Au cours de cette edition, il en a ete reconnu 
quelques-uns. 

Sous ce rapport, il convient d'abord de signaler la lettre 

1. Saggio del catalogo del codici di Emmanuelc A. Cicogna 
[publication de ilinaldo Fulin], dans Arcfiivio veneto, t. IV, 
1872, p. 347, 3i8, G7, n. 2. 



36 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

de Tamiral v^nitien Carlo Zeao au doge Michele Steno, en 
date du 9 octobre 1403, contenaat relation du combat 
naval de Modon, livre le 7 octobre sur les cotes de Mor6e*. 
Ce document, dont il doit exister sans doute nombre de 
redactions contemporaines, se rencontre, entre autres, dans 
le texte des Vies des doges de Venise, ToBuvre bien con- 
nue de Marino Sanuto le jeune, ou, comme dans le texte 
d' Antonio Morosini, il se trouve I'objet d'une transcription 
intigrale*. Mais, dans cet ouvrage, ou ce document parait 
avoir 6t6 jusqu'ici uniquement consult^, le texte de la lettre 
est transpose du dialecte v^nitien archaique en italien clas- 
sique, tandis que le manuscrit d* Antonio Morosini en four- 
nit une reproduction originale, que la presente Edition a 
pu ainsi presenter pour la premiere fois dans toute son exac- 
titude pittoresque et sa saveur personnelle. 

II faut ensuite appeler Tattention sur deux pieces faisant 
partie des correspondances relatives au fait de Jeanne d' Arc. 
Ces deux documents representent : ea premier lieu, une lettre 
adress6e k Jean-Jacques Paltologue, marquis de Montfer- 
rat, relatant des faits de France en date du 10 juillet 1429 
environ, lettre dont copie est expediee au gouvernement 
venitien ; en second lieu, une missive d'envoi accompagnant 
Texp^dition de cette copie : copie et missive d'envoi parve- 
nant k Venise entre le 2 et le 11 aout 1429^. Un exem- 
plaire de ces deux documents se rencontre dans les archives 
de Tabbaye venitienne de San Giorgio Maggiore, archives 
aujourd'hui conservees k VArchivio di Stato de Venise. 

1. Document faisant partie de la pr6sente edition, adann. 1403, 
t. I, p. 122-144. 

2. Marino Sanuto, Vile de' Duchi di Vcnezia, dans Muratori, 
Rerum Italicarum scriptores, t. XXII, col. 801-804. 

3. Documents faisant partie de la presente (Edition, ad. ann. 
1429, t. m, p. 140-106. 



FRAGMENTS DIVERS. 37 

D*apr^ cette source, un ^rudit v^oitien, M. G. dalla Santa, 
anterieurement aux travaux r^cents provoqute par la divul- 
gation de FoBuvre d' Antonio Morosini, a r^mment public 
le texte de ces deux lettres dans un pSriodique litt^raire de 
Yenisei Cette publication fournit, principalement en ce 
qui concerne le titre et la definition exacte des pieces en 
question, certaines notions complementaires precieuses, qui 
ont kik mises k profit pour le commentaire de ces documents 
que la pr^nte Edition avait k ^tablir. 

1. G. dalla Santa, Un docwnento curioso trascritto ed annotato, 
dans la Scintilla, 9* annee, n» 7 et 8, 17 et 24 fdvrier 1895. 



CHAPITRE III. 



L'(EUVRB. 

Redaction de Touvrage en dialecte v^nitien. — Qualifications 
qu'il presente. — Gonstatation de deux parties dans la redac- 
tion de I'ouvrage. — D'abord, une Chronique composee, s'^ten- 
dant depuis le debut jusqu*en 1404. — Puis, un Diario, un Journal 
tenu depuis 1404 jusqu'4 la fin de roeuvre. — Garactferes respec- 
tifs de la Chronique et du Diario. — La Chronique, precis d'his- 
toire venitienne; le Diario, collection de mentions de toute pro- 
venance, int^ressant Venise, I'ltalie, I'Europe, I'Orient. 

Destruction accidentelle des feuillets de t6te. — Deficit du d6but 
reel de la Chronique. — Hypothfese sur son point de depart. — 
Fragment isole relatif aux annees 1094-1108 : son identifica- 
tion. — Gommencement de la partie continue, en 1202, avec 
I'indicalion d'evenements de la quatrieme croisade. — Recit de 
la quatrieme croisade (1202-1204). — Recit des* cinq guerres 
maritimes entre Venise et G6nes, des cinq Guerres g^noises 
(1205-1381). — Orientation de la politique venitienne vers le 
continent. — Obstacle presente par TEtat de Padoue, maitre de la 
c6te oppos6e. — Effort de Venise contre Padoue et la dynastie 
de Garrare. — Demembrement de I'Etat de Padoue entre Venise 
et Milan; annexion definitive de Trevise par la R6publique; 
disparition teraporaire des Garrare, bientot restaures en partie 
(1387-1390). — Expose d'evenements divers : annexions veni- 
tiennes en Moree et en Albanie. — Recit de la croisade de Nico- 
polis et de la participation de la France k cette entreprise (1396). 

— Recit de la rivalit^ de GSnos, devenue possession francaise, et 
de Venise. — Troubles qui suivent la dissolution de la puis- 
sance de Giant^aleazzo Visconti, due de Milan; campagno 
maritime du mare^chal Houcicaut, gouvorneur francais de Genes 
en Orient; rencontre de Modon; nogociations de paix (1402- 
140i) ; traite provisoire et ses ratifications (22 mars-3 avril 1404). 

— Expose d'evenements divers : alTairos d'Orient. — Rappel 
des origines de la campagne de Boucicaut eu 1403. — Fin do 
la Chronique. 



L'CEUVRE. 39 

D^hni da Diario, en 1404, sous la date da 10 ayril, par uae men- 
tion relative k la guerre entre Yenise et Tl&tat de Padoue. — 
Hesitations de forme, precision croissante, caractdre d^finitif 
da Diario, — Transcription d'un seul jet, serie d'inscriptions 
successiyes, ayant et depuis 1413-1414. — Arr6t de la partie con- 
tinue, en 1433, sous la date du 20 novembre. — Destruction 
des feuillets terminaux. — Deficit de la fin r^elle du Diario, — 
Fragment isole relatif k Tannee 1434, son identification. — 
Difficult^ de reconnaitre la vraie limite finale du Diario, 

£venement8 d'histoire venitienne. — Guerre entre Yenise et r£2tat 
de Padoue. — GonquStes v^nitiennes; destruction definitive de 
la dynastie de Garrare (1404-1406). — Rivalite de Yenise et de 
G^nes frangaise. — Extension de la domination francaise en 
Italie, a Pise, k Livourne, en Sardaigne, en Milanais; revolu> 
tion genoise ; expulsion des Francais de G^nes, puis de toute la 
Haute-Italie (1409-1411). — Guerres continentales entre Yenise 
et r£tat de Milan reconstitu^. — Les trois Guerres milanaises 
relates dans le Diario (1426-1433). — Yenise devenue grande 
puissance territoriale italienne. 

Ev6nements d'histoire ^trangere k Yenise. — Reseau de corres- 
pondances rSgulieres apportant 6chos et nouvelles concernant 
les autres £tats. — Informations int^ressant : le Saint-Si^ge et 
les £tats italiens ; les divers royaumes de la peninsule Iberique ; 
les differents pays d'AUemagne; les couronnes scandinaves; 
Tempire grec. — Delimitation des informations concernant la 
France et sa lutte avec TAngleterre (1405-1433). — Importance 
speciale de celles relatives k Taction de Jeanne d' Arc (1429-1431). 

Evenements d'ordre commercial. — Developpement qu'ils pre- 
sentent dans le Diario. — Gonvois reguliers, dits « Voyages de 
marchandise », etablis sous la surveillance de T^tat, pour des 
destinations specifiees. — Armements particuliers operes a 
volonte pour toutes destinations. — Releve des « Voyages de 
marchandise i a destination de Flandre et d'Angleterre et a 
destination d'Aigues-Mort^s. — Relev^ des armements parti- 
culiers a destination des mere de France. 

L'oeuvre contenue dans le manuscrit dont les aspects 
exterieurs viennent d'etre decrits est redigee tout entiere 
en dialecte venitien. D'un bout k Tautre, k raaintes reprises, 
son auteur meme la qualifie des diverses appellations de : 



40 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

€ (jaesto lybro >, « questa cronicha », « (juesta scritura >, 
expressions rMuctibles^ sous leur apparente diversity, k un 
type de sens uniforme signifiant distributioQ ordonn^ et 
assemblage historique. Constamment employ^ au d^ut, au 
milieu, vers la fin encore de Touvrage, ces termes, iden- 
tiques quant au fond, se constatent k intervalles plus ou 
moins espac^s, mais nulle part interrompus^ 

Dans cette oeuyre ainsi dSnomm^, une analyse quelque 
peu suivie permet de distinguer deux fractions, assez dispa- 
rates de fond comme de forme, dont il convient de definir 
Tespece. Cette division, tout interieure, n'ofire aucun rap- 
port, est-il besoin de le dire, avec la distinction ext^rieure 
qui a 6t6 6tablie, au chapitre pr6c6dent, entre les deux sec- 
tions mat^rielles du manuscrit, h savoir la transcription 
d'un seul jet, puis la serie d'inscriptions successives. La 
demarcation dont il s'agit ici, tout intrins^que, n'est saisis- 
sable que par I'examen de la composition et Tinspection du 
contenu de Touvrage. 

On y reconnait done, k Tanalyse : en premier lieu, une 
Chronique composee, s'etendant depuis le commencement 
des feuillets subsistants de Touvrage jusqu'k un point qui 
sera determine tout k I'heure; en second lieu, un Journal 
improvise, contenant des notations pour ainsi dire quoti- 
diennes, un Diario, selon Texpression v6nitienne, courant 
de ce point jusqu'k la fin. La Chronique , pendant la 
periode 6tendue qu*elle embrasse, represente une histoire 
speciale de Venise, dont Tinteret se developpe avec la 
marche du recit. Le Joiumal ofi're le prix inestimable de 
notations instantanees, se referant non seulement aux evc- 

1. Entre autres, fol. 77 a, 110 b, 136 a, 136 b, 138 n, 152 a, 191a, 
224 b, 265 b, 268b, 273 a, 282a, 510a, 574 a, 593 a, 594 a, 599 a, 
602 b. 



LA GHRONIQU£. 41 

nements y^nitiens, mais encore aux nouvelles de toute sorte 
qae Yenise, comme ud aimant subtil et puissant, attire k 
elle de tous les points connus du monde. 



I. 



La Chronique. 

Dans r^tat actual de Touvrage, se prteente d'abord un 
jfragment se referant aux annies 1094 k 1108, contenu dans 
le premier feuillet subsistant, feuiUet depareille, k numero- 
tation primitive disparue, dont Texistence a ete signalee*. 
Puis commence un r6cit ininterrompu, partant du cours de 
Tan 1202, debutant avec le second feuillet conserve, et nar- 
rant avec une ampleur croissante les evenements successife 
de rhistoire de Venise*. 

La Chronique^ dont tout le debut, jusqu'k Tan 1202, n'est 
plus ainsi represente que par ce court fragment unique, com- 
prenant les anntes 1094 k 1107, devait prendre son point de 
depart vers Tune de ces dates classiques ou les chroniques veni- 
tiennes font g^neralement remonter leurs premiers chapitres, 
c.-k-d. , soit k la traditionnelle fondation de Venise, en 421 ^ 

1. Fol. Ob-OOa, auquel un essai de retablissemcnt de la nota- 
tion ancienne attribue a tort les num^ros factices 48b-49a, feuil- 
let actuellement cot6 sous le n^ i ro-1 yo du t. I. 

2. Fol. 49 B, actuellement cote 2 r** du t. I. 

3. Indication fabuleusement precise, a laquelle certains anna- 
listes ajoutent mSme Theure attribuee a la fondation de Venise, 
dans Fabri des lagunes, par une delegation de magistrats de 
Padoue, a la suite des premieres invasions barbares. On la ren- 
contre comme accept^e deja dans les Annalzs d'Andrea Dandolo, 
le doge historien, composition redigee au temps (1343-1354) de son 
principal. [Andrzx Danduli Chronicon, liv. V, ch. i, part. X, dans 
Muralori, Rer. ital. script., i. XII, col. 69.) On la retrouve dans 



42 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

ou 451 S soit k r^ection du premier doge, Paolo Luca Ana- 
festo, enran697«. 

On se rimagine ais6ment, dans ces pages disparues, pre- 
sentant comme debut quelque mention de la fondation 
legendaire de Venise, puis racontant k tres grands traits la 
periode assez vague dont Telection du premier doge marque 
le terme, commengant enfin, avec le principat admis d'Ana- 
festo, un recit regulier, dont Tavenement de chaque nouveau 
doge marque les coupures, etdont Tetendue s*accroit de plus 
en plus en se rapprochant de plus modernes periodes. 

Le fragment initial isole, seul temoin de cette portion 
detruite de Touvrage, contient un lambeau d'annales inter- 
mediaires^. Cette portion de recit se refere aux derni^res 

un grand nombre de chroniques v^nitiennes courantes. Gertaines 
contiennent en tete une c Figura Gceli » au 25 mars 1421, heure 
de midi, instant assign^ a la naissance de la cite. Entre aatres, 
Sanuto, Vite de^ Duchi, dans Muralori, Rer. ital. script., t. XXII, 
col. 410. 

1. Nombre de chroniques venitiennes courantes d^butent par 
une sorte de vie d'Attila, suivie du recit de la campagne d 'inva- 
sion des Huns en Venetie, ev^nement qui provoque la creation 
de Venise par des emigres de Padoue, dans le refuge des lagunes, 
en assignant a ces fails la dale erronee de 421, tandis qu'il est au 
raoins avere que Tinvasion d'Auila, dans le nord de I'ltalie, n'eut 
lieu en reality qu'apres la biitaille de Chalons et la relraite de I'ar- 
mee hunnique des Gaules, c'esl-a-dire en 451-452. (Entre autres : 
Bibl. nat., ms. ital., n^' 337 et 787, 785; coll. Dupuy, no 919.) 

2. Date ou Ton s'accorde a fixer cette election symbolique. On 
la rencontre deja, comme tradilionnellemenl fixde, dans les A7inales 
d'Andrea Dandolo, datant, comme on vient de le voir, du milieu 
du XIV*' siecle. (Liv. VII, ch. i, hist., Rer, ital. script., t. XII, 
col. 127.) La critique moderne ne la rejetle pas. (Gfrorer, Geschichte 
Vencdigs von seiner Griindung bis ztim Jalire lOS-i^ dans Byzanti' 
nische Geschichten, t. I, p. 35-48. — Graz, 1872-1877, 3 vol. in-8*. 

3. Fol. Ob-OOa, 1 ro-1 v^ du t. I acluel. — Ou Irouvcra le texte 
de CO fragment initial isole, publid in extenso ci-apres, appcn- 
dicc JI. 



LA GHRONIQUE. 43 

ann^ du dogat de Yitale Faliero (1084-1096), au dogat 
de Vitale Micheli (1102-1117), et concerne divers evAne- 
ments sarvenos sous le principat de ces doges, entre 1094 
et 1108 environ ^ Ev^nements qu*on ne signale d'ailleors 
ici (pie pour mSmoire, la brievet^ des indications qui leur 
sont consacrees rendant leur mention plus ou moins n^gli- 
geable'. 

Le corps du r6cit dont la suite reguliere se trouve depuis 
lors conservee debute au milieu de Texpose des faits de la 
quatrieme croisade^. Le doge indique est le grand Enrico 
Dandolo^; le premier evenemeat rapport^ est le depart de 
Venise, en octobre 1202, de la flotte eraportant vers Zara, 
puis vers Constantinople, la chevalerie d'Occident, victime 
et bientdt complice des calculs interesses de la politique 
vinitienne^. 

1. Dates des regnes de ces doges geacralemeat admises. 
Romanin, Storia documentata di Venezia, t. II, p. 325-326, 333; 
t. m, p. 5, 21; 21, 34. —Venise, 1853-1861, 10 vol. in-8o. 

2. Invention nouveile du corps de saint Marc, dans Teglise a lui 
d6diee des 829, et oii le secret de la conservation de ses restes 
s'etait perdu depuis I'incendie de 976 : invention fixeo par la tra- 
dition au 25 juin 1094. (Romanin, Stor. di Venezia, t. I, p. 330- 
331, cf. t. I, p. 167-169, 254-256.) — Alliance de Venise avec 
Tempereur grec Alexis Gomnene, contre Bohemond, prince de 
Tarente et d'Antiochc, ii I'occasion de I'invasion de Rohemond en 
Epire : evenement classe sous la date de 1108. (De Muralt, Essai 
de chronographie bijzantine, t. II, p. 104-106, ad ann. 1107-1108.) 

3. Fol. 49 B, 2 r' du 1. 1. On trouvera le toxle de ce debut du recit 
ininterrompu de la Chronique transcrite par Antonio Morosini, 
publie in extenso, ci-apres, appondice III. Cf. comparaison avec un 
autre texte, ci-apres, Origines ci derives de Vanvre d' Antonio Morosini. 

4. Enrico Dandolo, elu doge le l**" Janvier 1193, mort a Cons- 
tantinople le 14 juin 1205. (Romanin, Stor, di Venezia, t. II, 
p. 143, 190.) 

5. Evenement classe sous la date du 8 octobre 1202. (Romanin, 
Sior. di Venezia, t. II, p. 156.) 



44 tiTUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

De ce point, uniquement d6termin6, comme on le voit, par 
la destruction tout accidentelle des premiers feuillets du 
manuscrit, la Chronique commence k courir sans interrup- 
tion ni lacune. Transcrite de I'^criture continue qui a 6te 
reconnue et d^flnie dans le chapitre prudent, son aspect 
materiel ext^rieur demeure constamment le meme*. A Tetat 
complet, cette Chronique comprenait en somme un quart 
environ de I'oeuvre totale actuellement subsistante, servant 
ainsi de preface et de prelude n^cessaire au Journal ^. 

Dans ses lignes g6n6rales, elle represente un precis, insuf- 
fisant sans doute, mais neanmoins toujours clair et nourri, 
des annales venitiennes aux xm® et xrv® siecles. Grandes 
guerres, maritimes d'abord, puis peu k peu continentales, 
principaux 6v6nements interieurs, faits locaux les plus sail- 
lants y sont releves dans une proportion insensiblement 
croissante, qui fait progresser peu k peu I'attrait de cette 
partie de Touvrage. Simple repertoire assez banal au debut, 
elle prend bientot des qualites d'exactitude et de r6cit, dont il 
conviendra, en un certain moment de cette etude, derecher- 
cher soigneusement les origines, et qui la haussent parfois 
jusqu'au ton le plus interessant de la narration historique. 

Ainsi d'abord se poursuit la relation abregee de la qua- 
trieme croisade, depuis le depart des croises, de Venise 
pour la cote de Dalmatie, k la fin de 1202, jusqu'au par- 
tage de 1204, qui donne k TlStat de Venise le titre celebre 

1. Gi-dessus, le Manuscrit, p. 28-29 et p. 32. Sur ce point, voir, 
ci-apres, VAuieur, 

2. Sur 611 feuillots continus, dont rindication subsistc, la Chro- 
nique, dans son 6tat complet, representerait les feuillets i a 156, 
soit 156 feuillets, tandis que le Diario, dans son 6tat actuel, repre- 
sente les feuillets 157 a 611, soit 454 feuillets. Exactement la pro- 
portion du quart aux trois quarts, formulee ici de facon approxi- 
mative, ci^mporterait, d'uno part, 152 a 153 feuillets, de Tautre, 
455 a 460. 



LA GHRONIQUE. 45 

de seigneur du Quart et Demi de I'empire de Byzance^ 
Vient ensuite, k peine entrecoup6 de la mention d'^vene- 
mentsnonchalamment enregistres, — qu'ondevine, pourrau- 
teur, incidents de secondaire importance, — le rteit ardem- 
ment poursuivi des cinq grandes guerres maritimes soutenues 
parVenise contre Genes, sa rivale commerciale abhorr^e, le 
r6cit des cinq < Guerres G^noises », selon I'expression v6ni- 
tienne, — classiques et ^mouvants chapitres ou la Chro- 
nique semble specialement se complaire, au spectacle des 
puissantes entreprises navales et des meurtriers combats de 
mer, ou se disputent pendant pr^s de deux siteles, avec un 
acharnement sans egal, I'empire de la Mediterranee et le 
monopole du trafic du monde^. 

Premier contact imm6diat, amen6 par les entreprises 
des corsaires de Genes contre les nouvelles possessions veni- 
tiennes d'Orient, premier engagement que vient terminer en 
1218 I'instable paix de Venise, premiere passe d'armes ou 
les deux cites ennemies commencent k mesurer leurs forces 
et leurs convoitises^. 

Seconde rupture, qui prend pour apparent pr^texte la dis- 
pute d'une 6glise des 6tablissements chr6tiens de Palestine, 
dans I'enceinte de Saint-Jean-d'Acre. Aux batailles navales 

1. Fol. 49 b a 51a. 

2. Plusieurs des divers historiens gem^.raux de Venise different 
dans la supputation des guerres genoises, ou bien negligeaut la 
premiere, ou bien comptant avant elle quelques conflits ante- 
rieurs. La numerotation ici adoptee est celle presentee par la Cliro- 
nique ici analysee, qui dit toxtuellement, en mentionnant la 
guerre terminee en 1218, dont il va 6tre ici parle en premier 
lieu : « In questo tenpo del sovra dito miser lo doxe miser Piero 
Ziany [1205-1229] la pri7na vera tra Veniciany e Zenovexi incho- 
menza... » (Fol. 53 b.) 

3. Fol. 52 a a 55 a. Voir Romanin, Stor. di Venezia, t. II, 
p. 195-198. 



46 tiTUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

d'Acre, sur la c6te de Palestine, en 1248, de Trapani, dans 
les eaux de Sicile, en 1266, les deux marines rivales se 
mesurent et s'aflFrontent. La treve de Cr^mone, n^gociee 
sous les auspices de saint Louis, doat ces chasses d'escadres 
k travers la M6diterran6e entravaient les derniers projetsde 
croisade, conclue en 1270 k la veiUe de sa mort, arrete 
pour quelque temps, de d61ais en delais, les hostilit^s ext6- 
rieures, sans rien supprimer de leurs causes persistantes et 
profondes ^ . 

Troisi^me choc, fatalement amene par la chute de I'eph^- 
mere domination latine installee k Byzance, par le r^tablis- 
sement des souverains grecs sur le trone imperial d'Orient. 
Les roles desormais intervertis dans le Levant; les Genois, 
soutiens int^resses de la dynastie grecque restaur^, deve- 
nus des lors pr6ponderants k Constantinople, la lutte 
reprend d'elle-merae, dans des conditions directement 
inverses, sous Teflfort identique des interets en cause. Nee des 
suites de la restauration de 1261, qui a rendu leur tr6ne aux 
Paleologues, hateepar les progres devorants de la puissance 
genoise, qui vient entre temps d'an^antir k la sanglante 
journee de Meloria, le 6 aout 1284, toute la force navale de 
Pise, son autre rivale maritime italienne, la guerre enfin 
dechainee emplit les cinq dernieres annees du xni® si^cle. 
Coupee de croisieres et de combats, elle se prolonge des ports 
de Syrie aux approches de Sicile, de la cote de Crete au fond 
de la mer Noire, jusqu'k la rencontre decisive de Curzola, 
en 1298, ou la flotte genoise vient triompher, au coeur meme 
de TAdriatique, imposant k Venise affaiblie, Tan d'apres, la 

1. Fol. 50 n a 63 b. Voir Roraauin, Stor. di Venezia, t. II, 
p. 251-2G7, 270-273, 300; Goorg Caro, Genua und die Miichte a?n 
Mittetmeer, i'^rjl-mi, t. 1, p. 28-43, 123-141, 158-178, 181-209, 
23i-244. — Hallo, 181)5-181)0, 2 vol. in-8\ 



LA GHRONIQUE. 47 

paix de Milan, qui reporte k cinquanteans de distance Tin^- 
yitable reprise de ce furieux duel, dont Texploitation du 
monde commercial demeure toujours Tenjeu^ 

Pour la quatri^me fois, au milieu du siecle, GSnois et 
y^nitiens se heurtent en Orient. Les pretentions de Genes 
k fermer les d^troits qui conunandent Facets de la mer 
Noire, son plan visible d'expulser tout le commerce v^nitien 
de ces parages, en I'arretant aux Dardanelles, ouvrent k 
nouveau le conflit arm^ des deux peuples. Les grandes 
joumies historiques de Karysto, dans les eaux del' Archipel, 
des Dardanelles, de Lojera, en vue de la Sardaigne, de Por- 
tolongo, sous la c6te de Mor6e, entre 1350 et 1354, portent 
leurs changeantes fortunes d'un bout k Tautre de la Medi- 
terranee tout entiere. La paix de Milan, signee en 1355, ne 
figure qu'une instable et precaire suspension d*arraes, tant 
qu'une des deux puissances, toujours chargees de haine, 
esp^re encore pouvoir abattre sa rivale*. 

Un dernier corps k corps, formel et definitif, se laisse 
privoir et s'impose. Pendant vingt annees, les eflForts et les 
energies s'y preparent. C'est le moment ou Venise, se trans- 
forraant par les revolutions interieures qui ont modifie si 
profonderaent sa constitution, — par la Serrata del Con- 
siglio, selection brutale qui a restreint si 6troitement, en 
1297, la composition de son Grand Conseil, — par la creation 
de son Conseil des X en 1310^, — parsa premiere annexion 

\. Fol. 67 A a 69 a. Voir Romanin, Stor. di Venezia, t. II, 
p. 331 a 340; Gcorg Garo, Genua und die Mdchte am Mittclmccr, 
1257-1311, I. U, p. 174-207, 225-267. 

2. Fol. 77 D a 86 u. Voir Romanin, Stor. di Venezia, t. Ill, 
p. 158-173, 178-180, 193-196. 

3. II est a noter que la Ghronique ici analysoe est absolument 
muette sur ces ^v^nements classi(jues, comme du roste sur presquo 
tous les ev6nemcnts politiquos iuterieurs do I'Etat vonitien. Elle 



48 tiTUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

sur le sol de la peninsule italienne, roccupation de TWvise, 
conquise en 1337 sur les souverains de Padoue*, — se prepare, 
apres la menaQante et tragique aveature de son doge, Marino 
Faliero, en 1355*, k la grande politique continentale et k 
toute une orientation future de ses destins. S'essayant aux 
guerres de Terre Ferme, elle mene successivement, de 1356 
k 1377, contre la Hongrie^, contre Padoue*, contre TAu- 
triche^, trois campagnes ou s'affirment des convoitises nou- 
velles, premier jalon d'ambitions plus vastes, premier 61an 
de I'essor qui doit porter Tetendard de Saint-Marc, en un 
siecle et demi de lentes etapes, des bords de I'Adriatique 
jusqu'aux approches de Milan ^. 

Puis reprend, avec la cinquieme guerre, le drame ou va 

se contente de mentionner les conjurations connues de Marino 
Bocconio, en 1300, et celle de Bajamonte Tiepolo, en 1310, pro- 
voquees, commeonsait, par la Serratadu Grand Gonseil, et dont 
la derniere donna lieu a la creation du Gonseil des X. (Fol. 70 a.) 

1. Fol. 73 a a 73 b. Voir Romanin, Stor, di Venezia, t. lU, 
p. 125-138. 

2. Sur cet episode, comme sur les autres de m6me sorte, la 
Chronique ici analysee conserve le silence. Le dogat total de 
Marino Faliero (du 11 septembre 1354 au 17 avril 1355) y occupe 
a peine deux pages (fol. 85 b a 86 a). — Sur ce point special, 
voir, ci-apres, I'Auteur. 

3. De 1356 a 1358. Fol. 85 a a 90 a. Voir Romanin, Stor. di 
Venezia, t. Ill, p. 196 a 207. 

4. De 1372 a 1373. Fol. 95 a a 100 a. Le fol. 100 a se termine 
au milieu du texte de I'art. V de la paix conclue, le 21 septembre 
1373, entre Veuise et Padoue, conlenant 19 articles; le feuillet 
suivant IOOa-101 b, qui devait contenir le texte des 14 demiers 
articles de la paix, est en deticit. Voir Romanin, Stor. di Venezia, 
t. Ill, p. 240-246; Sauuto, Vile de' Duchi, da,ns Murniori^ Rer.ital. 
script., t. XXII, col. 675-676. 

5. De 1376 a 1377. Ge recit pouvait etre contenu dans le 
fol. IOOb-IOI a, dont le deGcit vient d'etre constate dans la note 
qui precede. Voir Romanin, Stor. di Venezia, t. Ill, p. 249-251. 

6. h>i]r ces faits, voir, ci-apres, le Diario, 



LA GHRONIQUE. 49 

rsette fois se balancer de si pr^ la propre existence de 
Venise*. Avec une ampleur de recit plus large, une allure 
de composition plus litteraire, dififerente du ton general uni- 
formiment conserve jusqu'ici depuis le d6but de I'oBuvre, — 
caract^res qui semblent trahir quelque changement d'inspi- 
ration, — commence done la narration de la lutte vitale qui 
se poursuit sur toutes les mers, et ne se termine, pour les 
deux rivales k bout de forces, que dans les canaux memes 
des lagunes venitiennes*. Dispute de Tile de Ten6dos, clef 

1. £n 1378. Premiere ligne du foL 101 b : c Questa ^ la prima 
parte de ia honiom dy cholegady de la vera... • Premiere date 
cit6e : 4 juin-1" juiliet 1378; fol. 103 a-103 b. 

2. G'est en ce point qu'a pris origine une erreur du r^dacteur 
de la notice contemporaine de Foscarini, d^j^ decrite comme 
annezee aux feuillets de garde du t. I, dans laquelie la date de 
i374 est formellement indiquee comme marquant le point de 
demarcation de la Ghronique pr6alable et du Diario original 
d' Antonio Morosini. Sur cette notice et ses reproductions, voir, 
ci-des8U8, le manuscrit, p. 22, n. 4. Voici d'od provient 6vi- 
demment cette erreur. En tete du fol. 101 b, ou commence, 
avec les qualit^s toutes nouvelles qui viennent d'etre signalees, 
I'expose des faits relatifs a la cinquieme guerre genoise, debutant 
avec Tan 1378, se trouve inscrite, en forme de titre courant seu- 
lement, et non en forme de redaction, la mention chronologique 
du 17 octobre 1374 : Chorando any M GCC LXlllIl dy XV U d'oiu- 
brio in Veniexia, mention se rapportant evidemmont, non a la 
guerre genoise meme, mais a quelque evenement contenu dans 
le feuillet precedent, feuillet dont le deficit a 6te constate. L'ob- 
servation qu'en ce point, avec le debut de ce feuillet, la com- 
position cbangeait visiblement de caractere, observation exacte 
en elle-m6me, a porto le redacteur de la notice en question a 
lixer le point de depart de I'ceuvre originale a la date mate- 
riellemeut inscrite en tete dc cc feuillet, c est-a-dire, en Tespece, 
a cette date de 1374. On peut au moins remarquer, a tout 
prendre, que c'est en 1378, date reelle et effective des ev^ne- 
ments relates au debut de cette nouvelle phase de la composition, 
que ce point de demarcation auraitdu 6tre fixe, plutot qu'en cette 
date tout arbitraire et occapioniiollo de 1374. Quant au veritable 

IV \ 



50 tTUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

des Dardanelles, entre Genois et V6nitiens, intriguant kTenvi 
k Byzance pour en obtenir la cession, — rupture enfin 
ouverte, — victoires altern6es de Venise k Anzio, devant 
rembouchure du Tibre, en 1378, de Genes k Pola, au fond 
de TAdriatique, en face de Venise, en 1379, — immediate 
entr^ des galores g^noises, k revers, daus le dedale des 
archipels et des passes interieures des lagunes, jusqu'k Ghiog- 
gia, k quelques lieues du campanile de Saint-Marc et du 
palais des doges, — eflFrayant peril de la nation v6nitienne, 
menac6e d'an^ntissement total, jusqu'k la saute de chance 
inesperee qui lui permet, dans une audacieuse inspiration, 
de couper la retraite k la flotte ennemie, en obstruant les 
chenaux praticables entre les lagunes et la haute mer, en 
enfermant les assaillants, par la reprise de Chioggia, dans 
un bassin interieur sans issue, — paix finale de Turin, en 
1381, encore si dure et si apre k Venise epuisee, mais au 
moins vivante encore, — toutes ces phases 6piques de la 
plus rude et de la plus franche guerre italienne de ces temps 
se deroulent tour k tour, avec leurs changements d'as- 
pect, leurs d6concertantes alternatives, leurs haletants 
episodes*. 

Genes intacte, mais Venise durant toujours et prete k 
renaitre pour d'autres gloires, ainsi s'acheve ce grand drame 
poursuivi pendant pres de deux siecles, dont les incidents, 
destines maintes fois k se raviver au cours de I'histoire des 
deux cites, ne sont plus du moins destines k presenter d'aussi 
poignantes perspectives. 

C'est de plus en plus vers la peninsule italienne, vers les 

point de coupure de la Ghronique et du Diario, et quant au lieu 
de depart de I'oeuvre originale d'Antonio Morosini, la determina- 
tion en sera faite en son temps. 

1. Fol. lOl D a 125 a. Voir Romanin, Stor. di Venezia, t. Ill, 
p. '251-295. 



LA GHRONIQUE. 51 

accroissements de Terre-Ferme que va s'orienter I'^nergie 
y^nitienne. La force de Yenise, exclusivement maritime 
jusque-lk, va dSriyer en outre en puissance continentale, 
appel^ k de constantes interventions dans la politique ita- 
lienne, volontairement ignor^ jusqu'ici par son g^nie de 
conquete. 

En face, k la premiere etape, se dresse un obstacle, TEtat 
de Padoue, porte k son plus haut point de vitalite k la fin 
du XIV* sikile, par la dynastie souveraine des Carrare. G*est 
contre Padoue desormais et ses princes, barriere obsedante 
^rig6e contre tout essor continental, que va se concentrer 
TeJOFort de Venise, en attendant que Tan^antissement de 
TEtat des Carrare la mette en contact direct avec Milan 
et la race des Visconti, pour inaugurer alors le long duel 
terrestre qui rappellera, pendant la premiere moitie du 
XV® sikjle, les phases successives de sa rivalite maritime si 
furieusement soutenue contre Genes ^ 

Avec les memes caracteres de composition qui viennent 
d'etre constates, depuis le debut du recit de la cinquieme 
guerre genoise, en 1378, la Chronique aborde et relate les 
questions complexes et enchevetrees qui occupent dans I'his- 
toire de Venise les dix annees qui suivent. Conquete de 
Verone par Francesco I de Carrare, seigneur de Padoue 
en 1387, et destruction de Tantique dynastie veronaise des 
della Scala, desormais rayee de Thistoire^, puis decheance 
ephem^re de I'Etat de Padoue, qui passe sous la domination 

1. La dynastie des Carrare s'est installee a Padoue, depuis 1318, 
avec Giacomo da Carrara. Francesco I*'", dit le Vieux, regne 
depuis 1350, et seul depuis 1355. 

2. La dynastie des della Scala s'est installee a Verone avec 
Mastino della Scala, en 1250, a la chute du rcdoutablo Eccelino 
da Romano. Antonio della Scala, detrone en 1387 par Fran- 
cesco I, souveraiu de I'Etat de Padoue, regno depuis 1S75. 



52 ^TUDK SUR ANTONIO MOROSINI. 

temporaire de Milan, en 1388, sous I'effort, passagSrement 
combine, des souverains de Milan* et de Venise leur alliee'^, 
enfin, connexite de ces p6rip6ties avec les evenements de 
Hongrie et de Naples, avec les dissensions de la maison 
d'Anjou, maitresse de ces deux couronnes, tour k tour sont 
exposes ces £aits qui modifient si profondement T^quilibre 
traditionnel de Tltalie du Nord^. 

A cette forme de r^cit parait encore due, en dernier lieu, 
la mention de I'annexion de Gorfou par le gouvernement 
des doges, en 1386\ et, en 1388, la mention de deux acqui- 
sitions de la Republique en Moree, Argos et Nauplie de 
Romanie^, precieuses escales des mers d'Orient ou le com- 
merce venitien conserve et maintient de si fortes destinees. 

Puis^, presque sans transition, — negligeant les Evene- 
ments les plus directement interessants pour I'histoire'de 
Venise, comme la restauration des princes de Carrare k 

1. La dynastie des Visconti s'est installee a Milan, avec I'ar- 
chov^que Ottone Visconti, en 1277, a la place des della Torre. 
Giangaleazzo Visconti regne depuis 1378 et seul depuis 1385. 

2. A ce demembrement, la Republique gagne Trevise, ancienne 
possession perdue, qu'elle recouvre et conserve d^sorraais; les 
Visconti gagnent, d'abord Padouo et Verone, que les Carrare leur 
reprendront en 1390 et en 1404, et que Venise enl^vera pour son 
compte aux Carrare en 1404-1406 pour les conserver desormais, 
puis Vicence, Feltrc et Bellune, qu'ils soront obliges de ceder 
eux-m^mes en 1404 a Venise, qui les conserve desormais. 

3. Fol. 127 a a 135 a. Voir Romanin, Slo7\ di Vcnezia, t. Ill, 
p. 319-320, 320-323. 

4. Fol. 135a. Voir Romanin, Stor. di Venezia, t. LU, p. 304- 
305, 311-315. 

5. Fol. 135 a. Voir Kiirl Hopf, Geschichte Griechenland^, 2« per., 
part. IV, ch. in, ap. Ersch et Gruber, Allgcmeine Eiicijclopddic, 
sect. I, t. LXXXVI, p. 25, 49-52. Comp. Karl Hopf, Chro- 
nitiuGs grcco-romancs, Tabl. g^n6al., II, 2 n, p. 474. Gf. Romanin, 
Star, di Vcnezia, t. Ill, p. 316. 

6. 8ur ce feuillet 13r*A meme. 



LA CHRONIQUE. 53 

Padoue et dans une partie de leurs Etats, en 1390, apr^ 
deux ans d'eviction milaDaiseS comme r^tablissement de la 
domination frangaise k Genes, en 1396*, — ne mentionnant 
pour ces six ann^es entidres, en quelques lignes, que les 
acquisitions de la Republique sur la cdte albanaise, k 
Durazzo, Alessio, Scutari et Drivasto, en 1393 et 1394^, — 
la Chronique passe k I'expose de la grande expedition chre- 
tienne dirig^e centre I'invasion ottomane en Europe, sterile 
croisade que vient terminer, le 25 septembre 1396, le san- 
glant desastre de Nicopolis*. 

Ici, dans une allure de recit de nouveau diffferente, dont 
la dissemblance est rendue plus sensible par la lacune visible 
qui vient d'etre signalee, se retracent, apres ce sombre 
tableau, les revolutions de Tltalie du Nord, leur repercussion 
sur les rapports de Genes frangaise et de Venise, Tascension 
continue de la puissance milanaise entre les mains de Gian- 
galeazzo Visconti, le plus grand politique ne jusqu'en 
ce siecle sur la terre italienne, ses progres devorants, 
de 1395 k 1402, faisant duche sa seigneurie de MQan^, et 

1. Francesco I, detr6ne en 1388, meurt en captivite. — Fran- 
cesco II, son fils, est retabli en 1390 a Padoue, et en 1404 a 
V6rone. Sur ces fails, voir Romanln, Stor. di Venezia, t. IV, 
p. 14-16. 

2. La domination francaise a Gftnes, dont les preliminaires se 
negocient depuis 1392, s'etablit par le traile du 25 octobre 1396, 
ratifie le 11 decembre suivant. Sur ces fails, voir Eugene Jarry, 
ks Origines de la domination frangaise a G^nes, ch. ii-ix, p. 32-211. 
— Paris, 1896, 1 vol. in-8o. 

3. Fol. 135 a. Voir Karl Hopf, Chroniques grcco-romanes, Tabl. 
geneal., XI, 6, p. 532, 8, p. 533, 10, p. 534. Gf. Romanin, Stor. 
di Venezia, t. Ill, p. 316. 

4. Fol. 135 a a 136 a. Premier des exlraits publit's dans cette 
edition, t. I, p. 2-17. Voir Delaville le Roulx, la France en Orient 
au J/F« siMe, liv. Ill, ch. v, p. 278-281. — Paris, 18tS5, 1 vol. 
in-8o. 

5. La transformation dc la seigneurie de Milan en duche a lieu 



54 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

pret k faire son duch& royaume, puis la dissolution de son 
jeune empire au coup de foudre de sa mort subite, le 3 sep- 
tembre 1402^ au lendemain de son 6blouissante victoire de 
CasalecchioS au fort de son triomphe sur la puissance flo- 
rentine, dernier obstacle encore debout sur sa route, k 
I'heure meme ou se r6alisait enfin son reve gigantesque d*un 
royaume italien, brusquement unifie, violemment elargi des 
Alpes k Rome, taille k force de sc^leratesse, de bonheur dans 
le crime et de genie*. 

Toujours sous cette meme forme se poursuit ensuite la 
longue narration d'une nouvelle phase de la rivalitede Venise 
avec GSnes, avec Genes devenue maintenant possession fran- 
gaise. C'est le recit du brutal et cauteleux conflit amene dans 
les mers d'Orient par Texpedition navale dirigee par le 
raarechal Boucicaut, gouverneur frangais de Genes, contre 
les ports musulmans de Syrie, en 1403, entreprise qui trouve 
pour repercussion, sur les cotes de Moree, la rencontre ino- 
pinee de Modon, entre les deux escadres venilienne et 
genoise. Conflit auquel met fin la convention provisoire du 
22 mars 1404, que la Chronique presente encore corame 
proclamee h Venise le 29 mars et a Genes le 3 avril, base de 
la paix finale qui sera signee h Genes le 28 juin 1406^ 

par acle imperial en date du H mai 1305. Sur ce fait, voir Dumont, 
Corps universel diplomatiqiie, t. II, part. I, p. 230-237. 

1. La bataille de Gasalccchio, aux alentours de Dologne, a lieu le 
20 jain 1402. Sur ce fait, voir Durriou, les Gascons vn Italie, part. IV, 
Ucrnardon de- Scrres, p. 208-213. — Audi, 1885, 1 vol. in-8*. 

2. Fol. 130 n a I'lOn. IJne fraction do cotte partie de la Chro- 
nique, se rapportant aux relations de Genes fraiiraiseet de Venise 
(aux fol. I'jOa et 1 iO n), compose Ic second des Extraits publi«''s 
dans cette edition, t. I, p. 10-25. Voir Gipolla, Storla dellc siuno- 
ric italfane, liv. Ill, cli. in, p. 221-238. — iMihui, ISSl, I vol. in-8". 

3. Fol. 141 A a 152 a. Extrail public, t. 1, p. 2i-l75. — Date du 
3 avril 1404, derniere menlionnce dans la Ckruniqut\ Extraits 
publics, t. I, p. 100. 



LIMITBS DU DIARIO. 55 

Apres quelqaes pages consacrees k rinyasion tartare^ en 
Asie Mineure, de 1400 k 1403, c'est avec une derniere men- 
tion relative k la rivaliti de Genes et de Venise* que se 
cl6t, sous un rappel de Tan 1403, cette Chronique ainsi 
pourauivie jusqu'ici, — chronique dont on a pu recon- 
naitre, sous des apparences de redaction dififerentes, TunitS 
de trame, de contexture et de composition g^n^rale^. 



11. 



Le Diario. 

En ce point, apres cet expose des evenements relatifis au 
conflit de Venise avec Genes frangaise, apres cette derniere 
mention qui s'y trouve rattachee, Toeuvre dont on. poursuit 
ici Texamen commence k revetir un tout autre caractere^. 

i\ 
Limites du Diayno. 

Cette nouvelle apparence se manifeste avec la mention 

1. Fol. 152 a a 156 b; cf. divers passages entre les fol. 136b et 
140 b. 

2. Fol. 156 b. Extrait public, 1. 1, p. 174-177. Cette mention der- 
niere se rapporteaux causes du conflit qui vient d'etre raconto, et, 
par consequent, presente un retour sur des eveaenients anterieurs 
ct une interversion de r6cit. Voir Extraits publics, 1. 1, p. 174, n. 6, 
el p. 176, n. 4; ci-dessous, n. 3. 

3. Avec les dernieres lignes du fol. 156 b, actuellement 
cote 107 r* du t. I. — On trouvera le texte de cette lin de la Chro- 
nique publie in extenso ci-apres, Appendice IV. Gf. Extrait public, 
t. 1, p. 17i-176, dont il vicnt d'<Hre fait mention dan? la note 2. 

4. On trouvera le loxle de en <lebut du Diario publie in extenso 
ci-apres, Appendice IV. 



56 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

ImmMiatement suivante, concernaDt, dans une direction 
d'interet toute diflferente, les ev^nements de la Haute-Italie, 
et placte SOUS la date du 10 avril 1404*. 

Sous cette date*, sous forme de notation prise au jour 
dit, Tauteur mentionne les premiers preliminaires de la 
guerre destinte k aboutir, en quelques mois, k I'aneantisse- 
ment des princes de Carrare et k Tabsorption par Venise de 
I'ensemble de leurs Etats, accroissement capital du territoire 
venitien qui va marquer une repartition iraprevue et deci- 
sive des forces regnantes en Italie^. 

G^est le point de depart d'une modification profonde de 
Toeuvre qui fait I'objet de cet examen. Desormais, la redac- 
tion composee, Failure assemblee du recit cedent de plus en 
plus le pas k Tenregistrement successif et chronologique des 
faits. De plus en plus, la Chronique redigee fait place k un 
Journal improvise, un Diario, ou viennent se retracer les 
evenements de tout ordre au fur et a mesure qu'ils sur- 
viennent ou se repercutent k Venise. 

Ce nouveau caractere, encore peu marque pour les pre- 
miers temps qui suivent la date du 10 avril 1404^ s'afRrme 
avec plus de nettete vers la fin d'aout et le debut de septembre 
suivants^, pour laisser enfin, avec le courant de septembre 

i. Avec les premieres lignes du ful. 157 a, actuellemeut 
cote 107 yo du t. I. 

2. A partir du moment oil le Diario distingue regulierement 
une annce d'une autre, on y reconaait I'emploi unique du style 
venitien, d'apres lequel I'annee commence le h'"" mars. Voir, sur 
ce point, t. I, j). ^i, n. 0. 

3. Sur ces faits, ci-apres, p. 71-7'?.. 

A. Dates d'inscription relevces pour cette periode : 10 avril 
(fol. 157 a); 2 mai (fol. 158 m; 15 mai (fol. 150 b); 23 juin 
(fol. 1130 b); juillet (fol. 100 b). 

5. Dates d'inscription relevees pour cette periode : 10 aoiit ; 
0, 11, 15 septeml»re (fol. 02 a et suivj. 



LIMITES DU DIARIO. 57 

et d'octobre, le Diario entrer dans une voie de notations 
frequentes et reguli^res*. 

D^ lors, il fonctionne, sans interruption ni lacune, jus- 
qu'au dernier feuillet preserve*, dans une constante unite 
de composition, comme un exact appareil, poursuivant, k 
travers les faits et les jours, sa tache d'observation quoti- 
dienne. 

En ce qui concerne I'apparence ext^rieure, telle qu'elle 
se presente dans Tunique manuscrit ancien de Touvrage, ce 
Journal y debutant en ce point, presente deux fractions assez 
distinctes. Tune continuant materiellement I'aspect de la 
Chronique, I'autre oflTrant une disposition visible toute 
diflferente. 

Au debut, rien ne vient exterieurement distinguer la 
Chronique du Diario, Derniers feuillets de celle-ci, pre- 
miers feuillets de celui-lk^ sont traces de la meme ecriture 
reguliere et continue, dont les caracteres ont dejk eu occa- 
sion d'etre determines^ Cette meme similitude persiste assez 
loin, jusqu'au moment oii commence k se distinguer Tautre 
forme scripturale, sur la quelle I'attention s'est egalement 
trouvee dejk appelee^. 

Cette autre forme scripturale, ecriture a reprises fre- 
quentes, irreguliere et personnelle, dont les signes essentiels 
ont ete ainsi precises, se manifeste, d'apres Texamen exte- 
rieur du manuscrit, entre les annees 1413 et 1414^. L*ins- 

1. Dates d'inscription relevoes pour cotte pc'riode : 15, 25, 
28 septembre; i""", 11, 30 octohre (fol. 165 d ot proc6d.). 

2. Fol. 611 A, actuellomoiU cole 200 v^ du t. II. 

3. Fol. 156 a ot D, fol. 157 a et b. 

4. Gi-dessus, Ic Manuscrit. 

5. Ci-dessus, le Manuscrit. 

6. Entrc les fol. 272 n et 277 b, actuclloment cotes 223 r«> et 
228 r" du t. I. 



58 fiTUDE SUR ANTONIO MOROSINl. 

pection du contenu de ToBuvre fait coincider cette demarca- 
tion avec la fin du principat du doge Michele Steno, k la fin 
de 1413, et avec Telection de son successeur Tommaso 
Mocenigo, au debut de 1414*. Cette forme continue, sous 
les memes indices, jusqu'k la fin conservee du manuscrit. 

II s'ensuit que toute la fraction du Diario, courant de 
Tan 1404 jusqu k cette date de 1413-1414, a du, corame la 
Chronique, et k sa suite, se trouver transcrite d'un seul jet 
sur le manuscrit subsistant-, tandis que la section, comprise 
entre cette date de 1413-1414 et les derniers feuillets con- 
serves, ne comporte plus que des inscriptions successives 
inegales, directement jetees sur le papier en meme temps que 
redigees^. 

Bien entendu, cette demarcation toute materielle, etablis- 
sant dans le Diario deux parties d'aspect exterieur diflferent, 
ne correspond k aucune diversite de composition intrioseque. 
Avant comrae apres cette sorte de coupure, dans Tune comme 
dans Tautre partie, les caracteres de la redaction demeurent 
identiques et persistants, depuis le debut du Journal en 
1404 jusqu'k ses derniers fragments preserv^s^ 

Dans ces conditions, le Diario, en son etat actuel, repre- 
sente environ les trois quarts de Toeuvre subsistante, dont 
il forme la partie essentielle et vivante, k laquelle la Chro- 
nique ne sert en somme que de chapitres prealables^. 

1. Michele Steno, doge de 131)9 a 1413. Tommaso Mocenigo, 
doge de 1414 a 1423. 

2. Fol. 157 A a 272 u-277 b. Sur ce point, voir ci-apres, i'Autcur. 

3. Fol. 272 0-277 B a 611a. 

4. Fol. 157 a a 611 a. 

5. SurGU fouilhUscoutinus dont I'indication subsiste, le Diario, 
dans son etat acluel, reprosonte los feuillets 157 a 611, soil 
^l)^ fcuillots, tandis quo la Chronifjur, dans son 6Vdi complet, nVu 
roprosenlorait que l(?s leuillets 1 a 156, soil 156 feuillets. Exacte- 



UMITES DU DIARIO. 59 

On en suivra, tout k Theure et k part, les grandes lignes 
et les dispositions particuli^res, comme on I'a fait pour la 
Chronique, en relevant le caractere tres marqu^ de nota- 
tions immediates, avec lequel y sont enregistres, et les feits 
survenant & Venise, et les Qvenements exterieurs qui 
trouvent dans la cit6 des doges leur repercussion naturelle 
etleur teho*. 

Mais, des k present, Failure generale de Toeuvre impose 
d'examiner le point exact ou s'arrete ce Diario, dans sa 
forme et ses etats de conservation actuels, et de determiner, 
s'il est possible, le moment ou son auteur a pu cesser, pour 
tel ou tel motif, de le tenir au courant. 

Le Diario, dans T^tat actuel du raanuscrit, parait s'in- 
terrorapre effectivement k la fin du dernier feuillet continu 
subsistant, au cours de Tan 1433, sous la date portee du 
20 novembre, au milieu de la transcription de la traduction 
italienne d'un acte du Concile de Bale, communique au gou- 
vernement de Venise. Cette piece se trouve reproduite dans 
le Diario k la suite du recit d'une seance du Senat venitien, 
tenue le 20 novembre, consacree a la discussion de cet acte 
du Concile et de la reponse k lui adresser^ 

Ce document ofRciel est relativement aise k identifier. 
C'est la traduction italienne du texte latin d'uue serie de 
resolutions votees dans la quatorzieme seance du Concile de 
Bale, tenue le 7 novembre 1433, et dont le contenu se trouve 

mont, la pn^portion des trois quarts au quart, formulae ici de 
faron approximative, comporterait, d'une part 'i55 a 400 feuillets, 
de I'autre 15? a 153. 

1. Ci-apres, Valeur du Diario. 

2. Aux (lernieres lij^nes normule^? du fol. 6H a. On trouvera le 
texte (le cette (in de la partie continue conservee du Diario public 
in oxtenso, ci-apr6?, Appendice V. 



60 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINl. 

ia extenso dans le proces-verbal conserve de cette seance*. 

Quelques eclaircissements sp^ciaux paraissent ici ntees- 
saires, au cas ou quelque heureuse fortune permettrait de 
retrouver la fin manquante du Diario pour en permettre 
Tidentification et la liaison avec la'partie subsistante. 

Convoque par un de ses derniers actes du pape Martin V, 
mort inopinement le 20 fevrier 1431 et remplace le 3 mars 
par Eugene IV, le Concile de Bale, ouvert en decembre sui- 
vant, entre bientot en lutte avec le nouveau pape, occupe 
avec eclat la chretiente, depuis ses premieres seances, par 
ses violents demeles avec le pontife remain, qui devaient 
finalement, apres une accalmie de quelques annees, ame- 
ner la dissolution de Tassemblee et son transfert 16gal en 
Italic*. 

Dans sa douzieme seance, tenue le 13 juillet 1433^, Tas- 
semblee de Bale, exigeant du pape Tenvoi de Tadhesion pon- 
tificale au Concile, adhesion toujours retardee jusque-lk, lui 
assignait imperieusement, k cet eflfet, un delai de soixante 
jours'*, prolonge bientot, d'abord de trente jours, puis 
d'une seconde serie de trente jours'\ Ces delais etant sur le 
point d'expirer, le Concile, dans sa quatorzieme seance, 
tenue le 7 noverabre^, institue un nouvel et plus ample 
delai de quatre-vingt-dix jours, permettant au pape de 
deliberer definitivement sur les injonctions suivantes. Au 
pontife etaient proposes, avec sommation d'en choisir un 
a son gre, trois modeles d'une lettre de retractation, annu- 

1. Labbe, Sacrosancta Concilia, ad rcgiam cditionem exacta, 
t. XVII, col. 286-288. — Venise, 17-28-1733, 21 vol. in-fol. 

2. Sur ces fails, Extraits publies, t. Ill, p. 3Gi, u. 4. 

3. Labbo, Sacr. Cone, t. XVII, col. 270-278. 

4. Ibid., col. 274-275. 

5. Ibid., Ci.l. 2S3, 286. 
0. Ibid., col. 286-288. 



LIMITES DU DIARIO. 64 

lant tous actes de sa part hostiles k Tassemblee. Lui etait 
indique, sans choix entre une formule ou Tautre, le modele 
unique d'une lettre d'adhesion contenant reconnaissance 
formelle du Concile. Lui 6tait enfin trac6 le th^me gene- 
ral de mesures diverses k prendre en complement de ces 
actes*. 

L'Etat venitien avait alors pour representant k Bftle 
Andrea Donato, gendre du doge Francesco Foscari, nagu^re 
ambassadeur k Rome aupres d'Eugene IV; une decision 
du Senat, en date du 3 septembre, venait, k peine rentre 
Tavant-veille k Venise, de Tenvoyer en mission aupres du 
Concile*. Le 26 et le 30 octobre, Venise recevait de lui des 
nouvelles concernant les efforts tentes par I'empereur Sigis- 
mond en vue d'une entente mutuelle^. Le 18 novembre sui- 
vant, Andrea Donato revenait lui-meme k Venise, charge 
d'une double mission du Concile et de Tempereur, avec man- 
dat de soumettre k la Republique I'ensemble des resolutions 
votees par le Concile, dans sa seance du 7 novembre^. 

Le 20, le S6nat s'assemblait pour deliberer sur ces pieces, 
et, apres adoption d'une resolution approuvant le principe 
d'une entente entre le pape et le Concile, sur les bases pro- 
poshes, decidait de renvoyer Andrea Donato k Bale pour 
continuer les negociations en cours*\ Entente qui ne tarda 
pas k se produire, etqui, en validant toutes les seances pre- 
cedentes du Concile, lui permit de poursuivre legalement 
ses travaux, jusqu'k Tapparition de nouvelles mesintelli- 
gences destinees, apres sa vingt-cinquieme seance, en raai 
1437, k provoquer la suspension legale de Tasserablfe, puis 

1. Labbe, Saci\ Cone, t. XVII, col. 286-288. 

2. Diario, ad dies cit., fol. 607 a, 607 b. 

3. Diarlo, ad dies cit., fol. 60D n, 610 a. 

4. Diario, 18 novembro, fol. 610 a. 

5. Diario, 20 novembre, ful. 610 b. 



62 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

k amener sa reconstitution, sous Ta uteri t6 pontificale, en 
diverses residences successives dltalie, ou ses travaux ne 
s'ach^veront regulierement qu'en 1445*. 

Le Diario enregistre, sous la date du 20 novembre 1433, 
le recit du Senat et des resolutions conciliantes qui y furent 
votte, puis, k la suite de cette notation, reproduit, k titre 
de documents k Tappui, la traduction italienne des pi^s 
communiquees au Senat. Ces pieces comprennent : — 
la decision du Concile reportant k quatre-vingt-dix jours 
le delai accorde au pape, — le texte des trois modeles 
proposes de lettre de retractation, — le texte du modele 
unique indiqu6 de lettre d*adhesion, — enfin la deci- 
sion du Concile, contenant le theme general des mesures 
diverses prescrites au pontife, en complement des actes preci- 
tes-. Documents tons facilement comparables au texte latin 
qui en est conserve dans les grandes collections d'actes des 
Conciles^. C'est au cours de cette derniere piece que s'arrete 
la derniere page conservee du Diario, au milieu d'une 
phrase, avec ces mots : « Lor legitimamente non citade, ne 
legitima...** )>, reconnaissables, avec toutela precision pos- 
sible, dans les termes des textes latins correspondants : 
« Eis legitime citatis, nee legitime [defensis%] ». Pour ache- 
ver la transcription de ce document, dont Tetendue integrale 
est facilement raesurable dans les actes conserves du Concile, 
il sufRrait largement d'une page et deraie de Tecriture qui 
couvre les feuillets du Diario^. 



\. Sur ces fails, Extraits publies, t. Ill, p. 364, n. 4. 

2. Diario, 20 novembre, Ibl. 610 n-61l a. 

3. Labbe, Sacr. Cone, t. XVII, col. 286-288. 

4. Fol. 611 A, in line. 

5. Labbe, Sacr. Gone, t. XVII, col. 287 d. 

6. Fin de la piece, en deficit dans le Diario^ dans Labbe, Sacr. 
Cone, I. XVII, col. 2(S7 d a 288 c. 



LIMITE9 DU DIARIO. 63 

S'il fallait done admettre que la mort, la maladie oa une 
raison quelconque ait arrfete la main de Tauteur, k cette 
date du 20 novembre 1433, derniere date continue suscep- 
tible d'etre constat^e, on pourrait supposer qu'il ne manque 
an Diario qu'un simple feuillet, dont le recto et le verso 
eussent suffi k contenir la fin du document interrompu, feuil- 
let terminal dont la disparition s'expliquerait par quelque 
cause de destruction materielle facile k imaginer. 

II s'en faut cependant de beaucoup que cette supposition 
soit exacte. 

La vArite, qu'un examen plus approfondi de I'oeuvre per- 
met de reconnaitre, est que le Diario se continuait beau- 
coup plus loin que ne le comporterait la disparition de 
simples feuillets terminaux, et qu'il s'etendait jusqu'k une 
epoque impossible k preciser, peut-etre plus lointaine qu'on 
ne saurait le croire, mais courant au moins, on pent I'affir- 
mer de faQon certaine, jusqu'au milieu de I'an suivant, 
jusqu'k la fin du mois de juin 1434. 

Mention a ete relevee, dans I'etude exterieure du manus- 
crit, de I'existence d'un fragment de feuillet mutile, k 
Dumerotation primitive (Jisparue, assemble dans le corps de 
I'ouvrage, hors de sa place normale, et representant seul 
la partie finale d^truite du manuscrit*. 

Ce fragment de feuillet mutile, assemble, par les hasards 
des reliures successives, en un point ou la partie subsistante 
du manuscrit prfeente justement certaines degradations et 
certain desordre materiel, peut sembler, k premiere vue, 
classe k la place qui lui convient. 

On va voir cependant qu'il n'en est rien, quo ce feuillet 
appartient en fait k une tout autre partie du manuscrit, et 

1. Gi-devSsus, le Manuscrit, p. 23. Voir iVppondice I. 



64 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

que, de son deplacemeat evident, decoulent une serie de 
consequences. 

Autour de ce feuillet, entre les folios 599 a et 602 b, 
entre le l®*" mai et le 26 juin 1433, Tassemblage de manus- 
crit oflFre une irregularity manifeste. 

Le feuillet porta nt la numerotation primitive, parfaitement 
visible, 598b-599a, fait suite reguli^re et continue au corps 
du manuscrit. Ce feuillet s'acheve avec la derniere ligne nor- 
male du fol. 599 a, sous la rubrique du i^^ mai 1433, au 
milieu d'une phrase, par une mention interrompue, rela- 
tive aux armements maritimes annuels de TEtat de 
Venise*. 

Suivent deux feuillets, dont Tetat de mutilation a fait dis- 
paraitre toute trace de numerotation primitive, mais que leur 
aspect, k premiere vue, ne differencie pas de ceux qui les 
encadrent, et que les dates de mois et de jours qui s'y 
trouvent citees semblent assez naturellement classer tons 
les deux k cette place ^. 

Reprend enfin, avec le feuillet porta nt la numerotation 
primitive parfaitement visible 602b-G03a, la suite regu- 
Here et continue du corps du manuscrit. Ce feuillet debute, 
avec la premiere ligne normale du foL 602 b, au milieu 
d'une phrase, par une mention tronqu6e, relative k un fait 
qui ne pent etre identifie. La premiere notation reconnais- 
sable, contenant mention d'un projet d'abdication du doge 
Francesco Foscari, est inscrite sous la rubrique du 26 juin 
14333. 

Entre les folios 599 a et 602 b, entre ces dates indiscutables 
du 1'*' mai et du 26 juin, ty^ois feuillets entiers (599 a-600b, 

1. Fol. 508 n-5'JO a, actucllement cote 270 r<^-279 v du t. IL 

2. Acluellemcnt cote 280 ro-28U y« ol 281 ro-28l v^ du t. II. 

3. Pol. 602 B-()03 A, actucllement cote 282 ro-282 v«> du t. II. 



LIHITES DU DIARIO. 65 

600b-601 a, 601 B-602 a) ne seraient done repr6seiit&, en 
tout cas, que par les deux feuillets mutiles dont rexistence 
Tient d'etre signal^e, feuillets dont la mutilation, comme il 
a 6te exposS, empeche de reconnaitre, materiellement au 
moins, la num^rotation primitive. 

Le premier de ces feuillets mutil6s*, n'ayant conserve 
que sa moiti^ infSrieure, doit avant tout etre retourne, en 
prenant pour recto r6el la face de page que Tassemblage 
actuel pr&ente comme verso, et reciproquement. Cette ope- 
ration prealable une fois oper^e, on reconnait dans ce frag- 
ment, d'abord, debutant au milieu d'une phrase tronquee, 
le texte d'un traite de paix. Vient ensuite une mention se 
rapportant, sous la date d'un certain 10 mai, d'abord k une 
reception solennelle du marquis de Ferrare et du marquis 
de Saluces k Venise, puis k un autre fait que I'interruption 
de la phrase ne permet pas d'identifier. Or, le traits de paix 
en question, comme on peut le voir k premiere inspection, 
n'est autre que le traite de paix de Ferrare, conclu entre 
Venise et Filippo Maria Visconti, due de Milan, terme de 
la troisieme guerre entre Venise et Milan, de la troisieme 
guerre Milanaise poursuivie depuis 1431 : Tarticle tronque 
par lequel debute le fragment en represente Tarticle 10, 
comme Texamen le fait reconnaitre. Le traite de Ferrare 
est conclu le 26 avril 1433^ et devait etre proclame k Venise, 
quinze jours plus tard, le 10 niai*\ Quant k la mention qui 
vient ensuite, sous la date stipulee du 10 mai, elle se rap- 

1. Actuellement cole 280 ro-280 v«. 

2. Sur la dale du traits, Romanin, Stor. di Venczia, t. Ill, 
p. 164-165. Texle du traite dans Dumont, Corps universel diplo- 
uiatique, t. II, part. 11, p. 258-265. Gf. acte du due de Milan en 
date du 29 avril, dans Oslo, DocumeMi diplomatici, t. Ill, p. 103. 

3. Sur la dale de la proclamation, acte du due de Milan en date 
du 29 avril, dans Osio, loc. cU. 



66 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

porte k Tarrivte k Venise de Nicolas III d'Este, marquis 
de Ferrare, et de Louis P% marquis de Saluces, negociateurs 
officielsdu traits accr^dites par la R^publique, ainsiqu'ilest 
6tabli, personnages qu'il est tout naturel de voir eflfectuer 
ainsi k cette date une entr6e solennelle sur le territoire veni- 
tien*. Tout demontre done que ce premier feuillet mutile 
se trouve relativement assemble k la place qu'il doit occu- 
per, entre des feuillets continus pr^sentant des evenements 
inscrits sous les rubriques positives du 1" mai et du 
26 juin 1433. 

Le second de ces feuillets mutil6s n'a conserve, comme 
le premier, que sa moitie inferieure, raais ne presente pas 
la meme interversion anormale. Le recto et le verso reels 
coincident bien avec le sens de Tassemblage actuel. On 
reconnait successivement, dans ce fragment, la mention de 
divers faits gravitant autour des dates d'un certain 12 et 
d'un certain 21 juin. 

Ce feuillet mutile semble ainsi relativement assemble k 
sa place, apres le precedent, qui contient, comme il vient 
d'etre reconnu, des faits en date eflFective du 10 mai 1433, 
et avant le feuillet continu suivant, qui presente des evene- 
ments inscrits sous la rubrique positive du 26 juin 1433. 

II est cependant loin d'etre ainsi. Les evenements notes 
dans ce second feuillet mutile se rapportent bien, en eflfet, 
k un mois de juin, mais au mois de juin 1434 et non au 
mois de juin 1433. C'est ce que la lecture integrale de ce 
fragment, rapprochee de Texamen du fait relate, permet de 
constater ampleraent^. 

1. Sur ces faits, Romanin, loc. cit. Cf. Dumoiit, loc. cit. 

2. Actuellement cote 281 ro-281 v®. On trouvera le texto do ce 
fragment terminal depareillc, public in extenso, ci-apres, Appon- 
dicf^ YT. 



LIMITES DU DIARIO. 67 

Ce fragment offre d'abord, debutant au milieu d'une 
phrase tronqu^, an recit relatant la faite pr^ipitee du 
pape Eugfene IV hors de Rome, sa retraite k Ostie, k 
Civita-Vecchia, puis de Ik vers Pise, s6rie de nouvelles 
semblant arriver k Venise vers le 12 juin. Pen aprte se 
presente, sous la date du 13 juin, la mention de la nomina- 
tion d'une ambassade que Venise, cememe 13 juin, a decide 
d'envoyer au pape. Vient ensuite Tenregistrement du 
voyageannuel des galeres venitiennes k destination d'Egypte. 
Puis se note, comme parvenant k Venise dans la nuit du 
19 au 20 juin, une serie de nouvelles concernant des 6ve- 
nements survenus k Bologne, ou Venise vient pr6cis6ment 
de nommer un ambassadeur, Paolo Tron. Enfin se trouvent 
relatees, et I'entrfe solennelle d'Eugene IV k Florence, et 
la suite des 6v6nements de Bologne, avec les vexations subies 
par Tambassadeur venitien Paolo Tron, relation que Tinter- 
ruption de la phrase laisse k son tour inachev6e. 

Or, tons ces faits, avec une evidence sur laquelle il est 
inutile d'insister, se rapportent non pas k Tan 1433, mais k 
Tan 1434*. Le r^cit de la fuite du pape et de ses peregrina- 
tions dans ritalie centrale represente une serie d'episodes 
classes etconnusde la revolution dechainee contre Eugene IV 
par les factions romaines, soutenues par Tinfluence et les 
forces du due de Milan, k la fin de mai et au debut de juin 
1434* : le soulevement de Rome, le 29 mai, la fuite du pape, 
le 4 juin, vers Ostie et Civita-Vecchia, enfin son entree k 

1. La date de 1434 se trouve du reste textuellement port^e en 
un certain passage de ce fragment, au fol. 281 V : « Sabado dy 
xviiri vignando a la domenega dy xx ile zugno de MIIIP XXXIUI. » 
Voir Appendice VI. 

2. Sur ces faits, Gregorovius, Geschichte der Stadt Rom im Mit- 
telalier, liv. XKI, ch. i, par. 3, t. VII, p. 40-48. — Stuttgart, 1886- 
1896, 8 vol. in-8o. — Voir Appendice VL 



68 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

Florence le 23 juin. L'expose des troubles de Bologne et des 
dangers courus par le representant de Venise dans cette 
ville se rattache au meme cadre d'ev^nements et aux memes 
dates historiques*. 

II est done av6r6 que ce second feuillet mutil6 se trouve 
assemble Ik, hors de sa place reguliere, par accident quel- 
conque, et repr&ente le seul temoin subsistant d'une partie 
du DiariOt actuellement perdue. 

De cette constatation decoulent deux consequences, Tune 
accessoire, I'autre essentielle. 

La premiere fait voir que le d^sordre materiel reconnu 
entre les deux folios fixes 599 a et 602 b, entre les dates posi- 
tives du l®"" mai et du 26 juin 1433, desordre portant sur 
trois feuillets interraediaires, ne pent etre combl6 que par 
un feuillet, k savoir le feuillet rautile contenant mention des 
faits inscrits sous la rubrique du 10 mai 1433. D'apres Tetude 
de ses premieres et dernieres lignes conservees, compares 
aux lignes correspondantes des deux folios fixes subsistants, 
ce feuillet ne pourrait ni suivre directement le premier, ni 
preceder directement le second. II se trouve encadre entre 
deux feuillets actuellement en deficit total, et sa numerota- 
tion primitive, si elle avait ete conservee, le classerait sous 
les marques 6003-601 a. Le recolement definitif de cette 
section du manuscrit doit done s'operer ainsi : fol. 598 b- 
599a, fixe subsistant; fol. 599b-600a, en deficit total; 
fol. 600B-601 a, mutile; fol. 601 B-602A,en deficit total; 
fol. 602b-603a, fixe subsistant'-'. 

1. Sur ces faits, Gipolla, Storia delle signorie italiane, p. 356- 
358. Voir Appendice VI. 

2. Le fol. 590 a, dornier fol. fixe subsistant, s'acheve, avec sa 
deraiere ligne normale, sous la date positive du i*"" mai 1433, par 
uno phrase interrompue, relative aux armements du commerce 
venition. — Lo fouillet mutile intcrcalaire commence a mi-page, 



LIMITES DU DIARIO. 69 

La seconde, touchant k un point plus important, demontre 
qu'on se trouve indubitablement en presence de Tunique 
feuillet subsistant de toute une partie du Biario, non plus 
limitee k quelques feuillets terminaux dont on pourrait feci- 
lement imaginer la destruction, mais s'etendant bien au 

delk. 

Le feuillet d^pareille dont la conservation impr^vue per- 
raet de saisir cet indice ne pr&entant aucune trace de 
numerotation primitive, par suite de la perte de sa moitie 
superieure, on ne pent se rendre compte de Tetendue de 
cette fin manquante du Biario, comme on avait pu le faire, 
au contraire, en ce qui concerne le debut detruit de la chro- 
uique, pour la limitation duquel, inverseraent, le commence- 
ment de la partie continue de Toeuvre presentait un repere 
naturel. On se rend seulement compte, defagon certaine, que 
cette fin manquante s'etendait, depuis la limite actuelle du 
20 novembre 1433, au moins jusqu'au mois de novembre 

sous la date demontrec du 10 mai 1433, au milieu tronque de 
I'art. X de la paix de Ferrare. La dcmi-page superieure detruite 
ne pouvant maleriellement suffire a conteair toute la partie pr6- 
cJHiente de ce traite (9 articles et partie du 10^), il s'ensuit qu'il 
(levait exister entre ce feuillet mutile et la fin du fol. 51)9 a un 
deficit evident. — Ce feuillet rautile s'acheve avec sa derniere 
ligne nurraale, tuujours sous la date demontrec du 10 mai 1433, 
|)ar une phrase interronipue rolatant un fait quelconque consecu- 
tif a I'entree du marquis de Ferrare ot du marquis de Saluces a 
Venise. — Le fol. 60*2 b, premier fol. fixe rcparaissant, debute avec 
sa premiere ligne normale, au milieu d'une phrase tronquee, 
rolatant un fait quelconciue precedant le proji't d'ahdication du 
doge Francesco P^oscari, inscrit sous la date positive de 20 juin 
1433. Aucune concordance n cxistant ontro les plirasos ni les dates 
de la tin du feuillet rautile et cellos du doi)ut du premier fol. fixe 
reparaissant, 11 s'ensuit qu'il dcvait exister entre ce feuillet mulile 
ot le debut du fol. 002 n un autre deficit evident, insuffisamment 
rompli, actuellcment, par lo fol. colo'iSl r"--2Sl v". Ainsi so trouve 
justifie le r6colenient propose. Voir Appendice I. 



70 fiTUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

1434, 6poque ou Ton voit encore le Diario se continuer avec 
tous les memes caracteres de fond comme de forme*. 

Jusqu'ou cette partie redig6e et disparue s'6tendait-elle 
en reality? Peut-etre beaucoup plus loin qu'on ne serai t tente 
de le supposer, en tenant compte seulement de I'age et des 
forces de Tauteur. Sur ce point, dans ces limites, toutes con- 
jectures sont permises*. 

Toujours est-il qu'il a paru interessant de suivre de pr^s 
cet accroissement imprevu de Toeuvre historique dont on 
poursuit ici Tanalyse, et de la montrer s'etendant k une 
partie d'annales assez posterieure k celle que la premiere 
inspection du manuscrit permettait de supposer. 



2^ 



Contenu du Diario. 

Avec Tan 1404, le Diario, debutant avec une des plus 
lourdes annees de Thistoire venitienne, point de depart 
plausible d'une oeuvre quotidienne de ce genre, aborde le 
recit d'evenements destines a influer graveraent sur la poli- 
tique des doges. C'est Theure ou Venise, abandonnant sa 
competition seculaire avec Genes, va deveuir puissance ita- 
lienne, compter des armees de Terre Ferme & sa solde, se 
creer une politique et une diplomatie continentales, parve- 
nir a son plus haut degre de j)uissaiice et d'expausion. 

1. Uqg autro montion relative a I'aa lliVi se trouve dans le 
Diario, au cours d'oc'lohn^ I 'i3:^ : a Falo qunsti ady... del mexo do... 
do Taiio do. M VATr. XXXllI in M UIIc XXXIIlf. » (Fol. 600 a.) 
Mais colte mention s«' rajiportt^ a la provision, pour Tan 1434, de 
mesiires financieros prises an cours de ce mois d'octobre 1538, 
indice de prolont^ation du /)/«/• /o jnsqu'en l'i3'i. 

I, Ci-apres, CAulcur, ot Orif/incs cl dcricis do Itvuvrc d\\nto7iio 
Moro'dni. 



CONTENU DU DIARIO. 71 

De tous ces grands 6venements, cadre et fonds essentiel 
de rhistoire qu'il reflete, le Diario prisente, en traits suc- 
cessifs, le tableau le plus fiddle. 

C'est alors, de 1404 k 1406, la guerre tragique, le corps 
k corps perfide et feroce de Venise avec Padoue, Padoue, 
Tobstacle abhorre qui barre tout Tessor continental de Tam- 
bition venitienne, lutte sans foi qui s'acheve par la destruc- 
tion definitive de la dynastie padouane, par Tassassinat du 
grand Francis de Carrare et de ses deux fils, le 17 Janvier 
1406, dans les prisons du palais des Doges ^ Venise, d6jk 
maitresse de Trevise, premiere et vieille conquete', s'incor- 
pore k present, par ses armes et sa diplomatic, tout TEtat 
de Padoue, grossi des depouilles des souverains disparus de 
Verone, et tel qu'il s'etendait k son plus haut point de 
puissance. La victoire lui livre directement Padoue et 
Verone, Padoue, capitale hereditaire des Carrare 3, Verone, 
naguere conquise par Milan sur les della Scala, et que les 
Carrare viennent d'arracher a Milan juste avant Touver- 
ture de la querelle contre Venise^. Les negociations avec 

1. Sur ces evenements, Diario, entre foI. 157 a et 192 b. Voir 
Romanin, Stor, di Venezia, t. IV, p. 15-41. 

2. Trevise et la marche Trevisane, premiere annexion de la 
republique v6nitiennc en Terre Ferme, conquise ])ar Venise, 
en 1337, sur les dolla Scala, souverains de Verone, auxquels elle 
appartenait de lont^ue date, — detachee quelque temps de I'Etat 
venitien, a la suite des d^sastres do la ciiKjuiome guerre genoise, 
par la paix de Turin, en 1381, et alors cedee aux Carrare, souve- 
rains de Padoue, allies de Genes, — reconquise par Venise, 
en 1388, lors de la decheance ephemere de la maisou de Carrare, 
et definitivement conservcn depuis. 

3. Padoue, possession hereditaire des C'arrare, — occupee un 
instant par Milan, en 1388, lors de la decheance dphemerc de 
oette maison, — rdoccupee en 1390 par les Carrare, — conquise 
par Venise a la suite de la guerre de 1404-UOG, et delinitivement 
conservee dejmis. 

4. Veronp, possession hen-ditaire des dolla Scila, — occupop 



72 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

la puissance milanaise, qui, sous la minorite du jeune Gian- 
maria Visconti, faible heritier du genie de Giangaleazzo, 
va se decomposant tous les jours, lui cedent Vicence, Feltre, 
Bellune, parties des Etats vironais et padouan naguere 
conquises par Giangaleazzo et incorporees par lui k son 
duch6 de Milan*. 

Ainsi accrue, demesurement etendue sur le continent qui 
lui fait face, toute son orientation d'energie maintenant 
transforraee, Venise, desormais, ne possede plus seulement, 
corame avec Trevise, une tete de pont vers la Peninsule ; 
elle devient, avec cette heure decisive de son histoire, puis- 
sance militaire et pesant de son poids dans les destinees de 
ritalie continentale. C'est la Terre Ferme qui va de plus 
en plus, sans renouvellement des grandes guerres maritimes 
d'autrefois, absorber son activity, sa politique et ses con- 
voitises*. 



quelque temps par Milan, en 1387, lors de la destruction de cette 
maison, — enlevee par les Garrare a Milan, au debut de 1404, a 
rinstant ou allait s'ouvrir la j^uerro cuntre Venise, — conquisc 
par Venise a la suite de la guerre de I40i-1406, et deiiuitivement 
conserv6e depuis. 

1. Vicence, possession extensive dos della Scala, souverains de 
Vorone, — occupee queique temps par Milan, en 13(S7, lurs de la 
destruction de cette maison, — cedee a Venise, en I i04, p>ar le 
gouvernement milanais desor^Mnise, et definitivcraent conservue 
depuis. — Feltre, Bollune, possessions extensivcs dos Garrare, 
souverains de Padoue, — occujx'os quol(|ue temps i)ar Milan, 
en 1388, lors de la chute passagore de cette maison, — cedoe a 
Venise, en 140i, dans les mOmes conditions (jue Vicence. 

2. Malgre les fructuouses couquiHos qui devaient (Ure la conse- 
(juence de cette exi)aiision continentale, il subsiste toujours a 
Venise, mfinie au Tort des plus brillanles annexions territoriales, 
un puissant parti attaclK) a I'ancien etat de clioscs et aux tradi- 
tions exclusivement maritimes (\o la puiitiijue venitieuiie. — Kn 
nmurant, en li"23, a V'\^e do (|uatre-viiii:;is aiis, le vioux doge 
'yumniitso Mocenigo, dans uu discours demeure classi(jue, laisail 



CONTENU DU DIARIO. 73 

Un danger I'oppresse encore : Textension de la puissance 
frangaise en Italie, rayonnant de Genes comme base, sous 
Tenergique impulsion de Boucicaut, jusque sur la Toscane, 
sur Pise et sur Livourne, sur la Sardaigne, sur le Milanais, 
ou elle se substitue un instant aux Visconti deg6ner6s, ou 
le reve d'un royaume frangais d'ltalie a semble prendre 
corps. La revolution genoise de 1409, qui expulse les Fran- 
gais de Ligurie, la rentree de Boucicaut au delk des Alpes, 
en 14H, liberent bient6t Venisede cette menace. La defaite 
de I'influence frangaise en Italie, saluee avec transports, 
laisse Venise face k face avec la puissance milanaise. G'est 
entre elles que va s'engager le nouveau duel qui remplit 
tout le milieu du xv" siecle*. 

Deux courtes guerres avec la Hongrie, dont le roi, entre 
temps, est devenu Tempereur Sigismond, poursuivies de 14H 
k 1413, puis del418 a 1420, signalees par Tan nexion defini- 
tive du Frioul*, — les treves provisoires qui les terrainent^, 

a une delegation du Senat les plus alarmantos predictions sur 
Tavenir de la Republique, si Venise devait s'orienter do plus en 
plus dans cette voie dangoreusc avec le doge, dont il redoutait 
I'avenement, le jeune et entreprenant Francesco Foscari, chef du 
parti de Taction continentale, ot qui, en offet, une fois eleve au 
principat, dovait consacrer son long regno, do 1423 a 1457, a la 
serie sans cosse renaissante des cincj « Guorros Milanaisos ». — La 
sourde opposition de ce parti, aux attaches tenaces ot profondos, 
contribua plus qu'on ne saurait le croiro a susciter les intrigues 
ot les hostilitos dirigoes, dos Tapogoe do son principat, centre la 
porsonne do Francesco Foscari, intrigues destinees a provoquer 
toutes les doulours de la fin de son regno et le lamentable episode 
de sa deposition. 

1. Sur cos evenements, Extraits publics, t. I, p. 178-311. 

2. Sur cos oveQemonts, iJiario, ontro fol. 227 fj ot 265 a; entre 
fol. 341 A et 37G A. Voir Romanin, Stur. di Vcnezia, t. IV, p. 57-63, 
75-87. 

3. Sur cos evonemonls, Extraits publics, t. Ill, p. 346, n. 3. 



74 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

— dans rintervalle, contre la puissance ottomane, renais- 
sante de Taffaissement passager subi sous reflfort de Tin- 
vasion tartare, une campagne maritime marquee par la 
victoire des galores venitiennes k Gallipoli, le 29 mai 1416', 

— k divers moments, sur les routes du Levant, I'acquisi- 
tion definitive de Zara, en 1409'^, de la c6te dalmateet 
albanaise, ea 1420^, Toccupation ephemere, en 1423, de 
Salonique destinee k passer aux Turcs sept ans k peine 
apres^ — tels sont les episodes successifsdu delai d'attente 
qui separe Venise de son choc inevitable avec TEtat 
milanais. 

Reforrae peu a peu par la main patiente et perfide de 
Filippo Maria Visconti, second fils de Giangaleazzo, et 
successeur, depuis 1412, de son faible frere Gianmaria, 
raraene presque k ses limites triomphales d'autrelbis, grossi 
de Genes, qui demeure sous sa domination de 1421 k 1435, 
et joint ses forces aux siennes, TEtat de Milan, solidement 
reconstitue au milieu de Tltalie du Nord, s'erige vers 1425 

1. Sur cpt evenoment, Romanin, Stor. di Venezia, t. IV, p. 69-75. 
Ce combat celebre se trouve relate dans une lottre de Tamiral 
veiiitien Pietro Loredanu, en date de Tenedos, le2 juin 1416, par- 
vonue a Venise le 30. [Uiario, a.l diom 30 juin lil6, fol. 315 a a 
319 A.) Le texte on est dans Sanuto, Vite de' Duclif, dans Muratori, 
Rer. Hal. script. , t. XXII, col. 901-909. Voir les observations 
auxquelles donne lieu la lettre analogue de Carlo Zeno, en dale 
lie Modon, le 9 octobre 1403, dont le texle, egalement donne par 
Sanuto, est rapporte dans la Chrofiitpw (jui a ete precedemuienl 
analysee. (Extraits publics, t. I, p. 1'22, n. 9.) 

2. Sur cos evonements, Diario, fol. 214 a et 214 b. Voir 
Romanin, Stor. di Vcnczia, t. IV, p. 55-57. 

3. Sur COS evenomcnts, voir Romanin, Stor. di Ventzia, t. IV, 
p. 85-87. 

4. Sur ces evenements, Diario, entre fol. 399 b et 521 b. Voir 
Romanin, Stor. di Vcnczia, t. IV, p. 98-100, cf. p. 2o3-235. Voir 
Apponilicr IX. 



CONTENU DU DIARIO. 75 

comme le seul riyal de TexpansioQ venitienne. YeDise alors 
a pour doge Francesco Foscari, dont la gloire doit se payer 
par de si tragiques desastres personnels, et dont le principal 
se prolonge, de 1423 k 1457, k travers la plus belliqueuse 
periode des annales de la Republique. 

Pour attaquer Milan k puissance %ale, Venise lui oppose 
une ligue avec Florence, qui restera jusqu'au bout son aUiee 
dans toutes les reprises successives de cet interminable duel. 
Pour enlever k Milan ses propres armes, Venise lui derobe 
sa premiere valeur militaire, le glorieux condottiere Carma- 
gnola, qui va fonder la puissance militaire de Venise, sol- 
dat de fortune marqu6 pour une fin tragique, qui put un 
instant, vingt ans avant le reve d'un Sforza devenant 
prince, croire Theure d^jk venue de se tailler k lui-meme 
une couronne italienne*. 

Ainsi se prepare cette longue rivalite, longtemps sus- 
pendue et escoraptee, apre et violente dispute, non plus des 
mers du Levant, raais du sol meme dltalie, dont les alter- 
natives et les vicissitudes, de 1425 k 1454, en cinq guerres 
successives, vont d^vorer trente ans presque ininterrompus 
de rhistoire de Venise, et d'ou elle sortira, k la veille de 
son imrainente decadence maritime, definitivement consa- 
cree comme puissance continentale. 

1. Francesco Russorioi 1390-1 i:]'2), celt'brc sous U» [louidt* (]arnia- 
gQula,son liou(rori.izino,cii Piomoiil, mar(5clial do Milaiiaiscii l'iI3, 
— cre6 en 1 ii 'i comte do Castolnuovo, mais toujours doiiommo « le 
comle Carmac^nola », marie a Ant(jnia Visconti, paroiite des dues 
do Milan, — vainqueur dos Suissos ot gouverneur milanais de 
Gt^iios, — j)lus puissant et plus pros du trnne (juo naijuore Facino 
Cane lui-niome, — passe brusquoment, en I '125, sentant sa perte 
resolue par le due Filip[)o Maria, sur le torrituire venitien et au 
service de la Repuhliijue, — decajiite a Venise, le 5 niai 143'?. 
Sur lui, Antonio Batlistella, // ronte Carmagiiola. Genes, 1S8H, 
1 vol. in-8". 



76 ]6TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

Une premiere campagne, en 1426, energiquement menee 
par Carmagnola pour Venise, conduit les 6tendards de 
Saint-Marc jusqu'k Brescia, jusqu'k la rive de TOglio, que 
la paix de Venise, le 30 d6cembre 1426, abandonne k la 
Republique pour nouvelle frontiere*. 

Un second assaut, en 1427 et 1428, les pousse plus loin 
encore, jusqu'k Bergame, que la paix de Ferrare, le 
19 avril 1428, cfede k son tour, avec tout le territoire ber- 
gamasque, k Venise victorieuse encore*. C'est Theure 
triomphale de la journee de Maclodio, dureraent disputee 
dans les campagnes de Brescia, la premiere grande bataille 
rangee gagnee par les armes v^nitiennes, le 12 octobre 
1427, oil Carmagnola consacre sa reputation militaire 
contre les quatre plus fameux maitres de guerre de 1 epoque, 
Francesco Sforza, Niccolo Piccinino, Angelo della Per- 
gola, Guido Torelli, groupes a prix d'or sous la banniere de 
Milan 3. 

En 1428, apres ces deux entreprises foudroyantes, 
Venise, en quatre ans devenue grand Etat territorial, tou- 
jours en possession, sans signededecheance encore visible k 
I'horizon, de tout Tempire des routes maritimes du monde, 
atteint le point le plus eleve de son ascension de puis- 
sance. 

Des operations moins sures, des succes neanmoins, balan- 
ces d'echecs, signalent tour a tour, de 1 131 a 1433, les 

1. Sur cos evoiiomonls, Diana, eiitro lol. 401) a et 457 a. Voir 
Uomanin, Star, di Vcnczia, t. IV, p. 101-118; Batlistolla, II conte 
Carmagnola, part. II, cli. i-vi. 

'2. Sur cos ev6noniPiils, Diario, oritre fol. 4G0 n et 481 n. Voir 
Rornaiiin, Star, di Venlzia, t. IV, p. H'J-ISO; Battistolla, H conic 
Carmagnola, part. II, ch. vii-xiv. 

'^. Sur cot. ovenonient, Battistolla, // conie Carmagnola, ^iivl. 11, 
ch. IX, p. lSi;-189. 



CONTENU DU DIARIO. 77 

fortunes diverses du troisieme effort. Un drame en domine 
les phases, le proces sinistre de Carmagnola, soupgonne 
dans la d^faite, comme naguere exalte dans la chance, puis 
son ex^ution feroce, le 5 mai 1432, 116 et b^illonn^ entre 
les deux colonnes de la place Saint-Marc, page odieuse et 
symbolique de Thistoire venitienne. Sa disparition retire 
aux armes de Venise Toccasion des rencontres en forme 
et des combats decisifs. A la paix de Ferrare, le 26 avril 
1433, la Republique, meme en echec, trouve cependant 
moyen de s'assurer de finictueuses annexions, et, d'un nou- 
vel elan, le pavilion de Saiut-Marc vient flotter jusqu'aux 
rives de TAdda, jusqu'k quelques lieues de Milan*. 

Cette paix du 26 avril 1433 represente le dernier grand 
fait se rapportant aux annales venitiennes qui ait lieu 
d'etre consigne dans le Diario, avant Tinterruption de 
celui-ci, k la fin de cette meme annee 1433*. Quatre ans 
plus tard, en 1437, avec la quatrierae rupture, reprendra 
la serie des guerres Milanaises, qui s'acheveront, avec le 
terme de la cinquieme, en 1454 seulement, apres la con- 
quete du trone de Milan par Francesco Sforza, audacieux 
heritier du dernier Visconti. La paix de Lodi, conclue entre 
les belligerants et tons leurs allies, fixe alors pour longtemps, 
par la constitution d'une grande ligue italieune, les modifi- 
cations survenues dans la Peninsule^ De ces evenements, 

1. Sur ces evenements, Diario, entre fol. 515 n et 51)8 a. Voir 
Romanin, Stor. di Venezia, t. IV, p. 137-165; Battistella, // conic 
Carmagnola, part. Ill, ch. in-xiii, part. IV, ch. i. 

2. Sur I'interruption du Diario, sous la date du 20 novembre 
1433, et sur la date de sa prolongation ultoricure, voir, ci-dessus, 
l^JEuvre. 

3. Quatriemo guerre ( 1 i37-li41 ), terminre par la paix do Cavrian.i, 
j)r6s Mantouc, en date du 20 novembro 1441, coutinnant los con- 
ditions du precedent traiti', la paix do Forraro de l'i33 : les sculs 



78 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINl. 

c'est ailleurs d^sormais qu'il faut chercher les sources. La 
suppression du Diario^ sous la date du 20 novembre 1433, 
I'arrete avant la conclusion finale de cette rivalite dont il a 
retract les plus saillants Episodes*, en se poursuivant jus- 
qu'au coeur des evenements qui scellent les conquetes de 
Venise, decident de sa transformation totale et ferment une 
ere de sa fortune*. 

Mais les annales memes de la cite v^nitienne ne sont 
pas seules k profiter du Diay^ix) : Thistoire etrang^re, tant 
occidentale qu'orientale, doit y puiser plus d'un precieux 
appoint. 

avantages sensibles en sont personnellement retires par Fran- 
cesco Sforza, le grand condottiore, successeur de Carmagnola, a 
la solde de Venise pour cette campagne, qui recoit en mariage 
Bianca, fille naturelle de Filippo-Maria, due de Milan, avec Gr6- 
mone pour dot, origine de la dynastie nouvelle qui va remplacer 
les Visconti par un soldat de fortune. (Sur ces evenements, voir 
Romanin, Stor, di Venezia, t. IV, p. 181-184, 193-202.) 

Ginquieme guerre (1447-1454), qui s'acheve sous le regne de 
Francesco Sforza, deveuu due de Milan, tcrmiiiee par la paix de 
Lodi, du 5 avril 1454, cedanl a Venise Grenie et la fronti^re de 
I'Adda. (Sur ces cWenemcnts, voir Romanin, Stor. di Venezia, 
t. IV, p. 213-226.) 

1. Voir p. 76, n. 2. 

2. Malgre les fructueuses conquetes qui devaient 6tre la conse- 
quence de cette expansion territoriale, un puissant parti subsiste 
toujours a Venise, qui regrette I'ancien etat de choses et le temps 
oil I'empire de la raer suflisait a ia Ropubliquo. Impression que 
Machiavel a ainsi recueillie ot gravoe. (DeW Asi?io d'oro, cli. v.) 

« Questo appetito gli stati distrugge; 

San Marco impetuoso, ed iraportuno, 
Gredendosi aver sera pre il venlo in poppa, 
Non si euro di rovinare ognuno ; 

Ne vide, come la potonza troppa 
Era nociva, e come il me' sarebbe 
TeiKT sou' acqua la coda e la groppa. » 






CONTENU DU DIARIO. 79 

Ce n'est pas, en eflfet, de Venise seule, ou seulement des 
camps et des escadres de la Republique, que proviennent et 
sont enregistrees, au fur et k mesure de leur survenance, les 
nouvelles dont rinscription continue occupe le Diario. Des 
capitales ^trang^res d'ltalie et d'Orient, ou des agents veni- 
tiens resident k poste fixe, des places commerciales et des 
ports de transit ou sont fixes les negociants de Venise, en 
colonies souvent populeuses, portant avec eux, sous toutes 
les latitudes, le genie trafiquant de leur race, — de tons ces 
points de Tunivers, tendant vers la mere patrie par navires 
de I'Etat, par batiments particuliers, par courriers oflSciels, 
par voyages prives, par ecrit ou de vive voix, s'accumulent 
ainsi rapports, correspondances, avis, commissions verbales. 
De tous ces documents, de tous ces bruits, I'auteur du 
Diario tire la substance, la fait sienne et la fait passer dans 
son oeuvre. 

Avis arrivant plus ou moins rapidement de Genes, de 
Milan, de Florence, de Ferrare, de Rome, de Naples, pour ne 
nomraer que les principaux Etats d'ltalie, — informations 
plus longuesk venir d'Allemagne, de Flandre, d'Angleterre 
et de la France du Nord par la grande voie du Rhin et des 
passages des Alpes, — nouvelles apportees par mer des 
Etats de la Peninsule Iberique, des IJaleares et de la Sicile, 

r 

d'Egypte, de la cote de Syrie, de Chypre et de Rhodes, des 
possessions venitieiines de Crete, de TArchipel et de la 
Moree, de Constantinople et des etablissements de la mer 
Noire, — toutes ces indications, de toute sorte et de toute 
origine, politiques ou commerciales, affluent k Venise 
comme au point d'intersection de toutes les routes d'echange 
alors pratiquees du globe, se deposent au fur et a mesure 
dans le Diario, k leur jour, on peut dire k leurlieure d'ar- 
riven, dans toute leur extension, leur variete, leurs ccmtra- 



80 ETUDE SUR ANTONIO MOROSFNI. 

dictions quelquefois, en tout cas avec une infinie diversite, 
une ubiquite d'origine des plus iraprevues, des plus singu- 
lieres et des plus captivantes. 

En these generale, il ne s'agit pas ici de correspondances 
enregistrees avec une regularite constante et methodique. 
Le caractere des indications consignees dans le Diario est 
precisement tout oppose; leur seule regie parait au contraire 
leur inegalite raeme. II faut noter que c'est justeraent cette 
particularite qui en fait le prix. Les informations qui 
trouvent place dans le Diario n'ont en effet, pour y etre 
inserees, d'au tre motif que leur valeur relative et Timporta nee 
des eveneinedts dont elles contienuent la mention. L'enre- 
gistrement des nouvelles inscrites ne se prolonge qu'en rai- 
son de Tinteret special des faits qui motivent la correspon- 
dance : il commence avec Tinstant ou cet interet se manifeste 
et cesse au moment ou il disparait lui-meme. Le Diario 
reflete ainsi, — il faut bien specifier ce point, — non pas This- 
toire suivie des pays etrangers, mais les evenements spe- 
ciaux, les series particulieres d'incidents en rapport plus ou 
moins direct avec la politique et les interets commerciaux 
de Venise. 

C'est ainsi que, par son cadre et son plan, il recueille 
et condense, sur toute la surface du globe, un choix d*iu- 
formations triees, dictees par une tendance constante, 
souvent inattendues, souvent primesautieres, toujours atta- 
cliantes par leur precision chronologique, leur sincerite 
expressive, Timpression sentie et vecue qui s'en degage k 
cliaque ligne. 

Les indications les plus constautes et les plus suivies sont 
tout naturellement celles qui provieuneut des diverses capi- 
tales italiennes. 

Du Saint-Siefjp, toujours nu premier raiijj^ des preoccupa- 



CONTENU DU DIARIO. 81 

tions de la chr^tienteS et plus encore pendant les boulever- 
sements du Grand Schisme, au fort desquels court le Diario, 
— de Genes, pendant la dur^ de la domination fran^aise 
comme apr^ sa chute*, — de Naples, dont les Annales, 6ton- 
namment complexes et enchevetrees, se compliquent k loisir 
pendant cette periode, — de Florence, de Milan et des Etats 
de Savoie, innombrables et infinis sont, comme on pense, les 
renseignements que chaque courrier diplomatique, chaque 
aUee et venue officielle amene ou jette en passant k Venise. 
La determination des elements nouveaux, des £aits jusqu'ici 
inconnus que le Diano, en chacune de ces occasions, peut 
apporter par lui-meme, equivaudrait, par expose et par eli- 
mination, k une histoire complete de Tltalie pendant le pre- 
mier tiers du xv** siecle. Une pareille t^che ne sera pas meme 
essayee ici et n'a pas k Tetre. 

Plus espaces, plus 6pars, plus intermittents sont les avis 
expedies et rejus des Etats etrangers, non cette fois de leurs 
capitales oflBcielles, en tant que capitales, mais de leurs 
places commerciales, de leurs ports, de leurs comptoirs, ou 
Tactivite venitienne poss^de des agents, des representants, 
des correspondants de toute sorte. 

Des diflferents Etats de la peninsule Iberique, couronne 



i. Les premieres nouvelles relatives a la papaut6, susceptiblcs 
jl'tHre constatees dans le Diario, se referent, d'abord a Tambassade 
vf»nitienne exp^di^e, en mai 1405, au papc de Rome, Innocent VII, 
design^ constamment dans le Diario, sous I'appellation d'lnno- 
cent V, elu depuis le 17 octobre precedent & la succession de 
Boniface IX, puis au voyage opere k Gonos par le pape d'Avi- 
gnon, Benoit Xlll, elu depuis 13H4 a la succession de Clement VII. 
[Diario, entre 26 et 31 mai 1405, fol. 172 a; aoiit 1405, Extrait 
publie, t. I, p. 190-199.) 

2. Sur les informations du Diario, relatives a Genes sous la 
domination fran«}aise, voir Ex traits pul)lies, t. I, p. 178-311. 
IV i'j 



82 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

d'Aragon, unie k nouveau, depuis 1409, k celle de Sicile, 
couroDiie de Gastille, couronne de Portugal, — des pays 
allemands ou gravitant autoiir de TAllemagne, — des con- 
trees slaves ou meme scandinaves, — de Tempire grec de 
Byzance, — de la puissance ottomane et des divers centres 
musulmans, — d'Angleterre et de France enfin, — par- 
viennent cependant, par toutes sortes de voies, des informa- 
tions (le toute nature, en proportions inegales, mais repan- 
dues tout le long de la duree du Diario, avec un constant 
irapr6vu, avec la possibilite, toujours presente, d'en voir 
surgir un specimen inattendu, capricieux et seduisant. 

Les nouvelles relatives a TAragon, par I'intervention 
constante de ses souverains dans les affaires de I'ltalie meri- 
dionale, prennent dans le Diario un developpement inte- 
ressant. La possession de la couronne de Sicile par une 
branche de la maison d'Aragon, sa reunion au troned'Ara- 
gon, en 1409, Tetat d'heritier presoraptif de la couronne de 
Naples, possede par le roi d'Aragon Alphonse V, en 1420, 
a la suite de son adoption par la reine Jeanne II, la revoca- 
tion de cet acte successoral au profit du prince frangais 
Louis III, due d'Anjou, en 1423, les tentatives ininterrom- 
pues du souverain evince pour ressaisir cette proie superbe, 
efforts qui Tameneront, en 1 142, a s'emparer definitivemeiit 
de Naples, expliquent suffisamraeut les mentions norabreuses 
que ces evenements, lies de si pres a la politique veiiitienne, 
suscitent en multiples et continuelles occasions*. II faut y 
ajouter les reiiseignements relatifs au role des souverains 
dVVragon dans la fin du Grand Schismo, a I'abri qu'ils 
accordent au pape Iknoit XIll refugie dans leurs doniaines 

i. Sur cos fails, Extraits publies, rolatifs a Jacqiios de Bour- 
l)on, comle de la Marche, mari de la reine de Naples Jeanne II, 
olaii sacde Marseille en 1423, t. II, entre p. W et -^'^O, et p. 2G-?-"268. 



CONTENU DU DIARIO. 83 

depuis 1408, au voyage que Fempereur Sigismond entreprend 
k cet effet pr^ du pontife, en 1415S k certains incidents du 
rdle jou6 dans sa retraite par Benoit XIIP, aux bruits de sa 
mort et de son remplacement en 1423^. Enfin, partout 
repandues, surgissant k toute heure, figurent les informa- 
tions relatives aux agressions des corsaires Catalans, innom- 
brables et insaisissables, terreur du commerce venitien dans 
les parages les plus frequent^s de la Mediterrante, nou- 
velles recueillies, dans tout le cours du Diario^ avec une 
inquifete et caract^ristique emotion^. 

De la Castille, dont aucune ing6rence n'a lieu de se pro- 
noncer dans les interets italiens, il est en somme assez peu 
question. L'int6ressante cooperation des flottes castUlane et 
frangaise centre Tinvasion anglaise en France, au cours des 
evenements maritimes de 1415-1417, repr&ente Tepisode 
le plus saillant k tirer de ces informations. Mais, d'un bout 
k Tautre du Diario^ spectacle varie nourri d'imprevu, se 
succedent les avis relatifs aux corsaires de Galice et de 
Biscaye, embusques k meme les havres rocheux de leur apre 
et redoutable cote, epiant au passage les riches galeres veni- 
tiennes montant ou descendant de Londres et de Bruges, 
leur donnant la chasse avec leurs agiles voiliers, succession 
d'incidents maritimes pleins de couleur, de pittoresque et de 
drama tiques episodes^. 

1. Sur ce voyage, Extraits publies, t. II, entre p. 3i et 93, 

2. Sur ces fails, Extraits publies, t. II, p. 238-243. 

3. Sur ces faits, Ibid., id. Gf. Valois, la Prolongation du grand 
schisms d'Occidcnt an XV"^ sienle duns le Midi de la France^ dans 
Ann. Bull, de la Soc. de Vhist. cle France, t. XXXVI, 1899, lasc- 4, 
p. 165-175. 

4. De ces faits, une edition compl6te du Diario permettrait 
seule de donner un repertoire de quelque valeur. 

5. Sur ces faits concernant les convois v^nitiens a destination 



84 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

Du Portugal, sont k relever les mentions relatives k la 
grande expedition dirigee en 1415 en Maroc contre les 
Maures de Geuta, entreprise dont le but reel, d'abord mal 
distingue par les bruits en cours, attribue k tort k une coo- 
peration de la flotte portugaise k I'invasion anglaise en 
France, est observe avec une attention soutenue par Venise, 
comme dans un secret pressentiment des progres futurs de 
la puissance portugaise autour des c6tes africaines^ Se rat- 
tachant k cette entreprise, quelques renseigneraents ulte- 
rieurs ont trait kTexpansion que le Portugal, apr^ la prise 
et Toccupation de Geuta, poursuivit par intermittence dans 
Tinterieur du Maroc*. Aucun malheureusement ne se ren- 
contre, qui puisse 6clairer d'un jour quelconque les premieres 
navigations portugaises, inaugurees sous I'impulsion de Tin- 
fant Henri le Navigateur, alors prolongees de cap en cap le 
long des c6tes occidentals d' Afrique, reculant k chaque etape 
les bornes du monde, et qui devaient, comme on sait, avant 
la fin du siecle, amener la decouverte de la route maritime 
de rinde et la declieance progressive de la suprematie veni- 
tienne'^ 

En dehors des informations copieuses concernant la tenue 
des conciles de Constance, de 1414 k 1418, et de Bale, 
depuis 1431, informations qui se classent plutot parmi celles 
relatives aux afiaires romailles^ indepeiidamment des ren- 

de la Flandre et de I'Angleterre, Extraits publies, t. I et U, pas- 
sim. Des aiitres fails concernant ie^ convois a destination d^autres 
contrdes, une edition complete du Diario permettrait seule de don- 
ner un repertoire olTrant quelque signification. 

1. Sur cette expedition, Extraits publies, t. II, entre p. 20 et 
p. 67. 

2. Sur ces combats, Annexe V. (Voir t. I, p. GG, n. 1.) 

3. Sur ces iufructueuses recherches, Extraits publics, t. I, 
p. 66, n. 1. 

4. Une edition complete du Diario permettrait seule de resuraer 



CONTENU DU DIARIO. 85 

seignements complets touchant les guerres et relations de 
Venise avec les souverains de HoDgrie, renseignements qui 
ont plut6t trait k Thistoire v6nitienne proprement diteS on 
ne rencontre dans le Diario, sur I'Allemagne, la Hongrie 
et les Etats slaves du nord, que des relations assez eparses, 
en moins grand nombre peut-etre qu'on pourrait le supposer. 
Malgr6 I'importance du grand comptoir allemand de Venise, 
le celebre Fondaco de' Tedeschi, organe essentiel du com- 
merce germanique au delk des Alpes et vers TOrient*, ce 
qui peut etre signale de plus particulierement interessant, 
pour cette partie de TEurope, se ramene k quelques nou- 
velles assez rares, signalant les incidents successife de la 
guerre des Hussites, releves de loin en loin depuis 1419^, 
ou mentionnant la lutte de la Pologne contre Tordre 
Teutonique, que vient alors raarquer, en 1410, le grand 
trioraphe des nationalites slaves au choc sanglant de Tan- 
nenberg^. 

avec fruit les informations repetees qu'il contient sur les deux 
coiiciles de Constance et de BAle. (Sur ce deruier, voir ci-dessus, 
p. 60-62.) 

1. Sur ces guerres venitiennes, voir ci-dessus, p. 73. 

2. Sur le Fondaco de' Tedeschi, voir Henry Simonsfold, Der 
Fondaco dei Tedeschi in Vencdig und die deutsch-vcnetianischen Ifan- 
delsbeziehungcn. — Stuttgart, 1887, 2 vol. in-S®. 

3. Los premieres nouvelles pouvant dtre rapportees an soulevo- 
niont de la nation tcheqne se referent, dans le Diario, a la mort 
du roi de Bolieme Venceslas IV, frere de remporour Sii^ismond, 
1(» i6 aout 1419, dont avis parvicut a Venise avant la fin d'aout. 
ifJiario, 11 aout 1419, foi. 362 a.) 

4. Sur cet evenement, version italionne d'une lettre du 
roi de Pologne, Vladislas V Jagollon, a la reine Anna de Cilli, 
la soconde femme, relatant la balaille de Tannenborg, livroe Ic 
15 juillet 1410. {Diario, ad diem 12 aout lilO, fol. 224 n-225 a. Cf. 
Sanuto, VjIc de' Duclti, dans Muratori, ficr. Hal. Script., t. XXII, 
c(d. 85'i). Un tpxto latin doco documont, toxle tir^ du «Stadtarchiv» 
dt' Fraiiciorl, en dato de Crilgi'iihuru (Dahroviin), It' lOjiiillel 1410, 
Unideniain do la balaille, est public dans Scriptorcs rcruia Pru^si- 



86 iftTUDE SUR ANTONIO MOROSINF. 

Le rtcit du passage k Venise d'Eric III, roi des couronnes 
unies de Suede, Norvege et Danemark, dans I'ete de 1424 
et rhiver de 1425, se rendant en Terre Sainte et en revenant, 
reprSsente un des specimens des informations relatives aux 
royaumes scandinaves*. On a encore reussi, au cours d'une 
mention qui ne semblait nuUement se rapporter k ces con- 
trees septentrionales, k retrouver trace du cel^bre voyage 
que les hasards de la mer et des vents firent executer au 
capitaine de navire venitien Pietro Quirini, en 1431 et 
1432, sur les cotes encore ignorees de Norvege, jusque dans 
I'ocean Glacial et aux abords du cap Nord, extremite k 
peine alors soupgonnee du monde*. G'est en vain, malheu- 
reusement, qu'on s'est efforce de rechercher, dans Tensemble 
du Diario, une indication pouvant se rapporter k I'etablis- 
sement et au sejour de certains person nages venitiens k la 
cour de Su^de, fait dont les relations dejk connues de cette 
expedition offrent un indiscutable temoignage^. 

Quant aux renseignements ayant trait k Tempire grec de 
Byzance, k la puissance ottomane ou aux divers centres 
musulmans, ils ne sauraient etre separes de Thistoire parti- 
culiere de Venise, avec laquelle ils font corps. Les interets 
venitiens les plus immodiats sent presque seuls, en effet, k 
motiver I'inscription, dans le lJia)'io, des nouvelles de ces 
vagues et lointaines provenances. Combats, negociations, 
faits d'ordre commercial, ces informations so confondent 

carum (Leipzic?, 1801-1874, 5 vol. iii-fol.), t. Ill, p. 425-'r26. La 
version italionnn, iiitorossanle a rolever par elle-meme, fournit 
qiiolques additions et variautps notaldes. 

L Sur ce voyaj^e, Diario, ad dios 31 juillct \\'2\ et 26 janvior 
l'r25, iol. 413 a a 414 n, 41S n. Cf. Saniito, Vite de Duchi, dans 
Mnratori, Her. itnl. script., t. XXII, col. 1)75. 

2. Sur coLte uaviiration, J^jXtraits [)ublii'*s, t. Ill, p. 370-373, ct 
Annox(* XXII. 

3. Sur ces inlructuousos recliiTclios, Annoxo XXII. 



CONTENU DU DIARIO. 87 

avec les annales veaitienDes proprement dites, qu*ils con- 
tribuent k eclairer d'un jour singulierement precis, en tout 
ce qui concerne les rapports de Venise avec les contr^ 
d'Orient, d'ou son g^nie commercial savait tirer la source de 
sa richesse et de sa force * . 

Des mentions relatives aux ev6nements de France, si 
etroitement lies alors k ceux d'Angleterre, le plan de cette 
edition comporte une publication integrale, quelle que soit 
leur importance relative, merae minime, et en excluant par 
methode toute exception preccmgue. On en trouvera dans 
ces trois volumes les textes successifs accompagnes de leurs 
commentaires*. Pour les definir ici dans la meme propor- 
tion que celles qui viennent d'etre relevees pour d'autres 
Etats, il suflSra d'en signaler somraairement les limites. Ces 
nouvelles debutent avec une correspondance transmise de 
Londres, parvenant k Venise le 1*"" juillet 1405, et ayant 
trait aux operations maritimes executees par la flotte 
anglaise sur les cotes de Flandre et de Norraandie, en juin 
1405'. EUes s'arretent, dans la partie conservee du Diario, 
avec une annotation prise sur le fait, k Venise meme, le 
3 juin 1432, relatant la circulation de diverses missions 
diplomatiques entre la France, Rome et Ferrare^ C'est 

1. Une editioQ sppcialc permeltrait soulc de distinfi;uor I'apport 
noaveau fourni sur ce point par les informations du Diario rela- 
tives a ces derniers etats. 

2. Pour les reconnaitre, il a nuturellement fallu d^pouiller ct 
d^chitrrer toute Tetcndue du manuscrit orif^inal du Diario, paf^e 
a page. L'auteur do ces lignos espore, sans Ic frarantir, n'on avoir 
pas laiss6 echapper. 

3. Extraits publies, 1. 1, p. 182-189. Lo premier extrait puhlie du 
Diario, sous la date du 10 novoinbre 14Ui, succedant au dernier 
cxtrait publiode XdiGkronique, a trait aux afVaires de Gom*s. (T. 1, 
p. 178-183.) 

•J. Exlraits publ u*s, t. Ill, p. oDS-oTl. Lv doruier c.xUaiL public 



88 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

parmi elles, naturellement, ques'affirment au premier rang, 
de 1489 k 1431, les inappreciables correspondances relatives 
k la Pucelle et aux merveilles de son oeuvre^ 

II est un dernier ordre d*informations particulieres, cou- 
rant sans interruption k travers toute Tetendue du Diario, 
dont I'interet, selon Theure et le temps, tantot part de 
Venise, tantot se dissemine aux points les plus divers du 
monde. U s'agit de la serie de nouvelles relatives, soit aux 
convois marchands de TEtat venitien, qui, chaque annee, 
regulierement, oflSciellement, faisaient route fixe pour leurs 
classiques voyages, soit aux navires armfe par entreprise 
privee pour toutes destinations variables, tons porta nt hors 
des passes des lagunes, sur les eaux proches ou lointaines, 
dans tous les parages ou batiraent pouvait voguer, la gloire 
et la force du pavilion de Saint-Marc. 

Tout I'interet, on pent dire toute la passion, — deconcer- 
tant melange de patriotisme et d'esprit de lucre, d'hero'isme 
et d'aprete au gain, de pietisme et de veneration de Targent, 
— que Venise portait k ses caravanes de mer, source de sa 
fortune et sa vie, dont le souplo et i)uissant reseau drainait 
alors pour elle les richesses du monde explore, toute cette 
passion sans pareille se traduit et se reflete, d'un bout a 
Tautre du Diario, k decouvert de ca3ur et d'ame. 

Quelques explications prealables, d'ordre general et 
d'ordre technique, paraissent ici strictement indispensables 
k la comprehension des faits. 

De Tarsenal national de Yenisei tous les ans, k epoques 

(111 Diario, sous la dato ilu h"" mai \kX\^ a trait aux alTairos 
C(jmmerciales (\o Klandro et do Veniso, ilont il va olro parle. 
(T. Ill, p. 374-371).) 

i. Ex traits public's, t. J II, rnLre p. 8 ot }). 357. 

2. Saut' iu'liciition cnutrain*, les ronsoiu'nniuiMits <iui suivent 
Sdut tin's, soit dircftiMueiit, suit par deduction, des notions ([ue 



CONTENU DU DIARIO. 89 

fixes, lanctes et armees par I'Etat, regies et gouvernees par 
des reglements de VEtat, appareiUaient des flottes singu- 
lieres, convois militaires ou escadres de commerce, ^ic voyages 
de marchandise », comme les definit Texpression coDterapo- 
raine, caravanes maritimes oflScielles en route pour les 
regions les plus diverses, aflfect^es specialement au trans- 
port des plus precieux produits entrepos^s k Venise, des- 
tinees k ramener comme fret de retour toutes les richesses 
lointaines, dont le transport et la diffusion assuraient au 
negoce venitien de si constants, de si surs et de si somptueux 
benefices. 

pr6sente le Diario m^me, dans tout le cours de son ^tendue, et 
dont les textes concernant la Flandre, TAngleterre et Aigues- 
Mortes, publies dans cette edition, peuvont donner une idee. On 
peut en rapprocher les indications susceptibles dVilre tirdes du 
curieux TraiU du gouvernement de la cW' et seigneurie de Venise, 
source a peine d'une generation posterieure a la fin du Diario. 
( Public en partie, Michel Perret, Hisloire des relations de la France 
avec Venise, du Xllt^ sircle a iav(:neinent de Charles VIII, Appen- 
dice I, t. II, p. 230-304. — Inedit en partie, Bibl. nat., ms. 
fr. 5591). ) Voir, en particulier, ch. xcv, xnvi, Michel Perret, 
op. cit., p. 293-300; ch. xcvu, ms. fr. 5599, fol. 160 ro-161 r^. — 
Sur Tensemble de cette question, voir Filiasi, Saggio suWaniico 
commercio, suliarti e sulla marina de'Vcncziani, jjart. I, SuW- 
antico commercio de'Ve?ieziani, p. 3-1*23, dans Memoric Storiche 
deVeneti (Padoue, 1811-1814, 7 vol. in-S*^), a la suite du t. VI; 
Ileyd, Geschichte des Levanteliandcls tin Mittelalt^'.r, ed. franraise, 
publiee par Furcy Raynaud sous le palrona^'o de In Society de 
rOrient latin (1885-18-%, 2 vol. in-8o), t. II, p. 23-54, 92-187, 
156-215, 427-497, 360-365, 365-407, 712-737; Octave Noel, Ilistoire 
du commerce du raonde (189l-189'i, 3 vol. in-4"), t. I, p. 173-185. 
— Quant a ce qui concerno >pecialenient les voyages d'Angleterre 
et de Flandre, on peut en rapprocher les fuits ressortant des actes 
publics venitiens recueillis dans le celehre ouvrage de Rawdon 
Brown, Venetian Papers. {Calendar of State Papers and matius- 
cripts relating to english a/l'airs existing in the archives and collec- 
tions 0/ Vrnici\ t. i otsuiv., (lof). \X\\\, coiit. par Iloraiio F. Rrown.) 
Voir t. I. Proluce, p. lxi-lxxi, et \\. 3-65, n^^ 9-2('>2. 



90 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

Definitivement organises dans le cours du xiv" siecle, 
destines k se prolonger jusqu'au xvi% ou les decouvertes des 
nouvelles routes maritimes du globe amenent leur disparition, 
ces « Voyages de marchandise », dans la premi&re moitie 
du xv° siecle, au temps ou court le Diano, flguraient au 
nombre de cinq : — Flandre et Angleterre, le plus long, le 
plus perilleux de tous, par le tour de TEspagne, la relache 
de Lisbonne, les dangers de la Manche, avec Londres et 
Bruges pour points extremes ; — pays de Languedoc, abou- 
tissant k Aigues-Mortes ; — Egypte, avec Alexandrie pour 
terme; — cotes de Syrie, avec Beyrouth pour relache essen- 
tielle; — enfin, le lointain et mysterieux periple de la mer 
Noire, par la Romanie basse et haute, cotes de Grece, de 
Thessalie, de Macedoine, de Roumelie, par Constantinople 
et ses detroits, jusqu'aux entrepots barbares du Palus-Meo- 
tide, jusqu'au comptoir de la Tana, TAzov moderne, k I'em- 
bouchure du Don, du classique Tana'is, derniere impasse 
marine ou put flotter la quille d'un navire, dernier poste 
fortifie du monde occidental au seuil de TAsie tartare et du 
fabuleux Orient. 

Chaque annee, sur Tinitiative du gouvernement dogal, 
ces voyages se reglent et se decident dans le Senat, le 
celebre couseil des « Pregadi », dans les attributions duquel 
sont comprises la plupart des questions importantes qui con- 
cernent cet organe vital de la prosperity de la cite. Leurs 
conditions techniques, leur duree, leurs dates de depart et 
de retour representent autant de points fixes, etablis une fois 
pour toutes par les reglements permanents. Leur composi- 
tion, leur commandement, les questions de prix que suscite 
leur afifretement constituent autant de chapitres variables, 
qui se modifient chaque annee, sur propositions des conseils 
cumpetents, par decision du Seuat. 



CONTENU DU DIARIO. 94 

Un principe general domine touteTentreprise : la location 
aux particuliers, par TEtat, de chacun des navires nationaux 
composant le convoi, location eflfectuee au plus oflfrant, sui- 
vant un systeme rigoureux d'adjudication et d'encheres*. 

Cette loi ing^nieuse, k la fois prevoyante et souple, grace 
k laquelle tout le controle de la nation se combinait avec 
toute rinitiative des interets prives, assurait fortement au 
negociant, au simple citoyen de Venise, les puissants moyens 
de securite dont la nation seule pouvait disposer. Ainsi, pour 
le bien le plus sur et le plus haut developpement de la for- 
tune publique, la liberte du trafic individuel s'alliait k la 
surveillance exercee par le pouvoir, en excluant formelle- 
ment toute tendance k un ridicule et monstrueux commerce 
d*Etat, ou I'Etat n'eut organise que la ruiue. 

Une ench^re publique, un « incanto », sur mise k prix 
variable chaque anuee, s'ouvrait done isolement pour cha- 
cun des navires aflfectes k tel ou tel voyage. Au plus offrant 
etait adjuge le droit de disposer du navire, que TEtat lui 
livre k flot et pret k prendre la mer. L'adjudicataire, des 
lors designe sous le nom de patron, de « paron^ », armateur- 
concessionnaire, prenait desormais possession du batiment, 
composait la cargaison, embarquant niarchandises persou- 
nelles et marchandises d'autrui, assuniait toute la depense 
du bord, assurant lentretien couraiit du vaisseau, soldant 
et nourrissant, selon des regies fixes, le personnel navignnt 
de tout grade et de toute fonction. Astreint h demourer pre- 
sent de sa persoiine, toute la duree du voyage, sur le navire 

1. Pour les rensoic^iioracnts relatifs aux fails ici enonces, voir 
p. HS, n. 2. 

2. Sur lo> (linVTcutos accoptions, si complicjueos, do cc; vocable 
<lo • paron », voir entre autros, ci-apK's, t, I : |). 1"2^^, n. 1 ; p. 170, 
11. ."); p. I 'i4, u. '2. 



92 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

ainsi aflferme, le retour lui imposait d'autres obligations 
encore. U avait, k la rentree au port, a restituer k TEtat le 
bsttiment en condition pareille, pret k etre employe pour une 
nouvelle croisiere commerciale. II lui fallait, la campagne 
achevee, faire examiner sa gestion par le gouvernement 
dogal et par le Senat, qui, selon la conduite de Tentreprise, 
oil tant d*interets se trouvaient engages, lui donnait appro- 
bation de son role ou bien pouvait Texclure, k temps ou a 
vie, de toute admission k une adjudication future. Tous les 
beuefices de I'operatiou lui restaient acquis, comme aussi 
demeuraient k sa charge tous les risques, dechets commer- 
ciaux et hasards de route*. Si les profits etaient tentants, 
les dangers, comme on voit, meritaient reflexion. Ainsi, 
cependant, par la securite garautie, par Theureuse chance 
des uns, par Texemple d'une fortune edifice en une croisiere, 
se perpetuait I'ardeur commerciale qui soulevait Venise, et 
Tesprit d'eutreprise qui multipliait au loin les signes visibles 
de son expansion et de sa force. 

Les navires emploj^es a ces divers voj'ages etaient gene- 
ralement d*un type uuiforme. G'etaient des galeresde TEtal 
de Venise, de Tespece dite « galia grosa », « galia de le 
mexuregrose^ », batiments de haut bord et de grande taille, 
les mieux api)roi»ries k ce genre de service. Navire a deux 
fins, batiment de guerre arme au long cours, realisant un 
type mixte que la terminologie moderne pourrait designer 
sous quelque noin bizarre et anormal, tel que cuirasse mar- 
chand ou croiseur de commerce, elles representaient Tune 

1. Sur cos attributions, droits ot charges du « paron •, voir 
TraiU du (jouverncmcnl de Venise, cli. xcv, dans Michel l*erret, 
up. at., p. 21)3-^204, 20G-2'J7. 

2. Tprmc's [iropros da Diarin. Ex. : janvier-fovrior 1406, t. I, 
p. 2J4; 'j;mv!.T-avril 14n^>, t. 1, p. 238. 



CONTENU DU D!AR!0. 93 

des trois varietes de galeres en usage dans la marine natio- 
nale v^nitienne, les deux autres, ayant pour specimens la 
galere batarde, « galia bastarda >, d'un genre intenn6- 
diaire, et, enfln, surtout, rintraduisible « galere subtile », 
la « galia sotil* », modele parfiait de Tunit^ de combat ma- 
rine, k la fois fine et puissante, ailee de marche et brisante 
au choc, glorieux instrument de tant de victoires navales 
aux mains des grands hommes de mer de Venise*. 

Chacun de ces convois, compose, selon sa destination, de 
plus ou moins de navires, recevait un commandant en chef, 
que la hierarchie moderne definirait du nom d'amiraPou de 
chef d'escacire, que la langue de I'ltalie d*alors designait de 
son titre le plus extensif, du nom de « capetanio^ », « capi- 
taine de voyage », comme le definit Texpression contempo- 
raine, maitre supreme de chacun de ces groupes de navires, 
responsable devant TEtat de leur route generate, de leurs 
relaches, de leur defense et de leur salut. Tout comme une 
relation d'ambassadeur, leur rapport de campagne, au 
retour, etait soumis au gouvernement dogal et au Senat. 
Telle etait rimportance qui s'attachait k leur fonction, que 
leur nomination s'operait, non plus au Senat, mais au 
Grand Conseil meme, c*est-k-dire par tous les membres 
reconnus de la noblesse de Venise ayant droit k la vie poli- 
tique, mode de suffrage le plus etendu que put alors presen- 
ter la constitution venitienne^. 

1. Terme propro de la Chronujue. Ex. : ad ami. \Ai)\^ t. I, 
p. 166. 

2. Sur ces trois varietos do galores, voir TraiU dii ffouvrrncment 
de Venise^ cli. xnviir, xcix, cm, civ; Bibl. nat., ms. fr. 55'J9, 
Ibl. 161 V0.161 vo, 166 YO-169 r«. 

3. Sur ce vocable d'amiral, voir t. 1, p. 138, n. 3. 

^1. Sur ce vocable de c capetaaio, » voir t. I : p. 167, n. 7; 
p. 128, n. 1; p. 172, u. 1. 

5. Sur ces attributions el mode d election du « cu[)iiaine de 



94 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

Sur chaque galere du convoi se mouvait un personnel de 

tout ordre. 

Commandant particulier de chaque navire, un oflScier 
responsable en dirigeait la route propre et les mouvements 
individuels. La galere du commandant en chef en comptait 
un, comme les autres, qui, sur cette sorte de batiment ami- 
ral, se trouvait jouer le role d'un « capitaine de pavilion » 
moderne. La terminologie venitienne, en raison de I'officier 
inferieur qu*il avait sous ses ordres, le designait sous le 
vocable special de « sovracoraito* », de « supracomite^ », 
appellation appliquee, dans la marine de la Republique, au 
commandant de toute espece de galere de guerre^. Un com- 
missaire, denomme « scrivano^ >,  6crivain », fonctionnaire 
comptable charge du paiement des soldeset dela tenue com- 
pliquee des ecritures commerciales du bord, completait le 
cadre dirigeant^ 

L'instrument de propulsion, la chiourme, employee k 

voyai^c », voir Traits du gouverncment de VenisCj ch. xcv, dans 
Michel Perrot, op. cit., p. 204, 297; Rawilon Brown, Venetian 
Papers, t. I, p. Lxii. 

1. Tcrme prupre de la Chronique et du Di'ario. 

2. Dans unc galere, Toflicier inferieur charge de la couduite 
speciale de I'equipage marin, et aotainmentdu personnel maniant 
I'aviron, personnage repr^sentant, par consequent, le rouage le 
plus essentiel de la navigation, portait le nom de « comito •, de 
« coinite •. L'expression de t sovracomito », de c supracomite », 
attribuee au commandant du navire, avant directoment sous ses 
ordres le « coniite », — expression bizarre au premier abord, — 
s'explique done d'elle-m6me. 

3. Sur ces attributions du « supracomite •, voir Extrails publies 
t. I, p. i'l, n. 4, p. n^, n. 3. 

4. Ternie propre du Diario. 

fj. Sur ces attributions de T a ecrivain i, voir Trailt du gou- 
vcDinncnl flc Vcni'sc, ch. xcv, dans Michel Perret, op. cit., I. I, 
p. '29 J. 



CONTENU DU DIARTO. 95 

manier ces longs et lourds avirons de galore, moteur et rai- 
son d'etre du navire, 6tait alors composee de manoeuvres de 
condition libre. Elle se recrutait parmi les populations 
cotieres de la Dalmatie, rude pepiniere ou la marine veni- 
tienne puisait k loisir ces indispensables ^l^ments.de supe- 
riority navale*. 

Poursuivre plus loin ces indications sommaires, comple- 
ter la description du batiment, discuter ses qualites nau- 
tiques, pr^ciser la designation, les attributions du personnel 
inferieur, pilotes et « hommes de conseil », maitres de 
manoeuvre ou « comites », eflfectif combattant embarque, 
serait une entreprise qui deborderait singulierement le cadre 
etroit de cette etude. 

U convieat seulement d'y ajouter quelques indispensables 
notions sur les conditions respectives de chacun de ces 
voyages. 

Quatre h cinq galeres, rarement plus, rarement moins, 
composaient generalement le voyage d'Angleterre et de 
Flandre*, le convoidu Nord, dont certains documents veni- 
tiens subsistants perraettent de suivre trace des Tan 1317 ^, 

1. Sur la condition de la chiourme, a cette epoque, voir Traitd 
du gouvermment de Venise, dans Michel E^errct, op. cit., 1. 1, p. 295. 
La « schola de Sclavoni », confrorie de gens de chiourme libres, 
d'origine esclavonne, avait au xv« si^cle un lieu de sepulture dans 
uae de ses relaches d'Aogleterre, dans Teglise de North Stoneham, 
pres de Southampton. (Rawdon Brown, Venetian Papers, t. I, 
Preface, p. l.kiv.) 

2. Pour ces renseignements sur le voyage dc Flandre et d'An- 
gleterre : Diario^ Extraits pubh6s au cours de cette editiou ; Raw- 
don Brown, Venetian Papers, t. I, Preface, p. lxi-lxxi et p. 3-G5, 
U9 li-262; lleyd, Gesch. des Levantehandels , ed. fran(;aiso Furcy 
Raynaud, t. II, p. 718-727; Frederic Borel, les Foires dc Geneve 
au XV^ siecle (Geneve, 1892, 1 vol. in-4"), chap, v. Routes suivies 
par les marchands, p. 195-208. 

3. Ileyd, Gesch. des Levantehandels^ ed. franraise Furcy Ray- 



96 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

et dont le dernier vestige cesse pour TAngleterre avec 
Tan 1532*. Ces navires faisaient route commune jusqu'a 
Textremit^ de la Manche. Vers ces parages , Us se divi- 
saient en deux groupes, deux ou trois galeres prenant la 
route de Londres, deux ou trois autres poursuivant jusqu'k 
rj&cluse, le port maritime de Bruges. Au retour, une jonc- 
tion inverse, operee en quelque port anglais, les ramenait 
de conserve k Venise. Douze mois de carapagne represen- 
taient leur habituelle et moyenne absence. lis sortaient 
des lagunes, de mars k mai, pour y reparaitre vers Tavril 
suivant, impatiemraent, anxieusement attendus et guettes 
tous les jours. 

Le voyage d'Aigues-Mortes*, dont les documents subsis- 
tants permettent de suivre les traces depuis la premiere 
moitie du xiv^ siecle, Tinterruption de 1340 a 1400 environ, 
puis la reprise en 1402^, ne depassait guere deux galeres 
et souvent raeme n'en comprenait qu'une seule. Le depart 

naud, t. II, p. 718-724. Gf. Giuseppe Giomo, le Rubbriche dei 
Lib ri 7)1 is ti del Senato pcrduti, ap. Arch, vcn.j t. XIX, p. 90-92; 
Rawdoii Brown, Venetian Papers, t. I, p. lxv, p. 3^ n^ 9. 

i. Rawdoa Drown, Venetian Papers, t. I, Introd., p. lxx, t. IV, 
p. 336, no 771. 

2. Renseignemeuts sur le voyage d'Aigues-Mortes, tires du 
Diario, Extraits publics au cours do cette edition; de Mas-Latrio, 
Commerce et expedition militaires de la France et de Venise au 
moi/en age, groupe de doc, n^^ xxv, p. 195-204; au t. Ill des 
Melanges historiques, ap. Coll. des doc. in('d. sur I' Hist, de France; 
do Ileyd, GcsvJi. des Levanlcliandels, ed. frangaise Furcy Raynaud, 
t. II, p. 713-718; de Julos Pagozy, Mdmoircs sur le port d'Aigues- 
Mortes (1879, 1 vol. in-8"), mem. II. 

3. Le Petit Thalamus de MontpelUcr, ed. Pegat, Thomas, Des- 
mazes, p. 434, ap. Puhl. de la Socirte archrologiquc de Montpellier, 
t. I, 1836-1840; Germain, Hisloire du commerce de Montpellier 
(1801, 2 vol. in-8'^), t. I, p. 157-165, et t. II, Pieces just., n* 16; 
Heyd, Gesch. des Levantehandcls , cd. lYangaiso Furcy Raynaud, 
I. II, p. 710-717. 



CONTENU DU DIARIO. 97 

avait lieu de Janvier k avril, le retour, huit raois plus tard 
k peu pres, d'aout k novembre. 

A destination d* Alexandrie appareillait un groupe de trois 
ou quatre galeres. Elles quittaient Venise kl'et^, entre juin 
et aout, et rentraient vers decembre. 

Pour la c&te de Syrie, trois ou quatre galeres aussi, k 
semblable ^poque, etaient mises en armement. Elles par- 
taient et revenaient egalement vers ces memes saisons. 

Vers Constantinople, la mer Noire, le lointain entrepot 
de la Tana, d'escale en escale, par les relaches de Mor6e, 
Modon, Coron et Nauplie de Romanie, par Tile d'Eubee 
et la cote de Macedoine, deux galeres faisaient route. Elles 
prenaient la mer k Tete aussi, vers juin ou juillet; on les 
voyait reparaitre k Thiver, k la fin de decembre ou vers 
Janvier, un peu plus tard que les galeres du Levant*. 

De cette robuste et agile expansion, de cette vie maritime 
et commerciale si intense, k la fois dispersee sur toutes les 
routes navigables, et raraass^e dans le port de Venise comme 
au coBur de ce vaste organisme, le Dimno trace un tableau 
aussi fldele que suivi, dont I'interft special doit etre releve 
avec soin et recommande aux historiens des faits econo- 
miques comme k ceux des choses de la mer. 

La Chronique compos6e, dont I'analyse a 6te precedem- 
ment poursuivie, ne presente qu'une seule mention relative 
k ces convois oflSciels. Occasionneilement, dans le cours de 
Tan 1337, elle note Tattaque et Tenlevement, par un groupe 



1. Renseignements sur ces voyages d'Egypte, de Syria, de la 
Tana, tires : du Diario; de Filiasi, SuW antico commercio de' Vcne- 
ziani, loc. cit.; de Heyd, Gesch. des LevafUehandefs, ed. frauQaise 
Furcy Raynaud, t. II, p. 23-64, 92-107, 156-215, 427-497, 360- 
305, 365-407. Cf. Jorga, Ufi viaggioda Veyiezia alia Tana, ap. Nuovo 
Arch, ven., t. XI, 1896, p. 5-13. 

IV 7 



98 ETUDE SUR ANTOmO MOROSINI. 

de corsaires genois, de deux galores du convoi de Flandre 
et d'Angleterre, compost cette annte de six galores, sous le 
commandement du « capitaine de voyage », Niccold Zeno*. 

Le Diario est singulierement plus explicite, et Tun des 
signes intrinsfeques qui le diflF(&reDcient le plus sureraent de 
la Chronique est justementla notation riguliere et ininter- 
rompue de cette serie de faits coramerciaux, laquelle com- 
mence au moment ou il va affecter son caract^re propre, en 
1404, et se continue autant que sa duree^. 

A partir de ce d^but, il n'est pas un evinement relatif k 
ces « voyages de marchandise > qu'il ne mentionne ou ne 
detaille. Ouverture et conditions des adjudications, denom- 
brement des navires, inventaire de cargaison, au depart 
comme au retour, designation des armateurs concession- 
naires, des commandants en chef du convoi et des comman- 
dants particuliers de galere, tous ces details s'y classent et 
s'y retrouvent. Sur les convois en route, incidents, fortunes 
de mer, avaries, t^pideinies k bord, stations forcees dans les 
relaches, rencontres de pirates ou de corsaires, combats et 
naufrages, il ne laisse rien passer sans le noter scrupuleu- 
sement. Sans interruption ni lacune, — hors, en certaines 
annees plus hasardeuses que d'autres, la suspension excep- 
tionnelle de la navigation d'Etat, — la mention de ces 
croisieres commerciales, dans toute la partie conservee du 
Diario, se poursuit chaque annee, avec une regularity 
caracteristique, k dates fixers de printemps, d'^te ou d*hiver, 
partie iutegrante de Toeuvre avec laquelle elle fait corps. 
C'est Ik uue des particularites les plus personuelles du 



1. Sar ce temoignage isole de 1337 rehitif a ce voyage, voir lo 
toxte du passago, piil)lii* ci-apres, App. VII, a. 
'2. Sur 1p. di'bul lic ces notations, voir App. VII, b. 



CONTENU DU DTARIO. 99 

BiariOy qu'il couvient de retenir spteialement comme 616- 
ment de la recherche de son auteur*. 

Ces voyages reguliers sous le contrdle de I'j^tat, r&erv6s 
au transport de certaines denrfes plus pricieuses, ces aflfr6- 
tements soumissionn^sdont les actes publics ont lieu d'enre- 
gistrer Texistence et les rfeultats, sont loin cependant de 
repr6senter tout le developpement du commerce maritime de 
Venise, toute Tetendue de ses int^rets et de sa richesse con- 
fine aux flots et aux vents. 

Les armements particuliers, les entreprises individuelles 
des simples citoyens de Venise^, 6quipant k leur corapte 
navires isoles ou flottilles, au cabotage ou au long cours, 
pour tous les points de Thorizon, exprimaient aussi une 
part imposante, sinon la plus solide, de cette circulation de 
fortune. 

Voiliers de toute taille, « coche », « coques » venitiennes, 
arm6s au gr6 des conventions privees, des libres lois de 
ToflFre et de la demande, appareillent k date irr^guliere, en 
nombre variable, pour toutes les destinations, et rentrent k 
Venise k tout instant. Toutes les eaux mediterraneennes, les 
mers d'Occident, jusque bien avant dans la mer du Nord, 
les voyaient naviguer au large ou de port en port : les mar- 
ches de la mer Noire, de Syrie, d'Egypte, de la France 

1. Sur le degre de rogularile de ces notations, voir App. VII, b. 

2. Les renseignements qui suivent sont tires, suit directement, 
soit par deductions, des notions que presente le Diario niorae, 
dans tout le cours de son etendue, et dont les textes concernant 
a un degre quelconque le commerce de la France, publics dans 
cette edition, peuvent donner une idee. On peut en rupproclior les 
indications ressortant du Traite du gouvernement de Venise , 
ch. xcvii, Bibl. nat., ms. fr. 5599, fol. 160 r°-lGl r^, et ch. xcvi, dans 
Michel Perret, op. cit., t. I, p. 3uO, et Bibl. nat., ms. fr. 5599, 
fol. 100 r«-iGO vo. 



100 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINT. 

meridionale, d' Angleterre et de Flandre, conjointement avec 
les galores des convois de TEtat, s'ouvraient au placement 
de leurs cargaisonset leur livraient le fretde retour. Entre- 
prise particuliere encore, la galere de Terre Sainte, k des- 
tination de JaflFa, arm^e riguli^reraent tous les ans par 
Tinitiative privee, sous certaines conditions de surveillance 
de TEtat, transportait vers la Palestine les pelerins de 
Venise et ceux de toute la chr6tient6 ^ . 

A ces entreprises de navigation privee, tenant si forte- 
inent au coeur de tout Venitien, une place considerable est 
reservee dans le Diario. Lepeu de fixitedetels armements, 
leur irr^gularite constitutive, la variete de leurs destina- 
tions ne permettent pas k Tauteur d*en relever une nota- 
tion constante et suivie, comparable k celle des « voyages 
de marchandise » dont il vient d'etre question. De ces der- 
niers, on pent dire que le Diario fournit une representation 
complete et exclusive. Des autres, on a seulement droit 
d'avancer qu*il offre une serie de mentions, precieuse sans 
doute, mais nulleraent limitative, comme on doit aisement 
le comprendre. 

Destinations, chargements, jours de depart et de retour, 
p^ripetiesde route, noms d'arraateurs et profits detraversee, 
le Diario, lorsqu'ilnote unede ces entreprises, releve toutes 
ces particularites avec un soin egal a celui qui lui faisait 
inscrire les renseignements qu'il accumulait sur les cara- 
vanes d'Etat. Du voyage de Terre Sainte, soit par la galere 
reguli^re de Jaffa, soit par tout autre mode de navigation, 
voilier particulier ou galere de TEtat specialement afiretee, 
il signalera regulierement les departs et les retours avec les 
embarquements notoires de rois, de princes et de grands 

i. Puur ce? ronseif^'iieiuonts, voir ki nolo precedenle. 



CONTENU DU DIARIO. 101 

seigneurs, clients habituels et fructueux que ces ingenieuses 
garanties de securite assuraient au port de Venise. Ainsi, 
entre autres, recueille-t-il une suite curieusede t^moignages 
sur ce raonopole des transports aux Lieux Saints, si prati- 
quement accapare par une politique commerciale qui savait 
allier, pour le plus grand profit materiel et moral d'une 
nation, le souci de Texecution de ses plans k la hardiesse 
d'esprit qui les imagine, les suscite et les imposed 

On trouvera dans la presente publication, relevees et 
commentees, toutes les mentions du Diario concernant les 
< voyages de raarchandise » annuels de Flandre et Angle- 
terre et celui d*Aigues-Mortes, comme aussi toutes les indi- 
cations relatives aux armements particuliers pour ces memes 
destinations. On y a joint la notation de tous les incidents 
connexes pouvant s'y rattacher, dont on trouve trace dans 
le DiariOy fortunes de toute sorte int^ressant Titineraire de 
ces longues et perilleuses tra versees, depuis la sortie des sables 
du Lido jusqu'aux marais du Rhone, aux courants et aux 
brumes de la Manche et de la mer du Nord. Qu il suflSse de 
marquer ici le voeu que cette edition, h ce point de vue, par 
ce qu'elle peut contenir de recits de navigations, de com- 
bats et d'aventures, puisse rendre quelques services aux 
historiens de la mer et de sa conquete par Thomme. 

1. Sur le debut et le degr^ de regularit(' de ces annotations, 
voir App. VII, c. 



CHAPITRE IV. 

L'autedr. 

Designation personnelle de Tauteur au cours de Toavrage. — 
Releve des passages ou se rencontre son nom. — Antonio 
Morosini. 

La maison Morosini. — Notions sommaires sur son antiquite, son 
illustration. — Origine conteraporaine des origines venitiennes. 

— Trois doges du xii« au xiv« siecle. — Personnages histo- 
riques. — Francesco Morosini, le Peloponnesiaque, doge et 
conquerant de la Moree, au xvii® siecle, le « Dernier des Veni- 
tiens ». 

Entourage d*Antonio Morosini. — Son pere, Marco, de la 
branche du doge Michele Morosini (1382); ses freres et soeurs. 

— Son testament, redige des 1377. Notions qui s'en degagent : 
residence familiale; vie privee; sentiments religieux. — Penu- 
riede renseignements biographiques provenant d'autres sources. 

— Son mariage avec Sofia de' Garzoni. — Son inscription au 
Grand Gonseil en 1388. — Suppression d'une partie de son 
ceuvrehistorique, pararrStdu Gonseil des Dix,en 1418. — Menus 
evenements personnels suscoptibles d'etre recueillis dans \e Dia- 
rio. — Deductions gen^rales sur sa carricre et sa vie. — Ni 
ecclesiastiquo, ni homnio do guerre, ni grand dignilaire d'Etat. 

— Gonnaissance approfondie et goilt extreme des choses de la 
mer, reconnaissable dans tuute son oeuvre. — Importance accor- 
doe aux questions de commerce maritime, sous toutes ses 
formes, dans le Diario. — Grantle maison de commerce veni- 
tienne dirigee par sos neveux Albano cl Marco. — Hypotheses 
sur le cadre d'oxistenco d'Antonio Morosini. — Descendance dc 
ses tVeres ot scjBurs, — IntenH qu'il porto a ses neveux et petits- 
noveux. — Ago avanco ou il continue encore le Diario, en 1434. 

— Sincerite des impressions de sa vorle vieillessc. 

Si Antonio Morosini, aut(*ur de cette (jeiivre, n'avait pris 
la precaution de S(^ presenter lui-menie, an cours de ces 
notes journalieres, en quelques passages a peine reconnais- 



L'AUTEUR. 103 

sables, comme redacteur de son Diario, duI doute que la 
critique ne fut r^duite k ajouter un exemple de plus k la liste, 
dejk trop loDgue, des chroniques v^nitiennes classees comme 
anoDymes ou d^sign^s seulement par les noms de leurs 
possesseurs de rencontre^ double cat^gorie daus laquelle 
rentrent malheureusement tant de sources remarquables de 
Thistoire de Venise*. 

Le catalogue imprime des manuscrits de la Bibliotheque 
imperiale de Vienne, en 1871, et le catalogue des manus- 
crits de la collection Foscarini, oeuvre de Tommaso Gar, 
en 1843, si inegaux qu'ils fussent quant k I'etendue de la 
description de Touvrage, mentionnaient dejk, Tun comme 
I'autre, le nom d' Antonio Morosini*. 

Les redacteurs de ces deux catalogues avaient pu ren- 
contrer cette indication dans la notice annexee aux feuillets 
de garde du manuscrit, dejk definie et decrite. Ce renseigne- 
raent, k son tour, avait ete tire, par le redacteur de la notice 
en question, d*une lecture attentive et suivie du contenu de 
Touvrage^. 

En eflFet, au cours du recit des evenements notes sous la 
date d'avril a juin 1430, racontant la prise et le sac de la 
place venitienne de Salonique par les Turcs, evenements sur- 
venus en mars, et commentaut le desastre que cette catas- 
trophe infligeait a Venise, Tauteur s'exprime textuellement 
ainsi : « E io Ant° M" o vezudo e scrivo de mia man cusy 
siala veritade^. > 

1. Voir, ci-apros, Origincs et derives, p. 140. 

2. Voir, ci-despus : le Manuscrit , p. 21-22; Avertissonent, p. 8-9; 
Ic Mamiscrii, p. 18-10. 

3. Sur cette notice, ci-dessus : Averiisseweni, p. 8-0; le Manus- 
crit, p. 22. 

4. Diario, eiitre 2H avrii et 2 juin 1430, ful. 520 b. Voir Appen- 
dicc VllI, B. 



104 fiTUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

Gette designation, presque cryptographique, n'autorise 
gu^re encore k fixer une identification satisfaisante. Mais 
plus loin, au cours du mois de juillet 1433, sous la date du 
10, avec Tenregistrement des nouvelles arrivees de la c6te 
d'lstrie, de Pola, et concernant les convois marchands 
d'Alexandrie et de Beyrouth, se prAsente une indication 
personnelle plus nette, perraettant depreciser un signalement 
definitif et de lui rattacher la myst^rieuse appellation qui 
vient de se rencontrer la premiere : « Noto fazo mi Ant<* 
Morexin, fo de miser Marcho, aver vezudo molte letere 
vegnude da nostry da Puola de le oto galie de marchado, 
IIII d* Alexandria e IIII per Baruto*... » 

Double et concordant temoignage, que le redacteur de la 
notice en question a su recueillir et fixer pour etablir I'exis- 
tence d*Antonio Morosini et lui attribuer la paternite de 
Toeuvre ainsi authentiquee^. 

Une troisierae mention, k laquelle la clarte de la precedente 
vient donner, comme h la premiere, la valeur necessaire, 
se retrouve k peu de distance, au debut du nieme mois de 
juillet 1433, sous la date du 2. L'auteur y decrit, d'apres 
ses impressions personnelles, un orage qui etendit de terribles 
ravages sur la cite, en ce jour de la Visitation de Notre-Dame, 
alors que lui-meme se rendait en divers lieux de Venise, 
dans la matinee, avant neuf heures, lieure de tierce : « Per 
lo prexente di zuobia die do luio, in lo di de Sancta Maria, 
ando a viscitar Sancta Elixabeta in Montarea. Trovandome 
lui Ant° M" in la gliexiade Sancta Triuita piuso la Celestria'' 



1. Diario, 10 juillrl \\:\:\, hA. GuIa. Voir Ai)i)on(lico VIII, e. 

'2. Notico indiquLM^tip. Tominaso (iar, c;U;iIof,^uo cite, p. 304, 305. 

3. M S.'incta IUixal>iM.a in MsuUaroa », Santa Trinita, Sanla 
Maria della Cch\stia, — • « liella Colostria », seloii I'ancieniic 
exprcs.-ioii coiiraiiU^ — liua rfaiiil, c^'liso paroissialc et cuuvent do 



L'AUTEUR. 105 

da maitina e avanti terza> aparse uno malissimo tenpo con 
uno fulgaro^.. » 

L'edition complete de ToBuvre de Morosini, et le d6chif- 
frement integral du manuscrit que comportera cette entre- 
prise, permettra peut-etre un jour d'ajouter k ces trois 
exemples quelque indication nouvelle dont s'augmentera la 
serie ainsi relevee jusqu*ici. 

Quoi qu*il en soit, Tidentite de I'auteur n'en demeure pas 
moins acquise. II faut le reconnaitre, d'apres sa propre desi- 
gnation, pour un personnage nomme Antonio Morosini, ou, 
selon la forme dialectale de son idiome natal, employee par 
lui-meme, Antonio Morexin, qui doit desormais se classer 
dans la pleiade des historiens originaux de Venise. 

II se revele ainsi comme appartenant k ce grand clan 
des Morosini, dont le renom fait partie integrante du patri- 
moine des gloires venitiennes et dont Thistoire se confond 
avec les annales memes de la cite des doges. 

De cette antique et illustre lignee, il ne parait pas exister 
d'histoire divulguee*. Comme sources facilement accessibles, 
quelquesmorceauxde poesieepique, composes, ou en imitation 
de I'antique, ou comme dedicaces nuptiales'^ quelques pages 

Venise situes dans les quartiers orientaux, vers la direction de 
TArsenal. 

1. Diario, 2 juillet 1433, fol. 603 a. Voir Appendice VIII, d. ~ 
Cette mentioQ n'est pas relevee dans la notice indiquee. 

2. L'abbe Teodoro Amaden, erudit genealogiste venitien du 
xvii*^ siecle, a tixe line filiation de la maison Morosini, en plu- 
sieurs livres et tomes, sous le titre Maurocenorum procerum his- 
ton'a, OBuvre demeuree in^dite. (Gicogna, Saggio di Bihliografia 
Veneziana, Venise, 1847, in-4o, p. 458, n^ 3416; Gicogna, Delle 
inscrizioni Vcncziane. Venise, 1824-1853, 6 vol. in-4o, t. II, p. 92, 
104, 270; t. Ill, p. 187; t. IV, p. 4G0, 677.) 

3. Maurocena Mrgaloprepeia sen Mauroccniadum Fastorum libri 
decern. Venise, 1682, in-8o. — Gh' Eroi }forosini', per Je faustissimc 
nozze del N. //. Francesco Morosini coUa N. D. Loredana Grimani. 



106 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINl. 

recueillies dans les ^loges et les vies des plus marquants 
personnages du nom*, quelques notions tirees de ces listes 
diverses des families nobles de la Republique, qu*on ren- 
contre k tant d'exemplaires, soit k part, soit comme annexe 
obligee de tant de chroniques venitiennes', representent k 
peu pr^s, en dehors des repertoires g^nealogiques modernes^, 
les seuls elements ou puiser quelques notions d'ensemble 
sur cette glorieuse maison, dont les representants ont ete 
les derniers, avant le sommeil ou elle allait s'endormir, k 
personnifier la Venise guerriere et triomphante d'autrefois. 
Issue ^, d'apres un groupe de legendes, des colonies 
romainesdeMantoue, ou bien originaire, soit dlllyrie, soit 
de Moree, etablie, vers I'epoque legendaire de la fondation 
de TEtat venitien, au v^ siecle, soit dans les lagunes voi- 
sines de TAdriatique, dans Tantique Heraclee ou k Mala- 

Rovigo, 1772, in-fol. — P. Andrea Stella, Vita del venerabile servo 
(Vhidio il padre Girolamo MianL Vicence, 1605, in-4o. — D. Paolo 
Murari, Orazionc panegirica di s. Girolamo Miani. Venise, 1823, 
in-8o. 

1. Niccolo Crasso, Andreas Mauroceni veneti senatoris prxstan- 
tissimi vita [1557-1618]. Venise, 1621, in-fol. — Luigi Lolin, 
Andvex Mauroceni senatoris prxstanlissimi vita [Vie du meme]. 
Venise, 1623, in-fol. — Giovanni Graziani, Francisci Mauroceni 
Peloponnesiaci Venetiarum principis fjesia [1618-1694]. Padoue, 
1698, in-4o. 

2. Entre autres : Gasimiro Frescliot, Pregi delta nobiltd Vencta. 
Venise, 1707, in-16, p. 84-95. — Marino Sanuto, Vite de' Duchi 
di Vcnezia, ap. Muratori, Reruvi italicarum scriptorcs, t. XXII, 
col. 424. Gf., a titre de specimen, Bibl. nat. : mss. ital. n^* 318, 
337, 339, 784 ; coll. Dupuy, n« 919. 

3. Entre autres : Schroder, Repertorio genealogico dclle famiglic 
cotifermate nobiliedei titolati nobili esistenti nelle provincie Venctc. 
Venise, 1830-1831, 2 vol. in-8«, t. II, p. 44-50. — Elenco pf^oviso- 
rio delle famiglic nobili e titulatc deUa regione Vencta. Rome, 1894, 
in-8o, p. 46-47. 

4. Listes de families indiquees, loc. cit. Voir note 2. 



L'AUTEUR. 107 

mocco, soit dans les iles int^rieures de Rialto, ou se con- 
centre plus tard, au iv*' si^cle, la cite meme de Venise*, — 
classee par la tradition comme Tune des douze anciennes 
families, des douze case vecchie dont les representants par- 
ticipent k I'election du premier doge Paoluccio Anafesto, en 
697*, — la casa Morosini s'impose k Thistoire authentique 
au moins des le x® siecle, lors des discordes civiles, des 
quereUes meurtrieres des Caloprini et des Morosini, celebres 
dans les annales venitiennes, qui, sous le doge Tribuno 
Memmo', motivent Tintervention de Tempereur Othon II 
et ensanglantent les quartiers de la capitale naissante^. 
Alliee dejk aux families dogales^, assez puissante pour 

i. G'est seulement sous le doge Angelo Partecipazio (811-827) 
que la tradition place I'extension de la primitive cite de Venise, ori- 
ginairement fondee, au v« siecle, sur une des iles etroites de Rialto, 
et son developpement sur les iles immediatement voisines, nouvel 
ensemble qui constitua, alors seulement, la veritable Venise, et 
devint a cette date la residence fixe des doges ot le siege du gou- 
Yernement. Depuis le v® siecle, la federation d'iles du littoral, qui 
semble avoir constitun le germe de I'Etat vonitien, avait compte 
divers sieges fixes. D'abord, I'antiquc Heraclee, situee au nord de 
la Venise actuelle, devant Oderzo, dans uno position avoisinant 
alors la mer, ville detruite au viii* siecle, rebatie sous le nom de 
Citta Nuova, puis peu a pou abandonneo, dont Ips vestiges souls 
subsistent aujounl'liui. Puis, Malaniocco, au sud de la Venise 
actuelle, commandant alors, comme aujourd'bui encore, un des 
debouches de la lagune dans I'Adriatique. L'ile a laquclle Tusage 
a restreint le nom de Rialto, nom dovenu celebre comme designa- 
tion d'un district urbain de Venise, ot quolqueibis applique li la 
cite vonitienne oUe-meme, taisait partie du groupe d'iles ancien- 
nement qualifiees sous le nom de • Roaltine ». 

2. Listes de families indiquees : Froscbot, iVo&i7/a Veneta, p. 86; 
Bibl. nat., ms. ital. n^ 330, fol. 147 vo. 

3. Tribuno Memmo, doge de 979 a 991. 

\. Gfroror, Gesch. Vetiedifjs, p. 333-3.o7 ; Homauin, Slo7\ di Vcnc- 
zia, t. I, p. 258-204. 

T). Pietro Orsoolo P"", dugo de 970 a 97S, a pour goudre Giovanni 



108 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

d6dier dans Venise une 6glise k son patron l^gendaire san 
Moro*, pour fonder dans la lagune Tabbaye de San Giorgio 
Maggiore*, la casa Morosini, vers la fin du xv** siede, par 
les honneurs accumules, par Tanciennete de la descendance, 
par la fortune acquise, se classe k cote des Falier, des 
Dandolo, des Gradenigo, comnie une des premieres de 
TEtat venitien. 

Trois doges, Domenico Morosini, le premier de sa maison 
revetu de la barrette dogale, au milieu du xii* siecle^, 

Morosini, qui Taccompagne lors de sa faite romanesque de Venise, 
la nuit du l**" au 2 septembre 978, ou il quitte le pouvoir pour 
aller achever ses jours loin de I'ltalie, dans I'abbaye de Saint- 
Michel de Guxa,vers la region pyrdneenne. (Gfrorer, Gesch. Verve- 
digs, p. 324-328; Romania, Stor. di Vcnesia, t. I, p. 256-257.) 
— L'abbaye de Saint-Michel de Guxa, en Roussillon, dans le voi- 
sinage immediat de la ville de Prades. 

1. Passant pour erigee en 920 sous le vocable de saint Maur, — 
san Mauro (personnage sans doute considere, par une assimilation 
lacilement saisissable, comme patron de la maison Morosini), puis, 
des le xi« siecle, designee sous le nom de San Michele Arcaugelo, 
et plus couramment sous celui de Sant' Angelo, — ancienne 
eglise parol ssiale venitienne. (Cicogna, Inscr. ven., t. Ill, p. 119- 
122.) Aujourd'hui desaffectee, le nom de la place qu'elle domi- 
nait, le Campo Sant' Angelo, dans le voisinage du palais Moro- 
sini, en maintient encore le nom. 

2. Passant pour fondee en 982 par Giovanni Morosini, gendre 
du doge F*ietro Orseolo I«^ a son retour des contrees lointaincs ou 
il avait escorte le doge son beau-pere. (Gicogna, Ijiscv. ven., t. IV, 
p. 244-245.) En 153i?, un curieux proces disputait oncore une par- 
tie de rile eutre la maison Morosini ot l'abbaye. (Cicogna, Inscr. 
ven., t. IV, p. 263-264.) G'est le lieu celebre d'ou Taspect de 
Venise se developpc dans sa plus haute splendeur. 

3. Domenico Morosini, doge de 1148 a 1156. — Sa sepulture, 
dans I'eglise de Santa Groce in Luprio (Gicogua, Insa\ ven., t. I, 
p. 240-243), — oglise d'une abbaye benedictine ayant eu rang 
d'ancienne eglise paroissiale venitionno, situee a Toxtremite occi- 
dontale de Venise, ou ello donuait son nom a nn district urbain de 
la ville. (Cicogna, /??5rr. vm., t. I, p. 237-23S.) Aujourd'hui disparue. 



L'AUTEUR. 109 

Marino Morosini, regnant de nouveau un siecle plus tard*, 
Michele Morosini^ ^lu en 1382, au sortir des angoisses de la 
cinqui^me guerre genoise*, Font mise au rang des dynasties 
ou Venise va regulierement chercher ses princes. D*elle 
encore sont issues deux reines : Tune, Costa nza Morosini, 
allant r^gner sur les Serbes^, Tautre, Tommasina Morosini, 
destin^ au trone de Hongrie, femme d*Etienne, fils posthume 
du roi Andre II, et mere d* Andre III, dit le Venitien, le 
courageux defenseur de la couronne hongroise contre la 
maison angevine de Naples, avec lequel s'eteint, en 1301, 
le dernier rejeton de la dynastie d'Arpad^ Une pleiade de 
titulaires de hautes charges venitiennes, de prelats, 
d'hommes de mer, de negociateurs , Font honoree et 
illustree*. 

1. Marino Morosini, doge de 1249 a 1252. — Sa sepulture, dans 
la basilique patronale de Saint- Marc, ou elle se voit encore 
aujourd'hui. 

2. Michele Morosini, doge du 10 juin au 15 octobre 1382. — Sa 
sepulture, dans I'eglise du couvent des Freres Pr^cheurs de San 
Giovanni e Paolo, oii elle se voit encore aujourd'hui. 

3. Francesco Nardi, Tre documenti della famiglia Morosini. 
Padoue, 1840, in*. 

4. Francesco Nardi, op. cit. — Vie de Tommasina Morosini, 
dans Ritratti e vile di donne illusiri. Venise, 1775, in-4o. 

5. Entre autres : Tommaso Morosini, premier patriarche latin 
de Constantinople, elu apres Tetablissement de Tempire latin, en 
1'205. — Ruggiero Morosini, • capitaino general de mer », com- 
mandant en chef des forces navales venitiennes, qui menace 
Constantinople au fort de la iroisieme guerre gnnoise, en 1296. — 
Niccol6 Morosini, evfique de Venise de 1336 a 1367. — Marco 
Morosini, « capitaine du golfe », commandant de Tescadre veni- 
tienne de I'Adriatique au debut de la quatrieme guerre genoise, 
I'un des vainqueurs de Karislo, en 1350. — Niccolo Morosini, I'un 
des negociateurs qui essayent de sauver Venise, en lui cherchant 
une mediation, pendant le drame de la cinquieme guerre genoise, 
oil 1379. — Nicculo Morusiiii, eviMiue do Venise on 1379. — Des 



ilO ETUDE SUR ANTONIO MOROSTNI. 

Vers cette 6poque, ce puissant et glorieux clan parait 
partag6 en trois branches, distingu6es par des brisures 
h6raldiques. Les armes originales de la race semblent avoir 
6t6 : d'or k la fasce d'azur. A la fin du xiii* siecle, il se ren- 
contre des Morosini « alia tressa », qui conservent les 
armes pleines de la famille, d'autres « alia sbarra », qui ont 
transform^ la fasce en bande, d'autres « alia croce rossa », 
qui sur la bande ont ajoute une croix de gueules entouree 
d'un cercle d'argent : ces derniers descendent d'Albertino, 
frere de Tommasina, la reine titulaire de Hongrie, auquel 
elles ont eik concedees, selon la tradition, par son neveu 
Andre III, pendant les courtes annees ou il put occuper 
eflFectivement le trSne^ 

C'est dans ce milieu de traditions et d'energie, auquel il 
tient de pres, que se developpe, au xiv"" et au xv® siecle, la 
carriere d' Antonio Morosini, auquel ses gouts d'historien, la 
conscience et la probite de son oeuvre assurent une place k 
part parrai les meilleures et les plus meritantes personnalites 
de sa race. 

Dans Tage qui suit, avec le grand mouvement qui vient 
modifier Torientation de la pensee huraaine, la casa Moro- 
sini, toujours feconde en personnages de marque, voit sur- 

evSques, en ce temps, tout autour de Venise : Giacomo Morosini a 
Torcello, Giovanni Morosini a Cittanova, Alvise Morosini a Capo 
tVIstria. — Paolo Morosini, amhassadour en Hongrie en 1387. — 
Pietro Morosini, cardinal en 1408, legal pontilical dans le royaume 
de Naples en 1419. 

1. Sur ces divers points, listes de families indiqiiees. Freschot, 
JSobilia Vcncta, p. 202-2U7, 371 ; Marino Sanuto, Vite de' Duchi, 
ap. Muratori, Rer. ilal. script., t. XXII, col. 4r)4 ; Bibl. nat. : 
mss. ital. n^^ 784, 31S, 337, 33*1; coll. Dupuy, n" 919. Of. Marino 
Sanulo, Vitc de' DiicJii, loc. cit., col. 578; Cicugna, hiscr. vcn., 
I. Ill, p. 18r,-lS7. 



L'AUTEUR. ill 

gir des Acrivains, Barbone, le jurisconsulteS Marco, dont 
il subsiste des CBuvres poetiques^, Paolo, Tauteur des Apo- 
logies de la R^publique de Venise^. Puis paraissent Andrea 
et Paolo, les deux fr^res, les classiques historiens de leur 
patrie, qui d^jk s'aflfaisse et descend la pente de sa gloire*. 
Jusqu'au bout, les Morosini lui font cort^ge^. Sur Venise 
enlBn, au couchant de sa destinee, tombant au rang de cit6 
factice, ne vivant plus que de son passe, de son art et de 
ses fetes, un supreme et rayonnant 6clat est jete de loin, 
comme un adieu viril, par le grand homme de guerre Fran- 

i. Barbone Morosini, entr6 au Grand Conseilen 1432, auteur de 
plusieurs ouvrages juridiques et philosophiques. (Cicogna, Inscr, 
ten., t. IV, p. 461-462.) 

2. Marco Morosini, vivant vers 1476, auteur de poesies diverses. 
(Cicogna, Inscr. ven,, t. U, p. 270-271.) 

3. Paolo Morosini, ne en 1406, mort en 1483, auteur de traites 
apologetiques composes pour la defense de Venise contre les 
menaces de coalition europeenne. [Memoria siorica iniorno alia 
Repubblica di Venezia. Venise, 1796, in-4<>, p. i-liii. Cf. Bonicelli, 
Memoria siorica. Preface, p. 5-7; Giovanni degli Agostini, ^o^iJie 
ilegli scrittori Viniziani, t. II, p. 187-188.) 

4. Andrea Morosini (1557-1618), historiographe officiel de I'Etat 
de Venise, auteur de Vllistoria Venela ah anno 1521 ad annum 
1615. Venise, 1623, in-fol. — Paolo Morosini, son frSre (1566- 
1627), egalement historiographe officiel de TEtat de Venise, auteur 
de VHistoria della cittd e Repubblica di Venetia [de la fondation de 
Venise a I486]. Venise, 1637, in-4o. 

5. Silvano Morosini, general do Tordre des chanoines reguliers 
de Saint-Jean de Latran (1 'i94-14',)S). — Gianfrancesco Morosini, 
cardinal-ev^que de Brescia (1588-1590). — Girolamo Morosini, 
• provediteur general de mcr », charge do la direction de toute la 
flotte venitienne pour rinfructuouse protection do hi Canoe contre 
les Turcs (16i5). — Toramaso Morosini, « capitaino des gallons », 
commandant d'uue division do la tlotto vonitionno, lioros d'un 
combat inegal contre touto la flotte turquo sur la coto d'Euheo 
(li»47). — Gianfraucesco Morusini, p.ilriarciie do Voniso (lOi'i- 
in78i. 



il2 tiTUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

cesco Morosini, Th^roique defenseur de Candie centre les 
Turcs, le conquerant de la Moree un moment arrachee k 
rinvasion ottomane, le grand doge* qui, de son vivant, 
regut un surnom romain, vit sa statue s'elever dans le palais 
ducal de Venise^ et m6rita plus tard, quand sa patrie ne fut 
plus que souvenir, d'etre appele dans Thistoire « le Dernier 
des Venitiens^ ». 

Antonio Morosini, que son oeuvre historique met d6sor- 
mais de pair avec les plus marquants d'entre ceux qui ont 
illustre ce vieux nom, a tout juste, dans ses ecrits, laisse 
soupQonner son identite, sans fournir k peine d'autre indica- 
tion sur sa personnalite. Sur lui, sur sa condition et sa vie, 
en fait de renseignements relativement accessibles, on est 
reduit, k Theure qu'il est, aux maigres notions qu'on peut 
degager de la lecture de certains passages du Diario, 
augmenttes de quelques recentes acquisitions de I'erudition 
venitienne, qui tiendra sans doute, et sous peu, en utilisant 
les documents sans nombre qu'elle possede, k se reserver 
rhonneur d'une etude definitive consacree a Tun des plus 
expressifs representants de sa litterature historique. 

1. Francesco Morosini (1618-1694), doge de 1688 a 1694. — Sa 
sepulture, dans I'eglise du convent des Anguslins de San Stefano, 
oh elle se voit encore aujourd'hui. 

2. Avant memo son election comme doge, des 1687, dans I'^lan 
d'enthousiasme suscite par la conquete de la Moree, son buste en 
bronze avail ete erige dans Tune des salles « delT Armamento » 
du Conseil des Dix, dans le palais ducal de Venise, avec cette ins- 
cription de style antique : « Francisco Mauroceno Peloponnesiaco 
adhuc viventi. » Statue transportee depuis au Palazzo Morosini et 
Ggurant actuellement au Musro Civico de Venise. Apres sa mort, 
en lG9i, un portique commemoratif lui fut consacre dans la salle 
« dello Scrutinio » (au palais ducal de Venise), dans laquelle il se 
voit encore aujourd'hui. 

;i, IJaru, UiUoirc de la lUpublique dc Venise, t. VIII, p. 92, n. 2. 



L'AUTEUR. 113 

D'un passage meme du DiariOy passage unique en son 
genre et d'autant plus precieux, on peut etablir qu*Antonio, 
auteur de TcBuvre en question, encore vivant et fecrivant 
en 1433, 6tait fils de Marco Morosini', ce qui permet de le 
distinguer des autres personnages contemporains de meme 
nom et pr^nom^. D'autres fragments, tir^s de la meme 
source, font voir qu'il avait un frere, ser Giusto Moro- 
sini^, et une soeur, mariee k ser Francesco Cornaro, gentil- 
homme d'une branche de la maison Cornaro fixee dans la 
« contrada » de Santa Fosca^, quartier appartenant k Tun 
des districts, k un « sestier^ » de la region nord-ouest 

1. c E dapuo in lo dito dy x predito [10 juiLlet 1433],... note fazo 
mi Anto Morexin fo de miser Marcho aver vezudo molte letere... i 
{Diario, 10 juillet 1433, foJ. 604 a. Voir Appendice VllI, e. Gf. notice 
indiquce, ap. Tommaso Gar, catalogue cite, p. 304.) 

2. A cette epoque, d'autres Antonio Morosini vivaient a Venise. 
On peut citer Antonio Morosini, fils de Silvestro Morosini, ills de 
Leonardo, fils de Niccol6. (Gommunication de M. Vittorio Laz- 
zarini.) 

3. € Domenega dy xxvii de zener M CGGG XXXI... mio nievo... 
i quai fo de miser Zusto... » (Diario, 27 Janvier 1432, fol. 566 a. 
Voir Appendice VIII, c. Gf. Tommaso Gar, op. cit., p. 305.) 

4. a Venere dy de note vignando al sabado da domaa dy xmi del 
mexe de zener de I'ano de M GGGG XXVIII,... uno mio nievo 
nobel hom miser Donado Gorner fio condam miser Franzescho de 
Ja contrada de Sancta Foscha... i (Diario, 13, 14 Janvier 1430, 
fol. 515 b. Voir Appendice VIII, a. Gf. Tommaso Gar, op. cit., 
p. 305.) 

5. Des une Epoque reculee, que certaines traditions font remon- 
ter jusqu'au doge Angelo Parlecipazio (811-827), d'autres seule- 
ment aux changements apport^s a la constitution venitienne en 
H72, a la suite de Tassassinat de Vitaie Micheli II, tout le terri- 
toire urbain de Venise de part et d'autre du Grand-Ganal, artere 
vitaie et voie triomphale de la cite, apparait divisec en six « ses- 
lieri i ou districts. D'un cote de cette grande division naturelle, 
vers le nord, le • sestier di Gastello », tirant son nom du chateau 
fort primitif de Venise, eleve dans Tile d'Olivolu, a I'extromite 

IV 8 



114 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

deVenise*. Ces simples indications vont permettre d'iden- 
tifier plus precisement cette famille et ses membres, et en 
particulier Tauteur meme du Diario, 

Marco Morosini, ainsi reconnu pour p^re d' Antonio, 
auteur du Diario^ de ser Giusto et d'une fille marite k ser 
Francesco Cornaro, ne parait autre que le propre frtre de 

orientale de la ville, la plus voisine de la haute mer, pr^s de Tan- 
tique si^ge episcopal fond^ au viip si^cle et demeur^ attache, jus- 
qu'a la disparition de TEtat v^nitien, comme ev6che, puis comme 
patriarcat, a la cath^drale historique de San Pietro del Gastello. 
Puis le c sestier di San Marco », au centre, avoisinant la celdbre 
basilique patronale. Enfin le a sestier di Gannaregio p, le plus a 
I'ouest vers la terre fermc italienne. Sur I'autre rive, vers le sud, 
le « sestier di Dorsoduro », dont le nom indique Temergement 
des lies primitives qui le composaient, k Textr^mite orientale dc 
la ville, qui regarde les iles de San Giorgio Maggioreetde la Giu- 
decca. Puis le « sestier di Riaito i , au centre, t^moin subsistant 
do I'ancien groupe des iles f Realtine », archaique noyau de 
Venise, circonscription quelquefois designee sous le nom de San 
Paolo, « sestier di San Paolo », selon Tappellation usuelle du 
vocable de I'eglise, naguere Tune des principales paroisses de 
Venise, qui en occupe le milieu. Enfin le a sestier di Luprio », 
le plus occidental vers Tinterieur des lagunes, portant le nom de 
Tile principale qu'il occupait, circonscription souvent connue, en 
raison du premier sanctuaire, aujourd'hui disparu, qui s'y eleva, 
sous la designation de « sestier di Santa Groce »>. — Ghacun de 
cos six « sestieri i etait a son tour divise en t con trade i , quar- 
tiers correspondant aux paroisses venitiennes d'alors, dont on 
s'accorde generalement a fixer le nombre total a 70. (Sur les « ses- 
tieri a, sur les a contrade », sur lour comparaison avec les paroisses 
anciennes et modernes de Venise, voir Venezia e le sue lagune. 
Venise, 1847, 2 vol. in-l^ [etat ancien et moderne], t. II, part. II, 
p. 3-14 ; Romanin, Sior, di Venezia [etat en 1367], t. Ill, Piece 
just. 5, p. 384-385; Francesco Sansovino, Venezia cittd nohilissima 
ct singular e descriUa in XIII I libri, con aggiunta... d^W anno 1580 
fino at presente 1603, da d. Giustiniano Martinioni. Venise, 1663, 
in-4o [etat aux dates indiquees], liv. I-VI, p. 1-280.) 

1. Sur la f contrada » de Sania Fosca, du « sestier di Ganna- 
re^iu «, voir, ci-Jiprcs, p. 133, n. 6. 



L'AUTEUR. 445 

Micbele Morosini, klevk h la dignity de doge en 1382, k la 
suite des desires de la cinqui^me guerre g^noise, qui 
avail amen^ les galores ennemies jusqu'k Chioggia et dans 
la lagune de Venise. Marco et le doge Micbele auraient deux 
autres fireres, Paolo et Alba do. Leur pdre commun serait 
Marino Morosini ^ Le doge Micbele, comme il est acquis k 
Tbistoire, meurt quelques mois apr^s son 616vation au trone*. 
Marco, mari6, dont la femme ne pent etre designee que par 
son pr^nom de Gaterina, et pere d*une nombreuse descen- 
dance^, avait pour r&idence la « contrada » de Santa Maria 
Formosa^, sur les limites du < sestier y^ de Castello, vers le 
centre meme de Venise*. II exprimait ses derni^res volont^s 
en date du 1*' octobre 1368® et 6tait mort dans les premiers 
mois de Tan 1377^ 

1. Communication de M. Vittorio Lazzarini. — Une etude ant6- 
rieure donnerait a Marco Morosini pour pere, non Marino, mais 
Pietro Morosini. a Antonio Morosini q. Marco q. Pietro. i Indi- 
cation contenue, sans autre r^f^rence, dans le Catalogue des 
manuscrits de Cicogna, publie par Rinaldo Fulin. {Saggio del cata- 
logo dei codici di Emmanuele A, Cicogna, dans Archivio veneto, 
t. IV, 1872, p. 348. Sur cette etude, voir ci-apr6s, Origines et 
diriv6s, p. 173-174.) 

2. Doge du 10 juin au 15 octobre 1382. 

3. Testament de Marco Morosini, !«»• octobre 1368. (Archivio di 
Staio de Venise, Sezione Notarile, notaire Giacomo Gezzo, busta 
562.) — Testament de Galerina, veuve de Marco Morosini, 29 mai 
1377. {Ibid., notaire Marino, cur6 de la paroisse de San Gervasio, 
busta 115.) 

4. Testaments indiques. (Loc. cit,) 

5. La f contrada » de Santa Maria Formosa etait une des douze 
regions generalement comptees du « sestier di Castello ». L'eglise 
paroissiale qui lui donnait son nom, toujours subsistante, erige sa 
croix et son d6me sur la place du mSme nora, presque au centre 
geometrique de la region de Venise situ^e au nord du Grand-Canal. 

6. Testament de Marco Morosini, 1" octobre 1368. {Loc, cit.) 

7. Testament d'Antonio Morosini, l*"^ mars 1377. (Voir, 
ci-apres, p. 116, n. 2.) 



il6 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

De cette union nait Antonio Morosini, le troisiSme fils k 
ce qu'il semble, — ayant des freres ainfe, Lorenzo et 
Giorgio, un fr^re puine, ce Giusto dont 11 parle lui-meme, — 
ayant des soeurs, Marina, Lucia Bianca, Chiara, et Anna, 
marieek ce Francesco Cornaro, avec lequel il a lui-meme 
relev6 sa parent6^ 

Le V^ mars 1377, Antonio Morosini, parvenu k I'Sge 
d'homme, r^digeait et 16galisait ses dernieres volont^s, aux- 
quelles, le 27 mai 1384, il ajoutait quelques codicilles^. 

Ce curieux document 3, dresse par le « piovan* » de la 
paroisse de Santa Maria Formosa, fournit sur la condition 
et le cadre de vie d* Antonio Morosini et de son entourage 
quelques notions qui valent d'etre relevees. 

A cette epoque, la famille de Marco Morosini, dont la 
veuve Caterina survit encore, habite dans la « contrada » 
de Santa Maria Formosa, au centre de Venise, une « posi- 
sion granda^ », residence* qui semble appartenir par par- 

i. Communication de M. Vittorio Lazzarini. — Testaments 
indiques. {Loc. at.) 

2. « Testamento de mie Antuonio Morexini condam miser Mar- 
cho de la choiitrada de Sancta Maria Formoxa de Veniexia », 
\^^ mars 1377, avec codicille du 27 mai 1384. (Arch, di Slato de 
Venise, Sez. Not., notaire Giacomo Gezzo, busta 562.) — Le texte 
integral de cet interessant document, obligeamment indique, ainsi 
que Tanalyse des autres testaments ici mentionnes, par M. Vitto- 
rio Lazzarini, est donne ci-apres, Appondice IX. 

3. Pour les ronseignements qui suivent, voir, sauf indication 
contraire, le texte du testament d 'Antonio Morosini. 

4. Sur les « piovani », Galliciolli, Dellc memorie venele antiche. 
Venise, 1795, 8 vol. in-8<> : liv. II, ch. v, § 3-5, t. Ill, p. 120-148, 
et ch. XI, § 6, t. IV, p. 242-351. 

5. « ... La nostra posision granda mesa in Sancta Maria For- 
moxa... i) — Testament d' Antonio Morosini. [Loc. cit.) 

i\. La residence historique bien counue, designee sous le nom 
do Palazzo Morosini, qui s'eleve sur le « campo » du m^me nom, 



L'AUTEUR. 117 

ties ^gales k cbacun de ses flls ou k leurs repr^sentants. Du 
moins Antonio, par ses dernieres volontes, legue-t-il k sa 
mfere, avec les actes et titres s'y referant, sa part de pro- 
priety de cette habitation. Caterina possede une esclave^ 
objet de legs, qui porte le nom de sa maitresse, indice vrai- 
semblable de bapteme domestique confer^ k quelque orien- 
tale. Un autre esdave, Domenico, appartient en propre k 
Antonio, qui s'occupe avec sollicitude d'assurer son sort et 
sa liberte finale*. Une servante de condition libre, -objet de 

dans le voisinage du Grand-Canal, a Textrtoite sud du f ses- 
tiere » de Saint-Marc, ne pr^sente aucun rapport avec Thabitation 
dont il est ici question. Le Palazzo Morosini, dont les parties les 
plus anciennes actuellement subsistantes ne semblent pas ante- 
rieures a la fin du xv^ siecle, considerablement augmente au 
xvii« siecle, lors de sa jonction a I'edifice voisin du Palazzo Priuli, 
enfin remanie a la fin du xyiii<^ siecle, appartint a Tascendance et 
a la posterite du grand doge Francesco Morosini, morl en 1694. 
Sa derniere heritiere directe fut Elisabetta Morosini, mariee au 
comte Anton von Gatterburg, dec^dee en 1836, laissant pour fille 
unique la comtesse Loredana von Galterburg-Morosini, decedee 
sans alliance en 18S4, apres une longue vie consacree au culte des 
souvenirs dont elle maintenait la tradition. Le Palazzo Morosini 
actuel, transforme et modifie comme appropriation, a perdu son 
caractere historique. Ses archives et ses collections, dispers^es, 
figurent actuellement, en majeure partie, dans les grands depdts 
publics de Venise. 

1. L'esclavage, alimente en grande partie par le march6 genois 
de Caffa et le marche venitien de la Tana, et sur lequel maint pas- 
sage du Diario, detaillant le fret de retour de navires revenant 
d'Orient, fournit de curieux renseignements, florissait a Venise de 
tout temps et s'y maintint jusqu'a une epoque relativement 
recente. « Teste », des t6tes [d'esclave], tel est Teuphemisme 
generalement employe au cours de la redaction du Diario pour 
designer ce genre de fructueuse cargaison. (Voir Heyd, Gesch. des 
LevantehandelSj ed. frangaise Furcy Raynaud, t. II, p. 555-563.) 

2. Les legs et les conditions d'affranchissement qui ressortent 
de ce testament concernant cos deux esclaves font voir quel tem- 



118 tiTUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

legs, est afiect^ au service general. Dans la maison vivent 
une « doDa Caterina More », ^galement objet de legs, puis 
la veuve d*un certain < maistro Piero Scholer ». 

Personnellement, Antonio Morosini possMe un avoir 6va- 
lu^ k quinze cents ducats d*or, sans compter son quart de 
propriete de Thabitation commune. Ses meubles et objets k 
son usage personnel peuvent, k son estime, representer deux 
cents ducats d'or, comprenant des pieces de mobilier, des 
vetements, ^toffes, tentures, de Targenterie, des porcelaines, 
des arraes et deslivres. De ses dispositions dernieres, on pent 
deduire qu'il appartenait au tiers ordre de Saint-Dominique, 
gravitant a Venise autour du convent de San Giovanni e 
Paolo*, et aussi k la confrerie des Penitents de Santa Maria 
della Misericordia*. D'autres dispositions font voir qu'il 
devait professer une devotion particuliere k saint Gregoire' et 



perament les mceurs apportaient a cette vivace et inderacinable 
institution. 

\. « Laso al chovento di Frary Predichadory de San Zan e Polo 
e per Tabito de San Domenego in lo qual voio eservestido ducati 
quaranta d'oro. i (Testament d'Antonio Morosini, loc. cit.) — San 
Giovanni e Paolo (San Zan e Polo, selon le dialecte venitien, San 
Zanipolo, selon la designation famili^re courante), eglise conven- 
tuelle des Freres Prficheurs, dans le voisinage de la « contrada » 
de Santa Maria Formosa, le plus vaste edifice religieux de Venise 
apres Saint-Marc. 

2. t Laso a la schuola di Batudy de Sancta Maria de la Mixi- 
richordia, de la qual io sum, ducati quaranta d*oro, e con Tabito 
voio eser portado. » (Testament d'Antonio Morosini, loc. cit.) — 
Santa Maria della Misericordia, eglise alTectee a la confrerie du 
meme nom, Tune des six grandes confreries, des six « scuole grandi i 
de Venise, plus eloignee de la « contrada » de Santa Maria For- 
mosa, toujours subsistanto a la lisiere septentrionale de Venise. 

3. « Laso a frar Marim, de Tordene de San Zan e Polo, ducati 
ciuque d'oro... e die per amor de Dio el diga tute le mese de san 
Griguo! per mi... » 'Testament dWntonio Morosini, loc. cit.) 



L'AUTEUR. H9 

faire partie de diverses associations de bieofiaisance^ Sur les 
1,500 ducats de sa fortune personnelle, son testament, les 
droits ecclesiastiques preleves, en repartit 570 entre diverses 
fondations pieuses, legs k cinq convents d*hommes, k quatre 
convents de femmes, k divers religieux nommement desi- 
gn^, dotations de filles pauvres, secours k des veuves, libe- 
ration de prisonniers, aum6nes aux pauvres de la paroisse de 
Santa Maria Formosa ou k ceux des quartiers les plus desheri- 
tes de Venise et des iles environnantes, la Giudecca, Murano, 
Mazzorbo, Torcello. Le reste de son avoir, soit 930 ducats, 
est ainsi partage : k sa m^re, k chacun de ses deux freres 
survivants, Giorgio et Giusto, k chacune de ses quatre 
soeurs, cent ducats chacun; k ses neveux et nieces, au 
nombre de six, quarante ducats environ chacun ; k difife- 
rents Camiliers de la maison ou personnages de service, 
divers legs. Ainsi se repartit sa fortune*. 

Telles sont les indications qu'on pent grouper sur Ten- 
tourage et la personne d'Antonio Morosini vers la fin du 
xrv' siecle. Cette restitution du cadre de vie d'une famille 
venitienne, nombreuse et unie par les liens les plus intimes, 
vivant en sorte de conmiunaute aflfectueuse, ne laisse pas 
de presenter, malgre ses lacunes, une sorte d'interet atta- 
chant qui s* impose et qui fixe Tattention. 

Ainsi parvenu k Tage d'homme et disposautde lui-meme, 
il semble avere qu' Antonio Morosini entre au Grand 



1. f Laso a la schuola de le donzele vergenc de Sancta Agniexe, 
de la qua! io sum, ducati vinti d'oro... » (Testament d'Antonio 
Morosini, loc. cit.) — Sant' Agnese, anciennc eglise paroissiale 
du district de Dorsoduro, toujours subsistante vers la lisiere m^ri- 
dionale de Venise. 

2. Renseignements tires du textc du testament d'Antonio 
Morosini. 



420 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

Conseil de TEtat de Venise en 1388, le 4 decembre*, jour de 
la Sainte-Barbe, d'une fagon qui fait supposer qu'il compte- 
rait alors entre vingt et vingt-cinq ans. Mari6 k Sofia de' 
Garzoni, fille de ser Bandino de' Garzoni^, on le trouve, 
vers cette epoque, deflnitivement lance dans la vie telle que 
pouvait la mener un noble veuitien de son age, de sa classe 
et de ses aptitudes^. 

Les elements de connaissance actuellement divulgues ne 
permettent guere d'inscrire dans Fhistoire de sa vie qu'un 
seul fait, mais d'une capitale importance en ce qui concerne 
son role d'historien. En 1418, un arret du Conseil des Dix 
enjoint k Antonio Morosini de remettre aux redoutables 
« Capi dei Dieci », aux trois chefs des Dix charges de la 
direction de ce sinistre et legendaire tribunal, deux chro- 
niques composees par lui, reputees contenir certains pas- 
sages dangereux pour la surete de TEtat. Peu apres, Texa- 
men de cette inquiete et soupgonneuse censure ayant justifle 
ces appreciations, un autre arret ordonnait la destruction 
deces ouvrages''*. 

1. Indication conteniie, .sans autre reference, dans le Catalogue 
des manuscrits de Gicogna, publie par Rinaldo Fulin. {Saggio del 
catal. dei cod. di Emmanuele A. Cicogna, daQSi4r<;/t. ven., t. IV, 1872, 
p. 348. Sur cette etude, voir ci-apres, Origines et d^rMs, p. 173-174.) 

2. Testament de Sofia, filie de ser Bandino de' Garzoni, epouse 
d'Antonio Morosini, tils de ser Marco, de la « contrada a de Santa 
Maria Formosa. (Arch, di Stato de Venise, Sez. Not., notaire 
Antonio Bordo.) 

3. Voir ce qui suit. 

\. Aixh. di Slato de Venise, Cons, dei X, Misti, reg. 0, fol. 184, 
et rubrique du fol. 187, lequel est en delicit. Cette importante 
indication est tirc'^e de la reconte et lumineuse etude de M. Vitto- 
rio Lazzarini sur la critique des st)urces de I'histoire de la conju- 
ration du do.i^'e Marino Kalioro ( 1354-1 3r»5i. (Marino Falioro, la 
Congiura, dans Nuovo Arch, ven., i. XIII, 1897, p. 5-'!n7 el 277- 
374. Sur le point on question, voir le chapitre Fonti, p. 12-13.) 



L'AUTEUR. 121 

Faut-il croire que recrivain, qui se trouvait I'objet de 
cette rigoureuse mesure, trop heureux encore d'6chapper 
ainsi k toute autre repression personnelle, avail soigneuse- 
ment conserve quelque copie secrete de ces precieux docu- 
ments? Faut-il alors supposer que Tauteur, k Taide de cette 
copie, aurait restitue dans son 6tat primitif Toeuvre telle 
qu*elle se prAsente aujourd'hui? Faut-il au contraire 
admettre que cette destruction repr6sente la cause occulte 
des incoherences et des d^fauts de liaison qu*on a pu cons- 
tater dans la derni^re section de la Chronique redigee, 
telle qu'elle se comporte actuellement, entre 1388 et 1404? 
Faut-il alors supposer que cette partie, si singulierement 
compost, repr^sente I'equivalent d'un Diario remontant 
plus haut que 1404, dont la restitution integrale, k tant 
d'annees de distance, serait devenue impossible? Ce sont 
hypotheses qui ne peuvent etre encore serieusement discu- 
t^es, mais qui donnerontpeut-etre lieu, quelque jour, k une 
curieuse solution ^ 

Toujours est-il que le manuscrit original de Toeuvre, tel 
qu'il se pr&ente aujourd'hui, offre une longue partie visi- 
blement transcrite d'un seul jet, ainsi qu'il a ete etabU, cou- 
rant du debut de Touvrage jusqu'en Tan 1413-1414, jus- 
qu'en un terme qui coincide avec une demarcation historique 
nettement marquee, k savoir la fin du principal du doge 
Michele Steno'-. 

Particularite qui concorderait assez avec I'hypothese 
d'une destruction premiere de Toeuvre primitive, reparee et 
restauree depuis, plusou moins completement, k Taided'une 
copie dissimulee et heureusement preservee. 

En tout cas, quelque parti qu'il ait pu adopter pour rem- 

1. Voir, ci-dessus, VOEuvre. 

2. Voir, ci-dessus, Ic Manuscrit. 



122 ETUDE SUR ANTONIO HOROSINI. 

placer ou recommencer I'ouyrage ainsi d^truit en 1418, les 
decisions du tribunal secret, opprobre de roligarchie veni- 
tienne, ne semblent guere avoir intimid^ Antonio Morosini, 
puisque son Diario se continue sans interruption depuis, au 
jour le jour, de longues annees durant, trac6 de sa main 
meme sur le papier, comme le prouve tel passage caract^ 
ristique, mettant, comme il a ete etabli, le fait hors de caused 
De la lecture minutieuse du Diario, on pent glaner 
encore quelques menus evenements personnels. Le 13-14 Jan- 
vier 1430, il se met en scene, se designant simplement lui- 
meme, en parlant de son petit-neveu, fils de Donato Ck)rner, 
k propos d'un sinistre eprouve par un navire ayant naguere 
appartenu k celui-ci*. II fait savoir, entre le 26 avril et le 
2 juin 1430, qu'il prend lui-memeconnaissance, aveclatris- 
tesse que Tevenement comporte, du recitdusacde Salonique 
par les Turcs^ evenement qui parait etre survenu le mercredi 
29 mars precedents Le 27 Janvier 1432, il se designe encore 
simplement, en parlant de ses neveux Benedetto et Lorenzo 
Morosini, fils de son frere Giusto, k propos des nouvelles 
d'Orient donnees par le second au premier^. II fait savoir 
que, le 2 juillet 1433, jour de la Visitation, se rendant en 
visite pieuse au lieu saint de * Sant' Elisabeta in Mon- 
tarea^ », se trouvant dans le voisinage de TArsenal, pres 

1. Voir, ci-dessus, le Manuscrit, VOEuvre. Gf. le passage cite au 
debut de ce present chapitre, p. i03, au cours de Tannee 1430 : 
« E io Ant® Mo o vezudo e scrivo de mia man cusy sia la veri- 
tade. » [Diario, entre 26 avril et 2 juin 1430, fol. 520 b. Voir 
Appendice VIII, b.) 

2. Diario, 13-14 Janvier 1430, fol. 515 b. Voir Appendice VIII, a. 

3. Diario, entre 26 avril Pt 2 juin 1430, fol. 520b. Voir Appen- 
dice VIII, B. 

4. Sur cet evenement, voir Appendice VIII, b. 

5. Diario, 27 Janvier 1432, fol. 566 a. Voir Appendice VIII, r. 

6. Lieu ot sanctuaire qui n'ont pu ^tre identifies. 





w 

L'AUTEUR. i23 

de I'eglise de Santa Maria della CelestiaS et r^fugie dans 
r^glise de Santa Trinitk^, le matin, avant neuf heures, il 
assista & un terrible orage an cours duquel la foudre incen- 
dia plusieurs monuments de Yenisei. Le 10 juiUet suivant, 
il dit avoir eu en mains des d^peches de n^gociants veni- 
tiens provenant de la cote d'lllyrie, de Pola, concernant les 
convois, 4c voyages de marchandises » d'Egypte et de 
Syria, dont la cargaison s'^levait cette annee k la somme 
enorme d'un million de ducats d'or^ 

Toutes ces mentions, ou peut se reconnaitre et s'avouer 
la personnalit^ de Tauteur, da tent, comme on s'en rend 
compte, d'6poques posterieures k Tan 1430. Le fait doit-il 
s'interpreter en ce sens que, vers cette date seuleraent, Tar- 
ret rendu douze ans plus t6t, en 1418, contre les oeuvres de 
Morosini, avait vu s'attenuer son caractere menagant ou 
s*6tait trouv6 annule par quelqueautorisation taciteou offi- 
cieuse? Doit-on supposer que, jusque-lk, Antonio Morosini 
avait craint de se mettre en scene et de se proclamer luim&rae 
auteur d'ecrits susceptibles de soupgon et capables d'en- 
trainer dans les plus graves dangers Tecrivain responsable? 
En tout cas, le fait de Tapparition tardive de ces sortes de 
mentions doit etre constate comme evident, avec ces deduc- 

i. Santa Maria della Gelestia (la Gelcstia, la Geleslria, selon la 
designation familiere courante), — Sainte-Marie-de-rAssomption, 
— eglise d'un convent de Benedictines situee vers Tangle de TAr- 
senal, a la lisi^re nord de Venise, oil son haut clocher dominait le 
bord de la lagune, — batiments actuellement englobes dans Ics 
constructions de I'Arsenal, oil le nom d'une place en conserve 
encore le nom. 

2. Santa Trinita, ancienne eglise paroissiale du « sestier di Gas- 
tello », le long de TArsenal, aujourd'hui disparue. 

3. Diario, 2 juillet 1433, fol. 603 a. Voir Appendice VIII, d. 

4. Dian'o, U) juillet 1433, fol. 604 a. Vuir Appendice VIII, e. 



124 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

tions possibles, que cette presente etude peut seulement sug- 
gerer sans essayer de les approfondir * . 

Ces details personnels k part, T^tude de Toeuvre prise en 
elle-meme, Texamen des caracteres et des tendances qui s'y 
revelent pourraient peut-etre permettre d'ajouter k ces 
courts renseigneraents quelques notions vraisemblables sur 
la carriere de Tecrivain. 

L'histoire et la tradition venitiennes n'ont conserve aucune 
trace de hautes charges quelconques remplies par Antonio 
Morosini. Ni dans la diploraatie, ni dans les rouages mul- 
tiples de Tadministration int^rieure, il ne parait avoir ete 
revetu de fonctions propres k mettre sa personnalit6 en 
relief. 

Pieux et menant une vie pen^tree d'habitudes religieuses, 
le fait est suflSsamment prouve par les dispositions de son 
testament, ou se traduit un sentiment si vif et si minutieux 
de ses destinees futures, et ou se revile son agregation au 
tiers ordre de Saint-Dominique. De nombreux passages du 
Diario, citations de livres saints, appreciations empreintes 
d'une piete formelle, viennent corroborer cette impression*. 
Melange singulier d'esprit de lucre et de devotion, le retour 
periodique de certaines formules du Diario, appelant les 
benedictions divines sur les trafics du negoce venitien, sont 
en ce sens des plus caracteristiques k relever^. Mais le sup- 

\. Date de la premiere mention de ce genre ayant pu etre rele- 
vee : 14 Janvier 1430. — Date de la derniere : 10 juillet 1483. 

2. Entre aiitres : Discours du doge Michele Steno aux deputes 
de la citede Verone, 3 juillet 1405. (Diario, fol. 178 a.) — Discours 
d*un des deputes de la cite do Padoue au doge Michele Steno, 
3 decembre 1105. (Diario, fol. 191 b.) — Discours d'un des depu- 
tes de la cite de Zara au docje Michele Steno, aout 1409. \ Diario, 
fol. 21(3 B.) — Reponse du doge, m^me date. {Diario, ibid.) 

3. Consultor, sous ce rapport, los oxtraits compris dans cette 



L'AUTEUR. 125 

poser homme d*^glise et engage dans la carridre eccl&ias- 
tique est une hypoth^se k repousser foncierement. 

Homme de guerre, Antonio Morosini ne Test pas davan- 
tage. Parmi les citoyens de Venise, du reste, il n'en surgis- 
sait pas. Pour le metier des armes, objet secret de sa peur 
et de son envie, TEtat venitien poss^ait ses entrepreneurs 
militaires, qui fournissaient le commandement et les bommes, 
avec la ^ictoire quelquefois, par surcroit, si Taflfaire valait de 
vaincre. Dans le cours du xv® siecle, Strangers k la Repu- 
blique sont tous les « capitaines generaux », qui recrutent 
k leur compte mercenaires et cbefs de compagnie, bommes 
de « condotta » et « condottieri », qui fondent la puissance 
de Venise sur le continent italien : Galeazzo de Mantoue, 
contre la maison de Carrare, en 1404 et 1405, Taddeo dal 
Verme, Carlo Mala testa, Filippo Arcelli, employes succes- 
sivement en Frioul contre Sigismond, en 1411-1413 et en 
1419-1420, le tout-puissant Carmagnola contre Milan, 
de 1426 k 1432, puis, apres lui, contre Milan toujours, 
jusqu'k la pacification de I'ltalie en 1454, Francesco 
Gonzaga, Erasrao Gattamelata, Francesco Sforza, leur 
futur maitre k tous, Micheletto Attendolo, Gentile da Leo- 
nessa, Giacorao Piccinino, en evoquant seulement, pour 
les ans qui suivent, la symbolique figure de Bartolommeo 
Colleoni, dont la grandiose eflSgie, toujours debout k Venise, 
represente avec un si menagant et si hautain relief le plus 
caracteristique reflet d'un pays et d'un temps. Depuis le 
debut du siecle, depuis revolution niilitaire accentuee par le 
choc de Casalecchio, par le desastre de Florence et de ses 

edition, relatifs a Tarmement et aux incidents de route des convois 
annuels de Venise a destination de Flandre et d'Anglcterre, du 
debut du Diario, en l''»04, jusqu'a sa derniere annee conservee, 
eu 1433. 



126 l^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

mercenaires etrangers devant les bandes italiennes de 
GiaDgaleazzo Yisconti, depuis la fin du r^ne des Grandes 
Compagnies d'au delk des moats S gasconnes^, aDglaises^, 
allemandes^ou bretoaoes^, seules maitresses jasqu'alors des 
d^chirements de Tltalie, remplac^ depuis par la g^o^ra- 
tion nationale des ^l^ves et des successeurs du grand Albe- 
rico da Barbiano^, Italiens exclusivement sent les chefs de 
troupe, les < condottieri >, qui font besogne d*armes sur le 
sol de la Peninsule, Italiens aussi, pour la plupart, les gens 
du metier, les bommesde la < condotta », qu'ils embauchent 
pour chaque campagne k mener, entreprise de guerre diri- 
gee comme une entreprise d'affaires. Mais, dans ces armees 
commerciales que suscite, rassemble et soudoie Tor de 
Venise, il ne se rencontre pas de Venitiens. 

G'est la mer qui les veut, cr^atrice de Venise, sa raison 
d'etre et sa fin, c'est la mer qui les appelle et les absorbe, qui 
garde ceux d'entre eux en quete de bruit d'armes ou de for- 
tune, d'honneurs ou de dangers. 

1. Ercole Ricotti, Storia delle compagnie di ventura in lUilia. 
Turin, 1845, 4 vol. in-8o. 

2. Durrieu, les Gascons en Italie : part. II, la Mori du comteJean III 
d'Armagnac ; part. Ill, Bernardon de la Salle; part. IV, Bernardon 
de Serres. 

3. G. Temple-Leader et G. Marcotti, Giovanni Acuto (sir John 
Hawkwood), Storia d'un condottiere, Florence, 1889, 1 vol. in-S*. 

4. Jul. Waschow, Herzog Otto von Braunschweig , FUrst von 
Tareni. Breslau, 1874, 111-8°. 

5. Leon Mirot, Silvcstre Budes et les Bretons en Italie, dans Bibl. 
de Vilcole des chartes, t. LVUI, 1897, p. 579-614; t. LIX, 1898, 
p. 262-303. 

6. Sur cette transformation de la guerre en Italio, voir T^tude 
consacree par M. Durrieu a Bernardon de Serres, le dernier 
etranger investi de la charge de « capitaine general » de la 
Republiquc florentine, vaincu a Gasalecchio, le 26 juin 1402, 
par la pleiade des grands « conduiseurs » italiens. (Durrieu, tes 
Gascona ol Italic, part. TV, Bernardon de Serres, p. 213.) 



L'AUTEUR. 127 

En parcourant Toeuvred' Antonio Morosini, soit la Chro^ 
nique composee, soit le Diario, on est immMiatement 
frapp^ d'un fait, la fr^uence et Timportance des mentions 
qu'il consacre aux ^v^nements maritimes, faits de com- 
merce, incidents de navigation, 6y^nements de course et de 
guerre. 

Dans la Ch7*onique compos6e, k mesure qu'elle progresse 
vers une ^poque contemporaine du redacteur, jusqu'k son 
point d'arret en 1404, cette disposition est dejk visible. Les 
ev^nements des deux guerres g^noises, dites de Caffa et de 
Cbioggia, ou se dispute, de 1350 k 1355, la domination 
de la mer Noire, puis, de 1378 k 1381, Texistence meme 
de Venise, sont Tobjet de developpements particuliers^ 
Quant au rteit de la campagne de 1403 dans les mers du 
Levant, ou I'escadre de Genes frangaise, sous le commande- 
ment de Boucicaut, se trouve jouer un role si menagant 
pour les interets v6nitiens, Episode qui represente un des 
premiers fragments de cette Edition, la lecture du texte qui 
lui est consacre pourra aisement faire apprecier son exten- 
sion et sa valeur bistorique^. 

Des que s'ouvre le Diario, des qu* Antonio Morosini, 
depuis le cours de Tan 1404, aborde la notation continue 
des ev^nements, cette preoccupation s'accentue de plus en 
plus. 

Les grandes luttes navales avec Genes sont terminees, 
depuis que Venise, par la paix de Turin en 1381, a sauve 
son existence des desastres de la guerre de Cbioggia. A part 
les hostilites maritimes de 1416 contre la puissance ottoraane, 
k part quelques operations dirigees contre les possessions 
genoises d'Orient, pendant les diverses reprises des guerres 

1. Ci-dessus, I'OEuvre. 

2. Extraits publies, L. I, p. 24-177. 



428 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

milanaises ouvertes depuis 1426, en raison de la suj^tioQ de 
Genes k Milan, le Diario n'a guere k enregistrer de cam- 
pagnes de mer r^gulieres et classiques. Depuis le choc de 
Modon, Episode le plus saillant de la campagne de 1403, la 
bataille navale de Gallipoli, gagn^ sur la flotte ottomane 
en 1416, represente la seule action en r^gle qu'il ait k rela- 
ter au compte de Yenisei 

Mais, si Tage hSro'ique des grands chocs maritimes semble 
passe, Tactivite commerciale de Venise subsiste tout entiere, 
et I'etude du Diario vient de permettre, dans le chapitre 
qui precede, d'etablir Tattention singuliere avec laquelle 
Antonio Morosini en a note les d^velopperaents quotidiens. 
En essayant d'analyser les caracteres les plus essentiels du 
Diario^ on reconnait k chaque pas toute Texactitude, toute 
la regularite avec laquelle Tauteur note les moindres details 
du fonctionnement du conamerce maritime de Venise, soit 
des convois oflBciels, soit des armements priv^s, le soin qu'il 
met k suivre chaque traversee, ses risques et ses dangers, k 
enregistrer les nouvelles qui en parviennent k Venise par 
toutes les voies, et surtout I'emotion qu'il trahit k relater les 
faits de course, attaques de corsaires de Biscaye ou de Cata- 
logue, Barbaresques ou Genois, intarissables rteits de sur- 
prises, de chasses au large, de combats et d'abordages, 
jusqu'k presenter ainsi, sans s'eu douter, les elements d'un 
des plus curieux chapitres d'histoire maritime, commerciale, 
guerriere et aventureuse'. A la lecture de ces mentions 
repetees, si frequeiites et si coraplaisamment retracees, on 
sent tout rinteret qu'ont pour Tauteur les evenements de cet 
ordre, qu'une certaiue conception de Thistoire pourrait 

1. Diario. ad diem 30 juin 1416, tbl. 315 a a 319 a. Gf., ci-dessus, 
I'OEuvrc, p. 7i, n. I. 

2. Extraits puhlies, 1404-1433, t. I a III, passim. 



L'AUTBUR. 129 

consid^rer comme accessoires, mais qui trabissent au fond 
la vie meme et les preoccupations les plus intimes d'une 
nation, et qui, ainsi qu'on le permit promptement de la fagon 
la plus nette, prennent pour le r^dacteur du Diario une 
importance toute sp^iale et quasipersonnelle. 

De cette observation primordiale , que la lecture du 
Diario provoque avec une ind^niable intensity, il est assez 
vraisemblable de d^duire qu' Antonio Morosini devait vivre 
au milieu des occupations du commerce maritime, auquel 
s adonnaient alors tant de Y^nitiens de toutes les classes. 
L'existence prouvee d'une grande maison de banque et de 
commerce, florissante k Venise, vers cette meme epoque, 
sous la direction de deux personnages, Albano et Marco 
Morosini, qu il faut reconnaitre pour ses neveux, fils de son 
frere Giorgio, 6tablissement ou il pouvait lui-meme compter 
quelque part d'association, ne pent que fortifier la supposi- 
tion ici 6mise. 

Des documents contemporains ont en effet conserve trace 
de cette entreprise. Dans les derni^res ann6es du xiv® siecle, 
ces deux Morosini, se maintenant dans I'esprit et la tra- 
dition de tant de leurs compatriotes, sont k la tete d*une 
des plus puissantes maisons de commerce et de finance 
venitiennes. lis achetent et vendent k leur corapte, font la 
commission, le change et la banque, possedent une succur- 
sale florissante k Alep, entretiennent des flottes, des agents, 
tout un personnel s6dentaire, voyageant et naviguant, 
couvrent TOrient de leurs comptoirs et lancent leurs navires 
marchands sur toutes les mers^ 

1. Cette restitution peut se retracer d'apres un registre des 
archives commerciales d'une maison simiiaire, dirigee par des per- 
sonnages appartenant a la t casa » Gornaro, registre heureu semen t 
conserve. (Coll. Gicogna, ms. 1232, au Museo (Jivico do Venise, 
IV li 



430 fiTUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

Uae grande maisoa commerciale itaUenne, k cette 6poque, 
ayant des int^rets sur toute la surGace trafiquante du globe, 
informee, par necessity profession nelle, de tous les ^v6ne- 
ments exterieurs surYeoant entre TAngleterre et la Tartarie, 
se trouvait repr^senter un point d*aboutissement naturel de 
toutes les nouvelles, de tous les 6chos et de tous les bruits, 
officials ou priv^s, r6els ou fantaisistes, courant les capi- 
tales, les milieux de n^oce, les ports et les foules. Ainsi 
s'explique aisement Tabondance et la pr^ision des rensei- 
gnements not^s par Antonio Morosini, qui recueille, note 
et redige, k mesure qu'elle parvient k Venise, toute nouvelle 
importante survenant de tout point de FEurope ou de 
r Orient. 

ms. analyse par Romanin, Stor. di Venezia, t. Ill, p. 341-342.) — 
Ges prdnoms d'Albano et de Marco se trouvent portes, deux genera- 
tions plus t6t, par Marco, p^re d' Antonio Morosini, et par Albano, 
Tun de ses oncles. (Communication de M. Vittorio Lazzarini. Voir 
ci-dessus, p. 115.) Ge Marco Morosini etaitmort avant 1377. (Tes- 
tament d'Antonio Morosini, son fils, l**" mars 1377, loc. dt, Testa- 
ment deCaterina, sa veuve, 29 mai 1377, loc. cit.) On rencontre 
ensuiteces mdmes prenoms, deux generations plus tard, portes par 
deux des fils de Giorgio, fr^re d Antonio Morosini. (Testament d'An- 
tonio Morosini, loc. cit. Voir mSme note, ci-dessous.) — Le manus- 
crit cite ici specific a Albano et a Marco Morosini, patrons de la 
maison de commerce en question, un oncle du nom de Giusto, 
int6resse dans les afifaires de la maison. (Voir Romanin, Stor. 
di Venezia, t. Ill, p. 341-342.) II permet ainsi de les identifier 
avec les fils de Giorgio, frere, comme il a ete etabli, de Giusto et 
d'x\ntonio Morosini. (Testament de Marco Morosini, l®' octobre 
1368, loc. cit. Testament d'Antonio Morosini, 1" mars 1377, loc. 
cit. Voir, ci-dessus, p. 116.) Giorgio et Giusto semblent respecti- 
vement les fr^res aine et puine d'Antonio. (Communication de 
M. Vittorio Lazzarini. Gf. Testaments indiques, loc. cit. Voir, 
ci-dpssus, p. H6.) En 1377, Albano et Marco n'avaient pas encore 
dix-huit ans et avaient tous deux un frere ain^, Pietro, qui, lui- 
m6me, n'avait pas encore atteint cet age. (Testament d'Antonio 
Morosini, 1«»* mars 1377, loc. cit.) 



LAUTBUR. 134 

Destin^ k ces grands maniements d'entreprise, un Y^ni- 
tien de marque etait necessairemeDt appele k passer une 
partie de sa jetmesse k la mer ou dans quelque comptoir 
^tabli k r6tranger. Cette regie presque g6n6rale, appuy6e 
par la lecture du Diario, rendrait difScile k admettre 
qu' Antonio Morosini ne se f&t pas, k une ^poque quelconque 
de sa vie, conform^ tout naturellement k cette tradition 
rigoureuse. La connaissance tr^ approfondie des termes de 
la technique maritime, si nettement reconnaissable en maint 
passage du Diario, son experience visible des manoeuvres 
de route, de la vie de mer et de son impr^vu, sa tranquille 
acceptation des ^v^nements amenes par le jeu de forces 
naturelles superieures k Tintelligence et k la volonte 
humaines, tendraient visiblement k prouver qu'il avait, lui 
aussi, en son temps, pratique pour son compte la mer et sa 
fortune, avec ses hasards, ses perils et ses jouissances, ses 
coups de chance et Tattrait poignant de ses dangers. 

Le fait reconnaissable, 6tabli par Texamen de I'oeuvre, k 
savoir que le Diario, k partir du courant de Tan 1404, 
tient regulierement note de tous les evenements survenant 
quotidiennement k Venise, ainsi que des nouvelles y parve- 
nant, pourrait porter k supposer qu' Antonio Morosini, au 
moins depuis cette date, ayant acheve ses peregrinations 
lointaines, a constamment habite Venise, ou les mesures dont 
ses ecrits furent Tobjet en 1418 indiquent certainement sa 
presence k cette derni^re date. 

Telles sont, semble-t-il, les notions que peut suggerer la 
tendance generale de roeuvre d' Antonio Morosini sur sa 
personne et sur son cadre de vie. 

De sa femme, Sofia de' Garzoni, fiUe de ser Bandino de' 
Garzuiii, il ne semble pas avoir laisse de posterite*. Vers 

1. Cf. les passages suivants : « hem voio die piaquando a Dio 



132 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

ses derni^res annees, oo le Toit, d*apr^s certains passages 
du DiariOy s'intiresser avec sollicitude k ses neveux. Sur 
ses freres et soeurs et leur descendance, quelques passages 
du Diario et quelques 616ments d'autre origine, tous con- 
cordant exactement, permettent de fixer quelques renseigne- 
ments. D'aucun autre des trfes nombreux Morosini qu'il 
mentionne au cours du Diario ^ il ne parle comme lui tenant, 
par les liens du sang, k un degr6 quelconque. 

L'aine des freres, Lorenzo, etait mort au moment ou tes- 
tait leur p^re commun, Marco, k la date du 1*"^ octobre 
1368, laissant un fils, Andriolo, nomme dans le testament 
d'Antonio en 1377*. Giorgio, son ami, et Giusto, son cadet, 
laissent chacun des fils. Piero, Albano et Marco, fils de Gior- 
gio, sont nommes dans le testament de leur oncle Antonio* : 
Albano et Marco Morosini sont les chefs de la maison de com- 
merce venitienne dont Texistence et le fonctionnement vien- 
nent d'etre suffisararaent retraces^. Benedetto et Lorenzo, 
fils de Giusto ^ sont cites k diverses reprises par leur oncle 
Antonio au cours du Diario. A la fin de 1431 et au 
commencement de 1432, Benedetto residait k Venise; 
Lorenzo coramandait un navire de guerre, galere ou galiote, 
recemment arme dans la possession venitienne deCoron, sur 
la cote de Moree, et faisant partie de Tescadre que la Repu- 
blique employait, au cours de la troisieme guerre milanaise, 

io aveso fioly... » — « ... E se fioly io avese... » (Testament d'An- 
tonio Morosini, 1" mars 1377; Godicille, 27 mai 1384, loc. cit.) 

\. Testament de Marco Morosini, l*"* octobre 1368. {Loc. cit.) — 
Testament d'Antonio Morosini, l*"* mars 1377. (Loc. cit.) 

2. Testament d'Antonio Morosini, I"*" mars 1377. (Loc. cit.) 

3. Voir, ci-dessus, p. 129-130. 

4. Testament de Giusto Morosini, 12 aoilt 1401. {Arch, di Stato 
de Venise, Sez. Not., notaire Marco de Rafanelli, protocol Io, 
fuL 125.) En concordance avec le Diario, passa^'e cite dans la 
iiitLr suivante. 



L'AUTEUR. 433 

h I'attaque de Chio, possession de Genes, alli^ de Milan. Le 
27 Janvier, le 13 et le 18 fevrier 1432, leur oncle les nomme 
Tun et I'autre, en r^sumant les nouvelles de Lorenzo, qui, k 
cette date, arrivent d'Orient k son fr^re Benedetto ^ 

Des soBurs, Tune, Marina, 6tait d^ 1368 religieuse k San 
Lorenzo*, en un convent de B6n6dictines de Venise''. Deux 
autres, Lucia Bianca et Chiara, cette derniere morte avant 
1384, epousent deuxMorosini d'autres branches, Benedetto, 
appartenant aussi k la « contrada » de Santa Maria For- 
mosa, mort avant 1377, et Roberto^. Enfin, la derniere, 
Anna, epouse en 1377 ou 1378 Francesco Cornaro^, des 
Cornaro de la < contrada > de Santa Fosca, au < sestier di 
Gannaregio® >. De cette derniere union est n6 Dona to Cor- 
naro, dont on trouve en 1430 ua fils adonne au commerce, 



1. Diario, 27 Janvier, 13 fevrier, 18 fevrier 1432, fol. 566 a, 567 a, 
567 b, 568 a. La relation de parente n'est indiquee que dans le pre- 
mier passage. Voir Appendice VIII, c. Sur cette attaque de Ohio : 
Giovanni Stella, Cont. Annates Genuenses, ap. Muratori, Rer, itaL 
script., t, XVII, col. 1307-1308. Gf. Diario, 23, 27 Janvier, 13, 18, 
19 fevrier 1432, fol. 565 a a 568 b. 

2. Testament de Marco Morosini, 1" octobre 1308. (Loc. cit.) 

3. San Lorenzo, convent de Benedictines, eglise conventuelle 
loujours subsistaute dans le « sestier di Gastello », entre I'Arse- 
nal et Santa Maria Formosa. 

4. Testament d'Antonio Morosini, 1" mars 1377; Godicille, 
27 mai 1384. {Loc. cit.) — Testament de « Lucia dicta Blancha » 
Morosini, veuve de Benedetto Morosini, 20 juillct 1378. {Arch, di 
Stato de Venise, Sez. Not., notaire Antonio Negro, busta 555.) 

5. Testaments indiques. {Loc. cit.) — En concordance avoc le 
Diario, passage cite ci-dessous, p. 134, n. 1. 

6. La a contrada » de Santa Posca etait une dos doiize regions 
generalement complies du « sestier di Cannaregio ». L'ancieniic 
Eglise paroissiale qui lui donnait son nom, toujours subsistante, 
s'eleve pres du rio du m^me nom, compris entre le Grand-Canal 
pt la lagune, dans la partie la plus etroite de Tisthmc ([ui carac- 
terise cette region de Venise. 



134 tiTUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

armant en society pour les ports de S3nrie, d'ou il importait 
des cotons et des sucres. Le 13-14 Janvier 1430, Antonio 
Morosini rapporte avec une certaine Amotion qu'un des 
na vires appartenant nagu^re k son petit- neveu, une < coque » 
qui avait reussi bien des fois avec succ^s le voyage de Syrie, 
tout recemment vendue k une autre maison d'armement, fut 
incendiee par accident dans le port de Yenise, k sa place k 
quai, devant rh6pital des matelots, se trouvant heureuse- 
raent vide de toute cargaison*. Peut-etre ce fils de Donato 
Cornaro appartenait-il k la maison commerciale venitienne, 
classee sous ce nom de Cornaro, et fonctionnant alors c6te k 
cote avec la maison similaire dirigee par Albano et Marco 
Morosini, avec la meme envergure d'affaires et le meme 
esprit d'entreprise*. 

Aucune notion precise ne parait encore acquise sur la fin 
de la vie d'Antonio Morosini. Tout ce qu'il convient de 
remarquer, c'est qu'entre 1430 et 1433, ou il se met per- 
sonnellement en sc^ne, comrae on Ta vu, et se declare ouver- 
tement auteur du DiarHo^, il etait necessairement dans un 
age extremement avance. Redigeant ses dernieres volontes 
en 1377, dans une forme qui implique I'age d'homme maitre 
de son jugement et de ses actes, il devait, vers 1433, terme 
de la partie conservee du Diario^, compter un nombre 
d'annees dejk considerable. Le Diario se poursuit encore, 
comme on Ta vu, sous les memes formes, au moins jusque 
dans le coursdejuin 1434, sans qu'on puisse determiner son 
point d'arnH definitif^. II faut done reconnaitre qu'k cetle 

\. Diario, 13-14 Janvier 1430, fol. 515 b. Voir Appendice VIII, a. 

2. Voir ci-dessus, p. 1^29-130. 

3. Premiere mention, 13-14 Janvier 1430. — Derniere, 10 juillet 
li33. Voir Appendice VIII. 

4. Ci-des8us, I'OEuvrc, 

5. (ii-dessiis, VOEuvre. 



L'AUTEUR. 135 

epoque, daos le cours de I'^t^ de 1434, Antonio Morosini 
continuait, ayec les memes quality d*observation et de fer- 
met6, k noter reguli^rement les ^y^nements que yoyait se 
derouler sa forte et verte vieillesse *. 

C*est dans cet kge ayanc^, notamment, qu*il trouyait en 
lui-meme, assez yiyes et assez fraiches, les sources d'^mo- 
tion qui lui font enregistrer et suiyre, ayec un interet si 
yisible et si soutenu, les faits dont la terre de France deyient 
le theatre entre 1429 et 1431 : Tapparition de la Pucelle, 
son action ^blouissante, les phases successiyes de sa mer- 
yeilleuse carri^re, tout le drame inoui* qui se d^roule dans 
Tattente d'ey^nements mysterieux et surnaturels, recits 
inappr^iables de sinc^ritS historique, dont la presence 
impr6yue dans le corps du Diario a justement attire sur lui 
Tattention des chercheurs contemporains et yient d'eriger k 
leur place legitime sa m^moire, sa personne et son oeuyre. 

1. An point de vue de la redaction, aucune difference appre- 
ciable ne parait exister entre les dernieres annees conservees du 
Diario, jusqu^en 1433-1434, et les annees precedentes. Seule, I'ecri- 
ture presentc des difficultes croissantes de dechiffrement. Encore 
le fragment depareille de 1434, dernier indice subsistant de I'ac- 
tivit6 d'Antonio Morosini, est-il trac6 d'une main relativement 
plus facile que les derniers feuillets continus de 1433. 



CHAPITRE V. 



Origines bt Derives. 



Recherche des sources auxquelles a pu puiser Antonio Morosini. 

— Examen des emprunts qui ont pu lui dtre fails a lui-m6me. 

— Originalite evidente du Diario. — Compilation probable de 
la plus grande partie de la Chronique, 

Gonstatation de deux textes passes dans la Chronique d'Antonio 
Morosini. — Troisi^me et derni&re fraction de sa Chronique 
supposee originale. 

Nicgol6 Trevisani. — Notions sommaires sur sa vie et sur sa 
chronique veniiienne, s'etendant des origines de Venise jusqu'en 
1367. — Analogies reconnaissables des les premiers fragments 
conserves d'Antonio Morosini, se rapportant aux annees 1094- 
1108. — Gomparaison des deux textes : — An debut de la partie 
continue de la Chronique d* Antonio Morosini, en 1203-1204 
(quatrieme croisade) ; — En certains Episodes caracteristiques 
des guerres genoises, en 1350 (ouverture de la quatrieme guerre), 
en 1354 (bataille navale de Porto Lungo, — pr^liminaires, — 
combat, — incidents typiques) ; — Au dernier passage presen- 
tant similitude, en 1301 (Qn du dogat de Giovanni Delfino). — 
Ressemblance partout manifesto. 

Raffaello Caresini. — Notions sommaires sur sa vie et sur sa 
chronique latine, continuant celle du doge Andrea Dandolo, et 
s'etendant de 1343 jusqu'en 1388. — Traduction visible du texte 
latin en dialecte venitien, a partir de 1361, et difference de cette 
version avec une autre version venitienne du meme texte latin, 
recemment signalee. — Gomparaison des deux textes : — Au 
debut de la traduction, en 1361 (commencement du dogat de 
Lorenzo Gelsi); — En certains episodes caracteristiques des 
guerres genoises, en 1378 (ouverture de la cinquieme guerre), en 
1371) (attaque de la flotte genoise, maitressc de Ghioggia et de 
Tcntree des lagunes, par la derniere flotte improvisee par 
Venise, ainsi sauvee coutre toute esperance) ; — A la fin de la 
chroniriue de Raffaello Garpsini, en 1388 (annexion de diverges 
places eu Moree). — Traduction partout manit'este. 



ORIGINES ET DERIVES. 137 

Fraction de la Chroniqtte d' Antonio Morosin; supposee originate. 

— Son d^bnt en 1393, avec Tindication de I'annezion de diverses 
places sur la c6te d'Albanie. — Recit de la croisade de Nico- 
polis (1396). — Recit du conflit de G^nes franQaise avecYenise 
en Orient (1403-1404). 

Gonstatation de deux teztes empruntSs en grande partie au Diario 
d* Antonio Morosini. 

PiETRO Delfimo. — Notions sommalres sur sa vie et sur sa chro- 
nique, la « Gronaca Dolfina i, s'etendant depuis les origines de 
Venise jusqu'en 1505, conservee seulement jusqu'en 1422. — 
Gomparaison des deux textes, deja etablie par Emmanueie Gico- 
gna jusqu'en 1422. — Ressemblances manifestes. — Gonstata- 
tion d'analogies prealables entre Tceuvre historique de Giorgio 
Delfino, pere de Pietro Delfino, et le Diario d' Antonio Moro- 
sini. — Possibility de poursuivre la comparaison au dela de 
1422, en s'aidant des citations frequentes de la « Gronaca Doi- 
fina » faites par Marino Sanuto dans ses di verses oeuvres. — 
HypothSse selon laquelle la € Gronaca Dolfina », dans sa partie 
encore ignor^e, pourrait egalement contenir trace des corres- 
pondances relatives k Jeanne d'Arc. 

Marino Sanuto. — Notions sommaires sur sa vie et sur ses prin- 
cipaux ouvrages : les Vite de' Duchi di Venezia, s'etendant des 
origines de Venise jusqu*en 1494; les Sommarii, resume de 
cette OBUvre comportant quelques caracteres personnels; les 
Diarii, courant de 1496 a 1533. — Utilisation directe par les 
Vite de Duchi, entre autres multiples sources, des textes employes 
par la plus grande partie de la Chroniquc d' Antonio Morosini 
jusqu'en 1388. — Gomparaison du texte de Marino Sanuto avec 
celui d'Antonio Morosini, depuis le debut de la fraction de sa 
Chronique supposee originale, on 1393, jiisqu'au dernier frag- 
ment isole du Diario^ en 1434. — Ressemblances manifestes en 
nombre considerable. — R61e d'une edition complete du Diario 
ou d'une Edition critique du Vite de' Duchi. — Hypotheses sur 
ces rapports directs ou indirects des Vite de Duchi et du Diario. 

— Inter^t de ce probleme, ici pose et limite seulement. 

Quelles peuvent etre les sources ou a puise Tauteur ainsi 
reconnu de cette oeuvre? Quel profit en ont tire k leur tour 
ses contemporains et ses successeurs? Quels prelevements 
a-t-il ete k meme d'opcrer sur les annalistes qui I'ont pre- 



138 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

cMei Quels emprunts lui doivent, de leur cbik, les historieos 
qui Tont suivi? Telle serait, apres avoir achevA Tanalyse de 
Touvrage et ridentification de recrivain, la derni^re s^rie 
de probl^mes qui s*imposerait. 

U sufSra de rSsumer ici, k ce sujet, quelques notions 
essentielles et sommaires. 

Le Diario tout entier, depuis son origine, au cours de 
Tan 1404, jusqu'k son interruption, en 1433, parait certai- 
nement aflFecter un caractire original et personnel. La forme 
materielle de notations quotidiennes, qu'il adopte, la coupure, 
etablie entre son cadre propre et celui de la Chronique 
composee qui le precede, ne permettent guere d'en douter. 
Antonio Morosini, dans son Diario, parle en son nom, redige 
et transcrit sa pensee personnelle. Le Diario, d'un bout k 
Tautre, porte la marque essentielle d'une oeuvre originale. 

En principe, il est k supposer qu'il n'en est pas de meme de 
la Chronique composee qui lui sert de preface. Gette Chro- 
nique, comme il a ete demontre, courant jusqu'en 1404, 
devait prendre son point reel de depart, soit vers la fonda- 
tion traditionnelle de Venise au v* siecle, soit k Telection du 
premier doge en 697. II serait done superflu de s*attacher k 
demontrer qu'elle doit etre empruntee, sinon pour le tout, 
au moins pour sa plus grande partie, k une ou k plusieurs 
OBuvres anterieures. 

L 

Origines, 

Une enquete sur les sources eventuelles de la Chronique 
composee presente d'autant plus d'interet que, par une dis- 
position particuliere, Tepoque des annales v^nitiennes k 
laquelle peuvent appartenir ces temoignages historiques se 
trouvc etre une des plus inexplorees jusqu'ici. 



ORIGIN£S. 139 

Les chroniques v^nitiennes offirant le caraciere d*aD- 
ciennete le plus marqu6 ont htk Tobjet de travaux recents et 
d^finitifs'. Depuis rAnonyme de Grado, temoin subsistant 
da vu* si^le, le plus ancien monument de rhistoire de 
Venise^, jusqu'k ToBuvre historique redigie par le doge 
Andrea Dandolo, doge de 1343 k 1354, arrette dans son 
cadre principal en 1280, puis sous une autre forme en 1343, 
k Touverture de son principal, enfin continuee d'autre main 
jusqu'en 1388^, les assises de Thistoire primitive de Venise 
se trouvent suffisamment editees ou au moins etudiees. Ega- 
lement decrites, classees et publics sont de leur c&te les 
sources plus modernes, commencant k la seconde moitie du 
XV* sitele, — soit Diarni originaux^ dont la trace la plus 
ancienne, jusqu'ici, se relevait en 1457, avec le debut de 
ToBuvre de Domenico Malipiero^, et parmi lesquels se place 

i. Henry Simonsfeld, Andreas Dandolo und seine Geschichtswerke, 
Munich, 1876, in-8°. — Henry Simonsfeld, Venetianische Studien, 
Munich, 1878, in-8». — Giovanni Monticolo, Cronache Veneziane 
antichissime. Rome, 1890, 2 vol. in-8o, ap. Ponti per la storia 
d'ltalia, 

2. Texte degage par Simonsfeld, sous la designation de Chroni- 
con Gradense, comme le plus ancien monument de Thistoire de 
Venise. (Andreas Dandolo, p. 56-62.) Edit6 en dernier lieu, en 
1890, sous ce titre, par M. Giovanni Monticolo, Cronache Vene^ 
ziane antichissime, t. I, p. 17-51, ap. Fonti per la storia d'ltalia. 

3. Textes etudies par Simonsfeld {Andi^eas Dandolo, p. 13-53), 
par Muratori {Andrew Danduli... Chronicon, Preface, ap. Herum ita- 
licarum scriptores, t. XII, p. 3-8), par Foscarini {Delia lett, ven., 
liv. n, p. 143-148). Edites en 1728. Seule edition actuellement 
consultable : Andrews Danduli Venetorwyi ducis Ghronicon Vene~ 
turn..,, dans Muratori, Rerum italicarum scriptores, t. XII, 
col. 13-524. 

4. Rinaldo Fulin, Diarii c Diaristi Veneziani. Venise, 1881, 1 \ol. 
in-8o. Gf. Arch, ven., t. XXXII, 1887, p. xxxvii. Voir Foscarini, 
Delia lett. ven., liv. II, p. 192-197. 

5. Annali Veneti dalV anno lk51 al 1500, del senatore Domenico 



140 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

au premier rang, de 1496 k 1533, rimmense monument 
erige par Marino SanutoS — soil compositions d'allure plus 
ou moins pompeuse et artificielle, sur lesquelles il n'y a pas 
lieu d'insister autrement, et dont la plus connue demeure la 
classique entreprise due k Marcantonio Coccio, latinis^ sous 
le nom de Sabellicus*. 

Mais, pour toute la periode intermediaire qui embrasse 
la seconde moitie du xiv® siecle et la premiere du xv®, un 
vide s'^tend, sorte de zone vague, ou la critique ne semble 
que s'etre peu aventuree jusqu'ici, ou recherches comme 
editions paraissent encore faire defaut. Toute une cate- 
gorie de temoignages y prend place, generalement r6dig6s 
en langue vulgaire, « cronache » et « cronachette >, oeuvres 
anonymes le plus sou vent, ou designees sous le nom de leur 
possesseur occasionnel, pour la plupart in^dites et simple- 
ment inventoriees, documents dont le nombre I'emporte sur 
la valeur, dont la multiplicite effraye, tout en laissant, de 
Tappreciation des plus autorises, une lacune beante et sin- 
guliere dans la serie des materiaux originaux de Thistoire 
venitienne^. 

Malipiero, ordinati e abbreviati dal senalore Francesco Longo. Texte 
edito en i8^i3 par Agostiao Sagredo, Arch. stor. ital., t. VII. 

1. 1 Diarii di Marino Sanuto, Texte edite par MM. Niccolo 
Barozzi, Guglielmo Berchet, Rinaldo Fulin, Federico Stefani, 
Marco Allegri. Venise, in-4'^, t. I et suiv., dep. 1879. Extraits 
publics par Rawdon Brown, Ragguagii sulla vita e sulle opere di 
Marino Sanuto. Venise, 1837-1838, 3 vol. in-8«. 

2. Marci Antonii Sabellici Rerum Vcnetarum ab urbe condita ad 
sua usque icmpora libri XXIII. Venise, 1487, in-fol. Reimpression 
dans Apostolo Zeno : Degl^ isiorici delle cose veneziane i quali hanno 
scritto per pubblico decreio. Venise, 1718-1722, 10 vol. in-4o, t. I, 
p. 1-878. 

3. Sur ce sujet, voir Foscarini, Delia lett. ven.y liv. II, p. \AH- 
154; Augustc Prost, ouvrage cit6 ci-dessous, premier memoire, 
ch. II, p. 522-525, 532, 53i. 



ORTGINES. 141 

En Tabsence d'un catalogue g^n^ral imprim^ des fonds 
des manuscrits italieDS de la biblioth^que Saint-Marc de 
Venise, les diflBcult^s que pr6sente tout essai d'orientation 
dans ce vaste espace se d^couvrent considerables. Elles se 
trouvent cependant reduites, depuis le recent repertoire des 
chroniques v^nitiennes, dresse avec tant de consciencieuse 
patience par Auguste Prost, ou se trouvent condens^es'et 
chronologiquement group^ toutes les indications tir^s des 
catalogues et ouvrages anterieurs, guide pr^cieux dont on ne 
saurait trop apprecier Texistence*. D'une incontestable uti- 
lity sont ^galement les indications critiques ^parses, soit dans 
la dissertation de Marco Foscarini sur I'histoire de Venise *, 
soit dans le catalogue des manuscrits de la bibliotheque de 
Foscarini dresse par Tomraaso Gar^, soit dans le catalogue 
partiel de la bibliotheque particuli^re de Cigogna, classic 
aujourd'hui au Museo Civico de Venise, edite par Rinaldo 
Fulin^, soit dans Tinventaire des chroniques venitiennes con- 
tenueskla bibliotheque Ambrosieune de Milan^, indications^ 

1. Auguste Prost, les Chroniques venitiennes, premier memoire, 
dans Revtie des Questions historiques, t. XXXI, l"** avril 1882, 
p. 512-555; second memoire, Ibid., t. XXXIV, l*"" juillet 1883, 
p. 199-204. 

2. Foscarini, Delia lett. ven., liv. II, p. 118-192. 

3. Tommaso Gar, J codici storici della collezione Foscarini. (Arch, 
stor, itaL, t. V, 1843, p. 281-430.) 

4. Rinaldo Fulin, Saggio del catalogo dei codici di Emma" 
nuele A. Cicogna. [Arch, ven., i. IV, 1872, p. 59-132, 337-398.) 

5. Antonio Geruti, Appunti di bibliografta slorica veneta conte- 
nuta nei manoscritti dell' Ambrosiana. [Arch, ven., t. X, 1875, 
p. 394-444; t. XI, 1876, p. 178-219.) 

6. La substance de tous ces ouvrages est contenue et condens^e 
dans le repertoire d'Auguste Prost. S'y ajoutent les indications 
relatives a la question, que peut fournir le recensement general 
dresse par Montfaucon, en 1739, dans sa Dibliotheca bibliothecarum 
manuscriptorum nova, et que peuvent presenter, a la date de cc 
repertoire, en 1882 et 1883, les catalogues et invonlaires alors 



442 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINT. 

auxquelles viennent s'ajouter la serie de references stabiles 
par Romania dans son Histoire de Venise^, et surtout la 
decisiye critique des sources de Thistoire v^nitienne au milieu 
du xiy« si^le, dressee par M. Vittorio Lazzarini dans son 
Atude sur la conjuration de Marino Faliero^. 

Ces indications acquises permettent au moins de procSder 
k diverses eliminations successives, en rSduisant ainsi le 
nombre des textes sur lesquels Tattention pourrait etre 
appelee k se concentrer, pour y chercher les modules 6ven- 
tuels de la Chronique composte inscrite par Antonio Moro- 
sini en tete de son oeuvre. 

De ces textes ant^rieurs, on croit avoir ici riussi k en 
determiner deux, pr&entant avec la Chronique compost 
d*Antonio Morosini une singuli^re et frappante analogic. 

1" 

Niccolo Trevisani. 

Le premier de ces textes est une composition due k Nic- 
colo Trevisani, Venitien de marque dont la carriere, connue 
dans ses lignes essentielles, se deroule au fort du xiv® siecle. 

cxistants des manuscrits italiens de la Bibliolheque natiouale de 
Paris, des bibliotheques de Paris et de la bibliotheque de la ville 
de Metz. (Antonio Marsand, 1 manoscritti iialiani della regia biblio- 
teca Parigina [avec annexe concernant les autres dep6ts de Paris]. 
Paris, 1835-1838, 2 vol. in-4' ; Gaston Raynaud, Inventaire des 
manuscrits italiens qui ne figurent pas dans le catalogue de Mar" 
sand, Paris, 1882, in-8°; Manuscrits ds la bibliotheque de Metz 
[n«* 205, 319J, dans Catalogue gdniral des manuscrits des biblio- 
tlieques publiques des departements, t. V, 1879.) 

1. Romanin, Stor, di Venezia, liv. VIII-XI, t. Ill et lYy passim, 

2. Vittorio Lazzarini, Marino Faliero, la Congiura, ap. Nuovo 
Arch, ven., t. XIII, 1897, p. 5-107 et 277-374, chap. Fonti, 
p. 8-18. 



NICCQLO TREVISANI. U3 

Demeuree ignorte, ii ce qu*il semble, de Marco FoscariniS 
et, par suite, des critiques qui se sont coutent^ des rensei- 
gDements puis^s k cette source', elle est reguli^rement 
authentiqu^ par la critique moderne et se trouye cit^ et 
utilise par les r^ats historieus de Yenisei. 

Entiftrement redig^, comme toute I'ceuvre d'Antonio 
Morosini, en dialecte v^nitien, ce texte, qui s'intitule « Cro- 
uaca di Veuezia », repr^seute, en somme, dans sa partie 
essentielle, une chronique g^n^rale de Venise, debutant k la 
destruction de Troie et k la dispersion des Troyens, puis se 
poursuivant, avec mention de Tav^nement et de la mort de 
chaque doge, pour cesser brusquement en 1367, avec la 
date du 8 juin, sur la mention de la pacification de Tile de 
Crete, soulev^e contre le gouvernement venitien depuis 1363, 

i. II ne semble pas qu'il soit fait aucune mention reconnais- 
sable ni de Toeuvre ni de i'auteur dans les passages du traite de 
Foscarini, au cours desquels il est question des chroniques de 
cette periode. 

2. La composition de Niccol6 Trevisani ne figure pas, notam- 
ment, dans le repertoire d'Auguste Prost ni dans la Bibliotheca 
hislorica medii xvi d'August Potthast. 

3. Sur la chronique de Niccold Trevisani : Romanin, Sior. di 
Venezia, t. III. Premiere citation, 1300, p. 5; citations assidues, 
1354-1361, p. 173-212; derniere citation, 1361, p. 212. — Vilto- 
rio I^azzarini, Marino FalierOy la Co7igiura, chap. Fonti, ap. Nuovo 
Arch, ven., t. XIII, 1897, p. 8-9. — Giovanni Monticolo, Com- 
mentaire de Le Vite dei Dogi di Marin Sanudo, ap. Rerum italica-' 
ru7n scripiores, nouvelle edition, t. XXII, part. IV, 1900. Premiere 
citation, p. 99, n. 2. 

M. Vittorio Lazzarini {loc. cit.)en indiqueetd^crit trois manus- 
crits plus ou moins complets. (Bibl. de Saint-Marc de Venise, 
mss. ital., cl. XI, n® 32; Arch, di Stato de Venise, misc. cud., 
no 278; bibl. de Saint-Marc de Venise, mss. ital., cl. VII, no519.) 
C'est d'apr^s ce dernier, le plus complet (ms. sur papier, xvi® s., 
334 fol. a 2 col.), exclusivement cite par Romanin et par M. Mon- 
ticulo, que sont etablies touLes les citations qu'on rencontrera ici. 



144 ^TUDK SUR ANTONIO MOROSINI. 

et sur rannoDce de la rentr^ k Yenise des commissaires, 
des « proyMiteurs » charges de cette mission, au nombre 
desquds figurait Niccold Trevisani lui-meme*. 

Quant k la vie de Tauteur, les notions divulgu^ k ce 
sujet se reduisent aux suivantes. Membre du Conseil des Dix 
en 1355, au temps du jugement de Marino Faliero, commis- 
saire, « provMiteur » en Crete en 1366 et 1367, il meurt, 
occupant la charge de « procurateur de Citra^ », dans le 
coursde ran 13693. 

II n'est pas besoin d'insister sur I'^vident caractere d'an- 
t6riorit6 que cette oeuvre presente par rapport k toute celle 
d'Antonio Morosini, lequel, k T^poque ou Niccol6 Trevisani 
achevait sa chronique, devait k peine lui-meme atteindre 
Tadolescence. 

Un travail de comparaison entre ces deux textes ne pent, 
comme on le congoit facilement, dans le cadre restreint de 
cette etude, se poursuivre d'une fagou permanente et assidue. 
II est tout sirapleraent possible de signaler les analogies 
frappantes qui existent entre ces deux relations, d'abord au 
debut conserve de la Chronique corapos6e d'Antonio Moro- 
sini, puis dans le recit de certains episodes typiques de Fhis- 
toire venitienne, enfin, lors de la derniere occasion d'iden- 
tite susceptible d'etre constatee, vers la fin de la chronique 
de Niccolo Trevisani. 



1. Renseignements tires de la chronique m6me de Niccolo Tre- 
visani, communiques par M. Vittorio Baroncelli. 

2. Les foactions des t Procurateurs de Gitra » s'etendaient sur 
la partie de Venise situ^e au nord du Grand Canal, sur la m^me 
rive que le palais des Doges. La partie oppos^e de la cite, sur 
I'autre rive du Grand Canal, etait sous la dependance des t Pro- 
curateurs de Ultra ». 

3. Renseignements communiques par M. Vittorio Baroncelli. 
Cf. Vittoriu Lazzarini, Marino Faliero, la Gongiura, toe. cit. 



NICCOLO TREVISANI. 145 

n va sans dire qu'en abordant cet essai, od eDiend radi- 
calement rtserver la question complexe de Torigine particu- 
liere des renseignements recueillis par Niccol6 Trevisani, 
pour la partie de sa composition ayant trait aux temps les 
plus anciens de I'histoire de Yenise. La fraction concernant 
les temps plus r^nts des annales y^nitiennes presente 
toutes chances d'originalit^, etant donnees les fonctions et 
la condition de son auteur, qui dut savoir observer les faits 
contemporains et en rediger le recit. II n'en va pas de meme, 
comme on le congoit, de la fraction anterieure, qui doit 
necessairemeut etre empruntee elle-meme k d'autres sources. 
On entend seulement avancer ici que c'est la redaction de 
Niccol6 Trevisani qui a servi de modele a Antonio Morosini. 

Dejk, dans le fragment de Touvrage contenu dans le feuil- 
let initial depareill6 dont description a ete donnee, seul 
temoin subsistant de tout le d^but de la Chronique compo- 
see d' Antonio Morosini*, les similitudes sont visibies*. 

En suivant de pres plusieurs evenements dont ce fragment 
contient le recit, sous les principals des doges Vitale Faliero 
(1084-1096), Vitale Micheli (1096-1102), Ordeiafo Faliero 
(1102-1117), on peut en suivre la trace^. Tels, par exemple, 
d'abord Tinvention nouvelle du corps de saint Marc, le 
25 juin 1094, dans une substruction mysterieuse de la basi- 
lique patronale de Venise, ou la trace de ses reliques, depo- 
sees dans cesanctuaire lors de sa construction, au ix** siecle, 



1. Ci-dessus, ie Manuscrit, COEuvre. Voir, ci-apr6s, Appen- 
dice XL 

2. Niccolo Trevisani, Bibl. Saint-Marc de Venise, ms. ital., 
cl. VII, no 519, fol. 35 et 3G. — Antonio Morosini, ms. cite, 
foi. Ob-OOa, 1 r«-l yo du t. I actuel. Voir, ci-apres, Appendice II. 

3. Dates des regnes de ces doges gen6raloment admises. (Roma- 
nin, Stor. di Venezia, t. II, p. 325-820, 333: t. Ill, p. 5, 21, 3't.) 

IV 10 



146 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

s'etait depuis longtemps perdue ^ Pais le role de la flotte 
Y^nitieane sur la cdte d'Asie Mineure et de PalestiDe, dans 
sa croisi^re consecutive k la premiere croisade, en 1099 et 
1100'. Eufin, la cooperation des forces y^nitiennes avec 
Tarmee imp^riale byzantine, en Epire, contre Tinvasion de 
Bohemond, prince de Tarente et d'Antioche, en 1107-1108'. 

Sur tous ces points, les analogies sont evidentes : parity 
d'erreurs chronologiques, emploi singulier, par Morosini, 
de tournures de phrases redigees en forme personnelle, — 
emprunt vraisemblablement op6r6 par Niccol6 Trevisani 
lui-meme k quelque texte anterieur, — redaction dialectale 
similaire, representent autant d'interessants indices. Leur 
constatation precise exigerait un cadre plus ample, avec 
dissertation prealable sur chaque ev6nement rapporte. On 
ne pent ici que se contenter de les signaler sommairement. 

Plus significative et plus fructueuse encore devient de 
suite la comparaison entre les deux textes, aussitdt que se 
prononce le debut du r^cit suivi de Morosini, dont le point 
de depart, comnie il a 6te etabli, se place au cours des eve- 
nements pr^paratoires de la quatrieme croisade, en 1202*. 

Pour tout le recit de ces faits : embarqueraent des croises 
pour la cote illyrienne, en vue de Tattaque de Zara projetee 
au profit de la politique venitienne, organisation de la con- 
quete de Terapire grec, decidement substituee k celle de Jeru- 
salem, attaque et prise de Constantinople, les deux relations 
procedent d'un meme type de conduite du recit et emploient k 

1. Sur ces faits, Romania, Stor. di Venezia, t. I, p. 330-331. 
Cf. t. I, p. 167-169, 254-256. 

2. Sur ces faits, Romanin, Stor, di Venezia, t. II, p. 14-18. 

3. Sur CCS faits, de Muralt, Essai de chronographie byzarUiiu, 
t. II, p. 104-106, ad ann. 1107-1108. 

4. Gi-dessus, le Manuscrit, I'OEuvre. Voir Appendice III. 



NICCOLO TREVISANI. i47 

maintes reprises des formes d' expression identiques. On y 
remarquera la similitude de Tincroyable erreur historique, 
Yolontaire ou inconsciente, qui, dans les deux narrations, 
pr^sente Tarmee chr^tienne comme poussant en £ait de 
Byzance josqu'k Jerusalem, pour Taccomplissement de son 
Yceu, assertion aussi bizarre qu'inattendue, rapportee par les 
deux auteurs dans des termes aussi semblables que possible. 
La comparaison etablie par la juxtaposition des passages 
qui suivent se rapporte aux mentions suivantes. D'abord, k 
I'expose du depart des croises pour la c6te illyrienne, sous la 
conduite du vieux doge Enrico Dandolo^ 6venement qui se 
classe en Tannee 1202, k la date acquise du 8 octobre*. Pusi, 
au recit des faits (prise de Trieste, de Muggia, de Zara, s6jour 
k Zara, appui accorde au jeune Alexis, fils de Tempereur Isaac 
TAnge naguere detr6ne par son frfere et rival Alexis III), 
qui amenent successivement, sous Tastucieuse instigation 
des Venitiens, Torientation definitive de Tefifort des croises 
contre Byzance au lieu des Lieux Saints^, la premiere prise 
de Constantinople, les 17-18 juillet 1203, le retablissement 
eph6ra^re de I'empereur detrone Isaac I'Ange, associe k son 
fils, le jeune Alexis IV ^. Enfin, k Textraordinaire assertion 
du soi-disant passage de la flotte chretienue en Terre Sainte 
(fabuleux r6cit comparable au legendaire voyage de Charle- 
magne k Jerusalem), expedition imaginaire au retour de 
laquelle Fun et Tautre texte placeront successivement : — la 

i. Enrico Dandolo, elu doge le 1" Janvier 1193, mort a Gons- 
taotinople, au cours de la campagne, le 14 juin 1205. (Romania, 
Stor. di Venezia, t. II, p. 143, 190.) 

2. Sur cette date, Romanin, Stor. di Venezia, t. II, p. 156. 

3. Sur ces fails, Romanin, Stor. di Venezia, t. II, p. 156-166. 

4. 8ur ces fails, de Muralt, Essai de chronographie byzantine, 
L II, p. 269-274, ad ana. 1203 ; Romauin, Stor. di Venezia, t. II, 
p. 166-171. 



148 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

chute et la mort d'Isaac TAnge et d* Alexis IV, k nouveau 
renverses par un second comp6titeur, Alexis Ducas Murt- 
zuphle, imprudemment appele par eux au goavernement, la 
seconde prise de Constantinople par les croises, les 12- 
13 avril 1204, la fondation de Tempire latin et Tetablisse- 
ment de la domination venitienne, selon la formule cel^bre, 
sur le Quart et Demi de TOrient byzantin*. 



NiccoLO Trevisani^. 

... E^ I'anno seguente, che 
I'o I'anno X® del dogado del 
ditto dose, el ditto, con el. noma 
de Dio, del mese de otubrio, 
insieme con tuti i segoori et 
baroni se parti de Veniesia, ... 
e primamente ando in I'lstria e 
messe sotto el ducal domiiiio la 
citta de Trieste e quela de Mu- 
glia, e constrense li Triestini 
che dovessero daral dose etali 
suoi sucesori ogni anno... Et 
abudi li ditti luogi passorno poi 
a Zara e quela prese e la lese 
ruinar dalla parte de marina; e 
in questa iudusia 11 sopravene 



Antonio Morosini*. 

... E^* chusy tuty qnestl ba- 
rony se party con granda ar- 
mada de Veniexia in MCGII 
del niene d'otubrio, e prima- 
mente in I'Ystria, in la citade 
de Trieste e in Mugla soto el 
dominio dogal mese, e cons- 
trense a render certo trabuto a 
man ten ir a tuty i doxi futury. 
Puo pasa in Sclavonia, e chon- 
bate Ziara, per tal muodo e 
forma che quela prexe e quela 
fexe ruina iina a la fondamenta, 
e molty dy rebely ebon dolor 
de morte puny; e ly Ongary 
schanpa in le suo contrade, e 



1. Sur ces fails, de Muralt, Essai de chronographie byzaniiixe, 
t. II, p. 27i-279, ad ann. 1203-1204; Romanin, Stor, di Venezia, 
t. II, p. 171-192. 

2. Ce texte, comme tous les suivants du meme auteur, est lire 
du ms. de la bibl. dc Saint-Marc do Venise, ital., cl. VII, n° 519. 
Voir, ci-dessus, p. 143, n. 3. 

3. Fol. 46 vo, col. 1. 

4. Ce texte, comme tous les suivants du m6me auteur, est tire 
du ms. de la Bibl. imp. de Vienne qui a servi de base a cette 
edition. La num^rotation des folios a 6te expliquee a cette occa- 
sion. {Le Manuscrit, p. 22-25. Voir, ci-apres, Appendice III.) 

5. Fol. 49 B. Ce t(»xte reprosenle le debut du recit ininterrompu 
do la Chronique d'Antonio Morosini. iL'OEuvre. p. 43-44.) 



NICCOLO TRKVISANI. 



i49 



rinverno, per il qual i convene 
romagnir a Zara 



Venuto il tempo nuovo, la ditta 
armada se parti de Schiavonia 
e navego nelle parte de Roma- 
nia, e, presentido i Gresi de 
GoBtantinopoli la venuta del 
dose e de queli signori et ba- 
roni e che con loro era Alesio, 
fiollo de Isac, molto se inforti 
in Gostantinopoli , ma pocho 
li valse ... Hor, come piasete 
a Dio fu ordenada la bataia 
per mar e per tera, segondo el 
comaDdamento del dose; li 
Francesi 11 dette la bataia da 
terra i Gresi atendendo a loro 
il rompe, ma el dose se acost6 
con Tarmada a le mure de la 
citta combatendoUa per si fatlo 
modo che per li muri introno 
dentro 



Et fato questo, el dose e qurli 
signori delibero de andar al 
8U0 viazo alle parte de Gieru- 
salen; e avanti el suo partir, el 
ditto Alesio li dette parte de 
quello li aveva* promesso, di- 
gandoli : « Al retorno vostro 
piaquevi vegnirme a visitar e vi 
dard il resto vostco. » Partito 
el dose et queli baroni, ol ditto 



quela non posando defender, 
rinverno ly sovravene a doso, 
per laqual chosa la tuty quely 

stete 

Adoncha I'armada, vegnudo 
el tenpo nuovo, de Sclavonia se 
parti, e tira verso le parte de 
Romania, e la azionse sany e 
salvy, sentidy i Grifony, zoe i 
Griexi de le montagne, i qual 
aveva chazado I'inperador dito 
Zurzach, hover che a quelo i 
diti i chava i ochy, la vegnuda 
de miser lo doxe e barony, 
incontinente i se inforty, al 
plu forte ch'y pote, ma puocho 
ly valse ... Hora chomo a Dio 
piaxete, hordenada la bataia 
per mar e per tera, segondo el 
chomandamento de miser lo 
doxie, i Franzeschi di Tarsallo 
per tera, i Griexi atendando a 
lor, crezando schonfizerly per 
chaxon iera puochy, miser lo 
doxie chon le suo nave c galie 
se acosta a i mury, e comba- 
tando la tera per tal muodo che 
intra per sovra i mury dentro... 
Alora^ i Veniciany se inma- 
gino con i Franzeschy de far so 
viazo, e pasa in le parte do 
Egito, al Santo Sepurclo, ma 
primamentre i rezeve parte del 
trexoro a loro promeso, digando 
a quel dito inperador : t Al tor- 
nar vostro, piaquave a vegnirde 
a vixitar in queste parte, e io 
avcro apariado al chonplymonto 



I. Aveva. Inc. col. 2. 
5. Fol. 50a. 



150 



ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 



Alesio fece trar de preson uno 
8U0 parents nominado Morta- 
fixi e fecelo suo camerlengo. 
Hor, partito el dose e quell 
signori da Gostantinopoli, i na- 
vigorno alle parte de Jerusalen 
e a Santo Sepulchro e ne li 
ditti luogi i fese maravigiose 
cosse contra Infideli, le qua! a 
recitar longo saria... 



quelo che dar io ve die. > E 
chusy fo fato. 

Tornado adoncha miser lo 
doxie chon tuty quely barony 
Franzeschi, abiando fato molte 
meraveioxe e mirabei pruove 
chontra llnfidely, ie qual tute a 
narar seria tropo longitudene 
a dir. ... 



Plus avant dans le cours de la Chronique d* Antonio 
Morosini, le recit des classiques guerres genoises, entre 
autres episodes typiques de Thistoire venitienne, fournira 
d'interessants elements de comparaison k poursuivre entre 
les deux textes. 

Tel, par exeraple, Texpos^ du d6but de la quatrieme 
guerre, soulevee par le conflit des int^rets coramerciaux en 
jeu dans la mer Noire, et k laquelle Thistoire a donn6 le 
nom de guerre de Caffa. 

Andrea Dandolo, le doge historien, regit Venise depuis 
1343. En 1350, les Genois mettent Tembargo sur les navires 
venitiens qui circulent librement, sur la foi des traites, dans 
les parages de la mer Noire. La rupture eclate*. 

En voici la double narration, dont la quasi-identile 
s'aperQoit ais6ment : 



NiGCOLO Trevisani. 

Goraado^ I anno M GGG L, 
siando Zenovesi in gran colmo, 
et masimamente in le parte dc 
Mar Mazor trafegaudo, li ditti 



Antonio Morosini. 

Chorando3 M GGG L dito. 

Siando Zenovexi in grau 
cholmo zia vegnudy, e masima- 
mente loro trafegando in le 



1. Sur CCS faits, Romaain, Slor. di Vejiezia, t. Ill, p. 158-159. 

2. Fol. 85 v% col. 1. 

3. Fol. 77 b. 



NICCOLO TREVISANI. 



151 



se lev6 molto in superbia, di- 
gando di Veniliani che in quel 
mar i non intrasse al navigar, 
per laqual cosa intr6 tra queli 
doi comuni vera grand issi ma. 
Et fu per cason che Zenovesi 
Yoleva contrariar a Venitiani, 
et diseva primamente che que- 
io mar giera suo f ran cad o per 
loro, contid fusse che loro 
molte fiate contra Saraxini et 
Tartar! li eramo stati, i quali 
dimorava in quele parte ^; e 
anchora diseva che, al tempo 
de la rotta de la Tanna, rece- 
vete gran danno per Yenitiani, 
et che al tutto i non voleva che 
Venitiani intrase nel ditto mar; 
ma, se loro piasesse de andar 
a Gaffa, che giera uno so porto 
et gran reduto, et li tolesse le 
marcantie per le sue mano. 



Et siando andati piu navilii 
de Venitiani in quele parte, li 
qual voleva andar nel Mar Ma- 
zor, li Zenovesi li fo in contra 
e prese alguni navilii de' Veni- 
tiani et alguni per forza fese 
ritornar, digandoli molta inzu- 
ria. 



parte del Mar Mazior, posa 
i dity se leva in molta superbia, 
digando e contrariando a Veni- 
ciany che in quel mar i dity 
non intrase a navegar, per 
la qual chosa molto la vera 
per la dita chaxion nasiete 
tra uno chomun con Taltro. 
E la chaxion per la qual Zeno- 
vexi chontradixeva a i Vene- 
ciany iera questa, che prima- 
mente i dixeva che quel mar 
iera so, zoe francbado per loro, 
e apreso, ebon zi6 fose che lo- 
ro molte fiade contra Sarainy 
iera andady, e a Tartary, i 
qual demora in quele parte ; 
e 2 anchora dixeva che al tenpo 
de la rota de la Tana, grando 
dano per chaxion dy Veniciany 
i dity aveva abudo, e che al 
postuto quely non intendeva 
che i Veniciany intrase dentro 
dal Mar Mazior; ma, se li pia- 
xese, quely andese a Gafa, ch'el 
iera la uno so porto e gran 
reduto, et ly tolese le marcha- 
dantie de la per le suo mane, 
ebon altre molte parole senza 
chonsonanza alguna de raxion. 
E siando andadi pluxior na- 
vilii in quele parte, i volese 
andar dentro dal Mar Mazior, 
chostoro fo incontra, e prexe 
algune de quele nave, e algune 
per forza fexe indriedo retornar, 
digando e fazando molta inzu- 
ria a quely che sovra quele 
nave se trova. 



1. Parte. Inc. col. 2. 

2. E. Inc. fol. 78 a. 



152 fiTUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

Venuta la sovraditta nuova E zionta questa novela ia 
a Veniesia, a tutti despiasete Veniezia, a tuta la tera molto 
molto... despiazete... 

Telle ensuite, au cours de la guerre ainsi dichainee, peu 
apres Telectioii du doge Marino Faliero, elu le 11 septembre 
1354, la narration de la bataille navale de Porto Lungo, le 
long de rile de Sapienza, dans les eaux de Modon, sur la 
cote de Moree, bataille ou la flotte genoise, sous Paganino 
Doria, detruisit entierement la flotte venitienne commandee 
par Niccol6 Pisani, le 4 novembre 1354. Rencontre decisive 
qui va amener promptement Touverture de n^gociations 
destinies, apres la fin tragique de Marino Faliero, le 
17 avril 1355, et apres Telection du nouveau doge Giovanni 
Gradenigo, k se terminer par la paix de Milan, bientSt 
signee le 1*^*" juin 1355 ^ 

L'amiral venitien, Niccolo Pisani, au mouillage avec sa 
flotte dans le port de Porto Lungo, vient de recevoir les 
instructions du nouveau doge Marino Faliero, instructions 
lui prescrivant de ne pas livrer bataille, ordre dont Timpe- 
ritie d'un lieutenant de Pisani, Niccolo Ouirini, va compro- 
mettre Texecution. 

Niccolo Trevisani. Antonio Morosini. 

Et2 abudo missier Niccolo E*^ miser Nichol6 Pixiany, 

questo commandaniento et da abiando questo chomandamen- 

[)iJo revisitado i)iii luogi, se to, dapuo vixilady plu luogi, se 

roduse a uqo porto apressu reduse dentro da uno porto 

1. Sur la bataille de I*urlo Lungo, sous le principal de Marino 
Eiilioro : Vittorio Lazzarini, Marian Faliero, la Congiura, ap. Suovo 
Arch, ven., t. XIII, 1897, p. 3')-'i0; Paul Ilervieu, le Doge niaudit, 
la Conlrc-Ugendc de Marino Faliero, dans Revue des Deux-MondeSy 
iv« per., t. CLVII, l*"- Janvier TJOO, p. 60-D9. 

2. Fol. 89 v% col. '1. 

3. FoL 84 a. 



NICCOLO TREVISANI. 



153 



Modon, ditto Porto Longo, et li 
con pocha prudentia si messe 
incadenandosse e metandosse 
tre nave in mezo de ioro e con 
circa xx griparie da Modon, et 
comandd a sier Nicol6 Querini 
ditto Boezio ch'el ditto ste da- 
vanti la bocha del porto con 
galie XV come capitanio, azi6 
che Zenovesi non intrasse nel 
ditto porto a farii danno; ma 
el ditto missier Nicold Querini, 
non tegnando quel bon muodo 
cb*el doveva, per tal che tutta 
quela armada messe in perdi- 
tion. 



preso a Modom, dito Porto 
Longo, e \k con puocha provi- 
dencia quelo se mese a demo- 
rar, fazando lu capetanio de 
XV galie el vilysimo miser Ni- 
chol6 Querim avanti dito, cho- 
mandandoly cbe a la bocba del 
dito porto stese con quele, per 
tal muodo che Zenovexi dentro 
da quelo vegnir non podese a 
farly alguna lexiom, ma per lo 
dito miser Nicholo, non tignan- 
do quel modo, per tal che tuta 
quela armada mese in perdi- 
ciom. 



Apres diverses manoeuvres, une partie des navires genois, 
grace k I'inertie de Niccolo Quirini, parvient k s'insinuer 
entre terre et la flotte venitienne, oblig^ ainsi de livrer 
combat dans les conditions les plus desavantageuses, le 
4 novembre 1354, k la flotte genoise preparee d'avance a 
Taction, journee qui s'acheve par un coraplet desastre des 
forces de Venise. 



Niccolo Trevisani. 

Per* la qual cossa, fornidi et 
refrescadi et ben armadi, ditti 
Zenovesi si messe a venir al 
ditto porto, et metandose a 
venir dentro, onde sier Nicolo 
Querini ditto Boetio cativa- 
mente se porto, e, dove cl du- 
veva esser a I'incontro, fese 
siar in driedo, e li dette la 
boca del porto ot como vilis- 



AnTONIO iMOROSINI. 

Per^ la qual cosa fornidy e 
refreschiidy i dity, e molto bem 
apariady, i dity sc mese c vcne 
al dito porto, c, metandoso a ve- 
gnir dontro da quelo, quelo ser 
Nicholo Querim chativisimo, 
la h6 '1 deveva d'eser a I'incon- 
tro, fcxe siar in driedo, e de ly 
la bocha del porto da intrar 
dontro da quelo, e chomo va- 



1. Fol. 90 ro, col. I. 

2. Fol. 84 a. 



154 



^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI 



simo homo messe pope in terra 
con ogni segno de cativitade. 
Zenovesi, vedando questo de 
non aver niano contrasto, salvo 
de do over ire galie che li 
and6 incontra, e quele messe 
de sotto con gran vigoria, poi 
I'avanzo de I'armada zonse in 
lo porto, come aparse che, per 
divino giuditio, tutte le galie 
de Yenitiani senza colpo de 
spada fo sconfitte et prese. 



lente {sie) mese pope in tera, 
chom hogny segno de chativi- 
tade. £ i Zenoveii, veziando 
questo e non abiando contrasto, 
se non da do hover tre galie 
che ly anda in contra, quele 
mese al desoto e chon yigoria 
granda a* I'avanzo de Tarmada 
azionzando, chomo aparse da- 
puo, che per divim zudizio fose 
tute le dite galie che senza 
cholpo de spada fo schonfite e 
prexe. 



A roccasion de divers commentaires inspires par ce com- 
bat, vient la mention retrospective de certains presage, 
dont Tun, Tabsorption d'un des combattants tombe k Teau 
par un monstre marin gigantesque, presente un caractere 
de singularite bien marquee. 

Nigcol5 Trevisani. Antonio Morosini. 



Ma^ avanti scorese tal fatto 
aparve a Tarmada de' Yenitiani 
do gran segni. El primo fo che 
uno paron zurado dc la galia 
sopracomito sier Piero Bembo 
cazette in aqua, et aparese uno 
pesse che lo ingisti per mode 
che de lui non se sape mai piii 
no vela. Et I'altro segno fo qu'el 
zorno che si lass6 prender 
come femene, aparse quela ma- 
tina in agiere, sora la ditta ar- 
mada, inumerabeli corbi cri- 
dando e fazando mold voli sora 
de loro, circondando piii volte 
el ditto stuolo. 

\. A. Inc. fol. 84 B. 
•2. Fol. 1)0 po, col. 1. 
3. Fol. 84 b. 



Ma 3 aparete a la dita armada 
do amirabel segni, e zurando 
quelo a lor quelo che Tincontrd 
del dito stuolo siando in aqua 
in lo dito porto. Prima uno 
pesie aparete, che uno homo 
inglotie, per muodo che may 
plu de luy non se sope novela. 
L'altro, ch'el ziorno che pren- 
der i se lasa chomo femene, 
aparete la maitina in Taiere, 
sovra la dita armada, innume- 
rabel chorvy stridando e ru- 
ziando, fazando moUy lay sovra 
de loro, e circhonda e archonda 
plu volte el dito stuolo. 



NICCOLO TREVISANl. 155 

L*analogie des deux textes est frappaote jusqu*au cours 
de Tan 1361. La derniere similitude susceptible d'etre 
constat^ se rapporte au recit de la fin du principat du doge 
Giovanni Delflno. 

Doge depuis 1356, ayant vu son regne traverse des plus 
malheureux ^v^nements, Giovanni Delflno, lui-meme ma- 
lade depuis longtemps, meurt le 12juillet 1361 ^ 



Niccol5 Trevisani. 

Veramente* el preditto dose 
per tutto el tempo ch'el rese el 
dogado fo infortunatisFimo, si 
per mortalitade de' suoi proprii 
parenti, come etiandio della 
sna propria persona; in per6 
che sotto el suo dominio Scla- 
vonia, che per tanti precesori 
dosi dominada giera, e del 
nome e del titolo de quela 
constrelto fo ad eser li privo; 
veramente per grande infirmi- 
tade che I'ave lui perse rocbio 
destro, e dapuoi rimase mal 
sano; et ancor f6 la mortalita 
a Veniesia, che dur6 uno 
anno, e mori assai persone, fra 
lequal raori assai del consegio 
e altri citadini de cento... 



Antonio Morosini. 

Anchora^ veramente el pre- 
dito miser lo doxe, per tato el 
tenpo ch*el stete in palazo ch*el 
dito rese el so dogado, lo dito 
fo infortanatisimo, e sy de mor- 
tilitade dy suo proquiati pa- 
renty, chomo eciaradio plu in 
la soa persona; in per quelo 
ch6 soto el so dominio la Scla- 
vonia, che per tanty suo prece- 
sory dominada iera, del nome 
hover titolo de quelo chons- 
treto fo ad eser primo vacante; 
e per desmexurada infirraitade 
che I'ave in so tenpo, lo dito 
perse uno dy i ochi de la testa, 
e da puo quelo senpre roma- 
gnando mal sam, in lo so tenpo 
brieve che da puo el vyvete in 
dogado. E in questo so tenpo 
fo mortelitade in Veniexia, che 
dura per tuto I'ano grievemente, 
e morinde ase numero de 
quantitade de persone, tra i 
qual de mori molty notabel 
homeny de cbonseio e simel 
popolany... 

1. Sur ces fails, Romanin, Stor. di Venezia, t. Ill, p. 199-210. 

2. Fol. 96 ro, col. 2. 

3. Fol. 90 b. 



156 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINl. 

Ici toutefois, avec la mention de la mort du doge Gio- 
vanni Delflno, s'arrete le rapprochement susceptible d'etre 
constat^ entre les deux textes. Des k pr^nt, et bien que 
ToBuvre de Niccol6 Trevisani continue encore k courir jus- 
qu'en 1367, c'est k une autre source pr6alable que la Chro- 
nique d'Antonio Morosini, k partir de Tavteement du nou- 
veau doge Lorenzo Celsi, en cette ann6e 1361, va demander 
inspiration et soutien. 



2« 



Raffaello Caresini. 

Ce second texte n'est autre qu'une continuation de la 
celebre ORuvre historique d'Andrea Dandolo, le grand doge 
du xiv'' siecle, qui gouverna Venise de 1363 k 1354, ecri- 
vain en meme temps que politique. Andrea Dandolo est 
Tauteur reconnu d'une chronique, courant sous diverses 
formes, depuis la fondation legendaire du siege episcopal 
d*Aquilee par saint Marc, en Tan 48 de Fere chretienne, 
jusqu'k sa propre elevation au principat, en 1343. La con- 
tinuation dont il s'agit ici est connue et authentiquee de tout 
temps, comme Test elle-meme Toeuvre d'Andrea Dandolo. 
Elle a pour auteur un personnage historique et classe de 
I'Etat venitien, Raffaello Caresini, qui exerga les fonctions 
de grand chancelier, de 1365 jusqu'k sa mort, en 1390*. 

La redaction la plus generalement connue en est la redac- 
tion latine originale, latine comme celle de Toeuvre d'An- 

t. Sur la continuation d' Andrea Dandolo par Raftaello Care- 
sini, voir Muratori, Andrex Danduli Chronicon, Preface, ap. Rerum 
italicarum scriptore.^, t. XII, p. 7 ; Foscarini, Delia leti, ven., liv. II, 
p. 147-148. 



RAFFAELLO CARESINI. 457 

drea Dandolo, k laquelle cette continuation fait suite. Cette 
redaction originale en latin figure, k la suite de Toeuvre 
meme d* Andrea Dandolo, dans les collections de chroniques 
relatives k Thistoire d'ltalie*. R6cemment, une traduction 
en dialecte venitien, traduction contemporaine de la reac- 
tion la tine originale, en a ete sigualee et mise au jour*. 

Debutant en 1343, k Tavenement d* Andrea Dandolo 
comme doge, cette composition, dans son etat actuel de con- 
servation, s'arrete assez brusquement k la fin de Tannee 
1388, au cours du principat d'Antonio Venier, doge de 
1383 k 1400, s'interrompant apr^s avoir relate, sous la date 
du 17 decembre 1388, Tannexion des places d'Argos et de 
Nauplie de Roraanie au domaine venitien de Moree^. 

Restreinte k un cadre chronologique aussi etroit et stric- 
tement contemporain de son auteur, cette composition ne 
comprend, ainsi qu'il semble evident, que des elements pure- 
ment originaux, dus aux souvenirs et aux impressions du 
personnage politique qui en fut le redacteur. 

Or, en scrutant avec Fatten tion necessaire cette oeuvre 
historique, on s*apergoit iramediatement que le texte de la 
Chroniqued' Antonio Morosini, depuis le moment meme ou, 
sous la date de 1361, il vient de cesser toute analogic avec 
le texte de Niccolo Trevisani, presente tout simplement une 
traduction en dialecte venitien de la composition latine de 
Raffaello Caresini. 

Cette traduction, figurant dans la Chronique d' Antonio 

\. C/ironicon Raphayni Caresini cancellarii vefieti continuatio 
Clironicorum Andrex Danduli, ap. Muratori, Rerwn italicarxun 
scriptores, t. XII, 1728, col. 417-583. 

2. Rinaldo Fulin, la Cronaca di Ra/faino Caresini tradotta iJi 
voUjare veneziano net secolo XI V. Venise, 1877, in-8<>, x-88 p. 

3. Raflaello Caresini, loc. cii., t. XII, col. \\1, 483. 



158 l^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

MorosiDi, De represente aucunemeDt une reproductioD pure 
et simple de Tautre traduction en dialecte v^nitien, qui vient 
d'etre cit^. On s'en apergoit ais^ment au premier abord. 
Moins sure et moins serr^, paraissant due k un rMacteur 
beaucoup moins exerce k la pratique de la langue latine, elle 
laisse place, de temps en temps, k certaines paraphrases 
manifestessans interet apparent. Mais, quelle que soitsa qua- 
lite propre, elle n'en constitue pas moins un attachant 
temoignagedelitteraturehistorique qui m^rite d'etre signale 
et apprecie k sa valeur, et que Thistoire litt^raire venitienne, 
desormais instruite de son existence, tiendra sans doute 
k revendiquer. 

Gomme dans la comparaison qui vient d'etre etablie entre 
Niccol6 Trevisani et Antonio Morosini, la mise en paraliele 
des deux textes de Raffaello Garesini et d'Antonio Morosini 
se poursuivra, d'abord aux premiers indices constates, puis 
dans la narration de certains evenements caracteristiques, 
enfin lors des derniers syrapt6raes d'analogie susceptibles 
d'etre releves. 

Le caractere de traduction se reconnait dte cette date de 
1361, qui vient d'etre precisee, k Tavenement du nouveau 
doge Lorenzo Gelsi, successeur de Giovanni Delfino. 

Lorenzo Gelsi est elu doge le 16 juillet 1361. Apr^ 
quelques courtes phrases consacrees a son elevation, la Chro- 
nique d'Antonio Morosini aborde immediatement le recit 
des evenements de Grete, ou vient de se declarer un des 
incessants soulevements toujours prets k se renouveler 
contre la domination venitienne*. 

Les deux textes, la composition latine de Garesini et la tra- 



1. Sur ces fails, RomaQin, Stov. di Venczia, t. Ill, p. 211, 



RAFFAELLO GARESINI. 159 

duction T^nitienne qui figure dans la Chronique d' Antonio 
Morosini, relatent ainsi cette insurrection. . 



Raffabllo Caresini^ 

Hujus^ tempore foediBsiraum 
ac crudele flagitium in Gre- 
tensi Insula commissum est 
ab his, qui causam Ducalis 
Domiaii jure naturae, gentium 
et civili, tueri modis omnibus 
tenebantur. Qui licet ab optima 
Patria, optimisque pareatibus 
orti sint, tamea non cives ap- 
pellari debent, sed nequissimi 
Parricidae 



Hi^ autem, contra naturam 
relictis laudabilibus Patrum 
vestigiis, Gretensium insolen- 
tiis adbseserunt quas Aposto- 
lus merito increpans ait : « Gre- 
tenses semper mendaccs, graves 
corpore, malae bestiae, ventres 
pigri. » 



Antonio Morosini. 

Anchora'* in 1o tenpo del 
dito miser lo dozie bocorse 
una confe[de]racion inniqua e 
malvaxia, e incontra el stado 
de Yeniexia, la qual se leva in 
rizola de Grede, per certi cita- 
diny de Ghandia, i qual segundo 
la raxion natural e anchora ci- 
vil quely iera tegnudy de chon- 
versar e cbonservar el predito 
stado de Yeniexia. Avegnadio 
che questy chusy faty de Grede 
proviede da chusy bona patria 
chomo Yeniexia e da chusy no- 
bel parenty, ma nientedemen 
questy non se die apelar cita- 
diny horiginal, ma plu tosto 

inniquisimy traditory 

lasando^ la propia natura dy 
suo antecesory, seguitando i 
chostumy dy Griexi, el qual el 
biado sam Polo i reprende in 
questa forma : « Gresie senpre 
boxiary, grievi del corpo, male 
bestie, prege del ventre^. » 



\ . Ge texte, comme tous les suivants du m^me auteur, est tire 
de r^dition de Muratori, Rer, ital. script., t. XII. 

2. Gol. 428. 

3. Col. 429. 

4. Fol. 91b. 

5. Fol. 92 a. 

6. Gomme point de comparaison, on donne ici les passages cor- 
respondants de I'aulre traduction en dialecte venitien du texte de 
RafFaello Garesini, dont 11 vient d'etre question. (Rinaldo Fulin, 



160 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

Comme naguere, le recit des guerres genoises pourra 
offrir des mat^riaux de comparaison tout indiqu^. 

Ainsi, par exemple, Texpose du debut de la cinquieme et 
derni^re guerre, ou Veaise vit de si pres son aneantissement 
total. 

Pr^parte par I'occupation de Tilot de Tenedos, clef des 
Dardanelles, c6d6 aux V6nitiens par Tempereur grec 
Jean Paleologue, en 1376, rendue inevitable par les inci- 
dents de toute nature qui se succedent Tan suivant, la guerre 
eclate ouvertement en 1378. Contre Venise, pour une lutte 
qui s'annonce comme formidable et definitive. Genes a lie 
d'avance une puissante coalition d'interets et d'appetits, 
entrainant avec elle Frangois P*" de Carrare, souverain de 
Padoue, le patriarche d'Aquilee, souverain temporel d'une 
partie du Frioul, et le roi de Hongrie, Louis-le-Grand, 
d'une branche de la maison angevine de Naples, voisin 
inquietant de Venise par les possessions de la couronne 
hongroise*. 

On remarquera, dans les deux textes ainsi rapproches, 
les termes employes pour definir les traditions de la maison 
de France, a laquelle appartient le roi de Hongrie. 



la Cronaca di Raffaino Garesini iradotta in volgare vencziano nel 
secolo XIV, p, 9.) 

t In questo tempo, socissirao e crudel pecado fo comesso in 
I'ixola de Grede, da quell 11 qual quela ad honor de la dogal 
Signoria per raxon de natura e de civil gente lera tegnudi defen- 
der a tuti muodi. Li qual avegnadio fosse nasudi da la optima 
patria e da optlmi parent!, anipuo li non se die apelar citadini, 

anzi nequissiml olcldadori de la patria Chostori, contra 

natura abandonade le loldevele vestigie di padri, se apuza a la 
soperbia de quell de Crede, la qual lo apostolo reprendando dixe : 
« Quell de Crede 6 sempre boxari, grievi de corpo e pegri ventri. » 

1. Sur ces fails, Ronianin, Slor. di Vrnezia, t. Ill, p. 251-^63. 



RAFFAELLO GARESINI. 



46i 



Raffaello Garesini. 

Prima* pars guerrae Uunga- 
riae ac coUigatorum ejus. 



Antonio Morosini. 

Questa^ ^ la prima parte de 
la honioQ dy cholegady de la 
vera del re d'Ongaria, e Zeno- 
vexi, e Padoany, e Furlany, e 
SclavoDy, mesy chontra el stado 
de la dogal Signoria de Ve- 
niexia. 

Meraveiase tuty i fedel cha- 
tolizi cristiany in el mondo 
tuto universo e per lo simel 
I'infedely tuty, prima Turchy, 
Sarainy e Pagany, che'l posente 
priucipo e signer Lodoicho, re 
d'Ongaria, senza alguna cba- 
xiom chognosuda luy se abia 
levado chontra la posa del cho- 
mun de Veniexia, cbe in prima 
luy deveva consyderar donde 
r^ desexo, no de hogny naciom 
minyma, ma de la chaxa de 
Franza, cbe senpre quely h 
stady singularissimy zelatory 
de Veniciani e cbontra la cbon- 
siencia soa e de la santa mare 
Gliexia e apreso de la soa dona 
e dy i altry barony suo d'On- 
garia, luy favoriza que la na- 
ciom, laqual si ^ boldybele, 
in prima a Dio, e puo al mon- 
do, digo de Zenovexi, in prima 
se chognose che i dity a senpre 
vyvudo de ranpina. 



Bellum^ atrox non solum Bataie^ dure pur non sola- 

nostris partibus, sed universo mente in queste parte, ma per 

1. Col. 442. 

2. Col. 443. 

3. Fol. 101 B. 

4. Fol. 1U2a. 

IV \\ 



Mireturetiam universus orbis 
catholicus pariter et paganus, 
quod serenissimus princeps do- 
minus Ludovicus, UungariaB rex 
illustris, absque causae cogni- 
tione contra Venetos, regni 
Francise, und6 traxit originem, 
vetustissimos et singularissi- 
mos zelatores, dignitatem tantae 
prosapiae maculaverit, ut prae- 
ter illustrissimarum et sancta- 
rum matris conjugisque regina- 
rum, et baronum Hungariae 
conscientiam, adhacserit nationi 
Deo et hominibus exos<e Ja- 
nuensium, qui semper de rapto 
vixisse noscuntur. 



1G2 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

orbi, perniciosissimum Darra- tuto Tuniverso mondo, soto 
tarus, brevi ostendam, quis brieve condiciom voio notar 
justius induit arma. choloro hi qual plu zustameDte 

prexe le arme^. 

Ainsi encore, au cours de la lutte engagee de la sorte, le 
r^cit de la supreme entreprise de Venise, reduite aux abois 
k la suite de la defaite de sa flotte k Pola, sur la c6te d'ls- 
trie, le 7 mai 1379, de Venise attaqute jusque dans ses 
lagunes et contrainte h defendre les chenaux de son port. 
Les forces genoises ont pris pied k Chioggia, passe meridio- 
nale des lagunes, dans le courant d'aout. De la place de 
Chioggia et du sur abri de son port, comme base offensive, 
les galores de Genes se preparent k attaquer, en face et k 
revers, par le dedale des chenaux interieurs de la lagune, 
la citede Venise enserree de toutes parts, menaceecette fois, 
non plus seulement dans sa supr6matie, mais dans son exis- 
tence meme. Cependant, avec les ressources supremes de 
TEtat et du peuple venitien, une derniere flotte s'est irapro- 

1. Passages correspoiidants de Tautre traduction indiquee. 
(Rinaldo Fulin, op. cit., p. 33 et 34.) 

« Qua comenza la prima parte de la guera de Hungaria e de li 
colligadi suo. 

« El se meraveia lo universo mondo, el catholico e per simele 
el pagan, che'l serenissimo principo miscer Lodovico, re de Hun- 
garia illustro, senza cogaicion de cason, contra li Veniciani anti- 
gissimi et singularissimi zeliatori del reame de Franza, dal qual 
quolo re traxe origine, abia iuclinado la dignitade de tanta zeuti- 
leza, che contra la consiencia de le illustriFsime e sancte raiiie, 
zoe soa mare e soa muier, e de li baroni de Hungaria, se abia apu- 
zado a la nation odiosa a Dio e a i omeni, zoe Zenoesi, li qual 
sempre a vivudo de robaria. 

« La hataia crudol, e non solamente a le parte suo a lo universo 
mondo doslruzetissima io narero, e si mostrerc in brieve qual 
zusLo vest! le arme. » 



RAFFAELLO CARESINI. 163 

Yis6e, dans le cours de Tautorane, pour essayer de reprendre 
Chioggia et d'enfermer dans les lagunes, par surprise, les 
Mtiments g^nois mal gardes. Tentative desesper^e qui va 
reussir contre toute attente, arreter TofiFensive genoise et 
permettre k Venise epuisee de signer en 1381 la paix de 
Turin, pacte sans gloire, mais qui lui laisse au moinsla vie^ 
Void le r6cit de ce dramatique episode, dont plus d'un 
trait ofire une allure antique. La flotte qui sort des passes 
de San Niccolo du Lido, cette nuit de la fin de d^cembre 
1379, et sur laquelle le vieux doge Andrea Contarini a 
voulu prendre place k son rang, porte le dernier espoir de 
Venise. 



Raffaello Garesini. 

Celebrata^ Spiritus Sancti 
solemnissima et devotissima 
missa, illustris dominus dux, 
mente et aspectu serenus, com- 
mendato Urbis regimine senio- 
ribus, primus in nomine Do- 
mini galeam ascend it cum 
magno triumpho, de majori 
sperans ia reditu 



Antonio Morosini. 

E^ celebrada una devotisima 
mesa in la gliexia de miser 
Bam Marcho, dita de Spirito 
Santo, e invochado el nome de 
Dio pare, chon tuty i santy suo 
de prexente, el valeroxo chavo 
e principo miser lo doxie, chon 
la mente e aspeto so tuto sen- 
cier, rechomandando el regi- 
mento so de la citade a i antixi 
nobel homeny de la tera, e 
quelo, in lo nome de Dio e del 
glorioxo evangelysta miser sam 
Marcho, protetor e chavo nos- 
tro, intra primamente luy in 
galia chon speranza de tor- 
nar con gran trionfo in caxa 
soa 



1. Sur ces faits, Romanin, Stor. di Venezia, t. Ill, p. 26G-208, 
273-287, 295-299. 

2. Col. 450. 

3. Fol. IHb. 



164 



ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 



recessit cam felicissimo xxxiv 
galearum exstoleo a portu 
Sancti Nicolai die xxiii decem- 
bris anno M GGG LXXIX, com- 
missis ad rescossam sexdecim 
galeis subtilibus ex dicto nu- 
mero praefatis Thadaeo Justi- 
niano et Victori Pisano. 

Nox ilia iucidissima et quie- 
tissima fuit, suavi et prospero 
vento ilante, navigantibus no- 
bis absque strepitu, et cam 
ordine magno, imposito etiam 
comitis, at sibloti sive falsceti 
silerent. NonnuUce barchae nos- 
trae viam interiorem tenebant 
pari gressa, quarum erat capi- 
taneus Joannes Barbadico. Su- 
pervenit ade6 densa nebula, 
quod timuimus, ne obesset, sc- 
parando Galeas et abscondendo 
portum. Sed mirabiliter subito, 
non ut assolet, est fugata. 



partise le xxxini gaiie del porto 
de Sam Nicbol6, ady xxiii de 
dezenbrio de M IIIc LXXVIUI, 
lasado a la rescbosa xvi galie 
sotil del predito numero a mi- 
ser Tadio Zustignan chavalier 
e a miser Vitor Pixiany. 

Quela note fo molto clara e 
quieta, e ave uno dolze e pros- 
pero vento, navegando loro 
senza nesum sterpito hover re- 
mor, e chon grandissimo hor- 
dene, imponendo e cboman- 
dando a i cbomity, che i 
sybloti hover i frascheti non 
devese sonar, e tute le nostra 
barche tignando la via dentro, 
de le qual iera chapetanio el no- 
bel homo miser Zian Barbarigo. 
E de prexente sovravignando a 
quely uno chaligo lo qual bem 
se pud dir vegnise mandado 
da Dio, in tanto grado che nuy 
temeserao che'i non se separase 
una galia da Taltra. E de su- 
bito meraveioxaraente, chonio 
el se leva el sol, lo chaligo 
hover quela nivola fo chazada 
via^ 



i. Passages correspondants de Tautre traduction indiquee. 
(Rinaldo Fulin, op. cit., p. 47.) 

« Gellebrada la solenissima e devotissima messa del Spirito 
Sancto, lo illustrissimo misser lo doxe, cum la mente e cum lo 
aspeto claro, abiando recomandado el rezimonto do la citade a li 
plu vechi, primo in nome de Dio el monla in galia cum gram 

triumpho, spprando de raazor in lo retorno , elo se parti 

cum felicissimo stuolio de xxxirn galie dal porto de San Nicolo adi 
XXIII de deccmbrio in I'ano M GCG LXK Villi, abiando comesso a 
la reschossa xvi galie sotil del dito numero a Tadio Zustignam 
chavalier o a Velor Pisani. 



RAFFAELLO CARESINI. i65 

Le caractere de traduction se reconnait ainsi, de la fagon 
la plus ^vidente, jusqu'au terme final de Toeuvre de Raf- 
faello Caresini. 

Cette composition se termine, comme on Ta vu, sous la 
date du 17 d^cembre 1388, par la mention de Tannexion k 
Venise des places d'Argos et de Nauplie de Romanie, en 
Moree. Ces possessions, nagueres tenues par Guy d'Enghien, 
Tun des fils de Gautier III, due d'Athenes, sont c^dees k 
Venise, moyennant une fructueuse combinaison financiere, 
par Marie d'Enghien, fille de Guy, veuve du Venitien Pietro 
Cornaro. Divers actes, dont un dernier, en date du 17 de- 
cembre 1388, regularisent cette negociation*. 

Raffaello Caresini. Antonio Mobosini. 

Acquisition Argos, et Nea- De^ la aquystation de Argo 

polis. e de Napoly de Romania. 

Nobilis vir Petrus Gornario El nobel horn miser Piero 

quondam domini Federici do- Ghorner, de qua indriedo fiol 

minabatur terris, castris et for- de miser Ferigo de la chon- 

talitiis Argos, et Noapolis, vi- trada de Sem Lucha, signory- 

gore dotis uxoris suce egregiaB zava le tere e chastely e forteze 

« Quela note fo lucidissima e quietissima, cum suave e prospero 
vento, navegando nuy cum gran ordene e senza strepito, siando 
eliando imponudo a li comiti che non sonasse li frascheti. Molte 
de le nostre barche, de le qual iera capetanio Zan Barbarigo, 
tegoiva la via dentro cum par andamento. E'l sovravene un cha- 
ligo in tanto grado, che nuy temessemo che'l no nosesse in sepa- 
rar le galie et absconder el porto. Ma meraveiosamente subito, 
non como suol esser, el fo deschazado. » 

\. Sur cos fails, Karl Hopf, Gcschichtr Gncchenlands, m« per., 
part. IV, ch. r ot iii, ap. Ersch et Grnber, AUgeyneine Encyklopadie, 
section I, t. LXXXVI, p. '2.'), ''iO-5'2. Gump. Karl Hopf, Ckroniques 
gr^co-rnmanes, Tabl. geneal., II, iMi, p. 474. Gf. Romanin, Stoi\ 
di Venezia, t. Ill, p. 316. 

2. Gol. 48-2. 

3. Fol. 134 b. 



166 



fiTUDE SUR ANTONIO MOROSINl. 



dominaB Mariae quondam egre- 
gii viri domini Gaidonis de 
Engino filiae. Quo quidem Pe- 
tro Gomario in florida aetate 
absque liberis defuncto, ipsa 
loca manifesto discrimini sub- 
jacebant, 



Geterum * prsedicta domina 

Maria de Engino 

promisit et juravit absque re- 
quisitione alicujus, provide viro 
Marco de Raphelis velut pu- 
blica3 personce, et per eumdem 
fieri fecit publicum instrumen- 
tum anno M CGG LXXVIII, 
die decima septima mensis de- 
cembris, se toto tempore vitaB 
suaB non accipere maritum sive 
conjugem (sive) nisi nobilem 
civem originarium Venetiarum, 
sub poena perdendi statim, ipso 
facto, totaliter pretium et pro- 
visionem predicta, videlicet du- 
catorum quingcntorum aunua- 
tim pro pretio dictorum loco- 
rum, et supradictorum duca- 
torum ducentorum auri de 
provisione, et supradicta duo 
millia ducatorum, quos pro 
testamento Icgare potest, in 
casu quo ipsa mororetur absque 
heredibus ab ea descendentibus. 



de Argo e de Napoly, per vigor 
de la dota de la soa dona no- 
bel, per nome clamada madona 
Maria, fia de qua indriedo del 
nobel homo miser Guido de 
Inzim. El qual miser Piero 
Ghorner, siando in florida etade 
de la zoveneza soa senza fioly 
morto, i dity luogy suo a mani- 
festo dano sy zaxeva 

E apreso per la dita madona 

Maria de Enzim 

promese^ e zura, senza requi- 
xiciom d'aigum, al provide 
homo Marcho dy Rafaneli, 
noder, chomo a plubicha per- 
sona e per luy fexe far plubi- 
cho instrumenlo in M GCG 
LXXVIII, dy XVII de dezen- 
brio, se tuto el tenpo de la 
vita soa non dever prender ma- 
rido se non citadim horeginal 
de Veniexia, soto pena de per- 
der, subito eso fa to, tuto el 
priexio e privixiom sovradito, 
zoe duchaty v^ d'oro de pri- 
vixion, i qual per testamento 
ela puo lasar, in chaxo ch'ela 
raorise senza oriedy desendenty 
da esa3. 



1. Col. 483. 

'I. Fol. 135 A. 

3. L'autre traduction indiquee s'arrete a Tan 1383. (Rinaldo 
Fulin, op. cil., p. iv-v, 86.) — Les passages correspondants ne 
peuvent done eLro presentos ici commo pour los deux extraits pre- 
cedents. 



PARTIE ORIGINALE. 167 

Ici se termine, comme on Ta vu, I'oBuvre de Rafifaello 
Caresini, et cesse par consequent le texte d'oii la Chronique 
d* Antonio Morosini, pour cette partie de son cours, tirait 
sa propre substance. C'est aiUeurs d6sormais qu'il faudrait 
forcement chercher, soit les inspirations, soit le modele tex- 
tuel de la fin de cette Chronique, qui court encore, comme 
on Ta Yu pendant une quinzaine d*ann^, de ce point de 
1388 jusqu'au courant de Tan 1404*. 



oo 



Partie supposee originale. 

Les recherches poursuivies k cet effet n'ont pas permis de 
reconnaitre k quel texte anterieur avait pu etre empruntee 
la derniere partie de la Chronique d* Antonio Morosini 
s'etendant de 1388 a 1404, partie avec la fin de laquelle le 
debut du Diario presente une insensible transition*. 

S'il doit etre tenu pour vrai qu'Antonio Morosini, comme 
il a ete avance dans Texpose de sa vie, parvenu k Tage 
viril des 1377, soit lui-meme entre au Grand Conseil en 
1388^ I'annee meme ou se trouve cesser la redaction qu'il 
conservait jusque-lk pour guide, s'il faut adniettre que, des 
cette epoque, il etait en situation de participer k la vie 
publique et aux affaires, en observant lejeu des evenements, 
rien ne s'opposerait k ce que ces quinze dernieres annees de 
sa Chronique fussent tenues pour originales. 

Cette hypothese pent se defendre. Le principal argument 
susceptible de lui etre oppose serait la negligence et la con- 

1. Sur ce point, ci-dessiis, VOEiivre. 

2. Sur ce [)oiiit, ci-dessus, I'OEuvre. 

3. Sur ce point, voir les observations presentees dans le cha- 
pilre I'AuUur. 



168 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

fusion qui paraissent plus specialement caract^riser cette 
partie de la Chronique, A premiere vue seulement, il 
semble que r^crivain capable de tenir et de r^diger le 2)ia- 
rio, tel qu'on Ta defini et reconnu dans ses caracteres essen- 
tiels, aurait du exposer tout dififeremment les evenements de 
cette periode de Thistoire de Venise, qu'il etait appele k 
relater et h fixer. 

Peut-6tre la faiblesse de redaction de certains passages de 
cette partie s'expliquerait-elle aussi par ce fait, k savoir que 
cette partie represente une fraction de Toeuvre premiere, 
detruite k la suite de Tarret rendu en 1418 par le Conseil des 
Dix^ fraction qu* Antonio Morosini aurait essaye de restituer 
plus tard, maisavecdes elements beaucoup plus incomplets. 

Quoi qu*il en soit, il n'en demeure pas raoins avere que, 
vers cette periode de la Chroniquey la reprise du recit qui 
constituerait le debut propre de cette partie supposee origi- 
nale presente des caracteres de composition hative bien faits 
pour surprendre. 

Immediatement apres Texpose des faits contenus dans les 
derniores lignes du texte eraprunte k RaflFaello Caresini, 
concernant Tannexion par Venise d'Argos et de Nauplie de 
Romanie, en Moree, acquises de Marie d'Enghien*, le recit 
d'Antonio Morosini saute directement k la mention d'autres 
annexions venitiennes operees sur la cote d'Albanie, acqui- 
sitions de territoires cedes k la re])ublique par leurs souve- 
rains nationaux. Ainsi, Antonio Morosini relate-t-il, d'abord 
I'annexion de Durazzo et dWlessio, acquis des Thopia et des 
Ducagino, annexion qu'il place a la datedu 14 juillet 1393, 
puis celle de Scutari et de Drivasto, acquis des Balsa, dont 
le representant dyriastique est alors Georges Strasimir, 

1. Sur ce point, ci-ihv'^sus, CAuteur. 

"2. Sur ces faits, voir ci-ilessus, p. 165, n. 1. 



PARTIE ORIGIN ALE. 169 

annexion qu'il place en 1394 ^ Ensuite, sans autre notation 
d'evenements intermediaires, il passe aussitot k la relation 
de la croisade de Nicopolis, en 1396^. De la sorte, quelques 
lignes seulement, consacrees k des faits de second ordre, 
se trouvent representer les huit annees d'histoire ecoul6es de 
1388 k 1395, huit annees chargees, entre toutes, de revolu- 
tions et d'incidents touchant de si pr^s aux int6rets vitaux 
de Venise^. 

Ainsi, se trouvent notamment omises : — la restauration 
de la dynastie des Carrare en 1390, Televation de la seigneu- 
rie de Milan au rang de duche, entre les mains de Gianga- 
leazzo Visconti, en 1395, Tinstallation de la domination 
frangaise k Genes en 1396, autant d'6venements capitaux 
pesant sur la politique venitienne, et sur lesquels on s ex- 
pliquerait mal le silence intentionnel d'un citoyende Venise 
dont la capacite et le souci historique peuvent se mesurer k 
la redaction du Diario '*. 

Voici d ailleurs le debut textuel de cette nouvelle phase 
de la Chronique d*Antonio Morosini. 

La mention de Tannexion d'Argos et de Nauplie de Roma- 
nie, acquises par Venise de Marie d'Enghien, veuve de Pietro 



1. Sur CCS fails, Karl Ilopf, Cfironiqiies gr^co-romanes, Tabl. 
goueal., XI, 6, p. 532; 8, p. 533; 10, p. 534. Cf. Romanin, Stor. 
(li Venezia, t. Ill, p. 316. — L'acquisition de Durazzo parait, en 
realite, se placer en 1392. (Karl Ilopf, op. cit., XI, 6, p. 532.) 
rWlo d'Alessio en 1203. (Karl Hopf, op. cit., XI, 8, p. 333.) Celle 
lie Scutari semble se classer en 1395-1396. (Documents incliques 
par Romanin, op. cit., I. Ill, p. 316; Karl Ilopf, op. cit., XI, 10, 
p. 534.) Celle de Drivasto en 1396. (Karl Ilopf, op. cit., XI, 10, 
p. 534.) 

2. Sur ce fait, voir ci-des?ous, p. 170, n. 4. 

3. Tout ceci au fol. 135 a, dont le debut vient d'etre cite. 

4. Sur ces faits, ci-dessus, VOEuvre. 



170 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

CorDaro, vient de s'achever avec la fin du passage cite 
ci-dessus. 

< ... i qual per testamento ela puo lasar, in chaxon ch'ela 
morise senza eriedy desendenty da esa^ » 

Immediatement apres, vient le passage suivant, relatif k 
Tacquisition de di verses places de la cote d'Albanie, de 
Durazzo et Alessio, de Scutari et Drivasto. 

« Chorando ani M GGC LXXXXIII dy xiiii luio in Veniexia. 

« Apreso in lo tenpo del dito miser lo doxie, la citade de 
Veniexia suzugava Durazo, e la fo mandado per bailo el nobel 
homo miser Franzescho Ziorzi ; e la avesemo uno chastelo fra tera, 
el qual a nome Alesio, e questo fexe i Veniciany perche i Turchi 
iera in quel tenpo molto posenty, dubitandose che i dity luogi 
non pervegnise in le suo mane. E anchora in M GGC LXXXXIIII, 
siando miser Ziorzi Straziraier signor de la citade de Schutary, e 
vignando quelo molto molestado da y Turcliy, per muodo che 
lo non podeva tegnir quela tera, ... fo prexo per lo Ghonseio de 
Pregady de tuor el dominio de quel dito luogo, a zio ch'el non 
provegnise in le man de Turchy, e fo prexo de dar al dito miser 
Ziorzi per hogny ano duchaty m d'oro in vita soa, e a nuy darde 
uno altro chastelo infra tera, clamado Drievasto^. » 

Puis, sans autre transition, le texte se continue par la 
relation de la croisade entreprise par les nations chretiennes, 
en 1396, contre Tinvasion ottomane de Bajazet, entreprise 
destinee comme on sait au desastre de Nicopolis. 

« E da saver che in questo tenpo Baixeto, fio che fo de 
Morato, inperador dy Turchy, iera molto posente in Turchia e in 
Grecian.. » 

Recit qui fait Tobjet du premier extrait de cette edition, 
oil on le trouve a sa place et k son rang^ 

1. FoL 135 a. 
'I. Fol. 135 a. 

3. Fol. 135 A. 

4. T. 1, p. 2-16. 



PARTIE ORIGINALE. 171 

Dans cette dernifere section de la Chronique, deux epi- 
sodes tranchent par la forme et le fond du r6cit sur le 
decousu general de la redaction. 

C'est d'abord la relation de la croisade de Nicopolis, dont 
il vient d'etre parle, et k laquelle Venise prend part en 
meme temps que la France et les autres Etats d'Europe. 
Puis la narration, plus ample encore et plus etendue, du 
conflit maritime de Venise avec Genes frangaise, conflit ne 
et poursuivi dans les mers d'Orient pendant Tan 1403, et 
que vient terminer, le 22 mars 1404, la convention provi- 
soire qui met fin k ces hostilites. 

Ces deux exposes prennent, par le plan de cette edition, 
leur place naturelle dans les Extraits qui font partie de 
la presente publication*. 

C'est avec un dernier rappel d*evenements se rapportant 
a la collision des interets venitiens et genois en Orient que 
se termine, comme on Ta vu, le dernier fragment susceptible 
de se rattacher k la Chronique. 

Ce fragment, par le plan de cette edition, prend aussi 
place dans ces Extraits, On en trouve le texte en son lieu 
et rang^ 

Apres ce dernier passage, la Chronique cede la place au 
LiariOy dont le debut a etc signale comme pouvant remon- 
ter au 10 avril 1404 \ 

C'est desormais Antonio Morosini lui-meme qui va redi- 
ger I'oeuvre uouvelle qui s'ouvre ici, ne relevant plus que 
de lui, de sa propre inspiration et de ses facultes d'obser- 
vation personnelle. 



\, T. 1, p. M(), 2i-t66. 

^2. T. I, p. I7'i-176. 

3. Sur ce point, ci-dcssus, iOEuvrt. Voir Appendice IV. 



172 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 



II. 



. Derives, 

Cette oeuvre nouvelle, comraengant vers cette date, sous 
une forme d'abord hesitante quelque peu, puis de plus en 
plus prononcee par les accentuations successives qui ont ete 
signalees, court et se continue, quant a sa partie conservee, 
jusque sous la date du 20 novembre 1433, et, quant i sa ter- 
minaison reelle, jusqu'a uneepoque inconnue, qui atteint au 
raoins le milieu de 1434, ou un fragment subsistant relate 
divers faits datant du mois de juin de cette annee*. 

Rien ne pent faire supposer que, sous cette forme de tenue 
au jour le jour, le Diario d*Antonio Morosini ne soit pas 
une oeuvre originate . 

Cette oeuvre originate, k son tour, semble avoir ete forte- 
men t mise a contribution par divers historiens posterieurs, 
qui, en outre du Diario meme, paraissent avoir connu et 
utilise la Chronique telle qu'Antonio Morosini Fa composee 
et compilee. 

Pieiro Delfino. 

Sous ce rapport, en premier lieu, s'impose la mention 
d'une oeuvre historique, a laquelle s'est attachee une cer- 
taine notoriete, oeuvre classee sous le nom de Cronaca Dol- 
fina, et sur laquelle se sont exercees bien des hypotheses 
et decouragees bien des patiences. 

I. Ci-cie?sus, COExivre. Voir Appeiidice IV. 



Dans r^tude consacree aux chroniques v6nitiennes, for- 
mant Tun des chapitres de son traits Delia letteratura 
veneziana, paru en 1752, Marco Foscarini mentionne avec 
eloges Foeuvre de Pietro Delfino, personnage v6nitien dont 
la vie s'inscrit dans la seconde moiti6 du xv® si^cle, et dont 
il d^gageait Tidentite, mal definie jusque-lk par divers histo- 
riens. De cette chronique existaient encore, au milieu du 
xym® si^cle, deux manuscrits, v6rifl6s par Foscarini lui- 
meme, manuscrits dans lesquels la partie conserv6e de 
Toeuvre s'etendait depuis les debuts de Thistoire de Venise 
jusqu'i Tan 1422^ Cette OBuvre historique, d6s la fin du 
XV® si^cle, ainsi que le remarquait k cette occasion Fosca- 
rini*, etait connue, citee couramment et utilisee par Marino 
Sanuto dans sa composition des Vite de' Duchi di Venezia, 
dont le texte imprira6, arrete en 1493, se trouvait aux 
mains du public depuis 1733 3, preface et piedestal des 
celebres Diarii du memeauteur, tenus au jour depuis 1496, 
qui ont plus specialement consacre son renom d'historien. 

Consideree par quelques-uns comme disparue ou introu- 
vable, I'ceuvre de Pietro Delfino s'est vue de nouveau pre- 
sentee h Tattention, k une epoque relativement recente, par 
la publication du catalogue de la bibliotheque de T^rudit 
venitien Emmanuele Cicogna, dont la remarquable collec- 

i. Foscarini, Delia lett. ven., p. 159-1()0. 

2. Ibid., id. Cf. Marino Sanuto, ouvrage cite ci-dessous, ad 
ann. ii03, col. 806; ad ann. 12%-i300, col. 583. 

3. Marino Sanuto, Vite de* Duchi di Venezia {VitsB ducum Venelo- 
rum lialice scriplx ab origine (Irbis sive ah anno CCCC XXI usque ad 
annum M CCCC XCIll)^ dans Mnratori, Rerum italicarum scripto- 
res, t. XXII (1733), col. 390-1284. — Comparaison encore plus 
sensible dans la recente edition comraentee de ce precieux texte, 
donnee par M. Cfiovanni Monticolo. [Le Vite dei dogi di Marin 
Sanudo, [en cours d'impression,] dans Rerum italicarum scriplores, 
nouvelle edition, t. XXII, part. IV, 19U0.) 



174 ATUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

tion particuli^re, presque enti^rernentpass^eau grand depot 
du Museo Civico de Venise, en contenait un manuscrit^ 

Dans ce repertoire descriptif, que le savant Rinaldo Fulin 
portait pour la premiere fois en 1872 k la connaissance du 
public^ des notions critiques et precises ^taient formula sur 
cette CBuvre et sur son auteur*. II y etait d'abord prouve 
qu'un des manuscrits de la collection Cicogna, contenant 
une chronique courant de 421 k 1422^, representait, sans 
doute possible, la partie subsistante de Toeuvre de Pietro 
Delfino d6jk signalee par Marco Foscarini^. II y etait ensuite 
reconnu que cette composition historique devait, dans son 
integrity, s'6tendre jusqu'en 1505^. Entre-temps, demons- 
tration etait faite des emprunts reputes que lui a faits 
Marino Sanuto pour ses Vite de' Duchi^, Enfin, la biogra- 
phic de Tauteur y 6tait etablie, la date de sa naissance 
arretee entre 1426 et 1428, et celle de sa mort reculee au 
terrae de 1505*'. Notions centre lesquelles la critique, depuis, 
n'a souleve aucune objection, et qui semblent definitivement 
acquises^. 

i. Emmanuele Antonio Cicogna (1719-1868), le celebre erudit 
venitien, createur de la biblioth^que particuliere aujourd'hui pas- 
s6b au Museo Civico de Venise. 

2. Rinaldo Fulin, Saggio del calalogo dei codici di Emmanuele 
Cicogna, ap. Arck. ven., t. IV, 1872, p. 341-353. 

3. Manuscrit comprenant trois volumes : n^^ 2608 a 2610 de la 
collection Cicogna, Saggio, p. 341. 

4. Saggio, p. 343-345. 

5. D'apres la description conserv^e d'un manuscrit en quatre 
volumes de la « Cronaca Doltina », ignore de Foscarini, et ou 
rceuvre de Pietro Delfino se poursuivait, semble-t-il, sans inter- 
ruption, de la fondation de Venise jusqu'en 1505. {Saggio, 
p. 345-346.) 

6. Saggio, p. 344-345. 

7. Saggio, p. 350-351. 

8. Cf. Vittorio Lazzarini, Marino Faliero, la Congiura, ap. 
iXiiov. Arch. ve?i,, t. XIII, 1897, cb. Fo?iti. p. 13. 



PIETRO DELFINO. 175 

Cette composition de Pietro Delfino doit done etre recon- 
nue comrae incontestableraent post^rieure k toute Toeuvre 
d' Antonio Morosini^ qui achevait ses jours au moment ou 
Pietro Delfino entrait dans la vie. 

Or, cette composition de Pietro Delfino, ainsi d6finie, ofire 
avec Foeuvre correspondante d' Antonio Morosini une frap- 
pante et continuelle analogie. 

L'^tude consacree au manuscrit de Cicogna, qui vient 
d'etre cit6e, a poursuivi sur les deux textes en question un 
travail d'inspection parallele qui ne laisse aucun doute sur 
I'etroite parente des deux relations. Des divers points de 
comparaison ^tablis, d'une part sur Foeuvre de Pietro Del- 
fino, d'apres le manuscrit possede par Cicogna^, et, d'autre 
part, sur diffierents extraits de Foeuvre d'Antonio Morosini, 
d'apres le manuscrit possede par le comte Leonardo Manin**, 
resulte Fevidente connexite des deux compositions^. 

Au point que, pour definir Finteret et la valeur de Foeuvre 
de Pietro Delfino, Fetude ici analysee, dont Fauteur a pu 
cependant consulter k loisir tout le manuscrit meme de la 
Cronaca Dolfina, qu'il avait sous les yeux, emploie exacte- 
ment les memes termes que ceux dont se servait, pour etablir 
la valeur et Finteret de Foeuvre d* Antonio Morosini, Fau- 
teur de la notice annexee au manuscrit original de Vienne, 
dejk citfe k diverses reprises '». 

1. Quoi que semble en dire I'etude en question. {Sayrjio, p. 348.) 

2. Voir ci-dessus, p. 174, n. 3. 

3. Voir ci-dessus, le Manuscrit. 

4. Saggio, p. 347-350, cf. p. 342. 

5. « ... puo dirsi un esattissimo dlario nelT autore la 

vera simplicita e imparzialilii. » {Saggio, p. 352.) Cf. (voir, ci-des- 
sus, le Manuscrit) notice indiquee, dans Tomraaso Gar, / codici 
sturici delta collezione Foscarini, ap. Arcli. stor. Hal., t. V, 
p. 3lVi-305. 



i76 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

De cette 6troite correlation, void quelques indices, choi- 
sis au hasard parrai ceux que presente T^tude ici resum^. 

II s*agit de deux iDcidents purement venitienSi de deux 
« fails divers > de meme ordre, mention d'evenements meteo- 
rologiques survenus k Venise, recueillie parmi les nom- 
breuses indications de ce genre que pr^nte le texte de 
Morosini. 

Tremblemeni de terre du 25 Janvier 1348, 

(1347 more VenetoKj 



Antonio Morosinf. 

Chorando MGCGXLVII in 
Venexia. 

A dy XXV de zener, in I'hora 
de vespero, in lo tempo del pre- 
xeute doxie, in lo dy de misier 
san Polo, ocorse in Veniexia, 
e anchor fo in raolte parte, el 
mazor tercraoto che mai per- 
sona vivente sentisse al mondo, 
e che mai per aldida se dixese, 
e dura per plu dy e note, che 
tuta la tera a hora a hora se 
moveva. 



PiETRO Delfino. 

Corrando 1347, adi 25 zenaro, 
a hora de vespero, in lo di di 
S. Polo, fo in Veniexia in molts 
parte el mazor terremoto che 
mai persona vivente sentisse ai 
suo di al mondo, e dura plui 
di e notte, che la terra de ora 
in ora se moveva. 



Ouragayi du 10 aoul 1410', 



Antonio Morosim. 

Chorando MGGGCX, dy x 
avosto de domenega, in lo dy de 
san Lorenzo, in la citade de 
Veniexia. 

A memoria scriro de tuti che 



PiETRO Delfino. 

Gorrando 1410, adi 10 agosto, 
in lo di de S. Lorenzo. A me- 
moria scrivo de tutti chi lezera 
questa scriitura como in questo 
di verso le 22 hore fo uno gran- 



1. Saggio, p. 349. 
'2. Saggh, p. 350. 



PIETRO DELFINO. 177 

lezera questa scrittura fo fato dissimo sui peto de vento cussi 
in I'hora de vespero circha su grando, e piovele in grande 
le tiore xxii uno grandissimo copia, e per cussi fatto muodo 
sfolgaro de vento si grando, e cbe el cazette molti edificii e 
aqua cazete in grandissima co- di campanili. 
pia, e per sy fato muodo ch'el 
cazete molti ediiicy de cham- 
pauili. 

Les analogies qui ont et6 d^montrees entre une partie de 
Toeuvre meme de Morosini, jusqu'en 1388, at diverses 
oeuvres anterieures, laissent supposer que Pietro Delfino, 
jusqu'k cette date, alors qu'il s'inspire de Morosini, repro- 
duit en realite, soil le theme general de la Chronique de 
Niccolo Trevisani, soit le fonds de la Chronique de Raf- 
faello Garesini, modeles successifs de Morosini lui-meme. 
Depuis ce point de demarcation de 1388, depuis le debut de 
la partie de la Chronique de Morosini dont on ne retrouve 
point la source, et surtout depuis le debut du Diario origi- 
nal en 1404, c'est a Morosini seul qu*il se trouve desorraais 
emprunter les renseigneraents et les indications dont la mul- 
tiplicite vient d'etre signalee, 

II va sans dire qu*en emettant cette assertion, on entend 
expressement reserver I'hypothese ou, entre Morosini et 
Pietro Delfino, s'intercalerait un compilateur interinediaire 
d'ou Pietro Delfino aurait tire la source qu'il reproduit. 

Pietro Delfino, sous ce rapport, aurait peut-etre pu 
trouver, tout k sa portee, Toeuvre de son pere, Giorgio 
Delfino, oeuvre connue et classee, s'etendant de 421 k 
1438, et que lui-merae, k diverses reprises, cite ouver- 
tement. 

Inedite dans son ensemble, mais utilisee par maint histo- 

rien, les fragments epars et tres reduits qui en ont ete cites 

gketla permettent d'y retrouver, surtout en ce qui concerne 
IV 12 



178 ^TUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

le Diario, certaines analogies de dates precises bien faites 
pour serabler singulieres^ 

Quoi qu'il en soit, le travail d'inspection parallWe, sus- 
ceptible d'etre opere sur le texte subsistant de la Cronaca 
Dolfina^ travail que Tetude en question a pu poursuivre 
ainsi/a naturellement pour terrae la date de 1422, epoque 
ou cesse la partie conserve de I'oeuvre de Pietro Delfino*. 

Mais il pourrait, en somrae, etre poursuivi plus loin, en 
d^pit de Tabsence du texte, et cela d*apres une m^thode indi- 
recte presentant certaines garanties. 

On vient d'avoir Toccasion d'avancer que Marino Sanuto, 
dans ses Vite de Duchi courant de 421 k 1493, utilisait 
continuellement, en la citant, la Cronaca Dolfina. La 
proportion de ces continuelles references, k vrai dire, est 
telle, qu'une serie complete de ces citations equivaudrait k 
une restitution de maint fragment de Toeuvre correspondante 

1. Ms. de la Chroniquc de Giorgio Delfino, a la bibl. de Saint- 
Marc de Venise, mss. ital., cl. VII, n? 794. Sur ce texte, 
Romanin, Stor, di Venezia, citations assidues, t. Ill et IV, notam- 
ment eutre 1310 (t. Ill, p. 51) et 1457 (t. IV, p. 294); Thomas, 
Ueber die handscriftlichen Venezianischen Chroniken : Fragment 
einer solchen aus dem XV Jakrhundert vor, das den Latcinerzug 
nach Cofistantinopel behandelt [1204], ap. Sitzungsberichte der 
K. Bayerischen Akademie der Wissenscfiaflen, 1861, t. 11, p. 67-80; 
Thomas, Die Eroberung Constanti?iopels im Jahre lfi53, aus einer 
Venctianischen Ghronik, Ibid., 1868, t. II, p. 1-41. Voir aussi 
Saggio, p. 343-344, 353 ; Viltorio Lazzarini, Marino Faliero, la 
Gongiura, ch. Fonli, ap. Nuuvo Arch, ven., t. XIII, 1897, p. 13-14. 
— Les connexites auxquollos on a fail ici allusion semblent exis- 
ter pour le recit des deux premieres guorros milanaises de 1426 et 
de 1427-1428. Les passaf];os cites a cet egard par Romania {Stor. 
di Vcfiezia, t. IV, p. 113-128) presentent certains rapports avec le 
texte correspondant de Morosini. 

2. Sur cette interruption materielle de la t Cronaca DolBna  
en 1422, voir ci-dessus, p. 173-I7'i. 



PIETRO DELFINO. i79 

de Pietro Delfino, permettant par instaQts de suppler le 
texte original. 

On conQoit done ais^ment qu'en recueillant ces citations 
dans les Vite de' Duchi, pour la p^riode post^rieure k 1422, 
et en les comparant avec les passages correspondants du 
Diario, on pourrait, negligeant la disparition du texte ori- 
ginal de la Cronaca Bolfina, continuer indirectement 
Texamen des similitudes existantes entre I'cBuvre de Pietro 
Delfino et celle d' Antonio Morosini, jusqu'au moment ou 
cette derniire s'interrompt elle-meme en 1433. 

Ce n'est pas, il est vrai, du texte meme des Vite de' Duchi, 

— au moins tel qu'on le possede^ — qu il faudrait se servir 
pour proceder k cette comparaison, pour la partie posterieure 
k 1422. Par une coincidence etrange, ce texte, k partir de 
cette date meme de 1422, cesse de presenter des references k 
la Cronaca Dolfinaj au moins des references avouees. Inter- 
ruption regrettable qui se prolonge pendant vingt-cinq ans, 
pour ne laisser reprendre ces references qu'en 1449, k une 
epoque ou le Diario, meme suppose continue par Antonio 
Morosini pendant quelques annees encore, serait certaine- 
ment arrete en fait, et ou, par consequent, la reprise de ce 
travail de comparaison serait sans objet aucun^ Mais cette 

i. On a eu deja occasion de signaler la recente Edition, en cours 
d'impression , due a M. Giovanni Monticolo. (Voir ci-dessus, 
p. 173, cf. ci-apr6s, p. 182.) ^ 

2. Derniere reference susceptible d'etre encore constatee : 
15 juin 1421, r^cit d'un combat livre, dans le port de Gaetc, par 
une escadre venitienne a un groupe dc corsaires genois. (Gol. 939.) 

— Premiere reference susceptible d'etre constatee a nouveau : 
entre mars et decombre 1449, mention dos armements de Venise 
contre Alphonse V, roi d'Aragon et de Naples, a I'occasion de 
son entree dans Talliance milanaise au cours de la cinquieme 
guerre milanaise. (Col. 1134.) — Cessation definitive en 1468, 
avec la mention du traite dalliance, renouvellement de la ligue 



180 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

lacune ainsi signalee entre 1422 et 1449 peut etre heureu- 
sement suppleee par un autre texte. A cote de la grande 
composition des Vite de' Duchi existent des Sommarii*, 
resume parallele, quelquefois dififerent, de la vaste compila- 
tion historique de Marino Sanuto. Or, dans ces SommarU^ 
cette interruption des citations de la Cronaca Dolfina ne 
semble pas exister*. La consultation suivie de ces Somyna- 
rii doit done permettre de supplier aux lacunes des Vite de* 
Duchi, et c*est avec ce texte qu'il conviendrait d'appliquer 
la methode de comparaison indirecte qui vient d'etre pro- 
pos6e. 

Si le texte complet de la Cronaca Dolfina, actuellement 
arrete k 1422 et poursuivi en realite jusqu'en 1505 3, 
venait un jour k se retrouver, le travail de comparaison 
entre Toeuvre de Pietro Delfino et celle de Morosini pour- 
rait etre continue, depuis 1422, dans les memes conditions 
que celles ou il a ete poursuivi jusqu'k cette date. 

U serait, en ce cas, extremement curieux de se rendre 
compte si Pietro Delfino, ayant sous les yeux le texte du 
Diario d' Antonio Morosini, et parvenu par exemple, dans 
sa consultation, k Tan 1429, se trouva lui-meme, k un 
degre quelconque, saisi d*une curiosite retrospective pour 
les evenements raerveilleux que son predecesseur y con- 
signait avec tant de complaisance et d'emotion. II serait 

de Lodi qui avail pacific la peninsule en 1450, a la fin desguerres 
milanaises, traite conclii a Rome, le 17 juin 1468, entre Venise, 
le roi de Naples Ferdinand I'^'', Florence et Milan. (Col. 1185.) 

\. < Sommarii di storia Veneziana di Marino Sanudo •. (Sag- 
gio, p. 362-363.) 

2. Sur ces « Sommarii », Saggio, p. 345, cf. p. 342, 351-352, 
362-363. 

3. Sur cette extension reelle de la « Cronaca Dolfina » jusqu'en 
1505, voir ci-dessus, p. 174. 



MARINO SANUTO. 181 

tr^s vraisemblable que, vers ces parages de la Cronaca 
Bolfina, on retrouvat une copie ou un resume des 
documents precieux relatifs aux choses de France et k la 
carriere de la Pucelle, si heureusement preserves, en son 
temps, par le souci historique d' Antonio Morosini*. S'il en 
etait ainsi, et si, d'autre part, la decouverte de cette partie 
de la Cronaca Dolfina eut precede le signalement du texte 
de Morosini, il aurait pu se faire, par une usurpation singu- 
liere, que Pietro Delfino eut suscite autour de sa personne 
le meme eveil d'attention qui s'attache aujourd'hui k Anto- 
nio Morosini. 

Marino Sanuto. 

Get exaraen de la Cronaca Dolfina une fois acheve et 
ses analogies avec Toeuvre d'Antonio Morosini demontrees, 
il convient d'aborder, au point de vue des memes similitudes, 
la verification d'un autre ouvrage plus celebre, les Vite de' 
Duchi de Marino Sanuto, dont il vient precisement, dans 
la discussion qui precede, d'etre indirectement question k 
plusieurs reprises. 

Marino Sanuto, ne en 1466, mort en 1536, est souvent 
appele « il giovine y», soit Marino Sanuto le Jeune, pour le 
distinguer de Fautre ecrivain venitien du meme nom, Marino 
Sanuto, connu sous le surnom de Torsello, dit k son tour 
< Y antico », soit Marino Sanuto TAncien, Tauteurdu Liber 
Secretorum Fidclimn Crucis, mort vers 1343. Marino 
Sanuto le Jeune n'est pas seulement Tauteur des cel^bres 
DiaHiy Toeuvre originale et immense, representant une 
inappreciable collection de faits politiques recueillis sans 

1. Voir ce qui en est dit au cours du commcntaire des Extraits 
(jui font I'ubjet de cette edition, t. Ill, p. S, u. i. 



182 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

interruption de 1496 k 1533, qui le classe parmi les obser- 
vateurs historiques les plus penetrants de son temps ^ Toutes 
proportions gardees, tel Morosini en tete de son Diario plus 
simple, Sanuto, comme preambule k Topulent et somptueux 
ensemble de ses Diarii, a inscrit, lui aussi, une Chronique 
pr^alable, expos6 de I'histoire venitienne depuis ses origines 
jusqu'au temps ou il se prit k Tobserver lui-meme, C'est ce 
preambule qui porte le titre de Vite de* Ducki di Venezia, 
Vies des Doges de Venise. 

Commengant k la fondation plus ou moins fabuleuse de 
TEtat venitien, le 25 mars 421, pr6sentant une tenue chro- 
nologique suffisante depuis Telection du premier doge, Ana- 
festo, en 660, classant depuis lors les ev6nements sous cha- 
cun des rfegnes des princes elus de Venise, les Vite de' 
Duchi se poursuivent jusqu'au cours de Tan 1494 S dou- 
blees, sur Tetendue de leur parcours, par des Sommariiy 
resume parallele et concordant de I'oeuvre principale^. Les 
Vite de* Duchi se relient, pour ainsi dire, au commence- 
ment des Diarii, dont le debut s'ouvre en 1496, ne laissant 

i. /. Diarii di Marino Sanuto. Tcxte ddite par MM. Niccold 
Barozzi, Guglielmo Bcrchet, Rinaldo Fulin, Federico Stefani, 
Marco Allegri. Vonise, iQ-4o, t. I et suiv., 1879. — Extraits 
publies par Ravvilon Brown, Ragguagli sulla vita e sulle opere di 
Marin Sanuto, Venise, 1837-1838, 3 vol. in-S'^. 

2. Marino Sanuto, Vite dc Duchi di Venezia. — Ed. Muratori, 
Vitx ducum Venctorwn italicd srript.v ob originc Urbis site ab 
anno CCCC XXI usque ad annum M CCCC XOIIl, dans Rcrum itali- 
carum scriptorcs, t. XXII (1733), col. 3'J!)-1284. — Ed. Giovanni 
Monticolo, le Vite dei Dogi di Marin Sanudo, [en cours d'impres- 
sion,] dans Rcrum italicarwn scriptores, nouvolle edition, t. XXII, 
part. IV (19001. — Touti^s Ips refprpncosde la presente publication, 
dans le texte commo dans lo commentaire, ainsi que dans I'etude, 
sunt, a mollis d'indication speciale, tireos de I'ed. Muratori. 

3. « Sommarii di storia Venoziana di Marino Sanudo. • {Sag- 
gio, p. 362-363.) 



MARINO SANUTO. 183 

presque aucun vide dans cet immense tableau de Thistoire 
venitieDoe, continue depuis ses origines les plus lointaines 
jusqu'au milieu du xvf si^cle. 

Dans ses Vite de' Duchi, livrees depuis longtemps k la 
consultation du public, Marino Sanuto a cite un grand 
nombre des chroniques utilisees par lui. 

Les references k la Cronaca Dolfina^ ainsi qu'il a ete 
etabli, sont continuelles, et cela des le debut de la composi- 
tion. On a eu occasion de remarquer qu'elles cessaient avec 
Tan 1422, pour ne reprendre qu'en 1449, lacune k laquelle 
pouvaient suppleer les Sommarii, II faut ajouter ici que, dans 
le cours de 1449, les references avouees reprennent, pour 
s'arreteren 1468, deflnitivement cette fois etsans reparaitre 
jusqu'k la fin de Toeuvre, en 1494, arret auquel peuvent 
encore suppleer les Sommarii^ ou cette reference se cons- 
tate encore au cours de Tan 1493, quelques mois avant la 
fin simultanee des Vite de Duchi et des Sommarii. 

Mais nulle part, dans les Vite de Duchi, ne se rencontre 
la citation ou la mention d'une chronique ou d*une oeuvre 
quelconque d* Antonio Morosini. Fait singulier, mais incon- 
testable, qu*il faut reconnaitre avec toutes ses consequences. 

Les connexites etroites qui ont ete etablies entre la C/^o- 
na6*a/)o//?na etl'oeuvre correspondante d' Antonio Morosini 
autorisent absolument, k ce qu'il semble, k emettre cette 
assertion que Marino Sanuto, chaque fois qu'il declare uti- 
liser Toeuvre de Pietro Delfiuo, s'inspire en realite, ^> tra- 
vers ce dernier texte, de Tceuvre d' Antonio Morosini, 
telle qu'elle se presente, prototype et source perpetuelle de 
la Cronaca Dolfina. 

Mais, ceci etabli, il faut en venir k une observation qui 
pourra surprendre, bien qu'elle s'irapose. 

Tout k fait en dehors des similitudes accidentelles et pas- 



184 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINl. 

sag^res que ces citations avouees permettent ainsi de verifier 
plus sp^cialement, on peut reconnaitre et affirmer, entre le 
texte g6n6ral des Vite de Duchi et le texte de ToBuvre de 
Morosini, une singuliere et persistante connexite. 

Dans une proportion diflScile k evaluer, et dont les etudes 
ulterieures, appelees k approfondir Toeuvre de Marino 
Sanuto, pourront seules donner une idee, le texte meme des 
Vite de' Duchi se trouve ou inspire ou imite du texte qui 
compose Toeuvre d' Antonio Morosini. 

Marino Sanuto a connu Toeuvre de Rafiaello Caresini, 
arretee en 1388, oeuvre qu'il cite^ en la distinguant exacte- 
ment de Voeuvre raeme d'Andrea Dandolo, dont il connait 
aussi le texte et les di verses formes ^ Pour toute Tepoque 
ou Morosini traduit RaflFaello Caresini, c'est-a-dire entre 
1361 et 1388, les ressemblances susceptibles d'etre recon- 
nues entre le texte de Morosini et celui de Sanuto pourraient 
done s*expliquer par une consultation directe du texte latin 
de RaflFaello Caresini par Sanuto. Negligeant done cette 
periode et, par surcroit, la periode anterieure a 1361, il 
convient de ne faire porter Tinspection parallele du texte 
general des Vite de' Duchi et du texte d' Antonio Morosini 
que sur Tepoque posterieure k 1388. 

Pour toute cette 6poque, comme on Ta vu, I'oeuvre d' An- 
tonio Morosini comprend, d'une part, la partie de la Chro- 
nique que Ton pourrait supposer originale, et, d'autre part, 
le Diario tout en tier. 

Dans cot ordre d'idees, la presente edition des Exty^aits 

1. Entro autros, col. 710-711. Lcttre de Bernabo Visconti, 
co-j;eif:^neur do Milan, a la seifrneurie de Veiiise (juin 1380). 
Cr. Raffaello Carosini, too. cit., col. 456. 

2. € Scri.^so duo cronaclio di Venozia fiuo al siio tempo, laLine, 
una grando e I'altra bri no. » iCol. GOO.) Avonomont d'Andrea 
Dandolo, en 13 i 3. 



MARINO SANUTO. 185 

d* Antonio Morosini a poursuivi cette inspection parallele 
pour chacun des passages que le plan adopte Tappelait k 
publier. On pourra aisement se rendre compte, en la con- 
sultant k chaque reprise d'Extrait, de la realite de la pro- 
position qui est ici avancee. 

Quelques exemples, choisis en d'autres points caracteris- 
tiques, rendront cette assertion plusiramediateraent sensible. 

Ainsi, au point oii la Chronique d'Antonio Morosini 
cesse de presenter une traduction de RaflFaello Caresini, et 
k Tinstant oil commence la partie de cette Chronique qu'on 
pent supposer originale, soitentre lesannees 1388 et 1393*, 
en ce point ty pique, pris au hasard, la similitude eclate k 
premiere vue. 

II s'agit, on s'en souvient peut-etre, de la cession k 
Venise, par Marie d'Enghien, d'Argos et de Nauplie de 
Romanic surla cote de Moree'% puis egalement dela cession 
k Venise, par leurs souverains locaux, les Thopia, les 
Ducagino, les Balsa, de diverses places de la cote d'Albanie, 
telles que Durazzo, Alessio, Scutari et Drivasto^. 

Cession d'Argos et de Nauplie de Romanic. Fin des 
emprunts d* Antonio Morosini. 

Antonio MoROsr.Ni. Mahino Sanuto'\ 

Traduction de Raflfaello Caresini. Saiis citation. 
Fin. 

El-* nobel hom miser Piero In^ quosto tempo Pietro Gor- 

Chorner, de qua indriedo fiol de naro, che fu di «or Federigo da 

\. Ci-dessus, p. 465-170. 

2. Sur cos faits, en 1388, voir ci-de^^sus, p. 165-166. 

3. Sur ces faits, rapportes par Morosini en 1393 et 1394, voir 
ci-dessus, p. 169-170. 

4. Fol. 135 B. 

5. Ge texte, comme tons les suivants du m^me auteur, est tire 
de reilition de Muratori. \Rcv. HaL script., t. XXII.) 

6. Gol. 760. 



186 



ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 



miser Ferigo de la chontrada 
de Sem Lucha, signoryzava le 
tere e chastele e forteze de 
A.rgo e de Napoly, per vigor de 
la dota de la soa dona nobel, 
per nome clamado madona 
Maria, fia de qua indriedo del 
nobel homo miser Guido de 
Inzim 

(Suit le recit de la cnssion d' Ar- 
gos et de Nauplie, en decembre 
1388'.) 



San Luca, signoreggiava Argos 
e Napoli di Romania nella Mo- 
rea, per cagione della dote di 
sua moglie madonna Maria, 
che fa figliuola di messer Vito 
de Inzino 



(Suit lerccitde la cession d'Ar- 
gos et de Nauplie, en decembre 
1388, identique jusqu'au bout, 
mais resume vers la fin^.) 



Cession de Durazzo, Alessio, Scutari et Drivasto. Debut 
de la fraction propre k Antonio Morosini. 



Antonio Morosini. 

Partic de la Ghroniqne originale. 
D6but. 

Chorando^ ani M GGG 
LXXXXm, dy xmi luio, in 
Veaiexia. 

Apreso in lo tenpo del dito 
miser lo doxie, la citade de 
Veniexia suzugava Durazo, e 
la fo mandado per bailo el 
nobel homo miser Franzescho 
Ziorzi ; e la avesemo uno chas- 
telo fra tera, ol qual a nome 
Alesio, e questo fexe i Veni- 
ciany, perche i Turchi iera in 
quel tenpo molto posenty, du- 
bytandose che i dity luogi non 
pervegnise in Ic suo inane. E 



Marino Sanuto. 
Sans citation. 

Deir^ anno 1388 (sic) avendo i 
nostri avuta la citta di Durazzo 
in Albania, dov* era bailo e 
capitano Francesco Giorgi, ebb' 
egli modo con que' d 'Alessio 
fra terra, che venissero sotto la 
signoria nostra, accioche non 
andassero in mano de Turchi, 
e cosi furono conlenti. E cosi a' 
li di luglio levarono san Marco. 
E per la signoria furono fatti i 
capitoli e mandato governo . . . 
Del 1394 era signor di Scu- 
tari in Albania un messer 
Giorgio Strazimiero, il qual' era 



1. Fol. 134 Bet 135a. 

2. Gol. 760. 

3. Fol. 135a. 

4. Col. 762. 



MARINO SANUTO. 



187 



molestato da* Turchi. E non 
potendo piii 



anchora in M GGG LX XXXIIII, 
siando miser Ziorzi Strazimier 
signor de la citade de Schu- 
tary, e yignando quelo molto 
moleptado da y Turchy per 
muodo che lo non podeva 
tegnir quela tera. 

(Suit le recit de la cession de (Suit le r^cit de la cession de 
Scutari et de Drivasto, place en Scutari et de Drivasto, place en 
1394 ^...) 1394, idenlique jusqu'au bout, 

sauf m^prise de Sanuto en ce 
qui concerne la cession de Dri- 
vasto, place presentee a tort 
comme abandonnee par Yenise 
a Georges-Strasimir Balsa^.) 

A partir de ce point, de ce debut de la Chr^onique sup- 
pos6e originale d'Antonio Morosini, on pent aflSrmer qu'une 
tres grande partie de Toeuvre d' Antonio Morosini se trouve 
absorb^ dans le texte general et courant des Vite de* 
Duchi. 

On n'entend pas hasarder par Ik que le texte general et 
courant des Vile de' Duchi ne represente qu'une reproduc- 
tion de Toeuvre de Morosini, tant Chroniquc que Diario. 
Tout ce qu'on entend avancer, c'est que, depuis ce point de 
demarcation, le texte de Morosini se retrouve dans celui de 
Marino Sanulo, tantot en un lieu, tantot en un autre, sou- 
vent disjoint par des intervalles, assez longs quelquefois, 
mais par-dessus lesquels un examen patient permettrait de 
restituer, fragment par fragment, ui)e partie considerable 
de la composition qui a servi de source d'information cons- 
tante k Tauteur des Vite de* Duchi, 

En un mot, les Vite de' Duchi ne se composent pas, — 
loin de Ih, — que du texte absorbe de Morosini. Tout le 



1. Fol. 135a. 
•2. Gol. 762. 



188 ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

texte de Morosini ne se retrouve pas absorbe, — loin de Ik, 
— dans les Vite de* Duchi. Mais grand nombre de pas- 
sages de Morosini se rencontrent, on textuellement, ou en 
abrege, ou en forme reconnaissable, dans les passages cor- 
respondants des Vite de' Duchi, 

A chaque pas, en remontant au texte de Morosini, on 
s'apergoit que la suite des dates et Tenchainement des fiaits 
s'y trouvent exposes de fagon plus vraisemblable et plus 
precise que dans les Vite de' Duchi, Une inspection entre- 
prise sur un plan methodique ferait reconnaitre, rien que 
pour rhistoire venitienne proprement dite, de continuelles 
rectifications k instituer. Tres nombreux, sous ce rapport, 
paraissent les faits dont les historiens de Venise auraient k 
modifier le recit, le cadre chronologique ou les circons- 
tances envirounantes. En certains points, il semblerait que 
le texte des Vite de' Duchi ne representat qu'un derive 
visible de la composition premiere, dont on sent que Marino 
Sanuto tire la substance generale, les details episodiques et 
jusqu'k la forme de son propre recit. 

Entre les limites de cette edition, c'est-k-dire entre 
Tan 1396 et la date du l**" mai 1433, quelques-unes des 
comparaisons etablies feront toucher du doigt certains 
exemples de cette similitude singuliere et rendront sensibles 
les rectifications qui s'imposent aux elements d'informations 
tires jusqu*ici du seul texte des Vite de* Duchi^. 

Cette analogie se reconnait encore dans les derniers 
parages ou elle peut se constater, k la fin de la partie con- 
servee du Diario de Morosini. 

Le Diario s'interrompt, comme il a ete etabli, sous la 
(late du 20 novembre 1433, au milieu du recit des debats 

I. A CR sujet, consultpr, au debut de chaque reprise d'extrait, 
la iioto iii'liijuant coiislamaient la relation constante entre le 
texte d'Antonio Morosini et celui de Marino Sanuto. 



MARINO SANUTO. 189 

soulev6s par le Concile de Bale^ Morosini relate la stance 
du Senat venitien, tenue le 20 novembre, et cite le texte 
d'actes divers eraanes du Concile et communiques k Tassem- 
blee par I'ambassadeur venitien k B&le, Andrea Donato, 
gendre du doge Francesco Foscari, arriv6 de BMe k Venise, 
I'avant-veille, le 18 novembre. C'est exactement au milieu 
d'un de ces actes que se termine le dernier feuillet continu 
conserve du Diario*. 

Dates et noras sont identiquement presentes. Le recit, 
dans les Vite de' Duchiy est sensiblement abrege, mais 
reconnaissable. 



Marino Sanuto. 

Sans citation. 
A' 5^ 18 del ditto mese giunse in 
questa terra Andrea Donato il 
cavaliere, che viene ambaxia- 
dore dal concilio di Basilea. E 
port6 i capitoli, i quali furono 
pel detto nel consiglio de' Pre- 
gadi maaifestati. 



Antonio Morosini. 

Diario. 

Apreso^, el merchore di del 
sovradito milieximo dy xviir, 
azionse in Veniexia el nobel 
omo cavalier miser Andrea Do- 
nado, zenero de miser lo doxe 
inclito Francescho Foschary de 
Veniexia, vegnudo del conci- 
lio de Braxilea... con^ molty 
capitoli preponendy al conci- 
lio... tuty clary e onesti... in lo 
chonseiu nostro di Pregady... 

E ady xx del mese de no- 
venbrio , venere de , M GGGG 
XXXIII, per lo conseio de Pre- 
gadi... fose defenido... de res- 
ponder a i capitoli produty... 

Au dela de cette liraite, Tanalogie se reconnait encore dans 



E a' 20 fu preso ch'egli ritorni 
al detto Goncilio... 



1. Gi-dessus, I'OEuvre, p. 59-63. Voir Appendice V. 
•2. Sur ces fails, Labbe, Sacr, Cone, t. XVII, col. 270-288; 
Romanin, Star, di Venezia, t. IV, p. 171-173. 
3. Fol. 610 a. 
A. Fol. 610b. 
5. Gol. 1034. 



190 STUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

le fragment d6pareill6 du Diario d'Antonio Morosini, datant 
de 1434, dont Texistence, en 6tat mutil6, a et6 reconnue*. 

Entre autres £aits relates dans ce fragment, dont Texa- 
men fait reconnaitre la conn^xit^ persistante des deux textes 
en question, on peut s'arreter au r6cit Amouvant de la fuite 
du pape Eugene IV, contra int, k la suite d'un soulevement 
populaire suscite par la complicite du due de Milan, k aban- 
donner Rome, le 4 juin, au milieu de tragiques peripeties, 
pour chercher un refuge k Florence, ou il va arriver le 
23 mai*. Certaines expressions de Marino Sanuto, empreintes 
d'une exactitude pittoresque, ont pu jusqu'ici lui fttre attri- 
buees en propre. On en retrouvera ici facilement la source. 



Antonio Morosini. 

Dmrio. 

... in^ Roma, in lo castelo 
asidiado per la gente de Nicold 
de Fortebrazo, condutor del 
ducha de Milan, ave grandi- 
simo spavento e paura, e statin 
no demorando, se inpensa de 
voler fuzir, e al palazo in so 
stancia voler andar per dormir; 
e zionto la quelo se spuia e 
revestise in forma de horn mon- 
dan, con tre persone apreso de 
quelo, di qual plu lo aaiava e 
vestido vegnise per tera fina a 
la marina a una burchiela; 
e quelo la non trovase pasazo; 
e chapitando a Civitii Vecliia, 



Marino Sanuto. 

Sans citation. 

A' 2i (sic)* del detto mese 
venne un messo in questa terra 
da Firenze, in quarant'ore, e 
s'ebbe avviso, che papa Euge- 
nio IV, per paura ch'egli aveva 
avuto, s'era travvestito a inodo 
mondanOy ed era fuggito con tre 
persone sue fidate. 



E non avendo trovata passag- 
gio a la marina, egli ando per 



1. Ci-dessus, I'OEiivre, p. 63-70. Voir Appendice VI. 

2. Sur ces fails, Gregorovius, Geschichte der Siadt Rom, 1. XIII, 
ch. I, part, ill, t. VII, p. 45-48. 

3. Foi. Ob, -281 r^ du t. II actuel. 

4. Cul. 1035. 



MARINO SANUTO. 



191 



tolse la via per tera, e montase 
da Pixia sovra la gaiia de Fio- 
rentiny per capitar a Fiorenza, 
ch'fe mia c in cxx, per eser se- 
guro in lo so stado... E zionta 
fo Tambasada el sabado da sera 
[con] questa novela dy xii de 
zugno, tuta la citade de Ve- 
niexia de fexe e aye grandisima 
festa. 



terra fina a , e ivi 

egli mont6 su d'una galera di 
Fiorentini, e venne a Civi- 
tavecchia, e di ik per terra era 
venuto a Firenze per i stare 
securo, ed era giunto cola. E di 
questo la Signoria n'ebbe alle- 
grezza. 



De cette connexite, ainsi etablie at reconnue, doit se 
deduire une des conclusions suivantes : 

Ou bien Marino Sanuto, dans la redaction de ses Vite 
de' Duchi, a fait au texte correspondant de la Cronaca 
Dolfina des emprunts beaucoup plus nombreux que ceux 
qu'il mentionne spontanement. 

Ou bien il a constarament utilise, sans la mentionner 
jamais, I'oeuvre d'Antonio Morosini. 

Dans Tun comme dans Tautre cas, le r^sultat se trouve 
le meme. 

En cas d'emploi direct, Antonio Morosini se trouve, ^ns 
intermediaire, Tinspirateur de Marino Sanuto. 

En cas d*ernpIoi de la Cronaca Dolfina^ les rapports 
etroits de ce texte avec celui d'Antonio Morosini etant 
demontres, Antonio Morosini n'en demeure pas moins. 
indirectement, a travers la Cronaca Dolfina, la source 
premiere du texte correspondant de Marino Sanuto. 

II est tres vraisemblable qu*un critique, familiarise avec 
les details de I'histoire venitienne, parvienne un jour, a la 
suite d'une etude attentive du texte des Vite de Duchi, k 
determiner la limite finale jusqu'ou se continuait, en rea- 
lite, le Diario d'Antonio Morosini, dont le fragment depa- 
reiUe subsistant, en date de 1434, est peut-etre encore loin 
de marquer le terme efifectif. On reconuaitrait ainsi quelle 



192 tiTUDE SUR ANTONIO MOROSINI. 

est au juste la solution de continuite, peut-etre plus faible 
qu'oQ ne croit, qui separe la fin de Toeuvre d' Antonio Moro- 
sini et le debut de celle de Domenico Malipiero, Tinteres- 
sant annaliste qui, avec Tannee 1457, commence la s6rie des 
Diarii jusqu'ici pratiques et connus, continues sans inter- 
ruption jusqu'en 1533, avec Teclat que Ton sait, par Marino 
Sanuto lui-meme. 

Ainsi, de 1404 jusqu'en 1533, sauf cette lacune dont on 
peut r^duire les limites, s'etendrait, presque ininterrompue, 
une serie de teinoignages contemporains, embrassant un 
si^cle et demi d'annales italiennes et d'histoire universelle, 
monument unique dont le Diario d'Antonio Morosini com- 
poserait la large et forte base, enfin degagte et restituee 
dans son veritable dessin, dans ses lignes primitives et dans 
toute sa valeur d'expression. 

Quoi qu'il en soit, la solution definitive de ce probleme, 
ainsi que coUe des questions complexes agitees au cours de 
ce chapitre, est ici laissee k de plus autorises, le present 
essai n'ayant d'autre but ni d'autre pretention que d'en avoir 
suggere Texamen, en s*efforgant d'en fixer le cadre, les 
limites generales et les conditions esseutielles*. 

Germain Lefevre-Pontalis. 
AouL 4900. 



1. Je ne veux pas achever ce dernior chapitre sans un temoi- 
gnaf^e special de reconnaissance envers M. L6on Dorez, auqucl 
cetle publication, dans sa partie commune, doit deja tant, et sous 
tant de rapports. Je me crois autorise a exprimer ici, quoiquo 
d'une maniere bien incomplete, a quel point sa possession de 
toutes les questions italiennes, ses stirs conseils, son obligeance 
de chaque jour m'ont precieusement et amicalement seconde 
dans la preparation et la redaction de cette etude sur Morosini et 
son (vuvre. 



APPENDICES 



df: 



L'ETUDE SUR ANTONIO MOROSINI 



IV 13 



APPENDICES 

I. 

TiBLEin DB CONCORDAXCB 00 FOLIOTAGE DO MANDSCRIT DE YlENPCB. 

BiBL. IMP. DB VrENPTE, iv^« 6586-6587. 

Foliotage ancien d*UQ seul tenant. 
Foliotage moderne reparli en tomes I et II. 

Voir le Manuscrit, p. 25, n. 3; I'QEuvre, p. 63, n. >!, 
68, n. 2. 



)t. ancient 


Deficit. 


Foliot. moderne. 

Tome I actael. 

N* 6586. 


OB 


Feuillet initial depareille, 


4 ro. 


00 A 


ann. 4094->l>l08. 
Deficit. 


4 W 


/i9 B 


Premier feuillet continu, 


2^^ 


50 A 


ann. 4203-4204. 
Suite reguliere. 


2v^ 


99 B 




52 r«. 


>I00 A 




52 v°. 


400 B 


Kn iacune, 




iOi A 


ann. 4373-4378. 





1. On ne peutque repi^terici robservatioa d6]k faite {le Manus- 
crit, p. 25, n. 3), a savoir que le foliotage ancien, le seul int^res- 
sant, est celui auquel il coiivient de se ref^rer de prefereuce, dans 
toute citation relative a Toeuvre d 'Antonio Morosini. — Sur le pro- 
cede de foliotage par a et b, et sur sa difference avec la methode 
habituelle par recto et verso (r® et \°), voir le Manuscrit, p. '22-25. 



196 

Foliot. ancien. 



APPENDICES. 



404 B 
402 A 



406 B 

407 A 

407 B 

408 A 

408 B 

409 A 



456 B 

457 A 



349 B 
320 A 



320 B 
324 A 
324 B 
322 A 

322 B 

323 A 



333 B 

334 A 

334 B 

335 A 
335 B 

xm A 



Suite reguliere. 



Foliot. moderne. 

Tome I actoel. 
N*6586. 

53 1*. 
53 V^ 



58 r*. 

58 v^ 



En lacune, 
ann. 4379. 



Suite regulifere. 

Fin de la Chronique, 4403-4404, 
et debul du Diario^ 4404, 40 avril. 

Suite reguliere. 

4446, 
«8 juiilet. 



59 r». 
59 v^ 



407 f". 
407 v°. 



270 r«. 
270 v^- 



4446, 

3 aout. 

Relie comme dernier feuillet 

du tome 11 acluel. 



Tome II actael. 

N- 6587. 

4 r**. 

4 y\ 
294 ^^ 
294 v«. 

2 T\ 

2 v°. 



Suite reguliere. 



43 r^. 
43 v«. 



Ell lacune, 
ann. 4447. 



44 r«. 

4 4 v^ 



Suite reguliere. 





APPENDICES. 


197 


Foliot. ancien. 




Foliot. moderne. 

Tome II actael. 

N- 6587. 


384 B 




63 r*. 


385 A 




63 v^ 


385 B 


Le n^ 386 est omis 


64 r°. 


387 A 


dans le foliotage ancien. 


64 vo. 


387 B 




65 r«. 


388 A 


Suite reguliere. 


65 v^ 


440 B 




UH T\ 


Ui A 




^48v^ 


444 B 


En lacune, 




442 A 


ann. 4426. 




442 B 




449 r^ 


443 A 


Suite reguliere. 


449 v°. 


487 B 


• 


464 r^. 


488 A 




464 v^ 


488 B 




465 r. 



488 [bis] A Le n" 488 s'esl Irouve porte en 465 v. 

488 [bis] B double dans le foliotage ancien. 466 r^ 

489 A 466 v°. 





Suite reguliere. 




503 B 




484 r°. 


504 A 




484 v^ 


504 B 




482 r. 


504 [bis] A 


Le n'* 504 est porte en double 


482v°. 


504 [bis] B 


dans le foliotage ancien. 


4 83 r^ 


505 A 


Suite reguliere. 


4 84 v^ 


567 B 




246 r°. 


568 A 




246 v°. 


568 B 




247 r<>. 


569 A 




247 v°. 


569 B 




248 r°. 



198 


APPENDICES. 




Foliot. ancien. 




Foliot. modeme. 

Tome II actael. 

N« 6587. 


568 [bis] A 


Les n«« 567 et 569 


248 V*. 


568 [bis\ B 


sent portes en double 


249 f. 


569 [bis] A 


dans 


249 v<». 


569 [bis] B 


le foliolage ancien. 


250 r*. 


570 A 


Suite reguliere. 


250 v^ 


598 B 




279 r«. 


599 A 




279 V*. 


599 B 


En lacune, 




600 A 


^433, mai. 




600 B 


Feuillel 


2S0 r^. 


601 A 


mulile. 


280 v°. 


60i B 


En lacune, 




602 A 


^433, mai-juin. 




602 B 




282 v^ « . 


603 A 


Suite reguliere. 


282 \\ 


610 B 


Dernier feuillet continu, 


290 ^^ 


6H A 


^433, 20 novcmbre. 


290 vo2. 



Dericit. 

B Feuillel terminal depareille, 281 r**. 

00 A U34, juin. 2Hi v«- 

Relic parmi les feuillets en desordre 
cntre fol. 599 A et 602 B. 

1. Pour le foL 281 ro-28l v^, voir, ci-dessous, fin du foliotage 
nioderne de ce Lome. 

2. Pour ie fol. 2'.ll ro-21)l v®, voir, ci-dossus, debut du foliotage 
mod erne de ce tome. 



APPENDICES. 199 



II. 



TfiXTE OU FHAGHCNT INITIAL DEFARBILLE DB LA ChrOtliqUe, 

Pol. B-00 A, 4 r-^ v° du I. I actuel. 

Voir I'OEuvre, p. 42, n. 3, el Oriyines et Derives, p. 445-446. 
(jf. Giovanni Monlicolo, notes de la recente edition des Vies des 
doges de Marino Sanulo, p. 457, n. 6, et p. 462, n. 4 *. 

quel' luogo fo raesoin primamente, poteeserdochaxion. 

La prima, in per zio de che queli che dubitava peralgun muodo 
(juelo non ly podese eser tolto per algun tenpo, fo ehontenty de 
ochullarlo; puoinmaginandoel muodo per loqual furtevelmenle 
ely el tolse d'Alesandria, chomo se conliem in la Iraslacion de 
(luelo, fala in lo o[t]Locento vinty tre. L^altra caxon puo eser, 
che in lo tenpo de miser Piero Orsiolo doxie dilo, che commen- 
zar la gliexia fexe, dubitando che per algun muodo el non se 
podese desperder per fuogo ho allro, in per (|uelo che, chomo 
predito foavanty, la gliexia prima per certa devixion fo arsa la 
pluy parte insenbre con el palazo; ma he da saver che orde- 
nado fo da quel tenpo in driedo, che solamenLe per ziaschaduno 
doxie che fose e percholatory de la gliexia se savcse la ho che'l 
fose chologado; ma nuy, che alguna certeza al mio tenpo ne 
vily, te^lemonianza al foluro posa dcmostrar. L] fenida la vita 
del dito miser Vidal Falier doxie, in paxe fo sopelydo apreso 

1. L(* Vitr de i Dogi di Marin Sanudo, fen coiirs d'impression,] 
dans Reruia italicarum scriptorcs, n(3uvelic edition, t. XXII, 
part. IV (1900). 

2. Inc. tol. B, 1 ro du t. I actuel. 



200 APPENDICES. 

la gliexia dila, meso solo el porlego de quelo, abiando dogado 
any XIII, mexe 0, dy 0, pasa in paxie^ 

Chorando any M<> LXXXXV% in Veniexia. 

Vydal Michiel per tuto el'puovolo e citadiny in lo dito tenpo 
al sezio dogal fo esaltado e conferraado doxie. E in lo so tenpo, 
una grande armada in susydio de le Tere Sante de Egito fo 
mandada; chapelanio de quela fo el nobel hom raiser Henrigo 
Gonlariny, vesehovo de Veniexia, fioi de la bona memuoria de 
miser Domenego Ghonlariny doxie, in le conlradede Jeruxalem, 
e prexc uno forte chasLelo, nomenado Sajanqua; el qual caslelo 
fo donado dapuo a queli d'Acre per la franchixia e trega che i 
Venieiany aveva in Soria. Per la quaP chosa da Balduin, primo 
re, ally priviliegii e gracie hotene, e chusy el dito vesehovo 
vixilando le Tere Sante, ande a le Smire, e de la, segundo 
chomo io truovo per una cronieha, el lolse el corpo de miser 
s[a)n Nychol6-, e per una allra cronieha se dixe che'l fo tolto da 
Patras e de la Romania basa; ho fo lolly da quely duo luogi, 
(lual se volese. Pur la dila armada chapita a Bary, che e in le 
lere de la Puia; e conslrety de vituaria la dita armada, miser 
lo vesehovo, chapelanio de quela, domanda a i omeny de Bary 
quelo che a loro feva meslier, echosloro [che] senliva che i dity 
aveva el corpo de miser sam Nicholo, i denegd panalicha e zi6 
che ly iera de nezeso grandisimo. Hondey fo conslrety a deverly 
dar uno dy brazi de sam Nichol6. til corpo duse a Veniexia, et 
in la biada gliexia de miser Sam Nicholo honoradamenle fo cho- 
legado, chorando any del noslro Signor M° LXXXXVi®. E lo 
dito miser Vidal Michiel dilo doxie per uno Chasiolo fo morlo 
sul ponle de San Zacharia; e prexo chosla, fo de prexente inpi- 



1. II s'agit ici, sous le dogat tie Vitale Faliero (1084-1096), de 
la noiivelle iavention du corps do saint Marc, le 25 juin 1094, dans 
la basil ique mome consacree a son culte depuis le transport de 
ses reliques d'Alexandrio a Vo.nise, au ix« siecle, mais ou la trace 
s'en otait perdue depuis longtemps. 

2. Inc. fol. 00 a, I yo (lu t. I actuel. 



APPENDICES. 201 

chado per ia gola in quelo luogo. Abiando dogado per any Illl*', 
mexi III, honoradamente fo 8opelydo^ 

Ghorando any M*» LXXXX VIIIl° in Veniexia. 

Ordelafo Falier, homo de grandisima nobelilade, da puo la 
morte del dito miser Vidal Micliiel doxie, chostuy fo eleLo doxie 
per i zenlily e dal puovolo confermado. E in so tenpo chosta fo 
rezevudo da miser I'inperador Alesio de Grecia, a defensiom de 
la Romania cliontra Bonamenlre, fiol del re Ruberlo Guyschardo, 
che ly dese aida; honde lo dito chon cosenlimento del puo[vo- 
lo 2] 

1. II s'agit ici, sous le dogat de Vitale Michcli (1096-1102), des 
faits suivants. — Croisiere entreprise par la flotte venitienne, sous 
le commandement de revdque de Veniso Enrico Gontarini, dans 
les mers d'Orient, a la suite de la premiere croisado. — Invention 
du corps de saint Nicolas a Myra {le Snu'rc)^ sur la cote de Lycie. 
— Cooperation de ces forces navales a diverses entreprises des 
Chretiens de Palestine, vers repo(iue de la mort de Godefroy de 
Bouillon et de Tavenoment de Baudouin l°''[en signalant I'erreur 
consistant dans la mention de la prise de Saint-Jean-d'Acre 
(Sajanqua?), fait qui n'a lieu quequelques ans plus tard]. — Enlin, 
retour de la ttotte a Venise, en touchant a Bari, a I'entree de 
I'Adriatique. — Evenements dont la succession semble quelque 
peu intervertie dans la suite de en recit, et qu'on s'accorde a classer, 
dans I'ordre ici indique, sous les dates de 1099 et de 1100, la prise 
de Saint-Jean-d'Acre ayant lieu en 1104. 

2. II s'agit ici, sous le dogat d'Ordelafo Faliero (1102-1117), de 
I'appui preto par TEtat de Venise a I'empereur grec Alexis Gom- 
nene, en Epire, au cours de la guerre soutenue par lui contre le 
prince normand de Sicile Bohemond, prince de Tarente et d'An- 
tioche, en 1107-1108. 



202 APPENDICES. 



lU. 

Tbxte do debut de la partie continue de la Chronique. 

4202-4204. 

Fol. 49 B-50 a, 2 r-2 v° du L I acluel. 

Voir niEuvre^ p. 43, n. 3, el Origines el Derives, p. 440-450. 

... e* altry barony, che iera apreslady d'audar, chomo io [o] 
dilo, al pasazo; ed e da saver ch'el dito, che iera nicFO de Tim- 
perador, zoe fio d'una so fia, muier del dito inperador Zursach, 
liqual ehazado iera de Tinpierio peri Griexi. Honde lo dito puto 
per uiio so haile certamente in la Lemagna porta(n)do, e in la 
corle di)\ dito inperador fo acresudo. Adonchc el dito zovene 
adomandava al dito doxie e barony, chom arecomraandaxion 
di dity, marcha de voler pasar chon quela armada, e tornar 
in lo inperio, che (|uolo deveva aver de raxion. Le qual parole 
moUo piaxete a miser la doxie, acetade quele con lo dito a questo 
palo. Avene che mclando luy in lo so [inperio] dar devese al 
prediLo miser lo doxie cc milia inarche d'arzento, e hollra questo 
hojLzny spexa che Tarmada fese in lo dito servixio e afano. 
K chusy tuLy quesli i)arony se |)arty con granda armada de 
Vcniexia in M'*Gri(ill, del mexe d^olubrio, e primamente in 
TYstria, in la citade de Trieste e in Mugla soto el dominio 
dogal nicse e constrensr a render certo trabuto a mantcnir aduty 
i doxi futury. Puo pasa in Sclavonia, e chonbate Ziara, per tal 
muodo e forma che quela prexe e quela fexe ruinar fina a la 
fondamenta, c molly dy rebely chon dolor de morle puny; e ly 
Ongary schan|)a in le suo conlrade, e quela non posando defen- 
der, I'inverno ly sovravene a doso; per la qual chosa, la tuty 
quely stele. L'ano seciuente, miser Franzescho Maslropiero se 
parly de Veniexia con galie xviii, e aiule a difichar uno chastelo 

I. Inc. tul. V.ln, 2 ro du t. I actuol. 



APPENDICES. 203 

la h6 iera Zara, e la demora per chaslelam, abiando chazado i 
Zaratiny de Zara, chon el chonte che iera la, el nobel bom 
miser Domenego Horexini. 

Adoncba rarmada, vegnudo el tenpo nuovo, de Sclavonia se 
parti, e lira verso le parte de Romania, e la azionse sany e salvy^ 
sentidy i Grifony, zoe i Griexi de le montagne, i qual aveva 
chazado Tinperador dito Zurzach, bover che a quelo i dity i 
chava i ochy, la vegnuda de miser lo doxe e barony, inconte- 
nente i se inforty, al plu forte ch'y pote; ma puocho ly valse, 
che mesy ch'y ave ly Franzeschy in tera, che iera circha 
viiic homeny da chavalo, bem che i diti fose plu de m"* al parLir 
de Veniexia, ma iera morly in nave ; ma de pedony de iera in 
grande quantitade; ma vero e che in tula Tosle dy Veniciany e 
Franzeschy nonn iera holtra xx" persone, ma homeny de Cons- 
tantinopoly d'arme podeva bem eser da xl° milia, Ira i qual al 
vero d' iera bem da xx"" da chavalo. Hora, chomo a Dio piaxete, 
hordenado la bataia per mar e per Iera, sogondo el chomanda- 
mento de miser lo doxie. i Franzeschi de I'arsallo per Iera, i 
Griexi alendando a loro, crezaiido schonfizerly per chaxon iera 
puochy, miser la doxie chon le suo nave e galie se acosta a i 
mury, e conbalando la tera per tal muodo che intra per sovra i 
raury dentro. I Griexi veziandose mal apariady de volta* la plu 
parte per regovrar la Iera. Ly Franzeschi ly fo a le spale, e de 
ly una gran schonfita. K i Veniziany, abiando zla hruxiado la 
pluy parte de la tera, se recluse a i suo navilii alieiiranienlc; e 
abiandone morly una gran quantllade de loro, e pasady alguny 
ziorny, veziando che [lartir y no se poseva, veno a jKily chon lo 
dilo miser lo doxie o barony ih\ tuor ol iiiwyauw fllLo denlro per 
so signor e inperador. K chosy fo falo; alora romaxe Tinpieho 
dretamenlre al ^arzom dilo inperador, e trar fexe de prixion 
uno so parenle, el (|ual nomina iMorlyfes, <^ I'exelo so niazior 
chamerlengo, mareschalcho. Alora i Voniciany se inmauin6 con 
i Fran/eschy de far so viazo, e pasa in le parle de EjjjiLo, al 
Santo Sepurclo. Ma primamenlrc i rozrve parle del trexoro a 
loro promeso, digando a quel dito inperador : « Al lornar 
nostro, piaquave a vegnirde a vixilar in quesle partr, e lo aver6 

I. Inc. fol. 50 a, 2 yo du t. Lactuol. 



204 . APPENDICES. 

apariado al chonplymento quelo che dar io ve die. » E chusy 
fo falo. 

Tornado adoncba miser lo doxie chon tuty quely barony 
franzeschi, abiando fato molte meraveioxe e mirabel pruove 
chontra Tlnfedely, le qual tule a narar seria tropo longitudine a 
dir. Ma torno a la nostra materia. E Iruovase che lo predito 
Mortifes* 

1. Ge recit se rapporte, sous le dogat d'Earico Dandolo (1193- 
1205), aux preparatifs el aux evenements de la quatrieme croisade. 
— Depart des crois^s de Venise pour I'lllyrie (8 octobre 1202). — 
Gampagne d'Istrie et d'Esclavonie, prise de Trieste, de Muggia, 
de Zara; sejour a Zara; adoption de la cause du jeune Alexis 
I'Ange, fils de Tempereur grec Isaac I'Ange detr6n6 par son frere 
et competiteur Alexis III I'Ange (1202-1203). — Premiere prise 
de Gonstantinople par les croises, au nom d'Isaac TAnge et du 
jeune Alexis, son fils (17-18 juillet 1203). — Retablissement 
d'Isaac FAnge, association au tr6ne du jeune Alexis, son fils, 
sous le nom d' Alexis IV, entree au gouvernement d' Alexis Ducas 
Murtzuphle, destine a les renverser bient6t tons deux. — Recit 
du passage imaginaire des croises en Terre Sainte (1203-1204). 
Suivaient jfol. 50 a-51 a) : la chute et la mort dlsaac TAnge et 
d'Alexis IV, Tusurpation du trdne par Alexis Ducas Murtzuphle, 
sous le nom d'Alexis V, la seconde prise de Gonstantinople par 
les croises, en leur propre nom (12-13 avril 1204), et la fondation 
de I'empire latin d'Orient. 



APPENDICES. 205 



IV. 



Texte oe la Fiif DE LA ChroniquB et do d^but ou Diario. 

4402-N04. 
Fol. 456 B-457 A, 407 ro-407 v* du t. I acluel. 

yowVCEuvre, p. 55, n. 3 et 4, eL Origines et Dirives^ p. 4 74- 

472. Cf. Extraits publics, t. 1, p. 4 74-476. 

» 

Dogat de Michele Steno (1400-1413). 

Les folios 141 a a 152 a contienoent, d'un seul tenant, le recit : 

— de la campagne du marechal Boucicaut, gouverneur francais 
de G^nes, dans les mers d'Orient, pendant ret6 de 1403 ; — des 
hostilit^s nees a cette occasion entre Venise et G^nes; — de la 
bataille de Modon, sur la cdte de Moree, livree le 7 octobre 1403 ; 

— des negociations qui aboutissent a la convention provisoire du 
22 mars 1404 entre les belligerants; — enfin, des mesures de pre- 
servation instituees par Venise, a la suite de ce traite, pour sau- 
vegarder son commerce jusqu'en Flandre et en Angleterre. — 
Extrait public, t. I, p. 24-174. 

Les folios 152 A a 156 b contiennent des mentions relatives a des 
evenements divers, sans rapport aucun avec les fails qui precedent 
ou qui suivent, 6v6nements susceptibles d'etre classes sous les 
ann^es 1402-1404. 

Au folio 156 D, 107 r® du t. I actuel, et jusqu'a la derniere ligne 
de ce folio, se place une mention relative aux incidents survenus, 
au cours de Tan 1403, dans les mers d'Orient, anterieurement a la 
campagne du marecbal Boucicaut, — sorte de post-scriptum insere 
la hors de sa place logique. On trouvera cette mention reproduite 
in extenso ci-apres. Ici, avec cette indication retrospective, semble 
s'arr^ter la Ghronique redigee. 

Avec les premieres lignes du folio 157 a, 107 v" du t. I actuel, 
commence, par une notation portant la date du 10 avril 1404, le 
recit de la j^uerre ouverte entre Venise et Francois de Carrare, 



206 APPENDICES. 

souverain de I'Etat de Padoue, guerre qui va durer de 1404 k 1406, 
et fonder, par la destruction de la dynastie de Garrare et I'annexion 
de Padoue et de Verone, la puissance continentale de Venise. 
On trouvera cette notation reproduite in eztenso ci-apr^s. Ici, 
avec cette inscription normale, semble commencer ie premier 
indice du Diario. 



(]lhorando^ M GCCG III, a dy xztiii de marso. 

Per Id rizimento noslro de le parte de Grede, savesemo 
chomo miser Antuonio de Montaldo, retor de Famagosta, 
iera insido con do galiole e una galia grosa e pluxor altri 
legny verso le conlrade de Trlpoly, danizando Sarainy e dero- 
bando quely inlro i porly del Soldam, per tal che molto sangue 
fo spanto de Sarainy eciamdio de Zenovexi e Griexi e Glpriany. 
De che sapado questo miser de Soldam dal Gaiero, de prexenle 
chomanda che tuty Zenovexi per la Soria tuta e per Alesamdria 
fose reLegnudy in aver e in persona \ e cusy fo fate. E perquesta 
caxion andando daniziando lo dilo miser Antuonio Damiata e 
allre parte, de qua procese puo la vera tra Zenovexi e Sarainy, 
como avemo predito per avanty, in lo principio, de Tarmada de 
Zenovexi insida per lo governo de miser Buzicaldo franzescbo, 
governador so de Zenova, capelanio si insteso de I'armada, i fexe 
al danizaraenlo nostro de le marchadanlie de Baruto robado con 
gran dano, chomo dito avemo per avanty, [e fo chonbaludo] per 
lo capelanio nostro miser Garlo Zen, e con gran dano de 
Sarainy e Zenovexi per intranbe le do parte ^. 



i. Au fol. 456 B, 107 fo du t. I actuel. 

2. Derni^re ligne du folio, et tin presumee de la partie de 
I'oeuvre d'Antonio Morosini pouvant se rattacher a la Chronique. 
— Cette mention se rapporte a divers incidents survenus dans 
les mers d'Orient, on 1^j03, sous la responsabilil^ du gouverneur 
geriois de la place chypriote de Famagouste, anterieurement au 
debut de la campagne du mar6chal Boucicaut, campagne que ces 
incidents, par leur repercussion, semblent avoir provoquee. — 
Extrail puMit'*, i. 1, p. 17^1-176. 



APPENDICES. 207 

Chorando^ lodito milieximo in Veniexia de M CCCCIIII, ady 
X del mexe d'avril?. 

Hora tornamo a la materia nostra prima chomenzada dy 
faty nostry de letere de Lombardia, e prima : 

Ocborse in lo tenpo del predito miser lo doxie miser Michiel 
Stem cbe per la vera granda de Lonbardia dapuo el deschazi- 
mento de miser lo ducba de Milam, per alguna contraversia 
cbazuda de parte Gelfa e Gebelina, molte tere e luogi e castele 
fo del predito miser lo ducba a quelo ly revelase e de ly volta, e 
sy anchora par la Jiga dy Fiorentiny, Paduany e Ferarexi, 
tignando Tocbio fermo in aquestamentodequele ebon viluperio 
e dano de quesLa dogal Signoria, che tante nobel tere sia mese 
per cbusy longo tenpo sola tirania de tirany, liqual va senpre 
chonsumando tota Italia, voiando miser Domenedio poner de 
remiedio e apreso meter de la man de la gracia soa e aziocbe 
tante criature non periscba ne sia cbonsumade ne disperse, qua 
de soto fard mencion in proceso de tenpo quelo piascera a Dio 
a conseguir de nuovo, cbe grandisimo e notabel dano chonsiegue 
a la citade de Veniexia in la marcbadantia la qual non core per 
alguna parte ^. 

1. Inc. fol. 157 A, 107 v^ du t. I actuel. 

2. Premiere ligne du folio, et debut presume de la parLip de 
foeuvre d'Antonio Morosini pouvant se rattacher au Diario. 

3. Le Diario conLinuo. — Cette notation so rapporte a I'ouver- 
ture de la guerre entre Venise et Francois de Carrare, souvorain 
de I'Etat de Padoue, en 1404. 



208 APPENDICES. 

V. 

Texts de u fin de u partie gontinue du Diario. 

20 Dovembre 4 433. 

Pol. 640B-644 A, 290 1^-290 V" du t. II actuel. 

Voir VOEuvre^ p. 59, n. 2; Origines et DMv^, p. 488-489. 

E * ady xx del mexe de novembrio venere de M CCGG XXX III *, 
per lo conseio di Pregadi, per miser io doxe e consiery e savij 
de la vera fose defenido, andando la parte una e pluxor volte, 
de responder a i capitoli produty e alegady per lo nobel anba- 
sador miser Andrea Donado el chavalier (produly e alegadi), 
vegnudo quelo dal coiiciiio de Braxeiavia (sic)^ mandado quelo 
per la maiestade de miser Tinperador di Romani Sigismondo a 
la dogal signoria de Veniexia^ questa sisma per lo predito Gon- 
cilio fazando quelo la sia levada al tuto per ogni bona zusta 
raxon e caxion, romagnando a soa posa el somo ponliflcho 
nostro papa Uglenio quarto, como quelo die eser pastor in santa 
Gliexia apostolicha Komana-, e non trovando per lo dito inpe- 
rador in alguna caxon de pechado ni circonstancia nisuna de 
simunicho over relego, andando prestamenle la quanto plu se 
posa, subitamente, e aconpagnado con el nobel omo fato cade 
per aiuly miser Antonio Gontarini da San Gasian; over per 
questo seguida el Gonciiio el posa subitamente remandar a 
Roma a referir al pontificho e maiestade de papa Ugienio 
quarto, quelo sia defenido siando in concordio de tuti gardenali e 
clerexi, veschovi e realy de tuto el mondo universo, prenie- 
tando I'onipotente Dio el meio di Ghristiany. Amen. Amen'. 

1. Au fol. 610 D, 2'JO r du t. I actuel. 

2. Uogat de Francesco Foscari (1423-1457). Tout ce morceau 
comprond plusieurs groupes de documents relatifsaux dissensions 
soulevnos cntre le Coiicile de B&le et le pape Eugene IV, docu- 
ments qui Yont 6tro distingues les uns des autres. Pour les eclair- 
cisseincmts historique.^ nocossairos, voir i'OEiivre, p. 59-62. 

3. Ce qui prt'^codi; represonte \c compte-rondu des debats sou- 



APPENDICES. 209 

El^ sacro saiicto consilio de Baxilea el delermena, etc... 

De^ Lx di dadi al santisimo Eugienio papa quarto, segundo 
la forma del monituorio de la cetaxion de la forma de la sus- 
pension, nela(a)se(n)sion xii^'premulgada, e dapuo, a(dy) xxxdi 
de pluxor volte fina al dy prexenle perlongado, questo santo 
Conzilio, voiando apreso quel miser Eugienio con ogni mansue- 
tudine e longada procieder, uxar el tenor de la prexenle fina^ 
Lxxxx di de questo di mediante seguente, con tute le clauxole, 
quaiila e condicion, ne i decreti si del munituorio de lx di como 
de la ploracion [/. prolacion] a dy xxx inserty perlongue e ordena 
ad eser prorongady, si veramente cbe, se in 11 dity lxxxx di, tute 
le cose in una cetola contegnude, de la qual cetola el lenor de solo 
se descrivera, realmente con efeto el dito miser Eugienio non 
ainplera, le pene de sospension del dito munituorio de lx di, 
conlegnudi in quel istante, sia inlexa ilita. 

El tenor ^ veramente de la dita cetola seguita ed e sy fata. 

Eugienio', etc..., a perpetua memuoria de sti fati. 

leves au conseii des c Pregadi », au Senat de Venise, dans sa 
seance du 20 novembre 1433, a I'occasion de la communication 
au gouvernemenl venitien d'une serie d'actes du Goncile de Bale, 
tendants a obteair la soumission du pape au Goncile, communi- 
cation faite au Senat par Tin termed! aire de Tambassadeur de 
Venise aupres du Goncile, Andrea Donato. 

i. Ge qui suit represente la version italienne de la communica- 
tion presentee au Senat de Venise. G'est le proces-verbal textuel 
de la 14« seance du Goncile de B4le, tenue le 7 novembre 1433. 
— Texte latin officiel dans Labbe, Sacr. Cone, t. XVII, col. 286- 
287. 

2. Ge qui suit represente la decision du Goncile, reportant a 
quatre-vingt-dix jours Ic delai de soixante jours nagu6re accorde 
au pape pour reconnaitre la validite du Goncile. Gf. Labbe, Sacr. 
Cone,, t. XVII, col. 286. 

3. Inc. fol. 611 A, 290 v- du t. II actuel. 

4. Ge qui suit represente les trois modeles d'acte de retractation 
de toutes mesures hostiles au Goncile, modeles proposes au pape 
par le Goncile, afin que le Pontife en cboisisse un a sa convenance 
parmi les trois specimens ainsi presentes. 

5. Ge qui suit represente les deux premiers modeles de I'acto 
de retractation propose, presentes sous forme d'acte a part. 

IV 14 



no APPENDICES. 

A^ zi6 che de la inlegrila de la nostra meDte e devucioo 
a la universal Giiexia e sacro e zeneral concilio de Baxiiea nuy 
portemo, a tuti sia manifesto, inper5, lute nostre lelere, de 
le qual el tenor a parola a parola de soto se sc[r]ivera, lute, e 
altre, e chadauna cosa per nuy e per nome nostro a prezudizio 
e derogacion del diLo sacro Concilio, over contra a la soa autu- 
rita dita e alevada, e consiemo (sic), e revochemo, ronpemo e 
anulemo, [e] le cose in tute declaremo [casade, revochade, rote 
e anulade.] 

Ora^ prima tre nostre, nel palazo apostolicho promulgar, 
e averemo fato, de lequal el tenor sieguita, le sy fate, vera- 
mente con zi6 sia che per le dite letere alguni schandoli sia 
nasudi e poria nasier, in per 6 quele e chadaune altre che semo 
aver^... 

Gusy^ nel fin de la letera de la asension. 

Per'* laqual cosa tre nostre letere primamente nel apostoli- 
cho palazo promulgade, del tenor de lequal de a verbo a \erbo 
de sato®... 

Ugienio^ si de ziaschaduna e chadaune altre in tuto se pora 

1. Premier modele, presente sous forrae d'acte a part. Gf. Labbe, 
Sacr. Conc.^ t. XVII, col. 286 d. 

2. Second modele, presente sous forme d'acte apart. Gf. Labbe, 
Sacr. Cone, t. XVII, col. 28G e. 

3. Le reste de cet acte con forme au premier modele, depuis les 
mots : « e chadauna cosa per nuy » — « et quidquid per nos i 
dans le texte latin. Gf. Labbe, Sacr. Cone, t. XVII, col. 286 e, 
comp. avec col. 280 d, derniero ligne. 

4. Ce qui suit represento le troisieme modele de Tacte de retrac- 
tation propose, non plus presente cette fois sous forme d'acte a 
part, mais seulement comme addition a I'acte general d'adhe^- 
sion iaaension) au Goncile, dont 11 est question imm^diateraent 
ci-dessous. 

5. Troisieme modele, presente comme addition a I'acte general 
d'adhesion. Gf. Labhe, Sacr. Cone, t. XVII, col. 287 a. 

6. Le reste de cet acte conforme au premier modele, depuis les 
mots : f e chadauna cosa per nuy » — « et quidquid per nos o 
dans le texte latin. Gf. Labbe, Sacr. Cone, t, XVII, col. 287 a, 
comp. avec col. 28l> d, derniere ligne. 

7. ('e (jui suit n'[)ri''sente la decision du Goncile donnant au 



APPENDICES. 21 i 

el dito miser Ugienio elegier ora dc le dile forme che pluy i 
piaxera. 

Eugienio^ etc..., a perpelua memuoria de sto fato. Longa- 
meole el sacro zeneral conseio (sic) de Baxilea, per i staluli di 
zeneral consey de Gostanza, de Siena, e per aprobacion de le 
rexie {sic)y paxe del populo cristiano, e reformacion {sic) de la 
Gliexia nel cavo e ne le menbre, e le chose pertinente a queli 
ligitimamente principiando, per certe caxion ne le altre nostre 
letere exsprexe del concilio di fradeli nosLri de la Sacra 
Romana Gliexia gardenali, avemo desolto una menle, con zi5 
sia per tal disolucion el sia nasudo grieve desolacion e pluy 
grieve poria nasier, e ninte piuy dexideremo ch'a le dite sante 
huovre sordisia debito efeto, determenemo e deliberemo, se 
questo gienerai conseio de fiaxilea, dal lenpo de la dita caxion 
sia legitimamenLe, e continuando eser, e d'aver abudo per ase- 
quicion, e dever eser contignando aver sequicion a le dite cose 
e cbe apertie a quele, si che se nesuna disolicion fose fata, 
e anzi la dita disolicion fose fata tula, e aver declaracion quel 
sacro conzillo de Baxilea pura e sinplezcmente e con efeto a hogni 
devocion e favor proseguitado da puo seguir intendemo. 

Item^ che'l dito miser Eugienio revochera cadauni procesy 
de cadaune gle sue prlvacion, suspension, fali ancora supoxiti, 
de questo sancto conzilio de Baxilea e de la Glexia aderenti, e 
tule le cose fate in prezudixio de le raxion e diocacion (sic) de 
quele, lor legitimamente non citade, ne legltima^ 

pape le choix entre les trois modeles. Gf. Labbe, Sacr, Cone, 
t. XVII, col. 287 A. 

1. Cequi suit represente le texte du modele unique d'acte gene- 
ral d'adhesion au Goncile, modele unique impose au pape par le 
Goncile. Cf. Labbe, Sacr. Cone, t. X\U^ col. 287 b. 

2. Gc qui suit represente la decision du Goncile contenant le 
theme des mesures diverses prescrites au pape par le Goncile, en 
complement des actes precites. Gf. Labbe, Sacr. Cone, t. XVII, 
col. 287 D. 

3. Derniers mots du fol. Oil a, 290 r^ du t. II actuel. — Le 
passage precis de cette interruption est reconnaissahle dans le 
texte latin : c Eis lei^itime non citatis, nee legitime [defensis] i. 
Gf, Labbe, Sacr. Cone, t. XVII, col. 287 d. 



212 APPENDICES. 



VI. 



TrXTE DU FRiGHENT TCRMI!!fAL DI^PiREILLE DU DtariO. 

JuiD 4434. 

FoI.Ob-OOa, 284 r°-284 v*» du t. II actuel. 

Voir VOiuvre, p. 66, n. 2, 67, n. \ et 2, 68, n. 4, Origines 
et D6rivis, p. 489->l94. 

in* Roma, in lo castelo asidiado per la gente de Nicole 

de Fortebrazo, condulor del ducha de Milan, ave grandisimo 
spavcnto e paura, e statin no demorando, se inpensa de voler 
fuzir e al palazo in so stancia voler andar per dormir; e zionto 
la, quelo se spuia e revestise in forma de hom mondan, con tre 

1. Au fol. B, 281 r« du t. II actuel. — Premiers mots lisibles 
vers la raoitie de ce feuillet mutil6, dont la partie superieure est 
dt^truite. — Voici le sens des evenements dont ce fragment va 
faire mention. — Eugene IV, le venitien Gabriello Gondolmiero, 
a succede en 1431 sur le siege pontifical a Martin V. Depuis I'ete 
de 1433, aussit6t I'empereur Sigismond reparti de Rome vers TAl- 
lemagne, le pape se trouve en lutte ouverte avec les factions de 
i'Etat rumain, encouragees par la lutie du Goncile de B§,le centre 
le pontife, etsoutenues sous-main paries forces de Filippo Maria, 
due de Milan, libere par la recente paix de Ferrare, conclue le 
26 avril 1433, de sa lutte centre la ligue de Venise et de Florence. 
Un condottiere a la solde de Milan, Niccolo Fortebraccio, avec les 
anciennes bandes des Bracceschi, tient la campagne autour de 
Rome, contre son rival solde par I'Eglise, Francesco Sforza, qui 
commande les vieilles compagnies des Sforzeschi. Un soul^ve- 
meiit eclate a Rome, le 29 mai 1434, assi^ge le pape dans le 
chateau Saint-iVnge, s etend sur plusieurs points des etats du 
Saint-Siege, notamraent a Bologne, et va forcer Eugene IV, le 
4 juin, a s'enfuir de Rome, a travers mille perils, pour aller cher- 
clier un refuge sur le territoire florcntin. (Sur ces faits : Grego- 
roviiis, Grscliichte drr Stadt Rom im Miltclaltcr, t. VII, p. 40-48; 
Cipolla, Sloria ddk signorie italiane, p. 356-357, 358.) 



APPENDICES. 213 

persone apreso de quelo, di qual plu lo amava, e oclullo [sic] 
vegnise per lera fina a la marina a una burcbiela; e quelo la 
non trovase pasazo; e chapitando a Givita Yechia, tolse la via 
per tera, e montase da Pixia sovra la galia de Fiorentiny, per 
capitar a Fiorenza. ch'e mia c° in cxx, per eser seguro in lo so 
stado, e da puo demorar a Bologna, over de andar a Padoa, o de 
vegnir e star a Padoa, o a Veniexia, la b che la Signoria li dese 
a saver, in le tere suo, in che parte plu i piaxera. E zionta fo Tan- 
basada el sabado da sera [con] questa novela dy xh de zugno, tuta 
la citade de Veniexia de fexe e ave grandisima festa, montando 
la creta d'inprestuLi de lyvre lxxxii q i/A in lyvre lxxxxvi per 
c"*; cbe fo bonisima novela; ma per avanli la saveremo meio^ 
Apreso per avanti [fo] falo pluxor anbasadory a Bologna e tuti 
refudase; in le fin fo fato el nobel omo miser Polo Trun, e 
quelo acetase volentiera; per bone e oneste caxion procedera, 
como avemo in avanli ^. 

{. Mention, sous la notation probable du samedi soir 12 juin, 
de rarrivee a Venise de nouvelles concernant la recente revolu- 
tion romaine [survenue le 29 mai], relatant la fuite du pape 
Eugene IV hors de Rome, [le 4 juin], a Ostie, a Givita- Vecchia, 
vers Pise et Florence, point ou il decidera la question de sa future 
residence. Nouvelles apportees a Venise, par une ambassade dont 
on ne distingue pas I'origine, le samedi 12 juin au soir, au milieu 
de Tallegresse g^n^rale des Venitiens, decides a soutenir ie pape 
fugitif, qui va chercher asile chez les Florentins leurs allies, et 
qui songerait peut-etre a fixer sa residence definitive a Venise, 
au milieu dc ses compatriotes. — Un certain nombre de circons- 
tances episodiques de la fuite du pape, relatees ici sous Timpres- 
sion immediate des bruits en cours, semblent inexactement pre- 
sentees. Ainsi, par exemple, la nature du deguisement adopte par 
lo pape, ici indique comme consistant en un v^loment laique, 
tandis qu'en realite Eugene IV parait s*etre enfui sous un cos- 
tume monastique. (Gregorovius, GeschiclUe der Stadl Rom, t. VII, 
p. 45-48.) 

2. Mention de la nomination d'un ambassadeur vonitien, Paolo 
Tron,a Bologne, possession ponlificale fdejaen pmieaux troubles], 
nomination presentee comme remontant a ciuelcjues jours. Kn 
realit»», cettc nomination parait dater du 10 juin. (Doc. cite par 
Cipolla, Sturia dclte signoric italiane, p. 357, n. 1.) 



214 APPENDICES. 

Ma per la domenega dy da puo nona, fo falo do soleni anba- 
sadory a miser lo papa Eugienio quarto^ prima miser Andrea 
Mocenigo fo de miser Franzescho; Tallro miser Silvestro 
Morexini fo de miser Marcho, andando in queie parte, onde 
queio s'era in stancia alozado, e pensome queii acetera volen- 
tiera e con beta fameia parlidy^ e avesemo zionse la zuoba 
avanti in Pixa, a ore iiii° de^ note^. 
d'oro^ In salvamento senpre sia. Amen'*. 

Apreso, per io viazo d'Alesandria fo meso galie iiu** in bona 
gracia pur de le mexure grose. I paroni fo primo miser Antuo- 
nio Bondemiro fo de miser Jacomo, costa lyvre g°lxxxiiii s. o 
de grosy; la segunda, miser Piero Sovranzo fo de miser Anto- 
nio, per lybre c^Lxxxiir s. xi° de grossy [sic]; la terza, ser 
Franzescho de Renier fo de miser Nicold-, la quarla, miser 
Jacomo Badoer fo de raiser Sabastian Badoer, per prexio de 
Jybre c^'lxxx s. i. de grosy. Gapetanio fato el nobel omo miser 
Piero Michiel, e die partir, salvo zusto pedimenlo, per tuto el 
mexe de luio, over puocho driedo, per valor de lybre over 
duchaly... d'oro. Con salvamento senpre sia. Amen*. 

i. Mention, sous la date du dimanche 13 juin,de la nomination 
d'une ambassade venitienne aupres du pape, composee d^Andrea 
Moceaigo et de Silvestro Morosini, avec mandat de se porter a la 
rencontre d'Eugene IV, la ou il pourra se trouver. — Marino 
Saauto, chez lequel ce passage se retrouve visiblement, place, 
par une de ces confusions ordinaires, la nomination de ces ambas- 
sadeurs au 25. ( Vile de Duchi, ap. Muratori, Rer. Hal. script., 
t. XXII, vol. 1035.) 

2. Indication de Tarrivee a Venise de la nouvelle de Tentr^e 
d'Eugene IV a Pise, le jeudi matiu 10 juin. — Les elements d'in- 
formation generalement consultes semblent placer cette entree 
du pape au 12. (Gregorovius, Gesch. dcr Sladt Bom, t. VII, p. 48.) 

3. Derniers mots reguliers du folio terminant la phrase et 
Talinea. 

4. Au fol. 00 a, 281 vo du t. II actuel. Premiers mots lisibles 
vers la moitie de co fouillct mutile, dont la partie superieure est 
detruite. 

5. Derniers mots d'une phrase mutiloe, dont le sens n'est pas 
suflisamment recoil ualssablo. 

6. Mention de I'adjudicutlon reguliere, pour I'an 1434, des 



APPENDICES. 215 

Sahado dy xyiiii" vigna[n]do a la domenega dy xx de zugno 
M° III!** XXXIIII®, per lo Gonseio di signor saviy, miser lo 
doxe e consiery, el caldo sovrazionse al caldo; io prima abudo 
la nostra Signoria la chomunila de Bologna prima aver licen- 
ciado ei nostro anbasador, iera la mandado per aconzar quela 
descordia intravegnuda Ira le parte ioro; e sapudo che queli 
aveva el pontificho nostro papa Eugienio quarto iera per eser a 
Fiorenza adi xxi de zugno ^ Zionto a Fiorenza, i Fiorentini e 
tuli quell dentro, con tuta la tera e con el puovolo, insise fuora 
andarli in contra, con la clerexia, con le croxe levade per 
onorarlo e recervelo, e con i raazior homeny citadini de Fio- 
renza, e oferirii la stancia con la posanza soa a tuto el so bene- 
facio^. Hocorse che puo puocho de queslo, i Bolognexi incon- 

galeres composant le c voyage de marchandise » annuel a desti- 
nation d'figypte; — mention aiusi enregistree entre le lundi 14 
et le samedi 19 juin. 

1. Mention, sous la date de la nuit du samedi 19 au dimanche 
20 juin, de rarriv^e a Venise de nouvelies concernant les recents 
evenements survenus a Bologne, en rppercussion de la revolution 
romaine. Les Bolonais, en presence des sympathies actives de 
Venise pour le pape, viennent de congedier I'ambassadeur veui- 
lien. lis sent au courant des intentions du pape qui se proposerait 
d'arriver a Florence (voir note suivanto) le 21 juin. 

2. Expose de I'entree triomphale d'Eugene IV a Florence, oii il 
va tixer sa residence deQnitive. — Cette entree du pape, d'apres 
les sources les plus certaines, se place au 23 juin. (Gregorovius, 
Gesch. dcr Stadt Rom, t. VII, p. 18.) Plus exactomont encore, 
Eugene IV atteint les portes de Florence le 22 dans Tapros-midi, 
passe la nuit du 22 au 23 hors des murs. dans un logis au pied de 
Monte Oliveto, puis fait son entree solennelle dans la ville le 23, 
entre 10 et II heures du matin. {Istorie di Fircnze dull' anno i'tOG 
fino at Pa3H, col. 975 a 977, ap. Muratori, Her. Hal. script.^ 
t. XIX, col. 945-984.) — La date du 21 juin qui vient d'etre 
signalee (voir note precedente) parait bien avoir ete mal inter- 
pretee par Marino Sanuto, chez letjuel ce passaj^e se reconnait 
avec evidence. Par une a|)|ilication de ses proc(^d«'s d'imprecision 
habituelle, c'est le 21 qu'il fait arriver a Venise le courrierannon- 
cant a la fois, premiereiuent la fuite du pape hors de Rome, fuitc 
(ju'on vient de voir signalee a Venise des lo 12, secondement 



216 APPENDICES. 

teneote prexe lavidia^ e fexe sostegoir el nobel omo miser 
Polo Trun in soa persona propria, e con queli iera con luy, e 
apreso lo vicario luogotenente de miser lo papa, reparando la 
giente soa de fuora, e queli dentro^ tegnise' 

Tentree triomphale du pape k Florence, entree qui en r^alite n'a 
lieu que le 23. (Vite de' Duchi^ ap. Muratori, Rer, ital, script., 
t, XXII, col. 1035. Voir Origines et cUriv^, p. 190-191.) 

1 . Expose de la suite des ev^nements de Bologne. — Les Bolo- 
nais, en reponse a Tentree triomphale du pape a Florence, alliee 
de Venise, se saisissent de la personne de Tambassadeur v^nitien, 
Paolo Tron, et du legat pontifical. — Gette arre station de Paolo 
Tron et du legat, lequel etait Marco Gondolraieri, nagu^re 6v^ue 
d'AvigDOo, neveu du pape, se verifie dans tous les renseignements 
acquis. (Gipolla, Storia delle sign, iial., p. 357, cf. p. 356.) Ge pas- 
sage se retrouve visiblement dans Marino Sanuto. (Vite de' Duchi, 
ap. Muratori, Rer. ital. script., t. XXII, col. 1035.) 

2. Derniers mots reguliers du folio laissant la phrase ainsi inter- 
rompue. — Voici la suite ulterieure des evenements dont ce frag- 
ment a fait mention. — Eugene IV va sejourner a Florence jusqu'au 
18 avril 1436, epoque ou il se rendra a Bologne; apres differents 
sejours en diverses villes d'ltalie, et apres un nouveau sejour a 
Florence, il ne reparaitra a Rome qu'en 1443. (Gregorovius, 
Gescfi. der Stadt Rom, t. VII, p. 55, 87.) — Rome mSme rentre 
sous I'autorite pontificale en octobre 1434. (Ibid., p. 50-52.) — 
L*ambassadeur v^nitien Paolo Tron est libere par les Bolonais a 
la fin de 1434. (Marino Sanuto, Vite de' Duchi, ap. Muratori, Rer. 
ital. script., t. XXII, col. 1039.) — Bologne mtoe rentre sous 
I'autorite pontificale en septembre 1435. (Gipolla, Storia delle sign, 
ital., p. 358.) — Le pape ot le due de Milan font la paix le 10 aout 
1435. {/bid., p. 360.) 



APPENDICES. 217 



VII. 



MEifTioifS DB LI Chronique et do Diario relatives aux armements 

GOMMBRGIAUX DE VbNISE) SOfT « YOTAGES DE HARGHANDISB Ji, SOIT 
ARMEMENTS PARTIGULIERS. 



A. 



Texfe d'une mention isoUe de la Chronique ^ig^na/an^ V existence 
du « voyage de marvhandise » de Flandre et d'Angleterre 
sous la date de 4337. 

\o\t r(X:uvre, p. 98, n. -I. 

NeP tenpo so anchor^, siando raandado galie vi in Fiandra 
a marcbado, chapelanio il nobel homo miser Nichol6 Zero, 
vignando charge de gran marchadantia per lo so relorno de 
grandisimo valor, Zenovexi siando al corso con galie viii dal 
Munego prexe de le dite galie do, e le altre separade per fortuna 
da quele zionse a Veniexia con salvamento^. 



B. 



Debut et dejjr^ de regiUarite des menlioyis concernant les 
« voyages de marchandise T>^ponr leurs destinations d^usage^ 
entre les annees 4404 et 4 433. 

Voir VOEuvre, p. 98, n. 2. 

C'est encore au cours de la Chronique composee, dans les der- 
nieres pages oil persistent les marques speciales de cetle partie 

i. Ad ann. 1337, foi. 73 a. 

2. Au temps du doge regnant, Fraiicesoo Dandoio (1327-1330). 

3. Mention de Tattaque subie, en 1337, a son retour des mors 
du Nord, par Ir- convoi comimsant lo « voyage de marchandise » 
de Flandre et d'Anj^leterre, forme de six galeres richemeut char- 
gees, sous le commandenient de Niccolo Zeno. Des corsaires genois 



218 APPENDICES. 

de TcBuvre d'Antonio Morosini, que se trouve inscrite la pre- 
miere mention reguliere relative a ces voyages. Placee a la fin 
du recit du conflit de Genes francaise avec Venise, recit conduit 
jusqu^a la date du 3 avril >I404, rangee, par le fait meme de 
son insertion dans la Chronique, sous une date anterieure au 
debut du Diario^ c'est-a-dire anterieure au >I0 avril >I404, elie 
concerne uniquement le « voyage de marchandise » de Fiandre 
et d'Angieterre de Tan >I404 *. 

C'est au contraire au cours du DiariOy dans les premieres 
pages oil s'affirment les caracteres distinctifs de cette partie de 
Toeuvre d'Antonio Morosini, que figurent les premieres men- 
tions regulieres relatives, — sauf le voyage d'Aigues-Mortes, 
— a tons les aulres « voyages de marchandise » habituels de 
cette meme annee >I404, fig^pte, Syrie, la Tana. Inserees a leur 
place chronologique normale, elles se trouvent inscrites entre 
le 4 juillet et le 4 aout ^404 2. 

Quant au « voyage de marchandise » d'Aigues-Mortcs, il n'y 
prend pas rang, la premiere mention que Morosini lui consacre 
ne se rencontrant qu'en Hi 2^. 

L'an suivant, >I405, ie Diario, desormais en pleine posses- 
sion de la forme i\\\!\\ conserve jusqu'au bout, ne mentionne 
que les voyages d'Egypte et de Syrie 'i. Pour le voyage de 
Fiandre et Angleterre, son silence sc trouve confirme par celui 
des documents officiels veniLiens-^. D'autres considerations, 
tirees des cataclysmes physiques eprouves alors par la cote de 

sortis de Monaco avec huit galeres assaillent le convol et lui 
e.nlevent deux galeres; les quatre autres parviennent a rallier en 
siirete le port de Venise. — Les documents officiels venitiens, non 
plus que d'autres sources, ne semblenl contenir de mention rela- 
tive a ce voyage de Fiandre de 1337. (Rawdon Brown, Venetian 
Papers, t. 1, p. 70, n^* 23-26 : aucune indication entre le voyage 
de 1334 et colui de 1347.) 

1. Fol. 151 b-152a. Voir Exiraiis puhlUs, t. I, p. 170-172. 

2. Diario, entre 4 juillet et 4 aoiit 1404, fol. 160 b. 

3. Voir ci-apres, suite de ce meme appendice. 

4. Diario, 9 juillet 1305, fol. 175 a. 

5. Rawdon Brown, Venetian Papers, t. I, p. 42, n®* 147-148 : 
aucune indication entre lo voyage do 1404 et celui de 1406. 



APPENDICES. 2i9 

Flandre, peuvenl d^ailleurs porter a penser qu'il ne s'opera, en 
cette annee 4405, aucun « voyage de marchandise » a destination 
du Nord^ 

En 4406, la mention de tons les voyages alors habituelle- 
ment signales, soit Flandre et Angieterre, figypte, Syrie, la 
Tana, figure au compiet dans le Diario^. 

En 4407, le IHario ne releve que les voyages d'figypte, de 
Syrie, de la Tana^. Celui de Flandre, sans qu'on puisse en 
comprendre la raison, semble omis*; neanmolns, son existence, 
pour cette meme annee 4407, est regulierement constatee par 
les documents ofQcieis venitiens*. 

En 4408, le Diario contient un tableau compiet de tons les 
voyages alors habituellement signales, soit Flandre et Angie- 
terre, figypte, Syrie, la Tana^. 

Depuis cette date de 4408, le Diario presente, chaque annee, 
un releve fidele de tous les voyages, releve dont le retour regu- 
Her affecte le caractere le plus methodique, le plus suivi, on 
pent dire le plus mecanique^. 

En 4442, vient s'y ajouter, pour conlinuer des lors avec la 
meme regularite d'allure, la mention du voyage d'Aigues- 
Mortes. 

Ce voyage, qui, pour des raisons purement commerciales, 
semble avoir ele longlemps interrompu, avait repris en 4402 
seulement^. Sous la date de 4406, le Diario fait allusion a son 

1. Voir Exiraits public's, t. I, p. 216, n. 2. 

2. Extrails publii's, t. I, p. 214-216; Diario, 14 juin 1406, 
fol. 196 a. 

3. Diario, l*-" juin 1'j07, fol. 202 a. 

4. Aucune lacune no parait copendant susceptible d'etre cons- 
tatee vers cette date dans le Diario. 

5. Rawdon Brown, Venetian Papers, t. I, p. 43-44, n^* 155-157. 
Gf. Extraiis publics, t. I, p. 238, n. 3. 

6. Extraiis publirs, t. I, p. 238-2i0; Diario, entre 5 juillet et 
26 aout 1408, fol. 207 b. 

7. Pour les mentions du voyage de Flandre etd'Angleterre, voir 
Extraits publih, retour de chaque ann(»e, depuis 1408 (t. I, p. 238- 
240), jusqu'en 1133 (t. Ill, p. 371-378). 

8. Extraits publiis, t. I, p. 216, u. 1. 



220 APPENDICES. 

intermittence^ Quoi quHl en soit, c'est seulement en \^V2 que 
le Diario Penregistre pour la premiere fois*. 

Depuis cette date de >i442, \^ Diario Tajoute regulierement 
aux autres voyages, avec les memes caracteres de melhode et 
de suite dans le releve des mentions^. 

Depuis lors, dans Tensemble des inscriptions regulieres de 
ces voyages, une seule lacune se constate. 

En ^434 et en 4432, le voyage de Flandre et Angleterre n'a 
pas lieu : une mention formelle du Diario le precise*. II est 
facile d'en retrouver le motif dans Telat de trouble par lequel 
passaitalors la France*. Geite intermittence se trouve conGrmee 
par le silence des documents officiels venitiens*. En ces deux 
annees, il semble qu'il en soit de meme pour le voyage d'Aigues- 
Mortes '^. 

Le fragment terminal du Diario^ auquel on a pu assigner la 
date de juin 4434, contient encore une mention relative au 
voyage d'figypte, mention signalant, entre le 43 et le 49 juin, 
Tadjudication des galeres destinees a ce voyage*. 

C. 

Debut et degre de regularite des mentions concemant les 
arynements particuliers, pour toutes destinations^ entre les 
annees 4404 et 4433. 

Voir I'CEuvre, p. 404, n. 4. 
C'esl encore au cours de la Chronique composee, simultane- 

1. Extraits publics, t. 1, p. 216. 

2. Extraits publUs, t. I, p. 316-318. 

3. Pour les mentions du voyage d'Aigues-Mortes, voir Extraits 
publics, retour de chaque anneo, depuis 1412 (t. I, p. 315-318), 
jusqu'en 1433 (t. Ill, p. 360, n. 1, et p. 374, n. 6). 

i. Extraits publics, t. Ill, p. 358-360. 
0. Extraits pubtics, t. Ill, p. 360, n. 1. 

6. Kawdon Brown, Venetian Papers, t. I, p. 63, n^* 244-245 : 
aucunc indiciition entre lo voyaj^e de 1430 et celui de 1433. 

7. Exi rails publics, t. Ill, p. 360, n. 1, et p. 374, n. 6. 
S. Voir Appendice VI. 



APPENDICES. 22i 

ment avec le premier releve du voyage de Flandre, en avril 
>i404S qu'apparait, de la maniere la plus vague, la premiere 
indication concernant un armemenl particulier venitien. Eile 
represente une mention collective d'affretement, sans specifica- 
tion de destination ^. 

G^est ensuite dans le Diario, alors en pleine possession de sa 
forme definitive, que se trouve enregistree la premiere mention 
precise concernant unedeces entreprises comraerciales person- 
nelles. Inseree a sa place chronologique, en juin 4405, elle con- 
cerne un afi'retement prive consistant en six « coques » a desti- 
nation de Syrie^. 

On en rencontre d^analogues, desormais, dans tout le cours 
du Diario, concernant des batiments dc toute sorte mis en route 
vers toutes destinations. 

Leur variete et leur nombre font que, seule, une edition 
complete du Diario pourrait en presenter un repertoire ofi*rant 
une signification quelconque. 

Quanl k Taffretement de la galere de Jaffa, affectee, sous une 
forme mixte, au transport des pelerins de Terre Sainte, c'est 
dans les dernieres pages de la Chronique composee, cote a cote 
avec le premier releve du voyage de Flandre, en avril 4404^, 
que figure la premiere indication qui la concerne '. Dans tout 
le cours du Diario^ depuis, son armement est generaleraent 
note avec la plus grande regular! te. 

1. Ci-dessus, B. 

2. Extraits publih, t. I, p, 174. 

3. Diario, juin 1405, fol. 173 a. 

4. Ci-dessus, B. 

5. Exlraits publics, t. I, p. 172-174. 



222 APPENDICES. 



VIII. 
Texte DBS PASSAGES DU Diorio 

CONTBNANT MENTION PBRSONNBLLE d'AnTONIO MoftOSFNI. 

4430-U33. 

Enlre fol. 545 set fol. 604 a. 
Voir VAuteur, p. >! 03-4 34. 

A. 

iS'U Janvier 4430. 

Fol. 54 5 b. 

Voir rAuteur, p. 443, n. 4; p. 422, n. 2; p. 434, n. 4. 

Venere dy de note vignando al sabado da doman dy xiiii del 
mexe de zener de i'ano de M CGCG XXVIIII *, hocorse la cocha 
de porlada de bole v^ fexe far uno do fo de uno raio nievo nobel 
hom miser Doiiado Corner, fio condam miser Franzescho, de la 
contrada de Sancla Foscha, e abiandola quesla dita cocha quelo 
paronizada uno e pluxior viazi in Soria a i gotoni e levar i zucari 
e altre marchadantie, e da puo quelo con i suo parzoneveli averla 
venduda a ser Franzescho Donado e suo parzoneveli, vegnuda 
da le parte de Puia e siando sta descargada e menada a la posta 
del squero de I'ospedal di mariiiery, in quela note e si per mala 
varda del maser de la nave per le candele da fuogo acexe cha- 
zese de lume de ferali over decexendelo in piado dormando 
queli la iera in guarda, se bruxia e arsese tuta con meso in suo 
coriedy fina sovra aqua, ma puocho de quela fo rechatado, cbe 
may non fo vezudo ne aldido in cusy faLo caxo infortunabel 
eser seguido per queslo ano pasado de nave tante e galie e de 

1. C'est-a-dire Janvier 1430, 1'annee veiiitienne comraeagant au 
I®*" mars. (Voir Exiraits publics, I. I, p. 4, n. 6.) 



APPENDICES. 223 

fortune vegnude e de marchadanlie e de Dave prexe a YeDiexia, 
Dio in tuto de sia senpre regraciado ^ I 

B. 

2Qavril-2juin 4430. 

Fol. 520 A-520 B. 

Voir VAuteur, p. >I03, n. 4 •, p. 422, n. 4, 2, 3, 4. 

Ocorse^ a ixvi del mexe d'avril del mexe presente como la 
fortuna mena la ruoda soa e non cala may de seguitar le cose 
suo, ora prospere, ora contrarie, de questo mixerabel mondo, 
e chomo (e) ie onde del mar va zioxo e suxo fazando el corso so 
e chusi fa in le cose mondane, e omo non n' e alguno sende 
posa scrimir ne voler, diremo in queslo exordio el muodo e la 
caxon in brieve de tenpo non posando el tenpo circha de any yii 
la citade nostra de Saluonichi in Ic parte de Grecia del Mar 
Mazior, abuda in i'ano de M CCGG XXIII solo el tenpo de la 
bona memuoria de nobele principo doxe miser Tornado Moce* 
nigo, aquistada da Tinperador de Tinpierio de Romania avanty 
la pruvegnise in le man de Turchi non sc fazando i Griexi 
Turchi per lo so debeiisimo stado, azionto uno galedelo armado 
mandado da i nobel retory nostry in Venicxia de la, e apreso per 

i. Antonio Morosini mentionne ici le sinistre eprouve par un 
navire ayant nagu^re appartenu a son petit-neveu, fils de soq neveii 
Donato Gornaro, fils lui-meme de [sa sceur Anna Morosini et de] 
Francesco Cornaro, de la « contrada » de Santa Fosca, [dependant 
du a sestier » de Gannaregio]. — Dans la nuit du vendredi 13 au 
samedi 14 janviaro 1430, ce batiment, uue a coque », du tonnaj^e 
de 500 bottes, » construite et armee par son petit-neveu et ses 
associos, — ayant fait pour eux, a plusiours reprises, le voyage de 
Syrie, avec des chargements do colons et de sucres, — recemment 
vendue par eux Ti Francesco Donato et a ses associes, — arrivant 
de Pouille et heureusoment decliargee de sa cargaison, — est 
delruit, se trouvant rangee devant Thopital maritime de Venise, 
par un incendie dil a quelque cause accidentelle. 

2. Au Col. 5-20 A. 



224 APPENDICES. 

i sovracomiti de tre galie lasade per la guarda del porto de qual 
mar de la i sovracomiti romaxi prima de la in Saluonichi, fo 
prima el nobel omo miser Antonio Diedo fo de ser Zan, Taltro 
miser Lunardo Gradenigo, e el terzo miser Bernardo Sagredo, 
scrivando i retory nostri prima capetanio di soldadi nostri in 
M CGGC XXX fati ady... del mexe de..., per miser Polo Conta- 
rini e preso per lo podestade miser Andrea Donado, contignando 
tule sovra^ uno tenor, e sy per lo bailo nostro de Negroponte, 
nobel omo miser Daniel Loredan, el qua! scrive per tuti per 
molte ire, chomenteremo questo exordio chomo eciamdio per 
molty nostri marchadanti scrive, eanchora la dita nuova abuda 
per la via da Raguxi queii aver sapudo per letere da nuova 
varda da tera, e considerando che ia mazior parte le plu Gade 
adevien le chative novele eser senpre vere cba le bone, premete 
Dio tuto questo sia per i pechady nostri e de tuto el Ghristia- 
nexemo, non regraciando Teterno Dio de le gracie lante de tanty 
beni luy de conciede e da no' 1 cognosando nu in questa vita par 
a molti questo procieda a caxion el chognosemo meio, e puo 
ancora diremo sia la caxion da Dio vegna a zio se chognosa la 
spexa granda e apreso el sparzimento de tanto sangue sparso 
per continio per any vii e oltra, non a ma restado i nostri Veni- 
ciany nobely e citadiny eser morti che da prixiar plu de tera 
granda afamada e desfata, e may non I'averao tegnuda se no con 
spexa intiiiita; che vezudo e axaminado tuta la spexa per lo tenpo 
pasado fina al prexente se truova per persone de fede aver dito 
de ferma siensia lo comun de Veniexia aver spexo in tute spexe 
e de soldady da tera e horaeny da mar de molte choche confor- 
mento e altra panaticha e armada de galie da mar fata a la suma 
de duchaty viic xl™ d'oro, che non e persona podese averlo pen- 
sado ne crezudo; si che tuti devese star al prexente in oracion 
e de pregar Dio che simel intromision a la salude estado del 
comun de Veniexia non sia may tolta e molti di nostri antixi, e 
io Antuonio Morexini o vezudo e scrivo de mia man cusy sia la 
veritade^. 

1. Inc. fol. 520 b. 

2. Antonio Murosini mentionne ici ses impressions personnelles 
sur la priso el le sac de Salonique par les Turcs, eveuement qui 



APPENDICES. 225 



G. 



21 Janvier iA32. 
Fol. 566 A. 

Voir VAuteur^ p. '1 43, n. 3; p. 422, n. 5; p. 433, n. \. 

Domenega dy xxvii de zener M GGGG XXXP. 

E apreso per lo zionzer de una altra cocha per la via de Gan- 
dia se rezeve letera da Gorfu, e per letera rezeve mio nievo sen 
Benedelo Moresini da so fradeio ser Lorenzo, sovracomito de la 
galiada Goron, 1 qual fo de miser Zusto, fata in Sio de do zener 
M II1I« XXXI, rezevuda a xxvii(i) dilo, per quela non fa mencion 
non aver i noslry ancora abudo la lera, ma ben per le bonbarde 
j nostri molto aver speso de le mure de fuora, e apreso queli 
dentro s'aveva molto ben infortido, e de la nostra chocha ser 
Marin Longo e ser Marin de Michiel iera da niemixi per le bon- 
barde desbandade per i nostri averle conzade e non avera dano 

parait survenu le mercredi 29 mars 1430. — Menacee de plus en 
plus pr^s par les progres de la puissance ottomane, la ville de Saio- 
nique, mal pr^servee par Tempire grec, s'etait donnee a Venise 
en 4423. (Romanin, Stor. di Veneziay t. IV, p. 98-100; cf. Marino 
Sanuto, Vile de Duchi^ ap. Muratori, Rer. ital, script., t. XXII, 
col. 970.) Reclamee depuis, violemment et sans rel&che, par lo 
sultan Amurat II a la republique venitienne (Romanin, op. cit., 
t. IV, p. 233; cf. Marino Sanuto, op. cit., col. 1004-1005), Salo- 
nique, assiegee en f^vrier 1430 par cles forces innombrables 
(Romanin, op. cit.., i. IV, p. 233-235; cf. Marino Sanuto, op. cit., 
col. 1007-1008), est enfln enlevee d'assaut, apres une lutte deses- 
peree de plusieurs jours, le mercredi 29 mars, mise a sacetdevas- 
tee, au milieu de scenes de carnage telles que la chretiente n'en 
avait pas connue depuis la perte des derniers etablissements de 
Terre Sainte. (Lettre en date de Negrepont, le 2 avril 1430, dans 
Diario, entre 26 avril et 2 juin 1430, fol. 521 b; cf. Cipolla, Storia 
delle signorie italiane, p. 506. — Le recit de Marino Sanuto 
(col. 1007-1008) parait provcnir d'autres correspondances, avec 
des elements chronologiques quelque peu ditfercnts.) 
1. G'est-a-dirii Janvier 1432. iVuir ci-dossus, A, n. 1.) 
IV 15 



226 APPENDICES. 

nisuno. Djo de sia laldado I Speravase a vituorio non aveva flna 
di XL render la tera a i nostri, o veramenle per fame i nostri se 
parti ra de la^ 

D. 

2juillet 4433. 

Fol. 603 A. 

Voir rAuteur, p. -105, n. 4 ; p. 423, n. 3. 

Per lo presente di zuobia die do luio in lo di de Sancta Maria 
ande a vixilar Sancta £iixabela in Montarea. Trovandome mi 
Ant° M° in la gliexia de Sancta Trenila preso la Celestria da 
mailina e avanti terza, aparse uno malisimo tenpo con uno ful- 
garo ^. 

1. Antonio Morosini mentionne ici ia reception, par son ueveu 
Benedetto Morosini, qu'ii qualiQe personneliement de tel, [fils 
dp son frere GiuPto,] d'uno leitre oerite par le frere dudit Bene- 
detto, Lorenzo Morosini, « sovracomito » d'une galere venitienno 
de guerre expediee du port de Coron, situe sur la c6te de Mor6e, a 
destination de Chio. — La place de Ohio, possession genoise, 6tait 
3. CO titre attaqu^e par Vo.nise, au cours de la troisieme guerre mila- 
naise (1431-1433), Gt^nes etant, a cette 6poque (1421-1435), sous la 
domination de Milan. — De cette lettre, en date de Ohio, le 2 Jan- 
vier 1432, parvenue a Venise le 27, Antonio Morosini tire la men- 
tion de divers evenements de cette campagne maritime. (Sur ces 
faits, Giovanni Stella, (7on^ Annales Genuenses, ap. Muratori, Rer. 
Hal. script., t. XVII, col. 1307-1308.) D'autres passages du Diario 
(voir ci-dessus, p. 133, n. 1) presentent la §uite des nouvelles du 
memo personnage, mais sans qu'Antonio Morosini se mette per- 
sonneliement en scene. 

2. Antonio Morosini mentionne ici I'aventure personnelle qui 
lui survient, le jour de la Visitation, 2 juillet 1433, dans la mati- 
nee, alors qu'il se rendait en devotion au sanctuaire de « Sancta 
p]lixabeta in Montarea ». S etant trouve, avant neuf heures du 
matin, dans le quartier de I'.Vrsenal, pres de I'eglise Santa Maria 
della (lelostia, et menace par un violent orage, il a cherche refuge 
dans I't'glise de Santa Trinita et assiste de la a un rataclysme qui 
ravaiTP Vonisp. 



APPENDICES. 227 

E. 

Fol. 604 A. 
yolr I' Auteur, p. ^104, n. 'I, et p. ^123, n. 4. 

£ dapuo in lo dilo dy x predilo^ 

Nolo fazo mi Ant^Morexin, fo de miser Marcho, aver vezudo 
molte letere vegnude da nostry da Puola, de le oto galie da 
marchado, iiii d'Alesandria e iiii per Baruto, su quele eser sta 
cargado in Veniexia solo in dener contadi per quesLy do viazi, 

siando suxo marchadanty cl in Into vaia uno milion de 

ducaty d'oro. Ghe Chrislo le conduga con salvamenlo in caxa 
soa! Amen^. 

1. Le mois dont il est ici question est le mois de juillet. 

2. Antonio Morosini mentionne ici ['inspection personnelle, qu'il 
a eu occasion de faire, de plusieurs dep^ches provenant de la c6te 
d'lllyrie, de Pola, et se rapportant aux deux t voyages de mar- 
chandise » d'J^gypte et de Syrie, a destination des ports d'Alexan- 
drie et de Beyrouth, convois composers cette annee de quatre gai^res 
cbacun, et portant la somaie considerable d'un million de ducats 
d'or. 



228 APPENDICES. 

IX. 

DiSPOSITIOXS TRSTAME!VTAIRES D^ANTOffrO MOKOSIIfl. 

Testament et codicille. 

-1*^ mars ^377 el 27 mai ^384. 

Archivio di Stato de Venise, Sezione nolarile, nolaire Gia- 
como Gezzo, busla 562. 

Voir VAuieuTy p. 4^6, n. 2. 

f Al nome* de TonipoLenle signor Dio e de la soa benedeta 
mare Madona Sancta Maria e de lula la chorle celestial de vita 
eterna, amen. 

Teslamenlo de mie, Anluonio Morexini condam miser Marcho, 
de la chonlrada de Sancla Maria Formoxa de Veniexia, per la 
grazia de Dio sanisimo de la mente e del chorpo, e in bona 
discriciom, fato e scrito de mia man propia in Veniexia in 
M° lllc LXXVII, dy primo marzo, bolado e signado de mia bola 
hover segno chusy falo R- e pregado chon do tesLemonii in 
mam de ser pre Jachomo Gezo, piovam e noder de Veniexia de 
Sancla Maria Formoxa, lo qual e al dy prexente. 

Prima voio e hordeno, che piaquando a Dio luy abia falo allro 
de mie e dapuo la mia morle, voio sia hoservado e mandado a 
sequiziom chomo io me hordencr6 qui de solo. 

Ltiso mie fedel chomesarii, prima mia mare madona Ghata- 
rina Morexini, ser Zorzi, ser ZusLo Morexini, mie fradely, dona 
Blancha, dona Ana, dona Clara, mie serore, posandose despen- 
sar e alnplir quesla mia ultima voluntade, per la plu parte de 
questi si c mentoady de sovra, de quely over quele che se tro- 
vase. E quando algum de (|uesly over quesle refudase quesla 
mia chomesaria, ch' io nol penso per nesum muodo, voio e 
hordeno ly sia privadi del so laso io ly laso, e non abia ninte dy 

i. Teslameiit en dale du h"'* mars 1377. 



APPENDICES. 229 

IX. 

Disposition's testambntiirbs d'Antonio Moroslni. 
Testiment bt codicille. 

4" mars 4377 el 27 mai 4384. 

Archivio di Stato de Venise, Sezione notarile, notaire Gia- 
como Gezzo, busta 562. 

Voir I'Auteur, p. 446, n. 2. 

-|- Au nom dii Seigneur Dieu toul-puissant et de sa benoite 
mere Madame SainLe Marie et de toute la cour celeste de vie 
elernelle, amen. 

Testament de moi, Antonio Morosini, fils de feu Marco, de 
la contrada dc Santa Maria Formosa a Venise, par la grace de 
Dieu tres sain d'esprit et de corps, et dc bon jugemcnt, fait 
nt ecril de ma propre main a Venise en 4 377, le premier mars, 
scelle et signe de mon sceau ou seing aiiKsi fait R- et passe, 
devant deux temoins, en la main de ser Giacomo Gezzo, pretre, 
presentement desservant et notaire de Santa Maria Formosa 
de Venise. 

Primo, je veux et ordonne, s'il plait a Dieu de faire autre 
chose de moi, el apres ma morl, je veux qu'il suit observe et 
mande a execution ainsi que j'ordonnerai ci-dessous. 

Je laisse comme mes fideles commissaires, d'abord ma more 
madame Galerina Morosini, ser Giorgio el ser (iiusto Morosini, 
mes freres, dame Bianca, damo Anna, dame Chiara, mes sneurs, 
s'il est possible d'executer et remplir ccs miennes dernieres 
volonles, par la plupart de ceux qui sotit mentioimcsci-dessus, 
ceux ou cclles (jui se trouveraient. El si quel(|u'un d'cux ou 
d'elles refusait cetle mienrie commission, ce (|ue je no pen^e 
nulh^ment, je veux et ordonne qu'ils soient prives du legs que 
je leur fais et n aiiMil rien de mes bieiis, cti aucune faron, et 
quVnsuile le logs ou les le^'s aillenl a colui ou a ceux qui 



230 APPENDICES. 

mie beny, per algum muodo, e devegna dapuo ly lasy over laso 
in quelo over quely li qual acetase pro rata questa mia chome- 
saria, e se algum di dity non azetase, voio sia mie chomesarii 
I Precholalori conslituidy sovra le chomesarie, e hordino e voio 
i sovrascriti chomesarii abia termene de acetare dapuo la mia 
morte infra di quindexe, e ninte plu per algum muodo. 

f Prima voio e hordeno che de tule le mie chose, over che se 
intenda masarieearnixie, ale qual non dechiaro che (/. le) chose 
tulo aponlo per ordene, ma inlendo zeneral de tute chose mieeche 
me aspetase de ogny chondizion s\ de lana cbomo de lin, seda, 
varote, grixe, arzenli, perle, peroly, cuslier, chortely varnidi 
d'arzento, anely e allry luty arzenti de ogny condiziom, mersory 
de purzelana, iibry, arme de tute raxon, e tute altre simei mie 
chose, lety, chollre, chortine, chofani, chasele, de tuto voio sia 
vendudo e falondc dener, che me avixo de bona memuoria se 
devcria trare de tute queste mie chose plu de el valor de ducaty 
duxento d'oro h6 zircha, e tanlo presto quanto se pora, quesly 
doner vegna mesy al monte del mio chavcdal dy beny tenporal 
che Dio me ha impresladi, e voio sia despensady e dady per 
qucsto muodo, che vegna a la suma de ducati mile e zinquecento 
d' oro h5 circha, io me hordeno per queslo leslamento. 



In prima laso per 1' anema mia e per lo dreto dieximo ducati 
cinquecento setanta d' oro, chusy parlidy : per lo dreto dieximo, 
ducati cento c cinquanto d'oro, non so bem per pluy hopinion 
chomo quesU se parta, hover inn el veschovado de Chastelo*, e 
in aitri luogy de puovery e in la chontrada, ma a questo non 
daro honlene per chaxion mia intenzion e ly sia dady a chy e 

1. Get evoche se rattache aux origines de Thistoire de Venise. 
Pros d'uii chateau {caslcllo) bati, disait-oo, par Aulenor, appele 
tl'abord Troja, puis Olivoto, saint Maj^iio, ev^que d'Oderzo, fuyant 
(levant Hothaire, s'arreta, avant de fonder Eraclea, dans Tile de 
Tliallo, ou il fonda huit eglises. La principale etait celle do Saint- 
IMonv, qui, r(»stauree [»arOrso Partecipazio 1 V, eve(]iie d'Olivoln, 
devitil la catliedrale de la iiouvelle ville ot le siege des evvques 
d'OlivdIo. O f'ul Enrico C>ontarini, lils dii doi^'e Doinenico, qui ie 



APPENDICES. 231 

accepteraient pour leur comple celte mienne commission; et 
dans le cas ou aucun d'entre eux n'accepterait, je veux que 
soient mes commissaires les Procureurs constitues sur les com- 
missions, et j'ordonne et veux que les commissaires susdesi- 
gnes aient un delai de quinze jours pour accepter, et absoiu- 
ment rien de plus. 

En premier lieu, je veux et ordonne que de tous mes biens, 
c'esl-a-dire meubles et vetements, par lesquels je ne designe 
pas des choses exactement deflnies, mais ou je comprends 
d'une maniere generaie toutes mes affaires et de loute sorte a 
moi appartenantes, tant de laine que de lin, soie, fourrures de 
vair et de gris, argenterie, perles, pendants d'oreilles, cuillers, 
couteaux garnis d'argent, anneaux et tous autres objets d'ar- 
gent de toute fa^on, vases de porcelaine, livres, armes de tout 
genre et toutes autres miennes choses semblables, lits, courles- 
pointes, rideaux, cofTres, cassettes, je veux expressement que 
tout cela soit vendu et que Ton en fasse argent (et je corapte, 
si j'ai bonne memoire, qu'on devrait tirer de toutes ces miennes 
choses plus de 200 ducats d'or vaillant, ou environ), et que le 
plus vite qu'il se pourra, cet argent soit reuni au reste du 
capital de biens lemporels que Dieu m'a pretes, et que, jusqu'a 
concurrence de la somme de 4,500 ducats d'or ou environ, ils 
soient dispenses et donnes de la maniere que j 'ordonne en ce 
testament. 

En premier lieu, je laisse pour mon ame et pour la dime 
direcle 570 ducats d'or ainsi reparlis : pour la dime direcLc, 
250 ducats d'or; je ne sals, a cause des opinions diverscs, 
comment on les repartit, si c'est a I'eveche de Caslello ou en 
autres lieux de pauvres el en la « conlrada » , mais je li'y donncrai 
ordre parce que mon intention est qu'ils soient donnes a ceux 

premier laissa le litre d'ev^que d'Olivolo pour prendre, en 1091, 
cehii d eveque de Castello. En 1447, Nicolas V reunit sur la tfitc 
de Lorenzo Giusliniani, eveque de Venise,auquel il donna le litre 
de patriarche, les deux dignites de patriarche de Grado et d'eveque 
de Castello. CI". Flaminio Corner, yotizic atoriche delU: cliiesc c 
inonasteri di Venezia e di Tovccllo... (Padova, 1758, in-i®), p. 2, 
7 et Ij. 



232 APPENDICES. 

staluido i se debia dar, e che i sia tegnud; de pregar Dio per 
r anema mia, per mese, horazion, salmy e altry beny su le suo 
chonsienzie ly me debia dir, e voio e hordeno che se de lo laso 
del dieximo non se pagase se no de dener chontady, senza 
d^altro, voio che dy ducali vinly d' oro del laso del dieximo, dy 
ducali cenlo e zinquanta scrily de sovra, sia despensady Intro 
el chapitolo dy prevedy e dy puovery de la chontrada de Sancla 
Maria Formoxa * , e seM non aspetase chosa alguna ai prevedy 
dyly, hordeno e voio sia dy puovery, chomo o dito, al desLri- 
buir de la mia comesaria, h6 che sera plu poverlade. 

Laso al piovan de Sancla Maria Formoxa sovradlto fara per 
scrilo questo mio leslamento in plubicha forma ducali diexe 
d'oro, e ch' el sia legnudo de lezer luto el Sallerio per V anema 
mia e simel dir mese e allry beny per my. 

Laso al chovenlo di Frary predichadory de san Zan e Polo^e 
per r abito de san Domenego in lo qual voio eser veslido, ducali 
quaranla d' oro. 

Laso a la schuola di Baludy de Sancla Maria de laMixirichor- 
dia^, de la qual io sum, ducali quaranla d' oro e con V abilo 
voio eser portado. 

Laso a la schuola de le donzele vergene de Sancla Agniexe \ 
dc la qual io sum, ducali vinly d' oro per so maridar. 

I. La contrada do Santa Maria Formosa, ainsi nommoe de 
Tfiglise eleven d'abord par saint Magno sous le litre de la Purifi- 
cation do la Vierge, est situee dans le sestier di Castello. A I'his- 
toire de Teglise de Santa Maria Formosa et a celie de Castello se 
rattaclie rinstitution de la f^te populaire des Maries, fondee en 
souvenir de la revanche prise par les Venitiens sur les Triestins 
en 943. Celtc ceremonie fut suspendue en 1379 et tomba dans 
rouhli. Cf. Corner, ouvr. cit., p. V2 et suiv. — L'eglise etait admi- 
nistree par uu coll«'',:^'e capituliiire forme, au xviir« siecle, du cure 
(///orrt/io), de r|iiatn; prelres, deux diacres, deux sous-diacres et 
(juatre clercs ou acolytes. En Italie, les |)retres ont souvent cumule 
le saeordoce avcc le iiniariai, etil in^ Taut pas sVtoniier de voir le 
doservant de Santa Maria Forrnnsa, (liaconio (iezzo, rediger, en 
1377, le testamtnit d'Aiitonio Morosiui. 



 c 



7 



APPENDICES. 233 

a qui il est etabli quMls se doivent donner; et [je veux] que 
ceux-ci soienl tenus de prier Dieu pour mon ame et de dire 
messes, oraisons, psaumes et autres suffrages, sur leur cons- 
cience; et je veux et ordonne que, si ce legs de la dime ne se 
payait qu^en argent comptanl, sans rien d'autre, je veux que, 
sur ies 450 ducats susdits, 20 ducats d^or du legs de ia dime 
soient distribues entre le chapitre des prctres et [celui] des 
pauvres de la « contrada » de Santa Maria Formosa, et s'ii n*en 
revenait rien auxdits pretres, j'ordonne et veux que tout soit 
donne aux pauvres, comme j'ai dit, et distribue par roes com- 
missaires la ou il y aura le plus de pauvrete. 

Je laisse au susdit desservant de Santa Maria Formosa, qui 
mettra par ccrit co mien testament en forme publique, 40 du- 
cats d'or, el Ljc veux] qu'il soit tenu de lire tout le Psautier 
pour mon ame et semblablement de dire des messes et autres 
suffrages pour moi. 

Je laisse au convent des Freres precheurs de San Giovanni e 
Paolo, et pour I'habil de saint Dominique dont je veux etre 
revetu, 40 ducats d'or. 

Je laisse a la confrerie des Baltus de Notre-Dame de la Mise- 
ricorde, dont je suis, 40 ducaU d'or, et je veux qu'ils mc 
portent avec leur costume. 

Je laisse a la confrerie des Filles vierges de Sainte Agnes, 
dont je suis, 20 ducats d'or pour Ies marier. 

2. L'egliso des Saints- Jpan-et- Paul fut balie par Irs Domini- 
cains sur un terrain qui leur fut concede par le dope Giacomo 
Tiepolo en i23'i ; bien que I'^difice ne fut pas termino, lo chapitre 
general do I'ordre y fut tenu d'abord en 1330, puis en 1355. Elle 
ne fut solennellement consacr^e que le 12 novenibre 1430, par le 
doniinicain Antonio Corraro, eveque de (.eneda. (If. Corner, ouvr. 
cit., p. 81 et suiv. 

3. Les orii;ines du prieiire de Santa Maria dolla Misericordia ne 
sont pas tres bien connues ; il semble cependant qu'il Fut fonde 
par la famille Moro. On a conserve, — ou du nioins on conservait 
encore ;iu xvni" siecle, — les ref^istres de la « Scuola Grande della 
Misericonlia ». (if. (iOrner, ouvr. n't., p. 337 et suiv. 

\. (iorner (ouvr. cit., \). V23l dit qu'autrefois habiterent dans 
un petit ermitago (dont fait mention Sabeliico dans son opuscule 



234 APPENDICES. 

Laso al chovento de Sancta Maria dy Frary menory*, e al 
chovento de Sancta Maria dy Servy*, e al chonvento de San 
Stefano Remitany^, e al chovento dy Frary de Sancto Matia 
iremita de Muran^ e a T ordene dy Frary de San Zane de la 
Zudecba^, a questy cinque choventy ducati diexe d^oro per cha- 
daum, e che i sia tegnudy de dir diexe mese per chovento per 
aneraa mia, e de pregar Dio per my, chon altry beny per V 
anema^ salmy e horazion. 

Laso a le done de Sancto Andrea de Zirada^ e a le done de San 
Bernardo de Muran^, e a le done de Sancta Marta®, e a le done 

De situ urbis Venetiarum) contigu a Feglise de Sainte -Agnes 
quelques bonnes fcinmes appelees Recluses, ou, pour employer le 
mot v6nitiea, Romilc ou aussi Pizzocchere, qui furent i'origine du 
couvent de Santa Maria Maggiore. 

1. C'est lo grand mouastere de Santa Maria Gloriosa (lesfran), 
ou est aujourd'hui installe VArchivio di Stato de Venise. 11 parait 
avoir ete Toiide en 1236. Gf. Corner, ouvr. cit., p. 361 et suiv. 

2. L'o^lise de Santa Maria des Peres Servites ou Serfs de Marie 
fut d'abonl un simple oratoire bati dans la seconde moitie de 
I'annee 1316; la premiere pierre de la construction definitive fut 
posee le 24 mai 1317, mais les fondements en furent reellement 
jetes en 1330 seulement, et I'eglise ne fut consacree que beaucoup 
plus tard, le 7 novembre 1491. Gf. Gorner, p. 290 et suiv. 

3. Les Ermites de Saint-Augustin tirent b&tir cette ^glise de 
San Stefano, dont la premiere pierre fut benie le 7 juin 1294 par 
JJartolomeo Querini, evt>que de Gastello. Parmi les religieui qui 
y vecurent, on remarquo un Giovanni Morosini, qui devint en 
1344 ev^quo d'Emonia ou Gittanuova enlstrie. Le doge Francesco 
Morosini y fut enseveli, ainsi que le cardinal fran^ais Bertrand 
du Puget. Gf. Gorner, p. 239 et suiv. 

4. En 1243, Stefano Natali, eveque de Torcello, conceda le cou- 
vent de San Matlia de Murano, d'abord habile des femmes, a 
quatro relip^ieux Camaldules. La vieille eglise, restaur^e, futsolen- 
nollement consacree. sous I'invocation de saint Mathias, apotre, 
le 18 aout 1387, par Gilborto, oveque de Parenzo. Gf. Gorner, 
p. 6*24 et suiv. 

5. G'etaioiit aussi des Camaldules qui etaient etablis a Saint- 
Jean- Baj)tiste (le la Giudecca. La construction du couvent fut 
aclievee eii loi'i; on I'agrandit en 1369. Gf. Corner, p. 457. 



APPENDICES. 235 

Je laisse au couvenl de Santa Maria des Freres mineurs, et 
au couvenl de Santa Maria de' Servi, etau convent des Ermites 
de San Stefano, et au couvent des Freres de San Mattia eremita 
de Murano, et a I'ordre des Freres de San Giovanni de la Giu- 
decca, 40 ducats d'or, a chacun de ces cinq couvents, et [veux] 
quails soient tenus de dire dix messes par couvent pour mon 
ame, et de prier Dieu pour moi, ainsi que d'autres suffrages 
pour mon ame, psaumes et oraisons. 

Je laisse aux dames de Sant' Andrea di Girada et aux dames 
de San Bernardo de Murano, et aux dames de Santa Marta, et 

6. Ce fut d'abord un oratoire et une maison de refuge pour les 
feoimes pauvres fondes en 1329 parquatre patriciennos de Venise, 
Francesca Corraro, Elisabetta Gradenigo, Elisabetta Soranzo et 
Maddalena Malipiero, a I'extreniit^ de la villc appelee, a cause de 
Tangle qu'elle forme, Cao de Zirada. Sant' Andrea de Zirada ou 
de Zira ne devint un couvent d'Augustiaes qu'en 1346; les auto- 
risations neccssaires furent accordees en cette ann^e par le Grand 
Coaseil et par I'eveque de Castollo, qui etait alors Niccolo Moro- 
sini. En 1368, Tommasina Morosini succeda comme pricure a 
Elisabetta Soranzo, Tune des quatre fondatrices. (]f. Corner, p. 393 
et suiv. 

7. C'etaient egalement des Augustines qui vivaient a San Ber- 
nardo, fonde a Murano par Filippa, veuve de Giacomo da Leze, 
en rbonneur de I'illustre abbe de Glairvaux (1362). Of. Corner, 
p. 651 et suiv. 

8. Santa Marta, a I'extreniite de Dorsodiiro. Oiacomina Scor- 
pioni funda cette maison pour y recueillir les pauvres de San Nic- 
colo, sa paroisse. Levicairc ^^eneral de Gia«-onio Albertini, oveque 
de Castello, lui donna, en 1315, I'auturisation de faire batir une 
eglise et un b6pital sous le titre de Sanl' Andrea Apostolo c Sanla 
Maria Vergine, ddcr^tantque tons les babitants de riiu|>ital seraient 
tenus de prier Dieu pour les Ames de Marco SatiudoTorsello, pre- 
mier bienfaileur, et do Filippo Salomone, proteclour et pronurcur. 
Giacomina Scorpion! introduisit dans le monaslero annexe, en 
juillet 131S, dos rolipieuses henedictines. A parlir de 1307, I'ota- 
lilissement ne fut plus desif^ne fjuo sous le nom de Santa Marta. 
I/ei?lise, restanree et aG;randie, ful dediee le 1^*'' mai 1 'i80. Cost 
le |>arriarc}i(! Antonio Conlarini (150S-ir)-2 i) qui peimit aux reli- 
^iencov; (i(> siiivre la reule fie saint, \n<xnstin an lien de relle de 
sal [it Henoit. Cf. Corner, p. 500 et suiv. 



236 APPENDICES. 

de Sancla Clara % ducati cinque d* oro per monestier, e che le 
sia tegnude in ie suo consienxie de pregar Dio per V anema mia. 

E laso ch' el sia cerchado per intro le prixiom de Veniexia 
dodexe prixionieri, e a questy sia dado ducati cinque per omo, 
hover piuy ho men, pur vegna a la suma de ducati sesanla 
d'oro, e sia liberadi e descarzerady per Y anema mia. Veramenlre 
laso in descrizion dy mie chomesarii, posando eser plu per 
quesLy dener, ly faza como ly par meio; ma la mia intenzion e 
ly abia ducati cinque per omo, traty fuoxa de prixiom. 

Laso per puovere novize, ie qual sia diexe, ducati quatro per 
chadauna d' oro, per so maridar, e se le fose zentildone vergon- 
zoxe de bona condiziom puovere, sia revochado lo laso de le 
diexe e sia pur qualro, e a queste sia dado ducati diexe d' oro 
per femena per so maridar, e laso e voio ch' el sia zerchado per 
Muran, per ia Zudecha, Mazorbo, Torzelo e in Veniexia, la h6 
che apara maor nezesiLade e bexogno, in descrizion de la dita 
chomesaria; e sia despensadi ducati cenlo d^ oro in persone 
puovery e puovere, inferme, pedimentade e inplagade de le per- 
sone che non se posa lavorar, che ly sia meso indoso in peiize, 
pignolady, charaexe hover in ailre chose che fose so meio, 
chomo meio ly parera. 



Laso a frar Marim, de 1' ordene de San Zan e Polo, ducali 
cinque d' oro, ly sia meso in pany de doso de so vestir, hover 
in lihry, ho in allre chose ly fose plu de nezesiLade, e ch' el sia 
tegnuiJo de lezer Lulo cl Sallierio per 1' anema mia, e che per 
amor de Uio el diga lule le mese de San Griguol per mi, e salmy 
con orazion. 

Laso a <1ona (ihatarina Moro, la qual de sia in caxa al prexenle, 
ducali cincjue d' oro, ly sia meso in pany de doso de so vestir, 
ho in alLre chose ly fose plu de nezesiLade, e che la priega Uio 
per r anema mia. 

I. ('e coiiv.Mit di' Fraiiciscaines fut foncU'. on 1236 par Giovanni 
13a<lo.iro eL ses cousiues Maria oL Lavinia, lilies de Pielro Badoaro. 



APPENDICES. 237 

aux dames de Santa Gbiara 5 ducals d'or par moutier^ et 
[veux] qu*elles soient tenues sur leur conscience de prier Dieu 
pour mon ame. 

Et je laisse que Ton cherche dans les prisons de Venise 
douze prisonniers pauvres et qu'on leur donne 5 ducals par 
tele, ou plus ou moins, jusqu^a la somme de 60 ducats d'or, et 
quails soient delivres et desincarceres pour le salut de mon 
ame. En realite, je laisse a la discretion de mes commissaires, 
si Ton peut faire plus pour celte somme, de faire comme il leur 
semblera meilleur; mais mon intention estqu'ils aient5 ducats 
par homme lire hors de prison. 

Je laisse pour des novices pauvres, au nombre de dix, 4 du* 
cats d'or a chacune pour se marier; el si c'etaient de pauvres 
genlilles femmes honleuses, de bonne condition, [je veux] que 
le legs des dix soil revoque et qu'il soil applique a qualre 
femmes seulemenl, el qu'il leur soil donne 40 ducats d'or a 
chacune pour se marier; et je laisse et veux qu'elles soient 
cherchees par Murano, par laGiudecca, Mazorbo, Torcello, eta 
Venise, la oil il paraitra qu'il y ail le plus de necessite et besoin, 
a la discretion dcsdits commissaircs. [De plus], je veux que 
soicnl distribues 400 ducats d'or a des personnes pauvres, 
infirmes, empechees ou blessees de leurs personnes, qui soient 
incapables de travaillcr, et qu'on les munisse de fourrures, 
de lissus de lin, chemises ou autres choses qui leur fussenl plus 
utiles, comme il leur semblera elre mieux. 

Je laisse a frere Marino, de Tonire de San Giovanni e Paolo, 
5 ducals d'or, afin de lui procurer de relofTe pour se vetir, ou 
d<*s livres, ou aulres choses qui lui seraienl plus necessaires, et 
[je veux] qu'il soil lenu de lire lout le Psaulier pour mon ame, 
el que, pour I'amour de Dieu, il di.^^e toules les messes de 
saint Gregoire pour moi, ainsi que les psaumes avec les 
oraisons. 

Je laisse a dame Caterina Moro, qui est presenlomenl a la 
maison, 5 ducals d'or, afin de lui procurer de TelolTe pour se 
velir ou aulres choses (jui lui seraienl plus necessaires, el [je 
veux] quVJIe prie Dieu pour mon ame. 

LVgliso recut d'abord le vocable de Sanla Maria Madrc del Siynore. 
Cf. Corner, p. 398 et suiv. 



238 APPENDICES. 

Laso per puovere zentildone vergonzoxe vedove, sia de bona 
coQdizion, la 6 apara meio a i mie chomesarii, sia meso ducati 
vinti d' oro. 

Laso per luminaria dy prixionery ducati diexe d^oro. 

Suma ducali cinquecenlo e setanta d' oro, del laso de V anema. 
Lo qual voio de prexente sia despensado per Tanema mia, e in 
le suo consienxie infra 6y quindexe dapuo la mia morte, eninte 
plu lermene per algum muodo hover inzegno. 



Item laso prima a madona mia mare, madona Chatarina 
Morexini, ducati cento d' oro; a ser Morexini, mio frar, ducati 
cento d' oro; a ser Zuslo Morexini, mio frar, ducati cento 
d'oro ; a mia suor dona Blancha, relicta condam ser Benedelo 
Morexini, a mia suor dona Ana Ghorner, a mia suor dona 
Clara Morexini, a mia suor dona Marina Morexini, munega a 
San Lorenzo \ laso ducati cento d' oro per zaschuna. 

Veramentre lo laso de ducati cento d' oro de dona Marina 
sia meso a la Chamera d' Inprestedy de Ghomun, a so nome, e 
abia io pro di dity fiiii la vivera, e dapuo la soa morte ve^na i 
dily ducali cento in mie fradely ser Zorzi e ser Zusto per mitade; 
c apreso abia la dila ducati quimdexe d' oro in soa man, e cbe 
la priega Dio per 1' anema mia. 

Laso a mia neza, dona Franzeschina Zorzi, munega a Sancta 
Maria de le Vergene ^, ducati quindexe d'oro, e ch' ela priega Dio 
per r anema mia. 

E anchor voio e hordeno che, se bexogno fose, che Dio no ^1 
voia, che se mia suor dona Marina munega per infirmitade de la 
soa {)ersona li bexognase, sia meso man in lo so laso de ducati 
ceulo d' oro, che fuse meso a Inprestedy; e siande spexo quelo 
che bexognase di dity, siando inferma, fim che a Dio piaxese, a 

1. Le monastere de femmes dc San Lorenzo, situ6 dans le ses- 
iter di Caslello, semble avoir ete fonde, sur les ordres du doge 
Aiigplo Partocipazio, par sa sieur Romana (f 828). loceudiee, 
dit-oii, en iIU5, Toj^^list^ fut r(?edifieo, t^t Marco Polo y fut enseveli. 
(Jn commouca a dimiolir cetle secoiide construction en 1592. 
Cr. loonier, p. 133 et suiv. 



APPENDICES. 239 

Je laisse pour de pauvres gentilles dames veuves bonteuses, 
de bonne condition, la ou il semblera le mieux a mes commis- 
saires, 20 ducats d'or. 

Je laisse pour le luminaire des prisonniers 'lO ducats d'or. 

Total, 570 ducats d^or^ du legs pour le salut de mon ame. Et 
je veux que ce legs soil sur-le-champ delivre pour mon ame, 
cl sur la conscience de mes commissaires, dans les quinze jours 
de mon deces, et sans aucun autre delai^ sous quelque pretexte 
que ce soit. 

Item, je laisse a madame ma mere, madame Gaterina Moro- 
sini, -100 ducats d'or; a ser Giorgio Morosini, mon frere, 
-100 ducats d'or; a ser Giusto Morosini, mon frere, -100 ducats 
d'or^ a ma soeur dame Bianca, veuve de feu ser Benedetto 
Morosini, a ma soeur dame Anna Corner, a ma soeur dame 
Chiara Morosini, a ma soeur dame Marina Morosini, nonne a 
San Lorenzo, je laisse -100 ducats d'or a chacune. 

En realite, [je veux que] le legs de 400 ducats d'or de dame 
Marina soit mis a la Caisse des Prets de la Republique, a son 
nom, et qu'elle en ail les revenus durant sa vie, et qu apres sa 
mort lesdits 400 ducats reviennenl a mes freres ser Giorgio el 
ser Giusto par moilie; [je veux] en outre que ladite [Marina] 
recoive 45 ducats d'or en mains propres, et qu'elle prie Dieu 
pour mon ame. 

Je laisse a ma niece, dame Franceschina Giorgi, nonne a 
Santa Maria della Vergine, 45 ducats d'or, et [veux] qu'elle prie 
Dieu pour mon ame. 

Et je veux encore et ordonne, si besoin en etail, ce qu'a 
Dieu ne plaise, que si ma soeur dame Marina, nonne, en avail 
besuin par suite de nialadie, on preiine sur son legs de 4 00 duciils 
d'or depose aux Prels; el (|u'apres avoir depense sur celte 
somme ce qui serait necessaire, si elle etail malade, pour lui 



2. Santa Maria dcllc Veryiniy dans le m6ine sesUer di Castello, 
fut fondeo, sur les instances du cardinal-legat Ugolino, plus lard 
Grogoire IX, par lo doge Piotro Ziani, sur Tern placement d'uno 
oglise plus ancienno, rjodieo aux saints Jean el Paul, et qui fut 
alors (lemolio. (if. Cornor, p. \K] ot suiv. 



240 APPENDICES. 

inprestarly sanitade, (e) quelo restase sia meso inn Enprestedy e 
abia lo so pro per lo muodo ho dito. 

Laso a Cresiina, mia neza, fia de mio frar ser Zorzi, per so 
maridar ducali quaranta d^oro. 

Laso a Piero e Albam e Marcho, mie nevo, dy ducali quaranla 
d'oro per zaschum, fim a la elade de any dixedoto per omo, e 
prevegna in man de so pare, e dapuo voio lo dito ser Zorzy, 
mio frar e so pare di dily, sia tegnudo de darly a chadaum de 
suo fioly, segundo el termene del so tenpo de la dita etade. 

Laso a mio nevo, ser Andriol Morexiny, fio che fo de mio frar 
ser Lorenzo, ducali quaranla d' oro, ebon quesla condiziom, 
portandose lu bem con mie fradely el seror, e siando despazado 
da mie fradely de lule le suo raxion, e simel de la parle soa de 
la posision romagnando quiela a le parle, chomo in mia vila la 
e lochada a chadaum per la parlixiom nuy fesemo; e quando 
lo porlamenlo so non fose bom chonmeso ly dity, non voio luy 
abia nienle, e vegna lo dito laso per I'anema mia in ly puovery 
bexognoxi, che sia bem meso, in descrizion di mie chomesary. 

Suma questy lasy : in suma ducali novemcento Irenta d'oro. 

Suma summarum in lulo : ducali M° V^ doro, di mie beny 
mobei che Dio me a inpreslado in quesla vita. 



Hem voio che lulo lo rexidio che me aspetase per ogno muodo 
e via, che io non me avese hordenado, hover che me fose 
lasado, sia dado per 1' anema mia in chonsienzia de la mia 
chomesaria, e voio che luly i sovrascrity lasy, luty i dity se 
posa hordenar dapuo la mia morle a soa volunlade. 

Anchor voio e hordeno, che de la parte me aspela a my 
AnLuonio proprio, de la noslra posesion granda, mesa in Sancla 
Maria Formoxa, voio madona mia mare de slia suxo per ahila- 
cion, piaquandoly, su quela parle e mia al prexenle, e chomo 
de sum slado mi in vila, chomo se chontien per la charla de 
la divixion tocha a nuy fradely e nievo per quarto, la qual carla 
de la partixion die aver in caxa chon le mie scriture. E voio 
che se la dila non ly piaxese de slarde, voio che mie fradely ser 
Zor/j e ZusU) sia tegnudi de darly a la dita mia mare per mitade 



APPENDICES. 241 

faire recouvrer, grace a Dieu, la saate, le reste soil depose aux 
Pr6ls et qu*elle en ait le revenu en la maniere que j'ai dile. 

Je laisse a Gristina, ma niece, fllle de mon fr^re ser Giorgio, 
pour se marier, 40 ducats d'or. 

Je laisse a Piero, a Albano et a Marco, mes nevej^x, 40 ducats 
d'or a chacun, une fois qu'iis auront T&ge de dix-huit ans, et 
[je veux] que lesdits ducats ailient aux mains de leur p^re et 
que ledit ser Giorgio, mon frere, pere desdits, soit tenu de les 
donner a chacun de ses Ols, au fur et a mesure qu'iis parvien- 
dront au terme de cet age. 

Je laisse a mon neveu, ser Andreolo Morosini, flls de feu 
mon frere ser Lorenzo, 40 ducats d'or, s'il se comporte bien 
avec mes freres et soeurs, une fois satisfalt par mes freres de 
tous ses droits et egalement de sa part de la maison restant assu- 
ree aux parties, comme elle a ete assignee de mon vivant a 
chacun par le partage que nous en Times; et si sa conduite 
n'etait pas bonne vis-a-vis de ceux-ci, je ne veux pas qu^ii ait 
rien, mais [veux] que ledit legs vienne pour mon ame aux 
pauvres besogneux et qu'il en soit bien dispose, a la discretion 
de mes commissaires. 

Total de ces legs : au total 930 ducats d'or. 

Total general : eo tout 4,500 ducats d'or, des blens meubles 
que Dieu m'a pretes en cetle vie. 

Item, je veux que tout le reste qui m'appartiendrait, de 
quelque maniere que ce soit, et dont je n'aurais pas dispose, ou 
qui me viendrait par legs, soit donne pour mon ame, seion^la 
conscience de mes commissaires, el je veux que tous les legs 
susdits puissenl s'ordonner apres ma mort a leur voionte. 

Je veux encore et ordonne que, de la part qui m'appar- 
tient en propre, a moi Antonio, de notre grande propriete 
sise a Santa Maria Formosa, je veux que madame ma mere 
ait le droit d'^ habiter, s'il lui plait, dans cetle portion 
qui est mienne presentement, et comme j'y ai ete durant ma 
vie, ainsi qu'il est contenu dans I'acle de partage fait entre 
nous freres et neveu par quart, lequel acte de partage doit elre 
a la maison avec mes ecritures. lilt je veux que, s'il ne plaisail 
pas a madite mere de s'y tenir, je veux que mes freres ser 
IV 16 



242 APPENDICBS. 

ducati tredeie, soldi oto a oro, ogno ano, da Nadal, f)m lie 
vivera, e che la se faza far s\ contenta, cbe la non d' abia 
fadiga de zerchaly, e questy dener al prexente vien ad aver per 
lerzo da nu Ire fradely, chomo Taveva per avanty per algum 
tenpo per quarto, con aostro nievo Andriol Morexini dito de 
sovra; e puo la mia morte, la dita mia parte de questa posesiom 
sia libera de mie fradely ser Zorzi e ser Zusto per mitade. 



Laso Domenego mio scbiavo ebon mio frar ser Zorzi, se lo i 
piaxe, e servalo any do, e dapuo romagna francbo e libero, e 
abia la soa carta in mam; e se' 1 dito non i piaxese de legnirlo, 
sia de Zusto mio frar per lo dito muodo, e fazaly bem e de 
inviarlo e meterio avanty, e abia del mio rexidio di mie beny 
over del laso de V anema ducati diexe d' oro in soa man, e ves- 
tido per V anema mia; e quando lo portamento so non fose bom, 
voio luy serva any tre, e non abia ninte dy mie beny, e sia 
dapuo libero e francbo. 

Item voio che piaquando a Dio io avese fioly, voio e hordeno 
che tulo quelo ch' io laso per zaschum muodo per questo mio 
testamento, sia di dity e sia fato tante parte quante i fose per 
rata, i mascholy chomo femene, e simel de la parte de la pose- 
siom me aspeta, salvo senpre escludando lo laso del dleximo e 
de r anema. 

Voio sia despensado chomo o dito per ordene, e mandado a 
sequizion chomo se contiem per questo mio testamento, e voio 
e hordeno se algum movese quistiom dy lasy io me ordeno, la 
qual chosa io non credo, per algum muodo over inzegno, non 
abia chosa alguna, e tuto vegna per Tanema mia, la 6 che sera 
pluy povertade e nezesilade sia dady, e questo voio sia hoser- 
vado in tula la mia ultima volunlade. Amen. Amen. 



f E per chaxion che me ho ordenado de sovra, che mia neza 
Crestina, fia de ser Zorzi mio frar, abia per so maridar ducaty 
quaranta d' oro, al prexente revocho quel laso, e non sia de 
algum valor, e i dity ducati quaranta d* oro vegna in mia neza 



APPENDICES. 243 

Giorgio et Giusto soient tenus de lui donner, par moitie, 43 du- 
cats et 8 sous d'or, chaque annee, a Noel, tant qu'elle vivra, et 
qu'ils s^acquiltenl vis-a-vis d'elle de maniere a ce qu'elle o*ait 
pas la peine de les demander, somme qu'elle recoit presente- 
ment, par tiers, de moi et de mes deux freres, comme elle la 
recevait auparavant, pendant quelque temps, par quart, de 
nous et de notre neveu Andreolo Morosini susdit; et qu'apres 
ma mort, ladite mienne part de cette propriete revienne libre- 
ment a mes freres ser Giorgio et ser Giusto, par moitie. 

Je laisse Domenico, mon esclave, a mon frere ser Giorgi, s'il 
lui plait, et [je veuxj qu'il le garde deux ans, puis que [ceiui-ci] 
reste franc et libre et qu*ii ait son acle en main; et, sll ne 
plaisait pas audit [ser Giorgio] de le garder, [je veux] qu'il soit 
a Giusto, mon frere, en ladite maniere, et qu'il le traite bien, 
le renvoie et mette en liberie; et que ledit Domenico ait sur le 
reste de mes biens ou du legs de mon ame \0 ducats d'or en 
mains propres et soit velu pour mon ame; et si sa conduite 
n'etait pas bonne, je veux qu'il serve trois ans et qu'il n'ait 
rien de mes biens ; puis, qu'il soit libre el franc. 

Item, je veux que, s'il plaisait a Dieu que j'eusse des enfants, 
je veux et ordonne que tout ce que je laisse, de toute maniere, 
par ce mien testament, soit a eux, el qu'il en soit fait autant 
de parlies egales qu'ils seraienl, tant garcons que fiUes, el sem- 
blablemenl de la partie de la propriete qui m'apparlient, sauf 
toujours et exclu le legs de la dime el de Tame. 

Je veux que tout soit dispense comme j'ai dit ordonnemenl, 
et mis a execution comme il est contenu dans ce mien testa- 
ment, et je veux et ordonne que, si quelqu'un soulevait des 
difliculles au sujet des legs que j 'ordonne (ce que je ne crois 
aucunement), de quelque maniere ou sous quelque prelexte que 
ce soil, il n'ait rien, el que lout soil donne, pour mon ame, la 
oil il y aura le plus de pauvrete el de besoin; el je veux que 
cela soit observe en toules mes dernieres volonles. Amen. Amen. 

-{• El, comme j'ai ordonne ci-dessus que ma niece Crislina, 
fille de ser Giorgio, mon frere, ait pour se marier 40 ducats 
d'or, je revoque a present ce legs el [veux] qu'il n'ait aucune 
valeur, el que lesdils 40 ducats d'or viennenl a nia niece 



244 APPENDICES. 

Yeniza, fia de mio frar ser Zusto^ per so maridar, perche a la 
dita Crestina mia neza ho dady mie in ?ita per le sue noze. 
Amen. Amen. Amen. 

Qui intro e incluxo uno seriatim de tute le mie chose me 
aspeta, a my Antonio Morexini propio, a singolo a singolo, 
scrito de mia man hordenadamentre, le qual da my o dado 
priexio de lire xx? soldi xii de grosi, le qual fazo valer a bon 
marchado pur lire xx de grosi, chomo me ho hordenado per 
questo testamento. 

•j- Item voio e hordeno, chomo digo de sovra, che del rexidio 
me aspetase, me vada per anema mia, voio e hordeno sia dado 
a mia neza Lena, fla de mio frar Zusto, per so maridar over 
munegar, ducati quaranta d' ofo. E chusy voio V abia del mio, 
chomo laso a Taltra soa suor. 



Item voio e hordeno che del laso de ducati cinque d* oro, io 
lasava a dona Ghatarina Moro de steva in chaxa, la qual e 
pasada de quesla vita, voio sia de Suxana, nostra servizial, la 
qual de sta al prexente in caxa. 

Item voio e hordeno che de ducati cento d*oro (cento), li qual 
io lasava a mia suor dona Blancha Morexin, voio quel laso sia 
revochado, e ninte abia, ma sia meso quely ducati cento a la 
Chamera d' Inprestedy, e siande comprady tanly che intra in 
quely a so nome, e abia io pro di dity fim lie viva e slia in Io 
monestler tie Sancta Andrea de Girada, e dapuo la soa morie 
devegna i dity ducati cento in ser Zorzi e Zusto Morexin, mie 
fradely, e apreso abia la dita mia suor dy mie beny ducati 
quindexe d' oro in soa man, e che la sia tegnuda de pregar 
Dio per V anema mia, a la condizion io laso a V altra mia suor 
Marina, munega in Io monestier de Sem Lorenzo; e perche io 
digo le abia ducati quindexe d' oro per chadauna, intendo Io 
I sia dado del chavedal de ducati duxiento d' oro io li laso a tute 
do, e Io resto devegna, pro e chavedal, in mie fradely ser Zorzi 
e Zusto Morexini per mitade. 



APPENDICES. 245 

Veniza, fille de mon frere ser Giusto, pour se marier, parce 
que j'ai donne a ma niece Gristina, de mon vivant, de quoi 
faire ses noces. Amen. Amen. Amen. 

Ci-dedans est incluse une liste detaillee de toutes les choses, 
une par une, qui m'apparliennent en propre, a moi Antonio Moro- 
sini, iiste ecrite de ma main ordonnement, et auxqueiles choses 
j'ai atlribue moi-meme le prix de 25 livres 42 sols de gros, que 
je n'evalue moderement qu'a 20 livres de gros, comme j'ai 
ordonne par ce testament. 

f Item, je veux et ordonne, comme je dis ci-dessus, que du 
reliquat qui m'appartiendrait et doit aller pour mon ame, je 
veux et ordonne quMl soit donne a ma niece Elena, filie de mon 
frere Giusto, pour se marier ou entrer au convent, 40 ducats 
d'or, et je veux ainsi qu'elle les ait du mien, comme le legs fait 
a son autre soBur. 

Item, je veux et ordonne que le legs de 5 ducats d'or que je 
laissais a dame Gaterina Moro, qui etait a la maison et est 
passee de cette vie, je veux qu'il soit a Susanna, notre femme 
de service, qui est presentement a la maison. 

Item, je veux el ordonne que le legs de 400 ducats d'or que 
je laissais a ma soBur dame Bianca Morosini, je veux que ce 
legs soit revoque et qu'elle n'ait rien, mais que ces 400 ducats 
soient mis a la Ghambre des Prets^ et que i'on en achele pour 
la somme disponibie a son nom, et qu'elle en ait la rente tant 
qu'elle vivra et sera au moutier de Sant' Andrea di Girada, et 
qu*apres sa raort lesdits 400 ducats reviennent a ser Giorgio et 
a ser Giusto Morosini, mes freres; puis, que madite soeur ail 
sur mes biens 45 ducats d'or en propres mains, et qu'elle soit 
lenue de prier Dieu pour mon ame, aux conditions ou je fais le 
legs a mon autre soeur Marina, nonne au moutier de San 
Lorenzo; et quand je dis qu'elies doivent avoir 45 ducats d'or 
chacune, j'entends qu'ils leur soient donnes sur le capital de 
200 ducats d'or que je laisse a toutes deux, et que le reliquat 
revienne, capital el inlerets, a mes freres ser Giorgio et ser 
Giuslo Morosini par moille. 



246 APPENDICES. 

Item voio e hordeno cbe del laso io lasava a mia suor, dona 
Clara Horexini, de ducati cento d' oro, devegna ducati qaaranta 
d^ ore in Ixabeta, Ha de mio frar ser Zuslo e mia neza, al pre- 
xente, per so maridar over munegar, e Io rexidio in la mia 
chomesaria. 

Item voio e ordeno cbe del laso de ducati quaranta d' oro io 
lasava a mia neza Lena, fia de mio flrar ser Zusto, la qual e 
pasada de questa vita, revocbo quel laso de ducati quaranta, 
e sia dado ducati vinti per dona a le do fie donzele de mia suor 
dona Ana Ghorner, Luzia e Beruza, fie de mio chugnado ser 
Franzescbin Corner, per so maridar over munegar, e cbe le sia 
tegnude de pregar Dio per V anema mia. 

E del rexidio fina a la suma de ducati cento io lasava a mia 
suor dona Clara Morexini, la qual e pasada de questa vita, a 
cbi Dio perdona, devegna ducati cinque d* oro a don' Ada, muier 
condam maislro Piero Scholer, la qual de sta al prexente in 
caxa, e ducali cinque d' oro a Chatarina, scbiava de madona 
mia mare, la qua! de sta ai prexente in caxa, li sia meso in 
chose de so vestir chomo ly sia de bexogno, e Io rexidio deve- 
gna in la mia cbomesaria. Amen^ 



E^ per caxion che al dy prexente dy xxvii vinti sete mazo 
M** lll^ LXXXIIIl", mile e trixento otanta quatro, o scrito questo 
de mia man de my Antonio Morexini proprio condam miser 
Marcho, de la contrada de Sancta Maria Formoxa, per cbaxion 
e chautela de la condizion io me atruovo nonn eser in quela 
condizion io iera quando fl prima questo mio testamento, s; de 
dener contady, chorao de le arnixie, over che se intenda masarie, 
segondo Io aventario io retorno qui introcluxo, cbe me se tro- 
vera a la mia morte, voio e ordeno chomo de fi menzion con 
mia mare in vita chomo ela de saver manifestamenle, ordino e 
voio in tuLo e per luLo, si de dener contady e tute allre chose 
me se trovera a la mia morte, e rexidio me aspetase chaducboe 
dexordenado, in tuto voio e ordeno sia partido per rata in tante 

I. Fin du testament. 



APPENDICES. 247 

Item, je veux et ordoane que, sur le legs de 400 ducals d'or 
qae je faisais a ma sceur dame Ghiara Morosini, 40 ducats 
d^or reviennent a Isabella, flUe de mon frfere ser Giuslo, ma 
Diece^ sans delai, pour se marier ou se faire nonne, el le reli- 
quat a mes commissaires. 

Item, je veux et ordonne ainsi pour le legs de 40 ducals que 
je foisais a ma niece Elena, fille de mon frfere ser Giusto, 
laquelle est passee de celte vie : je revoque ce legs de 40 ducats 
el [veux] qu'il soil donne 20 ducals a cbacune des deux fllles 
de ma soBur dame Anna Cornaro, damoiselles Lucia et Beruc- 
cia, fllles de mon beau-frere ser Francescbino Cornaro, pour se 
marier ou se faire nonnes, et qu^elles soienl tenues de prier 
pour mon &me. 

Ouanl au reliqual, jusqu'a la somme de 400 ducals que je 
laissais a ma soBur dame Gbiara Morosini, qui est passee de 
celte vie et a qui Dieu pardonne, [je veux que] 5 ducats 
d'or aillent a dame Ada, femme de feu maltre Piero Scolaro, 
laquelle est presentemenl cbez nous, et cinq autres ducats d'or 
a Gaterina, esclave de madame ma mere, laquelle est presente- 
menl cbez nous, et qu'ils solent employes en effets d'babille- 
ment, selon le besoin^ pour le reliqual, quMl aille a mes com- 
missaires. Amen. 

Et aprte avoir, le present jour, 27 mai 4384, ecril ceci de ma 
main, moi-meme, Antonio Morosini, flls de feu messer Marco, de 
la a contrada d de Santa Maria Formosa, par precaution et pour 
cause que la situation ou je me trouve n'est plus la meme qu'au 
moment ou j^ai fail d'abord ce mien testament, lant en argent 
comptant qu*en objets d^usage personnel ou domestique, selon 
rinvenlaire que je remets ci-inclus, que Ton trouvera lors 
de ma morl, je veux et ordonne, comme j'en fis mention de 
mon vivant a ma mere et comme elle doit manifestement le 
savoir, j'ordonne et veux en tout et pour tout, lant pour I'ar- 
gent comptant que pour toutes autres choses qui se trouveront 
a ma morl, et le reste qui m^appartiendrait de caduc ou de mal 
ordonne, je veux et ordonne que cela soil entierement partage 

2. Godicille en date du 27 mai 1384. 



248 APPENDICES. 

parte quante i i lasy io ho faiy per questo mio testamento e 
ultima mia voluntade^ e che tuty io le suo bone consieozie sia 
tegnudy de pregar Dio per V anema mia, in questa vita mixe- 
rabel ; e se fioly io avese, sia dy dity per rata partido in tante 
parte quanti lor fose, sy mascholy chomo femene, e sia ani- 
chilady tuty i lasy io fazo a chadauno over a chadauna, e ninle 
abia del mio per nisun rauodo over inzegno, salvo intendando 
senpre Io laso de 1' anema mia. 



Voio sia ainplido e mandado a sequizion dy quindexe dapuo 
la mia morte in consienzia dy mie chomesary, de queli over 
quele, cbe se trovase, che azetase questa mia chomesaria o per 
la pluy parte de lor, voio sia ainplido e mandado a sequizion. 
Amen. Amen. Amen. 

Pregado da nuovo in man de ser Jachomo Gezo, piovan de 
Sancta Maria Formoxa, pregado con do testemonii in soa man. 
Amen'. 



(Sulla parte esteriore del testamento ripiegaio :] 

Testamento^ de mie Anluonio Morexiny condam miser Mar- 
cho de la chontrada de Sancta Maria Formoxa de Veniexia '. Ri 

Millie LXXVIU, mense aprilis, die decimo intrante, indi- 
cione prima, Rivoalli, nobilis vir dominus Anthonius Mauro- 
ceno condam nobilis viri domini Marci, de confinio Sancte Marie 
Formose, sanus mente etcorpore, rogavit me presbiterum Jaco- 
bum Gezo, plebanum Sancte Marie Formose et notarium Vene- 

1. Fin du codicille. 

2. Ge qui suit, jusqu'a la fin, represente, sur le repli de la 
feuillo, d'abord les suscriptions, puis rattestation d'autbenticite, 
en dato d'avril 1378, du teslament redige le i«' mars 1377. 

3. MM. Carlo Malagola, directeur de VArckivio diStato de Veuise, 
et I^redolli, profosstnir do I'Ecole de paleographie et de diplomatique 



APPENDICES. 249 

au prorata en autant de parlies qu'il y a de legs par moi fails 
en ce mien testamenl et derniere volonle, el que lous en bonne 
conscience soienl tenus de prior Dieu pour mon lime en cette 
miserable vie; el, si j'avais des enfants, que toul soil a eux 
et partage au prorata en autant de parties quMls seraient, tant 
gar^ns que fiUeS; et que soienl annules lous les legs que je 
fdds a chacun ou a chacune et que personne de ces derniers 
n*ait rien du mien, de quelque maniere ou sous quelque pre- 
texte que ce soil, sauf toujours pour ce qui concerne le legs de 
mon ame. 

Je veux que [ma volonte] soil accomplic et mandee a execu- 
tion quinze jours apres ma mort, sur la conscience de mes 
commissaires^ de ceux ou de celles qui se Irouveraient accepter 
cette mienne commission, ou par la plupart d'enlre eux, je veux 
qu'ii soil accompli et mande a execution. Amen. Amen. Amen. 

Passe de nouveau dans la main de ser Giacomo Gezzo, pretre, 
desservant de Santa Maria Formosa, passe avec deux temoins 
en sa main. Amen. 



(Sur la partie exterieure du testament replU :) 

Testament de moi, Antonio Morosini, flls de feu messer 
Marco, de la contrada de Santa Maria Formosa de Venise. R± 

M^ 11^ LXXVIII, mense aprilis, die decimo intrante, indi- 
cione prima, Rivoalti, nobilis vir dominus Anthonius Mauro- 
ceno condam nobilis viri domini Marci, de confinio Sancte Marie 
Formose, sanus mente et corpore, rogavit me presbiterum Jaco- 
bum Gezo, plebanum Sancte Marie Formose et notarium Vene- 

inslituee pres cot etablissement, ont bien voulu comparer I'ecri- 
ture de cette mentioQ au fac-simile donne par M. Leopold Delisle 
d'une page du ms. de Vieane (ci-dessus, p. 6, n. 4), et out reconnu 
que ces deux lignes sont de la mfime main que le texte de la Ghro- 
nique. L'autographie du rns. de Vienne, qui ne poulevait d'ailleurs 
aucun doute serieux, se trouve done ainsi materiellement confirmee. 



250 APPENDICES. 

tiarum, de 8U0 testamento cum dausulis opporUinis, ut in pre- 
senti cedula continetur. Inierrogatus de postumis et aliis 
interrogaDdis, respondit quod non ?ult ordinare. 

Testes : presbiter Leonardos Sancte Marie Formose, et 
Tomas [Gosmas?], clericus, ejus flrater. 



ANNEXES 



DES TOMES I A III 



I. 



HOSTFLIT^S ENTRE GfilHES FRAXC-ilSE ET VEIffSB. 

4403-U04. 

Indication des passages constituant la seconde et la troisieme 
narration presentees par les ViLe de' Duchi de Marino 
Sanuto. Comparaison, passage par passage , de ces deux 
narrations avec les deux reprises correspondantes presentees 
par la Chronique d' Antonio Morosini. 

Voir t. I, p. 24, n. 6, p. 24 a n4. Cf. Additiorhs et Corrections, 

t. I, p. ^^6. 

Toute la premiere reprise du recit de ces fails, contenue dans 
la Chronique transcrite par Antonio Morosini en tele de son 
Diario (Extraits publics, I. I, p. 24-^22), se retrouve facile- 
ment, soil dans la seconde narration de cesmemes fails, conte- 
nue dans les Vite de' Duchi de Marino Sanuto (ap. Muratori, 
Berum Italicarum scriptoresy L XXU, col. 789-793), soil dans 
une addition deplacee, enchevetree au milieu d'aulres frag- 
ments [Ibid., col. 805). 

Cetle seconde narration des Vite de' Duchi se presente sous 
forme de recit d'un seul tenant (col. 789-793), sauf une inter- 
ruption (col. 791-792). L'addilion deplacee se reconnait, malgre 
renchevetremenl cjui semble la dissimuler, et s'idenlifie avec 
la fin de la premiere reprise de la Chronique (col. 805). 

Voici les morceaux constituant cette seconde narration des 
Vite de' Duchi. 

A. (lol. 789-79^, depuis cos mots : « E pare che venisse dis- 
cordia tra il re de fiipro et i Genovesi », jusqu a ceux-ci : 
« Item presero una galera grossa nostra, che si mandava con 
remigi a Modone. » 

L'inlerruption (col. 791-792) coniprcnd le recil d\nie serie 



254 ANNEXES. 

d'eveDements disparates : evenements d*Orient, dissolution de 
Tempire de Giangaleazzo Visconti, retour sur les origines des 
hostilites entre G6nes et Venise; evenements se rapportant aux 
annees 4402-4403. Elle s'etend depuis ces mots : « NelF 
anno 4402, Tamerlano » (col. 794), jusqu^a oeux-ci (col. 792) : 
« e furono mandate le sue lettere alia Signoria. » 

B. Col. 792 a 793, depuis ces mots : « Tornata I'armata a 
Genova con Bucicaldo », jusqu'a ceux-ci : « E cosi la detta pace 
fu pubblicata a 4 d'aprile del 4404. » 

C. Col. 805, depuis ces mots -. « In questo tempo venne 
nuova a Venezia che i nostri mercatanti nella Francia a Mon- 
pelieri », jusqu^a ceux-ci : « gli Abbruzesi^ (sic) non voUero 
cbe fosse fatlo danuo a la nostra nazione. » 

Voici la relation de ces fragments avecla premiere reprise de 
la Chronique d'Anlonio Morosini. [Extraits public, t. I.) 

Le fragment A se retrouve (p. 24-400) entre ces mots : « Pur 
in lo tempo de questo miser la doxie, avesemo apreso de gran 
deschordie che nasiete fra el re de Zepro e Zenovexi » (p. 24-26), 
et ceux-ci (p. 400) : « E anchora quely prene una galia grosa 
dexarmada, la qual vegniva mandada a Modom. » 

L'interruption regnante a la col. 794-792 s'intercalerait entre 
la Vm de I'expose de cet incident (capture de galere venitienne), 
plus detaille dans la Chronique que dans les Vite de' Duchi^ 
et le debut de Texpose des evenements qui suivent la rentree 
de la flotte franco- genoise a Genes. 

L*expose de la capture de la galere flnit (p. 400) : a e quel 
bischoto molto ly vene destro. » L'expose des suites du retour 
a Genes debute (p. 400) : a E dapuo zionta a Zenova. n 

Le fragment B se retrouve (p. 400-4 4 0) entre ces mots : 
« E dapuo zionta a Zenova e per tuta la so Riviera, subito 
miser Buzicardo » (p. 400-404), et ceux-ci (p. 446) : « Ma pur 
la dita paxie fo chonfermada e cridada in Veniexia in I'ano 
M^ GGGCl IllP, a dy tre d'avril. » 

Suivent (p. 446), propres a la seule Chronique, quelques 
lignes : « e questo fo .... in le suo parte. » 

1. Sur le sens de ce mot, voir Extraits publics, 1. 1, p. 120, n. 3. 



ANNEXES. 255 

Le fragment C se retrouve (p. 446-422) entre ces mots : 
c E puocho de lenpo driedo, vene nuove la Veniexia chomo i 
Dostri marchadanty, i qual se trovava a Monpuslier » (p. 446) , 
et ceut-d (p. 422) : a hi Brozexi may de la, quely non volse 
ronper le suo franchixie, le qual nuy avevemo ebon loro. > 



Toute la seconde reprise de la Chronique d' Antonio Morosini 
(t. I, p. 422-474) se retrouve dans la troisieme narration des 
Vite de^ Duchi (col. 804-806), sauf une fraction qui ne s*y ren- 
contre pas, et ne se voit que dans cette seconde reprise de la 
Chronique (p. 448-460). 

Gette Iroisieme narration des Vite de* Duchi se presente sous 
forme de passages singulierement enchevelres et qu^un examen 
assez attentif permet seul d'identifieravecletexte de la seconde 
reprise de la Chronique. 

Voici les morceaux constituant cette troisieme narration des 
Vite de Duchi. 

A. Col. 804-804, la longue lettre de Tamiral venitien Carlo 
Zeno, en date du 9 octobre 4403. 

B. Col. 804-806^ la suite du recit venant apres ce docu- 
ment, en quatre passages encbevetres. 

Ba. Depuis ces mots : « Dopo parlile molto malmenate 
quelle 8 galere », jusqu a ceux-ci : « fm tanto cbe fosse 
conosciula questa essere la propria verita. » (Col. 804- 
805.) 

B6. Depuis ces mols : « E per la viltoria avuta contro 
BuccicaJdo a^ 24 d^ollobre del 4403 », jusqu'a ceux-ci : 
« E si rifara. » (Gol. 806.) 

Be. Depuis ces mots : « Avendo scritto di sopra », jus- 
qu'a ceux-ci : a a' 3 d'aprile. » (Col. 805-806.) 

Brf. Depuis ces mots : « Non voglio restar di scrivere », 

jusqu'a ceux-ci : « Ancora fu messa la galera Quirina 

pel viaggio del ZafTo con 50 cavalieri pellegrini... ». 

(Gol. 806.) 

Voici Ja relation de ces morceaux avec la seconde reprise de 

la Chronique d'Antonio Morosini. [Extraits publics, t. I.) 



256 ANNBXBS. 

Le fragment A se retrouve (p. 422-444) dans la longue 
lettre de Carlo Zeno^ 

Le fragment B se retrouve (p. U4-474) entre ces mots : 
« Partandose molty schonfity e mal menady quely chon quele 
VIII galie » (p. 444-446), et ceux-ci (p. 472-474) : « Apreso fo 
armado in plaza la galia Querina, meza per lo viazo de Zafo 
con chavaliery l, pelegriny... » 

Le passage Ba se retrouve (p. 444-446} entre ces mots : 
« Partandose molty schonfity e mal menady quely chon 
qucle VIII galie » (p. 444), et ceux-ci (p. 446) : « domentre 
tanto fose chognosuda questa eser la propria veritade. » 

La fraction de la seconde reprise de la Chronique d*An- 
tonio Morosini, qui ne se rencontre pas dans les Vite de^ 
Duchi (p. 448-460), comprend le recit d^une serie d'inci- 
dents commerciaux et autres derivant des hostilites 
ouvertes entre Genes frangaise et Venise, incidents se rap- 
portant aux annees 4403-4404. Elle s'etend depuis ces 
mots : tt Dapuo fo tanta la paura i» (p. 448, voir n. 4), 
jusqu'a ceux-ci (p. 460, voir n. 3) : « I nomy de quely per 
lo prexenle non voio manifestar. » 

Le passage M se retrouve (p. 460-462) entre ces mots : 
<i Ochorse in lo tempo ... chorando any MCGGCIII* del 
mexe d'otubrio, salvo el vero, dy xxiin° » (p. 460-462), et 
ceux-ci (p. 462) : « quelo se deveva refar... » 

Le passage Be se retrouve (p. 464-4 66) entre ces mots : 
(( Ghomo per avanty ho tratado in prima » (p. 464), et 
ceux-ci (p. 460) : a a dy tre d'avril del dito milieximo. » 
Le passage Bd se retrouve (p. 466-474) entre ces mots : 
a Ma avanty io vada plu avanty » (p. 466), et ceux-ci 
(p. 4 72-174) : a Apreso fo armada in plaza la galia Que- 
rina, mesa per lo viazo de Zafo con chavaliery l, pele- 
griny... )) 



En tele de la seconde narration des Vite de' Duchi (col. 789), 
1. Sur la cumparaisoii des deux textes, voir t. I, p. 122, n. 9. 



ANNEXES. 257 

Marino Sanuto a Inscrit prealablement cette indication caracle- 
ristique : <c £) da sapere che nella Gronica Dolflna questa cosa 
di Bucicaldo e scritta cosi epare che fosse nel 4403. » Cette 
reference a la « Gronica Dolfina », doot Tinspiration, de Taveu 
meme de Sanuto, semble gouverner toutesa seconde narration, 
fait voir que la chronique de Pietro Delflno, dont Vitude sur 
Antonio Morosini et son csuvre definit le cadre, avait dii, la 
comme dans le recit de la croisade de Nicopolis (voir Bxtraits 
jmbMs, L I, p. 2, n. 3), emprunter ce morceau a la CAro- 
niqtie^ demontree anterieure, qui precede le Diario d'Antonio 
Morosini. 



IV 17 



II. 

EnTEBPEISB DB BOUGIGAUT COIfTRB L^ESGAUDBLOUB. 

4403. 

Description de la situation de la place de VEscandeUmr, en 
Asie Mineure, sur la cite de Karamaniey place attaquSe par 
la flotte franeo-gthwise. 

Voir 1. 1, p. 56, Q. 4. Cf. Additions et Corrections, t. I, p. 56. 

LMdentiHcation de I'ancienne Escandelour avec Alaia est eta- 
blie, par M. de Mas-Latrie, dans ses etudes sur Gbypre et TAsie 
Mineure\ et par Heyd, dans son Histoire du commerce du 
Levant^. 

Louis- Alexandre-Olivier de Gorancez (4770-4832), consul 
general de France a Alep, puis a Bagdad, entre 4802 et 4842, 
trace de la ville d^ Alaia, Tancienne Escandelour, le tableau sui- 
vant, dans son remarquable Itin^raire, dont la redaction, com- 
mencee en 4809, parait avoir ete arretee en 4842*. 

a Au nord de la bale d^Alaia, et au-dela du cours du Melas, 
les montagnes s^eloignent du rivage et laissent a leurs pieds 
une plaine sablonneuse qui s'elargit sur les conflns de la Pam- 
phylie, ou eile va aboutir. Cette plaine a une lieue et demie de 
surface, depuis rembouchure du Melas jusqu'a son extremile 
occidentale. Un rocher a pic et isole des chaines voisines ferme 
cette extremite, et, se prolongeant dans la baie, y forme un 
abri contre les vents d'ouest et de nord-ouest. Sur une hauteur 

1. Des relations politiques et commerciales de VAsie Mineure avec 
Vile de Ghypre sous le regne des princes de la maison de Lusignan, 
dans Dihl, de I'Ec. des chartes, s^rie II, t. I (vol. VI), annee 1844- 
1845, p. 315. 

2. Heyd, Geschichte des Levantehandels , ed. francaise Furcy 
Raynaud, t. I, p. 303. 

3. Itindraire d'une partie pen connue de VAsie Mineure. Paris, 
1810, in-8o, 1. in, ch. v, p. 362-365. 



ANNEXES. 259 

de deux cenls toises, ce rocher^ k pic vers la haute mer, presente 
a Torient uoe pente tres rapide. G*est sur celte pente qu'est 
b&lie la ville d'Alaia. 

c Oq Yoit par cette description que, plac6e^ camme Gibraltar^ 
sur uue moDtague isolee du continent, elle presenterait, comme 
cette ville, une position imprenable, si elle etait defendue avec 

art Elle est cependant importante, parce qu'elle domine le 

canal qui separe Ghypre de i'Anatolie et commande au com- 
merce dans le bassin oriental de la Mediterranee. 

a La viile est situee a mi-cdte sur la pente du rocher. II n'y 
a dans sa longueur qu'une seule rue qui soit praticable pour les 
chevaux; lesautres sont tellement en pente qu'il est m6me dif- 
liclle d'y marcher dans les temps humides. Le fort s'eleve 
au-dessus de la ville, el ces murailles tombent en mines comme 
celles d'Alaia. La rade est tres vaste^ mais ouverte aux vents 
d'ouest et de sud-ouest. Le port est ferme a I'extremite septen- 
trionale de la bale d'Alala par le rocher qui defend cette partie 
des coups devent de Touest. Quoiqu'iJ n^offre pas d'abri contre 
les vents du sud-ouest, qui sont les plus violents dans ces 
parages, il ne parail pas qu'on ail jamais tente de construire 
une jetee ni aucun autre ouvrage pour y suppleer^ » 

1. On peut rapprocher de ce texte la description donnee, vers 
la m^me ^poque, par sir Francis Beaufort, commandant du navire 
anglais Frederiksteen, qui opera une croisifere sur ces cdtes en 
1811-1812. {Karamania or a brief description of the South Coast of 
Asia Minor, 2» ed. Londres, 1818, ch. viii, p. 163-176.) — Plus 
recemment, d*interessaDtes mentions surle site et la ville ont eXi 
presentees par E. Sperling, drogman de la legation de Prusse a 
Constantinople, a roccasion d'un voyage execute en 1862. {Ein 
Ausflug in die Isaurischen Berge im Herbst 1862, dans Zeitschrift 
fiir allgemeine Erdkunde, janvier-juin 1864, p. 49-51.) — L'excel- 
lent voyage en Gilicie de MM. Favre et Bernard de Mandrot, 
execute en 1874, ne coniprend malheureusement que la partie de 
c6te qui s*etend entre Alexandrette et Gorighos, bien a I'est 
d'Alai'a. ( Voyage en Gilicie, ISlk, avec carte, dans Bulletin de la 
SociHe de geographic, janvier-juin 1878, p. 5-78 et 116-154.) 



III. 



Epttebprise coifTEB Albxahdeib. 



U03. 



Exposi des mouvements opMs par Us diverses fractions de la 
fiotte franco^^noise, commands par le marichal BovcicatU, 
gouvemeur frangais de Genes, 

Voir t. I, p. 72-74, n. 2, p. 52 a 74. 

L^ensemble des operations dirigees par le marfebal Boucicaut 
contre Alexandrie est assez difBcile a saisir. 

Le recit du narrateur venitien Emaouele Piloti est plein 
d'obscurites^; celui de Boucicaut lui-m6me semble yolootaire- 
ment insigniHant^; celui de Tannalisle geoois Giorgio Stella 
est d*une brievete regrettable^. 

L'emploi de la relation qui se rencontre dans Toeuvre d' An- 
tonio Morosini, relation qui parait etre demeuree inconnue 
jusqu'ici, pourra jeter quelques lumieres sur ce point interes- 
sanl. Gette relation se trouvait deja, il est vrai, resumee dans 
les Vite de' Duchi de Marino Sanulo^. Mais ce resume, singu- 

1. TraiU sur le passage dans la Terre Sainte, dans Monuments 
pour servir a Vhistoire des provinces de Namur^ de Hainaui et de 
Luxembourg^ publics par le baron de Reififenberg, t. IV, p. 394- 
400, ap. Collection de Chroniques beiges inidites. 

2. Le Livre des [aids du bon messire Jean le Meingre dit Boucicaut^ 
part. II, ch. XI -XXIV, dans Choix de Chroniques et Memoires sur 
Vhistoire de France, ed. Buchon, a la suite des Chroniques de Frois- 
sart, t. Ill, p. 563-G95, voir p. 620-634, ou dans Nouvelle collection 
des Memoires pour servir a I'histoire de France, 6d. Michaud et 
Poujoulat, t. II, p. 203-332, voir p. 266-279. Extraits publics, 1. 1, 
p. 28, n. 2. 

3. Annates Genuenses, dans Muratori, Rerum ilalicarum scrip' 
tores, t. XVII, col. 1199-1200. 

'i. Voir Anupxo I. 



ANNEXES. 261 

lierement abrege et tronque, ne peut se comprendre sans une 
coroparaison constante avec la relation qui se rencontre dans 
I'oeuvre d^Antonio Morosini, a laquelle, du reste, son anterio- 
rite et son caractere contemporain assurent une autorite toute 
difTerente. 

On rappelle ici, avant toute discussion^ que Bouclcaut et la 
flotte, partis de Genes pour attaquer la puissance niusulmane, 
en Orient, et de preference a Alexandrie, — Genes etant encore 
en guerre avec le royaume de Ghypre, — sont parvenus a 
Rhodes, en juin, suivis et epiSs par la flotte v6nitienne com- 
mandee par Carlo Zeno. 

La relation transcrite par Antonio Morosini^ comme le 
resume de Sanuto qui lui est emprunte, se rencontre en deux 
endroits. Une premiere fois, vers le moment ou le recit de 
Morosini place la conclusion de la paix entre Genes et Ghypre ^ 
Une seconde fois, vers Tinstant ou ce recit de Morosini men- 
tionne le depart de Boucicaut de la cote de Syrie pour chercher 
sa route de retour vers Genes ^. 

En combinant ces deux passages, ou plutot en les reliant 
simplement Tun a Tautre, il semble qu'on puissereconnaitre 
assez clairemenl la suite normale des faits. 

Voici la premiere mention. 

La paix une fois conclue avec le roi de Ghypre, Boucicaut, dit la 
Chronique transcrite par Antonio Morosini, expedie direclement 
pour la cote d'figypte « tule le suo choche^ », c*est-a-dire tous 
ses batiments de transport, et, parmi eux, ces gros navires 
<K huissiers », a larges sabords, amenages pour Tembarque- 
ment de la cavalerie*. Ges navires, d'apres la Chronique^ ^ 

\. Chronique, Extraits publies, t. I, p. h^^hk. 
1. Chronique^ Extraits publies, t. I, p. 72-74. 

3. Chronique, Extraits publies, t. I, p. 54. 

4. Sur leur nombre, voir Chronique^ Extraits publies, 1. 1, p. 50, 
n. 5. 

5. Chronique, Extraits publies, t. I, p. 52-54. 



262 ANNBXS8. 

doiveni attendre devant Alexandrie les galeres de Boucicaut, 
c^est-a-dire le reste de son armee Davale^ que doit grossir un 
cootiogent de galeres chypriotes promis par le roi Janus II'. 
Une fois reunies devanl la cote d^ilgypte, ces forces maritimes 
assemblees doivent tenter Tattaque generate contre Alexandrie, 
objet primordial et essentiel de I'entreprise de Boucicaut'. 

Le recit de la Chronique est ici, il est vrai, assez impreds 
sur la fixation du lieu ou s'opera la separation de la flotte de 
Boucicaut. Dans un deplacement general de I'ordre des evene- 
ments, il signale cette dislocation comme s'effectuant a Rhodes 
meme, et avant Tentreprise dirigee sur la cote de Raramanie 
contre la ville de TEscandelour'*. D'autres elements d'informa- 
tion font voir que la disjonction s'accomplit en fait, nona Rhodes, 
mais devant TEscandelour, vers la mi-juillet, au moment ou 
etait parvenue a Boucicaut la nouvelle que les ambassadeurs de 
Chypre et ceux de Genes venaient de conclure a Ghypre, le 
7 juillet -1403, la paix entre Genes et le roi Janus II'. 

Le fail meme de la dislocation n^en est pas moins acquis, les 
transports se dirigeant les premiers vers la cote d'figypte, les 
galeres demeurant en arriere, pour les rejoindre plus tard. 

Qu'advint-il des galeres? 

Les galeres, les transports partis devant elles, se rendent de 
TEscandelour a Chypre, ou de graves interets poliliques 
appellent le marechal. Venant de I'Escandelour, sur la cote de 
Karamanie, elles abordent a Pendala, sur la cole nord de 
Ghypre. Les entretiens avec le roi acheves, Boucicaut, de Pen- 
dala, appareille avec ses galeres pour Alexandrie, en longeant 
la cole de Ghypre par sa face ouest®. L'etat de la mer et des 
venls regnants, directement contraires, Tempeche de mettre ce 

1. Sur leur nombre, voir ^/irom^uc. Ex traits publics, 1. 1, p. 50, 
n. 4, p. 63, n. 2. 

2. Chronique, Extraits publies, t. I, p. 52. 

3. Chronique, Extraits publies, t. I, p. 54, 60, n. 3, p. 72. 

4. Chronique, Extraits publics, t. I, p. 54-58. — Piloti, loc, cii., 
p. 396. 

5. Chronique, Extraits publies, t. 1, p. 60, n. 1. 

6. Chronique, Extraits publies, t. I, p. 60, ii. 2 et 3. 



ANNEXES. 263 

projet a execution ^ II se decide alors a prendre pour objectif 
immediat la c&te de Syrie, pour se dinger ensuite, le long de la 
c&te de Palestine, vers Alexandrie, but toujours maintenu de 
Texpedition. Apres une courte rel&cbe dans un autre port de 
Ghypre^ a Famagouste, sur la c5te sud de Pile, 11 part le 
5 aoAt pour la c6te de Syrie'. 

Sur la c&te de Syrie se suivent, avec des succes divers, entre 
le 7 et le 42 aoAt, en longeant la o6te du nord vers le sud, les 
entreprises dirigees contre Tripoli de Syrie, Botrun, Beyrouth 
etSaida'. 

Jusqu^a Salda, Boucicaut suit encore la ligne generale de son 
plan, a savoir la concentration de ses forces navales devant 
Alexandrie. Les transports sont arrives a destination; les 
galeres font route pour les rejoindre, par une voie detournee, 
il est vrai, mais suivie j usque-la sans empSchement deflnitif. 

G'est devant Salda, ou Boucicaut estle 42aoAt, que parait se 
produire le cas de fortune qui arrete decidement ces projets. 
Faute de vent, ou persistance invincible de vents contraires, 
les galeres de Boucicaut cessenl leur marche au sud et 
reprennent la direction du nord, vers Ghypre. Apres une der- 
niere demonstration sur la cote de Syrie, devant Latai^ieh, bien 
au nord de Tripoli, on les retrouve en Ghypre, a Famagouste, 
le 24 aout, puis a Rhodes, toute idee de route vers Alexandrie 
maintenant abandonnee par le marechal '*. 

Qu'advint-il des transports? 

Les transports, laissant les galeres derriere eux, sont obliges, 
de TEscandelour, dialler chercher le vent favorable jusqu a 
Rhodes, executant ainsi un detour considerable '. Unefois arri- 
ves devant la cote d'figypte, fortement eprouves par le mauvais 
temps ^, ne pouvant, ainsi que le commandaient expressement 

1. Chronique, Extraits publics, t. I, p. 60, n. 3. Gf. Piloti, loc, 
cil., p. 397. 

2. Chronique, Extrails publies, t. 1, p. 60, n. 3. 

3. Chronique, Extraits publies, t. I, p. 62, n. 4, p. 72, n. 1. 

4. Chronique, Extraits publies, t. 1, p. 72, n. i, 2, p. 74, n. !. 

5. Chronique, Extraits publies, t. I, p. 60, n. 1. 

6. Piloti, loc. ciL, p. 306. Cf. Chron., Extr. publ.,t. I, p. 54, 72. 



264 ANNEXES. 

leurs inslnictions, battre la mer a 50 milles de terre^ hors de 
toute Yue, ils sont obliges de se tenir a une quinzaine de milles 
de la plage % perdanl par la durete de la mer et les epidemics 
declarees grand nombre d'hommes et de chevaux \ jusqu^aux 
quatre cinquiemes de leur cavalerie'. Ainsi desorganiste, cette 
force navale ne put en rien profiler de sa proximite aodden- 
telle de la c&te, et demeura hors d'etat de rien tenter par elle- 
meme '*. Les £gyptiens, du reste, avaient ete perfidement pre- 
venus par les Venitiens des intentions de Boudcaut'. 

Passons a la seconde mention. 

Quittant la cote de Syrie, Boucicaut, dit la Chronique trans- 
crile par Antonio Morosini, expedie devant Alexandrie « una 
galia », une galere, pour avertir les transports qui Ty attendent 
d'avoir a abandonner leur croisiere et a rentrer a Rhodes*. 

Le recil de la Chronique, la encore, il est vrai, est assez 
im precis sur la fixation du lieu d'ou est expediee cette galere. 
II place le fait de cet envoi directement apres raffaire de Bey- 
routh''^. Avec plus de vraisemblance, on peut supposer que cet 
envoi se fit, — au plus tot, seulement au moment ou Bouci- 
caut se vit contraint a cesser sa route vers Alexandrie^ c'est-a- 
dire, apres sa demonstration devant Saida, laquelle a lieu le 
^2 aout, — et, au plus tard, soil de Famagouste, oil on le 



1. Piloti, loc. cit., p. 396. 

2. Piloti, loc. cit., p. 396-397. Gf. Chronique, Eztraits publies, 
t. I, p. 54, 72. 

3. Chronique, Extraits publics, t. I, p. 54. 

4. Piloti, loc. cit., p. 396-397. 

5. Sur ce point, Delaville le Roulx, la Prance en Orientj Pieces 
just., n- XXVll. Gf. Piloti, loc. cit., p. 394-395. 

6. Chronique, Extraits publics, 1. 1, p. 72. — Gf. Giorgio Stella, 
Annales Genuenses, ap. Muratori, Rer. ital. script., t. XXII, 
col. 1200 : « ex galeis post se unam dimittens ». Piloti parie 
cependant de I'envoi par Boucicaut de deux t naves • ou navires 
de transport (Piloti, loc. cit., p. 398-399) ; mais cette allegation 
parait denuce de vraisemblance. 

7. Chronique, Extraits publics, t. I, p. 72. 



ANNEXES. 265 

trouve le 24 aout, soil encore de Rhodes, en seplembre*. Ainsi 
avises, les transports rallierent les galeres^. 

Le fait de l^envoi par Boucicaut devant Alexandrie, vers cette 
epoque, d'un Mtiment courrier porteur d'un ordre et ne cons- 
tituant a aucuu degre renfort combattant, n^en est pas moins 
acquis. 

On rappelle ici, en fin de compte, que la flotte de Boucicaut 
rentra a Genes, en soutenant sur sa route, contre la flotte veni- 
tienne apostee a son passage, la bataille de Modon, a Textremitd 
de la Moree, le 7 octobre U03. 

En conclusion, Boucicaut, de sa personne, ne parut jamais 
devant Alexandrie. Les deux series de forces navales qu'il 
expedia k la cote d'figypte comprennent : En premier lieu, tous 
ses transports; ce groupe de batiments fit route^ de TEscande- 
lour sur la cote de Karamanie, par le detour de Rhodes, pour 
chercher le vent. En second lieu, un simple courrier, charge 
de porter aux transports cruellement eprouves un ordre formel 
de retour; ce courrier fit directement route, soit de Saida, soit 
de Famagouste, ou encore de Rhodes. 

1. Chronique, Extraits publies, t. I, p. 72, n. 2, p. 74, n. 1. 

2. Chronique, Extraits publics, 1. 1, p. 72-74. Gf. Piloti, loc. cit., 
p. 398. 



IV. 



PrincipautM de Taeentb. 



4445. 



Trans fert du litre de prince de Tarente a Jacques de Bourbon, 
comte de la Marche, par Jeanne 11^ reine de Naples, sa 
femme *. 

Voir t. II, p. 30, n. 3. Gf. Additions el Corrections, 1. 11, p. 286. 

Le litre de prince de Tarente, cree des le debut de la monar- 
chie normande au xi® siecle, inaugure par le celebre Bohemond, 
fiis de Robert Guiscard, porte par diyers princes de la dynastie 
norraande et de la dynastie de Hohenstaufen, puis restaure a 
nouveau, sous la premiere dynastie angevine, en faveur de Phi- 
lippe d'Anjou, flls du roi Charles II, parait s'etre eteint, dans 
cette derniere ligne, vers 4383, en la personne de Jacques des 
Baux, de la grande raaison provenfale de ce nom. Fils de Mar- 
guerite d'Anjou-Tarente, heritiere du litre, et de Francois des 
Baux, de la branche des sires de Berre, a laquelle etaient echus, 

1. Sources consultees. — P. Anselme, Histoire gSnMogique de 
la maison de France : Anjou, t. I, p. 412-415, 419-422; Montfort- 
Laval, t. VII, p. 75-76; Rieux-Rochefort, t. VI, p. 768-769; La Tre- 
moille, t. IV, p. 169-173. — L. Barthelemy, Inventaire chronolO' 
gique et analyiique des chartes de la maison de Baux. Marseille, 
1882, in-8o, Tabl. iv et in, et Inv. chronol.y chartes de Philippe 
de Tarente^ Marie d'Engkien, Raymond et Jean-Aatoine des Ursins 
de Baux. — Comte Pompeo Litta, Famiglie celebri italiane, t. VII, 
Orsini di Roma, tabi. xii, xi, x. — Summonte, Historia della cittd 
e regno di Napoli, I. Ill, ch. iv, et 1. IV, ch. i, ii. — Cipolla, Storia 
delle signorie italiane, 1. UI, ch. v, p. 284 ; 1. IV, ch. ii, p. 372, 
379. — Ernest Martin, Chroniquc et gdn6alogie des Guillem, seigneurs 
d^ Clermont. Marseille, 1892, in-8", p. 36-38, et Ann. IX, p. 136- 
140. — Antonio Morosini, Diario, Extraits publics, t. II, p. 14-18, 
26-32, 196, 218-220, 286. 



ANNEXES. 267 

en Italie, le comte de Montescaglioso et le duche d^Andria, 
Jacques des Baux representait ies droits de sa mere, dont le 
dernier frere, Philippe, mort vers 4368, ne laissait pas de pos- 
terite. En testant a Tarente, le 45 juillet 4383, Jacques des 
Baux laissait sa principaute a la seconde d^nastie angevine, 
heritiere depuis Tan precedent, en la personne de Louis P% 
due d'Anjou^ des droits souverains de la reine Jeanne I^. 

Entre temps, au fort des troubles de Naples et des discussions 
des partis, la reine Jeanne P^ avait confere le titre de prince 
de Tarente a son quatrieme epoux, le condottiere allemand 
Otto de Brunswick, des dues de Brunswick -Grabenhagen^ 
auquel elle etait mariee depuis 4376. Otto de Brunswick parait 
avoir recu ce Utre du vivant de Jacques des Baux, en opposition 
aux droits de celui-ci, et la principaute de Tarente semble ainsi, 
comme tant de fiefs ou de couronnes d'alors, avoir compte 
pendant plusieurs annees deux titulaires, au raoins jusqu'a la 
mort du prince allemand, mort en tout cas survenue, malgre 
Ies divergences des genealogies en cours, avant la derniere 
annee du xiv* siecle. 

Une nouvelle constitution d'apanage, commencee de fait du 
vivant d^Otto de Brunswick, fut alors confirmee par la seconde 
dynastie angevine. En quittant Tltalie meridionale, en 4400, 
Louis II, due d'Anjou, decourage de sa lutte contre son rival 
Ladislas d'Anjou-Durazzo, legalise la possession de la princi- 
paute de Tarenle entre Ies mains d'un de ses partisans, qui 
pretendait deja au titre depuis la mort de Jacques des Baux et 
d'Otto de Brunswick, et que le souverain fugitif, en s'eloignant, 
esperait par cette cession maintenir attache a sa cause. 

Ge nouveau prince de Tarenle etait Raimondello degli Orsini, 
de la grande maison romaine de ce nom, plus connu, du chef 
de sa mere, sous le vocable de Raimondello del Balzo, deQgura- 
tion de la maison provencale des Baux. Les genealogies cou- 
rantes paraissent peu d'accord sur sa filiation, la rattachant 
toutefois, par son pere, a la branche des Orsini, comtes de 
Nola, et, par sa mere, a un rameau de la maison des Baux, issu 
de la branche des princes d^Orange, auquel etait echu le comte 
italien de Soleto. Raimondello degli Orsini des Baux avait 
epouse, vers 4386, Marie d'Enghien. Marie d'Enghien avait 



268 ANNEXES. 

elle-meme pour mere Blanche (ou Sancie) des Baux, — soeur 
de Francois des Baux, due d'Andria, et par consequenl laote 
du dernier prince legitime Jacques des Baux, — et pour pere 
Jean d'Enghien, comte de Lecce, issu des sires d'Enghien, 
devenus, par leur alliance avec les Brienne, dues tilulaires 
d'Athenes et comtes de Brienne, et, en Italic, comtes de Lecce 
et de Gonversano. 

La principaute de Tarente, sortie de la maison des Baux par 
extinction de descendance, y rentrait done par une cession 
nouvelle. 

Raimondello degli Orsini des Baux, a peine investi de la 
principaute de Tarente par Louis II rentrant en France, parait 
s'etre aussitot accorde avec son rival triomphant Ladislas, et 
etre ainsi parvenu a se mainlenir a Tarente jusqu'a sa mort, 
en ^406. 

II laissait plusieurs enfants, heritiers de ses £tats, sous la 
tulelle de Marie d'Enghien, sa veuve. 

Gontrainte et forcee, Marie d'Enghien dut immediatement 
epouser le roi Ladislas, qui, par la garde des heritiers de 
Tarente, qu'il s'adjugea, mit la main sur la principaute. 

A la mort de Ladislas, en ^4^4, et a Tavenement de sa soeur 
la reine Jeanne II, Pherilier legal de la principaute de Tarente, 
Gianantonio degli Orsini des Baux, fils aine de Raimondello 
et de Marie dVEnghien, se trouvait retenu a Naples, avec sa 
mere et ses freres et soeurs, dans une sorte de captivite a peine 
deguisee. 

Gomme naguere Jeanne P* pour son quatrieme marl Otto de 
Brunswick, Jeanne II, malgre Texistence de possesseurs legaux 
du titre, fit don de la principaute de Tarente a son second mari, 
le prince francais Jacques de Bourbon, comte de la Marche. 

Le comte de la Marche, avec lequel Jeanne II negocie depuis 
quelque temps Taffaire de son manage, arrive a Venise, venanl 
de Prance et se dirigeant sur Naples par TAdriatique, le 
2^ juillet U4 5. Sous la date du 25 juillet, le Diario d'Antonio 
Morosini le qualifie de prince de Tarente. 

On sait comment la rivalite du parti napolitain, comment les 
moeurs independanles affichees par la reine ne tarderent pas a 
amcnerentre les epoux une guerre conjugale el civile. Aucours 



ANNEXES. 269 

de ces divers incidents, Marie d'Enghien elant deja renlree en 
possession du comte de Lecce, son patrimoine personnel, la 
reine Jeanne semble avoir restitue au fils de Raimondello la 
principaute de Tarente, dont elle Tavait naguere depouille au 
profit d'un epoux qu'elle se croyait capable de dominer a son 
gre, mais qui avait trompe si etonnamment ses calculs. 

Jacques de Bourbon s'enfuit de Naples, en evade du trone, 
au cours de Tan 4449, puis sejourne quelque temps a Tarente, 
dans le fief qu'il pent encore croire sien, avant de regagner 
par Gorfou les filals venitiens, oil sa trace se retrouve du prln- 
lemps de 4424 a I'ete de 4422, alors qu'il preparait sa rentree 
en France. 

En tout cas, apres le depart du comte de la Marche, en 4424 , 
la principaute de Tarente n'est plus tenue que par Giananto- 
nio degli Orsini des Baux, qui en jouit jusqu'a sa mort^ en 
4463. 

Gianantonio ne laissant pas de descendance de sa femme 
Anna Golonna, pelile-niece du pape Martin V, la principaute 
de Tarente passe alors a la posterite de sa soeur Gaterina degli 
Orsini des Baux, tandis que le comte de Lecce formait la part 
de Maria, son autre soeur, mariee a Giulio Antonio AcquaviVa, 
tige des dues d'Alri. 

Gaterina avait epouse, en 444 5, le Francais Tristan de Gler- 
mont, — de la maison Gulllera, titulaire de la seigneurie de 
Glermont en Languedoc, — compagnon d'armes et de fortune 
du comte de la Marche. Elle ct son mari avaient cesse de vivre 
vers 4435. La principaute de Tarente fut alors recueillle par 
leur fille Isabelle de GlermonL. Gelle-ci epouse Ferdinand, 
batard d'Aragon, His d'Alphonse V, roi d'Arai^'on el de Sicile, 
el roi de Naples depuirs Teviclion definitive des Angevins. 

Dans le parlage des fitals paleniels, en 4'«58, Ferdinand el sa 
femme se trouverent porles jusqu'au trone de Naples. 

Le litre de prince de Tarenle, confondu avec le litre royal, 
apparlinl des lors, sans contesle, a la maison regnante de 
Naples, sous les successeurs de Ferdinand I" : son fils 
Alphonse II, son petit-fils Ferdinand II, son frere Frederic III, 
princes qui, au milieu des vicissitudes occasionnees par les 
guerres d'ltaiie, occupenl le trone dc 1494 a 1501. 



270 ANNIXES. 

Frederic III, comme on sait, ftit detr6D6 en 4504 par Tal- 
liance iphemere combinee entre son cousin, le roi d*Aragon 
Ferdinand le Gatholique, et le roi de France Louis XII, bientot 
joue par le souverain espagnol, qui demeura ainsi, en 4503, 
seul maitre de toute I'ltalie m6ridionaIe. 

Desormais, la principaute de Tarente se reduit a un litre 
purement nominal, comme le duche d'Athtoes ou la royaute 
de Jerusalem. 

Retire et apanage en France, Frederic III, a sa mort, en 
4504, en laisse le tilre a sa Qlle Charlotte d'Aragon, mariee a 
un Fran^ais, Guy XV de Montfort-Laval, comte de Laval. 

Leurs deux filles, Catherine et Anne, epouserent, Tune, 
Catherine, vers 4518, Claude de Rieux-Rochefort, comte d'Har- 
court et d'Aumale; Tautre, Anne, vers 4524, Francois de la 
Tremoliie, vicomte de Thouars et prince de Talmond. 

Catherine de Montfort-Laval, avec le comte de Laval, porta 
la principaute de Tarente dans la maison de Rieux-Rochefort. 
Par sa seconde fille, Claude de Rieux-Rochefort, mariee a 
Francois de Coligny, seigneur d'Andelot, frere de Tamiral, ces 
litres passerent dans cette branche de la maison de Coligny, 
dont la descendance s^eteignit en 4605. 

La principaute de Tarente fut alors devolue aux descendants 
d'Anne de Montfort-Laval et de Francois de la TremoiUe. G'est 
ainsi qu'elle fut recueillie, en 4605, par Henri de la Tremoliie, 
due de Thouars et prince de Talmond (1599-4674), a la filiatioD 
duquel elle apparlient loujours. 



V. 

GONQU^TBS PO&TUGllSBS BN AfRIQUB. 

4446-4449. 

Texte et commentaire de deux extraits du Diario contenarU 
des renseignements sur les operations des Portugais dans 
FAfrique du Nord. 

Voir t. 11, p. 66, n. 4. 

Ces extraits concernent les entreprises effectuees par les forces 
portugaises au Maroc, a la suite de la conquete recente de Ceuta, 
operee dans Tele de 4445^ On a vu, a cette occasion, comment 
les contemporains, preoccupes de cet armement naval du Por- 
tugal, dont le but etait soigneusement tenu secret, en avaient 
attribue Tohjectif a une alliance maritime anglo-portugaisediri- 
gee contre la France, contre laquelle en effet, a cette date, I'An- 
gleterre preparait I'agression couronnee par Tevenement d'Azin- 
court*. 



4° 



Ge passage se rapporte a Tex tension des conquetes portu- 
gaises, dans le cours de 44>I6, autour de Ceuta, place deja 
occupee depuis Tan precedent. 

Les forces portugaises, d'apres ces bruits en cours, auraient, 
etendant leur action au loin de Geuta, enleve les trois places 
dont la prise est ici mentionnee, a savoir : Tanger, Arzila, Kasr- 
el-Seghir ou Rsar-el-K.ebir, et, toujours d^apres ces bruits, 
auraient prepare la conquete de tout le Moghreb. 

L'empire du Moghreb appartient alors, jusqu'au milieu du 
xvi® siecle, a la dynastie des Beni-Merin, communement denom- 

i. Extraits publics, t. II, p. 64, n. 4, p. 66, n. 4. 

2. Extraits publies, t. II, p. 20-22, 36-38, 40-42, 54, 64-66. 



272 ANNEXES. 

mes Merinides, et heritiers, en ces regions, d'une fraction de 
rimmense et ephem^re domination des Almohades, naguere 
maltres, jusqu*a la fin du xiii* siecle encore, de I'Espagne et de 
TAfrique du Nord. 

£venements qui se seraientaccomplisvers une date telle que 
la nouvelle ait pu en parvenir a Seville avant le 28 juin 4446, 
et ait pu, a ce moment, etre expediee de Seville a Venise. 

(c Apreso^ per' letere vegnude de le parte de Sibilia, de 
xxviii de zugno de MMIII^XVP, da ser Bernardo Miohiel fo de 
miser Anluonio, scrite in Veniexia a miser Lucha Michiel da San 
Marzilian, chomo la zente del Re de Portogalo aver prexo tre 
tere de Mori, zente infedel Sarainy -, e' per altra fiada avesemo 
quelo dito re aver abudo una tera per nome dita Seta; ma^ mo 
de nuovo quelo aver aquestado ancora Tranzier' e Arcila^ e 

i. Fol. 321 A. Entre le 26 aotlt et le 8 septembre 1416. 

2. Premier groupe de nouvelles, en date de Seville, le 28 juin, 
annoQQant en bloc la prise des trois places qu'on va voir specifiees 
une a une dans le troisieme groupe. 

3. Second groupe de nouvelles rappelant seulement la prise de 
Geuta (Seta), effectuee Tan precedent. 

4. Troisieme groupe de nouvelles specifiant la prise des trois 
places auxquelles faisait allusion le premier groupe. 

5. Tanger. II semble bien que Tanger, place devant laqueLle les 
forces portugaises devaient eprouver un retentissant echec en 1437, 
puis un second en 1463-1464, ne fut conquis par le Portugal qu'en 
1471. — La place de Tanger, passee a I'Espagne comme toutes les 
possessions portugaises, iors de Tannexion du Portugal a PEspague 

i en 1580, puis renlree sous la domination portugaise Iors de la 

reprise d'independance du Portugal en 1640, devait tomber aux 
mains de TAngleterre, en 16G1, comme dot de Gatberine de Bra- 
gance, fille du roi Jean IV, Iors de son mariage avec Gbarles II, 

I puis finalement etre evacuee, comme trop coiiteuse a conserver, 

I en 1683-1684. 

! 6. Arzila, sur la c6te marocaine de I'Atlantique, entre Tanger 

! el Larache. II semble bien qu'Arzila, place qui devait egalement 

tenir les forces portugaises en echec, en 1464, ne fut conquis par 

I le PortuE^al quVn 1471. — La place d'Arzila, pass6e a I'Espagne 



ANNEXES. 273 

Archasar Ghibir^ e vada con la dita so zente seguitando soa 
Ventura, e spierase se fara signor de Bel Marin peravanty^. » 

Gette rumeur, ici enregistree comme courant alors, de con- 
quetes imporlantes elTectuees par le Portugal en Afrique des 
Tan 4446, est interessante a relever. 

Get echo se trouve coincider, autant du moins que Tobscurite 
des textes permet de TafHrjner, avec le fait acquis d'une serie 
d'entreprises, que les forces portugaises de Geuta, commandees 
par le vaillant com te Pedro de Menezes, paraissent avoir hasardees 
en 4446, con Ire les places marocaines de Laracbe et de Sale^, 
situees sur la cote de rAtlanlique^ entre Tanger et Mogador, 
precisement dans la direction de deux des places mentionnees 
dans le recit venitien, a savoir Arzila et Ksar-el-Kebir. Mais 
d'aulre part, d'apres les sources connues jusqu'ici, ces faits se 
placeraienl au plus tot au debut de juiliet^, tandis que le docu- 
ment venltien comporle I'arrMe de la nauvelle, a Seville, avant 
le 28 juin. 

Tout n^est cependanl pas a rejeler dans ce bruil, et il se pent 

comme Tanger, en i 580, devait 6tre evacuee par le pouvoir espa- 
gnol en 1588. 

i. Ou bien Kasr-el-Seghir, sur la c6te marocaine du detroit de 
Gibraltar, dans la region immediatemenl voisine de Tanger. 11 
semble bien que Kasr-el-Seghir ne fut conquis par le Portugal 
qu'en 1458, sans qu'on signale distinctement i'epoque ou la place 
fut abandonn^e, soil par le Portugal, soit par TEspagne. — - Ou 
bien Ksar-el-Kebir, a peu de distance de la c6te marocaine de 
I'Atlantique et dans le voisinage d' Arzila. II semble bien que 
Ksar-el-Kebir, place attaqu^e en vain en 1503, ne fut jamais con- 
quis par le Portugal. Ge devait 6tre le lieu de la grande renconlre 
de 1578, qui marqua la chute de la domination portugaise au 
Maroc. 

2. Bruit d'intentions conquerantes du Portugal en Maroc. 

3. Gomes Eannes de Azurara, Chronica do conde dom Pedro de 
Menezes, ch. Lvni, lix, dans Collecf^ao de livros ineditos de historia 
portugueza, t. II, p. 400-410. 

4. « E sendo o mez do julho comecado. » (Chronica do conde 
dom Pedro de Menezes, ch. Lvin, j). 'lOO.) 

IV 18 



274 ANNEXES. 



qu*il ait sa source dans quelque repercussion, plus ou moins 
deformee, des incessants combats soutenus vers ce moment par 
les forces portugaises de Geuta^ 



Ge passage se rapporte a une victoire navale remportee^ dans 
le cours de Tan Ui9y par les forces portugaises sur une flotte 
barbaresque, pour delivrer Geuta menace, dans les parages de 
la M6diterran6e voisins du detroit de Gibraltar, entre Malaga, 
Geuta et la cotede TlStat de Grenade. 

La flotte barbaresque, d'apres ces bruits en cours, aurait ete 
composee de forces provenant de T^tat de Tunis (Tuonisto) et 
de deux autres £lats, que leurs designations, ici deformees d'une 
facon si singuliere (el so re de Normandia e Schotia), permet- 
traient peut-etre de reconnaitre pour les £tats Merinides de 
Maroc ou de Fez. 

Tunis, a cetle epoque, est sous Pempire de la dynastie Haf* 
side, demembrement de la puissance des Almohades. Les Meri- 
nides, alors en complete anarchic, comptent plusieurs £tats, 
tantot disperses tantot concentres, tels que Maroc, Fez et 
Tafilelt. 

fivenement qui se serait accompli vers une date telle que la 
nouvelle en ait pu parvenir a Valence, a temps pour qu^un 
n^ire de commerce venitien, partant de ce port, I'apporte le 
26 novembre 4449 a Venise. 

« Fato^ questo, la domenega dy, dy xxvi del mexe de novem- 
brio de I'ano de MIIU^XVIIII, per lo zionzer de la cocha de 
Bortolamio de Jacomo vene da Yalenza, carga de lana, valania 
e pelame^, avesemo per nuova chomo el re de Portogalo, 
chongregado hoste per mar e per tera, abia schonQto Toste de 

1 . Chronica do conde dom Pedro de Menezes, eh. xiv-lvi. 

2. Fol. 366 A. 26 novembre 1419. 

3. « Coque • venitienne chargee de laines, chAtaignes et peaux. 



ANNEXES. 275 

Mory infedely de zente Saraina in ie parte de Malicha^^ de Seta^ 
e de Lingranata', e tuta la zente da Tuonisto^ mesa in derota, 
e foto sachomano, e per questo re otegnudoly notabelysimo 
dano, e schonflto el so re de Normandia e Schotia'^y e vendudy 
chomo sclavy, e faronde grandisima taiada in quela zente. Per 
la qiial novela [ha] aquistado grandisimo honor in tula Gris- 
tantade*. » 

Gette rumeur, ici enregistree comme courant alors, d^une 
grande victoire remportee par le Portugal sur les forces barba- 
resques sur la cdte d'Afrique, en 4449, est interessante a 
relever. 

Le fkit du siege de Geuta par les forces coalisees des souve- 
rains de Grenade, de Fez et de Maroc, par terre et par mer, 
vers cette epoque, — le fait d'un secours envoye de Portugal a 
Geuta, secours commande par Tinfant Henri, promoteur futur 
de tant de decouvertes fameuses, — le fait du desastre final 
eprouve sur mer et sur terre par les forces mauresques, — 
faits sur lesquels on n'a pas a s'etendre ici, — sont aulant 
d^evenements classes et acquis^. 

Mais, se fondant sans doute sur un passage de la chronique 
portugaise ou se trouvent relates ces incidents; passage d'apres 
lequel Tevenement pourrait se placer trois arts apres la conquele 
de Geuta, en 4445^, la plupart des historiens qui ont traile de 
celte question ont classe cette victoire portugaise au cours de 
ran iA4SK 

1. Malaga. 

2. Geuta. 

3. Grenade. 

4. Tunis. 

5. Elats de Maroc (?) et de Fez (?). 

6. Bruit de victoire sur les forces musulmanes, semblant avoir 
cause une forte impression. 

7. Chronica do conde dom Pedro de Menezes, eh. lxii-lxxiii. 

8. Chronica do conde dom Pedro de Menezes, ch. lxii, p. 418. 

9. Voir notamment : Richard Henry Major, Life of prince Henry 
of Portugal, surnamed the Navigator. Londres, 1868, in-8<>, ch. in, 
Ceula, ]). 42-43; cf. ch. iv, Talent do, bien fain^, p, 51-52; Haymoutl 



276 ANNEXES. 

<c Tres anosy ou poucos dios menosduronacidade..., > porte, 
en abordant la relation du siege de Geuta par les forces teirba- 
resques, la Ghronique portugaise qui represenle la source prin- 
cipale du recit de ces fails ^ Passage qui pourrait cependant 
sMnterpreter dans le sens de trois ans a compter, non pas a 
partir de la conqu6te de Geuta, dans T^te de iAi^, mais bien a 
partir de Tepoque ou est parvenu le chroniqueur, au moment 
ou il emploie cette expression, c^est-a-dire, semble-t-il, dans 
le COUPS de Tete de 4Ai6. Interpretation qui reporterait le fait 
de la victoire portugaise, non plus a U48, mais a 4449. 

D'autre part, une des dates fixees par le chroniqueur lui- 
meme parait bien impliquer pour Tevenement la date de 4449. 
Relalant Tapparition devant Geuta des premiers navires mau- 
resques, il place le fait au dimanche 43 aotU^. Or, c'est en 
4449 et non en 4448 que le 43 sloHI tombe un dimanche^. 

L'indication ici fournie par le Diario d*Antonio Morosini, 
placant cet evenement en 4449, vient corroborer d'une facon 
speciale cetle interpretation. La date ou la nouvelle parvient a 
Venise, de Valence, a la fin de novembre, comporterait, pour 
Taction navale en question^ la date vraisemblable des premieres 
semaines de Tautomne. 

Gette fixation a Tan 4449 du siege de Geuta par les forces 
mauresques et de sa delivrance par la flotte portugaise ofire 
une importance superieure a une simple difierence chronolo- 
gique d'une annee. Gette expedition efTectuee au secours de 
Geuta, soit en 4448 soil en 4449, et Tentreprise de la conquete 
meme, operee en 4445, constituent, comme il est acquis, les 

Beazley, Prince Henry the Navigator. New- York et Londres, 
1895, in-8o; ch. viii, Prince Henry and the capture of Geuta, 
p. 155-157; of. ch. ix, Henry*s settlement at Sagres and first dis- 
coveries, p. 163-164. 

1. Chronica do conde dom Pedro de Meneses, ch. liu, p. 418. 

2. « E seguio se que hum domingo, queeram treze dias do mez 
d'agosto, a horas de prima, as atalayas fezerom sinal, que aviam 
vista de gente... » {Chronica do conde dom Pedro de Menezes, 
ch. Lxii, p. 418.) 

3. Cette demonstration est ici presentee, semble-t-il, pour la 
premiere fi)is. 



ANNEXES. 277 

deux occasions essentielles par lesquelles Tinfant Henri de Por- 
tugal, destine a une si glorieuse carriere, present a ces deux 
grandes manifestations maritimes\ sentit s*eveiiler en lui, au 
contact de la terre mysterieuse d'Afrique, le genie des decou- 
vertes qui devaient immortaliser son peuple et son nom. 

Le terme extreme des navigations portugaises ielong de la cote 
africaine de TAtlantique sembie aiors avoir ete le cap Noun, a 
Textremite meridionale de T Atlas ^. Or, les decouvertes, bien- 
tot poussees au dela de ce point fatidique par les hardis explo- 
rateurs obeissant a la direction de Henri le Navigateur, ne se 
datenl, pour nombre des faits s'y rapporlant, que par un corn- 
put fonde sur Tepoque de la delivrance de Geuta, soil en 4448 
soit en 4449. 

Ainsi, c'est juste apres le retour de Tinfant Henri en Portu- 
gal, apres la delivrance de Geuta, que se place^ par un court 
decompte^, la reconnaissance de Tile de Porto Santo, prelude 
de la prise de possession de Madere qu^on s'accorde a fixer en 
4420^ 

La determination de la delivrance de Geuta peut-elle egale- 
ment influer sur le decompte des douze ans depenses en infruc- 
tueux efforts pour prolonger les decouvertes portugaises le 
long du continent africain'^, des douze ans qui s'ecoulenljusqu'a 

i. Voir Extraits publics, t. II, p. 64, n. 4, et ci-dessus, p. 275, 
n. 7. 

2. « Quem passar o cabo de Nao 
Ou tornara, ou nao. » 

— portait un dicton celebre. (Joao de Barros, Da Asia, dec. I, 1. I, 
eh. IV, 6d. de 1778, t. I, p. 36.) 

3. « E foe assy... os quaaes despoisda viinda que o IfFante fez 
do descerco de Cepta... » (Gomes Eannes de Azurara, Chronica do 
descobrimento c conquisia da Guind, ed. Garreira e Sautarem, 
eh. Lxxxiii, p. 385.) 

4. Ckronica da Guind, oh. lxiii, p. 385-380. 

5. « ... ca doze annos continuados durou o Iffantc con aquesle 
trabalho, mandando con cada hun anno a aquella parte sous 
navyos, com grande gasto de suas rendas, nos quaaes nunca foe 
algun que se atrevesse de fazer aquella passa^em. » {Chronica da 
Guin^, ch. viii, p. 53-5'j.) 



278 ANNSXSS. 

la eampagne qui precede et. prepare enfin^ I'entreprise desUnee 
a d^passer le cap Bojador', seule etape marquante conquise en 
ce dur laps de temps au dela du cap Noun ? 

On salt que ce redoutable obstacle du cap Bojador, hante de 
legendes et de terreurs, fut enfln double vers une epoque fixee 
par certains textes en 4434^, par d'autresen 4433^, discordance 
qu'il semble assez malaise de trancher', — evenement d'une 
incalculable portee destine a lancer deflnitivement le Portugal 
dans la voie triompbale qui devait lui ouvriry d'etape en etape, 
la reconnaissance de Textremite de PAfrique et la route mari- 
time de rinde. 

1. c B finalmente, despois de doze annos, fez o Iffante armar 
hua barcha..., e foe esto no anno de Jhtl Xro de nail e quatro cen- 
tos e trinta e trez. » (Chronica da GuinS, ch. xi p., 56-58.) 

2. Chronica da Guini, ch. ix, p. 57-59. 

3. Chronica da GuinS, ch. ix, p. 57. Gf. Major, Life of prince 
Henry of Portugal, ch. vi, Cape Bojador, p. 82-83. 

4. Joao de Barros, Da Asia^ d^c. 1, 1. 1, ch. iv, ed. de 1778, 1. 1, 
p. 41-43. 

5. J. Godine, compte-rendu de The life of prince Henry of Por- 
tugal surnamed the Navigator, by Richard Henry Major, part VIII, 
dans Bulletin de la Soci6t6 de g6ographie, 6" serie, t. V, janyier-juin 
1873, p. 655-657. 



VI. 

a El MIR DB LI BlGl. » 

4447. 

CammerUaire sur cette expression giographique. 
Voirt. II, p. 450, n. 4. Gf. Additions et Corrections, t. II, p. 450. 

Ge terme singulier d' « el mar de la Baga », ici employe par 
le Diario d' Antonio Morosini pour designer quelques parages de 
rAllantique^ voisins du cap Finistere, pourrait demeurer incom- 
prehensible. 

Son emploi, dans les conditions ici mentionnees, se trouve 
cependant a comparer avec une autre indication, que la pre- 
sence de ce terme dans le Diario vient specialement corroborer. 

L'atlas bien connu, dresse en 4436 par le geographe venitien 
Andrea Bianco, porte, en sa feuille VI, au milieu des vastes 
ctendues de TAtlantique, Tindication suivante, dislinctement 
lisible : « Questo xe mar de Baga^ » Gelte indication se trouve 
inscrite bien au large du cap Finisterre et de I'lrlande, vers 
la latitude des cotes de Bretagne^, au dela des cotes fantasma- 
goriques de « Berzil » et de « Ventura^ », qui, sous des termes 
soit disposes de facon pareille, soit repetes ou intervertis, ou 
bien encore sous des noms differents, ligurent au meme point 
sur presque toules les cartes des xiv'^ et xv« siecles^. 

G'est sous cette forme generlque : Questo xe mar,,,, qu'An- 
drea Bianco designe universelleraent toutes les mers represen- 
tees sur son Atlas ^. 

1. Atlas d'Andrea Bianco, dc 1436, dans Fischer, Sammlung 
miitelalierlicher Well- und See-Karlcn, i. IX, fcuillc H, et dans 
Hawdon Brown, Venetian Papers, Introd., carte. 

2. Atlas d'Andrea Bianco, feuille 6, et Rawdon Brown, carte. 

3. Atlas d'Andrea Bianco, feuille 0. 

•i. Nomenclature, eutre autres, t. II, p. 150, n. 4. 
5. Atlas d'Andrea Bianco, fouillcs 2 a 7. 



280 ANNEXES. 

Questo xe mar* : — de Alemagna* (Baltique) \ — de Baga* 
(section de rAtlantique qui vieat (l*6tre deflnie) ; — de Spagna* 
(section de TAtlantique s^etendant vers la latitude de la cote 
occidentale de la peninsule Iberique)-, — de Lion^ (section de 
la Mediterranee comprise entre la Sardaigne^ les Baleares et la 
cote du continent d^Curope); — de Satalia^ (section de la Medi- 
terranee comprise entre la Crete, Chypre et la cote du continent 
d'Asie) ; — Maor'^ (mer Noire) ; — dele Zabache^ (mer d'Azov). 

Getle expression de « mar de Baga » ne se rencontrait jus- 
qu*ici, a ce qu'ii semble du moins, que dans Toeuvre du geo- 
graphe venitien, et dans cette partie de son oeuvre seulement. 
En effety la Carta Nautica du m6me auteur, dressee en H48, 
douze ans environ apres Y Atlas, et representant sous une 
ecbeile reduite les memes parages mari times et cotiers, ne 
porte pas trace de cette designation ^. 

L'emploi de ce terme par Antonio Morosini, sous la forme : 
a el mar de la Baga », se trouve done curieusement justifie. 

Mais que pent au juste signifier cette expression? 

Seul, a ce quil semble, des commentateurs d'Andrea Bianco, 
Formaleoni, dans son etude surToeuvre du geographe venitien, 
en propose une explication*^. 

Eile parait d'ailleurs singuliere. 

Formaleoni suppose que le terme de « Baga » vient du nom du 
havre portugais de Boga^ designe, aussi a ce qu'il avance, sous 

i. Traduction : « G'est la mer... • 

2. f D'Allemagne. • 

3. c De fiaga. » 

4. « D'Espagne. » 

5. [Golfe] « de Lion. » 
fi. [Golfe] « d'Adalia. » 

7. « Majeure. » — La denomination de t mer Majeure i, pour 
designer la mer Noire, est courante dans la cartographie medie- 
val e. 

8. De le Zabache. » 

9. Carta nautica d*Andrea Bianco, de 1448, dans Fischer, 
Sam 771 lung, 1. XL 

10. Uluslrazione di due carte antiche della Bibliotecadi S, Marco, 
a la suite de Saggio sulla nautica antica de' Veneziani. 



ANNEXES. 281 

la forme Baga^ le Yagos de toules les carles modernes, port 
ouvert sur TAtlantique, dans la baie d'Aveiro, entre Lisbonne 
et Porto, — lieu alors tres frequente, assure-t-il, par les- b&ti- 
ments de Yenise. 

Explication que Zurla, dans son etude sur Tancienne carto- 
graphic venitienne, s^esl contente de repeler sans modiflcations^ 

Cette interpretation semble cependant contredite paries fails. 

D'abord, si le port de Boga, en Portugal, dans la situation 
qui vient d'etre decrite, se Irouve en effet marque sur presque 
Louies les carles des xrv" et xv* siecles, nulle part, a ce qu'il 
semble, ne se renconlre^ pour designer ce iieu^ la forme Ba^a'. 

Enfin, d'apres Texamen de la carle, la mention inscrile par 
Andrea Bianco, pour deflnir la section de rAllantique s'eten- 
danl vers la latitude de Boga, devant cette partie de cole de la 
peninsule Iberique, n'est nullement, comme 11 conviendrait a 
cette hypothese, Texpression de : « Questo xe mar de Baga. » 
Cetle section de TAllanlique, Andrea Bianco, dans son Atlas, 
la designe sous le terme de : « Questo xe mar de Spagna^. » 
G'esl a des parages maritimes tout diOerents, situes plus au 
nord, vers la latitude des cotes de Bretagne, dans les conditions 
qui ont ele indiquees\ qui! reserve Tindicalion caraclerislique 
de : « Questo xe mar de Baga'. » 

La mention contenue dans ce passage d* Antonio Morosini, 
en assignanl la designation de « mar de la Baga » aux eaux de 
rAllantique voisines du cap Finisterre, pourrail servir a preciser 
les limiles de Tetendue marine a laquelle cette expression sin- 
guliere de mer « de la Baga » ou « de Baga j> deviendrail ainsi 
applicable. 

1. Sulle antiche mappe lavorate in Venezia, p. 38. 

2. Nomenclature, entre autres, t. II, p. 150, n. 4. Notarament 
Atlas d'Andrea Bianco, feuille 5. 

3. Atlas d'Andrea Bianco, feuille 5. 

4. Ci-dessus, meme annexe, au d6but. 

5. Atlas d'Andrea Bianco, feuille 6. 



vu. 



a Mo?fSIGIfOR DE YBIfTOIfl. » 



4424. 



Discussion de VidentiU des divers personnages auxquels a 4te 
attribuee la mort du due de Clarence a la bataille de Bauge^ 
le 22 mars i42i. 

Voir t. II, p. 200, n. 4. 

La letlre transcrite par Antonio Morosini* designe dans ce 
passage « monsignor de Yentona », combattant dans les rangs 
francais, comme ayant tue de sa main le due de Clarence, frere 
du roi d'Angleterre Henry V^. 

Ce fait d'armes, qui parait avoir conquis de suite un reten- 
tissement considerable a forme legendaire, est attribue par 
dlverses sources, de facon contradictoire, a un assez grand 
nombre de combattanls de la journee de Bauge. On voit notam- 
ment designer, comme auteur de cet exploit : 

Parmi les Franjais : 

Gilbert de la Fayette, marechai de France depuis Tan prece- 
dent, 4 4 20 3. 

a Charles le Bouteiller », personnage non autrement deQni^ 

Guerin de Fontaine-Guerin, gentilhomme angevin portant le 
nora d'une seigneurie voisinc du lieu du combat^. 

i.T. n, p. 198-202. 

2. T. II, p. 200. 

3. P. Anselme, Hist. gcnM. dc France, t. VII, p. 56. 

4. Gfiastcllain, ed. Kervyn de Lettenhove, t. I, p. 225. 

5. Jean de Bourdigne, Chroniques d'Anjou ei du Maine, ed. dc 
Quatrebarbes el Godard-Faultrier, t. II, p. 141-143. Cf. Marche- 
gay, Rechtrcfics siir le Vieil Baug^, dans Revue de l'A?\jou, t. II, 
1853, p. 71). — Sur ce personnage, Gelestin Port, Diclionnaire his- 
torique dc I'Anjou, ad nom. 



ANNEXES. 283 

Jean de la Croix, de la compagnie de Guerin de Fontaine- 
Guerin*. 

Parmi les ^cossais au service de la France : 

John Carmichael, de Douglasdale, chapelain attache a la 
maison de Douglas, combattant en armes dans les troupes 
ecossaises, — qui devait plus tard se trouver pourvu de I'evfi- 
che d'Orleans, de 4426 a 4438, pendant la periode du siege et 
Tapparition de la Pucelle, — est signale, non precisement 
comme ayant tue le due de Clarence, mais comme ayant brise 
une lance sur lui^. 

c Alexander Maccasland », du pays de Lennox, est mentionne 
comme ayant mis a mort le due de Clarence, puis comme 
ayant vendu son diademe garni de pierreries a John Stuart 
de Darnley, connetable de Tarmee d'£cosse au service de la 
France ^ 

William de Swinton, de Swinton dans la marche de Ber- 
wickshire, et John Stuart, comte de Buchan, de la maison 
royale d'ficosse, sont forraeliement indiques par la source con- 
temporaine la plus serieuse comme ayant a eux deux blesse et 
tue le due de Clarence. William de Swinton lui aurait porte un 
coup de lance en plein heaume, et le comte de Buchan TauralL 
abatlu d'un coup de masse d'armes^. 

1. Fabyan, The concordaunce of Histories, ed. 1559, p. 404. Cctto 
mention de Jean de la Croix par Fabyan doit resulter d'une inter- 
pn'^lation erronee d'un passage de la chronique du heraut Berry 
ted. D. Godefroy, p. 441), reproduit par Robert Gaguin (Compen- 
dium, 1. X), passage citant seulement le role joue par ce per- 
sonnagc (cf. Bourdigue, loc. cit.) dans un autre episode de la 
journee. 

2. Walter Bower, 5co<ic/iro^?con, I. XV, eh. xxxiii. Cf. Andrew 
Stuart, Genealogical history of the Stewarts, p. 123; Tytler, History 
of Scotland, t. Ill, p. 31)2-393. — Sur ce personnage, Andrew 
Stuart, op. cit., p. 122-124. — Cost le Joan « do Saint-Michel » 
des repertoires fraucais. {Gall, christ.., t. Vlll, col. 1477-1 i78.) 

3. Texte cite par Buchauan, History of Scotland, 1. X. 

4. Walter Bower, Scotichronicon, I. XV, ch. xxxiii. Gf. Bucha- 
nan, op. cit., 1. X; Tytlor, op. cit., t. Ill, p. 3!}2-31i3. 



284 ANNEXES. 

La tradition ecossaise paralt avoir prefere et maintenu le 
r61e de William de Swinton^ 

Swinton laid the lance in rest 

That tamed of yore the sparkling crest 

Of Clarence's Plantagenet'. 

La lance historique qui frappa le prince anglais, donnee par 
un descendant direct de William de Swinton a sir Walter Scott, 
flgure, parait-il, au musee d'Abbotsford^. 

L'expression <c monsignor de Ventona », figurant dans ce pas- 
sage de la lettre transcrite par Antonio Morosini, semble bien 
ne pouvoir s'appliquer qu'a William de Swinton^ pour la desi- 
gnation definitive duquel vient s'inscrire ce temoignage impar- 
tial, aussi lointain qu'inattendu. 

1. Sur ce point, Agnes Strickland, Lives of the queens of England, 
t. Ill, p. 147, n. 1. 

2. Agnes Strickland, loc. cit. 

3. Agnes Strickland, loc. cit. 



Vlll. 

Lb COMTE-HARl^GHAL D^AnGLETBRRB. 

U24. 

Discussion de VidentiU du personnage pr^senU comme revetu 
de cette fonctioUy mentionnS comme tui d la bataiUe de 
Baugi, le 22 mars' 4424, 

Voir t. II, p. 200, n. 5. 

La lettre transcrite par Antonio Morosini^ indique, dans ce 
passage, le « comte-marechal d^Angleterre », sans autre desi- 
gnation de nora, comme ayant trouve la mort a Bauge'. 

Plusieurs cbroniques francaises mentionnent egalement, 
comme figurant a la bataille de Bauge et tue au fort de inac- 
tion, le « marechal d'Angleterre^ ». Ges memes textes ne se 
bornent pas a mentionner ce personnage par Tindication de sa 
fonction de marechal, mais le designent sous un nom, plus ou 
moins difTeremment transcrit selon les textes, le nom du sire 
de Rooss^. 

Le sire de Rooss figure, en tant que sire de Rooss, et sans 
indication de la fonction de marechal, dans nombre d'autres 
cbroniques, comme participant a la bataille de Bauge et tue 
pendant le combat'. 

II s'agit, en I'espece, de John de Rooss, sire de Rooss, en 

1. T. II, p. 198, 202. 

2. T. II, p. 200. Voir n. 5 et 6. 

3. Fenin, ed. de M"" Dupont, p. 154; MonstreUt, ed. Douet 
d'Arcq, t. IV, p. 38, suivi par Wavrin, part. V, 1. II, ch. x, 
ed. William Hardy, 1399-1422, p. 359, ed. de M»« Dupont, t. I, 
p. 211 ; Chastellain, ed. Kervya de Lettenhove, t. I, p. 225. 

4. M6mes sources. 

5. Notamment dans la liste des morts et prisonniers de la bataille 
de Bauge, 6ditee dans les Gesta Henrici Quinti, oCi il figure avec 
son frere, William de Rooss. [Gesta Henrici Quinti, ed. Benjamin 
Williams, App. II, p. 274-275.) 



286 ANNEXES. 

Yorkshire \ devenu sire de Basqueville, dans le pays de Gaux, 
a la faveur de la conqueie aaglaise^. 

11 ne peut done y avoir de doute sur la presence et la mort 
du sire de Rooss a la bataille de Bauge. 

Ge qui est singulier, c'est d'abord de lui voir attribuer par 
les textes precites^ la qualite de « marechal d^Angleterre », quMl 
ne semble pas avoir jamais portee. 

La fonction de c corate-marechal » hereditaire d^Angleterre, 
— « hereditary earl marshal of England », — appartenait alors 
a John V Mowbray, quatrieme comte de Nottingham, fils et 
heritier de Thomas I" Mowbray, second comte de Nottingham, 
premier due de Norfolk, mort en exil a Venise en 4399. Tho- 
mas I" Mowbray, pour cette dignite, representait les droits de 
sa mere, Elisabeth Segrave, nee de John Segrave et de Mar- 
garet Plantagenet, fille elle-meme de Thomas Plantagenet, dit 
de Brotherton, Tun des fils cadets du roi Edouard !•'. Thomas 
de Brotherton avait ete cree par le roi Edouard II, son frere, 
dans les premieres annees du iiv® siecle, comte de Norfolk et 
comte- marechal hereditaire d'Angleterre , titres recemment 
abandonnes a la couronne anglaise par leur dernier possesseur, 
Roger Bigod. Roger Bigod tenait lui-meme le comte de Norfolk 
de saligue paterneile, pour laquelle il avait ete cree; Tofllcede 
comte-marechal lui venait de la mere de son pere, Matilda, 
propre filie du grand Guillaume le Marechal, dont les aieux 
paraissent avoir occupe, depuis la conqu6te normande, la 
charge caracteristique dont ils avaient retenu le nom. 

John V Mowbray se trouvait heritier des anciens titres pater- 
nels depuis la mort de son frere aine Thomas II, decapite en 
4405, heritier du comte de Nottingham et de la charge de 
comle-marechai, mais etait, comme naguere son frere Tho- 
mas 11, sans droit au titre recent de due de Norfolk, dont 
Pexii avait prive son pere en ^398*. 

1. Sur ce personnage, Dugdale, The Baronage of England, t. I, 
p. 552-553. 

2. A. Hellot, Essai historique sur les Martel de Basqueville, 
p. 105, 112. 

3. Ci-dessus, memo annexe, p. 285, n. 3 et 4. 

i. Lors de I'oxil de Thomas !«'' Mowbray, en 1398, son office de 



ANNEXES. 287 

II etait ne eo 4389, et, depuis 4 Ail, flgurait dans Tarm^e 
angiaise passee en France. 

II ne semble meme pas avoir figure a la bataille de Bauge. 
Aucune chronique contemporaine n^y mentionne sa partici- 
pation. 

En tout cas, il ne demeura point parmi les morts. Le 3 mai 
'1 424 , six semaines apres la bataille, ii revolt le titre de cheva- 
lier de la Jarreti^re, vacant par la mort de John Grey, comte 
de Tancarville. Restitue dans son rang paternel de due de Nor^ 
folk en 4425, 11 meurt en 4432. Son Qls John VI Mowbray herite 
de toutes ses dignites, que la descendance d^une soeur de 
John V, Margaret Mowbray, mariee a Robert Howard, porte, en 

comte-marechal parait avoir 6te donne, — pour le temps de la vie 
de Mowbray et sans porter prejudice h ses h6ritiers naturels, — a 
Thomas Holland, comte de Kent et due de Surrey. (National BiO' 
graphy, art. Mowbray, Thomas I", art. Holland, Thomas, duke of 
Surrey, t. XXXIX, p. 235, et t. XXVII, p. 157.) Thomas h^ 
Mowbray mourut en septembre 1399, a ce qu'il semble. (Ibid., 
t. XXXIX, p. 235-236.) Le due de Surrey, de son c6te, meurt 
decapit^, sans heritiers, le 7 Janvier 1400. (Ibid., t. XXVII, 
p. 157-158.) — Lors de la transmission du titre de Thomas I*' 
Mowbray consentie a Thomas II, son fils aine, a la mort de Tho- 
mas I*', en septembre 1399, le titre de comte-marechal ne parait 
pas avoir passe a Thomas II dans une integritc absolue. G6te a 
cote avec le titre de comte-marechal, conserve par Thomas II, I'of- 
Gce de marechal d'Angleterre aurait alors ete donne a Ralph Nevill, 
comte de Westmoreland, a titre viager seulement. (Nat. Biogr., 
art. Mowbray, Thomas II, art. Neville, Ralph, first earl of West- 
moreland, t. XXXIV, p. 236, et t. XL, p. 274.) Mais, apres la 
mort de Thomas II, en 1405, et la transmission de ses titres a 
son frere John V, ce dernier epouse, vers 1412, Catherine Nevill, 
fille du comte de Westmoreland, qui lui apporte on dot I'office de 
marechal, dont la disjonction parait avoir cesse d^s la mort du roi 
Henry IV et Tav^noment du nouveau souverain Henry V, en 1413. 
(Ibid., art. Mowbray, John V, art. Neville, Ralph, first earl of 
Westmoreland, t. XXXIX, p. 221, et t. XL, p. 27").) — A par- 
tir de 1413, le titre se trouve done reconstitue entre les mains de 
John V Mowbray, qui parait seul a le porter au moment de la 
bataille de Bauge, en 1421. 



288 ANNEXES. 

grande partie, avec le duche de Norfolk et la charge de comte- 
marechal, dans la maison Howard, oil depuis elles se main- 
tiennent encore. 

Quel personnage la lettre transcrite par Anlonio Morosini 
prelend-elle done signaler, sous le litre id employe de « comle- 
marechal », sans autre designation de nom, comme flgurant a 
la bataille de Bauge et y ayant trouv6 la mort? 

li est vraisemblable que ce passage, comme les chroniques 
frangaises dont il a ete fail mention ^ lend a designer, par une 
erreur d'attribution pareille, le sire de Rooss, dont la presence 
et la mort a Bauge viennenl d^etre d6montrees, et auquel la qua- 
lite de comte-marechal d^Angleterre a dii 6tre atlribuee indii- 
ment par quelque ecbo errone, assez generalement repandu^ et 
donl ce passage vient presenter une preuve singuliere. 

1. Gi-dessus, mdme anaeice, p. 285, n. 3 et 4. 



IX 

Princes do sang d'Angleterrb. 

Discussion de Videntit6 des deux princes du sang d* Angleterre 
mentionn^s comme tu6s a la hataille de Baugd, le 22 mars 
4424. 

Voir t. II, p. 200, n. 6. 

La lettre transcrite par Antonio Morosini^ semble indiquer 
dans ce passage, sans autre designation de nom, et avec une 
certaine confusion, un oncle du roi d^Angleterre et un autre 
personnage de la maison royale, comme ayant trouve la mort 
a Bauge^. 

Parmi les victimes du choc de Bauge, il ne parait pas, il est 
vrai, avoir figure d'autre prince du sang d'Angleterre que le due 
de Clarence^, frere du roi Henry V, dont cette meme lettre vient 
de relater la mort sous les coups de I'ecossais William de 
Swinton'*. 

Seulement, parmi les prisonniers mentionnes comme tels par 
les chroniques, figurent deux membres de la familie royale, a 
savoir : le comte de Somerset, John de Beaufort, et son frere, 
Thomas de Beaufort*. 

1. T. II, p. 198-202. 

2. T. II, p. 200. Voir n. 5 et 6. 

3. Liste des morts et prisonniers de la bataille de Bauge, editee 
dans Gesta Henrici Quinii, ed. Benjamin Williams, App. II, 
p. 274-275. 

4. Voir ci-dessus, Annexe VIII. 

5. Pour John de Beaufort, toutes ou presque toutes les chro- 
niques courantes, tant anglaiscs que francaises. — Pour Thomas 
de Beaufort : Chron. de Normandiey p. 65; Berry, p. 441 ; Bour- 
digne, Chron. d'AnJou et du Maine, t. U, p. 141 ; Walter Bower, 
Scotichronicon, l. XV, oh. xxxiii; doc. cites dans Andrew Stuart, 

IV iy 



290 ANNEXES. 

Ge doit Sire a ces deux princes que, par une deformatioa 
probable des bruils en cours, ce passage fait allusion, soil que 
le texte tende a en mentionner deux, soil qu'il les reduise a 
un seul. 

Ges deux princes elaient ills de John, dit de Beaufort, comle 
de Somerset, i^un des trois fils nes de Funion de John, due de 
Lancaslre, dit de Gand, fils d'Edouard III, avec Catherine de 
Rceuix, femme de Hugh Swynford'. 

Soil Tun, soil Tautre, etait done, non pas oncle, mais cousin- 
germain du roi Henry V, dont le pere, Henry IV, flls lui-m6me 
du due de Lancaslre, elail frere consanguin de leur pere le 
comle de Somerset. 

Plusieurs chroniques signalent comme fait prisonnier a 
Bauge un personnage que, sans le designer par son nom, elles 
appellent le comle du Perche^. 

A prendre celte indication a la lettre, il s^agirait alors, eo 
4424, du celebre comle de Salisbury, Thomas Montaigu, qui 
avail recu le 26 avril 4449, par Teflet de la conquele anglaise, 
le comle du Perche conOsque sur la maison d'Alencon', apa- 
nage qu'il devail conserver jusqu^a sa mort devant Orleans, 
en 4428^ 

Mais il ne pent s'agir ici du comle de Salisbury. On Ic trouve 
en efTet, le lendemain de la balaille de Bauge, ralliant les 

Genealogical History of the Stewarts, p. 123; Gesta Henrid Quinti, 
p. 149; Elmham, p. 301-303; Walshingham, Hist, anglic, t. II, 
p. 339; Hall, Chronicle, ed. Ellis, p. 106 : ces temoignages le 
designent tant6t par le nom de Thomas de Beaufort, lant6t par 
le litre de comte du Perche, tant6t par la qualite de fr§re du comte 
de Somerset. 

1. Voir t. II, p. 158, n. 3. — Les deux autres fils n6s de runion 
du due de Lancaslre el de Catherine de Rceulx etaient Henry de 
Beaufort, chancelier d'Aiigleterre, ev^que de Winchester, cardi- 
nal, et Thomas de Beaufort, comte de Dorset, due d'Exeter. 

2. Gesta Hennci Quinti, p. 149; lisle des morts et prisonniers de 
la bataille de Bauge, editee dans Gesta Henrici Quinti, App. II, 
p. 274-275; Monslrelet, t. IV, p. 38. 

3. Rymer, Fader a, 26 avril 1419. 

4. Longnon, les Limiies de la France, p. 62, 67. 



ANNEXES. 291 

Anglais debandes, puis prenant energiquement le commande- 
ment des forces disponibies de Basse-Normandie pour degager 
Aiencon deja assiege par ies Fran^ais victo^ieux^ 

La verite parait que ce litre de comle du Perche est ainsi 
applique en 4424, a tort, a un personnage qui ne fut revSlu de 
cette dignile qu'a partir de 4428. Ge comte du Perche, occu- 
pant cet apanage de 4428 a 4434, se revele, par divers temoi- 
gnages, corame portant ie nom de Thomas de Beaufort, et doit 
necessairement s'identiOer avec le prince, deja designe ainsi, 
frere du comte de Somerset*. 

Ge Thomas de Beaufort ne doit pas etre confondu avec son 
autre frere Edmund de Beaufort, destine a devenir aussi due 
de Somerset, apres son frere John; cet Edmund de Beaufort 
devait obtenir, le 22 avrii 4427, apres la mort d'Edmund Hol- 
land, le comte de Morlain conflsque, lors de la conquete anglaise, 
sur Jean d'Harcourl, comte d^Aumale, apanage qu'il devait 
conserver jusqu'a la fin de I'occupation elrangere^. 

Thomas de Beaufort, quant a lui, semble avoir ete oublie de 
la plupart des genealogistes'*. 

En somme, il faut done reconnaitre le ou Ies deux princes 

1. Monstrelet, t. IV, p. 38-39, 40-41; Wavrin, part. V, i. II, 
eh- X, XI, ed. William Uardy, t. 1399-1421, p. 360, 361-363. 

2. Longnoa, Ies Limites de la France^ p. 67. Bibl. nat., ms. 
fr. 26054 (Quittances, t. 63), n^ 1584; of. no» 1601, 1602. 

3. Dugdale, Baronage of England, t. II, p. 122. — Longnon, Ies 
Limites de la France, p. 62-63, 66. — Elmham attribue au persoQ- 
nage qu'il designe comme frere du comte de Somerset le titre de 
comte de Mortain. (Elraham, p. 301-303.) — Le personnage d(5signe 
par Ies autres chroniques precit^es (voir p. 289, n. 5) sous le litre 
de comte du Perche est identifie, par I'edition des Gesta Henrici 
Quinti, a tort, semble-t-il, avec Edmund de Beaufort, comte de 
Mortain et comte du Perche. {Gesta Henrici Quinti, App. II, p. 274- 
275.) Ge dernier titre de comte du Perche n'appartint jamais, a 
aucune ^poque, a Edmund de Beaufort. 

4. Voir Extraits pubUes, t. II, p. 158, n. 3. — 11 est cepeudant 
mentionne dans Ies Tableaux genialogiques et kistoriques de I'em- 
-pire britannique du buron de Reden, pi. VII. 



592 ANNEXES. 

du sang d'Angleterre, que ce passage meDtionne comme figu- 
rant a Bauge, ou ils auraient trouve la mort, pour John de 
Beaufort, comte de Somerset, et Thomas de Beaufort, plus 
tard comte du Perche, son frere, lesquels furent, en reaJile, 
non pas tues, mais simplement faits prisonniers au cours du 
combat. 



X. 

MoRT DU Roi d'Angletbrre Hemrt y. 

4422. 

Examen des bruits divers ayant couru sur les causes de la mort 
du roi d'Angleterre Henry F, au chdteau de Vincennes, 
k Si aout 4422, mort attribuee a la Upre, 

Voir t. II, p. 222, n. 5. 

Les nouvelles resumees par Antonio Morosini signalent ici, 
en lant que bruit courant, la mort de Henry V comme provoquee 
par la lepre^ 

On a beaucoup disserte sur la maladie presque foudroyante 
qui enleva en pieine force d age, en pleine voie de conquetes, 
le roi Henry V, amenant ainsi un evenement politique d'une 
incalculable portee. Les lemoignages contemporains, a cet egard, 
presentent les versions les plus contradictoires. 

Le Journal d'un bourgeois de Paris parle de la petite verole, 
dont une mortelle epidemic courut tout cet ele dans la region 
de Paris'-. Le recit plus ou moins original de Tenigmatiquc 
Peler Basset, rapporte par Tannaliste Hall, parle d'une pleure- 
sic, tf a plurisis » (terme quMl est singulier de voir employe a 
celte epoque), mal alors inconnu et sans remede, ajoute ce 
recit^. — MonstreleL, Wawrin, dont los similitudes et penetra- 
tions reciproques sont en maint lieu dclicates a distinguer avec 
certitude, parlcnt d'un mal « assez semblable au feu qu'on dit 
de saint Anthoine^ », — « que Ton dit estre malladie saint 
Anthonne-' ». — Ghastellain fait allusion a un mal « qu'aucuns 

1. T. II, p. 222. 

2. Journal iVun Bourgeois de Paris, p. 175. 

3. Hall, Chronicle, p. 113. 

4. Mo fut relet, t. IV, p. 113. 

5. Wavrin, part. V, I. II, eh. xxxix, ed. Hardy, t. 1422-1 i31, 
p. 426. 



294 ANNEXES. 

disent de saint Fyacre, aucuns de saint Anthoine^ » — De ces 
diverses maladies mentionneeSy les deux premieres se passeat 
de commentaires. Quant a la troisieme, le « mal saint Antoine • 
ou c feu saint Anloine », appele egalement c mal des ardents », 
affection que saint Antoine passait pour guerir, et, comme telle, 
baptisee de son nom, sorle d'erapoisonnement epidemique, a 
forme d'accidents rappelant ceux de la gangrene ou de la peste, 
elle a ete Tobjet de maintes etudes comparees. 

Tons les autres textes conteraporains qui designent d'un nom 
special Taffection qui enleva le roi d'Angleterre, d'une facon si 
brusque et si impressionnante, nomment expressement le a mal 
saint Fiacre », la maladie que designait Ghastellain, concur- 
remment avec le « mal saint Antoine^ >. 

L'affection, ou plutot la serie d'affections designee sous le 
terme de « mal saint Fiacre », que saint Fiacre possedait la 
reputation de soulager, et comme telle baptisee de son nom, 
semble avoir ete peu definie jusquMci. 

Un passage d'un hymne a saint Fiacre, conserve dans les 
Acta Sanctorum^ pourrait en elargir particulierement le cadre, 
qui semble, d'apres ce lemoignage, avoir compris des affections 
de loute sorte. 

Virtutum fulget titulis, 
Medelur ccecis oculis, 
Polypo, fico, calculis, 
Febribus, morbis singulis^. 

Les exemples de guerisons rapportees paraissent cependanl 
circonscrire la definition du a mal saint Fiacre » au genre de 
tumeurs que le langage vulgaire designait sous le nom de 
a iic », ainsi que le porle I'liymne precite, et que Texpression 

\. Chastellain, t. I, p. 330. 

"2. Walter Bower, Scoticlironicon, 1. XV, ch. xxxiv; cf. Hall, 
Chronicle, p. 1 12 ; Religieux de Saint-Denis, t. VI, p. 480; Jouvencl 
drs L'nins, p. 394; liasin. ed. Quicherat, t. I, p. 41; Ciiartier, 
Clironique (atine, trad. V. de Viriville, t. I, p. 5-6; Raoulet, ed. 
V. de Viriville, t. Ill, p. 472. 

3. Act. Sanct., Aug., VI, p. 509. 



ANNEXES. 295 

populaire comprenait sous le vocable general de « fie de saint 
Fiacre^ ». 

11 est a peu pres acquis que le mal qui enleva le roi d'Angle- 
terre comportait, avec quelque tumeur probable, une violente 
dyssenterie. « Et subito infirmilatem cancrosam quam vulga- 
riter Saynt Feakre le male voeant >, dit Tficossais Walter 
Bower'. — « Febrem acutam cum dysenleria vehementi », dit 
Walsingbam^. — Hall, mentionnant la version ecossaise d'apr^s 
laquelle le prince serait mort du mal de saint Fiacre, « the 
disease of S. Fiacre », ajoute, parlant en son nom, que ce mal 
est une paralysie et une crampe, « which is a palsey and a 
cramp ^ ». 

Le personnage connu sous le nom de saint Fiacre, — deforma- 
tion d*un nom irlandais latinise sous la forme « Fefrus' », — est 
considere par la tradition com me fils du roi des Scots Eugene IV, 
regnant au debut du vii* siecle, lequel appartenait a la dynastie 
passee d'Irlande en Galedonie, ayant conserve de nombreuses 
attaches en Irlande, et a qui semble aussi se rattacher saint 
Colomba, Tapotre de la Galedonie et le fondateur de Pabbaye 
dlona. Emigre en Gaule avec la pleiade des moines irlandais 
qui affluaient alors en si grand nombre sur le continent, saint 

1. Act. Sand., Aug., VI, 599; Act. Sanct. ord. sancti Benedicti^ 
I. II, p. 600. Gf. deux ballades d'Eustache Deschamps. (Eustache 
Deschamps, OEuvres completes, ed. de Queux de Saint-Hilaire et 
Gaston Raynaud, DGGGII, DGGGVI, t. IV, p. 316, 321.) 

c Equinancie [es] li goitrous, 
[Et] maiadie de fix prouciiaiDe, 
Vous soit... 

Du mal saint Firmin d' Amiens, 
Du saint Fiacre et du saint Quentin, 
De la rage qui prent ies chiens, 

Soit maistre Mahieu confonduz ! > 

2. Walter Bower, Scotichronicon, 1. XV, ch. xxxiv. 

3. Walsingham, Hist, anglic, t. II, p. 343. 

4. Hall, Chronicle, p. il3. 

5. Act. Sanct. ord. sancti Bcnedicti, I. II, p. 59'S. 



296 ANNEXES. 

Fiacre vient se fixer et achever ses jours en Brie, aupres de 
Meaux, dans une retraite que lui avait concedee saint Faron, 
eveque de Meaux, et ou, apres sa mort, sa sepulture demeura 
en honneur. Devenu un centre important de devotion etdepele- 
rinage, le lieu prit de son nom la designation de Saint-Fiacre \ 
qu'il a conservee depuis. Sa mort est placee en 670, sa comme- 
moration a la date bien connue du 30 aoiit'. 

Pendant la longue et heroique defense de Meaux (6 ocLobre 
iA-Ii-iO mai 4422), le roi d'Angleterre, dont Tarmee, jointe 
aux forces bourguignonnes, occupait tons les environs, avait 
prepare renlevement des reiiques de saint Fiacre hors du sanc- 
tuaire de Brie pour les transporter en Angleterre^. Henry V 
avait en elTet pour raethode de depouiller la France de toutes 
les reiiques de marque que la conquete mettait en sa pos- 
session, pour les offrir, corame moyen de gouvernement, au 
clerge anglais, dont Tinfluence s'etait raise si vigoureusement a 
son service^. 

Le sentiment populaire ne manqua pas d'etablir une impres- 
sionnanle correlation entre eel outrage a un saint renomme et 
ie genre de mal dont, moins d'un an plus lard, le souverain 
conquerant etaitlui-meme frappe. Presque tons les temoignages 
auxquels ii vienl d'etre fait allusion en font foi. 

Sous Teffet de ce rapprochement, certains echos en cours, par 
une transposilion bien nalurelle, faisaient alors mourir le roi 
d'Angleterre a Saint-Fiacre meme, aux portes de Meaux. La 
curieuse chanson historique du cycle du Vau de Vire, datant de 
Tepoque de I'ex pulsion anglaise, une trentaine d'annees plus 
tard, vers le milieu du siecle, en comporte une preuve 
frappante : 

1. Saint-Fiacre, a moins de deux lieues au sud de Meaux, dans 
la direction de Goulommiers (Seine-et-Marne, arr. de Meaux, 
cant, de Crecy-en-Brie). 

2. Act. Sa7ict., Aug. VI, p. 598-600, 602-604. 

3. Walter Bower, Scoticlironicon, 1. XV, ch. xxxiv ; Religieux 
dc Saint-Denis, t. VI, p. i80; Jouvcncl des Ursins, p. 394; Raoulei, 
p. 172. 

4. Vallet de Viriville, Hist, de Charles VII, t. I, p. 293-295. 



ANNEXES. 297 

Le roy Engloys se faisoit appeler 
Le roy de France par s'appellation. 
II a voulu hors du pays meoer 
Les bons Fran^oys hors de lear nation. 
Or est il mort k Saint Fyacre en BryeV 

Une autre anaiogie aurait pu etre etablie par les voix de la 
foule, a savoir la date de la mort du roi, qui mourut preciseoient 
dans la nuit du 30 aoul, jour de la Saint-Fiacre, au 34 aoilt. 
Ge signe ne semble cependant pas avoir provoque chez les con- 
temporains de trace precise subsistante. 

Le fait de i'outrage envers saint Fiacre^ la coincidence du 
nom du mal designe sous le nom du saint avec I'affection dont 
fut frappe le roi, peut-etre aussi la coincidence de la mort du 
roi avec la date de commemoration du saint^ tous ces caracteres 
singuliers, joints a la brusque irruption, au caractere inexpli- 
que de la maiadie qui enleva ainsi le souverain viclorieux, au 
faite de sa puissance, creent ainsi de toutes pieces, presque 
immediatement, un etat de legende autour de la fni du conque- 
rant de la France. 

Une chronique ecossaise rapporte qu'Henry V, la nuit de sa 
mort, s'informant de la cause de son mal, et sur la reponse 
qu'il etait peul-etre du au courroux de saint Fiacre, dont il avait 
outrage les reliques, se serai L eerie : « Parloul ou j'aurai mis 
le pied, vivants ou morls, je trouve des ficossais en face^. » 

II n'est done pas ires surprenanl, des lors, de rencontrer 
comme echo populaire, signale par les nouvcllcs que resume 
ici Antonio Morosini, le brifil que le monarque anglais aurait 
succombe au mal mysterieux et effrayant de la lepre^. 

1. Armand Gaste, Olivier Uasselin et Ic Vau de Vire, chansons 
historiques, n^ III, p. 105. 

2. « Quocumque poiTPxero, tarn vivos Scotos quam defunctos 
in barbam meam reperio. » Walter Bower, Scotichronicon, 1. XV, 
eh. XXXIV. 

3. Le ni(*me temoignage contemporain, le menlionnant comme 
mort du mal de sainl Fiacre, dpcrit ainsi les efTets de la maiadie : 
f Putrefaclis omnibus suis intralibus... et... membris mortuus 
est. B (Walter Howor, Scotichronicon, 1. XV, oh. xxxiv.) Cetto 



298 ANNEXES. 

Un temoignage anglais semble egalement avoir conserve trace 
d'une rumeur seion laquelle Heory V, daos sa jeuoesse, aurait 
ete atteint de cette affection ^ 

Le bruit avalt egalement couru, naguere, que le roi Henry lY, 
son pere, etait atteint de la lepre' etque sa mort, en '1 4^1 3^ etait 
due a ce maP. En fait, Henry IV parait etre mort d'une mala- 
die de cosur, peut-etre compliquee d'accidents cutanes^. 

decomposition symbolique put autoriser toutes les deformatioDs 
et toutes les gioses popuiaires. 

1. Doc. cite dans Wylie, History of England under Henry the 
Fourth, t. II, ch. liii, p. 252, n. 2. 

2. Wylie, Hist, of England, t. II, ch. Lm, p. 245-252. 

3. Monstrelet, t. II, p. 337; Wavrin, part. IV, 1. VI, ch. xxxi, 
^d. William Hardy, t. 1399-1422, p. 159. 

4. Voir Spry, Examination of the tomb of king Henry IV, dans 
Archmologia, t. XXVI, annee 1832, p. 440-445. 



XI. 



Jeanue d'Arc. 

Texte integral du passage des Vite de' Duchi de Marino Sanuto, 
prisentant un resume reconnaissahle de Vensemble des docth 
ments relatifs a Jeanne d^Arc transcrits par Antonio Morosini, 

Voir t. Ill, p. 8, n. 4. 

In questo tempo*, in Francia essendo assediata la Gitta d'Or- 
leans per gl' Inghilesi, apparve al re una Pulcella, la quale 
guardava le pecore, nata verso Lorena, la quale andata dal 
DolOno di Vienna da parte di IJio, comandandogli cb'egli debba 
andare con buon' animo contro i nimici, facendogli sapere, 
cb'egli soccorrerebbe la detta Gitta, avendo certa spada, cb^era 
in una Ghiesa, e avrebbe vittoria contro i suoi nimici. E si 
nominava Giannetta. Si vesti da uomo e si cbiamava Janes. E 
fece cose mirabili. Era d'anni 48. Ruppe %V Inglesi, guarent6 
la Francia. Alia Hne in una terra fu presa da nimici, morta, e 
abbrugiata^. 

1. Ce passage se trouve inscrit, dans ledition citee, entre les 
deux dales du 16 mars et du !«' aoiit 1420. 

2. Marino Sanuto, Vile de Duchi, ap. Muratori, Rerum italica- 
rum scriptores, t. XXII, col. 1005. 



xu. 



LeS GlUSTINIAIfl. 

4429-4430. 

Indications g^nSalogiques et biographiques concernant Pancra- 
zio Giustiniani^ principal auieur des lettres relatives a 
Jeanne d'Arc transcrites par Antonio Morosini, entre mai 
4429 et novemhre iiSO, concernant egdlement Marco Gttt5- 
tiniani son pere^ son correspondant habitual, et les membres 
les plus proches de sa famille*. 

Voir t. HI, p. 40, n. 4, p. 48, n. 6. 

Degagee des legendes qui en font remonter Torigine jusqu'a 
I'empereur Justinien, en font passer une branche en Istrie, oil 
lui serait due la fondation de I'antique Justinopolis, denommee 
Capo d'Istria, puis, d'lstrie, en font parvenir un rameau a 
Venise, — Thistoire de la race venitienne des Giustiniani 
semble poindre vers le milieu du viii* siecle, moment auquel 
un personnage de ce nom apparait revetu de la dignite de tri- 
bun, — pour s'assimiler defmitivement aux annales de la cite 
a partir de la fin du xii* siecle. 

Vers cette epoque, tous les Giustiniani ayant peri au cours 
de la guerre alors survenue entre Venise et I'empire grec, la 
tradition veutque, Tan 44 72, le seul survivant du clan, Niccoi6 
Giustiniani, alors moine au monastere de San Niccolo du Lido, 
dans Tune des iles voisines de Venise, ait ete releve de ses 
voeux par le pape Alexandre III, sous I'instigation du gouver- 

I. Sources consultees. — Karl Hopf, Giustiniani, Familie aus 
Vencdig, dans Ersch etGruber, Allgcmeine Encijklo\)ddie, section I, 
t. LXVIII, 1851), p. ^29U-303; d'apres curate Pompeo Litta, Fami- 
(jlie cclehn italiane, L. VI, 1840, Giustiniani di Venezia^ tabl. i-ix. 



ANNEXES. 30i 

nement venitien, a I'effet de perpetuer un nom deja assez illustre, 
assure la legende, pour ayoir porte ombrage aux empereurs de 
Byzance. Marie a la propre fille du precedent doge, Anna Micheli, 
ayant vu une nombreuse descendance grandir autour de lui, 
Niccol6 Giustiniani, vers la fin de sa vie, serait volontairement 
rentre dans son monastere, ou il aurait acheve ses jours, tan- 
dis qu'Anna Micheli, sa femme, se renfermail elle-meme dans 
un convent voisin*. 

Les Giustiniani genois, dont certaines traditions rattache- 
raient Torigine a un tronc commun, qui aurait ainsi fourni, 
vers le vni*' siecle, une branche a Venise et Tautre a Genes, 
n'onten realite avec leurs homonymes venitiens d'autres carac- 
teres comparables que leur denomination pareille. En ce qui 
concerne les Giustiniani de Genes, qui, historiquement parlant, 
n'apparalssent dans les annales genoises qu'a une epoque rela- 
tivement tardive, I'origine de leur nom semble liee au develop- 
pement des associations formees a Genes pour Texploitation 
commerciale de Pile de Chio^. 

Du manage de Niccol6 Giustiniani avec Anna Micheli seraient 
nes, entre aulres enfants, cinq flls, auteurs eux-memes d'autant 
de branches distinctes, subdivisees a leur tour en multiples 
rameaux^. Une tradition veut qu'en un certain moment de This- 
toire yenitienne, les Giustiniani aient compte cinquante souches 
et deux cents membres adultes en age de sieger au Grand Con- 
seiP, brillante tloraison depuis grandement reduite, mais encore 
aujourd'hui haulement representee^. 

Pancrazio Giustiniani, Tinteiligent et avise redacteur des 
lettres dont Antonio Morosini, par une si heureuse initiative, a 

1. Karl Kopf, op. cii., p. 290; Litta, op. cit., tabl. i. 

2. Karl Hopf, Giustiniani, Familie aus Genua, dans Ersch et 
C'rruber, loc. cit., p. 308; Litta, op, cit., labl. i. 

3. Marco, do la « coutrada » de San Panlaleone ; Giacomu, de 
San Barnabo; Marino, de San Moise ; Stefano, de San Paolo; 
Filippo, de San Giovanni in Bragora. 

4. Litta, op. cit., tabl. i. 

r>. liitia, op cit., tabl. i a ni. vi a ix. 



302 ANNEXES. 

recueilli dans son Diario les onze exemplaires preserves, entre 
mai 4429 et novembre 44dO\ etait, d'apres I'intitule m&oie de 
la plupart de ses missives, fils d'un certain Marco, encore 
vivant, auquel ii adresse ses pr6cieuses correspondances*. 
Dans une de ses letlres a son pere, il parle, le designant seule- 
ment par son prenom, avec un air de familiarite visible, d'un 
certain « Marin », mentionne comme vivant'. Quant a Marco, 
queiques-uns des intitules des lettres en question le signalent 
comme fils d'un certain Orsato, auquel il est fait allusion comme 
decede*. 

Ces notions prealables, dont la realite semble indiscutable, 
permettent de rattacher Pancrazio Giustiniani, lui comme ses 
proches, a des personnages autbentiques de la race des Giusti- 
niani, — classes, vers I'epoque precisement correspondante, 
sous des prenoms analogues, — offrant une filiation pareille, 
— et a la biograpble desquels viendront desormais s'ajouter 
les nouveaux titres que peut leur conferer le role joue par eui 
a Toccasion des evenemenLs bistoriques en question. 

lis se rattacbent a la descendance de Marino, Taine des fils 
de Niccol6 aj^ant laisse posterite'*. 

G'est ainsi que Pancrazio*, second des trois fils de Marco, 
apparait comme marie, en 4424, a Isabella, fille de Francesco 
Cornaro, et qu'il se trouve designe comme ayant siege dans 
TimporLant tribunal venitien connu, en raison du nombre et 
des fonctions de ses membres, sous le nom de Quarantie Cri- 
minelle^. Les renseignements fournis par les lettres emanees 

\. Voir le Sommaire du t. Ill, ou le repertoire chronologique 
en a el6 dresse. 

2. Mention textuelle, Extraits publics, t. Ill, p. 8-10, 56, 16S, 
212, 220, 2U-246, 260-270, 3l6-3!8. - Lettres presumees adres- 
sees a lui, voir le Sommaire du t. III. 

3. Extraits publies, t. Ill, p. 48. 

4. Extraits pubiies, t. Ill, p. 244-2i6, 270, 316-318. 

5. Voir le tableau ci-dessous. 

6. Karl Hopf, Giustiniani, Familie aus Venedig, loc. cit.,p. 294; 
Litta, op. cit., tabl. v. 

7. Selou ce qu'iudique son nom, la Quarantie Criminelle etait 



ANNEXES. 303 

de lui, transcrites par Antonio Morosini dans son Diario, le 
font voir, en tout cas, installe a Bruges, dans ia colonie veni- 
tienne de cette ville, entre mai 4429 et novembre 4430 \ et sans 
doute adonne, comme la plupart de ses compatriotes, aux occu- 
pations commerciales oil s'absorbaient tant de Yenitiens^. Les 
fonctions qu'il paralt avoir exercees lui-meme dans sa patrle', 
ses relations avec le doge^, les charges dont furent rev^tus ses 
quatre fits', les alliances de ses filles, mariees a des Delflno, 
Loredano, Badoer, Giustiniani, Quirini et Zane^, font sufOsam- 
ment voir quel rang personnel il tenait dans la cite et quelles 
garanties presente son (emoignage. 

Marco, son pere, marie a la fiUe de Gabriele Soranzo, aurait 
ete ambassadeur de la Republique venitienne aupres de son 
compatriote le pape Gregoire XU, en 4406, puis « baile » veni- 
tien a Ghypre, en 4 44 3, charge d'imporlanles fonctions en Crete, 
en 4422^ eiecteur dogal lors de Telection de Francesco Foscari, 
en 4423, et seralt mort en 4444'. Au moment ou il recevait a 
Yenise les letlres de son fiis, en 4429 et en 4430, il etait done 
encore dans toute la force de Tage. 

Parmi les (ils de Marco figure comme cadet de Pancrazio un 
certain Marino, qui pent vraisemblablement s'identifler avec le 
<r Marin » auquel fait allusion, sur le ton de familiarite signa- 
lee, la letlre de Pancrazio dont il a ete fait mention. Ge Marino 
Giustiniani, marie a Elena Contarini, est indique comme ayant 
exerce^ en 4432, les fonctions de « podesta » venilien de 
Ghioggia®. 

un tribunal compose de quarantc membres auquel ressortissaient 
les causes criminellcs de I'Etat vonilien. Les trois « chefs » de ce 
tribunal faisaient parlie du College et de la Seigneurie. 
i. Extraits publies, t. Ill, p. 8-10, 316-318. 

2. Extraiis publies, t. Ill, p. 256. 

3. Karl Hopf, op. cii., p. 294; Litta, op. cil.^ tabl. v. 

4. Extraits publies, t. Ill, p. 234. 

5. Karl Hopf, op. cit., p. 294-295; Litta, op. cit., tabl. v. 

6. Ibid., id. 

7. Karl Hopf, op. cii., p. 294; Litta, op. cit., tabl. v. 

8. Ibid., id. 



304 ANNEXES. 

Enfin, Orsato, pere de Marco, signale a cette ipoque comme 
deja decede, aurait exerce vers 4334 les fonctions de a podesta » 
a Milan, oil Taurait appele la faveur d'Azzo Yisconti, seigneur 
de Milan, aurait represente la Republique venitienne aupres 
du Kban tartare de la Horde d^Or, en 4348, et aurait figure 
comme electeur dogal en 4382, lors de Teleclion de Michele 
Morosini ' . 

Un autre flls de Marco^ frere aine de Pancrazio et de Marino, 
portant le nom d'Orsato comme son grand-pere, marie a la fllle 
de Pietro Morosini, est ambassadeur de la R6publ]que veni- 
tienne a Ferrare, en 4430, « podesta > venitien a Padoue en 
4450, capitaine general en Moree en 4463^. 

La descendance masculine directe issue des quatre ills de 
Pancrazio Giustiniani semble s'etre eteinte vers la fin du 
xYii® siecle^. 

Le tableau qui suit pent donner une idee de la filiation 
adoptee par les geneaiogistes pour Pancrazio Giustiniani et ses 
proches*. 

1. Karl. Hopf, op. cii., p. 294; Litta, op, cit., tabl. v. 

2. Ibid., id. 

3. Litta, op. cit., tabl. v, in fine. 

4. D'apr^s les sources suivantes, pour los degres 1 a 9 : 

1° Gomte Pompeo Litta, Famiglie celebri iialiane, loc. cit., tabl. i. 

2'> Litta, tabl. i et iv; Karl Hopf, Giustiniani, Familie aus Vene- 
dig, loc. cit., p. 291. 

3° Litta, tabl. iv; Hopf, p. 292. 

4° Litta, tabl. iv; Hopf, p. 291 et 292. 

5° Litta, tabl. iv ; Hopf, p. 292. 

6° Litta, tabl. iv ; Hopf, p. 292. 

70 Litta, tabl. iv et v; Hopf, p. 292 et 294. — Sur lui, voir 
ci-dessus. 

8° Litta, tabl. v; Hopf, p. 294. — Sur lui, voir ci-dessus. 

9° Litta, tabl. v; Hopf, p. 294. — Sur eux, voir ci-dessus. 



.:;<^vvv--?;'; 



ANNEXES. 305 



Niccold Giustiniani, 

releve de ses yobux 

vers H72. 

I 

T 

Marino Giustiniani, de San Moise, 

« bails I de N^grepont 

Ters 1207. 



procurateur de Saint-Marc 
vers 1270. 




I 
Giustiniano, 

envoy6 en Cr6te 

vers 1252. 




Leonardo, 

« podesta » de Ghioggia 

vers 1290. 



Bernardo, 

procuraleur de Saint-Marc 

vers i353. 



7. Orsato, 

mentionne entre i334 et 1382. 



8. Marco, 

mentionn6 entre 1406 et 1444, 
epouse N., fille de Gabriele Soranzo. 

r ' \ I 

y. Orsalo, Fancrazio, Marino, 

mentionne raembre de la « podesta »deChioggia 

entre 1406 et 1444, Quarantie Criminelle, en 1432. 

epouse N., marie a Isabella, 

fiile de P. Morosini. fille de Fr. GorDaro, 

en 1424. 

IV • 20 



XIII. 

Bastilles anglaisbs autour d^O&lbans. 

4428-4429. 

Denombrement des bastilles 4tev4€s par I'arm^ anglaise autour 
d* Orleans y dont la lettre de Pancrazio Giustiniani^ en dale 
de la mi-mai 44i9, porte le nomJbre d treize. 

Voir t. Ill, p. 46, n. 6, et p. 32, n. 4. Cf. p. 448, n. 2. 

La lisle et ridentiflcation des bastilles anglaises elevees devant 
Orleans onl ete delerminees pour la premiere fols par JoUois, 
dans son Histoire du siege d'OrUans^ C'est a cet excellent 
fonds, a celte claire et substantielle exposition que la plupart 
des Iravaux poslerieurs ont emprunte et continuent a emprun- 
ler leurs donnees sur ce sujet. La recente publication des tra- 
vaux de Tabbe Dubois, etudes anterieures demeurees jusqu'ici 
manuscrites, a apporle a cette question delicate une nouvelle 
contribution^. 

A la fin du siege, dans les premiers jours d^avril, la situation 
etait la suivante. 

Sur la rive de Sologne, les ouvrages des Tourelles, boule- 
vard et tete de pont, ouvrages conquis par les assiegeants 
anglais sur la defense orleanaise, les 23 et 24 octobre 4428, 
etaient accompagnes d'abord, droit devant eux, sur la route de 

i. Histoire du siege d'0rl6ans; eh. v : Des bastilles et des bou- 
levards oleves par les Anglais, p. 24-41 et plan 1. Paris, 1833, 
1 vol. in-fol. 

2. Hisloire du si^.ge d'OrUans, ik28'ik29, MSmoire irUdii de 
M. I'abbe Dubois, publie par M. Paul Cfiarpeniier^ memhre de la 
SocieU archeologique et historique de VOrUanais, prMdi d^une 
notice sur Vauteur par M. Ch. Ouissard, sous-bibliothecaire de la 
ville d'OrUans, dissert. VI, Position des bastilles et des boulevards 
des Anglais lorsqu'ils out assi^gS OrUans, p. 241-272 et plan. 
Orleans, 1894, 1 vol. iii-8«. 



ANNEXES. 307 

Bourges, de la bastille dite des AugustiDS, installee dans les 
mines des b&timents d'un couvent de rellgieux de cet ordre ; 
puis, en amonl et en aval, au bord meme du fleuve, des deux 
bastilles dites, Tune, de Saint-Jean-le-Blanc, la derniere instal- 
lee, vers le 20 avril 4429, dans les b&timents de Teglise du vil- 
lage de ce nom, Tautre, du champ Saint-Prive, construite, vers 
le 40 Janvier 4429, dans le voisinage de cette localite. 

Dans une He de la Loire, Tile Charlemagne d'aval, aijgour- 
d'hui disparue, entre Saint-Prive, sur la rive de Sologne, et 
Saint-Laurent-des-Orgeriis, sur la rive de Beauce, s'elevait un 
ouvrage, egalement installe vers le 4 Janvier 4 429, et denomme 
bastille de Tile Charlemagne. 

Sur la rive de Beauce, la bastille dite de Saint-Laurent-des- 
Orgerils, installee le 30 decembre 4429 dans les mines des hkii- 
ments de Teglise de ce nom, vaste et solide place d'armes voi- 
sine de la greve de la Loire, achevait de maitriser le cours du 
fleuve en aval, et nouait le premier lien de la plus grande ligne 
d'investissement. La chaine passant dans le nord-ouest, le nord- 
est se fermait au-dessus d^Orleans, au bord de la Loire, sur la 
route de Glen, par la bastille dite de Saint-Loup, installee, le 
40 mars, dans les batiments de I'eglise du village de ce nom, et 
a laquelle repondait, de Tautre cote du fleuve, la bastille de 
Saint-Jean-le-Blanc. Enlre Saint-Laurent et Saint-Loup, gar- 
dant les routes de Blois, la route de Cbateaudun avec la direc- 
tion de Vendome, la route de Paris avec la direction de Chartres, 
s'egrenaient les quatre bastilles diles de la Croix-Buissee, des 
Douze-Pierres ou de la Grange-de-Cuyveret, la plus forle de 
toutes, du Pressoir-Ars , de Saint-Pouair, elevees enlre la 
mi-janvier et la mi-avril, ces trois dernieres baptisees par les 
Anglais des noms caracteristiques de Londres, de Rouen ou de 
Haro, et de Paris. Faut-il leur ajouler Tenigmatique bastille du 
Colombier, dont ridenlite et la situation exactes demeurent 
encore, a notre impression du moins, un probleme a resoudre? 

Soit treize bastilles ou ouvrages, en y comprenant la bastille 
du Colombier. 

Tous ces ouvrages laissaient encore vide, comme on pent 
aiseraent s'en rendre compte, tout Tespace corapris entre la 
route de Paris et le val de Loire, entre la bastille de Saint- 



308 ANNEXES. 

Pouair et celle de Saint-Loup, soil un quart entier du cerde 
d'investissement, ainsi librement ouvert, dans la direction du 
nord-est, par Beaune-la-Rolande, vers Montargis encore fran- 
(ais, — Monlargis que Gien et son pont reliaient toujours aux 
provinces d'Outre-Loire, refuge et r^rve de la cause naUonale. 
C'est par cette fissure que pouvaient continuer a penelrer dans 
Orleans, jusqu'a la veille de sa delivrance, les convois de vivres 
el les renforts de troupes dont le Journal du siege donne encore, 
pour la derniere moitie d'ayril, une si ezacte et si curieuse 
nomenclature *. 

11 est interessant de voir la lettre de Pancrazio GiusUniani, 
en dale de la mi-mai, mentionner le chiffre de treize bastUles. 

Jusqu'ici, la Chronique de la Pucelle etait la seule source 
contemporaine connue annoncant et denombrant treize bas- 
tilles ou ouvrages*. Cette enumeration s'opere en deux pas- 
sages dislincls, — Tun atlribuant cinq bastilles ou ouvrages a 
la rive de Sologne', — Tautre, huit a la rive de Beauce, 
dont celle de I'ile Charlemagne^. Dans les bastilles de la rive 
de Sologne, le texte distingue les < Tournelles » et le « boule- 
vart de devant' d, denommanl sans particularile speciale les 
trois autres, a savoir les Augustins, Sainl-Jean-le-Blanc et 
Sainl-Prive. Dans les bastilles de Beauce, le lexte est seul a 
denombrer la « bastide du Golombier^ », qu'il enumere entre 
Saint-Laurenl-des-Orgerils el la Croix-Buissee, denommant sans 
particularile speciale les septaulres, a savoir Tile Charlemagne, 
Saint-Laurent-des-Orgerils, la Croix-Buissee, les Douze-Pierres, 
la Grange-Cuyveret (Rouen), Sainl-Pouair et SaintrLoup. 

La lettre de Pancrazlo Giustiniani offre desormais un second 

1. Journal du siege d'OrUans, ed. Charpentier et Guissard, et 
ap. Quicherat, Procds de Jeanne d'Arc, t. IV, 16-29 avril 1429. 

2. Chronique de la Pucelle, ed. Vallet de Viriville, oh. xxxviii- 
XXXIX, p. 265-266. « Et ainsi appert que la ville fut enclose, tant 
de la partie de Beausso que de Soulongne, de treize places foni- 
tiees, tant boulevarts comme baslides. » (Ibid., p. 266.) 

3. Chronique de la Pucelle, ch. xxxviii, p. 265. 

4. Chronique de la Pucelle, ch. xxxix, p. 265-266. 

5. Chronique de la Pucelle, ch, xxxviii, p. 265. 

6. Chronique de la Pucelle, ch. xxxix, p. 265. 



ANNEXES. 309 

temoigoage appuyant ce chilTre de Ireize bastilles, jusque-la 
uniquement enonce par la Chronique de la Pucelle. 

II semblerait done qu*il faille desormais donner rang et place 
a part, dans la liste des ouvrages celebres eleves autour d'Or- 
leans lors du siege de 4428-4429, a la bastille du Golombier^ 

1. L'hypoth^se d'un ouvrage fortifi^ anglais, que les annalistes 
contemporains auraient passe sous silence, a et^ emise et defen- 
due, avec beaucoup d'arguments ingenieux, par M. Boucher de 
Moiandon, auquel I'histoire orleanaise demeure redevable de si 
prccieuses contributioQs. Get ouvrage fortifie anglais, dejd. pre- 
sume 6tabli en principe, dans ces parages, par M. Berriat Saint- 
Prix (Jeanne dHArc, 1817, 1 vol. in-S®, p. 246), aurait, selon 
M. Boucher de Moiandon, d'apres certains vestiges visiblement 
subsistants, ete dressd sur le territoire de la commune de Fleury- 
aux-Choux, a pres d'une iieue de I'enceinte d'Orl^ans. (Boucher 
de Moiandon, tivide sur une bastille anglaise du JF« sUcle, relrou- 
vie en la commune de Fleury, prds Orlians, ap. Mimoires de la 
SociSte arMologique de VOrUanais, t. IV, 1858, p. 320-365. Col- 
lin, Rapport fait a la SociH6 arcfUologique de iOrUanais au nom de 
la commission chargSe de visiter les ouvrages signales d Fleury, 
Ibid., p. 366-381.) — Gombattue des son origine par M. Vergnaud- 
Romagnesi [Examen d'un mdmoire sur une bastille anglaise du 
JF« siecle, ap. Mdmoires de la SociHe des Antiquaires de France, 
t. XXV, 1858, p. 151, et Siege d'OrUam en lk29, ap. Bulletin du 
Bouquiniste, n® 98, 1861, p. 25), cette theorie a 6te I'objet d'une 
dissertation des plus precises, jointe par M. Wallon a son histoire 
do Jeanne d'Arc. (T. I, app. VI, fnvestissemcnt d'OrUans, p. 350- 
356, cf. app. XX, Entree du second convoi dans OrUans Ic 4 mai 
1'a29, p. 388-391.) M. Wallon a demontre que les textes sur les- 
quols pourrait s'appuyer roxistence de la bastille anglaise de 
Fleury n'autorisaient en somme aucune conclusion de ce genre. — 
11 faut ajouter que Tassertion de la Chronique dc la Pucelle et do 
la Icltre de Pancrazio Giustiniani, portant a ireize le nombre des 
bastilles anglaises autour d'Orleans, ne saurait constituer aucun 
argument en faveur de I'existence de la bastille de Fleury, la 
Chronique de la Pucelle uommantu/ie a une les treize bastilles en 
question, sans lacune dans lenumeration (ch. xxviii-xxxix, p. 265- 
2tj6), en comptant pour deux ouvrap;cs les Tourelles et le boule- 
vard devant les Tourelles (ch. xxxviii, p. 2(^5). — Gette exacte 
comprehension du texte de la Chronique de la Pucelle parait fina- 



XIV. 

AmBASSADE OELJANAISE AU DOG DB BOCEGOGNE. 

4429. 

Discussion de la date de Pambcusade envoyee au due de Bour- 
gogne par les OrUanais assi^g^s, sous la conduite de Sain- 
tr allies, au d6but de 44^, d I'effet de lux offrir la garde de 
la ville et du duclU d'Orleans. 

Voirt. Ill, p. 48, n. 2. 

Sur la dale de cette ambassade, deux versions sont jusqu'ici 
en presence. 

Premierement, le recil combine de Ghartier', du Journal du 
siege d'Orleans* et de la Chronique de la Pucelle^. 

Le depart de la mission est place par cette version, en 
somme, a la fin de fevrier ou au debut de mars, entre ie 
moment oil Charles de Bourbon, comte de Clermont, se retire 
d'Orleans, a la suite de ia bataille des Harengs, laissant a nou- 
veau toute la direction de la defense au balard d'Orleans, et a 
Tinstant ou Jeanne d'Arc parvient a Chinon vers le roi. 

Or, la bataille des Harengs, de I'accord commun de lous les 
textes, a lieu le ^ 2 fevrier ^ 429 '*, et le Journal du siege, manifes - 
tement original et exact en ce passage qui concerne un evene- 

lement avoir 6te admise par M. Boucher de Molandon iui-mtoe. 
(L'ArmSe anglaise vainctie par Jeanne d' Arc sous les murs d'OrU^ns, 
ap. Mem. de la Soc. arch, et hist, de VOrleanais, t. XXIII, 1892, 
ch. IV, part. VII, p. 821-824; tirage a part, p. 149-152.) 
i. Chartier, ch. xxxiv, ed. Vallet de Viriville, t. I, p. 65. 

2. Journal du siege d' Or Hans, ed. Gharpentier et Cuissard, et 
ap. Quiche rat, Proces do Jeanne d'Arc, t. IV, entre 18 fevrier et 
17 avril 1429. 

3. Chronique do la Pucelle, ed. Vallet de Viriville, ch. xli, 
p. 269-270. 

4. Voir Extraits publies, t. Ill, p. 14, n. 2. 



ANNEXES. 31 i 

ment purement orleanais, place le depart du comle de Cler- 
mont au 48^ D 'autre part, I'arrivee de Jeanne d'Arc a Ghinon 
est generalement placee au 6 mars'. 

Le Journal du siege d^Orleans, avec une precision singuliere, 
inscrit le depart de Tambassade, sous la conduite de Saintrailles, 
immediatement apres la mention de la retraite du comte de 
Clermont, le vendredi \S fevrier, et immediatement avant le 
recit d'une escarmouche livree sous les murs d'Orleans, le 
dimancbe 20'. Mais il n*y a pas lieu de se preoccuper autre- 
ment de cette exactitude tout apparente. Ce passage, entre 
autres emprunts similaires, est visiblement interpole dans la 
redaction primitive et derive d'un autre texte. 

Ne subsistent done, commelimites du depart de cetle ambas- 
sade, que les dates du 48 fevrier et du 6 mars. 

Quant au retour de Tambassade, le Journal du siege d'Or- 
leans, manifestement original en ce passage, — tout en faisant 
allusion a la reapparition de Saintrailies a Orleans a la date du 
2 avril ^, — fixe la rentree de la mission au dimancbe i 7 avril*. 
Date que, dans ces conditions, aucune raison ne porte a 
repousser. 

Cette version, ainsi encadree dans ses lignes generales, 
montre, d'une i)art, Tambassade partie a cette date se rendant 
aupres du due de Bourgogoe en personne, el, d'autre part, le 
due Tamenant en sa compagnie a Paris pour negocier avec le 
due de Bedford. 

A cette dale de fin fevrier ou de debut de mars, I'ambassade 
aurait forcement rencontre Philippe le Bon dans ses Elats du 
Nord, sa base constante d'operations de 1425 a 1432, region 
qu'il ne quitle, enlre ces dales, que pour effectuer a Paris de 
rares apparitions. Rentre vers la fin d'aout 1428 en Flandre, 
apres Theureux achevement de sa campagne de HoUande contre 
la comlesse Jacqueline, Philippe le Bon lermine a Bruges Tan- 

1. Journal du siege d'Orleans, 18 fevrier. 

2. Voir Extraits publies, t. Ill, p. 44, n. 2. 

3. Journal du siege d'OrUnns, entre IS et 20 fevrier. 

4. Journal du siege d'Orleans, 2 avril. 

5. Journal du siege d^ Orleans, 17 avril. 



312 ANNEXES. 

nee 4428^ Vers la mi-carSme, le 3 mars, on le voit se depla- 
(ant a Bruxelles pendant quatre ou cinq jours, a I'oocasion 
d'un tournoi^. Dans les premiers jours de mars, il se rend 
ensuite a Namur pour y recueiilir la succession du comte, a lui 
legue par le dernier comte'. Quant au voyage du due a Pans, 
il est etabli qu'il y arrive le 4 avril et y sejourne jusqu'au 22^. 
Dates qui concordent avec celle du retour de Tambassade a 
Orleans, qui a lieu le ^7 avril*. 

Secondement, le recit de Monstrelet^. 

Celte version mentionne tres nettement Tarrivee de Tambas- 
sade orleanaise pres du due de Bourgogne, comme se foisant a 
Paris meme^ pendant le sejour du due a Paris. 

Sejour que Monstrelet place vaguement « au commencement 
de cest an », c^est-a-dire apres le 27 mars, jour de P&ques, en 
le faisantdurer « environ trois sepmaines », mais dont on vient 
de voir les dates exactes etablies enlre les 4 et 22 avril, avec 
necessite que la negociation fut terminee a temps pour que 
Tambassade fut rentree a Orleans le 47 avril. 

Getle letlre de Pancrazio Giustiniani conQrme le fait qu'en 
avril, a Paris, Pbilippe le Bon negoclait a ce sujet avec le due de 
Bedford. 

Les mots : « Gircha la fin de Tallro mexe^ », c'est-a-dire : 
vers la fin d'avril, se trouvent a pen pres en concordance avec 
les faits qui viennent d'etre etablis : sejour de Tambassade 
aupres du due de Bourgogne entre le 4 el le 22 avril, negocia- 
tion entre le 4 et le n avril. 

1. Gachard, Voyages des souverains des Pays^Das, t. I, p. 76-79. 

2. Monstrelet, 1. II, ch. liv, ed. Douet d'Arcq, t. IV, p. 306-308. 

3. Monstrelet, 1. II, ch. lv, p. 308-309. 

\. Journal dun Bourgeois de Paris, 4 avril, 22 avril 1429, ed. 
Tuetey^p. 233-234. 

5. Journal du siege d'OrUans, 17 avril. 

6. Monstrelet, I. II, ch. lviii, t. IV, p. 317-319. 

7. Lettre de Pancrazio Giustiniani, en date de la mi-mai 1479 
environ. (E.xtraits puhli^s, t. Ill, p. 18, lignes 4 et 5.) 



XV. 

£t£?idaeds de Jeaptne d^Arg. 
4429. 

Signification figur^e de la face principals de I'^tendard; des- 
cription de son revers; description du pennon; description 
de la banni^e des pretres. 

Voir L III, p. 440, n. 4. 

La face principals de Tetendard de Jeanne d^Arc, dans sa 
signification figuree, resume touLe Tidee qu'eiie se faisait de 
sa mission, et que les fouies s'en faisaienl a sa suite*. 

La figure centrale du Christ repond au Roi du Giel, loujours 
invoque par eile lors de ses sommalions aux forces ennemies, 
soit devant une ville assiegee^, soit au fort du combat'. 

Association que le sentiment populaire traduisit si spontane- 
ment. Ainsi, la ballade dauphinoise, contemporaine des pre- 
miers succes de la Pucelle^ : 

Par le voloyr don roy Jhesus 
Et Janne, la douce Pucelle. 

Un seul temoignage contemporain parait faire allusion au 
revers de Tetendard : c'esl celui de Perceval de Cagny, qui le 

1. Ce point a et6 specialement traite par lo R. P. Ayroles, la 
Vraie Jeanne d'Arc, t. IV, p. 40. 

2. Entre autros, leltre de la Pucelle avec Irois commandants de 
I'armee anglaise devant Orleans, en date du raardi saint, 22 mars 
1429. [Proces, 1. 1, p. 240-241 .) — Assaut de Jargeau, dans Perceval 
de Gagny, 11 juin 1420. \Proccs, t. IV, p. 12.) 

3. Entre autres, apostrophe a William Glasdedl, au moment 
de I'assant final du boulevard des Tourelles, le 7 mai 1429, dans 
Deposition de Jean Pacquerel, Procts, t. Ill, p. 110. 

4. Paul Meyer, Ballade centre Ics Antjlais, ap. Romania, t. XXI, 
180-2, p. 50-5-:. 



314 ANNEXES. 

decrit ainsi, dans un passage malheureusement mutile : « Son 
estendart ouquei estoit empainture Dieu en sa majeste, et, de 
I' autre cosU . . . , et ung escu de France lenu par deux anges. . . ^ > 

Description qui pourrait concorder avec le passage de la 
relation du greffler de la Rochelle, oil celui-ci decrit Tetendard 
de la Pucelle. 

« Et fit faire audit lieu de Polctiers son estandard, auquel y 
avoit un escu d'azur, et un coulon blanc dedans ycellui estoit; 
lequel coulon tenoit un role en son bee ou avoit escrit : « De 
« par le Roy du cieP. » 

La description ici donnee est teilement difTerente de celle 
generalement admise, tout en semblant, par une des pieces 
indiquees (I'ecu d'azur), se rapprocher de celle du revers don- 
nee incompletement par Perceval de Gagny, quMl faut bien 
admettre que le greffier de Ja Rochelle a entendu depeindre le 
cole de Tetendard correspondant, non a La face principale, mais 
au revers de Telendard en question. 

11 ne faut pas confondre i^etendard principal de la Pucelle, soil 
en face principale, soit en revers, avec son pennon^ que plu- 
sieurs texles designent nettement comme confectionne pour 

1. Perceval de Cagny, 12 juin 1429, Procbs, t. IV, p. 12. Quiche* 
rat propose rinterpretation : « Et, de I'autre coste, Timage de 
Nostre-Dame et ung escu de France tenus par deux anges. > 
(Ibid,, loc. cii., n. 1.) II se fonde sur ce que, dans un passage 
precedent, F^erceval de Gagay, decrivant l*^tendard, le d^peignait 
ainsi : a Elle tist fairc ung estendart ouquei estoit Ilmage de 
Nostre Dame. » (Ibid., entre 6 mars et 4 mai 1429, p. 5.) Mais, 
d'apr^s d'indiscutables temoignages, ii semble bien que ce soit 
au pennon de la Pucelle, ot non au revers de cet etendard, que la 
figure de la Viergeait ete representee sous une forme quelconque. 
(Voir Vallet de Viriville, Hist, de Charles VII, t. II, p. 65; Wal- 
lon, Jeanne d'Arc, App. XV, fitendard de Jeanne d'Arc, p. 375- 
377.) 

2. Quicherat, Relation du greyer de la Rochelle, dans Rm). hist.j 
1877, mai-aout, p. 338. — On remarquera que ce texte marque 
letendard comme fait a Poitiers, contrairement a I'accord presque 
commun des textes, qui le signalent comme fait a Tours seule- 
ment. (Voir Extraits publies, t. Ill, p. 110, n. 1. Gf. Additions et 
Corrections, t. 111, p. HO.) 



ANN£X£S. 315 

Jeanne d'Arc, a Tours, vers le meme temps que Tetendard 
principal, el comme porte, avec Tautre, a ses c&tes^ 

Ge pennon parait avoir represente une image de la Vierge 
ayant devant elle un ange lui presentant un lis, c'est-a-dire, en 
somme, la scene de TAnnoncialion^. 

Un troisieme insigne parait avoir accompagne la Pucelle, au 
moins a certains moments^. 

G'etait une banniere speciale destinee aux pretres, ou etait 
represente le Christ en croix^ De ce troisieme insigne, on salt 
seuiement; par le temoignage unique de Jean Pasquerel, aumo- 
nier de la Pucelle, qu'il fut prepare a Blois, au moment ou s'as- 
semblaient les forces de secours a destination d'Orleans, et 
qu'il etait destine a servir de ralliement aux pretres qui accom- 
pagnaient Tarmee'. 

1. Wallon, Jeanne d'Arc, t. I, App. XV, Etendard de Jeanne 
d'Arc, p. 375-377. 

2. « Et ou panon estoit painte comme une Anonciation, c'est 
I'image de Nostre Dame ayant devant elle \in^ ange luy presen- 
tant ung liz. » [Journal du siege d'Orlians, 29 avril 1429.) Cf. 
images de la Vierge citees, sans attribution speciale, au pennon; 
Perceval de Cagny, entre 6 mars et 4 mai 1479, Procds, t. IV, 
p. 5; Relation du greffier d'Albi, Proces, t. IV, p. 301; Chronique 
du doyen de Saint- T/ii^baidt de Metz, Proems, t. IV, p. 322. 

3. Wallon, Jeanne d'Arc, t. I, App. XV, fitendard de Jeanne 
d'Arc, p. 376-377. 

4. f In eodem vexillo faceret depini^i imaginem Domini Nostri 
crucifixi. > (Deposition de Jean Pasquerel, Procds, t. Ill, p. 104.) 

5. Deposition de Jean Pasquerel, Proces, t. Ill, p. 104. 



XVI. 

PaOPHETIES RBLATIVES A Li PuGELLE. 

4429. 

Variantes diverses du texte du chronogramme proptUtique en 
forme de tercet^ concernanf Jeanne d^Arc et son ceuvrey en 
Van 4429j et attrib'iU d Bide le V6n6rable, texte contenu 
dans une correspondance en date de Bruges^ le 9juillet 44^, 

Voir t. Ill, p. 426, n. 3. 

Un certain nombre de temoignages contemporains, chro- 
niques, memoires se rattachant au proces de Rouen, presentenl 
un tercet de trois hexametres latins, d'allure prophetique, con- 
tenant une soi-disant prediction annoncant les vicloires de la 
Pucelle, tercet offrant un chronogramme destine a former le 
chiffre falidique de 4429. 

Certains de ces temoignages attribuent ce chronogramme 
prophetique a Bede le Venerable; d'autres ne presentent aucune 
indication d'origine. ^ 

Un chronogramme est, comme on sait, le groupement d'un 
ou plusieurs mots, prose ou vers, formant generalement die- 
ton, devise ou phrase commemorative, oil Taddition des lettres 
numirales permet de determiner en chiffres romains Tannee 
d'un evenement auquel peuvent se rapporter les mots en ques- 
tion, Les lettres numirales^ c'est-a-dire les lettres admises dans 
la nomenclature des chiffres romains, comme i, I, u ou v, V, 
1, L, etc., sont mises a part, lelies qu'elles se presentent, puis 
additionnees, en tenant compte de leur puissance numerique 
propre; leur somnie compose le chiffre de Tannee cherchee. 

Ainsi% a propos de Fassassinat de Jean Sans-Peur a Montc- 
reau, les mots : 

Tolle, toUe, cruciflge eum si vis. 
1. Exenipio tire ile I'ouvrage cite note suivante, p. 195. 



ANNEXES. 317 

compris de la maniere suivante : 

loLLe, toLLe, CrVCIflge eVM si Vis. 

autorisent ie comput suivant, equivalent a la dale de Tevene- 
ment, soil Tannee 4449. 

L = 50 

L = 50 

L =: 50 

L =: 50 

C 1= 400 

V =r 5 
C = 400 
I = 4 
I = 4 

V = 5 
M = 4000 
I = 4 

V r= 5 
I = 4 



4449 



Le recueil le plus complel de chronogrammes signale jusqu'a 
ce jour paralt etre celui du a la patience de M. James Hilton % 
oil les chronogrammes d'origine francaise^, donlles premiers 
specimens semblent se rencontrer des le xiv* siecle, sontrecon- 
nus comme les plus anciens en date^. 

En fail de chronogrammes contemporains se rapporlant a 
Tepoque dont il est ici question, on pent citer les quelques spe- 
cimens recueillis dans I'ouvrage qui vienl d'etre cile*, quelques 

I.James Hilton, Chronograms 5.000 and more in number, 
excerpted out of various authors and collected at many places, 
Londres, 1882, in-4o, 569 p. 

2. James IliltoQ, op. cit., France, p. 194-2 H. 

3. James Hilton, op, cit.y p. 194. — Les Etats bourguignons 
offrent une particularite : lis ne semblent pas admettre, dans le 
comput, la lettre d, D, ni sa valeur de 500 unites. (Ibid., p. 19'i- 
195.) 

4. James Hilton, op. cit., p. 195. 



318 ANNBXBS. 

autres diss^mines ca et la^, et surtout la curieuse serie que 
presente la Chronique du MoDt-Sainl-lUchel, a propos de divers 
eveDcments survenus depuis la balaille d'Azinoourt en '1 44 5 
jusqu'a une defaite subie par les Anglais devant le Mont-Saint- 
Michel en 4434 ^ 

Le chronogramme relatif a la Pucelle, dont il est ici ques- 
tion, ofTre une double particularite. D'abord, il affecte une 
apparence d'ailure prophetique, au lieu de presenter, comrae 
c'est generalement le cas, un jeu d^esprit plus ou moins avoue 
comme compose apres coup. Ensuite, il se restreint a un seul 
des trois vers dont se compose la prediction, a savoir le premier 
vers, que son assonance ne permet pas de disjoindre des deux 
autres du tercet^. 

Le texle de ce tercet prophetique et le com put chronogram- 
matique que presente cette lettre de Bruges, en date du 9 juil- 
let 4429, sans doute adressee par Pancrazio Giustiniani a son 
pere Marco Giustiniani, d'apres des informations semblant 
venues de Paris par la voie de la Bourgogne*, ne sont ni pires 
ni meilleurs que les autres specimens classes de ces trois hexa- 
metres'**. 

On trouve seulement, dans le passage de la lettre qui 
accompagne le lexte de la prediction, une singuiarite qui ne se 
rencontre pas ailieurs, la designation de I'oeuvre speciale de 
Bede le Venerable, d'ou cette prophetic serait soi-disant extraite. 

Ce passage assure que cette prophetic emane « de Beda in 
Alex », ce qu*on a cru pouvoir interpreter ainsi : « De Beda in 
Alexandre® ». 

\. Kervyn de Lettenhove, notes de Chastellain, t. II, p. 40, n. 1. 

2. Chronique du Mont- Saint- Michel, ed. Simeon Luce, ad ann. 
1415-1434, t. I, p. 19-35, dans Publications de laSociitd des anciens 
textes francais. Gf. fragment ^dit^ par Quicherat, ad. ann. 4429- 
1430, Proces, t. IV, p. 313-344. 

3. Voir ci-apres. 

4. Exlraits publies, t. Ill, p. 88, 124-126. 

5. Voir le texte de ce tercet. Ibid., t. Ill, p. 126, et ci-apr6s. 

6. Extraits publies, t. Ill, p. 126. 






ANNEXES. 319 

L'examen des oeuvres de Bede ne permel de reconnaltre 
aucune cBUvre portant soil ce nom, soit quelqu^autre nom pou- 
vanl rappeler celte designation ^ NuUe part non plus, dans les 
oeuvres de Bede, ne se rencontrent ces vers ni d'autres vers de 
ce genre '. 

Mais ce qu^il convient de remarquer ici, c*est qu'^ cette 
epoque mfime, pour ne considerer que celle-la, une assimila- 
tion singuliere, mais indeniabie^ etait continuellement etablie 
entre Bede et le legendaire Merlin, entre la voix la plus autori- 
see de Tegiise anglo-saxonne^ et le mysterieux prophete gae- 
lique, contemporain du fabuleux Arthur, dont le troublant 
credit possedait alors la plus imperieuse des puissances^. 
A Bede et Merlin, en ce sens, est generalement associee la 
mythologique Sibylle, personnage autour duquel le moyen age 
a continuellement groupe ses impressions inquietes sur la 
divination antique'. 

1. The complete works of venerable Bede, ed. Giles. Londres, 1843- 
1844, 12 vol. in-8°, ap. Patres Ecclesix Anglicans. 

2. Sur cette affirmation, voir Quicherat, notes du Proems, t. Ill, 
p. 338, n. 1, et RR. PP. Beion et Balme, Jean Brihal, grand 
inquisiteur de France, et la rehabilitation de Jeanne d'Arc. Paris, 
1893, in-4o, Texte, p. 8, n. 6. 

3. B6de le Venerable (672-735). 

4. Sur la personnalitti de Merlin, le Myrddin gallois du v« siecle, 
le Myrddin cambrien du vp si6cle, voir National Biography, 
vol. XXX VII, 1894, art. Merlin Ambrosius or Myrddin Emrys, 
p. 285-288, et vol. XL, 1894, art. Myrddin Wyllt or Merlin Sil- 
vester, p. 13-14. — Sur la legendo de Merlin, voir I'etude de 
M. d'Arbois de Jubainvillo, Merlin est-il un personnage reel ?(\ains 
Revue des Questions historiqueSj 1868, juillet-octohre, p. 559-568. 
Cf. Franciscjue Michel, Vie de Merlin atiribuee a Geoffroy de Mon- 
mouth, snivie des propfiHies de ce barde tirces de Vhistoire des Bre- 
tons, publiee par Francisque Michel et Thomas Wright. Paris, 
1837, in-8o, Introduction. 

5. Sur I'assimilation de Jeanne d'Arc a la Sibylle antique, voir 
I'cBuvre anonyme du clerc allemand du dioc5.se de Spire, oeuvre 
arretee le 17 septembre li29, inlitulee : Sibylla Francis: (Quicherat, 
Proces, t. Ill, p. 422-468, notammentp. 424,432,465); on De Sibylla 



320 ANNEXES. 

Entre autres, le po^me si caracterisUque de GhrisUoe de 
Pisan, d6ja cite au cours de ce commeotaire, cBuvre sosoeptible 
d'fitre datee de la mfime annee ^1429, du mois de juillet, vers le 
moment m6me oil Pancrazio GiustiniaDi recueiilait a Bruges, 
eD I'attribuant a Bede, le tercet en question ^ 

Car Merlin, et Sebile, et Bede, 
Plus de mille ans a la veirent 
En esperit 

Dans Toeuvre d'Eustache Deschamps, oil se refletent avec 
tant de verve, de variete et de saveur les impressions de son 
siecle, ce motif apparaissait deja. 

Dans une ballade contre rAngletenre, attribuable a Tepoque 
oil se preparait le grand projet de descente frangaise en Grande- 
Brelagne, organise au debut du regne de Charles VI, en 4385- 
4386^ 

J'ay tant crye, com le viel Symeon, 

Et lamente, comme fist Jeremie, 

En esperant ... que la prophecie 

Bede, Merlin et Sebile, ensement 

Avec le Brut, commencent proprement 

Leur grand effet 

Tant qu*om dira : Angleterre fut cy. 

On en retrouve encore trace^ dans un des recits les plus poi- 
gnanls de ce temps, la Chronique de la prise de Richard II, 
recit mele de prose et de vers, du au franjais Jean Creton, 
personnage de marque faisant partie de la suite du souverain 
detrone'*. 

Francix (Pierre Lanery d'Arc, MSmoires ei consultations en faveur 
de Jeanne d'Arc, Paris, 1889, in-8% p. 8-iO). 

1. Verset 31, Proces, t. V, p. 12. 

2. OEuvres completes d'Eustache DeschampSj ed. de Queux de 
Saint-miaire el Gaston Raynaud, n' XXVI, t. I, p. 106-107, 
dans Publications de la Socieie des anciens textes franpais. 

3. Texte sigiiale par Francisque Michel, Vie de Merlin attribuee 
a Geoffroy de Monmouth, Introduction, ch. ii, p. xl-xli. 

\. a Histoire du roy d' Angleterre Richard, traictant particulie- 
romonl la rebellion de ses subjectz et prinse de sa personne. t 



. . .• .■= •• ' ' 



ANNEXES. 321 

Ed aofit '1 399, le roi d'Aogleterre Richard II, serre de plus 
pres par son rival le due de Lancastre, etait atteint et fait pri- 
sonnier au chateau de Fliut, dans le nord du pays de Galles, el, 
entraine par le vaiuqueur, atteignait en lamentable prisonnier 
la place anglaise de Chester, en route vers Londres^ oil avant 
six semaines allait s'operer sa deposition, prelude prochain de 
sa fin tragique et mysterieuse ^ 

Jean Greton, Tauteur de la chronique, etait present aux 
scenes de Flint, et, le soir meme de la prise du roi, dans les 
rues de Chester, chevauchait aux cotes d'un des conseiliers du 
due de Lancastre, qui allait devenir le roi Henry IV, le pre- 
mier roi de la Rose Rouge. 

Or, tandis qu'ils devisaient ainsi cote a cote, le chevalier 
anglais lui assura que Merlin et Bede avaient predit la defaite 
du roi Richard^. 

A ce sujet, le chroniqueur s'exprime ainsi en propres 
termes : « Un ... ancien chevalier, qui estoit des conseilliers du 
due Henry, ... me dist en chevauchant a Cestre que la prise du 
roy et la destruccion avoient Merlin et Bede prophetisee des 
leur vivant, et que, se j'estoie en son chastel, il me le monstre- 
roit en la forme et manlere comme je Tavoie veu advenir^. » 

(Ed. de Webb [1819], dans Archxologia, I. XX, 1824, p. 295-423, 
avee Preface, traduction, commentaire et appendices, p. 1-294.) 
— a Poeme sur la deposition de Richard II. » (Ed. Buchon, dans 
Collection des chroniques nationales fran<;aises. Appendices a la 
suite des Chroniques de Froissart, t. XIV, 1826 ft. XXV de la 
collection], p. 421-466.) — Attributions k Jean Greton : Webb, 
op. cit., p. 188, n. 3; Dillon, Remarks on the manner of the 
death of King Richard the second, dans Archxologia, t. XXVIII, 
1840, p. 75-95; Wallon, Richard J I, t. I, p. 390-393, notes. 

1. Sur la date et les evenements, Wallon, Richard JI, I. XI, 
ch. II, t. II, p. 271-284 et notes; pi. XII et XIII, t. U, p. 285 et 
suiv.; John Webb, op. cit., p. 151-182, notes. 

2. Creton, ed. Webb, p. 373-375 et notes, p. 167-173; ed. Buchon, 
p. 411-413. — Sur cette prophetic, Webb, op. cit., App. IV, 
p. 250-271, notamment p. 261, note m. 

3. Cretan, ed. Webb, p. 371, cf. p. 168-169; 6d. Buchon, p. 412. 

IV 2 1 



322 ANNEXES. 

L'assimilatioD constammeDt etablie, a oette epoque, eotre 
Bede et Merlin, pourrait se demontrer par bien d'aulres 
exemples, et, entre autres, par la juxtaposition de lears noms 
dans les divers melanges de propheties, si abondants vers oette 
periode, en Angleterre surtout^ 

Ges quelques rencontres, cboisies an basard, peavent sufB- 
samment faire saisir la confusion qui s'operait alors, dans on 
grand nombre d*esprits, et non des moins cultives, entre ees 
deux voix du passe de FAngleterre. 

Ge n'est pas ici le lieu de soulever aucune des questions 
complexes et delicates qui se ratlacbent aux propbeties de 
Merlin, — soit au texte en prose, strictement restreint aux 
luttes de nationaliles entre Gaeliques et Anglo-Saxons, lanoe par 
GeofTiroi de Monmouth au xii^ siecle, sous les titres de c Mer- 
lini prophetia » et de « Merlini prophetiae Gontinuatio », — soit 
a Textension de ce theme primitif, originairement assez Hmite, 
mais bien tot eiargi jusqu*a viser des evenements de tout ordre 
et de toute date possible. 

Tout ce qu'il faut noter ici, c'^est que, dans VHistoria BrUa- 
num de Geoffroi de Monmouth^, — soit traduisant, soit creant 
de toutes pieces la « Merlini prophetia » et la « Merlini prophe- 
tiae Gontinuatio », en tout cas divulguant cetLe singuliere oeuvre 
litteraire, — le livre qui contient ce texle^ presente une dedi- 
cace adressee a Alexandre, eveque de Lincoln*, lequel en efifet 

— Voir Francisque Michel, Vie de Merlin, Introduction, ch. ii, 

p. XL. 

1. Sur ce point, Webb, op. cit., App. IV, p. 253-256, 267-269. 

2. Galfridi Monumetensis Hisloria Britonum, ed. Giles. Londres, 
1844, in 8"*, ap. Scriptores Monastici. 

3. Galfridi Monumetensis Historia Britonum, ed. Giles, p. 118- 
130. — Cf. Francisque Michel et Thomas Wright, Vie de Merlin 
attribiu^e a Geoffroy de Monmouth, p. 63-75. L*edition donnee par 
Giles classe ce livre comme livre VII, ['edition donnee par Fran- 
cisque Michel et Thomas Wright comme livre IV, en com- 
porlant quelques differences dans I'intitule des divisions inte- 
ripures. 

i. Historia Britonum, p. 119. Cf. Vie de Merlin, p. 63-64. 



- .'•■■••5;- 'f 



ANNEXES. 323 

OGCupa ce siege Episcopal de 'I'I23 a '1 4 48, dedicace portant 
I'intituie special : « Ad Alexandrum^ r> 

Ge livre VU de VHistoria Britonum se decompose en divi- 
sions interieures, comme il suit. II porte pour tilre general : 
c Qui est de prophetiis Merlini^. » Puis vient une : « Praefatio 
auctoris^. » Ensuite la dedicace a Peveque de Lincoln : <c Ad 
Alexandrum^. » Enfln la: « Merlini prophetia' » et la : « Mer- 
lin! prophetiae Continuation. » 

Des lors, la supposition d'une soi-disant oeuvre prophetique 
de Bede : « In Alexandro », telle qu'on la trouve indiquee par 
ce passage de la letlre de Pancrazio Giustiniani, ne pourrait* 
elle pas s^expliquer par la serie d'equivoques suiyantes ? 

En premier lieu, inscription^ sous le titre « Ad Alexan- 
drum », du texte meme de la « Merlini prophetia » et de la 
« Merlini propheLiae Continuatio », en donnant ainsi a ce texte, 
comme Hire, la simple dedicace qui lui est couramment 
attribuee. 

En second lieu, defiguration du litre ainsi assigne « Ad 
Alexandrum », sous la forme a In Alexandro ». 

En troisieme lieu, assimilation presque constante entre Mer- 
lin, inspirateur acceple de ce texte, et Bede. 

Cette serie de malentendus peut-elie servir de solution a ce 
probleme ? On entend ne poser ici aucunes conclusions a cet 
effet, ces quelques notions sommaires n'ayant ete reunies que 
pour appeler Taltention sur cette coincidence possible. 

Nombreux sont les auteurs, chroniqueurs, redacteurs de 
memoires relalifs au proces de la Pucelle, qui out fait place au 
tercet en question, quelques-uns joignanl au texte un comput 
chronogram matique. 

1. flistoria Britonum, p. il9. 

2. Historia Britonum, p. 118. Cf. Vie de Merlin, p. 63. 

3. Historia Britonum, p. 118. Gf. Vie de Merlin, p. 63. 

4. Historia Britonum, p. 119. Gf. Vie de Merlin, p. 63-64, texte, 
sans titre special. 

fi. Historia Britonum, p. H9-124. Gf. Vie de Merlin, p. 64-69. 
6. Historia Britonum, p. 124-130. Gf. Vie de Merlin, p. 69-75. 



324 ANNEXES. 

Texte et comput varient a peu pres avec chaque citation, 
dans la plus complete et la plus deroutaate discordance, deno- 
tant une incomprehension generate, soit des vocables rappor- 
tes, soit des renvois de supputation adoptes, et, le plus sou- 
vent, ilgnorance la plus complete des uns comme des aulres. 

En volci sommairement la liste, a laquelle on se bornera, 
Tindication multiple des variantes ne pouvant £tre que fasli- 
dieuse. 

V — Italie. — Antonio Morosini, Diario. Lettre de Bruges, 
en date du 9 juillet 4429, sans doule adressee par Pancrazio 
Giustiniani a son pere Marco Giustiniani ^ . 

20 — France. — Memoire apologetique de Jean Brehal, grand 
inquisileur de France, piece jointe au proces de rehabilitation'. 

3° — Lorraine, — Chronique du doyen de Saint-ThlebauU 
de Metz^. 

1. Extraits publies, t. Ill, p. 156. — R. P. Ayroles, la Vraie 
Jeanne d'Arc, t. Ill, p. 651, 587-588 : lecons quelque peu difte- 
rentes. — 1/autour de la lettre attribue le texte a Bede, en spe- 
cifiant i'ceuvre : « In Alex[andro] • : il inscrit le chronogramme, 
mais n'en essaie pas de demonstration. 

2. Quidiprat, Procds, t. Ill, p. 334-349, voir p. 338-339. Gf. le 
bizarre essai de correction proposd par Quicherat, pour le premier 
vers, contenant le chronogramme. — RR. PP. Belon et Balme, 
Jean Bri^lial, grand inquisiteur de France, et la riliabilitation de 
Jeanne d'Arc, 1. V, Texte, ch. i, p. 8-10. — Pierre Lanery d'Arc, 
Memoires el consultations en faveur de Jeanne d'Arc, XIV, Recollec- 
Ho Johannis Brehalli, ch. i, p. 400. — R. P. Ayroles, la Vraie 
Jeanne d'Arc, t. 1, p. 455. — En somme, dans le commentaire 
(le ce vers donne par Jean Brehal lui-mSme, commentaire plus 
que singulier d'ailleurs, il faut lirp, au lieu de : tuli, le mot : cult. 
(Par oxemple, eel. Quicherat, Procrs, t. Ill, ligne 3, cf. n. 1 de la 
p. 339.) — Joan Brehal attribue le texte a Bede : il essaie une 
demonstration du chronogramme. — Voir rexcellentc dissertation 
contcnue dans I'ouvrage des RR. PP. Belon et Balme, p. 8, n. 6. 

3. Quichorat, Proces, t. IV, p. 323; cf. t. Ill, p. 338, n. 1. — 
R. P. Ayroles, la Vraie Jeanne d'Arc, t. IV, p. 289. — La Ghro- 
nique du doyen de Saint-Thiebault de Metz attribue le texte a 
« certains metres trou\es es auciens livres de France t ; elle essaie 
une demonstration du chronogramme. 



J-.-; ■".:-■■■;... .■-. f 



ANNEXES. 325 

4* — AUemagne (Liibeck), — Hermann Korner*, Chronica 
novella usque ad annum U35 deducta^. 

50 — £co8se. — Walter Bower, Continuation du Seotichro^ 
nicon de John de Fordoun ^. 

Au milieu de cette cacophonie singuliere, il semble qu'on 
soil autorise a dresser ainsi le texte de ce tercet^, — encore 
avec une faute evidente de prosodie dans le dernier vers', — le 
premier bexametre etant seul destine a composer un cbrono- 
gramme^. 

Bis sex cuculli, bis septem se sociabunt^. 
Gallorum pulli Tauro nova bella parabunt. 
Ecce beant bella *, tunc fert vexilla Puella^. 

i. Les passages de rceuvre de Hermann Korner concernant 
Thistoire de la Pucelle ont ^te sigaales pour la premiere fois par 
Ic R. P. Ay roles, ia Vraie Jeanne d'Arc, t. IV, 1. Ill, ch. v, part. I, 
p. 279-282. 

2. R. P. Ay roles, la Vraie Jeanne d'Arc, t. IV, p. 281-282. — 
Hermann Korner attribue le texte a Bede : il inscrit seulement 
au hasard, dans le premier vers, quelques lettres num^rales, sans 
autre essai de demonstration du chronogramme. 

3. Quicherat, Proces, t. IV, p. 481. — R. P. Ayroles, la Vraie 
Jeanne d'Arc, t. IV, p. 298 : lecon quelque peu difiFerente. — 
Walter Bower ne presente aucune attribution du texte ni aucun 
essai de demonstration du chronogramme. 

4. Voir ci-dessous les sources de ce texte, n. 7 et 9. 

5. Voir ci-dessous la designation de cette faute, n. 8. 

6. Sur ce point : Memoire de Jean Brehal, dans Proces, t. Ill, 
p. 338-339, dans RR. PP. Belon et Balme, loc. cit,; Chronique 
du doyen de Saint-Thi(5bault de Mctz, Proces, t. IV, p. 323. 

7. Texte de ce premier vers emprunte a la Chronique du doyen 
de Saint-Thiebault de Metz, Proces, t. IV, p. 323. 

8. En tout cas, il faudrait ici une syllabe longue pour premiere 
mesure de ce troisieme pied de Thexametre. Par exemple : c Ecce 
boant pugnai, tunc..., • ou bien : « El nunc bella beant, tunc... » 

9. Texte de ces deux derniers vers omprunt^ au Memoire de 
Jean Brehal, Proch, t. Ill, p. 338. Cf. KR. Bolon ot Balme, 
loc. cit. — On a seulement cru devoir le rectifier en dotant d'uue 
majuscule le mot Puella, et surtout le mot Tauro, derniere recti- 



326 ANNEXES. 

Tercet ou les mots suivants : « Guculli* »^ « GaUorum 
pulli^ », « Tauro' », « Puella^ », peuTent6tre reconnus comme 
habituels du style prophetique ou des cbronogramines courants 
de I'epoque. 

fication qai pent contribuer k changer le sens du tercet et k le 
rendre peut-dtre accessible. Voir sur ce point ci-dessous, n. 3. 

1. Gf. « Cucullati ad nuptias provocabuntur », dans « Merlini 
prophetia », ap. Geoflfroy de Monmouth, ed. Giles, Historia Bri- 
tonum, p. 124; ed. Francisque Michel et Thomas Wright, Vie de 
Merlin, p. 69. — Gf. chronogramme relatif a Tassassinat de 
Henri III par le religieuz Jacques Gldment, le jour de Saint-Pierre 
^s Liens, l«'aoi!it 1589, dans James Hilton, Chronograms, p. 199. 



VIncLa CVCVLLIgerl hIC sCeptlger ense JaCet. 

2. Gf. chronogramme relatif a la defaite des A^nglais k la Gra- 
velle, dans le Maine, sous le signe de la Balance, en septembre 
1423, dans Chronique du Mont'Saint-Michel, 6d, Simeon Luce, 
ad ann. 1423, t. I, p. 24. 



angLorVM pVLLos contrlVIt Libra graVeLLe. 

3. Gf. c Superveniet taurus litigio i ; cf . c Nascentur inde tres 
tauri fulgurantes >, dans a Merlini prophetia », ap. Geofifroy de 
Monmouth, 6d. Giles, Historia Britonum, p. 127, 128; ed. Fran- 
cisque Michel et Thomas Wright, Vie de Merlin, p. 73-74; cf. 
chronogrammes comportant emploi des signes du Zodiaque, dans 
Chronique du Mont- Saint- Michel, ed. Simeon Luce, ad ann. 1423- 
1434, t. I, p. 24-35. Voir sur ce point ci-dessus, n. 9. 

4. Gf. chronogrammes relatifs a Jeanne d'Arc, dans Chronique 
du Mont-Saint-Michel, ed. Simeon Luce, ad ann. 1429-1430, t. I, 
p. 30-31. Doiit voici le premier, se rapportant au voyage de la 
Pucelle entre Vaucouleurs et Ghinon, commence sous le signe des 
Poissons, en fevrier 1429. 



pLaVsa sVbIt franCos sVb plsClbVs aLMa pVeLLa. 



V jc-.>. >\V ' 



ANNEXES. 327 

Le chronogramme coDtenu dans le premier vers s^oblieDt de 
la fa^on suivante, donnant Tan 4 429. 



bis seX GYGYLLI, bis septeM se soGIabVnT 



i 



I = 4 

X = iO 

C = 400 

V = 5 
G = 400 

V = 5 
L =: 50 
L = 50 
I = 4 
I = 4 
M = 4000 
G = 400 
I = 4 

V = 5 



4429 



U sufOl de comparer le texte de ce tercet, ainsi restitue, au 
texte qui se trouve Iranscrit dans le Diario d'Antonio Morosini 
pour se rendre compte a quel point ce dernier n'offre aucun 
sens et differe de la version originale. 

Le comput chronogrammatique, tel qu'il se presente dans le 
Diario d'Anlonio Morosini, exact quant au total brul, mais 
sans explication le rattachant a tel ou tel des vers du tercel, ne 
permet pas de restiluer d'une facon plausible le premier vers. 
On ne voit meme pas, parmi les differentes variantes en cours, 
a laquelle pourrait so comparer, meme de loin, un texte recons- 
Iruit sur de telles donnees. 

1. Comput 6tabli d'apr^s la Ghronique du doyen de Saint-Thie- 
bault de Metz, oil il se trouve expressement indiqu6. (Proces, 
t. IV, p. 323.) 



XVII. 

Arh^e aptguisb db reixfobt. 

4429. 

Examen des conditions exactes oil ^opkre^ d'avril djuiUei 4429^ 
le double armement destin6 d composer la premiere armee 
anglaise de renfort, ay ant pass6 en France enjuillet. 

Voir t. Ill, p. 432, n. 4, p. 470, n. 4, p. 488, n. 4. 

Les forces destinees a la croisade centre les Hussites, — la 
cinquieme enlreprise depuis le debut de la guerre de Boheme, 
en 4420, — s'organisaient en Angleterre depuis le printemps. 

Getle destination des forces assemblees, sous le commande- 
ment du cardinal d'Angleterre, etait en projet depuis le 
40 mai^ Le cardinal demandait alors une veritable armee de 
500 hommes d'armes et de 5,000 archers^. Le 48 juin se 
signait a Westminster i'endenture et la commission de capi- 
taine, par lesquelies ii etait autorise a lever, pour cette destina- 
tion, la moitie seulement de ces forces, soit 250 bommes 
d'armes el 2,500 arcbers'. Le 26 juin encore, a Westminster, 
se signait la nomination d'un commissaire des revues pour ces 
troupes * , 

Mais, cinq jours plus tard, le 4" juillet, la destination de ces 
forces se trouvait brusquement modifiee. Ge jour meme, a 
Rochester, se signait I'acte qui faisait passer cette armee telle 
qu'elle se compose en dernier ressort, — 250 hommes d*armes 
et 2,500 archers, — au service du regent de France, le due de 
Bedford, pour une duree de six raois, avec effet retroactif, du 

1. Rymer, Fadcra, 10 mai 1429; Proceedings and Ordinances of 
the Privy Council^ t. Ill, p. 295; texte range a la date fautive du 
iO mai 1428. 

2. Ibid., id. 

3. Rymer, Foedcra, !8 juin 1429. 
1. Rymer, Focdcra, 26 juin 1429. 






ANN£X£S. 329 

23 juin au 2i (lecembre^ Le 5 juiilet etaient regularisees les 
pieces de comptabiiite financiere necessaires a cette transfor- 
mation^. 

Ge brusque changement de front etait du, comme il y a deja 
ete fait allusion, a Tarrivee en Angleterre d^un message deses- 
pere de Bedford, demandant a tout prix, au lendemain de 
Palay, des renforts immediats^. 

Depuis le mois d^avril, depuis les difQcultes finales du siege 
d'Orleans, renvoi de renforts anglais en France etait decide en 
principe. 

Le 45 avril, le conseil d'Angleterre recevait une energique 
reclamation du due de Bedford, demandant 200 bommes 
d'armes et 4,200 archers^. Le 47, la levee de la moitie de ces 
forces, a destination de la France, soit 400 bommes d'armes et 
700 arcbers, etait autorisee^. Le 8 mai etait designe le cbef de 
cette armee : Jobn RadclyfT, senechal anglais de Guyenne*, 
avec lequel, Tan precedent, le 40 juiilet 4428, le gouvernement 
anglais avait traite, lui conOant 200 arcbers pour la guerre de 
Guyenne, et qu'on trouve encore en Angleterre, s'attardant 
avant de rejoindre ce poste, a la fin d'octobre 4428^. Le 40 mai 
4429, 11 recevait ses letlres de garanlie financiered. 

Jusqu'aux derniers jours de juin, ce renfort de 200 bommes 
d'armes et 700 arcbers, sous le commandement de Jobn Rad- 
ciyfi", etait le seul que le gouvernement anglais, malgre la levee 
du siege d'Orleans, destinail aux guerres de France. G'est seu- 
lement apres le desastre de Patay, a I'annonce de la marcbe de 
la grande armee royale vers la region de Paris, que se decide 
I'adjonclion des forces de la croisade hussite sous le comman- 
dement du cardinal d'Angleterre. 

1. Rymer, Fmlera, ie"- juiilet 1429. 

2. Rymer, Fcrdera, 5 juiilet 1429. 

3. Voir Extraits publies, t. Ill, p. 132, n. \. 

i. Rymer, Fcedera, 15 avril 1429; Proceedings, t. Ill, p. 322. 

5. Proceedings, t. Ill, p. 324. 

6. Proceedings, t. Ill, p. 326. 

7. Proceedings, t. Ill, p. 303, 312. 

8. Rymor, Fcrdrrn, 10 mai 1429; Proceedings, t. Ill, p. 205; texte 
raiigo a la date fautivc du 10 mai 1428. 



330 ANNBXBS. 

L'acte passe a Rocbesler, le i""' juiUet 4429, auquel il vjeol 
d'etre fait allusion, meationne nettemeat la juxtapositioa des 
deux forces ^ Un document emane du due de Bedford, en date 
de Paris, ie 46 juiilet, contient le meme temoignage'. 

Gette armee, comptant ainsi exactement 3,550 hommes, — 
2,750 sous le cardinal d'Angleterre et 800 sous John Radclyff, 
— passa simultanement a Calais, enlre le 3 et le 40 juillet 
environ^. Elie quitte Calais pour la region des operations mili- 
taires, le 45 juillet^, et entrera a Paris, ayant fait route par la 
Normandie et Pontoise, le 25 juillet seulement'. 

C'est evidemment cette armee, et sans doute, dans eette 
armee, la troupe destinee primitivement a la croisade hussite, 
qui comptait comme insigne de ralliement lesingulier etendard 
dont un chroniqueur contemporain nous a conserve la descrip- 
tion, en indiquant en meme temps Tuniforme special des com- 
batlants qui composaient cette force. LMndication erronee con- 
cernant le chiffre total du contingent, porte a 4 5,000 hommes 
au lieu de 3,750, ou au moins de 2,500, si Ton fait seulement 
entrer en compte les archers du cardinal d^Angleterre, ne doit 
en rien infirmeriaveracitedecetemoignage, visiblement emane 
d*un temoin oculaire^. 

« L'an ensievant, qui ftit III^ et XXIX, ou mois de juillet^, 
il party d'Anglelerre ungcapitaineaccompaigniedexv^ hommes^, 

1. Rymer, F(rdera, !•«• juillet 1429. 

2. InstructioQs du due de Bedford au h^raut Jarreti^re, Paris, 
16 juillet 1429. (Rymer, FcBdera, 16 juillet 1429.) 

3. Voir Extraits publics, t. Ill, p. 136, n. 3. 

4. Voir lettre de Pancrazio Giustiniani, en date de Bruges, le 
16 juillet U29. (Extraits publics, t. Ill, p. 168-170, n. 1 ; cf. p. 186, 
n. 3.) 

5. Extraits publics, t. Ill, p. 188, n. 4, p. 198, n. 2, p. 204, n. 1. 

6. L'auteur du curieux Livre des Trahisons de France. Voir 
ci-dessous, n. 2. 

7. Date rigoureusement exacte. Voir ci-dessus, n. 3. 

8. Chiffre inexact. L'armee totale comptait, comme on vient de 
Ic voir, 3,550 hommes. Le contingent du cardinal d'Angleterre 
s'elevait a 2,750 combattants, dont 250 hommes d'armes et 






ANNEXES. 331 

et les amena au secours du due de Bethfort, regent de France, 
quy tous esloient vestus de blanc\ et avoit fait faire ung esten- 
dart moult bel et riche servant au propos de la ditte Pucelle, 
dont il estoit ja grand renon ou pays d'Engleterre, et estoit 
le dit estendart pareil a ses draps tout fin blanc, et ou large 
avoit une quenouiile chargie de lin^ ouquel il pendoit ung 
fuseau demy chargie de fllie, et tout au long fusees et fuseaux, 
tous wis semes, et ung escript de finne lettre d'or quy disoit : 
(( Or viengne la belle >, en lui signiflant quMls luy donneroient 
a filler comme ils flrent, car sur le marchiet de Rouen ils le 
flrent ardoir en pouldre et en cendres comme vous ores cha 
apres^. » 

2,500 archers. Le contingent de John Radclyff ne montait qu'^ 
800 combattantSy dont 100 hommes d'armes et 700 archers. 

1. Ge detail fait voir qull s'agit piat6t ici des troupes de la 
croisade hussite. 

2. Livre des Trahisons de France, ed. Kervyn de Lettenhove, 
dans Chroniques relatives a Vhistoire de la Belgique sous la domi- 
nation des dues de Bourgogne, Textes frangais, ap. Collection de 
chroniques beiges, ch. cxlv, p. 198, et Fragments varies du mdme 
texte, ^d. de la Fons de Melicocq, dans Annuaire^Bulletin de la 
Society de Vhistoire de France, 1857, p. 102. 



xvm. 

Armistice dc Compibgi^b, igtes intbrieurs et subsequehts. 

Aout-octobrc 4429. 

Exposi des conditions oil furent sign^ : i^ I* armistice de Com- 
piegne, leSSaaut 4429, concurremment avec les troves r^gio- 
nales dejd exist antes entre France et Bovrgogne; 3f* facte 
complementaire du 48 septembre; 3^ Vetablissemeni de la 
lieutenance du due de Bourgogne^ le 43 octohre. — Clauses 
exactes de ces actes. — Divulgation de le^ir existence. 

Voir t. Ill, p. 208, n. 4 et 2, p. 224, n. 2. 

Le traile de Chambery, conclu le 28 septembre 4424, avait, 
sous la mediation d^Amedee YIII, due de Savoie, institue entre 
Prance et Bourgogne, sur certaines frontieres, des treves regio- 
nales renouvelables d'echeance en echeance, dont on pent 
suivre en somme les prorogations, de delai en delai^ du 28 sq)- 
tembre 4424 jusqu'a la pacification d'Arras du 24 septembre 
4435*. 

On les reconnait sans difficulte, de terme en terme, du 
28 septembre 4424 au 4" novembre 4428*. 

1. Voir Extraits publies, t. II, p. 288, n. 6, 7, p. 308, n. 1; 
t. Ill, p. 208, n. 1, p. 358, n. 5, p. 360, n. 4, p. 362, n. 2, 4. 

2. Ccs ncgociations ont die suivios et etablies, avec la plus 
graade exactitude, par M. de Beaucourt, dans les chapitres con- 
sacres a la diplomalie de Charles VII. (Histoire de Charles VII, 
t. II, p. 351-352, 357-358, 360-361, 367-370, 372-373, 384, 388- 
381K) — Enumeration successive des prolongations des troves, 
jusqu'au 24 juin 1-428, et des regions soumises a ces treves, dans 
los lettres patentes d'Am^dee VIII en date de Yenne (Savoie, 
arr. de Ghambery), le 26 novembre 1427, prolongeant les troves 
du 25 docembre 1427 au 24 juin 1428. (Bibl. nat., mss., coll. Fon- 
tanieu, vol. 115-116, fol. 94 et suiv.) Cf. Guichenon, Histoire de 
Savnie, [. I, p. 481-482. 



■zv:..^ 



ANNEXES. 333 

Leur prolongation, entre le i" novembre U28 et le 8 sep- 
lembre U34, pent prfiler a quelque ambiguUe, mais demeure 
indisculable, theoriquement du moins. 

L'acte de prolongation^ reportani Techeance ulterieure de 
ces treves regionales au i*^ novembre ^428, — a compter de 
I'echeance precedente du 24 juin, — est date d'Annecy, le 
22mai 4428^ 

Mais cet acle, emane, dans son ensemble, du due de Savoie, 
contient deux parties bien distinctes. 

II presente d'abord une prolongation des treves, du 24 juin 
au 4" novembre 4428. Cette prolongation devait QlreproclamSe 
publiquement paries deux parties, avant recheance du 24 juin. 

II renferme en outre une clause singulierement plus exten- 
sive, ouvrant aux deux parties la faculte de proceder a une 
continuation des tr6ves pour un nouveau delai de trois ans, du 
4*' novembre 4428 au 4''* novembre 4434. Gette continuation^ 
pour recevoir force de loi, avait a etre ratifide par les deux 
parties, avant la date du 28 septembre 4428. 

Ldi proclamation de \di prolongation des treves, du24 juinau 
4*' novembre 4 428, fut efiectuee selon les prescriptions requises. 

On possede le mandement de Charles VU au bailli de Macon, 
senechal de Lyon, en date de Loches, le 22 juin 4 428, ordon- 
nant de proclamer cette prolongation dans son ressort^. Le 

1. Bibl. nat., mss., coll. Fontaiiieu, vol. H5-116, fol. 160 ct 
suiv. Gf. Guichenon, Histoire de Savoie, t. I, p. 483. 

2. Bibl. nat., ms.<;., coll. Fontaniou, vol. 115-llG, fol. 174 ot 
suiv. Cf. Simeon Luco, Jeanne d'Arc A Domrcmy, Preuves, 
n® GLXXXII, p. 215. CVst ki la portee oxacLo de la piece en date 
du 22 juin 1428, emanee dc Charles VII : cette piece ne presente 
le caractere ni d'une ratification de la premiere partie de I'acte 
du 22 mai, ratification d'ailleurs inutile, ni d'une ratification de 
la spcondo partie de ce m^me acto, ratification prematuree a ce 
qu'il semble. — Des le 19 juin, sans attendrft le mandement 
royal, quehiue peu tardif a ce qu'il parait, la proclamation avait 
ete etfectivemont operee a Lyon. (Bibl. nat., mss., coll. Fontanieu, 
vol. 115-116, fol. 164.) 



334 ANNEXES. 

document analyse ci-dessous fait implicitement voir que Phi- 
lippe le Bon observa egalement les formalites voulues^ 

Lia ratification de la continuation des troves, du i ^^ noYembre 
U28 au i*"' novembre U34, fut egalement op^ree selon les 
termes de I'ofTre proposee. Du moins possede-t-on les lettres 
patentes presentant la ratiQcation emanee de Philippe le Bon. 
Ge document, en date de Mons, le 44 septembre 4428, une 
quinzaine avant la date assignee du 28 septembre, constiUie 
une stricte adhesion a cette longue continuation de trois ans>. 
II ne peut subsister d'erreur sur ce point^. La ratification ema- 

i . Voir, ci-apres, analyse du document en date da 14 septembre 

1428. 

2. Bibl. nat., mss., coll. Fontanieu, vol. 115-116, fol. 180 et 
suiv. Cf. Simeon Luce, Jeanne d'Arc a Domremy, Preuves, 
n*" CXCIII, p. 226. G est la la portee exacte de la piece en date 
du 14 septembre 1428, Emanee do Philippe le Bon : cette piece 
ne pr^sente nuUement le caractere d'une ratification de la pre- 
miere partie de Tacte du 22 mai, ratification d'aillears inutile, et, 
en tout cas, singuii^rement tardive a ce qu'ii semble. 

3. Gette piece est publiee, dans Jeanne d'Arc a Domremy, Preuves, 
no GXGIII, p. 227, d'apres le texte de la collection Fontanieu, 
Bibl. nat., mss., coll. Fontanieu, vol. 115-116, fol. 180 et suiv. 
Mais une erreur de transcription : a Et quatre mois de contre- 
mand >, au lieu de : (i A quatre mois de contremand », en obs- 
curcit le sens, qui par suite se trouve denature dans Tanaiyse 
sommaire places en t6te. Voici comment il faut lire et ponctuer 
ce texte important : 

«... Gommo au moys do may dernier passe, nostre tres chier 
el tres ame oncle lo due de Savoye ait reprins et prolonge les 
trioves et abstinences de guerre... jusques a la Toussaint prou- 
chain venant, ot, en oultre, si tel estoit le plaisir de nostre partie 
adverse et de nous, de la dicte feste de Toussaint jusques a trois 
ans conlinuellcmont onsuivant, a quatre mois de contremand, 
... savoir faisons quo nous... avons agreable ladicte prolongation 
dos dictes trioves et abstinences a trois ans, a quatre mois de 
contremand, par lui faicte, ...» 

Ges termos de « a quatre mois de contremand » se rapportent 
au delai de quatre mois ouvert aux parties pour effectuer on non 
lours ratifications rospoctives, c'est-a-diro au d61ai courantdepuis 



.  \  -  



ANNEXES. 335 

n^ de Charles VII, il est vrai, ne se retrouve pas ; mais rien ne 
peut porter h croire que le souverain fran^ais ne se soit pas 
empresse d'adherer a uoe clause a laquelle, en ce temps plus 
que jamais, tout le portait a ^ecourir^ 

L'exislence, tbeorique au moins, de troves regionales conti- 
nuees du 4" novembre 4428 au 4*'novembre 4434 est done 
indiscutable^. 

Un passage de VHistoire de Savoie^ de Guichenon, fait allu- 
sion a cette continuation de trois ans, promulguee, faudrait-il 
croire, par acte du due de Savoie en date de Morges, le 4 6 Jan- 
vier 4429 (sic), Cette vague mention, outre qu^elle est appuyee 
sur quelque malentendu, a savoir sur un renvoi a des preuves ou 
rien de tel n'apparait, laisse en tout cas, meme maintenue a la 
date du 46 Janvier ii29, subsister un vide de deux mois et 
demi entre le 4*' novembre 4428 et cette date du 46 Janvier 
4429^. 

Virtuellcment existantes, sous la mediation du due de Savoie, 
jusqu'au 4" novembre 4434, — peut-etre violees en fait depuis 
le moment oil Tarmistice general dont il va 6tre question, cou- 
rant du 28 aout 4429 jusqu'au 45 mars ou au 4 6 avril 4430, et 

le 22 mai 4428, jour de la promulgation de I'acte d'Annecy, jusqu'a 
la date du 28 septembre, assignee aux parties, par iedit acte d'An- 
necy, pour operer ces ratifications. 

1. Le 24 juin mtoe se signait a Paris la commission, destin^e 
aux contr61eurs des corps de troupes anglais joints aux forces que 
le comte de Salisbury, en ce moment, amenait d'Anpcletcrre pour 
la conqu^te de la ligne do la Loire. (Boucher do Molamlon et 
Adalbert de lioaucorps, I'Ai^tnce anglaise vainciie par Jeanne d'Arc 
sous les murs d' Or loans, dans Mdmoires de la Socictc liistorique et 
archeologique de VOrUanais, t. XXIII, 1892, ch. ii, el Pioces jus- 
titicatives, n« III.) 

2. Une des clauses de Tarmistice general en date de Corapiognc, 
lo 28 aoilt 1421), dont il va etre question, fail du resle une allu- 
sion forniello a la cooxislenco do ces trevos rogiunalos. 

3. Guichenon, flistoire de Savoie, t. I, p. 483. Gf. Boaucourt, 
Hisloire de Charles VII, t. If, p. 410. Lo passage de VUisioire de 
Savoie renvoio aux Prouvos, p. 290, ou il no s'a^it (juo de nogo- 
ciations d'autre sorte. 



336 ANNEXES. 

dans lequel elles pouvaient se trouver eoglobees, etait parvenu 
lui-meme a echeance, — les treves regionales sont reprises, 
avant le terme Iheorique du 4" novembre 4434, par conclusion 
directe enlre les parlies, sans intermediaire. La convenlion de 
Ghinon, signee le 8 septembre 4434, les etablit pour deuxans^ 
D6s le 43 decembre suivant^ lacon?ention de Lille prorogeait 
celle echeance pour un nouveau delai de six annees, courant 
jusqu'a ia fin de 4437, espace qui allait, et au dela, suffire aux 
negocialions deslinees a amener a Arras, le 24 septembre 4 435, 
la pacification entre Francais^. 

C*est dans ces conditions que furent conclues, entre Gbarles VII 
el Pbilippe le Bon, les deux conventions d'ordre, non plus seu- 
lement regional, mais general, signees au cours de la cam- 
pagne d'ele de 4429, au plus fort du merveilleux succes de la 
Pucelie, a savoir : 

La suspension d'armes de qulnze jours, de laquelle on ne sait 
presque rien que son existence, constatee a la date du 5 aout'. 

L'armistice de qualre mois, conclu a Gompiegne le 28 aoul, 
jusqu'au 25 decembre^, etendu, depuis, en portee territoriale, 
sur divers points^, et, en duree leniporaire, jusqu'au 4 5 mars 
ou au 4(; avril 4430 ^ 

1. Sur la conventioQ de GhinoQ, Beaucourt, Histoire de 
Charles VII, t. II, p. 438-439. Voir Extraits publies, t. Ill, p. 358, 
n. 5. — Texte du traite, enumerant les regions soumises a la 
trevc, dans D. Planchcr, Histoire de Dourgogne, t. IV, Preuves, 
no LXXIX, p. Lxxxix-xcn. 

2. Sur la convention do liille, Beaucourt, Histoire de Charles Vll, 
t. II, p. 142-443. Voir Extraits publics, t. Ill, p. 360, n. 4, p. 363, 
n. 2, 4. — Toxte du traito dans D. Plancher, Histoire de Bour- 
fjogne, t. IV, Preuves, u^ XG, p. cni-cvn. 

\\. Sur la suspension d'armes de quinze jours, voir Extraits 
publies, t. Ill, p. 202, n. 2. 

4. Sur rarmistice de quatre mois, voir Extraits publics, t. Ill, 
p. 208, n. 1 et 2. 

5. Sur cette extension tcmporaire, Extraits publies, t. Ill, 
p. 2'24, n. 2. 

0. Sur cette extension temporaire, Extraits publies, t. Ill, 
p. 2^20, n. 2, p. 240, n. 3, p. 248, n. 2, p. 268, n. 1. 






ANNEXES. 337 

Du premier de ces actes, le defaul absolu de documents ne 
permet que de meotionner rexistence^ 

Sur ie second, on pent preciser quelques notions'. 

Son existence a pu etre connue des historiens, des I'apparition 
du recueil classique de du Tillet, qui, dans une analyse sufO- 
samment substantieile, en indiquait la dale de debut, le 28 aoAt, 
le lieu de conclusion, Gompiegne, et le terme, le 25 decembre, 
jour de NoeP. Une allusion contenue dans un document jus- 
que-la inedit, publie a la suite du Prods par Quicberat, a 
conflrme ces donnees, en ajoutant aux elements acquis sur cet 
armistice le fait de sa prolongation pour trois mois, jusqu'au 
45 mars 4430^. 

Monstrelet signale une conclusion d^armistice, mais dans les 
conditions suivantes. Parlant d'abord de negociations prea- 
lables conduites pendant le sejour de Gbarles VII a Gompiegne, 
— sejour qui se place a partir du 48 aout, — a?ant Tattaque 
tentee contre Paris le 8 septembre, il fait ensuite, apres Tecbec 
de cette attaque du 8 septembre, allusion a la signature d^un 
armistice, courant d'un trait jusqu'au 46 avril, jour de Paques, 
sans indiquer la date de debul ni le lieu de conclusion de cet 
acte'*. 

Le Journal d'un bourgeois de Paris signale une conclusion 
d'armistice, jusqu'a la date du 25 decembre, mais, a?ec une 

\, Voir Extraits publics, t. Ill, p. 202, n. 2. 

2. Voir Extraits publies, t. Ill, p. 208, n. 1 et 2. — Get acta a 
ete etiidie en dernier ressort par M. Wallon, Jeanne d'Arc, 4«ed., 
1876, t. I, App. XXXIX, les Treves avec le due de Bourgogne, 
p. 426-428, el par M. de Beaucourt, Hisioire de Charles VJI, t. II, 
p. 404-410. 

3. Du Tillet, Recueil des rois de France, leur couronne et maison, 
t. II, Charles VII : Guerres et Trait^Sy et Jnventaire : ed. de 1601- 
1602, p. 22-2, 239; ed. de 1606-1607, p. 351, 367. — Cf. D. F6li- 
bien, Uistoire de Paris, 1. XVI, t. II, p. 813, et Preuves, part. II 
(t. IV), p. 591. 

4. Quicherat, M^moire a consulter pour Guillaume de Flavy, 
Proci's, t V (1849), p. 174. 

5. Monstrelet, 1. II, eh. Lxrx, lxxii, 6d. Douet d'Arcq, t. IV, 
p. 352-353, 358. 

IV ^1-1 



338 ANNEXES. 

certaine preciBion trompeuae, paralt en plaoer la signature 
entre le 45 et le 47 octobre^ 

La Chronique namumde de Pierre Gochon ^ignale uoe con- 
clusion d'armistice, jusqu^a la date du 25 decembre, mais 
semble en placer la signature pendant le cours mftine de Tat- 
taque dirigee le 8 septembre conlre Paris '. 

L'expose assez etendu concernant les negociations pacifiques 
qui ftirent eifectivement en cours entre le 46 et le 27 aoAt, que 
presenle VHistoire de Bcurgogne^ ne se rapporte exdusivement 
qu'aux propositions et ofFres echangees entre le due de Savoie, 
mediateur, et les deux parties disposees a contracter; cet 
expose presente seulement, datee de Gompiegne, le 27 aoflt, la 
reponse des plenipotentiaires de Gbarles YIP. 

Les autres allusions qui peuvent se rencontrer dans les 
chroniques contemporaines anciennement connues sont de la 
nature la plus vague ^. 

D'apres ces donnees, utilisees en tout ou en partie, cet 
armislice etait tenu pour fait acquis par les historiens de la 
Pucelle. M. Wallon relatait revenement, des la premiere edition 



1. Journal d^un Bourgeois de Paris, entre 30 septembre et 
17 octobre 1429, ed. Tuetey, p. 247-248. — La signature de Tar- 
mistice parait piac^e entre un samedi, qui ne peut dtre que le 
15 octobre, d'uae part, et le 17 octobre, d 'autre part. — On se 
rendra compte que le redacteur du Journal confond la criee 
publique de rarmistice, efifectuee le 13 octobre, avec sa signature 
ot&cielle, remontant au 28 aout. 

2. Pierre Gochon, aoiit-septembre 1429 : fragment pubiie par 
Quicherat, Trois clironiqueurs normands anonymes. Prods, t. IV 
(1847), p. 342-343; cf. p. 339; ^d. V. de Viriville (1859), ch. li, 
p. 460-461; ed. Gh, de Beaurepaire (1870), p. 306-307. 

3. D. Plancher, Histoire de Bourgogne, t. IV, p. 131-133 et 
F^reuves, n® LXX, p. lxxviii-lxxxi ; Bibl. nat., mss., coll. de 
Bourgogne, t. XGIX, p. 241-254. 

4. Berry, ad ann. 1429 : ed. Godefroy, p. 379; Prods, t. IV, p. 47. 
— II faut en excepter la mention de la chronique dite des Cordeliers, 
cit^e ci-dessous, p. 340, n. 3, et celle contenue dans une corres- 
pondance transcritB dans le Diario d 'Antonio Morosini. (Extraits 
publies, t. Ill, p. 210.) 



ANNEXES. 339 

de sa Jeanne cPAre*, Vallet de Viriville, dans son Histoire de 
Charles VII, employant en outre la chronique incite connue 
sous le nom de Chronique des Cordeliers, dont il va 6tre ulte- 
rieurement parle, feisait mSme usage de Facte constituant 
I'armistice, acte qui se trouvait insere dans cette chronique^. 

Les choses en etaient la, lorsque Quicherat, dans un depot 
d'archives, eut a son tour connaissance du texte de cet acte 
constituant rarmistice, et en donna^ le premier, une edition 
integrale^. 

Cette edition integrale en revela plus exactement les condi- 
tions. G'est un acte redige sous forme de lettres patentes, ema- 
nees directement de Charles VII, en date de Gompiegne, le 
28 aout 4429. Cet acte avait pour efTet d^instituer une armistice 
courant jusqu'au 25 decembre^. On reviendra tout a Tbeure 
sur ces conditions speciales'. 

Ge document, incius dans une serie de vidimus superposes, 
figurait aux archives communales de Douai®. Un autre spe- 

1. Wallon, Jeanne d'Arc, !«•• 6d. (1860), t. I, p. 160 et notes, 
p. 310-311. 

2. Vallet de ViriviUe, Histoire de Charles VII et de son dpoque, 
t. U (1863), p. 112 et n. 2. 

3. Voici le titre exact de cette publication : Quicherat, Nou- 
velles preuves des trahisons essuyies par la Pucelle, dans Revue de la 
Normandie, t. VI, 30 juin 1866, p. 396-401. Voir p. 398-400. 

4. Texte du document, Quicherat, op. cit., ibid. 

5. Voir ci-apr68, p. 343-346. 

6. Aux archives communales de Douai se trouve groupee, — 
en une seule piece, sous un vidimus commun, passe a une date 
post^rieure malaisee a appr6cier, par devant le lieutenant de la 
prevote de Beauquesne, agissant pour le gouveruement anglo- 
bourguignon (Beauquesne, Somme, cant, et arr. de DouUens), — 
une serie de vidimus passes eux-m6mes par-devant la prev6te de 
Paris. (Arch. comm. de Douai, EE, n<» 73, Jnventaire analytique, 
1878, p. 9.) 

Le premier de ces vidiinus, en date du 14 octobre 1429, vidime 
les lettres patentes de Charles VII, en date de Gompi6gne, le 
28 aoiit, lettres patentes constituant Facte m^me de I'armistice. 
G'est le texte m6me de ce vidimus, passe par devant la prevote de 



340 ANNEXES. 

cioien pourrait s'en reconoaltre aux archives departemen- 
lales du Nord*. Dans la cbroQique dite des Cordeliers se 
trouvait encore insere un autre exemplaire du mime acte, qui, 
depuis, a ete public integralement par Quicberat, dans sod edi- 
tion d*un fragment de cette chronique*. 

Dans le corps mime de son recit, ainsi publie, la chronique 
dite des Cordeliers presente la seule mention a peu pres exacte 
offerte par les chroniques au sujet de la signature de rarmistice, 
qu'elle place vers la mi-aoAt*. 

Peu apres Tarmistice de quatre mois conclu a Gompiegne le 
28 aout i 429, un acte complementaire, en date du 4 8 seplembre, 
venal t etendre sa portee territoriale^. 

L'existence de cet acte a pu 6tre connue, des Tapparition du 
recueii de du Tillet, qui le mentionnait dans les memes condi- 
tions que le precedent^. 

Paris, que publie Tetude de Quicberat, negligent le vidimus 
superpose de la prev6te picarde de Beauquesne. 

1. Arcbives departementales du Nord, B 1483, Inventaire sotn- 
maire, t. I (1863), p. 352. — II paraitrait bien qu'on puisse y dis- 
tiuguer un specimea de cet acte, signale ici pour la premiere fois 
a ce qu'il semble. 

2. Quicberat, SuppUment aux Umoignages contemporains sur 
Jeanne d^Arc, dans Revue historique, p. 60-83. Voir p. 69-71, 76-78, 
t. XIX, mai-juin 1882; cf. Simeon Luce, Jeanne d*Arc d Dom- 
remy, Preuves, Supplement, n» XXXVI, p. 336-344. Dans cette 
Chronique, ce document se rencontre sous la rodme forme d*un 
vidimus passe devant la prev6te de Paris, en date du 14 octobre 
1429. Dans le ms. (Bibl. nat., ms. fr. 23018, anc. fonds des Cor- 
deliers, no 16), ce document se trouve aux fol. 489 vo-492 r». 

3. Chronique des Cordeliers, entre 17 juillet et 13-14 octobre 
1429, Bibl. nat., ms. fr. 23018, fol. 489 vo; Quicberat, op, ciU, 
p. 76 ; Simeon Luce, op. cit., p. 342. 

4. Voir Extraits publies, t. Ill, p. 224, n. 2. — Cet acte a M 
etudie en dernier ressort par M. Wallon, Jeanne d'Arc, 4« ed. 
(1870), t. I, App. XLII, Retraite du roi de Saint-Denis d Gien, 
p. 431-433, et par M. de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. II, 
p. 411. 

5. Du Tillet. Recueii des rois de France, t. II, Charles VII : 



ANNEXES. 341 

D'apres cetle donnee, Yallel de Viriville signala revenement 
dans son Histoire de Charles VII, Mais, entre les deux men- 
tions de du Tillet consacr6es a ce fait, Tune contient une erreur 
typographique assignant a cet acte, comme date, la date du 
28 septembre au lieu de celle du 48. G^est, par malheur, uni- 
quement a cette mention faulive que se refere I'ouvrage en 
question, malentendu qui 6le singulierement de sa valeur a 
cette interessante divulgation ^ 

G'est alors que Quicherat^ toujours d'apres le meme dep6t 
d^archives, eut connaissance du texte de cet acte et en donna 
le premier une edition integrale, jointe a celie de Facte de Com- 
piegne dont il vient d'etre question^. 

C'est un acte redige comme le precedent, sous forme de 
lettres patentes de Charles Vli, mais, cette fois, rendues au 
nom du roi par son conseil du pays d^Outre-Seine, siegeant a 
Senlis, Je 48 septembre 4429, cinq jours apres le depart de 
Charles VII de Saint-Denis, quMl a quitte le 43 pour regagner 

Guerres et TraitSs, et Inventaire : 6d. de 1601-1602, p. 222, 239; ed. 
de 1606-1607, p. 351-352, 367. Gf. D. Felibien, Histoire de Paris, 
I. XVI, t. II, p. 813, et Preuves, part. II (t. IV), p. 591. 

1. Vallet de Viriville, Hist, de Charles VII et de son ipoque, t. II, 
p. 124 et n. 1. — La mcntioD du Recueil des rots, placee a la p. 222 
(Guerres et Traites) de Ted. de 1601-1602 (et non a la p. 322, 
comme le porte la n. 1 de la p. 124 de V Histoire de Charles VII 
et de son Spoque)^ pr^sente la date fautive du 28 septembre ; c*esla 
cette mention que se reffere Vallet de Viriville. La mention du 
Recueil des Rois, placee a la p. 239 (Inventaire) de cette mdme edition 
de 1601-1602, presente ladatecorrectedu i8 septembre. Cette m6me 
discordance typographique (28 pour 18) se retrouve, aux mfimes 
places correspondantes, dans Ted. de 1606-1607, p. 351-352 
(Guerres et Traites) et p. 467 (Inventaire). — II est assez singu- 
lier que Vallet de Viriville, ea ce passage, n'emploie et ne cite 
pas, comme pour I'acte precedent du 28 aoilt, le texte insere dans 
la chronique dite des Cordeliers, texte dont il va 6tre parle. 

2. Quicherat, Nouvelles preuves des trahisons es.suydes par la 
Pucelle, dans Revue de la Normandie, t. VI, 30 juin 1866, p. 396- 
401. Voir p. 400-401. 



342 ANNEXES. 

le 2i Gien et les bords de la Loire. Get acte avait pour effel 
d'augmenter la portee territoriale de rartnistice, en I'etendant 
a Paris et a la region immediatement voisiae, lieux qui en 
itaient exceptes par Tacte du 28 aoat^ On reviendra tout a 
Theure sur ses conditioas spteiales'. 

Ge document, egalement enclos dans une serie de vidimus 
superposes, Qgurait aux archives communales de Douai'. 

Un autre exemplaire, depuis, en a ete decouvert aux Archives 
royales de Belgique^. Un autre s'en est trouve signale aux 
archives departemenlales du Nord'. Dans la chronique dite des 
Cordeliers, a cote de I'acte precedent, s'en trouve insere un 

1. Texte du document, Quicherat, op. cit,, ibid. 

2. Voir ci-apres, p. 343-346. 

3. Aux archives communales de Douai, dans le gronpe de vidi- 
mus passes par-devant le lieutenant de la prev6t^ de Beauquesne, 
suffisamment defini (p. 339, n. 6), figure un second vidimus pass^ 
par-devant la pr6v6te de Paris. (Arch. comm. de Douai, EE, n« 43, 
Inventaire analytique (1878), p. 9.) Ce second vidimus, en date du 
13 octobre 1429, vidime les lettres patentes de Charles VII ren- 
dues au nom du roi en son conseildu pays d 'Outre-Seine, en date 
de Senlis, le 18 septembre, lettres patentes etendant la partie ter- 
ritoriale de Tarmistice. G est le texte de ce vidimus, passe par- 
devant la prev6te de Paris, que publie Tetude de Quicherat, 
negligeant le vidiynus superpose de la pr6v6te picarde de Beau- 
quesne. 

4. Archives royales de Belgique : Ghartes [transportees k Vienne 
en 1792] restituces par I'Autriche [en 1864] et Traites, n«» 522, 
(Boutaric, Rapport sur une mission en Belgique {en 186^] a Veffet de 
rechercher les documents inMits relatifs d Vhisioire de France au 
moijen age, dans Arch, des missions scient, et litter., 2« serie, t. II, 
186r), p. 293. — Signale sommairement par Quicherat, SuppL aux 
temoignages contemporains sur Jeanne d'Arc, dans Rev, hisL, 
t. XIX, mai-juin 1882, p. 72, n. 1. — La encore, cet acte figure 
sous la meme forme de vidimus passe par-devant la prev6te de 
Paris, en date du 13 octobre 1429. 

5. Wallon, Jeanne d'Arc, 4« ed., 1876, 1. 1, App. XLII, Retraite 
(III roi dc Saint-Denis a Gien, p. 432, n. 1. La encore sous forme 
de vidimus. 



J   I 



ANNEXES. 343 

specimen qui a ete pubtie integralement par Quiciierat, dans 
son edition d'un fragment de cette cfaronique^ 

L'original de Facte semble se trouver am archives departe- 
mentales du Nord^. 

Les conditions de ces deux actes, Tarmistice mdme du 
28 aoiit et I'extension du 48 septembre, actes si 6troitement 
lies I'un a l^autre^ conditions ainsi revelees dans leur integrity, 
sont extraordinaires, pour ne pas dire extravagantes. 

Biles n'ont peut-etre pas encore ete examinees dans toutes 
leurs consequences, sur lesquelles il est cependant int6ressant 
d'appeler I'attention. 

Degagees des inutiles formules de style et du fatras diploma- 
tique d'usage, et ramenees a leur signiflcation essentielle, ces 
conditions peuvent se reduire plus clairement a sept groupes^. 

i^ Entre le roi de France et ie due de Bourgogne^ signature 
ferme d^un armistice general, superpose aux tr6?es regionales 
toujours en vigueur. 

2^ Quant au pouvoir anglais, aucune signature actuellement 
echangee. II pourra se joindre, a son gre, aux contraclants, 
par une adhesion facultative ulterieure. 

3° Duree de Farmistice. — Pour le due de Bourgogne, depuis 

1. Quicherat, Suppl, aux Umoignages contemporains sur Jeanne 
d'Arc, dans Rev. hist., i. XIX, mai-juin 1882, p. 60-83. Voir p. 71, 
78-79. Gf. Simeon Luce, Jeanne d'Arc a Domremy, Preuves, Sup- 
plement, n« XXXVI, p. 336-344. Dans cette chronique, ce docu- 
ment se rencontre sous la mSme forme de vidimus passe devant 
la prevote de Paris, en date du 13 octobre 1429. Dans le ms. 
(Bibl. nat., ms. fr. 23018, anc. fonds des Cordeliers, n® 16), ce 
document se trouve aux fol. 492 r<>-492 v®. — Le corps du recit dc 
la chronique ne fait aucune allusion a I'evenement lui-m6me. 

2. Archives departementales du Nord, A 1483, Inventaire som- 
maire, t. 1 (1863), p. 352. Signale par M. Wallon, Jeanne d'Arc, 
2« ed. (1867), 1. 1, App. XV, Retraite du roi de Saint-Denis a Gien, 
p. 275 ; of. 4« ed. (1876), 1. 1, App. XLII, Retraite du roi de Saint- 
Denis a Gien,p. 432, et par M. de Beaucourt, Hist, de Charles VII, 
t. U, p. 411, n. 2. 

3. Voir texte des actes, loc. cit. : p. 339, n. 3; 340, n. 2; 341, 
n. 2; 343, n. 1. 



344 ANNEXES. 

le 28 aout, jour de la signature, jusqu'au 25 deoembre. — 
Pour le roi d'Angleterre, depuis le jour oil son adhesion serait 
notiflee au roi de France, jusqu'au 25 decembre egalement. 

4° Zone de rarmistice. — Tous les pays situes sur la rive 
droite de la Seine, depuis Nogent-sur-Seine en amont jusqu'a 
Temboucbure de la Seine a Harfleur. 

5*^ Comprehension speciale^ expressement spteifiee. — Ville 
d'Amiens^ bailliage d'Amiens, ville d* Abbeville, comte de Pon- 
tieu, vilies de Noyon, Saint-Quentin, Ghauny, Hontreuii-sur- 
Mer, Corbie, DouUens, Saint-Riquier, SaintrValery-sur-Somme, 
Ribemont, Therouanne. 

6^ Exception. — L'armistice du 28 aout excepte toutes les 
places et vilies < faisans passage » sur la Seine, places pour les- 
quelles la position respective actuelle des belligerants demeure 
acquise. — L*acte complementaire du 48 septembre fail rentrer 
dans la zone d'armistice Paris, le pont de Saint-Cloud et la 
ville de Saint-Denis, lieux compris cependant dans cette cate- 
goric precitee des points « faisans passage » de Seine. 

7^ Conditions particulieres a Paris, passage de Seine, et a la 
region immediate de Paris. — L^armistice du 28 aout autorise 
specialement le due de Bourgogne a s'employer a la defense de 
Paris, place non comprise dans Tarmistice, contre toute attaque 
eventuelle du roi de France. — L'acte complementaire du 
48 septembre etend l'armistice a Paris et a la region immediate 
de Paris, dont suit le detail : a savoir le pont de Saint-Cloud, la 
ville de Saint-Denis, « faisans passage » de Seine, le pont de 
Cbarenton, passage de Marne, et le chateau de Vincennes, 
annexe de la defense parisienne. 

De ces conditions, pour peu qu'on y prete attention, se 
degage Tidee generale et maitresse de cette double convention, 
[)acte de ruse sournoise pour le parti bourguignon, pacte de 
dupe pour la cause francaise. 

Des deux ennemis coalises que le roi de France avait devant 
lui, un scul posait les armes, le due de Bourgogne, Tautre, le 
pouvoir anglais, ne s'engageait a rien, et, de fait, nulle adhe- 
sion de sa part ne fut jamais apporlee. 

Le roi de France sc resignait a ne conserver, pour passage 
de Seine el lijzne de retralLe, que le pont lointain de Troyes, el, 



ANNEXES. 345 

eventuellement, celui de Bray, un peu plus voisia, peul-etre 
deja reconquis par les forces fran^aises, on ne salt dans quelles 
conditions ^ Quant au passage de la Marne, au moment de la 
signature de Tarmistice, le roi de France ne lenait que le pont 
de Chateau-Thierry; seul, un hasard heureux, peu apres cette 
signature, le mettait en possession du pont de Lagny, lui per- 
mettant de tirer sur la direction de Bray^. 

Le pouvoir anglais et le due de Bourgogne sauvaient toutes 
les villes de Picardie, toutes prates a se rendre a Firresistible 
mouvement dont la Pucelle etait Tame, toutes deja fran^aises 
d'impulsion. Le roi de France, par la clause la plus inouTe, se 
liait volonlairement les mains pour se defendre a lui-meme de 
cueiiiir leur enthousiaste soumission^. 

Paris, du 28 aout au 48 seplembre, theoriquement, se trouve 
excepte de Tarmislice, comme passage de Seine, etsemble ainsi 
expose a une conquSte possible du roi de France. Mais, des ce 
moment meme, Paris, par une clause bien autrement efTective, 
se trouve abrite par la condition particuliere qui permet au due 
de Bourgogne de s'entremettre pour la garde de la capitale. — 

1. Sar la saisie du pont de Bray-sur-Seine, a quelques lieucs 
au-des8us de Montereau, par les forces francaises, sur sa reprise 
par les forces anglaises, sur son r61e en juillet-aoiit 1429, voir 
Extraits publics, t. Ill, p. 202, n. 1, p. 204, n. 1, p. 306, n. 3, 
p. 218, n. 4. 

2. Sur roccupation de Lagny, Extraits publit'^s, t. Ill, p. 214, 
n. 2, p. 118, n. 4. 

3. Sur cc point, voir un passage caracteristique de Monstrelet, 
bien place pour ^meltre un avis autoris^. Les quatre villes qu'il 
nomme comme prates a passer h. la cause francaise se trouvent, 
toutes quatre, justement speciliees dans la comprehension speciale 
qui vient d'etre sif^naloe. La coincidence est au moins singuliere. 
« Et pour verity, se il [le roi de Franco], a tout sa puissance, fust 
venu a Saint-Quenlin, Corbie, Amiens, Abbeville et pluiseurs 
aultros fortes villos et fors chasteaulx, la plus grand partie des 
habitans d'ycolles estoient tons protz de le recevoir a seigneur et 
no desiroient ou monde aultre chose que de lui faire obeissance 
et piaine ouverture. • [Monstrelet, I. II, ch. lxx, (id. Douet d'Arcq, 
t. IV, p. 354.) 



346 ANNBXB8. 

Gompris dans la neutralite et defenda par le poavoir angiais, 
Psris eAt risque de se lirrer spontanement a la Paeelle. Exoepte 
des hostilites, et protege par le parti boarguignon, Paris deve- 
nail intangible. — Si la tentative du 8 aeptembre faillit rtessir, 
oe fut gr&ce a Tenergie personnelle de la Pucelle, qai allait 
directement contre Teeprit de la cour et des conseillers da roi. 

L^esprit de la double convention etait de rendre Paris inalta- 
quable en fait^ puis d*en ecarler legalement les hostilitds. 

L'armee retiree apres Techec du 8 septembre, le danger 
passe, I'acte complementaire du 48 septembre acheve la oome- 
die, en faisant rentrer Paris et sa region dans le droit commun, 
et en les comprenant dans Parmistice. 

L'armistice conclu le 28 aout pour une duree de quatre mois, 
jusqu'au 25 decembre, jour de Noel, se trouva reporte, par 
diverses prolongations, jusqu'au terme du 45 mars 4430, ou 
meme du 46 avril, jour de Paques'. 

Vers cette date devait, theoriquement toujours, s'ouvrir un 
congres general de pacification, ou le pouvoir anglais eAt ete 
ofnciellemenl represente et dont le debut avait ete flxe au 
4*"' avril, a Auxerre^. L'abandon de ce projet, facile a prevoir, 
laissa s^achever sans la renouveler I'echeance de la prolonga- 
tion de rarmistice^. 

Cette rupture de Tarmistice general ne portait pas atteinte, 
en droit, aux treves regionales continuees naguere du 4" no- 
vembre 4428 au 4" novembre 4434. II est possible que, par un 
relachement facile a imaginer, elles se soient trouvees violees 
en meme temps que Tarmlstice general etait lui-meme legale- 

1. Sur ces prolongations, voir Eztraits publics, t. Ill, p. 226, 

n. 2, p. 246, n. 3, p. 248, n. 2, p. 268, n. 1. 

2. Cette ouverture du congres au !•' avril devait, si Tech^nce 
finale d*^ Tarmistice etait fixee au 15 mars, rendre indispensable 
une nouvelle prolongation de cet armistice, et pouvait, an con- 
traire, si I'echeance finale ne survenait que le 16 avril, offrir la 
marge nccessaire aux premieres stances. 

3. Sur le congres d'Auxerre, voir Extraits publics, t. Ill, p. 226, 
n. 2, p. 208, n. 1. 



ANNEXES. 347 

ment denonoe. U est egalement admissible qu^elles se soient 
trouvees respectees. L*acte qui les renoue, deux mois avant leur 
expiration juridique, a savoir la convention de Ghinon, passee 
le 8 septembre 4434, ne fait pas allusion a la continuation 
d'un regime d'actes anterieurs. Mais, conclue sous un prin- 
cipe tout autre, directement entre les parties contractantes, 
France et Bourgogne, a la difference des actes anterieurs, pas- 
ses par mediation du due de Savoie, cette convention, base 
nouvelle d'ou devait sortir la pacification d^Arras en 4435, ne 
saurait servir dVgument dans le sens de Tinterruption legale 
de ces troves regionales^ 

Seules, elles attenuerent la tension des rapports entre France 
et Bourgogne, entre 4424 et 4435. L*armistice general conclu 
le 28 aout 4429 ne fut qu'un acte transitoire, trame de salut 
pour FAngleterre, pi^ge pueril pour la France. 

II est encore un autre acte qui se rattache aux deux conven- 
tions du 28 aout et 48 septembre, c'est celul par lequel, le 

43 octobre 4429, le due de Bourgogne se trouva invest!, par le 
pouvoir anglais, des foncUons de lieutenant general a Paris et 
dans toute la France soumise a Inoccupation etrangere, tout en 
maintenant la regence superieure du royaume anglo-fran^ais et 
le gouvernement special de la Normandie au due de Bedford, 
qui en etait titulaire depuis la disparition de Henry V et de 
Cbarles VI en 4422, et devait la conserver jusqu'a sa mort, le 

44 septembre 4435^ 

L'exislence de cet acte a pu etre connue, des rapparlllon du 
recuell de du Tillet, qui le mentlonnait presque dans les memes 
conditions que les deux precedents^. D. Felibien, dans son His- 

\, Texte dans D. Piancher, Hist, de Bourgogne, t. IV, Preuves, 
no LXXIX, p. Lxxxix-xcii. — Voir ci-dessous, p. 336, n. 1. 

2. Voir Extraits publics, t. Ill, p. 224, n. 2. — Get acte a ^i6 
^tudie, en dernier ressort, par M. Wallon, Jeanne d'Arc, 4« ed. 
(1876), t. II, App, XLIV, Lieutenance du due de Bourgogne^ p. 434- 
436, et par M. de Beaucourt, Hist, de Charles VII, t. II, p. 35, 
411-413. 

3. Du Tillet, Recueil des rois de France, t. II, Charles VII : Guerres 
ct Traitcs, et Invcniaire : 6d. de 1601-1602, p. 23U ; ed. de 1606- 



348 ANNEXES. 

taire de Paris^ contient une indication sommaire, mais precise, 
da (hit, a Toccasion de la criee publique de cet acte, le joar m&me 
du 43octobre4429^ LeJaumald*un bourgeois de Paris ^MdAlU' 
sion a revenement, avec certaine inexactitude de forme, en fki- 
sant du due de Bourgogne le c regent de France > et du due de 
Bedford le c gouverneur de Normendie* ». La Chronique nor- 
mande de Pierre Gochon emploie les memes termes'. Monstre- 
let rapporte que le due de Bourgogne eut a « entreprendre le 
gouvernement de la viile de Paris > jusqu'a P&ques, le 46 arril, 
Umilant ainsi Tetendue territoriale et la duree temporaJre du 
mandal^. 

D'apres ces donnees, utilisees en tout ou en partie, cettelieu- 
tenance etait tenue pour fait acquis par les historiens de la 
Puceile. M. Wallon reiatait Fevenement, des la premiere edi- 
tion de sa Jeanne d'Are^. Vallet de Viriville, dans son Hisioire 
de Charles VII, le mentionnait aussi^. M. Wallon, dans 
la scconde edition de son oeuvre, reconnaissait Tacte insti- 
tuant cette lieutenance de Philippe le Bon sur toute la France 
anglaise^. 

Get acte se presente sous forme de lettres patentes de 
Henry VI, roi d'Angleterre et roi titulaire de France, rendues 

1607, p. 367. Dans le r^cit contenu dans les Guerres ei Traits, 
le fait ne parait pas mentionne. 

1. D. Felibien, Hist, de Paris, I. XVI, t. II, p. 813, et Preuves, 
part. II (t. IV), p. 591. 

2. Journal d'un Bourgeois de Paris, outre 30 septembre et 17 oc- 
tobre 1429, ed. Tuetey, p. 247. Gf. note 5. 

3. Pierre Cochon, octobre 1429 : ed. V. de Viriville (1859), 
ch. Lii, p. 462; ed. Gh. de Beaurepaire (1870), p. 305. 

4. Mon%trelei, I. II, ch. lxxiii, ed. Douet d*Arcq, t. IV, 
p. 361-362. 

5. Wallon, Jeanne d'/lrc, l""* ed. (1860), t. I, p. 170 et notes, 
p. 313. 

6. Vallet de Viriville, Hist, de Charles VII et de son ipoque, I. II 
(IS63), p. 123-124, et p. 124, note 1. 

7. Wallon, Jeanne d'Arc, 2« ed. (1867), t. I, App. XVI, Lieute- 
nance du due de Bourgogne, p. 277-279, et 4« ed. (1876), t. I, 
App. XLIV, p. 434-436. 



ANNEXES. 349 

au nom du roi par son conseil de France siegeant a Paris, le 
43 octobre 4429. Get acle a pour effet d'instituer Philippe le Bon 
c lieutenant > de Henry VI dans les regions suivantes : ville, 
prevote et vicomte de Paris, villes et bailliages de Gharlres, 
Melun, Sens, Troyes, Ghaumont-en-Bassigny, Saint-Gengoux- 
le-Royal, Vermandois, Amiens^ Tournaisis et Saint-Amand, 
senechaussee de Pontieu; exception faile pour les villes et ch&- 
tellenies de Dreux, Villeneuve-le-Roi, le Grotoy et Rue, classees 
dans la m^me calegorie que le pays de Normandie et laissees au 
gouvernement special du due de Bedford ^ 

Ce document, egalement enclos dans une serie de vidimus 
superposes, figurait aux archives communales de Douai^. 

Un autre specimen pent s'en reconnaitre aux archives depar- 
tementales du Nord^. Dans la chronique dite des Cordeliers se 
trouvait inseree une autre reproduction des memes lettres, 
texte qui, depuis, a ete publie integralement par Quicherat, 
dans son edition d'un fragment de celte chronique ^ 

1. Voir texte de I'acte, ci-dessous, n. 4. 

2. Aux arcliives communales de Douai, dans le groupe de ridi- 
ynus passe par-devant le lieutenant de la prev6to de Beauquesne, 
sufBsamment d^fini (p. 339, n. 6, of. p. 342, n. 3), flgure un troisieme 
vidimus, passe par-devant la prev6te de Paris. (Arch. comm. de 
Douai, EE, n^ 43, Inventaire analytique (1878), p. 9.) Ge troisieme 
viditnus, en date du 14 octobre 1429, vidime les lettres patenles de 
Henry VI, rendues au nom du roi en son conseil de France, en date 
de Paris, le 13 octobre, lettres patentes instituant la lieutenance du 
due de Bourgo^ne. C'est I'analyse do ce vidimm, passo par-ilcvaiii 
la prev6te de Paris, que mentionne TcKuvre de M. Wallon. — Qui- 
cherat ne paraii pas on avoir eu connaissance, alors qu'il publiait 
dans Revue de la Normandie, en 1866 (voir p. 339, n. 3, et p.341, n. 2), 
les deux actes du 28 aout et du 18 septembro, groupes cepondant 
avec cet acte du 13 octobre, aux archives communales de Douai, 
sous le vidimus commun de la prev6te picarde de Beauquesne. 

3. Archives departementales du Nord, B 1483, Inventaire som- 
maire, t. I (1863), p. 352. — II parait bien qu'on puisso y distin- 
guer un specimen de cet acte, signale ici pour la premiere fois, a 
ce qu'il somble. 

4. Quicherat, Suppl. aux thnoignagcs contemporains sur Jeanne 
d'Arc, iUiUii Rer. hist., I. XI\, mai-juin I8S2, (). 60-83. Voir 



350 ANNEXES. 

L'original de Facte se trouve dans la collection Colberts 

p. 7i-72, 79-81. Gf. Simeon Lace, Jeanne d'Are d Jkmremy, 
Preuves, Suppl., n^ XXXVI, p. 336-344. — Dans cette chronique, 
ce document se rencontre sons la fonne da texte direct des lettres 
patentes en date du 13 octobre. Dans le manuscrit (Bibl. nat., 
ms. fr. 23018, anc. fonds des Cordeliers, n* 16), ce document se 
trouve aux fol. 493 vo-494 v». — Le corps du r^cit de la chronique 
ne fait aucune allusion a T^venement lui-m6me. 

1. Bibl. nat, mss., coll. Colbert : Melanges, 380, n* 534. Signale 
par M. de Beaucourt, Hist, de Charles VII, t. II, p. 35, n. 2. — Ce 
documeDt fait partie des documents exposes. (BibliotfUqtie natio- 
nale, Notice des objets exposis, DSpartement des manuscrits, n« 431, 
6d. do 1878, p. 70, ed. de 1881, p. 74.) 






XIX. 

Jeaxne de Luxembourg, jBiivNB dr BETHU!<rB, Jeanne db Bar. 

4430. 

Indications relatives avx femmes de la famille de Jean de 
Luxembourg, sire de Beaurevoir, prSsentes au chdteau de 
Beaurevoir au moment de la captivity de Jeanne d'Are, de 
juin a septemhre 4430\ 

Voir t. Ill, p. 300, n. 5. 

Jeanne de Luxembourg, — tantede Jean de Luxembourg, -* 
fllle de Guy de Luxembourg, seigneur de Beaurevoir, chatelain 
de Lille, cree comte de Ligny en 4367, comle de Saint-Pol par 
sa femme, Mahand de Chatillon, avail eu Irois freres : 

4 o Jean de Luxembourg, seigneur de Beaurevoir, seigneur 
d'Enghien, comte de Brienne et de Conversano par sa femme, 
Marguerite d'Enghien, mort vers 4397, le propre pere de Jean 
de Luxembourg. 

2** Pierre de Luxembourg, eveque de Metz et cardinal, mort 
a dix-huit ans en renom de saintete, en 4387, destine a etre 
beatifle au siecle suivant. 

3° Waleran de Luxembourg, Tainedela race, comte de Ligny 
et de Saint-Pol, chatelain de Lille, connetable de France, engage 
dans le parti bourguignon, mort en 444 5 a la veille du choc 
d*Azincourt. fipoux d'une soaur uterine du roi d'Angleterre 
Richard 11, c'est lui qui avait ose, a la suite de la revolution 
anglaise qui avait coutc a son beau-frere le trone et la vie, 
defier a lui seul, en guerre privee, pour assassinat et usurpa- 
tion, simple seigneur feodal contre royaume, le nouveau souve- 
rain d'Angleterre, Henry IV de Lancastre en personne. 

Jeanne de Luxembourg, la « demoiselle de Luxembourg », 

I. D'aprcs P. Anselmp, IHsiaire ghimloijique dc France, t. Ill, 
p. 7-3-2.7-28; t. IV, p. '>13-^!l^; t. V, p. Tilf). 



352 ANNEXES. 

n^ayanl jamais pris d'alliance, detenant encore sa part person- 
iielle des domaines pateroels, — destinee, par uq pacte de 
famille interieur, a recueillir directemenl les comtes de Ligny 
et de Sainl-Pol, prels a lui reveair a la mort immlDente de 
son pelit-neveu Philippe de Bourgogne, due de Brabant (4427- 
4430), qui les tenait par sa m^re du connetable Waleran, mort 
qui va survenir le 4 ao&t 4420, — achevait pres de soo 
neveu, i'ambitieux, dur et valllant capitaine bourguignon, pos- 
sesseur de Beaurevoir^ une vie cbargee d^ans et de venerab'on, 
qui aliait prendre fin, semble-t-il bien, vers la fin meme de 
4430. 

Marraine de Charles Vll, altachee par toutes ses traditions 
personnelles au parli francais, Jeanne de Luxembourg, le fait 
est acquis, sut temoigner a la captive de son neveu maintes 
bienveillances delicates^ 

Jeanne de Bethune, — femme de Jean de Luxembourg, — 
nile de Robert de Bethune, vicomte de Meaux, et dlsabeau de 
Ghistelles, avait epouse en premieres noces Robert de Bar, 
comte de Marie, sire a moitie de Goucy, comte a moitie de 
Soissons, tue a Azincourt en 4445, en meme temps que son 
oiicle, le due de Bar regnant Edouard III. EUe avait, depuls, 
epouse Jean de Luxembourg, vers 4448, en conservant devers 
elle, au nom de sa fille mineure Jeanne de Bar, issue de son 
premier manage, la garde du comte de Marie, de la moitie de 
la seigneurie de Goucy el de la moitie du comte de Soissons 
Hiisanl partie de I'heriLage de Robert de Bar. 

AlLacheeau parli francais par ses souvenirs et ses tendances, 
Jeanne de Bethune, tout comme Jeanne de Luxembourg, tante 
de son marl, sut egalement temoigner a la prisonniere de Beau- 
re voir de nobles alien lions ^. 

Jeanne de Bar, — belle-filie de Jean de Luxembourg, — fllle 

1. Inlorrogatoire du 3 mars 1431 ; cf. art. d'accus. xvr; Proces, 
t. I, p. 95, 231. 

2. liitorrof^atoiro du 3 mars I'lRl; cf. art. d'accus. .xvi; Proces, 
I. I, (). U"), 231. 



ANNEXES. 353 

de Robert de Bar et de Jeanne de Bethune, egalaitalors en age, 
ou pen s'en faut, la Pucelle captive. Cinq ans plus tard, en 
4435, elle devait epouser Louis de Luxembourg, comte de Saint- 
Pol, le neveu de Jean de Luxembourg, le futur connetable des- 
tine a Techafaud de Louis XL 

Sans donnees precises sur son role aupr^s de la captive de 
son beau-pere, tout porte a croire qu^elle partageait les senti- 
ments de sa mere a Tegard de la Pucelle. 



IV u 



XX. 



Bbaulibu. 

Mai-juin 4430. 

T6moignage relaiif d la tentative cT^vasion hasardde par 
Jeanne d'Arc au chdteau de Beaulieu, dans les demiers jours 
de mai ou les premiers jours dejuin 4430. 

Voir t. Ill, p. 300, n. 6. 

Le fait d'une premiere tentative d^evasion, hasardee et man- 
quee par la Pucelle au chateau de Beaulieu, oii eile sejourne uue 
quinzaine environ, entre la fin de mai et les premiers jours de 
juin 4430\ est acquis et etabli de tout temps, d'apres IMnter- 
rogatoire meme de la Pucelle figurant dans le compte-rendu du 
proces^. 

D'apres ce temoignage^ ce serait par Tinterieur du chdteau, 
en se glissant hors de sa prison par Tinterstice de deux pieces 
de bois, avec le plan arrete d'enfermer elle-meme brusquement, 
du dedans, ses gardiens dans le lieu oii ils se tenaient, qu'elle 
aurait risque Taventure. Encore occupee a se degager, ou bien 
se mouvant deja librement dans les passages du ch&teau, la 
survenance imprevue et fatale du porlier, non specialement 
affecte a sa garde, aurait tout perdu. Girconstances qui, comme 
fonds et detail, ne presentent qu'une entiere vraisemblance. 

Ce poignant episode n*est connu que par cette unique source. 
G'est a tort que la Chronique de Tournai, de divulgation rela- 
livement moderne, chronique qui signale d'ailleurs exactement 

1. Sur la situation de Beaulieu et le sejour de Jeanne d'Arc, 
voir Exiraits publies, t. Ill, p. 300, n. 3 et 4. 

2. Interrogatoire du 15 mars 1431; art. d'accus. xxxi ; Proces, 
t. T, p. 163.16'i, Vi9. 



ANNEXES. 355 

le transfert successif a Beaulieu, puis a Beaurevoir, rapporte au 
sejour k Beaulieu les circonstances de I'autre tentative d'eva- 
sion', qui fiit essayee, en fait, non a Beaulieu, mais a Beau- 
revoir*. 

1. Chronique de Tournai, ed. J. -J. de Smet, dans Recueil des 
Chroniques de Flandres, ap. GollecHon de chroniques beiges, t. Ill 
(1856), p. 416-417. 

2. Voir ci-apr&8, Annexe XXI. 



XXL 



Bbaureyoie. 

Juin-juillet4430. 

T4moignages relatifs d la tentative d^&vasion hasarcUe par 
Jeanne d^Arc au chdteau de Beaurevoir^ dans le cours de juin 
ou dejuillet 4430. 

Voir t. Ill, p. 302, n. i . 

Le fait d*une seconde tentative d'evasion, hasardee et man- 
quee par la Pucelle au chateau de Beaurevoir, ou elle sejourne 
quatre mois environ, entre le debut de Juin et la fin de sep- 
tembre 4430*, est acquis et etabli de tout temps, d^apres Tin- 
terrogatoire meme de la Pucelle figurant dans le compte-rendu 
du proces*. 

La seule cbronique qui, d'anciennele, y fit allusion, etait le 
Journal d'un bourgeois de Paris. Encore, cette allusion, tres 
posterieure a la date du fait lui-meme, provient-elle uniquemenl 
de la connaissance du proces^. 

La divulgation, relativement moderne, de la Chronique de 
Tournaiy a constitue le premier element d'information directe, 
tiree d'un texte narratif concernant cet evenement. Mais ce 
temoignage, quolque signalant exactement dans leur ordre les 
deux sejours successifs de la Pucelle a Beaulieu et a Beaurevoir, 

1 . Sur la situation de Beaurevoir et le sejour de Jeanne d'Arc, 
voir Extraits publies, t. Ill, p. 300, n. 3 et 4. 

2. Interrogatoire du 3 mars 1431, Procds, t. I, p. 109-111 ; du 
14 mars, p. 150-152, 160-161; du 15 mars, p. 169; du 31 mars, 
p. 326. Art. d'accus. xxxvui, p. 259-261 ; xli, p. 266-267 ; cf. art. 
du resume d'accus. viii, p. 334, avec examen de cet art., I. II, 
p. 45-46. 

3. Journal d'un Bourgeois dc Paris, 30 mai 1431, ed. Tuetey, 
p. 268. 



ANNEXES. 357 

commet uae erreur singuliere en plagant a Beaulieu le fait de 
l^evasion tentee en fait a Beaurevoir^ 

De ces sources, il n'etait possible de degager, en ce qui con- 
cerne I'evenement, ies fails materiels suivanls et ceux-la seuls : 
chute, determinee par un acte volontaire, du donjon dans ies 
fosses; contusions et impossibiiite de se mouvoir, toutefois sans 
lesion grave ni fracture; reprise immediate et reintegration dans 
le lieu de captivite. 

Quant a Texecution meme de cette tentative d*evasion, Tin- 
terpretation de ces divers temoignages, Ies seuls jusqu'alors 
connus, avait porte, jusqu'a une epoque encore assez proche, a 
adopter goneralement Tbypothese que Jeanne d'Arc, d'un elan 
desespere, aurait saute dans le vide du haut de la plate-forme 
du donjon^. 

Quoique sans document precis permettant d^inflrmer cette 
hypothese, — veritable acte d'inconscience si elle devait etre 
tenue pour vraie, — cette version pouvait deja, aux yeux de cer- 
tains, parailre aussi inadmissible en soi que contraire a tout ce 
qu'on salt de la force d'ame, de I'imperieux bon sens et de 
i'energique intelligence de la Pucelle. 

La revelation plus recente de la chronique anonyme connue 
sous le nora de Chronique des Cordeliers^ chronique si exacte- 
ment renseignee sur tons Ies fails de cette region, s'est chargee 
de donner corps et raison aux doutes emis sur la question, et 
permet de situer ce dramatique episode dans des conditions plus 
proches de la vraisemblance et de la verite ^. 

1. Chronique de Toumai, ed. J. -J. de Smet, dans Recueil des 
Chroniques de Flandre, ap. Collection de chroniques beiges, t. Ill 
(185G), p. 416-417. 

2. Sur ce point, Quicherat, Aperpus nouveaux sur Vhistoire de 
Jeanne d'Arc, eh. vi, p. 55-60. 

3. Chronique dite Chronique des Cordeliers, entre 27 [pour 23] mai 
pt 11 juin 1430 (Bibl. nat., ms. fr. 23018 [anc. fonds Cordeliers, 
n» 161], fol. 498 v^, signaleo et utilisee pour la premiere fois par 
Vallet de Viriville, flist, de Charles VIZ, t. II (1863), p. 176 et n. 3. 
Voir Wallon, Jeanne d'Arc, t. II, App. IV, Saul du haut de la tour 
de Beaurevoir, p. 384. — Ce fragment se trouve publie par Quiche- 
rat dans Suppl. aux t6moignages contemporains sur Jeanne d'Arc^ 



358 ANNBXBS. 

Une evasion en regie par Texterieur du cb&teau, evasion aidee 
de moyens pratiques ofFrant ch&Doe de la mener a bien, lei 
etait Facte que Jeanne d^Arc avatt combine, prepare et com- 
mence a executer avec une tranquiUe et surhumaine audaoe. 
G'est par une fendtre, a partir d'un point necessairement infifr- 
rieur a la hauteur totale du donjon, en se laissant glisser le 
long de la muraille, a Taide d*un souUen, corde, pans ou lam- 
beaux d'etoffes ou de toiles^ assujetti d'une fa^n queloonque a 
quelque support interieur ou a quelque barreau brise, qu^elle 
hasarda la perilleuse aventure, — el non pas en se langant 
dans le vide, du haul de la plate-forme culminante de la tour, 
d'un saut de folie de vingt a vingt-cinq metres ^^ — sans espoir 
d'arriver vivante a terre. G'est la rupture, sous le poids de son 
corps, du soutien insufGsant dont elle s'aidait, accident survenu 
on ne peut savoir a quelle distance du sol, qui la predpita au 
ras du fosse, meurtrie et sans connaissance, mais cependant 
sans bris de membres ni lesion mortelle. 

Ainsl presentee et rectifiee, la tentative d^evasion de Beaure- 
voir demontre une fois de plus toute Tindomptable energie, 
loute Tadmirable endurance d'ame de la Puceile, pensant encore, 
captive au fond du pays ennemi, au bord de la frontiere d'Em- 
pire, a vingt lieues des premieres iignes fran^aises du Laonnais, 
apres I'ecbec accablant d'une premiere tentative, sans secours 
moral ni ressources materieiles, songeant toujours et sans Ireve 
a reconquerir une liberie dont elle savait Temploi. 

ap. Rev. hisl.y 1882, mai-juin, p. 86, et par Simeon Luce dans 
Jeanne d'Arc d Domremy, Preuves, Suppl., n® XXXVI, p. 344. — 
Est-il be$;oin de dire que le recit ainsl place a cette date, entre la 
prise de la Puceile devant Gompiegne, le 23 mat, et le 11 juin, 
procedo par anticipation ? Le texte public ci-apres permettra du 
resto de s'en rendre compte. — Une 6dition integrale de la par- 
lie originale de la Ghronique des Cordeliers est actuellement en 
preparation, dans les publications de ia Soci^te de Fhistoire de 
France. 

I. Avec vraisemblance , Quicherat evalue a t soixante ou 
soixante-dix pieds la moindre elevation qu*on puisse supposer a 
un edifice de cette importance. » [Aper^us nouveaux sur Vhistoire 
de Jeanne rfMrc, ch. vr, p. 53-54.) 



ANNEXES. 359 

II n^est pas inutile de repeter ici que les elements qui res- 
sortent de la lettre transcrite par Antonio Morosini permettent 
de preciser la date de cette tentative S qu'une tendance generate 
portait jusqu'ici a reculer quelque peu, jusque vers le temps de 
la derniere detresse de Compiegne assiegee, et jusque vers le 
moment ou se negociaient les dernieres conditions de la vente 
de la Pucelle aux Anglais, c^est-a-dire vers la fin de son sejour 
a Beaurevoir^, dont le terme a ete recemment fixe vers la fin 
de septembre^. L'essai d*evasion, au contraire^ a lieu a unedate 
telle que I'echo en est parvenu a Venise le 3 aoAt^. 

Voici le texte de la Chronique des Cordeliers dont il vient 
d*6tre question ' : 

c De^ la prise de la Pucelle fu moult grant renommee par 
tout, et en furent moult joieulx ceulx du party de Bourgongne, 
et ceulx des autres moult dolans, car les ungs avoient esperance 
et les autres doubtance de son fait. Se fu enfin amenee prison- 
niere a Beaurevoir, la ou elle fu par grant espace de lamps, et 
tant que par son malice elle en quida escapper par les fenestres^ 
mais ce a quoy elle s'avaloit rompy. Se quey jus de mont aval 
et se rompy pres les rains et le dos, de lequel blechure elle fu 
longtamps malade. Et depuis ce qu'elle fu garie fu elle delivree 
aux Englois par aucuns moyens et traities d'argent, et fu 
menee a Rouen la oil on luy fist son proces tout du long, et en 
fin fii condempnee, comme dit sera cy apres quant tamps et 
lieu sera^. > 

1. Voir Extraits publies, t. Ill, p. 292, n. 6. 

2. Sur ce point, Wallon, Jeanne d*Arc, t. II, p. 13-14. — Abbe 
Henri Debout, Jeanne dCArc prisonnUre a Arras, p. 9-10, 12-13. 

3. Sur ce point, voir Extraits publies, t. lU, p. 300, n. 4. 

4. Voir Extraits publies, t. Ill, p. 302, n. 2. 

5. Chronique des Cordeliers, lac. cit. Voir ci-dessus, p. 357, n. 3. 

6. A i'alinea immediatement precedent, le chroniqueur raconte, 
sous la date du 27 (erreur pour 23) mai, la prise de Jeanne d'Arc 
devant Compiegne. 

7. A Talinea immediatement suivant, le chroniqueur relate 
diverses courses des garnisons francaises de la region avoisinant 
Compiegne, courses survenues en juin, dont une a laquelle il 
assigne la dale du li juin. 



XXII. 

V0TAG£ DE PiBTRO QoiUNI. 

U3^4432. 

Renseignemenis compUmentaires sur I'exphration de la cdle 
septenirionale de Norvige par le V4nitien Pietro QttirifU, 
commandant de « coque » marchande^ dont le Diario d' An- 
tonio Morosini^ soiis la date du 43 octobre 443i, signale 
plusieurs compagnons comme rentrant d Venise aprds de 
p6rilleuses avenlures, 

Voirt. Ill, p. 372, n. \. 

G'est a Tile dite « di Santi », des Saints, evidemment Tune 
des nombreuses iles du nom de « Sando », dont est semee en 
ces parages la cote norvegienne, que Pietro Quirini et ses com- 
pagnons, avec le canot ou ils sont ballottes depuis le 47 de- 
c^mbre, abordent epuises, dans la nuit du b au 6 Janvier 4432 ^ 
De ce premier et temporaire asile, ils passent bientot sur Tile 
voisine de « Ruslene », pour laquelle di verses identiGcations 
ont ete proposees, mais que les commentaires acquis de cette 
exploration placent au dela du cercle polaire, aux environs du 
70* degre de latitude septentrionaie. 

L'hivernage acheve dans ce refuge, en contact avec d'hospi- 
taiieres populations scandinaves, a ce qu'il semble, plutot que 
laponnes, patriarcalement regies par un dominicain allemand, 
Ics naufrages, le 44 mai, reduits a une dizaine, se mettent en 
route, par mer, pour la ville de Trondjem, oil ils parviennent 

1. Sur le voyage do Pietro Quirini, parti de Venise au debut de 
1431, pour la Flandre, avec une f coque » marchande du tonnage 
de 700 bottes, et lance par les vents au dela de Tlrlande jusque 
dans TAtlantique nord et TOcean glacial, oil ils abandonneot en 
pleino mer leur navire dt'semparo, le 17 decembre 1431, voir 
Extraits publics, t. Ill, p. 370, n. 5, 6, p. 372, n. 1. 



ANNEXES. 361 

le 29 mai, et sejournent jusqu'au 9 juin. De la, par terre^ Us 
gagnent la Suede meridionale, ou ils cherchent a retrouvery 
dans sa residence seigneuriale de Gothie, a une cinquantaine 
de jours de marche de Trondjem, un de leurs compatriotes, le 
Venilien Francesco Zane^ Gxe aupres du roi £ric XIII, qui lui- 
m^rne avail fait naguere a Venise, en 4424-4425, lors de son 
pelerinage en Terre-Sainte, un si prestigieux passaged Attei- 
gnant d'abord, sur les rives du lac Vettern, le celebre lieu de 
pelerinage de Vadstena, consacre par le souvenir et la sepulture 
de sainte Brigitte de Suede^ ils parviennent en deux caravanes, 
le 43 et le 48 juillet, a c Stichimborgo^ », domaine du Venilien 
Francesco Zane, oucelui-ci et son flls MafTeo, prevenus de ieurs 
inforlunes, ieur reservenl le plus hospilalier accueiP. 

Quelques semaines plus lard, le 44 aout, tons etaientau port 
suedois de Lund, sur le Sund, prets a s'embarquer par des 
voies difTerentes pour Ieur loinlaine patrie. 

Le 22 aout, partait un premier groupe, comprenanl entre 
autres le pilote Cristoforo Fioravanli el le commissaire Niccolo 
Micheli, se dirigeanl vers le port allemand de Rostock, silue 
vis-a-vis sur la BalLique, d'oii, par TAUemagne, les naufrages 
rentrent a Venise, le 42 oclobre 4432. G'esl le relour de celln 
fraction des naufrages que signale le Diario d^Antonio Moro- 
sini, sous la dale du 43 octobre, enregistrant sans grand con- 
Irole le premier bruit seme par la ville, bruit d'apres lequel le 
naufrage aurail eu lieu en un point de la cote de la Grande- 
Bretagne. 

Le 4 4 septembre, un second groupe, comprenanl le comman- 
dant Pielro Quirini, se mellail en route pour le port anglais de 

1. Sur ce voyage d'Eric III a Venise, voir Diario, ad dies 
31 juillet 1424 et 26 Janvier 1425, fol. 413 a a 414 b, W8 h. 
Gf. Sanuto, Vite de Uuchi, dans Muratori, Her. ital. script., entre 
I" aout et 12 septembre 1424, t. XXII, col. 975. 

2. a Stichimborgo », a Stichimbort,' », d'apres los relations citees 
plus loin, p. 362, n. I ; « Stegenborg », d'apres le commentaire 
cit6 plus loin, p, 362, n. 1. 

3. On a en vain chercbc, dans toute I'etondue du Diario, quelquo 
renseignement susceptible d'^clairer rptablissement en Suede de 
ee personnage ou d'aiitros de ses compatriotes. 



362 ANNBISS. 

Lynn^ ouvert sur le golfe du Waab et ia mor du Nord, d'ou, 
par Cambridge, ils gagnent Londres. De Londres, celte fraction 
des naufrages renlre individueliement a Venise. Pietro Qiiirini 
iui-meme, par Bruges et Bale, y parvient entre le 14 el le 
25 Janvier U33^ 

Le voyage de Pietro Quirini represente le second paroours 
venitien execute dans les mers septentrionales, ou naguere, les 
premiers de leur patrie (4390-U06), avaient penetre Niocold et 
Antonio Zeno, les freres de Carlo Zeno, le redoutable adversaire 
de Boucicaut^. Ce voyage de Pietro Quirini, uniquement du au 
hasard, comme on s'en rend compte, constitue une des acquisi- 
tions importantes de la geographic de ces regions encore incon- 
nues^. 11 signale a nouveau Texistence du cap Nord, oomme 

1. Du voyage de Pietro Quiriai on poss^de deux relations con- 
tempo raines, Tune de Pietro Quirini lui-mdme, Tautre due au double 
recit du pilote, de V « homme de conseil « Gristoforo Fioravanti, 
et du commissaire, de V « ecrivain i Niccol6 Micheli. Elles sont 
toutes deux publiees dans le recueil de Ramusio, Navigationi et 
Viaggi^ Venise, 3 vol. in-4o, dont les editions, depuis 1550-1559, se 
soat multipliees, jusqu'a celles de 1606 et de 1613. On les trouve 
au t. II : fol. \H a 150 v» et fol. 150 v» a 155 yo de V6d. de 1550- 
1551); fol. 199 v- a 206 et 206 a 211 des Editions de 1606 et de 
1613. — Un interessant commentaire en a ete donne par M. Uzielli 
dans sa recente etude sur Paolo Toscanelli et son temps : la Vita 
e i tempi di Paolo dal Pozzo Toscanelli^ Rome, 1894, in-4*, p. 122- 
125, dans Raccoltd di documenti e studi pubblicati dalla R. cammis* 
sione Colombiana pel quarto centenario dalla scoperta dell' America. 
Part. V, vol. I. 

2. On salt comment leurs peregrinations dans I'Atlantique du 
Nord, peut-6tre poussees jusqu'au Greenland, longtemps tenues 
pour motifs de fables, sont aujourd'hui acquises a I'histoire, 
quoique presentant encore tant de points enigmatiques. Sur ces 
voyages, voir Uzielli, op. cit., p. 120-122. 

3. D'apres M. Uzielli {op. cit., p. 123), la celfebre mappemonde 
veuitiennc de Fra Mauro, qui date de 1456, porterait designation 
du point de la cote norv^gienne oii aurait atterri le canot de la 
coque de Pietro Quirini. Les reproductions de cet important docu- 
mo. lit ^'oo^rapliii)iip, de proportions forcement reduites, qui ont 
j»ii ("irv cu^^ult^'P^, nont pas permis de s'en rendre compte. 



ANNEXES. 363 

extremite du inonde\ relate de curieuses observations concer- 
nant la meteorologie de ces latitudes, la faune etrange de ces 
regions, les moeurs simples et patriarcales des populations 
riveraines des mers arctiques^. 

De ces aventures et de ce retour a Venise, il est interessant 
de retrouver ainsi trace dans le Diario d' Antonio Morosini, texte 
representant ainsi, semble-t-il, la seule source contemporaine 
qui, parallelement aux relations memes du voyage, contienne 
une mention de cet evenement historique. 

1. « Questo scoglio [Rustene] era distante in ver ponente dal 
capo di Norvega, luogo forian e estremo, per che e chiamato in 
suo Languaggio Gulo Mundi, da miglia 70. i (Relation de Pietro 
Quirini, op, cit.) 

2. En 1436, quatre ans apres le retour des premiers compagnons 
de Pietro Quirini rentres a Venise, le geographe v6nitien Andrea 
Bianco dressait la carle de ces regions, en inscrivant a l'int6rieur 
des terres de la peninsule scandinave la legende suivante : f Nor- 
"vegie est regnum asperimo et frigidissimo et montuoxa, siivestris 
et nemoroxa, cuius incole pocius de pischacione et venalione 
vivunt quam de pane. Ibi fere, multy alby ursi et girifalci, et alia 
multa animallia. > (Atlas d'Andrea Bianco, de 1436, dans Fischer, 
Sammlung mittelalterlicker Welt-und See-Karten, 1. IX, feuille 7.) 



XXffl. 

LeTTRE DE GoSMA RlIMONDI SUR LA MISSION DE JkaNUB d'ArC. 

U29OUU30. 
Voir t. Ill, p. 378, n. 2. 

Gn iH9i, M. Giovanni Mercali^ alors Tun des docteurs de 
la bibliotheque Ambrosienne de Milan, aujourd'hui seriptar a 
la bibliolheque Vaticane, publiait, d'apres le manuscrit 274 de 
la bibliotheque Classense de Ravenne', une analyse et d'impor- 
tants extraits d'une lettre ecrite par Cosma Ralmondi de Gre- 
mone, letlre ou cet humaniste de second ordre essayait d'expli- 
quer la mission de Jeanne d'Arc. M. Mercati faisait suivre oes 
exlrails d^une notice sur Tauteur et s'interdisait de porter lui- 
meme aucun jugement sur sa decouverte. 

Queiles raisons Raimondi pouvait-11 avoir de composer oe 
factum en faveur de Jeanne d'Arc et de I'adresser, sous forme 
de letlre, a l*un des conseillers de Filippo Maria Visconti, due 
de Milan, nomme Giovanni Gorvini d'Arezzo'? li est certain 
que le choix de ce correspondant etail destine a imposer a Inat- 
tention du monde officiel milanais les falts merveilleux discutes 
avec beaucoup de complaisance et un peu de timidite par Rai- 
mondi dans son ecrit. Mais les motifs qui avaient amene Rai- 
mondi a rediger ce plaidoyer en faveur de la Pucelle sont moins 

1. Cosma Raimondi Cremonesc. Lettera suUa ven. Giovanna 
d'Arco.... Roma, 1894, in-4o (extr. des Studi e Documenti di Storia 
c DiriUo, t. XV, 1894). 

2. Ce ms. avail eto decrit des le xviii" siecle par Francesco 
Arisi, Cremona literata, t. Ill, p. 47. II appartenait alors a Tabbe 
Pietro Canneti. 

3. Sur Corvini, qui poss(5dait une tr^s belle bibliotheque, cF. 
Lafaye et Novati, le Manuscrit de Lyon n® C, dans les M6lange^ 
d'ardirologie el d'hisloire publics par I'Ecole fran^aise de Rome, 
t. X.I (181H), p. 31)7 01 n. 1. 



ANNEXES. 365 

ciairs. II semble cependant qu'on puisse les degager des notions 
biographiques contenues dans les autres lettres de l*erudit ere- 
monais. 

U faut tout d'abord remarquer que la lettre a Gorvini parait 
bien avoir ete faite sur commande. La froideur du ton et la 
mediocrite de Targumentation sufRraient presqueale prouver; 
si Raimondi ayait pris la plume dans un moment d'admiration 
ou de surprise enthousiaste, sa composition aurait sans nul 
doute un tout autre accent. D'autre part, il n^est pas probable 
quMl Tait faite a la priere de Giovanni Corvini, que ses fonc- 
tions m&mes obligeaient a une certaine reserve, et moins encore 
sur la demande, meme indirecte, de Fillppo Maria Visconti*. 

La question risquerait done de rester sans reponse si deux 
manuserits de Ravenne et de Milan ne nous eussent conserve 
des lettres eerites de France par Raimondi en iA34 et en 4432. 
Lorsqu'il eerivait sa leltre a Gorvini, Thumaniste se trouvait 
certainement a Milan; e'etait vers la Qn de Tannee 4429 ou 
au commencement de Tannee 4430. Les autres lettres a ses 
amis milanais^ eerites, comme je viens de le dire, en 4434 et 
4432, sonl datees d' Avignon. Ges deux series de dates nous 
donnent, semble-t-il, la clef du probleme. 

II nous reste en effet de Raimondi, outre les fragments de 
sa correspondance, un discours ou plutot une supplique au 
Senat milanais, ou il se plaint vivement de son sort et de la 
maniere plus qu'insuffisante dont ses meriles sont reconnus et 
recompenses. Ge discours fuL certainement ecril au moment 

1. Sur rinler^t pris alors aux affaires de France par ie due de 
Milan, voir Extraits pubiies, t. Ill, p. 30"2 et n. 6. 

2. Novati, qui fixe le depart de Raimondi pour Avignon en 

1428 {loc. cit., p. 394), dit que ces lettres ont ete eerites entre 

1429 et 1432; mais, un peu plus has (p. 400), il les date de 1430 
a 1432, ce qui parait plus exact. — Le titre donne a la lettre a 
Gorvini dans le ms. de Ravenne semble nettement prouver qu'ellc 
a ete eumposee en Italie : super allatis in Italiam rwnoribus. II 
est d'ailleurs bien difficile de eroire que, si Raimondi ei!it elv. alors 
en France, fCit-ee dans la France du Midi, il no I'eilt pas proelame 
bien haut, afin de donner plus de poids a ses arguments. Or, il 
n'y fait pas la moindre allusion. 



366 ANNBXBS. 

ou Raimondi venait de se resoudre a quitter Tltalie et de trou- 
ver ailleurs ce qu'il avait yaiDement soUicite daos sa patrie^. 
G'est vers Tepoque de la redaction de cette supplique, ou peu 
auparavant, qu'll convieodrait de placer la oompositioo de la 
lettre a Gorvini. L'humaniste etait sans doute deji decourage 
par ses vaines lentatives lorsqu'arriverent a Milan lea extraor- 
dinaires nouvelles de rapparition et dea premiers actes de 
Jeanne d'Arc. Dans Tincertitude oil flottait ropinion frappee de 
surprise, la publication d'une apologie de la jeune h^lne 
pouvait attirer Tattention deja en eveil et valoir a Thabile ecri- 
vain renommee et proOt. Ge dernier point n^etait pas sans 
importance pour Raimondi, qui, si Ton en croit ses piainles, 
se trouvail alors dans le plus complet denuement. Peut-dtre 
eut-il ridee de soumettre ce projet d'apologie a quelqu'un des 
agents que devait entretenir Gharles VII dans le duche de 
Milan. Peut-6tre eut-il affaire, des ce moment, a quelque ami 
du premier medecin du roi, Jean Gadart, qui, bien qu^eloigne 
de la cour^ avait conserve toute la contlance de son maltre'. 
Rien ne serait plus vraisemblable, puisque ce personnage 
fut le principal protecteur de Raimondi pendant son sejour 
dans le midi de la France. Jean Gadart, disgracie en 4425 
par Tarrivee an pouvoir du connetable de Richemont, s'etait 
retire en Provence^, oil 11 vivait somptueusement, malgre son 
exil, de la fortune qu'il avait amassee durant ses annees de 
faveur^ et de la belle pension viagere que Gharles VII conti- 

1 . Novati dit qu' c il est hors de doute que Raimondi adressa 
sa piainteauS^Datentre 1428 et 1431. » (Loc. cit., p. 403.) Ea 1431, 
il n'avait plus lieu de se plaindre, puisqu'il dtait pourvu d'une 
chaire. Ge o'est que plus tard, en 1433, qu'il eut de nouveaux 
deboires. 

2. Of. Beaucourt, Hist, de Charles VII, t. II, p. 129. 

3. Gf. Beaucourt, ouvr. citd, t. U, p. 102 et 103, n. 1. 

4. En jaavier 1420, il avait regu en don du dauphin le chd.teau 
de Beauvoirdu Marc, au diocese de Vienne, qu'il revendit Tannee 
suivante. (Marquis de Beaucourt, ouvr, citi, t. I, p. 417 et n. 6; 
cf. t. VI, p. 396 et n. 3.) — II avait epouse Jeanne des Molins, 
veuve de Jean de Clarcy, brodeur d'Isabeau de Baviere. Cf. un 
Ires curieux mandement (Pieces orig., vol. 566, dossier Gadart, 



ANNEXES. 367 

nuaita lui faire^ G'est probablemenl lui qui, a la fla de U29 
ou au commencement de 4430, informe du projet de Raimondi, 
lui fit promeltre, pour Tencourager a composer son petit ecril, 
la cbaire inutiiement demandte au Senat miianais. En efTet, 
peu apres la publication de la lettre sur Jeanne d'Arc, nous 
trouvons son auteur Installe dans une cbaire de droit de TUni- 
versite d' Avignon, ou il ecrit, outre quelques lettres adressees 
a des amis d'ltalie (U34-4432), un petit traite de laudibus elo^ 
quentiae dedie a son nouveau patron^. 

Apres quelques succes d'enseignement dans la ville des 
papes, ou il trouvait les etudes bien inferieures a celles des 
Universites italiennes', Raimondi semble avoir 6t6 assez vite 

pi^ce 7) de Charles VII a ^Itienne Petit, tresorier de Languedoc, 
dat^ de Montbazon, 12 novembre 4450, et lui ordonnant de reti- 
rer de Pierre Gadart, fils de Jean et de Jeanne des Molins, quit- 
tance de la somme de 2,750 1. t. « pour les vestemens et orne- 
mens d'une riche chapelle de deux (sic, pour drap) veloux bleu, 
complete de tous vestemens et ornemens tant en chasuible, diacre, 
sonbz diacre, chappes, paremens d'ostelz, orfroiz que autres choses 
neccessaires a ladicte chappelle, laquelle icelle nostre dame et 
mere avoit ordonne faire par ledit de Glarcy... ». t Depuis est 
advenu, — ajoute le mandement, — que ayons deuement este 
informez que icelle nostre dame et m^re avoit ladicte chappelle 
donate et* laissee a Teglise de Saint Denis en France pour plus 
reverenment et solennelment y faire le service divin et moyennant 
certain service qu'elle ordonna estre dit en ladite eglise pour 
Tame d'elle... » — Suit (pi^ce 7) la quittance de Pierre Cadart, 
« escuier, seigneur du Thor, panetier du Roy..., t datee du 
15 juillet 1452, c pour le fait d'une tr^s riche chapelle de drap de 
soye bleu, brodee ct semee de peries... i 

1. Des le 16 decembre 1426. (Beaucourt, ouvr. cite, t. II, p. 154.) 

2. D'apres Novati [loc. cit., p. 399), ce petit traite, qui se trouve 
en particulier dans le ms. latin 7808 de la Biblioth^que nationale 
(fol. 5 et suiv.), date de 1431. Raimondi, qui se souvenait d'avoir 
ete I'eleve de Gaspare Barzizza, dut le composer, pour t^moigner 
sa reconnaissance a Cadart, des que son nouvel enseignement lui 
en donna le loisir. — II avait sans doute etudi6 le droit sous son 
oncle malernel Antonio Oldoini, donl il parle avec admiration 
dans une lettre a B. Capra. Cf. Novati, loc. cit., p. 393, n. 1. 

3. Au debut d'uno lettro a Antonio Canohio (l**" nuvembre 



368 ANNEXES. 

oublie par Jean Gadart, qui vivait cepeadant encore en 4448 ^ 
Une elegie envoy^e par le pauvre bumaniste a Nicoold Arcim- 
boldo nous montre son ardent d^sir de quitter Avignon trouble 
par la revolte et la guerre (4433) et de rentrer en Lombardie*. 
Lettres et elegie, lout flit inutile; Raimondi n*obtenait rien; le 
desespoir s^empara de lui, et, au mois de mars 4436, Ambrogio 
Crivelli annon^ait a Arcimboldo le recent suicide de I'auteur 
de la lettre sur les faits merveilleux de Jeanne d'Arc'. 



Cosme R&ymandi Cremonensis super allatis in Italiam rumorilms 
de Johanna puella Gallia[e] pastorali epistola. 

Clarissimo atque ornatissimo viro omniumque optimarum 
artium peritissimo domino Jovanni Gorvino, Aretino, ducali 
patri conscripto, Gosmas Raimondus Cremonensis salutem dicit 
plurimam. Dubium me sepius incertumque fecit, vir clarissime, 
perlalus ad nos rumor qui nuper est ex Francia, crederem, 
necne, quse nobis nuntiarentur. Nam cum cepti rumoris^ ipsius 
progressio cursusvecontinuus propinquam satis veritati cogna- 
lionem habere videatur^ tum rei novitas magniludoque et hunc 
ante diem inaudita magnam plurimis admirationem dubitatio- 
nemque faeil,ut credere omnino non possint quse nuntiarentur. 
Sunt enim qui persuadere sibi nequeant provinciam Galliam 
tam illustrem alque amplissimam tot annos ab Anglicis bosti- 
bus oppressam depopulatamqueprimum feminae, deinde puells, 
Lum el quse cum pecoribus alque armentis vilam semper dege- 
rlL, nee solum minimis, sed parentibus etiam pastoralibus pro- 
genita sil, inslaurandam nunc componendamque ac in yeterem 
dignitatem resliluendam ab Deo delegatam etdestinatam esse. 

1432) : <c Cum offendissem banc unam Galliae notissimam civi- 
latera et reliquam similiter audirem Provinciam non modo 
poeticis et oratoriis studiis esse vacuas, sed pane etiam ab eis 
abhorrere... » (Novati, loc. cit., p. 399.) 

\. Beaucourt, llisi. de Charles VI J, t. VI, p. 396, n. 3. 

2. Novati, loc. ciL, p. 403. 

3. Ibid., p. 405. 

4. D'abord « rumoros ». 



ANNEXES. 369 

Nam videri aiunt, si hoc ila sit, Deum pene ipsum dignilatis 
suae majestatisque oblitum et in his qusB agantur nullam neque 
menteiu neque rationem adhibere; nihil enim esse tarn ab omni 
ralione dissonum quam ad constituendam tanti regni tam attri- 
lam pessundatamque provinciam indocilem atque inexpertam 
et sine uila autoritate puella[m] deligi, contraque disputant si 
peractandi ordinandique regni illius praecipuam quandam curam 
Deus habeat, non ita indigentem atque inopem ilium esse, ut 
puellae hujusce auxilio indigeat, nee in hac imperalrice tantum 
esse consilium et gravitatem nee rei militaris disciplinam tan- 
tam, ut deferri haec ei res potissimum conflcienda debuerit, 
ridiculumque fore et denuntialricem futurorum illam existi- 
mare, el cum tot proccres ac Rex ipse esset, putare in tam 
magna regione compertum fuisse neminem, nisi quae nondum 
satis esset femina, qui ad hoc transigendum dignus putarelur. 
Quibuset similibus multis in earn sententiam pergunt, ut spar- 
sos de puella rumores falsos potius commentiliosque quam 
veros arbitrentur. Ac mehercule res est creditu(m) difficillima. 
Sive enim externis consiliis mundus gubernetur nee humana 
Deus curet, ut prisci philosophi voluerunt, sive etiam inferiora 
ista animadvertat, quemadmodum verissima una omnium 
sapientissimaque religio nostra intelligit, veri quidem simile 
non videtur puellam pastoralem a Deo electam esse, quae huic 
tantae rei praeficeretur. Verumenimvero, cum et antiquissimos 
libros ilios, quos nostri Vetus, et hosce recentiores, quos Novum 
vocant Testamentum, fidei religionisque nostrac duopropugna- 
cula, mecum ip[s]e reputo el diligentius intueor, adducor e 
contra ut ionge aiiter de lota re ac primo judicem, nee inania 
penitus arbitrer quae ad nos perferantur. Novum est puellam 
armenlalem eligi quae regnum alter! constiluat? Novum multo 
est magis pastorium adolescenlem electum esse qui rex fierel. 
Id factum legimus. Nam in v[e]teribus sacris libris aperle pla- 
neque scriptum est David, cum pastor esset pecudes(|ue age- 
ret, polenlem ac facientem omnia Deum provinciae quae Judaea 
appell[ar]etur,populiqueejus, quem sibiadoptavisset, caput ilium 
ac regem effecisse. Sed hoc, quia pervetus est, non tanlum ani- 
madverlimus nee mullum [sic] peridimus : praeseiiLia magis inlue- 

IV ri 



370 ANNEXES. 

mur. Miramur deinde puellam cum paucis militibus in aciem 
provectaiu tarn multos, ut ferunt, profadisse. Id ut taceam, vei 
loci op[p]orluQtlate, vel improviso adventu, aut hostium inappa- 
ratu, vel eorum etiam imbec(c)iUitate accidere potuisse, mira- 
culosum haberi volo. Quid hoc? an non mirandum, etiam prope 
fabulosum visum solum et inermem Irecentos insecutum omnes 
cepisse ac morli tradidisse? Hisdem enim in libris legiUir Sao- 
sonem, intonsum ilium, nullis armis aliis quam maxilla asinina 
fretum, Philisteos insequentem, qui et numero trecentietarmati 
assent, universosprorsusdelevisse. Hecetpleraqueislius generis 
facinora, que ne longior sim praetereo, si tum illis lemporibus 
facta sunt, cur isla quoque fieri nunc non possint ne quidem 
video, prsesertim cum admirationis ilia multo plus quam baec 
habeant. Quod vero fu[tu]ra prsedicereet babere puella divinandi 
quandam vim sensumquedicatur, non tamest bocquidem mirum, 
quam perraro factum. Raro enim exortus est aliquis, cui procul 
cernentem profeticumque spiritum Deusdederit. Sed tamen non 
solum apud sacras litteras, verum gentiles etiam legimus fuisse 
nedum viros qui profetae extiterint, sed feminas quoque quae 
divinalrices et prophetissae haberentur. Atque ut propbetas et 
quae ex noslris prophetissae habitae sunt non attingam, in qui- 
bus mirandum fortasse minus videbilur, floruisse in illis divi- 
nationem cum ex popuio delecto fuerint, Sibillas certe traditum 
est, quamquam gentilitiae essent feminae, fatidicas tamen futu- 
rorum praescias ac cognitrices extitisse. Nam cum de Gbristo 
multa divinitus deque instituendo cultu et religione nostra ionge 
ante dixerunt, quam Ghristus ad nos venisset, tum multa et varia 
praedicta ab illis sunt de casibuseteventis quae super regna atque 
imperia ventura cognovissent. Erytb[r]aea enim futuram Trojae 
cladem pronuntiavit; Gumaea Romanorum fata et quae quibusve 
tempori bus accidere dcberent,tetigit.Quapropter si vaticinium in 
Sibillis fuit gentilici[i]s feminis, usque adeo cunctabundos dif- 
ficilesque nos praebebimus, ut idem etiam in puella christia- 
nigera credere non possimus ? Sed cum plerique mirentur non 
feminam, verum pastoralem feminam divinum visum habuisse, 
lanquam nunquam id accident, utcum pastoribus aut Deusaut 
an<5^eliconsuoscerent, non modo nunc hoc primura nonesse factum 



ANNEXES. 371 

sed etiam faclitatum [scimus] ? Video enim el in priscis el novis 
litteris id saepius accidisse, ut divina paslores consuetudine 
fruerentur; elenim Jacob, qui pro Rach(i)elis conjugio, Laban 
fills, annos decern et quatuor pastoris defun[c]tus servitio est, 
ita familiarem habuisse Deum scribitur, utet coi[l]uclatus cum 
eo fiierit et coram ilium praesentemque vidisse sit gloriatus. 
Moisi vero pastor! cum alias, turn in rube[t]is illis igneis col[l]o- 
cutum Deum accepimus. Quotiens David I Quotiens aliis pluri- 
misl Exemplorum inflnita est copia; pleni sunt enim hujusce« 
modi rebus libri veteres. Sed, ut antiqua praetermitlam et nova 
ingrediar,cumGhristus,salutis,vitaenominisquenostriprinceps, 
dux ac signifer, nasceretur nee induere hominis speciem figu- 
ramque dubitasset, ut suscepta humana forma, tanquam lega- 
tus ad nos veniens, consilia et Dei voluntatem nobis pateface- 
re(n)t, vitaeque instituendae ac superioris quaerendae gloriae 
doctrinam ac praecepliones daret, ex tanla homlnum multilu- 
dine, quibus primis tam celeberrimus admirabilisqueejusortus 
fuit nuntiatus, nonne primi pastores, denuntiantibus signifi- 
cantibusque angelis, hoc habuerunt? Deinde, cum triduo mor- 
tuus resur[r]exisset, si uni Magdalenae, quae ut fertur non satis 
honeste anlea vilam traduxis[s]eL, principio sese videndum 
obtulit, mirabimur pueiiae et virgin! et innocenli, quamvis pas- 
centi, Deum vel ipsum per se vel internuntiis angelis aliocu- 
lum ? Postea vero quam eo unde ad nos deiapsus eral, regres- 
sus est, caelosque, videntibus stupenlibusque Apostolis, mirum 
in modum petiit, difficile est connumerare quol el omnifariam, 
tum viris, tumfeminis, alque saepenumero, el ipse et qui pulati 
sancti sunt apparuerinl. Nihil est enim tam crebro factum. 
Quare non est quod admiremur pasloraiem sobolem divinis 
visis sermonibusque nunc poLitam esse, cum apud veteres et 
novos libros persaepeid evenisse intelligamus. Acnearbilremur 
praecipitem Deum hoc fecisse, ut et potissime impraesenliarum 
assuelam cum armenlis feminam et superio(ri)bus temporihus 
lantopere pastores delegeril, non ignoramus eos iili maxinie 
caros acceptosque fore, quos esse sciat inlegerrimos. Quae ucro 
vita ex omni vivendi genere uUa in lerris sanclior atijiie inno- 
cenllor est, quam pasloralis ? Ha?c non odil, non a?mulalur, con- 



372 ANNEXES. 

tenia suis esl, frugalis, temperans, fraudis nescia^ simplex^ non 
ambiliosa, omnia paliens, omnia sufferens, cultrix et Dei ama- 
trix. Ilaque sic exislimo ob banc vilse inlegritatem et David 
pastorem Deum elegisse, quern gentis suse regem faceret. Et ex 
ejus familia cum multi poslea prodivissent reges, nasd quoque 
Cbrislum voluisse nee solum voluisse ut ab domo paslorali 
principium haberel generis, sed in praesepio quoque pastorio 
nasceretur ejusque ortum primi pastores haberent cognitum. 
Quod profeclo factum non fuisset, nisi multis maximisque men- 
tis pastoralis ilia natio niteretur. Non igilur mirandum ex fami- 
lia lam bene institula et praedita progressam feminam cum Deo 
consuevisse. Quod si me quis urgeat et quaesierit cur aut heroi 
cuipiam aut ipsi Regi vel homini alicui gravissimo non hoc 
heus polius delegaveril^ respondebo non plus me hoc tempore 
suscepisse quam ul qui prolati ad nos de puella rumores sinl 
verisimiles probarem. Simul et adjunxerira* non esse tanto me 
ingenio ut confidam, nee temeritate ut audeam occultlssima 
profundissimaque Dei cons(c)ilia perscrutari. Postremo aposlo- 
licum illud afferam : non pltis sapere quam oportet. Sed cum 
his autorilalibus et rationibus movear ut vera credam quae prae- 
feranlur, lum phisica quaedam movel ratio. Saepius enim in els 
libris, qui de rebus sunt astrologicis scripti, legl accidere non- 
nunquam virlute ac beneOcio fixarum stellarum^ ut humillimo 
loco nati partim summos principatus consequantur, partim 
divini quidam homines et ab Deo caelitus missi existimentur, 
lanta eis fides et honos adhibetur! Qua in re permultos coUigil 
Guide Porliviensls, aslronomicae disciplinae peritissimus. Quos 
ego leslcs adducere non gravalus essem, nisi commemoran(du)s 
illos epislolam vererer paulo longius productum iri. Ilaque si me 
velerumnovarumquesacrarum litlerarum au[c]toritas destitue- 
ril,quibusmullum quidem raoveor, non peccaturum me existi- 
niavero si crediderim molu quodam influxuquecaelesti [ductam] 
agilalamque puellam haec quae dicuntur aggressam esse. Qua- 
mobrem quoquo modo se res habeat, ut sive admonente Deo sive 
impellente ca?lo sive eliam causa quadara alia ignotiore puella 

1. Ms. adiunserim. 



ANxNEXES. 373 

hoc egeril, simillima veri sequor, quodque fieri posse videam, 
quamvis magnum id silatque inusitatum, tamen quia fieri pos- 
sit, si non penitus aures ei aperiendas, at nee tolas obstruen- 
das censeo. Tu autem pro lua sapientia et gravitate quid his 
tantis de rebus sentias sum quidem nescius. Sed scribere hsecad 
le volui, ut intelligeres id quod tute sets : si minus vera sunt 
quae ferunlur, efOci tamen dicendi studio ut vera prope videan- 
tur. Vale, et me tibi commendatum babe * . 

1. Bibliotheque « Glassense » de Ravenae, ms. 271, fol. 1-5. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS 



ADDITIONS ET CORRECTIONS 



TOME I. 

p. 2, n. 2, 1. derniere, et passim. — Au lieu de : Introdnction, 
lire : Eltude sur Antonio Morosini et son oeuvre. 

P. 46, n. 3, 1. 15; n, 5, 1. 7. — Au lieu de : Gallicioii, lire : Galli- 
cioUi. 

P. 53, 1. 17. — Au lieu de : il serait bon, lire : il serait tenu. 

P. 56, n. 4, I. 10. — Au lieu de : (1800-1809), lire : (1809-1812). 

P. 108, n. 6, I. 5. — Gallicioli, voir p. 46. 

P. 114-115 a 120-121, litre courant. — Au lieu de : [1403J, lire : 
[1403-1404]. 

P. 116, n. 2, 3, 4. — Pour I'etablissement des mots terminant 
exactement la seconde narration des Vite de' Duchi de Marino 
Sanuto, comparee avec la premiere reprise de la Chronique 
d' Antonio Morosini, voir Annexe 1, p. 254. 

P. 116, n. 4, 1. 3. — Au lieu de : (col. 793), lire : (col. 789-793). 

P. 118, n. 2, 1. 6. — ^u lieu de : 1381, lire : 1380. 

P. 120-121 a 114-115, titre courant. — Voir p. 114-115. 

P. 126, n. 8, 1. 6-7. — Au lieu de : Pizziganni, lire : Pizigani. — 
Au lieu de : pi. IX, lire : pi. X. 

P. 126, n. 8, 1. 11. — Au lieu de : feuille 4, lire : IX-XX, 
feuille 4. 

P. 128, n. 3, 1. 5-6. — Pizziganni, voir p. 126, n. 8, I. 6-7. 

P. 128, n. 5, 1. derniere (a la p. 130). — Au lieu de : Pier Mocc- 
nigo, lire : Pietro Mocenigo. 

P, 132, n. 7, 1. 11. — Au lieu de : Visconti, lire : Visconte. 

P. 132, n. 7, 1. 12-13. (A la p. 134, 1. 1-2.) — Au lieu de : et dans 
Santarem, Alfas, pi. XXIX, n" 2 et 4, lire : dans Santarem, 
Atlas, pi. XXVIII-XXIX bis, no' 2 et 4. — Ajouter : dans Fis- 
cher^ Snmmlnng miltelalterlicher Wf'lt-unff Sce-Karten^ livr. IV. 

P. 132. n. 7, I. 14. (\ la p. 134, 1. 3.) — .4?/ lieu de : feuille 2, 



378 ADDITIONS ET CORRECTIONS. 

lire : VII- VIII, feuiile 2. — AjouUr : dans Gabriel Marcel, 
Choix de cartes, I, feuiile 2. 

P. 132, n. 7, 1. 16. (A la p. 134, 1. 5.) — Au lieu de : feaille 4, 
lire : IX-XX, feuiile 4. 

P. 138, 1. 13. — Aux mots du tezte venitien : « E da rechavo 
inchomenza la bataia », ajouter la note sniyante : La defi de 
Boucicaut signale, en effet, un double corps a corps, a deux 
reprises differentes de la journee, entre sa propre galore at celle 
de Carlo Zeao. (Defi de Boucicaut, loc. cit.) 

P. 138, n. 2, I. 12. — Pier Mocenigo, voir p. 128, n. 5. 

P. 151, 1. 3. — Au lieu de : Giovanni, lire : Giovanni. 

P. 169, 1. 8. — Au lieu de : procurateur, lire : procureur. 

P. 169, 1. 17. — Au lieu de : Da Ganale, lire : da Ganale. 

P. 173, 1. 5-6. — Da Ganale, voir p. 169, l. 17. 

P. 225, 1. 3. — Procurateur, voir p. 169, 1. 8. 

P. 226, n. 3, 1. avant-dernifere. — Au lieu de: (Gi-aprSs, 5 juillet, 
26 aoiit 1408), lire : (Ci-apr6s, 26 aout 1408). 

P. 242, n. 4, 1. derniere. — Au lieu de:\e9 mars, lire : le 9 aoAt. 

P. 246, n. 8, I. 20. (A la p. 248, 1. 9.) — Au lieu de : Angelo Cor- 
rario, lire : Angelo Gorrer. 

P. 251, 1. 12. — Au lieu de ; Porto-Venere, lire : Porto Venere. 

P. 272, n. 5, 1. avant-d emigre. — Au lieu de : p. 295, lire : 
p. 295-332. 

P. 275, 1. 2. — Au lieu de : la Polesine, lire : le Polesine. 

P. 298, n 6, I. 4. — Au lieu de : vers le 19, lire : vers le 19 sep- 
tembre. 

P. 298, n. 6, 1. 7. (A la p. 300, 1. 2.) — Au lieu de : jusqu'au 26 
ou 29, lire : jusqu'au 26 ou 29 septembre. 

P. 305, I. 18. — Au lieu de : vins blancs, lire : vins. 

P. 308, 1. derniere. — Si, par suite d'une de ces transpositions 
frequentes dans la graphie d'Antonio Morosini, on devait lire : 
preso, au lieu de : perso, le sens deviendrait plus conforme a la 
realite des fails. On pourrait alors (p. 309-311) traduire ainsi : 
Quant a ce qui regard e notre Seigneur ic ducale, 11 a et^ pris un 
chateau dit Castellazzo, qui s'est donn^ a messire le due de Milan. 

P. 316, n. 1, 1. 5. — Au lieu de : Udin, lire : Udine. 



TOME II. 



p. 3, I. 6. — Au lieu de : Maffio, lire : MafiFeo. 

P. 8, n. 3, 1. 3. — Au lieu de : au fol. 289, lire : au feuillet 289. 

P. 16, n. 2, I. 5. — Ajouter : (Diarii nap., col. 1076). 

P. 24, n. 2. — Au lieu de : Entre le 3 et le 15 juillet, lire : Entre 
le 10 et le 15 juillet. 

P. 28, n. 3, 1. 8. — Galiicioii, voir t. I, p. 46. 

P. 30, n. 4, 1. 5. (A la p. 32, 1.2.) — Au lieu de : Diario nap., 
lire : Diarii nap. 

P. 31, 1. 15. — Apres les mots : de Venise, ajouter des points. 

P. 59, 1. 6. — Procurateur, voir t. I, p. 169, 1. 8. 

P. 62, n. 4, 1. derniere. — Ajouter : Monstrelet, t. Ill, p. 85. 

P. 85, 1. 1. — Au lieu de : Atis de Brimeu, lire : Athis de Bri- 
meux. 

P. 100, n. 1, 1. 5-6. — Au lieu de : Pieces just. I, p. 102-103, lire : 
Pieces just., p. 102-103. 

P. 112, n. 3, I. derniere. — Au lieu de : Neustrice, lire : Neustriae. 

P. 130, I. 13. — Au lieu de : Masio, lire : Matio. 

P. 131, 1. 16. — Au lieu de : Masio, lire : Maffeo. 

P. 150, n. 1, 1. 7. — Au lieu de : questo xe mar de la Baga, lire : 
questo xe mar de Baga. 

P. 150, n. 4, 1. 6. — Au lieu dc : pi. XXIX, lire : pi. XXVIII- 
XXIX bis. 

P. 151, 1. 2. — Au lieu de : Bayonne du Minho, lire : « Baiona 
de Miur i. 

P. 158, n. 4, 1. 6. — Galiicioii, voir t. I, p. 41). 

P. 166, n. 4, 1. 15-22. — Au lieu de : du 1 1 juillet, lire : du 1 1 juin. 
— Au lieu de : (par Verceil, Novare et Turin), lire : (par Turin, 
Verceil et Novare). — Au lieu de : le 25 ou le 29 octobre, lire : 
le 23 ou le 20 octobre. — Apres les mots : n® 36, ajouter : et 
note finale. — Apres les mots : p. 542-543.), ajouter : Un itine- 
raire precis de Martin V, entre le 16 mai 1418, jour de son 
depart de Constance, et le 28 soptembre 1420, jour de son entree 
a Rome, a ete public par M. Henri Moranville, d'apres une note 
(le M. V. Miltenberfrer parue dans les Mittheilutujcn des Insti- 



380 ADDITIONS ET CORRECTIONS. 

iui$ fiir dsterrcickische GeschicfUsforschung, {Bibl. de I'Ec. des 
chartes, I. LV, 1894, p. 720-721.) 

P. 185, 1. 6. — Au lieu de : Guielmo, lire : Guglielmo. 

P. 195, 1. 6. — ilu lieu de : Luigi, lire : Alvise. — De mftme, 
p. 251, I. 1 ; p. 255, 1. 15, et p. 295, I. 3. 

P. 202, n. 4, 1. 3. — Au lieu de : Biglio, lire : Biglia. 

P. 206, n. 1, I. 1. — i4u lieu de : Lorinziela, lire : Loriiiela. 

P. 236, n. 3. — Ajouter : Sur ce voyage de 1423, voir la decisioa 
du S^nat venitien, en date da 3 decembre 1422, dans Mas- 
La trie, Commerce et expeditions militaires de la France et de 
Venise au moyen age, groupe de doc, n« XXV, I, p. 195-198, 
au t. Ill des Miktnges historiques, ap. Coll, des doc. inid. sur 
I'BisU de France. 

P. 237, I. 5. — Au lieu de : a noble horn me, lire : an noble 
homme. 

P. 239, 1. 10. — Au lieu de : on n'a pas jamais su, lire : on Q*a 
jamais su. 

P. 247, 1. 5. — Bayonne du Minho, voir p. 151. 

P. 255, I. 1 et 1. 8. — Bayonne du Minho, voir p. 151. 

P. 286, n. 6, I. 6-8. — Au lieu de : Raimundello, lire : Raimon- 
dello. — Au lieu de : 1405, lire : 1406. 

P. 298, n. 2, I. 11. — Aprds les mots : t. I, p. 546-549, ajouter : 
Desplanque, Projet d'assassinat de Philippe le Bon par les Anglais, 
p. 23, 25, 27, et Pieces just., Ill, p. 60, VII, p. 71. 

I^. 314, n. 3. — Ajouter : Sur ce voyage de 1426, voir la decision 
du 8enat venitien, en date du 16 mai 1426, dans Mas-Latrie..., 
II, p. 198-199... Voir p. 236. 

P. 319, 1. 9. — Au lieu de : tant a cause, lire : et k cause. 



TOME III. 



V. 26, n. 2, 1. 1. — Au lieu ile : Jean V, due d'Alengon, lire : 
Jean II, due d'AleucoD. 

P. 46, n. 3, I. 15. — M. Ghoussy vienl de faire paraitre une nou- 
velle edition de Jeanne d'Arc, sa vraie inission. 

P. 52, n. i. — Le doute, emis sur la question de savoir si la 
lettre transcrite par Antonio Morosini pourrait faire allusion k 
sainte Catherine d'Alexandrie, doit s'accentuer dans le sens de 
la negative. La mention d'unc victoirc remportee dans une dis- 
cussion avec des maitres en theologie, que contient le d^but de 
la phrase, fait voir qu'il s'agit certainement, dans cette lettre, 
de sainte Catherine d'Alexandrie, — celle-la mdme qui figurait 
dans les apparitions de Jeanne d'Arc, — et dont i'hagiographie 
enregistre les debats triomphants avec les docteurs de son 
temps. 

P. 76, n. 2, 1. derniere. — Au lieu de : qu'en 1437, lire : que le 
l""" novembre 1437. (Beaucourt, flisl. de Charles VIZ, t. Ill, 
p. I'l, n. 5.) 

P. 76, n. 3, 1. derniere. — Ajouter : (Beaucourl, Hist, de 
Charles VII, t. II, p. 45.) 

P. 106, 1. 'i. — Aux mots du texte venitien : t a trovar el zenero », 
ajouler la note suivante : C'est seulement en li'il ou 1442 quo 
Marie, tille unique de Gilles de Retz et de Catherine de Thouars, 
lesquels s'etaient niari6s en 1420, epouse en premieres noces 
PrPf^ont de CotHivy, amiral de Franco. (P. Anselme, Hist. gvn. 
de France, t. Ill, p. 632, I. VII, p. 72, 8'i2-843, 844.) Mais il 
pourrait s'agir ici de (luy, sire do Laval, qui allait dovenir en 
1430 le gendre du due de Bretague. (Voir Extr. publics, I. Ill, 
]). 56, n. 6; cf. P. Anselme, t. I, [). 456-7.) 

P. 110, n. 1, I. 12. — Apres les mots : p. 103.), ajouter : Le grof- 
her de la Kochelle dit qu'il fut fait a Poitiers. (f\ 338.) 

P. 118, n. 3. 1. 8. — Au lieu de : umilmente, lire : uraelmente, 

P. I'lO, I. 'i. — Au lieu de : VlII^, lire : VIIJN. 



382 ADDITIONS ET CORRECTIONS. 

P. 143, 1. 6. — Au lieu de : 2 juin, lire : 2 juillet. 

P. 154, n. 2, I. 18. — Cf. p. 174, n. 2, 1. 2-3 et 1. dernieres. — 
Au lieu de : les premieres lances francaises, avec le roi, out 
paru sous les murs, lire : les premieres lances de Tarm^e royale 
ont paru sous les murs. 

P. 154, n. 4, 1. 18. — Apr^ les mots : Rogier, Proces, t. IV, 
p. 286, ajouter : cf. Basin, 1. II, ch. xiv, t. I, p. 77. 

P. 170, n. 1, 1. 25. — Apr^s les mots : de Janvier k d^cerabre 1431, 
ajouter : aux arch. dep. du Nord. 

P. 174, n. 3, 1. 23. — Au lieu de : Lettre de Pancrazio Giustiniani 
a son p5re Marco Giustiniani, cinqni^me du mdme an m^me, 
en date de Bruges, lire : Lettre de Pancrazio Giustiniani [k son 
p^re Marco Giustiniani, cinqui^me du mdme au mdme], en 
date de Bruges. 

P. 178, n. 4. — Ajouter : Gependant Perceval de Gagny dit que 
le sejour se prolongea jusqu'au mardi [12] juillet. (Gagny, 
12 juillet, Procts, t. IV, p. 18.) 

P. 184, n. 1, 1. 14. — Aprhs Us mots : p. 144, n. 1, ajouter : 
p. 154, n. 1. 

P. 186, n. 3, I. 8. — Au lieu de : p. 170, n. 1, lire : p. 170, n. 2. 

P. 186, n. 3, I. 12. — Au lieu de : p. 168, n. 6, lire : p. 170, n. 1. 

P. 188, n. 4, I. dernifere. — Au lieu de : Raclyfif, lire : Radclyif. 

P. 192, n. 1, 1. 9. — Arch. dep. du Nord, voir p. 170. 

P. 218-219, I. dernieres. — Ajouter des guillemets. 

P. 220-221, I. 1 et 2. — Retrancher les guillemets. 

P. 245, 1. derniere. — Au lieu de : le 4 Janvier, lire : , en date du 
4 Janvier,. 

P. 254, n. 1, I. 2. — Au lieu de : La lettre prec^dente avail eta- 
bli, lire : k I'occasion de la lettre pr^cedente, on a etabli. 

P. 271, I. 10. — Au lieu de : le 22 mars, lire : en date du 22 mars. 

P. 282, 1. 25. — Aux mots du texte venitien : c da ca Baldy », 

ajouter la note suivantc : II faut presque certainement lire 

Halby. 
l\ 307, I. 2. — >lu lieu de : venue aux mains a Compiegne avec 

I'armee anglaise, lire : venue aux mains a Compiegne, avec 

I'armee anglaise. 
P. 346, n. 3. — Ajouter : Entre Venise et Sigismond, en 1435- 

1437, devaient bientot s'echanger des actes d'etroite alliance. 

(Homanin, Stor. di Vcn., t. IV, p. 180-181, 18^-188.) 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 383 

P. 348, n. 2, 1. 5. — Au lieu de : Andrea Corner, lire : Andrea 

Coraaro. 
P. 349, I. 5. — Andrea Corner, voir p. 348. 
P. 367, I. 6. — Au lieu de : Vettori, lire : Vitturi. 
P. 372, n. 1, I. 23. — Au lieu de : redaits en fait a dix, lire : 

reduits en fait a une dizaine. 



TOME IV. 



P. 32, n. 2. — Ajouler : Gf. p. 6, n. 4. 

P. 33, 1. 13. — Aax mots suivants : le manuscrit original de 

Tceuvre d'Antoaio Morosini, ajouler la note suivants : Gf. 

ci-aprSs, Appendice IX, Dispositions testamentaires d' Antonio 

Morosini, note finale. 
P. 38. — En Uie du sommaire du chapitre III, ajouler, en alinia : 

Manuscrit et copies de rceuvre d'Antonio Morosini. 
P. 96, n. 2, 1. 3. — Au lieu de : expedition, lire : expeditions. 
P. 234, n. 6, I. 3. — Au lieu de : Francesca Gorraro, lire : Fran- 

cesca Gorrer. 



TABLE ALPHABfiTIQUE 



DES TOMES I A III. 



IV 2S 



TABLE ALPHABfiTIQUE 



Acre (Epifanio d'). Voy. Epifa- 
nio. 

Adriatique (mer). Armement 
de deux grosses galeres veni- 
tienaes contre les pirates de 
ces parages, II, 214-217. 

Aigues-Mortes. Defense aux 
galeres venitiennes du voyage 
de Flandre de 1406 d'y faire 
escale, I, 216, 217. — Envoi 
de deux galeres du voyage de 
Flandre de 1412, 316,317.— 
Envoi d'une galere du voyage 
de Flandre de 1413, 316-319. 
= Voyage de 1414, II, 2, 3. 

— Second voyage de 1414, 
4, 5. — Voyage de 1415, 12, 
13. — Voyage de 1416, 90, 
91; retour a Venise, 96, 97. 

— Voyage de 1417, 122-125. 

— Voyages de 1418, 154, 155, 
156,157; etde 1419, 172-175. 

— Voyage de 1420, 186-189; 
retour', 190, 191. — Voyages 
de 1421, 192, 193, 204, 205. 

— Voyage de 1422, 214, 215. 

— Rivalite conimerciale en- 
tre Venise et Florence dans 
ce port, 234, 235. — Voyages 
de 1423, 236, 237, 252, 253; 
de 1424, 270, 271, 276, 277. 

— Voyage do 1425, 293-295; 
retour a Venise, 310, 311. — 
Voyage ilorentin de 1425, 
302, 303 ; les galeres guettees 



au retour par les Genois, 320, 
321. — Voyage de 1426, 314, 
315; naufrage d'une des ga- 
lores, 324-327. — Voyage de 

1427, 328-331. — Voyage de 

1428, 334, 335; retour a Ve- 
nise, 336-339. — Escales des 
galeres de ce voyage, 338, 
339. = Voyage de 1429, III, 
2, 3. — Retour a Venise de la 
gal6re Molina, 168, 169. — 
Voyage de 1430, 242-245; 
retour, 312, 313. 

Albergati (Niccol6), cardinal de 
Sainte-Groix. Son arriv^e a 
Venise; sa modestie; nego- 
ciateur entre Venise et Flo- 
rence, III, 344, 345. — Va 
en France, 346, 347. — Gon- 
vention signee a Lille, par 
son entremise, entre Char- 
les VII et le due de Bourgo- 
gne, 360-363. — Venn pour 
negocier la paix entre Gnar- 
les VII et Henry VI, 362, 363. 

Albertino. Charge d'une lettre 
de PancrazioGiustiniani pour 
son pere. III, 318, 319. 

Albret (Charles d'), connetable 
de France. Prisonnier ou plu- 
t6t tu6 a Azincouri, II, 72, 
73, 76, 77. 

Alencon (Jean I**", due d'). Pri- 
sonnier ou plut6t tue a Azin- 
court, II, 72, 73, 76, 77. 

Alencon (Jean II, due d'). Bruit 
do negociations avec Henry V, 



388 



TABLE ALPHAB^TIQUE. 



II, 468, 169. — Sa presence 
aux negociations de Pouilly- 
le-Fort, 180, 181. — Fait 
prisonnier a Verneuil, 284, 
285. =z Son r61e au sifege 
d'Orl^ans, III, 26, 27. — Gam- 
pagne en Normandie, 178, 
179, 192, 193. — Coup de 
main sur Rouen prepare par 
lui et Charles de Bourbon, 
222-225. — Ses succ6s en 
Normandie ; prise de Lou- 
viers, 248, 249. 

Alencon (Jeanne d'Orleans, du- 
chesse d'). III, 26, 27. 

Alexandre V, pape. Gal6re par 
lui envoyee de Pise a Ve- 
nise, avec Tambassadeur Pie- 
tro della Randa, I, 260-263. 

— Obedience a lui donnee et 
arabassade envoyee par Ve- 
nise, 268-271. 

Alexandrie. Les galores de 
Ghypre doivent y rejoindre 
les galores genoises, I, 52-55. 

— Grande mortalite sur les 
galores genoises pendant leur 
sejour aans ce port, 54, 55, 
72, 73. — Boucicaut renonce 
a s'y rendre, 72, 73. — Epi- 
ces provenant de cotte ville 
chargeos a Modon par des 
galeres veniliennes du vovage 
de la Tana, 84, 85. — Cap- 
ture, dans ces parages, de la 
coque venitienne de Marco 
dalle Ghiodere par une coque 
genoise, 102, 103; cf. i56, 
157. — Capture, par le mar- 
quis (le Montferrat, d'une 
cuquo genoise venant de ce 
port a Savone, 300, 301. = 
Letlro adresseode cette ville, 
par le consul vc'nitien, sur la 
peste au Caire en 1416, II, 
iM), \)1. — Abondance des 
r[)icos on 1421, 204, 205. — 
Nombrouses opices venues de 
lii :i Vcnise on 1422, 232, 
233. — Vuyagos florentins 
iW 1422, 232-235. = Nau- 
ivivj^v ti'imo guloro do Nar- 



bonne venant de cette ville, 
III, 372-375. — Gal6res ve- 
nitiennes designees poar ce 
voyage, 376, 377. — Voy. 
Gramaud (Simon de). 

A116e (fr6re Pierre d'). Gomplot 
ourdi a Paris en favear de 
Charles VII, UI, 274, 275. 

Allemagne. Hourqae de ce pays 
capturee par les Anglais a la 
bataille de Harfleur, U, 108, 
109. — Voy. Sigismond. 

Alphonse v, roi d'Aragon. 
Prise et sac de Marseille par 
sa flotte ; arrivee k Majorque, 
II, 264-269. — Guerre avec 
GSnes, 268, 269. = Guerre 
avec la Catalogue [Gastille], 
m, 260, 261. — Negociations 
au suiet du scbisme, 366, 
367. 

Alphonse de Portugal, b^tard 
Qu roi Jean I*'. Sa belle con- 
duite a Geuta; rappei de son 
sejour k Venise, au cours de 
son pelerinage au Saint-Se- 
pulcre, II, 64-67. 

Am^dee VIIL comte, puis due 
de Savoie. Sa sentence arbi- 
trale entre Venise et Gdnes, I, 
242, 243. — Leltre au due de 
Milan sur les progres de 
Charles VII, III, 166, 167. 

Amiens. Bruit de Tarrestation 
de Jean Sans-Peur en cette 
ville, II, 184, 185. — Pro- 
gres des troupes de Char- 
les VII aux environs de cette 
place. III, 322, 323. 

Anc6ne. Galeres venitiennes ar- 
raees contre cette ville, 1, 214, 
215. — Commerce avec Slilan 
au detriment de Venise, 302, 
303. — Coque de cette ville 
brisee sur la plage de Va- 
lence, III, 282, 283. 

Ancyre. Defaite de Bajazet par 
Tamerlan, I, 48, 49. 

Andrea de Lecce. Adjudicataire 
d'une galore du vovage de 
Flandre de 1422, n, 2l6, 217. 

Andros (ile d'), II, 164, 165. 



TABLE ALPHABETIQUE. 



389 



Anelo (Chondofelo dyh Ambas- 
sadeur de Jeanne 11 de Na- 
ples a Venise, II, 30-33. 

Angleterre. Expedition ecos- 
saise centre ce pays, I, 234- 
237. — Naufrage, sur la c6te 
de ce pays, de la coque de 
Pietro Quirini venant de 
Gandie, III, 370, 371. — 
Voy. Beaufort, Falmouth, 
Henry iV, Henrv V, Hen- 
ry Vi, Londres, {Richard II, 
Sandwich, Southampton, etc. 

Anjou. Voy. Bar (Rene, due 
de), Louis II et Louis III, 
rois de Naples. 

Anthon. Balaille de i430, III, 
286-293.— Le prince d'Orange 
defait se refugie au ch&teau, 
290, 291. 

Antioche. Vov. Venceslas. 

Aragon. Voy. Alphonse V, Fer 
dinand I«^, Martin I«', Pedro 

Arc (Jeanne d'). Lettres de Pan 
crazio Giustiniani sur la Pu 
celle, III, 8-55,56-59,88-141 
168-199, 212-219, 220-241 
244-257,270,271,316-335.— 
Bruits relatifs a sa mission, 
40 et suiv. — Nee en Lor- 
raine, 42-45, 92, 93. — Ses 
promesses k Charles VII, 44 
et suiv., 94-101. — Lettre de 
Lawrence [Trent] a son su- 
jet, 48 et suiv. — Lettres de 
Giovanni da Molino sur son 
fait, 60-67, 66-85. — Entree 
a Rouen, 60, 61. — Entree a 
Paris, 60, 61. — Tente de re- 
former les moeurs, 64, 65, 
102, 103. — Veut allor i 
Romo(?) pour y faire couron- 
ner Charles VII, 66, 67. — En- 
tree a Beaugoncy, 6S-71. — 
Bat k Patay ot fait prisonnier 
Talbot, qui lui a manque de 
parole, 70-77. — Sa mission, 
7S-85. — Lettres sur sos 
succes, 84-S7, 88-141. — De- 
tails jiur sa person ne, son 
ape, sa mission, sos pre- 
mieres demarches, 90-105. 



— Ses promesses a Char- 
les VD, 94-97. — Jeanne 
devant les theologiens, 98- 
101. — Sa maai^re de vivre, 
100-103. — Recommanda- 
tions aux gens de guerre, 
102-105. — Ses armes, 106- 
109. — Son etendard, 110, 
HI. — Somme les capitaines 
anglais de lever le sifege d'Or- 
leans, 110-113. — Les An- 
glais riniurient, 112. 113. — 
Levee du siege d Orl6ans, 
il6-l23. — Bless^e a la gor- 
ge, 120, 121. — Temoigna- 
ges sur ses succes, 124, 125. 

— Prophetie de Bede sur sa 
mission, 126, 127. — Lettres 
envoyees par le marquis de 
Montferrat a Venise sur les 
succes de la Pucelle, 140-167. 

— Voyage a Reims, 140-163. 

— Bruit de la prise d*Auxer- 
re et de l'ex6cution de I'evS- 
que, 144-151. — Exploit ac- 
compli sur son ordre par La 
Hire, 150-153. — Soumission 
de Troyes et de Joigny, 154, 
155. — Fait rend re a Char- 
les VII la couronne de saint 
Louis par Tev^que de Cler- 
mont, 160-163. — Lettre 
6criie de G^nes sur ses suc- 
ces, 166, 167. — Passage a 
Troyes, 172, 173. — Arrivee 
aux environs de Paris, 210, 
211. — Son influence persis- 
tante; prise de Saint-Pierre- 
le-Moiitier, 228-231. — Siep;e 
de la Charite-sur-Loire, 230, 
231. — Sa mission, 230-233, 
250, 251, 292, 293. — Acou- 
soe d'heresie a Rome par 
rUniversite de Paris, 232, 
233. — Ecrit de Gerson en 
sa faveur, 234, 235. — Faite 
prisonni^ro, 292-21)9. — Bruit 
de son evasion, 300-303. — 
Envoyee a Rouen; payee 
10,000 couronnes a Jean 
de Luxembourg, 332, 333, 
348, 349. — Craintes pour sa 



390 



TABLE ALPHAB^TIQUE. 



vie; jugement ffeneral sur sa 
conduite, 334, 335.— Informa- 
tions diyerses sur elie,336-34i . 

— Sa captivite, 348, 349. — 
Son supplice, 350-353. — Ap- 
parition de sainte Catherine, 
352, 353. — Douleur de Char- 
les VU k la nouvelie du sup- 
plice de Jeanne; menaces ae 
represai lies con tre les femmes 
d^Angleterre, 352-355.— Rai- 
sons de la cruaute des An- 
glais envers elie, 356, 357. 

Archipei. Voy. Grispo (Gio- 
vanni). 

Arimondo (Pietro). Nomme 
ambassadeur de Venise pr^s 
Alexandre V, I, 268, 269. 

Armagnac (Bernard VII, comte 
d'). Bruit d'un diff6rend avec 
Philibert de Nailhac, grand- 
maitre de Rhodes, II, 84-87. 

— Bruit de n^gociations avec 
Henry V, 168, 169. — Bruit 
pretendanl qu'il a livre Jean 
SanS'Peur au dauphin Char- 
les, 184, 185. 

Arno. Galere genoise prise dans 
ce fleuve par les Fisans, I, 
200, 201. — Galeres floren- 
tines prises de m^me, 222, 
223. 

Arras. Arrivee du due de Bour- 
gogne et de sa soeur, duchesse 
de Bedford, en celte ville, 
III, 186, 187. — Sejour du 
due de Bourgogne, 194, 195; 
son depart pour Paris, 216, 
217. — Les troupes de Char- 
les VIl courent jusque sous 
cette ville, 322, 323. — De- 
j)arl des troupes du due de 
Bourgogne, 3-26, 327. 

Arloi.*?. Nom donae a la ba- 
taille d'.\zincourt dans une 
lettre adressee de .Paris et 
recue a Venise par Niccol6 
d<d Garcanetti de. Lucques, 
II, 70, 71. — Voy. Eu. 

Asti. So rebelle conlre la France 
et SB donne au marquis de 
MuiiUVrrat, I, 290, 291. — 



Avail ete donne en dot a Va- 
lentine ViBconti par son p^re 
Giangaleazzo, ibid. 

Auger (Philippe), ev^ne de 
Bavone. Intrigues avec Bou- 
cicaut pour lui livrer la ville, 
I, 306-309. 

Aumaie. Voy. Harcourt (Jean 

d'). 

Autriche (Frederic d'), comte 
de Tyrol. Quitte Constance 
et projette de delivrer Jean 
XXIII, n, 92, 93. 

Auxerre. Bruit de la pretendue 
prise de la ville par Jeanne 
d'Arc, m, 144-151. 

Avignon. Entrevue de Be- 
noit XIII et de Louis, due 
d'Orldans, I, 190-193. — Re- 
traite du president Jean Lou- 
vet, II, 304, 305. — Lettres 
Sorites de cette ville par Gio- 
vanni da Molino, III, 60, 61, 
66, 67. 

Azincourt. Lettre adressee de 
Paris a Niccol6 de' Garcanet- 
ti de Lucques, sur la batail- 
le, II, 70-85. — Liste des 
morts, 76-81. — Liste des 
prisonniers, 80-85. 



B 



Bajazet (sultan). Ses progresen 
Turquie et en Grece; ligue 
des princes Chretiens contre 
lui; victoire de Nicopolis, I, 
2-13. — Manuel II Pal6olo- 
gue vient implorer des se- 
cours contre lui en France, a 
G^nes et a Venise, 42-49. — 
Battu par Tamerlan a An- 
cyre, 48, 49. 

Baga (mer de la), II, 150, 151. 

Barba(coque). Altaquee par les 
Genois dans les parages de la 
Barbarie, II, 318, 319. — 
Mise au voyage de Flandrc 
en 1428, 334, 335. 

Balbi (maison). Goques naufra- 
gees. III, 282, 283. 

Balbi (Pietro di Alvise). Adju- 



TABLE ALPHABETIQUE. 



39! 



dicataire d'une des galores du 
voyage de Flandre de 1421, 
U, 194, 195. — Capture de 
sa coif ue, allant de GBtadie en 
Flandre, par un corsaire g6- 
nois, 314-323; Guido da Ga- 
nale negocie sa mise en li- 
berty a Cadix, 320, 321. 

Bar (Edouard III, due de). Tue 
k Azincourt, II, 76, 77. 

Bar (Guy de). Voy. Viau de 
Bar (le). 

Bar (Jean de), seigneur de Pui- 
save, frere du due de Bar. 
Tue a Azincourt, II, 76, 77. 

Bar (Rene d'Anjou, due de). 
Defait les Bourguignons, 154- 
157. 

Bar (Robert de). Voy. Marie. 

Barbarie. La coque Balba cap- 
turee dans ces parasres par les 
Genois, U, 31 o, 319. 

Barbariga (galore). Desarmee 
par Carlo Zeno, I, 96, 97. 

Barbarigo (Andrea di Giovan- 
ni). Adjudicataire d'une ga- 
lere du voyage de Flandre de 
1417, U, 126, 127. — Patron 
de la galere de Francesco 
Bembo, affretee par Henry 
de Beaufort pour aller en 
Terre Sainte, 160-163. — 
« Sovracomito » d'une des 
galeres du voyage de Flan- 
dre do 1419, 172, 173. 

Barbarigo (Giacomo di Filippo 
ou di Andrea). Adjudicataire 
d'une galere du voyage de 
Flandredel4i7,II, 126, 127; 
— des deux gal6res des voya- 
ges d'Aigues-Mortes de 1418, 
154-157 ; — d'une des galeres 
du voyage de Flandre de 1427, 
328, 329; — de 1429, III, 

O Q 

Barbazan (Jean ou plut6t Ar- 
naud-Guilhem de). Delivre 
lors de la prise de Ch^teau- 
Gaillard, II, 264-267. 

Barbo (Niccolo). t Sovracomi- 
to » d'une galore du voyage 



de Flandre de 1411, I, 314, 
315. 

Barbo ( Paolo ). Adjudicataire 
d'une des galores da voyage 
de Flandre de 1418, n, 156, 
157. 

Barcelone, II, 314, 315. 

Baeilio (Giovanni). Rangonne 
par des corsaires biscayens, 
II, 206, 207. 

BaugS. Victoire du daupbin 
Gbarles sur le due de Cla- 
rence, II, 198-204. 

Baux (Gaterina Orsini des), fiUe 
de Raimondo, femme de 
Tristan de Clermont, II, 286, 
287. 

Bavi^re. Voy. Hainaut, Isa- 
beau. 

Bayonne « de Mior ». Attaque, 
dans ces parages, par le cor- 
saire Juan Pedro de la Taza, 
de la coque de Marino Mi- 
cheli, II, 150. 151; — de la 
galere Pasgualiga, 246-255. — 
Envoi de aeux ambassadeurs 
venitiens, 254, 255. 

Beaufort (Henry de), cardi- 
nal -ev^que de Winchester. 
Arriv^e et s^jour a Venise, 
II, 158-163. — Affr6teraent 
d'une galere pour aller a 
Jerusalem, 160-163. — Re- 
tour a Venise sur une ga- 
lore de Rhodes, 164-167. i= 
Croisade projetee centre les 
Hussites, III, 132, 133, 136, 
137, 168, 169, 188, 189. — 
Voyage de Calais k Paris, 
170, 171. — Attendu a Pon- 
toise par le due de Bedford, 
188, 189. — Sejour a Pon- 
toise, 198, 199. 

Beaugency. Remis par Talbot 
a Jeanne d'Arc, 68-71. 

Beauvais. Les dues de Bedford 
et de Bourgogne se rendent 
dans cette ville, III, 158, 159. 
— Soumission a Charles VII, 
214, 215. 

Beazzano (Francesco), notaire 
venitien a G6nes. Informa- 



392 



TABLE ALPHABtiTIQUE. 



tioD par lui donn^e a la Sei- 
gneurie d'intrigues de Bou- 
cicaot pour reprendre 8a- 
vone, I, 306-309. 

Bede. Prophetie relative a 
Jeanne d'Arc, III, 126, 127. 

Bedford (Anne de Bourj^o^ne, 
duchesse de). N^gociations 

Sour son mariage avec le due 
e Bedford, II, 118, 119. — 
Arriv^e k Arras. Ill, 186, 187. 
Bedford (John, due de). Son 
r61e a la bataille navale de 
Harfleur, II, 112, 113. — Ne- 
gociations pour son mariage 
avec une fille de Jean Sans- 
Peur,118,119. — 8onr6leala 
bataille de Verneuil, 282, 283. 

— Bruit de son depart de Pa- 
ris (1425), 29S, 299.= Nego- 
ciations avec le due de Bour- 
gogne, III, 18-23. — Demande 
du secours au due de Bour- 
gogne, 78, 79, 130, 131. — Se 
rend a Beauvais avec le due 
de Bourgogne, 158, 159. — 
Bruit de sa mort, 166, 167. 

— Arrivee a Pontoise, 188, 
189. — L6ve des troupes en 
Picardie, ibid. — 8es insuc- 
ces, 192, 193. — A la tete 
des troupes anglaises en Nor- 
mandie, 214-217. — Va au 
secours de Paris, 216, 217. 

— Bruit de treve avec Char- 
les VII, 216, 217. — Re- 
Qoit des renforts a Rouen, 
252, 253. 

Beltramini (Giovanni de'), che- 
valier pensionne par Venise. 
Tue dans une escarmouche 
aux environs de Plaisance, 

Bemba (galere). 40 de ses horn- 
mes nieurent de la peste a 
Londres, II, 192, 193. 

Bern bo (Krancosco di Giovan- 
ni). Sa galere concedee par 
la Scigneurie a Henrv de 
Boaulort, pour aller en 1*6 r re 
sainto, II, 160, 161. 

Bembo (Giurgiu). Adjudicataire 



d'nne galore pour le voyage 
de Flandre de 1429, lU, 2, 3. 

Bembo (Marco). Adjudicataire 
d'une galere du voyage de 
Fiandre de 1420, H, 186, 187. 

Bembo (Pietro). c Sovracomi- 
to > d'ane galore du voyage 
de Fiandre de 1426, U, 312, 
313. 

Benoit XIII, pape d'Avignon. 
Part pour G6ne8,1, 190, 191. 
— Entrevue avec Louis, due 
d'Orleans, frere de Charles VI, 
a Avignon, 190-193. — But 
de son voyage a Gdnes, 196- 
199. — Projet d*une entrevue 
avec Boniface IX a Home, 
196, 197. — Bruit de sa mort 
a G6nes, 208, 209. = Bruit 
de I'arraement de galdres 
portugaises pour ie transpor- 
ter k Nice, afin de s'y abou- 
cher avec I'empereur Sigis- 
mond, II, 36-41. — Pretendu 
differend k son sujet entre le 
comte d'Armagnac et le ^rand- 
maitre de Rhodes, Pbilibert 
de Nailhac, 86, 87. — Creation 
de cardinaux dans un consis- 
toire tenu a Pcniscola en 
1423; bruit de I'ob^dience a 
lui prStee par Charles VII, 
qu'il doit couronner, 238-243. 

Bergame. Se rebelle centre la 
France et se donne au mar- 
quis de Montferrat, I, 290, 
291. — Avait ete donnee en 
dot a Valentine Visconli par 
son pere Giangaleazzo, ibid. 

Berry (Jean, due de). Arresta- 
tion, sur son ordre, des mar- 
chands venitiens de Mont- 
pellier et confiscation de leurs 
marchandises a I'instigation 
de Boucicaut, I, 118, 119. — 
Sa mort; ordre de restitution 
dun joyau a Giovanni ou 
plut6t a Alvise Gradenigo, 
II, 96-99: cf. 132, 133. 

Beyrouth. Prise de cette place 
par la flotte g^noise de Bou- 
cicaut; reclamations des mar- 



TABLE ALPHABETIQUE. 



393 



chands venitiens, T, 60-71. 

— Arriv6e a Modon de la 
eal^re Molina qui vient de 
Venise annoncer a Carlo 
Zeno le pillage de Beyrouth, 
94-97. — Accord entre G6- 
nes et Venise au sujet de ce 
pillage, 114-117.— Les Ge- 
nois pr^tendent qu'ils ont 
achet^ a Famagouste les mar- 
chandises qu'on les accuse 
d^avoir pill^es lors de la prise 
de la ville, 146, 147. — Am- 
bassade de Tommaso Moce- 
nigo a G^nes pour le regle- 
ment de Taffaire du pillage, 
224-227. = Galeres venitien- 
nes designees pour ce voyage, 
III, 376, 377. 

Biscaye. Nefs de ce pays a la 
bataille de Harfleur, II, ilO, 
m : — a un combat en- 
tre Southampton et Harfleur, 
138-141. — Coques captur^es 
par Juan Pedro de la Taza et 
par Bertuzzi Diedo, 152-155. 

— Capture d'une coque veni- 
tienne, se rendanten Flandre, 
par trois coques de ce pavs, 
206-209. — Armement 'de 
deux galeres v^nitiennes con- 
Ire les corsaires de ce pays 
naviguant dans I'Adriatique, 
214-217. — Capture de qua- 
tre nefs de corsaires de ce 
pays par les Genois, 218, 
2 id. — Attaque de la pjalere 
Pasqualiga, 236, 237, 242- 
255. — Attaque, dans les 
oaux siciliennos, <le la <"oque 
(le Marino Micholi, 310, 311. 

— V»)y. Taza (Juan Pedro de 
la). 

Bocchetta (Marco). Patron d'une 
coque qui fait naufrago, II, 
182, 183. 

Bologne. Se donne a TEglise 
apres la mort do GianfjahMz- 
zo Visconti, due do Milan, I, 
20, 21. — Bruit do negocia- 
tions outre Voniso ot (Jones 
dans celto ville, 224, 225. 



Bona^iunta (Bernardo). Lettre, 
ecrite de Valence^ sur les 
armements maritimes du 
Portugal, II, 36-39. 

Boniface IX. Bologne se donne 
k lui apr&s la mort de Gian- 
galeazzo Visconti, due de 
Milan, I, 20, 21. — Projel 
d'entrevue de Benoit XlII 
avec lui a Rome, 196, 197. 

Bonifacio (Corse), II, 316, 317. 

Bonifacio (Giovanni). Naufrage 
d'une coque lui appartenant, 
III, 284, 285. 

Borromeo (compagnie commer- 
ciale de), II, 184, 185: III, 
270,271. 

Boucicaut (Jean le Meingre, 
dit), gouverneur de Gdnes, 
mar^chal de France. Expe- 
dition centre Chypre, I, 26 
et suiv. — Trouve a Rho- 
des une ambassade du roi de 
Chypre et traite avec elle, 
30-35, 52-55. — Irrite de la 
surveillance exerc^e sur sa 
flotte par les galferes de Car- 
lo Zono, 38-41. — Sejour a 
Famagouste, 54, 55. — Ex- 
pedition cuntre les Sarrasins, 
de concert avec les galeres de 
Chypre et des Hospitaliers de 
Rhodes; echec devanl TEs- 
c^ndolour, 56-59. — Prise 
de Boyrouth, 68-71, 176, 177. 

— Reclamations a lui pre- 
sentees j)ar les marchands 
vonitiens de Beyrouth, 68- 
71. — Rononce ii se rendroa 
Alexandrie et donne I'ordre 
aux galeres gonoises mouil- 
loos dans ce port de rotour- 
nor a Rhodes, 72, 73. — Re- 
tour a Rhodes pour regagner 
Gonos, 74, 75, 76, 77. — Pr6- 
paralifs de rencontre avec les 
galores de Carlo Zono, 76-79. 

— Em mono avec lui uno ga- 
lore do Ghio et uno galore do 
Rhodos, 78, 79. — Fait route 
vers Modon ot atteint Tile 
i\o Sapionza, 78-81. — Car- 



394 



TABLE ALPHABETIQUE. 



lo Zeno va k sa rencon- 
tre; bataille navale de Mo- 
don : Boucicaut, vaincu, fait 
voile vers Gdnes avec cinq 
galferes, 82-95, 148, 149. — 
Capture deux nefs venitien- 
nes dans son voyage de re- 
tour, 100, 101. — Declare 
une guerre sans merci aux 
Venitiens, 102, 103. — Traite 
avec Venise, 112-117. —Fait 
arr^ter et frapper de confis- 
cation les marchands veni- 
tiens de Montpellier, 118, 
119. — Excite les Genois k 
une nouvelle guerre contre 
Venise, ibid. — Les Genois 
conciuent la paix malgre lui, 
mais il n'observe pas le trai- 
ts, 119-121. — Erreur de 
Carlo Zeno surses intentions 
avant la bataille de Modon, 
134, 135. — 8a galere atta- 
quee par Carlo Zeno, 136- 
141. — Capture, par trahi- 
son, d'une galere venitienne, 
148, 149. — S'accorde avec 
Francois I" de Carrare, sei- 
gneur de Padoue, contre les 
Venitiens, 182, 183. — Re- 
tient Benoit XIII a Genes, 
198, 199. — Envoie contre 
Pise deux galeres, dont Tune 
est capturee, 198-203. — 
Bruit d'un accord entre lui 
et les Florentins pour I'ac- 
quisition de Pise, 206, 207. 

— Craintes qu'il inspire aux 
Venitiens pour leurs galeres 
du voyage de Flandre de 
1406, 216, 217. — Nogocia- 
tions a Florence avec la R6- 
publique et Venise, 226-229. 

— Lettre de Pandolfo Mala- 
testa sur un pr^tendu soule- 
vement de G^nes contre le 
gouvorneur, 254-259. — Mar- 
che siir Plaisance avec Bru- 
noro della Scala ot Marsilio 
de Carrare, 272, 273. — Joie 
des Venitiens lors de la priso 
(le Oeuos par le marquis do 



Montferrat et Facino Gane; 
lear haine contre le gouver- 
neur, 282-285. — Marche de 
Milan sur Gdnes, 284-287. — 
N^ociations a Venise contre 
lui entre la R^pahUane et 
les Malatesta, 286-289. — 
Cabrino Fondolo et Facino 
Gane marchent contre lui, 
288, 289. — Combats entre 
lui et Facino Cane k Serra- 
valle et entre Novi et Gavi, 
292-297. — Tente de raviuil- 
ler Tortone, 294-297. — Ffe- 
tes a Plaisance a la nouvelle 
de ses succes, 294 , 295. — Intri- 
gues avec r^vdque de Savone 
pour reprendre cette ville, 306- 
309. = Rappele par le petit 
peuple et les artisans de G^ 
nes, II, 24, 25. — Prisonnier 
a Azincourt, 72, 73, 80, 81. 

Bourbon (Charles de), comte de 
Clermont. 8on r6ie an si^ge 
d'Orleans, III, 26, 27. — 
Bruit de negociations entre 
lui et le due de Bourgogne, 
170, 171. — Prise deVerneuil, 
220-225. — Coup de main 
sur Rouen prepare par lui et 
le due d'Alencon, 222-225. — 
Ambassade k lui envovee par 
son beau - fr&re le due de 
Bourgogne, 248, 249. — Prise 
de Clermont en Beauvaisis, 
dans son patrimoine, par les 
troupes de Charles VIi, 324- 
327. 

Bourbon (Jacques II de). Voy. 
Marche. 

Bourbon (Jean I"', due de). 
Prisonnier a Azincourt, II, 
72, 73, 80,81. 

Bourbon (Louis de), comte de 
Vend6me. Voy. Vend6me. 

Bourbon (Louis de) , seigneur 
des Preaux. Tue a Azin- 
court, II, 76, 77. 

Bourges. Sejourde Charles VII, 
III, 252, 253. 

Bourgogne. Lettres ecrites de ce 



TABLE ALPUABETIQUE. 



395 



pays sur Jeanne d'Arc, II, 
48-51. 

Bourgogne (Anne de), fills de 
Jean Sans-Peur, duchesse 
de Bedford. Voy. Bedford. 

Bourgogne (Antoine de), due de 
Brabant. Voy. Brabant. 

Bourgogne (Antoine de), fils 
aine du due Philippe le Bon. 
Sa naissance, III, 342, 343. 

Bourgogne (Catherine de), se- 
conde fille de Jean Sans- 
Peur. Negociation pour son 
mariage avec le due de « Mer- 
len », II, 164, 165. 

Bourgogne (Jean, ducde). Voy. 
Jean 8ans-Peur. 

Bourgogne (Jean de), due de 
Brabant. Voy. Brabant. 

Bourgogne (Marguerite de), fille 
ainee de Jean Sans-Peur. 
N^gociations pour son ma- 
riage avec le comte anglais 
de « Verdu », II, 162-165. 

Bourgogne (Marguerite de), 
comtesse de Hainaut. Voy. 
Brabant. 

Bourgogne (Philippe le Bon, 
due de). Voy. Philippe le 
Bon. 

Bourgogne (Philippe de), comte 
de Lieny et ae Saint- Pol, 
puis due de Brabant. Voy. 
Brabant. 

Bourgogne (Philippe de), comte 
de Nevers. Voy. Nevers. 

Brabant. Negociation s avec la 
Flandre, II, 274, 275. 

Brabant (Antoine de Bourgo- 
gne, due de). Tue a Azin- 
court, II, 76, 77. 

Brabant (Jean IV de Bourgo- 
j^ne, due de), mari de Jac- 
queline de Haviore, dite la 
duchesse de Hollande, II, 
:^0()-303. 

Brabant (Marpjuerite de Bour- 
gogne, scear du due Antoine 
dp). Bruit (le son cntremise 
pour la conclusion de la paix 
d'Arras cntre Jean Sans-Peur 
et Charlos VI, II, 8, '.). 



Brabant (Philippe de Bourgo- 
gne, comte de Ligny et de 
Saint- Pol, puis due de). Pele- 
rinage a Jerusalem, II, 322, 
323. = Sa mort, III, 314, 315. 

Bragadino (Niccold). « Paron » 
d'une des galeres du voyage 
de Flandre en 1408, I, 240, 
241. 

Bresceilo. Informations du gou- 
verneur venitien de cette place 
sur les mouvements de Bou- 
cicaut, I, 270-273. 

Brescia. Tombe sous la domi- 
nation de Pandolfo Malates- 
ta apres la mort de Gianga- 
leazzo Visconti, due de Mi- 
lan, I, 22-23. — Malatesta 
negocie a Venise pour la de- 
fense de cette ville, 286-289. 
— Voy. Malatesta. 

Bretagne. Lettre ecrite de ce 
pays sur les succes de Jeanne 
d'Arc, III, 88, 89. 

Bretagne (Arthur de), frere du 
due Jean V. Voy. Riche- 
mont. 

Bretagne (Jean V, due de). N^- 
gociations avec Charles VI et 
Charles VII, II, 176, 177, 
296, 297. = Lettre a lui 
adressee par Gilles de Retz, 
III, 106, 107. — Devait venir 
joindrc Jeanne d'Arc avec 
500 Bretons, 121-125. — Am- 
bassade a Charles VII, 194, 
195. 

Brimeux (A this de). Prisonnier 
a Azincourt, II, 84, 85. 

Bruges, centre du commerce 
venitien dans le nord de 
I'Europe. Craintes des mar- 
ch and s venitions de cette 
ville de se voir arretes et 
frappes do confiscation a I'ins- 
tigation de la France; lovau- 
te des Brugeois, I, 120-'l23. 
r= Reprise du commerce avec 
I'AngletPrre (1419), II, 178, 
179. — Vovage florentin en 
1425, 302, '303. — Reprise 
du commerct* avec Venise 



396 



TABLE ALPHABETIQUE. 



(1429), III, 4, 5. = Nouvelles 
envoyees de cette ville a Ve- 
nise sur ies affaires de France, 
11,34,35, 100, 101, 102, 103, 
124, 125, 166, 167, 188, 189, 
194, 195, 202, 203, 208, 209, 
210, 211, 222, 223, 224, 225, 
272, 273; —10,8, 9, 56,57, 
168, 169, 174, 175, 200,201, 
204, 205, 260, 261, 270, 271, 
292, 293, 304, 305, 316, 317, 
336, 337, 348, 349, 358, 359, 
360, 361. — Voy. Ecluse (l'), 
Flandre. 

Bucentaure (le), I, 26-29; II, 
46, 47, 158, 159. 

Buchan (John Stuart, comte 
de). Tue a Verneuil, II, 284, 
285. 

Buono (Domenico). Adjudica- 
taire d'une galere pour le 
voyage de Flandre de 1429, 
III, 2, 3. 

Buono (Francesco). Adjudica- 
taire d'une galere du voyage 
de Flandre de 1422, II, 216, 
217. — Patron d'une galere 
du voyage de Flandre de 

Buono de' Zilioli (Giovanni). 
Patron de la coque Neuve 
misp au voyage de Flandre 
de 1410, I, 304, 305. - Co- 

3ues neuves misos au voyage 
e Flandre et de Candle en 
1416, II, 92, 93; Tune ven- 
due pour payer des dettes 
contractees euvers Ies Cata- 
lans, I'autre naufragee, 182, 
183. — Nouvelles de la guerre 
franco-anglaise donnees par 
1' c ('crivain » de ces coques 
(1419), ibid. 
Bussy (Guillaume de Vienne, 
seigneur de). Voy. Vienne. 



Cabrera (iles de), I, 126, 127. 

Gadix. Capture dans ce port, 
par los Genois, dc la coque 
de Niccolo Rosso, allant en 



I 



Flandre, I, 102, 103, 150- 
153. — Les Genois y guet- 
tent les coques Garretta et 
Ziliola, qui leur 6chappent, 
314, 315. = Prise, par les 
corsaires biscayens, d'^toffes 
de Florence et de Piaisance 
dirigees sur ce port, II, 152, 
153. — Coque de Niccolo 
Gontarini arrStee dans ces 
parages par des coques cata- 
lanes et siciliennes, 276, 277. 
La coque de Pietro Balbi 
est retenue par ies Genois, 
120-323. 

Caen. Prise par les Anglais; 
massacre de la population, 
II, 144-149. 

Caffa. Leonardo Mocenigo n'ose 
s'emparer d*une galore de cet 
entrep6t genois, I, 154-157. 

Gaire (le). Represailles du Sou- 
dan contre les Genois, 1, 176, 
177. — Peste de 1416, U, 
96, 97. 

Cairo (Francesco), patron ge- 
nois. Sa nef s'enfuit a la ba- 
taille de Harfleur, 11, 110, 
HI. 

Gaiano ( compagnie florentine 
ae Giovanni da). Lettre aelle 
adressee, sur les suites de la 
prise d'Harfleur, II, 64, 65. 

Calais. Bruit de la jonction en 
ce port d'une flotte portu- 
gaise avec la flotte anglaise 
(1415), II, 20, 21. — Depart 
de la flotte anglaise de Har- 
fleur pour cette ville, 68, 
69. — N^gociations en cette 
ville pour la paix entre la 
France et TAngleterre, 106, 
107, 116, 117. — Sigismond 
de Hongrieenpart pouraller 
a Constance, lr2, 123. — D^- 
barquement du due de Glo- 
cester, 300, 301. — Depart de 
cette ville du cardinal Henrv 
do Beaufort, III, 168-171. 

Calojanni (Jean VII le Beau, 
dit), neveu de Manuel II Pa- 
leologue et son associe a 



TABLE ALPHAB^TIQUE. 



397 



I'Empire de Constantino pie. 
Gonfondu avec Manuel II, I, 
42 et suiv. — Gouverne l*Em- 
pire pendant ie voyage diplo- 
matique de Manuel II en 
France et en Itatie; le regoit 
h son retour, 48, 49. — N6go- 
ciations avec Leonardo Moce- 
nigo, 154, 155. 

Cambridge (Richard, comte de), 
secoad fils d'£dmond, due 
d'York. Decapite a la suite 
de la conjuration contre Hen- 
ry V, II, 48-51. 

Campioni (Diomede) , patron 
geiiois. Sa oef s'enfuit a la 
oataille de Harfleur, II, 110, 
111. 

Gampofrcgoso (Tommaso da). 
Nomme doge de G^nes par Ie 
parti popuiaire, II, 24, 25. 

Caaale (coque). Naufrage, III, 
284, 285. — l^etour de Flan- 
dre a Venise, 350-359. 

Canale (Bartolommeo da), rec- 
teur en Barbarie. Retour a 
Venise, II, 314, 315. 

Canale (Crislotbro da). Patron 
do la coque Neuve (Candieet 
Flandro), II, 332, 333. 

Canale (Girolamo da). Adjudi- 
cataire d'une galere du voya- 
ge de Flandre de 1416, II, 
^ 90, 91. 

Canale (Guido di Francesco da). 
Nora me t sovracomito » d'une 
galtVo, I, 108, 169, 172, 173. 
— € Paron » d'une galore du 
voyage de Flandro de 1412, 
316, 317. =: Lettro par lui 
ecriie de Flandro, sur lo ma- 
riage des deux fillos ainoes 
do Joan Sans-Pour, II, 162- 
165. — Capital no dos galeres 
du vovaKo do Flaniire de 
1426, 312, 313. — Arriv^o a 
riicluso, 320, 321. — Nogo- 
cio a Cddix la raise on lihorlo 
de la coque do Pietro Ralbi, 
ibid. 

Candelor (ol) [ Escandeluur]. 
Kchoc do Rouciciiut tlevaut 



cette ville sarrasine, I, 56- 
59. 

Gandie. Gonseil de guerre tenu 
par Carlo Zeno contre Bou- 
cicaut et les Genois, I, 74-77. 
— Depart de Zeno, 76, 77. — 
Cinq galores armees dans ce 
port par Zeno, 122, 123. — 
Capture d'une galore v^ni- 
tienne venant de cette ile a 
Constantinople, 156-157. — 
Trait6 entre Venise et G^nes 
au sujet des dommages sabis 
dans cette region par les V6- 
nitiens, 224, 225. — Charge- 
meat de vins pour la Flan- 
dre, 304, 305. = La coque 
neuve de Giovanni Buono de' 
Zilioli y charge des vins pour 
la Flandre, II, 92, 93. — La 
coque de Bulgaro Vitturi, al- 
lant dans cette ile, fait nau- 
frage dans la mer de Flan- 
dre, 294, ^95. — Chargement 
de la coque de Pietro Balbi 
pour la Flandre, 316, 317. — 
Chargement de vins pour la 
Flandre par la coque de Ma- 
rino Micheli, 326, 327; — par 
la coque Neuve, 332, 333. — 
Coqucs venant de cette ile et 
mouillees a Parenzo, 338, 
339. = Coque de cette ile 
d(?truite sur la plage de Va- 
lence, III, 282, 283. — La 
coque de Pietro Quirini, ve- 
nant de celte ile, fait nau- 
frage sur la cote anglaise, 
370, 371. 

Cane (Facino). Marche sur G6- 
nes avec le marquis de Mont- 
ferrat; prise de la villo, I, 
276-283. — Fortoment etabli 
aux environs de Pavie, 284- 
287. — Marche de GAnos 
contre Boucicaul, 288, 289. 
— Combats avec Boucicauta 
Serravalle et du c6le de Novi 
et do Gavi; s'emparo d'un 
convoi de vivres destine a 
Tortone, 292-299. — Une for- 
loresse do Tortono se rend u 



898 



TABLE ALPHARliTIQnB. 



loi. 294-297. — Envoie une 
amoass&de k Venise pour n^- 
gocier un accord entre Giam- 
maria Visconti. due de Mi- 
lan, et son mre Filippo, 
comte de Pavie, 300-303. — 
D^faite infligee, pr^s de No- 
vi, k un parti francais, 308, 
309. 

Canee (la), I, 126, 127. 

Cantera (la), 242, 243. 

Gapelio (Daniele). Adjudica- 
taire d'une des deux ffal^res 
du voyage d'Aigues-Mortes 
de 1425.11,294, 295. 

Gapelio (Francesco). Adjudica- 
taire de la galore pour le 
voyage d'Aigues-Mortes de 
1417, II, 124, 125. — Nomme 
capitaine des deux galores du 
mdme voyage en 1426, 314, 
315. 

Gapelio (Giorgio di Giovanni). 
Nomme a sovracomito » d'une 

§al6re du voyage de Flandre 
e 1409, I, 246, 247. 
Gapelio (Giorgio). Patron d'une 

§alere du voyage de Flandre 
e 1414, II, 2, 3. 

Gapelio (Gu^lielmo), de Fer- 
rare. Envoie a Gattaneo Mo- 
rosini copie d'une lettre adres- 
s^e au Que de Milan sur la 
bataille de Baug^, II, 198- 
203. 

Gapelio (Lorenzo ou Niccol6). 
Gapitaine des galores du 
voyage de Flandre de 1423, 
II, 234, 235, 260, 261 ; — de 
galeres envovees en Levant 
en 1433, III, "376, 377. 

Gapelio (Luca). Patron d'une 
galore du voyage de Flandre 
de 1414, II, % 3. 

Gapelio (Niccolo). Gapitaine des 
galeros du voyage de Flandre 
de 1427, II, 328, 329. 

Gapelio (Vittorio di Giorgio). 
Adjudicataire d'une des jja- 
lures du voyage do Flandre 
de 1428, II, 332, 333. 

Garavello (Giorgio). « Sovraco- 



mito » d'ane galore dn Toya- 

fe de Flandre de 1411, L 
14, 315. 

Garcanetti (Niccold de'). de 
Lucques. Lettre k lai adres- 
s^ de Paris sar la bataille 
d'Azincourt, II, 70-75. 

Garrare. Voy. Padoue. 

Garretta (coque). Retour de 
Flandre; ^happe aux Ge- 
nois au-des8U8 de Gadix. I, 
314, 315. 

Garretto (Niccold del). Arme 
une coque destinee a charger 
des vins de Malvoisie i Gan- 
die pour la Flandre, I, 304, 
305. 

Gasalmaggiore. Informations du 
gouverneur de cette place a 
la seigneurie de Venise sur 
les mouvements de Boucicaut 
et de ses allies, I, 270-273. 

Gastellazzo. Se donne au due de 
Milan Giammaria Visconti, 
I, 308-310. — Voy. Additions 
et corrections. 

Gas ti lie. Voy. Jean 11. 

Gatalogne. Capture de trois ga- 
lores genoises par des galeres 
cataianes dans les eaux de 
Sardaigne, I, 252-255. = Go- 
que de Giovanni Buono de' 
Zilioli vendue pour payer 
des dettes contract^es envers 
des marchands Catalans, II, 
182, 183. — Armement de 
deux grosses galores veni- 
tiennes contre les pirates de 
ce pays naviguant dans VX- 
driatiaue, 214-217. — Gap- 
ture de neuf nefs cataianes 
par les Genois, 218, 219. 
— Goque v^nitienne, allant 
en Flandre, pill^e par des 
corsaires de ce pays, 256- 
259. — Guerre avec G^nes, 
268, 269. — Arrestation, par 
des coques cataianes, a Ga- 
dix, de la coque de Niccolo 
Gontarini, 276, 277. — Voya- 
ge Horentin en 1425, 302, 
303. — Deux galeres cata- 



TABLE ALPHABETIQUE. 



399 



lanes prises par les Mores, 
336, 337. = Capture de deux 
nefs par la cogue Gicogna de 
G6nes, HI, 168, 169. — Go- 
ques catalanes naufragees sur 
la plage de Valence, 282, 283. 

Catherine (sainte). Jeanne d'Arc 
aualifiee d' • autre sainte Ca- 
tnerine, » III, 52, 53. — Appa- 
rition k Jeanne d'Arc avant 
son supplice, 352, 353. 

Catherine de France, fille de 
Charles Vl.N^gociations pour 
son mariage avec Henry V 
d'Angleterre, II, 36, 37. — 
Echec de ces negociations, 
42, 43, 46, 47. — Reprise des 
negociations par Tempereur 
Sigismond et Guillaume, due 
de Hollande, 98-101. — Fian- 
cailles avec Henry V, 190, 
191. 

Cavalcabd (Ugoletto). Devient 
seigneur aeCremoneapr^s ia 
mort de Giangaleazzo Vis- 
conti, I, 20-22. 

C^rines (Ghypre). Lin envoye 
de la par les marchands v6- 
nitiens de Ghypre au consul 
de Venise a Rhodes, I, 08, 
69. 

Ccuta. E.xpedition portugaise 
contre cette ville, 11, 54, 55, 
64-67. 

Ghalons-sur-Marne. Soumission 
a Charles VII, III, 182, 183. 

Champagne. Succes dcs troupes 
de Charles VII dans cette 
province, III, 338-341. 

Ghappes (chateau de). Pris par 
les troupes de Charles Vll, 
III, 338-341. 

Charenton (pont do). Bruit de 
sa prise par Charles VII, III, 
214, 215. 

Charile-sur-Loire (la). Bruit du 
protend u passage de la Loire 
par rarmee francaiso. III, 
138-141. — Siege par Joanne 
d'Arc, 230, 231. — Bruit faux 
(\o la prise de la ville jiar 
Charles VII, 250, 251. 



Charles VI, roi de France. 
Battu k TEcluse par Ri- 
chard n d'Angleterre, 1, 186- 
189. — Son fr6re, Louis 
d'Orieans, lui rapports son 
entrevue avec Benoit XIII, 
192, 193. — Relations avec 
Owen Glendower, roi de 
Galles, 194-197. — Sa mau- 
vaise sant^ d'esprit,234,235. 
= Guerre avec Jean Sans- 
Peur, apr^s le meurtre du 
due d'drleans, II, 4-7. — 
Paix d'Arras avec Jean Sans- 
Peur, 6-9.— Conditions de cet- 
te paix, 8-13. — Negociations 
f)Our le mariage du comte de 
a Marche avec Jeanne II de 
Naples, 14-19. — Preparatifs 
de defense contre 1 Angle- 
terre, 22, 23. — Appele par 
les Guelfes de Gfines, 24, 25. 

— Negociations avec I'An- 
gleterre, 34-37. — Echec du 
projet de mariage entre Ca- 
therine de France et Hen- 
ry V d'Angleterre, 42, 43, 46, 
47, 94, 95. — Bruits d'en- 
tente avec Jean Sans-Peur, 
44, 45, 54, 55. — Bruits d'in- 
tervention de I'empereur Si- 
gismond entre Henry V et 
lui, 56, 57. — Siege de Har- 
fleur, 58-65. — Negociations, 
a la suite de ce si^ge, avec 
Jean Sans-Peur, 64, 65. — 
Bruit de deux succes contre 
les Anglais, 68-71. — Ba- 
taille d'Azincourt, 70-85. — 
Negociationsde Sigismond I*"" 
pour la conclusion d'une tro- 
ve entre Henry V et lui, 92- 
95, 98-101. — Reprise dos 
ne^'ociations pour le mariage 
do Catherine de France avec 
Henry V, 98-101, 118, 119. 

— Les seigneurs francais se 
prononcent pour la continua- 
tion de la guerre avoc I'An- 
gleterro, 100-103. — Sioj^'o 
de Harfleur par sos troupes, 
104, 105. — Bruit de iiou- 



400 



TABLE ALPHABtiTIQUE. 



velles negociatioQs k Calais 
pour la paix, 106, 107. — Ba- 
taille de Harfleur, 108-115. 
— N^ociatioDS de Calais, 
116, 117. — Trftve de quatre 
mois avec I'Angleterre, 122, 
123. — Projet d'ambassade 
v^aitienne pour lui expli- 
quer i*affretement de trois 
coques venitiennes par I'An- 
gleterre, 130, 131. — Persis- 
tance de sa maladie, 134, 
135. — Bataille navale entre 
Soutliamptoa et Harfleur, 
136-141. — Prise de Caen el 
massacre de la population par 
les Anglais, 142-149. — Prise 
de Rouen par les Anglais, 
174, 175. — Trait6 de Pouil- 
ly-le-Fort, 176-179. — Prise 
de Pontoise par les Anglais, 
180, 181. — TraitedeTroyes, 
lS8-19i. — Bataille de Bau- 
ge, 198-205. — Bruit antici- 
pe de sa mort, 202, 203. — 
Negocialions avec Philippe 
le Bon, 222, 223. — Sa mort, 
228-231. 
Charles, dauphin, puis roi de 
France sous le nom de Charles 
VII. Bruit de negocialions 
avec Henry V,II, 168-171. — 
Traite de Pouilly-le-Fort, 176- 
179,180, 181.- Bruit del'exe- 
cution de Jean Sans-Peursur 
son ordre, 184-187. — Vic- 
toire de Bauge sur le due de 
Clarence, 198-204. — Bruit 
d'un traite avec Jean Sans- 
Peur et de son entree a Paris, 
202, 203. — Batlu a Mons- 
en-Vimeu par Philippe le 
Bon, 208-213. — N^gocia- 
lion d'une tr^ve avec Phi- 
lippe le Bon, 222, 223. — 
Menaces de guerre contre 
IMiilippe le Bon, 226, 227.— 
Bruit de Tentree a Paris du 
vicoinle de Narbonne, son 
capitaiue, 228, 229. — Bruit 
(le I'ubedicnico par lui prfitee 
a Heiioit Xlll, qui duit le 



couronner, 240, 241. — Vic- 
toire de ia Grayelle sur les 
Anglais, 258-261. » Bataille 
de Verneuil, 280-285.— Bruit 
de la conclusion d'ane Mve 
entre lui et Philippe le Bon 
et de I'enti^re evacuation de 
la Prance par les Anglais, 
288-291. — Nomme Arthur 
de Richemont conn6table et 
souverneur du royaume, 296, 
297. — Entente avec Jean V 
de Bretagne et Philippe le 
Bon; conclusion d'une tr^ve 
avec ce dernier, 296-299. = 
Resume de son histoire, de 
1425 k 1428, lU, 10-11. — 
Menaces des Anglais contre 
lui, 16. — Bonnes disfX)si- 
tions du due de Bourgogne a 
son egard, 22, 23. — Entree 
de ses troupes dans Orleans, 
22 et suiv. — Propheties re- 
latives a lui, 39 et suiv. — 
Jeanne d'Arc devant lui, 44 
et suiv., 95-101. — Lettre au 
pape, 54, 55, 56, 58-61. — 
Entree a Rouen et k Paris, 
60, 61. — Jeanne d'Arc veut 
le faire couronner a Rome 
( Reims ?), 66, 67. — Promesses 
oar lui fai les a Jeanne d'Arc, 
o2-85.— Son prochain oouron- 
nement,84 -87 . — N egocialions 
avec Charles VII, 122-125. — 
Bruit de ses succ^s en Bour- 
gogne et ailleurs, 124-127. 
— Bruit d*une intervention 
de TEcosse en sa favour, 134- 
137. — Voyage a Reims, 140- 
163, 172,173. — Jeanne d'Arc 
lui fail rendre la couronne 
de saint Louis par Tev^que 
de Clermont, 160-163. — 
Lettres par lui adress6es \k 
la Seigneurie de Venisej, 
162, 163, 166, 167.— Se pre- 
pare a atlaquer le due de 
Bourgogne, 164, 165. — Let- 
ires ue Giorgio de Valperga 
et du due de Savoie sur ses 
progres, 166, 167. — Bruit 



TABLE ALPHABtiTIQUE. 



40i 



de negociations entre lui et 
le due de Bourgogne, 170, 
171. — Passage a Troves: 
soumission de la ville, 172, 
173, 174, 175. - Bruit de 
son prochaia couronnement 
a Reims, 172, 173, 196, 197. 
— Arrivee a Reims; couron- 
nement, 178-183. — Soumis- 
sion de Chalons, Laon, etc., 
182-185. - Fetes a Tournai 
en Thonneur de ses succ6s, 
184-187. — Arrivee a Sois- 
sons, 194, 195. — Arrivee 
aux environs de Paris, 200, 
201. — Bruits relatifs a son 
couronnement, 202, 203, 206, 
207. — Bruit de tr6ve avec le 
due de Bourgogne, 208,209. — 
Bruit du siege de Paris, 210, 
211. — Bruit de la soumis- 
sion dp Senlis, Pont-Sainte- 
Maxence, Creil, pont de Gha- 
renton, Beauvais, Saint-De- 
nis, 212-215. — Bruit de 
tr6ve avec les Anglais, 216, 
-17. — Bruit d'accord avec 
le due de Bourgogne, 218, 
219. — Ambassade a lui en- 
vuyee par le due de Bourgo- 
gne, 224-229. - Preparatifs 
d(» guerre, 228, 229. — In- 
fluence persistante de Jeanne 
d'Arc sur lui, 232, 233. — 
Ambassade au due de Bour- 
gogne, 240, 241. — Prolon- 
;;ation de la tr6ve avec le due 
de Bourgogne, 246, 247. — 
Le due (I'Orleans lui onvoie 
un i\e ses secretaires, 250, 
251. — Bruit de la prise de 
la Charite-sur-Loire, ibid. — 
Chartres et Paris lui rosis- 
lont encore, ibid. — Rocoit 
a Bourges de forts subsides 
du Langiiedoc; preparatifs de 
guerre, 252, 253. — Bruit 
(le la prise de Chartres et 
do CIuiteau-Gaillard, 202-267. 
— Escarmouche avec les An- 



— — — -^»^^ — ^.s.- A BAA 

glo-Bourguignons sous Pa- 
ris, 272, 273. — Bruit de siege 



IV 



de Paris, 294, 295. - Bruit 
d une tr^ve de deux ans avec 
le due de Bourgogne, 316, 
017. — fees troupes font ie- 

q?«%9q''^^l7M^ Gompi6gne, 
o\n-6C6, — lilies courent jus- 
que sous Arras, Amiens et 
Rouen, 322, 323. — Ellas 
attaquent Clermont en Beau- 
vaisis, 324-327. - Menace 
les Bourffuignons s'ils livrent 
Jeanne d'Arc aux Anglais 
336-339. — Succ6s de ses 
trounes en Champagne; prise 
du chateau de Chappes, 338- 
iV ~ ®^ douceur k la nou- 
velle du supplice de Jeanne 
d Are; menaces de represail- 
les centre les femmes d'An- 
gleterre, 352-355. — Les An- 
glais croient que ses succ6s 
cesseront avec la mort de 
Jeanne d'Arc, 356, 357. — 
Trfive conelue a Chinon avec 

l^i^"^ i^ Bourgogne, 358- 
dbl. — Convention signee k 
l-.ille nar Tentremise du car- 
dinal de Sainte-Croix, Niccold 
Albergati, 360-363. — Le 
cardinal est venu pour ne- 
gocier la paix, 362, 363. — 
Negociations, 366, 367. — 
Bruit de I'arriv^e a Venise 
d'une ambassade envoy^e oar 
lui, 368, 369. ^ ^ 

Charles, due d'Orl^ans. Voy. 

Orleans. 
Chartres. Bruit de sa prise par 
les troupes francaisesen 1424; 
reprise par IMiihppo le Bon,' 
11, 272, 273. = Bruit de red- 
dition a Charles VII, III, 76, 
77. — Rosiste encore a Char- 
les VII, 250, 251 ; bruit desa 
prise, 262, 263. 
Chartres (Rognault de), chan- 
celier do France. Kloigne du 
^ pouvoir, II, 305, 305. 
Chaloaudun. Bruit de preten- 
due reddition a Charles VII 

/o, //. 

Chateau Caillard. Bruit de sa 



26 



402 



TABLE ALPHAB^TIQUE. 



prise par Charles VII, III, 
264, 265. 

Ghftteaumoraad (Jean de GM- 
teluB, seigneur de). Fait pri- 
sonnier k la bataille de Nfo- 
don, I, 94, 95, 144, 145. — 
Amene a Venise avec ies 
autres prisonniers francais et 
enferme sous Ies Plombs, 
108, 109. — Confondu avec 
Hugues Gholet, lieutenant de 
Boucicaut a G^nes. massacre 
par le peuple lors ae la prise 
de la ville par le marquis de 
Montferrat, 280-283. 

Ghio. Des galeres de cette ile 
se joignent k la flotte ge- 
noise dirigee centre Ghypre, 
I, 28, 29. — Boucicaut em- 
menc une galere chiote a 
Modou, 78, 79; lui donne 
conge apr^s la defaite de Mo- 
don, 92, 93. — Leonardo Mo- 
cenigo arr6le sur Ies c6tes de 
Romanie cette galore, qu'il 
emm^ne a Pera et qui lui 
ecliappe par deux fois, 104, 
i05. = Bruit d'une preten- 
due autorisalion donnee par 
Filippo Maria Visconti aux 
coques genoises, venant de 
cette lie, de raniener sa fian- 
cee, siBur de Louis III d'An- 
jou, II, 230, 231. — Gom- 
morce avoc Genes, 230, 231. 

Gliiodere (Marco dalle). Patron 
d'une coque capturee par Ies 
Genois dans ies eaux d'Ale- 
xandrie, I, 102, 103, 156- 
159. — « Paron » d'une co- 
que allant on Flandre et ar- 
r6tee a Gadix, II, 276, 277. 

Gliolot (Ungues), dit Gholeton, 
lieutenant de Boucicaut a 
Gi^ups (confondu avec Gha- 
teaumorand). Massacre par 
le pouplo lors do la prise de 
la ville par le marquis de 
Moiilfprrat, I, 280-283. 

Gliypre. Dillerends avec G6nes, 
I, ;'6-35. — Traite avec Bou- 
cicaut, 52-55. — Les facteurs 



venitiens de Damas y font 
parvenir leurs reclamations 
centre la flotte geooise de 
Boucicaut, 68, 69. — Voy. 
Janus II. 

Cicala ( Gattaneo ). £nvoy§ 
comme ambassadear de GS- 
nes a Venise pour obtenir la 
mise en liberte des Francais 
faits prisonniers k Modon; 
conclusion d'un traite entre 
les deux Republiques, 1, 114- 
115, 164-167. 

Gicogna (coque), navire genois. 
Capture deux nefs catalanes, 
in, 168, 169. 

Giola. Voy. Romania. 

Gividale. Galore envoyee de 
cette ville a Venise par Gr6- 
goire XII, I, 260, 261. 

Clarence (Thomas, due de). 
Battu et tu6 a Bauge par le 
dauphin Charles, II, 198- 
205; cf. 210,211,224,225. 

Clermont. Bruit pretendant que 
Jeanne d'Arc a force I'ev^que 
de cette ville a rendre a Char- 
les VII la couronne de saint 
Louis, III, 160-163. 

Clermont en Beauvaisis. Prise 
de la ville par les troupes 
francaises ; le chateau re- 
sisted III, 324-327. — Le due 
de Bourgogne tente vaine- 
ment de la reprendre, 326- 
331. 

Clermont (Charles de Bourbon, 
comte de). Voy. Bourbon. 

Clermont (Tristan de). Equipe 
une galere venitienne pour 
aller a Lecce, II, 286, 287. — 
Voy. Baux. 

Glos (Glavin du). Fait prisonnier 
a Anthon, III, 288, 289. 

Cocco ( Francesco ). Capitaine 
des deux galeres du voyage 
d'Aigues - Mortes de 1*426, 
314, 315. — Naufrage d'une 
de ces galeres, 324-327. 

Cocco ii\.). Tue par des corsai- 
res de Biscaye, II, 310, 311. 

Gollo (cap de), II, 314, 315, 



TABLE ALPHABtiTIQUE. 



403 



Cologne, n, 236, 237, 238, 239. 

Golonna (Gaterina), ni^ce de 
Martia V. Negociations pour 
son mariage avec Filippo 
Maria Visconti, due de Mi- 
lan, II, 218, 219. 

Gompiegne, Projet d'entrevue 
entre Jean 8ans-Peur, Isa- 
beau de Baviere et le due de 
Hollande, II, 120, 121. — 
Prise par les troupes fran- 
gaises en 1424 ; reprise par 
Philippe ie Bon, 272, 273. = 
Echec de Jean de Luxem- 
bourg devant cette ville. III, 
276, 277. — Echec des An- 
glo - Bourguignons, 302-311. 

— Les troupes de Charles VII 
font lever le siege, 318-323. 

Gondolmiera (coque). Naufra- 
ge sur la plage de Valence, 

111, 282, m. 
Condolmieri (Antonio). Patron 

d'une coque venant de Flan- 
dre et naufrajiee sur la plage 
de Valence, III, 282, 283. 

Condolmieri (Francesco). Ap- 
pele a Rome pour recevoir le 
chapeau canlmalice, III, 368, 
369. 

Constance. Depart de Frederic 
d'Autriche, II, 92, 93. — 
L'empereur Sigismond quitte 
Calais pour s'y rendre, 122, 
123. 

Constantinople. Tres menacee 
par Bajazet, 1, 2-5. — Em- 
prisonnement do tons les 
marchands venitiens de Pe- 
ra par les Genois, lOi-107. 

— Les marchands venitiens 
de celle ville (ou Carlo Zoiio) 
font avoriir dos coques du 
vuyapo de la Tana qu'ollos 
sout epioes par les Geiiois de 
Pera, 110-113, \h\, 155. — 
On eiiYoio de la par terre le 
charj^oment de ces coques, 

112, 113. — Capture, par les 
Genois, d'une cocjue veni- 
tienne venant de Crete en 
cello ville, 15G, 157. -^ Co- 



ques venant de cette viile et 
mouillees a Parenzo, U, 338, 
339. — Voy. Galojanni, Ma- 
nuel II. 

Gontarini (galere). Montee par 
Francesco Gocco, capitame 
du voyage d'Aigues-Mortes 
de 1426, II, 326,327. 

Gontarini (maison). Coque ve- 
nant de Flandre et naufragjSe 
sur la plage de Valence, Ul, 
284, 285. 

Gontarini (Andrea di Giovan- 
ni). Nomme • sovracomito » 
d'une galere, I, 168, 169. — 
Lettre ^crite de Milan a son 
neveu Domenico Micheli, sur 
un ^chec des Anglo-Bourffui- 
gnons devant Gompiegne, III, 
302-305. 

Gontarini (Bertuzzi). Gapitaine 
de cinq galeres v6nitiennes 
venant de Flandre, III, 314- 
317. 

Gontarini (Federico di Bertuz- 
zi). Gapitaine du voyage de 
Flandre de 1430, III, 258, 
259; incident au retour, 312, 
313. 

Gontarini (Folco). • Sovracomi- 
to » d'une galore du voyage 
de Flandre de 1 126, II, 312, 
313. 

Gontarini (Francesco), pro vedi- 
teur en Lomhardie. Lellres a 
la Seigneurie sur un combat 
a Serravalle entre Boucicaut 
et Facino Cane et sur la prise 
d'un convoi francais par ce 
dernier, I, 2112-299. — Nom- 
me ambassadeur en Lomhar- 
die, 304, 305. 

Gontarini ((Giovanni). Sa coque 
choisie pour chasser los pi- 
rates de I'Adriatique, II, 216, 
217. 

Gontarini (Marco di Andrea). 
Adjudicalaire d'une ties ga- 
lores (lu voyai^e de Flandre 
de 1424, II,' 270, 271; — du 
vovaj;e d'Aif^ues-Mortcs de 
1426, 314, 315. 



404 



TABLE ALPHAB^TIQUE. 



Gontarioi (Marino). Nomme 
« sovracomito » d'une galore 
du voyage de Flandre de 1404, 

I, 172, 173. 

Gontariai (Marino di Alessan- 
dro). Patron de la gal6re 
6quipee par Tristan de Cler- 
mont, II, 286, 287. — Gapi- 
taine d'une des coques en- 
voy ^es au secours de celle de 
Pietro Baibi, 318, 319. 

Gontarini (Niccold di Girola- 
mo). Sa coque, venant de 
Flandre, arr^tee par des co- 
ques siciliennes et catalanes 
a Gadix, II, 276, 277. 

Gontarini (Niccold ou Marino). 
Envoye en ambassade aupr^s 
de Jean II de Gastille, II, 
248-257. 

Gontarini (Paolo di Domenico). 
Lettre ecrite de Bruges sur 
les mouvements des flottes 
anglaise et francaise et sur 
le siege d'Harfleur par les 
Francais, II, 102-105. 

Gontarini (Pietro). « Sovraco- 
mito » d'une des galeres du 
voyage de Flandre de 1419, 

II, 172, 173. 

Gontarini (Stefauo di Niccold). 
Gapitaine d'une des coques 
envoyees au secours de celle 
de Pietro Balbi, II, 318, 319; 
— des galores des voyages de 
Flandre de 1429, III, 2-7; 
retour a Venise, 258, 259. 

Corbeil. Bruit de sa preteadue 

frise par les Anglais (1419), 
I, 182, 183. 

Gorbie (Joan de), eveque d'Au- 
xerre. Bruit de sa pre ten- 
due execution sur Tordre de 
Jeanne d'Arc, III, 148-151. 

Gorfou. La galere de Niccold 
Lombardo en ramene les 
epices de la coque de Dario 
Malipiero, II, 196, 197. - 
Escale des galeres du voyage 
irAigues-Mortcs, 338, 339. 

Guniafo (Andrea), marchand 
VLMiilicu a Seville. Envoye 



en ambassade aupr^s du roi 
de Gastille, II, 206-209. 
Gornaro (Bernardo). Adjudica- 
taire d'une des galeres du 
voyage de Flandre de 1423, 

II, 234, 235. 
Goron, I, 126, 127. 

Gorrer (Marco), c Sovracomito » 
d'une galore da voyage de 
Flandre de 1404, I, 172, 173. 

Gorrer (Paolo di Filippo). Am- 
bassadeur de Venise a Rome, 

III, 60, 61 ; — pr^s ie due de 
Milan, 366, 367. 

Gramaud (Simon de), patriarche 
d'Alexandrie, peut-^tre desi- 
gne par erreur sous le nom 
de patriarche d'Antioche. Se- 
joura Venise, I, 260, 261. 

Graon (Antoine de), seigneur de 
Beauverger. Tu6 k Azincourt, 
II, 78, 79. 

Greil. Soumission a Gharles VII, 
214, 215. 

Gremone. Tombe sous la domi- 
nation d'Ugolotto Gavalcabo 
apr^s la mort de Giangaleazzo 
Visconti, due de Milan, I, 
20-22. — Negociations entre 
les Malatesta et Venise pour 
la defense de cette ville, 288, 
289. — Voy. Fondolo (Ga- 
brino). 

Grequy (Jacques de). Voy. 
Heiflv. 

Grete. Voy. Gandie. 

Grispo (Giovanni), due de TAr- 
chipel ou de Naxos. Son ar- 
rivee a Venise, 11, 164-167. 

Gulant (Louis de), probablement 
design^ sous le nom de Louis 
de Normandie. Fait prison- 
nier a Modon, I, 144, 145. 



D 



Damas. Domma^es causes par 
la flotte genoise aux mar- 
cbands venitiens de cette 
ville, dans leurs magasins 
de Beyrouth, I, 66-6S. — 



TABLE ALPHAB^TIQUE. 



405 



Abondance des epices en 
1421, II, 204,205. 

Damiette. Attaque de cette 
ville par le recteur f^^nois de 
Famagouste, Antonio Guar- 
CO, I, 176, 177. 

Dandolo (Cristoforo). « Paron • 
d'une galere du voyage de 
Flandre de 1408, I, 240, 241. 

Dandolo (Fantino di Lionardo). 
Nomm6 ambassadeur a Flo- 
rence, I, 226-229; — pr^s 
Gr^goire XII, 270, 271; — 
en Lombardie, 304, 305. 

Dandolo (Giacomo). Nomm^ 
« sovracomito » d*une grosse 
galore, I, 168, 169. — « So- 
vracomito » d'une galore du 
vovage de Flandre de 1409, 
246, 247. 

Dandolo (Lorenzo), t Sovraco- 
mito • d'une gal6re du voyage 
de Flandre de 1409, I, 246, 
247. 

Danube (le), I, 12, 13. 

Daupbin (Guicbard), maitre de 
rbotel du roi. Prisonnier ou 
plutot tue a Azincourt, II, 
72, 73. 

Dauphine. D^faite du prince 
d'Orangc dans ce pays. III, 
284-293. 

Difido (Antonio). Capitaine des 
deux galeres du vovage de 
Flandre de 1427,11,328,329. 

Diedo. Voy. Duodo (Arsenio). 

Diodo (Bernardo ou Viltorio). 
Capitaine des galeros du 
voyage de Flandre de 1424, 
II, 270, 271. — Samort,286, 
287. 

Diedo (Hertuzzi), capitaine ve- 
nitien. Capture deux coques 
hiscavennes, II, 154, 155. 

Diedo (6iovanni). Capitaine des 
galeres du vovage de Flandre 
de 14^20, II, 186, 187. — Mort 
de la peste ii Londres, 192, 
193. 

Dollina (Giorgio i\o' Biori, de 
la maison), II, 338, 339. 

Dolfino (Benedetto). Nomme 



c sovracomito » d'une galore, 

I, 168, 169. 

Dolfino (Niccold). « Paron » d'une 
des galores du voyage de 
Flandre de 1413, I, 318, 319. 

Donate (maison). Lettre adres- 
s^e de Montpellier sur les af- 
faires de France, II, 304-309. 

Donato (Bartolommeo). Nom- 
me ambassadeur pr^s Ale- 
xandre V a Pise, I, 268, 271. 

Donato (Lorenzo). Ganitaitie des 
galeres du voyage ae Flandre 
de 1428, II, 332, 333. 

Doria (Cassiano), conseiller ge- 
nois en Levant. Fait prison- 
nier a Modon, I, 144, 145. 

Douglas (Arcbibald IV, comte 
de). Tue a Verneuil, II, 284, 
285. 

Dreux. Bruit de reddition a 
Cbarles VU, 76, 77. 

Du Cbastel (Tanneguy), pr^v6t 
de Paris. Eloigne du pouvoir, 

II, 304, 305. 

Du Clos (Clavin). Fait prison- 
nier a Anthon, III, 288, 289. 

Duodo ou Diedo (Arsenio). Ad- 
judicataire des galeres des 
voyages d'Aigues-Mortes de 
1423, II, 236, 237, 252, 253. 

Duodo (Leone). Adjudicataire 
de deux des galeres du voyage 
d'Aigues-Mortes de 1427, II, 
328-331. 

Duodo (Luca di Pietro). Adju- 
dicataire d'une des galeres 
de Flandre du voyage de 1424, 
II, 268-271; — de 1430, III, 
258, 259. 

Duodo (Tommaso di Pietro). 
Armateur d'une galore du 
voyage de Flandre de 1415, 
II, 14, 15. — Adjudicataire 
d'une galere du voyage de 
Flandre de 1410, 90, 91. 

Duodo (:V.|. « Paron • d'une des 
galeres du vovage de Flandre 
de 1413, I, 318, 319. 

Du Saix (Jean). Fait prisonnier, 
111,290, 291. 



406 



TABLE ALPHABtiTIQUE. 



E 



£cluse (T). Arriv6e dans ce 
port de trois coques genoises, 
dont Tune a capture celle de 
Basilio Tirapelle, 1, 182-185. 

— Les troupes francaises y 
sont battues par les Anglais, 
186-189. — Envoi de trois ga- 
lores du voyage de Flanare 
de 1412, 3l6, 317. — Envoi 
d'une galere du voyage de 
Flandre de 1413, ibid. = En- 
voi de deux galeres du voyage 
deFiandredel415,II, 12, 13, 
34, 35;— de 1416, 90, 91; — 
arrivee, 102, 103. — Arrivee 
des galeres du voyage de 1417, 
132, 133. — Envoi de deux 
galeres du vovage de Flandre 
de 1419, 172, 173; — de 
1422, 216, 217; — de 1423, 
232, 233; — de 1424, 268, 
269; — de 1425, 290-293; 

— de 1426, 310-313; leur 
arriveo, 320, 321. — Envoi 
de deux galeres et d'une 
coque en 1427, 328, 329, 332, 
333. — Voyage de 1428, 332- 
335. = Arrivee d'lsabelle de 
Portugal, III, 254-257. — 
Arrivee de coques venitiennes 
et genoises, 310, 311, 312, 

. 313. 

Ecossais. Leur role a la bataille 

, de Baugp, II, 200-203. 

Ecosse. Expeditions diri^ees 
centre I'Anf^ieterre, I, 234- 
237; II, 134, 135. — Voy. 
Jacques I«r. 

Epifanio d'Acre, consul de Ve- 
nise a Rhodes. Transmet a 
Carlo Zeno les reclamations 
des marchands venitiens de 
Beyrouth coiitre la Quite g6- 
noiso de Boucicaut, I, 68-71. 

Erizza (galere). Soixante de scs 
hommps meuroiit de la peste 
a Londrcs, II, 11)2, 193. 

Erizzu (Filippo). Adjudicataire 
(Tune galere du vovage de 
Flandre del 120, II, 186, 187. 



Erizzo (Marco). Adjudicataire^ 
d'une galore du voyage de 
Flandre de 1417, H, 126, 127. 

Erizzo (Niccold). c Paron i 
d'une des galores du voyage 
de Flandre de 1410, I, 3(3, 
305. 

E8candeIonr(r). Voy. Gandelor 
(el). 

Esclavonie, I, 14, 15. — Peste 
de 1416, U, 96, 97. 

Espagne [Gastille]. Nefe de ce 
pays k la bataille de Harfleur, 
II, 110-113; — au combat 
naval entre Southampton et 
Harfleur, 138, 139, 140, 141. 
= Naufrages sur la plage de 
Valence, lU, 282, 283. — 
Naufrage de quarante nefs de 
ce pays allant en Flandre, 
340-343. —Voy. Aragon, Bis- 
caye, Gastille. 

Espagne (mer d'). Rencontre 
des galeres venitiennes avec 
une flottille espagnole, qui les 
ranconne, III, 312, 313, 315. 
— iTemndte et naufrage ter- 
ribles, 340-343; cf. 238,239. 

Este. Voy. Ferrare. 

Esturgeon (h6tellerie de T), a 
Veuise. Un ambassadeur de 
Philippe le Bon y descend, 
II, 278, 279. 

Eu (Charles d'Artois, comte 
d'). Prisonnier k Azincourt, 
11,80,81. 

Eugene IV, pape. Negociations 
au sujet du schisme. III, 364, 
365. — Appelle a Rome le 
cardinal Francesco Condol- 
mieri pour lui remettre le 
chapeau, 368, 369. 



F 



Faliero (Bertuzzi di Alvise di 
Samuel). Envoye en ambas- 
sade aupr^s de Jean II de 
Gastille, 11,248-251,254,255. 

Falmouth. Sejour de Paolo Pas- 
qualigo, vice - capitaine du 
voyage de Flandre de 1416, 



TABLE ALPHAB^TIQUE 



407 



II, 124, 125. — Naufrage 
d'une cogue g6noi6e, 128, 129. 

Falstafif (John). Somm^ par 
Jeanne d'Arc de lever le si^ge 
d'Orl^ans, III, 112, 113. 

Famagouste. Tentative du roi 
de Chypre sur cette ville ge- 
noise, I, 26, 27. — Exces 
d'Antonio Guarco, podesti 
genois de la ville, 32, 33. — 
Boucicaut se rend dans ce 
port, 54, 55. — Restitution 
par les Genois aux Venitiens 
d'epices transportees dans 
cette ville, 114-117. — Les 
Genois pretendent y avoir 
achete lesmarchandisesqu'on 
les accuse d'avoir pill6es a 
Beyrouth, 146, 147. — Expe- 
dition du recteur genois de 
cette ville, Antonio Guarco, 
contre Tripoli de Syrie et 
Damiette, 174-177. 

Feleta (coque). Naufrage, III, 
282, 283. 

Ferdinand I*"", roi d'Aragon. 
Ambassadeur venitien nom- 
m6 a I'occasion de son ave- 
nement, I, 318, 319. = In- 
quiete par les armements 
maritimes de Portugal, II, 
42, 43. — Bruit de sa mort, 
presque aussit6t dementi, 68, 
60. 

Ferrare (Niccolo III d'Este, 
marquis de). Manuel II Pa- 
leologue descend dans sa 
maison de Venise, I, 46, 47. 
= Bruit de son entromise 
pour la conclusion de la paix 
d' Arras entre Jean Sans- 
Peur et Charles VI, II, 8, 9. 

— Regoit copie d'une lettre 
adressee a Filippo Maria Vis- 
conti, due de Milan, sur la 
bataille de Baiig^, 198, 199. 

— Avis de la pretend ue mort 
de Ilenrv Vl, de la conclusion 
d'une tr^ve entro Philippe Ic 
Bon et Charles VII ot de 
Tenliere evacuation de la 
France par les Anglais, par 



lui transmis k la seigneurie 
de Venise, 288-291. = Sejour 
k Venise, III, 304, 305. — 
Bruit de negociations avec la 
France, 368, 369. 

Ferrare. Des n^gociations pour 
la paix generale doivent s'y 
ouvrir, III, 364, 365. —Voy. 
Polesine (le). 

Filippo de Pise, chevalier. Ve- 
nu aa secours de Pise assiS- 
gee par les Genois, 1, 200-203. 

Flandre. Capture k Gadix de la 
coque de Niccol6 Rosso, al- 
lant en ce pays, par una 
coque g^noise venant de ce 
c6t6, I, 102, 103, 150-153. — 
Voyage de 1404, 170-173. — 
Organisation, a Venise, d'un 
vovage en ce pays (1406), 212, 
2l3, 214-217, 218, 219. — 
Voyage de 1408, 238-240. — 
Voyage de 1409, 246, 247. — 
Capture, par le roi Venceslas 
de Naples, de deux coques 
genoises, venant de Rhodes 
et de Flandre, 250-253. — 
Voyage de 1410, 304, 305. — 
Retour de trois galeres a Ve- 
nise; naufrage de celle de 
Giovanni Morosini a I'entr^e 
du Phare de Messine, 312, 
313. — Voyage de 1411, 312- 
315. — Voyage de 1412, 314- 
317. — Voyage de 1413,316- 
319. = VoYagedel414, 11,2-5. 

— Troubles a la suite du 
meurtre du due d'Orleans, 
4-7. _- Voyage de 1415, 12- 
15. — Retard des galeres ve- 
nitiennes de 1415, 22-25. — 
Elles manquent d'i^tre saisies 
par la flotte an^laise, 58, 59. 

— Leur retour a Venise, 66, 
67.— Voyage de 1416, 90, 91; 
arrivee a I'Ecluse, i()2, 103. 

— Voyage de 1417, 12r,, 1-27; 
arrivee a I'Krluse, 13;\ 133; 
retour a Venise, 148, 149. — 
Retour ii Venise en vingt- 
neuf jours de la coque de 
Marino Micheli, allaquec en 



408 



TABLE ALPHABETIQUE. 



route par une coque bis- 
cayenne, 148-155. — Voyage 
de 1418, 156, 157; nouvelle 
du depart pour Venise, 166- 
169. — Voyage de 1419, 170- 
173, 178-181. — Reprise du 
commerce avec i'Angleterre 
en 1419, 178-181. — Voyage 
de 1420, 186, 187 ; les deux 
galeres de Londres dScimees 
par la peste, 192. 193. — 
Voyage de 1421, 192-195. — 
Voyage de 1422, 216, 217; 
retard, 218, 219; annonce du 
retour a Venise, 224, 225; 
une des galores, la Pasqua- 
iiga, attaquee par des cor- 
saires biscavens, 236-239, 242- 
245. — Voyage de 1423, 232- 
237; date de ce voyage avancee 
pour faire piece aux Flo- 
rentins, ibid. — Envoi de 
deux galores pour ramener le 
reste de la cargaison de la 
Pasqualiga, 250-257. — An- 
nonce du retour des galeres 
(lu voyage de 1423, 260, 264. 

— Voyage de 1424,268-271; 
niort du capitaine, 286, 287. 

— Negociations de paix avec 
le Brabant, 274, 275. — 
Voyage de 1425, 290-293. — 
Voyage de 1426, 310-313. — 
Capture par les Genois d'une 
coque pisano et de la coque 
dc Pietro Balbi allant de 
Candle a PEcluse, 314-323. — 
Chargement de vins fait pour 
ce pavs a Candie par la coque 
do Marino Micheli, 326, 3:^7. 

— Voyat^e de 1427, 328, 329. 

— Envoi de la coque Nouve a 
Candie el on cc pays, 332, 
333. — Voyage de 142.S, 332, 
3;K3. — La coquo Balba mise 
a ce voyage on 142S, 31)4, 
38:). =z VoyaRo de l'i29, III, 
3-5; retonr a Veniso, 258- 
201. — Koglomonl pour le 
chargomont dos epices, 4-7. 

— Envoi do galoros floron- 
linossuppleinoulairesen 1430, 



242, 243. — Naufra^ d'une 
coque g^Qoise dirisee sur ce 
pays, 244, 245. — Voyage de 
1430, 256-259. — Naufrage de 
coques v^nitiennes reTenant 
de ce pays, 282, 283. —Nau- 
frage de quarante nefs espa- 
gnoies allant en ce pays, 341- 
343. — Retour de la cogue 
Ganale de ce pays k Venise, 
356-359. — Interruption du 
voyage annuel des galeres 
venitiennes (1431-1432), 360, 
361 . — Reprise du voyage ve- 
nitien annuel (1433), 374-377. 
Florence. Prend part k la croi- 
sade de Nicopolis, I, 4, 5. — 
La garnison florentine chassee 
de la citadelle de Pise, 202- 
207. — Bruit d'un accord, 
relatif a Pise, avec Boucicaut, 
206, 207. — Bruit de la re- 
prise de Livourne par les Pi- 
sans, 208-210. — Esperances 
des Pisans en lutte contre les 
Florentins, 222, 223. — Fan- 
tino Dandolo et Bartolommeo 
Nani nommes ambassadeurs 
de Venise en cette ville, 226- 
229. — Negociations avec Ve- 
nise et G^nes en cette ville, 
226-229. — Reprise de Kse; 
conditions faites aux Gamba- 
corta, 228, 231. — Capture, 

f)ar Venceslas de Naples, de 
a coque genoise Squarciafica 
avec un chargement d 'epices 
appartenant aux Florentins, 
250, 251 . — La flotte de Ven- 
ceslas epie une coque venant 
de Flandre, charg6e de mar- 
chandises ilorentines, qui lui 
echappe et arrive k Porto Ve- 
nere, 250, 251; cf. 252, 253. — 
Epices appartenant aux Flo- 
rentins saisies sur une coque 
genioise venant d 'Alexandrie a 
Savone, 300, 301. — Alliance 
avec Louis II d'Anjou, roi de 
Naples, ibid. = Prise d'etoHes 
de cette ville dirigoes sur Ca- 
dix, II, 152, 153. — Voyages 



TABLE ALPUABETIQUE. 



409 



en Syrie et a Alexandrie en 
1422; rivalit^ commerciale 
avec Venise en Flandre, k 
Londres et k Aigues-Mortes, 
232-235. — Les marchands flo- 
rentins expulses de Naples, 
de Provence, de Rome et de 
Romagne, 308, 309. — Ga- 
lores florentines, venant d'Ai- 
gues-Mortes, epi^es par des 
galores genoises, 320, 321. 
= Nouvelles venues de Flo- 
rence, sur Tarrivee en Angle- 
terre dlsabelle de Portugal, 
III, 242, 243. — Envoi de 
deux galeres florentines sup- 
pl^mentaires en Flandre, ibid. 

— Traite negocie avec Venise 
par Niccol6 Albergati, cardi- 
nal de Sainte - Croix , 344, 
345. 

Foix (Jean I*"^, comte de). En- 
tente avec le connelable de 
Richemont, II, 306, 307. 

Fondaco (le), a Venise, II, 184, 
185. 

Fondolo (Gabriello ouCabrino), 
seigneur de Cremone. Marche 
contre Boucicaut, I, 2S8, 289. 

— Sejour a Venise, 298, 299. 
Foscarini (Francesco). Nomm6 

« sovracomito • d^une galere, 
I, 168, 169. 

Foscolo (Francesco ou Andrea 
di Niccol(5). a Sovracomito » 
de la galere du vovago d'Ai- 
cuos-Mortes do 1420,11, 18H, 
189. — Retour a Venise, 190, 
191. — Patron d'une gal5re 
du vovage do Flandre de 1425, 
202, 293. 

Foscolo (Niccolo). Nommo ca- 
pitaino dos vovagos de Flandro 
de 140S, I, -238-2 iO; — et de 
1410, 304, 305. 

Foscolo (Paolo). Patron d'unc 
galore du vovago do Flamlro 
do 1425, II, 292, 293. 

Fosse do Lenrro (la). Arrivoo 
do la flotto anglaise (1415), 

IL, Ov, 00. 

Fosseux (Colart de), frero du 



suivant. Tue a Azincourt, II, 
78, 79. 

Fosseux (Jean, sire de). Tue a 
Azincourtj II, 78, 79. 

Fosseux (Philippe de), frere des 
precedents. Tue a Azincourt, 
11, 78, 79. 

Fosseux (N., N. et N. de), freres 
des precedents. TuSs k Azin- 
court, II, 78, 79. 

France. Voy. Catherine de 
France, Charles VI, Char- 
les VII, Isabeau de Bavifere, 
etc. 

Frederic, due d'Autriche. Voy. 
Autricbe. 

Fregoso. Voy. Campofregoso 
(Tommaso da). 

Fribourg (Jean VIII, comte de). 
Fait prisonnier a Antbon, 
m, 290, 291. 



G 



Gabrieli (Micbele di Niccold). 
t Sovracomito » d'une des 
galeres du voyage de Flandre 
de 1419, II, 172, 173. 

Galles (Owen Glendower, roi 
de). Defait par les Anglais; 
ses relations avec la France, 
I 194-197. 

Gallo'(cap), I, 126, 127. 

Gambacorta (Andrea), fr^re du 
suivant. Conditions a lui 
faitos lors de la reddition de 
Piso atjx Florontins; conBne 
on Romagno, I, 230, 231. 

Gambacorta (Giacomo ou plu- 
tot Giovanni), gouverneur de 
Piso. Lettre k la soignourio 
de Vonise, I, 218-223. — Con- 
ditions a lui I'aites par los 
Florentins lors de la reddi- 
tion do Pise; confine en Ro- 
magno, 230, 231. 

Garzoni (Giovanni do'). Nom- 
me ambassadeur pres Gre- 
goiro XII, I, 270, 271. 

Gavi. Combat aux environs 
ontro Boucicaut. et Facino 
Cane, I, 292-297, 298, 299. 



410 



TABLE ALPHABETIQUE. 



Gdnes. Prend part a la croisade 
de Nicopolis, I, 4, 5, 8, 9. — 
Fournit le sel k la Lombar- 
die, au grand dommage de 
Venise, 24, 25. — DifiFe- 
rends avec Janus U, roi de 
Ghypre, 26-35. — Expedition 
projet^e centre les Sarrasins, 
34, 35. 52, 53. — Boucicaut 
irrite ae la surveillance de sa 
flotte par les galeres de Carlo 
Zono, 38-41. — S^jour et ne- 
gociations de Manuel II Pa- 
l^ologue, 42-45. — Trois ga- 
leres genoises accompagnent 
Manuel II a Constantinople, 
48, 49. — Retour de ces ga- 
leres a Rhodes, sauf une, ar- 
mee contre le roi de Ghypre, 
48, 49. — Mauvais etat sani- 
taire de la flotte a Rhodes, 
50-53; a Alexandrie, 54, 55, 
72, 73. — Trait6 avec le roi 
de Ghypre Janus II, 52-55. 

— Expedition navale contre 
los Sarrasins; echec devant 
TEscandelour, 56-59. — Pri- 
se de Beyrouth, 60-67, 176, 
177. — Reclamations des 
Venitiens contre les dom- 
mages causes a leurs mar- 
chands de Beyrouth par la 
flotte genoise de Boucicaut, 
68-71. — Projets de retour de 
Boucicaut, 74, 75, 76, 77. 

— Pr6paratifs de combat de 
Carlo Zeno contre la flotte 
genoise, 80-87. — Rencontre 
de Modon; desolation a G^- 
nes, 88-95. — Capture de 
deux nefs venitiennes par 
Boucicaut dans son voyage 
de retour, 100, 101. — Decla- 
ration d'une p;uerre sans mer- 
ci aux Venitiens, 102, 103. 

— Capture des coques veni- 
tiennes deNiccolo Rosso dans 
le port de Cadix et de Marco 
dalle Chiodere dans les pa- 
rages d'Alexandrie, 102, 103, 
150-153. — Eniprisonnement 
des Venitiens de Pcra; pro- 



testation de Leonardo Moce- 
nigo au capitaine genois du 
bourg, gui signe une trdve 
avec lui, 106, 107. — L^ 
priBonnierB genois de Modon 
amenes k Venise et mis dans 
les prisons de Terra Nuova, 
108-111. — Ordre, venu de 
France, de faire delivrer les 
Francais faits prisonniers a 
Modon et emprisonnes k Ve- 
nise ; ambassade de Gattaneo 
Cicala; traite avec Venise, 
112-117, 164-167. — Restitu- 
tion des epices prises par les 
Venitiens dans les parages 
de Modon, 114, 115. — Libe- 
ration des Francis et des 
G6nois faits prisonniers a Mo- 
don, 114-117. — Boucicaut 
desire une nouvelle guerre 
avec Venise; il n'observe pa& 
le traite conclu mal^r^ lui 
entre les deux Repubtiques, 
120, 121. — Texte du rap- 
port officiel de Carlo Zeno 
sur la bataille de Modon, 124- 
145. — Boucicaut capture par 
trahison une galere v6ni- 
tienne, 148, 149. — Capture 
des coques venitiennes de 
Giovanni Obizzo et de Nic- 
colo Marcoffo, 148-151. — 
Traite avec Venise, par Ten- 
tremise de Manuel II, 154, 
155. — Capture d'une coque 
venitienne venant de Gr6te 
a Constantinople, 156, 157. 
— Ambassade a Venise de 
Domenico Imperiali, 166, 
167. — Expedition du rec- 
teur de Famagouste, An- 
tonio Guarco, contre Tripoli 
et Damiette; represailles du 
soudan du Caire, 174-177. — 
Capture des coques veni- 
tiennes de Basilio Tirapelle 
et de Giorgio Monganero 
dans les parties de Romanic, 
178-183. — Nefs genoissi^ au 
service de la France bnCll^es 
par les Anglais a Tficluse, 



TABLE ALPHAfiETIQUE. 



4ii 



188, 189. — Sejour de Be- 
noit XIII; but de son voyage, 
190, 191, 196-199. — Envoi 
contre Pise de deux ^al^res, 
dont I'une est capturee, 199- 
203. — Epid6mie ; bruit de la 
mort de Benoit XIII dans 
cette ville, 208, 209. — Am- 
bassade de Tommaso Moce- 
nigo pour le rfeglement de 
I'affaire de Beyrouth, 224- 
227. — Projet de negociations 
a Bologne avec Venise, 224, 
225. — Negociations a Flo- 
rence avec la R6publique et 
Venise, 226-229. — Sentence 
arbitrale rendue par Am6- 
d6o VIII, comte de Savoie, 
entre la Republiqueet Venise, 
242, 243. — Ambassade d'En- 
rico Grimaldi a Venise au 
sujet de cette sentence, 244, 
245. — Capture de la coaue 
Squarciafica, venant de Rho- 
des, par le roi Venceslas de 
Naples, 250, 251. — Capture, 
par le m^me, de la coque ge- 
noise de Pietro Nardoni ve- 
nant de Flandre, 252, 253. — 
Capture de trois galeres par 
les Catalans dans les eaux de 
Sardaigne, 252-255. — Lettres 
de Pandolfo Malatesta surun 
pr^tendu soulevement de la 
ville contre Buucicaut, 254- 
259. — Prise de la Sardaigne 
par Martin I*"", roi d'Aragon; 
projet d'attaque sur Genes, 
258, 250. — Marche de Bou- 
cicaut sur Plaisance avec 
Brunoro della Scala et Mar- 
silio de Carrare, 272-275. — 
Attaque et prise de la ville 
par le marquis de Montferrat 
et Kacino Cane ; mort de 
Hugues Chulel (desjr^ne sous 
le nom de Chateau morand), 
massacre par le peuple, 276- 
28.1 — Kacino Cane (juilte la 
ville pour marcher contre 
Boucicaut, 288, 289. — Com- 
bats aux environs enlre Bou- 



cicaut et Facino Cane, 290- 
299. — Marche de Boucicaut 
8ur cette ville, entravee par 
Facino Cane, ibid., 298, 299. 

— Capture d'une coque ge- 
noise venant d'Alexandrie k 
Savone, 300, 301. — Com- 
merce avec Milan, au detri- 
ment de Venise, 302, 303. 
= Troubles politiques en 
1415; rappel ae Boucicaut; 
election du doge Tommaso 
da Campofregoso, II, 24-27. 

— Hostilites avec TAngle- 
terre, 42-45. — Ambassade 
francaise venue pour deman- 
der Ses galeres contre les An- 
glais, 88, 89. — Galores et 
coques g^noises au service de 
la France; naufrage d'une de 
ces coques devant Harfleur, 
104, 105. — Trois nefs captu- 
r^es par les Anglais k la ba- 
taille de Harfleur; naufrage 
de celle de Giovanni Spinola, 
108-111, 112, 114, 115. — 
Autres nefs refugiees a Hon- 
fleur apres la bataille, 114, 
115. — Les Genois compris 
dans la tr6ve entre la France 
et TAngleterre, 122, 123. — 
Six coques soudoyees par 
I'Angleterre; une autre cap- 
turee et une autre naufragee 
a Falmouth, 128, 129. — 
Capture de Ireize nefs de cor- 
saires biscavens et Catalans, 
218, 219. —'Bruit d'une pre- 
tendue autorisation donnee 
par Filip[»o Maria Visconti 
aux coques g^noises de Chio 
de ramener sa fiancee, sopur 
de Louis III d'Anjou, 230, 
231 . — Alliance avec Louis III 
d'Anjou, pretendant au trone 
de Naples, 266, 267. — 
(iuerre avec les Catalans, 
268, 269. — Capture d'une 
coque pisane, de la coque de 
Pietro Baibi par la Lomelli- 
na; envoi de trois coques 
venitiennes de secours et 



412 



TABLE ALPHABETIQUE. 



d'nn ambassadeur k G^nes, 
314-323. — Essai de surprise 
des gal6res floreatines venant 
d'Aigues-Mortes, 320, 321. 
= Capture de deux nefs ca- 
talanes par la coque Gicogna 
et armement de deux autres 
cogues pour la course, III, 
168, 169. — Naufrage d'une 
coque sur la c6te anglaise, 
244, 245. — Coques de cette 
ville d^truites sur la plage de 
Valence, 282, 283. — Arrivee 
de quatre coques a I'Ecluse, 
310, 311. — Naufrage de 
deux coques dans la mer 
d'Espagne, 340-343. — N6go- 
ciations de 1432, 366, 367. — 
Marchandises perdues sur une 
galere de Narbonne venant 
d'Alexandrie, 374, 375. 

Gerson (Jean), ficrit en faveur 
dp Jeanne d' Arc, III, 234 , 235. 

Ghistelles (Louis de). Prison- 
nier a Azincourt, II, 82, 83. 

Giorgi (coque). Naufragee dans 
la mer d'Espagne, lU, 282, 
283, 340, 341. 

Giorgi (Carlo di Bernardo). 
Gapitaine d'une des coques 
envoyees au secours de celle 
do Pielro Balbi, II, 318, 319. 

Giorgi (Francesco). Armateur 
venitien, III, 340, 341. — 
Voy. Giorgi (cofjue). 

Giorgi (Giovanni ui Bernardo). 
Lettre adressee parson fils, de 
Bruges, a Andrea Cornaro, sur 
la captivity de Jeanne d'Arc, 
III, 348, 349. 

Giorgi (Vinciguerra). Patron 
d'une galere du voyage de 
Flandre de 1414, II, 2, 3. 

Giorgio de Valperga. Voy. Val- 
perga. 

Giovanni da Gajano. Voy. Ga- 
jano. 

Giustiniani (Francesco). « Pa- 
ron i d'une des galeres du 
voyago de Flandre de 1413, 
I, 5iii, 317. 

Giustiniani (Francesco). Patron 



de la galore du Yoyage de 
Flandre de 1414, II, 2, 3. 

Giustiniani (Marco di Orsato). 
Nomm^ < sovracomito » d'une 
galore, I, 168, 169. — « Pa- 
ron » d'une galore du voyage 
de Flandre de 1412, 316, 
317. = Capitaine des galeres 
du voyage de Flandre de 
1419, U, 172, 173, 180, 181. 
— Son retour a Venise, 188, 
189. = Lettres a lui adressees 
de Bruges par son fils Pan- 
crazio, sur te fait de Jeanne 
d'Arc, III, 8-55, 56-59, 88-141, 
168-175, 174.199,212-219,220- 
241, 244-257, 260-271, 316- 
335. 

Giustiniani (Marino), Mre de 
Pancrazio, III, 48, 49. 

Giustiniani (Orsato di Marco). 
Adjudicataire de la eal^re du 
second voyage d'Aigues- 
Mortes de 1414, n, 4, 5; — 
d'une galere du voyage de 
Flandre de 1418, 156, 157; — 
d'une galere des voyages 
d'Aigues - Mortes de 1422, 
214, 215; et de 1429, Ul, 
2, 3. 

Giustiniani (Pancrazio). Lettres 
adressees de Bruges a son 
pere Marco, sur le fait de 
Jeanne d'Arc, III, 8-55, 56- 
59, 88-141, 168-175, 174-199, 
212-219, 220-241, 244-257, 
260-271, 316-335. 

Glasdall (William). Somme par 
Jeanne d'Arc de lever le siege 
d'Orl^ans, III, 112-113. — 
Attaque par Jeanne d'Arc sur 
le pont d'Orleans, 118-121. 

Glendower (Owen), roi de Gal- 
les. Voy. Galles. 

Glocester (Humphrey, due de). 
D^barque a Calais; projet de 
rencontre en champ clos avec 
Philippe le Bon, II, 300, 301. 

Golfe (le), nom venitien de la 
mer Adriatique. Capture de 
la coque de Giovanni Obizzo 



TABLE ALPHABETIQUE. 



413 



par les Genois dans ces pa- 
rages, I, 148, 151. 

Gonzaga (Gianfrancesco). Voy. 
Manioue. 

Goret (N., comte de). Fait pri- 
soanier a AntboD, III, 290, 
291. 

Gradenigo (Alvise et non Gio- 
vanni). Ordre donne par ie 
due de Berry mourant de iui 
restituer un joyau, II, 96-99. 

Gradenigo (Giovanni). Adjudi- 
cataire d'une galere du 
voyage de Flandre de 1420, 
II, 180, 187; — de 1422,216, 
217; — de 1424,270, 271. — 
Nomme vice-capitaine de ce 
dernier voyaqe, 286, 287. 

Gravelle (la)'. Bataille de 1423, 
II, 258-261. 

Grece. Prot^r^s des Turcs en ce 
pays, I, 2, 3. — Une armee 
tranco-hongroise y menace 
les Turcs; bataille de Nicopo- 
lis, 10-13. 

Gr^goire XII, pape. Galere par 
Iui envoyee de Venisc a Ci- 
vidale, I, 260, 261. — Venise 
Iui enleve I'obedience, 266- 
269. — Ambassade venitienne 
a Iui envoyee, 270, 271. 

(irilio (Odoardo), patron d'une 
coque genoisp. Capture la 
coque de Basilio Tirapelle, I, 
180, 181. 

Grimaldi (Gosimo), patron d'une 
galere gonoise. Fait prison- 
nier a Modon, I, 144, 145. 

Grimaldi (Enrico de'). Envoye 
en ambassade de G^nes a 
Venise, au sujel de la sen- 
tence arbitrale rendue par 
Amodt^e VIII, comte de Sa- 
voie, entre les deux H('*pu- 
bliques, I, 24 'i, 2i5. 

Grimaldi (Lomellino). Patron 
de la coque Lomollina; s>m- 
pare de la cuqiie de Pietro 
Halbi et d'une coque pisune, 
II, 3li-3-23. 

Griuuildi (Pietru), patron d'une 



galore g^noise. Fait prison- 
nier a Modon, I, 144, 145. 

Grixo (el) ou Grizi, locality si- 
tu^e entre le cap Gallo et 
Modon, I, 128, 129. 

Guarco de Montalto (Antonio), 
podesta genois de Famagoaste. 
Attaque par le roi de Ghypre 
a cause de ses exc^s, I, 32, 
33. — Expedition contre Tri- 
poli de Syrie et Damiette, 
174-177. 

Guiccioni (Aliprando de'). Nou- 
velle, apportee par Iui de 
Bruges, du nautrage d'une 
coque g^noise sur la c6te 
d'Angleterre, III, 244, 245. 



H 



Hainaut (Jacqueline de Bavi^re, 
comlesse de), dite la duchesse 
de Hollande, fille du suivant. 
Competition pour ses fitats, 
II, 300-303. 

Hainaut (Guillaume de Baviere, 
comte de Hollande et de). 
S'entremetavec Sigismond I*"" 
pour conclure la paix entre 
la France et TAngleterre, II, 
98-101. — Bruit de nouvelles 
negociations a Calais pour la 
paix, 106, 107. — Entre vue 
de Valenciennes avec le dau- 
phin Jean et Jean Sans-Peur ; 
projet d'entrevue a Compie- 
gne avoc ceux-ci et Isabeau 
de Baviere, l.M), 1'21. 

Hampton. Voy. Southampton. 

Ilarcourt (Jean d'l, comte a'Au- 
male. Tue a Verneuil, II, 
284, -285. 

Ilarfleur. Arrivee de la flotte 
anglaise (1415), II, 52, 53. — 
Sie^e de lil5; faux bruit de 
la trahison du commandant 
francais, 58-65. — Depart de 
la tlotte anglaise, 68, 69. — 
Projet dn reprise par les 
Franrais ; demands tie ga- 
leres aux Genois, 88, 89. — 
Refuse a Charles VI, 100, 



414 



TABLE ALPHABETIQUB. 



103. — Assi^gd par les Frao- 
cais, 104, 105. — Bataille du 
15 aoat 1416, 108-115. — La 
restitution de cette ville con- 
sid^rSe com me condition sine 
qua non d'une paiz entre la 
France et I'Angleterre, 118, 
119. — Bataille navale fran- 
co-anglaise entre Southamp- 
ton et ce port, 136-141. 

Harnes (N., seigneur de). Tue k 
Azincourt, 11, 78, 79. 

Heilly (Jacques de Gr6quy, sire 
de). Prisonnier k Azincourt, 
II, 82, 83. 

Henry IV, roi d'Angleterre. 
Ambassade a Venise, I, 260, 
261. 

llenry V, roi d'Angleterre. N6- 
gociations avec les ambassa- 
dpurs de Jeanne II de Naples, 
II, 16, 17. — Preparatifs de 
guerre et alliance avec le Por- 
tugal cotitre la France, 18-21, 
44, 45. — Arrestation de 
Lombards et de Venitiens sur 
son ordre et contribution de 
guerre qu'il leur impose, 22, 
23. — Bruit du depart de sa 
flotte contre la France, 34, 35. 
— Negociatipns avec la France, 
34-37. — Echec du projet de 
manage entre Catherine de 
France et lui, 42, 43, 46, 47, 
94, 95. — Ilostililes avec les 
Genuis, 42-45. — Armements 
maritimes; conspiration du 
comtp de March contre lui, 
46-51. — Arriveo de sa tlotte 
sur les cotes de NorniandiP, 
a la Fosse de Leurn, puis a 
Harfleur, 50-53. — Bruits 
<l'intorvonlioii de Tcmporour 
Si^isincuid entro Gliarlej; VI 
ot lui, 50, 57. — Sa tlolto me- 
nace los galorns venitiennes 
dp Flimdre, 5S. 50. — Sicf^e 
dp. Harllpur, 5S-G5. — »Sa 
lluttP (|uitlp llarlleur; bruit 
de defaitp, l)S-71. — Bataille 
d' Azincourt, 7(1-85. — Nego- 
ciations do Sij^isinond !•-*' pour 



la conclasion d'une trtve 
entre Charles VI et lui, 92- 
95, 98-101. — Reprise des 
negociations pour son manage 
avec* Catherine de France, 
98-101. 118, 119. — Les sei- 
gneurs fran^ais ddcident la 
continuation de la gnerre 
contre lai, 100-103. ~ Bruit 
du retourdesa flotte a Hamp- 
ton; importance numeriquede 
cette flotte ; bruit de negocia- 
tions prochaines k Calais avec 
la France, 102-107. — Bataille 
de Harfleur, 108-115. — Ne- 

fociations de Calais, 116, 
17. — Trdve de quatre mois 
avec la France ; retour en 
Angleterre, 122, 123. — Af- 
fr^tement de coques v^ni- 
tiennes et g^noises; capture 
d'une coque genoise, 128, 
129. — Bataille navale entre 
Southampton et Harfleur, 
136-141. — Prise de Caen; 
massacre de la population, 
142-149. — Bruit de n6gocia- 
tions avec la France, 168- 
171. — Prise de Rouen; bruit 
de retour en Angleterre, 175, 
176. — Traite de Pouil- 
ly-le-Fort conclu contre lui 
entre les seigneurs francais 
et Jean Sans-Peur, 176-1*79, 
180, 181. — Succes mili- 
taires en France (1419), 178, 
179. — Prise de Pontoise, 
de Saint-Denis (bruit faux) et 
de Corbeil (id.), 180-183. — 
Traite de Troyes; fiangailles 
avec Catherine de France, 
188-191. — Entree triom- 
phale a Paris, 194, 195. — 
Sou fr6re battu et tue a Bau- 
ge par le dauphin Charles, 
198-205. — Bruit de sa mort 
pt de celle de son frere a 
Mons-en-Vimeu, 210-211.— 
Sa mort aupres de Paris, at- 
tribute a la Ifepre, 222, 223. 
— Bruit de la mort d'un de 
ses freres et de son Gls Hen- 



TABLE ALPHABI^TIQUB. 



415 



ry, dementi par ua chevalier 
de Rhodes, 224-229. — Gon- 
hrmation de sa mort, 228, 
229. — Bruit de la capture 
d'uQ de ses freres a la Gra- 
velle, 260, 261. 

Henry VI, roi d'Angleterre. 
Bruit de sa raort dementi par 
un chevalier de Rhodes, II, 
224-229. — Nouveau bruit 
de sa mort, 260-263. — Cons- 
piration d'un pretendu fils de 
Richard U, 202, 263. — Nou- 
veau bruit de sa mort, 288, 
289. =: Gouronnement k Lon- 
dres, III, 234, 235. — Pas- 
sage en France, 236, 237, 266, 
267. 

Hollande. Bruit d'un voyage 
de I'empereur Sigismond en 
ce pays, II, 94, 95, 118, 119. 
— Voy. Brabant et Hainan t. 

Hollande (Jacqueline de Ba- 
viere, comtesse de Hainaut, 
dite la duchesse de). Voy. 
Hainaut. 

Hollande. Voy. Hainaut. 

Ilonfleur. Nefs g^noises refu- 
giees dans ce port apres la 
batailie de Harneur, II, 1 Ti- 
lls. 

Ilongrie. Voy. Sigismond. 

Hussites. Groisade projet^e du 
cardinal Henry do Beaufort 
centre eux, III, 132, 133, 136, 
137, 168, 169, 188, 189. 



Imperiali (Domenico), ambassa- 
deur gonois a Venise. Conclut 
un traite avec la Republique, 

I, 166, 167. 
Imperiali(Ilario), patron genois. 

8a noi' capturee par les An- 
plais a la batailie de Harfleur, 

II, 110, 111. 

Isaboau de Baviere. Projetd'on- 
trevue k Corapiegne avec 
Jean Sans-Pour et lo comle 
do Hainaut, II, 120, 121. 

Isabolle de Portugal, duchesse 



de Bourgogne. Annonce de 
son procnaia mariage avec 
Philippe le Bon, H, 274, 275. 
= Attendue 4 Bruges par le 
due de Bourgogne, son nance, 
III, 236-239. — Bruit de son 
arrivee en Flandre, 240, 241 ; 
en Angleterre, 242, 243 .— Son 
arrivee a T^cluse; s^jour k 
Damme; pr6paratifs de fdtes, 
254-257. — Naissance de son 
fils Antoine de Bourgogne, 
342, 343. 
Ivica, III, 282, 283. 



Jacques I*', roi d'ficosse. Bruit 
de son intervention en fa veur 
de Gharles VII et du mariage 
de sa sGBur avec le fils aine 
de Gharles d 'Orleans, III, 
135-137. 

Jaffa. La galore Quirina armee 

f)our y aller avec des cheva- 
iers et des p^lerins, I, 172- 
175. 
Janus II, roi de Ghypre. Goup 
de main sur Famagouste; 
expedition genoise dirigee 
contre lui, I, 26-29, 48, 49. 

— Envoie a Rhodes une am- 
bassade qui traite avec Bou- 
cicaut, 30-35, 52, 53. — Am- 
bassade en France, 32, 33. 

— Traite avoc Boucicaut, 
52-55. = Son I'rere (ou beau- 
frere) a Venise en 1415, II, 
30, 31. 

Jargeau. Siege et prise de cette 
ville, ni, 128, 129. 

Jean XXIII, pape. Bruit d'ar- 
mement d'une flotto portu- 
gaise pour s'emparer de lui, 
II, Ul, 'il. — Fr(^d.''ric d'Au- 
triche projette de le delivrer, 

Jean II, roi de Gaslille. Andrea 
Curnaro, marcliaud venitien 
a Seville, envoyt^ pres de lui, 
II, 206-209. — Ambassadfi 
venitienne a lui envoyec 



416 



TABLE ALPHABtiTIQUE. 



apr^s la capture de la galore 
Pasqualiga par des corsaires 
biscayens, 248-251 . — Guerre 
avec I'Aragon, m, 260, 261. 

Jean (Joao) I*", roi de Portugal. 
Bruit de son alliance avec 
I'Angleterre contre la France 
et de Tarriv^e de sa flotte k 
Calais, II, 20, 21. — Arme- 
ments maritimes ; galores pour 
transporter Benoit XIII k 
Nice, 36-39. — Autres bruits 
sur la destination de ces ^a- 
leres, 40-43. — Continuation 
de ses armements, 44, 45. — 
Descente de la flotte vers 
Ceuta, 54, 55. — Prise de 
Ceuta, 64-67. — Annonce du 
mariage de sa fllle Isabelle 
avec Philippe le Bon, 274, 
275. 

Jean, dauphin de Viennois. 
Entrdvue de Valenciennes 
avec Jean Sans-Peur et le 
comte de Hainaut, II, 120, 
121. — Meurt empoisonne, 
132, 133. 

Jean Sans-Peur, comte de Ne- 
vers,ducde Bourgogne. Prend 

fart a la croisade de Nicopolis, 
,6, 7, 12, 13. — Faitassassi- 
ner Louis, due d'0rl6ans, 230- 
232. — Sa rentree en France, 
23 i, 235. — Ambassade a 
Venisft, 260, 261. - D6sign6 
(par erreur) comme seigneur 
a Asli, Bergame etLivourne, 
290, 291. =: Consequences du 
meurtre du due Louis d'Or- 
l^ans, II, 4-7. — Paix d'Ar- 
ras avec Charles VI, 6-9. 
— Conditions de cette paix, 
8-13. — Bruits d 'entente avec 
la France, i'l, 45, 5i, 55. — 
Negocialions de Charles VI 
avec lui apres la prise de 
Harlleur; faux bruit de sa 
rentroo a Paris, 01, 65. — 
Bruit d'une intervention pro- 
chaine , a Calais, ontre la 
France et I'Anj^leterre, 106, 
107. — Nei^ociiitions pour le 



mariage d*ane de ses filles 
avec le due de Bedford, 118, 
119. — Eatrevue de Valen- 
ciennes avec le dauphin Jean 
et le comte de Hainaut; pro- 
jets de voyage k Gompi^gne et 
k Paris, 120, 121. — Croyance 
a son futur av^nement a la 
couronnede France, 132, 133. 
•— Pr^paratifs de marche sur 
Paris; or uit du siege de cette 
ville, 134, 135, 142, 143. - 
N^ociations pour le mariage 
de ses deux filles ainees, 162- 
165. — Maitre de Paris, 168, 
169. — Bruit de son retour 
en Flandre apr^s la prise de 
Rouen, 174, 175. — Necocia- 
tions et traits k Pouilly-le- 
Fort avec le dauphin Charles, 
176-179, 180, 181. — Bruit 
de sa pretendue arrestation k 
Amiens, 184-187. — Sa mort, 
ibid. — Bruit de la con- 
clusion d*un traite entre le 
dauphin Charles et lui, 202, 
203. — Ses meurtriers eloi- 
gnes du pouvoir, 304-309. 

Jean I*' et Jean II, dues d'A- 
lencon. Voy. Alencon. 

Jean, due de Berry. Voy. Berry. 

Jeanne II, reine de Naples. 
Arrivee a Venise de ses am- 
bassadeurs venant de France, 
II, 14-19. — Ambassade en- 
voyee a Venise au-devant de 
Jacques de Bourbon, comte 
de la Marche, 30-33. 

Jeanne d'Arc. Voy. Arc. 

Jerusalem. Voyage expiatoire 
promis par Jean Sans-Peur, 

II, 10, 11. — Afifr^tement 
d'une galore venitienne par 
Henry de Beaufort, 6v6que 
de Winchester, pour s'y 
rendre, 160, 163. — Pfeleri- 
nage de Philippe de Bour- 
gogne, comte de Saint-Pol, 

Joigny. Bruit de la soumission 
de cette ville a Jeanne d^Arc, 

III, 15i, 155. 



TABLE ALPHABETIQUE. 



417 



Ladislas oa VeDceslas, roi de 
Naples. Si^ge de Sieune; sa 
retraite, I, ^46-249. — Cap- 
ture la coque g^noise Squar- 
ciafica et epie una coque flo- 
rentiae veaant de Flandre, 
qui lui echappe, 248-251. — 
Capture la coque gcnoise de 
Pietro Nardoni, venant de 
Flandre, 250-253. 

La Hamaide (N., seigneur de). 
Tue a Azincourt, II, 76, 77. 

La Hire (Etienne de Vignolles, 
dit). Exploit par lui accompli 
sur Tordre de Jeanne d'Arc, 
III, 150-153. - Bruit du 
passage de la Seine sous ses 
ordres, 274-277. 

Laiazzo (golfe de), I, 56, 57. 

Lando (Marino di Vitale). Ad- 
judicataire de la galore du 
voyage d'Aigues-Mortes de 
1416, n, 90, 91. — Son re- 
tour a Venise, 96, 97. 

Languedoc. Bruil dun envoi de 
subsides a Charles VII, III, 

Lannoy (Guillaume ou plul6t 
Guilbert de), fr^re du suivant. 
Prisonnier a Azincourt, II, 
82, 83. 

Lannoy (Huguesde). Prisonnier 
a Azincourt, II, 82, 83. 

Laon. Soumission a Charles VII, 
III, 182, 183. 

Larca (Paolo), patron d'une 
coque gcnoise qui capture 
une coque venitienne dans 
les eaux d'Alexandrie, I, 102, 
103. 

Lecce, II, 286, 287. — Voy. 
Andrea. 

Leoni (famille). Sa maison de 
Venise aclicu^c et ollVrte par 
la Bepublique a Pandolfo 
Malatosta, II, 28, 29. 

Lescuro (Raymond de), priour 
de Toulouse. Sejour et nej^u- 
ciationsa Venise au coups tie 

IV 



son voyage a Rhodes, I, 240, 

241. ' 

Leure. Voy. Fosse de Leure 

(la). 

Levant. Galdres v^nitiennes 
destinies a ce voyage. III, 
374-377. 

Liedekerke (« Erioch i de), 
frere du suivant. Tu6 k Azin- 
court, II, 76, 77. 

Liedekerke {N., seigneur de). 
Tu6 a Azincourt, U, 76, 77. 

Li^ge. Expiration de la tr^ve 
entre cette ville et le due 
de Bourgogne; craintes de 
ffuerre, III, 238-241. — Bruit 
ae negociations avec le due 
de Bourgogne, 340, 341. 

Ligne (Jean 11, sire de). Prison- 
nier a Azincourt, U, 82, 83. 

Ligne (Michel de), non pas 
frere, mais fils du precedent. 
Prisonnier a Azincourt, II, 
82, 83. 

Lille. Sejour de Philippe le 
Bon en 1425, U, 300, 301. 

Livourne. Bruit de la reprise 
de la ville par les Pisans sur 
les Florenlins, I, 208-211. — 
Avait ete donne en dot a Va- 
lentine Visconti par son p6re 
Giangaleazzo ; se rebelle et 
se donne au marquis de 
Montferrat, 290, 291. 

Loire (la). III, 142, 143. 

Lombardie. Troubles consecu- 
tifs a la mort de Giangaleazzo 
Visconti, I, 20-23. — Achats 
de sel a G^nes, 24, 25. — Me- 
sures prises par les gouver- 
neurs des possessions v6ni- 
tiennes en ce pays, 272-275. 
— Operations militaires de 
Boucicautet de FacinoCane, 
28i-287. — Nef^ociations 
entre les Malatesta et Venise 
pour I'expulsion des Fran- 
(;ais, 2813-289. — Lettres 
aiiressees (le ce pays a la sei- 
gneurie tie Venise par le 
provediteur Francesco Conta- 
rini, 292, 293. — Nefiuciation 



418 



TABLE ALPHABETIQUB. 



d'un accord entre Giammaria 
Visconti, due de Milan, et 
80Q fr^re Filippo, comte de 
Pavie, 300-305. — Commerce 
avec G^nes, Ancdne et Pise, 
au d^trimeat de Veaise, 302, 
303. == Arrestation de mar- 
chands de ce pays en Angle- 
terre et contribution k eux 
imposee par Henry V, II, 22, 
23. — Voy. Brescia, Gastel- 
lazzo, Gavi, Milan, Novi, 
P6, etc. 

LfOmbardo (Almor6), capitaine 
des galeres venitiennes du 
t voyage » de la Tana. Carlo 
Zeno lui ordonne de venir at- 
taquer avec lui la flotte ge- 
noise mouillee a Saj^ienza, I, 
84, 85. — Retour a Venise 
avec Carlo Zeno, 108, 109. 
— Informe Carlo Zeno de la 
presence des galeres genoises 
a Sapienza, 132, 133. — 
Nomm6 capitaine de quatre 
coques, 170, 171. — Capi- 
taine des galores du voyage 
deFlandredel413. 318,319. 
= Capitaine d'une ues galeres 
olfertes par la Soigneurie au 
comte de la Marctie, II, 32, 
33. — Patron des deux ga- 
leres du voyai^e d'Aigues- 
Mortes dc 1i 19, 172-175. 

Lombardo ( Bartolommeo di 
Almoro). Armateur d'une 
galere du voyage de Flandre 
de 1415, II, 14, 15. — Capi- 
taine d'une des galeres otfertes 
par la Seigneurie au comte 
de la Marclie, 32, 33. 

Lombardo (\iccul6 di AlmorO). 
Arrivee a Veniso de sa ga- 
lere, veriant do Corfou, II, 
196, 197. — Adjudicalaire de 
la galere du vuvage de 
Flandre de 14-^1, 270, 271. 

Lomelliiia (la), coquo de Lo- 
melliau Grimaldi. Capture la 
co([iio de Piotm Balbi et une 
coijue pisane, 11, 31i-3l9. 

Loinollino iO[)iN:chino), capi- 



taine genois. Sa nef captnree 
par les Anglais k la oataille 
deHarfleur, n, 110, ill. 
Londres. Envoi de trois galeres 
du voyage de Flandre de 
1412, I, 316, 317; — d'ane 
galore da vojrage de 1413, 
ibid. =z Envoi de deux ea- 
l^re8 da voyage de Flandre 
de 1415, II. 12, 13; — de 
1416, 90, 91;— de 1419,172, 
173. — Nouvelles venues de 
cette viile k Venise, 182, 
183. — Peste; mort du capi- 
taine et de cent hommes 
des galores du voyage de 

1420, 192, 193. —Voyage de 

1421, ibid,; — de 1422, 216, 
217; — de 1423,232,233. — 
Rivalit^ commerciale entre 
Venise et Florence dans ce 
port, 234, 235. — Voyage de 
1424, 268-271; — de 1425, 
290-293. — Voyage florentin 
de 1425, 302, 303. — Voyage 
v6nitien de 1426, 310-313; — 
de 1427, 328, 329. = Com- 
merce des Apices avec Venise, 
III, 4, 5. — Couronnement 
de Henry VI, 234, 235. — S^- 
iour des galores du voyage de 
Flandre de 1430, 314-317. 

Londres, Tune des bastilles 
d'Orleans. Les capitaines an* 

ftais en sont chasses par 
eanne d'Arc, III, 120, 121. 

Loredana (gal6re). Envoyee par 
Carlo Zeno a Modon, I, 126, 
127. 

Loredano (Alvise). Nomme ca- 
pitaine de deux galeres du 
voyage d'Aigues - Mortes de 
r.26, il refuse, U, 314, 315. 

Loredano (Giacomo). « Sovra- 
comito » d'une galere du 
voyage de Flandre de 1426, 
Ii; 312, 313. 

Loredano (Giacomo di Pietro). 
Adjudicalaire d'une galdre du 
voyage de Flandre de 1430, 
III, 258, 259. 

Loredano (Giorgio), c Paron  



TABLE ALPHAB^TIQUE. 



419 



d'une des gal&res du voyage 
de Flandre de 1412, I, 316, 
317. — Adjudicataire de la 
galore du voyage d'Aigues- 
Mortesdel415, II, 12, 13. 

Loredano (Giorgio di Marco). 
Adjudicataire d'une des ga- 
lores du voyage de Flandre de 
1428, II, 332, 333. 

Loredano (Giovanni). Gapitaine 
des galores du voyage de 
Flandre de 1418, II, 156, 
157. 

Loredano ( Giovanni di Da- 
niele). Adjudicataire d'une 
galere du voyage de Flandre 
de 1430, III, 258, 259. 

Loredano (Lorenzo). Nomni^ 
c sovracomito » d'une galore, 

I, 168, 169. 

Loredano (Pietro di Alvise). 
Gapitaine du voyage de Flan- 
dre de 1415, II, 14, 15. — 
MenacS par la flutte an- 
glaise, 58, 59. — Retour a 
Venise, 66, 67. 

€ Loriziela • (golfe de), II, 206, 
207. 

Lorraine. Patrie de Jeanne 
d'Arc, III, 42, 45, 92, 93. 

Louis IX (saint). Bruit selon 
lequel Jeanne d'Arc aurait fait 
rend re sa couronne a Char- 
les VII par I'^v^que de Cler- 
mont, III, 160-163. 

Louis II d'Anjou, roi de 
Naples. Dommages causes 
aux Gonois, a Savone, par 
ses troup*»s, I, 300, 301. — 
Allie de Florenco, ibid. r=z 
Bruit du projet ile son rtUa- 
blissomont pur los Portugais, 

II, iO, U. — Sa mort, 130- 
133. 

Loins III d'Anjou, roi ilc 
Naples. Bruil du mariaL,'e 
d'une do sos scKurs av^c Fi- 
li|)[)o Maria Visconti, due de 
Milan, H, 218--2;M, v'30, t.W. 
— Cinq de ses iraloros pour- 
suivios |)ar Alphonso V d'A- 
ragon ; ailiancoavec (lenosot 



Milan, 264-267. — Les FIo- 
rentins expul86s de ses terras, 
308, 309. 

Louis, dauphin de Vienna, due 
de Guyenne (at non de Nor- 
mandie). Sa mort, II, 88, 89. 

Louis, due d'Orleans. Voy. Or- 
leans. 

Lou vet (Jean), president de 
Provence. Sa retraite k Avi- 
gnon, n, 304, 305. 

Louviers. Prise par les Francais, 
III, 248, 249. 

Luca de Pesaro. Patron d'una 

galere du voyage da Flandre 
e 1414, II, 2, 3. 

Lucques. Nouvelle, venue de 
cette ville k Venise, de la 
capture de trois galores ge- 
noises par les Catalans, I, 
252-255. — Voy. Carcanetti 
(Niccold de'). 

Luna (Pierre de). — Voy. Be- 
noit XIII. 

Lusignan (Pierre de), [beau-] 
irere de Janus II, roi de 
Chypre. Sejour a Venise en 
1415, II, 30, 31. 

Luxembourg (Jean de). Re- 
poussedevantCompiegne,III, 
272, 273, 276-279. — Fait 
Jeanne d'Arc prisonniere et 
recoit 10,000 couronnes pour 
la'livrer aux Anglais, 332, 
333. 



M 



Madoloine (sainte Marie-). Ses 
reliquos emport^os do Mar- 
soillo par .\iplionse V d'Ara- 
gon, II, '266, -li)!. 

Mai^'ne (lo), proscju'ile de Moree. 
Capluro, dans cos parai^es, 
de la corjuo vonitionne de Ba- 
silio Tirapollo par la coque 
^onoi^e il'Odoardt) (rriilo, I, 
178-181. 

Mahono (l;i), I, 32, 33. 

M.ijcniro iniori, mor Noiro. Uno 
(•oquo }^oQ()i?o de IVra s'y 
l)riso, 1, 112, 113. — Traite 



420 



TABLE ALPHABETIQUE. 



entre Venise et G^nes au su- 
jet des dommages subis dans 
cette mer par les V^nitiens, 
224, 225. 
Majorque. Capture, par les G6- 
nois, de la coque de Giovan- 
ni Obizzo, venant de cette ile, 

I, 148-151. — E8cale du 
voyage venitien de Flandre, 

II, 268,269; cf. 314, 315. 
Malatesta (Carlo), seigneur de 

Rimini. Sejouretnegociations 
a Venise, 1, 288-289. — Beau- 
pere de Giaramaria Visconti, 
due de Milan, 286, 287. — Ne 
parait pas avoir H6 present 
au combat de Serravalle 
entre Facino Cane et Bouci- 
caut, 294, 295. — Marche 
contre Boucicaut, 296, 297. 

Malatesta (Pandolfo). Devient 
.seigneur de Brescia, I, 21, 
22, 23. — Lettre par lui 
adressee k la seigneurie de 
Venise, sur un bruit de 
soul^vement de G6nes, 254- 
259. — Sejour et negocia- 
lions a Venise, 286-289. — 
Ne parait pas avoir ete present 
au combat de Serravalle entre 
Facino Cane et Boucicaut, 
294, 295. — Marche contre 
Boucicaut, 296, 297. = Ac- 
cueil par lui tait, a Brescia, 
au comte de la Marche, II, 
26, 27. — Le comte de la 
Marche descend a Venise 
dans sa maison, 28, 29. — 
Negociations ouvertes a Ve- 
nise par Filippo Maria Vis- 
conti pour trailer avec lui, 
56 57. — Philippe de Bour- 
goi^ne, comte no Saint- Pol, 
descend dans son ancionne 
maison de Vonise, 322, 323. 

Maloe (cap), II, 256, 257. 

Miilipioro (Alesj^andro). « Pa- 
ri »n » tl'une galore du vovago 
do Flandro do liOS, I, '240, 
2W. 

Miilipioro (Dario). Kpices de sa 
coque rameneos do Gorfou 



Ear la galore de Niccold Lom- 
ardo, n, 196, 197. — Sa 
coque choisie pour chasser 
les pirates de i'Adriatique, 
216, 217. 

Malipiero (Giovaani). Adjudica- 
taire d'une galore du voirage 
de Flandre de 1417, H, 126, 
127j — de 1423, 234, 235. 

Malipiero (Niccol6). Nomme 
ambassadeur k i'occasion de 
Tav^nement du roi d'Aragon, 

I, 318, 319. 

Malipiero (Troilo di Marino), 
c Sovracomito i d'une galere 
du voyage de Flandre de 
1409, 1, 246, 247. 

Malvoisie. Vins de ce pays 
charges k Candle par une 
coque venitienne, I, 304, 305. 

Mantello (Giovanni). Patron 
d'une coque pillee par des 
corsaires siciliens et Cata- 
lans ; n^^ociations de Niccold 
Trevisani a Saragosse pour 
regler cette affaire, II, 256- 
259. 

Mantoue. N^gociations entre 
les Malatesta et Venise pour 
la defense de cette ville, I, 
288, 289. 

Mantoue (Gianfrancesco Gon- 
zaga, seigneur de). Ambas- 
sade a Venise, II, 336, 337. 

Manuel II Paleologue, empe- 
reur de Constantinople. Croi- 
sade de Nicopolis, I, 4-9. 
— S6jour et n^gocialions a 
Venise, 42-50. — Sejour k 
G6nes, a son retour de France, 
42-45. — Recu a son retour 
par son neveu Jean VII Ca- 
lojanni, 48, 49. — Traits con- 
clu entre Venise et Gfines par 
son entremise, 154, 155. 

Maravi^lia (Comnagnle com- 
merciale des). II, 184, 185. 

Marcello (Girolamo di Fran- 
cesco). Armateur d'une galore 
(lu voyage de Flandre de 1415, 

II, 14, 15. 

Marcello (Marco). « Sovraco- 



TABLE ALPHABETIQUE. 



421 



mi to » d'une des galores du 
voyage de Flandre de 1419, 
II, 172, 173. 

Marcello (Pielro). Nomme « so- 
vracomito • d'une galere, I, 
168, 169. — « Paron » d'une 
des galeres du voyage de 
Flandre de 1413, 318, 319. 

March (Edmund IV Mortimer, 
comtede). Conspiration contre 
Henry V, II, 48-51 ; — contre 
Henry VI, 262, 263. 

Marche (Jacques II de Bourbon, 
comte de la). N(^gociations 
pour son manage avec Jean- 
ne II de Naples, II, 16-19. - 
Son arrivee a Brescia; bruit 
de sa prochaine venue a Ve- 
nise, 26, 27. — Accueil a lui 
fait par le due de Milan, ibid. 

— Sa reception solennelle k 
Venise, 26-33. — Passage a 
Venise d'un messager fran- 
cais a lui envoye, 176, 177. — 
bebarque a Pola par la galore 
de Niccol6 Lorabardo, 196, 
197. — Voyai?e de retour en 
France par Tr^vise el Pa- 
doue ; bruit de sa nomination 
comme capitaine de I'armee 
du due Charles d'0rl6ans, 

Marcoffo (Niccolo). Capture, par 
les Genois, de sa galere ve- 
nant de Romanie et de la 
Tana, I, 150, 151. 

Mareschal (Humbert), seigneur 
de Meximieux. Entre dans 
Auxerre, III, 146, 147. — 
Bruit de sa mort, 152, 153. 

— Fait prisonnier a Anthon, 
288, 289. 

Marini (Alessandro di Rosso). 
Adjudicataire d'une des ga- 
lores du voyage de Flandre de 
142(3, II, 328, 329. 

Marini (Antonio di Rosso). Ad- 
judicataire d'une dos galeros 
du voyago de Flandre dc 1428, 
II, 332, 333. 

Marini (Mirliele). Attaque do sa 
coque dans les parages de 



• Baiona de Mior », II, 148- 
155. — Inquietudes a Venise 
sur son sort, 206, 207. 

Marie (Robert de Bar, comte 
de), neveu du dac de Bar. 
Tue a Azincourt, 11, 76, 77. 

Marseille. Prise et sac par Al- 
phonse V d'Aragon ; enleve- 
ment de reliques. II, 262-269. 

— Lettre ecrite de cette ville 
sur Jeanne d'Arc, III, 84, 85. 

Marsilio de Carrare. Voy. Pa- 
doue. 

Martin I^', roi d*Aragon. Con- 
qu^te de la Sardaigne sur les 
Genois ; projet d'attaque con- 
tre G6nes, 1, 258, 259. — Pr6- 
sent^ comme declarant la 
guerre au roi dc Gastille, III, 
260, 261. 

Martin V, pape. Ambassade en- 
voyee a Filippo Maria Vis- 
conti, due de Milan, pour ne- 
cocier un mariage entre ce 
due et Caterina Colonna, 
niece du pape, II, 218, 219. 

— Negociations a Venise pour 
la cession a la Republique des 
droits du Saint-Si^ge sur Pa- 
tras, 338-347. = Lettre a lui 
adressee par Charles VII, III, 
54-56, 58-61 . 

Matteo et Compagnie, societe 
florentine. Lettre a Giovanni 
di Francesco de Florence, sur 
la descentede la flotte portu- 
gaise vers Ceuta, U, 54, 55. 

Maximin (saint). Ses reliques 
einportees de Marseille par 
Aiphonse V d'Aragon, II, 
2bO, 267. 

Maza (cocjue). Apporte a Venise 
la nouveile d'une tempete et 
d'un naufrage terribles dans 
la mer d'Espagne, III, 3i0, 
341. 

Mcdicis (Compagnie commer- 
ciale des), II, i:i6, 137. 

Mommo (Marco). Nonime « so- 
vracomito » d'une galere, I, 
168, 169. 

a Merlen > (.V., due de). N^go- 



422 



TABLE ALPHABJiTIQUE. 



ciatioQB pour son manage 
avec Catherine de Bourgo- 
gne, II, 164, 465. 

Messine. Naufrage de la galore 
de Giovanni Morosini, venant 
de Flandre, k i'entree du 
Phare; envoi d*une galdrede 
secours, I, 312, 313. = Es- 
cale du voyage v6mtien d*Ai- 
gues-Mortes, II, 324, 325. 

Miani (Vitale). Nomme « sovra- 
comito » d'line galore, 1, 168, 
169, 172, 173. = Gapitaine 
des gal6res du voyage de 
Flandre de 1421, II, 194, 195. 

Micheli ( Domenico ). Lettre 
adressee par son oncle An- 
drea Gontarini, sur un 6chec 
des Anglo-Bourguignons de- 
vant Gompiegne, 111, 302-305. 

Micheli (Fanlino di Maffeo). 
Gapitaine du voyage de Flan- 
dre de 1404, 1, 172, 173,218, 
219. = Nomme ambassadeur 
on France, il refuse, II, 130, 
131. zn Ambassadeur prfes le 
due de Milan, III, 366, 367. 

Micheli (Luca), III, 348, 349. 

Micheli (Maffeo di Fantino). 
Adjudicataire d'une galere du 
voyapo de Flandre de 1421, 
II, 194, 195. — Patron d'une 
galere du voyage de Flandre 
de 1425, 292, 293. 

Micheli (Marino). Retonr de sa 
coque de Flandre a Venise en 
vingt-neuf jours, apres avoir 
suhi une attaquede corsaires 
biscayens, II, 148-155; cf. 310, 
311. — Charge des vins pour 
la Flandre a Candie, 326, 327. 

Micheli (Niccold di Fantino). 
Lettre ecrite de Flandre a 
Gastellano Micheli sur les ar- 
mements do I'Ant^lpterre et 
la conspiration du comte de 
March contre Henry V, II, 
4f)-51. — « Sovracomito » 
d'une galf^re du vovayje de 
Flandre de 1426, 312; 313.= 
Adjudicataire d'une galere du 



voyage de Flandre de 4430, 
III, 256, 259. 

Micheli (Pietro). Adjudicataire 
d'une des gal^rea du voyage 
de Flandre de 1423, U, 234, 
235. 

Milan. Mort de Giangaleazzo 
Viscontt; sea consequences, 
1, 16-25. — Giammaria, fils de 
Giangaleazzo, aucc^de a son 
pere comme due, 22, 23. — 
Boucicaut quitte cette ville, 
avec Brunoro della Scala et 
Marsilio de Garrare, a la 
nouvelle de la prise de Gd- 
nes; pillage et combat d'ar- 
ri^re-^arde, 284, 285. — N6- 
eociation d'un accord entre 
le due Giammaria et son 
fr^re Filippo, comte de Pa vie, 
300-305. — Commerce avec 
G6nes, Anc6ne et Pise, au 
detriment de 'Venise, 302, 
303. = Retour d'une ambas- 
sade ferraraise venant de cette 
ville, II, 288, 289. — Voy. Vis- 
conti (Filippo, Filippo Maria, 
Giammaria et Giangaleazzo). 

Minio (Giacomo). Adjudica- 
taire d'une des galeres du 
voyage d'Aigues-Mortes de 
1428, n, 334, 335. 

Minio (Lorenzo). Adjudicataire 
de la galore du vovage d'Ai- 
gues-Mortes de 14il, II, 192, 
193 ; son retour a Venise, 
204, 205. 

Mocenigo (Leonardo). Nomme 
capitaine des galeres accor- 
dees par la seigneurie de Ve- 
nise a Manuel II Paleologue, 
I, 44, 45. — Instructions a lui 
donnees, 46, 47. — Present 
au conseil de guerre tenu par 
Boucicaut a Candie, 74-77. 
— Sa galere vient au secours 
de celle de Carlo Zeno a la 
balaille de Modon, 90, 91, 
140, 141. — Envoye par Zeno 
pour pr^venir les Venitieos 
de Romanie, 96-99. — Saisit 
et aniene a Pera la galere 



TABLE ALPHABETIQUE. 



423 



de Ghio qui avait at^siste k la 
bataille de Modon et qui lui 
echappe par deux fois, 104, 
105. — Arrive a Constanti- 
nople, 104-106. — Y apprend 
I'emprisonnement des Veni- 
tiens, se plaint au capitaine 
de P^ra et conclut une tr^ve 
avpc lui, 106, 107, 152, 153. 

— Son retour a Venise, ou il 
est mal accueilli a cause de 
sa mansuetude envers les Ge- 
nois, 110, 111. — N^gocia- 
tions avec Tempereur Galo- 
janni; conclusion d'une tr^ve 
entre Venise et G6nes, 154, 
155. — On eiit dii le mainte- 
nir dans les parties de Ro- 
manie, ibid. — Nose pas 
s'emparer d'une galere g6- 
noise de Gaffa, 154-157. — Le 
grand Gonseil ne procede pas 
contre lui, 156, 157. — Capi- 
taine des galores du vovagc 
de Flandrede 1410, 312-^315. 

Mocenigo (Tommaso). Capitaine 
des galeres venitiennes et ge- 
noises dans la croisade de 
Nicopolis, I, 8, 9, 12, 13. — 
Son retour a Venise, 14, 15. 

— Ambassade a G6nes pour 
le reglement de I'affaire de 
Beyrouth, 224-227. = Doge 
de Veniso, II, 278, 279. 

Modon. La flotte de Carlo Zeno 
faitvoileverscotteile,I,3S,39, 
42, 43. — Les galeres venitien- 
nes qui avaient accompagne 
Manuel II Paleologue y rejoi- 
gnent la flotte de Carlo Zeno, 
48-50. — Carlo Zeno y fait 
route en quittant Candie, 70, 
77. — Boncicaut y a!)orde, 
78-81. — Des galeres veni- 
tiennes du voyage de la Tana 
y chargeiit des ^picps, 8i, 85. 

— Reuforts demandosau chk- 
tplain par (^arlo Zeno, 8'i-S7. 

— Carlo Zouo fait route vers 
cette ilo, 8(), 87. — Boucicaut 
sVn eloicno, 88, 89. — Ba- 
taille navalo : Boucicaut v est 



defait par Carlo Zeno, 88-93. 

— Retour des Venitiens vain- 
queurs, 94, 95. — Les pri- 
sonniers francais et genois y 
sont enfermes*, 94, 95. — Ar- 
rivee de la galore Molina, 94- 
97. — Boucicaut capture une 
galere v^nitienne se dirigeant 
vers ce port, 100, 101. — De- 
part de Carlo Zeno pour Ve- 
nise, 108-111. — Depart des 
prisonniers genois pour Ve- 
nise, ibid. — Carlo Zeno en- 
Yoie son rapport sur la bataille 
par un brigantin armo dans 
ce port. 122, 123. — Texte 
ofiiciel au rapport de Zeno au 
doge Michele Steno sur la 
bataille de Modon, 124-145. 

— La galere Loredana en- 
voyee dans ce port par Zeno, 
126, 127. — Manoeuvres de 
Zeno dans ces parages, 130- 
133. — Noms des pnncipaux 
prisonniers faits a la bataille 
par les Venitiens, 144, 145. 

— Retour de Zeno dans ce 
port apres la bataille, 146, 
147. — Protestation des pri- 
sonniers genois au gouverne- 
ment de cette ville, ibid. — 
Lieu de la bataille, 152, 153. 

— Mise en silrete, dans ce 
port, des marchandises de 
deux coques venitiennes du 
« voyage » de la Tana, 154, 
155. = Escale des galores du 
voyage d'Aigues-Mortes, II, 
33S, 330. 

Moleyns (William). Somme par 
Jeanne d'Arc de lever le 
si6ge d'Orleans, III, 112, 113. 

— Sa mort, 120, 121. 
Molina (galere). Envoyeede Ve- 
nise a Modon pour annoncer 
a Carlo Zeno le pillage de 
Bevroutli et lui donner I'ordre 
de ne pas livrer bataille a 
Boucicaut, I, 9'»-9!). = Arri- 
voe a AifTUfs-Mortps ; son 
chargemoni. III, U)8, 169. 

Molino (Andrea da). Capitaine 



424 



TABLE ALPHAB^TIQUE. 



des galores da voyage de 
Flandre de 1416, U, 90, 91. 

— Arrive k TJ^cluse sans dtre 
molest^ par les Anglais, 102, 
103. — Lettre a la Seigaeu- 
rie sur la bataille de Uarfleur, 
106-115. 

Molino (Giovanni da). Lettres 
ecrites d'Avignon sur Jeanne 
d'Arc, lU, 60-67, 67-85. 

Molino (Giovanni di Filippo da). 
« Paron • d'une galore du vo- 
yage d'Aigues-Mortesde 1429, 
III, 2,3. — Adjudicataire de la 
galore du voyage d'Aigues- 
Mortes de 1430, 244, 245. 

Moneglia (Niccol6 de). Capture 
la coque venitienne de Basi- 
lic rirapelle, I, 182-185. — 
Taill6 en pieces et pille par 
les Anglais, 184, 185. 

Monganero (Giorgio). Capture 
de sa coque par les Genois, 

I, 180-185. 
Mons-en-Vimeu. Nouvelle sup- 

posee de ia bataille de 1421, 

II, 208-213. 

Montallo (Antonio de). Voy. 
Guarco. 

Montferrat (Jean-Jacques Pa- 
loologue, marquis de). Lettre 
a la soigueurie de Venise sur 
le fait de Jeanne d'Arc, III, 
140-163. 

Montferrat (Thei)dore II Paleo- 
logue, marquis de). Marche 
sur Genes avec FacinoCane; 
prise (le la ville, I, 276-283. 

— Asti, Hergame, Livourne 
el une forteresse de Tortone 
se donnent a hii, 290, 291, 
206, 297. — Fait retenir une 
coque genoise venant d'Alex- 
andrie a rtavono, 300, 301. 

Monlforl (Franrois, comte de), 
fils aine du due (le liretagne. 
Dovait venir joindre Jeanne 
d'Arc et Charles VII avec un 
corps de Bretons, III, 122-125, 
19 1, 195. 

Montpellier. Arrestation des 
niarrhanils vriiidens de cetle 



ville et confiscation de lenrs 
marchandiBes sur Tordre du 
due de Berry et k Tinstiga- 
tion de Boucicaut; moatant 
des dom mages alors causes 
aux Venitiens, 1, 116-123.= 
Lettre ecrite de cette ville, 
sur I'entree au pouvoir du 
conn^table de Ricnemont, n, 
304, 305. — Expulsion des 
Florentins, 308, 309. — Am- 
bassade k Venise, 336, 337. 

Morosini (Andrea di Michele). 
Ambassadeur venitien pres 
i'Empereur, m, 366, 367. 

Morosini (Barbone). Ambassa- 
deur de Venise pr^s Ame- 
dee Vm de Savoie, I, 242, 
243. 

Morosini (Benedetto di Alvise). 
Adjudicataire d*une des deux 
galeres du voyage d'Aigues- 
Mortes de 1425, II, 294, 295. 

Morosini (Cattaneo di Roberto). 
Nouvelles par lui recues de 
Ferrare sur la bataille de 
Bauge, II, 198, 199. 

Morosini (Fantino di Giovanni). 
Nomme « sovracomito » d'une 
galere du voyage de Flandre 
de 1409, I, 246, 247. 

Morosini (Giovanni di Niccol6). 
ff Paron » d'une des galeres 
(lu voyage de Flandre de 
1410, i; 304, 305. — Naufrage 
de sa galore a I'entree au 
Phare de Messine, 312, 313. 

Morosini (Marco). Gapitaine des 
deux galores au voyage d'Ai- 
firues-Mortes de 1428, II, 334, 
335; retour a Venise, 336, 337. 

Morosini (Niccol6 di Vettore). 
Nouvelles apportees par lui de 
Bruges a Venise, III, 336 et 
suiv. 

Morosini (Paolo di Niccolo). 
Patron d 'une galfere du vovage 
de Flandre de 1425, II, 292, 
293. =. Adjudicataire d'une 
galere du voyage de Flandre 
de 1430, III, 258, 259. 



TABLE ALPUAB£T1QU£. 



425 



Mortimer ( Edmund ). Voy. 

March. 
Mosta (coqae). Apporte a Ve- 

nise la nouvelle d'une tem- 

pdte et d'un naufrage ter- 

ribles dans la mer d'Espagne, 

m, 340, 341. 
Mugia, U, 150, 151. 
c Munego » (messer). Ambassa- 

deur de Jeanne II de Naples 

a Venise, II, 32, 33. 
Mytilf^ne. Des galores de cette 

lie se ioignent a la flotte ge- 

noise airigee centre Ghypre, 

I, 28, 29. 



N 



Nailhac (Philibert de), grand- 
maitre des Hospitallers de 
Rhodes. Accompagne I'am- 
bassade envoy^e par Janus II, 
roi de Ghypre, a Boucicaut, I, 
30, 31, 52, 53. — Ses galores 
accompagnent celles de Bou- 
cicaut contre les Sarrasins, 
56, 57. — Malade en Sicile, 
250, 251. = Bruit de son 
meurtre par le comte d'Ar- 
magnac, 11, 84-87. 

Namur. Le gouverneur de cette 
ville est partisan de Jacque- 
line de Baviere, II, 302, 303. 

Nani (Bartolommeo). Nomme 
ambassadeur a Florence, I, 
226, 227 ; — pr6s Alexandre V 
a Pise, 268, 269. — Nomme 
ambassadeur en France, il 
refuse, 11, 130, 131. 

Naples. Depart de Jacques de 
Bourbon, comte de la Mar- 
cho, mari de Jeanne II, II, 
220, 221. — Depart de la 
tloite du roi Alphonse V; 
regence de son IVere don Pe- 
dro, 262-265. — Exinilsion 
des Floreniins, 308, SOO. — 
Commerce do vins avec Ve- 
nise, 32i, 325. — Voy. Al- 
phonse le"", Jeanne II, Ladis- 
fas, Louis II et Louis III 
d'Anjou. 



Narbonne. S^jour de Fempe- 
reur Sigismond, U, 56, 57. 
=: Naufrage d'une salere de 
cette ville venaut d 'Alexan- 
dre, m, 372-375. 

Narbonne (Guillaume de Lara, 
vicomte de). Bruit de son en- 
tree k Paris comme capitaine 
des troupes du dauphin Ghar- 
les, II, 228, 229. — Tue k 
Verneuil, 284, 285. 

Nardoni (Pietro), patron genois. 
Gapture de sa coque, venant 
de Flandre, par le roi Ven- 
ceslas de Naples, I, 252, 253. 

N^grepont, I, 84, 85. 

Negroni (Luigi de'), capitaine 
genois. Sa coque (ichappe aux 
Anglais lors de la oataille 
navale entre Southampton et 
Harfleur, II, 138, 139. 

Nemie (ile Nieme ou), II, 324, 
325, 326, 327. 

Neuve (coque). Va prendre un 
chargement de vins pour Ve- 
nise a Gandie, I, 304, 305. = 
Charge des vins a Candie 
pour la Flandre, II, 332, 333. 

Nevers (Jean de Bourgogne, 
comte de). Voy. Jean Sans- 
Peur. 

Nevers (Philippe de Bourgogne, 
comte de). Prisonnier ou plu- 
t6t tue a Azincourt, II, 72, 
73, 76, 77. 

Nice. F^rojet d'entrevue entre 
Benoit XIII et I'empereur 
Sigismond, II, 38, 39. 

Nicopolis (croisade de), I, 2-13. 

Nieme (ile). Voy. N6mie. 

Noire (mer). Voy. Majeure (mer). 

c Nonzelar »{;¥., sire de),ecuyer. 
Tu6 a Azincourt, II, 80, 81. 

Norraandie. Arrivee de la flotte 
anglaise sur les c6tes en 1415, 
II, 50, 51. = Bruits de suc- 
ces du due d'Alenr.on dans 
ce duche, III, 192, 193, 248, 
249. — Le due de Bedford y 
est a la tete des troupes an- 
glaises, 214-217, 248, 249. - 



426 



TABLE ALPHABtiTIQUE. 



Progres des troupes fran^aises 
de ce cAte, 322, 323. 

Normandie (Louis de), proba- 
blement Louis de Gnlant. Fait 
prieonnier k Modon, I, 144, 
145. 

Norv^ge. Naufrage de la coque 
de Pietro Quirini, UI, 370, 
371. 

Novi. Combats aux environs 
entre Boucicaut et Facioo 
Cane, I, 292-297. — Sauf- 
conduit doone aux Prancais 
qui voudraient quitter ia vilie, 
298, 299. — Defaite inflig6e 
a UQ parti francais, pr^s de 
cette villo, par Facino Cane, 
308, 309. 







Obizzo (Giovanni). Capture, par 
les Genois, de sa coque, ve- 
nant de Majorque, dans ia 
mer Adriatique, I, 148-151. 

CEuf (chateau de I'), a Naples, 

II, 264, 265. 

Oignies (Roland d'). Tu6a Azin- 

court, II, 80, 81. 
Orange (Louis de Ghalon, prince 

d'). Defait en Dauphine ; se 

refugie a Anthon, III, 284- 

293. 
Orleans. Siege de cette ville, 

III, 10-39. — Bastiilps cons- 
Iruites par les Anglais, 16, 
17. — Ambassade des Orlea- 
nais au due de Bourgogne, 
16, 17. — Entree de Jeanne 
d'Arc, 22 et suiv., 114, 115. 
— Prise dps bastilles an- 
glaises, 28, 30-33, 116-123. — 
Promesses de Jeanne d'Arc a 
Charles VII sur la lev^e du 
siege, 46, 47, 96, 97. — Levee 
du siege, 28 et suiv., 52, 53, 
56, 57; 8U 85, 122, 123. — 
(iilles de Retz ecrit au due 
de Bretagne pour Tengager a 
socourir Orleans, 106, 107. 

Orleans (Charles, due d'). Bruit 
do sa niort a Azincourt, II, 



72, 73. — Fait prisonnier k 
Azincourt, 80, 81. — Faux 
bruit de sa presence aux coa- 
fdrences de Pouilly-le-Fort, 
176, 177, 180, 181. — Bruit 
de ia nominaiioQ de Jacques 
de Bourbon, comte de la 
Marche, com me capitaine de 
ses troupes, 220, 221. = Ne- 
eociations pour sa deliyrance, 
m, 18, 19. — Jeaaae d*Arc 
promet k Charles VII de ie 
delivrer, 96, 97. — Bruit de 
son evasion et de sa faite en 
l^cosse, 134-1 37. — Enme un 
de ses secretaires k Char- 
les Vn, 250, 251. 

Orleans (Jean, b&tard d'), fr^re 
naturel du due Charles. Son 
rdle au si^ge d 'Orleans, HI, 
26, 27, 116, 117. 

Orleans (Jeanne d'), fille du due 
Charles, duchesse d'Alengon, 
m, 26, 27. 

Orleans (Louis, due d*), frfere de 
Charles VI. Entrevue avec le 
paped'Avignon Benoit XIII, 
1, 190-193. — Rapporte cette 
entrevue a Charles VI, 192, 
193. — Assassine sur I'ordre 
de Jean Sans-Peur, 230-232. 

— Asti, Bergame et Livourne 
donnes en dot a Valentine 
Visconti, sa femme, 290, 291. 
= Rappel de son assassinat 
par Jean Sans-Peur, II, 4-7. 

— Promesses expiatoires du 
meurtrier, 10, 11. 

Orsini. Voy. Baux. 

Owen Glendower. Voy. Galles. 



Padoue. Prophetie relative a la 
conc^udte de cette ville par les 
Venitiens, 1, 162, 163. — Les 
Venitiens renforcent la gar- 
nison, 274, 275. — N^gocia- 
tions entre les Malatesta et 
Venise pour la protection de 
cette ville, 288, 289. = Sejour 



TABLE ALPHAB^TIQUE. 



427 



de Jacques de Bourbon, comte 
de la Marche, II, 220, 221. 

Padoue (Francois I^'de Garrare, 
seigneur de). S'accorde avec 
Boucicaut contre les Veni- 
tiens, I. 182, 183. 

Padoue (Marsilio de Garrare, 
seigneur de). Arrive a Plai- 
sance avec Boucicaut etBru- 
noro della Scala, I, 272, 273. 

— Quitte Milan avec eux, 
284, 285. — Voy. Padoue. 

Pal6ologue. Voy. Calojanni, Ma- 
nuel II, Montferrat. 

Palerme. Gargaison de sucre 
ramenee de celte ville par la 
galere d'Aigues-Mortes de 
1420, II, 190, 191; — par 
celles de 1421, 204, 205, et de 
1428, 338, 339 ; — par la ga- 
lere Tagliapietra, 294, 295. — 
Attaque, dans ces parages, de 
la coque de Marino Micheli 
par des Biscayens, 310, 311. 

— Escale des galeres du 
voyage vf^nitien d'Aigues- 
Mortes, 324, 325. 

Paolo di Bernardo (le nom de 
famille manque). « Sovraco- 
mito » d'une galere du voyage 
de Flandre de 1426, U, 312, 
313. 

Parenzo. Mouillage d'une flot- 
tille de la maison Doltina en 
ce port, II, 338, 339. 

Paris. Bruit de la rentr^e de 
Jean Sans-Pour (1415), II, 64, 
65. — L'emppreur Sic^ipmond 
quitte Perpignan pour s'y 
rendre et y negocier une tr^ve 
entre la France et I'Angle- 
terre, 92, 93. — Projet de 
rentrt^e de Jean Sans-Peur 
(1416), 120-123. — Prepara- 
tifs de marclip de Jean Sans- 
PeuriHlT), 134,135,142,143. 

— Entree do Jean Sans-Peur 
(IU8|, 168, 169. — Mpnac6 
par les Anglais, 182, 183. — 
Entree triomphale de Hen- 
ry V, 195, 195. — Bruit do 
Tontrt^e du dauphin Charles, 



200,203; cf. 21 0,211.— Bruit 
de la mort de Henrv V k Paris, 
222, 223. — Bruit'de I'entree 
prochaine des Francis et du 
depart du due de Bedford 
(1425), 298, 299. = Seiour du 
due de Bourgogne, III, 18, 
19. — Nouvelles de Paris, 22 
et suiv. — Jeanne d'Arc pro- 
met a Gharles VII qu'il y en- 
trera, 46, 47. — Bruit de 
Tevacuation par le due de 
Bourgogne et les Anglais, 60, 
61, 76, 77. — Bruit de Ten- 
tree de Gharles VII, 76, 79. 
— Depart du prev6t anglo- 
bourguignon, 80, 83. — Pre- 
vision de la prochaine entree 
de Gharles VII, 86, 87. — 
Bruit de Tentree de Ghar- 
les VII, 166, 167. — Bruit 
du depart du cardinal de 
Beaufort pour cette ville, 168- 
171. — Situation de la viile 
en 1429, 188-191. — Arri- 
vee de Charles VII aux en- 
virons, 200-211. — Ambas- 
sade de TUniversite k Rome 
pour accuser Jeanne d'Arc 
d'heresie, 232, 233. — Resiste 
toujours a Gharles VII, 250, 
251. — Echauffouree entre les 
troupes francaises et la gar- 
nison bonrguignonne, 272, 
273. — Complot de frere 
Pierre d'Allee, 274, 275. — 
Siege de 1430, 294, 295. — 
Prevision de la rentree de 
Charles VII, 354. 355. 

Paris (iV., prev6t do), ou plu- 
tdt prevdt des marechaux de 
France. Tue a Azincourt, II, 
78, 79. 

Pasqualiga (galore). Separee des 
aulres ga lores du voyage de 
Flandre de 1422, attaqu^e et 
pillee par des corsaires bis- 
cayens, II, 236-239, 242-257. 

Pasqualigo (Bernardo). « Pa- 
ron J) d'une des galores du 
vovacje de Flandre de 1410, 
I, '304, 305. — « Sovraco- 



428 



TABLE ALPHABliTIQUE. 



mito » d'une des galores du 
voyaffe de Flandre de 1411, 
314, 315. — c Paron i d'une 
des galores du voyage de 
Flandre de 1413, 318, 319. 

Pasqualigo (Daniele). Adjudi- 
cataire d'une galore pour Le 
voyage de Flandre de 1429, 
m, 2, 3. 

Pasqualigo (Ettore). Adjudica- 
taire a'une des galores du 
voyagft de Flandre de 1424, 
II, 270, 271. 

Pasqualigo (Marco di Giovanni). 
Aujudicataire d'une des ga- 
ieres du voyage de Flandre 
de 1418, II, 156, 157. 

Pasqualigo (Paolo di Giovanni). 
Adjudicataire d'une galore du 
voyage de Flandre de 1416, 
II, 90, 91 ; vice-capitaine pour 
le rplour de ce voyage; re- 
tourne a Falmouth ; peste a 
bord, 124, 125; retour a Ve- 
nise, apres vente d etoffes en 
Sicile, 126, 127. — Adjudi- 
cataire d'une galere du voyage 
de Flandre de 1422,216,217. 

Patras. Negociations a Venise 
au sujet de la cession a la 
Republicjue des droits du 
Saint-Siege sur cette ville, 
II, 338-347. 

Pavie. Gabriello Maria Visconti 
en devient comte apres la 
mort de son pere Gianpa- 
leazzo, I, 22, 23. — Facino 
Cane fortement etabli auz 
environs, 284-287. — Voy. 
Visconti (Filippo). 

Pedro d'Aragon (don), frere 
d'Alphonse V, gouverneur de 
Naples, II, 264^ 265. 

Pedroneto (messire), Catalan. 
Envoye a Venise pour le re- 
glement de I'aCfaire de la 
coque de Giovanni Mantello, 
II, 256-259. 

Peniscola. Creation de cardi- 
naux dans un consistoire tenu 
par Bonoit XIII, II, 238-241. 

Pera. Leonardo Mocenigo em- 



mine dans ce port la ^kre 
de Ghio, qui avail assiste a 
la bataille de Modon et qui 
lui ^happe k deux reprises, 
I, 104, 105. — Emprisonne- 
ment par les Ginois de tous 
les Venitiens ; plainte de Leo- 
nardo Mocenigo au capitaine 
de P^ra; accord entre euz, 
104-107. — Expedition des 
Genois de ce bourg centre des 
coques du « voyage • de la 
Tana, qui leur echappent, 
110-113, 152-157. — Une de 
leurs coqaes se brise a la sor- 
tie de la mer Majeure, 112, 
113. — Arriv^e des coqaes de 
la Tana, 156, 157. 

Perpignan. Nouvelle d'un dif- 
ferend entre le comte d'Ar- 
magnac et le grand-maitre de 
Rhodes, II, 84-87. — Uem- 
pereur Sigismond quitte cette 
ville pour se rendre a Paris, 
92, 93. 

Pesaro (Luca de). Voy. Luca. 

Philippe le Bon, due de Bour- 
gogne. Victoire de Mons-en- 
Vimeu sur le dauphin Char- 
les, n, 208-213. — N^gocia- 
tion d'une tr^ve avec le 
dauphin Charles, 222, 223. 
— Menace par le dauphin 
Charles, 226, 227. — BruiU 
de sa mort, 226, 227, 229. — 
Reprise de Compiegne et de 
Chartres, 272, 273. — An- 
nonce de son retour a Bruges 
et de son prochain mariage 
avec Isabel le de Portugal, 
272-275. — Ambassade a Ve- 
nise pour le reglement de la 
pension due par la R^pn- 
blique a Sigismond, roi de 
Hongrie, 278-281. — Bruit 
de la conclusion d'une tr^ve 
entre Charles VII et lui, 288, 
289. — Entente et conclusion 
d'une tr6ve avec Charles VII, 
298, 299. — Sejour a Lille; 
projet de rencontre en champ 
clos avec le due de Glocester, 



TABLE ALPHABtiTIQUE. 



429 



300, 301 . = Ambassade a lai 
envoyee par les Orl^anais, III, 
16-19. — Negociations avec 
le due de Bedford, 18-23. — 
Voyage a Paris, 18, 19. — 
Bonnes dispositions vis-a-vis 
de Charles VII, 22, 23. — 
Retour a Bruges, ibid. — Sa 
satisfaction a la nouvelle de 
la levee du si^ge d'Orleans, 
30-39. — Mariage avec Isa- 
belle de Portugal, 52-55. 
— Abc^s a I'oreille droite, 
56, 57. — Evacue Paris, 60, 
61. — Talbot lui demande du 
secours, 78, 79, 130, 131. — 
Voyage a Paris, 132, 133, 
134, 135, 140, 141. — Envoie 
ses troupes contre le due de 
Bar, 154-157. — Bruit de 
rencontre a Beauvais avec le 
due de Bedford, 158, 159. — 
Bruit d'une d^faite subie par 
lui, 164, 165. — Le bruit 
court qu'il a ^te fait prison- 
nier, ll)6, 167. — Bruit de 
son arrivee a Senlis et de 
negociations avecGharlesVII, 
Charles de Bourbon ct Arthur 
de Richemont, 170, 171. — 
Ses dispositions belliqueusos, 
174, 175. — Soumission de 
Chalons, Laon et autres villes 
de son parti a Charles VII, 
182-185. — Arrivee a Arras 
avec sa scBur, duchesse do 
Bedford, 186, 187. — Bruit 
(rinviiation a se rendre a 
Saint-Denis, comme pair de 
Prance, pour lo couronne- 
ment prujetd de Charlos Vll, 
190-193. — Bruit de tr6ve 
avec Cliarle.s VII, 208, ^209. 
— Quitte Arras pour allor 
au i^ecours do Paris, 216, 
217. — Bruit d accord avec 
Charles VII, 21S,2PJ. -Am- 
bassade a Charles VII, 224- 
2'J9. — Incertitudes sur ses 
projets, 2S(), 237. — Sejour a 
Bruges, oil il attend sa fian- 
cee Isahelle de Portugal, 



236-239. — Expiration de ia 
trdve avec les habitants de 
Li^ge ; craintes de guerre, 
238-241. — Ambassade a lui 
envoyee par Charles VII, 240, 
241, 246, 247. — Prolonga- 
tion de la tr^ve entre lui et 
Charles VII, 246, 247. — Am- 
bassade a Charles de Bour- 
bon, son beau-frere, 248, 249. 

— Donne un sauf-eonduit a 
un secretaire du due d'Or- 
leans, 250, 251. — Mande- 
ment relatif k des renforts 
anglais, 268, 269. — fichec 
de sps troupes sous Paris, 
272, 273. — Ses gens font 
Jeanne d'Are prisonni^re, 
296-299. — fichec de ses 
troupes devant Compi^gne ; 
bruit de sa mort, 302-311. — 
Bruit d'une tr^vo de deux ans 
avec Charles VII, 316, 317. — 
Marche au secours du ch&teau 
de Clermont en Beauvaisis, 
326-331. — Menaces de Char- 
les VII aux Bourguignons 
s'ils livrent Jeanne d'Arcaux 
Anglais, 336-339. — Bruit 
d echecs en Bourgogne et de 
negociations avec les Liegeois, 
340, 341. — Naissance de son 
tils aine Antoine, 342, 343. 

— Tr^ve conclue a Cliinon 
avec Charles VII, 358-361. — 
ConventioQ siguee a Lille 
avec Charles VII par Tentre- 
niise du cardinal de Sainte- 
(iPoix, Niccolo Albergati, 360- 
3i;3. 

Picardie. Le due de Bedford y 
love des troupes, III, 188, 189. 

Pinelli (Luciano), capilaine g6- 
nois. Sa coque echappe aux 
Anglais lors de la bataille 
navale entre Southampton et 
Harlleur, II, 138, 139. 

Pinelli (Simone), [)atron genois. 
Sa uef capturee par l(*s An- 
glais a la bataille de Harfleur, 
II, 110, HI. 

Piombino, II, 26 i, 265. 



430 



TABLE ALPHABtoQUE. 



Pisani (maison). Noayelles, en- 
voy^es k Venise par ses re- 
presentants, d^ane tempdte 
et d'un important naufra^e 
dans la mer d'Espagne, lU, 
340-343. 

Pisani (Francesco). Gapitaine 
des galores du voyage de 
Flandre de 1417, II, 126, 
127. — Son arrivee a L'filclu- 
se, 132, 133. — Retour a Ve- 
nise, 148, 149. 

Pisani (Giovanni). Adjudica- 
taire de deux galeres des 
voyages d'Aigues-Mortes de 
1421, II, 204, 205. 

Pisani (Pietro). Adjndicataire 
d'une des galeres du voyage 
de Flandre de 1428, II, 332, 
333. 

Pise. Seconstitueen r^publique 
apr^s la mort de Giangaieaz- 
zo Visconti, I, 20, 2i. — En- 
voi de deux galeres genoises 
centre la ville; Tune d'elles 
est capturee dans TArno; 
bruit d'un secours amen^ 
par Filippo de Pise, 198- 
203, 2-22, 223. — Expul- 
sion des Florentins, 202-207. 
— Bruit d'un accord entre 
Boucicaut et les Florentins 
pour I'acquisition de la ville, 
206, 207. — Bruit de la re- 
prise de Livourne sur les 
Florentins, 208-211. — Let- 
tre de Giacomo Gamba- 
corta a la seigneurie de 
Venise. 208-223. — Anne- 
ment de galeros en Sicile, 
220, 221. — Rpddition aux 
Florentins, 228-231. — Galore 
envoyeo de cetto ville a Ve- 
nise par Alexandre V, 2G0- 
263. — Ambassaclo envovee 
do Voniso en celte ville a 
Alexandre V, 268-271. — 
Commerce avec Milan au 
(letrimont do Venise, 302, 
303. =z Port do Florence, II, 
:i02, 31)3. — Capture d'une 
coijiio do ce port par Lomol- 



lino Grimaldi, 314, 315. = 
On y attend trois galores da 
voyage de Flandre de 1429, 
m, 242, 243. 

Plaisance. Giovanni de' Beiira- 
mini, chevalier penBionne 
par Venise. Tud anz envi- 
rons de cette ville, I, 232, 
233. — Arrivee de Boucicaut 
et de ses allies, 272, 273. — 
F^tes en I'honneur des succes 
de Boucicaut, 294, 295. = 
Prise d'^toffes de Plaisance 
dirigees sur Gadix, II, 152, 
1 53. == Ambassade v^nitienne 
envoyee vers cette ville pr^s 
Tempereur Sigismond, III, 
366, 367. 

Plymouth. Naufrage d'une co- 
gue genoise en ces parages, 
m, 244, 245. — Nouvelles 
des galeres de Flandre mouil- 
lees dans ce port, 256, 257. 

P6. Les gouverneurs des pos- 
sessions v^nitiennes situees 
sur les rives du fleuve de- 
mandent des renforts et eta- 
blissent de nouveaux im- 
pdts, I, 270-275. = Envoi 
sur ce lleuve de galiotes ve- 
nitiennes armees de bom- 
bardes, II, 330, 331. 

Pola. Jacques, comte de la 
Marche, y debarque, II, 196, 
197. 

Pole (Alexander), frfere du comte 
de Suffolk. Tue a Jargeau, 
III, 128, 129. 

Pole (John), frere du precedent. 
Pris a Jargeau, III, 128, 129. 

Pole (William), comte de Suf- 
folk, frere des precedents, 
Voy. Suffolk. 

Polesine du Ferrarais (le). Ren- 
forts envoyes dans cette re- 
gion par les V6nitiens, I, 
27 i, 275. 

Ponte (Antonio da), o Paron • 
d'une galere du voyage de 
Flandre de 1408, I, 240, 241. 

Ponte (Zaccaria da). Adjndica- 
taire d'une des deux galeres 



TABLE ALPHAB^TIQUB. 



431 



du voyage d'Aigues-Mortes 
del426,II,314,315. — Nau- 
frage de sa galore dans I'A- 
driatique, 324-327. 

Pontoise. Prise par les Anglais 
(1419), II, 180, 181. — Arri- 
\^e du due de Bedford et da 
cardinal de Beaufort, III, 
198, 199. — Position quaii- 
fi^e de c clef de la Norman- 
die », ibid. 

Pont-Sainte-Maxence. Soumis- 
sion k Charles VII, UI, 212, 
213. 

Porto Lungo (Sapienza). Carlo 
Zeno y mouille avec la flotte 
v6nitienne,I,80,81,126,127. 

Porto Veuere, I, 250, 251. 

Portugal. Voy. Alphonse, Isa- 
belle, Jean (Joao) I". 

Pouille. Coques de ce pays de- 



truites sur la plage de Va- 
lence, I " 
Naples. 



lence. III, 282 



L plage oe 
2, 283. — 



Voy. 



Pouille (Jeanne de). Voy. Jean- 
ne II, reine de Naples. 

Prioli (Andrea). Patron de la 
galore des p^Ierins; retour 
de Syrie a Venise, II, 204, 
205. 

Prioli (Niccold di Francesco), 
c Paron » d'une des galores 
du voyage de Klandre de 
lVi3, I, 318, 319. 

Prophelie relative k Tincendie 
du carapanilo do Saint-Marc 
pt a la conqufite do Padoue, 
I, 102, 103. 

ProplK^ties relatives ;\ Char- 
les VII ot a Jeanne d'Arc, 
111, 38-U, 120, 127. 

Provonco. Bruit de Tarmc- 
mont, (liins colte region, do 
(loux niiviros pisans qui re- 
promiont Livourne sur los 
Kloroutins, I, -^OS-^ 1 1. — Des- 
tination prosumoe ilo la tlotte 
purtuf;aise, 11, iO, il. 



Q 



Quiriiia I galore ). Armoo on 



chantier pour ailer k Jaffa 
avec des chevaliers et des p^ 
lerins, I, 172-175. — Henry 
de Beaufort quitte Venise sur 
une nef de ce nom, II, 160, 
161. 

Quirini (Andrea). Adjudica- 
taire d'une galore du voyage 
de Flandre de 1420, II, 186, 
187. 

Quirini (Pietro). Son retour a 
Venise apres son exploration 
des c6tes de Norv^e, III, 
370, 371. 



R 



Raguse. Pesle de 1416, II, 96, 

97. 

Rampston (Thomas). Bomme 
par Jeanne d'Arc de lever le 
sieged'Orleans, III, 112,113. 

Randa (Pietro della). Ambassa- 
deur d' Alexandre V 4 Venise, 
I, 262, 263. 

Rasse (Pierre de Haverskerque, 
sire de). Tue a Azincourt, II, 
80, 81. 

Ravenne. Des negociations pour 
la paix generale doivenl s'y 
ouvrir, III, 304, 305. 

Reims. Bruit du prochain cou- 
ronnement de Charles VII on 
cette ville, III, 60,07,81,87. 
— Voyage de Charles VII ot 
de Jeanne d'Arc, 140-103, 
172, 173. 

Ronier (Francesco di Niccolo). 
Adjudicaiairo d'une des pa- 
leres du vovaf^o do Flandre 
do rr.'7, II,>.^S, 329. 

Retz (Gilles de). Quilto la Bre- 
ta^ne pour rojoindro Char- 
les VII ot Joanne d'Arc, III, 
100, 107. — Lolire au due i\o 
Hrota^ne, ihid. — Prepare des 
troupes, 124, 125. — Voy. 
Additions et corrcrtiofi^. 

Rhodes. Boucicaut v rencontre 
uno amhassade du roi do 
Chypro; negociations et trai- 
te,'l, 30-iij, r)0-r)5. — Uelour 



432 



TABLE ALPHABETIQUE. 



en cette ile des gal^reB ge- 
noises qui avaient accompa- 

?ne Maauei 11 Pal^oLogue, 
8, 49. — Lea marcbaods ve- 
oiliens de I'ile font parvenir 
au consul de Venise k Rho- 
des, et, par lai, k Carlo Ze- 
no, les reclamations de lenrs 
compatriotes contre la flotte 
g^Doise de Boucicaut, 68-71. 

— Retour en cette ile des ga- 
lores g^noises mouillees dans 
le port d'Alexandrie, 72, 73. 

— Retour de Boucicaut lui- 
mdme, 74, 75. — Boucicaut 
emm^ne une eal^re du grand- 
maitre k Modou, 78, 79 ; — 
et lui donne conge apr^s la 
defaite de Modon, 92, 93. — 
Voyage de Raymond de Les- 
cure, prieur de Toulouse, 
2^*0, 241 . — La Squarciafica, 
coque g^noise venant de cette 
ile, est capturee par le roi 
Venceslas de Naples, 250, 251 . 

— Le grand-maitre, Phili- 
bert de Nailhac, malade en 
Sicile, ibid. = Galore venant 
de cette ile, avec Henry de 
Beaufort, ev6que de Win- 
chester, et Giovanni Crispo, 
due de rArchipel, II, 164- 
167. — Commerce avec Ve- 
nise, 232, 233. — Voy. Nail- 
hac (Philibort de). 

Rhodes (N., chevalier de). De 
passage a Venise, dement le 
bruit de la mort d'un des 
freres et du fils d'Henry V, 
II, 226-229. 

Rialto (le), a Venise, II, 166, 
167, 322, 323; III, 242, 243. 

Richemont (Arthur de Bro- 
tagne, comte do). Prisonnier 
a Azincourt, II, 80, 81. — 
Fait connetable oL gouver- 
neur du rovaume par Char- 
les VII, 206, 297. — Prise 
de possession du pouvoir, 
304, 3(1'.). 1= Ne2:ocialions avec 
le ducde Bour.migne, III, 170, 
171. 



Rimini. Voy. Malatesta (Carlo). 

Riva de Sella (goLfe de), U, 206, 
207. 

Roberti (Antonio de'), II, 136, 
137. 

Romagne. Les denx fibres Gam- 
bacorta y sont confines apr^ 
la reprise de Pise par les Flo- 
rentins, 1, 230, 231. = Expul- 
sion des Florentins, II, SOS, 
309. 

Romanic. Carlo Zeno envoie 
par Leonardo Mocenigo aux 
V^nitiens de cette region Tor- 
dre d'eiracuer les terrea des 
Genois, I, 96-99. — Boucicaut 
capture une coque venitienne 
venant de ce pays, 100, 101. 
— Deux galores venitiennes 
de ce f voyage • dans la flotte 
de Carlo Zeno, 124, 125. — 
Zeno fait appeler an Roc- 
Bain t-Nicolas le capitaine ve- 
nitien de ce « voyage », 128, 
129,430,131. — Troisgaleres 
g^noises b*^ rendent apr^s 
la bataille de Modon, 148, 
149. — Capture, par les Ge- 
nois, de la coque de Nic- 
colo Marcoffo venant de ce 
« voyage », 150, 151. — Cap- 
ture, par les Genois, dans 
ces parages, des cogues de 
Basilic Tirapelle et de Gior- 
gio Monganero, 178-183. — 
Organisation, a Venise, d*un 
voyage commercial en cette 
rt^on, 212-215. — Traite 
entre Venise et G6nes au su- 
jet des dommages subis par 
les Venitiens dans ces parties, 
224, 225. 

Romanic (detroit de), les Dar- 
danelles, I, 4, 5. 8, 9. 

Romanin de Giola (ser), II, 
184, 185. 

Rome. Bruit d'un projet d'en- 
trevue, dans cette ville, entre 
Benoit XIII et Boniface IX, 
I, 196, 197. = Expulsion des 
Florentins, II, 308, 309. — 
UnambassadeurfranQaisvient 



TABLE ALPHABETIQUE. 



433 



de cette ville k Veaise, 338, 
339. = Bruit de I'envoi d'uae 
leltre au pape par Char- 
les VII, III, 54, 55, 58, 59. — 
Jeanne d'Arc voudraity faire 
couronner Charles Vll (?), 
66, 67. — Ambassade en- 
voyee par I'Universite de Pa- 
ris pour accuser Jeanne 
d'Arc d'h^r^sie, 232, 233. 
« Romole • (Guglielmo). Let- 
tre par lui 6crite d'Allemagne, 
sur la pr^tendue execution 
de Jean Sans-Peur (1419), II, 
184, 185. 

Roncq {N., seigneur de). Tue a 
Azincourt, II, 78, 79. 

Roos (John, sire de), mar^chal 
d'Angieterre (?). Tue k fiauge, 
II, 200, 201. 

Rosso (Niccold). Patron d'une 
coque, allant en Flandre, cap- 
turee dans ie port de Cadix 
par ies Genois, I, 102, 103, 
150-153. — Son chargement 
152, 153. 

Rouen. Siege et prise par Hen- 
ry V, II, 174, 175. = Coup 
de main prepare par Charles 
de Bourbon et le due d'A- 
lencon. III, 222-225. — Se- 
iouf du due de Bedford, 
z52, 253. — Les troupes 
de Charles VII courent jus- 
que sous cette ville, k la- 
queile sont reduits les An- 
glais, 322, 323. — Jeanne 
a* A re y est envoyee par les 
Anglais, 332, 333. — Sup- 
plice de Jeanne d'Arc, 350- 
351. 

Rovelli (Domenico), patron ge- 
nois. Sa nef s'enfuit a la ba- 
taille de Harfleur, II, 110, 
111. 

Ruppes (Gautier de). Fait pri- 
sonnier a Anlhon, III, 290, 
291. 

Ruxint, capitaine anglais. Pro- 
babloraent Rampston (Tho- 
mas). Vov. ce nom. 

IV 



S 



Sabbadina (coque). Arrdt6e et 
dechargee k Sandwich, II, 
34, 35. 
Sabbadini (Jacopo). Lettre k son 
fr6re Niccold sur les hostili- 
t^s entre Genois et Anglais, 
II, 42-45. 
Sabbadini {N,), Patron d*une 
coque naufrag^e de la mai- 
son Giorgi, m, 282, 283. 
Sagredo (Albano). Lettres Ren- 
tes de Bruges, sur interven- 
tion de Jean Sans-Peur dans 
les affaires de France et sur la 
bataille de Harfleur, II, 120, 
121, 134, 135, 136, 137. 
Sagredo (Bernardo), fr6re du 
precedent, II, 120, 121, 134, 
135, 136, 137. 
Saint-Denis. Bruit faux de sa 
prise paries Anglais (1419), II, 
180-183. = Bruit selon lequel 
Charles VII invite le due de 
Bourgogne, pair de France, 
k se rend re en cette ville 
pour le couronnement royal 
projete. III, 190-193. — 
Bruit du prochain couronne- 
ment de Charles VII, 196, 
197. — Situation de la ville 
en 1429, 198, 199. — Sou- 
mission a Charles VII, 214, 
215. 
Saint- Georges (Guillaume de 
Vienne, sire de). Son fils 
fait prisonnier a Anthon, III, 
290, 291. 
Saint-Marc (eglise de), a Ve- 
nise. Incendie du campanile, 
I, 160-163. — Prophetie a ce 
sujet, 162, 163. 
Saint-Nicolas (Roc), I, 126, 127. 
Saint- Pierre-le-Muiitier. Assie- 
p6 et pris par Jeanne d'Arc, 
III, 230, 231. 
Saint-Pol (Jean, bitard de Lu- 
xembourg ou de). Voy. Lu- 
xembourg. 
Saint-Pol (Philippe de Bour- 
gogne, comtp do Lii^'ny et de), 

28 



434 



TABLE ALPHABETIQUB. 



puis due de Brabant. Voy. 
Brabant. 
Saint- Vincent (cap). Tempdte 
en ces parages, cause dn re- 
tard de deux des galeres du 
voyage de Fiandre de 1419, 

II, 188, 189. 
Sainte-Groix (Niccold Alber- 

gati, cardinal de). Voy. Al- 
ergati. 

f Sainte- Marie d'Angleterre • 
(^., prieur de). Son arrivee 
et son sejour k Venise avec 
Henry de Beaufort, ev^que 
de Winchester. II, 158, 159. 

Saix (Jean du). Voy. Du Saix. 

Salisbury (Thomas Montagu, 
comle de). Met le si^ge devant 
Vorneuil, II, 282. 283. = 
Sa mort devant Orleans, III, 
12-15. 

Sallenoves (Guigues de). Fait 
prisonnier a Anthon, III, 288, 
289. 

Salvatore (Giacorao). Patrpn 
d^une coaue, II, 232, 233. 

Sandwich, II, 34, 35, 116, 117, 
200,261. 

San Giorgio Maggiore (monas- 
t6re de), a Venise. Henry de 
Beaufort y descend, II, 158, 
159, 166, 167. — Sejour d'un 
ambassadeur frangais venant 
de Rome, 338, 339. = Nic- 
colo Albergati, cardinal de 
Sainte-Groix, y est heberge, 

III, 344, 345. 

San Giovanni Decollato (eglise 
dc),a Venice. Maison du mar- 
quis de Ferrare situeo dans le 
voisinage : Manuel II Paleo- 
lopjue y descend, I, 4(), 47. 

Sapionza. Boucicautentre dans 
ce port, I, 78-81 . — Carlo Zeno 
ordonne a Almord Lombar- 
(lo, capitaine des galeres du 
t voyajjje » de la Tana, d'at- 
laquer avec lui la flotte ge- 
noise mouillee dans ce port, 
84, 85. — De[)art de Bouci- 
caut et de la flotle genoise, 
88, 89. — La vigie de ce port 



signale k Carlo Zeno cinq ga- 
lores glacises, 124, 125. — 
La flotte genoise s'y tient 
toute ane nuit avant ia ba- 
Uilie de Modon, 130, 131. 

Saragosse. N^gociations de Nic- 
cold Trevisani pour le regie- 
ment de I'affaire de la coijue 
de Giovanni Mantello, II, 
256-259. 

Sardaigne. Capture de trois ga- 
lores genoises par les Cata- 
lans dans les eaux de cette 
lie, I. 252-255. — Conquise 
par Martin I*', roi d'Aragon, 
sur les Genois, 258, 259. 

Sarrasins. Expedition de Bou- 
cicaut contre eux ; ils le 
repoussent devant £1 Can- 
delor, I, 34, 35. 52, 53, 56- 
59. — Prise ae Beyrouth 
par la flotte genoise de Bou- 
cicaut, 60-67. — Expedi- 
tion d'Antonio Guarco, rec- 
teur gdnois de Famagouste, 
contre Tripoli de Syjie et 
Damiette ; repr^sailles du 
sondan du Caire contre les 
Genois, 174-177. 

c Sasidis • (?) (le maitre • de »j. 
Ambassade k Paris, HI, 126, 
127. 

Sauli (Leonardo), patron d'une 
galore genoise. Fait prison- 
nier k Modon, I, 144, 145. 

Savoie. Voy. Amedee VHI, 
Turin. 

Savoisy (Charles de). Prison- 
nier k Azincourt. II, 82, 83. 

Savone. Capture a*une coque 
genoise venant d'Alexandrie 
en cette ville, I, 300, 301. — 
Dom mages causes par les 
troupes Be Louis II d'Anjou, 
roi de Naples, 300, 301. — 
Intrigues de Boucicaut avec 
I'evfique pour reprendre la 
ville, 306-309. — Mise au ban 
des Guelfes, 306, 307. —Voy. 
Auger (Philippe). 

Scala (Brunoro della), seigneur 
de Verone. Arriv6e a Plai- 



TABLE ALPHABETIQUE. 



435 



sance avec Boucicautet Mar- 
silio de Garrare, I, 272, 273. 
— Quitte Milan avec eux, 

284, 285. 

Scales (Thomas). Bruit faax de 
sa capture k Orleans, UI, 34, 
35. — Fait prisonnier k Pa- 
tay, 74-77, 130, 131. — 8om- 
nie par Jeanne d ' Arc de lever 
le si^e d'Orleans. 112, 113. 

Senlis. Bruit de larrivee du 
due de Bourgogne en cette 
ville, m, 170, 171. — Sou- 
mission k Charles VII, 212, 
213. 

Serravalle. Combats entre Bou- 
cicaut et Facino Cane, 1, 292- 
295. 

Seville, II, 206, 207. 

Sicile. Armement de galores 
dans cette ile pour le compte 
des Pisans, I, 220, 221. = 
Commerce avec Vcnise, II, 
126, 127. — Coque venilienne, 
patron Giovanni Mantello, 
pillee par des corsaires de ce 
pays, II, 256-259. — Les ca- 
l^res du voyage de Flandre 
de 1423 n*y font pas escale, 
268, 269. — Arrestation par 
des coques de ce pays, k Ca- 
dix, de la coque de Niccol6 
Contarini, 276, 277. — Escale 
des galores du voyage de 
Flandre, 324, 325. = Com- 
merce avec Venise, III, 260, 
261. — Voy. Messino et Pa- 
lerme. 

Siega (Francesco della). Envoye 
a G6nes pour reclamer une 
coque venitienne, II, 318-321. 

Sienne. Se const! tue en repu- 
bliqueapr^s la mortdeGian- 
galeazzo Visconti, due de 
Milan, I, 20, 21. — fichec du 
roi Ladislas de Naples devant 
cette ville, 246-249. 

Sigismond de Luxembourg, roi 
de Uongrie. Prend part a la 
croisade de Nicopolis, I, 5- 
13. — Venise lui verse une 
pension annuolle de 6,000 du- 



cats d*or, 14, 15. — Declare 
la guerre k Venise ; envahit 
le Trevisan, 16, 17. ^ Nego- 
ciations entre Philippe le 
Bon et Venise au suiet de la 
rente constituee par la Repu- 
blique k ce souverain, II, 278- 
281. 
Sigismond, roi de Hongrie, em- 
peur d'Allemagne. Bruit de 
son entremise pour la con- 
clusion de la paix d' Arras 
entre Jean Sans -Pear et 
Charles VI, II, 8, 9. — Ap- 
pele par les gibelins de Gd- 
nes, 24, 25. — Projet d'une 
cntrevue k Nice avec Be- 
noit XIII, 38, 39. — Se- 
jour a Narbonne; bruit d'in- 
tervention entre la France 
et I'Angleterre, 56, 57. — 
Quitte Perpignan pour Paris 
et s'entremet entre la France 
et I'Angleterre, 92-95, 98-101. 

— Bruit de voyage en Hol- 
lande, 94, 95, 118, 119. — 
Bruit de nouvelles negocia- 
tions a Calais pour la paix, 
106, 107. — Son arriv6e a 
Calais; negociations, 114-119. 

— Quitte Calais pour se ren- 
dre a Constance, 122, 123. = 
Negociations de 1432, III, 
364-367. 

Sinope (probablement pour Si- 
sopoli). Des coques venitien- 
nes du « voyage > de la Tana 
y dechargent leurs marchan- 
dises, I, 112, 113; cf. 154, 
155. 

Sisopoli. Voy. Sinope. 

Soissons. Seiour de Charles VII, 
III, 194-197. 

Soranzo (Bernardo). Adjudica- 
taire d'une des galeres du 
voy ape de Flandre de 1427, 
II, 328, 329. 

Soranzo (Cristoforo). t Paron » 
d'une des galeres du vovage 
de Flandre do 1410, I, *304, 
305; — et du voyage de 1412, 
316, 317. 



436 



TABLE ALPHAB^TIQUE. 



Boranzo (Giorgio). Gapilaine 
des deux gat^res du voyage 
d'Aigues-Mortes de 1425, II, 
294, 295; retour k Venise, 
310, 311. 

SoraDzo (Paolo di Gabrieilo). 
Adjudicataire d'unedes deux 
galeres du voyage d'Aigues- 
Mortes de 1428, 11, 334, 335. 

Soraazo (Troiio). Adjudicataire 
d'une des galeres du voyage 
de Flaudre de 1421, H, 194, 
195. 

Soudan (le). Voy. Gaire (le|. 

Southaraplon. Bruit du retour 
de la flotte anglaise ea ce 
port, II, 104, 105. — Bataille 
oavale fraQCO-aaglaisp, eatre 
ce port et Harfleur, 136-141. 

— Arrivee de six des galores 
amenaut Isabelle de Portugal 
en Flandre, III, 238, 239. 

Spinola (Gasparo), capitaine 
genois. Sa coque echappe 
aux Anglais lors de la oa- 
taille navaie entre Southamp- 
ton et Harfleur, II, 138, 139. 

Spinola (Giovanni), capitaine 
genois. Sa nef s'enfuit et fait 
naufrage a la bataille de Har- 
fleur, II, 110-115. 

SquarciaBca (la). Goq ue genoise, 
venant de Rhodes, capluree 
par le roi Ladislas de Na- 
ples, I, 250, 251. 

StPno (Michele), doge de Venise. 
fivenoments de son principat, 
I, 24 et suiv., 150 et saiv. — 
Traits avec Gftnes, 114, 115. 

— Texte ofticiel du rapport a 
lui adrevsse par Carlo Zeno 
sur la bataille de Mudon, 122- 
145. — Discours relatif au 
grand schisme, 264-267. 

Storlato (B.), consul de Venise 
a Alexandrie. Leltre sur la 
)»'ste au Gaire en 1416, II, 
>6, 97. 

Stuart. Voy. Buchan. 

SiilTulk (William Pole, corale 
(ic!). Met le siogo devant Ver- 
iiouil, 11, 282, 283. ^ Bruit 



s; 



faax de sa capture k Orleans, 
III, 34, 35. — Brail salon 
leqael il aurait fait remettre 
Beaugency a Jeanne d'Arc, 
68-71. — Somme par Jeanne 
d*Arc de lever le si^ d'Or- 
leans, 112, 113. — Fait pri- 
sonnier a Jargeau, 128, 129. 
Suriano (Giacomo). Nomme ca- 

{>itaine de quatre grosses ga- 
^res de marchandise, I, 170, 
171. 

Swinton (William de). Tue le 
due de Glarence ^Bang^, II, 
200,201. 

Syrie. Expedition da rectear 
genois de Famagouste, An- 
tonio Guarco, contre Tripoli 
et Damiette, I, 174-177. — 
Organisation, k Venise, d'un 
voyage commercial en cette 
region, 212-215. = Commerce 
des Apices avec Venise, H, 
124, 125, 204, 205, 232. 233. 



Ta^liapietra (Filippo di Quin- 
tino). Adjudicataire d'une des 
galores du voyage de Flandre 
del423, n, 234, 235; — de 
la galere da second voyage 
d* Aigues-Mortes de 1424, 276, 
277; retour k Venise, 294, 
295. 

Talbot (John). Bruit faux de sa 
capture k Orleans, III, 34, 
35. — Bruit selon leouel il 
aurait fait remettre Beau- 
gency a Jeanne d'Arc, 68- 
71. — Bruit d*un sien pariure 
vis-a-vis de Jeanne d'Arc, 
ibid. — Battu et fait prison- 
nier par elle a Patay, 70-77, 
130, 131. — Somm6 par 
Jeanne d'Arc de lever le siege 
d'Orleans, 112,113. 

Tana (la). Galores venitiennes 
de ce voyage arret^s en cours 
de route par Carlo Zeno pour 
renforcer sa flotte; vont a 
Negreponl ; chargent des epi- 



TABLE ALPHABETIQUE. 



437 



CP8 k Modon, I, 82-85. — 
Expedition des G^nois contre 
des coque8 de ce < voyaffe • , qui 
leur echappent, 110-113, 152- 
1 55. — Capture, par les Genois, 
de lacoque de Niccol6 MarcofTo 
venant de ce voyage, 150, 
151. — Arrivee aes coques 
de ce voyage a Pera et ^ Ve- 
nise, 156, 157. = Coques ve- 
nues de la et mouiilees a Pa- 
renzo, II, 338, 339. 

Tarente. Principaute attribuee 
au comte de la Marche, II, 
30, 31. 

Taza (Juan Pedro de la), cor- 
saire biscayen. Attaque la 
coque de Marino Micheli, II, 
152-155. 

Terre Sainte. Conqu^te pro- 
mise par Joanne d'Arc a 
Charles VII, III, 82, 85. — 
Voy. Jerusalem. 

Tirapelle (Basilio). Prise de sa 
coque par celle du Genois 
Odoardo Grillo ou Niccol6 de 
Moneglia, I, 178-181. 

Tortone. Tentative de ravitail- 
lement par I^ucicaut; cap- 
ture du convoi par Facino 
Cano, I, 2D4-299. — Une des 
forteresses se rend a Facino 
Cane, ibid. 

Toscane. La majeure partie de 
ce pays sous la domination 
de Giangaleazzo Visconti, I, 
18, 19. 

Toulouse. Voy. Lescure. 

Tournai. F^tes en I'honneur 
des succos de Charles VII, 
111, i8M87. 

[Trent] (Lawrence). Lettre sur 
Jeanne d'Arc, III, 4S et suiv. 

Trovisana ( coque). Naufrage, 
III, -JHv^, '2H3. 

Trevisani (Giacomo). Capitaino 
du v()vaf;j(^ do Flandre de 
\m), U 'I'S. 247. 

Trevisani (Nircolodi Giacomo). 
a Sovracomito » d'uno galore 
du vovago de Flandre de 1411, 
I, :U*2, 315. — « Paroii • 



d'une galore du vovage de 
Flandre de 1412, 316', 317. = 
Envoye k < Baiona do Mior » 
avec deux galores pour ra- 
mener les debris de la car- 
gaison de la galore Pasqua- 
liga et regler Taffaire de la 
coque de Giovanni Mantello, 
II, 252-257. 

Tr6vi8e. Territoire menace par 
Sigismond, I, 16, 17. — So- 
jour de Jacques de Bourbon, 
comte de la Marche, II, 220, 
221. 

Tripoli de Syrie. Expedition 
d 'Antonio Guarco, recteur 
genois de Famagouste, contre 
cette ville, I, 174-177. 

Troves. Traits de 1420, II, 188- 
191. = Soumission de la ville 
a Joanne d'Arc, III, 154, 155, 
172, 173, 174, 175. — Bruit 
d*un siege anglais, leve par le 
comte de Vendftme, 278-281. 

Tunis. Retour de Bartolommeo 
da Canale, rectour v^nitien 
en Barbarie, II, 314, 315. 

Turin. Nouvelles venues de 
cette ville sur la sentence ar- 
bitraledu comte Amedoe VIII 
dans TalTaire de Beyrouth, I, 
242, 243. 

Turquie. Voy. Bajazet (sultan). 

Tyrol (Fredericd'Autriche,com- 
te do). Voy. Autriche. 



Valaresso (Bartolommeo). « Pa- 
ron » d'lino galore du vovage 
do Flandro de 1 'i08,I,238-2'iO. 

Valonco (Espagno). Capture par 
los (lonois d'une galore v<»ni- 
tienno venant de cette villo, 

I, 102, 103. — Naufrago do 
douze coques sur la plage, 
III, 280-283. 

Valoncionnos. Entrovuedu dau- 
[»hin Joan avoc Joan 8;ins- 
Poiirot lo comte de Hainaut, 

II, 120, 121. 

ValpiTga (Criurgio do), capitaine 



438 



TABLE ALPHABtiTIQUE. 



a la Bolde de Charles VII. 
Lettres par lui adress^es k 
Milan sur lea succ^ da roi, 
m, 166, 167. 

c Valusin » {N., tils du sieur de). 
Fait prisonnier, III, 288-291. 

Varambon (Francis ae la Pa- 
lud, sire de). Bruit de son 
entree dans Auxerre, III, 
146, 147. — Bruit de sa mort, 
152, 153. 

Venceslas ou Ladislas, roi de 
Naples. Voy. Ladislas. 

Venceslas, patriarche d'Antio- 
che. Bejour a Venise, I, 260, 
261. 

Vend6me (Louis de Bourbon, 
comte de). Bruit de la prise 
d'une place forte en Cham- 
pagne et de la lev^e du si^ge 
de Troyes par ses troupes, 
III, 276, 278-281. 

Venier (Pietro di Maffeo). Ad- 
judicataire de la galore du 
voyage d'Aigues-Mortes en 
143U, II, 2, 3. 

Venier (Sanlo). Nomme ambas- 
sadeur a I'occasion de l*av6- 
nementde Ferdinand I*''d*A- 
ragon, I, 318, 319. 

Venise. Prend part a la croi- 
sade de Nicopolis, I, 4, 5, 8, 
9. — Constitution d'une pen- 
sion annuellode 6,000 ducats 
a Sigismond de Luxombourg, 
roi ilo riongrio, 1 i, 15. — Re- 
tour do Tomniaso Mocenigo, 
capitaine (ie la (lotte venoto- 
genoise dans la cmisade de 
NicDfioHs, ibid. — Sigismond, 
roi {\c Ilongrie, declare la 
guerre a la Kopubli<|iie, 16, 
17, — Consequences commer- 
ciales, desaslreuses pour Ve- 
nise, do la mort de (lianga- 
leazzo Viscoiiti,duc (le Milan, 
"J'j, J 5. — ]^]venenienls du 
])nnri[)at <le Michele Steno, 
J I o{ suiv. — (^raint.es lors 
f](^ 1 expedition i^cnoise cnntre 
lesSarrasins;annementd'nne 
llotiille hua> Ics onlirsdo Car- 



lo Zeno, 34 et suiv. — Irrita- 
tion des Cr^nois contre la sur- 
veillaace exercee sur lear 
flotte par les galores de Carlo 
Zeno, 38-41. — S6joor de 
Manuel U Paleologue, 44-49. 

— Dommages causes aux 
marchands venitiens de Da- 
mas, dans leurs magasins de 
Beyrouth, par la flotte ge- 
noisede Boucicaut; reclama- 
tions des facteurs transmises 
a Boucicaut et a Carlo Zeno, 
66-71, 176, 177. — Prdpara- 
tifs de combat de Zeno contre 
la flotte genoise, 80-87. — 
Zeno y envoie une galere 
pour aviser la Seigneurie du 
pillage de Beyrouth, 82, 83. 

— Bataille navale de Modon ; 
Carlo Zeno y defait Boucicaut 
et la flotte eenoise^ 88-95. — 
La galere Molina vient de Ve- 
nise a Modon apporter k Zeno 
I'ordre de ne pas attaquer la 
flotte genoise, 94-97. — Con- 
sequences desastreuses de cet 
ordre, 98-101, 110-113. — 
Capture de deux nefs veni- 
tiennes par Boucicaut dans 
son voyage de retour, 100, 
101 . — Boucicaut declare une 
guerre sans merci a la Repu- 
blique, 102, 103. — Capture 
par les Genois d'une coque 
venant de Valence, ibid, — 
Capture, par les Genois, de 
plusieurs coques k Cadix, a 
Alexandrie, 102, 103, 150- 
153. — Emprisonnement des 
Venitiens de Pera ; plainte 
de Leonardo Mocenigo au ca- 
pitaine genois du bourg; tn^ve 
conclue entre eux, 106, 107. 

— Retour de Carlo Zeno, 108- 
111. — II y envoie les Genois 
faits prisonniers a Modon, 
ibid. — Chateauinorand et les 
autres prisonniers francais 
amenes a Venise et enter- 
mes sous les Plombs, 108, 
109 ; neguciations pour leur 



TABLB ALPHAB1£TIQUE. 



439 



d^livrance, 412-115. — Les 

{)n80DQier8 genois mis dans 
es prisons de Terra Nuo- 
va, 108-111. — Arrivee de 
Carlo Zeno el de Leonardo 
Mocenigo, 110, HI. — Retour 
de trois coques de la Tana 
qui echappent aux G^nois de 
Pera, 110-113. — Ambassade 
de GaLtaneo Gicala et traite 
avec G^nes, 112-117, 164-167. 

— Arrestation des marchands 
venitiens de Montpeiiier et 
contiscation de leurs mar- 
chandise?, sur Tordre du due 
de Berry et a ['instigation de 
Boucicaut, 116-123. — Dom- 
mages graves aiors causes aux 
Venitiens, 120-123. — Texte 
of6ciel du rapport sur la ba- 
taille de Morion adresse par 
Carlo Zeno au doge Michele 
Steno, 125-145. — Boucicaut 
capture par trahison une ga- 
lere de gros tonnage, 148, 149. 

— Capture, par los Genois, 
des coques de Giovanni Obizzo 
et de Niccol6 Marcoffo, 148- 
151. — Traits conclu avec 
G^nes par I'entremise de Ma- 
nuel 11, 154, 155. — Plainte 
portee par Zeno contre ses 
« sovracomiti i ; sontonce du 
grand Conseil, 158-161. — 
Incendie du campanile de 
Saint-Marc, 100-163. — No- 
mination nouvelle de Carlo 
Zeno comme capilaine gene- 
ral de dix galores; ses « so- 
vracomiti 1, 166-171. — Cap- 
ture, par les Gonois, des co- 
ques do Basilio Tirapelloet de 
(yiorgio Monganero dans les 
parties do Romanie, 178-183. 

— Accord de Boucicaut ot de 
Franrois II de Carrare, soi- 
gneur do Padoup, contre los 
Vonitiens, 18-J, 183. — Kpi- 
domio de 1405, 208, 200. — 
Voyages de Syrio, do Roma- 
nie ot do Flandre do I4IM), 
212-217. — Dt'tonso aux ga- 



lores du voyage de Flandre 
de 1406 de faire escale k Ai- 
gues-Mortes, 216, 217. — 
voyaffe de Flandre de 1406, 
218, 219. — Ambassade de 
Tomroaso Mocenigo k Gdnes 
poar le r^glement de Taffaire 
de Beyrouth, 224-227. — Pro- 
jet de negociations a Bologne 
avec Gfines, 224, 225. — Ne- 
gociations a Florence avec la 
R^publique et G^nes, 226- 
229. — Mort de Giovanni de' 
Beltramini , chevalier pen- 
sionne par la Seigneurie, aux 
environs de Plaisance, 232, 
233. — Voyage commercial 
de Flandre de 1408, 238-240. 

— S^jour et negociations do 
Raymond de Lescure, prieur 
de Toulouse, 240, 24 1 . — Sen- 
tence arbitrale rendue par 
Am^d6e VIII, comte de Sa- 
voie, entre la Republiqoe et 
G^nes. 242, 243. — Ambas- 
sade g^noise d'Enrico Gri- 
maldi au sujet de cette sen- 
tence ; reponse ^nergique de 
la Seigneurie, 244, 245. — 
Voyage de Flandre de 1409, 
246, 247. — Ambassades de 
Charles VI, de Henry IV 
d'Angleterre et de Jean Sans- 
Peur, 260-261. — Sojour du 
patriarched'Anliochefoud'A- 
loxandrio?), ibid. — Galore 
envoyoe de Cividale par Gre- 
goire XII, ibid. — Galore 
onvoy^e de Pise par Alexan- 
dre V avec Tambassadeur 
Pietro dolla Randa, 260-203. 

— Negociations relatives au 
grand schismo; discours du 
doge Michole Steno, 260-267. 

— i^'obodionce enlevoo a Gro- 
unre XII ot donnoo a Aloxan- 

V, 2(;6-261). — Ami)as- 



^ 



ro 



sadi' a Aloxantiro V, 268-271. 
— Am bassado a G rogoire XII, 
270, 271. — Ron forts envoy os 
a Vorone, a Padouo ot dans 
lo Pidosine du Forrarais, 272- 



440 



TABLE ALPUAB^TIQUE. 



275. — Imp6t8 militaires ^ta- 
blis 8ur les rives du P6 et ea 
Lombardie par les gouver- 
neurs de la Republique, 274, 
275. — Explosion de joie iors 
de la prise de G^nes par le 
marquis de Montferrat et Fa- 
cino Cane, 282-285. — Haine 
contre Boucicaut, ibid. — N6- 
gociations avec les Malatesta 
contre Boucicaut, 286-291. — 
Lettres de Francesco Gonta- 
rini, provediteur en Lombar- 
die, sur les succ^s remportes 
par Facino Gane contre Bou- 
cicaut, 292-299. — Sejour 
et n^ffociations de Gabrino 
Fondolo, 298, 299. — Ambas- 
sade envoyee par Tentremise 
de Facino Gane pour nego- 
cier un accord entre Giam- 
maria Visconti, due de Milan, 
et son fr^re Filippo, comte de 
Pavie, 300-303. — Ambassa- 
deurs venitiens nommes dans 
le m^me but, 302-305. — Com- 
merce de Milan avec G6nes, 
Anc6ne et Pise, au detriment 
de la R6publique, 302, 303. 

— Vovage de Flandre de 
1410, 3()i, 305. — Voyage de 

deux] coques privies a Can- 
ie pour y prendre des vins, 
304, 305. — Prise de Gastel- 
lazzoen Lombardie, 308-310. 

— Arrivee de trois galeres du 
Voyage de Flandre; celle de 
Giovanni Morosini brisee a 
I'entree du Piiare de Messine; 
envoi d'une galere de secours, 
312, 313. — Vovage de Flan- 
dre de 1411, 312-315. — Re- 
tour des coques Carretta et 
Ziliola, echappees aux Gonois 
pres de Gadix, 314, 315. — 
Voyage de Flandre de 1412, 
314-317. — Vovage de Flan- 
dre do 1413, 316-319. -- No- 
mination d'ambassadeurs a 
roccasion de ravenemont de 
Ferdinand !«'• d'Araj?on, 318, 
3 1 'J. =: Voyage d'Aigues- 



s 



Mortes de 1414, II, 2, 3. — 
Abondance des epices, 2-5. — 
Voyage de Flandre de 1414, 
2-5. — Second voyage d*Ai- 
ffues-Mortes de 1414, 4, 5. — 
voyage d'Aigues-Mortes de 
1415, 12, 13. — Voyage de 
Flandre de 1415, 12-15. — Ar- 
rivee de Tambassadede Jean- 
ne II de Naples, 14-19. — Re- 
tour tardif a Venise des galores 
de Flandre de 1414 avec An- 
drea Zane, 18, 19. — Arres- 
tation de marchands de la 
Republique en Angleterre et 
contribution k eux impos^e 
par Henry V, 20-23. — Retard 
des galeres de Flandre del 41 5, 
22-25. — Bruit de la pro- 
chaine arrivee du comte de la 
Marche. 26, 27. — Reception 
solennelle du comte de la 
Marche, 26-33. — Ambassade 
de Jeanne U de Naples, 30- 

33. — D^chargement a Sand- 
wich de la coque Sabbadina, 

34, 35. — Arriv6e d'une am- 
bassade de Filippo Maria Vis- 
conti, due de Milan, 56, 57. 
— Rappel du s6jour en cette 
ville d*Alphonse, b&tard de 
Portugal, lors de son pMeri- 
nage au Saint-Sepulcre, 64, 
65. — Joie a la nouvelle, bien- 
t6t dementie, de la mort de 
Ferdinand 1««" d*Aragon, 68, 
69. — Arrivee de la nouvelle de 
la bataille d' Azincourt, 70, 71 , 
74, 75. — Vovagps d'Aigues- 
Mortes et de Flandre de 1416, 
90, 91 ; retour, 96, 97. — Co- 
ques neuves des Zilioli mises 
au voyage de Flandre en 
1416, 92, 93; cf. 182, 183. — 
Lettre de B. Storlato, consul 
de la Republique a Alexan- 
drie, sur la peste au Gaire en 
1416, 96, 97. — Arrivee des 
galeres d 'Andrea da Molino 
a rEcluse, 102, 103. — Voyage 
d'Aigues-Mortes de 1417, 124, 
125. — Peste a bord des ga- 



TABLE ALPHABETIQUE. 



441 



l^res du voyage de'FlaDdre de 
4416, vice-capitaiDe Paolo 
Pasqualiffo, 124, 125. — Voy- 
age de Fiandre de 1417, 126, 
127. — Retourdes galeres du 
voyage de Fiandre de 1416, 
ibid. — Trois coques sou- , 
dov^es par I'Angleterre, 128, 
129 ; projet d'une ambas- 
sade en France pour expli- 
quer ce fait, 130, 131. — Re- 
tour des galeres du voyage de 
Fiandre de 1417, 148,149.— 
Relour de Fiandre, en vingt- 
neuf jours, de la coque de 
Marino Micheli, attaquee en 
route par des corsaires bis- 
cayens, 148-155, 310, 311.— 
Capture de deux coques bis- 
cayennes par Bertuzzi Diedo, 
154, 155. — Voyages d'Ai- 
gues-Mortes de 1418, 154, 155, 
156, 157. — Arrivee et sejour 
de Henry de Beaufort, ev^que 
de Winchester, et du prieur 
de • Sainte-Marie d'Angle- 
terre », 158-163. — Nouvelles 
du retour des galeres du 
voyage de Fiandre de 1418, 
166-169. — Vovage de Fian- 
dre de 1419, 170-173, 178-181. 

— Voyages d'Aigues-Mortes 
de 1419, 172-175. — Passage 
d'un messager francais en- 
voye prfesdu comte de la Mar- 
che en Pouille, 176, 177. — 
Reprise du commerce entre 
la Fiandre et I'Angleterre, 
accueillie avec joie, 178, 170. 

— Naufrage de la coque de 
Marco nocchetta(aux Zilioli), 
182, 183.— Vovas^c de Fian- 
dre de 1420, "186, 187. — 
Vovaf?e d'Aigues-Mortes do 
1420, 186-180. — Hi'tour dos 
galeres du vuyage de Fiandre 
de 1419; retard de doux 
d'enlre elles, assaillios par la 
tempete au rap Saint- Vin- 
cent, 188, 189. — Voyages 
d'Aiguos-Mortes de 1421, 192, 
193, -JOi, 205. — Voyage de 



Fiandre de 1421, 192-195. — 
Retour de la galore de Nic- 
colo Lombardo, venant de 
Gorfou avec les debris du 
chargement de la coque de 
Dario Malipiero, 196, 197.— 
Abondance des epices en 1421 , 
204, 205. — Capture de co- 
ques par les Biscayens, 206- 
209. — Voyage d'Aigues-Mor- 
tes de 1422 et retour, 214, 215. 

— Armement de deux fortes 
galores contre les pirates de 
TAdriatique, 214-217. — Voy- 
age de Fiandre de 1422, 216, 
217; annonce du retour, 224, 
225. — Vovage de Fiandre de 
1423, 232-537. — Abondance 
des epices venues de Syrie et 
d'Alexandrie en 1422, 232, 
233. — Rivalite commerciale 
avec Florence en Fiandre, a 
Londres et a Aigues-Mortes, 
232-235. — La galere Pas- 

3ualiga (du voyage de Fiandre 
e 1422) attaquee par des cor- 
saires biscayens; conduite du 
capitaine Andrea Zane sev^- 
rement jug^e; sa condamna- 
tion; ambassade a Jean II 
de Castille pour regler cette 
affaire, 236-239, 242-257. — 
Envoi de deux galeres pour 
ramener le reste de la cargai- 
son de la galere Pasqualiga, 
250, 251. — Negociations de 
Niccol6 Trevisani a Saragosse 
et du Catalan Podroneto a 
Venise pour rc^gler I'affaire de 
la coque de Giovanni Man- 
tello, 255-259. — Annonce du 
retour des galeres du voyage 
de rj23, 260,261. — Voyage 
de Fiandre de 1424,270,271. 

— Voyage d'Aigues-Mortes 
de 142i ; abondance des epi- 
ces, ibid. — Second voyage 
d'Aigues-Mortes de 1 424, 276, 
277; mort du capitaine, 286, 
287. — Arrivee a un ambas- 
sadeur de Philippe le Bon 
pour rdgler TalTaire de la 



442 



TABLE ALPHABBTIQUE. 



rente due par la Republique 
k Sigismond. roi de Hongne ; 
il descend a l'h6tellerie de 
I'Esturgeon, 278-281. — Ga- 
lore eqaip^e par Tristan de 
Clermont, 286, 287. — Avis 
sur les affaires de France 
transmis a la Seignearie par 
le marquis de Perrare, 288- 
291 . — Voyage de Flandre de 

1425, 290-293. — Voyage 
d'Aigues-Mortes de 1425, 292- 
295; retour k Venise, 310, 
311. — Naufrage de la coque 
de Bulgaro Vitturi, allant a 
Candle, 294, 295. — Retour 
de la galore Tagliapietra, ibid. 

— Voyage de Flandre de 

1426, 310-313. - Voyage 
d'Aigues-Mortesde 1426, 314, 
315. — Retour de Bartolom- 
meo da Canaie, recteur en 
Barbarie. 314, 315. — Cap- 
ture de la coque de Pietro 
Balbi, allant de Candie en 
Flandre, par la Lomellina; 
envoi de trois coaues neuves 
a son secours et aun ambas- 
sadeur a Gdnes, 314-323. — 
Arriv^e et reception de Phi- 
lippe de Bourgo^ne, comte 
de Saint-Pol, 322, 323. — 
Naufrage de la galore da 
Ponte, vpnant d'Aigues-Mor- 
tes, 324-327. — Depart de la 
coque de Marino Micheli 
pour Candie et ia Flandre, 
326, 327. — Voyage de Flan- 
dre de 1427, 3-28, 329. — 
Vovap^e d'Aigups-Mortes de 
1427,328,329,330,331. — De- 
part de la coque Neuve pour 
Candie et ia Flandre, 332, 333. 

— Vovaged'Aiguos-MortPsde 
1428,* 334, 335; retour, 336- 
339. — La coque Balba raise 
au voyage de Poland re en 
1428, ibid. — Ambassades 
venues de Montpellier et de 
Mantoue, 336, 337. — Escales 
(les p:iili*res dii voyage d'Ai- 
gues-Morlos, 338,339.— Ar- 



rive d'un ambassadear fran- 
cais venant de Rome ; affaire 
de Patras, 338-347. = Voyage 
d'Aigues-Mortes de 1429, 111, 
2, 3. — Voyage de Flandre 
de 1 429, 2-5 ; retour k Venise, 
258-261. — R^lement poar 
le chargement des epioes du 
voyage de Flandre, 4-7. — 
Lettres du marquis de Mont- 
ferrat k ia Seigneurie sur le 
fait de Jeanne d'Arc, 140-163. 
— Retour de la galore Mo- 
lina, venant d' Aigues-Mortes, 
168, 169. — Voyage d'Aigues- 
Mortes de 1430, 242-245. — 
Abondance des epioes en 
1430, 242, 243, 256, 257. — 
Voyage de Flandre de 1430, 
256-259. — Commerce a^ec 
la Sicile, 260, 261. — Coaues 
brisees sur la plage de Va- 
lence, 280-283. — Nouveile, 
re^ue par la Seigneurie, de 
la defaite du prince d'Orange 
k Anthon, 284, 285. — Arn- 
v6e des coques k l'£icluse, 
310, 311. — Retour de la ga- 
lere d'Aigues-Mortes (1430), 
312, 313. — Arrivee k TEcluse 
des galores du voyage de 
Flandre de 1430; incident 
dans la mer d'Espagne, 312- 
315. — Sejour a Londres des 
galores de ce voyage, 314- 
317. — Arrivee de Niccolo 
Albergati, cardinal de Sainte- 
Croix, 344, 345. — Retour de 
la coque Canale, 356-359. — 
Negociations avec le due de 
Milan, 364-367. — Bruit de 
I'arriv^e d'un ambassadeur 
francais, 368, 369. — Le car- 
dinal Francesco Condolmieri 
mande a Rome par Eugene IV, 
ibid. — Naufrage de la galere 
do Pietro Quirini sur la cdte 
de Norvege, 370-373. — Nau- 
frage dune galere de Nar- 
bonne venant d'Alexandrie et 
portant des marchandises ve- 
uitiennes de contrebande, 372- 



TABLE ALPHABETIQUE. 



443 



375. — Voyages de Flandre 
et de Levant de 1433, 374- 
379. — Voy. Esturgeon (h6- 
tellerie de T), San Giorgio 
Maggiore (monast^re de), San 
Giovanni Decollato (^glise de), 
Saint-Marc (^glise), Steno (Mi- 
chele), etc. 

c Verdu t {N., comte de), en 
Angleterre. Negociation pour 
son mariage avec Marguerite 
de Bourgogne, II, 162-465. 

Vemeuii. Nouvelles de la ba- 
taiile, II, 280-285. — Re- 
prise de cette place par les 
troupes francaises, III, 220- 
223. 

Verone. Les Venitiens renfor- 
cent la garnison, I, 272-275. 

— Negociations entre les Ma- 
latesta et Veniso pour la de- 
fense de cette ville, 288, 289. 

— Voy. Scala (Brunoro della). 
Viau de Bar (Le). Bruit de son 

entrde dans Auzerre, lU, 146, 
147. — Bruit de sa mort, 152, 
153. 

Vicence. Negociations entre les 
Malatesta et Venise pour la 
protection de cette ville, I, 
288, 289. 

Vienne (Autriche). Detention 
de Jean XXIII, II, 92, 93. 

Vienne (Guillaume de), sei- 
gneur de Bussy. Fait prison- 
nier a Anthon, III, 290,291. 

Visconti (Filippo), comte de Pa- 
vie, frere de Giammaria. Ne- 
gociation d'un accord entre 
son Mre et lui, I, 300-305. 

Visconti (Filippo Maria), se- 
cond fils de Giangaleazzo, due 
de Milan. Accueil par lui fait 
au comte de la Marche, II, 
26, 27. — Ambassadc a Ve- 
nise pour traiter avec Pan- 
dolfo Malatesta, 56-57. =r 
Lettre a lui adress^e sur la 
bataille de Baupe, 198, 199. 

— Ambassade envoyee par 
Martin V pour nejiocier un 

le due et 



manage entre 



Gaterina Golonna, ni^ce da 
pape, 218, 2i9. — Bruits de 
son manage avec une sceur 
de Louis III d'Anjou, 218- 
221 , 230, 231 . — Alliance avec 
Louis III d'Anjou, 266, 267. 
= Lettres k lui adressees sur 
les progr^s de Gharles VII, 
III, 166, 167, 302, 303.— Nego- 
ciations avec Venise, 366, 367. 

Visconti (Gabriello Maria), b4- 
tard de Giangaleazzo. Serait 
devenu comte de Pavie apr^s 
la mort de son p^re, 1, 22, 23. 

Visconti (Giammaria), fils aine 
de Giangaleazzo. Devient due 
de Milan apr^s la mort de son 
pere, I, 22, 23. — Gendre de 
Carlo Malatesta, 286, 287. — 
Negociation d'un accord entre 
lui et son fr^re Filippo, comte 
de Pavie, 300-305. — Castel- 
lazzo se donne a lui, 308-311. 

Visconti (Giangaleazzo), due de 
Milan. Sa mort, I, 17-21. — 
Consequences de sa mort, 
desastreuses pour le com- 
merce venitien, 20-25. — 
Villes donnees en dot a sa 
fille Valentine, 290-291. 

Vitturi (Bulgaro). Sa coque, en 
route pour Candie, fait nau- 
frage dans la mer de Flandre, 
II, 294, 295. 

Vitturi (Daniele), ambassadeur 
venitien pres I'Empereur, III, 
366, 367. 

Vivaldi (Tonello de'), capitaine 
g^nois. Sa coque echappe aux 
Anglais lors de la bataille 
navale entre Southampton et 
Harfleur, II, 138, 139. 

W 

Warchin (Jean de), marechal 
ou plutot senechal de Hai- 
naut. Tue a Azincourt, II, 
78, 79. 

Wavrin (Robert, seigneur de). 
Tue a Azincourt, II, 76, 77. 

Wavrin (Robert de), fils du pre- 



444 



TABLE ALPHABETIQUE. 



cedent. Tue k Azincourt, U, 
76, 77. 
Winchester (Henry de Beau- 
fort, cardinal-ev^ue de). Voy. 
Beaufort. 



Zane (Andrea). Patron d'une 
galore du voyage de Flandre 
cle 1414, II, 2, 3; son retour 
tardif k Veniee, 18, 19. — Ca- 
pitaine des galores du voyage 
de Flandre de 1422, 216, 217; 
retard, 218, 219 ; annonce de 
8on retour a Venise, 224, 225. 

— Une de ses galores, la 
Pasqualiga, attaquee par des 
corsaires biscayens; sa con- 
duite 86v^remenl jugee; sa 
condamnation, 236-239, 243- 
257. 

Zane (Paolo). Ambassadeur de 
Venise pres Amedee VIH de 
Savoie, I, 242, 243. 

Zara, I, 14, 15. 

Zeno (tnaison des), a Venise. 
Giovanni Grispo, due de I'Ar- 
chipel, y descend, II, 164-167. 

Zeno (Carlo), capitaine gene- 
ral de la dotle venitienne. 
Mis k la tete de douze ga- 
leres pour surveiller la flotte 
genoise, I, 36, 37. — Ren- 
contre la flotte franco -ge- 
noise; irritation de Bouci- 
caut et des Genois, 38-41. 

— Ne s'arrete pas a Rhodes 
et fait voile vers Modon, 42, 
43, — Les galores venitiennes 
qui avaient accorapagne Ma- 
nuel II Paleologue le rejoi- 
gnent a Modon, 48-50. — 
In forme par le consul de 
Venise a Rhodes des dom- 
mages causes aux marchands 
vonitiens de Beyrouth par la 
flotte genoise de Boucicaut, 
il envoye une galere a Ve- 
nise, 68-71. — Decide d'atta- 
quor la flotte genoiso, 74, 75. 

— Consoil de guorrc par lui 



tenu k Gandie, 74-77. — Quitte 
Gandie et fait route vers Mo- 
don, 76, 77. — Mouitle a 
Porto Lungo (Sapienza), 80, 
81. — Pr^paratifs de combat 
contre la flotte genoise de 
Boucicaut, 80-87. — Arr^te 
en cours de route, pour ren- 
forcer sa flotte, qu'il dirige 
sur Negrepont, des gal^ree da 
voyage de la Tana, 82-85. — 
Renforts par lui demandes au 
ch&telain de Modon, 84-87. 

— Poursuite et attaque de la 
flotte genoise de Boucicaut; 
bataille navale et victoire des 
Venitiens, 86-95. — La aa- 
l^re Molina luiapporte rordre 
de ne pas attaquer la flotte 
eenoise; desolation de Zeno, 
94-97. — II envoie Leonardo 
Mocenigo pr6venir les Veni- 
tiens de Romanie, 96-99. — 
Gons^quences desastreusesde 
Tordre apporte par la galore 
Molina a Carlo Zeuo, 98-101. 

— Retour a Venise, 108-111. 

— Envoie son rapport sur la 
bataille par un brigantin arme 
a Modon, 122, 123. — Cinq 

§al^res armees par lui a Gan- 
ie, ihid, — Texte oilficiel de 
son rapport au doee Michele 
Steno sur la bataille de Mo- 
don, 122-145. — Se tromf)e 
sur les intentions de Bouci- 
caut avant la bataille, 134, 
135. — Demande une en- 
qu^te sur sa conduite a Mo- 
don, 136, 137. — Attaque la 
galore de Boucicaut, 136-141. 

— Ses raisons d'engager la 
bataille, 142-145. — Retour a 
Modon apr^s la bataille, 146, 
147. — Terreur cju'il inspire 
aux galeres genoises de Bou- 
cicaut, 148, 149. — Lieu de 
la bataille dite de Modon, 
152, 153. — Leonardo Moce- 
nigo explique sa conduite par 
les ordres qu'il a recus de lui, 
156, 157. — Plainte par lui 



TABLE ALPHABETlQUfi. 



4i5 



port^e k la Sei^eurie contre 
ses a sovracomiti » ; sentence 
du grand Gonseil, i58-i61. — 
Nomme de nouveau capitaine 
general de dix galores; ses 
€ sovracomiii », 166-174. 

Zeno (Marco di Francesco). Ar- 
mateurd'une galeredu voyage 
deFlandredel415,II,14,15. 
— Adjudicataire d'une galore 
du voyage de Flandredel416, 
90, 91 ; — de 1418, 156, 157. 

Zeno {N.). Adjudicataire d'une 
dcs galeres du voyage de 
Flandrede 1421,11,194,195. 

Ziaglo (le). Onze galores ge- 
noises de la flotte de Bouci- 



caut 86 dirigent vers ce point, 

I, 126, 127. 
Ziliola (coque). Retourde Flan- 

dre; echappe aux Genois 

au-des8U8 de Gadix, I, 314, 

315. 
Zilioli (Giovanni Buono de'). 

Voy. Buono. — Voy. aussi 

Bocchetta. 
Zionchio (Navarin). I^a flotte 

fenoise s'eloigne de ce c6te, 
, 132-135. — Lieu de la ba- 
taille dite de Modon, 152, 153. 
Ziorza (coque). Voy. Giorgi. 
Zuccato (Teodorino). Ranconn^ 

far des corsaires biscayens, 
I, 206, 207. 



TABLE DES MATlfiRES 



DU TOME QUATRlfiME. 



TABLE DES MATIERES 

DU TOME QUATRI^ME. 



fiTUDE SUR ANTONIO MOROSINI ET SON CEUVRE. 

Ghapitrb I. 

Avertissement. 3-16 

Divulgation loute r^cente de I'oeuvre du VeDitien Antonio 
Morosini. — 6tat ou elle se trouvait conservee : i Vienne 
en manuscrit original, provenant de la collection du doge 
Marco Foscarini ; a Venise en copie moderne. — Citation 
inopinee de divers passages interessant Jeanne d'Arc, par 
M™« Adele Butli, dans son etude : Di Giovanna d'Arco. — 
Communication du R. P. Ayroles 3 

Etude de M. Leopold Delisle : Societe de Thistoire de France ; 
Journal des Savants. — Revelation d*une description 
detaillee de I'ouvrage d'Antonio Morosini, publiee des 
1843, par Tommaso Gar, dans VArchivio storico italiano, 

— Identification de Tceuvre d'Antonio Morosini, etablisse- 
ment de ses carac teres successifs : d'abord Chronique, rela- 
tion compos^e; puis fJiario, journal tenu quotidiennement, 
notant Ics evenemcnts venitiens et les nouvelles recues 
de toup pays a Venise dans le premier tiers du xv« si6cle. 

— Constatation de I'interfit special des correspondances 
relativos a la France, et en particulier k Taction de la 
Pucelle, de 1429 a 1431. — Oubli singulier oil semble 
deraeuree cette source de renseignements, cependant faci- 
lement accessible dans VArchivio storico italiano. ... 6 

Traduction francaise des passages relatifs a Jeanne d'Arc, 
publiee par le R. P. Ayrolos dans k'» Etudes religieuses, — 
Kdition partielle du lexte veoilion, publiee par M™« Adele 

IV 2y 



450 TABLE DES HATliRES 

fiutti dans ses Studi sur La Pucelle. — Edition totaie, 
publi^e par le R. P. Ayroles dans la Vraie Jeanne d'Are . 13 
Plan de la presente edition, comprenant tous les extra! ts de 
rceuvre d'Antonio Morosini relatifs k Thistoirede France, 
entre 1396 et 1433. — Conditions oCi la publication a pa 
s'executer 13 

Ghapitrb II. 

Le Manuscrit. 17-37 

Manuscrit et copies de rceavre d'Antonio Morosini ... 17 

I. Manuscrit original. — Manuscrit ancien unique, suppose 
original, a ia Bibliotheque impdriaie de Vienne. — Son 
histoire : entr^ dans la collection du doge Marco Foscarini 
en 1756; pass^ avec cette collection k la Bibliothdque 
imperiale de Vienne en 1801 ; objet d'une notice detaillee 
de Tommaso Gar en 1843. — Sa description : numerota- 
tion ancienne des feuillets, d'un seul tenant; division 
actuelle en deux tomes, avec numerotation moderne des 
feuillets dans chacun de ces tomes; importance de la 
QumerotatioQ ancienne, la seule a considerer; dimen- 
sions, papier, filigranes, c^xriture. — Constatation de deux 
parties dans I'apparence exterieure du manuscrit : la pre- 
miere consistant en une transcription d'un seul jet, du 
debut jusqu'en 1413-1414; la seconde consistant en series 
d'inscriptions successives, depuis 1413-1414 jusqu*a la fin. 
— Titres courants, manchettes, renvois, indications acces- 
soires. — Reputation indechiffrable de ce manuscrit, se 
reduisant a de reelles difficultes de lecture pour certains 
passages de la seconde partie 18 

II. Copies modernes. — Copie moderne totaie, a la Marcienne 
de Venise. — Son execution sur le manuscrit de Vienne, 
en 1888. — Copie moderne partielle, dans la collection du 
comle Leonardo Manin. — Son indication, vers 1850 . . 33 

III. Fragments divers. — Etat de divers documents trans- 
crits dans I'oeuvre d'Antonio Morosini. — Lettre de I'ami- 
ral vonitien Carlo Zeno, en date de 1403, imprim^e dans 
les Vies dos doges de Venise, de Marino Sanuto. — Deux 
^M'oiifios de c»)rrespon(lances concernant les choses de 
Franco et Taction de Jeanne d'Arc en 1429, existant dans 



DU TOME QUATRIEME. 451 

les archives de Tabbaye v^nitienne de San Giorgio Mag- 
giore, et publics recemment par M. G. dalla Santa. . . 35 



Ghapitre III. 

UOEuvre. 38-101 

Eiedaction de I'ouvrage en dialecte venitien. — Qualifications 
qu'ii presente. — Gonstatation de deux parties dans la 
redaction de I'ouvrage. — D'abord, une Chronique, relation 
composee, s'etendaiit depuis ie debut jusqu'eu 1404. — 
Puis, un Diario, un journal tenu depuis 1404 jusqu'i la tin 
de ToBuvre. — Garacteres respectifs de la Chronique et du 
Diario. — La Chronique, precis d*histoire v^nitienne; le 
Diario, collection de mentions de toute provenance inte- 
ressant Venise, I'ltalie, TEurope, I'Orient 39 

I. La Chronique. — Destruction accidentelle des feuillets de 
t^te. — Deficit du debut reel de la Chronique. — Hypo- 
th6se sur son point de depart. — Fragment isole relatif 
aux ann^es 1094-1108 : son identification. — Gommence- 
ment de la partie continue, en 1202, avec Tindication 
d'^venements de la quatrieme croisade. — RScit de la qua- 
trieme croisade (1202-1204). — R6cit des cinq guerres 
maritimes entre Venise et G6nes, des cinq Guerres g6noises 
(1205-1381). — Orientation de la politique venitienne vers 
le continent. — Obstacle presente par I'fitat de Padoue, 
maitre de la cote opposee. — Efifort de Venise centre 
Padoue et la dynaslie de Carrare. — D^membrement de 
TEtat de Padoue entre Venise et Milan; annexion defini- 
tive de Tr6vise par la Republique ; disparition temporaire 
des Carrare, bientot restaures en partie (1387-1390). — 
Expose d'evonements divers : annexions venitiennes en 
Moree et en Albanio. — Rdcit de la croisade de Nicopolis 
et de la participation de la France a cette enlreprise (1396). 
— Recit de la rivalite de G6nes, devenue possession fran- 
caise, et de Venise. — Troubles qui suivent la dissolution 
de la puissance de Giangaleazzo Visconti, due de Milan; 
campagne maritime du mardchal Boucicaut, gouverneur 
frangais de G^nes, en Orient; rencontre de Modon ; nego- 
ciations de paix (1402-1404) ; traite provisoiroet ses ratifi- 
catiuns C?? mars-3 avril 1404). — Expose devenements 



452 TABLE DES MATIARES 

divere : affaires d'Orient. — Rappel dee origines de la cam- 
pagne de Boacicaut en 1403. — Fin de la Chronique . . 41 

II. Le Diario 55 

Limites du Diario. — Debat du Diario, en 1404, sons la date 
du 10 avril, par une mention relative k la gnerre entre 
Venise et Tl&tat de Padone. — Hesitation de forme, preci- 
sion croissante, caract^re definitif du Diario. — Transcrip- 
tion d'an seal jet, serie d'inscriptions successives, avant 
et depuis 1413-1414. — Arrdt de la partie continue, en 
1433, sous la date du 20 novembre. — Destruction des 
feuillets terminauz. — Deficit de la fin r^elle du Diario. 

— Fragment isol4 relatif k Tannee 1433, son identification. 

— Difficult^ de reconnaitre la vraie limite finale du Diario, 55 

Contenu du Diario. — fivenements d'histoire venitienne. — 
Guerre entre Venise et I'&at de Padoue. — Ck)nqudte8 
veniiiennes; destruction definitive de la dynastie de Gar- 
rare (1404-1406). — Rivalit^ de Venise et de Gdnes fran- 
caise. — Extension de la domination fran^aise en Italie, 
a Pise, a Livourne, en Sardaigne, en Milanais ; revolu- 
tion g^noise ; expulsion des Frangais de Gdnes, puis de 
toute la Haute-Italie (1409-1411). — Guerres continen- 
tales entre Venise et F^tat de Milan reconstitue. — Les 
trois Guerres milanaises relatees dans le Diario (1426-1433). 

— Venise devenue grande puissance territoriale italienne. 70 

Contenu du Diario. — fivenements d'histoire etrang^re a 
Venise. — Reseau de correspondances regulieres apportant 
echos et nouvelles concernant les autres fitats. — Infor- 
mations interessant : le Saint-Siege et les Etats italiens ; 
les divers royaumes de la peninsule Iberique; les diffe- 
rents pays d'Allemagne ; les couronnes Scandinaves ; Tem- 
pire Grec. — Delimitation des informations concernant la 
France et sa lutte avec I'Angleterre (1405-1433). — Impor- 
tance speciale de eel les relatives a Taction de Jeanne 
d'Arc 78 

Contenu du Diario. — Evenements d*ordre commercial. — 
Developpement qu'ils presentent dans le Diario, — Gon- 
vois regulipfs, dits « Voyages de marchandise », etablis 
SOUS la surveillance de I'Etat, pour des destinations speci- 
lieos. — Armemenls particuliers operes a volonle pour 
toutes destinations. — Relevo des a Voyages de marchan- 



DU TOME QUATRliME. 453 

dise » k destinatioD de Flandre et d'Angleterre et a desti- 
nation d*Aigues-Mortes. — Rcleve des armements parti- 
culiers a destination des mers de France 88 



Ghapitre IV. 
L'Auteur. 102-135 

Designation personnelie de l*autear au cours de I'ouvrage. 

— Reiev^ des passages oii se rencontre son nom. — Anto- 
nio Morosini 102 

La maison Morosini. — Notions sommaires sur son anti- 
quite, son illustration. — Origine con tern poraine des ori- 
gines venitienneF. — Trois doges du xii« au xiv« sifecle. 

— Personnages historiques. — Francesco Morosini, le 
Peloponnesiaque, doge et conquerant de la Moree au 
xvii« si^cle, le a Dernier des V^nitiens » 105 

Entourage d'Antonio Morosini. — Son p^re, Marco, de la 
brancbe du doge Michele Morosini (1382); ses frdres et 
scEurs. — Son testament, redige des 1377. Notions qui 
s'en degagent : residence familiale; vie privee ; sentiments 
religieux. — Penurie de renseignements biographiques 
provenant d'autres sources. — Son manage avec Sofia de' 
Garzoni. — Son inscription au Grand Gonseil en 1388. — 
Suppression d'une partie de son ceuvre historique, par 
arrdt du Gonseil des Dix, en 1418. — Menus evenements 
personnels susceptibles d'etre recueillis dans ie Diario. — 
Deductions gen^rales sur sa carriere et sa vie. — Ni eccl6- 
siastique, ni hommc de guerre, ni grand dignitaire d'Etat. 

— Gonnaissance approfondie ct goiit extreme des cbosos 
do la mer, reconnais?abledans toute son ceuvre. — Impor- 
tance accordee aux questions de commerce maritime, sous 
toules ses formes, dans le Diario. — Grande maison de 
commorce venilienno dirigee par ses neveux Albano et 
Marco. — Hypotheses sur le cadre d'existence d'Antonio 
Morosini. — Descendance de ses fr6res et sceurs. — Inte- 
r^i qu'il porte a ses neveux et petits-neveux. — Age 
avance oii il continue encore le Diario, en 1434. — Siuco- 

rilc des impressions iXp^ sa verte vieillesse 112 

IV ^ir 



454 TABLE DBS MAT1£RES 

Ghapitrb V. 

Origines et eUrivis. 136-192 

Recherche des sources auxqueiles a pa puiser Antonio Moro- 
sini. — Examen des emprunts qui ont pu lui 6tre fiaits k 
lui-m6me. — Originalile ^vidente du Diario. — Compila- 
tion probable de la plus grande partie de la ChroniqtAe. . 137 

I. Origines. — Sonrces gen^rales de Thistoire venitienne. — 
Gonstatation de deux textes passes dans la Chronique d' An- 
tonio Morosini. — Troisieme et derni^re fraction de sa 
Chronique suppos^e originale 138 

Niccolo Trevisani. — Notions sommaires sur sa vie et snr sa 
chronique venitienne, s'etendant des origines de Venise 
jusqu'en 1367. — Analogies reconnaissables dfes les pre- 
miers fragments conserves d'Antonio Morosini, se rappor- 
tant aux ann^es 1094-1108. — Gomparaison des deux 
textes : — Au d^but de la partie continue de la Chronique 
d'Antonio Morosini, en 1203-1204 (quatrieme croisade); — 
En cerlains episodes caracteristiques des guerres genoises, 
en 1350 (ouverture de la quatrieme guerre), en 1354 
(batailie navale de Porto Lungo, — preliminaires, — com- 
bat, — incidents typiques) ; — Au dernier passage presen- 
tant similitude, en 1301 (fin du dogat de Giovanni Delfino). 
— Ressemblance partout manifeste 142 

Raffaello Caresini. — Notions sommaires sur sa vie et sur sa 
chronique laiine, continuant celle du doge Andrea Dan- 
dolo, et s't'tendant de 1343 jusqu'en 1388. — Traduction 
visible du texte latin en dialecte v^nitien, a partir de 1361, 
et jlifforence de cette version avec une autre version veni- 
tienne du m^me texte latin, recemment signal6e. — Gom- 
paraison des deux textes : — Au debut de la traduction, 
en 1361 (commencement du dogat de Lorenzo Gelsi); — 
En certains episodes caracteristiques des guerres g^noises, 
en 1378 (ouverture de la cinqui^me guerre), en 1379 (attaque 
de la flolte genoise, maitresse de Chioggia et de I'entree 
des lagunos, par la derniere flotte improvisee par Venise, 
ainsi sauv^e contre toute esperance); — A la fin de la 
chnmiijiio do Ratfaollo Caresini, en 1388 (annexion de 



DU TOME QUATRIEME. 455 

di verses places en Moree). — Traduction partout mani- 
feste 156 

Partie originate, — Fraction de la Chronique d' Antonio Moro- 
sini supposee originale. — Son d^but en 4393, avec I'in- 
dication de Tannexion de diverses places sur la cdte d'Al- 
banie. — R^cit de la croisade de Nicopolis (1396). — Recit 
du conflit de Gdnes francaise avec Venise en Orient (1403- 
1404) ! 167 

II. Derives. — Constatation de deux textes emprunt^s en 
grande partie au Diario d' Antonio Morosini 172 

Pielro Delfino. — Notions sommaires sur sa vie et sur sa 
chronique, la « Cronaca DolGna », s'^tendant depuis les 
origines de Venise jusqu'en 1505, conservee seulement 
jusqu'en 1422. — Gomparaison des deux textes, d^ja eta- 
hlie par Emmanuele Gicogna jusqu'en 1422. — Ressem- 
blances manifestos. — Constatation d'analogies prealables 
entro I'oeuvre historique de Giorgio Delfino, pere de Pie- 
tro Delfino, et le Diario d'Antonio Morosini. — Possibi- 
litfi dp poursuivre la comparaison au i\e\k de 1422, en s'ai- 
dant des citations fr^quentes de la « Cronaca Dolfina » 
faites par Marino Sanuto dans ses diverses oBuvres. — 
Hypothese scion laquelle la « Cronaca Dolfina », dans sa 
partie encore ignoree, pourrait egalement contenir trace 
dos currespondances relatives a Jeanne d'Arc 172 

Marino Sanuto. — Notions sommaires sur sa vie et sur ses 
principaux ouvrages : les Vite de' Duchi di Venezia, s'eten- 
(liint des origines de Venise jusqu'en 1494 ; los Sommarii, 
resume de cette cpuvre compnrtant quelques caractores 
personnels; les Diarii, courant de 1496 a 1533. — Utilisa- 
tion direcle par les Vite de' Duchi, enlre autres multiples 
sources, des textes employes par la plus grande partie de 
la Chronique d'Antonio Morosini jusqu'en 1388. — Com- 
paraison du texte de Marino Sanuto avec celui d'Antonio 
Morosini, depuis le debut de la fraction de sa Chronique 
supposee orij^inalo, en 11^93, jusqu'an dernier fragment 
isolo du Ihario, en 14;Vi. — Ressemblances manifestos en 
nomhre considerable. — Role d'uno edition coniplole du 
Diario ow d'une edition criti(jue du Vite de Duchi. — Hypo- 
theses sur ces rapports directs ou indirects des Vite de' 
Duchi et du Diario. — Tntor^t de CR prohj^me, ici pose et 
limite soulenient 181 



456 TABLE DES HATI^RES 

Appbndiges. 

I. Tableau de concordance du foliotage du manuscrit de 
Vienne 195 

II. Texte du fragment initial d^pareilU de la Chroni^ue, 
1094-1106 199 

IIL Texte du debut de la partie continue de la Chronique. 
4202-1204 202 

IV. Texte de ia fin de la Chronique et du debut du Diario. 
1402-1404 205 

V. Texte de la fin de k partie continue du Diario. 20 no- 
vembre 1433 208 

VI. Texte du fragment terminal depareille du Diario, Juin 
1434 212 

VII. Mentions de la Chronique et du Diario relatives auz 
armements commerciaux de Venise, soit « Voyages de 
marcbaQdise », soit armements particuliers. 1337. 1404- 
1433 217 

VIII. Texte du passage du Diario contenant mention per- 
sonnello d'Antonio Morosini. 1430-1433 222 

•IX. Dispositions testamentaires d'Antonio Morosini. Testa- 
ment et codicille. l"' mars 1377 et 27 mai 1384 .... 228 



ANNEXES DES TOMES I A HI. 

Annexe I. 
Hostilit^R entre G6nes francaise et Venise. 1403-1404. 

Indication dos passages constituant la seconde et la troi- 
sieme narration presentees par les Vite de' Duchi de Marino 
San u to. Gomparaison, passage par passage, de ces deux 
narrations avec les deux reprises correspondantes presen- 
tees par la Chronique d'Antonio Morosini 253 

Annexe II. 

Entreprise do Boucicaut contre TEscandelour. 1403. 

Description de la situation de la place de I'Escandelour, en 
Asie Mineure, sur la cote de Karamanie, place attaqu^ 
par la tlotte franco-gdnoise 258 



1 

\ 



DU TOME QUATRIEME. 457 

Annbxb III. 

Entreprise centre Alexandrie. 1403. 

Expose des mouvements op^r^s par les diverses fractions de 
la flotte franco-genoise, commandee par le marechal Bon* 
cicaut, goavemeur francais de Gdnes 260 

Annbxb IV. 

Principaute de Tarente. 1445. 

Transfert du titre de prince de Tarente k Jacqnes de Bonr- 
bon, comte de la Marche, par Jeanne II, reine de Naples, 
sa femme 266 

Annexe V. 

Gonqudtes portugaises en Afrique. 1416-1419. 

Texte et commentaire de deux extraits du Diario contenant 
des renseignements sur les operations des Portugais dans 
TAfrique du Nord 271 

Annexe VI. 

« El mar de la Baga ». 1417. 
Commentaire sur cette expression geographique .... 279 

Annexe VII. 

« Monsignor de Ventona i. 1421. 

Discussion de Tidentite des divers personnages auxquels a 
ete attribuee la mort du due de Clarence a la bataille de 
Bauge, le 22 mars 1421 282 

Annexe VIII. 

Le comte-marechal d'Angleterre. 1421. 

Discussion de Hdentit^ du personnage pr^sent^ comme 
revdlu de cette fonction, mentionne comme tue a la bataille 
de Bauge, le 22 mars 1421 285 

Annexe IX. 

Princes du sang d'Angleterre. 1421. 

Discussion de I'identite des deux princes du sang d'Angle- 
terre, mentionnes comme tu^s k la bataille de Baugd, le 
22 mars 1421 289 



458 TABLE DES HATIERES 

Aknbze X. 

Mori da roi d'Angleterre Henry V. 1422. 

Ezarnen des bruits divers ayaat coum sar les causes de ia 
mort du roi d'Angleterre Henry V, au ch&teau de Vin- 
cennes, le 31 aoilt 1422, mort attribuee a La i^pre . . . 293 

Anhbze XI. 

Jeanne d'Arc. 1429. 

Texte integral du passage des ViU de' Duchi de Marino 
^ Sanuto, presentant un r6sum6 reconnaissable de Tensemble 
des documents relatifs k Jeanne d'Arc transcrits par Anto- 
nio Morosini 299 

Annexe XII. 

Les Giustiniani. 1429-1430. 

Indications g^nealogiques et biographiques concemant Pan- 
crazio Giustiniani, principal auteur des lettres relatives a 
Jeanne d'Arc transcrites par Antonio Morosini, entre mai 
1429 et novembre 1430, concernant dgalement Marco Gius- 
tiniani, son p^re, son correspondant habituel, et les 
membres les plus proches de sa famille 300 

Annexe XIII. 

Bastilles anglaiscs autour d'Orl^ans. 1428-1429. 

Denombrement des bastilles ^lev^es par Tarmee anglaise 
autour d'Orleans, dont la lettre de Pancrazio Giustiniani, 
en date de la mi-mai 1429, porte le nombre k treize . . 306 

Annexe XIV. 

Ambassade orl^anaise au due de Bourgogne. 1429. 

DiscusBion de la date de Pambassade envoy^e au due de 
Bourgogne par les Orleanais assieges, sous la conduite de 
Saintrailles, au d^but de 1429, k Teffet de lui offrir la 
garde de la ville et du duche d'Orleans 310 

Annexe XV. 

* 

Etendards de Jeanne d'Arc. 1429. 

Signification figuree de la face principale de I'etendard ; des- 
cription de son revers; description du pennon; description 
de la banniere des pr^tres 313 



DU TOME QUATRlftMS. 459 

Annexe XVI. 

Propheties relatives k la Pucelle. 1429. 

Variantes diverses du texte du chronogramme propb^tique 
en forme de tercet, concernant Jeanne d'Arc et son oenYre, 
en Tan 1429, et attribue k B^de le Venerable, texte con- 
tena dans une correspondance en date de Bruges, le9juil- 
letl429 316 

Annexe XVII. 

Arm^e anglaise de renfort. 1429. 

Ex amen des conditions exactes ot s'op^re, d*avril k juillet 
1429, le doable armement destin^ k composer la premiere 
armee anglaise de renfort, ayant passe en France en juil- 
let 328 

Annexe XVIII. 

Armistice de Gompi^gne, actes anterieurs et subs^quents. 

Aoilt-octobre 1429. 

Expose des conditions oCi furent sign^s : 1" Tarmistice de 
Gompi^gne, le 28 aoClt 1429, concurremment avec les 
troves regionales deja existantes entre France et Bour- 
gogne; 2^ Tacte complementaire du 18 septembre; 3<> Teta- 
blissement de la lieutenance du due de Bourgogne, le 
13 octobre. — Clauses exactes de ces actes. — Divulgation 
de leur existence 332 

Annexe XIX. 

Jeanne de Luxembourg, Jeanne de Betbune, Jeanne de Bar. 

1430. 

Indications sur les femmes de la famiile de Jean de Luxem* 
bourg, sire de Beaurevoir, presenles au chateau de Beau-  

revoir au moment de la captivity de Jeanne d'Arc, de 
juin a septembre 1430 351 

Annexe XX. 
Boaulieu. Mai-juin 1430. 

Teinoignfigo relatif a la tentative d'^vasion hasardee par '^ 

Jeanne d'Arc au chateau de Beaulieu, dans les derniers 
jours iU} niai ou les premiers jours de juin 1430 .... 354 



460 TABLE DES MATI&RES DU TOME QUATRI&MB. 

AmiBZB XXI. 

BeaureToir. Juin-jaillet 1430. 

I TemoigoAges relatifs a la tentatiye d'^vasion hasardee par 
7^- Jeanne d'Arc au ch&teaa de Beaurevoir, dans le coars de 

juin on de jaillet 1430 356 

Arnbxe XXII. 

Voyage de Pietro Quirini. 1431-1432. 

Renseignements compl^mentaires snr ['exploration de la 
c6ie septentrionale de Norv^ par le V^nitien Pietro 
Qairini, commandant de c coque i marcbandoi dont le 
IHario d' Antonio Morosini, sous la date du 13 octobre 
1432, signale plusieurs compagnons comme rentrant k 
Venise apr^s de p^rilleuses aventures 360 

Annexe XXIII. 

>^ Lettre de Gosma Raimondi sur la mission de Jeanne d'Arc. 

^ (1429 on 1430) 364 

ADDITIONS BT CORRECTIONS. 

Tome I 377 

Tome II 379 

Tomein 381 

Tome IV 384 

ft 

TABLE ALPHABfiTIQUE DES TOMES I A III . . . 385 
TABLE DES MATlilRES 447 



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