IMAGE EVALUATION
TEST TARGET (MT-3)
1.0
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1.25
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1.4 IIIIII.6
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Photographie
Sciences
Corporation
23 WEST MAIN STREET
WEBSTER, N. Y. 14580
(716) 872-4503
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CIHM/ICMH
Microfiche
Séries.
CIHIVI/ICMH
Collection de
microfiches.
Canadian institute for Historical Microreproductions / Institut canadien de microreproductions historiques
Technical and Bibliographie Notes/Notes techniques et bibliographiques
The Institute bas attempted to ubtain the best
original copy available for filming. Features of this
copy which may be bibllographically unique,
which may altar any of the images in the
reproduction, or which may significantly change
the usuel method of filming, are checked below.
L'Institut a microfilmé le meilleur exemplaire
qu'il lui a été possible de se procurer. Les détails
de cet exemplaire qui sont peut-être uniques du
point de vue bibliographique, qui peuvent modifier
une image reproduite, ou qui peuvent exiger une
modification dans la méthode normale de filmage
sont indiqués ci-dessous.
Coloured covers/
Couverture de couleur
□ Coloured pages/
Pages de couleur
I I Covers damaged/
Couverture endommagée
□ Pages damaged/
Pages endommagées
D
D
D
Covers restored and/or laminated/
Couverture restaurée et/ou pelliculée
□ Cover title missing/
Le titre de couverture manque
I I Coloured maps/
Cartes géographiques en couleur
Coloured ink (i.e. other than blue or black)/
Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire)
Colouted plates and/or illustrations/
Planches et/ou illustrations en couleur
D
□
D
□
Pages restored and/or laminated/
Pages restaurées et/ou pelliculées
Pages discoloured, stained or foxed/
Pages décolorées, tachetées ou piquées
Pages detached/
Pages détachées
Showthrough/
Transparence
Quality of print varies/
Qualité inégale de l'impression
D
Bound with other matériel/
Relié avec d'autres documents
□ Includes supplementary material/
Comprend du matériel supplémentaire
D
D
Tight binding may cause shadows or distortion
along interior margin/
La reliure serrée peut causer de l'ombre ou de la
distortion le long de la marge intérieure
Blank leaves added during restoretion may
appear within the text. Whenever possible, thèse
hâve been omitted from filming/
Il se peut que certaines pages blanches ajoutées
lors d'une restauration apparaissent dans le texte,
mais, lorsque cela était possible, ces pages n'ont
pas été filmées.
I I Only édition available/
D
Seule édition disponible
Pages wholly or partially obscured by errata
slips, tissues, etc., hâve been refilmed to
ensure the best possible image/
Les pages totalement ou partiellement
obscurcies par un feuillet d'errata, une pelure,
etc., ont été filmées à nouveau de façon à
obtenir la meilleure image possible.
D
Additional comments:/
Commentaires supplémentaires;
This item is filmed et the réduction ratio checked below/
Ce document est filmé au taux de réduction indiqué ci-dessous.
10X
14X
18X
22X
26X
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7
12X
16X
20X
24X
28X
32X
I
tails
( du
odifier
une
mage
The copy filmed hère has been reproduced thanks
to the generosity of :
National Library of Canada
The images appearing hère are the best quality
possible considering the condition and legibility
of the original copy and in keeping with the
filming contract spécifications.
Original copies in printed paper covers are filmed
beginning with the front cover and ending on
the last page with a printed or illustrated impres-
sion, or the back cover when appropriate. Ail
other original copies are filmed beginning on the
first page with a printed or illustrated impres-
sion, and ending on the last page with a printed
or illustrated impression.
L'exemplaire filmé fut reproduit grâce à la
générosité de:
Bibliothèque nationale du Canada
Les images suivantes ont été reproduites avec le
plus grand soin, compte tenu de la condition et
de la netteté de l'exemplaire filmé, et en
conformité avec les conditions du contrat de
filmage.
Les exemplaires originaux dont la couverture en
papier est imprimée sont filmés en commençant
par le premier plat et en terminant soit par la
dernière page qui comporte une empreinte
d'impression ou d'illustration, soit par le second
plat, selon le cas. Tous les autres exemplaires
originaux sont filmés en commençant par la
première page qui comporte une empreinte
d'impression ou d'illustration et en terminante par
la dernière page qui comporte une telle
empreinte.
The last recorded frame on each microfiche
shall contain the symbol ^^-(meaning "CON-
TINUED"). or the symbol V (meaning "END"),
whichever applies.
Maps, plates, charts, etc., may be f';imed at
différent réduction ratios. Those too large to be
entirely included in one exposure are filmed
beginning in the upper left hand corner, left to
right and top to bottom, as many frames as
required. The following diagrams illustrate the
method:
Un des symboles suivants apparaîtra sur la
dernière image de chaque microfiche, selon le
cas: le symbole — ^ signifie "A SUIVRE", le
symbole V signifie "FIN ".
Les cartes, planches, tableaux, etc., peuvent être
filmés à des taux de réduction différents.
Lorsque le document est trop grand pour être
reproduit en un seul cliché, il est filmé à partir
de l'angle supérieur gauche, de gauche à droite,
et de haut en bas, en prenant le nombre
d'images nécessaire. Les diagrammes suivants
illustrent la méthode.
irrata
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1
2
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MEMOIRE
EN RKQUÊTE DE
CHAMPLAIN
POUR LA CONJINUATION
DU
PAIEMENT DE SA PENSION
PUBLIÉ PAR
GABRIEL MARCEL
BIBLIOTHÉCAIRE A l.\ BIBLIOTHÈQl'E NATIONALl.
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1
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POUR LA CONTINUATION
DU
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( Setiion géographique)
PARIS
Linir\iinK i koss
Rue des Pyramides, nj
M nrt:c i.xxxvi
490Q4
\
PRÉFACE
A première pièce d'un recueil qui se
■^ trouve au Département des manuscrits
^P*^ ^e/(T/i/^//o//jt'^«£';M//o/M/e (Fr. 1097),
recueil formé par le Père Léonard de
Sainte-Catherine de Sienne, augustin déchaussé,
est un imprimé sans titre et sans couverture que
semblent avoir ignoré tous ceux qui se sont occupés
de Champlain et de ses voyages. M. H. Harrisse,
dans sa Bibliographie de la Nouvelle-France, ne le
cite nulle part ; M. le Révérend Ed. Slafter, qui a
publié en 1 880, à Boston, pour « the Prince So-
ciety », une traduction de Champlain précédée d'une
importante notice biographique, n en dit pas un mot,
non plus que l'abbé La Vayssièrc; enfin M . Mar mette,
archiviste à Ottawa, qui fut chargé, en i883, d'une
mission en France à l'ejffet de recueillir des docu-
ments relatifs à l'histoire des premiers établisse-
ments des Européens dans l'Amérique du Nord,
' u i: h A c !•:
paraU n'avoir pas fait attention à cette pièce, le
seul imprimé de ce volume, qu'il a pourtant dé-
pouillé.
L'exemplaire que possède le Département des
manuscrits de la Bibliothèque est vraisemblable-
ment unique, et cela na rien de surprenant, si l'on
songe que cette plaquette a dû être tirée à très petit
nombre ; c'est ce qui nous a déterminé à la réim-
primer, d'autant plus qu'elle renferme quantité
d' informations intéressantes.
Ce placet ne porte ni lieu d'impression ni date.
Il semblerait, si on le compare aux éditions de
Champlain imprimées par Claude Collet, dont la
boutique était au Palais, dans la galerie des Prison-
niers, qu'il est sorti des mêmes presses. Nous savons,
en outre, par cette phrase de Champlain {page 19),
<i l'épreuve en a été faite en cette ville de Paris »,
que ce mémoire a été rédigé à Paris. Or, les sé-
jours si nombreux de Champlain au Canada, ses
relations de famille qui l'appelaient dans VAunis,
le souci de ses armements qui le retenaient à Hon-
fleur, toutes ces circonstances ne semblent pas lui
avoir permis de faire à Paris des voyages très
fréquents et des séjours bien longs. Le contexte du
placet que nous reproduisons nous permet d'enflxer
la publication à l'année i63o. A cette date, Cham-
plain venait d'arriver à Paris, de retour d'Angle-
r i< K V A c. i; 7
Icrre où il avait été emmené prisonnier à la suite
de la capitulation de Québec qu'il avait dû rendre
l année précédente à David Kertk, à un moment oit
la paix était conclue entre les deux couronnes.
C'est sans doute à ce fâcheux événement de
guerre qu'il faut attribuer la cessation du paie-
ment de la pension que le roi faisait à Champlain
depuis son premier voyage au Canada qui eut lieu,
comme on sait, en iGoi.
Or, il y avait vingt-sept ans que Champlain
« s'était adonné aux découvertes de la Nouvelle
France » {page i), lorsqu'il adressait au roi le
placet que nous reproduisons.
Si plusieurs autres phrases que nous allons .ier
ne nous ^c r.ettent pas de fixer aussi péremptoi-
rement la date de i63o, elles ont trait à des évé-
nements très rapprochés de cette date, la dernière
même semble la confirmer pleinement.
Nous voyons {page 5), que notre pièce est posté-
rieure à l'arrivée au Canada de « religieux qu'on
y a mene\ et qui commencent à s'y establir » . On
sait que la première mission sérieuse, composée
des PP. Charles Lallemant, Jean de Brébeuf et
Euemond Massé, partit pour Québec en 1 625, après
l'accord intervenu entre les Récollets et les Jé-
suites.
Un peu plus loin {p. lo), Champlain parle de
8
i> ri; FA CE
rétablissement de la Compagnie de la Nouvelle-
France ; les lettres patentes de création de cette
compagnie, généralement appelée des Cent Associés,
sont datées de \b2j.
Enjïn, à la page 24, Champlain rappelle que les
Anglais se sont établis depuis deux ans au golfe
Saint- Laurent, et nous savons qu'en 1628 Roque-
mont, qui conduisait la première escadre de la
nouvelle compagnie, attaqua Kertk près de Gaspé
et que le capitaine Charles Daniel, de Dieppe, dé-
truisit Pannée suivante le fort que Jacques Stuart
avait construit sur Vile du Cap Breton.
Toutes ces circonstances convergent vers la date
que nous avons indiquée plus haut pour la publica-
tion de ce mémoire qui donne un exposé succinct
mais complet des ressources qiC offre la Nouvelle-
France à la colonisation.
Entre autres informations intéressantes qu'on j'
trouve, nous relèverons la suivante qui nous para'it
fort inattendue (p. 2 3) ; « Les peuples dupaj^s ont
asscuré le 5'' de Champlain, voyageant avec eux,
qu'il y a im grand lac, comme d'une mer, lequel se
décharge du costé des mers du Sud, comme il se
vient rendre du costé du Nord dans le grand fleuue
Saint-Laurens. »
On sait que le voyage de Jean Nicolet à la Baie
Verte date de i635, et ion croyait jusqu'ici que ce
■s
voj-ageiir avait ctc le premier à recueillir des in-
formations sur un grand fleuve qui se dirigerait
vers le Sud, informations que les missionnaires de-
vaient compléter et Jolliet ainsi que La Salle uti-
liser plus tard. Il est asse^^ intéressant de voir, dès
l'origine de la colonie, Champlain en possession de
renseignements aussi précieux et qui devaient avoir
une si considérable influence sur le développement
du Canada. Il ajoute [p. i3) que si le chemin tant
désiré pour aller à la Chine se pouvait rencontrer,
ce serait un raccourcissement de chemin de plus de
trois mille lieues, économie que va procurer le per-
cement de risthme de Panama, par lequel il se
fera, pour employer les expressions mêmes de
Champlain, un grand et admirable négoce. Si la
recherche, toujours si vaine, d'un détroit a été dès
la première heure le mobile de lant d'expéditions,
nous ne croyons pas que les résultats qu'on obtien-
drait de sa découverte aient jamais été plus exacte-
ment calculés et plus judicieusement appréciés.
Nous n insisterons pas plus longtemps sur l'intérêt
de ce mémoire qui résume en quelques pages la
plupart des détails que Champlain avait réunis
sur la Nouvelle-France, au cours de ses multiples
voyages.
Gai;iui;i, Marcel.
Syssan
I
AV ROY
SiRK,
!
^M ^^^^ sieur de Champlain remontre très- ]
^^^ humblement à Vostre Majesté, que les
ira I uaux par luy soufferts, aux descou-
•^«Aj uertes de | plusieurs Terres, Lacs & Ri-
uières du Pays | de vostre Nouuelle France, depuis
vingt-sept | ans: au lieu de le destourner d'y seruir
Vostre I Majesté, dans les diticultez qui s'y sont
récon | trées ; il a trouué que les périls & hazards
quil I y a passez, luy ont redoublé le courage de s'y |
employer au gré de Vostre Majesté, par deux | puis-
santes considérations : la première que | sous le
2 règne de Vostre Majesté, la France re- || çoiue Thon-
neur d'estre augmentée & enri- | chied'vn pais dont
Tcstendue excède plus de | seize cens lieues de lon-
gitude, & de latitude | prés de cinq cens : la seconde
que lu bonté des | Terres, <Si Tvtilité qui s'en peut
I
'- MKMOIHK DK C H A M I> r, A I N
tirer, tant | pour le commerce au tichors que pour
la I douceur de la vie au dedas, est telle que l'on ne 1
peut estimer Taduaniagc que vos sujets y au- | ront
quelque lour, si iamais les habitans de ces | lieux,
sujets de Vosire MajesiJ, y sont protc- | gez de sa
bienveillance, cS: maintenus par son j authorité. |
Lesnouucllesdescouucriesontattirc | le dessein de
rairedcsColonies,lcsquelles,en | petiieconsidération
d'abord, ont par succès- j sion de temps, par le moyen
du commerce, | égalé des grandeurs Royales : on
peut mettre | en ce rang plusieurs villes que les
Espagnols | ont édifiées au Pérou, c^ autres parties
du I monde depuis six vingts ans en ça, qui ne- |
stoient rien en leur principe : l'Europe peut | rendre
lesmoignage de celle de Venise, qui | estoit à son
commencement vne retraite de | panures pcschcurs,
^ Gennes Fvne des plus su | pcrbes villes du monde]
i édifiée dedans vn \] terroir enuironné de montagnes]
fort deserie ) tSc si infertile, que les habitans font ap-
porter I les terres de dehors pour faire les iardinages |
d'alentour, leur mer sans aucuns poissons ; «S: | vostre
ville de Marseille, SIRE, qui autre- | fois n'estoit
quVn Marescage, enuironné de | colines & mon-
tagnes assez fascheuses, par | succession de temps a
rendu son terroir fer- | tile, t^ deucnue fameuse t^
grandement mar- | chaude : ainsi plusieurs petites
Colonies ayans | des ports cSi haures, se sont augmen-
tées en I richesses iS: en réputation. |
Il se peut dire aussi, que le pays de vostre | Nou-
uelle France, est vn nouueau monde, & | non vn
Royaume, beau en toute perfection, | qui a des si-
tuations très commodes, tant sur | les riuages du
grand lleuue Saint Laurens, | l'ornement du pays,
l'OîIK SA PRNSrON
i3
qu'es autres riuièrcs, | lacs, csiangs iS; ruisseaux, vue
infinité de bel- | les Isics accompagnées de prairies <S:
bocages | fort plaisans tS: agréables, où durant le
Prin- I temps «S: l'Esté, se voit vn grand nombre
d'oi- I seaux, qui y viennent en leurs temps & sai-
son, I les terroirs très-feriilcs pour toutes sortes de |
4 grains, les pasturages en abondance, la com- |! muni-
cation des grandes riuieres (S: lacs, qui | sont comme
des mers trauersant les contrées, | iS: qui rendent
vne grande facilité à toutes les | descouuertes, dans
le profond des terres, d'où | on pourroit aller aux
mers de TOccident, de | TOrient, du Septentrion, tS:
s'estendre au | Midy. Le pays remply de grades &
tres-hau- | tes tbresis, de toutes les mesmes sortes de
bois I que nous auons en France. L'air salubre (Se |
les eaux excellentes sur les mesmes parallèles | de
vosire France. Et de plus, si le chemin | tant désiré
pour aller à la Chine se pouuoit | rencontrer, soit
par les riuieres & lacs, | dont aucuns se trouuent de
trois cens | lieues de long, & si le rapport des peu-
ples du I pays est véritable, aucuns de ces lacs se
des- I chargent dedâs les mers du Sud & du Nort :
il I se feroit par ce moyen vn grand »S: admira- | ble
négoce, auec vn racourcissement de che ] min de
plus de trois mil lieues : c'est pour- | quoy les Por-
tuguais, Espagnols, Anglois & | Flamens, ont tenté
la fortune par les mers | glaciales, tant de la Nou-
uelleZemble,que du | costé du destroit Dauis, toutes
les entreprises [ auec de grandes despences ont esté
5 vaines & || sans fruit, pour les glaces les auoir em-
peschez | au milieu de leur course; tous lesquels
dangers | ne se peuuent appréhender par vostre
Nouuel- I le Fi-ance, tlont la température est fort
'4
mi: MOI u i: dk cii \m it. ai n
douce I cncomparaison des aiiires. Et quand l'execu-j
lion de ce passage se irouueroit diiticile, Tvii- |
liié qui se trouuera dans le pays, selon que | ledit
sieur Champlain espère le représenter à | Vostre Ma-
jesté, est assez suffisante pour mettre I Taffaire en con-
sidération, puisque ce pays peut | produire au ser-
uice de Vostre Majesté, les mes- | mes aduantages
quenousauonsen France, | ainsi qu'il paroistra par
le discours suiuant. i
Dans le pays de vostre Nouuelle France y a |
nombre infiny de peuples sauuages, les vns | sont
sédentaires amateurs du labourage, qui | ont villes
& villages fermez de palissades, les | autres errans
qui viuent de la chasse «S: pesche | de poisson, &
n'ont tous aucune cognoissan- | ce de Dieu. Mais il
y f\ espérance que les Reli- | gieux qu'on y a menez,
& qui commencent à [ s'y estahlir, y faisant des
Séminaires, pourront | en peu d'années y faire du
progrez pour | la conuersion de ces peuples. Ce i le
principal | soin de Vostre Majesté, SIRF, laquelle
r. leuant || les yeux au Ciel, plustost que les porter à
ter- I re, maintiédra s'il luyplaist ses entrepreneurs i
qui s'obligent d'y passer des Ecclésiastiques, | pour
trauaillerà ce saint dessein, & qui se pro- | posent
d'y establir Colonie, comme estant le | seul & vniquc
moyen d'y faire recognoistre | le nom du vray Dieu
& d'y establir la Reli- ( gion Chrcstiennc, obligeant
les François qui | passeront de trauaillcr à la cul-
ture de la terre, | auant toutes choses, afin qu'ils
ayent sur les [ lieux le fondement de la nourriture,
sans estre | obligez de le faire apporter de France, &
cela I estant, le pais fournira auec abondance, tout
ce I que la vie peut souhaiter, soit pour la nccessi- |
P O U U s A I' !■: N s I O N
I D
té, soit pour le plaisir, ainsi qu'il sera dit cy | après. |
Si on désire la vollerie, il se trouuera dans | ces
lieux de toutes sortes d'oiseaux de proye : | & au-
tant qu'on en peut désirer, les Fau- | cons, Ger-
fauts, Sacres, Tiercelets, Esper- | uiers, Autours,
Esmerillons, Mouschets, de | deux sortes d'Aigles,
Hibous petits iS,: grâds, | Ducs grands outre l'ordi-
naire. Pies gries- | ches, Piuerts di vne autre sorte
d'oiseaux de | proye, bien que rares au respect des
7 autres, || d'vn plumage gris sur le dos & blanc sous
le I ventre estans de la grosseur & grandeur d'vne |
poule, ayant vn pied comme la serre d'vn oi- | seau
de proye, duquel pied il prend le poisson : | l'autre
est comme celuy d'vn Canard, qui luy | sert à nager
dans l'eau lors qu'il s'y plonge | pour prendre le
poisson, oiseau qu'on croit ne | s'estre veu ailleurs
qu'en la Nouuelle France. |
Pour la chasse du Chien couchant, les Per- | drix
s'y trouuent de trois sortes : les vues sont | vrayes
Gelinottes, autres noires, autres blan- | ches qui
viennent en hyuer, & qui ont la chair | comme les
Ramiers, & dVn très-excellent | goust. |
Quant à l'autre chasse du gibier, il y | abonde
grande quantité d'oiseaux de riuie- | res, de toutes
sortes de Canards, Sarcelles, | Oyes blanches «S:
grises, Outardes, petites | Oyes, Bécasses, Bécassines,
Allouëttes grosses I & petites, Pluuiers, Hérons,
Grues, Cygnes, I Plongeons de deux ou trois fii-
çons, Poules | d'eau, Huarts, Courlieux, Griues,
Mauues | blanches & grises, & sur les costes «& ri-
uages I de la mer, les Cormorans, Marmettes, Per- |
1^ roquets de mer, Pies de mer, Apois, & autres || en
nombre infinyqui y viennent selon leur j saison. |
I
I ■■mil II rTïiggir lïTny
I^B
il
\()
MIMOIUi; 1)1- cil A M PL, M N
Dans le bois tS, en la contrée où habitent | les ffi-
roquois, peuple de la Nouiielle France, | il sctrouue
nombre de Cocs d'Inde saïuiages, | <S: à Quebe^]
quantité de Tourtres tout le l')i{\ de TEsté, Merles
lauues, Allouëttes de terre, | autres sortes d'oiseaux
de diuers plumages, | qui font en leur saison de
très doux ramages. |
Apres ceste sorte de chasse, en succède vne | autre
non moins plaisante, mais plus pénible, | v ayant
audit pais des Renards, Loups corn- | muns, »S;
Loups Ceruicrs, Chats saunages, | Porcs Espics,
Castors, Rats musqucz, Lou- | très. Martres, Foui-
nes, espèces de J31ereaux , | Lapins, Ours, Eslans,
Cerfs, Dains, Caribous | de la gradeur des Asnes
saunages, Cheureux, | Escurieux voilants & autres,
des Hermines | Vautres espèces d'animaux que nous
n'a- I uons pas en France : on les peut chasser soit
à I Taffus ou au piège, par huées dans les Isles, où |
ilsvontleplussouuent.iSicôme ilsseiettent | en l'eau
entendant le bruit, on les peut tuer | aisément; ou
ainsi que l'industrie de ceux qui | voudront y pren-
dre le plaisir leur enseignera.
9 II Si on aime la pesche du poisson, soit auec | les
lignes, fillets, parcs, nasses <S: autres inuen- | tions,
les riuieres, ruisseaux, lacs (S: estangs, | sont en tel
nombre que l'on peut désirer, y | ayans abondance
de Saumons, Truittes très | belles, bonnes & grandes
de toutes sortes, j Esturgeons de trois grandeurs.
Aloses, Bars | fort bons, tel qui pcse vingt liures.
Carpes | de toutes sortes, dont y en a de très gran-
des, I & des Brochets, aucuns iusqucs à cinq pieds |
de long, Barbus qui sont sans escaille, de deux | à
trois sortes grands l>^ petits, Poisson blanc | d'vn
UMM
f'f)t;u SA l'KNSrON
'7
pieJ Je long, Poisson dore, Ksplâ, Tan | clic. Perche,
lortuc, Loups marins, dont | riuiilc est fort bonne
mesme à frire, Mar- | souins blancs, cS: beaucoup
d autres que. nous | n'auons pas, c^ ne se trouueni
dedans nos | ruiieres c^ cstangs. Toutes ces espèces
de I poissons se trouucnt & se prennent dans le 1
grand fleuue Saint Laurcns, <Sc de plus les | Mollues
cS: Balemes se pescheni tout le long | descostes de la
NouuelleFrancc, & près- | qu^en toute saison. |
S'il plaist à Vostre Majesté considérer le c6 | tente-
10 ment que ses sujets pourront auoir vn \\ iour en ces
lieux y estât habituez, viuans dans | vue vie douce
«Se tranquille, & sans estre in- | quictcz des chicane-
ries, «Se procez qu'on a par | deçà, chacun estant libre
de chasser, pescher, | se loger à sa commodité, s'ac-
commoder se- I Ion sa volonté, y ayans dequoy
occuper Tes- | prit, y faisant bastir eS; défricher les
terres, | faire des iardins, y planter, anter, & fiiire
pe- I pinièrc, semer de toutes sortes de grains, |
plusieurs racines, légumes, sallades cS: autres | her-
bes potagères, en telle esienduc de terre, | «S: en telle
quantité que le curieux désirera. | Outre la culture
de la vigne, laquelle y porte | des raisins assez bons,
bien qu'elle soit sauua- | ge, laquelle estant trans-
plantée & labourée | portera ses fruits; Et se peut
asseurer que ce- | luy qui aura trente arpens de terre
défrichée | en ce pays-là, auec vn peu de bestail,
comme | il aura la chasse, la pesche & la traitte auec
les I Sauuages, conformément & à l'aide de Testa- |
blissementde la Compagnie de laNouuelle | France,
il y pourra viure luy dixiesme, aussi | bien que ceux
qui auroient en France quinze j à vingt mil liures
de rente. Il
iX
mi; MOI u i; dk cm \m i-i. a in
I I
VriLITEZ 1)V PA Y S
de la Nouucllc France.
1. Tout le momie sçait assez le notable rc- | ucnu
i]iii se tire annuellement de la Nou- | uelle France,
par la pesche des Mokies verte ] tS: sèche, ie laisse à
considérer combien elle | montera, le pais estant
habité, par rcstablissc- | ment que l'on pourra faire
que les Nauires de | France, venant à la costc n'au-
roiétqu'à char- | ger, sans seiournersix mois à con-
sommer le I temps & leurs vitaillcs. |
2. La pesche du Saumon est abondante es | costes
& riuieres du païs, dont on peut faire | vn grand
profit, ainsi qu'il se fait en Escosse«S: | en Irlande. |
3. Celle de l'Esturgeon n'est pas moins à | priser,
qui se pesche en la saison dans les riuic- | res tS:
lacs, dont il se peut faire vn grand com- | merce,
comme sur les riuages de la mer Balti | que, & autres
lieux des Costes du Nort, où se | fait la pesche de ce
poisson, qui se distribue en | Allemagne & autres
endroits. |
,2 II 4. On peut en certain temps <S: selon la sai- | son
faire pcscherie de harenc, on sçait com- | bien le
trafic en est grand & profitable aux | Cosiesde France
& d'Angleterre. |
10
f
l J
l'OlIK SA IM:NSt()\
-■>. Il y a t,M-;unl nombre de Marsouins hhnics 1
dans le (icuiic Saint Laurcns, lcs.|ucls on peut I pcs-
chcr, cS; en tirer des huiles excellentes ,x en | telle
(juantité que chacun Je ces poissons en | peut rendre
deux harnques. On en peut | aussi tirer des Loups
marins ciu, augmentent | le trafic par la bonté c^
1 vsagc de leurs peaux. |
<■). Il se trouve aussi des bestcs surnommées | à
Ja grand dent, autrement Vaches marines, | oui se
trouucnt .Se se pcuuent prendre en cer- | taines Isles
du pais, desquelles on tire l'huile, | & se sert on
des dents de ces animaux : le cent | desquelles dents
on lait valoir plus de cent li- | urcs. |
7- Hse fait aussi pesche d'Anguilles dans le- 1 dit
Heuve en sa saison, lesquelles sont très bon- | nés cSc
bien nécessaires en ces i^rouinces, | estant sallces en
des barils, & qui se débitent | en plusieurs contrées
dudit pays. I
Il 8. La pesche des Balenes c^ les huiles qu'on |
en retire ne se peut oublier, veu qu'on pesche 1
en plusieurs lieux, e^ en charge-on nombre de | vais-
seaux.
9- On ne met point en ce rang les autres pois- 1
sons, comme les Truittes, Congres, Rous- | settes,
barbues, Bars cS.- autres que n'a- | uons pas par-
deça. I '^ '
ro. Les mines de fer y sont en quantité, dont j
aucunes rendent cinquante liures de fer pour | cent
iijmg^m
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20
MKMOIUI'. ni', cil AMIT.AIN
lie mine : «Se se peut cnsiJcrcrquc les l>ois, | riuicres
& ruisseaux y sont à commoJiic, tS; | plus qu'en
France, où il faut porter les mines | à charge de
chenaux, es lieux où sont les eaux | tS: les four-
neaux, mesmes le hois par charroy | en quelques
endroits. |
I I. Vue autre mine de très bon acier, qui | rend
vingt pour cent. |
12. Les mines de cuiure, rendent dix-sept | liurcs
pour cent, richesse qui ne se peut esti- | mer, si
elles estoicnt trauaillces. |
,^ Il I 3. Vne autre mine appelée potin, qui est du I
fer mesléavec le cuiure, dcquoy on feroit du | canon
de ibnte, pots, contreteuzcS: plusieurs j autres choses
pareilles. |
14. Il y a mine d'argent, qui rend quatre | pour
cent, que si elle estoit trauailléc (selon | le rapport
des mineurs qui ont esté cnuoyez | pour cet effet,)
seroit très riche, comme les | autres cy-dessus, Tes-
preuue en ayant esté faite | à Sainte Marie du Mont,
frontière d'Allema- | gnc, tant de ceste-cy, comme
de toutes les au- | très, par le feu sieur Bellingan,
ayant eu le soin j d'en enuoyer faire les essais. |
i5. Il y a aussi mine de cuiure pur, parmy les |
rochers que l'on trouue de. basse mer. II en fut j
apporté au feu Roy, & les mineurs, la voyant, | cô-
clurentque faisant les recherches dedans les | terres,
il s'en pourroit trouucr en abondance, j
mm
l'Odll SV l'KNSION
il
1
I
it). Les mineurs ijui l'urcm ciuioyc/ par le- | dii
sieur de BelliriKaii, pour la rccherL-hc d'i- | celles,
•apportt'reiu qu'ils auoient trouué vue 1 certaine
minière, de huiuelle on pourroii tirer | des alluns,
• 5 oU il y a grande quantité de Maicas- 1| site t*v veines
comme soufreuses, ce que ledit | sieur Champlain
a veu estant auec lesdits mi- | neurs au pays de la
Nouuelle France, lors qu'ils | en faisoieni la re-
cherche. I
17. On a trouué en TIslc du Cap Breton, mi- |
nés de charbon de terre, ayant aussi vne mine [
d'vne certaine peinture, qui est comme mine | de
plomb, dequoy les Saunages se noircissent | en
leur deïiil, laq .■ ',,: couleur se iralFique | parmy les
peuples de plusieurs contrées. |
18. Il s'y trouué des pierres aussi belles ijue | le
marbre noir cS; gris, qui se polit très par- | laide-
ment bien, »Sl s'en pourroii irouuer | d'autres si la
recherche en estoit taiie. |
K). Il s'y trouué aussi d'vnc pierre, comme |
celle des gangues ou veines de rochers, qui | est
blanche comme crystal, dequoy on pour- | roit laire
d'excellens verres, «S: s'y pourroii | establir des ver-
reries, la matière estant sur les | lieux comme elle
est, & les herbes propres à | cest vsage, |
,,) 20. Il y a de trois sortes de chesnes^ à si;auoir||
rouges, blancs «S: de couleur brune, fort pe- | sans,
qui ne nagent point sur l'eau : de ces bois | se feroit
mcrrain, bardeau »Sc planches de plu- | sieurs gran-
smam
nwairinii— gig^saaai
^PH9PPIIWHn«^«ilIP«l«i
22
M 1 ; M O 1 R l', D I-; C H A M 1^ I. A 1 N
ckurs <Sç cspaisseurs, poutres, so- | liucs, «S: bois qui
seruiroit à lambrisser, «S: pour | toute autre sorte de
charpenterie,dont il s'en | feroit vn notable iralic. |
21. Les ormes, fresnes qui sont en quantité, | ser-
uiront à faire des affus pour les canons, icn- | tes,
moyeux, tant pour les carrosses, coches, | chariots,
charrettes & autres choses, comme | piques, auirons
«S: plusieurs autres commodi- | tcz qui se peuuent
faire de ces bois. |
22. Il se trouuc aussi en quelques endroits I au
dedans des terres du Cyprès fort rouge «S: | d'odeur
très suaue, & partout des Cèdres, | Hcstres, Meri-
siers, Noyers, Pommiers, Cha- | staignicrs, Planes,
Erables, Pruniers, Cou- | driers, Boulleaux, Tils,
Trembles, Cerisiers | (Se autres bois, lesquels on
pourroii employer | à faire plusieurs ouurages <S: de
diuerses façôs. |
23. Il y a des Pins de trois ou quatre espèces, | «Se
'7 des sapins en grande quantité de toutes || grandeurs
«Se grosseurs : il s'en pourroit | faire des masts pour
toutes sortes de vais- | seaux, des planches de plu-
sieurs longueurs, I ayant des moulins à scie, comme
on a en Nor- | uegue «Se autres lieux : on voit par
expérience | le nombre qui en vient, «Se quel en est
le protit. I
24. Des pins «S: sapins on tireroit quantité | de
bray, de la résine, «Se du goldron, comme on | fait
audit pais de Norueguc cSe Arachon pour | Pvsage
des vaisseaux. |
im^tS^mms
i
POUR SA PKNSKJN 23
ii5. On peut faire quantité de cendres | en défri-
chant les terres, bruslant les bois, c6- | me l'on fait
dans le Moruan, »Sc se trouue que | les bois de la
Nouuelle France sont plus gom- | meux (Se salez
qu'ailleurs, «Se par conséquent | les cendres plus
fortes; l'expérience en a esté | faite, ayant ceste vertu
que le linge lessiué & | blanchy d'icclle empcsche la
vermine de ve- | nir »S: s'cngédrer à ceux qui le
portent quand | ils le porteroient six mois, ce qui
est esprouué | sur les lieux. |
26. Entre les cendres on fait estât du Viassc | ou
ly Potasse : le Viasse est de grand prix, le lest || faisans
12 barils, »S: pesant quatre mil deux cens j liures,
vaut deux cens soixante liures & plus : ] le Potasse
vaut quinze liures le cent, reuenant | à trois cens
liures le tonneau, & quelquefois | au pais bas quatre
cens liures. On s'en sert à | faire des sauons noirs (Se
liquides en Angleter- | re , Escosse , Irlande iS: es
I^rouinces du Pays- | Bas : ledit sauon propre à
blanchir »S: lessiucr | toutes sortes de loilles & linges :
ces cendres | sont le plus grand reuenu qu'avent les
Princes | »S: Seigneurs de Prusse, Lyuonie, Russie
«S: au- I très pays des riuages de la mer Baltique, oii
se I iontlesdites cendres, qui serueni aussi aux ver- |
reries «S: se pourroient faire audit pais de la | Nou-
uelle France. 1
27. Les chanurcs cS: lins apportent aussi vn | no-
table reuenu, qui se peuuent semer »S: re- | cueillir
es terres qui y sont propres »S; bonnes, | outre que la
terre en plusieurs endroits appcr- | te d'elle mesme
de ladite chanurc sans estre se- | mce : on en pour-
I MiuM w wn K .mai8. JiUlgti ,,
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24
MKMOIRK DK CHAMP LA IN
'9
roit faire toiles, comme celles | de la Val, Ollonnc,
Vitré & autres ouurages, | comme cables, cordages,
Agraisde toutes sor- | tes pour les vaisseaux. |
Il 28, Il ne fout oublier que si vn iour on y vou- |
loit bastir & fobriquer des vaisseaux, le pays]
habité, il s'y en pourroit l'aire en quantité «Se ! plus
commodément qu'en Hollande, d'où il | faut qu'on
leur apporte le bois de la Noruegue | «S: d'autres con-
trées. I
2g. Il se trouue dans le pais vne espèce de cer- |
taine teinture ressemblant à garances, dont le | teint
est aussi bon que la cochenille : les Sauua- | ges en
peignent du poil de Porc Espic, & | en font vne
couleur, aussi belle qu'escar- | latte : l'espreuue en
a été faite en cette ville | de Paris aux Gobelins, t^
fut trouuée fort | excellente en son teint de couleur
d'vn I ginzolin cramoisy, qui ne se change cSc ne
se I desteint point pour tout ce qu'on luy peut fai- |
re : ledit sieur de Champlain en fit l'espreuue, j
& laquelle il fit voir au feu Roy : que si ceste ]
herbe dont la racine fait le teint,'estoit culti- | uée
il s'en feroit vn grand débit. |
3o. Outre toutes ces choses, la traite des Ga- | stors
& Loustres, qui est présente, n'est pas à | reietter,
20 puisqu'vn chacun y accourt de tou || tes parts; on
voit comme les nations estran- | gères, l'Anglois,
l'Escossois & le Flamen, n'en | veulent quitter leur
part. I
3i. Les peaux des Eslans, Cerfs, Dains, Ca- | ri-
POUU SA PKNSION
25
bous & BufHes, peuvent donner vn notable | profit,
pour y en auoir quantité dans les terres. |
32. La pelleterie des Renards noirs est excel- |
lente, cS: se trouue telle fourure de Renards j noirs,
qui vaut plus de quinze cens liures : le | pays estant
habité, la recherche s^cn pour- | roit faire plus
exacte que par le passé, il y en a | cncores de gris &
de rouges. |
33. Des Martres t^ Loups Ceruiers, les four- |
rures sont très précieuses, il y en a dedans le | pais
à suffire de toutes sortes : on sçait que les | noires,
comme les plus belles, viennent des | pais Septen-
trionaux. I
34. Des peaux d^Hermines les fourrures s'en |
font pour les Rois «S: Princes, il s'en peut aussi |
recouurer audit pais. |
3 5. Comme pareillement dos Ours noirs, qui |
2, ont le poil fort délié, grand & espais. Les peaux ||
des Loups dudit pais sont sans comparaison | plus
belles que celles de France : les Saunages | estiment
plus ceste pelleterie qu'aucune autre | pour estre
bonne & chaude, & n'engendre au- | cune vermine :
ils sont comme d'vn gris noir. | Celles des Chats
sauuages, Fouines, fourrures | fort noires. Lapins
de poil gris en Esté, (Si. blâc | en Hyuer : autres
fourrures des Escurieux ] Vollans, comme les gris
qui viennent d'Aile- | magne & Moscouie, & de
plusieurs autres sor- | tes d'animaux que nous ne
■■■■■■«■P
r
2J MKMOIKl-; Dl'! CHAMPL AIN
cognoissons point | qui sont de valeur, ciiaquc four-
rure ayant son I prix selon sa beauté & rareté. |
36, Il faut aussi considérer que si un iour le |
pays se pouuoit habiter, on mettroit en vsage | la
laine & la toile en accoustremens, pour les | peuples,
au lieu de peaux dont ils se vestent, & | ainsi on
coiiserueroit vn nombre intiny de | cuirs «S: pelle-
terie que les peuples nVseroient | pas; ils se pour-
roient pourtant seruir en hyuer | des fourrures de
Castors, pour estre chaudes | & deuenant grasses se
rendent propres à faire | des chapeaux, côme Ton
sçait que les neufues | n y sont guercs propres. Mais
22 on espargneroit i| les fourrures noires qui sont plus
belles & ne- | ccssaires. |
37. La demeure arrestée des habitans pourra |
descouurir beaucoup de choses qui ne sont | point
encores venues à nostre cognoissance. | Il s\y pour-
roit nourrir telle quantité de beufs | ^S^ vaches, qu'ils
muliiplieroient en abondan- | ce, comme on voit en
Irlande, «Se s'en feroit ù | Faduenir vn grand com-
merce, «Se Ton sçait par | expérience quel il est aux
Indes Occidentales, | depuis six vingt ans que les
Espagnols y ont | esté : car auparauant il n y en
auoit point, «ït | maintenant y a telle Isle de laquelle
il s'est tiré | cinquante «Se soixante mil cuirs. |
38. Par le soin qu'on auroit des brebis «S: mou- |
tons, il s'en pourroit faire de grands troupeaux |
dont on tireroit quantité de laines, des Che- | ures
pareillement, dont les peaux se vendroiét, | comme
aussi celles des moutons, la nourriture | estant propre
pour CCS bestiaux. A ces viilitcz, | soit pour la vie,
l'OUK SA l'IiNSION 27
soit pour le comcrcc, il reste en- | core à côsidcrer
la beauté du golfe S. Laurent, | vne des merueillcs
23 de la nature, (S: qui contient || en son circuit plus de
400 lieues, & par lequel | on entre dans la grande
riuiere S. Laurens, la- | quelle s'y descharge. Ce
Heuue côticnt plus de | huit cens lieues de longitude,
en ayant plus de | cinq cens de cogneu & descouuert,
duquel I Toriginc se pourra recognoistre par suc-
cession ) de temps : les peuples du pays ont asseurc
le S"" 1 de Champlain, voyageant auec eux, qu'il
y a I vn grand lac comme dVne mer lequel se des- |
charge du ccsté des mers du Sud, comme il se |
vient rendre du cosié du Nortdans le grand | tîeuue
Saint Laurens. |
Ce golfe Saint Laurens contient en son | cstendue
plusieurs grandes Isles, &. quantité ] de bons ports
& rades, tant le long de ces co- | stes comme aux
Isles, où se font les pescheries ] des Balenes, Mollues,
Loups marins, bcstes à | la grand dent, & autres
sortes de poissons des- | crits & mentionnez cy-
dessus, aussi beaucoup | de Saunages y font la
traitte de peleterie & | peaux d'Eslans. |
Pour entrer dans ledit golfe, il y a trois en- |
droits, Pvn d'enuiron demie lieue, l'autre de | dix
24 huit, & le troisiesme de dix lieues, comme \\ on peut
voir par la carte faite par ledit sieur de j Champlain. |
Tout le commerce des choses cy-dessus di- | tes
se peut faire sans sortir dudit golfe, & est | fort peu
cogneu des estrangers, sinon depuis | deux ans que
quelques François dénaturez ' y | ont mené les An-
I. Allusion à la trahison des truclicmcnls El. lirulc, Nicolas et
Jacques Marsolct cl Jacques Michel, qui s'elail vendu aux Anglais
cl les avait pilotes en Uri>i dans le Saint-I.ament.
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MÉMOIUK DE CHAMPLAIN
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glojs, que Vostre Maiestc dé- | logera quand il luy
plaira, ne souffrant quVn , estranger emporte «Se
ioOysse de ce qui vous | est si iustcment acquis de-
puis cent ans & plus I que les descouuertes premières
des Costes en | ont esté faites par vos sujets, <Sc no-
tamment I depuis vingt-sept ans que ledit sieur de
Châ- 1 plain a trauaillé à descouurir ledit pais, par
le I commandement du feu Roy de glorieuse me- |
moire ik \q vostre, SIRE, ayant fait la Car- | te de
tous les lieux fort exacte, comme Vostre | Majesté le
pourra voir, & par les voyages qui | en ont esté im-
primez il y a vingt ans |
C'est en sommaire, SIRE, & simplement | ce que
i'ay creu estre obligé de représenter à | V. M. pour
faire cognoistre à vos sujets que | c'est auec raison
que V. M. a eu iusques à pre- | sent le soin de faire
trauailler à la conuersion | de ces panures infidèles,
^ & que pour y parue j| nir le pays mérite d'estre ha-
bité & cultiué par | les François, puisqu'il est plein
de^ tant de com- | moditez & que nous voyons nos
voisins s'ef- | forcer de se l'approprier auec tant
d'ardeur au | préjudice des droits iusies & légitimes
de Vo- I stre Maiesté. |
SIRE, voila en peu vn eschantillon du ] trauail
du sieur de Champlain, qui depuis | trente cinq ans
a reiidu continuellement ser | uice à V. M. tant aux
armées du feu Roy que | au voyage qu'il fit il y a
trente ans aux Indes [ Occidentales, & depuis en
vostre Nouuelle ( France, en laquelle il a presque
continuelle- | ment seiourné, & comme les recom-
penses se I peuuent espérer des seruices que l'on
rend à | V. M. le sieur de Champlain Pose supplier
luy I faire ceste grâce que la pension qu'il a eue de- |
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III n i>iil
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POUU S.V PKNSION
puis vingi-ciiii] ans luy soit continuée par le | com-
mandement de V. M. pour luy donner | moyen de
s'entretenir à son seruice, & il prie- | ra Dieu pour
Taccroissement de vostrc Estât, | santé & prospérité
de Vostre Majesté. |
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Rue Saint-Honoré, 338
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