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Hiotographic 

Sciences 
Corporation 




33 WEST MAIN SiREET 

WEBSTER, N.Y. KS80 

(716) 173-4503 



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CIHM/ICMH 

Microfiche 

Séries. 






CIHIVI/iCMH 
Collection de 
microfiches. 







Canadian Institut» for Historical Microreproductions / Institut canadien de microreproductions historiques 




'^ 



©1984 



Technîcal and Bibliographie Notes/Notes techniques et bibliographiques 



The Instituta has attempted to obtain the best 
original copy available for filming. Features of this 
copv which may be bibliographically unique, 
which may alter any of the images in the 
reproduction, or which may significantly change 
the usual method of filming, are checked below. 



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D 



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El 



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n 



Coloured covers/ 
Couverture de couleur 



r~~| Covers damaged/ 



Couverture endommagée 



Covers restored and/or laminated/ 
Couverture restaurée et/ou pelliculée 



□ Cover title missing/ 
Le titre de couverture manque 

□ Coloured maps/ 
Cartes géographiques en couleur 

□ Coli 
Enc 



Coloured ink (i.e. other than blua or black)/ 
re de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 



I I Coloured plates and/or illustration i/ 



Planches et/ou illustrations en couleur 



Bound with other matériel/ 
Relié avec d'autres documents 



Tight binding may cause shadows or distortion 
along interior margin/ 

La re liure serrée peut causer de l'ombre ou de la 
distortion le long de la marge intérieure 

Blank leaves added during reatoration may 
appear within the text. Whenever possible, thèse 
hâve been omitted from filming/ 
Il se peut que certaines paqes blanches ajoutées 
lors d'une restauration apparaissent dans le texte, 
mais, lorsque cela était possible, ces pages n'ont 
pas été filmées. 

Additional commente:/ 
Commentaires supplémentaires; 



L'Institut a microfilmé le meilleur exemplaire 
qu'il lui a été possible de s» procurer. Les détails 
de cet exemplaire qui sont peut-être uniques du 
point de vue bibliographique, qui peuvent modifier 
une image reproduite, ou qui peuvent exiger une 
modification dans la méthode normale de filmage 
sont indiqués ci-dessous. 



I I Coloured pages/ 



□ 
D 

□ 
D 
□ 



D 



Pages de couleur 

Pages damaged/ 
Pages endommagées 

Pages restored and/or laminated/ 
Pages restaurées et/ou pelliculées 

Pages discoloured, stained or foxed/ 
Pages décolorées, tachetées ou piquées 

Pages detached/ 
Pages détachées 

Shov»rthrouv,h/ 
Transparence 



I I Qutflity of print varies/ 



Qualité inégale de l'impression 

Includes supplementary matériel/ 
Comprend du matériel supplémentaire 

Only édition available/ 
Seule édition disponible 



Pages wholly or partially obscured by errata 
slips, tissues, etc., hâve been refMmed to 
ensure the best possible image/ 
Les pages totalement ou partiellement 
obscurcies par un feuillet d'errata, une pelure, 
etc., ont été filmées à nouveau de façon à 
obtenir la meilleure image possible. 



This item is filmed et the réduction ratio checked below/ 

Ce document est filmé au taux de réduction indiqué ci-dessous. 



10X 








14X 








18X 








22X 








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12X 



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âge 



Th« copy filmad h«r« has bw^in raproduced thanks 
to tha ganarosity of : 

Législature du Qî. 'bec 
Québec 



Tha Imagaa appaaring hara ara tha baat quality 
poaaibla conaidaring tha condition and lagibiiity 
of tha original copy and in icaaping with tha 
filming contract spacificationa. 



L'axamplaira filmé fut raproduit grflca à la 
généroaité da: 

Législature du Québec 
Québec 



Laa imagaa auivantaa ont été rapr-jduitaa avac la 
piua grand soin, compta tanu da la condition at 
da la nattaté da l'axamplaira filmé, at en 
conformité avac laa conditiona du contrat da 
fiimaga. 



Original copiaa in printad papar covors ara filmad 
baginning with tha front covar and anding on 
tha last paga with a printad or iliuatratad Impraa- 
sion, or tha bacit covar whan appropriata. Ali 
othar original copiaa ara filmad baginning on tha 
first paga with a printad or iliuatratad impraa- 
slon, and anding on tha laat paga with a printad 
or iliuatratad impraaaion. 



Las axampiairaa originaux dont la couvartura an 
papiar aat impriméa sont filmés 9n commançant 
par la pramiar plat at an tarminant soit par la 
darnièra paga qui comporta una amprainta 
d'impraaaion ou d'iliuatration, soit par la sacond 
plat, salon la caa. Toua laa autraa axampiairaa 
originaux sont filmés an commançant par la 
pramièra paga qui comporta una amprainta 
d'impraaaion ou d'illustration at %n tarminant par 
la darnièra paga qui comporta una talla 
amprainta. 



Tha last racordad frama on aach nxicroficha 
shaii contain tha symbol — ^ (maaning "CON- 
TINUED"), or tha symbol ▼ (maaning "END"), 
whichavar appiiaa. 



Un daa symboiaa suivants apparaîtra sur la 
darnièra imaga da chaqua microficha. salon la 
caa: la symbola — *> signifia "A SUIVRE", la 
aymbola V signifia "FIN". 



Maps, platas, charts, «te. may ba filmad at 
diffarant raduction ratios. Thoaa too larga to ba 
antiraly includad in cne i&xpoaura ara filmad 
baginning in tha uppar Isft hand cornar, laft to 
right and top to bottom, aa many framas aa 
raquirad. Tha following diagrama illustrata tha 
mathod: 



Laa cartaa, pianchaa, tablaaux, atc. pauvant ètra 
filméa è daa taux da réduction différents. 
Lorsqua la document aat trop grand pour ètra 
raproduit an un sau9 cliché, il ast filmé è partir 
da l'angla supérieur gauche, de gauche è droite, 
et de haut an baa, en prenant le nombre 
d'imagaa néceaaaira. Les diagrammes suivants 
illustrent la méthode. 



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F. X. TOUSSAINT 

PROFBSSKUB X l'£0OLR MORMALB LATAL. 



l'usaob des étudiants de la puissance 
du canada. 



QUÉBEC: 

,TKL1EB TYPOGRAPHIQUE DK LÉGBB BB0D8SBAU. 

No. ï,B««Baade, 

1868. 



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ENRsaisTRÉ conformément à l'Acte de la Législatuij 
Provincial** -&S "année mil huit cent soixante-huit, 
i^'rançois-Xavier ïoi'JssAiNT, Professeur à l'Ecole Normi^ 
Laval, dans le bureau du i^^^r'strateur de la Puissanj 
du Canada. 



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PREEACE. 



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• Les auteurs d'ouvrages classiques et didactiques 
écrivent, disent-ils dans leur préface, pour combler 
une lacune. Nous n'osons invoquer cette raison, 
qui est devenue presque cosmopolite. Une 
nouvelle géographie a-t-elle un caractère d'utilité 
et de nécessité ? Nous répondrons oui, si nous 
prenons en considération les nombreuses sollicita- 
tions des Instituteurs et les paroles que le M. 
Tabbé H. A. B. Verreau, principal de l'Ecole 
Normale Jacques-Cartier, adressait, il y a quel- 
ques mois, aux Instituteurs du district de Montréal, 
réunis en conférence dans une des salles do cette 
institution. Mr. Verreau déclarait que nous 
n'avions pas de géographie adaptée aux besoins 
des élèves canadiens-français, et qu'un ouvrage 
en ce genre comblerait une lacune. 

Nous avons adopté, pour la rédaction de ce 
traité, Tordre indiqué dans l'excelleiat Cours 



''^"^ip^^^"^wiipp^iPHP^^ip"*i^«-^3:3!*(Bij||P 



i .<: '* . 




IV 



•PREFACE. 






de Pédagogie de Mgr. dcRiniouski. En suivant 
un ordre rôgiilicr et synthétique, l'élève s'accou- 
tume à s'exprimer sur les différents pays sans que 
le professeur soit obligé de le questionner. Cet 
ordre est naturel; les différentes parties s'en- 
chaînent le3 unes aux autres ; le voici : horneSj 
étendues f divisions politiques^ montagnes^ Heuven 
rivières^ lacs^ capitale^ villes principales^ chemins 
defe^\ canauXy climat^ sol, productions^ commerce^ 
population, religion, gouvernement. 

Le supplciTient est consacré à la géographie 
historique, à V instruction publique et à quelques 
remarques générales. Les matières qui ee trou- 
vent dans ce supplément no doivent pas, pour la 
plupart, ôti e a[>pri8es par cœur, 

Kous nous sommes contenté de donner quelques 
détails sur les villes capitales ; si nous l'eussions 
fait pour les villes principales, il nous aurait fallu 
dépasser les limites que nous nous Bomme^ impo- 
sées, de ne pas donner, trop d'étendue à notre 
ouvrage. Nous avons préféré réserver nos déve- 
loppements à la topographie. 

Quant aux fleuves et aux rivières, nous avons 
suivi de préférence la classification par ordre de 
versant, et nous les avons placés sans égard à 
leur importance respective, afin que l'élève qui 
étudie sur la carte puisse les tiouver plus facile- 
ment et les nommer de suite. 

Nous avons indiqué avec soin les versants que 
forment les montagnes : cette méthode donne 



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à notre 
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une idée plus juste de la topographie du pays 
que l'élève étudie. 

Les chatigeraents que les différents Etats ont 
éprouvés dans leurs bornes, demandent la publi- 
cation de cartes nouvelles. Nous aurions voulu en 
publier qui fussent conformes à ces changements. 
Mais, outre que nous sommes très-médiocre dessi-* 
nateur, nos moyens pécuniaires no nous permettent 
p..3 de faire cette dépense relativement considéra- 
ble. Nous osons espérer que le Département do 
l'Instruction publique fera venir d'Europe et 
tiendra en dépôt les principales cartes, et qu'il 
fera graver pour l'usage de nos classes la carte 
de la Puissance du Canada. Pour remédier 
autant que possible à l'absence de cartes, nous 
conseillons aux Professeurs et aux Instituteurs de 
faire tracer par les élèves sur le tableau noir, ou 
sur du papier les cartes des différents pays, à 
mesure qu'ils les étudient : c'est certainement lo 
meilleur moyen de graver dans leur esprit la 
position exacte des lieux et de leur rendre 
Ifamillières les connaissances essentielles de la géo- 
graphie. Depuis près de dix ans que nous avons 
adopté cette méthode, nous n'avons toujours eu 
[qu'à nous louer des heureux résultats qu'elle a 
[produits. 

Nous avouons bien humblement que pour rédi- 

Iger ce cours de géographie nous avons amplement 

Ipuisé à plusieurs sources. Nous nous sommes 

mis parfaitement à l'aise. Comme l'abeille, nous 



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PBBFA.OR. 



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avons bntinô sur toutes les fleurs. Les géograpliics 
françaises surtout ont été mises largement à 
contribution. Avant tout, nous avons voulu faire 
un livre ntile, sinon nécessaire aux écoles fran- 
çaises de la Paissanco du Canada. 

Nous avons procédé avec lenteur et circons- 
pection dans la composition do cet ouvrage, dont 
nous avons prisla liberté do soumettre les derniè- 
res revises à Sa Grandeur Mgr, de Ilimouski et à 
M. l'abbé T. A. Chandonnot, qui ont bien voulu 
se charger de les examiner, et à qui nous oôrons 
nos bien respectueux et sincères remercîments. 

Puissions-nous avoir réussi à donner à la 
jeunesse studieuse un ouvrage dont la publication 
se trouve justifiée par les changements récemment 
survenus sur plusieurs points du globe, et notam- 
ment dans notre propre pays. 



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GEOGRAPHIE. 



NOTIONS PRÉLIMINAIKES. 



1. La GfeoGRAPniE est une science qui a pour 
objet la description de hx terre. 

2. On divise la géographie on géograpide physiquCf 
eu géographie politique et en géographie historique. 

La Géographie physique décrit la distribution des 
terres et des eaux, les montagnes, le cours des fleuves,- 
les productions des trois règnes de la nature, les 
différentes races qui habitent le globe, etc. 

La Géographie politique fait connaître les divisions 
établies par les conventions humaines, et toutes les 
créations de l'homme, institutions, religions, langues, 
etc. 

La Géographie historique suit chaque localité 
dans toutes ses phases, faisant connaître les divers 
noms qu'elle a reçus ainsi que les événements dont 
elle a été le théâtre ; elle se divise aussi en géographie 
ancienne^ géographie du moyen âge^ géographie moderne 
et géographie sacrée. 

3. FORME DE LA TERRE. — La terre est à peu près 
ronde : sa forme est celle d'une boule aplatie aux 
pôles. On a éprouvé au premier abord quelque répu- 

ignance à le croire ; les élévrlions et les profondeurs 

[qu'on y trouve dans certaines parties semblent en 

hivQ une masse très-irrégulière, et ailleurs elle paraît 

>late, mais non arrond>e. IJn peu d'attention, 

•ependant, suffit pour faire connaître la véritable 

[forme de notre planète. 

4. MOUVEMENTS DE LA TERRE. — La Terre tourne 
ur cUeraéme ; ce mouvement s'appelle rotation^ 



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# GEOGRAPHIE. 

La ligne imaginaire sur laquelle s'opère ce mouve- 
ment se nomme axe, et se termine en deux points 
appelés pôles. L'un de ces pôles a été surnommé 
arctiquôf parce qu'il est placé en face de la constella- 
tion de la Petite Ourse (en grec Arctos) ; l'autre 
est le pôle antarctique. Ce mouvement se fait dans *i 
Pespace de 24 heL.es ou d'un jour. Le mouvement 
de rotation produit la succession des jours et des nuits. 
La terre a un autre mouvement qu'on appelle de 
translation ; c'est celui qn'fîlle fait autour du soleil 
dans l'espace d'environ 365 jours et six heures, ou 
d'une année, et qui forme les quatre saisons. Ce 
mouvement semble s'opérer par le soleil autour de la 
terre. On appelle orbite de la terre ou éclipttque, le 
chemin qu'elle parcourt autour di soleil. 

5. CARTES. — On appelle carte un plan qui repré- 
sente la terre ou une partie de la tôrre. On distingue 
trois sortes de cartes : 1 ® la Mappe-Monde, qui repré- 
sente toute la terre ; 2 ® la carte générale^ qui 
représente une des cinq parties du M^nde ; 3 ® la 
carte particulière, qui représente un pays, un comté, 
etc. Une carte topographique est celle qui donne le 
plan détaillé d'un Jieu particulier. 

6. POINTS CARDINAUX ; MOYENS DE s'ORIENTER. — 

On a éprouvé le besoin d'établir, dans diveises 
directions, des points prini.'ipaux auxquels on puisse 
continuellement rapporter sa situation. Il y en a 
quatre très-importants, nommés points cardinaux : le 
nord, qui se place au haut de la carte, le ««</, au bas,| 
Vest, à la droite. V ouest, à la gauche. ' 

Le nord ou septentrion, appelé aussi point boréal,, 
est du côté du pôle arctique dans la direction de lai 
Petite Ourse et à peu près aussi vers la Grande OurseJ 
appelées les Septentrions par les Romains. \ 

Le sud, à P'^pposé, se nomme midi, parce qu'il est! 
t(»urné vers la position où nous voyons le soleil àl 
midi ; on l'appelle aussi point austral on méridional 



I. 






NOTION» PJRELIMINAIBES. 



9 



L'e»^ le levant ou Vorîenty est le point vers lequel 
on voit le soleil se lever. JJouest, le couchant ou 
V occident est celui vers lequel on le voit se coucher. 

Si l'on tourne sa droite au soleil levant, on a devant 
soi le nord ; derrière, le midi ; et à sa gauche, rocci- 
dent. 

Il y a quatre points collatéraux : lo nord-est, entre 
le noi d et l'est ; le nord-ouest entre le nord et l'ouest ; 
le sud-est, entre le sûnnëtT l'est ; ec le sud-ouest, eutre 
le sud et Touesr. 



CERCLES IMAGINAIRES L^T GLOBE. 

Un cercle est une surface plane circonscrite par une 
ligne courbe, appelée circonférence^ dont touri les points 
sont également éloignés d'un point inférieur appelé centre. 
Cette courbe est divisée en 360 parties égales appelées 
degrés. Le signe des degrés est °, celui des minutes/, celui 
des secondes," ; 36° 25' 46" : lisez 36 degrés, 25 minutes, 
46 secondes. 

1. On considère sur le globe terrestre des grands 
ec des pc/iVs cercles : les grands cercles sont ceux qui 
divisent la terre en deux parties égales ; ces cercles 
sont : Véquafeur et les méridiens ; les petits Jcercles 
BOht ceux qui divisent la teràe eu deux parties 
inégales, ce sont : Igs pa^-allèles, îfes tropiques et les 
cercles polaires 

8. Equateur. — L'Equateur est une ligne circulaire 
qui fait le tour de la terre à égale distance des deux 
pôles, c'est-à-dire à 90° degrés, et qui la divise en 
ideux parties égales, appelées hémisphèresy ou moitiés 
[de sphère. La partie qui se trouve du côté du pôle 

irctiqne prend lo nom d'hémisphère ftor^ai ou simple- 
Iment hémisphère du Nord, celle qui se trouve du 
[côté du pôle antarctique prend le nom d'hémisphère 
laustral ou simplement hémisphère du Sud. 

Cette ligne est encore appelée équinoxiale, (ce mot 

lignifie nuits éjalcs) "parce que les jours sont égaux 



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aux nuits quand le soleil semble décrire cette ligne par 
son mouvement annuel ; c'est le jour des équiuoxes, 
vers le 20 Mars et le 23 Septembre. 

9. Méridiens. — Les Méridiens sont des grands 
cercles qui font le tour de la terre en passant par les 
pôles, et qui la partagent en deux hémisphères: l'un 
à droite, appelé hém>sphère oriental, l'autre à gauche, 
appelé hémisphère occidental. On peut faire pa>*ser 
des méridiens par tous les lieux de la terre. Ces cer- 
cles marquent, sur les cartes, la longitude, c'est-à-dire 
la distance du M^^idien d'un lieu h un autre, appelé 
premier méridien parce qu'il passe par un lieu convenu. 
Le premier méridien des Anglais passe par l'obser- 
vatoire de Grcenwich ; celui des Français }>ar Paris, 
et celui qui sert à tracer la Mappe-Monde passe 
généralement par l'Isle de Fer. C'est du premier 
méridien qu'on compte la longitude ; on compte 
180° à droite, c'est la longitude est; et 180° à gauche, 
c'est la longitude ouest. La longitude est marquée 
sur l'équateur dans la Mappe-Monde ; le point de 
départ est indiqué par O ; il se trouve à l'endroit oîj 
le premier méridien coupe l'équateur ; sur les autres 
cartes, elle est marquée au haut et au bas. 

10. Parallèles. — Les Parallèles sont de petits 
cercles tracés dan^e même sens que l'équateur. Ilsi 
marquent la latitude, c'est-à-dire la distance d'un 
Heu à l'équateur. La latitude est indiquée sur le| 
méridien dans la Mappe-Monde, et de chaque côté 
dans les autres cartes. On compte 90° de latitude] 
nord et 90^ de latitude sud, de l'équateur auj 
pôle. 

11. Tropiques. — Les Tropiques sont deux paral- 
lèles placés l'un au nord et l'autre au sud de l'équa- 
teur, à la latitude 23° 21' : celui qui est au nord est! 
le tropique du Cancer^ et celui du sud est le tropique^ 
du Capricorne. Le mot tropique siornific toMrncr ; car] 
le soleil, dans sa révolution annuelle, semble s'y arrô- 



NOTIONS PRELIMINAIRES. 



11 



ter, vers le 23 Juin et le 22 Décembre, pour retourner 
vers Péquateur ; ces jours sont appelés, Tun solstice 
d'étéf et l'autre, solstice d*hiver : le mot solstioe signifie 
arrêt du soleil. 

12. Cerclbs Polaires. — Les Cercles Polaires 
sont deux petits cercles paralliles à Téquateur, à 
23° 27' des pôles ; leur latitude est 66° 33'. Ils 
sont tracés à cette latitude parce que c'est de là 
qu'on commence à compter les climats de mois. 

A la latitude 66° 33', le plus lonjç jour est do 24 
heures. Au nord des cercles polaires, le soleil est 
visible ou reste sous l'horizon pendint des mois 
entiers î de là vient le nom de climats de mois. 
Celui du nord est appelé cercle polaire arctique^ et 
celui du sud, cercle polaire antarctique. 

13. Zones. — Les deux tropiques et les deux cer- 
[cles polaires divisent la terre en cinq bandes appelées 
zones : celle qui se trouve entre les deux tropiques est 
appelée zone torride ou brûlante ; cette zone occupe 
[une bande d'environ 46° 54' ; celles qui se trou- 
ent entre les tropiques et les cercles polaires se 

[nomment zones tempérées; ces zones occupent chacune 

me bande de 43° 6' ; enfin celles qui se trouvent au 

lOrd et au sud des cercles polaires, se nomment zones 

flaciales ; elles comprennent chacune une largeur de 

°27'. 



hKANDES DIVISIONS NATURELLES DU- 
GLOBE. 

14. La surface de notre globe est partagée en 
[eux grandes divisions : les terres et les eaux ; il y 
trois fois plus d'eau que do terre. 



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12 



OEOGBÀPHlË. 



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DÉNOMINATIONS DONNÉES AUX 

TERRES. 

15. Continents. — Un continent est une grande 
étendue de terre non interrompue par des mers. 

Il y a doux continents l'Ancien Monde, qui est 
formé par l'Europe, TAsie et l'Afrique ; et le Nouveau 
Mondcy forme par rAmérique ; quelques géographes 
donnent le nom de Monde Maritime aux Isles de 
l'Océanie. 

16. IsLE. — Une IsIg est une terre plus petite 
qu'un continent et entourée d'eau de toutes parts. 
Plusieurs îles placées les unes près des autres 
forment un groupe ; on nonimo archipel une grande 
étendue de la mer couverte d'îles. 

17. PRESQu'iiiE. — Une Presqu'île ou Péninsule 
est une portion de terre environnée d'eau de tous les 
côtés, à l'exception d'un seul, par lequel elle tient au 
continent. 

18. Isthme. — Un Isthme est une langue de terre 
qui joint une presqu'île au continent, ou à uue autre 
terre. 

1 9. Montagne. — Une Montagne est une masse de 
terre et de rochers qui s'élève au-dessus de la surface 
du globe. Plusieurs montagnes qui se suivent sans 
interruption forment une chaîne de montagnes. On 
donne le nom de jnc à une montagne isolée qui 
s'élève en forme de cône. Un volcan est une montagne 
qui lance du feu ; l'ouverture par laquelle sort le feu 
se nomme cratère^ et on nomme laves les matières 
vomies par le volcan. Les hauteurs peu considérables 
sont appelées collines^ huttes, tertres et mornes, 

20. Cap. — Un Cap ou Promontoire est une pointe 
de terre qui s'avance dans la mer. 

21. Défilé. — Un Défilé ou Col est un passage 9pouv( 



28. 
côtés 



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KOTlOXS PKËLIMINAUiES. 



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rent sans 
nés. On 
5ol6e qui 
lontagne 
ort le feu 
matières 
idérables 

• 

ne pointe 
1 passage 



étroit entre deux montagnes ou entre une montagne 
et la mer. 

22. Désert. — Un Désert est une vaste étendue 
de terre stérile et inhabitée. • 

23. Cote. — Une côte est une partie de la terre 
baignée par la mer : on lui donne le nom de 
falaise si elle est escarpée, de duriez si elle est formée 
par des collines de sables, et de plage, si les côtes 
sont plates et décjouvertcs. 

24. Vallée. — Une Vpllée ou Bassin comprend 
toutes les terres ai*ro3ées par une rivière ou un fleuve 
et ses afflueutH. 

25. Bas-Fonds.— Les Bas-Fonds on Bancs sont 
les endroits où la mer oiîVe peu de profondeur. 

26. Ecueil.— Les Eeueila ou Vigies sont des 
rochers à fleur d'eau ; si la mer s'y brise avec violence, 
ils prennent le nom de resci/s ou brisants, 

27. Plateau. — On entend ytar plateau un espace do 
terrain uni qui domine un sol moins élevé, cime d'une 
montagne qui s'aplanit, toute grande surface plane et 
horizontale qu'on rencontre à une élévation plus ou 
moins considérable, sur le faîte môme d'une haute 
chaîne de montagnes. 

28. Versant. — Un versant est la pente d'un des 
côtés d'une chaîne de montagnes. 

29. Chemins a lisses. (Rail-Road). — C'est 
[un chemin dont la voie est formée par deux lignes 
[parallèles de barres de fer, sur lesquelles des 
[chariots ap]ielés chars (wagons) roulent avec peu 

le frottement, de manière à économiser la force 
notrice. Les deu.^ extrémités d'un chemin à lisses se 
lomment terminus. La locomotive est le char mû par 
[a vapeur qui traîne à sa suite un certain nombre 
le chars ; la locomotive et les chars qu'elle met en 
louveniect forment un train ou convoi. Les diflé- 



14 



GEOGRAPHIE. 



|.;«' 



rents endroits où arrêtent les trains sont appelés dêpot^ 
Btation ou gare. Jj embarcadère est le lieu où part le 
convoi. Le char qui porte le combustible se nomme 
tender. 



DÊ]^0MIN"AT10]SrS DONNÉES AUX 

EAUX. 

30. OcÊA.N. — On donne le nom de Mer ou à* Océan 
& l'imraense étendue d'eau saîée qui couvre prè^ des 
trois quarts du globe. Il y a cinq océms: V Océan 
Atlantique^ entre l'Europe, l'Afrique et l'Amérique ; 
V Océan Pacifique ou le Grand Océan^ entre l'Asie et 
l'Amérique ; la Mer des Indes, au sud de l'Asie et à 
Pest de l'Afrique ; l' Océan Glacial Arctique, au nord 
de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique ; et V Océan 
Glacial Antarctique, au sud du cercle polaire antarc- 
tique. Ces cinq océans sont n,p]>elé8 mer» extérieures 
p rce qu'ils entourent les continents. 

31. Mers. — Les Mers Intérieures sont celles qui 
sont situées dans les terres. 

32. Golfe.— Un Golfe est une Baie est une partie 
de la mer qui s'avance dans les terres : une baie fort 
petite prend le nom d*anse. 

33. Port. — Un port est une petite baie que le 
travail des hommes a rendue propre à offrir un asile 
sûr aux vaisseaux. Le port prend le nom de vMre 
s'il est spacieux, et crique si le peu de profondeur de 
Peau ne lui permet de recevoir que de petits vais- 
seaux. 



34. Rade. — Une Rade est un endroit le long des 
côtes, où l'on peut mettre les vaisseaux à l'abri des 
vents. 

35. DkTRoiT. — Un détroit est un bras de mer 
entre deux terres : il prend aussi les noms de 
pa», passCf canal, phare, perfuis, boiipkore et sund. 



KOÏIONS fRELHilhi AIRES. 



15 



30. Lac. — Un Lac est une grande étendue d'eau, 
ordinaiivment douce, située au milieu des terres. Un 
])etit lac s'appelle éfang. La décharge d'un lac est 
le fleuve ou la rivière qui eu porte les eaux à la mer. 

37. Rivière. — Une Rivière est une masse d'eau 
qui coule sans cesse, jusqu'à ce qu'elle se réunisse à 
la mer ou à une autre rivière. Si elle est considérable 
et qu'elle conserve son nom jusqu'à la mer, on lui 
donne le nom dejleuve. Une rivière bien petite 
porte le nom de ruisseau. 

La Source d'un fleuve ou d'une rivière est 
l'endroit où il commence à couler ; et on appelle 
embouchure l'endroii où il se jette à la mer ou dans 
une autre rivière. L'endroit où deux rivières se 
réunissent se nomme confluant. Les rivières qui 
jettent leurs eaux dans nue autre rivière en sont les 
\ajffîuen(s ou tributaires. Le bas d'une rivière 
est l'endroit le plus rapproché de son embouchure, 
[et le haut, l'endroit le plus près de sa source. 

La Rive droite d'une rivière est le bord situé à la 
[droite d'une personne qui la descend ayant le visage 
tourné vers son embouchure, et la rive gauche est le 
bord situé à la gauche de cette personne. On 
appelle lit d'une rivière la partie du sol couverte par 
ses eaux. 

Une cataracte ou cascade est une chute considérable 
jd'un fleuve, d'une rivière ou de tout autre courant 
[d'eau. 

Un ropitZe est une chute d'eau qui a «lieu quand 
lune masse de ce liquide, qui franchit brusquement 
[une diÛerence de niveau, n'est point as'sez forte pour 
îonstituer une cataracte, mais l'est assez cependant 
Ipour intercepter la navigation ou la rendre dange- 
Ireuse. 

38. Canal. — Un Canal est une rivière artificielle 
jui met en communication deux lieux entre eux. Le 
îanal rend navigables les rivières dont des cascades, 
les rapides, etc., interrompent la navigation. 






É 



'^' 



16 



&EO«KAPHIE. 



DÉFINITIONS GÉNÉRALES. 



39. CAPiTALB.—La Capitale d'un pays est la ville 
qui occupe le premier rang dans un état, parce qu'elle 
est le siège du gouvernement ou de radministraiion. 

40. Climat.— On entend par climat la nature 
d'un pays sous le rapport des influences nié léréologi- 
ques (variations atmosphériques.) 

41. SoL.—On entend par sol le terrain considéré 
quant à sa nature ou à sa qualité productive. 

42. Commerce. — On entend par commerce cPex- 
portation les produits qu'un pays envoie à l'étranger ; 
ceux qu'il eu reçoit constituent ce qu'on appelle 
commerce (T importation, 

43. Religion. — La Religion est le culte que les ' 
hommes rendent à la Divinité. On distingue quatre 
religions principales : 1° le Christianisme, 2° le^ 
Judaïsme, 3° le Mahométisme ou Islamisme, 4° lel 
Paganisme. 

44. Gouvernement. --Le (/ouvemement est laj 
manière de régir, d'adminisirer. C'est l'administra- 
tion, la direction politique d'un Etat. Le gouverne- 
ment prend diltérentes formes. Il n'y a aujourd'hui! 
que deux formes générales de gouvernement : la| 
monarchie et la république, 

45. Monarchie. — La monarchie est le gouvemei 
ment d'un Etat régi par un seul chef appelé Souve- 
rain. 

La monarchie absolue est une forme de monarchie 
dans laquelle la souveraine puissance réside dans h 
personne du monarque sans autre restriction qu( 
celle des lois tondamentales de l'Etat. 

La monarchie constitutionnelle e>t celle où l'exercice 
des pouvoirs est réglé par des lois fondamentales, ej 
où le jjeuple est représenté dans des chattibres. 

La monarchie limitée ou tempérée est une sorte d\ 



NOTIONS PRÊLimNAIRES. 



17 



monarchie, où les trois pouvoirs sont tellement fondas 
ensemble qu'ils se servent Tun à l'autre do balance et 
de contrepoids. 

46. République. — La république est un état dont 
la constitution ost démocratique, où le peuple se 
gouverne lui-même, soit immédiatement, soit par ses 
déléguos. 

On distingue trois sortes de républiques : les aris- 
tocraties, dans lesquelles le gouvernement est entre 
1 les mains de la haute clas&i; de citoyens ; les oligar- 
chies, dans lesquelles il se trouve entre les mains du 
petit nombre ; et les démocratiesi, dans lesquelles la 
majorité de la nation prend part au gouvernement. 
On pourrait y ajouter les républiques fédératives, 
I composées de plusieurs Etats, dont chacun a une 
constitution différente. 

47. Confédération. — On entend par confédération 
lune ligne, une alliance entre des états indépendants 
pour faire ensemble cause commune et défendre leurs 
I droits. 

48. Etat. — On appelle Etat^ région ou pays une 
certaine étendue de la terre présentant les mêmes 
îaractères physiques, ou habitée par defj hommes 

it les mornes lois, les mêmes usages et. parlant 
généralement la même langue. 

49. BipRNES. — Les Bornes sont les limites d^m 
Itat ; il y a des bornes naturelles et des bornes 

tonventiomelles ; les bornes naturelles sont : les 
ontagnes, les rivières, les lacs, la mer, etc. ; les 
ornes conventionnelles sont fixées par des traités 
ntre les nations. 



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GEOGRAPHIE. 



DIVISION DU MONDE. 



1 



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n 



Le monde est divisé en cinq parties : 

/Superjicie en lieues carrées. Population. 

L'Amérique 8,1 00,000 75 millîona.l 

L'Europe 2,300,000 278 " 

L'Asie 8,400,000 700 " 

L'Afrique 5,900,000 100 " 

L'Océanie 2,500,000 30 @ 35 " 

Races. — La population du monde n'est pas an-des- 
sous de 1,200,000,000 et appartient à trois racesl 
principales : la blanche ou race causasique ; IsLJauneA 
dont les variétés prinui pales sont la tartare, la cuivrée\ 
et la malaie ; la troisième race est la nèr/re. 



AMÉRIQUE. 

^ Etendue. — L'Amérique s'étend presque d'un p6l« 
à l'autre. Elle est compri-e entre le 83e degré de 
latitude Nord et le 56e degré de latitude Sud, depuiil 
le détroit de Lemaire jusqu'au nord de l'archipel 
Parry, et entre le 20e et le 170e5 degré de longitudsT 
Ouest, depuis la côte orientale du Groenland jusqu'au 
milieu du détroit de Bhering. Sa plus grande lor 
gueur est près de 3400 lieues, et sa plus grand 
largeur, de 1300. 
Elle cet la seconde partie du raondo par l'étendu i 



AMÉRIQUE. 



If 



et elle occupo lo mômo rang par son commerce, 
par l'industrie et la civilisation de ses habitants. (1) 

Bornes. — L'Amérique est bornée au N. O. ])ar U 
détroit de Bhorin^r ; au N., par l'Océan Glacial, les 
Détroits de D<)î[)hin et de Dease, le golfe de Boothia, 
les détroits d'Hecla et do Fury, le canal do Fox, la 
mer d'Hudson et le détroit d'Iïudson ; à l'est et ù, 
l'ouest, elle s'étend entre l'Atlantique et le Grand 
Océan ; au sud, elle est bornée par le détroit de 
Magellan. 

Division. — L'Amérique se rétrécit, vers le 
milieu, d'une manière remarquable ; là, 'a partie la 
plus étroite n'a que 9 lieues de largeur, et forme le 
double isthme de Panama et de Darien. Tout ce 
qui se trouve au N. de cet isthme est VAmériqua 
Septentrionale ; tout ce qui est au S., forme V Amérique 
Méridionale. A l'E., s'étend le grand archipel des 
Antilles. 

Baies et Golfes. — Les côtes do l'Amérique 
septentrionale sont trôs-irrégulières ; mais celles do 
l'Amérique méridionale sont généralement uniformes. 
On voit pénétrer dans les terres de la première, du 
côté de l'Océan Glacial et de l'Atlantique, la mer 
Polaire de Kane, le bassin de Mehille, la mer 
diHudson^ le golfe St. Laurent , la baie de Fundy ; 
entre les deux Amériques s'ouvre un vaste enfonce- 
ment qui s'appelle, au Nord, golfe du Mexique^ et au 
S., mer des Antilles ; la baie des ClialeurSj entre lo 
Nouveau-Brunswick et la Gaspésie. 

Du côté du Grand Océan, on voit : le golfe de 
Panama^ à l'opposé de la mer des Antilles ; le long 



(1) La partio coatineatalo est un pei moins grande que 
I celle de l'Asie, et ne s'avance pas ou-dolU dn 72e parallèle. 
Avec 868 îles, ollo surpasse l'étendue de TAtiio et des îles 
Asiatiquei. 



V/ 



90 



oÉOOUAPniK. 



golfe àe CaUjoraie, appelé m^û mav Vermeille ou do 
Cortêz ; et, beaucoup plus loin, vora le nord, la mer 
de lihering. 

Dans ÎAniéri(|ue raôridionule, les seuls enfonce- 
ments dignes do remarque sont : les golfes de 
Gum/nquil et de GuaitecOy sur la c&te occidentale. 
Sur la côte orientale on remarque remboucliure de 
V Amazone, celle du Rio de la Flata, et les golfes de 
Saint' Antoine et de Saint- George. 

Ii.KS, Presqu'îles et CAPS.—Dans TAnK^rique Sep- 
tentrionale, les presqu'îles et les îles pont très-nom- 
breuses : le Groenland, qui s'étend dans le N. E. et se 
termine en pointe par le cap Farewell, forme une ou 
plnsieui s grandes îles ; on n'est pas allé au nord de 
cette froide contrée, et l'on n'en connaît pas les 
limites. On remarque, à l'est, V Islande et le triste 
et désert archipel de Spltzherg. 

Entre la mer do Baffin et celle d'Hudson, on 
trouve la terre encore mal connue de Cumberland, 
qui est une grande île. L'archipel Pavry, dont 
fait partie l'îlo Melviïle ; et les presqu'îles Boothia 
et Melviïle^ sont parmi les terres les plus boréales de 
l'Amérique. 

La presqu'île du Labrador, terminée par le cap 
Charles, s'avance entre la baie d'Hudson et le golfe 
St. Laurent ; la Nouvelle-Ecosse est une presqu'île, 
placée au sud du mômo golfe, et terminée, au N. et 
au S , par les caps Canso et Sable ; le golfe est fermé, 
à Test, par la grande île de Terreneuve. 

La /Vorù/e s'allonge entre le golfe di Mexique et 
i clantique ; elle est terminée par le cap Tancha ; 
lu Yucatan est entre ce golfe et la mer des Antilles, 
il se termine par le csip'tti/ocAf. 

La Vieille- Californie est une longue presqu'île qui 
borde, à l'ouest, le golf) du meiine nom, et dont 
l'extrémité S. se termine par le cap S. Lucaa. 

La prcjfqu'île à^ Alaska, ou du Prince de Gallen 
8* avance au loin, vers le nord-ouest, en face du cap 
Oriental d'Asie. 



AMKUK^LI'.. 



âl 



Lw quatre caps qni tbnnout los pointes extvô- 
mes de l'Amérique raôridionalo, vers les quatre 
points cardinaux, eont : au nord, le cap Gallinas; à 
rouewt, la pointe Parlna ; à l'est, le cap Blanc ; au 
9ud, le cap Uorn, qui appartient ù. une île de 
l'Archipel de la Terre do Feu, séparé du reste dô 
l' Amérique par le détroit do Magellan. Il l'iut encore 
remarquer, vers le sud, le cap FrotvarJy qui est 
l'extrémité du continent ; le cap Blanc du Pérou ; 
le cap Saint lioch et le cap Saint Auf/uslin, b, l'est. 

MoNTAONKS ET VicRSANTS. — Di\ cap Oocidontal 
au cap Uorn, n'étend une immense chaîne de hauteurs 
qui partage l'Amérique en deux versants : celui 
de l'est, incliné vers l'Atlantique et les mers 
Polaires et d'Hudson, et celui de l'ouest, vers le 
Grand Océan. Elle porte, dans l'Amérique septen- 
trionale, les noms de monts Rochp.ar, Sierra Madré, 
Cordillfèro dAnahuac ou du Mexique^ CordilUhre 
de V Amérique centrale. Elle forme, dans l'Araôriquo 
Méridionale, la majestueuse Cordilliêredes Andca^ qui 
longe la côte occidentale de cette contrée, et qui est 
la partie la plus élevée des montagnes américaines. 

On remarque encore dans l'Amérique Septentrio- 
nale la chaîne des Alleghanys ou ApalacheSf dirigée du 
nord-est au sud-ouest, depuis le cap des Rosiers 
jusqu'à la Floride. Cette chaîne partage les eaux 
qui se jettent directement ians l'Atlantique de celles 
qui sont tributaires du Mississippi ou du St. Laurent. 
Une autre chaîne s'étend depuis la presqu'île d'Alaska 
jusque vers la Californie, le long de la côte du Grand 
Océan ; elîe prend le nom de Sierra Nevada à son 
extrémité sud. Dans l'Amérique méridionale on 
voit s'étendre un9 chaîne de montagnes qui porte 
successivement les noms de Oanipos Farexis, de Sierra 
des VertenteSj et Serra dos Epinliaço La Sierra 
Parime et fa Siéra Pacaraima se dirigent de Voiiest 
à l'est. Le long do la côte orientale, rè^^ue la Sierra, 
do Mar ^HicJiaînc de la Mer. 



2*2 



ofeOGRAPRlE. 



i 



AsPECi' PHYSK^UE. — L'Amérique a pour cnractôrd 
généra^ un sol humide, d'une extrôme fécondité ; 
presque partout elie est parée d'une végétation vigou- 
reuBc et gigantesque ; la nature y est grande et 
majestueuse ; il y a des fleuves trôs-étendus, de 
vastes lacs, de belles cataractes, de longues ciiaîues 
de montagnes, des volcans redoutables, d'épaisses 
forêts, d'immenses prairies. Ou y voit des terrain;!» 
fangeux et malsains, et d'autres qui sont riants et 
délicieux. 

Climat. — Le climat, extrêmement rigoureux au 
nord, et assez froid à re^tréraitô méridionale, est 
fort chaud dais les parties du milieu. On remarque 
qu'en général la tempéra, are est moins élevée en 
Amérique que dans l'ancien continent, à latitude 
égale. 

Il y a, dans les régions équinoxiales, des pluies 
périodiques analogues à celles de l'Afrique. 



r 

i > 






AMÉRIQUE DU NORD. 

DivïsroNS.— L'Amérique du Nord comprend les 
Etats suivants : 1° ja Puissance du Canada, 2° la 
colonie de l'Iie de Terre-Neuve et du Labrador, 3° 
la colonie de l'Ile du Prince-Edouard, 4° le territoire 
du Nord-Ouest, 5° la conledération coloniale de la 
Colombie Anglaise et de l'Ile de Vancouver, 6° la 
confédération des Etats-Unis, 7° la république du 
Mexique, 8° l'Amérique Centrale, comprenant les 
républiques de Guatimala, de Honduras, de San- 
Salvador, de Nicaragua et de Costarica, 9° les îles do 
l'archipel des Antilles, etc. 



1? 



PUISSANOK DU CANADA. 



PUISSANCE DU CANADA. 



COLONIES-UNIES DE L ANGLETERRE. 



23 



Etendue.— -La Puissance du Canada a une lon- 
gueur de plus de 550 lieue», depuis le lac des 
Bois jusqu'au cap Causo, à l'est de la Nouvelle- 
Ecosse ; sa. plus grande largeur, du cap Sable à la 
chaîne de hauteurs qui la sépare du Territoire du 
nord-ouest, est d'environ 235 lieues : cette largeur 
varie beaucoup; sa n»oyenne est d'environ 80 lieues. 

Depuis le lac des Bo^s, en suivant les sinuosités du 
St. Laurent Misqu'à la hauteur du cap Breton, on 
compte plus de 860 lieues?. 

Bornes. — La Puissance du Canada est bornée au 
nord par une chaîne de hauteurs qui sépare les eaux 
qui coulent vers la Baie d'Kudson de celles qui 
coulent vers les grands lacs et le St. Laurent ; à 
l'est, par le Labrador, la rivière St. Jean, le 
méridien de l'Anst au Blanc-Sablon et l'Océan 
Atlantique ; au sud et à l'ouest, par le merae Océan, 
l'Etat du Maine, une ligne qui suit à peu près les 
Apalaches, le 45èine paiallèle jusqu'au milieu du 
fleuve St. Laurent ; ensuite cette ligne suit le milieu 
du même fleuve, du lac Ontario, de la Rivière 
Niagara, du lac Erié, de l.i rivière du Détroit, du 
lac et de la rivière Ste. Claire, du lac Huron, du 
Saut Ste. Marie, dulacSupériein, de la rivière et du 
lac de la Pluie, et enfin de la rivière et du lac des 
Bois. 

Divisions. — La Puissance du Canada comprend 
quatre provinces ; la Province do Québec, la Province 
d'Ontario, la Province de la Nouvelle Ecosse et celle 
du Nouveau-Brunswick. 

Population et Religion. — La Population total© 
de la Puissance du Canada peut être estimée à 



24 



QEOORAPrtlfî. 



y 



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3,500,000 âmes. La religion domiDante est le pro- 
testantisme ; près des deux cinquièmes de cette popu- 
lation professent le catholicisme. 

Capitale et Gouvernement. — La Capitsile est 
Ottawa, sur la rivière de ce nom, dans la Province 
d'Ontario. Le gouvernement est fédéral et consti- 
tutionnel ; il se compose de trois branches : je Gou- 
verneur Général, avisé par un Conseil Exécutif de 13 
membres, le Sénat et la Chambre des Communes. 
Le Sénat se compose de 72 sénateurs, nommés à vie 
par lo Souverain. Les Provinces de Québec et 
d'Ontario sont reju-ésentées chacune par 24 sénateurs, 
celle de la Nouvelle-Ecosse et celle du .Nouveau- 
Bruuswick en envoient chacune 12. Il y a 181 
Membres des Corijmunes, dont 82 représentent la 
Province d'Ontario, 65 la Province do Québec, 19 
la Province de la Nouvelle-Ecosse et 15 la Province 
du Nouveau-Brunswick. Les membres des Com- 
munes sont élus par le peuple pour cinq ans. 



PROVINCE DE QUÉBEC. 

Etendue. — La Province de Québec a 225 lieues 
dans sa plus grande longueur et 135 dans sa plus 
grande largeur. 

Bornes. — Les bornes sont : au nord, la chaîne de 
hauteurs qui sépare le vers?.nt de la Baie d'IIud- 
son de celui du Saint Laurent ; à l'est, le Labrador, la 
Rivière St. Jenu, le Méridien qui passe par l'anse 
au Blanc-Sablon, et le Golfe St. Laurent ; au sud, 
la Baie des Chaleurs, la Rivière Ristigouche, une 
ligue irrégulière qui suit à peu près les AUéganys, le 
45ème parallèle, jusqu'il ce que ce parallèle arrive au 
milieu du St. Laurent ; la ligne suit le milieu du 
fleuve jusqu'à la Pointe-au-Baudet ; ensuite elle 
s'avance au nord-ouest, jusqu'à l'angle occidental 
de la Seigneurie de Rigaud, puis au nord-quart- 



PUISSANCE DÛ CANADA. 



25 



)rd-est jusqu'à l'Outaouais ; la ligne suit le milieu 
cette rivière iusqu'à la tête du lac Téraiscaming, 
de là s'avance au nord jusqu'à la hauteur des 

îrrcs, c'e^t-à-dire jusqu'au lac Abilibbî. 

Divisions. — La Province de Québec se divise en 
00 comtés, qui envoient 65 membres à la chambre 
des Communes et 24 au Sénat (à Ottawa) : elle se 
divise aussi en 20 Districts judiciaires et en 6 
Diocèses. Les comtés se subdivisent en paroisses 
et en townships, (cantons.) 

MoNTAGNK^. — On re'Tiarquo trois chaînes de hau- 
teurs. Au cap des Rosiers, sur le golfe St. Laurent, 
commence la chaîne des Alloganys ou Apalaches, qui 
sépare les eaux qui coulent vers le St. Laurent de 
celks qui coulent vers la baie des Chaleurs, la baie 
de Fundy et l'Océan Atlantique ; elle s'avance, vers le 
S. O., jusqu'à l'état de Vermont. Les Laurentidea 
bordent la rive nord du St. Laurent depuis le Labra- 
dor jusqu'au Cap Tourmente, à dix lieues en bas de 
Québec ; de là cette chaîne s'en éloigue peu à peu 
jusqu'à rOutaounis. 

Sur la frontière du nord s'étend cette longue arête 
ou chaîne de hautcirs, dont nous avons parlé 
en donnant les bornes. 

Le point le plus élevé des Apalaches est la 
montagne de Ste. Anne ; on lui donne près de 4000 
pieds. 

Parmi les montagnes détachée:^, on remarque le 
mont Belœil,de 1100 pied<, sur le sommet duquel se 
voit un joli lac ; et celles d'Yamaska, deRougemont, 
de Ste. Thérèse, de Montréal, <fec. 

Rivières. — Presque toute la Province de Québec 
a))partient à doux versants. La longue arête qui 
détermine le partage des eaux du St. Laurent et do 
la Baie d'IIudson, forme le versant Sud, et les Apala- 
ches foiment le versant Nord. Les eaux de ces deux 
versants sont reçues et portées à IWtlantique par le 
o. 



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(JEOGRAPniE. 



I, 



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'!■ 






majestueux St. Laurent, le second fleuve du monde 
par la niasse de ses eaux, et sans contredit le premier 
par la facilité qu'il offre à la navigation. Des navires 
d*un tonnage assez considérable peuvent, à l'aide des 
canaux, se rendre à rextréraitô du lac Michigan, à une 
distance de près de 800 lieues. Parmi ses affluents, 
on remarque : au nord, l'Outaouais, le St. Maurice, 
le Saguenay, le Betsiamis, la Riviôre-aux-OutarJes, 
le Manicouagan, la rivière Moisie, le Manitou, le 
Nitigamiou et le St. Jean ; au Sud, la Rivière 
Richelieu ou Chambly, l'Yamaska, le St. François, 
la Riviè'-w' Nicolet, la rivière I5écancoiir, la Chau- 
dière, rEtchemin, la rivière du Sud, la rivière Quelle, 
la rivière du Loup, les Trois Pistcles, la rivière 
Rimouski, la rivière Matapcdiac ; &o. Parmi les riviè- 
res c^ui se rendent directement t\ l'Atlantique, on 
remarque: la rivière St. Jonn et lo RisLigoucho. 
Les affluents du nord prennent, presque tous, leur 
source dans la hauteur des terres qui sépare 
le hassiu du St. Laurent du celui de la baie d'IIudson ; 
et ceux du sud prennent leur source dans les 
Apalaches. 

Lacs. — Les lacs St. Pierre, St. Louis et St. Fran- 
çois sont des élargissements du St. Laurent. Le 
lac des Deux-Monta^aea est un clarGfissement de 
rOutaouais, à soîi einbouchure ; au nord du fleuve, 
entre ime foule d'autres, on remarque : les lacs Tcmis- 
caming, Abittibbi, St. Charles et Beauport, près de 
Québec, et St. Jeau, traversé par le Saguenay ; au 
sud, le lac Champlain, dont la partie comprise 
dans la Province de Québec prend le nom de Baie 
de Missiskoui, le lac Memphrémngog et le lac 
Mcgantic sur la frontière du sud-est, lo lac Témis- 
couata dans le comté du môme nom. Métis et 
Mata])édiac dans lo comté de Rimouski, et une fouL" 
d'autres. 

Iles. — En remontant le fleuve St. Laurent on ren- 
contre une foule d'îles, dont les plus remarquables sont 



PDI88ANCE DU CANADA. 



27 



les îles de la MRgdeleine, Labitées par environ 2000 
pêcheurs : ces î!es font partie du comté de Gaspé ; 
l'Ile d'Anticosti, longue de 140 milles et large de 35, 
fréquentée seulement |iour la chasse et la pèche ; les 
sept Iles ; l'Ile aux-Coudres, formant une petite 
paroisse ; l'IIe-aux-Grues, formant une autre petite 
paroisse ; la Grosse-Ile, lieu de quarantaine pour le 
port de Québec ; l'Ile d'Orléans, divisée en 5 petites 
paroisses, longue de 19} milles et large de Si ; l'île 
d'i Pîuls, de St. Ignace et un grand nombre d'autres, 
dan.j le lac St. Pierre ; l'Ile de Montréal, dans laquelle 
se trouve la vide de Montréal et 9 paroisses, longue 
de 33 milles et large de 11 ; l'île Jésus, séparée de 
celle de Montréal par la rivière des Prairies, divisée 
en 4 paroisses, longue de 22 milles et large de 6 ; 
l'Ile Ste. Hélène, devant Montréal, remarquable par 
808 fortifications ; l'île Perrot, paroisse, entre le lao 
St. Louis et le lac des Deux-Montagnes ; dans 
l'Outaouais, l'île du Grand-Cahmiet ; au haut de la 
! rivière Richelieu se trouve l'Ile-aux-Ncix, fortifiée 
[pour ft'rmir la route du lac Champlain, 

Canaux. — Le St. Laurent est navigable pour les 
[plus gro8 vaisseaux jusqu'à Québec, et pour ceux 

d'un tonnage moins considérable jusqu'à Montréal, 
[Pour éviter le Saut St. Louis, on a construit le canal 
Ido Lacliine, et pour franchir ks rapides des Cèdres et 
Ides dncadeny celui de Boauharnoi«, entre le lao St, 
[Louis et le lac St. François. Ces doux canaux pcr- 
imettent aux vaisseaux de remonter le St. Laurent, 
Idepuis le golfe jusqu'à l'extrémité ouest de la 
iProvince. 

L'Outaouais est rendu navigable jusqu'à la 
|Ca)iitale fédérale à l'aide du canal Grenville, 

îOHinun aux deux provinces. La rivière Chambly 
lest navigable jusqu au fond du lac Champlain par le 

?anal Chambly. 

Chemins X Lisses. — Le Grand Tronc est une 
immense ligne de chemins à lisses dont les terminus 



âs 



liiùOGRkvam. 



!■■'■. 



sont la rivière du Loup et le port Sarnia, à l'extrémité 
ouest de la Province d'Ontario ; ^-es principaux 
embranchements sont le chemin de liichemond à 
Portlmid, dans l'étrit dn lAIaine, et le chemin 
d'Arthabask.'i à Nicolot. Une autre petite ligne met 
en communication la ville de Montréal avec le villasco 
de Lachine ; une autre, Laprairie avec la ville de 
St. Jean. 

Le Grand-Tronc traverse le St. Laurent sur le 
pont Victoria. Ce pont est nn des travaux qui font 
le plus d'honneur à l'industrie humaine. 

Capitale ET Villes. — La Capitale est Québeo, au 
confluent du St. Laurent et de la rivière St. Charles. 
Les autres villes sont : Montréal, TroisRivières, 
Levis, Montmagny, Bcrthier, Sorel, Terrebonne, 
toutes situées sur le St. Laurent ; Ste. Hyacinthe, sur 
l'Yainaska ; St. Jean, sur le llichclieu ; Sherbrooke, 
sur le St. François, traversée par la ligue de 
Portland. 

Cldiat.— La Province de Québec, quoique située 
à la même latitude que la France, ce qui lui valut 
d'abord le nom de Nouvelle Franco, po?;sède une 
température bien pins basse que ce Pays. Le cliiDat 
est très-froid en hiver et très-chaud en été ; mais eu 
général très-salubrc. Les habitants ])arviennent ;\ 
un âge assez avancé. 

Ce qui caractérise le climat canadien, c'est le 
changement subit du chaud au froid. 

SoL. — Le sol est aseez fertile, mais en général il 
n'est pas bien cultivé. Les cultivateurs tiennent beau- 
coup trop à leur mode de culture, qui est à peu près 
celui de nos ancétrt-s, lors de l'établissement de la 
colonie française, pendant le siècle de Louis XIV. 

Productions. — Les céréales, les légumes, le maïs, 
croissent presque partout. Le lin vient généralement 
bien. Parmi le» fruits on peut citer : les pommes, 



r.l- : 
'■? i 



rUISSANOE DU CAMADA. 



â9 



surtout celles tlo Montréal, les prunes notamment 
celles de Plsle d'Orléans, les poires, les cerises, etc. 
Le raisin-franc et le tabac se cultivent surtout dans lo 
District de Montréal. On récolte, dans tons les 
jardins, les melons, les courges, les concombres, 
etc. Les arbustes à baies remplissent nos bois et nos 
savannes. Nos forets «ont remplies d'une immense 
quantité de bois précieux. La belle collection de 
M. l'abbé Brunet, h l'exposition de Paris, a été admi- 
rée de tout le monde. Les lacs et nos rivières offrent 
à la table canadienne une nourriture «abondante et 
délicieuse. Les pêcheries du golfe sont pour nos 
marins une source intarissable de richesses. 

Minéraux. — La Province de Québec ne laisse rien 
à désirer sous le rapport des minéraux précieux et 
ntiles. L'or de la vallée de la Chaudière est aussi 
abondant que celui des mines de l'Australie et de la 
Californie. On retire du beau cuivre des cantons 
de l'Est, surtout à Acton, et d'exceilent fer dans la 
vallée du St. Maurice ; on en trouve aussi à Batiscan, 
à St. Urbain, etc. On vient de découvrir h la 
rivière Moisie d'excellents minerais de fer, dont l'ex- 
ploitation promet de rappoi'ter de grands profits à la 
compagnie qui vient de se former. 

CoioiERCK. — Le St. Laurent, navigable depuis 
l'Océan jusqu'à l'extrémité ouest de la Province, 
offre une grande facilité Ti la navigation et au 
conimerco. Do plus, ie Grand Tronc la traverse 
presque d'une extrémité ù l'autre et donne mille 
avantages au commerce intérieur. Les importations 
de la Province sont trop grandes si l'on considère lo 
montant des exportations. On importo les mar- 
chandises sèches, les épiées, la quincnillerie, la faïence, 
la verrerie, les vins, les boissons spiritaeuses, 
les livres, la chapellerie, les ancrc:<, les cordages, en 
un mot tout ce qui est nécessaire à la vic^, et tout ce 
qui entretient le confort et le luxe; on ne doit excep- 
ter que les céréalos et en général ks comestibles. 



mmmmm 



80 



GÉOGRAPHIE. 



ff^i 



Nos exportations consistent en bois de construc- 
tion, madrierp, douves, etc., céréales et farines, 
vaisseaux neufs, pot: sse, lard et bœuf salés, pelle- 
teries, beurre, poissons et huile, animaux, biscuit 
sain-doux, etc. 

Population. — Le recensement de 1801 donne à la 
Province do Québec une population de 1,111,660 
âraes. En 1868, elle n'est pas au-dessous de 1,300,000. 
Près de 1,000,000 sont canadiens-français», le reste de 
cette population se compose de descendants d'Irlan- 
dais, d'Ecossais, d'Ano^lais, etc., qui s'y sont fixés 
depuis la conquête. Sur ce nombre 4876 appar- 
tiennent aux diiFérentes tribus sauvages. 

Religion. — Les catholiques sont au nombre do 
942,724 (recensement do 1861) ; le reste de la popu- 
lation suit les diftérentes communions protestan- 
tes. 

Gouvernement. — Depuis le 1er Juillet 1867 le 
gouvernement local de la Province de Québec est 
constitutionnel. Il comprend trois branches : 
1° le Lieutenant-Gouverneur, qui a pour l'aviser son 
Conseil^ Privé, composé de 6 membres : Un 
Secrétaire Provincial, qui est en môme temps Ministre 
de l'Instruction publique ; un Trésorier ; un Com- 
missaire des Travaux Publics ; un Commissaire des 
Terres; le Président du Conseil législatif; et un 
Solliciteur-général. 

2° Une Assemblée Législative composée do Qo 
membres élus par le peuple pour 4 ans. 

3** Un Conseil Législatif composé de 24 membres 
nommés t\ vie par lo Lieutenant-Gouverneur eu 
Conseil. 



PUISSANCE DU CANADA. 



SUPPLÉMENT. 



31 



GÉOGRAPUiE HISTORIQUE. — Noiis n'indiquerons 
pas les phases par les(jnellos le Canada a passé pour 
arriver à la Confédération do 1807 ; car nous 
supposons que l'iustoire du pays est enseignée 
jusque dans l*école de la pins p.auvre paroisse do la 
Province de Québec. 

iNSTRircTiON PUBLIQUE. — A l'époquc de l'union 
des deux Canadas, les Canadiens-français étaient, il 
faut Tavouer, très-ignorants. Depuis cette date, 
l'instruction publique a fiiit des progrès étonnants ; 
la Province de Québec no le cède aujourd'hui qu'à la 
Prusse. Parmi les jeunes gens âgés de 20 ans, on en 
trouve à peine 12 par cent qui soient incapables do 
signer leur nom. Le j)ays est redevable, en grande par- 
tie, de cet étonnant résultat à ses deux derniers surin- 
tendants, le Docteur Meilleur et surtout l'honorable P. 
J. 0. Chauveau, aujourd'hui ministre de l'Instruction 
publique. Le clergé canadien, de son côté, a favorisé 
par ses eiTvjrts énergiques et éclairés les travaux do 
ces deux hommes éminents. 



Ktat (le V Instruction puhUqiie pour Vannée 1867. 



DIVISIONS. 


Nombre Effectif du 

de3 corps 
écoles, lenseignant. 

1 


Nombre 

des 
élèves. 


Ecoles suDérieures 


10 

220 

3 

4 

3589 


•75 

1114 

32 

19 

3589 


8S8 


IJ. seeondaire3 

Id. normales 

Tîi. spéciales 


26468 
204 
299 


Id. Drimaircs 


lT8î*6l 






Total 


3826 


4829 


206820 







^WF 



dâ 



GÊOGRAPHIK. 



Québec— Cetfe villo, fondée en 1608 par Samuel 
de Champliiin, e.^t la j)ierre angulaire de la domina- 
lioh anglaise dans rAniériqno du Nord. Québec, 
puissamment fortifié par la nature et par la main 
de l'homme, doit être considorô comme la clef du 
pays. Cette villo est située sur le penchant d'un pro- 
montoire appelé le Cap-Diamant ; et, s'élevant en 
amphithéâtre au-dessus des campagnes voisines, elle 
offre un des plus beaux panoramas qu'il soit donné à 
l'œil de Thomme de contempler. Son port est 
spa'^-ieux et peut contenir toute la marine royale de 
l'Angleterre. Il offre beaucoup de ressemblance avec 
celui de Naples. 

Cependant, Québec, avec toute la munificence dont 
la nature s'est plu à le combler, n'est pas une belle 
ville : ses rues sont étroites et mal pavées ; ses 
maisons sont en général mal bâties, à l'exception de 
quelques édifices public??, parmi lesquels on remarque : 
la Douane, l'Hôpital de la Marine, l'Université-Lavai, 
l'Elglisc de^ Sœurs do la Charité, la banque de 
Québec, la banque Nationale. La population do 
Québec, d'après le recensement de 1861, est de 51,109 
âmes, dont 41,477 catholiques. 

A trois lieues do cette ville, les étrangers vont 
admirer la belle cataracte de Montmorency. 

Québec envoie trois députés à la chambre dos 
Communes et un au Sénat. 

Montréal. — Fondée en 1642, cette ville s'accrt».! 
plus rapidement que Quéhec. Elle est située au sud 
de l'Ile de Montréal, au pied de la petite montagne 
qui lui a valu son nom, en dépit do son religieux 
fondateur, M. de Maisonneuve, qui lui fit donner le 
beau nom de Ville-Mario. Montréal est certainement 
la ville la plus populeuse, la plus riche, la plus 
commerçante, et la plus industrieuse do la 
Puissance du Canada. Elle doit la plus grande 
partie de ses avantages à son voisinage des 
grands lacs, des Etats-Unis, et à la richesse des campa- 



rUlSSANOE DU CANADA. 



33 



gfnes qui Tenvironnont de tous los côtes. Elle les 
doit aussi, il no faut pas en clouter, à l'esprit 
(Veutrepriso, t\ l'activitô, à l'énergie de ses habitants. 
Sa population, d'après le recensement de 1861, est de 
90,323 îiines, dont 65,896 catholifjues. 

Parmi ses édifices publies, on remarque l'éf^lise de 
Notre-Dame, l'Eglise du Gcsu, l'église de St. Patrice, 
l'dglise anglicane, l'oglise St. Jacques, la Halle du 
Marché-Neuf, la ban(|ue Mol (on, et une louled'cdifi- 
CC9 qu'on vient de bâtir. On admire les quais de 
Montréal, la largeur de ses rues, surtout celle de 
Notre-Dame ; on n'épargne rien pour élargir celles 
qui sont trop étroites. On admire aussi ses promena- 
des publiques, ses jardins, et notamment le jardin 
Guilbaut. 

Montréal envoie trois députés aux Communes et un 
au Sénat. 

Tkois-Rivières. — Cette ville, fondée en 1634, ne 
s'accroît pas aust*i rapidement que ses deux rivales ; 
cela est dû h sa positi<Mi peu avantageuse pour le 
conimerco intérieur. Elle e^t située à l'embouchure 
du St. Maurice, qu se jette dans le St. Laurent par 
trois embouchures ; c'est ce qui lui a valu le nom de 
Trois-Rivières. Cette ville envoie un député aux 
Communes. 

La Province de Québec, quoique très-étendue, ne 
renferme pas un grand nombre de villes. Le paya 
n'offre pas encore de grands avantages à l'agglomé- 
ration de la population : l'agriculture fait vivre plus 
des onze douzièmes de la population et la tient dissé- 
minée i\ la surface du pays. 

Animaux. — Les chevaux canadiens sont renommés 
pour leur vigueur ; ils se vendent bien aux Etats- 
Unis. Les vaches et les moutons sont aussi recher- 
chés. 

Parmi les animaux sauvages et nuisibles an 
cultivateur, on remarque : l'ours, en petit nombre ; 
le loup, le loup-cervier et le renard ; ce dernier est 
recherche pour sa fourrure. 



8é^ 



otoGRApniis. 



'É 



'è 






Parmi les animaux non nni'^iblos, on distingue 
l'oriîjjnal et le chevreuil, auxquels nos chasseurs font 
une guerre continuelle ; le castor, la loutre, la martre 
et le vison dcnnent une fourrure des plus riches. 

On ne reniarqjie point de reptiles dan^çercux. 

Les oiseaiix les plus jiiuiôs qu'on trouve dans nos 
bocages, dans, nos forets et sur nos grèves, Hont : 
l'aigle, lefiucon, l'orfraie, le huanl, le niartin^pêcheur, 
la perdrix', la bécasse, la tourtro, le rossignol, lo 
chardonneret, lo rouge-gorge, les linottea, les fuivct- 
tes, l'ortolan, le goglu, le merle, le gobe-mouche, le 
groH-bec, l'oiseau-mouche. 

Parmi les oiseaux de ]»as8age, on doit nommer ; lea 
cygnes, les grues, les oies, les canards, les outardep, 



etc. 



AsPFXT GÊMBUAL. — (7'rsy)e,svV.-.-Kntourée des eaux 
du golfe Si. Luurtnl et de la baie des Chaleurs, la 
Gaspésie jouit d'un climat moins froid en hiver et 
moins cl.au l en vi6. (pie le reste de la Province, 
La proximité de l'Océan est la cause principale dd 
cette dilVérencede température. * 

La Gasj>c.<ic forme un district judiciaire, dont les 
chefs-lieux sont Percé et New-Carliale. Elle se 
compose du comté de Gaspé, sur lo St, 
Laurent, et do colui dtî lîonavcnture, sur la 
baie des Chaleurs. Cette p.resqu'îie est traversée 
de TE. à l'O. par les Aîléghanys, dont lo versant N, 
arrose le comté de Gaspé et lo versant S., le comté 
de Bonaventure. 

Le N. est plus inontagneux qno lo S. Les côtes do 
l'E. et du S sonttrès-découpees, et forment plusieurs 
ports ou havres commodes et spacieux ; entre autres : 
le joli et pittoresque port de Gaspé, ceux de Percé, de la 



* Il est bon <îe faire remarquer aux étudiants que les vanV 
tions de la température sont dues : 1° i la latitude des 
lieux ; 2^ à l'éléTfttioQ du sol ; 3® ù la position des lieux par 
rapport à la mer, aux rivières, aux lacs, etc. 



rUISSANOK DU CANADA. 



35 



Grande Rivière, dePabos, de Port Daniel, do la î^ou- 
velle, do Paspûbiao, de Now-Carlisle, do Bonaventuro, 
de Cascapédiao, de Carlotoii, etc. Les côtes du N. sont 
plus arides et d'un aspect plus sauvage. Les 
principaux établissements sont ceux de la Grando- 
Uiviorc, du Mont-Louis, du Bassin do Gaspé. Les 
terres sur la baie des Chaleurs sont gétieralemeut 
meilleures que celles situées sur le golfe St. Laurent. 
L'intérieur n'est pas habité et contient des milliers 
d'acres d'excellentes terres. Ces deux comtés 
Ibrment, avec celui de Rimouski, h partie S. du 
nouveau Diocôse de llimouski. 

Il y a dans la Gaspceio du fer d'assez bonne 
qualité'. 

Taloimar. — Sur la rive N du St. Laurent, î\ l'opposé 
(le la Gaspésio, se voit le comté peu hibité deTadous- 
sac, dont les habitants, prcsi|ue tous pêcheurs, votent 
avec ceux do Chicoutimi. Ce comté a un us- 
peot trôs-sauvage. Le sol, aride et as.«ez bas sur le 
bord du fleuve, s'élève graduellement en appro- 
chant de la limite du N. Il est arrosé par 
nn grand nombre de rivières, dont quelques-unes 
sont as-iL'Z considérables ; elles prennent leurs sources 
sur la chaîne de hauteurs qui forme la limite N. du 
pays. Il se trouve un grand nombre de petits 
havres très-frôquoiités en été par les pécheurs ; les 
)liis connus sont: les Bergeronncs, les Esconmins, 
l)erville. Mille Vaches, Het'^iamite, St. Nicolas, 
Sept Iles, Pointe-aux-Esquimaux, Natask ouan, etc. 

Ces petits havres envoient à Québec beaucoup de 
boiïi et de poissons. On y trouve, surtout dans le N-, 
un grand nombre de lacs, dont plusieurs sont très- 
,u;ran(l8 cl remplie de poissons. 

A la rivière Moisie, et généralement sur une grande 
l»artie de la côte, il y a du minerai d'excellent fer. 
Le port des Sept-Islos, à sept lieues h l'O. do la 
rivière .Moisie, deviendra important par l'exploitation 
tic c':;3 mines. On peut établir dans ce lieu des 



l' 



;<< 



36 



GfcOGRAPillK. 



M- 



manufactures et livrer au commerco une foule d'arti- 
cles en fer et en acier qu'on se procure maintenant 
par l'importation. 

La plus grande partie de ce comté appartient au 
Di.» èse de RirnouHki. 

Vallée du Saguenay. — La vallée du Saguenay 
est célèbre par la variété de ses sites grandioses, 
par ses majestueux paysages, par ses beaux 
lacri, ses vallons pittoresques et sos chutes, 
dont les premières se rencontrent à la dis- 
tance d'environ 23 lieues de Tadons-^ac. Cette 
grande rivière est encaissée à son embouchure dans 
deux grandes aiètes qui courent du S. E. au N. 0., 
et qui s'en éloigneat à S on 10 lieues do son embou- 
chnre jusqu'au N. du lac St. Jean. 

Le charmant petit villaî^e de Tadoussac, à l'embou- 
chure du Saguenay, a été visité par les premiers 
Français qui se sont établis dans le pays. Il est 
aussi ancien que Québec ; ce poste était dans l'origi- 
ne de la colonie lrès-im[)ortant par la traite avec les 
Sauvages. 

Rien n'est j)lus b aa ni plus attrayant qu'un 
voyage en lateau-à-vapeur depuis Québec jusqu'à 
la baio des ILi ! Ha î Après avoir admiré la 
largeur et la beauté du St. Laurent, les caps 
majestueux qui le bordent sur la rive N., les 
belles paroisses qu'on aperçoit sur chaque rive, on 
entre dans une riv'ère qui oÔVe, à son embouchure, 
peu de largeur, mais dont la profondeur est si con- 
sidérable, que le bateau peut longer de très-près les 
rives dans lu plus grande partie de son parcours. 
Des navires d'un grand tonnage la remontent jus- 
qu'à la baie des Ha î Ha ! pour prendre une cargaison 
du plus beau bois de construction. Le Saguenay 
fournit encore di bardeau et du bois do chauffage. 

La largeur de cette vallée est e;i moyenne de 12 
à 15 lieues. Avec celle du lac St. Jean, elle forme 
le beau comté de (/hicoulimi, renfermant 21 paroisses 



PlîlSaANCE DU CANADA. 



37 



OU établissements. C'est un district dont le chef- 
liou est Chicoutimi. Un Vicaire Forain réside dans 
ce grand et beau village. 

Cette grande vallée, hérissée de montagnes au S., 
renferme vers le milieu et le N. des terres arables 
très-fertiles, dont plusieurs milliers d'acres sont 
encore incultes. La grande vallée du lac ^t. Jean ne 
compte encore que quelques colons, ci cependaFit 
elle peut former des centaines de riches paroisses ; 
son sol est d'une grande fertilité. Les eaux du 
Saguenay, de ses tributaires et du Inc St. Jean sont 
remplies de paumons et d'autres L-xcellcnts poissons. 

Les rivières Metabetchouan, Ouiatchouan, Mistas' 
fiini, Pcriboka, A^snapmoussouiii, sont les principaux 
tributaires du lac St. Jean. Cette dernière rivière 
])(uit être considérée comme la continuation du 
Saguenay. Les lacs Kinoga'ni et des Commis- 
saires sont K'S plus considérables parmi une foule 
d'antres. 

Jetez-vous dans un léger canot d'écorce, dirigé 
par deux robu'Ues A[ontagnais, et parcourez rapide- 
ment dans toute sa longueur les eaux limpides du 
lac St. Jean. Vous voyez de t(jus côtés, snr le 
littoral, des f )icts immenses couvrant une terre vierge 
et ferti'e ; i«'.i, vous entrevoyez ù travers le bois la 
hutte de quelque^» colons qui ont eu le courage de 
s'établir dan-; ce« inmicnses solitudes ; là, vous 
rencontrez le bateau à vapeur de M. Priée, traînant 
un lourd radeau de riche bois de construction. Cà 
et là, un saumon s'élance pour saisir une mouche 
qui rase la surtace du lac, ou qui s*est laissée choir en 
parcourant cette vaste nappe d'eau. Voilà le tableau 
(ju'offre le lac St. Jean dans toute sa sublime et sau- 
vage beauté. 

Transportez-vous par la pensée sur c^ lae, un 
demi siècle p'us tard. Vous vo!>d embarquez sur un 
l)etit palais tiotlant attaché a une jetée devant une 
}>ctitc ville c ) juettement assise sur ses bords. Vous 



^W^^'f'^ffTrWf^T^^^^f^^^ 



38 



GEOGRAPHIE. 



Il 

il 



h: Và 



apercevez de beaux et élégants village?, dont les 
clochers s'élancent dans la nne. Le lac est sillonné 
en tous sens p:ir de nombreux petits vaisseaux ; 
peut-être même verrez-vous la fumée d'une locomo- 
tive qui attend l'heure du départ pour se diriger vers 
Québec. Ce tableau d'imagination donne une idée 
de l'avenir réservé à cette partie intéressante de la 
Province de Québec. 

Charîevoîx. — Depuis le Saguenay jusqu'au comté de 
Montmorency, se déploie le grand comté de Charlevoix. 
Il compte 12 paroisses ou établissements dont les 
plus belles sont celles de la Baie St. Paul, des Eboule- 
ments et de \\ Mil baie (Murray-Bay) ; ces deux 
dernières possùi^eiit chacune une jetée. Plusieurs 
citoyens de Québ>^c, do ^lontréal et djs Etats-Unis 
vont passer les chaleurs de Télé à la Malbiie. On 
trouve de bonnes terres et de bons pâturages sur le 
fleuve ; mais en arrière, en avançant vers la limite 
N"., on ne trouve qu'un terrain hérissé de montagnes, 
ou de hauts rochers ; d'innombrables petites rivières 
ou ruisseaux s'élancent do leur sein en écumant et 
viennent former dans les vallons de charmants petits 
lacs. 

Le comté de Charlevoix forme un district dont la 
Mnlbaie est le chef-lieu. 
Il y a du fer à St. Urbain et à la Baie St. Paul. 
Rlmoxiski à Léuia. — Depuis le comté de Gaspé 
jusqu'à celui de Lévis, les établissements sont 
sitnés sur le St. T/.iurent ou dans le voisinage 
de ce fleuve. Il n'y a qu'un seul rang de 
comtés. Au X. O., ils touchent au St. Lau- 
rent, et, au S. E., à l'Etat du Maine ; ce sont : 
Rimouski, Tétniscouata, Kamonraska, l'Islct, Mont- 
magny et Bellechasse. Tous ces comtés sont riches 
et renferment de très jolis villages ; les plus beaux 
sont ceux de Matane, de Ste. Flavie, de Rimouski, 
des Trois Pistoies, de Cacouna, très-fréquentô 
par les touristes ; de la Rivière du Loup, de Notre- 



l'OlâSANOB DD CANADA. 



39 



I>iimo (lu Portage, de Kamouraska, de Ste. Aune, de 
rislet, de Montmag-ny, de St. Michel, tous 
situés sur le St. Laurent. Bien que ces comtés no 
soient habités que pr^s du fleuve, il reste vers 
le S., particulièrement sur le versant S. des Apalaches, 
beaucoup d'excellentes terres qui n'attendent que lo 
colon pour donner d'abondantes récoltes. Tous les 
tributaires de la rivière St. Jean sont entourés des 
plus belles et des plus riches terres p'-ablcs du pays. 
Klles sont parsemées cà et là do charmants lacs de 
toutes grandeurs, Le Grand-Tronc relie la llivièro 
du Loup à Lovif, et contribue dans une grande 
proportion au progrès de ces comtes. Cette partie 
inttreFsante de la Province compte deux collèges 
dlas , Mes : celui de St. Germain de lliraouski et celui 
ue bie. Anne; une écolo d'agriculture h Ste. Anne ; 
plusieurs couvents, académies, et un grand nombre 
d'écoles modèles ; chaque paroisse possède plusieurs 
écoles élémentaires. 

Sur les côtes, plusieurs petits havres donnent un 
asile aux nonibreux vaisseaux qui portent les 
produits de ces paroi-*ses au Marché de Québec. 
On trouve des jetées à Ilimouski, à la lli- 
vièro du Loup, Il St. Denis, h l'Islot, lï Berthier, h, 
St. Jean de l'Isle d'Orléans et h St. Michel. 



Lévis (^ 
à celui 
de deux 
S. de la 
St. Laurent 



Ilantingdon, — Du comté de Lcvis 
Huntingdon, les comtés s'étagent 
i'^sieurs rangs jusqu'à la frontière 
lovince. Ceux qui bordent le 
sont : Lévis, Lotbinière, Nicolet, 
Yamaska, Richelieu, Verchères, Charably, Laprairie, 
Chateauguay, Beauharnais et Huntingdon. Ceux 
qui longent la frontière des Etats du Maine, du New 
Ilampshire, du Verraont et de New-York, sont : 
Dorchester, Bi?auce, Compton, Stanstead, Brome, Mis-' 
Hisquoi, iberville, St. Jean ; le comté de Huntingdon 
forme l'extrémité S. O. de la Province. Le? autres 
sont placés entre ces derniers et ceujf qui 



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(^EOftRAPHIi^ 



'1^ 






\i iiP 












touchent le St. Laurent ; ce sont : Mégantio, Artha- 
bi8ka, Wolf, Richmond, Dnirnmond,Bagot, Shefford, 
St. Hyacinthe, Rouville et Kapierville. 

elle 




des vallées riantes et de belles forêts. Le climat des 
comtés du S. est plus doux que celui des comtés qui 
bordent lo St. Laurent. Les terres sont fertiles et pro- 
duisent en abondance les céréales. La vigne réussit 
en quelques endroits, et nous croyons que bien cultivée 
elle réussirait dans la plus grande partie de cette 
zone. Les lacs sont nombreux et très-poissonneux. 

Dans le comté de Dorcb ester se trouve l'établisse- 
ment trÔ8-prospèj"e des Pères Trappistes. Ils ont une 
ferme qid se trouve dans le canton Lange vin, et qui 
peut servir de modèle aux colons qui ouvrent la 
îbrct. 

Les rivières qui arrosent cette vaste région coulent 
du S. B. au N. O. Los plus remarquables sont 
celles de Richelieu, d'Yamaska, de St. François, do 
Nicolet, de Bccancourt, d'Elehemin. Celles de 
Chambly, d'Yamaska et de 8t. François sont naviga- 
bles sur une grande partie de leur parcours. 

Lo canal Chambly ouvre une communication par 
eau depui^ le St. Laurent jusqu'à rextrémité S. du 
lac Champlain. Cette intéressante rivière, connue 
autrefois sous le nom de rivière des Iroquois, et qu'on 
appelle encore rivière Richelieu coule dans une vallée 
riche et délicieuse. 

A cette rivière se rattachent des souvenirs histori- 
ques qui remontent aux premiers temps de notre 
histoire. C'est sur ses bords, ou sur ceux du grand 
lac qui lui sert de couronne, que se fit entendre la 
première détonation de Parme à fou et que le Sauva- 
ge reçut le premier plomb meurtrier de l'Européen 
qui venait lui ravir ses terres de chasse. Sur ses 
rives ou sur celles du lac Chaniplaiu s'élcvèrçut suc- 



PUISSANCE DO CANADA. 



41 



cessivement les célèbres forts de Richelieu, de Sorc!, 
do Chambly, de Ibt. Jean, de St. Frédéric, de Carillon, 
etc. Là des héros, des héroïnes même, se distinguè- 
rent par des combats ou par des actes de courage qui 
ont lliit enregistrer leurs noms dans l'histoire de la 
Nouvelle-France. Dans des temps plus rapprochés 
de noua, des Canadiens égarés ont versé leur sang à 
St. Denis et à Chambly, pour revendiquer de justes 
droits. 

Les noms des bourgs, des villages et même des com- 
tés forment une sorte de tableau historique qui nous 
rappelle le souvenir des hommes importants qui s'y 
sont illustrés sous la domination Française. Le 
Bégiment de Carignan ayant été licencié, quelques 
compagnies restèrent dans le fiays ; les officiers 
obtinrent des Seigneuries sur le? bords du Richelieu ; 
et les soldats, devenus censitaires, leur rendirent " foi 
et hommage. '* 

Le Grand-Tronc traverse cette zone et n'a pas peu 
contribué à son développement et à son progrès. 
Quoiqu'elle soit la plus peuplée du pays, elle 
possède cependant des milliers d'acres d'assez bonnes 
terres encore couvertes de forêts, surtout dans le 
voisinage des Etats-Unis. 

Les collèges de Nieolet, de St. Hyacinthe et de 
Stanfold (Princevillp) se trouvent dans cette partie 
de la Province. Les couvents et les autres institutions 
importantes sont trop nombreux pour que nous 
puissions les indiquer tous dans cette courte descrip- 
tion. 

Sur le St. Laurent, on rencontre des jetées devant 
tous les villages importants situés sur le littoral 
du fleuve. 



Montmorency à Pontiac. — Depuis le comté de 
Montmorency jusqu'à l'extrémité occidentale de 
la Piovince, s^e déroule une longue suite de 
fiOrissants comtes ; i!s ne forment qu'un seul 
étage sur le St. Laurent ou l'Outaouais, à 



'f 



ms 









II 



rP 



^ 



oéoQRAPHIE. 



Ut ' 



l'exceplion du comté de Montcalm. Tous sont 
bornés au N. par le territoire do la Baie d'Hudson ; 
co sont : Montmorency, Qutîbec, Portneuf, Cham- 
plaiu, St. Maurice, Maskinonj^é, Berthier, Joliette, 
l'Assoroptior, Terrebonne, Des Deux-Montagnes, 
Argenteuil, Ottawa et Pontiac ; dans Pangle formé 
par rOutaouais et le St. Laurent se trouvent les deux 
riches comtés de Vaudreuil et de Soulanges. L'île Jésus 
forme le comté de Laval, et Tîie de Montréal, ceux 
de Hochelaga et do Jacques Cartier. 

Cette contrée peut se diviser eu deux longues 
zones : 1° celle du fleuve, qui est presque toute 
habitée ; 2° celle qui se trouve près de la frontière 
N. ; cette dernière compte peu d'établissements et 
peut fournir à la colonisation des millions d'acres de 
terres fertiles, particulièrement dans la belle vallée 
du St. Maurice et dans celle de l'Outaouais. 

L'Outao lis, qui reçoit les eaux d'un grand nom- 
bre de tributaires, est d'une lonccueur d'environ 225 
lieues. Les nombreux points de vue qu'on y rencon- 
tre sont très-pittoresques. Sur la plupart des cours 
d'eau, le gouvernement a fait constvaire des canaux, 
des écluses et des glissoires. Uu magnifique pont 
suspendu, placé devant Ottawa, unit les deux 
Provinces. 

La rivière Outaouais est navigable pour des 
bateaui„ à vapeur, depuis les chutes de la Chaudière 
jusqu'à la tète des Rapides des Chats ; ce lac est 
relié à celui des Chênes par uu petit chemin à lisses ; 
la navigation redoventie libre, un petit bateau h 
vapeur se rend jusqu'au Portnge-du-Fort. Plus loin, 
la rivière est navigable pour de petits ba,teaux 
jusqu'aux Rapides des Joachims. 

C'est de cette vallée que sort la plus grande partie 
du bois de construction qu'exporte la Province. 

De l'embouchure dti St. Maurice aux Grandes 
Piles, distance de 40 milles, la navigation est inter- 
rompue par les chutes de Shaouénigane et par des 



Yi 
V 



PUISSANCE DU CANADA. 



43 



rapides. Au-dessus des Grandes Pilep, un bateau-à- 
vapeur navigue jusqu'à la Tuque. Ensuite la navi- 
gation est interrompue sur une longueur de 34 milles 
jusqu'au grand Détour. De là, le St. Maurice devient 
de nouveau navigable. Des Grandes Piles à 
source, cette belle rivière est navigable sur un 
parcours de 196 milles sur environ 2C0 milles 

Cette partie du pays a été colonisée la 
première et renferme les premières institutions 
clfissiques et de charité qui furent fondées : lo 
Séminaire de Québec, le collège des Jésuites, le 
couvent des Ursulin es, l'Hôtel-Dieu, l'Hôpital Géné- 
rale^ et plus tard, le Sérainaîre de St. Sulpice, le 
couvent des Dames de la Congrégation à Montréal, 
les collèges de Terrebonne, de Ste. Thérèse, do 
TAssomption, de St. Laurent, etc. 

Cette zone est beaucoup plus accidentée que celle 
qui se déroule au S. du St. Laurent. Près du fleuve, 
dans le voisinage de Québec, le sol est assez élevé ; 
en approchant des Trois-Rivières, il s'aplanit et est 
exposé tous les ans aux inondations à l'époque de la 
débâcle. Vers le nord, on rencontre des collines et 
des montaiînes dont les cîmes sont couvertes de forêts 
de pins, de sapins, etc. Les vallées sont belles et 
riantes, et couvertes de riches pâturages. Des 
milliers de lacs sont parsemés cà et là sur cette 
étendue de près de 29 mille lieues carrées. 

Le fleuve St. Laurent est navigable depuis le 
commencement de mai jusque vers la fin de novem- 
bre. Plus de 1500 navires remontent ce fleuve jus- 
qu'à Québec dans cette saison, et près de 300 jusqu'à 
Montréal. Ils nous apportent les produits des pays 
étrangers et s'en retournent chargés de bois de 
construction, de farine, etc. 

La compagnie du Richelieu a relié Québec à 
Montréal par une ligne de splendides bateaux à 
vapeur ; le Québec et le Montréal sont des palais 
flottants dont seraient fières les preraièrea Puissances 



"l»Kfî>f»»Juy>p;ii!i ■•l^f!«1 



44 



OÉOGKAPHIK. 



f 



M 
II 



maritimes de l'Europe. Une autre li^ne de bateaux 
ù vapeur relie Québec aux Provinces du golfe. 

Pour résumer ce coup d'œil général Bur la 
lopogi'aphie de notre belle Province de Québec, 
nous dirons qu'il est bien peu de pays où la 
nature offre autant d'attraits, autant de grandear, 
autant do spectacles pittoresques et majestueux qui 
méritent d'attirer l'atLention de l'étranger. Descen- 
dez le cours du St. Laurent, pénétrez dans 
l'intérieur du pays : partout vous rencontrerez des 
Htes riants, de sublimes beautés de tous les genres. 
Sortez do Québec, et faites une excursion de pcclie k 
St. Raymond. Vous vous étonnez de trouver dans 
cette grande paroisse de 26 rangs des beautés 
que vous étiez loi*i de soupçonner. C'est une 
petite Suisse : des montagnes superbes, des 
vallons verdoyants, de jolies rivières, et une centaine 
de lacs revêtant toutes les formes et encaissés dans 
des montagnes et des collines, d'innombrables mis- 
seaux qui s'élancent de leur sein en écumant et 
formant des nappes argentées. C'est dans ce? pai- 
sibles lieux que l'indu-trieux castor construit sa 
chaussée. 

Parmi les nombreux villages que vous rencontrez 
échelonnés sur le St. Laurent, choisissez au hazard : 
vous en trouverez h peine un seul qui ne vous pré- 
sente quelques points de vue ou quelque beauté qui 
mérite d'attirer vos regards. Accoutumés à contem- 
pler une grande nature, nous sommes, en général, 
indifférents h toutes ces merveilles que nous offre 
partout le pays. 

Les Européens, les Anglais entre autres, vont 
admirer en Suisse les lacs, les glaciers et les autres sau- 
ges beautés de ce petit pays. Ils n'y voient assuré- 
ment rien de plus sublime. 

Un petit chemin à lisses qui relierait cette 
paroisse à la >:!le de Québec, serait très- 
avantageux à cotte partie du pays. Xous Bora- 



rUlèèANCE DU CANADA. 



45 



mes heureux d*apprendre qu'on s'occupe de ce pro- 
jet ; il a tontes les chances de succès. Ce chemin aiuM 
pour but de procurer du bois de chaufifage à la ville 
de Québec. 

Les rives des lacs St. Charles et Beauport sont 
visitées par une foule de touristes. 

Avec les immenses ressources agricoles, minières 
et forestières, qu'offre partout la Province àe Québec, 
on s'explique dinicilement ce courant de jeunes 
éraigrants qui se dirigent vers les Etats-Unis, pour 
aller chercher une fortune q^^a certainement ils 
trouveraient dans la patrie, si chère ù tout homme de 
cœur, s'ils avai<.Mit assez de courage et d'énergie pour 
exploiter la forôt, le .«ol, les mines ou les pêcheries. 
Il <^st étonnant, et en môme temps affligeant, de 
penser que moins de 1 J million d'âmes se trouvent à 
l'étroit sur un territoire riche et fertile de plus de 125 
millions d'acres. Au moment où des milliers de 
Canadiens s'exilent volojitairement et vont, pour un 
faible salaire, é])uiser leurs forces à l'étranger, plus 
de dix millions d'acres d'un lorrain fertile et vierge 
sont laissés dans l'iinproduirtiun du friche et de la 
végétation forestière. Pui-se l'étude du pays éclairer 
ces jeunes gcne et les attacher au sol qui les a vus 
naître et qui, nous n'en doutons nullement, peut 
nourrir une population plus du double do celle qu'il 
nourrit maintenant ! Est-ce la liberté qu'ils vont 
chercher sur la terre étrangère ? Après avoir parcouru 
les cinq parties du Monde, ils se convaincront que 
jamais pays n'offrit plus de liberté que la Puissance 
du Canada, sous la protection du drapeau britannique. 



ilf. 



46 



ÔÊOORAriIIff. 




LUie des comtés^ desparomes, des cantons {townsh'ps) et 
des principales institutions qu'ils ren/erment. 

COMTÉ DE l'aSSOMPTION. 

L'Assomption, Village et Col- St. Henri do ^^ascouche. 

loge. St. Lin. 

L'Assomption, Paroisse. St. Rocb. 



L'Epiphanie, 


St. Paul l'Ermite. 


Lachenaie. 


St. Sulpice. 


Bepcntigny. 






coMT<5 d'aroenteuil. * 


Arundel. 


Morin. 


Chatham. 


Montcalm. 


I)e Salabcrry. 


St. Jérusalem, 


Grenville. 


St. André. 


Gore. 


St. Jérôme* 


Harrington, 


Wontworth. 




COMTfi d'aRTHABASKA. 


Arthnbrs'^a 


Chester, Ouest 


Arthabaskavillp. 


Horton. 


Aston. 


Mjiddington, 


Blandford. 


Stanfold. 


Bulstrode. 


Tingwick, 


Chester, Est, 


Warwick. 




COMTÉ PB BAOOT. 


Acton. 


st. Pie. 


St. Dominique. 


Ste. Rosalie, 


Stc. Hélène. 


st. Simon. 


St. Hugues, Couvent. Upton. 


St. Liboire. 




. 


COMTÉ DE BEAUCF. 


Adstock. 


Marlow, 


Aylraer. 


Priée. 


Dorset. 


Shenlcy. 


Vorsyth. 


StËlzéar. 



* Les Oomt^s accompagnés d'un astérisque (*) sont ceux 
qu'on appelle anglologuts ; ce sont ceux dont les limites ne 
peuvent être changées sans le consentement de leurs repréfîen-» 
tanta. 



l'UISSANOK DU CANAl A. 



47 



Gayhurst. St. Frédéric. 

Jersey. St. François* 

Lambton. St. Georges. 

Linière. St Joseph. 

Ste. Marie do la Heauco, Cou- ïring. 
vent et Col. Ind. 



Beauharnoîs. 
Stc. Cécile. 
St. Clément 



COMTÉ DE BEAUIIARNOIS. 

St. Louis de Gonzaquc. 
St. Stanislas de Kotska. 
St. ïiinothée. 



OOMTÛ DB DELLECilASSE. 

Armagh. St. Lazarr, 

Beaumont. St. Michel, Couvent et CoJ. 

Buckland. Ind. 

St. Charles. St. Raphaël. 

St. Gervais, Couvent. St. Palier, 

COMTÉ DE BEIITHELMU 

Befthier, Paroisse. liavaltrie. 

Berthier, Village et Couvent. St. Barthélerai, 

Brandon. St. Cuthbort. 

Isîe du Pads. St. Gabriel. 

Lanoraie. St. Norbert, 

COMTÉ UE BOX AVENTURE. 

Bonaventure. Maria. 

Oarleton, Couvent. New-Oarlisle. 



Cascapôdiac. 


Matapcdiac. 


Cox. 


New-Richinond. 


Port-Dar«oï. 


Nouvelle et Shoolbred. 


Ilamilton. 


Paspébiac* 


Hope. 


RistJgouche. 


Mann. 






COMTÉ DE UROME, * 


Bol ton. 


Potton. 


Brome. 


Sutton. 


Farnhauj. 





COMTÉ DE CIIAMDLY. 

Boucherville, Paroisse. Longueuil, Village, et Col. 

Boucherville, Village. Ind. 

Chambly, Paroisse. St. Bruno. 

Chambly, Village, Col. Ind. St. Hubert. • 

Longueuil, Paroisse. St. Lambert. 



iii ■ 



48 



GEOGRAriin:. 



. COMTÉ DE CIIAMI'IiAIN. 

Batiscan. Stc. Geneviève de Datiscan. 

Cap do la Magdcloinc, Ste. Maurice. 

Chaniplain. St. Narcisse. 

Mont Oarmel. St. Prosper. 

Ste. Anne, Couvent. . St. Stanislas. 

Ste. Flore. St. ïite et Chantiers. 

COMTÉ LE CHARLEVOIX, 

Baie St. Paul, Couvent. Ste. Agnes. 



Callières. 
Do Sales. 
Eboulemcnts. 
Isle-aux-Coudres. 
Petite Rivière St. François- 
Xavier. 



Settrington. 

St. Etienne, (Malbaîc). 

St. Fidèle. 

St. Trénéc. 

St. Urbain. 



COMTÉ DK CnATBAU«UAV. 

St Antoine. Ste. Martine. 

St. Jean Chrysostômc. Ste. Philomène, 

St. Joachiu» do ChâteaugUay. St. Urbain Premier. 
St. Malachie. 

COMTÉ DE CIIICOUTIMI. 



,,. 


Bagot. 


Mésy. 




Bourgette. 


Metabctchouan, 




Caron. 


Plcssis. 


-<:'_. 


Charlevoix. 


Roberval. 




Chicoutimi, 


Couvent. Simard. 




Deliile. 


Signay. 




Harvey. 


St. Jean. 


'i ■' 


Jonquière. 


Tableau. 


i 


Kinogamf. 


Taché. 


1 


Labarre. 


Les Réserves des Saavages. 


. 


Latcrriôre. 


Tremblay. 

COMTÉ DE COMPTON. * 


: 


Bury. 


Lingvrick. 




Clifton. . 


iVIarston. 




Compton. 


Newport et Auckland. 




Eaton. 


Westbury. 




Ilampden. 


Wmslow. 


\ 


Hcreford. 


Whitton. 



FtlSSANCB DU CANADA. 



4» 





GOMTtf SE 


DORCnESTER. 


Bucklancl. 




Ste. Germaine. 


Cranbourne. 




Ste. Hénédino. 


St. Edouard et St. 


Malachie. 


S Isidore. 


Frarapton. 




Ste. Justine. 


St. Anselme, Couvent. 


Ste. Marguerite. 


St. Bernard. 




Standon. 


Ste. Claire. 




Ware. 




OOHTli DE 


DRUMMOND. 


Durhain. 




XJpton. 
Wendover. 


Grantham. 




Kingsey. 




Wickham. 


Simpson. 








COMTÉ 


DE GASPÉ. 


Anse au Griffon. 




Grande Vallée. 


Cap Chat. 




Magdcleine. 


Cap aux Os. 




Malbaie. 


Car <\ea Rosiers. 




Mont-Louis. 


C \s Espoirs. 




Newport. 


C 31a ne. 




Pabos. 


Oloridorme. 




Percé. 


Douglastown. 




Rivière au Renard. 


Bnssin de Gnspé. 




Ste. Anne des Monts. 


Grand Etang. 




Ile Bonaventure. 


Grand'Grave. 




Iles de la Magdelcine. 


Grand'Kivière. 








COMTÉ D'HOCHETiAGA. 


Longue Pointe. 




Pointc-aux-Trembles, Cou. 


Montréal, Paroisse 


• 


Rivière des Prairies. 


Côte St. Louis, Vi 


liage. 


Sau!t au Récollet. 



St. Jean-Baptiste, Village. 

COMTÉ d'HUNTINGDON. * 

Elgin. Huntingdon, Village, et God* 
Franklin. manchester, Couvent. 

Ilemmingford. St. Anicet. 

Hinchinbrooke. St. Régis et Dundee. 

COMTÉ d'iBERVILLE. 

Iberville, Ville de. Ste. Brigitte. 

St. Alexandre, Couvent. St. George de Henryville. 

St. Athanase, Couvent. St. Grégoire. 

a 



60 



GEOGRAPHIE. 



COMTÉ DE l'iSLET. 

Ashford. St. Cyrille. 

L'Isîet. St. Jean. 

St. Aubert et Fournier. St. Roch. 

COMTÉ DB BIMOUSKI- 



St. Fabien.^ 
Ste. Félicité. 
S te. Fia vie. 

St Germain, Collège et Cou- 
vent. 
Ste. huce. 
St. Mathieu. 
St. Simon. 
St. Ulric. 



Bic. 

Chemin Môtapédiac. 

MacNider. 

Maepès. 

Matane. 

Matanc, Paroif se. 

Métis. 

Si Anaclot. 

Ste. Angôle. 

Ste. Blondine. 

COMT^J DB RODVILIiTï. 

L'Ange-Gardien. St. J.^an -Baptiste. 

Marieville, Collège et Cou- Ste. Marie, 
vent. St. Mathias. 

St Césaire, Couvent. St. Paul d'Abbotsford. 

St. Hilairé. 

COMTÉ DB PAGUBNAY. 

Saguenay et Rivière Ste. Pointe aux Esquimaux. 

Margueritî. L'Anse de Gibraltar et autres 

Tadoussac et Bergoronnes. lieux. 

Escoumins, Iberville et Mille Rivière St. Jean et autres 

Vaches. lieux. 

Sault au ^ochon, Is'ets Jôré- Baie do Kegasca et autres 

mie et Betsimis. lieux. 

Rivière Moisic et autres Nataskouan. 

lieux. Lsle d'Anticosti. 
Shelldrake et autres lieux. 



COMTÉ DB SnKFFOftD. * 

Roxton. 

Shcfford. 

Stukeley. 



Ely. 
Granby. 

Granby, Village. 
Milton. 

COMTÉ DB S0ULAN0B3. 

Coteau Landing. St. Joseph, Couvent. 

Les Cèdres, Couvent. St. Polycarpc. 

St. Clet. St Télesphore, St. Zotique. 
St Ignace. 



î^i^tSSÀNOfi Î)V CANADA. 



51 



COMTiS Dl 8T. HTACZNTHI. 

I 

La Présentation. St. Hyacinthe, Séminaire et 

St. Barnabe. Couvent. 

St. Charles. St. Hyacinthe, Paroisse. 

St. Damase. St. Jude. 

St. Denis, Couvent. 

CuMTÉ DE ST. JIAN. 

Isle-aux-Noix (Prison), St. Luc. 

Lacolle. Ste. Marguerite (L'Acadie). 

St, Jean, Paroisse. St Valentin. 

Si Jean, Ville do. Couvent. 

OOHTâ VM 8T. MAURIOB. 

St. Sévère. 

Trois-Rivières, Paroisse, Cou- 



Pointe du Lac. 
St. Barnabe. 
St. Bonifacc. 
St. Etienne. 



Académies. 

Barford. 

Barnston. 



Begon. 

Dégely. 

Denonville. 

Détour du Lac. 

Fraserville. 

Lsle Verte. 

Notre-Dame du Portage 

Rivière Bleue. 

St. Antonin. 

St Arsène. 

St. Eloi. 

St Epiphane. 



ven. 
Yamachiche. 

OOlfTÉ Dl BTAN8TBAD. * 

Hatley. 
Magog. 
Plaines de Stanstead. 

COMTÉ Dl TÉMISOOUATA. 

Ste. Françoise. 

St. George de Cacouna, Cou- 
vent. 

St. Jean de Dieu. 

St. Honoré. 

St. Modeste et Whitworth. 

St. Patrice de la Rivière du 
Loup. 

Chemin Témiscouata. 

Trois Pistoles, Couyent. 

Viger. 



Beresford. 

Ste. Adèle. 

Ste. Anne. 

St Janvier. 

St Jérôme, Village. 

St. Jérôme, Paroisse. 

St. Sauveur. 



OOUrÈ Dl TIRRIBONHB. 

Ste. Sophie. 

Ste. Thérèse, Paroisse. 

Ste. Thérèse de Blainville. 
Village et Collège. 

Terrebonne, Paroisse. 

Terrebonne, Village, Collè- 
ge Masson et Couvent 



'wmFmmmmw!^^'^ 



5â 



GEOGRAPHIE. 



Ait. 

ë 



COMTÉ DES DIUX-MONTAQNKS. 

Lac des Deux-Montagnes, Cv. St. Hermas. 

St. Augustin, St. Joseph du Lac. 

St. Benoit St. Jérôme. 

St. Canut. St. Placide. 

St. Columban, Ste. Scholastique, Village et 

St. Eustache, Village, Cou. Couvent. 

St. Eustache, Paroisse. Ste. Scholastique, Paroisse. 



COMTÉ OV VACDBBniL. 



Isle Pcrrot. 
Newton. 
Ste. Marthe. 



Rigaud, Col. Ind, 
Vaudreuil, Village. 
Vaudreuil, Paroisse, 



COMTÉ DB JACQUES-CARTIER. 



Lachine, Paroisse, Ste. Geneviève, Paroisse. 

Lachine, Village. Ste, Geneviève, Village. 

La Pointe Claire, Couvent. St. Laurent, Col. Ind. 

Ste. Anne. St. llaphaôl et Isle Bizard, 

COMTÉ DE JOLIETTE. 

Cathcart. St. Félix de Valois. 

Joliette, Collège et Couvent. St. Jean de Martha, 

Kildare. Ste. Môlanic, 

St. Ambroise. St. Paul. 

St. Charles Borromée. St. Thomas, 
Ste. Elizabeth, Couvent. 

COMTÉ DE KAMOURASKA. 



Ixworth. 

Kamouraska, Village, Cou- 
vent. 
Mont Carmel. 
Rivière Quelle, Couvent, 
St. Alexandre, 
St. André, 



Ste Anne, Col, et Couvent, 

St. Denis. 

Ste. Hélène. 

St. Louis. 

St. Pacômc. 

St. Paschal. 

Woodbridge, 



COMTÉ DE LAPRAIRIE. 

Laprairie, Village, Couvent. St. Jacques le Mineur, 

Laprairie, Paroisse. St. Philippe. 

3t. Constant. Sault St. Louis, Couvent, 
St» Isidore, 



PUISSANCE DU CANADA. 



53 



COMTÉ DE LAVAL. 

St. François de Sales. St Vincent de Paul. 

St. Martin. St. Vincent de Paul, Collège 

Stc. Rose, Paroisse et Vil- et Couvent, 
lage. 

COMTÉ DE LÉVIS, 

Notre Dame de la Victoire, St Henri. 

Collège et Couvent. St. Jean Chrysostôme. 

St. Joseph de la Pointe Lovis, St. Lambert. 

Couvent. St. Nicolas. 

St. Etienne de Lauzon. St. Romuald d'Etchcuiin. 

COMTÉ DE LOTBINIÈKë. 



Lotbinière, Couvent. 
Ste. Agathe. 
St. Antoine. 
St. Apollinaire. 
Ste. Croix, Couvent 

COMTÉ DE MASKINONOÉ. 



St. Plavien. 

St Giles. 

St Jean Deschaillons. 

St Sylvestre. 



Hunterstown. 
Maskinongé. 
Rivière du Loup. 
St Didace. 



Broughton. 
Halifax, Nord. 
Halifax, Sud. 
luverness. 
Ireland. 
Leeds. 



St Justin, 
St Léon. 
St Paulin. 
Ste. Ursule. 

COMTÉ DE MÉGANTIC. * 

Nelson. 

Somerset, Nord, Couvent 
Somerset, Sud, et Augmen- 
tation. 
Thetford. 



Int, 



COMTÉ Dl UIBSiaQUOI. * 

Dunham. 

Farnham. 

Notre Dame des Anges. 

Philipsburgh, Village. 

St. Armand, Ouest. 

COMTÉ DE MONTOALW. 

Chersey. St. Esprit. 

Couvent de Ste. Anne. St. Jacques. 

Doncaster. Ste. Julienne. 



St Armand, Est 

St. George de Clarenceville. 

Stanbridge. 

St Thomas. 



■^;-.l>'ff,; ■ •}■' 



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OÉ0GBAPHI£. 



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Rilkenny. 
Rawdon. 
St Alexis. 



Berthier. 
Grosiiiâ Isle. 
Isie aux Grues. 
Isle aux Oies. 
Isle aux Canots. 



St. Lignori. 
Wexford. 



OOMTi DE UONTMAONY. 

Montmagny, Village, Ool. 

Ind. et Couvent. 
Montmini, Township. 
St. François, Couvent. 
St. Ignace. 



Isle Ste. Marguerite. St. Pierre. 

St. Thomas. 

COMVi Dl MONTMOBBNOT. 

Ange Gardien. St. François. 

Château Richer. St Jean. 

Laval. St. Joachira. 

Ste. Anne. St. Laurent 

Ste. Famille, Couvent St. Pierre. 
St Féréol. 

COUTE Dl HAPIBRVItLM. 

St. Cyprien, Couvent St Rémi. 

St Edouard. Sherrington. 

St. Michel. 

C01IT£ DI NrOOLKT. 

Bécancour. Ste. Gertrude. 

Blandford. St Grégoire, Couvent 

Gentiliy. ^ Ste. Monique. 

Nicolet, Séminaire. St Pierre. 
f^t Célestin. 



Addington. 

Aumond. 

Aylmer, Village. 

Aylwin. 

BidWell. 

Bigelow. 

Blake. 

Bowman. 

Bouchette. 

Bouthillier. 

Buckingham, Village. 

Buckingham. 



COMTÉ d'oOTAOUAIS. * 

Hincks. 

Hull. 

Killaly et Sicotte. 

Kiamica. 

Kensington. 

Lochaber. 

Low. 

Maniwaky et McGill. 

Mashnm. 

Northfield. 

Petite Nation, 

Portland, 



^V^'Vf-.^. '-} '"'■'.C "' 



PUISSANCE DU CANADA. 



66 



Oameron. 

Denholm. 

Derry, .Est et Ouest. 

Dudley. 

Eardley. 

Egan. 

Hartwell. 



Preston. 

Rippon. 

Suffolk, Wells et Villeneuve. 

Sto. Angélique. 

Templeton. 

Wabasse et Wright 

Wakefield. 



COMTÉ RI PONTIAO. * 



Aberdeen. 

Aldfield. 

Allumettes. 

Bristol. 

Clarendon. 

Chichester. 

Isie du Calumet. 

Leslie. 



Litchfield. 
Mansfield. 
On slow. 
Pontefract. 
Portage du Fort. 
Sheen. 
Thorne. 
Waltham. 



COUTE Dl POBTKBUF. 



Cap Santé. 

Deschambault, Couvent. 
Ecureuils. 
Grondines. 

Pointe-aux-Trembles, Cou- 
vent. 
St. Alban. 
Cawood. 
Huddersfiold. 



St. Augustin. 
St. Bazile. 
St. Casimir. 
Ste. Catherine. 
St. Raymond. 
Stau hope. 
Aberford. 
Claphara. 



Ancienne Lorcttc. 
Beauport. 
Charlesbourg. 
Hôpital Général. 
Asile des Aliénés. 
Notre Dame de Québec. 
St. Ambroise. 



COMTÉ DB QUÉBEC. 

St. Colomb. 

St. Dunstan. 

St. Edmond. . 

Ste. Foy. 

St. Gabriel. 

St. Roch, Couvent. 



St. Aimé. 

St. Marcel. 

St. Ours, Village. 

St. Ours, Paroisse. 

St. Robert. 



COMTÉ DB BICURLIKU. 

St. Roch. 



Sorel, Paroisse. 

Sorel, Ville, Collège et Cou 

vent. 
Ste. Victoire. 






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56 GEOGEAPHIE. 

COMTÉ D> RICHMOND. 

Brompton et Gore. Melbourne, Village. 

Cleveland. Shipton. 

Danville, Village et Acadé- Stoke. 

mie. Windsor. 

Melbourne. 

COMTÉ DE VERCBÈRKS. 

Belœil. St. Marc. 

Contrecœur. Varennes, Col. Ind. 

St. Antoine. Verchères, Col. Ind. 

Ste. Julie. Institutions. 

COMTÉ Di woLra. * 

Dudswell. Stratford. 

Garthby. Weedon. 

Ham, Sud. Wotton. 

Ham. Wolfestown. 
St. Canaille. 

COMTÉ d'YAMABKA. 

La Baie. St. François. 

Pierrcville. St. Michel. 

St. David. St. Zéphirin. 

Districts. — La Province de Québec comprend vingt 
grands districts, savoir : ceux de Québec, de Montréal, des 
Trois-Rivières, de Gaspé, de St. François, do Kamouraska, 
de l'Ottawa, de Terrebonne, de Juliette, de Richelieu, de 
Saguena}', de Chicoutimi, de Riniouski, de Montinagny, de 
Beauce, d'Arthabaska, de Bedford, de St. Hyacinthe, 
d'Ibervillc et de Beauharnois, ayant chacun leurs cours 
civil: s et criminelles. 

Progrès de la population du Canada depuis les premiers 
temps de Vétàblissement du pays. 

16G3 2,500 

1720 24,434 

1760 environ 70,000 

1825 681,657 

1827 640,886 

1851 1,842,265 

1861 2,765,506 

Catholiques. Protestants. 

1861 - - - . 1,200,865 - - - - 1,305,890 
(Origine Française 880,607) 



PtnBSANCE DU CANADA. 



«r 



Progrès de la populatiortf Bas- Canada. 

1676 -,-,..-. 8,415 

1760 environ 60,000 

1831 611,923 

1844 ... r ... - 690,782 

1851 . 890,261 

1861 r 1,111,566 

Le Bas-Oanada ne doit presque rien à Tétnigration, il se 
rQcrute presque entièrement dans ses propres forces, 

Progrès du Haut- Canada, 

1832 - . -r 261,060 

1842 ..,...., 486,055 

1851 - . T 952,004 

1861 r 1,396,091 



PROVINCE D'ONTARIO, 

Etendue. — La Province d'Ontario a 350 lieues du 
6. E. au IsT. 0., depuis le comté de Vaudreuil jus» 
qu'au milieu du lao des Bois. Sa largeur moyenne 
est d'environ 125 lieues. Latitude moyenne 46*. 

Bornes. — Au nord, la hauteur des terres qui 
sépare le bassin de la baie d'Hudson de celui des 
grands lacs : à l'est, la Province de Québec ; au sud 
et à l'ouest le milieu du St. Laurent lu lac Ontario, 
de la rivière Niagara, du lac En^j, de la rivière du 
Détroit, du lac et de la Rivière Ste. Claire, du lac 
Huron, du Saut Ste. Mario, du lac Supérieur, du lap 
et de la riyière de la Pluie, du l^P et de la rivière deâ 
Bois. 

Division,— 'La Province d'Ontario se divise en 45J 
comtés, qui envoient 82 députés à la chambre des 
Communes et 24 sénateurs : elle se divise en 20 
districts judiciaires, et comprend 5 diocèses. 

Montagnes. — Le sol est peu ondulé. Les Princi- 
pales chaînes de hauteurs sont la continuation des 
ï^aurcnlides qui séparent la vallée de l'OutaouaifS de 



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oéOGBAPHIE. 



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celle des grands lacs ; à la baie de Quinte commence 
une chaîne de hauteurs, qni fait lo tour du lac Ontario 
et se termine à la chute de Niagara, après avoir pris 
le nom de hauteurs de Burlington. On trouve des 
montagnes de granit sur la rive nord des lacsHuron 
et Supérieur. 

Rivières. — Le St. Lanront, les rivières Ste. Claire, 
Détroit, Niagara, qui sont la continuation du St. 
Laurent entre les grands lacs ; la rivière Outaouais, 
le Madawaska, le Mississipi et le Rideau, affluents 
de l*Outaou.'iis ; leïrent, qui se jette dans 'a baie de 
Quinte; la Grar de Rivière, qui se jette dan^ le lac 
Erié ; la Tomise, qui se jette dans le lac Ste. Claire ; 
la Severn, qui décharge le lac Simcœ dans la baie 
Géorgienne ; la Rivière Française, qui décharge lo lac 
Nipissing dans la même baie ; la rivière Blanche, qui 
se jette dans le lac Supérieur, etc. 

Lacs. — Plusieurs des lacs de la Province d'Ontario 
méritent le nom de Mers Intérieures par leur étendue : 
le lac Supérieur, le plus considérable de l'Amérique, 
est long de 120 lieues, largo de 48, et a une profon- 
deur de 80 à 150 brasses ; le lac Huron, long de 84 
lieues, largo de 80, et profond do 60 à 100 brasses; à 
l'est de ce lac est la baie Géorgienne ; le lac Erié, 
long de 82 lieues, largti do 21, et profond de 13 à 17 
brasses ; le lac Ontario, long do 70 lieues, large de 
20, et profond de 60 à 90 brasses. 

Entre les lacs Erié et Ontario se trouve la célèbre 
cataracte de Niagara. C'est une des merveilles les 
plus étonnantes du monde. Après s'être brisés 

f)endant trois quarts de lieue contre les lochers, 
es flots viennent en écumant se orécipiter d'une 
hauteur de plus de 160 pieds da**: un abîme dont on 
n'a pu encore mesurer la prolondeur. Un pont 
suspendu met en communication la rive canadienne 
de celte rivière avec la rive américaine, et permet de 
contempler la cataracte dans toute àîi sublime horreur. 
Le bruit de la chute se fait entendre à une distance 
très-grande. 



PUISSANCE DU OAKADA. 



59 



u 



Les lacs les plus remarquables ensaite sont : les 
lacs Ste. Claire, Simcoo, Nipissing, Tamiaraing, Témis- 
karaing, Abitibi, etc. 

Capitale et Villes Principales. — La capitale 
estToronto, sur la rive nord-ouest du l."c Ontario : 
c'est la ville la plus peuplée et la plus commerçante 
de la Province d'Ontario. Les villes les plus remar- 
quables ensuite sont : Kingston, sur la rive nord-est 
du même lac ; Ottawa, capitale fédérale, sur la 
rivière Outaouais ; Hamilton et Dundas, à la tête 
du lac Ontario ; Brockville, Prescot et Cornwall, sur 
le St. Laurent ; Belleville, sur la baie de Quintô ; 
Londres, sur la Tamise ; Port Hope et Cobourg, sur 
l'Ontario, etc. 

Canaux. — Le canal Cornwall rend le St. Laurent 
navigable jusqu'au lac Ontario ; le canal Welland, 
entre le lac Ontario et le lac Erie ; le canal Rideau 
met en communication le lac Ontario et la rivière 
Outaouais : ce canal commence ù Kingston et se ter- 
mine à la ville d'Ottaw i ; le canal Deajardins, à 
l'extromito nord du lac Ontario, relie la ville de Hamil- 
ton h ce lac ; et le canal Burlington, au sud du môme 
lac, se termine à la ville de Dundas. * 

CtiEMiNS À Lisses. — La Province d'Ontario est 
traversée d'une extrémité à l'autre par le Grand 
Tronc ; plusiourR embranchements font commu- 
niquer entre elles les principales villes de la 
Province. Il y a aussi le Grand-Ouest, qui met 
Toronto en communication avec l'Ouest, et principa- 
lement avec Chicago. 

Iles. — Les lacs de la Province d'Ontario renfer- 
ment plusieurs îles, qu elques-unes infestées de ser- 



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(*) Des capitalii^tes angiftia ot am*5ricaina s'occupent da 
gigantesque proiet d'iuiir par un canal le lac Huron au lac 
Ontario. C« canal diminuerait de 400 milles la distnnce entre 
Québec ot Chicago. On calcule qu'il coîi'era $32,000,000. 



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oiioanKpmE. 



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pents à soûnettGB ; les pliw considérables sont l'île 
Royale, dans le lac Supérieur, et l'île du Grand- 
Manitoulin, dans le lac Huron. Les Mille-Îles, dissé- 
minées dans le St. Laurent près du lao Ontario, 
revotent toutes les formes et attirent l'admiration du 
voyageur qui descend le fleuve avec la rapidité de la 
flèche, au milieu des rapides qui les environnent de 
tous côtés. 

Climat. — Le climat de la Province d'Ontario est 
plus doux que celui de la Province de Québec ; mais, 
en général, il est moins salubre ; l'hiver y est moins 
long ; la neige atteint rarement au-deij'4 de deux 
pieds de profondeur, et ne demeure pas plus de trois 
mois. On éprouve aussi des changeme ts subits 
du chaud au froid, et réciproquement. Les tempêtes 
sur les lacs sont furieuses et causent tous les ans de 
graves accidents. 

Les grands lacs ne sont pas entièrement couverts 
de glace pendant la saison la plus rigoureuse ; mais 
la navigation en est interrompue vers la fin de 
décembre, parce que les ports sont glacés et ne per- 
mettent pas la sortie et la rentrée des vaisseaux. 
Rien n'est plus majestueux que la navigation sur 
ces grands lacs. 

SoL — Le sol est généralement plus fertile que 
celui de la Province do Québec, surtor.t dans la 
Péninsule. 

Productions. — Les productions sont à peu près 
les mômes que celles de la Province de Québec ; 
cependant le blé y vient en pluï» grande abondance 
et plus sûrement. On y récolte beaucoup do lin, de 
chanvre et de tabac 

Les lacs fournissent une grande abondance de 
poissons. 

Minéraux. — On trouve du cuivre sur les rives du 
lac Supérieur ; du for sur le lac Krié ; du beau mar* 



PUISSANCE DU CANADA. 



61 



bro et beaucoup de plâtre près de la Grande- 
Rivière. 
Il y a aussi d*abondnntes sources d'huile de pétrole. 

Commerce. — Cette Province exporte les bois de 
construction, les graine-, et les farines, la potasse et la 
perlasse, les viandes salôos, les pelleteries, quelques 
articles provenant de nos manufactures, encore peu 
nombreuses, etc. Les importations sont les mâmea 
que celles de la Province de Québec. 

Population. — Sa population, d'après le recense- 
ment de 1861, est de 1,396,091 ; aujourd'hui elle est 
d'environ 1,500,000 : natifs du Canada, non d'origine 
française, 860,6l»2 ; 114,290 d'origine anglaise ; 
98,792 d'Ecosse; 191,231 d'Irlande ; 33,287 d'origine 
française ; 50,758 des Etats-Unis; Sauvages 7,841. 

Religion. — La religion dominante est le protes- 
tantisme : 1,137,950 appartiennent aux différentes 
dénominations protestantes et 258,141, à l'église 
catholique. 

Gouvernement. — Le gouvernement local de cette 
Province est constitutionnel ; elle »»'a pas, comme 
la Province de Québec, de Conseil Législatif. 



SUPPLÉMENT. 

GÉoGRAPiiiB nrsTOttiQUE. — Le père de la Nouvelle-France, 
l'intrépide et infatigable Samuel de Champlain, est le premier 
des Européens qui ait visité le pays connu aujourd'hui sous ' 
le nom de Province d'Ontario. En 1613, Champlain remonta 
la rivière desOutaouais ; en 1615, dans sa troisième expédi- 
tion contre les Iroquois, il découvrit les lacs Huron, Ontario 
et Nipissing. Il passa l'hiver de 1615 à 1616 chez les 
Hurons et découvrit presque tout le pays appelé plus tard 
Haut-Canada. Les Hurons habitaient alors les bords du lac 
qui porte leur nom ; l'angle formé par le St. Laurent et la 
rivière des Oatuouais était occupé par la Nation-Neutre ; 
les Outaouais bjrLl:iieat les deux rives de la rivière qui porto 



62 



OÊOGRAPHIE. 



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le nom de ces sauvages ; sur la hauteur des terres erraient 
d'autres nations. 

A la suite do Champlain, de nombreux et courageux 
traitants Français, à la recherche de riches pelleteries, et do 
zélés missionnaires Jésuites, courant à la conquête des âmes, 
parcoururent en tîus sens les pays lointains de l'Ouest et en 
prirent possession au nom du roi de France. 

Vers 1085, les Jésuites réunirent les sauvages Hurons, 
disséminés dans cette immense forêt, et fondèrent, sur les 
bords des lacs Huron et Michicjan, plusieurs missions qui 
étaient autant de petites républiques heureuses et prospères, 
lorsqu'on 1648 et 1049 les féroces Iroquois les surprirent 
et massacrèrent ou dispersèrent leurs paisibles habitants. 

En 1672, le fort Cataracoui fut fondé ; il prit plus tard le 
nom de fort Frontonnc ; c'est aujourd'hui la ville do King- 
ston. En l'année 17')0, do la Lam.jtho Cadillac jeta, sur la 
rive droite de la rivière Détroit, les fondements de la ville 
de ce nom. On vit bientôt s'élever, sur la rive gauche de la 
même rivière, le^^ huttes do plusieurs colons Français. C'est 
avec surprise qu'on trouve encore aujourd'hui, dans les com- 
tés de Kent, et d'Esscx, des Canadiens-Français, qui ont con- 
servé les mceurs des premiers colons de la Nouvelle-France. 

Dans la suite, ou vit successivement s'élever plusieurs 
forts, comme gardes avancées de l'habitation do Québec. 
Ceux de Niagara, de Crève-cœur, Bull, Michillimakinac, St. 
Louis, delà Presqu'île, Machaut, Duqucsne, de la Présenta- 
tion, sont les plus connus. 

Lorsque la Nouvelle- BVancc, dans la guerre des sept ans, 
succomba sous le nombre de ses ennemis, après que ses 
défenseurs eurent fuit des prodiges do valeur, la ville du 
Détroit, alors toute française, fut la dernière, en 1760, qui 
posa les armes. 

Depuis la conquête, le Haut-Canada a suivi le Bas-Canada 
dans presque toutes ses phases. En 1791, l'Angleterre, fidèle à 
son système de décentralisation, qui lui a été si funeste quant 
à ce qui concerne ses colonies Américaines, détacha le Haut- 
Canada du Bas et en fit une colonie séparée. En 1840, le 
gouvernement impérial, dans un but hostile, réunit de nou- 
veau les deux Canadas. Depuis le 1er Juillet 1867^ le Haut- 
Canada a pris le nom de Province d'Ontario et fait partie de 
la Puissance du Canada. 

CoMTKs. — Bran t, Bruce, Carleton, Dundas, Durham, Elgin 
Essex, Frontenac, Glengary, Grenville, Grey, Haldimand, 



LA 



FUISSANOE DU CANADA. 



èi 



Halton, Hastings, Huron, Kent, Lambton, Lanark, Loeds, 
Lennox et Addington, Lincoln, Middlesex, Norfolk, Nor- 
thumberland, Ontario, Oxford, Peel, Perth, Peterborough, 
Prescctt, Princc-£douard, Renfrew, Russell, Simcoe, Stor- 
tnont, Victoria, Waterloo, Welland, Wellington, Wentworth, 
York, District d'Algoma, District do Nipissing. 



id, 



PllOVINCE DU NOUVEAU-BRUNSWICK. 

Etendue. — Cette Province maritime a 75 lienes 
du nord au sud et 60 de Test à Touest. Latitude 
moyenne 46°. 

Bornes. — Au nord, les comtés de Témiscouata, 
de Rimouski, la rivière Ristigouche et la baie des 
Chaleurs ; à l'est, le golfe St. Laurent et le Détroit 
de Northumberland ; au sud-est, la Nouvelle-Ecosse ; 
au sud, la Baie de Fundy ; à l'ouest, l'Etat du Maine : 
la rivière Ste. Croix la sépare de cet état, au sud- 
ouest. 

Division. — Elle est divisée en 14 comtés. Ell« 
envoie 15 dt'putés aux Communes et 12 Sénateurs 
à Ottawa. 

Montagnes. — 'Cette potite Province a un sol peu 
élevé Dans l'intérieur, il existe une petite chaîne 
de hauteurs, formant un ])lateau dont les ver- 
sants inclinent vers la baie des Chaleurs, au nord, 
le golfe St. Laurent, à l'est, et la baie de Fundy, au 
sud. 

Rivières. — Les principales rivières sont la rivière 
St. Jean, qui prend sa source dans le comté de 
Dorchester et se jette dans la Baie de Fundy ; la 
rivière Ste. Croix, qui se jette dans la même baie ; 
la rivière Ristigouche et la rivière Nipisight, qui se 
jettent dans la baie des Chaleurs ; la rivière Mirami- 
chi et la rivière Richibouctou, qui se jettent dans le 
golfe St. Laurent; le Petitcoudiac, qui se jette dans la 
baie de Chignectou. 






64 



GEOGRAPHIE. 



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Lacs.— Il y a peu de lacs remarquables dans 
cette Province. 

Baies. — On trouve peu de pays qui offrent plus de 
baioK et de havres. On y remarque la baie deg 
Chaleurs ; les baies de Miramichi, de Richibouctou, 
de Chignectou, la belle et grande baie de Fundy, 
appelée autrefois baio Française, et la baie de Passa- 
maquoddy, entre cette Province et l'Etat du 
Maine. 

Capitale et vilt-es. — • La cajjitalo locale est 
Frédéricton, agréablement située sur la rive droite 
du St. Jean, qui est navigablojusque là ; St. Jean, à 
l'embouchure de la môme rivière : c'est la ville la 
plus importante do ce pays j elle est remarquable par 
pon commerce de bois et la construction des vais- 
seaux ; St. André, à l'embouchure de la Uivièrt3 Sto. 
Croix, connue aussi par la construction des vaisseaux, 
On remarque de plus : St. Etienne, Richibouctou, 
Bathurst, Chataiu, Newcastle, Douglastown, Wood-. 
stock etc. 

Climat et Sol. — Le cîiniat est à peu près celui dç 
la Province de Québec ; il est moins froid en hiver 
et moins chaud en été : oda est dû au voisinage do 
l'océan. Le sol est assez fertile, mais pou cultivé. 
Les habitants se livrent plus à l'exploitation de leure 
forêts et à la pêche, qu'à la culture des terres. 

Productions. — Les productions sont les mêmc^ 
que celles de la Province de Québec. 

Commerce — Le commerce de cette petite Provin» 
ce est assez considérable, si l'on considère sa popula- 
tion. Elle importe les mêmes articles que la Province 
de Québec. Elle exporto les bois de construction, les 
vaisseaux neufs, le poisson, l'huile, le plâtre, les 
pierres meulières, le charbon, les huîtres, eto. 

Population. — Elle s'élève à environ 280,000 âmeH 
et se compose de descendants des premiers colons 



PUISSAJ^CE DU CANADA. 



65 



anglais, d'Américains, d'Acadiens, et d'environ 12 
ou 1,300 sauvages, Micmacs et Malécites. 

Keligion. — La religion dominante est le protes- 
tantisme ; il y a plus de 30,000 catholiques. Il y a 
deux évêquea catholiques, l'un à Frodéricton, et 
l'autre à Chatliam. 

Gouvernement. — Le gouvernement local est 
constitutionnel. Il se compose, comme celui de la 
Province de Québec, d'un Lieutenant-Gouverneur, 
d'une Assemblée Législative, et d'un Conseil Légis- 
latif. 



SUPPLÉMENT. 

Géogkaphie historique. — Le Nouveau-Brurswick, vi- 
sité par Jacques Cartier, dans son premier voyage, a fait 
partie d'abord de la Nouvelle-France plutôt que de l'Acadie. 
Cette contrée ayant été cédée à l'Angleterre en 1713, les 
forts Peauséjour et Gaspareau, élevés sur l'isthme qui unit la 
presqu'île de la Nouvelle-Ecosse au Nouveau-Brunswick, 
défendaient la frontière des possessions françaises. En 
1785, le Nouveau-Brunswick qui, après la conquête, avait 
été uni à la Nouvelle-Ecosse, en fut séparé de nouveau. En 
1791, il reçut une constitution semblable à celle des deux 
Canadas. Depuis le 1er Juillet 18C7, il fait partie de la 
Puissance du Canada. 



rKOVINCE DE LA NOUVELLE-ECOSSE. 

Etendue. — La Nouvelle-Ecosse a 84 lieues du 
nord au sud, depuis le cap Sable jusqu'au d<5troit de 
Canso ; et 38 lieues de l'est à l'ouest. Latitude 
moyenne 45°. 

Bornes. — Cette Province est une presqu'île en- 
tourée des eaux du golfe St. Laurent, de la baie de 
Fundy et de la baie de Chignectou ; elle tient au 
nord-ouest au Nouveau-Brunswick par un isthme. 
L'Ile du Cap Breton en fait partie et est séparée du 
continent par le détroit do Canso. 



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Division. — La Nouvelle-Ecosse est divisée en 18 
comtés, y compris l'île du Cap Breton ; les comtés 
se subdivisent en arrondissements et en cantons. 

Elle est représentée à Ottawa par 19 membres des 
Communes et par 1 2 Sénateurs. 

Montagnes. — Le sol est peu montagneux ; au 
centre se trouve un petit plateau, dont les versants 
forment plusieurs petites rivières qui arrosent cette 
péninsule. 

Rivières et Lacs. — Les rivières ne sont pas 
considérables : la plus remarquable est la rivière 
Annapolis. Les lacs les plus importants sont le 
lac Rossignol eL le lac Bras-d'Or, qui divise Pîle du 
Cap-Breton presque d'une extrémité ù. l'autre. 

Baies. — Li Nouvelle-Ecosse eai entourée de belles 
baies, de havres et de rades où les vaisseaux 
trouvent un abri sûr et commode : les plus remar- 
quables sont celles de Fundy, de Minas, deChibouc- 
tou, de Guysborougb, etc. 

Climat. — Le climat est à peu près celui du 
Nouveau-Brunswick ; il est cependant un peu plus 
doux. 

Sol. — Le sol est en général assez fertile et l'agri- 
culture est plus iîorissante qu'au Nouveau-Brunswick. 
Les parties les plus fertiles se trouvent le long de la 
baie de Fundy ; le voisinage de l'Océan est peu 
fertile : dans l'intérieur le sol est pierreux. 

pRODuci'ioNs.—Celles de la Province de Québec. 
Il y a beaucoup do pommes et de poires. 

Capitale et Villes.— La capitale est Halifax, 
dans la baie de Chébouctou, Vnn des plus beaux 
et dos plus sûrs ports du Nouveau-Monde. Les 
villes remarquables sont : Annapolis, Pictou, Truro, 
Liverpool, Lunenburg, Yarmouth, Gnysborough, 
Arichat, dans l'île Madame, et Sidney, dans l'île du 
Cap-Breton. 






MPI 



PCISBANCB DU CANADA. 



67 



Population. — La population est d'environ 
350,000 âmes. 

Religion. — La religion dominante est le protes- 
tantisme. Il y a deux évéques catholique?, l'un à 
Halifax, l'autre à Pictou. 

Commerce. — Les articles import ^'S sont les mêmes 
que ceux de la Province de Québec. Les articles 
exportés sont le charbon et le fer, qui donnent <î« 
grands profits à la Nouvelle-Ecosse ; ? poisson, les 
huiles, les peaux de loup-marin, le bo. de construc- 
tion, le plâtre, les pierres meulières, le bœuf et le 
lard salés, le beurre et le fromage, etc. 

Chemins X Lisses. — L'Acte impérial réunissant les 
Provinces Maritimes aux deux Canadas assure la 
construction d'un chemin à lisses intercolonial, qui 
unira Halifax au Grand Tronc, dont le terminus est 
maintenant à la rivière du Loup, à €0 lieues au-des- 
sous de Québec. 

Gouvernement. ~ Le gouvernement local est 
constitutionnel. Il se compose d'un Lieutenant-Gou- 
verneur, d'une Assemblée Législative et d'un Conseil 
Législatif. 



! 



SUPPLÉMENT. 

Géographie historique. — La Nouve'lc-Ecosse, autrefois 
l'Acadie, est la plus ancienne ( lonie française en Amérique. 

Elle fut découverte par Scba^ ien Oabot, en 1497. Sous 
le rèfçne de Henri IV, en 1(')04. i''M. De Monts etdePoutrin- 
court y jetèrent les fondements ue Port-Royal, sur la côte 
orientale de la baie de Fundy ; le nom d'Annapolis lui fut 
ensuite donné. En 1713, TAcadie, après avoir été prise et 
rendue plusieurs fois, tomba définitivement au pou- 
voir des Anglais. En 17Ô0, Halifax fut fondé et 
devint le chef-lieu de la colonie. L'année 1713 vit s'élever, 
au Cap-Breton, cette forteresse de Louisbouig, qui jusqu'à 
lu conquête fit tant de mal aux Anglais. 

En 1751, la Nouvelle-Ecos>ie reçut une constitution mode- 



»s 



GÉOGRAPHIE. 






i<h 



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lée sur celle de la Grande-Bretagne. A cette époque, elle 
comprenait TerreneuTe et le Nouveau-Bruns wlck. Terreneuve 
en fut détachée en 1767, et le Nouveau -Brunswick en 1785. 
Le Cap-Breton, qui, depuis 1763, avait formé une Province 
détachée, fut réuni, en 1820, à la Nouvelle-Ecosse. 

Depuis 1713, époque do la cession de l'Acadie à l'Angle- 
terre, jusqu'en l'année 1T58, les infortunés Acadiens furent 
exposes aux vexations et à la plus odieuse tyrannie de la part 
des Anglais. Enfin,, cette même année 1758, l'Angleterre, an 
mépris des lois les plus sacréps de la propriété et du droit 
des gens, et par une infâme trahison, fit embarquer les 
malheureux Acadiens sur des vaisseaux et les dispersa sur 
les côtes inhospitalières des Etats-Unis. Leurs terres furent 
distribuées à des favoris. 

CÔTES, Ports et Pêcheries. — ^La Nouvelle-Ecosse est la 
Province la plus orientale de la Puissance du Canada. 
L'étendue des côtes de la Puissance se monte à plus de GOO 
lieues ; elles sont percées de 60 ports do mer capables de 
recevoir les plus grands vaisseaux ; à ces ports, on peut 
ajouter près de 150 havres. Au-delà de 100 rivières viennent 
sur ce parcours jeter leurs eaux à la mer. 

Voilà les richesses que nous possédons et le champ qui 
s'ouvre à l'esprit d'entreprise des habitants de la Puissance 
du Canada. Les nations étrangères exploitent nos pêcheries 
depuis longtemps et retirent de notre golfe de gi'ands avanta- 
ges. Nous, jusqu'à présent, nous les avons laissées faire ; à 
peine nous sommes-nous aperçus qu'il nous est facile d'en 
faire autant. Pourtant, nous avons les éléments de succès 
sous la main. Il y a dans notre pays une race de marins 
forts et courageux ; il no nous manque donc que 
des hommes entreprenants et possédant un capital suffisant 
pour équiper de petits navires. 

On ne compte que 10 mille pêcheurs dans la Province de 
Québec. Au Nouveau-Brunswick et à la Nouvelle-Ecosse, 
le nombre des pêcheurs est plus considérable ; dans cette 
dernière province, ils sont au nombre de 25,000. 



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TERRITOIBK DU NORD-OUE^T. 



69 



TERRITOIRE DU NORD-OUEST ET DE LA 
BAIE D'HUDSON. 

Etendue. — Cette immense territoire a plus de 700 
lieues de TE. à l'O. Sa largeur est d'environ 650 
lieues. 

Bornes. — Les bornes sont, au N., la mer Gla- 
ciale, les détroits de Dolphine et de Dease, le golfe 
de Boothia, les détroits d'Hécla et de Fury, le canal 
de Fox, la mer d'Hudson et le golfe d'Hudson ; à 
l'E., rOcéan Atlantique et le Labrador ; au S., 
la chaîne do hauteurs qui sépare le bassin de la baio 
d'Hudson de celui du St. Laurent et de celui des grands 
lacs ; le 49e parallèle sépare ce territoire des Etats- 
Unis, vers le S. O. ; à l'O., les montagnes Rocheuses 
le séparent de la Colombie Anglaise. 

Division. — Cette vaste étendue de terre comprend 
le territoire de la Baie d'Hudson, qui se compose du 
Maine de l'Est et de la Nouvelle Galles du Sud; 
du Territoire du Nord-Ouest, entre les Montagnes- 
Rocheuses et le Territoire de la Baie d'Hudson ; de 
la Mission de la Rivière-Rouge, au sud des lacs 
Winipeg ; et do la belle et fertile vallée du Saskat- 
chewan, qui peut nourrir une population considérable- 

Montagnes et Rivikres.— De nombreux cours 
d'eau arrosent cette contrée boréale et appartien- 
nent, pour la plupart, au versant O. des mont.ignes 
Rocheuses; ils se jettent dans la mer Glaciale ou 
dans la baie d'Hudson. La chaîne de hauteurs qui 
le borne au S. forme aussi plusieurs rivières, qui 
portent leurs eaux dans la baie d'Hudson ; on 
remarque encore le prolongement des Laurentides. 

Le McKenzie est le fleuve le plus considérable ; il 
prend sa source dans les Montagnes-Rocheuses et se 
jette dans la mer Glaciale ; le Saskatchawan so 
jette dans le^lac Winipeg ; les rivières Churchchill, 
Nçlson, Severn, Albany, Moses, Rupert, Wbale, etc. 



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70 



oéooKAPHië. 



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se jettent dans la Baie d'Hudson ; la Rivière-Rouge 
prend sa source sur un plateau, à l'est du lac Supé- 
rieur, près de celles du St. Laurent et du Mississipi, 
et se jette dans le lac Winipog ; la rivière Wini- 
peg décharge le lac des Bois dans le lac Winipeg, 
etc. 

Lacs. — 11 y a un grand nombre de lacs. Les plus 
grands sont : le Grand-Ours, le lac des Esclaves et 
celui d'Arthabaska, qui pc déchargent dans la mer 
Glaciale, par le Macken?iie ; le Grand et le Petit 
Winipcg se déchargent dans la Baie d'Hudsou, 
ainsi que les lacs Abitibi; Mistassini ; etc. 

Chep-Lieu. — Le Chef-Lieu de ce grand Territoire 
est le fort York, à l'embouchure de la rivière 
Nelson. Il y a un grand nombre d'autres forts : les 
forts Severn, Albany, Moses, Maine-Est, Rupert, 
etc., sur la baie d'Hudson. Le fort William, sur le 
lac Winipeg; les forts Pelly et Garry, sur la branche 
ouest de la rivière Rouge. On remarque, sur la 
rivière Rouge, branche du sud, le village de St. 
Boniface, qui s'accroît rapidement ; il y a dans cet 
endroit un évêque catholique. Tous ces forts servent 
d'entrepôts de commerce à la compagnie de la Baio 
d'Hudson et ne sont habités généralement que p?r 
les commis et les autres employés de cette compa- 
gnie. 

Climat. — Le climat est en général ♦rès-froid, 
excepté dans la vallée du Saskatchewan et celle de 
la rivière Rouge où la température est à peu près 
celle de la Province de Québec. 

Soi ET Productions. — Le sol est inculte dans la 
plus grande partie de ce territoire. Les terres 
arctiques éprouvent le plus grand froid delà terre et 
sont continuellement couvertes de glaces et de neige. 
Ce soi est presqu'entièrement dénué de végétation ; 
dans les rares endroits où il se montrcj vers 



H 



TERRITOIRE DU NORD-OUEST. 



n 



le milieu do l'été, on ne trouve guère d'autre 
végétation que la mousse, qui cependant est pré- 
cieuse pour les Esquimaux. Au Sud du 66°, com- 
mence l{i végétation ; mais Je climat est encore 
très-froid» Dans la vallée de la rivière Rouge, les 
productions sont les mêmes que celles des environs de 
Québec. 

Commerce. — Le territoire du Nord-Ouest donne 
les fourrures les plus précieuses ; il fournit aussi au 
commerce beaucoup de poissons, d'huile, etc. 

Population. — La population peut être estimée h 
50 ou 60 mille âmes. La plupart sont des Sauvages, 
parmi lesquels on remarque les Esquimaux. Ces Sau- 
vages habitent prhicipnlement les terres arctiques ; 
ils se font remarquer par leur petite taille et leur 
malpropreté. Leurs demeures sont, en été, dea 
tentes de peaux ; en hiver, des cabanes de glace en 
forme de sphère. La mousse et l'huile de loup-marin 
leur tiennent lieu de combustible. Ils vivent en gé- 
néral do clia se et de la poche du loup-marin ; ils font 
nourriture de tout : avec une pinte d'huile et 6 ou 7 
livres de chair de veau-marin qui constituent un de 
leurs repas les plus succulents, ils peuvent délier les 
iroids les plus intenses. 

Religion. — Les indigènes sont, pour la plupart, 
catholiques ; les employés de la compagnie sont 
g'néralement protestants. Il y a quatre évêqucs. 

Gouvernement. — Ce vaste territoire a été cédé 
par l'Angleterre à deux compagnies. Eu 3 821, la 
compagnie du Nord-Ouest fat unie à celle de ia Baie 
d'Hudson. Ce pays est administre par un gouver- 
neur dont l'autorité est absolue. 



I 



SUPPLÉMENT. 

Gi^OGUAriiiÉ HISTORIQUE. — Lc Dauois Anskold découvrit 
le prômicr cette baie ; HudSôn l'explora et lui do:ina son 



1PIIIPIPII 



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72 



aiioGRAram. 



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Y 
1 



nom en 1610. Depuis ce temps elle a servi do but aat 
explorations d'un grand nombre de navigateurs. En 1672, 
sous le règne de Charles II, s'établit, au S. de cette baie, la 
célèbre Compagnie de la haie d'Uudaon, pour le commerce 
des fourrures. Le manque de gouvernement régulier dans 
ces vastes solitudes retarde beaucoup la colonisation et la 
prospérité de cet immense territoire, qui renferme, dans 
plusieurs endroits, des millions d'acres de terre fertile. 
Celles qui se trouvent dans la vallée de la Saskatchewan 
peuvent recevoir une population considérable et former un 
Etat assez étendu. 

Non loin de la Riviêre-Rouge, 400 colons fatigués de vivre 
loin d'an pouvoir exécutif bien organisé, ont pris, d'un 
commun accord, la résolution de se constituer en Etat, sous 
la protection de l'Angleterre. Le nom du petit Etat, non 
encore reconnu, est Minatowhn, et son premier président est 
T. Spencc ; la capitale est la Prairie, 

Le gouvernement fédéral de la Puissance du Canada 
s'occupe de l'annexion du territoire du Nord-Ouest. 

Au N. de ce territoire, se trouve l'océan Glacial couvert 
d'îles dont quelques-unes sont très -grandes ; celles qui 
avoisinent le pôle sont couvertes de neige et de glace pen- 
dant toute l'année. La navigation entre ces îles est très- 
dangereuse. On a cherché longtemps une communication par 
mer entre l'Atlantique et le Pacifique. Franklin, intrépride ri- 
val des Parry, Ricbardson, Ross, Beechy, quitta l'Angleterre, 
en 1845, pour entreprendre une dernière expédition. Parti le 
26 mai, il se trouvait le 12 juillet dans le détroit de Lancas- 
tre. Depuis, il ne donna aucune nouvelle. Son épouse, l'Ami- 
rauté et le président Polk, rivalisèrent de zèle pour décou- 
vrir les traces de l'illustre navigateur. Ces recherches ont 
eu un double résultat ; celui de faire connaître le sort de 
Franklin,^t en môme temps d'enrichir la géog. aphie d'une 
foule de découvertes importantes qu'on a faites dans ces 
régions polaires. Le passage tant cherché existe. Un 
vaisseau peut entrer, de l'Atlantique dans cette mer, par le 
détroit d'Hiidson ou par ceux de Lancastre et de Barrow, 
et en sortir par le détroit de Bhering. Cependant les ris- 
ques sont trop grands pour faire de cette mer une route 
commerciale entre l'Europe et l'Asie. D'ailleurs, le perce- 
ment de l'isthme de Suez vient de résoudre ce problème 
dont la solution a fait entreprendre tant de voyages aux 
navigateurs anglais, aniôricains et français . 



'•1^ 



't^U&BUtÉVVti. 



13 



TERRENEUVE. 



Etendue et Bornes. — Elle est entourée des eaux 
du golfe St. Laurent et de rOcéan Atlantique, et 
fiéparce du Labrador par le détroit de Belle-Isle. 

Elle est longue de 126 lieues et large de 100. Les 
côtes sont des falaises assez élevées ; elles forment un 
grand nombre de baies propres à offrir un asile sûr 
aux vaisseaux. 

Montagnes, Rivières et Lacs.— Le .,01 de Terre- 
neuve est très-ondulé. Il y a beaucoup de lacs et de 
rivières. 

Capitale èI* Villes.-- La capitale est St. Jean, 
sur l'océan, peuplée d'environ 30,000 âmes. Cette 
ville est construite en bois. Il y a un évêquo 
catholique. 

Les bourgs ou villages les plus remarquables sont 
Harbour-Grace, Ferryland, Plaisance, Bonaviste, 
Trinity-Harbour, etc. 

Climat, Sol et Productions. — Le climat est géné- 
ralement froid et brumeux, surtout l'automne. Le 
fol est peu fertile. Cependant l'intérieur, qu'on 
commence à mieux connaître, offre plus d'avantage à 
l'agriculture que les côtes. Les habitants se livrent 
peu à la culture ; ils cultivent généralement peu 
de céréales et de légumes. Ils se livrent presque 
tous à la pêche de la morue, du loup-marin, de la 
baleine, etc. 

Commerce. — Le commerce de Terreneuve consiste 
en poissons, huile, charbon, pelleteries, peaux de 
loup-marin, bois de construction, etc. 

PoruLATiON.— La population est d'tnviron 130,000 
âmes. La plupart sont des Irlandais catholiques. 

Gouvernement. — Terreneuve est une colonie de 
4 



I 



74 



GÊOOEAPIÎIE. 



rAnglelerro. Depuis 18fî2 cette Ile a un gouveVne" 
ment coustilutionnel. On présume que Terreneuvo 
sera procliainement annexée à la confédération de la 
Puissance du Canada. 



E l'j 



■ Û- 






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SUPPLÉMENT. 

GÉOGRAPHIE HISTORIQUE.— Cette grande Ile fut découverte 
en 1497 par Sebastien Cabot Après le traité d'Utrecth, 
en I7l3, elle fut unie au gouvernement de la Nouvelle* 
Ecosse, et en fut détachée en 1707 pour former un gouver- 
nement séparé. Le litibrador fait partie du gouvernement 
de Terrencuvc. 

Bancs. — La pêchoi de la morue se fait sur ses bancs. Le 
premier, qu'on appelle le Graiul-Banc, ostù 83 lieues au S. E. 
de Terrencuvc ; il a 100 lieues «le long sur une largeur de 
26 ; la profondeur du la mer est ici de 15 à 00 br.'isses. Le 
second se nonujic lo Banc-Vert, à cause de la aleur des 
eaux de la mer en cet endroit : il a 80 lieues de long et 40 de 
lai'ge. 

Sur CCS bancs, des vaî-seaux de toutes nations viennent 
jeter l'ancre pour cxploitor ces riches pêcheries. Les vais- 
seaux canaditp.s fo;it i>îX'sque exception. Cependant, ces 
richesses sont l'irn fn'èsd'i nos ports. 

Les chiens de Tcrrcneuve sont renommés parmi les chas- 
seurs. On les 1 cgarde comme les meilleurs chiens de chasse, 

Sur la côte Oj-icnt;)le, îi Heart's Content, se trouve l'extré- 
mité du Câble sou;--uiariu qui fait conmiuniquer, par voie 
télégraphique, rxViuien avec le Nouveau-Monde. Valencia, 
en Irlande, possède l'antre extrémité. La longueur de ce 
câble est de 1«04 milles : c'est le plus long qui existe ; celui 
de Malte à Alexandrie a 1535 milles. 

La longueur totale de tous les câbles sous-marins jus- 
qu'en 1800 est de 8077 milles. 



ILE ST. JEA]^ OU DU PÎIINCE-EDOUARD. 



■- V- 



'I 's 



Etendue. — De la j»ointe E. à la pointe 0. on 
compte une longueur de 35 lieues sur une largeur de 
14 lieues. 



île du peince-edouard. 



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celui 



jus- 



on 
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Cetlo Ile, séparée do la Nouvelle-Ecosse et du 
Nouveau-Brunswick par le dotroit do Northumber- 
landf est située dans le golfe St. Laurent. Elle fut 
colonisée par la France, vers 1663 ; en 1763, elle fut 
annexée à la Nou voile-Ecosse ; en 1*773, elle devint 
une colonie séparée. 

Division Elle est divisée en trois comtés : Kiog, 

Queen et Prince ; elle se subdivise en 67 cantons, do 
20,000 acres chacun. 

Montagnes, Rivières et Lacs. — Il y a, au centre, 
une petite chaîne de hauteurs qui donne naissance à 
un grand nombre de rivières qui fertilisent le sol. 
Les lacs sont peu remarquables. 

Capitale.— La capitale est Charlottetovrn, sur le 
détroit de Norlhumberland ; c'est un des meilleurs 
ports du golfe St, Laurent, On remarque l'hôtel du 
parlement et plusieurs églises catholiques II y a un 
collège et un ovêque catholique. 

Climat.— Le climat resEemble à celui de Québec, 
avec cette différence qu'il tombe moins de neige, 

SoL ET Productions.— Le sol, en général très-uni, 
est fertile et produit beaucoup de grains et de légu- 
mes. 

Commerce. — Les exportations sont les produits 
agricoles. Les habitants de cette Ile sont les four- 
nisseurs des pécheurs des Iles de la JVlagdeleine et de 
Terreneuve. 

Population.— On compte environ 80,000 âmes ; 
Ecossais, Irlandais, Américains ; il y a beaucoup 
d'Acadiens. 

Hbligion. — Les catholiques sont presque aussi 
nombreux que les protestants. 

Gouvernement. — Le gouvernement est constitU" 
tionnel. 

Il est probable que cette île sera bientôt annexée ^ 
la confédération de la Puissance du Canada^ 



76 



GÉOGKAl'IIIK. 



CONFÉDÉRATION DE LA COLOMBIE 

ANGLAISE ET DE L'ILE DE QUADRA 

OU YANCOITYER. 



„■ '-i',' 



Etexdue. — Los limites do la Coloinbio Anglaise 
ne sont pas dc^tenninoes vers le N. Do l'E. à 1*0., 
ou compte près de 150 lieues. L'IIo de Vancouver 
ft 92 lieue-s du N. au S. ; sa largeur est d'environ 32 
lieues. 

BoRXES. — La Colombie Ancflaiso est bornée au 
nord par les Terres Arctiques ; i\ 1 est, par les 
Montagnes-Kochcuses ; au sud, par le 49ème 
parallôlo ; h l'ouest, par l'Océan Pacificjue et l'auoien 
territoire Russe, maintenant codé aux Etats-Unis. 

Division. — Ce pays comprend la Colo bie 
Anglaise et l'Ile de Vancouver ; il se subdivise en 
comt^'S. 

MoNTAGNEs.-^Lcs Moutognes-RocbcuBcs et les 
Cascades. 

Rivières et Lacs. — Les principales rivières sont j 
la Colombie, la rivière Fraser, la rivière Thomsou, 
affluent do la riviùro Fraser, et la riviôrc Caledonia. 
Lf-'s lacs sont pou remarquables. 

Capitale et Villes. — La capitale de cette confé- 
dération est la petite ville de New-Westminster, 
sur la rivière Fraser. Victoria, au sud de l'île de 
Vancouver, est la capitale locale de cette île. Ou 
remarque aussi le fort Vancouver. 

Climat, Sol et Productions.— Le climat est 
assez tempéré ; il varie suivant les lieux ; il a assez 
de ressemblance avec notre climat canadien. Le sol 
est, en général, fertile et produit les céréales, les 
légumes et les fruits du Canada, 

CoM5|EiîCE,~De l'or, qu'on exploite dans la vallée 



d( 



COLOMBIE ANOLAT8E. 



77 



tlela rivière Frasor. Co pays exporto aus^^i des pelle- 
teries, du poisson, de l'huile, etc. 

Population", Ueligion. — La population peut Otre 
estimée ù 25,000 (imes, la ])lupart catholiques. Il y 
a deux évoques catholiques, l'un i\ Victoria et l'autre 
;\ New-Westminster. 

GouvER>Jiî::N[E>fT. — Le cfonvornement est fédéral et 
constitutionneK L^ loijjislaturc do cette colonie a 
tt'moii.'fné le désir d'entrer dans la confédération de la 
Puissance du Canada. 



ETATS-UNIS. 



Bornes. — Les Etats-Unis, la plus vaste confédéra- 
tion qu'il y ait sur le globe, ont pour bornes : au nord 
le 49ème parallèle, qui les sépare de la Colombie 
Ani^laise et du territoire du Nord-Ouest, lolac et la 
rivière des Bois, le lac et la rivière de la Pluie, le lac 
Supérieur, le Saut Ste. Marie, le lac Huron, la rivière 
et le lac Ste. Claire, la rivière du Détroit, le lac Erié, 
la rivière Niagara, le lac Ontario, le St. Laurent, le 
4ooine parallèle, et enfin une ligue irrégulière qui suit 
à peu près les Alléganys ; à l'est, le Nouveau- 
Brunswiek et l'Océan Atlantique ; au snd, le golfe 
du Mexique, le Rio Grande et une borne conven- 
tionn<^lle qui les sépare du Mexique ; à l'ouest, 
l'Océan Pacifique. 

Division. — Les Etats, îi l'époque do la (déclaration 
de l'Indépendance, lo 4 .Juillet 1770, nY'taient qu'au 
nombre de treize. Aujourd'hui, on en compte 37. 

Il y a 8 Territoires et un District Fédéral. 



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!WPi!PWBiil3P'?'?i''Pfr'"^^ 






78 



GEOGRAPHIE. 



Ni 



ETATS 1»RIMITIFS. 



V 




Nomi. 



Capitales. 



JTew-Hampgbire.Concord 



^^^fassachusetts. Boston, sur rOcéan 



Connecticut...New-Haven et Hartford. 



«^ 

^^^C^ho(ie-I«land., Providence et Newpot-t 

S^New-York Albany, sur l'Hudson.. , , . 

(ïJiNew-Jersey... .Trenton, fl'ir la Delaware 

Ti|PeiM7lvattie...Harrisburg, sur le 8usq<ieh«inDa. 

8;^l^aware Dorer 

9. Waryland Annapolia, sur la b. de Chesapoake 

lOT^irginie R'cbemond 

lît^aroline du N..Raleig. 

12. Caroline du S.. Golumbia 

13. Géorgie Milledgevîlle 



Population. 

.. 326,000 
,..1,232,000 
. . . 460,000 
,.. 175,000 
,..4,000,000 
676,000 
3,000,000 
112,000 
688,000 
2,000,000 
993,000 
704,000 
1,056,000 



AUTRES ETATS SUR L OCEAN ATLANTIQUE. 



Û 



Noms. date de. Ventrée. Capitales. Population. 

uYMaine 1820. . Augnsta ....» 630,000 

15. Floride 1845..tallahassee ,. 140,000 

ÉTATS StJR LE GOLFE DU MEXIQUE. 

l^^Alabama.. . ,.. 18l9...Montgomery 964,000 

lit Mississipi 1817. ..Jackson 791,000 

181 Louisiane 1812... Bâton-Rouge, capitale oflî.. 708,000 

19. Texas., 18l5...Austin. 605,000 

ÉTATS DE l'intérieur A l'eST DU MISSISSIPI. 

20. Virginie Occi.. 1862... Whepl'ng 394,000 

21. Tennessee 1796. .Nasbville 1,1 10,000 

22.|Kentucky 1792...Franld'ord I.ISG.OOO 

2Vll!inois 1818...SpringfieId 1.725,000 

24. ladiana 1810...Iu'iiRnfipoli8 1,360,0<'0 

25HOhio 1802.. Columbug 2 400,000 

26i Vermont n91...Montpelier 316,000 

27* Michrgan 1837...Lansing 750,000 

28. Wisconsin... . 1848..Madison 800,000 

A l'ouest DU MIH3IS9IPI. 

29. Arkânaas 1836. .Litt'c-Ro -k, sn.rrArkansas 43r),000 

30. Wi«Bouri 1821 ..Jefferson Oity 1,200,000 






,1, 



ETATS-UNIS. 



Slllowa 1845.. Towa City 

32:^Minesotn 1857.. Saint-Paul, sur le Missis.. 

33. Kansas 1861. .Corapton 

34. Colorado ISGT . . Golden City 

35iNebraska 1866...0maliu.... 



?6>M 



SUR l'océan pacifique. 



'Californie 1850...Sacramento City. 

37. Oregon 1859. ..Salem 



79 

080,000 

175,000 

108,000 

70,000 

65,000 



400,000 
53,000 



31,409,000 



TERRITOIRES. 



2° 
3° 

5° 
6° 

s*' 

9° 



Les territoires sont : 

1° Le territoire de Washington, capitale Olympia. 
Le Nouveau-Mexique, capitale Santa-Fe. 
l'Arizona, capitale Prescott, sur le Rio Grande. 
Nevada, vej's les montagnes du même nom. 
L'TJtali, capitale Fillmore-City. 
Le Dakotah, capitale Jankton, Hur le Missouri. 
Le Territoire Indien ou l'Idaho, capitale 

Lewiston. 
Le Territoire de Montana, capitale Virginia 

City. 
Le Territoire de rAmérique Russe, chef-lieu 
Nouvel-Arcliangel, dans l'île de Sitka. 
Sur le Potomac, se trouve le district Fédéral de 
Columbia, enclavé dans lo Maryland. 
Tous les états se subdivisent en comtés. 
On divise encore le^ Etats-Unis en : 1° Région 
des Grands Lacs, près des gratids lacs qui servent de 
bornes entre les deux pays ; 2° en B;issin du Missis- 
sipi, où se trouvent les états les plus fertiles ; 3° en 
région de l'est, qui com|>rend le versant est des 
Alléganys ; 4° en rétrion de l'ouest, ou le versant 
ouost des IMontagnes Rocheuses. 

En l8G7, les Pilats-Unis ont fait l'acquisition do 
l'Amérique Russe, vaste territoire peuplé d'environ 
60,000 Ames, la plupart Indiens. Ce territoire n'a 
de valeur que pour la chasse et la pèche. 






^ , 1 



50 



GEOGRAPHIE. 



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Montagnes. — On remarque dans les Etats-Unis 
deux chaînes de montn^nes qui forment l'immense 
vallée du Mississipi : les Monta<jrnes Rocheuses et 
les AUéganys. Les 3Ioiitag'nes Rocheuses détermi- 
nent deux versants : celui du Grand Océan et celui 
de l'Atlantique. Vers le sud de la confédération, 
cette chaîne prend le nom de Sierra Madré (chaîne 
mère). Les pics les plus élevés ont environ 13,000 
pieds de hauteur. 

Les AUéghanys traversent les Etats-Unis du nord 
au sud et se tormincut près du cap Tanchn ; les Iles 
de Bahania, les Grandos Antilles et les Iles Caraïbes 
pe!nl)lent être la continuation sous-mai ine de cette 
chaîne. 

Les montagnes Verles qui séparent le bassin du 
Connecticut dcj celui de l'IIudson et les montagnes 
Blanca, dans la Caroline du Nord et dans la Virginie, 
appartiennent à la chaîne des Alléghanys. 

A l'ouest des Montagnes-Rocheuses se trouve 
nne autre chaîne de Montagnes qui, au nord, dans 
rOi'égon et le territoiie de Washingtry.j prend le 
no?ïi de C(ff;ctnh'ii, et au sud, dans la Californie, celui 
de Sierra Nevada. 

On remarque encore la chaîne assez longue des 
monts Ozark, qui court du nord-est au 8ud-(MieHt, 
dans le centre des Etats-Unis. 

FLEirvEs ET Rivù:res. — Les cours d'eau les jdus 
considérables sont ceux du versant de l'Atlantique ; 
ceslleuves se rendent daiis cet océan o'i dans le golte 
du Mexique. 

Parmi les tributaires du golfe du Mexique, on 
distingue le Mississipi, qui ])rend sa source sur un 
plateau dans le petit lac Itasca, à r<Hiest du lac 
tSupérieur, ])rès décolle du St. Laurent et de celle de 
h rivière Rouge. Ce fleuve parcourt les Etats-Unis 
du noi'd au sud et forme la princijrile artère du 
système de navigation le plus étendu et le pins 
magnifique q\i'il y ait au monde. Ses principaux 



ETATS-UNIS. 



81 



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aiïluenls à l'ouest sont : le Missouri, immense cours 
d'eau j l'Arkîinsns, la ri'. 1ère Rougo, etc ; à l'ouest 
on distingue l'Ohio, et le AVabash, son affluent ; 
l'Illinois, le AViseonsin, le Tennessee, le Cumberland, 
eto. Le Rio Grande sert do borne entre la confédé- 
ration et la république du Mexique. 

Parmi les tributaires immi'diat» de l'Atlantique, on 
distingue le Penobscot, le Kénébec, le Connecticut, 
riludson, le Deîawaro, le vSusqnehauna, le Potomac, 
la rivière James, le Savannab, etc. 

Laos. — Les iirinci paux lacs sont : les lacs Supérieur, 
Michigan, Erié, Ontario, Ste. Claire, Champlain, 
le Grand-lac-S-;iîé, le lac Pontchartrin, etc. 

Canaux et Chemins  Lisses. — Des canaux et 
des chemins do fer sillonnent les Etats-Unis en tous 
sens ; dans l'ouest, on a commencé plusieurs lignes de 
chemins à lisses destinées à unir le Mississipi au 
Pacifique : déjà une ligne de chemins de fer atteint 
e i)ied des Monts-Kocheux. On estime à plus 
de 10,000 lieues la longueur totale du réseau des 
cliemins de fer de la confédération des Etats-Unis. 
Il y a aussi un vaste et admirable système de lignes 
télégraphiques. 

Capitale et Villes. — La Capitale des Etats-Unis 
est Washington, sur le Potomac, dans le District Fé- 
déral de Columbia. Cette ville est dans une des plus 
belles situations de l'Amérique. Il y a une foule de 
villes qui s'élèvent comme par enchantement sur 
cet immense territoire. Les plus remarquables 
sont New-York, à l'embouchure de riludsou ; cette 
ville est la plus peuplée dç l'Amérique, on y compte 
près d'un million d'habitants. 

Boston, sur l'Océan Atlantique ; Philadelphie, sur 
un isthme près de la Dalaware ; Brocklyn, à l'extré- 
mité de Long-Island ; Baltimore, ))ort célèbre, sur 
la même baie ; Charle-ton, beau port de mer ; 
Savaniiali, h l'embouchure de la rivière du mCrae 



pip>p,iiiiy,jp«iiiiiJiiHWj"j 



82 



GEOGRAPHIE. 






nom; laNouvcUo-Orléans, sur la rivo gauchie du Mis- 
sissippi ; St. Louis, ail conllnont du Missouri et du 
Mississipi ; Cincinnati sur l'Oliio j cette ville com- 
raunique, par le «anal Erle-Ohio, av eo le lac Erie ; 
Détroit, sur la rivière Détroit; Chicago, sur le lue 
Michigan ; San-Francisco, sur l'Océan Pacifique, ville 
qui depuis la découverte des mines d'or de la Cali- 
fornie s'accroît avec une rapidité étonnante, etc. 

Clisiat et Sol. — Le cliaiat varie suivant la 
latitude. 

Le sud est très-chaud et extraordinairement fertile. 
De vastes savannes occupent les bords du golfe du 
Mexique. D'immenses forêts remplissaient naguère 
les vastes espaces à l'ouest des Monts Alléghanys. 
Cependant ces forêts disparaissent tous les jours 
devant les empiétements continuels des colpns, venus 
de toutes les contrées de l'I^lurope, et font place à do 
vastes plaines cultivées et les plus riches du globe, 

On peut dire, en général, que le sol ne le cède h 
aucun pays pour la fertilité et la richesse des pro- 
duits. 

Pboduotions. — Les productions sont très-variées : 
au nord, on récolte eu abondance les céréales, les 
léguujes ; le froment et le maïs constituent la princi- 
pale richesse des Ktats du Milieu ; dans les Ëtatsdu 
t'ud on cultive principalement le coton, le maïs, le 
tî*bac, le sucre, le riz, etc. 

Commerce. — L'industrie et le ooranierce ont pris 
depuis ces derniers tempi une extension prodigieuse ; 
de nombreuses manufactures ont été fondées de 
toutes parts. La marine marchande, presqu'ans»! 
considérable que celle de l'Angleterre, exporte, dans 
toutes les partia.s du monde, les riches produits des 
Etats-Unis. Les principaux articles d'exportation 
sont : le coton, les céréales, le riz, le tabac, iebois do 
construction, l'or, Targeiit, )o produit des manufaç- 



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ETÀTS-tJNlS. 



83 



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Population. — La population est d'environ 32,- 
000,000 d'âmes*, fort inégalement repartie sur ce 
vaste ; territoire ; ù l'est et îe long des cotes de 
l'Atlantique, elle ei^t trè»-deiise ; à Toucst et dans 
l'intérieur des terres s'étendent de vastes solitudes à 
peine peuplées par quelques tribus indiennes. Près 
des sept-dixièmes de cette population sont des des- 
cendants d'anglais divisés en Yankc et en Vir* 
giniens :_\e YQtàie des habitants se compose d'Irlan- 
dais, de Français, d'Allemands, etc. Les tribus 
indigènes eoniptent pour environ 400,000 âmes. Ces 
derniers sont répandus principalement dans les vastes 
plaines, ù l'ouest des Alk'ghanys : on leur a cédé, il 
y a quelques années, un vaste territoire appelé Idiilio 
ou ten itoii e Indien : les Chactas, les Chérokis, les 
Cliicnsas, les Sioux, les Conianches sont les plus 
emarquables de ces in.iiens. 

Religion. — Tous les cultes sont tolérés aux Etats* 
Unis ; cei)endant la religion protestante y domine. 
Il y a un grand nombre Cm catholiques. 

GouvKuxEMENT.— Le gouverucmcnt des Etats*Uniâ 
est républicain et fédératif. C'est une union d'Etats 
libres, souverains, indépendants les uns des autres, avec 
\\n pouvoir central qui veille aux intérêts généraux. 
Le gouvei'nenieiit central s(^ compose d'im Président, 
d'au Sénat et d'une Chambre de Kepréscntants. 

Le Président est élu })our quatre ans pur un nom- 
bre d'électeurs é2;al à celui des Sénateurs et des Ke« 
présentants réunis. 

Les Sénat 'urs t;ont élu« pour six ans. Chaque Etat 
eu choisit deux. 

Los lîeprésentants (1 pour 50,000) sont élus par le 
peuple )>our deux ans « 

Le vice-président est nonmié en même temps et de 
la même manière que le Président. 

Le Cabinet du Président se com|H)se de sept 
inl' iatres : 1° du secrétaire d'Etat ; 2° du secrétaire 



! i 



84 



di0GRAl»ItïË. 



des finances ; 3° du ministre de Tintérieur ; 4* du 
ministre de la guerre ; 5° du maître général dés 
postes ; 6° de l'attorney général ; 7** du ministre de 
la marine. Ces ministres, sans responsabilité, do 
doivent être considérés que comme les chefs de leur 
département. Le Président seul est responsable au 
Congrès des actes de son gouvernement ; il peut 
être déposé, s'il ne remplit pas bien ses lonctions. 
Après même qu'il est rentré dans la vie privée, il 
peut être poursuivi pour des fautes commises pendant 
son administration. 

Les territoires sont régis immédiatement par le 
gouvernement fédéral. Lorsque la popr/lation est 
au-def sus de 50,000 âmes, le territoire est en droit de 
prendre rang parmi les Etats. 




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SUPPLÉMENT. 

GÉoORAPntE iTtsToniQUE. — Les Etats-Unis paraissent 
comprendre, au N. E., une partie du pays que les Danois 
découvrireitt au dixième siècle et nommèrent Winland. Les 
premiers navigateurs qui virent ces parages après la décou- 
verte de l'Amérique équinoxiale par Colomb, furent Jean et 
Sébastien Cabot, en 1497. Ponce de Léon visita la Floride 
en 1512. En 1562, le Français Ilibaud fondait des établisse- 
ments dans la Caroline, qu'il nommait ainsi en l'honneur de 
Charles IX. Les Anglais s'établirent dans la Virginie en 
1584 ; les Hollandais colonisèrent, en 1614, un territoire qui 
répond à l'état de New-York, et qu'ils appelèrent Nouveaux 
Pays-Bas ; une colonie suédoise se forma vers le Delawarc. 
Peu à peu, cependant, toute la céte orientale passa aux 
mains des Anglais. En 168.3, le Français T-a Salle, parti du 
Canada, descendit le Mississipi et prit possession de la 
Louisiane au nom de Louis XIV. En 161)9, une colonie 
canadienne, dirigée par d'iberville, y fut établie. En 1773, 
commença 1^ révolte des colonies anglaises contre leur mère- 
patrie ; par le traité de 1783, leur indépendance fut reconnut', 
et elles formèrent une république, composée d'jvbord de treize 
états ; leur territoire s'agrandit depuis par l'achat de vastes 
terres que vendirent les tribus indiennes, par l'acquisition de la 
Louisiane, en 1803, par celle de la Floride, » n 1819, par l'an 
nexion du Texas, en 1846, par celle de la Californie et du Nou* 






KÏATâ-0KlÔ. 



85 



Veau Mexique, en 1848, et tout récemment, en 1867, par celle 
de l'Amérique Rv.sse. Une grande sécession, en 1861 j a scindé 
la république en deux parties ; mais, en 1866, les sécessio- 
tiistes, après avoir combattu comme des héros, ont succombé 
BOUS le nombre et ont accepté l'union de nouveau. 

Cette guerre intestine a affaibli la confédération et lui ft 
fait contracter Une énorme dette nationale. Le Sud ne se 
relèvera de l'état de pauvreté où il est tombé qu'après 
plusieurs années de paix. Malheureusement ?a conduite des 
vainqueurs n'est guère propro à rassurer les esprits sur 
l'avenir. 

Les démocrates, depuis la fin de la guerre, ont demandé 
avec instance que le Sud fut admis dans l'Union comme si la 
guerre n'eût pas eu lieu. Les républicains, qui sont en 
majorité dans le Congrès, privent les Etats du sud de 
toute représentation et entretiennent ainsi entre le Nord et 
le Sud des difficultés dont il est difficile de prévoir le terme* 

PRÉSIDENTS DES ÉTATS-UNIS. 



1. — 6e /irge Washington élu en ....<.« 1789 

2èmefoi8, " IT93 

2.— John AdaTDS, " 1*797 

3.— Thomas Jefferson, " 1801 

2èmefoi5, " 1805 

4.— James M-idiaon, " 1809 

2èmefoi3, " 1813 

6.— James Monroô, " 1817 

2èinefois, » 1821 

6.— John Quncy Adiims, " • ^^25 

7. — Andrew Jackson, ** 1829 

2èniefoi3, " 1833 

8._Maitin Vûn-BurcD. *' 1837 

9._W. llarrison (J. Tyler, 

vice-prôs.). ** ••♦« ...••• 1841 

10.— James Polk, " 1845 

11.— Z. Taylor, (Fillmore, 

viie-prés. *' 1849 

1?.— Fmnk'iii Piorce, " ^^^^ 

13.— Jiitnes Buthanan, " 1857 

14. — Abrahan Lincoln, 

(Johnîon vice-'prét».) " ^^^^ 

2craefois, " ^**66 

15. — AuUrew Johnsion, " 1866 



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86 



GEOGEAPHIE. 



Education. — L'enseignement est libre aux Etats-tJniSj 
Les plus petites villes, les bourgades mêmes, ont une écolci 
Aussi tout le monde dans ce pays sait au moins lire, écrire 
et compter. Les journaux sont plus multipliés que dans 
aucune autre contrée du globe* Les lettres et les beaux 
arts n'y jouissent pas d'une grande considération ; mais les 
sciences, indispensables à la prospérité d'une nation indus* 
trielle et commerçante avant tout, sont cultivées avec le 
plus grand soin, surtout du côté pratique. 

AuMÉK ET Marine.-^Lo fléau des armées permanentes est 
inconnu aux Etats-Unis. A peine le dernier coup de canon 
avait-il été tiré pendant la guerre de sécession, qu'une armée 
de plus d'un million était licenciée. Le général Lee accepta 
le titre de directeur du collège do Lexington, et les autres 
généraux, que ne distinguent ni croix, ni rubans, trouvèrent 
facilement de grandes positions industrielles. Les mêmes 
soldats qu'on avait charges d'enlever les rails des cliemins de 
fer se présentèrent pour reconstruire les ponts brûlés, poser 
de nouveau les traverses et lancer les trains sur les voies 
réparées. 

Le gouvernement des Etats-Unis ne garda de son immense 
flotte de plus de r)00 navires que les frégates cuirassées, les 
vaisseaux de combats, quelques transports et les embarcji* 
tions indispensables à la surveillance des côtes Ce prodi- 
gieux désarmement, unique dans les annales des gouverne- 
ments, s'accomplit de la manière la plus simple et sans 
produire le moiiidre désordre commercial. 

La flotte commerciale des Etats-Unis est, depuis la guerre, 
notablement inf6/l"uro à celle de la Grande-Bretagne; mais 
elle est toujours cmq ou six fois supérieure à celle de la 
France. Les vaisseaux de commerce jaugent environ 
5,000,000 tonneaux. Los vaisseaux à vapeur comprennent 
près du cinquième de cette flotte. 



! 






MEXIQUE. 



Etendue.— Lo Mexique a environ GOO lîcncs tlii 
N. O. au S. E., il est assez large au nord, il se rétré- 
cit graduellement en avançant vers le sud, où il n'a 
qu'environ ;J5 lieues, ^u superficie est d'environ 



MEXIQUE. 87 

420,000 lieues carrées. Sa latitude moyenne se 
trouve au 23°, près du tropique du Cancer. 

BoiixES. — Il est borne au nord par le Rio Bravo- 
del-Norte et une ligne fixée par le traité de 1854 
^vec les Etats-Unis j à l'est, par le golfe du Mexique 
et la mer des Antilles ; au sud-est, par la république 
de Guatimala j î^u sud et à l'ouest, par le Pacifique. 

Division. — Le Mexique comprend 37 départe» 
mente. 

Montagnes et Plateau. — Le Mexique est traver-. 
60 dans toute sa longueur par la grande chaîne de 
montagnes qui divise l'Amérique en dpux versants 
généraux, Cette chaîne prend, dans ce pays, le nom 
de Sierra Madré et de CordiUih'e dî'Anahuac. Elle 
pupporte un vaste plaleau, qui s'élargit beaucoup, 
vers le sud. Un§ des parties les plus remarquables 
de ce plateau est la vallée de Mexico, entourée 
comme d'un mur d'énormes montagpes, parmi 
lesquelles s'élève le Popocatépelt, haut de plus de 
17000 pieds. On remarque encore 'os pics d'Oma- 
ha, de IGOOO pieds, le co/ze de Pérote, 13000 pî:da. 
Le volcan Jondlo se trouve dans la partie méridionale 
du Mexique : il sortit subilenient de terre en 1759, 
an milieu d'une plaine agréable et fertile, où il a 
porté la désolation et la stérilité. 

Les tremblements de terre sont fréquents au 
Mexique : ceux de 1837 et (Je 1845 y ont fait de 
grands ravages. 

Fleuves et îI;vi|:res. — Le sol mexicain est gêné, 
ralement sec, c'est une des parties de l'Amérique où 
il y & le moins de rivi(^res. A la frontière du nord se 
trouve le Rio-Grande-deUNorto qui descend des 
Montagnes-Rocheuses et se jette dans le golfe du 
Mexique, après un cours d'environ 550 lieues. 

On remarque encore, sur le même versant, laTula, 
qui dans sa partie iqférieure prend le i^om de Tam- 



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88 



GEOGRAPHIE. 



pico ; son embouchure est près de la lacune de 
Taminj^ua — le Gnazacoaho^ Lello rivière qii on doit 
unir, par un eanal, au golfe de TéhuanKIpec. 

Sur le versant occidental, on trouve le Rio Colora- 
do^ qui se jette dans lo golfe de Californie, et reçoit 
dans Hon cours lo Gila ; le Santiago décharge le lac 
Chapala. 

Lacs. — Paimi les Incs on remarque celui do 
Chapala ; dans la belle vallée de Mexico on trouve 
les lacs San-Cristobal, Tezcuoo et de Chalco. Sur le 
golfe du Mexique, le lac Tamiagua^ qui peut etro 
considéré comme une baie. Au nord, sur un pla- 
teau désert, est le lac du Ca'iwan ou de Mapimi. 

Capitale et Villes. — La Capitale du Mexique 
est Mexico, sur le lac Tezcuco, dans une position 
charmante, dans une belle vallée, au n ilieu de la 
Cordillière d'Anahuac, à près de sept mille pieds au- 
dessus du niveau de la mer ; elle présente un aspect 
noble et grandiose ; les maisons sont toutes à pou 
près de la même hauteur ; les toits, formés en 
terrasses et la plu})art couverts d'arbustes et de 
fleurs, offrent, le soir, une promenade délicieuse. La 
cathédrale e>t un bel édifice, qui occupe l'emplace- 
ment du grand temple ou téocali des anciens Mexi-. 
cains ; il faut aussi remarquer le palais du gouverne- 
mont, et la monnaie ; ces trois monuments ornout la 
principale place do Mexico, sur laquelle on trouve 
encore la grande pierre du calendrier des anciens 
Mexicains et l'autel des sacrifices. 

Parmi les villes remarquables on distingue Yera^ 
Cruz, port de mer sur le golfe du Mexique, Guadala- 
xara, Oaxaca, Querrataro, St. Louis-de-Potosi, La 
Puebla, Valladoiid, Guanazuato, dans l'intériem* ; 
Acapulco et San-Blas sont les principaux ports de 
mer, sur le Pacifique. 

Climat eï Sol. — Quoique ce pays soit en partie 
dans la zone torride, la grande élévation du sol y 



I 






MEXIQUE. 



89 



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procure, vers le centre, une douce température. Mais 
vers les côtes le climf\t est très chaud, et fort mal- 
sain ; 1:1 fièvre jaune, connue au Mexi(|UO sous le 
nom de vomissement noir y exeroe tous les auF, ses 



ravages. 



Le sol est très fertile sur le plateau ; sur les côtes 
il n'est pas généralement aussi fertile. 

Productions. * — On récolte la canne h. sucre, les 
bananes, le café, le coton, la vanille, l'indigo, lo cacao, 
les grains, les puclies, les pommes, le raisin, etc. 

Commerce. — Il y a peu d'industrie et de com- 
merce. On exporte l'argent, l'or, le sucre, le coton, 
la cochenille, le bois de campeche, l'acajou, les peaux 
de bœuf et généralement tous les produits dos pays 
tropiques. 

Population. — I! y a plus de 8,000,000 d'habitants, 
qui se divisent en blancs, indigènes, nègres et sang- 
môlé. Plus de la moitié sont des indigènes. 

Les premiers, qui se disent les Mexicains propre- 
ment-dits, sont d'origine espagnole. C'est entre 
leurs mains que se trouvent presque toutes les 
propriétés et toutes les richesses. Les Lidiens qui 
sont convertis au christianisme sont appelés Indios 
mansos ; les autres sont désignés sous le nom (Tindios 
bravos ; ces derniers mènent une vie sauvage. 

De toutes les tribus indigènes, la plus nombreuse 
et la plus intéressante est celle des Azfcquesj près de 
iMexico ; cette nation descend des anciens domina- 
teurs du Mexique ; elle a adopté la civilisation 
européenne. Les Apalaches et les Comanches, très- 
recloutés })ar leur férocité, vivent, au nord, dans la 
vallée du Rio Grande. 

Il y a peu d^3 nègres. Le sang-mélé embrasse les 



* Il est bon de faire connaître aux élèves les productions 
qui appartiennent aux pays ehands ot qu'on ne trouve ni 
dans les pays froids ni dans les climats tempérés. 




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ofeOGEAPHIK. 






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métis, nés de blancs et d'indigènes ; les mulâtres, les 
zambos, nésde nègres et d'indigènes ; les quarte- 
rons, issus du sang blanc et du sang mulâtre. 

Kbligion. — La religion catholique est générale. 

Gouvernement. — Le gouvernement du Mexique 
est républicain. Ce malheureux pays est dans 
l'anarchie depuis la mort de Maximilien. Le prési- 
dent Juarez s'est emparé du pouvoir et exerce une 
sorte de dictature. Depuis 1 824, époque de son 
indépendance, le pays n'a joui que de quelques années 
de paix intérieure. 

SUPPLEMEN"'. 

Géographie historique. — Le Mexique était depuis long- 
tevnps au pouvoir de nations p jissantes et civilisées nommées 
aztèques, lorsque Ferdinand Cortez le découvrit en 1519 et 
en fit la conquête. On désignait alors sous le nom d'Ana- 
huac le pays occupé par la nation Aztèque, c'est-à-dire le 
pays auquel répondent à peu près les départements de 
Mexico, de Queretaro, de La Puebla, d'Oaxaca, de La Vera- 
cruz et de Micho&can. Le Mexique fut gouverné par des 
vice-rois espagnols jusqu'en 1810. Il se révolta alors contre 
sa mère patrie, finit par acquérir son indépendance, et li'est 
érigé en république ; mais des guerres intestines ont 
souvent désolé, depuis, cette belle contrée, et la forme du 
gouvernement y a fréquemment varié : elle a été tantôt 
fédérale, comme aux Etats-Unis ; tantôt centrale, c'est-à-dire 
composée d'une administration unique s'étendant sur toutes 
les parties du Mexique, qui était dans ce cas divisé en dé- 
partements. Enfin, en 1864, à la suite d'une expédition 
frnnçaise, s'est formé un empire, qui a reconnu pour souve- 
rain le prince Maximilien d'Autriche. Après le départ de 
l'armée française, Maximilien a été détrôné, jugé par un 
conseil de guerre, et fusillé en 1867. Le Mexique est 
reconstitué en république sous la présidence, ou plutôt 
sous la dictature de Juarè=5. Dieu seul sait quand ce payf? 
jouira de cette paix et de oc repos intérieurs dont il a besoin 
pour exploiter ses immenses ressources. 






AÎCÊRIQUK CENT-EALE. 

AMÉRIQUE CENTRALE. 



9t 






•Division. — L'Amérique Centrale comprend cinq 
républiques indépendantes : Celles de Guatimala, de 
Honduras, de San-Salvador, de Nicaragna et de 
Oosta-Rica. 

Bornes. — L'Amérique Centrale tient au Mexique, 
au nord-ouest, et à la Nouvelle Grenade, au sud-est > 
à l'est, el!e a pour bornes la mer des Antilles ; à 
l'ouest, !e Pacifique. 

Golfes et Baies. — Les côtes sont profondément 
découpées. Le Grand océan y forme le golfe de 
Téhwantépec, qui s'étend aussi sur la côte meicicaine ; 
le golfe deFonaeca qui renferme un grand nombre 
d'îles ; le golfe de Nicoya. h^ côte, sur la mer deâ 
Antilles, embrasse une grande partiû du golfe de 
Honduras, et le golfe des Mosqultos. 

Montagnes. — L'Améi'iqnft centrale est traversée 
par une chaîne de montagnes qui fait partie de la 
grande arête américaine, et qu'on appelle la Sierra 
Madré. Elle renferme plus de 35 voKîans dont 
plusieurs sont en activité. Quelques-uns de ses som- 
mets atteignent une hauteur d'environ 14,000 pieds 
au-dessus du niveau de la mer. 

Rivières. — De nombreux cours d'eau suivent \ms 
deux versants de cette chaîne ; ra-^is ils sont peu 
longs, surtout ceux qui appartiennent au verpsant du 
Grand océan. Les plu^ importants tributaires de la 
mer des Antilles sont : la M'>tagua, l'UIua, la Ségo- 
via, l'Mscondido, et lo Sm-Juan, qui sort de Textré- 
mité orientale du lac Nicarai^ua ; le cour»» de cette 
rivière Cit gtnvt par dt^s rajjides. 

Lacs. — Le lac Nicaragua est un des plus grands de 
r Amérique ; son nivt;au est à 140 pieds au-dessus do 
celui du Grand océan, dont il est séparé par un 



02 



OKOOKAPnrE. 



isthme large d'environ 6 lieues dans la partie la plus 
étroite. À l'aide de ce lac, on parle d'établir une 
jonction entre les deux océans, ])nr un canal qui 
partirait de l'embonchare du San-Jiian, sni\'rait le 
cours de cotte rivière jusqu'au lie, et déboucherait 
dens la baie de Salinas ; le lac Léon, le lac Duloe. 

Capitales et Villes. — La capitale de la républi- 
que de Gnatiniala est Guatimain, au niilieu d'une 
plaine, h environ 30 lienes du Grand océrni ; Coniay- 
agua est la capitale du Honduras, Truxillo et Copan 
sont ses Ailles les plus remarquables ; San-8alvador 
a pour capitale la ville du môme nom, située dans une 
belle vallée ; elle fut détruite par nn tremblement do 
terre en 1854, mais elle s'est relevée de ses ruines ; 
ïa capitale du Nicaragua est la ville de Léon ; les 
villes remarquables sont Granada, Massaya, Rivas, 
San-Juan-del-Norto ou Greytown, sur la mer des 
Antilles, San-Juan-del-Sare, sur le Pacifique ; San- 
Joso de Costa-Kica est la capitale de Costa-Rica ; 
parmi ses villes on remarque Cartago, bien déchue. 

Climat et Sol. — Le climat est trî^^ varié dans 
l'Amérique centrale : la chaleur est étouSante dans 
les plaines et les vallées profondes, tandis que sur les 
pentes des mont;ignes et sur les plateaux, on jouit de 
la plus douce température. Depuis le mois d'août 
jusqu'à celui d'octobre, règne la saison des pluies ; 
alors les moindres rivières deviennent des torrents 
impétueux, et l'humidité, j'ûnto à la chaleur, cause 
des maladies dangereuse? 

Le soi est extremonent fertile. On trouve des 
mines d'or, d'argent, de cuivre, de fer et de plomb. 

Productions. — Toutes les productions des pays 
tempérés et chauds y réussissent. Les forêts sont 
remplies de bois précietix pour la marine, l'ébénisterie 
et la teinture ; il y a beaucoup d'arbres résineux et 
d'arbustes d'où découlent des baumes renommés. 
L'indigo et le cacao de l'Amérique Centrale sont 



r«p 



AMÉRIQUE CENTRALE. 



93 



très-estimés. On récolte du tabac et du café excel- 
lents. 

Commerce. — Sucre, indigo, cochenille, bois do 
teinture, d'ébénisteâo, coton, vanille, café, peaux de 
bœufs, de tigres, etc. 

Population. — Guatemala, 1,100,000 ; Plonduras, 
380,000 ; San-Salvador, 550,000 ; Nicaragua, 400,000 ; 
Costarica, 127,000 ; Honduras Anglais, 26,000. 

Reliqion.— Le catholicisme domine dans toutes 
ces républiques. 

Gouvernement. — Le gouvernement de ces cinq 
états est le républicain. 

SUPPLÉMENT, 

GÉoGttAPniE HIST0RIQU13, — L'Amcriquo centrale forma, 
jusqu'en 1821, avec le territoire mexicain de Chiapa, une 
grande division administrative de l'Amérique espagnole, 
sous le titre de Capitainerie générale de Guatimala, A cette 
époque, elle fut incorporée au Mexique, qui avait proclamé 
son indépendance, mais elle s'en sépara deux années après 
et se constitua en confédération sous le titre de république 
fédérale de V Amérique centrale. Depuis, les liens de la 
confédération se sont brisés, et il s'est formé cinq états 
Béparés. Le Guatimala semble exercer une certaine préponr 
dérance sur les autres républiques Gentro-Amérîcaines. 



AKCHIPEL DES ANTILLES. 



Division. — Ces îles sont situées entre l'Atlantique 
et le golfe du Mexique : elles se divisent en 4 clas- 
ses : 1° les îles Lucayes ou de Bahama, au nombre 
d'environ 500 ; 2° les Grandes Antilles ; Cidja^ 
Haïti o J St. DominguRj la Jamaïque et Porto-Rlco ; 
3° les Petites Antilles^ près des côtes de TAmériqu^ 



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Méridïonalo ; 4°lé3lRles faraï5<?«, divisées eh îles dii 
Vent, î\u Bud, et en îles Sous-le-Vent, au nord : co 
dernier groupe s'étend en arc depuis Porto-Rîco 
jusqu'à r Amérique du Sud. 

Les Antilles appartiennent à différentes puissances 
de TEurope, la plupart à l'Angleterre. L'île Mar- 
guerite est une dépendance de Venezuela et l'îlo 
d'Haïti forme deux étals indépendants : La républi- 
que d'Haïti et la république Dominicaine. 

Montagnes et Rivières. — Dans Pîle de Cuba se 
trouve une chaîne de montagnes qui la traverse dans 
toute sa longueur et qui donne naissance à une foule 
de petites rivières. Hnïtî a plusieurs chaînes de 
montagnes qui, vers le centre, atteignent une hauteur 
do 8 à 9 mille pieds. Quatre rivières assez considéra- 
bles et un grand nombre tVautres plus petites arro- 
sent cette île fertile. La Jamaïque est aussi traver- 
sée par une chaîne de montagnes qui est remplie 
de bois rares et qui donne naissance h plus de 
cent rivières. L'île de Porto-Rico est agréablement 
parsemée de coteaux et de vallons. 

Dans les autres îles les élévations du sol ne sont 
guère considérables : ces îles semblent être la 
continuation sous marine des Al'iéghanys, dont le» 
sommets s'élèvent au-dessus du civeau de l'océan. 

Climat.— Le climat de toutes ces îles est très- 
chaud. Elles sont exposées à des tremblements de 
terre et à des ouragans qui causent d'immenses pertes 
à leurs habitants et aux marins. Pendant ces orages 
les navires sont jetés à la côte ; les édifices sont ren- 
versés et souvent la moisson est perdue en f artie ou 
on totalité. L'ouragan du mois d'octobre 1867 a 
causé de grandes pertes. 

Sol. — Le sol est très-riche, excepté dans -es îles 
Lucayos, qui ne sont pour la plupart que des amas de 
pierre calcaire et de coquillages couverts d'une faible 
çQuc^e de terre végétale (\u\ s'épuise après qnel^u^ 



ii 

mi 



AKCltlPEI. DES ANTILLES. 



95 



ntinécs do culture, lorsque cette terre n'est pas amô- 
îiorée par des engrais fertilÎMants. 

Productions et Commerce. — Ces îles fournissent 
en abondance le sucre, le tabac, le café, la mêlasse, 
les boissons spiritueuses, les épices, etc. Elles font 
un très-grand commerce avec les principales nations 
du monde. 

îles Anglaises, 



Noms, 



Oà. 



Capitales. "Population-, 



1. Jaraaïqnc.^G-. A* ..Spftuishton.. . . S^OjOOO 

2. Iles Lucayes.ù l'est de la Floride. Nassau 30,00d 

3. La Barbade..! .iu V.. Hriflgetown 153,000 

4. Grenade l. du V Georgetown . . . 36,000 

5. Ste. Lucie... '• Cijstrie? 2»î,000 

6. Tobago " ....Scarborough. .. n.OOO 

V. Antiqne T. sous V rohustown 3G,000 

8. Mont-Serrat . " Ply nioulh 8,000 

9. Dominique.., " ...Cliarloltetown. 20,000 

10. St. Vincent..!, du V Kingston SO.OOq 

11. Trinidnd ....P. A Port-Espagnol.. 69,00^ 

12. St. Chnstophe J. sous V Basse-terre 

Dans la dernière île il y a un volcan célèbre. A 
i'oueht des Etats-Unis, on voit les îles Bermudes, au 
nombre d'environ 400, la plupart stériles, sans nom 
et sans habitants. Elles sont pour la plupart d'un 
abord difiicile. Les Bormtidcs servent de poste 
naval à l'Angleterre ; situées au milieu d(î l'oooan, 
elles sont très-utiles à sa marine. Cette Puissance 
possède plusieurs autres îles dans cet archipel. L.i 
population totale est d'environ 850,000. 

Au gouvernement de la Jamaïque se rattache la 
colonie du Honduras anglais ; cette colonie est 
sur le continent, au fond de la baie de Honduras, 
La capitale est la Balizc. Ce pa.ys iouruit du beau 
bois d'ébéuisterie. 



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i/ca Etpagnolea. 

Les Espagnoles possèdent deux des Grandes Antil- 
les : Cuba et Porto-Rico, La capiialo de Cuba est la 
Havane, tin des plus beatrx ports des Antilles ; le» 
auftres Tilles remarquables sont Matanzas, Trinidad, 
Santiago. La popirlation est 1,500,000 âmes^^ lo 
gouvernement est absolu. 

Porto-Rico a pour capitale St. Juan de Porto-Rico. 
Sa population est de 640,000 : elle fournit au com- 
merce le sucre le plus estimé. 

Iles Françaùes* 

La France posa&de sous le nom de gouvernement 
de Guadeloupe la réunion de la Guadeloupe, de 
Marie-Galante, de la Désirade, des Saintes et do la 
partie française de Saint-Maftin. La population 
totale de ce gouvernemnet est de 133,000 habitants 
dont 100,000 personnes de couleur. Il y a 115,000 
âmes dans la Guadeloupe seule. Le port le plus 
remarquable est Basse-Terre. La France posbèdo 
encore l'intéressante et fertile île de la Martinique, 
peuplée d'environ 137,000 âmes. Toutes les produc- 
tions des pays tropiques réussissent dans cette île. 
Les lieux les plus remarquables sont : le Fort-Royal, 
capitale de l'île Saint-Pierre. 

La France possède encore dans îe golfe St. Lau- 
rent, au sud de Terreneuve, les îles de St. Pierre et 
de Miquelon. Ces îles servent à protéger les pêcheurs 
français dans le golfe St. Laurent et »ur les bancs de 
Terreneuve. 

Iles Danoises. 

Les Danois possèdent, dans les Ile» Sous-le-Vent, 
S té. Croix et la Tortole. 

Iles Américaines. 

Le gouvernement du Danemark a vendu aux Etats- 
Unis les îles de St. Thomas et de St. Jean. 



'"m 



ABOHIPEL DES ANTILLES. 



97 



lies Hollandaises. 

Les Hollandais possèdent dans les Iles sous le Vent : 
la moitié de St. Martin, Saba, St. Eustache ; Cura- 
çoa, dans les petites Antilles. La population de St. 
Martin est de 6200. La population totale est 86,000. 

Les Suédois possèdent St. Barthélemi ; c^est une 
des lies sous le Vent. 

La population totale des Antilles est d'environ 
3,800,000 dont le plus grand nombre sont des nègres 
et des mulâtres libres. Il n'y a qu'environ 700,000 
blancs. La religion catholique est la religion domi- 
nantc. 

Gouvernement. — Dans la plupart de ces îles Ip 
gouvernement est absolu, excepté dans quelques- 
unes des îles anglaises, où il est représentatif. 

L'Ile d'Haïti est partagée en deux gouvernements 
séparés : îa partie de l'est est la république Domini- 
caine ; la capitale est Santa Dotuingo ; la population 
210,000 ; la partie de l'ouest forme la république 
d'Haïti, dont la capitale est le Port-Républicain ; popu- 
lation 700,000, nègres et mulâtres et environ 30,000 
blancs. Cette république est aujourd'hui à peu près 
dans l'anarchie. 

On remarque en général que les îles de cet archi- 
pel ne sont pas aussi prospères qu'avant l'abolition 
de l'esclavage. Les nègres libres sont généralement 
paresseux, ils aiment beaucoup la vie oisive. Ce 
n'est que lorsque la nécessité les forcent à travailler 
qu'ils se livrent à la culture. Les planteurs, à cause 
de l'extrême chaleur de ce climat, ont absolument 
besoin du bras des noirs pour exploiter leurs riches 
plantations do sucre, de coton, de tabac, de café, etc. 



■• T"T'1i"^i;''"'.; v.-.-'-jran^'i'.v: 



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GEOGRAPlîtË. 



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AMÉRIQUE MÉRIDIONALE. 



Bornes.— L'Amérique Méridionale est boruée au 
nord par l'isthme de Panama et la Mer des Antilles ; 
BU nord-est et à l'est, par l'Océan Atlantique ; au sud, 
par le détroit de Magellan ; h Touest, par le Pacifi- 
que. 

AsPBCT afeNÉsRAL.-^L' Amérique Méridionale a la 
forme d'une immense presqu'île tournée vers le sud 
et tenant à l'Amérique du nord par Tiâthme de Pana* 
ma. Elle se termine, au sud, vciv-j le 56e degré do 
latitude sud. 

Les côtes do l'Amérique Méridionale sont moins 
découpées que celles de l'Amérique du nord ; les 
seuls enfou'joiueut^' diguos de remarque sont : les 
golfes de Guayaquil, de Guaiteca et do Panama, sur 
le Pacifique ; les go' tes de Darien, sur la mer des 
Antilles ; de St. George ; l' embouchure du Ma» 
ranon et d" Rio do la Plata, sur l'océan Atlanti- 
que. L'Amérique du Sud est traversée du nord 
au sud par la chaîne des Cordillicres, qui forme 
deux grands versants : celui du Paciiique et ce- 
lui do l'Allantique. Les rivières qui suivent le 
versant de rAtlanti(iue soutbcuicoup plus considé- 
rables que colles du versant du Pacifique ; parmi ces 
rivières on remarque TAmazone ou Maranon, le plus 
grand fleuve de la terre. Les autres chaînes les plus 
remarquables ensuite sont les Monts-Brésiliens et 
celles qui longent le S, des Guyanes. 

Division. — L'Amérique Méridionale comprend 10 
Etats indépendants : un empire, le BrésU^ et 9 répu- 
bliques, dont trois sont confédérées: les Etats-Unis 
de Colombie ou Nouvelle Grenade^ le Venezuela et la 
Plata ; les autres républiques sont : VEquateur^ le 
Pérou f la Bolivie, le CÂiYi, le Paraguay et î' (/raguai/, 
ou Bande-orientale : il y a aussi trois colonies : la 
Guyane Anglaise^ la Guyane Française et la Guyane 



NOUVELLE-GRENADE. 



99 



BoUandaise ; au sud, se trouve le territoire de la 
Patagonie^ encoro peu habité, et renfermant quelques 
établissements européens. 

NOUVELLE GEENADE OU ETATS-UNIS 

DE COLOMBIE. 

Bornes. — Cette république, considérée générale- 
ment comme située tout entière dans l'Amérique 
méridionale, se trouve cependant en partie dans 
l'Amérique sept entrionalo,'puisqu Vie comprend^ au- 
delà de 1 isthme do Panama, un territoire d'environ 
90 lieues de longueur. Elle est bornée, vers le N. 
0., par la république de Costa-Rica ; le Venezuela 
la borne à l'est ; le Brésil, au S. E et la république 
de l'Equateur, au sud. Elle est baignée au nord par 
la mer des Antilles, et à l'O., par le Grand Océan. Sa 
latitude moyenne est 5°. 

Division. — Elle se divise en 9 Etats-Unis : ceux 
d'Antioquia, de Bolivar, do Boyaca, de Canca, de 
Cundinamarca, de Magdalena, de Panama, de Santan- 
der et de Tolima. Il y a, de plus, un district Fédéral, 
où est la capitale de la république : Santa-Fe do Bo- 
gota. 

MoNTAGNES.—Les Andes couvrent toute la partie 
orcidentale do la Nouvelle-Grenade. Les flancs de 
ces montagnes sont revêtus de majestueuses forêts, et 
des pics couverts de neiges éternelles les dominent, 
Elles forment plusieurs plateaux étendus sur lesquels 
on trouve de gras pâturages, des champs bien culti- 
vés, des villes florissantes et de grands villages bien 
peuplés. 

Les Andes sont divisées en plusieurs chaînes paral- 
lèles, dont la plus occidentale va former l'isthme de 
Panama et se réunit à la Cordillière de l'Amérique 
centrale ; cette dernière chaîne détermine le partage 
des eaux çntre le bassin (le la mer des Antillçs Qt 



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GÊOOBAFHIE. 



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celui dn Grand Océan. Un rameau très-reraarqua- 
ble se sépare de la chaîne orientale, s'étend an N, 
E., et s'élève vers la mer des Antilles sous le nom de 
Sierra Nevada. 

Fleuves kt Rivères-— La Magdeîeine et sou 
affluent le Cauca ; le Chagres, l'Atrato, 

Capitale et Villes. — SantarFe de Bogota ; oetta 
ville est située vers le centre du pays, près d'un petit 
affluent de la Magdeîeine, sur un des plus beaux et 
des ()lu8 fertiles plateaux do l'Amériquo Méridionale, 
à prôd de 8,000 pieds au-dessus du niveau de la mer, 
Les principales villes sont Panama, Chagres, Porto» 
bello, Carthagône, Aspinwall, etc. 

CwMAT ET Sol. — Le climat est sain et tempérô 
dans les parties élevées, où l'on éprouve deux saisons 
sèches et deux saisons pluvieuses.* Sur les bords de 
!a nier, et dans quelques vallées profondes de l'Inté- 
rieur, l'air est brûlant et pestileniiel. Le froid est 
très-intense sur le sommet des montagnes. Certains 
pantons, arrosés par la Magdeîeine et le Cauoa, jouif^- 
Bent d'un printemps continuel. Dans les plaines 
appelée^ Uanasy les saisons se partagent en six mois 
de pluies et en six mois de sécheresse. Le sol, eu 
général, est très-fertile. 

PBODuOTiONS.-T-rLe fromcnt, lo cacao, le café, la 
tabao, le coton, le quinquina, le caoutchouc, les bois 
de teinture ; en un mot toutes les productions des 
pays tropiques. La Nouvelle-Qrenade est renommée 
pour Stcs richesses minérales ; l'or et le platine y 
abondent ; on y trouve des éraeraudes, et d'autres 
pierres précieuses, de l'argent, du fer, du cuivre, de 
fa houille, etc. 

CoMMERCii!.--TLe commerce de cette république est 
assez florissant : elle exporta les produits (|u'o|^ 
v|e«t (i'é^awérer, 



RKPUBLTQUE DK i/ÉQUATEUR. 



101 



Population. — La population C8t évaluée à 2,800,- 
000 individus, répanduH sur uno superlicie d'envi- 
ron 240,000 lieuL's oanées. Dans ce nombre, ne sont 
pa8 corn pria lus sauvages, qui forment encore dea 
tribus très-importantes. 

Religion. — La religion catholique est celle que 
professent presque tousi les liabitantd. 

Gouvernement. — La Nouvello-Grenade a pris 
depuis 1861 le nom officiel d'Etats-Unis do Colom- 
bie. Elle forme une république fédérative. Le 
gouvernement est composé d'un Président, d'un 
Sénat et d'une Assemblée de représentants. 

SUPPLÉMENT. 

Géographie historique. — Autrefois soumise à l'Espagne, 
la Nou\ cUe-Grenade ût ensuite partie de la république de 
Colombie, constituée en 1821, et ainsi nommée en l'honneur 
de Christophe Colomb; mais, depuis, la Nouvelle- Grenade est 
devenue un état particulier, qui a pris, en 1861, le nom 
qu'elle porte aujourd'hui. 

Communications. — La Nouvello-Grenade est, comme l'A- 
mérique centrale, admirablement placée pour la communica- 
tion entre les doux océans. Déjà un chemin de fer unit 
Aspinwall à Panama ; un canal a été projeté du Port 
Escoces, sur la mer des Antilles, au golfe de San-Miguel, sur 
le Pacifique ; un autre, entre l' Atrato et la rivière Darien , 
qui se jette dans le golfe de San-Miguel ; un autre, entre le 
Napipi, affluent de l' Atrato, et la baie de Cupica, sur le 
Pacifique. Déjà, depuis longtemps, un petit canal unit le 
cours supérieur de l'Atrato à la rivière San-Juan, qui se 
jette dans le Grand océan. 



KÊPUBLIQUE DE L'EQUATEUR. 

Etendue et Bornes. — Au nord, la Nouvelle- 
Grenade ; à TE., le Brésil ; au sud, le Pérou ; à l'O., 
le Pacifique. L'équateur lui donne son nom et la 
traverse au nord. Superficie ; 190,000 lieues carrées. 






102 



GÉOGRAPHIE. 



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Division. — Ce pays se divise on trois départe- 
ments : ceux de Quito, do Guayas et de l'Azuay ; ils 
sont cubdiviaés en 9 provincos. 

JIoNT AGNES. — La chaîne des Andes parcourt cette 
république du N. au S. Elle y présente d'énormes 
pics volcaniques, tels que le Chimboraço, qui s'élève 
à près de 20 milleg pieds ; le (. ayambé, dont le som- 
met majestueux est précis^ncnt sous l'équateur ; le 
Cotopaxi, qui est le plus redoutable des volcans de 
notre continent, 3tc. Les Andes forment là, comme 
dans la Nouvelle-Grenade, plusieurs chaînes parallè- 
les, dont deux principales. Entre les sommets de ces 
imposantes Cordilliôres, s'étendent des plateaux très- 
fertiles et bien peiiplé.s. 

Rivières. — Le Guayas, qui se jette dans le golfo 
du môme nom, est le seul cours d'eau remarquable 
du versant du Grand Océan. A l'est des raontagiies, 
s'étendent de vastes déserts, arrosés par de nombreux 
affluents de la rive gauche de l'Amazone, dont lo 
cours supérieur est désigné sous le noni de Tungu- 
ragua ; les principaux de ces affluents sont le Putu- 
mayo ou Içl.; qui charrie des sables aurifères ; lo 
rapide Napo et le Tigre. 

Capitale et Villes. — La capitale est Quito, située 
presque sous l'équateur, sur le versant du Pichinch.i, 
à près de 9000 pi^ds au-dessus du niveau du Pacifi- 
que. Les rues sont tortueuses f»t les maisons assez 
mal bâties. On y compte 80,000 habitants. Des 
tremblements de terre l'ont souvent bouleversée, 
particulièrement en 1859. Les principales villes 
sont : Guayaquil, port important, Ouenca, Loja, etc. 

Golfes. — Le golfe de Guayaquil est lo seul enfon- 
cement considérable qu'oiiVe la côle de cette contrée. 
On y remarque les caps Guascama et de Ste. Hélène. 
Près de la côte se trouve l'île de Puna. 



RÉPUBLIQUE DE l'ÊQUATEUR. 



103 



do 



Mines. — La république de l'Equateur possède des 
mines d'or et de riches salines. 

Climat et Sol. — Dans les parties basses, le climat 
est chaud et humide. Le froid est assez vif dans les 
montagnes. Le sol est fertile. 

Pboductions. — Celles de la Nouvelle-Grenade. 

CoMMEBCB. — Cacao, indigo, tabac, quinquina re- 
nommé, coton, céréales et beaucoup d'espèces de 
fruits ; on y exporte une quantité considérable de 
chapeaux dits panamas. 

Population et Religio:''. — Environ 1,100,000 
habitants, presque tous catholiques. 

Gouvernement. — Le gouvernement de l'Equa- 
teur est républicain. Il esl composé d'un président, 
élu tous les qiatre ans, et d'un congrès formé de 
deux chambres : celle du sénat et celle des représen- 
tants. 



SUPPLÉMENT. 

GÉOGRAPHIE HISTORIQUE. — Cette coutrée était autrefois 
soumise à l' Espagne, et fut ensuite comprise, quelque temps, 
dans le S. 0. delarépublique de Colombie. Elle répond à peu 
près A l'ancien rojaumedc Quito ; et depuis 1831 elle a 
adopté 3a forme actuelle de gouvernement. 

A 185 lieues delà côte 0. est le groupe d'îles des Galapagos 
ou des Tortues. Il fut découvert par les Espagnols. Ces 
îles sont souvent visitées par les navires qui vont à la pêche 
de la baleine et du cachalot (1). Les deux plus considérables 
s'appellent Alberaarle et Narborough. Celle de Charles ou 
Fioriana a reçu une petite colonie d'Equatoricns. 



(l) Le cachalot est un maniifère cétacé, dont les dimensions 
ôgalent celles de la baleine. C'e»t dans ses intestins qn'on 
trouve la substance appelée ambre gris. 



Trc" 



104 oiîOGRAPHIE. 

RÉPUBLIQUE DE VENEZUELA. 

Bornes. — Au nord, la mer des Antilles ; à l'est, 
l'Atlantique et la Guyane anglaise ; au sud, le Bré- 
sil ; à ro'iest, la Nouvelle-Grenade. 

Division. — En 20 Etats. 

Montagnes. — La plus orientale des chaînes que 
forment les Andes dans la Nouvelle- Grenade, entre 
dans le Venezuela, s'y étend, vers le N. E., sous le 
nom de Sierra Nevada, de JVIerida, de Sierra do 
Truxiilo, etc.; elle se termine au promontoire de 
Paria, en face de l'ile de la Trinité ; elle sépare les 
eaux qui coulent vers la mer des Antilles de celles 
qui se rendent à l'Atlantique. Au sud, près du 
Bvésil, ou trouve la Sierra Pacaraima et la Sierra 
Parirae. 

Rivières. — L'Orénoque est le principal fleuve de 
ce pays ; ses principaux affluents sont : le Caroni, la 
Meta et l'Apure. 

Ce fleuve comaïunique avec lo Rio Negro, affluent 
de TAmazone, par un canal naturel très-remarquable, 
nommé Cassiquiare. 

Lacs. — Au sud du golfe de Macaraïbo, s'étend un 
grand lac du même nom, long de près de 45 lieues et 
large de 27. Ses eaux sont habituellement douces, 
quoiqu'il communique avec le golfe. La navigation 
y est facile, même pour les gros vaisseaux. On 
remarque encore le lac Valencia. 

Golfes et BAiES.-La mer des Antilles forme le 
long golfe de Cariaco, de Maracaïbo, sur PAtlantique ; 
les 50 bouches de l'Orénoque forment un golfe du 
môme nom ; un peu plus au nord, on remarque le golfe 
de Paria. 

Capitale et Villes. — Caracas ou Léon de Caracas 
est la capitale de cette république. Elle est située 






'm 



IjfePUBLIQUE DK VÉNÉSUÉLA. 



105 



au milieu d'une délicieuse vallée, non loin do la mer 
des Antilles, sur laquelle elle a le port de La Guayra, 
Elle a donné le jour à Bolivar. On y compte environ 
^5,000 hîibitanta. Les antres villes principales sont ; 
PuertO'Cabello, place forte ; Valencia, Arngua, Ma- 
racaïbo, Varinas, Cumaua, Barcelona, Saint-Thomaa 
de Nueva-Guayana, port de mer important, sur 
l'Qrénoque, etc. 

Climat et SoL.rr-Le climat est chaud, plusieurs 
points de la côte sont trôs-malsains, et ravagés chaque 
année par des maladies dangereuses, surtout par la 
fièvre jaune. La région du Venezuela, située au nord 
de rOrônoque, renferme de riches vallées, qui sont 
les parties les plus peuplées ; on y voit de belles 
forôts et de fertiles pâturages. 

Au N. G. de Ce fleuve, s'étendent les llanos. Dans 
\^ saison de la sécheresse, qui dure six mois, ces plai? 
nés sont privées de végétation et i,ues comme dos 
déserts sablonneujt- Durant les six autres mois, le^ 
rivières, gonflées parles pluies, débordent, se confon- 
dent et couvrent le pays de vastes nappes d'eau ; le 
sol, fertilise par cette inondation, se pare aussitôt 
d'un tapis de verdure, et en peu do temps les herbes 
deviennent tellement hautes qu'un homme achevai, 
dit-on, s'y trouve parf^^tement caclié. Les pluies 
sont accompagnées d'orages terribles 5 elles com- 
mencent en novembre et finissent en avril. 

Productions.— Toutes celles des pays tropiques, 
entre auti*es : la salsepareille, la vanille, le caout- 
chouc, qui découle do l'arbre appelé hévéc. 

Les forêts du Venezuela renferment d'excellents 
bois de construction, de marqueterie et de teinture. 
Parmi les nombreux palmiers, on distingue lo palmier 
séfé, qui donne une huile excellente. 

Commerce.— Café, indigo, tabac, cacao, quinquina, 
bois d'ébénisterie, coton, sucre et autres productions 
des tro|)i(|ue|3, 



m ?-^i 



.1 (' 



106 



GÉOGRAPHIE. 



L'industrie n'a pas fait plus do progros quo l'agri- 
culture sur ce sol constamment bouleversé par la 
guerre civile. 

Population i:t Religion.— 1,200,000 habitants 
professant presque tous le catholicisme. 

Gouvernement. — Le gouvernement est une répu- 
blique fcdérative composée de 20 Etats. Le pouvoir 
législatif appartient à deux chambres, lo sénat et la 
chambre des représentants. Le pouvoir exécutif est 
confié à un président éhi pour quatro ani^ par leg 
vingt états fédéraux. 



m 

n 






SUPPLEMENT, 

GÉooRAPniE HisTGRiQUR.— La république de Venezuela, 
formée de l'ancien gouvernement espagnol de Caracas, a 
composé, de 1821 à 1830, la partie la plus orientale de la ré- 
publique de Colombie. Ce pays, qui est beaucoup plus grand 
que la France, renferme plus de 600,000 lieues carrées, et 
n'a cependant qu'une population de 1,200,000. Entre les 
mains d'un autre peuple il aurait bientôt quintuplé sa popur 
latioQ et ses richesses, 

Animaux— Les couguars et les jaguars sont communs. Il 
y a, dans les forêts, d'innombrables singes et des espèces 
variées do perroquets, entre autres, les aras. Toutes les 
rivières sont remplies de caïmans ; on trouve dans les eaux 
marécageuses beaucoup de gymnotes électri(jues, poissons 
assez semblables aux anguilles et qui peuvent tuer, par leurs 
violentes décharges éloctriques, les animaux les plus robus- 
tes. Le serpent ouraïma est un des reptiles les plus dange- 
reux de 00 pays. 

MiNES.-^Il se trouve des mines d'or près de la Guyane. 
C'est dans l'intérieur de cette partie de l'Amérique que des 
relations fabuleuses ont placé le grand lac Parime, sur les 
bords duquel des palais construits, disait-on, de l'or que l'on 
retirait du lac, avaient fait donner au pays environnant le 
Hooi ^ Ul-Dorado^ c'est-à-diro lo pays d'or, 



GDYAKE8. 



107 



Etats.— Apure, Aragua, Barcelona, Barinas, Barquisime- 
to, Oarabobo, Caracas, Cujédés, Coro, Curaana, Guarico» 
Guyane, Maracaïbo, Maturin, Merida, Margarita, Portugue* 
BS) Tachira, Trujillo, Yaracuy. 



GUYAKES ANGLAISE, HOLLANDAISE 
ET FRANÇAISE. 

BoRîfE3.--'Les Guyanes sonv bornées au K. et a<î 
N. E. par l'Atlantique ; au S., par l'emj^ire du Brésil 
et à rO., par le Venezuela. 

Division. — Cette contrée, assez vaste, forme trois 
colonies : celle de l'O. appartient à TAngleterre, celle 
du centre, à la Hollande, et la troisième, qui est la 
plus vaste, à la France. 

Montagnes. -—'Le sol est généi'alement peu élevé. 
Les côtes sont bordées presque partout de terrains 
bas et marécageux, couverts de foiêts impénétrables» 
A peu do distance des côtes, s'élèvent de petites col* 
lincs qui courent parallèleuient au rivage. Dans 
l'intériour, on remarque des groupes irréguliers de 
montagnes, coupés de plaines sablonneuses, de 
savannes et de forêts vierges, qui offrent toute la 
l'icliessc, tout le luxe do végétation des régions équa* 
toi'iales les plus fertiles. Los monts Tumucumaque 
forment la limite méridionale de la Guyane française» 

Rivières.— Une multitude de fleuves et de riviè- 
res descendent des hauteurs et sillonnent le pays 
diins tous les sens ; dans la saison des pluies, ces cours 
d'eau débordés couvrent les savanes et baignent le 
pied des forets ; avec le beau temps, ils rentrent 
graduellement dans leurs lits, et les terres qu'ils 



abandonnent se couvrent 
végétation. 



bientôt d'une 



vigoureuse 



''■*::'■;■!■,■' 




lOS 



GÊoaRAPBtE. 



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Climat et Sol. — Le climat est chaud et malsain, 
mais ne l'est pas autant qu'on le croit généralement. 
La saison sèche et la saison pluvieuse y régnent alter- 
nativement deux fois dans le cours de Tannée. L'ac- 
tion des vents alizés, les forêts et le grand nombre 
de cours d*eau diminuent beaucoup l'intensité de la 
chaleur ; durant la nuit) la température est tellement 
rafraîchie par les brises de la mer, que même, dans 
Pintérieur, on est souvent obligé d'allumer du feu 
pour se réchaufter. Les fièvres qui attaquent les 
nouveaux arrivés ne sont pas dangereuses. Le sol 
est extrêmement riche. 

Productions. — Il y a, dans toutes les Guyanes, de 
riches plantations de sucre, de café, de cacao, de co- 
ton, d'indigo, de vanille, et en général tous les pro- 
duits des pays tropiques. Les forêts de la Guyane 
renferment de nombreuses espèces d'arbres précieux 
pour toutes sortes d'usage, et magnifiques par leur 
aspect : le faramier, l'ourate, le cotonnier sauvage, 
le patavoua, tellement touffu qu'un seul couvre une 
cabane pour 25 personnes ; le vouag, l'outapa, lo 
balata, l'angelin,, trop durs pour être travaillés ; 
rhévée> qui fournit la gomme élastique, etc. 

Coî'UERCB. — Les Guyanes exportent les produits 
dont nous avons parlé en parlant des productions. 

GUYANE ANGLAISE. 

La Guyane Anglaise est la plus occidentale : sa 
capitale est Georgetown, ou Démorari. C'est une 
ville commerçante de 25,000 âmes, à l'embouchure do 
laDémérari; la NouvelJe-Amsterdara est vers Tem- 
bouchure de la Berbice. L'Esséquibo, le Démérari 
et la Berbice la traversent du S. au N. Sa population 
dont les cinq sixièmes &ont des nègres, s'élève à 165,- 
000 individus. Il y a un assez grand nombre d'in- 
diens et de nègres marrons. La majorité des habi- 
tants professent le protestantisme. 



M 



ODYANB HOLLANDAISE. 



109 



le 



Elle se divise eu deux gouverDoments : Essêquibo* 
Bômérari, capitale Georgetown ; Berbice, chef-lieu 
Nouvelle-Amsterdara. Elle appartenait primitive- 
ment aux Hollandais ; les Anglais se la firent céder 
par le traité de 1814. 

GUYANE HOLLANDAISE OU COLONIE DE SURINAM. 

Elle est située entre la Guyane Anglaise et la 
Guyane Française. Le Surinam la traverse du S. au 
N. : le Maroni en marque la limite orientale et le 
Courantin, la limite occidentale. C'est un riche pays, 
bien cultivé et coupé de routes commodes. Le sol, 
généralement uni, est partagé en un grand nombre 
de carrés, bordés de digues pour prévenir les inonda- 
tions. La belle et commerçante ville de Paramaribo 
est la capitale; elle a un bon port, à l'embouchure du 
Surinam et compte environ 20,000 habitants; Sa- 
vanna est un joli village, sur le Surinam, presque 
entièrement habité par des Juifs, qui se livrent à 
l'agriculture. 

La population de la Guyane Hollandaise est évaluée 
à 65,000 âmes, dont 10,000 nègres marrons et indiens. 
Ces nègres marrons ont conquis leur liberté en résis- 
tant aux détachements envoyés contre eux, et ils ont 
établi dans l'intérieur trois petites républiques. 
Leur caractère est énergique et leur intelligence 
assez développée. Ils vivent heureux et dans l'abon- 
dance sur ce sol fortuné, au milieu des forets qui 
les protègent, et dont ils mettent à profit les riches 
productions. Le protestantisme est la religion do- 
minante des habitants de ce pays. Le gouvernement 
est absolu. 

Cette contrée fut d'abord colonisée par les Anglais, 
mais les Hollandais se la firent coder par lo traité de 
1814. 

GUYANE FRANÇAISE. 

La Guyane Française est la plus grande et la plus 
orientale dos trois Guyanos. La rivière Cayonne est 



110 



akoQUAvnm, 



B.l 









la plus remarquable ; on remarque de plus le Maroni, 
qui la sépare de la Guyane Hollandaise. Sa capitale 
est Cayenne, petite ville de 5000 dmes, sur une île 
formée par Tocéan et par la rivière Cayenne. Sinna- 
mari, sur la mer, est un bourg célèbre pour avoir 
reçu les déportés du 18 fructidor» 

La population coloniale de la Guyanne t^rançaise 
est de 20,000 âmes, la plupart gens de couleur et 
catholiques. Il y a, de plus, d'assez nombreux 
indigènes, et près des frontières se trouve une peu* 
plade de nègres marrons appelés Bonisi 



SUPPLEMENT. 

On donne le nom général de Guyane à une grande tIC) 
environnée par l'Amazone, le Rio Negro, le Cassiquiarej 
rOrénoque et l'Atlantique. Découverte en 1498 par Colomb, 
les côtes de ce pajB furent visitées ensuite par des naviga* 
teurs espagnols, qui tentèrent en vain d'explorer l'intérieur. 
Cependant qrolques-uns affirmèrent qu'on y trouvait beau- 
coup d'or. De nombreux aventuriers 8o mirent à la recher* 
che de cette terre de richesses merveilleuses, mais imagi* 
naires. Dans le dix-septième siècle, les Français, les 
Anglais, les Hollandais, les Portugais, s'emparèrent de diffé- 
rentes parties de la Guyane; ce ne fut qu'après de nom- 
breux démêlés que les limites furent définitivement tracées, 
et il s'y est formé 5 divisions , 1 ® la Guyanne portugaise, 
actuellement réunie au Brésil ; 2 ® la Guyane espagnole, 
réunie au Venezuela ; 8 ® la Guyane anglaise ; 4 ® la 
Guyane hollandaise ; 5 ® la Guyane française. Ces trois 
dernières sont les seules qui aient aujourd'hui une existence 
séparée des gouvernements américains. Elles forment trois 
colonies européennes. 



PÊBOU. 

Etendue.— Du K". O. au S. E. 475 lieues et 180 
dans sa plus grande largeur. Il a environ 258,000 
lieues carrées. Latitude moyenne, 10° S. 



u ï . 



ȎROxr. 



111 



Bornes. — Il est borné au nord par la république 
de rEqnaUur ; à l'est, par le Brésil ; au sud-est, par 
la Bolivie ; au sud-ouest et à l'ouest, par lo Pacifique. 

Division. — Cette république comprend 13 départe- 
ments. 

Montagnes. — Les Andes traversent le Pérou du 
N. au S. ÎJlIes s'y divisent en trois rangées, dont la 
plus élevée est celle de l'O. Cette dernière sépare 
les eaux qui appartiennent au versant de l'Atlantique 
de celles qui se Jettent dans le Grand Océan. Plu- 
sieurs do ces montacfneB sont couvertes de neiges 
éternelles, tandis qu'elles brûlent à l'intérieur. Le 
plus remarquable de ces volcans est l'Aréquipa. 

Rivières et Lacs. — Le Maninon prend sa source 
dans le Pérou ; le Huallaga, affluent de l'Amazone, 
l'Ucayale. 

Il no descend du versant occidental des Andes 
que do petites rivière?, qui vont bientôt se perdre 
dans le Pacifique ; la rivière Rimac est une des plus 
considérables. 

Sur la fi'ontièro do la Bolivie se trouve le lac Titî' 
caca. 

Iles. — On remarque, sur la côte du Pérou, les pe- 
tites îles Lobos et Chinoha, dont la flotte espagnole 
prit possession le 14 avril 1804. Elles sont couvertes 
d'une énorme quantité de guana^ engrais renommé, 
qui paraît formé principalement d3 la fiente des oi- 
seaux. 

Capitale et Villes. — La capitale est Lima, sur 
la petite rivière Rimac, éloignée de près de 2 lieues 
de l'Océan, peuplée d'environ 80,000 habitants ; il y a 
une belle cathédrale et plusieurs églises richement or- 
nées. Des tremblements do terre l'ont souvent dévas- 
tée. Parmi les villes principales on remarque : Callao, 
port de Lima ; Cuzco, ancienne capitale des Incas j 
Truxillo, bâtie par Pizarre j Aréquipa, m S. 



112 



OÊOOBAPniB. 



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Climat et Sol. — Lo climat varie suivant la posi- 
tion des lieux ; mais en général il eot obaud. Le sol 
est partagé en trois régions, Le paya resserré entre 
Jes Andes et l*qoéan est composé 4® plaines sèches 
et entrecoupées seulement de quelques crevassesi 
fertiles, h travers lesquelles des torrents se préoipi' 
tent vers la côte. On v jouit d'une douce tempéra? 
ture, l'air v est rafilclii par la brisje de la mer et par 
le vent qui souffle des Oordillières. Dans ce pays qui 
porte le nom de pays do Vallès, il ne pleut jamais, 
mais le sol est humecté par des ro sées abondantes. 
Les vallées de la région des Montagnes jouissent 
d'un • climat très-salubre. Elles sont ftirtiles et bien 
cultivées ; mais les tremblements de terre y sont 
fréquents. L'immense contrée qui s'étend h l'est 
des Andes ofiVe généralement d'immenses plaine^, 
appelées Pampas j elles sont souvent inondées par 
les débordements des rivières, qui y entretiennent 
des marais fort étendus. 

Productiokts.— rToutes celles des pays tropiques, 
iointes à celles des pays tempérés. 

Le Pérou renferme de riches mines d'or et d'ar- 
gent. Les mines d'or se trouvent dans \vs montagnes 
les plus arides. On y trouve ai^ssi des éméraudes et 
diverses autres pierres précieuses. 

Commerce. — Aufrefois assez florissant et aujour? 
d'hui bien d^chu, le Péroi; exporte les articles sui- 
vants : or, argent, cuivre, coton, sucre,^ piment, vin, 
eau::de-vie, laine d'alpaga, de vigognes, etc. 

Population. — ^,500,000, dont près des deux tiers 
BQDt indigènes. 

Religion. — Le catholicisme est la religion de la 
plupart des habitants. 

GouvEENEMENT.— La formç d» gouvernement çst 
)p républicaiP' 



PÉROU. 
SUPPLÉMENT. 



113 



Lo Pérou, comprenant la "Bolivie, était autrefois habité par 
des peuples assez civilisés, qui y avaient fondé un empire 
vaste et florissant connu sous la nom d'empire des Incas. 
Les édifices, les forts, les habits, les vasos, les routes super- 
bes, en un mot tout ce qui nous reste des anciens Péruviens 
témoigne du degré de civilisation où ils étaient parvenus. 

Pizarre et Almagro Texplorôrent de 1526 à 1558, et en 
firent la conquête en commettant des atrocités révoltantes 
contre ses malheureux habitants. Le Pérou devint alors 
une vice-royauté de l'Espagne et !ui fournit pendant trois 
siècles une immense quantité de métaux précieux. 

De toutes les colonies espagnoles, ce fut celle du Pérou 
qui arbora la dernière le drapeau de l'indépendance. Une 
armée chilienne s'empara de Lima en 1821 et proclama 
l'indépendance du Pérou sous la protection de Bolivar. 
Bientôt la discorde éclata dans la nouvelle république ; et 
une scission violente sépara le Pérou de la Bolivie, protégée 
par Bolivar. Une longue anarchie a affligé ces deux répu- 
bliques jusqu'aujourd'hui. 

Forêts et Animaux. — Les forêts renferment des cèdres 
magnifiques, des acacias, plusieurs sortes d'ébéniers et de 
beaux palmiers. L'arbre de la vache est remarquable par 
le suc laiteux qu'il donne, et qui, semblable au lait de la 
vache, peut être employé aux mêmes usages. L'arbuste 
nommé coca fournit aux Indiens un aliment très-nourris- 
sant. 

Le Pérou est la patrie du lama, ce chameau de l'Améri- 
que ; il n'a point de bosse sur le dos et il est beaucoup 
plus petit que le chameau de l'Ancien-Monde : la vigogne 
et l'alpaga, qui en sont des espèces, donnent une excellente 
laine. Le chinchilla, qui fournit de très-belles fourrures, 
habite les montagnes. Il y a aussi des animaux malfai- 
sants : jaguars, conjuars, ours noirs des Andes, caïmans, etc. 

Cotes. — Elles sont régulières ; on n'y trouve aucune baio 
considérable. 



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114 



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Gf:OORAPniE. 

EMPIRE DU BRÉSIL. 



Etendue. — Lo Brôail a 886 lieues du N. au S. 
et 700 lieues de TE. à l'O. 

Bornes. — Il est borné au N. par la Nouvelle- 
Grenade, le Venezuela et les Guyanes ; au N. E., à 
TE. et au S. E., par TAtlantique ; au S. O. et à TO., 
par l'Uraguay, les Provinces-Unies de La Plata, le 
raraguay, la Bolivie, le Pérou et l'Equateur. 

Division. — Le Brésil est divisé en 20 provin- 
ces. 

Montagnes. — La principale chaîne de montagnes 
pour la division des eaux vient de la Bolivie et se 
continue vers le S. O. sous le nom de Serra dos 
Parexis, puis elle porte à l'E. celui de Serra dos 
Vertentes (chaîne des versants). Cette chaîne limite, 
au S., le bassin de TAmazone, que les monts Tumucu- 
maque, Acare, Pacaraima et Parime bornent au N. 
Elle sépare le Brésil en deux versants généraux. 
Une autre chaîne, la Serra do Mar, court parallèle- 
ment à la côte depuis Pembouchure du Rio de la 
Plata jusque vers le cap St. Roch ; cette chaîne 
n'est pas très-haute. Plus à l'O. se trouve la Serra 
do Espinhaço, qui est la plus haute chaîne du Brésil. 
On donne à toutes ces montagnes le nom général de 
Monts-Brésiliens. 

Rivières. — Parmi les rivières du versant N. E. est 
l'Amazone ou Maranon, le plus grand fleuve du 
monde, et ses affluents, lo Yupura, le Rio Nep^ro, lo 
Madoira, le Tapajos, etc. ; le Panahyba, le Tocan- 
tin qui se grossit de l'Araguay. 

Les principales rivières du versant du S. E., sont : 
le S. Francisco, le Parahyba, l'Uraguay, le Paraua 
et le Paraguay, etc. 

Lacs. — A l'extrémité S. du Brésil, se trouve le lac 



1^ i 



KMPIRB DU BRÊSIIa. 



115 



lo8 Patos (dea oies). Il ost navigable pour des na- 
vires de médiocre grandeur. 

Capitale ei' Villes. — Rio Janeiro, ou St. Sébas- 
tien, située sur la côte et dans une magnifique baie ; 
elle est peuplée de 270,000 habitants. On y voit do 
beaux édifices et des places agréables. Parmi les 
villes on remarque : Espiritu-Santo, San-Salvador, 
Pernambouc, Para, etc. 

Climat et Sol — Le climat varie suivant la latitu- 
de : au N. il y a de grandes chaleurs, qui sont en 
quelques endroits tempérées par les nombreux cours 
d'eau, la fraîcheur des montagnes et de ses superbes 
forêts ; au S. la température est douce et agréable. 

Le sol est partout d'une étonnante fertilité. Les 
productions du Brézil sont variées à l'infini. 

Productions. — Le sol produit en abondance du 
coton excellent, du tabac, du sucre, du café, du 
cacao, du maïs, du manioc, du riz, des patates douces, 
en un mot tous les produits des tropiques. 

Commerce. — Coton, café, sucre, tabac, bois do 
Brésil, or, argent, bîé, peaux, cornes, suif, etc. 

Population et Religion. — Des 9 millions qui 
composent la population do l'empire, plus de la moi- 
tié sont des nègres ou mulâtres. L'esclavage y est 



encore en vigueur. 



La religion catholique est généralement professée 
dans cet état. 

Gouvernement. — Le Brésil forme une monarchie 
constitutionnelle et héréditaire. 



SUPPLÉMENT. 

GÉoGRApnïB HISTORIQUE. — Le Brésil, ancienne possession 
portugaise, forme, depuis 1825, un empire indépendant, 
qui occupe le centre et la partie orientale du l'Amérique du 



À ':. ' 



116 



GEOORAPIIIF. 



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I rîrt 



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S., depuis le 5e degré do Latitude N. jusqu'au 34e degré de 
latitude S. Son étendue égale les troi.î quarts de l'Europe. 
Il fut découvert en 1500 parle Portugais Cabrai et ne fut 
d'abord qu'un lieu de déportation pour le Portugal. La 
colonisation commença en 1531. i'eu à peu les Hollandais 
conquirent presque tout le Brésil de 1624 à 1640. Les 
Indigènes les en chassèrent en 1G54 et les Portugais prirent 
leur place. Les rois de la maison de Bragancc s'intitulaient 
roi de Portugal et du Bicsi?. Chassés d'Europe en 1807 par 
Napoléon, ils vinrent se fixer dans !e Brésil, mais ils n'y 
restèrent que jusqu'en 1821. Leur retour à Lisbonne fit 
perdre le Brésil au Portugal. Le Brésil se déclara indépen- 
dant et élut nonr empereur don Pedro I, fils de Jean VI : 
quand la mrrt de ce dernier laissa les deux trônes à don 
Pedro, ce prince forcé de choisir entre les deux couronnes 
laissa celle de Portugal à dona Maria, sa fille. Des troubles 
s'élant élevés dans le Brésil, don Pedro abdiqua en 1831, 
en faveur de son fils don Pedro II, né en 1825, qui règne 
depuis 1840. 

Foufirs. — Les forêts du Brésil sont les plus riches de la 
terre en bois de construction et de teinture, en arbres rési- 
neux, en plantes aromatiques et médicinales. Le tapin- 
hoam, le pérola, le pin du Brésil, le cèdre, les palmiers, 
atteignent une hauteur énorme. L'hé ée y donne une 
grande abondance de caoutchouc, surtoui ^ers les bords de 
l'Amazone. 

Animaux. — Les forêts servent de retraite aux jaguars, 
aux couguars, aux tapirs, aux pécaris, aux coatis, aux 
tatous. On y 7oit plusieurs espèces de singes. Parmi les 
oiseaux, qui se distinguent presque tous par l'éclat de leur 
plumage, on remarque le colibri, les perroquets. Il y a 
d'énormes boas, des caïmans, des scorpions très-venimeux ; 
de nombreux papillons parés des couleurs les plus variées ; 
des myriades d'insectes phosphorescents, des fourmis qui 
voyagent par légions innombrables et causent sur leur route 
do grands dégâts, et une foule d'autres insectes malfaisants. 

Mines. — Il y a de l'or, de l'argent, du platine, du fer, du 
cuivre dans les montagnes. On y trouve aussi des dia- 
mants, des topazes, des tourmalines. 

Sauvages. — La plupart appartiennent à la grande famille 
des Guaranis. Ils se nourrissent de miel, do fruit et du 



m' 



BOLIVIE. 



117 



produit de leur chasse. D'un naturel vif et irritable, 'ils 
sont toujours prêts à s'offenser et à se venger. Leur féro- 
cité et leur courage sont indomptables, et ils ont dôfen4u 
ayec opiniâtreté leur indépendance et leup sol natal, 

I^es esclaves fugitifs sont trôsTnombreux ; ils sont sang 
(liesse exposés aux mauvais traitements des indigènes, qui 
ont pour eux une haine in^placable ; et d'un autre côté iU 
sont poursuivis par les soldats. 

Troope;aux.— Les plaines appelées llanos nourrissenjk 
4'injmenses troupeaux de bœufs et de moi|toQS, dont les 
produits alioientent lô i;Qmmcrcc. 



BOUVIE, 

ErENDUi?.--Dii N. au S. 225 lieues ; dePE, à l'O., 
360, et envirou 204,000 lieues carrées. 

BoRifES.--rLa Bolivie on le Haut-Pérou est born^o 
au N. E. et à l'E., par le Brésil et l'Uraguay ; au &., 
par la république Argentine j au S. 0., par le Chili 
et le Pacifique j au N. O., par le Pérou 

T)ivisiON.--'La Bolivie est divisée en 9 départe.- 
ments. 

Montagnes, — I^es Andes couvent du N. au S., 
dans la partie occidentale de la Bolivie. Elles so 
divisent en deux branches, qui embrassent le baswin 
du lac Titicaca. On y remarque deux sommets très- 
élevés, le Nevado de Sorata et le Nevado de Illimani, 
qui atteignent près de 18,000 pieds d'élévation. Une 
branche s'en détache vers l'E. ot| va dans le Brésil, 
séparant le bassin de l'Amazone de celui du Rio-der 
la-Plata. 

Rivières. — Les principales rivières appartiennent 
au bassin de l'Amai^one et à celui du Rio delà Plata ; 
le M: norô ou Rio Grande; le Guaporè ou Itonès, 
tous deux affluents du Rio Madeira,pour l'Amazone i 
J^e ï*ilcon]iayo et le Paraguay sont des aflluei^ts 4e lé^ 






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!:|:iA. 



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118 



OÉGOBAPHIË. 



Plata. Toutes fces rivières appartiennent au versarii 
de l'Atlantique. La proximité des AndeH de la côte 
du Pacifique ne permet qu'à de petites rivières de ee 



Pacifique ne per 
rendre dans cet océan. 



Lacs. — Le lac Titicaca, parsemé d'îles, â&i ^ l'une 
desquelles naquit Manco-Capac, fondateur de l'em- 
pire des Incas. Le niveau de ce lac est élevé de 
près de 12,000 pieds au-dessus de celui de la mer. 

Capitale et Villes. — La Plata ou Chuquif<aca. 
Elle est bien bâtie, au milieu de campagnes riantes 
et bien cultivées, près de la montagne de Porco, 
célèbre par sa mine d'argent. On y comte 26,000 
habitants. Parmi les villes on remarque : La Paz et 
Potosi, près des mines du même nom. 

Climat, Sol et Productions. — Le climat est varié, 
tempéré en géi..'.al jusqu'à une élévation de 3000 
pieds ; la région des neiges éternelles commence à 
environ 14000 pieds de hauteur ; on y redoute peu 
les irruptions des volcans ; mais les tremblements de 
terre y font souvent de grands ravages. Le sol et 
les productions sont à peu près celles du Pérou. La 
Bolivie est très-riche en mines d'or et d'argent. Les 
vallées fertiles et bien cultivées de la partie centrale 
produisent le maïs, la canne à sucre, le bananier, le 
cotonnier, le cèdre, la platane, l'amandier, le palmier, 
etc. 

Il y a dans l'est de belles forets qui fournissent 
des baumes, des écorces précieuses, entre autres le 
quinquina. 

CoMMEKCE. — Or, argent, sucre, coton, quinquina, 
maïs, etc. 

Population et Religion. — La Bolivie compte 
environ 2,000,000 d'âmes, dont 245,000 Lndiens. 
Presque tous les habitants professent le catholicisme. 

Gouvernement. — Le gouvernement est républi- 
cain. 






cnii.T. 



SUPPLÉMENT. 



110 



La Bolivie fit partie d'abord de la vice-royauté du Pérou, 
puis de celle du Rio-ie-la-Plata. Elle existe comme état 
particulier depuis 1825 et a été ainsi nommée en Thonneur 
de Bolivar, son fondateur. La victoire de Ayacucho rera- 
poriée le 10 dôc» 1824 par le général Suire, avait assuré son 
indépendance. De 1836 à 1839 la BolivJe forma avec le 
Bas-Pérou une confédération dont Santa-Crux fut le chef, et 
depuis 1839 la Bolivie s'étant séparée du Bas-Pérou forme 
une république indépendante dont Texistence est aussi 
tranquille que peuvent l'être les républiques Hispano-Amé' 
ricaines. 

Animaux.— Dans les forêts on trouve le jaguar, le pécari, 
le petit ours à front blanc, et une espèce de lion nommée 
pouma. On y voit aussi des bandes nombreuses de singes, 

Los vigognes, les guanacos parcourent en troupeaux les 
plateaux élevés. Le majestueux condor se voit dans la 
i'égion des neiges éternelles. 

Les Lidiens, appelés Moxos et Chiquitos, sont des 
hommes belliqueux et des chasseurs habiles. Les Espagnols 
n'ont jamais pu les subjuguer. 



CHILI. 



ETii:NDUifi. — L(3 Chili a 400 lieues de longueur, sur 
niio largeur d'envirou 45 lieues ; superficie 126,000 
lieues earrôes, 

BouîfK^.— Lo Cliili est borii^, au nord, par la 
Bolivie ; à l'est, par La PUita ; au sud, par la Fata- 
gonie ; et à l'ouest, par l'Océan Pacifique. 

Division.- -La république du Chili se divise en 
14 provinces et im territoire de colonisation. 

MoNTAONES. — Le pittoresque Chili est presque en- 
tièrement isolé du reste de rÂmérique, par la majes- 
tueuse chaîne des Andes. Ces montagnes renfer- 
ment de noiubroux volcans, dont les éruptions parais- 
sent diminuer ; mais les Irenibiemonts do terre sont 



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SoéoGÈÀPHlE. 



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terribles. Les principan^ somiiaets de la Cordillièro 
chilienne sont : le volcan de Copiapo ; celui do 
Coquimbo, qui renferme une mine d'argent extrê- 
mement riche. L'Aconcagua est le point culthinàht 
des Andes. 

Rivières et Lacs. — Le Chili n'a que des cours 
d'eau peu étendus ; deux seulement sont naviga- 
bles : le Biobio et le Maule. Il n'y a point d ^ lacs 
remarquables. 

Capitale et Villes. — La capitale est Santiago, 
sur le Mapochu ; c'est une ville régulièrement bâtie, 
dans unô vaste plaine, qui jouit d'un ciel délicieux. 
On y remarque le palais présidentiel, l'hôtel des 
monnaies et la cathédrale. On y compte 100,000 
habitants. Les tremblements de terre l'ont souvent 
dévuStée. Les villes principales sont: Valparaiso, 
principal port de commerce du Chili, peuplée de 
50,000 habitants, et unie à la capitale par un chemin 
de fer ; La Serena, San-Fraucisco de la Selva, sur la 
rivière Copiapo, La Conception, Valdivia, San Car- 
los, capitale de la grande île de Chiloé, excellent 
port. 

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Iles. — Les Iles de l'Archipel de Chiloé, très-nom- 
breuses et en général montagneuses, dépendent du 
Chili. De profonds canaux les séparent, et leurs 
côtes offrent plusieurs petits port.-». Environ 25 
de ces îles sont habitées. La principale est Chiloé ; 
elle est fertile, et c'est une des îles les plus considéra- 
bles de l'Amérique Méridionale. 

Climat. — Le climat du Chili est très-vari4 ; la 
chaleur y est extrême, mais elle est souvent tempérée 
par les brises qui viennent de la mer et par des pluies 
abondantes. 

Sol. — La terre du Chili est d'une fertilité extrême. 



OFlïLt. 



121 



PboductioîCs. — Toutes les plantes tropicales et 
celles des pays tempérés y croissent en abondance et 
avec rapidité ; d'immenses forêts' de cèdres rouges, de 
cocotiers, de lauriers, de pins du Chili, couvrent lea 
flancs des Andes. Elles recèlent ks mines les plus 
riches : Por, en abondance, Targcnt, le fer, le cuivre, 
l'étain, etc. 

Commerce. — Or, argent, cuivre, étain, céréales, 
chanvre, peaux, viande, laine, fruits, etc. 

PopuLATioi-f. — On évalue la ])opulation du pays 
à 1,500,000 habitants, non compris les indigènes. 
Elle se compose d'europ<^tns, de créoles, de métis et 
de nègres. Les îles de l'Archipel de Chiloé com- 
prennent environ 60,000 âmes. 

Religion. — Le catholicisme est la religion de la 
grande majorité des habitants. 

Gouvernement. — Le gouvernement est républi- 
cain. 



SUPPLÉMENT. 

Gécoraphie historique. — Avant la conquête des Espa- 
gnols, le Chili avait été soumis par les Incas et faiî;ait partie 
de l'empire du Pérou. En 1536, Almagro, envoyé par 
Pizarre, pénétra dans le Chili, mais essaya vainement de s'y 
maintenir. Valdivia, en 1540, tenta une nouvelle expédi- 
tion ; il fonda les villes de Santiago, de Conception et de 
Valdivia, mais il fut défait et mis à mort par les Araucaniens 
(1550.) L'Espagne avait déjà annexé le Chili à la vice- 
royauté du Pérou, mais des guerres continuelles avec les 
indigènes en retardèrent la soumission jusqu'en 1773. A 
cette époque tout le pays reçut le nom de capitainerie-géné- 
rale du Chili ; mais l'Araucanie resta libre. En 1810, le 
Chili secoua le joug de sa métropole et proclama son indé- 
pendance. Retombé un instant sous la domination espa- 
gnole, en 1814, il s'insurgea, en 1817, sous la conduite du 
général Saint-Martin. Après la victoire de Maypo (avril 
1818), qui assura son indépendance, le Chili s'érigea en ré- 
publique. Toutefois le nouvel état ne fut définitivement 
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constitué qu^en 1826 par les efforts de Ramon Freire et 0^ 
Higgins. 

IiiDioiNES. — La partie sud du Chili et la plus grande par- 
tie de la Patngonie sont appelées Araucanie, habitée par les 
Indiens appelés Araucanos. Ils sont au nombre d'environ 
400,000. On vante leur générosité, leur courage, leur fierté, 
leur noble résistance aux Espagnols, qui n'ont jamais pu les 
réduire; mais depuis quelques années, ils font devenus 
pillards, vindicatifs et ivrognes. Ils sont, d« reste, tou- 
jours très-belliqueux ; les troupeaux font leur principale 
richesse. Ils ont des forgerons, des orfèvres, des charpen- 
tiers, des médecins, des chirurgiens, sans oublier les 
poètes. 

Animaux.— Parmi le3 quadrupèdes, on distingue les vigo- 
gnes, les guanacos, les lamas, les alpagas, le guemul, qui 
tient du cheval et de l'âne H habite les hautes régions des 
Andes ; le pagi, ou lion du Chili, 1j coypu, espèce de loutre. 
Les animaux domestiques d'Europe sesontmultipliésdans ce 
pays, et ils ont acquis une taille et une force qu'ils n'ont pas 
dans l'ancien continent. 

Autres possessions du Chili — Les Iles Juan-Fernandez, 
au nombre de trois, à environ 125 lieues de la côte, et 
les îles de Saint Félix, au nord des îles de Juan-FernandeK, 
près du tropique du Capricorne, appartiennent aussi au 
Chili. L'une des îles Juan-Fernandez est dovenue célèbre 
par l'histoire du marin écossais, Alexandre Selkirk, qui y 
fut abandonné, en 1709, et dont les aventures ont fourni le 
sujet du roman de Robinson Crusoé : cette ile est celle de 
Masafuera. 



CONFÉDÉRATIOISr ARGENTINE. 

Etendue. — Latitude moyenne 32° S. ; 500 lieues 
de longueur, sur 380 dans sa plus grande largeur ; 
200,000 lieues carrées en superficie. 

Bornes.'— La république Argentine est bornée au 
N. par la Bolivie ; h l'est, par le Paraguay, le Brésil, 
l'Uraguay et l'Océan Atlantique ; au sud, par la 
PatagoQie ; à ToueEt, par le Chili. 



CONFÉDÉRATION ARGENTINE. 



123 



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Division. — Elle est divisde en 1 4 états. 

Montagnes. — Les Andes la Réparent du Chili, et 
on voit aussi les dernières ramifications méridionales 
des montagnes du Brésil, dans la partie orientale. 

Rivières. — Tous les grands cours d'eau qui parcou- 
rent la confédération Argentine, se rendent dans TAt- 
autique. Le principal est le Parana, qui a sa source 
dans le Brésil ; il coule d'abord à travers une contrée 
montagneuse, reçoit à droite le Paraguay, grossi du 
Pitconiayo et du Vermejo, et le Salado ; il se joint 
enfin à PUraguay, plus large, mais beaucoup moins 
long qne lui ; c'est à ce confluent que se forme le 
Rio de La Plata, qui offre plutôt l'apparence d'un 
golfe que d'un fleuve, et qui a plus de 60 lieues de 
largeur à son embouchure. Le Rio Colorado, qui 
traverse les Pampas, et le Rio Negro, qui forme la 
limite entre la république et la Patagonie, sont les 
autres grands tributaires de l'Atlantique. 

Capitale et Villes. — La capitale est Buenos- 
Ayres, grande et belle ville, peuplée de 100,000 âmes, 
qui occupe une position magnifique sur la rive méri- 
dionale du Rio de la Plata ; le peu de profondeur de 
son port empêche les navires d'approcher de cette 
ville. 

Villes principales. — Parana, sur la rive gauche du 
Parana, a été quelque temps capitale de la confédéra- 
tion. Corrientès est située un peu au-dessous du con- 
fluent du Paraguay et du Parana (20,000 âmes) ; 
Sauta-Fô (15,000 âmes), sur la nve droite du Para- 
na ; Mendoza, au pied des Andes, (16,000 âmes, avant 
le tremblement de terre qui l'a détruite en 1861) ; 
Cordova, au centre ; Salta, Tucuraan et Catamarca, 
au N. O. 

Climat. — Le climat est rigoureux dans les haute 
vallées des Andes. Les plaines fertiles de l'intérieu 
jouissent do la plus douce température ; cependan 
en été, c'cst-î^-dire qn juin, juillet et août, le yo 



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124 



GÉOGRAPHIE. 






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du sud devient assez froid pour (reler la surface do 
l'eau. Souvent aussi, dans cette saison, des pluies, 
accompagnées d'éclairs et de tonnerre affreux, tombent 
par torrents. La chaleur est quelquefois excessive 
dans les Pampas, main, en g^méral, le climat est très- 
Bal ubre. 

Sol et Productions. — Le sol est, en grande par- 
tie, inculte, mais presque partout fertile. Les belles 
plaines de la partie septentrionale produisent du 
maïs, du blé, de l'orge, des olives, du cacao, du sucre, 
du tabac, de l'indigo, du coton, etc. Les bœufs et 
les chevaux se rencontrent partout dans les Pampap, 
même à l'état sauvage. On élève beaucoup de chè» 
vres, de moutons et de porca. 

Commerce. — Peaux, suif, bœuf salé ; laine de 
vigognes, d'alpagas, de moutons ; chevaux, mulets, 
vigognes vivantes, peaux de lions, de tigres, de 
chiens sauvages ; cornes, coton, etc. 

Population.— 1,200,000 habitants. Les blancs 
forment à peu près le quart de la population ; le 
reste se compose de mulâtres, de métis, de nègres et 
d'indigènes. 

Religion. — Malgré la tolérance de tous les culteg, 
le catholicisme e-^t presque la seule religion professée 
par les Argentins. 

Gouvernement. — 'Le gouvernement de ce pays 
est une république fédérative. 

SUPPLÉMENT. 

Géoobaphib historique. — La plupart des Provinces-Unies 
du Rio de la Plata, ont fait d'abord partie de l'imn)ense vice' 
royauté du Pérou ; en 1778, unies à la Bolivie actuelle, au 
Paraguay et à l'Uraguay, elles formèrent une vice-royauté 
particulière, dite Rio de la Plata. En 1810, elles suivirent le 
mouveinent insurrectionnel c^ui agita les possessions espa- 
gnoles. DÔ£ 1811, les troupes fidèles 4 la raétrqpole y 



CONFJÉDiRATION ARGENTINE. 



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furent battues (à Las-Piôdras), puis un gouvernement indé- 
pendant fut établi à Buenos- Ayres, mais il éprouva de fré- 
quentes variations (1813 — 16), jusqu'à ce que le congrès de 
Tucuman promulguât la constitution. On forma une répu- 
blique avec tro!s pouvoirs, deux chambres et un président, 
une haute cour de justice, des juntes électives et électorales. 
Cette constitution n'empêche pas les Provinces-Unies du 
Rio de la Plata d'être en proie à l'anarchie ; les unitaires et 
les fédéralistes s'y combattent sans cesse. L'industrie y 
est nulle et le commerce borné. L'Union a fait, de 1826 à 
1828, une guerre désastreuse au Brésil, pour la possession 
de l'Uraguay, qui finalement a été reconnu indépendant. En 
1838 et 1840, elle a eu des démêlés graves avec la France, 
pour avoir refusé de satisfaire aux justes réclamations des 
résidents français ; après un long blocus, ces démêlés 
avaient été heureusement terminés, en 1840, par l'Amiral 
de Mackau ; mais il s'éleva bientôt de nouvelles difficultés, 
à l'occasion des entreprises du Président Rosas contre 
Montevideo ; elles n'ont été aplanies, après un nouveau 
blocus de plusieurs années, qu'en 1851, par l'amiral Le Pré- 
dour. 

La république Argentine, celle de l'Uraguay et celle du 
Paraguay, se trouvaient au commencement de l'année 1864 
engagées dans des complications et des querelles auxquelles 
Vempire voisin du Brésil ne devait pas tarder à se mêler et 
dont le résultat ne pouvait être qu'une guerre sanglante et 
générale. La situation géographique de ces pays, le man- 
que de délimitations précises et les contestations de territoire 
qui en sont la suite, le désir de dominer la navigation de la 
Plata et de ses affluents, tels sont les motifs de division qui 
existent depuis longtemps entre les républiques de la Plata 
comme avec l'empire du Brésil, et qui, dans ces derniers 
temps, ont fini par les armer les uns contre les autres. Le 
Paraguay veut la libre navigation de la Plata, cette rivière 
étant le seul moyen qu'il a de communiquer avec l'Europe. 

Etats. — Entre-Rios, Corrientes, Santa-Fé, Cordova, La 
Rioja, Santiago, Tucuman, Catamarca, Salta, Jujuy, San- 
Luis, Mendoza, San-Juan et Buenos-Ayres. On peut y 
ajouter le grand Chaco et les Pampas, qui sont fréquentés 
presqu'entièrement par les Indiens. 

La partie méridionale est presque entièrement occupée par 
le grand désert des Pampas, plaines monotones, couvertes 
d'herbes, où l'eau potable et le bois sont également rares ; 



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126 



GÉOGRAPHIE. 



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on y trouve beaucoup do petits lacs et de marais salés. 

Elles sont arrosées cà et là par quelques ruisseaux saurnâtres. 

Animaux. — Le jaguar, le lion, le couguar, lo gama et le 

{lenna peuplent la plupart des forets. Les vigognes, les 
amas et les alpagas sont nombreux dans les montagnes. Un 
animal très-commun dans les plaines est le bisacho, dont les 
terriers creusés dans tous les sens sont fort dangereux. On 
trouve aussi l'autruche. Les chiens devenus sauvages s'y 
sont multipliés d'une manière si prodigieuse, qu'on a été 
quelquefois forcé do faire marcher des troupes pour les 
détruire. 

Gauchos. — ^Les Gauchos sont d'origine es(>agnole, et ont 
embrassé les habitudes do la vie sauvage. Ils sont bergers 
et habitent la partie septentrionale des Pampas. Infatiga- 
bles, presque toujours à cheval, occupés de la chasse et de la 
garde des bœufs et des chevaux, ils vivent continuellement 
en plein air, et no construisent de petites huttes que pour 
abriter leurs femmes et leurs enfants. Ils ont peu de besoin 
et préfèrent leur vie dure et active, mais indépendante, aux 
douceurs et aux jouissances de l'état social. Les voyageurs 
sont toujours reçus par eux avec bienveillance, politesse et 
désintéressement. On rencontre aussi, dans les Pampas, des 
saltéaiores ou brigands et des indiens indomptés. Oeux-ci 
sont des hommes robustes, qui passent leur vie à cheval et 
ne s'occupent que de guerre et de pillage. 

Dans quelques parties do la confédération, on trouve les 
restes d'anciennes peuplades sauvages, formidables jadis. 
La grande tribu des Gti'imiii.% celle des Alhipom^ si redou- 
tée des Espagnols, et celle des Gaaycuros^ la plus féroce, 
sont, en grande partie, éteintes. C'est surtout après l'expul- 
sion des Jésuites, que le nombre des sauvages a diminué 
promptement. Aujourd'hui presque tous ceux qui sont 
convertis s'occupent de la culture et de la garde des trou- 
peaux. 

Des tribus patagones, qu'on nomme Indiens Pampas^ se 
montrent dans le sud. 

Pour ces peuples, le bœuf est ce que le renne est au La- 
pon et lo chameau à l'Arabe : leur chair est la base de leur 
nourriture ; la corne et le cuir servent à une foule d'usages. 
Le bœuf est l'animal préféré pour les voyages dans les 
plaines et surtout dans les Pampas. Ils sont attelés au 
nombre de six paires à un chariot grossier surmonté d'une 
tenture de peaux et font environ 10 lieues par jour, portant 
une charge d'environ 36 quintaux. 



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PARAGTTAT. 



127 



PARAGUAY. 

Etendue. — La Paraguay a environ 180 lieues du 
N. au S., sur environ 55 lieues de large. 

Bornes. — Cette petite république, dont la latitude 
moyenne est 25° S., se trouve renfermée entre le Bré- 
sil, la confédération Argentine et la Bolivie. 

Division. — Vingt cercles, plus la mission du 
Parana. 

Montagnes. — -La Cordillière Amambaya est la 
principale chaîne de montagnes du pays. 

Rivières. — Le Parana et le Paraguay entourent 
cette petite république et en font une presqu'île ; ces 
deux rivières ont plusieurs affluents qui arrosent le 
Paraguay. 

Capitale. — La capitale est l'Assomption, située 
sur la rive gauche du Paraguay ; sa population est 
de 50,000 âmes. Villarica, dans l'intérieur, est la 
seconde ville de la république. 

Climat, Sol et Productions. — Le climat est sec 
et frais sur les hauteurs, mais chaud et très-humide 
dans les plaines, que les rivières gonflées par les 
pluies inondent chaque année. Le sol est très-fertile 
en coton, en tabac, en maïs, en canne à sucre. Les 
asperges y viennent sans culture. Il y a beaucoup 
de bois de construction. On y trouve encore des 
patates ; le yuca, dont on fait du pain ; la salsepa- 
reille, le jalap, le quinquina, le précieux maté, ou thé 
du Paraguay. 

Commerce. — Le maté ou thé du Paraguay, le 
coton, le tabac, le julap, le quinquina, etc. La valeur 
des exportations étaient, en 1863, de 8,502,000 
francs, dont 4,764,000 pour le maté. L'intcrcourse 
n'a guère lieu qu'avec Buénos-Ayres. L'absence de 
fret de retour et les difficultés de la nagivation flu- 
viale arrêtent les navires européens. Le gouverne- 



128 



GÉOGRAPHIE. 



=î: 



ment ospere obvier nu premier de oeH obstacles par le 
doveloppeinont graduel des ressources du pnys, et au 
second par rétablissement de voies ferrées. 

Po »ULA.TioN. — Li population est do 600,000 habi- 
tant?, professant presque tous le catholicisme. 

Gouvernement. — Le gouvernement est républi- 
cain. 



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SUPPLÉMENT. 

GÉoriRAPHiR HISTORIQUE. — Cc pays fut découYort en 1626 
par Sébastien Cabot, conquis par Alvarre Nugnez en 1635, 
el initié à la civilisation, par les Jésuites espagnols, qui fondè- 
rent des missions sur la droite du Paraua, au S. O. de VÀs- 
somption : les Jésuites s'y rendirent presque indépendants, 
et y formèrent un état théocratique qui dura depuis 1656 
jusqu'au moment où leur ordre fut expulsé de tous les états 
espagnols, en 17G7 ; l'entrée de cet état fut dès lors inter- 
dite aux étrangers. Sous la domination même des Jésuites, 
le Paraguay formait toujours un district de la grande vice- 
royauté espagnole de La Plata. En 1750, l'Espagne céda le 
pays aux Portugais, en échange do la colonie du Saint-Sa- 
crement. Toutefois le Portugal ne put y faire goûter sa 
domination, et en 1777, un traité rendit le Paraguay à 
l'Espagne. Par suite du mouvement insurrectionnel général 
de l'Amérique espagnole, le Paraguay devint indépendant 
en 1809. 

Bientôt Francia se mit en possession du pouvoir, d'abord 
avec le titre de consul (1813), puis avec celui de dictateur 
(18L4). Il a su s'y maintenir jus^is'à sa mort, arrivée en 
1840, et a fait tourner son despctisine au profit de l'indus- 
trie du pays. Comme les Jésuites, il ferma le pays à tous 
les étrangers. Depuis sa mort, le président Lopez a rétabli 
les communications. Cet état a aujourd'hui un président 
constitutionnel. II se trouvait dans une situation très-floris- 
sante lorsqu'une malheureuse guerre avecle Brésil est venue 
arrêter sa prospérité. 






URAOUAY. 



129 



URAGUAY. 

Etendue. — 110 lioues de TE. à l'O , 100 du S. au 
N. et 64,000 lieues carrées, Latitude moyenne 33°. 

Bornes. — Ce pays est borné au N. par le Brésil ; 
au S. E. et au S,, par l'océan et îe Rio do La Plata ; 
h rO., par la rivière TJraguay, qui le sépare de la cont 
fédération Argentine. 

Division. — En neuf départements. 

MoNTAGNïS. — Cette république est montueuse 
vers le milieu, et pvéHcnte ailltfurs des plaines très- 
♦Hendues, surtou' à l'O. 

Rivières. — Les principales rivières sont : l'Ura' 
guay, le Rio de La Plata, et leurs nombreux affluents, 
On remarque le lac Miran, sur la frontière du Brésil. 

Capitaine. — Monte-Video, ou San Félippe. Les 
eaux du Rio de La Plata, sur le bord septentrional 
duquel elle est bâtie, l'entourent de tous côtés, excepté 
& l'E., où se trouve la montagne fortifiée dont elle 
tire sou nom. Elle a un excellent port, et compte 
25,000 habitants, dont beaucoup sont Français. 

Climat, Sol et Pkodcctions. — Le climat est par. 
tout tempéré, et partout aussi le pays est très-tertile. 
Il y a do magnifiques pâturages, où paissent d'innora^ 
brabîes troupeaux de bêtes à cornes, qui font la prin- 
cipale richesse des habitants et qui fournissent le 
principal aliment à leur commerce ; des chevaux 
devenus sauvages y vivent aussi par troupe de plu- 
sieurs milliers. 

Population et Religion. — La population est de 
200,000 habitants, professant tous le catholicisme. 

Gouternemeht. — Le gouvernement est républir 
cain. 








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130 



GEOGRAPHIE. 



SUPPLÉMENT. 



Géographie historique. — Ce pays faisait jadis paHîo de 
la vico-royauté espagnole de ]inenos-Ayres, sous le nom de 
Banda Orientale. Il fut ensuite dominé, (neuf ans) (1816 
— 1826) par ArtigaH. qui envahit le Buenos- Ayres et désola 
le Paraguay. 11 passa en partie sous la protection brési- 
lienne en 1821, et forma la province Esplatine du Brésil ; il 
so révolta en 1825 contre cet empire. A l'aide de Buenos- 
Ayres, il fut reconnu, en 1828, république indépendante. La 
république d'Uraguay a eu, depuis, avec l'état de La Plata 
et avec le Brésil, de continuels démêlés qui ne sont pas 
même encore terminés» La position de ce pays entre le 
Brésil et la -confédération de La Plata le rend très-impor» 
tant : aussi ces deux puissances s'en Bont-elles disputé la 
possession. 



PATAGONIE. 

Bornes. — Ce pays, compris entre 3,5° et 54* lati- 
tude S., occupe toute la pointe méridionale de l'A- 
mérique. Il est borné au N. par le Chili et la répu- 
blique Argentine ; à, l'E., par l'Atlantique ; au S., par 
le détroit de M.^.gelian ; a l'O., par le Pacifique, 

Montagnes. — Ce pays est montueux ; les Andes 
le traversent du N. au S. 

Rivières.-— Lia principale rivière est le Rio Negro, 
qui la sépare de la RépubrKjue Argentine. 

Villes.-— Il n'y a pas de villes dans ce pays sau- 
vage. Les Chiliens ont formé des établissements 
dans la partie sud de la Patagonie, au Port-Famine 
et à Punfa-Arcnas, dans la presqu'île de Brunswick, 
sur le détroit de Magellan. 

Olimat kt Sol. — Resserrée entre des océans, cou» 
verte en grande partie par la haute chaîne des Andes, 
la Patagonie est un pays sauvage et stérile, très-lroid 
vers son extrémité méridionale. Les côtes oflFrtnt le 
plus triste aspiçt et sont extrêmement découpées. 



PATA.GOKIBÎ. 



131 



Bans le K". s'étendent d'immenses plaines encore 
peu connues, continuation des Pampas de La Plata 
et dans lesquelles les chevaux et les vigognes errent 
en grand nombre. La partie orientale est nue, aride 
sablonneuse et dépourvue d'arbres ; on y jouit d'un 
air sec et serain ; «i^es montagnes glacées et d'épaisses 
forêts couvrent la partie occidentale, où les pluies 
sont presque perpétuelles. 

Population et Relioioi^.— Il y a dans ce pays 
sauvage près de 200,000 habitants, presque tous indi- 
gènes et plongés encore danp ies ténèbres du paga- 
nisme. 

Le cap Froivard, sur le détroit de Magellan, est 
l'extrémité du continent. 

Les côtes occidentales sont bordées d'une grande 
quantité d'îles, dont les principales Font le groupe de 
l'archipel de la. Mère de DieUy et celles de la Terre de 
Feu ; elle lut ainsi nommée par Magellan, qui y aper- 
çut beaucoup de feu et de famée s'élevant dans le 
lointain et provenant probablement de feux allumés 
par les indigènes ; c'est un amas d'îles montagneu- 
ses, froides et stériles, auxquelles on a donné le nom 
d'archipel de Magellan et celui de Terre du Roi 
Charles». Ces îles sont séparées de la Patagonie par 
le détroit de Magellnn, long et sinueux, mais d'une 
navigation moins ditHcile qu'on ne l'a cru longtemps. 

La plus méridionale de ces îles se termine par le 
fameux cap Horn. 

Tjîrre des Etats. — La lerre des Etats est séparée 
de l'extrémité orientale de la Terre de Feu par le 
détroit de Le MairCy ainsi nommé d'un voyageur 
célèbre. Elle est composée de rochers presque inac- 
cessibles, qui s'élèvent à une hauteur prodigieuse et 
dont le sommet est couvert de nfiges éternelles. 

Iles Malouines. — A TE. ^.\x détroit de Magellan, 
sont les îles Malouhes ou Falkland. Il y en a deux 
principales. Les Anglais y ont quelques établisse- 



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132 



OEOGRAPSIB. 




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ments, dont le principal est Stanley, sur l*île Soledad, 
Ces îles sont dépourvues de bois, mais elles abondent 
en végétaux herbacés et nourrissent de nombreux 
troupeaux de bœufs et de chevaux. Il y a beaucoup 
de tourbe. 

Géorgie Atjstraie.— A" 380 lieues à TE. du cap 
Horn, on rencontre Pîle St. Pierre, communément 
connue sous lo nom de Géorgie Australe. Ce n'est 
qu'un amas de rochers. Cependant l'Angleterre en 
a pris possession. 

A 130 lieues au sud do cette dernière, on trouve la 
Terre de Sandwich ; les Orcades australesj les îles du 
Nouveau Shetland méridional^ la Terre de Joinville^ la 
Terre de Loui a- Philippe, la Terre de Graham, sont 
habitées, ensevelies presque continuellement sous des 
amas de neige et de glace, et n'ont pu ôtre qu'impar- 
faitement explorées. Les terres les plus autrales que 
l'on ait visitées dans ces pavages sont les petites îles 
d'Alexandre I et de Pierre I, au S. O. de la Terre de 
Graham. 



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SUPPLÉMENT. 

GÉooRApmu msTORiQUE.— Ce pays fut découvert en 1619 
pour l'Espagne par Magellan, qui explora le \Hroit qui 
porte son nom et qui fit une description pompeuse des pays 
voisins. Le commodore Byron et le capitaine Wallis, en 
17Ô6, ont donné des renseignements plus exacts. Le gou-> 
vernement de Buenos- Ayres prétend à la souveraineté de 
cette contrée, mais jamais peuple européen n'en a récliement 
pris possession. 

Les Patngons sont d'une taille très élevée, quoiqu'on l'ait 
exagérée dans les premières descriptions qu'on en a données. 
Leur taille moyenne est de 5 pieds 6 pouces. Ils se servent 
avec habileté de lances, d'arcs, de frondes, de javelines. Ils 
nourrissent un grand nombre de chiens pour lâchasse aux 
vigognes. Ils ont aussi beaucoup de chevaux, et sont ex- 
cellents cavaliers. Les Arauca miens habitent à l'oUest des 
Andes. 






EUROPE. 



ÎCtkndûb. — Longueur, 1250 lieues ; largeur, 900 ; 
Superficie, près de 2,300,000 de lieues carrées. 

Bornes. — L'Europe est bornée au N. par la Mer 
Glaciale ; à l'E., par les îv^onts Ourals, la rivière 
Ourale et la Mer-Caspienne ; au S., par les Monts du 
Caucase, b Mer-Noire, le détroit de Oonstantinople, 
la mer de Marmara, le détroit des Dardanelles, H 
mer Méditerranée et le détroit de Gibraltar ; à l'O., 
par l'Océan Atlantique. 

Presqu'îles. — Les côtes de l'Europe sont très* 
irrégulières et dessinent beaucoup de presqu'île^. 
Les plus remarquables sont : le Danemark, la Suède 
et la Korvége, rEspagne et le Poi'tugal, l'Italie, la 
Morée, la Crimée. 

Mers Intérieures. — L'Océan Atlantique forme la 
Méditerranée, et cette dernière, la mer Adriatique, 
la mer d'Azof, la mer de Marmara et la mer Noire î 
au N. on voit la mer Baltique, entre la Suède et la 
Russie : la mer Glaciale forme la mer Blanche. La 
mer Caspienne sépare l'Europe de l'Asie. 

G 01 FES ET Baies.— Les principaux golfes sont: 
Ci- dn Bothnie, de Finlande, de Livonie, dans la 
mer ^'^^- ûtique ; le golfe de Zuyderzée, dans les Pays- 
Bas ; celui de Gascogne, entre la France et l'Espa- 
gne ; ceux de Lyon, de Gènes, de Venise, de 
Tarente, do Lépante, etc., dans la Méditerranée. 

DÉTROITS. — Ceux de Waygatz, au nord de la Rus- 
sie ; le Skager-Rack et le Kattegat, entre le Dane- 
mark, la Suède et la Norvège ; le Sund, le 
Grand-Boît et le Petit-Belt, à l'entrée de la Balti- 
que ; le canal de Bristol, eu Angleterre ; lo canal 



184 



aioGRAPEtlffi. 



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St. George et le canal du Nord, entre T Angleterre 
et Plrlande ; la Manche et le Pas-de-Calais, entre 
l'Angleterre et la France ; le détroit de Gibraltar, 
entre l'Espagne et l'Afrique ; le détroit de Bonifacio, 
entre la Corse et la Sardaigne ; le Phare de Messine^ 
entre la Sicile et Fltalie ; le détroit de^ Darda- 
nelles et le détroit de Constantinople, entre la 
Turquie d'Europe et celle d'Asie ; le détroit de 
Caifa, qui joint la mer Noire à celle d'Azof, etc. 

Division. — L'Europe comprend 22 Etats : 1 ^ 
quatre empires : l'Empire Français, l'Empire Russe, 
l'Empire d'Autriche et l'Empire Ottoman ; 2 ® qua- 
tre royaumes do première classe, le Royanme-Uni ie 
la Grande-Bretagne et d'Irlande, le Royaume de 
Prusse, le Royaume d'Italie et le Royaume d'Espa- 
gne ; 3 ^ deux confédérations : l'Allemagne du 
Nord et la Suisse, ou confédération Helvétique ; 4 "^ 
dix Etats secondaires, la plupart royaumes, savoir : 
le Danemark, la Suède et la Norvège, la Belgique, 
la Hollande, la Bavière, le Wurtemberg, le grand 
duché de Bade, le Portugal, les Etats-Pontificaux et 
la Grèce ; 5 ® les petites républiques de St. Marin 
et d'Andorre. 

La Belgique, la Suisse, ainsi que le grand duché 
de Luxembourg, sont des Etats neutres : ils sont sous 
la protection des grandes Puissances de l'Europe. 



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SUPPLEMENT. 

Versants.— L*Earope est divisée en deux Versants : celui 
du N. et du N. 0., incliné vers l'océan Glacial et l'océan 
Atlantique ; et celui du S. et du S. E., incliné vers la Médi- 
terranée et la mer Caspienne. 

Ces deux versants sont séparés l'un dé l'autre par une 
longue suite de hauteurs, qui s'étendent du N. E. au S. 0., 
depuis la frontière de l'Asie jusqu'au détroit de Gibraltar, et 
qui successivement s'appellent Monts Curais, Monts 
Valdaï, Carpathes, Sudôtes, monts Moraves, montagnes de 
la Forêt de Bohème, montagne des Pins, Alpes de Souabe, 



EUROPE. 



135 



montagnes do la Forêt-Noiro, Alpes centrales, Jura, Ccven- 
nep, Pj^rénées et monts Ibériques. 

Les chaînes secondaires sont : les monts Dofrines, les 
Apennins, les Alpes méridionales, les Alpes orientales qui 
se divisent en deux rameaux, l'un dirigé vers le sud, jusque 
dans la Morée, sous le nom de chaîne Hellénique, l'autre 
prolongé à l'est, vers la mer Noire, sous le nom do Balkan. 
ft. Une foule de fleuves et de rivières suivent ces deux ver- 
sants et arrosent l'KJurope, 

Climat ut Sol,— L'Europe est fVoide et peu fertile au 
nord ; ailleurs elle offre un sol généralement fécond et sur- 
tout bien cultivé ; dans le midi, le climat est chaud, sans 
cesser d'être agréable. 

PRODucTioNs.-«rL'Europe est très-riche en mines de fer, 
surtout dans la presqu'île Scandinave (Suéde et Norvège) et 
dans les monts Ourals. L'or et l'argent y sont peu com- 
muns. Le platine ne s'y trouve qu'aux monts Ourals, 
L'étain, le fer et le charbon abondent dans les îles Britan- 
niques, Le pîotub, le ipercure, le zinc, s'exploitent dans 
plusieurs pays. 

Le souffre est fourni par l'Italie. La tourbe est commune 
dans toutes les parties basses des régions moyennes. 

I<es céréales et les pommes de terre sont les principaux 
objets de la culture dans toute l'Europe. Le rie ne se trouve 
que vers le midi. La vigne orne les coteaux des régions 
centrales et méridionales, Le cotonnier et la canne à sucre 
se rencontrent au Sud. Le lin et le chanvre sont les princi- 
paux végétaux propres .à faire des tissus. On y trouve 
encore le safran et la garance. Les animaux domestiques et 
les quadrupèdes sauvages sont à peu près ceux de l'Ame-» 
rique. 

Parmi les reptiles, on n*a guère à redouter que la vipère, 
liti couleuvre est fort commune. Les poissons et les mollust 
ques offrent les mêmes variétés qu'en Amérique. 

PopcLATioiï.— L'Europe renferme environ 278 millions 
d'habitants, la plupart chrétiens. Les parties où la popu- 
lation est le plus agglomérée sont la Belgique, puis les îles 
Britanniques, l'Italie, la Hollande ; la France vient après, 

Les états du N. et du milieu, moins favorisés par la nature 
que ceux du S., et d'une civilisation beaucoup plus moderne, 
sont cependant aujourd'hui les plus florissants. 

Lo nord brille surtout par le commerce maritime ; ]q 



136 



GEOGRAPHIE. 




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milieu, par la riche culture du sol ; le midi, par les produits 
qu'offre spontanément la terre. Ce sont les pays du Sud, 
la Grèce et l'Italie, qui furent le berceau des arig et des 
sciences en Europe. L'état où le peuple est le moins civilisé 
est la Turquie ; la Russie vient ensuite. 

Tous les peuples de l'Europe sont de la race caucasique, 
excepté les Lapons, les Samoïèdes et quelqu es autres popu» 
lations qui appartiennent à la raoe raongolique. 

L'Europe est de toutes les parties du monde la plus peu»- 
plée, la plus riche, la plus industrieuse et la plus éclairée, 
L'Amérique seule lui dispute aujourd'hui le sceptre des 
mers, Ses innombrables vaisseaux sortent tous les jours de 
ses ports et transportent dans toutes les contrées de l'unit 
vers les produits de son sol et de ses manufactures et en 
rapportent les richesses des deux mondes. L'Europe 
possède dans les deux continents un territoire plus étendu 
que le sien : dans l'Amérique, de grandes possessions, surtout 
au nord ; près de la moitié de l'Asie ; plusieurs des côtes 
de l'Afrique et la plupart des îles connues. 

Gouvernement.— wLe gouvernement constitutionnel r^gne 
dans la plupart des états de l'Europe. 

Marine Marchande. — ^La marine marchande de tous les 
Etats réunis de l'Europe est représentée, d'après les derniers 
relevés statistiques, par 100,000 navires d'nn tonnage total 
de l? millions et montés par plus de 600,000 matelots. 

Voici comment se décompose cette flotte immense : 

GrandcTBretagne, 27,868 navires ; France, 15,259 ; Prusse, 
S 850 ; Autriche, 9.481 ; Belgique, lOT ; Espagne, 4,859 ; 
Grèce, 4,452 ; Hollande, 2,237 ; Italie, 13,223 ; Portugal, 
591 ; Russie, 1,416 ; Danemark, 2,740 ; les duchés, 2,662 { 
Norvège, 5,678 ; Suède, 2,236 ; Turquie, 2,300, 

En ce qui concerne la France, le nombre des navires mar» 
chands reste, à peu de chose près, stationnaire depuis envi- 
ron quarante ans, Ainsi, en 1831, on comptait près de 
15,000 navires, le tonnage général était de 700,000 ton-r 
neaux ; il est aujourd'hui de 1 million de tonnes, 

DETTES.>p<^On évalue à 66 milliards 13 millions de francs les 
dettes des 22 Etats Européens, ainsi reparties : Angleterre, 
18 milliards 665 millions, France, 12 milliards 815 millions ; 
Autriche, 7 milliards 78 millions ; Russie, 6 milliards 883 
millions ; Italie, 6 milliards 287 millions ; Espagne, 4 miU 
}|{|rds 7QG i^illions ; Prusse, 3 milli^r^Js il millions \ Hoh 



GRANDE-BEETAGNE. 



137 



lande, 2 milliards 100 millions ; Turquie, 1 milliard 138 
millions ; Portugal, 1 milliard 69 millions ; Danemark, 745 
millions ; Belgique, 655 millions ; Grèce, 452 raillions ; 
Suède, 419 millions ; Etats-Pontificaux, 836 millions ; Nor- 
vège, 46 millions. 



nos les 
eterre, 
liions ; 
•ds 883 
4 mil-' 

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KOYAUME-UNI DE LA GRANDE-BEE- 
TAGNE ET D'IRLANDE. 

Etendue. — Je royaume se compose de plusieurs 
îles situées dans le N. 0. de l'Europe. Elles forment 
le principal archipel de l'Europe et s'ctendent depuis 
le 50e jusqu'au 61e degré de latitude N. Sa super- 
ficie est d'environ 40,000 lieues carrées ; un peu 
plus de la moitié du territoire français. 

Division. — La Grande-Bretagne et l'Irlande, qui 
sont les deux plus considérables îles du royaume ; 
les îles Shetland et les Orcades, au N. de la Grande- 
Bretagne ; les Hébrides, au N. O.; l'île de Man et 
celle d'Anglesey, dans la mer d'Irlande ; l'île de 
Wight, sur la côte S. de l'Angleterre, et les Î)<)S 
Scilly, au S. , composent ce royaume et ne formant 
cependant qu'une petite portion du puissant Empire 
Britannique, qui comprend encore qjielquea autres 
îles en Europe et de vastes territoires en Asie, en 
Afrique, en Amérique et dans l'Océanie. Une foule 
de petits points rouges qu'on remarque sur toutes 
les mers du globe, indiquent ses possessions. On 
peut dire, avec vérité, que le poleil ne se couche 
jamais sur les terres qui reconnaissent la souve- 
raineté de l'Angleterre. 

Divisions politiques. — La Grande Bretagne com- 
prend les anciens royaumes d'Angleterre et d'Ecosse 
et le Pays de Galles. L'Angleterre occupe la partie 
S. de la Grande-Bretagne : elle a 150 lieues dans sa 
plus grande longueur sur 100 lieues dans sa plus 
grande largeur et une superficie de 6400 lieues 



188 



GÊOGBAPIIIB. 



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carrées. Elle se divise en 40 comtés. Le Pays de 
Galles est situé à VO. et se divise en 12 contités. 
L'Ecosse est située au N. de 1* Angleterre et en est 
séparée par les Monts Cheviots et la rivière Tweed : 
l'Ecosse est divisée en Haute et Basse Ecosse et 
comprend 33 comtés : sa longueur est de 93 lieues, 
sa largeur, de 50 ; sa superficie est do 3100 lieues 
carrées. 

L'Irlande est séparée de l'Angleterre et du Pays 
de Galles par le canal St. George, la mer d'Irlande 
et le canal du Nord. Cette île est divisée en 4» pro- 
vinces : Ulster, Connaught, Leinster. Munster. Ces 
provinces se subdivisent en 32 comtés. 

La plus grande longueur de l'Irlande est d'environ 
92 lieues, sa pluf grande largeur, de 60 ; sa superficie 
est d'environ 3600 lieues carrées. 

Montagnes — La Grande-Bretagne est divisée en 
trois versants : le versant de l'E., le versant du S. 
et le versant de l'O. Le premier est incliné vers la 
mer du Nord ; le second, vers la Manche ; le troi- 
sième, vers l'Atlantique et la mer d'Irlande, et vers 
les détroits qui les unissent. 

Les principales montagnes qui déterminent ces 
versants sont : une chaîne de hauteurs qui s'étend 
depuis le Pas de Calais jusqu'au cap Duncansby ; 
les monts Cheviot ; les monts Cambriens ; les mon- 
tagnes du Cornouailles ; les monts Grampiens, en 
Ecosse. 

Le point culminant de toute la Grande-Bretagne 
est le Beu-Nevis, dans les monts Grampiens, (3,500 
pieds). 

Rivières. — Sur le versant oriental, orx remarque 
la Tamise. Les Anglais l'appellent le roi des fleuves : 
elle l'est en efîet sous le rapport de l'iinportanco 
commerciale. La Grande Ouse ; l'IIumber, formé 
par la jonction du Treut, de l'Air et de la Petite Ouse ; 
la Tweed, sur la frontière du N.; la Forth et laTay, 
en Ecosse. 



QRANDE-BRErrAGNE. 



189 



Sur le versant occidental, on trouve, en allant 
(lu N. au S., la Ciyde, la Mersey, la Dee ; la Severn, 
qui serpente à travers de jolies campagnes et de 
riches pâturages ; près de l'embouchure de cette 
dernière coulent les rivières Wye et Avon, au S. 

Le principal cours du versant S. est une autre 
rivière Avon, qui tombe dans la Manche, à PO. do 
l'île de Wight. 

L'Irlande se divise en deux versants : celui do 
l'Atlantique et celui de l'E., qui est incliné vers 
la mer dlrlande, le canal du Nord^et le canal Saint- 
George. 

Sur le premier versant on voit le Shannon ; on 
trouve au S. le Barrow et la Suir, qui tombent dans 
le grand havre de Waterford. 

Sur le versant de la mer d'Irlande, nous citerons 
la Boyne et la Liffey. 

Lacs. — Les grands lacs sont peu nombreux en 
Angleterre. Le Pays de Galles est parsemé d'une 
infinité de petits lacs, parmi lesquels on distinguo 
celui de Bola, au N. 

Il y a en Ecosse un grand nombre de lacs, ou lochs, 
dont la plupart sont fort beaux, et plus considé- 
rables que ceux de l'Angleterre. Le principal est lo 
lac Lomond, long de 7 lieues, mais peu large, au 
nord de l'embouchure de la Clyde ; il offre des rives 
et des îles délicieuses. 

L'Irlande est pleine de lacs, presque tous tribu- 
taires de l'Atlantique : le lac Neagh, au N., est le 
plus grand de toutes les îles Britanniques ; il a 5 
lieues de long et près de 4 de largeur ; il s'écoule 
dans l'Atlantique par la rivière Bann. Au milieu 
des montagnes du S. O., on va visiter avec intérêt les 
lacs de Klllarney : ce s nt trois lacs communiquant 
entre eux, tous extremeinent pittoresques, et dont 
les eaux s'épanchent dans l'océan, par la rivière 
Lean. 

Outre ses lacs, l'Irlande a malheureusement un 



140 



oÉooRArniK. 




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pu 

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grand nombre do inarai>i, appelés hoys par les Irlan- 
dais : ces fondrières ou marais atteignent souvent 
une prodigieuse profondeur, et sont d'autant plus 
dani^ereuses qu'elles présentent ordinairement la 
perfide a[)i)arenco d'un joli pré ; une propriété re- 
marquable des bn(/s, c'est de conserver presque intacts 
les cadavres qu'ils engloutissent. C'est au fond de 
ces marais que les habitants recueillent généralement 
le bois nécessaire 5. leur usage. 

Capitale et Villes. — Londres, capitale de l'An- 
gleterre et de toute la monarchie Britannique, est la 
plus grande, la plus riche et la plus peuplée de l'Eu- 
rope et peut-être du monde entier. On y compte 3 
millions d'habitants. Elle est baignée par la Tamise, 
qu' la divise en deux parties, reliées par plusieurs mag- 
nifiques ponts, dont le plus beau est celui de Waterloo; 
la partie du N., sur la rive gauche du fleuve, est la 
y)lus considérable, et comprend même plusieurs 
divisions, entre autres, la cité de Londres, et les 
Tower-Hamlets, à l'E.; la cité de Westminster et 
Mary-le-Bone, à l'O.; Finsbury, au N. La Cité est 
principalement le quartier du Commerce. Westmins- 
ter et Mary-le Bone sont les quartiers de la cour et 
de la noblesse. La partie située sur la rive droite do 
la Tamise est dans le comté de Surrey et s'appelle 
Southwark et Lamheth ; ce sont le*^ quartiers des 
manufactures. 

Il existe dans la partie orientale de la ville un 
chemin souterrain, ou tunne/, au moyen duquel on 
passe sous le fleuve. Le port de Londres occupe sur 
la Tamise une longueur de plus d'une lieue et demie : 
il y a, en outre, à droite et à gauche, plusieurs grands 
docks ou bassins, qui r rvent d'asile à une grande 
quantité de navires, et le long dosjuels sont des 
magasins pour le dépôt des marchandises. 

Presque toutes les places ou squares ont, au milieu, 
une agréable pelouse de gazon ou uoo j)lantation 
d'arbres. Parmi les édifices on distingue : l'église 



ii 



ÛBANDE-BRETAQNE. 



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St. Paul ; la Tour de Londres, dans la Cité ; on 
remarque aussi le Monument de Londres, colonne 
irés-élevée, qui rappelle le souvenir du grand incendie 
de 1066 ; l'Hôtel do ville. Dans Westminster on 
remarque l'abbaye de Westminster, église gothique ; 
le palais de St. James ; celui de White-Hall ; celui 
de Buckingham, résidence ordin.iire et actuelle dea 
louverains ; le palais do Westminster ou du ParlG* 
ment. 

C'est autour de Westminster et de Mary-le-Bono 
que se trouvent les principaux jardius publics ser? 
vaut do promenade : tels sont le parc St. James, lo 
jardin du Palais, le Greeij-Parck, le Hyde-Parck, les 
jardins 4e Kengington, le parc du Régent, Le parc 
Victoria est dans le N. E. de la ville. 

Liverpool, sur la Merscy est la seconde ville du 
royaume ; Manchester, la plus manufacturière après 
Londres ; Birmingham, manufacture d'articles de 
quincaillerie ; Leeds, manufacture de drap, etc.; 
Bristol, bon port sur la Severn ; Bath, bolle ville ; 
Portsmouth, port militaire, sur la Manche ; Plymouth, 
autre port militaire ; York ; Cantorbéry, siège d'un 
archevêque ; Oxtord et Cambridge possèdent chacune 
une célèbre université. 

La Capitale de l'Ecosse est Edimbourgh, belle ville, 
peuplée de 170,000 habitants. La position en est 
ftuperbe : elle s'étend sur trois collines, à quelque 
distance de la côte méridionale du golfe de Forth, et 
elle est enviromiée de tous côtés, excepté au N., par 
des rochers pittoresques. Diverses parties de la 
ville sont réunies entre elles par des ponts jetés avec 
hardiesse d'une colline à l'autre. Edimbourgh a une 
célèbre université. Leith, ville de 35,000 âme», 
située sur le Forth, est le pprt d'Edimbourgl^. Parmi 
les villes principales on doit citer : Glasgow, dons 
une plaine sur la rive droite de la Clyde : c'est la ville 
la plus peuplée de l'Ecosse ; Aberdeen, sur la Dee ; 
Paisly, sur la Clyde, 



142 



ai 



OGRArHIE. 



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La capitale de l'Irlande est Dublin ; cette grande 
et belle ville, peuplée de 250,000 âmes, s'élève sur 
les deux rives de la Liffey, au fond d'une baie magrii 
fique, bordée d'un amphithéâtre do collines, qne 
tapissent do nombreux villages, des jardins char- 
mants et d'élégantes maisons de campagne. Villes 
£rincipalcR : Cork, sur la Lee ; Waterford, sur la 
[anche ; Belfast, â l'E., ])rès do l'océan ; Limorick, 
sur le Shannon ; Londonderry, au N. 

Climat. — Le climat de l'Angleterre esttrès-bumide, 
l'air est souvent chargé de brouillards ; mais les 
hivers sont assez doux. Le climat de l'Irlande est 
moins froid et plus humide que celui de l'Angleterre. 
L'Ecosse éprouve un climat plus rigoureux que celui 
de l'Angleterre, surtout la haute Ecosse. 

Sol et Productions. — Le sol de la Grande-Bre- 
tagne est fertile et bien cultivé, surtout en Ecosse, 
qui ressemble à un vaste jardin. Les parties les plus 
montagneuses sont au N. On trouve h, l'E. de vastes 
espaces marécageux. Mais, en général, l'Angleterre 
est agréablement coupée de vallées et de collines : 
une fraîche verdure y charme presque partout les 
regards : de jolis parc?, des chami)s bien cultivés, de 
gr:ij pâturages, le tableau animé d'une industrie 
aclii'c, y offrent nne intéressante variété. Cependant 
on rencontre, cà et là, des landes tout à fait stériles. 

Il y a peu de pays aussi riches en mines : le char- 
bon, le fer, le ouivre, lo plomb et Tétain donnent 
surtout d'énormes produits. 

L'Angleterre ne récolte pas assez de grains pour 
sa consommation, et l'on s'y nourrit de viande plus 
que partout ailleurs. On y élève beaucoup de beaux 
bestiaux ; les chevaux anglais sont superbes, et les 
moutons donnent une laine excellente. 

Le sol de l'Irlande est extrêmement fertile ; 
cependant, l'Irlande offre presque partout l'aspect de 
la misère, parce que l'agriculture n'y est pas encou-» 



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GRANDE-BRICTAGNE. 



U3 



rng^e : les pommes de terre forment à peu près la 
seule nourriture des pauvres paysans de cette tle. 

Les beaux pâturages do ce pays nourrissent do 
superbes bestiaux. Il y a des marbres magnifiques, 
et des mines de houille, do plomb, et môme d'or 

CoMiiEiiCK. — Le commerce de l'Angleterre est 
immense. Il a pour théâtre le monde entier. Près de 
30,000 v^'.isseaux sillonnent annuellement toutes les 
mers du globe et échangent les produits de ses ma- 
nufactures pour l'or, l'argent, en un mot les produc- 
tions et les richesses de tous les climats et de tous 
les sols. 

Population. — Les îles Britanniques comptent 
environ 29è millions d'habitants, dont 19è mil- 
lions en AngletcrrH, G millions en Irlande (il y a 21 
ans, elle était de plus de 8 millions), et Si millioMs en 
Ecosse. 

Religiont. — Lo protestantisme domine en Angle- 
terre et en Ecosse et le catholicisme en Irlande. Il 
y a près de 6 millions de catholiques en Angleterre 
et en Ecosse» 

GouvERNENENT. — Le gouvenicment de ce royau- 
me est une monarchie consiitulionnelle : le roi, ou la 
reine, partage le pouvoir avec le parlement, formé de 
deux chambres : la chambre des lords ou des pairs, 
dont les membres sont choisis par le souverain ; et 
la chambre des communes, composée de membres 
élus par la nation. Le nombre des membres des 
communes est actuellement de 658 ; 471 représentent 
l'Angleterre ; 29, la Principauté de Galles ; 53, l'E- 
cosse ; et 105, l'Irlande. 

SUPPLÉMENT, 

Comtés. — Il y a vingt comtés maritimes et vingt comtes 
intérieurs. Les comtés maritimes sont : Northumberland, 
Durham, York, Lincoln, Norfolk, Suffolk, Ëssex, Kent, 



T I 






144 



aioGRAFEtlÊ. 



SM ^. 









jj^it 



i; h 



Sussex, Sonthampton, Dorset, Devon, Cornouailles, Somef- 
set, Gloucester, Monmouth, Chester, Lancaster, Westmore- 
iand et Cumberland. Les comtés intérieurs sont : Salop, 
Hereford; Worcester, "Warwick, tous dans le bassin 
de la Severn ; il y a quatre comtés dans le bassin du 
Trent : Stafford, Derby, Nottinghani et Leicester. Cinq 
comtés se présentent dans le bassin du Wash : Rut- 
land, Northampton, Huntingdon, Cambridge et Bed- 
ford ; Witts, dans le bassin des deux Avons ; dans le 
riche bassin de la Tamise, on trouve les comtés suivants : 
Hertford, Buckingham, Oxford, Berks, Surrey et Middlesex. 

Chemins de fer. — L'Angleterre est le pays de l'Europe qui 
ft le plus de chemins de fer. Londres est le centre des prin- 
cipales voies ferrées ; il en part huit lignes très-importantes, 
«ans compter celles qui ne conduisent qu'à des lieux voisins. 

En Ecosse, on remarque surtout les chemins qui, d'Edim- 
burg, conduisent à Glasgow, à Aberdeen, h Carlislo, à 
Nevvcastle. 

En Irlar.de, il s^cn trouve aussi un grand nombre : Dublin 
est unie à Cork par un chemin qui envoie des embranche- 
ments à Waterford, à Limerick, aux lacs de Killarney ; elle 
est aussi unie par un autre chemin à Mullingar et à Galway, 
et par un troisième à Belfast. 

Canaux et télégraphie. — Il y a dans toutes les parties 
du royaume un grand nombre de canaux qui mettent en 
communication les villes avec les mers. 

Des télégraphes électriques sillonnent en tous sens les 
différentes parties du royaume. On remarque surtout les 
.ilégraphes sous-marins qui font communiquer Douvres 
avec Calais, Holy-Head avec Dublin, les îles Anglo-Nor- 
mandes avec le comté de Dorset. On ne doit pas oublier le 
télégraphe sous marin qui fait communiquer l'Ancien-Monde 
avec le Nouveau-Monde ; c'est certainement l'entreprise la 
plus extraordinaire des temps modernes. 

Possessions hors des îles Britanniques. — Outre les îles 
Britanniques proprement dites, l'empire Britannique pos- 
sède, en Europe, Gibraltar, les îles de Malte, l'île de Heli- 
goland. 

En Asie, la plus grande partie de l'Hindoustan, Ceylan, 
une partie de l'Indo-Chine, l'ile de Singapour, l'île de Hong- 
Kong et quelques autres. 

En Afrique, la colonie du Cap, celle de Natal, l'île Maurice, 



1;?: 



g, Somcf- 
"estmore- 
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t?Al^EMABS. 



145 



les Séchellcs, Sainte-Hélène et quelques autres iles, plusieurs 
points de la Guinée et de la Sénégambie. 

En Amérique, la Puissance du Canada, Terreneuve, le 
territoire du Nord-Ouest, la Colombie Anglaise ; les îles 
Bermudes ; la Jamaïque et plusieurs autres iles des Antilles ; 
le Yucatan anglais ; la Guyane anglaise, etc. 

Dans l'océanie, la Nouvelle-Galles méridionale, la province 
de Victoria et d'autres parties de l'Australie ; la Tasmanie, 
la Nouvelle-Zélande, les îles Chath am, les îles Macquarie. 

I^a population totale de l'ompire Bri tannique, s'élève à 
environ 200 millions d'habitants. 

SxEAMERs.-^Le 1er Janvier 1867, l'Angleterre comptait 
2,808 steamers, jaugeant 1,270,240 tonneaux. Le système 
mixte de construction, qui a trouvé tant de partisans en 
France, ne jouit d'aucune faveur en Angleterre ; cependant 
le bois continue d'être employé dans une proportion encore 
considérable. Un vaisseau est mis en mouvement par une 
machine hydraulique, appareil encore peu connu, reclamant 
de grands perfectionnements, mais qui, dans l'opinion de 
quelques hommes instruits en pareille matière, est appelé à 
un grand avenir et à exercer une véritable révolution dans 
la navigation, puisqu'un navire ii'aurait pas alors à trans- 
porter avec lui des masses encombrantes de houille. L'élé- 
ment sur lequel il naviguerait lui fournirait les matières 
destinées à créer la force motrice. Mais cette idée, encore 
dans l'enfance, attend, pour devenir féconde, qu'un mécani- 
cien de génie s'en empare. 



DANEMAEK. 

Bornes. — Le Danemark, dont la latitude moyenne 
est 55°, est un petit royaume entre la mer du 
Nord et la Baltique, séparé au N. et à l'È. de la 
Scandinavie par le Skager-Racl;, le Cattégat et le 
Sund. Il est borné au Sud par le Sleswig, qui na- 
guère avec le Holstein lui appartenait. 

Division. — Le Danemark comprend : 1 ® le Jut- 
land ; 2 ® les îles de Zeeland, de Fionie, Laaland, 
Falster, Bornhoîm, etc.; 3 ® l'Islande, les îles Fa3r- 
ceer, le Groënlaadi dans le N. de rAmériqtte, et les 

7 



14:6 



GÊ'JGRAPÔÎE. 







îles de Saiiite-Croix et de la Tortole, dans lés An- 
tilles. 

Montagnes et Fleuves— Il n'y a aucune monta- 
gne ni aucun fleuve considérable. 

Lacs. — Le Jutland est rempli de petits lacs. 

Capitale et Villes. — La capitale est Copen- 
hague, sur la côte orientale de l'île Zeeland ; c*est 
une des plus belles villes de l'Europe ; vue de l'en* 
trée du port, qui est un des plus beaux de l'Europe, 
elle offre l'aspect lo plus magnifique. Sa population 
s'élève à 155,000 âmes. Villes principales r Else- 
neur, sur l'endroit le plus resserré du Siind, dans la 
même île ; c'«^t là qu«i les vaisseaux payent les droits 
d'entrée dans la Baltique. Odensee, dans l'île do Fio- 
nie ; Viborg, au centre du Jutland ; Aalborg, au N. 
E.; Aarhiius, sur la côte orientale ; Roskild, au S. O. 
de la capitale. 

DÉTROITS.— Parmi les bras de mer qui baignent 
les îles, on remarque surtout les trois passages qui 
font communiquer le Cattégat à la Baltique : c'est- 
à-dire le Sund, entre l'île de Zeeland et la Suède ; 
le Grand-Belt, entre le Zeeland et Fionie, et le 
Petit-Belt, entre Fiouie et la presqu'île Danoise. 

Climat, Sol et PKODucTioNS.™-Le climat est 
généralement assez doux pour la latitude. Le ther- 
momètre varie en hiver depuis 3 jusqu'à 11 degrés 
au-dessous du zéro de lihéaumur. Le sol y est assez 
fjrtile, surtout dans les îles : on y remarque parti- 
culièrement de bons pâturages, et l'on y fait de 
bonnes recolles de blé, de chanvre, de lin, de tabac, 
de houblon, de colza, etc. 

Commerce. — Poisson, bois, céréales, chevaux, 
botes à cornes, porcs, beurre, fromage, cuir, suif, 
viandes salées, laine, huiles, pommes, édredou, etc. 

Population bt Religion. — La population ne 



MîïEMAEK. 



147 



s'élève qu'à 1,600,000 habitants. Le luthéranisme 
est la religion dominante du pays. 

GouvERNEMEXT.^ — Le gouvernement du Dane- 
mark est une monarchie limitée par une assemblée 
nommée Rîgsraad. 



est 
Ither- 
igrés 
lassez 
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•aux, 

suif, 

L etc. 



SUPPLÉMENT. 

GÉooBAPniB ni3T0RiQUB. — Le Jutland correspond à une 
partie de ranclenne Kliersonèse Cimbrique, située au N. de 
la Germanie, et baignée à l'O. par l'océan Germanique, à 
l'E., par l'océan Sarmatique et le golfe Codan, au N. par les 
bouches du Codan (Sakerger-Rack). Les Gimhres et les 
Jutes étaient les peuples les plus remarq uables de la pénin- 
sule. Les Angles, qui ont fait avec les Saxons la conquête 
de l'Angleterr/î, sont sortis aussi, croit-on, de ce pays. Na- 
guère le Danemark s'étendait, au S., jusqu'à l'Elbe et il ren- 
fermait environ 2,600,000 âmes sur une étendue de 13,000 
lieues carrées. Mais une guerre récente, qu'il a eu à soute- 
nir contre les Austro-Prussiens, lui a fait perdre la partie 
méridionale de la péninsule, c'est-à-dire le Holstein, le Sles- 
wig et leLauenbourg ; de sorte qu'aujourd'hui il est réduit 
au Jutland, partie N. de cette péninsule, et à l'archipel 
Danois. 

Islande. — C'est un des pays les plus froids et les plus 
stériles de l'Europe, mais un des plus intéressants par ses 
curiosités naturelles. Cette île est hérissée de montagnes 
volcaniques, qui font souvent des irruptions, et dont la plus 
célèbre est le montHék la, au S, Leurs flammes, leur fumée 
et leurs laves brûlantes contrastent avec les neiges et les 
glaces dont elles sont constamment couvertes. Les côtes de 
l'Islande sont déchirées par d'innombrables golfes. L'inté- 
rieur est parsemé de beaucoup de lacs, et l'on y trouve do 
nombreuses sources d'eau chaude : les plus fameuses sont, 
au S. 0., les Geisers, qui s'élancent en jets magnifiques. 
Ce pays ne produit ni blé ni forêts : les pommes de terre y 
sont le principal objet de culture, et l'on n'y voit que 
quelques maigres arbrisseaux. Il y a de bons pâturages et 
d'assez nombreux troupeaux. L'Islande, quoique plus 
grande que l'archipel Danois et le Jutland réunis, ne ren-. 
ferme que 65,000 habitants. Le chef-lieu, Reykiav surU 
côte S. 0., mérite à peine Iç nom de ville, 



ne 



14S 



GÉOGRAPHIE. 



Los îles Paerœer, autres? îles danoises, sont dans l'Atlan- 
tique, au N. 0. des îles Britanniques ; elles sont peu habi- 
tées, produisent beaucoup de plantes anti-scorbutiques, et 
sont assez riches en troupeaux ; on trouve, dans les escarpe- 
ments de leurs côtes, un grand nombre de «ids do ces 
canards qu'on nomme eiders. 



fîj 






:,V 



' il' 



MOlS'AROriIE SCANDUSTAVE OU SOÈDU 

ET NORVÈGE. 

Etenduk.-^-380 lieues de longueur et 160 de lar- 
geur ; superficie, 147,000 lieues carrées, Latitude 
moyenne, 63*'. 

Bornes. — Ce royaume forme une presqu'île, située 
entre l'océan Atlantique et la mer du Nord, à l'O.; la 
mer Baltique, i\ l'E.; le Skager-Rack, au S. 0.; le 
Cattégat et le Sund, au 3 E.; la mer Glaciale baigne 
ses côtes N. ; il tient au continent au N. E. par 
l'isthme do Laponie, qui est compris entre l'océan 
Glacial et le golfe de Botnie. La Tornea et la 
Tana le limitent en partie du côte du la Eussie. 

Division. — J^^ Suède est divisée en trois régions ; 
la Suède propre, la Gothie et la Norrland. Elle so 
subdivise en 24 gouvernements. 

La Norvège comprend 3 régions : Sœdenfields, 
Nordenftelds et Norland. Elle so subdivise en 5 
diocèses et 17 baillages, 

]VIoNrÀGNES.--Les deux grands pays qui oompo» 
sent la péninsule Scandinave sont fort diflferents par 
l'aspect physique : la Suède offi*e i;ne surface géné- 
ralement plate ; la Norvège est presque partout 
hérissée de montagnes. 

Les Alpes Scandinaves ou Monts Dofrines sont les 
montagnes principales ; cette chaîne entre dans la 
péninsule par l'isth me de Laponie, et forme su;* une 
grande étendre la Un^ite entre 1^ Si^ède et }a Nor. 






;. * 



;i 



MONARCHIE SCANDINAVE. 



149 



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vége ; sous le nom de Monts Kiœlen, parvenue à peu 
près vers le milieu de la Scandinavie, elle se div'se en 
deux grandes branches, dont Tune va au S. O., par- 
court Ja Norvège et se termine au cap Lindesnaes ', 
l'autre se prolonge au S., à travers la Suède, jusqu'au 
promontoire de Falsterbo. 

Fleuves et Rivières. — La Scandinavie est divi- 
Bée en trois versants maritimes : celui du N. et de 
l'O., incliné vers la mer Glaciale, l'océan Atlantique, 
et la mer du Nord, et placé à l'O. des monts Kiœlei 
et de la branche norvégienne ; celui du S., incliné 
vers le Skager-Rack, le golfe de Christiana et le 
Cntlégat 'f le troisième versant est celui du S. E. et 
de l'E., penché vers la Baltique et le golfe de Botnie. 

Sur le premier de ces versants, il y a une foule de 
petites rivières, parmi lesquelles on remarque, dans le 
N. de la Norvège, la Tana. 

Sur le second, est un fleuve plus important, le 
Glommen, qui se jette dans le golfe de Christiana ; 
le Gotha, qui se jette dans le Cattégat. 

Sur le versant de la Baltique, on trouve en des- 
cendant vers le sud : la Tornea ; la Lulea ; la Pitea ; 
l'TJmea j PAngermanna ; l'Indals ; la Luisne ; la Dal ; 
la Matola ; etc. Un grand canal naturel, nommé 
Tarendo-elf, unit la Tornea au Kalix. Le principal 
canal rrtifîciel est celui de Gotha, qui unit le Cattégat 
à la Baltique, en joignant le lac Wener au lac 
Weter. 

Lacs. — Il y en a une foule ; on remarque ceux de 
Wener, de Weter, de Mêler, de Tornea, de Lulea, de 
Siljan, dans la Suède ; de Moisen, dans la Norvège. 

Au sud du lac Moisen, dans la rivière Maan-elv se 
trouve une cataracte, la plus belle d^ toute l'Europe : 
trois chutes distinctes la composent, et chacune se 
précipite d'une hauteur de VOO à 800 pieds ; lorsqu'on 
est convenablement placé pour voir à la fois ces trois 
immenses nappes d'eau, c'est un spectacle sublime. 



. *i ;■ 



160 



GÉOGRAPHIE. 







f. .< W. 



\i l 



Ilbs.— Un grand nombre d*îles sont répandues sur 
les côtes septentrionales et occidentales de la Scan- 
dinavie. Les plus remarquables composent l'archipel 
deLafoden. On distingue, au S. E., dans la Balti- 
que, deux îles importantes : Olaud et Gotland ; un 
peu plus au N , sont les nombreuses petites lies 
qu'on nomme les Scherens de Stockholm. 

Capitale et Villes. — La capitale de la Suède est 
Stockholm. Elle est admirablement située suf deux 
presqu'îles et plusieurs îles baignées par le détroit 
qui unit le lac Mêler à la Ifaltique : cette capitale 
n'est pas très-grapde et ne contient que 112,000 
âmes. Les sites les plus variés l'entourent, et elle 
semble placée au miliei; d'un grand et superbe jardin. 
Le lac Mêler est parsemé d'une foule de jolies îles ; 
ses bords, découpés par d'innombrables golfes et 
surmontés souvent de rochers pittoresques, offrent 
de toutes parts des châteaux, des maisons de cam- 
pagne et de frais paysages. Le palais du Roi est 
une des plus belles demeures royales de l'Europe. 
Gœtheborg, à l'embouchure do la Gota ; Malmœ, sur 
le Sund ; Carlscrona, et Kalmar, sur la Baltique ; 
Upsal, à 15 lieues au nord de Stockholm, célèbre par 
Bon université ; Fahlun, au N. O. d'XJpsal. 

Christiana, capitale de la Norvège, sur le golfe du 
même nom, ville commerçante et très-industrieuse ; 
cette ville n'a que 40,000 habitants et possède une 
importante université. Dronthein et Bergen, sur 
la mer du Nord ; Kongsberg, i^ l'O. de Christiana ; 
Christiansand, sur le Skager-Rack, etc. 

Climat, Sol et Productions. — Le climat est gé- 
néralement froid. Il faut observer cependant que la 
Suède est moins froide que la Norvège. Les hivers 
sont longs et rigoureux. Généralement on respire, 
dans ces contrées, un air pur et sain. Les étés y 
sont fort courts, mais très-chauds, à cause de la 

grande longueur des jours ; et la végétation y croît 

avec une rapidité surprenante. 



!,t;i 



MONAROHIS SCANDINAVE. 



151 



sur 



un 



, sur 
^tiana ; 



Dans les parties septentrionales, qui s'avancent 
dans la zone glaciale, le soleil reste en été sur Thori- 
«on plusieurs semaines de suite, et en hiver il est 
invisible pendant le môme intervalle ; mais l'horreur 
de cette longue nuit est diminuée par des aurores 
boréales très-brillantes et par la clarté de la lune, qui 
donnent un degré suffisant de lumière pour les occu- 
pations ordinaires. 

Le sol est assez fertile dans les parties méridio- 
nales ; on y récolte du blé, du seigle, de Torge, de 
l*avoine, des pommes do terre et du lin. Les som- 
bres et grandes forêts sont formées de pins, de 
frênes, da bouleaux et de sapins d'une hauteur extra- 
ordinaire. Les parties boréales sont presque dépour- 
vues de plantes, et les chétives récoltes qiVespère le 
cultivateur sont même souvent détruites par les 
gelées ; aussi les malheureux habitants se trouvent- 
ils fréquemment réduits à se nourrir d'une pâte faite 
avec l'écorce amère du pin. 

Commerce.—- Fer, acier, cuivre, bois, vaisseaux 
neufs, poisson, huiles, alun, potasse, térébenthine, 
goudron, bêtes à cornes, etc. 

Population. — 5,500,000 habitants, dont 3,900,000 
pour la Suède et 1,600,000 pour la Norvège. 

Religion. — Le luthér anisme est la religion domi- 
nante. 

Gouvernement. — Le gouvernement de la Suède 
et de la Norvège est une monarchie constitutionnelle. 
Quoique réunies sous un même pceptre, ces deux con- 
trées ont leurs lois distinctes ; leurs assemblées légis- 
latives sont indépendantes ; et chacune a le titre de 
royaume. 



îspn-e, 
étés y 
de la 
ly croît 



SUPPLEMENT. 

Géographie histor ique. — La Scandinavie portait aussi ce 
nom chez les anciens ; mais elle était fort peu connue, et on 
la regardait comme une ile. On prétend qu'elle fut la patrie 



16:i 



GÉOGRAPHIE. 



P'i 



( ! 






do ces Goths belliqueux qui contribuèrent si puissamment 
à renverser l'empire Romain ; mais il est plus vraisem- 
blable qu'elle fut elle-même conquise par les Goths, venus 
des rives S. E. de la mer Baltique. Elle fut, du moins, le 
berceau des Hérules, qui portèrent les derniers coups à 
l'empire Romain d'Occident, et celui des Normands, qui se 
sont établis au moyen âge sur les côtes de France et de 
plusieurs contrées méridionales de l'Europe. Parmi les 
peuples de cette péninsule, on remarquait les Suions, qui 
paraissent avoir laissé leur nom à la Suède. 

Colonies. — La Suède ne possède en dehors de l'Europe 
qu'une petite colonie : c'est l'île Saint-Barthelemi, une des 
îles Caraïbes, dans les Antilles. 

Chemins de fer. — Les principaux chemips de fer, la plu- 
part non terminés, sont : la ligne de Stockholm à Gœthe- 
borg t à Malmœ : le chemin de Stockholm à Christiana et 
de la même ville à Dalécarlie et à Gefle. Les chemins du 
Nordland ; de Christiana à Drontheim, à Eongsberg, et à 
Skien, par Drammen, etc. 

Instruction Publique. — ^La langue suédoise et la langue 
norvégienne appartiennent à la même origine que le danois et 
l'allemand ; elles sont mâles et énergiques. Les sciences 
sont cultivées avec succès dans la Scandinavie, et le peuple y 
est généralement éclairé : tous les paysans savent lire. 
Un grand nombre émigrent et viennent se fixer dans la 
province d'Ontario et dans les Etats-Unis de l'Ouest. 

Lapons. — Les Lapons forment, dans le N. de la Suède et 
de la Norvège, un peuple à part, remarquable par sa petite 
taille, son visage large, sa peau brune et huileuse, sa voix 
aigre et désagréable. Ils sont doux, gais, assez intelligents 
et très-agiles, m lis fort portés à la^paresse. La civilisation 
a peu pénétré chez ce peuple. La plupart sont nomades, et, 
maigre la rigueur du climat, leur vie errante est tellement 
pleine de charme pour eux, qu'ils meurent ordinairement de 
chagrin lorsqu'ils sont forcés de l'abandonner. Ils se nour- 
rissent du produit de leur chasse, de celui de leur pêche, et 
de la chair et du lait des rennes , chaque fiimille laponaise 
possède au moins 2 ou 300 dr .os animaux utiles ; c'est une 
espèce de cerf, qui, attelé aux traîneaux sur la glace et la 
neige, franchit les distances avec une rapidité extraordi- 
naire. 

On trouve dans la Scandinavie des castors et beaucoup 






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RUSSIE. 



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qui 



nour- 

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aordi- 

ucoup 



d'autres animaux rovôtu.^ de riches fourrures. C'est la pa- 
trie des lemmings, ou rats de Norvège, qui causent de grands 
dégâts par la quantité de grain qu'ils enfouissent dans leurs 
profonds souterrains ; ces animaux sont fort curieux par 
leur manière de voyager : ils ômigrent souvent par troupes 
nombreuses et avec un ordre remarquable, 



RUSSIE. 

Etknduk.— rLa Rufssie d'Europe occupe la partie 
orientale de l'Europe, et s'étend depuis le41ejuHt 
qu'au 70e degré de latitude N. Elle a une longueur 
de 725 lieues et une largeur de 540 lieues j sa 
superficie est de 1,150,000 lieues carrées. C'est le 
plus grand empire du globe. Elle surpasse en éten- 
due tout le reste de l'Europe. Cependant ce n'est 1^ 
qu'une portion de l'Empire Russe, qui s'étend encore 
dans le N. de l'Asie et qui s'avance, tous les ans, do 
l'autre côté du Caucase, 

Bornas.— rLa Itussie est bornée au N. par la mer 
Glaciale ; à l'E., par la rivière Kara, les monta 
Ourals, la rivière Oural et la mer Caspienne, qui la 
séparent de l'Asie ; au S. E., par le Caucase et 
la mer Noire ; à l'O., par l'Autriche, la Prusse, la 
mer Baltique, le golfe de Botnie, la rivière Tornei^ 
et la Tana, qui la séparent de la Suède. 

Division.— 'La Russie d'Europe comprend : 1 ^ 
50 gouvernements ou 51, avec l'ancien royau* 



me de Pologne ; ^ ® une république militaire, 
celle des Cosaques du Don ; 3 ® le grand-duché de 
î'inlande j 4 *^ trois territoires Caucasiens. 

Toutes ces divisions peuvent être classées en cinq 
régions naturelles : | ® le versant de l'océan 
Glacial ; 2 ® le versant de la mer Baltique ; 3 ® lo 
versant de la mer Noire et de la mer d'Azof ; 4 ® 1© 
versant de la mer Caspienne ; 5 ® la région eqtr^ 1^ 
mer î^oire et la mer Caspienne t 






164 



GÉOGRAPHIE. 




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Montagnes. — La Russie n'est, pour ainsi dire, 
qu'une plaine immense coupée çà et là dans son inté- 
rieur par quelques chaînes de collines, et bordée à l'E. 
par les monts Curais et au S. E. par les monts Cau- 
case. La grande arête qui sépare l'Europe en deux 
versants parcourt la Russie d'Europe depuis les 
monts Durais jusqu'à la frontière de l'empire d'Au- 
triche ; elle se dirige généralement du N. E. au S. 
O., et n'est formée que de collines ou de petites mon- 
tagnes : les monts Valdaï en sont une des parties les 
plus remarquables et donnent naissance à la plupart 
des fleuves qui arrosent ce pays. C'est dans le Cau- 
case que se trouvent les plus hautt» sommets de la 
Russie ; des glaces et des neiges éternelles couvrent 
cette chaîne majestueuse. Le pic de l'Elbrouz 
atteint près de 17,000 pieds de hauteur. 

Fleuves et Rivières. — .La Russie est divisée en 
quatre versants maritimes : le versant de l'océan 
Glacial, le versant de la Baltique, le versant de la 
mer Noire et celui do la mer Caspienne. 

Sur lo versant de l'océan Glacial, coulent la Kara, 
la Petchora, le Môzen, le Dvina du nord, l'Onega ; 
oes trois derniers fleuves sont tributa'rcs de la mer 
Blanche. 

Sur le versant de la Baltique : la Tornea, qui 
tombe au fond du golfe de Bothnie ; la Név?, dont 
le cours n'est pas lonsr, mais fort large ; la Dvina 
du sud, qui se jette dans le golfe de Livonie ; le Nié- 
men et la Vistule, qui ont la fin do leurs cours sur le 
territoire Prussien. 

Le versant de la mer Noire a pour fleuve principal 
le Danube qui sépare la Russie de la Turquie ; le 
Pruth sépare la Russie de l'Autriche ; le Dniester, le 
Poug, le Dnieper ; le Don se jette dans la mer d'Azof. 

Le Kouban se jette près du détroit d'Iénilçalé j un 
de ses bras se rend à la mer d'Azof. 

Le versant de la mer Caspienne a pour fleuve 
principal le Volga le plus grand cours d'eau de l'Eu- 



rj>Tï^ima(r-5r^ " 



BtSSIE« 



155 



rope ; îl a près de 700 lieues ; les autres fleuves, 
qui tombent dans la mer Caspienne sont : l'Oural, 
le Kouma et le Tôrek. 

Canaux. — Plusieurs canaux font très-utilement 
communiquer entre eux les quatre versants de la 
Russie. 

Capitale et Villes. — La oapitale de l'empire est 
Saint-Pétersbourg ; cette ville s'élève au fond du 
golfe de Finlande, sur les deux rives et sur plusieurs 
îles de la Neva, qui se divise en quatre grandes 
branches. Sa plus vaste et sa plus belle partie 
occu])e la rive gauche du fleuve. Cette capitale fut 
bâtie par Pierre-le-Grand, au commencement du 
dix-huitième siècle, au milieu de marais insalubres. 
Malgré le dôsavautago do son site, c'est une des 
capitales les plus magnifiques de l'Europe. On y 
compte 550,000 âmes. Parmi les monuments de 
cette immense cite, il faut signaler la statue équestre 
en bronze de Pierre-le-Grand, posée sur un énorme 
bloc de granité ; le palais de l'Amirauté, le palais de 
la Tauride, le palais d'Hiver, le théâtre d'Alexandre, 
les églises d'Isaac et de Notre-Dame de Kazan. 
Près de la ville s'élève le bel observatoir e de Poul- 
kova. Moscou, sur la rivière du même nom; 
Astrakhan, à l'embouchure du Volga ; Kazan, sur 
le Volga ; Odessa, sur la mer Noire; Arkhangel, 
sur la mer Blanche ; Kronstat, forteresse au 
fond du golfe de Finlande, près de Saint-Péters- 
bourg, etc. 

Climat.— Le nom de Russie réveille l'idée d'une 
température très-froide ; le N. est, eu effet, soumis 
à un climat très rigoureux ; mais le S. jouit d'un 
climat plus doux et assez agréable. En Russie, le 
froid est généralement plus grand, à latitude-égale, 
que dans la plupart des autres pays de l'Europe. 
Dans le midi même, il tait souvent très-froid en hiver, 
mais les étés y sont fort chauds. 



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oéooBArHlE. 



èoL ET PiiODU<jrioN8. — te N. est an pays triste et 
stérile où le froid nuit ^ la végétation. 

Le N. 0. est rempii de lacs, qu^eihbèll ieseiit son- 
vent des aspects pittoresques, et entre lesquels 
s^éièvent des collines rocaillenses. Le centre et 1*0. 
sont les parties les plus peuplées et les mieux oilltivées. 
Le S. offre plusieurs cantons agréables et fertiles ; 
on y récolte beaucoup de blé, de tabao et de lin, et 
la yigne y réussit : mais il y a aussi de grandes step- 
pes herbacées, infestées de sauterelles» 

Le S. E., entre la me r d*Azof et la mer Caspienne, 
contient de vastes steppes sablonneuses, des plaines 
iuiprégrtées de sel et beaucoup de petits lacs salés ; 
tout, dans l'aspect de cette région, annonce que la 
mer Caspienne était autrefois unie à la mer Noire. 

Enfin Vhl. est remarquable par ses immenses forêts 
et ses richesses minérales ; on y trouve d'abondantes 
mines de cuivre, d'or, de platine et môme quelques 
diamants. 

Population et Religion.— La population s'élève 
à 68,000,000 d'habitants. C'est environ le quart de 
la population totale de l'Europe. La religion domi- 
nante est la religion grecque, une des branches du 
christianisme : elle ne reconnaît pas la suprématie 
spirituelle du Pape. L'Empereur est le chef suprê- 
me de l'Eglise grecque en Russie ; mais il délègue 
son autorité à l'assemblée du saint-synode, qui siège à 
Saint-Pétersbourg. 

Les catholiques sont très-nombreux dans les pro- 
vinces polonaises. Les juifs y sont fort répandus ; 
l'on a appelé la Pologne le Paradis des juifs : pres- 
que tout le commerce s'y trouve entre leurs mains. 

Gouvernement. —Le gouvernement de la Russie 
est une monarchie absolue, l'Empereur ou Tzar prend 
aussi le titre d'autocrate de toutes les Russies. Il y 
à un sénat, mais cette . ^ssemb lée est entièrement 
soumise au pouvoir dé l'Empereur. 



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iiU08îfi. 



167 



SUPPLÉMENT. 

GtooKAPHiB niSTORiQUB. — Les anciens désignaient vague- 
ment Rous le nom de Sarmatie, et quelquefois sous celui d6 
Scy thie, les contrées qui forment aujourd'hui la Russie 
d'Europe. Parmi les peuples qu'ils connurent dans ce* 
vastes régions, on distingue : au N. 0., les Vénèdes, lefl 
Oothons, qui paraissent être les mêmes que les Goths ; les 
Estuens ou Esthes ; les Fennes ou Finnois ; à l'O., les Peu« 
cins ou Bastarnes, lés Besses ; — ^au milieu, les AgathyrseS) 
les Sauromates ou Sarraates ; — au S., les Roxolans, dont le 
nom, suivant quelques étymologistes, a formé celui des 
Russes ; les Budins ; les Jazyges ; les Taures et les Gim* 
roôriens, dans la Khcrsonèse Taurique. Plusieurs colonies 
grecques s'établirent dans cette Khersonèso et dans son 
voisinage, au bord du Pont-Enxin : on remarquait Odessos, 
Olbia, Carcine, Khcrsoncsos, Théodosie, Panticapée. 

Au commencement du moyen âge, on voit paraître le nom 
de Slaves pour désigner les peuples de la plus grande partie 
do ces contrées. Rurik, chef des Varôgues, pirates scandi- 
naves qui infestèrent longtemps les bords de la Baltique, 
fonda au neuvième siècle une monarchie qui fut le berceau 
de l'empire Russe, et dont le siège fut d'abord dans le bass'n 
du Dnieper. D'autres princes portèrent ensuite dans le 
bassin du Volga le siège de cette souveraineté, qui eut 
longtemps le titre de grande principauté de Moscovie. Dans 
le treizième siècle, la Russie fut assujettie par les Mongols, 
et resta sous leur domination jusque vers la fin du quin- 
zième siècle. Redevenu indépendant, cet état prit le nom 
d'empire au seizième siècle ; à partir de Pierre le Grand, 
c'est-À-dire de la fin du dix-septième siècle, il s'est constam- 
ment et rapidement accru. 

Aujourd'hui l'empire Russe s'étend non-seulement en 
Europe, mais dans le N. et l'O. de l'Asie. Il occupe à peu 
près le huitième do la surface des parties terrestres du globe. 
La population totale de cet empire est de*75 millions d'habi- 
tants. 

POLOGNE. 



Des tribus slaves connues sous le 
peuplaient la Pologne dans les premiers 
âge. Ce n'est qu'au 8e siècle que cette 



nom de Lèhhea 
siècles du moyen 
contrée devint ua 



royaume unique, sous la dynastie des Piast. La monar- 
chie Polonaise acquit une grande puissance ; l'époque de sa 
plus grande splendeur fut aux 14e, 16e, 16e siècles, sous les 



168 



GEOGRAPHÎE. 



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Jageltonâ. Elle a décliné depuis. Cependant, au milieu du 
18e siècle, elle comprenait une étendue plus considérable 
que la France, et s'avançait à TO. jusqu'au cours moyen de 
l'Oc'er ; au N. 0., jusqu'à la Baltique; au S„ jusqu'aux 
monts Carpathes et au cours moyen du Dniestr ; à l'E,, 
jusqu'au Dniestr ; au N., jusqu'au cours inférieur de la 
Dwina. Affaiblie par des dissensions intestines et attaquée 
par les intrigues du dehors, cette malheureuse monarchie fut 
partagée entie la Russie, la Prusse et l'Autriche en 1772, 
1793 et 1795. 

En 1807, Napoléon I, fit de la Prusse polonaise et de 
plusieurs provinces de la Grande-Pologne, le grand-duché 
de Varsovie, qu'il donna au roi de Saxe. En 1815, le con* 

frès de Vienne rendit une partie de ce grand-duché à la 
'russe et érigea le reste en royaume de Pologne, qu'il livra à 
la Russie* Depuis cette époque jusqu'en 1830 le nouveau 
royaume de Pologne sous le gouvernement d'un vice-roi 
jouit de quelque repos. Après la révolution française de 
1830, elle se révoltîi contre la Russie. Pendant 10 mois la 
Pologne lutta héroïquement contre des forces décuples ; 
vaincue, malgré les efforts des Chlopicki, des Czartoryski, 
des Skrzynecki, des Dembinski, elle fut décimée par le 
vainqueur, perdit la plupart de ses privilèges et vit appesan- 
tir son joug. Un statut organique, rendu le 26 février 1832 
effaça jusqu'aux dernières traces de la nationalité de la 
malheureuse nation Polonaise. 

L'infortunée Pologne, flitiguée des exactions et de la tyran* 
nie de la Russie, s'est révoltée de nouveau, et après une 
lutte sanglante et glorieuse, elle a été écrasée par les masses 
de soldats moscovites. Les glaces de la Sibérie ont reçu, 
{ prèy la défaite, les plus nobles Polonais. 

La Pologne n'existe plus sur la carte de l'Europe ; le 
Tzar, après avoir poursuivi jusqu'au bout la gnip*^" * 'quitô 
commencée vers la fin du siècle dernier, veut effacer j ju'au 
nom de ce malheureux pays et en faire, au mépris des trai- 
tés, une partie intégrante de l'enipiro moscovite. 

L'autocrate a prononcé la déchéance définitive de la 
Pologne. L'Europe insouciante a vu, avec son apathie 
ordinaire, s'accomplir ce grand crime. 

Education. — Les hautes classes de l'empire Russe sont 
éclairées, connaissent les inventions que l'on fait sur tous 
les points du globe, parlent les principales langues de l'Eu- 
rope, surtout le français, et montrent ds l'urbanité et des 



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manières élégantes dans leurs relations sociales ; mais les 
classes inférieures sont restées plongées dans de profondes 
ténèbres ; beaucoup de paysans étaient jusqu'ici de simples 
serfs, c'est-à-dire la propriété de la couronne, mais on vient 
de décréter leur affranchissement ; le gouvernement d'A- 
lexandre II a donné l'exemple de cette belle réforme en 
affranchissant d'abord les serfs de la couronne. 



FKANCE. 

Etendue. — ^La France s'étend du 42e au 61 o 
degré de latitude nord ; c'est la latitude du Canada. 
On coiiîf te du N". au S. environ 220 lieues, et 200 
de rO. à l'E. SuperiSoie, environ 109,000 lieues 
carrées. 

Bornes. — La France est bornée au N. O. par la 
Manche, le Pas de Calais et la mer du Nord ; au N. 
E., par la Belgique et le grand duché de Luxem- 
bourg ; à TE., par la Prusse, la Bavière rhénane, 
le grand-duché de Bade (le Rhin est la borne natu- 
relle), le Jura, qui la sépare do la Suisse, et les Alpes 
qui la séparent de l'Italie ; au S., par la Méditerranée 
et les Pyrénées, qui la séparent de PEspagne ; à 1*0., 
par l'océan Atlantique. 

Division. — La France est partagée en 89 départe- 
ments, dont chacun se divise en un certain nombre 
d'arrondissements. Chaque chef-lieu d'arrondispe» 
ment est la résidence d'un préfet, qui administre le 
département et en même temps l'arrondissement 
dont cette ville est le chef-lieu. Les autres arron- 
dissements sont administrés par des sous-préfets. 
Les arrondissements sont divisés en cantons, à la 
tête de chacun desquels se trouve, pour rendre 
la justice, un magistrat nommé juçe de paix. 
Les cantons comprennent d'autres divisions plus 
petites appelées communes, qui sont administrées par 
les maires, 






160 



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Montagnes. — ^Des frontières da la Suisse à celles 
d'Espagne, s'étend une chaîne de hauteurs formant 
une partie de la grande arête qui, depuis les Monts 
Ouràls jusqu'au détroit de Gibraltar, sépare l'Europe 
eu deux versants généraux, La France est eîle^ 
même partagée en deux versants : celui qui est incli- 
né vers la Méditerranée et celui qui se penche vers 
l'Atlantique, la Manche et la mer du Nord. Cette 
grande ligne porte successivement les noms do Jura, 
de Vosges méridionales, de monts Faucilles, de pla- 
teau de Langres, de Côte d'Or, de Cévènes, et de 
Pyrénées. 

E5ntre la France et l'Italie on trouve les Alpes qui 
prennent différents noms : Alpes Pennines, Alpes 
Grecques, Alpes Cothiennes et Alpes Maritimes. 
Dans ces montagnes on remarque le mont Blanc, de 
près de 14,500 pieds ; le mont Cenis, de près de 
10,000 pieds et sous lequel on pratique en ce moment 
une ouverture pour le passage des chars, ouvrage 
extraordinaire qui est très-avancé ; le mont Vise ; le 
mont Olan ; le mont Ventoux ; le mont Genèvre. 

Les Alpes sont les plus élancées et les plus aiguës 
des montagnes de France ; elles offî'cnt les paysages 
les plus grandioses et les plus pittoresques. Des 
neiges éternelles les couvrent généralement à partir 
de la hauteur de 8500 pieds. 

Les principaux cols entre la France et l'Italie sont 
ceu» du Petit Saint-Bernard, celui du Mont-Cenis, 
celui de Genôvre, celui d'Abriès, d'Agnelle, d'Argoa- 
tière, de Tende. 

Flbuvks et RiviÈREs.-r-Dans le versant de l'At' 
lantique, on allant de l'E. à l'O. et au S., le Rhin, la 
Moselle, la Meuse, l'Escaut, la Somme, la théine et ses 
principaux affluents l'Oise, la Marneet l'Ionne ; la Loire 
et ses affluents la Creuse, la Vienne et la Cher ; la Gi- 
ronde, formée par la Garonne et la Dordogne ; l'Adour, 
près do l'Espagne. Dans le versant de la Méditer- 
l'fiflée OU remarque ; Le HUOie, qui prend sa source 



FRANGE, 



161 



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l'Adour, 
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dans la Suisse et qui reçoit les eaux de la Saône, de 
l'Ain, de l'Isère, de l'Ardèche, de la Durance et de 
la Gardon. 

La France possède aussi un beau système de cana- 
lisation : les canaux les plus remarquables sont ceux 
du Midi, du Centre, du Rhône au Rhin, etc. 

Lacs. — C'est dans le bassin du Rhône que se 
trouvent la plupart des lacs de la France, Le plus 
grand est le lac Léman ou de Genève, magnifique 
masse d'eau formée par le Rhôn et qui sépare la 
Savoie de la Suisse. Le plus gr 1 lac ensuite est 
le lac jde Grand-Lieu, vers l'embouchure de la 
Loire. 

Capitale et Villes. — La capitale est Paris 
cette ville est la première du monde par la culture 
des lettres, des sciences et des arts, par le nombre 
et la variété des moiiuments publics ; mais elle n'est 
que la seconde jjar la population. Ou y compte 
1,700,000 habitants. Elle est située sur les deux 
rives de la Seine et sur deux îles de ce fleuve : l'île 
de la Cité, qui a été son berceau sous le nom de 
Lutèce, et l'île Saint-Louis. Son enceinte est mar- 
quée par des fortifications élevées sous Louis- 
Philippe. Napoléon III a dépensé depuis quelques 
années plusieurs millions pour embellir 1 aris. Le 
Palais des Tuileries, celui du Louvre, le Palais 
Royal, la Bourse, l'Elysée, l'hôtel de ville, la colonne 
de la place Vendôme, la colonne de Juillet, l'arc de 
triomphe de l'Etoile sont des monuments qui méritent 
d'être cités parmi les mille autres qui attirent 
l'admiration des étranger- dans cette grande et admi- 
rable ville. Lyon, ville manufacturière au con- 
fluent de la Saône et du Rhône ; Marseille, sur 
la Méditerranée ; Bordeaux et Toulouse, sur la Garon- 
ne ; la première est célèbre par ses vins ; Orléans, Tours, 
Nantes, sur la Loire ; Toulon, port militaire, sur la 
Méditerranée ; Rouen et Havre de Grâce, sur la 
Seine ; Rochefort, La Rochelle, Quimper, Brest, ports 



162 



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de mer sur l'Atlantique ; St. Brieuc, St. Malo, 
Cherbourg, Caen, Honfleur, Dieppe, Boulogne, 
Calais et Dunkerque, ports de mer sur la Manche, 
etc. 

Climat. — La France est une des contrées les plus 
tempérées du globe ; l'air y est généralement pur, 
et l'on n'y éprouve pas ces ouragans aflreux, ces 
longues pluie», ou ces continuels brouillards qui 
affligent quelques pays ; le climat est très-pluvieux 
aux extrémités occidentales de la France et dans les 
montagnes des Vosges. 

Sol et Peoductions. — Le sol, bien que varié, est 
presque partout fertile et offre de riches plaines à 

frains, de belles prairies naturelles et artificielles, 
es vignobles d^nt beaucoup sont renommés. On 
trouve cependant des landes incultes au S. O., sur 
les côtes de l'Océan, et de vastes bruyères dans les 
départements de l'ancienne Bretagne. Les forêts, 
bien que dévastéec» depuis plusieurs années, occupent 
encore une grande superficie ; outre les céréales et 
le vin, la France donne, selon le climat, une foule 
d'autres productions : chanvre, tabac, houblon, 
graines oléagineuses de toutes sortes, plantes tinc- 
toriales, fèves, pois, haricots, châtaignes, pommes de 
terre, fruits en quantité, olives, truffes ; la bette- 
rave est un objet de grande culture et fournit beau- 
coup de sucre : on élève beaucoup de vers à soie et 
d'abeilles, etc. 

Commerce. — Le commerce tant intérieur qu'ex- 
térieur est très-considcrable et ne le cède en Europe 
qu'à l'Angleterre. La France exporte la plupart 
des produits déjà nommés dans les productions, et de 
plus les étoffes de laine et de coton, l'eaude-vie, lea 
artiples de mode, la librairie, les objets d'art, etc. 

PopuLATiOBT ET Religion. — La France compte 
prés de B7,500,000 d'habitants. Tous les cul- 
tes sont librement professés en France, mais la 



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163 



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relipfion catholique est celle de la majorité des Fran- 
çais ; elle y compte dix-sept archevêchés, qui ont 
pour suflragants soixante-neuf cvêchôs. 

Gouvernement. — Le gouvernement de la France 
est un empire constitutionnel. L'Empereur gouverne 
avec le concours : 1 ® du Sénat, composé de mem- 
bres choisis par le Souverain ; 2 ° du Corps législatif, 
dont les membres sont élus par la nation ; 3 '^ du 
Conseil d'Etat, dont les membres sont nommés par 
l'Empereur. Il y a dix ministères. 

Chemins de per. — Des lignes de chemins de fer 
sillonnent l'empire français dans toutes les directions ; 
les lignes les plus importantes rayonnent autour de 
Paris. 

SUPPLÉMENT. 

GÉOGRAPHIE HISTORIQUE.; — La France correspond en grande 
partie au pays que les anciens appelaient Gaule, ou plutôt 
Gaule Tra,nsalpine. La Gaule conquise par les Romains fut 
partagée en quati-e parties principales : la Belgique, la 
Lyonnaise, l'Aquitaine et la Narbonnaise. Les empereurs 
romains subdivisèrent ces 4 parties en 17 provinces. Quand les 
Francs eurent conquis la Gaule sur les Romains, il s'y forma 
4 royaumes ; Paris, Orléans, Soissons, Metz. L'Aqui- 
taine fut tour à tour indépendante et partagée entre ces 4 
royaumes, dont les trois premiers ont été longtemps compris 
sous les noms de Neustrieet d'Austrasie. Pépin le Bref réu- 
nit tous ces pays en une seule monarchie, dont son ftls 
Charlemagne recula au loin les limites. 

Le démembrement de l'immense empire de Charlemagne, 
sous le règne de ses faibles successeurs, donna naissance à 
trois principaux états : le royaume de France ; le royaume 
d'Allemagne ; l'empire d'Occident, qui forma ensuite les 
royaumes fie Lorraine, de Bourgogne et d'Italie. 

La féodalité se forma et s'agrandit aux dépens de la royauté. 
De 1108 à 1220, le domaine royal s'agrandit rapidement. De 
1220 à 1453, la féodalité et le pouvoir royal se firent une 
guerre continuelle. Louis Xï combattit victorieusement la 
féodalité, et réunit onze grands fiefs à la couronne. 



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GÉOGRAPHIE. 



Les limites de la France ont beaucoup yariô depuis cette 
époque. En 1814, elle fut réduite à ses anciennes limites. 
Ses bornes actuelles sont, au S. E., les Alpes. La Savoie et le 
comté de Nice ont été réunis à l'empire français en 1860 ; 
Victor Emmanuel récompensa ainsi Napoléon III de sa non- 
intervention dans les affaires d'Italie, lorsque cet ambitieux 
souverain s'emparait sans gêne de la plupart des états 
Italiens, et en formait le royaume d'Italie. 

Colonies. — La France possède en Europe : l'île de Corse, 
dans la Méditerranée. Cette île forme un département ; 
Ajaccio en est le chef-lieu. 

En Amérique : la Guyane Française ; les îles de la Mar- 
tinique, de la Guadeloupe, de la Désirade, de Marie-Galante, 
des Saintes et de la moitié de Saint-Martin, dans les Antil- 
les ; Saint-Pierre et Miquelon, dans le golfe Saint-Laurent. 

En Afrique : l'Algérie; Saint-Louis, dans laSénégarabie 
et plusieurs autres comptoirs sur le littoral des deux Gui- 
nées ; l'île Bourbon. 

En Asie : une riche colonie, dans l'empire d'Anam, à 
l'embouchure du Cambodge ; Pondichery, Chandernagor, 
etc., dans les Indes. 

Instruction publique. — ^L'instruction publique esl réglée 
par le ministre de l'instruction publique et des cultes, et par 
un conseil impérial. Il y a dix-sept académies nniversitai- 
res, à la tête de chacune est un recteur, qui a la surveillance 
des cours publics, des lycées, des collèges communaux, et 
des établissements secondaires libres. 

Marine militaire.— La France possède 843 vaisseaux à 
vapeur, et 116 vaisseaux à voiles. Elle en a ajouté 26 en 
1867, deux desquels ont été construits en Canada. 

Armée. — L'organisation militaire est puissante. L'effec- 
tif, en temps de paix, se monte au chiffre de 800,000 hommes 
et de 1.248,000, en temps de guerre. 



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EOYAUME DE BELGIQUE. 

Etendue. — La Belgique est un petit royaume dont 
la latitude inoyenne est au 50e degré et demi. Elle 
a environ 60 lieues du S. E. au N. O., et 30 du N. 



ROYAUMK DE BELGIQUE. 



165 



depuis cette 
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E. au S. O. Sa superficie est d'environ 6000 lieues 
carrées. 

Bornes. — Elle est bornée au N. par la Hollande ; 
à l'E., par la Prusse ; au S. et au S. O., par la 
Franco ; au N. O., par la mer du Nord. 

Division. — Ce petit royaume est divisé en 9 pro- 
vinces. 

MoNTAGNES.-^-Le sol ost généralement plat, 
excepté dans le Hainaut et la Province de Namur, 
où les Ardennes étendent leurs ramifications : ces 
montagnes sont presque partout revêtues de forêts, 
et présentent, en beaucoup d'endroits, des escar- 
pements assez pittoresques. Les côtes sont au» 
dessous du niveau de la mer. 

Fleuves et Rivières. — La Belgique appartient 
tout entière au bassin do la mer du Nord. Les 
principaux fleuves sont la Meuse et l'Escaut : la 
Meuse reçoit, à droite l'Ourthe, et h gauche la Sam^ 
bre ; l'Escaut reçoit, à gauche, la Lys, à droite, la 
Dender, puis le linpel, formé par la réunion de la 
Nèthe et de la Dyle ; la Dylo a pour affluent la 
Senne. 

Canaux et Ciîemins de fer. — Il y a beaucoup do 
canaux dans cet industrieux et commerçant pays. 
C'est surtout au milieu et à. l'O. qu'on les rencontre. 
Il faut distinguer le canal de Gand à Bruges et à 
Ostende ; de Bruxelles et de Louvain au Rupel ; de 
Mons à Condé ; un autre de la Nèthe à la Meuse ; 
le canal du Nord, de la Meuse au Rhin ; etc. 

La Belgique a beaucoup de chemins de fer j 
Malines et Bruxelles en sont les principaux centres, 
Quatre grandes lignes partent de Malines, La plu» 
part des autres grandes lignes rayonnent autour de 
J^ruxelles. 

Capitale et Villes. — La capitale du royaume 
est Bru:çelles, belle et grande ville de 200,000 âmes | 



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elle est situ6e sur la Senne. On y remarque les 
belles places Royale et de THôtel-de-Ville, la superbe 
promenade du Parc, le palais du Roi, le palais de la 
Nation, le palais Ducal, la cathédrale de Sainte- 
Gudulc, l'Observatoire, l'hôtel de ville, dont la haute 
tour gothique est couronnée par la statue colossale 
de St. Michel. Gand, au confluent de la Lys 
et de l'Escaut, et de deux autres petites rivières 
qui y forment 25 îles, réunies par plus de 300 ponts; 
cette ville est très forte ; Anvers, sur l'Escau^ place 
forte et bien défendue ; Liège, sur la Meuse, pos- 
sède une nniversité ; Namur, sur la Meuse ; Bruges, 
dans la Flandre occidentale ; Tournay, dans le 
Hainaut ; Louvain, célèbre par son université, dans 
le Brabant, Malines, sur la Dyle ; etc. A quatre 
lieues de Bruxelles se trouvent les plaines célèbres 
où fut livrée la bataille de Waterloo. 

Climat et Sol. — Le climat est humide et brumeux 
et généralement assez tempéré. Le sol, maigre dans 
les Provinces de Liège et de Lirnbourg, est très 
fertile dans le Hainaut et dans les Flandres. L'agri- 
culture est florissante. 

Productions et Commerce. — Le terrain est 
agréablement varié par des prairies, des bois et de 
belles cultures de céréales, de lin, de houblon, de 
tabac, de garuice, etc. Les jardins sont nombreux 
et admirablement tenus, et les fleurs forment môme 
un objet important de commerce. 

L'industrie est très-développée. On exporte de 
belles toiles, du sucre, du tabac, eau-de-vie, genièvre, 
bière, colle forte, teintureries, produits chimiques, 
impressions sur tissus, fonderies, machines à vapeur, 
tapis ; il y a de nombreuses imprimeries : elles 
nuisent beaucoup au commerce de librairie de la 
France par leurs contrefaçons. 

^ Population et Religion. — La population est d'en- 
virpp 4,800,000 habitants. La religion catholique 



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eet la plus répandue ; mais les autres cultes jouissent 
d'une pleine et entière liberté. 

Le français est ia langue de la partie éclairée du 
peuple belge. Le flamand et le wallon, qui est une 
sorte de patois français, se parlent dans les campa- 
gnes. L'allemand se parle dans le Luxembourg. 

Gouvernement. — Le gouvernement de la Belgi- 
que est une monarchie constitutionnelle. Il y a 
deux chambres, élues par la nation : le sénat et la 
chambre des représentants. 

SUPPLÉMENT. 

GÉOGKAPntÉ HISTORIQUE. — La Belgique occupe une partio 
de l'ancienne contrée du même nom, qui formait le N. de la 
Gaule ; elle fut conquise parles Romains ; réunie ensuite à 
Tempire des Francs, elle s'en détacha sous les descendants 
de Charlemagne, et se vit tantôt soumise à un seul chef, 
tantôt partagée en plusieurs petits états indépendants. 
Ceux-ci, A. l'exception du pays de Liège, que ses évêques ont 
conservé juvsqu'en 1793, entrèrent successivement dans la 
maison de Bourgogne par acquisition ou par conquête, et 
passèrent, en 1477, sous la domination de Maximilien d'Au- 
triche ; son petit fils, Charles-Quint, les légua h son fils 
Philippe ir, roi d'Espagne. 

La Belgique resta, sous le nom de Pays-Bas espagnols, au 
pouvoir de l'Espagne jusqu'au milieu du dix-huitième siècle, 
époque où Louis XIV en fit la conquête ; mais le traité 
d'Utrecht la donna à l'Autriche, et elle s'appela dès lors 
Pays-Bas autrichiens. Conquise à la fin du dix-huitième 
siècle par les armées de la République française, cette con- 
trée fut de nouveau incorporée à la France, où elle forma 9 
départements. En 1814, la Belgique, enlevée à la France, 
fut jointe à la Hollande, pour former le royaume des Pays- 
Bas. Enfin, en 1830, une révolution en fit un état indépen- 
dant. 

Provinces. — Flandre occidentale, Flandre orientale, An- 
vers, Brabant méridional et le Hainaut ; ces 5 provinces 
sont dans le bassin de l Escaut. Dans le bassin de la Meusq 
il y a 4 provinces : Namur, le Luxembourg belge, Liège et 
le Limbourg belge. 



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166 OÊOGRAFIIIB!. 

PAYS-BAS OU NÉTHERLANDË. 

Etendub.^Cg royaume a environ 75 lieues du N, 
E. au S. O. et 36 lieues dans sa plus grande largeur. 
Sa super6cie est do 7,000 lioues carrées. Latitude 
moyenne 62® N. 

Bornes — Au N. et à TO., la mer du Nord , an S., 
la Belgique ; à TE., la Prusse. 

ÙivisiON. — Ce pays est divisé en 12 proTinces. 

Montagnes. — Le sol est partout plat, excepte 
dans le Luxembourg, séparé du reste du royaume 
par la Belgique et couvert par les montagnes des 
Ardennes. 

tiiviÈRES ET Lacs. — tes courâ d'eati sont fort 
hoinbreux ; les principaux sont : ^"Khin et la Meuse, 
qui parcourent le royaume del'L. \ l'O*; et l'Escaut, 
qui coule dans le S. 0. Le Rhin se disperse en plu- 
sieurs branches, dont l'une, qu'on désigne sous lo 
nom de Vieux-Rhin, tombe directement dans la mer 
du Nord, près de Leyde ; à gauche, lo Whaal, le 
Leck, le Neder-Yssel, se rendent à la Meuse. Il y d 
à l'embouchure de la Meuse et de celle de l'Escaut 
J^lnsieurs îles qu'on appelle îles de Zélande. 

Parmi les lacs on citait celui de Harlem, mais par 
de grantls et ingénieux travaux on vient do lo dessé- 
cTïèr. Le lac Biesboch a été produit en 1421, par 
une èfFrÔyable inondation de la Meuse. 

Chemii^s i>e ï-er et Canaux. — Les canaux d'as- 
sainissemetit et les canaux de navigation sont fort 
nombreux. Les principaux chemins de fer vont 
d'Amsterdam h La Haye, par Harlem ; do La Haye 
à Rotherdam ; de Rotherdam à Dordrecht et Anvers ; 
de la môme ville à Utrecht j d'Amsterdam à Utrecht ; 
etc. 

Capitale et Villes. — La capitale de ce petit 



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royaume est La Haye, belle ville qui s'élève non loin 
de la mer du Nord, dans un territoire frais et riant* 
Cette ville compte environ 83,000 habitants. Ams- 
terdam, sur le bord de l'Y, 200,000 âmes ; Niœègue, 
sur la Meuse ; Utrecht, sur le Vieux4ihin ; Harlem, 
près de l'emplacement de l'ancien lac de ce nom ; 
Kotterdam^ située sur la branche septentrionale de la 
Meuse, 110,000 âmes, patrie du savant Erasme; 
Breda, dans le Brabant septentrional ; Groningue, 
dans la province du même nom. 

Le Luxembourg hollandais est séparé du reste de 
la monarchie par la province belge de Liège. C'est 
un pays de montagnes et de forêts. Cette province 
a le titre de Grand-Duché de Luxembourg, et faisait 
partie de la confédération Germanique. Ln 1867, lo 
roi des Pays-Bas voulut vendre ce grand duché à la 
France ; le roi de Prusse intervint et la France, pour 
éviter la guerre avec la Prusse, abandonna ce projet. 
Il fut décidé par les grandes puissances, réunies en 
conférence à Londres, que le grand duché serait 
neutralisé et que le roi de Prusse évacuerait et de* 
mantellerait la forteresse de Luxembourg, une des 
places les plus fortes de l'Europe. 

Climat, Sol et Productions. — Le climat, géné- 
ralement tempéré, est humide et brumeux comme 
celui de la Belgique. Le sol est extrêmement plat 
et a fait donner au pays le nom de Pays-Bas ou 
Hollande (pays creux). Les côtes sont au-dessous 
du niveau de la mer. Les Hollandais ont élevé des 
digues pour se préserver des inondations. Les en- 
droits les plus bas sont près des golfes de Zuyderzée 
et de Dollart, qui ont été en partie formes par des 
inondations, le premier en 1282 et le second en 

isn. 

Malgré cette incommode situation, l'aspect du 

pays est riche et beau ; une infinité de villes, de 

Isourgs et do villages opulents s'y voient de toutes 

parts ; d'excellents pâturages y nourrissent de nom- 

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170 



ôêoORAPItlB. 



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breuz et superbes troupeaux ; l'industrie et la pa* 
tience de» habitants ont couvert un sol assez ingrat 
de richcH cultures de blé, do lin, de tabac, de ga- 
rance ; et les jardins sont parcs avec plus de soin 
que partout ailleurs, do mille plantes d'agrément, 
Burtoutde jacinthes et de tulipes renommées. Mais 
c'est principalement par la navigation et la pêche, 
que le peuple hollandais a atteint une brillante pros* 
périté. 

CoMMERCK.— Le commerce est trôs-florissant, bien 
qu'il ne soit pas ce qu'il a éié autrefois. Les Hollan* 
dais exportent : toiles, laines, drapH, soieries, étoffes 
de coton, beurre, fromage, genièvre, ea>i-de-vie, en 
un mot une foule d'articles qu'ils tirent des Antilles, 
de rOcéanie et de l'Afrique. 

Population et RELiaioN. — Environ 3i millions. 
La plupart des habitants sont calvinistes ; les catho- 
liques sont ensuite les plus nombreux ; puis viennent 
les luthériens. Tous les cultes sont professés libre- 
ment. 

Gouvernement. — Le gouvernement est une 
monarchie constitutionnelle, dans laquelle le pouvoir 
est partagé par le roi, une première chambre, com- 
posée de membres nommés par le Souverain, et une 
seconde chambre, dont les membres sont élus par les 
provinces. Ces deux chambres forment ce qu'on 
appelle les Etats généraux. 



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SUPPLÉMENT. 

Géographie histokique. — Dans l'antiquité, lo S. des Pays' 
Bas actuels faisait partie de la Gaule, et le N., de la Germa- 
nie ; les Bataves, dans la première, et les Prisons, dans la 
seconde, en étaient les peuples principaux. Les Romains 
soumirent cette contrée, après avoir éprouvé une forte résis- 
tance. Elle fut ensuite subjuguée par les Francs, auxquels 
elle échappa sous les successeurs de Charl emagne. Elle fut 
dès lors partagée entro plusieurs chefs indépendants : la 



Crusse. 



171 



Frise devint \\û royaume ; la Gucldro forma un duché ; la 
Itollando, un comté, et le territoiro» d'Utrecht, un évêché 
souverain. Ces divers pays furent, dans le quinziômo 
siècle, réunis aux possessions de la maison de Bourgogne, 
d'où ils passèrent, en 1477, à la maison d'Autriche, puis au 
roi d'Espagne Philippe II. Une révolte éclata contre co 
prince tyrannique, et les provinces hollandaises conqui- 
rent leur liberté : elles cimentèrent leur union par le traité 
d'Utrecht, en 1570, et se constituèrent en une république qui 
prit le nom de Provinces-Unies : il n'y eut d'abord dans cette 
confédération quo les 5 provinces de Hollande, de Zélande, 
d'Utrecht, de Gueldre et de Frise ; Over-Yssel et Groningue 
s'y adjoignirent peu de temps après, et la république acquit 
le Brabant septentrional ou hollandais, au commencement 
du dix-septième siècle. 

La France s'empara des Provinces-Unies en 1795 ; leur 
ancienne constitution fut alors changée, et elles prirent lo 
nom de république Bntave. Napoléon I érigea ce pays en 
royaume de Hollande, en 1807, et lui donna pour roi son 
frère Louis ; il l'incorpora trois ans après à l'empire Fran» 
çais, et il )' forma 8 départements. En 1814, les Français 
perdirent la Hollande ; on lui adjoignit la Belgique, et ces 
deux contrées formèrent ensemble le royaume des Pays- 
Bas. L'insurrection des Belges, en 1880, a réduit la 
monarchie hollandaise à peu près à ses anciennes posses- 
sions ; mais le Souverain a conservé le titre de roi des Pays- 
Bas. 

PiiovixcES.-n-Il y en a 5 autour du Zuiderzée : Frise, 
Over-Yssel, Gueldre, Utrecht, Hollande septentrionale; 4 
maritimes : Hollande méridionale, Zélande, Brabant septen- 
trional et Groningue ; — il y en a 3 non maritimes : Drenthe, 
Limbourg hollandais, Luxembourg hollandais. 



PHUSSE OU CONFÉDÉRATION W L'AL- 
LEMAGNE DU NORD. 



Bornes. — Cetite Confédération e^t bornée au N, 
par la mer d'Allemagne, le Jutlaiid, le Petit-Belt et 
la mer Baltique ; à l'E., par la Russie ; au S., par 
i',^utnclie, le royaupie de jBaviCîre, le gr^n^-duch^ 



172 



GÉOGRAPHIE. 



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de Bade et 7a Bavière rhénane ; au S. O., par la 
France ; à l'O., par la Belgique et la Hollande. 

Division. — Cette vaste confédération comprend : 
l ® l'ancienne Prusse ; 2 ^ des provinces nouvel- 
lement soumises ; 3 '^ des états confédérés, ou volon- 
tairement, ou par la force des armes. 

l'ancienne Prusse comprenait 8 provinces, savoir : 

Pmoincea Gheft-lieux. Population, 

Prusse orientale et Prusse occidenta^e.Kœnigsberg... 87,000 

Posen ,, Posen...,...., 44,000 

Poméranie ,,, Stetlin 68,000 

Prandebourg Potsdam , . . . , 35,000 

Silésie . . , . , , , , Breslau 130,000 

Saxe Magdebourg... Y9,000 

La Westphalie, sur le Rhin , Munster 23,000 

Rhin., , Coblentz...,,, 22,000 

ÉTATS NOUVEIyLEMENT AlfNEXÉS. 

Noms, Population. 

1. Duché de Lauenbourg 49,704 

2. <• de Sleswig .., 406,486 

3. ♦' de Holstein 514,510 

4. Royauaie de Hanovre 1,923 492 

5. Duché de la Hesse-éîectornle ,...,.,., 7îi4,063 

6. '* de Nassau., 46N,311 

7. Provinces de îa Hesse supérieure ,....,.., 289,484 

8. Ville de Francroit...,,, ,...,..... 91, .80 

9. Comté de Hease-Hambourg.,,, ,..., 27;374 



Total de la population annexée. .... 4,555,594 

ÉTATS CONFÉpÉnÉe, 

Noms. Capitales. Population. 

1. Nouveau royaume de Prusse...., Ber in ,23,810,743 

2. Royaume de Saxe , Dresde 2,343,994 

3. Grand-duché de Mecklembourg- 

Schweriu , ....Schwerin 552,612 

4. Grand-duché d'Oldenbourg Oldenbourg ., 301,812 

5. Duch«S de Brunswick Brunswick..... 293,338 

6. Grand-duché de Sax j-Weimar. . . Weimar 280,201 

T.Hambourg 229,901 

S . Duché d' Auhatt .,,,..., ,...,. , De3sau , 1 93,046 






PRUSSE. 



173 



9. Duché de Saxe-Meiaingea Meiningcn 178,Of)!î 

10. " de Saxe-Cobourg. ........ Cobourg 164,527 

11. •* dv-î Saxe-Alteubourg Altenbourg.... 141,839 

12. Principauté de Lippe-Detiuold.. . Detmold 111,336 

13. Rj;êrae 104,071 

14. Grand-duché de Mecklerabourg- 

Strelitz Strelitz.. . . . . . 99,060 

15. Principauté de Reuss, ligne ca* 

dette Géra 86,472 

16. Principauté do Schwarzbourg- 

Rudolitad Rudolstad 73,752 

17. Principauté de tîchwarzbourK- 

Sondershansen SondCiShausen 66,189 

18. Principauté de Wak'eck Arolsen 59,143 

lf>, Lubeck 50,614 

20. Reuss, ligne ainée Greitz 43,924 

21. Principauté de Schauenbourg- 

Lippe Buckebourg.. 31,782 

Total.... 29,216,531 



La Prusse a pris, sous le titre d'annexion, 4^ mil- 
lions d'habitants et a forcé des Etats qui forment 
une population d'environ 5i millions, de s'unir à elle 
sous le titre de confédération. 

Montagnes. — Les monts Sudètes et les montagnes 
des Géants s'élèvent vers la frontière méridionale de 
l'ancienne Prusse ; les montagnes du Harz se mon- 
trent à l'O.; en général cette partie du royaume a de 
vastes plaines, remplies de petits lacs. La partie 
située sur le Rhin est un pays agréablement coupé 
de montagnes et de vallées. On y remarque, vers le 
S., les inouts Eifel de nature volcanique. Dans les 
nouveaux états annexés ou confédérés, on remarque 
au S., le Erz-gebirge ; en général, cette partie de la 
Prupse est composée de vastes plaines. 

Rivières. — Sur le versant de la Baltique, on 
remarque : le Niémen, le Pregel, la Vistule, divit^ée, 
vers son embouchure, en trois branches ; l'Oder, qui 
se grossit de la Warthe. 



174 



GÈOGRAPIIITi'. 




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Les principaux tributaires de la mer du Nord 
sont : l'Elbe, qui a pour affluents la Mulde, la Saale, 
et le Havel, grossi de la Spree ; le Weser, l'Ems, le 
Rhin et ses affluents, le Mayn, la Moselle, la Leine, la 
Lippe. m * 

Laos. — Parmi les lacs, en général peu considéra- 
bles, on doit citer le Frische-hafFetle Curisclie-hafF, h, 
rO. du royaume. 

C'est vers ces lacs que l'on recueille particulière- 
ment la substance résineuse et odorante nommée 
succin ou amhrejaune. Cotte matière est éminem- 
ment électrique par le frottement, brûle facilement et 
répand une odeur agréable ; ou la regarde comme le 
produit d'anciens végétaux. 

Chemins de fer et Canaux. — L'industrie, très- 
active dans ce pays, a sillonné de chemins de fer 
toute cette contrée. Ces lignes mettent les prin- 
cipales villes en communicaiion les unes avec les 
autres. Les principaux réseaux partent de Francfort 
et de Berlin. Il y a aussi plusieurs canaux très- 
importants. 

Capitale et Villes. — La capitale de la Pruspe 
est Berlin. Cette grande ville est située sur la Spree, 
dans une plaine sablonneuse et monotone. Elle a 
environ 3 lieues de circuit et lenterme 525,000 
habitants. 

Les rues en sont larges et bien alignées. Parmi 
les édifices les plus remarquables sont le palais du 
Roi ; l'Arsenal, qui passe pour le plus vaste de 
l'Europe; Je palais de l'IInivorsité, et plusieurs 
églises. Les sciences et les lettres sont brillamment 
cultivées dans cette capitale. Outre les captales des 
provinces annexées ou confédérées déjà nommées, on 
peut citer : Trêves, sur la Moselle ; Mayence, Co- 
blentz, Bonn, célèbre par son univo^'-sité ; Cologne, 
Diisseldorf, Clèves, sur le Rhin ; Aix-1a-Cha]>elle, près 
de la frontière de laTranoe ; ou y élève un nionu- 



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ment en l'honneur de Charlemaccne, dont le tom- 
beau repose en cette ville ; Munster, dans la 
Prusse rhénane ; Leipsick, dans le royaume de 
Saxe, ville célèbre par une victoire remportée par 
Napoléon I ; Tilsit, sur le Niémen, ville célèbre par 
l'entrevue de Napoléon I et d'Alexandre I, en 1807 ; 
les petites villes de Friedland et d'Eylau, au S. E. 
de Kœnisberg, sont fameuses par deux victoires des 
Français en 1807 ; Dantzick est un beau port de 
mer, etc. 

Clïmat et Sol. — Le climat, varié selon la latitude, 
est plutôt froid que chaud, et devient très-froid et 
très humide au N. Dans les provinces nouvellement 
annexées le climit est généralement plus tempéré, 
surtout vers le S. O. 

Le sol do l'ancienne Prusse, en général, est peu 
fertile ; la Prusse rhénane est plus fertile et plus 
industrieuse. Il y a de riches vignobles et beaucoup 
de mines. Le sol des anciennes provinces allemandes 
est moins fertile et généralement bien cultivé. 

Productions.— Céréales, léo;umes et surtout la 
patate, le ch;invrc, le lin. Les chevaux prussiens 
sont remarquables. 

Commerce. — Tous les genres d'industrie et do 
commerce y sont très-florissants, surtout dans les 
provinces nouvellement annexées. On exporte des 
articles d'ébénisterie, d'orfèvrerie, d'horlogerie, des 
jouets, des céréales, du lin, de la laine, du chanvre, 
des toiles, des étoffes, des chevaux, de la peinture, 
etc. 

Population et Religion. — La population est 
d'environ 29 1 millions d'habitants, dont la plus 
grande partie sont proie tants : luthériens et calvi- 
nistes ; près d'un tiers sont catholiques. 

La famille régnante est calviniste. 

Gouvernement. — Les 21 Etats que nous avons 






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176 



GÉOGRAPHIE. 



citÔ8 plus haut forment une conféclération qu'on 
désigne par le nom d'Allemagne du Nord. Le gou- 
verntment local de tous ces états est ou mouarcliique 
couslitutionnel ou républicain. 

SUPPLEMENT. 

GiîoGRAPniE nisTOKiQUE. — La partie de l'ancienne Prusse 
située à l'O. de la Vistulc était anciennement comprise dans 
la Germanie ; la p.artie située à l'E. de ce tleuve se trouvait 
dans la Sarmatie, et c'est là qu'habitaient les Borusses ou 
Porusses, qui ont laissé leur nom au pays. Les chevaliers 
de l'ordre Teutonique et les rois de Pologne se partagèrent 
longtemps la région qu'on appelle maintenant la province de 
Prusse, et qui se divisait alors en Prusse ducale et Prusse 
royale. Les grands maîtres des chevaliers étaient, au 
seizième siècle, margraves ou marquis de Brandebourg, et 
finirent par s'assurer toute la so veraineté des deux Prusses ; 
les princes qui leui succédèrent joignirent peu à peu à ces 
pays toutes les autres provinces que nous avons nommées. 
En 1866, la Prusse ayant fait alliance avec l'Italie tourna ses 
armes contre l'Autriche et s'empara d'une partie des états 
allemands. Elle forma uneconfédération composée de 21 Etats. 
Il n'y a que les royaumes de Bavière, de Wurtemberg et le 
grand-duché de Bade qui n'aient pas subi le sort des autres 
états allemands. 

Instruction publique. — La Prusse est un des états de 
l'Europe les plus éclairés : l'instruction populaire y est fort 
répandue, et les savants prussiens ont fait faire de grands 
progrès aux sciences et aux lettres. 



GRAND DUCHÉ DE BADE. 

Etendue. — Longueur 55 lieues, sur une largeur 
moyenne de 20 lieues. 

Bornes. — Le grnnd-ducbé de Bade est un pays 
long et étroit, borné au N. ])ar !a Prusse ; à l'E., jcir 
le royaume de Wurtemberg; au S., })ar le l^bin, qui 
le sépare de la Suisse ; à l'U., par le Rhin, qui le sé- 
pare de la Fiance et de la Bavièie rhénane. Lati 
tudù moyenne : 49°. 






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GEAND-PUCHÉ DE BAPE. 



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Lati 



DivisioN.-^Ce duché est divisé en 4 cercles ; 
cercle du Lac, cercle du Haut-Rhin, cercle du Rhin» 
Moyen, cercle du Bas-Rhin. 

Montagnes. — Les montagnes de la Forêt-Noire 
forment en grande parlie la limile orientale ; elles en 
couvrent aussi tout le S. ; le mont Feldberg est soi; 
plus haut sommet. 

Fleuves et Rivières. — Ce pays se trouve presr 
que entièrement dans la partie L. du bassin du Rhin. 
Ce grand fleuve parcourt le duché du S. au N. Lo 
Mîyn le limite un peu au N.; leNeckar est un afiluent 
du Rhin ; le Danqbe a sa source dans la partie 
orientale. 

Capitale et Villes. — La capitale est Carlsruhe, 
ville de 30,000 habitants : toutes ses principales 
rues partent du château ducal, en divergeant comme 
Ips branches d'un éventail. Manheim, au confluent 
du Neckar et du Rhin ; c'est la ville la plus commer» 
çante du duché ; Rastadt, sur lo Rhin ; Baden- 
Baden, dans l'intérieur ; Fribourg et Constance, au S, 

Climat et Sol. — Le climat est tempéré. Le sol 
en général est fertile. Au N., sont des plaines vas- 
tes et fertiles. 

P^iODucTioxs.— rLe duché de Bade produit en 
abondance les céréales ; il y a dos vignobles renom? 
mes vers les bords du Rhin, et vers ceux du Mayn et 
du Neckar, qui arrosent le N. du pays. On y trouve 
des mines assez riches en argent, cuivre, plomb, 1er, 
cobalt, houilles. 

Popui^ATioN ET Religîon. — La population est 
d'environ 1,400,000 habitants. Le culte catholique 
et les cultes réforn^és se partagent la population. 

Gouvernement. — Depuis 1818 le grand duché de 
Bade jouit du gouvernement coni^titutionnel. Il 
n'en a p£:s raoios été agité en 1848 par une sanglante 
insurreçtiop. 



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GEOGRAPHIE. 




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SUPPLÉMENT. 

Géographie histouique. — La maison de Bade est une 
ligne cadette de l'antique maison de Zaîhringen. Le premier 
margrave de Bade est Hermann, petit fils de Berthold I, duc 
deZachringen et de Carinthie ; il régnadcl074à 1130 et prit 
le titre de margrave à la diète de Baie. Les états furent 
plusieurs fois partagés entre ses descendants, ce qui donna 
naissance à plusieurs V ranches de la maison de Bade. Après 
la paix de Lunéville, le margrave Charles Frédéric prit le 
titre d'électeur en 1803. En 1806, il adhéra à la Confédé- 
ration du Rhin et reçut en récompense de Napoléon I le titre 
de grand duc avec augmentation de territoire. Après le 
bataille de Lcipsîc, en 1818, le gaand-duché de Bade entra 
dans la confédération germanique, il est demeuré indépen» 
dant et isolé des autres états allemands. En 1867, le grand- 
duc a signé un traité avec la Prusse ; ce traité donne en 
temps de guerre au roi de Prusse le conimandement dos 
armées du grand-duché de Bade. 










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ROYAUME DE WURTEMBERG. 

Etendue. — Longueur 84 lieues, sur une largeur 
moyenne de 60 lieues : superficie 4,000 lieues. 

Bornes. — Oa petit royaume est borné à l'O. et 
au N. O. par le grand duché do Bade ; au N. E. et 
h l'E. par le royaume de l^avière ; au S. 0. et à l'O., 
par le lac Constance et le grapd-duché cle Bade. 
Latitude ir^oyeune 48° 30'. 

Division. — Ce royaume est divisé en 4 cercles : 
Neckar, laxt, Forêt-Noire, Danube. 

Montagnes. — Ce pays est presque partagé égale- 
ment entre les bassins du Rhin et du Danube. Les 
Alpes de Souabe traversent le royaume de TE. à 
rC, et y présentent des sommets âpres et rocail- 
leux. Les montagnes de la Foret-Noire s'élèvent 
Bur la limite occidentale. 

^p'i.EuvBS wv Rivières. — Le Danube traverse le 



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E. et 

l'O., 

Bîvde. 



ROYAUME DE WURTEMBERG. 



179 



Wurtemberg de l'O. à, l*E.; le Neckar coule vers le N. 

Laos. — On voit vers le S. le beau lac Constance, 
qui sépare ce royaume de la Suisse. 

Capitale et Villes.— La capitale est Stuttgart, 
daus une jolie vall<?e près du Neckar. La ville pro- 
prement dite est mal bâtie, mais les faubourgs sont 
beaux ; cette ville a 56,000 âmes. Louisbourg, sur le 
Neckar ; Heilbronn, ville industrieuse ; Hall, célèbre 
par ses sources salées ; TUbingen, sur le Neckar. 

Climat et Sol. — Le climat est un peu froid. Le 
sol est assez fertile et Pagriculture bien entendue. 

On y trouve à chaque pas le contraste d'une nature 
sauvage et pittoresque avec une nature fertile et 
embellie par les soins de l'homme. Des forêts d'ar- 
bres fruitiers s'étendent sur les parties basses de 
leurs pentes, et on y remarque surtout le merisier. 

Productions. — Ce royaume est très-riche en 
céréales et en excellents pâturages. 

Commerce.— L'industrie et le commerce sont très- 
actifs. On y exporte : draps, toiles, cuirs, g.ints- 
nankin, papier, horloges, bijoux, faïence, glaces, 
verres, etc. 

Population et Religion. — La population appro- 
che 1,700,000 habitants. La religion évangélique 
domine ; la tolérance est illimitée. 

Gouvernement. — Le gouvernement est une mo- 
narchie constitutionnelle. 



égale- 
Les 

l'E.à 
'ocail- 
èvent 

jrse le 



SUPPLÉMENT. 

Géographie historique. — Depuis trois siècles, les états 
partag\iient de fait la souveraineté avec le prince. La dy* 
nastie régnante n'a point changé depuis le XïII siècle. Le 
roi avait le sixiôiuo rang dans la Confédération et 4 voix à 
la diète générale. Cet état, comme le grand duché de Bade 



180 



GÉOGRAPHIE. 






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et la Bavière, est séparé de TAIlc magne du Nord, et à con* 
serve son autonomie. Le roi de Prusse, en vertu d'un traité, 
a le commandement des troupes de ce petit royaume en 
temps de guerre. 

Instruction publique. — L'instruction publique est très* 
répandue dans ce pays. Il y a une université à Tubingue. 



ROYAUME DE BAYIEEE. 

Etendue. — La superficie totale, y compris la 
Bavière rlionano, à l'O. du Rhin et sur les frontières 
de la France, est d'environ 17,300 lieues carrées. 

Bornes.— Le royaume de Bavière est borné au K". 
par la Prusse ; à l'È. et au S., par l'Autriche ; à 
l'O., par le Wurtemberg et le duché de Bade ; au 
N. O., par la Prusse. Le 49e parallèle marque la 
latitude moyenne. 

Division. — La Bavière se divise en Bavière danu- 
bienne et en Bavière rhénane, et comprend 8 cercles : 
la Haute-Bavière ; la Basse-Bavière ; le Palalinat ; 
le Haut-Palatinat ; la Haute-Franconie ; la Moyenne* 
Franconie } la Basse-Franconie ; la Souabe. 

Montagnes. — La Bavière rhénane est coupée en 
deuîf parties égales par la chaîne des Vosges ; au 
centre ('»l le mont Tonnerre. 

La Bavière danubienne est très-montagneuse. Au 
S., le pays est couvert par les ramifications des Alpes 
Rhôtiques ; entre le Mayn et le Danube s'étend le 
Fichtelgebirge ; sur les frontières de l'E., on voit 
les monts Bœhmerwald. L'Erz-gebirge et le Fichtel- 
berg dessinent leurs frontières du coié du N. 

RiviKRKS ET Lacs. — La Bavière est traversée de 
PO. à l'E. par le Danube, dont les principaux affluents 
qui arrosent la Bavière sont : le Lech, Tlnn, l'Isar, 
rAltmiihl. Le N.est arrosé par le Mayn, qui se dirige 
de l'E. àl'O. 



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ROYAXTME DB BA-VIERB. 



181 



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Au S., il y a plusieurs lacs, entre autres, le lao 
Constance, le lac Wiirra, le ( hiem, etc. 

Capitale et Villes. — La capitale du royaume de 
Bavière est Munich, grande et belle ville, sur l'Isar, 
et peuplée de plus de 148,000 habitants. Elle possède 
de nombreux et importants établissements relatifs 
aux beaux-arts et aux sciences ; tels sont le musée 
de peinture, la bibliothèque royale (800,000 volu- 
mes); l'université, etc. La lithographie y a été 
inventée. Les autres villes remarquables du bassin 
du Danube sont : Angsbourg, Ingolstald, Ratis- 
bonne, Passan, Nuremberg ; dans le bassin du Mayn, 
Lindau, sur les bords du lac Constance. 

Le chef-lieu de la Bavière rhénane est Spire, près 
du Rhin ; Deux-Ponts est une jolie petite ville ; 
Landau a d'importantes fortification». 

Climat, Sol et Productions. — ^Le climat est doux 
et tempéré ; le sol est fertile et renferme beaucoup 
de mines et de carrières ; il produit en abondance 
des grains, des légumes, des fruits, du vin, du lin, du 
chanvre. On trouve au N. de vastes plaines et de 
belles forêts ; beaucoup de botes fauves et de gibier; 
une grande quantité de bcst''uix, d'abeilles et de 
volailles. 

Commerce. — L'industrie est active et le commerce 
important. 

Population et Religion. — La population est de 
4,700,000 habitants. Les deux tiers sont catho- 
liques. 

Gouvernement. — Le gouvernement de Ir Bavière 
est une monarchie constitutionnelle : elle est entiè- 
rement séparée de la confédération de rAUemague 
du Nord. 

SUPPLÉMENT. 

Instruction publique.-— L'instruction publique est très- 
avancée en Bavière ; on y compte 3 universités : celles de 
Munich, d'Erlangen et de Wurtzbourg. 



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GÊOGSAPmË. 



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Les revenus do la Bavière s'élèvent à 61,000,000 fr ; aon 
armée est de 60,000 hommes. 



AUTRICHE. 

Etendub. — Cette monarchie a environ 250 lieues 
de l'E. àl'O., et 100 lieues dans en moyenne largeur. 
Sa latitude moyenne est au 48e degré. 

Bornes. — Lempire d'Autriche a pour bornes, au 
N., le royaume de Prusse et l'ancien royaume de 
Pologne ; à l'E., la Russie et la Turquie ; au S., la 
Turquie, le ^olfe de Venise et l'Italie ; à l'O., la 
Suisse, la Bavière et la Prusse» 

Montagnes. — La grande arcte européenne par* 
court de l'E. à l'O. le K". de l'empire, en pojtant le 
nom de Carpathes centrales, de Sudètes, de monts 
Moraves, et elle se présente ensuite sur la frontière 
occidentale avec le Bœhmer-wald. Deux rameaux 
s'en détachent au N.: ce sont ceux qu'on nomme 
Erz-gebirge et Riesen-gebirge. Deux autres rameaux 
s'en séparent vers le S.: ce sont les Carpathes occi- 
dentales et les Carpathes orientales, suivies des 
Carpathes méridionales. Ces dernières sont très* 
étendues, et elles se prolonjrent en arc immense dans 
la partie orientale de la monarchie. 

Le S. O. de l'empire est traversé par une des plus 
importantes branches méridionales de la grande 
arête européenne : ce sont les Alpes Orientales, qui 
y portent successivement les noms d'Alpes Rhéti- 
ques, d'Alpes Carniques, d'Alpes Juliennes et d'Al- 
pes Dinariques. Les Alpes Noriques, les Alpes 
Bavaroises, les Alpes Styriennes et les Alpes Salz* 
bourgeoises sont des rameaux de ces dernières 
chaînes. 

Fleuves et Rivières. — L'Autriche est partagée 
entre quatre bassins de mer : tout ce qui est au N". 
de la grande arête principale est réparti entre les 



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ADTRICIIK. 



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bassins du Nord et do la mer Baltique. Tout ce qui 
est au S., et c'etst la partio la phis considérable, ap- 
partient aux bassins de la mer Noire et de l'Adria- 
tique. 

Sur lo versant de la mer du Nord, coule l'Elbo, qui 
reçoit la Moldau, à gauche. Le Rhin bo/ne un peu 
l'empire vers l'O. 

Sur le versant do la Baltique, ">n remarque l'Oder 
et la Vistule, à laquelle se joint If San. 

Le Danube esi dans le versant <U; la mer Noire ; il 
parcourt le cœur de l'empire, et il occupe le fond 
de cette immense vallée renfermée entre la grande 
arête européenne et les Alpes oiicntales. Il reçoit 
rinn, l'Eus, le Kaub, la Drave, la Save, la Morava, 
le Vag, le Gran, la Théiss : celte dernière est unie 
au Danube par le canal François. On remarque 
encore sur ce versant le Dniester. 

Sur le versant de l'Adriatique, on trouve laSdob' 
ba, le Tagliainento, la Piave, la Brenta, etc. 

Lacs. — Les deux lacs les plus importants Font 
celui de Balaton, au centre de l'empire, et le lae 
marécageux de Neusield. 

Capitale et Villes. — La capitale de l'empire est 
Vienne, sur la rive droite du Danube, qui est tort 
large en cet endroit et qui y forme plusieurs îles 
couvertes de plantations. 11 y a des faubourgs très- 
grands et plus beaux que la ville proprement dite. 
Cette capitale renferme 560,000 habitants. On doit 
citer, parmi ses principaux édifices, la grande cathé- 
drale de Saint-Ltienne et le palais Impérial. Uu 
public nombreux fréquente les magnifiques prome- 
nades des îles du Danube. Près de Vienne est le 
village de Wagram, célèbre par une victoire des 
Français en -1809. Prague, ville de 150,000 
âmes, agréabl emcnt située sur la Moldau : c'est la 
capitale du royaume de Bohême ; Briin, la capitale 
de Ja Moravie, est une belle ville de 60,000 habitants 
et est une pl^ce fovte j Austerlit?, petite ville fameuse 




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184 



GiOGRAPHIE. 






par une grande victoire des Français en 1805 ; 
Salzbourg, capitale du duché du môme nom ; Gratz, 
sur la Mur, est la capitale de la Styrie ; Inspruck, 
ville de 16,000 âmes, entre de hautes montagnes, est 
la capitale du ïyrol ; Laybach, près de la Save, est 
la capitale de la Carniole ; Leraberg, capitale de la 
Galicie, grande et bi*lle ville de 70,000 âmes ; Bude 
ou Ofon, sur le Danube^ avec 55,000 habitants, est 
la capitale de la Hongrie ; Pesth, sur la rive gauche 
du Danube, en face de Bude, et peuplée de 130,000 
âmes, est la plus grande ville de ce royaume ; ^ara^ 
petite ville maritime, est la capitab de la Palmatie ; 
Trieste et Raguae sont des ports importaiits sur 
l'Adriatique, 

Climat, Sol w Fkoluotionb. — Le climat est 
généralement tempéré ; les cantons voisins de l'A- 
driatique jouissent d'un climat fort chaud. I^e sol 
est généralement fertile. Le nord est montagneux. 
Au centre il y a de vastes plaines, dont plusieurs 
(9ont marécageuses et ma!s»ines. Sur les limites N. 
E., on en rencontre d'autres d'un aspect un peu 
monotone. On trouve des pays superbes au pied 
des Alpes. On récolte partout les céréales et des 
vins renommés dans plusieurs parties de l'Autriche, 
}i^nfin, pei( de contrées sont aussi riches en métaux { 
il y a de l'or, de l'argent, du cuivre, du fer, du mer- 
cure, de l'étain, etc. 

Population kt RELiGiON-^-La population de cet 
empire est d'environ 33} millions, dont la grande 
majorité professent le catholicisme. La monarchie 
Autrichienne n'est paa peuplée par une seule et 
grande nation, et ses habitants ne peuvent pas être 
appelés Antrichiena : c'est une agglomération de 

Ï)euple8 divers, profondément séparés entre eux par 
es mœurs, les institutions, le langage, souvent même 
par une forte antipathie. On con4pte 8 millions 
d'Allemands, Q millions de Hongrois ou Magyars, 
15 millions de Slaves, 4 à 5 millions de Roumains, UQ 
luilUon d'autres familles ethnograj^l^iaues, 



9UI88B. 



185 



805 



Les langues parlées dans l'empire sont aussi 
diverses que les nations qui riiabitent. Cette diver- 
sité d'idiomes a fait adopter le latin comme lien 
entre les différentes populations de la Hongrie et de 
la Transylvanie. 

Gouvernement. — Le gouvernement de l'Autriche 
est une monarchie dont le pouvoir est limité par uft 
conseil de l'empire ou Reichsrath ; la Hongrie a ses 
diètes particulières. 



i 



SUPPLÉMENT. 

GÉoGRAPmE HISTORIQUE. — Le Noriçue, la Pannonîe et la 
Dacù sont les anciens pays principaux auxquels correspond 
l'empire d'Autriche. Il se forma, au moyen âge, dans cette 
partie de l'Europe, plusieurs états indépendants, tels que le 
royaume de Bohême, le royaume de Hongrie, le duché 
d'Autriche, qui reçut ensuite le titre d'Archiduché. Ce 
furent les souverains de ce dernier qui devinrent à la fin 
les plus puisi:iants, et ils ré unirent peu à peu à leur duché 
les pays voisins ; ils parvi nrent aussi à rendre héréditaire 
dans leur maison la couronne impériale d'Allemagne ; mais 
il faut remarquer qu'ils ne possédaient pas cette contrée : 
décorés du titre de chef de l'empire, ils exerçaient seule-^ 
ment une suprématie sur les nombreux états allemandSr 
En 1806, ils cessèrent d'être empereurs d'Allemagne, et ce 
fut alors que leurs possessions prirent le nom d'empire 
d'Autriche. 



Ul^ 



SUISSE OU CONFÉDÉRATION HELVÉ- 
TIQUE. 

Etendue. — Ce pays a 75 lieues, de l'E h. l'O., et 
60 du N. au S., et 8200 lieues carrées. Latitude 
moyenne 47° 

Bonnes. — La Suisse est placée au centre de l'Eu- 
rope : elle est bornée au N. par le Grand-Duché de 
Bade, le royaume de Wurtemberg et celui de 



186 



GÉOGRAPHIE. 









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la Bavière ; à l'E., par l'empire i* Au triche ; au S., 
par ritalie ; à TO., par la France. 

Division. — La Suisse est composée de 22 cantons 
coiitédérës. 

Montagnes. — La grande arête qui sépare l'Eu- 
rjp»pe en deux versants généraux, celui du N. et celui 
du S., parcourt cette contrée au S. O., au S. et à 
l'O. Tout ce qui se trouve au N. de cette arête, 
appartient à la mer du Nord ; tout ce qui se trouve 
au S. fait partie du bassin de la Méditerranée et de 
deux de ses divisions, la mer Adriatique et la mer 
Noire. 

A l'E., cette chaîne porte le nom d'Alpes des 
Grisions, depuis l'Allemagne jusqu'au mont Septimer, 
et elle se dirige c'a N. E. au S. O. Dans la partie 
moyenne, elle court de l'E. à l'O., et s'appelle d'a- 
bord Alpes Rhétiques occidentales, depuis le mont 
Septimer jusqu'au mont Bernardino ; ensuite ce sont 
les Alpes Lépontiennes orientales jusqu'au mont St. 
Gothard, et, plus à l'O., les Alpes Bernoises, qui se 
prolongent jusque vers la pointe orientale du lac de 
Genève. 

La partie occidentale de l'arête s'étend du S. O. 
au N. E. sous le nom de Jura et sépare la Suisse de 
la France. 

Deux arêtes secondaires se détachent de l'arête 
principale et vont séparer entre eux les bassins de la 
Méditerranée, de l'Adriatique et de la mer Noire : 
l'une est formée des Alpes Rhétiques orientales, qui 
s'élèvent entre les tributaires de la mer Noire et les 
tributaires de l'Adriatique. La seconde, plus haute 
que toutes les autres chaînes de la Suisse, s'étend sur la 
frontière méridionale, et sépare le versant de l'Adria- 
tique de celui de la Méditerranée ; elle se compose 
des Alpes Lépontiennes occidentales et des Alpes 
Pennincs, dont le mont Rosa est la limite commune. 

Les points culminants lont : le mont St. Gothard, 
d'environ 9,500 pieds ; le mont Rosa, de 14,000 



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SUISSB. 



187 



pieds ; les monts Bernardino, Bliicen, Grimsel, la 
Fourche, Cervin, le mont B!anc. Le Grand-Saint- 
Bernard, 10,900 pieds, est le plus célèbre de tous 
ces sommets, à cause de son hospice et du passage 
des troupes françaises en 1800. L'hospice du 
Grand-Saint-Beruard se trouve à près de 7,300 pieds 
de hauteur, et c'est sans doute Thabilation la plus 
élevée de l'Europe ; des religieux y reçoivent les 
étrangers avec un empressement et des soins tou- 
chants ; ils parcourent les routes avec de gros chiens 
dressés pour porter des secours aux voyageurs 
ensevelis sous les neiges, et ils en sauvent ainsi 
chaque année un grand nombre. 

Fleuves et Rivières. — Le Rhin, qui a sa source 
au mont Adula ; ses principaux affluents, en Suisse, 
sont la Thurr, l'Aar, la Reuss, la Sarine ou Saane ; le 
Rhône, qui descend ".vec impétuosité des glaciers du 
Grimsel et de la Fourche et forme le magnifique lac 
de Genève ; le Doubs, le Tésin, l'Inn, affluent du 
Danube. 

Lacs. — ^Au N., le Rhin forme le lac Constance ; au 
S., on remarque le lac Genève, qui s'étend de l'É. à 
l'O., en forme de croissant : on peut citer encore les 
lacs Majeur, sur la frontière de l'Italie ; Neufchatel, 
Zurich et plusieurs autres. 

Capitale et Villes. — La capitale de la confédé- 
ration est Berne. Cette ville, située sur une pres- 
qu'île de l'Aaar, est belle, fort animée, et offre, par- 
mi ses plus intéressants édifices, la cathédrale de 
Saint- Vincent. On y compte 30,000 habitants. 
Zurich, sur le lac du même nom ; Lucerne, sur le 
lac Wald.statter ; Genève, sur le lac du même nom ; 
Fribourg, sur la Saane ; St. Gall, près de la Thurr, 
etc. 

Climat. — Le climat offre, dans ce pays, do^ varia- 
tions infinies : un hiver perpétuel règne au sommet 
des Alpes ; mais on jouit, dans les vallées, de la 
température la plus douce. 



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188 



GÉOGRAPHIE. 



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II 






Sol et Productions.— La Suisse est célèbre par 
îa variété de ses sites et par ses délicieux paysages, 
par ses beaux lacs, ses montagnes ninjestueuses, ses 
vallons pittoresques et le-» nombreuses cascades de 
ses tonents. La plus grande partie de la Suisse est 
impropre à la culture ; mais il y a, sur les flancs des 
montagnes, d'excellents pâturages, où paissent 
d'innombrables troupeaux de vaches superbes, de 
bœufs, de moutons et de chèvres. Ou y cultive, 
outre les céréales, le tabac, les figues, les amandes, 
les châtaignes, les olives et la vigne. 

Commerce. — Bêtes à cornes, fromage, beurre, suif, 
peaux, chanvre, lin, bijouteries, ouvrages ert bois, 
étoffes de coton, popelines, bas, tissus de paille^ 
etc. 

Population et Religion. — 2,500,000 habitants, 
dont les trois-cinquièmes environ sont calvinistes j 
les antres sont catholiques. Les catholiques ne 
iouissent pas d'une liberté pleine et entière dans 
l'exercice de leur religion. 

Gouvernement. — Les 22 cantons de la Suisse 
forraeTit en tout 27 états ou républiques, car Bàle, 
Appenzell et Unterwalden sont divisés, chacun, en 
deux républiques distinctes, et les Grisons en com- 
prennent trois. Ces états sont unis et confédérés, 
pour le maintien de leur liberté, contre toute attaque 
de l'étranger et pour la conservation de Tordre et de 
la tranquillité dans l'intérieur. D'après la constitu- 
tion de 1848, le gouvernement est composé de trois 
pouvoirs : 1 ® l'assemblée fédérale ; 2 ® le conseil 
fédéral ou pouvoir exécutif ; 3 ® le tribunal fédéral. 
Le conseil fédéral est présidé par le président de la 
confédération, nommé pour un au par l'assemblée 
fédérale et pris dans le sein du conseil. La Suisse 
est un des états dits Neutres. 



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La Suisse 




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ESPAGNE^ 
SUPPLEMENT, 



189 



GEOGRAPHIE HISTORIQUE. — T^a Suisso prcsque entière cor- 
respond au pays des anciens Helvétiens, qui était compris 
dans la Gaule ; voilà pourquoi on lui donne quelquefois le 
nom d^Ifehétie. Les autres peuples gaulois qui habitaient 
cette contrée étaient, au N., les Rauraques, et, au S,, les 
Véragre»^ les Nanttiates, les Séduna, les Orobiens, A V%,^ 
elle renferme une partie do l'ancienne JRhétie. 

De la domination des Komains, la Suisse passa sous celle 
des Bourguignons et des Allemands, puis sous celle des 
Francs ; elle fut partagée ensuite entre l'Allemagne et le 
royaume de Bourgogne Trans-Jurane, et enfin incorporée 
tout entière à l'empire d'Allemagne dans le onzième siècle. 
En 1308, les trois petits cantons de Schwitz, d'Uri et d'Unr 
terwalden secouèrent le joug des princes autrichiens quj 
gouvernaient cet empire, et jetèrent ainsi les fondements de 
la confédération, qui s'augmenta bientôt des cantons do 
Lucerne, de Zurich, de Glaris, de Zug, de Berne, etc. 

Au commencement du seizième siècle, il y avait déjà 13 
cantons libres et confédérés ; mais il ne s'en joignit pas 
d'autres ensuite pendant près de 800 ans, Ce n'est que 
dans le siècle actuel que la république s'est accrue des can- 
tons d'Argovie, de Saint-Gall, des Grisons, du Tésin, de 
ïhurgovie, de Vaud, de Genève, de Neuchâtel et du Valais, 



ESPAGNE. 

Etendue. — L'Espagne forme avec le Portugal 
]Line grande presqu'île située à ^extrémité S. 0. de 
l'Kurope, et nommée péninsule Hispanique. Elle est 
renfermée entre le 36e et le 44e degré de latitude 
^. Elle compte environ 190 lieues du N. au S. et 
1^5 lieues dans sa largeur moyenne. 8a super^cie 
est d^environ 93,000 lieues carrées, 

BoENES.-— L'Espagne, est bornée au N. par la mer 
ou golfe de Biscaye et les Pyrénées, qui la séparent 
de la France ; àVE., par la Méditerranée ; au S., par 
la même mer, le détroit de Gibraltar et l'océan 
Atlantique ; à TO,, par le Portugal et l'océan Atlan? 
tjijue, 



■*1 '-l^f^-' 



190 



OÉOGBÀPHiE. 






1 ' • f 

Division. — La division administrative de l'Espafçno 
(sans y comprendre les iles Baléares et les îles 
Oàhariesl est de 47 provinces^ réparties en 13 capi- 
taineries générales, qui remplf;cent à peu près lès 
anciennes grandes provinces dont l'Espagne était 
composée avant 1820. 

Montagnes. — Ce royaume est fort montagneux, et 
les chaînes qui le couvrent sont généralement très- 
hautes et très-escarpées. 

Sur la frontière do France, on voit les Pyrénées ; 
les monts Cantabres et les monts Ibériques se prolon- 
gent du N. au S. jusqu'au détroit de Gibraltar et 
séparent, avec les Pyrénées, le versant de la Médi- 
terranée de celui de l'Océan. 

Quatre longues branches se rattachent vers l'O. à 
la grande arête du partage des eaux : la le se pro- 
longe Kous le nom d'Asturies jusqu'au cap Finistère ; 
la 2e est généralement connue sous le nom de mon» 
tTignes de Castille et est formée de la Sierra de Gua- 
darrama, Sierra de Gredos et de Sierra do Estrella, 
et se termine au cap de Roca ; la 3e comprend les 
montagnes de Tolède, la Sierra de Guadalupe et se 
prolojjge jusqu'au cap Saint- Vincent ; la 4<o est la 
Si» rra Morena. 

Fleuves et Rivières, — La péninsule Hispanique 
est divisée en deux grand« versants; celui de TE-, 
exposé vers la Méditerranée, et celui de l'O., incliné 
vers l'Atlantique. Sur le premier, on voit trois 
principaux fleuves : l'Ëbre, le Jacar et la Ségura. 
Sur le versant de l'Atlantique, on trouve en descen- 
dant du N. au S., la Bidassoa, petite rivière intéres- 
sante parce qu'elle trace la limite entre la France et 
l'Espagne ; le Minho ; le Douro ; le Tage ; la 
Guadiana ; le Guadalquivir, etc. 

II y a peu de canaux en Espagne : les plus impor- 
tants sont le canal impérial ou d Aragon, qui longe 
une partie du cours de l'Ebre, et le canal de Castillcj 
entre l'Ebre et le Douro, 



ESPAGNE. 



191 



spacfno 
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3 oàpi- 
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ance et 
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longo 

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Capitale ht ViLLEs.-^La capitale du royaume 
est la belle ville de Madrid, sur le Maozanares, fort 
petite rivière, que l'on traverse sur de superbes 
pouts. Elle renferme 260,000 âmes. C'est, de toutes 
(es capitales de l'Europe^ la plus élevée au-dessus du 
niveau de la mer (2500 pieds). On y remarque de 
superbes promenades, quelques beaux édifices, et 42 
places, entre autres la Grande Place, célèbre par les 
courses de taureaux et les fêtes publiques. La plus 
belle promenade est celle du Prado. Barcelone, 
Tarragone, Valence, Carthagène et Malaga, près de la 
Méditerranée ; Gibraltar, place très-forte, sur le 
détroit de ce nom : cette ville appartient aux An- 
glais ; Cadix, sar l'Atlantique ; Séville, sur la 
Guadelquivir, c tte ville reçut les restes de Chris- 
tophe Colomb ; Grenade, sur la petit© rivière Genil, 
affluent du Guadalquivir ; Saragosse, sur l'Ebre ; 
Cordoue, sur la Guadalquivir ; TolèJe, sur le Tage ; 
Valladolid, sur le Douro, etc. 

Climat. — Lo versant de la Méditerranée est la 
partie la plus chaude et la plus belle de TEspagne. 



l 



e versaut de l*AtIantique jouit d'une température 
agréable. Le milieu de l'Espagne est triste, mono- 
tone et beaucoup plus froid que la position do la 
péninsule ne pourrait d'abord le faire croire. 

Sol. — Le sol en général est très-fertile. La 
végétation est magnifique sur le versant de la 
Méditerranée ; on y voit, surtout vers le S., des bois 
entiers d'orangers et de citronniers ; la canne à 
sucre, le cotonnier, le caroubier, le lentisque, le gre- 
nadier, le palmier, y réussissent ; lo caféier même et 
l'indigotier y ont été acclimatés ; les oliviers et la 
vigne y donnent d'excellents produits ; les mûriers 
propres au ver-à-soie y abondent. Cette région est 
exposée au vent brûlant appelé solano. îSnns avoir la 
richesse de végétation de la Méditerranée, le versant 
do l'Atlantique produit en abondance la vigne, les 
céréales et presque toutes les productions des tropi- 






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piuues. La richesse principale de la région du 
inilien consiste en beaux pâturages qui nourrissent 
des mérinos, moutons qui donnent une laine très-fine^ 
et dont on voit d'immenses troupeaux voyager, 
suivant les saisons, des vallées sur les montagnes et 
des ontagncs dans les vallées. On élève des che- 
vaux et des mulets renommés. 1/Espagne est une 
des contrées les plus riches en minéraux utiles ; on 
y trouve de l'or, mais pas en assez grande quantité 
pour mériter qu'on l'exploite ; il y a beaucoup de 
cuivre, de ]tlomb, de fer, do mercure, de houille, de 
sel, de marbre. 

CoHMERCE. — Vins, laines, raisins, beaucoup de 
fruits, huile d'olive, soie, sel, denrées coloniales^ 
etc. 

Population et Religion. — La population de 
l'Espagne est de 16 millions. Le catholicisme est la 
religion de ce pays. 

Gouvernement. — L'Espagne est une monarchie 
constitutionnelle. Il y a doux assemblées législatives, 
l'une, le sénat, l'autre, la chambre des députés j on 
les désigne sous le nom général do Cortôs (c-à-d, 
cours). 

Chemins de fer. — Bien que le peuple espagnol 
soit peu industrieux, il y a cependant un réseau de 
chemins de fer assez considérable. 



SUPPLÉMENT. 

• 

GiOGRAPniE HISTORIQUE. — Lcs auciens donnaient à cette 
péninsule différents noms : ils l'appelaient tantôt Hispanie^ 
tantôt Hibérie^ tantôt Hespésiey c'est-à-dire le pays du 
Couchant Les Phéniciens vinrent s'y établiir aune époque 
très-reculée. 

Les Grecs y fondèrent quelques colonies. Ensuite les 
Carthaginois soumirent peu à peu cette belle contrée ; mais 
dès le 3e siècle avant J. C, les Romains commencèrent à 
leur en disputer la possession, et, après une lutte acharnée 



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itrée ; mais 



E8PAGNK. 



193 



(le 200 ans, ils s*cn virent complètement maîtres : ils la 
divisèrent d'abord en Ifispanie citérieure^ en Hispanie 
ultérieure. Plus tard, Auguste donna à la première le nom 
de Tarraconaise, et partagea la seconde en deux parties : la 
Bétiquc et la Lusitanie. 

A la chute de l'empire Romain, l'Hispanie fut envahie par 
les VandaleSy les Sveves, les Ooths ; ceux-ci furent les plus 
puissants, mais ils virent à leur tour leur rovaume renversé 
par les Maures et les Arabes réunis, au 8e siècle. Quelques 
anciens Espagnols réfugiés dans les montagnes du N. entre- 
prirent de repousser ces étrangers, et bientôt s'élevèrent les 
royaumes de Galice, de Léon, dWviédo, do Custille et 
A^ Aragon. Les musulmans, de leur côté, nprôs avoir formé 
lonfi-temps la puissante et riche monarchie des kalifes de 
Cordoue, se divisèrent en plusienrs petits états, tels que les 
royaumes de Cordoue, de Séville, de Jaen, de Grenade Qt de 
Valence. 

Après 700 ans d'une lutte continuelle, la puissance 
musulmane fut enfin anéantie sous le régne de Ferdinand et 
d'Isabelle, qui, unissant les couronnes d'Aragon et de Castille, 
se trouvèrent maîtres do toute la péninsule, à l'exception du 
Portugal. Ce fut dans le mêrpo temps que Colomb décou- 
vrit l'Amérique, et procura ainsi à l'Espagne d'immenses et 
riches territoires. 

La puissance espagnole augmenta encore sous Charles- 
Quint, qui se vit possesseur h la fois de l'Espagne, de 
l'Autriche et des Pays-Bas. Philippe II, son fils, joignit le 
Portugal à vses états, mais il perdit une partie des Pays- 
Bas par suite d'une insurrection, et l'Autriche était redevenue, 
à la mort de Charles Quint, un état particulier. En 1640, 
le Portugal se rendit indépendant ; dans le même siècle, 
Louis XIV enleva à l'Espagne ce qui lui restait des Pays- 
Bas ; enfin, dans le siècle actuel, cette nation a perdu pres- 
que toutes ses colonies américaines, qui se sont érigées en 
républiques. 

Les guerres civiles, qui l'ont agitée depuis un grand 
nombre d'années lui ont fait perdre une grande partie de 
son importance. Il est bien loin le temps où l'Espagne 
et le Portugal regorgeaient des richesses de l'Ancien et du 
Nouveau-Monde. 

Colonies. — Les principales colonies qu'a conservées YEs- 
\iSi^ne, sont Cuba et Po7'to-Iiico, dans les Antilles ; les îles 
Philippine» et Mariannes, dans l'Océanie. Sur la côte N. 

9 



•«r 



194 



OÉOORAPmK. 



du Maroc, les Espagnols ont les préside» (forteresses) do 
Ceuta, do Melilla et quelques autres. Ils possèdent Fer-^ 
nand-Po et Annobon^ dans le golfe do Guinée. 

Instruction publique.— L'Espagne est un des pays de 
l'Europe où l'instruction du peuple a fait le moins de pro- 

frès. Il y a cependant 12 universités : mais plusieurs de ces 
tablisscments sont bien déchus de leur ancienne sp1en< 
deur. Ce fut dans le seizième siècle surtout que cette 
contrée brilla par la culture des lettres. Depuis quelques 
années, il s'y manifeste un nouvel essor très-romarquablo 
Vers l'instruction et vers l'industrie» 



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POBTUGAL. 

Etendue. — La Portujral est un polît, in.iis célèbre 
royaume, qui occupe, dans la partie occidentale delà 
péninsule Hispanique, l'espace compris entre l'em- 
bouchure du Minho et celle de la Gnadiana. II a 110 
lieues du N. au S., et 35 de l'E. à KO.; sa superficie 
est d'environ 1800 lieues carrées. Latitude inoycune, 
30°. 

Bornes. — Il est borné au N. et à TE» par l'Es- 
pagne ; au S. et à i'O., par l'océan Atlantique. 

Division. — Le Portugal se divise en 17 districts 
administratifs ; mais on fait toujours usage, dans le 
langage ordinaire, des six anciennes provinces sui- 
vantes : Eutre-Douro et Minho, Trasos*Montes, 
Beira, Estramadure, Alentejo et Algarve. 

Montagnes. — Le Portugal est un pays montueux» 
Au N"., il y a des ramifications des monts Cantabres ; 
la Serra da Estrella et le mont Junto séparent le bassin 
du Douro de celui du Tage. Une autre chaîne court 
entre le Tago et la Guadiana, et aboutit au cap St» 
Vincent. Elle s'appelle, au N., Serra de Portalagre, 
et au S., Serra de Manchique. 

Rivières.— Le Portugal est tout entier sîtué sur 
le versant de l'Atlantique. Il est aiTOsé par ua 



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PORTUGAL. 



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graiîd nombre do cours d'eau dont les plus importants 
sont, en descendant du N. au S.: le Minho, sur la 
frontière ; le Douro, le MonvJego, le Tage et la Zatas, 
ton affluent ; le Béido et laGuadiana. 

Capitale et Villes. —La capitale est Lisbonne, 
dans l'Estramadure. Cotte grande cite s'élève en 
amphithéâtre sur la rive droite du Tage. Elle ren- 
ferme 275,000 habitants. L'aspect en est magni- 
fique : rien n'égale la belle perspective qu'oflfrent les 
nombreux vaisseaux arrêtés dans la vaste nappe 
d't^au du Tage, et. l'ensemble des édifices, des hautes 
tours et des n:ôles do la ville, dominée par des 
montagnes chargées de riches plantations. On y 
voit itne infinité de maisons de campagnes, générale-» 
ment accompagnées de jardins charmants. Parmi 
les villes on remarque : Oporto, sur le Douro, ses 
vins iiont excellents ; Coïmbre, sur le Mondego j 
Imagos, sur l'océan, au S.; Evora, dans l'intérieur. 

Climat et SoL.-^Le climat est fort chaud sur la 
côte, mais doux et délicieux dans l'intérieur et 
généralement très-sain. Le sqI est très-fertile, mais 
l'agriculture est dans un état peu avancé ; beaucoup 
de parties restent incultes. 

Productions. — On y trouve une grande variété 
do richesses végétales : l'oranger, le citronnier, 
l'olivier, le dattier, lo myrte, le laurier, y croissent, h 
côté du chénC'liége et du chône-vert à kermès. La 
vigne y donne d'excellents produits, et l'on récolte 
en abondance des melons, des pastèques, des amandes, 
des figues, etc. La substance minérale la plus 
productive est le gel, dont on fait une immense 
quantité dans les salines répandues le long de la 
mer. 

Commerce. — Le commerce de ce petit royaume 
est assez florissant, mais il est presque tout entier 
entre les mains des Anglais, qui exportent surtout 
des vins, des huiles, des fruits sccs^ les deprées dçg 
cojoniçs, etc, 



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196 



GEOGRAPlfffi. 




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Population et Religion. — On y compte environ 
4 millions d'habitant?. Le catholicisrao est îa reli- 
jajion do ce pays ; mais les autres cultes sont tolérés. 
Un patriarche qui réaide h Lisbonne tjst le chef de 
l'Eglise portugaise. 

GoiTVERîfEMENT.— Le gouvcmement est une mo* 
narchie constitutionnelle. Les assemblées qui tem- 
pôrent le pouvoir du souverain portent, comme on 
Espagne, le noin do Oortès. C'est la Maison de 
Bragance qui occupe le trône du Portugal. Les rois 
de cette maison sont issus de rancienne maison do 
Bourgogne, qui a donné au Brésil un grand nombre 
de rois, 



SUPPLÉMENT, 

GÉooHAPniB HISTORIQUE. — 'Lc Portugal correspond à la 
plus grande partie de l'ancienne Lnaitanic ; il fut, coinmo 
le reste de la péninsule, envahi pat les Maures au huitième 
siècle. Dans les guerres quo les Espagnols entreprirent 
contre aux. Henri de Bourgogne rendit de grands services à 
Alphonse VI, roi de Castillo, et celui-ci lui donna, comme 
récompense, le comté de Portugal (ainsi nommé de Portus 
Oalle, aujourd'hui Porto). Alphonse lïcnHquez, au milieu 
du douzijme siècb, fut le fondateur do la monarchie Porto 
gaise. Au quinzième et au sei/Jèrne siècle, cette nation 
courageuse s'attira l'admiration de l'Euro|)0 par ses expcdi» 
tions lointaine.^, ses découvertes maritimes et ses importantes 
conquêtes en Afrique, dans l'Amérique, dan:; le Xïidi dy 
l'Anie, et jusque dans i'Océaiiie. En 1550, Philippe II, roi 
d'Espagne, s'empara du Portugal, qui r-îprit son indépen- 
dance en 1640. 

Colonies -^Les ^por6« et les îles Madères peuvent ôtro 
regardées comme partie intégrante du Portugal. Les colo- 
nies proprement dites se composent de la capitainerie génér 
raie de Mozambique^ de V Angola, du Benguéla^ de la Séné' 
garribie portugaise, des îles du Uap- Vert, de l'île du Prince 
et de celle de Saint-Thomas, en Afrique; de (?oaetde 
quelques autres établissements dans V Jlindoiistan ; do 
Macao, en Chine ; des établissements de T^mor, dî^ns l^ 
MalMsje, 






ITALIE. 



197 



Chemins de fer. — On remarque les lignes de Lisbonne à 
Centra^ kÂhrantes et à Evora, 

Industuie. — L'industrie est médiocre. 



ITALIE. 



Etendue.— L'Italie fo cempose d'une grande 
presqu'île et de plusieurs îles, dont les plus considé- 
rables sont la Sicile et la Sardaigne. Sa longueur 
ept près de 260 lieues et sa largeur moyenne de 40 
lieues. La latitude moyenne est 42°. 

Bornes. — L'Italie es<^ bornée au N. 'O. par la 
France ; au N., par la Suisse et l'Autriche ; ello est 
en grande partie séparée de ces trois contrées par 
les Alpes ; le reste de la péninsule e.st entouré des 
eaux de la mer Adriatique et de la Méditerranée. 

Division- — L'Italie était naguère partagée en 9 
états : 1 ® le royaume de Sardaigne ; "2 ® la princi- 
pauté de Monaco ; 3 ® le royaume Lombard-Véni- 
tien, dépendant de l'empire d'Autriche ; 4 ® le duché 
de Parme ; 6 ® le duché de Modène ; 6 ® le grand 
duché de Toscane ; 1 ® les Etats de l'Eglise ; 8 ^ 
la république de Saint-Marin j 9 ® îe royaume des 
Deux-Siciles. Mais, à la suite de la guerre de 1859^ 
un grand mouvement s'est opéré pour fondre tous 
les états Italiens en un seul, avec le roi de Sardaigne 
pour chef. La plus grande partie de la péninsule 
est réunie sous le gouvernement de ce prince, et sa 
monarchie a pris le nom de royaume d'Italie. Le 
royaume d'Italie renferme toutes ces anciennes divi- 
sions, à l'exception de îa Campagne de Rome et du 
Patrimoine de Saint Pierre laissés au Pape, et de la 
république de Saint-Marin. Ce royaume se partage 
en 69 provinces. 

MoNTAGNES.~Lcs Alpcs et les Apennins sont les 
principales montagnes de l'Italie ; ils ne forment 
ensemble qu'une seule grande chaîne qui s'étend 



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198 



afeo<>RA.PHTK. 






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depuis la frontière septentrionale de cette contrée 
jusqu'au Phare de Messine, et qui sépare la pres- 
qu'île en deux versants généraux ; le versant de l'E., 
incliné vers la mer Adriatique, et le versant de l'O., 
penché vers la Méditeiranée. 

Il y a en Italie deux célèbres volcans : le mont 
Etna dans l'île de Sicile, et le mont Vésuve, près de 
Naples ; les irruptions de ce dernier volcan sont 
formidables. 

La mont Cenis est percé. Les trains d'e^^sai, or- 
donnés par les gouvernements français et italiens, 
fonctionnent jonvnelleraent avec une grande régula- 
rité et un complet succès. 

Fleuves et Kivières. — C'est sur le versant 
orient-il que coule le plus grand fleuve de l'Italie, le 
Pô, qui descend du mont Viso, et après un cours 
d'environ 120 lieues, se jette dans la mer Adriatique 
par plusieurs branches. Ses principaux afllr.ents 
sont : sur la rive gauche, la Doire, la Baltée, le Tésin, 
TAdda, l'Oglio et le Mincio ; sur la rive droite, le 
Tanaro, la 'Trébie. On remarque encore sur le ver- 
sant oriental : le Tagliamento, la Piave, la Br^ta, 
PAddige, le Reno, l'Ofanto. Sur le versant occi- 
dental, on remarque l'Arno et le Volturno. 

Lacs.-Lcs principaux lacs sont : le lac Majeur, ceux 
de Côme, de Garde, de Comacchio, de Celano, etc. 

Capitale et Villes. — La capitale est Florence. 
Cette ville, située dans la vallée de l'Arno, est entou- 
rée de riches campagnes. La cathédrale, le palais 
Pritti, le Vieux Palais et la galerie de Médicis, n-gar- 
dée comme la plus belle collection d'antiquités, de 
sculptures et de tableaux, sont les principaux monu- 
ments de cette cité, qui fut le berceau des arts, à 
l'époque de leur renaissance. Florence est illustrée 
par les grando hommes qu'elle a produits. On y 
compte 115,000 habitants. Turin, sur le Pô ; Milan, 
Mantoue, sur le Mincio ; Crémone, Brescia, Vérone, 



ITALIE. 



19î^ 



contrée 
la pre»- 
de l'E., 
le l'O., 

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Vérone, 



mr l'Adige ; ces quatre dernières villes forment le 
quadrilatère. Venise, ville charmante, bâtie sur 
des pilotis, sur le golfe du même nom ; Gênes, sur le 
golfe du même nom ; Parme et Modène, capitales 
des anciens duchés du même nom ; Cologne, Ferrare, 
Rftvenne, Rimiui, Urbin, Ancône, Lorette, qui 
appartenaient naguère au Pape ; Naples, sur la 
belle baie du même nom j Gaëie, torteresse près des 
états du Pape ; Messine, Syracuse et Palerme, dans 
l'île de Sicile, etc. 

Climat et Sol. — L'Italie est célèbre par la beauté 
de son climat, la fertilité de son sol, la variété de ses 
I sites enchanteurs et les vénérables restes d'antiquité 
qu'elle présente à chaque pas. On y jouit d'un air 
pur et admirable. 

Productions. — Parmi les productions végétales 
de cette contrée féconde, il faut nommer le riz, récolté 
dans les plaines humides du P6 ; !e maïs, le vin, des 
fruits exquis, surtout des oranges, des cédrats, des 
poncires, des limons, des citrons, des dattes, des 
ligues, des caroubes, des olives ; le coton et la 
canne à sucre, dans les cantons les plus méridionaux. 

Les pâturages sont fort beaux et très-étendus ; 
ils nourrissent des bœufs d'une grosseur remarqua- 
ble, des buffles et des moutons et^timés. On trouve 
en Sardaigne le mouflon, sorte de moutons sau- 
vages. 

L'Italie a de grandes richesses minérales ; tels 
sont ses beaux marbres, son albâtre calcaire, ses 
porphyres, son alun, son soufre, etc. 

Commerce.— Grains, soie, vins, eaux-de-vie, fruits, 
huiles, chanvre, fromage, cire, draps, tissus de laine 
et de soie, velours, étoifes «''or et d'argent, tapisse- 
ries, fleurs artificielles, articles d'art, parfums, etc. 

Population et Religion. — La population du 
royaume est de 23,000,000 d'habitants professant 
presque tous le catholicisme. 



'r\:f n-'y^:* 



200 



GEOGRAPHIE. 



Gouvernement — Le gouvernement est une mo- 
narchie constitutionnelle. 










!. J 




SUPPLÉMENT. 

La péninsule d'Italio était anciennement divisée en trois 
parties : la Gaule Cisalpine, au N.; l'italie propre, au milieu ; 
la Grande-Grèce, au S. 

La Gaule Cisalpine était habitée par des nations d'origine 
gauloise, et se divisait en quatre parties : 1 ® la Gaule Trans- 
padano ; 2 ® la Gaule Cispadane ; 3 ® la Ligurie ; 4 ® la 
Vénétie. 

L'Italie propre renfermait : 1 ® L'Ombrie ; 2 ® le Pice- 
num ; 3 ® l'Etrurie ; 4® la Sabinie ; 5 ® le Latium ; 6 ® 
le Samnium ; 7 "^ la Campanie. 

La Grande-Grèce ou Italie méridionale se divisait en 
quatre parties : 1 ® l'Apulie ; 2 ® La Messapie ou Lapy- 
gie ; 3 ® la Lucanie ; 4 ® le Brutium. 

Au milieu des nombreuses nations belliqueuses répandues 
dans l'ancienne Italie, on vit s'élever, par-dessus toutes les 
autres, celle des Romains, qui parvint à soumettre la plus 
(O'ande partie du monde connu. L'immense empire Romain 
fut partagé, au quatrième siècle, en deux empires ; celui 
d'Orient et celui d'Occident. L'Italie était le cœur de 
l'empire d'Occident ; mal défendue par ses faibles empe- 
reurs, cette contrée fut envahie par des peuples barbares 
venus du N. et de l'E. Les généraux de Justinien la 
reprennent cependant, et V Exarchat de Havenne, soumis à 
l'empire d'Orient, est formé ; mais bientôt les Lombards 
établirent dans l'ItaMe septentrionale une monarchie, qui a 
été longtemps puissante. Cette monarchie fut attaquée et 
anéantie par Pépin et Charlemagne, qui posèrent les pre- 
miers fondements de la puissance temporelle des Papes, 
vers la fin du huitième siècle. La Sicile, de son côté, était 
envahie par les Sarrasins ; ceux-ci furent chassés par les 
Normands, dont un prince, Roger, fonda le royaume des 
Deux-Siciles. Le nord de l'Italie resta longtemps soumis 
aux empereurs d'Allemagne ; mais, au milieu des démêles 
qui divisèrent les empereurs et les Papes, on vit s'y élever 
plusieurs républiques, principautés ou duchés célèbres, 
comme Venise, Gènes, Pise, Florence, Milan, Lucques, Sienne 
Bologne, Parme, Plaisance, Modène, Ferrare, Reggio ; alors 
aussi se forma le comté de Savoie, dont les souverains 
furent la souche des rois de Sardaigne. 



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ÉTATS DE l'ÉGLTSE. 



201 



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Le royaume des Deux-Siciles, après avoir changé plusieurs 
fois de maîtres, passa enfin, on 1503, aux rois d'Espagne, 
qui l'ont conservé pendant deux siècles. Plusieurs des 
républiques du nord perdirent peu à peu leur indépendance : 
les unes retombèrent sous le pouvoir dos empereurs, les 
autresMevinrent la possession de divers princes italiens, 
dont les plus célèbres furent les Médicis, souverains de la 
Toscane. 

Le territoire de Naples et la Sicile furent de nouveau 
érigés, dans le dix-huitième siècle, en un royaume particu^- 
lier, A la fin du môme siècle, les victoires de 'Bonaparte 
réunirent i la France !a Savoie et le Piémont ; la république 
de Gènes fut détruite, remplacée par la republique Ligu- 
rienne, et ne tarda pas à devenir aussi un territoire français. 

La république Cisalpine, érigée vers le^ôme temps par 
l'influence du môme conquérant, se composait, en grande 
partie, des possessions autrichiennes de la Lombardie. 

Elleftit remplacée, en 1802, par la république Italienne, 
En 1805, fut créé, fious la souveraineté de l'empereur des 
Français, le royaume d'Italie, formé de cette république, de 
l'ancien Etat Vénitien et d'une assez grande partie des Etats 
de l'Eglise. Le royaume de Naples moins la Sicile fut donné 
à un prince de la famille de Napoléon ; et le reste de l'Italie 
fut réuni à l'empire Français, Les événements de 1814 et 
de 1816 ont encore changé la face de ce pays, si souvent 
bouleversé, et alors furent établies les divisions de territoire 
qui existèrent jusqu'en 1859, 



ETATS DE L'EGLISE. 

Bornes— rLes Etats de l'Eglise, appelés aussi 
Etat Homain, Etats du Pape ou Etat Pontifîca), sont 
la possession temporelle du Pape ; ils s'étendaient 
naguère de la mer Adriatique à la Méditerranée, 
depuis les bouches du Pô, au N., jusqu'aux marais 
Ponting, au S. Mais les événements récents, qui ont 
changé la faoe de l'Italie, n'ont laissé à ces états 
qu'un territoire assez limité, situé entre les Apennins 
au N. E. et la Méditerranée au S. O. Ce petit état, 
qui a environ 60 lieues dans sa plus grande longueur 
et 30 d^ns sa plus graude largeur, est enclavé d^n^ 



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GÊOOBAPmE. 



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le royaume d'Italie. Les Etats de l'Eglîse compren- 
nent la Campagne do Rome et le Patrimoine de 
Saint Pierre, c^est-à-dire ce que, dans l'administration 
papale, on appelle Com^rca di Roma. 

Division. — Les Etats d«i Pape comprennent S pro-» 
yinces : Rome, Civita-Vecchia, Viterbe, Velletri, 
Frosinone. Ces 5 provinces se subdivisent en 54 
paroisses. 

Montagnes.— ^ Les Apennins séparent les Etals de 
l'Eglise du Royaume d'Italio. 

RiviÈKES ET Lacs. — Les Etats du Pape appar» 
tiennent entièngnient an versant de la Méditerranée. 
La principale rivière est le Tibre ; la Chiare, le 
Tiverone et la Ncra, affluents du Tibre. Les prin- 
cipaux lacs sont ceux de Bolsena, do Pérouse et do 
Braciano. 

Capitale et Villes. — Rome es£ la capitale des 
Etats de l'Eglise et la métropole du monde catho- 
lique. Elle s'étend sur les deux rives du Tibre, 
Elle a un circuit de près de 6 lieues, mais Ifs deux 
tiers de cet espace, à l'E, et au fe., sont occupé? par 
des vignobles, des champs de blé, des maisons de 
campagne et des jardins, Il n'y a que 185,000 
habitants. Le Tibre parcourt cettevalleeduN.au 
S.; la partie située à l'E. du fleuve est de beaucoup 
la plus considérable ; on y remarque les sept fameu- 
ses collines sur lesquelles était bâtie l'ancienne Rome, 
c'est-à-dire les monts Capitolin, Quirinal, Viminal, 
Esquilin, Palatin, Aventin, Célius. Le mont Pincio, 
au N., appartient aussi à l'enceinte de la ville actuelle, 
La portion placée sur la rive occidentale du Tibre 
est appuyée sur deux collines : le Janicule et le 
Vatican. Cette ancienne reine du monde a aujour- 
d'hui un aspect grave, triste et presque funèbre ; 
elle ne retentit pas du mouvement et du bruit d'une 
grande capitale. 

P^ns la partie ^ l'O. du Tibre, on admire la place 



ixATs DB l'Église. 



208 



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3 la place 



de Saint-Pierre, la plus belle de Rome. De nom- 
breux monuments s'offrent de toutes parts : parmi 
les anciens, on distingue surtout le Oolisée, immense 
amphithéâti*e ; le Panthéon, les Thermes de Dioclé* 
tien, la colonne Antonine et la colonne Trajane. 
Parmi les monuments modernes, le premier de tous est 
réglise de Saint-Pierre ; ensuite se présentent l'église 
de Sainte Marie-Majeure et celle do Saint Jean de 
Latran. Le pape a trois palais : celui du Vatican, 
qui tient à l'église de Saint Pierre, et qui possède la 
cour du Belvédère, où se trouvent les superbes 
statues d'Apollon, de Laocoon et d'Antinous ; le 
palais do Latran et le palais Quii inal, résidence d'été 
des souverains pontifes. Ostie, vers l'embouchure 
du Tibre ; Civita-Vecchia, principal port des Etats 
de l'Eglise, sur la Méditerranée ; Viterbe, au S. du 
lac Bolsena j Tivoli, l'ancienne 'Tibur, sur le Teve- 
ronc î Velletri ; Albano, sur le charmant îac du 
môme nom et à peu de distance de l'emplacement 
d'Albela-Longue ; Terracine, à ^'extrémité S. des 
marais Pontins. 

Climat. — Le climat est extrêmement doux, et 
gônéra'ement très-sain, excepté dans le Voisinage 
des maiais Pontins. 

Sol et PnoDircTior^s.— -Le sol est d'une très» 
grande fertilité ; mais l'agriculture y est arriérée ; on 
y cultive les céréales, le riz, le maïs ; la vigne et 
l'olivier y croissent en abondance ; l'oranger, le 
citronnier, le grenadier, le pistachier, le figuier, etc., 
y «ont communs. Les pâturages sont nombreux et 
nourrissent des chevaux, des moutons et des bœufs 
d'une taille extraordinaire. 

Commerce.— L'industrie est peu active et le 
commerce languissant. On exporte du vin, des fruits, 
de la soie, du velours, du drap, des gants, des cha- 
peaux, des fleurs artificielles, du cuir, du parchemin, 
etc. 



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204 



GÉOGKÀFHtS* 



PopuLATiOîî ET Religion. — La population des 
Etats de l'Eglise est de 728,000 ,âmes, presque tous 
catholiques. 

Gouvernement.— Le gouvernement est monar* 
chique et ôlectif. Le pape est le seul chef de l'état : 
son pouvoir est absolu tant au spirituel qu'au tem- 
porel. Les forces militaires no s élèvent pas à plus 
de 9,000 hommes. Les revenus de ce petit Ëtat ne 
dopassent pas $5,000,000. 






II 







SUPPLÉMENT. 

GÉodRAPHiB itisTORiQUE.— Les Etats de l'Eglise occupent 
le territoire nnciennornent connu sous le nom de Zatium et 
de Ganipanie. Ces deux petites provinces furent le noyau 
de l'immense empire Romain, qui parvint à soumettre la plus 
grande partie du monde connu. 

Les Etats do l'Eglise se sont formés d'accroissements 
successifs et se sont étendus avec le pouvoir temporel des 
papes. Jusqu'au Ville siècle, les Papes paraissent n avoir eu 
qu'une autorité spirituelle. On date leur autorité temporelle 
du pontificat de Grégoire III, qui se rendit indépendant 
dans Rome, abandonnée par les empereurs d'Orient. 
Pepin-le-Brcf fit donation à Etienne II de Vexarchat de Ra* 
venue et de la Pentapole il^b). Charlemagne, l'empereur 
Henri III et la comtesse Mathilde de Toscane augmentèrent 
le domaine de Saint Pierre de quelques villes et de nouvelles 
provinces. Les papes ont été exposés, depuis cette époque 
jusqu'à nos jours, k beaucoup d'attaques et de persécutions 
dont ils ont toujours triomphé. 

De 1791 i\ 1798 la France s'empara des provinces Roraai* 
nés et les posséda; mais, en l'année 1799, le gouvernement 
papal fut relevé. En 1808, Bonaparte réunit à l'empire 
français les provinces situées sur la Méditerranée. La paix 
de Paris de 18 14: a rendu aux papes toutes leurs possessions, 
moins Avignon et le Comtat. Les Etats de l'Eglise furent 
alors divisés en 10 parties. 

En 1832, ils furent divisés en 21 provinces dont six 
gouvernées pur des légats, et 13 par des vice-légats, un 
commissariat et une comarque. En 1848, le calme dont 
jouissait l'Etat de l'Eglise fut troublé par des agitateurs qui 
proclamèrent la République. Dès l'année suivante l'ordre 






TURQUIE D*B0ROλR. 



205 



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fut rétabli, et Pie IX réfug'é à Gaëte, ftit ramené par Tar* 
mée française sur son trône pontifical. En 1869, le roi do 
Sardaigne s'est emparé de presque toute la péninsule 
Italienne à l'exception de la Campagne de Rome et du 
Patrimoine de Saint->Picrre, qui est resté soumis au pape» 
Mais l'immortel Pie IX est sans cesse inquiété dans la 
possession du reste de ses états. En 1867, Garibaldi 
envahit l'Etat Romain et en fut repoussé par les soldats 
français et parles braves zouaves pontificaux, généreux 
jeunes gens, qui, de toutes les parties du monde catholique) 
sont accourus pour défendre le chef de l'Eglise. 

RÉPUBLIQUE DB SAINT-MARIIÏ. 

La petite république de Saint-Marin, peupléd de 8000 
habitants, et enclavée entre les Marches et la Romagne, 
entre Urbin et Gésène, est un des plus anciens états d« 
l'Europe. Eî'e doit son origine à Saint^Marin, qui vint se 
fixer dans ce lieu au cinquième sièclei Plusieurs personnes 
s'étatit assemblées autour de son ermitage, Marin leur trans- 
mit ses principes de liberté et d'égalité évangéliques. Peu 
à pou cette société s'agrandit et devint un état. La capitale 
Saint-Marin^ ou San-Mai'ino^ se trouve sur une montagne 
escarpée. Il est étonnant que cette petite république n'ait 
pas subi le sort des autres états Italiens et n'ait pas été 
annexée au royaume d'Italie; probablement son peu d impor- 
tance n'a pas excité l'ambition de Victor Emmanuel, qui lui 
a permis de garder son autonomie et son indépendance. 



TUEQUIE D'EUROPE. 

Etendue. — La Turquie d'Europe s'étend entre le 
39e parallèle et le 48e. Elle a environ 250 lieues do 
longueur sur 200 de largeur ; sa superficie est d'en- 
viron 150,000 lieues carrées, équivalant à peu près à 
l'étendue de la France. 

Bornes.— Cette contrée, qui n'est qu'une partie 
de l'empire ottoman» forme, avec la Grèce, la grande 
péninsule Turco-Hellénique. Cette péninsule s'avance 
entre les mers Adriatique et Ionienne, à TO., et la mer 
Noire, la mer do Marmara et l'Archipel, à l'E. Elle 
est bornée au nord par l'Autriche et la Russie ; la 



f T'H..- 



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GÊOGRAPHIR. 






Save, le Danube, les monts Carpathes et le Prutll 
séparent la Turquie de ces deux contrées ; elle est 
bornée au S. par la Grèce. 

Divisioî^^. — Les contrées renfermées dans la Tur* 
quie d'Europe ne sont pas toutes complètement 
sonmises à 1 empire Ottoman : il y a, au N , vers le 
Danube, trois grandes principautés slaves et rou- 
maines qui ne sont que tributaires de cet empire : 
CCS principautés sont la Moldavie, la Valachie et la 
Servie : les deux premières sont désignées sous le 
nom de Principautés-Unies de Moldavie et de Vala- 
chie, ou sous celui de MoldoValachlo. Les provinces 
renfermées dans la Turquie proprement dite sont la 
Bulgarie, la Romôlie, qui comprend l'anoienne Thrace 
et la Macédoine ; la Bosnie, qui renferme l'Herzégo- 
vine, l'Albanie et la Thessalie. Ces provinces, qui 
composent la Turquie proprement dite, sont divisées 
en 10 éyalets ou gouvernements généraux. 

Dans le N. O. de l'Albanie, se trouve le petit pays 
montaojnoux do Monténégro, qui était indépendant 
de la Porte, mais qui a reconnu, en 18(12, la souve* 
raineté de la Turquie, tout en conservant son prince. 
Cettigne est la capitale do cette région, dont les ha- 
bitants, d'origine serbe, et au nombre de 140,000, 
sont célèbres par leur énergie et leur courage. 

Montagnes. — A l'O. s'avancent les Alpes Orien- 
tales ou Alpes Dinariques, qui séparent le bassin de 
l'Adriatique de celui de la mer Noire. Les monts 
Balkan séparent les tributaires de la mer Koire de 
ceux de l'Archipel et de la mer de Marmara* Les 
monts Carpathes séparent l'Autriche des Principautés 
danubiennes. Une autre chaîne, connue sous le nom 
général de chaîne Hellénique, s'avance du N. au S., 
et sépare le bassin de l'Adriatique et de la mer 
Ionienne de celui de l'archipel : l'Olympe, chanté par 
les poëtes, c^t une branche de cette chaîne ; elle a 
environ 0,000 pieds. 






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TUBQUIË D EUROPE. 



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Fleuves et Rivières. — ^Dans le bassin de la mer 
Noire, on voit couler le Danube ; ce grand fleuvo 
arrose do vastes plaines, et se jette dans Ta mer Noife 

f>ar trois embouchures principales, dont la plus 
mportante pour la navigation est celle de Sonlina : 
ses affluents les plus remarquables sont la 'Save, 
grossie elle-même de la Bosna et do la Drîn ; hi 
Morava et Tlsker ; sur la rive gauche, PAluta, \é 
^ Bereth et le Pruth. Dans l'Archipel, se rendent le 
JVlaritza, la Salcnibria et le Vardar. 

Vers la mer Ionienne, coule l'Aspropotamo, dont 
le cours inférieur se trouve dans la Grèce. 

Lacs. — Le plus grand lac dé la Turquie est le 
llassein, près des bonchcs du Danube ; le lac Takinoa, 

5rès du golfe d'Orphano ; le lac Scutari, au S. du 
lont^négro. 

Capitale et Villes— La capitale de l'empire 
Ottoman est Gonstantinople. Cette ville est admi* 
rablement située à Pentree méridionale du Bosphore 
de Thrac§. La ville proprement dite est sur un 
promontoire triangulaire coniposé de t?ept collines et 
entouré par la mer de Marmara, le Bosphore et 
un bras du Bospohre. Ce bras, connu sous le nom 
de Corne d*Or, Ibrrae un des ports les plus beaux: 
du monde. Vue du côté de la mer, sur sept collines, 
qui s'élèvent en amphithéâtres» et que couronnent 
élégamment des dômes et des minarets de mosquées, 
entremêlés d'arbres et de quelques monuments 
anciens, cette immense cité présente une des plus 
belles perspectives qu'on puisse imaginer ; mais 
Tintérieur ne répond pas à cette magnificence exté- 
rieure. Gonstantinople renferme environ 700,000 ha- 
bitants. Andrinople, 100,000, âmes, sur le Maritza, 
position charmante ; Salonique, sur le golfe du même 
nom ; L'Arisse, sur la Seîambrie j Serès, près du 

folfe d'Orphano; Jassy, ville de 80,000 âmes, capitale 
e la Moldavie ; Boukharest, capitale de la Valachie, 
petiplée de 130,000 habitants ; Belgrade, capit?ile de 
la Servie, etc. 



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OGRAPHIEÎ. 



Au S. do l'Archipel et au S. E. de la Mor6o, la 
Turquie possède l'ilo de Candie, qui s^allonge de l'Ë. 
à l'O. ; o^est un pays fertile et beau, mais générale* 
ment pauvre aujourd'hui. Au centre, s'élève le mont 
Ida. La capitale est Candie, ville de 15,000 habitants, 
0ar la côte septentrionale. On remarque dans la 
partie N. O. de Ttle, le port anscz commerçant do 
Canéa. 

Les Candiotei sont aujourd'hui révoltés contre 
Tcmpire Ottoman. Ils veulent conquérir leur indé* 
pennance. 

CuMÂT, SoL ET Productions. — Le territoire géné^ 
raleraent très-montagneux de la Turquie d'Europe 
Y rend la température moins chaude que la latitude 
pe semble d'abord rannonccr. Entre les montagnes 
s'ouvrent des vallées délicieuses et des plaines trôfj' 
fertiles, où règne un doux climat, et où croissent en 
abondance les orangers, les grenadiers, les figuiers, 
les oliviers, la vigne, le maïs, le riz, le blé, le sorgho, 
le lin, lo raisin, le cotonnier, le melon, les pastèques, 
le tabac, Icp mûriers propres aux vers à soie. On 
élève beaucoup de rosiers pour la fabrioation do 
l'eau et de l'huile de rose, Lo vallonéo et la noix de 
galle sont deux productions importantes. Les bois 
de construction sont admirsbles. Malh«urcu'*ement 
l'agriculture est fort arriérée. L'aspect du pays au 
N. du Balkan est moins beau qu'au S. ; lo climat y 
est froid en hiver, et l'air malsain en plusieurs en- 
droits du cours du Danube, aux bords duquel 
s'étendent des marécages. 

Population et Religion. — Le population de la 
Turquie d'Europe est de 15,000,000 d'habitants. 
Tout l'empire Ottoman renferme «nviron 86 millions 
d'âmes. Les Turcs sont mahométans ; la règle de 
leur foi est le Koran. 

Gouvernement. — Le gouvernement est monar. 
phique, mais n'est plus despotique comme autrefois, 



TURQUIE D EUROPE. 



209 



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iutrefols , 



L'empereur a le titre de Sultnn, de Grand-Seigneur 
ou do Grand-Turc ; il est en même temps souverain- 
pontife. Le grand-vizir est le lieutenant du sultan. On 
donne le nom de divan au conseil d'Etat. Les divi- 
sions administratives ne sont pas dirigées par des 
pnchas : ce titre n'est plus qu'honorifique. La dignité 
des pachas est indiquée par des queues do cheval, 
portées sur un gonfalon. 

Les trois i)rincipautés slaves et roumaines payent 
un tribut à la Porte : les princes de Servie sont h6- 
rc'diiaires et reçoivent l'investiture du sultan ; la 
Valachie et la Moldavie sont réunies sous un seul 
prince ou hospodar, qu'elles ont élu elles mêmes et 
qu'a reconnu la Porte. 



SUPPLÉMENT. 

QûoQuétkniE HISTORIQUE. — La région occupée aujourd'hui 
par la Turquie d'Europe correspond aux anciens pays do 
Mésie, d'Illyrie, de Macédoine, de Thrace, d'Epire, et à 
cette partie du N. de l'ancienne Grèce qui portait et qui a 
conservé le nom de Thessalie. 

Alexandre fut le premier qui réunit tous ces divers pays 
sous une seule domination : l'illustre Macédonien comprit, 
en outre, dans son empire, l'O. do l'Asie (jusqu'à l'Indus) et 
l'Egypte. Ce vaste empire se démembra bientôt. Les 
Romains finirent par s'emparer de la plus grande portion, et 
les provinces que nous venons de décrire furent renfermées 
dans l'empire d'Orient, qui devint plus tard l'empire Grec 
ou le Bas-Empire. L'empire d'Orient fut violemment ébranlé 
par les Goths, les Huns, les Avares, les Bulgares ; il se 
trouva un moment soumis, dans le treizième siècle, aux 
Croisés, qui fondèrent l'empire Latin d'Orient. Il reprit 
son indépendance ; mais vivement attaqué par les Turcs, il 
fut enfin anéanti, au quinzième siècle, par cette ration à 
demi barbare, sortie du centre de l'Asie. Quelques seigneurs 
français, vénitiens et génois étaient cependant restés, depuis 
les Croisades, maîtres de quelques territoires, surtout dans 
la Grèce, que les Turcs finirent par soumettre aussi tout 
entière. L'empire Ottoman, longtemps redoutable, a décliné 
sensiblement depuis le commencement de dix-septième siè- 



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210 



GÉOGRAPHIE. 



de : les Russes^ lui ont enlevé la Grimée, la Bessarabie et 
quelques autres parties : la Grèce a recouvré sa liberté, et> 
do tou^3S parts, les gouverneurs des provinces se sont rendus 
presque indépendants. 















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GKÈCE. 



BoRKES ET Etendue. — La Grèce est bornée au 
N. par la Turquie ; à TE., par l'Archipel ; au S. 
et à 1*0., par la Méditerranée. Du N. au S. elle 
compte environ 55 lieues et à peu près autant de 
l'E. à '^O. Sa superficie approche 9,500 lieues 
carrées. Les îles Ioniennes font aujourd'hui partie 
de ce petit royaume. 

Division. — La Grèce se compose de deux parties ; 
la Grèce septentrionale ou l'Hellade, et la Morée ; 
elles sont unies Tune à l'autre par ri8U|me de 
Corinthe, resserré entre le golfe de Lépante, à PO., 
et celui d'Egine, à l'E. Le royaume est divisé en 
10 nomes ou départements. Ce!* nomes se divisent 
en éparchics. 

Montagnes. — La chaîne Hellénique parcourt 
toute la Grèce du N au S., en séparant les eaux qui 
se jettent dans l'Archipel de celles qui se rendent 
dans la mer L)iiienne : elle parse par l'isthme de 
Corinthe, et se termine par deux rameaux aux caps 
Malio et Matapan. On remarque dans cette chaîne 
le Pinde, jadis consacré aux Muses ; le Guiona, 
d'environ 7300 pieds, point culminant de la Grèce, 
le Vardoussia, le Parnasse, le Zagora ou Hélicon, 
l'Elatea. En Morée, le mont Malévo et les montagnes 
du Magne (l'ancien Taygète.) 

Rivières ei' Lacs.- -Dans le versant oriental : 
l'Hcllada qui se jette dans le golfe de Zeïtoun, près 
des Thermopyles j le Gavrios, qui se rend dans le 
lac Topolias. Sur le versant occidental : l'Aspro- 



potamo, le 
affluent. 



Fidaris, la Rouphia et le Styx^ bcn 



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Les principaux lacs sont ceux de Topolias et 
J^iykaris. 

Capitale et Villes. — La capitale est Athènes, 
située sur les bords de l'Illise et du Céphise, 
deux petites rivières qui se jettent dans le golfe 
d'Athènes. Parmi les vestiges de l'antique splendeur 
de cette illustre cité, on distingue l'Acropolis, le 
Parthénon. Athènes, après ùive restée longtemps 
sous les Turcs, dans l'état le plus misérable, s'est 
benucoup augmentée et embellie dans ces dernières 
aiiùôes ; on y compte 41,000 habitants. La petite 
ville du Pirée lui sert de port. Lépante, vers 
l'entrée du golfe de ce nom ; Missolonghi, sur le 
mémo golf»J, fameuse par le siège qu'elle soutint 
centrales Tares en 1826; Livadie et Thèbes, dans 
l'intérieur ; Tripolitza, vers l'emplacement de 
l'ancienne Mautinée ; ArgoH, vers l'extrémité du 
golfe de Nauplie j Corinthe, près de l'isthme du 
même nom ; Navarin, avec un vaste port, dans 
lequel les flottes fi'ançaises, anglaises et russes 
reniportèrent nne grande victoire sur la flotte 
turco-égyptienne, en 1837. Sparta, bâtie près des 
ruines de l'ancienne Sparte ; Napoli de Komanie, 
place très-forte, sur le golfe de Napoli. 

Climat et sol. — La Grèce offre des aspects 
variés, des points de vue admirables. Le climat est 
doux et généralement salubre ; cependant quelques 
parties des côtes et les rives du lac Topolias sont 
marécageuses et malsaines. L'agriculture est fort 
négligée, et cette contrée, «juoique fertile, produit 
peu de grains ; elle offre presque partout une popu- 
lation très-pauvre. L'olivier abonde, et il y a des 
vins et des raisins excellents, des cédrats, des limons, 
de-i orange«, du coton, des grenadiers, des mûriers. 
D'^ belles forêts ombragent les montagnes, et les 
campagnes incultes sont ornées de buispons de lau- 
riers, de myrtes, de réglisses ; les vers ù soie et les 
abeilles donnent d'excellents produits. 






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212 



GfeoGRAPirff. 



On retire beuiicoup de sel dos lagiineâ des côtes ; 
les éponges qu'on pôclie dan»rarchi[)el sont un objet 
important de commerce. 

Commerce. — On exporte die la Grèce la plupart 
des produits déjà nommés dans les produi^tions. 

Population bt religiont. — On compte dans ce 
royaume environ un million et demi d'habitants. La 
religion grecque, appelée par ceux qui la professent 
religion orthodoxe, est le culte de l'Etat et de pres- 
que toute la nation. Cepoisdaat il y a des catholi- 
ques dans plusieurs îles. 

Gouvernement. — La Grèce, depuis qu'eHe a se- 
coué lo joug des Turcs, a été quelque temps une 
république, aujourd'htii lo gouvernement est le 
monarchiqi. constitutionne!. T>e roi actuel es-t un 
prÎDce de la maison du Danemark. 

SUPPLÉMENT. 

Géographie historique. — La Grèce eut d'abord pour 
habitants des hordes Sauvages^ dont une des plus considéra- 
bles était celle des Pélasgea. Plus tard les Hellènes la 
peuplèrent presqu'entièretnewt et lui firent prendre le nom 
d^Ifellas {Ilelldde) ; quant à celui de Grèce, il est dû peut- 
être à Graîcus, chef des Pélasges qui passèrent en Italie. 

La Grèce ancienne était un peu plus considérable que ta 
Grèce actuelle, elle renfermait la Thessalie^ VArianami, 
VEtaliCy le Phocide, la Béotie et VAtUque. Le Péloponèse 
se composait de six pays : VA1cha%€y VArgolide^ la Laroniey 
la Messênie, VElide et YAreadie. 

La plupart des anciennes divisions/ de la Grèce formèrent 
longtemps autant de royaumes ou de républiques, et plu- 
sieurs renfermaient même un assez grand nombre d'états. 
Les Romains les réduisirent toutes, dans le deuxième siècle 
avant J. C, en une province de leur empire, qu'ils nommè- 
rent province d'Akhaïe. Au quatrième siècle après J. 0. 
la Grèce fut comprise dans l'empire d'Orient, appelé plus 
tard empire Grec ou Bas-Empire. Après les Croisades, elle 
eut pour maîtres des seigneurs français, vénitiens et génois. 
Les Turcs l'envahirent ensuite ; dans la Morée, cependant, 






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ASIE. 



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quelques places fortes restèrent soumises aux Vénitiens, 
qui reprirent toute la presqu'île vers la fin du dix-septième 
siècle, mais qui furent obligés do la céder à l'empire Ottoman, 
en 1715. Une insurrection générale, qui éclata en 1821, 
rendit enfin la Grèce indépendante ; les français ont beau- 
coup contribué à cet affranchissement 



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ASIE. 

Etendue. — L'Asie occupe la partie occidentale de 
l'Ancien Continent et s'cte.id du 1er au TSe degré de 
latitude N.; oUe est comprise entre le 170e degré 
de longitude O. et le 20o degré de longitude E. 
Elle tient â l'Europe pav deux endroits : le territoire 
des monts Ourals et du fleuve Oural, et par l'isthme 
du Caucase ; elle tient à l'Afrique pai* l'isthme do 
Suez. 

Bornes. — L'Asie est bornée au N. par la mer 
Glaciale et le détroit de Bhering ; à l'E., par l'océan 
Pacifique; ; au S. E., par la mer de la Chine et le dé» 
troit de Malaka ; au S., par la mer des Indes ; à l'O., par 
le détroit de Babel-Mandeb, la mer Rouge, l'isthme 
de Suez, la Méditerranée, l'Archipel, le détroit des 
DardanGllcs, la merde Marmara, le détroit de Cons- 
tantinople, lam«'r Noire, les monts Caucases, la mer 
Caspienne, la rivière Oural, les monts Ourals et l^i 
rivière l^ara, 

Division.— L'Asie comprend Î2 divisions princlr 
pales, qu'on peut classer en quatre régions : 1 ® la 
région du versant N.; elle comprend la Sibérie, 
immense possession russe ; ? ® les pays situés sur 
le vereant des mers intérieures et sur le plateau do 
la Perce ou sur le versant de la iï\ev des Indes ; ces 
pays sont la Transcaucasie, la Turquie d'Asie, la 
Perse, l'Afghanistan et le Turkostan : 8 ® les paya 
du plateau central et du versant du Grand océan ; 
CCS pays sont l'enjpire Chinois et le Japon j 4 ^ le» 




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GfeÔORÀPHiK. 



Î>ays du versant de l'océan Indien : PIndo-Chine et 
'Hindoustan. 
Oq trouve ensuite le Béloutcbistan et l'Arabie. 

Montagnes. — Les montagnes qui !enveloppent et 
soutiennent le grand plateau central portent diffé- 
rents noms : au N., ce sont les monts Altai et Tang- 
nou ; à l'O., les monts Célestes et lei monts Bolor ; 
au S. O., les n'onts ThsoungJing et Kara-ko^'oum ; 
an S., les monts Konen-lun ou Kan-tissé ; au IS . E., 
les monts Khin-gan, Hongour et Kenteï. 

On voit se détacher de oes montagnes quatre 
autres chaînes importantes : au N. E., s'étend la 
chaîne des monts lablonoï, qui se dirige vers le 
cap Oriental. Au N. O., l'Ala-tau, séparé dès monts 
Onrals par des steppes nues.' 

Au S. O., la chaîne de THindou-ljhouch ou du 
Caucase indien, de l'Elbrouz, du Taurus oriental et 
de l'Anti-Liban s'avance jusqu'à l'isthme de Suez. 
Cette chaîne se sépare entre le Caucase indien et le 
Taurus, en deux bras qui enveloppent le plateau de 
la Perse, 

Au S. E., la chaîne des" montagnes do l'Indo-chino 
se prolonge jusqu'au cap Bourou. 

Ces quatre grandes chaînes séparent les quatre 
versants de l'Asie ; c'est-î\-dire le versant du Nord, 
incliné vers l'océan Glacial arctique ; le versant de 
l'E., vers le Grand océan ; le versant du S., vers 
l'océan Indien, et le versant de 1 O., vers les mers 
intérieures. 

Quelques autres chaînes remarquables se détachent, 
soit des montagnes qui environnent le plateau cen- 
tral, soit des quatre chaînes dont on vient de parler. 
La plus considérable est l'Himalaya, qui longe le 
plateau au S., et qui comprend les plus hautes mon- 
tagnes du Globe ; le Taurus occidental, dans l'Asie 
Mineure ; le Liban, connu par ses aspects pittores- 
ques et par les souvenirs historiques qui s'y ratta- 
chent, s'élève près de 1^/ Méditerranée, 



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Aspect général.— L'aspect physique do l'Asie a 
quelque chose de grand et de majestueux : la nature 
présente, dans cette partie du monde, des contrastes 
frappants : le centre forme un vaste plateau, entouré 
et soutenu par une énorme ceinture de hautes mon- 
tagnes, dont les branches nombreuses se répandent 
dans toutes les directions ; d'immenses plaines très- 
fertiles s'étendent dans toutes les parties méridionales ; 
d'autres vastes jjlaines arides et désertes se trouvent 
au S. O., et dans quelques parties centrales, où elles 
portent le nom de steppes. Au N., on voit des régions 
marécageuses et tristes, couvertes, durant une grande 
partie de Tannée, d'épaisses couches de glaoe et de 
neige. 

Le climat est plus rigourcMix. dans le N» de l'Asie 
que dans les parties correspondantes de l'Europe. Au 
Midi, on éprouve des chaleurs «touflSintes. 

GoLFBs, Baîes, Presqu'îles.— L'Asie offre, comme 
l'Europe, des cotes très-irrcgnlières, et l'on y voit de 
grandes presqu'îles. L'Océan Pacifique forme les 
mers de Bhériiig, d'Okhotsk, du Japon, la mer 
Bleue, de Corée et la mer de la Chine. 

T^a mer des Indes forme les golfes de Bengale et 
d'Oman ; ce dernier forme le golfe Pertique ou 
mer Vermeille, et le golfe Arabique ou mer Rouge. 

Du côté de l'O., on trouve la Méditerranée, l'Ar- 
chipel, la mer de Marmara, la mer Noire ot la mer 
Caspienne. 

Les principales presqu'îles sont î l'Asie Mineure, 
l'Arabie, l'Hindoustan, rlndo-Chine, la Corée et 
Kamtchatka. 

DèïuoiTS. — Les principaux détroits sont : ceux de 
Bhéring, Lapérouse, la Manche de Tartarie, de Corée^ 
de Formose, de Malaka, de Maiiaar, d'Oman, do 
Babel-Mandeb, des Dardanelles et de Oonstanti- 
nople. 

Fleuvs3 bt Rivikrss. — Sur le versaat du N., 



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216 



OÉOGRAPIiïIS. 




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coulent trois grands fleuve» l'Obi, Pléuisci et la 
Lena. 

Sur le versant cle l'E., on voit l Amour ; le Hoang- 
ho ou fleuve Jaune, le Kiang ou fleuve Bleu, le 
Camboge, le Mè-nan. 

Sur le versant du S., on distingue l'Ava, le Brah- 
mapoutre et le Gange, aux innombrables embou- 
chures ; riDdns, le Tigre et l'Euphrate. 

Sur le versant de l'O., le Kizil-ermak tombe dana 
la mer Noire ; l'Oural, dans la mer Caspienne; le 
Djihoun et le Sihoun, dan» la mer d'Aral. 

Lacs. — La mer Caspienne et la mer d'Aral peuvent 
être consïidérées comme de grands lacs. L' A»ie renfcr* 
me encore beaucoup d'autres lacK considérables. Les 
plus remarquables sont : Baïkal, Palkatie, Maktou- 
gal, Loknor, Kocon^r, sur le plateau central ; Paltc 
dans le Thibet j Oiirmia dans la Perse j Van et 
AsphaUiteS; dans la Turquie. 



SUPPLÉMENT. 

GÉOGKAPiHE HISTORIQUE. — A PO., on voyait V Asie Mineure, 
presqu'île renfermée entre le Pont Euxin, la Propontide, la 
mer I^ée et la mer Intérieure ; — la Syrie, la Phénicie et la 
Palestine^ sur la côte orientale de la nier Litéricure, au 
S. E. de l'Asie Mineure ; — la Colchide, VJbérie, V Albanie, 
8ur le versant méridional du Caucase, entre le Pont Euxin 
et la mer Caspienn^ ; — la Sarmatie asiatiqvp, au N. du mont 
Caucase et au N. E. du Pont Euxin ; — V Arabie, grande 
péninsule qui s'avance dans l'Océan Indien ; — VArméniej 
VAmjrie, la Mésopotamie, la Babylonie, sur les bords de 
l'Euphrate et du Tigre. 

Dans la partie moyenne do l'Asio, on trouvait la Médie, 
VJEfyrcanie, sur la cote méridionale de la mer Caspienne ; — 
la Susiane, la Perse, la Garmanie, la Gédrosie, vers le golfe 
Pcrsique et l'océan Indien ; — la Parthie, VArie, le Pai'opa- 
mise, la Brangiane, VArahhosle, comprises presque entière- 
ment dans le plateau où coulo l'Etymandcr ; — la Bactriane, 
la Sogdiane, au N' de ce plateau. 

A l'E., étaient Vlndc en deçà du Gange, Y Inde au delà dv 



ASIB. 



217 



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vers le golfe 
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^ue entièrc- 
1 Dactriane, 

e au delà du 



GangCj la Sérique^ très- vaguement connue, «t le pays des 
Sines^ moins connu encore. 

Au N., s'étendait la vaste région de Scythie^ avec des 
limites incertaines. 

Limites et côtes. — Les géographes anciens n^ont décrit 
que moins de la moitié de l'Asie '. le N. et l'Ë. leur étaient 
inconnus. Une ligne tirée du N. 0. au S. E., commençant 
au cours moyen du Rha (Volga), passant par le mont Imaûs, 
et se terminant au fleuve Senus, dans l'E. de l'Inde au delà 
du Gange, déterminait à peu près la limite de leurs connais- 
sances dans ces directions. L'Asie pétait bornée à l'O. par 
le cours moyen du Rha, le cours inférieur du Tanaïs (Don), 
le Palus Mœotis, le Pont Euxin, la Propontide et la mer 
Egée, du côté de l'Europe ; puis, par la mer Intérieure ; et, 
vers l'Afrique, par l'isthme de l'Arabie Pétrée et le golfe 
Arabique. Au S., elle avait l'océan Indien ou la mer Ery- 
thrée, avec son grand golfe du Gange (aujourd'hui goîfe du 
Bengale). La mer Caspienne et le mont Caucase, qu'on 
place aujourd'hui sur la frontière occidentale de l'Asie, 
étaient autrefois renfermés dans cette contrée. 

habitants, civilisation, gouvernements, religion», lan- 
gues. 

La population de l'Asie s'élève à environ 700 millions 
d'habitants. Elle appartient, en général, à la race blanche 
ou caucasique, dans la moitié occidentale et dans quelques 
parties du nord ; elle est de la race jaune ou mongoliquc, 
dans la moitié orientale et chez un grand nombre de peu- 
plades boréales. 

Parmi leR peuples de la première race, il en est qui sem- 
blent cependant s'en éloigner par leur couleur ; tels sont les 
Hindous, qui ont une peau très-brune, mais qui, par les 
traits de leur visage, par leur conformation générale, se rap- 
portent aux nations blanches. 

A la race jaune appartiennent les Mongols, les Mand- 
choux, les Chinois, les Coréens, les Tibétains, les Japonais, 
et, dans la Sibérie, les Samoïèdes, les Toungouses et quel- 
ques autres tribus. On comprend sous le nom assez vague 
de Tatares des peuples répandus dans les régions centrales, 
occidentales et septentrionales, et formés d'un mélange de 
Turcs et de Mongols. 

On trouve encore dans cette partie du monde, au S. E., 
dans l'Indo Chine, des populations malaises ; et il y a des 
habitants nègres dans les archipels du golfe de Bengale. 
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218 



OEOGRAPtttE. 







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L'Asie a vu sortir de son sein les nations qui ont peuplé 
ou conquis tout l'Ancien continent, et probablement le globo 
entier. Elle fut le berceau aes sciences, des arts, des idées 
religieuses, qui se sont répandus dans l'Occident et y ont 
enfiinté une si brillante civilisation ; mais elle-même est 
restée stationnaire, ou plutôt elle a rétrogradé : car les pays 
asiatiques occidentaux, d'où l'Europe a tiré ses lumières, 
sont aujourd'hui comptés parmi les moins policés. Les con- 
trées orientales conservent un état florissant : une foule d'in- 
ventions curieuses y ont pris naissance, et y animent une 
industrie active ; mais la civilisation n'y fait pas de progrès ; 
çUe reste ce qu'elle était il y a plusieurs siècles. 

Les gouvernements de l'Asie sont presque partout despo- 
tiques. 

La religion mahométano domine dans les parties occiden- 
tales, oi^ elle est née. Ce fut aussi là le berceau du judaïsme 
et du christianisme. Les chrétiens ne sont un peu nombreux 
que dans la Turquie d'Asie, la Transcaucasie, la Sibérie et 
l'Hindoustan. La doctrine de Confucius, qui ne reconnaît 
qu'un seul Dieu, compte un assez grand nombre d'adhérents 
en Chine et au Japon. 

Les religions païennes sont répandues dans les régions 
orientales et méridionales : dans l'Hindoustan, c'est le brah- 
misme, qui tire son nom de l'un de ses dieux principaux, 
Brahma ; c'est le ho^iddhisme dans la plus grande partie de 
Tempire Chinois, du Japon et de Tlndo-Chine : il ne paraît 
être qu'une réforme du brahmisme ; il tire son nom des 
Boud/ihas (c'est-à-dire êtres éclairés), qui, suivant une idée 
répandue en Asie depuis une haute antiquité, paraissent, à 
différentes époques, dans le monde : c'est le quatrième 
bouddha, appelé Chakya-Mouni^ qui a enseigné le boud- 
dhisme actuel, plusieurs siècles avant Jésus-Christ. Boud- 
dha, aioré comme un dieu, est considéré comm« subsistant 
dans la personne des dalaï-lamas, souverains du Tibet. Le 
chamaîiisme, branche du bouddhisme, dégénérée, chez plu- 
sieurs populations, en adoration des esprits malveillants, est 
très-répandu dans le nord. Il y a un assez grand nombre 
de Parsis ou Guèbres, adorateurs du feu, dans la Perso ci 
dans l'Hindoustan. La religion de sltito^ au Japon, est l'ado- 
ration des ancêtres devenus dieux, et a pour chef le mikado, 
considéré comme dieu lui-même ; ce culte se môle presque 
entièrement aujourd'hui avec le bouddhisme, qui se nomme 
au Japon houtsdô. 

Les principales langues de l'Asie sont Varaie, Vannémen^ 



à 



6IBEBIB. 



219 



ie géorgien, le russCj le turc (partagé en dialectes turcoman^ 
kirghiZf etc.), le persan (auquel se rattache le pouchtou, 
langue des Afghans)^ le sanscrit (langue savante qui n'est 
pins parlée aujourd'hui), VMndouêtani, \epali, le chinoie, le 
japonais, îe thibétain, le birman, le siamois, le cambogien^ 
Vannamite, le mandchou, le mongol, le malais. 



SIBERIE OU RUSSIE D'ASIE. 

Etendue. — La Sibérie occupe toute la partie sep* 
tentrionale de l'Asie. Cette vaste contrée a environ 
1,700 lieues de longueur, de l'E., à 1*0., 600 lieues 
dans sa plus grande largeur, du N. an S., et environ 
2,500,000 lieues carrées. Elle est plus étendue que 
l'Europe entière. 

Bornes. — La Sibérie est bornée au N. par 
Pocéan Glacial arctique ; au N. E , par le détroit 
de Bérhing ; h l'E., par la mer de Bérhing, 
l'océan Pacifique, la mer d'Ochotsk et la Manche de 
Tartar'e ; au S , par l'empire Chinois et le ïurkes- 
tan ; à l'O., par la rivière Oural et les monta 
Ourals, qui la séparent de l'Europe. Depuis que les 
Kirghiz sont renfermés dans les possessions russes, 
la Sibérie s'étend vers le S. O. jusqu'à la mer 
Caspienne et à la mer d'Aral ; et, par suite de l'an- 
nexion récente d'une grande partie du territoire 
chinois, elle dépasse, au S. E., l'embouchure de 
l'Amour, et comprend, sur la Manche de Tartarie, 
toute la côte de la Mandchourie. 

Division. — La Sibérie comprend quatre gouver- 
nements, outre ceux de Ferme et d'Orenbourg, à 
VE. des monts Ourals ; ce sont Tobolsk, Tomsk, 
léniseisk et Irkoutsk ; six territoires : Sémipalatinsk ; 
des Kirghia, Iakoutsk, Trans-Baïkal, oelui de l'A- 
mour et le territoire Maritime. 

Montagnes. — Les montagnes les plus remarqua- 
bles de la Sibérie so trouvent presque toutes vers 



■v'V^ '-TT^'.' 



■.•,:7»_-'^^.^;tf/.,T? ■■i;,f.-.-r'.5.';;-T' •* 



220 



GEOGRAPHIE. 










^ 






eefl limites : la chaîne des monts Ourals s'élève 
entre la Sibérie et l'Europe ; les monts Alatau, les 
monts A.ltaï, les monts Célestes, les monts Tang-nou, 
les monts Saïansk, les monts Kentéï et les monts 
Khingan, s'étendent vers la limite méridionale, 
On volt s'avancer dans l'intérieur les monts lablo' 
noï ou Stanavoï jusqu'au détroit de Bérhing. La 
péninsule du Kamtchatka est traversée dans toute 
9a longueur par une chaîne de montagnes très-vol- 
oaniques. 

RivjEÈRES KT Lacs. — Presque tous les cours d'eau 
de cette vaste contrée appartiennent au versant do 
Poïîéan Glacial arctique. On en remarque surtout 
trois principaux : l'Obi, l'Iéniséisk et la Lena ; l'A- 
nadyr se rend dans le Golfe du môme nom ; le fleuve 
Amour se jette dans la Manche deTartarit., leSihoun 
pe perd dans la mer d'Aral ; l'Oural se jette dans la 
mer Caspienne. 

Le long lac Baïkal a presque l'apparence d'une 
mer, sa circonférence dépasse 400 lieues. L'eau eu 
est douce. 

Capitale et Villes. — La capitale est Tobolsk, 
pituée sur l'Irtych, affluent do l'Obi ; au milieu d'une 
grande plaine souvent inondée. Sa population s'é- 
lève à 30,000 habitants. Les villea principales 
sont : BL^rezov, sur l'Obi ; Omsk, sur un affliM?nt do 
l'Irtych ; Tomsk, sur un afl^uent do l'Obi ; Irloutsk, 
près du lac Baïkal ; Kiachta, au S. E. d'Irkoutsk. 

Climat.— ^Le climat est très-froid ; l'hiver dure 
à 10 mois. 

Sol et ProduotiOxVs.—^Lo sol est inculte au N. 
et peu fertile au S. Les jjrains manquent en général ; 
cependant il y a, dans les parties méridionales, plu- 
sieurs cantons assez fertiles et où le blé réussit très- 
bien. Plusieurs des régions que la Russie a acquises 
de la Chine sont fort belles. C'est surtout par ses 
ii^ii^cs §t ses tourrures que la Sibérie est impQrtaot§ 



TTIANSCAUCASIE. 



221 



pour 1.1 Russie. Il y a do l'or, de Tni-gont, du fer, 
du cuivre, de Iît houille, du graphite, différentes 
pierres précieuses. 

Commerce. — Fourrures, or, argent, fer, huiles, 
poisson, bois, etc. 

Population. — Cette immense contrée ne renferme 
que 4 ou 5 millions d'habitants. 

Religion et Gouvernement. — La religion grec- 
que est celle des ' abitants civilisé» Parmi les Indi- 
gènes, les uns professent le bouddhisme et le cha- 
manisme, quelques-uns «sont musulmans. Il y a 
aussi des catholiques ; ce sont pour la plupart d'in- 
fortunés exilés polonais. Le gouvernement est 
absolu. 



SUPPLÉMENT. 

Géographie Historique. — La Sibérie, qui a été primiti- 
vement peuplée par les Scythes et les Mongols, était incon- 
nue aux anciens Grecs et aux anciens Romains. Elle le 
fut de même aux Russes jusqu'au 15e. siècle. La première 
expédition qu'ils y firent eut lieu en 1499, et ils la soumi- 
rent vers la fin du siècle suivant : il y avait alors, dans le 
N. 0. de l'Asie, la principauté de Touran, dont la capitale, 
Isker ou Sibir, sur l'Irtych, a donné son nom à toute la 
région qu'on vient de décrire. Les Russes ont augmenté 
rapidement leurs possessions sibériennes ; dans ces dernière» 
années, particulièrement, ils y ont joint la plus grande 
partie du bassin de l'Amour, toute la côte de la Mandchourie, 
d'importantes régions de la Mongolie et du Turkestan. 
Leurs voyageurs et leurs sjivants ont, do toutes parts, exploré 
et étudié ces contrées. 



TRAI^SCAUCASIE. 

Etendue et Bornes. —La Transcaucasie s'étend sur 
le versant méridioMil du Caucase, entre la mer Cas- 
pienne et la mer Noire. Elle touche vers ie S. à la 
Turquie d'Asie et à la Perse. Ce pays a 230 lieues 



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aéooRAPitire. 



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de longnour, de TE. à l'O.; 60 lieues do largeur ; et 
40,000 lieues carrées. Latitude moyenne, 42°. 

Divis oîf. — Elle comprend qiiatro gouvernements : 
Tiflis, Koutais, Chémakha et Ërivan. 

La Mingrélie et l' Abasie sont deux petites régions 
dépendantes du gouvernement de Koutaïs, situées 
entre le Caucase et la mer Noire. 

Montagnes. — Le Caucase règne tout le long de 
la frontière septentrionale de cette région, depuis le 
voisinage du détroit d'Iénikalé jusqu'à la presqu^île 
d^Apuhéron, qui s'avance dans la mer Caspienne. Il 
surpasse les Alpes en hauteur, et offre l'aspect le 
plus majestueux. Peu de passages permettent de 
franchir cette masse énorme de montagnes ; le plud 
fameux est celui de Dariel, placé vers le milieu de la 
chaîne, et nommé anciennement pyles Caucasiennes. 
Une branche qui se détache du Caucase, à peu près 
vere ce défilé, sépare les eaux tributaires de la mer 
Caspienne de celles qui se rendent dans la mer 
Noire. 

Rivières. — Le fleuve principal est le Kour (an- 
cien Cyrus) qui reçoit l'Aras (Araxes) et va se jeter 
dans la mer Caspienne. Le Rioni (ancien Phase) se 
jette dans la mer Noire. 

ViLLBS PRINCIPALES. — Tlflis, sur le Kour, ville 
commerçante .t peuplée de 80 000 habitants ; Eliza- 
bethpol ; Koutaïs, sur le Riori, et E^ivan, dans 
l'Arménie russe. Nakhtchiyiu (Naxuana), l'une 
des plus anciennes villes du monde ; Bakou, place 
forte et port de mer sur la presqu'île d'Apchéron. 

Climat, Sol et Productions. — Le climat est géné- 
ralement doux, et le sol fertile dans une grande partie 
du pays. Dans les délicieuses vallées de la Tra'isoau- 
casie, croissent en abondance lÉ vigne, l'abricotier, 
l'olivier, le pécher, l'amandier, le fii^uier, le jasmin et 
mille autres plautes utiles ou agréables. 



TURQUIE d'aBIE. 



223 



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Population et Religion. — La Tranaiaucasie ren- 
ferme environ 2,000,000 d'habitants : un grand mé- 
lange de nations forme la population de ce pays. Le 
peuple principal est celui des Géorgiens, remarquables 
par les belles proportions de leurs traits, par l*élé- 
gance de leur taille, et considérés, avec quelques au- 
tres habitants du Caucase, comme le type de la race 
blanche. 

Il y a aussi beaucoup d'ArraénicTis, occupes prin- 
cipalement du commerce ; de Lesghi, souvent livrés 
au brigandage ; de Tatares, de Turcs, d*Abases, de 
Persans. 

Les relis^ions les plus répandues dans ces contrées 
sont la religion grecque, la religion arménienne et la 
musulmane. 

Gouvernement. — Le Tzar de toutes les Russie» a 
sur ces contrées une autorité absolue. 



SUPPLEMENT. 

Gior.RAPniB historique. — La Transcaucasie correspond à 
trois contrées célèbres : la ColcJiide, à l'O.; VJbérie^ au 
milieu, et V Albanie, à TE. 

Le royaume de Géorgie, qui se forma de la plus grande 
partie do ces trois pays, fut longtemps a^sez puissant. Il 
soutint de fréquentes guerres contre la Perse, et fut enfin 
réduit en province de cet empire. Vers la fin du dix-hui- 
titme siècle, le prince HéracJius en fit un nouveau royaume 
indépendant ; mais la Russie ne tarda pas à dépouiller de 
leurs états les fils de ce souverain. 



TURQUIE D'ASIE. 

Etendue. — La Turquie d'Asie a environ 450 lieues 
du N. O. au S. E., et 260 lieues dans sa plus grande 
largeur ; sa superficie est d'environ 250,000 lieues 
carrées c'est-à-dire plus du double de celle de la 
France. Latitude moyenne, 37**. 



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224 



GÉOGRAPHIE. 



BoRNKs.-jp-Elle est bornée au N. par le détroit 
des Dardanelles, la Mer de Marmara, le détroit de 
Constantinople et la mer Noire ; au N. E., par 
la Transcaucasie ; à l'E., par la Perse ; au S., par 
l'Arabie ; à l'O., par l'isthme de Suez, la Méditer- 
ranée, et la mer de l'Archipel. 

Division. — Elle comprend six grandes divisions 
historiques. A l'O., l'Asie-Mineure ; au N. E., 
l'Ai inénie ; à l'E., le Kurdistan ; au milieu et 
au S. E., la Mésopotamie, et l'Irak-Arabie ; au S., 
la Syrie. 

L'administration turque l'a partagée en dix-sept 
éyalets ou <îouvernenient8, qui se subdivisent en 
livas ou sandjaks, espèces de départements. 

Montagnes. — La grande chaîne de hauteurs qui 
sépare, en Asie, le versant de l'océan Indien de 
celui des mers intérieures, parcourt la Turquie 
asiatique du N. E. au S. O. Le célèbre Mont 
Ararat, haut d'environ 16,000 pieds, appartient à 
cette chaîne. Elle porte successivement les noms 
de Taurus, d'Anti-Taurus et d' Anti-Liban. Le 
Liban forme un massif isolé, à l'O. de l' Anti-Liban 

Un dovq principaux sommets de la branche 
occidentale de l'Anti* Liban est le mont Thabor ; 
im autre est le mont Gelboë ; le mont Carmel 
s'élève au bord de la Méditerranée ; plus loin est 
le mont Nébo, illustré par les derniers moments de 
Moïse. 

On voit dans la Turquie d'Asie beaucoup de 
traces d'irruptions volcaniques, et c'est un pays où 
les tremblements de terre exercent le plus souvent 
leurs ravalées. 

Rivières. — Parmi les cours d'eaux de la Turquie 
d'Asie, les uns, en petit nombre, appartiennent au 
bassin de la mer Caspienne : le Kour et l'Aras, son 
affluent, sont les plus remarquables ; — beaucoup de 
rivières coulent vers la Méditerranée et ses di- 



TURQtJJK D ASIE. 



225 



détroit 

jtroit de 

E., par 

S., par 

Méditer- 



divisions 
N. E., 

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I Turquie 
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pays où 

souvent 

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snnent au 
A.ras, gon 
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t ses di- 



visions : le Kizil'ermak, le Sakaria (Sàngarius) le 
Salatdéré (Granique) ;--mais les plus grands sont 
tributaires du Golfe Persique : l'Euphrate et le 
Tigre, qui se réunissent sous les murs de Corna et 
forment un large. fleuve nommé Chot-el-Arab. Le 
cours de l'Euphrate est d'environ 380 lieues, et 
celai du Tigre, 250. L'un et l'autre sont fort 
rapides, et leurs bords ont été le tli^'âtre des premiers 
événements transmis par l'histoire. 

Lacs-— Les laos de cette partie de l'Asie sont plus 
remarquables par les souvenirs historiques qu'ils nous 
offrent que par leur étendue. Au N. O., se trouvent le 
lac Van ; au S. E-, la mer Morte ou lac Asphaltite, on 
l'a quelquefois appelée mer de Sodôme ou lac Sa!4, 
Des raotitp.gnes d'un aspect un peu triste et des plages 
assez stériles l'environnent, quoique le paysage y soit 
moins lugubre qu'on ne l'a dépeint quelquefois, 
L'eau est claire, mais très-salée, trôs-araère et plus 
pesante que l'eau marine ordinaire. On y voit sou- 
vent surnager des masses d'asplialle. Elle occupe 
la plaine où se trouvaient les villes de Sodôme, 
Gomorrhe, Adama et Séboïm. La mer Morte reçoit 
'par son extrémité septentrionale le Jourdain ; dans 
la partie Rqpôrieure de son cours, se trouve le lac de 
Génézareth, ou mer de Galilée ; ce lac est entouré de 
coHinet de l'aspect le plus pittoresque. 

Capitale; et Villes. — La capitale est Constanti- 
nople. Parmi les villes principales on remarque ; 
Syrnie, Sinope, Scutari, Brousse, Scala-Nova, Sata^ 
liéh, Angora, dans l'Asie Mineure ; Erzéroum, Kars, 
Diarbekn*, Mossoul (Ninive), dans l'Arménie et le 
Kurdistan ; Réba ou Orfa, dans l'Irak-Arabic ; on 
trouve Bagdad, sur le Tigre, autrefois le siège bril- 
lant de l'empire de Khalifes ; Helleb, au S. de Bag-^ 
dad ; Bassora, sur le Ohot-cî-Rab ; Alexandrette, sur 
le golfe du môme nom ; Tripoli- Beyrouth, Saïda 
(Sidon) Saint-Jean d'Acre, JafFat, Alep, Antakieh, 
(Autiocbe), Damase, Jérusalem est la ville la plus 



»;•'»:;>);,' 



226 



GEOGRAPHIE. 



il 



ï?^ 










importante de la Syrio. La situation de Jérusalem 
est triste ; entourée de tou« côtés de montagnes nues 
et rocailleusies, elle n'offre dans son intérieur qu*ua 
aspect misérable. Mais il n'est pas de villes plus 
intéressantes par ses souvenirs. Jérusalem compte 
environ 30,000 habitants ; la plupart Arabes et Juifs, 
On remarque, au S. de cette ville, Bethléhem» où la 
crèche qui vit naître le Sauveur est recouverte d'une 
église magnifique, fondée par Ste. Hélène, mère de 
Constantin. 

Climat, Sol et Pi^oductïons. — ^Le climat est fort 
doux, le sol très-fécond, et les sites sont délicieux dans 
la plupart des vallées de TAsie-Mineure ; mais on 
trouve, au S. K-, dans le voisinage de l'Arabie, des 
plaines sablonneuses et brûlantes. De magnifiques 
forêts do chênes, de cèdres et d'autres grands arbres 
ombragent les montagnes. Dans les parties basses, 
croissent les céréales, Polivler, le grenadier, l'oranger, 
le myrte, le figuier, le dattier, le bananier, la vigne, 
en un mot toutes les plantes et les fruits des pays 
tropiques. 

Population et Religion. — -Ce pays ne compte 
que 15,000,000 d'habitant«. Les Turcs ne formei»!. î 
qu'une faible portion de la population de la Turquie 
a' Asie. On trouve dans ce pays un grar'' nombre 
de Grecs, d'Arabes, d'Arméniens, de Kurde», do 
Juifs. 

II y a des Turcomans, peuple nomade redouté. 
Les Maronites, peuple du Liban, sont de mœurs 
douces, et généralement livrés ^ la culture. 

L'islamisme est la religion dominante dans cette 
contrée. Les Maronites professent aussi le Christia- 
nisme '; ils reconnaissent l'autorité du l-'ape, sans 
adopter toutes les formes du catholicisme. 

GouvEj^NBMBNT.— Ce pays est soumis an Bultan 
de Constantinople. La Turquie d'Asie serait un des 
plus beaux et des plus riches pays de l'univers, si 
çUq était aous une condition politique plus heareuse. 



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nés nues 
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et Juifs, 
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an Bultan 
lit im des 
inivers, si 
t^eurewse. 



AllABIE. 



SUPPLÉMENT. 



227 



GÉOGRAPHIE HISTORIQUE. — L'Asîe Mineure renfermait dans 
l'antiquité douze divisions principales : trois au N., le long 
du Pont Euxin : le Pont, la Paphlagonie, la Bithynie ; 
trois à VO., le Icng de la mer Egée •• la Mysie, la Lydie et 
la Carie ; trois au S., sur la côte do la mer Intérieure : La 
Lycie, la Pamphylie et la Cilicie ; trois dans l'intérieur : 
la Phrygie, la Galatie et la Cappadoce. 

Le reste de la Turquie d'Asie comprenait : l'Arménie, 
l'Assyrie, la Mésopotamie, laBabvlonie, la Syrie, la Phénicio 
et la Palestine. 

Changements politiques successifs.— Ces divers pays 
anciens de la Turquie d'Asie, après avoir presque tous formé 
autant de monarchies particulières, passèrent sous la domi* 
nation des rois de Perse, puis sous celle d'Alexandre ; se 
divisèrent de nouveau sous les successeurs de ce dernier, et 
se confondirent encore une fois en subissant le joug des 
Romains, auxquels les Parthes et les Perses disputèrent 
cependant les régions orientales. Ensuite ils dépendirent 
des Arabes, dont les souverains, nommés Khalifes, résidèrent 
d'abord à Koufa (sur l'Euphrate), puis à Bagdad. Enfin, 
ils tombèrent sous la domination des Turcs, qui, sortis de 
l'Asie centrale, s'étaient partagés en plusieurs branches : 
ceux qu'on appelle Turcs ottomans (ou plutôt othomans) 
jetèrent définitivement dans l'Asie Mineure, au treizième 
siècle, les fondements de leur empire, dont le premier siège, 
fut Conieh (Iconium) ; bientôt cet empire s'étendit depuis 
l'Euphrate jusqu'à Constantinople, et depuis la mer Noiro 
jusqu'à la Syrie, contrée qui appartenait alors à l'Egypte, et 

.»it ils s'emparèrent en 1516. Ils agrandirent encore peu 
t\ r; 7 leur territoire asiatique aux dépens des Persans. 



AEABIE. 

Etendîte et Bornes. — Cette grande presqu'île est 
bornée an N. par la Turquie d'Asie ; 5, l'E., par le 
golfe Persique et le détroit d'Ormus ; au 8., par 
l'océan Indien ; au S. O. et à l'C, par le détroit de 
Babelmandeb et la mer Kouge ; elle tient à l'Afrique, 
au N. O., par l'isthme de Suez. 

L'Arabie a plus de 540 lieues de longueur, du N. 



• 



."ilx 









228 



oioGKAPHIK. 



O. au s. K. Elle a sa plus grs^nde largcui* vers le 
S., entre les détroits d'Ormus et de Babelmandeb. 
Sa superficie éga^e à pou près quatre fois celle de la 
France. L'Arabie est coujyée à peu près vers le mi- 
lieu par le tropique du Oancer. 

DinsiONS. — On divise TArabie en 3 parties : 
l'Arabie Pétrée, au N. O., l'Arabie Déserte, au K. 
E , l'Arabie Heureuse, au S. O. 

Mais cette division a toujours été inconnue des 
habitants qui divisent leur pays en 6 contrées : 
THedjaz, à l'O.; rYémen, au S. O.; l'Hadramaout, 
au S.; rOman, au S. E.; Lahsa, à TE.; et le Netjed, 
au milieu. 

Montagnes, Rivièrks et Lacs. — Les montagnes 
de l'Arabie sont nues et rocailleuses, et les chaînes 
qu'elles forment ne peuvent pas être, en général, 
considérées comme des lignes de partage des eaux, 
car presqu'aucuue rivière ne descend de leurs fiancs 
arides. La plus célèbre de toutes les montagnes 
d'Arabie est le moût Sinaï, dans le N. O. Non loin 
de là est le mont Horeb. On remarque ensuits : le 
mont Chammar, le mont Arafat, etc. 

Peu de contrées sont aussi dépourvues d'eau : on 
n'y trouve aucun lac ; et il n'y a presque pas de 
rivières ; celles qu'on y rencontre sont peu considé* 
râbles, et la plupart sont à sec une partie de l'année. 
Les plus remarquables sont : l'Aftan qui tombe dans 
le golfe Persique ; la Shab, qui se jette dans la mer 
des Indes. 

Capitale et Villes. — La Mecque, près de la mer 
Rouge, est considérée par les musulmans comme la 
plus sainte de toutes les villes. Elle est dans un can- 
ton sec, rocailleux et triste ; Médine, au N. O. de 
la Mecque, elle contient le tombeau de Mahomet ; 
Moka, . port fameux sur la mer Rouge, principal 
entrepôt du commerce du café dans l'Yémen ; 
Aden, sur le golfe du même nom, appartient 
aux Anglais. La ville la plus importante de l'E. est 



ABÂBtfi:. 



229 



yers le 
nandeb. 
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l'eau : on 
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Je la mer 
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3 un can- 
f. O. de 
'ahomet ; 
principal 
'Yémon ; 
ppartient 
e TË. est 



Masoate) siège d'un grand commerce ; elle a un 
beau port. 

Les Anglais ont pris possession de la petite île de 
Périmj située au milieu du détroit de Babelmandeb, 
et qui est comme la clef de la mer Rouge. Ils ont 
également celle de Camaran, sur la côte de l'Yémen. 

Climat. — Le climat est très-chaud. On y distin- 
gue deux saîsoDB ; celle de la sécheresse et celle des 
pluies. Immédiatement après cette dernière, les 
plaines désertes se couvrent d'une riante Terdure et 
d'un tapis de fleurs ; mais la scène change bientôt, 
et quelques jours suffisent pour amener une chaleur 
brûlante, dessécher les herbes et rendre au désert 
toute son afFreijt»e nudité. 

Sol kt Productions.— La plus grande partie de T-^- 
rabien'offro que d'immenses plaines sablonneuses et 
déserteio, où règne continuellement le souffle ardent 
du simoun ou vent du désert. Dans les parages mari' 
times, la fertilité est très-grande ; on y cultive beau- 
coup de plantes aromatiques et d'épices, le café 
Moka, l'aloèx, le baume, le coton, le cocotier, le gre- 
nadier, le maïs. 

Ou trouve eu Arabie la plu» belle race de chevaux 
qui existe, des chameaux, des buffles, des moutons à 
grosse queue, etc.; mais les déserts sont remplis 
d'animaux féroces et d'insectes malfaisants. 

Commerce. — Encens, baume, café, chevaux, épi- 
ces, coton, etc. 

Population. — La population de l'Arabie est d'en- 
viron 12 millions d'âmes. Les Arabes appartiennent à 
la famille sémitique ; au temps de leur puissance, ils 
ont cultivé avec le plus grand succès la poésie, la 
philosophie et les sciences mathématiques et natu- 
relles ; on leur doit les chiffres arabes. Ils sont, 
depuis longtemps, retombés dans leur ignorance prc* 
mière. 

Religion. — Les Arabes professent le mahomé- 
tisme, qui a pris naissance dans ce pays. 



i .. 'V. 



280 



OÊOORAPHIE. 



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Gouvernement. — Presque tons les Arabes mè- 
nent une vie nomade ; ils sont réunis en tribus et 
obéissent au gouvernement patriarcal de leurs cheiks 
ou vieillards. 



SUPPLÉMENT* 

G^ooRAPHiK HISTORIQUE.— -L* Arabie a conservé le nom 
qu'elle avait dans l'antiquité. Ses . habitants n'étaient pas 
réunis en un seul corps de nation, mais divisés en plusieurs 
peuplades, parmi lesquelles on distinguait les Madianitea^ 
les ismaélites, les Amalédtes, les Iduméens^ dans l'Arabie 
Pétrée ; les Jyahathéens, les SahéenSy qui adoraient les astres 
et chez lesquels régna, dit-on, la reine de Saba ; les Somé- 
rites^ les Adramites^ les Omanites, dans l'Arabie Heureuse ; 
\q^ Sarracène^y dans l'Arabie Déserte. 

C'est à partir du septième siècle que, sous l'étendard de 
Mahomet et des khalifes ses successeurs, les Arabes sont 
dev^aus puissants et célèbres ; on les vit étendre leur domi- 
nation sur tout l'occident de l'Asie, le N. de l'Afrique et le 
midi de l'Europe. Ce vaste empire des Arabes sa partagea 
en plusieurs états î le khalifat de Bagdad, le khalifat do 
Cordouc, le royaume d'Egypte, etc. L'Arabie fut ensuite, 
en grande partie, subjuguée par les Turcs; mais la puissance 
de jcux-ci j est aujourd'hui très-reslreinte. 



TtlRKESTAK. 

Bornes. — Le Turkestan, qu'on appelle encore 
Tartarie indépendante, est borne au N". par la par- 
tie de la Sibérie où habitent les Kirghiz ; à l'E., par 
Fempire Chinois ; au S., par l'Afgbanistan et la 
Perse ; à l'O., par la mer Caspieime. Latitude 
moyenne, 40°. 

Division. — On y voit l'état ou klianat de 
Boukhara, gouverné par un khan ; le Khiva, le 
Badakchan, riche eu mines de rubis ; le Khokand, 
le llissar, le Koulm, le Balkh, etc. 

A côte de la mer Caspienne, habitent des tribus 






X--''" 



TUBKE8TAN. 



231 



nomades de Tnrcomans, pasteurs grossiers qui s'a- 
donnent au brigandage. 

Montagnes.— Les monts Bolor àP^.. «t THindou- 
khouch s'élève sur la froutière méridionale du Tur 
kestan. 

RiviKBBs ET LAca.— Le Turkestan est tout entier 
sur Je versant occidental de l'Asie, mais ses eaux 
appartiennent à deux principales subdivisions natU' 
relies^ : le'bassm de la mer d'Aral et celui de la mer 
Caspienne. T^rmi les tributaires de la mer d'Aral, on 
remarque le l>jiboun (Oxus^ et le Siboun (laxartes), 
La mer i 'aspienne ne reçoit, dans cette contrée, aucun 
cours d'eau considérable, 

La mer d'Aral, qui baigne le N. de cette contrée, 
n'est qu'un grand lac, qui probablement communi*» 
quait autrefois avec la mer Caspienne. Elle ^enferme 
beaucoup d'îles, surtout dans la partie méridionale. 

Villes PRiNciPALES.^^Boukbar,a, sur le Sogd, 
affluent du Djihoun, ville très-oommerçante, célèbre 
par ses nombreux collèges et peuplée de 150,000 
habitants ; Samerkand, à l'E. de Boukhara : cette 
ville, sons Tâmerlan, fut la capitale de l'un ^es plus 
vastes empires du monda, aujourd'hui elle est rem* 
plie de ruines ; Balkh, au È.; Khokh&nf Bur le Si- 
houn ; Khiva, située sur un canal dérivé du Djihoun, 
C'est la résidence d'un khan qui reoonnaît le protec- 
torat de la Russie. 

CuMAT, Sol et PBonuc3TiONS,-~'Le climat est tem- 
péré. Le pays se compose en grande partie de 
steppes ; on y trouve quelqi^es cantons fertiles, Les 
habitants ne manquent pas d'industrie, n^ais ils sont 
surtout très-adonucs au commerce, 

ropu^i^ATioiT ET Religion. — La popujation du 
Turkestan se compose d'euviron 8,000,000 d'âmes, 
mélange de Mongols et de Turcs ; elles sont com^ 
prises généralement parmi le§ nations tat{^res^ oepen^ 



232 



GÊOGEAPHIE. 



w ■ 






dant plusieurs sont purement turcs. Ils sont musuU 
mana Sunnites. 

GouvKENKMENT. — On y compte une foule d^états 
de toutes dimensions dit!^ khanats, dont le gouverne» 
ment est une sorte de régime patiiaroal. 

SUPPLEMENT, 

Géooràpiiib historique. -«"Une partie de cette contrée, au 
Nm remplace une certaine ôt*îndue de l'ancienne Scythie en 
deçà de rjmaûs, habitée par les Jfassag'èies, les hsidom, les 
Argijypèem ; le Kharièin tire son nom des anciens Khoxas-> 
miens ; la Boukharie, qui portait anciennement le nom de 
Tramoxiane et celui de Sogdiane, devint, après la conquête 
d'Alexandre, uae province de l'empire grec de Bactriane, 
Oe pays et les territoires voisins devinrent, au moyen âge, 
le Mavarennahar, siège principal de l'empire de Tamerlan. 

C'est du Turkestan que sont sortis les JJum, les Alaina, 
les Turcs et autres peuples belliqueux qui sont allés se fixer 
(^ans quelques-unes des plus belles parties de l'Asie occi- 
dentale et de l'Euro|}e méridionale. 

L'empire de Boukhara avait malbeureusement pour voi- 
sjn, depuis quelques années, le Tzar, et il s'est vu réduit à 
I^ triste alternative de se placer sous le protectorat d'Alex- 
andre II, ou d'entreprendre contre lui une lutte à outrance, 
p'est à ce demi r parti qu'il s'est résolu, Une grande 
l»ataille a été livrée entre les Russes et les Boukhariens ; 
ces derniers ont été battus, l'émir a péri dans la lutte, et les 
Busses ont pris possession de Boukhara. A la suite de cette 
victoire, une des plus célèbres cités de l'Asie centrale. Sa-» 
marcande, la ville sainte par excellence, a été occupée par 
un corps considérable de Russes. Désormais l'on peut dire 
(|^ue l'Asie centrale ne compte plus un seul Etat résUeroenj; 
indépendant. 



PERSE. 



Etendue. — La Perse, nommée Iran par les Orien. 
taux, a 400 lieues de longueur, du N. O. au S, E., su^ 
une largeur moyenne d'environ 225 lieues. La 
gnperficie est de 200,000 lieues carrées. J^a latitude 
ipp^enne bç trouve au 33® î^, 



ri'RSK. 



233 



musuU 

d'états 
Il ver ne» 



trée, au 

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KhoraB-, 

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rôduit à 
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Dutrance. 
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5 de cette 
traie, Sa-* 
iupée par 
peut dire 
SsUemen^ 



'S Orien. 
, E., su|? 
les. La 
latituc^e 



Bornes.— La Perso est bornée au N. 0. et an N. 
par la Transcaucasie, la mer Caspienne et le Turkes- 
tan ; à 1 E., par le Caboul et le Béiouchistan ; au 
S., par le détroit d'Ormus et le golfe Persique ; à l'O., 
par la Tur(juie d'Asie. 

Division.— La Perse est divisée en 9 ^irovinces : 
Mazendéran, Ghilan, le long de la mer CaK[>ienne j 
Irâc-Adjérai, au centre ; Adorbaïdjan ; Kurdistan ; 
Khouzi8tan,àrO.; Farsistan (Perse proprement dite), 
»u S.; Moghistan et Kcrman, dans le S. E. du royaume ; 
Khoraçan, à l'E. 

Montagnes. — La Perse se divise naturellement en 
trois régions : la plus grande occupe le milieu et l'E. 
du royaume, et forme la partie occidentale d'un vaste 
plateau connu sous le nom de plateau de la Perse ; 
ce plateau est borné an N par les montagnes du 
Khoraçan et les monts Elbrouz ; à l'O., par les 
monts El vend. Le point le plus élevé de ces monta- 
gnes est le pic de Démavend, situé dans les monts 
Elbrouz et haut de plus de 19,000 pieds. 

La seconde région naturelle est le versant de la 
mer Caspienne, au N". 

La troisième, au S., comprend le versant incliné 
vers le golfe Persique, le détroit d'Ormus et la mer 
d'Oman. 

Rivières et Lacs. — Les rivières du plateau se 
perdent ou dans les sables ou dans des lacs sans 
écoulement visible. Les plus considérables sont le 
Zayendeh-roud, le Bend-Emyr, qui se jette dans le lac 
Kiefîe, Dans la partie N. O. du plateau est le grand 
lac d'Ourmyah, qui a environ 25 lieues de long ; ses 
eaux sont, avec celles de la mer Morte et du lac de 
Van, les plus salécu que l'on connaisse dans l'ouest de 
l'Asie, et elles ne nourrissent aucun poisson. 

Vers la mer Caspienne se dirigé le Kizil-Ouzen ; 
l'Aras, rivière fort rapide ; le Tedzen, qui coule vers 
le Turkestan. 






234 



OÊOGBAPIIIB. 






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Au versant méridional appartiennent le Kerkhah, 
affluent du Ghot-el-Arab et le Karoun, qui tombe dans 
le golfe Persique. 

Capitale et Villes. — La capitale est Téhéran, 
placée vers les monts Elbrouz. Elle contient 130,000 
nabitanis «n hiver, et seulement 40,000 en été. On y 
remarque le palai» du roi, édifice très-vaste et de la 
plus grande richesse. Lcm princip.iles villes sont : 
Démavend, près du pic du môme nom ; Ispahan, 
autrefois la capitale ; Kachan, fort belle ville ; Ha- 
roadan, près des ruines de l'ancienne Ecbatane ; 
Tauris, au N. E. dujao d'Ourmyah ; Kirmanchah ; 
Chiraz, dans nue vallée délicieuse ; Kerman ; etc. 

Climat et Sol. — La partie la plus belle de la Perso 
est le midi ; mais on y éprouve souvent une tempé- 
rature brûlante et un vent dangereux nommé samiel ; 
à rO. et au N. O., le climat est doux et salubre. Au 
N., le long de la mer Caspienne, s'étend une région 
fertile. A TE., se trouve le Grand Désert Salé. 

Population et Religion. — La population est de 
10,000,000 d'habitants. Les Persans sont mahomé- 
tans de la secte d'Ali. 

Ce peuple eit poli et a plusieurs autres belles 
qualités extérieures ; on leur donne quelquefois le 
nom de Français d'Asie. 

Gouvernement. — Le gouvernement de la Perse 
est une monarchie absolue ; cependant plusieurs tri- 
bus vivent dans une indépendance à peu près com- 
plète. Le souverain porte le titre de Chah. 



SUPPLÉMENT. 

QfoaRÀPniE HISTORIQUE. — Les anciennes contrées occupées 
maintenant par le royaume que nous venons de décrire, 
étaient la Médie^ au N. 0.; Vllyreanie, au N.; la Suaiane, à 
rO.; la Perse ou Fersis, au S.; la Carmanie, au S. E., et la 
Farthie, au N. E. 

Le royaume de Perse resta dans l'obscurité jusqu'à Cyrus, 



BÊLOUTCHISTAN. 



235 



qui créa un puissant empire dans le sixième siècle avant 
J. C. Cet empire fut détruit deux siècles plus tard par 
Alexandre, et partagé bientôt entre les successeurs de co 
monarque. Les contrées qui forment aujourd'hui la Perse 
ne tardèrent pas à subir le joug de la nation belliqueuse des 
PartJies. La puissance de ces derniers dura jusqu'au troi* 
sième siècle après Jésus-Christ, époque où Ardchour ou 
Artaxerxès releva l'ancien royaume des Perses. Ce pays 
fut conquis par les Arabes au septième siècle, passa, au 
treizième, sous la domination des Mongols, et Redevint enfin 
une monarchie particulière au commencement du seizième. 
Maîtres de Boukhara, les Russes tiennent aujourd'hui 
entre leurs mains toutes les routes commerciales de l'Asie 
centrale ; la Perse est plus que jamais à leur discrétion ; 
Hérat ne saurait leur échapper ; ils peuvent entraîner le 
Kaboul dans leur sphère d'action, et ils étendent jusqu'à 
l'Inde, sinon leurs frontières mêmes, du moins leur influence. 
Les progrès de la Russie inquiètent plus que jamais non 
seulement les Anglais, mais l'Europe entière. 

Productions. — Cette contrée possède de précieuses riches- 
ses naturelles ; elle est la partie primitive de la figue, de la 
grenade, de la siûre, de l'amande, de la pêche, de l'abricot, 
de la prune ; la vigne y donne des raisins et du vin excel- 
lents ; le blé, le riz, le coton, la canne à sucre, enrichissent 
plusieurs cantons. Les jardins, délices des Persans, sont 
ornés de mille fleurs charmantes. 

Les substances minérales les plus remarqu.ables sont : le 
sel, qui se présente partout ; le naphte, dont on se sert 
comme d'huile à brûler ; le cuivre, les rubîê, les turquoises, 
le lapis-lazuli, qui donne la belle couleur bleue d'outremer. 

Animaux. — Le cheval de Perse est fort estimé ; le cha- 
meau, si utile pour les voyages, est encore précieux pour la 
finesse de son poil, employé à faire des étofies ; les chèvres 
des parties orientales sont presque aussi renommées qui» 
celles du Tibet par la beauté de leur duvet. Les lions et 
les tigres infestent les déserts. 



BÉLOUTCHISTAN. 

Etendue et Bornes. — Cette région, encore aasess 
mal connue, est bornée au N. par l'Afghanistan ; à 
l'E., par rilindoustan ; au S., par la mer d'Oman ; à 






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!'()., par la Perso. K1I»< a lî K) licMies ilo lont^Micur do 
VK. à l'O., Hîi larjîour nioycinio est d'onvirou lOo 
lieues. Latitude iii«yemie, 28°. 

Division. — Ou divise le Béloutclii«tan eu 7 pro- 
vinces. 

Montagnes. — Le lîôloutchistau appartient vers Jo 
N. au jïlatean de la Perse. On y remarque les monts 
du Mékran et les monts Vacheti. 

Rivières. — Le- Béloulchistan n'a pas de cours 
d'eau considérables : les uns coulent sur le plateau et 
vont se perdre dans les sables ; les autres se jettent 
dans la mer d'Oman. Parmi ces derniers, on reuiar- 
que Hhegvor. 

Capitale et Villes. — La capitale du Béloutchis- 
tan est Kéiat, peuplée de 12,000 habitants et située sur 
un plateau. Elle est la résidence du Khan, auquel 
tous les autres chefs du pays se soumettent, ^^g 
autres vJles principales sont : Quetta, au N; ^ 
dava ; Bêla. 

Climat, Sol et Productions. — Le climat est 
chaud. Au N. et au N. O., s'étend* lo vaste désert 
du Béloutchistan, dont le sol est parsemé de quel- 
ques oasis. Toute la partie méridionale, dejmis la côle 
jusqu'aux mf:tits du Mékran, n'offre que des sables 
stériles. Les vallées fertiles produisent l'indigo, le 
sucre, lo coton, les amandes et des melons d'eau 
d'une grosseur extraordinaire. Les montagnes ren- 
ferment des marbres do diverses couleurs, et des 
métaux, tels que l'or, l'argent, le fer, l'antimoine. 

Population et Religion. — Le Béloutchistan con- 
tient environ 500,000 habitants, connus sous le nom 
général de Béloutchis ; ils sont encore peu civilisés 
et partagés en plusieurs classes, dont la principale 
comprend les brahouïs, exclusivement nomades. 

Les Béloutchis professent le sunuisme, une des 
branches du mahoméiieme. 



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AFGHANISTAN. 



237 



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uvirou 100 

en 7 pro- 

ient vers lo 
e les monts 

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des sables 
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eurs, et des 
Limoine. 

[îhistan con- 
sous le nom 
i3u civilisés 
principale 
m ad es. 
le, une des 



Gouvernement. — Il y a un grand nombre de 
tribus, dont les différents chefs reconnaissent la 
Buprômatie du khan de Kôlat ; celui-ci lui-mômo o^t 
BOUS la suzeraineté anglaise. 



AFGHANISTAN, 

Etendue et Bornes. — L'Afgh-mistan, qu'on 
appelle aussi royaume de Caboul, no touche t\ la mer 
d aucun côté. Il est bornô au N. par le Turkestan ; 
à l'E. et au S. E., par l'Hindoustan ; au S., par le 
BéloutcUistan ; à TO., par la Perse. Il a environ 
180 lieues de l'E. à l'O., et 100 du N. au S. Sa lati- 
tude moyenne est 33°. 

Division. — Il se divise en trois contrées principa- 
les : l'Afghanistan propre, beaucoup plus étendu que 
les autres divisions ; le Seïstan et le ter itoire de Hé-f 
rat que l'Afghanistan vient de reconquérir. 

Montagnes. — C'est une des contrées les phis éle- 
vées de l'Asie. La plus grande partie du pays 
appartient au plateau de la Perse ; ailleurs se trou- 
vent de hautes et longues chaînes de montagnes. La 
plus remarquable de ces chaînes est le Iliqdou-khouch 
(Caucase indien), qui s'étend de l'E. à l'O., sur la 
frontière septentrionale, et dont les sommets sont 
couverts d'une neige perpétuelle ; on trouve encore 
les monts Soliman et les monts Khaïsa. 

Rivières et Laos.^-Lcs eftux de l'Afghanistan 
appartiennent à deux grandes divisions naturelles : lo 
bassin de l'Indus et le plateau de la Perse. Dans lo 
premier, on remarque le Caboul, affluent do l'Indus, 
qui coule près de la frontière orientale du pays. Dans 
le second coule l'Helmond, qui se perd dans le lac 
Hamoûn. Ce lac a 30 lieues de longueur, et est 
environné de roseaux. Le lac Zéreh est au S. di> 
l^c Hamoûp, 






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ôidëRAPHiE: 



Capitale et Villes.— La capitale est Caboul, 8«r 
la l'ivière à laquelle elle donne son nom, dans une 
Rituation riante et au milieu de jardins riches en 
bons fruits. Les Anglais Pont prise en 1839 et 
1842. Les villes remarquables sont : Ghiznih, au S. 
O. de Caboul ; Bamian, à l'O. de Caboul ; Candahar, 
an centre du royaume et ancienne capitale ; Ferrah, 
dans rO.; Hérat, capitale du territoire de ce nom, 
centre d'un grand commerce. 

Climat, Sol et Productions. — Le dimat est 
tempéré et même chaud. Dans quelques parties de 
rAf'uhanistan, surtout vers le S. O., il y a de vastes 
plaines sablonneuses et désertes ; on remarque par- 
ticulièrement le désert de Séïstan. Mais ailleurs se 
préscntont des cantons fertiles, des vallées délicieu- 
ses, qui produisent en abondance, le blé, lerijs, lo 
tabac, les melons, le lin, la garance, le coton, la 
canne ù, sucre, le gingembre, et beaucoup d'arbros 
fruitiers. 

Population, Religion et Gouvernement. — La 
population est d'environ 6,000,000 d'habitants. 
I/islanisme est la religion dom^oante des Afghans, 

L'Afghanistan est gouverné par un monarque qui 
a le titre de Chah ou padicha, et dont l'autorité est 
limitée par la puissanoo aristocratique des grands. 

SUPPLEMENT. 

GâoQRAPHiE HISTORIQUE.— Quatro pays anciens sont ren-. 
fermés dans l'Afghanistan : au N., la Paropamise ; au N, 
O., l*Aric ; au S,, I*Arakhosie j auSt O., la Drangiane. Après 
les conquêtes d' Ale:(andre, ils firent partie du royaun^e do 
Uiictriane ; ils furent ensuite tantôt soumis aux Parthes, aux; 
Persans, aux Mongols, tantôt gouvernés par des souverains 
ji^digènes, sous lesquels les Afghans ont fuit de grands rava- 
ges dans les pays voisins, particulièremeut en Perse et dans 
TJ^lindoustan. 

Les Afghans sont braves, sobres, belliqueuTr, mais san- 
guinaires et indisciplinés. Beaucoup d'Afghans vivent 
\)Qn\ades. 



HiNDOUSTAN. 



239 



aboul, sur 
dans une 
riches en 
1839 et 
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Candahar, 
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climat est 
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1 souverains 
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iT&a et dans 

mais san- 
Dins vivent 






HINDOUSTAN. 

Etendue. — L'Hindouslan s'étend du Ve au 36o 
degré de latitude N., le tropique du Cancer le coupe 
à peu près par le milieu. La longueur de ce pays est 
près de 700 lieues, du N. au S., et sa plua grande 
largeur de 450 lieues, de TE. à l'O.; il a une superficie 
d'environ VI 0,000 lieues carrées ; il est à peu près 7 
fois aussi étendu que le territoire français. 

Bornes. — L'Hindoustan s'avance en pointe dans 
l'océan Indien, entre le golfe de Bengale à l'E, et la 
mer d'Oman à l'O, Il est borné au N. par l'empire 
Chinois dont les monts Himalaya le séparent ; à l'E., 
par rindo-Chine ; au N. 0., par le Béloutchistan et 
l' Afghanistan. 

Division. — Le N. forme l'Hindoustan propre ; lo. 
S. est plus particulièrement désigné sous le nom 
de Dékhan. 

L'Hindoustan a été longtemps un seul et puissant 
empire dont le souverain a été connu sous le nom 
de Grand-Mogol. II est maintenant partagé entre 
plusieurs nations européennes et divers princes indi- 
gènes. Les Anglais en possèdent une grande par- 
tie ; une autre portion est protogco par eux, ou leur 
paye un tribut ; les Français et les Portugais ont 
quelques villes, avec de petits territoires environ- 
nants ; le reste apj)artient à des princes Hindous 
tout à fait indépendants. 

Cotes et îles. — Les côtes de l'Hindoustan sont 
|!eu découpées ; les principaux enfoncemenis sont 
les golfes de Kotchj de Cambay et de Manahar ; les 
baies do Bombay et de Goa. A l'extrémité du cône 
que figure la partie méridionale de l'Hindoustan >& 
présente le cap Coinorin. 

Les principales îles sont celles de Sonderbonds, aux 
bouches du Gange ; l'île de Ceylan, au S. P]., appar- 
tient aux Anglais. Elle est célèbre par sa fécondité, 
sa cane! le, ses éléphants, ses perles, et renferme près 



240 



GÉOGRAPHIE* 




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de 2,000,000 d'habitants. On y remarque la mon- 
tagne du Pic d'Adam. 

Le» Laquedives sont un petit archipel composé en 
grande partie d'écneils et d'îlots inhabitables ; un 
prince, vassal des Anglais, les gouverne. 

Les Maldives forment une longue chaîne, où l'on 
compte environ 12,000 îles. Ces îles, la plupart 
inhabitées, sont indépendantes ; la principale est 
Malé, résidence du Sultan de l'Archipel. 

L'île de Goa, sur la côte de Konkan, avec une ville 
du raôme nom, appartient aux Portugais. 

Montagnes. — Les monts Himalaya, la plus haute 
chaîne du globe, s'étend du N. 0. au S. E., entre 
THindoustan et le Tibet. Le pic Everest est le plus 
L'.evQ du monde ; il a près de 27,000 pieds. L'Hi- 
malaya est déifié par les mythologues hindous, et 
considéré comme le pore du Gange et de sa sœur 
Ouma, épouse de Chiva. 

La principale chaîne de THindoustan, pour le par- 
tage des eaux, se détache de l'Himalaya, traversé 
toute la presqu'île du N. au S., et se termine au cap 
Comorin : cette «haîne sépare le versant du golfe de 
Bengale de la mer d'Oman ; elle porte, vers le 
milieu dé la presqu'île, le nom de monts Vindhya ; 
sa partie là plus haute est dans le S., où, sous le nom 
de Ghaltes dccidentales, elle longe la côte de la mer 
d'Oman. Les Ghattes orientales, qui s'y rattachent, 
sont moins étendues et moins élevées, et sont coupées 
par plusieurs tributaires du golfe de Bengale. Ces 
deux dernières chaînes soutiennent dans le centre dn 
Dékhan un grand et beau plateau. 

Rivières. — Sur le versant oriental, on remarque 
le Gange, grossi des eaux d'un grand nombre de 
tributaires, et dont le cours est d'environ 500 lieues ;, 
il se jette dans le golfe de Beng-ile par une foule de 
bras dont le plus remarquable est l'Hougly. Ce beau 
fleuve, comme le Nil, est sujet aux inondations. Le 
Gange est sacré <iux yeux des Hindous. Bans les 




la moii' 



>mpose en 
bibles ; un 

le, où l'on 
a plupart 
cipale est 

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plus haute 
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d8. L'Hi- 

lindous, et 
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oiir le par- 
i, traverse 
line au cap 
3u golfe de 
;e, vers le 
Vindhya ; 
lous le nom 
e de la mer 
rattachent, 
ont coupées 
igale. Ces 
e centre da 



i remarque 
nombre de 
500 lieues ; 
ne foule de 
ly. Ce beau 
ations. Le 
I. Dans les 



HINDODÔTAN. 



Ul 



cours de justice, on rend témoignaffe sur les eaux 
dn Gange, de môme que les chrétiens jurent sur 
l'Evangile, et les Mahomotans gu r iC Coran,, Le 
Brahmapoutre et le Méhéneddy sont deux grands 
tributaires du golfe de Bengale. 

Xe plus grand fleuve du versant occidental est le 
Sind, appelé Indus par les anciens. On remarque 
encore, plus au^ S., le Ntrbedda. 

Villes principales. — Calcutta, magnifique et 
grande ville de 400,000 habitants, est la capitale des 
possessions anglaises en Asie. 2lle est située sur 
l'Hongly et défendue pnr le célèbre fort William* 
Les autres principales villes sont : Patna, sur le 
Gange ; lîénaiès, yur le Gange, ett le centre des 
connaissaii(;es religieuses et do la littérature des Hin- 
dous ; Cânpour, sur le Gange, est célèbre comme 
station militaire anglaise et par un horrible massacre 
qu'ont fait les i. ourgés en 1867 ; Lucknow ville de 
300,000 habitants ; Agra ; Delhy ; Lahore ; Ketek ; 
Masulipatani ; Madras, peuplée de 700,000 habi- 
tants ; Bombay, ville de 660,000 âmcg, centre de 
commerce anglais, sur la côte occidentale de l'Inde et 
située dans une île du môme nom, etc. Toutes ces 
villes appartiennent aux Anglais. 

Pondichéry, capitale de l'IIindoustan français, 
CHt située sur la côte de Carnatic et habitée par envi- 
r<ui 61,000 habitants. Karik; 1, Mahé, Chanderna* 
gor, Yanaon appartiennent aussi aux Français. Ces 
villes sont généralement environnées de quelques an- 
ciens villages qui en dépendent. La population de» 
possessions françaises dans Tlride est de 226,000 habi' 
tants. 

Goa, ancienne capitale de l'Inde portugaise. Les 
Portugais possèdent aussi Daman, Diu et la Nou- 
velle Goa, capitale actuelle de l'Inde portugaise. Les 
possessions portugaises de l'Inde renferment 460,000 
habitants. 

Climat.— L'Hindoustan est compris, en grande 



24â 



Gfe0GSîi»Éttfc. 




4. ' Y 






I ' il '• 



partie, dànslazoïiê lorride ; le climat y est fort cbaud/, 
surtout Rur les côtes ; mais le plateau du Dt'khan 
jouît d'une température asse2 douce ; on éprouve 
dans les vallées de l'Himalaya un climat tempéré, et 
l'air y est pur et sain ; en général Tlnde, est salubre ; 
cependant c'est dans cette contrée qù*a pris naissance 
le choléra. 

Sol kt Productions.— La fécondité du sol, l'abon- 
dance variée des productions font de l'Inde une des 
plus précieuses contrées du globe ; aussi a-t-elle été, 
dans tous les temps, l'objet de l'ambition des conque* 
rants et le théâtre du commerce d'une foule de peu- 
ples lointains. Les productions sont celles des pays 
tempérés jointes à cellts des pays situés entre les 
tropiques» 

Commerce.— Entre une foule d'autres articles, 
rinde exporte du riz, du coton, de la soie, du sucre, 
de l'indigo, etc. L'Ir.de est le principal élément de 
prospérité de l'empire Britannique. 

Population. — La population de cette contrée 
s'élève à 1 80,000,000 d'habitants. 

RelwioN. — La plupart des Hindous professent le 
Brahmisme qui admet trois dieux supérieurs : Brah* 
ma, ou la création, Vitthnou, ou le conservateur, et 
Chiva, ou le destructeur. Viennent ensuite une foulo 
de divinités subalternes. Les Hindous sont, suivant 
ce culte, partagés en castes qui ne se mêlent jamais 
e ntre elles : les brahmistes, les guerriers, les cultiva- 
teurs et les artisans. Les parias sont des hommes 
jugés indignes déformer une caste. Le nombre des 
musulmans dans l'Inde est d'environ 16,000,000. Il 
y a près de 2,000,000 de chrétiens. 

Gouvernement. — Le gouvernement direct de la 
Grande Bretagne a été substitué à celui de la compa> 
gnie des Indes Orientales par suite de la grande 
insurrection dé I85V. Les possessions anglaises de 



kiNDOUSTAN. 



243 



l'Inde sont divisées en trois grandes Présidences : 
Bengale, Madras et Bombay. 

Tous les états tributaires ou indépeudents sont des 
monarchies absolues. 



SUPPLÉMENT. 

Géographie historique, — Les anciens Grecs et les anciens 
Komnins «ippelaient, comme nous, cette contrée Inde en 
deçà du Gange. Les peuples ont été fameux dès la plus 
haute antiquité par leur science, leur sagesse, leurs princi- 
pes religieux, que plusieurs philosophes des régions occi- 
dentales vinrent étudier. 

Le Srrecs commencèrent à connaître un peu exactement 
le N. \ de l'Inde par l'expédition d'Alexandre. Les Sélu- 
cides, G ' succédèrent, en Asie, à la puissance de ce conqué- 
rant, étendirent leur domination jusqu'au Gange. Les 
conquêtes des Musulmans, et notamment celles du khalife 
Abd'oul-Mélek, ajoutèrent aux connaissances que l'Occident 
possédait déjà sur ce pays. Au onzième siècle, les Ghiz» 
névides soumirent une grande partie de l'Inde ; vint ensuit© 
la dynastie des Ghourides, qui étendit son autorité, sur la 
péninsule entière, et y fit régner le mahométisme. Après 
avoir appartenu longtemps aux Afghans, l'Inde passa, dans 
le seizième siècle, à Baber, petit fils de Tamerlan et chef 
des Mongols, qui y jeta les fondements de l'empire Mongol, 
Bans le môme siècle, Vasco de Gama vint aborder sur 1^ 
côte occidentale, et les Portugais ne tardèrent pas à possé- 
der une grande partie des places maritimes ; les Hollandais 
y acquirent ensuite la prépondérance. Cependant l'empire 
Mongol continuait de fleurir, et il atteignit son apogée sous 
Aureng-Zeyb, vers 1700. Mais, sous les indolents succes- 
seurs de ce monarque, ce vaste état, affaibli par le luxe et la 
liiollesse de la cour, agité par des troubles intérieurs, dé^ 
membre par les révoltes des tribus de race hindoue, attaqué 
enfin par les ennemis du dehors, tomba rapidement en dé- 
cadence. Nadir-chah, roi de Perse, l'envahit en 1738 ; 
Mahé de la Bourdonnais et Dupleix agrandirent un instant, 
d'une manière brillante, la puissance de la France dan$i 
l'Inde ; mais bientôt les Anglais élevèrent leur influence 
au-dessus de toutes les autres, et, par adresse ou par force, 
une simple compagnie commerciale de cette nation établit 
sa domination sur presque toute l'Inde. Le Portug?il et 1» 



m 



ÔlbOBAPHIE. 



i> P^ ,-^:' 



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* 






[«^'^■4 






France y ont conservé quelques possession^; les Français, 
Bur la côte orientale, et les Portugais, sur la côte occiden* 
tAlé. 



IKDO-CHINE. 

Etendue. — Cette grande contrée, située à l'éx» 
trémité S. £. de TAsie, et dont l'intérieur est encore 
àsseK ]3^u connu, a été appelée Indo-Chine, parce 
qu^elle tient à la foiB à Plnde et h îâ Chine ; on l'ap« 
pelle encore presqu'île au delà du Gange. Elle est 
comprise entre le 1 or et le 2Se degré de latitude, 
Sa superficie est d'environ 425,000 lieues carrées. 

Bornes.— 'L'IndoiChine est bornée au N, par 
l'empire Chinois ; h, VE. et au S. E.* par la mer de la 
Chine ; elle se termine au S. par la longue péninsule 
de Malalça, que le détroit du môme nom sépare do 
nie de Sumatra ; elle est bornée à l'O. par le golfe 
de Bengale ; et au N. O., par THindoustan. 

Division. — L'Indo-Çhine comprend sept divisions 
principales ; l'empire Birman, l'empire d^Anam, la 
Bàsse-Cochinchine f rançnise, le royaume de Camboge, 
le royaume de Siam, le Malaka indépendant et l'Indo* 
Chine britannique. 

Montagnes. — L'IndoChine est traversée du N, 
au S, par la grande chaîne de montagnes qui sépare 
le versant dé Tocéan Indien de celui du Grand océan, 
Cette chatne n'a pas de nom général dans le langage 
des habitants : on peut l'appeler montagnes de i'In» 
do-Chine ; on lui donne le nom particulier de monta* 
gnes de Siam vers le milieu de la presqu'île, et celui 
de montagnes de Malaka, vers le S. Une autre 
chaîne fort considérable parcourt du N, au S. la par» 
tîe orientale de l'Indo-Chine. On la désigne sous le 
nom de montagnes des Moï, à cause du peuple sau* 
vage des Mo!, qui l'habite- On remarque une autre 
chaîne courant du K. au S , entre les bassins du Mè» 
nam et du Mè-kong, et ^u'on appelle montagnes do 



■l 



INDOCHINE. 



245 



ançais, 
)cciden- 



là l'éx- 
encore 
, parce 
>n rap> 
Slle est 
ititude, 
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!î". par 
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3 golfs 

[visions 
nam, la 
mboge, 
l'Indo- 

I du N. 
i répare 
l océan, 
langage 
de lin- 

monta* 
et celui 
e autre 

la par^. 

sous la 
pie saur 
le autre 

duMè. 
gnes do 



Lao. Sur la côte orientale du golfe de Siam, s*élève 
le groupe ansez important des montagnes du Cam- 
boge. Enfin, dans le N. 0., on voit plusieurs ra- 
meaux des monts Himalaya. 

Fleuves et Rivières. — Sur le versant du golfe 
de Bengale, coulent cinq fleuves principaux : le 
Brahmapoutre, l'Aracan, Tlraouaddy ou A va, le 
Salouen et le Sitang. Sur le versant de la mer de 
Chine, on trouve quatre fleuves : le Mô-nam, le Mé- 
kong ou Camboge, le Taraghiang-khau et le Song- 
koï. 

Climat.— Les côtes de celte région, la pins méri- 
dionale de l'Asie, sont exposées à de fortes chaleurs. 
Mais, dans l'intérieur, les hautes montagnes tempè- 
rent l'ardeur du climat. Des pluies périodiques tom- 
bent abondamment pendant les mois d'été. 

Sol et Productions. — Le sol est d'une fécondité 
remarquable. Il produit en abondance le riz, l'indi- 
go, la canne à sucre, les ignames, d'utiles cncurbita- 
cées, le cotonnier, le tabac, les bambous, les oran- 
gers, les ébôniers, les sycomores, le tek, trèa-estimé 
pour les constructions navales ; le bois de fer, ainsi 
nommé de son extrême dureté ; le bananier, le ma- 
jestueux figuier d'Inde, le gingembre ; en un mot les 
productions de tous les climats et de tous les sols 
viennent en abondance dans cette fertile contrée. 






Commerce." 3'* c-xporte de l'Indo-Chine presque 
tous les produits qu'on trouve dans les productions. 

Population et Religion. — La population de 
cette presqu'île est diversement évaluée de 25 mil- 
lions d'habitants à 40 millions. Le bouddhisme, 
religion générale de cette contrée, reconnaît pour 
divinité principale Bouddha ; les prêtres s'appellent 
talapoins ; la langue sacrée est le pâli, venu de l'Hin- 
doustan et qui a du rapport avec le sanscrit. 

Les missionnaires catholiques ont converti au chris- 
tiaulsme un assez grand nombre d'habitants de la 



246 



GEOGRAPHIKé 









'< ^ 1 



Cochinchine, du Tonkin, et du royaume de Siam. 
Les Malais sont Mahométaos. 

Gouvernement. — Le gouvernement des différents 
états qui composent Tlndo-Chine est entièrement 
despotique ; les souverains sont regardes comme des 
êtres très-supérieurs aux autres hommes. Deux rois, 
qui ont le titre de premier et do second roi, régnent 
conjointement à Siam. 






EMPIRE BIRMAN. 

JoRNES. — Au N,, l'Assaivi ; h TE., la Chine, le 
Laos et le royaume de Siam ;. au S., le golfe de 
Siam et le Malaka ; à l'O., i'Indo-Chine britannique. 

Aspect. — La Birmanie est une belle contrée, qui 

£ résente toutes les variétés de sol et d'aspects. 
l'Iraouaddy la parcourt. 

Capitale et Villes. — Mandelay, près de la rive 
gauche de l'Iraouaddy, est la capitale de cette contrée. 
Parmi les villes remarquables on disiinorue : Ava, 
Amarapoura, Saïgaï , situées sur l'Iraouaddy ou près 
de ce fleuve ; Banipou, ville très-commerçante, vers 
les frontières de la Chine. 

L'empire Birman était bien plus étendu au com- 
mencement de ce siècle ; il s'avançait jusqu'à la 
mer ; mais les Anglais lui ont enlevé ses province? 
de l'O. et du S., particulièrement l'Aracan et le 
Pégou. 

Population. — 8,000,000 d'habitants. 

Le Lao birman e<t une contrée montagneuse et 
peu connue, partagée entre plusieurs petits princes 
tributaires ou 8uj('* de l'empire Birman. Les Lao 
sont des peuples apsez doux, quoique peu civilisés, 
répandus dans tout le N. de l'Indo-Chîne. Il y a 
aussi dans tout l'empire Birman un assez grand nom- 
bre de Siamois. 




Siam. 



INDOCHINE. 



EMPIRE D'ANNAM. 



24T 



Bornes. — Au N., la Chine ; à TE., la mer de la 
Chine ; au S., la mémo mer et le golfe de Siam ; à 
PO., le royaume de Siam. 

Division. — L'empire d'Annam se compose du 
Tonkin, de la Cochinchine et du Lao an-namite. 

Capitale et Villes. — La capitale de l'empire est 
Hué, ville fortifiée h Teuropéenne par des ingénieurs 
français et l'une des premières places fortes de l'Asie. 
Elle est située sur une rivière du même nom et elle 
possède 100,000 habitants, avec un beau palais, rési- 
dence du souverain de l'An-nam. Tourane, un peu 
au S., sur la baie du môme nom ; Bak-king, sur le 
Song-koï, capitale du Tonkin ; etc. 

La Basse-Cochinchine comprend la partie la plus 
méridionale de l'ancien Oamboge qu'avaient soumise 
les An-namites. C'est un pays admirablement fer- 
tile, composé généralement de vastes plaines, et par- 
couru par les branches nombreuses du Mè-Kong et 
du Dong-naï, auquel se joint la rivière de Saï-gon. 

La partie orientale seule a été conseï vée par l'em- 
pire d'An-nara : on y remarque le port de Kang- 
kao. 

Le Lao an-namite, dans l'intérieur de l'empire, est 
un pays presque inconnu, séparé de toutes les con- 
trées voisines par de hautes montagnes et d'épaisses 
forêts. 

Population. — 23 millions d'habitants. 



BASSECOCHINCHINE FRANÇAISE. 

Bornes. — La Basse-Cochinchine française se 
trouve resserrée entre deux parties des possessions 
an-namites, h. l'E. et h l'O : elle est bornée au N. 
par le royaume de Camboge ; elle ewt baignée au S. 
par la mer de la Chine. Le Mè-Kong lui sert de 
limite à l'O. 



248 



OÊOORAPHIE. 




Division. — Elle comprend trois provinces : Dong- 
naï, à l'K., Ghia-diog ou Saï-gon, au milieu ; Ding- 
tuong ou My-th o, à i'O. 

Chiîp LIEU ET Villes. — Le chef-lieu est Saï gon, 
sur la rivière Ju mûine nom ; les vaisseaux remon- 
tent jusque-là, et c'est une des places les mieux 
situées et les ])lus commerçantes de PAsie ; les 
Français s^en sont emparés en 1859. Elle est divisée 
en deux parties : la ville proprement dite, et la ville 
chinoise. My-tho, bur le Mè-kong, est la seconde 
ville de cette belle colonie françalue ; Bien-boa, à 
TE., sur le Dong-naï, est la troisième ville. 



ROYAUME DE CAMBOGE. 

Le royaume de Cambogo n'est qu'une partie do 
l'ancien état de ce nom, qui était très- vaste et très- 
puissant ; mais le Siam a conquis la partie occidentale, 
et TAn-nam, la partie méridionale, dont une moitié 
est devenue récemment une possession française. Ce 
royaume a reconnu en 186;i la protection de la 
Franco. La Mè-kong arrose l'E., et la rivière Talé - 
Sap parcourt le centre, en s( rtant flu lac du même 
nom. 

Capitale et Villes. — La capitale est Ondotig, 
sur la rivière du même nom. Panomping et Carapot 
sont les deux villes les plr.s importantes. 



ROYAUME DE SL\M. 

Bornes. — Au N et au N. E., le Lac ; à l'E., le 
Camboge ; au S., le golfe do Siam et le Malaka ; à 
rO., rindo-Chine britannique et la Birmanie. 

Division. — Le riche et fertile royaume de Siam 
occupe la région moyenne de l'Indo-Chine ; la plus 
grande partie est formée de la belle vallée du Mù- 
Dam. 



INDO-OHINB» 



249 



} : Dong- 
i ; Ding- 

Suïgon, 
: rcnion- 
îs mieux 
Uie ; les 
3t divisée 
et la ville 
, seconde 
en>hoa, à 



partie do 
,e et tiès- 
cidentale, 
ne moitié 
çaise. Ce 
ion de la 
ière Talé - 

du même 

Oiuîong, 
ît Carapot 



ù rE.,le 
^[alaka ; à 
lie. 

de Siam 
e ; la plus 
du Mù- 



II oomprend aussi une portion du bassin du Mé- 
kong, depuis qu'i^ a conquis le N. du Caraboge et 
d'un autre côté, il s'avance assez loin dans la près» 
quMle de Malaka. 

Capitale et Villes.— La capitale du royaume 
est Bangkok, belle ville et port très-animé, vers 
l'embouchure du Mè-nam ; ses habitants sont au 
nombre de 400,000 dont 200,000 Chinois. Siam, 
ancienne capitalci au N. de Bangkok, est presque 
aujourd'hui déserte. 

Dans le N., se trouve le Loo siamois, qui est com- 
poiié de plusieurs petites principautés tributaires. 

Le Ligor, le Patani, le Kédah et quelques autres 
petits états du N. de la presqu'île de Malaka sont 
également tributaires du Siam. 



MALAKA INDÉPENDANT. 

Le S, du pays dé Malaka offre c\n^ petits étais, 
dont ceux de Salangore, de Pahang et de Djobor 
sont les plus importants. 



INDO-CHINE BRITANNIQUE, 

Division. — L'Indo-Chine britannique occupe toute 
la lisière occidentale de l'Inde au delà du Gange et 
plusieurs petits mais importants territoires situés 
vers l'extrémité méridionale de la péninsule. Gela 
possessions anglaises peuven t se grouper en deuk 
parties ; les provinces du N. et celles du S. Les 
premières, qui sont l'Assam et la Birmanie anglaise, 
se lient aux provinces de l'Inde, et sont soumises à 
la présidence du Bengale ; les autres forment le 
gouvernement des Détroits (c'est-à-dire des détroits 
de Malaka et de Singapour). 

La Birmanie anglaise, conquise sur l'empire Bir- 
man, comprend : l'Aracaii, la province de Pégou, h 
Ténassérim. 



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^ÉOGRAPIinS. 



ViLLES.^ — Aiacaii, sur lo fleuve du mômo nom ; 
Pôgou, près de riroouaddy ; Rangouii, célèbre port, 
à l'embouchure d'une des branches du même fleuve ; 
Martaban, sur le Salouen ; Mirghi, à l'embouchuro 
du Téneasarim ; Malaka, chef-lieu du gouvernement 
des Détroits ; Georgetown, dans l'île do Poulo- 
Pinang ; Singapour, dans l'île du môme nom. Cent 
une situation admirable pour le commerce, et qui 
est comme lo lien entre l'Asie et l'Océanie, entre 
l'Inde et la Chine. On y compte 100,000 habitants. 

Les Anglais ont pris possession des îles Andaman. 



EMPIRE CHINOIS. 

Etendue. — L'empire Chinois est le plus vaste 
empire du monde après l'empire Eusse. On compte 
plus de 1100 lieues depuis la mer du Japon jusqu'à 
la frontière du Turkestan, et environ GOO depuis la 
frontière de la Sibérie jusqu'à la mer de Chine. Sa 
superficie déliasse 2,000,000 lieues carrées. Latitude 
moyenne, 36°. 

Bornes. — Au N., la Sibérie ; à l'E., la mer du 
Japon, le détroit de Corée, la mer Jaune, la mer do 
Corée et celle de Chine ; au S., l'Indo-Chino et 
l'Hindoiistan ; à l'O., le Turkestan. Presque par- 
tout de hautes chaînes le séparent de ces contrées. 
Ainsi, la mer et d'énormes montagnes tracent autour 
de l'empire Chinois des limites naturelles remarqua^ 
blés, et r isolent, en quelque sorte, iu reste du monde. 
Les Chinois appellent leur pays l'empire du Milieu, 
ou fleur du Milieu, ou empire Céleste. 

Division. — Quant au sol on divise l'empire Chi- 
nois en dçux parties : le plateau central, et les pays 
en dehors du plateau. La partie orientale de octte 
vaste monarchie renferme la Chine propre, la Mand- 
chourie et la Corée. Les parties septentrionales et 
occidentales contiennent la Mongolie, le Turkestan 
chinois, le Thibet et le Boutau. 



ËMî»mB caiKots. 



261 



Q nom ; 
)rc port, 

fleuve ; 
ouchuro 

nenient 
Poulo- 

et qui 
io, entre 
abitantB. 
udaman. 



lis vaste 

I compte 

II jusqu'à 
depuis la 
line. Sa 

Latitude 

i mer du 
a racr do 
Chine et 
ique par- 
contrées, 
jnt autour 
emarqua- 
lu monde. 
lu Milieu, 

pire Chi- 
t lee pays 
de cette 
la Mand- 
ionales et 
rurkestan 



Un royaume insulaire, celuî de Lou-tclioti, se 
rattache à la fois h la Chine et au Japon. 

La Chine propre et la Mandchourie sont eoumiffes' 
à la môme division administrative. La Chine propre 
est divisé'3 en dix^huit provinces (seng), qui se divi* 
sent en départements (fou) ; ceux-ci comprennent 
plusieurs arrondissements (tcheou) subdivisés en 
districts (hien\ 

Le royaume de Corée» la Mongolie, le Turkestan 
chinois, le Thibet, le Boutan et le royaume insulaire 
de Lou-tchou sont tributaires de la Chine propre. 

MoNTAONKS. — L'empire Chinois renfegaie à l'O» le 
grand plateau central de l'Asie, dont on a longtemps 
exagéré l'élévation. De hautes montagnes envelop- 
pent ce plateau. On distingue, au !N., les monts 
Kenteï, Sayansk, Tang-nou et Altaï ; à l'O , les 
monts Oélentes et Bolor ; ou S. O., les monts 
Tlisoung-ling et Kara-koroum ; au S., les monts 
Kaîlas et Kouen-lun ; à l'E., les monts Khin^gan. 

Les chaînes suivantes se détachent de la grande 
arête dont ce plateau est environné : au N. E., on 
voit les monts Ial)lonoï ou Stanovoï ; à l'E., le Pé» 
îing et le Nan-ling traversent la Chine de l'O. à l'E. ; 
aa S., les monts de Kham ; au S. O., s'élève l'énorme 
chaîne de l'Himalaya, qui atteint pins de 26 milles 
pieds au -dessus do U mer. Les tremblements de 
terre sont fréquents dans cet empire. 

RivièRBs. — Les eaux de l'empire Chinois sont 
rep\rties entre quatre graudes divisions naturelles: 
le plateau central ; le veisant du K.; le versant du 
Grand océan ; le versant de l'océan Indien. 

Sur le plateau on remarque le Tarioa, formé par la 
réunion du Kachghar et du Yarkand. 

Sur lo ver!»ant de l'océan Glacial, on distingue : 
une partie' du cours de l'Irtych, de l'Iéniséï et de la 
Sélenga. 

Sur le versant du Grand océan, coulent trois 
grands fleuves : l'Amour, le Hoang-ho (fleuve Jaune) 



252 



QEOOBAPnm» 



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li'; 






et le Yang-t'îe-kiang (fleuve Bleu). Le cours de ces 
fleuves est considérable ; celui du fleuve Bleu a 
pluft de 900 lieues. 

Sur le versant Indien, on distingue : le Koukiang, 
le Brahmapoutre et l'Indus. 

Lacs — Les principaux lacs sont : Lob-noor, sur 
le plateau j le lac Paltô, qui a la forme d'un anneau, 
dans le Tibet ; les lacs Palkiti, Maktougal et Zaïzau, 
au N. O.; Kokonor, près de lu frontière de la Chine 
propre. 

Capitale et Villes principales.— La capitale do 
l'empirs Chii4>is est Pékin, près du Pcï-ho. auquel 
elle communique par un canal. Elle a près do 
lieues do «ircuit et renferme, avec ses faubourgs, en- 
viron 2,000,000 d'habitants. 

En approchant, on est frappé de l'aspect bizarre 
et gigantesque des murailles avec leurs pavillons et 
leurs tours ; mais, dès qu'on a pônétro dans Tinté* 
rieur, la grandeur s'évanouit : les rues sont encom* 
brées de petits magasins qui s'avancent en dehors 
des maisons, et elIe^ sont déparées par uno foule de 
constructions chôtives. Le palais im|)6rial se trouve 
dans la partie centrale de la ville. Les troupes anglo« 
françaises sont entrées à Pékin eiK 1860, après plu- 
sieurs défaites des armées chinoises. 

Parmi les villes on remarque : Tien-tsin, sur le 
Peïho ; Nan-kinij:,sur le Kiang ; Chaug-haï, port très* 
coïnmeryant, et l'un de ceux où les Européens se 
sont établis en plus grand nombre : V^ng-p'o, port 
de mei'oû il y a beaucoup d'Européens 'ou-tchcou; 
Cititou, portdj mer rerairquablo ; Macao, ('ans l'île 
du môme nom, cette ville appartient aux Portugais ; 
Victoria, ville anglaise, à l'E. de Macao ; Moukden, 
ancienne résidence des souverains des Mandchc.ux. 

Lhassa, capitale du Tibet ; Han-yang, capitale du 
royaume de Corée; etc. 

Climat. — L'empire Chinois réunit dans sa vaste 
étendue presque toutes les températures du globs. 



1+ 



fiMPiRE CHINOI». 



253 



de ces 
Bleu a 

ukiang, 

)or, Bur 
anneau, 
ZnïzaU) 
a Chine 

►itale do 
auquel 
58 do 
rgs, eu' 

bizarre 

liions et 

Tinté* 

enconi' 
1 dehors 
foule de 
Eî trouve 
îs angle» 
)rè8 plu- 

sur le 
ort très* 
pceus 80 
'o, port 
•tchcou ; 
un» l'île 
ptugais ; 
oukdeu, 
dch(*ux. 
Htale du 

ia vaste 
1 globe. 



Dans les parties les plus septentrionales, il y a des 
hivers semblables à oeux de la Sibérie ; dans le S., 
on éprouve des chaleurs très-fortes. Les énormes 
montagnes qui s'élèvent dans les parties occidentales 
y rendent le climat âpre et glacial. 

SoL. — Dan»» la partie orientale, on admire presque 
partout de vastes et belles plaines, parsemées d'agré- 
ables monticules, entrecoupées d'innombrables riviè- 
res et de canaux, cultivées avec le plus grand soin et 
couvertes d'une incroyable population ; le sol y est 
d'une très-grande fécondité. L'O. et le N. O. sont 
uo mélange de hautes montagnes, de quelques val* 
lées fertiles et de vastes plaints inïjnégnées de sel, 
dont les plus cçrandes forment TaûVeux dé-sert de 
Gobi ou Cli.'uno. 

Productions. — Dans les parties chaudes la végé- 
tation est d'une richesse admiral)le : on voit partout 
le froment, le riz, la canne à sucre, le thé, le coton- 
nier, rindigoticr, le mûrier, en un mot toutes les 
productions des pays tropiques jointes à celles des 
pays tem]>6rés. 

Commerce.— Parmi les riches produits que la Chi- 
ne fournit au commerce, on remarque : le thé, le riz, 
la soie, le coton, le sucre, la porcelaine, de l'eucro'! 
renommée, châles, poil de chèvres, etc. 

Population.— Aucune puissance sur la terre ne 
possède un aussi gratid nombre d'habitants. On y 
compte environ 450,000,000 d'âmes ; c'est plus que 
le tiers du genre humain. 

Religion. — 'La plupart des habitants de cet empire 
professent le bouddhisme ; les prêtres portent le nom 
de bonzes. La doctrine, dont Confucius est regar- 
dé comme le fondateur, est suivie par l'empereur, 
les lettrés et les mandarins. 

GouvEUNEMENT. — L'autorité de l'empereur do la 
Chine n'est pas aussi despotique qu'on l'a cru long- 



254r 



(JÉOÔÊAPflîtf: 



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temps î l'opinron y meC un Irein puispant, et l'tisagô 
oblige le souverain de choisir ses agents dans le ' 
corps des lettrés, parmi lesquels tous les citoyens 
peuvent itre admin. C'est une dynastie mandchoue 
qui, depuis pins de deux j^iècles, règne en Chine ; 
mui.': une formidable insurrection) celle des TaëpingB) 
B'est forinéu depuis quelques années, dans le but de 
renverser cette dynastie. 



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SUPPLÉMENT. 

GéoGUAl'ntE Historique.— Les Romains et les Grecs ont 
connu vaguement la Chine sous le nom de Sérique, dérivé 
du nom «er, par lequel les Tatares désignaient la soie. Pen- 
dant de longs siècles, l'Europe n'eut sur la Chine que des 
idées extravagantes, des notions fausses et incomplètes. 
Des relations arabes du neuvième siècle donnent déjà à 
cette contrée le nom de Thsin^ dont nous avons formé celui 
de Chine ; les Khitans^ qui envahiront au moyen âge le 
nord de l'empire, ont fait donner à celui'ci tout entier le 
nom de Cntka/i ; le célèbre voyageur vénitien Marco-Polo 
donna une description de cette contrée, au treizième siècle ; 
les découvertes des navigateurs portugais, successeurs de 
Vasco de Gama, qui explorèrent la Chine par mer dès 1617, 
les travaux des missionnaires qui v ont pénétré dans le sei» 
•.ième, le dix-septième, le dix-huitième et le dix-neuvième 
oi'ècle, les récits de plusieurs autres voyageurs admis dans 
l'intérieur du pays, de récentes expéditions anglaises et 
françaises entreprises avec succès contre la Chine, enfin la 
traduction d'un gi'and nombre d'ouvrages imporUmts écrits 
par les Chinois eux-mêmes, ont donné aux Européens des 
connaissances assez précises sur le Céleste Empire. 

On s'accorde à dire que les Chinois existent en corps de 
nation depuis plus de 4500 ans. Vingt-deux familles, qui 
ont donné 237 empereurs, ont successiv^îment occupé le 
trône. Après s'être considérablement étendu, l'empire 
Chinois tomba au pouvoir des Mongols, commandés par le 
fameux Djenghiz-khan, et reconnut pendant 300 ans la do- 
mination des descendants de ce conquérant, qui en furent 
enfin expulsés. Les Mandchoux le soumirent en 1644, et 
s'y sont maintenus. Mais une grande insurrection tend 
depuis quelque temps à les renvôrser. Une phase toute 



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KMl'IEK cniNOIS. 



255 



ans le 



nourello vient de 86 raanifesfdr dans Texigtence de ce vieil 
empire, par suite des guerres qu'il a soutenues contre les 
Français et les Anglais ; il a vu sa capitule tomber au pou- 
voir des Européens en 1860 ; il leur a ouvert beaucoup de 
ports, et il subit de toutes parts l'influence de l'Occident, 
auquel il était resté coînplétement fermé si longtemps. 

Peuples. — Les Chinois appartiennent à la race jaune. Co 
peuple est grave, très-poli, paisible et laborieux. Il cultive 
les arts avec talent, et se fait remarquer depuis longtemps 
par une civilisation assez avancée, mais qui reste station- 
nairo. On lui reproche la dissimulation, la lâcheté, l'habi- 
tude du mensonge et le penchant à la tromperie, l'Indolence 
dans les classes supérieur' , la malpropreté dans les classes 
inférieures. L'infunticid st commun chez les Chinois. 
Parmi les usages les plus bizarres, il faut citer celui qui 
consiste à priver à peu près les femmes riches de la faculté 
de marcher : les pieds d'une fille, dès le moment de sa nais- 
sance, sont comprimés par un cuir ou par des bandelettes ; 
à penic les malheureuses dames peuvent-elles traverser en 
chancelant les appartements qui leur servent de prison. 
L'instruction est très-répandue : la connaissance du lan- 
gage et l'art d'écrire soiit les parties les plus pénibles des 
études, à cause de la multitude dos caractères. Les exa- 
mens qu'il faut subir pour devenir mandarin, sont très- 
nombreux. L'insiruction seule peut conduire aux fonctions 
éminentes et aux dignités. 

Les Coréens sont, après les Chinois, la nation la plus 
civilisée de l'empire. Ils ressemblent beaucoup à ces der- 
niers sous le rapport des mœurs et de la manière de vivre ; 
leur gouvernement repousse les Européens, et ne perni' - 
aucune relation avec eux. 

Les Manchoux sont robustes, tiers et belliqueux. Dans 
le dix-septième siècle, ils firent la conquête de la Chine et 
placèrent sur le trône de cette contrée un de leurs chefs, 
qui fut le pr nier empereur de la dynastie régnante, celle 
des Thsing, 

Les Mongoh qui ont donné leur nom à la Mongolie, sont 
regardés comme le type de la race jaune. Ce peuple qui, 
dans le moyen âge, s'est présenté en conquérant dans une 
grande portion de l'Asie et dans les parties orientales de 
l'Europe, mène aujourd'hui une vie nomade et paisible, et 
se distingue par sa bienveillance, sa franchise et son hospita- 
lité. Les femmes ont beaucoup d'industrie et de gaieté. On 



256 



aioaBAPHiÉ. 



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donne souvent le nom do Tatarea (Tartares) à tous les habi- 
tants de la Mongolie, de la Mandchourie et du Turkestnn. 

Les Tibétains sont un peuple doux, affable et voluptueux. 
Leurs femmes se chargent de tous les travaux, qui, chez 
nous, sont le partage des hommes. 

Ouvrages publics. — On voit régner , le long de la fron- 
tière septentrionale de la Chine proprement dite, le célèbre 
et inutile rempart qu'on appelle la Grande Muraille ; cet 
immense boulevard, qui fut élevé pour garantir la Chine 
des invasions des peuples voisins, et qui n'a pas empêché 
cevix-oi d'y pénétrer plusieurs fois, a 30 pieds d'élévation ; 
sa iongeur est de 500 lieues : sa largeur est telle que six 
cavaliers peuvent y parader de front. On doit aussi admirer 
les grandes routes des Chinois et surtout leurs canaux, vastes, 
profonds et bordés de quais en pierre. 

Agriculture. — On peut dire que toute la Chine est un 
vaste champ cultivé. Les Chinois cultivent avec intelligence. 
Le toit des maisons, les rivières mêmes, sur les eaux des- 
quelles des radeaux couverts d'une couche de terre végétale, 
contribuent à nourrir cette nombreuse population. Plusieurs 
millions d'habitants vivent de la pèche dans des bateaux 
qui leur servent d'habitation. 

Commerce. — Le total des opérations commerciales pour 
l'année 1863 dépassait la somme de 2^ milliards de francs. 
Ce chiffre comprend seulement la valeur des marchandises 
importées et exportées par les onze ports ouverts au com- 
merce étranger. Ces ports, placés suivant leur importance 
commerciale sont : Shang-haï, Han-kao, Fou-tchou, Canton, 
Ning-po, Amoy, Kiou-kiUng, Swatow, Tien-tsin, Tchin- 
kiang, Tche-fou. 



JAPON. 



Etendue et Bornes.— A TE. de Tempire Chinois, 
et à l'cxtrétuité orientale de l'Ancien monde, se 
trouve l'empire insulaire du Japon. Il est borné au 
N. par la mer d'Okhot^V ; d l'E., par le Grand 
océan ; au S., par la mer de Corée, le détroit de 
Corée; à l'O., par la mer du Japon. Sa superficie 
est à peu près la même que celle de la France. 



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JAPON. 



267 



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Division. — Toutes ces îlea offrent des eûtes dé- 
coupées par d'innombrables bras de raer. Elles 
forment une grande courbure dont la convexité est 
tournée vers le S. E. On en distingue 4 principales 
qui sont, en commençant par le N.: Yéso, séparée do 
1 îlo de Sakhnlien par le détroit de La Pérouse ; 
Nippon, la plus grande de toutes ; Si-kok, Kiou-siou. 

Montagnes. — Les îles du Japon sont toutes cou- 
vertes de montagnes, la plupart volcaniques. Un 
grand nombre de sommités sont revêtues de neiges 
perpétuelles. Les terribles éruptions de l'IUigl- 
yana désolent la partie méridionale de Kiou-siou. 

Rivières et Lacs. — Le Japon est bien arrosé, 
mais les rivières de ce paya n'ont pas un long cours. 
Les principales coulent dans l'île de Nippon. Le plus 
grand lac est Oïtsz, au S. O. de l'île de Nippon. 

Capitale et Villes. — La capitale est Yédo, située 
sur la côte S. E. de l'île de Nippon, au bord de la baie 
du môme nom. C'est une des plus grandes et des 
plurï magnifiques cités du monde. Quoique le plan 
n*en soit pas auvsi régulier que celui de la plupart 
des villes du Japon, les rues sont en général bien 
alignées, fort belles et très-propres. Elle renferme 
de grands édifices publics et une quantité considéra- 
ble de couvents et de temples. On y admire le 
fameux pont Nippon-ba-?, d'où l'on compte les dis- 
tances sur tous les grands chemins de l'île ; il est 
construit en bois de cèdre, et bordé de balustrades 
ornées de boules en cuivre doré. La population 
d'Yédo est d'environ 1,500.000 habitants. Les autres 
villes principales sont : Myako, qui est considérée 
comme une seconde capitale ; elle est la résidence 
du Mikado, qui est le souverain pontife. Cette ville 
est le centre des sciences, de la littérature et des 
beaux arts, et renferme un grand nombre de temples 
et d'édifices remarquables par leur étendue et leur 
beauté. On la croit peuplée d'environ 1,000,000 
d'âmes. L'cxlrêmo salubrité do Myako lui a fait 



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1^ f 












258 



GÉOGRAPHIE. 



donner le nom de Paradis du Japon ; Osaka, sur la 
baie du même nom ; Nara, au N. É. de Myako ; 
Nagasaki, le seul port de l'empire où, pendant long- 
temps, il ait été permis aux vaisseaux d'aborder. 

Climat* — La température est très-rigoureuse dans 
les îles les plus septentrionales, ailleurs, la chaleur 
de Tété serait assez forte si elle n'était souvent mo- 
dérée par les brises de mer. Dans la saison des 
pluies, le tonnerre gronde journellement ; les tem- 
pêtes et les tremblements de terre sont très-fré- 
quents. Le climat est sain au Japon ; il y règne peu 
de maladies, et l'on y vit très-vieux. 

Sol et Productions. — Le sol du Japon, généra- 
lement montueux, e^t peu fertile, mais les habitants 
auxquels la loi fait un devoir rigoureux de l'agricul- 
ture, l'ont rendu très-productif, et les montagnes im- 
praticables demeurent seules incultes ; on voit par- 
tout de gras pâturages, de riches forets d'arbres 
précieux, et les cultures les mieux entendues. L'or 
et l'argent offrent de riches mines. Le cuivre, mêlé 
de beaucoup d'oi-, est une des sources des richesses 
du pays. Le riz forme la principale nourriture des 
habitaiits ; les autres céréales ne sont pas très-géné- 
ralement cultivées, mais les différentes sortes do 
légumes prospèrent partoiit. On récolte en abon- 
dance des poires, des pamplemousses, des figues, 
d'excellentes cerises, des nèfles, de grosses oranges ; 
il y a d'excellent thé. Les vers à soie sont partout 
l'objet d'un grand soin. 

Commerce. — L'industrie est très-avancé chez les 
Japonais ; ils fabriquent do balles étoffes. Ils expor- 
tent du thé, des armes blanches, de la porcelaine, du 
vernis renommé, etc. 

PoruLATioN- et Religion. — Le Japon contient 
environ 30,000,000 d'habitants. Los Japonais se 
partagent entre deux religions dominantes : le sinto 
et le bouddhisme. La tolérance est très-grande au 



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JAPON. 



259 



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Japon. Les mêmes temples servent aux sectateurs 
dos diverses religions, qui tons ne reconnaissent 
qu'nn même chef, le Mikado. Cependant le gouver- 
nement est toujours hostile à la religion chrétienne. 

Gouvernement. — Le gouvernement du Japon est 
une monarchie absolue. Le chef de l'empire est le 
Taïooun. Le prétendu chef spirituel descendant 
d'une ancienne fomille royale reçoit quelques hon- 
neurs royaux dans son palais, d'où il sort asnez peu. 
Il est entouré d'une cour ; sa dignité est héréditaire ; 
mais il n'a aucune autorité. Un ^and nombre de 
princes héréditaires ou Daïmios, composent une 
sorte de système féodal qui contrebalance quelque- 
fois l'autorité du Taïcoun. La moitié de l'année, 
ces princes feudataires de l'empire résident à Yédo; 
leurs familles y demeurent longtemps comme otago 
de leur fidélité. 

SUPPLÉMENT. 

GÉOGRAPHIE HISTORIQUE. — Entièrement séparés de reste 
du monde, les Japonais, qui prétendent descendre directe- 
ment des dieux, dédaignèrent longtemps toute connaissance 
étrangère à leur patrie, et ils témoignaient le mépris le plus 
profond pour les nations qui leur étaient inconnues. Mais 
depuis quelques années ils se sont mis enfin en rapport avec 
les grandes nations de TOccident. L'agriculture est l'art 
auquel ils se livrent avec le plus d'activité. Leurs armes 
blanches et leurs porcelaines surpassent tout ce qu'on fait 
ailiers de plus parfait dans ce genre. Ils fabriquent même 
des télescopes, des thermomètres, des montres et des pen- 
dules. Intelligent, actif et sérieux, ce peuple montre beau- 
coup d'aptitude pour les sciences : il s'occupe de mathéma- 
tiques, de physique, d'histoire et de botanique. Toutes les 
classes reçoivent une éducition commune dans les écoles 
publiques, et il n'y a peut-être pas de pays où le talent de 
l'écriture soit plus universellement répandu. Beaucoup de 
mandarins savent plusieurs langues européennes, particu- 
lièrement le hollandais, et ne sont nullement étrangers à 
l'histoire et aux sciences de l'Europe. Le vol, la ruse et la. 
fraude sont presque inconnus au Japon, et les habitants 



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oioORAPHIK. 



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poussent les vertus sociales à un point extrême. Il n'est 
aucun péril auquel un Japonais ne s^oxposc pour secourir 
son ami. Parmi les traits qui distinguent le caractère de 
cette nation, on doit mettre en première ligne le respect que 
les enfants portent à leurs parents ; on vante également les 
vertus et les qualités des femmes. Quoique d'une humeur 
gaie et sociable Je Japonais, toujours armé d'un poignard, ne 
pardonne.jamais une offense, et ne laisse échapper aucune 
occasion de signaler sa bravoure. Le suicide, inspiré par 
un amour-propre et un orgueil extrême, est très-commun. 

Dans rile de Yéso et le voisinage, habitent les Yéso ou 
Aïno, peuple doux, paisible, hospitalier et i>:cnéreux. Ils 
sont robustes, agiles, excellents chasseurs et navigateurs 
intrépides ; mais ils connaissent à peine Tagriculture, et ne 
se servent ni d'écriture ni de monnaie. Ijcurs vêtements 
consistent généralement en peaux de phoque et d'ours. 
Leur culte se borne à faire des libations et à allumer des 
feux en l'honneur de quelques dieux grossiers. Ils ont une 
grande vénération pour l'ours, et cependant ils se nourris- 
sent de sa chair avec délice. 

Industrie. — Le Japon produit en abondance la soie, le thé 
et le coton. Pour ces trois articles, morne pour le thé, il peut 
lutter avec la Chine et concounr dans des proportions con- 
sidérables à l'approvisionnement des marchés européens et 
américains. Parmi les produits on signale le cuivre, le fer, 
la houille, qui rendra les plus grands services pour la navi- 
gation des paquebots a vapeur ; le tabac, dont la consomma- 
tion est très-grande au Japon ; le camphre, le salpêtre, la 
porcelaine, la laque, le papier, etc. Les Japonais, comme 
les Chinois, peut-être même à un degré supérieur, excellent 
tout à la fois dans l'agriculture et dans l'industrie. Ils savent 
en outre imiter avec une intelligence rare les procédés en 
usage chez les autres peuples, et ils possèdent toulïs les 
qualités nécessaires pour arriver à un grand développement 
de productions. 



ETATS DE L'ASIE. 

L'histoire des états asiatiques se trouve désormais intime- 
ment rattachée au mouvement contemporain. Naguère 
encore on entendait parler de la Chine et du Jupon qu'à de 
lointains intervalles ; il fallait qu'il survînt un événement 
extraordinaire pour que l'Europe s'occupât de ces empire s 



a.fk:que. 



261 



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relégués aux extrémités du monde. Aujourd'hui des com> 
niimications régulières et fréquentes sont établies entre 
l'Europe et l'extrême Orient ; les gouvernements de la China 
et du Japon entretiennent avec les principales puissances 
étrangères des relations directes, et Ton voit flotter à Yédo 
comme à Pékin les pavillons diplomatiques de la France, 4^ 
l'Angleterre, de la Russie, des Etats-Unis, etc. Le coô)- 
mcfce étranger a définitivement conquis sa place, sur ces 
marchés qui lui avaient été si longtemps fermés, Chaque 
année apporte donc, sinon un événement nouveau à inscrire 
dans les annales contemporaines, du moins le contingent 
normal de faits et d'accidents à l'aide desquels on peu(; 
cuivre utilement les évolutions de la politique, les progrès 
du commerce et le mouvement «[énéral des idées. 

Pendant que la Chine et le </apon se laissent ainsi péné*- 
trer par l'influence étrangère, une grande entreprise de colo» 
nisatiou ist tentée en Cochinchine par la France, qui s'est 
emparée d'une partie de son territoire ; et l'Occident subit 
plus que jamais l'inj^ucnce de la Russie et de l'Angleterre, 



•«?POc<?p 



AFRIPE, 



(Stendue.— L'Afrique est comprise entre le 31$ 
degré de latitude N, et le 3i5e de latitude S. Sa 
longueur, du N. au S., est de 1600 lieues j et na 
plus grande largeur, de l'E. à l'O., 1500 lieues ; s'4 
euperiScie est àe 5,900,000 lieues carrées ; elle est 
environ trois lois aussi grande que l'Europe. 

BoBNES— L'Afrique est bon ée au ^. parle détroit 
de Gibraltar et la m^r Méditerranée ; h l'E., par 
l'isthme 4e Sue?, la mer Rouge, le détrpit de Babel- 
Mandeb et la mer des Indes ; au S. et h, l'O., par l'o» 
oéan Atlantique, 

DivïSïON-— L'Afrique est divisée en 11 conlréee 
principales, qu'on peut clasi^er en 6 régions : 1 ^ la 
région du Nil et de la mer Kouge coni)>renant trois 
pa^s ; l'Egypte, la Nubie gt l' Ab^Bsinie j ^ ® 1» 






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262 



GÉdGRAPÎiiE. 



région de la Méditerranée qui fc compose de la Bal'* 
barie et dout lea divifsions sont \{\ régence do Ti'ijjdlij 
Ja régcDce de Tunis, l'Algérie et l'empire de Maroc ; 
8 ® les pays baignés ^ar l'Atlatilique, qui sont au 
nombre de six : le Sahara, la Sénégambie, la Guinée 
supérieure, la Guinée inférieure, l'Ovampie, et la 
Hottedtotle ; 4® un pays sur l'Atlantique et Pur 
l'océan Indien : la colonie du Cap ; ® les pays 
baignés par l'océan Indien forment les 4 divisions 
suivantes : la Cafrerie maritime (avec la colonie an- 
glaise de Natal) ; la capitainerie générale de Mo- 
zambique, la Zanguebar et le Somâl ; 6 "^ les parties 
intérieures, qui ne sont baignées par aucune mer et 
qui comprennent trois grandes contrées : laNigritie 
septentrionale, la Nigritie méridionale et la l'atrerie 
intérieure. 

Aspect. — Cette presqu'île présente une forme a^sc?, 
régulière. Elle a quatre j intcs, tournées vers iea 
quatre points cardinaux : le cap Blanc, au N., Iccnp 
des Aiguilles, au S., le cap Vert, h l'O., et le cap 
Guardafui, à l'E., et, au S., le fameux cap de Bonne- 
Espérance, qui fut doublé pour la première fois par 
les Européens en 1497. Les côtes africaines ri'offrent 
pas de déchirures profondes, comme celles qui entre- 
coupent l'Europe ou l'Asie. La Méditerranée forme 
cependant, vers le milieu de la côte septentrionale, un 
grand enfoncement partagé en deux golfes, ceux de 
la Sidre et de Cabèa. L'Atlantique produit aussi, 
vers le milieu de la côte occidentale, le golfe de Gui. 
née, qui comprend lui-même ceux de Bénin et de 
Biafra. La baie de Lorenzo-Marquez ou de Lagoa, 
beaucoup moins considérable que les deux enfonce^ 
inents précédents, se montre au S. E., dans l'océan 
Indien, au S. du canal de Mozambique, qui sépare du 
continent la grande île de Madagascar. Le golfe 
d'Aden, à l'E , précède la mer Rouge, avec laquelle 
il communique par le détroit de Babel-Mandeb. 

Montagnes.— De l'isthme de Sue?; au cap de 



ÀFftïQUE. 



263 



lu la Bal'- 
oTi'ilJdlij 
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li sépare du 
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vec laquelle 
andeb. 

au cap do 



Bo»ne-Eap6rance, on voit régner, du N. K. au S. 0., 
la chaîne de montagnes la plus importante pour le 
partapje des eaux ; elle sépare les tributaires de l'o- 
céan Indien do ceux de l'Atlantique et de la Médi- 
terranée. Elle s'appelle monts Arabiques, dans le 
K. E,î vers TE., on y remarque les montagnes de 
l'Abyssinie, dont les plus hautes parties sont les 
monts de Sémen ; vers le centre, on trouve les monts 
de Kénia et Kiliman^aro, découverte depuis peu de 
temps ; vers le cap de Bonne-Espérance cette ligne 
de partage des eaux prend le nom de Sneeuwberg 
et de Nieuwveld, 

Une chatne importante court sur la limite méridi- 
onale du versant de la Méditerranée : c'est le majes- 
tueux mont Atlas. 

La chatne des monts Lupata, qu'on a quelquefois 
appelée rEjûne du monde, court du N, N. E. au S, 
S. O., dans le S. E. de l'Afrique ; les montagnes de 
Kong, dirigées de l'E, à l'O», se trouvent dans la par- 
tie occidentale. 

Fleuves et Lacs — L'Afrique peut être partagée 
en quatre grandes divisions naturelles: le versint 
de la Méditerranée, au N.; le versant de l'Atlanti- 
que, à rO.; le versant de l'océan Indien, à l'E., et 
les quatre grands bassins intérieurs des lacs Tchad, 
Tanganyika, etc. 

Sur le vei*sant de la Méditerranée, le plus grand 
fleuve est le Nil, formé par le Nil Blanc et le Nil 
Bleu ; la source de ce grand fleuve est sur un plateau 
et probablement à plusieuis degrés au S, de l'Equa- 
teur. On voit couler, sur le même versant, des 
fleuves beaucoup moins considérables, tels que la 
Medjerda, le Chélif, la Malouia. 

Sur le versant de l'Atlantique, on remarque le 
Sénégal, la Gambie, le Rio Grande, le Diali-ba, le 
Kouara ou Niger ; l'Ogovaï, le Zaïre ou Ooango, la 
Coanza, l'Orange. 

Sur le versant de Vocésn Indien, coulent dos fleu- 



26^ 



OÉCGRAPHfe. 












ves encore inconniiH dans la ])lnB j^fran^le partie de leur 
cmirs : le Zambèze, qui se jette «lans le cannl de 
Mozamhifjuc ; le Uovuinn, le Loffih, le Pandani ou 
Lonfou, le DJoiib. 

Dans le bassin du Ia<5 Tchad, on voit circuler le 
Chnri, tributaire de ce lac. 

Le Tchad, uu des plus grands lacs de l'Afrique, n'a 
pas d'tcoulcraent. On remarque, au N. E., le lao 
Fittré, peu connu.. 

Au N., on voit le lac Melghigh, lac temporaire, au S. 
du mont Atlas. A l'E , est lo lac Dombéa. Sur le 
versant de PO., est le Inc Dibbio, formé par le Diali-ba. 

Sous l'éfpiateur, on voit le lac Oukérévé, Nyanza on 
Victoria, découvert récemment et d'où sort le Nil 
Blanc; on j)eu considérer ce lac comme une des prin- 
cipales sources du Nil. On remarque encore plus au 
S. les lacs Oujiji, Niasî-i ou Moravi, Chiroua, Nyami 

Climat et Sol. — L'Afrique est la plus chaude de« 
parties du monde. Le» aspects en sont très-varié». 
Il y a des contrées d'une fertilité prodigieuse ; mai» 
ailleurs ce sont de vastes déserts sablonneux, brûlés 
par le soleil ; tel c st le Sahara, le plus grand désert 
du globe. Cà et là, cependant, au milieu de chs ré- 
gions stériles, de petites oasis viennent surprendre 
délicieusement par leur riante verdure. Du reste, il 
y a encore, en Afrique, beaucoup de parties intérieu- 
res qui nous sont inconnues. 

Excepté le long de la Méditerranée, et vers l*ex- 
trémité méridionale, les côtes sont fort malsames. 
Dans toute la région renfermée entre les tropiques, 
les pluies sont périodiques ; elles se précipitent par 
torrents pendant plusieurs mois, produisent d'énor- 
mes crues dans les fleuves, et inondent des contrées! 
entières. Ensuite il ne tombe pas une goutte 
d'eau pendant longtemps. Certaines régions, comme 
une partie du Sahara et de l'Egypte, n'ont jamais ou 
presque jamais de pluie. C'est du mois d'avril au 
mois de septembre qu'a lieu la saison des pluies au 



AF'RIQÙIÎ. 



2G5 



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N. do réquatour. Au S. do ce cercle, elle s'étend 
du mois d'octobre au mois de Mars. 

Productions. — La végétation oft're un luxe, une 
m«jjjniticence extraordinaire, dans les parties fertiles. 
Le froment, le riz, d'autres céréales nommées dourah 
et sorgho, l'orge, le maïs, le manioo, dont la racine 
donne une excellente farine, procurent, dans plusieurs 
contrées, d'excellentes récoltes. 

Le dattier se plaît au milieu des sables du N., et 
les dattes y sont le principal aliment des tribus no* 
mades. Los orangers, les citronniers, les cédratiers, 
se voient particulièrement sur les rives de la Médi* 
tcrranée. La vigne réussit également dans les par- 
ties les plus gei)tentrioi!ales et les j)lu« méridionales. 

Dans le N. É., on récolte le séné, qui est l'objet 
d'un grand conuuerce. Le caféier croît naturellement 
dans la partie orientale. La canne à sucre, l'indigo 
et le cotonnier sont cultivés dans ])lusieur8 parties. 

Le cocotier, le palmier, le baniinier, l'arbre à 
beurre, le gigantesque baobab, le bombax, le figuier 
indien, le dragonnier, et une foule d'autres arbres ge 
voient dans toutes les parties de l'Afrique. 

SUPPLÉMENT. 

Géographie historique.^— Les principales contrées de 
l'ancienne Afrique étaient : vers U Nil et la mer Rouge, 
l'Egypte, l'Ethiopie au-dessus de l'Egypte ; lolong de la mer 
Intérieure, la Lybie maritime, l'Afrique propre, la Numidie, 
la Mauritanie ; dans l'intérieur, des pays très-peu connus, 
désignés sous les noms de Lyh'id intérieure et d'Ethiopie 
intérieure. 

L'Afrique, plus souvent désignée par les anciens sous le 
nom de Lybie, n'était connue que dans sa partie septentrio- 
nale. On savait que l'océan Atlantique la bordait à l'O., et 
l'océan Indien, à l'E., en formant le golfe Arabique entra la 
côte africaine et celle d'Arabie. La mer Intérieure et lo 
détroit de Gadès ou d'Hercule se trouvaient au N., entre 
l'Afrique et l'Europe. On a prétendu que les Phéniciens 
envoyés par Nekhao avaient doublé la presqu'île méridio* 
12 



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26C 



OEOGRAPHIK» 



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nale de l'Afrique ; mai3 les anciens n'ont laisse aucune des» 
cription de cette partie. 

Habitants, Civilisation, Religions. — On ne sait guère 
combien d'habitants renferme l'Afrique : on croit cependant 
qu'il n'y en a pas moins de 100 raillions. Quoique ceux du 
N. appartiennent à la race blanche, ils sont en général 
fortement bronzés par l'action d'un soleil ardent, et quel- 
ques-uns même ont un teint s\ peu près noir, mais ils offrent 
la physionomie des blancs : tels sont les Maures, les Berbè- 
res (auxquels appartiennent les Touareg et les Kabyles), les 
Coptes ou Egyptiens proprement dits, les Nubiens, les 
Abyssins ou Etliiopiens, les Somâli. Plusieurs peuples 
étrangers soiU venus s'y mêler aux indigènes africains : on 
remarque surtout des Arabes et des Turcs ; il y a aussi, 
depuis la conquête d'Alger, un assez grand nombre d'Euro- 
péens, et parliculièrcment de Français. 

Les Fellata, Foulbô ou Fellani (appelés aussi Poul ou 
Foulah) et les Galla, peuples considérables, répandus dans 
les parties moyennes, les premiers dans l'O., les seconds 
dansl'E., ont un teint brun et rougeâtre, et sont comme la 
transition entre la race blanche et la race nègre. 

Les nègres, au teint tout à fait noir, au front déprimé, aux 
joues proéminentes, au nez large et épaté, aux cheveux 
laineux, occupent la plus grande partie de l'Afrique moyen' 
ne : on y distingue, A l'O., les Yolofs, les Mandingues, les 
Achantins, les Congucs ; au milieu, les lîournouais ou 
Kanouri, les Haoussaoua, les Bagrimma ; à l'E., les Ouad- 
jaga, les Ouanika, les Ouakamba ; au S., les Balonda, les 
Barotsé. 

Les Cafres, dont la couleur est d'un gris d'ardoise, et qui 
sont plus intelligents et mieux faits que les nègres, comp* 
tent, parmi leurs principaux peuples, les Betcîiouana ; ils 
habitent les parties les plus méridionales de l'Afrique, ainsi 
que ies Hottentots, qui ont une couleur à peu près bistre. 

Beaucoup d'Anglais et de Portugais se sont établis dans 
la région du sud, et les Arabes s'étendent assez loin sur la 
côte orientale. 

Les Madécasses ou Malgaches, peuple basané qui habite 
Madagascar, font sans <loute partie de la race malaise. 

Les peuples africainssont presque tous plongés dans un mi- 
sérable état de barbarie. Un des u.sages les plus déplorables 
est la vente des êtres humains ; ce commerce artreux des 
esclaves se fait encore avec activité sur quelques points par 



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ÀlFRIQUE. 



267 



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des Européens mêmes, quoique les lois des nations éclairées 
le prohibent aujourd'hui sévèrement. 

Cependant c'est dans le N. de l'Afrique que brilla iadis la 
civilisation de ^^]gypte, de l'Ethiopie, de Carthage, de Cy- 
rène, etc. 

Le vice-roi d'Egypte cherche à faire revivre maintenant 
l'industrie et les sciences dans cette contrée, et les colonies 
européennes, surtout la colonie française de l'Algérie et la 
colonie anglaise du Cap, répandent sur une partie des côtes 
une heureuse influence civilisatrice. 

Un grossier fétichisme, qui consiste dans l'adoration des 
objets inaminés et des animaux, est la religion du plus 
grand nombre des nègres. 

Le mahométisme est répandu aans le N., dans une partie 
des régions centrales, et sur une grande étendue des côtes 
de l'océan Indien. Les Coptes et les Abyssins sont presque 
les rcmIs indigènes qui professent le christianisme. Il y a 
beaucoup de juifs dans les villes commerçantes du N. 

Animaux. — Le lion, surtout le lion de l'Atlas ; le zèbre, 
la girafe, le léopard, la panthère, l'hyène, le chacal, sont 
des animaux féroces répandus presque dans toutes les ré- 
gions africaines. 

L'éléphant, le rhinocéros, l'hippopotame, se trouvent 
dan^ les parties mo3^ennes et méridionales. L'aboukorn 
existe dans les régions centrales. 

Dans le N., il y a un grand nombre de chameaux. L'élé- 
gante et légère gazeîle se rencontre dans beaucoup d'en- 
droits. D'innombrables antilopes peuplent plusieurs con- 
trées, surtout celles du S.; il y a de nombreuses espèces de 



singes. 



Parmi les oiseaux, on remarque l'autruche, qui erre dans 
les déserts du N.; l'outarde, la demoiselle de Numidie, la 
grue couronnée, l'ibis, si révéré des anciens Egyptiens ; la 
cigogne, les albatros, les cormorans, les pintades, de belles 
espèces de coucous ; de nombreuses variétés de perroquets, 
entre autre lesjacos, qui apprennent le mieux à parler ; des 
vautours ; le messager ou secrétaire, etc. 

On trouve des crocodiles dans la plupart des fleuves. 

Les mers d'Afrique sont peuplées de poissons curieux par 
l'éclat de leur couleur ou par la bizarrerie de leurs formes : 
on peut nommer les coffres et les exocets ou poissons volants. 

Minéraux. — L'Afrique est la partie de l'Ancien continent 
la plus riche en or : ce métal s'y trouve surtout sous la 



268 



GEOGRAPHItî. 









f .)? 



forme de poudre, et y fait l'objet d'un grand commerce. Le 
cuivre et le fer sont assez abondants. 

Le sel et le natron sont communs dans les déserts arides. 
Il y a peu de pierres p.écieuses. 



EGYPTE. 



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Etendue. — L'Egypte a 185 lieues du N. au S.; 
105 lieues de TE. i TO.; sa superficie est de 112,000 
lieues carrées ; mnis il n'y a que 4,200 lieues carrées 
qui soient habitables. Elle s'avance jusqu'au tropi- 
que du Cancer. 

BoiîXEs. — Elle est bornéf^ au N. par la Méditerra- 
née j à TE., par la me" Rouge et par l'Arabie, à 
laquelle l'unit l'isthme de Suez ;auS.. par la Nubie j 
à rO., par le Sahara et la Barbarie. 

Division. — L'Egypte est divisée en trois parties : 
au N., la liasse-Egypte, comprenant le Delta; nu 
milieu, la Moyenne-Egypte ; au S., la Haute-Egypte. 
Elle est adininistrativement partagée en sept moudir- 
liks ou intendances. 

Montagnes. — L*^ va'lée du Nil est encaissée entre 
deux chnînes de montagnes assez élevées : celle des 
monts Lybiques se trouve à l'O. 

Rivières et Lacs. — Lj Nii, lo seul fleuve do 
l'Egppte, est le trait géograpliique le ])lus lemarqua- 
blo de cette contrée. Il y entre, en formant l'île de 
Birdeh, célèbre par ees temples antiques, et il se pré- 
cipite en cet endroit d'une hauteur de six pieds et 
demi : c'est ce qu'on nomme la première cataracte. 
Un peu plus bas, le Nil forme l'île d'Eléphantine ou 
E!-chag. Il traverse toute l'Egypte du N. au S., et 
se jette dans la Méditerranée par neuf bouches, dont 
les deux plus importantes sont celle de Damictte et 
de .Rosette. 

Les pluies qui tombent dans l'Abyssinie et la 
Nubie font gonfler le fleuve, vers le solstice d'été, et 



EGVr'JE. 



209 



rce. Lo 
arides. 



au S.; 

12,000 

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il inonde bientôt toute cette vallée et tout son delta ; 
la crue augmente jusqu'à l'équinoxe, puis les eaux 
décroissent peu à peu et laissent sur le sol un limon 
gras qui le fc jonde. Trente pied^ sont le type d'une 
bonne inondation : lorsque les eaax n'arrivent pas à 
cette hauteur, une partie du paya reste stérile, et, si 




sans doute un ancien golfe de la Méditerranée. Les 
canaux d'irrigation, dérivés de difterents points du 
fleuve, rendent susceptibles de culture, dfins la vallée 
et dans le Delta, des terrains que le débordement 
n'atteint pas. Le plus important est celui de Joseph, 
il peut être considéré cotmne un second Nil. 

Les anciens Egyptiens, i)l('ins d'admiration pour 
les inondations bienfaisantes du Ni', les attribuaient 
à des causes surnaturelles et les célébraient par des 
fêtes solennelles. 

Plusieurs lacs m irécageux, espèces de lagunes, se 
trouvent dans le Delta, et ne sont séparés de la mer 
que par d'étroites langues de terre : les principaux 
sont celui de Mariout (Maréotis), d'Edkou, de 
Bourlos et de Menzaleh. Un peu à l'O. du Nil, dans 
l'agréable vallée du Faydoum, on voit l'emplacement 
du fameux lac Mœris, creusé ])ar le roi du mémo 
nom, pour recevoir les eaux surabondantes du fleuve 
et pour en fournir au pays voisin dans les années do 
trop faibles débordements. 

Climat et Sol. — La vallée du Ni^ et le Delta 
offrent, suivant les ép()(]ues de l'année, trois aspc ts 
différents : en été et en automne, ils so'nt couverts 
d'une immense nappe d'eau rouge ou jaunâtre, du 
sein de laquelle ou voit sortir pittoresquement des 
palmierS; des villngos et des digues étroites qui ser- 
vent de coibîiiunication. Aj^rès la retraite des eaux, 
on n'aperçoit plus (ju'un sol noir et flmgeux ; mais 
bientôt, pendant l'hiver, qui e.^t la plus belle saison 



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270 



GfcoGRAniIE. 



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dans ce pays, la terre se couvre de verdure et do 
fleurs, et d'un bout à l'autre la partie fertile de 
rSgypte offre alors l'image d'une magnifique prai- 
rie. Le printemps dessèche le sol, et les récoltes 
enlevées ne laissent voir qu'une terre grise et pou- 
dreuse, profondément crevassée. Il règne dans cette 
saison un vent du S. très-violent et très-chaud, 
appelé vent de cinquante jours ; il ai)porte avec lui de 
nombreuses maladies. Ensuite, pendant une partie 
de l'été, soufflent des vents du N. qui sont tempérés 
et salubres. 

Productions, — Les principaux objets de culture 
Dont le blé, le dourah, le maïs, le riz, l'orge, les len- 
tilles, les pois, les lupins, les fèves, l'oignon, le sé- 
same, le lin, le chanvre, le coton, la canne à sucre, 
le tabac, etc. 

Le dattier est l'arbre le plus universellement ré- 
pandu en Egypte. Il y a aussi de la vigne, des 
grenadiers, des orangers, des citronniers. Ajoutons 
le lotus, le papyrus, le séné, l'acacia-gommier. 

Capitale et Villes. — La capitale de l'Egypte est 
Le Caire. Elle est près de la rive droite du Nil, un 
])eu au S. de la pointe du Delta, nu pied du mont 
Mokattara. Les rues en sont étroites et sombres, et 
même il y en a beaucoup qiii sont couvertes par le 
haut, de manière que le soloil n'y pénètre pas. Los 
maisons sont mal construites, en mauvaises briqui s 
ou en terre. Ou distingue plusieurs places publiques 
spacieuses et plusieurs belles mosquées. Il faut 
aussi remarquer le palnis où réside le vice-roi. 
Le Caire a environ 300,000 habitants. Les priîi- 
cipales villes sont : Mansourah, Suez, au fond de 
la mer Ronge ; Port-Saïd, sur la iMcditerranée, à 
(a tête du gigantesque canal qui relie la Médi- 
terranée à la mer Rouge ; Roseite, à la gauche 
do la principale branche occidentale du Nil ; Alex- 
andrie, une des vilU^s le», plus conimei'çantes de 
l'Afrique, préh de la Méditerranée ; Gizeh, SiiiUL' à l". 




EGYPTE. 



271 



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; Alex- 
nles de 



fCauche du Nil, presque en face du Caire ; Minich, 
jolie ville, près du Nil. 

P0PULA.T10N.— La population de l'Egypte est* 
d'environ 5 millions d'habitants. riusienrH peuples 
habitent cotte contrée : les plus nombreux sont les 
Coptes, regardés comme les descendants des anciens 
Egyptiens ; viennent ensuite les Fellah, attachés aux 
travaux des champs. Les Bédouins sont, en Egypte, 
les Arabes proprement dits ; leurs tribus nomades 
errent dans les déserts. Il y a aussi un grnnd nom- 
bre de Turcs ; c'est à eux que sont réservés les prin- 
cipaux emplois civils, les premiers grades de l'ar- 
mée 

RiîLiGiON. — La religion dominante est le raaho- 
métisme. Il y a beaucoup de chrétiens. 

Gouvernement. — L'Egypte est soumise h un 
vice-roi, vassal de la Porte Ottomane, mais d'ailleurs 
à peu près indépendant. 



SUPPLÉMENT. 

Géographie historique. — L'Egypte est nommée dans 
l'Ecriture Mazor ou Mizraïin, quelquefois terre de Kham. 
Ce pays a éprouvé de nombreu.x changements politiques : 
elle paraît avoir eu d'abord plusieurs rois en même temps ; 
puis elle forma un seul roj'^aumc, qui fut détruit par les 
Perses ; comprise dans Tempire d'Alexandre, elle redevint 
bientôt après une monarchie particulière, sous les Ptolé- 
mées ; elle se divisait adiuinistrativcmcnt en 53 nomes. 
Elle obéit ensuite aux Romains, puis aux empereurs de 
Constantinople, et elle forma, dans l'empire d'Orient, un 
diocèse divisé en six provinces : la Lyhie Suj/ériewre, la 
Lyhie Inférieure, V Egypte proprement dite, V Augustanique^ 
VArcadie, la Théhuïde. Do l'einpire d'Orient, elle passa 
pendant quelque temps aux Perses ; mais bientôt les Arabes 
i'envîihirent. Elle devint, au dixiènio siècle, un état indé- 
pondaut, sous la dj-nastie des Fathnitcs. Saladin fut, au 
douzième siè :1e, le chef d'une dynastie nouvelle, celle des 
Ayoubites, qui fut remplacée, au treizième, par les Mame- 
louks. La monarchie que ceux-ci avaient fondée fut abo- 



,y 



272 






(JKOGRAPITIK. 



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lie, dans le sciziômo siècle, par Sélim TI, empereur turc, qui 
leur laissa néanmoins le pouvoir sous une forme aristocra- 
tique. Les Français, conduits par Bonaparte, firent en 
•17U8 une brillante expédition, anéantirent l'armée des 
Mamelouks, et subjuguèrent l'Eg;ypte, mais la quittèrent 
trois ans après. Cette contrée rentra dès lors sous la do- 
mination de la Porte, qui la lit administrer par un pacha 
(décoré, depuis, du titre de vice-roi). Le plus célèbre des 
pachas qui l'ont gouvernée est Mohammod-Ali, qui, mis à la 
tête de ce pays en 1806, a joué le rôle de souverain indé- 
pendant : il a joint à son gouvernement, par conquête ou 
par concession de la Turquie, la plus grande partie de la 
Nubie et le Soudan oriental, une partie de l'Arabie, la Syrie, 
le territoire d'Adana, Chypre, Candie ; mais il s'est vu, en 
IS-iO et 1811, réduit à ses états d'Afrique. 

Communications. — L'Egypte est dans une situation phy- 
sique très-remarquable, qui la rend propre à être le lien du 
commerce entre l'Afrique et l'Asie, entre l'Europe et l'Inde : 
on a cherché plusieurs fois à unir la Méditerranée à la mer 
Rouge : les anciens rois Nékhao et Ptolémée-Philadelphe 
avaient hiit creuser, du Nil au golfe de Suoz, un canal qui 
a été comblé par les sables ; aujourd'hui une compagnie à 
la tête de laquelle se sont mis des Français, s'occupe active- 
ment de la construction d'un canal qui joint directement la 
Méditerranée à la mer Rouge, en coupant l'isthme entre 
Port-Saïd et Suez, et passe par le lac Timsah et les lacs 
Amers ; ce canal sera bientôt livré à la circulation ; un 
embranchement le fait correspondre avec le Nil. Un chemin 
de fer unit le Caire à Alexandrie et à Suez. 

Antiquitks et Ruines. — Presque en face du Caire, on voit 
les fameuses Pyi'atnides, qui ont résisté aux ravages de tant 
de siècles. Ces monuments gigantesques au nombre de 21, 
sont dans une plaine sablonneuse, à quelque distance du 
fleuve ; on croitgénéralement qu'ils étaient destinés à la sé- 
pulture des rois. 

Au pied des trois plus grandes pyramides, est le célèbre 
Sphtnx\ immon.se statue, rcj)îôsentant une tête humaine 
avec un corps d'aniinid, et loiigue de 90 pieds. 

Non loin de là, est le Hernpeum^ où l'on a découvert ré- 
cemment des antiquités ti'ès-curieuscs. 

Dans la ilaute-Egypte, on trouve les majestueuses ruines 
de Thèhes niix cent jiorten. 

On visite à Karnak, le magnifique et {gigantesque palais 



K 



NUBIE. 



273 



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Kiue palais* 



des Pharaons. On trouve encore un assez grand nombre 
d'obélisques, pyramides quadrangulaires très-effilées et 
brusquement terminées par le haut ; on plaçait ces petites 
pyraundes en avant des grands temples et parmi les avenues 
de sphinx. 
On trouve en Egypte un grand nombre de momies. 



NUBIE. 



Etendue et Bornes. — La Nubie s'étend au S. de 
l'Egypte l'espace de plus de 325 lieues. EUe est 
bornée au N. par l'Ei^ypte ; h TE., par la nier 
Rou£çe ; au S. E., au S. et au S. 0., par TAbyssinie, 
la Nisfritie Inférieure et la Nigritie Supérieure ; h. 
l'O., par le désert de Sahara. Latitude moyenne, 
18° N. 

Div'isiox. — LaNubioest partagée en un grand 
noaibre de petits peuples, qui reconnaissent presque 
tous l'autorité du vice-roi d'Egypte. On remarque, 
en remontant le Nil, dans la Nubie Inférieure : le 
pays des Kénous, le Sokkot, le Dongolah, le pays des 
Chagheïa, le pays de iVIonasir. Dans la Nubie Snpé- 
rioure, on rencoiitre : le pays de Robatat ; le pays 
de Barbar ; le Chcndi ; le ILalDiy ; le Scnnâr ; io 
Fazocle ; enfin le pays montueux de Berthn. 

On trouve à l'E., vers la mer Rouge, les Bicha- 
rieh, qui vivent dans les cavernes des rochers, comme 
les anciens Troglodytes, dont ils paraissent descen- 
dre. On appelle Etbaye la région qui longe la mer 
Rouge. 

Lo Taka est un pays assez important de la Nubie 
Supérieure, entre le Nil et la mer Rouge. 

Le gouvernement égyptien a partagé toutes ses 
possessions nubionues en quatre moudirliks : Dongo- 
lah, Khartoum, Kordofan, Taka. 

Mont AG MES. — La vallée du Nil est comprise entre 
deux chaînes de hauteurs. Au N. E., le Nil dévie 
et parcourt un pays pargcmé de rochers et de collines 



274 



GEOGRAPIIIK. 



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nues. Puis à l'E., on voit «'étendre parallôletnent h 
la côte de la m3r Roiigo une longue chaîne de mon- 
tngnes. 

Rivières.- — Le Nil parcourt la Nubie du S. au N. 
Il est form<^, dans la i)artie méridionale de la Nubie, 
par la réunion du Nil Blanc et du Nil Bleu. Le pre- 
mier vi«nt du S. 0. Il paraît plus grand que l'autre, 
et on le considère comme le vrai Nil. L'Atbara est 
UQ des principaux affluents du Nil. 

Villes tuincipales. — Les lieux les plua remar- 
quables de la Nubie sont : Ibrim ; Vieux-Dougolah 
et Nouveau-Dougolah ou Marakah ; Khartoum, ville 
nouvelle (30,000 âr)ies) ; Sennâr, sur le Nil Bleu ; 
Kasséba, capitale du Taka ; Souaken, port de mer 
fréquenté par les caravanes qui se rendent do l'inté- 
rieur de l'Afrique ù La Mecque. 

On considère comme des annexes de la Nubie, le 
Kordofan, pays du Soudun, et uoe partie considéra- 
ble du bassin du Nil Blanc, qui sont des dépendances 
du vice-roi d'Egypte. 

Climat. — La chaleur y est excessive. 

.Sol ET Productions. — Dans Is milieu et le N. do 
la Nubie, la seule partie fertile est la vallée du Nil, où 
m d»'ploient de belles plaines. Mais, si l'on s'éloigne 
du fleuve, à l'E. et à TO., tout est stérile et ddHcrf. 
Les ;»»rties méridionales de la Nubie, arrosées par de 
nombreux affluents du Nil Bleu, sont assez générale- 
ment fertile» ; il y a d'épaisses forêts et de vastes 
prairies. Les principales productions végétales -sont 
le dourha, le maïs, l'orge, les lentilles, les haricots, 
le millet, le riz, le tabac, le coton, d'excellentes 
dattes, le palma-christi, l'acacia, le séné, les tamari- 
niers, le symka, etc. 

Population. — On peut estimer la population de la 
Nubie à 2 millions d'habitants, la plupart d'origine 
arabe. 



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AUYSSlNlIC. 



275 



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tion de la 
d'origine 



Ueligion. — Les habitants de la Nubie professent 
généralement l'islamisme ; cependant il y a dea 
payens dans le midi. 

Gouvernement. — Le gouvernement de ces petits 
royaumes est absolu. Toute la Nubie est à peu près 
vassale du vice-roi d'Egypte, depuis la conquête 
qu'eu fit en 1822 Ismaël-racha, fils de Méhémet-Ali. 



SUPPLÉMENT. 

GÉoniiAPinE nisTORiQUE.*-La Nubie correspond à In partie 
septentrionale do V Ethiopie au-dessus de V Egypte^ dont les 
habitants étaient renommés pour leur justice et leur coura- 
ge ; bien dillérents en cela des habitants actuels, qui ncse 
font remanpier que [)ar letu* lâcheté et l'amour du pillage» 
Les priucii)aux peuples étaient les Kobates^ les ]ÎIe7nmi/e8^ 
les Memiions^ les 2snJjcs, La civilisation paraît avoir été 
autrefois fort avancée dans cette contrée, aujourd'liui pion* 
gôe dans un état presque barbare. Plusieurs ruines magni- 
fiques attestent l'ancienne culture des arts dans l'Ethiopie. 

Dans les temps très anciens la Nubie fut le siège de l'em* 
pire de Méroé, dont on ne vSaurait préciser les limites. Les 
Romains y pénétrèrent assez loin, jusqu'à Napata, mais 
sans fruit, et ne possédèrent jamais que la lisière septentrio- 
nale du pays ; ils l'appelaient yl^thiopa subira Aùjyptum^ 



ABYSSINIE. 

Ktexdue.— Jj'Abyssinio est nue contrée à peu près 
égale à la France ; elle est cotnprise entre le 16g et 
le He degré do latitude N. Sa côte fait face à l'Yémen, 
en Arabie, et s'étend jusqu'au détroit de Babel-Man- 
deb. 

BouNES. — L'Abyssinie est bornée au N. par la 
Nubie ; à l'E., par la mor Bouge ; au S., par une 
hiwite ciruiie de montagnes qui la sé|)are de la 
Nigritie Iid'érieure ; à l'O., par le Kordol'an. 

AsPErT. — L'Abyssinie est un pays très-élevé et 
très-montagneux, qu'on a surnommé la Suisse de 



2?e 



QEOGRAPIÎÎE. 




4 I 




l'Afrique, à cause do la variété pittoresque de ses 
aspects : de toutes parts se présentent des pics es* 
carpes, des forêts touffues, de jolis lacs, des rivières 
rapides qui forment d'innombrables cascades. Cepen- 
dant, à 1 E., s'étend un assea grand désert salé. 

Montagnes. — L'arôte principale qui sépare, en 
Afrique, le versant de l'océan Indien de celui de la 
Méditerranée et de l'Atlantique, traverse l'E. et le S. 
do PAbyssinie. Elle porte, à TE., en longeant la 
côte de la mer Rouge, le nom do monts de Dankali, 
et présente le haut sommet de Taranta. Les monta- 
gnes les |)lus élevées sont celles de Sémen, situées 
ver» le milieu du ]>ay9, et dont le point culminant, le 
Deljera, a une altitude de près de 14,000 pieds. 
Dans le S. O., sont les monts du Godjam. 

Fleuviîs et Lacs. — Le Nil Bleu est le principal 
eonrs d'eau do l'Abyssinie. Il prend sa source au 
S. du grand lac Dt-mben, dont il traverse la partie 
méridionale avec tant de rapidité qu'il ne môle pas 
ses eaux î\ celles du lac. Il forme, en entrant 
dans lo Xubie, une cataracte de 275 pieds de hau- 
teur. Le Tacazzé et le Mareb arrosent le N. du 
pays, pour entrer ensuite en Nubie. A l'E., on voit 
couler rilaouadi, qui se perd dans le lao Aoussa, au 
jiays de Somâl. 

Capitale Et Villes. — Gondar était regardée 
comme la métropole de l'Abyssinio, jiarce qu'elle 
était la résidence onlinaire do l'empereur ou né* 
gous ; cette ville, située fur une montagne, au 
N. du lac Dembén, est fort grande, mais peu 
peuplée. Vue de loin elle ressemble plutôt à ime 
torct qu'à une ville, à cause de la quantité d'ar- 
bres dont sont environnée» ses nombreuses églises. 
Magdala, à TE. du lac Dembéa, était considérée 
comme une des places les plus fortes de l'empire ; 
elle n'a pu cependant tenir une heure devant 
l'armée anglaise, en 1868 ; son négous y a trouvé 



ABVS81NIE. 



277 



de ses 

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empire ; 

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la mort. Ankober, au S., y joue lo piincipal rôle ; 
Adoueh, Axoura, Chélicout et Antala sont comptées 
parmi les villes les plus importantes. 

Climat.— T/élévntion du sol rend la température 
do cette contrée beaucoup moins chaude que celle do 
l'Egypte et de la Nubie, quoiqu'on y soit bien plus 
près dt l'équatcur. De longues et abondantes pluies 
tombent en été. L'armte anglniso qui vient de fiiro 
la conquête de cet empire n'a ])as eu à souiîVir, comme 
on le craignait, de l'insalubrité de ce climat tropical. 

Sol et pRonucmoNa. — Le sol, partout où il est 
suffisamment arrosé, est fertile. On trouve en 
A.byssinic les végi^taux et les animaux des zones 
tropicales, et aussi, à cause dos nombreuses monta- 
gnes, ceux des zones tempérées ; lo zùbre, la girafe, 
l'hippopotame y sont fort communs. 

Commerce. — Le seul conmierce de l'Abyssinie 
consiste dans l'exportation de l'ivoire et de la poudre 
d^or et dans la vente des esclaves. 

PoPULATiox ET Uelioion. — On évalue approxi- 
mativement la population de 2 à 4 millions (riiabi- 
tants, profesf'nnt, pour la plupart, le christianisme et 
appartenant à la secte monophysile ou cutychéenue ; 
ils pratiquent la i)olygamie. 

Gouvernement. — Autrefois cette contrée formait 
un vasto empire soumis à un seul prineo qui ]:ortait 
le nom de Grand Négus ; il a été depuis divisé en 
plusieurs états indépendants. On y reconnaît 7 divi* 
sions f^rincipalcs : les royaumes de Tigré, de Gondar, 
d'Ankober, d'Amhara, d'Angot, de Naréa et de 
Samara. Le dernier Négus, Théodoros, avait con- 
quis la plus grande partie de l'Abyssinie. Sa mort 
et la prise de M?igdala va changer les destinées de 
cette grande contrée. Que fera l'Angleterre de sa 
conquête f* 

M. Disraeli vient de declaier h la chambre des 
communes que les troupes anglaises quitteront 



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immédiatement le pays. L'Angleterre possédant 
nie Périm, à Pentrée de la mer Rouge et l'impor- 
tante position d'Aden, sur la côte de l'Arabie, n'a 
nul intérêt à occuper la côte abyssinienne. 

SUPPLÉMENT. 

L'Abyssinie répond à la partie S. E. de l'ancienne Ethio- 
pie au-dessus de Û Egypte. 

Abyssins. — Les Abyssins sont ignorants, mais assez doux 
et fort hospitaliers. 

Animaux. — Les chevaux de l'AbyssiniesoTitrcmarquablcB 
par leur élégance et leur vitesse. On y trouve le caracal, le 
lion, le léopard, l'éléphant, le rhinocéros, le bufile sauvage, 
qui attaque les voyageurs» 



BAEBARIE. 

ExENDtJE. — La Barbarie a environ 800 lieues de 
l'E. à rO. S.'i largeur varie beaucoup et est peu 
connue. Sa lalitucîe moyenne e>t 35". 

Bornes. — Cette vaste contrée comprend presque 
toutes les côtes septentrionales de i'Afii<]-.ie. Elle 
s'étend le lonsj de la Méditerranée en face de l'Es- 
pagne, de la France, de l'Italie et de la Grèce ; elle 
est bornée à l'E. jiar l'Egypte ; les sables dn Sahara 
la cernent au midi ; l'océan Atlantique la borne à 

ro. 

Cotes, Golfes eT Caps. — La côte de la Méditer- 
ranée présente un grand enfoncement, dont la partie 
orientale prend le nom de golfe de la Sidre, et la 
partie occidentale, celui du golfe de Cabès. Le cap 
Razat, à l'E., et le cap Bon, à i'O., marquent l'entrée 
de ce grand enfoncement. A I'O du cnp Bon, s'ou- 
vre lo golfe de Tunis (golfe de Garthngo). On 
trouve, un peu au N. O. de ce golfe, le cap Blanc de 
Bizerte, qui est le point lu plus septentrional de 



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BAEBARIE. 



279 



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l'Afrique. Les golfes de Bône. de Stora,de Bougie, 
la rade d'Alger, le golfe d'Arzeu et le golfe d'Oran 
sont les enfoncemnnts les plus romarqualdea que l'on 
rencontre entre le cap Blanc et le détroit de Gibral- 
tar. Le Boudjaroun (ou les Sept Caps) et les caps 
Matifou, Caxine et Très Forças pont les principaux 
avancements que la côte offre dans cette étendue. 
Deux promontoires célèbres, celui de Ceuta c^ celai 
de Spartel, se trouvent dans le détroit de Gibraltar. 
Sur l'océan Atlantique, on distingue le cap Blanc de 
Mazagan et les caps Cantin et Gher. 

Division. — La Barbarie comprend quatre grandes 
divisions : à l'E., la régence de Tripoli ; au milieu, la 
régence de Tunis et l'Algérie ; i\ l'O., l'empire de 
Maroc. 

ÛIoNTAGNES. — La chaîue qui court sur la limite 
méridionale du versant de la Méditerranée, com- 
mence au détroit de Gibraltar, et va d'abord au S. 
sous le nom de montagnes de Fez ; elle tourne ensuite 
\i l'E., et joint le mont Atlas. On appelle générale- 
ment Atlas toute la vaste masse de montagnes qui 
se prolonge depuis le cap Gher jusque dans le voisi- 
nage du golte de Cabès et jusqu'au cap Bon ; mais 
plusieurs noms particuliers s'apppliquent aux diver- 
ses parties de cette chaîne. 

C'est de l'Atlas que l'océan Atlantique a pris son 
nom : d'abord on ne désignait ainsi que la partie de 
l'océan qui eit bordée par les raiaifications do cette 
chaîne. 

Fleuves et Rivières. — Parmi les cours d'eau qui 
descendent du versant septentrional de la chaîne 
principale, on remarque la Malouïa, la Tafna et l'Isly, 
son affluent ; la Mactah, le Chélif, l'Harrach l'Ouad- 
Sahel, rOuad-el-Kebir, la S^ïbouse et laMedjerda. 

Sur le versant méridional de l'Atlas, on voit des- 
cendre beaucoup de rivières, qui vont se perdre, la 
plupart; dans les sables ou dans les Iscs salés du 



280 



GÉOGRAPHIE. 



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désert ; cependant le pins grand de ces cours d'eau, 
le Draha, après avoir longtemps coulé au S., tourne 
brusquement h l'O. et va se perdre dans l'Atlanti- 
que ; les autres sont le Ziz, le Ghir, ensuite l'Ouad- 
Djeddi et l'Ouad-Baâdj, qui se dirigent vers le grand 
lac marécageux et salé qu'on nomme Melghigh. 

Aspect. — La Barbarie offre des aspects très- 
divers ; à l'E., on trouve le désert de Barcah, dont 
les affreuses solitudes sont cependant interrompues 
par quelques oasis, et dont la côte est fertile ; au S., 
on voit s'avancer dans le Sahara la grande oasis du 
Fezzan ; à, l'O., l'Atlas établit deux divisions natu- 
relles fort distinctes : le pays qui s'étend au N. de 
cette chaîne est une belle et fertile contrée, appelée 
Tell (pays de Labour); la partie située au S. est le 
Sahara barbaresq le, mais c'e^t un pays beaucoup 
moins aride qu'on ne l'a cru longtemps : les oasis y 
abondent, et il s'y récolte de nombreux et excellents 
fruits. On donne à une assez grande étendue de 
cette région le nom de })ays des Dattes. 

Ci-iMAT, Sol et Productions. — La température 
est a^sez douce au N. de l'Atlas ; quelquefois môme 
on y éprouve dL*s froids beaucoup plus vifs que la 
latitude ne pourrait le f lire sappo-er. L\ saison des 
pluies commence en octobre et finit en avril. Au 
S. do l'Atlas, pendant la plus grande partie de l'an- 
née, la chaleur est grande. 

Le sol est extrômenient fertile dans les endroits 
bien arrosés. La Barbarie était, sous l'empire Ro- 
main, le grenier de l'Italie ; souvent encore, dans les 
temps modernes, elle a fourni des blés à l'Europe. 

La Barbarie produit en abondance le blé, le maïs, 
le riz, le tabac, les dattes, les olives, les oranges, les 
figues, les amandes, le coton, la vigne, la garance, le 
pêcher, l'abricotier, le pistachier, le mûrier, le gre- 
nadier, la canne à sucre, etc. 

Les habitants de ces contrées conservent leurs 
grains pendant plusieurs années dans des silos, 
grandes fosses creusées en terre dans les lieux secs. 



E^ 



BARBARIK. 



281 



RÉGENCE DE TRIPOLI. 

Etendue. — De l'O. i\ l'E., 300 lieues j du N. au 
S., 130 lieues ; latitude uioyenne, 30°. 

Bornes. — Cette régence est bornée au N. par la 
Méditerranée ; à l'E., par l'Egypte ; au S., par le 
Sahara ; à l'O., par la régence de Tunis. 

Division. — Cette contrée est partagée en quatre 
parties : au N., est le Tripoli proprement dit ; à 
l'E., se trouve le pays de Barcah, qui correspond à 
peu près à la Lybie Maritime ou Extérioure des 
Anciens ; dans le S., est le Fezzan, gouverné par un 
sultan tributaire du pacha de Tripoli ; à l'O., on voit 
Pcasis de Ghadamis. 

Capitale et Villes. — La capitale de la régence 
est Tripoli , suV la Méditerranée, peuplée de 25,000 
habitants. Derne- Cinia ou Giennah, Benghazy ou 
Bernig sont les villes les plus importantes; ou distin- 
gue encore Ghadaraès, dans l'oasis de ce nom, remar- 
quable par l'activité commerciale de ses habitants. 

Population et Religion. — La population de la 
régence de Tripoli est d'environ 1,500,000, profet^sant 
presque tous le raahomélisme. 

Gouvernement.— Cette contrée^ est gouvernée 
par un pacha qui reconnaît la suzeraineté de la Tur- 
quie et qui cependant a un pouvoir absolu sur ses 
sujets. Le pacha de Tripoli prend le titre de bey 
(prince). 

TUNIS. 

Etendue.— De l'E. à l'O., GO lieues ; du K au S., 
120 lieues ; latitude moyenne, 34°. 

Bornes.— Ce petit état est borné au N". par la 
Méditerranée ; à l'E., par la même mer et la régence 
de Tripoli ; au S., par le Sahara ; à l'O., par l'Algé- 
rie. 



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282 



GEOGBAPHIK. 



Capitale et Villes. — La régence de Tunis a pour 
capitale Tunis, ville située sur un lac qui communique 
avec le golfe de Tunis par le canal do la Goulette ; 
elle renferme plus de 100,000 habitants, et offre un 
aspect pittoresque ; mais des rues étroites, sales et 
non pavées rendent l'intérieur désagréable. Bizerte, 
près du cap Blanc, est la ville la plus septentrionale 
de l'Afrique ; Hammamet, Sousa, Madhia ou Africa, 
Cabès, sont des ports de mer de la côte orientale de 
la régence. Kaïrouau, dans l'intérieur, est, après 
Tunis, la ville la plus considérable du pays : on y 
compte 60,000 habitants et elle est regardée par les 
musulmans comme mie ville sainte. 

Population et Religion. — La population de 
Tunis est d'environ 2 millions d'habitants. Le ma- 
hométisme est la reliirion dominante. 

Gouvernement.- — Le souverain de Tunis est de 
fait indépendant, quoi(jue sa nomination doive être 
approuvée par l'empereur de Turquie. Il a le titi e 
de bey. 



ALGÉRIE. 



Etendue. — De l'E. à l'O., 185 lieues ; du N. au 
S , 160 ; latitude moyenne, 34°. 

Bornes. — L'Algérie est bornée au N. par la Mé- 
diterranée ; h l'E., par la Tunisie ; au S., par le 
Sahara ; à TO., par l'empire du Maroc. 

Division. — Le gouvernement général français de 
PAIgérie est divisé en trois provinces : celles d'Al- 
ger, au milieu ; de CouJîtantine, à l'E.; d'Oran, à l'O. 
Chaque province, considérée Ci)mme territoire civil, 
forme un département ; considérée comme territoire 
militaire, elle constitue une division. 

Le département d'Alger a 4 arrondissements : 
Alger, ])réfecture ; Blidah, Médéah et Milianah, 
Bous-préfecturcs. 



BARBARIE. 



288 



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n, à l'O. 
e civil, 
îvritoire 

nient s : 
jlianah, 



Le département de Constantino a 5 arrondisse- 
ments : Constantine, préfecture ; Bône, Philippe- 
ville, Guelma etSétif, sous-préfectures. 

Le département d'Oran a 4 arrondissements : 
Oran, préfecture ; Mostaganem, Mascara et Tlem- 
cen, sous-préfectures. 

Capitale et Villes. — Le chef-lieu de la province 
d'Alger et en môme temps la capitale du gouverne- 
ment général de l'Algérie est Alger, bâtie en am- 
phithéâtre sur la côle occidentale d'une baie, dans 
laquelle se trouve une île couverte de fortifications 
et réunie au continent par un môle. «Cette ville est 
divisée en deux parties distinctes : au N., la vieille 
cité indigène, antique demeure des deys ; au S., la 
ville toute française. Alger a environ 60,000 habi- 
tants. Cette ville est tombée au pouvoir des Fi'an- 
çais en 1830 ; Blidali, au pied de l'Atlas, dans une 
position délicieuse, elle se trouve dans la fertile 
plaine de la Métidja ; Médéah, un peu ])lu8 loin, au 
milieu des montagnes ; Milianah et Orléansville, 
dans la vallée du Chélif; Dellys, sur la mer ; Au- 
male, érigée en 1845, dans l'intérieur. La province 
de Constantine a pour chef-lieu Conslantine, grande 
ville, dans une position très-forte, sur le Rummel ; 
elle fut prise par les Français en 1837. Le long de 
la côte, on voit : Bougie, remarquable par son port ; 
Djid-jelli, Storn, Philippevillo, cité toute moderne et 
port très-fréquenté ; Bône (Ilippone), avec un port 
vaste et commode ; La Calle. La province d'Oran 
offre, sur la côle ; Mostaganem, ville florisi^ante ; 
Mazagran, illustrée par une belle défense des Fran- 
çais en 1800 ; Oran, importante place. Dans l'inté- 
rieur, on remarque : Tiaret, importante place d'é- 
change entre le Sahara et le Tell ; Takdemt, Mascara, 
qui ont été les capitales de i'éinir Abd-el-Kader; 
Saïda, Tleracen, etc. 

Population et Religion. — Quoique cette contrée 
soit presque aussi grand* que la France, elle ne ren-r 



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284 



aECORArifFK. 



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ferme qu'environ 3 millions d'habitants, dont 200,000 
Européens (sans l'armée). Le mahométisme est la 
religion des indigènes. 

Gouvernement. — Les Français ont conquis en 
1830 la côte d'Alger, en renversant un état despoti- 
que, longtemps redoutable dans la Méditerranée par 
ses pirateries, et à la tôte duquel se trouvait un sou- 
verain nommé dey. Les tribus indigènes, répandues 
dans le pays au nombre de 1 145, sont, les unes, adrai- 
nistrées directement par les autorités françaises ; 
d'autres, placées sous la suzLM'aineté de la France ; 
plusieurs, enfîtl, encore insoumises. La France a 
l'intention de substituer le gouvernement civil au 
L'ouvernement militaire. 



EMPIRE DE MAROC. 

BoKNiES. — -L'empire de Maroc est borné au N". 

{)ar le détroit de Gibraltar et la Méditerranée ; à 
'E., par l'Algérie ; au S., par le Sahara ; à l'O., par 
l'Atlantique. 

Division. —D'après un ancien usage, l'empire do 
Maroc est divisé en deux royaumes : celui de Foz, 
au N., et celui de Maroc, au S. Cependant depuis 
longtemps tout le pays est soumis à un seul souve- 
rain, qui a le titre de sultan ou empereur. 

Capitale et Villes. — La capitale de l'empire est 
Maroc, située dans une plaine fertile, au milieu de 
bosquets d'orangers ; cette ville est semée de ruines 
et ne renferme que 50,000 habitants. Parmi les 
villes on remarque : Mogador, port de mer bombardé 
par les Français en 1844; Agadir, autre port de 
mer ; Tafilet, au S. de l'Atlas ; Fez, grande ville de 
60 h 80,000 habitants ; Méquinez, jolie ville, située 
dans une belle plaine, et résidence ordinaire de l'em- 
pereur ; Tétouan, sur la Méditerranée ; Tanger, sur 
Je détroit de Gibraltar. 

On appelle Rif unq, contrée montagneuse qui s'ô- 



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it 200,000 
no est la 

)nquîs en 
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BÀKBARIE. 



285 



tend le long de la M<*diterranée, et dont la popula- 
tion est connue par ses mœurs grossières et son pen- 
chant à la piraterie. 

L'Espagne possède, sur la côte N., Pimportante 
place de Ceuta (Abyla), situ<5e en f:ice de Gibraltar, 
et les forteresses ou préî^idcs de Penon de Vêlez, 
Alhucemas et Melilla. 

Population et Religion. — La population du 
Maroc est do 8 millions d'habitants professant le 
mahométisme. 

Gouvernement. — Le sultan du Maroc a une au- 
torité absolue sur ses sujets. 



SUPPLÉMENT. 

Géoguaphie historique. — La Barbarie correspond aux 
quatre anciens pa^'s suivants : la Lyiie maritime, V Afrique 
propre, la Numidie, la Mauritanie. 

La Lybie maritime se divisait en deux parties : la Cyrc- 
naïque, à Î'O., et la Marmarique, à TE. 

L'Afrique propre ou Carthaginoise, qui formait les pos- 
sessions des Carthaginois ou Pœni, en Afrique, comprenait 
le territoire qui est appelé aujourd'hui régence de Tunis et 
rO. de la régence de Tripoli. La ville la plus remarquable 
était Carthage, l'antique rivale de Rome. 

La Numidie comprenait toute la région qui s'étend depuis 
Ouad-el-Berber jusqu'à la Malouïa. 

La Mauritanie est représentée aujourd'hui par la partie oc» 
cidentale de l'Algérie et la plus grande partie de l'empire de 
Maroc. Elle se divisait, sous les Romains, en Mauritanie 
Césarienne, à l'E., et en Mauritanie Tintigitane, à I'O. 

Changements politiques. — Les Romains subjuguèrent 
toutes ces contrées. Chassés en 428 par les Vendales, qui 
firent revivre un instant Carthage, ils parvinrent à rétablir 
leur domination cent ans après, sous Justinien ; mais, en 
687, ils ne purent résister aux Arabes ou Sarrasins, dont le» 
princes éclairés firent longtemps fleurir dans ces régions 
les sciences, les arts et le commerce, en même temps qu'ilp 
portaient leurs arines et leur industrie en lîspagne et dan^ 



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280 



GÈOORAPHIH). 



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d'autres pays du midi de TEiiropc. Cet état de prospérité 
diminua peu à peu : de nombreuses dynasties se partagèrent 
le pays : il se forma les royaumes de Fez, de lùnrouan, de 
Maroc, de Tlemcen, de Tunis, et l'on vit régner successi ve- 
inent, et souvent simultanément, les dynasties des Edrisd- 
tes, des Fatimites, des Âglahites, des Hamadides, des Mo- 
ràbeth, des Badissides, des Almohades, des Mérinides, des 
Zianides, des Abonhafsiens. Les Portugais attaquèrent 
souvent le Maroc, dans les treizième, quatorzième et quin- 
zième siècles, et y firent des conquêtes, dont une partie 
(Ceuta, etc.) est restée à l'Espagne ; les Espagnols cher- 
chèrent à s'emparer des antres contrées de la Barbarie, et 
se rendirent maîtres d'un assez grand nombre de place?. 
Mais, au seizième siècle, les deux frères Barberonsse, à 
Alger, et Sinara, à Tunis et à Tripoli, les expulsèrent et for- 
mèrent des états vassaux de l'empereur des Turcs. Tunii 
et Tripoli sont aujourd'hui sous la suzeraineté de la Porte; 
le dey d'xiljer, sur lequel elle n'exerçait plus qu'une auto- 
rité purement nominale, a été renversé par les Français en 
1830. 

Animaux. — Le cheval de Barbarie est beau et rapide. On 
se sert ? caucoup d'ânes, do mulets et de chameaux. Il y a 
une grande quantité de bœufs, de moutons et de chèvres. 
Les autruches et les gazelles parcourent les déserts. Le lion 
est ici véritablement le roi des animaux, ^.a panthère et 
l'hyène sont très-communs ; les scorpions abondent par- 
tout. Des animaux plus nuisibles encore sont les sauterel- 
les ou criquets, mais quelques populations s'en nourrissent. 

Minéraux. — Cette contrée possède des mines d'argent, de 
cuivre, de plomb, de fer, de zinc, d'antimoine et des carriè- 
res de beau marbre. Le sel est extrêmement commun, On 
pêche du corail le long de la côte. 






SAHARA. 









Bornes et Etendue. — Le Sahara est un immense 
pays, qui, situé au S. de la Barbarie, s'étend de l'E. 
à l'O. depuis l'Egypte et la Nubie, jusqu'à Pocéan 
Atlantique ; la Nigritie et la Sénégambie le limitent 
au midi. Il a environ 900 lieues de longueur et 280 
lieues de largeur, du N. au S. Il forme le plus grand 



SAnAUA. 



287 



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désert qu*il y ait sur le globe. La France y serait 
contenue plus de huit fois. On applique généralement 
à la partie la plus orientale du Sahara le nom de 
désert do Lybie. 

Division. — Des voyageurs ont remarqué que le 
désert est divisé entre les tribus qui le parcourent, 
comme le serait un territoire cultivé. Les limites 
«ont fixées avec précision et observées avec scrupule. 

Quelques oasis montrent leur riante verdure de 
palmiers', au milieu de ces affreuses solitudes, et sont 
comme ctes îles au sein d'un océan. Vers le N. O. du 
dé.«'^rt,on remarque les oasis de Toual, deTidikelt et do 
Gourara ; à l'E. de ces oasiit, se trouve celle de 
Goléa, avec la ville du même nom, la première <Stnpe 
des caravanes venatit de l'Algérie; plus à l'E. encore 
est l'oasis de Ghât. Dans le S. du Sahara, se trouve 
l'oasis pittoresque d'Asbon ou d'Aliir, qui a pour 
capitale Agadès et oà l'on rencontre aussi la ville 
d'Açoudu. 

Dans l'E., est l'oasis de Bilnia. On remarque aussi 
à rO. l'oasis de Tychyt, dont le 5oI est riche en sel 
gemme et dout les maisons sont bâties en blocs de 
ce minéral ; le pays de Tagant, le pays d'Adrar, et 
celui de Tiris. 

CÔTES. — La côte de l'Atlantique est, dans ce pays, 
inhospitalière et sauvage. On y remarque le cap 
Bojador et le cap Blanc d'Arguin. 

Montagnes. — L'intérieur du Sahara offre des 
plaines couvertes de sables nus Cependant des ob- 
servations récentes font voir qu'il y a, particulière- 
ment vers le N., des montagnes plus hautes qu'on no 
le croyait, et des aspects plus variés, plus pittores- 
ques. Cà et là se trouvent quelques collines rocail- 
leuses, quelques monticulessablonneux, tantôt isolés, 
tantôt formant des rangées d'ondulations. Les plus 
hautes montagnes du Sîihara sont celles d'Ahaggar, 
dans le N. Vers la mer, on voit les montagnes 



288 



oéookaphie:. 



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Blanches, qui «e terminent au cap Blanc, et les nioii- 
tagnes Noires, au N. B. du cap bojador. 

Rivières. — On ne rencontre dans le Sahara que 
des rivières peu étendues : la plupart, après avoir 
arrosd le« oasis, se perdent dans les •ables. Quelques- 
unes »e jettent dans l'Atlantique : telles sont le Rio 
de Ouro et la rivière Saint-Cyprien, entre les caps 
Blancs et Bojador, et la rivière de Saint-Jean, au S< 
de la baie d'Arguin. 

On croit généralement qu'une grande partie du 
Sahnra n'est que le ba'^sin dcsséchô d'une mer qu'une 
grande convulsion de la nature aurait fait disparaître. 
La qurmtité extraordinaire de sel dont ce désert est 
parsemé vient à l'appui de cette opinion. 

Climat. — Le Sahara c(*t coupée 5 peu près vers le 
milieu par le tropique du Cancer. Les rayons du 
loleil y tombent vei ticalement une partie do l'année, 
et en fonl une véritable fournaise ; réfléchis par des 
plaines saiblonnetises et par les cailloux blancs, ils 
produisent un éclat éblouissant qui fatigue horrible- 
ment la vue. Des vents brûlants et d'une grande 
violence parcourent fréqucin ment ces solitudes, et y 
soulèvent des m'as'îes de sable qui tourbillonnent dans 
les airs et roulent comme les flots d'une mer. Pen- 
dant la [>lus grande partie de l'année, l'air sec et 
échauffé, conierve l'apparence d'une vapeur rongea- 
tro : on croirait apercevoir vers l'horizon les feux de 
plusieurs volcans. Le phénomène du mirage y est 
fréquent : souvent le voyageur a cru voir dans le 
lointain une ville, des arbres, un beau lac, et en 
approchant il ne trouve phn que des rochers nus et 
qu'une plaine sans eau. 

Il tombe, du mois de juillet au mois d'octobre, 
wne pluie assez abondante, mais non dans toute 
l'étendue du Sahara, dont plusieurs parties ne sont 
jamais rafraîchies par une seule goutte d'eau. 

SoL ET Productions-.-— Le sol est inculte dans la 



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plus grande partie du Sahara. Les oasis sont génd- 
ralenicnt terlilcs. Los principales productions qui 
nourrissent la population sont le millet, le maïs, les 
dattes et la fçomme. 

PorULATioN ET RELIGION. — Il cst très difficile do 
donner le chiffre exact de la population do cet im- 
mense désert. On peut cependant dire qu'elle n'est pas 
au-dessous de 2 millions d'âmes ; Arabes purs, Ara- 
bes mélanges de Maures, Toiiariks, Touats, Tibhous, 
etc. La pluppart professent la religion musulmane. 



SUPPLÉMENT. 

GfeooRAPniE nisTOKiQUE. — Le Sahara comprend en grande 
partie l'ancienne Lijbie intériettre^ habitée par les Gctvlcs 
et les Garamantcs. 

Hauitants. — Les habitants du Sahara sont généralement 
grands, minces et ont une constitution robuste. Les Toua- 
reg sent assez blancs ; une pièce d'étoffe leur voile la- figu- 
re ; ils sont pasteurs et nomades. Les femmes jouissent 
d'une liberté que l'islamisme ne leur accorde pas toujours. 
Les Tibou sont noirs!, quoique appartenant à la race cauca- 
r.ique. Les nomades du Salà#ra connaissent assez la posi- 
tion des constellations pour se diriger au moyen des étoiles : 
aussi préfèrent-il.H marcher pondant les nuits plutôt que 
d'aftronter pendant le jour l'ardeur d'un soleil dévorant. 
Ces peuples sont l.-i plupart guerriers, perfides, attaquent et 
pillent les caravanes, ou font souffrir d'horribles traitements 
aux malheureux blancs que les naufrages jettent sur la côte. 
Ces peuplades sont plus industrieuses qu'on ne serait d'abord 
porté à le croire. 

Animaux. — Les autruches errent à travers ces plaines 
désolées. La chasse de cet animal offre un spectacle cu- 
rieux ; une vingtaine de chasseurs, montés sur des chevaux 
extrêmement agiles, vont contre le vent, en poursuivant 
l'oiseau ; celui-ci, fatigué de courir dans un sens où le vent 
s'engouffre dans ses ailes, se tourne du côté des cavaliers, 
et cherche à passer à travers leur ligne ; alors ils l'entourent 
et le tuent facilement. Le lion, la panthère, les singes, 
d'énormes serpents remplissent le désert. L'animal le plus 
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GÊOGKAPiilE. 



utile du Ssîhara est le chameau, qu'on a surnorumô lo «a««- 
seau du dhert. Les marchants qui se rendent de la Barba- 
rie dans la Nigritie, traversent le Sahara, réunis en cara- 
vanes qui comptent souvent jusqu'à 2,000 personnes et à 
peu près autant de chameaux» Le plus grand malheur que 
ces troupes de voyageurs aient à craindre, c*est que la cha' 
leur desséchante de certains vents n'absorbe l'eau renfermée 
dans les outres et cA\q des sources répandues çà et là : il 
est arrivé quelquefois que, ne trouvant pas d'eau aux en- 
droits ordinaires, elles ont péri tout entières. Les caravanes 
ne se dirigent pas en ligne directe à travers le désert, qui 
n'oflfre aucune trace de chemin frayé, mais elles se détour- 
nent tantôt à l'E., tantôt à l'O., selon la position des oasis» 






SÊNÉGAMBIE. 

Etendue. — Elle s'étend du N. au S. Tespace de 
180 lieues ; elle a environ 200 lieues de l'E. à l'O. 
Sa latitude moyenne est 13" N. 

Bornes. — Elîe est bornée au N. et au K. E. pav 
le Sahaia ; au S* K., jDar la Ni^ritie Septentrionale ; 
au S., par ia Guinée Supérieure ; à l'O., par l'Atlan- 
tique. 

Division et ViLle». — La Sénégambie se divise en 
nn iifraud nombro «lo potins 6i^i<?^ dont les p'ns reniar- 
quablos sont ceux de Cayar, de Ghiolof, doF^nlta, do 
Bambonk, célèbre [>ar ses mines d'or : ceuy do 
Fou*aDialon, do Bt)Mdou, de Kaarta, de Gadiaga. 

Trois nations européennes, les Français, les An- 
glais et les Kortugais, ont des possessions dans la 
Sénégambie. 

Les Français ont la plupart de leurs établissements 
sur les bords ou dans le voisinage du bcnégal. Lo 
chcf-Iieu du gouvernement français du Sénégal est 
Saint-Louis, ville fortifiée, dans une situation peu 
calubre, sur une île du même nom, que forme le 
fleuve près de son embouchure ; elle a 15,000 habi- 
tants. 

Les Anglais out des établissements sur la Gambie : 



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iiiippui. 



SENÉGAMBTE. 



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Bathnrst, chef ^ieu de leurs possessions, est sur une 
petite île, à l'cmbouchnre delà Gambie. Us possè- 
dent aussi Albréda et Georîretowu. 

Les Portugais se sont établis surtout sur ïa Casa- 
manco, le Rio de Cachco et le Rio de Geba ; ils 
possèdent Cacheo, Geba, etc. 

Côtes et îles. — Les cotes de la Sénéirambic sont 
composées d'immenses terrains d'aliuvion, presque 
noyés sous les eaux des rivières et h. peine élevés au- 
dessus du niveau de la mer. 

Le cap Vert est le point le plus occidental de l'an- 
cien continent. Très près et au S., se trouve l'île de 
Gorée, qui dépend dos 'î^'rançais, ce n'est presqu'un 
rocher ; mais elle offre un excellent mouillage. En 
îivanyant vers le S., on- rencontre les îles Bissagos, 
qui sont l)asses et très-fertiles (Hespérides de l'anti- 
quité). Elles appartiennent généralement aux Por- 
tugais. 

Montagnes et Rivièees. — C'est dans la partie 
méridionale que sont les principales montagnes. On 
remarque les monts Kong. Ces montagnes donnent 
naissance aux fleuves les plus importants du pays ; le 
Sénégal dont le cours est d'environ 500 lieues; la 
Gambie et le Rio Grande sont les plus remarqua- 
ble?. Tous ces fleuves se jettent dans l'Atlantique. 

Lacs.-— Vers la partie inférieure du cours du 
Sénégal sont deux lacs qui communiquent avec ce 
fleuve : le Cayar, pi es de la rive droite, et le N' 
Gher ou Panié-Foul, près de la rive gauche. 

Climat. — La chaleur y est étoufFnnte, et l'air 
généralement insalubre Le climat serait insuppor- 
table, s'il n'était tempéré par la fraîcheur des nuits, 
et par les pluies abondantes et périodiques, qui 
tombent dans la saison qui correspond à notre été. 
Des ouragans furieux se font alors vivement sentir. 

Sol et Pboductions. — 'Dans l'intérieur des terres, 
l'aspect du pays est varié : c'est un beau mélange de 



292 



aéOGBAPHIE!. 



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plaines très-fertiles et de collines revêtues de la plus 
riante verdure ; il y a aussi d'épaisses forêts, formées 
de palmiers, de tamariniers, de papayers, de citron- 
niers, d'orangers, de sycomores, de baobab, colosse 
du règne végétal, dont le tronc a souvent un diainè- 
tro de près de 25 pieds. 

Commerce. — Grand commerce de gomme, de 
poudre d'or, de dents d'éléphants, etc. 

Population et Religion. — Environ 12 mil ions 
d'habitants. La plupart des habitants de cette con- 
trée professent 1'^ mahométiame. Il y a aussi des 
fétichistes. La masse de la population se compose 
des trois peuples suivants : les Yolofs (jui passent 
pour les plus noirs et les mieux faits de tous les 
nègres ; les Fonlalj, belle nation, d'un rouge noira. 
tre, ou d'un brun jaunâtre ; les Mandingues, nègres 
industrieux et couiiuirçants, qui se rencontrent par^ 
ticulièrement dans l'E. et dans le S. 

Gouvernement. — -Le gouvernement de tous ces 
royaumes est absolu. 



SUPPLÉMENT, 

La côte fut, dos lo XlVe siècle, visitée par des marchanda 
de Dieppe et de Rouen, qui y formèrent plusieurs comp- 
toirs. Ces établissements furent cédés en 1664 à la CoiUr 
pagnie des Indes occidentales^ puis aux Compagnies du 
Sénégal^ enfin à la Gompaynie des Indes orientales^ sous 
laquelle ils prospérèrent. Pris par les Anglais en 1763, 
rendus en 1783, repris en 1809, ils furent restitués à la 
France en 1814. 



GUII^rÉE SUPÉRIEURE. 

Etendue et Bornes. — On appelle Guince Supé- 
rieure l'espace qui s'ét*înd, sur une longueur de plus 
4e 700 Ijeues de cOte, depuis la Sénégambie jusqu'au 



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GUINÉE SUPÉRIEURE. 



293 



cap Lopez, du 10e degrc de lathude N. jusqu'à 1® 
de latitude S. Elle est bornée au N. par la Séné- 
garnbie et la Nigritic septentrionale ; au S. E., par 
la Nigritie méridionale ; au S., par la Guinée méri- 
dionale et l'océan Atlantique ; au N. O., par le môme 
océan. 

Division et Villes. — Les côtes furent longtemps 
la seule partie connue des Européens dans la Guinée 
Supérieure : aussi ont-ils désigné sous le nom de 
côtes toutes les subdivisions qu'ils ont établies dans 
ce pays. 

En commençant par l'O., on trouve d'abord la côte 
de Sierra-Leone, nom qui lui vient d'une de ses princi- 
pales montagnes. Les Anglais y ont établi une im- 
portante colonie, destinée particulièrement à la civi- 
sation des Nègres qu'on a enlevés aux navires 
négriers pour les attacher à la culture libre du sol et 
leur donner les premiers éléments de l'instruction. 
Le chef-lieu est Freetown, à l'embouchure de la 
Rokelle. L'éducation des Nègres a fait Sierra-Leone 
des progrès rapides ; ils y cent généralenlfent devenus 
laborieux. Malheureusement le climat de cette 
colonie est devenu p rnicieux y:)our les Européens. 

Vient ensuite la côte des Graines. La société 
américaine de Colonisation y a fondé, en 1821, la 
colonie de Libéria pour les Nègres libéré.^. Cette 
colonie est devenue une république, qui a pour chef- 
lieu Monrovia. On remarque dans le même pays le 
peuple des Krou, nègres doux et intelligents. 

La côte des Dents ou d'Ivoire. Etablissements 
français ; Grand-Bassan et Assinie, à l'E. 

La côte d'Or compte plusieurs établissements euro- 
péens : Cap-Corse, Christiansbourg etc., aux An- 
glais ; Elmina, aux Hollandais. C'est à la côte d'Or 
que se trouve le puissant empire d'Achanti, dont la 
capitale est Coumassie. Cette ville est fort grande, 
et a des rues larges, alignées et propres. 

La côte des Esclaves doit son triste nom au com- 



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294 



GÉOGRAPHIE. 



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merce d'esclaves qu'oR y a fait et qu'on y fait mal- 
heureusement encore, malgré les lois des nations civi* 
lisées. Le pays principal de la côte des Esclaves est 
lo royaume de Daliomeh, dont la capitale se nomme 
Abomeh. Cependant le roi réside ordinairement à 
Calmina. Les ports les plus fréquentés sont Ouydah 
et Porto-N'ovo où les Français ont un établissement. 

La côte de Bénin s'étend à TE. de celle des Enclaves 
et forme nn royaume dont la capitale est Bénin. Les 
Anglais viennent de prendre possession du territoire 
do Lagos. La côte d'Ouari et celle de Calabar. 

Enfin les côtes de Biafra, de Koua et de Gabon. 
Sur la côte de Koua esfc l'importante ville de Camaro- 
nés. Sur le fleuve de Gabon est rétablissement fran- 
çais du même nom, fondé en 1843. 

Dans l'intérieur do la Guinée Supérieure, est, à 
rO. du Kouara, le pays de Yarriba, dans lequel se 
trouve la ville d'Abbéokuta, qui s'est élevée en peu 
d'années au rang des plus grandes villes d'Afrique. 
Sur les deux rives du môme fleuve, se trouve lo pays 
d'Iecbo ou Ibo, avec une ville du même nom. 

Montagnes. — Les montagnes de Kong s'élèvent 
sur la limite septentrionale de la Guinée et la séparent 
de la Nigritio. Vers le S. E., on trouve les monta- 
gnes de Camarones. 

Rivières. — ^Toutes les eaux de la Guinée Supé- 
rieure ee rendent dans l'Atlantique. Les principaux 
fleuves qu'on remarque, en allant de l'O. à l'E., 
sont : la Rokelle. lé Mesurado, l'Assinie, la Volta, lo 
Lagos, le Kouara ou Niger qui se jette dans l'océan 
par plusieurs branches ; le Oalabar et le Camarones. 

La.C3. — On remarque le beau lac Jonanga. 

Climat, Sol et Productions. — Cette contrée est 
exposée aux chaleurs les plus ardentes de la zone 
torride. 

La Guinée Supérieure est basse et humide vers la 
côte. La végétation y est extraordinairement 



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GUINÉE INFÉRIEURE. 



295 



prompte : il y a des forêts impénétrables et des 
savannes couvertes d'une herbe gigantesque. Les 
productions sont celles des pays tropiques, jointes à 
celles des pays tempérés. 

Commerce.— Poudre d'or, ivoire, peaux de lion, 
de buffle, etc. 

Population, Religion et Gouvernement. — La 
population peut être estimée à 8 millions d'atnes. La 
religion est un mélange bizarre d'islamisme et d'ido- 
lâtrie, et présente souveut l'asserablage de tout ce 
que l'esprit peut enfanter de plus monstrueux. Les 
sacrifices humains ne sont pas rares. Le gouverne- 
ment de tous ces petits états est absolu, et dans 
quelques-uns, très-despotique : il faut en excepter la 
république de Libéria et la colonie de Sierra-Leone. 



GUINÉE IKFÉRIEUKE. 

Etendue. — La Guinée Inférieure, souvent désisrnée 
sous le nom de Congo, s'étend depuis le cap Lopez 
jusqu'au cap Négro ; elle a une longueur d'environ 
360 lieues. C'est à peu près vers l'équatcur q^ue se 
trouve la limite entre les deux Guinées. 

Bornes.—- La Guinée Inférieure est bornée au N. 
par la Guinée Supérieure ; ti l'E., par la Nigritie 
Méridionale ; au fe., par l'Ovampie ; à l'O., par 
l'océan Atlantique. 

Division. ^ — La Guinée Inférieure comprend six 
principaux pays baignés par l'océan : le royaume de 
Loango, capitale Bouali ; le royfiume de Cacongo, 
capitale Kingelé ; le royaume d'En-Goyo, capitale 
Cabinde, h> l'embouchure du Zaïre, et dans une situa- 
tion si agréable qu'on l'a surnommée le Paradis de la 
Côte ; le royaume de Congo, capitale San-Salvador, 
dans une position très-salubro, sur une montagne 
escarpée ; l'Angola, capitale Saint-Paul do Loanda j 
l'Angola appartient aux Portugais et sa capitale est 



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GÉOGRAPHIE. 



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aussi la capitale de lenrs possessions dans la Guinée 
inférieure ; lo Benguéla, dont une ^ande partie dé- 
pend des Portugais, sa principale ville est Saint- 
thilippe de Benguéla, dans une position très-mal- 
saine ; c'est un lieu d*exil pour les criminels^ du 
Portugal. 

Dans l'intérieur et assez loin, sont les pays de 
Cassangé et de Bilié ; et encore plus loin, l'Anziko, 
très-peu connu. Le souverain a le titre de Mikoko. 

Fleuves et Rivières — Deux fleuves principaux, 
le Congo ou Zaïre, et la Coanza, parcourent de TE. 
à l'O. la Guinée Inférieure ; ils ne sont pas connus 
jusqu'à leurs sources. On remarque, en outre, la 
Dîxnde, entre le Zaïre et la Coanza, et la Cunéné, 
dans le S. 

Climat, Sol et Productions. — Les côtes assez 
généralement plates et marécageuses, sont exposées 
à une chaleur brûlante et malsaine. L'intérieur jouit 
d'une température plus douce et plus salubre : quel- 
ques voyageurs ont dépeint certaines parties comme 
un paradis terrestre. La saison des pluies dure 
depuis le mois d'octobre jusqu'au mois do Mars. Le 
sol es{ très-fertile et les productions végétales sont b. 
peu ; l'ès les mêmes que dans la Guinée Supérieure. 

Population et Religion. — La population, peu 
connue, peut être estimée à 3 ou 4 millions d'âmes. 
Les peuples de la Guinée inférieure appartiennent à 
la race nègre. II y a seulement, vers la côte surtout, 
un certain nombre de Portugais. Les nègres sont 
hospitaliers, mais ils sont ignorants et livrés à l'ado- 
ration des fétiches. Cependant, ayant reçu plusieurs 
missions chrétiennes portugaises, ils ont m^lé quel- 
ques pratiques du christianisme à leurs croyances 
payennes, et ont adopté diverses particularités des 
mœurs des Portugais. 



Gouvernement. — Le gouvernement de tous 
royaumes de la Guinée Inférieure est absolu. 



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OVAMPIE. 



SUPPLÉMENT. 



297 



GEOGRAPHIE HISTORIQUE, — Le Congo a été découvert par 
le Portugais Diego Cam en 1487 ; ïuckey la visité en 1816 
et a donné quelques notions sur ce pays. M. Douville l'a 
exploré en 1828-30. 

Animaux.— Les forêts sont remplies d'une grande variété 
d'aninaaux : éléphants, antilopes, girafes, rhinocéros, zèbres, 
lions, léopards, diverses espèces de singes, etc. Parmi les 
oiseaux, on cite les perroquets, l'autruche, la grue coui onnée, 
le marabou, etc. Toutes les rivières sont remplies de croco- 
diles. Le boa abonde aussi. Le serpent copra lance de 
loin, dans les yeux de celui qu'il aperçoit, un venin qui 
cause souvent l'aveuglement. Les sauterelles sont un mets 
recherché des naturels, De nombreux essaims d'abeille s 
déposent leur miel dans le creux des arbres. 



peu 



OVAMPIE. ^ 

Au S. de la Guinée inférieure, s'étend, sur un es- 
pace d'environ 240 lieues, une contrée encore peu 
connue, -norainée Ovampie, d'après les Ovampo, un 
de ses peuples principaux. L'abord de la côte est 
dangereux, l'eau potable y est rare. On y voit 
l'eniboachure d'un fleuve, appelé Nourse, qui est la 
partie inférieure du Cunéné. 

Ce pays est borné aa N. par le Congo ; à l'E., 

{)ar la Nigritie méridionale et la Cafrerie ; au S., par 
a Hottentotic ; à l'O., par Tocéan Atlantique. 

Les Ovampo, qu'on trouye dans l'intérieur, soqt 
des populations intelligentes, agricoles et industrieu- 
ses. On remarque aussi les Damara occidentaux, 
dont le pays est riche en pâturages, et sur la côte, 
l'île d'Ichabo qui appartient aux Anglais, et qui est 
fameuse par le guano qvi'ou y recueille. 



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OEOGRAniIE. 



IIOTTENTOTIE. 



Etendue. — Latitude moyenne : 25°. La ITot- 
tentotio formait autrefois une des pins vastes divisions 
ds l'Amérique méridionale ; mais, rétrécie par 
les envahissemcntî» successifs de la colouie du 
Cap, son étendue égale à peine celle de la Franco. 

Bornes. — La Ilottontotie est bornée au N. par I 

rOvampie ; à l'E., par la Cafrerie ; au S., par la I 

colonie du Cap ; à l'O., par Tocéan Atlantique. 1 

Division. — Cette contrée est divisée en plusieurs 
petites tribus, dont les plus remarquables sont : les 
Grands et les Petits Namaqùa, à l'O.; les Kornna, à 
l'E., et les Boschmans (hommes dos bois), au S. On 
nomme Criqua une population de métis, provenant 
du mélange des Hollandais avec les Namaqua et les 
Korana. 

Montagnes et Rivières. — A TE., s'élèvent des 
montagnes pittoresques d'où se précipitent de nom- 
breuses rivières. D'immenses plaines occupent la 
partie occidentale. 

Jj'Ornnge, le plus grand fleuve du pays, coule de 
l'E. à l'O., et forme une cataracte de plus de 400 
pieds de hauteur et de 1500 de largeur ; ce fleuve se 
jette dans l'Atlantique. 

» Climat, Sol et Productions. — Le climat est brû- 
lant. Le sol est assez fertile, mais les Hottentots 
connaissent à peine les premiers éléments de l'agri- 
culture. La Hottentotie.a beaucoup de forêts et un 
grand nombre d'animaux : on y voit des troupes de 
buffles, terribles par leur férocité ; des éléphants, des 
rhinocéros, des panthères, des chacals, des hyènes, 
des loups, des lions, des girafes, des rntilopes d'es- 
pèces très-variées, et qui forment quelquefois des 
troupes de 2,000 individus, etc. 

Population, Religion et Gouvernement. — Le 
chiffre de la population de ce pays n'est pas connu. 






Irai" 



COLONIB DU CAλ. 



500 



Les Hottentots sont payens : on a formé quelques 
mission» ches ce peuple, et déjà uii grand nombre de 
Hottentots sont convertis au christianisme. 

Les Hottentots se réunissent en petites bourgades 
nommées kraals, qui sont gouvernées rhacune par 
un chef nommé gougou et choisi parmi les vieillards» 



SUPPLEMENT. 

Lcù lîottentots diffèrent assez des nègres pr»^nrettient dits» 
Leur couleur est d'un brun foncé ou d*un jaune brun ; leur 
nez est en général très-aplati ; leurs joues, très-proéminen- 
les, forment presque un triangle avec leur menton étroit et 
pointu ; leur bouche est grande, mais garnie de dents très- 
blanches ; ils ont les mains et les pied^etits et les membres 
bien proportionnés^ 

Les Hottentots sont doux, humains et susceptibles d'un 
grand attachement pour leurs semblables ; mais leur indo* 
lence est extrême, et ils poussent la malpropreté au dernier 
degré. Leur sang-froid et leur maintien réfléchi les distin- 
guent surtout des autres nations noires ou- basanées, qui,' 
généralement, se livrent ou 'plaisir avec la gaieté la plus 
vive. Ils sont adroits à la chasse et se servent du fusil avec 
habileté. Ils élèvent de nombreux troupeaux de moutons 
et de boeufs. Leur industrie se réduit à faire des arcs et 
des flèches, à façonner des pots de terre, à tisser des nattes 
et à coudre des peaux pour leurs vêtements d'hiver. 



COLONIE BU CAP. 

Etendue. — Au S. de l'Afrique se trouve la coloiie 
anglaise, appelée Colonie du Cap. Sa longueur est 
d'environ 176 lieues sur une largeur de 65. Lati- 
tude moyenne, 32°» 

Bornes. — La Colonie du Cap est bornée au N" : 
par la Hottentotie ; à l'E., par la Cafrerie ; au S. et 
à rO., par l'océan. 

Division. — Cette colonie c«t divisée en deux gou- 
vernements : Le Cap et Huitenhagen. 



800 



géograpîïie:. 



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Montagnes. — La partie eeptentrionale est cou- 
verte par les montagnes de Neige ( Sneeuwberg) et 
les monts Nicuwvcld. 

Rivières. — Le fleuve Orange coule sur la limite 
septentrionale de la colonie, et se jette dans l'Atlan- 
tique î le Riet et le Sack appartiennent au bassin de 
ce fleuve ; la rivière de TLléphant, le Gaurits, le 
Camtoos et la Grande-Rivière du Poisson débouchent 
dans l'océan-Indicn. 

CÔTES. — Les côte p, gcn^-ralemcnt élévécp, sont dé- 
coupées par quelques enfoncements, qui offrent un 
abri bien précieux aux marins dans ces parages 
redoutés. par leurs tempêtes. La baie Ste. Hélène, 
la baie de la Table, la baie Falt^e sont les plus remar- 
quables. 

Capitale et Villes. — Le Cap est la capitale de 
la colonie ; c'est une ville fort bille et tros-fortifiée ; 
elle s'étend aux pieds des montagnes de la Table et 
du Lion, sur les rivages de* la baie de la Table, à une 
petite distance de la baie False. La popula- 
tion est d'environ 29,000 ânics. Parmi les villes 
remarquables, on distingue : Constance, George-town, 
Bathurst, Graliam\s-town et Graaff-Reynett, ville 
toute hollandaise et d'une charmante propreté. 

Climat, Sol et Productions. — L'année est divisée 
en deux saisons : celle de la chaleur et celle des 
pluies. La première commence en Septembre et 
îitiit en Mars. Le c'imat y est agréable. Le sol est 
presque inculte. C'est le pays des pasteurs. Le 
milieu est généralement fertile et l'agriculture assez 
florissante ; la zone qui borde l'océan est habitée 
par les vignerons. A i'E , on trouve des forêts et 
on y a reconnu jusqu'à soixante et dix sortes de bois 
de construction. 

Les parties méridionales sont belles et cultivées 
avec soin ; on y récolte des vins renommés, du fro- 
ment, de l'orge, du chanvre, des fruits d'Europe et 



GAPRERIE. 



301 



cou- 
rg) et 



des fruits d'Asie. Lo coton et le cafo y réusslHsent, 
les plus l^elles plantes exotiques qui ornent les serres 
et les jardins de l'Europe viennent du Cap. 

Population, Religion kt Gouvernement. — La 
colonie du Cap renferme une population de 300,000 
habitants, parmi lesquels ou compte beaucoup de 
nègres proprement dits, et un nombre assez considé- 
rable de Hottentots et de Cafres. La population 
blanche se compose d'Anglais, de Hollandais, do 
descendants de Hollandais, qui prennent actuelle- 
ment la dénomination d'Africains. 

Il y a des catholiques et des protestants. 

Le gouvernement de la colonie du Cap est absolu. 



CAFREHIE ET TEREE DE KATAL. 

Etendue et Bornes. — On dcsijiçne sous le nom 
de Cafrerie une vaste contrée, encore mal connue, 
qui est baignée au S. E. par l'océan Indien, et qui 
touche, vers l'E., à la capitainerie de Mozambique j 
vers le S. O., h la colonie du Cap et à la Hottentotie ; 
elle se prolonge fort loin, vers le N. O., dans l'inté- 
rieur des torres, jusqu'à l'Ovampie. Les dimensions 
n'en peuvent être exactement déterminées. La 
latitude moyenne est au 20°. 

La côte, c'est-à-dire la Cafrerie maritime, a été 
conquise en grande partie par les Anglais, qui pos- 
sèdent paiticulièrement la Terre de Natal, ainsi appe- 
lée parce que Vasco de Gama la découvrit le jour de 
Noël ; cette colonie est toute nouvelle et déjà floris- 
sante ; la population s'élève à 100,000 âmes ; la capi- 
tale est Pietermaritzburg ; mais la ville la plus con- 
sidérable est d'Urban, sur le port Natal. 

Montagnes et Rivikres. — Les monts Cuivre se 
voient à l'E. Le Zarabèze, dont le voyageur 
Livingstone a beaucoup contribué à faire connaître 



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le coure, coule h travers le N. de la Cafrorie ; il v 
forma la magnifique cataracte de Victoria. On voit 
en Cafrerie les brancHcH supérieures de f Orange : 
l'une des principales s'appelle Vaal» 

Climat et SoL.-^Le climat est chaud et le sol 
fertile. Les bœufs sont beaux et nombreux dans 
cette contrée* 

Population.— La population de ce pays ne peut 
ôtre estimée avec exactititdc. 

Les Cafres sont divisés en tribus, gouvernées par 
des chefs qu'ils choisissent parmi les plus courageux» 
Les principales tribus sont celles des Tambouki, des 
Koussa, dans le S. de la Cafrerie maritime. Dans le 
K., sont les Zoulou. 

Dans l'intérieur, on rencontre les Basouto, et les 
nombreuses tribus de la nation des Bedjouana. La 
plus riche, la plus puissante et la plus industrieuse 
est celle des Bakouaïn. Il y a plusieurs autres tri- 
bus qu'on renconti j eu suivant le cours duZambôze ; 
on remarque celle des Bnnyaï, dont le pays corres- 
pond; en partie, à l'ancien empire du Mouomotapa. 



CAPITAINERIE GÉNÉRALE DE MOZAM- 

BIQUE. 

Etendue et Bohnes. —Le Mozambique est une 
vaste possession portugaise qui s'éten*^ au N. E. de 
la Cafrerie et de la Terre de Natal. Elle est bornée 
au N. par le Zanguebar ; elle est baignée à l'E. par 
l'océan indien et par le détroit auquel elle donne 
son nom et qui la sépare de l'île de Madagascar ; 
ses bornes à l'O. sotit la Cafrerie et la Nigritie 
Méridionale» Sa latitude moyenne est au 15° S. 
Elle s'étend depuis le cap Delgado jusqu'à la baio 
de LorenJîo-Marquez» 

Division. — Cette contrée se divise eu 7 capital* 






"AMBIQUE. 



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iieries : Querimbc, Mozambique, Qniliinano, Sena, 
ÎSofala, Inhaiiibnno et Bahia-de-Lorenzo Marquez. • 

Montagnes et Rivikkes.— La limite oceidentalo 
de la capitainerie est, en grande partie, formée par 
les monta Lnpnta ; la portion la plus connue de cotte 
chaîne est cowpôe par le Zamlnize. Ce lleuve reçoit 
à gauche le Chiré, ])ar.lcquel s't'coule le lac Nyassa. 
i^e lac et celui de Cbiroua ont été visités récemment 
par le voyageur Livingstone. 

Capitale et Villes. — La capitale est Mozambi- 
que, sur une petite île et sur une baio qui porte le 
môme nom. L*air y est très -insalubre ; pendant 
l'été les habitants vont demeurer à Mesuril, au fond 
de la baie. 

Les villes principales sont : Tété, forteresse située 
loin dans l'intérieur, sur le Zambèze ; Quilimane, à 
l'embouchure de la rivière du même nom ; Sofala 
vers le S., dans l'ancien royaume du même nom, 
renommé par son or, et qui correspond, suivant 
quelques géographes à l'Ophir dont on parle dans 
l'histoire de Salomon. 

Climat, Sql et Productions. — Le climat est 
chaud, mais insalubre dans plusieurs endroits. Le 
soi est presque partout fertile. Les princi[)ale8 pro- 
ductions végétales sont le blé, le maïs, le riz, le 
manioc, le sucre, le café, les ignames, les patates, les 
pois, les haricots, Pindigo, etc. 

Il y a des forêts de palmiers, d'orangers, de 
citronniers, de caféiers, de figuiers, de baobabs. On 
Y trouve des éléphants dont l'ivoire est l'objet d'un 
important commeroe. Les montagnes renferment 
de grandes richesses minérales, entre autres de l'or et 
de la houille, et les fleuves qui en descendeni rctilent 
des sables aurifères. 

Population, Religion et Gouvernement, — La 
population ne peut être évaluée. La religion domi- 
I ante est encore le paganisme, oopendant les mis- 
sionnaires ont tait de nombreuses conversions parmi 
les indigènes. 



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304: 



GEOGRAPHIE. 



Le Mozambique, découvert par les Portugais en 
1495, est régi par un gouverneur qui a le titre de 
capitaine général, et qui conserve encore dans son 
palais quelques restes do la splendeur des anciens 
vice-rois de l'Afrique orientale. 

Il y a parmi les blancs un grand nombre de crimi- 
nels déportés du Portugal et des colonies de ce 
royaume. 

Les indigènes du Mozambique appartiennent, les 
uns à la famille cafre, les autres, à la race nègre pro- 
prement dite. La plupart des peuplades ont con- 
servé leurs lois, leurs coutumes, leur gouvernement 
et leur > princes ; d'autres sont soumises à l'adminis- 
tration portugaise. La principale nation est celle 
des Makoua. 



ZANGUEBAE. 

Etendue et Bornes. — Le Zanguobar est une 
longue contrée maritime, bornée au N. E. par le 
^îoniâl ; à l'E., par l'occan Indien ; au S., par la 
capitainerie de 3Ioz»mbiquc ; à .'0., par la Nigritie 
méridionale. 

Division.— On y distingue plusieurs états ; les 
plus remarquables sont ceux de Mogodocho, Mé- 
linde, Zanzibar, Quiloa. 

Montagnes. — Les monts Lupata limitent à l'O. 
cette contrée. 

Rivières. — Plusieurs rivières descendent des 
monts Lupata et se jettent dans l'océan Indien ; le 
Dana, l'Ozi, le Lonfou, le Loffih et le Rovuma arrivent 
à l'opéan après .avoir coule à travers d'épaisses forêts 
et sur des terrains bas, malsains et marécageux. 

Capitale et Villes. — La capitale est Z:inguebar, 
ville de 25,000 âmes, sur l'île du même nom ; elle a 
un excellent port et est la résidence ordinaire du 
sultan. Les autres places remarquables sont : 






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SOMAL, 



305 



Quiloa, sur l'île du même nom ; Monbas, Mélinde, 
Lamoo et Patta. On y remarque les ruines des 
Fortins, construits par les Portugais, qui furent 
longtemps maîtres de Monbas. 

Climat, Sol et Pjîoductioxs. — Le climat est 
brûlant, le sol est généralement très-fertile. Le mil, 
le riz et les bananes forment la principale nourriture 
des indigènes. Il y a de nombreux élépbaut^^, qui 
donnent un ivoire renomme. 

•Population, Religion et Gouvernement. — ^^La 
côte de Zanguebar est presque entier ement soumise 
soit immédiatement, soit comme vassa le, au sultan 
de Mascato, qu'on appelle aussi sultan de Zanzibar. 
La population du Zanguebar, au chiifre incertain 
d'un million d'habitants, est composée : 1 ^ d'Ara- 
bes ; 2 ® de Souahholi (mélange d'Arabes et d'indi- 
gènes); 3 ® do nègres indigènes. Ces peuples sont 
généralement payens. 



SOMAL. 

Boknes. — Le pays de Somal, placé à l'E. de TA- 
byssinie, occupe la partie la plus orientale de l'Afri- 
que, depuis le détroit de Babelmandeb jusqu'au 
Zanguebar. Il se termine à l'E. par le cap Guar- 
dafui et d'Orfui. Il a pour bornes, à l'O., la Nigritie 
méridionale. 

Division. — Cette contrée comprend ce qu'on a 
longtemps appelé, au N., côte d'Adel, et, au S., côte 
d'Ajan. Les Français possèdent le petit port d'O- 
bok, et les Anglais, l'île de Moucliakh. 

Montagnes, Rivii:RES et Lacs. — Au S. O. s'éten- 
dent les monts Lupata. Il coule, dans l'O. et au S. de 
ce pays, deux fleuves du nom d'Ouébi • l'un est le 
Ouébi-Dénoke qui se perd dans plusieurs petits lacs, 
sans atteindre l'océan Indieu ; l'autre est le Ouébi- 



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306 



GÉOGRAPHIE. 



Djoub, qui se jette clans Tocéan Indien, près de 
Féquateur. On remarque à l'O. le grand lac d'Aous 
sa. 

Villes principales. — Les principales villes de la 
côte N. sont : Zeïtali, Barbara et Toujonra ; celles 
de la côte orientale sont : Makadehou et Brava. 

Climat, Sol et Productions. — La côte est maré- 
cageuse, très-chaude et très-malsaine ; l'intérieur est 
fort peu connu. Le Somâl exporte de l'or, de la 
myrrhe, de l'encens, de l'ivoire et de la gomme ara^ 
bique. 

Population et Religion. — Ce pays î* pour peu- 
ple principal les Soraali, Arabes d'origine et maho- 
métans. Le petit peuple dos Adel, ou plutôt Adali, 
occupe une , «^rtie de PO. Dans la partie occiden- 
tale, on trouve le petit royaume mabométan de 
Harar, avec une capitale du même nom. 

SUPPLÉMENT. 

Géographie ÏIistouique.— -Le N. 0. du rfomâl répond à 
une partie de l'ancienne Ethioine au-dessus de VEgy^Ae ; le 
reste était connu sous le nom d'yl^^m et de Barlarie. 

Les Somalisont remarquables par la beauté de leurs traits 
et par leur intelligence ; les uns sont pasteurs, et les autres 
commerçants et navigateurs ; ils ont lu singulière coutume 
de teindre leurs cheveux en jaune. 



J>ÎIGRrriE SEPTENTRIONALE. 

Bornes. — La Nigritie, Soudan ou Takronr est un 
immense i)ays qui a pour bornes, au N., le Sahara ; à 
l'E., la Nubie ; au S. E. et au S., la Nigritie méri- 
dionale et la Guinée Supérieure ; à l'O., laSénégam- 
bie et le Sahara. 

Division. — La Takrour se divise en un grand 
nombre de royaumes, sur lesquels on n'a encore (juc 



NIGRITIE SEPTENTJilONALE. 



307 



près de 
3 d' Aous 

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E. 

wv est un 
Sahara ; à 
•itie muri- 
S6n6gam- 

iin grand 
ncorc que 



des notions fort incertaines. On remarque d'abord, 
dans la partie inférieure du Niger, le Ouassoulo, 
pays très-fertile, riche en or ; le pays des Bambara, 
dont les villes principales sont Ségo, Sansanding, 
Djenne, toutes trois au bord du fleuve. On trouve 
plus loin le riche pays de Massina, qu'on nomme 
encore nouveau royaume de Melîi. Au-dessous du 
lac Dibbie, on rencontre Ten-Boktou, située à peu 
de distance de la rive gauche du fleuve, sur lequel 
Kabra lui sert de port. Elle est fort commerçante, 
mais non aussi grande ni aussi peuplée qu'on Tavait 
longtemps supposé. 

Au centre, se trouve le vaste pay^ de lîoussa. 
On y remarque, à l'O., le royaume et la ville do 
Gando, et la ville de Yaouri, dans le même état. Le 
royaume de Sakatou, avec la ville de ce nom, à l'E. 
du Niger. 

Au S., vers la frontière de la Guinée Supérieure, 
est le royaunij de Borgou, dans lequel se trouve la. 
ville de Bousso, où Mongo-Park a péri. 

Dans le bassin du lac Tchad, on trouve l'empire 
de Bournou, le royaume de Kanem, celui de Logone, 
de Mandara, etc. 

A l'E., on remarque le Dârfour et le Kordofan. 

Montagnes. — Parmi les montagnes on remarque 
les monts Kong, situés vers la frontière du S. 

Rivières et Lacs —La partie occidentale de ce 
paj s est arrosée par un gvand fleuve que les Indi-? 
gènes appellent Kouara, et que les Européens nom- 
ment Niger ; il a ses sources dans le N. O. de la 
Guinée supérieure, se dirigent d'abord au N. E., et 
traverse le beau la<î Dibbie ; ensuite il tourne à l'E., 
puis au S., et va se jeter dans le Golfe de Guinée, en 
se partageant en ])lusieurs branches- La belle riviôro 
Tchadda est un de ses affluents. Le vaste bassin du 
lac Tchad occupe le centre du ])ays, il reçoit les eaux 
des rivières Chari, Ouâbi et plusieurs autres. Plus à 
l'E., coule le fleuve Blanc, considéré comme la 
branche [trincipale du Nil. 



a08 



GEOGRAPHIE. 



^it: f' 



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Climat, Sol et Productiojïs. — La Tîikro«r est 
exposé îi des cbaletira très-fortes durant hnit ou neuf 
mois, et les parties pou arros6(\s sont alors de la plus 
grande stérilité ; mais, dès que la saison des pluies com- 
mence, à la mi-juin, elles se couvrent d'une brillante 
végétation. Les productions végétales sont le maïs, 
le riz, le millet, le dourah, les fover., les bananes, les 
ignames, les patates douce.% l'herbe à beurre, le 
iîoton, Tacacia-gommier, le baobab, les noix du Sou- 
dan, etc. 

POPULiVTION, ReLIGIOX ET GOUVERNEMENT. ^La 

population du Soudan ne peut être évaluée. Les 
haliitants professent généralement le mahoinôtisme, 
la plupart paraissent être industrieux et un peu plus 
civilisés que ceux des côtes. Plusieurs . cependant 
sc'it payons, et ce sont ceux-là que les peuples maho- 
métans réduisent en esclavage. Le gouvernement de 
tous ces royaumes est absolu et despotique. 



t-'-jJS 



SUPPLÉMENT. 

Le Tîikrour occupe une partie de V Ethiopie intérieure des 
anciens, qui n\avaient sur ce vaste pays que des données 
très-incertaines. Les Portugais, dans le quinzième siècle^ 
furent les premiers Européens qui fournirent des notions 
directes sur Ten-Boktou. Dans le siècle suivant, un géo- 
graphe célèbre, Léon L'Africain, donna sur cette contrée de 
précie'ix renseignements. Mais c'est surtout depuis 60 ans 
que les voyageurs européens ont cherché à explorer le Sou- 
dan ; malheureusement la plupart ont péri victimes du 
climat, ou de la férocité des populations africaines. Parmi 
ces explorateurs intrépides, il fxut citer Browne, Frédéric 
Hornemann, Mungo-Park, Oudney, Glapperton, Denham, 
Laing, Oaillié, les deux frères Lan der, Richardson, Overweg, 
Barth, Vogel, Cuny, Beurmann, Baïkie, Mme Tinné, Steud- 
ner, Schubert, les frères Poncet, Ileuglin et tout récemment 
îe docteur Livingstone. 



NIQRITIE MÉRIDIONALE. 



309 



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NIGKITIE MERIDIONALE. 

BoKNEs. — L'immense contrée qu'on désigne sous 
le nom de Nigritie Méridionale, est bornée au N. par 
le Takrour ; à l'O., par le Somâl, le Zanguebar et le 
Mozambique ; au S., par la Cafrérie et l'Ovampio j à 
l'O., par la Guinée inférieure. 

Division. — Cet immense pays est peu connu. 
Les principaux peuples qui l'habitent sont les Ouâ- 
visa, les Ouadjaga, les Masaï, les Maravi, les Ouania» 
sa, les Ouakouafi, les Ouaniamouési, les Ouazinza, 
On y remarque les royaumes de Karagué, d'Ouganda, 
et d'Ounyoro. Lans le S. est le pays de Londa, 
dont la capitale est Matiamvo, ce dernier nom est 
aussi celui d'un chef puissant qui y demeure, et qui 
compte, parmi ses tributaires le royaume de Oa- 
zerabe. L'empire du Matiamvo s'appelle encore 
Moropoua, Miloua et Aloua. 

MoNTAGî^Es, Rivières et Lacs. — Lès monts 
Kénia et I^ilimandjaro, les plus élevés peut-être de 
l'Afrique et qui pr^raissent avoir une hauteur de plus 
de 18,000 pieds. Les rivières sont peu connues : les 
plus remarquables sont le Zébee, le Congo et le 
Coanza. On a découvert dans cette partie de l'A- 
frique trois lacs considérables : le lac Victoria, coupé 
par l'équateur, et d'où l'on pense que sort le Nil 
Blanc ; le plus occidental est le Tangauyika, il renr 
ferme plusieurs grandes îles très-peuplées ; au S. E., 
se trouve le lac Nyassa, qui s'écoule dans le Zaïiir 
bèze. 

Villes principales. — Les villes principales sont 
Kazeh et Oujiji. 



SUPPLÉMENT. 

Le docteur Livingstone a parcouru récemment les parties 
méridionales de cette contrée. Cet illustre voyageur, que 
l'on croyait mort, vient d'arriver à Zanzibar. Les observa- 



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OKOGKArmE. 



tîons qu'il a faites sur ces contrées nous permettra bientôt 
de donner des notions plus étendues sur cette partie de l'A- 
frique. Les missionnaires Krapf, Rebmann, Erhardt, les 
capitaines Burton, Speke, Grant, le baron de Dccken, ont 
tisité les parties septentrionales. 

Le docteur Livingstone dit que, vers le 10e degré de lati- 
tude S-, le sol est élevé de 3 à 5,000 pieds au-dessus du 
niveau de la mer, et que le climat est assez doux ; ceci 
est dû à l'élévation du sol. 



ILES VOISINES DE L'AFRIQUE. 



ILES DE L ATLANTIQUE. 

1. AçoRES. — Ces îles sont placées à 180 lieues à 
rO. du Portugal, et elles appartiennent à ce royanpio. 
Le climat y est salubre et tempéré. Le sol, quoique 
mal cultivé, donne deux récoltes par an. Les Açores, 
au nombre de dix, produisent l'ananas, le coco, le 
citron, l'orange, la banane, le raisin, les pommes, les 
poires, en crénéral les productions des pays les pins 
tempérés du globe. La population de ce groupe 
est d'environ 250,000 habitants. 

2. Iles Madèkes. — Ce groupe, composé des deux 
îles Madère et Porto-Santo et de qnelques ilôts 
déserts, est une des plus anciennes posseFsions por- 
tugaises. Le climat est doux et le sol d'une extrême 
fertilité. La vigne forme actuellement la grnndc 
richesse de l'île Madère, et ses vins sont renommés. 
Population : 100,000 habitants ; dcf^cendants de Por- 
tugais, mulâtres et nègres. 

3. Canaries. — Cet impi^rtant archipel était codeu 
des anciens sons le nom d'îles Fortunées. Elles sont 
au nombre de vingt et elles renferment 200,000 lia- 
bitants. La ville principale et le siège du gouverne- 
ment des Canaries est Sainte-Croix. Ces îles apj>ar 
tiennent ^ l'Espagne. 






ÏLES VOÏ8INE3 DE L^AFRIQUK. 



311 



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4. Iles du Cap Vert. — Cet archipel, qui appar- 
llientaux Portugais, comprend dix île?, outre les 

îlots et les rochers. Il renftn*me environ 60,000 

1 habitants. Villa de Praya est la capitale de Santiago 

et de tout l'archipeU Le climat en est très-raalsain. 

5. Iles de Fernan-do-Po, du Prince, Saint- 
Thomas ET Annobon. — Ces îles sont situées dans 
l'intérieur ou devant l'entrée du golfe de Guinée. Le 
soi en est fertile, mais le climat brûlant. Fernan-do- 
Po, la plus grande, appartient à l'Espagne ; l'île du 
Prince dépend du Portugal ; Annobon est une pos- 
session espagnole. 

C. Ascension. — Cette île, située au S. O. du golfe 
de Guinée, appartient aux Anglais. Son port, com- 
mode et bien abrité, sert de station à l'escadre 
anglaise qui croise dans le golfe de Guinée. On y 
trouve d'énormes tortues, dont la chair est excellente. 

1, Sainte-Hélenk. — Cette île appartient aux 

lUglais. Sainte-Hélène est à jamais célèbre par la 

japtivité et la mort de Napoléon I. Longwood^ 

js un vallon soUitaire, près de la montagne nommée 
|e Pic de Diane, était la demeure de ce grand homme, 
5on tombeau tut placé ])rès de là, dans la vallée du 
léranium, jusqu'en 1840, que ses cendres -ont été 
ransportées e;i France. James-town, sur la côte N. 
[)., efct la seule ville, le seul port et le chef-lieu do' 
'île. 

8. Iles de Tristan da Cuniia. — Ces île-s, au 
lombre de trois, sont situées vers le SV'' S. et appar- 
tiennent aux Anglais. 

ILK8 DE l'océan INi)IEN. 

1. Madagascar. — C'est une des plus grandes îles 

jilu luondc. Elle est séparée de la côte de Mozam- 

)ique par le canal de ce nom ; el'e a 340 lieuus de 

longueur sur une largeur d'environ 80 lieues. Une 

Lhciîne de montagnes pittoresques, couronnée de pica 



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312 



GEOORArniE. 



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majestueux, la parcourt dn N. nu S. Do nombreuses 
rivières s'échappent do cette chaîne, et vont verser 
leurs eaux dans 1 océan Indien ou dans le canal do 
Mozambique. Le climat est assez agieable dana 
l'intéiieur ; mais sur les côtes, marécageuses pour la 
plupart, il est malsain, surtout pends nt l'hivernage, 
c'est à-dire pendant l'été, qui correspond à notre 
hiver ; cependant on en a exagéré l'iosahibrité. Les 
montagnes renferment des minéraux précieux. Lo 
littoral est très-riehe en bois précieux. Les vallées 
fiont d'une fertilité admirable. On compte environ 
îè millions de Madéca^scs ou Malgaches. La plus 
grande partie du pays est sous la domination des 
Hova, dont la capitale estTananarivou. Au commen- 
cement du siècle, ce penj)lp, gouverné par le roi 
Radama 1, homme d'un génie supérieur, fit de grands i 
progrès vers la civilisation ; mais il est retombé j 
depuis dans un état denli-sanvnge. Les Français 
s'établirent à Madagascar dès 1641, dans le S. de| 
cette île, où le Fort-Dauphin fut longtemps le chef- 
Jicu de leurs possessions. Ils reçurent solennellement! 
alors la concession de toute l'île. 

2. Iles Mascakeigxes —Ces îles, au nombre de 
trois, sont situées à l'E. de Madagascar : La Réu- 
nion, ci-devant Bourbon, appartient à la France ; 
Saint-Denis en est le chef-lieu ; Saint-Pierre et 
Saint-Paul sont deux petites villes florissantes ; la po-, 
pulatiou do cette île est de 160,000 habitants;— Filci 
Manrice a longtemps appartenu à la France, aujour- 
d'hui elle appartient à l'Angletorre ; Port-Louis,! 
jolie' ville, est le chef-lieu de l'île Manrice, qui! 
renferme 315,000 âmes ; — l'île Rodrigue, h l'E. de la) 
précédente, a été oédée i>ar la France à rAngleterrej 
Elle fournit beaucoup de tortues. 

.3. CoMOKEs. — Ces îles sont sous un beau climatJ 
dans la partie septentrionale du canal de Mozarabij 
que. Les quatre principales de ces îles sont : 
Angazija, Mouhilly, Anjouan et Mayotte. Cette 






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ILES VOISINES DE l'AFRIQUE. 



313 



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dernière appartient à la France, et devient un 
établissement important ; il y a un bon port, bien 
fortifié. Les autres îles dépendent de différents petits 
chefs. 

4. SècHKLLES. — Ces îles forment deux groupes : 
les îles Mahé et les îles Amirautés ;; elles se trouvent 
auN. E. de Madagascar. 

5. SocoTORA. — Cette île, aride, pierreuse, pres- 
que entièrement dépourvue d*eau et de végétation 
appartient à un prmce de la côte d'Arabie. Les 
rivages sont remplis de corail. 

6. Saixt-Paul et Amsterdam. — Iles inhabitées, 
dans la partie méridionale de l'océan Indien, vers 
le 38° de latitude S. 

V. Terre de Kerguelen, etc. — On rattache 
aussi à l'Afrique cette île, appelée quelquefois île de 
la Désolation, à cause de l'aspect triste qu'elle pré- 
sente ; elle est stérile et inhabitée ; elle est située 
vers le 50° de latitude S. 

Les îles Macdonald, Crozet, Marion et du Prince- 
Edouard sont dans la partie S. du même océan. 

8. Terre d'Enderby. — C'est une région antarc- 
tique et inhabitable, par 6rt° de latitude. Elle fut 
découverte en 1831 par le capitaine Biscoe. Des 
glaces ont empêché de l'explorer complètement. 



1 beau climatJ 
de Mozarabil 
îs îles sont 
yotte. Cette 



14 



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OCEAME. 



Etendue. — L'Océanio n*a reçu son nom, et n'est 
décrite comme une partie du monde séparée, que 
depuis le commencement do ce siècle. Auparavant, 
on rattachait à l'Asie les terres dont elle se compose. 
On l'appelle aussi monde Maritime. L'Océanie 
occupe l'immense espace compris depuis le 34e degré 
de latitude N. jusqu'à une limite inconnue dans la 
latitude S., et depuis le 89e degré de longjtude E. 
jusqu'au ] 10e "de longitude O.; miiis la "superficie 
des terres qu'elle contient n'est guère plus considé- 
rable que celle de l'Europe. 

Division. — On peut partager l'Océanie en cinq 
divisions : la Malaisie, à l'O.; la Mélanésie, au S. 0.; 
la Micronésie, au N.; la Polynésie, à l'E.; les Terres 
antarctiques, au S. 

Aspect. — L'Océanie est remarquable par ses 
aspects enchanteurs et sa superbe végétation. Dans 
aucune autre partie du monde, on ne rencontre ua 
aussi grand nombre de rescifs dangereux. 

Climat, Sol et Productions. — Quoique l'Océanie 
soit, en grande partie, située dans la zone torride, la 
température y est assez douce et assez agréable, à 
cause des brises salubres de la mer, qui viennent 
constamment y rafraîchir les îles. TJn printemps et 
un automne éternels y font éclore les fleurs et mûrir 
les fruits les uns à côté des autres. 

Les principales productions des îles de l'Océanie 
sont le riz, le maïs, la canne à sucre, le sorgho, le 
camphre, la canelle, le poivre, le café, la muscade, 
les clous de girofle, le boia odorant de eandal, les 



t 



 



OCÊANIK. 



315 



orangers, les raarigoiistans, qui donnent des fruits 
délicieux. 

On trouve dans la Malaisie de l'or, du fer, du 
cuivre,- de l'étain, des diamants. L'Australie est, 
avec la Californie, la contrée qui a les plus riches 
mines d'or connues. 

Les végétaux indigènes de l'Australie, principale 
contrée de la Mélanésie, sont peu propres à la nour- 
riture de l'homme ; mais il y a de beaux arbres, tels 
que les eucalyptu.3 ; les céréales et les pommes do 
terre y réussissent bien. 

Le cocotier, l'arbre à pain, le bananier, l'igname, 
croissent en abondance dans les îles de la Micronésio 
et de la Polynésie, et vers le S. de celle-ci se trouve 
aussi le précieux phormiura, ou lin de la Nouvelle- 
Zélande. 

On reiKîontre dans la Malaisie les mêmes qnadru- 
jpèdes que dans le S. de l'Asie : l'éléphant, le rhino- 
céros, l'hippopotame, le tigre, le buffle, etc. Les 
animaux de l'Australie, se distinguent par leurs 
formes bizarres et leurs habitudes singulières, et ne 
sont, pour la plupart, d'aucune utilité pour l'homme : 
tels sont le kangarou, l'cchidné, l'ornithorhynque, 
le phalanger volant. 

Parmi les oiseaux de l'Océanie, on distingue lo 
oasoar, la lyre, le kakatoès, les oiseaux de paradis, 
l'hirondelle salanrrane, les cygnes noirs, etc. 

Les principaux reptiles sont les crocodiles, le boa, 
le serpent fil, le serpent noir, le tropinotus. 

Population. — L'Océanie renferme do 30 à 35 
[millions d'habitants, qui Be composent de Malais, à 
[l'O.; d'hoinmes de la race jaune mélangée de Malais, 
[au N., dans la Micronésio ; de Polynésiens, à l'E., et 
[de nègres, au S, dans la Mélanésie. Les trois pre- 
mières de CCS populations ont beaucoup de rapports 
entre elles, et se distinguent en général par leur 
: intelligence, leur adresse, souvent aussi par le con- 
traste bizarre de mœurs barbares, morne de l'antho- 
lpoi)hagic, avec une grande facilité use civiliser. 



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Les nègres, snrtout ceux de l'Australie, ont un 
«ispect misérable, et vivent dans un état complètement 
jauvage. , 

Keligion. — Le raahomctisme est assez répandu 
dans la Malaisie ; cependant le fétichisme est la 
religion de la plus grande partie de la populafion do 
rOcéanie. Sur plusieurs points, la civilisation euro- 
péenne et le christianisme ont commencé à s'intro- 
duire chez les indigènes. 



MALAISIE. 

La Malaisie, appelée aussi archipel Indien, ren- 
ferme, à l'O. et au S., l'archipel de la Sonde, formant 
une longue chaîne dirigée du N". Q. au S. E. et qui 
semble être la continuation de la presqu'îlp de Ma- 
laka. Une autre chaîne de montagnes s'étend dans 
la longueur de cet archipel. On y trouve : — l'île d# 
Sumatra, la plus grande des îles de la Sonde, peuplée 
de 4è millions d'habitasts. Les Hollandais possôden 
une grande partie de cette île ; Padang, sur la côte 
occidentale de l'île, est le chef-lieu de leurs établisse 
ments sumatriens ; Bencoulen, vers la partie méri 
dionale Je la côte occidentale, est une ville assez 
considérable» Parmi les îles qui entourent Sumatra 
on remarque : Lingga, l'archipel de Rio, Banca, Billi 
ton, Nias. — Java, bel! ; île qui appartient aux Hol- 
landais, est séparée dû Sumatra par le détroit de la 
Sonde. Java a une copulation d'environ 12 millions 
d'habitants qui se composent d'indigènes et d'étran 
gers. L'île jouit d'un climat tempéré et salubre. Le 
sol est fertile. La capitale est Batavia ; elle est aussi la 
capitale de toute l'Océanie Hollandaise ; cette ville 
est située sur la côte septentrionale, dans une posi 
lion basse et malsaine, quoique déjà bien assainie 
Batavia a un vaste port et 250,000 habitants. L 
autres villes importantes sont : Buitenzorg, Ban 
tam, Chéribon, Saraarang, Sourabaya, Sourakarta 






MÊLÂNÉSIB. 



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Buitenzorg, Ban- 
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pjokjakarta. On trouve, dans touto l'île de Javt, 
les ruines d'antiques constructions, qui indiquent que 
l'architecture et la scîulpturo y ont fleuri. — L'île do 
Timor, remplie de belles forêts — Au milieu, oa 
remarque l'île de Bornéo, la plus grande de la Malai- 
sic, et partagée entre les chefs indigènes et les Hol- 
landais, établis à PO. et au S. ; leurs principales villes 
sont Sambas et Pontianak. La population de cette 
île paraît être de 3 à 4 millions d'habitants. — L'île 
de Célèbes, remarquable par sa figure trôs-irrégu- 
lière, ses points de vue délicieux, et possédée aussi, 
en partie, par les Hollandais ; Goa ou Macassar est 
le chef-lieu hollandais de leurs établissements ^ans 
cette île. — ix TE., sont les îles Moluques ou îles aux ' 
Epices, dont la principale est Jilolo, et dont la plu- 
part appartiennent à la Hollande : plusieurs sont 
couvertes de girofliers et de muscadiers. — Au N., 
on voit les îles Philippines, dont la plus importante 
est Luçon, avec la grande ville de Manille, aux Espa- 
gnols. 







MÊLANÉSIE. 

La Môlanésie, dont le nom signifie îles des Noirs, a 
pour terre principale l'Australie ou la Nouvelle-Hol- 
lande, qui est le moins considérable des trois conti- 
i>ents ou la plus grande de toutes les îles ; cette 
terre a h peu près la forme d'un ovale alongé de l'E. 
à l'O., elle est un peu concave au S., et convexe au 
N. Elle offre, dans cette dernière direction, nne 
assez profonde échancrure, le golfe de Car-^ utarie ; 
le cap York la termine au N., et le cap "W (son, au 
S. L'intérieur en a été peu exploré ; les régipns 
les mieux connues de ce continent sont : au S. 
E. et au S., la Nouvelle-Galles méridionale, la 
province de Victoria et l'Australie du sud, où les 
Anglais ont formé d'importantes colonies ; on y re- 
marque les villes, déjà considérables, de Sydney, de 




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GEOGEAPHIE. 



Melbourne et d'Adélaïde ; les Montagnes Bleues et les 
Alpes australiennes, dirigées du N. au S. etriclies on 
or. On voit couler dans lo ^. de co continent, et 
tomber dans Pocéan Indien, le Murray, qui paraît 
être le plus grrind fleuve de l'Océanie. On remarque 
aussi dans la partie méridionale le lac Torrens, un des 
principaux lacs connus de cette partie du monde. 

La population coloniale de l'Australie peut s'éle- 
ver à 1,500,000 habitants. 

Perth est la ville principale de l'Australie de l'O. 

Les peuplades indigènes de ce continent sont dis- 
séminées par familles éparses. Elles paraissent ap- 
partenir h la race nègre. 

Entre les golfes de Carpentarie et de Victoria, un 
capitaine anglais vient de découvrir une iramenae 
île, à laquelle il a donné le nom de terre d'Arnheim. 

Au S.E. de PAustralie, est laTasraanie, auparavant 
Terre de Diemen, qui en est séparée par le détroit de 
Bass, et où les Anglais ont aussi fondé une colonie. 

Au N. du même continent, au-delà du détroit do 
Torres, se trouve la Nouvelle Guinée ou Terre des 
Papous, une dea plus grandes et des plus belles îles 
du globe, et où les Hollandais ont formé des établis- 
sements, dont le principul est le port Dubus. Le pro- 
longement S. E. de cette contrée se nomme Louisiade. 

La partie orientale de la Malésie renferme l'archi- 

Ï>el de la Nouvelle-Bretagne, fertile et agréable ; — 
'archipel Salomon, entouré de bancs dangereux ; — 
l'archipel de Santa-Crux, de la Reine Charlotte ou 
de La Pérouse, sur les écueils duquel le célèbre La 
Pérouse afait naufrage ; — les Nouvelles-Hébrides, qui 
abondent en délicieuses perspectives ; — la Nouvelle- 
Calédonie, environnée d'une redoutable ceinture de 
récifs, et devenue une possession de la France ; — les 
îles Viti ou Fidji, qui sont couvertes de belles forêts. 
Ce dernier archipel appartiendra probablement 
bientôt aux Etats-Unis, qui ont une hypothèque de 
^5,000 sur les trois îles les plus importantes. 



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MICEONESIE. 



319 



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ble ceinture de 
la France ; — les 
de belles forets. 
1 probablement 

hypothèque de 
portantos. 



MICRONÉSIE. 

La Micronésie, dont le nom signifie petites îles, 
comprend : Au N., l'archipel Magellan, assez voisin 
du Japon. A l'O., les îles Palaos, couvertes de jo^is 
bois. Au milieu, les îles Marianncs ou des Larrons, 
alignées du N. au S. et dépendantes do l'Espagne ; 
— les Carolines, qui forment un^! longue chaîne, diri- 
gée de l'O. h PE. A l'E., les îles Marshall «t Gilbert, 
coupées par l'équateur. 

POLYNÉSIE. 

La Polynésie, dont le nom veut dire beaucoup d'îles, 
renferme : — Au N., les îles Sandwich ou Mavaii, dont 
la principale porte ce dernier nom ; cette île 
est célèbre par la mort de Cook. A l'O., — les jolies 
îles Tonga ou des Amis. Au milieu, — l'archipel Ma- 
naïa, d'IDervey ou do Cook ; — les îles Toubouaï, dont 
deux sont sous le protectorat delà France ; — les îles 
de la Société ou TaïLî, soumises, en partie, au même 
protectorat, et dont la principale est l'île Taïti ; — l'ar- 
chipel Tuamotou ou des îles Basses, parsemé do 
nombreux récifs, et sur lequel s'étend aussi le pro- 
tectorat français ; — les îles Mendana ou Marquises, 
au pouvoir des Français. A l'E., l'île d'Ouaïhou ou 
de Pâques, amas de roches volcaniques, loin de toute 
grande terre et de tout archipel. Au S., la Nouvelle- 
Zélande, composée surtout de deux grandes îles, 
New-Ulster et New-Munster, et séparées par le dé- 
troit de Cook. Ces îles appartiennent aux Anglais. 
Elles sont couvertes de hautes montagnes et ornées 
d'une belle végétation. 



TERRES ANTARCTIQUES. 

Au S. de la Polynésie et de h* Mélanésie, vers le 
cercle polaire antarctique, entre le 110e et ia 165e 
degré do longitude E., on voit les Terres Sabrina, 



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320 



GÉOGRAPHIE. 



Clarie, Adélie, Balleny, déconvertea par Dumont 
d'Urville et d'antres hardi:^ navigateurs de ce siècle ; 
elles sont ensevelies gous des amas de neige et de gla- 
ce. Plus loin encore, est la Terre Victoria, découverto 
en 1841 parle capitaine James Ross, et qu'on a recon- 
nue jusqu'au 78e degré de latitude. On y a vu les 
hauts volcans d'Erebus et de Torror. — La plupart de 
ces terres se touchent peut-être, et peut-ôtre aussi 
rejoignont-elies la Terre Enderby, au S. E. de l'Afri- 
que, ainsi que la Terre de Grahara et autres situées 
au S. de l'Amérique: on le suppose gônéraleraent, et 
Ton croit qu'il existe un continent antarctique qui 
enveloppe le pôle austral. 



CONCLUSION. 

Le globe que nous habitons comprend trois conti- 
nents o". mondes : J'Ancien-Monde, le Kouveau- 
Monde, le Monde-Maritime et probablement un qua- 
trième continent placé vers les régioi.j polaires an- 
tarctiques. Ces continents forment les cinq divisions 
connues sous le nom de parties du monde : l'Europe, 




Les pavillons diplomatiques de la France, de l'Angle- 
terre et des Etats-Unis flottent dans toutes les capi- 
tales et surtout à Pékin et à Yeddo. L'Afrique et l'O- 
céanie sont, eu grande partie, plongées dans les 
ténèbres du paganisme et de la barbarie. L'Asie 
sert de trait d'union entre les autres parties du mon- 
de. Ses nombreuses populations ont des mœurs, des 
usages et des coutumes qui excitent notre sur- 



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CONCLUSION. 



321 



par Dumont 
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prise ; mais elles 3ont cependant bien éloignées de la 
barbarie. 

L'Europe, quoique la plus petite partie du monde, 
semble remplir, sur le reste du glcbe, le rôle do 
l'ancien empire Romain. Déjà elle a conquis la plus 
grande partie de l'Asie et de l'Afrique ; elle a pria 
possession de la plus grande partie de l'Océanie ; elle 
occupe encore plusieurs colonies dans PAraérique et 
un grand nombre d'îles p'acées autour des continents. 
Elle partage avec l'Amérique le sceptre des 
mers. Plus de 200,000 vaisseaux partent de ses 
nombreux ports et sillonnent tous les océans 
du giobe. Puissante et respectée au dehors, elle 
est cependant loin de jouir de la paix intérieure. 
La guerre et la révolte agitent et ruinent sps princi- 
paux Etats. Trois grandes questions : la question 
italienne, la question d'orient et la question allemande 
inquiètent en ce moment les peuples. Le Tzar, maî- 
tre de la plus grande partie de l'Asie, regar- 
de tantôt vers Constantinople et tantôt vers la Perse. 
>f apoléon III tient les yeux fixés vers la rive gauche 
du Rhin, et met sur pied une armée de 1,300,000 
hommes, toflt en protestant de son grand désir de 
maintenir la paix. Le roi Frédéric de Prusse join- 
drait volontiers à ses états la Bavière, le Wurtem- 
berg et le grand duché do Bade, sans oublier le Lux- 
embourg. Victor-Emmanuel n'a pas renoncé à dicter 
? s ordres du haut du Gapitole. L'Angleterre, qui 
v'( .t de conquérir l'Abyssinie, et qui semble prête à 
abandonner cette conquête, paraît vouloir à tout prix 
la paix. Cette puissance commerciale de premier 
ordre n'a pas une armée très-considérable ; sa flotte 
seule est formidable. Le canon, la carabine et la 
flotte que l'on transforme et perfectionne tous les 
jours sont devenus le» arbitres des nations européen- 
nes. 

L'Amérique, la seconde partie du monde par son 
étendue, Test aussi par le haut degré de civilisation 
auquel sont parvenus ses habitants, et par l'impor- 



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322 



GEOGRAPHIE. 



tanco qu'elle a prise parmi les puissances européennes. 
Elle compte déjà dos états populeux, riches et puis- 
sants qui n'ont pas er.core un siècle d'existence. 
Les Etats-Unis sont encore agités par ks troubles 
intérieurs qui ont amené la guerre civile, la plus 
désastreuse que les annales militaires aient encore 
enregistrée. Le Mexique et la plupart des républi- 
ques hispano-américaines s'agitent dans les convulsions 
de la guerre civile. Le J3résil, le Paraguay, l'Uraguay 
et la République Argentine luttent pour le règlement 
de questions de frontières et pour la libre navigation 
du Paraguay et du Rio de la Plata. Le Canada n'est 
pas satisfait de ses 800 lieues de frontières ; il cherche 
à s'annexer le vaste territoire du Nord-Ouest. La 
Colombie anglaise a témoigné le désir d'unir ses 
destinées à celles de la confédération canadienne. Par 
ces annexions le Canada s'étendra de l'Atlantique au 
Pacifique, et formera un des états les plus vastes du 
monde. Si le Canada occupe ainsi le troisième ou le 
quatrième rang par l'étendue territoriale, il sera loin 
d'occuper ce rang par sa population. 

Depuis deux ou trois siècles, mais surtout depuis 
le commencement do ce siècle, de hardis navigateurs, 
de savants géographes parcourent l'Afrique et 
l'Océanie en tous sens. L'intérieur de l'Afrique a 
été exploré et commence à être un peu connu. On 
sait qu'il e?iste près de l'équatcur et au sud de cette 
ligne des peuples dont on ne soupçonnait guère 
l'existence. Les missionnaires et la civilisation 
s'introduisent peu à peu dans ces immenses contrées, 
qui contiennent les peuples les plus abrutis du genre 
humain. 

L'Asie, ce trait d'union entre la civilisation et 
la barbarie, compte à ])eine quelques peuples indé- 
pendants. Toute .l'Asio occidentale et l'Asie cen- 
trale ont subi le joug étranger. La Chine, la 
Perso et le Japon môme n'ont pu écîhaj^per à cette 
influence étrangère. Les efforts tentés ])our éta- 
blir dans l'extréine Orient la civilisation et la 



CONCLUSION. 



323 



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prépondérance européennes no réussisse"*^ que 
lentement, mais les puissances européennes ne se 
découragent pas. Elles sont inspirées par un intérêt 
de premier ordre. Il faut que les populations do 
l'Europe agrandissent le domaine de leur activité 
commerciale et industrielle. Ce n'est point l'esprit 
de conquête qui les guide vers des contrées nouvelles ; 
ce qu'elles cherchent au-delà des mers, c'est avant 
tout un vqste champ de travail. Il n'y pas d'entre- 
prise qui soit à la fois plus utile et plus légitime ; il 
serait à souhaiter que d'autres soucis ne vinssent pas 
distraire l'Europe de cette appropriation pacifique 
de l'Asie et de l'Afrique. Malheureusement, 
les problèmes qui agitent l'Europe sont loin 
d'être résolus. Les questions de nationalités, les 
questions d'équilibres se réveillent plus ardentes que 
jamais. Les peuples sont entraînés vers la guerre, 
prodiguent leur sang sur les champs de batailles, 
dépensent des millions et sont condamnés à des sacrifi- 
ces d'hommes et d'argent qui ne sauraient profiter à 
la civilisation générale. Le Japon voit en ce moment 
éclater une guerre civile à laquelle l'Angleterre, la 
France et les Etats-Unis ne veulent prendre aucune 
part, dans l'intérêt de leur rapport commerciaux 
avec les Japonais. Cette lutie entre le Taycoon et 
le Mikado se terminera peut-être par le partage do 
l'empire en deux Etats indépendants. 

Pendant que l'Asie et l'Afrique subissent cetto 
lieureuse influence et se transforment, l'Europe per- 
fectionne ses engins de guerre ; le chassepot détrôno 
le fusil à aiguille et ce dernier lui-même est renversé 
par le fusil Wilson. Jamais la guerre n'a été plus 
terrible ni ses coups n'ont été si rapides. Une gnerro 
de cent ans, de trente ans, pas môme de sept ans, n'est 
possible. Avec rôlectricité et la vapeur, il 
|fiufiit d'une heure pour que tout soit bouleversé 
dans les Etats ; il suffit aussi d'une heure pour que 
atranquilitô soit rétablie. ♦ 

La Franco debout, la main sur son épée ; la 



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324 



GEOGRAPHIE. 



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Prusse menaçante voulant rétablir le grand empire 
d'Allemagne ; la malheureuse Italie marchant vers 
la hideuse banqueroute ; rAutricho cherchant à for- 
mer un tout de ses populations allemandes hongroises, 
slaves et polonaises ; l'immortel Pie IX réunis- 
sant en concile les évoques de toutes les parties 
du monde, pendant que de nombreux ennemis 
cherchent à renverser son trône ; la Rus8ie menaçant 
Constantinople ; les souverains des Etats de second 
ordre craignant d'éprouver le sort des petits souve- 
rains de l'Italie et de l'Allemagne, dans ces temps 
où les grands Etats absorbent les petits ; tel est l'état 
actuel de l'Europe. 

Quoiqu'il en soit, le progrès et l'industrie ne s'ar- 
rêtent pas. Les canaux sillonnent tous les pays. La 
vapeur et l'électricité ouvrent un vaste champ au 
travail de l'homme. I^e sifflet do la locoijiotiye et 
du bateau à vapeur se fait entendre dans le désert et 
sur les rivières les plus éloignées. Déjà ies bateaux à 
vapeur remontent le fleuve Bleu, le fleuve Jaune, le 
Mô-kong, le Mè-nan, les rivières de l'Afrique, etc. 

Avant peut-êire qu'une année soit écoulée, le mar- 
chand de Québec ou de Montréal apprendra en 
quelques heures par l'électricité qu'une cargaison de 
thé lui sera bientôt expédiée de Canton ou de Pékin. 

Un immense chemin de fer reliera bientôt l'Atlanti- 
que au Pacifique. C'est alors que l'étudiant pourra, 
dans ses deux mois de vacance, faire son tour du 
monde. 




grand empire 
marchant vers 
lerchant à fer- 
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