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Full text of "Rébellion de 37-38 [microforme] : précis complet de cette période : rôle d'honneur, ou liste complète des patriotes détenus dans les prisons de Montréal en 1837-1838-1839 : date et lieux des arrestations et autres détails intéressants et inédits sur ce sujet"

Jubilé de Diamant 



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JUBILÉ DE DIAMANT 



Rébellion de 37 = 38 



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PRECIS COMPLET DE CETTE 
. . PERIODE . . 



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ROLE D'HONNEUR 

. OU . 

Liste complète des patriotes détenus 
dans les prisons de Montréal en 

1837 " 1838 • 1839. 



{t4-«* 



Date et lieux des arrestations et autres détails 
intéressants et inédits sur ce sujet 



PAR 



J. DOUGLAS BORTHWICK, L.L.D. 

Auteur de plusieurs traités Canadiens, en Histoire, Géographie 

et Biographie. 



MONTREAL 

IMPRIMERIE DU "CULTIVATEUR" L. J. TARTE «&. FRERE, Props. 

33 & 35 Rue Saint -Gabriel, 
1898 



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DEDICACE 



A ly HonornJ le F. G. Marchand, C.E., Premier 
Ministre de la Prouince d,b Québec^ et aux 
Hotiorahles v'Memhrcs d,a Conseil Exécutif , 
AY',9 collè^ives. 



Je suis heureux de pouvoir voua dédier cet important tra- 
vail sur la rébellion de 1837-38. 

L'histoire offre d'étrang"S coincidences. Ainsi lorsque la 
Reine Victoria montait sur le trône, en 1837, Papineau, Brown 
Nelson et McKenzie étaient les chefs de ce parti qui réussit à 
assurer au Canada le gouvernement responsable. 

Lors du Jubilé delà Reine, en 1887, la province de Québec 
était gouvernée par une administration libérale ayant à sa 
tête feu l'honorable H. Mercier. 

Aujourd'hui, jubilé de diamant de Sa Majesté, 1897, la 
province est encore administrée par un gouvernement libéral 
qui est le vôtre. 

Puibse-t-il prospérer et, sous l'action de vos sages conseil- 
lers faire de la province le porte-drapeau de la Conlédération, 
montrant à l'univers entier que le sang qui anime ses habitants 
coule encore chaud et fort dans leurs veines. 

J. DOUGLAS BORTIIWICK. 

Montréal, 1898. 



PRÉFACE. 



A mesure que s'écoulent les années, le souve- 
nir de cette période mouvementée de 183t-38 de- 
vient de plus en plus cher aux vrais Canadiens. 
Or, au moment où le monde entier vient de célé- 
brer le Jubilé de diamant de la Heine Victoria, 
n'est-il pas raisonnable que nous, descendants ou 
concitoyens de ces patriotes qui ont versé leur 
sang pour la patrie, et dont le courageux dévoue- 
ment nous a obtenu le plus grand bienfait que 
puisse désirer un pays, le gouvernement respon- 
sable, n'est-il pas raisonnable, dis-je, que l'on 
réunisse, pour les faire passer sous les yeux du 
public comme un véritable panorama, tous les 
hauts faits se rattachant à la mémoire des Héros 

de 1837-38. 

On a écrit sur cette importante période plu- 
sieurs histoires, ainsi que de nombreuses brochu- 



— li- 
res et esquisses biographiques, mais presque 
toutes ces œuvres ont eu une circulation res- 
treinte et ne traitaient pas des sujets énumérés 
dans la première page de ce livre. 

An sujet d'une publication antérieure, voici 
ce que M. L. 0. David, le populaire historien de 
cette période, disait de mes efforts tentés pour re- 
cueillir les faits se rattachant à ces intéressants 
événements : " Yous avez le mérite d'avoir fait 
connaître une foule de détails et de documents 
officiels relatifs à ces événements." 

La Patrie écrivait aussi : " Nous ne pouvons 
trop apprécier le haut esprit d'impartialité qui a 
présidé à la conception de cet ouvrage. M. Borth- 
wick a jugé bs événements de 183^-38 avec une 
libéralité de vue et une générosité qu'il est de 
notre devoir de reconnaître." 

Nous pourrions citer plusieurs autres témoi- 
gnages, mais ceux-ci suffiront pour établir com- 
bien le public approuvait cet ouvrage alors impar- 
fait. 

Je vais donner in extenso tout ce que j'ai déjà 
publié sur 1837, 1838 et 1839 ainsi que de nom- 
breux faits recueillis ces années dernières, ce qui 
fera de ce livre l'histoire la plus fidèle de cette 
importante époque. 



— III — 

Puisons à toutes les sources, consultons tous 
les documents judiciaires ou des prisons, recueil- 
lons des patriotes survivants toute information 
parlant de cette intéressante période et entourant 
ainsi d'une auréole de gloire, avec la feuille d'éra- 
ble et la fleur de Lis, l'histoire de ceux qui ont 
bravement défendu nos institutions, qui ont vécu, 
combat! u, et dans nombre de cas, sont morts avec 
cette devisj sur les lèvres : " Vive la Liberté ! " 






'f 



HISTOIRE de la RÉBELLION 

DE 1837-38. 



On ne trouve dans aucun traité une histoire 
aussi claire, slwhsî succinte des év^èneraeuts qui ont 
précédé les hostilités de 183Y-38 que celle publiée 
par la London and Westminster Eevietv, journal 
libéral. 

Dans l'intérêt de ceux qui n'ont pas lu ce 
journal, je vais citer au long ce qu'il dit des évé- 
nements qui ont amené la rébellion. 

Nous y verrons une exposition parfaite de la 
mauvaise administration qui prévalait alorsdepuis 
longtemps en Canada et le mécontentement qu'elle 
avait soulevé chez les habitants du Haut et du 
Bas-Canada. Nous ne citerons que la partie affec- 
tant notre province. 

Vo?ci un exposé sommaire des réformes de- 
mandées par l'Assemblée du Bas-Canada : 

1. Un conseil électif et l'abolition du présent 
Conseil Législatif 

2. Le contrôle absolu du revenu par le peuple 
canadien. 



12 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 



8. Rendre les juges responsables à la lé<^isla- 
ture provinciale et non au souverain. 

Les commissaires d'Angleterre, Lord G-osford, 
Sir^Cliarles Grrey et Sir George Fipps, arrivèrent 
eu Canada dans l'automne de 1835. 

Lord Grosford fut aussi nommé gouverneur 
en chef à la place de Lord Aylmer. 

L'hiver suivant, Sir John Colborne, gouver- 
neur du Haut-Canada, qui s'était rendu extrême- 
ment désagréable à la population de cette pro- 
vince, fut révoqué et remplacé par Sir Francis 
Head. 

Citons les extraits de la Revieiv : 

" Le but de cet article est de donner un ex- 
posé des principaux actes de ces personnages, et 
nous croyons pouvoir établir que non seulement 
ils n'ont pas réussi à calmer les esprits, mais, 
aidés des instructions peu généreuses — j'allais 
dire trompeuses — de Lord Grlenelg, ils ont réel- 
lement activé le mécontentement qui existait lors 
de leur arrivée. 

Avant le départ de Lord G-osford et des autres 
commissaires, M. Roebuck, agent à la Chambre 
d'Assemblée du Canada, soumit au ministre des 
Colonies, Lord Glenelg, un état détaillé, écrit, des 
vues et demandes de cette chambre. 



HISTOIKE DE LA REBELLION DE 1837-38, 13 



Ce document est, sous tous les rapports, d'un 
grand mérito. Il y est question des réformos de- 
mandées par l'Assemblée et l'auteur appuie sur- 
tout sur l'abolition du présent Conseil Législatif 
et la création d'une seconde chambre élective, et 
Lord Grlenelg est prévenu des conséquences sé- 
rieuses qui résulteraient du refus d'accéder à ces 
d'amandes. 

On avait d'abord entretenu l'espoir que les 
commissaires viendraient revêtus des pouvoirs 
d'accorder telles réformes. 

Sir George Grey, il e?t vrai, par respect pour 
les Canadiens ne voulut pas faire connaître au 
parlement ces instructions qui devaient d'abord 
être soumises à l'Assemblée, et il promit de les 
présenter à la Chambre. 

Une fois arrivés en Canada, les commissaires 
se montrèrent, en tout et partout, animés d'un 
esprit extrêmement libéral. Lord Gosford ne 
cachait pas que lui et ses collègues étaient nom- 
més par un gouvernement libéral et pour aucun 
autre but que celui de faire des réformes. Il lui 
arrivait rarement de parler de ses instructions 
sans faire mention de leur esprit libérrl. "Je 
suis convaincu," disait-il, en conversant avec un 
membre éminent de l'Assemblée, quelques jours 



14 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

avaut l'ouverture de la session, " Je suis con- 
vaincu que mes instructions seront favorablement 
acceptées, une fois connues. Après-demain sera 
le grand jour des révélations ; le pays tout entier 
en connaîira aussi long que moi sur les intentions 
de Sa Majesté. Je dirai, sans réserve, tout ce que 
je sais." 

Ce langage de Lord Gosford, à la veille de la 
session, lui gagna la bonne volonté, sinon la par- 
faite confiance, des membres de l'Assemblée et de 
la masse du peuple. Mais, d'un autre côté, ses 
déclarations soulevèrent la haine des colons tories 
qui l'attaquèrent de la manière la plus violente 
dans leurs journaux. 

Yint enfin "le jour des révélations," mais 
rien de ce que l'on attendait ne fut révélé. Le 
gouverneur se contenta d'un discours du trône 
pas du tout satisfaisant, pour les Canadiens. 

Ce discours était muet sur tous les points 
que l'on jugeait les plus importants. 

Si c'était là "tout ce qu'il savait," lord Grosford 
ne savait rien évidemment II ne disait rien 
d'un changement dans la constitution du <:îonseil; 
il ne disait rien de l'abandon, tenu à l'Assemblée, 
du contrôle du revenu — réformes en tête des 
réclamations populaires. - 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 15 



Il en résulta la ruine complète des espéran- 
ces — on ne saurait dire de la confiance— jetées 
dans l'esprit public par les promesses de lord 
Grosford. 

L'esprit de bonne volonté des membres de 
l'Assemblée envers le gouverneur, n'eut pa^ l'air 
d'être affecté, cependant. L'Assemblée ne pou- 
vait pas reconnaître et ne reconnut pas, de fait, 
la commission ; mais, quant au gouverneur, il fut 
traité avec toute la déférence possible. 

Alors, les instructions en question n'étaient 
pas soumises à la.législature provinciale, en dépit 
de la promesse de Sir Greorge Grey et des déclara- 
tions de Lord Grosford, il devenait du devoir de 
M. Roebuck de les redemander dans la Chambre 
des Communes, et c'est ce qu'il fit, le 16 février. 
Mais Sir G-eorge G-rey, après avoir reconnu que 
"la Chambre d'Assemblée s'était montrée animée 
du plus vif désir de promouvoir les intérêts de la 
colonie," soumit à M. Roebuck que vu l'espoir 
qui existait de voir régies les différences entre 
l'Angleterre et le Canada, il serait peu sage, à son 
avis, de rendre publiques, dans le moment, les 
instructions données aux commissaires ; que cela 
même pourrait avoir de graves conséquences. 
Dans ces circonstances, M. Roebuck retira sa 



16 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38, 

motion, désirant donner au cabinet +out le temps 
d'étudier la question. 

Or au moment même où Sir G-eorge Grey 
parlait ainsi des graves conséquences que pou- 
vait entrainer la divulgation de c^s instructions, 
ces mêmes instructions étaient rendues publiques 
dans tout le Canada par le fait d'une bévue di- 
plomatique de Sir Francis Head. 

La législature du Haut-Canada était en ses- 
sion, lorsque Sir Francis arriva dans cette pro- 
vince, en février, et son premier message conte- 
nait des extraits dévoilant presque toute la par- 
tie essentielle des instructions données aux com- 
missaires. On lui aurait permis, parait-il, de 
communiquer la substance de ces instructions, 
en même temps que les siennes propres ; mais 
n'était-il pas alors depuis assez longtemps dans la 
carrière officielle pour savoir qu'en diplomatie 
substance veut dire ombre^ il commit cette irrémé- 
diable bévue. 

On s'expliqua alors la conduite de Sir G-eorge 
Grey et les graves conséquences qu'il voyait dans 
la publication de ces instructions. Elles étaient 
en substance le rejet des demandes de l'Assem- 
blée, sous une légère apparence de libéralité. 

Le but du ministre colonial et du gouver- 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. l7 



neur en tentant de iromper l'Assemblée et le peu- 
ple du Bas-Canada par des belles paroles voilant 
leurs véritables intentions est assez évident. 

L'assemblée avait refusé de voter les subsides 
afin de donner plus de force à ses demandes de 
réformes, et l'on a cru que si l'on pouvait détour- 
ner les soupçons, l'exécutif pourrait peut-être 
obtenir un crédit, peut-être même une liste civile 
permanente, ce qui devait rendre le parti officiel 
indépendant de l'assemblée pour une période in- 
définie. Mais cette espérance fût déçue. 

Après cet événement qui ruinait toutes les 
espérances entretenues jusqu'alors, la chambre 
d'Assemblée décida de refuser carrément de payer 
tous arrérages. Cependant, par esprit de concili- 
ation envers l'exécutif, et pour montrer combien 
elle désirait peu créer des embarras inutiles au 
gouverneur, l'assemblée vota un bill de subsides 
pour six mois, aux conditions formulées aupara- 
vant, la principale étant que tout fonctionnaire 
occupant deux emplois ne retirerait que le salaire 
d'un seul, savoir le plus élevé. Cette mesure, 
cependant, ne plaisant pas au parti officiel, fut 
battue dans la chambre de ce parti, le Conseil 
Législatif. 

Ce corps se prétendant le représentant des 



18 HfSTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

principes aristocratiques, alors qu'il ne représen- 
tait que quelques bureaucrates prétenlieux ma- 
nifesta sa colère en rejetant les mesures de 
l'Assemblée. 

Toutes les mesures de l'Assemblée dans l'inté- 
rêt de l'administration interne du pays furent re- 
jetées, sauf une, et cette dernière (un bill dé 
terminant la construction d'un chemin de fer 
entre le Bas-Canada et le Nouveau-Bru'iswick), 
fut réservée à la sanction rai)apale par le gou- 
verneur général. 

Le bill touchant les écoles élémentaires, et 
les autres bills concernant l'éducation furent au 
nombre des rejetés. 

Comme conséquence de cette attitude, il de- 
vint nécessaire d(^ fermer 1665 écoles établies par 
actes provinciaux, privant ainsi des moyens d'ins- 
truction pas moins de 40,000 enfants. 

Le bill de subsides pour six mois fut voté le 
23 février contre uu ameiub^ment à l'effet de payer 
les arrérages. Ce résultat fut accueilli par des ap- 
plaudissements qui furent difficilement réprimés, 
tant le public avait besoin de donner libre cours 
à ses sentiments 

A partir de ce moment, jusqu'à la fin de la 
session la Chambre s'occupa surtout de recevoir 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. lÔ 

les rapports du comité permanent chargé de 
régler les griefs (d'étudier surtout la conduite 
reprochable des fonctionnaires publics). On 
discuta un projet de loi relatif à la réforme du 
Conseil Législatif, puis enfin, on vota une adresse 
au Eoi, les deux chambres répétant leurs griefs 
et condamnant la conduite indiquée plus haut. 

Les personnages officiels dont la conduite fut 
condamnée par un comité de T Assemblée, puis 
subséquemment par la Chambre étaient les juges 
Gale, Thomson & Fletcher, les shérifs Gruay, 
Witche, M. Felton, commissionnaire des terres de 
la Couronne et quelques autres. 

Pour donner à nos lecteurs une idée de la 
justice rendue à Montréal par le juge en charge 
durant le bon plaisir de la Couronne, c'est-à-dire, 
du pouvoir exécutif de l'époque, nous citerons un 
cas : Nous voyons qu'au mois de décembre, 1835, 
Tin homme était mort de froid dans la prison de 
Montréal. La chose fut l'objet d'une enquête par 
r Assemblée et l'on prouva négligence coupable de 
la part du shérif et de son subalterne, le geôlier, 
et, en conséquence une adresse fut votée deman- 
dant le renvoi de ces deux fonctionnaires. On ne 
se rendit pas à cette demande ; mais le procureur 
général émana une mise en accusation devant le 



20 HISTOIRE DE LA REBKLLION DE 1837-38. 

grand jury, pour meurtre, contre le geôlier. Le 
jury fut nommé par Gugy, impliqué, et l'accusa- 
tion fut renvoyée. 

La chose fut regardée comme un déni de jus- 
tice et la popularité de Lord Grosford eut beaucoup 
à en souffrir. 

Mais ce n'est pas là le plus intéressant de 
l'affaire. Un journal, La Minerve osa qualifier le 
jury de "jury vendu." Le libelle fut porté devant 
le tribunal et le procureur général demanda de 
suite l'arrestation de l'écrivain Duvernay, et pour- 
quoi ? pour mépris de cour ! La cour, sans enten- 
dre de preuve, pas même celle du fait de la publi- 
cation, accorda le mandat et Duvernay arrêté dût 
donner caution. Au terme suivant de la cour, 
on soumit le défendeur à l'interrogatoire suivant : 
Etes-vous le propriétaire de La Minerve ? — Avez- 
vous publié l'article en question ? — Duvernay, 
un des citoyens les plus honnêtes et les mieux con- 
nus, le fondateur de La Minerve et de notre grande 
institution nationale, " La société St Jean-Bap- 
tiste," étant sous serment, répondit : "Oui." Sur 
cette confession, il fut condamné à 30 jours de 
prison et une amende de =£20. Le juge (nous 
cacherons son nom) déclara que cette manière de 
procéder était d'une indulgence toute particulière, 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 21 



car on avait laissé le déieudour dire lui-même s'il 
était coupable ou non ; d'où l'ou pourrait dédui- 
re— si ce n'était là un véritable guet-apens — que 
Duveruay ne fut puni que parce qu'il ne voulait 
pas se parjurer. 

Continuons maintenant de citer le journal 
mentionné plus haut : 

" Le dernier acte législatif de l'Assemblée fut 
de donner la forme de projet de loi à la deman- 
de d'un conseil électif. Ce bill fut adopté eu 
chambre par une grande majorité. 

Une première objection faite par le parti 
officiel était que ce projet stipulait la révocation 
d'une partie d'un statut impérial, ce qui n'était 
pas de la juridiction d'une législature provinciale 
subordonnée. 

Cependant altérer la constitution érigée par 
l'acte môme, au moyen d'une loi adoptée de la 
manière prescrite par l'acte même, ne constituait 
ni une révocation ni une violation. 

L'acte en question avait déjà été modifié sans 
le secours du parlement impérial. Il constituait 
une chambre d'Assemblée de 50 membres. Par la 
suite, certaines parties du pays peu habitées d'a- 
bord devinrent irès populeuses, en conséquence, 
une législation modifiant l'acte et faisant une 



22 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

nouvelle division de la province, fut passée par 
l'Assemblée, puis par le conseil et subséquemment 
acceptée et approuvée par le gouverneur et elle 
fait aujourd'hui partie de la constitution cana- 
dienne. 

Ainsi, l'on avait fait alors aucune objection à 
cet amendement local, pourquoi contester ensuite 
le principe ? La réponse est facile. Dans le pre- 
mier cas, l'oligarchie locale entrevoyait des avan- 
tages, dans le deuxième elle avait pour perspec- 
tive, sa ruine. 

Les objections faites au changement demandé 
dans la constitution du Conseil Législatif repo- 
saient sur divers prétextes, dont quelques-uns 
très curieux, faisaient voir à quels excès se lais- 
saient parfois entraîner les ennemis du gouverne- 
ment colonial resi>onsable. 

Dans le cours d'une conversation avec un 
membre du parti libéral, un des commissaires 
donnait à entendre qu'une puissante objection à 
la réforme en question était que la majorité de- 
mandant le changement, bien que forte se compo- 
sait surtout d'individus d'origine française, tandis 
que la minorité opposée au changement se com- 
posait, pour la plupart, de personnes d'origine 
anglaise. 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 18 >7-38. 23 



Si la population n'eut pas été composée d'ha- 
bitants de diverses origines, le projet n'aurait 
rencontré aucune objection, ajoutait ce commis- 
saire. Alors, lui fût-il répondu, tentez la réforme 
dans le Haut-Canada où elle est demandée par une 
forte majorité d'habitants anglais d'origine. 

Or quelle lut la réponse de ce commissaire ? 
Comment sortit-il de ce dilemme ? 11 objecta 
que, bien que d'une même origine, le peuple 
n'était pas là-bas aussi unanime que dans le Bas- 
Canada. 

Voici d'étranges conditions, assurément — 
unanimité d'origine et unanimité d'opinion — qui 
ne sauraient cacher d'autre objet que celui de se 
rendre au désir d'une infime minorité. 

Cependant, soumise à la décision des habi- 
tants d'origine anglaise, la question du Conseil 
électif eut été décidée dans l'affirmative par une 
grande majoîité, caries Townships Cotmties, peuplés 
entièrement d'Anglais avaient, pour la plupart, 
élu des représentants favorables au principe élec- 
tif et dans un des comtés représentés par les 
ennemis de ce principe, ces derniers ne rempor- 
taient la victoire que par une faible majorité. 

Estimant à 150,000 la population d'origine 
anglaise, dans le Bas-Canada, les citoyens repré- 



24 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

sentes par des hommes opposés au désir de la ma- 
jorité n'excèdent pas en nombre, 40,000 — une 
bien faible minorité sur une population de plus 
de 600.000 ; et, cependant, c'est au vœu de cette 
minorité que cède le gouvernement. 

On prétend que le fait de créer un conseil 
électif affaiblirait d'abord, pour le détruire à la 
fin le lien entre la colonie et la mère-patrie. Eh ! 
bien, nous déclarons que le maintien du système 
actuel doit, non pas à la fin, mais très prompte- 
ment, détruire ce lien. 

Le Conseil est la grande cause du méconten- 
tement. Le principal grief des Canadiens contre le 
gouvernement impérial n'est pas que ce gouver- 
nement soit directement oppressif, mais dans le 
fait qu'il maintient et appuie le Conseil Législatif. 
Et cette monstrueuse institution peut faire tort à 
la colonie. 

Il peut exister des divergences d'opinion sur 
la question de savoir dans quelL' mesure la colo- 
nie devrait exercer des pouvoirs administratifs, 
et quels sont les pouvoirs de la mère-patrie. 

La colonie exerce ses pouvoirs par ses repré- 
sentants ; la mère-patrie exerce les siens par Je 
gouverneur qui peut être tenu responsable au 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38, 25 



parlement et au Bureau Colonial, de tout ce qu'il 
fait daus l'exercice de tels pouvoirs. 

Mais il y a un troisième pouvoir, égal à ces 
deux premiers et ne représentant ni la mère-patrie, 
ni la colonie, mais uniquement une bande de 
fonctionnaires ambitieux. Non seulement la co- 
lonie est frustrée par eux dans ses désirs, mais les 
pouvoirs de la mère-pairie sont méprisés, et c'est 
ainsi que les projets de loi renfermant les deman- 
des du peuple, api es avoir été rejetés dans la 
Chambre Haute, n'ont jamais été soumis réguliè- 
rement au gouverneur ni au ministre colonial. 

La dernière mesure de l'Assemblée, l'adresse 
au Eoi et aux deux chambres du parlement, fut 
adoptée par une majorité de 55 contre 7, le 25 fé- 
vrier, 1836. Il y était fait mention des espéran- 
ces créées par la conduite du gouverneur, et du 
désappointement déterminé par la révélation des 
instructions données aux commissaires ; puis, dans 
des termes modérés, mais des plus fermes, l'Assem- 
blée réitérait ses premières demandes. 

lo. Un conseil électif. 

2o. La révocation de l'acte concernant la te- 
nure et de l'acte créant la British- American Laiid 
Company. 



26 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

3o. Contrôle absolu du parlement sur les 
terres appartenant à la colonie. 

4o. Contrôle absolu sur le revenu et la dé- 
pense. 

L'adresse contenait aussi que le redressement 
des griefs devait précéder toute appropriation per- 
manente d'argent. 

La fermeté de la chambre d'Assemblée, sou- 
mise à une autre épreuve fut soutenue de la ma- 
nière la plus noble. 

Le 22 septembre, 1836, l'Assemblée était con- 
voquée pour recevoir la réponse de Lord Grlenelg 
à son adresse. Cette réponse n'était qu'une réité- 
ration des instructions aux commissaires — les 
demandes de l'Assemblée étant une seconde fois 
reietées. 

Suivit une adresse de l'Assemblée au gouver- 
neur répétant la détermination prise à la fin de la 
session de 1835-36, savoir que le redressement des 
griefs devait précéder tout vote de subsides. 

Cette adresse fut adoptée, en comité, par 
une majorité variant de 58 contre 6 à 54 contre 9. 
La majorité menaçait aussi de se retirer et ne 
laisser aucun quorum. La chambre fut prorogée 
après une session de 15 jours environ. 

Sur un rapport élaboré des commissaires, il 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 27 

fut présenté dans la Chambre des Communes, le 6 
mars suivant, des résolutions à l'effet " qu'il n'é- 
tait pas sage de rendre électif le Conseil législatif 
de la province ; mais qu'il était à propos d'adop- 
ter des mesures dans le but d'assurer à ce corps 
de la législature un plus haut degré de la con- 
fiance publique." On rejetait aussi plusieurs 
demandes de l'Assemblée et autorisait l'exécutif 
à se servir des deniers publics de la provinca pour 
les dépenses nécessaires. 

Cela mit le feu aux poudres. On vit dans la 
presse des articles révolutionnaires et, dans diver- 
ses parties de la province, se tinrent des assem- 
blées populaires auxquelles Papineau et autres 
firent des discours incendiaires. 

Une proclamation du gouverneur prohiba 
ces assemblées, mais elle fut ouvertement méprisée 
et reçue par les cris de " Vive Papineau ! Vive la 
Liberté ! point de despotisme ' " tandis que l'on 
adoptait des résolutions n'étant rien moins que 
des déclarations d'indépendance et des prépara- 
tions à une révolte armée. 

D'un autre côté, se tenaient de fréquentes 
assemblées loyales auxquelles l'on affirmait l'at- 
tachement à la Couronne et à la constitution. 

L'excitation devenait chaque jour plus in- 



28 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

tense ; des mesures préventives furent prises et 
le peu de troupes dans la province mises sur pieds. 

Sir Johu Colborne qui venait de se retirer du 
gouvernement du Haut- Canada fut fait comman- 
dant en chef des troupes de l'Amérique Biitan- 
nique du Nord. 

A ce moment le roi Gruillaume IV mourait 
et la reine Victoria montait sur le troue, le 20 
juin, 1837. 

Lord John E-ussell fit alors observer que le 
ministère ne désirait passer aucune mesure coer- 
citive au début d'un nouveau règne, que les réso- 
lutions relatives au Bas-Canada seraient reprises 
en considération à la prochaine session. Il voulait 
cependant qu'il fut bien compris qu'aucun des 
changements constitutionnels demandés par l'As- 
semblée Canadienne ne sauraient être ni ne se- 
raient accordés, et il espérait que l'Assemblée se 
montrerait plus raisonnable à sa prochaine réu- 
nion. 

En conséquence, Lord Grosford, convoqua le 
parlement en session pour le 18 août, 1837, afin 
de donner à l'Assemblée une nouvelle opportunité 
d'entendie raison. 

A la date fixée, la dernière session du dernier 
arlemeut du Bas-Canada fu^ ouverte. L'appa- 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38, 29 



rence de quelques représentants causa une cer- 
taine émotion. Les "patriotes" a^^aient décidé de 
n'acheter ni de porter aucun article importé et 
plusieurs arrivèrent à Québec vêtus en étoffe du 

Nous citerons le passage suivant du Mercury 
de Québec, à ce sujet : 

" L'habillement de M. Rodier excita beaucoup 
l'attention, était unique dans son genre, sauf une 
paire de gants de Berlin. M. Rodier portait une 
redingote, couleur granit, en étoffe du pays, culot- 
tes et gilet de la même étoffe rayée bleu et blanc, 
un chapeau de paille et des souliers de boeuf avec 
des bas de fabrication domestique qui complé- 
taient l'accoutrement. On a remarqué que M. Ro- 
dier ne portait pas de chemise, n'ayant pu, sans 
doute en fabriquer une, ou l'obtenir en contre- 
bande. L'habillement du Dr O'Callaghan n'avait 
de semblable que celui de M. Rodier, sauf le 
chapeau, les chaussures, les gants, la chemise (il 
en avait une ! ) et les lunettes. 

L'adresse du gouverneur était ferme, mais 
d'un ton conciliateur. Il expliqua aux représen- 
tants que l'objet du gouvernement impérial était 
de leur fournir une nouvelle occasion de reconsi- 
dérer leur attitude avant l'adoption d'une législa- 



30 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

tioii impériale qui priverait la législature provin- 
ciale du contrôle de ses revenus, " chose que le 
gouvernement de Sa Majesté désirait éviter par 
tous les moyens, sauf le sacrifice de l'honneur et 
de l'intégrité de la Couronne." 

Après huit jours de délibérations, l'Assemblée 
adopta une adresse renfermant toutes les ancien- 
nes demandes et affirmant avec plus d'énergie 
encore sa détermination à ne pas modifier d'un 
iota ses prétentions. 

Les représentants allaient même plus loin, 
dans cette adresse : " Il est donc de notre devoir 
de dire à la mère-patrie que si elle donne effet à 
l'esprit de ces résolutions dans le gouvernement 
de l'Amérique Britannique, et de cette province 
en particulier, sa suprématie, à partir de ce mo- 
ment, ne reposera plus sur les sentiments d'affec- 
tion, de devoir et d'intérêts mutuels, sentiments 
qu'il serait plus sage de cultiver, mais sur la force 
physique et matérielle, élément dangereux pour 
le parti gouvernant, de même que pour les admi- 
nistrés qui perdent toute certitude relativement à 
leur existence future et à leurs plus chers intérêts, 
état de choses que l'on ne saurait trouver même 
chez les gouvernements les plus despotes de l'Eu- 
rope civilisée." 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 31 



Son Excellence exprima son regret de voir 
l'entêtement de l'Assemblée, et la chambre fut 
dissoute, p'àr proclamation. 

Ce fat là la fin du parlement du Bas-Canada, 
après quarante-cinq ans d'existence. 

Cet événement laissa peu d'espoir d'une solu- 
tion pacifique des difficultés survenues entre les 
partis. 

La première assemblée publique de quelque 
importance qui marque cette époque fut celle te- 
nue à Saint-Ours, petit village situé sur les bords 
de la rivière Eichelieu. Cette assemblée attira 
une foule considérable sur la place du marché et 
autour de l'église. Un frère du bien connu Côme 
S. Cherrier fut choisi comme président de la réu- 
nion. C'était un riche marchand de Saint-Denis, 
un homme généralement respecté dans tout le dis- 
trict. 

De tous les orateurs qui adressèrent la parole 
ce jour là, aucun ne sut mieux captiver l'attention 
publique que le Dr Wolfred Nelson. 

Nelson était grand, bien fait, d'une figure 
énergique et possédant une voix puissante. Ou 
peut l'appeler le chef de l' insurrection sous Papi- 
neau. C'était un médecin de Saint-Denis, estimé 
dans tout le pays. Parlant x^arfaitement la lan- 



32 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 



gue française, il était tout à l'ait chez lui clans la 
vallée du Hichelieu. En outre d'un passé hono- 
rable au milieu des habitants, il possédait une 
grande distillerie et jouissait du respect des cul- 
tivateurs qui lui vendaient leur grain à de bons 
prix. 

Nelson lit ce jour-là le discours de circons- 
tance qu'il termina par les résolutions suivantes 
qui furent adoptées avec le plus grand enthou- 
siasme et sa)^- une seule voix discordante : 

le. La mesure de lord John Eussell privant 
l'Assemblée Canadienne de tout contrôle sur le 
revenu, était déclarée une violation des droits ac- 
cordés par les articles de la capitulation et des 
traités subséquents, 

2o. On proclamait que le peuple Canadien ne 
devait se fier qu'à lui-même et à son alliée natu- 
relle la République Américaine. 

3o. Il fut déclaré que le parlement sanglais 
n'avait aucun droit de faire des lois pour l'admi- 
nistration interne du Bas-Canada, et que toute 
législation de ce genre était nu] le et tyrannique. 

4o. On demanda au peuple canadien de s'abs- 
tenir de faire usage d'étoffes importées ; de se ser- 
vir de l'étoffe du pays. 

Avant de clore sa séance, l'assemblée choisit 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 83 



à l'unanimité, comme son chef, Louis Joseph 
Papineau qui, de ce moment porta ce titre de chef 
qu'il méritait bien, ayant été, tant publiquement, 
devant le conseil de la nation, que privément 
partout ailleurs, l'instigateur, le génie de l'insur- 
rection. 

Il fut grand l'etfet que produisit, à Montréal, 
la nouvelle de cette assemblée. Les Canadiens 
partout se réjouirent ; les loyalistes furent cons- 
ternés ; mais Lord Gosford, gouverneur général, 
se rendit compte de la situation et émana une 
proclamation prohibant toute assemblée séditieuse 
et enjoignant à tous magistrats et tous officiers 
militaires de disperser partout telles assemblées. 

Le 5 novembre les magistrats de Montréal 
ayant été informés que nombre de gens de uivers 
endroits devaient se réunir le lendemain pour 
parader daus les rues de la ville émanèrent de 
suite une proclamation prohibant la chose. 

Yers deux heures, le lundi, le fait était connu 
qu'un nombre considérable d'hommes s'appelant 
".Fils de la Liberté " s'étaient réunis dans un es- 
pace clôturé, près de la rue St Jacques. Peu d'ins- 
tanls après, 300 hommes environ marchaient de 
l'avant et attaquaient tout ce qu'ils rencontraient 
de loyalistes sur leur chemin. Ils eurent vite 



34 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 



pris possession de la rue, mais les loyalistes s'étant 
ralliés attaquèrent les Patriotes, qu'ils dispersè- 
rent. 

Désirant une revanche, les Dorics (comme 
s'appelaient les loyalistes) pénétrèrent dans la 
maison de M. Idler, où se réunissaient " les Fils 
de la Liberté " et s'emparèrent de trois canons et 
ainsi que du drapeau de la société. La maison 
de Papineau fut considérablement endommagée 
et le bureau du Vindicator complètement saccagé. 

Les troupes furent promptement mises sous 
les armes et l'on fit lecture de l'acte concernant 
les émeutes, mais aucun autre acte de violence 
ne fut commis, et le calme se rétablit un instant. 

Bien que l'excitation ne fut pas aussi grande 
à Québec qu'à Montréal et dans les paroisses le 
long de la rivière Richelieu la situation était gra- 
ve, cependant, et le 11 novembre, le gouverne- 
ment faisait mettre en état d'arrestation plusieurs 
citoyens pour pratiques séditieuses. Trois ou 
quatre furent détenus en prison, puis libérés 
sous caution, après quelques jours. 

Les magistrats de Montréal publièrent une 
proclamation prohibant toute assemblée pour des 
fins d'exercice militaire, et prohibant ' Toute 
assemblée publique ou toute procession de natu- 



IIISTOIKE DE LA RKlîELLION DE 1887-38. 35 



re à troubler la paix publique, et demandant 
à tous citoyens loyaux et de bonne volonté de 
s'abtenir de toute action susceptible, dans l'état 
actuel d'excitation," de mettre en danger la paix 
de la ville. 

Peu de temps après les magistrats de Québec 
publièrent une proclamation semblable ; puis on 
nomma, pour le district de Montréal, une nouvelle 
commission de la paix qui révoqua soixante-et- 
un magistrats soupçonnés de favoriser la cause 
des rebelles, ou de manquer de zèle envers le 
gouvernement. 

Vers cette époque des corps d'hommes armés 
commencèrent à se rassembler dans le district de 
Montréal, surtout dans les voisinages de Saint- 
Jean et de Chambly. 

Sir John Col borne qui avait passé l'été à 
William Henry— aujourd'hui Sorel— vint fixer 
ses quartiers généraux pour l'hiver, à Montréal, 
ou étaient concentrées toutes les troupes dispo- 
nibles, comprises celles envoyées du Haut-Canada. 
Bien qu'une rébellion fut imminente dans sa pro- 
pre province. Sir Francis Head avait cru pouvoir 
se fier entièrement à sa milice et donner à la pro- 
vince sœur l'aide de quelques corps réguliers. 

Le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse 



36 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

prirent aussi leur coutingeirt, et, avec le conseiite- 
ment du gouverneur, il se forma, à Montréal des 
corps volontaires, dont leB cadres furent prompte- 
ment remplis, de cavalerie, d'artillerie et de cara- 
biniers. 

Le gouverneur décida alors d'agir contre cer- 
tains chefs des " Patriotes." 

Or, le 16 novembre, des mandats d'arresta- 
tion, pour crime de haute trahison, furent émanés 
contre Messieurs Andr^'^ Ouimet, J. Dubuc, Fran- 
çois Tavernier, G-eorge de Boucherville, le Dr 
Simard, J. Leblanc, L. J. Papineau, le Dr O'Cal- 
laghan, T. S Brown, Kopolphe Desrivières et Ovide 
Perreault. 

Les cinq derniers, informés de la chose, eu- 
rent le temps de disparaître pour se diriger vers 
le district de Itichelieu, où les masses étaient prê- 
tes pour l'insurrection. Les autres furent arrêtés 
et jetés en prison. 

Le soir du même jour, 16 novembre, eut lieu, 
à main armées, la première résistance à la loi. Le 
lieutenant Ermatingvn-, à la tête de 18 hommes de 
la cavalerie volontaire, fut dépêché à Saint-Jean 
pour arrêter deux individus nommés Davignon 
et Demarais, Ermatinger remplit sa mission. IL 
s'en revenait avec ses prisonniers lorsqu'à un mil- 



HISTOIRE dp: la REBELLION DE 1837-38. 37 



le environ de Longueuil, il rencontra un corps de 
près de deux cent cinquante hommes, la plupart 
armés de fusils, qui, placés derrière une clôture, 
ouvrirent le feu, blessant le lieutenant et cinq de 
ses hommes et sauvant les deux prisonniers. 

Ce parti de résistance avait à sa tête le Dr 
Kimber et Bonaventure Yig-er, de Chambly. 

Ce premier succès grisa les insurgés qui se 
répandirent en grands nombres dans les villages 
de Debartzch (Saint-Charles) et Saint- Denis où 
commandaient T. S. Brown et le Dr Wolfred 
Nelson. 

On avait choisi ces postes, vu l'avantage 
qu'ils offraient pour l'entretien des communica- 
tions avec les Etats-Unis d'oii Papineau attendait 
de grands secours. Cette espérance reposait sur- 
tout sur le malaise existant entre l'Angleterre et 
les Etats-Unis au sujet de la frontière du Maine, 
et aussi sur le fait qu'un grand nombre d'ouvriers 
étaient sans travail par suite de la panique de 
cette année. 

Le gouvernement avait alors décidé de ren- 
contrer les rebelles en rase campagne et, en con- 
séquence, le col. aore reçut l'ordre de marcher 
sur eux. 

Cette expédition de Sorel à Saint-Denis est 



38 HISTOIRE DE LA KEBELLION DE 1837-38. 

marquée d'un de ces événements tragiques inhé- 
rents à toute période mouvementée comme l'a été 
l'insurrection de 183^. Les détails de cette tra- 
gédie sont traités plus au long dans le rapport du 
procès de Jalbert dans le cas de la mort de Weir. 
Après la mort de ce dernier, le col. Gore continua 
sa marche sur Saint -Denis où fut livrée la pre- 
mière bataille de la rébellion. 



«— «-'Vî/Z^-- -^Z/Viy-t — » 



BATAILLE DE SAINT-DENIS 

Saint-Denis, qui tient son nom de France, 
est un des plus jolis villages sur les bords de la 
magnifique rivière llichelieu. Yu de la rive 
opposée, de Saint- Antoine, il offre au regard du 
touriste le plus beau panorama qu'il soit donné 
de voir dans toute la province. A l'œil s'offre le 
clocher de Téglise, — style vénitien — dont la 
flèche s'élève au dessus des plus grands arbres, 
semblant vous indiquer là-haut la glorieuse et 
heureuse patrie. Puis les jolies maisons aux 
murs blanchis s'alignant le long de la côte .du 
liichelicu sur " le chemin du Roi " maintenant 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 39 



le " chemin de la Eeine. " Devant l'église la 
g^rande croix, qni redit au voyageur où a été versé 
le sang des patriotes de cette époque mouve- 
ment je de 1837-38. 

Cette croix a son histoire. Son érection re- 
monte à 182X comme monument commémoratif 
d'un jubilé religieux à cet endroit. 

Il semble qu'à tous les jubilés il faille le 
chiffre 1. Ainsi, cette croix fut érigée en 1827. 
Dix ans plus tard, 1837, se livrait à cet endroit la 
bataille de St-Denis, et en 1887 tombait l'époque 
jubilaire de cette importante période ; puis au- 
jourd'hui, en 1897, le jubilé de diamant, se ratta- 
chant à l'ftccession au trône de la Reine Victoria, 
en 1837. 

Le Jubilé de la Reine en 1887, et son jubilé 
de diamant en 1897, époque où un Canadien- 
Français, représentant de nos droits nationaux 
gagnés en 1837 à Saint-Denis, et premier ministre 
du Canada, se gagne l'estime des habitants des 
Iles Britanniques, montrant ainsi au monde 
entier que les descendants de ceux qui ont com- 
battu, versé leur sang et sont morts pour la dé- 
fense de notre liberté politique, sont encore à 
l'avant-garde de notre gouvernement constitu- 
tionnel, et les lauriers de la victoire de Saint- 



40 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38, 

Denis, en 1837, ornent encore le front d'un Cana- 
dien-François — Sir "Wilfrid Laurier — en 1897. 

L'inscription gur la croix de Saint-Denis se 
lit ainsi : 

CROIX 

ÉRIGÉE ET PLANTÉE 

PAR LES PAROISSIENS EN 

COMMÉMORATION DU SAINT 

TEMPS DU JUBILÉ, LE 17 

JUILLET, 1827. 

A l'époque dont nou? parlons, Saint-Denis, 
était le plus s^rand centre de cette partie du pays. 
C'était le chef-lieu de ce district qui a maintenant 
Saint-Hyacinthe pour centre. 

En 1837, il se faisait dans ce village un com- 
merce important. C'était le marché de la presque 
totalité du grain des paroisses environnantes. Il 
y avait là des tanneries, des poteries, une fabrique 
de chapeaux, une des plus importantes distille- 
ries de la province, et autres moins considé- 
rables. 

La population de Saint-Deni& fut une des 
premières à se lancer dans l'agitation j^olitique de 
l'époque. Ce qui peut trouver son explication 



HISTOIKE DE LA REBELLION DE LS37-38. 41 



dans le fait que la grande distillerie appartenait 
au fameux patriote, le Dr Wolfred Nelson, inti- 
mement lié aux habitants du pays, ayant épousé 
une canadienne- française. 

Grande fut l'excitation à Saint-Denis, le 22 
novembre 183/, lorsque les habitants apprirent 
que le col. G-ore était parti de Sorel marchant 
directement sur ce villao-e. 

Les insuro'és avaient formé deux camps, un 
à Saint-Denis, l'autre à Saint-Charles, à une dis- 
tance de six milles. Les chefs avaient choisi la 
vallée du Eicholieu comme premières bases de 
leurs opérations, parce que la grande majorité des 
habitants approuvait la résistance et peut-être 
aussi parce que l'on esi érait avoir des secours des 
Etats-Unis, par la voie du Kichelieu et du lac 
Champlain. 

Voici de la bataille, un bon rapport puisé à 
diverses sources : 

Le colonel Gore reçut l'ordre de marcher, de 
Sorel, sur Saint-Denis, et le colonel AYetherall 
reçut instruction de se diriger sur Saint-Charles. 
Chaque village devait être occupé et les deux 
commandants une fois réunis devaient organiser 
et maintenir là un poste puissant pour prévenir 
toute nouvelle manifestation hostile. 



42 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

Gore marcha, en colonne solide, de Sorel à 
Saint-Ours, beau village sur Li rive du Eichelieu, 
à mi-chemin, ou environ neuf milles de Saint- 
Denis. A Saint-Ours, le colonel divisa ses forces 
en trois corps, celui de droite devant suivre la 
rivière, celui de gauche traverser un bois, à deux 
milles environ dans l'intérieur, le corps principal, 
du centre, suivait le grand chemin, avec une 
unique pièce de canon. 

Yers 9 heures, le matin suivant, les troupes 
arrivaient à Saint-Denis, le 23, par une froide, 
sombre et triste matinée de novembre. Les soldats 
après avoir marché toute la nuit par un temps 
noir et des mauvais chemins d'automne, étaient 
fatigués. L'ennemi cependant ne leur laissa pas 
le temps de se reposer. Les insurgés étaient sur 
le qui-vive. Dès six heures le Dr Nelson était, en 
éclaireur, sur le chemin de St-Ours. La noirceur 
était tellement grande qu'il faillit tomber entre 
les mains de l'avant-garde, mais tournant bride 
brusquement il s'enfuit de toute la vitesse de son 
cheval et ordonna de couper le pont en arrière de 
lui. Tout le long du chemin il donna Talarme 
aux fermiers endormis et en arrivant au village 
les cloches sonnèrent appelant le peuple sous 
les armes. 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 43 



C'est un fait reconnu que la bataille com- 
mença à la maison St. G-ermain. Cet édifice, en 
pierre, situé à l'extrémité est du village et faisant 
face à la rivière, fut choisi par les villageois 
comme quartiers généraux à cause de sa grande 
force de résistance et de son site comm;nidant le 
grand chemin entrant dans le villao^e à cet 
endroit. 

Cette maison appartenait à un nommé Charles 
St. Germain qui fut tué durant la bataille et dont 
la veuve reçut $3,000 pour pertes souffertes. Il 
ne reste plus de cette maisoD que des ruines. 

Revenu au village, Nelson annonça, de la 
maison de pierre, l'arrivée des troupes, avertissant 
ceux qui l'entouraient qu'il ne voulait forcer la 
volonté de personne, qu'il était prêt à se rendre si 
les autorités le sommaient de ce faire conformé- 
ment la loi, mais il ne voulait pas être pris 
comme un criminel. 

A peine avait-il prononcé ces paroles qu'une 
forte explosion se fît entendre, et deux Canadiens 
furent frappés par des balles qui tombaient de 
tous côtés sur les murs et le plancher. Un autre 
Canadien — du nom de Peter Minet — s'étant 
exposé dans une fenêtre fut également atteint. 

Les insurgés ne furent pas lents à engager la 



44 HISTOIRE DI^: LA REBELLION DE 1837-38. 

bataille et de toutes les ouvertures qu'offrait la 
maison ils firent un feu soutenu et puissant sur 
les troupes. Certains soldats étaient cachés der- 
rière les clôtures, les maisons, les arbres, mais la 
masse se tenait dans le chemin et offrait une cible 
spéciale aux francs-tireurs canadiens. Ce n'est 
que vers la fin de l'engagi ment que des mesures 
furent prises pour offrir une meilleure protection 
aux troupes, en même temps les insurgés descen- 
daient au premier étage de la maison de pierre où 
des murs épais leur assuraient un bon rempart, 
et ils continuaient leur feu meurtrier contre 
l'ennemi. 

Vers une heure de l'après-midi, voyant la 
résistance plus sérieuse qu'il ne l'avait imaginée, 
et désireux de mettre fin à une bataille inutile, le 
colonel Gore commanda un mouvement de flanc, 
de la gauche, voulant envelopper une partie du 
village et cerner le poste des insurgés. 

Ce mouvement fut conduit par le capitaine 
Markham, un habile et brave officier. Il fit trois 
charges qui furent rencontrées par une vive fusil- 
lade des maisons sur le chemin. 

Durant sa quatrième et dernière charge, le 
capitaine Markham fut gravement blessé et désar- 
çonné, ce qui mit la confusion dans les rangs et 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 45 



les soldats reculèrent emportant dans leurs bras 
leur brave commaudant 

La retraite fut difficile et ils avaient à peine 
rejoint le corps principal, en arrière d'une grande 
grange et plusieurs piles de bois qu'une nouvelle 
charge furieuse était faite contre eux. 

Du renfort était venu aux insurgés, de Saint- 
Antoine et Contrecœur, de l'autre côté de la rivière, 
et de Saint-Ours Un corps de troupe essaya 
vainement de s'opposer à la traversée de ces nou- 
veaux venus, en entretenant une fusillade sur les 
chaloupes et les bateaux ; ils abordèrent quand 
même et vinrent renforcir les rangs de leurs 
compatriotes 

liendus de fatigue, tourmentés par la faim, 
n'ayant pas eu de ration d-^pais la veille, les 
soldats reçurent l'ordre de cesser la lutte et ils 
retraitèrent sur Sorel, pour renouveler leurs 
forces. 

Ils abandonnèrent leur canon, qu'ils ne pou- 
vaient ramener avec eux. 

Les insurgés ne firent aucune poursuite régu- 
lière ; étant eux-mêmes très fatigués, ils se con- 
tentèrent de retourner au village en chantant leur 
triomphe et amenant trois ou quatre prisonniers. 



46 HISTOIRE DE LA IIEBELLION DE 1837-38. 

La version anglaise de ce combat diffère con- 
sidérablement de celle que nous venons de sou- 
mettre. Certain écrivain dit que l'armée de Grore 
fut transportée par eau, de Sorel à Saint-Ours ; 
que le colonel fut prié de continuer en bateaux à 
vapeur jusqu'à Saint-Denis où il prit le village 
par surprise. Cette histoire est sans fondement ; 
il est avéré que l'armée suivit la route de terre 
depuis Sorel jusqu'à St-Denis, par St-Ours. 

D'après une autre relation, on aurait conseillé 
à Gore de ne pas diviser ses forces à Saint-Ours, 
mais de suivre, en phalange serrée le chemin de 
la Iteine. 

Que tel avis ait été donné ou non, Grore ne 
saurait être blâmé pour la conduite qu'il a tenue, 
car sa défaite n'a pas été due à la distribution de 
ses forces, mais à la sage tactique de l'ennemi et 
l'état d'épuisement dans lequel se trouvaient les 
soldats, 

On a mis à quarante le nombre de tués et 
blessés, avec huit prisonniers, du côté de Grore ; 
puis, du côté des insurgés, un certain nombre de 
blessés et douze morts, parmi lesquels on remar- 
quait Charles Ovide Perreault. 

• Cette victoire décisive créa un contentement 
général chez les rebelles et un grand nombre se 



lirSTOlRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 47 



rallièrent sous la bannière de leurs chefs. La 
clôture prochaine de la navigation et la certitude 
que l'on avait de ne voir arriver aucun contingent 
important d'Au^çleterre, avant le printemps, et 
cela avec l'assurance de secours des Etats-Unis 
augmentèrent puissamment les espérances des 
insurgés. 

Le colonel Gore avait été forcé d'abundonner 
cinq de ses blessés qui reçurent les soins les plus 
attentifs du Dr Nelson dont ils durent reconnaître 
l'habileté comme médecin en dépit de son titre de 
commandant des rebelles. 

Perreault était un jeune avocat de talent, et 
appartenait à une des meilleures familles de 
Montréal. C'est en traversant le chemin, porteur 
des ordres du Dr Nelson à un petit corps d'insur- 
gés, qu'il trouva la mort. Tous les autres, tombés 
dans la mêlée, étaient de loj^aux citoyens de Saint- 
Denis et de Saint-Antoine. 

Un nommé Louis Page, devenu plus tard un 
des principaux marchands de Saint-Denis, dut à 
l'intelligence de sa femme de conserver sa vie. 
Elle avait placé sur la poitrine de son mari une 
rame de papier épais sur lequel elle avait bou- 
tonné l'habit. Durant le combat une balle venant 



48 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 



de l'ennemi frappa Page en pleine poitrine péné- 
trant jusqu'à la quatorzième feuille do papier, 
l^our arrêter là sa course meurtrière. 

La victoire de Saint-Denis excita «-randement 
l'enthousiasme des insurgés, et un grand nombre, 
de 1,000 à 1,500 hommes dii-on, se portèrent sur 
Saint-Charles où Brown était retranché. 



_^_^^^^ 



BATAILLE DE SAINT -CHAE LES 

Il n'y a peut-être nulle part dans le Bas- 
Canada, aujourd'hui la province de Québec, une 
vallée aussi fertile, aussi riche en beautés pitto- 
resques que celle traversée par la rivière Riche- 
lieu. Cette rivière sort du lac Champlain, Etats- 
Unis, au nord, et vient se jeter dans le grand 
fleuve St-Laurent, à William Henry, aujourd'hui 
Sorel, nom beaucoup plus approprié et celui d'un 
colonel fiançais qui construisit un fort à cet 
endroit. 

Le Eichelieu a aussi porté le nom de Sorel et 
celui de rivière des Iroquois, ayant été la route 
principale des grandes tribus confédérées de sau- 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE I8]7-38. 49 

rages de ce nom qui si souvent semèrent la mort 
et la désolation parmi les colons français dans les 
premiers temps de la découverte du pays. 

Avant de relater les faits de la bataille de 
Saint-Charles, faisons en quelques traits une 
esquisse de cette région, ou du moins de cette 
splendide vallée plus iatimement liée que le reste 
aux événements de 1837. Prenons comme point 
de départ, Belœil. Situé au pied du vaste mont 
appelé Montagne St-Hilaire, le village de Belœil 
consiste en un groupe de jolis cottages, et ren- 
ferme certains monuments commémoratifs de 
l'insurrection, en outre le presbytère où le vieux 
Sexton fut blessé, parce que, par suite d'un 
malentendu, il n'avait pu donner le mot de passe 
à la sentinelle anglaise. 

Saint-Marc est à six milles de distance, et là 
se trouvent le château Drolet et les résidences de 
plusieurs des principaux hommes de l'époque. 

Les Drolet ont toujours depuis figuré en pre- 
mier lieu dans les annales de leur pays, et celui 
qui porte aujourd'hui le nom ne fait pas exception 
à la règle. 

Une autre maison importante est celle où est 
né l'illustre Sir Greorge Etienne Cartier, baronet. 



50 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

Sir G-eorge est mort dans des circonstances bien 
antres que celles qui marquèrent sa vie durant 
cette période mouvementée. C'est un des rares 
patriotes qui réussirent alors à s'enfuir aux Etats- 
Unis et il eut l'honneur de voir sa tête mise à 
prix ; §2,000 étaient ofiërts à celui qui le capture- 
rait A^if ou mort. 

Après la défaite de Saint-Charles, on le voit 
mener une triste vie d'exilé dans un pays étranger. 
Mais les événements devaient changer et, quel- 
ques années plus tard, oublié, il revenait à son 
village natal. Il devait cependant rapidement 
faire sa marque et nous le voyous bientôt décoré 
du titre de chevalier comme un des pères de la 
Confédération, puis à sa mort, en Angleterre, il 
est le premier Canadien dont les restes ont eu 
l'honneur d'être transportés eu Canada à bord 
d'un des plus grands bateaux de guerre de Sa 
Majesté. Yraimeiit la réalité est plus étrange 
que la fiction. La vie de Sir George Etienne 
Cartier est un véritable roman. 

La maison des Cartier est située à quelques 
centaines de verges de Saint-Antoine et commande 
une belle vue du village de Saint-Denis et d'une 
île magnifique de la rivière llichelieu. C'est une 
belle grande maison en pierre de taille et dont la 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 51 

construction remonte à l'année 1782 Une partie 
était réservée à la résidence de la famille et l'autre 
(avec ses contrevents en fer, comme c'était alors 
l'usage), servait de magasin général pour l'appro- 
visionnement de toute la contrée environnante. 

C'est là que les chefs de l'insurrection de la 
vallée du îtichelieu, avaient l'habitude de se 
réunir, et rien d'étonnant qu'ils aient établi à cet 
endroit leurs quartiers généraux, lorsque l'on sait 
que l'hospitalité de la famille Cartier était chose 
universellement reconnue. 

La maison et la propriété appartiennent en- 
core à la famille et la mémoire du nom vénéré de 
George Etienne Cartier ne mourra pas, croyons- 
nous, car il y a aujourd'hui un héritier du nom 
historique, dans la personne de l'arrière-neveu de 
l'illustre homme d'Etat. 

Sur les divers chemins conduisant à Saint- 
Charles, se trouvent plusieurs maisons de ferme. 
Il n'en est pas une qui n'ait fourni son contingent 
à l'armée des insurgés retranchée à cet endroit ce 
jour fatal de la bataille. Les rangs de cette armée 
étaient composés presque entièrement des culti- 
vateurs de la localité, et commandés par les prin- 
cipaux citoyens des districts de Montréal et 
Richelieu. 



52 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

Un des individus les plus suspects de Saint- 
Charles était le curé de la paroisse, " Messire 
Blanchette, " dont il est question à un autre en- 
droit de ce livre, dans " Le Ilôle d'Honneur. " 

La carrière de cet homme est aussi extraor- 
dinaire que celle de son paroissien " George 
Etienne. " 

Quelques années après la rébellion, Messire 
Blanchette quitta le Canada pour s'en aller, dans 
le territoire de l'Orégon et dans la Colombie 
Anglaise, exercer, et avec succès, ses talents de 
missionnaire chez les sauvasses de l'extrême ouest. 
Il devint, par la suite évêque et, peu de temps 
après il mourait, loi i de son beau Richelieu, bon 
et fidèle serviteur, plein d'années et de mérite. 

Le champ de bataille de Saint-Charles est 
situé à environ un demi mille de l'église parois- 
siale. 

Dans un rapport de cette bataille, il est dit 
que les patriotes enivrés de la victoire de Saint- 
Denis, jurèrent de répéter ce glorieux fait d'armes 
à Saint-Charles. Les travaux du camp furent 
poussés activement, tous les préparatifs furent 
exécutés avec enthousiasme, tant était grande la 
confiance dans l'issue finale. 

Au commencement du mois de novembre, on 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38, 53 

avait forcé M. Debartzch, seigneur du comté, de 
se réfugier avec sa famille à Montréal, sous pré- 
texte que c'était un bureaucrate et qu'il avait même 
trahi la cause de ses concitoyens. 

Le Dr Grauvin, d'une des meilleures familles 
de Montréal et qui arait aidé Madame Gramelin, 
l'illustre fondatrice des Sœurs de la Providence, 
dans ses fonctions d'hospitalière auprès des pri- 
sonniers, prit possesion de la maison de Debartzch, 
avec une escouade de dix-sept hommes et il y 
établit une base d'opératio is. 

Ce château consistait en un 3 forte maison de 
bois, située entre le grand chemin et la rivière 
Eichelieu, avec une écurie en pierre sur son côté 
droit, et autres avantages naturels de défense En 
ligne diagonale avec cette maison, traversant le 
chemin et s'é tendant dans les champs jusqu'à un 
coteau couronné d'un petit bois, qui existe encore, 
les insurgés construisirent un puissant abattis 
de branches et de bois, rempli de terre, avec une 
meurtrière ça et là, selon les accidents du sol. 

Le choix de ce champ de bataille naturel 
avec tous les avantages des accidents du terrain, 
dénotait l'œil d'un véritable stratégiste. C'est à 
ce poste qu'un corps comparativement bien disci- 



54 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

pliné d'insurgés attendit l'ennemi, sous le com- 
mandement de Thomas Stoddart Brown. 

C'est le 25 novembre, 183t, que les troupes 
anglaises, sous les ordres du colonel Wetherall, 
firent leur apparition à Saint-Charles. 

Ce corps d'armée se composait de six compa- 
gnies d'infanterie, deux pièces d'artillerie et un 
détachement de cavalerie. 

Ayant fait halte à peu de distance du camp 
ennemi, Wetherall déploya ses forces sur la droite 
et sur la gauche, de manière à faire impression. 
Il dépêcha un messager, — un habitant du nom de 
Durocher qu'il avait capturé — au commandant 
Brown, disant que si on lui permettait de conti- 
nuer, sans être molesté, sa marche jusqu'à Saint- 
Denis, il n'attaquerait pas les Canadiens ni ne 
leur ferait aucun mal. 

Malheureusement Brow^n ne reçut pas la 
communication en dû temps, et Wetherall n'obte- 
nant pas de réponse engagea immédiatement le 
combat en tournant la gauche de la position des 
insurgés, prenant possession des hauteurs boisées 
et y installant son artillerie. 

Un feu bien nourri s'ouvrit alors et les Cana- 
diens se montrèrent d'égale force aux régùlieis 

ant des coups considérables, jusqu'au moment 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 55 



OÙ les remparts commencèrent à céder sous les 
coups répétés des canons de gros calibre. 

C'est à ce moment que "VVetherall commanda 
une charge à la bayonnette. L3s soldats se ruèrent 
jusqu'au haut du ravin, se dirigeant avec impé- 
tuosité vers la maison de pierre et la rivière. 

Les insurgés, armés de fusils et de faulx 
firent un instant une vigoureuse résistance, puis 
reculèrent disputant le terrain pas par pas jus- 
qu'au pont sur le grand chemin où ils se déban- 
dèrent enfin. 

Les pertes subies étaient grandes. La statis- 
tique, de sources françaises, met à quarante le 
nombre de tués, la majorité à ce dernier combat. 

Yoici les noms de quelques-uns des officiers 
qui se distinguèrent par des actes de haute 
valeur : Pierre Amiot, cultivateur à l'aise et repré- 
sentant de Verchères à l'Assemblée ; Auguste 
Papineau, de Saint-Hyacinthe, et les deux frères 
Hébert, Amable et Jean-Baptiste, de la i)aroisso 
de Saint-Charles. 

Voici une autre version de cette bataille : 

" Le camp consistait en un retranchement 
formé d'arbres tombés et une grand*» maison en 



56 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

pierre. Le colonel Wetherall, à la tête de 500 
hommes environ et deux pièces de campagne, 
partit de Chambly, le 22, mais vu le mauvais état 
des chemins, les ponts étant brisés, et par suite 
d'une halte à St-Hiiaire pour attendre le colonel 
Grore, il n'arriva à Saint-Charles que le matin 
du 25. 

" Une attaque réitérée des canons rompit les 
faibles remparts, et Wetherall commanda alors la 
charge à la bayonnette. Ce fut une immense 
boucherie, les soldats ne faisant aucun quartier 
et le village fut incendié, à l'exception de la 
maison de M. Debartzch. Du côté des Anglais, il 
y eut trois hommes tués et dix-huit blessés. 

" Le lendemain, Wetherall dispersa une petite 
troupe à Pointe Olivier ; et l'on peut dire que ce 
fut là le dernier coup de la rébellion, le long du 
Richelieu, tous les chefs ayant pris la faite. " 



La loi martiale fut proclamée dans le district 
de Montréal, le 5 décembre et les troupes furent 
répandues dans tout le pays, tandis que la milice 
des Townships de l'Est était mise sur pieds et 



HISTOIRF] DE LA REBELLION DE 1837-38. 57 



arrêtait plusieurs insurgés fugitifs cherchaut à 
pas-5er la frontière ; parmi eux était le Dr AYolfred 
Nelson. 

Un corps de réfugiés se réunit à Swanton, 
Yermont, sous le commandement de R. M. S. 
Bouchette et autres, et envahit le Canada par St- 
Armand, mais il fut promptement repoussé par la 
milice de Missisquoi sous le commandement du 
capitaine Kempt, et Bouchette fut capturé. 

En même temps, des insurgés, en grand 
nombre, s'étaient assemblés à Saint-Eustache, à 
dix-neuf milles au nord-ouest de Montréal, sous 
les ordres d'un nommé Amary Grirod, nommé par 
Papineau commandant de l'armée du nord du St- 
Laurent. Cette bande de rebelles se livra à des 
dépradations contre les loyaux habitants du 
district dont ils s'eirxparèrent des propriétés après 
les avoir forcés de se réfugier à Montréal. 

La rébellion étant supprimée sur la rive sud 
du St-Laurent, Sir John Colborne avait le temps 
de s'occuper des rebelles du nord. En conséquence, 
le 13 décembre, il partit de Montréal à la iète 
d'environ deux mille réguliers et, traversant la 
rivière Ottaw^a sur la glace, le matin suivant, 
s'avança sur Saint-Eustache où s'étaient réunis 
environ mille rebelles. 



58 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 



Ces derniers s'étaient réfugiés dans l'église 
et les maisons voisines. Ils firent une forte résis- 
tance, mais la baricade ne put résister et elle fut 
emportée à la pointe de la bayonnette. 

Les insurgés eurent cent hommes de tués, 
autant de blessés, et plus de cent furent faits 
prisonniers. 

Le feu fut mis à l'église, et comme il faisait 
un grand vent, les flammes se communiquèrent 
aux maisons voisines dont soixante furent con- 
sumées. 

Quatre jours plus tard, Grirod, le comman- 
dant, se suicidait à la Pointe-aux-Trembles. 

De Saint-Eustache. Sir John Colborne se 
dirigea vers Saint-Benoit où avait fomenté la 
révolte, mais dont les habitants sont des plus 
loyaux. Sur tout le parcours de la route étaient 
arborés des drapeaux blancs, et dans le village 250 
habitants rangés en ligne tenaient également à la 
main des pavillons blancs en signe de soumission 
et désireux d'avoir leur pardon. 

On pardonna à tous sauf aux chefs qui furent 
envoyés à la prison de Montréal. 

Des corps pou importants d'insurgés dans 
d'autres parties du district, furent dispersés, et 



HISTOIR E DE LA REBELLION DE 1837-38. 59 

Sir John Colborne rentra à Montréal le 19 de 
décembre. 

Au nombre des nombreux patriotes tombés à 
Saint-Eustache, le plus regretté peut-être fut le 
Dr Chénier. On lui a élevé, dans le square Yiger, 
à Montréal, un magnifique monument, et le 
poème dû à la plume de notre savant poète Fré- 
cbette, est bien propre à raviver sa mémoire dans 
le cœur de tous ses concitoyens. 

Pendant que se passaient ces événements à 
St-Eustache, les réfugiés dans l'Etat du Yermont 
percevaient des fonds dans le but d'une invasion 
et le 28 février 1838, environ six cents d'entre eux 
traversaient la frontière, ayan^ à leur tête Robert 
Nelson, frère du docteur, et le Dr Côté. Ils appor- 
taient avec eux 1500 armes et trois pièces de cam- 
pagne. Ils tentèrent de soulever une nouvelle 
insurrection, mais ils furent promptement re- 
poussés par la milice et quelques réguliers et le 
général des Etats-Unis, "Wool, les obligea de 
mettre bas les armes. 



-S— ^^—3- 



60 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 



REBELLION DE 1838 

La politique de tolérance suivie par le gou- 
vernement anglais à l'égard des rebelles de 1837, 
loin de déterminer un sentiment de gratitude 
avait plutôt produit l'effet contraire, et malgré 
l'esprit de conciliation avec lequel ils avaient été 
traités, les plus violents partisans entretenaient 
encore l'espoir d'une nouvelle résistance et s'ima- 
ginaient que le gouvernement avait peur de les 
punir. 

Ce désir d'une nouvelle insurrection était 
activé par un certain nombre d'Américains vivant 
sur la frontière, et, malgré des proclamations des 
gouverneurs de certains Etats, aucune action 
n'était prise contre les rebelles que l'on laissait 
continuer leur travail contre une puissance amie. 
Au moyen d'associations secrètes une insurrection 
mieux organisée que celle de 1837 se préparait, 
ayant pour chefs Robert N« Ison et le Dr Côté. 

Le départ de lord Durham semble avoir été 
le signal du mouvement et le soir du jour où le 
gouverneur quittait Québec (le 3 novembre) . eut 
lieu le premier acte d'hostilités à Beauharnois. 
Quatre cents rebelles environ saisirent le steamer 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 61 

Henry Erougham, firent les passagers prisonniers 
et le désemparèrent d'une partie de ses machines 
pour rempêcher de se rendre à Lachine. Les 
rebelles prirent aussi possession de la maison de 
M. EUice, firent les pensionnaires prisonniers et 
s'emparèrent de seize piècrs d'armes. 

L'insurrection était générale dans le district 
de Montréal. Un monsieur Walker est tué à La 
Fortune, près de Laprairie ; sur une certaine 
distance de la voie ferrée de St Jean, les rails 
sont enlevés, et des voitures de la malle sont 
arrêtées. 

Le matin suivant, le dimanche, 4, un 
groupe partait de Châteauguay pour aller à La- 
prairie saisir les armes et les magaî^ins, mais il 
est arrêté dans son entreprise par les sauvages. 
Une femme qui cherchait une vache dans le bois 
vint donner l'alarme en disant qu'elle a vu des 
hommes à l'air suspect se dirigeant vers le village ; 
les sauvages, parfaitement loyaux sautent sur 
leurs armes et se précipitent à la rencontre des 
intrus à qui il n'en faut pas d'avantage pour 
prendre la fuite, laissant soixante et quatre pri- 
sonniers qui sont transportés à Montréal. 

La loi martiale avait été déclarée le 4, et à 
une assemblée du Conseil Spécial, le 9, l'acte 



G2 HISTOIRE PE LA KEBELLION DE 1837-:^8. 

àliabeas corpus fut suspendu. Un certain nombre 
d'arrestations furent faites et la priion de Mont- 
réal se remplit rapidement. 

Deux mille rebelles environ s'étaient joints à 
Nelson. Le Dr Côté et autres insurgés n'étaient 
pas entrés au Canada, mais se tenaient aux Etats- 
Unis, à Eouse's Point, à vingt milles environ de 
Napierville, où les Américains amis des rebelles 
avaient établi un dépôt d'armes, de munitions, 
etc., etc. 

Il importait fort à Nelson de maintenir ses 
communications avec Rouse's Point, et ce n'est 
pas sans alarme qu'il vit la milice volontaire de 
Odelltown s'emparer de l'usine à vapeur de La- 
colle, ce qui brisait ses communications avec le 
Dr Côté. Ce dernier comprenant l'importance 
d'occuper le moulin de Lacolle décida de tenter 
d'y déloger les gens de Odelltown. 

Or dans la nuit du 5, une goélette descendait 
du lac et venait débarquer à Eouse's Point un 
canon de petit calibre et environ 250 fusils. Dans 
la même nuit, environ quatre cents Canadiens 
traversaient la rivière Richelieu à Alburgh, 
prenaient leurs quartiers entre Champlain et 
Odelltown pour se diriger ensuite à Lacolle et 
Napierville. 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 63 

Vers neuf heures du matin, le 6, ce corps 
d'armée commandé par le Dr Côté et G-agnon 
marchait contre les militaires établis dans le 
moulin de Lacolle. 

Le colonel Odell, à la tête de la milice, avait 
notiûé, de l'attaque projetée, le major Shriver, de 
la milice de Ilemmingford, et ce dernier vint à 
son secours. 

Les rebelles furent promptement repoussés, 
avec une perte de onze hommes tués et huit pri- 
sonniers. Il y eut un grand nombre de blessés 
qui réussirent à passer la frontière avec le corps 
principal battant en retraite. Environ quatre 
cents armes, avec quantité de munitions et le 
canon des rebelles furent capturés. 

Sir John Colborne, cependant n'était pas 
resté inactif, et le 6 il quittait Montréal avec les 
15e, 24e, Île, Y3e régiments et une partie du 93e, 
les Dragoon Gruards, les Hussards, environ 400 
sauvages, 500 militaires et 8 pièces de campagne, 
pour se porter sur Napierville. 

Les rebelles occupaient encore Beauharnois, 
mais Sir John Colborne laissa le soin de s'occuper 
de ce poste à deux régiments de la milice de Grlen- 
garry, déjà en route, sous le commandement des 
colonels Fraser et McDonald, et il marcha contre 
Nelson. 



PA HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38, 

" Le président de la République du Bas- 
Canada " se trouvait ainsi dans une position cri- 
tique. La milice victorieuse occupait le moulin 
de Lacolle et Odelltown, lui coupant par là la 
retraite, et Sir John Colborne avançait sur lui 
avec une puissante armée. 

Il décida donc de maintenir ouverte sa com- 
munication avec les Etats-Unis, et dans ce but, 
le 9, dans la matinée, il marcha contre la milice à 
Odelltown, avec 800 hommes armés de fusils, 250 
environ armés de piques, etc. Le corps militaire 
de Odelltown ne se composait que de 200 hommes, 
mais ils avaient le petit canon capturé à Lacolle 
et était commandés par un officier brave et expé- 
rimenté, le lieutenant-colonel Taylor. 

Cet officier plaça ses soldats dans et autour 
de l'église méthodiste et offrit une fière résistance. 
Le canon placé sur la terrasse, en avant de l'église, 
fut d'un grand service à l'approche des rebelles, 
mais on se trouva forcé de l'abandonner et de 
retraiter dans l'église. Les insurgés firent de 
vigoureux efforts pour l'enlever mais sous le feu 
constant partant de l'église ils durent reculer. 

La bataille avait duré deux heures lorsqu'à 
l'arrivée d'un secours de 100 miliciens, les insurgés 
durent battre en retraite. Une x^artie se dirigea 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. G5 

vers Napierville et le reste vers la frontière amé- 
ricaine. Parmi ces derniers était Nelson. 

Sir John Colborne entra dans Napiervàlle le 
9, mais les insurgés avaient évacué la place pour 
aller attaquer Odelltown. 

Le même jour qu'avait lieu l'attaque de 
Odelltown, environ 1,000 miliciens de Grlengarry, 
avec quelques compagnies du Te régiment traver- 
saient le St-Laurent et marchaient sur Beauhar- 
nois, où ils dispersaient une faible armée d'insurgés 
et libéraient les prisonniers faits à bord du Henry 
Brougham, le 3 courant. 

Les seuls insurgés sous les armes étaient 
maintenant retranches dans la maison de M. 
Bruueau, à mi-chemin entre Boucherville et 
Chambly et ils furent vite disperi^és par deux 
compagnies du QQ^. légiment, et ainsi fut sup- 
primée la seconde rébellion qui avait duré juste 
une semaine. 

Cependant, les loyaux citoyens avaient été 
trop vivement outragés dans leurs sentiments, 
par deux rebellions dans les douze mois écoulés, 
pour se contenter d'une simx)le répression. 

Des cris de vengi^ance et de représailles se 
firent entendre : nombre de loyalistes avaient eu 
à souffrir de la part des insurgé •;, des insultes et 



6G HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 



des dommages, et du sang avait été répandu pour 
supprimer la révolte. 

Sir John Colborne voulut empêcher les ou- 
trages et les excès, mais il ne put retenir la milice. 
La population presque entière de Laprairie avait 
épousé la cause des insurgés ; on l'en fit repentir, 
car la torche incendiaire fut promenée dans les 
maisons et les granges de tous citoyens suspects, 
détruisant foyers et provisions. Des familles 
entières se virent subitement ruinées et les décom- 
bres noircis de ce qui avait été, durant des années 
d'heureux foyers, portèrent la sombre preuve des 
ravages de la guerre civile. 



Ici finit l'histoire de la rébellion de 1837- 
1838. Les pages qui suivent ne sont que le corol- 
laire de l'insurrection. Il reste encore A donner 
à l'œuvre la dernière touche, en sortant de l'oubli 
le nom des principaux acteurs, leur " rôle d'hon- 
neur ", et plusieurs détails intéressants de cette 
remarquable période. 



— C— «^g^--|— 



ROLE D'HONNEUR 



OU 



Liste complète des Patriotes détenus dans les 
prisons de flontréal en 1837=1838=1839 



DATE ET LIEUX DES AERESTATIONS, ETC. 



16 Nov. 1837. — Chas. A. Leblanc, Jeau 
Dubuc, Amable Simard, Greorge DeBoucherville, 
André Ouimet et François Tavernier. 

It Nov.— Jean François Bossé-Lionais. 

18 Nov. — Louis Michel Yi^er. 

21 Nov. — Michel Vincent, de Lougueiiil. 

26 Nov. — Narcisse Lamothe, de Laprairie. 

1er Dec. — Corne Séraphin Cherrier. 

3 Dec, — Greorg-e Dillon. 

•4 Dec. — André Griguôre, Toussaint Merville, 
André Lacroix, A. E. Barclay, Eusèbe Durocher, 
Louis C. Duvert, Pierre C. Phaneuf, Toussaint 
Peltier, Dr Jacques Dorion, Louis Mayer, Chas. 
Grouin et Louis Chapdelaine. 



68 HISTOIKE DE LA REBELLION DE 1837-38, 



9 Dec. — Ls Boindon, Amable Daunais, Pierre 
Bourgeois et Daniel Forbes alim McMaughton. 

12 Dec. — François Jalbert, llobt. S. M. Bou- 
chette, Henri A. G-auvin. Timothy Kiuebert, 
Kodolphe Desrivières, Siméon Marchesseault, 
Jean-Bte Languedoc, François Leford, Ambroise 
Hébert, Alex. Pinsonnault, Denis Duchaine, Jean 
P. B. Belleville, Louis Tremblay, Toussaint 
Dufresne, Alexis Kichard, Pierre Languedoc, 
Toussaint PI. Groddin et AYolired Nelson. 

15 Dec. — Luc Auger, Luc H. Masson et 
Damien Masson. 

It Dec. — Alex. Fournier, Jos. Robillard, Jean- 
Bte Dumouchelle, Jos. Danis, Chas. Larose, Frs. 
GrigQon, Magloire Griiindon, Ed. Beaution dit 
Major, Jos. Malbœuf, Félix Cardinal, Léon Marie 
et Aug. Laurent dit Lortie. 

19 Dec. — William Scott, de St-Eustache. 

20 Dec. — Louis Courcelles, John Anderson, 
Ambroise Lapierre, Jean-Bte Bousquet, François 
Daoust, François Picard, Toussaint Langlois- 
Pobillard, Ambroise Brunelle, Hypolite Mayer, 
Jos. Laporte, Ed. Villais, Stanislas Iloy, Modeste 
Ivoy, Hercule Dumouchelle, Jacques Dubeau, 'J. 
A. Berthelot, Camille Dumouchelle, Pierre Marie, 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 69 



Gédéon DeLorimier, Charles Lemoine et Louis 
Adolphe Eobitaille. 

5 Jan. 1838. — ïimothy Franchère, Louis 
Marchand et liichard A. E. Hubert. 

6 Jan. — Jean Blanchette, François Gruériu, 
Antoine Rochon, Isaac Foisy, Jean-Bte Bellanger 
et Auguste Sauche. 

10 Jan. — Joseph Maz dit Lapierre, Michel 
Frégeau, Frs. Séguin, Jos Vadenais, Gruillaume 
Montplaisir, Paschal YigJr, Marcel Sauvé, Chris- 
tophe Daigneau, François Bertrand, Louis Brouil- 
lard et Hugh \Yard. 

20 Jan — Chs Olivier. 

25 Jan. — François Nicolas. 

26 Jan. — Louis M. Decoigne, François Ranger, 
Théophile Roy, Joseph Tellier, Léon Breault, 
Barthélémy Poissant, Jean-Bte Tremblay, Frs. 
Surprenant, Jean Jubotte, Luc Hébert, Olivier 
Grlautenel, Joseph Gervais, Robert McMahen, 
Pierre R. Narboune, Joseph Hébert et Dr Léonard 
Brown, de St Jean. 

27 Jan. — Joseph Duvernay et Benj. Senécal. 
29 Jan.— Jacques Demers. 

31 Jan. — Louis Charette. 
1er Fév.— Joseph Robillard, Joseph Duval et 
R. P. Bélair. 



70 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 



2 Fév. — André A. Papineau, de St-Hyacinthe. 
4Fév. — Olivier Lanthier. 

5 Fév. — Patrick Murray, Michael Dwyer, 
Peter O'Callaghan et Louis Papineau. 

6 Fév. — James Watts, Ang. Labrie, Jean-Bte 
Dumouchelle, J. Eaymond et Eustache J. de 
Carrière. 

8 Fév. — Noël Scott, Frs Lemaître, Jos. Leto- 
mée, William Blyth, Jérôme Longpré, François 
Pillon, Jérôme Latour, André Levallée, Moïse 
Marchesseanlt, Jos. Phanenf, Médard Bouchard, 
Noël Duval, Morphile Lamaremy, Jos. Tougas, 
Louis LaBerge et Zéphirin Girardin. 

9 Fév. — Louis Dirigé dit Laplante et Etienne 
Lonctin. 

10 Fév. — Jos. Petit dit Laluraière, Bart. Grodin 
dit Laparie, Hyacinthe Derouin, Alexandre De- 
rouin et Jean-Bte Richer. 

13 Fév. — Jérôme Longpré, Médard Gragnou 
et Laurent Longpré. 

14 Fév — Alexandre Drolet. 

15 Fév. — David Beauchemin,Jean-Bte Ethier, 
Jean Marie Latour et Jean-Bte Fluneau. 

16 Fév. — Pierre Barrière alias Langevin, de 
St-Césaire. 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 71 



1^ Fév. — Fans. Tticher dit Laflèche, Marcel 
Cordeau, Pierre Mondor et Edouard Besse. 

2a Fév. — Grarçouet Lareau. 

1er Mars. — Adolphe Dugas, Jean Charlebois 
et Appoline St-Germain. 

2 Avril. — François Molleur. 

3 Avril. — Enoch Jacques. 

5 Avril. — Joseph Mongeau. 
11 Avril. — James Murphy et Fans. Ant. 
Lavigne. 

24 Avril. — Patrick Flannaghan et Hugh 
Feenan. 

25 Avril.— Jean-Bte Molleur. 

26 Avril. — Alexandre Drolet, de St- Charles 
et Joseph I. Drolet, de St-Marc. 

30 ivril. — Joseph Gariépy, Louis Lussier, 
Félix Chénier, Louis Poulin, Olivier Arcand, 
Amable Paradis, de Sorel ; Dominique Chartrand, 
André B. Peloquin, de St-Martin ; Paschal Bour- 
bonnier, Jean-Bte Arcand, Wm. Whitlock, de 
Yaudreuil ; François Migneault, Nicolas Rolland, 
Jean Félix Labrie, de St-Ours ; Pierre Amiot, de 
Yerchères ; Louis Lacoste, de Boucherville ; Isaac 
S. Larocque, de Rigaud ; Louis Chapdelaine, 
Charles Gouin, Louis Chicon Duvert, Eusèbe 
Purocher, de St-Charles ; Antoine Charles Bardy, 



72 HISTOIKE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

de St-Athanase ; André Lacroix, François Taver- 

nier, de Montréal ; Jean-Bte Vallée, Jean-Bte 
Lussier, de St-Denis ; François Chicon Duvert, 
de St-Charles ; Augustin Labelle, Antoine Con- 
signy, Michel Carrière, de St-Eustache ; Hyacin- 
the Charlebois, Narcisse Valois, de Vaudreuil ; 
Benjamin L^febvre, G-eorge de Boucherville, de 
Montréal ; Amable Simard, Hector Barsalou, ca- 
pitaine Beaulac, de St Ours ; Louis Michel Viger 
et Toussaint Peltier, de Montréal ; André Ouimet 
et Bonaventure Viger, de Boucherville. 

3 ivXai. — Jacques Lacorabe, de Ste-Scholas- 
tique ; André Jobin, de Ste-G-eneviève. 

2 Juin. — Joseph Lacombe. 

4 Nov. — Olivier Leblanc, de Bécancour ; Jean 
Baptiste Rose, Pierre Tessier, Joseph Picard, 
Joachim Primeau, Jean-Baptiste Vian, Pierre 
Noro, Ovide Beauchamp, Antoine Côté, Joachim 
Filion, Jean-Bte Brindamour, Jacques Lefebvre, 
Grabriel Collette, Louis Beloirin, Pierre Primeau, 
Pierre Billette, Pierre lieid, Thomas Iveid, Antoine 
Boursier. Charles Mercille, Francis Duquette, 
Joseph Longtin, Jean-Bte Dumouchelle, Vital 
Dumouchelle, Fr. Maurice Lepailleur, Louis 
Gruérin, Frs X Dubord, Louis Lucasse, Grabriel 
Jodoin, Nicolas Rousselle, Paul Mailloux, Francis 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 73 



Dorais, Pierre Dorais, J. Louis Thibert, senr., 
Jérémie G-roulx, Félix Gragnou, Cliarles Yervais, 
Antoiue Eoy, Joseph Meloche, Louis Euffiauge, 
Toussaint Trottier, Bazile Collette, Michel Billette, 
Constant Guérin, Francis Laplante, Antoine Ito- 
chon, Toussaint Dumouchelle, Pierre Mallette, 
Jean-Baptiste Tisseur, Joseph Roy, Paul Loiselle, 
Pierre Dorais, Jean-Baptiste Mallette, Jean L. 
Thibert, junr., Benjamin Colerie, Jean-Baptiste 
Rousselle, Pierre Picard, Toussaint Loiselle, Au- 
gustin Primeau, Jean-Baptiste Loiselle, Pierre 
Billette, Eustache S.^nécal, Pierre Parent, Paul 
Boursier, Jos. N. Cardinal, notaire, Etienne Le- 
febvre, Etienne Merleau, Greorge Cheyrefils, Jean 
Marie Dorais, Narcisse Ménard, Pierre Eeid, Nar- 
cisse Bruyère, Joseph Guiinond, Joseph Duquette 
et Antoine Couillard, de Châteauguay ; Jean J. 
Œrouard, notaire, de St-Benoit ; Alexis Ménard, 
de St-Isidore ; Fr. X. Desjardins, de Vaudreuil ; 
John Terill, de l'Etat du Vermont, E.-U. ; David 
Madore, de St-Yincent de Paul ; Doin. Ducharme, 
Charles Picard et Timoléon Ducharme, de La- 
chine ; Pierre Dupuis, de Laprairie ; F. Armand 
dit Flamroue, de Rivière des Prairies ; François 
Lauzon, Pierre Lussier, Luc Dufresne, Louis H. 
Lafontaine, avocat, Denis B. Vig-er, avocat, Louis 



74 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

M. Yiger, avocat, Charles Mondelet, avocat, John 
Donegani, marchand, Frs. M. Desrivières, avocat, 
Lewis Jos. Harkin, Dexter Chapiii, John Willing, 
Augustin Eacicot, Henry Badeaii, Cyrille David, 
Louis Coursolles, François Blanchard, F. Pigeon, 
Louis Morin, AYm. Brown, Jos. A. Labadie, no- 
taire, Jean-Bte Choquette, H. Derome dit Deca- 
reau, Pierre DeBoucherville, Frs. M. de Moro- 
chond, Félix Groulet, Avila Wtilbrenner, Eichard 
Dillon, Harrier Hameliu, Jean-Bte Houlée, Aug. 
Dupere, Sam. Newcomb, jr., Michel Bourbon- 
nière, G-eorge Dillon, de Montréal. 

5 Nov. — Pierre Normandin, de Laprairie ; 
Théo. Vachereau, de La Tortue ; Etienne Régnier 
et Joseph Allard, de St-Jean ; Jules Gragnon et 
Moïse Pinsonneault, de St-Yalentin ; François 
Ranger et Jacques Bouchard, de Lacadie ; Dr J. 
André Lacroix, de St-Athanase. 

6 Nov. -- Etienne A. Dubois, John Fullum, 
Alexis Bouthiliier, François Contant, François 
Ste-Marie, Etienne Hauchman, Pierre Côté, Hy- 
polite Jérémie, Joseph Emery Coderre et Jérémie 
Barrette, de Montréal ; Edouard Gaudet, Edouard 
Houle, Julien Lafaille, François Manchond et 
Pierre Macé, de St-Athanase. 

î Nov. — Jacques Barbeau, de La Tortue ; 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 75 



Ls Martin et Etienne L'Ecuyer, de St-Philippe ; 
Chas Dewitt, Louis Duranceau, Moses Dalton, H. 
Fortin alias Poulin et François Eeid, de Château- 
guay ; Isaac Negus, de Chicago ; Pierre C. Ste- 
Marie et Olivier Gariépy, de Laprairie ; Antoine 
Prévost et Chas. Prévost, de St-Laurent ; Louis 
A Pobitaille, Azarie Archambault et Ed. Beaudry, 
de Varennes ; Léandre Ducharme et John Mac- 
donald, de MontréaL 

8 Nov. — Louis Chapdelaine, Charles Gouin, 
Alexis Peloquin et Moyse Dupîessis, de William 
Henry (Sorel) ; Jos. A. Berthelot et Adolphe Per- 
reault, de Montréal. 

9 JNov.— Edouard Barnard, de Trois-Rivières ; 
François Côté, de Québec ; Jean-Bte Lamiraude, 
de St Philippe ; Edouard E. Fabre et auillaume 
J. Vallée, de Montréal. 

10 Nov.— John H. VYebster, de Châteauguay ; 
Joseph Rousselle, de Ste-Geneviève ; A. Babeau, 
Barth. Tremblay, J, Bte dit Chenaille, Charles 
Babeau et Paul Dupuis, de St-Philippe ; Yital 
Bourassa et Jean-Bte Olivier, de Laprairie. 

11 Nov. — Théodore Béchard, de Blairfindie ; 
Charles Mongeon et Moyse Ménard, de St-Atha- 
nase ; Julien J.-Bte Eoy et Benoni Charet, de 
Lacadie ; François Arrès, de St-Césaire ; Pierre 



76 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38, 

Pépin, de St-.Tean-Baptiste , -*atrick Hays et J. 
Henry Bâtes, de Sw anton, E.-U. 

12 Nov. — Célestin Asselin, Michel Ménard, 
Augustin Grervais, Nicolas Hené et Joseph Joli- 
vette, de St Constant ; Greorge Catman, de St- 
Edouard ; Antoine Yien, de Yamaska ; Jérômie 
Brousseau, Alexis Léonard et Jean Deragon, de 
Laprairie ; Fis. Surprenant, jr., de St-Philippe ; 
Louis Brodeur et Joseph Fontaine, de St-Denis ; 
Jean Dubuc, de Montréal ; Paul N. Leclaire, de 
St-Ours ; Joseph Cadieux de Mass., E.-U. ; Jo- 
seph Itoberge, Jacques Robitailîe, M. Tetro dit 
Ducharme et Antoine Foisy, de St-Charles. 

13 NoY. — Joseph Boulet, François Paradis, 
Hilaire Paradis, Antoine Coupai, Eloi Dupuis ej: 
Julien Dupuis, de Lacadie ; J.-Bte Bernais, Noël 
Thibeault, Joseph Charon, Pierre Molleur, Eloge 
Tremblay, Eusèbe Dupuis, Nicolas Boissonneau, 
Christophe Fortin, jr, Antoine Grirard, François 
Griroux, P. Bourdeau, François Grodreau, Josei)h 
Landry, Ant. Destroismaisons, Louis Fournier, 
David Cyre, Aubaine Gramache, Jacques Laval- 
lière, Pascal Seignorine, Francis La France, J.-Bte. 
Amand, Louis Belhumeur, Joseph Laporte, Pierre 
Thibeault, Antoine Eocque, Hyacinthe Jelenand, 
Marcel Desbrien, sur, Pierre Desbrien, jnr, Alex, 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE LS37-38. 77 



Pateiiaude, Hubert Landry Julien Richard, Fran- 
çois Patenaude et Lucien Morin, de St-Yalentin ; 
Damase Leduc, Pierre Cohache, Jules Beaudin, 
Pierre Millet Simon Martin, Ed. Ferland et H. 
Pierre Morin, de St-Cyprien ; J.-Bte Bourgeault. 
de Rivière du Sud ; Guil. Benziger, du Ruisseau 
des Noyers ; Michel Boulet, de St-Edouard ; J.- 
Bte Dubeau, St-Athanase ; Olivier G-agner, Louis 
Rémillard, Pierre Babin, Edouard Latrimouille, 
Paul L'Hussier, Bazile L'Hussier, jnr, J.-B. Ju- 
neau dit Latulippe, Pierre Terriaux, Julien Denis, 
Bazile L'Hussier, sur, ]voy. Théo. Desjardins, Ls. 
Cyre, Paul Sauvet, Toussaint Duclos, sur, Tous- 
saint Duclos, jr, Joseph Boucher, Joseph Pinson- 
nault, Isaac Pinsonnault, Pierre Tremblay, Jean- 
Bte Levesque, Jacques St-Jean, Joseph Dumas. S. 
Louis Miller, Félix Cloutier et Philip Slaven de 
Lacolle ; William Brady, de William Henry ; 
Francis Boniu, de Ste-Marie ; Michel Côté, de 
St-Grervais, Que. ; Jacques Grirard, de St-Rémi ; 
Grermain Chouinard, de Rivière du Sud ; Joseph 
Roy dit Page, P. Boudreau, Narcisse Roy, Pierre 
Boudreau, Hubert Ferland, François Bédard et 
Félix Poutre de St-Jean ; Adolphe Dugas et Mi- 
chel Griroux, de St-Gonstant ; Charles Hindelang, 
de Paris, France ; Benjamin Mott, de Vermont, 



78 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

E.-U, ; Daniel Woolfred, do New- York ; Célestia 
Dumontier, de Québec ; Alfred B. Lespérance, de 
Montréal ; Vital Desrochers, de St-Eustache ; 
Alexis Préfontaine, de Longuenil ; Paul Cecille, 
Samuel Newcomb, Louis Normaudeau, Joseph 
Belinge, Greorge Malbœuf, George Newcomb, J.- 
Bte Euffinger, Pierre Leclaire, .Tea?i-Bte Larivière, 
Louis Lesiège, Ignace Hubert, Louis Pregent, 
Jean-Bte Duquette, Pierre Duquette, Isidore Yé- 
zina, François Gagnon, François Boudreau et 
William Dalton, de Châteauguay. 

14 Nov. — Joseph Laparle Léonore Bonneau, 
Frs Surprenant dit Lafontaine Zachari Bourdeau 
et Pierre Charbonneau, de St-Philippe ; Jean-Bte 
Dozois, sr, Hubert Leblanc, Pierre Lavoye, Louis 
Lemelin, Daniel Jacques Hubert, Pierre Paradis, 
Joseph Hébert, Pierrre Hébert fils de J. ; Jos. A. 
Hébert, Charles Iluot, Frs. Trépanier, David 
Leblanc, David Demers, Jean Gagnon, Pierre T. 
Decoigne, Joseph Marceau, Louis Defaillette Jean 
Bte Lukin et Achille Morin,de St-Cyprien ; Jean 
Belleau, de Québec ; Louis Bissonnette, Pierre II. 
Narbonne et Louis Guerin, de Laprairie ; Gabriel 
Aimond, de St-Laurent ; Etienne Bouchard, de 
Lacadie ; Hypolite Lanciôt, de St-l\émi , Guil. 
Levesque, de Montréal ; Antoine Doré, de St- 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 79 

— «~ "— — — - 

Jacques le Mineur ; François Eémillard, de St- 
André ; François Camyré, de St-Constant. 

15 Nov. — Denis Louprette, de St-Luc ; Paul 
Pinsonneault Constant Lanctot et Dominique 
Mouvette, de St-Eémi ; P. Derige dit Laplante, 
Jean-Bte Ouellette, sr, Louis L'Hussier, Michel 
Surprenant, Jean-Bte Ouellette, jr, Augustin 
Eobert, Alexis Lanctot, Thomas Belonin, Jean-Bte 
Métras, Antoine Franche, Ambroise Simard, J.- 
Bte Eoujeau, François Eobert, Chas. Foucrault, 
Louis Eoujeau, Luc Ovide Aubrie, Théophile 
Yelle, Antoine Benoit, Jean-Bte Ouimet, Fran. 
Monelte, Jacques Eobert, Théophile Mouette, 
Yi.al Boutin, Antoine Monjeau, Médard Mou- 
nette, Joseph Eoujeau, Jean-Bte L'Ecuyer, Paul 
Tremblay, Toussaint Beaudin, Jacques Bizaillon 
Yital Galarneau, Antoine Gauthier, Luc Verdon, 
Jean-Bte Versailles, Paschal L'Hussier, Louis 
L'Hussier, Alexander Ashley et Narcisse Simard 
de St-Edouard ; Louis Monjeau, de Yarennes. 

16 Nov. — Edouard Desautels, de Laprairie ; 
Pierre Pruneau, Jean Marie Thibort, Alexis Côté, 
Jean-Baptiste Trudel, Pierre David, Joachim 
Euffiange, Frs. David, Eené Dupuis, Louis 
Deneau, Jean-Bte Côté, Joseph Caron, Paul 
Quesnel, Louis Poirier, Charles Poirier, François 



80 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 



Menoche, Jean-Bte Defiforges, Jean-Bte Lefebvre, 
Jean-Bte Damieii, Edouard Thivieii et Michel 
Comtois de Châteauguay : Yit. Payant dit St- 
Onge, Paul Barré, Pierre Granger, Dr Jean B. H* 
Brien, Thomas Dalton, Michel Tremblay, Louis 
Maheu, Aug. Boucher, Jean-Bte Mereille, Antoine 
Lefebvre, Louis Thibeaiv, Michel Primeau et 
François Lefebvre de St-Martin ; Pierre Thé- 
roux, de St. Isidore ; Jos. M. Longtin, Louis 
Lanctot, Charles Denault, Théophile Lanctot, 
E-egis Lanctot, Bart. Dupuis, Dauphin Dupuis, 
Joseph Dupuis, Amable Longtin, Joseph Longtin, 
de St-Constant ; Denis St-Jean, La Tortue ; Kegis 
Robert, Joseph Itobert, Pierre Bâchant, Joseph 
Barbeau et Chas Sanguinet, de St-Philippe ; 
François Bougie, François Dupont, Eustache 
LeBœuf, Etienne LeBœuf Jean-Bte ^ igtin, Jos. 
Eno dit Deschamp, Basile I\oy, Charles Daous t; 
Ant. Eno dit Deschamp, , Jean-Bte Leduc, Pierre 
Montpetit, Joseph Grendron, Antoine Laviolette, 
Michel Boy, Noël Mereille, Joseph J. Hébert, J. 
B Gendron dit Peloche, François Poirier, Benoit 
Charlebois, Michel Brosirs, Jos Ixoy dit Lapensée, 
Louis Itoy, François X. LeBœuf, P. Tondu dit St- 
Onge, Antoine Daigneau, Joseph Daigneau, jr, 
Hyacinthe Shalle, Jean-Bte Bollin, Jos. Daigneau, 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38, 81 

jr, Célestiu Boyer, Louis Hoy, Bouoiii Longpré, 
Eustache Lefebvre, Pierre Laberge, Nicolas Boyer, 
Louis Laberge, sr, Michel Longtiii, Etienne Mont- 
petit, François Thivierge, Antoine Leduc, Pierre 
Daigneau, E. Potion dit Montpetit, Michel Duval, 
Louis Thivierge, Joseph Ivoy fils de Chs., Pierre 
Duquette, F. Bourbonnais, Jean-Bte Montpetit, 
Michel Allany, David Gragnon, Louis Laberge, jr, 
Olivier Bourbonnais, Désiré Bourbonnais, Joseph 
Iloy (capitaine). Pierre Pitre, Chs Poy dit Lapen- 
sée, Josex^h Leduc, OeofF. Hébert, Pierre Peltier, 
Aug. Leduc, Jean-Bte Demers. M. Michelon dit 
Laurange, Louis Hébert et Chs. G-endroD, de 
Beauharnois , Christophe Brodeur de St-Thimo- 
thée ; Jérémie liochon, de S t- Vincent de Paul. 

17 Nov. — Olivier Ilobort, Hul>ert Robert, 
Alexis Fauteux, Antoine E-oy, Pierre Poy, Pené 
Ivouillé ot GrrégoirePouillé, de St-Philippe ; Théo. 
Prévost, de La Tortue ; Toussaint Préfontaine, 
Grodfroy Lague et Alex. Bouthillier de Longueuil ; 
Moyse "VYattier, de Les Cèdres. 

18 Nov. — Isidore Tremblay, Edouard Trem- 
blay, Philippe Tremblay, François Bisette, Fraii. 
X. Prévost, Jacques Goyette, Pierre Hébert, A. 
Papineau dit Montiguy, Michel Mathurin, Baith. 
Meheu et Jacques Brune t te, de Beauharnois. 



82 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

I9N0V. — Jeaii-Ete Cidillol, Hilaire Griiichond 
Edouard Bonaire, Jos. Pirons, Jean-Bte Fauteux, 
Antoine Quintal, Amable Yadeboncœur, Jean- 
Bte Grirouard et Médard Surprenant, de St-Phi- 
lippe ; Ls. Dirige dit Laplante, Isaïe Tremblay, 
Jean-Bte Laplante et Martin Dulude, de St- 
Constant ; Frs. Leclaire et Jean Leclaire, de 
Montréal. 

20 Nov. — Jos. Daoust, de St-Luc ; P. Jarrel 
dit Beauregard, de St-Charles ; André Proteaii, de 
Boucherville, 

21 Nov. — Aug. St-James, Pierre Bourassa et 
Antoine Goyette, de Laprairie ; Fran. Thérien, 
de St-Oyprien ; Fran. Henry, de Québec ; Pierre 
Ponton, de Lacadie, Benoit Page, de Ste-Marie. 

22 Nov. — Joseph Marceau, Jos Paré, Charles 
Dupuis, Fran, Bigonesse, Benoni Verdon et L. Gr. 
Neveu, de Lacadie ; Chevalier DeLorimier, de 
Montréal ,• Marc Campbell, de Pointe-aux-ïrem- 
bles ; Jos. L. L'Ecuyer, de Châteanguay. 

26 Nov. — J. L Boudreau, de St-Marc ; Jean- 
Bte Allard, de Belisle ; John Fratelin alias Bra- 
ditch, de Dalmate. 

27 Nov. — Jos. P. Larivière, de St-Eustache. 

28 Nov. — James Perrigoet Gédéon Brazeau, 
de St-Martin ; Jos. Gagnon, Frs. Merlan, Michel 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 83 

Eochon, de Châteaiig'iiay ; jGan-Bt(3 Deniers, T. 
Legrand dit Dufresne, jr, Frs. Laplante, sr, Julien 
Tremblay, Isidore Legrand dit Dufresne, Jean- 
Bte Normaudin, F. H. Lefebvre fils de Franr.ois, 
Pierre Graguier dit St-Côme, L. Pousant dit Boi- 
leau, Eustache Lefebvre, Touss. Lefebvre, fils de 
Célest., Paul Pobert, Toussaint Dupuis fils, Tous- 
saint Dupuis fils de Louis, Michel Bouchard, 
Edouard Lefebvre, Pierre Lefebvre, Pierre Dupuis 
fils de Pierre, Louis Daigneau, Joseph Tremblay, 
Pierre Griroux, Jos. Laugevin, fils de Michel, C. 
Célsetin Lefebvre, Léon Lamarre, Luc Lefebvre, 
Tous. Legrand dit Dufresne, sr, Paul St-Denis, A. 
Surprenant dit Lafontaine. de St-Philippe. 

30 Nov. — Jean-Bte Bousquet, de St Charles ; 
Dr Amable Berthelot, de St-Eustache. 

1er Dec. — Michel Paré, Pierre Bouthillier, 
Alexis Gruertin, Chas Derige, Alexis Bouthillier et 
Aug. Dubuc, de Longueuil ; Thomas Daunais, de 
Contrecœur. 

2 Dec— Guill. Couture, Fran. Nadeau, Fran. 
Hacicot et Pierre Roberge, de La présentation ; 
André Lamontagne, Donald Cf. Morison, André 
A. Papineau, Philippe N. Pacaud, J. F. Têtu, J. 
Laparre, Hyacinthe Robitaille et Olivier Roberge, 



84 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38, 

de St-Hyacinthe ; Pierre C. Phaneuf, Joseph 
Senée et Fran. Tessier, de St-Damase. 

3 Dec. — Bastieii Heldebrain et Bastieii Heleu 
de Châteauguay ; Louis Trudeau, Hubert Page et 
Au Bouthillier, de Lougueuil. 

4 Dec. — Pierre LaBruère et Fr. Langillier, de 
St-Hyaciuthe ; Urbain Desroches, de St-Eus- 
tache. 

10 Dec. — Jos. Leroux, de St-Thimothé et 
Mess. Mag. Frs. Turcotte, prêtre, de Ste-Ttose. 

11 Dec. — Frs. X. Hameliu et Paschal Pin- 
sounault, de St-Philippe ; Ambroise Satiguiuet, 
Jacques Longtin, Jacques Daigiieau, Clovis Pate- 
naude. Jos. Piusouueault, de St-Constaut et Théo- 
phile Eobert, de St-Edouard. 

15 Dec. — Jean Casgrain, Amable alias Eobert 
J., H D. LebUinc, D. D. Leblanc et Frs. T répa- 
nier, de St-Hilaire ; Jos. Hobcrt, (capitaine), de 
St-Philippe. 

16 Dec. — Louis Trudelle, jr, Frs. Daoust, 
Louis Hénault et Louis Poineau, de St-Clément ; 
Antoine Charbonneau, de St-Thimothé ; Jean 
Laberge, Constant Buisson et F. X. Touchette, de 
St-Martin. • 

It Dec. — Charles Sanguinet, de St-Philippe ; 
Ant. Vien, de Yamaska. 



HISTOIRE DE LxV REBELLION DE 1837-38. 85 

19 Dec. — Thomas Surprenant, du St- Philippe. 

20 Dec. — Frs. Groudrean, E. P. Rochon et F. 
H. Griiertin, de St-Philippe. 

24 Dec— J. B. Allard. de Belœil ; Frs. Taver- 
nier, de Montréal. 

26 Dec. — Théo. Bédard, de Bkirfundie ; P. 
R. Louis Blanchard, de St-Hyacinthe ; Amable 
Daunais, de St-Cyprien ; Joseph Lougtin, de St- 
Constant ; Thos. Yaliquette, de Contrecœur ; 
Michel Lévesque, de St-Charles. 

28 Dec. — Joseph Hensley, de St-Jean-Bte de 
Rouville ; E. T. Ducharme et Gabriel Courioux, 
de St-Marc ; E. Picard, de St-Constant ; Etienne 
Languedoc, Frs. St-dermain, sr et Frs, St-Grer- 
main, jr, de St-Philippe ; Jos. Lauctot, de St- 
Edouard. 

1er Jan. 1839. — Taylor AYadley, de Hatley. 

4 Jan. — René Leduc, de St-Thimothô ; Jos. 
Dunriouchelle, Ignace J. Chevrefils et Louis Du- 
moucheile, de St-Mariin ; Tous. Rochou, de Beau- 
harnois ; F. X. Prieur, de St-Thimothô ; Joseph 
Wattier, des Cèdres ; Jeau-Bte Lague, de St Ma- 
thias ; Chas. Bouc, Antoine Roussin, Léon Le- 
claire et Frs. St-Louis, de Terrebonue ; Jacques 
Robert, de La Tortue ; Pierre Urbain et Paul 
Gravelle de l'Ile Jésus ; Berthelot, de Lacheuaie. 



86 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

5 et 8 Jan. — Etienne Langlois, de Blairfun- 
die ; Jean-Bte Boyer, Louis Boyer, Joseph Boyer, 
Prosper Robert, Jos. Raymond, Ant. Lanctot et 
René Pinsonnault, de St-Edouard ; Barnabe 
Dupuis, de St Constant ; Moyse Longtin, de La 
Tortue ; Antoine Yandal, de St-Athanase ; Ed. 
Rémillard, de Laça ie ; Chas. Mandat et Jos. 
Coupai, de St-Philippe ; David Hébert, de St- 
Cyjirien ; Louis Pinsonueault, de St-Rémi ; Pierre 
Plante, de St-Yalentin. 

9 Jan. — Michel Meunier, de St. Yalentin ; 
Vital Robert, de La Tortue 

10 Jan. — Cyprien Boyer, de St-Edouard ; Jos 
Langevin, de St-Cyprien ; Etienne LeBœuf de 
St-Clément. 

16 Jan. — L. Raignean et Joseph Smith, de 
St-Cyprien ; Ant. Boyer, sr. et Ant. Denault, de 
Edouard. 

18 Jan. — Francis Nicolas, de Lacadie ; Frs. 
Surprenant, de St-Philippe ; Pierre Lavoye de St- 
Cyprien. 

22 Jan. — Ant. Coupai et Jos. Marceau, de 
Lacadie ; Frs. Bigonesse, de St-Cyprien ; Isaac 
Oligny, de St-Rémi. 

28 Jan. — Dominique Poissant et Eustache 
Poissant, de St-Yalentin. 



HISTOIRE DE LA REBELLION. DE 1837-38. 87 

29 Jan. - F. X. Prévost, Dezerre Bourbonnais, 
Michel Longtin et And. Papinoau dit Montigny, 
de Beauharnois ; Isidore Tremblay et Louis 
Turcot, de St Martin ; David Gagnon et Charles 
Rapin, de St-Thimothé ; John Squires, de St- 
Pie. 

2 Fév.— Tous. V. Tremblay, de St-Philippe ; 
Erastus Chamberlain, de St-G-eorge ; Michel 
Tessier, de St-l:motlié ; Benjamin Mott, de 
Yermont ; Louis Bourdon et Jean-Bte Bousquet, 
de St-Césaire. 

11 Fév. — Jean-Bte Bourque, de St-Damase ; 
James Johnson, de Vermont E. U. 

13 Fév. — Ovide Beauchamp et F. Boudreau, 
de Châteauguay. 

4 Mars. — Jos. G-oyette, Bazile Eoy, Joseph 
Roy, Philippe Tremblay et Ed. Tremblay, de 
Beauharnois ; Chas. Berge vin, François Vallée, 
fils, de St-Martin ; Jos. Cousineau, Louis Julien, 
François Dion et An. Charbonneau, de St-Thimo- 
thé ; Louis Defaillette, David Demers et J. D. 
Hébert, de St-Cyprien ; Jos Fontaine, de St- 
Denis ; M. Tetro dit Ducharme, de St-Charles ; 
Fis. Pai adis, de Lacadie ; Jérémie Eochon, de St- 
Vincent de Paul ; Jean-Bte Trudel, de Château- 
guay ; Clovis Pateuaude, de St-Constant ; Ale^. 



88 IirSTOlUE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

Boiidriou, do St-Valentin ; Bonoiii Yerdou, de St- 
Edouard. 

15 Mars — Francis Cinq-Mars et Jean P B Bel- 
le ville, de Montréal. 

22 Mars. — Cyprien Daurais, de St-Edouard ; 
Stephen Reeves, de Montréal. 

26 Avril. — Freeman Miller, de Stanstead ; 
Thos. J. Sutkerland, de BufFalo City, E.-U. ; W 
Ab. Patridge, de Maine, E.-U. ; Squire Thayer, de 
Vermont, E.-U. ; Héron 11. Culver Benjamin F. 
Pen et Henry L. Hull, de New- York E.-U. ; 
Natkin Smith, de Miclrgan, E.-U. 

22 Mai. — Chas. Blanchette, de Laprésenta- 
tion ; Jos. T. Allard, de Varennes ; J.-B. Poirier, 
do St-Mathieu. 

6 Juin. — Francis Gruérin, de St-Eustache ; 
Henry Newcombe, de Chatoauguay. 

8 Juin — Jacques Langlois de Québec ; Hila- 
rien Viger et Bonaventure Yiger, de Boucher- 
ville. 

15 Juin. — J. S. Ney Smith et Célestin Beau- 
soleil, de Montréal ; Jos. Pariseau, aîné, de St- 
Marc. 

20 Juin. — Louis Dubois, Francis G-adbois et 
Jérémie Longpré, de Montréal. 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 80 

28 Juin. — Chas. Monjeau, Aniable Choquet 
et Théophile Hôbert, de Yareniies. 

1er Juillet. — Louis Clairoux et J.-Bte Leroux 
de St-Hermas. • 

7 Juillet. — Guill. Truchon, Ste-Auiie des 
Plaines ; Jos. Bourget, Frs. Bâchant et Jacques 
Hébert de St-Athanase. 

14 Août. — Dominique Lavallée, de St-Atha- 
nase. 

3 Oct. — Joseph Lalonde, de St-Augustin. 

26 Oct. — Charles Fouchette, de Ste Scholas- 
tique. 

18 Dec. — François Jalbert. 

16 Mai 1840.— Julien Rémillard. 



La mission de Lord Durham était principa- 
lement pour arranger les affaires. Il consentit à 
une ruse ou pour dire comme l'historien canadien 
L. 0. David " il eut recours à un expédient. " Il 
fit écrire sur une lettre les noms des principaux 
prisonniers, ceux-ci reconnaisLsant leur crime, et 
se recommandant à sa clémence. Cette lettre fut 
signée par E. S. M. Bouchettc, Wolfred Nelson, 
B. DesEivières, L. H. Masson, H. A. Gauvin. S. 
Marchesseault, J. H. Goddu et B. Yiger. Ceci 



90 HISTOIEE DE . A REBELLION DE 1837-38. 



fut fait par eux pow sauver leurs compatriotes et 
résulta qu'après (le 28 juin 1838) dans une procla- 
mation, ceux qui avaient signé la lettre furent con- 
damnés à l'exil aux Bermudes au plaisir de Sa 
Majesté. Dans cette même proclamation il fut 
ordonné à ceux qui avaient échappé à l'exil, de ne 
plus revenir au Canada sous peine de mort. Ces 
personnes étaient : L. J. Papineau, C. H. O. Côté, 
Ed. B. O'Callaghan, Edouard Etienne Rodier, 
Thomas Storrow Brown, Ludger Duvernay, 
Etienne Cartier, père, George Etienne Cartier, fils, 
John Ryau, père, John Ryan, fils, Pierre Paul 
Demaray, Louis Perreault, Jos. Frs. D'Avignon et 
Louis Gauthier. 

2 Juillet 1838. — En cette journée, à 5 heures 
de l'après-midi, les huit ci-haut nommés furent 
conduits sors une forte escorte militaire, à bord 
du Canada qui était à l'ancre au " pied du 
courant." Enchaînés de fers, ils se rendirent de la 
prison au vaisseau, à travers la foule ; les specta- 
teurs furent très impressionnés de leur noble 
conduite et de leur grand cœur, ? lême dans 
leurs troubles et leur adversité. A Qr^bec, ils 
furent embarqués à bord du vaisseau uo guerre 
Vestal, et arrivèrent sains et paufs aux Ber- 
mudes. 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 91 

Après avoir resté quelques mois sur l'île ils 
furent libérés. Tout ce qui avait été fait par 
Lord Durham fut annulé par le parlement et le 
gouvernement de la G-rande-Bretagne, de sorte 
que le 9 du mois de novembre suivant ils débar- 
quèrent aux Etats-Unis, où ils restèrent jusqu'à 
l'amnistie, qui leur permit de revenir au pays 
natal. 



Liste dos prisonniers politiques du Bas-Canada 
qui devaient embarquer à bord du Buffalo, 
vaisseau de Sa Majesté, commandant Wood, 
septembre 1839. 

Nv)MS DES PRISONNIERS QUALITÉ OU POSITION 

1 Jean Louis Thibert Propriétaire 

2 Jean Marie Thibert do 

3 Joseph Guimond >... Journalier 

4 L Gruerin dit Dessault al B Dessault Boulanger 

5 François Maurice Lepailleur Huissier 

6 Charles Huot Propriétaire 

Y Achille Morin Gentilhomme 

8 Joseph Jacques Hébert Journalier 

9 Léandre Ducharme Commis 

10 Hubert Drossin Leblanc Propriétaire 

11 David Drossin Leblanc do 

12 Pierre Hector Morin Gentilhomme 



92 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 

13 Joseph Paré Propriétaire 

14 Pascal Pinsonueau do 

15 Théophile Ivobert do 

16 Jacques Loiigiin do 

17 Ignace Grabriel Chevrefils.. do 

18 Louis Dumouchelle Aubergiste 

19 Jacques Groyette ..Propriétaire 

20 Joseph Dumouchelle do 

21 Toussaint Itochon Huissier 

22 François Xavier Prieur Marchand 

23 Jean Laberge Charpentier 

24 François-Xavier Touchette Forgeron 

25 Pierre Lavoie... Propriétaire 

26 Antoine Coupai dit Lareine do 

27 Théodore Béchard do 

28 François Bigouepe dit Beaucaire.. do 

29 Joseph Marceau dit Petit Jacques do 

30 Louis Turcot do 

31 Désiré Bourbonnais Journalier 

32 Charles Koy dit Lapensée.. ....... ..Propriétaire 

33 François-Xavier Prévost.. Aubergiste 

3 4 André Papineau dit Montigny Forgeron 

35 David Gagnon , Propriétaire 

36 Louis Bourdon do 

37 .1 eau-Baptiste Bousquet Meitnier 

38 François Gruertin Propriétaire 



HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 93 



39 Charles Gruillaume Bouc Propriétaire 

40 Edouard Paschal Rochon. Yoiturier 

41 Louis Defaillet te , Propriétaire 

42 J. D. Hébert alias I). J. Hébert do 

43 Hypolite Lanctot Notaire 

44 Louis Piiisonneaul Propriétaire 

45 Eéné Pinsonneaul do 

46 Etienne Languedoc Journalier 

4^7 Etienne Langlois. ..^ Menuisier 

48 Moïse Longtin, fils de Jacques Propriétaire 

49 Michel Allary Menuisier 

50 Joseph Qoyette «.. Charpentier 

51 Basile Eoy ^ Propriétaire 

52 Jos. Eoy dit Lapensée, fils de Louis Journalier 

53 Constant Buisson Huissier 

54 Chas Bergeyiii dit Langevin, père. Propriétaire 

55 Jean-Baptiste Trudel Journalier 

56 Samuel Newcombe Docteur 

5Ï Jérémie Eochon Machiniste 

58 Benjamin Mott Propriétaire 

Eeçu de M. Charles Wand, gardien de la 
prison de Montréal, les corps des cinquante-huit 
prisonniers ci-haut nommés. 

J. WOOD, 

Commandant du vaisseau de 
Sa Majesté, Buffalo. 



94 HISTOIRE DE LA REBELLION DE 1837-38. 



En dedans de ce long papier, il y en a un 
plus petit qui se lit comme suit : 
Vaisseau de S. M. Buffalo, Québec, 27 septembre 

1839. 

Reçu de Charles Wand, geôlier, un sac con- 
tenant les lettres et les dépêches concernant les 
prisonniers politiques de Montréal. 

J. "WooD, Commandant. 






xm^ 



TABLE DES MATIERES 



PA(iES 

Dédicace ♦*> 

Préface ^ 

Histoire de la Eébeiiion H 

Bataille de St-Denis ......... 38 

Bataille de St-Charles 48 

Eébellioti de 1838 60 

Rôle d'honneur ...,,...,. §7 



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