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Sciences 

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23 WEST MAIN STREET 

WEBSTER, N.Y. 14580 

(716) 872-4503 



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CIHM/ICMH 

Microfiche 

Séries. 



CIHM/ICMH 
Collection de 
microfiches. 




Canadian Institute for Historical Microreproductions Institut canadien de microreproductions historiques 



1980 



Technical and Bibliographie Notes/Notes techniques e* bibliographiques 



The Institute has attempted to obtaiii the beat 
original copy available for filming. Features of this 
copy which may be bibliographically unique, 
which may alter any of the images in the 
reproduction, or which may significantly change 
the usual method of filming. are checked below. 



D 



D 
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n 



n 



Coloured covers/ 
Couverture de couleur 



I I Covers damaged/ 



Couverture endommagée 

Covers restored and/or laminated/ 
Couverture restaurée et/ou pelliculée 

Cover title missing/ 

Le titre de couverture manque 

Coloured maps/ 

Cartes géographiques en couleur 

Coloured ink (i.e. other than blue or blackl/ 
Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 



I I Coloured plates and/or illustrations/ 



Planches et/ou illustrations en couleur 

Bound with other matériel/ 
Relié avec d'autres documents 

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along interior margin/ 

La reliure serrée peut causer de l'ombre ou de la 
distortion le long de la marge intérieure 

Blank leaves added during restoration may 
appear within the text. Whenever possible, thèse 
hâve been omitted from filming/ 
Il se peut que certaines pages blanches ajoutées 
lors d'une restauration apparaissent dans le texte, 
mais, lorsque cela était possible, ces pages n'ont 
pas été filmées. 

Additional comments:/ 
Commentaires supplémbntaires; 



L'Institut a microfilmé le meilleur exemplaire 
qu'il lui a été possible de se procurer. Les détails 
de cet exemplaire qui sont peut-être uniques du 
point de vue bibliographique, qui peuvent modifier 
une image reproduite, ou qui peuvent exiger une 
modification dans la méthode normale de filmage 
sont indiqués ci-dessous. 



I I Coloured pages/ 



Pages de couleur 

Pages damaged/ 
Pages endommagées 

Pages restored and/oi 

Pages restaurées et/ou pelliculées 

Pages discoloured, stained or foxec 
Pages décolorées, tachetées ou piquées 



I I Pages damaged/ 

I I Pages restored and/or laminated/ 

I I Pages discoloured, stained or foxed/ 



□ Pages detached/ 
Pages détachées 

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I I Transparence 

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Qualité inégale de l'impression 

Includes supplementary matériel/ 
Comprend du matériel supplémentaire 

Only édition available/ 
Seule édition disponible 



D 



Pages wholly or partially obscured by errata 
slips, tissues, etc., hâve been refilmed to 
ensure the best possible image/ 
Les pages totalement ou partiellement 
obscurcies par un feuillet d'errata, une pelure, 
etc., ont été filmées à nouveau de façon à 
obtenir la meilleure image, possible. 



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rri This item is f ilmed at the réduction ratio checked below/ 

I—LI Ce document est filmé au taux de réduction indiqué ci-dessous. 

10X 14X 18X 22X 



26X 



30X 



12X 



16X 



20X 



24X 



28X 



32X 



The copy filmed hère has been reproduced thanks 
to the generosity of : 

National Library of Canada 



L'exemplaire filmé fut reproduit grflce à la 
générosité de: 

Bibliothèque nationale du Canada 



The images appearing hère are the best quality 
possible considering the condition and legibility 
of the original copy and in keeping with the 
filming contract spécifications. 



Original copies in printed paper covers are filmed 
beginning with the front cover and ending on 
the last page with a printed or illustrated impres- 
sion, or the back cover when appropriate. AU 
other original copies are filmed beginning on the 
first page with a printed or illustrated impres- 
sion, and ending on the last page with a printed 
or illustrated impression. 



The last recorded frame on each microfiche 
shall contain the symbol -^^ (meaning "CON- 
TINUED "). or the symbol V (meaning "END "). 
whichever applies. 



Les images suivantes ont été reproduites ave^ le 
plus grand soin, compte tenu de la condition et 
de la netteté de l'exemplaire filmé, et en 
conformité avec les conditions du contrat de 
filmage. 

Les exemplaires originaux dont la couverture en 
papier est imprimée sont filmés en commençant 
par le premier plat et en terminant soit par la 
dernière page qui comporte une empreinte 
d'impression ou d'illustration, soit par le second 
plat, selon le cas. Tous les autres exemplaires 
originaux sont filmés en commençant par la 
première page qui comporte une empreinte 
d'impression ou d'illustration et en terminant par 
la dernière page qui comporte une telle 
empreinte. 

Un des symboles suivants arparaîtra sur la 
dernière image de chaque microfiche, selon le 
cas: le symbole — ► signifie "A SUIVRE ", le 
symbole V signifie "FIN". 



Maps, plates, charts, etc., may be filmed at 
c^tffcrent réduction ratios. Those too large to be 
»> tirely included in one exposure are filmed 
beginning in the upper left hand corner, left to 
right and top to bottom, as many frames as 
required. The following diagrams illustrate the 
method: 



Les cartes, planches, tableaux, etc. peuvent être 
filmés à des taux de réduction différents. 
Lorsque le document est trop grand pour être 
reproduit en un seul cliché, il est filmé à partir 
de l'angle supérieur gauche, de gauche à droite, 
et de haut en bas, en prenant le nombre 
d'images nécessaire. Les diagrammes suivants 
illustrent la méthode. 



1 


2 


3 




32X 



1 


2 


3 


4 


5 


6 



CHASSE ET PECHE 



AU 



CANADA 



PAR 



J. M LeMOINE 



Autour de l' Ornithologie du Canad<i et dcg Pr.ehcries du Canada 

Premier FuÉmDKNT do la Société lioyalo du Canada, 
Sectiou Française 

Ancien Pkêbidknt de la Société Littéraire ot HistoriiiiiR d» Qiiél)ec, Délégué 
Kégioual de l'Iustitutiou Ethnographique do France 

Membre de la Société Américaine de France et Membre Honoraire de plusieurs 
sociétés Historiques du Canada et dos Etats-Unis 

La chasse eet de t^mtes les distractions la 
pins agréable ot la plus salutaire. Elle dé • 
veloppe les forces- entretient la souplesse 
des membres, et cultive la puissance et le 
libre jea de nos principaux organes. La 
chasse c'est le contentement de sa condi- 
tion, c'est l'égalité du caractère, c'est l'é- 
quilibre des facultés, c'est la raisonnabla 
coniiauce en soi, c'est la franchise, c'est 1* 
courage, c'est la santé, c'est le bonhenr.' 

(Barbstki.) 



QUÉBEC 
N. S. HARDY, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

9 et 10, rue Notre-Dame 



1887 






281470 



U.né. m. h„.t c„t ,«..,e.vi„gt«p,, ,„ j.i,. j,^ '., 
l>»«audePAgrioiill«re,àOttaw.. 



lBI>lm« ptr 0. Oinuv, «MbM 



J. U. GREGOEY 



OOMMODOSB, QCSBEO TATOB CLUB 



TÉMOIGNAGE D'eSTIMB 



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TABLE DES CHAPITRES 



Pages 

Lo Cliaspcnr Préhistorique 1 

Lee Canons de la Vénerie 7 

Saint-Hubert, le Patron des Cliasseurs 12 

Le Chasseur primitif en Canada. I4 

Le " moderne — Ârmetnent— Munitions — Equipement. 15 

Là Grande Chaise 22 

L'Orignal 26 

La CftAssE A l'Orignal eti hiver 30 

La Chasse a l'Orignal au flAhubac 39 

Le Wûptte 42 

Le Caribou des Bois ■ 47 

La Chasse au Caribou 63 

Le Chevreuil 67 

Chasse au Chevreuil g4 

VOurs Noir. 68 

Chasse AUX Ours 73 

Le Renard (T Amérique 77 

Chasse AU Renard .. 81 

*• ** en hiver 85 

Le Lièvre du Canada 89 

Le Chien , 94 

Chiens de Chasse de l'antiquité \^\ 



I 



8 TABLE DES OIIAPITRES 

Paoss 

Chiens CélAbres 103 

" de GhusHo Modcrnea ...> *. Ul 

" LePointor 111 

" LeSetter HT 

«« L'Epagneul 120 

'* Le Retrievor 124 

BÉOASaiNEB ET BÉGASSES 

La Bécasse d'Amérique. 126 

La Bécassine 131 

La Bécassine de mer 136 

La " à long bec. 136 

pLUviEua 137 

Le Vanneau gris 138 

Le Pluvier Criard 139 

" " à Collier 140 

«' " Doré 141 

CiiasHc aux Iles de Sorcl.. 144 

L'Outarde 146 

La Bornache.... 149 

La Chasse aux outardes 151 

Alouettes uu MUR 160 

La Maubeche Tachetée 161 

" " àdosroux. 161 

" « Courlis. 142 

L'alouette de Mer aux long pieds 163 

La Petite alouette de mer 164 

Le Sanderling 165 

Le Chevalier Aboyeur 166 

La Barge Marbrée 167 

La Chasse aux alouettes 169 

Canards 

Le Canard Gris 177 

" Noir 178 

Sarcelles 179 

La Sarcelle aux ailes-vertes 180 

« " " bleues 

" " Rousse. 

La Réserve de Chasse du Gouverneur Montmaont, en 1646 181 

La Gelinotte à Fraise— Ruffed Grouse 189 

Le Tétras du Canada— Canada " 190 

La Chasse A LA Perdrix 191 

Les Emotions d'un Chasseur Européen a Dbschambault. . . . 196 
Reobets— Souvenirs — Vtfii'x d'un Chasseur 205 



TABLE DES CHAPITRES 



9 



II DEUXIÈME PARTIE 

Paorb 

La Pêche 219 

I/arincment (lu Pôcheur. 220 

La Truite 221 

Le Saumon 224 

La Pêche à la Mouche 227 

Les lacs à truite dans le Grand Nord 230 

Les Diverses espèces de poissons autour de Montréal 241 

L'Achigan 242 

Le Doré 243 

Le Maskinongé 4 244 

Le Poisson Blanc* -. 245 

Endroits de pèche, dans le voisinage de Montréal 247 

Une partie du Pêche à la Rivière Jacques Cartier : 249 

Les Pêcheries au Saumon de la Baie des Chaleurs 267 

CiiBONiQUK DE PÊCHE : Le Dr W. Heory 262 

Richard Xettle 264 

Le Révd. Dr W. A. Adamson 266 

J. M. LeMoine 267 

R. B. Roosevelt 269 

Charles Lantn an 272 

W. H. Herbert 276 

Charles Hallock 280 

Frederick Tolfrey 282 

George Dawson 286 

Alfred M. Mayer 296 

Henry P.Wells 297 

George M. Fairchild, Jr 298 

APPENDICE 

Lois et Clubs de Chasse et de Pêche 301 




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AVANT-PROPOS 



" Chasse et Pêche " a pour objet de combler 
une lacune dans notre littérature naissante ; c'est 
une réponse, bien incomplète peut-être, aux de- 
mandes de renseignements qui se répètent chaque 
saison, sur le gibier et les endroits de chasse et 
de pêche au Canada, surtout dans la province de 
Québec. Les amateurs devront facilement iden- 
tifier les espèces au moyen des descriptions. C'est 
le premier volume sur cette matière qui ait en- 
core vu le jour en Canada, comme tel, peut-être 
l'indulgence du lecteur, lui sera acquise. 

La chasse et la pêche, ont pour l'auteur d'a- 
gréables et fort vivaces souvenirs de jeunesse ; 
Ce travail devrait servir à compléter cette 
partie du programme qu'il n'avait fait qu'ef- 
fleurer, en 1861, dans V Orniiholor/ie (hi Canada^ 
863, dans les Pêcheries du Canada. 



12 



AVANT-PROPOS 



Si ce petit traité peut être utile aux Sportsmen 
de l'étranger et intéresser les chasseurs et les 
pêcheurs du Canada, l'auteur ne regrettera pas 
d'avoir dérobe à des études historiques, quelques 
veillées d'hiver. 

Il lui reste ia douce tâche d'offrir ses remer- 
ciements à ceux qui, par leur conseils éclairés et 
par leur coopércation, l'ont soutenu dans cette en- 
treprise, nouvelle pour lui ; à MM. Gregory et 
Fairchild jr., chasseurs de vieille roche ; à des 
Sportsmen pratiques, tels que MM. C. E. Dionne, 
Hope Sewoll, Mathews, Gustave Ouimet, Eugène 
Renault, P. C. Delisle, Pitre Portugais, sans ou- 
blier les bons offices de l'éminent écrivain de 
Forest & Stream, M. Reynolds, de New- York. 



L'Auteur. 



Spbnceb Granoe, Sillery 

Près Québec, juin 1887. 



LE 



CHASSEUR PRl'miSTORIQIJK 



La Chasse et, la Pêcli»», coiiiine délassement ou comme 
moyen d'existence, ont existé aux premiers âges du monde. 
Chaque jour Ii gi'ologie se charge de nous en donner de 
nouvelles prouves : mais le gibier du présent a perdu en 
stature. 

La plus grande bète do nos bois — l'élan ou orignal 
{Cervus ehvphuy) — me&ure sept [lieds à l'épaule, tandis que 
l'élan géant de l'Irlande — race éteinte dejmis de.s siècles, 
atteignait, à on jug -r par i>! *iui en reste (l), jusqu'à dix 
pieds de hauteur ; s- ni snpovbo ])an;iclv..! mesurait onze 
pieds de pointe en pointe. 

Qtu'ls délicieux p:iss','-teui[is, ] our no^ anceties, les chas- 
seurs des teni[)S antiques, que la (?apture des colosses qui 
alors ruminaient dans les furets, ou qui prenaient leurs 
ébats sur les ])lages <le l'océan, o\i dans les lagunes et les 
estuaires des tleuves, ou, qui, à leur vue, s'enhau^niient, en 
hurlant, dans leurs sombres cavernes. 

(1) Ll' s(jiH;ktte de cette inornie bête existe au innsée tlTIistoire Na- 
turelle, i\ New York, 



2 chas.se 

On cite, entre autres gigantesques créatures des temps 
qui ne sont plus, l'Urus, qui existait encoie à l'ère de 
Jules Ci'sai' ; il était presque aussi grand que rélé].hant, et 
jiar la couleur, la conformation, les habitudes se rangeait 
avec le bo'uf ; l'ours des cavernes, encore plus gros que 
notre énorme Grizzly des Montagnes Piocheuses; l'hyène 
et le rhinocéros, ce dernier recouvert d'une espèce de toison 
laincu.se ; rhipi>opotame qui fréquentait tantôt le lit des 
fleuve,», tantôt leurs humides bords ; le mammouth, l'auroch, 
le l»ison i»réhistorique ; le bœuf musqué. Ces formidables 
(1) habitants du monde primitif, objets de convoitise jour- 
nalière du chasseur, sont disparus, à l'exception du bœr.f 
musqué, relégua maiutenant au voisinage du pôle arctique, 
et à l'exception de l'auroch, espèce de cheval sauvage, dont 
le czar de lîussie conserve encore quelques individus dans 
les forêts de la Lithuanie. Les autres nous sont connus 
par leurs oa, leurs dents, leur squelette enfouis dans l'al- 
luvion des rivières, à l'intérieur des cavernes, ou, au sein 
des banquises glacées de la Sibérie, où ils se rencontrent 
en chair et en os, congelés après des séries de siècles. 

C'est donc aux géologues à reconstruire pour le chas- 
seur, ces colo&ses ; h. lui figurer d'après leurs savantes 
découvcites, les engins et appareils que le chasseur primi- 



(1) L.i tiiuliliou de ci's tlVniyubks colosses kc toiiKtive encore laiiiii 
icK tribus iiidii-imcs. Vokiconinicnt uu elii-l Shawnee, dans son langrge 
imagé les a déciilu : '• Il y a dix milles lunes, lorsque de ponibrcs forêts 
envahissaient le^doniainc du soleil endormi, lien lonfïteniiis av;iut que 
\cHf(f€s inles aimées de leur tonnerre, f isseut venu sur l'aile des vente, 
ravager ce jardin de la nature, lorsque les bêtes fauves et des chasseurs 
libres et sauvages eomnic elles, régnaient en maîtres sur la \cn-e, il ex- 
isittit une race d'animaux hauts comme des rochers, féroces comme la 
panthère, rapides comme l'aigle s'éhuiçaiit delà nue, terribles comme 
l'esprit des ténèbres. Les grands pin.s se rompaient sous leur étreinte, 
les lacs s'as,sèchaient, quand ils s'y désaltéraient : le dard le plus aigu, la 
flèche la plus meurtrière rebondismiient, inoffensifs, de leurs flancs ru- 
gueux. Uu repas de ces monstres suffisait pour dépeupler une krôt : 



LE CHASSEUR PRÉHISTORIQUE 3 

tif employait pour les capturer, recherchant dans leur 
chair l'aliment et le vêtement clans leurs dépouilles. 

Lyell prétend que les armes en pierre et les ossements 
déterrés hors du lit de la Somme, en Fronce, accusent une 
antiquité, d'au moins cent raille ans. D'autres savants 
ont porté à deux cents ciuqui n'.e mille ans, l'ère où l'on 
■chassait le Grand p]Ian d'Irlande, l'Urus et l'ours des ca- 
vernes. Pour les abattre, leur enlever la peau, le rude 
Nemrod d'alors n'avait que (sa hache en pierre, sa lance 
et son couteau de silex. 

J'ai souvenance d'une agréable matinée passée à York, 
Angleterre, en sept<imbre 1881, à entendre un des nôtres, 
le savant professeur O. C. Marsh, de Yale Collège, Amé- 
rique, discourir, en présence de I'Associaïiok Bkitankique, 
sur les races éteintes. Il avait tracé en craie — grandeur na- 
turelle — la silhouette d'un oiseau de la période Jurassique — 
Varcha'optérlx — serpent quant à la partie iuférieure ; se 
guidant sur trois squelettes, plus ou moins complets 
qui nous en rct^ttnt : l'un déposé au Bf'dîsh Muséum, à 



(iii ii'i ntcuiliiit piiiout (jue j^éiiiisscnionts dts victinKs. Dis villiig'S 
eutiers perdaient ( ii un instant leur population huninine. 

Un cri de détresse univdfseiie aiteignit enfin les ]iiiisi1)lis ngions de 
lOucst : le Bon Kspiit vint au Kccouris dis aialheureux. La nue vomit 
des étiairs ; ks éi;lat.s du tonnerre romuèreut le monde j'iK'jue dansées 
plus prt)f()nd(S as ises. Le eiel lit main-basse sur e»'S agents de destruc- 
t on : les monts letentircal de It ur:s iU},'issements, du lûle de leur 
a;4onie. 

Tous s.U('eomlièrent, excepté un mâle énuiine, le plus téroee de toui», 
que l'arlillerie eéleste fut impuissante à toudro.yer. 11 gravit les cimes 
soureillenses qui cachent les sources de la Moiiongahela, et ivre de 
rage, il y défia la vengeance céleste. 

Le fou du ciel calcina les éiiim ttes altières et lit jaillir en éclats les 
vieux chênes : mais le terriide monstre narguait les éléments con- 
jurés 

lUigissant, furieux, il enjamba les (lots de la mer à 1 Ouest ; en ce mo- 
ment, il règai", en monarque absolu, autl'Bcrt, malgré le Grand Esprit.." 



4 CHASSE 

Londres ; le second, à Municli, Bavière ; le troisième, au 
Muséum do Berlin ; cet animal d'après son étrange confor- 
mation, SCS vertèbres, sa queue de serpent, sinibliiit appar- 
tenir au genre Stiulhionida; : les écrivains les plus cé- 
lèbres, 8ir Kichard Owc-n en tôle, le cla-^scnt maintenant 
jtarmi les oiseaux ; on en voit une boîuie rcj rt.sentation au 
Muséum lù-'djtath, à Aîoiitiéal, 

Le professeur Miir.-li avait minutieusement examiné et 
crim]'aré les trois spécimens. Sa théorie, ses lumineuses 
explicntions, ])aruri nt créer une vive impression sur les 
savants d'Europe réunis en ce mémorable sanhcdiin, à 
York, au cinquantième anniversaire de l'association. Un 
disciple de Saint-Hubert présent fit la remarque qu'il aurait 
fallu plus que du plomb No. 8 pour abattre un archœop- 
tér'ix. 

Eedemandons aux géologues, le chasseur du i:)assé, se* 
armes, ses leurres, ses caches, ses affûts 

La chasse, avant d'être pour l'homme un délassement, 
avait dû être une nécessité. Il fallait se vêtir, se nourrir, 
s • protéger contre les animaux inconnuodes, l'Iongez votre 
Regard, sur la mer des âges : voyez cet" homme alerte, 
a'hléti(|ue, iujambe, vêtu de peaux. Yoyez-le s'élancer à 
travers les vastes plaines de l'Kurojje et de l'Amérique : il 
traque sans sourciller, .sur K-s glaces et le« neiges, le gros 
gibirr, sans autre arnis' (mio .sou couteau de jàerre assujitti 
à un long manche, l.a victime, il est vrai, n'a pas encore 
appris à se défier do riiouinio. 8i_ul, pout-êtie, il ne saurait 
la capturer ; mais réuni en bande, rion de plus facile pour 
lui que de cerner ces géants. Il leur creusera des fosses, 
(|u'il nuisquera habiknuMit ; ou il les refoulera dans l'angle 
d'un rocher ; ou il les fera se jeter d'efijoi du liant d'un 
précipice ; il leur tendra enfin, comme le chasseur d'aujour- 



LE CHASSEUlt PllÊHISTOUIQUE 5 

d'hui, avec succès, mille embûches : car, uVst-il pas le roi 
de la création ? (1) 

Bientôt, en quête d'abri, il s'aventurera dans les sou- 
terrains creusés par les cotirants dans la berge des rivières ; 
là, le besoin, père de l'industrie, lui suggérera d'ajouter la 
pêche il la cliasse. Il se créera des armes moins grossières, 
pins efiectivf'S. Vm^, gagnant chaque jour en force, en 
coufiance, il ] )rc)long(.'ra ses eo'irsos, jusqu'aux confins de 
l'océan, découviira dans l'ami (U; l'honimo, le chien, une 
bête de trait, un compagnon, un guide dans ses chasacs. 

Puis, il ensemencera une lisière de terre ; pour s'assurer 
un gîte, au-dessus de l'onde des lacs et puiser à sa porte 
l'alimentation, il élèvera sur pilotis, sa demeure lacustre, que 
la crue des eaux ne pourra atteindre ; témoins : certains lacs 
de la Suisse, de l'AUemagno, de la France, de l'Italie. 

Ses loisirs, il les emploiera à repolir, h ajuster, à aiguiser 
ses armes, ses appareils de chasse et de pêche. Les mé- 
taux arrachés aux flancs de la montagne seront utilisés 
pour ses nouveaux engins : il coulera le bronze dans la 
pierre; il en fera des hamiçons qu'il garnira d'os: il se 
creusera une pirogue dans le tronc d'un aibre. Son chien, 
gardien du toit domestiqu(% deviendra son inséparable 
compagnon de chasse, etc. (2). 

Tel se lit l'histoire du t^poiisman des jours qui ne sont 
plus, tracée sur les os, le bronze, les restes de ses banquets, 
le squelette de ses chiens, mciés à ceux du gibier et du 
poisson, tmfouis dans les tavernes, (•")) ou le soleil a cessé 
de luire depuis des séries de siècles. 

(I) J'nie.iil j'isri/j'/s lU'ins rt vo'atilHiiis co:!.' et henliix, vnh'eisir que terrse. 
omiii ufi rcj li/i ijiiod inocclur in (crnl. Gciitsc. rh K. "Jl) 

(■ii) Voir uuc inlére^swmtc ôtiiilc sur ortte ni.atiort;, j>;ir le Piofcs.stur 
Alfred M. Maycr, ^\\\ Stcveu Ini'lihdc o/ TtchnoUujii, dans kou iiinj^nitique 
voluniu sur le Siiort, intitulé Simrt wil/i fi'un and Ilml. 

(:?) Les cavernes dan» la vallée de la Doido.nne et de Iji Vizèies, ( n 
France, ont lomni aux savants de curieuses lévélatious. 



LES CANONS DE LA VÉNERIE 



Le prince du sport en Amérique, Frank Forester, a émis 
des maximes et établi eu matière de chasse, des distinctions 
qui ont fini par se faire accepter de tous ceux qui s'enrô- 
lent sous la bannière de saint Hubert, bien qu'il en est qui 
semblent, au premier abord, assez arbitraires. 

Par gibier, Game, dit-il, on aurait tort de désigner toute 
créature portant fourrure, écaille ou p.lume, Far, Fin or 
Feather, vivant à l'état de nature ferœ naturâ, dans 
les bois, les rivières ou sur les grèves. S'il en était ainsi, 
celui-là pourrait prétendre au titre de Veneur, dont les 
exploits se résumeraient à pourchasser des Hiboux, des 
Eperviers, à occire des Grives, des Merles, des Pigeons, 
des Ecureuils, même de la vermine comme les Putois, les 
Belettes, les Blaireaux, etc. 

Si d'un côté, l'on ne saurait séparer de l'idée du gibier, 
l'attribut de servir d'aliment à l'homme, de l'autre l'exer- 
cice de la vénerie ne peut admettre chez la gent emplu- 
mée, par exemple, comme gibier que les volatiles que les 
chiens de race poursuivent par pur instinct et sans les 
avoir préalablement rencontr.es. A ces nobles espèces, s'ap- 



LKS CANONS OB LA VÉNERIE 7 

))li4ueiit certaines règles du tir, imprescriptibles, à demi 
chevaleres-iues, bien qu'il y ait encore ici, exceptions à 

la règle. 

C'est sans doute sous cette inspiration que M. Robert 
B. KoosevclL, 1'; neien président du Club pour protdger le 
poisson et le gil)ier, à New- York, a écrit ses deux beaux 
volumes " Game Birds ofthe North" et " Qame Fiah 
of the yurlh" 

Le gibjr tiiopreraont dit, comme l'entend Frank Fores- 
tcT, ne comt»runa pour l«s Etats-Unis et les provinces Bri- 
tauuiques que certaines familles fort limitées; six groupes 
de qiiadrupècîus; le bison, la chèvre, le bouquetin, le cerf, 
le lièvre et l'ours. 

Dans la première, la seconde et la troisième, fomille on 
compte : 

* Le Bison, Bus americunus. 

* La Chèvre des montagnes, Capva moritana. 

* Le Mouton des montagnes, Ovis montana. 

* Le Bouquetin, Antilope. 

La famille des Cervidae comprend cinq variétés : 
L'orignal, Cervus alccs, 

* Le Wapite, Cervus Canadensis. 
Le Caribou, Cervus Tarandus. 

Le Chevreuil, Cervus Virglnianus. 

* Le Cerf à queue noire, Cervus Macrotis. 
On compte deux espèces de lièvres : 

Le Lièvre commun, Lepus americanus. 

* Le Lièvre du nord, Lepus virglnianus. 

(1) Les espèces aiusi uiarquces • no se lencontient pas dans la 
province de Québec. 



8 



OHASSK 



Deux vuiit'tds d'ours : 

L'Ours noir, Ursus americanus. 

* L'Ours Grizzly, L^rsus horribilis. (1) 

Les volatiles qui d'après Frank Forester constituent 
en Amérique le gibier proprement dit, se rangent sous 
trois ordres : les es[)èces terrestres sous un ordre, les 
oiseaux aquiiti(jues appartiennent à deux autres ordres, 
bien que et'itains individus de cliacun, enq ièteiit sur le 
domaine de leurs voisiis. 

1er ordie : les Pulvérisateurs. Deux familles, Ptivo- 
7iid(i' et Tetraoniilœ. 

Ils renferment le \yi\\àon—Md(>a<p'i><; la Caille— Or^y.i; 
et le Tétras ou V^jvàv'w—T ciras. 

Des six variétés de cailles connues en Amérique, la 
Caille de Virginie e^t la seule qui se présente aux cbasseuri 
dans nos climats ; encore faut-il pénétr. r jusque dans 
l'ouest du Canada, la famille Tetvaonidœ nous offre six 
espèces : 

1° La Gelinotte à Yvàha — llvfed Grouse — Perdrix 
des bois fraucs. 

2° Le TeLr.is du Caiia la — ^^prurd Grouse — Perdrix 
de Savu.iic. 

3' L.i Gi.'litiotte à queue aiguë — Sh<:irp-t<iiled Gonse. 

4' L'.' Lagopède dos Saules — Willow Ptarmiijan. 

ô" Le Lagopède des liocliers — liock Plari)ii(jan. 

Des nombreux oiseaux aquatiques, deux groupes ]>rin- 
cipaux et une infinité de sous-ordres : 

La Poule d'eau — ou Foulque d'Amérique. 

(I) I.."Oin> AnU(jiic cl :'Oiir.s Brun, à vnii diro. uf l:V.:qu. n'« nt pas 
nob Intitudos. 



LES CANONS DlC LA vAnKRIE 



Trois varidtds de Eâles. 

L'innombrable essaim d'Echassiers : bicasse — bL'ca«i- 
sine — barge — chevalier — l'halarophe — jileuvicr — van- 
neau— cotirlis — tournepierre — maubesehe, etc. 

L'ordre ^^'atatorcti, i»(ïrc au cluusseur plusieurs de ses 
plus belles jiièccs. 

Deux variétc^s lie cygnes sui)erlxs : 1' Le Cy.ii'uo criiird : 
Trninpder Swan. '2^ Le Cygne il' Amérique : Wlilxtlinij 
Sivan. 

Quatre vurirlé.s d'oies, etc. 

1" L'oie à cravate, outarde — Cunad'i Guo-<('. 
2" La Inînuu'he — Bruni Gooxe. 
3^ L'oie à front blanc— irA//e Fronted Goose. 
4:' L'oif sauvage — Snov Goo^e. 

Le genre ^1 ua.s' ; Canards d'isiu dauee — coni|ite dix vari- 
tds de canards, y inelns les trois espèces de Sarcelles. 

Le genre Ftdujida : Gibier de mer, — renferme sei/C3 
variétés. 

On trouve en Canada trois espèces de llarles. 

Blaze nomme Chasse au eliicn d'arrêt, le genre de chas^.c 
que Frank Forester a si bien décrit sous le titre do 
Upland tSliuotiHff ; c'est-à-dire, le tir du gibier avec l'aido 
de poiuttrti, chiens d'arrêt ; de acttcvK, chiens cuUihants, u:i 
d'épagneuls. 

L'autre chasse, la chasse au gal'ion ou à l'airût, se fiit 
en se blotissant dans des caclics ou Iroux creusés dans le 
rivage, jiour y leurrer au moyen d'ai'pelaiiis le gibier q!;i 
passe, ou bien en faisant ra]t|]ioche au ni' -yen de légers 
canots mas{iués d'herbe ou de feuilles, et en h.' tirant de 
loin, avec de grosses }»ièces, chargées de ['ostes, etc. Il va 
sans dire que la chasse au chien d'arrêt requiert beaucoup 
plus de vigueur physique, de savoir-faire pour chercher et 



10 



CHASSE 



lirer le gibier, «l'habileté pour contrôler les mouvements 
de ses chiens ; c'est là, le noble exercise du Veneur. L'au- 
tre mode est plutôt celui du braconnier ou du ehiircutier 
qui d(5sire pourvc>ir ses étaux tie provisions de bouche ; 
— et pourtant, c'est ilillitiile do f.iire chez nous la chasse 
aux oies s!juvaj,''is, sans avoir recours à ee nio Im, tant ce 
gil)ier est faroucb '. et peu abordable. 

L'on aurait bien tort d-.; croire que la chasse au Canada 
se résiiiiie à entasser une pyramide de volatiles de toutes 
espèces, luêkVs à d(î la vermine de basse-cour. 

lienediet-Jlenry-lîevoil, décrit comme suit une battue 
colossale, oiiérée dans l'intérêt de l'agriculture: procédé 
tjue nous n'admirons ijn'a demi. 

" La chasse est si bvdle, dit-il, en l'Amérique; du Nord, 
que ce n'est point ordinairement le gibier qui manque sur 
le passag(; du eliasseur, mais la poudre et le plomb dans 
son sac. Il me suffît ]to<ir prouver ce que j'avance, de 
citer un passage de journal que j'ai tout lieu de croire fort 
authentiiiue. C'est le lécit d'une chasse faite dans le comté 
de Shefford (Canada), près d'un village nommé Frost. 

Les habitants de cet endroit s'étaient rassemblés à la 
taverne de " l'Aigle d'or," afin de détruire le gibier qui 
menaçait le produit des récoltes du pays. Il fut résolu 
que les oiseaux et les animaux pillards, devenus trop 
nombreux, seraient frappés dans une grande Saint-Barthé- 
lémy. Les chasseurs nommèrent deux chefs pour orga- 
niser le massacre, et les deux élus convinrent entre eux 
de se faire accompagner chacun par soixante-quinze cama- 
rades qui, dans l'intervalle d'un samedi à celui de la 
semaine suivante, chasseraient sous leurs ordres. 

MM. Asa B. Foster et Augustus Wood partirent donc, 
et, le 19 avril 1856, on compta les pièces, qui se divisaient 
de la manière suivante : 



LK8 CANONS PK LA VÉNERIE 



11 



ouvenicnts 
luur. L'uu- 

cUiircutier 
e bi) Il elle ; 

lu chiisse 



•S tant co 



m Canada 

(le luiites 

me battue 
! : pi'Ofédû 

du Nord, 
anqiie sur 
oinb daii3 
vanci', de 
croire fort 
s le comté 

Frost. 

blés à la 
gibier qui 
lit résolu 
eiius trop 
it-Barthé- 
our orga- 
iiitre eux 
nze cama- 
lui de la 






Chaise de H. Foster 



••••••#••• 



RennrdH . . , 

EperviLiB 

t'orb«aiJX 

Pics uIjUKKcurs 

PulOJH 



#••••• I 



Pièces 
.'0 

m 

'>70 



Chasse de H. Wood 



J>uronils n..irs et Krin. . . . (i(M) | K.n.euils ., js Vt n'ohv ,-,7 

r r'i' H y* ri'*^^ ■'''■'■'■'■-'-■ 'Vûi> ! l'i vcîlï^t' irVni::::. ::;::;" , <;i' 

Cl.uictkn tt Ji.boux |,;o ' C.om.fks Vt hih.ux [ n 

Merles •{ m„,.i. ., '^ 



'l'"tal ■Iti,-.''^:! 



„ , Pièce» 

lU-nanlH r,Q 

KixTviors ;.;;; ô-, 

to: bmux ] |,() 

Pas ^rlounseurs '.',[ j.j„ 

P"t<'lH ,.,y 

il» 

flUTh s .> 

PilitOllK '.'.'.'.. \ 



Total . 



V'O! 



Qu'aurait pensé d'une telle tuerie le grand saint Hubert 
et son ardent discipk-, Frank Forester! 




ent donc, 
divisaient 



SAINT IIUDERT 



LE PATHON DES CIIASSEL'US 



Monscimicur sainl 1 lul'LM't. 

Kt saint Kiistiiclic qtii fut vcnoiir (xpcit, 
Et bien < liiissant firent a Dieu service 
Gaston Piioeulm. 



L'instinct du chasseur ù oxi-té chez l'homme, dès les 
[ji-emicrs temps, comme nous l'avons dit, en parlant du 
Chasseur préhistorique. 

Les jtrcmiers colons français au Cf.nnda étaient chas- 
seurs, par nécessité; s'il en eut été autrement, ils eussent 
sans doute cultivé la chasse comme amusement, par le 
seul fait de leur descendance ; les habitants des Gaule?», 
étaient d'ar lents veneurs : voici ce (|u'en dit Blaze. 

" Chasseurs intrépides, les Gaulois célébraient tous les 
ans la fête de Diane par des sacrifices suivis d'un grand 
repas. Arrien nous dit que la victime était une brebisi, 
une chèvre, un veau. Nos ancêtres l'achetaient avec le 



f^AINT HlIlEhT, LE l'ATUON DKb CHASSKL'IiH 



13 



int Ihil'ovt. 
|Vcnciir txp»'it, 
ieii service 

PllOEi'.tM. 



me, (lès les 
parlant du 

aient chas- 
ils enssont 

cnt, par lo 

lies Gaules 

51aze. 

nt tous les 
d'un grand 
une brebis, 
ent avec le 



produit d'une taxe qu'ils s'inii'oenicnt pendant rannéi! l'our 
cliaquo ]iièce de gibier c[u'ils tuaient : le lièvrt! coûtait 
deux obtik'S, au chasseur ; le runard, une diai lin»e ; 1».' ecrf, la 
bich", le chevreuil ([Uatrc drachmes. Le iièn; Doni 
Martin assure <[Ue, \> rs la lin du ■^ixirme siècle, les 
(laulois célébraient i-ncore lus mystères de l)iane, sur une 
ninnta«,'ne des Ardcniies, en {iréscnce t. une idole cohjssale 
ft d'un <i;iand renom. 

Le Saint diacre VuHilnïc, sendtlablc à saint Sinu'un Sty- 
lite, tit élever une colonne sur laipielle il demeura fort 
longtemps, sans autre nourriture i^u'un peu de j)ain et 
d'eau ; plusieurs fois, il perdit .ses ongles par suite du 
freid qu'il souffrit. Les habitants des Ardennes accouru- 
rent de tous côtés pour voir cet homme extraordinaire 
qui pa.ssait ainsi sa vie. Le .saint [aolitait du moment 
jiour les prêcher ; son éloquence porta ses fruits : les 
chasseurs des Ardennes furent convertis et renversèrent 
leur idole. (1) Vidtilaïc Ht bâtir un monastère à sa place, 
et le mit sous l'invocation de saint Martin, qui dès lors 
devint le patron des chasseurs. Dans d'autres cantons, ce 
fut saint Germain, évèi^ue d'Auxerre. 

Saint Germain l'Auxerrois avait coutume de pendre 
sur un arbre, comme trojihée de ses ex])loit8, les tètes et 
les pattes des animaux qu'il tuait. Cette tradition s'est 
l>erpetuée, nous les clouons à nos portes. 

S liut ^Martin et saint Germain avaient détrôné Diane, et 
saint Hubert les détiôna. Saint llubeit est resté }iai>il)Ie 
]iossesseur, et prolial)knient il le restera jusqu'à la eon- 
sonimation des siècles." 

( Il Ficiîiy. Hi-ti.' r ..ci; c hisliiiui , tojr.u \'J, i)!i_. .".:;. oiii on ia-1. 



FAC-SIMILE D'UNE ESTAMPE 



LE CHASSEUK TUiMITIF EN CANADA, AU TEMPà DU BARON 
LA IIONTAN, — 1G98 







l{^ Raquettes' 




5KAYEI\ , 

. Cst un fn û rceau àfXoffe de 
loures Cou «uw qui» pa^^« a rot« 
ceitxture de cord? iorA bat le 
d var\t- que par le derrière . 

OrtQrvaoXyr'^a Elans 




jH:«Ê%k^ 



>W^7A'"-V<^^-^-''> 




" J'ai (''t<'",ilit le Baron La Hontan, pendant ce 'omp--!à, li la chasf^eaux 
orignaux avec les sauvages dont je vous ai dit plusieurs fois que j'apprenain 
le langage. Cette eliawsc se fuit .sur le.s neiges avec des liaqudtes, telles que 

vous les vt>yez dessinées sur ce papier On marche bien plus vile avec 

ces niachities sur la neige (|u'on ne le ferait avec de.s soulliers sur le che" 
niin battu. Elle-! sont si nécessaires qu'il serait impossible, non seule- 
ment de chasser et d'aller dans les bois, mais même d'aller aux égli^st'H, 
pour peu qu'elles soient éloignées des habitations. " 

{Nouveaux Voyages dans V Amérique 

Septentrionale, publié en 1702.) 



^ 




L'ai'] 
iii.s la 
hombm 
tative c 
livres e 
sonnes. 

Il pu 

Suisses 

Le f u 

(I) Les 



BA.RON 






chaspeaux 
I j'apprcnaiH 
.s, telles que 
us vile avec 

sur le clie* 
, non seu!e- 
aux «'gli.^oM, 



en 1702.) 



LE CHASSEUR MODKRNE 



AKMEMENT — MUNITIONS — ÉQUIPEMENT 



Le cha>soui iTon^l .on lui... ia„.:o ,i„ lonu-no 
Il ] eJcvc au niveau de !œil qui le conduit 
Le cou,, p;u-t, i'éclair briile, . t la foudre le suit. 

n.':r,M,i.R. 



Larmemout du chasseur a snbi d'.'tranges iJmscs, de- 
puis la primitive bombarde (est-ce là l'origine du verbe 
bombarder ?) du quatorzième siècle-- à la coulcuvriue por- 
tative du qtuuzième, du poids de viugt-cinq a cinquante 
livres et requérant pour faire fe„, les services de deux per- 
sonnes. 

ri paraîtrait qu'à la bataille de Morat, eu U7<; les 
buLsses étaient armés de 6 000 couleuvrines. 
Le fusil (1) retint la f.rme de la couleuvrino, jusqu'au 
( I ) Les prciuier. fusils douWc. paraient n Trauco vei- 175 ). 



IG 



cii.vss;; 



C(>iii;nencement du sci/ièine siècle, épo jue où les Espa- 
gnols inventèrent l'arnuelnise, dont le tube était plus long,, 
niai.-5 dont le calibre était moindre qtu; celui de la cou- 
le :ivriue ; elle «o dé(;hargvait au moyen d'une fusée lente. 

Eu 1510, eut lieu à Xeureinbt'ru-, Allemagne, une amé- 
liuration notable : l'a^laptatiou dii ra[)}'artil que les 
anglais nomment v:hi'.d-locl\ procédé vieux counne le 
monde : enliauim^-r l'amorce par la friction du silex sur 
u<s pyrites. 

On continua cependant, jusqti'en 102 7, à employer dans 
les armées anglaises, l'arbalette et la flèche, engins de 
guerre peu dispendieux et fort destructifs entre les mains 
des robustes archers des temps passés ; une flèche bien 
dirigée perçait îi jour la cotte de mailles, la plr.s ingé- 
nieuse, la plus forte, comme il est facile de s'en con- 
vaincre en examinant celles déposées dans les anciens 
musées. 

Le fusil à pierre (1) vit ses plus beaux j"urs, vers 1815 ; 
riiibile Joseph Manton, le roi des armuriers, au dire de 
^I. Greenor, avait alors mis la dt'rnièr main à son arme 
ch''iie,-avant de se lancer dans la confection des fusils à 
percnssion,-en ajoutant à son mécanisme, Varvêt de ffu- 
reie, pour retenir le cran du fusil, quaiid on le chargeait. 
(Alf,'i'<l M. M(i.yrr). 

Ee fusil à pierri', iuvenlé en lvs[)agne, rui looD, paraît 
avoir été iutrodiii;. en Fiaucf, «ui 1040. V.n lilTl, il devint 
l'arnii'. des rirouadievs FraïK'.ais ; en ITi'^î, l'iufant-rie l'a- 
dopta à la plac'o du mousquet. C'était, au début, une arme 



(H Fiif-il vlrîil <iii iitot /'</r/''.. ((iii siLni i'.'. t-ii Itaik'ii, /'/',/■:;-> /è,(_ 
L'usage iliî lu poiidn', comiiv t'i.gin d- gii ;i'.>. dite d'i qiuilorzième 
siècle. ( hose singiilKiv. les canons se (.liarjoaut \ii:r lu culasse sent do 
très ancienne ori;;ine, 't !"s Uisi!*; .se i haryciint de la mOnio niiiiiTe 
sont ussi d'tri^ii.e unci.iiue. 



LK CHASSPU:K .MODKliNE 



17 



es Kspa- 
liis long, 
e la cou- 
;(k; lente. 

une anié- 
qne les 

■)iinne le 
silex sur 

3yev dans 
'no;ias de 
les mains 
■'clie bien 
ilr.s ingcî- 
s'en con- 
>s anciens 



ers 1815; 



dire de 
son arme 

fusils à 
■t de .sw- 
■liuruvait. 



m 



L'S 



;(>, I»; irait 

il diivint 

ut -rie l'a- 

uiK' arme 

jiKitorziètue 
lîissf sent do 
ÙMK- m uiire 



assez grossière. Le fusil-à-piervfMle IG.'ÎO, se maintint près 
de deux siècles. Vers 182(), on lui substitua h t'ucjil 
à percussion: le colonel liiiwki-r, sportsnian distingue^, se 
targua d'avoir suggéré, en llMS, au l'anieux armurier 
anglais, Joseph MuntoM, i'iiiée «U- la c:ipsule fulminante- 
]Maulou l'eut bientôt fait adopter en .>a pat'.ii' : puis, les 
armuriers des deux bords de la .Mauclie, dv sf creuser le 
cerveau pour découvrii et faire accepter, Jiacun son 
système particulier de eliargei' et. il'aniorcer. * 

Enfin, en 18S6, l'ingénieux M, LefaucluMix, il' Paris, 
inventa sa célèbre cartoueli.; à broclutU», cpi'il adapta au 
fusil à culasse mobile, dt'jà connu, au lieu de la charge 
ordinaire et des capsules. Son compatriote, M. Beringer, 
se fit fort d'améliorer le système d'amovce de la brochette- 
9 Lefaucheux : ce dernier lui intenta p^oc«^s, pour empiéte- 
ment sur son brevet. Plus tard, vint la cartouche de 
cuivre, au lieu de la cartouche de feutre. Le fusil L fau- 
cheux, après avoir subi avec succès plus de dix années 
d'expériences en France, put triompher des préventions 
nationales des anglais. En 1854-5, M. Long, excellent ar- 
murier de Londres, l'introduisit au sport. 

L'arme nouvelle ne fut pas acceptée sans réclame. Elle 
promettait beaucoup, il est vrai ; juais on préten.lait ijue 
la charge n'avait pas la pénétration des anciens tiiazzle- 
ioadevH — fusils à baguette — que Joe Manton, (2) Wostley 
ilichards, Purdey, Mollis, Lanoaster et consorts piatèrent 
plus tard à la perfection, en Angleterre. La brochette 
disait-on, par la friction, causerait du jour dans la culasse; 
l'air ou le gaz s'échapperait, ce qui pourrait faire cru-'lter 
le fusil et produire des accidents. 

{•*) Cet émincut armurier cxpiri» à liOmlns, li; -jl) juin JS:!.", Tmé de 69 
au8. Il fut enterré avec distinction à Ken.sington i-t »e fut le tiuueux 
Col , Huwker qui prt pura sou épitaphc. 



18 



rHASSK 



Le professeur Alfred M. Mayer, de New- York, afi&ime 
(|iie Joseph W. Long fut le premier à signaler, aux Etats- 
I^nis, les avantages de ce procédé : les anglais, gens prati- 
ques, s'en emparèrent et l'utilisèrent au degré que l'on 
connaît. 

]\I. Laucastcr, armurier de Londres fit subir à l'arme 
française diverses modifications : entre autres, dans le mode 
» d'amorce, remplaçant la brochette par l'appareil dit " cen- 
tral Jire" à percussion central, un progrès réel et permanent. 

M. Daw avait, lui aussi, en Angleterre, tenté une autre 
modification du fusil Lefaucheux, dont l'idée première re- 
venait de droit, dit M. Mayer, à M. Sneider, de Baltimore. 
En 1875, M. Lancaster ressuscita, où selon d'autres, 
adopta un mode inventé ou oublié, dans la confection du 
du fusil, lequel porte le nom de Ghoke Bore, et consiste à 
réduire en étendue l'orifice du canon, afin de donner plus 
de résistance, de pénétration et moins de diffusion à la 
rhîirge. Il est difficile de dire qui inventa réellement le 
Chol-e bore. Dès 1787, M. Magné de Marolles, dans La 
Chasse an Fusil, avait mentionné, sans l'approuver, cette 
méthode ; le col. Ilawker en parle, lui aussi, sans l'ap- 
prouver, dans son volume publié à Londres, eu 1814» 
Instructions to Young Sportsmen ; Ueyeux y fait allu- 
sion dans Le Vieux Chasseur, en 1885, M. Greener, de 
Birmingham, réclama comme sienne, l'invention de Choke 
Bore. Le Ghoke Bore se pratique sur l'un des canons d'un 
fusil double : le canon à gauche généralement, bien qu'il 
existe sur les deux canons des fusils à canard, de longue 
portée. Il existe diverses modifications du Choke Bore : 
selon le mode de chasse que l'on se propose de faire. On 
a même inventé des fusils à trois canons ; le troisième (ca- 
non de carabine) placé sous les deux autres. Une autre 
modification récente du fusils de chasse, c'est la suppres- 



LE CHASSEUR MODERNE 



19 



afi&rxne 

Etats- 

s prati- 

ue l'on 

, l'arme 
le mode 
t " ce7i- 
manent. 

ne autre 
iiière rr- 
Jtimore. 
d'autres, 
ction du 
Dusiste à 
ner plus 
ion à la 
ement le 
dans La 
er, cette 
,n3 l'ap- 
|u 1814, 
ait allu- 
lener, de 
le Choke 
Ions d'un 
|ien qu'il 
longue 
;e Bore : 
ire. On 
ime (ca- 
le autre 
iupprea- 






sion du marteau, qui fait saillie à l'extérieur. Le fusil sans 
marteau, Field Hammerless Oun^ sera-t-il le suprême 
ûégré de perfection, en un mot le fusil de l'avenir ? Nous 
nous garderons bien d'assigner des bornes aux conquêtes 
de l'esprit humain. 

Les fusils à culasse mobile ont certainement des avan- 
tages incontestables, dirons nous, incontestés sur les 
fusils à baguette de notre jeunesses, bien que nous con- 
naissons de vieux routiers, dont le coup porte rarement à 
faux, qui tiennent mordicua aux anciens fusils à baguette, 
muzzle-loaders. Le Nestor des chasseurs, de St. Roch de 
Québec, Pitre Portugais, qui va faire le coup de fusil sur la 
grève du Château llicher, de Ste Familhi, etc., chaque 
automne depuis cinquante ans, bien que constant dans ses 
amours envers l'antique fusil à percussion, m'assure qu'il 
préférerait l'arme nouvelle, s'il pouvait s'en procurer une 
ù son goût. Pour charger le fusil à culasse mobile, ou n'a 
que faire d'en salir lu crosse : on ne la dépose pas à 
terre. 

Il s'encrasse moins à l'intérieur : chacun sait combien 
un fusil sale tire mal ; la différence entre les coups tirés le 
matin et ceux tirés à la fin du jour est bien connue. 

Ou netîourt aucun ris(pie d'introduire une double charge 
dans le canon, comme pour le fusil à baguette ; on ôte, on 
change (piand on veut, la charge, sans tire-bourre et sans 
tirer. 

Elcy, Greener, lleraint^ton, et autres armuriers brevetés, 
oîit récemment introduit des améliorations itnportantes 
dans la cartouche ; l'étui qui la renferme se compose d'un 
papier imperméable, qui n'écorche pas le canon du fusil, 
et que l'on peut charger jusqu'à quatre fois sans en détruire 
l'enveloppe. Les étuis de cartouche, en cuivre peuvent 
être remplis })lus de vingt fois ; mais elles ont le désavan- 



20 



CHASSE 



tnge de se dilater, par la chaleur, et d'égratigner quelque- 
fois rint(5rieur du fusil. 

Si l'on tient à se procurer une bonne arme, il faut se 
méfier des fusils à bon marthé, ou trop légers, aussi bien 
que de ceux qui ne portent pas la marque des épreuves 
oflicielles et le nom d'un armurier bien connu, gravé sur 
le tonnerre du fusil. Les Américains ont fait de raerveuil- 
leux progrès, dans la fabrication des armes à feu : surtout 
des carabines pour abattre de loin le gros gibier. Les cara- 
bines de petit calibre ont dû céder le pas aux nouvelles 
carabines de Winchester Remington et autres armuriers 
bien connus. 

Les fusils Anglais et Belges sont les seuls, croyons nous* 
qui portent constamment la marque officielle (L) des 
épreuves. 

Il va sans dire que l'on doit essayer ou faire essayer, et 
cela plus d'une fois, une arme avant de l'acheter : Blaze 
vous dira comment. 

Procurez-vous une carnassière à sac double, l'un pour 
les comestibles, l'autre pour le gibier. Votre toilette de 
chasseur devra être fort simple. Point de couleurs 
voyantes, dans vos vêtements. Casquette à vizière — blouse 
de tweed, forte, mais légère : pantalons de corduroy — 

(1) La loi de la Grande-Bretagne obli;re tout armurier qui confec- 
tionne des canons de fii^il soit pour l'Angietc rre — ou pour l'étranger, à 
les soumettre à deux épreuves KériuUïies — tlénominécs provisoire et dffi- 
iiitive. Doux associ.tions augiaiscs .>-;out autoiiséts par la loi à faire ces 
épreuves : thc London <hin Mufcem Coiupa»;!, à Londres, et the Binuihgham 
(hiardians h. Birminghîini : le teste e.-tleniêniL- aux deux endroits. 

La Belgique a ép;aleiiient pMK.sé de sages ordonnances pour régler 
l'épreuve cffitieUe des canons de fu,sii8 : le bureau est situé à Liège ; 
chaque pays, thaïuc compagnie u sa luaiqiie paiticulière, ses modes 
d'épreuves. 

La France a aussi, à Ste Etienue, un bureau où si lait l'épreuve des 
armes fabriquées en cette cont ée. 



LE CHASSEUK MODERNE 



21 



quelque- 

il faut se 

lussi bien 

épreuves 

gravé sur 

merveuil- 

i : surtout 

Les cara- 

: nouvelles 

; armuriers 



)yons uousr 
le (1) des 

1 essayer, et 
Bter : Blaze 



bottes canadiennes en cuir de bœuf à forte semelle — bien 
cirées. (1) L'indispensable gilet de flaaelle sur la peau en 
tout temps — rempart contro les rhumatismes : le ceinturon 
pour contenir les cartouches et l'appareil po'ir les recharger, 
le couteau de chasse, lu lunette d'a[>proche pour la chasse 
a.i gros gibier, la grilf _; pour exlraÏM l'étui de la cartouche, 
le silH,'t ))enilu à la b lutonnièro, la cloeh';tte dans Vjtre 
carnassièiv, pour le chien ohiissaiit 'lans un taillis — le 
fouet en poche, quand il est vevêche : et vous voilà au grand 
complet. Le collier de force, usité en Franco et, un peu, en 
Angleterre — recommandé par Blue et Bjrreyre, est peu 
connu au Canada. 

(1) La cire, le suif de mouton, l'imile de pitds de bœufs (neals /oot 
oil) »'n proportion suivante : liuile de pieds de liœnf une cbopine, cire 
d'abeille deux onces et suif de mouton deux onces compose uu enduit 
extelleut, pour rendie souples et iniperniétibles les botteu-, pourvu que 
l'on ajoute un double de caoutcbouc entre les semelles. 



e, l'un pour 
toilette de 
le couleurs 
ère — blouse 
corduroy — 

ier qui confec- 
ur l'étranger, à 

rovisoire et dffi- 
loi à faire ces 
he Bii-mihffham 
endroits, 
es pour régler 
situé ù Liège ; 
ère, SCS modes 




t l'épvcuvp des 



LA GRANDE CHASSE 



Les fusils ont reçu des balles de calibre, 
Les couteaux aiguisés pendent au oeinturou, 
Fiers chasseurs, allez-douc; couiv z, ô troupe iilerlot 
Tan<iis que des balliers vous battrez l'épai-sneur, 
Poète oisif, du seuil de la maison déserte. 
J'adresserai pour vous dos vœux au dieu chassetir. 

— (La Vik L'uuale — Autrmi.) 



Miehel-Ange Blondus nous enseigne que la chasse est 
l'apanage des fois et des grands seigneurs. En Canada, 
nous n'avons pas de rois ; et les seigneurs, par le fait de 
l'honorable M. Drumraond et du Parlement, ne sont pas 
des grands seigneurs. Ce sont tout au plus de modestes 
seigneurs, n'ayant ni droit de vie ou de mort sur leurs 
serfs, ni droit de corvée, ni droit de battre monnaie, pas 
même le droit pittoresque nommé spécialement Le Droit 
DU Seigneuk, ne leur reste (s'ils l'ont jamais eu), avant 
ou après le mariage des vils roturiers, que nous sommes 
convenus maintenant de nommer Le Peuple. 

Le plus huppé parmi eux est encore loin des privilèges 



LA GRANDE CRA88B 



23 



3 alerte f 
?eur, 

ISRCTir. 

Aiitrati.) 



ia3se est 
Canada, 
fait de 
sont pas 
aodestes 
ur leurs 
laie, pas 

B DllOlT 

), avant 
sommes 

iviléges 



(In baron de Bradwardine, dont la charte, d'après Sir Walter 
•Scott, portait " Cum liberali potentate hdbendi curi<i8 et 
jaaticias, <wm Jossâ et furcâ et aakd et sokd, et thol 
et theam, et infang-thief et ont fang-thief, aive fuind- 
habeiul, sive bak-haruTid, " 

Excepté pendant la période close, il est permis à chacun 
chez nous d'aller faire la chasse, sans crainte d'être battu 
de verges comme au temps d'Henri IV. Ou a droit de 
chasse, -aus être noble, sans même posséder de fief. Voilà 
au progrès, n'est-ce pas ? 

Le chasse nous est permise par la loi civile, et l'on sait 
qu'elle n'a été défendue, eu aucuns temjis par le droit- 
canon ; à preuve, la présence parmi les bienheureux de 
tous ces maîtie- chasseurs : saint Hubert, saint Eustacho, 
saint Martin, saint Germain l'Auxerrois, et une inhnité 
d'autres saints en cn'dit. Mais, de Uiême que pour faire 
un civet, il faut d'abord avoir un lièvre, de même, pour 
faire la chasse, il faut qu'il y ait du gibier ; si parfois le 
gibier nous manque en Canada, ce n'est pas faute de forêts, 
de rivières, de grèves. A quoi donc attribuer l'absence du 
gibier ? Il faut l'attribuer à l'imprévoyance, à l'ignorance 
du chiisseur, (jui persisterait encore à l'heure qu'il est, si 
la. Législature n'y avait mis ordre, à tuer à l'instar de 
l'aborigène dégradé, le gibier en tout temps, sans respect 
pour l'époque de la reproduction, pour les instincts sacrés 
di la maternité; sans égard pour le sort de la jeune 
couvée que le trépas de la mère voue à une mort certaine 
et prématurée, sans égard pour le faon, qui survit à 
sa mèie, sa tendre mère, victime d'une embu.scade perfide 
à l'angle d'un bois. 

Au nombre des bêtes fauves, à la conservation des- 
quelles la loi est venue en aide, bien que tard, pour l'avan- 
tage du chasseur canadien, nommons l'Orignal, le Chevreuil 



24 



CHABSK 



et le Caribou. Pour êtrç compris do tous, laissons aux 
espèces leurs noms vulgaires. 

Les naturalistes reconnaissent h la famille Cervidir, 
quarante-deux espèces, dont sept sfoilcnient au rapport du 
savant Ju^'f Caton, d'Ottava, Illinois, habitent l'Amérique 
Septentrionale. Les Ccvv'uhi' sont indigènes à toutes les 
parties dn monde, excepté à l'Australie et atix régions 
ceni raies de l'Africpie. J)t'.s sept espèces (1:, appartenant 
à trois gvnre.s, natifs de l'Amérique du Nuiâ, six fréiiuen- 
tent les forêts de l'Amérique r.ritannique. Nous ne ferons 
qu'esquisi^er les j^lus connues : l'Orignal, le Wa[iite, race 
éteinte dans la province de Québec, — le Caribou et le 
Chevreuil. • 

(I) I'- Le UuiiLou <lcs Cliuiups — liuircti (honini Catihoo — Taiusmih 
Akotkhih. 

yo lie Caribou dvn Iioîk - WonVnnd Carihoo —'l' AHAWyvn Hastim». 

:V IjOvignnl — Itfoosc />fir — Ai.oks Amkui'Ana. 

4"^ Lo Wapitc! on Ocrf CniMdi'.Mi — Ei,aphu8 CANAnKNais 

0° Le Cerf Mu\Kt— Mule Ihet-CKmm Macuotis. 

(p Le Chovrcnil - Ctmmm ReJ />flflr— Ckrvu8 ViitoiMANt'S. 

7' Le Cerf (le Ri<liiir(tKou— W/V7((r»*of»'« Detr Ckbvvs Ricuardsoni. 





L'ORIGNAL 



(AI.C'KS amkimcana.) 



L'Oiigiiuil que lîuffoii iiumnio aussi l'Elan, ]mi .sa taille 
est le roi de l'espèce. Imaginez uu vuniiiiant. colo-sul, peu 
dlégant de formes, niuui d'une tête lourde et massive, 
ornée d'un buis pesant OO à 70 livres, portant auiple cri- 
nièie, aussi haut qu'un grand clievul, atteignant jusqu'à 
huit pieds en stature et qniuze cents livres en pesanteur, 
et vous avez un orignal adulte, un vieux mâle. Pendant 



26 



GHASSR 



les froids de l'hiver, il porte épaisse foiinuio, brune, noi- 
râtre et quelquefois grise, moins foncée an-tlossons du 
ventr(\ sur le musonu ou h l'iut/rituiv dos oreill«s. Kn été, 
le poil esl court et lisso. Son noz so toniiim» t;n \mih lonmie 
lèvre 8ti])éiicur((, fort iliixililo, qu(3 l'on noiinie umllle, 
niorcoiiii fort jnisc', iiiiisi (l'ui la laiii^nie. par Uis j,'oiirm"t.s. 

L(.'S oruilloH ont ]'>r(^s de douzo ]ioiicos d(; lon.'Ljnoui', et 
quand il niarclu', lu corne de sxis i»ii'd.s est fdn lue si liînite 
qu'elle se divise en deux Im's (u'il met h^ j»ied ;'i terre. Lu 
bois se (li\i.'-c en cc^pvS |);ilin('s (ju'on noniue imdouilKT: 
chez les vieux orii^Miaux, il atteint une gro.s,si;ur j>Todi- 
gieuse. ('o dévelojipeinent se f.iit eu douze o'.i quiitorze 
seniiiines, le bois coinuienee à eroîLrj en îivril, (>t si» jv^rd 
en déconilnv, ou e;i junvier; les inàle.s snul.s le portent. Kn 
septembre, lu oouthe de poil velouté qui le couvrait, 
tombe ; hi corne se blanchit, [)uis se durcit (it devient 
brune ou jaune. Le bois augmente en volume chaque 
année sticcessiveinent et atteint sa plus forte croissance à 
la cinfi'iieme année d'existence : les andouillers devicnniMit 
palmés à la quatrième année. A la saison du rut en 
septembre, les orignaux mâle se battent entre eux à ou- 
trance, avec leurs cornes : niiiis ils n'emploient que leurs 
pieds de devant et ilo derrière pour se d 'fendre contre les 
chiens, et peuvent de cette sorte administrer des ruades à 
éreinter un bœ.if. 

Aux premières neiges, l'orignal regagne lt;s hauteurs 
bien boisées (it se prépare un circuit do terre de dix à cent 
acres, au sein des taillis où abondent des .sapins, une es- 
pèce d'érable bàtnrd, des jeunes cormiers et un arbuste, 
Vlburnum Lantaïioides — le bois barré, que l'on nomme 
bois d'orignal: c'est là ce qui s'appelle " un ravage," en- 
droit curieux à contempler en hivtr. Les arbustes y sont 
dénudés de la moitié de leur écorco et de leurs bourgeons, 



l'orional 



27 



I tours 
cent 
ne es- 
.) liste, 
online 



à une hauteur de dix à douze pieds, jusqu'où l'animal 
j>eut atteindre en 3C dressant sur ses pieds de derrière ; il 
n'y a g(5néralement qu'un côt(^ dc! l'i^'oorce en'îominagt», in- 
dice qui sert au chasseur à di'terminer pur où la bote a 
])US8é dans sa course. 

A mesure que la couclui de mM'^'.îsVpnissit et devient plus 
liiborieuse t\ fouler, l'orignal restreint le circuit de.son ra- 
vage et broutera de plus près les braneh is utle.s sapiniiges. 
La femelle et ses faons font ravage à part, jusqu'à ce ([ue 
les jeunes aient atteint une année en Hg.'. Les mâles, de- 
puis l'Age do trois à dix an-s font aussi bande à part; 
les mâles très- vieux, ont des goûts j prononcés pour la soli- 
tude, choisissant pour " ravage" le pîc solitaire d'une mon- 
tagne, ou bien pendant l'étd, les bords d'un t'tang ou en, 
core les rives d'un petit ruisseau ombragé ; on rencontre 
quelquefois, jusqu'à neuf mâles dans le même ravage. Une 
fois lancés par le chasseur (1) en rapiette, ils partiront à 
la file, au trot, à la manièn; des Indiens ; dans la neige pro- 
fonde, les derniers placeront soigneusement leurs pieds 
dans la trace de ceux qui piéoèdent, de sorte qu'à tout 
autre qu'à un chasseur expérimenté, la trace ne semblerait 
que celle d'un seul orignal. Le chef do lile devient-il laa 
par la course ? il se jettera de oôté, laissera passer le trou- 
peau pour battre le sentier et clora la marche. En ces oc- 
casions, les mâles de deux ans paraissent avoir la plus 
longue haleine pour courir : les vieux, sont quelque fois 
si féroces, qu'ils refusent de courir et attaqueront le ehas- 

(1 ) '• JlikU dernier, ( l«> Dec Ir^Sd) <laiis lu unit, M. Cliarlcs Potvin, cluift- 
dc Cliarlesbonrf,', a été éveillé par un bhiit étrange; il 8'i'st levé et a 
aperçu h sa porte trois gros Origniux. Li^ nenuoil, trop énervé à cette 
vue, ne trouvait ni arme ni poudre, mais ajirès plusieurs tâtouneinentK, 
ii a fini par tirer un coup de fusi'. Les trois origniux dans leur fuite, 
ont cassé un arbre ù sa porte. Le chasseur suivit leurs pi>tes, et l'un des 
orignaux bIe^sé a élé trouvé mort sur Je terrain de madame Drapeau 
dans les concessions de Beauport. {VEhctiur 17 Décembre, 18;6.) 



28 



CHASSE 



sjur. La femelle donne beaucoup de lait ; les jeunes crois- 
sent avec une granda rapidité, pendant les trois premières 
années de leur vie. Doué d'une force prodigieuse, l'orignal 
eîidiire de grandes fatigues ; h peine cependant, atteint-il 
l'Age de vingt ans, rarement même celui de quinze ans. 

Ils ont une oreille fine ; un singulier instinct les porte 
la nuil à suivre et même à attaquer une personne qui por- 
terait un H.!ml)eau. 0]i les apprivoise et on les attelé à la 
voiture (1) d'iiiviîr ; Ji;ais il faut se gard'-r de les insulter oi' 
de les maltraiter, car ils sont vindicatifs. Le printemps, ils 
descendront dans le voisinage des lacs, pour brouter dans 
l'eau jusqu'au col, certaines algues marines, sous la sur- 
face de l'onde. l*endant et avant la canicule, ils s'aventu- 
reront dans les lacs, presqu'à fleur d'eau, pour se protéger 



UNE AXCIIOKNE COXXAISSANCK. 

( 1 ) " On écrit de Portlund, Me, qu'un nomme P. Ltroyer, ci-devant tic 
Shiinlay, lac Mé.^antic, et possédant une jolie petite fortune en espèces 
sonnantes, vit dans les bois de Mocsthead Liike, à quarante mi Ileis de 
toute habitation humaine, en compagnie d'une indienne qu'il a épou- 
sée, il y a quelques années. Leroy.r est, dit-on le type le plus orignal, 
qu'on puisse imaginer et l'année dernière il a causé une véritable sen- 
sation en se montrant à la foire de l'Etat du Maine, dans une voiture 
traînée par un élan. Originaire dEurope, Leroyer appartient à une 
bonne famille (]ui l'a élevé avec grand soin : mais l'enfant semblait 
éire né un misanthropho ; il avait horreur du monde civilisé et un bon 
jour, il s'en est venu en Amérique, et est allé s'établir aussit«*)t an milieu 
des forêts presq:ic inipcnétrabhis du Maine. C'est là qu'il s'est cons- 
truit lui-inêne un>' mauvaise hutîe où il demeure depuis des années 
avec sa squ :w (pTil a é;ioiisi e, vivant de chasse et de pêche, mais sur- 
tout i!e la ili i-.-e dts animaux à fourrure. De temps à autre', il fuit 
avec son élan une excursion dans les villes voisines, où son attelage 
étrange, son costume de peaux, sa longue chevelure et ses allures singu- 
lières nu mau(|uent jamais de faire sensation. 

Ayant appris, l'an dernier, (ju'il avait hérité d'une certaine fortune 
dans sou pays natal, Leroyer a mis son élan en gage pour une somme 
def ioO et, avec cet argent, il est allé recueillir la succession qui lu( 
était échue et qui ne s'élève guère à moins de $:$0,000. Mais il n'a pas 
été plus tô' mis en pcssession de sa fortune que le misanthrope par goût 



l'orignal 



29 



j 



contre les mouclies et la chaleur, et cela, la nuit aussi 
bien que le jour. 

Pendant ces ablutions, les femelles cachent soigneuse- 
ment leurs faons dans les halliers inipénétriibles aux niàles, 
a cause de leurs longues cornes à cette saison ; autrement, 
lus vieux mâles les détruiraient. En septembr..', l'origual 
mâle devient féroce et quitte les lacs et les plaines, pour 
les hauteurs. C'est le temps de l'accouplument qui dure 
deux semaines : lorsqu'il à lieu, sa crinière se dresse, se 
hérisse, comme celle d'un lion; ses allures in-q>irent alors 
l'efiVoi. L'Orignal se trouve dans la Nouvelle- Ecosse, le 
Nouveau- Brunswick, le Labrador, l'Etat du Maine, sur les 
deux rives du Saint- Laurent, plus bas que Québec, et à 
l'ouest de cette ville, sur les rives nord du Saint-Laurent 
et de l'Ottawa, jusqu'au lac ïémiscaming, au nord-ouest 
jusqu'à l'embouchure de la rivière MacKenzie, sur la mer 
glaciale, latitude 69°. Nos chasseurs de Québec aiment 
surtout à explorer, pour ce grand gibier, les hauteurs des 
terres, en aval de la Baie Saint- Paul, connues comme 
les Jardins. 



est allé retrouver sa Initte et son indienne et reprendre son genre de vie 
favori au milieu des bois, ne s'étunt donné d'autre luxe que celui d'un 
d'un nouveau vêtement en peau de bouc. Ou iiffirme que Leroyer s'on- 
doit chiiqno nuit sur un oreiller de 8'K»,000 en or. 

Nos lecteurs ont sans do'ite fueilement reconnu d.in^^ le portrait ci- 
dessus, l'un des principaux témoins dans le procès au criminel de luft'aiie 
Sougraine. Tout Québrc a pu voir ulois Luicyr avec Ka sympathique 
e; éiKTi^ique figure de co'.iienr f'es bois et sa longue clu'vehire. — /^e 
('(inadiin, 1 mars, 1«8T.) 



£?!^^ 



ti^m. 



LA CHASSE A L'ORIGNAL 



EN HIVER 



" Le Canada est le pays des grandes chasses : les steppes 
incultes qui s'étendent au nord de Québec et de Montréal, 
sont peuplées de Peaux-Kouges à moitié civilisés, vivant du 
produit de leurs chasses et de leurs pêches ; aussi pour un 
Européen amateur de sport, cette contrée est-elle la plus 
belle entre toutes, malgré sa rudesse et son aspect sauvage. 
J'avais mis dans mes projets, pendant mon séjour aux 
Etats-Unis, de visiter en chasseur cette colonie anglaise 
et pendant les fêtes de Noël de l'année 1844, je profitai de 
quelques semaines de loisir pour me rendre au Canada. 

Un de mes amis, capitaine dans un des régiments de Sa 
Majesté la reine Victoria, m'avait fortement engagé à 
venir le rejoindre et je me hâtai de me rendre à son ai- 
mable invitation. 

Quelques jours airès mon arrivée à Québec, Mac-Leau 
me proposa de faire avec lui une chasse à l'élan : il va sans 
dire que j'acceptai sans tvop me faire prier, et nous nous 
empressâmes de songer aux préparatifs indispensables pour 
une pareille expédition. 



LA CHASSE A L OlilGNAL EN HIVER 



31 



Le capitaine avait à l'avance, pris avec quelques Indiens 
de rétablissement de Sainte-Anne, un arrangement, grâce 
auquel quatre des plus habiles chasseurs de leur tribu de- 
vaient nous joindre à soixante milles de Québec, à un 
rendez- vous désigné par eux, sur l'extrême limite des pro- 
vinces habitées. Jack, le guide de caravane, nous atten- 
drait de son côté, h Lorette, avec ses autres compagnons. 

Nous nous mîmes en route un matin, au point du jour, 
dans une carriole fort basse, à laquelle étaient attelés deux 
excellents chevaux mustangs conduits en Tandem. Un 
traineau attelé d'un seul cheval suivait notre véhicule, et 
nous y avions entassé nos armes, nos provisions de bouche 
et les antres objets indispensables pour camper dans le dé- 
sert Canadien. 

Enveloppés dans nos pelisses de bison et dans nos cou- 
vertures "maekinaws," nous pouvions sans être incom- 
modés, braver la fureur du vent qui balayait la route, em- 
portant par tourbillons le grésil et la neige dont le sol 
était couvert. 

Les premières lueurs du jour paruissaieut à peine lors- 
que nous traversâmes h faubourg de saint Vallier, encore 
enseveli dans un profond sommeil, et dont les rues soli- 
taires sont aussi mornes qu'elles sont mal bâties et tor- 
tueuses. Aucun habitant ne se montrait encore, et la 
neige en tombant, avait effacé, ])enilant les longue^ hourea 
de la nuit, toutes les traies, toutes les emprt;intes de la 
veille. 

Le chemin qui conduit à Lurette était large et bien 
tenu, et a part certains amas tle neige, amoncelés par le vent 
qu'il nous fallut dépasser en usant do toutes les précau- 
tions imaginables, aucun accident ne vinb attrister notre 
voyage. Noi s arrivâmes au rendez-vuus après un trajet 
qui dura une heure : Jack nous tittendait tout équipé et 



32 



(.'HAS.SK 



prêt à so nietlie en route. liieii ne lui nian luait, si ce 
n'est un peu d'urgent, (lu'il nous pria de lui donner afin 
de 'tuer le diable," disait-il, qui avait pris possession de 
son corps et le giue;iit " . . . . d'qjouvante . . . . " Pais, U'jtre 
chasseur après avoir (.'.onsacré (^ueLpies parayraiilies :\ dé- 
crire ladegraditicn des Indiens, pur l'ivrognerie, continue : 

•'Sur les di'ux côtés d(.' la route que nous parcourions, 
les tenains que nous traversâmes (''talent défrichés à une 
certaine distance ; mais, partout au deU"!, on n'apercevait 
que des steppes incultes et des bois, une solitude complète. 
Nous eûmes à franchir de nonJn'eu.x ruisseaux à moitié 
gelés : les eaux bondissantes se frayaient un passage dif- 
ficile au milieu des glaçons, dont les aspérités leur oppo- 
saient autant d'obtacles et par dessus lesquelles elles jaillis- 
saient en cascades éciimantes. Le linceuil glacé, tout écla- 
clatant de blancheur, dissinait chaque ouduLtion du sol et 
faisait ressortir par un saisissant contraste les sombres 
contours et les ténébreuses profondeurs des bois de sapin» 
et de cadres qui bordaient la route. 

La tempête n'avait cessé de faire rage et la neige tombait 
toujours i\ gros H lucons, ensevelissant les communication» 
sous une couche qui s'épaisissait à vue d'œil. De temps 
à autre, nous rencontrions des traîne lux chargés de bois ou 
de sacs de grains; mais comme le passage était étroit 
pour opéier un chassé-croisé d'un, évolution facile, le con- 
ducteur rangeait ses chevaux sur l'extrême bord, laissant 
le traîneau s'enfoncer dans la neige cl" le maintenant dans 
une position horizontale en pesant dessus avec force. 
Alors notre cocher fouettait ses chevaux et nous passions, 
non sans beaucoup de difficulté. Dans une de ces ren- 
contres, notre traîneau accrocha celui d'un agriculteur, et 
comme il était [lus léger que celui de "l'habitant" il fut 
])rénipité, contenant et contenu, dans un fossé rempli de 



LA ClIASSR A L'or.ICNAL EN IIIVKR 






tiit, si ce 
aner afin 
ession de 
iiis, notre 
lUes h (le- 
[îoiitinue : 

l'Cûurions, 
u'a à une 
percevait 
complète, 
à moitié 
îsage dif- 
eur oppo- 
es jaillis- 
tout écla- 
du sol et 
1 sombres 
de sapin» 

e tombait 
inications 
)e temps 
e bois ou 
lit l'troit 
B, le con- 

laissant 
aut dans 
oc force, 
passions, 

et; s ren- 
ilteur. et 
it" il fut 
iuipli de 



p 



cinq pieds de neige. Nous en fûmes quittes pour i|uelques 
contusions et quelques traits brisés, accompagnt.^ de force 
jurons et Wasphêmes* prononcés par nos sauvages eundi'.c- 
teurs. Roulés dans nos manteaux, entourés de nos four- 
rures épaisses, nous nous étions laissés aller sans remuer 
au mouvement rotatoire, ne bougeant pas d'avantagiî que 
les sacs de blé — dont l'autre traîneau était charg.'. Notre 
rire homérique contrastait seul avec la colère des deux 
phaetons Canadiens." 

Les deux chasseurs s'arrêtent quelques instante î\ un 
" misérable hameau " — une cabane de planches qui s'enor- 
gueillissait du titre pompeux, de Hôtel du Roi Georges ; 
puis, après avoir culbuté dans la neige d'une ravine, et 
presque perdu un des chevaux du tandem, ils se trou- 
vèrent à la maison de M. Joassin, sur les bords de la rivière 
Ste-Anne, — un log-cahin, —où ils passèrent une triste nuit, 
accompagnés de leur cinq Indiens et de leur meute de 
chiens. Ils font une peinture peu favorable de lenrs 
piqueurs qui appartenaient à la tribu des H lirons de Lo- 
rette. Après avoir subi bien des mésaventures, les deux 
chasseurs, atteignirent enfin " la base d'une colline dans la 
forêt séculaire," où ils firent halte et ou les Indiens pré- 
parèrent l'emplacement de la cabane de sapins-, pour le re- 
pas et pour le coucher, dans le voisinage d'un limpide 
ruisseau, dont l'onde avait une saveur délicieuse : puis, 
vient une excellente di;3cri[)tion de la hutte et du mode 
de confection. On alluma le feu du camp. Les indiens eu- 
rent bientôt découvert un lieu de pêche. "A l'aide d'une 
hache, nos Hurons creusent deux trous d:ns la gi.ice. 
L'admission de l'air frais aviiit probahlement le juiivi ir de 
donner aux truites un appétit irréfiéchi, car à jjeiue 
avions- nous plongé nos lignes dans l'eau, que l'une de 
celles qui grouillaient à la surface, se saisissait de l'appât 
et se trouvait doucement transportée dans une corbeille 



:;i 



oirvissK 



tapisst'e de mousse que l'un de nos Indiens avait placée à 
côté de nous. La vie de ces pauvres poissons ne se pro- 
longeait ])as au delà de cinq minutes. Après cinq ou six 
coujis de queue et autant de frétillements, letir corps se 
roidissait et une couche de glace recouvrait leurs fines 
écailles. Aussi lorsque nous rentrâmes à la cabane et que 
l'on tira du panier, les truites qui s'y trouvaient entassées, 
on aurait juré que c'étîiit du poisson salé etencaqué depuis 
longtemps. 

" Taudis que le capitaine et moi nous péchions dans la 
rivière, les Peaux-Kouges avaient coupé la provision de 
bois nécessaire aux besoins de notre foyer, et nous les 
trouvâmes qui empilaient avec ordre les blocs fendus et 
coupés de même longueur, sur l'un des côté de rorifice de 
la butte. Au-dessus du feu, suspendue à la toiture à 
l'aide d'une corde tissée de lianes flexibles, bouillait une 
grande marmite remplie jusqu'au bord de porc salé, de 
pois et de biscuit. Au-dessous, sur un lit de braise, l'on 
tuttndait chanter une bouilloire pleine de thé dont les 
suaves émanations arrivaient jusqu'à nous par bouffées 
intermittentes. L'intériour de la cabane était parfaitement 
chaufïé et grâce à tios manteaux étendus le long des pa- 
rois, nous ne ressentions aucune des atteintes de la glaciale 
température de l'extérieur. Nos Indiens avaient fabriqué 
des torches à l'aide de lanières d'écorce de bouleau 
loulées et assujetties entre les fentes de deux bâtona 
fichés dans une des murailles de neige et cette lueur indé- 
cise ajoutait a.\ pittoresque de notre situation quasi con- 
fortable. 

" Un grand sac de cuir nous servait de coffre-fort, c'est là 
que nous nous empressâmes de renfermer notre argent, 
nos montres et notre provision d'eau-de-vie, afin de ne 
point tenter la cupidité de nos guides. 



LA CHASSE A L ORIGNAL EN HIVER 



3» 



" Notre souper consista principalement en poisson : les 

truites étaient délicieuses Nous voulions ensuite 

passer au rôti, ou plutôt à l'un des mets empruntés à la 
civilisation dont nous avions fait provision pour le voyage." 

" La meute de chiens amenée avec nous pour chaaser 
l'élan le lendemain avait été reléguée par nos Indiens, 
hors de l'abri qui nous servait de gîte. Dans le but de 
les rendre plus hardis et acharnés à la chasse, on les avait 
privés de nourriture et on les empêchait même de s'ap- 
procher du foyer. Ces pauvres bêtes rôdaient autour de 
notre hutte de neige, et chacun à leur tour, on les voyait 
insinuer leur museau à l'orifice de notre demeure et jeter 
des regards de convoitise sur leurs maitres chaudement 
installés devant un feu pétillant. 

Au moment où les Indiens commencèrent leurs patenô- 
tres, les limiers profitèrent de l'inattention générale pour 
se glisser, l'un après l'autre, autour du foyer. Par mal- 
heur, l'un de ces animaux vint à toucher le talon du plus 
dévot des Peaux-Rouges qui, fort irrité de cette interrup- 
tion, se tourna vivement pour découvrir l'intrus qui le dé- 
rangeait ainsi. Sans quitter la pipe qu'il n'avait pas cessé 
de tenir entre ses dents, l'Indien se leva, et, prodiguant au 
quadrupède une bordée de jurements des plus expressifs, 
dans la langue française, il le chassa avec accompa- 
gnements de coups de pied et de coups de fouet. Puis, 
après avoir longuement expiré une bouffée de tabac, le 
drôle renouvela sa génuflexion -et reprit tranquillement 
son oraison comme si rien ne se fut passé. 

Vers minuit, je me réveillai en sursaut. Je rêvais 
qu'une main de fer m'étreignait aux épaules et, lorsque je 
compris la réalité de ma situation, je m'aperçus que la 
sensation que j'éprouvais provenait du froid qui m'avait 
saisi. Le feu était pourtant encore très-ardent, à tel point 



36 



CHASSE 



que nos chaussures et nos manteaux fumaient et se rôtis- 
baient évidemment. Mais à un mètre de distance, l'eau- 
de-vie se congelait dans nos bouteilles. Nous é^ons pour- 
tant très chaudement vêtus et entortilles dans des fourrures 
(^•paisses. Jamais, je l'avourai humbU-nieat, jusqu'à cette 
Jiiiit mémorable, je n'avais éprouvé un froid aussi terrible...." 

M. Révoil. et son ami le Capitaine McLean, ayant réalisé 
ce que c'est qu'un froid de Janvier au Canada, après une 
marche longue et fatiguante de dix-huit milles dans les 
bois, découvrirent enfin, guidés par leurs Indiens, les en- 
virons du ravage des élans que les chiens firent bientôt 
détaler, au sein des neiges. Soit par un hasard fortuit, soit 
par une tactique particulière, les trois élans prirent trois 
directions différentes, Mac-Lean se mit à la poursuite du 
premier ; moi, je suivis le second, et un des Indiens se 
précipita sur les pas du troisième. D'abord nous fûmes 
tous devancés par les quadrupèdes ; le mien, surtout, se 
maintint à une distance de six ou huit portées de fusil ; 
mais, peu à peu, ses bonds devinrent moins rapides, et de 
larges taches de sang me prouvèrent que la glace durcie, 
foulée par ses pieds sous la couche de neige fraichement 
tombée l'avait grièvement blessé. 

Les taillis épais, dont les pentes abruptes de la colline 
étaient recouvertes, cachaient aux yeux de chaque chasseur 
l'animal de sa meute ; mais on entendait distinctement 
le bruit de son soufille, qui s'échapait à travers ses naseaux 
fumants, et le craquement de3 brarclies qu'il brisait dans 
sa course. La terre, profondément labouiée en certains en- 
droits, trahissait les chûtes de l'animal, dont le désespoir 
accru par l'instinct du danger et l'impossibihté de l'éviter^ 
se manifestait au moyen de sauts sans pareils. 

Plus nous avancions, plus le craquement des branches 
devenait terrible, plus le bruit de la respiration de l'ani- 



LA CHASSE A L'oRICNAL KX HIVKK 



37 



î 



i 



■3 

•H 



mal retentissait rapide et saccadé, plus la neige était 
teinte de sang. Les chi ns affamés redoublaient leurs 
hurlementi plaintifs. Nohs hâtâmes encore le pas ; notre 
course était si furibonde que nous perdions haleine . . . 

Une clairière s'ouvrit devant moi au milieu d'un hal- 
Yh'V touffu et me conduisit à une vallée niarecrigeuse par- 
semée Cil là d'arbres séculuires au tronc ru'Mieux, élancés à 
{•lus de cent pieil-j an-dessus di! sol. Li\ mon élan s'était 
accu'é et faisait teti" à la meute, i^a fali^'ue avait épuisé ses 
forces, ses j ieds se refusaient h seconder son courage, mais, 
en dépit de son ulfaiblissemi.'nt, il tenait encore la tête 
haute, et à chaque mouvement de son bois rugueux, les 
chiens bondissaient en arrière en poussant des aboiements 
dont le son trahissait un sentiment de peur, ils hxaient 
sur l'animal des yeux avides et faisaient claquer leurs mâ- 
choires, sans jamais oser approcher à plus de cinq ou six 
mètres. L'élan que j'avais devant mes yeux était vrai- 
ment admirable!. 11 avait au moins sept pieds de hauteur 
de la sole au massacre, et au moment où je m'avançai, il 
me sembla deviner dans l'expression de son grand œil noir, 
qu'il s'adressait à moi d'une façon suppliante. Hélas ! 
tout chasseur est impitoyable : ceci est un fait bien prou- 
vé, et nul d'entre les disciples de Saint Hubert n'oserait, 
une fois rentré à la maison, coniuKittre de gaieté de cœur, 
dans sa basse-cour ou dans son jardin, un de ces assassi- 
nats barbares auxquels Sii main prend part lorsqu'elle est 

armée d'un fusil au milieu des bois le l'ajustai 

donc à mou aise, je lâchai la détente et ma balle l'atteignit 
en plein poitrail. La douleur réveilla la ajule bête, qui se 
soulevant avec rage, s'élança de mon côté. Fuir à l'aido 
de mes raquettes était chose impossible ; il me parut donc 
beaucoup plus sage d'attendre l'élan, dont les forces s'af- 
faiblissaient. Je tirai sur lui mon second coup, presque 
à bout portant et tout aussitôt il s'arrêta, chancela, et se 



38 



CHASSK 



roidit : son cou s'allongea et le sang jaillit par ses naseaux 
et par la bouche, qui s'entr'ouvrit pour livrer passage à sa 
langue haletante. Un moment après le pau^fre animal 
s'affaissa dans la ncigo, comme s'il eût voulu trouver 
queLiue soulngement aux douleurs atroces de son agonie. " 

(IhncAiot-Hen ry IWcoil.) 




LA CHASSE A L'ORIGNAL 



AU FLAMBEAU 



L'Orignal cherche sa nourriture là où croit le lis jaune 
(les étangs. (1) Ce sont ses racines, non ses feuilles ou ses 
corolles qu'il affectionne. Cette plante, forme de ses cou- 
rants, un véritable réseau dans la vase des lacs, lequel 
atteint une longueur indifiuie : les racines plus grosses que 
le bras d'un homme, sont d'un verdâtre pâle, ou d'un 
blanc tirant sur le jaune. Elles se garnissent de petits 
boutons élastiques— moelleux, comme la pellicule d'un 
ananas ; fort insipides au palais humain, elles font les 
délices de l'orignal, lequel poiir s'en gorger, n'hésite nulle- 
ment à s'aventurer dans l'onde et s'y plongera la tête 
jusqu'à ce que l'eau lui recouvre les oreilles. Quant il 
aura réussi à arracher une racine, il en mâchera un bout 
avec une suprême jouissance et laissera l'autre bout ex- 
céder ses lèvres, comme un fumeur fuit d'un cigare ; c'est 
là le moment-— l'appoint que convoite le chasseur. 

Par une soirée calme, chaude, bien obscure, le veneur 
polit et essuie soigneusement le disque de sa lanterne 
sourde jusqu'à ce que le verre en devienne luisant comme 

V) Le Nenuyliar cP Amérique. 



40 



0IIA8BK 



une 1 latine d'urgent ; oai la flimme, au buaoin, devra être 
fort vive. La lanterne doit être pourvue d'un couvercle ou 
abat-jour, si effectif, (ju'il no puisse s'en exhaler au dehors 
ji!S(|'au mo'.uent voulu, la moindre ''leur. Car l'orignal 
n'est ]iXA eoiumn le chevreuil, qu la vue d'un objet 
nouveau, vo.HUi inunobiie, ébahi ; l'origual no dt3vioiit pa3 
1' victime de sa curiosité ; il no se hasardera à scruter ce 
qu'il voit iioiir la première fois que lorsqu'il .sa croira on 
lieu sûr. 

La chass > dont il a'agit se fait h, deux. Les chasseurs 
après avoir alluuié leur lanterne se blottiront dans leur 
pirogue dont le fond sera muni d'une couverte pour as- 
sourdir le bruit de leurs mouvements. 

Celui qui doit tirer, se place sur le devant du canot •, 
son comiiagnon le masquera au m n d'une couverte. 
Puis, il assujettira la lantcrue h nu irt en arrière du 

tireur, mais en droite ligne avec, et relii.''e à, sa tctc, en 
sorte que la tlamme une fois exposée en suive tous les 
m.iu venu'nts. Quand il visera, ce rayon, la visière, le 
guid ai 'le la carabine et l'objet visé seront en ligne : tout 
ce que re(juorrera le ch issour, ce sera une vue distincte do 
l'orignal. 

Ceci n Li'é, le second chasseur, rejjlie sa j.ropre cou- 
verte sur ses genoux et assis à l'arrière, de sa pagaie, il 
pousse au large.... L'al);il-joiir étant re|)lié sur la lanterne, 
il s'en suit ui e obscmitc' C(un])lète ; un silence parfait 
règne i'i l'cntour, aliii que les chasseurs, les oreilles ten- 
dues puissent saisir la moindre indication de la i)résence 
du gibier. T/exercise emi éche celui qui pagaie de trouver 
le temps long ; il n'eu est pas ainsi du tireur aux aguets, 
n'osant remuer, ni faire le moindre bruit. Il écoute, 
écoute... Tout le fatigue, l'ahurit : tantôt, c'est la chute 
d'une feuille sèche — tantôt le gla[i3sement d'un renard 






LA CHASSE A L'ORIGNAL AU FLAMREAl' 



41 



dans la cnulée, ou le piissagi» d'un liivre sur les branches 
mortes, ou le clapotement de l'eau contre les fîmes do lu 
iiftcellv : la tête lui bourdonne de mille bruits insolites.... 
Enfin, un son mcsurf^, répété snrroml»', vient chatouiller soîi 
oreille : Slnsh ! slo.^h ! slosli 1 dans l'eiin. l'uis, !" sileneu, 
Los muscles du cli.isseur s.^ roi lis-t.'iit, ^e.s clu'veux m 
crispent; son O'il se dilute, -«ni ('(imi' h.it ;i lui ruinja'e l,i 
poitrine. Il épaule .^a (;,.ra!iine et ;it,'eti(l, tV ■laissant d'iiu- 
patiunce, le sij,Mial que duii lui douu.'i SMii c itiKirade, dont 
la main repose sur le disiiur do la luit 'ine, |)rêt à en retirer 
le couvercl.'. 

La l'ête, cllt , est-elle alaiiuée ? reste,ra-t-elle dans 
l'eau ? ou \nvu, nagnera-t-ellvï la bi-rgo du lac, po'ir 
prendre sa coirse vors la foièt ? civ, h cliisscur e.v, 
encore à tro[) ^rrandi! distance lu gibiiT pour tirer, liientôt, 
le même sou monotone dans l'eau s • njiête. 

Enfin li' si^Mial est donné, le disipie dt'::,'at,'é dc^ sou 
aliat-jour, répand u loin une. clarté vive, sur lu la;; 
silencieux et révèle au elitisseui', la silluniclte colossale de 
l'orignal h nd-jambe dans l'onde, (îL dont bvi vertes pru- 
nelles flamboyent comme l'teil d'un démon. 

— Feu! num ami, visez en i)leiue éi-aule 1 ■. 

La fumée se déroule en éj.;aisser5 spirale, sous la brise du soir. 

— Xe bougez pas ! chut ! Itefermcz le disque de 
votre lanterne si vous ne vonle/ pas vmii --niêjn- :• 'Urir le. 
risque de <levenir un point d.; mire à la hrU'. ])!es4é(-' et 
furieuse. Silence ! attention ! 

— Que signifie ce bruit lointain dans le taillis — ce cra- 
quement de branches mortes i et ce son [lénible, saccadé 
comme d'une respiration lialutunte '. 

Laissez le fier orignal courii. Il n'ira pas bien loin. 
Demain, au soleil levant, vous le traquerez par son sang 
dont l'herbe est rougie ; vous le trouverez mort ou mou- 
rant, couché au sein d'un hallier, sous le dôme des bois. 




LE WAPITE OU CERF DU CANADA. 



(klapuus canadensis.; 



S'il fallait encore des urgiunents pour établir riirgence 
d'une législation proteetrice, en faveur du gibier au temps 
de la reproduction, le fait de l'extinction en la province de 
Québec du nf^hh animal représenté ci-haut, suffirait pres- 
<iue seul. Kxcepté à quelques rares localités à l'ouest, le 
Wapite, le roi de nos forêts, est disparu pour nous. Nul 



LK WAPITE 



43 





doute, que sa disparition et due en entier aux massacres 
en toutes saisons des Wapites, perpétrés par les indiens et 
par des blancs, qui osent se dire ehissours. 

" Les misérables," me disait un jour un Nenirod ami, 
qui violent les loi.s de chasse et caj)!il)les do tuer un 
Wapite femelle, au moment où elle sera bientôt mère, 
devraient être mis au pilori et avoir la majusculo " M " 
(pour misérable) brûlée là où Huit l'épine dorsale." 

Je répétai Amen ! Amen ! ! Amen ! ! l 
Allez le chasser maintenant, dans les prairies de l'Ou- 
est, aux versants e^^t des montagnes Rocheuses du 56" et 
57° paralelo de latitude nord, jusqu'au Texas. D'après 
Sir John Richardson, la limite de son parcours, à l'est, 
serait une ligne tirée à l'extrémité-sud du lac Winnipeg, 
à la Saskatchewan, 103° degré de longitude ; de là, au 
point où elle rencontre la rivière Elle, dans le 111" degré. 
On ne le voit que rarement sur les Monts Alleghany. 
Dans cette province, ce qu'il nous en reste, ce sont ses os 
et son bois grandiose enfouis sous terre, au fond des forêts. 
On peut donc dire, malgré le témoignage de quelques 
•îidiens (1 ), que le Wapite est pour nous une race éteinte. 

(i) On nous informe que des ImiicHs préteudint uvoir tué ces annét-s 
dernières un Wapite sur le lac 'i'aclii', ou aval de Stoiuhaui. Ne serait-ce 
pas plutôt quelque gigantesque orignal ? 

Les anciens de Montraagny, racontent aux jeiinis chasseurs, la course 
extraordinaire d'un cerf gigantesque, au milieu des maisons du vilhigu. 
Traqué par des chasseurs, dans les hauteurs, en aval du Jiulov, pris de 
panique, il dirigea sa course vers la liivihe du Sud, avec la vit' sse d'une 
locomotive, suivant un de ces sentiers de montagne par où le bois dt.* 
corde est transporté au village, dans des traînes. Un bÛLheron avait 
tenté de lui barrir le passage avec son voyage de bois, mais le colosse, 
areuglé par la terreur, bondit par dessus le cheval, la voiture et le con- 
ducteur. Puis, s'clançant sur la glace vive do la Uivière du Sud, dans sa 
course impétueuse, il ne s'arrêta que pour considi'rer un vaste cordon 
noir, qui reliait une rive à l'autre,- le grand pont de Fréchettc, à Saint- 
Thomas. Les deux côtés de la rivière étaient encombrés de spec(a~ 



44 



CHASSE 



C'est un cerf d'une stature très-haute, fort élégant et telle- 
ment ressemblant au cerf d'Europe, que les premiers Cana- 
diens, nos p^res, crurent que c'était le même animal. Mais 
sa taille, ses habitudes, sa couleur et d'autres particularités, 
examinées par des naturalistes compétents, l'ont fait clas- 
ser comme un animal distinct. Il mesure à l'épaule de 
quatre piods et demi à cinq pieds, c'est-à-dire un pied de 
plus qiie le cerf anglais. Le dos et la mrKjhoire inférieure 
sont d'un jaune br ;n nssoz vif. L'œil est entouré d'un 
cercle brun ; une bande noire-court de l'angle de la bouche, 
1(3 long du côté de la mâchoire inférieure. Le louge et le 
noir prédominent sur le col, qui est fiangé de longs poils 
plus foncés que celui des côtés ; de l'épaule aux hanches, 
le gris domine. Il règne une tâche jaune-pâle sur le haut 
des cuisses que termine une ligne noire. La queue, jau- 
nâtre, est longue de deux pouces et demi, tandis que 
celle du cerf européen a sept pouces en longueur. Les 
oreilles sont blanches en dedans, et recouvertes de poil de 
la même couleur à l'extérieur, que les parties environ- 
nantes. Les sabots sont [)etit3 et noirs, comme ceux du 
cerf ordinaire. Le Wapite a un museau, des dents canines 
supérieures, une langue molle ; son poil est fragile et en 
dessous ou voit une laine courte. Les cornes sont rondes, 
fort grandes et fort longues. D'après un fragment trouvé 
dans le comté de Reufrew, le bols di)ut il a dû faire partie, 
à dû excéder eu lougeur quatre pieds. Le bois d'un 
Wapite adulte pèse de quarante à quarante-cinq livres, 
tandis que celui du Chevreuil maie et adulte pès^ au plus 
quatre livres et demi. Les cornes du Wapite ont donc 



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•7: 
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1 



teurs, éionné^ d'uno appuriiion au si étr»n.re Ccrvus rcntinua sa course 
juMju à l'oinbrtmdiieuieiit du cheniiu (jui conduit au Cap baint-Ignace. 
Des chasseurs sans nombre ic ijoursuivin nt et liualoment la bête ttjujba, 
percée do balles, près du commencement du Ca|>, à l'endroit appelé la 
Basse-Bretagne. Etait-ce un Wapite ou un grand orignal ? Le parcouru 
avait été de plus de quinze milles dans dus endroits fort populeux. 



LE WAPITE 



4$ 



et telle- 
ra Cana- 
al. Mais 

lularités, 

fait claa- 

paule de 

i pied de 

aférieure 

uré d'un 

\ bouche, 

)Mge et le 

)ng=î poils 
banclies, 

lu* le haut 

ueue, jau- 

andis que 

leur. Les 

I de poil de 
euviion- 
ceux du 
ta canines 
,irile et eu 
>ut roude;», 
mt trouvé 
lire piirtie, 
buis d'uu 
nq livres, 
d3 au plus 
uut doue 

nmv sa course 
iiint-Ignace. 

|[i bête tomba, 

ait appelé Ia 

Le parcours 

kpultiUX. 



dix fois le poids de celles du Chevreuil. Pelles poussent 
assez droites; à la base, on remarque quelquefois des cor- 
nichons qui se replient vers le front. 

C'est dans les cantons nouvellement établis de i'ouesr, 
où le colon fait is défrichements, que l'on déterre ces 
bois gigantesques. Leur f.trme ronde, avec les extrémités 
aiguës, les font parfaitement distinguer des cornes palmées 
de l'orignal. D'après les traditions des Indiens, ces ani- 
maux ont dû être assez communs dans la vallée de l'Ou- 
taouais, au commencement du dix-huitième siècle. On 
les trouve assez près de la surface, sous des couches de 
feuilles ou de mousse, où tout indique qu'elles ont dû y 
reposer au delà d'un siècle. 

On a exhumé le squelette complet d'un Wapite, près du 
site de la ville d'Ottawa, en creusant le canal Rideau, vers 
1832 : le bois qui adhérait au crâne mesurait cinq pieds 
de long. Eu 1854, on a découvert dans le comté de 
Lanark, Ontario, les restes d'un grand cerf, qui vraisem- 
blablement appartenait à cette espèce. On voit sur les 
prairies à l'ouest, des bandes de Wapites, de 20 à 600 in- 
dividus ; dans ces pâturages, inépuisables, ils atteignent 
quelquefois, dit- on, la grosseur d'un grand cheval. On 
cite des cornes de Wapite trouvées en Californie et lu 
Nouveau-Mexique, longues do plus de six pieds. Ce 
ruminant vit de branches de saules, dj mousse, de bour- 
geons de roses sauvages ; l'hiver, il enlève, avec son 
\[^d, la neige qui recouvre la racine des petits arbres; puis, 
il en dévore les racines. 

Le Wa-j-ite atl'ectionne les bocages pleins d'ombre, les 
îles recouvertes de saules, ainsi que les pointes bien boisées 
qui s'avancent d ms les rivières. Pendant la chaleur du 
jour, il se fera un lit verdoyant et frais d'herbes ou de ra- 
meaux d'un arbre tombé ; c'est alors aussi, qu'il s'enfon- 



46 



CHASSE 



cera sous l'onde des lacs, pour se protéger contre les mous- 
tiques ; il ne laissera exposé que son museau pour res- 
pirer. • Ceux qu'Audubon tint captifs, à New- York, sub- 
sistaient sur la nourriture qui convient aux vaches : avoine 
verte, maïs, etc. 

Les cornes leur tombent en février et en mars. 



1 







i mous- 
lur res- 
rk, sub- 
: avoine 



LE CARIBOU DES BOIS 



(TAKANDUS H.VSTILIS.) 



I 



Malgré l'opinion des compilateurs du Canadian Natu- 
ralist pour l'année 1857, je ne puis me refuser d'assigner 
au Canada deux variétés de cariboux, d'abord le Caribou 
des Bois, très répandu en ce pays et dont je parlerai plus 
au long ; puis, son congénère du Nord, le Caribou des 
Champs {tarandus arcticus], bien moins commun. Nos 
chasseurs, toutefois, qui, chaque hiver, parcourent les ter- 
rains de chasse, en arrière de la Baie St-Paul, rapportent 
de temps à autre sa dépouille. Le Caribou des Champs 
est un diminutif animal, joli, brun en été, blanchâtre en 
hiver, encore plus petit que le chevreuil. Parvenu à sa 
grosseur et gras, il pèse tout au plus de 90 à 120 livres, 
tandis que son congénère, le Caribou des Bois, adulte, at- 
teint 300 livres, en pesanteur. Le bois est palmé près de 
la tête ; il se renouvelle chaque année : mâle et femelle le 
portent. Sa patrie chérie, c'est l'extrême nord du conti- 
nent, le pays glacé de la gelinotte et de l'Esquimau. 
Les Indiens en font des massacres incroyables ; une 
seule famille en détruira jusqu'à deux ou trois cents, 
dans l'espace de quelques semaines, au moyen de fosses 
creusées, de lacets tendus, de flèches ; quelquefois pour eu 



48 



CHASSE 



déguster la langue seulement. Il est bien moins farouche 
que son grand cousin du Canada. L'Indien, recouvert 
d'une jjeau de caribou, se traînera à terre, imitant le beu- 
glement de l'animal : le cerf indiscret a})proulie pour exa- 
miner et reçoit comme punition de sa curiosité, une flèche 
acérée. Ce ruminant |>asse l'hiver sur les hauteurs, oi\ il 
subsiste de mousse et de jeune ^ arbustes; au ]»rintemps, 
cinglant vers le nord, les femelles arrivent eu mai, sur les 
rives de l'océan où elles mettent-bas leurs petits ; les mâles 
les suivent plus tard : puis, elles se replieront vers le sud 
en septembre. Voilà j^our l'espèce arctique. 

Le caribou des bois, deux fois la grosseur de son graci- 
eux congénère, le caribou des champs, muni de cornes 
plus trapues, plus fortes, habite le Labrador, le nord du 
Canada et atteint dans su migration méridionale jusqu'à 
la Nouvelle- Ecosse. Le caribou des bois émigré vers le 
sud, tandis que l'autre gagne le nord, à cette saison. Le 
parcours géographique du premier comprend Terre-Neuve, 
la Nouvelle-Ecosse, la partie septentrionale de l'état du 
Maine, les deux rives du Saint-Laurent dans la Province 
de Québec ; puis, en gagnant vers l'ouest, la région habitée 
au nord de Québec, en arrière du Lac Supérieur. Dans les 
Provinces maritimes et au Labrador, on le rencontre en 
bandes nombreuses au fond des grandes forêts solitaires. 
Moins élégant de forme que le eh 'vreuil, c'est sa taille 
supérieure qui le fait distinguer du caribou des ihamns. 
La robe de cet animal e:->t d'un brun tirant par endroits sur 
le blanc ; adulte, il mesure quatre i»ieds et demi de hnut 
et pèse au-delà de oOO livres, tandis (jue le ihevreuil 
adulte atteint rarement 200 livres. Farouche et d'un ac- 
cès impossible, ce caribou joint, à une merveilleuse agilité, 
une rapidité sans pareille dans sa course. Ses bonds sont 
prodigieux ; il sait également marcher, trotter, galoper 



LB CARIBOU DES BOIS 



49 



'aroucbe 
icoavei't 
le beu- 
nw exa- 
iie flèche 

V:î, ()l\ il 

•iiitemps, 
i, sur les 
[es maies 
rs le sud 

îon gvaci- 
de cornes 
« nord du 
le jusqu'à 
•e vers le 
iaison. Le 
re-Neuve, 
l'état du 
'rovince 
m habitée 
Dans les 
icontre en 
solitaires, 
sa taille 
champs. 
U'oits sur 
li de h.ait 
hevieuil 
t d'un ac- 
se agilité, 
>onds sont 
T, galoper 



avec grâce. L'hiver, il fréquente les savanes et les en- 
droits marécageux, où abondent les mousses et les arbustes 
tendres, sa nourriture de chaque jour. Poursuivi, il s'é- 
lance, coursier infatigable, de préférence vers un marécage 
qu'il côtoyé, de temps à autre prenant l'eau ; puis la terre 
ferme ; quelquefois, se dirigeant vers la montagne voisine, 
qu'il franchira en suivant la coulée creusée par un autre 
marécage. Veut-il éluder d'impitoyables ennemis qui le 
traquent depuis quatre ii cinq jours ? il griujpera jusqu'à la 
eîme des monts ; c'est u'or» que le chasseur haletant sent 
évanouir ses chances et abandonne la palme «\ l'agile bête. 
Quelquefois, cependant, surpris pendant le sommeil, il 
succombera à une balle tirée de loin par l'Indien, qui sait 
ramper sans bruit comme un serpent. Lorsqu'il ne peut 
plus fuir, il se rue sur son assaillant. L'automne quand 
on le chasse dans le voisinage d'un lac pris à la glace vive, 
il s'aventurera sur cette surface polie, qu'il traversera avec 
la rapidité J'uu trait, ocior Euro : une fois lancé de la 
sorte, il lui est impossible de s'arrêter, môuie quand un 
objet l'elfraie ; il pr^nd alors le parti de se laisser choir 
.sur ses hanches et de glisser, jusqu'à ce qu'il s'arrête ; puis, 
il rejiart. Le chasseur rit du .singulier spectacle qu'il pré- 
sente et lui dit adieu pour ce jour là. Question curieuse, 
savoir, si notre carihou, qui a tant de ressemblance par sa 
forme à la renne de Sibérie, pourrait entreprendre les tra- 
jets extraordinaires de ce docile animal (1) : mais la renne 

(I) Le colonel Ilhodes, de Sillery. grand chasseur, uous écri: : 

"Ce que je puis garantir, pour, Tiivoir vu, c'est que l'oricnal ii aie 
H'accoiiiileuvcc la femelle du cheval. Un des fils de leu le shéritW. Newell, 
de Québec, possédait un de ces mulets: il ressemblait en tout ù un che- 
val, excepté que le contour de la tête, son inuUe et ses h>ngnes oreilles, 
ilénotaient l'orignal : ce cheval-orignal a traîné une voiture pendant 
plusieurs années, dans les rues de Qué)>eG : c'était une excel Icute béte, 
un bon cheval, pour la route. l>e< «haescots eouf «^'opinion que 
l'orignal m&Ie recherche la jument, mais jamais la vache. La monture 



50 



CHASSK 



cuioi écuiic est facile à ai>iniv()iser: tandis que son cou- 
;j;en(n! (\\i Canada, est toute férocité, sauvagerie, a^^i- 
lité 1 1 vi^iK-'iir. J^'Iiidii'U yav sa .siigacité, son instinct fo- 
r siicr, jicut .seul lutu.r avec lui. i'jicore doit-il niarchor 
h ;a rt iicDiitie ycmn le mil, Ciiv à deux milles de. distance 
(11 ^iiis (i|)]i(>sé, le flaire, du lu.sé caribou lui découvre un 
t'iiiu mi. l'ne fois rclaiici', autant essayer suivre les vent». 



cir .M. S( wrll (liviiit !>liit tuMl !.■ 
( iitc iini(i. Olivier Cnuciiiiii. 



ri'i'iie'té ilu •• ici 'lo ( li i>s(-iirs ' de la 



•• i^tiiiul iuix fîirilKHi.v. iKnis (11 ' ciiiiaisvdri ili iix viirii'u's iiiid.iu ùo 
Qiuliic : i un li C.'Ai;iitni; i i:î< IWiih ('/'urunci/t Ihit-liltx ;) liiiitn- le (.'.\i;i- 
\wv I KS (.'iiAMi'.- ( Tiinind:.^ iird, '■„>..; I,c < jiiiloii (ii >. luj.s, o.-t un ( (if d'une 
jilus loitc tiiillf. (I uiif ( (iiiUi r iiliis ^■.nai-i (pic l'aiilrc. Sm, Lois <sl 
ru'nnJiH'iiis plus petit, li vcyiipo i ar j)itit(> l>fm<!»K de « iufi ou de six, 
lundis <|U(.' le ( iiiilioii ihr- CliiUiijis, V{i par troiipcsdii vin^t à trois (.cnts 
individus. I.u ,m(>.-s( Imi.di.' pioprciiKiit dit(.' c^^t ninuieni moindre tjiii! 
I ••ni. liCS auli iir.s ont Lc.aicciip écrit sur la^'ilitt' du laiiln^ii (jui il"- 
flL'urc, sans (.bioncer. la siiiliur df la n«.'i;;e avec la rapidité {\\\ vent, 
pour moi, j en ai vu s'inl'oncer dunti la nelfçe jus(j[U'au en', mais loiSfpio 
la uei;;(' est molle à ee peint, le chasseur cuf(.>nce encoie plus <jue le 
rariboii. de sorte (pie l'animal a !;énéraleni( nt l'avanl;,!;»-. 1,vm plus 
î^rosses ( ornes < xi)os(es en v«nto. à Qnéhec, viennent de 'i'( ire-Neuve. 
1j(î plus j;rand nombre de cariboux que j'ai vus abattus en un jour do 
chasse est de cinq ; et de vingt, dans une iiartie de chasse (jui dura tioi« 
semaines. Le chasseur d'orignal (jUi abat une pièce {)ar jour se croit 
heureux. Le caribou ne me semble pas [dus sauvage qu'aucune autre 
bf-'e des bois. Il exista; en plus grand nombre parce (ju'on ne r(:u6Kit 
pas ù l'atteindre en le poursuivant en raquettes comme c'cft le cas pour 
lorigna! et le chevreuil. Les paj'sans parviennent n^inmcins à le 
ri joindre aj rès une cour.'^e de deux ou trois jours : ils le jiremjent aussi 
ati lacet : la careas.se se vend %7-> chaque saison. Ln capture du caribou, 
est ù 1 amateur ce que (cHe dn saumon l'est au pécheur à la mouche-, 
une lutte d'adresse et de fiitiguo physique. Les Indiens, armés de fusils 
inférieurs, sont peu heureux dans leur chasse au caribou ; d'ailleurs 
l'animal, mort, ne leur fournit cju'un mince repas de viande maigre, 
et sa peau, du cuir pour une seule laire de raquettes, au plus. 

" Le CARinoD des Champs, a le pelage moins foncé, que celui du Caui- 
BOD DES BoiB : son mufflo, est plus recourbé, il a plus la forme d'un ncz 
romain. Il égale presque ce dernier par le poids. Le carcajou (Gulo), 
est toujours aux aguets dans IcB champs, ot'i broutent des baudes do 



LE CA.KII10U nKS HOIS 



11 



m coii- 

if.*, fi^i- 
:iiict fo- 
inavcliov 
(lit-tancc 
livre un 
•s ventrt. 

iirs tit >'• 

; iUiiulU ùc 

(r. 1( (.'AV.i- 

I on (If HiX, 
i troin «.cnls 
luoiiulre q"^ 
ib.iii iini il'- 
,itc (lu vent, 
tutiis loiP«i"tï 
l>\w «nie le 
(.. L<;b l»l"S 
Idn-Ntuvo. 
1111 jour do 
ni tliiia tioiti 
[jour se croit 
iincnne «utre 
n tie riusHit 
t le ias polir 
il;IT10inK il l«-" 
ciment aufisi 
du caribou, 
lîi mouche ; 
iS de fusils 
u ; d'uillenrs 
l.iude muigre, 
us. 

plui du Caui- 
Ime d'un «««z 
kjou (Gulo), 
U baudt'8 do 



Mai» l»î chiissfiur dans la noig.) profonde a l'avantage ilo 
ses raquettes ? La nature n'a-t-elle dona pas donné à l'a- 
gile roi des bois, dos raquettes bien plus commodes, plus 
durables, de larges sabots, iendus et sonores ? Tour lui, 
c'est un jeu que d'ellleurer la couche do neige épaisse où 
11' colo'-.sal original s'f)doiice péuibléiuent h cliav.iue pas jus- 
«ju'à réj.'aule ; ("ù lu ch(;vreuil s'épuise en vains elîorts et 
tond»!, avec le rùle d(î la mort, im]iIorant merci de Tiiiex- 
orabie chasseur (jui lui plonge le couteau dans la gorge. 

Le caribou des bois, c'ii.-ît une légère nacelle, voguant au 
sein des océans glacés du Canada: rapide com.ue l'onragan 
(pli saisit à ta ehevcUav les grauds i)ins et courbe le front 
des ( hênes : infatigable, comme cet autre navire qui sil- 
lonne les sables du JS.diara, sous l'haleine du terrible 
Simoon, le chameau du désert, la providence de l'Arabe. 

Les i>as de l'homme ne sauraient l'atteindre, le suivit-il 
cha(|uo jour, (diaque nuit, toute une semaine, i.n mois 
entier ! Une nouvelle tombée de neige eflacera toute 
trace du fuyard et le chasseur, de guerre-lasse, aura réalisé 

I .iril)()ux,<ioiit il cht 1 cnnuini iiioittl; né.ininoins, comm»^ il n(! se mon- 
tre rarement an {^rand jour, il <loit pr.'piirer so"' eiulûchcs Iti nuit. Près 
(les IVontièreK, au .-^ud <io Québec, le Daiui de Virginie, i'ii..iMi ici sous le 
noiij »lc 1 hovrenil, 8e voit uksi z souvent. On en rencontré des individus 
isolés, au in)rd de Québec, mais ils appartenaient avi Haut-Canada. Le 
eareajoii n'a: trique pas l'orignal, mais il 80 cramponnera au dos (iu ca> 
lilioii, lui ouvrira la jugulaire avec nés dente, et tiendra bon jusqu'à ce 
(|ue l'animal tombe épuisé {lar la course et la perle du sang. Je n'ai 
Jamais oui-dire qu'aucun carcajouaitété vu au sud du S.iint-Laurcut, Je 
pense qu'il vient du nord, ili la suite du Caribou des Champs (T. arcti- 
eus). Je ue crois pas que cette variété do caribou pénètre au sud da 
Saint-Iiaurent, comme il ne vient pas de belles cornes de cette localité. 

" Il se Voit un bon nombre de cariboux (dos Bois), dans les environs 
de la voie ferrée do Québec à Richmond, et aussi vers Uimouski. On 
abat de ;{() 40 à coriboiix cb vjuc année et i.O orignau.x, dans les environ! 
de QuéUee.' 

'• (Siyué), W. Rhodbs. 

" B niu^re, Sillery, i f:vr:er lyT^i. " 



62 



CHA.SBB 



un seul résultat : fatigue, ëpuisement, le sentiment de 
l'impuiasance. 

Malgré tout, quelles belles chasses au caribou, nos 
alertes nemrods ne Ibut- ils pas chaque hiver ! quels glorieux 
coups de fusils! Continuez, chasseurs, nos amis! Que 
saint Hubert vous ait en sa sainte tçarde ! 








LA CHASSE AU CARIBOU 



Voici un tableau fort auinié de chasse, dû au pinceau 
de M. Dorval : 

" Nous avons reçu l'automne dernier, la visite de 
trois orignaux ou caribou x ; malheureusement, ils ne nous 
laissèrent juste que letem[)s de les voir passer. Cependant, 
tout fut sur le qui-vive ; on fondi!; pootes et balles, on 
nettoya, on frotta, à (jui mieux mieux, le fusil, excepté 
toute fois un chasseur, B. M., qui n'en fit rien. Cette 
première hospitalité, toute tacite qu'elle fût, tut prise sans 
doute, par nos orignaux ou caribou x, pour une politesse et 
une invitation, puisqu'ils sont revenus, ces jours derniers, 
à leur viandis d'automne (1). 

" Hier, l'apparition de l'un deux fut remarquée ; celui 



(1 ) Viandif^ pfttnrc du c«rf vt des autres bétes fHUvcH. 



54 



C1(A88K 



de nos chasseurs qtii le vit le premier', s'en fût jeter le cri 
de f.'norre Jiiix oreilles de trois «mis. A lu pitinte du jour 
on se mit en «pièle ; on trouva runiuial s(ir la terre de i». 
Siniard, le wvv. vu l'air et éventsint tout veuaut. Une 
ciViUc durcie, |»oIi(' eonmie un miroir, lui donne l'avantage 
de la course ; il part, il trotte, il court ; on le suit ; il ru.ii'. 
(l), il longe lu bois de Ca/»'ueuv(^ ; il le tourne sans y 
entrer, de peur sans doute d'y enfoncer dans la neig(;, qui 
y est moins conijacte ([u\;n plaine ; il vient et revient 
cunimo l'orignal du nord dans son ravage (2) ; mais ruse 
})0ur ruse, nos quatie chasseurs sont lu f[ui Itj traquent, 
qni lui cou];ent le chemin : il les ilnire di- loin, nq)art au 
petit trot, broutant en [lassant la mousse découverte par 
la ]iluie, et mène, toujours au trot, uoh ([l'.atre chasseurs à 
cinq milles du lieu de ht, levée, fics chassiuirs ne se las- 
sent pas; on le suit à la [liste, ou l'approche .... On le 
tire, mais de troj) loin ; l'aniniid r(.'))rend son train .... On 
le tire encore, moins !>. M,, dont le fusil, nettoyé juste h 
l'heure du départ, n'était |)as sec et avait uiu' aigrette 

d'étoupe dans la lumière il rate .... il raniorce .... 

et rate encore; à chaque coup sec «lu chien qui frappe 
l'amorce, l'animal foit un bond : on l'a uianqtié .... il se 

jette la tête en arrière et repart tout court, et à trois 

heures et demie P. M., chasseurs et bê e couraient encore, 
quand, enfin, derrière la Grosi^e Pointe, un dernier coup 
de fusil arrête la bête. Trois poste .i brisé l'épine 

dorsale. 

" M. Maxime Long[)r. .0 1 iv npt; ii, aidé de M. 



( 1 ) Runer, en ternifs de clmsKc, se ili( c nn' bcto qui, poursuivie, vu et 
vient «ians les luêmcs voirs, i\ diissein tii '• ilétaiie (les thienfi. 

(•.') Ravage^ nora (lonné. par nos voyageurs au lieu choisi, en >inoe 

par une ftaniie d'orignaux. Ce lieu est ordinairement un bois < ipinK 

de pruche, ou d'épinette, dont, ces animnux broutent la feui' (»dant 

l'hiver ; leurs allées et venues autour d-.- ce bois lonntut u battue 
durcie, dont ils ne s'éloignent point. 



LA CHASSK AU CAlUBOi; 



55 



iei' le cii 
du jour 
re do li. 
.ut. Une 
i van luge 
; il rui<f'- 
i! sans y 
oigo, qui 
t revient 
nuis ruse 
Iraqucnt, 
repart au 
verte par 
iiJHSours à 
11' se las- 
. . On le 
1 . . . . On 
é juste k 
aigrette 
lorco .... 
li frappe 
. . il se 
|et à trois 
t encore, 
lier coup 
é réjjine 

l de M. 



livie 


, va et 


K. 




n 


■iiine 


i ' 


ipiiiti 




idaut 


u 


hiittue 



Muuloin a ou riionncur de lu jiiurnée. Son coup alutlit 
r.iiiinial et le couteau do Mauloiu racheva. 

I.'. mimai tué pèse 200 livres; il mesure six pieds v\ 
«Kiiiii du nez à la quoiio et quatre pieds et demi du garrot 
au sahot. 

" On l'a promeut' hier, dans le village, sous le nom d'ori- 
gnal origii.d c'était .... chaeun ilisait .son mot, les 

l'enmies mêniefi ont dit le leur, ce qui mena fort tard, 
([iiatid ( nlin un curieux, aj-rèa l'avoir visité, s'avisa de dire 
que C(.'l(jrignal pr 'tendu pourrait 1>ien n'être qu'un caribou ; 
im (li:-)(;iita, on débattit, et le litige ne fut décidé que ce 
niiitin, par un vieux voyageur au Ncpvjon (1), qui, après 
avoir làté le hiujIh (2) de l'animal, décida que c'était uu 
c.iriliou : c'e.st donc un caribou qui, à l'heure que je vous 
écris, rôtit i;l l'unui ;i ni.i (Misine ; ma femme croit encûn? 
et en conaeieueo que c'est ùci l'uiigiial . . . Oh ! les lemmes ' 
Mais M. l'Editeur, c:;l exploit n'est rien ; ici, à l'Assonq;- 
tioii, on tU(i les cariboux à coups de fusil, c'est toi;t vul- 
gaire, c'est l)ieu ijcuph; ; mais a Itepentigny, c'est l)ien 
autre chose ! On y chasse à courre, (:>) on chasse à l'anti- 
que; sans bruit, ni cur, il est vrai, c'est un i)eu [>rosaï(iuc 
encore ; mais enlin, (jue le cri de chasse soit le rusticiue 

ijaette .... guette (4) de nos campagnes, ou bien le 

vol-te ci-aller, rotte, valet, rotte (ô), des barons de la vieille 
France, "en toute chose il faut considérer la fiv. 

(,1) N'pùjov, (posti; iiu iioni (lu Lac Siiptritiu). 

(.') Miijle .. . Av. ijiuri; (il! l'(J^^ual est • xin3:iiu!m;ut prononcé <'t 
rliîiiuu, et c"«ii est lit puilie lu plus d liiali; ; celui du «'firitioii ns.si'inl>l<- 
ft celui du chcvn uii. 

(:',) C'est-à-dire, chasse aux liêtcs liiuves, l\ i lieval «t .-ivcc meule, c'ent 
lii chiissedoH nobles et des riches. 

(4) Ou"Ue,i/ueUe, cri des chasseurs Caïuidieus h l'aflfit etp.'ir li-quel, ils 
«'avertissent du l'approcho du j4ibier. 

(5) Voi le-ci-aller, etc., cri tlo cliasj^e à courie ou t\ bruit, par Icrpiel 
le cbasseur, en Prame, remet ses chiens tuv les voie» du ceif, iju'il 
quête. 



56 



CHASS1! 



" Le 5 du courant donc, à Repentigny, le nommé Nar- 
cisse Laporte, voyant passer près de sa maison un de ces 
animaux, qui patinait en trottinant, tant bien que mal, sur 
la glace vive do son cli'anip, attèlc prestement son cheval 
et court sus à la bête, la rejoint ; son traîneau la heurte, 
lui casse une jambo et Martin-hâton l'achève. 

" Comnu» jo no veux pas qu'une aussi longue histoire 
reâtc sans morale, j'infère de ce que dessus, que: 1° Mon 
ami D. il. (qui, je l'espère, me pardonnera cette petite 
leçon privée faite dans un journal), se souviendra doréna- 
vant que le fusil du chasseur, tout comme celui du mili- 
cien, doit toujours être sans ai(jrette en lumière, et tout 
comme ceux de noà pères, qui ne rataient pas, dit-on ; 2" 
Que pour une aigrette en lumière, B. M. perdit son ca- 
ribou, tout' comme jadis, pour un point, Martin perdit son 
âne • 3°. El enfin, que celui qui n'a jamais fait comme 
Martin, jette à \V. M. la première pierre, après la mienne." 

L'Assomption, 7 mars 1860. — [La Minei've.) 




LE CHEVREUIL OU DABI DE VIKGINIK 



(gkevl'.s viugimanus.) 



IT ■ V ""' "™^''"''»™t établis. On le reu- 
contre aussi, b.en qu'en plus petit nomb» dans h narX 
snd-est et ouest de notre Provinnp I. T , ' 
d'An,^-; . . . ■ '^™"n<^e- l'i tous les eervidœ 

clat de^:, T '' ^«"-^ ^-- grands, pleins d'é- 
clat^ de couleur bleu, t.rant sur le noir ; jambes dé 
".eates, ma,s bien tournées et musculaires en IZil U^l 
volume ; corps, passablement robuste et «:. ble S 
cornes ne sont pas grandes. IMu. leur premi moifi 

«es k sont en sens opposé. Généralement, le bois est 
ndrK.ue:maiso„ le rencontre quelquefois „a . 

1 y a deux cormcfen, sur le front. Une paire de oraudes 
cornes pcse jusqu'à six livres. „.ais il en est ptu ' 
c«èdent quatre ou dnq livres en pesanteur. "^ ^ 
U coubur du chevreuil change avec 1. sais„„. En 



58 



CHASSK 



automne et eu hiver, il est oi-is-blenûtie ; au printenipi?, 
roussriti'e ; il redevienî. bleuâtre, eu etc. Hutis le uienton, 
la ,u;'Jigi', li; vdutri' et .s'.u' le pelii>4't», iiit/îiicur ih^s p.iLte.s et 
le dessous de la queiiv', le blanc {.'l'édouiine. L(^s Lvm?> 
sont d'aboid d'au roi;^'!' brun, t.icli -lé diî blane, le lont^ des 
cotés. Pendant l'autouine de leui' j'iMuiièrc année, ils 
jH'i'di'ut l(;.s (aeliij.s b'.anchi'.s cl rcvéUMit la livrée des vieux. 
L'.)ngueui' du mu^^cau à la lacine do la (juc,);', einq j-itids 
quatre po'aîiîs : la ([Uone, y couij'ris le ])i)i!, ])pul avoir })ln,s 
d'un ]iied en loie^ueur. 

La l'ouudlo dointi; nius.siincc, eai inui ou enjidn, à un on 
(.ifux, rarenuuit, à trois |)utit.s, (|u'cdl(i earhc dans un taillis. 
Ku Canadii, le chevi'ouil passe Tliivei au sein des savanes 
d'épinettc ou d" eédre ; t'oniuic^ l'orignal, il y fait son 
r.ivage et s'y réunit en tronj^c^s. Le ravage est la partie 
de la savane ou la bande s'est étal)li(! et s'est tracée dans 
la neig(; une niultite.de de sentiers qui se croisent en tous 
S'-ns ; à cette saison, rarement on découvre Luirs traces 
dans les bois francs ; le ])rinterans, à la fonte des neiges, 
ils gagTient les hauteurs jusqu'à l'automne et brontent dans 
les chauii)S pendant la nuit. En hiver, dans les savanes, 
ils se nourriront des chatons du merisier, du cèdre, de 
l'épinette, ainsi que de mousses. En été, ils subsistent de 
feuilles, d'herbe tendre, de baies, de pois, de navets et 
attaquent mêm(? les champs de pommes de terre. Les pois 
A les navets sont préférés par eux, à tous les autres pro- 
duits agricoles. Ils passent la journée entière dans le 
voisinage des champs. Le mille, généralement, se construit 
un lit confortabh; de feuilles et d'herbes dans un fourré 
t?'arbustes, et y repose la plus grande partie du jour. A 
la fin de mai et en juin, quand les mouches les tour- 
mentent, ils sortent du bois et gagnent les champs environ 
une heure avant le coucher du soleil. Ils cherchent aussi, 



LE CHEVREUIL 



59 



li temps, 
iiuntou, 

>s faons 
lon^î de.s 
uéo, ils 

•s vieux. 

voir pins 



à cette saison, protection contro les moustiques dans l'dau 
(les lacs, pendant la nuit. 

Le chevreuil fn^ouentc soir et matin, inomo pendtint lu 
nuit, pour s'abreuver, les sources d'eiiu vive et certaiufs 
salines mitiérak'S. Un jiniu'.', cliiisseiir ;j;riiupi'r.i diins un 
r.rliro avoisiuant, et, avec sa ciUMl)iu((, il lnovu'a une balle 
meurtrière dans ics tiancsdu timide aniiiial, Iciiul enl''n:li'a 
le coup de fusil avant de voir son eiuieiiii. 

En octobre, en novembre et en d('cembn\ les chevreuils 
])arcourent avec imi'dtuosité les sentiers de la, t'orèr. Les 
m;îl(^s se livrent à cette saison, avec lenr^ pieils et leurs 
cornes, des combats furieux. Leurs b.ii- alors (piehiiUifois 
s'enlacent au point qu'ils ne peuvent se S'qtarer ; en ces 
occasions, ils succomberont de faim ou seront (h'-vor^'s par 
les animaux carnassiers : le naturaliste Say atteste le fuit 
pour l'avoir vu de ses yeux (li. 

C'est en automne qu'ds S(mt le plus _u:ras, mais les mâles 
deviennent mai^i^res en décembre, tandis, que les femelles 
conservent leur graisse jusqu'au milieu de l'hiver ; au 
P'rintemps, les chevreuils sont maigres et faibles. 11 est 
facile de les découvrir avee des chiens, dans leur ravage, 
à cette saison. Une fois poursuivis, ils s'élancent, se bles- 
sent et s'épuisent dans les éitaisses couches de neige et 
dans le verglas (2). Le chasseur les rejoint ; les poignarde 



( l) On lit dans le Courrier d Outaoïiis de iiovciiiluo '871 ; 

" Lii semaine dernière, un chaKsciii- de UloiicesUr, du lutin de l'an! 
S.'àvieau était dans le boi.s ù la retlierehe de cerfs «ju'il ne trouvait pas, 
<inand, à ."-a grande Burprise, eu avançant, il trouva en son eluiuin deux 
<luvreuil8 bien joints et liés par 1< urs l)ois i.'t andiiiillers, luu d'eux 
était mort et l'autre Uioiiraut. Le tt rraiii au(our di nioutrait (jui- la lutte 
îivait été désespérée entre les deux animaux, (lui tous deux étaient [lé- 
sants, foi ts et puissants. Le ehasseur eut peu de trouble ù trancher la 
uifficulté entre les eombattiints, en Ininchant la tète du surviviiut. " 

(•2) M. Raoul Renault de Montmagny, nous toril : 

" Il n'y a que deux ou trois ans (jue nous avons le cbuvreuil ici. Les 



«0 



CHASSE 



et les égorge comme des animaux de basse-cour amenés à 
l'abattoir ; ceci s'appelle une boucherie, dans les goûts de 
l'Indien dégradé ; ce n'est pas la chasse : le noble art de la 
vénerie. Ces massacres, au moment où la mère va mettre 
bas, la loi les punit sans miséricorde. La chasse au che- 
vreuil se fait d'ordinaire aux premières neiges ; pour celui 
qui est muni d'une bonne carabine et de muscles d'acier,' 
c'est un amusement plein d'attraits. 

Un instinct inexplicable pousse le chevreuil à regarder 
fixement un llambeau pendant la nuit: sa curiosité le con- 

chevicnils sont fort nombreux depuis une couple d'années dans les 
forêts vis-!i-vifi les conïtés do llslet, Montmagiiy et Bellcchasse. Ils se 
tiennent ordinairement par troupeaux et sijournent plusieurs jours au 
même ravaice. Le chevreuil a environ trois pied de haut à la croupe ; il 
est d'un ^'ris cendré. Il a de grandes oreilles, un mulHc effilé, de grands 
yeux intelligents et naïfs — ; le m&le à une ramure ou panache. 

" Il a les jïinibiis semblables à celles d'une bête à cornes, avec cette 
«lifféreiice que la corne du pied est noire et très-coupante ; comme lori- 
^'ual, il se de fend avec ses pieds de devant. 

" îl tient il la fois di; la chèvre et du mouton ; ce qui expli(]Uo les 
visites que les ch(;vreuils font quelquefois aux bergeries. Le chevreuil 
est un ruminant et crotte absolument comme le mouton. Cetîe année 
on a pris diins les environs de Muntmagny une diziine de chevreuils en 
rie : on en a tui' une quaruntaine. Deux cariboux ont été capturés 
vivants et six tués. 

•' Pour les capturer, on clioisit une journée où ia neige est bonne pour 
la raijuette, et on les iaiice de leur ravage ; avec les six pieds que nous 
avons cet hiver, il n'est pas néees.saire de les poursuivre longtemps 
avant <le li s rijoindrc ; notre chevreuil, a été pris par Charles Gosselin 
vers le "if! janvier Is87 : c'est un niAle" 

M '<}ugène Uenanlt, l'ancien rédacteur du Courrier du Canada, fixé à 
St-Ti. ma<, depuis nombre d'années, a gardé dans son étable, plusieurs 
ch'vrenils ; ces gncicux ruminants sont devenus f(.rt dociles: une fe- 
melle morte récemment suivait les enfants de la maison, comme un 
chien. On la nourrissait au foin, au jonc, à l'avoine, aux patates, aux 
navets ; elle aimait suriout le pain et faisait gTand cas du pain de savoic 
Deux dievreuils ont été tués à Valcartter, cet hiver par un jeune M. 
Ciawford de lendroit, les premiers, croyons-nous, tirés sur la rive nord 
«laSt-Laurent depuis longtemps.— Courrier du Canadet, 'il mars 1887. 



LE CHEVREUIL 



61 



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1887. 



duit à sa perte. Le chasseur expose, dans le devant de sou 
canot, sur la lisière du lac, une torche d'écoroe enflammëe ; 
le chevreuil allant s'abreuver, s'arrête, s'approche, fixe 
l'objet : une balle l'atteint. On le leurre également 
au moyeu d'une bougie ardente, fixée à l'intérieur de 
la cavité d'un bonnet d'écorce de bouleau, qui dérobe 
la figure de celui qui le porte ; les yeux du cerf reluisent 
dans l'obscurité comme des globes de feu, — points de mire 
pour le chasseur qui peut difficilement niauquer le cible. 

Dans les Etats du Sud, où le cerf fréquente de vastes 
plaines (1) on It, pourchasse à cheval avec des lévriers 

(1) "II vient de se produire un incident curieux .sur la ligne du che- 
min de for du Pacifique, ù iV-ndroit où les premières ondi:lations du 
teiiain, au sortir des prairies annoncent le voi.simige dos Montagnes- 
Noires, dans 1 Amérique du Nord. 

" Au point du jour," raconte le Miilin, •• la locomotive entraînant nno 
longue lile de wagun-i. cliiiig s .le v.y.igoiiis ..t do colis, pénétrait dans 
une petite vallée oii ci un. doin eniciit mw. (au [ur.-i' et fraichc venue de 
la moutagiK!. 

" Sur les bords de ce ruisseau .se tenait un nomlireux troupeau de 
cerfs s'y désaltérant jivvc déli es, lo.'n de Kul danger aiiiareiit. Les 
timides animaux, éinaivantés par rai)ian!i(in de ee du val d.; fer au 
milieu d eux, s'élancèrent pour se dérootr jiar une course furieuse à cet 
ennemi in ounu. 

•• Le mécanicien, voulant aJi'Uter à kur < Ifioi, fit entendre le .silHo- 
i-ent aigu et strident de SCS jets de vapeur. C'en était trop pour les 
pauvres bêtes : toutes, alin d'é.ha|)pcr au monstre ijui les mi'naeait et 
semblait suivi d'une année, s'ci.fuirmt dans lu diiect.on même i ue 
suivait !e tiain. 

" La lutte commenCj'a entre la locomotive et les cerfs. 

" Lancée à toute vapeur, la formidable machine, dont les roues t<iur- 
nai( ut avec une rapidité vertigieuse, simblait dévorer l'espace. mais les 
cerfs, à qui la frayeur donnait vraiment des aile.s, ti)U< liaient ù jieine 
la terre it fendaient l'air avec des élans césespérés, 

" Fer et vapeur contre poumons et muscles, qui l'emporterait ? Le 
mécanicien chauffa ù la plus haute pression, aux hourras des voy.igeurs 
qu'intéressait vivement ce singulier stcepie-chase. 

«' On estime que sur un parcours de pir.sde six milles (près de 10 kilo- 



62 



CIIASSK 



(Kta(j hoiiudi^.) Du golfe du Saint-Laurent, à tmveTs le 
(Juiiadaet les Etats-Unis, jusqu'aux Montagiies-Roclieu.se.s, 
tel est le juircuurs <lu cliavreuil. Il n'habite pas h l'ouest 
des Muntugne.ij lîocheuses, excei)té au .Mexique, Ou l'a 
remariué bien iviixintait au nord du Saint-Laurent, plus 
bas que QuébiM.' ; à l'ouest de Montréal il se rencontre ; 
dans toute la piovinee d'Ontario, on le trouve îiu nord do 
rOutaouai?, Dans le district adjacent aux lacs Nippising 
et Téniiscaniiug, o!i voit, de temps à autre, des bandes 
éparses de clievreuils. Ou l'a vu, ces années dL-rnières, 
dans le comté de llenfrc.w, sur les rivières Madawaska et 
Jionneehère. Il exi;-te dans tous les Ktats de l'Union. 
Fort commun au Texas et à New ]\texico, il ne se trouve 
])as dans les Etuts d'Orégon ou de OaUrornic. 

Ceux qu'Audubon et liaclunan roucontrèrent, à Niagara 
et au Miiine, letir senibîèreut deux fois aus^i gros que ceux 
(qu'ils avaient vus d;uis les îles \h' la Caroline du Sud, où 
l'on va chasser ce bel animal, si faciie à apprivoiser. 

Ovide nous a l;iis>i' une riante desi.-ription des malheurs 
du chasseur .V^Ivod, niétamorpho^é en cjrf ; en voici une 
traduction libre. 

" Au tem[.s où l'ile de Délos llottait à la surface du bleu 
océan, une iolie dame grecque, du nom de Latone, y donna 
le jour k un fils nommé Apollon et à une fille: jumeaux 



mètrt's), les écris aliolc.s tiiiivut constamuiont tôle ; mais ils faililis- 
saiciit et ullaii'iit .siiccoinbrr quaiul la ^or^o «luils suivaient, h'élargissiin t. 
t;nit ù coup, li ur livra un csikici.' «'Uvcit d' cliiMjtic côte. Ils s'y jetèrent 
et y ai.luvèrent leur course i ftVcnéc, uc s'iirrC'tjnit qu"ù une distance qui 
dtliiit locomotive e; earahiiie. 

" Alors, tremblant .■^ur leurs jamb's flageolantes et as])îrants par lii 
bouche et par les naseaux Tox'gène «pii manquait ù b'ur poitrine, i!» 
regardèrent avec leurs griind- yeux dilatés 1 étrange apparition qui sem- 
blait fuir en remplissant l'ar de bniit et de famée. 

" La force musculaire avait vaincu la iiuissance méi hanique. •' 



LK CHKVÎIEUII. 



63 



isKiis fU; son (légitime ?) mariait' avtc un gi'and seigneur 
(les mieux j osés de réjiociuc, lo sieur Jupiter, Avec lo 
teni] s, Ja ]ictite devint une grande, unt^ belle iirincesse, ^i 
gi-ntillc, si modeste, si rangée, que bientôt ou la siir- 



ucnin 



la la ihaste, la, blaurlu' Diine. l'Ile ratï'olait di 



la 



chasse et se li>]iait des auiourcux. Oii ]a. trouva, néan- 
moins, si iiJoixihlc, (jue les /'a^7/(o/a<6/cvs d'Kphèse allaient 
l'adorer en un t(>nij>K^ inagnifi(]ue, (jui j^assa })Our une de3 
se])t merveilles. (> la b"lk; d( niuiselle 1 Les mauvaises 
langues ])rétendaient. tjui.,' ces messieuis f'ai.aieut encf)re 
]ilus de cas du sa beauté (ji.e de sa eliasteté ' 

" Un jotir, où, iivee si.'.s chiens, mademoiselle avait lancé 
un cerf, l'aninuil pritTiau ; la chassi ressc; (;n fil de même. 

" Tasse un jcmne fat, du nom d'Acteon, leifael ajusta 
son lorgmm pour voir <|iu>lli! mine feraictnt sur l'onde une 
crinoline llottante et un Grccian Jkvjf (1). Sa curiosité 
fut bien punie, car la chaste demois(dle, qui avait étudie 
la magie blanelie, lui lit une passe magique ; et de suite 
ou vit à la place de l'indiscret Acteon un cerf timide, que 
l'inhumaine laissa même croquer vif par ses chiens." 

(Courrier du Canada). 

. 1 (.'apiicf (!<• iiKidr, <iii (.lc'f> faloiis f<.>rt }ijiu!s jdiiaic nt !<• principal 
Iule : avis aux antiquriires, non noviux, fjtii ctudiciont les iiiodcB <han- 




CHASSE AU CHEVREUIL 



Le chasseur, en Amérique, a recours à trois modes dif- 
férents pour capturer le plus gracieux de nos ruminants 
— dirai-je, le plus rare autour de Québec — le chevreuil 
(Red Deer) : M. William T. Porter, dans sou intéres- 
sant journal du sport, Neiu-York Spirit of the Times 
a décrit avec beaucoup d'entrain ces méthodes, sous la ru- 
brique 1° Still Hantiny, 2° Flre ligltt Hunting 3° 
Driring. Le premier mode est usité surtout par les 
viei;x trap',)eurs des frontières de l'ouest, comme moyen 
d'exi.stence. Il requiert une science consommée des habi- 
tudes et des mouvements du cerf, non seulement aux di- 
verses saisons, mais encore à toutes les températures et 
à toutes les heures du jour et de la nuit. 

l.e vétéran des forêts, vêtu de sa chemise en cuir, 
armé de sa longue carabine, (1) de son grand couteau de 

(1) A propos de tamijines, un sportsmau distingué de New-York, M. 
Geo. M. Fairthild jr. nous communique la note suivante : 

" The following are the best knowa americau sporting rities ; 
Winchester, Coït, Remington, Bullard and Ballard. 

'• The Winchester is uniiouLtedly the most popular as it possesses 
many advantiiges over tbe others. It is a magazine riâe carryiog from 



CILVSSR AU CHIiVIiEUIL 



65 



chasse et de son cassC-tète, solideiiieut lii^s ù sa ceinture 
en baudrier, s'aventurera hurdinient dans les sentiers 
presqu'imjj«5n(!'tral)les de la forêt, en (jnêtc d* s traces de 
chevreuils, faciles surtout i\ reconnaître itux jacniières 
neiges d'automne et plus tard. Tantôt, le cauteleux cou- 
reur des bois s'avance h grands pas ; tantôt, il s'unète, se 
faufile deriière une souche, ou rani[)i.' comme un serpent 
dans les savanes, ou se blottit tlenicre un arbre, l/à, il 
scrute i\ l'horizon, il écoute le nioindri! bruit. 

Ah ! Voyez-vous, là ba", dans la plaiur, la vi<-iiiue qui 
broute sans défiance, mais à portée de fusil. Il éj'aule son 
arme le coup part... 

— Arni, qu'avez- vous abitlu ^ je ne vous denuiiiderai 
pas ce que vous avez visé ; car, se serait laisser planer 
un doute sur la justesse de votre tir. 

BIX to 1-5 eiiitriiIgt'S Wh t is Uuowii lis ilic IimIF iniiviizim liilv is the 
oiio umst i iïc'ctod liy Kasti'iii sjiDrtsiiicn, it is fhe six l'iirtiiiim.- liM'v Tlio 
Ciililirts îire ■lOxtit*— -l.^X'r'—'it'XiK'- i'^oi' .tll guriic tniind in tho 
Caiiudian wilds the -lexOU is (Ik- luos^f ((ïcitivi.' wcaiin. [ts !ow 
tmjeciory and iiowi'ifiil iieintiiition n[< to :;r(l y;irds ((numciids it to 
Eastoin sporisnien whero a «hot in tliu «U'iisc woods is uvnly ubtiine^d 
atanything iicyond ridO yards. M. VVakomaii Hullicrtoii tlic well kuDWU 
npoitsiiiauwhili.' in tlic Adiroiidatks lastyi.'ai' killod a Immi witli ililhiitie 
at 100 yards, the hall pmctnitin;;- tln' thi'k >-kull hiuI i'ang;nu' into tlie 
neik, Sivoiid thr vt'it(Tbrae,sln'wingtli<' Inic pinctration oltliis calibre. 
The fOi^t ot' tliis liilr is abuut $JO.(JO. 

Thf Ci'lt aiul Dallaid aro magaziiR-riHos, (hc lattei ilit (iii«st finisliod 
und niost cxponsivc ritle niadu. It is [inct'd al ab.iit s.;.!.ii(i. 

A 1 oiuilar wcapun iiniorig tlic Ailiroiidack giiidos is- tlie coiubinafion 
iitl(.'and shot gnn. Thiy nro two shot gnn barrols witli a nlle liarrel 
beiio^.th. Whcre a caini» is di.'[H'ml;int tii)uii llie ganir killed, tins gtin 
ronimonds it-c.f, as tlic S[iC)iisiiian is a!w lys reii^ly for aiiy ibiiii; tint 
nins vv tiys. 

Tbe Wintlu'ster niodol of l8-*(>, i« the latost iinj rovemetit, as tlio 
cariying biuck is oi bronze wiiich heuts very littlc tind does nut rust. Its 
lightuess, fieedom fiom lecoil is a great disidoration to the Easteru 
Bportsman. The fidl chanibered rifle is only used today in the far 
west for large game at long range. 



6f) 



GHASSK 



— Rion qn'un dievreuil, dit-voii«? 
— Mais où donc est-il ? 

— Oh ! il a fait quelques lionds : on Ip trotivora 
hie-ntôt conclicîau sein d'un fouillis <r(''|iiiiott(',s ou de vinai- 
^'riers ; car, il a dû être frapp' au t<i ur. On le trouve en 
tfl'ct. Alors, le trappeur tire son )oii<,' couteau de sa gaîno, 
lui ouvre la jugulaire, lui Ive la {lean, dépèce la car- 
casse, se resserve les jambons et l;iissc le leste aux bêtes 
liiuves et aux oiseaux de proi . 

[t Si la température eut c'té ]tlufi elunule, le tiappeur 
aurait ox[)lor(5 le ver.sant ombr i;n(' (\r^ colliiuis. 

jj Si c'eut été au printemps, il fui allé giicitei le gibier, 
dans quelque savane, ou ]»rè> des bords d'un lac soli- 
taire, où lo chevreuil a habitude de se réfugier dans l'onde, 
pour se soustraire aux piqûres dus moustiques. 

A la saison des grands froids, le trapixMir exiihueia les 
vallées lunuides où l'animal va brouU r les mousses et les 
lichens qui enlacent le tronc de^j aibies. Puis, il vous indi- 
ijueiu l'eutiroit où le chevreuil se sera frotté aux branclie''> 
}io\u' enlever renvidt>j)j.)e veloutée de sa ramure, le lieu 
où il se sera airêté [our gratter le sol de son jjiod ; 
ou bien, il vous signalera un arbre que l'auinuil aura dé- 
garni des fruits de la saison précédente. 

Il pourra, au Ijesoin, vous dire comme il sait imiter au 
jvrintemps, le bêlement de la mère, quand il désire faire 
venir à lui ses faons, on comment il s'y est pris pour 
attirer à portée de fusil, le reste de la bande, en exposant 
dans les hautes herbes la tête d'un chevreuil. 

Je n'ai qu'une faible* admiration pour cet infatigable 
chasseur, qui menace, avec le temps, de dépeupler nos 
forêts de leurs hôtes les plus intéressants. 

2" La chasse au chevreuil au flambeau — Fire light 



OHASSB AU CHEVREUIL 



67 



\\ex9. 
,'inai- 
ve en 
gaîno, 
a cav- 
\)ôtes 

l^ibit-v, 
ac soli- 
; l'on»U', 

)Viilii !•-:« 

es et les 

ms iniU- 

raTicho''» 
, le lieu 
i \)ied •, 
[aura dé- 
liter au 
lire faire 
[ris pour 
îxposant 

Ifatigable 
Ipler nos 



hre 



light 



liuiitiny — se fait à cheval pendant robscuritë. La nou- 
veautc' du spectacle, cette course de ntiit, sous le dôme 
(11' forêts sombres, les dangers de la roftte pour che- 
vaux et cavaliers, contraints d'éviter mille obstacles, des 
ravins, des troncs d'arbres Renversés, des cours d'eau a 
({Ueliue chose de saisissiint j)our le novice : l'émotion 
souvent Hi'. mêle à reHroi. Voici comment on en af,nt : 

l'ii cavalier, porteur d'un tlamhcaii ardent de pommes 
ilr pins, rie., précède «lans le bois e»îlui qui doit tirer. Le 
tl,unl)(iau illumine tous les objets aux environs. Bientôt 
le Nemroil disLin.mie deux |»oints lumineux : ce sont les 
prunelI(!S du chevreuil, immobile et comiiK! paralisé par 
la euriosiii' on la surprise. Le ehis.seurvise droit entre 
les deux et atteint l'iiiiinial iiu milieu du front ; il (juitto 
alors sa monture pour dépecer l,i pauvre bête et continue 
stiuviiit avec succès -a chasse jusqu'au jour naissant. 

Il v a ceperidaut un Lîi'ave inconvénient à ce mode : 
d'autres liabitîiiits îles li lis, mus ]iar la curi«jsité, ont 
pior habitude Av iix-T du rei^ard le chasseur et de rester 
ituujobiles pour recevoir sou couf) de feu. Ou tire et 
au lieu d'un chevreuil, l'iui trouve disant à terre, dans les 
trances de l'agonie, un theval, une vache, (piehiuefois 
un lou]». Notre ami, M. -I. U. Gregory, a décrit une de 
ses chasses en Floride, on son compagnon tui tirant, at- 
teignit une vache, heureusement, sans la tu(ir. Il ajoute 
(ju'il est dilheile de se tromper, pour pim ([ne le chasseur 
soit hiibitué à cette chasse, " vu que les yeux des bestiaux 
sont ]»lus éloignés, les uns des autres, <[ue ceux des che- 
vreuils. — (Kx RACONTANT, p. 129). 

:r La méthod»! connue comme Driving, ressemble 
tort à la chasse à cor et à cri du vieux monde. Elle 
est en faveui', surtout parmi les riches proja-iétaires de 
la Viiginie, un peu même, à l'ouest dvins la province 
d'()ntario. 



68 



lUASSK 



Uno escouade d'alertes chasseurs, hieii iiioutt's, se don- 
nent rendez- vous, suivis do leur meute bruyante et de 
leurs rabatteurs exijérinientéis {Drii'crn) dans une clairière, 
à l'orc-e d'un grand boi.s frt'(|uenté par les chevreuils. Le 
cor de chasse 'éveille les échos d'alentour, les chiens l»on- 
«lissent, hurlent de joie. On lait halte : chiienn de des- 
cendre de son chevnl, (^u'il attache i\ un arbre. Le chas- 
seur prend son poste en silence, à l'endroit (nii lui est 
indiqué, masqué i»ar un arbre ou jar l'an^^le d'nn rocher. 
Les chevreuils ont pour habitude, de père en lils, de suivre 
dans la foret les sentiers connus ; alarmés par les rabat- 
teurs et les chiens, ils ].reiment la course. S'ils s'écartent 
un peu de la voie, les rabatteurs les y ramènent ; de 
cette sorte, ils toUibent devant les balles des chasseurs, de 
faciles victimes. Les rabatteurs hîur tl(»nneiit le coup do 
j^'râce, les dépècent. On sonne du ( or de chasse. On re- 
part : un copieux repas clora la journée. Ajoutez au spec- 
tacle, la ])résence de belles dames el l'on croirait revoir 
presque les chasses de jadis aux ft»rêts de Fontainel)leau : 
le royal amant de la blanche Diane de Poitiers, et sa bril- 
lante cour, escortant, au son du cor, sa belle maîtresse. 



Il partie, il pusse, it- (.-laiidii iln '■ ', mes ilaiiK'?'. 
Il pafi.«e, il pas;=Oj le clairon <]\\ .ni juli. 




I/OUltS NOIR "> 



(llI.ACK nKAll) 



On compte quatre variétés d'ours daus rAmérique Bri- 
tannique : l'ours noir est la plus commune, la moins 
féroce. 

Cet ours a les JKmb«;s forces, le corps robuste, trapu, 
mais fort flexible, la tête alongée, arquée du museau en 
remontant, les yeux, petits, les oreilles, haut- placées, ovales, 
arrondies à l'extrémité, la queue fort courte, le poil long, 
bien fourni, luisant. Il est généralement noir, quelquefois 
nuancé de brun on de jaune. Les paremens du nez sont 
jaunâtres : certains individus ont un peu de blanc sur la 
gorge ou sur le front. L'ours mesure en longueur de quatre 
à six pieds : les vieux, en automne, lorsqu'ils ont leur 
provision de graisse pèsent jusqu'à 600 livres. 

L'ours du Canada vit à peu près vingt ans. 11 s'accouple 
«n octobre : l'ourse porte cent-vingt jours et donne nais- 
sance à deux, trois ou quatre oursons ; mais généralement 

( I) 1°. L'ours Noir, American or Black Bear. Uraus Americamis. 

*i°. L'ourH Grizzly, Orizzly Bear. Urmis Ilorribiliii. 

3*^. L'ours Blauc, Wliite or Polar Bear. Ursus Maritimm. 

4^. L'ours Brun, ('innamon Brar. Uraus Cinnamomum. 



70 



CHASSE 



à deux, à la fin de mars, avant de quitter ses miartiiTS 
d'hiver. 



C'est 



un animal omnivore 



1,V 



'limes, raenics, iiois, rur-iin 



sauvage, iViiits, glamls, faines, mie! sauvage, avoine verte, 
jeune maïs, larves d'in.-eetes, IVai de j-oisson, vers fie terre. 
insectes recueillies sur l'onde di s lacs, où il nai^'c la l)ou(.'lio 
ouverte ])onr nneux les saisir : tel 



s sont ses mets vu et* 



Tout lui va : sa digestion est vr.'iiment admirable. 

L(\s dé,t,fats que maître ]\Iartin, ounimet i;endant la belle 
saison, dans les cliamps d'avoi 



ne 



et- (!U 1 



1 aval 



e, ce <!U ! 



1' 



aetiue, lui atmv la vindicte de^^ ou 



Itivat 



l'Ul'' 



1 



resse ]iar 



la faim, i' ne se l'eru aiicun .-eru|iiile delia,j'iier, en ])aB8ant 
à la bruua.ite, un JeuiK- coehoii dans la l>as-i(> eoiiv, près d(; 



h f( 



»re 



ou un Veau Ifulu' dans les ehamaes 



[. 



i nuit 



^■enue, il ex|>l(n(i;i les avene.es de la liergerie, y jietietrer; 



] al '.me Iroiun-, (ju'il ] raii ,ueia ilans h- 



felll! 



(III dans h 



toit, se Lforgeia 



Ne 



I; 



I, eliair 



(:e.S 



aux h;s jilus tendres, 



massacrera, ;aus ) ilié le resve i\\\ troupeau, saii;^ oublier le 
b(dlier eornn ; ( 1 i laiis, 



deiateiii, sans troiinteltt 



car, 



liii ausd, comme son j.elit collèLo.e en tapita^ li- renard, 
etuine. Il u'e^i pas aussi astuciex, aussi 



est un T' dtur 



ftiilile en iv>s(.in'C( s ; ni;iis, il ;aii ^'esquiver une fois tra^pié^ 
On a vu un vieil oins pnuisnivi y.iv tU':^ chasseurs pendant 



dix-lrait jour. 



iiiiidement ca[)tuiv', loni- les ])aLies 



h 



esées et ulcérées, \ 



lar et 



tte 1 



oll^■ne course, act.'u-iaieut des 



'iVort 



'^, une )K'i'sé\era!iee iiucaiV' pour se soustraire au 



sort qui !e me.naeait. 

L'ours, traipié i)a,r tlvfi chieii:^, ciuirt une petite, distanci 



( l ) J'ai souvent «mi-ilirc i>:i 



•ifp' 



îiy.iiiis, ijue l'ours ciiiOiio les iiioi: 



tuii.s dans les jtn's ,ui moyc u liu st i, :i;.:è uc siiivant : M.iiiiii se couciio 



iU 



)\\ Ion 



I h. rl>(' ; it's iiio'itoiis (1 abord l'IlVayés de 



■a iiii'-;tiHi 



Kc lai,ssLMit iillcr à la curiosité : ils s'appro'.lK.nt puii ù [tcu du lobjet tioii- 
qui (ait le niert et (jnaud une bn bis s'est upprothéc as'scz jirùs. le iiioit 
ressuscite' et renipoigne. 



L'OUllS NOIR 



71 



avlKTS 

misiu 

Vt'VtO, 

' Irivc, 
bouche 
■u été. 

|;i l^elle 
w. ini'il 
îssé i)ar 
passant 
y)vè.s do 
La nuit 
éuétVL'va 
dans 1*', 
tendvc's, 
luhlicr It' 
te : ciiv, 
vi-nai'd, 
X, ;ius^i 
[s tva'iué, 
-undant 
s pattes 
i'.Mit des 
l'aire au 

|i s tance ; 

les mci;- 

ISC (•(l\l('llO 

loiijit iiuir 
Is. le muit 



s'il rencontre, en ciieinin, un arbre 



qu il puisse empoigner 
le tire. En 



il s'y hissera : h\ le ehasseï r le trouve 
a' lût, il se ,i;(»ro(î do hiiicts ; t n septembre, il s'instale au 
r )niniet d'un chenc ou d'un hêtre, cassera sans fa(^.on les 
lameaiix garuis de glands ou de faînes dont il fera un 
t'opioux re[>as, lai.s^aut au haut de l'arbre, un aiu is «le 
h nu if lui tes ([ue de loin l'on [^rendrait pour l'aire d'un 
«»iseaM de [iroie. 

Aceidt! dans ,sa tannièrc, ou adossé à nu rocher ou à 



vai arhre 



IMarLii 



u est un dang(!reu.\ adversan'o pour le 
ehii'n de ehassi', ou [lour .^ou niaîini. 

Il na pas api^ris la boxe ; imi-^, de sa patte Ih^xible, ar- 
uiée de terribles ui'i fies, il HatMiicva. une taloidie à ércinter 



uu clin>n : m ( 



ur au dogue (pii s'iudiarnora 



;\ ]( 



aisu' au 



.11. 't, 



ou au chas.'our ex])(>:-;e a son étreinte uitnirtriere. 



r^x!!' se d'deudrc, ii eiu >loi -r,!, d'aboi'd .sa juitte ; il estro- 
'l'a le di'gutî le pi is robuste *'l ieia voler .iii loin, le fusil 



i'i' 



(»u le casse-tete nw l'Ii issenr, (jui sapprochi'r;!. de trop pre-: 



L'our-! noir fuit d'ordinaire en présence 
moins (pie ce n.; soit à la saison de 1' 



de. ri 
1( 



lOUlUli' 



i!'C;)'i|>i'''n"U 



it ; al 



ors 



ii-s mâles sont agressifs, oa à la foute des neiges, tc!Ui>s où 
l's fi.cutdies ont des oursoîis à l'IeVtU' et à |);'.)t!'u'''i'. 



hiir, sN.rtouî, 



l 



l'IlO )'1S ^ 



u y 



) l's SOU! savoureux 



sa graisse, tort usité(^ coaiai • c t-ui 'U jU". 

i.'i!iiaal se creusi'ra. nue tau'iière. ans ureiuirre-; uei'j;es. 



sous un ariM'o reiiveis.' ou so'u 



aori 



t livra uras « 



!t bi( 



a repus ; y s )o;irir'r;i. l'iouge ilaiis un pro- 



IIU l'oeh'I 

1, 



y i-e- 



1 >!id soîuniiùl pendant h'SgiMiids froids de l)é»;enibre, Jan- 



vit-r rt révriei;en sortna egaliMueut gras aux [mmun. jours 
d'.; Mars, ou à laehamle t(MU[iéi'aLure d'Avril , [»uis, le gal- 
lanL )>erdra un peu de son enib )n[)oiut à taire l'i^cole buis- 
.sounière dans le 'Tund bois 



é »d 



CHASSE 



On réussit à apprivoiser les jeunes : adultes, ils devien- 
nent acariâtres, maussades, méchants ; n'obéissent qu'à 
leur maître. Un de mes amis à Sillery avait un ours, qu'il 
croyait doué d'un excellent naturel ; s'étant absenté quand 
l'ours devint adulte, il trouva à son retour Martin niellé au 
haut l'un orrue et les voisins, armés de fusils, en voie d'en 

faire }irom[.tc justice i)Our méfaits commis dans l'arrondis- 
sement. 




LA CHASSE AUX OUKS 



Benedict-Henry Kevoil. dans se. cl.annants refaits (!) 
paraît s'être donné la mission de narrer, entre au'tres 
incidents " une série de chasses fantastiques," dans le,s 
forets du nouveau monde. Il a pleinement réussi • 1., 
.i.3uf années (1841-9) qu'il a passées aux Etats-Unis et au 
Canada, en fournissent des preuves irréfragables. 

Comme œ.vrr d'imagination, son livre est admirable 
d entrain, palpitant d'intérêt ; J'ajouterai, de nouveauté 
comme on s'en convaincra en feuilletant entre autres! 
];.greable chapitre où sont consignées ses chasses à l'ours 
(^nzzhjM redoutable monarque des montagnes Rocheuses. 
Les Peaux lîouges, selon lui, les i.nprud.nts ' k la 
iv:che.che du Grizzly, le saisissent par les pattes de 



derrière et le soulèvent pour l'empêcher de se 
ti^edat Judœns Ancl/n ' 



Apella 



retourner, 



Voilà bien qui est 



le merveilleux du récit 



pousser à ses dernières limite 



livre sur la ch; 



ingrédient indispensable d 



isse, d'après ce bon M. Kevoil, quand I 



un 
'on 



f I) Chasses dans rAuiôiique du Xord. 



74 



CHASSK 



songo au j)oi(ls, à la loreo, à l'agiliti', à la féiucito constante 
(le ce colosse des l'oiêts. Mais, enfin, le jcAMal elmsseur se 
console (acik'Uient en prenant jioui devis»; '• Ifistoii'es de 
("lia-senis ne sont ])as l'ivangilcs." 



'.jen (jm^ l'ours nftir du t'anaiia n'ait ni li' ]'nids, ni la. 



force, ni l;i f'érocilé dv son ; ong-'ntre de l'one^r, je, m- r-on- 
st.'illorai jkis au trappeui", même le plus niiisculeux, de 



lenli'V à Sun ru;ii-d, uii pa 



il t 



OUI' Ut' loivf, iiiic (1 essever 



fii 



jilcin iiui--, de 1(; souM'Vdr, en le. [liiiiant pai' 1rs pattes 
df lîeiiJiMc : mal p(.)Urrait Iti^n li;i en iidvcini ' 

d'ai lu (juei([' i- jaix (jue le Uaron dt* Ci'ai.-, h'gcndaij'e 
ihassci 1', avait a' eourai^r d'in'.induiic, par ]'o'-n| liai.'t' 
a liiU'ule b^'anti'. d'un otirs, son enoinu- main et 



an," 



d'aller saisir à l'inti-iiour, la racine d(^ la ([Uei 



le ( 



\v Y 



un 



rctuuinaiL a 1 envers comme un g.mt 



mima 



n)ai 



'tait 1; 



nu ours ahemautl 



iic/ h-uis la ('liasse aiiA ours e.-t plus prosaïque, nuii 



us 



accid''nU'e, moins j éiilhuise. 

!/■ tia pj.eur t'U ipièle de Sîi di'pouille, emploie de griis 
j'ièges ap; iiti's lie viande traîche, le.S(|Uels il assî.jetiiL }ar 
une diaine, non à un iirhre; car la résistance (pu; lui oitri- 
lait c 't (,l)s.ae.l(^ pouiriUt «auseï' un tel accès de colère à 
i'aiiinud une fois pris, (lu'il bri.^erait le piègi; ou se Ciissc- 
;ail la patte; luiis, .se lih'rerait avec S(;s dciiLs. Il aura 
dinc r;oiu de le lier à une biiche de hois, ([ue la hètt^ eii- 
ijainera à une petite distance ; (die s'affaiblira, j)lus tard, 
]iar la n'sistance ou par la faim. 

On ]e preii 1 encore avec une atfrdiUi, confectiounije de 
deux troncs d'arbres, balancés sur des jx^teaux, ([Uc l'ani- 
mal sera f^ret; dii di'[)lacer avant d'att(!indre l'appât à 
l'intérieur de l'attrape : une ];erdrix, un morceau de lard 
ou de bi.euf; les ])outres perdant l'équilibre écraseront 
maître Martin dans leur chute. 



LA CHASSK AUX OURS 



75 



constante 
lasscnir se 
istoin's (le 

nids, ni lu. 
je, lu- culi- 
iilcilN, de 

• il'ei^sever 

les jtattC'^ 

It'gendiiire 
'd'-ni liage 
■ main et 
le l'aniniaî 
L ; "' mais, 



Une nu'thodp, cruelle jiai les soutlrance» qu'elle entraine, 
consiste à enfoncer solidement, à cjnelques ])ieds de 
terre, un peu inclinés, dans le tronc de l'arbre au haut 
du(|nel on a exjjosé l'ajujat, dos crtieliets en fer garnis 



d'ace 



rocs connue 



les iianiecons. 



'ours grimpera, sel( 



)\\ 



s-a coutume, le long de l'arbi'e, ira (h'vorer rap]iat, 
sans songer à sauter du haut en lias. 11 dL'.>cendra à reçu- 
Ions, en empoignant le tionc de l'ariu-e, jusiiirau crochets 
recourlu's, ([u'il s'enfoncera infaiHihlenient dans !i's j^attes 
di! d(;vant. 11 enlveia, en furciir, mais inntiU-ment, et 
rcstei'a cloué à l'arbie, pour y lïxjnri.'r dans des sonllVanciS 
ati'oces et j^rtilungées. Ce prc'tv'di', nous le condamnons. 

< )n [loHi'chasse l'ours aussi, vers la fni de i'hivei', avec des 



i tll(:n^ 



le chien s'introduira dan 



a urotle, révélée 



iU 



ciiasseu)', par le l'riniîis .[id en enlouin'. l'entrée, ou, pai' la 

causée jar l'haleini! chaude de 



Viiiieiii (jiii 



( I) (1( 



or» ' 



l'oi.rs, Cil contact avec l'atmos] hèr(î froidci du dehors. 

Si le chien \\v léussil pa-> à le déloger, une torche anlente 
iuîroiuitedaus soii rcj air est généralement ethcace, tandis 
t[i:e le 'hasseur, enilnisqué à l'entré de la taunièiC; assènera 
a !a béte à sa sorlie, nu couj) de hache sur le must'au, (Hi 
iui logera une balle élirrière l'éj-aule. 

'.'ours c;si dur à ti;cr ; il fmi que li! j.'rojectih^ 
[M/iiètre da.ns le cerveau jtar l'orbite de l'o-il, on au cu'ur, 
i'ar le défaut de l'éjiaule : uni' !jill(.^ oi' linaire s'aplatit 



^ur son cranti 



il 



continue avec entrain la lutl:', même 



apros avoir njcii ]ilnsieurs i)alles dan- 



le Cf.» ri. 'S 



He vii.'ux trapprur.s vous diront himIs (Connaissent un^.* 
auire espèce d'otn's, du statuic plus éli.'vée, — ]ilus l'obuste, 
beaucouj) plus féroce que l'ours ordinaire, marqué au 
poitrail d'un croissant ou d'une étoile l)lauclie. 



Ce brigand se ruera en plein jour sur un troupeau entier 



76 



CHASSE 



de moutons, qu'il égorgera de gaité de cœur jusqu'au der- 
nier, en présence des propriétaires, près de la métairie j ce 
terrible mnraudeur, blanchi par le temps, n'est autre qu'un 
ours ancien, que l'Age ou un ji'fint; i)rolongé aura rendu 
vorace et sanguinaire ; ^i on le rencontre en hiver en 
dehors de sa tannière, c'est lorsque la température est 
])lus duiiee qu'a l'urdiimire. 

Les Indiens jnétendeiit (^ue les ours, l'automne, avant 
de se mettre en hivernement, ont pour habitude de dégarnir 
les sapins de leur écoree à cinij ou six pieds de terre, pour 
se procurer la gomme, uni, selon eux, à l'effet de leur con- 
server leur graisse pendant leur période de torpeur ; que le 
printemps venu, ils creusent le sol pour en extraire des 
racines afin de restaurer leur activité, aux fonctions du 
corps, suspendues par leur sommeil prolongé. 

M. Chs. C. Ward, excellent observateur, est d'avis que 
l'ours à son jeune âge est non seulement espiègle, mais 
qu'il est enclin à la plaisenterie (humor). 

11 raconte qu'un jeune étranger, son hôte, avait pour 
habitude de jouer de la flûte, passant et repassant devant 
un ours a[){)rivoisé que M. Wara possédait. Martin 
s'égayait, à ses heures, à relancer un bâton long d'un 
mètre; bientôt, il se mit à imiter, avec ce joujou, le manège 
du joueur de flûte. L'artiste piqué, crût tirer vengeance, 
de l'espiègle animal, en l'ahurissant des sons les plus 
aigiis qu'il pouvait produire de sou instrument. L'ours, 
renifïla l'air, gémit, maugréa ; puis, le joueur de flûte s'étant 
approché de lui, de sa formidable patte, il lui assena 
sur la tète, une taloche qui enfonça complètement sur les 
yeux du musicien, sou feutre altier. Pour prévenir un 
second 'oup, l'artiste s'esquiva en se laissant choir à terre, 
hors de la portée de Maître Martin, " jurant, mais un 
peu tard, (jn'on ne l'y reprendrait plus." 




'i^J'UltUH^L •" ' 



LES RENARDS D'AMERKU'E 



Olivier a décrit scni.s le i^enre Viifpe^, une noml)rense 
famille, qui coiiipreiul le ]i»up, le chien, le jiickall et le 
reûard; elle se suhdivise eu ^ilcsieurs ;^rroupes. 

Les renards se distin^neiit ] ar kur museau allongé, leur 
tête arrondie, leurs oruiilfs droites, triauî^ulaires, leur corps 
étiié, leurs membres courts, leur (jm'ue longue et touffue. 

Le renard, remartiuent Audubon et Ixickman, moindre 
(le taille que le loup, comi»te plus de variétés. Il émet une 
odeur fétido se creuse une tanuière à plusieurs issues 
recherche sa proie parmi les quadrup'èdes et les volatiles de 
f.uble stature. Se> halùtudes sont H'icturues. Il se blottira, 
pendant le jour, au ioud d^-» son réiluit sonti-i vain, n\\ d;ius 
les anfractuosités d'un ror-hcr, ou sous le dôme d'un Ijiiis- 
SMU impénétrable. Aux lu'ure.s silencieuses du ci"' puscule 
ou lie la nuit, il s'aveiitiin ra au. dehors pour aller aux 
vivres. Son ceil jw'rcant, s. >u Hu nddViit", son oreille exer- 
cée lui décèlera dans le foe.rré ou la prairie, la |>erdrix', 
la dinde sauvage, le lièvre et leur douce progéniture. Au 
besoin, il sait capturer d'alertes écureuils, des mulots et 
d'autres rongeurs : il ne se gêne pas de pousser une 



78 



CHASSE 



pointe même an sein de la basse-cour, pour y enlever la 
poule couveuse sur son nid, l'oie domestique au bord de 
IV'lauj,', môme l'aynoau nouveau né, bondissant auprès de 
sa mère. 

On le prend au piège; mais, il faut savoir babilement 
dissiniulcn- rap[)at : car, commet dit le peuple, monsieur est 
"fin comnuî un renard." 

Les niiturulistes comptnnt à peu près douzo espèces do 
renards: l'Amc'ricjue du Nord en réclame cinq : 

1. Le renard roux (Vulp';.^ Fnloui'i) et si'S variétés: h» 
renard noir, le renard gris argenté, le renard croisse du 
Canada. 

2. Le rL'iiard arctique (Viilpea L'U/opus) iudigèue aux 
régions jtolaii'es, à la IViiu d'itud son, au Labrador, à Li Si- 
béi'ic : son j'Ui'cours n-.' s'étend pas à nos latitudes. 

;-). !/• r(!u;;.rd gris (1'/!//)/'.^ V'n'ij'i iihiii im) iiatil' des 
Etats du Sud; il est douteux (ju'il ait ('té vu au Canada. 

4. i>e pi'tit l'euard [Vii^jws Ych):r) fort ress(;iublant uu 
venai'd r.)n\, niais de iiiiili.' de >a taillt; : indigène aux 
]ira.ivi(>s à l'est dt-s Moiitag les lî'ielie'as"s et aux plaines de 
la rivièr<? Coloin'Dia. 

•j. Le renard -laekdl {V u^ [>(•■-< l'Iali) [)lus grand que le 
renard roux : il a la. gorge et le ventre noirs, et les i)arties 
supérieun.'s du cori s, gris-brun. On le trouve aux Mon- 
tagnes Rocbeuses. [l pénètre peut-être dans notre terri- 
toire. 

Malgré la liante autorité d'Audubon, (|Uolques écrivains 
éminents sont d'avis que le renard noir et le renaul roux 
ne sont pas des variét''s du nièuic animal : que le renard 
roux, importé de la Grande, Bretagne, par Lor l Ixiltiuiore 
(;L autres premiers colons tlu Marylaud et pai' le Col. Guy 
Carleton, ])lus tard Lord Doruliester, notre bien aimé Gou- 
verneur-Gjuéral, était inconnu en Amérique avant l'ar- 



LES HKNAHDS p'AMf^RIQUK 



écrivains 



\unii y\OU- 



v'wée <1(3 la raoe blancho, «pi'il supplanta le petit renard 
s^ris-, indif^'ène au sud de l'Aïuérique : (1) 

r.ii feuKdle, poitc de Koixunte à soixante-cinq jours : les 
]Htits naissent aveu^'les, couverts do poil comme de jeunes 



chiens. 



L" l'i.'tiiud, pris ;i II niil, est "l'icije, espiègle et [(lait ji 



ar 



SOS uani 



h;.d 



es et st.s (';i 



Itrioli 



l'I 



us fi^'é, il se montre 



mv( 



liant, 



sniniKjis, irritiiijli.', intraitable, insensiide aux 



ivicilleui's traituuii'Uts. A rau^e de trois ou de (|uatre mois, 
ii ahandoniii'rîi le tt-rficr : il ira, chasseur di'jà expert, seul 
cl puui' sou compte, explorer la forêt. 
Sun liaiiilité à capture)' d" petits roiiLî.'urs es', remarqua 



])le 



Ivi l>icn «les endroits, les mul 



•Is, sont de viiii> Il Mux pour 



le- aioPes (Viiitiers : aux en:iioits, surt'iul, d'où l'S riuiard- 



"Ul tli.M'arn, 



Veis I; 



lin lie mars, le- îiiulot.- 



creusent 



liiilif si'iitii'i's sous la, neiç'" : uru^LT'Ut M'cnr/e ([•■.> jeunes 
pommiers, (K\s j'Min 'S l'iaJiles par' centaine; l'arbre, ^i'éliole 
d'alioni, et iu 'Urt la second*' anm'e. L.-s projirii'taircs 
li'e'ilardes à l'Ile-aux-* irues <ieli'uisirent 1' dernier re- 
11 .;■'! lie i'jle, il y a une cinquaut iiie d'anuiv's : ic^ outai'dcs 
y \i\'eiit c'U toute si"'iirité maintenant : mais les mulots 
se sont multipliés, au point iju'il est dilhcile d,; ])rotéger 
lc,>, ai'bres fruitier? et les plantations d'érables contre leur 
lient destructive. 

. . iJowland 1''.. Kobinson, ciia.sseui' .listiîi;:uc aux Ktats- 
1 nis, relate de singulières choses, sur rem[)ire qm^ les 
vieillis femelles de renard, ayant des jeunes à j)rotéger 
cxcicont sur le chien de chasse qui ose h's poursuivre: 
le chien est poliment éconduit du t)ois, s(doii cet écrivain, 
j ar madame, qui le pi.uu'suit «le loin en abrjvuîit. 'i^pnrl 
'v'iili liod and iiiiv, tiij Mavi<;u, [>.p. 7d-8o). 

( 1 ) FiiAMi !• oiiKSTKii F'igitnr. S/'fti/in^ Sictlrhc", lsT;>. je l"2(i. 
l*.\RKi:i; (riM.MoiiK. Pid/ri, ,vid Forent, 1'^T4. [>■ l'-i. 



80 



CHASSE 



On le croit snjut à la m<j;e. L'iiistuire nous en fournit 
un iiu'monilile t.'xom^.lo, ilan.s lu mort, le 2 8 uuût 1819, 
à Ikichniond, Ontuiio, au milieu d'atroces souiïrances d'un 
de nos vit'e-rois, U; duc de Jiichmoiid, mordu à Sorid, la 
semaine [irécédente [uir un reuanl, en apparence doux, et 
d(jnu,'stique. 

Xotre renui'd canadien, tort ressemblant au renard de la 
( îriinde-Iirctaync, lui est un peu supérieur par la taille. 
Il a le niusciiu moius l'>ng, [dus pointu, moins iTespacc au 
iront, entre les yeux, les pieds plus feutrés, les oreilles 
moins longues, Luiucue plus touifiidf, le pélago plus foui'ui 
et d'une couleur [>lus viv<'. 

Xotre renard excelle à [)ourcliasser les mulots et les 
rats des Lluimi>s. (Jn l'a vu tra([uer nos perdiix dans 
les taillis, avec les allures vives, mai.i nuisurées d'un 
[K)\nt<:i' ardent, eliassaut les bécasstis. 

On raconte mille tours d'adresse de sa part, pour dépister 
le chasseur et ses chiens, grimpant sur l-js clôtures, 
courant le long des p(i(j('>^, quelques mètres ; puis, bondis- 
sant à douzti pieds, [)our fairo perdre aux ehiens le llaire 
lie ses traces. 

On sait aussi son merveilleux manège pour leurrer, à 
terre, les canards sauvages, du sein des lac^, courant sur 



la bcr; 



;'e, agitant au vent sa (^ueue soyeust', excitant en 



un mot par ce spectacle insolite la curiosité des palmipèdes 
qui, le cou tendu, nagent jusqu'au bord. Alors la bote 
scélérate se recueille ; d'un bond, elle saisit le malencon- 



treux Vo 



util. 



(jui alterira le premier 



T-V (LIASSE Ai: HKXAIJI) 



l'ii <li;isst. o,s( <l<- tniifcs Irs ,|i.s<|•ac- 
'■■mv Kll.,|.vt.l„).|H.!estor,.,,s,,,,hv- 
tioMl li, souple. se .les uwnAnv^, et 
^"itive la, puissanee ef Je iibn, je,, 
''^"'"NlHi,„ii„n,.x,„-;u,es, Lâchasse 
<''«tle.ou!.ii<,,.„i..nt<|,,K,.uon.lilion, 
'^Vsti'é;:alit(:'(!nea,arièr,..cesflvq,n- 

''l"vdesnt..„itùs,.'e.tjara:sunn.ble 
<;unliaiu.e eu soi. eVs, ,. ,V.n,luse, 
<'^«tle comai;.., e'rst I:, sauté, rest 
If lioiiliciir. ' 

(l<AIii;i' V|;i,- j 

JJ|-' tu,.,,., n,„nû„onaI, la „!,:,..,, .,,,,.;,.,. ., ,iél.s,e 
"-t, a e...t« .t existe „„e„n. viv.,,,.. ,, t ^ 

cest ui, amns.mc.nt im,i,vscri,.ijl,l,, .,„i , ,.; ,ii, ,. ; ,„ ! ' 
-rinstitution ,mti„„,J,, ' ' l'>-'« «.« 

i.« IL' aoùr, If juiir de l'uiiv,.,i„iv ,1 . I-, ,.|, , - ,i 
Chun,b,.s, Lu (i,,u,.|e Cha,,e a„ ,«,„vj s. ,aite„ colue 




IMAGE EVALUATION 
TEST TARGET (MT-3) 




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Sciences 

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23 WEST MAIN STREET 

WEBSTER, N.Y. 14580 

(716) 872-4503 





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82 



CHASSE 



ime excitai ion lUMiiaute et produit mille bruyants meets 
ou reiKÎt'Z-vdus df diussetirs, dans toii.s les coins du 
lîovauiDc-rni. 

Sieur lU tuml, ) our k- veneur iuiy;liii^, est donc un être 
!?acvé, sj éeialenieiit jir(»tégé de parles canons de la vénerie ; 
on ne sai rail !'< ceirc que selon les rendes de St. Hubert. 
Le uentilhnninie, convaincu d'avoir îittenté aux jours d'un 
renard, soit par le poison, les pièy^'.s on même en le tirant 
an tnsil. n'of-erait se montrer à son l'iiil); heureux si le 
hoyi'()ft(U)<' ne lui en ferme la porte 

]>a veille du jour de l'ouvertur.- de la eliassc, on rencoiitre 
aux gares des chemins de fer, do es.-aims de chasseurs, 
aeconi) agnés de lenis garde-chasse, avec fusils, ou bien, 
de« maîtres d»i chenil, {^nastern of the hound,s) entourés 
de leurs meutes en laigse, Fox howmh; Tons ils atten- 
dent avec impatience le départ des convois, pour faire acte 
de présence le lendemain, dès l'aube, au rendea-vous. 

Un écrivain dans Forest and Streaui fixe a cent trente 

six le nombre de meutes de Fox hounds, employées pour 

la chasse au renard en Angleterre, en outre de quatre vingt 

quatorze meutes de lévriers pour dépister les lièvres. 

Chose étonnante, ajoute-t-il, chaque jour de chasse, 

20,000 chasseurs se mettent en campagne, la plus part 

montés sur des chevaux de grand prix. Les officiers, de 

toutes les branches du service militaire sont chasseurs, et 

leur a}»titude à monter un cheval est bien connue. Ce 

sont ces exercices athlétiques et viriles qui ont donné à 

l'Angleterre, s«s vaillants enfants ; qui leur assure vigueur 

et santé, sous les tropiques comme dans la zone arctique et 

qui ont fourni à leur petite île, le point d'appui, pour 

gouverner deux cent cinquante six millions de sujet», de 

par le monde. 

Un jour, eu août 1881, que je me rendais au manoir 



LA CHASSE AU RENARD 



83 



eeU 
du 

être 
;rie ; 
bert. 
.l'un 
irant 
si le 

îoiitre 
seurs, 
bien, 
touréa 
atten- 
re acte 

trente 
a pour 
; vingt 
ièvres. 
chasse, 
s part 



d'Acomb Park, la résidence du col. Frank Lees, près de 
York, je m'attirai, sans le vouloir nue verte semonce de 
mon compagnon de voyage, ardent veneur, pour avoir fait 
la remarque, qu'au Canada, on regardait le reuard comme 
une espèce de vermine, l'implacable ennemi des poulaillers 
et des basse-cours, qu'on le tirait sa us remords, que 1q 
trappeur pour s'approprier sa dt'pouille — cottée jus ju'à S50 
quand c'était celle d'un renard iirgjuté — u'iijsitait pas à 
employer la strychnine, le piège ou le f isil. 

Si l'on eut traité aussi indignement en Angleterre, le 
renard, me dit mon camarade de route d'un ton sec, la rac^; 
en eût été éteinte depuis longtemps. Le sport n'existe~t-il 
donc pas chez vous ? 

Au contraire, lui repliquai-je, il existe. Nous avons 
des chasseurs fc . t.vp"T'tc même. Bien que le renard, à 
cause de ses mcfaitfc ^ . pour sa riche fourrure, soit tué 
sans façon, il est cIk z nous di'is chasseurs qui le traitent 
comme chez vous, en grand seigneur ; qui se targuent 
même de savoir lutter de ruse et d'adresse avec lui. 
En 1877, M. Chs. Temple, aidé de plusieurs amateurs du 
aport, fonda à son manoir, The Hiffhlands, à Sillery le 
Stadacona Fox Hunt ; ce club a existé plusieurs années. 
— {Monographies et Esquisses, p. p. 208-212.) 

Le Montréal Hunt, fondé aux Trois-Kivières, en 1826, 
par l'Honorable Muthew Bell, transporté à Montréal en 
1829, compte maintenant un nouibrt„ux jjersonnel de 
membres et une meut^d'au tlel;\ de soixante Fox Ilouri'ls, 
dont le chenil est un légitime sujet d'org leil pour le sport, 
dans cette florissante cité. 

Comme le parcours de Liverpool à York, par voie ferrée 
est long (de 202 milles), pour tuer le temps, avec votre 
permission, je vais vous raconter comment on en use 
en Canada, avec sieur llenard. 



51 




r.\- 

t'XCt 

ehm 
buis 

un 



LA CHASSE Al- ilKX.vin) EX HIVER 



(1). 



(STILI, lILN'llNi;.^ 



" l'ourattriiiiiit-r la bête, il faut ("lie 
plus fin qu'elle.'' {Vicuz /'ro.':i'e.\ 



Siiclie/ lioiic, qiui lo reimivl Ciinadieii uk' 1»' cidt; eu 
lit'U à ,sou cituïsiii (r(.»iiire-iiit;r, en .sa facile, en {tiddenue, 
en ruses, en vite>>si', eu persévérance ; (pie ]At'\v en iriuui- 
}ili(ir, le chasseur eaniulieu est forcé de laxt-r toutes ses 
ri'ssouvces, tout son savoir faire coniuie foresin-r. 

Sire lù'Uard ch-.'/. nous, est un infatii/able iuivtcur de 
nuit, un maraude». r sans vei'«i( <>ne, faisant aux h>'iiit,'s les 
]>lus indues, sa }»aitiL' de chasse, ses rondes saui^n inaires, 
sur la lisièr».^ île la foret, jiour surprcu'lre sur h» nid, la 

^1; Ci'iiiinl' lie cii.issf, r iiiihe Ma- la t". i iliiii ; ha-M iir i:iii'rite, du 
(.li>ti'i(t d'' Monlrial. mort, oes tiiiiu'o'^ (K'iirèi. s : l'iiui' ^ (■■tv» iinl, <!<• 'i- 
puitiisse (le L'Aiim- (î.'irdien.au sud de St. l-aiidni!, vis-à-vis Mouuéai : 
riiiie Ht!i;L" liai était fu:t eoniiu et istiiiie j .ir M Mcl'hirMUi Le M' yiio 
ex-I'résideiit du (. Inli de Clmsse et de Pèelic, tic Mi.utréal, et iin-iiiêiuc 
exeellent ehasseur : " Pierie Séiiéehul, nous dit M. Le Mdyiie, é'ait uti 
ehnsHOUi int°atig;dilu, d'une udreHsu consoininée ; ii ehuBHait duus les 
buis ou sur les yrôvis l'année entière. Jui appris de lui ee que je 
«■•innais sur le gibier ; jamais je n'eus lieu de suspecter sa véracité ; c'était 
un vieux cliassour tort respecté ; au reste, c'est bien constaté que lu eu 



so 



CHASSE 



jinlrix ni(li('e <li;rs le? c^r:uij.s, jr.eqi e dniis la Iwpse-cour 
jotr jKfitcr (U' la nrplin^riicc «ni tarer ii dt; fcinie qui 
aurait oullit' lioi.s de la grange qncluno ]ioiile snrannéi', 
)in dinde dodu, une oie vagabdiide, allétlu's par les tièdes 
r.iyons d'nn soleil de mars ou d'avril; ou jjour égorger au 
rendez-vous sous le dôme des sapins (juelque levraut 
amoureux, au moment où il compte ilourette à une hase 
(2) av( nturière, loin de l'ieil vigilmt des parents : telle est 
la proie qu(; convoite le nocturne rôdeur, letjiiel une fois 
)opn, se dédomniageia des fatigues de la course le lende- 
main, jiar un long somme, au soleil, sur la cime poudreuse 
d'un banc dr neit^e. 

Au cas ou perdrix, poule, dindon, oie, levraut, lui 
fassent défaut, chaudement vêtu de sa pelisse de ])elletrie, 
]>rotégé par ses mitasses fourrées, il s'établira explorateur 
solitaire et patient, à l'orée d'un bois ou sur un chaume, 
les oreilles droites, la queue horizontale et écoutera attenti- 
vement ])Our découvrir sous la légère couche de neige les 
mulots, sa nourriture ordinaire. 

Comment traquera-t-il cas rongeurs sous la neige, me 
direz- vous ? 

— Par ce merveilli'ux instinct départi par la nature k 



h H reiiindH <.nt l'isparii Ils u)ulot»< KOiit «levcniis des Hôuiix. Dans ui:i 
KcilU'iKurio df l'ilo aux Giivs, (ù 1«> dernier roiiard fut tué, il a près de 
cin'inaiik' uns, les niulols, sont devenus devrais Héfiux pont les arbres 
Irniticis et les Jeinies éraltles : sur IrtUO jeunes érables, plantées au ma- 
i.oir, il y a nu-- di/.nine d'année, diux imi trdis S' nies ont éebappé i la 
dintdes mulots ^ollH la nei;:een liiver. Les iioniini<rsoiitt<JUS succojnbé " 
Je n'ai pas oui dire cjne ce mode de cbasser le renard m hiver soit 
employé dans le distriit «le Québei- ou siw la rive norti du fleuve, vers 
l'' Ijibralor : lii, le pièLre et le fusil sont les en.;ins de d'/struetion, les 
trappeurs n'affeoticnntnt pus l'usuife de la stryehninc : l'empoigonnc- 
nient détériore la pelletrie des renards, parait-il. Les Clubs de Chasse ne 
sauraient trop condamner ce mode de capture. 

fi) On nontme haie, en France, la femelle du lièvre et boiiquing, leg 

m&\< s. 



LA CHASSE AU IJKNAUl» KN IIIVI!: 



87 



tout vtvti oééy pour se procurer les jilimi'uts ni'c«.s.>iiirés à 
st'.s besuiiH. 

L'ouï Hiibtil du renard lui permet de recueillir le luoiii- 
ihe bruit, le faible cri du mulot grugeaut au sein de ses 
galeries glacées, bien que ce bruit échappe i\ l'oreille de 
l'homme. 

De suite, il se met à l'œuvre, gratte la couche de neige 
avec ses fi rtes pattes et aura bientôt gobé l'infortuné 
mulot, sa ftmme et ses enfants. 

Le renard a ].our habitude, eha<iuo Jour en hiver, de 
consacrer au sommeil quelques lieures dans la matinée ; il 
fait la sieste sur le sommet d'un amas d.' neige, ou au 
liant d'un rocher: il lui faut un poste élevé d'où il j)ourra 
apercevoir l'ennemi de loin. Il ne s'endort pas d'un lourd 
sonnneil comme un vieux rentier alourdi yav la bonne 
chère ; il se couche tout doucement, ferme l'o'il \in peu ; 
puis, se lève, se dresse sur ses [ùeds, jette autour de lui nn 
regard inquiet, scrutateur. reniHe l'air; ou dirait qu'il n'a 
pas la conscience nette. Une fois réassuré, il se creuse 
un lit dans la neige; enveloppé dans son soyeux manteau, 
il se blottit en rond i\ la manière des chats, s'abrite la tête 
et le corps de sa (jneue touffue, s'endort au soleil ; mais il 
a soin de se tenir le museau du côté d'où vient le vent, 
afin de Hairer l'approche d'un enuenn qneiconque : si la 
tempête gronde, il établira sa couche au [»ied d'un buisson 
feuillu, ou sotis un rccher découvert, d'où sou regard pourra 
se prolonger au loin "X dans son sommeil, il rêvera sans 
doute qu'il cro(iue <le gras.' es volailles, di* t<'n '\"i's levrauts, 
des perdrix succulentes. 

Voici comment on le capture : le dia^seur monté sur des 
raquettes, recouvre ses haijits d'un eupot <le coton blanc ; 
couvre-chef et pantalon, de môuie nuan< e. Le costume 
en entier doit rivaliser avec la neige en blancheur ; pas de 
contrastes. 



88 



CriASSK 



Le chasstMir so niunit (ir(liiiiiin'm"nt d'tino carabiuf^ o\ 
d'un fusil îi longuo porti'e : rotulii dms lii forêt, il n.'cher- 
che (les ])istes fialchos i' nne fuis tivmvif'cs, il K-s suit at*- 
tentivomont, l'œil coustiuinnoiit aux aguets ; s'il découvre 
«Il rennril, et qu'il soit t'veillé, c'est le moment pour le 
classeur d'avoir recours à tout son savoir-faire. Bien que 
la bête «i'onUnaire s'en remet ;\ son nez exquis, po;.r dé- 
couvrir lediiujTcr, il a aussi la vue bonne. Pour se glisser 
sens ê'ri: ob,.orvé, i\ portée de fusil, dans un \m\ découvert, 
le chasseur sera contraint de guetter ItiS moindres mouve- 
ments du gibier, restant immobile dés que le renaid a la 
vue sur lui et n*avaiu;ant que lorsque ce dernier ne le 
fixe i)as du regard: car une f»is apen-u, le chasseur peut 
lui dire adieu ; le rusé animal part avec la vitesse d'un 
coursitr. 

Pour cette chasse, il faut des muscles d'acier, une pa- 
tience à toute épreuve, une connaissance profonde des 
habitudes du renard, J'ui connu un chasseur, qui de la 
sorte est parvenu à faire l'aiiproclu! d'iin renard à vingt 
pieds de distance, nuiis il marchait sous le vent. Certains 
chasseurs savent inùter h cri du mulot; (juand le renard 
est affamé', ct-t artilicu a quelquefois réussi ; d'autre., at- 
tendent ]).itiemment sans remuer, jiour faire l'apjinjclie, 
que la bètt; se livre au sonimi'il. 

(Jhoso singulièr(% à m.>ins d'èln; alarm ', un roTiard 
revieivh'a, ciiaijuo JDiir et à la mêmi^, h -ure, an poste 
qu'il s'est choisi. Le parcours d'un retiard aftamé, et en 
quêie d'aliiuiuts pendant la nuit est très considérable ; on 
prétend ipie les renards descendent la nuit au clair de la 
lune, des montagnes de la Jeune-Lorette, rôdent autour 
des tanneries et des abattoirs dans le voisinage de la ri- 
vière St-Charles, près de Québec, et sont de retour, les 
gaillards, à leur tannière, au petit jour — une distance 
aller et reto'.;r— de dix-huit milles. 



LE LIKVHE COxMiMUN 



(LU'IS AMKIIICANUS) 



Lit'ViTJc siii-, (If |>t:lile ^l.iliiro, 
Uunnint plaisir uiix n< l»!is it gcnni, 
D'iwtii' iéi,'fr et vite de n.iluro, 
Sur toiit<; l'été on uil- ttoniie le prix. 
Ut; K()ni,i,oLX. 



l'euanl 
poste 
H^t en 
|i' ; ou 
de la 
lutouv 
la ri- 
^r, les 
ïtance 



1-e lièvre «lu Canada aj)|>îirtieiit à une fujuille fort noni- 
Lreu.se ;onen compte à ]ii'U près trente variétés, dont seize 
H dix-S('j)t, habitent le Xon veau- Monde, le reste est indi- 
!,'ène à l'aneien. 

L'Aint'ri(Hie lîritanniiiue eu réclame au moins deux es- 
]>èees : le lièvre commun, Lcpiis aiucricanus, et le lièvre 
de Vir<4iine, Lcpus cini'niiti.nc'^. 

Notre lièvre, malgré ce iju'eu oiiL écrit les naturalistes, est 
bien le lièvre boréal des ]uemiers temps de la colonie, le 
fhn'ulus IcjULs décrit en IGoO, (1) par le Frère Sagard et 
en 1740, (2) par l'ami de l'hôte de La Galissonnière au Châ- 
teau Saint Louis, le botaniste suédois Herr Peter Kalm. 

(1) Sfiganl Théodnt, p. 747, 1 ,".:!(». 

(•>) Kalin's TmvelB in North America, vol. IXII, p. p. Il, :J76,— 177*^. 



90 



CHASSK 



Cet animal l'icliiuigc, en avril, son blanc ot sctyuux pù- 
liig«! il'hiver poiii- nnn livn'u d'éLi', Lçri.sdhnim', moins ôolu- 
tiinU', (\\w. 1rs i^r^K'i'S ijo novembre lui feront (lé[»().ser. 
i).in.s le ,!j;!'anil Nord, l.i, tbuirure entière du lièvri; vn 
biv(!r, est d'un blanc \>Hr, à l'exception d'une ii^iièrij noiro 
autour (les extrémiti'.s des oreilles : ses niuinces, nu reste;, 
varient avec la latitude. (1). 

11 a la tête traiiU", les oreilk^s loii;.,niL's, l'odurat fin, les 
yeux grands, proéminents, le corps alioiig', matelassé d'un 
pèiage làclie, jieu éi)ais, avec une espèce d(! duvet près de 
la peau. 8es pieds sont fort longs, foitemiint garnis de poil 
just|U*au bout dos griffes, (jui sont longues, fines, aiguisées, 
un tant soit pou nN.-oiu'bées : ses pattes de dorrièn; sont 
presque le double en longueur de celles «le devant, ce «pii 
lui assure une course fort rapide sans être gracieuse. Sa 
(pieue est fort courte. L; poids et le volume du lièvre ca- 
nadien varient. Un lièvre adulte pèse en moyenne cinq 
livres et demie et mesure, du bout du nez à l'extrémité de 
la queue, jusqu'à dix neuf pouces et un quart. 

Ou a prétendu, k tort, que le lièvre du Canada, traqué 
}iar les chiens, cherchait un refuge dans des trous sous 
terre ou dans des arbres creux. Un de ses abris favoris, c'est 
un rameau touffu ou la tête d'un pin ou d'un sapin repo- 
sant sur le sol au sein d'une clairière ; il se blottira, volou- 
tier.s, sous un amas d'écorc is de priiche, que les tanneurs 
auront amoncelé dans la forée. " Cet animal, dit Blaze, 
craint la rcisée, il a ppur île se moailKM- le=; patte? et le poil ; 
par cette raison, il choisit les sentiers battus, ceux qiii sont 
les plus propres." 

LlÈVHB NOIR 

(:î) M. Z )cl Gajinou, cinployt! au burunu do poste, u fait c:)(leau à 
rUniversité-Lavaldun magnitiiitu; lièvru ù pelage noir, pris ù N.-D. de 
Luurdres, dans le cuiuté de Mé.^aiiliu. 

{Courrier Ju Canada, 11 mui'S IruHT.) 



LE LIÈVKK COMMUN 



91 



craque 
sovts 

\, c'est 
repo- 
'olou- 

iBlazo, 
poil i 
li sont 



|:idcau à 
-D. de 



'.) 



Il s'en remet à sa vitesse, à arm rare talent jjour dépister 
les chiens, jiar ses ruses, en se blottisant, perdu uu sein 
d'inip^qn^'trjibles fourras, de savanes inaccessibles. La 
lueute (^puisde de fatigue, abandonne souvent la poinstiitv ; 
le timide animal n'a plus qu'un ennemi à éviter, h; clas- 
seur embusqué avec son fusil sur le sentier de la mon- 
tagne, où le lièvre est sûr do passer. 

Lorsiiu'une éj>aiss(i couche du neige blanchit le sol, !.<■- 
pus, monté sur les raquettes que la nature lui a données, 
y laisse à peine une légèn.» trace, tandis <jue le <hieu 
de chasse f.itigué, hdetant, y enfonce cha(|ue pas jusqu'au 
ventre ; adieu, sire, [Kjur ce ji»ur-là. 

Bien difl'érent du lièvre d'Europe, le nôtre trouve ^a 
nourriture dans la forêt, loin des champs de navets ou <li; 
choux de l'agriculteur. En et', il se nourrira d'herbe 
tendre, de feuilles, de bourgeons et de l'écorce de certains 
arbustes. En hiver, le com«stible est plus rare, alors, il 
compte sur l'écorce des saules, du bouleau, du peuplier 
noir, sur les bourgeons des jeunes pins. Le lièvre du Ca- 
nada en quête d'aliments, sort à la brunante ou aux pre- 
mières heures de la nuit, l'automne et l'hiver. En été, il 
n'est pas rare de rencontrer, le matin ou vers le soleil 
couchant, un lièvre, explorateur solitaire, suivant cotu- 
leusement son sentier chéri, sur le versant de la colline : 
alarmé, il frappera bruyamment le sol de ses paf.te.s d.* 
derrière : se réfugiera dans le fourré à quelques mètres du 
sentier, où il se blottira, les oreilles droites, assis sur ses 
hanches et écoutant, pour découvrir s'il est poursuivi. Ce 
bruit f.iit avec ses pieds sur le sol se ré[)ète aussi quand 
le lièvre rôde la nuit : c'est un indice de crainte aussi 
bien que le signe de provocation des mâles à leurs rivaux, 
à la saison des amours. On assure que le lièvre fréquente 
le même bois, le même sentier pendant plusieurs années 



9J cn\ssK 

consécutives; souvent, yiour son umHumii U'iiis! C'est h\ 
•|Uo li; triippeur dispose lo collet «le crin \ cheval ou de til 
de laiton pour le c;a|iturer, le pauvre sire. 

La femelle porte six .semaines, dit-on, et donne le jour 
en mai à une famille de levrauts, variant en nombre do 
deux à six à la fois : elh; u une seconde portée vers l'au- 
tomne, l'on croit. 

llien diflérent du lièvre euro|téen, le lièvre mâle eu Ca- 
nada ne maltraite pas ses jeunes: père indul<^.int, il n'est 
pas rare de le voir surveiller d'un air recueilli sa nom- 
breuse proLjénimn!, se com])laire même aux gambades 
folles de, eette jeunesse indisciplinée et inconseiente des 
dangers <ln dehors. 

Le lièvre 11 beaucoup d'iMinemis: d'abord l'homme et le 
chien de ehasse ; puis, les bêres fauves, le renard, la fouine 
le loup, le lo ip-cervier surtout: (|uel(piefois le chit do- 
mestique lui tendra des embûches. 11 devient une proie 
facile aux aigles, aux hiboux, aux éperviers : le Duc 
de Virginie, et le hib(ju blanc lui font une guerre acharnée. 

Il ])ei\èlre, en Cauiida jusqu'au G8° degrée de latitude, 
au nord, et sa limite au sud, semble êUe le 41" degœe. 

Il est un mois de l'aîiuée où le lièvre se livre aux plus 
étrangi's i)érégrinatiou>^, la nuit sous les ])âles rayons de 
Diane, en mars, pour lui, le mois des amours. 

Mon dom duo avoisiue à l'ouest le beau i5uis Ginnla — 
séjour de tout temps, achalandé des lièvres : eu mars, la 
neige recouvre nos clôtures sur la voie pul)lique et eu 
rend l'abord facile, aux lièvres, aux renards aux loup- 
cerviers et autres coureurs de nuit. Chaque printemps, 
notre avenue est sillonnée en tous sens, de pistes de lièvres. 
J'ai eu la curiosité de suivre queliues unes des traces de 
ces rôdeurs : j'ai pu m'assurer que plusieurs se proloa- 
geaient ju3qu''au delà de mes serres- chaudes, en escala- 



KE T.IÈVUK COM.Ml'N 



98 



(laiit la couc'lio de neigo qui s'nmoncèlo le lon{4, jiistiu'nu 
toit. 1/nninial dans sa course iiiscnst^o avait ëvideminont 
jiasso oiitiv, pli. tôt qiiu dévier (luelquo?» mètres pour eoii- 
tuiiriier l\ib>tacle. Mu cuisinière, autiiiiie saxonne, très 
\er.s»'e dans It.s <licU»n.s |;oj»uliiire.s des an<,'lais, ai)j)li([Ue 
aiix lièvres le proveibu " Mail as a Marck U<tvv. Fou 
("iiinie un lièvre en mars," et son exj>lic,itif)n fait arrêt. 

JMaze diiis son cliiirniaiit volunii! ])eint au noir les 
hèvres du Vieux Monde, à li jiériodi' «Is acooujdiiini'Uts 
►Si les nCtre.s oui encore l'iiiihitude d.e "soui^'er en leur 
elle " (;oniiuo au temps du bon L ifontaiue, ils ne; l'iujent 
]ias et sont bien moins san<j:u inaires ; an mois de m irs, dit- 
il, lorsque le jtrintemj^s fait sentir sa douce iuHiience, les 
houquhiK ou milles poursuivent les hases avec un auliar- 
nen)ent incrovable : leur amour ressemble à do la rage. 
(1) Ils se livrent' entre eux, des combats sanglants, qui 
souvent finissent par la mort. Un jour je i)assai sur le 
champ de bataille de ces messieurs ; je vis, en frémissant, 
le poil de lièvre répandu sur le sol, en qtiantité sutlisanto 
jiour faire un manchon ; par ci, par là, des traces de sang ; 
un bout d'oreille déchirée par des dents qui jamais n'au- 
raient dû couper que de l'heibe Plus loin, un cadavre 

;alpitant encore. '* Voyez h s dangereux effets de l'amour, 
dis-je à ma cuisinière ; et faites nous un bon eivet." 

(1) C'fstiiur citte niistm, njo'ito lîlii/.c, sans iloiit*-, que Vi-mis ent 
apieléo lar «nulquiK autrms latins, la niùrc des lii-v os : A/ma Icfionim 
mater. 




LE CHIEN 



•ANlri KAMILIAUIS 



I.- comte .le IJurton u consacré de bien belles pages à la 
•l<'scription (lu chien : h .lature lui a, en effet, fait don de 
l'»v<;ieu8es^ qualité. • élégance de f)rme, force, vivacité, 
V!t'>s.se, l('g6r.'t.', ..Jorar, «xquis, courage. intellig(înce' 
n..turel aftVctu.Mix, (Méliié, dévouement sans borne. 

•' Le ehi„n, dit Uu', .-st sans contrerlit l'animal ([ui 
montre le plus d.' d.h'oumi îut k l'iiom ne. Il s'attache i\ 
s..n maître, lui consacre sa vie, garde sa maison, veiile sur 
son troupeau ^lu'il fait manœuvrer en général h ibile ; il 
guide les av.M.gles, ramène les voyageurs .'garés dans la 
neige, et sauve les naufragés. Le chien est un excellent 
:i'Hi ; SI vous c iiise/, (uiseml)le, il vous comprendra fort 
bien et saura vous réi)ondre. Le chien est le plus fidèle, 
l- plus intelligent, le plus courageux des animaux ; iî 
r-connait son maître à sa voix, an bruit de ses pas et le 
sent de fort loin. Il flatte les amis de la maison et grogne 
a l'arrivée d'un inconnu. S'il fait un long voyage, i'^se 
'Souvient du chemin ; il pleure son maître mort et l'accom- 



LE CHIEN 



95 



])ajïne au tombeau. S'il fuit le défendre contre plusieurs 
ennenns, il ne Ivs (,'oni}.téra jannais : il se lancera dans la 
mêlée, mor(k'rai)artout, tiendra tête à tous; nul danger ni' 
l'intimidera." (1) 

Nous avons nommé l'épa^încul, le mâtin, le chien de 
herj^cr, le dogue, le roquet, le Sa'nU- Bernard, le Tcvi'e- 
Neuve, etc. 

Le cliien est une race distincte ; le loup et le renard 
sont les deux animaux sauviiges ijui, par leur con- 
lorni;iti(iii extéritMiiv ress(Mnble le plus au chien ; le 
produit de riiccoupleim nt des louj)S et des chiens, ti'est 
})iis un ciiieii [)ro[»re'nent «lit; d'après Bulfon, (2) malgré 
d'intéressantes ex[)ériences poussées par lui, en 1770, 
jus(pi'.i la cin(iuiêine génération, entre une louve et un 
chien, et leurs écrois, le caractère ft'roce, intraitable, san- 
guinaire delà louve continua de se m inifester jus(iu'au 
bout paiini ses farouches descendants. î^es chiens domes- 

(1) M. .1. [I. (ingoiy, toiii en caiisiiiit i.liiis.sc ot rliious lui.! glisc à 
loicilli: 1.1 jolit! IcliuikIu iini suit, iv.liitivomciit au lôlc «lu chicii vis-ù-vi« 
nos jiiTiiurrs ji/iniits : " «jnan! A'!;im riM.ut onlru do .-ortir du Par ..lis 
t rrostif. il se ti'oiivii ffi<o ii f'U'e :iv<f(; I«'k «ni maux cn^és ]ionf lui. Leur 
a-pcct inatti'iidu lui causa »ii }>i;iud clîVoi «juo le 8(>uvtiiir do ma diso- 
l)C!ssuiiue no lit iiUii;j('rniti'o. A .sa vut^, lo lion, lo roi îles iiuiiiiaiix, «o mil 
il rui;ir ; louis de ^rogiu-r : li' i Jn-val d ■ lionuir ; la [aiitii ic liondit de 
rage: l'cltphaiit suuu i do .-a tiouijio ; lo lni'id' Ix'uula <i une n.iinii ri' 
eiïroyalile; le loupliiulii ; lo ronird Ht cnitnidro <io.'^glai)iss<'iiirutK aign.s, 
loihai,d ti<irril)lo.s uiiauloin<iit-i : un .-> ininiont d ..orrour .soiultlail s'oti e 
oniiiarô do tous les olros oioc-. A l.i ii, attiro. so pri'-païait i\ t'uir, i\ se 
(1, robor à K'Ui- o»)urau.v. quant lo diion sj trainuit ^illoi'tiunsoinoiit à ses 
gonnux lui loi'lia lo- mains el lui luuriniira on ahoy ;nt ros douoos 
|iai()lt;K : '• i^uaud tout t'aban ionuora, moi J ■ >orai iuii .lun. U'W g.irilion. 
ton dofon.sour, ton ti loli^ « ■rvitour, jiisini à l,i lin Wcs iiiii[is." 

(•..') Honcdiot-Honry llovoil,<oaibat ônorgiiiuoinont i'opiaiondu iinlVon. 
lli.stdirn filiysiolojfiijn'' cl untcdutique dm chic/m de Initie t U:x nices. p. ti.'. 

Uichiirdson, liaok, hirry ot antres uavigatouin aro(i<jut;« ainsi quo lo 
célèbre voyageur et .savant l'alla.s, alto.stent l'aooouidoiacut dots chitUrt 
avec les louves Idfim p. G-'. 



90 



ClIASSK 



tif.jues fuyaient la pruseiifo du ous inétis, lGS.|'iels, émet- 
taient coiiiiiie les loups une odeiiv particulière. 

(^ui alors nous (îxpliipu.'ra l'orin'iue de nos ehions es(jui- 
inaux, lesfiuels hurlcn-, :nai> ii'aboyeut ]ioiut, ont les 
oreilles droites, jjoinlues la c mleur, la tiillc, la dégain.» du 
loup, sa vorar'ite (1) ]iour la chair crue d(ï la volaille et 
.'souvent sa iér.K.'ili'. Kicu de pi si-) lugubre, nous dis(;nt 
It'S voyageurs, que d'(MiLendrt>, ]K'iiilanl le silciire des nuits, 
sur la plage glacik', inhospilalièi' ■ du Labi'ailn', les chiens 
e-ajuinumx Ipiileur — rcunis eu baude — (l!') al'l'auiés et 
prêts à dévorer lioninic ou béie qui s'ave:!tiirerait sans 
défense [aruii eux ! Uu K;-, nouinie Cldi'us-Ljups, Wolf- 



il) l'ii .-tiiirilii' clii<!i (• i('ii.!iiiiu. qii.' Ji' tenais, c'oiiiiiH' iiu'Mii^- do 
Muvto. iiiiniuô I:i nuit dnn< mon o.une, jçrugcfi tlo ses kin.uiu'.s dunts 
canines, un tioii diuis nue eltii-on solidi; qui .-ibiit'iit un poiilaillcr et 
bien que re[)iis .!e l;i veillr, il éiianjjfla et av;i!a, chair et us, lui ilindi;>u 
lio lu que nous réservions pour le (lin'-r de Noël. Ilélas ! 

(.) Le cliiiu cs(iuiiiiaU; dit JI, i idihé Fer'and, a servi de l)ase à 
toiles les fanilles d'- chiens au Lai trader ; dans ciuelques localités, il 
s ■si croisé avec des chit us ap; aiîenant à tl'uutres ra es ; ai Heur.-, il a 
été conser\é |iur et sans inéliiiii;e. Le vrai chien esquimau csl tle forte 
taiile ; sir^litesl iilau' h.- avoc (jiielques taches noires; il a le [loil 
long, les oreilles [lointues. la queUc touÛ'ue et r<.'levée : il naboie point, 
mais pousse des cris court.-, et étoulVés, (jui semblent être des essais 
dalioieinent. Il resseinMe d'une manière tVaiipante au lo ip dn pays, ou 
plutôt cest u.i loup réduit à l'éiai domestique ; assez souvent, ou a vu 



un lou;i au milieu ..i iino tiouoe dt^ chiens 



■squimaiix'. s'amusant à 



jour avec eux ; mais les deruii-rs ,send)lent compreUiire qii'' celle cou 



i(a,unie II est pus resii 



car, dans es occasion-, dés (juils aper- 



coiVillt 



U'.' mai;i' , ils ;'i- un ut uu air 



d 



avilé iou:-;i t'ai; ( (imi(|U 



l.|'> deux t';niiilcs >alii' ii; ciUrliMi l'ois ensend>le 



Si 1, 
ha>>il 



s ( h ( Il - e qiiiiuaux ne savent poiii' alioy r, lU rev.m li ■ i 



coIU'i 



sont 
es il liurlcr : clia jU" m ir. autour d''s maison-, ils doiiie nt uu 

iri.'- 



rt au p'diit dis ilorni' lU's. l'n vji n;c < hieu co;uineneo oïdina 



lU'ut à donner le ton avec sa voix {\" haisscvtail 



luiis, viennent les 



t nors et eiiliu les j unes chiens se Joignent cou (ininn; nxw ai:<'ieiis 



de la 



troupe, et mi olicuur «le inus:(iuc int'ernale continue ses liinienta, ions 
ju:^llu à une hi lire avancée do lu nuit.' 



LE CHIEN 



97 



lit MU 

lliiiiiin;- 
licllt l'.'f' 
IIS de la 
Itft'.iuus 



Dog.s. De inome que l'on désigne c unnif ohit ns •^unA'ages 
ladian Bogs, ces intelligents eanieh -s à ])i)il iM..-i, à nez 
t'fïîlé, à oreilles droites, de citnletn' ;j'''ii('MM,l('inent fauve, 
avec pieds et ?nns"a!i tioin, ipif li-s Indiiis eniuloyont 
])Our tvajaor les lièvres et fiir; 'tr^in -li ■!- ]••>» pT lri:c. Dîs 
chiens sauvag»*^, \)h\< ou moins gr;t.n Is il' taill ', existaient 
t'ii Aiiiéii lue, à sa dL'CO'iVt'rti\ CI! ■■n l'xiste ciu.'ore, tel 



i|iu' rj*/'(f(;vMlans i*Ainrii.|'i',' 'bisiiil.; h .s ab irigèin's 



en faisait'iit des fûiis et d' 



(Mtii 



;iiiiic 



le l'ii'"e S.i'Mvd 



aute li'autres tnel.- 



lie ii'ouL uiMirorhaat < 



4'i' 



l' I; 



ti(iu\;iir 
i i.'h lii' 



ht' liig-^tiuii t.ieile rt 



Il :iui' 



Le cliioli tr in>(K)!li' di^ la /Ane teMi|»'r.'t' a la /,ône 
bâtavdit ; mais il i t-ut fn!;nvr mi'ui" le i'roid 



tori'iil 



e, s a 



ai'êti(iue. 

La raje de i;es chiens énurnies, <i':i, au tliiv d*.' l'Iine, 
ne reculaitnit })as en piV-sence >h) lions ou nièin" d'élé- 
]hants, seud)le avoir disparu: on les noîniuait chiens 
d'R[iire, chiens de rAr.iaaic Au ^iè(•]e dcrni.-r on parlait 
beaucoup des énormes spécimens de 1 1 race citnine de la 
Tartaril^ de l'AIltanic, du nord de li (îiric, lin D.nu'iuark, 
(le rirlamie, comme les plus loi'ls, li'>; jtlus ]iai>siiits de 
tous les milieu-;. L'anticiue //•<>// WoljJionnl a disi.ivu des 
monlagu'js de la Verte I-a'iu. Oa i.'ncoiiîre cucove dans 
le noril de ri'^uropc le Gnin<l n'cnttis, m;ii- il est bien 
rare: et les l)ons ndigieux des Al|tes, malgiv ie terribles 
échecs, ont réussi à (Muserver leui' superbe race de chiens 
tpu d(!scendent, peut-être, des puissants matins de l'Albanie 
— Alban tan Mad'ifs. 

lintlon dit avoir vu en France, un chien i\\\\ lui parut 
avoir, tout assis, près de cinq pieds de hauteur et ressem- 
bler au grand danois bien qu'il en différât par rénormité 
de la taille, il était tout blanc et d'un naturel doux et 
tranquille. 



'.'8 



. si; 



l.c i'iih<ni />lo(i<U(OVi!</, li;;'itin do l'île <!c ('i.I'M, et le 
i^avui-Bonavil, >x\\\i les dei.x i)lii.s gniiides csiicces que 
nous Hvou.s vues iiceniment en Amérique. 

Au nU'iort elc lUiflou, le chien de berger, le Colley, 
] cul éire cun.-idéré coniuie le vrai chien de uature et la 
souche uu lige commune de toutes les aulies races. 

" Les ossc ments découverts par M. J jonrguignat dans une 
couche des cavernes Fontaine et de la Siague (Alpes- Ma- 
litiiues) qui appartu;nt à la ]liii>c tiizoique de la |ériode 
qiuiternairc, appartient u »i» ux types : le diien de berger 
et le dogue de grar.dc taille. Ceux trouvés à Xove, près 
de Vcticr, (t îiiix Chqiiers, près de Grasse (Alpes-Mari- 
times) (liMis une couche de la phase ontozoïque, qui suit 
la préccdeute, sont les débris du basset, du chien courant 
du chien d'arrêt, et du chien de berger."— (^«rr('2/ re.) 

Le Colley trans^jorté dans les climats rigoureux du nord, 

.'^'est eiilaidi "t ra)>etis.sé chez les Lapous, et jnirait setre 
UMiintinu cl némc j'crlectioiiné en Islande, eu Russie, en 
Sibétie, dont !e climat est moins rigoureux, et où les jeu- 
ples ?out uu j)eu plus civilisés." 

Voici une page (jue nous transcrivons sous toutes ré- 
serves, 

" Le mâtin, transporté au Nord, est devenu grand da- 
nois, et transporté au Midi, est devenu lévrier. Les grands 
lévriers viennent du Levant ; ceux de taille médiocre, 
d'Italie (Italian Greyhound', et ces lévriers d'Italie, trans- 
i)ortés eu Angleterre sont devenus lévrons, c'est-à-dire lé- 
vriers encore plu.s ])etits. (English Greyhound). 

Le grand danois transporté en Irlande dans l'Ukraine, 
en Tartarie, en Epire, dans l'Albanie, est devenu le grand 
chien d'Irlande (Great Irisli Wolfhound), et c'est le plus 
grand de tous les chiens. 



LE « HIFN 



99 



L't 11' 

i que 

et la 

us une 
s-Ma- 
éviode 
berger 
e, près 
-Mari- 
ui suit 
îouraut 
f re.) 

u uord, 

t s'être 

sie, en 

jefj leu- 

ites rc- 

md da- 
grands 
lédiocre, 
[, trans- 
Idire 1*5- 

;kraino, 

grand 

Ile plus 



Le dog le (Bull dog), introduit d' Angleterre en Danc- 
ni irk, est d.3V<!nii petit d inoi.s ; et Cti ni^^'ine petit danois 
transporté flans l^.s eliniiits ehiuids, est devenu chien-turc. 
Toutes ces races avec leurs variétés, n'ont été produites 
(pie par riiilluence i\n climat, jointe à la douceur de l'abri, 
à l'effet de la nourriture et au résultat d'une étlucatio'i 
soignée. Les autres chiens m- sont ])as de race pure et 
proviennent du niélang.' de ces premières races. 

L'ami de l'homm*', le chien, devient chaque année ilo 
plus en plus un être choyé, prisé, privilégié môme. Ou 
enregistre la généalogie des Alexandre et des Napoléon de 
l'tispèce, dans le L'iVi'c d'or des clubs et des chenils, avec 
la même exactitude que celle des Hls et des filles de 
Godolphin, d'Eclipsé, de Fh/lnr/ Datchman, de Oladia- 
teitr et autres coursiers remarquables du vieux monde. 



" Les expositions de chiens, dit Benedict-Iienry Revoii, 
sont d'origine anglaise : 

" La première graaie exposition de chiens que l'on cite, 
en Angleterre, eut lieu à Birmingham eu 1800.... La 
seconde, eut lieu en 180 1, à L3eds, patrouée par le comtes 
de Derby, Grey, Grosvenor, Ripon, Lord N"eville, Lord 
l*aget, le duc de Northumberland, le duc de Carlisle .... 

La prernièrj exposition de chiens, en France, date de 
18()3. Elle fut ouvcrt/C le 3 de mai, au jardin zoologique 
d'acclimation au bois de Boulogne. P.irmi les {)atron3 
et membres du jury, on lit les noms de M. M. Drouyn do 
l'iiuys, le baron James de Itothschd l, de Quatre-Fag^'s le 
(•')mte d'Kpremesnil ; le prince de Wagram, le vicomte de 
l.arochefoucauld, Albjrt Geoffroy Saint llilaire. 

D'autres hommes distingués y prirent part, tels que le 



100 



CHASSE 



vicomte Paul Dam, le duc de Plaisance, le baron Lam- 
bert, le comte de Oarrayon-Latour, le docteur Vernois, 
Paul Geruzez, le comte Henry Greffulhe, Mackenzîe 
Grieves, le comte Henry de l'Aigle, le vicomte de Grente, 
le vicomte de Boisgelin, le comte de Chézelles, le baron de 
Noirmont, le baron Le Coulteulx de Canteleu, le duc de 
Beau fort et alil. 

Il y a dos choiiils célèbres dans chaque grande ville, 
aux Etats-Unis, où sont offerts en vente des Saint- Bernard, 
des Mdthisi, des Doguei'^, des Pointers, des Setters, des 
littrievers, des Epar/neuls, dos Terriers, des Collies, des 
Pvgs, de bnnno race : on en a vu se vendre de $100 à 
SI, 000. (4) SI 5 rei absente le coût d'un chien ordinaire. 
Les expositions annuelles de la rac(î canine aux Etats- LTnis, 
ont grandf^iiient contribué à son amélioration 

. Il est |ierniis de croire que la célèbre exposition de chien 
de race, à OttiiAva en 1883, sons les auspices du gouver- 
neur général, le marquis de Lorne, a produit d'excellents 
résultats. 

Chaipie S'-niaine, les grandes Tievues du sport chez 
nos voisins, Forest ami Stream d' On.ting, etc., em-egistrent 
les concours ou " Heldtrials qui ont pour l)ut de désigner 
les sujets les plus ajites k perpétuer la jjureté du sang et 
les qualités qui distinguent les races ", ia liste des prix, les 
noms des conujétiteurs heureux, aussi bien que les ventes 
des chiens de race aux chenils les [)lus en renom. 

" En Allemagne, en Belgique, en Hollande, comme eu 
An«^leterre le vent soutlle avec persistance, aux exposi- 
tions canines (Barreyre). 

(4) J'ride o/tke Border, le magnifique setter de Charles H. Baymoiid 
de N».w-York, est évalué à $l,JCO. Tranck ForesUr refusa $800,pour ses 
deux pointers. "" 



lam- 
rnois, 
cenzie 
rrente, 
ron de 
LUC de 

3 ville, 
rnard, 
rs, des 

es, des 
SlOO à 
dinahv. 
ts-Unis, 



ie cliieii 

couver- 

(ccelleuts 



ort chez 
cristreut 

désiiîner 
sang et 
|)i'ix, les 
s ventes 

)m. 

omme eu 
X exposi- 



Raymoud 
jOOjpour ses 



LES CHIENS DE CHASSE 



LE l'antiquité 



" Les peuples de l'antiquité qui ont rendu le plus écla- 
tant hommage au mérite de la race canine, sont les Egyp- 
tiens. Il voulaient leur élever des temples en récom- 
pense des services que les chiens leurs rendaient sur les 
rives du Nil. Les bas-reliefs et les sculptures Egyptiennes, 
au Musée Britannique révèlent deux variétés distinctes : 
l'une, un grand lévrier taché de blanc et de noir, ou jaune ; 
l'autre, un petit chien ressemblant à notre terrier, notre 
rattier. 

Les princes Assyriens n'avaient pour armes dans les 
battues royales, que l'arc, la flèche et la lance, et pour pro- 
téger leur personne, des chiens monstrueux et féroces, 
ressemblant au mâtins du Thibet, lesquels se ruaient sur 
les lions et les tigres, à la suite des rabatteurs. 

Le fameux chien Molosse, mentionné par Pline— offert 
en présent, à Alexandre-le-Grand, par le roi d'Albanie, 
appartenait probablement à cette race gigantesque. 

Ce chien lancé sur des ours, des sangliers, des cerfs, 
refusa de se mesurer aveu eux. Le monarque indigné, U 
fit tuer : ce qu'ayant ouï le roi de l'Albanie, il fit don à son 



102 



CHASSE 



royal COU fr6re, d'un second cliien, lui leconinmndaiit de le 
confronter avec des nntai^onistes di^jnes de lui. Alex- 
andre fit relâcher un lion : qielcjiies numu-nts ]ilus lard, 
ce nionanjtu' des f()r(?t.s succond)ait, le dos broyé. On con- 
fionta le eliien ensuite avec un ék'jiliant ; le ^land chien 
ajtrès l'avoir Jiiircelé d'incessantes morsures, en vint ii bout : 
bientôt le colosse s'abattit et la terre trembla sous son jioids, 
}\ la vive ffatisfaction du roi de Macédoine. 

Long((ni])S avant que lîisniarck et lîoiilaiij^n'r eussent 
pongé à enijiloyer des chiens, dans l'arniée, le roi 
des (!arani:intes, rtîvenant de l'exil» ramona avec lui 
lïiiwx cents chiens, qu'il gardait jour se défendre de ses en- 
nemis. 

Le peujle [de Co]ono]hon et de Costaboh, maintenait, 
au dire de l^line, des lrou| es de chiens pour combattre au 
premier rang de l'armée, et jamais, paiait-il, ils ne tourno- 
ient le dos ]'Our fuire : alliés fidèles, leur solde ne con- 
sistait que dans leurs rations de chaque jour. 

Les grands chiens-louj)?, les lévriers et une petite espèce 
ressemblante aux epagneuls, sont ceux qr4e l'on trouve 
d'ordii aire reiiroduits dans les sculptures grecques. 

Argos, le fidèle compagnon d'L'lysse, est figuré sous les 
traits d'un énorme chien de chasse, à tête effilée, au nez 
quarré, à queue recourbée. 

Homer décrit les chiens de son temps, ranuissant les 
miettes autour des tables, aux banquets. 

On voit encore, à l'entrée de la salle dite Sala degli ani- 
mali, au Vatican, des chiens Molosses sculptés dans le sa- 
lon Grec-lîomain. Au musée Britannique, les chiens de 
l'infortuné chasseur Actéon, au moment de l'attaquer, sont 
sculptés sur une statuette, comme des Chiens-loups. — 
(Forest <£• Sircam) p. 52, Fehy 10, 1887. 



LES CIIIKNS CKLKBRES 



lîciie licî-il''iii y ll'.'voil, rt'v^uiii" uvoc entrain l'histo- 
litm*? dt's (;hioii>< clôltivs : 

" Le cl.ieii ;i ('té t'ans tons 1rs ti'iii]i-3 un o'ijot 'le coiiai- 
(lt-v;ition <lo lu part des hommes. l/Anciuii Testament 
indique le chien de Tobie qui, quoique aveugle, reconnut 
son maître. D.ms la nivtholonic nous voyons le chien 
jouer un (•vund rôlti ; car on le sacriliiità Mars et à Mer- 
cure, à Tan et à Ksculape, à Hécate et à d'autres divinité.s. 
il «'tait le compagnon du Diane et l'attribut des lares. 

J^es Egyptiens dii l'antiquit'', dont les dieux croissaient 
au milieu de leurs jardins, les Kgyjttinns qui adoraient 
l'ognoii et l'ail, professaient aussi pour lo chien un respect 
idolâtre. Ils ];leuraieut chacun de ctux qui ni.uiraient et 
l'enterraient en grande [lompe. 

H<.'roîote rapporte que le gîMiid Cyrus avait dispensé 
{[Uatre villes de toute contribniinn, parce »iu'ellcs avaient 
f-])ontanémeut nouni de, nondjvi'ux chiens r..yae.x. 

Alcibiatle ]aya, selon l'iutarque, pour un <le ses chiens 
de chasse, la scmirne énorme pour ce temps-là de sejtt mille 
drachmes (environ cinq mille six cent vingt-cin(i francs). 



104 



riIASSF 



Beniitlu) Visrtinti possédiiit ciinj cents cliicn.s de cliii.s.so, 
qui c'tjiii'Ht iiduriis |i;ir les oc.i vents do liolo^iie ot des 
environs. 

A (îôiM'S, dims ]»' jardin du ]inlai.s Horia, on voit un 
niapiirK|U(^ nwiuholi't.' en nuirlre, élevt? h lu nu'iuoirc d'un 
C'iiien qui l'ut le favori du brave marin Andn' Dorin. Ce 
chien déeed(' en 1 GOâ rec;iU ]ieiidnnt touti- la durée do sa 
vie, du roi riiHiji) e II, d'Es]ia]nne une ]ionsion nnnuoUe do 
cinij cents ducats d"or. Il, — le chien, était servi par deux 
esclaves, qui lui aj»[iortaient sa pitance dans des plats 
d'ar^'cnt. 

Kréderic-le-Ciiand lit élever un monument semblable, 
dans le jar-lin do Sans-Souci, i\ sa chienne bien-aimée 
Alc'ïiuvr. Une autre chienne. Biche, i|ui était tombée aux 
mains des Autrichiens, à la bataille de Soor, en 1745, lui 
fut rendre, sur ses instantes prières, i)ar le général 
Jiadasdi. Le ])hilosophe de Sans-Souci était, du reste, uu 
grand amateur de chiens : certain jour, ne dit-il pas au 
marquis d'Arj^ens : " J'aime tous les chiens, excepté les 
Autriehieus." A Voltaire, qui ne pouvait comprendre sa 
prédilection pour les chiens, Frédéric se plaisait à citer le 
peuple UKtlosse, qui faisait à ses chiens de splendides funé- 
railles ; les A^riovntins, (\m élevaient, en l'honneur des 
chiens-, des statues commémoratives avec inscriptions ; 
Alexandre !e (Irand qui ei. l'honneur d'un chien mort, 
avait construit une ville ; l'empereur Adrien, qui, en 
méniuire de sa chienne décédée, ordonna de grands ban- 
quets le jour des funérailles ; et Serge, qui, en souvenir 
de son chien Ar/ebour, dévoré par les louj»s, avait décrété 
un jour de jeune général dans son royaume. Les chiens 
ont toujours eu leur place dans les palais des souverains. 

Le lévrier de Charles IX est historique. 
Henri IIÏ laflblait des caniches. 



lES CIIIINS cf:LÈBKES 



105 



dea 
)ns ; 
iiort, 
en 
Ibau- 
^nir 
irété 
liens 
ns. 



Le roi Charles XTI de Suède fit enterrer solcnnellenieiit 
son chien fiivori Pomj^c et com] oser f oiir lui des poésies 
et des épitaj/hes. 

L'impératrice Catherine II de lîussie ninmit aussi fon 
<?pagncul lîngerson au-delà de tovA, et, a; rîs sa mort, elle 
composa à son snjtît un t']iita]he m français. 

Mais ce n'est pas seultiiii-nt piiinii le.' t«*t('S eonrnnnc'i.'S 
qu'il y a eu de grande' amateurs du eliitns : les savants et 
les ])oetes en coniptent uassi un nondjre considérable. 

Le célèbre cardinal Piitro IJonibo possédait un chien 
dont la mort l'affligea profondément. 

Le jhilosoj he, astrologue et alchimiste Corneille Agrippa 
de Nettesheim avait jour et nuit près de lui un chien qui 
reposait sur ses pieds et ])assait aux yeux des gens super- 
stitieux pour un diable déguisé. 

Le savant Juste Lipse, avait trois chiens (|ui s'appelaient 
Mops, Mophirus et Saplurus : il les aimait au point qu'il 
fit peindre chacun d'eux à part et qu'il leur dédia des 
poëines à tous trois. Le dernier, qu'il chérissait plus ten- 
drement, étant tombé dans un vase d'eau bouillante, Li[)ce 
écrivit à son ami Philippe Rubens : Tridis hœc scriho ft 
iuxta lacrymas, non video. Swplurus meus obiit et id 
violenta morte. On voit, à la bibliothèque de l'université 
de Jéna, le portrait de Juste Lipse peint avec un chien 
dans les bras. 

Le fameux jésuite Maiml)ourg était un amateur si pas- 
sionné des chiens, qu'un jour il prit ces animaux pour su- 
jet d'un sermon, dans lequel il décrivit exactement le chien 
du roi David, et compara les dogue anglais aux jansénistes, 
les mâtins aux trappistes et les vigilants chiens de garde 
aux jésuites. 

Un autre révérend, le père du Cerceau, qui éciivit la vie 
de Bienzi, a aussi chanté son chien Mirtille. 



km; 



<'UA««K 



l'iiul Si' mon (Iciliii un (U; sos ioii;»ms cdmhciiu'.h au jictit 
Idchoii (le sii sii"ir, iiiiqiuil il aviiil doiiiH'lr nom dt! dvilh'' 
iiitllr. !.(iisi|iril M' l)i()iiillii iivc<; .^a fiiiiiillt', il eut lanii'- 
rli.mc il' (le nu-tir.' d.in'- la x-cdinlr ('• lition j'iirnii l".s crrahi 
di' l:i iir"niiôvi! : An lii'U dr, /o rlticuiH' ilc uki ynu r, li^'C/ : 
iiii( chi/)i ne (/(.• siiii r. 

r»rn/,cn di- la Marliin"i'-rc ili'di.i la s'-c ind<' parlic ilc ses 
I'jH/ r('.fu'n>^ *h-s OitiJii'iH tiii.r ('litinnix L'h/.-c'cs an (diii'n 
Iivni'i du liliciiic l'ylnici's, d'Ainstcrduni. 

l'n i)ii(''!c aii^rlai-^, Swift, ^i je ne tmi; tionipc, lil liwniniii,L;i< 
d'i:n di' ses (iuvr;iu;i's à son j'ctit c] a-^ncMl. 

!.(; roi Henri î \', li; nuKlèlc des .SDUVciains framyds, 
aimait fort Ics^chicns, ce (}ni inonvait s;i Ixmtr. l)(^vi'nu 
l'ui di' FiMiKH", le lîéai'naiï<, ;ini |)(is.s('(]ait un " t(»nt(iu" dié- 
lic, TKtmnio Fiisior, l'envoya h ]yu'\>])ii [lonv y prcîidrc les 
bains dt- mer, ce (|ui i-iva liistoririiU'incnt la vc'iiutiitioji thi'- 
raiH'Uti'iUu des hains I)i('[)i)ais. Il ]iarait (|uc; Fanor, 
mai>4;r(^ roquer, si l'on en croit la clu'oni([no avait ixMisi' que 
la favori du roi son maître lui permettait de chercher im- 
punément noise i\ un mâtin de race irès-rotm-ière et foit 
inni endurant. Le ro(|uot du roi fut honteusement hous- 
]tillt', et a])iirit à ses dépens qu'un titre honorilique ne donne 
jtas droit d'insolencj. 

Henri IV envoya Fanor h Dieppe pour guérir stis bles- 
sures dans l'eau salée. Le gouverneur de la ville, Charles- 
Timoléon de Jîeaux-Ongles, seigmuir de Sygogues, olVrit 
au blessé des festins de l^allhazai', et gagna ainsi la faveur 
d'Henri IV, (jui disait très sérieusement. 

— '^ui m'ayme ayme mon chien. 

Le roi Charles X Jivait pour ses meutes un3 considé- 
ration toute particulière, dont un volume précieux, le 
Livret des 67/«.sw^' royales de 1828, fait mention. 

Madame Deshoulières composa une tragédie sur la mort 



et 



Li:8 (JiiiKNs ('f:i,fti»i:K.s 



lo: 



bles- 

lurles- 

olYrit 



isidé- 
LX, le 

il mort 



ilii cliion]^ favori de son nini (la mort th cochon, chien ilc 
M. le, .\f(i,'t{n}M (fc Vh'onnc, Ainstcrduin, 1701»). 

Une duchesse fiuiK-uise piit le flcriil à lu stiitc; do lu. 
mon de hoii diii'U et iVi^'Ut les (.'oun.liniriits de citii lnli';iii<(. 
de ses amis. 

l'ii coiiitt' (II! UlrriiKint jxirtii tviiidcniiuit le diîuil d» smu 
tliit-n Citron, et diarj,'» a son aiimoiiiii' di- romi itsir ii'"? 
('j)ituj lii' iiuur le (U'iiint. Celte ('iiitiij li", lu Vdiii : 

r'i-;.;il Citron <nii, siiiis iKiit-ôtic 
.Avait l'iub lie Nciiî* i|U'" son iinilrc 

l'aile oomtt'sse stitriclnennc ('Icviiit tout" titif iirnu'e (.h 
petits f^'riffons, et, Itjrscjti'iin d'citx iiiiiiivait, cil' liii-ail dire 
une mcssii. 

La juineesse Anne de Wiirtendmi'Lj, qui vivait eu ll'.V,), 
a Ala'mielgîud faisitit ensevelir ses eliiens dans «les cer- 
etieils de jiloiid) .... 

Newton avait, nn épagneul (jii'il aimait Ijeaneoup. Un 
Jour, il le laissa seul d.ms son caliinet, et Diarinint ren- 
versa, en joiumt, iuk^ bougie (jui consuma les calculs 
auxquels le savant avait cousaiîré une j)artie de sa vie. 
Cette perte était irréparable. Newton .se contenta de 
•pousser un soupir, et dit tianquillement à son chien. 

— Diariiatif, tu ne te doutes pas du tort que tu m'as fait. 

Alphonse Karr a eu FreischOf:, qui le mangeait un |)eu, 
et notre grand poète Lamartine est entouré de lévriers 
^plendides. 

Mon illustre ami Alexandre Dumas a eu de iiumbreux 
eliiens autour de lui dont il a laeonti' les laits et gestes 
dans c t amusant u'eit intitulé: Histoire de mes hétes. 

Alexandre 11, Em]»ereur de lîiissie avait son admirable 
t'ctter, noir jais, my lord. 



108 



CHASSE 



Napoléon III avait aussi son dernier favori liero, au 
poil noir, à l'œil intelligent, l'ami intime de Brucker, le 
chien du maréchal Vaillant. 

" En aucun lieu du monde, ajoute Revoil, on ne trouve 
d'itussi beaux chiens «[u'en Angleterre. Le palais des 
chiens du duc de llichmond, a coûté, dit-on, vingt raille 
livres sterling, et celui du duc de Bedford, soixante-dix 
mille." 



l'armi les chiens célèbres, il ne faut pas oublier Argos, 
le vieux chien aveugle qui reconnait Ulysse, son maître 
après vingt années d'absence et qui tente un dernier effort 
pour venir lui lécher la main : Boainvain, l'intrépide 
Terre-Neuve de Byron, au(juel il consacra l'épitaphe si 
connue : les nombreux chiens de Sir Walter Scott, Maïda, 
Camp, Bevis et sa meute de Peppers et de Mustards ; 
Burns avait aussi connne Alcibiade, un chien favori, peut- 
être deux. 

J'ai consacré une étude spéciale, aux chiens historiques 
du Canada : (2) Matelot, le chien de Champlaiu peut- 
être ? i'o) Pilote, la chienne du Père Lallemant, célèbre 
dans les fastes de Ville-Marie, en 1647 : (4) les "douze 
gros chiens " de garde des Eévérendes Dames Ursulines 
de Québec, sentinelles incorruptibles, aux iiguets la nuit 
et le join", contre les Iroquois ; (5) les dogues féroces du 
Baron liobineau de Tortneuf, le " Chien d'or " de Kirby ; 
Montgomery, le chien du malencontreux héros de Près- 
de- Ville, en 1775, (6) Niger ; le superbe Colley, laissé par 

(i) Vanadntii Anliquariafi, Muntieal, IS.-fâ, p. U», 

(•i) CieiLiius, Historiii Canaticnsis p. 204. 

(;>) Relations des Jésuitex, 1647. 

(4) Récit de la mhe de l' Incarnation, l(5t)0. 

.(-■)) Histoire du Cap Santé, Gatien, p. p. 31, Uô. 

,(6) De Oaitpé, Mémoires, p. p. 4 ', 44. 



LES CHIENS cfeLÈKKES 



109- 



Lord Doichester, en 1796, aw père de l'auteurdes Aticiens 
Canadiens, V. A. DtGaspé ; Cahot, le magnifique Terre- 
Neuve, présenté an Prince de Galles, à son arrivée eu 
cette colonii', en 1860. Wolfe, le colossal Saint-Bernard, 
qui lue fut oflert en don la même année, un dos plus 
beaux spécimens que j'ai encore vus ; san oiiljjier Vail- 
lant, le fidèle conijingnon de mon (7) ami L. H. Fréchette, 
qui l'a si bien cliimté. 

Alexandre Dumas, a glissé une anecdote (|ui en vaut la 
peine, sur l'origine d<t l'uGColade, ou " poignée de mains " 
qiie se donne les chiens, dans la, préface du sujievbe 
volume sur les chiens, écrit par Benédict-Heniy Revoil. 

(T) l'Oltj-n.êlt'. l'iiVluti'', il. ;:'. au-.'-i .I/'.v /.oisir.s \>. .-."i. 



ues 
ut- 
ibre 
luze 
nés 
uit 
du 

>y ; 

pès- 
par 




CHIENS DE CIÎASSK 



!.<■ hdii (.•hi<'ii luit 1(1 lidii cliiiRiienr. 
Le Idii ( liiis!-( ur tiiit le lion chien. 



En Canadfi, la cliasse à la Béciissine et à la Ik^casse se 
fait avec trois espèces de chiens : ces espèces bien (|ue le 
produit de mélanges de races, à une époque reculée, sont 
devenues des races distincte-^ : le Pointer, le Sdtcr et le 
Cocker ,sj)a7Uf'K 

LK POINTER 

Mon (.liioii biiuilit. h'iniitc t-t .suit iivtc .inlciir. 
L'oistiiu dont les zéphiiK vont lui port' r I odi-nr. 
Il sapiiroche, il lo voit, tiJinspoitt', mais (iorilc 
Il nif rcfîiiril»' iilors et dcnicun! iinniuliilc. 
.J'iivanct', l'cisiaii purt. le plomli q^n'. I u'il cuiKlwit. 
I.o tniiipo dîins l-.-s airs au iiionifnt i|H il s'cnlnit. 

SAlVr-l.A.Ml!: HT. 



Le pointer, n'est pas de race aussi ancienne (juc le 
setter. 11 fut amené en Fjunce, par des olliciers anglais 
pendant l'invasion de 1814 et 181.". On le possédait en 



112 



CHASSE 



Angleterre peut-être un demi siècle avant. (1) Il se nom- 
mait d'uboid Spanish Pointer — Pointer d'Espagne, 
parceque le croisage dos races qui le produisit semble 
avoir eu lieu d'abord en ce pays, où sa vigueur et son 
entrain le rendirent précieux pour l'exercice ardue de la 
chasse, dans des plaines arides et i^ouvent sans eau. On le 
considère un croisé entre le Fuxhound ou le lévrier 
(Greyliound) et rp^jagneul — ou entre rEpiigneul et le 
lévrier Danois. On ne doit junmis, 'inoi(iu'ou en dise, le 
croiser avec le setter. Cependant j'ai connu des Métis 
d'une rai'c sagacité. Le métis entre le ]iointer et le sett«!r 
se nomme dropper ; j'ai connu des dropper à Québec, 



(1) " L',' |ii)iiitrr i.^t !(■ ( hieii fivdri ilc- uiiplnis, il ils ont tloublomi'iit 
di'dit (Un ùtiu lier.-, jmis(jiic (.'(.st l<;ur (.-léiitioii, it quollc (■•-t vraiment 
iiicivt'ilk'i.sc. 

(J'cKt un cliitn à poil t xlrênu'incnt ras, tin comme la .^oie et dont la 
u bc alïï'ctu toutes les coiili lus, mais priueipaiemeiit la coiilour blaucho 
lâchée de tuir, d'nruiige on de noir, la coideiir la plus reeherehée est lu 
ctiiileur bliim lie et tuie, puis la couleur blanche et omii.ue, ot enfiti la 
coub tii' blanciii' et noire ; mais avec le pins do blanc jxissible. Le poil 
doit être i^roH à la naissiiuce, et très tin u l'extrémité. Il ne doit i as 
ttimb'r plus bits (jiie lejiirret. L'un ille dont la finesst' decèb; la pureté 
du situ;:, dot être comte, et, (juunt on la ramène vers le m'A, ne pns 
dépasKU' le ( oin (b' l'<eil. Jiit n dressé, c'est un cbicn d'un'! obéissance 
iiii.-oliie. La [tuis-an^r île son mz, inùine par la chaleur e:^t étonnante, 
et lii rapidité de sa comse vst sans éuale. Il n'i'st pas cie chien plus 
liriliaiit, ni ayiint au même deuié i'in-taidanéité ft la t'ermetéde 1 arrêt. 
Il tomiie véritableimiit in catab'p-i". 

Cette résistance à la eliainn-, et cette faculté de conserver la finesse 
([■son odoiat d:ins le> (.'onditions les plus défavorabk'S, b int, ([ue de 
i iiutrc côté de la Manche (en Anç eterre), on sen sert principalement 
à l'ouverture de la chasse, en plaine. 

Il est certain néanmoins, que la ntiture a mieux aimé les petits 
cockers et springers, contre la morsure des ajoncs, et que la santé de 
ces chiens soutire moins que celle des pointers, de chasses journalières 
dans l'eau glacée des marais. ' (Barheyrk.) 

Le pointer trempé dune longue pluie froide grelotte. ... il a sujet de 
regretter dans les épines et les ajonct!, le feutrage et les longues soies do 
setter. 



CHIENS DE CHASSE 



113 



■nient 

{lelits 
Lnté de 
laliôrcs 

ujct de 
)ieB da 



d'une rare sagacité ; les formes athlétiques du pointer 
prédominent généralement chez les dropper ; l'on affirme 
qu'ils sont incertains dans leurs chasses et que leurs écrois 
dégénèrent à la seconde génération. 

Le pointer est âpre, ardent, batailleur même ; il typéfie 
les deux ordres que les vieux livres désignent comme 
Sagaces et Pugnaces. 

S'il n'a pas la vitesse merveilleuse du setter, il est plus 
dur à la misère, soulTre bien moins de la soif ; on peut 
même l'employer dans les plaines où le maniue d'eau 
potable rendrait le setter inutile. Il chasse à ravir dans 
les lieux découverts ; mais il n'aime pas les fourrés, le 
grand bois, bien qu'on réussit souvent à vaincre, en cela, sa 
répugnance ; il ne prend l'eau qu'à contre-cceur. Pour le 
jeune Actéon des villes, qui ne peut se permettre que trois 
ou quatre parties de chass'3 par saison, le pointer est pré- 
férable. Une fois dressé, il reste dressé ; taudis que le 
setter requiert souvent une nouvelle leçon à chaque partie 
de chasse, à moins do chasser constamment. 

Le pointer n'a pas le naturel affectueux du setter : il 
pointera aussi bien pour un étranger que pour son maître. 
Il chasse en un mot pour son propre compte ; mais il ne 
tolère pas toujours la maladresse chez le chasseur. Sir 
Walter Scott se plaisait à rappeler une anecdote à propos 
d'un vieux pointer qu'il avait prêté à sou ami, le comédien, 
Daniel Terry. Terry fit lever une couvée entière de per- 
dreaux et lâcha ses deux coups de feu sans rien tuer. Le 
chien se retourna, le toisa de haut en bas; puis, il continua 
de pointer. Terry eut une seconde mésaventure semblable : 

l'animal, baissa la queue, leva la patte de derrière 

puis, quitta de suite le malencontreux chasseur. " Le pointer 
est infatigable ; l'ardeur de la poursuite lui fait tout 
oublier. Tous les chiens quand ils ont soif, se précipitent 



8 



114 



CHASSE 



clans l'iîau qu'ils rencontrent ; le pointer quand il est 
laucé, n'y tait pas attention ; il craint de perdre un seul 
infestant. C'est au maître à veiller sur le chien. Il part au 
«,'iilop, prend le vent, court en tout sens et tombe en arrêt. 
Vous êtes à mille pas de lui, qu'importe ! Son arrêt est si 
ferme, que vous avez le temps d'arriver " au son de sa 
clochette. 

lilain, éciivaiu distingué, reconnaît quatre variétés de 
pointers : le jiointer Anglais, celui d'Espagne, celui de 
llussie, celui de France. (1) Youatt ajoute une cinquième 
le pointer Portugais, race inférieure, dit-il, sous bien des 
rajiports. 

Le temps fut où le pointer d'Espagne, était fort prizé, 
en sa tene natale, aussi bien qu'à l'étranger, pour sa 
lurce, sou fin nez etc. ; mais ses formes grossières, sou 
earactcre hargneux, son appétit vorace le lirent bientôt 
tomber en diserédit. 

Heureusement qu'on avait sougé à le croiser avec le 
Fojikound ou lévrier à renard ; ses écrois furent réputés 
les t'gaux des pointers anglais, en vigueur, en vitesse et 
pour le llaire. lilain mentionne un de ces chiens — la 
propriété du Col. Thornton — qui fut vendu ou échangé 
pour cent louis valant de vin de Champagne et de Bour- 
uogne, une tonne de vin de Bordeaux, un fusil de chasse 
de valeur et un pointer. 

Le pointer de llussie, peu connu en ce pays, mériterait 



(1; 



(ùj '• Avant la révolutitn tiniiiaisc, les races de chiens dariét de la 
rrunce ôtuicut fuit estiinces, et il est incontestable que les Anglais leur 
ont lait i)lus duu emprunt pour améliorer les leurs. Elles su distin- 
giiuieut par la finesse du nez, jointe à la fermeté de larrèt; mais elles 
manquaient d'allures et de fonds. Ces défauts n'avaient pas d'ailleurs, 
les inconvénients qu'ils présentent aujourd'hui, paice que le gibier 
abondait partout. Infiniment moins pourchassé, il était beaucoup plug 
abordable.!* 



CHIENS DE CHASSE 



115 



de l'être davantage, au rapport do Frank Forester; sa 
forte taille, son poil long et rude, le rendent insensible au 
froid du Canada ; il n'est certes pas beau à voir, mais on 
en parle très avantageusement. Le pointer de France, 
bien moins grand que le pointer de Russie ou même le 
pointer anglais, rt^unit une foule de bonnes qualités ; mais 
il est moins vigoureux et à moins de vitesse que le 
j»ointer anglais, lieaudrillard (1) en fait beaucoup d'éloges ; 
il s'emploie selon lui, dans ce qu'il nomme les grandes 
«.•liasses. 

Les pointers d'Espngne dits " chiens à deux nez. " par- 
ce qu'ils ont les nariines séparées par une gouttière pas- 
^cnt pour être inférieurs quant à l'udorat, aux autres races. 
Stonehcnge, Yonatt, Lewis donnent la préférence aux 
j'uinters anglais. Le i^oint cajùtal pour le chasiseur dési- 
reux d'acquérir un j ointer, est k connaissance person- 
nelle et [>ur des expériences réitérées, de son savoir faire 
en fourré, uu en plaine. N'achetez donc jamais un pointer 
.•simplement d'api es la connaissance de sa lignée, l'élé- 
gance de ses formes. Bien que nos races de pointers 
soient par fois, rien moins que pure«, nous avons connu 
des chasseurs expérimentés des vieux pay.^, Sir George 
(iore eutr'autres, en faire grand cas. 

(Ij Difitiouiuiiro des (_1ius*<ls. 



terait 




•) 



LE SETTER- CHIEN COUCHANT 



J ^ 



(Jardiint du bienfiiit seul le doux ressuiitimont, 
Il vioiit lÔLher iiift niiiiii aines le châtiment ; 
Souvent il me leyardi', humide de tendresse, 
!^on oil aileetucux iuiiilore une caresse, 
J'on!(»nne, il vient à moi ; je menace, il me fuit ; 
Je rappelle, il revient ; je lias .si^uo, il me suit ; 
Je m'éloigne, quels pieiu's ! je reviens, quelle joie ! 
C'iiasseur sans inlirèt, il m'apporte sa proie. 

Dkulle. 



Le setter est d'oiigine plus aiieieiiue que le pointe", 
Au rapport de Youatt, un grand seigneur en Angleterre. 
L'U avait de dressés pour la chasse même en 1335, et l'on 
[lourrail accorder à ce noble écrois de l'epagneul, origi- 
naire d'Espagne, un blason encore plus aneien. 

On compte trois variétés de setters : le setter d'Angle- 
terre, le setter d'Irlande, le setter d'Ecosse, dit Gordon 
setter, parce que le duc de Gordon possédait les plus 
beaux. Le pays de Galles en réclame une quatrième 
variété et prétend même que c'est la souche de la race, 
bien que les amateurs soient à peu près unanimes à accor- 
der cet honneur à l'Irlande, où les setters ont été moins 
croisés avec les pointers. 



118 



CHASSE 



Le setter d'Irlande n'a pas la robe aussi luisante, aussi 
soyeuse que son confrère des rives de la Tamise. Il n'en 
a pas aussi les formes ël(''gaiites. 11 lui est un peu supé- 
rieur par la taille et sait supporter encore davantage la 
fatigue. Ce setter est d'ordinaire, de couleur acajou, ou 
nuancé de cliâtaiii, tandis (jue le Gordon-setter est noir ; 
ses jambes, sa gorge sont marqués de fuu. Le Laverack, 
s tter est blanc et noir ; c'est une des plus V)elles variétés ; 
elle doit sont nom et sa linutc renommée h M. Kdward 
Liiverack, célèbre éleveur do. setter, en Angleterre. 

Les fastes de la vénerie aux Etats-Unis, nous dit M. 
Lewis, ont enregistré les exploits d'un setter importé 
d'Irlande, d'un naturel et d'une sagacité sans pareilles ; on 
eut pu (lire de lui qu'il possédait tous les talents, excepté 
celui de la parole. " Smoke, c'était son nom, donna des 
preuves réitérées d'une intelligence canine ja-écoce. On 
l'a vu plus d'une fois laisser sans bruit le gibier, aller 
quérir son maître, (lu'il avait jierdu dans le fourré, et, par 
des signes qui lui était particuliers, le ramener à l'endroit 
où il avait dépisté la volatile. Tins d'une fois, Smoke a 
déserté, en silence, la partie de chasse, de dégoût, refii- 
smt de chasser pour un amateur dont le coup de fusil 
portait à faux. Chez Smoke," les glaces de la vieillesse ne 
purent ralentir l'ardeur de ses jeunes années ; à l'âge 
patriarchal pour un chien de chasse, de quatorze ans, il 
faisait sa partie, une journée entière sans broncher. 

" Chez le setter anglais la robe peut revêtir toutes les 
couleurs. La plus à la mode est la blanche avec des taches 
noires (Blue Belton) ou blanche pointillée de noir (Blue 
Mottled). Le poil peut être épais et ondulé, mais non frisé 
comme celui de l'epagneul d'eau. Le pied doit être très 
feutré ; Les Laverack, les Naworth Castle, les Featherstone 
Castle, les Lord Lovat's, les Earl of Seafield's, les Lord 



LR SKTTER — CHIEN COUCHANT 



110 



y^ 



es les 
acUos 
(Blue 

frisé 
e très 
'stone 

Lord 



Ossultoirs, les Tiinkerwills's, les Lort's et Icîs I/ini»lloe!^ 
setters sont iiliistôt des tïimilles «rKiiglisli setters que des 
laces |)firtieulières " — Jitti/vei'c. 

Chose sin<,'i?lière, iiiexj'liealde peut-être, le setter auj^'lai^, 
même bien dressé, fpiand il traverse l'océan, chauu''^ sa 
manière d(! chasser : il ne setf |»as ; il pointf. La nature 
du terrain de clur^se y serait-elle pour qneliue chose ? 
l'ode ar du {gibier est moins forte en Amérique, ses hahi- 
tiîdes ne sont ])as les mèni(!S ? Eu Angleterre, le chien 
chasse dans le découvert, les plaines; e'est ordinairement le 



Contraire, au niuin- 



1 



)our 



lab 



'ca-'se, en Amérique. 



Ch'7. le sclfi-i; la co'ileur est tout-i\-fait secondaire ; le 
vrai chien de raci' r-st pri'férahle, ]>lutôt j^otit, (pie grand 
de taille ; la tê'i; ne devra être trop eHilée, mais un peu 
ressemblante à C(dle de ]'é[.a;4neiil et du lévrier ; l'iris 
fiiu'ié, couleur ra''aJMU, les yeux ronds, à fleur de tête, ex- 
pressif-;, aff'!etu:;ux, ])leius d'intelli,i,f:;ui:e ; les oreilles, lou- 



er •(' 



=oycuses, arrondies, pi>n lantes ; les dents saines, 
],oi!it (b: tout usi''s, si vous désirez avoir un chien d'une 
bonne dig.^^uou, cay-able de mâch(3r ses aliments avant de 
les avaler ; le museau, le palais, noirs ou pivelés, sem- 
blaViles à c dui de i'épagueul ; la charpente et les cotes ar- 



rontre.',s, eonip ictes ; les rems, courts, la poitrine, deve- 
leppée ; la q'îeue portée horizontalement, non retroussée, 
longue, effilée, fortement frangée en dessous, à la partie 
que l'on nomme bannière ou panache ; les jauibes fortes, 
musculaires, osseuses; les pieds longs, durs, fermes, bien 
munis de touftV'S de poil aux orteilles et aux hanches, etc. 
Le setter de votre choix devra êtn; vif dans ses mouve- 
ments, caressant, traitable, sans être tro;) craintif. Ces 
qualités jointes à une éducation soignée, devront vous as- 
surer le plus humble des compagnons, l'ami le plus fidèle. 



L'EPAGNEUL 



Voi un 1)011 chin prèii Ion do rac<^. 
(PuovKuni ritovKN(;\i,.) 



Voiliîi lin chien do qualité, i!i coup sûr, uti chien do noble 
race. 

Pour retracer ,son origine, il nous faudra pénétrer ju3quo 
dans les ténèbres du iuoyen-âgi>. 

Edouard II, d'Angleterre, J'îune homme, aimait furieuse- 
ment la chasse; il avait trouvé dans le fils d'un noble 
françîiis, Pierre Gaveston, un camarade toujours prêt à le 
seconder dans ses écarts de jeunesse. Sous la conduite de 
CG mauvais g.iruement, il fit avec lui irruption dans le p.u'c 
de révoque de Chester en rijcherche de gibier. 8t-Hubert, 
a compté eu xVngleterre d'ardents disciples dans toutes les 
classes, sans même en excepter la classai des prélats — les 
corps épisco[»aux durent donc payer leur écot .... eu cerfs 
égorgés. 

Pierre Gaveston fut jeté en prison, exilé. Son royal 
compagnon de chasse étant monté sur le trône, Pierre Ga- 



l/fcl'AGNEUL 



121 



uo 

ise- 

)lc 

lo 

de 

iU'C 

ert, 
les 
les 
ji'fs 

yal 
kl- 



veston fut élargi, réhabilité même dans ses prérogatives 
passées ; . . . . l'on ne dit pus s'il fut fait baron ? 

A ces âpres veneurs du quatorzième siècle, comme à 
ceux qui leur succédèrent, il fallait de bons chiens — des 
chiens de chasse sûrs, bien dressés I voih\ sans doute ce 
qui explique eomuieciuoi h Ciniud Veneur du roi lùlouard 
II, Guillaume Twety, d'après Stiult, dans un livre depuis 
retrouvé à la bibliolliècjue Cotton — le jilus ancien traité 
de chasse en Au<,det(n're — aurait si bien décrit l'art do la 
vénerie, sous le règne de ce roi, (jui fut ai)i-elé au trône en 
1307. Twety y énuuière les diverses espèces de gibier, de 
chiens, de procédés de clrnsse Ajavs avoir .signalé pour 
chaque espèeu de iliieii, sou usjige particulier, il îilUrnie 
que l'éi^agueul s't niploic comme cliiuii cuueliaut, pour dé- 
couvrir la caille el la })erdrix et pour aider au cliasscur k 
la capturer au mo> :i Um filuts et do rets. 

Passons du qnalur/iènie siècle au dix-neuvième et 
Voyons la nombreuse descendance de l'épagneul, que ré- 
clame le sport en Canada et son caractère distinctif, 

L'épagneul, inféiicur en stature au setter et au iiointer, 
est plus trapu; ses jambes sont plus courtes. Il est doué 
d'une force, d'un courduv, d'une pinsévérance à la pour- 
suite du gibier, qui dégénère presfpi'en excès. y>in mu- 
seau est plus jictit (jue celui du settur; ses yeux jdus 
grands, plus proéminents ; ses oreilles beaucouj» plus lon- 
gues, bondées, si robe plu-s longue, plus fri.sée ; sa iiueiuî 
toulïue, ses jambes frangi'es de poil jii.squ'aux oiteilles 
Les éj agneuls n'ont pas de couleui j)arti(îulicre. II en 
est qui donnent la préférence à la nuance orange et 
blanche ; l'épagneul a de grand.s yeux, hn\^ans, humides, 
le palais et le nez noirs comme la nuit. Ces chiens sont 
difliciles à dresser et requièrent beaucoup de patience, de 
fermeté chez kur maître. On ne s'en sert pas comme chiens 



122 



CHASRK 



couchants ou conimo diioiis d'atrêt ; leur besogne est de 
faire lever le gibier. Ils doivent être constamment à dix 
]>as du chasseur, savoir hiUer ou retarder leur courte, une 
fois sur la piste du gibier et pouvoir en indiquer la pré- 
sence soit en aboyant ou en agitant biiisquenient leur 
([ueue touffue. Frank Korestor affectionnait surtout le 
\M^Xil Bloilieim'Spaviel, ])o\\v chasser eu automne lu bé- 
casse, la caille et la gvMioiiotte à fraise, notre. ]ierdrix. 

L epagneul des Ch.iniijs se ran^_,, en deux groupe? : le 
Spriiigcr supérieur de taille et enii^loy»' dans les grands 
fourrés; 1(! (\)r]:<r moins grand, usité plus spécialement 
l'our la eliiisse à la ])écasse. 

Le Si>i-i i)(/ri' comj r.'ud xuio f mie de variétés : le Clinn- 
ix'i; le Sas.'<f'n.\ le Xorful],- ; le Cocker est la so'chi; du 
ricvonslùre et des varié-iés Cîalloises, etc. 

T.e 8uf<.^i',i\ rae;,' f )it prisée i\st géiiévalenient de la eou- 
lenr de Vdy, sans in('lang!'! de blivnc. Son pelage est onde, 
non fi'isé, luisiiit, soyeux, fort foiirni. 

\jQ CliiiiJ>rr passe pour avoir etntiruiiU' son nom an 
eliàteau du duc de Neweastle où la race origina et se 
înaintint pe.re jusqu'au milii'U du dix-neuviéme siècle. 
Sa nuance est jaune citrou ; son pitil, luisant, soyeux, 
pres(iue droit. 

Le 11 (iJfW Sjxinid eomjtrend de nond)renses variétés, tel 
que le Ol<l English Wiifer Spavid. deux variétés irlan- 
daises, sans coui[)ter celle dite Ttvccdxl'Je. 

" L'épagnenl d'eau ainsi (pu' l'indiqiie son nom, est un 
chien à long {loil (pli sert exclusivement à la chasse au 
marais ; soii })oil frisé, de; couleur marron foncé, parfois 
taché d'un peu de blanc, est enduit d'une espèce d'huile, 
malheureusement assez odru'ante, qui le soustrait comme la 
sauvagine, au contact de l'eau. Quant il est de pur sang, 
il porte sur le sommet de la tète une mèche de poils qui 



l'épagneul 



123 



n'est pas sans analogie avec celle que se font souvent les 
clowns du cirque ; ce qui lui donne une physionomie très 
spéciale. Il est très intelligent, tiès obéissant, très fin de nez 
très résistant à la fatigue, très ardent et très attaché à son 
maître. Il convient particulièrement à la chasse aux ca- 
nards, à la suite desquels, il ne craint pas de plonger sous 
les glaçons quand ils ont été blessés, et il les rapporte en- 
suite, comme le plus brillant des retrievers."— (i?,uvc?/r,?.) 




V l 



LE RETRIEVER 



*' Les anglais font rarement rapporter leurs chiens d'ar- 
rêt, et ce soin est confié au retrievers. Ce dernier chien , 
ne constitue pas, à proprement parler, une race constituée. 
Il est, généralement, le produit du Terre-Neuve et du 
setter. Quelques amateurs préfèrent le produit du Terre- 
Neuve et du pointer ; d'autres y mêlent du Fox-hound, 
sur ce point la fantaisie se donne pleine carrière. L'es- 
sentiel est d'obtenir un chien obéissant, ayant de la propen- 
sion naturelle au rap[)ort, jin de nez, et quêtant, non pas 
le nez haut, comme on le demande au chien d'an et afin de 
découvrir de loin, mais, le nez contre terre, pour mieux 
suivre la piste d'une pièce de gibier blessée, qui se dérobe, 
et la rapporter ensuite à son maître. 

Les retrievers sont divisés en deux classes principales : 
1° Les Wavy-coated, c'est-à-dire à soies longues et plates, 
de couleur noir. Ce sont les descendants du Terrre-Neuvc 
et du setter. 

2° Les Carbj-Coated, c'est-à-dire à soies frisées; ce sont 
les plus communs, et ils comptent dans leur ascendance, 
non seulement le Terre-Neuve, mais l'épagneul d'eau, et 



lE KITRIEVER 



125 



même le oamche. On prétend que ce sont les pl„s intel 
"■gents Ceux qui s„nt admis aux expositions "nttu 
jours de couleur noire ou marron/'-C^Lj" ) "' 

Nous avons nommé les quatre espèces de chiens k, 
P us us,tés en Angleterre pour chasser. " Ch ^ l"^ an 

c1am/;'la T"' "'"""'' ''"' ''' i»t.d„ite dts t s": 
al té à laquelle ses aptitudes la rendent la plus propre et 
>I nest P.S douteux qu'elle n'arrive, alors, à une IfecZ 
de travail qu'on ne peut exiger d'>,u seul chien à qu'" 
demande par exemple, tout à la fois, d'arrêté e'prl 
u bo,s et de Io,„, eu plaine ; de quêter, le ne. haut, quand 
.1 ag.t de découvrir le gibier vivant, et de suivre le „", 
colK à la vo,e, la piste d'une pièce blessée qui se dérobe » 
Le pon,ter devra être réservé pour les lieux découvert'^ 
e setter, pourchasser dans les pays couverts et h^ 
les petits cockers, pour les fourrés épais. 




LA BECASSE D'AMERIQUE 



(Ameuican Woodcolk) 



Dans (jucli|UL' savane obscure. 
Lu jour, ju reste .sau.s bruit. 
Pour clitixlier ma nourritiue 
Je sors lorscjuc vient lu nuit. 
Si le elias.seur tant me prise 
Hélas ! c'est [xjur mon malheur, 
11 Irouve ma iliair exquise 
Et me tra(jiie a\ec ardeur. 

lloiininiije dtx Oiseaux Canadiens. 

A. Marsais. 

Moutré;i!. mars K^fj'J. 



La bécasse arrive dans la province d'Ontario à la fin de 
mars, et dans celle de Québec, vers le 30 d'avril. Ses habi- 
tudes sont tellement nocturnes, qu'elle peut exister dans 
une localité sans que sa présence soit soupçonnée, excepté 
par des chasseurs familiers avec la topogiaphie des lieux. 
Pendant une grande partie du jour, elle se réfugiera dans 
des savanes ombragées et n'en sortira pour chercher sa 
nourriture que la nuit, au point du jour ou bien après le 
coucher du soleil. Elle vient nicher en Canada, le prin- 



LA BÉCASSE D'aMÉUIQUE 



127 



té 



; emps ; (1) l'automne venue, elle se retire dans le sud des 
kuts do la liépubli(iue voisine. Le nid est placé a terre, 
dans un endroit retiré de la forêt, très souvent au pied 
d'un buisson ou d'un arbre : iiuelques feuilles desséchées, 
(jueliiues herbes en font tous les frais ; la femelle y pond 
(jualre à cinrj (cuf.-, d'un {juuce et demi de longueur, d'un 
pouce au plus de diamètre et s'ellilaut tout à coup au 
jielit bout. Ces u'ul's sont luuu cliiir avec tlt-s taches plus 
l'iiucées au gros l)out;, mèléus d'autres taches d'un pourpre 
paie. Pendant s. .-s cxcursictus uoctumes, aussi bien t^ue le 
matin et le .^oir, la béciusse .-^'élèvera par un vol spiral à 
une U'cs gnmde liautewr dau.-; les ;ar.s, f.àr^aut entendre ilc 
temps à auiiv sa r.otf 'laaf ; lorsipi'i-ile v;sl pcirviaïue bii'ii 
lui^it, elle cnu;t dv.'i bnrJéi's ('ù et l.'i d'une manière irrègu- 
lièn', v.\\ b();;rdoiii)iint ; jiui:^, dl.- redescend ^e ])0.s',-r à tijrre 
avec l;i m'nrj ra[>idité quV'lie èlail montée. 

Son eri, ([Uiiiid t.'lle est siu' le sol, seudjle lui être pénible 
a émetti'e ; elle iucliue en ces occci.-Diuu.i la lêu; vers la 
Itrre et hoche la (pieue fréiiuemment ; ce.s allures, ont 
lieu le ['rintt.'mps et parai.-îseiit être le cri d'appel du maie. 
La b.'cusse ),asse son temps à retourner les l'euilles ou le 
sol pour y chercher les larves et les vermisseaux (pii s'y 
cachent ; sa chair est fort recherclié;!. 

La b.' casse d'Amérique a his habita les île la Ijécasse 
d' Europe : mais sa taille est bien moindre et son plumage 
est diliérent ; le mâle d(? l'espèce d'Amérique pèse de cinq 
à six onces tandis que le mâle de son i;ogénère tl'Kurope, 
})èse douze onces, lui Angleterre les bécasses arrivent en 
octo'jre et en novembre et y hivernent ; eu mars, elles 



us 

Isa 



In- 



(1) Li'h uccutscs coiivi'ut daiii; toute l'itLiiiliu «le celte piv viiKo ; du 
il liDUVo louis uids uicDic à iiit luiilo do (Juéltoc, i\ Hi>;iiiiui Farai sur ie 
cliemiu St.-Louis, lires de i'IIi'ii)ital-Uénéral, ù la l'ointe aux Lièvres, et 
d;;)is les eliaiiips le loiiu des rives du St. Laurent. 



128 



CHASSE 



gagnent le nord du continent Européen pour la ponte ;. 
tandis que l'espèce d'Amérique hiverne dans le sud de 
notre continent, arrive ici en mars et avril, se répand dans 
tout le Canada et y couve ; puis, à l'approche des froids, 
elle se met en route pour le Sud. Une espèce émigré de 
la zone torride à la zone tempérée ; l'autre, de la zone 
tempérée à la zone arctique. Les deux oiseaux ayant un 
même nom, différent non-seulement pur leur taille et leur 
livrée, mais encore ])ar les climats qu'ils habitent. Ceci 
démoiilrt; combien peu fondée est l'opinion exprimée par 
des naturalistes américains que la bécasse d'Amérique 
passe de ce continent au vieux monde et vice versa. 

Quel est le teime des migiations de la bécasse dans la 
partie nord de l'Amérique ? c'est ce qui n'est pas encore 
connu. Il n'a[)pert pas que cet oiseau se montre dans le 
voisinage de la Baie d'Hudson ; il ne parait pas non plus 
qu'il existe dans l'extrême nord de l'Europe ; il est donc 
probable que ses migrations ne s'étendent pas à une bien 
haute latitude ; on peut poser en principe général que les 
bécasses qui émigvent aux régions arctiques dans les deux 
continents sont communes à chaque continent. Aucun 
oiseau n'a, plus que la bécasse, la passion des voyages ; 
ce qui la foice de se munir de ces fortes provisions de 
graisse qui donne tant de prix à sa chair. La bécasse se 
rencontre quelquefois dans les clairières au sein des forets, 
où elle retourne les feuilles pour en retirer les vers, etc. ; 
en cela, elle diffère de la bécassine qv.i ne fi'é(iuente que 
très rarement les bois. La tête de la bécasse a une struc- 
ture toute particulière : l'œil est a une grande distance 
du bec, ce qui lui donne la faculté d'observer ses ennemis 
de bien loin ; son vol n'est pas rapide. Faites la lever 
dans les bois, elle rasera la cime des buissons et se posera 
par derrière ces mêmes buissons ; puis, elle s'éloignera à 
pied, une distance de quelques mètres. La différence entre 



LA BÉCASSE D'aMÊKIQUE 



129 



iges ; 

ns de 
se se 

brêtP, 
etc. ; 
que 
truc- 
taiice 
nemis 
lever 
losera 
lera à 
entre 



la taille du mâle et celle de la femelle a fait croire qu'il y 
avait deux espèces de bécasses, en Amérique. 

Audubon trace un maguifiiiue tableau de la sollicitude 
de la femelle pour ses jeunes et des ingénieuses ruses 
dont elle se sert pour attirer sur elle, l'attention de celui 
qui veut s'emparer de ses petits ; en ceci, elle ressemble 
fort à la perdrix, mais les jeunes bécisses n'ont pas, il s'en 
faut de boauconp, l'agilité des p rdreaux; ce sont de faciles 
victimes qne des enfants cruels dérobent à la tendresse de 
leurs bons parena. 

La migration des bécasses, ne se f;iit pas par troupe, 
mais une à une la nuit, au clair de la lune, et avec une 
telle rapidité que l'on peut dire qu'elles sont toutes à la 
file, quoique à une certaine distance les unes des autres. 
Cette particularité à été remarquée, par le même natura- 
liste sur les rives du Mississipi et de l'Ohio ; le soir 
presque à chaque instant, à commencer du milieu du mois 
de mars jusqu'au milieu du mois d'avril, la bécassR passe 
avec la rapidité d'un trait. Il les a vues émigrer de la 
même manière au Nouveau-Brunswick. La chasse à la 
bécasse est fort laborieuse, mais fort intéressante ; le Bois 
Bijou, sur les limites de la cité de Québec, la côte à 
Bonhomme à Charlesbourg, les hauteurs de Sillery, a 
venir jusqu'à ces aimées dernières étaient réputées fort 
giboyeuses. Après de longues sécheresses, il serait inutile 
de battre les hauteurs en quête de bécasses ; il faut alors 
avec un bon chien, explorer les terrains marécageux et 
bas ; après des jours de plaie, ces oiseaux gagneront le 
versant des collines et les clairières dans les forêts. C'est 
là qu'on les rencontre aux beaux jours d'automne, recher- 
chant les rayons du soleil quand il commence à faire 
froid. 

Plus tard dans la saison, le chasseur remarque quelques 

9 



130 



CHASSE 



bécasses retardataires, sur le bord des ruisseaux ombragés 
ou des sources chaudes dans les bois ; mais à l'instar des 
bécassines, les mouvements des bécasses sont incertains 
et dépendent des saisons et de la température. 

" La bécasse de France est un oiseau éminemment 
doniesticable et sociable, dit ïoussenel " ; nous n'avons 
oncore pu constater sur ce point le degré de réussite des 
tentatives qui ont été faites en Canada. 

" On a vu de.s bécasses fatiguées s'abattre en vols nom- 
breux sur le jiont des navires ; ou cite nombre d« ces 
pauvres voyageurs, qui, deux fois par an, se ca^stut la 
tête aux cages de nos phares maritimes de la France." 

La bécasse niàle a le bec brun couleur de chair, noir à 
sa base ; la mandibule supérieure se termine en unu petite 
protubérance', qui se projette à peu près un dixièuie de 
pouce au delà de la numdibule iul'érieure ; le iiuut, la 
ligne au dessus de l'œil et toutes les parties inférieures, 
d'un rouge fauve : les côtés du cou, tirant sur le cendré ; 
une légère bande de brun foncé, se fait remarquer en l'œil 
et le bec ; le sommet de la tête à partir du devant de l'oiil 
en allant en arrière, noir, traversé par trois bandes étroites 
de brun-blanchâtre ; les joues sont marquées d'une barre 
noire, variée de brun-clair ; les franges du dos et des 
scapulaires, d'un noir foncé, chaque plume marbrée de 
brun clair et de rouille clair, avec de nombreuses lignes 
noires traversant en zig-zags les parties plus claires. 

Les jeunes d'un brun foncé ; la queue noire, chaque 
plume frangée à l'extérieur avec de petites taches d'un 
brun pâle, mêlé de blanc et de jaune ; la doublure de l'aile 
est couleur de rouille clair ; les pieds et les jambes, rouge 
pale, couleur de chaîr ; l'œil, noir et plein, placé bien haut 
sur le derrière de la tête : poids, cinq onces et demi, 
quelque fois six onces. 

Longueur totale 11 pouces; envergure 16 pouces. 



LA BÉCASSINE 



(WlLSON's SxrpE.) 



"Asontourrju.n.bl,. l.écussi,,,^ 
Vunt n,H,s pa.scutcr son tribut 

l;'"VT,.oiseu„q„.r},o,„,ue assassin. 
^t q,u. son fusil p,,,,,, p,.,„. ,,„^^ 

i^n zi-.zMg, près d'un iiiarécairo 

^'ous fuyons son pionil, meurtrier 

-Nous, pour qui eu riaat riva-e 

Ktait jadis liospitalicr " 



-Moniréai, mars !,••(>•,>. 



nomm:vje des Ois^,v,x Canadien 
A. J\Iar.sa[s, 



mo Zû ;> f''^'"'»»*-'» en cette province au 

province, aussi tard ohp 1» « a i ouest de la 

imi« n'^f •. n r ^ commencement de iauvier • 

mais, c était lu, des cas isolés. ' 

Cet oiseau niche en Canada, dans les endroits marbra 
geux sur les hauteurs où il n'est pas exposé à t^ Z^^, 
par 1 homme ; un trou dans la mousse, tapissé de queÎt 



132 



CHASSE 



herbes, voilà le nid qui bientôt contiendra quatre œufs 
d'un jaune olive, abondamment tachetés de brun clair ou 
foncé ; ces taches augmentent en étendue à mesure qu'elles 
approchent du gros bout où elles forment un cercle ; les 
œufs sont toujours disposés de manière à ce que le petit 
bout se touche tous. Les jeunes comme ceux de la bécasse, 
quittent le nid, dès qu'ils sont éclos ; ils recherchent 
d'abord les insectes et plus tard, quand leur bec est fort, 
ils l'enfoncent, comme les vieux, un demi pouce dans le 
sol, pour en extraire des vermisseaux et de petites racines 
d'herbes. Les bécassines sont fort nombreuses sur toutes 
les battures marécageuses du St.- Laurent ou dans les 
champs qne l'eau du fleuve recouvre à chaqne" grande 
mer (1) Elles sont très singulières dans leurs habitudes ; 
le chasseur qui remettrait au lendemain, une chasse qu'il 
se promet dans un endroit où il a vu nombre de ces oiseaux 
la veille, n'en trouvera peut-être pas un seul le lendemain 
dans la même localité. Sont elles alarmées ? elle s'élèvent 
en zig-zags, sonnent leur cri Wau-aik, font quelques 
évolutions dans les airs, des crochets, comme dit le chas- 
seur, et reviennent se poser presqu'à l'endroit d'où elles 
sont parti. 

Audubon a découvert les nids des bécassines dans la 
Nouvelle Ecosse, dans l'Etat du Maine et dans les ré- 
gions montagneuses de l'Union Américaine. La chair de 
la bécassine est aussi renommée que celle de la bécasse ; 
on sait que nos bon-vivants laissent à la bécassine et à la 
bécasse, pour farce, leurs intestins, avec leur contenu, et 
qu'ils les font rôtir tout rondes ; pourtant, il n'est pas rare 
d'extraire des viscères de bécassines mortes, de gros vers 
de terre, des sangsues ; comestibles peu convenables, on 

(1) On apiiellc grande mer, ces hautes marées qui ont lien s-nii. 
menBuellcnunt, à partir de la ville de Trois-Rivières en descendant vers 
le golfe. 



L.\ bécassinp: 



133 



iir 



5 la 
ré- 
de 



a 



la 



lui, et 
Is rare 
Is vers 
If s, on 



Iiut vers 



l'avouera, à l'homme. Il y a une forte ressemblance 
entre la Wcassinn Européenne et celle d'Am(5rique : l'œil 
perçant de Wilson signala d'uburd en quoi elle différait, et 
les naturalistes par reconnaissance, donnèrent son nom 
à la bécassine d'Améri(ine. La bécassine d'Amériiue est 
plus petiti! d'un pouce quo c(dlo d'Kuropt': elle a seize 
plumes dans la qutuu, la bL'La.-.sine Kuiupéenni! n'en a 
que quator/»': le cri dus deux est fuit diltércnt ; ce fait re- 
nianiué [lar Auihibon avait éch;t[)))é à l'attention de 
Wilson ; d'un autre côté Frank Forester (1) s'insurge 
contre ru[)inion d'Audubon et ailirnie que ces deux 
oiseaux ont un cri semblable. Voilà un problème i\ résou- 
dre, pour le sjiovt du Canada. On a noté chez les bé- 
casses et chez les bécassines un trait fort singulier qui ne 
se produit qu'à la saison des œufs. Le chasseur qui fré- 
quente, au point du jour, les humides prairies en quête de 
bécasses, remarque que des couples de ces oiseaux mon- 
tent en spirale vers le ciel, frappant l'air de leurs ailes à 
coups redoublés : (2) parvenus à une centaine de pieds de 
hauteur, ils s'étreignent soudainement en frappant leurs 
ailes l'une contre l'autre avec une grande vitesse, se lais- 
sent choir vers la terre en faisant entendre un faible ga- 
zouillement ou plutôt un bourdonnement, que l'on croit 
être causé par l'action de leurs ailes dans leur descente ra- 
pide; il ne parait pas que cette manœuvre singulière ait 
lieu en d'autre saison que le printemps. (3) 

(1) Nom de plume do Hy. W:ii. Ucibort, do Ncw-Y ik, x/ioristiiiun 
dii-tiiigné. 

(■J) Un ch.issoiir dij,ne du foi aflinnc (luo les inâlts seuls inoiiteiit 
ainsi au haut des airs. 

(:i) Nous sommes redevables dos particularités suivantes à uu chas- 
seur de vieille roche : 

«• La bécassine, au printemps fait entendre, lorsqu'elle est posée, un sif- 
flement soutenu et fort aï^ju ; c'est la note d'appel du mâle, avant la 



134 



CHASSE 



Le principal attrait que possède la chasse à la bécassine,. 
c'est l'exercice musculaire qu'elle entraine et le savoir 
faire prodigieux qu'elle requiert pour que le chasseur puisse 
atteindre l'oiseau dans ses gyrations infinies et son vol 
tortueux, lorsqu'il se lève de terre. Pour pr(5tendro au 
titre de chasseur de bdcassine, il faut avoir, un tempdram- 
ment robuste, à l'i^preuve du froid et de l'humidité ; un 
mil vif, une main sûre : il faut, en outre, participer un ])Qn 
k la nature de l'qiiigneul: ne faire aucun cas de la boue 
et de l'eau : xiudax omnia peritetit telle doit ôtre la de- 
vise du chasseur de la bécassine 

" La bécassine a le vol très rapide, mais c'est le moindre 
inconvénient. EUu conimenee par filer droit pendant quel- 
ques pas; [»uis, elle fait trois crochets et file droit encore. 
Si vous attendez qu'c'll(3 ait fini ses trois crochets pour 
tirer, elle est déjà bien loin, à moins cep'jndant qu'elle ne 
soit partie à vos pieds. Si vous la tirez pendant les cro- 
chets, vous manquez presque toujours. Si vous etca 
prompt i\ mettre en joue, le meilleur «era de tirer au cul 
lev(', vous aurez encore la ressource de redoubler après les 
trois crochets. ^lais pour tirer de cetb' rnanière il faut 
^tre très leste ; peu de chasseurs y réussissent bien. Ce- 
pendant j'en ai va qui, par une grande habileté. . . . abat- 
taient les bécassines aussi facilement que des perdreaux. " 

On peut chasser la bécassine depuis le matin jusqu'au 



saison des œufs. Je l'iii cuUnduc, iiiaiuteK et maintes fois à Sorel en- 
Iç;')') et I->'r)7. J'iii f.iit Ivrer tk's bécassines souvent dans les bois dans des 
terrains liumid''s et couverts d'arbres. Les béc.isses viennent prendre 
Itur nourriiure généralement la nuit, dans les endroits où l'on trouve 
les bécassines pendant le jour. 

Aiirès tie fortes gelées en Octobre, iiu premier clair de lune, les bécas- 
sines quittent le Canada en cor[)S, pendant la nuit ^lour le suil de 
l'Union Américaine. J'ai tué des bécassines h Sorel, même en no- 
vembre ; un chasseur (jne je connais en a tué, à Sorel, en mars. — (Wil- 
liam H. Kerr,) ancien Bâtonnier du Barreau de Montréal. 



L\ Hf;i'A88INK 



135 



soir. CelK'S qu'on a levées un»' l'ois, oi lis V(iln)UVi' en- 
core ; on tire toujour.*i, on nmufiue souvent; c'est lu eliiisse 
où l'on use le i»lu8 de poudie. 

La bécassine «e laisse facilement arrêter |uir le chien ; 
c'est la seule espèce de gii)ier que l'on puisse cliusser h 
mauvais V{ nt ; il vaut mieux avoir le vent en poupe; en 
voici la raison : lu. bécassine a l'habitude de piquer le 
vent, d'aller druit sur lui. Si vous lu prenez à vent con- 
traire, elle file devant vous, sinon elle tourbillonne pour ae 
diriger sur le vent; et alors ces tourbillons, joints aux 
crochets qu'idlc^ ne niamiue jamais do faire, comi)lique 
furieusement lu question. On chasse mieux la bécassine 
})ar un temps j^'ris que par un temps cl.iir. " (1) 

La bécassine de \Vil;,on porte une livrée ]»r\ine : le 
.so'umet de la tèU'. est noir, mari[iié d'une li^ne d'un brun 
jiâle; une autre li^iie d'.ne couleur encore plus foncée 
surmonte les ymix ; le cou et le luiut de la, gorge, d'un 
liruii jiâle varié tic hlaue et de noii'âtre ; le menton est 
pale; le ilos, d'un noir dv velours lustré ; les sca})ulaires 
noires, marbrées de taches couleur de rouille, et abondam- 
nu.'nt terminées à leurextn'iuilé de blane ; les ailes, foncées ; 
toutes les pennes ainsi i\\ni celles des couvertures, frangées 
de blanc; la queue, avi'ondie, d'un noir foncé, se terminant 
par une bande d'une teinte de rouille vif, traversée d'une 
ligne noire, ondoyante et fi'ang'''e de olanc ; le ventre est 
d'un blanc pur; les côt(''S, barrés d'une couleur foncé ; les 
y)ieds et les jambes, d'un vert paie cendré ; le bec, brun, 
flutté, long d'à ])eu près deux jiouces et demi. 

Longueur du nifUe 11; envergure 17. 

La femelle a un plumage plus obscur : le blanc sur sou 
dos est moins pur et le noir moins foncé. 



Blaze, fe Chasseur au chien d' Arrêt, p. 141. 



LA BÉCASSINE DE MER 



(llED lUîEASTED SNIPE) 



" Fort ressemblant à la bécassine de Wilson, avec le des- 
sous, rotige brun, raélangé de noirâtre ; une ligne superci- 
liaire brun jaunâtre et une autre brune, du bec à l'œil ; 
bec et pieds, noir verdâtre ; queue rayt'e de noir et de 
blanc ; doigt médian et externe réunis par une étroite 
membrane. Longueur 10-11 ; ailes 5-5i queue 2| ; bec 
2|; tarses 11 ; doigt médian 1\ pouces (C. E. Dioxne). 



LA BECASSINE A LONG BEC 



(LONG-EILLED SMi'F,) 



"Cette bécassine qui, d'.ipr^., le Dr Coues, serait une va- 
riété de la précédenti', a presqu'un pied de long et son bec 
mesure au delà de trois pouces," — (C. E. DioxNE.j 



jMÊ^^^ 




PLEUVIERS 



Les pleuvicrs sont dos oiscai.x q.i ont les ailes aioiics 
et le pied Idger, et qui sont, aussi bien taillés pour le vol 
que pour la course ; les uns préfèrent les champs cultivé^ • 
les autres, les marais, les grôves. Ils vivent d'insectes et 
particulièrement de vers de terre qu'ils fout sortir de leurs 
trous en piétinant le sol. Les pleuviers n'ont pas la phy- 
sionomie heureuse ; leur tête est beaucoup trop volumi- 
neuse; leur bec trop court et inséré trop bas et trop à 
ang.e droit dans le crâne. II. portent pour la plupart un 
manteau jaune verdâtre, émaillé de mouchetures brune, 
plus ou moins foncées ; colliers noirs et plaques d'ordres 
sur .a poitrine. Le sentiment de la fraternité est très dé- 
ve oppé chez eux. Quand un pleuvier est abattu, tout le 
vol revient sur lui pour le secourir et il est arrivé plus 
d ..ne fois à un chasseur d'exterminer toute une bande 
sans bouger de place." 

Q.uitre espèces de pleuvie.'s séjour.ient l'automne sur 
nos grèves ou dans les chamj.s, savoir : le Vanneau gris 
ou Sqmttarole Suisse, le pleuvier doré, le pleuvi.r criard 
0-. Ivddeer et le pleuvier à collier. Ces oiseaux sont com- 
muns a I ancien et au nouveau monde. 



LE V.\NNEAU GRIS 



(ML\CK-IîKLLIED PLOVl:ii) 



" Lo Vaiuioau gris connu aussi sous los noms de Squata- 
role suisse, Yannuau-l'lcuvier, etc., est à la tc'te do l'espèce 
];ar la taille. C'est un individu solitaire qui fréquente les 
hautes terres en labeur et se fait tuer sur le bord des 
j^nuids étangs et des llcuvtis où il vient se laver les pieds." 

Voici son signalement: manteau brun, cendré; poitrine 
d'un ijlane sale ; 1;; dus et les scapulaires, foncés avec des 
étoiles orang'f's o.i d'jié..'s ; large collier noir et ceinturon 
de même nuanci- ; la [loiule du bjc, noire et le reste, orangé ; 
pieds, couleur de plomb. 1 Is se nourrissent de vermisseaux, 
d'insectes, et au bc'soiu, di; baies de diverses espèces : leur 
chair est délicieuse. Leur cii est. un silllement aigu. Leurs 
jeunes ressemblent fort à ceux du pleuvier doré, mais ils 
ont la tête et le b^c })lus gros et ont deux pouces de plus 
eu longueur; cette es[)èce, peu répandue en Canada, se 
rencontre au nord de l'I^irope, dans la Sibérie, le Groen- 
land, aussi bien qu'à la Baie d'iiudson. 

Les œufs sont au nomlae de quatre, gros, d'un olive 
clair, avec des taches noires; ces jdeuviers élèvent sou- 
vent deux familles dans la saison ; ils couvent depuis la 
Virginie, en gagnant vers le nord. 

Longueur totale 11 1, envergure 25. 



LE PLEUVIER CRIARD 



(kildeeu plovbu) 



Ce pleuvier, très répandu k la Louisiano et d-m, !.. 
Plantat,„„s de eo.ton. de oa„„„. , .„„e e d \ e 

leur présence a ité signnlée par M. Mellraith. Le vd d 
ces o,sea,>.. ,.t fort rap.ide ; il« ecurront à terre avec une 
pKl,tec;,„ e„t passée en proverbe. I.e Kildee. ee „ „ 
a v,e„t de se„ eri] exéc.to n.ilJe évolutions fanta tLû s 
aubautdes a.rs, dans 1» saison nuptiale; ces pieu e"s 
on re^nar^uables par la beauté de leurs contours'e: l' 
ae leur plumage. 

ac b.un et de pourpre dans un trou, sur le bord d'un 
^taug; ce UKl est matelassé d'herbes. Les jeu o 

aptes u eounr des qu'ils sortent de l'œuf. I. ra t ,a ,x 
nodo e l'incubation, les vieux se cl.ar,cut a e „ i " 
ment du soin du nid et sont fort bruyanls do,-: et 

étaft H "■"'"' s'" '™""'' "■''"'^- '•"*' -»"- «i ell 
c'ta.t blessée, et le mâle circulera da.s les airs et fera 



140 



CHASSE 



80 laer sa note de détresse au dessus de la tête du pertur- 
bateur de son repos domestique. 

Le mâle a le bec noir ; les rebords des paupières, d'uu 
rouge vif; l'iris, d'uu brun foncé. Les pieds, d'un gris 
bleu cliiir. Le h:iut de la tête, le dos, les petites couver- 
tures alaires, jauuâtiu-biuu. L ; milieu du cou est entouré 
d'un large ceinturon noir briinâtre ; il y a une semblable 
banîe entre les ailf.'S. Le croupion et les couvertures cau- 
dales inférieures sont d'an jaune rougo vif. 

Loufjueur totale 10 ; envergure 20. 



LE PLEUVIER A COLLIER 



(UING PLOVEK) 



C'est lin joli petit oiseau, au manteau gris perlé, gris en 
dessus, blanc en dessous, à collier noir : là tête est variée 
de blanc, le bec, jaune et noir ; il niche sur la grève, au 
bord de la mer et des fl(5uves ; les œufs au nombre de 
quatre sont d'un cendré pâle, maculés de noir. Vers le 
mois de septembre, ce pleuvier arrive du nord en grand 
nombre et fait société avec les Alouettes (1) snv les battures 
et les bancs de sable dont le littoral du St- Laurent est par- 
seuié. 

Longueur totale 7i ; envergure l-i. 



(1) Maubu'fhus. Le peuple noiaine ce pleuvier Cou blanc. 




LE PLEUVIER DOEE 



(goldek plover) 



Ce pleuvier est commun à l'ancien et au nouveau 
monde : à certaines saisons, il se montre en grand nombre 
en Canada ; il parcourt de préférence les grèves, les bat- 
tures de sable que la marée laisse à sec. Il arrive à la fin 
de l'été, se nourrit d'abord de vers qu'il fait sortir de leurs 
trous en piétinant le sol ; à mesure que la saison avance, 
il fréquentera les champs cultivés, les hauteurs, où il ava- 
lera avec les insectes, les fruits qu'il y trouvera. 

Le moment que le chasseur choisit pour tirer dans les 
bandes de pleuviers, est celui où ces oiseaux, les ailes ten- 
dues, vont se poser à terre ; car dès qu'ils se sont posés, 
ils se mettent à courir le long du sol et se sont bientôt 
dispersés. 

Le père de l'ornithologie américaine décrit une chasse 
aux pleuviers à la Louisiane, à laquelle des gentils hommes 



142 



CHASSE 



français le convièrent. Dès l'aurore, les chasseurs s'étant 
disséminés sur les divers points où le gibier devait passer, 
une troupe de pleuviers se montra ; les chasseurs, d'imiter 
le cri de ces oiseaux, lesquels descendirent du haut des 
airs et durent alors essuyer une espèce de feu de tile, sur 
une grande (f-teudue de terrain. Cinq ou six fuyards échap- 
pèrent seuls Je toute la cohorte : la chasse dura jusqu'au 
coucher du soleil, et, quand il les quitta, ces nemrods mon- 
traient la même soif de carnage que le matin : un d'eux 
comptait soixante et trois douzaines de pleuviers pour sa 
part. Audubon vit cinquante chasseurs dans les environs 
et portant à vingt douzaines la moyenne pour chaque 
chasseur, il affirme que quarante huit mille pleuviers 
dorés expirèrent ce jour là : rien moins que la voracité 
bien connue du grand naturahste nous porterait à recevoir 
ce calcul comme correct : m lis enfin, c'était pendant la mi- 
gration d'automne de ces oiseaux et, a cette saison, on les 
comptait par millier. Audubon dit que, six années aupa- 
ravant, les i)leuviers dures s'étaient montrés en égale abon- 
dance. 

Les i)leuviersnichont sur les terres basses et incultes de 
la mer arcti([ue: le uitl est un petit trou dans la mousse 
ou sur un endroit sec ; la [)onte se compose de quatre 
œufs, couleur de crôjue avec des taches et des points brun 
foncés ou pourpres, irrégulièrement dis[>osé3. Les petits 
sont prêts à courir dès qu'ils ont rompu leur coquille ; ils 
cherchent à se garantir du danger en se blottissant à plat 
sur le sol : la femelle a beaucoup d'attachement pour sa 
famille. Elle a recouis à toutes espèces d'artifices pour les 
garantir du danger : elle se traînera péniblement à terre, 
comme si elle était dans les transes de l'agonie, oti que ses 
ailes fussent rompues : cela dans le but d'appeler sur 
elle les malheurs qui menacent sa couvée. Les pleuviers 



LE PLEUVIEi; DOKÉ 



143 



ilorës cherchent leur pâture plus souvent dans les champs 
que sur les grèves. 

Le mâle a le bec noir et court : l'iris, brun : les pieds, 
bleus gris. Lo dessus du la tête, le devant du dos et les 
jicapulaires sont égaleniunt vari^îes do brun, de noir et d^^ 
jaune clair ; ce jaune forme de petites taches à l'extréniité 
des piuines. Le derrière du dos, gris brun, varié de jauni; 
d'une teinte ]»lus [uile ; l.i queuo est l)rune, barrée dt; 
blanc. Les ailes sout briun-j ; lus couvertures inférieures, 
taclietées de jaunâtre blanc ; les [triiaaires et les secon- 
daires des ailes, tt;ruiinées <ie l)lanc. Une partie du front, 
ainsi que les lories, sont l)Ianehes; une bande et la gorge, 
gris blanc ; les eôté.s du ..'ou et du corps variés de brun, 
d'un blanc paie et jaunâtre. La poitrine et une largo 
bande sur la jiuitrine d'un brun noir : cette bande e^3L 
ficngée de cliaqu'; côté de blanc : l,i qiKU; ( st courte, ar- 
rondie et composée de douze plumes. 

Longueur totale du mâle 10^ ; envergure 22^. 




LES ISLES DE SOREL 



chasse aux canards, etc. 



" Je ne connais aucun endroit de chasse, dans la pro- 
vince de Québec, préférable en automne aux Iles de 
Sorel. 

Ces localités et les environs abondent en b(icasges, bécas- 
sines, pleuviers, courlis, et autre menu gibier de grève. 
Le canard noir, le cou rouge, les canards d'automne, s'y 
attroupent, aussi bien que les sarcelles aux ailes vertes et 
les sarcelles aux ailes bleues ; bref, toute la gente ailée 
d'eau douce, qui prend ses ébats sur le littoral du St- 
Laurent, y trouvent pâture et abri aux mois de septembre 
et d'octobre. 

Les principales IsIqs du groupe sont, l'Isle du Moine, 
l'Ile des Barques, l'Ile à la Pierre, l'Ile de Grâce, l'Ile du 
Pads, l'Ile St-Jean, l'Ile-aux-Grues,^ ITle-aux-Ours. Il y 
a aussi plusieurs ilôts de moindre étendue ; puis, la com- 
mune de Yamachiche, la Baie du Fêbvre, les lacs de Mas- 
kinongé et de Yamachiche. 

A ce, il faut ajouter, une étendue immense de littoral 
couvert d'ajoncs, le long des deux rives du lac St- Pierre, 
et de plages des iles aux environs, lesquelles sont en 



LES ISLEd DE SUIIEL 



145 



Loine, 

lie du 

Il y 

com- 

Mas- 

Ittoral 
*ierre, 
it en 



parties inonJoijs, aux gramles crûosdes eaux, [iriiitemps et 
automne, et attirent le gibier. 

Les terrains plus élevc^s, gt^nérulernent sous le contrôle 
(les municipalités, servent comme paturaj^es, aux jeunes 
chevaux, aux veaux, aux porcs des habitants des paroisses 
adjacentes: le sol fiiiné, pib'tiut.', eugraissi', [coliiit des 
petits vers, fort recherchi's par la bécassine eu été. 

Sur la jioiute sablouo'is ; de c-.irtaiui'S îles, tel ([ue la 
pointe au Pécaud, ou l'île au .Sa!>lo, L-s chasseurs se ca- 
chent dans les gabions (pi'ils construisent, pour tir^;r h 
leur jinsiage le soir, l'oie-ii-craviite, notre outarde, laquelle 
descend à la rechi;r(,'he de vivrc'H, sur les grèves ou dans les 
champs en arrière. Au printemps, une autre chasse bien 
dilt'érente, mais fructueuse, se présente : la chasse aux 
rats-musqués. 

L'accès h ces lieux est fort facile, par les grands stea- 
mers, de Québec et de Montréal. 

Ces fameuses îles de Sorel, ou naguère chassaient, le Col 
Alphonse M. de Salaberry, MM. Coursol, W. IL Kerr, 
Harry King. Fred. Austin et autres ont aussi leurs guides 
attitrés : Maxime Monjeau, Baptiste Martel, Charles Paul, 
et consorts ; leurs pirogues sont en grande réquisition en sep- 
tembre : un des guides les plus actifs n'avait qu'une jambe. 

A deux fusils, j'ai vu tue^ sur les îles de Sorel, dans 
■ ma jen.ne.5se, en trois jours de chasse, cinquante canards, 
soixante-dix bécassines, et quarante pleuviers dorés. 

J'avais en 187S, convié l'Hun. Luc Letellier, alors Lieu- 
tenant-Gouverneur de notre Province, à m'aceouipagner 
avec son uide-de-camp, le Ca[>itaine Fred. G.iuLhier, et son 
cousin M. Philippe Baby Gasgrain, le député pour l'Islet. 
Je réserve à plus tard, le récit de notre chasse et de ses 
péripéties." • 

(J. U. Gregory.) 

10 



L'OUTARDE 



(WILD GOOSE— CANADA GOOSE) 



Montréal, mars IsjUv 



Infatigables voyageuses 
En troupe franchissant les mers, 
Sur les plages uiarécageuBCS 
Nous descendons du haut des airs. 
Voup, qui de notre bande allée 
Avez si bien tracé l'essor, 
Merci ; je prends mu volée 
Vers lii trrro du J^abrailur. 

J/ommdfft'S h's Oiseaux Canadiens 

A. Mabsais. 



Les auteurs Européens ont honoré cet oiseau du nom 
flatteur de cygne Canadien. Buffon le nomme Voie-a-cra- 
vate : ce beau palmipède connu aussi en France, comme 
Voie du Canada et auquel notre peuple a conféré le nom 
bien impropre d'outarde, est fort répandu sur tout le litto- 
ral du Saint-Laurent. Une outarde, dans le vieux pays, 
Oti8 Tarda, est un échassier des plaines, un coureur, non 
un palmipède. 

" Une cravate blanche passée sur une gorge noire dis- 
tingue cette oie ; le bec et les pieds sont de couleur 



LOUTAUDl': 



147 



tto- 



Ua- 
Leur 



ploinbéo et nuiràtro ; la tête et le cou sont de niêiiie, noirs 
ou noirrilros, et c'est dans ce fond noir que tranche la cra- 
vate blanche qui lui couvre la gorge. Du reste la teinte 
dominante de son plumage est un brun-obscur et (juelque- 
fois, gris ; — ■ la queue est noire. Au temps de Jîulfou, il y 
en avait plusieurs centaines sur le grand canal à Ver- 
sailles, ou elles vivaient familièrement avec les cygnes ; >! 
y en avait aussi une grande quantité sur les maguiHi[ue3 
pièces d'eau qui ornent les beaux jardins de Chantilly. Elles 
avaient également été introduites eu Angleterre : on a ré- 
duit assez facilement à la domesticité, cette oie ; mais elle 
aime a cacher son nid, ou elle dé[)0sera de quatre a 
six œufs, d'un blanc sale. Le mâle, sentinelle vigilante, 
veille sur la famille et se montre courageux, féroce même 
contre tous ceux qui oseraient troubler la {)aix du foyer : il 
se tient debout, la tête levée, près du ni'l qui est placé sur 
la terre, entouré de roseaux et formé de joncs et d'herbes 
sèches; il promène ses regards attentifs sur les envi- 
rons, et prête l'oreille au moindre bruit. Le renard a 
beau se traîner entre les herbes ; il est aperçu, battu et 
mis en fuite. Audubon observa trois années de suite les 
allures d'un de canjars, qui avait son nid près d'un lac. 

" Toutes les fois, dit il, que je venais visiter le nid de 
l'oiseau, colui-ci me voyait approcher avec un air d'indi- 
gnation, se dressait de toute sa hauteur pour me regar- 
der et semblait me toiser de la tête aux pieds ; puis, 
(puind je n'étais plus qu'à quelques pas de distance, il se- 
couait violemment la tête, et, s'élançant dans les airs, il 
se ])récipitait vers moi. Par deux fois différentes, il m'a 
atteint de son aile le bras droit, que j'avançais machinale- 
ment pour l'écarter, et avec une telle violence que je 
croyais un moment d'avoir le ])ras cassé ; après cette vigou- 
reuse démonstration il revenait aussitôt vers le nid, et 
passait affectueusement sa tête et son cou autour du corps 



148 



CHASSE 



de la femelle ; puis, il reprenait, en me regardant, son atti- 
tude menaçante. 

Les outardes sauvaf,'es se mêlent souvent aux outardes do- 
II (.'.stitiues. riusd'une fois, à l'approche des premiers froids, 
Ihs paisibles cultivateurs de l'Ile-aux-Grues ont remarque 
lUK^ inif^iiientation notable dans leurs bandes d'outardes 
iMijiiivoist'cs : ce sont des outardes sauvages qui se mêlent 
a lUi .- et qui les ncconijuiguent dans les granges où elles 
stnt pmiut'es'. Dvh que cela a li<u, h; propriétaire a soin 
de renft'imcr t'usemble jour li- k .-te de l'automne ses 
propres outardes avec les c'traiigi'rcs, ( t an printemps sui- 
vant, il est dillicilc de distinguer les outardes sauviiges de 
celles ([ui sont a])}irivoisc'es : ce fait s'est reproduit nombre 
de fois à uotr».' connaissance. 

Les outardes reviennent du nord en septembre avec 
leurs jeunes que l'on nomme inrons : elles fréquentent 
pendant une couple de mois, leurs anciennes retraites ; 
jmis, verale 1er noviualuv, elles dirigent leur vol triavr/u- 
laire vers le sud, et hivernent au Mexique, au Texas et 
en Pennsylvanie. Pendant le voyage, un jars robuste 
forme la pointe du triangle et fend l'air pour le reste du 
vol ; lorsqu'il est fatigué, lai autre vieux jar.«» prend sa place : 
telle est la méthode de migration. 




Le Cygne dn Canada. 



r-A BERXACHK 



(BIIANT COOSK) 



La Lernacho SOUS le co„pde la science moderne, a perdu 
out le merveilleux de »o„ origine ; elle ne pousse plus sur 
desarbres, ame,- arhoreu«,(l) aux efites de l'Ecosse et des 
Orcades, eo„,me au temps du savant c^vê.iue d'Upsal, Olaiis 
Magnus, dont les théories sur la génération ,les bernaehes 
aussi bien qne sur l'hibernation des hiron.lelles endort 
™es en pelottons au sein des lacs, ont disparu depuis 
bien longtemps; leurs embryons to.nbés dans les Hots n- 
s y convertissent plus en oiseaux, malgré les assortions de 
J unster. Saxon le Grammairien etScaliger, lU ne naissent 
P^..s connne " des champignons ou de gros vers, c,ui peu à 
peu, se couvrant de duvet et de plume, achèvent leur mé- 
tamorphose en se changeant en oiseaux," malgré oe qu'en 

u! ''.l?'-'-""-:" "" """"•• '1°" '" ""'-» <!"■• Portcu, cx.« fruits r..,.m 
scJ w " O, ,"• """■ "'J"'""' °''"™' Torau.ma.la, ChavaT- 



150 



CHASSE 



dit Pierre Danisi, Dentatup, Worniius, Dnchosno ot Ron- 
delet. Ce ne sont pas non plus " des coquilles qui les enfan- 
tent" malgi'é le lai)giia<:îo du savant Maior : elles naissent 
comme les canards et les outardt's, croyons-noiis, simple- 
ment, dans les îles de l'extrême nord. La l)ernache du Ca- 
nafla est un ]!almipède un ]eu moins gros que l'ou- 
tarde, niai.-i fort ressemblant : ollt en a h; J'ort, mais son 
manteau est de co; leurs moins vives. J'^lle a le bec 
noir, ainsi que la tête, le cou et les pied^, : elle porte un 
domino blanc, vers le milieu du cou, r!<.hdomen et les 
couvertures de la queue, blancs ; le dos, gris lu'nnâtre. Lon- 
gueur, 34 pouces ; ailes, 13 ])ouces. 

La femelle est plus petitii (juo le niAle : son manteau 
est ])lus terne. " Sa ponte est de 5 œufs, blancs jaunâtre 
sale" (C E. Dionne). Cet oiseau, émigré l'autonine au temps 
et à la manière des outardes : il préfère l'eau salée à l'eau 
douce, et pour ses ébats, séjourne sur les battures du bas 
du fleuve, quelques jours dans ses migrations, pour se 
refaire pendant les grandes temjiêtes de l'automne. 




'v^vJv: 






LA CHASSE AUX OUTARDES KÏSKS TËRrPJ^iTrES 



Suis rociiiunfr tu santcra.*, 
i>i.- ton lit iiijiîiuulrriicnt. 
D;,us les cluui.p.s tu fOchinuraP, 
Jnsrjiraii si ii- iiioliisivi nient. 

B fincoiip (le eliussetirs tu vcn-as, 
Miis (lo irihier iiucniH ment. 

liU'iivre (le mort nVeompliras 
Que dans tes rêves seulement 

Les poulets tu respecteras, 
Ainsi que les chats mèmeiiieut. 

Lo ehien (i'iiutrui tu ne prendras, 
P>iur un lièvi-e devenu trmnd. 



Toi 



1 lan.aia le t'i tueras 



Le m: 



ins ])ossible assurément. 



Ton insil tu déeharL'eras. 
iju rev nant soigneusement. 



eras, 



Virs liuit lieures tu rend 
Anéanti eoiiipl«''tenient. 



Et ne ra;iporfant d-ns tes Li 



Qu'u 



Il nioin .au mort d'isol 



ras, 
oment. 



( /.^s dix Commandements du Chasfeur). 

Ma jeunesse qui s'écoula à la campagne, tout près d'une 
plage qui abondait en gibier de grève, m'a fourni plus 



152 



CHASSE 



d'une fois, d'intimos jouis.sfmces. Chasseur de meuu gibier 
d'aboid, j'aspirai bientôt à l'honneur d'occir de grosses 
pièces, après avoir subi mille épreuves, et affronté les dis- 
illusions sans fin des chasseurs. 

ExjJorer, étudier les endroits de chasse, les plus en re- 
nom, des environs, fut un de mes j.iomiers soins. 

Je me mis en rapport avec les princiiaux cliasseurs de 
lu paroisi^o, ceux qui chaque année, allaient faire le coup de 
fusil, soit h la Dune, a l'Ile-aux-Grues, à la Ijatture aux 
loups-marins, aux battures i)lates de St-Joachim, à (1) la 
grande anse de Kamouraska, quartiers-généraux en avril et 
en septembre, des oies sauvagc^s, des canards, des sarcelles, 
et du menu gibier de grève, pleuvier^, barges, Courlis 
que nous nommons corhijeavx etc. 

St-Thomas (maintenant Montmagny) comptait plusieurs 
chasseurs de haute pègre : un surtout i)rimait par son tii', 
le Sieur Jacimes Cliva, ou mieux le Seigneur Oliva. 
Toutefois, je n'assurerai pas, qu'il eut eutièr»^ment droit au 
titre de seigneur, l'our les enfants du village ce devait 
être .un seigneur, puisqu'il habitait le manoir seigneurial, 
le vieux manoir des Conillard de L'Epinay ; c'était donc 
admis. 

Les jn'épariitifs du seigneur Oliva jjour sa grande chasse 
du printenqts, (à cette époque lu chasse au printemps était 
permise), jetaient l'émoi aux alentours. 

Aux preniiers soleils d';<vri1, un vieux matelot de la pa- 
roisse était mandé nu ninnoir, j oi.r r'alfeutrer, goudronner 



(1) Lks iMîKMiÈiîKS nuTAiîi>i:s. — •■ VcMinii <;'rnicT ('>') mars H?<7) 
Achille Lchi'l, lor,i;ei()ii, it léiéiiiii' îavô ji:r, ■. larron, ont abattu trois 
outardes à Fiaserville, Couitc de Ti m sunii;,'.,!. — Le Canadien •^'d mais 
18(-7. 



LA CHASSE AUX OUTAUDES 



153 



]>a- 
Jnuer 

trois 

tl IIHIIS 



et faire flamber pour la rendre étanche la pirogue de cliasse 
seigneuriale, que l'on tirait de l'appenti où elle avait été 
mise en hivernement ; cette Argo, bâtie à clins, en cèdre, 
était munie d'une grande voile latine ; elle avait de dix- 
huit à vingt ])ieds de quille. 

Un mot maintenant sur la ])hy.si(iue de mon vieil ami, 
le Seigneur. C'était un homme de haute taille, bien ijlanté, 
son père le Dr F. Oliva, était de descendance germa- 
nique. Le fils avait la désinvolture d'un baron Allemand, 
le verbe haut, le teint frais, le geste énergique. Mon aïeul, 
M. Daniel McPhcrson, chez qui je demeurais, ne le dési- 
gnait jamais autrement que sous le nom de baron Oliva. 
Il était maître - passé en Vv'nérie, ce fier baron, — un oracle 
pour la jeunesse. Au chai'àtre du gibier, il en voulait sur- 
tout aux outardes et aux canards ; c'était lui qui surveil- 
lait l'élevage et l'éducation de ses idans : un couple de 
magnifiques outardes domestiques dont la réclame sonore 
se faisait entendre d'un bout à l'autre du bourg. M. Oliva, 
était, en outre, secondé dans ses chasses ])ar un grand chien 
noir, à poil roide et grissonnant, espèce de griffon, qui l'ac- 
compagnait constamment soit pour repêcher le gibier 
blessé qui tombait dans l'onde, soit j)0ur tirer au rivage, 
un petit traincau recouvert, où le baron enfermait ses 
■plans, dans leur tiajet au fleuve, à la fonte des neiges, 
pour la chasse du printemps. 

Ce chien qui avait nom, Gasj)é, lui servait comme 
lietriever, pour rapporter le gibier ; c'était un |)rodige de 
sagacité que Gaspé, dont je n'ai jamais pu débrouiller la 
complexe lignée. 

Au retour d'une de ses chasses jirintanières, jo deman- 
dais à mon vieil ami, de vouloir bien me faire part do 
l'itinéraire de sa récente excursion. L'illustre baron se 
rengorgeant, prit majestueusement une prise de viaccaba 



154 



CHASSE 



dans un aniplo (>t antiiini' tnbatiôro on argent, — nn pr'-en t 
nuî (lit-il, fait à hom j riv, h ])v O'iva. i ar l» Eoi de la 
Priisse, ji'iuv lui ;iV(iir saiivt'la. vio, vu lai oi/'i'ant h temps 
uni3 saiiriiéo. l*tiis, il nir lit a-^^oiv r-n rav hcmère, a'>i)uvée 
à une ciuioée dans .son i-saiicttup,, pelito j-iè'-o, ovw'-o du jàs- 
toicts d'arçon, de fiisils à p'U'i^u.Tsion, (Ic.î Lofaucho'.ix n'é- 
taient pas L'noor,! invoiitL's) do ra,ni'iitj-; d:; chevreails et d(.' 
earibonx, d- carnassiôr'js, i!(; [)un'.-;, de gil) -rni/s et autres 
attirails di? cUa-s'. Vi\" quiMie de renard toniïù^, trooliée 
]iri/'.' d/ sa jeunesse, i^arnissait l'àtre delà, cli'.inin>''e, ou 
jit'nvlaietit (,n siutoir, di> ;x solides MecrcJt:vHin allemands 
et une Itli^uc en pean d;; veau-marin, artistenii'i't, brodée 
en ];oil de pore-éjae. 

J(iutie, iuipressionable, avide do récits de chasse, j'étais 
toiîte attention à ce (jue me racontait le dii2,'ne seigneur. 

"Nous ilévdpaiars, di Itassin de St-Tliomas, me dit-il, 
mon canotier r[ moi, à huit lieures ])récises du matin, dans 
ma pirogue, <]ue j'avais nommée la Blanche Diane (1) la 
patrone des chasseurs, eoianie on a dû te le dire, au collège. 

La marée étant })res4ue haute , mais comme le courant 
monte au large, nuv, heure de plus que près de terre, nous 
avions assez do marée ruontatite, pour ja'endre avec la jolie 
brise de vent d'ouest qu'il faisait-la Pointe-aux-P'ins, à 
rilo-aux-Grues. 

Puis, nous tirâmes une bor.lée entre cette isle et l'isle 
Konde et nous vinmes nous embusquer vis-à-vis de la 
dune, à terre. La marée serait basse à trois heures de 
l'après-midi : nous nous creusâmes une cache et nous 
devions attendre cachés, le passage de la vaste bande d'ou- 
tardes, mêlées d'oies sauvages qui voyage chaque jour des 
battures plates à St-Joachim, et fait étape à la dune ; 



(I) La Blanche Diane avait ses hiiutK peints en blanc, couleur moins 
voyante, pour ne pas alairuer le gibier. 



LA CHASSE AUX OUTAlîDES 



155 



puis, file jusqu'^\ la battiire anx-loiips-ninrins, vis-à-vis 
St-Jcan-Port-Joli. Notre calcul nous fit défaut : un 
vaillant chasseur (lolTle-aux-Cliuos — L^ capitaine Airapite 
Lavoie, nous avait devancés : il liêla de .«on affût, la Blan- 
che Diane, à son niouillnj^'e. 

"Levons le ]ned, dis-jc, à mon canotier! |>ii[ue au 
largo ! nous avuus encore as>e/. de haïssant, avec cette 
brise, pour aller camper ce soir souai le pominiei' de Chati- 
gny, à la batture-aux-loup marins." Aussitôt dit, aussi- 
tôt fait. On l'epêche le grapin, la Blanche Diane prend 
le vent, la voile s'enll -, se corse; nous voilà qui filons huit 
nœuds à l'heure, vers cette giboyeuse batture, le rendez- 
vous du gibier, à dix lieues à la ronde. 

— Sais tu Ce que c'est que ce pommier de Chatigny 
me dit mon interlocuteur ? 

— Non, lui repli(iuai-je ; ça doit être un jiommirr com- 
me tout autre jiommier. 

— Neniii, nuHi brave. Il y a là tout une histoire et 
une légende par dessus le marché, (jne mon vieil ami De 
Gaspé te raconterait de lil en aiguille, s'il était ici. Sur la 
batture, il y a un(i petite éminence, c'est la butte à Cha- 
tigny. Tout auprès, uiui épinette, l'épinette de Chatigny, 
et puis, sou pommier. Le pommier n'est |)as un pommier 
ordinaire ; sans avoir été greffe, il produit d'un côté des 
pommes douces, «le l'autre, des pommes siXres ; voilà le 
pommier de ce pauvre Chatigny, qu'un vindicatif chasseur, 
son soi-disant ami, laissa mourir de faim sur cette île dé- 
serte : mon bon ami DeGas[)é m'a promis d'écrire cette 
lugubre histoire avant de mourir, (1) 

Eh bien ! nous passâmes la nuit à l'ancre, à une enca- 
blure du rivage. Le lendemain, nous prîmes terre ; il 



( 1 ) Il s'en est loyiilomtnt acquitté. Voir Mémoires de P A DeGuspé^ 
p. :;C)7, édition, lf:(jt'.. 



156 



CHASSE 



faisait un calme plat: le soleil, de ses rayons vermeils, 
inondait les cîmos lointaines et bleutltresjdes Laurentides ; 
le long de la côte du sud, quelques banquises, résidu de 
la d(^ bâcle du lac St- Pierre, étaient entraînées par la marée 
montante ; c'était le jour de la saint Gt^orge, le 23 avril. 
Nous attacbrimes uo^ j^lans, en vue du lleuve et nous nous 
embusqurimes derrière une grosse glao».', que la marée avait 
écliouée sur la batture, nos fusils chargés tle gros plomb à 
outarde. 

Bientôt, attirées par la reclame de nos outardes domes- 
tiques, deux scmvagesses, comme les nommait mon cauo- 
tier, quittèrent le camp et s'avancèrent en nageant ; mon 
coup de fusil blessa mortellement le jars. Gaspé se plon- 
gea dans l'onde glacée, reyiôcha et nous rapporta fièrement 
cette belle pièce. 

Kvidement le temps était trop beau, beaucoup plus fa- 
vorable à la confection du sucre d'érable en avril qu'à la 
chîsse il cotte saison. 

Nous dinrimes, sur l'île, à l'endroit connu comme la butt'i 
à Chatigny : puis, prenant avantage de la marée montante 
et du vent, la Blanche Diane, tira sa bordée, d'abord vers 
le Cap Tourmente ; et virant de bord, elle cingla pour la 
côte sud, vers l'anse-à-Giles ; nous laissâmes échouer la 
chaloupe et nous trouvâmes, chez l'hôtellier, Simon Tal- 
bot, un repas et un gite fort satisfaisant ])Our la nuit. 

Le lendemain matin, nous nous laissâmes dériver dans 
une brume, d'abord faible, plus tard fort é()aisse, jusque 
vis-à-vis du petit cap ou promontoire, du ca}) St-Ignace. 
Là, la brume croissante iUillit me jouer un mauvais tour ; 
en m'établissant avec mes plans sur la grive, je remarquai 
d'autres chasseurs qui guettaient aussi le passage des 
outardes. 

J'attendais, qu'une volée d'outardes qui était allé aux 



LA CHASiK AUX OUTARDES 



157 



vivres sur cette grève vaste et vaseuse, se replia vers le 
rivage ; je me blottis à terre dans cette espèce de demi- 
jour que la brume engendrait, lorsque tout à coup à la 
suite d'une décharge d'arme-{\-f(m, j'entendis le plomb qui 
crépitait sur la va«e tout autour de moi. Je m'aperçus que 
j'étais devenu un poiïit de mii-e pour les autres chasp^urs 
qui entendant la réclame c'.m mes iilans, nous avaient pris 
pour une voléo d'outarrlos. 

Bientôt nous j'ù:. - .-j;>l m's il'uno secoii !■> décharge, la 
.situation devonuit scauicusc : je griiu[;iii J,.- suite sur une 
uanqui.se échouée et g.irnio des ajoncs du lue St- Pierre ; 
j'agita mou arme, je cri;d comme un j)os.sédé. Finalement 
une idée lumiuense me vint; je tirai un coup de fusil pour 
prouver à ces malotrus, que je n'étais pas une outarde. 
Voilà, mon je'uve ami, un des mauvais pas où ma présence 
■l'esprit, vint à ma riiscousse, pendant ma récente partie de 
chasse. 

Il y a bien d'autres modes pour capturer les outardes 
qu'avec les plans domestiques ; ainsi, à l'Ile du Prince 
Edouard, à l'entrée du golfe, on trompe l'œil de la volatile, 
au moyen de canots d'un faible tirant d'eau, dont ou re- 
couvre les bords d'herbes ou de branches vertes. 

On emploi comme moteur, une roue à l'arrière de la na- 
celle, comme la roue dans un petit steamer ; le chasseur 
s'assied dans le canot, sous les herbes ou les branches, ap- 
puit le canon de son fusil sur la pince du canot et laisse 
manœuvrer sou compagnon, qui se dissimule, lui aussi, 
dans l'arrière partie de l'embarcation ; de cette sorte, ie 
canot fait l'approche et le chasseur, avec sa grande caiiar- 
dlère chargée de gros plomb, d'un seul coup de fusil, abat 
plusieurs gros gibiers ; mais, avant de te lire " les dix 
commandements du Chasseur " que je t'ai promis, et que 
je te prie de graver dans ta mémoire, je vais te raconter 



138 



CHASSE 



comment on procède, en llnssie ; as-tu jamais entendu 
parler do la chasse aux outardes, avec des tranches de 
navets ? 

— Jamais, lui dis-je, en ouvrant de grands yeux, avec 
ébahisse ment. 

— Eh bien, le mode russe, le voici : 

Les outardes, ])ar voh'es sans nombre, font ordinaire- 
ment l'autoniiie et le printemps, K;ur apfiarition dans ces 
parajjjes i\ la grande satisfaction des nemrods qui s'en don- 
nent à cœur joie. Une autre classe de chasseurs font 
compétition aux amateurs de fusils. Ils ont adopté le 
système de la ligne et de l'hameçon, tout comme pour 
le poisson. Ils attachent de distance en distance, à 
une ligne ])Our la morue, des douzaines de petites lignes 
gréés d'hameçons recouverts de tranches de navet. 

On ajoute ])liisiGur.s longueurs agencées de cette ma- 
nière ; quelquefois les lignes ont plus d'un demi mille. 
Ainsi préjiarées, elles sont placées dans l'eau aux endroits 
les plus fréquentés des outardes, ijui a la marée basse, re- 
viennent au pâturage et s'em})ressent de faire honneur au 
navet. Il n'est pas rare de voir prendre d'un seul coup, 
une vingtaine d'oiseaux. 

Or, un bon jour un chasseur très-intelligent, du nom de 
Polomitz, se rend à l'endroit où il avait tendu ses lignes, 
pour voir le résultat de son travail. Accompagné d'une 
jeune fille, il dirige sou cai, >t d'écorce à l'ancrage de la 
ligne dont il lie l'extrémité à l'avant de l'embarcation ; puis, 
il débarque sur un banc de sable que la marée avait laissé 
à sec, disant à sou enfant de se bien tenir. Effrayées de 
l'apparition de l'homme des bois, les outardes se levèrent 
en masse en prenant leur volée vers l'embouchure du havre, 
traînant le canot et son contenu avec une rap.dité éton- 
nante. Les sentiments do Polomitz, à ce moment, sont 



LA CII.V.SSK AL'X OUTAliDJiS 159 

Mais tout ù eu,, ,,l„si,„r.s dc't.,„ati„„.s .etenfi^ent ,m 

omet, ,f,, ,,,,,,„ ,^^ ™.-r,„,,,,n: 

I ta,,, ou s aba,t„v„t tout.» !„,, ,a,t,,.,. (;V,ait I„ hivo ,1e 

olonm. et ,e. ,l,.„x fil. ,„i avaieut fait f,.„ su,- ,es f ™, 
Co,„„e bie„ 1-0,. ,,e„.e, o„ court au sccour. de I,. i ■ J 
Plusmo, e,,ue vivante, et l'o,, ,„oeède à reti,. , 1 ' 
onn.™ do la li,„e. Quarante-huit outavdes .•é.aieut , ." 

à 1 appât d,. navet, appli.,,.,; aux ha,„eço„,s. o„ .kL^ 
canot ve,. I,.!on,it. qui j,„,i,„ „„ j,,;^ „„ ,,,^ 

potue I,1I„ et en apo.eevaut le no,,,..,. ,.,.e,.ju-,„c^,,,| 

des Oiseaux qui l'avaient .enio.aué .i loi,!. " 

Le .eigneu,- 01i>., ayant relate' cette ,,al|,ita„l,. av nturo 

Uun«,.a.,d.e,.,e„x, ,,itu,.ef„ue,,i,e;ic.,.bac.la,,;: 
"--.«■e ai,.:.,.„v,et et,.-,,:,,, ,-,,n,,a..,:,. ; !, ,,,,,,t;^, , j 

d„dn,„.anon ,,o. ,■ son excellent na.it.e, .ëcia, en e M 
yaut un jurou fan.ili,,,.. Tac-énui:. G,.,..u! e , v„ 1 .n" 
bonne, mons,e„,. 1„ jeune ehasse,,,. : „„..„,, ;„ ,„,„ '" ""^ 



ALOUETTES DE MER 



Les natuftalistes français consignent sous lo nom de 
Maubùsches, Cocorlis, Suudeiliugs, Pelindes, cette nom- 
breuse famill(3 d'écliassiers qu'on voit ajiparaître sur nos 
côtes et sur la plage du grand llouvo, au printemps et à 
l'automne, en groupes serrés et tourbillonnants, qui ne 
savent jamais .s'ils veulent s'en aller ou rester, s'élever ou 
s'abattre : nos compagnards les appellent tous indistincte- 
ment, alouettes de mer. On en distingue huit ou neuf 
espèces ; elles nichent toutes ou a i)eu près, dans le nord 
du continent. 



LA MAUBECHE TACHETEE 



(jACK SNIPK) 



Cette aloHette a le bec d'un vert olive pâle, foncé vers 
l'extrémité. L'iris, couleur de noisette; les pieds, d'un 
vert jaune-pâle ; les griffes, foncées. Le sommet de la tête, 
roussâtre-brun : le centre de chaque plume, brun-no'r ; une 
ligne pâle blanche part du bec et se termine derrière l'œil ; 



LA MAURKCIIK TACIIET^K 



101 



les lorros, foiic n>s ; hs cott^.s d« lu ttU.., les piivLi-.s atitrrieure.s 
et latérales du cou, avec une juartie (k- la poitiiih-, ,1'ini gris- 
l.nin clair, niarcuu^es d.i lignes l.run.>..f,„uvfs; iJ menton et 
le reste des i)arties infôrit'uies, l.lanches. L,..s ,,l,„no.s sur 
les parties suj.érieures sont brun.'s.ncirc, étoiles de rou<'o. 
brun; celles sur les ailes, plus claires ; les ,.n,nn ires sont 
foncées; le.s secondaires extérieure^ uuuueoes de gris; les 
intérieures, de la couleur des plumes du dns. Les pennes 
de la queue, d'un gris brun, légèrement mar.iuées et termi- 
nées de blanc ; les deux pennes du mili..u comme celles 
du dos. 

l>iiiu-nsions !» X 18— l'oids G o/ 



LE PELINDE CINOLE-LA MAUnÊCnE 
A DOS HOUX 

- (liF.D LACKKD SANDriTER.) 



Cette alouette arrive au cumm-ueeia ut <le septembre et 
tourbillonue en graudes banales sur nos -•ivve.v-. En été 
elle prend en d.ssus un plumig^ lauve, tielt-té de noir • 
le devant du cou et de la poitrine offrent d,- p ^tits taches 
noires; le ventre est d'un noir pur, avec des bordures 
blanches; la queue est olive ; les deux pennes du milieu 
ont le centre noir, les pieds et les jambes, uoir-grisatre ; 
l'iris, foncée : bic, comi^rimé à sa base, un peu recourbé. 

^ Sa ponte est d ■ trois ou quatre œufs, un peu pyriformes, 
d'un verdâtre, pointillés de brun et tachetés de gria-roux! 
Dimensions 8| X 15. 

11 



LA MAUBECHE COURLIS 



(CUBLEW SANDPirEB.) 

Cette espèce se retrouve dans le nord des deux conti- 
nents ; elle est assez rare en Canada et aux Etats-Unis. Son 
plumage d'hiver diffère de son costume d'été ; en été, elle 
a le dos tacheté de noir-verdâtre, les ailes, grises-cendrées 
et le dessus du corps, roux- jaunâtre, croupion, blanc, barré 
de brun ; bec et pieds, vert-noirâtre, le premier comprimé 
et recourbé. 

Les courlis vivent réunis en petites troupes, voltigent 
le long des grèves et des marais et séjournant peu de 
tompb dans une même localité malgré l'abondance de la 
iioiuiituie quu leur oiire le limon plein de larves et de 
mollusques, ils semblent chercher conslam meut la variété. 
Leur nid est construit négligemment parmi les hautes 
herbes du littoral et contient quatre ou cinq œufs jau- 
nâtres, avec des taches brunes : l'incubation dus œufs se 
fait par le mâle et la femelle. 

Dimensions 8f X 16. 




Le Courlii à long bec 



L'ALOUETTE DE MER AUX LONGS PIEDJ 



(STILT SAMDPIPEK.) 

marnes sur nos pl„go, , ell,, „,■„[,. d.u.s k nôid • elle est 
très nombreuse aux T.xas, ^, pri„t..,n,,s. 

Le costume d'<!td n,.t d'un l.run-noiratre; les plumes 
sont bordées de rouge-blauc ; le croupion et les couver 

z,::t'1.:^/^'^ '"'"-• •"""*»' '""^- '— • 

a ,es, d un brun rouge pfJe; le devant et les côtd, du cou 
'^. Imales fouc&s; le reste des parties inférieures du ph 

Fn wT 7'°""""^' ""^^ '—-'-eut de „' t 
J^-n m ver, le plumage varie. 

Dimensions du mâle 7^ X 17. 



L'ALOUETTE SEMIPALMÉE 



(SEMIPALMATED SANDPIPKR. 



) 



Cet oiseau est fort diminnfiV . ;i 
se m&U o„ u T ^"^^"""^ = il arrive en septembre er 
se mêle aux bandes de pluviers Pt nnfro • " f 

i^iuviors ei autres oiseaux de 



164 



CHASSE 



grève ; on remarque une grande différence de taille parm 
ces oiseaux. 

Voici leur signalement : le bec est noir, légèrement mem- 
bre et long d'un pouce ; le sommet do la tête et le plumage 
en dessus, brun-foncé parsemé de rouille et de blanc ; les 
côtés du Ci'oupion, blanc: le croupion et les caudales, 
noires ; les rémiges, d'un noir sale, avec des bandes blan- 
ches : une ligne blanche existe sur l'ceil : les couvertures 
inférieures sont terminées de bhnic ; les jiimbes noires- 
C'.n.ir.'; h's pieds, de même et semi[)abnés. 

Dimensions G| X 124. 



Lx\ PETITE ALOUETTE DE MER 



(la MAUBÉuIIE de VlLtfON.) 



Coite iiiOiietiL' e.-t îa ['lus petit;:' d" l'o.sj.tco : sou vol 
lient plus Jf ''L'iui à: h l»-r,isbin.; ([iiu di; vai de l'alou- 
ctto. Elle all't'v. i(tini'' l'^ vd^iùrct-t, que le llu.x el le reihix 
recouvre à eh ique inuv/'t: : <ile prend les ai.- en décrivant 
des ziî^izags eî; en pou.-.s.int un cri laible. Ces oi-eai'x ne 
sont qu'une bouletti; de graisse avant leur dé j art en sept- 
embre. Wilson ne mentioniKi pa ; le lieu d' lu ponte: ce 
]'etit gibier est commun aussi en Europe. 

Elle a lo bec et les jambes, d'au brun-noir: tout le 
pluiuage en dessu-^, abondamment frangé de bai-clair et 
de jiume-ocre ; les primaires sont noires : les couvertures 
supérieures, noires, terminées de blanc : l'œil petit, couleur 



LE SAîiDEKLING 



165 



de noisette-foncé; la queue arrondie, les quatre plumes 
extérieures de chaque côté, d'un blanc sale ; le reste, d'un 
brun foncé : le haut de la tête, brun foncé ; une barre 
blanchâtre, au dessus de l'œil ; le ventre, blane ; chez 
quelques individus, les jambes sont d'un jaune sale ; les 
côtés du croiij'ion, là ou finissent les couvertures bU])é- 
rieures et les l'vimaircs tont b;,iu's de blanc. Les femelles 
ressemblent fort aux mâles : la couleur baie, sur les côtés 
du dos et sur les scapulaires est plus vive chez le mâle et 
le brun plus foncé. 
Dimensions 51 x 12. 



LE SANDERLING 



(SANDERLING SA^DPirER. — liUDDY PLOVER.) 



■vivaul 
h'jx ne 



ept- 



Il .-! 



ton 



ce 



t h 



llaii' et 
îrturos 
)uleur 



Cet oiseau, qui n'a d'autre analogie avec les pluvieio 
que la formation du pied où le pouce est nul, api)arait 
sur nos plages eu septembre, en troui>es nombreuses. Lt-.s 
Sanderlir.g passent leur temps à guetter et à enlever, entre 
chaque vague, ces petits bivalves que la m-^r rejette sur le 
sable. Le chasseur épie le moment où la vague rentrante 
poursuit la troupe, pour prenelre le gibier à la liîe: les sur- 
vivants, à chaciue coup de fusil, pronneut L'ur essor, font 
une évolution au plus, et revieiment sans plus de façon se 
poser à l'endroit qu'ils ont (quitté. Les grandes battures de 
sables, dans le golfe, telles que la hatture aux aloudtt'M, 
sur la live nord du St-Laurent, sont les quartiers-généraux 
des Sanderliug pendant l'automne. Ils vont nicher dans 



'>j 



166 



CITASSE 



les îles au nord du continent. Cet oiseau a deux cos- 
tdmes : son plumage d'hiver est grisâtre en dessus, blanc 
en dessous et an front, avec les ailes noirâtres, variées de 
blanc ; en été, le dos est tadieté de fauve et de noir, et la 
poitrine piquetée de noirâtre ; le bec est noir, les pied^, 
noirs : ils n'ont qnv. trois doigts. 

Dimensions : 8x14. 

Chez plusieurs individus, le plumage présente des dif- 
féronces de couleur assez marquées. 



LE CHEVALIER ABOYEUR 



(TKLLTALE TATTLEli) 

Cette alouette de mer est moins répandue que l'espèce 
précédente. Grand amateur des terrains bas et maréca- 
geux, le chevalier aboyeur, sert de sentinelle aux canards 
et aux autres oiseaux de grève : dès que le chasseur se 
montre, son sifllei aigu donne l'alarme à toute la gent em- 
plumée du voisinage, qui ne manque pas de s'éloigner en 
toute hâte du danger que le vigilant oiseau a signalé ; il 
est vrai qu'en maintes occasions, un trépas prématuré est 
la récompense qu''! en retire, avec les malédictions du 
Nemrod désappointé. Ce chevalier arrive ici en avril et 
en mai, pond d<ins une touffe d'herbes sur le bord des ma- 
rais, quatre œufs d'un blanc sale, irrégulièrement marqués 
de noir. 

Wilson dit que cet oiseau est inconnu eu Europe. Ce 



LA BAROF: MATîHl.'pR 



ic: 



an- et so Tut iniMn. entendre I.rsque l',...l l'a ;,.nl . ,;. 



I-- lOH 



vue 



c«k.,m..,lHV.naifrore,.. p:,,., ,,,,,, ec qui., .st'|,îu-n.. 
coHi'lw et |.iir sa taille. 

Di...,;,,,;,,,,,. ,lu m:;i.. U X MJ-f.iuclI, KIJ X 25! 

La plupart couvant au Labrailor en gagnaut le ncrd. 



I.A BARGE MARBRÉE. 



(CÏKEAT .M.VIBLUI UODWIT. 



Ce 



Ce bel cseau arrive sur u„,s plage,, à la fin .l'aout, pd- 
noJe ou ,1 enngre des terres ,lu n„„l. après la ponte. A 
la F orule, ces oiseau.x se montrent ,,uelq„ef„is en grand 
nombre .„nd,.scp,e nous n'e,, n'avons remarqué q^e do 
.ares tndr^dus en Canada. D'un naturel défiant les Bar»e 
marbree.s, fort ressemblantes aux Oor,nj„u^, „„ ,, .^^nt 
que rarement approcher par le chasseur: .si néanmoins ce 
dertuer réussit à faire une vieUme, le reste ,1e la ba^.Ie 
tournme au-dessus ,1e ren-h^ott „ù le blessé .se débat et 1. 
clHctple de «,. Hubert est souvent assez benreu.x pour tirer 

"" ■'"°"'"' ^""1' - '■"-' ''""■^ la bnde. l'entlant l>l.iver 
ces oiseaux s attroni.eiit en bandes, à la Floride, 

Nous avons souvent nous mêmes tué au fn,,il des liarc-, 
»ur les grèves de l'Ile-aux-Grues ; mai., elles y étaient isolX; 
et une a une. Quand elles vont aux vivre/,lK,,enfo,,cen, 



168 



CHASSE 



leur long bec, tout entier dans lu vase, à la manière de la 
Li5eassine et de la bi'casse ; elles recherchent avidement 
certiiiiis insectes aquati(iut'S ; ijiiL'lquef(.iis, cet oiseau s'avan- 
turcra, jusiju'à ce que son plumage entier touche l'onde et 
lorsque l'eau devient trop profonde, l'oiseau se dressera 
sur ces jamlie^, seet»ura ses 'ailes et fera un dernier effort 
pour (ibtciiir le met qu'il convoite ; ])uis, contraint par le 
flot de s'envohr, il revient au rivage et recommence le 
mè/ne manège. Vers le milieu du jour, en certaines localités, 
les Baiges se réuniront en une grande bande, sur un banc 
de sable, i ù elles passent des heures entières à lisser leurx 
plumes; cela fait, plusieurs indi.idus restent immobiles 
plongés dans la méditation, et se tenant sur une patte. 
Tout à coup, la silencieuse cohorte dé[)loie ses ailes vers 'e 
ciel, fait retentir sa voix \ laintive, prend son essor; puis, se 
divise en plusieurs groupes, lesquels vont s'établir sur 
d'autres points en quête de nourriture. Les Barges affec- 
tionnent surtout les marécages salés sur la rive de l'océan. 

Le nulle a le boc long de six pouces à peu j^rès, un peu 
recourbé en remontant à son extrémité, laquelle est noire, 
mais à sa base, le bec est noirâtre-lirun ; l'iris, est brun ;. 
les pieds, In'un-uris ; la tête et le cou, jaunâtre gris-claii ; 
la poitrine n'est pas mouchetée ; le haut de la tête est strié 
de noirâtre brun, nmime le derrière du cou, mais plus pâl^ ; 
le reste du plunioge en dessus est tacheté et barré de brun- 
noirâtre <'t do jininc-grisàtre. Les primaires sont brunes- 
noirâtre, ainsi ()Uo lo. frange extérieure des trois premières 
pennes : les franges des tintn^'^ primaires et celles des secon- 
daires sont jaunAties, lonto- !.!i!> du moins mélangées do 



fonci 



1. 



[\ poitrine ei l'alidoniou smit j ume-roussâtre. 



DimensiiUis Td.', x l'S.l 



LA CHASSE AUX ALOUETTES 



(1) 



LA GRANDE MAKÉE DU MOiS d'AOUT 



PKSTHÉTÉirs Gh! par X( j tiinu! vois tu quoi 
tiuts d'oiseaux 8c ra.sseinbleut ? 

EvKLPiDK. Quelle nuée, par Apollon! Ou ne 
voit iiluis l'c'utréo de la scèno, 
tant ils volent serrés''! 

{Les Oiseaux, — Aiustopiiank. ) 
L'an 41 1 avant l'ère ChrétiLnne. 



Par une douce matinc'o, le 21 :ioût, on l'année 1842, 
mon sommeil fut interrompu par un jet lumineux s'in- 
filtrant à travers le damas do ma fenêtre qui avait vue 
sur l'orient, c'était un rayon tiède et rose de l'aurore. Il 
pouvait être au plus quatre lio-urcs et demie du matin : 
déjà le murmure cadencé de la mi-r r(;ntr;int.', roulant sur 
les galets, m'annonçait que je n'avai.s j.as un moment à 
l.erdre, si je voulais tirer partie de la ijvande ruer d'août, 
cette haute marée que l'on a nommée, si à propos, (jrande 
'mer des alouettes. 



(l) Ou appelle autour de Québer, alouette, le dimunitif ^iMer de gicve 
qui nous vient du nord, en aoiit et au couimcncenient de l'automuo. 



170 



CHASSE 



Il est vvai, j'avais pon loin à aller vowv nw. l'onilro Jiu 
théâtre de mes futurs exploits. Besoin n'éiait ([Uv. tie fles- 
eenili;(3 la {uaite de la ['ctite éniiiieuce dont 1(^ pied est 
baigné ]»ar les liaut/s caiix d:i llcuve rt dont lo soni- 
niet, coiilé ti'iia nia.-->il" d'érables, lai.-j.sii aîxn'cevoir une, 
loiigui! nii'isitn blanche, à toiture noire et à persiennes 
bi'une.s. C'était b- manoir du Seignoui' ^Icl'herson, mon 
vieil oncle qui, die;» is près d'un <juart de siècle, entouré de 
sa famille, y coulaii. des jours dovés. Aies vacances de sé- 
minariste étaient déjà fort entanimées, sans que j'eusse eu le 
temps de m'en aitereevoir, tant avait d'attrait pour moi le 
séjour de l'île giboyeuse où mon res[)ecté parent dispensait 
l'hospitalité avec le laisser-aller des honnêtes gens qui 
vivaient aux temps homériques. Homme spirituel autant 
qu'excellent tireur, aimable raconteur, il se plaisait surtout 
à distraire les jeunes amis que la belle saison ou les va- 
cances amenaient sous son toit, par le récit de ses aventures 
de chasse ou de ses voyages sur mer, sans oubher une épi- 
sode, où il figurait, bien jeune, comme prisonnier de guerre 
en Espagne. Ainsi s'écoulait douce et bien rem])lie la vie 
du projtriétairede l'île enchanteresse que deux siècles aupa- 
ravant AI. de Montmagny s'était fait concéder delà Compa- 
r/nie de la XovvMe-Fvaure, connue lieu de chasse ; c'est 
là, si ou en croit l'histoire, que le Nenu'od français venait, 
chaque automne, tout eu pourch;issant canards et bécassines, 
(tublier les soucis de la vie [)nblique. Certes, il n'avait 
pas mauvais goût, notre ancien gouvi-rneur. 

vous tous disciples du grand saint Hubert, et vous 
amants de la belle et grandiose nature du Canada, désirez- 
vous apprécier le charme de cet endroit ? veuillez donc 
m'accomp'aguer dans ma course matinale. 

D'abord, avant d'endosser fusil et gibecière, descendons 
à la salle-à-raanger, nous fortifier contre les humides va- 



LA CIIASSli; AUX ALOUETTES 



171 



:pa- 
apa- 

liiit, 
nos, 
A'ait 



''0U3 

rez- 

ouc 

ons 
va- 



peurs du matin ; un vaste bol de lait fumant nous attend 
sur le buffet : nous y ajouterons deux œuf frais, pondus 
la veille par des Dorkings et des Black spanish, tlu .-ncro 
ad lihilum et more onajorum, quelques cueilleiées d'une 
eau-de-vie pâle et vieill-, tout comme si AI. l'a'ibé Chini- 
quy n'eut jamais, en 1840, entrepris une croisade contre li?s 
spiritueux. Ci^tte prescription religieuisement remplie, en 
avant, mes braves ! 

— " Ah ! ! Monsieur, s'écrie le garçon de furnie, un 
jouvenceau portant un chapeau de paille, de dimensions 
phénoménales, vous alliez oublier c^ue c'est aujourd'hui la 
(jrand'mer des alouettes : emportez-douc eu sus avec vous, 
des paniers ! " 

C'est qu'en effet, le mois d'août est, par excellence, le 
mois des alouettes, le premier gibier de grève de la saison 
de chasse. Vers le vingt de ce mois, les bandes commen- 
cent à arriver des pays du nord. Leurs volées sont peu 
nombreuses d'abord ; puis, ell(;s deviennent plus considéra- 
bles ; puis, on les compte par myriades. Vous entendez 
leur voîx dans les airs, qui, cependant à peine arrive jus- 
qu'à vous, tant leur vol est élevé; elles tournent, tournimt 
à cette hauteur, pour explorer leur cher pays de passage 
et, dans leurs gyrations, elles se rapprochent de plus en 
plus de la terre ; enfin leurs joyeux cris sont distincts et 
vous voyez leurs escadrons ailés décrire mille et mille évo- 
lutions dans l'élément dia[>hane, au sein duquel ils flottent 
avec tant de L'gèreté et de grâce. 

Le moment de prendre terre arrivé, les alouettes longent 
les arbres de la furet, les falaises de la côte, descendent 
comme des tourbillons vers les plages et les eaux du fleuve 
qu'elles rasent à les toucher, s'élèvent de nouveau, redes- 
cendent encore et finissent par s'abattre sur les bancs de 
sable qu'elles couvrent de leurs flocons mouvants. Il faut 



172 



CHASSK 



aiusi les voir tomber, coiniiie une grosse bordée de neigt2 
grise, sur les Datt lires diix alouettes, à rentrée du Sague- 
iiay ; sur les Bancs de Portneuf, vis-à-vis de llimouski ; 
sur la Batture de Maiiicoua<jan, et autres endroits où 
l(!urs essaims sans nombre semblent se donner rendez-vous, 
à la lin d'auCit, eliacjiic année. 

C'est (le e. s ehef-lieux de réunion ({u'elles se répandent 
\y.iv hn,iides moins eonsidérables, bien ([ue nombreus 'S en- 
core, sur totis les rivages de notre grand lleuve. 

Le soleil est déj;\ visible à l'horizon, l'air est frais, le 
temps edme ; nous voici qui arpentons la grève; de la 
pointe sud-est de l'Ile-aux-Grues. (1) 

— Mais avant d'aller plus loin, d'où vient ce nom, de- 
mande un des interlocuteurs ? 

— C'est tout simple 

" Du lemps que la Reine Bertho filait" pas [)récisément, 
mais vers l'époque où M. de Montmagny chassait . . . 

long-temj)S a})rès et même de nos jours, l'oiseau- 

voyngeur, chante par Horace, ce rêveur des marais, y faisait 
étape et, pourtant, l'oiseau mélancolique n'est pas de nos 
endroits : les vastes ])rairie3 du sud-ouest le réclame 
pendant l'hiver; l'été, il va confier ses pudiques amours 
aux savanes, aux îles solitaires et aux paisibias lacs des 
pays du Nord. 

— Si c'était des grands hérons bleus au lieu de grues .... 

le-j amis de Wilson, au lieu des venger-'^ '' iiycus 

(2) que dirifZ-vous ? 

( i) 0.1 I rouvoiii l'ôpi.sodo du lu mort il Ibycus ivlatct,' dans \'Or)atho'i>j e 
du Canada, i'i'.y''-' «'-•'• 

(1 j L'f lo-iuix-Gru. s i .st dcsignéo sur les cartes angla'rit.'S comme Ci-'inn 
Isltiriil ; <c ([ui .sciiihlc L'xpli(iiior la .singulière tr;idu"tion qu'on fait 'm 
touriste Itttré de nos jours qui évidemment n'était [tas chas.seur, on la 
transfornumt on llc-aux-Crânes. 



LX CIIASSK AUX ALOUETTKS 



17.". 



les 



•je 
il nu 

'Ul 



— Je (lirai^î, sur ce point comme sur bien d'autros : Fuit 
lux ! Qu'avez- vous donc, chasseurs, mes amis ; d'où vi''nt 
cet dbaliissement ? est-ce f|ue, par liasavd, vous ('■tiez: 
sous l'impression qu'il n'y avait <[Uo Québec, le Sagtienay 
ou les mille Isles qui présentent des ])oints de vue im- 
posants ? Je vous ent(!nds vous écrier ; " Quel spectacle ! 

Voyez, en elfut, au nord, ce.s sublimes montagnes; en aval 
de la Baie St Paul, une not.ibl^ portion du fam(^ux "tur- 
ban des Laur^Miti '•■- " ; i>ii'^, \i'a lu.iisifs tl: verdure, et c(>s 
vastes toitui'es et ecs iliL'lu'-; iiiisantes an -^n i. Ce sont les 
toits et les llèclies des églises de Saint-Thomas et des pa- 
roisses voisines Suivez, en descendant, le cordon de 

blanches maisoimettes, cou])é çà et là, par des clairièri\s ou 
des bocages d'arbres fruitiers ou forestiers, et vous ari-ivo- 
rez au pittoresque promontoire ou rocher a ipelé le Pefit 
Cap, presqu'en ligne avec l'église du Cqj St-Igiiuce: cette 
langue de terre, pour peu qu'elle continue de se fuudiv, 
sera bientôt un îlot. Voyez deux ou trois lieues ))lus bas 
la spacieuse église de l'islet, avec ses deux tours. D.ius le 
lointain, audessus des oudes qui, selon l'exjuv.ssion du 
Byron, semblent ^^ danser de joie „ vous distinguez, bien 
imparfiiitement il est vrai, le cloclier do l'église au milieu 
du village de S.iint-Jean l'ort-Ioly ; paysage (obligé- dans 
nos camjjagnes : un amas de ninisous dominées par l'église 
paroissiale, l'on dirait les petits avtoav ih- In mère ! 

Tout en admirant ce riant tableau, uoiis prîmes lu direc- 
tion de la grève en causant chasse et gibier. 

— Au lait f. N'avez-vous pas écrit quelque part qu'un 
superbe cygne avait été tiré ces années'dernières, sur cette 
même plage, et que le seigneur de céans, en fit hommage, 
en 1829, à Lord Gosford ? 

— Concedo. 

— N'avez- vous pas donné ce fait comme fort remar- 



174 



CHASSE 



quable, rare comme le merle blane, une corneille 

blanche, que dirai-je enfin, quelque chose gui se voit aussi 
peu souvent sur notre fleuve, que le grand serpent de mer, 
le Kraken ? 

— Distinguo. Pas tout-à-fait aussi rare, mais guère 
s'en faut. 

— Eh bien ! monsieur le naturaliste, sachez que depuis 
cinq minutes que je scrute l'horizon, j'ai compte non- 
seulement un, mais beaucoup de cygnes, plongeant dans 
le fleuve à qui mieux mieux : tenez, en voilà un, qui 
tournoie en battant des ailes, prêt à aller chercher son d6- 
jeCiner sous la vague ? 

— De grâce, monsieur le citadin, ces blancs plongeurs 
que vous prenez pour des cygnes, ne sont que des goé- 
lands argentés : les voraces ! voyez comme ils avalent les 
éperlans. Mais, baissez- vous à terre, bien bas ; silence ! ! ! 

— Saints du jiaradis ! quelle nuée de volatiles ! 
Chacun, alors, de se couler à terre, et la mouvante 

colonne, après avoir rasé l'eau rapidement, se forme en 
une vaste spirale, se replie sur elle-même, cha lue indi- 
vidu, faisant reluire au soleil sa blaucho poitrine, s'élève 
de quelques pieds au-dussus du rivage, et se rue sur le 
sable comme un tourbillon. 

Mes camarades, comme abasourdis de cette avalanche 
de gibier, se préparaient à faire feu, lorsqu'un signal de 
ma part les arrêta. Je me mets de suite tète baissée à 
à faire l'approche, conduisant le gibier devant moi vers le 
fleuve, où. le rapport de la marée était prêt de se fixer là 
et où se trouvaient quelques petits ilôts que l'eau n'avait 
pas encore recouverts. Chacun sait combien sont peu fa- 
rouches les alouettes du mois d'août. 

Pour peu qu'on y aille avec mesure, il est facile de con- 
duire devant soi le vol entier qui s'occupe industrieuse- 



ri 
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eil 

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loi 
si 



L\ CHASSE AUX ALOUETTES 



17') 



tuent, on couriint, à n'cueillir des graines de plantes ma- 
rines dans le rapport, au moment où il altérit. Les 
alouettes alors s'embarquent piir eentaines sur des mor- 
ceaux de bois, sur des joues flottants ou sur les petits 
îlots f(jrmés au rivage, pour y attendre le d('')»art des 
eaux : la décharge d'une arme h feu, j)roduit en ees 
occasions des effets surprenants. C'est un massacre co- 
lossal, qui se double si l'on tire un second coup, à l'in- 
stant où les bandes, se reformant, se j)osent de nouveau 
parmi les blessés qui se lamentent et s'agitent en tous 
sens. 

Ayant réussi celle fois à faire attrouper les alouettes 
sur un petit banc de rcjcher entouré d'eau à quelques pieds 
de la rive, je lâchai, sans remuer, mon coup de fusil sur 
leurs bataillons serrés, les prenant à la iile. Le rocher 
resta jonché de morts et de mourants; Ico sur\i\:uit.-i 
prirent leur es.^ur en luurnoyiiut. 

t»)Uv;iques minutes plus l.iid et au moiUL-ni va les ailes 
tendues et presque immobiles, elles se posaient au lieu du 
sinistre, mes camarades iireut feu ensend)l«'. 

Le résultat de nos décharges, nous donna cent ])ièces de 
gibier, sans compter les ble.-sés qui prirout le large. 

Et les bandes se succédaient sans interruption presque, 
et le plomb meurtrier les abattait })ar centaines: c'était 
bien la grande mer r/cw alouettes, i^e garçon de ferme, 
après tout n'avait pas eu tort : les paniers n'étaient pas 
de trop. 

Moissoner d'avant ige et sans fatigua, de -^i nombreuses 
victimes, n'élaii-ce pas dt loger aux canons de la vénerie ? 

Nous le pensâmes et, expé liant au nuiuuir nos paniers 
gonflés, nous nous dirigeâmes à la fraîcheur du matin, vers 
la vaste batture qui réunit à marée basbc l'Ile-aux-Grues 




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17C 



CHASSE 



h la petite Ile-aux-Oies, espérant découvrir, le long du 
chenal, dont les rives sont frangées d'ajoncs, quelques 
sarcelles, ou dos pluviers des champs ; mes amis et moi 
nous savions désormais ce que c'est qu'une chasse aux 
alouettes à la grande marée du mois d'août. 

(Soirées Canadiennes, 1863). 




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; du 

ques 

moi 

aux 



3). 



LE CANARD GRIS 



(mallard) 



*? 



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Le canard gris que les chasseurs noîiiniont canard 
de France, a la tête et la croupe ornées d'un beau vert 
changeant ; les qtiatre plumes du milieu de la queue 
sont recourbées en demi-cercle. Il a la miioir violet, en- 
touré de noir; la poitrine noisette, pouipre ou jaune. Cette 
espèce est la souche de toutes les races domestiques ; elle 
habite le nord des deux continents. Ces eatiiird-* nichent 
quelquefois sur une touffe de joue dans les marais. La 
ponte est de huit à quatorze œufs d'un gris-verdâtre très 
clair, plus petits et plus colorés que ceux du canard do- 
mestique ; avant l'écloàion des œufs, le Uiàle se tient près 
du nid et le défend contre les autres canards. Les canards 
que l'on élève en domesticité et qui proviennent d'œufs 
sauvages trouvés dans les roseaux sont farouches comme 
leurs parents et cherchent sans cesse à reprendre leur li- 
berté (1); mais lorsque la captivité s'est perpétuée pen- 



(l)jMdis fo tan cr l cniiviiit cIiikiho i)iiiit(.in[>K sur k-s va-^ti-s bat- 
tuns, (U- 1 Il('-.iiix-Cr!UC8 : les insulfiires drcKSiiient loiirs ( hiius à [lour- 
clinseer les jeunes, avant ([u'ils tussent ea ables le voler: j'ai vu jusqu'à 
(juatorze jeunes capturés du cette sorte en \ine seule journé", à cette islc 
giboyuuse. Bien que cet oiseau icqiiiert t'.nilement les h ibitudes du ca- 
nard domestique, je me rappelle avoir tenu toute une hiverun canard 
gris, dans monétable; il avait été blessé.maisayantrecouvré l'usagedesea 
ailes, il montii dans les airs, aux beaux jours d'avril et partit pour ne 
plus revenir. 

12 



178 



CHASSK 



dant plusieurs générations, l'instinct s'eff.icc-, l'animal de 
vient familier. Aucun oiseau de basse-cour, l'oie exceptée, 
n'eut plus facile à nourrir; il ne faut lui iJunncr que dti 
Teau et un gtte : il sait se procurer le res c ; il no coûte 
rien à son mattre. 

Longueur : 24 ; ailes 10-11 pouces. 





LE CANARD NOIR 

* 

(BLACK DUCK) 

Le plus commun de l'espèce ; il ficqueute l'eau douce 
aussi ^ieïi que l'eau salée ; plumage, Lnai-foncé ; bec, jau- 
nâtre ; pieds, rouge-orange ; spéculum, vert, aux reflets 
pourpres, entouré de noir ; iris, brun ; longueur, près de 24 
pouces; ailes, 11 pouces. La femelle est moindre de 
taille ; sa livrée est plus claire et chez elle, le spéculum 
est moins brillant. 

La ponte est de 6 à 10 œufs, bruns- verdâtre. 

Le canard noir se montre au commencement de mai ; il 
couve au sein des lacs, au nord de Québec et arrive à la 
fin d'août, en bandes, sur tout le littoral du St-Laurant, 
les îles de Sorel et les lacs de l'intérieur ; il est foit re- 
cherché comme comestible, par nos gov.rmets. 



SARCELLES 



Trois espèces de Sarcelles visitent nos parages, surtout 
on automne : 1° la sarcelle aux ailes vertes ; 2° la sarcelle 
aux ailes bleues ; 3° la sarcelle rousse. Leur taille est 
de beaucoup moindre que celle du canard ; comme comes- 
tible leur chair est préférée, excepté cependant la chair du 
canard cheval : le canvaas back, canard exquis. 

Les sarcelles fréquentent les mêmes sites que les ca- 
nards et affectionnent quelque ruisseau retiré ou elles pren- 
nent librement leurs ébats. Afin que le chasseur étranger 
puissent identifier les espèces à première vue, j'emprunte 
à M. C. E. Dionne, sa description de chaque espèce 
laquelle me semble fort exacte. Ces gracieux palmipèdes, 
ont fourni à l'auteur du Génie du Christianisme, une 
belle page. 

" Nous vîmes un jour aux Açores, dit Chateaubriaud, 
une compagnie de sarcelles bleues que la lassitude con- 
traignit de s'abattre sur un figuier. Cet arbre n'avait point 
de feuilles, mais il portait des fruits rouges enchâssés deux 
à deux, comme des christaux. Quand il fut couvert de 
cette uuee d'oiseaux, qui laissaient pendre leurs ailes fa- 



180 



CHASSIS 



ligués, il offrit un spectacle singulier : les fruits parais-* 
saient d'une pourpre éclatante sur les rameaux ombragés» 
tandis que l'arbre par un prodige, semblait avoir poussé 
tout-à-coup un feuillage d'azur. ' 

LA SARCELLE A AILES-VERTES. 

(aKKBN WINOaD TBAL) 

" (2) Tête et haut du cou noisette, brun&tre sur le front, avec une 
bande vert foncé, lustrée, eu arrière de l'œil ; dessus et flancs tinement 
rayés de blanc et denoir/itru ; liant du la poitrine avec taches circulaires 
noires; dessous blanc roussûtre ; miroir d'un beau vert lustré; un 
croissant blanc sur les côtés en avant du l'aiie ; tOte ornée d'une crête ; 
Liée ii-)ii ; i>ie(l.s gris. 

Longueur 14-1,'»; nilesT^; bec 4 pouce. 

Sii ponte est de (î a f œufs brun Jauiiûtie luile, avec teinte verte. 

LA SARCELLE A AILES BLKUES 

(HLCE WINOKD TEAL) 

(:') Tôte et (.'nu noirâfre plomlié, plus fonte sur la couronne et ordi- 
nairement à ririets pourpres ; croupion et queue brunâtres; un croissant 
blanc en avant de l'œil ; dos brun ; couvertures (ies uiles bleu ciel ; mi- 
roir vert ; dessous cendré pourpre, avec ciiaque plume tachetée de noir • 
iris, brim; pieds, jauniiliut;. Longueur l.j-bi ; ailes 7, bec ]^ pouce. 

Les couleurs de la femelle sont brunes ; thariue plume est bordée de 
blanchâtre, plus apparent en dessous ; la gorge blan ' ciême. Les jeunes 
et les mâles à l'automne lui ressemblent. R ire au printemps, plus com- 
mun en automne, temps de la migration vers le sud. 

LA SAUCELLE ROUSSE, 

(CIXNAMON TKAL) 

«'(4) Tête, cou et dessous d'un beau noisette-pourpre; cette teinte 
est remplacée, cliez la femelle, par des taches de brun foncé et de brun 
jiunâtre; couvertures des ailes bleu ciel: miioir vert; croupion et 
queue, brunâtres ; liée noir ; taille, un peu plus forte (pie la précédente' 

On rencontre quelquefois cette espèce en compagnie des 
autres Sarcelles. 



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LA. RÉSERVE DE CHASSE DU GOUVERNEUR DE MONTMAGNY 

EN 164G 



L'ILE-AUX-GRUES ET L'ILE-AUX-OIES 



teinte 
le brun 
iion et 
L'dentt.» 

le des 



Le Père Le Jeune, mentionue entre autres endroits gi- 
boyeux, deux îles, dans le bas du fleuve, l'Ile-aux-Ctu- 
dres, le rendez- vous des élans, et l'Ile-aux-Oies, " peuplée, 
en son temps d'une multitude d'oies, de canards, d'outardes, 
dont l'ile qui est plate et chargée d'herbe comme une 

prairie, en parait toute couverte "Les lieux circonvoisins 

retentissent incessament des cris de ces oiseaux. " 

Le gibier, nul doute, couvait en abondance sur ces îles. 

Le gouverneur Montmagny semble avoir eu l'idée fixe 
de se procurer ces îles si giboyeuses comme réserve de 
chasse pour lui et ses amis. 

Au mois de mai, 1646, Louis XIV fit concession de ces 
îles à son fidèle lieutenant, tenant cour au Château St- 
Louis, à Québec. 

C'était un fameux nemrod que Charles Huault de Mont- 



182 



CHASSE 



rnagny, chevalier Grande Croix de l'ordre de Jérusalem et 
gouverneur de Québec. 

Il a laissé son nom au florissant comté de Montmagiiy, 
(jui contenait sa chère réserve de chasse. 

On n'a d'autres rapports que les faibles traces de la tra- 
dition, des brillantes chasses qu'il faisait annuellement sur 
les bords verdoyants et marécageux de ses îles, — des 
canards noirs, sarcelles et bécassines qu'il servait rôtis à sa 
petite cour dans l'enceinte sacré du Château St-Louis. 

La nature elle-même semble avoir prédestiné ce ver- 
doyant groupe d'îles solitaires à servir de refuge à la tribu, 
aquatique. Ces lieux étaient non seulement un parc de 
chasse pour le printemps et l'automne et un champ d'in- 
cubatibn, mais ils étaient encore un hôpital poiir les oi- 
seaux infirmes et blessés du voisinage. 

La mère Juchereau, de l'Hôtel-Dieu, de Québec, en ra 
contant dans son journal, sous la date du 8 juillet 1714, la 
visite qu'elle fit avec huit de ses saintes compagnes et du 
l'aumônier, le Kev. Messire Thibault — avec la permission de 
l'évêque — à la grosse Ile-aux-Oies, alors dernièrent achetée 
par les dames de ce monastère et leur appartenant encore 
aujourd'hui, décrivait ainsi con amore ce singulier rocher 
connu encore de nos jours sous le nom de Rocher de l'Hô- 
pital : 

" Pendant notre séjour en ce lieu, (l'Ile-aux-Oies) on 
" nous montra tout ce qu'il contenait de rare ; nous nous 
" promenâmes en différents endroits fort agréables, mais ce 
" qui nous parut le plus singulier, c'est un gros rocher qui 
" de tout temps a été nommé l'Hôpital, parce qu'aussitôt 
" que les chasseurs ont blessé une outarde, ou quelqu'au- 
" très oiseaux, ils s'envolent sur ce rocher comme à un 
" asile où ils trouvent du soulagement ; ils ont là effec- 
" tivement de petites commodités, où l'on croirait que l'art 



l'ilr-aux-guurs kt L'K/:.\rx-oi:« 



183 



•art 



'• a pins do piirt ')ue la nature. Ou y voit qiiantit»! «1« 
'• fie bassins de toute grandeur creusés dans le roc ; l'eau 
" de la marée s'y consume, le soleil i'échauffe et ces pe- 
" tites bêtes s'y baignent à leur plaisir. Quand elles 
" veulent peu d'eau, elles choisissent un petit bassin. 
" Quanil elles en veulent davantage, elles vont à nn plua 
" grand ; eiles se couchent sur ces pierres chaudes. Il y 
" a aussi de la mousse où elles peuvent se rafratchir. Nous 
" y trouv/imes plusieurs outardes, malades ou blessées ; 
" elles nous reconnurent apparameut pour des Hospita- 
" Hères, car nous ne leur fîmes point de peur. Nous mon- 
" tâmes jusqu'au haut de cet Hôpital, et nous ne passâmes 
" ensuite aucune année de notre résidence en ce pays sans 
•* y aller prendre quelques heures de récréation. " 

Telle est la brillante peinture faite par la boime Mère 
Juchereau de St. Ignace, l'annaliste du monastère de 
l'Hôtel- Dieu, d'une des iles de ce groupe. 

D'où vient le nom de l'Ile aux Grues ? 

La grue, ce voyageur errant chanté par Horace, Oruem 
advenam, la grue solitaire ayant trouvé l'île convenable pour 
un lieu de rendez-vous duruut les migrations du printemps 
et de l'automne, lorsque'en s'en revenant de la Floride, elle 
dirigeait son vol jusqu'aux contrées de l'ouest les plus éloi- 
gnées, la place fut nommée Ile-aux-Grues. 

Sous le régimit français, la loi donnait toute protection 
au gibier de cet île. (1) Des ordonnances spéciales de 

(l) Gilles Hocquart. 

"Sur les plaintes qui nous ont été poitéeH parle sieur de Touviilo, 
aîde-mnJDr des Troupes, Seigneur des lies aux Grues, au Cauot, Stc- 
Miiguerite et la Grosse Isie, que plusieurs piutieuiiers tant de cette 
Tille, que des dites isie et des côtes voisines s'ingèrent de cliasser dua^ 
les dites isles, quoiqu'il n'y a que le Seigneur qui ait le privilège àlui accor- 
dé par net titres, ù quoi il nous aurait requis de pourvoir, nous taisons 
très expresses détVnses ù toutes i)ersonnes de chasser dans l'ét«.uduu des 



184 



CHA-8K 



chaâsc fiiK'iit 1 ash 'eb à cet ( fïvA et quelques Idgislationa 
firent l'niauL'es yat le» priuiieis gouverneurs anglais pour 
protéger les canards, etc., pmdant la période de l'incubation. 

11 fut un tinips où jilusieurs variétés de gibier aquati- 
que se réunifjsaiunt, jour manger ou jiour couver, dans les 
grandes prairies tapirssé»,'s d'un horlui luxuriante et rude» 
api liléc ht rovchc — notirriture sul)stiinlielle pour les bêtes 
à corno. 

Les iliassenrs s'étant mis h traquer pendant le mois do 
juillet les jeunes oiscanx alors qu'ils ne jiouvaient voler, 
les parent t< des oiselets cherchèrent refuge, dans d'autres 
îles plus retirées, sur les côtes du Labrador ou dans le voi- 
sinage du Lac St-Jean. 

Au nombre des premiers pio] riétaires de ces îles figu- 
rent les noms des (/fïi( iers du brillant régiment de Cari- 
gnan-Salières : jjIus tard, on y lit, dans une ordonuance 
de chasse, émanée du Château St- Louis, le 28 juillet 17G0. 
et ] ortant la signature du gouverneur Guy Carleton, le 
nom d'un descendant du Baron Chrirles Le Moyne de 
Longueil. 

En 1775, le seigneur était M. de Beau jeu. (2)] 

ditiB iles et S.if^iicuiiin soi. s quelque piettxte (,uc ce soit !>:'us la pir- 
niission «lu sieiir de Toiiville tt ù pi im.- de dix livns ii'aïu. lil" coim»; 
les coiitrcveimiits, < t «le c«>ufi-(iition de leurs arme- et eanuis lai ;irotit 
du dit seittiK HT : et «tri l.i prtjsenie oidoniuiiiee lue, imbliée et afliiiuo 
en la luiiuioie u « oiitiiuiée. Mandons eto. 

(Se.) H«)C(}CAUT 
Fait i\ «Jui'bcc, •>(! mars, i;:;;. 

(■J) Histoire ,/«• t'll>u:-l>nu j iii \'.A\v II II Ca~'gnnn, page :;;"):'. et 
t)Uivunte.s. 

('.{) " LoiiJK Lit'n.ird Villciiioinle de Ht^iuji n <tnit le fière du héros .'«• 
liMonoiigidieia et ko» «ligne émule. En.seigne de 17:'.l à 17:?H, lieute- 
nant en IT41, il fut numuié en I7.'>l, «npita ne «le la compagnie des Sol- 
dats de la Maiin<T, en remplacement de M. de lu Verendrye ; et par sa 



l/lLK-AUX-auUES ET l'ILE-AUX-OIES 



185 



:; et 

litc- 

|»ol. 

sa 



De Beaujeu à la têtodu ses censitaii'tisc'ttait un chef vigou- 
reux. Il n'hdsita pas, ijendant l'hiver 1775-70, à traverser 
le llouve et à se joindre k la colonne do secours (jue de 
Gaspé, seijïueur lie St- Jean- Port- Joli, Couillard, seigneur 
do St-Thomas, et un vieil oHiciur c^uossais, ïhoniiis lioss, 
de Ijeaumnnt, sVn'orçait'nl du faire entrer dans Qut'hec. La 
reiicoutri! «les JJuslonuiiiH al de luiirs aillit's v.ul lieu h St- 
Tierre, rivière du Sud, l't cette escuruionche est connue 
dans les annales canadiennes sous le nom do l'a'fdire de 
Michel Biais. Ce fut une déroute ])our les loyalistes. 

Il est curieux do suivre le bellitiueux seigneur de 
Beaujeii tenant haut, en 177o-76, le drapeau an^^dais — ce 
même dra[)eau contre lequel il avait combattu avec tant 
de succès avant l'abandon de la colonie par la France. 

Sou expédition pendant l'hiver 1775-70, pour secourir 
Sou Excellence, Guy Carleton, bloqué dans Québec, se 
teruiina par un désastre, «t faillit lui coûter la vie. 

De Beau jeu s'éteignit h l'Ile-aux-Grues, en 1802. 

Tendant nos premières expéditions de chasse, nous avons 

entendu raconter par les [»lus vieux habitants d(! ces Iles, 

de curieuses aueedotcs sur leur vieux et nuirtial seigneur 

de Beanjeu. 

11 parait que les jours de fêtes, le chevalier de saint 

Louis prenait un plaisir particulier à porter j\ sa bouton- 
nière le ruban rouge de l'ordre dont il avait été décoré par 
le roi de France, Louis XV. 

comluite hotiurabie, ii ulilint, vu jiinviiT 17.'»1, la Croix ùo hi-Loiiis. Li s 
autoiitctt lui conccdoifut cuttu niôiini aimée, sur les burcls du lac Cluim- 
jilaiii, une lent" de quatre lieues de iirot'uiideur sur (iiiairi! i\v fiiiiit, it il 
se ndt do suite à la detiieher. Quelcjuc teniii^ plue tard il fut nounné 
c-uiumiuiduat du tort de MiLhilliuiitkiuae où ii resta pluBÏeiu's années. 11 
piit une parliiLtive ù ladél'eusé du iioste pendant laguerrcde ilndépeu- 
dance Américaine. M. de Beaujeu nioinut le '> juin 180J à son manoir 
à rilc-aux-Grucs, ugé de quatre-vingt ans et six mois, ('• Collectiou- of 
the Hlate Historieal Socieiy ot Wisconsiu". Vol VII, iwges 13:j.) 



186 



CHASSE 



L'ftgo ot les infirmitt's le décripitant, lo vioiix lion res- 
tait onliîiairornont dans son antn^ la plus grmde partie du 
temps, et (piand les vassaux ap])ortaient les rentes et le 
chapon seij^neurial, \ la St-Michol, plus d'une fois ils 
curent à allumer le feu sur le foyer de l'antique et grosso 
cheminée, qui, aujourd'hui, est un objet de curiosité i)0ur 
les visiteurs. 

llécemment, il y avait sur le rivage de l'Ile-aux-Grues, 
près de l'église, uu vieux canon rouillé, apporté du cap 
Urûlé. En 1859, un canon semblable, de cinq pieds huit 
pouces de long et douze pouces de diamètre, fut prétenté 
au séminaire de Québec par un vieux citoyen de l'Ile-aux- 
Grues, le capitaine Lavoie. 

L'histoire nous fournit des détails complets sur le 
transport français VElephant, naufi'agé sur le rocher du 
Cap Brûlé, le 1er septembre 1729. L'Eléphant avait à son 
bord, à destination de Québec, plusieurs des hommes les 
plus importants de la colonie : l'évêque Dosquet, l'inten- 
dant Uocquart et quelques autres. Le canon, dont nous 
venons de parler, fait partie du musée d'antiquités et de 
curiosités formé par M. Herbert Molesworth Price, à la 
chute Montmorency, près de Québec ; M. Price est très 
fier de cette relique du passé. 

A l'exception du manoir seignetirial De Bi^aujeu, 
bâti au bout est de l'île, rebâti et agrandi par M. Mc- 
Pherson LeMoyne, de Boston, le seigneur actuel qui 
l'occupe pendant la saison d'été, toutes les résidences 
sont sises sur le versant nord de l'île, cachées par une 
lisière de forêt et elles ne sont visibles que du pont des 
navires qui prennent le chenal du nord, l'ancienne route 
française. 

L'Ile-aux-Grues fut érigée en paroisse sous le vocable 
de saint^ Antoine, en 1683. A cette époque elle ne comp- 



L'iLK-AUX-GrUKS KT L'iLK-AUX-OIES 



187 



ijen, 
Mc- 
qui 

îDces 
une 
des 

i'oute 

Ubie 
)mp- 



tait que trois faniilles et quinze communiants. En 1678, 
Pierre de Bécart, Sieur de Gran ville, en ëtnit le seigneur. 

L'Ile-aux-Grui's a six railUs di^ Ion»,'; elle est remarquable 
pour sa salubrité et sa beauté, pendant l'été. Un grand 
chemin, aussi planche qu'un boulingrin, la traversin d'un 
bout à l'autre, et des bocages ombreux s'avaneant jusqu'au 
rivage entrecoupent la lisière de terre qui n'est ]>as en 
culture. Un beau parc d'érables et de chênes, d'une tren- 
taine d'arpents de long, occupe toute la pointe-ouest, fai- 
sant face au mouillage bien connu de tous les marins: la 
Pointe-aux-Pins. 

Le département de la Marine et des Pêcheries, a fait ériger 
en cet endroit, en 18G6, un phare sur un pillier, et des séma- 
phores sur la berge ; il a fait placer récemment des bouées 
au gaz, dans le chenal, près do la batture de DeBeaujeu. 

En arrière du phare s'élèvent dies terrasses successives, 
p&rsemëes de pins nains d'une singulière beauté. On arrive 
par des avenues naturelles au plateau déjà mentionné^ 
denomé " Le Domaine du Seigneur, " séjour frais et char- 
mant pour les piques-niques ou fêtes champêtres, et dont 
les Québec [uois raffolent. 

Le vieux manoir, ses bocages, ses vergers, sa véranda, 
son mai et ses noinbreuses dépendances sont visibles des 
vapeurs qui remontent et descetident le fleuve par le 
chenal du sild. Il y a, un peu en arrière du manoir, deux 
vieux moulins-à-vent qui, autrefois, servaient à moudre le 
blé des habitants de l'île ; au nord s'élève, en s'éten- 
dant jusqu'à l'ouest de l'île Un ruban de gentilles mai- 
sonnettes, au milieu desquelles trône l'église paroissiale. 

Rien ne peut surpasser en magnificence le panorama 
qu'offre cet île par une journée ensoleillée d'été, quand, avec 
la marée montante une flotte de navires marchands, émerge 
de la Traverse de Sc-Roch des Aulnets : d'abord, comme 



188 



CHASSE 



U'imperceiitibles petites taches blanches à l'horizon, gra- 
duellement grossissant sur la surface des eaux jusqu'à ce 
qu'enfin, ils passent assez près du rivage pour que l'on en- 
tende les commandements du bord. Il fut qi^estion, un 
jour, de diviser le bout ouest de île en petits lopins pour 
((uo des chasseurs pussent y bâtir dos loges à proximité 
des places de chasse et de pêch", tellesqiie: l'île Ste-Afar- 
guerite, les battures aux loup:;-niarins, les battuies plates 
et St-Joachira. 

Telle est la réserve de chasse, en 1646, du gouverneur 
de Montniagny. 




LA GELINOTTE A FRAISE-PERDRIX 
DE BOIS FRANCS 



(CANADA GROUSE) 



'■■".i.,. lars.,, ,„„„.. ,. <,■„„ „„;,,:; , ",^ "^ . '•■ » ■■" Pl-"„, .,. 

".» c,«c ,1e „h.n,e, „„„„. Lon^J^ ' r™ " ™'l^'"'"-'•■ 
î^t'xcs pou dittén-'uts. " ••>.■., aiief, <., pouces- 

Voila la plus commune de nos perdrix • on l. . 

;.«««». Elle se nournt de graines et de baies de toutes 

««es ; en h.ver elle vit des fruits du tilleul, du hCde 

Imble du merisier, etc. Pour se dérob r »„x lit 

molle. Sa chair forme un mets ,1e table recherelu! ■ ehaaûe 
automne, les paysans l'ex,.osent en vente sur nos ma h' 

Siet;':^:"' '-"- '^ >"- --- ^'- » ^t;./ 

Eu mai elle se construit un nid à terre, composé de 
fonlles et de branches sèches; ses œufs, de 8 à iTVn 
>1 un jaunâtre sale uniforme."_C. E. Dionne. 



LE TËTRA.S DU CANADA— PERDRIX 
DESAVANE 

(canada grouse) 



** Dessus varié de noirâ^jB, de bleu ardoi«é, et afi^ez souvent do brun 
jaun&ire, pArticuliè<'emeut sur les ailes ; queue avec une biindo ter(ui- 
uale de brun orange ; dussous presque toutnoir, avec nombreuses taches 
blanches; tarses empluracs jusqu'aux doi<^t8 ; queue de moyenne Ion- 
puour, un peu ronde. Longueur: 15-17; ailes 7 ; queue 5 ; pouces. 

" Lu f> meile, qui est plus petfte que le mâle, a le dessons moins 
noir et est variée de uoirûtre, de blanc et de brun jaunfttre ; cette der- 
nière couleur domine en dessus. " 

Cette perdrix que l'on nomme aussi Gelinotte, est ré- 
pandue dans tous le Canada et au nord des Etats-Unis. 
Elit se plait dans l'épaisseur des bois de sapins et de 
mélèzes, et se nourrit de graines, de baies, d'insectes, etc. 
Pendant l'hiver, elle vit surtout de bourgeons de coni- 
fères, aussi sa chair a-t-elle un goût partictilier qui ne 
plait pas à tout le monde. Même en été, elle est bien 
inférieure à celle de la perdrix des bois francs. 

En mai, la femelle se construit un nid avec des feuilles 
et de petites branches sèche.s, qu'elle pose à terre sous un 
tronc d'arbre renversé, ou bien d'un mélèze touffu. Elle 
pond ordinairement de 8 à 10 œufs bruns jaunâtres clair?, 
avec taches brunes. 

Tous les perdreaux ont un merveilleux instinct, dit-on 
pour se soustraire à l'approche d'un danger qui les menace : 
tandis que la mère s'éloigne, les ailes traînantes, feignant 
être blessée, les jeunes se blottissent dans quelques ca- 
vités, sous des troncs d'arbes, prennent dans leurs p.ittes 
une feuille sèche, s'ils en rencontrent, et se tournent sur 
le dos ; ils demeurent dans cette position jusqu'à ce que 
le danger soit passé."— (C. E. Dionne). 



LA CHASSE A LA PERDRIX 



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Le gibier, dans nos bois, commence à se montrer. 
Vite, point de lenteur, il le taut rencontrer ; 

Quand nous verrons T<nir les tourtes à foison. 
Les tiniidos perdrix errer sur nos c6teaiix. 
Les iiluvii.rs abonder auprès de nus rui^^eaux. 

—Ep'Ure de M. Jiiùmd à M. H. H. . 



rhiiqno anni'f, septembre Tions ramène une chasse qui, 
san^ être bien fructueuse, ni bieu aventureuse, a ses char- 
mes. J'ai nomme la chasse à la geliuDtte à fraise, connue 
au peuple sous le nom de perdrix d« boi-. francs. Pour 
ce, ayez un bon chien, si vous di^sir.'z faire brancher le 
gibier, surtout avant la chute des fiiiill-'a. Dans la forêt 
dénudée au commencement d'octobre, l'œil découvre au 
loin, même sans le secours d'un chien, soit sur les rameaux 
des arbres, soit à terre, l'oiseau convoi lé, lequel, fort sou- 
vent, est d'un abord facile et va par bande, ou couvée, de 
huit à dix individus et plus. 

J'ai vu faire d'excellentes parties de ch.isse dans les 
Bois Francs des Cantons de l'Est, ainsi (jue sur les ver- 
sants des Laurentides, eu aval de la baie St-Paul et de la 
Malbaie. A mou sens, rien de plus délectable, de plus 
favorable à la santé, qu'une course de trois à quatre lieues, 
en quête de perdrix, sous un beau soleil d'automne, sur 



192 



CHASSE 



les hauteurs giboyeuses et bien boisées, où croîssent l'érable 
et le pin du Canada. Si, au lieu de pouvoir tirer le gibier 
presque au portes de Québec, comme cela se faisait en 
1C48 (1), il faut pénétrer au fond des forêts lointaines, 
jusqu'au lac Saint- Jean, même, pour l'avoir en abondance, 
la faute en est à ces misérables qui prétendent !« tner en 
tout temps. Dès 1731, existaient d'excellentes ordon- 
nances de chasse en la colonie, que l'on aurait dû mettre 
en force (2). Ecoutons la voix prophéti(ine de Frank 
Forester, fon(hoyant ceux qui massacrent le gibier à la 
saison Cm la reproduction des espèces ; au temps où il 
écrivait, les Clubs pour protéger ne faisait que naître. 
" Dans moins de dix ans," dit-il, " si l'on ne prend des 

(1) Un jeune chasseur canadien, M. Jimot, nous informe «lUe le nom- 
liix! (il s perdrix blanches tuées l'automne de !^7!,au lac >aint-Jcan, a (in 
atteindre le tliilïre (le 10,001'. 11 en a lui-même amené une cliiiri,'e de 
duval au marché de Quéhec. On tire ce lagopè(l(\ avec du !,'ros plomb 
le mutin, Njrsqu'il sort de son trou dans la neige, ( ù, la nuit, il a chcr- 
ci.é abri contre le froid. Il est farouche et dur à tuer. 

Aux premiers temps de la coli nie, on les tuait par ccnt/iine, à 
B'îiuport. Le Jo'inutl Jc-i ./cmutex aj.uite (ju'"en Kit"', il y eut une 
(juantilé proilii;ifUse de perdrix blundus : on en tua I,'200 dans un 
mois, à Jiiauporl," 

(•i) " Philippe de lUgnud, etc., et Michel Bégon, etc. 

" Ayant été informé (|u< , depuis le |.')e mars Ju-^qu'au l.'ie juillet, il se 
fait une très-grande des' luction de perdrix dans le temps (lu'elles sac- 
couplent, [ler la facilité quil y a de les tuer, faisant alors connaître, par 
leur battement d'ailes, les endroits où elles sont, et pour empêcher la 
continuation de cet abus, dont s'ensuivrait infailliblement l'entière des- 
truction (le ces oiseaux dans la colonie, ce qui priverait le public d'une 
grande douceur poiu' la vie ; nous défendons ù toutes personnes, de 
quelque qualité et coiiditi(jn quelles soient, de tuer des peidrix depuis 
le ir. mars ju^quau if) juillet, à peine di; cinquante livres d'amende ap- 
]iliciiblc au dénonciateur ; et pour ôter tout prétexte d'en ttier, nous dé- 
f'-ndons sous la même peine, à toiUe.s sortes deper.onnesùen vcmire ou 
acheter pendant le dit temps, et d'en apporter dans les villes et autres 
lieux de c( tte colonie, et de les exposer en vente 



" Fait ù Québec, -,'8 janvier 17-.»l." 



B:.cjon.' 



LA CHASSE A LA PERDKIX 



193 



il se 

s s'ilC- 

(', pal- 
lier la 
V. ik'S- 
duuc 
•s, do 
|U'i>uis 
lo fii)- 
lus dé- 
lie ou 
utrcs 



mesures plus eflBcaces que celles qui existent pour sauve- 
garder la bécasse rouge, on la comptera au nombre des 
races éteintes, partout dans un rayon de cent milles des 
plages de l'océan Atlanti jue . . . . et en moins d»; cinquante 
ans du jour où j'écris (1848), jo suis convaincu que la bé- 
casse rouge sera aussi rare dans los Etats de l'Kst et du 
Midi, (jue l'est maintenant le dindon sauvago et le Tétras 
de prairies {Tétras Cupido). Le caille durera un peu plus 
longtemi>s et le Tétras gris (notre pordrix k fraise) " périra le 
dernier : mais le commencement du viniïtième -iiècle verra 
nos grands bois, nos vastes savanes, les versants de nos 
montagnes, sans gibier, mornes et désolés (2)," 

Ses prédictions sont en train de se réaliser. 

Mon journal de chasse me fournit l'extrait suivant : 

" Je compterai toujours parmi mes chasses, sinon les 
plus fructueuses, du moins les plus agréables, une excur- 
sion tjue je fis avec un mien ami, une fraîche matinée de 
septembre, dans les érablières qui tapissent le versant sud 
des montagnes du Château-Richer, côte do Beaupré. 

C'était l'heure où les bois s'év''illeiit mux lamngi.'s 
Des ruisseaux babillards et des oiseaux «iuviig''R ; 
Où, du soleil levant, len radieux reflets, 
Kedouneul leur couleur aux f uilles des t'oiùts. 

L P. Lkmay. 

" L'astre radieux du jour, vainqueur des brumes du 
matin, dorait en ce moment les cîmos sombres de quelques 
chênes rabougris laissés dans les pâturages au pied des 
côtes, pour donner ombrage aux troupeaux ; la chûLe des 
feuilles approchait, c'était donc l'époque où les forêts du 
Canada se drapent dans leurs habits de fête. Vous etes-vous 
jamais, ch<;r lecteur rendu compte du coup d'oeil éblouis- 
sant qu'elles présentent chaque automne à l'approche de 



{l) Frank Puresters Field Sports . 



18 



194 



CHASSE 



CCS jouis iilcyfuiiiiciis, enivrants de mélancolie, que le 
piiy.">au nomme VEtd de la Saint-Martin. On a bien 
xvâium de dire qu'à cette saison, la chaumière du plus 
jiiuivie bûcheron canadien est encadrée dé splendeurs 
telles 41, e l'Huioie chercherait en vain dans ses parcs les 
plus fasttunix. Avez- vous noté l'incomparable beauté des 
pins à cette saison ? les avez- vous vus, au moment où les 
autres arbres forestiers tout tristes, paraissent s'étioler, re- 
vêtir leur livrée la plus vive, la plus séduisante? Qui 
peindra l'eftet ravissant de l'aurore, versant à pleines 
mains, une pluie d'or sur leurs vertes chevelures émaillées 
de perles, ruisselantes de rosée, tandis que le côté de l'ar- 
bre, opposé uu soleil, semble incrusté de bronze ? Sous 
certains rayons de lumière, le vert foncé, invisible, prédo- 
mine ; sous d'autres, cette nuance se confondra avec l'a- 
canthe. Dans cette partie de la forêt, quelques rares épi- 
nettes semées avec un beau désordre parmi des groupes 
d'érables, de hêtres ou de bouleaux, donneront matière à de 
merveilleux contrastes ; dans cette autre région, une plaine 
brillante de jeunesse et de verdure, étalera à sa ctme une 
touffe de feuilles rousses, irisées de violet : magiques guir- 
landes, bouquet féerique ! C'est la forêt enchantée d'Armide, 
moins les " cyprès saignants et les myrtes mystérieux " ? Ici 
une feuille aura un côté, carmin ; l'autre, marron. Là, une 
svelte érable ceindra son sommet verdoyant d'une zone 
écarlate ou d'un nuage d'or. Voyez là bas, ce solitaire, 
vieux géant de la montagne, aux ramées pendantes, au 
vert feuillage, abandonnant sou tronc noueux aux caresses 
des vignes sauvages dont les festons empourprés l'enlacent, 
l'étreignent en tout sens ; bref, les monts semblent avoir 
dérobé à l'Empyrée, son inimitable coloris ; à Iris, sa cein- 
ture ; partout, des teintes à désespérer le pinceau de 
l'homme. Vous pourriez, peut-être, si vous étiez Kreikoff(l) 

(1) Artiste Canadien, mort aux Ëtats-UuiB, dont les tableaux sont, en 
ce n.oment, fort recherchés. 



I.A CHASSE A LA PERDiaX 



1U5 



transférer à la toile quelques-uns des détails, mais l'en- 
seniblo, l;i vivacité des contrastes, la délicatesse des nuances, 
le divin (ttfiatHS qui viviiie ce tai»leau, qui me le donnera ? 
Pouvez- vous maintenant concevoir quelques unes de nos 
gloires, les rotlets de l'aurore illuminant nos grands bois 
pendant une bolle uiatinée d'automne. 

" Nous cheminions rapidement l'un devant l'autre dans 
le sentier de la muitagne, au sein des fougères et du thé 
sauvage dont les tiges nous inondaient d'une aboi.daute 
rosée. Soudain notre chien d'arrêt d'aboyer énergique ment ; 
puis : Wl-r-r-r ! Glouc ! Glouc ! la note d'alarme de la per- 
drix, parmi les feuilles ; nous fîmes feu ensemble et un 
beau jeune cori, à l'ieil noisette, à la fraise noire, tomba 
palpitant sur la rive d'un cours d'eau voisin. Mon cama- 
rade, bon luron, de s'écrier : " l'excellent augure ! et pour 
nous préserver du rhumatisme et de l'humidité, trinquons 
il la naïade du ruisseau, qui nous a valu ce coup; pui?, 
nous mettrons à h broche notre perdreau pour notre repus 
du midi." 




J-.-»iÊ. 



LES EMOTIONS 



— d'un — 



CHASSEUR EUROPÉEN A DESCHAMBAULT. 



Par une sereine après-midi de juin 187 — , je péchais de 
la tiuite sur le lac Saint Charles, en compaguie de mon 
vieil ami, feu Charles Pauet, membre pour le comté de 
Québec; nous avions pour canotier, une des célébrités de 
l'endroit — le vieux Gabriel. 

Le canot venait de franchir l'entrée de la baie de l'Echo, 
au haut du lac ; une fraîche haleine nous arrivait des 
gorges verdoyantes des Laurentides. L'astre du jour sur 
son déclin inondait d'une trainée lumineuse, la surface 
azurée du beau lac, tandisqu'un petit air de vent nous 
poussait insensiblement vers la plag\ Près d'une pointe 
couverte de joncs, se dessinait sur l'onde la silhouette d'un 
huard, reflétant sa riche livrée de velours noir, ondée de 
perles : la brise nous amenait de temps à autre ses accents 
plaintifs comme les vagissements d'un enflmt. Sur une 
branche sèche d'une épinette qui surplombait l'eau, lapo- 
sait, sentinelle avide et vigilante, un martin-pêcheur, en 
quête de goujons, tandis qn'nnwawan'oii (1) énorm? (le 
lac est fameux pour ces grosses grenouilles mugissantes) 

(l) Rana mugier.s : les anglais la nommant Bull-Frog. 



LES ÉMOTIONS D*UN CHASSEUR 



197 



beuglait, comme un taureau, dans les ajoncs à l'ouest do 
notre nacelle ; la truite mordait peu. 

-—Ça mordra plus à la tombde du jour, nous dit Gabriel : 
l'eau est trop clairo, le poisson nous voit de loin. Descen- 
dons à l'hôtel Verret, prendre le souper ijui nous attend. 

— Dites donc, Gabriel, est-ce un chien ou un ours, qui 
trottine le long du ce sentier, m'écriai je, en regardant dans 
la direction do la montagne ? 

— Un ours, bien sûr ! et un gros, répliqua le patriarche 
des pêcheurs du lac ; mais celui-là n'est ni pour vous, ni 
pour moi ; nous n'avons pas de fusils. Maitre Martin 
est venu sans doute boire dans le lac ; peut-être, il a 
traversé d'une pointe à l'autre. Savez- vous que les ours 
nagent admirablement bien ; ça ne leur coûte pas de tra- 
verser le lac à la nage, quand ils en ont envie. J'en parle 
pour les avoir vus. 

— Gabriel a raisun, rétorqua d'un air convaincu, mon 
excellent ami, M. Panet. J'ai moi-même guetté toute une 
heure, un ours qui s'était aventuré sur la grande langue 
de sable, dans le fleuve, près de l'église de la Pointe-aux- 
Trembles, un jour d'orage. Quand je lui lâchai ma balle, 
il était hors de portée de fusil ; il prit l'eau, et nagea 
dans la direction de la rive opposée, vers Saint Antoine. 
Le lendemain, après l'heure du bureau, je me trouvais par 
hasard au marché Champlain, près du débarcadère des 
petits vapeurs côtiers. Le steamer de Saint Antoine ac- 
costa ; je vis sur le pont un ours énorme, mort. La curio- 
sité me fit demander où la bête avait été tuée : " Monsieur," 
me dit le propriétaire, " je l'ai tiré hier soir, sur la grève 
de Saint Antoine, tout étrange que cela puisse vous sem- 
bler. C'était à la brunante ; l'animal venait du large, de la 
Fointe-anx-Trembles peut-être ? ma balle ne fut pas la 
première qu'il reçut, car vous voyez, en lui examinant la 



198 



CHASSE 



peau aux hanches, les troux de cinq autres balles II a dû 
servir de point de mire à plus d'un chasseur avant moi." 

— Jamais, s'écria Gabriel, je ne pourrais croire cela, si 
c'était un autre que M. l*jinet qui me l'eut dit : un ours 
nager une lieue, avec cin [ balles dans ses fonds ! 

— Gabriel, répliquai-jo, voilii une bonne histoire de 
chasse ; mais, il nous reste encore près d'une lieue à faire, 
avant de goûter aux omelettes succulentes de madame 
Verret ; racontez nous donc pour nous amuser, votre fumeuse 
chasse avec le baron de Grand- Bois, à Descliambault, dont 
mention fut faite dans les journaux de l'époque. 

— Pour vous obéir, messieurs, je vais vous dire les cu- 
rieuses aventures de ce gros monsieur, qui venait des 
vieux pays. C'était un gascon, je pense ; il racontait 
comme vraies bien des choses merveilleuses et incroyables. 
Il en savait plus long que personne, même sur la chasse ; 
et bien qu'il fit semblant de mépriser le pauvre monde de 
notre pays, je vous assure que ce n'était qu'un triste hère 
dans le bois, — auquel la moindre jeunesse aurait pu en re- 
montrer au chapitre du gibier. Au lieu de nous parler poli- 
ment comme à des chrétiens, il était grossier, mal élevé, 
vantard, ignorant. 

Croiriez-vous qu'il était mal élevé au point que quand 
il bavait un coup de sa vieille liqueur, qu'il nommait co- 
gnac, de remettre le bouchon au flacon, sans nous offrir 
même une petite larme ? . . . . Entre gentilshommes, ça 
s'est jamais vu ; vous savez. Ses gasconnades m'ahuris- 
saient : " Je vais te donner une petite leçon, mon gros 
garçon," me dis-je à moi-même, " tu en profiteras ! " 

— Gabriel, vieil animal, me dit-il un jour d'un ton bourru, 
porte ma malle, et aie bien soin de ce gilet de peau de ga- 
zelle ; c'est un présent que m'a fait le plus grand chasseur 
du monde — Jules Gérard. Jules et moi, nous avions 



LHS fiMtJiriNs d'i'n ciis.-^sr.i'i; 



lin 



iiris- 



gros 



frru, 

ga- 

seiir 

ions 



abattu i»as niiùiis do six lions, doux tign-s et une ga/.olle, 
une soirc^ au clair do la lune, en AtVii[Uts 

Julos ui(i dit ; " H.iron, vous ôtos un vôritalilo Xt.Murud ; 
lt,*vez la poau do cotto gu/elle, ollo o-st ù vous ; ollo vous 
fora un capot sui)crbe." 

Cotto histoire do tant do lions, de tigres, etc., tirés au 
clnir do la lune, tout comme on tue des lièvres l'hiver, 
m'agaissait les nerfs ; une histoire n'attendait pas l'autre, 
le b.ron savait tout, avait tout vu. Ses «'asconnades 
comme je vous l'ai dit, m'ennuyaient fort. 

Il to re.ito encuro quelque chose à a[)prondre, mon cher 
baron, me suis-je dit, ou bien le diable s'en mêlera ! 

Un jour que je chissais avec lui, près de la côte à Bon- 
homme, k Lorette, il me demanda si j'avais jamais tué des 
c.ircajoux. 

— J'en ai pris un au piège, lui dis-jo, après dos peines 
infinies. 

— De combien de verges eu loiigueur était sa queue, de- 
man<la-t-il ? 

' — Une demie verge au plus, lui ai-je répondu. 

— Ignorant, que vous êtes, le baron riposta ! Vous ne 
savez donc pas que le oaroajoa du Canada a la queue si 
longue, qu'elle lui sert tle suspensoir «piand il guette au 
dessus de la cataracte de Xiag.ira, pour saisir au passage les 
cadavr js des élans et des our.s onLruînésdansla chiite. (1) 

— En voilà une bonne, m'écriai-je ! ! ! 
— C'est un des plus grands écrivains de la France qui lo 
dit, ajouta-t-il. 

( 1 ) Voici le tcxto do l'illustre aulenr du Gtnie Ju Christ ianhn\>' : ' Des 
aigh'S cntraîu.'s par le couniut d'air, deseen lent en tonrnoyiint au Coud 
du gouflre, et des carcajoux se suspendent par leur longues queues 
au bout d'une branche abaissée pour saisir dans l'ai lîaie les cadavres 
brisés des élans et des ours.'' — Chatkadbuiand. 



200 



CIIA8HR 



"—C'est iiosyible, M. lu baron, n'plifimii-jc ; vos dcri- 
vniiis t'ii ont raconté de belles sur le Canada ; mais celui 
qui a dit cela, ou qui le répète, n'est pas uu chas.scur. A 
d'autres, monsieur. ! !! 

'• — Viens avec moi à Descbambault, CJubriel, me dit le 
baron, et jo vais te faire voir ce qu'uu chasseur des vieux 
pays fait faire ! 

Dans, jours après, nous étions rendus à l)e>cluunbauU. 
C'était en automne, la chute des feuilles avait eu lieu ; en 
certains endroits abrités, le soleil n'avait pas encore fondu la 
première bordée de neige. 

Il y avait dans le bois, à un mille et dumi du rivage, 
une cabane à sucre, au milieu d'une érablièn,', nous y éta- 
blîmes notre camp; puis, nous nous mîmes en marche 
suivis de mon cauiche, pour faire brancher les peidrix. 
J'étais de nuiuvaise humeur, le bîiron me faisait porter 
une quantité inutile de bagage. Mes épaides avaient à en- 
dosser, en sus de nos provisions, le pardessus en caout- 
chouc du baron, le célèbre capot de gazi.dK', qui ressem- 
blait furieusement à un capot de caribou que j'avais vu 
exposé en vente, au mag isin do j\I. lt(;nfre\v, rue Buade, 
plus, un parapluie. 

Ce qui surtout m'étrivait, c'est qu'en outre du j ar- 
dessus en caoutchouc, ]>our le protéger contre la pluie, 
qu'il me faisait porter, j'avais liée sur mes épaules, une 
petite malle contenant de gros souliers français, des guêtres, 
et tout uu attirail totalement inconnu au chasseur cana- 
dien. 

Enfin, je le suivis en grommelant. 

Passe un suisse: "silence, Gabriel," pas un mot.. . que 
je puisse épingler cet étrange petit animal, parfaitement 
inconnu en France. Il le tira ; puis, quand il voulut le 
déposer dans sa carnassière, il s'aperçut qu'il l'avait oubliée 



LES fe-MOriONS d'un t'HA8SKUU 



201 



que 
leut 
it le 
)liée 



au camp. Je m'offris d'aller la (juc^rir. Chemin faisant il 
me vint à l'idt^e «le tâcher de le gudrir de eette avidité 
qu'il montrait de tout tncr, même des bagatell«;s de f,'il)ier3 
comme des salisses, de petits ôciireuiLs au dos rayé. 

Commençons dv siiilt' à lïdiiqiur, me suia-je «lit! 

Passant lires d'iine ('lâtu'tti- toulliic, ji; vis (ju'il y avait 
i\ sa raeine » l'ftit tas de ucv^n non fontliK! «.'t iielottante. 
J'en pris sullisarnniijnt pour en (.nuftv'tioniu'i un objet res- 
semblant à un lièvre assis sur ses handu^s ; je lui fis une 
1-' •• ; je «;assai d(iux braneht.'S «lue je «garnis do neige, et 
que j'ajustai, eu forme d'oreilk-s ; d«! deux charbons uris 
au feu du camp, je lui facjonnai deux beaux yksux noirs ; 
je déposai mon lièvre au pii.d d'un saitin avoisinaut le 
sentier «»ii le baron aurait h passer pour revenir au camp. 
Im{>atient de voir (|ue je retardais à 1<î joindre, il avait en 
effet rebroussé chemin. liientôt, j'entendis une détonation. 
Je mis le nez hors du camp, je vis le fier baron 
qui se baissait pour raina-.ser sa pièce ; puis, je vis «ju'il 
lui donna un coup de pied ; j'accourus à temps [)ou; voir 
le lièvre en fragments. J'exprimai mon roj^ret de sa mé- 
prise, ajoutant que eu lièvre avait sans doute été déposé 
là par des trappeurs de Duschambault, i)our leurrer les 
lièvres des bois et les faire tomber dans leur colleta ; puis, 
ayant retrouvé la carnassière, nous nous mîmes de nou- 
veau en marche. Le baron me sembla qu'à demi satisfait 
de mou explication. 

Bientôt, en traversant une clairière, b-r-r-r-r-r ! et' un 
beau perdreau mâle passa comme un trait au-dessus de 
nos têtes. 

— Un faisan! un faisan royal ! s'écria le baron. Il faut 
le tirer. 

— Soyez tranquille, lui dis-jp, mon chien, Calfé, va le faire 
brancher! Un quart d'heure plus tard, le susdit faisan, qui 



202 



CHASSE 



n'était autre qu'une perdrix de bois francs, était dans 
notre carnassière. Quelque instants ajn-ès, au moment où 
noiis passions dans un massif de sapins, il vint du haut 
d'un arbre un Itou ! hou ! ! qui fir, tressaillir le baron, et 
un ciiornie hibou alla se porcher sur la maîtresse branche 
d'un gros pin. 

— Un aiglt^ 1 un ai*^'k', morbleu 1 s'écria le Gascon, et 
sans attendre, il lui lâcha, pour être plus sûr, les deux coups 
de son fusil ; j'allai ramasser cette grosse pièce qui nous 
encombrait, sans être d'utilité aucune. Une tourte attardée 
s'était, un peu plus loin, ])Osée sur un rameau sec d'un 

hêtre; "Vite," dit-il, bang ! et la pauvrette qu'il 

nomma un "f)igeon des bois," alla tenir compagnie au 
hibou. Puis, c'était le tour d'un pauvre écureuil. 

Enfin, nous avancions vers les bois francs, et le soleil 
déclinait. Les lièvres rodèrent bientôt. Eu tournant 
l'angle d'un sentier, je vis à quelque distance, dans le demi 
jour, un animal, que je reconnus de suite pour un porc- 
épic. La baron ne me donna pas le temps de le renseigner 
" Oh!" s'écria-t-il, " quelle Providence, un vrai castor du 
Canada! Quelle pièce ! bang!.... et le porc-épic avait 
rendu ITimt'. 

Le temps de la revanche approchait. J'étais épuisé du 
poids réuni des malles et du gibier ; j'avais une chance de 
m" débarrasser du fameux capot de cuir de gnzelle .... je 
la saisis. 

— Voilà un beau gibier en effet, lui dis-je ; qu'allons 
nous en faire ? Pour ma part, je suis écrasé par le fardeau 
que je porti', je n'eu peux plus. Le castor a en effet les 
soies rudes, pi(piantes mêmes. Il ne nous reste que la res- 
source de l'envelopper dans le capot de peau de gazelle. 
Je vais vous le charger sur les épaules, M. le baron, et 
vous aurez à exhiber à vos amis un trophée digne de votre 



LES ÉMOTIONS D'UN CHASStUR 



203 



rner 
du 
rait 



au 

do 



Ions 
leau 



•03- 



lllo. 

et 

Itre 



habileté comme chasseur. Il se récria d'abord, mais enfin, 
il endossa le précieux paquet et nous nous mîmes en 
marche. Je me répétais à nîoi-même : " Tu t'en rappelleras 
de ton castor ! " Nous avions à peine fait un mille do 
marche, que je notai chez le baron, divers trémoussements 
d'épaules. Il se plaignait d'une excessive chaleur dans le 
dos." Ça te chauffera encore plus bientôt " ! peusai-je. 

Plus tard, ayant à traverser un ruisseau sur un tronc 
d'arbre renversé en guise de pont, le baron se mit à crier, 
quelque chose l'écorckait au vif ! et ne pouvant plus y 
tenir, à peine eût-il atteint la rive opposée, qu'il délia les 
-courroies qui assujettissaient le castor et lâcha le paquet 
sur le gazon, ajoutant qu'il avait le dos en feu. C'étaient 
les aspics, ou poils du porc-épic, qui avaient, comme jo m'y 
attendais, pénétré même à travers le capot de cuir et qu i 
s'étaient enfoncés'dans ses chairs. 

Il jura alors comme un païen, voua à tous les diables, le 
Canada, et les êtres malfaisants qu'il contenait. Puis, il 
alla se rafraîchir le front dans le ruisseau ; je lui appliquai 
des synapismes de mousse humide et froide, au dos ; peu à 
peu, il se calma. 

Nous reprîmes le sentier du camp ; comme la brunanto 
commençait à se faire, je ne fus pas du tout surpris de ren- 
contrer sur la lisière du bois, un petit animal nocturne, 
qui sait se faire sentir de loin. —Mephitls Americana. 

— De grâce ! dit le baron, voici un supcrbo blaireau, tel 
que ceux que j'allais chasser dans les Pyrénées! 

Je saisis de suite Café, au collet, pour l'empêchor d'atta- 
quer le susdit blaireau. Le baron tira, mais de loin, crai- 
gnant de manquer une aussi belle pièce ; il courut pour 
donner le coup de grâce à la bête avec la crosse de son 
fusil ; s'étant baissé, il reçut en pleine figure une rosée qui 
le fit tressaillir. Moi, je ne savais où me mettre, pour dissi- 



204 



CHASSE 



muler mon fou rire. J'entendis alors le baron s'écrier : 
" Pouah ! Grands dieux ! ! Mais, c'est épouvantable ! ! ! Mais, 

qu'est-ce donc ? Qu'a-t-elle fait ? " 

— Elle a p . . . . lui dis-je, faisant deux pas en arrière. 

— Quelle Providence, ajouta-t-il, qu'elle n'ait fait que 
cela. Autrement, nous serions tous morts ! ! ! 

Charles Panet et moi, nous n'y tenions plus ; un rire 
homérique nous obsédait. 

— Vite ! dis-je, Gabriel, après cela, joue de l'aviron, et 
allons nous reposer à l'hôtel Verret. 




w.^p 



REGEETS-SOUVENIBS-VŒUX D'UN 
CHASSEDR 



Grand saint Hubert. 

Ora pro nobi.1 {\) \ 



Oh ! qui me rendra me-? rliv îi.,;* 
d'automne, mon fidéir^tntv T'"'"'^'''"*""' 

chasseur que de menu g.bie'rî ' """""^^ •>" "^ ^"^ 

Nemrod, Umaël, Esau, Chiron, PoUujr fi„,M, 

fut blesse par uu sanglier qu'i, chassait . MiZdate iC 

(1) Saint Hubert, d'une famille nobl^ hm •* • 
nesse au service de Pépin d'H ta l' d'r^":' ''"' '""^ '^^ J^- 
•i^-ibord le monde et Ja clm.se avCpasHn 1 ^^^^^^ *'''"*^''- ^''*'»- 
Lambert, évêque de Muestricl" , .fn rembi: ' -'^ --ei,s de saint 
et quand saint Lambert n.onru,^ i, ^IZ^ll:':^ ecclésiastique, 

, '^-^* -^ ^'^''-•-"t le culte des idoles d 1 les 7"' ' " '"" 
«amusait a tueries loups et les .an-Wi, r, ï - ^rdennes, le saint 
J^'in; il faisait des nuraclos, entre autas • ', , • 'T"I'''"" ^'^'^''""^''^ "" 
cette fort agréable pour un chasseur! ' ' ' "' '' '^'"' ^'^•"i'«- ^e- 

En 721,11 transféra son siè"-e énis.n,,..! i ». 
cathc<lrale qu'il fit bntir, et mlurut en i^T ' "'^"'^' ' ^'•^^'^' ^"«^ '- 

Son corps, déposé d'abord dans cette é-lisp f.,f ♦ 



206 



CHASSE 



sa j'ju liesse, chassa pendant sept années consécutives, cou- 
cliant toutes les nuits h la belle étoile; Darius fit écrire sur 
son tombeau qu'il avait été chasseur. Syllii, Sertorius, 
Pompée, Jules-César, Cicéron, Marc-Antoine, etc., étaient 
bons Veneurs." N'en voilà-t-il pas plus qu'il en faut pour 
ceux qui prennent pour modèles, les grands chasseurs des 
temps antiques ? Venandi studium cole ! a dit Horace. 

" Si Pépin. le- Bref fut élu roi des Français, dit Blaze, 
" s'il devint la souche des Carlovingiens, il le dut encore 
plus à renommée de chasseur intrépide, qu'à l'honneur 
d'être fils de Charles-Martel. Pépin jjourfendit un lion 
monstrueux et du même coup, entama le taureau que ce 
lion étranglait. Cet acte de force et de courage imprima le 
respect aux nobles qui l'accompagnaient ; dès ce moment, 
la déposition de Childeric fut résolue." 

Par la chasse, on a de bons soldats, avec de bons soldats, 
ou " conserve sa liberté " comme l'a dit Michel- Ange Blon- 
dus, dans son livre sur la chasse, dédié à François I. 

La chasse au faucon, la fauconnerie, précéda la chasse au 
tir, laquelle ne s'affermit ([ue vers 1630. La fauconnerie 
était suitout l'amusement des grands et dans l'ancienne 
monarchie française, le Grand Fauconnier du Poi était 



et liés ce luoiîont, on l'aniiét.; S.'.", cette iibljiiye ja-it le noiu (!'• S lint- 
Hubert. 

C'f'tte transialion, apiaotivée l'iir le concile d'Aix- a- Chapelle, ^e lit 
avec une grande [ompe. L'erapeieiir voulut 3' as.-ii.-tir, t<.us ie« cIki^^- 
sjurs raeeiinipfitrnèrent L'aiinéesiiivanie, on tï! wm- jjioee.-sion eonuué- 
jnorative de cette cérémonie ; et de là, les pèlerinji;;i's niii se f. nt cikuio 
tous les ans. 

\a\ dévotion pour sjiint Ilubert devint .si grande, >[ih- tous le- s^ ign'".!S 
l'es environs ofiiiiieni à l'alibaye d'Andain, Us pieiiiices de ietn- cha-si; 
ft ladixiènu'pariiedii gibier (ju ils tuaient ehiipie . nnée : probablement 
saint Hubert ne les mangeait pa«-, mais les moines «urraugeaient de ma- 
nière que rien ne fût perdu. 

— (BLA7.B.) 



UKOUETS — fc-OUVENlUS — VŒUX D'UN CHASSRUIl 207 



liiit- 

lu tit 

lii'.é- 

!);o 

Il-SI! 

Lut 
lua- 



uii personnage important. *' Les princes et les prélats 
aimaient furieusement lu chasse ; ils transportaient partout 
leurs oiseaux, môme diins les c'glises. On les plaçait, 
pendant la mos.se, sur les marches des autels, au bord des 
chaires. Les dames suivaient la chasse, partout, le faucon 
sur le poing. CVtait un plaisir pour elles ; aujourd'hui, 
les chasseurs les laissent à la maison, et souvent, c'est tant 
pis pour eux." 

Et le chien, l'ami de l'homme, n'a-t-il donc pas sa part 
des dangers et des plaisirs de la vénerie ? 

" En effet," dit encore Blaze, " cette intelligence de chien 
qui prend le vent, qui marche avec précautions, qui châ- 
tonne, est une chose admirable. Médor, mon fameux 
Médor, me rapportait un lièvre, chemin faisant, il tombe 
en arrêt sur un perdreau : Médor est immobile, la patte en 
l'air, le lièvre à la gueule ; le lièvre, le chien, le perdreau, 
rien ne bouge. Quel tableau plus ravissant! quel spectacle 
plus suave peut jamais inonder ITime d'un chasseur de 
jouissances plus positives ! Quand on voit un trait pareil, 
on nourrirait son chien avec des écus de six livres, si l'on 
en pouvait trouver encore." 

Les chiens de chasse avaient, eux aussi, leur fête patro- 
nale en France, à la Saint-Hubert, car saint Hubert a 
détrôné Diane (1). 

(1) " Ou vient de réparer, an chfitcau de Chantilly, la Chapollc où se 
célébrait la moRse des chiens. Du temps dos C'ondé, citte mosse avait 
lieu chaque année i\ la Saint-lliibert. LaeliapoHo était parue» conune aux 
grands jours ; des llours étaient répandues sur les dalles ; d<'s Heurs jon- 
chaient le chenil, composé, comme on sait, d'une aile entière de la se- 
conde cour circulaire du cliâteau. 

Le plus vieux gentilhomme, monté sur le plus vieux cheval, suivi du 
plus vieux chien, accompagné du plus vieux piqueur, ouvniit la marche 
des chiens se rendant k la messe. Ce jour-là, le peigne, la brosse et 
l'éponge donnaient au poil tout le lustre de l'étiquette ; les queues et les 



208 



CHASSE 



An glorieux jours du Canada primitif (1), le gibier abon- 
dait, dans les forêts, sur les battures, les grèves, les cours 
d'eau, jusque dans le voisinage des villes. Panthères du 
nord, ours, wapites, loups, cariboux, loups-cerviers, renards, 
vaches-marines ; voilà pour les amateurs de grosses pièces, 
pour les DuChaillu et les Jules Gérard del'époqvie. Il est 
fait mention, dans le dernier voyage de Jacques- Cartier (2), 
de la férocité des panthères, grosses comme des lionnes, 
dans le voisinage d'Hochelaga, dont deux se seraient pen- 

oreilloH adoptaient \n fornio la plus grave. Les remontiaucee et l'eau 
du Ruvon venaient h bout des plus rebultes. 

Introduits par ordre do race, au centre de la chapelle, on les rangeait 
do front, d'après l'ûgo ou le mérite, devant le taMeau do saint Hubert, 
cxpoKÔ sur le uiaitro-autel. L'aumônier du château cumuiençait ensuite 
le sacritico de la messe et rien n'était omis duns la liturgie spéciale ; 
puis, il montait en chair et prononçait le panégyrique du patron des 
chasseurs et des chiens. Malheur au |K>inteur qui eût baille à l'exordc I 
Malheur au lévrier qui eût dormi sur ces pattes au second point ! 

Cette cérémonie, qui a très-réellement existé pendant du longues an- 
nées, avait pour but d'éloigner dus chiens, la gaie, le flux du sang, les 
vois, le mal d'oreille, lus crevasses, lus morsurus des serpents, les piijuûrcB 
des plantes vénéneuses, lus blessures du sanglier et surtout la mge. 

Blazb. 

( 1 ) " En la saison les cliamps sont tous comierts de Grues ou Tochinffo, 

qui viennent manger leurs bleds quand ils les bernent, et qfland ils sont 

prests à moissonner : do mosme en font les outardes et les corbeau.\, 

qu'ils appellent Oraffuan, il nous en faisaient par-fois du grandes plaintes, 

et nous dumandaiunt le moyen d y remédier : mais, c'estoit une chose 

bien difficile à faire : ils tuent de ces Grues et Outardes avec leurs flus- 

chus, mais ils rencontrent peu souuent pour ce que si ces gros oyseaux 

n'ont les ailes rompues, ou ne sont frappez h la mort, ils emportent ayse- 

ment la flesche dans la playe, et guérissent auec le temps, ainsi que nos 

Religieux do Canada l'on veu par expérience d'une Grue, prise à Kebec, 

qui avait esté frappée d'une flesche Uuronne à trois cents lieues au delà, et 

trouuèrent sur sa cronpo, la playe guérie, et le bout de la flesche, auec Fa 

pierre, enfermée dedans. Ils en prennent aussi quelque-fois avec des 

collets. " 

— (Le Orand Voyage Du Pays Des Jlurons.) 

(2) Manuscrit découvert dans la Bibliothèque Royale de Bruxelles, en 
IH5Ô, pur M. V igcr. 



REGRETS— SOUVENIRS—VŒUX D'UN CIUSSEUR 209 

dans la nuit, introduites jusque dans l'un des canots de 
la Ville de Bordeaux, et aurait enlevé le lieutenant St- 
Pierre, qui y commandait avec un compagnon, et cela 
malgré les coups de mousquet que Jacques Cartier et 
ses hommes tirèrent. Mais les panthères du nord ont 
disparu, aussi bien que les vaches-marines et les wa- 
pites. 

Les grèves de Beanport, donc, que d'hécatombes de ca- 
nards a dû y immoler, en 1627, le Nemrod de l'endroit, le 
seigneur Robert Giffard, de la cache, ou loge qu'il s étiit 
construite, au rapport de Sagard, sur les borls du ruis- 
seau de l'Oitrs, à la Canardière ? 

Le gouverneur de la Nouvelle-France, concessionnaire, 
en 1646, des Iles-aux-Grues et des Iles aax-Oies fl), 
Chs. Huault de Montmaguy, pense-t-on 4u'il ne s'en tenait 
qu'aux canards et aux bernaches, épargnant les volées 
d'outardes, d'oies sauvages, et même les cygnes qui, en août 
et en septembre, fréquentaient la dune ou les battures ! 
Ces mâles figures de nos temps héroïques, les Marguerie, les 
Lauzon, les Larabert-Closse, les de Rouville, les de Maison- 
neuve, les LuSalle, les de Beaujeu, explorateurs ou colons, 
traçant le sillon, le fusil en bandoulière ; ou côtoyant, bien 

(l) " L'Islc-aux-Couilres et l'Isle-aux-Oics méritent d'être nommées en 
passant. Lu première est Fonvont remplie d'élans qui s'y rencontrent ; 

la se- oude, est peuplée en son iciup.s U'uiie multitmie d'oies, de canards, 
il'outîirdes, dont l'île, qui est plate it thaig'e d'herbe eonime nue prairie 
en parait toute couverte. Les lii^ix ci rcon voisins retentissent incessam- 
ment des cris de ces oiseaux. " 

— {Relations dti Jt'suitcs, le Père P. Lejeune.) 

" l\ y a deux Isles-aux-Oies ; I.i pre-.uière se nomme la Petite, l'autre la 
Grande, Isle-uux-OicS. Lus dames religieuses de l'Hùtel-Dieu acquirent 
cotte dernière, eu 1711, du sieur Paul Dupuy, vieillard septuagénaire, qui 
y avait élevé une nombreuses f imille, après avoir quitté le régiment de 
Oarignan, où il était otficier Le nom de Sainte-Marie qu'elles lui don- 
nèrent, n'est pas rente. — Iltstoire Je l' IIôUl-Dieu. 

14 



210 



LHAt^SK 



urinés, lu voie publique d'alors, c'est-à-dire, le sentier de 
lu forêt, en quête de découvertes, n'étaient ils-pas, bons 
chasseurs aussi bien que braves soldats ? Chasseurs pour sub- 
sister, guerriers pour se défendre, ou par goût, par instinct, 
ou parce qu'ils avaient du sang français dans les veines ; 
mais iiardon, ombres vénérées de nos pères, si un simple 
chasseur des villes ose profaner vos immortelles mémoires 
en les évoquant. 

Knumérer tous les endroits de chasse dans notre pays, 
encore si giboyeux, malgré les colossales tueries du passé, 
ce serait une tâche plus qu'herculéenne. 

Les deux rives du Saint-Laurent, depuis l'entrée du 
golfe jusqu'aux chûtes de Niagara, sept à huit cents lieues 
à parcourir ; voilà une partie de chasse à satisfaire le plus 
ardent veneur. Comme Jacques Cartier, aux Iles-aux- 
Oiseaux, en 1534, vous y trouveriez du gibier pour fréter 
un trois-Miâts ; vous en pourriez faire des salaisons, au be- 
soin. "^ 

Les tributaires de l'Outaouais, la Longue-Pointe sur le 
lac Erié, les vastes marais du lac Saint-Clair, la baie de 
Burlington, à l'ouest ; la pointe au Père, la batture aux 
loups-marins, la dune à l'Ile-aux-Grues, les battures de 
Mille-A'aches, de l'Ile Blanche, de l'Ile-aux-Lièvres, les 
l'ckiins (1), les lies de Sorel, les battures de la baie du 
Febvro, les plages de Kaniouruska, la l)atture aux alou- 
ettes, voilà des localités qui, en septembre, peuvent entrer 
en compariii-on avec ce que le vieux monde a de plus 
giboyeux (2). Quant aux parages de la baie d'Hudson, 



( l) Depuis que le lïouveriiement met en force la loi de chasse, cluique 
printemps aux Pèlerins, vis-à-vis Saint-André, il y a une ntttuence prodi- 
gieuse de gibier sur ces trois lieues de rochers, asile des goélands, deg 
pigeons de mer et d'une multitude d'autres espèces aquatiques. 

(2) M. George Baruston, de la Compagnie de la Baie d'Hudson, lisait 
en Idbi, en présence de la Société d'Histoire-Naturelle de Montréal, un 



"fl 



krodi- 
[>, dcg 

lisait 
Ll, un 



REGRETS— SOUVENIRS— VŒUX D'UN CHASSEUR 211 

les lacs du Nord à l'intérieur, les rives de l'Océan glacial 
et les îles du bas du fleuve, où couve le gibier, l'on sait 
que l'abondance en était telle que les premiers explora- 
teurs l'ont consignée dans leurs relations ; que nombre de 
goélettes des Etats-Unis, y viennent encore chaque année, 
en mai et juin, en enlever des charges entières d'œufs. 
Heureusement, que notre Législature a su réprimer ces 
attentats contre l'espèce ailée. La protection du gibier, après 
avoir été longtemps méconnue, a enfin obtenu, parmi nous, 
droit de cité ; nos lois de chasse améliorées, font l'admi- 
ration de nos voisins, qui fondent depuis quelques années 
des clahs pour la protection du gibier, et passent des or- 
donnances de chasse à notre exemple ; ce ne sont pas les 

M'inoin siir le s^àbicr iiui fiéqiientc lo nord ihi continent, dont nous 
t'Xtriiyoïis ce qui suit : 

•• It is viiy difti Miit lo loriu anydiiug liko iiu acourite ideaoftlie 
v.iriou.- .-in.Lit'tJ <^f yocsc ihat liave just bccu i.assed iu review, viz : tho 
<' iiiH'la, L'T y .oosc. ilic lisser urry l'oosc, tlio Biatit i:nnse, and flio white 
trontt'fl troose. 0; tlio (juautity shot at purticiilar points wliere tlioy 
ti coiiic an ariirlc <if' pin\i.-i(ins, wc niay arrivo at a wide, but still a 
I) ttfi' t'siiîuatf. Suveut'fu to iwcnty tliousand goeso are simotiuies 
kiikil by tbo Aibany Iiidians in tho autiinm or fall ot thoyear, and tea 
tho:i.«anl or nioro in tuf >j)rinu', niakinj^ a total, f<jr tliese coast Crées 

a loue, '.f ,it Ifast :;0,<iOO 

Not .''pf. kiiig so cxit.iinly ut otlier natives, I wuiild place ihe 

iMoose ludian.s as killing ai u\\ sea,S(in> 10,<.'00 

Uuiieit's lîivcr natives r,tiOl) 

E stni;;in ;;nd te tbe ii(a;ii, incltidin^- Escjuiiiiiiiix C,000 

Tho S.'vein Coast 1 ciuimit compnte asyiehiing less tiian 10,000 

The Voik Fii.toiy and Churchiil indians, witii Es(jnimaux 

beyonl, iniist di po.se of I(),n(j0 

Makhi,:,' a total oî' gee.se killed on the coast, ol' 74,000 

As niauy geesc in.ist die wuunded, <ind others aie got hold of by the 
foxes and wolvorines, we may sat'ely allow the total ioss to the llocks 
wliile running the liery gaiintlet, as équivalent to 8i',000. I was at ono 
time in -lined to bolievc that two-thirds of tins nuinber was, or iniglit bo, 
the pioi)ortion for autuam hiint, but it is probably uearer, the newiy 
fledge 1 liockB, as Ihey pass southward along the bay. I hâve lat^dy 



212 



CHASSE 



seuls avantages qu'ils retireraient, s'ils avaient le bon 
esprit de s'annexer au Canada I 

On a, en Canada chassé aussi, longtemps comme des 
barbares, des Goths et des Ostrogoths. 

Rien n'était respecté : on n'épargnait nul être emplumé. 
Il y a encore, nous le craignons, parmi ceux qui épaulent 
le fusil, des âmes abjectes, desavouées de saint Hubert, 
capables de tirer une bécasse sur son nid au prin- 
temps, de dénicher un merle, une bécassine, une perdrix 
ou même un canard hranchu, pour en vendre les œufs. 
Il n'y a que l'amende ou la prison qui puisse faire respec- 
ter par ces misérables, le temps sacré de l'incubation des 
œufs, de l'éclosion des jeunes. C'est par le fouet de la loi 
seul que vous ferez comprendre à cette canaille que, pour 
chaque oiseau des espèces sédentaires tué au printemp*», 
c'est une couvée entière, peut-être quinze individus de 
perdus pour l'automne. 

iHcn informée! by nn old nnd experienced hunter, thaf ho bclioves tl at 
for cvery goose that is killed, above twenty muet leave the bny without 
Bcaitb, as alihougb therc is sometimes destruction dire aniong »ouit lots 
tliat feod in «luartcrs froquentud by huntcrs, yet inniimerable familles ol 
thetii liligbt on rcmote and quiet foeding grounds, remain iinmfilestrd 
and tiike wing wben tbe cold si ts in, with thcir niimbers intact. I niust 
allow tho corrcctncss of this r»mark, and thc déduction to be drawu irom 
it is that l,tii)U,000 gceso Icave thcir brcedmg grounds by the Hudaou's 
B ly iine of mardi for ihe guniiil soutb. Of tlie numlers to tbe w 'Stw.ud 
along tbe arttic coast, tbat wend their wiiy to ibtir wiiiter qnarters stra'ght 
acrosH tbe continent, we can fortn but a very vague opinion, but com- 
jiutiug it at two-tbirds or more of the (juautity supposud to leuve the 
easteru of tbe arclic toast, wc cannot bave iiss tban two millions uf geeso, 
composing tlie numerous baitalions whi' 1» pjiss over 'h<: continent bet- 
weeii the Atlantic and tbe Rmky Mounlains, borne aloft gcnerally like 
tbf scud, and as swiftly iiastened on, by tiie forci.' of tbe boréal blast. 

'• 1 ought to observe that the Braut geesc, Jiernida Breuta, arc uot in- 
caided lu the above estimate. Tliey are pretly numerous on the Atlan- 
tic coast, but are quite neglected by the Indians, iu gênerai, of Hudson's 
By." 



REGUETS— SOUVENIRS— VŒUX D'UN CHASSEUR 213 

L'on a réussi, de cette sorte, à éloigner le gibier des 
villes et à le refouler aux tles solitaires du bas du fleuve, 
aux côtes inaccessibles de la baie d'Hudson, où il se rtn- 
contre encore en nombre prodigieux. C'est par ces im- 
pitoyables tueries, en tout les temps de l'année, que nos 
voisins ont réussi à exterminer le saumon dans l'Hudson, 
le dernier saumon ayant été capturé, il y a plus de cinq- 
uante ans. 

L'espace me manque pour noter les endroits de chasse 
autour de Québec. Le Bas-Bijou est à peu près épuisé ; 
Château-Richer et Sainte-Anne ne fournissent que rare- 
ment leurs 4,000 bécassines des temps passés. La bécasse 
est plus rare, à la côte à Bonhomme, aux Salines, à la baie 
du Febvre (1). Saint-Joachim donne moins d'outardes 
que par le passé. Les tourtes, jadis, si nombreuses qu'on 
les tirait, en 1814, sur les glacis de Québec, ont presque 
disparu ; il faut aller dans le district de Niagara ou au 
Kentucky pour les retrouver. 

(1) Voil& encore un endroit, où la loi de chasse s'est fait f.iToruble- 
ment sentir. Par malheur, les paysans ont abattu une grande partie des 
broussailles et des taillis,qui abritaient les mares et les petits lacs de cette 
vnijte batture ; le gibier y afBue moins que dans les premiers temps. La 
Baie du Febvre est un des rares endroits, où couve la bécasse ; sur les 
hauteurs en arrière, il s'est fait des chasses prodigieuses. 



n..'t- 

Sko 



lin- 
Im- 
In's 



DEUXIÈME PARTIE 



l'A PÊCHE 



I^a , é, he a la ligne reiraoe à r.-i.fance, «p» 
.)'>'s a a«o M,ar, «,.« loisir, , ,i u viniIeHs,., 
ms.iistiactioiiH,. au cœur seiisibli-, lo luissoau 
v.'i.sin .lu t..it paternel : an voyageur, le 
"cciiiié ,les peiiiilaïUs dont il 



quiétude : nu ].hilo»oph 



1 1>08 

ot'iivié ladduco 



c, 1 oMKine de l'ait. " 

(LACÉl'fUIK). 



GEORGE M. FAIRCHILD, Jr 

VICE-PRÉSIDENT 
DU CLTJB CANADIEN DE NEW-TORK 

CORDIAL SOUVENIR 



Il I 




LK CHUTE DEN UAUT-IIEMOUS A SAUMONS 
Rivit'ie Godbout, huit milles eu deçii de la Pointe do Monts. 



LA PÊCHE 



fond! ^r'"'' """i''' ■^""^ '"' P^"^"""^ <!'«''« KO- 
lon.ie, des sources de richesse telles qu'il a fallu ni, 

^rceau e ,a colonie ,„é.e, songer a Jprot^r de 

iructiher et pour e„ assurer l'exploitation h leur, nro 
pnetaires l(?gitimcs. ' 

te cadre que je me suis trac(! ne rae permet pas de re 
venir sur cette matière. ■- pas ue u- 

an"eûrs''l'""-,r '""' ""^"''' '"' ^' -g-l"' -■-: 

:=::. ïr:;::T, tite":t'rp: ' " -''- 

.es .■nt.re.ants volumes ^oritlr nretSlir 
nos lacs et nos rivières k truite. saumon, 

Des diverses (2) manières de p,!ohcr à la ligne la nêchc 
a.^— 3ar.i«cielles.estlace.ledont\;u:t;:: 

(^-) -^ei Pêcheries duCamda,l8G:i. 

(•-') lifiié et Licrsel, dans leur traité dP la , v », . ■ • 
principaux : La pêche à la liollZ ^ , ^' ' '^''"''""* ^'"""^ '"°^«« 
li^-nes flottantes LtenttofsdS'"''"'^ ' '' "^"* ^^•^-^^- ^^- 
^fouetter et ,a /.>n. T « . " ^reri"'^^^^ '' '" '^" "" '^°'''" ''^ "^- 



220 



PÊCHE 



ARMEMENT DU PÊCHEUR 

Le pêcheur à la ligne doit être approvisionné d'au moins 
deux cannes à pêche : une canne de douze mètres de 
long pour le saumon, que l'on se procure facilement 
dans les grandes villes du Canada ou des Etats-Unis ; et 
une canne à pêche, bien moins forte et moins longue, 
pour la truite ; la canne doit être pourvue d'un moulinet, 
yreel) d'une ligne de vingt-cinq à trente mètres de lon- 
gueur " composée de soie et de crins tordus et tressés, finis- 
sant en queue de rats," et " d'un bas de ligne (casting 
Une) d'un mètre et demi à deux mètres, en boyau de ver 
à soie." 

La ligne n'ayant ni plomb, ni flotte, est enroulée sur le 
moulinet qui peut être simple ou à engrenage, et passe 
dans de petits anneaux fixés dans la canne. On donne le 
nom de multiplicateur à cette dernière espèce de mou- 
linet ; car, au moyen de son engrainage, on obtient un 
mouvement de rotation infiniment plus rapide. 

On peut se procurer des mouches artificielles, à Québec, 
à Montréal, à New- York etc, de toutes les couleurs et de 
toutes les variétés. Il faut de plus un panier, pour le pois- 
son capturé, une épuisette, landing net, petit filet en 
forme de poche monté sur un cercle de gros fil de fer, ou 
aur un léger cerceau de bois. Ce filet est ajusté au bout 
d'un long manche. Lorsque le poisson que l'on vient 
d'accrocher est assez fort pour rompre la ligne, quand on 
essaiera de le tirer de l'eau, on passe l'épuisette sous lui et 
on l'enlève sans danger. Puis, une gafie, pour donner au 
poisson le coup de grâce, quand il est pris. 

" Le pêcheur ne doit pas surtout oublier de se munir 
d'hameçons, de lignes et ustensils de rechange, afin de 
ptrer aux accidents qui pourraient arriver." 



I^A TRUITE 



(SALMO FONTINALIS) 



écailles brillent de l%lat de Zlelt Îtl "^ > '""'• ^^' 
doré, ^m de ver, resplendit Zfus M, '' .«" ^"'"'^ 
eorps. les pectorales sont d^mbrnTlt /''•'' •"'' 

les ventrales et la caudale, dorées , a ni - ''°''" 

couleur d'or avec une boklurrb; ne ICI ^^"^ f 
pourpre, d'or et de gris de perle- H' , ' ""^^ ''^ 
petites gouttes pur/urine^ t, e leT "T ""'^ '* 
noires e. d'autres taches rouges, e^rutes d'uu t u^f -^^ 

e':^r riiiisr - ^Z: 

Il parait que le poète Ausone est Je premier Z .* 

en ait parlé. Premier auteur qui 

" La tête de la truite est assez rrroQ^o . 
«rieure un peu plus, avancée ^^In ;,::::»- ■■- 
comme cette dernière, de dents nninn, , *>'"''"''■ 

compte six ou huit d nts sur la' nt ."';^-'"'''-- On 

-g.es de chaque c.é du pai::"^!',.;:;;:,:::: 



222 



PÊCHE 



droite ; les (écailles sont très petites ; la peau de l'estomac 
est très-forte ; et il y a soixante vertèbres à l'épine du 
dos, de chaque côté de laquelle sont disposées, trente 
côtes. 

" La truite aime une eau claire, froide, qui descend de 
montagnes élevées, qui s'échappe avec rapidité, et qui 
coule sur un fonds pierreux. 

" Les grandes chaleurs peuvent incommoder la truite 
au point de la faire périr : aussi la voit-on vers le solstice 
d'été, lorsque les nuits sont très-courtes et qu'un soleil 
ardent rend les eaux presque tièdes, quitter les bassins 
pour aller habiter au milieu d'un courant, ou chercher près 
du rivage l'eau fraîche d'un ruisseau ou celle d'une fon- 
taine. Elle peut d'autant plus aisément choisir entre ces 
divers asyles, qu'elle nage contre la direction des eaux les 
plus rapides avec une vitesse qui étonne l'observateur, et 
qu'elle s'élance audessus de digues et de cascades de plus 
de deux mètres do haut. 

" Il parait que le tt.-mps du frai de la truite varie sui- 
vant les Tuiys." 

En Canada, les tniiu-s fraient en automne. Elles niou- 
tont quelquefois jusque dans les rigoles qui ne sont eutre- 
tretenues que par les eaux lluviaies. " Elles cherchent un 
gravier couvert | ar un léger courant, .s'agitent, se frottent, 
pressent leur ventre contre le gravier ou le sable, et y 
déposent des œufs que le mâle avro^e pi isieurs fois dans 
le jour de sa liqueur fécondante. " liloeh a trouvé d.tns 
les ovaires d'une truite des rani-ves d'a:ufs l-tos. comme 
des pois, et dont la couleur orange s'est conservée pendaiit 
longtemp -, même dans l'alcool. 

D'après cette grosseur des (eufs de truites, il n'est pas 
surprenant (qu'elles contiennent moins d'œufs que plusieurs 
autres poissons d'eau douce ; et cependant elles multi- 



LA TllUITE 



223 



jjlitut biiiico'ns parce iiue la plupart des poi.ssoDs voiucc^} 
vivent l(tin des eaux froides, qu'elles préfèrent. 

N( us nnvoyons le lecteur aux rêchenan du Canoda 
jour ce qui a rapport à la jiiscicultuie et à la uuiiiière de 
loMuer (les étangs à truites. 

11 y a ) lusieurs variétés de truites : truite di^ uiou.-fic, 
truite de petite rivière, truite noire, truite blanclu', tn.iie 
Touge et tiuite brune. 



sui- 

UIOU- 

ui re- 
lit un 
tteut, 
et y 
dans 
diWis 
omuie 
iidaut 




GLISSOIIIE A SAUMONS 



LE SAUMON 



(8ALM0 SALAR) 



Le saumon est un poisson d'eau douce. Il passe la pre- 
mière année de son existence et les deux tiers de chaque 
année subséquente, dans l'eau douce, émigrant à l'océan, 
une fois ou plus par année : l'on pense que ces voyages 
sont dictés par le désir de se procurer des aliments diffé- 
rends ou plus abondants, dans l'onde amère, que dans les 
fleuves. 

Nul poisson, pour la beauté ou le goût, peut entrer en 
comparaison avec le saumon, à son arrivée des cavernes de 
l'océan : c'est bien là le roi des poissons : ses teintes sont 
plus riches, plus foncées, plus variées. 

" Les côtés du saumon sont bleus ou verdâtres vers le 
haut, et argentés en bas. Le dos, le front et les joues sont 
noirs. Une teinte d'un jaune rougeâtre couvre la gorge 
et le ventre. Les nageoires anales et ventrales sont d'un 
jaune-doré ; la première dorsale est grise avec des taches 
brunes ; la seconde est noire et la caudale, bleue. Quel- 
ques taches noires, irrégulièrement semées parsemment le 
corps du saumon. 

" Ce poisson abondant, habite la mer dans le voisinage 
de l'embouchure des fleuves, mais au commencement du 



LE SAUMON 



205 



lage 
du 



printemps, la fomelle remonte ces fl"uves, suit les rivières 
et va déposer ses cenfs dans nne esi>èce de fo^se crtnisfjo 
par elle dans le salde ; puis, li- nifîl • viinU 11 «on tour y 
r(!'pandre sa laite. 

" Les saumons suivent un certain ordix^ «'ans ces mi- 
grations périodiijues. Une femelle, la [1ns grosse de la 
troupe, marelw en tète ; les autres femelles lu suivent, nei- 
geant deux à deux ; puis viennent lus mâles et enfin les 
jeunes saumons. Ils franchisstnit dans le même ordre 
les cascades et les digues, carie sauaion peut s'élan'i'er à 
une hauteur de quatre à cinq mèt''es hors de l'eau. Tour 
cela, il se courbii en demi-cercle, s'ai»pui c<;iitre un corps 
solide, tel qu'une pierre, et, redressant son corps avec la 
force et la vitesse d'un r.;s.-ort, il s'élance audessus do 
l'obstacle. 

J'ai vu reiterement l.'s saumon s'etïorcer de franchir la 
passe au saumon érigée par l'i-tut au ruisseau à ]\Iarsp, 
près do la Grande r>;iio di-s H.i ! lia ! disUictduSaguenay ; 
ils fiisaient plusieurs sauts iléses])('r('>, infructueiix, mais 
enfin, ils en venaient à bout. 

" La viti-sse avec hKjUelle nagent les saumons, égale celle 
d'une locomotive de cliemin de fi-r; " ils fianchissent p-r 
seconde une étendue de vingt .juatre pieds environ. 

On ne sera pas sur[.ris, dit Lacepèdc, de ce' te célérité, 
si l'on fait attention à la confirmation du faumon. Les 
saumons ont dans leur queue une rame très puissante. 
Les muscles de cette partie de leur corps jouissent mémo 
d'une si grande énergie, que des cataractes élevées ne sont 
pas pour ces poissons des obstacles insui m stables. C'est 
surtout, lorsque le plus gros de leur troupe, celui que l'on 
a nommé leur conducteur, a sauté avec succès, qu'ils 
s'élancent avec une nouvelle ardeur. Après toutes ces 
fatigues, ils ont souvent besoin de se reposer. 



15 



i/ 



226 



PÂCHI 



Les mâles, ont d'ordinaire la tête plus grosse, le corps 
moins épais que les femelles. Leur mâchoire supérieure 
est plus avancée que celle d'en bas, et lorsqu'ils sont par- 
venus à leur troisième année, elle devient plus longue et 

se recourbe vers l'inférieure Lorsqu'un mâle trouve 

un autre mâle auprès des œufs déjà déposés dans la fiay- 
ère, ou auprès de la femelle pondant encore, il l'attaque 
avec courage et le poursuit avec acharnement ou ne lui 
cède la place qu'après l'avoir disputée avec obstination. 
Les saumons ne fréquentent ordinairement la frayère que 
pendant la nuit. Il arrive quelquefois cependant que les 
œuis pondus par les femelles et la liqueur séminale des 
mâles se mêlent uniquement par l'effet des courants. 

Les saumons vivent d'insectes, de vers, de jeunes pois- 
sons : on les voit s'élancer avec la rapidité de l'éclair sur 
les moucherons, les papillons, les sauterelles, et les autres 
insectes que les courants charrient ou qui voltigent au- 
dessus de la surface des eaux. 

*' Les jeunes saumons, dit le Dr Henry, sont fort frêles : 
la moindre chose les tue. Ils sautent constamment à la 
mouche et si l'hameçon s'enfonce profondément dans leur 
mâchoire, cela suffit pour causer leur mort. Bien que 
quelques individus de la nombreuse famille des salmo- 
nidés aient été connus des anciens, rien ne démontre que 
le saumon franc, le véritable représentant de l'espèce, le 
fut des Cire^'S. 




LA PÊCHE A LA MOUCHE O 



I love to see tbe man of care 
Take pleasure in a toy ; 
I love to see him row or ride, 
And tread the grass with joy, 
Or throw the circling salmon fly 
As lusty as a boy. 



Ami, lecteur, aimez- vous la pêche à la ligne ? Etes- vous 
homme à devancer l'aurore, muni de votre canne à pêche et 
de votre panier, pour voir, en péchant, lever l'astre radieux 
du jour ? auriez- vous le courage et la patience de vous 
embusquer pendant des heures entières sur les rives d'un 
ruisseau, pour y tenter avec votre hameçon l'appétit de 
rusés poissons ? Bref, vous sentez- vous capable de vous 
arracher aux pavots de Morphée, à l'heure où sortent les 
lutins, au temps où les sorciers commencent leur sabat, à 
minuit sonnant; puis, d'avaler un hâtif repas; cela fait, de 
vous aventurer, à la lueur des étoiles, dans les sombres 
sentiers des Laurentides, connus seulement aux descen- 
dants de Gabriel et de Sioui, ces guides amphibies du lac 

(•) Extrait des PÉCHKBirrs do Canada, par J. M. LeMoine, 1863. 



228 



rÉciiF. 



Srtint-Charlt'S (1), afin (l'être pvôt à lancer votro mouche h. 
deux huures et demi du matin ? Si vous ne vous sentez pas 
ce courage antique, je vous dis, moi, que loin d'oser vous 
croire capable de jamais capturer le monar(|uc de nos ri- 
rivières, le saumon ar^'onti', ou mémo la truite san monde, 
Isaac Walton 'e père Isaac, comme Itj nomment tous 

(1) I.Ka «UIDKS nu LAC HAI.NTCHAIILKS. -Ce lllC pO-l illf ptirilli .SCH liobi- 

tantH, fii.eiqut!« ( cîébiitj's loonlcs. 

D"fi''<iril le fiinii'iix (.liiissiiir iiiilic ti, Sinui, qui riKidi; in Gn.nd Liir, 
lirè> la Biiio île l'E'lio, ainsi iioininéc àcan'^eiks éelins ^wc les iiKintaLrnes 
viiisines vous y rcdoiineiit. 

Le premier lac, on le livi Saint-Charles propreiueut dit, losséilait au>si 
diux l'ècliuiirs reuouiiiicH au Um temps <ù le jor. al colonel Alplmuist' 
Décalai lerry, ot w.n v'eil aiiii, M. Charles l'.niet, déiuté de Qiiébi.»'. y 
ullaieut faire leurs friietueiisi s parti(!> de pei lie. 

CfS iiùcheurs, types du genre, deux Irères, re-t' nmt iongieiups dans 
le Ht'Uvenir des A«i<V(«'6' (le l'hôtel Veirei, (jui avi.isinait lenr uimles^o 
iltrneure. L'un, surnommé leJ'uje; l'autre trère le plus clèliredcs 
lieux, suctonibait .' Mie courte maladie, en oct<jbru l-;(», i'iescju'octo- 
génaire. Ar.xuu •■, il ne tV.t jau.ai.s c( niiu t-ous il'autic m ni qi:c 

celui do (hihrivl. 

«^lU'l esi 1(! pècli' urde tniitesipii n't st :iili; si.sseoii nii tnyer du légei:- 
tiairr chassi.'ur pour y écoiit r se-; nu rvi'illeiiSLS histoires : 

" I)'l';.N01iMKS CA1!11!0C.\ HT I)'oUl(;.V,\rX fiKANTS, ■' 

ea[it irés par lui, .-es | CtIks à la truite et au inissun i 1 me, qiir.sl mir;'.- 
euleuses '.' Tout était (.riuinal clu z Lialniel, le , ê h' ur aux ciux'eux 
lilaiies. Six poules noires diins un [letit caveau ,-oiiieirain, oii k m.iitre 
tlescuiulait eu ( nkviint uni' plaiiche près du (-(jin du lea, avaient pour 
mission de iiundre sans dtscuipaier, du Itr j^nvitr, au lei juillit. i^n 
mai, ses entants ti-ndaient \\\\ trli'iilit pi.ur les rossiuimls di.u- un 
bouleau voisin. En juillet et août, une [letitr plaoiéic. en branches de 
sapins, contenait (pu'Kiues douzaines de titiites Iriiclies pour ses pr;.- 
tiques. Ciaiiriel éuiit doué d'iuie mémoire pr(niit,ieu^e. Tel, je le vis 
plus tl'une r>)is. Ainant pai-siduné de la pédi' et lU- la chiiSsi , il 
était d'une bravoureà tous crins, plein d'éuards, decour.i isic, de liyauté 
pour ses hôtes. 11 avait vu la^^e d'or du H'ort en Canada, io temps où les 



(2) Isa ic Walton, mourut ie 1.", décembre 1G8:!, i\ W.neh '.stor, eu Ang!' - 
terre, âgé de i>0 ; ses exploits de pêche à la nioui.hc, ses écrits i'oui im- 
mortalisé. 



LA rÉlîllF A LA MOUCHE 



220 



ris 

il 

jté 

kg 



les bons croyants, eut- il h (li.stril)m'r K'S rôles parmi sos 
disciples, croirait voua honorer encore que trop, en vous 
pre])0.sant [)otir pêch'ir des goujons, des (jcrevisses on do 
In barbotto dans un i)uits do six {tieds de diamètre'. Si, au 
contraire vous ivez bon bras, bon (eil, bonne jamb'î ; si, 
vous no craignez jias do vous plonger dans l'eiiu jas(iu'i\ 
la ceinturi', on pêchint; si, les moudtquru no vous iuaiii- 
pirent aucun eflroi ; si, mémo vous mettez au il'li les 
mirinf/ouÎHs;:^'], après uno fatiguante course dans les 

G.adestlc la ll.iiic, Ifs fJretia licrs (JuarJs, venus uvec Iccoint • <iv Durhiiu 
eu Isod, batlaitiil hi LiiiniHigiiu eu tous sous uvtc duivaux et thieiis, 
prêts i\ f uiu vin;,'t limes ù la raquette, rieu (pu' pour voir la i)iKte d'un 
cuiibou G ibiii'l ava't vu tout cela; il avait servi de ^'uillt' au couito 
de C iledon, aux capit ilues Giiuiston, Mundy et VVindhaui. O heureux 
temps I II raeontuit auiisi, avec une piquauto originalité, une lutte san- 
glante que lui et deux tjroi mesiciirt de Qinbec, comme il les nounnail 
(l hon. M. 1. ...et M. C S....), einent à souti uir, pendant une partie 
de pêche sur le lac Saint-Charles, pendant l'été do Ittôl .... 

M 1 tout réocnnn -nt admis au birroau do Québec, s'était lai>sé 

aller h la tentation île ijOcher de l,i imite sur ce lac, pendant la vacance 
de juillet, avec un ami. La parole est à Gabiiel : 

''Il y avait quelrpio t-.Mnps que nous péehions en silence, tous troi-< 
assis dans mon canot ; ç i mordui: peu. Ku détournant !a tête, (lu'e.-t-ee 
(lUe je vois ! un our.-:, noir comme ledial>l( ,i;u milieu du 1 ic a traversai! 
à la nage vers la rive opposée, à l'eudroit le plus 1. r-e? Av>,/.-vous piur 
des ours, leur dis-je ? 

" Mais! non! s'écrièrent-ils! Prenon>-lc vif! 

"^J'eus îi peino le temps de dire que nous n'avions ni fusil, ni couteau 
do chasse, ni autre arme que nos avirons et nos cannes à pèche. 
'• llamons! ramons! s'écrièrent, mes gaillards! i\ l'tiurs! à l'ouïs! 

" Ça me faisait un peu l'effet comme si ces gros messieurs pensaient 
que c'étfiit aussi aisé do prendre «ins armes, un ours dans le lac qu'une 
truite îi la ligne. J'enfonce mon bonnet rouu'c, trousse mes manches, 
prenl une chique et répète avec eux : " llamons ! " 

" Tûchons de ne pas briser la peau, ajoute Al. S . ., car je veux l'en- 
voyer à mes amis en Angleterre. 

" Doucement, monsieur, doucement ! prenons-le d'abord 1 " ramez 
donc ! ramez donc ! " 



230 



PÈCHE 



bois, reposant sous votre alcôve (jLe sapins, vous trouvez 
qu'une truite fraîche, rôtis sur la braise, est vn met exquis, 
digne de Brillat-Savarin, alors tapez-Ià, vous êtes des 
miens. Je vous dis, moi, qu'eussiez vous vécu anx beaux 
jours de Rome, Ausone, Oppien, Ovide vous eussent con- 
sacré des hexamèties et que, si, aujourd'hui, votre mérite 
est méconnu, inapprécié, c'est un signe infaillible du mal- 
heur des temps, une preuve manifeste de la dégénération 
de l'espèce humaine. 

Admettons que, sous l'influence du feu sacré, vous 
méditiez la capture de saumons, de bars, de truites et de 
brochets, et que vous vous adressiez à moi pour une 

" Un canot alège, avec trois bons avirons, file vite ; en cinq minutes 
nous arrivions à l'abordage. Je me disposais à I es seconder de mon mieux ; 
je me préparais à frapper un grand coup d'aviron sur la tête de l'ani- 
mal, quand M I....me dit :<' Gabriel, à moi le premier coup, !" l'animal, 
reçut l'assaut sans broncher ; j'encouragai ces messieurs à frapper dru 
guidant le canot avec mon aviron. L'ours plonge pour éviter un coup, 
l'eau devient rouge du sang qui lui sortait du nez. 

" Il va s'échapper, dis-je ; saisissez-le par la queue! non ; par le poil 
du dos, l'un de vous, et l'autre tâchera de l'étourdir h force de coups sur 
le museau ! L'ours nous traînait ù la remorque ; mais voici bientôt une 
antre fête. Irrité, il plonge, revient à la surface, du côté opposé, saisit 
do sesfgritfi'S lu bord du canot, qui vient prêt à chavirer, et s'emplit ù 
moitié d'eau. La lutte devenait sérieuse ; je ne sais ce qui en serait ré- 
sulté, lorsque M. I. . . .de s'écrier : " Nous coulons ù fond et je ne pu': 
nager ! " Je vous assure qu'en ce moment, la confusion et le clapot' :, a'eau 
rougie de||sang dans notre canot, faisaient dresser les che".-ux ; le canot 
s'emplit. . , 

" Vidons le canot avec nos chapeaux ! vite ! pousse a terre ! " tel fut 
le cri de détresse de mes compagnons d'armes. Ça me faisait mal au 
cour, de voir évader l'ours : je me contentai de dire : " I.i peau de cet 
ours ne partira pas cet été pour l'Angleterre ! " Je gagnai, en nageant, 

1 a rive, avec M. S et nous revînmes prendre M. I accroché au 

canot, 

" J'avais eu plus de chance avec un ours que j'avais rencontré quelques 
années auparavant.'sur le même lac, en compagnie de M. Wm. 'White, et 
de son épouse, tous deux de Québec, le jour de leur mariage : celui-là, 
Bous l'amarinâmes bel et bien. " 



LA. PÊCHE A L\ MOUCIIK 



231 



3I fut 

al au 

^e cet 

leant, 
10 au 

2, et 



feuille de route. Appartenez-vous à la grande ville au 
pied du Mont Royal ? vous trouverez, pour votre amuse- 
ment favori, de magnifiques rivières, des lacs fort pois- 
sonneux dans les cantons à l'est de Montréal. Les îles du 
Saint- Laurent, le lac Champlain, le lac George et les 
affluents de l'Outaouais vous procureront de bonnes pê- 
ches ; je n'ose en dire trop sur un territoire que je ne 
connais qu'imparfaitement. Appartenez- vous au district 
de Québec ? voyez l'ample moisson qui vous attend sur la 
côte qui s'étend de Québec au Labrador d'un sens, et de 
Québec à la baie des Chaleurs, de l'autre. Ne vous alar- 
mez pas, ami pêcheur ! — D'abord, il faut s'entendre. N'allez 
pas croire que je vous méprise parce qu'il ne vous a pas 
été donné de capturer à la mouche, une fois dans votre 
existence, un saumon du poids de quarante livres. Pour 
prétendre à une telle félicité, qui donne une idée des joies 
célestes, il faut avoir de la vocation, une vocation toute 
particulière ; il n'y a pour cela qu'un petit nombre d'élus, 
comme a dit cet éloquent (1) et excentrique pêcheur 

d'hommes et de poissons, feu le révérend Messire 

Adamson, que j'ai déjà cité, et cMn prit pour texte d'un fort 
beau sermon, qu'il prêcha à l'équipage de sa goélette mouil- 
lée, en 1846, au Saguenay, ces paroles de révaiig'.?!iste saint 
Jean, chapitre 21, verset o : "Je vas [jechei'. " 

Au fait, quels sont les endroits dt' pêche dans le 
voisinage de Québec ? Nous avons le lac Saint-Joseph, 
où l'on prend aussi l'achigan ; le lac Sept- Iles, son voisin ; 
les lacs aux Grenouilles, l'eith, au Chien, à la Truite rouge ; 
tous sont dans les environs du lac Saint-Josc[ih ; les 
lacs Blanc, Sud-Ouest, Vincent, Thoma«, des Neiges, à 
l'Epaule en arrière de Stonoham ; les lac.^ Malbaie, Claire, 
Mackenzie, Sagamité, Burns, Laurent, Bonnet, St-Charles, 

(1) Salmon Fishing in Canada,— iiaga V2l. 



232 



rÊciiE 



Bcauport ; les lacs Parent et FularJeau, daus les environs 
de celui-Ki, les derniers forment une chaîne de lacs fort 
poissonneux. Ensuite, viennent le Montmorency, le Jac- 
ques-Cartier, le lac Calvaire, le lac Bonhomaie en arrière 
de la Jonne-Lorette ;les lacs de Sloneham ; les lacs Trois- 
Saianons ; (u;s chaînes de lacs nouvellement découverts, le 
long du chouiindii lac Saint- Jean ; le Sainte-Anne, le Saint- 
Charles, l'Etchemin, la Chaudu'i' •, à peu de distance l'un 
de l'autre. Les lacs Philippo et Saint-Joachini fournissent 
de belles traites. Le lac Gravelle, à la Malbaie, produit 
quelquefois des pêchos prodigieuses ; le Grand Lac et ses 
voisins sont moins bons (ju'ils ne l'étaienl par le passé ; 
mais, en descendant, l'amateur peut jeter sa moncho dans 
Li rivière Murray, [)0ur le saumon. 

Sur la rive sud dn lieuve vous trouverez des stations 
de pêche fort attrayantes. Descendez des chars à la gare 
du palah. l'uis, rendez- vous i\ loisir au lac Joseph, au 
lac Guillaume, au lac à la Truite ! lievenez, plus tard au 
lac Caché ou ïaehé, au lac Gngné : n'oidjliez pas les cours 
d'eau dans la direction du lac Noir! Ne vous occupez pas 
du lac Etcheuiin, il est trop fréque:.té ! 

Etes- vous tenté de côtoyer la rive su 1 du Saint-Laurent, 
j".squ'à la rJvièie-du-Loup/ Lalîivière-du-Sud et le Bras 
Saint-Niculas, h- Saint-Laurent, à Saint-Thomas, vous four- 
niront de la truiîe, do.'; brochets et des bars (l) ; la -petite 



(1) La r;c;!K alx " liAns." Aix /,(//■.:.' iiux h ira! Voilà los ciis ijui rc- 
toutis^t.'Ut sans ct'sshe, l'ii tiuîil, liutis lubcili.' i iuoi.-isc île Saiiil-ïhoaias. 
C-.aiiiii ne iiark' iiuo du har, ch icim veut }aeuJre du bar. Aussi, quel 
plaisir! (jucllo lublo livaliié entre les ■uiiateursdecette agréible pèche! 
Ou veut en pniidre !)!u- qu un tel, ou un tel. Tanlùt c'est M. D. ., tan- 
tôt M V. ., (|ui :-uui les 11 .urt'Ux vainqueius, Ciniiuaute, trente, vingt 
/y^j/'.s- de !.') il '!(> ponces dau-uue seule pècli"! Quoi de plus beau! Q:iel- 
quetVù-: un coni[ièie hur île 'J.'j il _;5() pouces vient vous arracher In lignO 
des intiin^. A!ors, quels etïurt^ pour embarquer le vigoureux captif I 
Souvent il se sauve empurlant votre ligne. Un profond soupir s'échappe 



LA. PÊCHE A L<V MOUCHE 



235 



au 



rivière des Perdrix qui débouche dans le bras Saint-Nico- 
las, fourmille de petites truites ? Elles sont plus grosses 
dans le lac de Saint Jean-Purt-Joly, une de vos stations 
obligées. Quand vous aurez exploré toutes ces rivières 
descendez jusqu'à Cacouna. Mai.s, si vous êtes jeune et 
beau garçon, g.irdez-vous de séjourner troj> longtemps, sous 
prétexte de prendre les eaux, à ce Biuiritz du Canada, que 
la présence des beautés de la cai)itale, pend.int la belle 
saison, rend si dangereux .... pour les célibataires. En ce 
cas, fiiye;^, dis-je, fuyez bien vite ces .syrènes plus à re- 
douter que ne l'étaient celles de l'Ile de Calypso ! A 

leurs côtés, vous courez risque d'oublier qu'à une journée 
de marche dans les bois, repose l'onde crystalline du lac 
Saint-Simon : les pêches que l'on fait dans le lac Saint- 
Simon ont quelque chose de miraculeux. Ayant donc dit 
adieu à tout le beau monde de Caeouua, unfoncez-vous 
dans le bois, après vous être muni, entr'autres comestibles, 
de deux morceaux de lard ; l'un, rôti au feu du camp, 
flanqué d'une salade, et arrosé de vin vieux, ou de bonne 
bière, appaisera les tiraillements de votre estomac ; avec 



liras 

hur- 
^lite 



M fO- 



jhf ! 
jtau- 

|iiigt 

iiel- 

liguô 

Itif 1 



alors do vo're poitrine. C'cat l'Lxprc.'-.hiuu du remunl.s . Ab! Ah 1 (iiiil 
était gro.-^ 1 " 

Puis, cette ciianiiante pê.lie, outie ^-oii a,L;',énii'nt piopic, nous pioemo 
de plus une piMiiuuude sur l'eau. C^u" cette je ho se tait sur do petites 
berges ; il y eu a ici une dizaine, et ciiacuu peut y trou ver .-a phice. 51. lis 
il faut être sage, car le Imr .dîne le ^;i!eu'.e. Telle est .•^a devise : " Si tu 
fai'Ics.Ji' m'en/uùl" — •• (îitrJt' le nilciicc^Je mordtnn\" 

C'e[iendant cette pô 'ho, qui ost si amusante, est ]ieu connue. Voilii 
poiU'4Uoi, iuijourd'liui, j'ose ôeriro un [lolit mol ii la liàto, pour inviter les 
jeunes gens des villes avenir à Montmagny prendre du bar. Venez, 
jeune.'- amatt'iu-s ; ici vous trouverez du plaisir, ot une [ ô lie (jui, sans 
contredit, est la plus agréable de toutes. Avec (pi 'lie joie voi.s vcus eu 
retournerez dans vos ftiy.ns, emportant avec vous (pie](iUej douzaines 
de beaux bars ! Venez, et vous verrez ! 

Pour moi, je brûle daller tirer de nouveau une vingtaine de ces mi- 
gnons barrés. Venez! —Un Pécheur. 
Moûtmagny, ci août I8(jd. 



234 



PÈCHE 



l'autre, vous vous enduirez la figure. Ce synapisme onc- 
tueux vous prémunira contre les attaques des moustiques» 
qui, en août, ont, au lac Saint-Simon, des goûts vraiment 
sanguinaires. Cela fait, passez au moins six heures sur le 
lac, à pêcher ; ensuite, vous me direz si un seul cheval a 
suffi pour transporter votre pêche à l'hôtel ! 

Avez- vous des aspirations plus élevées ? la truite sau- 
monée vous tente-t-elle ? Aimeriez-vous quelques bouf- 
fées du salin que l'on hume sur la côte nord du Saint- 
Laurent ? Traversez à Tadoussac : un magnifique hôtel 
Vous y ouvre ses portes. Vous avez votre choix ; voici 
le Sagiienay ou le Saint-Laurent ; où voulez- vous pêcher? 
Si vous êtes fatigué de capturer les grosses truites de 
mer et que vous aimiez à prendre deux ou trois cents truites 
de rivière, allez faire jouer votre mouche dans les lacs aux 
Canards, le petit Saguenay, la rivière Saint- Jean, la Grande 
Baie, le lac Kinogomi. Les truites que vous y prendrez 
non-seulement sont fort grosses, mais elles semblent se ré- 
jouir de se faire capturer. Vous en remplirez un canot ; 
mais vous reviendrez bien vite, ou je me trompe fort, 
aux bords du grand fleuve, tenter la voracité des alertes 
truites de mer. 

Le climat du Canada diffère de celui d'Europe : le froid ne 
permet pas de pêcher à la mouche pendant l'hiver ; le 
temps de la pêche dure à peu près, du 1er juin à la fin de 
septembre ; rarement peut-on pêcher pendant le mois de 
mai. On ne peut d'après la loi, capturer le saumon après la 
fin d'août ; le meilleur tem[)s pour cette pêche comprend la 
période depuis le 10 juin, jusqu'à la fin de juillet ; la loca- 
lité la moins éloignée de Québec, après le Jacques-Cartier 
et la rivière Murray, où le public peut prendre avec la 
ligne, le saumon, c'est la rivière Bersimis, vingt-six lieues 
plus bas que Tadoussac. La Bersimis fournit le plus gros 



LA PÊCHE A LA MOUCHE 



235 



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poisson de toute la côte nord, la rivière Moisie exceptée ; 
on peut aller pêcher le saumon dans un de ses tributaires, 
à dix lieues de sou embouchure, sur sa rive gauche. Il se 
tient dans une multitude de bassins, dont le dernier est à 
une demi-lieue de la chute ; à dix ou douze lieues plus 
bas, vous rencontrez la rivière Mistassini, cours d'eau peu 
important et peuplé de saumons de moyenne grandeur, 
fort agréable à prendre. Ensuite vient la rivière Betsie 
ou Sheldrake. Puis, vous rencontrez la rivière Godbout, 
la Moisie ; aussi les rivières Watscheshoo, Washicootai, 
Alomonoshebo. 

Vous pourriez faire comme j'ai fait moi-même, traverser 
à l'Ile d'Anticosti : vous y visiterez les grands phares, sans 
oublier de jeter un coup d'œil sur la maison et la plage où 
vous trouverez encore vivace le souvenir de Gamache, le 
légendaire pirate du Saint-Laurent. Les rivières au Sau- 
mon, à la Loutre, Jupiter, à la Chaloupe vous fourniront 
d'agréables et fructueuses pêches. Eien de plus fortifiant 
qu'un séjour de quelques semaines au bassin de Gaspé et 
dans les environs ! Quelles magnifiques truites de mer 
n'ai-je pas moi-même prises à l'embouchure des rivières 
de Gaspé, des barachois de Douglastown, de la Malbaie ? 
Elles variaient en pesanteur u'une livre et demie à trois 
livres et demie. 

Je ne puis terminer cette esquisse sans vous avertir que 
vous ne devez pas partir sans prendre un attirail complet 
de pêche : couvertes de laines, paletots, chemises de- 
flanelle, pardessus en caoutchouc, gants forts, tente pour 
camper, casque d'hiver, et une multitude d'autres effets 
dont vous devrez vous munir ; vous rappelant que, sur 
la côte nord du golfe, les nuits et les jours sont, même 
pendant la belle saison, souvent froids à l'excès. 



LES LAC^ A TRUITE DAN i LE GRAND 

NORD 



La voie ferrde de Québec au lac Saint-Jean, presque 
terminée, dans tout son parcours, va ouvrir à la cité de 
Québec et surtout au vaste et populeux fauboug St-Roch, 
de nouveaux horizons. 

Cette ligne a déjà mis à la portée du riche et du pau- 
vre des milliers de cordes de bois de chauffage : sous 
peu, elle va fournir un débouché, un mode de communica- 
tion, aux 32,000 colons des environs du lac Saint-Jean, 
lesquels f.iute d'une sortie, sont pendant l'hiver, comme 
des exilés en Sibérie. 

La ville de Québec entière demande à hauts cris ce que 
les anglais nomment a hach countr}/, c'est-à-diro, un dé- 
bouché pour écouler le produit de ses manufactures et 
pour l'extension de son commerce ; voilà des progrès in- 
déniables que la voie ferrée susdite nous promet dans 
un avenir fort prochain. 

Ce projet nous offre encore d'autres avantages : il va 
fournir une voie de communication à une riche classe de 



LES LACS A TRUITE DANS LE GRAND NORD 237 



touristes des Etats-Unis et de nos villes de l'Ouest, pour 
faire la chasse et la pêche dans cette région forestière sans 
limites, qui s'ëtend au nord de cette ville ; nos montagnes 
du nord abondent en lacs, en cours d'eau, remplis de pois- 
sons, pendant la belle saisons. 

Plusieurs clubs se sont déjà formés; d'autros suivront 
leur exemple. 

Pour renseigner les étrangers, il est bon de signaler 
les lacs les plus voisins de Québec, d'abord : 

1 Le lac Sept Iles. 



3 
4 
5 
6 



aux Chiens. 

aux Deux Truites. 

au Cœur. 

Clair. 

Waskawan. 



7 Lac à l'Epaule. 

8 ' 

9 ' 

10 ' 

11 ' 

12 ' 



à Fortin. 

aux Ventres Roui?e.=<. 

aux Cèdivs. 

Penh. 

Serjeant. 

Ce dernier avoisine la ligne du chemia de fer. La plu- 
part versent le tribut de leurs eaux dans la rivière Sainte- 
Anne, laquelle se divise en deux branches, à St-K.iymond : 
l'une serpente vers un endroit nommé Petit Saguencnj, 
parce que l'on a prétendu que c'était la voie la plus directe 
au district du Saguenay. 

11 en est cependant qui mêlent leur onde chrystaline 
à celle de la rivière Portnenf ou au cours rageur du 
Jacques Cartier, dont les bassins sont fréquentés par le 
saumon, jusqu'au pont de Déry. 

Ces lacs varient eu étendue, d'un à quatre mille-. Le 
lac sept Iles est le plus considérable : on y prend, ainsi 
que dans le lac aux chiens, la grosse truite, connnue du 
peuple sous le nom de Queues Fourchues, et des Indiens, 
comme Touladis, pesant de douze à quinze livres. 

En automne, on a pris dans ces lacs, des ang'iilles 
longues de quarante quatre pouces. 



2â8 



PÊCHE 



Le lac Glaire, à quatre milles dé la garé de l'ancien 
chemin à li&ses Oofiford, a perdu de sa renommée : les 
poissons femelles, faute de pïotection, ont été capturées à' 
leurs frayères ; les monoeaux de truites expédiées aux 
marchés pendant l'hy ver y sont pour quelque chose, dans 
cette destruction. 

Il en est de même du lac St-Joseph : le temps fut ou 
en hiver ou au printemps, on capturait avec des lignes 
dormantes sous la glace, des Touladiff pesant vingt-cinq 
livres. 

Cependant, on y fait des pêches excellentes : le 18 juin 
1886, je rencontrai au lac St-Joseph, un jeune pêcheur de 
St-Roch, qui rapportait, près dé vingt-cinq douzaines de 
belles truites capturées à la mouche et à l'appât du ver, 
dans une partie du lac ou l'eau a près de douze pieds de 
profondeur. Mais le lac St-Joseph continuera longtemps 
d'être l'Elysée des pêcheurs : la voie ferrée lui a ouvert un 
brillant avenir : et le service journalier sur cette belle 
nappe d'eau du gracieux yatch-à-vapeur, Ida, comme 
bateau-traversier, lui prête un nouveau charme. 

Pour le citadin exténué par la chaude température d'été, 
pour l'homme de profession en vacance, je ne connais 
aucun endroit de pêche autour de Québec, d'un accès 
aussi facile, combinant autant d'attraits variés. 

Une heure de marche par la voie ferrée du lac St- 
Jean, après avoir humé l'air fortifiant des bois résineux de 
Lorette, vous dépose sain et sauf, sur le pont de Vida : le 
sylphe des ondes vous promène, autour du fameux lac sur 
les lames naguère sillonnées par les rameurs Hanlan et 
Hosmer : vous vous installez à la fraîche, sous le toit hos- 
pitalier de l'Hôtel dite Lakeview : un steake cuit à point» 
une savovireuse truite braisée, par M. White, et une bou- 
teille de Médoc, le tout assaisonné d'un bon appétit, vous 
donne une idée des joies des bienheureux. 



LES LACB ▲ TAUITE DANS LE GRAND NORD 239 



II 



A soixante quinze milles de Québec, l'on rencontre la 
rivière Myguick, qui se décharge dans la rivière Batiacan 
Ce vaste territoire ouvert, par la voie ferrée à l'industrie, 
au commerce, au sport, a été exploré soigneusement en 
1886, par les délégués des divers clubs de Chasse et de 
Pêche, qui viennent d'être organisés. Le club, Les Lau- 
rentidea, a acquis du Gouvernement Provincial, de cin- 
quante à soixante milles en étendue. Dans son domaine 
sont enclavés, une trentaine de lacs, dont les principaux 
sont le Lac des Iles, le Lac Fort, le Lac Long ; ces lacs sont 
fort poissonneux : la truite qu'on y prend, pèse de deux à 
quatre livres : elle est grise, tachetée ; sa chaire est rose et 
sa queue, quarrée : le pays abonde en cariboux, en ori- 
gnaux, en castors, en loutres, en perdrix. A l'est, est le 
lac Bellevue, loué à MM. Beckett & Haie, de Québec. A 
une lieue et demie de la rivière Myguick, on tombe sur la 
rivière Jeannette. A dix ou quinze milles de la rivièie 
Batiscan, on rencontre le lac Trompeur et autres petits 
laos, non explorés. 

A l'ouest, le Ciuh Stadacona a acquis un beau domaine 
de quarante à cincjuante milles en étendue et réclame 
entre autres, les nappes d'eau suivantes : le lac aux Ro- 
gnons, le lac Long, le It'c du Centre,\e lac Garihoo ; la rivière 
aux Rognons et plusieurs autres moins considérables. 
L'ile Uu lac Edouard, a aussi son groupe de lacs : cette ile 
est foimée par les rivières Batiscan et Jeannette, qui 
prend sa source dan.s le lac Edouard. Tous ces lacs se dé- 
chargent dans le Batiscav, excepté les lacs aux Rognons 
le lac Long, le lac du Centre, le lac Cariboo, qui ont leur 
issue dans la rivière Jeannette. 

Le lac Batiscan, passe pour être fort poissonneux : M. 



240 PÊCHE 

Bureau, l'exiiloratcur des Terres do la Couronne, m'a affir- 
mé avoir vu prendre dans ce lae, une truite ronge pesant 
neuf livris. 

Un pôclienr aventureux pourrait pénétrer du fleuve 
Saint-Lai<rent, au haut du Biiflscan, dans un canot d'é- 
corcp, en se résignant h fiin? à cau-e tlus rapitles, douze 
à treize portages, ; ce voyage: sei'ait fort pittoresque. 

Voici l'étendu*! de (lueNjUes uns ilus lacs d'ajirès les 
chiffres qui m'ont été fournis ])ar le dé[)artenient des Terres 
de la Couronne : 
Grand Lac Batiscan G miles en longueur. 

" Claire 2J 

" des Passes " " 

" de la Cr-.ix 3 

" ti la Loutre U 

" à la Grosse lioche 11 " " 

" au Lard 4 

" ai;x Rognons H " " 

" Veiuiillon 1^ " " 

" Archange 1! 

" à la lîeilu Truite 2 

" Petit Lac Ha! Ha ! 2^ 

" Grand Lnc Ha ! ILx ! ... l 

" (les Sahlcs 21 " " 

Quand le chemin de f v au lac SL-Ji^an .sera achevé, lt,'S 
amateurs de ihasse cl de \ Oclu' auront accès à une 
ohiino innombrable d^'. lacs, petits et grai d ;, tels que : les 
les lacs, UpiJcohan. grand ]ac M tt(i.'!qii(ish, Saint- Henri, 
Iluglies, QaiquathanK^his(i,à la Plau, Kamamutr/onique, 
Kispahi'jonish, à la Carpe, avx Brochets, aux Betsies, 
au Canot, au Canard, Croche et des centaines d'antres. 



LES DIVERSES ESPECES DE POISSONS 
AUTOUR DE MONTREAL 



VAK 



G. H. MATïHEWS 



Secrétaire du Club «le Chasse et de P^'ohe «le Montréal 



é, lt;s 
une 
les 
h.'.nrî, 
\ique, 
Ksîes, 
1res. 



" Les environs de la capitale commerciale du Canada, 
présentent en été, de puissants attraits, à l'amateur de 
pêche. Ils sont au reste d'un accès fort facile : une heure 
de marche à pied, en voiture, en chemin de fer, ou sur les 
petits vapeurs côtiers, depuis mai à octobre, suffit [our 
vous déposer au sein de localités poissonneuses à l'excès. 

Il faut choisir de préféreiiC3 une journée sereine de juin, 
lorsque le veut souffle du sud, du sud-cuest ou de l'ouest ; 
le vent nord ou nord-est, est peu favorable. 

. Nombreuses sont les espèces de poissons : l'achigan, la 
truite, le maskinongé, le doré, le poisson blanc (la quaiche) 
une sorte de hareng d'eau douce, lequel sans être aussi 
savoureux au goût que son congénère ù'eau salée, saute 
avidement à la mouche et exige du pêcheur qui eu re- 
cherche la capture, une grande habileté ; il est facile de 
le perdre, il a la mâchoire ai tendre. On pourrait ajouter 
à cette liste, bieû d'autres espèces, dignes de figurer dans 

16 



^ .•- 



242 



l'ÊCllE 



riscnuelle t.1 k jnnier du pc-cheur, tels que le bar, le 
cr»! t't, le liioiliL't, lu caipe de France, le mulet, etc. 

L'ACHIGAN 

Au iK luire des eqèces iJiisdes par l'amateur, comme 
(jairw Ji'>}i, citons d'abord l'aeliigan : nul poisson de sa 
taille (le ouiiiiianiche exeei'té) n'est plus vigoureux, plus 
alerte ete. 

11 y a deux variétés d'achigan, que l'on reconnaît à la 
grosseur de leur bouche. L'achigan pèse en moyenne 
d'une à deux livres: de temps en temps, il se rencontre 
des individus plus gros, de trois livres ; et l'on a capturé 
dans iine saison, des achigans, un ou deux peut-être, qui 
ont atteint le poids de quatre et même de cinq livres, l'ex- 
trême limite de leur pesanteur en nos latitudes boréales ; 
ces colosses, on ne les j^rend pas dans l'eau courante, mais 
hwi les bas-ferds, dans les lacs, ou autour des îlots, loin de 
terre. 

•Il cst'certains lacs, comme celui de Brome, canton de 
Ihtnic, ou l'achigan est plus gros qu'ailleurs. En sep- 
tembre 1881, j'tii vis lin, pris dans ce lac, de l'espèce dite 
iichigan à ] etite bouelio, dont le poids excédait 7\ livres. 

Ce ne sont yias toujours les individus les plus volumi- 
neux qui donne ntau pêcheur le [ilus de jeu, les jouissances 
exquises de l'art. Quant à moi, je préfère pêcher un vi- 
vace et frétillant poisson de deux à deux livres et demi, 
dans le' ' ' i limpide ruisseau, qu'un de ces colosses, 

dfins tutu d'un lac. 

u c mence à frayer dans le St-Laurent, vers 
le 10 a^ il; un peu plus tard, dans la rivière Ottawa, dont 
les eaux sont plus froides ; au premier juin, le temps du 
frai est passé. Peu de mhes portent leurs œufs au-delà. 
Les amateurs verraient a c plaisir cette pêche commencer 
le 1er, au lieu du 15 v comme à présent. 



LE DORfc 



243 



le 



vers 

dont 

ks du 

Idelà. 

încer 



A l'ouverture de la saison, le goujon est l'appât préft^rë, 
le goujon noir, s'einploi dans l'onde claire du St-Laurent 
et du Richelieu, mais dans les eaux troublées de la plupart 
des petits lacs et do l'Ottawa, le goujon blanc ou ce qui 
est encore mieux, le goujon olive, quand on peut se le 
procurer. 

A ce temps là, le poisson repose sous une couche de 
de quatre à dix pieds d'eau ; à mesure que l'onde se ré- 
chauffe des rayons du soleil, ses habitants remontent vers 
la surface. Au cas où le printemps aura été chaud, les 
pluies en juin lui feront prendre ses quartiers d'été vers le 
10 ou le 15, de ce mois. Cette date écoulée, il sautera à 
mouche prestement jusque vers le 10 juillet ; puis, ils ga- 
gnera l'eau profonde pour s'instaler aux bas-fonds (mais 
non dans les rapides) vers le 1er août. A cette date, il 
saute encore à la mouche, bien que l'appât qui semble le 
le tenter d'avantage, soit les sauterelles, que l'on fuit jouer 
sur les cours d'euu. 

La cuillière traînée à l'i.rrière d'un canot, trolling spoon, 
donne d'excellents résultats ; selon moi, c'est un mode de 
pêche peu digne d'un poisson d'aussi bonne capture — 
yame Jish, — que l'achigan. 

LE DOEÉ 

On pêche quantité de dorés, au moyen de trous taillés 
dans la glace, en mars et au commencement d'avril, la pé- 
riode close ne dure qu'un mois ; du 15 avril au 15 moi. 

La première pêche dn printemps, est celle du doré, et 
bien que cet habitant de l'onde n'ait ni la vigueur, ni l'agi- 
lité de l'achigan, comme prémices de la saison, on le prise : 
pour s'en rendre maître, il faut du savoir-faire, une touche 
fine. 

Aux premiers jours de pêche, le doré se rencontre gé- 



244 



FâCHB 



néraJement, tassé près du fonds, dans dqs lemoua avoisi- 
nants des rapides, avec une profondeur plus ou moins 
grande, d'eau. 

Une fois accroché et sorti du bassin, il fera prendre à 
l'amateur une course vertigineuse vers un autre bassin. Il 
saisit l'appât avec prt^caution ; un pêcheur émérite, pourvu 
d'un appareil de pêche de première classe peut seul assurer 
cette riche prise. 

L'appât préféré est un goujon vivant, assujetti à une 
ligne très fine et retenu sur le fonds par un plomb, va- 
riant en pesanteur de 8 onces à 2 ou 3 onces, selon la 
force du courant, le goujon circule alors autour de la ligne, 
en nageant. 

Les pêches les plus fructueuses se font du 15 avril au 
25 juin, époque ou le doré dit adieu aux rapides. En 
moyenne, il pèse deux livres ; mais il atteint jusqu'à dix 
livres. 

Une de ses stations favorites, c'est le côté abrité d'un 
quai, d'une jettée, d'un pilier dans une rivière où le cou- 
rant produira un remou. 

LE MASKINONGÉ 

Ce poisson pèse quelquefois de soixante a soixaut-et- dix 
livres. J'ai vu un maskinougé, iris aRigaud, sur i Ottawa, 
qui pesait soixante-et-deux livres : le poids ordinaire de ce 
superbe poisson est de dix, à vingt livres ; sa capture dans 
les rapides, cause des émotions aussi vives que celle du 
saumon et requert une habileté aussi consommée. 

La saison de cette pêche est la même que celle de l'a- 
chigan. On le rencontre, de juin à juillet, ou à la tête ou au 
pied d'un courant rapide, ou dans les passes entre les îles 
ou l'onde coule rapidement. A l'ouverture de la pêche, on 



LE P0IS9DN BLAIfC 



245 



tt-dix 
tawa, 
le ce 
Idans 
le du 

l'a- 

luau 

iles 

î, on 



le prend d'ordinaire avecla cnillière ; mais l'appât selon moi 
qu'il préféra, est nn petit goujon de quatre à cinq pouces 
de long, attaché délicatement à un hameçon qui lui permet 
de prendre librement ses ébats. 

Au 15 juillet, lemaskinongë quitte ces bas-fonds et le 
meilleur temps pour le capturer est depuis le 15 septembre 
à la fin d'octobre, quand il revient aux bas-fonds, pour 
se procurer les plies et autres petits poisson qui fréquentent 
ces parages. 

Plusieurs (le ces bas-fonds, sont coupés abruptement 
d'un coté et le maskinongé se tapit dans l'eau profonde 
guettant, pour le petit poisson qui s'aventure à sa portée, 
le maskinongé va par couple et le pêcheur, court bonne 
chance de capturer le couple sur le bas-fonds : à cette 
saison, l'appât qu'il préfère, est une moyenne grenouille 
verte, liée à l'hameçon, par un petit appareil qui lui perce 
la peau du dos, et la laisse libre dans ses mouvements. 

Pour cette pêche, il faut un moulinet à saumon —salinon 
réel — avec soixante quinze à cent verges de ligne ; le maski- 
nongé une fois capturé, il faut tâcher de l'attirer dans 
l'eau profonde ; là, avec de la patience et du savoir faire, on 
réussit facilement à le noyer. 

Un gros poisson luttera peutêtre pendant deux heures, 
avant que vous puissiez le saisir avec l'épuisette ; que de 
beaux maskinongés manques par l'amateur impatient qui 
veut faire violence trop tôt au poisson en fureur ! 

LE POISSON BLANC 

Le poisson, connu vulgairement comme la quaiche, est en 
saison depuis le 10 juillet au 10 septembre : le meilleur 
temps pour le prendre, est depuis quatre heures de l'après 
midi, jusqu'à la noirceur, bien qu'il mord à toutes les 
heures du jovr, si la température et l'état de l'eau lui con- 



246 



PÊCHE 



viennent. Il faut un temps calme : ce poisson a habitude 
de remonter le courant quand la surface de l'onde est par- 
faitement tranquille. L'amateur aura meilleure chance, en 
jettant l'ancre de sa nacelle, là où deux courants se ren- 
contrent. Il saute volontiers à la mouche ; une mouche 
blanche et grise, ou blanche et jaune, de grosseur moyenne, 
est préférable ; mais le poisson blanc, ne dédaigne pas une 
sauterelle. 

LA TRUITE 

Nous avons la grosse truite grise, qui atteint jusqu'à 
vingt livres en pesanteur, la truite sauraonée, dite truite 
de lac, qui pèse d'une demie à cinq livres, la truite de 
ruisseau ou de rivières, dont les plus pesantes n'excèdent 
pas trois livres. 

L'historique de la truite a été si bien fait ; ses habitudes 
partout les mêmes, si bien décrite?, que je me dispenserai 
d'entamer ce sujet ; j'ai cru uliîe de dire quelques mots, 
pour renseigner les étrangers qui viennent pêcher dans 
nos eaux, des stations de } CLho où l'on prend l'achigan, 
le doré et le maskinongé." 




ENDROITS DE PÊCHE 

DANS LE VOISINAGE DE MONTRÉAL 



PATt 



G. H. MATHF.WS 

" On pent jouir ,1e ramnsement tlo la , écho, ronv ainsi 
dire, aux portes mémo, do Hontrôil. 't"" ainsi 

Le poisson se tient, pris dos pilliers .lu ,-,„„( Victoria, i 
1 entrée du nanai de Laehiuo. au .lébare.adère de la traverse 
de Longueil et v,s-,',.vis, ;, Lo„„„eil uuuuo ; à St-Lambort 
Laeliigan fre,i«ente ies rapides du cet.: s ,d ; de l'ile Ste-' 
Heietiejon va aussi pâclmrplus liaut ,„e le peut Victoria 
près de Vile ,fe Sœare (N ..'s Islau,.) et au ,,ied ^^1"' 
pKles de Laehine. On donne e,unme excelle, tes st;:; 
o„r peeher lachigan et le dor, !„ „,a.kiuougé, les ea, x 
du &t-Laurent, k trois milles au-dessus de LaPrairie, au 
ont do 1 rie a,. Sault-au-Kecollet, à Ste-Uose, à Sto-Ge! 
«ev,eve, Lachine Cl,àte„„guay, Pointe-Claire, Ste-Anne, 
Vaudrcu, , a la rivière à Bea.ulet; tous endroits fort ace.,- 
sibles de Montréal et pourvus d'iiotelleiies, de -niides ex 
pérmientés, de ennots. ' 

tieal, sont peut-être les lieux les plus en faveur 

Pour la grosse truite de ruisseaux, il faut aller pl„, 
loin, s enfoncer dans les moutagues ; les nroindres cou" 



248 



PÈCHE 



d'eau autour de la cité fournissent leur contingent de belles 
petites truites. 

L'amateur, qui pourra disposer d'une vacance de quatre 
à six jours, fera des pêches merveilleuses, dans les lacs des 
cantons de Wentworlh, Harrington, Howard, Montcalm, 
en arval du comté d'Argonteuil et dans toute la chaîne de 
montagnes au nord de Montréal. 

Plusieurs clubs ont été formés pour protéger le gibier et 
le poisson, au temps de la jiontu ou du l"i'ai ; le secrétaire 
du club, crée ù Montréal se fera un devoir et un plaisir 
d'aider de ses conseils, ceux qui s'adresseront ù lui, pour 
être renseignés sur le temps ou la loi permet la capture du 
poisson et du gibier, ainsi que sur les m;.'illeurs localités de 
chasse et de pêche et sur le mode le plus facile d'y par- 
venir." 




UNE PARTIE DE PÊCHE A LA RIVIERE JACQUES 
CARTIER EN 187.. (1) 



PAR 



GEORGK M. FAIRCHILD, JR (2) 



" Quelques uns de ces soleils ardents de juin, précurseurs 
de la canicule, avaient suffi pour imprimer aux vieux 
Québec, à ses rues, poudreuses, arides et tortueuses, ce 
cachet de quiétude suprême, somnolente, dirai-je, qui fait 
l'admiration des touristes au delà de la frontière et qui les 
arrache pour un temps à l'excitation fébrile de leurs 
grandes cités. 

Car pour eux, comme l'a dit, l'éloquent Henry Ward 
Beecher, " Québec, ce fragment desséché du moyen âge, 
accroché bien haut dans le nord, c'^st VUltima Thule°dè 
leur excursion estivale ; " au reste, il existe ici pour le voya- 
geur bien d'autres attraits que les souvenirs palpitants du 
passé : la menaçante citadelle sur le Cap-aux-Diamants, les 

(1) Mr. McIntyrb After bALMON.—The Jacques Cartier sa!mon river 
has been purchased by Mr. Duucan Mcintyre and Mr. R. B Angus for 
|l3,00a For 80me yeais past it hae been tho property of a fishing club 
who had purchased it from a Québec gentlemaa for about $J 0,000 It 
18 a short distance above Québec, and is the nearest and most accessible 
salmon nver on the north Bhore.-^Montreal Star, 29, 1887.) 

(•2) Traduit de Forest ^ Stream. 



250 



PÊCHE 



|t I 




plaines historiques d'Abraham où se décida le sort d'un con- 
tinent, et mille autres localités célèbres . 

J'avais vu et revu ces merveilles ; j'avais admiré tons 
lesromanefqi:es points de vue do lu vieille cité : il me fal- 
lait d'autres amusements. La période des grandes chaleurs 
approchait ; la plupart des familles aisées avaient pris la 
clef des champs ; des essaims de citadins s'étaint envolés 
aux grandes stations balnéaires : Cacouanna, Murray Bay, 
Métis, Rimouski. 

• 

Un jour que je re^^osais nonchalamment, dans la salle de 
•lecture du Club Stadacona, entouré de Revues et de jour- 
naux (le club de la garnison lui a succédé), le garçon de 
service me remit un billot, où je lus " Le Jacques Cartier 
est à point poiir la pôcho ; les eaux baissent ; la truite 
saute comme une bihiédietion ; venez avec le postillon de 
mercredi sans faute. " (Point do voie ferrée alors dans le 
voisinage, çà va sans dire). honliour, m'écriai-je, vite, 
])réiia''ons canne à. pêche, hgaes, hameçons, mouchcb ! 

Le mercredi suivant, à midi sonnant, j'avais rejoint à 
sa modeste hôtellerie, au pied de la côte d'Abraham, 
l'alerte postillon, dont le huch-board attendait à la porte. 

Ce fonctionnaire était un farceur du nom de Charley ; es- 
pèce de Lovelace suranné, qui avait pris femme à son re- 
tour des mines de la Californie. 

" Montez en place, me dit-il, brusquement ; l'Angelus 
vient de tinter ; la poste de Sa Majesté ne retarde pour 
personne, vous prendrez le temps plus tard de faire les 
yeux-doux à Jane. Jane était la jolie fille de comptoir, 
de ce repos des voyageurs Puis, il entra dans l'hôtellerie, 
un bruit comme si deux personnes s'escrimaient, frappa 
mon oreille et la voix vibrante de Jane se fit entendre, 
" Charley, abominable vaurien que vous êtes, si vous es- 
seyez une seconde fois de vos farces, j'en préviendrai votre 
épouse." 



LE JACQUES CARTIER 



251 



tre 



— Je me ferai fort de lui en porter k nouvelle, dis-je, en 
mettant le nez en dedans de la porte ; c'était donc là, Charley, 
l'objet de l'injonction formelle que vous venoz de me faire 
de monter en place ; sachez qu'une pareille conduite sied 
mal à un mari et qu'elle est très inconvenante diez un 
employé du service public de Sa Majesté. J'ctais tout 
fier de pouvoir me montrer sévère moraliste. Bientôt, 
Charley, après quelques tendres œillades à la belle Jane, 
se mit en marche, fit claquer son fouet ; la poste de Sa 
Majesté était en route pour Valcartier, à distance de dix- 
huit milles de Québec. 

A Charlesbourg, Charley laissa un de ses sacs de malle 
et fit un grivois compliment, dans son français le plus 
soigné à la jeune fille du maitre de poste. 

Charley mérite une mention plus spéciale : le luron s'était 
tellement grisé à une fête de village, qu'il avait engendré 
chicane à une souche calcinée au milieu d'un champ, jurant 
que c'était un indien déguisé : ce qui lui avait mériié un 
drôle de sobriqi;et. Charley était un répertoire vivant 
d'anecdotes : il avait vu bien des pays, en outre de 
l'Australie et la Californie où il avait travaillé aux 
mines, sans en pouvoir extraire suffisamment île lingots 
pour faire fortune. Le pioblème de l'existence s'était 
présenté à lui sous bien des phases. Son humeur joviale 
lui était restée : ils s'était enfin établi à Valcartier : les 
chasseurs et les pêcheurs de Québec, chaque saison, étaient 
hébergés moyennant finance, sous son humble toit. 

A Lorette, l'on fait étape k l'auberge de ce pittoresque 
hameau : un gamin au teint cuivré accourt, pour porter au 
bureau de poste, le sac de malle de l'endroit. Ce bureau 
était confié au soins éclairés d'un chef Huron, muni d'un 
nom de quinze atroces syllabes ; je le nommerai Vincent. 
J'allai contempler, du pont, l'onde tumultueuse qui s'en- 
arches altiers. 



gou 



sous 



252 



PÉOHX 



I 



Les Peaux-Bouges de la Jeun&'Lorette s'empressèrent 
de m'exhiber, moyennant quelques liards, le spectacle 
de leur dextérité à tirer l'arc, tandis que Gharley alla com- 
mander à la bar, un coektcdl au genièvre, préservatif 
indispensable, dit-il, contre l'épuisement que lui cause- 
rait les sentiers de la montagne. Passe pour le gin 
cocktail. 

Il avait raison ; l'atroce chemin corderoy, semé d'or- 
nières, de marécages, de gros cailloux, était assez pour vous 
rompre les os et vous disloquer l'épine dorsale. 

Arrivés enfin au terme du voyage, Charley et moi nous 
nous embusquâmes confortablement dans la petite pièce 
qui contenait son attirail de chasse et de pêche et nous 
y réglâmes l'itinéraire de route, d'une expédition de pêche 
pour le lendemain : battre à la mouche les remous, pour 
de la grosse truite, en descendant jusque chez Sullivan. 

Avant d'aller plus loin, réglons un point souvent débattu : 
" Le Jacques Cartier, est-il navigable, pour les canots 
d'écorce" ? Eh bien, oui, il l'est ! bien qu'à l'instar de nom. 
breuses rivières, venant du nord-est et du nord, et qui 
portent au St- Laurent, le tribut de leurs eaux, il se plait 
lui aussi, à promener ses flots orageux pendant une longue 
distance, au sein de défilés escarpés, barrés de chûtes, dans 
les montagnes sauvages et stériles, où il a pris sa source. 

Emergeant enfin des régions montagneuses, il s'appaise ; 
il devient une rivière rangée, tranquille, dont le cours 
n'est interrompu que par une ou deux chûtes et quelques 
rapides. Dans le voisinage du St-Laurent, son lit se ré- 
trécit, l'onde devient tumultueuse, avec une pente de plus 
de trois cents pieds, au mille ; mais on y fait portage fa- 
cilement, par des sentiers battus. 

Quand nous nous mimes en route, la matinée était trop 
sereine, le temps presque trop clair, pour faire une bonne 



LB JAOQUBS CARTIER 



253 



fa- 

;rop 
nne 



pêohe ; un vent frais nous vint en aide. On lança la pi- 
rogue ; des mains féminines nous avaient préparé une co- 
pieuse ooUation et vogue la galère ! 

Le Jacques Cartier, dont les méandres et les tlots, sont 
à cet endroit, diaprés de beaux ormes, à quelque chose de 
féerique. Silence absolu dans les boi^, excepté le bruis- 
sement de la truite qui saute aux mouches et aux insectes 
entrainés dans l'onde, alterné par la note grinçante de 
l'Alcyon (Martin-Pêcheur) qui plonge réiterement sous 
la vague, en quête de jeunes poissons, qu'il va dégus- 
ter, sur une branche sèche ; mais notre esquif l'a gêné et 
plus d'une fois, l'actif et matinal pêcheur, a manqué son 
coup. 

La nascelle, à un détour du Jacques Cartier, fut en- 
traînée sous une rive escarpée ; tout-à-coup, je notai près 
du bord, des rides sur l'onde ; je crus d'abord que cela était 
dû au passage d'un rat-musqué, entre deux eaux. Les rides 
s'étant répétées, Douglas qui conduisait le canot, fit halte. 
" Il y a de la truite ici, dit-il. Qu'est-ce donc qui les at- 
tire?" 

— Je regardai et je notai qu'une nappe de gazon cou- 
vrait le bord de cette rive altière ; qu'à chaque instant, 
il en bondissait dans l'eau, une sauterelle que les truites 
avalaient avec avidité. Je substituai de suite, au bout de 
ma ligne une mouche artificielle ressemblante à une sau- 
terelle et en un clin d'œil, mon hameçon se fixa fermement 
dans la mâchoire d'une truite du poids de deux livres ; 
laquelle, après quelques soubresauts, prit place dans mon 
panier de pêche ; puis, une seconde de même grosseur ; 
mais ce fut la dernière. 

" Plus de gros poissons dans ce remou, c'est inexpli- 
cable : mon ami Douglas î " 
-* Qui sait» répliqua Douglas, si ce n'est pas ces abo> 



254 



PÈCHE 



minables huaids, que voilà au large de nous, lesquels par 
leurs cris chassent le poisson ? Savez- vons que naguère, 
je leur ai vu jouer un bon tour. Mon fils se munit d'une 
ligue longue de cent pieds, à laquelle il assujettit un gros 
hameçon. Que piétends-tu, luiai-je dit. — " Laissez faire,'* 
rétorqua t-il. Puis, il prit un goujon vivant, qu'il em- 
pala sur l'hameçon, sans le tuer ; il lia une flotte de bois à 
l'hameçon et lâcha le goujon dans le lac, près des huards. 
Les évolutions du goujon leur parurent d'abord suspects ; 
mais bientôt enhardi, le patriarche du clan emplumé, se 
mit à la poursuite de l'appât vivant et l'avala avec l'hame- 
çon. Monsieur, lâche un cri perçant et plonge jusqu'au 
fond, mais la flotte ou bouée, l'eut bientôt ramené à la 
surface. Il se fatigue, plonge de nouveau et revient ; 
mon fils guette le moment où il reparait et d'un coup 
d'aviron, il l'assomme. " 

- Hé ! ! un saumoneau ! m'écriai-je, le premier saumon 
pns dans le Jacques Cartier, depuis deux ans ! C'est vrai 
que l'écluse à la chute, a barré le passage, même aux sau- 
mons adultes, capables de franchir la cascade chez Déry. 
Ou m'a l'i au nez pour avoir })vétendu que le saumon re- 
montait plus haut que la chûce de Sullivan : je sais ce- 
pendant que tel a été le cas dans le passé. Les hautes 
eaux récentes ont fourni à quelques saumons, le moyen 
de remonter ; en voilà la preuve. 

Bientôt, notre canot alla attérir, à une anse où nous 
échangeâmes une poignée de mains avec un vieux trap- 
peur du nom de Dulkin, qui peu de temps auparavant 
avait servi de guide, dans une chasse à l'ours en ces en- 
droits, au colonel Strange, commandant de la garnison de 
Québec, accompagné de quelques-uns de ses officiers. 

Plus d'une fois, j'ai remarqué que la truite, sans cause 
apparente, cessait de sauter aux mouches les plus sédui- 



LE JACQUES CARTIEll 



255 



santés que l'on put lui offrir : c'est ce que nous dprou- 
vâmes ce jour l^. 

** Douglas, dis-je, voyez vous près de la rive, ce bou- 
leau superbe, dont le feuillage touffu va nous donner de 
l'ombrage contre l'ardeur du soleil." Eamez pour cet 
abri : nous y ferons la sieste, tout en fumant la pipe et 
nous y attendrons que ces truites capricieuse soient re- 
venues à de meilleurs sentiments." 

. A peine notre nacelle eut touché la rive, qu'il nous 
vint ^sur l'aile des zéi)hirs, mêlée, au bruit du courant 
contre les flancs de l'esquif, une musique aérienne, d'une 
ineffable douceur. 

C'était la voix fraîche d'une belle écossaise de dix huit 
printemps : elle était descendu avec un seau, })uiser de 
l'eau à la rivière. La jolie Naiade, nû-pieds, nu-tête, avec 
sa bruue chevelure bouclée, afiennie par un nœud en ruban. 
eut pu servir de type, à Kobert Burns, pour sa " Highland 
Lnssie." Klle ne nous avait ] as aperçus, sous l'abri de 
notre bouleau ; elle continua à chanter une antic^ue bal- 
lade de son pays : 



" J^iit May a liaw ivooer corne down tlie laiiy ffUn, 

And sair by his love lie did deave me. 

l said thcre wus nucthinf/ I Jiuted like men, 

The deiice yae îve' ' 711 tu helcive me, Leltive me, 

The deiice <jae we' 'm io believe me." 

Heia'cs roses de la jeunesse ! où êtes vou& ! 

" Douglas, pousse au large! Vois comme la truite sauti*. 
Mettons pour appât, une mouehe aux uiles rousses. Ha ! 
Parfait ! rien d'effectif comme cette mouche dans le Jac- 
ques Cartier. Tenez bons ! c'est un poisson de quatre 
livres au moins ! Doucement, mon beau ! Doucement ! Le 
rubis et le saphir brillent sur tes flancs azurés. C'ett 



25e 



PÉOBB 



vrai. Doucement ! L'ëpniaette, (1) Douglas ! Vite, l'épui- 
sette ! autrement, noua allons le perdre .... 

mon amour ! Repose en paix, au sein de la mousse et 
des fraîches fougères dans mon panier. Demain je te pré- 
senterai en don a notre bon curé, qui bien sûr, va s'extasier 
sur mon savoir-faire comme pêclieur. Maintenant, Douglas I 
vire de bord ! cinglons pour notre chaumière 1 Assez de 
sport pour une journée. Vive le Jacques Cartier ! 1 " 

(l) Ldiiding ntt. 




i 



■ 



LES PÊCITEPJES AU SAUMON DE LA BATE 
DES CILVLEURS 



t^ 



Nous extrayons lus intéressants ,lét.,ils ■,^ù suiv.n* .]'n,i 
écrit de M. Howatt, garae-i.(^.li., à Oanii.b .Iton, X. lî' ,„. 
blie dans Fovcd & Strmm, à ^^.^^■. V,,, k. ' 

''La Bai. .lus Cli ilo.irs est bornd. a-i n-.r I, p:u' l.,s cornt.^ 
cl'- (usp.. et <1. BonaventnrM,,.'est-à-.lir., .h. cùtc d-. l.t ,.vo 
vmee de Q,.ébec ; an sud, par le comté de Gloucoster • ,>;!■• I. 
ointe de Iiistigouch.^ dn coté d i Xouveau-IJrunswick V 
doux cent millesde son embonchnro, en remontant, la bti- 
reçoit; les ea.x d. la riviùre Kistigouch.. Le comté dJ 
Gaspe possède trois rivières à saumon, d'une bonne éten- 
due, et deux, de moindres dimensions. Le comté de Boni 
venture s'enorgueillit de la Grande Cascapcdia, si avanta- 
geusement connue, et de deu:v autres rivières à saumon 
moins considérables; le comté de Glo.ice.ter,au Xo.vcau' 
Brunswick, compte la rivière Bath irst, et le Nipisi-niit 
tandis que le comté de Ristigouche est arrosé par la riviè« ' 
de ce nom, laquelle se divise en deux branches, et aussi le 
petit cours d'eau-la Jaquet- ; tel est le berceau de la 
grande famille salmonidée, de la Baie des Chaleurs • l'Ely 
see des pêcheurs (à la mouche). 

17 



258 



PÊCHE 



Il y a ciin|uaiite ans, le saumon pris dans ces rivières, 
ou il leur estuaire, (f'tait salé, encaqu(5, vendu aux commer- 
çants, ou expédié à Halifax ; les Indiens y étaient pour 
une moitié, dans ce poisson, pris au nigor/ue. Pas de lois 
de pêche en ces temj.s là, pour restreindre le barrage des 
rivières au moyeu de rets. On tendait pour le saumon 
dans l'estuaire de la Ristigouche, plus haut que Dalhousie ; 
on ne comptait pas au delà de trente cinq stations de 
pêche au rêt dans les comtés de Ristigouche et de Bona- 
veuture. Le prix du saumon par quart : $6 à S8, offrait 
un trop faible encouragement; les pêcheurs établis sur les 
rives, se bornaient à cai)turer ce qui suffisait pour leur 
provision d'hiver seulement. 

Jeune garçon, eu 1837, je me rappelle l'état des ciîoses 
d'alors , les anciens se plaisaient à contraster la capture 
actuelle, a\ec les pêches merveilleuses de leur jeunesse. 

De 1837, à 1857, la pêche au saumon fut incertaine, 
précaire même ; les meilleures apnées ont donné un ren- 
dement de chiquante quarts Vers 1864, le départe- 
ment des Pêcheries, mit en force la législation obtenue pour 
protéger cette industrie ; quelques amateurs de pêche à la 
ligne accoururent, principalement les ofhciers du 78e ré- 
giment (Fra.f-uir's Iliyhlandcrs, en garnison à Québec). On 
proscrivit le nigogue ; on limita l'aborigène à certaines 
réserves de pêche, d'abord ; puis, on le mit sur le même 
pied que les blancs; le saumon revint. En 1S71, on 
adopta le mode de louer à l)ail, les rivières à saumon. Les 
nouveaux détenteurs se firent fort de protéger leur pro- 
priété ; on restregnit le temps et les lieux pour tendre les 
rets ; le poisson pût remonter les co; ,"s d'eau ; les stations 
de pêches devinrent de valeur, se multiplièrent rapide- 
ment. Comme surintendant, je fus appelé à faire rapport 
sur quarante nouvelles demandes de nermis, en une seule 
saison. 



LES PÊCIIKRIES AU SAUMON 



259 



le à la 
le ré- 
I. On 
;aine3 
[iiême 
[i, ou 
Les 
pro- 
:e les 
..tions 
[pide- 
[>port 
leule 



En 1873, on y inaugura, la pisciculture, mais ce ne fut 
qu'en 1875, qu'on y introduisit une quantité de frai, va- 
lant la pe-!ue. En 1877, l'ouverture de la voie ferrée de Vin- 
tercolonial stimula le commerce du saumon dans la baie; 
une maison de commerce, en six jours, expédia par cette 
voie 80,000 livres de saumon, à New-York : bientôt, le nom- 
bre d'appareils pour congeler le poisson frais, atteignit le 
chiffre de treize, au lieu de deux, qui existait préalable- 
ment : ces appareils peuve*it contenir 750,000 livres. De 
1876 h. 1882, le rendement a fort varié : les hautes eaux 
en juin, qui à la suite d'une nuit d'orage, enlevaient les 
vêts, y ont contribué leur part. Eègle générale, la poussée 
du gros poissoin, ne dure pas au delà de trois semaines ; 
j'ai été témoins d'une passée entière qui ne dura que dix 
jours. Depuis 1883, la quantité prise dans les rets et dans 
la rivière, a îuiginenté considérablement : et continuera de 
ce faire, j'ose crnire. Voici comment j'explique ce cliang.^- 
incuj:. 

Il est <!,thnis '^uo les hiiutes eaux du printemps et le 
déplacement tumultueux dos banquises détruit une grande 
p:iii.ie du frai que le saumon dépose en automne, dans le 
lit des lleuves, cela, justement à l'époque la plus critiijue 
de son existemîe ; je crois que la propagation artificielle, 
qui a été tentée, supplet à cette destruction, malgré ce qu'on 
a prétendu, au contraire. En 1885 et 188G, on a pris à 
la Tuouc'hi; au moins 2,1)00 saumons; les dames ayant cap- 
turé en moyenne entre 30 à 50, chactiuo ; les messieurs, de 
."»0 à 120 saumons, ciiacun ; poids moyen du saumon [lour 
1S8o ; 23 livn-s 

Depuis 18G9, les rets, ont auguicuté, dans les comtés de 
Gloucester et de Bouaventurc, de 35-40, ù 150 ; il doit y 
avoir en ce moment 250 pêcheurs au rêt, dans l'étendue 
entière de la Baie des Chaleurs, et ces prinlèges des pè- 



268 



PECHE 



clieurs au ret, d'après les cliiftres ofticiels, sont censc's repré- 
senter un montant de SI 30,000. 

En 1871, le droit de pêcher dans la grande rivière llis- 
tigonche, fut afferme pour !?40 par année, pendant neuf ans, 
t\ M]\I. Fleming et Brydges. A partir du 30 mars 1887, le 
gouvernement du Xouveau-Brunswielc, offre aux amateurs 
cette rivière sur bail de deux ans, pour la somme annuelle 
de 83,900. (1) 

Des particuliers, possédant des terrains de pèche, qu'ils 
évaluaient (kms le passé à S400 ou S500, les ont vendus 
i?5,000 et i?8,000. 

Il y a maintenant trois clubs de pèche sur la Ri^tigouche, 
c imposés de 60 membres, les([uels dépensent à ces endroits 
annuellement 827,000 ; ils ont au moins 20 g;ir ies-pêche, 
rétribués sur le pied de 840 [tar mois ; jamais la rivière n'a 
été aussi poisonueuse. 

(Signé) John ;Mu\vatt. 
Cam[ib.Jton, N. \)., 10 Février 1887. 



{l ) U';il>ios l'.u (.'tilt iiiil>!:(' (i.'iiis 11' Mninirii, Clnuriu'', tir QuOiioc, cil 
JM'Hft l>8(i, !.a lii-ti„ou(lio r'uo..(li! en .'■iumions ; le Dr. F W. Cariii licll, 
AIM H, li.. Jves, I. H. ^tc'vniH, .le M..iitié;il et M. W. M. M. Pheron,. <le 
Qiiélioc, menilircs du Club de l'i( li" l^nsjilquitdi, de retcui de cotte .-;(;'.- 
tioii, nientiijiiiieiii que la ix-.lie à lu uiouelie a été l'H-t inosièif. I.e l'r. 
(Janiiiliell et .M. hjt'.aiii^ ont iiéclié l'eiid.'int neîil' jiiiis : M M l'Ir i>oii. 
huit Jours ; M. lvr<. troi.s jours. 

Le Dr (J.iin]ilt.'II, u [.ri- 1 ',t sauinons. iju pu.d.s suiv.'int : •.'•.' livre-, ! -' 
ibs , •>:, IIfs., ','] Ibs., -Ji» ll)S.. •.'! 1I..S., -jd ib:., v>-j ib.-, VI ib- , -."J ib.s., 1-j 
Ibs., •>'7 ibs., i-.» Ibs., •.'•.' Ibs , -Jt, Ibs., -- ibs., •,>.! ibs , •,'(] Ibs, 1-j Ibs. 

M. Steiuns a jiris 11 sMUnif.us dti poids suiviuit ; •,:; Ibs. -J-lliis , •jUil)-., 
■j-j Ibs., -,':, ibs,, '.':; lb.s.. '>1 ,..s., -j» il,-,., m ibs,, -ji; II, s , -.tv Ib-., ,ô ibs., 
•.'(1 Ibs , 1,-J Ibs. 

M. MePlier-on a pris il .saumon-, du poids suivant : 1-1 lli- ,'J4 ibs , •:.'> 
\\« , !•-' liis., 1 1 Ibs., -n Ibs., -Jt; liis . -.''J ib-., ','> ils,)' lbs„-iii Ibs. 

iM. I ve.s dans se.s trois jouisdf iièidie, a pli.- ijuati'- .-auiuoiis pesai.t . '.M. 
ib-:., v!4 Ibs, jl lb.s., •.'.'. Jbs. 

' {Morniny Chivh<d!c', ■.Ojuill'.! 1^8b) 



CHRONIQUE DE PÊCHE 



M-s.lHt.actions;.„,,,„,,„,„i,,i,. ,^. ^^.^^^^; 
voi.m au toit ,,at.r,u.I : a„ v„ya,M.ur. 1. „.m„s 
'H-n,,K.,l..sjM.„,.h.,i,s,i.,nt ilau.viélad.'uo 
'in.ctu,u.;aui.l,ilu«o],lK.. .•on.i.iede ^a.t,■ 
(LACL.l■È;,|,). 



MATIÉliE 



Q.IO de I.vo. u,.t,-uctifc .t a,„usauts, .,.,■ „os hes 
> trmto .a nos estuaires à samno,,, snr !a Wsciculture et. 
depuis I ère ou „„ savant UK^ecin en garnison à Quél.^c 

lan des Hôpitaux nnhta.re,, en cette provinee, décrivait 
en 18o9, avec cntm.n, ses fructueuses pèches de truites et 
de saumons ,ur la rivière Jacques Cartier et sur la ri- 
vière Murray, Comte' de Charlevoix. 



262 



PÊCHE 



WILLIAM HENRY M. D. 



William Henry semble être le premier de ces écri- 
vains. 

Son travail en deux tomes, Tiuflrs fiiom mv rouT 
Folio, aux youx des fidèles disciples d'Ausone et de Colu- 
melle, est prisé, comme un incunable. Les Esquisses en- 
tassées au portefeuille du. savant docteur, dénotent non 
seulement le pêcheur émerite, mais encore l'aimal^le cau- 
seur, l'écrivain élégant, classique même, le judicieux ob- 
servateur de la nature, le grand voyageur, l'homme des 
salons, aussi bien que le praticien habile de son art, puis- 
que l'une des esquisses 'nous le fait voir, comme l'un 
des anatomisles désignés par le Gouvernement anglais, 
pour [irendre part à l'autopsie oflicielle du corps do Napo- 
léon I, à l'île Sainte Hélène. 

Les esquisses du Dr Henry, rarissimes volumes que 
maintenant sii disputent les amateurs, ont porté dans tous 
les coins du monde, le ronom du Jacques Caitier, comme 
station de pêche ; nous ne serions pas étonnés d'apprendre 
que la renommée de ces chutes sonores, do ses rapides 
écumeux, la ré[)Utation des " Remous St-Jeau " des 
" Grands Rets " ne fut grâce à lui, connue des sauvages 
tribus de l'Afrique Centrale. Les noms de Henry et de 
son regretté successeur au Jacques Cartier, feu Charles 
Langevin, sont associés depuis plus d'un demi siècle, à ce 
cours d'eau et aux environs du pont de Louis Déry, 
sur cette rivière. M. E. Nettle, s'est même donné la peine, 
de nous fournir un tal)leau comparatif des pêches à sau- 
mon, de notre excellent concitoyen, de 1850 à 1856. M. 
Langevin a légué son nom à une mouche artificielle d'une 
efficacité merveilleuse pour faire sauter le saumon " the 
Langevin Salmon Fly " ; le nom de Henry est encore 



CHRONIQUE DE l'ÊCllE 



203 



IV 

US 

■je s 
de 

les 
ce 

^■}'' 
ne, 

mn- 



poité, par un des descendants de l'ancien pro Ti/tairo 'lu 
pont Déry, fixé au lac St-Jean. Je vais dire comnieiit je 
fis cette découverte. 

En août 1334, je descendais en canot d'écorce avec un 
jeune ami, AI. Augiistus Maxhani, un des traîtres rapides 
de la Grande iJéchargi du lac St-Jean. Win. Griilith, le 
propriétaire de la célèbre station de pèche, sur ce rapide 
avait obligeaminent octroyé un permis de pèche, a mou com- 
pagnon de voyage, lequel, dans moins d'une heure, eut rem- 
pli le c mot de superbes ouinaniches, pesant, en moyenne, 
ô livres, chaque : le ouinaniche que les anglais nomment 
Land-locJced salmon, à cette saison est d'une voracité ex- 
trême et prend, n'im[iorte quelle mouche. J'eus la curiosité 
de m'enquérir du vieux canotier, qui nous conluisait 
son nom et le lieu de sa naissance. Je me noniine Henry 
Dery et je suis né au pont de Bery, à la rivière Jacques 
Cartier " me dit-il, en retioussant son bonnet rouge et re- 
tournant sa chiqii'\" 

Honoré ou Henri, lequel est votre nom, lui répli(iuai-je ? 
" Xi l'un, ni l'autre, Monsieur, ajoat<i-t-i', mais Henry 
Dery. Je porte le nom d'nw bienfaiteur de ma famille, 1(^ 
Dr Ht.'ury, que vous avez pu connaîtr.j à Québec, il y a de 
C'ia une soixantaine d'années. Il venait chique été, pêcher 
le suui.ion, à la rivière Jacques Cartier." 

— Pas précisément, lui dis-je : mais je siis de qui vous 
parlez ! " 

Que d'autres choses intéressantes j'.iurais à dire sui le 
compte de l'habile écrivain, <0^'> 1'" crois, a été le premier 
à signaler nos estuaires à saumon ? j<i me bornerai à noter 
en [lassant, le récit que renferme son livre, d'une excursion 
de pèche qu'il fit de Montréal à la Malbaie, en juin 1830, 
avec un ami, le major Wingfield du Qù Regt. H s parais- 
sent avoir tous deux fort goûté, rh')Si>italité que leur offrit 



204 



l'ÈCItK 



lotoitdo^I. Cliapei'oi), dont la demeure, si mes souvenirs ne 
me font pas di'faut, gl^.;sait, un peu à l'est du Manoir Nairne. 
Leur guide se nommait Jean Gros: or Jean (Iros, ayant 
perdu son uvimn dans un r.q)ide, au haut d- la chùto dans 
la rivirro de la Malliaic, faillit leur procuri^r un liain froid 
dans Tonde; — qnclcjncs jurons én('rgi([nes d\ Dr lli_'nry, 
attireront l(>s gens du voisinage, qui jult'jrenl di.'S planidies 
et dos jH'i'ciies aux nautomii' rs en détresse ; le canot put 
att6]'ii' avant de ])rendre les rapiides. L'iidys.'^ée, des souf- 
i'rances que les inoucli'js noires, les brvlof''^, les moustiques 
leur infligèrent, est fort amusante ; un rayon l)i'..-nfaisant 
vint liii, ntôt illunnncr leur adversiu- : la capiure de cinq 
saumon-, j-esant lOo livres et d»' (iuar;iiitediuit truiles, pe- 
sant en niovunne o livres, cliaque. l'uis, le Dr Henry et 
son eompognon, iirent route pour la rivière n.vj Canarrln 
et lo. rivière Xoirc, vint;t nulles ]>\v.h lias, iirenant altec- 
tueusi nunt eongé de l'hôtesse, madame Clitiperon, sans 
oublier de la remercier du joli rosier en ileur.-, qu'elle avait 
eu la il'Iicale u'.tention, la- l'aivc- placer eu n.gard de leur 



fenêtre. 

A jart (p.. 
l'un ne reneo 
rivières à s.i 
l'utile traité ■ 
^ièrcs " ^\l 
instituteur o 
employé au 
Ottau-.i. 



Il .•(;,-, éeiit.> d,;,!i.s les jouin;!U.\ et les revues, 

.'.c aucun tia\ail di' longue li.iîeine sur nos 

.... n<, entre 1S;;9 et ioôS, A l'on exce['te 

ir in i-ii.'-eieui'.ure et la pi'oi.-.'iioi: de nos ri- 

'.'N Fî.iiKi:iKs 01" 'IHK ST-i..\\\i.. i.: CE," par \n\ 

j.'cte, oe 1 eite \iile, IM. Xevtii-, uuiinteuaut 

• a ii:iU( meuL di, li-AfUu (îe l'Intérieur, à 



i:iCliAi-.l) NKT.l.F. 



Ce monsieur crut devoir utiliser ses goûts et ses connais- 
sances spéciales au profit de sa patrie adoptive et lança un 
volume qui contribua tellement à appeler l'attention pn- 
blicjuo à une source de recette, alors non exploitée, que le 



CHRONIQUE DE PÉCIIE 



2G'5 



g(Aivi'rnciiHnt du jour, h la sollicitutio]i spéciale, nmis a-t- 
on (lit, de Son Excellence, Sir Edniund Walker Head, 
GouverneiU'-Clénéral, créa la place de Surintendant dc>< 
PicJurîes, dont ]\I. Xettle devint le pruuiiur titulaire et uù 
son travail, son anior.r j^jur la iiéclic, ses aptitudes litté- 
l'uires ont rendus dis services réyls, d,ins l'organisation que 
le j-arleuieiil iil^pia p'ius tari a\. >-ett!e signala, un des 
premiers [laruii nous, lu.^ suli^cs dans la [iiscicidtun", dbte- 
nus en France par ces deux [uiuvres ]iCclii;urs drs Yo-ge^*, 
les pii)n!iii rs de cctle découverte, (.ieliin et iiéniy que 3d. 
Co^te a plus tard dévelojipée d'une manière si lumineuse. 
M. Nettle passa en ruviie nos estuaires à saumon, insista 
sur l'urgence c^u'il y avait de pr^iléger le jiois.s.n et le gi- 
bier au temps du frai et de la ponte, tlouna le ]>lan Acr^ 
U'ii.s'soires à être érigées (.lans les écluses de moulin-^, four- 
nit des tableaux comparatifs du rendeuicUl d;'S rivières les 
jéius joisso nue use;j du \ieux nujude, protégées et uoii pro- 
tégées, s'étendit an long -juv la [liseieulture, iji.e Ai. .Selli 
(iie-eu a. si l)ieu conduite à son l'tal'lisseUijuL, à .Mumford, 
état de Xew-Vojk. iJref, le* écrits de 3.1. Xittle furent 
uien vus de tou» les ands du ptt grès, (.juelques obstruc- 
tionniste-, il est vrcd, les trappeurs du saumon, au ui<jo(juc, 
au Uandjeau, etc., en u.n mot les partisans de lu destruction 
du poisson en to ;tes saisons, y inclusi; celle du Irai et île la 
repioducliou, tentèren!:, mais en vain, de lui j'.'terdes bâtons 
dans les jambes. Xettle dev;dt triompher. 

rius tard, l'on enregistrera son n;)m, à côté de celui de 
Fortin, Cauclion, .Sicotte, Mitchell, les patrons et les j.'ro- 
nioteurs de notre organisation actuelle. 

A }iart les excellents rapports amniels souiuis à la Lé- 
gislature, par l'iion. 1*. Fortin, pendant dix-se}>t ans, pré- 
posé dans la Canadienne, au service côtier ; à part le joli 
opuscule " En Canot" ; à part quelques piges bien tou- 
chées où se révèle ]a plume élégante de notre ami A. N. 



2(;g 



PÊCHE 



Montpetit, les lettres canddioniies ne coin[itent aucun tra- 
vail en langue française, de longue halvine sur nos peclie- 
l'ics ; c'est aux écrivains anglais du Canada et des Etats- 
Vnis, que l'on doit la séiie de livras instructifs (it amusants, 
Ir-s publications soignées, sur nos rivières à saumon, que 
nous nous proposons de passer ra[iidement en revue. 



Ll" UF.Vl) \v, 



ADAMSOX 



En 18G0, la célèbre maison anglaise, Lougmau, rh\jen, 
Lijiigiuiin & Koberls, imprimait u Londi'i'S, édition de luxe, le 
volume " SVLMOX FiSllIXG IN CANADA, JiY A Ul':SII>f<:N'T WITH 

ILLUS'J'KATION?," ])our 8ir James Edwar 1 Alexander, Col. 
du 14 Kégt. Ce militaiiv, eoiuiu du monVj litth-aire, ]>ar 
ses ('X[)lorat.ions en Amérique, en Afrique etc., grand ama- 
teur de pêche, avait pendant son séjour eu Canada, fait 
connaissance du Ilevd. Dr William A^ar Adamson, D, C- 
L. Aumônier ou Chtipelain de l'Assemblée Législative. 
Sir Alexander se chargea de la publication du journal M 
S de pêch ' ([lu,; le spirituel Dr Adamson avait préparé ; 
c'est un travail de \)ri's de -100 pages, illuotrc de nombreux 
dessins, enjolivé de vignettes, r [irésentant d: s aventures 
de Sport, qU(d(iuefois burlesques, C')m[ireuant vingt qui tre 
chaiùtres, descrij^tifs de joviales excursiuus de [lêche à sau- 
mon, de truite saumonée, aux remous, dans les rnpides 
dit Sa'juenav (;t de ses tributaires, aux Escoumains, di-.is la 
Petite Romaine, au Sault au Mouton, à Portueu ^ Bei- 
simis, aux rivières Sheldrak.*, Godbout, Matano, Métis, 
ïrini;é, Pentecoste, Marguerite et Moisie, sans onuîttre, un 
voyage au Labrador avec des baleiniers de Gaspé, en 
quête de baleines ; le tout assaisonné de bribes de poésies, 
de petit poèmes, improvisés pour l'occasion, d'anecdo- 
tes grivoises, de fines reparties, de sel attiqiie. On 
trouve un peu de tout, dans ce solmigondis, même de la 



CHKOXIQUE DE PÊCHE 



2G7 



musique : deux chansons canadiennes annottées, nrc^cddent 
1 appendice : Moore's Boat Somj, de 1804. traduite en fran- 
çais et mise en musiq.ie et ]a touchante complainte di> ve- 
grette-Gcn'n Lajoie. 

" Vu ciiuiulion enaiit 
Bîiniii (If SIS loviMs. " 

L'appendice comprend les documents, rapports et pièces 
suivantes, plusieurs, d'une importance majeure. ' 

I " Le mémoire lu par le Dr Adamson, devant le Cava- 
dmnlnsmue, do Toronto, en 1858, et sur lequel, plus 
tard fut calquée, en grande partie, notre législation pour la 
protection et la pivpagatiou artificielle du saumon : " On 
the Dccrease, liestoration and Préservation of Salmon 
in Canada. " 

II "Observations on the Habits of the Salmon: hy 

William ^m^Y^Esqr. M.D. Inspector General of Hospl 
tais. , •/ 1 

III ^^Fishinrj in Neio. Brunswick and Canada bv 
Colonel Sm A. K. Alexandur, F. R. G. S. and R. A. 8 
1 4: Ri'f)ime7it. " 

IV Extract of the " R.port of Commissionnrr of 
Crown Lands, Canada, 1860. 

Y " Sahaon and Sca-Trout Fisheries ot Lower Ca- 
nada. " 

VI lîeport of Crown Land Deparment, Fishorie... 1S5S 
Honb. r. AI. Vaiikoutrlinet. " 

Le coquet volunie du Docteur Adamson, après un quart 
de siec.e, continue de faire les délices des amateurs ; cha^ 
qu • saison, nous fournit son contingent de to;iristes. 

J. M. Lr.MOINf: 

Au printemps de 1863, je hvrai à la publicité, sous le 



2G8 



l'fcCUK 



titru " LES rÉ(.'iiKiviE8 l>L' CANADA, " le somiUiiiro (11! qiiol- 
queti étmle.s, fruit du uiu-s loi.sii''^, i ijii<laiit de longues .soi- 
l'éus d'hivcT. Ja- liaiti!' se divisait en deux parties. A la I'''' 
]iartie, je dc'ciisi.s les résultats obtenus au vieux monde, 
|iar la nu'Lliodi^ de li.-.ciculture, di'jà connue iui comte de 
Gold>tetn, d;'.'s 17''>S, mais dont les j)i"cli"ur.s d -.s \'os,u'es, 
Cn'lim et Iv'émy, devini 'ut en 1"'imucc, san.s le savoir, les 
illr.sties ajiôtres, et ([u'nii i-^avant niend/re de l' Institut et 
en même temjis, j'roli'sse'.ir au cidlège (l- Fram.'e, M. CNjste, 
faisait acce])ter du uouvernemi.iit français et de iiliisiours 
autres jL;'ouvernemont-, dès ISôô, dans un traité (1) traduit 
dans |jros<iUO toutes les langues. CX-tte nouvelle méthode 
de ].ropiiger, restaurer, ] rotéger le poisson dans les étangs 
et les rivières, était -suivii,' de queliues esquis.sus do nos lacs 
à la truite, de nos estuaires au sa'imon que j;) signalai eu 
détail, aux amateurs de i^éche du Canaila et des Etats- 
Unis, invitant ces devnicrs à prendre part à nos ricliesse«<. 

La II" partie, p'ésentait un historiciue de n(js péclijries 
d'eau [irol'onile et suggérait une foule d'amendement et de 
chaniiements dans l'crganisation de notre service côtier et 
dans la L'gislation aifeetant les jiêeheries du Canada : 
l'rimes, glissoires pour le .-aumon, inspection compulsoire 
du hareng et d(;6 huiles île j)(jissons, é(|uipement de croi- 
sières armées {<jan-hoatx) ])0ur protéger notre littoral 
contre les envahissements de nos voisins, dès que l'abro- 
gation du traité de réciprocité nous ramènerait aux dispo- 
sitions du traité de 1818, etc. 

Je suis heureux de voir plusieurs de mes suggestions 
incorporées dans notre législation et les croisières armées, 
au moment où j'écris, sont à l'ordre du jour. Mon modeste 
travail me vp^"t les encouragements du Premier-ministre 
d'alors, l'iioi i. Sicotte, plus tard, connu, par la législa- 

(1) IiiDlntctionn Pratiques sur la i>isciculture — ^c édition, Paris : Li- 
brairie de Victor Masuon, IcSôO. 



T 



CIIKONIQUE DE l'ÉCIIK 



2G0 



tion qu'il fit adojiter, sons le titre <h Père des Pêchcricfi, 
L'honorable J. Caiieln>r, alors ckns la iilénitiule de .«on 
talent, nie consa ;ra un article fort élo^ie^x, dins le Jour- 
nul <h Qudhac. ^lais passons. 

KOBt:UT lî. UOOSKVKLT 

En ISGlJ, un niemlm' du IVinviui de Xew-Yurk, Iloh.'rt 
]'). lîoosevelt, fils du Juge Koosevelt et autour entre autres 
écrits de "fJ.VMH liiiiDS ui' tiii'. XoitTii ", ],u1)liait à Xew- 
Vork, sous le pS(!udonyine de 15ai;nwi:i,j,, un traité de 
o'I-i iiagHci, intitulé "G.v.mk Fisii df iuk Xoirni. " 

M. lîoosevelt, tout en di-erivant avec charme sou 
aniusenu.'nt favori, a fait di séri-uses recherches sur les 
diverses espèces de puissoiis de nier et de i-ivièi-e, (|u'il con- 
sidère comme Gti/me FisJt, sur leurs caractères spécifiques, 
leurs habitudes, leur classification, le temps du U\à et le 
mode de les captun-r, les matériaux pDur, et la manière de 
préparer les mouches artificielles; le tout accomiiagué d'a- 
gri'ables réminiscences de ses jiêches, dans les Eiuts de la 
Nduvelle- Angleterre, dans le New-]*ruus\vick et dans 
Il province de Québec. Son livri; est un utile Vade 
Mecum, \ouv le pécheur détruites et di' .saumons. M. 
R-iosevelt, c'est l'homme civilisé en v.icance, sou[)irant 
piur les solitudes bocagères de nos lacs et de nos bassins 
i\ saumons. 

A jart quelques excentricité-;, le livie de ]\r. lèiosevelt 
pos.-îède, pour l'amant de la vie dt.'s Ijois un chai'me inef- 
fdjle. Comme je l'ai dit ailleurs. "Qui en i)eindra la 
fraîcheur du coloris, l'entrainement des descriptions, l'a- 
mour passiomié de la nature ? " Tantôt l'auteur vous sert 
de la prose poétique à pleines mains ; tantôt, c'est de la 
haute science telle qu'Audubon, Storer, DeKay, Agassiz, 
Mitchell, Baird, l'ont comprise. Aujourd'hui, c'est Isaac 




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Sciences 

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23 WEST MAIN STREET 

WEBSTER, N.Y. 14580 

(716) 872-4503 




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270 



PÊCHE 



Walton, le prince, le type des amateurs de pêche à la 
ligne, qui nous dévoile les secrets intimes de son art; 
demain, le chantre des saisons, Thomson, nous entiainera 
près des torrents, aux pieds des cascades, pour nous mettre 
face à face avec le sombre et grandiose spectacle des mon- 
tagnes, des fleuves du Canada et vous faire savourer l'amou- 
reuse solitude des bois. 

Rien n'échappe à l'enthousiasme du jeune voyageur, pas 
même les usages variés auxquelles l'écorce de bouleau 
peut servir: '"On pourrait, dit-il, écrire un traité entier 
sur les merveilleuses qualités de l'écorce de bouleau, tré- 
sor sans prix du forestier. Pour l'habitant des bois, c'est 
une nacelle, une tente, une table, une assiette, un pot 
pour chauffer l'eau, une corbeille, une coupe, un panier, 
une casserole pour frire, une feuille de parchemin pour 
écrire, l'aliment pour son feu et mille autres objets essen- 
tiels à la vie." 

Ecoutez-le décrire le sapin et dites-moi après cela, s'il 
n'y a pas chez lui ciuoLiues étincelles du feu sacré : 
"Arbre }arftimé! (|ue n'ai-je le pinceau de Jules César, 
d'Homère, de Shakespeare ou même de Byron pour retracer 
dignement ta gloire ! O sa|)in, arbre chéri du pauvre bû- 
cheron, affaissé sous le poids du jour, aussi bien que du 
langoureux chasseur qui échange pour la forêt, l'oisiveté 
des villes ! arbre, dont le parfum embaume la couche de 
tous ceux ù qui Alorphée verse ses pavots dans la solitude 
de la furet ! un lit de tes flexibles rameaux est plus doux 
\\ue l'édredon ; le monarque qui s'y reposerait y rêverait au 
})aradis. Tu sais nous protéger contre la toux, le rhumatir-me 
et les miasmes malfaisants que la terre laisse exhaler de 
son sein glacé. Avec ta verte feuillée, je puis me construire 
un douillet grabat où seront confondues la fermeté du 
matelas, la molesse du lit de plume et cet élasticité qui 



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CHRONIQUE DE PÊCHE 



271 



'il 



le 
le 

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II 
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t'est propre. Accepte nies hommages, pour toi, pour ton 
associe, la prùtlie et ton camarade, le bouleau ; reçois, en 
souvenir d'un ami absent, ce nuage d'encens qui en ce mo- 
ment s'exhale de mon Cttlumet ! Puisse ton ombrage s'ac- 
croitre ! puisse tu grandir et devenir un arbre majestueux 
dont le feuillage me prêtera en tout temps un lit, sous la 
voûte ettuvée et dont le tronc me fournira, un véhicule, 
une nacelle pour franchir le liquide élément." 

Tout est ici reproduit, hors le feu de l'original. 

L'art de grouper -avec agrément les incidents de voyage 
qui distingue le brillant écrivain, se manifeste, surtout, 
dans le récit de son expédition à la rivière Laval, un peu 
plus bas que le Saguenay. Peut être le traduirons nous 
plus tard pour nos lecteurs. 

N'oublions pas eu terminant de féliciter cet habile défen- 
deur du système de pvott'Cliun que la législature a inauguré 
].-^t]i les pêcheries du Canada, de l'éloquent plaidoyer que 
sou livre fournit. Il -est à regretter que l'infatigable pê- 
cheur n'ait pujeler sa tente .^iir les lives des lacs Phi- 
lippe, St-Siinon, des Neiges et des mille autres lacs poisoa- 
neux qui se rencontrent dans la ehaine des Laurentides. 
Quels tableaux animés, (juelles scènes ravissantes ne 
nous aurait pus valu son séjoui dans ces féeriques endroits î 

Puisque nous ne pouvons favoriser nos lecteurs à une 
description de ces lieux, essiiyons au moins de reproduire 
en français, les adieux que M. Poosevelt adresse, dans la 
langue de Mikon et de liyron, ù l'estuaire le plus poi.-j- 
sonneux du Nuuveau-Biuuswiek, lu rivière Nipisiguit. 

"Adieu, beau Nipi.-^iguit, lleuve aux limpides bassin;, 
élysée du pêcheur! Pourrai-je jamais oublier ton doux 
murmure, tes rapides sonores, tes rives tantôt escarpes 
tantôt ensevelies sous l'ombre des géants des forets ? 
Puisse la Naiade qui te verse l'onde limpide à ta source 



272 



rÈciiR 



continuer à apurer an touiistc, dva roves.de bonheur! 
Puis.setit tes fuisses virofon les loii'' temps offrir au noble 

A. O 1. 

saumon, des asiles de siiivté, inaccessibles à la seine et au 
iiifjofjne meurtrier? Fasse le ciel que tes points de vue 
pittoresques continuent de charmc.'r l'ceil <le l'artiste, et tes 
ondes, d'attirer le pêcheur 1 lu moi nit'me, p;:isse-jf être 
assez fortuné jiour te revoir, beau llnive, aiinal^le Ni[)i- 
siquit ! 

ClIARLKS LAX.MAN. 

VoiliV un nom f'galeînont cher à la littér.iture et au spor^, 
que les (^'ohos de nos forêts se i»Iiii.>cnt à répéter comme 
aux beaux jour^i de sa jcniuossc, en IS4)3. 

M. Lanman est non sculennint un bon écrivain, c'est de 
])lus, un Nemrod renommé, un ]i:ibile j'êcli-Mir. 

Les pages qu'il consacre à décrire ses exploits de pêche 
aux remous poissonneux > la Itivière llistigouch", aux 
limpides Ijassins du JaC]' > Cartier, dii T.rreneuve etc., 
(Ij ne sont point, à cow, .s'u', les moins séduisantes dans 
cette vaste et brillant" 'nu n'pio littéraire, l'reuvre 'le sa 
plume versatile. 

Evidemment les hôtes ■ii'L';i':iliits du Jacques Cartier sont 
des saumons privilégiés, û ■- piiiices du li(piide élément, 
puisqu'ils ont eu pour biographe et cln'o àqueur, un altiste 
et un auteur dont les magniii ^ues vobiin ;s, illustrés de sa 
main, ont pénétré dans les coins li's }>lus reculés de l'Amé- 
rique et de l'Angletene. 

M. Lamnan est beaucoui) plus qu'un pêcheur de sau- 
mons et do truites ; c'est un admirateur passionné de cette 
grande nature forestière, U!i artiste, un peintre ému des 

(1) Sitlmon Fishing on the ■/ac'j'i''s Cartier — The Borj ILinhr of Ckicou- 
tind. — Tlie Waard «f Aiiticos'i; — NewFuun.Uond. — Ftnhing in the Ri»li_ 



pêche 
', aux 

etc., 
dans 

le sa 



sau- 
cjtte 
i des 

[hicou- 



CHRONIQUE DE PÊCHE 



273 



paysages canadiens. Tout vif àppréciateui' qu'il soit dos 
merveilleuses toiles des grands maîtres, il a trouvé moyen 
de grouper à côté do ces chef d'œuvre de l'art, d?3 dessins, 
raille cro juis de chasse et do pêche en Amérique, dans 
l'intérieur de sa jolie villa, à Goorgotown, prè • Washington ; 
sa ligne, ses mouches, son pinceau ont ftiit connaissance 
avec les estuaires, l-js rivière:?, les lacs les plus rcnomiaéi 
du continent entier. 

Parmi les po-.tes enviés, (jue M. Lannian a occupés dans 
sa patrie, l'on cite celui de- seciétaire privé de l'Ho!!. D miel 
Webster, dont il devint [»his tard le sympathique bio- 
graphe. Ceci lui fournit l'occasion d'accompagner l'éminent 
homme d'Etat et ^on camarade de pêche, SirJohn Crampton, 
alors ambassadeur anglais à Washington, dans maintes 
expédition» de pêche, ù Little Rock, sur le l'otumuc, sous la 
conduite d'un guide fameux, Joe Payue, célébrité locale 
pour les pêcheurs du Potomac, <ius&i en renom que Siouï 
et Gros Louis l'étaient, jadis, pour les pêcht;urs de truite 
du Lac St-Chiirles. Il se plaît à retracer ses fieiillantos pê- 
ches, sur le Jacques Cartier, au temps ou Déry et Trépanier 
en accaparaient le poisson pour le mirch' dj Québec. 

" Voyez, dit-il, à un demi-mille du pont de Déry, eu- 
remontant la rivière, à travers d'alfreux rapi'les, le pai- 
sible bassin ou réservoir, dénoumié l'Hôpital, parceque le 
saumon, chaque été y séjourne quelques jours, comme 
pour se remettre de sa fatigue, a franchir les neuf milles 
d'ondes tumuitiieuses entre cjt endroit et le tleuve 8t- 
Laurent; puis, voila la (JhiUe — le roc Evereit — la noire et 
tranquille nappe d'eau, avoisinante, encadrée de crans — 
le Black Rock, " — sites pittoresques où sa ligne de pê- 
cheur, sa plume de littérateur et son crayon d'artiste se 
sont tour-à-tour exercés. 

' Ilclôt son récit par une agréable réminiscence oili un 

18 



'Zl-i 



rÊCHE 



exploit de uatatiou, dans les rapides écuiueux du Jacques 
Caitiui-, nous dt^cèle sans qu'il le nomme, un intrépide 
nageur — notre umi, Al. Archibald Campbell, prothonotaire- 
adjoint de la Cour Supérieure de Québec ; — lequel se faisait 
un jeu, il y a de cela quarante ans, de traverser à la nage, 
le St- Laurent, devant Québec ; digne fils d'un intrépide 
père, le colonel Charles Campbell, du 99e régiment, qui, 
pendant sa longue existence, s'énoîgueilliaait d'avoir sauvé 
à la nage, la vie de pas moins de douze personnes en dan- 
ger de se noyer. 

Charles Launian, naquit à Munroe, £tat du Michigan, le 
14 juin, 1819; son père, Charles James Lanman, long- 
temps maire de Norwich, dans le Connecticut, se distingua 
comme jurisconsulte et fut un des premiers hommes de 
loi qui se fixa dans l'état de Michigan. (Sa mère, Marie 
Jeanne Guie (Guy ?) était d'extraction française ; son père à 
elle, né au Canada, était un des pionniers dans l'établis- 
sement du Michigan. 

L'écrivain avait pour aïeul, le juge James Lanman, 
sénateur iullueut, élu par l'état du Connecticut, de 1817 
à 1825. 

l'ar les femmes, M. Lanman remontait au " Pilgrim Fa- 
theis" ùc lo20; ei. [ai des aliiuiiccîa subtéqucutef, à l'his- 
turieii Iviulley. 

Après un aéjour de dix années, à New- York, dans les 
comptoirs de Suydam, Johnson & Cie, M. Lanman, revint 
à Munroe, lieu de sa naissance, et y rédigea pendant quel- 
que temps la Munroe Gazette ; en 1846, il prenait part à 
la rédaction du Cincinnati Chronicle; puis, on le retrouve 
à New- York, collaborant au Daily Express. Enfin, il fut 
employé comme correspondant à l'étranger, du National 
Jntelligencer. 

En 1849, M. Lanman épousa à Georgetown, mademoi- 



CHRONIQUE DE PÊCHE 



275 



les 
îvint 
^uel- 
irtà 
)uve 

fut 
^nal 

loi- 



selle Dodge. La même année, il fut nommé bibliothécaire 
du département militaire, à Washington ; comme tel 
chargé de l'organisation de cette bibliothèque. Plus tard, 
il devint bibliothécaire du bureau des Droits d'auteur, 
bibliothécaire du département de l'Intérieur, et enfin, bibli- 
othécaire de la chambre des Représentants. 

Ecrivain sérieux, d'une rare industrie, M. Lanman 
lègue à la postérité une série d'œuvres marquées au 
coin du mérite — préconisées comme telles par les hommes 
de lettres et des critiques les plus autorisés du vieux 
et du nouveau monde. Le romancier Charles Dickens, 
Washington Irving, Edward Everett, on fait chaude- 
ment son éloge ; Vxitheneum, de Londres et le London 
Literary Gazette, ont consacré des notices spéciales à ses 
écrits. 

Une Revue contemporaine fournit la liste suivante de 
.«es travaux : 

1 AdventareH in the [Vihh of America, 1834. 

2 E.sMys for Summer Hours:, 1842. 

3 Lettersfrom a LandsC'tpe Paliiter, 1845. 

4 A Sitnimer in the W'ddernesn, 1847. 

5 A Tour to the River Sarjuenay, 1848. 

G Letters froia the Allejhany Mountains, 1849. 

7 Ilaïu-ho-noo, or Records of a Toarist, 1851. 

8 Private Life of Daniel Webster, 1852. 

9 Dtctionary of GoiKjress, Published by the Govern- 

ment, 1859. 

10 Prison Life of Alfred Ely, 1862. 

11 The Japauese in America, 1872. 

12 Biof/raphical Annals of the Civil Government of 

the United States, 1870. 

13 Curions Charaders and Pleaaant Places. Published 

in Scotland. 



276 



PÊCRB 



14 Red Booh of Michîgan, 1871. 

1 5 Resources of America. Republished in Japan. 

16 Noted men in Japan. 

17 Octavius Perinchief. His Life of Trial and Sup- 

rême Faith, 1879. 

18 Life of William Woodbridge, 1867. 

19 Farthest North; or the Life and Explorations of 

J. B. Lockwood. 

20 Haphazard Personalities, 1886. 

Le vieux sportman nous reviendra-t-il à la saison des 
feuilles ? Nous l'espérons. 

HENKY WILLIAM HERBERT 

Sur la berge de la rivière Passaie, à mi-distance entre 
NeAvark et Belleville, état de New .Jersey, il y avait en 
18*' 2, un pittoresque cottage, style Tudor, tapi sous la 
feuillée, entouré de cèdres majestueux. Un beiiujardin aux 
allées sinueuses l'a voisinait, pour' ainsi dire, l'encadrait. 

Cette riante demeure, aux allures gothiques avait un 
toit mansard — d'amples piazzes, des balustrades, cù s'enla- 
çaient avec profusion les rameaux odorants du cèdre, mêlés 
aux ceps flexibles des vignes sauvages : le coup-d'œil était 
tout-à-fait séduisant. 

La porte d'entrée était couronnée d'une ramure de cerf 
énorme. De la fenêtre en ogive, l'œil emVjrassait le Passaie, 
vers lequel le gazon descendait en talus. 

Le joli, petit domaine était borné sur deux faces par la 
nécropole Mount-Pleasant ; ce qui joint aux sauvages aspects 
d'alentour dénotait de l'excentricité chez le propriétaire, 
dans le choix d'un site. 

L'intérieur du chalet était comme l'extérieur, fort ro- 
manesque. Chaque pièce accusait le bon goût: ici, 
une bibliothèque ample et bien choisie dénotait chez le sei- 



CIIliON'lQUlî DE PÊCHE 



277 



de cerf 
*assaic, 



ort ro- 
t: ici, 
le sei- 



gneur de ciîaus, des veilléités littéraires ; là, donnant vue 
sur une rangée de chenils à l'extérieur, était un apparte- 
ment dont les murs étaient garnis de fusils, de gibecières, 
de sabres, de troiihées d« chasse, etc. 

De loin, le riant cottage gothique vous faisait l'effet 
d'une corbeille deiL-urs', ceinte d'un cordon de verdure per- 
fumée. 

Telle était la demeure d'un écrivain, d'un énidit, d'un 
Sijorts'iuan dont les écrits élisaient l'admiration de toutes les 
régions, où se parlait la langue anglaise, où la vie aventu- 
reuse du cliivss(.'ur avait des adeptes: Heiny William Herbert, 
mieux connu sous le p.seundony:ue de Frank Foretitcv. 

M. Herbert naquit à Lonlres, le 7 avril 1807 ; il était 
de descendance aristucratitiue, fils du Révd \Villiii.m Her- 
bert, chanoine de Manchester, petit fil? du comte Car- 
narvon. 

Il fit ses cours, k Eton et à l'Uuiveroité de Cambridge, en- 
totiré d'une société d'élite, toujour.-j prête à encenser ses 
succès. Tuus ces avantages sociaux, il les mit de côté, de 
bonne heure, pour accourir se créer une réputation au 
Nouveau Munde. 

A son arrivée à New-York, après s'être rendu compte 
des mei veilles de cette métropole, il partit pour le Canada, 
pour y faiie la chasse et la pêche ; il s'y lia d'amitié avec 
nos nemrods, tels que le capt. Peel, d'Andierhtburg, chas- 
seur et auteur bien connu, ainsi que M. Alexander David- 
son Bell, fils de l'honorable Mathew Bell, négociant dis- 
tingué de Québec, propriétaire des Forges St-Maurice. H 
fit maintes excursions de chasse, à la Jeune Lorette et au 
Château Eicher, avec M. Bell. 

De letour à New- York, M. Herbert accepta la chair de 
professeur de Grec et de Latin, au lycée classique do T. K. 
Huddart. 



278 



PÊCHK 



Ses occupations lui Inispnicnt d'nn.ï'k'P loisirs ; il fcrda 
et rédigea, conjointeutent avec M. V. A l'ntorson, I'amkri- 

CAN MONTIII.Y MAGASIN K. 

Plus tard, il ti'«)uva nioyi-n de fuiiv des c(jur.*cs avec ses 
cliifijs l'ii quête de cuilles et de ]*i'cus.siiiep, aux environs 
(le Ni'Wark. Dans ses ('Xi>éditions de i-êdic, aux Inos des 
Adirondacks, ou aux l)ellcs rivières du Canada, il eut 
plusieurs fuis jour conij)a<,'uon AI. William T. Porter, 
l'habile réducteur du si'lltiT of ihk timks. La chasse et la 
pC'clio ne suHisaient y)as à son iictivité dévorante : il se jeta 
dans la litténiture et oinposM tout*; uui^ série de romans : 
en 18M4, THE iiuoTiiKUS ;en 18;)7, ciîOM\VKLL;en 184o, mak- 
MvuuKr: WYVii, ; ce superbe romati eut à Londres, les hon- 
neurs de quiitorze éditions en dix ans. En 1844, sa plume 
éconde traçait les ].a.;es éuiiicsd'^ i!iN'G\vr)OD thk uovkii- 

CUAR CA ; 'JllK CAlUr. M.IIU' ; Cil 184'), l'IKHUE, TIII-: l'AUTI- 

SAN, Le chef dNeuvre de ses rttuiuus, Tlii: uoman ticaikj;:, 
fondé s'ur la couspirati(ju dj Catilina, vit le j'iui', ».'U 184G. 
Vers 1845, parut sou premier volume sui- le si»nrt:, riii; 
WAiavicK WuODi.ANlJS, SOUS ie noHi lie pliiuie de Fraiilc 
Forestur ; vu 184."), un autre vohnue, MV SIIOOTING U ,'X ; eu 
1847, 'iiiK MiLLKi: ui" MAKTAKiNK. Ku 184S,-son <4Taud ou- 



vrage 



l'IKLDîJl'OliT.S OF Tlll-: UNll'Hl) sTATKS XSl) nUITlSll 



PUOVINCFS OF NOKTII A.MMRICA, fut édité à Ne W- York. Il il 

depuis subi plus de vingt éiiitions. En 1849, parut vi.n 

AhD l'If-HING OF THE U.MTKJ» STATES AND liUITISH rilOVlNCKS. 

Il y ajouta un supp'ément, eu 18Ô0. Puis, il revint à ses 
anciennes amours, les romans. En 1840, parut deumuT 

o'BKIEN ; or, THE ÏAKING OF TllEDAH, et, eU 1851, THK CAP- 

TAlNS OF THE WORLD. Ce dernier ronum ainsi que celui 
intitillé: gaptai^sS of the ai;EAT roman republic, hvré 
à la publicité, en 1854, sont des travaux historiques remar- 
quables. 

En 1852, il avait recueilli une série de romans histori- 



i'iii: 
'riiuk 
; eu 

l (jU- 

TISII 

lia 

!-r.-ii 

NCKS. 

à ses 

CAP- 

celui 
livré 
luar- 

tori- 



ciiuoNiQCT, VF. v(:rur. 



279 



qucs, qu'il ('«litii, sons le titr.^ do Cwamr'îs cr^ Kn(;iav:>; 
en 1852, avait aussi paru, Tuf, Kniuiits of KN(iL.\ND : et 
en 18.'3, CnKVAi.iKUS op Fkancr, voluine illustré pur lui- 
m'^-nie et Amfimcax Gamk and rrs ShAsox.s. ('«tte année, 
18ÔM, parait mvoIv éié f('0(»n<l(', puisqn'il ajouta à s( s 
oeuvres: TiiK Pi'iUTANS OF Xp:w Kn'GLvnd et Th» QroiiN- 

DOX HOUNDS (;tc. 

M. Ileiburt, composa en 1854, le livre intitulé rKusONS 

AND PiCTUKES FlîOM FkKNCII AND ENGLISII HIsTORV : en 

1855, Memoiks of Heniy VIII, anl ilis six WiVKà ; Thb 
Fall of WvALi'sKNY et SiiKivWOOD FouKST. Il prépara 
en 1850 " Fokkstku's C'omplkth maxual fou tue young 
si'oUTSMAN, et en 1857, son utile traité lloiisE and Hokse- 
MAXSiiip of Noutii Amehica ; Hix rs to House kfei'Ei;s 
AXD TuicKS AND TiiAPS OF H(ji:sE DEALEiis, eu 1858. Il 
lai-sa en M S un écrit intitulé : ïiit: Faiu pl'IUTAX et 
aussi ÏJoYAL MAltlES OF MF.DIEVAL TIlSTORY ; il avoit Com- 
posé une foule (l'artiele!? pour les I{e>n'e.< (}tc., des tradur- 
tioii-; du ^T^c d'E-chyl'', ainsi 'lUc d.is romans d'Alexandre 
Dania-i, d'Eugène Sue. I/o;\ |i ivt ; \ d"-.x c^mt-; voluiiie=:, 
1' nn^^h^• ilo >os é'-rits. 

En I80O, M. Herb-rt (';iousii à Bangor, un.; charmanto 
jeune femme, fiîlo du maire dj cotte villi-, Mlle iîaiker. 
Elle mourut ([uelques aimées [dus tard. Eu 1858, il con- 
volait en seconles noces. La joune é|.'0use qu'il s'était 
choisie, devint la victime de personnes intriL;'iantes qui 
lui pi'ignirent sous l<is coulours l.s iil.vs soinluvs le g.-m-e 
de vie solitiiir", les absences, les cour-es di chasse etc., de 
son époux. YAlii ^^s sépara de lui ; M. H.'rbert après de 
vains efforts pour effectuer un ra[tproch unont, pris de dé- 
sespoir, trois semaines après son mariage, se tl vmba la cer- 
velle, Itî 17 mai, 1858, au Stevens Home, h New- York. 



280 



rÊciiE 



I 



ClIAItLES IIa1.'..0CK 

Kn 187'-{, HoT'per Brothers, de New-York, ini)triinai«nt, 
en U!i voliinic in octavo, les noiubrenx ^^crits sur les Ihos 
à trniie et les riviùres A siiuînon, (|iio l'auteur, Charles 
Hallock, fivait seiiK's, dans les Iteviies, i'i<\, aux Kiats- 
Unis. C'cl lardent f<j)ort.sii)a7i, |»endiiiit noiulne d'unnéee» 
rfdacti;ur-tn-cliet' du j<iurniil ln'hdoiiiailai'e " Forcst ((• 
Straiiii," juldicatioii l'oit rciandui- aux l",tuts-l'nis et 
iii C;uia'!:i, îivait laissé llittter sa niouc!i( , sur la iilu|iart 
i\ii.-i rivières du nord du continent : nul ]<\a\- ., u lui, donc, 
ne semblait autorisé \ traiter de pêche ex catLcJrâ. 

M. Hallock, par la publication du Fisiiing TouniST, a 
rendu un service ina})précinble aux disciples d'Isaac Wal- 
ton. Son Guide Book embrasse : 

12. Labrador and New-Fonnd- 
land. 



1. Long hland. 

*). The Adirondacks. 

3. The AlU'îihanies. 

4. New-England. 

5. The. Schoodics. 
6* Nova Sn/'id. 

7. Ca])f Brttnii. 

8. New-Bru)'snick. 

9. Baie des Chaleurs. 



13. Aniicoit!. 

14- Thr Ottawa Blatrict. 

15. Thv Suptrior liegiun. 

16. The Micliiijan-Pcnhisula. 

17. Thi'' Bi,/'" Woods. 

18. 'I h<' Pacific SIojjc. 

1 9. Bloomiiuj Grove Park. 



10. The Loyer St- Lawrence. 20. Naturaland Artificial-Pro- 

11. 7 lie SaijiiiWiy. pagation. 

sans compter une étude assez étendue sur la proiiagation 
artificielle et Uiiturelle du poisson aux Etats-Unis et en 
Canada. 

Le programme est vaste, n'est-ce pas ! et le Canada y a 
sa large part. Tant mieux ! 

Saumons francs, truites rouges, blanches, grises ; bro- 
chets, bars, dorés, poissons blancs, achigans, maskinongés : 
bref, tout ce qui respire, se meut, frétille dans la plaine 
liquide trouve place dans son admirable répertoire. 



cil. .UNIQUE DE l'ECIIU 



281 



Charles Ilullock, l'infatigable sccrtjtaire du club de 
poche, Bluomlmj Paik Attuociation, vous dira dana quel 
mois, à quelle date, il quelle heure du jour? si c'est i>eu- 
daut un tevips clair ou sombre? (\mi le poisson devra 
mordre; quel appût, quelle niouclio le tentera? fixant 
d'avance et avec prcci.sion lu njouclie à être employée, 
l'e^spèee de piiuguo, li; i,niide fuiLdticr ijue vou.s duvez 
choisir ? san^j omettre iij.s [)rovi.sioiis du voyage ; l'utilité 
des alimeutb conservés en cuni-strcs : homards, fsardinns à 
l'huile, jambon, poulets ? les spt'cljlques contre la morsure 
des mouotiques ? jus(iu'au.\ stintulauts de rigueur: thé, 
café. Prohibant atiictoun'nt l'usage des sinrltueux, au 
camp, et précuni.5ant comiuv: breuvage, l'onde friitche de la 
source voisine, à qui tient à cmiserver bon bras, bonne 
jambe, esprit dispos jtour lutter avec succès contre salino 
t^alar, le vaillant roi des lleuves, relancé, tout irais, des 
profondeurs de l'océun. 

<Jharles Hallock, à l'en croir, avait en partage la vo- 
cation du pécheur, peu de tem))S a]>rès être sorti de>j bras 
de sa nourrice. Voici comment il nous peint les jours 
sans nuages de sa jeunesse, l'heureux temps où tout chante 
en dedans de nous. " Il y a maintenant vingt-six ans 
que je laissai flotter ma première mouche, dans les remous 
et les rapides, frangés d'arbres, du New-Hampshire. De 
forte taille, très alerte, j'étais alors un fier jouvenceau dont 
le sang bouillonnait dans les veines. 

J'escomptais d'avance la vigueur de mon âge mûr. En 
été, ma suprême félicité, c'était de coucher en plein air» 
dans une hutte de branches, construite par moi au haut 
d'un tertre, au pied duquel serpentait un limpide ruisseau 
à truite, près de la métairie de mon père : c'est là, où s'éveil- 
lèrent mes instincts de pêches, ou se firent les rudiments 
de mon éducation forestière. Avec le temps, j'en vins à 



282 



PÈCHE 



connaître au parfait, la tannièrc de chaque blaireau du con- 
ton. Je pouvais idi^ntifior à premicke vue, ch ique dcuronil, 
tons les f^visses du voisinage ; le tronc d'arbre renverse où le 
Tétras venait h l'aube, f lire l'appol à ses sultanes, le nid 
«le corneilîo en mai, l'arbre creux en octobre, où une mar- 
motte avait établi F-a demeure. Kn juin, j'écoutais les 
cailles e^ les perdrix n]>pelant amourousemont leurs com- 
pagnes et je savais où truuver les jeunes après l'écloision. 
J'avais toutes esjièces de favoris : des écureuils apjaivoisés, 
di's conieilles, des épt'rv.er>', dos hiboux, dociles à ma voix ; 
des blaireaux, pour familiers. La l)a-;se-cour comptait 
pour moi bien des groupe.-) uuiis. Je fai-ai-, le trajet des 
pâturages aux é'altL's, pereli'' sur le ù.>.- des bète.-s de ferme. 
Je m'étais un jour hasarilé à .lOii luir.:; à la fois en liis^te 
quatre iioulaius indnm[iti!'S. J'avais fait sauter du pont, 
dans la rivière, ma monture, — un àntjn (pie nous avions, — 
au grand ristpie de me rompre l'éiiine dorsale. J'avais 
dres-é :;ne g.'ui-,se, à me j.ermettre d'appuyer sur les rudi- 
ments de ces jeuiK-.T eoi'ues, mou fusil, poui' viser plus 
sûrement. Quant à la pêeh", j'en raifolais. 

Il y avait au fonii des solitudes forestières, de grands 
lacs, ayant à bjur déeliarg;.' des moulins et des écluses où 
fourmillait le brochet. H y avait aussi, ô l)onheur suprême I 
de limpides cours d'eau, s'élancant alègreUient de la cime 
des monts ; leur fraeas, leurs ondes écumeuses semblaient 
me redonner une existence nouvelle, une exubérance de 
vie. " 

Ne soyons ]ias surpris si ]tour cet enfant torrihle, il 
fallait un cham[) convenable à son activité dévorante ; 
et (pi'il l'ait trouvé, dans les scènes émouvantes d*^ la pêche. 

FUEUKKICK TOLFREY 



The Sportsman in Canada by Fredjpjck Tolfrky, au- 



CHRONIQUE DE PÊCHE 



283 



thor oî " The Sportsman in France, 2 Volumes, London 
— 1845. 

Je dois h l'obligeance de M. Faii-child la connaissance de 
ces rari-:simo3 voîum-g, sur 1 ; sport o!i Canada. 

La garnison du notre bonne ville, il y a de cela soixante- 
onze ans, comptait parmi son personnel, un jovial et frigant 
jeune officier : le jouvenceau se nommait Frederick TijllVey ; 
il n'avait que vingt et un ans. Né, en Angleterre, en 1795,' 
d'une famille bien posée dans la société, on l'avait ex])édié 
an Canada avec une commission d'otlici* r on poche, pour 
l'aria-clier i\ une liymenée qui n'étnit pas du g.,ût de ses 
bons parents. Un vaisseau de g u-rre, un tvamport, nommé 
la Lime, devait foire route pour Québec, peudunt l'au- 
tomne de 1815. Tolfrcy y fut emliarqué ; un contre-ordre 
de son père lui fit quitter ce vaisseau, au moment du départ. 
Il fut envoyé à Caén, en France, pour y étudier la 1 mgue 
française. La providenc .; veillait sur Lui. La Lane, en're- 
montant le ii'.'uve St- Laurent, obstrue de glaces on décem- 
bre, fit côte sur une île à dix lieues d'Antico.,ti, et de tous 
les passagers et de l'éq.:ii)age, il ne se sauva qu'un seul 
individu, qui faillit mourrir de Li misère qu'il endura. 

Débarqué à Québec, pendant l'été de 181 G, M. Tolfiey 
se rendit fort populaire pnY ses manières franches et en- 
jouées ; sa naissance, son éducation, son amour dos n-u- 
nions sociales, lui eurent bientôt assuré une entrée dans les 
meilleurs cercles. 

Il combinait avec sa pas.^ion pour la chasse, la poche, 
l'é^iuitation, nn goût prononcé pour le théâtre. Comme les 
acteurs de profession étaient rares à Québ-c, en 181 G 
M. Tolfrey, secondé par les otficiers supérieurs de la 
garnison, tel que le colonel (plus tard le général) Cockburn, 
le colonel Durnford, du Génie ; plus tard, les lords William' 
et Frederick Lennox, fils du duc de liichmond, gouver- 



284 



PÊCHE 



neur de la colonie, le capitaine Fitzroy, le docteur Lloyd, 
de l'artillerie, l'aieul de M. Jas. Lloyd, avocat de Québec 
et plusieurs autres, se mit à l'œuvre pour improviser des ac- 
teurs. Deux bonnes actrices de New- York fiirent mandées • 

> 

avec ce corps dranuitiqnc, on joua plusieurs des drames 
anglais les plus en vogue. La tragédie de Douglas, Ii\f)h 
Life hehnv dairs; She stuops to conquer ; The Iloney 
Moon ; lîalsiny the Wlnd, etc, et attiraient cbaque soir 
dans )iotre théâtre tout le monde fashionablu de la vieille 
capitale. La recette nette atteignit le chiffre de 8240 par, 
soirée ; ou la déposait entre les mains de l'aunionier, du 
régiment, comme fonds, pour aider les émigrés indigents 
qui vemàcnt du vieux pay.s. 

Eu septembre, les courses de chevaux attiraient la gente 
fashiouable aux plaines d'Abraham. 

A la saison des frimas, le militaire se réunissait à la 
bourgeoisie, aux hommes de professions, aux riches négo- 
ciants de la rue St-l'ierrti. On or>Tanisait le Tandem et le 
DrivivAj Club. Puis, venaient la grande chasse au Ca- 
ribou, avec Gros Louis, lcHuron;la pêche à la petite 
morue dans les cabanes sur la glace, a l'embouchure du 
Saint-Charles ; le pique-nique obligé au cône de Montmo- 
rency ; la course eu cariole, en mars, avec des Dames à la 
Jeune Lorette, puur y déguster le sucre d'érable ; les bals 
annuels de souscription — Assembly Balls — à l'Union 
Hôtel, en face de la Place d'armes ; les banquets et les 
soirées vice-royales, chez Sir John Cope Sherbrooke, plus 
tard chez le duc de Kichmond, au Château St- Louis : les 
soirées musicales des Perceval, à Spencei-Wood. 

Au 24 avril, on attendait avec impatience, la débâcle du 
pont de glace. Queliiues jours plus tard, on notait l'ar- 
rivée des bécassines au Bas-Bijou, sur les grèves à la 
Canardière, les volées d'outardes, à destination de St-Joa-' 



<3 



CHRONIQUE DE PÊCHE 285 

chim des Battures Plates, de l'Ik-aux-Oies, de la Batture 
aux loups-marins, de Kamouraska, de l'Ile Verte de Ri 
mou ski, etc. ' 

En juin, préparez- vous à suivre M. Tolfrey, en quête de 
belles truites aux lacs Beauport et St-Charles, au Mont- 
morency. M. Tolfrey, entre autres exp/^ditions de chasse 
décrit avec bonhe.ir, clh qu'il fit avec un Q-c^bec' 
quois distingue^, M. Grant. n(^gociant fort important • 
comme quoi cet habile Nen^ro.l par erreur, coucha en jon.' 
les 2?lan8 ou canards apprivoisé, d'nn chasseur de Tlle 
^erte, et comme quoi il les immola impitr.yablement, au 
milieu des huées de son compagnon. 
. Evidemment, la vie de garnison à Québec, en 1816, était 
plus gaie, mieux remplie qu'à présent. Deux régiments 
de troupes réglées, une ou deux compagnies d'Artillerie 
I^oyale, une compagnie du Génie, une escouade de Sapera 
and Miners, les officiers de l'ordonnance, et du commwsa- 
riat ; voilà la garnison de la vieille ville telle qu'elle l'était 
encore, en 1871, au départ des habits rouges. La cita- 
délie actuelle n'existait pas alors : elle fut construite de 
1823, à 1830. Les casernes princiimles, étaient, le corps 
du collège des Jésuites ; les casernes, près de la porte du 
Palais, hébergeaient l'Artillerie et le Génie ; le gouver- 
npment Impérial avait loué des résidences privées dans la 
rue Saint-Louis ; les officiers occupaient la grande bâtisse 
rue Saint-Louis, ffu'sant face à l'Hôpital militaire (le 
palais de -Justice actuel,) où avait résidé le ]x^^^(, en chef 
Elmsley vers ISlfo, et où réside maintenant le Col Forrest. 
Les deux superbes volumes enjolivés de nombreuses 
hthographies, de M. Tolfrey et qu'il semble avoir tenus 
en portefeuille de 1816 à 1845, ne sont pas seulement 
d'aimables chroniques pour le sport : ce sont d'intéres- 
santes peintures des hommes et des événement pendant 
les cinq années que ce sportsman passa au Canada. 



28(5 



PECHE 



Geoi.gk Dawson 

TiiE Pleasl'UES of Anglixg : hy Geoiige Dawson, 
Skeldon é Co., Ncw-York, 1876. 

Voilà un cliarniant volume, aitistement illustré, que 
riiistoriogmijhe d'une fiimeiise partie de }êche, sur la 
rivière Cascai'c'dia, M. George Dawson, d'Albauy, livrait 
à la publicité, il y a maintenant onze ans. M. Dawson 
décrit d'abord les rudiments de l'art, la pêche au ver, etc., 
selon lui, la partie prosaïque de son sujet ; puis, il nous 
sert un plat à sa façon : de l'ambroisie, — le côté poétique 
de cet amusement incomparable. 

La pêche a plus d'un aspect riant, ne l'oublions pa^. 

Vcici, un de ses délicieux chromos de la iiêche, comme 
il l'entend : " Ce serait errer du tout au tout, dit-il, que 
de croire que la p'êche ne consiste qu'à prendre des pois- 
sons. Capturer les habitants des fleuves et des rivières, 
c'est bien là le fonds de l'ait; nuiis ITure, le sens intime 
de cette récréation git ailleurs. 

Lu voix reteniissaute des ruisseaux, laméloiie printa- 
nière des oiseaux, les corolles épanouies dos fleurs des bois 
qui tapissent la vallée eu tous sens ou qui festonnent les 
flancs ensoleillés des coteaux, le rocher couvert de mousse 
et de lichens, les rayons et les ombres du jour se fondant, 
se jouant en contrastes sur la cî'.ne des monts, ratuios['hère 
fortiflante qui obsède le pêcheur, l'odeur suave des massifs 
de pins, de pruche, d'épinette, de cèdres, plus doux à ses 
sens que le paifum artiticiel des boudoirs fa^hiouables, le 
nimbe humide qui plane au dessus de la cascadi% la gra- 
cieuse courbe du ruisseau qui serpente en murmurant, le 
rapide aux blanihes écumes, les profondeurs diaphanes du 
remou ombragé, à la mi-été recherché par le saumon 
argentin et la truite diaprée, l'appétit restauré, la douce 




CHIiONIQUE DK l'ÊCIIK 



287 



qunîtudc. partagée par le pdclicur sur son svaiit de sapin 
au purfum pénétrant, illuminé à travers les soudures de 
sa tente ou l'écorce de sa hutte, des layons du soleil ou de 
la douce clarté de l'astre des nuits, l'hymne matinal du 
merle, la vigueur, l'élasticité L^ue le grand air des monta- 
gnes iuhltre aux poumons, le pétiHenient du feu impro- 
visé au camp dès l'aurore ; bref, la sauté, la vie nouvelle, 
dont jouit le pécheur, assailli des agréables souvenirs et 
des scènes récréatives de ses pt'.ches d'autrefois sur les lacs 
et les rivières; voilà selon moi l'âme et l'esprit de ce 
noble amusement. " 

Pour un amant de la nature, pour un pêcheur émérite 
comme M. Dawson, l'existence devait être bien douce, bien 
reiuplie. aux bassinn de la yrande Cascapédia, entouré 
qu'il était pendant cette première et méniuialde excursion, 
d'esprits d'élite et desympathlipies cunipagnons de vuy.ige.' 
L'appel du matin réunissait au luéiue eaïui», i'éminJnt 
président de noire Cour feuprèino, le juge-en-ehef liitehie, 
le .savant juge-en-clief de la Cour .Supérieiire du AIus- 
sachusett, le juge Gray, l'ami de l'arkmaii, profond juris- 
consulte, houmie d'un physique imposant, doue de 
qualités sociales qui l'ont rendu l'idole d'un nombreux 
cercle d'amis, comme M. Dawson, se plait à le reiéter, du 
colonel P. Aichie Pell, de Staten Island, le Uirde de i'ex- 
péditiun, de M. li. Dunn, banquier de Xew-Yoïk, et enliii 
du général Arthur, appelé i)lus taid, à remplir les fonc- 
tions de président des Etats-Unis. 

Ces hommes de science, d'étude ou d'affaiies ..'étaient 
tous donné rendez-vous sur les rives "doux lie uraiites " 
de la Cascapedia, dont ils avaient loué cette année là les 
privilèges de pêche. Ce n'est là qu'une faible partie des 
hommes distingués, des fonctionnaires d'état qui sont allés 
passer leurs vacances à cjt elysée des pêcheurs : nos 
vice-rois, Sir Edmund Walker Head, les lords Dufferin, 



288 



PÊCHE 



Lorne, Lansdowne n'ont pas tardé à en découvrir le 
charme. 

En août dernier, Son Excellence, le marquis da Lans- 
downe, expédiait en présent i\ Son Eiuiueuce, le Cardinal, 
Taschercau un superbe saumon capturé par lui dans Tance 
de la Cascapedia. 

Le trajet de Québec aux estuaire.^ à saumon, se fait de 
la Baie des Chaleurs, avec une célérité et une somme de 
confort qui ne laisse rien h désirnr : d'abord, de Lévi à 
Dalhousie par les chars Pullman, de V Inlercolonial ; de 
Dalhousic, à Paspebiac, New Ricluuond, Gaspé, etc, dans 
le beau grand vapeur L'Amiral. 

Si la pêche au saumon et à la truite au Canada est la 
source pour les amateurs, d'inénarrables jouissances pour 
l'économiste, elle a son côté utilitaire : nos estuaires a sau- 
mons dépassent le chiffre, de 60, et nos lacs et rivières à 
truites surtout depuis l'o'.verture de la nouvelle voie fer- 
rée qui mène au lac Saiiit-Jean, se comptent ] ar cen- 
taines. Rien de tel chez nos opulents voisins, aux Etats- 
Unis ; une bienfaisante Providence semble nous avoir pres- 
que assuré ce monopole : à nous de le faire fructifier. Pro- 
tégeons et faisons connaître au loin, nos rivières au sau- 
mon : sources si précieuse de revenu pour le domaine 
public. 

En 1863, nous indiquions aux amateurs de pêche, dans 
le petit traité Pêcheries du Canada, nos estuaires h sau- 
mon comme suit : 

L'Ei<quimau. — Ptivière qui anciennement fournissait 
par saison 52,000 saumons. 

Corhewetpeche : — Voisine de la précédente, — Bonne pro- 
vision de saumons. 
Ste-Augustine : — Egalement poissonneuse. 
La Baie au Mouton : — Bonne station pour le saumon^ 



CHRONIQUE DE PÊCHE 



289 



La Petite Meccatina .-—Bel estuaire à saumon. 
Netagami : — Cours d'eau profond et cascades : truites 
en abondance. Le saumon remonte jusqu'aux chutes. 

Napetiteepe .-—Se dt^charge dans une baie spacieuse. Le 
saumon y abonde. 

E'amami : — Célèbre i)our S'is s;in:noii=i. 
Coacoacho : - Déboacbe dans un hvixn bassin. Bonne 
pour le saumon. 

La Romaine : — Ptivière large, mais peu profonde. 
Remplie de truites argentées d'une saveur exquise. 

Musquarro :^VàyK'Ye rapide, escarpée. Bonne pour la 
mouche ou le rets. 

^ Ke(ja.<1thi : — Le saumon ;.b )n le dans la baie : les ra- 
pides lui birrciit le p:i«âafe. 

Gvaml Xatashrjiuui : — Kivière en ix'uorn, remplie de 
saumons de la plus belle espèce. 

Arjtninlxh :—B )vm uovd-est de la seigneurie de Min- 
gan. Rivièrj ^iinde et ix.)is-;oiuieuse. 

PashMxhÀi'hoo :— De grand.inr nioyeime : assez poisson- 
neus'.'. 

^ Muujdn.— Wimne pour le rets et la niou(;he : les bas- 
sins eontioîinent tonjours de gros saumon'^. 

Le Manitou.— \\\W,.nt de la rivière Mingan, aussi 
connu et aussi poissonneux. 

Lq Saint.Jean.—Ov:im\ cours d'eau, excellent pour 
le saumon. 

U Ruisseau à la Pie.-Petite rivière rapide, assez 
bien fournie de saumons. 

Le 8mv Bill.^ Assez étendu : ou y tend des rets. 
Le Manitou.^Vne chute perpendiculaire en^^bstrue 

19 



290 



PÊCUE 



l'eiitide : lu truite et lu saumon se reudeut à son embou- 
chure. 

La rivière Moisic, — En renom, à cause de ses gros sau- 
mons : bonne jiour la pêche à la mouche et au rets. 

La sainte ALirguerite (en bas). — Fourmille de saumons 
et (le truites. 

Lu Pentecoi^tc. — Ihiisseau rajâde et profond : son em- 
bouchure est garnie de rets stationnaires. 

La Baie Oc la Trinité. — Station favorable pour ceux 
qui prchent à la mouche ou au rets. 

Le GoJhoiit. — lîivière dont la renonmn^'e est étendue 
au loin. La j^éche au rets dnns cette rivière est très v6- 
muiiérative. 

La rivière Aii(jlmt<c. — Se dcfcharge dans une baie pro- 
fonde : le snunion et la truite y abondent. 

La Ikibintii:— Va&te rivière, avec de nombreux afUuents. 
Le l'nypfigecst charmant. lîemplie de grosses truites. Elles 

n e sautent à la mouche que sur les atUuent<?. 

Le Kit<intC'tvccav:iui.')}. — Tributaire de la Bersimis : ruis- 
seau f(:érique avec des cnscadep. Paradis terrestre pour 
ceux qui \ êchent à la mouche. 

La J&réDiie. — Ou y prend de petites truites : poste 
pour les pelleteries. 

Les rivières Colombier, aux Pluviers, Blanche — sont 
bonnes pour le saumon. 

La rivière Laval : — Cours d'eau pittoresque, entrecoupé 
de petits rapides et de bassins étroits et profonds. 

Le Portneuf : — On y pêche, avec agrément, la truite à 
la mouche jusqu'à la première chute. Le saumon re- 
monte plus haut ; on tend aussi des rets où la marée se 
fait sentir. 



CHBOXIQDÏ DE PÉCIIE JJl 

Le Sault au Cochon -.-D^s chutes trop élevés em 
pèchent le saamon ,1e remonte,. : rempli Je truites! 

Le Gvarul E.,coumam ^-Célèbre p«r le m,sé pour 
son sanmon L'éduso d„ „,o„lin contient „n p^." 

:::ttts'"""°^'' ■•"'"'* •'---"H..ero„;:::: 

Les (;«,«,te ftTy«-o««f, ,_„s,ez bonnes pour le sau- 
mon et la truite. Ces deux rivif.res ne sont ,, '.V „„el„„A 
•miles du Sagu.nay et de Tadoussac, ^ 

Rivlirm ,,ui dSouchmt <Jam le S(,,,ucmy. 

P^(;( ».;y«c„„,, :_ Ki.,;.,,, „,„,, OM.sidùable : on y 
pèche à la ligue ou avec le ruts. 

»S^J«Ol (on haut) :-de m^iue. 

/?/.i^r.. î,a .. déchargent dans le Saint-Laurent 

La II. noire ou a^u- saumons :-anciennement. pois- 
sonne use. ' ^^^ 

La Rl/.nr.y .-arrose une magnifique valk^e. On 
J prend du saumon. 

La R. f?it Go?///>e :_fort dc^tériorée. 

^^"R. SaUte.Amie:^;io\\, rivière: depuis quel- 
quelque temps on pêche du saumon plus bas que la chute 

Le Montmorenci .-Elle a une cataracte à son embou- 
chure ; elle fournit, en remontant, ver. sa source, beau- 
coup de truites. 

Le Jacques Cartier -.^^ialion célèbre pour la pêche 
au saumon. f'^v-uc 



292 



rÊcuE 
Côte du 8ud 



La rivière- Ov elle : — Bien fournie de saumons : l'écluse 
est en décadence (1863). 

La R. Grand Métis : — Grande rivière avec écluse. 

La R. Matane :— Belle rivière au saumon. 

La K. Ste-Anne : — Anciennement fort poissonneuse : 

^ La It. Mont Louis : — Cours d'eau important : mieux 
apprécié récemment pour sa truite de mer que pour son 
saumon. 

La Magdeleine : — Limpide— bonne pour le saumon. 

La li. Dartmouth : — Cîrande rivière qui débouche dans 
le bassin do Gaspé ; le saumon y foiinnille. 

La R. York : — de même. 

La R. St-Jean (du snd) de même. 

La Grande Rivière. : — Remplie de saumons : elle fait 
tourner un moulin. 

La R. Grand Paho^ : — Station pour le saumon. 

Rivières débouchant dans la Baie des Chaleurs 

La R. Grande Bonaveidure : — rivière vaste et pré- 
cieuse ; plusieurs tributaires : le saumon y abonde. 

La CascaïKdia : — Le grand et le petit Cascapedia 
fournissent une quantité du saumons, 

La R. Nouvelle : — La baie est bonne pour la pêche au 
saumon. 

La Ristigouche : — Noble cours d'eau avec de magni- 
fiques tributaires, situé au haut de la Baie des Chaleurs, 
le saumon le fréquente par milliers. 

La Matapedia r^-Branche de la Ristigouche : le sau- 
mon la remonte près de quatre milles. 



CHRONIQUE PE PÊCHE 293 

La Miatouche : alimente le Kistigouche, rivière au sau- 
mon. 

La marée remonte dans presque toutes ces rivières 

Celles sur la rive nord d» llouve coulent à travers de 
sublimes et pittoresques rochers ; presque toutes sont ali- 
mentées par des lacs. " 



Nous empruntons au Mominrj Chronicle, du 22 juin 
1886, la liste de ceux qui sont allés pêcher le saumon 
cette saison : elle excède en étendue celle des années pré-' 
cédentes : 

Dudley Olcott et J. M. Lansing. Albany. au Camp 
ACbany, sur la Ristigouche. 

J. H. de Mott, Alfred de Cordova, James Welch Wil- 
hams Eobbins. M. Stari, tous de New-York, au Camp 
Beckless, SUT la Ristigouche: banquiers et courtiers bien 
connus dans Wall street ; pour la cuisine, ils se sont assurés 
les services du célèbre Thos. Keane. chef de cuisine du 
yatch Reckless, de Maryland, Virginie. 

J. C. McAndrews, directeur-président de la banque de 
Montréal, à New-York. Le refoulis de la glace au prin- 
temps dermer, saccagea son cottage ; le cottage a été depuis 
restauré. M. McAndrews pêche dans la Eistigouche. 

Dean Sage, et C. F. Lawrence, d' Albany, W. P. Clyde 
et J. Bryan, de New-York' sont au Camp Sarmony, sur 
I» JRistigouche. 

David Law, de Montréal et Allan Gilmour, (FOttewa 
pèchent sur la Godbout : leur place de pêche favorite 
depms plus d'un quart de siècle. 



294 



PÊCHE 



Le Capitaine Sweeney, d'Albany et le c«51èbre comédien, 
W. J. Florence, de New- York, pèchent sur la liistigouche. 

D. T. Worden et son (îpouse, J. G. Heckaclier ; M. H. 
Hollister et autres du New- York, passent leurs vacances, 
h Matapedia ; ajoutons-y le g/nénil Sir Donald Stewart V. 
C. et le gém'ial Sir John MoXeill, A. D. C. do lu Koiiie; 
H. Hogiin et M. Cuvillier, du Mmitréal, ainsi (^uo le Colo- 
nel Kgertun, de New-Vuik, sont eam|C's sur les rive;, de la 
rivière Moisic. 

II. G, Dnun, de New-Vurk, est i\ New Ifidiiiiond, liaie 
dt s Chaleurs. * 

L'année dernière l'ex-pri'sident Arthur accomi)agna AI. 
Dunn; l'ex-président est trop gravement indispose', cette 
année, pour tenter cotte excursion. 

T. Thorold, M. Bonncr et h Capitaine Haines, d'Angle- 
terre, pèchent sur la Moisic. 

L'hon. J. J. C. Abbott et quelques amis de Montréal, 
so:it partis pour pêcher à la roiiite-aux-Esquituaux. 

S. Waddell et ses amis, de Montréal, pèchent à la rivière 
Moisic. 

James Grant, de Ravenswood ; A. L. Barney, C. T. 
Barney, M. C. Barney, W. B. Williams, de New- York ; 
G. T. Lyon, d'Oswego, et le Dr J. A. Aslitod, de Dobbs, 
Ferry, N. Y''., membres du club Ste-Marguerite, sont campés 
à la rivière Ste-Marguerite, C. B. 

Ajoutons les membres suivants du Club St-Bernard, 
descendus à Louiseville, B. Q., pour faire la pêche à la 
truite dans leurs lacs : Brent Good, de New- York ; le gé- 
néral Henry, de Burlington ; J. F. Henry, de New- York ; 
Eing Boynton, Morristown ; F. B. Stearnes, G. M. Hard, 
J. W. Haie, W. Lock, A. W. Allan et C. M. Simpson, 
tous de New- York ; J. W. Brock et C. Eeid, de Mont- 



CHRONIQUE DR PÉCFIIÎ 



295 

ixtor 



pelier Vt et A. W. Hig,,i,„, G. R. n„yco, I). M. H, 
et b. h. nurnliam, de niitlnii.l, Vt. 

Un „on,br. ,1,, vi.,ite„r, ,o„t „ll,^, ctta sais,.,, a>, l„o, 
to ,, 1,.,,,, „,„„,. ,.,,,„i „., ,|„„,.^.,,^ ^^_^ '^^ 

ml S,ckK .1. ll„rli„„, Vt; II. |!„,„„„,, [.. a. JW.r 

.0 M„„t,val .t a„t,.,..s ; o„ y c,„„v. ,.„ cv „„„„e„,, f,,',: 
uoiuiiiiie (lu SporUmen." 

Q'iéboc, juillet ISSO. 

ALFIiHI) M. MAVEU 

Si'ouT Win, Gi'x AN.. K„, ,, Amiiucan Woons and 

</je Steccns Insiitute ôf Tcch.oloov^ - 888 payes, _ 
. -V'e^t'.lo^i-, ïhkCentuuyCo, 188:3. 

Voilé. ;\ coup ,sûr, connno omuto ty,,r,..r,,|,hi juo ^;/î^s^.^c 
et auss, sous lo rapport ci,i n.^rito int.insèque. la plus 
complète collection d'écrits sur le sport, qui ait encore vu 
lo jour, en Amérique. 

Le professeur Mnyer. aurait bien mérité <le.s xporUmen 
mêmes II se fut l,ormW\ collectionner, sous ce f-.rmat rie' 
luxe, les pièces fécondes qui co.ni.osent le. quarante deux 
chapitres de son superbe recueil. 

D'après la préface, ce serait lui qui, 1, p,emior aurait 
sugg-re au rédacteur du Ceaturj Jfaya:inc, le projet 
que cet e Jicvue lui a plus tard permis de réaliser : réunir 
ensemble, classifier et ré-éditer en un magnifi p.e volume, 
orne des dessms. des vignettes, des papages qui ont 
ajouté a cette Revue, tant de relief. les écrits remarquables 
sur la chasse et la pêche, disséminés dans le Ce>ituru Ma- 
gazine, depuis sa fondation. 

M. Mayer a fait plus q;ie cela ; il y a consacré comme 



296 



PÊCHE 



complément, drs travaw de mérite do sou crû, sur la 
chasse, la pêclie, rarinemi'nt du chasseur etc. Sun mé- 
moîre sur le Chasseur rr^'liistorique, que nous avons ana- 
lysé', est l'œuvre d'un savant : ses aventures dans la forêt 
avec les perdrix et les cailles sont fort bien narrées. 

Si'OiiT WiTir IJOD A>D GUN, ])iv,>5ent<i plus que la fine 
fleur de la littérature du sport, ressassée des colonnes du 
Century Maijaz'ine. L'auteur à su mettre à contribution 
des esquisses de chasse et de pêche, etc., • nlV.iées à l'étran- 
ger, etc. Le co'.nte de Dunraven, que nov^ nous rap- 
pf:'lon'=î avoir v<Mif^ontré ii B Minioro, '"li-'z le col. E'^odes, a 
aussi fourni sou contiuLfeTit : un as;réal)le ré-cit d'une 
chasse à rorio;nal au Canad;i. Charles Dndley Warner 
figure, au volume, eiuume l'auteur de deux écrits humoris- 
tiques, intitulé, le premier " Ma première rencontre 
avec un ours ; " le second, relate la lutte à outrance que 
le joviale pêcheur engagea avec une truite, dans un des 
lacs des monts Adiroudacks. John Burroughs, le spirituel 
auteur de Wake-Rohhi, Birda and Poets, Winter Sun- 
shine, Locusts and Wild Honey, etc., donne un extrait du 
journal qu'il tint, dans une expédition de chasse et de 
pêche, de Québec au lac St-Jean, etc., à travers la forêt, 
sous le titre de TiiE Halcyon in Canada ; puis, l'on 
trouve comme accompagnement, une étude curieuse, sur le 
tir à l'arc, par Maurice Thompson, etc. 

La première partie du volume est consacré à reproduire 
des récits de chasses aux Etats-Unis et au Canada ; l'ours, 
le renard, le bison, l'orignal, le bouquetin, l'antilope, le 
caribou, le chevreuil, le bœuf musqué en font la mise 
eu scène. 

Puis, vient la pêche à la truite de lacs, de la truite sau- 
monée ; la pèche au saumon, à l'achigan, aux marsouins, 
etc., suivie d'une étude sur les chiens de chasse, des chasses 



CII'.ONIQrE DE PÉCIIE 



297 



h la perdrix, i\ la ciille, h la bf<cas^o, aux canar Is, aux râles ; 
le tout se termine i»ar des recherchas sur l'origine désarmes 
à feu, du moulinet, de la cinue de M\e et antres atti- 
rails du sport. 

IIENllY p. WhLL^. 

Un joli volume du 1 6G pa<,n'.s avi.'c vignette, carte de 
nos estuaires à ..-^aumon.s et intitulé " THli AMhiiiCAN SAL- 
MON fisiiehman" iious arrive tout pini|)autdbs presses de 
Harper Bros, de New- York : résumé clair et concis des 
recherches récentes d'un amateir, AI, Henry P. Wells, 
avocat de cette ville. 

C'est un petit manuel, un guide destiné i\ la direction 
et à l'instruction de jeunes pêcheurs. L'équippement 
complet pour la partie de pêche : le matériel indispen- 
sable : la gaffe, la. canne de pêch'-, la hgne, le; hameçons, 
les mouches, le mode le plus sûr pour prendre le pois- 
son, les habits en caoutchou pour le canot ou la tente, 
les aliments les mieux ada[)tés à la vie forestière, les pré- 
servatifs contre la morsure des mousti(iues, des " brûlots " 
etc., voilà autant de matières, auxiiuelles M. Wells con- 
sacre quatre chapitres, sans oublier d'encourager notre Gou- 
vernement à persévérer dans ses louables efforts pour re- 
peupler de saumons nos rivières et nos fleuves et sans 
nian(iucr de comlamner dans les termes las plus énergi- 
ques, le seiiKuje excessif qui se fuit en tout temps à leur 
embouchure, et détruit le poisson. 

La manuel contient, ce (^ui nous seml)le utile, un tableau 
complet de nos rivières à saumon : ])our la préparation 
duquel, M. Wells remercie cordialement uu pêcheur émé- 
rite de Montréal Al. J. W. Skelton, aidé de la coopération 
de cette branche des pêcheries, attachée au département 
dis terres de la Ooaroniie, dirigé par AI. E. E. Taché. 

M. Wells est aussi l'auteur d'un écrit intitulé : Fly 
RoDs AND Fly Tackle. 




Auciuu Manoir du Jii_,'j-.ii-.jh f, Hir Jamks Stca:;t, h Dusohiimbault 
liésklcuc-: d'été 'le M. Fuivchild. 



George m. Fairghild, Ju. 

Le sport, aux Etat-i-Unis, a ôvidemraent, comme on a pu 
le voir, jeté des regards bienveillants sur nos nombreux 
estuaires à saumon et sur nos lacs à truite, grâce aux 
brillants tableaux et aux peintures séduisantes qui en ont 
été faites. 

Nous avons à ajouter h la liste de nos bienfaiteurs, un 
écrivain qui, jeune encore, promet une longue et utile 
carrière, comme agréable chroniqueur de parties de pêche 
au Canada, surtout aux enviions de Québec, comme litté- 
rateur, collectionneur de livres sur les premiers temps de 
la colonie et comme Canadien aux idées de progrès. 

Eu attendant une édition coui[ilète de ses œuvres, nous 
signalerons ici quelque-uns de ses écrits : " Winter S^wrts 
iv Canada, 1873 " et " Sitmmer Sports in Canada : 
1874, " tous deux insérés dans la publication hebdoma- 
daire, de New- York " fores r & stueam " ; ce sont d'in- 
téressants compte-rendus d'expéditions de pêche, dans la 
Province de Québec. Puis, de p dpitants récits : " Québec 



r 



CHRONIQUE DE PÊCHE 299 

to Lake St. John. " A Snow Shoe Tramp to the Sa- 
guenay Hiver " en 1874 et en 1875. 

" Winter Life in the Far North, ot " Winter Camp 
Pires in the Far N.orth, " ins(5rc's au Keiv-York Mail, en 
1876, forment un salmigondi instructif où les annale/ca- 
narlienne.s se mêlent an sport, sans lui n.iire le moins du 
monde. L'auteur revêle un pinceau délicat ; — de plus 
un rare talent pour la description, dans ses écrits si pleins 
do 1 arôme des bois " On the Jacques Cartier " et " ITalf 
Hours ivith Chrlstopher Korth in hU Shootinrj JackH " 
qui vn-ent le jonr, en 1878. 

Le Times de New- York contenait en 1880, de belles 
pages, intitulées « Caribou Hantinr/in Canada" ; fores r 
& STREAM, reproduisait, en 1881, en série : " Fotes of 
ananrjler in the North : » probablement le meilleur écrit 
de M. lairchild, sur la vie forestière au Canada, ou l'his- 
ton-e la légende, les aventures personnelles de l'auteur se 
coudoient — se groupent, se suivent: un riche échrin. 

Les chasseurs et les pécheurs attendent avec impatience 
le gros volume « Trout Tails and Snow Shoe Traits " où 
seront reproduits un choix de ses écrits et ciui doit, sous peu, 
être livré à la publicité. 

^ M. Fairchild, né à Québec, en 1854, accompagna ses 
pcre et mère à New- York, où il reçut les rudiments d'une 
éducation qu'il vint, plus tard, compléter, à Québec, U'aea- 
demie commerciale de M. W. Thom. A l'âge de 15 ans, 
il faisait ses premières armes dans le commerea • à 18 am 
son intelligence des affaires, lui avait valu la direction d'un 
département important de négoce ; mais, il avait trop pré^ 
sumé de ses forces. Il dût demander une année de contre 
pour se refaire. Cette année, il la passa au Canada ; c'e'st 
de ce temps que date chez lui, ce goût marqué pour la litté- 
rature canadienne, qui lui a fait consacrer plus tard une par- 



300 



PÊCHE 



tie de sa fortune à collectionner sur les rayons de sa riche 
bibliothèque, à sa somptueuse demeure à Hackensack, — 
nos aut'-Tirs canadiens. Sous son toit hospitalier se réu- 
nissent chaque s(!maine, des hommes de lettres et des 
Sportsrtien. Là, se rencontrent également les Canadiens 
distingués qui visitent NeAv-York, et qui ont leurs entrées 
au tlorissant Clul) Canadien de New- York, dont M. Fair- 
ehild est l'un des Vice- Présidents. Avec M. Erastus 
VViman, W. B. Ellison et autres, M. Fairchild a pris une 
part active à la fondation du célèl)re Club. Il aime tant 
sou Canada, qu'il a constamment refusé de se faire natu- 
raliser comme citoyen américain, se proposant de venir finir 
ses jours chez nous. 

M. Fairchild a épousé une charmante Québecquoise, 
petite fille du grand [latriote John Neilson, le Nestor de la 
presse Canadienne, comme on l'appelait. Amateur de chasse, 
de pêche et de tous les délassements qui tendent à déve- 
lopper les forces physiques, M. FairchiLl, passe chaque été, 
pendant la saison de la pêche, quelques jours dorés, a son 
manoir seigneurial de Deschambault, — en pleine villégia- 
ture, où il a une ferine modèle de 600 arpents, pour 
l'élévation d'animaux de race et pour améliorer l'agricul- 
ture en général. 



"M. Fairchild, dit M. Faucher, aimu le Canada et ne vit que pour son 
pays. Sa bibliothèiue d'ouvrages canadiens est cert diiement belle et 
curieuse, llestaussi un dis funduteurs du Cifnilian C^ub, de New- York. 
Il tu est vice-président HospU. t.ier, génCreux, artiste, travailleur, 
értkiit, homme de chiffres, esprit très observateur, II Fairchi d est ua 
de ceux qui fout honneur à not e pays. " 



APPENDICE 



igia- 



Proteolion dlti crtl^ic'x* et clu poisson 

Mardi après-midi, le M avril lii6T, a eu lieu daus les salles du 
" Québec Yatoh Club," sous la présidence du commodore J. U Grecory, 
une réunion de sportsmen dans le but de lomler une société pour la pro- 
tection du i;ibicr et du poisson, qui sont infnacés dune destruction 
complète, par des amateurs de thnsse et de pêiho sans discernement 
commu sans scrupule 

Le Dr Ivirs a été élu président ; M. E. G Joly, vice-président ; M. 
J L. Welsh, secrétaire; ei M E B. Garneuu. trésorier. 

Le comité exécutif se compose (oinine su t : E. \V. Métliot, C Gau- 
vreau, J. G. Garneau, V Boswell, J. L. Bell, L. F. Burrongbs et B. 
C Richardson. 

L'association va demander i\ la lé;_'islature delà coiistitiierlégalenient. 

— Le Canadien, "Jt) avril l^,-.,. 

<;?lmKWc et lïôc'lic 

A une ass mbiée (in club -'Les Laurentides'' tenue le 10 décembre 
bS-H, les messieurs suivants ont été eUis otHcicrs pour l'anaéc l.:?-7 : 
MM. E. E U Méthot, président ; (lis Pontiaml, vicv-président ; Chs ,J. 
Burrongbs, secrétaire ; I J Lavery, trésorier. 

Cou. ité fie direction — MM. Eun. t liinie, Criiwford Linl.say, Ed. Gar- 
neau, J Wiritield et L. Aiidelte. — Lv. Canadien, KJoct. H,«<t). 

Le oliii> <lo |>ôclic <le lu lSi»$ti£;'(>ii(*liiï 

Thi' Restigoneb" Saîmnii Club, I t' New-York, bave elected J. bn L. 
CadwaladiT. presMleni ; Goold 11. lledun n I, vice-prési'ie.t ; .Ii'Uiy W 
De Eorest. seeretîiiy-treasniy ; W. H l'enfold. J. C. McAndrew, A. D. 
Wi'kes, F. K. Tliomswn, Fraiii-is Bartiett and H. U. Bi.-boj), diretois. 
An a^sessuKînt ot'S:;(lo |ier sbare ba> l-ieen Mitide wiib ibe riglir to call 
for .<!( (! more i: r(;'|ii,r"(l Tiie ehin iicc|uired m w niilits last seasou at 
a co.-tof .•!;.">■,' i(l !;nd spi lit S!*'""" '>i inipiovriiiei) s — Star, •.'■Itli iJeel). iS"»;. 

I^«" oliiil> <i<ï |>ô<»l»tï 3Ji»wti«,-oiic;lio 

Tlu; îinniia! niei tinp of the Ma-t gniiche FisliinV Club was beld 
Tiieday niglit, and al'er let i iviiig tiie annual report aud tbe tr^'asnii-r's 
^tatemenv, ilie clecti- u of ollieer.s !< < k j.lae. , witli llie l'ohi wing requit : 
.1. II. Stearns, président; E. II. Botterell, vice-i.n sdei.t : ll-nry W. 
Atwîiter, î-ecritaiy; Geo Kcnip, Tn.asnrer : .John K nnnly, Geo A. 
Greene, Ji Im S. Muarer, A birt D Neison, }I. B. Aîné-;, directois 

—Star, 'îth april 1-^87. 



CHASSE ET PECHE 

Temps (le Prohibition 

1. Cariboux et cdiovreuil, du 1er .'ativier au ' er Octobre ; 

2. Ij'iiriirnal iiiAloei fiMiiollo, on tout leiiip-^ jiis(iu'au 1er Octobre 
1890. 

N. B. — Il e.*t defen<lu de se .'^ervir de cliiens, trappe-^, collets, etc. 
pour faire la chas.^e de l'orignal, «lu cariiion et du cbevreuil. 

Personne, (blanc ou sauvage) n'a le droit, durant une .^aison de 
cbaf^se, (à moins d'avoir préalablement obtenu un permis du Com- 
missaire des Terres de la Couronne, à cet effet,) — de tuer ou prendre 
vivants plus de H caribouB et 4 cbevreuils. 

Après les dix premiers jours de prohibition, il est défendu aux 



compagnies de chemin d™ fer et «le bateau à vapeur ainsi qu'aux 
roulicrs publics de tranf^pOrter tout ou partie de l'orignal, du cari- 
bou ot ilu chevreuil, à l'exception de la peau — cette exception ne 
s'applique pas cependant à la peau de l'orignal dont la chasse est 
défendue jurtiju'uu 1er octobre 18D0. 

.'{. Castor, vi.-*on, loutre, marte, ijékaii — lu 1er avril au 1er No- 
vembre. 1. liièvre — du 1er février au Icr Novembre. .t. Rat- 
tims(|iié (diiiis li'.s cuiiilé-i de Muskiiiuiigé, Yamiiska, RichelifU et 
iicrtliier) — du 1er mai uu ier avril suivant. <>. Héca-se, bécas- 
sine-^, Ijcnirix d'aucune espèce — du 1er février au 1er septembre. 
T, Macreuse-, sarcelles, canards sauva;:;es "d'aucune espèce — du lH 
avril au 1er septembre, f Excepté iiarles (becs-soies), buanls,guë- 
laiids), avec certaines exceptions euiililiunneiles pour les comtes à 
l'e-t et au nord des comtés de Bellechasse et Montmagny. H. Les 
oi-eaux ]ierelieurs, lels que: les liiromlelles, le tritri, les fauvettes, 
le- mouclierolle-', ie.- pic-^, les engoideveuts, ies piiisons (ro-signol, 
oi seau ro^'ge, oiseau bleu, etc.), les mésanges, les chardonnerets, 
les grives, (merle, ilùte des bois, etc.', les roitelets, le goglu, les 
inainates. les gros bec«, l'oiseau mouche, les eoucous, les hiboux, 
etc., exeepté le< aigles, les faucons, les (■•])erviers et autres oiseaux 
de la famille de- falo mldes, le pigeon-voyageur, (iourte , le martiu 
pêeheur, le eorl>eau, la enrneiUe, les jaseurs (récollets, ies pics- 
grièehes, les geais, !a pie, li' moineau, le- étourneaux — du 1er mars 
au 1er -eptembre. t). D'enlever les œufs ou nids d'oiseaux sau- 
vîiges en totit temps lie l'année. 

X. B. — Amendes variant de .$"- à ^10() jiour eluiqne infraction, ou 
l'emi)risonnement à (b'faut de iiait'ment. 

Toute personne n'ayant pas sun domicile dans la l^rovinco de 
Québec ou dan-- ee'.le d'Ontario, ne peut, en aucun temps, fai:-e la 
ciia^-e, sans y être autorisée par un i)ermis du Commissaire des 
Terres de la Couro:;ne, à cet e.lét. Ce i)ermis n'est pa- transférable. 

l. Saumon (à la iign( ) — ilu 1er septeml)re au 1er mai. Saumon 
(A !a ligne) rivière llistigouche — du 15 août au lernuii. 2. Truite 
tachetée nie ruisseau on de rivière, etc. — lu 1er octobre au 1er 
janvier, .'i. (ims.-e truite gri-e, Innija, et n'iiiurunche — ilii l.ô octobre 
i-.u ier l'cembre. 4. Dore — du 1 . j avril au L") mai. 5. Achigau 
et ma-kinoiigé — du !."> avril au i.jjuin. 0. Poisson blanc — du 10 
novembre au 1er décembre. 

Amemles variant de s') à ^i'iO pour chaque infraction,ou l'empri- 
sonnenuMit à déiaut de paiement. 

N. 1]. — La ]i>rlie à :a Uijne (canne et ligiu^) ski'le est autorisée 
dans les eaux <les lacs et rivières sous le contrôle du Gouvernement 
de la Province de Québec. 

Toute i)ersonne non domiciliée dans la Province de Québec est 
oliligée de se procurer un jiermis du Commissaire des Terres de la 
Couronne pour pêcher dans les lacs ou les rivières de la Province 
qui ne sont pas sous bail. Ce permis est valable pour Uiie saison 
de pêche et n'est pas transféraliie. 

Département des Terres de la Couronne, 
guébec. 20 mai If^87. 

E. E. TACHÉ, 

Asst.-Com. des Terres de la Couronne. 



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