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Full text of "Histoire naturelle des mammifères [microforme] : avec l'indication de leurs moeurs et de leurs rapports avec les arts, le commerce et l'agriculture"

IMAGE EVALUATION 
TEST TARGET (MT-3) 







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Photograptiic 

Sciences 

Corporation 



23 WEST MAIN STREET 

WEBSTER, N.Y. 145S0 

(7116) 872-4303 




m 



CIHM/ICMH 

Microfiche 

Séries. 



CIHM/ICIVIH 
Collection de 
microfiches. 




Canadian Institute for Historical Microreproductions / Institut canadien de microreproductions historiques 



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Technical and Bibliographie Notes/Notes techniques et bibliographiques 



The Institute has attempted to obtain the best 
original copy available for filming. Features of this 
copy which may be bibliographically unique, 
which may alter any of the images in the 
reproduction, or which may significantly change 
the usual method of filming, are checked below. 



□ Coloured cowers/ 
Couverture de couleur 



r~n Covers damaged/ 



D 
D 
□ 
D 



D 

n 



n 



Couverture endommagée 

Covers restored and/or laminated/ 
Couverture restaurée et/ou pelliculée 

Covar title missing/ 

Le titre de couverture manque 

Coloured maps/ 

Cartes géographiques en couleur 

Colourbd ink (i.e. other than blue or black)/ 
Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 

Coloured plates and/or illustrations/ 
Planches et/ou illustrations en couleur 

Bound with other matériel/ 
Relié avec d'autres documents 

Tight binding may cause shadows or distortion 
along interior maryin/ 

La re iiure serrée peut causer de l'ombre ou de la 
distorsion le long de la marge inférieure 

Blank leaves added during restoration may 
appear within the text. Whenever possible, thèse 
hâve been omitted from filming/ 
Il se peut que certaines pages blanches ajoutées 
lors d'une restauration apparaissent dans le texte, 
mais, lorsque cela était possible, ces pages n'ont 
pas été filmées. 



Th 
to 



L'Institut a microfilmé le meilleur exemplaire 
qu'il lui a été possible de se procurer. Les détails 
de cet exemplaire qui sont peut-être uniques du 
point de vue bibliographique, qui peuvent modifier 
une image reproduite, ou qui peuvent exiger une 
modification dans la méthode normale de fiimage 
sont indiqués ci-dessous. 



I — I Coloured pages/ 







Pages de couleur 

Pages damaged/ 
Pages endommagées 



□ Pages restored and/or laminated/ 
Pages restaurées et/ou pelliculées 

Pages discoloured, stained or foxed/ 
Pages décolorées, tachetées ou piquées 

□Pages detached/ 
Pages détachées 

QShowthrough/ 
Transparence 

□ Quality of print varies/ 
Qualité inégale de l'impression 

□ Includss supplementary matériel/ 
Comprend du matériel supêiémentaire 



□ Only édition available/ 
Seule édition disponible 



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Pages wholly or partiaily obscured by errata 
slips, tissues, etc., hâve been refilmed to 
ensure the best possible image/ 
Les pages totalement ou partiellement 
obscurcies par un feuillet d'errata, une pelure, 
etc., ont été filmées à nouveau de façon à 
obtenir la meilleure image possible. 



Additional commente:/ 
Commentaires supplémentaires: 



This item is filmed at the réduction ratio checked below/ 

Ce document est filmé au taux de réduction indiqué ci-dessous. 



10X 








14X 








18X 








22X 








26X 






30X 




































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12X 



16X 



20X 



24X 



28X 



32X 



Th« copy film«d h«r« has bsan raproduced thanks 
to tha .janaroaity of : 

Seminary of Québec 
Library 

Tha imagaa appaaring hara ara tha baat quality 
posaibla conaidaring tha condition and lagibility 
of tha originai copy and in Icaaping with tha 
filming contract spacificationa. 



Original copiaa in printad papar eovara ara filmad 
baginning with tha front covar and anding on 
tha laat paga with a printad or illuatratad impraa- 
sion, or tha baclc covar whan appropriata. AU 
othar originai copiaa ara filmad baginning on tha 
first paga with a printad or illuatratad impraa- 
sion. and anding on tha laat paga with a printad 
or illuatratad Impraaaion. 



L'axamptiiira filmé fut reproduit grflca à la 
généroaité da: 

Séminaire du Québec 
Bibliothèque 

Laa imagaa suivantaa ont été raproduitaa avac la 
plua grand aoin, compta tanu da la condition at 
da la nattaté da l'axampiaira filmé, at an 
conformité avac laa conditiona du contrat da 
filmaga. 

Laa axamplairaa originaux dont la couvartura en 
papiar aat imprimée sont filmés en commençant 
par la premier plat at en termina nt soit par la 
dernière paga qui comporte une empreinte 
d'impreaaion ou d'illuatration. soit par la second 
plat, selon le cas. Tous laa autres exemplaires 
originaux sont filmés an commençant par la 
première paga qui comporta une empreinte 
d'impreasion ou d'illuatration et en terminant par 
la dernière paga qui comporta une telle 
empreinte. 



The laat recorded frama on each microficha 
shail contain tha symbol — ^(meaning "CON- 
TINUED"). or tha symbol V (maaning "END"), 
whichaver appliaa. 

Mapa, plataa, charta. etc., may ba filmad at 
différent réduction ratioa. Thoae too large to be 
entireiy included in one expoaura are fiimed 
beginning in the upper left hand corner, left to 
right and top to bottom, as many f ramas aa 
required. TH i foilowing diagrama illustrata the 
method: 



Un dea symboiaa suivants apparaîtra sur la 
dernière image de chaque microfiche, selon le 
caa: le symbole —^ signifie "A SUIVRE", le 
symbole V signifie "FIN". 

Les cartea. planchas, tableaux, etc., peuvent âtre 
filmée à dea taux da réduction différents. 
Lorsque le document est trop grand pour âtre 
reproduit en un seul cliché, il est filmé à partir 
da l'angle supérieur gauche, de gauche à droite, 
et de haut en baa, en prenant le nombre 
d'images nécessaire. Les diagrammes suivants 
illustrent la méthodo. 



32X 



1 


2 


3 




1 


2 


3 


4 


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1^. 



HISTOIRE NATURELLE 



DBS 



MAMMIFÈRES 



.J 



AVEC l'iNDICATIOX DE LF.lIlS MOEURS, 



ET DE LEUHS RAPPORTS AVEC KES ARTS. IJi COMMERCE ET l/AG KICULTUIt E 



M. Paul GERVAIS 



FHOKESSKLR 1)E ZOOLOGIE ET D'ANATOWIE COMPARÉE 

* H Hi:iITK t)F.8 SC[E>(CFS UE MU>TMtlLlbH. 



-r- 



<;AllNIVOm'S, PROKOSCIDIENS, JIMENTÉS, BISULUUES, ÉDENTÉS, MAHSUPiAliX, 
MO.\OTIU>MES, PIIOUUES, SrRÉNfDES ET CÉTACÉS. 



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L. CURMEK 

RLK HICHKLIKli, 17 (\l piiemu,; 

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le propriét.ire-Wn ur se réserva le drgil de traduaion et de reproduction mine parUeile t:; France ou à rétrancer, 




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ORDRES 

FAMILLES, GENRES et ESPÈCES 



nu L\ r.LASSK 



DES MAMMIFERES 



ORDRE DES CARNIVORES 

Animaux mammifère, pourvus de quatre extrémités om,uiculées 
l>ropres a la locomotion ordinaire; n'ayant pas le pouce opposable 
m,v autres doigts; armés de trois sortes de dents ainsi réparties ii 
cl,u,ue mâchoire : trois paires d:incisives, une paire de canines et un 
nombre variable de molaires; celles-ci diversifvrmes , souvent tran- 
chantes, et subdivisibles en fauss^s-molaires, carnassières et arrière- 
molaires. Le cerveau est toujours pourvu de circonvolution à la 
surface Oe ses hémisphères t le reste de rorgnmsntion: appm^cil rei^ro- 



1 



2 OIIIHIK IIKS (;\lt\|\,HIKS. 

(lucteui-, naiiil inlcslinal, sqnolello, eh-., est ofab/i sur If mèim 
modèle que chez A)urs, le CliicMi, le Chat, In roiiinc. U pimenta 
est znntu're comme chez eii.r. 

La taille des Carnivores, rom parée à celle des autres Mammi- 
fères, est, en f/ènéral, mai/enno, mais il y a parmi eux certaines 
espèces plus tjrandes que les autres, comme le \Àm, le Tigro, etc., et 
d'autres plus petites, comme la Belette et certaines Mangoustes. Ces 
Mainmifères se tumrrissent principalement de rhnir et de samji ce 
sont par excellence des Animaux de proie, quoique plusieurs d'entre 
eux mêlent à l'occasion des suhstances véqétales aux princijies ani- 
inau.r qui font leur mmrritare de prédilection. Ils sont nonthreur 
en espèces et répandus sur toute la surface de l'ancien et du nouveau 
continent; il // en a aussi à Madaqascar, mais ils y sont moins 
variés qu ailleurs. On ne les rencontre pas dans F Australie, oit des 
Carnassiers appartenant à la sous-classe des Marsupiaux sont charf/és 
de la même fonction destructrice. Les Carnivores sont, de tous les 
Quadrupèdes, ceux qui sont le mieux armés : leurs fortes canines, 
leurs (p'iffes acérées et souvent rétract des, les rendent redoutaljles 
à toute la création, et leur fonction principale dans riuirnumie géné- 
rale des êtres est incontcstablcutent d'apporter, par le carnage, un 
obstacle à la trop (jrande nndtiplieation des espèces herbivores. 

On peut diviser les Carnivores en six fanulles; chacune d'elles 
a eu des représentants da/ts plusieurs (tes faunes qui o?it précédé 
celles qui habitent maintenant le globe. 

Les Mainniilc'ivs dont nous avons pai'li' (l;ni.; le proniior volume de cet oiivrag(! onl 
|»ii ôlro ivparlis aisément en plusieurs ordres distincts ; mais ces ordres, an nondjrc de 
(piatre, onl entre eu\ certains caractères communs (pii devaient les faire rap|)roclier les 
nns des antres; aussi les avons -nous considérés connne formant une première ^n-andc 
division de la premii're sous-class(> des Manmiifèi'cs. Ce son! les l>rimales, que divers 
auteurs nonniient aussi Uiiadr(unanes, les Chéiroptères, les Insectivores et les l{onj,',nrs. 
Il en est (piesliou dans l'Introduction (1), sous la dénomination commune de Mannîiifères 
disco-placenlaires. Leur régime est assez varialde; ils ont différents modes de locomolion 
à la surface du sol, et l'on reconnaît, dans leurs mœurs comme dans leur organisation, 
des particularités secondaires (pii rendent leur classilication assez facile. 

Auctni de ces jjremiers Mannnifèrcs n'est franchement carnassier, comme ceux qui vont 
faire l'ol),jct de ce chapitre, et nous ne retrouverons dans les antres sous-classes de Mam- 
mifères que ((uehpies Marsupiaux seulement aussi enclins (|ue ces derniers au meurtre ei 
à ladéprédalion. Les Marsupiaux Carnassiers .sont les plus redoutahles de tous les Mammi- 

(I) Tome 1, page xxi. 



(MIDIIK l»KS CAHMNOIIKS. 



3 



ftresdiicoiiiiiieiiiiuislrulifii, ooiiime les Carnivores le soiil de leur côlt" iiarnii 

fsiM'cos (le Maiiiiiiil'i'ivs moiiodt 

•lin 



IHIIIlill'CIIM'» 



<|iii |)cii|)U'iil l'aiicion cl If iioiivi-aii conliiiciit, 



•■'t'sl-à- 



cs (l('u\ AiiuTiqucs, aussi Iticii (|iic riMin)|H', l'Asio, l'Alri(|iio vl |iliisir'iiis do leurs 
y a aussi dos Carnivores parmi les Animaux de Madagascar, celle lerre si singniii re 



Iles, il 



par ses productions nalnrelle 
diir 



cl (pu nous oui lourni des IMiuiales et des Insectivores si 



dill'érenls de ceux de l'Alri(pie ou de l'Asie 
Les Carnassiers proprement dits sont plus particidièrenicnl appelés Caniimes. Comme 

maux se distinguent 
:ms leur mode 



on l'a vu par la délinitiou (pie nous en avons donnt'c plus haut, ces An 

des autres par un certain nombre de caraelères importants, el ils onl aussi d 



de placentalioii une disposititm (pu leur esl propre. {Voir 1. I, | 
du Chien.) Nous iiiontr(!rons en traitant des Maunnilëres à saliots 



). XXI, la ligure du plaecnUi 
(pie ceux-ci sont ('gaiement 



caracl('ris('s par une forme spé'ciaie du |)laceiila, et (pi'à cet (-gard ils conslitnenl une troi- 
sième grande cat(:'gorie parmi les Mammitères inonodel|»lies (pii onl |tlusieurs sortes de dents. 
Les Carnivores, tels (|ue nous les (h'Iinissons, (!'taie!it déjà considérés par Linné comme 
devant lormcr nu ordre à |>art, (pi'il appelait en latin fV/vc, c'est-à-dire l.ètes léroces. 
C'(>st, en effet, parmi les Carnivores (pie se placent le Lion, le Tigre, la l'anthère, les 
Hyènes, le Loii|i, U\ (Jlouton, l'Ours el lanl d'autres espèces, les unes à peu près de même 
force, les autres beaucoup plus faibles, mais non moins sanguinaires. Celles-ci ont des 
instincts également meurtriers el ne sont intérieures aux pivcédentes que parce (pi'elles 
altarpicnl des Animaux moins forts et moins capables de résistance. Comme on l'a souvent 
répété, les Carnivores onl pour foncliou i)rincipale de s'opposer à la trop grande multi|)lica- 
tion des espèces herbivores, el ils oxécnlenl celle sorte de pondérutiri dans la classe des 
Oiseaux aussi bien (pie dans celle à hupielle ils ap|iarlienneiit. Ce sont des Animaux de 
cirnage, et le nom de Carnivores, ([u'on leur donne spécialement, exprime parfaitement 
cette disposition, puis(pie c'iisl pour obtenir la chair el le sang nécessaires à leur alinienta- 
lioii (pi'ils poursuivent et mettent à mort la plupart des autres Vertébrés. 



ont 



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vont 



el 




4 onnuK DRS cAnMvonKs. 

Si l'ordre dts Priniiilts iiinilc iri^hv éliulié .ivcc soin à caiisp dos nombroiix nipporls 
il'orp;;iiiisalioii (|iii riiUaclu'iU ses |»riiici|ial('s ospi-ccs à rilonimc liiHiièiiii', l'ciiscinhlc des 
Carnivores n'est pas moins digne de notre attention. C'est parmi les nond)renses espiws 
de eelltM'at«'gorie (|tic l'Homme Iroiive ses plus redoiitaldes ennemis, soil (in'ils l'atluipienl 
IM'rsonnellement, soit qu'ils impiiètent ses Animaux doinesti(|Mes. Dans eerlaines contrées 
de l'Anieri(pie, les Carnivores sont eneore aussi nombreux (pie redoiitahles, et en A('ri(|ue 
ou dans l'Imle, il y en a UK^me de plus dangereux. M. Sykes, ollieier anglais et savant natu- 
raliste, rapporte (pie dans le Decean, l'une des |)rovinees indiennes, on a liuî pendant les 
anntîes iHi'Kà 182i), (piatre cent soixanle-dou/e l'anlliiires; cl, dans un district seulement, 
mille (rente-deux Tigres royaux. Compaivs aux espèces asiati(pies et al'ricaines, nos grands 
carnivores de l'Kiirope n'occupent plus (pie le second ou le troisièim; rang, yiiant aux 
espèces plus petites, mais plus variées, (pie l'on observe dans les deux continents, elles 
seraient peu nuisibles si le nombre des individus dans cbacune d'elles et la divcrsiti' des 
ruses (pi'elles mettent en prati(pie ue leur assurait une s('curité plus complète, à beaucoup 
pri's, (pie celle dont jouissent encore les grandes espèces dans bis lieux les plus sauvages. 
l'ar une singiilarilc' remanpiable, cet ordre des Carnivores dont les espèces nous causent de 
si grands dommages et (pii comprend la plupart des Animaux féroces, nous a fourni un 
serviteur aussi intelligent (pie dévoiu', (pii se monire, sur tous les points du globe, notre plus 
puissant auxiliaire et notre compagnon le plus affectueux. Lo. Cliien (lomesti(pie est certaine- 
ment le plus implacable adversaire de tous ces tyrans du règne Animal (|tii composent av(>c 
lui l'ordre des Mammifères carnivores, et, en UK-mc temps (lu'il concourt de la manif're la 
plus active à l'éloigiienient ou à ran('aiitissement des espèces uiiisibles, il retient sous notre 
domination les Animaux domestiques dont nous tirons le meilleur parti, tels que les Bo'iifs 
ou les Moulons. 

G. Cuvier, de Wainville et, à leur exemjde, la plupart des zoologistes font des Carni- 
vores une simple division du grand ordre des Carnassiers dans le(piel ils placent aussi les 
Cbeiropières, les Insectivores et les Plio(pies^l); mais, à part leur régime également animal, 
il y a entre ces diverses sortes de Quadrupèdes trop de différences imporlantes pour ipie 
l'on persiste à les rapprocber. Les Clieiroptères et les insectivores sont de la même série 
(|ue les Primates et les Uongeiirs, et ils se nourrissent (essentiellement d'Insectes, comme le 
font qiiebpies Animaux du |)remier groupe. Uiiaiit aux Pboipies, ils s'éloignent à la fois des 
Carnivores par leur forme générale, par leur cerveau, |)ar leurs organes de reproduction et 
par l'uniformité de leurs dents molaires, et les afiinités (pic les Loutres ont avec eux, ne 
justifient pas leur classement parmi les Carnivores. Ainsi les Carnivores forment parmi' les 
Monodelpbes bétérodontes un groupe parfaitement distinct de tous les autres, et les cspl'ces 
que ce groupe comprend ont à la surface du globe une fonction bien déterminée. Ce sont 
les mieux armés de tous les Animaux; leurs instincts les portent au meurtre comme moyen 
d'alimentation, et, comme ils varient leurs atta(pics suivant leur propre force, il est peu 
de Mammifères ou d'Oiseaux qui n'aient (pielqii'im d'entre eux pour enm^nii. F.o Tigre attaque 
l'Homme et les plus grands Quadnipi'des; le Cbat poursuit les petits Mammilï'ivs ou les 
Oiseaux, et toutes les autres espèces de ce grand genre des Félisqiii soni iiilernK'diaires, pour 
la force, au Cbat domestique et au Tigre, poursuivent elles-mêm(>s des Aniiniiiix d'un volinne 
proportionné au leur, étoiles les égorgent avec une égale facilité. Il en est ainsi des autres 
Carnivores, et, en particulier, des Muslélidés. Copondani la-aucoup de ces Animaux associent 



If 



(I) Voir tomo I, \i:\fe-. xiii p( xiv. 



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l)t:NT» ht, l'.Mus „,i!(É (,,,M.c.. ..iMMlu.,,.-, :|/1 ,1,. „r..n,l. 



oiihiii'; iiKs (;\n\ivonKs, ^ 

'■' l't 'li.iir (riiniivs siilisliiiices, li-s imcs <rorigi.i,. ;iniiiiiil.> d i./oi.rs, comiiir \vs h-M.lons, 
It's os, l.-sd'iils, de, d (l'iMilivs imii iizot('".'s,comiii.' lit Kr.iisscoii l*> iiiiH. Uiicl<|iid()is n.dii.' 
ils s.- iHlMlh-nl sur hs In.iis d sur les la.iiM's, d, ,|;,„s .v n.s, ils iiM-rilnit i, io„s ÔRiinK 
li> «l.'iKMiiiii.Ui.Mi (rOw«,>o/v*- |.;.r la,|udlc on les .l.'.^ig,,,' suuv.-iil, ni;.is ^jms l.s sd.nvr pour 
cela (les anli'cs ««'mvs du inOuit; oidrc. 

Les (lents des Carnivores, el 
|iarli(;ulii!renient leurs dénis mo- 
laires, |)r(''senlenl des disposi- 
tions >|i|)ro|>ri(k's à cliacnn (l(! 

ces n'-f^inies , et les CJials et les 

Ours, (jui eoiistiluent les deux 

lernies exln-nies de la st-rie de 

ces Maniniilï'res au point de vue 

du mode d'alinienlalion , sont 

aussi l(!s plus dirii'rents entre eux 

|»ar la disposition de leurs dents 

niolain^s. 
Dans tous les Animaux de cet 

ordre il y a toujours trois sortes 

de dents : des incisives, des ea- 

nines et des molaires. 

Les n,cisices sont au non.l.re de trois paires à cl.a.pn- mâchoire; ..Iles s.u.i à peu près 
ert,(. es et la pa.re (>xterne est sensihlen.ent la plus tbrte. Hans les Martes et genr ' oN 

b pane u.tern.e.i,aur des incisives intérieures est insénk- un peu en arrière des^leux^u^!- 

dU, .nan.,ue mé.ne dans la Loutre n.arine; d'où il résulte Ip.e la mâelioire i i ' ; 

r;:: :::• r ""^ ''-' '-''' •''"'^'^'-^' '^"""^ ""'" > - « --'^ •- •« ••- ••- 

ÇlKuiue n|àcl.oire a une paire de canines ; ees dents sont coni, s , plus ou moins acérées 

ns sadianles „ue les autres, très-propres à percer ou à déchirer, e le plus souv 1 1: 

d :r: :itf ï:"'" '"" """""'"^ "'•'"^- '^" "^^ — vuigiren.:;! ' 

,1 û ! , '""''"•"''' '"'" """"""^''^'^ """^ ''«^ '""^"""'•'^. ^"" ''vnnt des autre 

1 t upportees par le mén.e os, et un petit espace vide laissé entre elles et la pa e 

n ce les I la mael,o„-e supérieure. Dans les Machairodes, ,p,l sont de grandes espèce 

ru.;'l;: V. (v'"'"" "■"""■^^ '"■""^■■'"^"^ "^^ ""-'-- •"- "- -^ - 

R I i n """■'' '"""'' ^' ^■'""•'^ •'•^ '"''^i'^^^ l"'01"-'^ '•' ''">'<"ienne faune du 

Brésd que e Bla.nvdie a décrite sous le non. de Smilodon, n'avaient pas n.oins , le 
decnnetres dans leiu' partie coronale. 
Les molaires i\o. Carnivores varient notablement pour le nond.rc et ,,lus encore pour h 
me suivant les espèces et les genres ; aussi peut-on eu tirer d'exce ents c2t 
lest de toute unpor.anee de les étudier avec soin. Elles sont toujours diversiform en, 
les et ion pd. , comme le faisait Frédéric Cuvier, les diviser en trois catégories 
em, res dont le nond>re varie de une à „ua,re, sont dites «.«,.-,no/«/,vs ; el son 

è?e ; T' ' f '"''"'"'"' '^"'*^'"'-'"' "" ^"'""'^ '' ^^^ oo„.plieation .le la , ^ 
.n.ere a la dern.ere. Apn. ..||..s vient une ,Ien, plus n.enrtrière, e, en général aussi 



l'un vol 



ww plus considéralile .pie celle 



s .pu la suivent. Dans la màcl 



loire inférieure du 



,-v^. 



f! 








IIïÈSE riClIKTKF, 

IV'liti' (iiljcrculciis.' et ciirnnssuTC siii«Ticuri', 
(jriinikMir niitiiri'llo. 



f.'iirniissirii' infc'iicuiT. 
«ninil. n.it, 



« OHDRE DES CAHMVOHKS. 

Cliat elle est placée la dernière, c'est-à-dire la troisièii.e; chez le Cliien, le Loup ei le 
Renard , e est la cinquiènic on ranlépénultièn.e ; dans le Putois , elle n'est ,p.e la .piairiènie . 
attendu rp. d n y a .pie trois avant -molaires au lieu de .piatre, et elle se trouve l'avanl- 
dernierc. Su|)érieiu-enient, elle devient la troisième, c'est-à-dire la 
pénultième dans les Chats et les Hyènes; la (pialrième chez le Chien 
el autres genres cpà l'avoisineiit ; 
e;'e est la troisième dans le l>nlois. 
Conirairement à ce (pie nous avons 
vu i)our les canines, cette dent est 
croisée en arrière et non en avant par 
sa corrcspondanle inférieure. F. Cu- 
vier lui a donné le nom de carnas- 
sière. 

Assez petite chez les Ours, qui sont 
omnivores, elle est très-forte, Iran- 

;;!"!; dizr '""•'•'? " '""' '^ """ '" ■" """'" ''^^^ ^^ ^"^ ^.^'..7;.;.. des 

r ■ ul V 'T'r ^ '"""' i'"e'''nédi:.ires, ehez les Martes, chez les Chiens, 

I m ; f r '■ '" ""'"' ''''' ''' ""'''''■ '°" """^"•«"^*^ '-«^'^ ■"- 0" "-i" 

u ni "n . ,"""'■"" ""; '■ ?'"""'^""' '"' "'^'""^ ^''«""^ '""-" ^•"='«"» <^'^ ^""-"'vores 

I nu on, s , e nonnner. L'élude nnnnlieuse de cette dent a Iburm de Irès-hous résul- 

i.its pour la c. »ssdication des genres et pour leur diagnose 

Les Carnivores connus dans la nature actuelle n'ont jan.ais .p.'une se.de paire de vérital.les 

^^^^^ carnassières à cluKpic mâchoire; 

" "" 111!) is on en voit trois chez les Hyé- 

nodons et chez quchpies autres 
genres (pu ont a|)parlenu aux 
premières faunes de la période 
tertiaire. Sous ce rapport, c<'s 
anciens Carnivores resseuddaieut 
noiahlement aux Marsupiaux au- 
straliens, dont ils avaient le n''- 
. gime. Les llvénodons et les l»ié- 

ro. Ions .|ui eur ressemhiaieut heauconi» étaient, à cette épo.p.e reculée, les plus r...Ioutal.les 
(te tons les Maunnneies carnivores (pii peuplaient nos contrées. 

C'est chez les l-élis (pie la même dent, |)rincipalement celle de la mâchoire inférieure 
est le plus IranchenuMit carnassière; elle se compose alors de deux tranchants siuressifs- 
chez les Ch.ens elle a, de plus, une partie tuberculeuse; d'autres lois, et en particulier 

,."' ''.''■■""-'«"I Viverridés, s. partie antérieure est formée de trois pointes (p.i sont 

dis|.os..es eu îriangle. Son talon s'élargit encore et ses pointes s'affaissent chez les .-pèces 
les plus omnivores, ' 

En arrière de la dent carnassière sont plac('es les molain- de la troisième sorte ou les 
tuberculeuses. Celles-ci doivent loin- nom à la fornie hahituellen-eul émoussée de leur 

couronne ; elles sont surtout dévelopiMics chez les Animaux omnivores. Les Ours ( nt 

deux pau-es tres-grosscs à eliarpu- mâchoire, tandis (pu' les l'élis n'en ont .ju'à la Uiàchoiro 
supérieure el seulement une paire. Il y en a une paire en has comme en haut ehez le j'uiois 
f't deux rhe.- h i,hip.(ri des espèce., de la même lamille .pie le Chien. Oan. plusieurs genre. 




Mu;iini„F. iMKuitrni: u' Il M:;.NonoN uf,,:,, i . kuik kn \,,n 
(ir.<|ir;'s JIM. (!.■ r-(irieii cl dp I,iii/iT}, tji ,1.. Enin.l 





IliMST ET i)r\T5 ru: l'iiotiii.F, 1,2 cl.> iinm.l. n.n' 



OHDRE DES CARNIVORES. 7 

omnivores de la famille des Viverridés, il 
y a aussi deux paires de tuberculeuses supé- 
rieurement, mais il n'y en a qu'iuic à la 
mâchoire inférieure, et la carnassière qui 
la précède , au lieu d'être mi-partie Carni- 
vore, mi-partie omnivore , comme dans les 
Chiens, est tout aussi tuberculeuse qu'elle, 
ou peu s'en faut. 

Les Protèles diffèrent des autres Carni- 
vores par la forme singulière de leurs dents 
molairt's, qui senddent frappées d'un arrêt 
de développement, et sont réduites à de 

simples rudiments presque inutiles dans l'acte de la mastication. 
I.es Carnivores adultes ont donc constamment trois sortes de dents (des incisives, des 

canines et des molaires), et leurs molaires sont elles-mêmes de trois catégories dilfére'ntes, 

sauf chez les Protèles où elles restent atrophiées. 
La première dentition (li de tous ces Animaux est établie d'après les mêmes règles et elle 

peut être iiidiquée i)ar la formule suivante : 

f ii:eisives, { canines, f molaires (dont ^ avant-molaircs, | carnassière et 1 arrière - 
molaire). " 

Les Félis seuls n'ont (pi'une paire d'avant -molaires inférieures au lieu de deux pendant 
leur jeune âge. 

Ces .iôt,.,iis, quoique un peu minutieux, étaient indispensables; ils nous pe™w..,.nnt 
dadieurs d'abréger notablement ce que nous aurons à dire sur le même sujet à propos de 
duKpic genre. 1 1 - 

De DIainvilie et M. Owcn ont donné ime autre classification des dents des Carnivores • 
mais celle de F. Cuvier, que nous venons d'exposer, nous a i)aru préférable, parce qu'elle 
rend plus (■.cile et plus claire la description des principales particularités <Ie ces organe. 
Les variations présentées par la c^irnassière sont les plus importantes; celles de la formé 
et du nond)re des fausses molaires ou des tuberculeuses coïncident en général avec des 
ddierences n.oindres dans les autres parties, et elles semblent, jusqu'à un certain point, se 
lepeter dans la sene des genres propres à chacune des familles dont cet ordre est composé 

Les Carnivores, h quelque division <|u'ils appartiennent, ont le condvie de la mâchoire 
transversal , et la gorge glénoïdale qui le reçoit ne lui permet (|u'un mouvement de demi- 
rota lon sur son axe. Dans le Blaireau , ce condyle est si bien retenu par la cavité glé- 
no.do formant un peu plus d'une demi-circonférence, qu'il s'v maintient même après la 
disparition dos ligaments, e» .,ue la mâchoire inférieure reste habitnellenient suspendue au 
crmie .'ipres (p. on a réduit l'un et l'autre à leurs parties S(p.elettiques 

Les mouvements ,kK Animaux de cet ordre sont, en général, souples et faciles, et le phN 
souvent .s ont de 1:. vivacité. La plupart des Carnivores atta:;:.ent avec énergie : embus ués 
<nsqur!.i,îorot:aitc obscure, ils attendent patiemment leur proie jus.p.'à ce qu'ils l'aient 
.' " '•> portée. Alors ils s élancent, et souvent un seul bond leur suffit pour l'atteindre Leur 



ui„i,i,u„ Ut ln,l une ten.te ,,l«s lonc.'.e (|u',\ celles do la seconde dentition. 



Cfll 

li 



de 
de 



8 OUDRE DUS CARNIVOMFS. 

colonne vertébrale est (lexible et bien musclée; elle se termine par »me queue liabitnellenient 
allongée ([u'ils font onduler et qui traduit par ses mouvements divers la variété des passions 
qui les animent. Les espèces de la famille des Ours sont les seules (pii aient la queue rudi- 
men taire. 

Le corps des Carnivores est rarement trapu, comme on le voit chez les Ours; dans d'autres 
espèces, il est assez allongé pour qu'on ait donné aux Animaux qui présentent ce caractère 
le nom de Vermiformes. Tels sont les Belettes, les Fouines, beaucoup d'autres Mustélidés, 
e! les Cenettes, etc., (|ui appartiennent à la catégorie des Viverridés. 

Leurs membres sont |)res(pie toujours bien dégagés, et les doigts (pu les terminent, liabi- 
tnellenient séparés les ims des autres, ont des ongles |)lus ou moins forts, analogues l ceux 
des Ours, des Chiens ou des Chats, et (pie l'on désigne par le nom de i/riffes. Ces griffes 
sont souvent enchâssées par leur base dans une esi)èee de gorge osseuse forni(''e par la 
phalange ongii(>ale, et, au lieu d'être simplement voùlé.'s ou allongées, ell(>s sont parfois 
Irès-compriniées et très-arquées. C'est ce que l'on voit en particulier chez les l'élis, oii 
elles sont plus redoutabh^s (pie chez les autres, bans ce cas, elles sont en même temps 
rétractih's, ce ipii tient à la disposition parliculière de la phalange. Celle-ci a la forme d'un 
eaimclion ipii peut basculer sur la phalange précédente, et elle est maintenue dans une 
position redressée tant (pie le muscle llécbisseiir qui envoie un tendon à sa partie inférieure 
ne la sollicite pas à s'abaisser. Dans le |ireniier cas, la griffe est redressée et sa pointe ne 
touche pas le sol; c'est alors (pie le Chat fait, comme mi le dit, patte de velours. Dans le 
second cas, elle se porte en avant et s'abaisse, ce (|iii lui permet d'agir à la volonté do 
l'Animal, soit en s'enfoneant dans la peau ou même dans les chairs, soit en les sillonnant, 
eoinine cela a lien dans l'acte d'cgratigner. Tons les Félis, sauf le Ciu'pard, ont les ongles 
franchement rétractiles. Ceux de ccilaines espèces de la lamille des Civettes (pii jouissent 
de cette propriété, mais à un moindre degré, sont dits semi-réiractiles. Dans les Hyènes, les 
Chiens, les Ours, etc., les griffes ne sont pas du tout rétractiles. Jamais le jiouee des Carni- 
vores n'est o|)posable aux autres doigts, soit en arrière, soit en avant, et quehpiefois il 
manque ou n'est plus représenté (printérieuremeni et par un faible rudiment. Aucun Carnivore 
n'a moins de (piatre doigts évidents à chaque patte, et il en est un assez grand nombre ipii 
en ont cinq, soit en arrière, soit en avant, soit même aux quatre iialtes à la fois. On tire de 
là (pielques caractères pour rétablissement des groupes secondaires dans chaque famille. 
La manière dont la patte porte sur le sol mérite aussi d'être examinée. Certains Carnivoi'cs 
sont entièrement plautigmdes, c'est-à-din; (lu'ils ai)piiieiit non-seulement la face inférieure 
de leurs doigts, mais encore celle de leurs os niétacarpiens et de leur carpe pour les pieds 
de devant, et celle de leurs os métatarsiens ainsi que de leur tarse pour les pieds de derrière. 
Les Ours et (piehpies autres sont pins particulièrement dans ce pn>inicr cas; au contraire, les 
Chiens, les Chats, etc., ont la iiltis grande partie de leurs pieds redressés, et ce n'est (pie 
pnrl'eMrémité de leurs doigts ipi'ils K.uebent la terre: on les apiielle iVKjitujrades. Plusieurs 
auteurs ont vu dans ces deux dispositions des caractères à l'aide (les(piels ils ont divisés les 
CarnivoiTs en deux grands groupes; mais il (>sl bien certain qu'une même famille naturelle 
peut renfermer à la fois des espèces plantigrades et des espèces digitigrades ainsi (pie 
d'aiilres intermédiaires aux premières et aux secondes sous le même rapport. 

L'astragale, qui est un des os du tarse, a une forme assez analogue à celle (pie nous 
lui avons vue chez les Mammifères des premiers ordres; il représente une demi-poulie à large 
gorge dans son articulation avec le tibia, et il esl subaitlati en dessous et en avant; il 
porte sur le scaplioïde au inoycM d'une large apophyse. 




onnnK des (;\ij\'tvoiin:s. q 

Looan.0 n'a p.rs .Vos inlennô.liairo; \, rmlius et le ci.l.itus sont toujours séparés l'un de 
';;. •'l ' ;'" rsi ,\, nmm <!., (ii.i., H ,in péroné, quoique celui-d soit plus faible et plus serré 
conlu k t.bia .lans rerlains génies, par .xenq.ie les Clm-ns, que.lans eertains autres. La tète 
su|)crieure du radius permet dos niouvenienls assez Caeiles de pronation 
et de supination. La partie inférieure de l'Iunnérus est large : on v dis- 
li'igii.'le|)lussonvonl un trou sns-eondjlien; cei)endant elle en manque 
dans eertanis genres, et dans d'autres on a constaté la présence d'une 
l>erloration de la fosse oléerànienne , eoninie dans les Chiens et les 
lIv(Mies. Le Télagon présente ces deux eaiactères réunis. On ne voit 
tM I un m l'autre à l'Iuunérus des Ours, quoi(pie cependant l'Ours des 
(>onhllières ait un irou snscondylien , comme la plupart des Muslé- 
luleset dos Viverridés, et comme tous les Félis. Aucun Carnivore 
"a la clavicule entièrement développée, mais on trouve chez plusieurs 
•'•'litre eux, en parlic(dier chez les Chiens et mieux encore chez les 
Clials, un rudiment de cet os; les Ours et beaucoup d'autres n'en 
liresenlent aucune tiace. 

Les Carnivores ont des habitiules fort différentes les mis des an- 
Ires mais Ils sont tous pins ou moins intelligents; aussi leur cerveau 
est-Il assez dévelom-é et a-t-il des circonvolutions très-prononcées à 
la surface de ses héinisi)hères. On ne connaît aucune espèce de cet 
ordre qui soit dépourvue de circonvolu- 
lions; cependant la disposition et le 
nombre de ces replis ne sont pas les 
mêmes dans tous les groupes , et dans 
certains genres de la même famille ils 
présentent aussi des particularités diffé- 
rentielles, (pioique clia(pie groniie iirin- 
eipal ait des caractères ijui lui sont réel- 
lement particuliers. 

Le pelage des Carnivores est souvent 
reinanpiable par son élégance, et, dans 
l)eaucoiip de cas, il est en même l(>nips 

très-fonrni, extrêmement doux an toucher et irès-chand. C'est ce qui a snrlont lieu che. 
l<-s es,.eces propres aux régions froides ou élevées, ou bien enco e chez X 1 

asiatiques. Cependant la ..urriire de tous les Carnivores d':! ill l'g ^^^^C 
mont recherchée. Dans le genre Loutre, la pins pi^Vieuse de toutes isi celh- d rf 

2 




CM>\mr ,M- CiiiKN iiOMEsrrijrii, Krnn.l, iw!. 



1 

i ( 



^0 ORDUK DKS f:\n\FVOnES. 

rf^rlicrchés. Dans les F(^lis, k pelage est en général pins conrt et moins fourni, mais il est 
bien plus graeieux, et la robe de ces beaux et teiribles Animaux est l'un des plus beaux 
ornements de nos habitations lors(iirelle a été babilemenl |)réparée. Le Lion, au pelage fauve 
pâle et à la belle crinière ; le Ti-ie , harré de noir sur du fauve brillant; la Panlbèrc à la 
robe mouchetée; le Jaguar, dont les taches sont en rose sur un fond d'un beau liuve nous 
donnent des fourrures encore plus recherchées. 

Les nombreuses espèces de l'ordre des Carnivores se laissent assez aisément répartir entre 
plusieurs groupes principaux (pie nons considérerons comme autant de familles à part. 
Uiielques-unes de celles-ci pourront elles-mêmes être subdivisées en tribus. Ces familles sont 
celles des Vrsidés, comprenant les Ours; des Virerridéx, dont la Civette (Viverra) est 
l'une des espèces principales; des Canidés, ayant pour type le Chien domeslicpie ; des Félidés, 
dont les Chats ou les Félis font partie; des Ilycnidés, aiix.piels nous associerons provisoi- 
rement le Protèle, et des Mustviidés, comprenant la Belette ou le Mustek des anciens, ainsi 
(pie les Animaux (pii ont les mêmes caractères généraux. 

Les Carnivores sont nombreux en espèces et leurs familles ont des représentants en Amé- 
ri(pie aussi bien (pie dans les diverses parties de l'ancien (,'ontinent. Quelques-uns, comme 
les Ours et les Mustélidés , abondent surtout dans les régions boréak's; d'autres, comme les 
Viverridés, qui se partagent en Viverrins et en Mangoustes, sont plus nombreux dans les 
régions chaudes. Ces dernières ajjparliennent surtout à l'Afriiiue, à l'hide et à Madagascar. 
La n'-parlilion géographique des Félidés et des Canidés est plus uniforme, et il y a même 
en Australie des Chiens sauvages que plusieurs auteurs considèrent connut! autochtones. 
L'Europe a nourri autrefois des Carnivores bien plus grands (pie ceux qu'on y chasse 
aujourd'hui, et sans parler des espèces pour la plupart assez bizarres (pi'elle a possédées 
pendant la période tertiaire, elle a compté au nombre de ses habitants des Ours bien plus gros 
que ceux d'aujourd'hui, un très-grand Félis comparable au Lion sous plusieurs rapp()rts, 
une Panthère et des Hyènes de plusieurs sortes. 



FAMILLE DKs UHSIDÉS 

Los espèces d'Ours sont peu nombreuses, et on peut ou pnri.'v sous une mAmo iJi-nomina- 
tiou générique. Ces Animaux ont à chaipic mûclioiro d(;ux paires de grosses (i(>iits tubercu- 
leuses en arrit'ro le leurs donts carnassi(''re.> ; 
leurs pieds sont plantigrades et leur queue est 
rudiinentau'o. Tous sont omnivores. 

(lENRK Oins {Crsus, Linné). L'on- 
. semble des es|)èccs aux()uelles nous laisse- 
rons iii cette dénomination, a été sulxlivisé 
en genres distincts par les naturalistes mo- 
dernes. Cependant , malgré les caractères 
.secondaires qui les séparent entre eux, ces 
Animaux en présentent plusieurs autres (jui 
leur sont communs et qu'on no rencontre 
point ailleurs. Leur corps est lourd, toujours 
■ilus ou moins trapu et recouvert d'une four- 
rure épaiss(i-à peu près unicolore. Ils u'ont ''^"' " '''''' ("•".l'f'l.'jiIlrA'lior "''"'"' ""' 




FAMfLLK DES l HSIDÉS. (1 

f|u'un faible iiidinioiit de <|uoue, et leurs pieds, (jui suiil planligrades, ont chacun ciiui doigts 
bien distincts; c((s doigts sont armés d'ongles puissants, mais non rélractiles. Les oreilles 
sont médiocres et velues; la langue est douce et les yeux sont petits. Quant à leur système 
dentaire, il est établi sur un modèle assez particulier. 

Indépendamment des incisives et des canines, ici en même nombre que clie/ les autres 
Carnivores, les Ours ont six paires do molaires supérieures et sept inférieures. Ces dents 
sont ainsi disposées, f paires do fausses molaires qui sont caduques soit en partie, soit 
même en totalité dans certaines espèces; | carnassières, de forme très-différente à l'une et à 
l'autre mâchoire, et 5 grandes arrière-molaires, à couronne tuberculeuse et de forme carrée 
suburrondie ou ovalaire, L'Ours malais n'a (jue i molaires, iiarce qu'il a moins de fausses 
molaires ipu! les autres. 

Tous les Ours ont le régime omnivore; leur intestin manque île cœcum. Ce sont des Ani- 
maux intelligents, mais qui sont défiants et qui aiment la solitude. Ils prennent rang parmi 
les Carnassiers les plus dangereux. Doux de leurs espèces, l'Ours blanc et l'Ours féroce 
ne le cèdent point au Lion et au Tigre pour les dimensions ; elles ont pourtant des Jiabi- 
tudes moins sanguinaires. D'autres, ([uoiquo moins fortes, sont encore assez vigoureuses 
et toujours assez cruelles pour (]ue l'Homme les redoute; tels sont en particulier nos Ours 
européens. Une troisième catégorie de ces Animaux conifirond des espèces qui se rapprocheut 
davantage du Blaireau ou du Glouton par leur volume et même par leurs habitudes. 

Tous les Ours , à quoique espèce (lu'iis appartiennent , sont rectierchés pour leur fourriu-e, 
et leur cliair est bonne à manger; aussi leur fait-on partout une chasse active, dont les 
procédés varient suivant les lieux et les espèces. A l'état do captivité, ils sont susceptibles de 
ipieliiuc éducation, et les montreurs d'Animaux les recherchent préférablement à tous les 
autres (juadrupèdes du même ordi'e. 

Les Ours ont six mamelles, deux paires ventrales et une pectorale. Leurs femelles ont plu- 
sieurs petits à chaque portée. Ceux-ci sont aveugles en venant au monde, et leurs poils sont 
si courts ipie leur cor|)s paraît entièrement nu. Comme ils ont en même temps les formes 
assez lourdes, ils man(pient de la grAce qui distinguo la plupart des Carnivores naissants; ' 
l'-ependant ils ne sont pas difformes comme on le su|ii)0se généralement, et, si leur mère les 
lèche, c'est pour les nettoyer, mais pt»int du tout pour les modeler, comme on le <lit. 

Il y a des espèces de ce groupe en Europe, en Asie et dans les deux Améri(|ues. Elles 
habitent .le [.référence les endroits froids, et dans les régions inlertropicales on les "trouve 
surtout dans les lieux élevés; elles paraissent assez nombreuses, sans l'être autant que celles 
de |.res(iue toutes les autres familles de Carnivores, et il en est plusieurs <iui se laissent 
bien nettement caractériser : c'est pour elles <iu'on a (îlabli des genres particuliers. D'autres 
sont moins certaines, ou du moins plus rapprochées les unes des autres, et il n'est pas du 
tout démontré que l'on doive acce[)ter toutes celles (jui ont été proposées par les zoologistes. 

Il a exislt- plus anciennement certaines espèces du même genre dont les races sont aujour- 
d'hui anéanties; tels sont entre autres le petit Ours des alluvions ponceuses de la Limagne 
{Ursiis amrnoisia) , et les Ours, au contraire plus grands .pie ceux d'à présent, .lontles 

ossements sont ensevelis en si grande abondance tlans 
..^ beaucoup de cavernes : en Angleterre , en Belgi.|ue , 

•"" Fi'aiice , en Allemagne et en Italie. Ces derniers, 
liarmi lesquels certains auteurs croient aussi devoir 
établir plusieurs espèces, répondent à Vi'rsiis spchnis 
de-l]iinnenba.?h. Ils ont été très -communs dans les 
Cévennes et dans le Jura. 

C'est en ; ■• .-uprès deij,0«t^^'il faut classer les 
Animaux 
lo-;ijU('l> 





Il 



12 



OUDRE DES CAUMVOnKS. 



qui s'y rapporlnnt l'^aliiient les |)lus grands Ours on dimonsions, mais eilos avaient la deinioro 
molaire supérieure iimins ionyuo (luo la leur, et leur carnassière d(( la nit^nie inAclioire était 
plus forte, trilobée à son bord externe et |)ourvue d'un fort talon interne. Les lljéiiarctos ne 
ïont encore connus (pio dans les terrains miocènes et pliocènes , et leurs espèces appar- 
tiennent par conséiiuent à des faunes antérieures à celles dont les véritables Ours font 
partie. 

Nous no décrirons ici (luc les (ispèccs actuellement existantes de la famille dos Irsidés; et 
comme nous l'avons di'Jà dit, nous les laisserons toutes dans le même geru'o, (juelle'(|U(' 
soit la valeur des caractères Kénériques qui distinguent plusieurs d'entre elles. 11 nous a paru 
suffisant d'indi(pier à l'occasion ces caractères et de rap|)eler en synonymie le nom dos cou|)os 
génériques dont ils Justilient l'établissement. 

1 . Les 1 II s européens et les es|)èces exotiipies (pii s'en rapprochent le plus perdent de bonne 
lieuro une ou plusieurs de leurs petites avant-molaires , ce (pii laisse un espace vide plus nu 
moii\s considérable au commencement de la série de leurs molaires. Chez [ilusieurs cependant 
la première paire d(.' fausses molaires subsiste et elle reste applicjuée sur la base postérieure 
des canines. Ce premier groupe répond à deux dos genres établis jiur M. Cray. 

Ours féroce {Ursm ferox). On trouve dans une grande partie de l'Amérique seplen- 
Irionale, depuis les régions du Nord jusqu'en Californie, une espèce d'Ours bien certainement 
différente des Ours ordinaires de ce continent, dits Ours noirs, et (lui, tout en si; rajiprocliant 
à certains égards dos Ours (européens, paraît devoir en ôtre également séparée. Les Ours de 
cette espèce sont plus forts (|ue les nôtres; ils ont aussi les mteurs plus cruelles et leur 
nourriture consiste [dus habituellement en Animaux, ipi'ils atta(|uent de vive force. Ils com- 
battent souvent les Uisons avec avantage et, dans certains cas, ils se jettent sur l'IIommo 
lui-même, 







U l 



.*' 



"ir.s fênrcr. l;iA rti- jr.ir.rt 



IM.AIII. 



ml la (lerniore 
iiiAclioiro l'tiiit 

lyiîlUUCtOS lU) 

ipiiccs ii|)|)i)r- 
!cs Ours font 

5 Ui'siilés ; et , 
0, quelle que 
I nous (I [lani 
m dos coupes 

(lent do bonne 
! vide plus ou 
urs cependant 
poslérieuro 

ri(|uo seplon- 
ccrlnincuienl 
' rii|iprocJiant 
Les Ours do 
lelles ol leur 
ircc. Ils coni- 
sur rilommo 




k 









^%. 



12 



Oni)HK DKS CAUMVOnKS. 



(|ui s'.v rnpporlont ('wilnidiil les plus grands Ours en dinioiisinns 



molaire supérieure moins longue quo la leur, et le 

plus forte, trilobée 

sont encore eonnu! 

tiennent par const 

partie. 

Nous ne di-criror 
comme nous i'avo 
soit la valeur des c 
snflisant d'indiipier 
génériiiues dont ils 

1 . Les 1 II s eu 
heure une ou plus 
moins considérabk 
la première |)nir(s ( 
des canines. Ce [n 

Or us FÉiiocE 
Irionale , depuis le 
différente des Ours 
à certains égards 
cette espèce sont 
nourriture consist 
battent souvent l( 
lui-même, 



mais elles avaient la deriiièro 



ur carnassière de la même niAcl 



lonx' était 






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aient la (icriiirro 
K' niAclioiro tUiiit 



l'I. AMI. 




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KAMILM-; DKs I nsii)i:;s. 



Imv pcluRP est 011 nùum\ Kris ou gris hniii, loii" 



forts ; leur imiso/m osl un peu uIIoukô ; lour cnii 



•'t liioii l'oiinii; leurs miirIos sont 



l'on voit dans les Our 



le et leur ileotil 



13 

tres- 



iiiM ijiflerent (leu ilt 



ee ijuo 



M . ^""* "'"'"f"-*''"*; •""pendant, sous ce rapport «l sous plusieurs (mires e«s 

Onrs sont auss, de tous ceux .,ui vivent à présent, les plus voisins, 'par leurs c'd^^^^^^^^^ 
m. >m.,ues et par la ta.lle, des grands Ours fossiles .lans les eaverne^ eependan ,n 

an>n on,l.e co.n„,e la plupart de ces derniers; et. sous co rapport encore, ils r s ! 
I lr*nl plus p u .culierement a ceux que (;. Cuvier nommait Arcloïdes. Leur taille n'est pas noa 
plus tout h fait égale à ,!ello de (-es Animaux ' 

(Jn ..k dans leur Voya,,,' nu Mmouri. Ord les a appelés Ours hovrihU-s. Smith e Wilson en 

ccml,('). M. (.ray en fait le type de son genre Dnni« - v "« 

Il existe au Kamiel.atka .les Ours fort seml.lahl,..; à c<.ux dm.t nous parlons ici et il v m 

.e „>^me au Japon; peut-Atre sonl-ils .le la m.'.me esp.'.ce. Ils devieinen ■ lement tn' 

forK I ans ..ertaines contnîes montagneuses du Japon, ils atla,,uent les" ufs s" r^ ei 

\>m\\ i( s (?ngHUsser : on les mang.! ensuit.'. 

L'Ot^ns o'EunoPK {Ursus arclos, Linné) est trop connu et il a été trop bien .lécrit par 
B ff. n pour que nous insistions sur son histoire. On sait .,ue c'est un Animal so a^ 
vit .lans les ho,s principalement .lans les pays .le montagne, et .,ui se iZ | , lu 
mauvais,, saison dans .les cav..rn.« où il tombe dans une ..pè^e .1,. somm ^^tl r ^ h 

l'ris j.,.une il appren.l facilement à exécuter certains tours; aussi le mo„tre-t-on .lans les 

que 1.M, Rlient captifs dans des fosses, comme cela a lieu .lans la plupart .l,.s -^an.les 
ménageries, y prospèrent et s'y multiplient. Leur inlelligenco est assez fi.e p r l 'i , '. 
prennent . rapp.,r.s .pie le public cherche à établir avec eux et, .lans la c Zi. . o| ; 

-Ile .les ours noir " 'l l^ ^ K a , .^IT'o" '""'"; ^'"^ "' """^ ""'"'^•^ ""^ 
des Alp,.s et des Pvrén.Vs C. ,1 'i ' " ' ^ ^ ^' '" ' '""' ''"'' '"""^ ''"^'■'"'•^^ '••^"'""^ 



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14 



(HihMK i)i:s (;ahm\()I«ks. 



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OH'cniios, (liiiis It'N CoiiiirrcH et iiillciirH. Il u'.v a «lu-ro pliH irmi s\ir\(< «m'iln mil ilispnni 
liiiiis les V(is«f,s, cl li'iir iprôsciicc, à une i''|io(|iie assez |ieu reeiilée, ilaiis les (léveiiiies, (de, 
(!sl nlteslt'-e par ceilaiiis déliris hieii cerlaiiieriieiil ilijféreiils de eeiix rlu u;raii(| Ours des 
cavernes, <|u'ils ont laissés dans lo sol de plusieurs localilés. 

On cDUsIale aussi (|u'il y a eu en .\n«le|erre des Ours seiidilal)les à ceux <|ui peupleuleiirore 
Hetuellenïeiit les grandes iMontaKiies et lieauioup de finèb du eitnliueiil; mais depuis assez 
iiiuKleuips il n'y eu a plus dans co pays. Toutefois, leur ileslrut;liou ne piu'alt pas (Mro antérieure 
à la fdhilalidii de l'I iiiversité d'Oxford (I), et de lllaiiiville nicoule à eet é;.'ard la cmUiiiiie. 
assez bizarre d'iiilleiu's, ipii se serait enuservéo à Oxford niènii', et (pii consiste à porter 
processionnellenieiil dans les rues, lo jour de Noël, uno télo «l'Ours couronnée. D'après 
HIaiiiville, on attriliue cet usajro à ce ipriin professeur de celle célèlire I niversilé ipii se pro- 
nieii.iil ilans la l'orèl de Sollowiier, en lisant Arisjole, fut altinpié par un Ours, et (pi'il (uil 
le courage île l'alteiidn! <le pied ferino pour lui enfoncer le volume dans la «ueule en lui 
criant ; Mttnijc , c'eut du gn-v 1 

l/rrHKH priscvH des paléonlolo^isles , dont les ossements se remonlrenl dans ijuelipies lieux 
oii il n'y a plus maintenant d'Ours vivants, parait n'être (|u'une simple! race, et l'avis de 
pHisipie tous les auteurs osl que l'on doit le rapporter à l'espèce des irsits antoa. Mais ou sait 
aussi (puî ces derniers préseiiti'iil des dilïéreiices suivant les localités oii on les oliserve. deux 
des \sturies et des Pyrénées [l'inus pijriiKiiciia, V. (luv.) (/7. A///) sont |)lutùl ;j;ris ipie liruiis, 
et, dans le jeune A^c, ils n'ont pas le collier lilanc ipii dislinmie les. (htm bniiis dva Alpcn; ils 
sont <'ii même lemps plus petits. Il n'y a pas non plus de collier cliez les Ours de .\or\vé;,T, 
auxipiels F. Olivier adonné le uiiimy l mus iiurwi-fjiciis ; mais ( cite nianpie reparaît et persiste 
pendant toute la vie dans l'Ours do Sibérie {imus collnvin, V. Ofl^.), oii elle a mémo un 
développement l)icii plus coiisidénilile ipie dans les races oii rv collier constitue une livrée 
disliiK.'tive ; le,-> naturalistes du Nord séparent "iicore une autre race ou espèce smis le nom 
d'Ours fourmillier (/ mus foriiikuriiis , Kversinann) ; enfin les Ours de Hiissie et de l'clo^'iie. 
(|Uoii|ue moins diflerents de ceux des Aljies, paraissent former aussi une catégorie à part. 
Ils sont en ijéiiéral plus forts ijue les autres et leur longueur peut dépasser I inèire et demi. 



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Ol»;. BiHS IH . Si l'I-, I l'i il'' l.illl 



'1! l.a rOllil:itioll (11! !'l"|)|vi'lvilr li'Os 



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.l'i'll. :MIN )II'I'IH1ITI>- ;imii-fi llll '.UllMl'Ui' 



is oui iliHpnrit 
venues, etc. , 
lui ()u)> tk's 

•U|ileiiti'iienie 
(le|iiiis lissez 
'tre anlériourc 
I lo e.oiiliiiiie, 
iisle ù piirlei' 
unie. I)'(i|)rés 
té ijiii se pro- 
, el iju'il eut 
;;iienle cm lui 

piel(|Uos lioux 
, el l'iivis (11! 
. Mais ou sait 
nliserve. (!enx 
ris (pi(> lii'uiis, 
(tua Alpes; ib 
i (le .\()i'\N('Ke, 
(lît el |iei'sis|e 
e il niérric un 
ne une livrée 
siius It; iiiiiii 

lie l»i>l()^'Ue, 

'j^diie à pari, 
lélre el demi. 




llli' siCi'lf. 




Variété de Sibérie. 



I I 



\1\ 



f 



I 



i 



FAMILLR DES IRSIDUS. 



15 



D'aprtjs M. Xorinanii, les Ours du Caucase soiil bruns, mais plus petits iine ceux de la Fin- 
iando et des autres pays du Nord. 

Différents auteurs voient là autant d'espèces à part; mais si l'on cherciie dans rosti5olog:ie 
ou dans la dentition de ces \nimaux des iiaraclères certains pour isoler nettement ces [)ré- 
tendues espèces les unes dos autres, on éprouve un véritable embarras, et ici, comme dans 
tant d'autres cas en zoologie, il de^■ient diflicilo do décider si l'on a affaire à des espèces 
véritables ou simplement à des races distinctes, dont ni l'influence de l'Homme ni celle du 
climat ne peuvent pourtant nous expliquer la formation. Nous nous bornerons donc à con- 
stater les faits, et, jusqu'à ce que la question soit mieux élucidée, nous laisserons de côté 
les discussions théori((ues auxquelles les observations analogues ont si souvent donné lieu. 
(".es di\ers Ours se ressemblent d'ailhnirs entre eux bien plus qu'ils ne ressemblent à ceux 
que nous en séparons comme espèces véritables. [Is vivent aussi dans des conditions plus 
semblables, et leurs habitudes ne permettent pas non plus do les séparer nettement les uns 
des /lutres. 

In autre point reste à éclaircir. Ya-t-il des Oui.- e^ Af.iquo, et sont-ils de la même espèce 
que vrrsm mrtos? C'est une question à laiiuelle il est encore difficile de répondre avec préci- 
sion. Quelques auicurs en ont signalé en Nubie et en Abyssinie, mais aucun des voyageurs 
(lui ont récemment parcouru ces deux pays ne les y a vus, et tous s'accordent à nier qu'il 
y en ait réellement. De leur côté, Sliaw et Poiret font mention d'Animaux de co genre 
dans les montagnes de l'Atlas; et malgré cela, depuis oientôt vingt-cin(| ans (pie le nord 
de i'Afri(iue est occupé par les Fran(,'ais, pas un de ces Carnivores n'a été obsf^rvé sur aucun 
des points visités par nos troupes, (it on n'en a pas vu davantage ailleurs, dans le Maroc, 
par exemple, ou dans les Étals de Tunis et do Tripoli. On est donc conduit à douter qu'il y en 
ait réellement dans la région barbaresque, (|uoique l'abb(' Poiret dise dans son livre sur la 
ll(5gence d'Alger : 

^ « Le elimat brôlant de l'Afrique ne convient pas à l'Ours, qui ne se plaît qu'au milieu des 
neiges et des glaces. Cependant , comme le mont Atlas s'élève très-baut dans le royaume 
d'Alger vers celui du Maroc, et (jue plusieurs montagnes sont couvertes d'une neige pres(iuo 
continuelle, les Ours bruns y liabitent. [Is sont tr(\s-carnassiers. Quehiuefois ils descendent 
dans les plaines. Pendant mon séjour chez Alij-Boi/, à la Masoule, un \rabe rapporta lu peau 
d'un Ours ([u'il avait tué à la chasse. L'opinion que l'Ours lance des pierres, (luand il est 
[joursuivi, est admise chez les Arabes comme parmi les peuples de l'Kurope. llet Arabe me 
montra une blessure qu'il avait reçue à la jambe, étant poursuivi , disait-il , à coups do pierre 
par l'Ours dont il rapportait la dépouillo. Ce rap[.ort ne me convainquit point, étant InVs- 
possible <|ue ce chasseur, poursuivi par l'Ours, ait fra|)pé le pied contre ([uelque [.ierre, et so 
soit blessé en fuyant un ennemi trop à craindre pour laisser de sang-froid le chasseur (pii 
l'attaque. » (Poiret, Voyage en narbario, partie I. p. 238; 1789.) 
Au contraire, la présence des Ours en Syrie est un fait incontestable. 
L'Orus ni: Sviuk [IJrsus Syrinciis d'IIemprich et Ebrenberg) habite le mont Liban, et 
(V's naluralist(!s, qui l'ont d('nommé et décrit, font justement reniar(|uer (lu'il est connu 
(i(>l>uis bieiL longtemps, puis(pril en est question dans la Uihie. David, dans le Livre dos Itois, 
dit (lue, lorsqu'il gardait les troupeaux de son père, il tuait les Ours et h^s Lions (pii v(^naienî 
pour enlever les brebis; et il est ('gaiement rapporté, à propos du prophète tUsvK, (lue non 
loni de Jérusalem, dans les montagnes de la Palestine, et près d(> Bethléem, deux Ours se 
jetèrent sur une troupe d'enfimts (jui les avaient insultés, et qu'ils n'en dévorèrent pas moins 
de iiuarante-deiix. 

L'Ours du Liban est un peu inférieur en taille à celui des Asturies, mais il est d'une teinte 
pncore plus pAle; sous ce rapport, on pourrait le mettre an nombre des Ours blancs terrestres 
.io»t les auteurs ont pari.-. Sa couleur est cendrée, un peu nuancée de cannelle; ses oreilles 
s élèvent noloblement au-dessus des poils ik sa tète; le dessous de son corps est plus clair 



Il 



^! 



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^^> oiinnu i)i:s (:\ii\i\(Hti:s. 

i|Ufi lo.lossiis. Coït." ospnv,' a et,;. (|ii(.!.ni(.f„is umonét, on Kurop.'. nous l'nvons viio vivante 
dans le Jardin /()()lo;i:i(|no de Londres et à Paris. 

On a (|iiel,|ne inc.Mlilude au sujet des Ours blancs terrestres dont les anciens ont parlé, et 
co ipie liul'l'on dit des mêmes Animaux no s'est pas entièrement vérilîé. 

Arislote rappelait que de son temps on en si-nalait dans la Mysie, qui répond à l'Anatolie 
actuelle et n'est pas trés-éloignée do la Sjrie. 







lll us liH Svuii;. I/J) il,. ..-ivii'l, 

Hnffon a consi.léré ,|ue l<>s Ours t)lancs terrestres sont d'une espèce diflerenle de toutes 
l.'s autres. „0n les trouve, dit-il, dans la (irand.. Tartarie, en Moscovie, en l.ithuanie et 
dans les autres provinces ,|u Nord... P.,urlant les dernières ohsorvations des naturalistes ont 
lad von-.)ue si certains Ours de ces contrées sont moins foncés .,uo les autres en couleur, 
-t que SI parmi eux, comme parmi ceux .les espèces aujourd'hui reconnues, il se rencontre 

même des individus accidentelle ,iit affectés d'alhinisme, on ne doit pas v voir une espèce 

réellement .listincte. La même variation s'observe chez l'Ours du Tliibet, <lont M. de Siebold 
a vu au .rapon un individu ton! à fait albinos; elle peut se |.résenter aussi chez les Ours «lui 
liMlMlent I..S montajïnes .1.. r^urope occidentale. Ainsi M. le profc-sseur lia/.in, .le la Fa.'iilté- 
des s.'iences de JJordeaux, a décrit , dans les Ados de la Socléh: lAnuéoHUv do la même ville, 
un Ours pivsque albinos, qui a été tué en 1811 dans les monta-nes .jui avoisment Bagnères 
de Ludion. Disons cependant (pnl existe dans les monl^ Ilimalavas, et par conséquent à [.eu 
de distance do la Tartarie, .,ue Buffoii cite parmi les pays où Ton rencontre des Ours blancs 
l.'iTestres, des Ours de couleur assez pAle et (pie M. Ilorslield les a décrits comme étant 
d nue espèce a part, à la.pielle il a im,)osé le nom d'Ouns isabkllk {Vrsus isalwllinus). 
La Société zoologKjue de Londres en a possédé un exemplaire en 18.19. Cette observation 
nderessante justifie donc, on partie, l'indicution reproduito par lîuffoii. 

2. Dans les espèces (pii suivent, les fausses molaires sont persistantes. 

L'Oi Ms or TiMiu T {rrmis Thibelmius, V. Cuv.) est noir, avec un., tache blanche en Y 
pla.MM" sur !.• haut .le la poilrin.s 1.. menton el la fac.^ interne .les bras étant .1.. coul.uir 
blan.-!i.>; s;, f,„r- est [tins elaiiv ipie l.> reste y\M son c..ip>. Il iiabi(<> principalement la cliaine 



FVMILLE DES I nsiDÉS. 



wons viK; vivante 
.'ions oui parlé , ot 
poiul à l'yVnatolie 



17 



;M dos monts Ilinialnjus, mais on lo trouve aussi dans les îles du Japon. Si l'on exce[)tc l'Ours 
■^ isal)elle, c'est l'ospùco asiatii|uo (pii se rapproche le plus des Ours d'Kurope par la taille et 
■;;|- par les caractères zoolofïiipies. 

■■ l.'Oi ns i)'A.MKnii.)i;K {('mis Amcricaiiiis , Pallas) est noir, sauf sur lo museau, (|ui est 

fauve; il se distingue aussi des Ours européens par (pieUpies détails de la forme de ses pieds 
et de sa tête; sa taille no dépasse guère celle de la variété dite des Asturies. L'Ours d'Amé- 
rique, aussi appelé Ours noir, liahile livs fonMs d'une grande [)arlie de l'Ani('ri(pie seiitentrio- 
uali'; il so nourrit surtout de fruits, de glands, de racines, d'oiseaux, d'œufs et de n)iel : il 
attaipie parfois les autres (juadrupèdes. Ou conserve sa cliair pour la nuniger; sa graisse est 
emplovi'e à plusieurs usages, et sa fourrure est préférée à celle des Ours ordinaires de l'Asie 
et de riîuroiJe. Eu 1798 , le Canada a fourni scnl 2,100 peaux d<! cette espèce. 



ïérenlo de toutes 
, en Litliuanie et 
s naturalistes ont 
Jtres en couleur, 
S il se rencontre 
V voir une espèce 
)nt M. de Sieliold 
chez les Ours ipii 
in, de la Kaculti' 
rie la mémo ville, 
)isinent Bagnères 
conséquent à |ieu 
des Ours blancs 
■ils comme étant 
>'siis isaboUinns), 
letle observation 



lie blanche en Y 
étant de couleur 
lemenl la cliahK; 




Oins D'AiiÉnioir, 1/21 d' uninl. 

3. L'espèce dont nous allons |iaiier malutcnanl a les membres plus élevés et la lèt(î [.lus 
allongée (pie les autres. C'est le type du genre Tll M, viiCTOS de M. Cray. 

Oiiis nr.ANc {Imin inariliinm, Linné). Cette grande et curieuse espèce a le pelage 
très-fourni, entièrement iilanc ou i,lanc JaunAlre. Sa gueule est noire intérieurement, et ses 
yeux sont d'une teinte foncée. Elle est élevée sur jambes, et a les pieds robustes; son corps 
est allongé, surtout en avant, et sa tète, (pii est [.lus (ine (pie celle des autres Ours, est 
proportionnellement plus étroite et plus longue; la manière dont elle est support(-e par le cou 
est également assez particulière, et les mouvements continuels de balauc(!ment (pie l'animal 
Un fait subir ajoutent encore à son aspect singulier. L'Ours blanc, qu'on nomme aussi Ours 
polmrv et vumlunc , est essentiellement aquati^pie; il habite les régions du p(Me arcti(pi(-, Ou 
!(• voit au nord de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique, soit sur les C(jtes, dans ces tristes 
régions, soit sur les glaces llottanles. Il se nourrit do l>lio(pies, do Poissons et de (piel(|ues 
autres sortes d-Aniniaux marins; il atlaiiue même les jeunes Haleines. Quebpies individus, 
transportes par les gIa(;ons, viennent échouer sur les eûtes do l'LsIande et de la Norwégo; il 
parait moine (pi'ils traversent nccidcntollomout le détroit (l(i Bering, et qu'on on a vu jusque 
'Inns 1 archipel du Japon. D'après Ao< documents recnoillis p.ir M. do Siebold , il m aurait été 
ainsi pendant l'aninje 1«9(). 

Il*-' PAimr. q 



18 



OUDHK DKS (".AHMVOUKS. 



Ia's Oins liliiiics iici|iiiùn'iit de ^liiiido iliniciisidiis. Cfiliiins iinlividiis n'ont |i,is niniiis du 
doux niotics di' lonuui'in-. Co sont d,'s \niniiinx I'diI rcilonlalilcs, siirionl ponr les [m'UIus 
cnilian^alinns; nniis, en coniiH'iisjition , (in peut ni.nijfcr li'nr rluiir, l't Icnr iicni donnn une 
cvccllonlo ftJininiv. Los cin'.iclrrcs <\w' nous Icnr avons fiitribni's pins liant, et ipicNpu's 
antres tirés de la forme de lenr crAnu iiui est nolalileinLMit alloiip', ainsi (pie (1(; U'.m dentition 
où la deuxième pairo de fausses molaires est caduiiue, justifient la distinetion t;(Mi(!ri(ine dont 
ils ont été l'objet. 







-— .—-«n»-. 






Oi Ils 111 t\r. IITi il ■ Ki-nni', 

Les Oms Mancs ne passent pas loule l'aniuV à la mer; en été, ils vieinieiit à terre, si! 
répaiidciil dans les liois, et mt'^leiil alois des substances vt'w'tales à leur alinieiitalion. Ce no 
sont pas (les Animaux très-rourascux ; et s'ils atta(pieid l'honmie, ils aliaiidoiinent bietd('it !(! 
eondial lorsqu'ils sont blessés. Onand les neiy:es ont recouvert le sol, ils retournent à l'Occ-an 
ennnenant ;»vec eux leurs petits, et ils se réunissent alors en nombre plus ou moins consi- 
diM^able. Ce sont les seuls Animaux du inèinn ^ironpe cbez lesipiels on remar(|ue des dispo- 
sitions pour la sociabilité. On en voit (jueltpiefois dans nos ménajîeries, mais le plus souvent 
ils y souffrent de la ebaleiu', et on ne les conserve ipi'en les miHtant auprès d'un bassin, 
ou en leur jetant jilusieurs fois par jour di's seaux d'eau sm- le corps. Leur appiu'ence liale- 
tanle et les mouveiuuuts de balancement (pi'ils font ex('cut(;r à lenr tèt(! et à tout leur train 
de devant les rendent fort sin^'uliers. 

■1. Le izcnre Pn()<;ilii.i s maïKjne de la paire inlermiMliaire des incisives sujx'Tieures; 
il ne compi'end aussi ipi'uiie espè('e : 

Oiiis joN(;i.i:i li (Iraus hibiatun , lilaiiiv. i. Il est facile de l(> reconnaître à son pela;,'e 
long, noir et luisant, diHeloppé en forts liou(piets sur l(;s on.'illes; à ses ongles fort grands; 
à sa face allongée; à son nez proéminent et à ses If'vres longues et UKdiiUts. Sa pairie est l'Inde 
continentale. C'est une esjicce ess(.Mitielleinent fruyivore, et dont les dents incisives sont plus 
petites ipn> celles des autn^s. La chute précoce des deux incisives intermédiaires de la mâ- 
choire supérieure laiss(> même un intervalle entre les deux paires latérales (|ui sont per- 
sistant(rs. La facilité avec Ja(pjelle on apprivois(> ci.'t Ours l(! fait reclierdier par les bate- 
leurs indiens, et la variété des toin'< (pi'il exéiiile lui a xalii le nom d'Ours j(tnt:!eur (jiie 



% 
I 



(Hit |i.'i'^ moins ili! 

|mlll' les pclitcs 
' iioMi «loimo une 
iuil , et iiii('l(|iK's 

ili; l(Mir (Iciilitioii 
•n îj;(Mi(!ni|iie dont 



'f. 
■I 




lient à (('l'i'i', SI! 
UMiliilidii. (le no 
inient hictiirit li; 
irncnt h l'Océiin 
111 moins consi- 
n'(|ue (les (jispo- 

lo plus souvent 
es d'un liiissin, 
<i|i|)inciic(' imlc- 

tont Iciu' truin 

es slip('iii;un's; 

i! à sua peliiffo 
les fort iji'ands; 
liiiliie est l'Inde 
isives sont pins 
lires de la niA- 
■ i|iii sont per- 
■r piM' les liiili;- 
s joMiilinir (jue 







"■"^"^'^'H^ 



du Bengale. 



FAMILLE OKS inSIDÉS. |o 

beaucoup de iiuturulistes lui ont conservé. Il atloint à pou près lu taiilo do l'Ours des Asturics, 
qui est, comme on lo sait, moins gros (juo los autres Ours européens; il est d'ailleurs plus 
lar^e du corps , et fort différent [)ar la filu[)art d(; ses caractères. 

Ln Ours jongleur entièrement dépourvu de ses incisives (pii avaient été arrachées pondant 
qu'on le montrait dans l'Inde, ayant été conduit vivant on Europe, vers la lin du dernier 
siècle, fut, à cause de l'absence même de ces dents, considéré comme une espèce do mam- 
mifères Édcntés. Los naturalistes d'alors, litméons malencontreux, s'c'Iant rajjpolés que pour 
Linné tout Mammifère Édonté était caractérisé par l'absence dos incisives, considéreront cet 
Animal, alors nouveau pour eux, comni(> appartenant à cet ordre, et il fut d'abord enre- 
gistré dans la science sous lo nom de P.utKssia x Ounso.\ et UnsironME {Bradypm 
Ursinus et Ifrsifonins). Cependant lui examen plus attentif et une plus justo appréciation 
des caractères zoologiques devaient démontrer ipie cet Animal n'avait rien de commun avec 
los Bradypos ou Paresseux. De Blainvillo fit connaître, on 1817, que ce n'était réellement 
qu'une es[ièce d'Oiu-s, et tous les autours qui sont venus après ont admis cette rectification. 
.M. Tiodemann la fit aussi de son côté, mais en 1820 seulement. Aujourd'hui on accepto 

que l'Ours Jongleur constitue un genre à part dans la famille dos Ursidés; ce genre a reçu 

|,lusi(!urs noms : Chondrorhyuchus , (J. Fischer; Proc/iilus, llligor, et Melursun, Mejer). 
Ouoi(|ue moins redoutable (luo les Ours ordinaires, l'Ours jongleur est cependant" loin 

d'ètro inoffensif, et l'on se ra[»pello, au Jardin des Plantes, iju'il y a une vingtaine d'années 

un jeune préparateur atta- 
ché à rétablissement fut 

fort maltrait('' par un tje 

ces Animaux (|ui paraissait 

très - familier et dans la 

cage duquel il s'était im- 

prudonmient introduit. 
5. L'es|)èce qui n'a ()U(' 

I molaires en série conti- 
nue à chaque mâchoire a 
servi à former h; genre 
IlKl.AnCTOS. 

C'est rOiiis MALAIS 
{IJrsHts iiKiluyaiuts , Ilal- 
fles), ou VOurs curys/ii/c, 
VOiirn des cucoliers , viv. 

II est petit et il a le pelage 
d'un beau noir luisant, 
sauf sur le haut de la poitiino oii il porte 
un croissant de couleur blanchâtre. Dans 
le jeune âge, il a de plus une tache fauve 
pAle au-dessus do chaipie œil. (Sa tète 
est |iros(iuo arrondie et ses fausses mo- 
laires sont persistant(!s ; il n'en a (pn^ 
deux paires à chaque niAchoire. Cet Ani- 
mal sert do iyp(> au genre llclnrclos de 
M. Ilorsiield ; il est à peu près gros 
comme le Dlaireau , mais il est moins 
bas sur jambes et son corps est moins 
allongé ; si langue est for! extensible. 
On le rencontre dans les lies de Sumatra 

■ "*■•■■■ ''E I Ol B- MAI.AC, Il A^ 




" viiits i,K i,(»i „„ MIL US, :)/( ,1,. giiimi 




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Pi l'i S i 

M' t i i '« 

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20 



ORDUK i)i;s (;\n\iv(mKs. 



et (l(» llonu'o , cl , d'iii"''^ iiiicliiiics iiiilt'iii's, sur ilillrrcnls poiiils ilii (•(iiiliiiciil iisiiilii|iio ; 
iiiiiis il rcsic (|ii('liiii(' ildiitc siuis ce (Icrnicr rn|i|iiirt. Il }j;iiiii|i(' sur les arlnrs, et eu paili- 
cnliiT MIT les |iiiiiiiii'is ou ciMoticis, avec plus d'ii^'ilitc' ciiconMiui' ne siiuriiit'iil le laiic It'S 
aulri's Oins, 




Dans les nir'naK<'ii<'s, il s(; iminlri! 
assez doux cl très -soumis, l n do 
ces Animaux, (juc nous avons vu 
domièremciit au Jardin zoolo.uicinc 
d'Anvers, passait la plus Ltraudo 
partie du jour ù remuer entre ses 
pattes et par manière de distraeliou 
ime assez, grosse pièce de liois (|u'il 
tournait et retournait dans tous les 
sens. A l'étal libre, l'Ours malais 
so nourrit ipriueipalemeut de miel , 
et, à cet effet, il dévaste les nids 
des Abeilles sauvages. 

fi. I-a deriiière espèce n'est pas 
moins diffé'rente , sous certains l'ap- 
[lorts , (|uoiipi'elle ait y molaires 
(bnis l'àiit' adulte. On devra en faire 
aussi une section particulière, (pio 
nous nommerons TUEMAUOTOS. 

Oc as onNK {irsus urnnhis, F. 
CiUvier). H a le pelage lisse, assez 
luisnnt et noir, sauf à la face et au- 
dossus des ,yeux(iui sont d'un fauve 
sale, et aux parties inférieures (pii 
sont l.danciiàlres. C'est une espèce 




I 

■4 






Oir.s nr.xr., 1/25 .lo uuii.i 



FAMILLR DES VIVEniUDl'lS. 



iiii'iil <)si<itii|iio ; 
es, cl fil |itirli- 
lioiil le l'iiiii' li'.s 



SI 



^-:^^ 
^^^ 











nsscz petite, à corps loii;,' d'iiii mi'lio environ et (pii so disliiiKiio [lar (|nol(|UPs cnraett'ros liioii 
tniiiiilii's. Son crAiie a uiio foriiu) (|ui lui ost propre; ses l'iiiisses inolaircis sont persistantes, 
et son immériis est [lercé d'un trou suscondylir-ii ipii niaïupie à tous les autres lirsidés. 

I/Oiirs orné vit dans les nionta^'iies éJeviVs du (lliiii, du Pérou, de la Holivio et do la 
Nonv('llf,'-(;renaile. <Jne|(pies aiilciu's rai)|(elleiit ()hi\s iIcs C.iirdilli'rvu ; niais il y a dans la 
jiièine chaîne, partieulièrenient au Pérou , un Ours assez différent di- eeliii-là, dont un (exem- 
plaire vivait il y a ipiehines années dans la Méiia^cerie du Muséum, M. Tsidiudi, ipii a drossé 
une liste des Maininifères (pii lialiilent le Pérou, y si^jnale aussi une espèce d'Ours différente 
do l'Ours orné; c'est son l.'rmis fnif/i/cffus , dont le nom vent dire clierclieur de fruits. Il eu 
donne la description dans ion /■'aiiiiii j/unidita. 



FAMILLE i)i:s VIVEI\Kll)i:S 

Cette famille se compose d'espèces moins grandes que celles de la précédente, mais infini- 
ment jdiis nomlireuses, et parmi les(pielles on peut étahlir une ^;rande diversité de coupi-s 
génériques, (les Animaux, (pii ont tims ipielques rapports dans leur foriiio extérieure, dans 
leurs lialiitudes et dans leur organisation, avec la Civetto ou avec l'ichneumon, sont tantôt 
plantigrades, tantôt, au contraire, plus ou moins digitigrades. Tous, sans exception, ont, en 
arrière de leurs dontii carnassières, supérieurement, deux paires, et inférieurement, une paire 
de dents tuborculouses; ces dents sont proportioniKslloment moins fortes tiuo celles des Ours, 
et leur apiiarence est qnchpiefois un peu insectivore; c'est ce (luo l'on reconnaît à l'élévalioii 
plus grande des Inbercnles (jui surmontent les principales d'entre elles. 

Certains goures (1(! Viverridés son', plus omnivores (d |tlus plantigrades (|ue les autres, ce 
qui les a fait classer fréi|uemment à la suite des Ours et dans la mémo division sous le 
nom de carnassiers plantigrades. Nous en formons une seule tribu; cependant ils se res- 
seniblont assez peu par leur a|)|iarence extérieure! pour (pi'oii puisse les séparer, comme ou 
l'a qnelciuefois proposé, en autant d(î tribus ou à peu près, qu'ils forment do genres : ils 
ré|ioii(leiit à la plus grande |)artie des Sulmrsns do Blainville. Nous les nommerons à cause 
do cela Siibursi/is. D'autres Mverridés constitueront une seconde tribu sous lu nom de Vivcr- 
riiis et les derniers, ou les Mangoustes et les genres voisins nous en fourniront uno troisième 
sous le nom do Mangustins. 



TIUBU Di;s SUIUjRSINS 

Si l'on relire des Siihiifms do IJlaiiivillo certaines espèces telles qac lo IMaireau et diverses 
antres que leurs caractères semldent devoir faire réunir aux Muslélid(!S, il reste encore cimi 
genres bien plus semblables aux Viverrins qu'aux Mustélieus, et dont nous parlerons ici. 
Ce sont les genres Kinkajou, J'iiiida, Jtaluit , Cvati et Iclide. 

(iKNUK klNK \.IOI [Ccrcok-pk's , llliger). Nous commencerons l'éludo do la nombreuse 
famille des Mverridés par ce genre, qui est fort différent des autres à plusieurs égards, et 
dont (pielqnes naturalistes font une famille tout à fait isolée dans l'ordre des Carnivores, un 
terme de jonction entre les Piimates et les Carnivores, ou môme un groupe do l'ordre des 
Primates. 

^ Olle dernière opinion a été pendant quehiue temps celle do F. Cuvier, et, bien qu'elle ait 
été abandonnée par son auteur, elle a été rei>rise par Lesson. Dans son Nouveau Tableau 
du règne Animal, ce dmnier naturaliste fait encore du Gercole|)te le dernier genre de l'ordre 
des Quadrumanes. 



I 



» ii 



In.' 
Il 



22 



onimi: i)i:s cminivours. 



(U'IK'iKliirit lo Cercok'iilo, (luoiqiic pourvu di' riii(| ,U)\<i[s i\ rUi\i\m ('xlr(<iniir', u'a h> pniiro 
(•[ipnsiilild ni en /i viiiit ni iii(''nir cii iiniiTo ; ses niiiincllrs ne sont (|n'fni nonihiv de deux (il lour 
position est in,i.'nin,ilc ; enfin, il .1 trois |iiiircs de doiils imisivcs à iliinpic iiiinjiojiv, w i|iii 
IVloIjino oni;or(' dus (JiiuilriimiiiKîs ou Prinuiles p(nu' le nipproclicr des Carnivores, l/eiiseinhle 
de son orf,'inils)ilion n(> permet juin de douter ipril n'ii|ipinlieini() au iiièine ordro i|Uo ces 
derniers, et s'il a dans son imliitudi' exh'rienre (pielipn^ ressenililiince avec les Sajous ot les 
Li'muridés , c'est parce iju'il vit dans des conditions analogues à celles de ces Animaux; cette 
' resseinlilanc(>, i|uoi<|ue éviijente, ne se montre d'ailleurs (pie dans les caractères tout à 
. fait secondaires, tels (pie la forme arrondie de la tète, la lon-iieiir el la disposition pn'liensilo 
dt! la (|Uoue, ralloiif,'emenl du corps et la nature laineuse du pelade. I,e Kiiikajoii vit, ou 
i t'ffet, sur les arbres, comme les |.éniiiri(l('s ou les Sajous, et sa f|ueue, à la fois volun dans 
^ t(Uite sa longueur et en partie prenante, lui permet de se tenir plus facilement sur les 
liranches au milieu des(piel|es il liahile. Ses pieds courts , planti-rades , à doi^'ts imnôs 
d'on;,des croclius et com|)riniés, lui servent aussi à se lixer el en même temps à arrêter les 
Oiseaux ou les autres petits Animaux dont il se nourrit en partie. |,e kinkajou est plutôt 
omnivore (jue rt'ellement carnassier; aussi joint-il aux 
substances animules qu'il peut se prnciu-er, du miel, des 
(eufs,dos insectes et surlonl des fruits. S<'s dents molaires 
sont même assez; semhlahles à celles des es|)èces fruj;ivores 
do l'ordre des Primates. Klles sont au nombre de ciik] 
paires à chaijiK^ miiclioire; les deux jiremii'res snpi'rieures 
et les trois premières inft^'rieinus ont l'apparence de fausses 
molaires ; les autres sont arrondies à l.i iiiAclioire sup('- 
rieure, ovalaires à l'inférieure, à couroiiiK^ i)late, et rap- 
pellent celles des Sajous ou des r.iieintmvs. Le ^(pl(.|(.tle 
des kinkajous présente plusieurs particularit('s iiiléics- 
saiiles dont on trouvera la description dans le ^'raiid 011- 
vra^'e de Ijlaiiiville ; leurs narines s(nit ouvertes sur les 
côtés d'un petit miille; leur lanj^ue est douce et tort extensible 
el leurs veux, (pii oui les pupilles rondes, sont assez grands. 




e V I~ IM k I \K *Ji,il , Kll ml IM'. 

leurs oreilles sont arrondiis, 







K t > K A 



, .(/l dr JMIVI, 



4 



I', n'a If pouro 
lie deux cl Inir 
iilioirr, Cl' i|tii 
'f's. L't'ns(,'iiil)l(' 

ordre f|iio ces 
< Siijoiis rt les 
\iiiiiiaii\; ri'ltc 
(iclrrcs (ou! ;i 
lion |in'lMMisil(( 
iikiijdii vil , on 
fois voliin (liiiis 
l'iivnl sur les 

iliii^'ls iirnié.s 
is à arrcHor les 
ijou est [ihilôt 




00^^^ 



nul arntndu !>, 



r WIll.M'; DKS \|\ F, Il [| II) l^; s. 23 

L'f'spi'.co niiii|ii<3 ilf (■<• K"iii'<' t)sl parli'Mdifrc aux ivKions rliandts do l'AiinMiiiuc, cVsl lu 
kiNK\j()i; l'orro {Cvrcoli-ptcH cinu/irulni/itH) , petit Animal assez gracieux, de cinileiir 
faiivo roiis^Aln,', |)liis sombre en ■lessu> .pi',;n dessous, et dont ra|)parence (ixlérieiire tient ù 
la luis do cnlle d.'s Sajnns ot des Clials. Il pusse la plus ^'rando partie du jour rnulô on Imulo 
et endormi; il ^mnipe avec une extrême facilité; il reçoit des naturels do la Nouvelle-Cirenado 
lo nom do r;w//«/Wy/. || vit aussi dans la (invano, au llrésil et au l'érou. Sa tailio est infû- 
rii'uro à celle du Clial. C'ivsl un Animal assoz doux ol 'pii ne mani|no pas d'intolli;,'enco. 

(ii;.MIK l»AM)\ (Mfnmi, V. Cmi.'r). Corps asx./ trapu, à pelade très-fourni;" pieds 
couris, jilantigradcs, pourvus (r(.n;.'les com|aimés; miU'hoires assez courtes ayant leur apo- 
physe coronoïdo très-montante; dénis molaires i dont la proiiiièro inférieuro est cadn<pie; 
les vrais molaires sujiérieures, fort diff.'rentcs de celles des autres Carnivores, ont ([uatrù 
poinles principales el de plus trois pondes externes supplémentaires ainsi (prune ijualrièmo 
inlerni-. Les iufériouros sont assez différoutes; reuseml.le du système dentaire a|.proelio pui- 
sa l'orme de celui de (pielques on^iulés onnnvores. 

1,1 Pwi.A i^ici.ATAM (,l/7(/mv fiilf/nis, V. Cuvior), «pii est rnrn(|UO espèce do co Ronro, 
est à peu près «ros conuno un Chat; il s(. distiiif^no eMérieuremenl par l'èlé-ancu! do sou 
poia-e .pii est en même temps très-fourni. Sa couleur KÔnéralo est d'un roux vif, passant au 
'J' **>"• 1<'- iii'-'inlires, pAle à la lè|e et manjué d'anneaux sur la (|uouo. 




l' vMn fît 1,1 lANT, i/ii il.' gnml. 

<;<'l \nimal vit .inns les niotlts Ifimalayas, et se tient près de la x-è'/um des nois.s perpé- 
tuolles. Son crAne, .,uoiquo d'une forme assez particulière, a copend.a.t .,uolquo analogie 
">.T colle du Kinkajou, et il paraît évident .pie ces doux ^omrs d'Anhnaux doivent être 
liipproches dans la nK'diode naturelle. 

CHMtK \Wr()^(Proc!fon, Slorr). Les Haloas sont américains comme les Kinkajous ot 
lo.mno les (,oal,s dont nous p:.rWons ensuite; il> s'étendent même hieu .iavanlago dans 



i I 



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I 

J 




2\ • onnnK dks «.aumvouks. 

rAmôri(|UO spiitunlriomilo ; oii en Irniivo iii^^mo tliins <lt's pnrlios ossc/. froides dn eu dcrnior 

cniitiiichl. Ils sont iil.iiili^'nidt'H, fitMi ^'hiiipeurs, el leur (|U(mi() ii't'st pin proiiiinln. Ainsi (|nn lo 

corps , (>llu est Kuriiio do poils bitMi 

fournis; lo nuiscnii osl (lu sans Atro 

ullongi'! ni nioliilo coniini* celui des 

Cniitis; les liiiMtudcs sont ossontiul- 

lenienl terrestres. l,es niiiniolles sont 

au iionibro de six et venlniles. Il y u 

sur chaque mAchoiro six [xiires do 

molaires, dont les trois premières d'en 

haut et les ijuatro promières d'en has 

sont des uvant-molairos, leur volumo 

va on augmentant; parmi les antres, 

la c.arnassiéro supérieure dirieri; peu 

des deux tuberculeuses ipii la suivent, 

et la cnrnassièro inférieun; ressemble 

beaucou|) à la dent placée derrièn^ 

elle; cependant elle est plus forte et 

d'apparence plus carrée, I,e' régime 

de ces Animaux est omnivore et leur 

nwn'che plantigrade. 

Los Ratons ont quobjuo analogie avec les BtairoaUK dans leur Ronre de vi(f, mais ils ont 
les formes moins lourdes; ils ont aussi les allures plus (lég,i!,'éos et mémo élégantes. Ce sont 
des Mamnnfères faciles à apjirivoiser et qui deviennent Tort gras. Il n'est pas rare d'en voir 
entre les mains de gens dont lo métier consist(^ à montrer (ptebiue animal étranger; une 
sim|ilo cbahu; ou même une eonle suffit pour retenir les Datons, car ils ne sont in farouches 
ni turbulents, et, imi général, ils se piêtenl assez coni(ilaisnnnnent an\ volontés de leur maître 
aussi bien qu'à celle» du public. On no distinguo avec certiludc; (pie deux espèces parmi ces 
Animaux, 

Le Raton- i, wf.ur {Prnrijon loldr) est ainsi nommé à cause de l'Iiabitude qu'il u do porter 
à l'ea» pour lus laver ou les tlétrempor, les objets qui servent à sa nourriture. 




DvsTS Dr U^Tos riMnirn, (;ni-il. no' 



1 



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il\ioN LA^EiH, 1,0 il'' tîniml. 



Ii's (in CD (IcrniiT 
iiiiti*. Ainsi (|ii(' lo 





■n-cl. r.a'. 

vio, mois ils oui 
■h'iiaiilcs. Ce soiil 
pus ran; <l'i'ii voir 
[lui (''tranger; une 

sont ni farnuclics 
ti^s (|(! leur nuiîlm 
espèces parmi l'i's 

le qu'il u lii) porloi' 



ÎMMII.I.I'; hK.S VIVKIllllhKS. J,v 

CVsl l'i'spiro (le |'\iii«''iii|iii> scpicntiioiiali'. Son pdaKc, ipti |i('iil dovciiir prosipic cnlitTO- ■ 
ment «ris, est plus liniiitin'lli'tiii'nt ifvis Imni. avi'i' ihi Itlaiic au iiniscau , un Irait Imm en' 
travers des voiix cl (jnclipic-. aniicinix fonces sur la ipK'Uc. Son corps a 0,(!(> cl sa (|ucuc(),2'». ■ 
C'est le /Ifirnwn des \iiKlo-\inéiicains. On en a séparé, conuno imliipiant dos espèce» dis- 
tinctes, ipiclipics individus ipn |tandsscnt plutiM coMsliiucr de simples variétés; ce snnl les 
l'rorijiin iiiimi et Pruri/oii pnoni. 
Le IUton ciiAniiii {Vvorynii cancrteoriiH . {',. Cnvier et K. (ieoffrny) doiil il osl quoslion 

dans les Suppléments de Hnffo si un peu plus fort ipie le- préci'dent et moins bien vY'tn. 

Ses poils sont en «ém'ral fauves, tuiles de i{ris et de noir, plus pAles en dessous et k lu fa(!0; 
les anneaux do sa ijuoue sont moins foncés. On la reniîiuilre dans les parties cliaudos do 
r \nM'i iijue, au liord do la nier cl près des lacs salés (|ui s'y ratlaclieni , oii il recherclie les Cruhcs 
et en l'ail sa principale nourriture; c'est ce qui lui a valu son nom d'espèce. Il appartient 
principaliMuent it la (iuvani! et au llrésil. 

(WiMtH COATI (^ii.viii, Slorr). Le corps des Coatis est assez allonj,'é cl leur lAlo ost 
étroite, prolongée m mi petit mutli' nu, cpii a lu rnoliilité d'un ^roin; leur ijuoue est proscpio 
éKule au tronc par sa lon^rneur, non prtMiante ol aiuiclée; leurs yeux sont |)elits; leur laii«uo 
est doucf! et extensible. Cus Animaux sont srimpeiu's; leurs pieds sont plantigrades et nrrnés 
d'oiiKlos robustes; ils s'en servent (lour saisir les objets (|u'ils veulent porter il leur bouche; 
ils boivent en lappanl comme la plu|)art des autres carnivoros; WnWm (|u'ils répandent est 
ilésasréable. Leur taille est à peu \m's é^ale à celle du Chai, mais, comme lo montre (;ollo 
courlis description, h'urs formes et leurs allures sont différentes, et ils sont bien moins 
«racieux dans leurs mouvements. Leur robu n'a rien do remar.juable; elle se compose do 
poils ass(!z durs, variés eu proportions diversos de roux et .le brun. L'odornl osl leur sons le 
plus perfectionné. Lour voix est un petit sifllemenl ou j^rognoment assez d(uix. lors(iu'ils sont 
contents; dans la colère, c'est un cri fort ai^^u. Les mamelles des Coatis sont au nombre do 
six, et chacune do leurs [lortées est do quatre ou cin(| petits. 

Le système dentaire de ces Animaux , de nu'mo (ju(> celui des Hâtons , du Panda , du 
Itentm-onMet du kinkajou, les distinguo très-sriremenl des Mustéli.lés plantigrades, tels'quo 
le Mydiuis, lo Blaireau, l'Arclonyx et leTaxidéo, nux.piels niainvillo les avait associés dans son 
(Mvonraphœ, sous le non» de Siibnrsus, et il b-s rap|)rocho évidemment des Viverrins. 

(1 Mst-ce pour celte raison (jne Limiée, dont les erreurs ont si si.uvent un ciMé rationnel, 
plafj/iil les Coatis dans son genre Vlvcrra, sous les noms do Vivurm nasua et narlm ? Nous 
n'oserions l'affirmer. Ce qui nous paraît évid.Mil, c'est que, malgré certaines analogies appa- 
rentes avec les Vwcrrn. b-s Coatis elles genres voisins soid de véritables pl.ntigra.b's ' 
auxiiuels les naturalistes modernes ont assigné leur place réelle. » C'est ainsi <pie dans nu 
d.s articles du Oictionnairo universel d'Histoire naturelle, nous avions apprécié l.>s affinités 
des Coatis, mais il nous parait aujourd'hui moins certain encon>que l'opinion de Linnée doive 
être abandonnée, et nous croyons indispensable de faire .leux parts dans les Subuisus do 
iîlamville. Les uns, plus ra|.procliés des Blaireaux, doivent être reportés avec eux parmi les 
Mustehd.js, dont ils sont les g.Mircs plantigrades et ursifornies; les autres ou les Coatis olc 
quoique n'étant pas de véritables Mverra, si l'on s'en tient à la .lélinition actuelle .les Civ'ettos', 
sont bien .les Animaux viverroï.les, des espèces appartenant très-probablement à ce groupe, 
mais plus plantigrades .p,e ne !e sont la plupart des Viverrins, et Linné avait sans doute mieux 
SUIS! leurs véritables ra(.ports qu'on ne l'a l'ail depui.-^ lui. 

Cmtains caractères .le la .lentition .l.>s Coatis, leur s-iuelette manquant cnlièremonl de 
(•lavi.,ule leur organe mAle soutenu par un os consi.lérable les isolent jusqu'à un certain 
point .l.!s (avetles et .les (ieneltes, mais ils ne justifient pas, comme nous l'avions nous-m.W 
admis, |..ur associatimi avec le Blain^au, ni leur adjonction aux Ours v.'ritables Linné a été 
nm.ns heureux, lors-pi'il a fait du Bâton une espèce .lu genre des Ours, car le Bâton a tout 
outnnt d aflMiib.-s avec les \iverridé, ,,uo l.;s Coatis, V.» .les principaux caractères des Viver- 

11'" l'AIlTIK. 

4 



26 



OUDHK l)i:s (JVH.NÎVORKS. 



I '* 




ridt^s est li'uvoii' on arrit'trp divs cariiassitTes , sii|jérieuiT,inoiit deux paires et iiifi'ricuroiiiciit 
iino paire do tubiTCiileuses. Cotto ijarlicuiarité no maiiquo in aux Coatis, ni aux Matons, ni 

aux Iclidos, ni même au Kin- 
kajou, et si ciie/ ces Animaux 
la carnassiéro perd en grande 
partie sa forme distinctivc pour 
ressembler à une tuberculeuse, 
eclto disposition est en iiarmonio 
avec, leur régime complètement 
onniivore. (letti! apparence n'est 
d'ailleurs <|u'uno sinipl»! oxaf^i?- 
ration do ce <pie l'on observe 
chez les Viverrins des genres I*a- 
radoxure (il (lynogalo , ainsi que 
chez [)lusieurs autres Viverridés. 
Cette distinction établie, nous 
dirons quoltiues mots de la forme 
particulière qui caractérise les 
dents du genre Coati. 

Los incisives y sont petites; les canines fortes et assez singulières : les inférieures étant 
recourbées en défenses, rap|iellent jusqu'à un certain point celles des Sangliers, quoique 
moins développées; les supérieures, très -comprimées, sont surtout renforcées au collet 
dans leur diamètre aniéro-postérieur ; il y a ■: molaires : les avant-molaires, pou cc^ . '- 
râbles, ont chacune deux racines; la (juatrième inférieure, (|ue Hlainville appelle priiinpnh, 
est dans ce cas; la carnassière supérieure a trois pointes émoussi'cs sur son bord externe et 
un gros talon interne; la ili.'uxième tuberculeuse de la même mAchoire est moins longue 
que la première de la mAchoiro inférieure; enfin la tuberculeuse inférieure diffère peu de la 
carnassière, dont les trois pointes antérieures sont surbaissées et dont le talon postérieur est 
large et tuberculeux. 




liiMs ui Cijïi! ll^ CoLoiimE. aruml. no!. 




Cii\rJ^ iiRiNs, t/'î Je grand. 



i cl infi'rit'uroiiit'iit 
ni aux lluloii.s, ni 
ni 1111*1110 iiu Kiii- 
îliez ces Animaux 
! perd on grande 
10 distinctive pour 
une luborculeuso, 
)n est en iiarmoiiio 
me complétornent 
to uppnronco n'est 
mo simple exagi!'- 
ijuo l'on ohsorvo 
•iiis des genres l'u- 
ynngale, iiiiisi que 
îRilros Viverridés. 
lion établie, nous 
s mots de la forme 
ui caractérise les 

1 inférieures étant 
angliers , quoique 
[forcées au collet 
l'es, pou co"^ '•- 
ppello priiiriiiole, 
m bord externe et 
est moins longue 
diffère peu do la 
Ion postérieur est 



^■^ 



^ 





FAMILLK DES MVKRRIDÉS. 27 

On a cmistatô l'existence des Coatis au .Mexi.iue, à la .Xouveile-Grena.le, à la C.uytuw au 
IJresil, au Pérou, et jusqu(. .lans la vallée d(! la JM.ita. Connue la plupart des Carnivores 
plantigrades, ces Viverridils sont omnivores, et, suivant les circonstances, leur régime so 
compose .rinsi'ctes, <ie \eis, de Limaçons, de fruits, i.U>, miel, d'œufs ou d.! petits \nimanx 
Leur caractère n'est pas faroucbo, et on les apprivoise aisément : aussi sont-ils communs 
dans l(.s ménageries. Dans celle ,1e Paris, on les lient avec les Singes, et l'Iiabitude qu'ils 
ont de grimper leur donne une certaine analogie avec ces \nimaux. Ouoiipie embarrassés 
dans leurs niouvements, ils ne sont |.as maladroits, et leur douceur jointe à leur curiosité 
qui a qu(;l(pie chose d'inquiet, en fait des Animaux assez intéressants à observer, MM. Ouoy 
et Caimard, F. Cuvier et plusieurs autres observateurs ont parlé des Coatis tels (lù'iîs se 
montrent en captivité. Azara, 1.! princit Maxiinilieii, elv., les ont étudiés dans leurs forêts 

Les auteurs admettent (pi'il v en a plusieurs espèces; on trouve, en effet, .lans la colo- 
nilion des Coatis .luelqnes difl\'reni'es .pii sont incontestables, mais il a été impossible ,|e 
reconnaître dans leur squelette aucune particularité <|ui justi(]<> les distinctions i^roposées Ainsi 
que nous l'avons dit [dus haut, Linné admettait déjà deux de ces espèces, et IJuffon di.(in-uait 
e Coalt nom-lire du Coati onliiiair... C Coati iioirAtre .,t le Coati brun mmiu ftmu) ,U' 
V. (mvier et de Desmarest. Le Coati roux ou Coati ordinaire {Viverm nariva, L.) est auiour- 
d hiu le Mmajmca. Le prince Maximilien le réunit au r-récédent, sous le nom commun de 
Coati social {^,m,a socinfh) , et il en sépare le Coati solitaire (Nastm solitarla) 

Quelques auteurs oui essayé d'appuyer ces distinctions sur des différences d'babitudos, mais 
le Conh sohUnro de Maximilien de- Neu-Wied, que ceiui-ci distingue spécifiquement de son 
Loai socuû, ne repose, .l'ainèsd'autnîs voyageurs, .pie sur des individus mAles, .mi, chassés 
de hnirs troupes , continuent à vivre éloignés des autres Animaux .le leur espèce Azara 
était d(5jtt en gar.le contre cette cause .l'erreur. Voici comment il s'exprimait : 
^ « On dit qu'il y a des Coatis .pii vont seuls, et ou les appelle J/aeffno (qui va seul) ou 
; Jllome; mais beaucoup de personnes croient qu'ils sont d'une espèce .lifférente .le celle .lu'on 
rappelle sim,.lem<3nt Couati. Les .liflcreii,..s .p.'elles assignent no consistent point .lans les 
couleurs, puisqu elles attribuent à l'un et à l'autre les deux poils cités, ni dans les formes 
ni en autre chose .ju'en ce que œ Couati mondé esi solitaire et .léparié, et avec des dimensions 
.plus grandes. .,uoique proportionnelles à .;elles du Couati ordinaire. Pour moi je suis 
|ersuade .|u',l n'y a qu'une espèce de Couati, et que la différence qu'on indi.,ue dans la taille 
.fepend do I Age ou du sexe comme aller seul vient de ce qu'il y a beaucoup ,1e mâles qui 
|bandonnant la gociélé, tAchent de rencontrer des femelles .lans les en.Lils écartés J 
mus Maximilum n admet pas cette manière do voir, même pour les Coatis des localités 
|bserv.,es par Azara . et , .•omme on l'a dit plus haut , il rapporte à son Cooli socuU les Coalis 
f ';;; - -"•^^^' -";"';r' :i"° >"■ C-ler et Desmarest regardaient comme au:a..l ,1'espèces à pari 
. ) après M. Tschudi, il y aurait m,%e cin,, espèces de ces Animaux au lieu ,1e deux savoir " 

#^lnd.), le Coati a „am,ks (/V«.«« viUata. id.) , et le Coati MONTACNAnn (Nasua 

uv 'si' "^ - T ""' '" '""'"-^ """^''^'"^ ^'" ^•'''•""' '" '-'-'•-' "'-t eomiu qu'eu 

^ L- J l.!r m'T ""'"? " e "• ''''""'' ^ ''' •''"'' '''''' '' ^"«"^ "^"'«»t ••'5'^"« »«"t 
»o ; H '" ""^"'•'^"^'"' "" ^"^'-"it «"^^i di«ti>'Kucr comme espèce le Coati de 

I oeinbie, .,u. présente, comme tous les Animaux .le la même contrée, . uelques Siv! 
I^^rences lors,,u'on le compare aux espèces analogues de la Cuvaue et .1 . Rré^- le Q^U 
A Colombie est le Nasua olivarca de M. (iray " 

O.^NRK ICTIDK {Ictides, Valenciennes): C'est avec raison .,ue M. Valen.Mennes a séparé 
P.na,lox«res, auxquels F. Cuvier les avait Taboni associés, les Viverri.lés du g in 

ïs^ n V 7: '"f 7"' f ""''^••«^'- ^'l '-'■ Mueuo ,M tungiu- el prenan,;; leur .'lAu est 
|ss.. difleiHit de cehu d-^s Parmlexuies et leurs molaire, sont plus arrondies, asso/peta^ 





28 OHUnK DKS CAnNIVOUES, 

émnussws ;i la couronne cX liabitucllouionl au iiombro do ;. Lour tlontilion in(li(|uo un n'j,'imc 
omnivore, et de IJlainville a invoqué ce cuructèro ainsi (lue plusieurs autres, parmi ceux «lui 
dislinguent les lelides, pour associer ces Animaux à sou groupe, suivant nous jieu naturel, 
des petits Ours ou Subitrsus. 
Les k'tides sont de l'Inde insulaire. \ 




l.ii iM 11' Un iiÉ , tji cl ■ '--.m-M 



III s rs 11 lin IDF. (ïniiicl. Il il. 



IcTiDE NOiB {Ictides aler, Valenciennes ) ou le Viverra benlurong de Haftles. 



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1 



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1 r I IDE \iin, 1,01 d-> Kinnil 



i(li(|U(! uti roginie 
, iiiiiiiii ceux ([ui 
>us pou iialurol, 





rilliil. iMt. 

de Haftk's. 




|^*«|. 




FAMILLE DLS VI VKIÎ III DÉS. 29 

Cet Animal est noir aveu un peu cl(; tiiiuelô yris sur lu liici; et iiux iiicriilires; ses oreilles sont 
péiiicilléos; son corps est long lio 0,00 et sa queue de 0,(i:>. L'Ielide à front lilaiic, appelô on 
latin Jctidcs albifrouti , a tout le polagi; jrns brun, connue noifioux. Ce n'est |ioint une osjjoce 
à [)art, mais seulouiont la fomellc de l'Ictide noir. Les jeunes ont aussi le môme mode do 
coloration. 

On trouve ces Animaux dans les forêts de Java et dans colles de Sunialra. 



TRUîli DES VIVEUHINS 



La deuxième Iribu dos Vivo^ri(!('s^ (ju les Vivorrins prof.rement dits, réunit dos os[iéces 
|)ius nombreuses que celles auxciuollos nous avons laiss(; le nom de Suhnrsins, imagin.' par 
do lilainvillo, et ipii rappcîjio une plus grande r(>sseml.ilance av(îc les Ours véritables. Les 
\ivorrins, dont la Gonolto et la Civette peuvent nous donner une idée, se partagent en dix 
genres , savoir : 

(:>j)W'J<ile, CirclU;, (Icnelle , lAntinnfj , Paradoxure , llmùgah. /ùijjlêro, yatidinic, Cnjp- 
tuprucie et Bassarin. 

Ces genres api)arlienn(*nt tous à runcion continent, sauf le dernier ([ui vit au Mexi(iue 
Plusieurs d'entre eux sont romaniuables par l'élégance de leur pelage. Ce sont dos \nimaux 
d un naturel sauvage, qui répandent, en géiu'ral, une for((' odeur de musc. 

CEMUi CY.XOCALE [Cunofjak.) Ce gein-e a été nommé on môme temps Cynuyalv [.ar 
M. Gray. LamicUs par de Bluinville, et Polamophihis par M. S. Muller. C'est un des plus 
curieux parmi ceux dont la famille des Viverri.lés s'osi récemment onricbie. L'espèce unique 
qu 11 renferme a des babitudos aquati.jues et roj.résonto pour ainsi diio les Loutres dans la 
catogorio qui nous occupe. Son corps, peu élevé sur jambes, est assez, allongé, mais la .lueuo 
qui le termino n est pas aussi longue que colle des Loutres, et les pattes, quoique palmées, ne 
lo sont pas autant que celles do ces Animaux; los doigts sont en môme temps moins longs 
et Ils ont des griffes plus acérées. Le crâne ressemble assoie à celui des Zibetlis et des Para- 
daxuros; enfin les dents molaires, au nombre de f sont remarquables : les deux paires pos- 
tonoures ,.ar leur couronne tuberculeuse et arrondie, los antérieures par la forme comprimée 
surélevée et tout a fait carnassière «io leur couronne; ce qui, joint aux fortes canines des Cyno- 
gaies.lour porniot de saisir plus facilomout los Poissons dont ils font leur principale nourriture 
Lo pelage do ces Carnivores est abondant cl 
moelleux ; il rappelle celui des Loutres , mais ^^^ 

il a |ilus do longueur. 




CiiiRB 1)1-: CiNOGdf, 1;:) Je ijruiiiJ 



UtVTS IIE CïNOOiLE, 



Le CvNOGAi.K DK ItKNMiTT {CijUQdah' BcnneUi , (iray) est brun cannoUo un pou glacé 
do gris. Sa tailh; égale a peu |.rès colle liu Zibotli, mais il ost [>r<>p.>itii.nnoilemeut pins al!nng«< 
et moins haet. Il fiéqin nt.> los endroits humides, entre dans los lacs et les rivières, et paraît 



30 



0«P«lv PRS CAnNfVORRS. 




'J'iiï m Cv.NuuAi.L-, l/J >le jjroDd, 



n'exister (luo ,l,,us l'tle do Bornéo. De Blaiavillo en a décrit le squelette dans son Odéom-uphie 
et j'ai donné quelques nouveaux détails à son égard dans la zoologie du vopgc de la lionHc, 




i:ïsog»iKj i/o de grand. 



■iiiiCAir, (/C de gruiiU. ^Vuir li. 11. ; 

(iKMUî C.\\m¥.{Vivcrra. Linné). Co genre, M ,|inl est aujourd'hui circonscrit . a 



!]no iiien moimjt'p ('-i^ndup quo (élit 




qn'ii avait reçnn do Linm'.. n ne comprpnd <iup df>nx 



Oslevyi'dp/iie, 
de lu Uvnilc. 




conscrit . a 
i i|UP dniix 



FAMILLE l)i:s VIVKHRIDÉS. 3, 

.'spèces authentiquos, l'une propre à l'Afrique ou la v-'-rilabl. Civette, l'autre particulière 

.. 1 nde et a quelques-unes de ses îles, c'est le Zibelh. Ces Animaux, qu'on a long^Cs „,- 

ondus en une seule espèce, n'ont été bien distingués l'un de l'autre que depuis os travaux 

do Buffon et de Daubenton. G. et F. Guvier les ont aussi étudiés avec soin 

Ces Viverra comptent parmi les plus grands Animaux de leur famille- ils ne dénassont 

CCS mola .es ne sont guère plus carnassières que celle des Cl.iens. Leur pelade est varié de 

. " et de banchâtre, et ils ont sur la ligne dorsale des poils un peu pi s°lon" q" 1 

utres s.mulant une espèce de crinière. Ils répandent une forte odeur de musc et la subs 

l.nce dont cette odeur émane est assez abondante pour que l'on puiss" la recueini 'organe" 

q.u .a^„™t étant plus développé Ce. eux quedansauc^. autre Lerrin^rSi^iS: 

.omm" laTla fenSlo'''"" '" " '''''"°""""'^" '" "'^^"«^ '^ ^«^ ^-•'^''-' ^'-« >« '"aie 
.ommc dans la femelle, on remarque une fente longitudinale conduisant dans deux cavités 

qui semblent être un repli scrotal et dont 
l'orifice rappelle celui de certains herma- 
phrodites du sexe mule. L'intérieur en est 
plus ou moins velu , et il est percé d'une 
infinité de pores communiquant avec autant 
do follicules sécréteurs. La matière odorante 
.V est versée par ces derniers , et suivant 
l'Age (le l'Animal , son sexe ou l'époque de 
l'année, elle est plus ou moins abondante. 
Son odeur approche beaucoup de celle du 
musc; elle se répand avec la même facilité; 
elle a la même persistance, et à une certaine 
•listance elle est fort agréable. De tout temps 
commerce et l'on en ■. f.it u..^ , ''^"'^ substance odorante a été un objet do 

i'Kurope par la voie d'Alexandrie! Tx '°"'''^"'''" "" «»' f«""" Pendant longtemps à 
Sén.:.g I. et le relatifs des l-H '-' ^^^^"'^ '"'^ «" ''« ''«-"'"«'"«"t obtenue p r le 

abondance. """""'"'^ '''' ""''^^'P^' '"^''«" •'«"' fournie avec une égalo 

du zibe'th ioiircot™ e": e" :*; Mi.: r^r" "^ "^"''^''"^ '- ''-''''^ 

mont t.-ès-peu considérable peut co,m.n n qùer on o e . " '""'''"'" "^"' "" '^^^- 

■nutière grasse. Cette sorte de domest.'cit irCi" tes e d'aiZ:" r"'' ""?"'' '" 
dans plusieurs parties de l'Afriaue infor.mnin. ? ' "^ •'•"''"'^■'' f* "" "sage habituel 

domesticité vé,ible Le car ir rn T f ; "'"'' "'"' '^ P'"'*^' ""«^ ''«P""'^ q»'"»« 
pormet pas autrement. ""''' '' ''^"''^"^ ''' ^'-"-"'^«^«^ '<« ce genre ne le 

On tient ces Animaux en caee et l'nn viHo i„„- ,, 1 
™«lroil, „„ „ l,to„ s„i„ „•. i„,ro,t„ „„;",",' * '"" '""'"■ ""^ ""' ™i"='- Ban, quoique, 

■l«ta...nK.roodo,a„r' '""'"""'•"•' """•'■"■ »™'«l&, ™grae„..„l d'„„l„nl la i„„„i„! 




i>noi\B siir.iiirn'ii db h Cnmt 



griir.ii, nn(. 



32 



OIIDRE DES CARNIVORES. 




nourrios. Les màlos en sonl plus abondummeiit pourvus que les femelles, et pendant l'époque 
du rut, ils on ont encore davantage. L'analyse do la Civette a élA faite par M. Bonlron-Charlard. 
Cette substance, autrefois Irès-vantôe en médecine, n'est plus guère employée aujourd'hui 
que dans la parfumerie; c'est cependant un antispasmodique utile. Comme le musc, elle 
a une odeur très -persistante, et les peaux des Civettes ou des Zibeths en sont encore for- 
tement imprégnées après avoir séjourné longtemps dans les musées d'histoire naturelle; el- 
les communi(|uent aussi cette 
odeur aux objets environnants. 
Les Carnivores de ce genre 
ne sont pas très-rares dans 
les ménageries ; ils y conser- 
vent leur mauvais naturel. Ce 
sont des Animaux à demi- 
noclurnes , chez lesquels la 
colère est à pou près la seule 
diversion à une tristesse ha- 
bituelle. Quand on ne les dé- 
barrasse pas de leur matière 
musquée, ils en laissent quel- 
quefois tomber des fragments, 
et l'odeur qu'ils répandent ou 
qu'ils donnent à la cage dans 
laquelle on les retient captifs 
est très- intense. Elle augmente encore si on les ir.'.'te fréquemment. 

CiVETTK d'Afriquk {VivoTa Civetla, Liiir.é). Lrr Civette a sur un fond gris des bandes 
transversales étroites, parallèles entre elles sur les épaules, plus larges sur les côtés du corps 
et les cuisses, et quelquefois assez rappro bées ou contournées pour former des taches œillées; 
quatre ou cinq anneaux brun noir se remarquent sur sa queue, dont l'extrémité est entière- 
ment noire sur une longueur do six pouces. 




lîlSnilON DR II ClVKTIF, gldlll. n»l. 










* 



CivtvTTK u'Afiiiij.i, t 7 iIi! grasd, 



IM. W. 



?n(1ant l'époquo 
itron-Chnrlnnl. 
ée aujourd'hui 
le musc, ell(3 
:)nl encore for- 
naturelle; el- 
uent aussi celte 
Is environnants. 
Tes de ce genre 
rès- rares dans 
s ; ils y conser- 
vais naturel. Ce 
maux à demi- 
liez les(]uels la 
!u près la seule 
le tristesse lia- 
id on ne les dé- 
de leur matière 
in laissent quel- 
r des fragments, 
Is répandent ou 
à la cage dans 
s retient captifs 





gris des bandes 
1 côtés du corps 
taches œillées; 
lité est entière- 






T 






onDHE f)F,S CAnMVORES. 



iiii.iTiiiiicni |> 



lli''., iH [rcnil.llll 1'/ 

■ ,1 r M I^ inl f'i 11; .ï '< I ,, 

'lilli-, <,l>tllllii' il- tint»' 

.'■ti.flis on siiiil ciici.t' I - 
; i|'tM<ioi!-.^ itiitiircll"; '•' 



1' .-. ; Ils y i nii iiT- 
..iv.n'-. n.iinri'l. ('" 



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!t l/)is><clll(|ll('l- 
il^UlPItU. 

.1!) lir* i-i.-p;initi';!t .m 
nont ;'i l.'i l'Mi^i' ' 
m los rcîiifiil caiilif- 




l'WIII.M'. DKS MNKItIUhKS. .l.t 

1,0 cou est hliiiir en nvant, iniirqué ili- Imiulcs noires, fjni sont an noinlin^Hf trois; la [(^[n 
(>st noiro, sauf A la U'vro suiu-ricurc , (|ui est hlanchc; la crinii-rc thnsain ost plus forto i|um 
ilioy. I<! Ziltolh , c>t le polagc* est en général plus dur. Le cor|)s u environ 0,46. Les arriéro- 
molnircs do la (livottc d'Afriiiuo sont plus fortos que collos du Zil)cth; sos carnassit'-ros infé- 
ricuro et supôrieuro sont un peu diffônMitos, étant plus tuiiercuicuscs , et sou huinorus a un 
trou sus-oond.viiou (|ui inan(|ut' à IVspècc indienne. 

CiVKTTK DK i.'Inoi; {Viform Zibvllin , Linné). Lq Zihelli, qu'il serait possililo de séparer 
coniino sous-gonre de l'espèce africaine dont il vient d'Atre question , est d'une dimension un 
peu moindre. Sa crlnièro est rudinientaire et son pelage est moins touffu. Il a le corps 
presque généralement couvert (l(! taches noires, petites et rondes, disposées sur un fond gris 
Icint do l)run dans (]uel(iHes parties. Huit ou dix anneaux l)run noir couvrent sa queue dont 
l'e\tréniité est noire , mais sur une longueur de deux pouces seulement. Il a sous les yeux 
uno tache blanche et le museau est gris. Lo devant du cou ost blanc avec (juatre barres 
noires (/)/. AT). 

Les Zilieths ont la (|ueue comprimée et naturellement un peu recourbée en dessous, ce qui 
rend sa flexion en dessus à peu près impossible. 




Ch^sk lit '/mure, 1/2 lïc jn.ii'l 



lli\TiTiii\ m /infiii, arnr.rt. nn'. 



On trouve des Zibetbs à Sumatra, à Hornéo, à Célèiies et à Amboine; il y en a aussi sur 
certains points de l'Inde confinentalo. M. Grav considère ces dorniers comme différents de 
ceux des îles; et, en effet, le fond de leur pelage est plus fiuive et leur taille est un peu plus 
grande. Il leur réserve le nom de Virerm Zibetfia, donnant il ceux de Sumatra, etc., le nom 
de Viverrn Tangalunga. 

Gknrk GENKTTE {GcnplUt, (1. (\\\\\). Les (Jenettes, dont une espèce vit en Kurope oii 
elle est l'unique représentant de la famille des Viverridés, sont des Animaux assez analogues 
aux Fouines et aux Chats par leurs allures et par leurs habitudes, mais plus élancés que ceux- 
ci, et plus élégants (juc les Fouines. Leur museau est fin comme leur corps; leur pelage mou- 
cheté; leur queue annelée. Ils répandent une odeur musquée provenant d'un appareil sécréteur 
particulier placé, comme celui des Zibeths et des Civettes, sous les organes de la reproduc- 
tion, mais moins développé (pie chez ces Animaux. Leurs ongles sont à demi rétractiles, 
(^t leurs dents molaires, au nombre de §, tiennent le milieu entre celles des Viverridés insecti- 
vores et omnivores. lios deux tuberculeuses supérieures et la tuberculeuse inférieure y ont 
des dimensions médiocres; celles-là sont plus largos que longues; celle-ci est arrondie; lo 
talon de la carnassière su|)érieure est antéro-interne , et celui de la carnassière inférieure placé 
un arrière des trois pointes du lobe antérieur. 

Il y a plusieurs espèces dans ce genre : elles sont de l'Europe, de l'Afrique, de l'Asie ou de 
quelques-unes de ses îles et même de Madagascar. Toutes vivent de proie; mais comme elles 
no sont pas aussi {grosses que le Chat sauvage et (|ue leurs proportions sont moins robustes, 
li« I'a:\tu', 5 



'I 



il t ii 



34 



oiihnn iii'.s (;\ii\i\(H\Ks. 



«•Ilus irutliii|iieiil i|iii; ili> pclils Viiitiiaux. Kllcs iiiiiiigi'iit iiussi dos (pufri, <;( diiiis rorluins eus 
lies Insoctos. Lours liMliittidoH .sont on Ki^iir>riil iidcUiiiu'h. ('.<>II(<h qui vivant auprès dos habita- 
tions s'y iiiIrodiiiHi'iil ipiand «'iliw <>ii trouvent l'ocrasion, et sai^niMil les Nolaillcs iHininitt lo 
font les IMartos et li's Putois. |,our peau, ijiioiipx' moins ciniiloyôcj i|uo tcilL' du eus Animaux, 
ost copondant fort t'l('Kant(! , et l'on pont vn fiuro des fourrures d'un aspect fort Kn'fioux. 
Plusieurs parties de la Franre, prineipalemtiul les environs de Perpifjrnan, en fournissont un 
assex Krand noirdire. 

La (iKNKTTK VM.r.AiRK {Oeiwtlti l'ulf/nris) , i|ue liinné confondait avec quelques autres 
sous lo nom de Vîrrrra Gvnclln , est répandue dans une partie de l'Europe occid<!idalfi et 
méridionale, en France et en Ks[)aKne. Mlle vit dans les bois ou dans les lieux arides ; le fond de 
son pelage est gris, tandis que celui de la plupart des autres passe au fauve ou au fauve pftie. 
Ses tnchos sont pleines, assez nombreuses et d'un brun foncé, ainsi que les annelures de sa 
i|ueu(!. Celle es|ièce, qu(> Hul'fon n'a coinuie que fort lard , n'esl pas rare tians certaines parties 
de la Franc)!, mais on ne la tne qu'accid(>nlellemenl dans beaucoup d'autres, et il est un bon 
nombre de nos dé|iartements )|ui ne la possèdent pas du tout, tels sont |ilus i)arliculièremenl 
ceux ipii sont situés au nord de la Loire (/if. VIV). Voici la liste des départements oîi elle 
nous est connue : 

Vinnue, Deux-Hèvres, Clliarento-Inférienre, (iironde (dans le Médoc), Loiret (au parc de 
la Source, près Orléans), Rlu^ne (auprès de L>on; cette observation remonte à la fin du 
dernier siècle), Vaucluse, llaute-liOire, \vevroii, (iard, Hérault, Aude, I\vrénées-Orientales, 
Hauto-Garonne et Hautes-Pyrénées. 

Il y a, dans le Nord de l'Africpie, depuis la région de l'Atlas jusipiVu l'^fiypte ef.assure-l-on, 
dans une partie de la Turquie d'Asie, des (lenettes fort semblables à celle-là, ou dont le fond 
du pelaf^e est simpleniehl un jieu plus fauve. F. (luvier a donné à celles de l'Algérie li» nom 
spéciflquo de Gcncltn Afra. La (îknf.tti; nr S É .\ f: <; ai. {Gonvltn Scnogalemin, F. C.uv.) n'est 
guère plus facile ii distinguer de la niMre. An coniraire, la coloration extérieure fournit de 
meilleures indications pour en séparer : 

La (Jknettk d'Aiivssimk {(lenctin Abyssinien du I). Huppel); la (iKNKTTi; Fi^ii.im; 
{Gonelld Feli)i(i) , décrite par TlMud)erg, et propre à l'Afrique australe; la (iKM/riK \\i 
Fkrna\do-Po {(jciiclln Pucii.sis , Waterbouse, ou \ ircrra flcncltoidcs , Temminck); la 
(îRNKTTK Tir.niNE {Gcnctla 2'(V//7/(rt), signalée par Vormaer et Scbrelter, d'après des exem- 
plaires pris au Cap, et la (Iknf.ttk Paiioink {(icnottn l'firdiiui , Is. Geoffr.), (|ui est de la 
Sénégambie. Chez ces deux dernières, (p\i sont d'ailleurs difliciles à séparer l'une do l'autre, 
les taches des lianes sont plus grandes (pie chez les |)récédentes, arrondies, et pour la plupart 
marquées de fauve à leur milieu. 

La Gfnktte ok i.'Indi; {(ienrila liiilicn), (pi'on a successivement appelée Vivcrra Imlicn, 
I. ilaassc, V. Pallida, Genella Mn/acrensis, G. Manillensis, etc.,conqn'end plusieurs variétés, 
peut-être mémo plusieurs espèces véritaltlos ; ce qui est plus certain , c'est qu'elle occupe une 
grande partie de l'Asie méridionale! et plusii-urs de ses îles telles (pie Ceylan, Java, Luçon,etc. 

Klle a le pelage (dus foncé (pie celui des (lenettes ordinaires, et resseml)l(! jusqu'à un certain 
point {.a Zibeth. Ses taches sont plus petites, d'une teinte brune, ponctiformes et nombreuses 
sur les flancs. A mesure ipi'on les examine plus près de la ligne dorsale, ces séries deviennent 
plus confluentes, et sur le dos elles sont disposées en bandes longitudinales; on peut compter 
cinq de ces lignes qui sont bien évidentes, et, de chaque c<Nté, cin(| rangfjes de taches, La 
longueur totale est de 28 pouces i, dont il i pour la queue. 

lia Genf.tte Fossanf. {Virerrn Fossa , F-inné), qui habite Madagascar, est encore plus 
différente des autres espèces de ce genre pur la distribution de ses couleurs; son pelage est 
fauve en dessus , gris fauve on dessous , marqué de taciies brunes irrégulières , éparses et 
rares sur les flancs, allongées sur le dos oii elles forment (piaire lignes longitudinales; la 
gorge 01 les lèvres sont bianchAtres; il 



ipieKp 



l»< 



quel 



(•••rtuins ciis 
H (les habitn- 
L's comnit) lo 
us Animaux , 
)i-l Knicinux. 
iiriiissoiit un 



!l(|Uf's autres 
ccidontnlfl et 
's; II! fond du 
Il riiuvi' jiAlu. 
lehiroH de sa 
lidims parlius 
I osl un bnii 
liculiùremont 
nentH nii ellu 




(an parc du 

à la fin du 

s-Orientalus, 

assiiro-t-nn, 
dont lo fond 
gûi'iu lu nom 
. (luv.) n'<'st 
rc fournil di' 

T F. F i: 1. 1 N i: 
KM;rrK i»k 
nniinck ) ; la 
l's dos oxeni- 
(|ni ust du la 

de l'autre, 
ir la plupart 

crro /ntlicti, 
urs variûtés, 
s occupe une 
, Luuon,elr. 
'à un certain 
nombreuses 
s deviennent 
leut compter 

1 taches. La 



enenrp plus 
n pelage est 
, éparses et 
udinales; lu 
e>; ia qnuuo 



\ 13 





i ; 



\M 




m; riuMi- 




KAMllJ.J': DKS VIVKItlUDÉS. 35- 

(■st rousisi', inaniuéo faihloinoiit d'iiiinoaux noirâtres; elle ost moins longue ijuo ccIIp ,ivs 
autres (îonolles. cl le corps est plus élevé surjainhes. 




I i I \ r m !■ 



• i \ f . ( '1 ili' sniM'I. 



La FossHiio, (jui pourrait devenir le Ivpe (rune section particulière, est du petit nombre des 
Animaux appartenant à la même tribu ou à celle des Manyonstes, ijui représentent à Mada- 
gascar, la ^iraiiile division des Mammifères carnivores. Sauf la Fossane, aucun de ces \nimaux 
ne r(,'nlre exactement dans les jtein'es, appartenant au mémo ordre, (pii vivent diujs rAfri(|ue 
ou dans rinde. 

liCs autres «larnivores connus à Madagascar sont les suivaiUs : Cryptoprocle, Kuplere, 
Ath.vlax, (ialidies et (ialididis. On voit que sans être aussi différents des aulres Carnivores 
ipie les l.enunidés de Madagascar le sont des autres l»rimates de leur propre famille, ces 
Animaux n'eu sont pas moins (rès-faciles à distinj,'U(u- connne espèces do ceux de l'Asie ou de 
TMiiilue. 

(ilCNUE LI.\SA\(; {iinsaufj, S. Muller). l-es Linsang sont voisins des (ienettes; mais 
leurs molaires ont des pointes jilus relevées que celles de ces Animaux. Ce caractère, (|ui 
indi(iue(ies habitudes plus insectivores, les a fait nonnner également l'nimodon , c'est-à-dire 
dents en scie. On en connaît deux es|)èces. 

1-e Li.Nswo (iRi:;i,r, {/Jimiif/ gracilis , Muil. ) a de grandes taches sur le dos, (jui so 
confondeid avec, la première rangée de celles des lianes; une seconde série de ces dernières 
reste parfaitement isolée; les mendn'es sont manjués de (|ueli|ues taches; la (pieue a huit 
aimeaux bruns. Le fond du pelage (>st fauve claii'. 

Cet Animal est d(^ la in'es(iu'ile de Malacca. 

Le LiNs\N(, l' AiinMoidiir ( Lin-mn'f pardicolov) eu le l'rinw/iin. purt/iruhjr de 
M. Hndgson habile la ré-ion du Xépaul; les taches do ses Aancs ne se confondent pas avec 



If 

■A 






i 



36 



onDHi-; i)i;s (;\hm\oiu;s. 



los baiiilps dorsales, el il y on a trois rangées au lieu de deux, l^e fond du [iclagc est (''y;alemcnt 
fauve. 

(iE.MUi PAHADOM UK {Pamdoxums , F. Cuv. ). Le nom de ces Animaux sigiiilie 
qu'ils ont la queue sinfîulière ou paradoxale; il leur a été imposé jiar F. (luvier, après 
l'examon d'un exemplaire vivant chez lequel elle élait constamment em'oulée et maintenue du 
même eût»', mais les Paradoxures peuvent donner à leur queue la même moliilité (|ue les 
Sajous donnent à la leur; et sans ôtrc aussi prenante que celle du Kinkajou, elle jimit 
ce[)endant de la possibilité de s'em'ouler autour les corps; toutefois, elle n'est dénudée sur 
aucun point de sa lonj;u(!ur et elle no sert point à saisir. 

\ ce caractère, dont l'importance est d'ailleurs assez secondaire, les Paradoxures en 
jiiijfnent plusieurs autres : leurs ongles sont crochus et à demi rétractiies; leurs dents nm- 
laires ont des tubercules souvent très-émoussés, et sont ajipropriées à un régime de plus 
Hii plus onniivore; enfin ils ont, entre l'anus el les organes reproducteurs, un sillon simple 
(lu double (jui représente, mais avec un (iéveloppeuient beaucoup moindre, la [loche odoranic 
lies Civettes el des Genettes. 




■J/:) ili' ^lllml. l.inM II IMM> m l'MMMiMiii l'm cm >► , 



;i'i-li(l. h'il. 



Les Paradoxures vivent dans l'Inde et dans queliiuos-unes de ses ties, Ce sont des Animaux 
à [leu i>rès gros comme des Chats, mais à corps et à nuiseau plus allongé. Ils vivent sur les 
arbres, font la chasse aux petits Quadrupèdes, mangent aussi des substances végétales, et leur 
pelage, <loux au toucher, est souvent moucheté ou marqué de bandes longitudinales. Leurs 
espèces imraissent assez nombreuses, mais on a le plus souvent beaucoup de peine à 
les délhiir exactement; aussi leur synonynne af-elle donné lieu à plus d'une confusion. 
MM. Temminck el Cray se sont principalement occupés de décrire exactement les Animaux 
de c(^ g(<nre. 

I. On réserve le nom de P \K \l)o\l iUiS aux espèces ipii sont un peu moins omnivores 
que les autres, et dont les arrière-molaires et la carnassière ont une fornus appropriée à ce 
régime. 

L(! Paiivdom m; Poi (iOiNK. ipie F. Cuvier appelle en lalin l'aradiiriinis h/ptis, e.sl 
un Animal de l'Inde continentale, itriiu'ipalement de rhidi>uslan, oîi on le nomme i|ne|(]uelois 
l'oiigouiir , Marie (les juilmievs, etc. Hulfon en a figuré un exenqilnire qu'il avait vu vivant à 
la foire de Saiut-Cermain , en 1772; mais, par erreur, lu planche gravée i|u'il en a publiée 
porte lo titre de GeneHe de France. Pallas en a décrit un antre, et, par ;illusion à la <iisfio- 
sition des organes génitaux, il en a nonuné l'ispèco Virerra lieriiiaphrodila. 

Ce Paradoxure est aussi le type du genre Plah/scliififn d'Otto et son IHulysehhta l'alliisii; d 
répond sans doute aussi aux Viverro prelieiisi/is et iiigra de IJIainville et de Desmarest et a 
quelques autres espèces nominales. 



F\MJI-LK DKS \ IM:(tlUI)i;S. 



ssl égaicmoiit 

iiaux sigtiifif 
"aivicr, fi[)r('s 
iiiiiiit(Miuc <lii 
)ilitû inH' les 
)u, elle jitiii) 
(IlmiiuIôl' sur 

•adoxui'cs eu 
irs (lents iiki- 
;!iii(' (l(( plus 
sillon .siiii|ili' 
elle oclorauti' 



m^. 



m 



^^ 




dos Animaux 
kivent sur les 
('talcs, cl l(!Ui' 
iiiaN^s. Leurs 
) (le pcini' à 
ic cDiifusion. 



les Animaux 


i 




'S 


ns (inniivorcs 


M 


n'opriée à ce 
IN Il/pus, e.sl 


'"'^ 


»o (luoliiucrois 


.# 


l vu vivant à 


» 


1 en a pulilii'M.' 


ï 


m h la (lispo- 


'^ 



1(1 l'ii/ldsii ; il 
'csniarcst cl a 




Le PoUKOunt; est hrnn iaunàiro, maniué sur le dos de trois rangées de taches obscures; il 
a iinol(ines autres taches irrc'KulJères sur les épaules ot sur les cuisses; son nuiseau est gris, 
mais ses oreilles, sa ()ueuo et ses pattes sont miirAtres. ]| a un demi-mètre de longueur pour 
le corps, et un peu moins pour la ipieue ; sa hauteur au-dessus du col est de 0,25 environ. 
C'est un Animal agil(>, gnm|ieur, «lui fait la chasse aux petits Ouadrupèdes ot aux Oiseaux; 
il peut aussi se nourrir d'onifs et de fruits; son cara<'tère n'est jias tros-sauvage. 

Le Pauadoxi m; mi sani; a {l'avndoximin nuimnga) , iju'on nommait autrefois Mn'rvo 
mimiigo. est le l'ntoin rajjr- de ri„d,- do linrioii et le CIml sauvago à bandes noires d(> 
Sonnerai. Il est commun dans plusieurs des (les de la Sonde : princii.ahMiient à Java, à Timor, 
à Hornéo, à Sumatra; on le rencontre iuissi dans la ijresiiu'îh! de Malacca. Il diffère assez 
peu du précédent , mais assez cependant pour qu'on le regarde comme étant une espèce 
distincte. U Paradomirc préhensile de (piehpies auteurs, et en particulier celui d'Hardwicke, 
en est une vari('té constante, originaire de l'île do Java. 

Il faut en rapfirocher les espèi ; s suivantes ; 

l'AM.\i)oxi;iir; j.i-.lc.opk {Parfidoxiiriis /euroims, O'fiiliiv), de l'Inde continentale ; 

I»MiAi)oxiMih: no\i)Ai\ (rnrado.riirm liondor), ipie Itlainville a décrit sous le nom d(; 
Mvinra Uomlnr. Il est du Bengale et du ^épaul. 

I» Ml A DO XI m: Di-s Pn II. II. PI m: s {Paradoxurus Philippensis . Temminck). 

PAUAnoxcHK sovKix {PinYido.ninis selosits , llomhron el Jac.piinot^, d(- Céivnn. 

PvHvnoxniK ckint (Panido.rnrns sli(f,n/ilir!,>i , 'l'euimiuckK di- lînnu'M 

l.p P\n\nnM liF. i.oni. (/',7,w/o,n/n« mnm,, F. Cuvier) , établi sur un jemw^ oxem- 



38 

1>1 



oiiDRK DKs cvinnonKs. 



liliiiro i|iii a fnil autrefois |iailio des collections do Séha, est l'une des espèces du même «enre 
au sujet des(|uelles la science attend (encore des explications. Son peiajii>, (jui est d'un fa\ne 
doré uuifornie, a peut-cHro c'ti) décoloré par suilo de son lony séjour dans l'esprit dts vin, 
et sa patrie, ((u'on suppose; être Ceviini, est restée jusepi'à ce jour incertaine. M. (irav le 
resardo connue ('tant lu Vircrru Cci/hiiiica de Pallas, et il le réunit en même temps au Prirn- 
r((u-iinin Pliilip/wiinis (h'^l, Teniniinck; mais cette association ne nous juiraît pas démontrée. 
Le Paradoxure de (leylan, (pii! l'on voit iui Musée britamiiciuc, est d'uu roux plus l'oncé ipie 
celui décrit par F. Cuvier, 




C i n \ itn \ I m >M si.ti r , lu tli' i;i\ U'I. 



„i 1 



) 'M •: 



2. Le K'eiiro P\(il M \ de M. (iray ou Aiiihliudoii de W. Jourdan rt'Uiiit «pielipies espèces 
de Paradoxures dont les dents molaires sont plus (''paiss(!s et ont leurs tuliercidos (Micore 
jilus énioussés que celles dont nous venons de parler, dette disposition est surtout évidente 
dans leur avant-dornière niulaire supérieure et dans l'intérieure; t|Uoiiiue celle-ci réponde à 
la carnassière, sa forme diffère peu de celle de la vraie lulierculeuse. 

Le 1V\I! ADoxuiiK i.KLcoMVsr \\ {Parftdojiinis Icuroitii/nta.r, (iray), ipii répond à 
Wiinbliodun (lord do M. ,Iourilan, est pres(pie enlièreuicnl d'un brun i'auvo doré. 

Il lialnte les îles de Sumatra et de liornéo. 

On peut aussi placer dans la mémo division : 

Le l'An ADOxi, KK masqi''- {P(irtidu.vi(nis Itirvalus, (iray), (pii est fauve sale, avec 
une tache lilanclie sous ['(v'û et une bande do même couleur sur lo milieu do la tête. Cette 
espèce habite la réj^ion liimalayenne. 

liO Pahadoxiiu; \ ruois w.wnv.s {Paradoxiiviis Iririrgaliis, {'tii\\) a le pelage brun 
avoo trois bandes uoires incomplètes sur le dos. Sa fari^ est noire. Il est de ,f,iva l't de 
Sumatra, oii il fréquente les monta;;nes. 

Le Paiiadoxi m; ni; (liiA\ {P(iradoj'iti%',s (ira;//, IJennett) a la bande du ne/, moins 
distincte ipie le Mas(|ué et lo polajio «ris enfumé, (l'est, comme lui. nu Animal du \'ép;iul. il 
paraît en même temps voisin du Paradoxure doré- di» V. (luvier, et M. 'l'cinmim k le réunit 
au Paiiiduxure masipu'. ;ijn>i <pio le> Poradd.runis lnni(jr:r et ^'ifnl(U-s>s. 



rnilM.K DKS MVI'.IIIUDKS. 

liiie autre Pspèroostlo l»AiiA„0M,u.: n •(>'(; n.n v ^/'«mA,r»m* 07,7%/) .1.' 
(.•■Ile csptVc ost ésal(«nu'iit asiiiti(|ni-. 

.(iliNRK HÉMKiAI.K {/fi'»iif/fdu.i, ioimhm). fl a 
lie l'analogie avec les Paradnxiiivs cl avec les IJnsaii-s, 
mais ses dents molaires sont prosfiuc aussi omnivores 
que chez les premiers de ces Animanx, tandis (|uo celles 
des seconds sont très-insectivores; les trois dernières 
molaires supi'riuures sont èlarsiies et elles ont (piel(|ne 



M. Kniser. 





«^ 




Dors I, ' Il I-' M 1 1; u.K, sniii'l. nu' 



Ti' f !■ h' Kl' M II, »i.F, l/> il,' (rrnnil 



losseml.lancc avec celles des Otocyon; la carnassière inf.'.rif.ire a un lalon consi.léral.ie .-t 
ses pon.les antérieures sont surbaissées; la tnl.Mrulonse de la mê.ne mAchoire est pr..n„rtii.n- 
Mell(Mnent plus forte que cl.ez les autres Viverri.lés ; la ,p,oue n'est pas prenante 

Llli:M.r.A,.K ZKniu:: (//c,«/i7«/".9 ^"/'/v,. Jourdan) , ,p,e M. S. Muiler appelle Virorra 

•loxmes et des Ln.sangs, mais plus semhial.le à ..euv-ci par sou n.ode de coloration 



ues espèces 
ulcs encore 
)ul évidente 
•i réponde à 



ne/ moins 
II Népaul. il 
ck le l'éunit 




yAvi 



l.'ÉMIl, -.1 K ziHHi , 1/(1 rt,. Bi 



Vdllll 



I :l 






M 1 ri 



10 

Il (!Sl failVO, lUtH' 



(HII)HK l>i:s CMJMNOIIKS. 

tics hiiri'cs l(iii;.MlU(liiinl(!s sur la UMc et sur les cnliVs du cou ; il ci\ a auss 



(îo Iraiisvcrsalcs depuis l"(icci|Mil jusiiu'à la (.ronpo; la i)rciiiicrc partie de sa (jucuc est lucoin- 
pUHcniciil aiuieléc; le rcslc est liruii luiirAli'c. Sou corps a 0,12 cl sa ijucue 0,:iO. 

Cet Auinial paraît u'cxistcr que daus l'île do Honiûo. 

(ÎICMAK ElPLkMK [lùiplcirs). M. Do.vère a ctalili sons ce nom, mais en le raufieant 
parmi les Insectivores, un «enrc ipicje rcfiarde, avec de hiaiuville, comme devant Atro (ilacô 
parmi les Carnivores viverridés. Il est diffitiurade , peiiladactylo, nssoz élanct^ dans ses 
formes, iiuoique lias sur Jambes. e| pourvu tl'uue (lueue un peu plus loucuo ipie la moitié du 
corps. 










EiiMiiiK m; (ioi-nor, I ;.'> i|i> sniml, 



l/Animal tvpe de ce ponre est l'Ei i'i.i:iii: \)v. fiornoT {lùipUves Oondoli! , Hoyère . 
V. mime le Crypioproctc, il est de Madapiscar, et ou ne le connaît de même ijue par un s mi! 
l'Nemplaire ipii n'est pas adulte. Cet exemplaire a été rapporté par M. .Iules Coudot. 





Ciiwr II hF\i- hi É ■ i:i l'i r lu: iiB OoriioT, Biaml nul 

Son ciâi.e se rapproi lii- di' lolui des (ieneties par la forme ^éuéiale, niais il est plus ainpio 









f 



I ; il on a aussi 
icuc <.'st incoiii- 

ou l(^ l'aiijicniit 
•vaut <^tro placi! 
aiici'" dans ses 
110 la innilié du 



■■'■%': 



# 








^ri» 



|U(! liai' un s'iil 

[J(tU(li)t. 





in s I ^ II): s i MU MU, ((riinil iml 



i's( [lias aiiiplo 



r wiiLM'i iH-s \ i\i:iinii)Ks. 41 

ilaiis la ivKioii iH'fUpW) par 1(3 et'rvoau , et la face est plus cfliléc. On \ coiiiplo, ouliv les 
incisives et les canines, en iinnilire onlinairc, -; nifilfiires, mais il piiraîl revliiin ipi'avec l'A;;!' il 
en aurait paru une de plus i\ cliaipii- niiV-lioire. La riiMUiiènic molaire inférieure est une 
carnassière assez semlilalde. dans ses ()riiieipales parlicularités, à ce (jue l'on voit dans 
certains carnivores, priiici|)alement dans les Cenettes, et il est proliablo (\\io la dent ipii 
vient après elle dans la luAchoire d(!s adultes est une tuherculeuse, Los autres molaires ont 
è,!,'alemoiit luio fin-ino assez particulièn', mais (pii ne contredit pas les affinités ipio ikmis 
attrihuons à cet Animal, et ip» , tout eu indiquant une tendanco insectivore dans le réffinio, 
ne nous seinlile pas autoriser, non plus cpie les antres caractères zoolo^'iipios . le classoment 
de l'Kuplèn! dans l'ordre des Insectivores véritatdes. 

L'Kuplère de (loiidol e^l lirun fauve en dessus, plus pAli- en dessons on même bJanc 
cendré. I ne li'^ne noire transversale passi- an-dtissus de ses é|i;iul(is; sa tailh;, lorsqu'il est 
Milulle, doit approcher d(! celle du I>utois. Son pela);e est plus serré et plus en lionrre. 

(iKMUO \AM)I\II<; {\(iwliiu(i. Cm). Tormo générale 
(les Paradoxuros mais plus élé'^finte; molaires if; l.vs deux lu- 
liercnleuses su|)érienres plus [letiles ainsi (p>e rinférieure ; la 
carnassièro inférieure a deux ailes Irancliantos on avant ot »in 
lalon postérieur assez court. Ses deux ailes rappellent assez 
liien celles de la même dent chez les Chats, mais la seconde 
l'st plus épaisse ol le lalon (pii la suit lui donne aussi des l'ana- 
logie avec celle dos Mustélins. 

l.eN.wniMi; \ i)i;i x maiioii-s {Nfimlinio hii)olala,(]rt[\), 
qui a re(;n aussi le nom de Paradoxnre d'Hainiltmi , est la 
mémo espèce (pie M. Tonuninck avait plus anciennement 
décrite sous la désignation do Pnradonirm hiiiolnta.i , dans ses Monoprnphios de Mammo- 
logie. C'est un joli Animal à polago doux, hrun piqueté, à taches dorsales noires, et dont le 
cou est maniué par deux raies do la même couleur; sa quone est anufdéo. Il a la taillo d'une 
Cenelte, est «rimpour, ot ses onjjh.s sont à demi rétractilos. Sa patrie est l'Ile de Fernando- 
l*i\ ot la cùto (\(\ (iuinée. 

(ilCMlic CHYPTOPHOCTE (Cwtoprocto, WmwH). M. Telfair, résidant à Maurice (ll(! 
de Franco) , avait reçu .le la |i;irtie sud de Madaf^ascnr lU! Mammifère d'une espcro fort sin- 
j;nli(''re, (ju'il onvova à la Société zoolo;ii(pie d(! Londres, et dont feu M. nennett fit, 
oi; (.S:j:5, un ficnro particulier sous le nom qu'on vient de lire. Co Cryptoprocto est un Carni'- 
vore oxiériouromont assez seml.lahlo aux Félis; co «pii est d'autant plus curieux, <pie nulle 
ospèce sauva.iîo du la famille des Chats n'a (^coro été sifinah'o parmi les Mammifères appar- 
tenant à la même population (pie lui. Ses moeurs no paraissent pas moins san^juinairos (luu 
celi.is d(. ces Animaux, ot, suivant M. Telfair, (pii l'a possédé on vie pendant .piel.pie temps, 
Il est d'un caractènï très-farouche, doué d'une force musculaire considérahlo, (pioique de 
petite taille et très-léger; ses ongles sont rétractilos. Son corps long et voiUé, sa (piouo 
allongée, sa t(Me, .pii est arrondie contrihuont encore à la ressemblance que nous indiquons. 
Il a dos glandes anales odoriférantes. 

Cette espèce a reçu le nom de Cnv ptoi'Hoctk Fi::noa.: {Cryptoprocta feroj-, nennett); 
nia.hourousomont on no la connaît encore quo par 1.! seul exemplaire do M. Telfair. (Juoi.iue 
oolui-ci soit encore jeune, il a Ui pouces de longueur pour 1(, corps et 1 1 pour la queue Sa 
couleur est ronssAtro comme celle de plusieurs espèces du genre Félis; son intestin possède 
un c«-cum long d'un pouceot demi. lîennett, tout en reconnaissant les affinit.'s do ce nou- 
veau Mammifère avec les Félis, l'a plac,- parmi les Viverridés, et cette opinion paraît fondée 
KO Aandinio, (pu reproduit quoLpies-uiu-s <los parlicularités du Crvptoprocto, nous semble 
"»^"i«' lo raltadier d'une manière plus intim.. à l'onsomble do ces Animaux. 

Le crAiio du jeune Crvptoprocto, (pie l'on possède à Londres, a 0.08. !l est un peu plus 
il" l'AnriE. g 



4 



42 



I ! I 



oniMii'. i)i;s (;\ii\i\oiii;s. 



iilloii^v (|iii' crliii d'iiii (lliiil (liiiis sa paiiic l'afiiilc, ce i|iii lionl surtuiU au plus Rraïul dt-vcloii- 
pi'nioiil (les os IVoiitaux ot dos maxillaires. Son clianfrpiii est plus JarKn qu'il un IVsl iialiilucl- 
li'ini'iil dans ii's Viv(M'i'ins, mais mains homl.r <|it(' clicz li«s Ki-lis cl piiurvu ii'inn> a|)i)|i|ivs(î 
|)nst-nrl)itair(' assez rnanpiée. De même ipie dans les Viverriiis, el contrairemeiit à ('(Miui a 
lieu chez les Manf,'ousU)s, l'apopliyso orliitaire de l'os zyjromaliipie est presipio nulle. La den- 
lilion est encore incomplète; c'est un mélan^re de celle de l'adull(> et du jeuni* )1j,'e. J'en ai 
donné la description dans un article du Diclminnivc iiiiircrsvl d'Ilixtoin' iiatiircllc , I. IX, 
p. 1.35, et elloost représentée dans VOntrof/mp/iic. Los molaires do lait y sont au nombre de 
i; comme dans les autres Mverridés; la carnassière inférieure n'a (pi'un faillie talon postérieur, 
ce (pii est en rapport avec les inslincls carnassiers de cette espèce. 



^% 




tutiv^'-i 



Cm r . ornciirt rpnnr.r, l'7 ili' snml. 



Jlennetl s'était denian<l.' si lo fliyidaproele no serait pas le même Animal (|Ue le Paradoxure 
doré de F. Cuvier, mais Texamen du crAne de ce dernier, (|ui était éfralement un Jeune sujet, 
dissipe tous les doutes à cet éy:ard. Ces deux Animaux rentrent hien év..ienunent <lans deux 
genres difft'reids. 

CKMU' HASSAKfS {nns.iorl.1 , Liditenslf^in). Le corps est vermiforme comme celui des 
Mustélins. 11 y a j; molaires dont deux paires de tubercu- 
leuses su|)érieures et une inférieure: le talon de la carnas- 






( IHM! ipk II (S 'i\ lus. •').') ,1l< Bninil 



Utvr- i.F Itt-i^t 



«1:1, içr.nnit. nat. 



KAMILLK l)i;s MVKIiniDKS. 43 

si(T.! iiiféri.-iiiv est (issoz fort, H l(. tiihciviil.- iiil..rii.) .le In .siipHicuiv est roiif.nv.'. par uiio 
!-Hilli(- .liri-.'c cil imihv; I,. p.milDiir .le l'iimis rsl orciipô, cmiirno ..•1h7. Ii-s .Mim;^()iisl(.s, pur 
uno pliKiiiK srcn'tricc de loriiK! ciiviilairo h lu siiirnr.' du l(ii|ii(>ll(! dûhoucliiMit les doux toinliiils 
des Kliiiidosodomiitcs, DotouH les Viiimiuix )iiiim<:aiiis, I.' Ilassaiis rsl le seul .pii siM-approrlir 
aillant des Viv.'rrins et des Maii^'oiistcs. cl il claMit pour ainsi diro uni) tninsilion entre ces 
deux trilms. Ou n'en connaît (|ii'iiiie seule cs[ièce. 

C'est le Bassamis iiusk [llamiris ii^^hiln , Liclitcnslciii) , Mir lequel nous avons donné de 
nouveaux détails dans la partie /ooloni(|ue du voyage de la lUnùlr. 1! a de la lessemhlance 
avec le Marte, et plus encore avec la (ieneltc. Il est |,'ris ftuivo sur tout li- corps et sa i|ueue 
est iiianiuée de liuil amicaux iioinUres incoiiiplcts, 






*■ .oi. Sn./.. "^: >.- ■• \\ ; -lit* ■ ¥ 







.'^^.--rl—.ZV^H'^-'' ' ~~~ 



r As> \ nr> m >r , ( I', .],. ti-tnuK 



Ce Carnassier liahite le Mexique et la Californie. Au mois d'.nril iHôi, la iiiéiia-erie de 
{eycnt's-Park, à Londres, en possédait un exemplaire. 



ime celui dei 




TIUI5U DKs MANCUISTLNS 

Les Mangoustes {:\l(!»gi,i,li,iri) , ^n ont pour t.vpe ricliiieunion ou Hat de Pharaon, sont 
.les Carnivores d'assez petite taill<-, lias sur jambes, vifs, rasant pour ainsi dire le sol lors- 
qu'ils mardient. Le corps et la (|ueuo de ces Animaux sont alloiif-és, et le\ir pelage, en 
général soveux , a l'apparence ti(|ueiée, ce (jui résulte de la présence sur la plupan'cles 
poils d'anneaux différemment colorés. Leurs doigts, .|ui ont des griffes plus ou moins lon- 
gues, mais nou rétractiles, sont en général au iiomlire de cin(| en avant et en arrière. Chez 
qiicl.jues .>spèc:'S il n'y eu a (pie .jualre en arrière, ou même aux deux paires de iiiemhros. 
Les Mangustins n'ont pas rinlclligcnce Irès-dé'veloppi'c el leur cerveau e^l peu volumineux 
quoique assez alloniié'. ' 



Leur irAne est remaïqn.ilije pdi- j,. u;fnn,\ ,\ 



eveloppeiiieiit 



apophyses po>t-nrbitaires 



- -à 




il 



44 



OUDMK DKS (:\n\|\(>|IKS. 



iiiférii'iii'cs t'I sii|ii'iii>urt's, riui iicimnt iik^iikî (Mro asHc/, «l'aiiilKN |Miiir se icJDiiiiIro (>l comiili't.T 
iiiiisi lt> (((ich" lins (irliilt's; les iiit^iucs ii|iii|.|iy.s(,'.s sont iiii toulniirc riiiliiiiciitiiiivs m milles vUtu 
los VIvoiTliis. Il y u 3 ou plus liiiliitucllfiiuHil ;i imtliiin's; lo (iiloii de la ciinuissicic siiiiéiicun! 
est IriiiiiKiilaiiv cl aiiIrro-iiilcnÉf; lus iloux aiTii'ri'-niolain's i|ui suivent sont |)lus larges i|»(> 
ItiriKues; la caniassiùre iiifénenre a liiiis imiatcs en avant el , eu an'ière. un talon |ieu cou- 
sidûrahlf; la luherculeuso do la nu^nie un\(lioire est en «éuéral iiTéKulii'ieiiient (inadiilatére, 
l,os (ulK'irules (|u"on lenianjue à la suil'aco des dents nu)laires des Man«oust()s sont assez 
rolovés et ils judi<|U(>ul une tendance hieu nianiuée vers le régime insectivore. Kii effet, i|uini|ue 
ces Animaux uianKenI de la chair, ils aiment aussi les lusectes ; les o'uls constituent t'tiale- 
nient une partie importante de leur alimentation. 

l-es Miuigoustes ont l'intestin pourvu d'un petit c.ecnni, el lem- anus s'ouvre au milieu 
d'une |)l/i(|U(' circulaire composée d'un «rand nondire de follicules sccréleurs rpii n'pandenl 
une odeur iiuis((uée. Cu» Animaux sont ù domi-nocluruos. Leurs nombreuses espèces sont 
répandues en Mri.iuo, dans los parties méridionales de l'\sii«, dans plusieurs des (les de la 
Soiid(; el à Madagascar; (ui en a siy:nalé une dans li; midi de l'Kspatçne, mais elle t'st (encore 
peu connue, on peut ml^me dire douteuse. Nous ou repurlorous sous le nom de Mangouste de 
Widilrington, qui lui a été imposé par M, (ira.v. 

La considération du nomhre des doigts, celle de la nudité plus ou moins entendue des 
pieds, la fornude dos dents luoluires, l'apparonce générale du corps ont permis d'élalilir 
plusieurs genres iiurmi les Animaux de cotte trihu. \ous les énuuiéreroiis successivement 
sous les noms de .V«(7frt/c, JMcuyah-, Cyiiidin, Maiif/nnxir (svnonyme iYlcItiwniiHiii, llir- 
jimlen, etc.) et aitidk's: cos derniéros, (|ui ne vivent i|u"à Madagascar, compronnont plusieurs 
subdivisions. 

(iK.MUv SI HillATK (iV/- 
riaifu, Dosm.). Ce genre, (pii 
répond à e(!lui dos Wiyzwna 
d'Illiger, comprend une espèce 
de Mangouste dont les pieds 
ont (|ualre doigts on avant 
aussi bien (ju'en arrière, dont 
les ongles sont longs , le mu- 
seau effilé et les molaires au 
nondiro de }, <lo forme épi- 
neuse. 




CiiiM \<t MnicuF, 2;.'l de «rvinil. 



l'tM-- iif: SvHlc\r^ , mniuf n<i' 



Le SunuiATi-; tk ni VDAcrvM, {Siirivala Mradaclyl,,) , <iiu' Linné a inscrit sous le nom 
de \irrrra tctmdavhjla , est d'un gris fauve, tiiiuelé, ayant le bout de l.i .|iieu(' iiojr et des 
bandes fauves transversales peu apparentes sur le dos. Son corps a 0,:52 et sa (|iieue (t,20. 
Cet Animal lialiile l'Afrique australe; il répand une odeur désagréable. 

(ilîNUii l{|)i::()GALK iUdeofja/o, Péters). Quatre doigts soulônient à .clia-iue pied; 
molaires I;. M. Péters en signale deux (espèces , l'une et l'autre propres à la Mozambique, e( 
qu'il nomme Meof/a/c crasskaudala el Ihlmyah' piim dans sa Mammalogiis mozambiipie. ' 

GlCNRii CANICTIS {C>/invtis, (»'(iilby). Doigts au nombre de cin(| aux pieds de devaid 
et de (luatre seulement à cm , d,. denière. C'est l.> même caractère qui avait aussi comluil 
M. Ls. Ceolïroy à établir ce genre et ù lui donner le nom de Ci/iioims, signiljanl fiieds de 
Ciiieii. Les molaires dos Cynictis sont au nouibro de l. 

Gomme les Suricates et les «déogales, les Cynictis sont \lncains. On en connaît trois .>u 
quatre espèces. 

Le Cynictis a pinckai: {Ci/iiirlin iwnirillalus) , (jur (i. Cuvier a le premier signalé 
sous le nom i\'//,rpr>.l,'ii /H.iiirillohi , est aussi la Mfnif/imlv de l.n'inllnnl (\. Smilli) et le 
Vynklio dcStccanim: de M. 0'(;il|.y. (:'e,i nu |„iit Aiiimal U M ;:iaci(ux, à p..|ag.> roux i.une 






I'\MILLK DKS VINKIiniDI'S. 



m cl ('t)iii|i|('ti'r 

iill liiillt's i:|i<'/ 
icic su|n'Ti<'uro 
•lus liirRcs i|ut> 
aldii jirii COU' 

I (|llrll||'ililt(''t'C, 

lies sont (issp/, 
effet, (|iii)ii|iir 
stilut'iil c'tiiili.'- 

ivi'e (111 iiiilicii 
(jni n'paiiileiil 
s cspùcos SOlll 

(les Mrs lie lu 
l'Ile esl (Mii'ui'e 

Miiiigouste lie 

i enleiiiliie îles 
;rinis dVtiililir 
uccessiveineiil 
u'UiiKm , //('/■- 
iieiil plusieius 



46 




t sous le niiin 
Ile imir et des 
il queue (►,20. 



iiiiiiît trois ou 



Siiiilir) cl II' 
Me ntiix laihe 



fdililemt'iil liijiiité, ilout les lluiics imssuiit iiii fauve IdaiieliAtre e| ijoiil la i|ueuo liioii fouriiio 
esl lenniiiée de lilain'; elle a (►,2.'> et le coips (>,.»:». Le coi'iis n'est pas aussi hos que eejui dt'S 
MaiiKoiisles ordinaires et il esl iiinjns allongé. Ce Cynielis vit dans les |iarties eeiilrales de 
l'\fri.|ue. Le vovaKour franeais llelalande esl un des premiers i|iii l'en ail ra|i|H.il.'. Le CyiiicHà 
O'dilhij de M. Siiiitli [luriitl iMre de la iii^iiie e^pèee, 




CVMiciis ( ustïAii, I/O if granU. 

Les nii'inos cnruclèros gt5aéri(iues so retrouvent dans lo Cïmctis mkl.wi iii: [Cyiiiclis 
iiielditiim , Martin) , mais avec un pL-lagc presque liai et du noir au bout de la queue au lieu 
de hiaiic. (lelui-ci est de Sierra Leone. 

i\l. A. Smilli domie la figure el la doscript'on d'un Cyiiiclis, moins dil'IiVeiit du IV'iiieillé, 
sous II' nom de Ci/iiirlis Irpliirns. 

(IKMIK \l.\\(i(H STK {MuiKjmla, (i. (Juv.). Les Mangoustes sont des Animaux do 
rAlrii|iie ou de l'Asie méridionale, à corps et queue incsque toujours foil allongés, idiis ou 
moins lias sur jambes, ayant le pelage fortement tiqueté el dont les dents molaires, au iiom- 

hre (le '-' ou de -. ont leur couroime émmissée 




PfMlItnx 11,- )Iivr,ni;iF Cl^ M>n\i- i, i. r Mtsr,,n<iF iMlXFijmN 



lïi.inil rat. 



40 



OUDIU-: DKS (;AHM\()|tKS. 



■ i# 



^i 15 



.lans corlaiiirs espè.-o.s , ou au onlniiro rclevéo par .los points plus saillants dans cortain.s 
autivs. L,.urs puMls ont constamment cin.| ,loi;,ts on ani.Vo .■onunc en avant. Dans uno Man'- 
Koust. .0 I VlKcri.., .,uo nous avons .liss.Miu.... , rint.slin •■vî'U- avait .in., pie.ls vUWnn .l.- 
lun;; .■! lo jfros inlostin un pie.1; le cœcun. mesurait un pou.-e neul' lij,n,.s. (>t \nimal avait 
-luatn. panrs .!.■ n.an.ell.vs, ,lont trois ventrales ,4 u.,e p,.,.torale. Il avait, .nmune les autres 
Manyuslms .pn^ j ai |.u ...vannn.T au moment ,le leur m.,rt, u.u, pla.p.e crvpteus<> autour .1.' 
I anus, et sur eette pla.iuo .léboucliaient les oriliees .les .huix p.-tites po.'lies o.loranfs 

.■s pro,,ortmns .lu crps .les Alan^^oustes, la .lislrihulion ,1e leurs couUmu's . vW., p..r- 
meitenl -letabhr plusieurs .livisions parmi les n.m.breusos espèces .,ui rentrent .lans ce 

1. Les le 11 M.;, miks (Mmwma , ls. (leolïr.) ont la partie .lémuDe .lu lars.. n .lu carpe 
nun.s l.,ngne ma.s plus iar,.- .,ue les autres «ausousles; l..ur pouce e.t plus rel.l.! et leur 
.. agc Plu.o .lace .,ue ti.,u,.té; elles sont aussi ,„uins bass.. sur ja„U>es. ().. ne l.-s ohs..rve 
'|u. .la s 1 Afn.jue mterlrop.cale; il n'est pas certain .,u'il v en ait plus .l'une esp.'-ce. 

'I' a la plus ,ran.le partie ,1." sa .|ueu.. est blanchâtre. Le .-orps à 0,10 de lon^ ..f la .|u,.ne 










51.» M. (M- s II- I PC Kl t. IIIIMIIIK, l/li il,. j,|iiii,| 

l/lciiNiu M ,,.. VUU.SCKN r. [Icluicunua alln.cn,.^ ls. (ieolTr.) esl établi., sur r..xa,neii .1,. 

uel. ues individus ori.inauvs ,1e Don.ola ou .lu Sennaar. .,u.. plnsi.irs aubMirs n.: sa., 

1- ,. 1 ..SP..CO precleiite. La tdn„. ,iis.. .,.. |. „,, ,, ,,„,„,„ ,,, „ .,..,^ ,„ . „,„^, ^^^^■;;;;î 

^ jL l'elers a retrouv.^ le genre Iclineumie à la Mo^ambi.,ue : on le rencontre aus.i à l'oil- 



II; MM IVUM s ,( Tcminiua Maiiiciii (liuisi.iuiii.iM ,„,„... !,i n.ml.re'!. r.lU Iv„-- 



rAMILLM DKS Vl\ KnitlDI^lS. 



47 




ClHSK IIF M»NC,OI'STF. IcHiriMov , | 2 il,. gmn:l, 

iivpc ;uhvsn(\ On lui a aussi atlriluK' 



Hissait on on 



2. I.cs fcUMUMONS ont I.' coi'i.s plus lonfi', plus sui'i)aiss6 ot lour quoun nllonsi'o so tcr- 
niino par iiii pinceau noiràlrc; \om ppla-c osl fortomont lif|uetc. 

LVsp.'..-.. la plus andonncmont connuo os( la M ANr.oi'STK iciinkimon ( 1/rt«,y;/.9<.< ÙV/z/w- 
?«»«), 'I""t '1 est .hyù .lucstiou dans irôro.loto, ot qui vit surtout on É-vpl... Son pela-e est 

brun r.>nssAtr(., finement ti.iuH.'- .k- f,,;^ sur tout l« corps ot sur uouo, «lui so lormiuo 

par un potit houqu.a noir; ses patios sont .l'une nuanco un fmu plus foncée quo lo corps 
(k'iui-ci a 0,10 ol la qnouo 0,-15. " 

[/Icinioumon lialiito la n'-^ion du Ml. ("/osl un 
\nimal assozôducalilo ot que l'on tient souvent dans 
une es|ièco de doniosMcité pour liror parti de l'ha- 
liilude (pi'il a de faire la cliasso aux Souris; mais 
coniino il attaque aussi la volaille, il a besoin d'être 
surveillé. Sa forme allonfiéo et sa démarolie l'ont 
fait souvoni comparer à un «ros Hat, ot on lo 
MonMi.o souvent linl do Phfirnnv. Jl osf carnassier, 
aîlaiiue los Oiseaux ou les petits Mammifères, ol 
manjfo aussi dos Heptilos. On dit qu'il proml Irés- 
liien los Serpents, l.ps œufs sont aussi do son ffoftt, 

ol il détruit ceux dos Crocodiles, qu'il sait .lécou\rir 

rii-il.iiii.i,. ,i'nn..nM-.. I /- 1- . '"«niii ..,.,. „„..-.v^,-. yju lui a aussi atint»u« 

• o , ; ' <"-«^"''>"^. "'•••"<" coux qui ont do .randos dimensions. Uoaucoup 

u u-s ont af.irme que, grAco à la délicatesse do ses formes , rrchneun.on ,uvai( s'ùtro- 

ro .lans I in.eneur du corps .le ces rodoulaldos Hopliles et leur .lévoror los'viscères e 

-S '|..." non no parait juslilior, a Joui .l'un ,ra„.l cr.'..lit chez les anciens ot chez les „ - 

;:';;:n;;:::;:;r ''^"""" ^"" - ■"'" '- ^^"•-"^'"- •-^"-"•- -'^-'< - ^^- 

I l.v j. .lans los auln;s parties .lo l'Afri.,uo .les Afangouslos fort seml,lal.l..s à ITcImoumon 
;t que 1 on a cons, erees tantôt comn.e .les espèces à part, lant.M comme d.. simples r" .1 
ospoco or.l,nanv. ( ,. ..s ,le |'M,.'.,ie ont reçu de F. Cuvior lo nom sp.'.cifi.,„o ^ ^J^a t 
oc-llos .lu Cap coin, dWpkulola. Los Fran.;ais établis on Mf^.'.rie .lonnont •'. t. •' . « ' 

'.' .;om .10 ..,o„, qui apparlion, aux Anin.aux nn,..ic,dl;: JT ' C / ^ ^^ 
Ijarlons a h. pa.o 23^ L'iu.lo a aussi d.. Animaux très-pou .HfO^ronts, H ^J n n" i 
Mo,uj„sla Smdlm .1.. M. (;ray, .jui lial.ilo l'flo .le Cevlan P'i'tauliei lo 

., ,„,,■,.. ^ ™,„„..,, „,„ ,„ „„„„ ,„„i,„ ,„„,„,„ „, „,,„, ,„.^,,, ^ '»»■ 

1 vi^i^'::^:^ ":::::: :"r'''T '•""""•"•■ '■'■"■'■'■ "« '■"" ™<'r'- 

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onnitK DKS CMiMNOnKS. 



r.orp, 0,15; (|Uouo 0,25. H n'y a qno ;) molaires, et elles sont plus fortes que celle des autres 
Manu'onstes. 

4. D'autres (S|um>,i's sniil plus pclites et leur dcnlitioa est plus insectivore; les unes, (ju'oii 
[1 )nnMit iiomiiici' des \inis. mil le corps gris finement tiipieté. Ce sunl des Ainmaux fort élé- 
gaids. 

La MwGOisTK SEM^ (UtiiH/iisfn fjrison, mnlnrcemis . elc.),(iui est do l'Inde; la 
MA\r.oi;sTK caffhk {Manf/Hsla cifra, etc.), (|ui la représente en Afri(pie, et <iuei(|ues 
autres espèces plus nu moins voisines rentrent dans rette eatéiiorie. 




Manoovsti; >e5I-;, l/fi di' grunJ. 

Il eu est d'autres ipii ont le pelage plus OU moins roux; leurs formes sont d'ailleurs analo- 
gues. Plusieurs de celles-ci vivent aussi dans l'Afrique et dans l'Inde; nous citenuis seulement 
les suivantes : 

Mancoistk nATr-AMiciii {Monr/iifila liadut , A. Smith), de l'Afriiiue centrale. — 
MANr.orsri- ni- Jwa [Mangusln Jnvnnka , K. (lenffroy), de .lava et de Sumatra. — M\\- 
coisTK f.nih.r: [Mnntlnsln exills, V. (iervais) , de Tourane, en Cocliindiine. 

'». Certaines Mangoustes ont sur le dos des liandes transversales, rafipelant celles des 
Huricates. niais plus marquées : ce sont les .Uinif/ns de lîniïon. Ces Animaux sont Africains, 
mais on a cru pendant quehpie temps ([u'ils venaient de l'Inde. 

Nous les coiniaissons en Ahyssinie {Maitgualn zclmi , lînppel), i-t au Cap {Vivorn 
mintf/oa, kiempfer; llorpcsles fascintns, Desmarest; J/erpcstes tn-nianoliis , A. Smith). Ces 
\raies M anooisï i;s \ii \r,os ont le [)elage gris taclieti'; une quinzaine de liandes tranver- 
sales linuies bordées de roux se voient sur leur dos et sur la base de leur (pieue; celle-ci est 
terminée de roux brun. La forme a|iproche de celle des Suricates, 

fi. Les M \N(;i Ks {Cros/iairliiin de P. Cuvier) joignent aux caractères des Mangoustes qui 
précèdent Un museau [dus jillongé et mnbile comme un petit groin. 

L(> CiiossARoi'K onsci n [Crnssorrlms nhsciinis , F. Cuvier) est roux cannelle, plus pAle 
sur la face et ti(|ueté de roux piile; les poils di; son dos sont longs; son eor|is a 0.28 et sa 
(|Ueue 0,10. C'est un \nimal d'une apparenee obèse, dont le premier exenqilaire eonini 
avait été pris auprès de Sierru-Léone. mw ia ente deCuiiiée. il diffère encore des Mangoustes 






-^* 



celle (les autres 

les unos . (jn'oii 
iiiinnux fort éii;- 

(le riiido; la 
10, et (|up|(|ues 



FAMILLR DES VIVERRIDÉS. 49 

les plus ordinaires , en ce qu'il n'a , comme les Suricates , que cin(i paires de molaires à 
cliaciuo mftclioire. 

La Mangue est appelée Aevisa par les nègres do Guinée; elle se creuso des terriers très- 
profonds et à plusieurs issues ; elle s'empare aussi des éminences élevées par les Termites, 
Son odeur est fort désagréable. 




MtNooosiE MiNGOs, 1,5 ilc grand. [Voy. pngo 48.) 



railleurs nnalo- 




rons sfMilcincnl 




e centrale. — 




nati'a. — Mw- 




ant celles des 


^ 


sont Africains, 








Cap ( Viverm 




\. Smith). Ces 




landes tranver- 




ue; celle-ci est 




[langoustes (pii 




lelle, plus pAle 




s a ((.28 et sa 




miilaire connu 




les Mangoustes 


---:- 



7. Les l'nvv (Hodgson), par lesquels nous terminerons cette longue énumératiou do 
\niniaux du genre Mangouste, no comprennent qu'une seule espèce, Vlrva cancrivora ou 
Mt'fiubema cancrivora do M. Hodgson, dont les dents molaires sont en nombre normal, 
c'est-à-dire 5. Cotte espèce a les poils longs, annelés de brun et de gris; son museau est en 
pointe; une bande blanche descend des joues sur son coU; ses pattes sont brunes. 

Cet Animal habite le Népaul. 

Les Manguslins dont il nous reste à parler sont tous de Madagascar. M. h. Geoffroy eil 
fait deux genres sous les noms de Calidie et Galklictis, et il fout en rapprocher les Athylax, 
f|ui sont aussi du même pays. On pourrait les réunir en une seule division sous le nom de 
(loJkVu'S, 

(ilîMliî ATHYLAX [Athjlax, P. Cuvier). Co petit genre, par lequel nous commencerons 
rétudo des Mangustins vivant à Madagascar, paraît avoir 1; molaires, mais les deux der- 
nières paires de ces dents manquent à l'exemplaire (|ue l'on conserve au Muséum. L'Atliylax 
a, comme les genres précédents , une phKiuc crypteuse autour do l'anus. 

L'espèce uni(iuo qu'on on décrit est le Vansire de Duffon {Miistda galera des Linnéens), 
aujourd'hui Atiivlax vansire {Athijlax gnkra , F. Cuvier); on pouirait la considérer 
comme une simple espèce de Mangouste , ses doigts étant aussi en même nombre que ceux 
de ces \nimaux; cependant son poil est |)lus fourni qu'il ne l'est habituellement chez- les 
Ichnoumons, à cause de la présence d'une plus grande (luantité de bourre. Co caractère assez 
habituel aux Animaux do Madagascar , coïncide ici avec une coloration presque entièrement 
brune, ti(iuetée do gris blanc. Les tl(iuoturos de la queue, c'est-à-diro les anneaux clairs des 
poils qui la recouvrent, sont plus grandes (pje eelles des poils du corps. Longueur du (ronc 
0,31; do la queue 0,10. Ce Vansire à les formes moins allongées (juc les Ichnoumons oult«» 

II" PAUTIi:. 1 






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onimK Di'S r,\R\rvoRKs. 



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Aoiiis, ot sa l'omic ji-éiu-nik- nipia'llc .sonsiljlomont colle des (ialiilio-; onlinairos qu'il dépasse 

copondaril tMi (linionsioiis. 

. (iKNRiid VLIDIR {(!nU(/i(i,U. (ioolïmy). C'est oiicmv un ^^ 

celui des Man),'ous(i's , et 
dont les molaires peuvent 
aussi f'ti'e égalcnient ré- 
duites à ;;. Les espèces (|ui 
s'y rapportent ont encore 
le pelade ti(pieté. Ce son! 
des Animaux de Mndagas- 

ear. liiUNK un V.u.mr. i.i.ânsTT, 2/.') de gran.I. Dents tie Cuiuik éiécote , Krnnd, nul. 

CAuniF i::iJ:r.A\TF: {GaUdh eîeganfi , fs. Geoffroy). A pelage roux vif, piqueté de fauve 
olivacé sur la tèle; patl(>s tînmes; (jueue anneiée do noir. Jjongueur du corps 0,.S0; de |u 
queue 0,2">. 





llu.iiMi: f.r.tr.ivTF, l;."i de trniid 

.CxLiDiK i;oN,:oi.oiu-: {(.idulia concolor, Is. Geoffroy). Pelage roux l.run. plus générale- 
ment tuiuete .nie .lans Tespiv.! qui pr.Vède; liquetures très-fines; queue non anneiée. 

(.u.ii)n: ui.i\ATMi: {Calidln olicami , Is. (ii-olTroy). l niformément la-un, pi.|uelé de 
l.uue cl.nr; les tiqnehnrs de la queue plus fortes .pie colles du corps; cette espèce et la 
pn'.T'dente onl l.s mèmi-. diiiieiisions qn,. ];, Galidie élégante. 

(iKMU.; (i AMDICTJS {CnMidh . Is. GeollVoy). Diffère de tous les autres Mangustins 

';:"■ '"," '•'''^'"" * "'"i""' 'l'ii se compose de longues bandes longitudinales brun<>s, 

disposées sur un fond clair non ti.pieté; le crûne est néanmoins send.lablo h celui des autres 
Ammaux .k> la mémo tribu, et les dents, au nombre l . ont les mômes caractères généraux (uie 
celles des Galidies. ' 

l-< (iAMDicrrs srniKK {(inUdldk sirialo), .pie G. Cuvier appelait Pulols si rie, a été 
ii.pi.ertee do .Madagascar d'abonl par t>,nnerat , et plus récemment par M. Jules Goudot. Son 
pelage est blanc januAtre, varié de bnm f,uu, sur ta lè(,.. .t marqué ,], band.,'s lon.nludinalos 



FAMILLK DES \ I VEHItIDÉS. 



fil 



s qu'il (lépjisse 




rtr.tSTt , Rrnnil. nul. 

qiiPtû (le fauve 
>s 0,30 ; (le lu 



brunes dont lo iKinilire ost do six sur lo dos et de luiil sur les lombes ; la (lueuo est en yriiiKle 
inn'tii' blancliAtrf, Les oreilles snni iirroudies et velues. La taille é^'alo celle du Fnrcl. 




Ij \ 1. 1 D u: 1 1 > M H 1 1-. i: 



i di' tniuil. 



te 



"N 



jIus générule- 

lelée. 

, picjuetô di' 

es[)('i;(> et la 

î Mnujïustins 
inli's brunes, 
ui des autres 
généraux que 

>• slrid, a ('té 
(ioudot. Son 
oni-ntudinalos 



AI, (iray signale aussi à Madagascar une st-conde espèce de ce ^enre, (|u'il uomnif 
(lALiDicris BAUUKK {(Julkiiclin vilUdu) , et il donne à son égard (|uelques détails recueillis 
par le docteur Thompson. Ce médecin a possédé pendant six mois, à bord, cett(î (lalidie 
vivante; elle était fort agile, gracieuse dans ses mouvements et com|)]étement diurne. 

)I. le I). Coiiuerel, chirurgien de la marine fraii(,'aise, a également eu l'occasion d'observer 
vivantes des (ialidictis et des (lalidies, et ce qu'il a remarqué à leur sujet muntre (pie leurs 
mu'urs ont, connue leur organisation, beaucoup d'analogie avec celles des Ichueumons. (les 
Animaux vivent dans les bois, mais ils se rapprochent souvent des liabilations pour surprendre 
Jes volailles, et ils entrent jusque dans les poulaillers. Les Malgaches, (jui les connaissent 
sous le nom de Vo/dsim, ont beaucoup de peine, dans certains endroits, à soustraire leur-, 
Poules et leurs ojufs à la voracité île ces petils carnassiers. Les dégâts (jue ceux-ci cimmiettenl 
sont parfois très-considérables, les \onlsires ayant, connue nos Putois, l'habitude de saigner 
tous les Oiseaux (prils trouvent dans une basse-cour pour les abandonner de même, a|)rcs eu 
avoir bu le sang ou mangé la cervelle. 

Ils ne sont jias à l'él.il sauvage dans l'ile lîourbon, mais on les y jiorte (piehiuelois et on se 
plaît à les tenir dans les habitations. Il est facile de les conserver dans un état à peu près com- 
plet d(^ domeslicit(!. Vu rapport de M. Cotpierel, rien n'est curieux comme la gentilles.se de ces 
Animaux, et leur légèreté est réellemi'nt étonnante. Sans cesse eu mouvement, ils aiment à se 
promener i)artout lorsiju'on leur accorde un peu de liberté; ils se laissent caresser un instant, 
mais bient()t ils glissent brusquement entre vos mains, sont sans cesse occupés à furet(>r et 
font entendre une sorte d(! [lelit gloussement analogue à celui de certaines espèces d'Oiseaux. 

Les (îalidies et les (ialidictis font une guerre conlinuelle aux Insectes de toutes sorl(^s; ils 
détruisent les Hats avec autant il'adresse que pourraient faire les meilleurs Chats, el. -rAce 
à la finesse de leur corps, ils peuvent les poursuivre jusipie dans leurs retraites. Ouund ou 
les nourrit bien, ils finissent par oublier leur goiU [>our les Pimios et on les voit souvent vivre 
avec elles en assez bonne intelligence. Ils jtment volontiers avec les Cliats el avic les Chiens 
qu'ils connaissent; mai> si par hasard un Chien étran-er a pénétré dans la maison, ils se 



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1 

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i V 



62 






OKIJHE DES CAHiMVORES. 



précipitoiil sur lui, quelle «juo soit la taille, et ils lui iiioidcnt lus junibos jus(|u'n ce (lu'il 
ait battu en retraite. On s'aniuso souvent à donner un œuf aux Galidies. Ils commencent 
par le faire rouler par terre en poussant un petit cri eu signe de joie et après s'en être 
amusés pondant (pielijues instants, ils cherchent à briser sa co(iuille pour eu manger le 
contenu. Afin d'en venii à bout, ils emploient un singulier |)rocédû : après avcir roulé''ra'uf 
vers un arbre, une pierre ou tout autre corps résistant , ils se renversent sur le dos, saisissent 
l'œuf entre leurs quatre pattes et les détendant tout d'un coup, ils le lancent avec fori-e, et 
quelcpiefois à une distance de plusieurs pieds contre le corps dur dont ils se sont approchés. 
Les (ialidictis se bornent à saisir l'œuf entre leurs pattes de devant et à le frapper contré 
quelque objet (jui leur permette d'en briser la eociuille. 
M. Coi|uerel a constaté ipie ces espèces tle Mangustins craignent beaucoup l'eau. 



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FAMILLE DES CANIDÉS 

La famille des Canidés comprend lo Chien domesti.jue (Canls), le Loup, le Chacal, le Renard 
et beaucoup d'Animaux analogues, vivant dans des pays plus ou moins éloignés de l'Eu- 
rope. C'est l'une des plus intéressantes de toutes celles (jue comprend l'ordre si varié des 
Carnivores. Les espèces (]ui s'y rapportent sont nombreuses, toujours plus ou moins sem- 
blables les unes aux autres par leurs caractères fondamentaux , et répandues sur pres.pie tous 
les points du globe. Ce sont des Mammifère, intelligents, qui se réunissent, en général, par 
petites troupes pour attaquer les Animaux dont ils font leur proie. Ils mangent aussi des 
charognes, et, dans certains cas, ils se rabattent sur les substances végétales. 

Ces Canidés sont des carnivores très-faciles à (ii..!inguer de tous les autres. Leur corps 
est élevé sur pattes; ils sont digitigrades, et leurs doigts, pourvus do griffes non rétractiles, 
sont au nombre do cini] en avant et do quatre en arrière. Ils ont la (pieuo assez longue et |>lus 
ou moins touffue; leurs sens ont do la finesse, principalement celui de l'odorat; leurs 
hémisphères cérébraux ont des circonvolutions assez nombreuses , séparées par des' replis 
profonds et disposées sur un plan qui leur est propre; leur humérus n'a pas do trou sus- 
condylien , mais il montre constamment uno perforation do la fosso olécranienne; enfin leur 
système dentaire a uno disposition fort caractéristi(pie. 

Les incisives des Canidés ont en général un tubercule do chaque côté do la partie itriiicipalo 
<le leur couronne , et elles conservent pendant un temps plus ou moins long l'apparence d'un 
trèfle; les canines sont fortes et pointues, et les molaires, en général au nombre de six à la 
niAchoire supérieure et de sept à l'inférieure, sont ainsi réparties : f avant-molaires croissant 
en dimension , \ carnassière et | tuberculeuses. La carnassière supérieure a :ion talon antéro- 
interne plus ou moins ru.limentuire, et sa partie principale forme deux ailes tranchant(^s ; la 
carnassière inférieure est également tranchante et bi-ailéo dans sii moitié antérieure, dont' les 
deux lames tranchantes répondent aux deux pointes externes de la carnassière de beaucoup 
d'autres Carnivores, par exemple, à celles do la Loutre, tandis (pie la troisième pointe (jui 
caractérise la même dent chez les Carnivores est ici très-petito et accolée à la base postéro- 
interne de la seconde aile. La deuxième portion de la (Jent carnassière inférieure est émoussée, 
abaissée au niveau dos tuberculeuses, et à peu près di.sposée connno elles à sa couronne' 
les deux paires de dents tuberculeuses de chatiuo mAchoire sont ovalaires avant le grand 
diamètre transversal pour la mâchoire supérieure, et ovalaires à grand diamètre longitu- 
dinal pour la mâchoire inférieure. 

Le nombre et la forme générale des dents souffrent peu d'exceptions dans la série des 
Canidés; cependant, un do ces Animaux (pai est propre au Drésil, et que M. Gray a dési-né 
par le nom de Cynailiquo iw'lano;,aslrc , n'a, comme je m'en suis assuré, <iuo j^ molaires, 
j)ar suite de la présence d'une soûle paire de tuberciMousos à clia<pic mAchoire." 



\h. 






FAMILLE DES CANIDÉS. 



63 



isqu'à co (lu'il 
s coninienciiiil 
iprùs s'en être 
eu niaiife'or le 
cir roulé l'œuf 
dos, saisissout 
avec foreo, et 
[>nt upproeliés. 
fra|)per contre 

eau. 



ical.io neufini 


? 


ignés (1(1 l'Eu- 


* 


'0 si varié des 


1 


a moins sem- 


« 


r pres(iue lous 


Ë 


1 général , i)ar 


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■•ont aussi des 


m 


■i. Leur corps 


1 


on rétracliles, 


^ 


onguo et plus 




'odorat; leurs 




jar des replis 




de trou sus- 




no; enfin leur 




'lie iirincipalo 


'Â 


iparencc d'un 





ro do six à la 
lires croissant 
talon antéro- 
ancliant(!s; la 
-•ure, dont les 
do beaucou[» 
lie pointe ijui 
jase postéro- 
)sl émoussée, 
sa couronne; 
ant le grand 
être long-jtu- 

la série des 
ray a désigné 
I fi molaires , 
e. 



Le Canis bufiiisu et queli]ues espèces voisines (ju'on lui a réunies généricjuemenl sous 
le nom do 6'uows, ont bien les deux paires do tuberculeuses supérieures, mais ils n'en ont 
(ju'une inférieuromcnt , co (jui leur donne ■} molaires seulement. C'est une disposition inverso 
(luo l'on voit chez ïOlocyoïi, leijuel a l molaires, ses tuberculeuses étant au nombre do trois 
paires en liant connno en bas. 

Dans les Amphicyons , genre éteint do Canidés, dont les espijcos, en général plus grandes 
()ue colles d'aujourd'hui, ont habité l'Europe pendant l'époque miocène, il y avait sept paires 
molaires à cha(iue nuklioire; les tuberculeuses de ces Animaux sont en effet au nombre do \. 

Ccirtaines espèces du genre des Amphicyons dépassaient sensiblement le Lion et lo Tigre 
en grandeur. On sup[)Ose (ju'elles étaient plantigrades et qu'elles avaient ciiu| doigts à chaque 
|)i('d. L(nir humérus était plus semblable à celui des Viverridés (|u'à celui des Canidés, tel que 
nous les avons délinis. Le même caractère existait aussi dans (luoiques espèces plus petites et 
d'une époijuc plus ancienne (épo(iue proicène), dont on a recueilli des débris dans les dépar- 
tements de Vaucluse, do la Haute-Loire et de la Soine. Celles-ci constituent dans la méthode 
zoologiijuo d'autres gem'es , dont on trouvera la description dans ma Paldoittologie française 
et (jui ont aussi une grande analogie avec les Viverridés. 




Ami'Hicïon ou Gms (dents supiîricuros) , 1/2 Ut grand. 

Les espèces actuelles do Canidés nous occuperont soûles; on peut les diviser en quatre 

genres principaux, sous les noms de Cynhyvnc, Canis, llcnard et Otocyon; on devra leur 

adjoindre aussi le genre Cynailicus , sur lequel nous ne reviendrons plus dans l'énumération 

qui va suivre. 

Genuk CVNHYfîNE {Cyuhyœnu, F. Cuv.). La dentition ordinaire des Canis, c'esl-à- 

diro 7 molaires, dont les tu- 
berculeuses ont les couronnes 
émoussées, s'observe chez un 
Animal africain que l'on peut 
aisément distinguer do toutes 
autres espèces do la mémo 
l'amille par son système digi- 
tal. En effet , la Cynhyène 
n'a (]ue (,uatro doigts , aussi 
bien aux |)ieds de devant qu'à 
ceux de derrière. Ce geiu'o a 
aussi reçu les noms do Lycaon 
(H. Smith) et d'Hyœtwûles 
(Is. Geoffroy). 

La C Y N H V f: N F. i> e i n t k 
{Cynhyœnn picta), que Bur- 
chol et M. ïemminck avaient 

Dkstiiios de lA (.ïMiïÈNE, 3/4 de grand. „ , , ,, . 

(1 abord decnto comme uno 
Hyène, sous les noms d'Hyène chasseuse et d'Hyène peinte, est bien une espèce de la famille 
dos Canidés par ses dents ainsi ((uo par son ostéologie, et elle n'a rien de commun avec les 
Hyènes, si ce n'est le nombre de ses doigts. Ses alluies sonl celles des Loups ou des Chiens, 




) , I 



>1 



onDiiK DUS (;Aii\i\(»iti;s. 



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M' niiiiic piir pcliics ti'oui 



et >os iiKi'tiis son', mush les niriiios iiiic (•cIIcn (|< 

Ifi Cfifrcric jii.sijuVii \hv.s,siiiic, et iin'nic dans le Doiifjdlii; clui.- 

H in.iuiùt." iissoz souvi'iit les Iroupouux. ÎS.-, tnill.. appiooli,. ,ir (•(sllc .lu l,nup iiw.is s,i IV.ir,. 

<-st m-lain(.ni..ut nioiu.lrc; ses couleurs soûl nu iiK'Iau^c assez irn^ulier cl .•ouinie u.arhiv 

(le jaune, ,1e luun el .le blane, .lisposés par p u.s; ell,.s ue se irp.'.leul pas sviM.'Irim..'- 

nieiit .les ,leux e.M.'s .lu corps. (> .l.'.fani .Puuif.Mnul.' se irlrouvc .laus un ^nan.l u.Mubr.. 
<laulivs Aiinnaux, mais ces Animaux sout .lomesli,|nes, el il senil.l.' f'hv l.> n'sullal .Puuc 
all.Tation mal.idiv..' .I.s i,ulli..s pileux; .x'peu.iaut ou la mustalé cliez t.ml.'s les Cvulivèues 
.pu soûl, an cmlraiie. .■nli.'n.uieul sauva^r.--. \ux .aractèivs .pie u..ns av.Mi ' ^ 
inéi'és, il faut ajouter <pie j.'s (;vnliv.''nes ont 



«li'ia euu- 



.'lev.' sur jamlie>, 



l's .treilles |.'ran.ies et .|uu leur corjis est assez 






i.i ' 



I» 





(.1 MniM: rtiM. . I,!t .|.' .^vmvl 

Les Animaux .!.■ ...Ite .'spe,-.' itizarre sont .run nalurel as>ez iii.Vhaul. Itur.li.'l, .pu un pari.' 
.Icja .ians son N.na-e ..n Al.vssiui.", s.iiis le nom Alh/a-ua Vi-nœaltn,, rapi«'ll.> riial.ilii.l.. .prils 
ont .1." .'liasM.r ivunis par petil..s Ir.mp.'s, mais il l..nr siipp.>se .l.'s ariinités ave.- i..s IIv.mi.n 
ce .pu n.'xisl.' pas. L.'urs tr..up..s s..nl .pi.'l,pief..is tiés-nomj.iruses; elles asisseul ..",us là 
.hreclion,rnn.'l,er..t ell..s s,.nl r..,l.iulahl..s p.n.r les \nlil.ip..s et .piel.pi..f..is pour l'Ilomni.. 
lui-mcme. hn v.u'acit.'. ,|..s (:vu1,v.,m.s est .j.vs plus uran.l.-s. Ou v„vail .l..rni,'.r.,u..ul tr.,is 
.'xcmplaiirs .le cit.. ..sp.'.c.' .Ians la riche ménapTi.' .le li.-..nfs-l>arK. à J,..ii.lirs. On supp.is,- 
.pie la Cvnlivéïi.. est 1.. m.Mii.. Animal .|ue 1.' Chmna ,|.. l'Iine .■! .pie k l.iimoi, ,|,. s..lin. 

(ii;.\ «!•: (:A\] S X,n,h , Linné), oip. .liMiominatioii, .pieLiuu.' éteiulail .'i Puis les Canidts 
.^innus d.î son f..mp., et m.^mo aux Hyonc-.. dont la dentition e,l cej.eudant f.irt différente 



M'Iilcs tr(iii|ii's 
iiiiiis s;i lonc 
tmiii(> iiKiiiiii- 
is .sviin'lri(|ii(i- 
;riiiiil iionibrc 
n'siiKiil d'niic 
t's (Aiiliyt'mes 
li'^ ili'ià (iiii- 
iiriis est asM'/ 




<|iii (Ml parle 
liiliidc ijirils 
les ll,V(''iif's, 
iCMl sons 1,1 
iir l'Ilniiinic 
cillent trois 
On su|p|)()s(! 

Siiliii. 

les Canidés 

différente , 



l'AMIM,!' I»MS C, WIDiis. 56 

est restiV l'ii |n'(i|ire aux es|iéces de la latnillo «ctuolle ayant ^ on ;: molaires, plus éniousséis 
à leur couronni' (|ue celles des llcnanis, .'t dont la pi'.pille est circulaire, au lieu d'être lon;:i- 
ludinale coninio clie/. ces derniers. Ce sont les plus forts et les plus nondireux de tous les 
Canidés. Les Chiens doniestiiiues ap|)arlieiinent à ce ^cnre. 

\ous parlaKerons les Caiiis en plusieurs divisions, sous les noms île iMiips , Cnonn . 
Cliucdls, C/in/si.cijujis , V.Vdbicru et .\i/ch'rcutcs , et nous Iraitcrons des Chiens (loiiieslit/iu'i, 
après avoir parlé des es|ièces sauva^xes propres à chacune de ces caté^'ories. 

I. Les Loi l'S sont les |ilus forts et les plus dangereux de tous les Animaux do ce genre. 

Le C ANis Loii' (Canin Lupus, Linni') es! I'uni> de ces espèces dont fliistoiro a été faite 
avec tant de supériorité et de précision par Itnffoii et Dauhentoii, dans leur wmd ouvra^o, cl 
sur lesquelles nous nous jim'ilons hien de nous ('tendre dans ce livre, les travaux de ces 
iiraiids naturalistes étant entre les mains d(> tout le monde. 

De tous les Vnimaux véiilalilemeut redoutables (jue rKuroiio a nourris en nK^'Uie temps (lue les 
Kléphants, Animaux ipie la paltMinlolo^ie nous a révéh'S, les Loups sont à peu près l((s seuls 
Miii aient survécu aux agents pliysiipies (pii ont aïK'anti tant d'antres espèces ; ils ont aussi 
échappé aux poursnites non moins destructives (pie rilomm(> exerce contre les êtres capables 
de lui nuire, il y ii (>ncore aujourd'hui des Loups dans presipie tous nos déparlements; ils 
sont m(*me assez nombreux dans les n'jjrions occup(;es jiar les lirandes fon'ts , et surtout 
dans les pays di; mnntafjiies. Mal;,n'é les chasses actives dont ils sont l'objet, ces Animaux 
Carnivores font encore beaucoup de mal aux troupeaux, et l'Homme lui-même n'est pas à 
l'abri de leurs atlaipies. Solitaires ou réunis par [letitos bandes, suivant la saison, ils se 
cachent dans les bois dont les berf;ers freipieiitent les environs, njdeiit la nuit dans les 
pAturages et enlèvent les Urebis sans ^\w les llonnn(^9 ni les Chiens réussissent à s'y opposer. 
Ils changent assez volontiers do cantons lorsipi'on les a ini|uiét(''S ou (luo les troupeaux 
eux-mêmes se sont di'placés. Pendant l'hiver, (piand ceux-ci ont (piitlé les endroits élevés oii 
on les avait nieiK's passer la belle saison, les Lou|is, privés de cette ressource et ne trouvant 
dans leurs forêts ou dans leurs montagnes (pi'une alimentation insuflisante, se rap[irochent 
des habitations; ils parcourent les valli'es ou les [.laines, et. lorsiiue le besoin les presse, ils 
deviennent audacieux et iV'roces; c'est alors (pi'ont lieu ces accidents si terribles dont les 
jom'naux nous retracent cliaipie année les sanglantes pi-rifiéties. 




m: 



so 



onnnE dks carnivorks. 




I mn 



Oiins los pnys moins avnncrs on civilisation ot oii le (l.'-iioisomonl ainsi quo la culluro n'ont 
pas aut(nil r.'ssnrré leur domaino , lus Lonps sont bien plus communs ot cl.acuno do leurs 
bandes réunit un plus grand nombro d'individus. Ils attaquent alors lo frros iiétaii les 
Chevaux , les voya-eurs. Dans d'autres endroits , nu contraire , leur raco a été anéantie • 
c'est, en particulier, co .|ui a eu lieu en Friande, oi, il n'existe plus do Loups d,.puis l'année 
1710. En Rcosso, ils ont disparu en 1710; leur entière destruction en Angleterre avait eu lieu 
u une ('^|iO(me i)eancoup [dus recnlt-e. 

Le Loup a le pelaRo gris fauve varié ,1e poils noirs en u.s.-n,. et noir sur uno partie .les 
jambes ,lo devant. Ses caractères anatomiques et so )(uil., ,e v„ppr„chent sensiblement des 
grandes races des Chiens, avec lesquelles il pe.i donner des produits féconds 

La Louve entre en chaleur en hiver, et, après une f,'ostalion do soixante-trois jours, cil,, met 
bas do cinq à neuf petits , -lui naissent les yeux fermés ; elle les allaite avec beaucoup do soin 
et les défend avec courage. Los Louveteaux grandissent assez vite; à deux ans ils s.nit 
capables d'engendrer. 

On cite beaucoup d'exemples d'Animaux do colto espèce qui ont été a-mr,-,,!,,' • et avec 
quel-iues précautions, on peut même retenir en domesticité dos Loups pris adultes- une 
sniiplo chaîne suffit lo plus souvent, et, dans les villng..s, on promène ainsi c(;ux qui ont été 
pris aux pieges; les gens .pii s'en sont emparés vont de ferme en ferme solliciter (.uelque 
recompense .le la part dos personnes qui possèdent des Moutons. Beaucoup , le ces Loups mon- 
trent un véritable attachement [tour les gens qui les nourrissent, et l'on a rapporté, à cet 
égard, un gran.i nombro de traits .ort curieux. Mais ces Animaux ont aussi été la cause de 
nombreux accidents ot il est toujours pru.lent do leur laisser le moins .le liberté possible 
Nous emprunterons à F. Cuvier lo seul trait dont il sera .luestion ici : 
« Le Loup, dit cet habile et scrupuleux observateur .les instincts dos Mammifères, est un 
des Annnaux féroces chez le.iuel l'attachement peut être porté au plus haut .legré-, et qui 
nous .lonno 1.' plus singulier exemple du développement que peut atteindre le besoin .les 
caresses; besoin si extraordinaire. c,uo nous lo voyons chez cet Animal remport..r sur c.-lui dn 
la faim, et même sur celui ,1e l'amour. » Doué sans .loute d'un heureux naturel et élevé 
comme un jeune Chien , le Loup dont parle F. Cuvier devint familier avec toutes les personnes 
quil voyait liabitucllomenl; il suivait en tous lieux son maître, dont l'absence lo faisait 
toujours souffrir, montrait la soumission la plus entière, et, sous ces divers rapports i>e 
différai presque en aucune manière du Chien domestique lo plus privé; cepen,lant son maître 
étant oblige do s absenter en fil don à la Ménagerie. Là, enfermé dans une logo, l'inimal 
fut pondant plusieurs semaines triste et sans appétit; cependant sa santé se rétablit et il s'at- 
tacha bientôt a ses gardiens; il paraissait avoir oublié ses ancionucs affections, ,iuand au bout 
dodix-huit mois son maître revint. Au premier mot que celui-ci prononça, le Loup ,|ui no 
1 apercevait point encore reconnut sa voix, .a il en témoigna sa joie par ses mouvements ,.t 
SOS cris. On le mit en liberté et aussit-M il couvrit de caresses son ancien ami comn.o l'aurait 
fait après quoLiuos jours d'absence le Chien le plus dévoué. Malheureusement il fallut so 
quitter de nouveau et cette séparation fut la ,^ause d'une nouvelle tristesse, tristesse si pro- 
fonde qu on ,1ut renfermer un Chien avec le Loup pour donner à celui-ci quelques sujets ,1e 
se distraire. Trois ans s'écoulèrent sans que lo maître revînt. Lorsqu'il arriva dans la Ména- 
f™!!* '"' ''''"?' "'"'''" r Mention ,lu Loup et lui rappela sonmitié. Aussitôt lâché, 
courut vers son maître , redoubla de cris , posa ses deux pattes de devant sur s.-s épaules 

leur eût donné un instant auparavant des marques do son affection. Il fut nécessaire À se 
ZZLTT "''r ''' '""'"' P'^'"''"' '^ ^''"P ''<^^*"^ '"«»«' i™'""^*"- " refusa toute 

cTJLlT' r /■"' '"•^*^°"""'«^able, et l'on a eu longtemps la crainte de le perdre; 
cependant sa sanlo ,osl lieureusouient rétablie; il a repris son embonpoint et son brillant 



j| 



l'WiiMj'; iH'is cwihhis. 



a (nilluro n'ont 
icuno do li'urs 
os liûtoil , los 
éié nnéanlio; 
depuis r.iniiéo 
avait ou lif» 

uni) partio dos 
isil)Ioniont des 

jours, olio met 
ucoup (lo soin 
ans, ils sont 



Û7 



pi'JHgo; SOS ffiirdions ont (lU dit nonvomi l'approclior; mais il n'a plus souffert los cnrossos 
d'uucuno autro porsonno et il n'« répondu que par dos inonaoos à collos qu'il no connaissait 
(loint. 

V. Cuvier ajoute : « Ce récit ilontj'oi ()lnt(\t adouci qu'exagéré les expressions no ressemble 
KUiTo sans douli' à ii' qu'on rapporte ^'énéralemont du naturel du Lou[i; mais on no (Connaît 
cotte (,s|)ùce que par ce (|u'uni fait voir les individus de nos forets, qui vivent entourés d'en- 
nemis et do danfjors, et chez lesquels il no [leut sis dével()|)[ior d'autres sentiments que ceux 
de la crainte, de la défiance et de la haine, et nous avons pu no.is assurer que les Chiens 
élevés de la sorte dovii'nnent tout aussi sauvages, tout aussi féroces que des Loups, sans 
cependant l'ôtro aussi profondément; tant il est vrai que, pour connaître le naturel d'une 
espèce, c'est-à-dire ses dispositions intellectuelles fondamentales, il faut l'avoir vue dans 
tdutps los circonstances qui sont propres ;i les rondn' senxihios, à les manifostor. » 



ni .c: ; et avec 
adultes; une 
ux qui ont été 
icitor (juelque 
s Loups mon- 
q)porté, à cet 
é la cause de 
possible. 

lifères, est un 
(Ic^To, et qui 
lo besoin des 
'r sur celui dn 
lurel et élevé 

les personnes 
inco lo faisait 

rapports, ne 
nt son maître 
)ge, l'Animal 
ihlit et il s'at- 
luand au bout 

Loup (jui ne 
ouvements et 
)mnio l'aurait 
it il fallut se 
itosse si pro- 
lues sujets de 
m» la Ména- 
ussitôl lâché, 

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I-Oiips nt FHA.M K, 1/02 ilo (irnn'l. 

Des Loups semi)lables à ceux de Franco existent dans les autres États de l'Europe conti- 
nentale et dans le nord do l'Asie, mais il n'y en a pas en Algérie. Les naturalistes ne sont 
pas hxés sur lu valeur des caractères propres aux Lol ps noirs, que l'on observe en Europe, 
avec les Loups ordinaires et dont la présence en France a .»>• plusi.nirs fois constatée. 
Uiioiquos-uns les regardent comme étant (rune espèce à part, et .,s leui' donnent lo nom de 
Canis Lycaon; d'autres n'y voient qu'une variété individuelle, et ils citent à l'appui de leur 
opinion ce fait, d'ailleurs incontestable, que, dans les nichées de Louveteaux appartenant 
bien sûrement à l'espèce commune, il y a parfois des individus entièrement noirs. On a 
égalemiMt cru qu'ils étaient le résultat d' m croisement entre le Loup et lo Chien. Quoi qu'il 
on soit, un crâne de Loup noir des l>x aées, que nous avons étudié, nous a paru s'éloigner 
un peu de celui de l'espèce commune et ressembler davantage à celui des Loups de l'Inde 
et do l'Amérique du Nord , ipii peuvent eux-mêmes être atteints dans certains cas d'un sem- 
blable lanisme. 

Les Loups étrangers Ix l'Europe ont aussi donné lieu k riuelques difficultés zoologiques, 

c^ar certains d'entre eux ont une telle analogie avec les nôtres , qu'il est difficile >h' les en 

(iistinguor nettement. Gependanl Ions les Loups ne sont pas dans ce cas, et l'incertitudo 

n existe guère .pie pour ceux i\(^ l'Inde et pour ceux do l'Amérique septentrionale; car, s'il 

11" l'Amu;. jj 




f 

1 




S8 



onimi-: drh caumnouks. 



y a ou \rii(|no ol ilnns r\si(' (uicnliili' îles (lîiiiis. (iiic l'uii doil ntf)|inrlt'r itii inAnio soiis- 
gonro, il est on iiu'iiic ti'iii|i.s pos-^ihle de (Irmunlivr i|iii' ce sont hii-n di's .\iiiiniiii\ d'osiiùccs 
distinctes. Muix les LonpH de l'Indo ont loulo l'iiiiinireiiix' cxlôriomt' di"» iiôlrcs, (|iinii|iio leur 
pcliiKO soit moins fonrrd cl loin- linllc un [icu Mioindri;; et ipic, du moins dinis lo petit nonilirc 
d'cxoniplaiios (ju'on a pu (discrvcr sous ^•^> rapport, la dciixicino molaire tid)ercul(!iisii do 
la imkhoiro supérieure soit plus pelito, co cpii indique tout au moins une raco ù part. Ces 
l-oiM's ni; i.'iNnK n'-pnndent au ^-V^;//',v/«////7>('.vdueolonel S.vkes. — Le I.oki' ou Jmmin {Canis 
lioUup/iiliu- , Temni. el Si Ide^'. 1 est, au cinitraire, plus lias sur jandies ipie celui de l'Kurope 
ou dn rindo; il a le nmsoau plus court el sa ipieue est moins fournie; aussi l'a-t-on décru 
connue consliluant une espèce à part. 

Certains Loups di; l'Amériipie septentrionale semblent é^alenuMil pouvoir être dislinaués 
des nôtres, l)ieu (|u'il soit i|,nis certains cas très-dilliril(> de les en sé|iarer par des caractères 
précis, et ([u'on les ait souvent rej^ardés couune n'en différant pas; ils sont intime de 
(iliisieurs sortes. 

Dans les contrées froide ■> de r.\mérii|ue, leur poil est plus fourni et d'une Ijelle teinte 
grisAtre, ce qui les fait recherclier connue fourrure; mais co no sont pus des Albinos, ol ils 
n'ont ni ii- pelage entièrenieni blanc ni Iin veiu rouires, iinoiipi'il v ait dans celte (;spéce, 
comme dans les antius. de^ individus réellement affectés d'albinisme. D'aiilres, au contraire, 
sont noirs, muis individuellement et ils ne forment |uis une véritable rac('. 

Les Loui)s nord-américains, ipii ressemblent ir pins à ceux de l'Kurope, ont été souvent 
appelés diiiis les ouvrages descri|difs, et en particulier dans celui .le Hiidiardson , Ciiiiis 
lupus occideiita/is. On a constaté leur exisfenct^ sur une grande piirtie des États- lins. 

h'anlivs ont été regardés p^r Say comme formant une espèce bien distincte, comme le 
Loup odoh.wt {Caitis iiiihi/iis) , ijui est plus courageux et (|ui attaque même le Ilisoii. 

Lo LoLi' DKs iTiAïuiKS (C/iiiis /(ilraiin, Sav) est aussi des Élals-IJiis, mais plus parti- 
culièrement de la vallée du Colomliia, dans la Californie, peut-être aussi du Mexique. Il n'est 
pas certain, en effet, que le Caijfjolfc des Mexicains doive en être séparé. Le Lou|) des |irairies 
se laisse plus aisément distinguer du Loup d'Europe que les précédents; et de IJiainville , 
qui a pu en étudier lo cnhie, l'acceiile comme ou étant différent. Il signale à l'appui de son 
opinion quelques particularités assez légères, d est vrai, mais (|ui ne se retrouvent ni dans les 
autres Loups dé l'Amérique, ni dans ceux de l'Rurope ou do l'Asie. M. Ilanniton Smitli 
en fait même uiu' petite division à part, sous lo nom de Li/ciscK/i, 

L'Asie Mineun et l'Afriipie septentrionale ont aussi des Loujts; ils sont également diffé- 
rents des noires. 

Une des plus remaniuables pour la sin- 
gularité de ses caractères est le Lon- 
D'Anvssi.\ii; {Cauis sitiiw, nu|)(iel) , qui 
fl les formes élancées du Lévrier et dont 
le crAne est encore filus alloiiaé que celui 
(le ces Animaux. 

liO Loi !• D'Kf, vpTK tjtnis Liipastcr , 
llempricli et KlirenbiM';;) est moins grêle, 
et. sauf sa taille un peu inférieure, il se 
■rapproclie davanl.ige du Loup d"Kuro|)e. 
il établit A plusieurs égards la transition 
des véritables Loufis aux Chacals, 

2. Les (,i ON s s iut des Canis ù six iiaires de dents molaires inlt-rieures. On n'en a encore 
observé (juo dans rimle. 

. Ils rossembleiit assez aïK Loups et aux Cliacals par leur forme extérieure, sont internié- 
daires aux uns et juix nnlics |,ar la taille, et ont le crûne assez peu différent de celui des 




Chivi- iir CtM^ siNts. I :| ,|i> sr.in<\ 



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iilx'i'i'uli'iisn (lit 
ICO ù jinrl. Ces 
J M>o\ {Cuiiin 
lui lie rKiii'0|ic 

l'il-l-OII «ll-'L'llI 

f'Uv ilisliiiaiiés 
dos caraclei'cs 
^(illt iim'^iiic lie 

ne l)(!lie luiiili.' 
,\ll)iiio.s, et ils 
i (Mstlo os|»ù('(;, 
, iiii riiiilniii't', 

lit ('tû souvent 
ii'iison , diniis 
tnis-l lus. 
;to, cnninio je 
lo llisoii. 
îiis plus parli- 
xi(|U('. Il u'est 
ip (les pi'.'iii'ics 
(le Kiaiiiville , 
l'appui (in sou 
Mit ni dans les 
uiilltiiii Siiiilli 

alciiK'iit diffé- 



r\MILLK I)i;s CAMDKS, 



50 



^m,^ 




Il on a encore 

oui iutermé- 

lic Celui (k's 



f 




soconds; mais ils n'uni iprum- 
seule pau'e île miilaires juiiereu- 
k'uses (1 la iiiAelmii'e inférieure, w 
ipii ne leur di)nne i|ue Ij umlau'es. 
(lus Aniiniuix ont été souvent cou- 
sidérés conuni) des Cliieiis sau- 
vages, et l'on a supposi'-, mais à 
tort , qu'ils pourraient hien èlre 
l'orinini' de nos Cliiens domesii- 
i|ues, Ils cliasseiil à la manière 
dos Cliieiis marrons, c'est-à-dire 
l'ii s'associani plusieurs eiisemhle, 
Leur [iroie consiste en Lièvres, en 
\iililopes, eu (lerls , et, assure- 
t-oii, en Uuflles sauvages tui do- 
niesli(|ues. Ils renionlenl assez. 
Iiniil dans les nionla^nes et appro- 
chent souvent des nelKos |ior|ic- 

Inelles; lins e» rusés, ils so laissent raicnienl surpieiulro par l'IîonuiK'; ils ont leur demeure 
lialiiliielle dans les ravins et dans les rociiers; l'iiileiois ils ne se terrent pus; iiueli|ues-uus 
vivent aussi dans les plaines. 
Le Cl ON m VNsi [Cdiiis prhnd'nin , llo(ly:sou). {Juitfjkc coalri) vit daus i'Hindouslaii. 




|lMiiil">lM t,iii> h 1 » > 1 1 , .'), 1 i|i' iirmiil 




:BRUNl£C.SC. 



60 



OKDHK OKS CAIlNnoilKS. 




C'est un Animiil plus grand <|ue le Cliaeiil, mais inoins fort que le Louj., plus élancé que 
l'un et l'autre, à pelage généralement fauve roux, plus clair à la tôle et glacé do noirâtre à 
la queue. Il parait qu'il no faut pas en séparer comme espèce le Canis duckunensis, signalé- 
dans leDoccan par le colonel Sykos, et l'on a|)pello Guo.\ de montaonk {Cuon alpinus) 
un Canis des monts Altaï, qui a aussi le même système dentaire, 

Il y a également des Animaux analogues dans plusi,-^urs des îles indiennes, tels sont \tiDholc 
etle/'rtm/MleCeylan,Ie(>«oo de Sumatra , et , d'après M. Hamilton Smith, le Cnnisjava- 
nicus do F. Cuvicr et de Desmarest. M. Smith leur associe encore le Dingo, do la Nouvelle- 
Hollande, .lu-il nomme Chryseus Amlrnlia-; mais celui-ci a bien cerlainemeut la même 
dentition que le Chien domesti(|ue. 

Le Canis javanicus est très-probablement \o. même Animal que «oie a signalé à Java sous 
le nom de Canis rutilans , >\yV\\ dit y être très-rare, et sur la détermination .luqu' ! J.-B. Fischer 
est resté indécis. 
3. Les Chacals [Lupulnn, »l;iin\ill(,'). 

Les Chacals, sont, pour ainsi dire, des Loups de petite espèce, et qui seraient moins auda- 
cieux et moins à craindre (|ue ceux .jui précèdent, si l'association dans laquelle ils vivent no 
multipliait leurs forces. Ce sont des Animaux communs aux trois grandes divisions do l'ancieu 
continent, mais (|ui paraissent occu[)er en Afriiiue une plus grande surface qu'en Asie et 
surtout en Euroi)e, si Ton ne tient compte que des Chacals or.linaiivs. Il faut toutefois leur 
associer les Corsacs ou Adives qui s'avancei.t davantage dans les régions froides et les Isatis 
qui habitent les terres lus plus voisines du pôle Arctique dans l'mi et dans l'autre continent 

Cams Chacal [Canis aureus, Linné). Les Chacals sont dos Animaux semblables aux Loups 
par leurs allures, mais plus petits; leur corps est haut do 3 ou A décimètres ol Ion- de 6 ou 
un peu plus; leur qucne a environ 0,25. Ils ont le pelage fauvo plus ou moins varié de 
gris ou de DlancbAtre aux parties inférieures et de n .ir sur le dos; leur museau est plus fin 
que celui des Chiens; les tubercules d..- leurs molaires sont un peu [.lus saillants et leurs 
tuberculeuses de la mâchoire suiiérieure sont plus semblables à celles des Loups 



r li]! 







eiiACAL 1)1. ■iiytQM 1/7 de gnmd. 



ié il 



Jl"!^T ? P'"^'' '":"^ "^ '"^"=^"' ^»^*i d-^^^ cl'^rogie^. Comme ils habitent, en général 
des pa>s ou H y a en mone t^mps des Lions on .-•,„„,, „,,,„,, r.rnivoro., ils reJlS .li 




FAMILLK DKS CAMDÉS. gf 

les débris laissés par ces florniers. Les cadavres dos Animaux domestiques abandonnés par 
l'Hommo servent aussi très-fré(iuemmeiit aux repas des Chacals (jui les découvrent à l'odeur 
et viennent par petites troupes en dévorer les cliairs. C'est surtout pendant la nuit (ju'iis se 
mettent on quête , et leurs cris retentissants décùlenl au loin leur présence. Les immondices 
qu'on rejette des camps, les débris abandonnés par les troupes on expédition attirent aussi 
ces Animaux. 

Tous les Cliacals ont une grande analogie avec certaines races de Chiens :lomesti()ues, 
et Guldonstedt, savant naturaliste russe, .jui a parcouru l'Europe orientale et une partie 
de l'Asie, h's sujiposait la souche de ces derniers. Suivant la reniar<]ue de M. Nordmann, 
les Chiens d'Awhasio ressemblent étonnamment à des Chacals. Cependant F. Cuvier objecte à 
l'opinion de Guldenstedt (lue les Chacals (( réf)an(lent une odeur si fort*; et si désagréable, 
'(qu'elle seule aurait emp(^clié les Hommes de rapprocher d'eux ces Animaux pour'en faire 
a leurs com[>agnons et en (luehiue sorte leurs commensaux. » Le môme auteur ajoute, a\ec 
raison, ([ue rien n'autorise à fit'nser que la domesticité ait pu modifier les Chacals au'point 
rie leur faire perdre cette mauvaise odeur. 

Ces Animaux font surtout entendre! leur voix pendant la nuit. C'est une sorte de hurlement 
aigu dont le timbre est fort désagréable. L'un d'eux commence on disant à peu [)rès aji sur 
un ton prolongé; un second reprend de même, puis un troisième, et ensuite la troupe entière 
crie à l'unisson. Quelques voyageurs ont trouvé ces iuuiements plus semblables aux cris 
d'une trou[)e d'enfants qu'aux aboiements du Chien. 

On apprivoise facilement les Chacals, mais sans leur donner jamais les finalités qui distin- 
guent les Chiens domestiiiues. Il reste toujours quel(|ue chose de leur sauvagerie primitive, et 
il est iuipossible de hîur laisser une .Milière liberté. J'en ai possédé un encore jeune, et par 
suite encore assez souph'. Quand il avait luini. il était doux et caressant; mais il redevenait 
mauvais lorsqu'on avait satisfait son désir, et si l'on voulait le saisir ou jouer avec lui, il 
cherchait alors à mordre. Les enfants n'ob(enai(Mit pas plus sa confiance (jue les grandes 
personnes. J'en ai vu d'autres (|ui étaient j.lus traitables, mais (jui pourtant étaient loin d'être 
entièrement soumis. 

Les Chacals sont au 'i,)mbre des Animaux (|ui s'étendent sur une grande partie de l'ancien 
continent. On sait qu'il y en a dans toute l'Afrique, depuis la basse j':gyple, l'Algérie et le 
Maroc jus.u'au cap de lionne- Kspérance; on en trouve ,Ians une grande parlie"do T \m.- 
méridionale, mais sur le continent seulement, el il y en a dans les parties les plus orientales 
de l'Kurope, particulièrement en Créée, dans la Tunpiie d'E.U'ope et au Caucase. Huffon 
n'aurait ,,a. hésité à les regarder coinin.. .••iant t.. us de la iiiénie espèce, et c'est l'opinion que 
s'en est faite de Dlainville -jui envisageai! l'espèce d'.me manière plus large que la plupart 
des naturalistes cl rcLfanlait souvent c.unine W\ ce ,,ue les autres considèrent comme un 
sous-genre forme lui-même par la réunion de plusieurs espèces. Le Chacal d.. l'\fnm,o 
australe [Cunis mesomclns) .jui a sur le .los une sorte d.> manteau de i.oils gris el noirs (.st 
pour de Itlannille un Cmùs mmm tout aussi bien ,p.,. h- Cini, nuthus du Sénégal .pii "a ét.'> 
distingue par F. Cuvier, ou que le Chacal de l'In.le et celui .le Morée. D'autres auteurs 
acceptent une opinion diamétralement opposée. 

M. FI. Smith va t)lus loin encore puisqu'il [)lace les Chacals dans deux divisi.)ns difr,',vntrs 
savoir : ' 

Les Tnois, comprenant le Canis anthm ou Chacal du Sénégal, tel que F. Cuvier le décrit- 
le Cams rnriogoUis, l{upp,.l , ou ChamI de mie. et le Canis mesomelas ; 

Et les Sacamcs, qui sont : le Chacal commun {Sn.alh,. «,/,mv): celui ,lr Itarbarie (C 
barb-^:'> do Shaw). et celui de l'Inde [Sacalm indiens) ; trois véritables Chacals dont il rap- 
proche, a tort, le .\yctéroute. L'espèce ou plutôt la race à laquelle M. H. Smith réserve le 
nom do Sacahus aurcus. et qui répondrait mieux -lue les nnires an r.mù, „,„..,,, ^,., .„„^^ ,. 
est le Chacal d Orient, ou le Thos des anciens. On le rencontre en Perse, dans la Hussio 



. 1} 










^^ OnnUR DES CAII.M\0«ES. 

méridionale, hux environ. ,lo Sin.vrn,,, auprès do Cnstonlinopl... on Morée otc On \^ cit. 
souvent connue une prouve de l'annonno existence du Mon dans iJ ,2;:!'^J^tt 
Chacal passant pour le compagnon le plus l,ahitu<.| de re re,|„nlable Carnassier ' 

Les (Jrees anciens o,.t connu le Chacal, et c'est de ce Carnivore .p.-\rislot; a parlé sous 
Jenomde y/... non, ,ue Lin..e a transporlé n.al à propos à un cL ,1e la (luv e 

Les Can.s de a r,...on dn Ml .p.i approchent le plus du Loup ..l du Chacal par ieur orga- 
nisation eta.ent n,leress<u.ls à étudier, parce ,ue leur connaissance exacte p^nar^^la i^ 
sous certau.s rapports, la question si dillicile ,1e l'ori^in.. ,lu Chien .ion.esti, ne. et ,.., nZô 
tenps la .leternnnat.on precse des n.ondes .le ce ,enre, ou c-elle .les p.-in nr s .1'. dnaux 
analogues „ue 1 ou trouve sur les n.onun.,.nts ..v,p,i,„s. Aussi MM. „„„,.,„ „ k,. " 
q." ont ,.arcouru ces contrées, onl-ils .lonné une afention t.>ute parti.-uhér u,x ...i^^sJocô 
p-oupe. Dans un travad .,ui l„i ,..st connnnn ave son con.pa.aoa de v.na.,. f M Heu - 
||.ich M. hhrenber»- enun.ere .lix e-.p.'.ces .le t;ha..als ,.t .1,. Il,.nar,ls propres à PK.^^-pte l 
.1 J.UI , ajouter la Cvnhyene et le Fennec .p,e nous avons dc^à cité, l'u..' .1.. ces o^J^^ 
Loup d-hgvpte (C Lupasl.r) ; les autres Canis .^.vptiens sont plus voisins du C ,^ " 
du ( neu ,lomes Hp.eor.linaire; ils on. été .l.H.its par Khn.d.r,; les autres sont lessu^ .^ 
■ a>us sacor, I ,.n,pri,h et Ehrenberj,; il a la taille ,1'uu «enar.l ou nn peu plus forte, et sa 
■iueue peu ve ue le lait ress,.na.l..r, encore plus ,p.e 1,. Lupa.t,.r, aux l^nlvs L Chien ..a- ■ 
Ca,ns/muham,nx le Chien .loniesti.p.e. sur l,.qnel nous reviendrons ailleurs- 
C>nus mnn-h,.. II. et E.; des cotes ,1e l'Ahvssinie. près Arkiko. C'est lo Sea fol- do Sait • 
tuiiis iiincf/aliis .le Cret/.s.hniar; de la haute %|ile; 
Canis mbar, IL et K.; du Don^;()la ; 

^;«./«..«^/., II. 01 E.; .m Favoun.. La gracilité ,1e ses f.n.nes et la couleur noire .le son 
I. ^donnent a penser .p,e c .'st lui ,pn a lourni le niodèle du Chien anubis représenté sur 
les uiononienls ; 

Canis culpecHld . II. cl K. ; ,|„ |'i,v,M!iii. 

M. Huppel cite en \l;vssiine lus >.<„■„ unihm, variciioltis ,'t nufsoint'las 

jMd..p,.n.lannnen. du CLu-al ,ie MonV. l'Europe nourrit une espèce ,pn peut êlr,. rapportée 
au nunie sous-«,.nre, ,pu.,.p, ulle soit .l.^jà plus v.nsine .1... Renards sons certains rapports 
Lost un Annual .pu est ..sseutiellen.ent propre aux r.^.ions arcti.p.,3s; on l'appelle Ltis. 
Le Co.sac existe anss. .laus une partie .! ■ la lius.ie. mais à vrai .lire il n'est pas ,.ur,.pé,>n 

Le Gams .s\r,s [Ca.is lagopus , Linn.'') e>l J,Tis hrnn, un ,m,u bleuAtre. ou tout blanc 
suivant la saison; .1 r<>pro,luit , ,|ans I.. f^ronpe ,lo„t nous traitons, les mêmes variations ,n.e 
e Le.vre changeant on rilermine. Ihillon l'a nonnn.'. Hmard hlr„ ; mais ce n'est pas un vrai 

ïusidôit iî , " \ '"'""" ''"'"l"' " "" "■"" "■"^' '"'^ '^•— ""-•'•'" "i" -l'-i 'I'- Chacals. 
Aussi doi -d ..ire p a.'c auprès ,1e c,.s .|..rniers. Sa taill,. est un |,eu intérieure à la leur. ..t ses 

pJed'ie lIcIt"' ' '' '"' '"' " '"" ''" '" '""' ''" '^''"" '" '"'" "^ '"'''""''' ^'^"i'i"'" 

Les Jsatis vivent ex.dusivemeut ,ians l.s contires boivales, aussi bi.M. ,la..s lo n,.r.l .le 
1 E»r..pe ,|no dans celui ,lo l'Asie et .1,. rAn.éri.iue; ils font la chass.. aux Oiseaux et aux 
petits .,.an.m.ter,.s ,|nehiuefois même aux Poissons; ils nagent bien ot ont l.s m.eurs onli- 
naaes aux autres Animaux do ce groupe. La couleur blanche .pi'ils prenn,.nl .mi hiver leur 
P'T.net d,î s,, soustraire plus facilement à leurs ennemis et ... même b^mps .l'ê-re aoer.ns 
.noms aisément parles Animaux .,u'ils veuh-it saisir; leur Iburrure est asse. eslim.i / 
a des Isatis .jui restent bruns pendant tonl.i l'année. 

J;' ^' '';' '""'^':, (^^'"'"'*' ^"'■^"'■' <^"l'J«'!stedt) ou VA^irc, appartient à l'Asie, principale- 
ment a la lartane. C'est aussi un Anima! m.uns gran.l .,u - le l^enar.l, à pelag.. m ns fo i 
gns fauve sauf en dessous, où il est bhuw. et .lont h .pieue est t.'rmi:ée ,1e no . S ^^ 
formes sont gra.'ieuscs. ... il ressemble à un très-peli< Chacal. Ses habitudes ont ,ie rmal 
logie avec celles de l'Isati^ . mais il habit, de. ré.;. ,ns moins froides. 




Ole. On le ci(o 
s contrôcs, )o 

a |)iiiié sous 
(iiiyanc. 

•iir leur oi'sa- 
uvail tV'lairer, 
. (.'I en niônio 
'<'s d'Animaux 
l'I Klironherf,', 
espèces do co 
feu M. Ileni- 

1 l'Kjivpio, et 
'S espt'ces est 
lu Cliacal ou 
les suivants : 
is forte, et sa 
Chien sacré; 

c lie Sait; 



noii'o (ie son 
'présenté sur 



n: rapportée 
ins rapports. 
•|>ello Isatis, 
'uropéen. 
i tout lilanc, 
irialions (|uo 

pas un vrai 
les (lliacais. 

leur, et ses 
'»■, siMuitianl 

l(! non! lie 
•aux et aux 
n(eurs ordi- 
1 hiver leur 
Ire a|)er(;u.s 
ilimée. li \ 

priiieipale- 
>ins fourni, 
e noir. Ses 
lit de lana- 



FAMILLI-: f)|.;s CANIDÉS. 63 

4. L'Amérique méridionale nourrit plusieurs espèces deCanisdont la plus grande a quelque 
aualo-ie avec le Loup, mais s'en éloigne cependant à différents égards, <'t sert do type à la 
division des ClIUVSOCYONS do M. IL Smith. 

Le LoiiP A ciuMKHK {CanisjHhatus,V.. Cuvinr) , appelé M^oî/ra-^oîwzo?/ par A/ara 
Cants campcsMs par le prince do New-Wi.id et Loup rouge par d'autres auteurs. C'est un 
Animal élancé, ressemlilant assez à un grand Lévrier, léger à la course, et dont le pelage, 
m général roux cannelle, s'allonge un peu en crinière sur le dessus du cou, où il pre°nd 
une couleur iioirAlre. 

Cette espèce habite les grandes plaines connues sous la d('«nomination de Pampas • elle diffère 

'i"*'' ""'"' ''" I''"'r>, «lii Cliaeal, etc., par la forme des os de son s-iueL-tte; ses arrière- 

inolanes ont aussi leur couronne un peu différente; ce qui justifie, jus.pi'à mi certain point 
la distinction générique dont elle a été l'ohjot. ' 

Ce Canidé est moins hardi .pie le Loup ordinaire et moins redouté. Nous en rapproclierons 
(inel.pies espèces du même continent, (lui sont cependant plus petites et moins élancées. 

5. M. Jlamilton Smith ne fait encore une division particulière sous le nom de DisocvON 
mais leur nomenclature n'est guère plus élucid.'^e que celle des Chacals ou des Loups Tels 
sont : le Chwn crabier, le Chien des bois, signalé à Cayenne |.ar Ilarère sous le nom de Kou- 

/>r/rr^Me/?(?«rtrrf/7mdeG.Cuvierou^J-/(,^/^rtc7/,,//,|^.\za^a(^V/«/s/.m•//vW6^9,Blainville^ dont 
\ugustede Saint-llilain; a rapporté un exemplaire au Muséum de Paris; le Colpeuûa Molina- 
le Chien des îles Falckland, déjà mentionné par Bougainvillc., etc. : Ions Animaux dont là 
distinction en es|)èces est encore incertaine. Les diflicultés qu'on éprouve à propos des autres 
groupes de Canidés se retrouvent ici dans toute leur intensité ; les Dusocyons qu'on connaît 
le mieux ont montré une forme de tète un peu différente d(. celle .pu cr.raciérise les catégories 
|)récédentes, et le pouce, qu'ils portent , comme les autres, aux pieds de devant, est" plus 
relevé. Ces Canidé-s sont aussi désignés par le nom de C R A B I K u s. 

Nous ne nous arrêterons (pie sur une seule de leurs espèces : 

Le Cams c.iiAiîiKR {Cimis cancriivrus, Desm.), (pij est |.eut-êtro le Tlios d,. Linné le 
Koupara de Barère, etc. 




ti'il 



Caiis i:uiuiii, l/U ie «rand. 




^? 



r-' 




l'v M- > IVKBIII> . I,:t ili! ■.'r.'ind. 



04 (»iii)i{i': i)i;s c \ii\i\ (>i!i:s. 

Ci't Auiriiiil a le polago fauve coiidn-, varie du brun et «le iidir on (lustius; ses oxlvémitL'S 
sont noires, ainsi (pie sa (jueue ; ses nuances sont assez agréables à l'œil. On le rencontre 
dans la (iiixaiie, oii il cliassc les V'^nulis et les autres Manniiifères de faibles dimensions, les 
Oisi'anx i;l même les Crabes. Il mange aussi des fruits. Les individus de celle espèce se 
réunissent liabituollement par petites troupes composées de cin<| à six individus. 

(). Les \^ (vriîllKI TliS. 

Le C A M s V 1 \ i: ii ii i n {L'anis invcrrinufi, Teumiinck) , 
qui sert de tvfie an petit genre NijdcrmiU's de M. Tem- 
minck est un Animal lu Japon , assez analogue au 
(Irabier, mais de moindre taille cl à museau plus lin. 

Lv. Caiiis procijoiKj'ù/o de I\L <^iray, i\\n a la (lliine 
pour |ia.vs, jiarait être de la même es[)êce. L'exiguité 
des oreille,' de ces Animaux leur a l'ait ilonner anssj 
r(''()itliêle il(; Oniilii/olcs. 

7. Les CIIIKNS DOMKSriOl l,S. 

(Jnoi(|ue Irés-rapproclii's, pai' l'ensendib* de leurs ca- 
ractères, des J.dupsel des Cli.'icals, les Ciiikns domi-s- 
TiQi:i;s, anx(|uels Linné donnait le nom de Caiiis fiinii/ldr/s . peu\enl en être distingué., 
par un petit nomlire de particularités, et leurs monirs sont également dislinctives. La [dupart 
des auteurs les regardent comme ne constituant ((u'une seule l'spèce , et ils supposent que 
les différentes sorti's de Cbieiis (pie nous connaissons doivent leur origine aux conditions 
diverses dans lesquelles lljonuue a placé' ces Animaux. Cette théorie, bien préférable à celle 
qui fait descendre le Chien domesti(|ue du Chacal ou du Loup, ne satisfait cependant pas à 
toutes les diflicultés «lue soulève l'étude de ces utiles et intelligents Carnivores. 

Ainsi (pi"(in en a fait très-souvent la remaniue, l'histoire du Chien est intimement lié(.' 
à celle de l'Homme. L'appréciation des changements inci.nleslables (pi'il a >.nhis dans ses 
ipialités phvsiipies et mruu: morales; la recherche de se.> caractères primitifs, (pii n'avaient 
probablement |ias runiformit(' ipi'on \m\- suppose; celle drs ceiilrées oii la Nature l'a créé et 
d'oii l'Homme l'a tiré jiom' le répandre sur pre^.pie tous lo points de lu surface du globe, 
sont é'galenienl intéressantes sous le rapjioit de la philosofihie et sous celui de la zoologie 
générale; elles nnVitenl don.' une alleidion liuite particulière. Mais disons-le inunédiatemenl : 
ces diverses questions son! encore très-loin d'avoir été résolws, et le mystère qui nous cache 
l'origine des races humaines s étend sur [dusiiMirs d(>s \nimau\ mis à h'ur disposition par la 
Providence. 

Si nous envisagions ce sujel <lif(ieil(> au point .le vue de la paléontologie, nous constaterions 
cepiMidant un premier fait : c'est i\\u'. les terrains antérieurs à ceux de TéjHKpie diluvienne. 
)ie nous ont fourni dans aucune occasion des débris snsc(>[ilibles d'êlre rapportés au Chien 
domestique. Kn cela il en est du Chien cimune de tous les autres Animaux domesticpies, tels 
que le Hœuf, le Cheval, le Mouton, etc.; et connue des espèces probablement exclusives 
de celles-là peu|)laient le globe pendant ces époques éloignées, on peut en conclure (juc le 
CbiiMi n'existait [las abu's et il en était do même des autres Animaux domestiques ainsi que 
de I Homme, puisqu'on ne trouve pas non plus leurs traces anlérieunimenl aux terrains 
modeiiK's. Ils n'avaient donc [toint encore été placés sur lu terre qui nomvissait des es|ièces 
essentiellemenl différentes des leurs. 

LeChirn, comine lous les \nimaux actuels, a donc succédé à ces espèces plus ou moins 
singulières que l'anatomie sait aujourd'hui reconstruire. 

Kn effet, si l'Homme, le Chien et tant d'autres \niniaux. soit doniestiipies, soit sauvages, 
qui sont aiijourd'hni si multipliés, avaient habité le i-'lobe en même temps ^m hvs espèces 
dont les dépouilles abondent dans les terrains tertiaires ou dans ceux (pii smit antérieurs à la 
période lerlialre. [,ouiquni ne f-nconlnTions-nou, pas \f\-y- débr-s .laiis les roches (,ni se 






los cxlrôinitûs 

lu roncontre 

nonsioiis, les 

ll(; cspèco se 




il" -'niml. 

l'i' (listiiigiii''-> 
s. Lii plupait 
upposniil que 
ix coiulilioiis 
l'i'ablo à oello 
loiiflaiit (las ù 

imeniciil liéi.' 
Iiis dans SCS 
qui n'avaient 
ire l'a créé et 
ce du î-^lobe, 
fî la zoologie 
u'ilialoment : 
il nous cache 
T^itidii par la 

L'onstalorions 
' (liinviiMine, 
t(''s au (Iliieu 
3slii|n('s, tels 
ni <'\clusivo> 
ut-'lure (jue le 
les ainsi que 
aux terrains 
. (les espèces 

us iiu moins 

lit sauvages, 
i les espèces 
itérieurs à la 
uulii!^ (jui su 




Il .'à 









l.WW.'SS M. ¥t\\^\ï, 




111 



I" 

ce 



KA.\IILLK DES CAMDÉS. 

ronn,ii.;i.l uloi's, comme nous ) trouvons ceux do tous le Quadrup»..! 



06 



l'cnts, dont 



upt!d(!s, on wnéral .si difft'.- 



,. . . .ijuiss. " "I" ■' " <^i>' i'ij->.Mi)iij (j i.'x()ion>r no nosst'dpnt nlim /inniin 

mdmdu vvant. Ce n'ost „u>rùs .voir produit uno longue sé:io do' po,I Z" ~ 
on progros les unes sur les autres , ,,uo la Nature a créé les espèoes a t elles et .'u 

.es Te est le cas do la plupart des grands Quadrupèdes dont les restes sont enfouis .ians les 
sa les dduvens ,lans les alluvions de nos grands lleuves ou dans les cavernes o a> s 
qu avec eux qu'on a trouvé des ossen.cnts susceptibles .l'ôlre attribués A des Cldent véri- 

.Ainsi le Chion est bien un Animal d'apparilion récente, au p.iut de vue géobMMque du 
mon.sIa,s quels ont été ses caractères primitifs, et quelle est la contrée do.U i i^oi.'- 

reuss» à etabhr d'une n.arnère positive. Les hommes ont oublié leur propre histoire a o 
|.omt que 1 or,gme, les migrations et les rapports des ancie.is peuples sont pour la piupa • 
.nconnus, et qu'. est le plus souvent impossible d'en établir la filiation , si l'on n'a m'ou 
1 élude des ca.'acter.-s |.hysi,p>es par lesq.,cls les ..ations diffèrent les unes des aut.-es- corn 
mon espérer ,1e .•esoudre, par des documents pu.-ement historiques, les p.'oblèmes, si Jurieux 
pourtant, que soulevé l'étude .les Animaux .lomestiques. Ces espèces, indispensabi s à 

lon.me, et qu. paraissent avoir subi, comme lui et avec lui, tant de (.-ansforn ations et do 
déplacements, sont partout les éléments do sa prospé,-ité; mais la notion des n.odi atio 
qu elles ont ..prouvées et celle des caractè.us primitifs qui les .listinguaic.t, avant leur .lo.ne - 
t.cation, nous manquent égalemonl. 

Plusieurs de nos Ani.naux domestiques ont évidemment une o.igino asiatique ; ils viennent 
.ie la r..g.on nmalayenno o,. .les contrées .p.i s'en .-approchent, mais toutes ne s;nt pas! 

00 as. Les te,.res PO anvs ont founn le llenne; la chaîne .les Andes ,.1 la pat.-ie .1,.^ m " 

1 Afr..p,e, l'As,o men,lu,nal.> nous en ont .lonr.é .l'autres espèces ou tout au ..u'ins.i'aulr, ' a ■ ,' 
et ne., no prouve .p.'il n;..n ait pas été .le m.^n.e .le l'Ku.ope. C'est en particulier c.. qu 1' , i 
a que quelb.s pense a 1 eger.l d.. Chiens do.n.-stiques, et certains a.dems ajou„.ut ,n ' 
hste des gra.^des co.>l,v.,s .p,e nous venons .rémunérer la .\ouv..lle-.lol„.de où,, 
suivant eux, fom^ni les Dingos ou Chiens d'A-.sIralir. ' ' '' 

Cepen,lant les opinions profcss.M-s à .«et .^ganl par l.s natn.-ah^les sont l.vs-,iivers..s \i,.s, 
ertan.s auteurs ,ont .l..sc..n.h-e le Chi,., .,onn.stique du Chacal ..u .lu Loup, ta , : .' 

très y voient u.,e ou nK-.ne plusi •« esp.:.,.,,.s dilïén.ntes, ..t qui ne se ra ' ch..n ■ , 

Canidés par aucun lien de tdiation. L'étude ,p,e nous ù.onl de ..S.:';. „;!;::: 
du gran.l g.Mire Can.s nous a c.p.Mulant monln'. .pm ,.xis|.> .Mdr.. eilos ... I,. n ""'''-" 
.i.n.es ....s .,.f.rences de n.éme valeur ,p.., ..,.„..s '.p.i ca,.aL;.;:::u r. ^ ^i:?, r'!;^:; 

^.r :;;:: ;:::::::: ;t:;:;;;' " ""' -' "-^ ''--'- .^u.^::.::z 

Si donc, à l'ex.impie .le Daubenlon, de V. Cuvier et de (m,.|.i,...- ■„.■ .... 
..vue les .,if..n..es essentielles qui distinguent , les uj' :^Z::XX^,!:Z:- f 
th...ns domestup.es, nous som-iies d'abo.'d élo.m.'.s de. r.mporlanre ,n.. ■ r ' 

sonte..t dans le plus gra.ui nombre des cas. Les coul.n .• ..' ?""' P''''" 

;^i-os, suivant les individus .p,e l'on exan.ine, et -^^ ti^i:;:;;^ ;;,^::;; ';« - 
les U.K. ay,.c les autres, sont fès-multqdi.^es. Non-se,de.nent les teintes cha.^ ^^^ cZ^' 
races n.a.s enco.^ la disposition générale, ..jusqu'au systè.ne .le colond ^ uo ^ r! 
..ne ..egularde .,u. rapp,.lle celle .les A.nmaux sauvages .lu m.^mo --enre t u.b' . . 

m. dé.u.t comp,..t .le symétrie, et .les Ch.ens .l'un.Mnéme po S C-io uv ^ 't^ Z-'^'l' 
los uns des autres. Ce der.uer cara.;tère est fréquent ..luv les Chi.-, nn ^'^'-'^'^^''^'''■' 

pouph. les plus civilis.5s, et il ..ous n.o..tre lit.ïLe .Ïîé q / " r? ^'T"' "? 
C-omb 'lai^oii -lo- ivnie u!i'>..,.i: ... ••niuu. i|ui, la naïuie obtient par a 



I.'" l'AltTIK. 



9 



i : 



î ; * 



06 



OllDIli: l>i:s CVIIMVOHKS. 



IHnnc, ou i|uol.|iios-tiiu's .I.; leurs ,ilt.'iui,ilinns. D'autros inodincntinns vi,.nii(.iit s,^ jr.in.lro ?, 
celles-là , et nulle part In eonfusii.u des c.irnotèras u'ost |)ous,s(V' aussi loin (luo \hn ces 
Chiens al.AtiMdis, nK'Ian-n d,.. proscpie tous les antres, que l'on observe dans certaines villes 
pnncipalenient m Europe, et .pio l.iiu.é af.pflait des Cfdcns do rues {Canh fomWnris vinrhis) ' 
Desnuu-est a cependant fait une remaniue di-ne d'être rappelée ici • c'est (jue le hianc lors- 
.pi'd existe sur (piel.pie point du pelapTo do ces animaux, s'observe toujours à l'extrén'nlé de 
leur queue, de manière à rappe!.>r la tache terminale do mêm.; couleur, .p,i caractérise 
a plupart d.vs Canidés sauvages. S'il n'y a .lu blanc (lu'à un seul endroit sur le corps ,|',m 
CInen domestique, c'est toujours à l'extrémité d<' sa ipieue. 

l/ahondance du poil et sa nature ne chanjrenl pas moins d'une race à l'antre Fins et fris»* 
sur I.' cori.s des llarbets, des Caniches, de ces jolis petits Chiens blancs ,|e Cuba auviiuels 
Losson donne le nom de Cank vcUorosus, et chez .piehp.os autres .encore, ils sont lon-s et 
simi.lemont on.lulés cl.e/. les iOpa-neuis , principalement aux oreilles et ù la (|ueu.. ou" au 
coniranv, mûris cl ras sur tout le corps dans beaucoup d'autres. Ivdin l..s Chiens ànv(M...|s 
on d.mne le nom de Chiens Turcs, .p.oi.prils soient étrangers à la Turquie, ont le corps h peu 
pn..s nu, et leur peau, plus ou moins complètement .lénudée, l.'ur donne une apparence 
inaladiv > <pn fait biontùt voir .,ue la dispo>ilioM qu'ils nous présentent n'est (m-nn lait térato- 
logique. 

La taillo .les Chiens est suj..l(.. à .les variations non moins gran.les, .p„. tout I,. monde a 
pi apprécier en examinant, .rm.e part, les Lévriers, les MAlins d.. forte taille, les Chiens 
.0 Terre-Neuve ou les MastilTs ,1e Cuba et .lu Thib,.|. et, .l'autre part, l,.s Carlins, les petits 
CInens .1,. Cuba , dont nous parlb.ns à l'instanl . i.s King's Charles et .p,e|,,ues autres encore 
Ou sait qu ,1 est facile ,1'agir sur l.-s ,iinu-nsi,.ns ,!.. .\„iu,auv. pniMp.'à l'ai.le .1.. certaines 
,n.^aul,ons apport... ,lans !.. choix .1.. indivi.Ins pi..nlucleurs, on p,.ut élevr ou .liminuer 
leu, taille .lans certaines linnl..s. .1 .pi,. ... niov..,, ..st souvent emplové pour mo,|ili,.r |,.s 
Vnimaux ,lomesliqnes. ■ ■ i . . . -. 

Le nomhr.. ,l,.s vertèhr. . ,.au,lales ; ...hii .les .lents ; ..olui .les .loigts varient é:.al..menl dans 
i>eauco«p ,1e ..ircnstances, .-l si l'on prenait sans .•ontr.^le U.s alt,'rations ,lont chacun de ces 
organes est susceplil,|... o„ pourrait croiiv .p.'il y a entre les Chiens .lumesli.p.os .les différences 
Idus gran, .^. ,pi.. c,.li,.s .p„ s,.par,ml aill,.nrs les espèces, ,p„.|,pi,.fois même les g.-ures Ainsi 
.1 y a .I..S (,hi..„s ,p„ ont un moin.lr,. nombre .!.■ v,;rlèbres .■au.lal.'s .p„. I.vs autres- il v en '•. 
qm ont sept pains .le .ienis inolaires supérieures ,.l huit inHVieures; .l'antres, cin,,'m, même 
SX ,|o,„s aux pi,.,ls .10 .leni..r,.. La forme ,lu .-rAne , t elle .lu c,.rv..an sont .'.galenu.nt suscep- 
.bl..s , . mo,l,lications renuinpiab!,.. Mais ce n,. sont pas là ,les parti-'ularit-ls sp.Vi.i.uies et 
w va .r nVst pas superi,..,. à ....Ile des «.ara.qeres ,p.e l'on titrait .les mo.lin..ati,'ns d 
niedl... le plus souv,.nt lomhant.vs au li,.n .l'èliv ,lroil..s , ou .le celL-s .lu ne. ,lonl les ,leux 
nannes son parH.s ..ntiè.vinent sépar.Vs l'un,, ,1e l'antr,. par un sillon très-proHn,,!. ol 
.•.-s .hsposit.ons singulières puissent se transm..t,.v. pendant un t,.nps plus ou nioii.; long 
,,. von, ,, g..,.ra.ion , personn,- n'a song,^ à y voir „.. cara..tères naturels, suscep.ibl.-s d 
se. vil a la .li.stn.ction sp.rKi.p.,. ,ies ,iiner,.nls Chiens, ..t ..n ,„. l.-s r...ar,l.., ave,: ra son ,ni,. 
cmnme .1.. altérations seiublanl,. à ,.el|es ,pn ,:islingii,,, 1,. in,|ivi,lus am^és ,1,. monsù.lo: 
s. t. . La divc-rsite ,|es ,.on,l,tions au m,li,.u ,i:,s,p„.|les ..,.s \nimaux sont pla.vs par l'Ilomme 
. M.ri.sanb> pour ju.t>(i,.r r.n. perturbation apporb^e aux signes ,,istin,.;ifs de l!.„rs ,.sp " ! 
et. on constate .,ue plus les Animaux sont .^l.-v.'.s en organisation ,.t plus on les soustra t a ux 
cond, ,..ns naturell..s ,,our les.pielles ils avai,.it .'.t,'. ....V.. p|„. ,.„,s> r.s mo.imcatio, in 
vent .'tre fréquentes et profon.les. ^'^" 

En est-il de même .le certaiiips .nires parli.M.laiil.^s, ,.|us ,.onstant..s .p,e ... Iles-là et plus 
.•.mforme. a ,.,.ll..s ,p,i distlngn,.nt l,.s une, ,„.s antre, les ,.sp,Ves saiu --es ,lu -n une 1 
canuts? Peut-on a,.m,.ttr,. .pi.. „> „,„„. Mnmal. c Chien, typi .,„ t,.. : 1 1^,' ,;:';: 
croyait avoir retrouvé dans le Chien ,|,. berg,., ou ,p,e ,, Z,,,,,, ,,;„,,„ ,„ Z^Z 



KAMiLLr; i)i:s cwidks. 



^7 




Cn iM III' 11(11,1 I!, l/t ili' «niiKl. 



iHorlcIc lo Chien siiuviiKO île lu X'mivolle-llolliiiKlo, «il pu, en su indililiant sous l'inlluonco do 
rilninnic ou sous ci'ljc (|cs clirniils, ilonuiT siiuullanéniont naissant e au liérHer, au Hnrhot, 

au (Ihien I^ouji- liOiip, au (IIiIimi Tern;- 
N(.'UV(' ou au Itoulo-Do^'ue. (î'osl ce que 
la plupart des naturaiisles ont admis avt*r- 
IkilTon, avec K. Caivier et avec; de IJIaiu- 
ville. Pour eux, il \ a une ospè' de Cunis 
dislinele de loules les autres , et celte os- 
[lèce d lourni tous les (;iiiensdoni(;sliiiuos, 
(lomme toute espèce leur parait avoir eoni- 
nieiM:é par un seul couple composé do diui.v 
iuilividus ahsfdumeul senihlables entre eux, 
chacune a dû i''|)rouver des modifications 
successives et dans différents sons, pour 
arriver à fournir toutes les races et sous- 
rac(^s (pu? nous lui reconnaissons aujour- 
d'hui. Les aptitudes in(»rales, fiar lesipielhvs ces races s'éloignent les unes des autres; les 
différences exlérieiu-es (pi'elles nous |irésentenl; les parliculurilés i(ue nous montre l'étudo 
comparé(i de leur système dtMit.iire ou de leur crâne, tout c ;la est advenlif (;oniine c(!S altéra- 
tions plus ou moins monstrueuses (Jout nous faisions pn'cédennnont l'énumération. Cependant 
nous voyons celles-ci apparaître et disp.u'aître hientôl, «•i nous sin vous la race ipii nous les 
présente pendani un p(!tit nondire de t;éuérations, tandis (pie le [.l'vrirr, le MiUin, le IJoulc- 
Uojjuo conserviinl indéhaiment leurs caractères, si on ne vient pas les atténuer ou les trans- 
ibruier par l'intervention d'un sani; étranp.'r à leur pro[)re race. J'avoue (pi'en présence do ce 
fait, la théorie do l'unité prinntive ne me paraît pas à l'ahri de toute oljection, et sans pro- 
noncer entre deux systèmes é;;alement insuflisanls. Je me demande s'il y a plus d(! différence 
entre un Malin ou un Chien d(! monla,;;n(,' et un Liuip, entri- nu Chien de hergc'r ou un Chien 
lartare et un Chacal, «[u'enlro un Chien Mastiff el un Lévrier. ];es linntes naturelles de l'ospèce 
nous échappent ici encore, comme en tant d'autres circonslances et le [ilus souvent nous ne 
savons l(!s étahlir (pie dune manière arliilraire. 

CepiMidant, s'il fallait juger des \nimaux (lomesti(iues emprimtés au groupe d(.'s Canith'vs par 
li's espèces sauvages de la même famille, on serait trrs-cerlaineni(;nl conduit à admellre 
plusieurs espèces parmi les Chiens domosti(]ues, ou à nier (pi'il y ail, comme tout le monde 
l'admet, plusieurs espèces de Loups, ,\i) Chacals et de lieiiards. \in-i deux opirnons se trou- 
vent en présenc(; : celle de la variahililé des formes et celle (h; leur IJxih' ahsoiu(>. Sauf le 
cas de croi.semeid ou d'altérations monstrueuses, cette deniiere paraît dev(dr èlre iinîl'érée. 
Mlle a d'ailleurs jiour elle ce fait iiicontestahle, (pie si les Lonjis, les Chacals ou les Hcnanls 
n'ont pas vari('' dans leurs caractères depuis les lem|is histon(|ues, il en est de même de cer- 
taines races du Chien domusli(iuo, el les g, ures Cheval , llteuf. Moulon,etc., nous uionlre- 
roid des faits analogues. 

Si l'on consulte, en effet, les rares documents (jne les anciens nnus ont laissés au sujet 
de ces Animaux, el certains do cos documents remontent aux Kgypiiens, on verra qm les 
principales races a\ aient dans ranti(piité les caractères ((ue nous leur connaissons maînte- 
uanl. Le L('vrier des liyéroglyphes est encore le Lévrier d'aujourd'hui; le Chien-Lou|) est 
resh.' le même depuis les Uahyloniens, aussi Wmx (pie le Chien de herger et phisiours autres, 
et c'est aux Doule-Dogues, ipie f„urnil (-iicore le Thibel. (pi'il faut rapporter ces Cliions de 
grande taille, luttant contre des Llé|ihanls. ipii furent domK's en pn'seni à MexaiKhv. pendant 
le cours de ses expéditions en Asie. 

Les figures de Chiens domesli(pies ,pi(> nous allons reproduire son! an nomhré des inieu.x 
tailes et en ii.'mç temps dei plu^ aticiumies parmi celtes ■,pii,ii,n> ..,,1,1 ,,arvenues: ti^ois 



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08 




OUDIIK \)Eb CAHiNlVOUKS. 

.l'oiitro elles si f„cil,.s à reconm.i,n.., M-rviront ,lMp,,„, ,m,v .onsi- 
'L'iv. .ons qu'on vi.nt .1.. ,i,,.. Ell.s .•o,.rô.on.,.„i u,; :i,in.-|)n,;- 
un Cl ,or. .i'^vpU, ui „n r.i.io„-Lonp. Ino nulr. ..l ,„„ins en 1,;," ' 

1« Oliicn (iii'oii V vdil osl r,.|„i „„ 
'■' l'"^'"'''^ '•''«■"i';i(ji>s/illiilMwii,.|ill,i (!('.. 

coin fr ((M|f,' 
la pourpre. 






•%Clt«Vt,» l-M.llit,.. I,,. CHIINS nOMKSrigi I ■ 



ilri \ilk'» d'Oricnl; diipris uni: pilnhirr- 
innnpii'i. 



^;.. 




1.0 Chion ,!„mf.s.i,,„o osl p,-„ioul lo co.T.pnf:non indispo.isal.l,, .l.> rilommo, M suivant 1, 
ou .,." lelo.gnont. au ronfairn, ,|,,s nuMvs Anin„H,x sauvages du n.nno .^enro. Ou , ou Ïo 

i. osC..,ousdo,„osh,,uosM,,livisont.co,n,, ^s IfomnKvs (M,xMnr.nH,s,on c tégork-sdim- c 
u ■ - convonahlo d'ap,,,.,.. ,... Ond. „,.,. n.oi.loun. expression . et dont L can 
-npldu,!.. . e c. , sont ..fîale.nont difr > ,(s. Ces races ont ,',té réparties , comme relies don 
a eun.on cous due le f^enre luunain , „.re l.s difCVents eonlinenls et il v a entre leu li ri 

jutu,uet ce^3 e ,-|r,.„u.,c certa, , analugi ,ui .nérilent .letr,: romàn.uéos U P^ 

0. ancens Colles d.fAVaiont de c-ux .les nations latines et ,ree,,ues; ceux de l'Af. ,ue o 
enta e n eta,ent pas les mè.ne,, ,p.e ceux de la région du Ml; if y en avait d'aul es e.^ o 

r t^i i 7 : ;""'" t ';'^'"' ^ ''^^^"'" "" '-'' ■" "^"■' ^^ '"-'-•" <- '^- -^ 

sont e(a 11 s dans les deux Améri.,uos, aux Terres aushales, etc., ils y ont trouvé de Chiens 
.•neore ddle.enls de ceux <,ni apparlenaient aux auhvs ré,'ions d„ oiolfo '"' 

I .. peut non.l.re de localilés l.ahilées par le. sauvages de ro.^une m, par les Améri..ains 
.j.<M ntseulospnveesd.a.u.Oors.^ 
d J ens vndahles, ds e.a.en. ou avaient été anlérieuremonl sous la domination deri.oZe 

An>M I on sa.t .p.e dans cer( s lieux, en An.érique par exen.ple , les Chiens ont ahaniZ^ 

'S fern.es pour repren<he une vie indépendanle. Leurs nond.renses Iroufu.s ont pris d w " 
.udes peu .nflerenles de celles des Chacals ,., l'on . ,,,nstalé .prelleJ perdai n ■ n' ., 

•:;;s:::;x;eZ;:^''''^''"'^"'''''''" ^"'"' "•■•"■'"■■" ' --<--'^4::: 

Diin. certaines villes d'Orient , les Chiens domestiques vivent par (mni.es ■ .nn. ,„ i m 
n'aient réel,ea.ent pas de n.aî.re. leurs hahitudes cint suhi rinli e^^' «:.;.:' Z^ : 
u so. esque les ds se son. assocés. Pondant le jour, ils ^e retirent dans ," , . "u 
soi ou à peu de d.stanco des hahi.ations, el, pendant la nuit, ils parcourent ,.n oui 1 

i^:^;Sdr ir:::;.:' '" "- "•"" ^""- '- ■••^^■'•^ '- - — "-- i-i*^ 

Lo Ch.en D.nc.o (C.m-. Dinfio, Ulun.enhach) , don. K. Cnvier a décrit avec soin les hahi- 

des hdbitano J. 1,, .\ouve!!o,-Hollandn, L'épithtte de sauv.t,'e lui convient ton. lussi lu.-,, 
qn aux Hommoc d.„t ij e.t ,. compagnon, e, d différé asse.do., m^: :;;! ^Z^:: ]:Z 



FAMfi.iJ': i)i;s (;ami)I^;s. 




cioii ou l(! iioiiv(!ftii cciiiliiMMil pdiir «voir éuS ivunriW' \H\r ciilaiiis .luhnir.s coniirio utio ospoco 
à pnil, Sii Idillij (^ siîs iiropoitions r,i|>p(!llni\t ccfllcs du (iliicii de licrtrcr, ci il siir[)ass(' pur 
c.oiisi'qiK'iil le (lli.'ii;»!. Il n aussi le imisoiiu plus fjios ipu; ci-lui-ci et ses iiiciiiliR's sont plus 
l'ohuslos; sou polii^o osl fiiuvc, [)lus ronci! on dessus, plus clair i-n d('ssr)us. C'ost un Animal 
vorace, indis(;i|ilinr', ilan;;vn'ux ponr lus ('Inniiifis. 

M. liauiilton Smith si'iiai'o \<- Dinyo dos Cliions domostiipn.'s pour lo riMUiir à ses (llirijscus, 
qui irpoii<l<'iit an\ Cuons ; mais ni les dniits ni la forme du ciàni' no Ju^tidiMit ccllo asM)(;iation. 
M. \V.ij,nioi' di'crit, sou- lu nom du (Utiiin 7iiijn'sciiis, un (lliiun à (ii'mi sauvago do l'Auslralio, 
(|ui serait suivant lui inic^ osporo dislinclo du Din^'o. 

Sur plusieurs points do l'Ocranio on nunnno los Chious Oini ; au\ jours do Wto, los 
pauvres lialiitauls <lo ces localités en nian|,'out la chair; cotlo h/ibiludo existe uuHsi on Chine 
et dans hoani:oup d'autres lieux. 

A la NouM'Ilc-lilandr, les naturels donnent aux Chiens le nom de /'(«)//. D'après Losson, 
ces Cliions sent do petite laillo; leur museau osl pointu et leurs ort.'illos sont drossée-. Ils 
rossemlileiit hean(;oii|i à e(Mix do la Non "Ile-Hollande, sont courageux et très-oarnassior-.; ils 
vivent de tout oo(|u'ils reneontront, notamment do l'oissons ci do Craho.s, (jn'ils vont prendre 
sm' les reseifs; les Hommos se nourrissent aussi do leur ciiair (pi'ils trouvonl délicate et qu'ils 
offrent aux navi^aleurs emdpéens connno un mets exi|uis. 

Les Chiens de la .\on\elle-(;uinée sont aussi fort siinihiahios aux Dingos; ils ont la mémo 
hardios.se et no sav(Mil pas non plus ahoyer; endu les Cliions des nouveaux Zélandnis on! 
aussi offert di's caraeliMes analogn(!s. \uJa|ion il exisie, suivant M. de Siehold, trois sortes di- 
Chiens domosli(pies : le Cliii^n de, chasse, le Clii(;ii dos maisms, qui y a été apporté do la 
Chine, et un Chi(Mi o,omnui:i mélangé des doux autres ou, cniniio nous le dirions en Kuroiii!, 
un Clii(!n des mes. 

I''. Cnvier (^l Dcsmarest distinguaient I -s Chiens donKv^- 
tiques propres à l'Améritiuo et à l'ancien continent en trois 
eatégorirs : 

I" liOs Malins, cumprenanl le MiMin, le Danois el le- 
Lévriers do diverses sorh's; ils y classaient aussi le Dingo; 

2" Les h'pni/iuuls on l'Kpagneul el ses sous- races, le 
liarhct, le liiaqne, le liasse!, U', Chien d(( herger, le Chien- 
Loup et le (lliien des Ksqnimaux ; 

;}" Les /)(if/iifx on le \ rai Dogue et les sous-raee> ijui 

l'avoisinenl , le Dngnin . le l'elil Dm.ois, le Hoquet , le Chien ,; , ,,„„ ,.„„„, „, .,„ ^.,„„, 

d'Artois, le Chien anglais el le Chien tmc. ('*"'- ""«"■«•i-) 

Mais c(vs distinclions i\c suffisent plus mainlenanl pour la nomoiiclature des CiiiiMis dnmos- 
liipi.'s coinms. Les races, alors non décrit.'s, qn'on a rapportées do divers pays et celles (pn'U 
aiihliMmes par le croisement ont rendu le snjd hion plus cmn|.li(pn'. \oùs allons essayer 
d'y melire un peu plus d'ordre en tenant conqile dits indicalioiis doiniées par M. Ilaniilion 
Smith dans son IliMoire nalm'olle des Chiens, pnhiiée h Ldimlmurg e!i (830, et en ajoutant 
encore quelques formes à celles déjà fort nondirenses (|u'il a énumérées. Plusieurs do nos 
planches sont consacrées •; lu représenlalion di's races les pins inléressanles. 

Après avoir hi^ les délails (pu préci-denl. on s'éloiniera peu si nous ajoutons (pi'il e>i encon^ 
impossihlo d'arrôlor avec précision le nomlae des lypes primilils (pu |iaraisseid a\oir donné 
naissance aux variétés, pour ainsi dire innondtrables, du Chien domosliquo. On ne peut pas 
davantage décider, d'une manière absolue, si ces lyj.es avaient la mêm(! vahîur qui' jf's espèces 
véritahles. toiles <pie lesadmeHenl la plupart des nainralisles; s'ils réporidaienl .seulement à ce 
(pie i)lusi(îurs anieurs appellent des sons-espèces, ou hion encore si co sont de simples 
modifications d'une seule ot mémo forme. Cependant cette doruière opinion est, suivant uon^ 
dn moins. !a moins probable. Quoi (ju'il en soi! . on peut rapporter les Chions domestiques 





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23 WEST MAIN STREET 

WEBSTER, N. Y. I4S80 

(716) 872-4503 



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OHDRE DES CAHNIVORES. 



actuelleineiil coiimis à six catégories différentes dont nous parierons successivement, avec 
M. Hamilton Sniitii, sous les noms de Chiens lévriera. Chiens mâtins, Chiens lachnés, Chiens 
de chasse, Chiens mêles vl Chiens mastiffs. 

\. Les GlllliNS l.lîviuiciis, nommés en anglais Creijhuunds, ont le crûne droit, allongé, 

sans renflement frontal l.iea prononcé; leur taille est élancée; leur poitrine (sst allongée et 

peu charnue; leur ventre paraît amaigri; leur queue est longue, grêle, faiblement courbée; 

leurs jambes sont fines et leurs oreilles à demi tombantes se dirigent en arrière. Ces Chiens 

sont les plus rapides à la course et ils se plaisent dans les pays de plaines. Leur odorat est 

imparfait, mais ils ont la vue bonne et c'est par elle qu'ils se guident dans leurs chasses. 

Leur intelligence est bornée ; ils aiment les caresses, mais témoignent peu d'attacliemeiil à 

leur maître. Leur coloration est moins altérée que celle de la plupart des autres Chiens el 

elle est, en général, uniforme, soit noire, soit fauve brunâtre, soit grise ou plus ou moins 

Wancho; elle présente, dans certaines races, quelques zébrures; les poils sont ras ou un peu 

allongés. Ces Animaux sont originaires des pays chauds ou tempérés, mais seulement de 

l'ancien continent ; ceux qui ont le poil court supportent difficilement le froid de nos hivers. 

Les Lévriers à longs poils sont : le Brinjarie de l'Inde, — le Lévrier de Perse, — le Lévrier 

arabe, — le Lévrier de Ihissie et (h; Tnrkirie {Canis hirsutus de Cmelin), — le Lévrier 

d'Ecosse, — le Lévrier d'Irlande, — le Lévrier de Grèce. 

Les Lévriers à poils ras sont : le Lévrier turc à longues oreilles, — le Lévrier d'Egypte, — 
In Lévrier Acaba des Bédouins, — le Lévrier noir d'Afrique, — le Lévrier d'Italie [Canis 
Italiens, Gmelin, -- et le Lévrier de Grèce {Canis grajus, Liinié). 

M. IL Smith regarde commodes races métisses ou abâtardies, dues en partie aux Lévriers, 
certains Chiens bassets (répondant à peu près au C. f. vertagiis, Linné), parmi lesquels oii 
disUngue les Bassets ordinaires et les Bassets à jambes torses, — le Chien vagabond des rues 
d'Lgypte— -et le Chien sans poils, appelé indifférenmicnt Chien turc ou Chien de Guinée. 
2. Les CHIKNS MATIMS sont plus forts que les Lévriers et leurs formes sont monis grêles ; 
en général, ils sont aussi d'une plus grande taille. Ces Chiens ont le poil court et les oreilles 
souvent droites ou incomplètement londjantes; leur odorat est médiocre et leur caractère peu 
docile. Ce sont cependant des Animaux de bonne garde et qu'on emploie, soit pour défendre 
■ les habitations, soit pour conduire le gros bétail. Ils sont généralement hardis; on peut éga- 
ienient les utiliser pour chasser le gros gibier. Ils ont pour patrie les légions tempérées°<le 
l'hémisphère boréal dans l'ancien et dans le nouveau continent. 

Tels sont : le .Hlâtin proprement dit (6'. laniarius, Linné), — le Chien danois (C. f. danicus, 
Desm.; C. glaucus de iiuehiues auteurs), — les Canis aprinus et suillm employés {)our là 
chasse aux Sangliers — et le Chien de garde des Turcs. —H faut y ajonh-r le Mâtin de Cuba, 

— le Basset primitif, — le Chien de charrois employé par les Indiens do l'Améri(iuc du nord! 

— le Techichi du Mejcique ~ et le Chien Loup des Florides. 

3. Les CniKiNS LACHM-'S, dont le nom veut dire laineux, sont remarquables par leur 
fourrure plus abondante que celle des Mâtins. Leurs oreilles, originairement droites et poin- 
tues, sont d(!venues tombantes dans les races les plus modifiées; leur taille est souvent élevée 
et leurs habitudes sont intelligentes et laborieuses. Ils appartiennent aux régions des deux 
continents (jui se rapprochent h; plus du cercle arcti(iue. 

Les principaux sont : le Koska des habitants de la Sibérie [Canis f. Sibiricus, Gmelin), — 
le Chien des Esquimaux [C. f. Borealis, Desm.), — le Chien d'Islande [C. f Islandi'cus, 
(imelin), — k- Chien de la rivière Muchensie [C. Lagopus, llichardson) , — le Chien de Terre'- 
A'cuve[C. Terrw-Nova', Dlnmeidiach), — le Nootka du nord de l'Asie [C. Laniger, II. Smith), 
.— le grand Chien des Alpes et des Pyn'uées [Chien du mont Saint-Bernard, Chien de Ca- 
margue, etc.), appelé en latin C. f. Montanus, etc., — le Chien de Berger ou Chien de Brie 
.qui est le C. f domesticns de Linné, — et le Chien Loup [C. f l'omeranus, Linné). 
. 1 Les CiiiKNS OE Cl! ASSK OU les f/o,n>fh ,!<-; Anglais [Canes sngacvs'- m\ le orâu.- iné- 



FAMILI-K DES (IWIDÉS. 



71 



(liocrf^ment ullongi- et loiirs lignes Icmponiles ne so n-unissont pas sur la Wguc mûdiano 
.10 mnnike à former une crête sagittale, ce (lui laisse à tous les Ages, au-dessus .le la boîte 
cérébrale, une plus grande capacité en rapport avec un développement plus considérable du 
(«orveau. Ces Chiens sont, en général, de taille moyenne, mais ils fournissent des races fort 
petites; leurs oreilles sont toujours longues et pendantes, ce qui est un résultat des modi- 
fications subies par leur type primitif. Us ont l'odorat très-perfectionné et montrent beaucoup 
.l'intelligence. On croit qu'ils ont d'abord appartenu aux régions tempérées de l'ancien con- 
tinent. 

Les uns ont le poil ras. Lo plus employé est le Chien courant {Ganta f. sagax) et ses 
sous-races française, écossaise, etc. M. H. Smith en rapproche le Chien d'Orient, lo l'alhot. 
le Stag, le Fox honnd, le ilnrrier, le Beagle, lo Turnspit, lo Chien de Burgos et Ui Chien de 
IMmnlie. — Le Braque [C. f. aviculariits, Linné) est un animal du raf^me groupe. 

D'autres, plus vulgairement connus sous les noms (ïKpaijneuIs et do Barbetu, ont lo poil 
lilus long que ceux dont il vient d'être question. Ce sont : 

Le Setter des Anglais (C. f. index),— \g grand Épagneul {C. f. exlrarim, Linné),— le petit 
lipagneul {C. hispanicm, Rcchstein). — Il faut en rapprocher le Sprmfirer, —le AT Jn(;'sC/(flr/<'s, 
— le Cocher. — le Bleinheim, — le Pgrame (C. /. flammem) , — le Chien Lion (C. /. Iconinm) , 
et d'autres variétés dil(!S Chiens de salons ou Chiens de dames. — ha Bichon de Buffon (C. f. 
melitœus de Ray; C. f. nwli tenais, Linné) est de la même catégorie. On leur adjoint aussi le 
Barbet {C. f. aquaticits), — le Griffon (C. /. sagax. Linné), — le petit Barbet (C. f. mi?ior, 
Liimé) — et lo petit Chien l>Ianc de Cuba (C. vellerosus, Lesson). 

.1. Les Chiens MÊi.és (ouïes Cnr dogs', H. Smith) ont la tête arrondie, le museau 
pointu, les yeux gros, saillants et les oreilles droites; leur taille reste au-dessous de la 
moyenne. Ce sont des Animaux intelligents, vigilants, mais d'un caractère difficile, et dont les 
différentes variétés ont été souvent abâtardies par le croisement ou par l'influence de l'Homme. 
M. H. Smith suppose qu'ils descendent de trois espèces distinctes ayant chacune une prove- 
nance différente : 

La première, propre aux régions occidentales de l'ancien contient, aurait fomni le Chien 

lerrier {Canis terrarius) ; 

La seconde, appartenant au\ régions cliaudes et tropicales de l'ancien continent, répon- 
drait au Chien pariah de l'Inde, — au Chien l'oi- des îles de l'Océan pacifique, — et au Chien 
de la Nouvelle-Zélande ; 

La troisième serait le Chien des Palagons et le Chien de la Terre de Feu , mais il resie 
certains doutes à leur égard , au moins pour ce qui concerne le dernier. 

On pourrait rapprocher de ces Chiens, et en même temps des Matins, les Dinoos ou Chien 
de r Australie, dont nous avons parlé séparément. 

C. La dernière division comprend les MvSTIFFS, Bull-dôgs des Anglais ou Dogues et 
Bouledogues des naturalistes français. Ce sont les Canes nrcani do M. H. Smith. Ces Chiens 
ont le museau court , comme tronqué ; leur crâne est élevé dans la région ct'rébrale , presque 
cxcavé à la face; leurs sinus frontaux sont considérables; leurs lèvres sont plus ou mohis 
pondantes; leur museau est raccourci et comme arrondi; ils ont la poitrine large; les reins 
forts et la queue droite. Ce sont des Animaux d'un caractère énergique, redoutable même. 
Tous sont originaires des grandes chaînes de montagnes, principalement de celles des régions 
tempérées de l'hémisphère boréal , mais uniquement de l'ancien continent. Il y en a de 
différentes dimensions. Voici les noms des principaux : 

Dogue ou Mastiff du l'hibct {C. mvanns, H. Smith), — Dogue de forte race {C. f. anglicus, 
Desm.) , — /%»£> de Sumatra (C. f Stiwatrensis, ï]\amv.), — Dogue de Cuba, — Bouledogue 
{C. f. Molossus, Desm.). — Bull lerrier, — Pug-dog, — Boquet, appelé a\issi Doguin, — 
Carlin, — Dogue de Bologne {C. f. fricator, Linné), — petit Danois {C. f. variegatus) , — 
Artois m Islois, Lislois et Quatrcvînijts, — Chion dWlkante {C. f. Andnlmim), 



72 



OlUnWi DKS OAHMVOUKS. 




offaco plutôt les figures on forme de trèno qu'e les r^o ce I '?."'"' ' "' "' ''"'"'"'' 

et los molaires . c,ui sont d'ailleurs moins é,^ ^TZ^;^::^:^' "" ""."'" 
00 qui implique un régime moins omnivore. tubercules plus relevés en pointes , 

t. Les «ENARDS proprement dits. 

Ce groupe comprend , indépendamment du fienard ordinaim r.l..«in.,..e „ . 

ventre gris brun, c'est le Vufpes alopav <le .molqnos aut.urs iTno .u.. , -' .""'" '" 

de croix brune sur le dos; elle os^.uelqu^ t^i^;^' ^^^ rr'Î;r'" "" "'■'° 
comme formant une espèce à par,, mais\.l,e ne «r.^r paï'tto tL on ttToTn''"": 
P^s^ avantage, suivant do H.ainvil.e, séparer . ^„. ,:/....^ "in ^ ^^ 




ntMinii »t'io*inr, l/IO do grand. 

se ci/^rTi'""' T '" •"'"'' ''""■''^' '''^'■^'"'^''' ''' «"«o'-" '">"i'"™ en Kurope f| vit isolé 

z :^ i"i,f::;^i^::nr^:'r ^ '^ ^t ;^" ••^^"^^^' ^-^ ^-".- i- "•-:- 

^lùve les volaille 1 Lanins . ?''''"" '"' ''™'^'^ '^ '^"^ """''^^ ^'"^•"''^ ^'i' «" 

adresse lui a f.i un grtr éo .'.i'/ . ' ''"'"' ''''-"''''^'^' ' «« «-^^'-'^ '"«îtro. Son 

de ruse ot do fis"" 0. s C^ ''' " '""'f '°^ '""1"°^' " " '^"■^^'^ P^'"'' "" '""^'--'o 
iniesso. Dnns quelques pays, pnnc.palemont on Ecosse, sa poursuit, donne lieu 



PAMILLK DES CANIDÉS. 



73 



il (les chasses rt'gulières, qui sont l'un des (iluisirs dos gens riches; mais, le plus habituelle- 
mont, on le prend au piège, et, par suite, avec lieaucoup moins d'appareil, l'important étant 
de mollre un terme à ses rapines. Sa peau a peu de prix et ne peut guère servir qu'à faire 
dos tapis ou quelques grossières fourrures. Au contraire, celle do certains Renards américains 
est très-estimée. 

Le Renard établit son domicile au milieu dos bois ou dans les rochers, mais le moins loin 
[lossible des habitations rurales. Ordinairement, il choisit un terrier do Lapins, qu'il élargit à 
sa mesui'o, ou celui de quelque Blaireau qu'il a chassé en l'infectant de son urine. Il no sort 
guère de celte retraite (ju'au crépuscule ou pendant la nuit , et il y rentre dès ([ue le jour 
commeneo à se montrer. Doué d'une vue excellente et d'un odorat très-fin, il ne lui est pas 
difficile de trouver dans ses chasses nocturnes le gîte des Animaux qui servent à sa nourriture. 
Souvent, il se met à l'affût pour le3 saisir; d'autrefois, il escalade les murailles, se fait petit 
et s'introduit dans les basses-cours. Il détruit beaucoup de gibier, et fait aussi une grande 
consommation de Poules, de Canards, de Lapins domesliques et d'autres Animaux de faibles 
dimensions. Quo^iues fruits sont aussi de son goût, les raisins, par exemple. Il mange encore 
dos Reptiles, parfois des Insectes ou de.s Limaces, et, suivant les localités qu'il hahite, il sait 
varier ses ruses et modifier son genre de vie. Les gens de la campagne lui font une guerre 
assidue. 

Los Renards ne se rencontrent pas seulement en Europe; il y a en Asie, en Afri(iue ot 
dans l'Amérique septentrionale des Animaux fort semblables, méritant le même nom , el qu'il 
est le plus souvent fort difficile do séparer do nos Renards comme espèces, quoiqu'ils montrent 
dans leur coloration , dans leur taille el surtout dans la beauté plus ou moins grande de 
leur fourrure, quelques variations en rapport avec les localités qu'ils habitent. Les Renards 
d'Algérie ont déjà les teintes un peu différentes do ceux d'Europe; et ceux de la région du Nil 
ont habituellement le poil moins beau. M. Ehrenbcrg considère ces derniers comme étant 
de trois espèces différentes iju'il indique n.>i- les noms suivants : 

Canis niloHcits (E.Geoffroy) , de l'Égypio el du Dongola; 

Canis famclicus (Crelzchmar) , du Dongola; 

El Canis pallidus (Cretzschmar) , aussi du Dongola. 

Il y a également des Renards au Sénégal; quelques auteurs eu signalent même au Cap. 

Ceux du nord do l'Asie n'ont point été distingués des nôtres; mais, dans l'Himalaya, ils 
sont toujours un peu différents, ce qui les a fait séparer, sous le- nom de Vnlpes himalaïcus, par 
M. O'GiIhy. L'Inde en nourrit aussi {Vulpes Dengalcnsis, Shaw, et Vulpus Xanthura, Gray); 
enfin l'on en signale jusque dans l'île do Ceyian. Il n'y en a ni aux îles de la Sonde, ni aux 
Philippines. 

MM. Temminck ot Schlogel ont reconnu des peaux du Renard ordinaire dans les collections 
faites au Japon par M. de Siebold. 

Parmi les Renards do l'Amérique septentrionale, qui se rapprochent le plus de ceux de 
l'Europe, on doit distinguer le Renard wovgk {Vulpes /u/i «5 des auteurs) , ainsi nommé 
à cause de sa couleur rougefttre. 

Ce Renard rouge paraît exister également dans les îles du Japon, dont la fauuc mammalo- 
gique nous montre un mélange si curieux d'Animaux européens ou nord-américains, associés 
à quelques espèces tout à fait particulières. 

Le Rkn.vrd tricolore {VtiJfM «mcro - nrgenleus) , qu'on nomme aussi Renard vdloce, 
est bien certainement une espèce à part. La forme lyrée de la partie frontale de son crâne 
fournil un bon caractère ostéologique pour le distinguer de tous les précédents , ot ses cou- 
leurs ne sont pus non plus les mêmes. Son pelage est plus riche, cl on en fait de belles 
fourrures. Voici comment ses couleurs sont distribuées : il a le dessus du corps gris noi- 
râtre el la tèlo gris fauve; ses oreilles et les côtés do son cou sont roux vif; sa gorge el ses 
joues snist blanches; s.t niAcliaire iiifiMiouro est noire; son vi^ntre est f/myo, ot sn queue est 

II" PAHTIE. 10 



"^^ OlîDliK DKs C^nvIVOIIKS. 

t^alenient fauve, iniiis <'llo csl ■^\act-(i do noir, ol lo bout en est d' 
n'osl point connue nillours que dans rAnnîriquo S()|)l..ntiion(il(.', 



un noir foncé. Celte es|ifcu 



H 



"il /'< 




n«v»BO inicoionE, H(1di> pr.iiid 



Le RRNAno d'Azaua , IW/;.5 Azarœ, Nouwie.J ) , el quelques races ou espèces nui 
.eu distinguent difficilement, représentent, dans l'Amérique n.:.ridionaie, le glelu nous 



nous occupons. 







fil Nini) h' Uaii ». f/lo .iM u,.,,,,,!. 



10..,. I A^ara peut a.s.ment en ôtre séparé, et sa physionomie extérieure nW "' tl^m à 



FAMIIJ.K DKS CAMDKS, 



75 



fait lu iiiniip. Ses lialtitudos n'offrciil n<'ii de bien piirtifulicr. On lu voit (l;ins lo Ilivsil, dans 
Ifi (liiyaiic, nu Pi-rou, au Cliili fl jii,s(iu'en Pat.'ttîonie. Les Vniinaux <|u'()ii eu ru|»[Mi<che n'ont 
pas <'ncuie été suflisanuiient (Nuuctéiisés, et il s'élève à leur sujet les mêmes difficultés (|ue 
I)Our les espèces établies sur les llenards africains ou asiatiques, ou pour les différentes 
sortes do Chacals. On en signale aux îles Chiloë, à la Terre de Feu et aux Mulouines. 

2. Les FKNx\KCS sonldes Henards à longues oreilles. 

On n'en connaît qu'un, le IIicnaiid Fennec [Caiiis Cirda, Zinmiermann), espèce de 
petite dimension, qui est à la fois nîmarquablo par la grandeur considérable de ses oreilles 
et i)ar sa couleur générale, qui est isabello pâle; il a une taclie fauve au-devant do chaque 
œil ; la base et le bout de sa (jneue sont noirs. 

Ce Fennec, dont i|uelques auteurs font, à l'exemple de Desmarest, un genre à part, est 
\' Animal anonyme de lluffon. C'est une curieuse espèce , (jui vit (iu Afriiiue dans la région 
saharienne, et ({ui doit à ses énormes oreilles une grande finesse d'audition. On l'a signalé 
dans deux parties de cette vaste région , dans le Dongola et en .\ubie d'une part, et d'autre 
jiart dans W Sahara barbaresijue, au sud de Tunis et de Constantijie. C'est Bruce <|ui l'a 
indiiiué dans les dépendances méridionales de l'Algérie, et M. Zill l'y a retrouvé récemment. 

Ce Kenard fait la chasse aux petits Animaux qui fréquentent les sables du désert, et comme 
sa couleur diffère pou du sol sur le(|uel il vit, il lui est plus facile d'échapper à la vue du 
gibier dont il veut s'emparer. 11 est encore rare dans les collections ; cependant on l'a pos- 
sédé vivant à la Ménagerie de Paris. Le voyageur anglais Oenham cite également le Fennec 
parmi les Animaux de l'Afrique centrale, 




Irviiiii l-(.>Mi: ■■! Orijciov, l/ri do Kiaml 



(iK.MUi OTOCVON [Olocijon, Lichtensfein) ou le genre A(jnodus de M. llamillonSniitli 
Il ne comprend (ju'une seule espèce propre à l'Afrique australe. Cette espèce joint aux carac- 
tères extérieurs des Renards et des Fennecs un système dentaire assez notablement diffé- 
rent du leur par lo nombre. Chaque mâchoire présente, en effet, trois paires de lubeicu leu5es 



n 



'" ORDnR DES o\n\ivonK8. 

ce qui 110 se -eiicoiitro dans uucim autio Curnivoro vivant, et la formule des molaires est 
ninsi portùo à J; on outre, la carnassière infériouro a plus rranalogio avec celle do certains 
Vivorridés qu'avec colle dos Caiiis , ayant les 
trois pointes do sa partie antérieure disposées 
réf,'ulièrement en trianf,Mo. Le cri\no est assez 
peu différent de celui du Henard tricolore; 
l'humérus est conformé comme ciiez les au- 
tres (lanis , et les conques auditives sont 
presque aussi grandes que celles du Fennec, 
mais la couleur du pelage n'est pas aussi 
claire que chez co dernier. 

L'OtOCÏON aux CnANDES OIIEILLBS 

(Oloci/ou Dteffalotis) , dont Dosmarest a, le 

premier, donné la doscriplion , est un Animal 

do l'Afrique» australe; il a été découvert par 

Delalando dans le pays des Hottentols; il est „,,,„„„ „, , o,„c,„v g,,nd. .,. 

plus haut sur jambes (jue les llonards ; sa 

queue est moins longue, mais également touffue; son pelage est bi(^n fourni et d'un.,- couleur 

gris brunâtre, variée de fau\e; sa taille dépasse un peu celle du Renard. 




FAMILLE uKs I ÉLIDKS 




Le Chat que nous élevons dans nos maisons nous donne, sous un petit modèle, une 
représentation fort exacte do l'élégante, mais astucieuse et redoutable famille des Félis, qui 
comprend, indépendamment de certaines esi)èces fort semblables à celle que nous venons 
de citer ou assez pou supéri<;ures on dimensions , les [ilus forts et les plus sanguinaires do 
tous les Animaux qui |ioupleiit l'iincien et le nouveau continent. Le Lion, lo Tigre, lo 
Jaguar, la Panthère sont des Félis, tout aussi bien que le Chat sauvage et (juc les diverses 
racos du Chat domestique. 

Les différences do taille (lui distinguent les unes des autres toutes ces ospocos do Carnivores 
sont on rapport avec do très-légères particularités anatomiques, et toutes ont au fond la même 
organisation. Seulement leurs victimes changent suivant que leur force est plus considérable, 
ou, au contraire, moindre; car toutes elles ont recours aux mêmes ruses [)our s'en rendre 
maîtres; elles les mottont à mort avec la mémo joie, jiresque toujours do la mêmr^ manière et 
leurs armes sont toutes do la même nature. Les Kélis ont 
les membres à la fois souples et robustes , terminés fiar des 
griffes rétractiles; leur langue est garnie de papilles cor- 
nées (jui déchirent en léchant, et leurs mâchoires, qui sont 
plus courtes <iue celles dos autres Animaux du mênif! 
ordre, ont dos dents molaires moi.is nombreuses, mais 
plus tranchantes. Il y a presque constamment quatre 
paires de ces molaires à la mâchoire supérieure, et trois à 
l'inférieure. La carnassière supérieure est plus grande que 
les autres ; sou bord externe paraît trilobé ; son talon 
interne est médiocre et placé un pou en arrière do l'extré- 
mité antérieure. Celte dont est suivie d'une tuberculeuse 
assez [letite et transversale; la carnassière inlerieure, (inulipie grande, est réduite à doux 
lames ou ailes en biseau, répondant aux deux i^ointes externes «lui sont à la partie anté- 
rieure de celle de beaucoup d'autres Carnivores, et , le plus souvent, elle ne. montre aucun.- 



^^#*fj^ 



Dem- 01- CiiiT oftsirsiiQiT, gr-ind. iial. 




n<J. nnf. 

l*uiio couleur 




mm^H:?"- 



(Groupe,} 



FAMU.I.I- DKS KÉF.IDÉS. 



77 



trnc^ ilii tnloii ijui, il'linliilmlc, Iitmiiiic m arririi^ la iiit'iiii> driil ci en rinisliliic, dans 
li(3auc(iii|) (rniili'cH genres ilii iiiriiu* ordre, lu iiurtion la plus voliiiiiiiieiise. i.v laiial iiitesiii::d 
des Félis cHt ussez court, et Jour cœcuin est polit, co qui est encore en rapport avec leur 
^,'oùt poin* la ( liair. 

dos Animaux ont des formes gracieuses; U'ur rolio propre el lustrée ne le cède en éclata 
collo d'aucun «ulro gonro de la même classo; leurs sons sont bien dévelu|)pés, mais le plus 
parfait est le s(«ns de l'ouïe. Héservés dans l(Mn' démarche, perlidcs dans leurs relations, los 
Félidés sont (tatieids à l'excès, cl moins socialiles encore; «lue la plupart des autres Carnivores, 
("est surtout pendant la nuit, ou, s'il fait encore jour, dans l.'s lieux les plus obscurs ipi'ils 
saisissent leurs victimes. Chacim d'eux se rend isolément au point qu'il a choisi |)our attondro 
sa [U'oie. (lelle-ci consiste },^énéraloment en Arumaux herbivores d'une taille proportionnée h 
lu [iropro forc(( des Félisj aussi clia(|ue espèce a-t-elle ses victimes de prédilection, les [ilus 
faibles s'attaipiant aux !lonj,'eurs, aux i)Otits Singes ou uux jeunes Quadrupèdes qui commen- 
cent à s'éloigner <le leurs parents, tiuidis <pi(^ les plus f^rosses guettent les ;,'rands herbivores, 
lia voix rauiiu<î ou retentissante^ do ces carnivores offrayo les autres Animaux, et leurs jeux 
qui brillent dans l'obscurité contribuent oncoro à leur donner cotto iiuissanc(> qui fascine; les 
moustachos roides el si utiles pour \i' lad, dont leurs lèvres supérieunis sont hérissées, ajoutent 
aussi aux moyens d'investiy;atiou que la nature a mis à leur disposition. Mais leurs armes les 
plus redoutables sont lours caniness, et surtout leurs ongles rétractiles : ceux-ci sont fortement 
arqués, comprimés et enchâssés dans un rebord en capuchon qui les relient llxement sur la 
saillie cullriforme de la dernière pha- 
lange. Les pieds de devant ont cm\ 
doifrts ainsi iu'mé's, et ceux de derrière 
f|uatro seulement. I,a rétraclilité eni- 
|)èclie la partie termniale des griffes 
do .s'user pendant lu marche, \oici 
fiar suite de quel mécanisme : au lic'u 
de porter à loin? , comme cola a lieu 
chez los Chiens, los Ours, etc., la 
phalange onguéale se relève [tiMidant 
le repos, par l'effet d'un mouvement 
de bascule (lu'olle exécute sur l'ex- 
trémité do la phalange précédente, et 
su partie bnsilairc! se plac<( latérale- 
ment à celte dernière, la pointe de 

l'ongle restant alors relevée ot presque entièrement caclii'e sous los poils épais des iiattcs. 
C'est ainsi «pio le Chat fait patte de velours. Un ligament élastiijue, qui ne cède (jne sous la 
traction des tondons fléchisseurs des doigts, assure aux griffes cette position tant qxw l'Animal 
n'agit pas volontairement pour les étendre et les faire paraître en les |)ortant en avant. C'est 
co qui a lieu i)ar suite du retour forcé de la dernière phalange à la position qu'elle occiipi; 
constamment chez les espèces dont les ongles no sont pas rétractiles. Dans ce second temps, 
l'Animal |)out lacérer à sou gré les ciiairs sur lesquels il porte sa terrible (latle, et cliacun de 
SOS ongles y trace un profond sillon ipii mot immédiatement la partie en sang. 

liOS Félis ou les Chats, grands el petits, s'éloignent oncoro des autres Carnivores par (|uel- 

ques caractères im|)ortants, et l'on trouve jusque <lans leur dentitiou de lait une disposition 

qui leur est spéciale. Ces Animaux, qui ont alors trois paires de molaires supérieures comme» 

les «nitres Carnivores, n'en ont que doux inférieuremcnt, et leur première dentition est établie 

conformément h la formule suivante! : 

, . , - , , ,1 av. mol. 1 carn. 1 tnberc. 
î me. { can. • 




iri <li' griinl. 




mol, , dont 



1 av. rnol. I rain. tnberc, 



il 



7« 



oiiDHi'; DKs <;\iiM\oii|.;s. 



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(•s|iw.f,s ;i oii^'lcs nUruclilcs, et collo 
dos aiidpards , ou es|M';c(.',s à rn^hs 
non iV.lrncliK.s. LVludc [i;il(-.)n(n|„. 
^;iqii() lies F('lis aiiti'diluvioiis pcT- 
iiKiIlniit «l'on ajouter deux aiilrcs ; 
li's iUf/r/iifiro/lcs ijnj avaiciil les cn- 
iiiiii's sii|H'riciii'cvs fullnfmincs , cl |,.s 
f'ncmh'/uirs .loiil la iiiAclioin) inf,'.. 
ii''iirc [.oi'tail quai m pains th mo- 
laires. Nous laisserons les Lynx dans 
lo Konro des vi'rilahles Félis. 

'JKNnii FKI.rs (Fe/is] |,i,„„^). 

Jl comprend lus espèn-s à oi,m|,., 

rélracliles. Cesont inconiparahh^menl 

If's plus nombreuses. Lem- mode do 

dishihiilion à h, siu-faco du Klohe 

l"'i'niel de les |iarla"er en ilenv .>if/i 

gonos pnncpales. les unes é.ant parli..nlières à ran..ien , .nlinenl. e, |,ls au^e 'A • • ' 

^ous commencerons par colles do rancieu conlin(ml. «niMi.pi, . 

1 . Fd/is (lo /'aticwn conlinent. 

Kkiis L.ox {FoUsLoo. Linné). L,. Lion est une f;rande espèce de Félis Lien dimVenle 
^^s les autres par sa couleur lauve à pou près uni^.rn.e, ar le ilocon ni,, 

HcouMc sa ete et ses épaules, nuus dans le soxo mâle seulement. C-est, avec le Ti'Je 
'•■ pins ,rand oes Animaux de ee genre; et connue il est plus haut que I i sT m ^^ ei 
•n-ns trapu, H paraît plus majestueux. Sa crinière, la n.aniè.i dont il ,L s té ë " ^o 
om.o ^ave , son air à la lois soucieux ot réfléchi , mais d'apparence plus d„ e ^ ^ ^t; 
autres Tehs, donnent au Lion une sorte de dignité et justifient pre que l'Iéo Is S vl^ 

des plus nobles espèces nnunales. Los poni|,ouse> d..scriptions qu'on . a écrites do t^u! femp. 




ti.ANE UE M «cu«iRont, Irouv fosHlc en Aiivci-b-no, 1/2 ,|.. 



Sivin.l. 



iil 



r\Mii.i,K i)i;s i'i^;i,ii»Ks. 



7» 



«t ijiKi llulïiiii a ri'U.i^i ù •.iii'iiiissi'r (Miciiri', m mmiiIiIi'hI \ms i'\t)tii-r*''i-< , cl l'on se jilatl ii 
liiiri- (iii l,ii)ii II! pliiH i'i>ii()utalili> cl le plus iikikiiiiiiIiiic dus Aiiiniiiux caiiiivorcH. Mais dt'-jà 
lu Liomit» .-iL'inhlu au-doHsous ilo la iliKuilû (jik) nous nccordniis à son o.s|it'Co, en m JukciiiiI 
('t'Ilo-ci (|uc (i'aprcs le sexe inAle : elle est moins licllo ipie la Ti^'i'essc cl elle en a, .iusi|u'à 
un certain point, Itis allures p(>r(ldes; il sendilo qu'elle lusse tort à son iniUe. A son tour, lu 
prosllKC do celui-ci disparaîtra liifMiliM, si nous ôcouIouh !os nkits des voyageurs ipii ont pu 
observer les liions en iialnre et qui les dépei^çiuMit ennune de vulKaires larrons, se caclianl 
pour surprendre leur proie, au lieu d(! l'atlaipiur dts \ive force, et se montrant telleinenl 
timides dans los oecusions oh ils devraient dépl"»ver du eoiiraKc, que des fennncs, des enfants 
nii'^nie les incitent souvent en fuite, rien qu'iMi agitant des étoffes au-devniil d'eux ou en 
poussant de grands eris. C'est, en effet, ce que l'on a constaté dans le nord aussi hien que 
dans le sud de l'Al'riipie, oii li Lion est cependant plus redouté qu'en \sie. .Mais il ne faudrait 
pas en conclure que ces Animaux no sont pas ù craindre, quoiqu'ils le soient évidemmiMit 
moins que les Titres ou les Panlliéres. Il \ a donc un peu ili' fantaisie, on, pour parler d'iino 
manièn! |)lus digne d'un auteur aussi juslcment respecté, il \ a lieaucoup de iiiaKie dans la 
peinture (pio IJiiffon nous n laisséo du roi des Animaux. La beauté du Lion; l'effroi que son 
rugissement inspire aux bommes, comme à la |ilupart des Ouadrupédes; les doinmaj,'<!s ipii 
accompagnent son a|)pariliim dans uiks contrée, et (jui semlilcnl être un impôt |)roportioniié 
ù su puissance; la difliculté avec lai|uelle l'Ilommo so soustrait à sa fureur, ou en triomplio 
lorscpie le Lion accepte le combat (pi'on lui propos(! ; les trnils de reconnaissance (prou rap- 
porte ù son suj(,'t justifient pourtant une grande partie des choses singulières (pii ont été 
écrites ù propos de ce bel Animal; mais, ù toutes les époques, le merveilleux s'est associé au 
vrai dans celte émouvante bistoire, et bts modernes ont souvent renqilacé . -r des fables 
nouvelles ou par do fausses inter|)rétations, les assertions inexactes ou mensongères qu'ils 
oui pu relever dans lus récits des anciens. Vw^ bonne bistoire du lAon reste encore à écrire; 
et malgré les exc(;llenles observations des bommes courageux qui ont affronté cette espèce 
jusipie dans ses repaires, comme Delgorgue, le lieutenant (lérard , etc ; malgré les obser- 
vations plus faciles, mais non moins utiles, tles naturalislus ordinaires, il y a encore bien 
des détails ù observer et, sans doute aussi, bien dos préjugés h faire disparaître. 







l.'.o\ ut ilMiK . I -iii ;!^- i-raaiJ 




80 



OIIDUR DKS caumvouks. 



Il;' i 




Los Lions se iioiiiTissf.|it Mirlmit (r,\i.ini,iii\ nimin.nils. Lrs Vulilopos et (l'iiiitivs (.spccc.', 
du môinc Di'drp son! leur proie Civoiit.. .Imiis les lieux déserts; les troii|)e!iux de IJoMifs et 
do Moulons les nltireiit souvent (kiiis les jiiivs Iréinientés pnr les Hommes. Il (>st Irés-vfiro 
(lu'ils i.tl.i.pient ces derniers. (}iioi(ni'u.y;nit la pn|.ille ronde, ils participent cependant des (lua- 
lités qui distinguent les Animaux nocim'nes, et ils sont plus audacieux et plus si\rs d'eux- 
mêmes pendant la nnit. Le domaine de l'Ilonmie, dont ils s'écartent pendant le jimr, leur 
devient familier durant les ténèhres : <, Le Lion no lialanco point à sdsir lo Clunal attaché 
prés du maître '|Ui .Inrl, ou lo RaHif fixé par les cnrnos aux roues d'un chariot habile, souvent 
mémo en dépit des Chiens trop tardifs à ahoyer. Lo cri dos Ifommes, la détonation .lu fusil 
ne réussissent pas à le chasser; mieux \aut l'usaf^e du long- fouoi, dont la mèche !o cliiUio 
01 l'effraye par son éclat trop voisin. Mais que l'Homme clianse hrusi|uement de rôle, qu'il 
hlesse le Lion trop coiiliant <lans les avanta.ir<'s .|ue lui offre une obscurité plus ou moins com- 
plète, le Lion, alors, désappointé, lionleux et penaud, se retire s(ms plus rien oser tenter, 
fin effet, la j.artie est perdue pour lui : les «œufs, solidement fixés, sont tous debout, inca- 
pables d'obéir à la [.eur (pii les [.rosse de fuir et les livre au Lion, les Chiens aboient' prêts 
.1 réclamer le vol.'nr, et les llonnnes no dorment plus. (Juo la lime se démasiiuo un instant, 
ou seulement que quel.iues étoiles vous dési-uent d'un rayon lo Lion, dont lo plan d'atta.iuo 
échoues tnv/.-K; hardiment; confus, il partira. Ainsi ai-Jo fait, à dix pas, sur un Lion d'abord, 
>mvi peu apivs de sa f,.n.olle, \ défaut de toute autre arme sous la main, mou fusil double, 
<diargé du n» :,. fit î.vro,-ner ol [.arMr l'un et l'autre, sans (pi'ils osassent témoi-ner autrement 
leur colère. Dans les contrées où, faute d'un -ibior suffisant et facile, le Lion est réduit à 
convoiter, le jour, les troupeaux des 
habitants et à tenter d'en saisir quelque 
individu la nuit, son habitude est do faire 
[ilus d'un npas.de sa proie. Pour peu 

que l'on prenne ses précautions et «pie 

l'Animal ait faim, il est assez aisé de 

l'avoir siuis le coup do fusil ; il suffit iic 

se poster à proximité des di'biis et d'y 

attendre patiemment que le maître pa- 
raisse. C'est d'ordinaire entre dis ot onze 

heures do la nnit (juc l'espérance iln 

chasseur se réalise: lo Lion arrive leule- 

ni(int |iar le dessous du vent, et foute 

chance favorise rilomme. si l'Animal n'a 

jias croisé la li^nu; de ses émanai ions: 

mais pas de bruit, pas un souflle inutile; 

que |uis une feuille ne bou^'o , et, blessé 

sans aucun sou|)çon, rAiiimal partira 

s'il n'est étendu mort. Si, au contraire, 

le Lion a deviné la pn'sence du chasseur, 

qu'il l'ait entrevu, celui-ci court les plus 

«rands risipies, iCelie fois . le Lion se 

considère >naîlr<- de ce (pvil a l'onqnis, ei , d'ordinaire, il ne souffre pas do partage. Gare à 

l'Homme! que tout son sanji-imid |,ii vienne en aide, qu'il n'ait pas la malheureuse idévi de 

lorgiverser. (ju'il tiennt.' bon „ qu'il s'accroupisse. Celte n»osure h> sauver;, peul-èire de l'at- 

laquo, oii le tir ( >t si inexact ot si diflicile ; et si l'Animal , dans sou hésitation, se présente 

bien à découvert , .juo lo cou[. parte ot l'élendo roi,|<. sur place , sinon le Lion sera h; maître, 
Cependanl. et .-'est ici le lieu do le faire rem:injuer. il arrive -luelquefois (juo, par un capric" 
m(!X|,iicablo. yénéralemeni qnalilié do -énén.siié. le n,i dos Animauv ne tne p,,, rFrnmmo 




^Z ■'^1, H-r 



II' I F 1,1. \ 



il'' fiirf; l,< i|i. crnii.l. 




\.\o-s's^. 



FAMFLLK DES FÉLIDÉS. 



81 



(lu'il lionl sous lui , bien qu'il en ait «'té blnssé lo premier. Quelquefois il se contente do divers 
coups de dents qui brisent et broient les membres , ou d'un seul qui laboure la poitrine do 
quatre sillons. Il borne là sa vengeance et s'en va. J'ai connu un intrépide chasseur qui, deux 
fois en sept ans, avait été tenu de la sorte par un Lion blessé; la première lui avait valu 
deux fractures aux membres, la seconde six, sans compter les profonds stigmates laissés 
par les griffes sur maintes parties de son corps. In autre, du nom de Vermaes, non moins 
intrépide, tenu plus d'une minute par une fameuse Lionne, en fut quitte pour quatre traces 
profondes des canines, glorieuses cicatrices (ju'il nio découvrit avec un air do vive satisfac- 
tion. I) Ce passage est emprunté au Voi/agc dans l'Afrique aiislralc de Delegorgue. 

;( Le Lion, dit encore cet intelligent voyageur, est plus pacifi(iue et moins dangereux pour 
l'Homme f|u'on ne se l'imagine généralement. Il arrive tous les jours (jue les Cafres, qui 
n'ont pas d'armes à fou , traversent avec leurs familles dos espaces où circulent de ces 
Animaux, et pour ces hommes la présence du Lion n'est pas ime cause d'effroi. Un ou 
plusieurs Lions bondissent à ilix pas et se maintiennent à trente , les Cafres passent sans y 
prendre garde , et jamais je n'ai ouï parler d'accidents dont les Lions eussent été les auteurs 
sans provocation. Ces mêmes Cafres chassent-ils devant eux des Bœufs ou des \' acl.es, la 
(piestion peut changer; jo ne réponds pas des bêtes à corne, non plus (pie des propriétaires 
qui voudraient les protéger. Mais ici l'on peut voir encore que le Lion ne s'adress»; pas 
directement à l'Homme. » 




TfTE riK. I.iON (lu Spnnoor, dp profil, l/fi ilo iirnnil. 



%Rl/M£R-. 



Les Lions sont répandus dans toute l'Afrique; il y en a depuis la région do l'Atlas et depuis 
l'Egypte jusipi'au cap de Bonne-Espérance, mais ils ne sont pas exactement semblables dans les 
différentes parties do ce continent. Leur crinière est plus claire ou plus noirâtre; les bouquets 
de poils des milles (pie l'on voit aux plis des aines chez, quelques races; la persistance presque 
constante des taches ombrées chez celle de la Sénégambie et plusieurs autres caractères 
encore ont engagé quelques auteurs à admettre i|u'il y a diverses espèces parmi ces Animaux, 
comme ils l'ont aussi [)onsé i\ propos dos (iirafes , des Hippopotames , etc. ; mais la science 
n'est pas encore suffisamment renseignée sur la valeur des caractères par lesquels les 
Mammifères que nous venons de citer et (quelques autres encore diffèrent suivant les grands 
centres do populations «pii entourent l'Afrique centrale. Cependant beaucoup d'autres genres 
sont certainement représentés dans chacun de (\es centres par une ou ftlusieurs espèces dis- 

11" PARTM'.. Il 



JJ2 ORDHK DKS C AHMN OHKS. 

linctos et il y a boaucoup moins (J'Aiiiinaux communs aux divorscs contrées do l'Afri<|UO 
•m'on no l'avait supposé jusque dans ces .lerniors tomps. Les caractères qui séparent comme 
espèces les (juadrupèdcs africains de ceux qui liabiteut l'Inde ont, en général , une importance 
plus grande encore. Los Élépliants, les Ki.inocéros, les Antilopes, les Bœufs, les Singes, en 
un mot, la plupart des Animaux mammifères qui constituent la Famie de l'Inde sont différents 
comme espèces, souvent aussi comme sous-gein-es de leurs représentants africains. Cependant, 
ii y a, parmi les Carnivores, certaines espèces (lui paraissent communes aux deux continents, 
et" parmi ces espèces, nous désignerons principalement le Lion, (lueUiues autres Félidés 
ayant de moindres dimensions, l'Hyène rayée, le Ratel, le Chacal et la Panthère. Mais on a 
déjà réussi à trouver entre plusieurs de ces Animaux , supposés identi.iues en Asie et en 
\fi'i(iue, certaines différences (pii en font au moins des races à part, et, comme la limite entre 
les races naturelles et les véritables espèces est toujours fort difficile à établir, certains auteurs 
tranchent la difficulté en admettant, dans tous les cas, une différence spécift(iue. C'est aussi 
c(> qu'ils ont fait pour les Mammifères terrestres de l'Amérique septentrionale comparés à 
ceux des régions arctiques do l'ancien continent. Quelque satisfaisantes que soient ces distinc- 
tions, il faut bien avouer cependant que, pour ce qui regarde certaines de ces espèces, comme 
le Castor, le lionne, le (Jlouton, l'Isatis, dans un cas; rilyènc,le Chacal, la Panthère, etc., 
dans l'autre, la théorie su|)plée à ce (lue les observations laissent encore à désirer, et qu'en 
celte occasion comme dans beaucoup d'autres, la loi à laciuelle (,n est arrivé paraît avoir 
plus (le crédit dans la scieni-.' (|n'elle n'en a peut-être de néalité dans la nature. 




^y^"^'; '-"^>'*^vv.M ^a/t^^s-ca: 
I.fni nt Dinmiiii!. I 2:) ilf eran'l 

Pour ce qui concerne le Lion de l'Inde comparé à celui de l'Afrique, cette distinction spé- 
cifique f)eut ôtre soutenue. Certains auteurs admettent qu'il y a un I^o (tsiniicm et un Léo 
.ifrkanm, comme il y a un Ehplias asialicus et un Ekphas africanus; mais l'uniformité des 
caractères félins était loin de comporter des différences aussi intenses que celles qui séparent 
ces doux espèces do Proboscidiens; elles sont, au contraire, assez faibles pour ne justifier 
autre chose, aux yeux de lieaucou[i de naturalistes, (pi'une simple distinction de race. Lo 



xï^ 



■h: 



FAMILLK DES KÉLIDÉS. 83 

Lion do l'Inde, (jui difl'éro d'ailli'urs pou do celui de la Perse et de rVraliie, a snnplenieiil 
les fDi'ines un peu plus courtes (jue celui d'Afritiuo; sa crinière est moins forte, parfois ni(^me 
lu'esiiue nulle; il u'a pas do bouquets de longs poils aux plis des aines, ni aux aisselles, et 
le flocon terminal do sa queue osl [dus fort. Toutefois, la dénomination de Lion lui convient 
parfailement, et s'il est facile de reconnaître <[ue le prétendu Lion d'Amériiiue ou le (lou- 
gouar ne la mérite pas, on no saurait la refuser à celui d(^ l'Inde. 

Mais ce qui rend cette distinction moins certaine, c'est qu'il a existé autrefois dans une 
parli(! de l'Europe orientale, aujourd'hui dépendante di; la Tunfuie, des Lions qui, |)eut-ètre, 
étaient intermédiaires à ceux du nord de l'Afrique et de l'Asie occiihnitale. (les liions d'Europe, 
qui n'étaient pas encore anéantis du temps d'Alexandre, ou ipii étaient tout ou moins devenus 
fort rares, avaient inquiété Xénophon lors de la retraite des dix mille. On lit, en effet, dans 
lléroilote, que, lorsque l'année de Xerxès traversa la Peonie, qui faisait partie de la Macé- 
doine, les Chameaux nombreux (pii servaient au transport des bagages attirèrent les bêtes 
féroces, et que les Lions, descendus des montagnes jiendant la nuit, attaquèrent les Cha- 
meaux, mais sans toucher ni aux autres bêtes do sonnne, ni aux Hommes. Il ne i)araît pas 
que ces Lions se soient jamais étendus plus à l'ouest, et aucune indication paléonlologi(iue , 
ni archéologiiiue, n'a prouvé, quoi (ju'on en ait pu dire, «lu'il y en ait ou jadis en Germanie, 
dans les Gaules, ou en Italie et en Espagne. On trouve bien dans les dépôts fossilifères de 
<iuelques-unes de nos cavernes des ossements (in'il est encore impossible de distinguer do la 
Panthère, mais ceux qui sont comparables au Lion sont plus forts que ceux de cet Animal, 
plus analogues aux os de Tigro et de Jaguar par les proportions , et leur ensemble indique 
bien évidemment une espèce à part, espèce aujourd'hui éteinte et à laquelle ne se rapporte 
aucun document historique. C'est le Felis spclœa des naturalistes, .qui vivait précisément 
dans les localités européennes (|ue nous venons de signaler comme n'ayant jamais nourri 
do véritables Lions. 

Lacépède, G. et F. Cuvier, et plus récemment divers autres naturalistes ont donné des détails 
plus ou moins circonstanciés sur les Lions tels iju'on les observe dans nos ménageries. On 
sait que les Lionnes reproduisent parfois en captivité'. Lacé{)ède a constaté que cette es[)èce 
portait cent dix jours, ce «lui a été vériiié plus récemment i)ar M. H. Bouteille sur le 
couple de Lions (|u'il a pu étudier à Grenoble. L'éducation de ces Animaux est difficile; soit 
qu'on les ait pris à l'état sauvage, soit (jn'ils proviennent de femelles captives, ils meurent 
le jilns souvent à l'époque de leur seconde dentition. Les uouveau-nés se ressemblent, quel 
que soit leur sexe : ils ont le pelag(( roux grisAtre, connue duveteux, et marqué d'«n assez 
grand nombre de petites bandes transversales assez distinctes sur chacpie côté du corps. , 
A ces bandes s'ajoute une ligne noirAtre régnant tout le long de l'épine dorsale. La queue n'a 
|)as (Micore de pinceau; elle est d'abord lo.igue de six pouces et le corps de douze. La taille 
est celle d'un jeune Chien. A trois ans, la crinière du mAle commence à pousser et l'Age 
adulte |)araît commencer à cinc] ou six. On assure que la durée totale de la vii. du Lion est 
de quarante ans. (/'/. AI/F et A VA.) 

Fklis Tic. hk {Felis Tigrls, Linné). Le vrai Tigre ou Tigre royal, (|u'il no faut pas 
confondre avec les espèces mouchetées de la même tribu, telles ipie la Panthère, l'Once, etc., 
est un Animal exclusivement asiatique, qui vit dans les îles de Java et de Sumatra, dans toul(< 
l'Inde continentale, dans l'timpire chinois et justpi'en Sibérie. QueUiues exemplaires arrivent 
jusiju'aux confins d(! l'Europe, et M. Noilmann raïqiorlo <|u'en 1835 un Tigre de forte taillo 
n été tué auprès de Tiilis. 

Le Tigre est à peu près aussi grand (pie It! Lion , mais il a la robe plus élégante. Le jauiui 
fauve de son dos et de ses flancs, le blanc |)ur de ses joues, de sa gorge et de ses parties 
inférieures sont constat r ^^rnl relevés par des bandes noires en zébrures, ipii n'ont rien 
d'analogue avec ce que ; up voit dans les autres Félis, La (piouo est longue el annelée; la 
tète et le dos manquent do crinière. La forme générale diffère d'ailleurs notablement de celle 



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84 



OHIJKK DKS OAHNIVOHES. 



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du Lion; lu tèto, plus inilito ci moins n.'lovée, est plus arquro sur lo front, cl l'on rotronvo 
dans la conformation du ciAnc les raisons de cette |)aili(;ularité ; les membres sont moins 
élevés, mais beaucoup plus robustes, et les os qui les soutiennent ont plus d'épaisseur; ce 
qui permet de distiiiffuer, mémo sur le siiueletle, les débris provenant du Tigre d'avec leurs 
analogues cliez le Lion. La démarche est aussi différente. C'est l'éié^'ance plutcU ([ue la 
noblesse (pii fait lo trait distinctif du Tigre, et il y a dans ses allures une obli(iuité, une sorti) 
■(\o perfidie (lui ins|)irent de la terreur; c'est, en effet, un ,\nimal plus sanguinaire que lo 
iLion, et son appétit i)0ur lo sang aussi bien que l'état do guerre (pii lui est habituel le 
rendent exirèmement dangereux. Non-seulement le Tigre allaiiuo les plus grands Animaux de 
nos troupeaux, mais il lutte avec avantage contre lu plupart des esfièces sauvages, et 
l'Kléphant serait le seul qu'il eût à redouter, si la civilisation n'avait imaginé tant d'armes 
meurtrières, devant lesquelles la force, les ruses et la fureur du Tigre deviennent impuis- 
santes. La terrible réputation qu'on a faite aux Tigres n'est donc que trop méritée, et 
chaqiie année des centaines de Malais , de Chinois et d'Indous sont encore ravis et égorgés 
par ces Animaux. Le Tigre tue parce (ju'il u besoin d'assurer son alimentation , qui consiste 
l>resquo uniciuement en chair palpitante et en sang; il 
tue aussi [tour sa propre conservation , parce (ju'il n'a 
pas d'ennemi plus redoutable que l'Homme, Pourtant, 
son caractère n'est pas absolument i\itraitable , car, 
sous l'influence do la captivité et moyennant certains 
traitements, il peut devenir confiant et affectueux au 
point de se laisser caresser, quehiuefois même mo- 
lester par les dompteurs énergiques qui ont osé l'ap- 
procher. C'est ce dont on a vu de tout temps, dans 
l'Inde aussi bien (pi'eu Europe , d'assez nombreux 
exemples. Les Tigres pris jeunes se prêtent mieux que 
les autres à ce genre d'éducation. 

Los femelles de cette espèce donnent à leurs petits 
les soins les plus empressés. Ceux-ci sont moins fauves 
que les adultes et leurs bandes sont moins assurées. 

Quoique le Tigre diffère du Lion par ses caractères ostéologiques autant que par son 
apparence extérieure , et malgré les sentiments antipathiiiues (|ue l'on attribue au naturel de 
ces deux redoutables Carnivores, on a réussi, dans uno ménagerie anglaise, à en obteinr un 
produit mixte. En effet, un Lion, qu'on avait placé dans la même cage (pi'uno Tigresse, n'a 
pas tardé à s'en rapprocher, et leur hybride doit être inscrit parmi les plus curieux qu'on ait 
encore acijuis. Voici comment les journaux scientifl(iuos de l'époque ont rapporté ce fait. 
J-e niAle était un Lion, né en ménagerie d'un Lion de Barbarie et d'une Lionne du Sénégal, 
et la femelle une Tigresse originaire de Calcutta. L'mi et l'uulre vécurent amicalement jusciu'ii 
l'iigo de deux ans, époijuo à laquelle la Tigresse devint pleine, et mit bas, le 24 octobre 1824. 
à Windsor, deux mâles et une femelle; la mère ayant négligé ses [)ctits, ils furent confiés à 
une Chienne de la race des Terriers, mais ils moururent avant un an. La s(!conde imrturition 
eut lieu à Clapham, le 22 avril (82,1; les petits vécurent |)eu de temps, bien que la mère les 
allaitât avec soin, ainsi que cela eut également lieu par la suite. I ne troisième portée vit lo 
jour à Edimbourg, le 21 décembre 1826. Pour la cinquième fois, la Tigresse mit bas dans 
le Jardin Zoologi(nie de Liverpool, le 19 juillet 183.3. Cette fois, elle eut deux jeunes mâles 
et une femelle, qui vivaient encore en 183G. Moins rayés que les vrais Tigres, ces hybrides 
l'étaient plus que ne le sont les Lionceaux , et , sous ce rappori , leur robe tenait à [leu près 
le milieu entre celle des deux espèces dont ils descendaient. On peut les caractériser assez. 
exactement en disant qu'ils avaient d'une manière permanente , et avec une intensilé ipii 
rappelait la coloration du Tigre, la livrée qui ii'exi,te chez le Lion (pic fj'uno manière tran- 




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FAMILLE DKS FÉLIDÉS. 8S 

sitoiro et pciulaiU le premier âge seulerneiil. Leur physionomie tenait également Uo colle des 
fleux espèces. {PI. XX.) 

Féi.is Pan 'm eue {Felis pardiis. Liui.é). Les Panthères sont grandes et redoutables, 
quolipio inférieures en dimensions au Lion et au Tigre. Leur |)eliigo est eu dessus d'un jaune 
plus ou moins vif et en dessous d'un l)lan(; pur; leur robe est man|uée d'un nombre considé- 
rable de taches noires plus petites sur la tête, i)lus fortes au dos et aux flancs, ou elles sont 
en rose , c'est-à-dire associées circulairement au nombre de ciiui ou six. Il y a de chaque cAlé 
six ou sept rangées de ces taches en rose, et quelquefois jus<iu'à neuf ou dix; celles des 
membres sont irrégulièrement réparties, et les anneaux que forment celles de la queue n(! ïont 
pas parfaits. Les Animaux auxquels celte descri|ilion convient sont plus ou moins nombreux 
dans les diverses contrées de rAfri(|ue , depuis la Harbarie jus(iu'au Cap , et il y en a aussi 
dans la plus grande partie de l'Asie. Dans ce dernier continent , quchpies Panthères arrivent 
jusqu'aux pays qui louchent à l'Kurope. Ainsi M, Nordmaun nous ajjprend qu'il y en a dans 
les provinces asiatiques qui avoisinent le Caucase. De temps en temps on en tue sur le 
versant méridional de l'Alchalzyr, el on les dit communes sur les bords de l'Araxo. Pallas 
assure même qu'il y eu a dans le Caucase proprement dit. Leur existence en Perse ne fait 
aucun doute ; elles y sont même assez répandues. [PL XVI If.) 

L'Europe occidentale a nourri jadis des Panthères. On a trouvé leurs ossements dans 
plusieurs parties de la France, principalement dans les cavernes; elles y sont aujourd'hui 
fossiles avec les grands Ours el les Hyènes. 

Indépendanmient des Panlhères propres à l'Asie continentale, il y a aussi des Animaux de 
cette espèce à Java el à Sumatra. La première de ces îles fournit assez abondamment une 
variété mélanieime connue sous le nom de Panlhère uoirc , (\n\ a élé décrite à tort par 
lilusieurs auteurs comme constituant une espèce à part à laquelle on a donné, d'après Pérou, 
la dénomination de Fclis mêlas. 

Toutefois, il n'est pas certain que les Animaux réunis par les naturalistes modernes sous le 
nom de Panthères ne constituent (lu'une seule espèce, et certaines différences observées 
dans la coloration de ces Carnivores, soit dans leur teinte générale, soit dans le nombre de 
leurs taches, etc., ont fait admettre qu'ils formaient deux ou trois espèces différenUîs ; 
l'une serait la vraie Panthère; une autre le Léo|>ard {Felis Leopardiis) , et une troisième 
réi)ondrait au Felis palcaria de F. Cuvier. 

Le Léopard , qu'on décrit souvent connue distinct , n'est pas admis comme tel par tous 
les mammalogistes; et, jusqu'à ce jour, il a été diflicile de lui assigner d'autre caraC-Te 
()ue celui du plus grand nombre des taches en rose, ce (jui i)araîtra insuffisant, s'il est vrai 
ipi'il existe des individus qui sont dans une condition intermédiaire à ces Léopards et aux 
véritables Panthères. 

Les Panthères reçoivent des fourreurs le nom de Tigre d"Afri(iue; mais, a vrai dire, ce ne 
sont pas des Tigres, el ce nom, tiui ne convient pas davantage aux Jaguars ou prétendus 
Tigres d'Amérique, doit être réservé pour l'espèce asiali(iue, dont la peau est marquée de 
bandes noires , c'est-à-dire pour le Felis Tigris des naturalistes. 

Le caractère des Panlhères est cruel el leur chasse offre souvent plus de dangers que celle 
du Lion, à cause de la facilité avec laipielle elles grimpent aux arbres i)our y poursuivre leurs 
cnnenns. Leur corps est habiluellemont long do 3 pieds et leur (lueuc a une dimension un 
peu moindre; elles sont souples dans leurs mouvements très-irritablos et perfides dans leurs 
ullaques. Quoi(iu'elles aient les |)uiiilles rondes, leur genre de vie est principalement nocturne, 
et c'est i)endanl l'obscurité (lu'elles viennent rôiler auprès des habitations ou dans les lieux où 
l'on lient les troupeaux. 

Le Fi:;i,is Onck {Fvlis Uuda, (îmel.), dont lUiffon a donné une bonne description, est 
une espèce! de Paidlièrc [imprc aux régions soplenlrinnales de 1' \si<<. ipii se dislingue de la 
précédente [lar un pelage plus fourni, plutôt giis de lin que fauve, ayant les taches en 






- i 



86 (HiDitr, DKs (;AIlM^olll';s. 

rose moins iKuiilinMisos, |iliis l'oiics et il'iiiKMciiili' iiidins iiitciiso. Nous en (liniiiniis , d.uis 
ct'l oiivraj.'!', une li^iirc coloricV d'iiiiivs U\ m;ii;nili(|iii' (.>\('iii|iliiir(^ cmpiiilli'" ([iic possi'ilo lt> 
Miisi'imi (le i>,tiis. Km I.S:)(», M. Klin'iilicri; a |nilili('" do tivs-t)oiis roiiseigiu.'iiK'iit.s sur (■cllo 
{'s|m''I(', (|u'il ii|)|)('lh' Jù'lis Irhis, {l'I, \\/.) 

Le Ki';i,is i.oNdjUANDi; {Fc/is iiintrosrc/in, Tciiiiniiick) csl nu Folis un peu moins ^l'and. 
mais cncoro assez forl, (|ui cHaldil le passaj^c vwUv les Pantlii'ivs cl les espèces amiVicaines, 
dont n(ms parlerons sous le nom d'Oeelot. Son |ielap:o est j;ris jaunAlrc uianiué do laclies 
noires en rose, d('(;omposces e| allonij;ées en handes étroites et ohiiipies; son corps a 0,97 et 
sa ipieuc (),«6. Cet Animal n'atlaipie jias l'Homme, mais il clierclie autant ([ue possible A 
s'a|i|iroclier de ses liaMlalions, jiarce qu'il v trouve, au moyen des volailles ci des jeunes 
(Jnadrupcdes domesliipuvs, une nourriture plus facile. Jl se tient de prél'érence sur les arbres, 
loge entre l(>urs branches et domu^ aussi la chasse aux p(;tits Animaux d'espèce sauvage (|ni 
so trouvent à sa portée. On ne le connaît (pi'à .lava et à Sumatra. C'est à tort (|u'on l'a comparé 
au véritable Tigre. Indépendamment du nom sous le(|uel nous l'inscrivons ici , il en porte 
filusieurs autres : Fclis udmlosn , /-'. Dhirdi, etc. 

Tr.i.is SKiivAi. {Ffliti Serrai, Sdn'cb. ). Le .Serval, Chat parti itu Chat Tifjre, est une 
espèi e africaine ayant li^ corps long de 0,75 à peu près cl la (|uoue d(( 0,21. Assez élevée sur 
Jambes, fauve, un peu foncé en dessus, blancliAtre en dessous et mouchetée sur tout U) corp> 
de taches noires, pleines, (pii s'allongent en bandes étroites sur les épaules, aux bras (il à la 
i|ueue. 

Le Serval habite les lieux boisés et se rencontre au Cap, en Sénégainbie, ainsi (|u'r'n Algérie. 

Il y en a aussi dans les parties orientales de l'Afrii|ue. C'est un \ninial intraitable, éb'gani 

dans ses formes, ([ui donne la chasse aux Oiseaux et aux petits Mammifères de l'ordre des 

Hong<'urs, ainsi iju'à certaines espèces de Singes qu'il poursuit jus(iu(' sur les arbres. 

Il est représenté en \sie dans la région himalayeinie par le Fiii.is \ivi:iiiuN {Fclis 

rirerrinu , Uennell , «u Felîs 
^ ^ rivcrriccps , Ilodgson) , ipii est 

moins élancé et dont li-s taches 
moins foncées (|ue celles du vrai 
Serval re|)osenl siu" un fond un 
peu plus obscur et teinl/- de c«u- 
Icin' cannelle. 

L'Asie produit i|ueii|nes antres 
Kélis d'une dimension encore 
moindre, et (|ue l'on ne peut 
comparer sous ce rajiport qu'aux 
Chats domestiiiues ordinaires. 

T(!ls sont entre antres le Cm \ r 
1) i; S r \i \ T 11 A ( Felis Siiiiialra - 
Ka , llorstield), dont la robe est 
fort élégante; le V.n \t ni-: ,1 w \ 
[Fclia Jaraiieasis , Desmaresl) ; 
le (!ii \T 1)1- iNki' \[ I. {Fclis lor- 
i/iirln, Fréd. Cuvier); le Cinr 
iiiiuoiM'.i X i/''('//,s' ralAfiintixa , 
!•'. (ieoffroy), et ipielques autres 
encore. Ceux-ci sont de 1" \sii> 
coiilinenlale. 

Lue espèce [ilus difl'éi'Ciite ji,-'!' 
ses caractères et qui devrait cons- 




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87 




Kfiis pi»Mr. H's. cnii.il. un , 



litiici' iiti sons-ffcnrc à cllo soulo, esl le Kiir.is I'I.amcki'S {/''dis plotiicpps, Vigors cl 
lloi'stii'ld) , lie Sumatra et ilc Uiirru'-o, 

Sa If'lo ost plus louRUo ([ue cello des autros Animaux du 
mcmo yoiire, ot sa proniiùrc fausso molain,' su[)(!'rif'un' a 
doux racines au iiou d'uno. Le Planiceps est à peu près 
^crand comme le (lliat domestique, mais il a la (pien(! plus 
coiu'le. Sou pf^a^e osl gris ferrugineux en dessus et sur 
les pattes, glacé de MancliAtrn sur li; dos; une courte 
hande lilanclie se voit de ('lia()U(i côté de sou nez et sous 
ses veux ; ses jouos sont blancJKîs avec deux liandcs rous- 
ses; ses lèvres, sa gorge, le devant de son (;ou et sa 
poitrine sont lilancs ; le ventre osl gris blanc (acheté de 
roux. 

\ous doinierons au groupe l'ormi' [)ai' le l''t''lis planiceps 
le nom d' AlM Rl\. 
[Vautres espèce.-; onl le pelade unil'ornie ou à peu près; elles conduisent des Servals aux 
vérilahles (liiats et aux Lynx; l'une d'elles. 

Le ri:t.is c.uacs {l'clifi Clinns, (luldensled), est ré|)aiiduo dans la vallée du Ml et dans les 
landes hoisées ipii environnent la mer (;as[)ienno ou les fleuves ipii s'y jettent. Sa longueur 
totale est do 90 centimètres , dont 23 pour la queue seule. Son pelage est gris fauve , sauf 
aux [lavlies infé-rieures; sa queue est terminée de noir; ses oreilles ont uu petit pniceau (|ui 
rappelle celui des Lynx. Son caractère est des plus fitrouclies. 

Le Fi^;lis botti'; {FcHs cnlignla , Temminck) est un peu moindre (juc le Cliaus, avec lequel 
on le confond souvent , et il a la (pieue plus longue. Sa couleur générale est fauve avec des 
teintes grises sur le dessus et hlancliAtre en dessous; le bout d(.' sa queue est noir. On le 
trouve dans toute l'Afriiiue, et beaucoup d'auteurs onl pensé rpi'il no fallait pas en distiiignrr 
des Pélis en effel Irès-analognes qui iialiitent l'Asie méridionale; mais ceux-ci ont aussi été 
regardés comme ('■tant d'une autre espèce, ils constituent le CIkiI à oreilles rousses de F. (luvier; 
le Felis Jacqueinoiilii de M. Is. Geoffroy, et le Felis ori/tlirolis dé(Mit [)nr M. Ilodgson. 

Le FÉLis Chat {Felis Calus, Linné) , ou le Chat sauvage de nos forêts de l'Eurofie et du 
nord de l'Asie , est un p(!U plus gros (|ue le Chat domesti(iue ordinaire , plus robuste, d'une colo- 
ration |ilus régulière et plus chaudement vêtu. Il est en grande iiartie gris jaunililre maripié sur le 
dos d'inie ligne loiigitudinal(! foncée, de laquelle parlent des bandes transversales on zébrures; 
mie courte bande part de l'angle interne des yeux et traverse les joues ; les lèpres sont noires ; 
la ([ueue est annelée de noir et son extrémité est de cette dernière couleur; les yeux ont les 
pupilles à contraction verticale; les oreilles sont de la couleur du corps, au lieu d'être rousses 
comme dans les Chats bottés. {PI. XVff.) 

Cett(! espèce s'est conservée dans un assez grand nombre de forêts; elle doinie la chasse 
aux Oiseaux et aux petits Manmiifères, tels que les Lapins, les Hats, etc. Elle se croise 
assez fn'iiuennrient avec nos variétés domesti(iues, et c'est, assure-t-on, de ce r(q)i)rochemenl 
ipi'esl proveim le Chat tigré des habitations, <lont les bandes latérales sont bien plus accusées 
que celles des exemplaires sauvages. On tue encore des Chats sauvages dans un assez grand 
nombre de nos (léf)artements. 

Le Chat sauvage de l'AIgt'rie paraît l'orniiu' une espèce à part, ayant un(! certaine analogie 
ilans ses couleurs avec le Felis coliffala, mais de taille un peu intérieure au Chat sauvag(^ 
d'Kurope et à poil moins fourni. M. Ls. Geoffroy lui adonné, dans les collections du Muséum, 
le nom de Fi';i.is i.YniKN {Felis lilii/eft). 

Le Fklis c.Ai- UI-: {Felis eafra, Desm.) u'a pas U> pelage plus riche mais ses zébrures sont 
plus marquées; le fond de sa coloration lire davantage au gris brun, et c'est un Animal plus 
élevé sur pattes. Sa variété noire a été décrite à tort comme une espèce véiitable sous le nom 



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FAMILLE DES FÉLIDÉS. 



89 



plusieurs espfices sauvages aient pu fournir des races à la ciomeslication , et, sous ce rapport, 
sa manière de voir se rapproche de celle de Pallus, pour qui le Fclis mmml de la Tartarie était 
la souclio des Chats à longs poils, que l'on appelle Chats d'Angora. 

Aux races domestiques énumérées ci-dessus, il faut ajouter le Chai de Chine et le Ch(d du .Japon, 

On a constaté que la plupart des momies de Chats , qui sont enfouies dans les catacombes 
do l'Egypte, ont tous les caractères ostéoIogi(|ues du Fclis maiiicnUda. Quelques-unes se rap- 
portent cependant au Fvlis calignla (le Cw^rts/t'sd'Hassebiuist), qui paraît avoir été domestique 
chez les anciens Égyptiens, et de Blainville croit mAme avoir connu dans mie tête, également 
momifiée, un véritaltle Chaus. 

2. Espèces parUculii'rea à l' Amérique. 

Aucune des es[)èces de Félis, que nous venons do signaler ne se retrouve ni dans l'Amé- 
rique méridionale, ni même dans l'Amérique septentrionale. 

Dans les deux continents qui composent le Nouveau- MoikIo, nous trouvons d'autres Ani- 
maux (le ce genre : les uns, comparables au Tigre, au Lion et à la Panthère, quoi(iue toujours 
inférieurs en dimensions; les autres, de taille moyenne comme la plupart do ceux (jue nous 
avons déjît décrits, et quelques autres qui sont encore plus petits, et que l'on peut comparer, 
sous le même rapport, i-a Chut (lomestii|uo ou à certains petits Félis propres à l'ancien 
monde. C'est ce qui ressortira , d'une manière plus évidente , des détails dans lesquels nous 
allons entrer au sujet de ces Animaux. 

Fi': LIS Jaguar {Felis Onça, Linné). Le Jaguar est le plus redoutable de tous les Mam- 
mifères américains ; plus fort que la Panthère , à laquelle il ressemble par son pelage tacheté , 
il a presfiue la vigueur du Tigre. C'est un Animal très-sanguinaire, qui atta(iue souvent 
rilomnie. Il étend ses ravages sur presque toute l'Amérique méridionale, et sur une grande 
partie des contrées qui occupent le midi de rAm(!ri(iue septentrionale. Le Jaguar vit dans 
les bois , principalement dans les endroits marécageux , ou que traversent do grands fleuves. 
Les Animaux d'origine domestique , tels quo les Chevaux, les Hœufs, etc. , qui sont rede- 
venus libres en Amérique, et qui sont si nombreux presque partout, lui fournissent sa 
|)àture la plus habituelle; iftais lorsqu'ils viennent à kii manquer, il s'attaque à d'autres 
espèces, saisit même des Caïmans ou, à l'occasion, diverses sortes de Poissons. Sa four- 
rure est aussi belle (jne celle des Tigres ou des Panthères. Kilo est fauve, taclu« de noir, et 
les taches qui la distinguent ont, sauf en dessous, une forme spéciale qui ne permet pas de 
confondre le Jaguar avec la Panthère ou le Léopard. Elle sont plus grandes, réunies sur 
le dos et les flancs en roses composées de six ou sept taches pleines, et dont (luolques 
groupes ont un point noir au milieu , ce (jui les a fait appeler taches en œil. Elles sont rangées 
sur cimi ou six lignes assez irrégulières de cha(iue côté du corps. C'est à cette peau que les 
fourreurs donnent le nom de grande Panthère ou celui de Tigre d'Amérique. Le Jaguar a le 
corps et les membres trapus; sa qucic est proportionnellement un peu moins longu,> que 
celle de la Panthère, et ses allures sont moins vives. Quelquefois il a le pelage tout noir, 
mais sans que les taches plus intenses qui relèvent si élégamment sa robe dans l'état normal 
soient complètement fondues avec le reste. {PL XXI !.) 

Félis CoiGOUAn {FcUs Concolor, Linné; Fclis Puma de quehiues auteurs). Le Cougouar 
ou Puma , (pi'on nomme aussi Lion d'Amérique à cause de sa ressemblance générale avec la 
femelle de cette grande espèce, n'acquiert point les dimensions des véritables Lions, n'a pas 
do crinière dans le sexe mâle , et se distingue en outre par un extérieur assez différent pour 
qu'on ne puisse pas se tromper sur sa véritable nature. Son pelage est presque entièrement 
fauve, nuancé de roux et de gris; ses parties inférieures sont plus claires; sa (pieue n'a pas do 
flocon noir à l'extrémité. La longueur totale du Cougouar approche do deux mètres, dont [)lus 
de la moitié répond au corps. Le Cougouar fait des ravages dans les troupeaux , mais il fuit 
l'Homme et les Chiens. On le rencontre depuis les Élals-Unis jasipù-n Patagonio. 
En faisant la comparaison du Cougouar, qu'il nomme Couazouara, avec V YagouarcW , (jui 

n« PARTIE. i2 



90 



II.' 



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onnnK dks caumnouks. 



I^sl lo Jaf^uor, \A,ru s'cxpri,,... ainsi : ., (;,„i„„o il ost moins l^rnco <.t plus Hirilo à Um- nue 
rYagouan..,M,>s Pa,.a,uéons Tonl p,.os.,uo ^nt .lisparaîCv .,o lo„. on. Z^ ( , " 

g.™pe aux arin.s, ,„oK,u'ils soion, droits, p.v^ran,, à .. ,uon .lit. i.s p,„s ôlnôs; Z 
01 .lescon,lan ,1 un s.-ul Ira,., on ,u.n il .liff.Vo oncoro do rVa^ouaroté, ni n.,nl,. o , o 
« la inanuTo dos Chats ol .,ui ..l.oisit les ari.ros un pou inolin.'.s. Jo lo nputo un An n d 1 
champs plutAt .pu, dos Lois, co „ui est lo contraire do lTa,ouarotô. Jo '!i ni "^ ^ 
que (.nua/ouara a,t laU ni ehorché à n.iro ,lu mal à l'Hounno, ni aux joun " E fC^ ^ 
m.x (.inpns ,uo.,u'.. los ait trouvôs ondormis; et oonuno il n'osl pas l^^2œ2ùZ 
hoaucoiip ri us (■i,^'!- (luo rVa'Tinai'pi.'. il V •> ,1^ ,1 ^ . , "'•■> *' ■"t-i-, ijuokjuo 

11 no luo ni les V.H , ,i i^ r ' ' , "'"''' " '''"^ '"' ''"' '''^"'"''^"' ««"'^ crainte. 

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ross.MMhlo I,. nin. ,w. 1. . ", "'""^" l^^M'CMO do I anncn mondo, ù laipiollo collo-ci 

au ..::' ^0 t:::i~v::;!:^::^^^^ - - -- --o.'' 

a Muouo V ordro pour un Hors. (/V. n/// ''"■'""" "" '"""'' '" ''""" = 

lui'™'';! ""T """; "'""' "' "" ^""""' "'■^"'"'•'-'•= - ^••-'^l"i -t asso. ,rando 
Un p m do s adrossor plus par.indioron,on, , dans la olasso dos Mamm toros , aux C Z ' 

z^ziz ::7::::';:z t:::;1!i r r 't- " '•^'"'^■■"- ■"^•'- 

-lans los n.r.mos rô^^ions un. I i ,' ' '•■^"' '' "" '"'"' -'■""'"' '''''"""J" 






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IlKTi- 

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»'st le Jfi^iinr, Aziira s'cxpiii 
l'YagnuinvIr, les PjiniuiK'ciK l'fu.t 



(•lilUlK MKS CUîVhOlir.S. 

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F\Mir-LK IH;s FKLIDKS. 



01 



Felis annillnln \V. Cm\.) ; 

Fclin mticronni (Tcinininck), elr. — Dans h; inriiic ;;n>ii|i{', il faut aussi eoinprondrc les 
as|U'Co.s snivanlcs, (|ui sont c('|)oiKlaiit plus faciles a ilisliiifiucr, cl doiil les caractori's siiécifl- 
(lucs iK! laissent par f()iis(''(|ueiil, niuiiine ini(>i'(iln(l('. 

Fi-i.is (".iiATi {Felis initia, V. (liiv.V (iiis jaiiiiAlre en dossus, lilaiichiUre en dessous, 
varié do taches noires pins i^iandes en avant (pfen arrière, et souvent formées de deux lignes 
dont le niilicu est un peu fauve. Taille de r()('(nol. l'alrii' : le Brésil. 

La douceur ton! à fait e\ceptionnolle du premic-r exempliiire de ce Fi'lis ipiVui a possédé, 
avait engagé F. Cuvior à donner à l'espèce elle-nièuie li^ nom latin de \IHis, ipii veut dire 
doux. Voici en quols tenues notre auteur (mi parle : 

(I (le l)el Animal a une extrême douceur; il semble aussi privé (jue le Chai domestii|ue le 
plus familier, et sa manière de jouer est la mémo ((ue celle de ce Chat, Jamais il ne fait 
sentir ses griffes ni ses dents; et lorsque l'on ue s'approche pas do lui avec l'empresse- 
ment nu'il (lemiuiderail , il s'agite fortement dans sa cag(! et manifeste son impatience par 
un petit cri href mais doux. Des \niuiaux carnassiers d'un naturel aussi traitahh.' ftu'aienl la 
souche d'une race (pie l'on rendrait facilement domesti(iue; aussi les qualités aimables d(! ce 
Chat font que je proposerai de le nommer, dans les Catalogues méthodiiiues, Felis inilis, » 

Fki.is .M\n(;\v ( /'V/w ligrinu ,\,\\\\w.). Plus piîtite espèce, égalant seulement le Chat 
domesli(iue et le Chat de Sumatra; ses couleurs ont la vivacité et à peu près la disposition de 
telles de l'Ocelot. C'est un animal des parties chaudes de l'Amérique méridionale. 

Fi': 1,1 s Di; (i i; o i- 1- it o v [Felis Uvuffroijii , I'. Cerv. et d'Orh.). Lu peu plus petit que le 
Chati et (pie l'Ocelot véritable; maniué sur tout le corps de petites taches pleines, poncti- 
formes, nombreuses et iioirAtres (pii se voient égaleuKMit sur la tète, sur les é|iaules et aux 
cuisses. Ces ponctuations semblent le rapprocher du Felis f/uif/ita , du Chili, (pie Molina n'a 
décrit (pi'incom[tlélemeid et sur Ic'S véritables caractères diKpiel il est encore diflicile d(! st» 
prononcer. M. d'Orbignv en a rapporté plusieurs exemplaires pris sur les bords du Hio-N'egro 
en Patagonie. L'espèce v l'ait surtout lâchasse aux Oiseaux, principalement aux diff('rentes 
cs|)èces de Tinamons et à l'Fndromie. 

D'antres FY'lis américains (int un système de C(doration assez différent. 

Le Fi:i.is .lAta .\itoM)i d'A/.iU'a {Felis Ji(;/iU(fon(ll et Felis Danviiiii) n'poiid à pc'u près 
au Chat boité par sa (aille, ses allures et l'uniformilé d<! sa coloration; mais sa teinte est d'un 
roux enfumé. 11 habite la Guyane, le Urésil et le Paraguay. 

Le Fklis coi.OGOi.o {Felis eolocullo, .Molina), du Chili, est plus singulier sous ce rap- 
port; il est blanchâtre, avec des taches allongéi.'s de couleur foncée sur les lianes et sur le 
dos. Sa taille ne dépasse pas celle d(! notre Chai. 

Le Fklis l'AoïMios {Felis payeras , Di^sm. . 
d'après \zara) a (pie^iue rapport avei; les Lynx, et 
nian(pie comme eux de la première fausse molaire 
supérieure. Il est gris-fauvo, avec plusieurs bandes 
fauves disposées ol)li(]uenient sur les lianes; son — 
cou et ses pattes ont d'autnvs l)aiides de la même 
couleur; ses oreilles n'ont pas de pinceau terminal. 
Au Chili, oii vil cette espèce, on la connaît sous 
!(.' nom (1(! Jfitiiia. C'est encore un animal de petite 
dimension; ses poils longs indii|uent (pi'il habite 
les endroits élevés et froids. 

3. Ce n'est (pie dans les parties septentrionales 
do rAméi'iquo (p.ie vivent les vrais Lynx propres au Nouveau-Monde; tels sont : 

Le Fki.is bai [Felis riifu, riuldenst'vil), qui habite plusieurs parties des États-L'nis et de 
la Californie; 




P \ r.nos, l;l .|i' 



I !l 



02 



oiinni-; dks (;\iim\omks. 




!■ I 1 i> lui. I li lie i:nii)il, 

imssiduiis lo nord do l'Asie et |i(nil-tMro diiiis la Sik'mIc; 

Kt lo Viii.in MONrA(i.\Aiii) (/'V//à moulu nu, Desm.) dus États-I.uis. 

4. Los Lynx, dont nous vovons plusieurs espèces dans le nord do l'Améri.iuo sont dos 
Kélis de taille moyenne (ini se dislin-uent. des autres par leur .jupue courte, leur pèlago très- 
fourni et plus ou moins unirorme, la présence prosipie constante do pinceaux h leurs oreilles et 
l'absence de la promièro paire do fausses molaires supérieures (jui caractérise les autres Kélis 

Il y en a une espèce en Afrique, lo Fkms caracal {Fells cnracal, Linné), un p.>u moins 
grande qu'un CInon barbet. Son pelage est roux, un peu vineux en dessus, blanc en .iessous- 




KAMILLK DKS KKI.IDKS, 



o:{ 



les pincciiiix et la fiico oxlc'iiuurc do ses oreilles sont noirs; l'inlériour de tellcs-ii est liliiiic 
Le Oiiraciil |)ass(! pour lo |)ourvoyi;unlu Lion; c'est un animal très-farouche, inca|)al)le d'édu- 
• dion , ipio l'on prend assez souvent dans nos possessions africaines, en Nul)ic, en Ali.vssinic, 
1 Jnsiiu'au Cap. Il y a iuissi des Caracals dans l'Inde, en Perse et en Tuniuie. Il est encore 
impossible de les dislin^'uer sûrement de ceux do rAfrii|ue. Cependant un (laracal de l'Inde, 
dont DIainvillo avait pu comparer la deidition ù collo du Caracal d'Algérie, portait à la 
deuxième molaire inférieure une raiino snpplémeiUaire ipii maiMpiait ù co dernier; mais ce 
n'est pout-ètro là qu'une |(arlicularilé individuelle. 

Los Lynx d'Kuropo so divisent en trois ou (pialrc espèces. On trouve ces Animaux en 
Portu^cal, (Ml Kspaj;ne, dans les Pyrénées, dans lus Alpes, dans (luolipies parties des États 
Rermaniipies et dans les monlagnos de l'Europe occidentale. Il y en a aussi, et en plus faraud 
nombre, dans lesxéyions boréales. 

Le Félis L y.nx {Fclis Lynx, Linné) ou lo Lotip-Ccnicr iks l'ovirciirs est le plus répandu. 
Il a lo pelage plus court en été (|u'en hiver, roussiitre, avec do i)etitcs mèches d'un roux 
brun semées par tout le corps; son dos n'a pas du bandes noires , et ses joues ont quatre ou 
cinq bandes ondées. Co Lynx approche de la taille d'un Chien ordinaire. On en jirend encore 
•pielipies indiviijus dans nos déparlemeids des Alpes, de l'Isère, de la Drômc! et des IJasses- 
Alpos. En 1822, on en a tué un dans lo département de la Haule-Loiro, ù ijuint-Julien- 
Chapteuil; sa peau est conservée dans le Musée de la ville du Pny, 







\ lus I.\ NX, l/H lie fimiil. 

Le Féi.is l'Aiu) (/•'('//*■ pardi iiH, Okon) atteint seulement la grosseur du , Blaireau; son 
pelage i':X égalcmenl moucheté; sa (pioue est un plus longue. C'est le Lynx île Portugal, 
d'K';pagne, de Sardaigno, do Sicile et do Turipiie. 

Lo Fiu.is GKKViKU [Fells ccrvarln ,lmm\\wk) atteint lo volume d'un Loup, mais il est 
plis court; son pelage est gris, touffu et relevé do quoliiues taclies brunes d'abord, puis 
er.suito noires. Il est répandu dans lo nord do l'Asie, ainsi que dans les montagnes du 
Caucase. Ses dépouilles sont recherchées comme fourrure. 

CkmUv (irÉPAHI) {Cynnlluriis , Wagler). \pparonce extérieure fort semblable à celle 
des Panthères, quoique lo corps soit plus élevé sur jambes et moins robuste; couronne des 



04 



OUDHK DKS CVIIMNOIIKS. 



'H.ls .....auv. j.lu.feslonn.-..; lac- plus cnurlo; l,oil,. n'à„i,.n,M. plus nn,,,!.; ome.u „l„s 

.•eux .los (Jnens, .|on( Ls (;„.-,,,u.,ls s. n.,,.n.d,..nt ,u.sm ,,„■ ,..„, „„„,,„ ,„„„ ,„ ,,,, " 

«us cerl«.ns pays o» vivent n. Vnin.aux . on s'.n >.,■. pour la chasse. CVs, p.indpalenn.ni 

.•o .ro les Aniilopes ,u'on les lanee. C'est là ee .pu leur a valu le non. .le 7>U Im^cur. 

<|uon leur donne (pielipielois, '' """'•"'"« 



! 1 

1 ', 







.•I Éi'iiius, I |i: ,|i. aiiimi. 



Dans rinde et 



.■n Perse, où l'on 



nom (le C/iiiiiii et inoii.s 



Ton 



'inploio 



ces Animaux pour la cl 



s ceux (ju on a possédés dans les mena- 



lasse, on leur doime h 
:eries europirnue.' 




étaient doux et soumis, et il a presque toujours ,'(,'• 
possible de |,Mir donner la même- liliert. 



Cliie 



'lis; ils ohéissaient à 1 



leurs ;,'ardieiis, sel 



approcliei 

l'>s visitaient , et montraient 



|ua des 
lissaient 



caresser même par les persom 



pour les enfants et pour li 



les (jui 
une ('j^ale eonliani'o 



( 



ceux d'Asie 



s grandes f)ersonnes. 



•'UN de l'\fri.iue avaient les mêmes (lualil 



La plupart des auteurs 



seule 
W. ï) 



piailles (|uo 



e roL'onnaissenl qu'une 
ermann , dont 



lin tM m. 1. 1 I 



I' mil, I .1 (!.■ 



tlière, 



mais |iius élevées sur jamlies et -, 



l'une de l'autre par .luelipies partieularil 



(^(1 



Le C; 



!es exl(''iieures. 



es|)è((* de (lu."[inrds; mais || 
uvernov a accepté l'opinion, admet qu'il y eu 
es en dessus, à pela^re 
une petite Pan- 
espèces dilTéreraient 



<T doux, run(> et l'autre lïun 



niouclieté, à peu près du la taille d 



l'P-^ l'ius grêle. Ces deux 



LKi'ARi) A ciii.xiiiiii; ost celui ,\uo Schrebor 



Léopard à crinière de 

sous le ventre , .le (achc 

?ont en partie sou, la forni"' d'un 



'iuel(|ues auteurs : il a la robo ja 



nommait Fdis jhIkiIo. C'est 



s ronde,, pleines et de couleur foncée- 



une nankin, semée parloni 



par 
les poils de son cou s' 



aussi le 

, même 

idion- 



courte onmere. On le dit de Sumatra, mais il est plus 



FWIILLK l>KS MVKVIhKS. 



95 



'"''•'"■'' '"'"l ''--'^ f""''''" •"m.lioMiil..s ,1.. r\si,. ,.„nliiH.n(i \). On sVi. sort |M„ir !,•, clrnss., 

l'ii l'ci'so et (liins [iliisiiMiis ivj^ioiis (!.■ VhuU', 

U iUi.i'Knn Moici.F.Tf;, <nrir..nnann <. .li^lin-ii.'. sous lo nom ,|.. Felis ,,ulMu a 
suivnnl M. Duvmu.y, les fornu.s plus ,.V.|.s . l,.s,inn,lH.s plus |„u.l,.s, I. ,.,.|.^.. fauvn orang,! 
ou clan-, |,a.s..,n.,. .1., taclius rondos ,,t nnir-s, oxcopt.5 on dassous, oi, il osl ,|uolMUofois d'un 
l.iniM' pur et sans aunnu, laplu-, ou tout au |dus nianp,,:. ,|- tachos t.rn.s. r.Vsl I,. (inôpurd 
d AfiKiiio. On I.' prend au Cap. au S.'u.i'al . dans 1.; (Ju-dolan, otc 



FAMILLE DIS IIYLMDLS 

l,.s IfvHKN sont dos Caiiuvoivs ,\r ^T.ind.. laill.., dif^ilinrados. avant des rapports av.v los 
Mnslolidrs ..| |,.s rH„|,s p.r I.Mir d.-ntition, H s,, nourrissant de suhstan.cs animales; on 
.. en la.t w.^it.ral..menl ,p,-un seul -.mut. Pour ne pas nudlipli,>r les .urandes divisions .le 
I ordre .les Carnivores, nous pla.'..rons .lans la ni.Vno famille que eos Ainmaux lo genre des 
Jroir/es, .pn est si ,liff,',,.nt .l.'s autres espee.-s .lu ni.'me frronp.' et .1.. l..us l.vs Carnivores 
par l'cïtal rn.limeidaire .le s.îs .lents molaires. 

(i !•: \ ilK \\\ K \ K {f/!/a',io , Slorr). Les pio.Is ont .|nntre doi-ts , aussi Lieu ceuv d.» .levant 
.|Uoeeux.le.l..'rrière; lesor.'iiles sont pran.lesel .'vas.',.s; la l.'le ..st hn-.., I.m'ou lorl, I.M.irps 
robuste et la .punie de m.'.li.xMV hnsuenr; l.s poils s.)i.l ru.les, ..t eenx .lu .i.is s-all..M....nt 
plus ou m.)nis p.mr pren.Ire l'apparence d'une crini.'re lAclie et .•omnie ll.illaide. La lan.'ue a 
des papilles sni.-aif^u.'s et eorn.ies; enlin l.'s y..iix ont la pupille oval/nre, circulaire à sou 
l'ord inf..rieur et alloiiK.'.! an sup.'Tieur. Le cerveau .les llv.'n.s est assez petit, et leur erAn.- 
est remar.iual.le par l'.:.|évation des or<^tos osseuses servant à rinserlion .l.'s muscles , in cou 
'l'ii '!ii reUnenl la pa.lio occipitale. Lo s.pielett." (.r.'sonte, entre autres caract.'-res , la confor- 
mation .le son hum.:.rns, assez. s..nil.lal)le à .^elni .les Chiens, .pn.i.pie plus robuste; on re- 
mur.pie aussi à sa partie inf.:Tioure une Rraii.l.. p..rforati..n d.i la fosse ol.VrAnienn.', mais il 
Il v a pas non plus de trou sus-condylien. 

L.'s Ihùnes ont une formule ,|.^iilaire nnalo-iie à celle .le la plupart .l.-s Must.'li.Iés • mais 
leurs dents sont plus .■paiss..s .pie cilL-s .lo ces Vnimaux , et ils p,.uv."nl s'en servir ii.ui-sou- 
lement pour d.Vhirer la cliair ..a mâcher k:^ (..ikIous, mais aussi (.our hris.M- i.'s cartilages on 
mémo les os. Aussi les l|.v.;n..s .nit-ellos des instincts moins f.'ro.'es .pie ceux .les F,'.|is et des 
Martes; elles r..cliercb.M.t les ca.lavres. mais ..||.>s lueid ran-ment. Ce sont, pour ainsi .lire, 
les Vautours .1.^ la class.' .les Mammifères , comme les I-Vlis ei les Martes en sont les Aigles 
ot les Faucons, et lors ni.*m.> .pie les Ca.lavres .prellos se procuivnt .lans leurs excursUins 
iioctunu.s sont pres.iue,..nli.'.irnient d.'pourvus .le chair, l.s ligaments .a même l.'s os peuvent 
encore servu' à l.-ur alimentation; elles les rongent ave.-, avi.iilé, et l'on trouve .lans leurs 
ex.Mvments , .pii sont plus soli.les .pie .-eux .les Chiens, pres.piet.wt le phosphat.' calcaire 
•les .is .lu'elles oui broyés et avalés. 

L'instinct qui porte ainsi les IFyèn.'s à r.'clu.rcher les ca.lavres et les charognes en fait des 
êtres plus abjects .lue les aulr<>s Carnassiers et .pie Ton a voués à plus .le réprobation encore, 
«..'pendant la réputation d.> cruauté .pi'on leur a faite est loin .j'.'.lre juslifi.'e. car ces \nimaux 
sont lAches et faciles à soumettre. 
Ils ont donné lieu à beaucoup d'erreurs. 

r.a conformation assez parîi.'ulière <Ie l.nirs organes ..xl.,.rnes ,1,. la reproduction; leur d.'- 
marche obli.pie et comme claudicante ; la disproportion bi.Mi mar.pi.V .le leurs membres 

Soiie ï lÎ^hslis'nlîiSli'" '"'"' ""' ''""' """ "^'" "" ''""'""'*'''^^ ''^'^""""^ »"^ ""^^ '' '« 



i ,: ! 




m onnnK df.s r, mimvoiiks. 

iiiil('Tif'iirs avi'c l(w |ii)s|rrii'iiis; la ■.'imikIi- lunciliin' de liiir ^'iiciilc; les ilonls [nii-*saiit('H ilitiit 
(•lli> rsl aiiin'i', l'I |iai-ih'>^iiH tmil riiiiliilinlc .in'ils mit de cImtcIm'I' <!•'>* cadavres, im^iiic ili's 
cadavres liuinains ayant déjà reçu la sé|iiilliire , tmil a contrilmô à leur faim uiio grande 
répiilalidii de iV'rocili' el à les l'aire passer pour plus redunlaliles au\ èlres vivants ipi'ils ne 
lo siiul réellenienl. Iluffon , ipii a détruit inie partie des pn'ju^'i's .pi'Dn avait accrédités au 
sujet (lo ces Animaux , aurait aussi cduilialtu celui ipii l'st relatif à lein- préleiiduo férocité, si, 
lie son temps, les Hyènes avaient |iu être oliservées aussi fri''i|uenni\ent ipi'elles l'ont été do 
nos jours dans le noril de l' Afriipn' et dans les autres pays (pi'elles liahili'nl. 

Voici con\ineiil lliiffon s'expiinie dans son nrliclo nslatif à l'Iiisloirc de la Flyène : (i II y a 
j)ou d'Animaux sur li'sipiels on ait fait aulanl d'Iiistoires absurdes (|ue sur celui-ci. l-<'s 
anciens ont irrit ^rra veinent ipie la Hyène l'Iait mAle et femelle alternativement; que, ipi'""' 
elle portait, allaitait et élevait ses petits , elle demeurait femelle pendant toute l'uiniéc, mais 
(|ne. rnnn(''e suivante. eli(> reprenait les fonctions du mAlo el faisait suliir à sou compaj;nnu 

le sort dt! la femelle On a dit (|u'elle savait imiter la voix humaine , retenir le nom des 

ber^'ers, les ajipeler. les cliarmer, les arpMer, les rendre innnoiiiles; faire en même temps 
courir les lier^rères , leur faire oniilier leur lroupea\i, les rendre lolles d'amour, etc. 'l'ont 
cela peut arriver sans ril>ène, et je linis pour ipi'oii ne nie fasse pas U- reproche ipieje vais 
faire à l'IiiKS ([ui parait avoir pris plaisir à raconter et à compiler des fahles. )> 

liL's Hyùnes passent la |ilus grande parlie du joiu' abritées dans des creux de rnciiers ou 
dans des lanières (|u'i'lles savent creuser elles-mêmes. La nuit elles se mettent en (piète de 
leur nourriture, et si elles sont servies à leur ^'l•é, elles peuvent en avaler mie ijuantité 
vraiment prodi^;ieuse. Klles mansicnt la chair des \iiimaux morts qui sont éjiars sur le sol. 
Les cadavres des j^rands nmniiiants , di's Uhinocéros ou des Kh'pliants fournissent pendant 
plusieurs jours à leur subsistance; ellesy revieiment "haipie son', et lorstprelles les ont réduits 
à l'état de si|ueletle. elles peiivenl encore. j.'ri\ce à la viunenr île li'ur dentition, s'en nourrir 
(luelque leiiips. \u nionieiit de leur sortie, elles doiiiieiit trois fois delà voix, allon^reant 
ilavaiitav'e le dernier cri qu'elles it'pèteiit ensuite par iiiter\alles. Ces sons ont quelque chose 
de pleureur; d'autres l'ois ils sinuiieiit an coiilraiie uni' sorte de rire, et ce rire a quelque 
cliose de strident el d'inl'i'rnal. C'est là la source des récits auxquels Ruffon fait allusion, et 
M. l)ele;.'orgue a entendu les Caffres lui assurer que les Hyènes imilaieiil les cris des jeunes 
.Mammifères, A,i:iieaux, Chevreaux ou \eaux. afin d'attirer à elle la iiiere trompée par celli- 
vessemlilanco. Cependant il a constaté', comme tous ceux qui ont parcouru les reliions 
fréquentées par les Hyènes, qu'elles n'attaquent point les ijros Animaux, et qu'il leur arrive 
très-rarement de |)oui'suivi'o ceux qui seraient le moins capables de lui résister. Ce sont des 
Carnassier.s dont la prudence va jusqu'à la lâcheté, et qui n'ont ni l'agilité de la plupart des 
autres espèces du même ordre, ni leur noi'it pour la lutte. On peut les apprivoiser fort aisé- 
ment el elles deviennent [larfois aussi dociles que des Cliieus. 

Il n'y a d'Hyènes que dans l'Afrique el dans les parties méridionales de l'Asie, mais il t>ii 
a oxislé autrefois on Euro|)e. Plusieurs espèces assez, semblables à celles d'à jinscnl el pour 
ainsi dire |)arallèles à elles ont habité notre continent à la même époque que les grands Ours, 
(|ue les grands Félis, ipie l'Éléphant, que le llliinocéros à nariiuis cloisonnées, etc., el leurs 
ossements sont de menu,' répandus eu plus ou moins grande abondance dans le sol diluvien 
des cavernes, ainsi ipii; dans les sables et atlerrissenieiits de la même éiioque. On y trouve 
abondamment des pelottes solides A'aKnnn (/rtpcuni; ce sont de leurs excréments com|iosés 
de phosphate calcaire, et il en est fort souvent question dans les ouvrages des paléontolo- 
gistes sous le nom de ro/^roW/ws. Il a égalemeiil vécu en Kurope, mais à une époque plus 
ancienne, une autre espèce d'Ilyèiio maintenant éteinte. Cette esjièce, dont on a trouvé 
quelques débris dans les terrains miocèiu's de Cucuron (Vaucluse), mêli's à ceux des ciievaux 
Iridactyles ou hipparimis, est déi'rib» dans ma Ziinloijii' et l'alemiluloijif friimyiiscx > sous le 
nom tVfli/irna Jiippnriounnu 



i- 



•s 



A 



v'iiili't ilont 
iiiriiii' lit"* 

ts qu'ils ni' 
'civiliti's (iii 
iérnciti'' , si. 
l'ont l'Ié ili' 

u> : K II V il 
•lui-ri. L(>s 
i|ii<>, i|iiaiiil 
iiiu'C, mais 
i;oiii|iai.'iinii 
le nom (it's 
ii'iiii' temps 
, l'Ic. Tout 
i|iii'jt' vais 

rociii'is nu 
l'ii i\m'U' lie 
iiic i|uaMtiti'' 

< sur II' sol. 
l'ul |)i>u<laiil 
; ont iviluils 
s'en uounii' 
, allonp'aiit 

ll'll|Ul' cliosi' 
ic a i|U('liiui' 
allusiou, et 

i lIl'S jl'UMI'S 

ii'i' par collo 
li's rûirions 

I li'ui' airivii 
Ce sont lies 
plupart ili's 

ivr Tort aisé- 

}, mais il eu 
sent et pour 
rrauils Ours, 
etc., et leurs 
I soi ililuvieii 
On y trouve 
its comiiosi's 

< paléoutolo- 
é|H)ipie plus 
on a trouM' 
(les elievaUK 

v/'x , sinis le 




ifiH 



y:' 



VWV^Î^V, ftWtï. Vtt\Jw>Hv vuVv\*,>i 
à Asie. 





rVMILLK DKS IIVKMDI^IS. 97 

Los Ilvènes ucluellos et colles dont on trouve les déiiris dans les lorrains diluviens sont 
susceptibles d'être partagées en deux sous-genres , si l'on tient compte de la fornio de leurs 
dents tuberculeuses. 

1. Les Crocottks (Cro- 
roltd, Kaup) ont la tubercu- 
leuse qui suit la carnassière 
supérieure tout à fait rudi- 
mentaire , et ' m carnassière 
inférieure a son talon peu 
compli(iué. Il n'y on a main- 
tenant qu'une seule espèce. 
L'Hyène fossile, dont les os- 
sements sont le plus communs 
dans les cavernes do l'Kurope, 
s'en rapprochait beaucoup. 

L'IhiNK TACHETÉE (Hyfp- 
na maculala, Erxleben) est 
d'un brun fauve avec de gros- 
ses taches pleines d'un brun 
plus foncé sur le corps et sur 
la face externe des membres; 
ses poils sont assez longs et 
peu serrés, mais ils ne for- 
ment qu'une faible crinière 
sur le cou et sur la partie an- 
térieure du ilos. Le devaiil du 
cou est fnuve sale. 

(lot Animal atteint la (aille d'un grand Chien; il habite r\frique australe et intorlropicale- 
on le rencontre jus(|u'en Abyssinie. 

2. Les HVKNKS proprement dites ont la tuborculeuso assez grande, disposée transver- 
salement: leur carnassière inférieure a son talon plus fort .'t rdevé par une ou doux petit.'s 
poinlos. ' 

l^'HvfcNE niujNE {/f/jftwi fmvi, K. et L Ceoffroy) a été aussi appelée ///yé«f' /Ww, à 
lauso de la longueur considérable de son pelage, qui est d'un brun plus foncé ot mar.iué, sur 
•' f'Oips et sur les pattes, de larges bandes encore plus obscures. Sa face est fauve, ainsi que 
sa gorge ; le bas et les côtés du cou sont gris sale, ainsi que le liant de sa [loitrino. 

Wlo habile I Afrique australe , depuis la Mozambique et la Sénégambie jusqu'au cap de 
Koniie-Lsi.erance. Klle ir<.st pas rare aux environs ,1e Port-\atal, Klle se tient principale- 
mont dans la rogion maritime; sa nourriture .■onsiste pros,,ue oxclusivemont en débris 
lojotcs par la mer. 

Dans beaucoup de localités, l'office dos Hyènes (achotées est de fnire disparaître les restes 
«i<"s Animaux qu'a tués le Lion .lans l.-s bois ou dans la plaine. Celui de l'Hvène brune est ,1e 
puigor le rnago ,|es immondices ciue la mer y apporte à cha.pio marée ou après les tomp.Mos' 
i.os , ichns ,1e toute esp,Ve.,u'ellerei..tl,'. le son sein, ot parmi lesqu,>ls sont .rinnombrables 
uustaces dont les carapaces forment on certains points d(«samas hauts ,1e quatre à six pieds- 

lono brune en est friande. Quoique irayant pas la fa.-ilité ,1'aller saisir sa nourriture au 
s 1 des eaux, elle est ,lonc, vn gran.lo partie, carcinophage. Deiegorgue rapporte «luo ses traces 

a miiou le .lebris amoncelés qu'elle inspecte avec minutie. C'est ce ,,ni fait .,ue les bo,>rs 
m. < olons hollamlais ,\,' la Cafrerie no ivdoutent pas pour leurs bestiaux son voisina-e qu'ils 

M" l'AUTIi;. |. 



Il I NT 1 no V 1,1 r II vi 



riHfr'lî, :l .") ,1,. gr.in.l. 



98 



OI'.DnK DKS CAHM VOUES. 



' 



coiisiilùi'ont comme pni'f.iitomoiU iiiiioci'iil. CepoïKliml, uu din; du mî'iiU) voyngL'iii', il no 
fautJniit pas croiro (lu'cllc rclmtàl la cluiir dos Mammifovos dont ello rencnnlroniit les cada- 
vres; olle ost, à cet ^•^ca^d, comme la liOntro, (|ni, tout on so nourrissant [)rincipaloniont de 
Poissons, niango aussi d'autres Animaux, des Quadrupèdes ou des Oiseaux, et sinsit fréipiem- 
mcnl des couveuses dans leurs nids; mais ses aiipétits iclilli,vo|)liages la dominent au point 
do ne |)as lui permettre de s'écarter du littoral. 

L'Uyiink nAYKK {llijwna sirlata , Zimmermann) répond au Canh tlijipna des Linnéens, 
tandis (|ue l'Hyène laclietée est leur Canis crocuta. Ello a les poils lonj^s, principalement sur 
le cou et sur le dos , oii ils forment une ample crinière flottante ; sa couleur est d'un gris 
fauve, zébré di? brun, noir sur le corps et les membres; une grande plaijue noire se voit 
sur le devant de son cou et remonte sur les joues, où elle se décom|)os(> en ponctuations; 
sa poitrine et son ventre sont gris l)lan(lii\(re. 

C'est l'espèce pro[ire à 1" \si(,' méridionale, à l'Arabie et au nord de l'Afriipie; elle est encore 
abondante dans la région du Ml et dans les Étals barliares(pies; au Miili, elle ne remonte jias 
uu delà du Sénégal. Sa taille e.-^t inférieure à celle de la précédente, et sa molaire tubercn- 
louse plus forte, ainsi (pie le talon de sa carnassière inférieure. Ce double caracli're rsl plus 
maripié dans l'Ilvèiie rayée (pie dans l'Hyène brune. 

On n'a encore observé aucun signe certain (|ui permette de distinguer comme espèce les 
Hyènes ray(''es d'Vsie de celles d'\fri(pieou d'Arabie. Il vient des Hyènes rayées Juscpie sur 
les bords de la mer Aoire, et il est Itien [lossible (lu'aulrelois elles aient vécu dans (piehjues 
parties do la lUissie méridionale et do la Tunpiie d'Europe; mais i(>s Hyènes, ayant une den- 
tition analogue, dont on trouve des débris eu Auvergne d dans les cavernes de Lunel-Viel , 
près Montpellier, appartenaient à d'autres espèces. 

CiENUli PltOTÈIiE (/V((/(7c'.y , Is. (ieoffroy). L'espèce uni(pic de ce g<'nie ressemble 
beaucoup aux Hyènes par ses caractères extérieurs; ses proiiortlons sont à peu près les 
mêmes, rpioi(jue sa taille soit sensiblement moindre; les poils de son dos sont aussi allongés 
eu crinière, et son pelage est rayé de manière à raiipelcr celui de l'Hyène ordinaire. Cepen- 
dant le Protèlo a cin(| doigts aux pieds de devant, taudis que les Hvèiies n'en ont (pie (juatre; 
ses pieds de derrière sont d'ailleurs tétradactyles comme les leurs, et il a l'hunK'rus établi 
sur le même modèle (pie celui de ces Animaux et des Cliieiis, (-'est-à-din! fiourvu d'une 
perforation dans la fosse olécrànienue, mais sans trou suscondylieii. Le ijrincipal caractère 
du l'rotèle consiste dans l'état tout à fait rudimentaire de ses dénis molains, (pii sont au 
nombre de (juatre paires à cliaipie màcboire. fort distantes les unes des autn.'S, et réduites 
chacune à un simple tuliercule irrégr-lior et uniradiculé. 

Le Pnori'.r.K iivi^noïdi-; {Prulclea liijiviiuïck'fi) a été signalé d'abord par (!. Cuvier, (pii 
dit dans son ouvrage sur les Ossements fussi/cs ; 

(( Pour lie rien n('gligcr de ce (pii peut éclairer l'iiistoiie des Hyènes, nous devons parler ici 
d'un Animal fort singulier, nouvellement rapporté du Cap par M. Dilalamlo, et (pi'au premier 
coup d'd'il tout le monde serait t(Mil(' de jirendre pour une jeune Hyène rayée, tant il res- 
s,'ml)le à celte espèce par les couleurs et parla crinière; mais il a ciii(| doigts devant, et 

d)it [)lut(')l appartenir à la famille des Civettes Les crânes de celle espèce (pie nous 

possédons n'ont (jue des dents iUï lait pi'tiles et usées, parce (|ue leurs dents persistantes ont 
été rdardécs, comme il arrive souvent aux (iêndtes, en sorte ([ue nous ne iiouvons eu 
donner de description carnct(''ristiipie ; mais nous ne douions pas ((ue, dans leur état normal , 
elles ne ressemblent à celles des Civettes et des Ceneltes. Aus^i croyons-nons pouvoir 
nommer provisoirement cet Animal dviieltc lijjNiuïdc. » (T. IV, page 'MH, édition de l«2.'i.) 

Peu do temps après la publication du grand ouvrage de (1. Cuvier, M. Is. (i(>oft'roy a donné 
Une (JiNcriplion d(''taillée de celbi (icneilc hj/vniiïdo, et il a monlri' (prelle devait eim>lituer uu 
gemo à part, pour le(piel il a proposé le nom aujourd'hui consacré. 

Le Protèlo ost ù peu près grand comme un Chacal, mais plus semblable jiar son cstérieui' 




WW.'SY. WWY.Y. V\^*^\»> ^'\^^JW\4^ 
d'Algérie. 




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FAMILLK DES HYÉNinÉS. 00 

h iiiK! Ilyt'iio (lu'à un Aiiimul du >;i'aii(l «oiirc des Cuiiis ; sa couloui* ost grisAiro, un peu 
fiiuvo ot niyée di' uoiiùlru svu' lo ilos fl à la faco externe des membres, l.es poils de son dos 
et (l'une partie de son cou s'allonjjrent comme ceux qui forment la crinière des Hyènes, 




l'i.')til.i; int>uiiit, 1,10 il" (.'rani'. 

Sa tèle osseuse a une foruK; assez, particulière; elle est déprimée, proportionnellement plus 
dilatée dans sa partie cérébrale (pie celle des Hyènes, et dépourvue des grandes crêtes sagit- 
tale et occipitale ([ui caractérisent ces dernières; sa surface palatine est très-élargie, et les 

deux branches de sa mâchoire infé- 
rieure sont notablement écartées l'une 
de l'autre. Tous hîs crAiies de cette 
espèce (ju'on a pu examiner ont mon- 
tr(! la mémo impcufection des dents 
molaires ipie celui observé d'abord 
par (i. Cuvier et par M. Is. Geoffroy, et 
il n'est plus permis de douter que 
ce ne soit bien là un dos caractères 
propres à ce singulier Animal , même 
pendîuU son état adulte. La dentiiion 
de lait montre de son C(jté une forme 
parfaitement analogue; cependant les 
molaires qui la composent sont encore 
moins nombreuses. Do Blainvillo a 
donné plusieurs ligures de la dentition 
(lu Protèle, ainsi (lue de l'ensendilo du s(iuelelle. Pour lui ce Carnassier se rapproche du grand 
genre Canis, c'est-à-dire de la famille des Canid(''s. 

r.e ProlèU.' vit au cap de Honn(!-Kspéraiic(^ et dans une grande parties de l'Afriiiue australe. 
On 1(1 trouv(> aus.-i à la c('it(' Mo/;imbiipic cl de l'autre ciMé de rÉ(iualeur, en Abyssinie et vn 
!\ubie. Voici comment M. Geoffroy en a acipiis la certitude. M. de .loannis, orfici(n' do la 




HfNiiriiiN II: l'hiiii. 1. 1 MU i.Ti , 'Jriinil. iiilul'i'. 



t u 



.1. ^1 



^QQ oHDHK i)i;s cvhmvouks. 

marine française, a dossiiié eu Nubie uu Aiiiuiul trouvé mort, et c'est sur cette llf,'uro rpio lo 
savant professeur du Muséum a recomm le Protèle. Le Protèlo de Nubie, aussi biou <|ue lo 
Prolèle du C^ip, était, dit M. Is. (looffroy, rajé transversalement (;omn\e rilyène d'Orient; 
il était sensiblement de môme taille que les individus adultes tués au Ca|» par M. Verreaux, et 
il avait lo même système dentaire. Lo dessin que M. do Joannis a bien voulu me remettre 
représente, outre {'Animal lii;uré (rensemblo et sa tèto dessinée à part, lo cùté droit dc! 
diacune des mâchoires; la supérieure i)ortait (lualre molaires coniques, très-simples, dont les 
trois antérieures assez rapprocliées les unes des autres, la postérieure uu peu plus éloiKné(! 
do la pénultième. En bas, le dessin no présente (luo trois molaires, soit (lue la post.'riemv 
fût restée cachée dans la yeucive, soit (lu'elle mantiuàt réellement : deux cas «lue j'ai constatés 
par moi-mômo chez les Protèles de de Lalande. » 

On est resté juscjuo dans ces derniers temps sans notions sur les mœurs des Protèles , et 
on ne les connaît pas encore très-bien. La singularité, unique chez les Carnivores, do leurs 
molaires rudimenUnres, devait cependant faire supposer qu'ils mâchent encore moins leurs 
aliments (lue ne le font la plupart des Animaux du même ordre, et elle? devait on même temps 
faire admettre (lue, moins bien armés que les Félis et les .Hyènes, ils ,)nt aussi un moiiidic* 
goftt pour la chair ou le san^. C'est ce qu'on a constaté, et M. (;eoffroy rapporte, dans 
son second travail sur ce f^'enre, que, suivant l'obsorvaliou de M. E. Verreaux, les Protèles 
vivent en partie de la chair tendre des petits ruminants, princi[)alement de celle des très- 
jeunes Agneaux, en partie do la substance graisseuse qui entoure, comme une énorme loupe, 
la queue des Moutons africains , et augmente il'une manière si considérable le poids de cet 
organe. A propos de ce goût tout particulier des Protèles, M. Is. Ceofh'oy rapporte l'anecdote 
suivante, ([ue nous reproduisons d'après lui, à cause de l'im[)ortanco do la question (jui s'y 
trouve incidonmient engagée : 

Lorsqu'il communiqua ses nouvi.'lles remarques au sujiil du Protèlo à l'Académie des 
sciences, un célèbre géologue appartenant à cette compagnie, mais dont M. CeofiVoy ne nous 
fait pas connaître le nom, lui exprima qu'il était très-facile do concevoir le rapport ([ui existe." 
entre un système dentaire aussi imparfait (lue celui du Protèlo et l'habitud»! ipi'a ce singulier 
Carnivore de poursuivre les Moutons pour se nourrir de la graisse à demi-tluidodc leur iiueue. 
cet aliment n'exigeant, eu effet, aucun travail de mastication. Mais, ajoutait le même académi- 
cien, sans aucun doute naturaliste en même temps (|ue géologue, comment vivait le Protèlo 
avant que les soins et la culture de l'Homme eussent naturalisé (d'autres auraient dit pro- 
duit) , dans l'Afritiue australe , ces races domosli<iues do Moutons à grosso queue? « La 
réponse à cotte objection est simple, dit M. Geoffroy. Lo Protèlo vivait alors connne il \it 
encore aujourd'hui; (juand lui manque la proie (ju'il recbercho do préférence, il se rabat alors 
sur les jeunes ruminants, à leur défaut, sur les petits Animaux, dont il peut, mais avec plus 
de peine, décliinn- la chair à la manière dos Ours, et, sans doute aussi sur les chairs des' 
cadavres, déjà amollies par la putréfaction, » 

Les Protèles sont des \nimaux fouisseurs; ils se creusent des terriers à plusieurs is>ues, 
cl n'en sortent guère que lorsi|ue robsi'urité leur fait es[iérer l'impunité pour leurs méfait-^. 



FAMlLLi: 



DES 



MUSTÉLIDËS 



Les Carnivore> ([ui rentrent dans le même groupe naturel que la Uelelte {Muslcla dos 
Latin.s) sont nombreux en espèces. Ce sont des Animaux do taille moyenne ou même petite, si 
on les coniiiare à ceux des autres familles du même ordre. Ils ont des teintes plus (m moins 
uniformes , en général brunes ; leur pelage est doux et susceptible do donner de bonnes 



l'\MII.Î,K DKS Ail STELIDKS. 101 

fourruri's; leiu' corps, rai'oinont lrii|m mi à queue rudimeutairc, coiniuo \m' cxeinplo v\u'ï. 
los liluii'oaux, uht le plus souvcnl yièhs, ulloiiKé cl si tiéliô (|u'uu le dit vermifnrnio : c'est ce 
qui leur permet de s'introduire pnr les nioindros ouvertures, et d'aller ciiorclier jusipie dans 
leurs retraites les i)etits Maniniileres, les Oiseaux, etc., dont ils (ont un grand cnrnase. 
Presque tous les Mustélidés ont des instincts très-carnassiers; quehiues-uns sont cependant 
ouniivores. Ils sont planlif.'ra(les ou digitife'rades ; leurs ongles ne sont pas riHractiles. C'est 
aussi parmi ce.> Animaux que l'on doit ranger les Loutres, dont le genre de vie est aquatique. 
Sauf ces Loutres, les Mustélidés ont généralement le cerveau peu volumineux , et les circon- 
volutions de leurs liémisplières no sont pas nombreuses, ((uoique indiiiuées par des sillons 
liien marijués. 

Les Mustélidés n'ont jamais plus do cinq paires do molaires supérieures et plus de six infé- 
rieures. Leur ciu'nassière a quehiue analogie avec celle des Félisdans sa partie tranchante, mais 
elle porte, dans certanis cas, uno troisième pointe placée au côté interne de la pointe [)rincipale, 
(|ui est trandiante comme diez les Félis, et di^ plus, elle est toujours terminée en aiTière par 
un talon ai)lati ou comprimé, (jui, chez les esi)èces onniivores, acquiert un |)lus grand déve- 
loppement que chez celles dont le régime consiste plus exclusivement en substances animales. 
Tous ces Carnivores ont une dent tuberculeuse, soit transvorse, soit carrée, do cha(iue côté ; 
de la mâchoire supérieure, et une tuberculeuse arrondie à l'inférieure. Le genre Lyncodon. \ 
t|uo nous avons établi, mau(iue cependant de ce dernier caractère , mais il est constant chez 
tous les autn.'s, et F. Cuvier, dans le savant article sur les Mammifères, qu'il a inséré dans 
lo tome LIX du Uklionnah'e des sciences iKidirellcs, donne pour caractère, à son groupe de ses 
Carnivores, (jni répond o\aclemenl à celui-ci, d'avoir une màchelière tuberculeuse à chmiue 
niAclioire. C'est là wi des points par lesquels les Mustélidés se distinguent des autres fa- 
milles de cet ordre. 

11 y a trois tribus parmi ces Animaux, les Méliiis {Mvlina) , ou ceux (pii sont plus 
voisins des Blaireaux, et sont omnivores connue eux et à peu près plantigrades; les 
Mustél'ins {Mitstelim), ou les Martes, les Putois, etc., dont lo corps est plus vermi- 
fornK! et le régime i)lus caruivore , et lus Luidriiis ( Lutriita ) , dont le gem'o do vio est 
a(inatique. Ces derniers sont, de tous les Mustéli.lés, ceux dont la dispersion géographique 
est la plus étendue, car on les trouve à pou i)rès également dans les différentes parties des 
deux mondes. Les genres des autres tribus ont leurs espèces limitées à des régions plus 
circonscrites; cependant, il en est (|ui en ont simultanément dans les deux continents améri- 
cains et dans deux ou même trois des grandes divisions de l'ancien monde; tels sont, en par 
liculier, les M;u'les et surtout les Putois. La grande majorité des Mustélidés est proitre à 
riiémisplière boréal. 



TUIIU: i)i:s MÉL1>S 



File comprend bîs genres Illdiretm, Taxidée , Arclonyx, Mydam, llèlktis et Mouffette, 
dont la transition vers les Hatels et les (Jloutons est d'ailleurs presque! insensible. Ces premiers 
genres do Mustélidés sont plantigrades ; leur molaire tuberculeuse <lo la mâchoire supérieurt! 
est toujours notablement plus grosse que celle des Mustélins ; leur régime est presque tou- 
jours onniivore. 

Gk.NRK 15LA1UEA1 {Moles, Linn"), Il comprend uniquement le Blaireau d'Kurope, 
mais on doit en rapprocher plusieurs autres Animaux ursiformes comme lui et également 
plus semblables i)ar le fond de leur organisation fuix Mustélidés (lu'aux véritables Ours; tels 
sont le Taxidé Carcajou, i|u'on a souvent pris [)our uno simple variété de notre Blaireau, 
lArctonyx Bali-saur, le Mydatis Méliceps, etc.; ces Animaux, et un petit nombre d'autres, 
présentent uno singulière particularité dans la distribution de leurs 'couleurs. Contrairement 



p' 



'4 ! 



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102 OHDHK DKS CAUMVOnKS. 

Il co i|ni) l'on voit ^çi'iK'raleiUfiil , ils ont le dessous ilu coiiis moins fonc»' (|uo lu ilcs^us cl on 
|><n'ti(! l)lau(.'iii\li'(>, ou inàno (oui à luil hlanc. Ci' sont les plus pliniti^'nidi's ilo tous los Musli'i- 
litlôs, et ils ont toujours la (jucuo assez courte, (jeur corps. i|ui csl Iwis on jambes, est pro- 
portionnellemtïnt assez rohuste; 
leur museau osl toujours pro- 
longé dans sa partie nasale. 

Lo Ulain.'au joint à ces carac- 
tùros généraux un(.i disposition 
spéciale des douls molaires, (pii 
l'a fait isoler génériiiuoment. Il 
Il ;; do ces dents, dont la pre- 
micro jjairo petite et caduque; 
sa caruassièro supérieure est 
(isseu iiclile et ii peu près Irian- 
fîulaire ; sa luberculeuse do lu 
mémo màclioiro est fort yrando, 
relové(! à sa couronne par d'é. 
l)ais tubercules et irréyuliùro- 
ment iiuadrilatèro. La carnas- 

., . . (JtMUiuv iM llixiiiiM, nmiil, 110'. 

sjero uiferiouro presonio un 

talon fort et tul)crculinix en arrière do ses trois pointes, et la tuberoulouso qui lui fait suite 

est arrondie, mais beaucoup plus petite (juo la supérieure, 





Ri, Miimi' ut 1'ium:i:, I !t cK' giMiil, 

\a', |{i. \ii\k il on DiN AiUK (Mi'Ics larus , Schreber) est bien connu iIiîs personnes qui 
liabitent la campagn.'. Quoiqu'il no soit aliondanl nulle part, néanmoins il existe encoio dans 



K\\I1M,K m:s \\\ STKLIDKS. lo:j 

un fjrnnd iionilin' Ao lieux oii les Carnivores do ^l'iiiido liiiilo, le» Loups, |ijir oxoiii[i!(', ont 
depuis l()ii(,'teinps dis|ijM'ii. (l'est un Animal à [leii |)rès fjros comme un Cliien basset, à 
museau assez allon^'é, à (jucuo très-co\irt(), el dont l'extérieur rappelle à rertains éî."irds 
celui de l'Ours. Son pelade est pris placé dn noiriMro en dessus ; su lêle a trois larpes bandes 
Idanclies; les pin'li(;s inférieures et les pattes sont d'un brun noinUre. 

Le lllaireau est inleliipenl, (in cl rusé. La vie retirée ipi'il mène, le soustrait facilement aux 
recherclies de l'Ilonnne, et comme il ne mamiuo pas de courapo, les Cliiens viennent diflici- 
Icmenl i\ bout de lui. On trouve des JJlaireaux dans les l)oiH, ainsi (pie dans les pays rocail- 
leux el déserts. Il y en a dans une piande partie de l'Kurope. Ii'es|)éce est épalemenl ré[ian(lue 
dans l'Asie septentrionale. Sliaw et d'autres voyageurs l'ont signalée en Itarbarie, mois elle 
ne paraît pas y exister. L'alimentation du lllaireau coiisislncn |»etits Arnmaux deloules sortes, 
en nnel,en fruits, enracines; son régime est donc omnivore par excellence. La femelle met 
bas trois ou ipiaire petits, auxquels elle prépare, dans le fnml de son terrier, un lit d'iierbes 
ot do mousse; elle leur clioisit de préférence une noiuTilure animale, telle ipio Lapereaux, 
Lézards, ^lulols, etc. Kilo y joint, dans certains cas, du une! (pi'elle prend aux bourdons. Les 
ji'UiKîs |{lairr;aux s'a|)privoisent aisément, 

La chair <le ces \nimaux esl mangeables et leur peau sert aux bourreliers. On ou emploie 
aussi les poils à faire des brosses pniu' la barbe. Les anciens diasseurs dislinpuaitMil avr'c du 
Kiniilloux deux sortes de Hlairciaux européens, l(!S Itluircitii.r (Jiiciis et les IHdtn'Utix Coiiioiin ; 
mais il esl bien démontré (pio ce ne sont pas deux es|)èces séparées. Les llliureaux courent 
mal, et si on tes aperçoit à ijuelijue dislance de leur terrier, il n'est pas très-difdcile de les 
saisir eu vie; (juand ils se sonl cachés dans leur trou, on peut les contraindre à eu sortir, si 
on les enfume peiulanl queliiuo temps. Les Ulaireaux sont moins iiondireux ijuMls m: l'étaient 
jadis. Dans beaucouj) de lieux, on trouve leurs ossemonls el c(,'ux des Loups, des Loutres, 
des Casinrs, etc., associés ù ceux do (pielques grandes esi)èces perdues ipii rtnt [lenpiô 
nos contrées. On peut les regarder comme fournissinit la preuve <pie ceux des grands 
.Animaux dits antédiluviens, ([ui sont enfouis dans les conditions aux(pielles nous faisons ici 
allusion, appartiennent à la mêm(( Faune (pie les espèces aujourd'hui existantes, et c(,'s .urands 
■Animaux soid , en effet, plus récents (pie Ions ceux dont nous rencontrons les débris dans 
les dépôts tertiaires proprement dits. Ces associations [laléonlolopitiues nous montrent donc 
i|ue si la p'aune euro[)(''enne [tarait aujourd'hui moins rictie en Alainmifères sauvages (|U(! 
celles do 1' Afri(pie ou de l'Inde, c'est (pi'elle a lU'jh perdu un lion nondtre de ceux (pii la ( iim- 
posuient à l'oripine; les plus redoutables ont disparu les prenners. 

MM. Temminck cl Schlegcl décrivent, smis le nom de flT.Miir. \i' anakima (}fo!i'S ana- 
hniiiii) , uiK! seconde espèce du UK^'uie pcnre, ipii est 
particulière au Japon. Ses couleurs sonl disposi-es 
comme celle dn Dlaireau d'Europe, mais la toinlo rous- 
sàlr(!y donniu; uK^'inc en dessus, au lieu du pris brun, 
ol les bandes claires d(! la tète sonl roux clair, au lieu 
d'être blanches; lu bande oculaire esl aussi de celle 
couleur, au lieu d'être iioirAtro; le crâne est à peine 
différeul el les habitudes sonl les mêmes. 

L'Anakuma habile do préférence les contrées nion- 
tasiicuses (]ui sont couvertes de bois ; il creuse ses ter- 
riers dans le sol , ne sort ipic de nuit pour ch(,'rchor sa 
nourriture ; el , lors(pril ne peut se ])rocurer autant 

d'aliments animaux (lu'il le voudrait, il se contente de substances végétales. Habituollemcnl 
il rechorcho les (irenonilles, les l.i'zards el même les \ers de terre. Dans son jeune Age, il est 
d'une teinte beaucoup [dus claire ([ue dans l'âgo adidle. 

GlCNUK TAXIDKK [Taxideu, Widerhouse ). Il a pour ly[)e le Ta\id^:k cahcajol 




Il 1. M n K A U A N A K l' M \ , t/î do graml. 



> n 




' I 






,0, nllDIlK DKS CXnMNORKS. 

,Mrhs labvmloria, Sal.ino) . rsi..'.co Ibrl s.unt.l..l.lo exléii.HiifineiU au Ulairoau, mais .lu'ilHst 
facile tl'cii séparer par les caracltTcs sui- 
vants : la coiili^runition iln sun crAiic 
assez (liffi'i'i'iito ; la |ilus îjraudo forco »!l la 
foriuo assw iiartirulii'i'c de sa canias- 
sièi-o supérieure et celle ù peu prés triaii- 
jîulaire di! sa lulierculeuse supérieure. 
Ses couleurs s((nl aussi un peu différeiiles 
do colles du niair(>au il'Kurnpe , (iuoi(iue 
distrihuées siiivaid 1(! luènie système : 
le dessus du corps esl plus clair et la 
|,aiide l)lauclie de la partie supérieure 
do lii tète est surtout plus étroite. 

Cet Aidmal vil dans l'Aniériipie septen- 
trionale et ira point été retrouvé ailleurs. 
Huffon Ta, pendant quelque tein|is. con- 
l'ondu avec le (;ioulon, ainsi ipi'avec le 
kiukajou; mais si Ton a ces trois espèces sous les veux, d esl tWs-lacile de les dislmf,'uer, 





lu NTITll 



h I r > \ I m' 1 



lii'iniil. nii'. 




l'l\in(:f ruiovJOl, 



(;|.-\UK MU'.TON V\ i Mmu/.r,V. Cuv.). I/espèce indienne qui s'y rapporte, esl ausM 
l.llenienl voisine du Dlaireau , .pie plusieurs auteurs ont eu ou croient même encore quelle 
ne doit pas eu être distinguée. Cependant l'étude de sou cràuo m'a montre que cette opuuou 
n'est pas f,.n.lée. Sans justifier précisément la distinction générique de cet Animal, qu il 
>,>rail plus convenalde sans doute de resar.ler, ainsi (|ue le Carcajou, cuinm.' une espèce de 
IJiaireau, ce crAne. que Ton conserve au Musée brilonni(iue, prouve bien que l'espèce est a 
la l'ois distincte du iJlaireau, de FAnakuma et du Carcajou. Toutefois, l'V.um.'d est a peu près 
de même forme; sa cdoralion n'est pas très-différente et ses ongles indiquent également des 
hatiitudcs fouisseuses; sa queue paraît un peu plus longue ; elle est pou fournie. 



FAMH.Î-H OKS Ml STKMIU^IS. 



lOft 







Abc.tonïx nu.i-»uii, 1/1) ili' grand. 

L'AncTONYX BAM-sAUR {Arclotiyx coHarts, F. Cuvier) n'a encore été vu que par un 
petit nombre d'observateurs. Il tient dans la Faune indienne la mf-me place que le Blaireau 
dans celle de l'Europe et du nord de l'Asie. 

Genre HÉLICTE {HoUctis, Gray). Il existe dans les parties méridionales de l'Asie un 
petit genre do Mustélidés à pou près plantigrades, comme le Blaireau, mais ayant seulement 
les dimensions des Maries, dont la quem! est assez longue et en [)anacbe, dont le museau 
est proéminent et dont la dernière molain- supérieure ou la tuberculeuse est moins forte que 
celle des.Blairoaux ou genres voisins, quoiciuo plus considérable encore que collo des Martes. 
Ce sont les Hélictis de M. (Jray ou Mélogales de M. Is. Geoffroy. On en signale trois espèces : 

L'Hélictis mi;sqiji::k {Iklktù^ mosvhata , Gray) ou Mélogale masquée {Melogale per- 
sonala, Is. Geoffr.) du Pégou et de la Chine; I'Hélictis nu Népaui. {llcUdis nipalensis), 
que M. Hodgson a d'o'iord décrit comme étant une espèce de Glouton et l'Hl^w-icTis orien- 
T A L F. {Hélictis orienta/is) , aussi rapporté aux Gloutons par M. Ilorslield, et dont M. Is. Geoffroy 
a fait depuis son Mélogale fusca. Cette troisième espèce est particulière à l'île de Sumatra. 

Genre MYIULS {Mydaus, F. Cuvier). L'Animal qu'on y place est d'un bon tiers 
plus petit que les Blaireaux; il a le museau plus saillant et la queue encore plus courte; ses 
ongles sont proportionnellement plus longs, ce (jui indique des habitudes plus souterraines; 
enfin ses molaires, au nombre de ■>, sont plus petites que celles des Blaireaux et à tubercules 
plus émoussés. L'humérus a son extrémité inférieure percée simultanément d'un trou suscon- 
dylien et d'une perforation de la fosse olécr^nienne, deux particularités qu'on ne trouve réunies 
que chez certains Marsupiaux. {Voir p. 9.) 





i;nvM! I)K M\ini<, ^,'i di' griiriil. 
!!• PAUTIK 



UiMiniiN iiE M \ Il 1 1 s , iTiiiut. mit. 

14 



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\lvnM s TÈi.Af.os {/IM"'- ""7/0/.S, r. (;uvior^ 11 rsl jnu.u. I,ai ax-c un., bau.lo l.l.u.rh.. 
.,„i va oii'so rctr.'-ciss,M.l' .Iq.uis l'or,n|.ul jusqu'aux l..mlms ot s-i„t..m..n|.l .|uWMU.fois vm 
les .'poules. Cet Aiiiinul n'est connu .[u'ù Java cl (\ Sunnilni, 




M\ Il ws TÉi ("ON, Ii7 .!>• grnnil. 

fi EN RE MOI FFRTTK {Mophitis. fi. Cuvier). Los Mouffettes sont encore îles Musléliclés 
plantigrades, dont le système dentaire indi.iuo un r.'gime pres<|Ue omnivore. Elles ont * ou 
seulement ^ molaires; i<>ur tuberculeuse sup.;rieuro est forte et à peu pri's carrée, et leur car- 
nassière inférieure pourvue en avant .!(! trois pointes .'paisses, et, en arrière, d'un gros talon 
ù couronne mousse. Ces Animaux ont le pelage brun ou noir, sauf sur une partie .les régions 
supérieures, oU il y a du blanc «lui trancbe nettement avec le reste du corps; le blanc du dos 
est en bandes longitudinales simpl.'s ou doul)les, .jui commencent à l'occiF-ut et arrivent plus 
ou moins près de l'origine d.; la .pieuo; celle-ci égale au moins la m.)ilié du corps en longueur; 
nlle a ses poils disposés en panacbe, et l'Animal la redresse au-dessus de ses lombes avec 
une certaine élégance. Quel.pies Mouffett.'S ont de plus une bande blanche sur le milieu do la 
t.M." • cbe/ d'autres, la bande du dos est au contraire peu éten.lue. Lu taille de ces Animaux 
est inférieure à celle .les Blaireaux et plus rapprochée de celles des Martes, mais ils ont le 
corps plus court, moins vrmiforme (luo ces derni.!res, et leur -lueuo relevée leur donne une 
pinsionomie différente .le celle .|ui distingu.; les Blaireaux. On ne trouve les Mouffettes qu en 
\méri.iue, mais il y en a depuis la baie .i'Ifu.ison Jus.pi'au détroit .le Magellan. Leur distinction 
en espèces est difficile et elle a souvent embarrassé les naturalistes; on sait aujourd hui 
.m'elles sont assez multipli.-es et qu'ell.s forment même plusieurs sous- genres aux-iuels 
MM Licbtenstein, firay et Lesson ont imposé .lifférents noms. Il est vrai .jue la synonymie 
do ces groupes et môme celle .le leurs espèces respectives reste à établir .l'une manu're plus 
précise. Ces genres sont fondés sur .les caractères empruntés aux pieds, à la longueur .iu 
museau, au nombre des molaires, et.:. 

Les Mouffettes sont célèbres dans les récits des voyageurs par leur exlrc^me puanteur. Kiies 
ont auprès de l'anus deux glandes qui lâchent un<^ odeur loUoment fétide que nul Anima ne 
peut en supporter les émanations sans en /^tre pour ainsi dire suffoqué. Lorsqu une Mouffette 



F\MII,I,K DKS Ml fST|;:i,ll)KS. lot 

<'sl inr|iiiétL-i' , l'est là .son |iriiiri|ial iim^oti de (l(''lriisi', et li'S olijfls iiir li.'qucls r'll(< a niiisi 
if^paiulu H(»ii iirii»! fii rcsloiit iiL'iidiiiit loiiKk'iiiim iinpit'^'iiL's. I,i's Aiiiiiimu iln n- ^çoiin- ijuo 
l'on totisorvc limis los innsvcs, |iriii(.'i|iuk'rnoiil toux (|ii'()ii a ploiifft's dans l'uliMtol, iDiist rvcnt 
iiusHJ cfs propriolcs irpu^niuilcs, ol si, en les cxaminunl, un n'a pus sn évilt-r U) contucl du 
li»|ui(i(.' i|ui los renl'uiiriail . on peut i^n avoir Ifs mains infiTlécs pour plusii iirs jouis. 




MOlftKIlt CiMMHI, l'Ii ill' lilliri'l. 

Kalni a paiiô dos Monlïollcs on t;os tornies dans son Voi/tifje dniis l' Xiaéiiqiiu sepUmtrioiuilc ; 
(( Kn 1719, il vint un (le ces \niiuuux près do la l'crnic où je logeais; c'i'lail en liivor cl pondant 
la nuit; k'S Citions ôtaiont ôvoillés ol lo poursuivaient. Dans le inonicnl , il répandit uno odour 
si fdlido qu'étant dans mon lit, je ponsai (^tro sutToqué; les Vaclios hou^daiLMil do lout(; leur 
force. Sur la lin do la rn^nio année, il so glissa une .Mouffotlo dans notre ca\o; une fenuue, 
(|ui l'apenjul, la nuit, à ses yeux élinefilants, la tua, et dans le moment la rave fut remplie 
d'une telle odeur, ([uo non-seulement la femme en fui malade pendant ([ueliiues jours, mais- 
ipio lo i)ain, la viando et les imtres provisions (|u'on eonservait dans celte cuve furent toile-' 
ment infectés, qu'on no put en rien f,'ard(M' (it (pi'il fallut tout ji'ter au dehors pour ne pas 
emposter lo lieu dans leciuel étaient ces objets. » 

D'A/.ura donno dos détails analogues sur cerlaiuos Moulïoltes du l'araf.'uay. Nous citerons 
un dernier ténioi;j:naj,'o, celui do M. Alcide d'OrldKny. lue |)ersoime qui l'aceompaj^iia dans 
nue do ses excursions, n'ayant jamais entendu parler de ces Animaux, voulut en saisir un 
qui so trouvait à sa portéi! ; mais la Mouffette lo mouilla de son urine fétide , et le chasseur 
malencontreux no [lut s'affranchir de l'odeur (ju'il portait avec lui qu'on se dépouillant de ses 
vêtements. 

La MoiJFFKTTK ciiiNciiK {Mopltitis americniui ou lilephitis rldiiclui) , (jni vit aux États- 
Unis, est noire avec du blanc entre les yeux, lequel s'étend (ui arrière dit la tête et descend sur 
les côtés du corps pour mourir auprès do la (jucue ; il y a ^'énérulement uno tache blancho 
aux membres do devant et une aux cuisses. 

On a souvent confondu avec cette espèce plusieurs do colles i\m habitent l'Amérique mé- 
ridionale on les parties chaudes de l'Amérique sopteulrionalo . lo Mexique, par exemple, et !e 
Texas. Tels sont les Mephitis mesomelas , interrupta , varinns et mexkana , que M. Gray en a 



108 



OHIHU'l DKS CAllMYOnKS. 

distingués. Lu autre, qui a .nu le no.u spéci(i.,uo do Mapurilo, vit^ à la ^^'f'^^^'^ 
dans a province do Santa-Fé. Le Mophitis .uil.nsis, répondant au (.ulo rjuUcnst. de d 
' Uund)oldt , lial)ito lo Pérou ; enfin nous avons douuo 

^_. I,, uoni d.^ Mc'phUis Feuillci à l'espèce qu'on trouve 

aux environs de Montevideo. 

La AloLi'KETïK ni; Chili {Mepidlis Chilcmis, 
E. (.leoflr.), dont le nom raiipello la patrie, se re- 
connaît aux caractères suivants : pelage brun noirâtre 
^^^^^m^mÊmm^-^.:^ ou tout à fait noir, sauf sur la grande fourche dorsale 
^'^^^^'^^^'■**^'^^'^'^ ,,ui est Ijlanclio ainsi «iu'uiie partie de la (lueue; mo- 
laires r,. 

La !\IouFhi:rrK m a lin on (Mephitis caaUinua , 
d'Orb. et P. (îerv.) , à laquelle appartiennent les Mouf- 
.Mo.KKtirt ... cmiu. ^^^^^^^ ^p_. j,^gi„ng les plus australes de l'Am-Ticiue, 

e.t d'une taille inférieure à celle des autres. Nous on avons donné la description dans la 
partie mamma'ogique du Voyage de M. d'Orbigny. 




TUIBU m:s MUSTÉLINS 



Cdl.' tribu connnenco par .iuel.,ues espèce, qui ont ues formes encore assez lourdes, mais 

,lont la lient carnassière inférieure et la tuberculeuse d'en haut sont approi-rices a un regmio 

presque entii'-rement Carnivore. Quand 

aux autres genres ((lie nous y plaçons, 

ils ont dos [iroportions plus grêles, des 

allures plus vives et une tendance 

plus décidée pour lo meurtre. Quoique 

ces derniers Mustélidés aient presque 

tous des dimensions inférieures à 

celles du (lliat domestique, ils .avenl 

se faire craindre , et leur voracité est 

loUe qu'ils viennent souvent jusiiut; 

dans les lieux habités |)Our y détruire 

les petits Mammifères ou les Oiseaux 

domesti(iuos. 

Les premiers genres de Mustélin> 

ressemblent tellement aux M(;lins qu'il 

serait peut-être plus conforme aux 

véritables affinités de ces deux tribus 

de les confondre en une seule. 
^ous parierons successivement des 

principales espèces de Mustélins sous 
les noms généri(iues de Glouton, Ilatelji al tctln ou mnm,Mark', Putois, ZorUle et Lytwodoii. 
GKNUK C.LOLTON (Gu!o. Storr). Les Animaux de ce genre doivent leur nom aux 
appétits voraces ([ui les distniguent. Ce sont les plus gros et les plus redoutables de toute la 
famille des Musiélidés , et l'on peut les considérer comme se rai)procliant des Hyènes ou des 
Félis il certains égards. Leur corps n'est pas aussi bas que celui des IllairtKiux ; leur queue, 
également médiocre, est plus velu»; leurs proportions sont plus dégagées e( ils savent 




|)|.> I ITION II lilOl I " 



gltltlU. Itid, 



KAMILLK f)E8 ML ST1<:LII)ÉS. 



i09 



^fi'liii|)or aux urhros. C'est eu so teuuut blottis sur quelque brauelio qu'ils attondeut au passa^o 
les Animaux qu'ils doivent atta(|uor, el ces Animaux sont quelquefois des Hen/ios ou môme 
des Élans. Les Gloutons les saisissent à la gorge pour les saigner, et le plus souvent ils en 
vieinicnt à bout. 

Ces Quadrupèdes ont f molaires assez épaisses, dont les carnassières très-fortes, l'infé- 
rieuro n'ayant m avant que les deux pointes latérales sans pointe interne semblable à celle 
dos Blaireaux ou des Loutres. Leur taille so rapproche do celle do l'Ocelot ou du Cliicn de 
berger. La couleur de leur pelage est marron foncé avec un disque dorsal noir. 




(i I m jov, l.tll i\r vninil. 

Il y a d(!s Cloutons dans loiilu la réginn du cercle \rctique, en Kumpc et (-ii Vsie comme 
eu Amériiiue; mais il reste dos doutes relativement à l'identité spécifiipie de ceux des régions 
euro[)éo-asiati(iues et de ceux ijui sont américains. Autrefois, ils étaient plus répandus^^en 
Europe, et rmi trouve dans les cavi.'rnes do la Franconie des os (|ui indiquent leur existence 
dans ce pays à l'époque des grands Ours, dos Hyènes et des grands Félis. On dit môme qu'il 
en a ét(' recueilli, en France, dans une des cavernes du Vivarais, mais nous n'avons pas 
encore eu l'occasion de vérifier cette assertion. 

Diverses espèces (|ue l'on a réunies pendant (pielipie temps aux Clouions ont servi plus 
récennneiit à l'établissement de genres à |iart. Ces Animaux habitent d'autres régions que les 
Clouions imiprement dits, dont en apparence l'unique espèce porte lo nom do Ci.OL'TOX 
AHCTI01ÎK {(litlo liiscm et airlicm des auteurs). 

Cfmjk h a tel {MvUicova, F. Cuvier). A corps plus bas sur jambes ot plus allongé que 
celui des Cloutons. Le pelage est plus clair en dessus (ju'cn dessous. U n'y a (pie | molaires; 
elles sont serrées et [.lus épaisses eiu'ore ipic celtes des Cioiih.ns. 

Le R \rKi. m cap (MeUivora capcnsis), que Linné appelait Vireiro capemis, est un peu 



MBâMiiii 



'' '"fm^ntnMffTmravTVi 



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li ! 



^10 ORUHE 1)K!S CUIMNOHES. 

moius gros quo lo Blaiioau; bluuc, un pou glacé do noir on dessus; noir on dessous et sur 
lus côtés; la base de sa (jueue est blauciiàtreeu dessus. Les très-jeunes sujets sont entiére- 
luent gris. 




p^;,,^^gS^^-'^^ 



Il 11 I 1. (M C*i', im <Ji' (jruiiil. 

Lo Ratel est un Animal fouisseur, d'une (iémarciie assez eniburrasséc, pou diflicile à appri- 
voiser. On l'amène assez souvent dans les ménageries européennes. Son nom de Mellivore 
rappelle combien il est friand de miol. 

Lo Rati;l Dt: L'IxDE {Mellivora Imlica), vit au Uengalo; il est assez peu différent de celui 
d'Africpie. C'est l'Animal auquel M. Hodgson doinio le nom génériiiuo (VUrsilajcuti. 

(JEMIU GALICTIS {Ga/iclis/ïh. Bell). Corps et queue plus allongés quo chez" les Hatels; 
molaires |, moins fortes. Animaux américains. Ce genre a aussi reçu de M. Is. Geoffroy là 
dénomination de ïdiro. 

Lo Gamctis Gaiso\ [Galictis viltaUt), que Linné appelait Moerru vittata. répond au 
GriKOH et à la Fouine de la Guyane do Buffon. Son pelage est noirâtre , avec le dessus do la 
tète et du cou gris , et une bande jaunâtre <iui descend de cliaciuo côté du front justpi'au'x 
épaules ; cette bande se confond par son bord externe avec la couleur claire du dos. 

Le Grisou est un Animal plantigrade comme tous ceux qui [irécèdent. Il liabito les bois 
d'une grande partie do l'Amérique méridionale ; ses instincts sont très-carnassiers. Lo GalktiH 
d'AUamand, que M. Bell regarde comme une espèce distincti!, ne paraît pas devoir en être 
séparé. 

Lo Galictis Taïua {Galklis barbara), ou Mustela barbara do Linné, ol Taira ou Galera 
(lo Buffon, est plus fort «luo lo précédent, ol il a le pelage brun noir sur un(i plus grande 
étendue; cependant ses parties antérieures sont plus ou moins imancéos do gris, et une largo 
tache claire orne souvent sa gorge et le haut do sou cou. Cet Animal est fouisseur; il ré|)and 
unt^ o.lour mus(iuéo. On 1(! rencontre plus particulièrement à la Guyane et au Brésil. Sa taille 
dépasso celle du Grisou, et son corps est plus allongé. 



: 



dessous et sur 
ts sont onliére- 




iflicilo à appri- 
1 de Mellivore 

ït'rent do celui 

liez les Hatels; 
Is. Geoffroy la 

ta, répond au 
î dessus de la 
ont jus(iu'aux 
dos. 

abile les bois 
rs. Lo Galictia 
devoir en être 

ira ou Galera 

1! plus fjraiido 
, et une largo 
mr; il répand 
résil. Sa laille 



l'I.AIV. 




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DiMiTrov ut i( Foi ivr, griml. nul. 



FAMILLE DES MLSTÉL[J)[::S. m 

r.ENRK MARTE (Mustela). Co nom est resté en propre aux Mustéli.Jés,lels que la Fouine 

.■t la Marte onhnair..; nw.is il appartient réellement à la Belette, qui est le vrai Musleln 

.les La(,ns et le 6«/. ,los (irocs. Les Martes auxquelles la dénomination latinr ,1e 3fartes 

conviendrait mieux , ont le corps allongé et les dents 

molaires au nombre do |, savoir : i avant-molaires 

croissantes, \ carnassière et | tuberculeuse, dont la 

supérieure est un peu [ilus longue (|ue large. 

Les espèces de ce genre sont agiles , elles grimpent 

facilement ; la minceur de leur corps leur permet de 

s'introduire par des ouvertures oii nos Chats ne pas- 
seraient pas ; leurs appétits sont très-féroces. Elles 

attaquent les petits Quadrupèdes, les Oiseaux, les 

Heptilcs, dévastent les nids et l'ont do grands dégAts 

lorsqu'elles peuvent s'introduire dans les lieux oii on 

élève la volaille. La Fouine a surtout cette habitude ; 

et comme elle se rapproche davantage des habitations, 

c'est un Animal très-redouté des fermiers et que Ion 

fioursuit avec rigueur. 

La plus forte espèce du genre est la Marte Pkka\ de Bufton (/»/«.s/t'/ff CanademisJAnné), 
qui habite l'Amérique septentrionale, principalement au voisinage des eaux; elle est presque 
double do la Fouine en grandeur; son pelago est brun, avec les pattes, le museau et la 
queue plus foncés. 

La Martk des Hiîrons (Mustela Huro, F. Cuvier), est des mêmes contrées, principa- 
lement des environs du lac Huron. Elle est d'une belle teinte fauve Isabelle, avec la tète 
blanchâtre. Sa fourrure est des plus gracieuses. 

C'est aussi aux État.s-l'nis que vit la Mahte »« Pe.nnaxt (Mustela Pcnnantii, Erxleben), 
espèce plus semblable à la Marte ordinaire, [et .jue l'on a souvent confondue avec elles. La 
Marte ordinaire paraît ne pas exister en Amérique. 

La Mahte onoiNAinE (Mvstela Maries. Linné), habite les forêts et se rapproche bien 
moins des lieux habités que ne le fait la Fouine. On l'observe dans une grande partie de 
Kurope. Sa fourrure, douce et fournie, est d'une teinte brune assez claire; et ce qui la fait 
aisément distinguer, c'est la grande tache jaune pâle qui orne sa gorge et le devant de son 
cou. On la prend dans plusieurs parties de la France, principalement dans les bois de pins et ; 
de sapins. Sa peau est estimée. ' 

La Marti: zibemne (Mustela zibelUna, Linné) lui ressemble notablement pour l'ap- 
parence générale, mais le devant do son cou est grisâtre et son pelage est bien plus fin 
ot plus moelleux. Elle habile plus au Nord, principalement dans l'Asie septentrionale et dans 
les parties de la Bussie qui s'en rapprochent le plus. Gomme on le sait, sa fourrure est 
des plus recherchées, et son exploitation forme une branche assez importante du commerce 
des pelleteries. On en prend surtout en Sibérie, et les Turcs, les Busses, ainsi que les 
i.hinois en achètent les peaux à des prix très-élevés. Celles dont la couleur tire un peu sur le 
noir sont les plus recherchées. (VI. XIV.) 

La Marte Fouine (Mustela Foina. Linné), que l'on nomme simplement Foutue, est 
>rune, avec la gorge et le devant du cou d'un t.lanc pur. Elle est répandue dans toute 
I burope et dans une partie de l'Asie septentrionale. Les granges, les greniers d'une grande ' 
étendue et les combles situés à peu de distance des basses-cours sont ses demeures favorites, 
e ce serait un Animal utile, si elle se contentait .le .lonner la chasse aux Bats et aux Souris, 
m .s elle détruit aussi la volaille, et elle est sous ce rapport très-dangereuse, aussi la pour- 

ITZ''''T ' ^"°'*'"" ^"^''™'"'' '^ ''^^' '^'' '''^''' ''^^^''^ «" P*^»" ï^'est cependant 
pas dédaignée, et on l'emploie aux mêmes usages. Il existe dans le nord de l'Inde une espé.-e 



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112 oudhk oks cxhnivorks. 

voisine (1p lu Fouine et do la Mario; c'est celle qno M. Ilodjjson appelle MAnTR A r.onr.K 
,1 AiiNR {Mmh'la flariqula). 




i, l'en INFS, i, IlFI.tTIK, I li (li''limml. 



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HtNTiTtON ni- Pi 10 13 11 en- 
MIN F, grmiil. rnt 



(iENRE PlTOlS {htlorms, (',, Cuvior). Les espèces do ce genre sont d'une moindre 
taille que les Martes, et c'est parmi elles (jue se range la Belette, le 
plus petit de tous les Carnivores existants. Klles sont toutes plus 
sanguinaires encore, et leurs dents molaires sont moins nombreuses ; 
on ne leur en compte que | : leur tuberculeuse d'en liant est bien 
plus large que longue ; leur carnassière inférieure n'a pas de pointt! 
interne et ses deux pointes externes ressemblent plus il celles du 
Pélis, en même temps (pie son talon postérieur est plus court et [ilus 
trancliant. Il y a dos Animaux de ce genre sur une grande étendue 
des deux continents. 

Le Putois fétide (Putorliis fœlidus), qui répond au vrai Putois 
(le IJuffon, ou Mmlein Piitorius de Linné, est brun, avec un peu de blanc au museau. Son 
corps a environ 0,40 cl sa queue 0,15. 11 se tient dans les bois oîi il fait la chasse aux 
petits Mammifères et aux Oiseaux, ce ([ui ne Pempêelie pas de s'introduire à l'occasion dans 
les poulaillers, oii il mil à mort autant de pièces cju'il le peut, son habitude étant de se 
nourrir de sang et d'abandonnor ensuite le corps des Animaux qu'il a égorgés. Le Putois 
répand une odeur infecte ; sa femelle met bas cinq ou six petits auxquels elle donne de bonne 
lieurc ses goûts destructeurs. 

Le Funi-T [Miistela Fiiro , Linné) n'est peut-être qu'une simple variété du l'utois. Sa 
couleur jannûlre et ses yeux roses indiquent un Animal atteint (>n partie d'albinisme, et ses 
caractères ostéoloeiques paraissent en tout conformes à ceux du vrai Putois, dont il a aussi 



FAMIM.K hllS Ml STKLinjîis. ,,;j 

los tlininiisioius. Ou l'élùvo cri (lonicsticité ol on utiliso sou cuructèro féroce ou l'employant ù 
In clinsso dos Lnpins. Ln fomollo produit jiiscpiVi huit ou neuf petits. Tous les nutnurs disent 
que le Furet nous vient do rAfri(iiie sc-ptculrionulo; mais on ne l'y voit fias ù l'état sauvage 
non plus qu'en Espagne ou ailleurs, et sa véritable origine reste ù découvrir. 




Pc roi s tr ruiiti l/;i (le grand. 

I.c 1»i;ii()i;s(;a {hitorim punisca) de la HusrJe méridionale est romiirquahic par son |)clage 
manon clair, inarhré de jaune. 

Le Pi rois itatsi [Piiloriii.i ilnlui, Temm.) vit au Japon. Sa coulour est marron clair. 
^ Le Pi TOI s Vison [Pitloriits Vison, Linné), qui est lo représentant du Putois dans 
l'Amérique se|)tentrionale, dt)nne une fourrure; supérieure à celle des Putois (IT'hn-ope, et ce 
que l'on appelle le Vison du Poitou n'est que du Putois ordinaire. Le Vison est moins foncé 
que le Putois, et il n'a pas de blanc à la lùvrc supérieure. 

On retrouve aussi les caractères dentaires du vrai Putois ol du Vison et à pou près la 
même taille chez certains Mustélidés propres à des régions fort différentes les unes des autres : 

Putois DU B 11 1^:511, {Putorius nrasiliensis); — Pi: ro] s du ^]K\iQVf. {Putor-ius frœnahis); 
~ Putois NUDipf:DE [Pulorius mulipes); celui-ci est do Sumatra et de Bornéo. 

L'Europe, lo nord de l'Afrique et l'Amérique septentrionale fournissent encore d'autres 
espèces de Putois, mais elles sont de moindre taille : 

Le Putois IlmMiNE {Pulorius Erminen), ou VHcrmme et lo lîoselct do Buffon et do 
Daubonton, a le corps long de 0,25 et la queue de 0,10. L'Hermine est blanche eu hiver, ou 
blanc un peu lavé de jaune soufré, mais lo bout do sa queue reste d'un beau noir; en été 
elle a le corps marron clair, sauf encore à l'extréniité de la queue (pii est noir comme en 
hiver. Ce changement dans la couleur du corps se reproduit chaque ainiéo avec une grande 
régularité , et les Hermines de nos pays le subissent comme celles du Nord. Dans les régions 

11' PAriTIK. 15 




IP 



il;' 



,14 0H1H1K l;i;s (IMlMNOItKS. 

rr..i.l.'^, l.'s M,.nniii(-s snnl pins iilioiMliiiilcs iiu.' .Imis rKuropc I priv,., cl ro sniil l.-s 

luilùlanls .1,. ,rs rn„Uv..s kKh'.Vs m"' m- liNro.H su,l..ul à la cl.nss(, ol ù l.i i.r.'>p..n.l.nn do 
leurs fouiruivs. Ils les poursuivcnl pondiiiil !.. saison la i-liis n«our.'Uso, nlois .pi-' l<nir 
foumirocst plus ron.pl.'IcnKMill.laïK'l.o, et ils ou prcnnoi.l ainsi .lo trrs-Krau.lcs .nianlilrs. 
On sait le Im'I cflVl .pir pHidiiiscul les peaux r.'nni.-s do ces Animaux, snriout l..rs(i» on a 
placô snr leur Munclio surface un .erlain nornbro do (luoucs, .ioni, les oxlrérnilos nonvs Iran- 
ehont si noltonionl avoc la b!,nu hiui -lu lond. Los fourruros failos on vônlal.lo llornMn(< ont 
ronsorvô nm valeur fort eUv.e. aussi 1,-s n^niplaco-l-on le plus souvonl par do la poau do 
Lièvre variablo ou daulroH Animaux hiaiirs , ot Ton iniito alors par la lon.lun^ les (piouos 
noires dos vraies llorninies. C/.'st dans la Suède, dans la Morwéjfo et dans le nord do i'ein- 
jtiro russe que l'on prend surtout les llorniinos du oonunorce. 







llmnivis EH rri(r, K n'i'ii', l'i .!'■ frnnil. 



L'Améri(|UP septentrionale fournit des Animaux fort somblalilos à l'Hermine, mais que l'on 
a oonsidérés oonnne étaid d'une os[)èeo difréronto. Dans un IMéirioire (|u'il a [Riblié on tS.'iS, 
dans {('. Mnqminc of nnlural liislori/ , le [)ri'ice C. Bonaparte a dislinsnè trois soi les de ces 
Mustélidés, sous le nom do M. luiifficiviilntd , lUchardsonn et CkognanU. 

Le Pi'Tois nocoAMKi.r, {Puturiits Jhccamvla , Cetli.) est à peu près prand comme l'Her- 
mine, mais il n'a pas le bout de la ipieut! noire. Sa couleur est fauve marron on dessus, et 
jaunâtre en dessous. On b; trouve on Sardai;jrno et dans (pitslques parties do l'Al.siério. L'Asie 
fournit plusieurs osi)èces [lou différentes do celles-ci : Pidoriiis llodr/sonii, Hors/i 'dii et 
Cdthia. Le plus petit des Putois est la Ri: i.ktti-, (1(! Bnffoii {Miislcla ruifjnris , de Linné). Cet 
Animal a tout le corps brun roussàtro en dessus et bbnic en dessous. Sa longueur totale n'est 
que do 0,22, dont 0,010 pour la ([ueuc. S'il est moins fort que ses congénères, il n'est pas 
moins vorace, et les petits Oiseiux ou lom\s omfs, les Rats, les Taupes, les jeunes Lapins 
sont l'objet de ses chasses les plus habituelles. Il produit plusieurs fois par au et met bas, à 



KAMILLK l)i:s MISTKLIDKS. 



115 



cliuquo portt'c, (|uatrn ou ciiii| pDlits, La romulln (Hut)lil sou nid dans lus trous dos niltros, 
sous los [liomi^ ou dans i|Uf'li|uo auli'o li(!u nitin'i. 

li'fispècu do taillt! auuluguo <iui liabitu l'Atiiériiiuo soplunlriuriulo a dU: longtuin[is conroudiio 
uvoc iiolio Uolollo. 

M. Elironhcrff si^nialo, ou Éî-'vpto, uni* Hclolln qui sorait (Vnlornont diffôronlo <h la tiAlic. 
C'est II) Muakia palinala do son },'i'aiid oiivraj,"! inliluli: Si/inliolw plii/sicœ, 

(îKNHH ZOIIILLK {Zoiilln, (i. (luv.). Ju'ul i^ la fonnuio dontairo ot aux piinci|iaux 
carat;tt''i't's dos Pulois un mode tic (îoloralioii iliffônnil. I^ii corps est noir ol |iort(! «pinlquos 
taclios hianclios un peu allooKi-os siu' lo dos, ainsi (pio dos binidos lon^itudinalos noins ipii 
s'étoridont on pnriio sur louto la lonij'uour de la (picuo. La forme; dos dents ('*l un |ieu difl'i- 
ronto do colles du l'nlois folido. 




' '"*, 






îi^fÈTESÎl'-^^- -'"fi, < 
— ^"in\^ OJUl.'.OWCl 



/uiiiLti , 1, 1 ili' uruiiil. 

Lo ZouiLLi; v.viiii {Aorilla niriff/Ktu do (piohiucs auUiars un lo Viveria Zurilla de 
Linné) est oncoïc la si-nlc ospùcc do t'c f,'('nr(! (|U(* l'on comiaisso bien. Il osldo la grosseur du 
Pulois, ('lancé conuno Im et scnililaldo pour le naturel. On lo sijfnala au Cap, au Soné,i,'ul, 
dans une <,'ranilo parli(! di l'.VfrKpir orientale, et mémo en Asit; Mineure. C/esl nn \iiimal 
fort (Mi'^'anl à oimsi^ do sa ouloraliou noiro et liiunclie. M. iMulJei' . ^ 

lo désij^ne par lo nom fj;ônéri(iu(! d(! I\h(ihdo(jiilc, 

(iKMlli LVNCODOX {Luimnhn). J'ai étaiiii celte division 
p'iur une ospùco rai>portéo do Patagonio par M. d'Orltigny, die/ 

i|UL'llo lo syslènio dontairo présiîuto la singulière particularité do 
manquer do molaire tulierculousi! inféneuro, tandis (pi'il y en a 
fiiez tous los autres .Mnstélidés. Sa formule so trouve; ainsi réduiln 
pour los df'nts molaires à i!, ot rt'pond à celle des Lynx. 

Le Lyncodon de Patagon'IK [Mudela l'alagonka, P. (lorv. 
old'Orb. ) a été découvert dans la région du l!io-\'(!gro; c'est un 
Animal un [leu pins polit ipio lo Putois ou le Vison, mais supé- 
rieur à l'Hermine. On ne le connnîl oncoro tiue par son crîine. 




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lu MIIIOM Ut I.ÏXCOUON mFaTMj 
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iifl ORDnr. i»Ks (;\ii\i\oi«i;s. 

THinr DKs (.OUTIUNS 

Los fiOuIrcs (Lulrinn), doiil Uiifl'nii (^ Liiniû faisaioiil (li'«jà un ^-'ciiro à pari, siii\l des 
rHiiiiivovi's a(|U(ili(|U('s i|iii vivent dans les lacs, les tlciivcs, les ri\icivs. et dont il cxisU' 
hiènic, dans le paiid océan allaidii|iiii lioival , une cspno iMilUM'cnicnl niaiinc. Kllus so dlstiii- 
gnont do lous les autros Animaux du inAnio ordm par lour corps olionK»', surbiiissô, ItMinim' 
par une (pnuc plus on moins loii;;n(', pfufois di'piiinn', (,'1 (lar leurs rncndircs roltnslcs, à 
doi;,'ts au nond)rf de einii, pins ou moins larj,'eiiunil palmés, (lu sont des Animaux inlelliî,'ents 
dont lo cerveau csl volumineux el p(»urvu, ù la surface de ses liémisplières, d'un assez 
«rand nomlire de eirconvolulions. I.cnr ré^'ime est primipalemeid iclilh.vofiliaKi'; mais ils 
associeul fréi|uenniient aux Poissons d'autres sulislanees anini.des, el même des nialières 
vûgôlaloH, ot en caplivilé on |)OUt les nourrir prosi|U() exclusivemoni avec ei's dernières, 1,'en- 
senihlo de leurs caractères anatonnipies les 
place dans la faimlle des Mustélidés. Leur 
ilernièro molaire supérieure est Ki'imi*'! <i 
peu près carn'e et tuberculeuse. Leur car- 




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Ii|>Trii(p> ni: 1. 1 I.hiihk v i l u m iu , ïiiiiiiI . niil . 




iMMiiios i>i i,"Ac)N\\, crniicl. nnt. 



nassièro de; In même mùdioiro a dos rui)ports avec collf.' des blaireaux, ot rinfériouru est dans 
lo môme cas; mais les trois [lointos de sa partie antérieure sont plus fortes et disposées |)lus 
régulioremont on trianj-'le. Lc'ur intestin man(|U(! de coicum. I,eiu' corps est recouvert do poils 
do deux sortes : les uns soveux, les autres (;u bourre et très-délicats; ce ([ui fait do leur peau 
une excollonto fourrure, surtout chez les espèces propres aux régions fi'oid(,'s ou tempérées. La 
Loutre marine est de toutes lu plus reuianjuabU! sous ce rapport, et sa peau a une grande 
valeur commerciale. 

On trouve des Animaux de ce groupe dans toutes les parties dos deux continents. L'Europe 
l'ournit la Luuli'o nilf/riirc, dont la Lunlrc du (kinada, si|,Mialée par !•'. (luvier, et la Luiilro do 
l'Algérie sont très- voisines. L'Afriipie a, en jiropre, la Lonlrc sans uitfjh'S, la Loutre il cou 
lav/u'U' et la Loutre de Feniiindu-Po. On trouve dans l'Asie le I\'(iir-.\iiir, \v, lUirau'j, la 
ÏMutre indienne el la Loutre de Chine, Les deux Amériiines pos:-ièdont, ind('!|)ondamment do la 
Loutre du Canada do F. Cuvier, une Loutre |)lus voisine do colle (Ju Brésil, mais <|U(! beau- 
coup d'auteurs appellent aussi Loutre du Canada, la Loutre Saricorimne ou du Drésil, dont la 
pi'écédêiili' se r.ipprnrht' as^rz. en fia les Louires i\\U;s Ca!ifiiriiir?7rie . /ihVf^aiiv , Loia.xine, 



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r'AMii.M': i)i;s Ml siKMi)i;;s. 117 

rhilirmir. do la l'Ialn et du hh-oii, ainsi quo le VU'iionun: du Sandhach. Il fimt y njoulcr In 
Louli-n (1(1 iiici'; eu lout mm viiiKhiiiH. (i'csfMTcs. U's l.oiilivs |mrais.s(nt donc t>u>' iisse/ uom- 
bnmsDS, (luoiijnri l'iiiiiloniiit.) ,i(. |,,ii,s couleurs m icudo la (lisliiictii»n souvinit dimciio, si 
l'on \w liont coni|il(^ (|un de It-urs carucU-ros r!xlt'ri(!nrs. (;c|a,ndaiit la dis|H)siti(ui do leurs 
paltcH, la foriii.' (!(• leur (picuo, cl mioux encore celhi de leur n•^m el (iuel.|uefoi.s cell(. de 
leiu'.s dents, f(.nrui.ss(ml des caracli'res ass(./, cerlains pour (lu'on ail pu .•lahMr parmi elles 
plusi(.urs «(-ures diffi'reuts. Tels sont v.m\ (|ui porloiil les imm^VEnhydiis (la L.iulre marine 
eu est la s(!Ule esp(M(.), de l'krmamt . de Surlcvia . pour la Saricovieiuie , c|ue l'on appelle 
uussi Lontra, de UpUmyx , pour la Loutre UaranK, el de Lut,;, pour la Loutn! vul^-aire, ou 
celles (jui s'en rupproclamt le plus. Lu Lalaxine ol les Louln's anu^ricaines lui resseuddent lu 
plus doivent aussi former un «roupe il part .pi'on (.oiuxail appeler Uitax avec M. (iray , si co 
nom n'avait déjà ele einploy.- par Gloser pour le genre (|ui com(.reud la Loutre de mer. Nous 
lie (J(:'crir()ns ici (|u'uue partie dos espèces (|ui viennent dVtre siKnal(jes. 

(iKNJtl'; LOI.TUK [iMh-a). IMeds j.alnK'S, onKuiculi:vs; .|ueuo assez longue, sui)arrondio; 
niulle nu; crùiK! de inèiiK! loniK! (pie dans la Loutn; ordinaire ou à peu pr(;s. 

LoiJTRK vtJLOAiiiK {Luh-a vul(ju,-is). La Loutre dont liuffon et Daulieliton donnent une 
liisloinMiétaillée, (!sl le ni('me Animal <|ue la LuUa des Latins, et Y H injdiis (KvuJf.,-) d'Arislote; 
sou pelade, assez doux, est hriiu (iii dessus et «ris hlaucliAlre en dessous. Sou corps a 0,65, 
et su (|U(;ue 0,35. Ou la rencontre dans toute l'Kun.pe et dans une fraude partie de l'Asio 
septentrionale, ainsi .pi'au Japon et aux lies Kouriles. yuoi(|u'olle soit essentielienient 
(luviatile, (!lie InMjuente aus.si les endroits maritimes. Sa f.eau est recherclM-e pour la founure 
et sert surtout dans la cliapelierie ; colle des individus tués en hiver a plus do valeur, parce .pio 
les poils on sont plus moelleux , plus fournis et [ilus lustrés, 







I.oiini > I (•-, \ 1 ri I , Il ,!.■ tran'I. 

La Lnuti-fi vil solilMire; sa di-marolin est embarrassée lorsqu'elle est sur le sol, maïs à IVau 



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118 OUDHE DES CAUNIVOUKS. 

elle a iiiR' i,'i'aiulo agilité, cl cllo plonge |ioiulanl un temps assez. considérul)le. Sa retraite est 
peu éloigné(! des eaux; elle consiste en un trou crcust'; dans le sol ou dans (luelquo cavité 
naturelle eoinini! il y ('u a souvent sur le rivage dans l(!s rochers; elle la tapisse d'herlx^s 
séclies, (,'l v dépose ses ixîlits; c'est en mars iiu'elle met bas. Les jeunes Loutres ont le pelage 
moins iln i|ue les adultes et toujours plus en bourre. Kilos sont aussi moins rusées, et 
conimc tous les Animaux de leur âge , elles se laissent plus facilement attraper (pio les 
autres. 

La LoiriiK dl (l.w \d.\ {Luira Cnmdemîs, F. Cuv.), dont on ne connatt (|U(^ le crâne, 
diffère à |)eine de la Loutre^ vulgaire; mais il y a dans le même pays une autre espèce du 
même genre dont nous avons vu V) crAne à Londres. Celle-ci est le Littva Caïuulemis des 
autours américains; son analogie avec la Saricoviemie oxi)li(|U(! comt,.ent M. Gray a réuni la 
Loutre du Canada et celle du Urésil ou la Saricovienne dans un même ginire, sous le nom de 
iMiitrti, tandis (lu'il laisse la Loutre vulgaire dans le genre Luira ()roprement dit. 

La Loutre de l'Algérie est aussi un Luira véritable; mais j(! ne saurais dire si c'est ou non 
la mémo espèce que la Loutre vulgaire d'Kuro[)e. On la trouve dans le lac Fetzara et dans 
(|uel(iues rivières de la province do Constantine, principalement dans le lUmunnel. J'en ai vu 
des peaux à Hone, cbez un sellier ([ui les o!n[)loyait pour son commerce, mais je n'ai pas 
encore pu en obtenir l(! cràno pour le comparer avec celui de nos Loutres d'Europe. 

M. Gray classe aussi, dans la même division généri(|ue (|ue la Loutre vulgaire, <leu\ des 
es[)èces [iropres k l'Asie miJridionale : Luira iiidica (du i\Jalabar et du Uengale) ; Luira Cld- 
twiists (de Cliinc;). 

La LoLTiiK Nami-.Naiu {Luira i\air) vit dans la presipi'lle de Pondicliéry; elle a été 
décrite par F. Guvier d'après un individu rapporté an .Muséum par Lesclienault. Elle est plus 
petite ipii! ia Loutnî d'Europe, plus [lAle et a les poils moins doux. 

GHMtH LATAXIE {Lalaxia). Le genre Lala./; (U: M. Gray, dont on pourrait modilier 
ainsi le nom jiour éviter toute confusion avec U' genre Lala.c établi i)ar (iloger, a pour 
caractères son nmlle nu et sa fac(.> plus élargie, cette seconde |)arlicularilé répond à Télargis- 
senient en (luadrilatère de la région du chanfrein; les ongles sont distincts et les pieds son! 
|ilns velus que dans le genre précédent. 

I,es Lataxies vivent en Améri(iue. On en distingue plusieurs espèces. 

lia Loiriii: m; i. \ C.viioi.iM; {Luira lalajchia , F. Cuvier) est à peu près grande 
comme la Loutre ordinaire, et son aii|)arenc<( générale n'est pas Irès-dil't'érente de la sienne. 
L'exemplaire ([u'on en possède au Musée de Paris a été envoyé de la Caroline du Sud , ^ 
M. Lherminler. 

C'(!sl au même genre qu'appartiennent la LorTUi-: ni-, i. \ l\\\\\\v. [Luira iasularia, 
F. (iuvieri ; la I^oi tiii: C m.iioumkxm-; (Luira Californiai, Gray) ; la Lorrui-; Ciiii.ii:nm: 
^^Lulrtidlii/casin , lli'nnell , qui répond à la Luulrv fdliiic de Molina; la Loi tki- V\:n\ - 
vii;\.M. [Luira /'cruriciinin , V. Gerv.); la Lorrci; ni-; i.a Pi.aïa yLuIra Plaloitsin, 
Wateih.^ , et sans doute aussi la liOi ■nu: m PAiiA(ii a\ [Luira Para-unis, Kengger). 

GKMU'; \iV.V'\'()\\\ yLi-ploiii/.r, lii'sson). Les ongles sont petits, et les mendiranes 
inlerdigitales rudinnMilaires; les narines sont percées dans un espace nu; la forme du crâne 
est également particulière, mais intermédiaire à celle du groupe ipii précède et à celle de-, 
Aenyx. 

Le Li:i'roN\\ I!\i;vn(; [Luira liaraii;/, F. Cuvier) est une espèce propre aux îles de 
la Sonde ; elle e>t plus petite que la n')tre d'un bon tiers; son c(n'|)S est moins surbaissé, cl 
M)n pelai;e,qui e->t nioii's i'onrni , est brun cannelle en dessus et ^li- jainiàtre en <'essous. 
Elle \it dans h;.-, rivières des îles que nous venons de nonnner, et <lans deux d'.'s .lièmes 
iles (Sumatra el iîornéo) , il existe une autre es|ièce du menu! genre, i|ui est la LoiTr,i; 
Si.xuMi [Lnira Sinoni//. Haljli's). Celle-ci est sensiblemeni pins fnrli'. 

(ir.MlK AO.WX [Aoni/x, LessoUi. Doigts gris, courts et a peine polnuS. surloni on 



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FAMri.LK l)F,S Ml STKMI)|!:S. ko 

fivaiit, oii lo serond |mrnU snudi- (lu li'oisii'iuo dans lonlo la loii,ij:iioiir do la pi-fimiorc arlicnla- 
tion; ongles nuls ou trés-potits; la molairn tuberculensc supériciiro très-grosse. 

La Loutre SANS ongli:s {Liilrn inungviR, (i. Cuvier). ou ruiiiiiuo espèce do ce 
genre, a été découverte au cap de Bonne-Espérauce par Delalaiide et retrouvée depuis lors 
à la côte Mozanibiiiue et eu Altyssinie, Son pelage est assez doux, fourni et épais; sa couleur 
est d'un brun cliAtain, plus foncée sur les membres, la croupe et la (piouo, gris brunAlre sur 
une partit! de la tête, et blancliAire aux parties inférieures; sa taille est un peu sutx'rieure à 
(•elle de la Loutre d'Kurope; elle vit dans les grands étangs salés <iui occu[ient les régions 
maritimes des cfttcs orientales et australes de rAfri(|ue, pilonge très-bien, se nourrit do 
Poissons et de Crustacés, et se retire dans les joncs ou l(!s broussailles pour y établir son nid. 

(iKNRE SAHICOVIENNE (Luiilrn, (Wny). L'espace (|ui entoure les narines est velu au 
lieu d'être nu et niuqueux ; les pieds sont à moitié nus, et les doigts ont des ongles; le crâne, 
rentlé dans sa partie cérébrali' et plus étroit en avant des orbites, est assez allongé dans sa 
partie faciale. 

Lesson a donnt- plus récemment à ce genn; le nom de SarUvri». L'espèce type est 

La SAmcoviKNM.; nu IIr(:s\i, {Luira ^msjV/eHs/s, llay) , dont lînffon a parlé sous lo 
nom de Saricoviemie de In Guijnnc. Cette espèce vit non-seulement au IJrésil , mais aussi à 
la (Juyane et peut-être dans des régions plus septentrionales. Elle a le pelage brun ou fauve, 
avec la gorge blanclie nu jaunâtre; son corps a au moins un mètre de long, et sa (lucue 0,4.>. 
Elle se tient dans les grands llouves. 

Genuk PTEHONLHE {Pteronnra, Cray), négion des narines velue; pieds larges; 
i|ueuo allongée, subcylin<lri(|ue, pourvue d'une dilatation en forme de nageoire de cliaque 
côté de sa moiti(; terminale. 

l/espèce encore unlipie et jusqu'ici incomplètement connue de cette division , est le Pte- 
ronnra Sandbacldi que M. (iray a brièvement décrit d'après un exemplain; apporté de Démé- 
rara (Cnyane), et qui fait partie du Muséum de Liverpool. C'est un Animal moins grand que 
la Loutre d'Europe. 

<ii':MUv EMIYDUE {Enhjdris , rieming). Ce genre, comprenant la Loutre do mer, a 
pour caractères une taille jtlus grande, mais avec- une longueur de queue proportionnellement 
moindre; des pattes petites, [dus natatoires (pie celles des antres Loutres, et dont les post(;- 
rieures ont (iuei(iue analogie avec celles des l'Iifxiues. En outre, les incisives présentent cette 
particularité, unicpie chez les Carnivores, (]u'il n'y en a (pie deux paires inférieures au lieu de 
trois. La molaire tuberculeuse d'en liaut est large, et elle a les tubercules de sa couronne 
Irès-émoussés. 

L'EMivDnK MAniNR {Enhydris marina), longuement décrite par Sleller dans les Com- 
mentaires de l'Académie de Saint-Pétersbourg, a été signalée par la plupart des navigateurs 
'|ui ont visité la côte nord-ouest d'Améri(|ue. Elle vit dans une grande partie de l'Océan Paci- 
lique bon'al , jnsipK! dans les parages du .lapon. C'est le seul des Mammifères appartenant à 
la catégorie des Céothériens ou ManmnI'ères terrestr((s (pii soit exclusivement maritime. Ce 
Imau et pnk-ieux Animal a le corps long d'un mètre; et demi enviion, et recouvert du poil le 
pins beau, le [ilus doux et b; plus lustré (jue l'on puiss(! imaginer; sa couleur est brune 
ou brun roussAtre. On le recliercbe activement, mais il en vient très-peu en Europe; les 
navires russes ou américains, cpii cbassenl ces Loutres de mer ou (jui en font le commerce, 
les portent principalement en Cbine, oii leurs peaux sont em[)loyées comme ornement et 
comme signes distinctifs par les liants fonctionnaire;-;. Suivant leur degré de conservation et 
la finesse ou le lustré de leur poil, (-es \wmi\ valent aujourd'bui (l(> 800 à 1,500 francs pièce, 
mais l'on constate d'année eu aniR-e (pie le nombre des Animaux (pii l(>s fournissent diminue 
dans les parages où on les prenait assez facilement autrefois; aussi leur prix tend-il consi(|('- 
rablement à augmenter. 

Du temps de Steller, l'équipago d'un soiil navire avait tué Imit oonts individus dans i\m 



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onnnK dks cAUNivoni-is. 



seule caiiipague. Aujourd'hui il arrive quolciuefois (jue les pécheurs rie Phoques, qui sont 
aussi des pêcheurs d'Enhydres, n'en prennent pas un seul. Sur les côtes du Japon, on ne 
les voit plus qu'accidentellement. 

Quelques auteurs ont cru devoir placer l'Rnhydre dans la famille des Phoques , mais il est 
incontestable que c'est bien une espèce de la tribu des Loutres, quoique la conformation do 
son squelette et plusieurs autres points de son organisation indi(]uent une organisation plus 
profoadémonl modifiée pour la vie aquatique que ne l'est celle des autres Loutres. 





TlIllMAI» K lIlIlMS OFS InDIBNS ll»K0*N8. 



il 1 




ORDRE DES PROBOSCIDIENS 

.\}iininii.v inarnr)iifèrns pourrits de qiKitiw OTtribnités sithoixjnlées, 
an forme de colonnes, ai/ant ehncinu' cinq doifjfs cachés sous la 
peau, et derrière eux vue sorte de pelote clastic/iie qui porte sur 
le sol par }ine esitèce de semelle aplatie; iœu:ju sortes de dents, 
savoir : des incisives en forme de défenses, et des molaires ap- 
proiiriées au réijime herbivore; deux mamelles pectorcdes; les hé- 
misphères cérébraux pourvus de nombreuses circonvolutions ; le nez 
prolon{/é en une trompe considérable qui sert d'organe de préhension. 
Les Proboscidiens sont les plus grands de tous les Mammifères ter- 
restres. C'est parmi eux rjue ton place, indépendamment des Elé- 
jiliiHils de l'Afrique et de l'Asie, plusieurs espèces éteintes appar- 
leirmt au même genre et quelques autres qui constituent deux genres 
différents, sous les noms de Maslodontr; et le !)inotliériiini. 

FAMILLE DES ÉLÉPHANT!ï)ÉS 

Los Élôphants et les espèces (Hoinlos, espèces d'ailleurs assez pou nombreuses, ;ui se rap- 
porleiil à la même division des Mammifères, ne constituent (ju'une seule famille". Ces Ani- 
mant ont avec les RniigenvH dns analogies incontestables dans la conformation do leur 

11* PAI'.riK. jg 



122 



ORDRE DES PROBOSCIDIENS. 



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systùmo douliiiro, mais ils en diffùrent à tant d'autres ûgards qu'on ne saurait les placer dans 
le mftmo ordre. Quoiqu'on les associe en gônéral aux Ongulés et (ju'on les classe à peu près 
gûnéralemcnl dans un même ordre avec les Rliinocéros, les Chevaux, les Hippopotames et les 
Codions, ce mode do distribution n'est guère préférable. Les Proboscidiens doivent être con- 
sidérés comme constituant un groupe naturel bien distinct, ayant la valeur des autres ordres 
do la même classe cl dont le véritable rang n'a pas encore été déterminé avec certitude. Ce 
sont pout-Ctro les plus curieux des Mammifères par la bizarrerie do leur forme et par lu singu- 
larité de leurs instincts, et de tous les Animaux de cette classe, ils sont certainement ceux qui 
méritent le plus do fixer notre attention, à cause de l'ambiguïté de leur nature et de la grande 
réputation qu'on leur a faite. Plus volumineux que les autres, ils ne sont cependant pas aussi 
lourds dans leur forme que beaucoup d'entre eux , et leur grosse masse n'est pas entièrement 
dépourvue d'élégance. Cependant, à la première vue, ils semblent lourds et disgracieux; 
mais on s'en fait bientôt une autre idée, si l'on constate la facilité avec laquelle ils exécutent 
la plupart de leurs mouvements , et l'on voit avec étonnement que leur course est loin d'être 
aussi embarrassée qu'on l'aurait cru d'abord. Los anciens ne se sont pas bornés à recon- 
naître la douceur des Éléphants, la facilité avec laquelle on les apprivoise, l'attachement 
qu'ils ont pour leur maître, leur ressentiment pour les injures, toutes qualités qu'ils possè- 
dent en effet, mais (jui leur sont communes nvec le Chien; ils en ont exagéré notablement 
l'intelligence, et souvent ils leur ont prêté les raisonnements les plus subtils et même des 
sentiments religieux : un culte et dos offrandes à la lune; l'adoration du soleil et des prières 
à la terre lorsqu'ils sont atteints de maladie ; ils leur ont encore supposé une fidélité conjugale 
inaltérable, do la pudeur et une résistance invincible à se faire les ministres de l'injustice. 
Los Malaij désignent les Animaux do ce genre par un nom qui leur est commun avec l'Homme 
et qui impli(iue l'idée d'un être raisonnable. Los Indiens ont la prétention de pouvoir gou- 
verner les Éléphants en agissant sur leurs passions comme on agit sur celles des Humains, 
et il n'est pas jusqu'à la coquetterie et à l'amour des louanges auxquels ils ne les aient crus 
sensibles. 



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Les voyageurs, heureux d'avoir à parlor d'êtres aussi mervoilleus, ont adopté trop faci- 






FAMILLE DES ÉLÉPHAIVTIDÉS. 123 

Icment les récils exabérés qu'ils avaient recueillis , mais il est maintenant plus facile do 
débarrasser i'iiistoirc des Éléphants dos orreuis (|u'ou y a mfiiéos, ot telle que nous la con- 
naissons aujourd'iiui , elle en est encore assez étonnante, et, pour ôtre devenue plus exacte, 
elle n'est pas moins susceptible do pi(|uer notre curiosité. 

Les observations qu'on a faites sur C(is Animaux dans l'Inde, en Afrique et dans les 
ménageries européennes, nous les montrent doués d'une intelligence incontestable, mais qui, 
tout en étant différente de celle des Chiens et des premiers Singes , n'est cependant pas supé- 
rieure à la leur. Les études anatomifpies dont ils ont été l'objet conduisent à les faire regarder 
comme organisés d'après un ty()o assez particulier, plus analogue à celui des ongulés (pi'ù 
tout autre, mais (jui reste isolé à tant d'égards (|u'()n doit sé{iarer les l'roboscidiens dotons 
les autres ordres. Ces Animaux af)partienncnt à la grande division des Mammifères (|ui sont 
pourvus d'un placent;» diffus, et ils [laraissent devoir y occuper le premier rang. 

Leur trompe allongée fournit leur c;n\iclère le [tins apparenl, mais il y a dans leurs autres 
organes beaucoup d'autres dispositions ipii peuvent servir à les caractériser. On peut dire 
cofiendant (]ue la nature a conqili'té la bizanciric des formes chez ce genre d'Animaux gigan- 
tesques, et (pi'eM même temps elle en a assuré l'harmonie m leur donnant celte trompe, 
espèce de long prolongement tubiforme placé au-dessus do la bouche, et qui n'est pour l'ana- 
tomiste qu'un énorme allongement du nez. La nexibilité de cet organe, sa force musculaire, 
la facilité avec laquelle il saisit les corps les plus délicats, arraclianl violemment ceux qui sont 
retenus au sol ot soulevant ceux dont le volume est considérable; le petit prolongement 
(ligiliformo et projire .'ui tacl dont il est t(^rminé en font un précieux instrument dont les 
Éléphants disposent avec une extrême habileté. (( La main, dit Hoffon, est le principal organe 
do l'adresse du Singe; l'Éléphant, au moyen de sa tiomiie, qui lui sert de bras et de main, 
et avec laipielie il peut enlever et saisir les plus petites choses, les ,jorter à la bouche, los 
peser sur son dos, les teinr embrassées ou les lancer au loin, a donc le même moyen 
d'adresse que le Singe. » On pinil ajouter ipie la trompe, jouissant d'une force [irodigieuse, 
sert aussi à l'Kh'iibant pour sa profire sécurité. C'est principalement dans cet organe que 
réside sa puissance; il s'en sert pour arracbei- d(!s arbres ou soulever des fardeaux qu'un 
Homme aurait peine à remuer, ou bien encore pour terrasser ses ennemis; et lorsqu'il los a 
abattus ou maîtrisés à l'aide de sa tnmipe, il les écrase bientôt sous la masse de son corps, 
soit qu'il les foule aux pieds , soit (ju'il les serre entre (luelquo surface résistante et sou 
énorme tête. 

Les incisives supérieures qui s'allongent sous la forme de défenses .sont aussi pour l'Éléphant 
des organes d'une grande utilité; il les emploie pour silloimor le sol lorsqu'il recherche quebpies 
racines nutritives; lorsqu'il fond sur un ennemi dangeieux, il le perce de ces terribles armes; 
et si sa trompe est ni(Miacé(!, il la re|»li(! entre elles en mêuK! temps (lu'ellcs lui servent à en 
repousser l'agressinn-. Ces dents iiu'ou a |)rises pendant longlen..'s poiu- des cornes sont formés 
par l'ivoire. Ce sont des cônes allongées, un ;icu recourbés, dont le poids pour chacune peut 
aller jus(|u'à GO kilogrammes dans les Éléphants d'Afriiiue, et s'élevait bien au-dessus do 
ce chiffre dans certains Éléphants appartenant aux espèces fossiles. Chez plusieurs sortes 
do Mastodontes, on remarque une bandelelle d'émail étendue sur toub; la longue'"' de leur 
face antérieure, ce qui rappelle l'ivoire (pie portent les incisives des Hoiigeurs. 

Les défenses des Proboscidiens sont bi(Mi des dents incisives, attendu qu'elles sont comme 
celles des Rongeurs implantées dans les os do ce nom. Quelques esiièces fossiles en avaient 
aussi, mais de moins grandes, à la mâchoire inférieure. Celles de la première dentition tombent 
après la naissance, comme chez les llongeurs. Leurs alvéoles sont séparées do celles des 
molaires par un espace vide ou bai're. Les cainnes nuuKiuent à tous ces Animaux. Leni-s molaires 
présentent plusieurs particularités dignes d'être sig,iali'r<; toujours appropriées pour broyer 
les substances animales, elles sont essentiellement coniposées d'ivone ot d'émail. Ces doux 
substances formout à la couronne do rlia(pie dent un certain n'ambre de crêtes transversales 




ORDRE DES PROROSCIDIENS. 

ou (((llincs plus ou moins inuiiielnniK'os iiui, liit'z les Éh'iiliHiils d'Asie, sonl amincies on 
lamelles, reslenl longtemps disjointes, et sont do honno heure empi\tt'es dans do la substance 
corti'.-alo on cément ipii s'interpose entre elles et en forn».' un tout. Leur surface trilniimlo 
s'uso uu fur et à mesure de la mcslication, comme la surface d'\mo meulo, et montre alors 
des rubans transversaux d'émail, (ilus ou moins frisés à leurs contours; ceux-ci sont em[iAté 
dans le cément et renferment chacun une ellipsiî d'ivoire qui n'est autre chose quo la coupe 
d'une des collines formées par cetl(! dernière substance. Cette disposition alternante se voit 
très-bien dans les lames d'ivoire, faites avec d(!s dents molaires «pie l'on prépare pour les arts. 
Les tablettes montrant des ellipses transversalc's fort allongées sont tirées des Éléphants d'Asie 
ou des Éléphants fossiles ; celles dont le dessin est en losanges proviennent des Éléphants 
africains. On nn pourrait faire dos tablettes analogues avec les molaires des Mastodontes , 
parce (lue ces dents n'ayant i)as de cément interposé entre leurs collines, celles-ci sont séjjarées 
par des vallées plus ou moins iirofoiides et restent distantes les unes des autres faute d'un 
lien cémenteux qm les relie entre elles. 

Quand on regarde la bouche d'un Éléphant soit africain, soit asiali(pie, ou n'y voit qu'un 
T>elit nombre do dents molaires, parfois une |)airc seulement à clia(|ue mâchoire; d'autrefois 
une paire à l'une des mâchoires et deux à l'antre; d'autrefois encon; deux iiaires h chacune, 
et, à moins ([ue l'on n'ait devant les yeux deux Éléphants absolument du même âge, on 
trouve que leurs molaires, même celles (jui sonl réellement correspondantes entre elles, n'ont 
ni la môme af)parence , ni le même nombre de laraelles ou collines. Voici l'explication de celte 
singularité : 

Il résulte des rechen;lies des analomistes, principalement de celles de Corse et de Rlainville, 
que les Élé|)hants et même les Mastodontes ont six i)aires do dents à chacune des miichoires. 
Ces dents augmentent de volume (le|)uis la [iremière jns(iu'à la dernière ou sixième, el le 
nombre de leurs lamell(!s ou collines est aussi de plus en plus considérable. C'est dans les 
Éléphants asiati(iues et dans ceux qui ont vécu pendant la période pleistocène que les lamelles 
sont en plus grand nonilire. L'Éléphant asiatique a (juatre collines à sa première dent, huit 
à la seconde, quinze à la troisième, dix-huit à la (piatrième, dix-huit à la cinquième et vingt- 
trois ou même vingt-sept à la sixième. Ces vingt-(piatre dents surchargeraient énormément la 
tête si elles existaient simultanément aux mAchoires, el le jioids (ks cette têle serait encore 
au'^menté [lar la grandeur plus considérable «[ue ci^lles-ci devrai(int nécessairement avoir. Elles 
ne se montrent donc pas toutes (Misemble connne chez la plupart des autres Animaux, el les 
premières sonl di'jà usées en entier et onl disparu lorsque celles du milieu se montrent et 
servent à l'Animal; les dernières enfin n'apparaisscmt (pi'après (pie celles du milieu onl été 
mises hors d'usage, el les (juatre dernières de toutes, c'esl-à-dire une paire sui)érienrenient 
et une paire inférieurement, nvstent seules el sont déjà [irès d'être usées lorsque l'Animal 
arrive à la fin de sa carrière <■! ((u'il metnt de vieillesse. La succession des dents molaires 
s'opère ainsi par Ilots d'une manière lente mais léglée, (il l'on en admet trois ttols difnjrents, 
c'est-à-dire trois apparitions légulières. Les dents se montrent deux par deux, d(! chacpie côté 
de l'une et de l'autre màclioin;. Le degré plus ou moins avancé (k; l'usure (l(> chacuiie d'elles 
détermine les différences «lue l'on remanpie dans le nombre total d(^s lamelles ou collines 
pour chaque flot. On sait en efkit que les dents commencent toujours par user leurs lamelles 
antérieures, et que celles-ci disparaissent même; de sorte ([ue les dents à 8, 10 ou 15 lamelles 
finissent par n'en avoir (pie tjuelques-unes lorsqu'elles ont servi p(!nilant un certain temps, 
el même i)ar les user toutes, (kî telle sorte que ce (lui reste des dernières tombe sous la 
forme d'un chicot lorsque la propulsion d'un nouveau tlot connnence à se faire sentir. En 
même temps, la partie anlé-rieure du bord dentaire se resserriN s'amincit, et, pour la màchoirt; 
mféneure, du moins, le prolongement en forme de bec de la partie syni|>liysaire s'allonge 
concurremment. J( est évident en effet que les dents ne viennent pas se placer l'unci après 
l'autre au même point et la masticatinn s'opère successivement sur des lieux différents ,t suc- 



FAMILLR DES ÉLI^:PH WTmÉS. 125 

cossivomont diliiti's des (is niaxilliiiics. Clic/, les Mii^tudoiiles nu voit souvent trois et inôinr' 
quatre paires do molaires (jui fi»iietioiiiieiil en même temps; mais cela n'a litiu (pie pendant 
la jeunesse, épo(iue durant la(iuell(! les dent-^ sont bien moins volumineuses (juo celles (jui 
apparaîtront derrière elles. 

Les Uinothériums n'ont (jue eini] [laires do molaires en haut comme en bas. Ces dents sont 
moins fortf's cpie celles dos Mastodontes ou des l^^léphants , et elles ont aussi moins do colline,-,; 
aussi les tronve-t-oii toutes eiisiMuble sur les ..làchoiros do ces Animaux (|uo l'on découvre 
dans le sol de plusieurs localid's. La présence d(! cin(i paires do molaires seulement cliez 
les Dinolheriums constitue une présomption en faveur de l'opinion de ipielques naturalistes, 
qui n'admettent en tout (pie cini] paires do molaires à chacune des mâchoires des Mastodontes 
ou des Élé[)hants, au lieu de six connue nous l'avons dit d'après de Blainville (\\ù a fait une 
étude attentive du système dentaire des Proboscidions lorsiiu'il a traité de ces Animaux dans 
son Osldographic. 

Il est une autre question résolue dès à présent pour les Dinotlieriums et les Mastodontes , 
mais [)our la solution de la(iuello l'élude anatomi(iue des Éléphants n'a encore fourni aucune 
indication. Cette difnculté est relative aux molaires de lait. On constate (pie clie^ les deux 
genres éteints (pii viennent d'être cités, les premières molaires sont chassées par dos dents 
poussant au-dessous d'uiles, comme les dents de remplacement des autres Ainmaux, et non 
en arrière comme celles des flots successifs chez les Éléphants : rien de semblable n'a encore 
été constaté chez ces derniers. Us sont peut-être dans le cas de certains Honneurs, dont nous 
avons précédemment parlé, qui perdent leurs dents molaires de lait pendant la vie inlra- 
utérino. 

La gestation des Éléphants est de vingt mois; eu venant au monde les petits ont près d'un 
mètre de hauteur; ils marchent assez facilement pour suivre leur mère. Aristote avait déjà dit 
(|u'ils lettcnt par la bouche et non par la trompe, mais la plupart des auteurs (jui s'ont venus 
après lui ont contesté son assertion, et Duffon , dans les belles pages qu'il a consacrées à 
i'Élé[)l)ant, leur a donné raison. « Le petit Ék'phant doit, dit-il, teter avec le nez el porte, 
ensuite à son gosier le lait qu'il a pompé; cependant les anciens ont écrit (pi'il teluit avec la 
gueule et non avec la trompe; mais il y a toute apparence (|u'ils n'avaient [loint été témoins 
du fait et ((u'ils no l'ont fondé (jue sur l'analogie , tous les Animaux n'ayant pas d'autre manière 
de teter. » Cette dernière considération aurait dû engager Buffon à se ranger à l'avis des an- 
ciens, mais ce ne fut (pie plus tard, en 1782, (lu'il racce[)ta comme vrai, ayant été inforiiK» 
du fait par une personne (pii avait vécu près de trente ans au Bengale. L'allaitement dure 
environ deii\ ans, et ce n'est (pi'à l'i^ge de «luinze ou vingt ans que les Mammifères de ce genre 
sont aptes à engendrer. 

Tant (pie les j(mnes Éléphants sont encore faibles, les femelles on ont le plus grand soin, 
et ceux (pii tetteni encore s'adressent indistinctement aux différentes femelles de la trouiif dont 
ils font |iartie. 

Le système osseux des Éléphants présente plusieurs particularités assez notables. LeurcrAne 
est volumineux, mais sa face est assez raccourcie. Son grand développement apparent lient 
à la présence d'un grand nombre de celluN.'s interposi5es entre ses deux tables osseuses, 
I)rinci|)alt?mont dans les frontaux, pariétaux, occipitaux, sphénoïdes et maxillaires. Ce vaste 
système de cavités reçoit d(! l'air, et diminue d'autant le poids de la tête, (]ui serait énorme s'il 
répondait à sou volumt;. lia màchoin; inférieure, ([ui man(|ue de dents incisives, a sa symphyse 
terminée par une pointe simulant une saillie en forme de bec. Le cou est court et ses vertèbres 
out leur corps aplati. 

Les vertèbres dorsales et les lombaires ont leurs apo|ihyses épineuses longues et couché'es 
en arrière; le nombre des premières est assez considérable, et les c(Mes (}ui s'y insèrent 
protég(!nt uon-seulemcnt la cavité thoracitiue, mais uue grande [larlic de la cavité abdominale. 
La queue ne descend pas plus bas que le jarret. 



I 



I I 




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12fi nnDRR DES PROnOSGIDIENS. 

Voici io iiomliro dos \ orlchros proi^res ù cliutniu K'yioii el celui dos cAlos 

l'il.lîlMIANl 

d'Afrifjnc . 'Iv l'iiidi . ilv Suinalrn, 

Vorlc'bros cnvicalos 7 7 7 

— <|()rsaios 21 19 20 

— lomliiiii'os 3 3 3 

— Mici'ôos 4 5 4 

caudales 20 'M 34 

Paijos de vraies cùlos 

— fausses crtles 15 1 ;< H 

Les Élôpliauls n'ont pas do clavicules. Leur oiuoplulo a une foniio assoz pailiculiùrc. liOur 
liiinimis iiian(|uc, comme Ions leurs os lon;;s, do canal médullaire; le tissu de son intérieur 
est uréolaire spongieux. La pinUie inféiieun; d(! leur hinnérus n'a pus de trou sus-condviien. 
Le radius reste toujours distiiu ' du culiitus (|u'il croise on awuit. Le fémur n'a pas do 
troisième troclianter; il est iiroporlioiniellement plus lonj; ipie celui des autres ongulés. Le 
péroné ne se soude pas au lihia. L'astragale a une forme particulière, et il y a v\\n\ doigis 
aux pieils de derrière, comme à ceux de devant. Tous ces doigts appuient sur le sol par leur 
extrémité terminale. Dans aucun des s(iueleltes (jn'on a prép<nés, ji! n'ai encore vu les pha- 
langes onguéales, (|ni doivent être fort petites, si elles s'ossifient réellement. 

Le cor\ .111 dos Eléplianls est plus volunnnenx ipio celui d'aucun Mammifère Icrrostro, 
sans en e\t epter l'Homme, mais il est autrement conformé (pie celui do co dernier. Il relève 
du mnn(! type général ipie ciilui des Ongulés, et il a, comme le leur et comme celui des 
Cétacés, des circonvolutions nombnnises et étroites à la surface de ses liémisplièros. 

Le canal inlestiniO d(!S mêmes Animaux est fort long; il a aussi dans pres(|uo toute sa 
longueur un diamètre plus grand que celui d(! la plupart des autres Mammifères. L'estomac 
n'est pas conipli(pié comme chez, les Humiliants; il est étroit et allongé. Le cœcum est consi- 
dérahle dans l'Éléphant d'Afri(iuo, oli il atteint ipjatre ou cinq décimètres, et dans celui d'Asie, 
oîi il en a huit ou neuf. \a' canal int(!stinal mesure en tout dix-neuf mètres et demi dans le 
premier do ces Animaux, et vingt-huit dans l(! second, la longueur du corps étant à p(;u près 
la même, c'est-à-dire un peu plus de d(!ux mètres et demi dans I'iuk; et dans l'autre espèce, 

Déroilot(! est hs i»lus ancien des auteurs grecs tpii aiiMit parlé de ri'Iléphant, il Io cilo, ainsi 
que l(! Lion et (juelipies autn>s Animaux , parmi les i)rodnctions de la Lyhie ori(Mitale; el dans 
un autre passage, il dit (jue les ftihiopiens, voisins de TÉgypte, [lortaient tous les trois ans h 
Darius vingt grandes dents d'Élépliants. CiiK] cents ans avant Darius, l'ivoire était d'ailleurs 
connu des halntants de l'Asie Minenn^ il est aussi mentionné dans les poésies homéri(iucs; 
et nous avons déjà rap|ielé (T. I, p. 70) que les Hottes réunies du roi Iliram et d(! Salnmon en 
rapportaient aussi tous hvs trois ans. L'ivoiri; est désigné dans le texte liébreu sous le nom do 
sissahii». Toutefois, ce ne fut guère cpi'à l'épiique d'Mexandre (|uo l'on eut des renseignements 
circonstanciés sur les \ninianx dont il provenait. Arisloto en parle avec assez de détails el 
ce qu'il en dit est fort exact. Ils étaient dès lors employés dans les combats, dans l'Asio 
Mineure aussi hien que dans l'Inde. Il paraît (pi'Alexandrc est le |)remier dos princes euro- 
|)éens (pii en ait eu à sa disposition. Il les avait coïKpiis sur le roi indi(^n Porns, l()rs(jiril |o 
vain(piit et le fit prisonnier, (le fut Séleucus Nicator (|ui commanda h? corps d'armée dont ces 
l"îlépliaiits lireiit partie, et plus tard il en recul lui-même ciinpianle de Sandrocolus, lorsqu'il 
reconnut à ce dernier le Penjaul) et (pielques autres in'ovinccs indiennes que Sandrocotus 
avait soulevées aiirès la mort d'Alexandre. 

Los Plolémées, qui héritèrent de l'Egypte, possédèrent comme les Sélouoides, en Syrie, do 
nombroux Éléphants; mais ce furoni, à co qu'il paraît, do*: ftléphants de l'ospèco africaine. 



lir ii 



FAMILLi: DES ÉLl';i»llA\TII)i:;8. 127 

cl à 1/1 bataille Hopliiii, (jui oui liuu 2J7 uns nvanl l'ùro ncluollo, IHolL-mw-PInloputor fu 
comballio soixmilo-tiTi/n ,lr cos Ki)^m.losf|u..s Aiiim,iux contre (Jeux cents, irnutros .lisent 
cent deux, tous do IVspùco Jisiati.|ue, ijui étuient dans l'armi-o d'Antiodius io (irand, do la 
dynastie des Séleueides. L'hisloiro militaire fait mention dos Él.:!pliunts dans beaucoup d'autres 
circonstances; ils jourrenl un «rand rùle dans les armées de-s Carthaginois. Annibai en 
conduisit en Kurope pendant la seconde «uorr.! puniipie, et pour les amener jus,pi'en Ftalio, 
Il leur fit traverser l'Kspasno et la (Jaulo méridionale. Trois .les .piaranlo Éléphants .pi'il 
posse.lait en .|uittanl l'Espasoe avaient péri, lorsqu'il traversa le Hh.Vie; et, suivant I»olvbe, 
les ironlo-sepl .pu lui iTsi.Menl moururent tous, à 1', vception d'un seul, à la bataille .Jo la 
irohio, oii.cepon.lant, Annibal fui vainqurair. Ce. Él.'phanls .Haicnl sans .loule de l'espéco 
arri.'.anie, ainsi .pie ceux pris aux Carlliaj,'inois, <|uo les Romains opposèrent, comme nous 
lavons .l.yi rappelé, aux Éléphants asiati.pies d'Antiochus le Crand, lorsque les conseils 
d Anmbal excitèrent celui-ci à leur .lirlarer la guerre. 

Les Homains avai.ml .l.^jà possédé d.;s Éléf.hant^ asiati-iuos on l'an -179 .le Home (273 avant 
Je.us-Christ) ; Ciiriiis D.'ntalus, vain.piPur.le Pyrrhus, leur avait pris .pialre .le ces Animaux, 
que Pyrrhus lui-m.mie avait .enlevés à Démélrius Poliorcète, roi .le Mac.'.l„ino. C'étaient les 
pi(!miers .|ue l'on avait vus en Italie. Comme ils avaient été.léhar.piés à ïarenle, les Romains 
leur .loniier.Mil Io nom .lo liœufs do hwmik: Ils parurent au triomphe .le Cuiius Dentatus. 
Le nombre .le ceux qu'on anir,,.. depuis lors à ||.,ni.', soil pen.lanl la répuhli.iue, soit pendant 
empire, paraît avoir été consi.lérable, et, en 122 avant Jésus-Christ, lors .le la guerre contr.! 
les Allobro-es, il en fut con.lnit en (Iniiie. 11 en .'sl .piestion dans deux .les affaires qui .■nient 
heu h cette épo.pie, l'une sur la Sorgue, entre Avignon cl ( opentras; l'autre, au connuent do 
llsero cl du Rh(')ne. 

Il n'était pas inutil.Mle rappeler ici ces détails bislori-iues, car on a souvent attribué aux 
hlephants des Carthaginois ou à ceux d.ss Romains les nombreux ossements .Je Probosoi.li.ius 
«juo l'on trouve si fré.iuemment .lans le sol d'une grande partie .le l'Kuroiie; mais il est bien 
-iemontre aujour.riiui <pie les Éléphants fossiles onl été ensevelis par le sol à une époque bien 
antuncure, qu'ils sont d'une autre espèce, et «pi'il y on a dans un.; multitude de lieux , où ni 
les anciens, ni les modern(;s n'ont jamais conduit les Éléphants qu'ils ont poss.-dés, soil 
comme Animaux do guerre, soit comme objets de curiosité. Lo nombre do ces derniers, si 
considérable qu'on le suppose, n'est presque rien en comparaison .le celui des in.lividus réelle- 
ment fossiles, ol nulle pari encore on n'a retrouvé en Kuropeun seul ossemenl .[uo l'on puisse 
raisonnablement attribuer aux Éléphants que les anciens ont conduit avec eux. 

Pendant I.! moyen âge il ne parut en Kuropc qn-iin petit nombre d'Éléphants. Le calife 
naroun-al-Raschid,.pii sollicitait l'alliance de Charl.>inagiie, lui en envoya unijuifut débarqué 
a Pise on 8()| ol conduit do là ù Aix-la-Chapelle. Cet Éléphant mourut en 810. En 1229, 
l'redenc IF, à son retour .le la Terre sainte et ai)iès avoir conclu la paix avec lo Soudan 
'I Egypte, ramena un Eléphant, sans doute d'espèce afriruine, et en 1254, à son retour 
du Syrie, saint Louis on eut un .pi'il donna bientôt au roi dAiigk't.uTO Henri 111. 

Plus tanl, lors.iue les peuples .le rRuro|ie occi.lenlale, et en particulier les Portugais, 
eurent établi .les relations avc'c le Héni'gal et la C.He de Guinée, on obtint de nouveau quel- 
ques Eli'phants. En lôM, Emmanuel, roi .le Portugal, .mi envoya un au pape L.'on X. 
l'endant le même temps, il y en avait aussi à Constanlinople et au Caire, ainsi que cola 
..■st assuré par lo témoignage de Busheck et .1.; Prosper Alpin. Depuis le xvii" siècle, ils onl 
eto plus fré.juents, cl l'on on a promené, .;omine objets de curiosité, dans une grande partie 
de l'Europe. La Ménagerie ontrotenue par Louis XIV à Versailles en a possédé un qui était 
de l'espèce africaine; c'était un présent du roi de Portugal. Il avait été rapporté du Congo 
en 16G8. et il vécut à Versailles jusqu'en 1681. Sa dissection fut faite avec détail par les 
anatomistos de l'Académie des Sciences et publiée par les soins de l'architecte Claude Per- 
rault, ifi célèbre auteur de la colonnade du Louvre. Le squelette de cet Éléphant est encofo au 



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128 ORDHK DRS pnOllOSCÎDI KNS. 

Cabinet d'Anatomie comparée. L'Éléphant d'Asie, qui est encore employé dans l'Inde comme 
Animal domestique, est celui que nous voyons le plus souvent en Europe, soit dans les 
luiîiiagories nationales, soit dans les ménageries ambulantes, et je doute môme qu'il y ait en 
ce moment d'Éléphant africain, autre que celui de la Ménagerie du Muséum qui fut offert 
en 1820 au roi Charles X par le pacha d'Egypte. 

Autrefois on n'avait pas cherché à prendre une connaissance exacte du squelette de ces 
Animaux , et il avait été par suite impossible de reconnaître la véritable nature des grands 
ossements appartenant à des Mammifères du m^me genre ou de genres peu différents que l'on 
trouve si souvent enfouis dans le sol. On sait maintenant qu'il y a des ossements fossiles de 
Proboscidiens non-seulement en Europe et en Asie, mais aussi en Afrique, dans les deux 
Améri<iues et jusque dans la Nouvelle-Hollande; mais ils sont toujours différents par leur 
espèce de ceux dos Éléphants de l'Afrique ou de l'Inde, et nous ne connaissons encore que 
dans les dépôts tufacés de l'Algérie des débris d'Éléphants appartenant à l'une des espèces 
actuelles. Ils se rapportent incontestablement à l'Éléphant africain. 

C'est seulement vers la iin du dernier siècle que l'on a commencé à se rendre compte, 
d'une manière réellement scientifique, de la nature des ossements fossiles. Anciennement, 
on prenait ceux des Proboscidiens pour des os de géants, et l'on a cru, dans plus d'une 
occasion, y trouver hs restes des héros les plus célèbres de l'antiquité, ceux des géants 
dont il est ici question dans la cosmogonie biblique , ou môme ceux de quelques saints. 

Malgré la grosseur de leur masse, les Éléphants ne manquent pas d'agilité, et leur marche 
est moins pesante qu'on ne le croirait au premier abord. Ils ont le trot assez rapide, et un 
Cheval les suit difficilement lorsqu'ils veulent hâter le pas. En courant ils remuent leurs 
oreilles à peu près comme les Autruches étendent leurs ailes, et l'on a prétendu qu'ils les 
employaient quelquefois pour se diriger. Ils se tournent difficilement, aussi peut-on leur 
échapper plllis facilement en les obligeant à changer plusieurs fois de suite; il leur est égale- 
ment péniblede descendre les côtes ou les pentes un peu rapides, parce qu'ils sont obligés do 
tenir fléchies leurs jambes de derrière pour que la masse de leur tôte et de leurs défenses no 
les fasse pas culbuter en avant. Leur corps n'est pas si bas sur jambes que celui des Hippo- 
potames ou des Rhinocéros , et si l'on compare le squelette de leurs membres à celui de ces 
Animaux, on y reconnaît môme uac sorte de gracilité, qui est plus évidente encore pour le 
fémur que pour les autres os. 

Les Éléphants vivent dans les lieux humides et d'une végétation active; comme ils con- 
somment une grande quantité de nourriture, et que leurs troupes sont quelquefois assez 
nombreuses, ils ont bientôt dévasté les pays où ils se tenaient, et P leur faut en changer. 
Leurs bandes sont conduites par quelque vieux mâle qui a sur elles in grand ascendant. Ils 
entrent souvent dans les marécages et peuvent traverser des fleuves à la nage. Ceux que l'on 
tient dans les ménageries aiment aussi beaucoup l'eau, c'est pourquoi >n les place auprès do 
grands bassins dans lesquels ils entrent souvent pour plonger tout à fait , se contentant do 
prendre au moyen de leur trompe l'air qui est nécessaire pour leur respiration. L'excès de la 
chaleur ne les fait pas moins souffrir que celui du froid. 

Nous dirons quelques mots sur les caractères distinctifs dos Éléphants actuels, et sur ceux 
des Animaux éteints (\m appartiennent à la même famille, en passant su.^cessivemont en 
revue les genres Éléphant, Mastodonte et Dinothérium. 

GENnE ÉLÉPHANT {Elcphas , Linné). Animaux proboscidiens, n'ayant de dents inci- 
sives qu'à la mâchoire supérieure; ces dents, toujours plus ou moins longues, sortent de 
la bouche sous la forme de défense; molaires au nombre do six paires, ou peut-être de cinq 
seulement à chaque mâchoire, n'existant pas toutes en inéf!>e temps, formées à la couronne 
par des lamelles ovalaires ou lozangiques, dont los intervalles sont comblés par do la sub- 
stance cémonteuse. Ce genre comprend des espèces vivantes et d'autres qui sont éteintes. 

ceux do l'Inde sont généralement rapportés an môme genre 



Les 



L'phants 



ique 



inde comme 
joil dans les 
qu'il y ait en 
qui fui offert 

lelette de ces 
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IX dos géants 
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Ceux que l'on 
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t-Ctre de cinq 
à la couronne 
)ar do la sub- 
t éteintes. 
1 ml^nw genre 







tLtYa^m I)Ï.S \^V)Y.S Vï-VtvW \uAuu*\. 



„/■ 



\V 







FAMILLE DES liLJ^HMIANTIDÉS. ^29 

par les naturalistes. Copeiuiaiit on romarquo ontro eux plusieurs différences dont la valeur 

pourrait Ire regardée comnio généri,uo; telle est, en particulier, la forme deT cl ined 

ws ents molaires. Quoique che. les uns et les autres, les intervalles qui épa en es eol 

vin M '' r"'"'. '""^"'" ''" '' "» ^"''^^""'^^ ««^''»- "°"'™'^'« •'^•'"«nt. les lobes de 

' en n ,'T; ?"' '\ "'"""" ^°"' ''"^'^ ^"^ ^•^"'^ "^«'^«^ «-«^ ^ff-^rents. Dans les 

Mephanls de I Inde et dans ceux qui ont autrefois vécu sur une grande partie do Vhé2 

Phere borea les collines sont étroites, assez serrées les unes contre les aut es et par su"(^ 

ou r^'' r r^ "'rf ' ' '^ *^°"""'" ^« '« ^-^ «^^^^^ ^- rubans tra;™xpù 
ou moms ortement festonnés à leur pourtour qui représente une ellipse tr s-allonS 
Dans les Eléphants propres à l'Afrique, les collines sont n.oins nombreuses et m ns t"u ' 
et lorsque Pusure permet de les apercevoir à la face triturante, elles se montrent au mi en Ju 

n™ -É^l^Tf '°"T '"f ■' "" ^"' " ^"^'«"' •=«"^"" «^^ ^™ ^ -paiergï ut- 
mont 1 Eléphant africain d'avec les autres, et à donner à cette nouvelle division le nom de 

lo.rodon(o signifiant dents à losanges. Sous ce rapport, l'Éléphant africain a p us d'à" ait 

avec les Mastodontes; mais l'intervalle qui existe entre les collines de ses mola Les es on 

bl.._par du cément, tandis que les Mastodontes ont pour principal caractère Tne pas "„ 

L Nous parlerons d'abord des Éléphants proprement dits ou des Proboscidiens , tels que 
e^ Éléphants asiatiques, l'Éléphant fossile et plusieurs autres, qui ont les collines des mo ahe! 
étroites. Quelques auteurs leur ont imposé le nom d'ÉL4SM0D0NTES 

n.l'n'"*"- '''^''' ^^^"^''"' ^''■"''■'"''' B'»™«"bach). Les anciens auteurs, et même 
Kuffon, n avaient reconnu qu'une seule espèce d'Éléphants; mais lorsqu'on a pu com^rer 
de Animaux africains de ce genre avec ceux que produit l'Asie, il a été facile do constae 
qu Ils n'o frent pas les mêmes caractères spécitlques, et nous venons de voir que dans w 

Ter Ju -(^eT; Hl' ''?rir ^'''"""* "^ '"™^"^ ^"'^^ ^"-^ -' -'- »- V -r 
guiei que. Gest à iilumenbach, à Pierre Camper et à G. Cuvier que l'on doit d'avoir les 

premiers, fait ressortir les différences fournies par le squelette et par le systèm denta e u 
parent les deux sortes d'Éléphants que nourrissent l'Asie et l'Afrique Ces ÉlXs r" 

présentent seuls, dans la nature actuelle, l'ordre si curieux des Proboscidiens. 
Les Eléphants asiatiques vivent maintenant dans l'Inde continentale, principalement dans 

le royaume de Siam, dans l'empire des Birmans, au Bengale et dans l'Hindous Ïn ^y en a 

u te est large, aplatie sur le devant du front, renflée au contraire sur ses côtés et comme 
echancree à sa partie supérieure; leurs oreilles sont moins grandes que celles des É éphlt 
Afnque; leurs proportions sont un peu différentes; il y a aussi quelques particulari é 
chstinc^-es dans la forme des os, et, comme nous l'avons déjà vu,' dans cel^ des dël 

La couleur des Éléphants d'Asie est d'un gris terreux passant au brun, et leur corps n'a 
u un res-petit ;iombre de poils qui sont en général assez courts. Comme cela se voi aussi 
1 ns le pece africaine, l'épiderme est considérable, surtout par endroits, et le derme es 
suscep ,ble de se dessécher rapidement ou même de se crevasser, ce qui oblige à "er le 
orps de ces Animaux, lorsque l'on veut les entretenir en bonne slnté. Lorsque leur p «u e 
umule, et en particulier lorsqu'ils viennent de se baigner, on aperçoit sur plus ëirspoin 
e eur corps, princ paiement sur leur trompe ou à son origine, des marbrures ou des tache' 
^Z^:Z::^r^^' couleurdochalr. Chez quelques Éléphants, que les MaSi 
•es indiens estiment de préférence aux autres et auxquels ils accordent parfois les honnenr, 
divins, la couleur est entièrement blanc rosé : c'est le résultat d'une so te d'albin,"m 
Cer ains peuples des bords du Gange pensent que les Éléphants blancs son Imé p^^^^^^^^ 
nX T '"'''T '?' '' ''' P''"*^^^ "' ^'«'"' ^" P^o^û et de quelques autreTcon ré 

1 7 



130 



onnnR des prohoscidirns. 



rospectablo Animal dans loin- palais cl lo font servir avuc magniflconco par do nombreux 
domosli(|iies. 

Les défenses des Éléphants asiatiques sont, on çrénéral, moins for. .'S que colles des Éléphants 
africains, et chez les femelles elles arrivent encore à ch^s dimensions moindres. On appelle 
Moohia les nifllos<iui n'ont pas les défenses plus grosses ([ue celles dos femelles; au contraire, 
ceux <iui en ont do grandes sont appelés Daiintclali, du mot daimd qui signifie dent. Celte 
différence n'intluc pas sonsihlemont sur U\ prix des individus apprivoisés (pie l'on vend pour 
le service, mais lors(]ue les Européens ne connaissent pas lo caractère d'un Éléphant, ils aiment 
mieux racheter mookna, parce (jue s'il est méchant ou s'il lo devient, il sera moins difricile à 
dompter. Il y a une infinité de variétés i)armi les dauntolahs par rapport à la direclion et à 
la courbure de leurs dents; les plus estimés sont ceux chez lesquels ces organes approchent 
davantage do la direction horizontale. Les Indiens ont un respect superstitieux pour les 
dauntolahs ([ui n'ont (lu'uno seule défense. 

Les Animaux do celte os|)èco sont les seuls qui soient maintenant employés d'une manière 
suivie et que l'on puisse api)eler domestiques; encore ne lo sont-ils pas à la manière des 
autres iMammifères, puis(iu'ils ne so ro|)roduisenl ([u'en dehors do noire influence et (juo 
tous les individus que l'on emploie sont des individus sauvages (juo l'on a apprivoisés. La 
chasse et l'usscrvissenient des Éléphants sauvages sont les seuls moyens (|ue l'on ail de se 
procurer ces Animaux, 




Aux Indes, on prend les Éléphants de deux manières, en troupes ou isolément. Une troupe 
enlière doit être attaquée par un grand nombre d'Hommes armés qui so placent on cordo 
autour d'elle , l'effraient par le bruit des tambours ou dos armes à feu , par la flamme , etc. , 
en même temps (lu'ils se prêtent mutuellement secours pour empocher les Éléphants do fuir par 
tout autre côté que celui ou ils veulent les conduire. De cotte manière on fait entrer toute la 
horde dans une onceinlo préparée, entourée de larges fossés et do palissades composées 
d'arbres plantés profondément, soutenus par dos barres transversales ou par des arcs- 
boutants. L'entrée do cette enceinte est garnie de feuillage cl ressemble le plus possible au 



r. - 



Jo nombreux 



FAMILLK l)i;S KLlii'HAINTlDÉS. 13J 

senlier or.linniro .l'une UnH. Cependant r^h'-plunU ()ui est à la ItHo do cette Imiide hésite 
longtemps avant do s'y introduire; mais une lois.|u'il s'y est décidé, Ions les autres le suivent, 
comme on voit sur nos eûtes des troupes de Dauphins donner inévitahK'ment sur l'écueil oÛ 
leur guide vient d'échouer. Après .[ue la troupe dos Éléphants est tonUiée dans le pi.'.ge (pi'on 
lui avait tondu, il s'agit de les isoler pour les dompter iudividuellenieid. Les cris îles Hommes, 
les llambeaux, le bruit des mstruments les arrêtent dans les efforts (ju'ils tentent pour passer 
le fossé ou renverser les palissades. On leur place la nourriture sur un échafaud situé [irès 
do l'entrée d'un couloir, et on les attire ainsi un à un dans ce passage (jui est trop i-troit pour 
iiu'ils puissent s'y retourner. Dés (juo l'un d'eux est entré dans le couloir, on en ferme la 
porto, et l'Animal est aussitôt arrf'té par d^s traverses (ju'on lui oppose en arriére et en 
avant; on prend ses pieds dans des nœud:i coulants, on lui enlace les jambes et on ne tarde 
pas à dominer sa fureur. 

Il ne faut pas autant do préparatifs pour prendre les Éléphants isolés; mais do (luolquo 
manière qu'on s'en soit rendu maître, leur éducation est !a mémo (jue colle dos individus 
dont il vient d'être (|nostion. Après les avoir matés, on les livre à des gardions, assistés de 
(|ucl(|uos valets, (pii les habituent à l'esclavage par iin mélange do caresses et de menaces, 
en les grattant avec de long bambous , en les aspergeant avec do l'eau pour les rafraîchir' 
en leur donnant ou leur refusant la nourriture, etc. QueUiuefois on a aussi recours aux 
chiUiments et on les frappe ou on les piijue avec des bAtons garnis d'une pointe do fer. Le 
maître s'ai)procho ainsi d'eux par degrés , jus(iu'à ce ((u'enlin l'Éléphant qui lui a été confié 
lui permette do monter sur son cou, région .le la(iuelle on dirige plus facil(>ment les mouve- 
ments de ces Animaux. Il faut environ six mois pour qu'ils en viennent à ce point de docilité. 
Cependant on no peut jamais compter sur une parfaite réussite; car lorsiju'un Éléphant, 
([u'on croyait bien apprivoisé, vont s'enfuir, tous les efforts de son conducteur no sauraient 
l'arrêter : les mâles, surtout ceux qu'on a pris séparément, sont toujours plus ou moins intrai- 
tables; aussi exigent-ils plus de sévérité (jne les fen.ellos. 

Dans les forêts, tous les nulles ne restent pas dans la compagnie de leurs semblables; 
quel(iues-uns s'isolent des autres ou sont repoussés par eux. Lorstjue les Indiens veulent s'ei'i 
emparer, ils amènent avec eux des femelles dressées à cet effet, et ils attendent, dans (lueliiuo 
K.'traito voisine, l'Éléphant marron, (jui est plus ardent quo les adres, et va s'approcher de la 
femelle. Des qu'il est venu, ils l'enli^cent au moyen de fortes cordes et le laissent pendant 
quelque temps attaché à un arbre, puis ils viennent le reprendre lorsque, abattu par la faim 
«■l par la privation th; sa liberté, il a en partie perdu sou caractère farouche; alors il se laisse 
plus aisément conduire. 

Des observations encore assez récentes ont conduit M. Temminck à regarder, comme 
formant une espèce distincte dos véritables Éléphants asiatiques, I'Éléimiant de Sumatra 
[liloplins Sumalrnmis , ïemm.), ([ui ressend)le à l'espèco ordinaire par l'ensemble de ses 
caractères, mais (lui présente [)lusieurs particularités indiquant tout au moins une raco bien 
séparée. 

L"s ellipses (juo la trituration met en évidence 
sur ses molaires sont moins étroites; il y on a 
aussi un moindre nombre ; ses os inter-maxil- 
laires sont plus courts et plus resserrés ; la cavité 
nasale est moins large; l'espace compris entre 
les orbites est plus étranglé, au contraire de la 
partie postérieure du crûnc qui est |)!us large. 
11 y a une vertèbre dorsale de plus, c'est-à-dire 

vnigt en tout, et une vertèbre sacrée de moins, ce qui réduit le nombre de celles-ci à quatre au 
heudeciiKi. M. Tenninnck en a vu trois squelettes, dont un jeune du sexe niAle, et deux 
adultes, l'un nu\le et l'aulne femelle. J'ai é^rulemcal (■(iiistalé la présence de vingt vertèbres 




DcnMÈnB MomnB iNFÉiiiEtnE riK i/Kléimiasi de Sijutb», 
)/î (lo grand, 




'32 OUDHK DKS PHOIJOSCIDIENS. 

(lorsdlos sur lo s(|iiolelto d'un Él(''|iliunt dont lu peau préparûo est inaiiilcsinuit .lq)().st'(! ilaiis |p 
palais (lo Sjfloiiliam , mais jo n'ai pu savoir si cet Aniiiiul élait rûollement origiiiairo .le 
Sumatra, co (pii est pourtant [(roliaMo. 

Elki'Iiant kossilk [Eh'phns primigcnhis, Hlumenhacli). Il a vécu en Europe, dans le 
nord do l'Asie et dans une grande partie de rAméri(|ue méridionale, des l-lléphants assez rap- 
|irocliés par leurs caractères des Elvphds asialiciis, mais dont l'es|ièr(! peut néamnoins Titre 
séparée do la leur, si l'on tient compte de la forme diflérente d(! leur crAne, do la Kraiithi lon- 
gueur des défenses, du prolonf,a'ment lubifonuede leur alvéole et de (luehpies autres caractères. 
Kn Kuro|)e, les Élépliiuits fossiles ont été contemporains des fjrands Bii'ufs, des Hliinocéros à 
narines cloisonnées, des Hyènes, des grands Ours, etc. L'Homme n'a {,'ardéaucun souveiiirdo leur 
ancienne existence, et pendant longtemps leurs ossements ont été considérés comme piovenant 
des géants humains quo l'on supposait avoir existé pendant les époques dites liéroïipies. On 
u commis à leur égard beaucoup d'autres erreurs, et, dans certaines localités, les p;'nplcs 
sauvages les attribuent à une grande espèce d'Animal, essentiellement souterraine, (pii meurt 
dès qu'elle vient h la lumière. Dans l'Amérique du Nord , une fable peu différente a été imaginée 
à propos des ossements du Mastodonte, et les Indiens donnent ù l'Animal dont ils proviennent 
lo nom do Père aux Bœufs. Lo premier Européen qui ait signalé ces derniers , on itarlo dans 
une lettre adressée, en 1712, à la Société royale de Londres. U ne doute pas (jue co no 
soient dos os humains provenant des géants dont il est fait mention dans la Gcnvse. 

U est possible (lu'il y ait plusieurs espèces parmi les Éléphants signalés dans les ouvrages 
des naturalistes, sous le nom d'jF. primigcnius. Leur extinction paraît remonter à l'époque 
du grand cataclysme diluvien. C'est dans les graviers (pii furent alors déposés et dans les 
atterrissements, remontant aussi à la môme é|)oque, (pie l'on trouve leurs débris. Dans les 
terres gelées du Nord, ils so sont conservés avec leurs parties molles, et l'on en voit parfois 
des cadavres entiers, lorsque l'on fouille le sol ou que les inondations de l'été viennent à 
l'entamer après en avoir un peu élevé la température. La chair de ces Éléphants diluviens 
ost si bien conservée , qu'on a pu en manger, et leur peau est encore recouverte de l'épaisse 
fourrure qui les préservait contre le froid des régions arctiques. Quelques-uns des ossements 
qui ont appartenu à ces anciens Éléphants arrivaient à une taille supérieure encore à celle 
des mêmes os des plus grands Éléphants actuels , et l'on peut évaluer la hauteur de certains 
de ces Animaux à 12 ou 15 pieds. 

Des terrains plus anciens que ceux dudiluvium renferment des restes d'autres espèces d'Élt'i- 
pliants : il y en a en particulier dans l'Inde; (pielques géologues pensent m(\nio (ju'on en 
observe en Europe, mais cette opinion ne me paraît pas démontrée. L'une des espèces 
indiennes ou I'Éléphant camîsa {Ekphas cnnesa, Gautleyet Falconcr) , portait des défenses 
aussi longues que celles de VElephas primigenius. Elles ont 2"'20 sur une tète que l'on con- 
serve au Mus(îe britannique. Les autres espèces sont aussi fort intéressantes à différents 
égards; on les a nommées Elcphas mmndkus, insignis, hysiidrinis , bombifrons et CUftii. 

2. La seconde division des Éléphants, ou le genre Loxodontk de F. Cuvier, est surtout 
caractérisée par la forme losangiiiue des collines dentaires. Elle ne comprend (ju'unc seule 
espèce. 

Éléphant africain (Elcphas afrkams, niumenbach). U a la tête plus arrondie que 
l'Éléphant asiatique et moins large en dessus ; son front n'a pas la double bosse latérale 
qu'on remarque chez ce dernier; ses oreilles sont beau- 
coup plus grandes et plus rapprochées par leur bord 
interne ; enfin ses dents molaires ont leurs collines 
d'émail disposées d'après la forme losangi(}ue et ses 
défenses sont en général filus fortes. 

On trouve cette espèce depuis le Cap de Bonno-Es(ié- 
xance jusque dans la haute Egypte et au Cap Vert ; elle i/i ,i,. ^rund. 




FAMILLK DES ÉLKI'IIAMIDKS. 133 

cxihtc par coiiswniPiit on Mo/./iinliKiuc, on Abvssinii', on Gninéo et jiu SôniVnl. C'est ollo 
(|uc los CarlliiiKinuis eniiilovaiont, el il puruit (|iio les Cafros s'on sej'veiil iiiaintciiunt duus 

l|UOl(|llCS OCCUSiODS. 






^^■it«%^^ifj^'!'i^^'>?rt^--'jdv 



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l'ii.Ni At'nii:u.> 



ÉttiMiANT u AfBitfUE, )/40 lie groml. 

Beaucoup do voyageurs ont parlé de la chasse aux Éléphants, el l'on trouve, dans Lovaillunt, 
des détails curieux à cet égard. La chair do ces Animaux, l'épaisseur do leur peau, la valeur 
considérable do leur ivoire et les dommages qu'ils occasionnent dans les lieux cultivés , sont 
autant do raisons qui engagent l'Homme à les attaquer, et, comme on n'en tirerait guère do 
services en les prenant vivants , on les poursuit avec les armes à feu et on les tue pour on 
obtenir les seuls bénéfices auxquels leur possession peut donner lieu. Assez récemment , lo 
voyageur français Delcgorguo a publié, au sujet do leurs mœurs, des détails nombreux 
empreints d'un cachet particulier, peut-ôtre un pou trop original , mais qui paraît on garantir 
l'exactitude. Les récits de Delcgorguo sont d'ailleurs pleins d'intérêt ; on en jugera par lo 
passage suivant, (pe nous reproduisons textuellement pour lui laisser son véritable ca- 
ractère ; 

(I Nous étions sur la rive de l'Om-Kcuzi, oli do nombreux Éléphants avaient été vus adossés 
à une ponte haute et longue , çà et là coupée de ravins , et (juehiue pou boisée. Malheureuse- 
ment, quoique nous fussions encore à mille pas de la troupe, nous la vîmes fuir pressée par 
la peur. Il est vrai qu'elle s'était débandée; cette circonstance nous était du moins favorable, 
et nous promettait des avantages presque certains. Du reste , il n'était pas étonnant que là 
masse se fût laissé entraîner à une panique; beaucoup de femelles marchaient suivies do 
leurs jeunes, et dans cet état leur inquiétude est extrême. 

«Une partie, à cause de la disposition du terrain, devait passer à deux cents pas de nous. 
Ces Animaux se rendaient à la rivière; ils avaient pour eux la ponte, et furent si rapides quo 
nous arrivAmes trop tard. Sans aucun doute, ils avaient traversé l'Om-Kouzi. Nous remon- 
tâmes, furetant à droite et à gauche, profitant fréipiemment des ravins pour marcher en 
écoutant. Nous sorlions de l'un de ces ravins, a.liii de voir au loin. (-luiiKl un lourd détale- 



13i 



onDHK i>i;s ni()H()S(,ii)iKN8. 



mont so m onton.lic : lo l.iuit (icproclinil, npi.iwhail , H la poussim'! Un oscadioii .U> ces 
Aininiinx Irnttait A fDiiilrc snr nnns sans inloiition; dois ilr fmnl, onzo on tout 

<. Lo jMcn.iorjo l.'S vis: .. Dos l^lloplianls! K..lrli..l.aiia! Hnulan.ljr! attention' Masm.oz- 
<. vous ils nous passent .lossus; à Ix.ut portant, <.t pas p-'ur! o D.-s i.niss.His .■lai(>nl là; sit.H 
<lil, sit.U fait, \rai Dilmi! les ftlôpiianls no savalont rion do nolro prôsonco; n)ais uno imVsis- 
til'lo onvi.'. uno .lial)oli.|uo tontativc onlraîno cliann» .lo nous h Mmm la I.Mo pour voir avant 
.10 tiror. C'ost si nalur..] do s'assuror d'al.ord do la |.osilion, do la .listunco, .-t puis non-sculo- 
incnt cola, mais c'est (luo nous los sentions arriver m droite li^no sur nous. Ces Animaux 
pouvai(M.t, s'ils II.. n:ius renversaient ,|,.s pi.,.ls, nous fou.-tt.-r .le la trompe, .-t .pi.-l sonfllet • 
VniKl-e.n.i pas nous .s.-.paraient d'eux, ils nous vireni; mais l'impulsion trop f..rte ne leur 
pmiiit .p. une courho d'un «ran.! rayon à .iix pas do noiro .Iroile: ils allaient .l.'.lller, appuvant 
sur l.'ur î,'auclie. Jo pren.ls le pirmier, ,j., le lire ; il lo,nl.e, s'ofraissanl sur l(*s «..iioux. k..t." ho- 
.mna ,s'a,lr.<sso au seon.l. .p.i t..inl.e éKal.'inent aK.-nouill.^ sur 1.. pr.mtior. Hnulan.li.) liir • 
S..I1 hl..pliant toml.0. aussi group.', sur los ,|oux pr.;miors, et tous les sulvauls, juis.iu'au 
niiziemo, saj^oiuniillcnt successivemonl, 







« Don Diou! vingt fusils, .lua.anto fusils ciiargés, si nous los eussions eus là! ((Attra[)e a 
« recharger! garçons, et lo reste. .. Et lo rire, né do cetlo scène grotosii.io, nous ùtait .le la 
force et do la vitesse; los bras nous en tombaient. C'est iju'il leur fallut du temps pour so 
dépêtrer les uns dos autres, tant ils étaient entassés ptMo-mêle. A l'un dos derniers, j'eus en- 
core celui d'adresser un souvenir dans lo train .le derrière. 

^ « Un seul restait sur place, mais debout et paraissant nous défier; nous vîmes aussitôt qu'il 
était démonté do l'humérus : c'était celui do Kotchobana. A .]uatro ou cinq reprises différentes 
j essayai de me poster do manière à l'avoir aux trois quarts; mais arrivé là, l'Éléphant, comm.i 
s 1 eût eu conscience do mes desseins, me chargeait jusqu'à ce que la crainte de tomber le 
retînt. Jo dus, pour réussir, envoyer l)oulan.lj.> faire .liversioi, de l'autre côté, et al.M-s ma 



l'atlioii (lo cofc 





^■^> 



ni i ni 



IlEiiMliii: «ni.iiiiî lyrhiir.ynr m SIhiodomi nt l'Oim 
l/t (!.' grnn.l. ' ' 



KAMif.LK DR S i;:liU»ii,\ntii)i::s. ,35 

l".ll.. .lans l„ ....rvlln lo (it s-nfMssvv nm.l ro.nn... un c'.lid.o ,n..,uol n>. oulèvornit sa baso 
J;mw''s .1.. ...a vx^lo .•h.Hs.n.r, ot jn omis l,o„ ,U> lo .Ihv. jo .ù.vnis rtô „i „o fus .lopuis l.'.,„ni.; 
' n^ .lu ^-nro ,10 ...lui ,,no jo vùms .lo si,n..l...-; .-..pon-iant jo no suis pas .^l,.iK..é .lo cn.iro 

o.". ' !'" r"^, J':"'"""'' "'"'"^ "" l'-""|.o, un ..sprit .i-i„>ita.i.,„ ,,ui lon.l à leur faire 
lano a l.ius ce .pi ont fait l.'s |)roniiors » 

(iKNUK MASTOnONTK (Maslo^on, G. Cuv.). Los espèces .le eo genro ont toutes coss.5 
oxist.r, et leur h.sl„.r., sera exposée plus lon^uemeul ,lans lo volume .lo cotlo coll,u;tion, 

Si;;;;;;:'"':" : '; '•"•t""""^- •?•- j-^-^ « •"• ^"i-i-tto «sse. son.i.,a.,.e à ce^ 

.I.M. Phanls, .los .lents nmianvs ... .n.^n.e n.„„hre, mais .l.'.pourvues .1., ..ômenl ..ntn- leurs 
•••«iJiiios .|ui sont d'ailleurs moins nombreus.-s. 
le ir mAclioiro siip.'ri<>uro p.)rtaitiwiloiiionl deux 
Rnin.los in.îisiv.'s prolonj^ées .mi .lélonses, .-t plu- 
sieurs Mislo.loiil.'s avaient aussi une |>airo .l'in- 
.•isiv(\( ;'i In iiiAclioin' su|i.;rionro. 

Il y .1 dos .li'liiis fossiles .1.» ce ;^.Miro .lans li's 
U'rrains miocènes et dans ceux .lu pliocène pro- 
l'n'inent .lits. Le faux pliocène <l'Auvorf,'n.' on 
renferme aussi, mais il n'y en a pas dans les 
dépôts .liluvions,du moins .-n France. Ces débris 
sont nond.roux en l'uropo . t dans les doux Amérique. Il on fl nussi été rencontré en Asie, 
mais point encore .lans les îles indiennes. J'en ai sif,'nalé en Afri.jue , auprès Mo Con tantine,' 
et M. Owon a décrit une d.'nt trouv.'.'.!!! Australie, qu'on ne peut raiiportor qu'it une espèce 
du Konro Masto.lonte, ce «lui est .l'autant plus curi(«ux .|uo les autres ossem.>nts fossiles fournis 
jus.|u'i\ ce jour par I.! mémo continent sont îles ossements do Marsupiaux dont les espèces 
appartiennent aux fumilli's anjourd'bui répandues sur !o continent australien. 

Les Masto.lonles peuvent être partafîés on plusieurs sous,Kenrcs, si l'on lient compto 
des variations que présentent, dans la série des cs|u;cos, lo nondtro et la forme .les collines 
de leurs dents molaires, rallongement plus ou moins considérable de leur maxillaire inféneur, 
la |>n'senco ou l'absonc," d'incisives ù la même mAcboire, etc. Colles .lont les .lents ont les 
lollines en moindre nombre et on même temps plus .lislinctes entre elles, conduisent au genr(3 
suivant, .pie nous avons proposé .le placer aussi .lans l.( même ordre. 

«ilîMlH DINOTIIKHITM {Diiiotlwriitm , Kaup). Les trois ou quatre espèces éteintes q\ii 
rentrent .lans ce ^'..nro, acipiéraient une taille peu différente do celles des Éléphants et des 
Maslodonles. Leurs molaires, pour la jikipart à d.-ux collines bien distincl.is, n'élai.Mit 
qu'au nmidjro de cin.j à cliaipio mAcboire, mais an lieu de se succéder .omme celles .les 
antres Probosi'idioMs, elles existaient simultanément; de plus, les incisives inf.-rieures étaient 
i()it dév(>lopiiées et elles sortaient de la bouche comme les défenses .l.'s Élé|ilianls, et se 
|liri^'eaient inférienrement. 

Il reste (uicore beaucoup d'observations h faire sur ic squelette des Dinothériums. G. Cuvi.-r 
considi'Tait ces grands Mammifères comme .les Tapirs gigantesques, et d'autr.vs auteurs les 
ont classés parmi les Céta.-és. J'ai jiroposé .le les placer avec les Pr.)bosciiliens, .l.)nt ils 
semblent en effet terminer la série; c'est la manière de voir que de Clainville a sout.'uuo, 
en traitant .lu genre Dinotliérium dans son Osldographk. Los fossiles de ce genre qu'on à 
<lecrits ont été pour la plupart recueillis en France dans les terrains miocènes; on en signale 
aussi dans l'Inde. Ceux (ju'on avait iiidi.piés ù la Nouvellc-llollaiule ont été reconnus depuis 
lors pour .les restes de gran.ls !\Iarsupiaux qu'on a appelés Nolollwriums. 




ORDRE DES JUMENTÉS 




Anhnnux mammifères pourvus de quatre membres terminés par des 
omjles en forme de sabots, uniquement profires à hi locomotion 
ordinaire y non Insuhpœs, à doigts presque (jénéralanent impairs, 
plus sourent au nondu-e de trois que de cinq ou d'un f,cul; leurs 
membres postérieurs ont le fémur pourvu d'une sadiie externe placée 
au-dessous du grand trochanter et cpn a été nommée troisième tro' 
chanter; leur tarse na pas l'astragale en osselet, et leurs métatar- 
siens ou métacarpiens des troisième et quatrième doigts ne se soudent 
jamais en un os unique. Les dents sont de trois sortes , quelquefois 
bien caractérisées, d'autres fois difficiles à diviser en incisives véri- 
tables et en canines pour la mâchoire inférieure; les molaires, qui 
en sont séparées par une Iwrre plus ou moins longue , montrent à la 
couronne des replis ou des contours plus ou moins multipliés de 
l'émail que l'usure met en évidence et dont la complication varie 
suivant les genres et les espèces, ce qui fournit de bons caractères 
pour la classification. Le nomijre normal de ces dents molaires est de 
sept paires pour chaque mâchoire : habituellement les cinq intermé- 



niinnK f)i;s .m Mr,NTh':s. ,37 

fhntWs sont prosquo semh/nhh's entre elles, mais lu première, lorsqu elle 
r.n\sfe , e.st phspelife ffue les mitres ; celles de la mdvhohe sHpéieure 
sont pins f/rosses et plus compliquées que les inférieures. Lestomnr 
de ces Ammnu.r est simple; leurs intestins sont fort lonqs , et ils ont 
nu moins un eœeum , lequel est eolumineu.r. Le cerveau montre des 
r fréon valut ion s plus ou moins nombreuses à la surface de ses hémis- 
phères. Les mamelles ne sont jamais pectorales ; les orf/ancs reproduc- 
teurs rappellent la disposition que nous leur connaissons citez les Che- 
rau.r; le plarenta est polqcoti/lédonaire, sauf dans le genre Daman; 
la peau <'.v/ tantôt trè.s-éimsse et presque entièrement dépourvue de 
poils, tantôt, au contraire, moins résistante et entièrement velue. 

Les Jumenlés, auxquels appartiennent les Chevaux, les Tapirs, 
les Mhi„océi(.s et les Damans, sont des Animaux herinvores qui sauf 
les derniers, atteignent de grandes dimensions; ils ont pour la plupart 
des habitudes sauvages; leur naturel est presque toujours brutal, mats 
sans être féroce; ils vivent généridem ut en troupe et se tiennent 
dans les forêts sombres ou humides , dans les grandes plaines ou dans 
les montagnes, prenant presque exclusivement pour nourriture des 
substances végétales. Les plantes fourragères ou leurs qraines , les 
feudles des arbres, certains fruits, des écorces ou des branches consti- 
tuent leur nourriture lud,ituellc. L'Europe ne possède plus mie seule 
ospèce réellement sauvage de cet ordre, mais à des époques plus ou 
moins reculées elle en a nourri un nomln^e sufmieur à celles de 
l Afrique et de l'Asie réunies; quelques-nnes ne sauraient même 
être classées dans les genres aujourd'hui existants. Les plus singuliers 
de tous les Jumentés antédiluviens étaient les Paléofhériums et les 
I-ophiodons. 

Les indications (|ul précèdent établissent suffisamment quels sont les caractères généraux 
.les Mammifères dont il va être question dans ce chapitre. Ce nom de Jumentés, qui ré.mit 
lltlT' f ""'' '^'^ «'""«^•'••«« -^t 'es namans, est emprunté à la Bible; il a été 
«gniemuu employé par Lmné, ,.ar Storr et par quelques autres naturalistes. Il n'est point 

r n ir'r V '^^ ^«^''^'''''•'«''■^ P"i«a"o les autours modernes qui se sont servis de ce 
appliquent non-se.dement aux J.mientés, mais encore à d'autres ongulés noo 

I Z .t' 1"" ''''"'"' ''""' "" ''''^'' '"'^''"•^ '"^'' "^-^ Éléphants, les Jumentés ef 
m 1 r lenn"r"r '' 'f''"'' "' ""^ ''' ''''''' ^'' ''^ .conformation de leurs pieds, 
n s t 1 1' '"' ""'"'"'.' '''''' particularités importantes. Ce n'est que dais ce^ 
S de ni ? . ' ''" '"""' •=°"^'«"«'''*'me"t '^cs différences que les naturalistes du 
siècle dernier n ont pourtant pas ignorées d'une ...amèro complète. 

il' PAUTIK. 

18 



"— ♦ap'-h^ 



«:!« ■ ononn drs jrMf:.\Tiî:s. 

M. RiclKinl Owcn, qui fait aussi dos Junientés un groiipo à pari au(|uel il accorde le rang 
de sous-ordre, propose de donner à ces Animaux le nom de Périssodactyles , auquel nous 
avons dû préférer celui plus ancien e( plus expressif de JumenféH. î.cs Mammifères ongulés 
auxquels ces dénominations s'appliquent sont aussi appelés Pachydermes herbivores, par 
opposition aux Porcins ou Pacliydcrnies omnivores et IVrissodactylcs. Ce dernier nom leur 
a été imposé par M. l'omel. 

Les Jumcnlés ne sont pas nombreux en espèces; l'Amérique n'en a que deux, qui appar« 
tiennent l'une et l'autre au genre des Tapirs. L'Asie noiu-ril , indépendamment d'une troi- 
sième sorte de Tapirs, des Hliinoecros d'un sons-genre particulier et plusieiu's espèces do 
Clievaux. L'Afriipie possède deux ou trois espèces de Rhinocéros, des Chevaux à rohe tigrée 
nommés Zèbre.-, et le genre des Damans, (|ui est aussi représenté en Syrie. Ni l'Europe 
actuelle, ni l'Amériipie septentrionale, ni Madagascar, ni l'Australie n'ont de .luuieutés 
sauvages, mais l'Honune a naturalisé sur tous les points du globe le Cheval et TAne, cpii 
comptent panni les espèces domestiques les plus utiles. 

Les .lumentés doivent être partages en quatre fanulles. savoir : les lùiiiidês, les Taiiiridi's. 
Ie> Pthiiioccridés et les lïyrdcidés. 



ni 



1 



•!i 



FAMfLLE DES ÉOUIDÉS 



Lo Cheval, cl (lui.'liiiics ospùecs de Mamniilm-s foit senihlables par l"(MisonU)l(! de leurs 
caractùres,, tellos >pie l'Aiio, lo Zùbro, etc., se distinguent noltcnienl do tous los autres 
Animaux on.ïulos, parce qu'ils n'ont qu'un seul doi^n , et, jiar suito, (|u"nn sont sahol à 
chacun dos piods, co (jui leur a fait donnor le nom, d'aillours assez impropro, do Solipèdi's. 
Copondant certains auteurs ont ponsé (luo co dcii^t, on apparence unique dos Solipodos, 
était formé ()av la soudure intime do deux autres (jni rosioiit, au contraire, indépendants et 
distiiicis dans tous los autres Animaux. Ces deux doigts répondraiont aux troisième et au 
quatrième des Mammifères ordinaires, ot, par suite, à ceux (jui forment la fourche dos lUi- 
minaiils. Cette manière do voir ne nous ]»araU pas admissible, mais il n'en est pas moins 
facile do retrouver dans le pied du Cheval, dont les vétérinaires ont domié dos descriptions si 
exactes et si utiles, la trace des trois doijits principaux (pii caractérisent hahitueiloment les 
Junientés vivants et fossiles. Do cluKiuo côté de la face latérale! do chacun des métatarsiens 
ou métacarpiens, c'ost-à-diro do chaque côté de ce qu'on appelle les ca)>ons, il existe une ti;;o 
oisouso d'apparence slyloido. Ces tiges osseuses ou stylets, que les vétérinaires nonunaienl 
autrefois, mais à tort, des péronés, sont les métacarpiens et los métatarsiens latéraux; elles ne 
portent pas do doifrts dans le Cheval ni dans les autres espèces actuelles du même senre (1), 
mais on coimaît des Iviuidés fossiles chez lesquels chacune d'elles était ternnnée, aux pieds 
(le derrière comme à ceux de devant, par un doigt, de telle sorte que les [lieds d(! ces anciens 
Ivpiiilés avaient trois doi^'ts complets comme ceux dos Rhinocéros et dos Jumentés fossiles 
au\<iuels ou a tlonné le nom do raléothériums. Le., Écjuidés à trois doigts sont les Hipparions 
(Ui liippothériums, dont les restes sont communs dans certains lieux, en Europe ot dans 
l'Inde. Ainsi, lo nom de Solipèdes, en lui attribuant la signification d'Animal à un seul doigt, 
oxiirimo plutôt l'apparence que !a réalité ([uant aux pieds des Ctiovaux, des Anes et dos 
Zèbi'es, et il est tout à fait impropre en ce (jui coucerno le pied de ci.'rtaiucb espèces anti'dilu- 



(I) On moiilmil iliTiilèronion! ihms les foii'ps di! miili il(> !:i Vr.mc!' tm Chcvnl nionslriiniN liviinl h rlintjin' 
pied une ii.mi' (loii?lous sii|i|>!émenliiii'C!' plinés du t\vM\w cùlc Ou .sabol, on i|ui lo l'iiisail parailrc ti'idnrtylc. 




\-^ri,\i; i[ l: m CiiKvvr. li i. v 11 ii l \oi: l' rujs , l'2 île •;r(inil. 



FAMILLU DKS liOLlDKS. t39 

viennes .lu'il convient copemiaut .lo placer dans la mémo lamiilo .|iio nos Cl.evaux, l,ien (uic 
i'eux-ci n'aient à clh-uiue pied (lu'uu seul doijit comiiii^l. 

C'est là une des raisons ([ui 
nous ont engagé à prél'érer le 
nom d'Éijuidés à oolni de Soli- 
pèdes, et à ne point séparer ces 
Animaux des Uliinocéros, des 
Damans et des genres fossiles 
à doigts également non Insnl- 
ipies et en nondire in;pair dont 
nous avons di'jà cité les noms. 
Los J'^juidés ont d'ailleurs l'as- 
tragale établi sur le même mo- 
.rèlo .|ue les Hlnnocéros et le.-: Tapirs, quoi-iue plus oblùpie dans sa poulie, et leur fénnn- 
montre .le môme la srdlio connue chez les Hlnnocéros. les Paléothériums, etc., sous le nom 
de troisième trocliaiiter. 

Les caractères pai'iiculiers des Équidés, considérés comme famille, consistent dans quol- 
rpios dispositions spéciales de leur squelette ; dans la forme extérieure de la tête , qui diffère 
à la fois de celle des Rliinocéros, des Damans et des Tapirs, pour ressembl.'r à celle du 
(dieval ordinaire; dans la beauté des proporlions qui distinguent leurs espèces, et dans le 
pelage li.ibituellemoiit lisse et couché dont tout leur corps est recou\(.'rt. 

Les l-:(|uidés sont des Animaux herbivores et granivores ayant l'estomac simple , le canal 
intestinal long, le cœcum ample. On 'ait ([u'il leur est impossible de vomir leurs aliments, ce 
<|ui tient, comme l'a reconnu M. .\'ee,cndie, à la conformation i)arliculière de leur diaphragme. 
Ces Animaux, dont le Cheval et l'Aiie sont les deux espèces les plus coumies et les plus 
miles, ont des habitudes sociables. A l'état de liberté, ils vivent réunis par bandes considé- 
rables sous la conduite des vieux iiiAles. Onoiipie dépourvus de la corne nasale qui fournit au" 
IJbmocéros une aruK^ piiissanle, et malgré la moindre épaisseur de leur derme, ils savent 
résister à leurs ennemis. Les morsures qu'ils font avec leurs ineisives et les ruades (]u'ils 
lancent avec leurs pieds de derrière sont toujours redoutables; ils sont .railleurs très-agiles, 
et la rajiidilé do leur course leur perniel liabituellement «réchapper au .langer. 

<;omm.' les autres oiigui.'s, les Jeunes chevaux sont iléjà assez forts pour suivre leur mèro 
lorsqu'ils viennent au monde. 11 n'y en a .prun pour cha.pie portée. 
Les É.pù.lés ont pour formule den-taire : 

: incisives, | canines et ; molaires, dont la première paire est toujours plus ou moins rudi- 
menlaire, les audvs étant fortes et à peu près égales entre elles. Leurs molaires sont séparées 
lies dents situées plus en avant par un intervalle vide awiuel on donne le nom de barre; la 
cou.he .'mailleuse y est enduite d'une certaine (juantité do cette matière osseuse à la.iuelle on 
dKiiiie le nom de cément, aussi ne voil-on point à leur surface des excavations d'émail ana- 
logues à celles que présentent les nmlair.'s .les niiinoci'ros. Les molaires de la première paire 
sont habitu.îUemont cadu.pies, ce .pii réduit les dents de cette sorte à |. 

Les incisives des Chevaux ont, au contraire, une cavité ît leur couronne, et c'est à Tiiité- 
gi'ilé ou au cPMtraire au degré plus ou moins avancé de l'usure de cette cavité .pie l'on 
reconnaît l'Age de ces Animaux. C'est à .piiiize jours .lue les incisives de lait commencent à 
pousser; h deux ans .'t denii .pie les miloyeinuvs sont remplaives; à trois ans ot demi les deux 
suivantes; à .pialre ans et .lemi l..'s .l.nix latérales appelées coins. Toutes ces dents ont la l'ou- 
l'inne .rab.ird cr.Mise, mais la fossette .pi'ou y voit s'use au fur et à mesure de la .lélritioii , 
el elle liiiil par .iispaïaîliv eiiti.T.unent à sept ans et demi ou Imit ans : alors on .lit .pie le 
Cheval ne UKinpi- plus. J,es figures .pie non--, .mi .lonnons dans notre \tl;i>< feront bien cnm.- 
prendre les indications .pie l'on tire .1.' cet (wameii. 



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140 OnDHE DES JIMENTÉS. 

Los canines sonl situées au milieu do la barre; elles sont médiocre^ cl reçoivent le nom de 
crochets; les femelles on manquent habituellement. 

La famille des É(}uidés n'est représentéo dans la nature actuelle que par quelques espèces 
du genre Ii:g>i>is , et ces espèces sont exclusivement propres à l'ancien continent , principale- 
ment à l'Afrique et à l'Asie. L'état plus ou moins complet de domesticité dans le(iuel sonl 
retenus les Chevaux proprement dits et le manque pres(iue absolu de documents histo- 
riques à leur égard ne permettent pas de décider s'ils descendent de la même espèce que les 
Chevaux qui ont autrefois existé en l'Europe et dont les nombreux débris sont enfouis 
dans les couches diluviennes, dans les cavernes, etc., ou bien s'ils constituent une espèce à 
part que l'Homme aurait prise à l'Asie. Il est, au contraire, établi par des documents his- 
toriques que les Chevaux do l'Amérique , dont les bandes sont maintenant si nombreuses , ne 
sont autres que les descendants des Chevaux transportés pur les Européens dans le Nouveau- 
Monde , et cela depuis la fin du (juinzième siècle; il en est de même dos Chevaux de l'Aus- 
tralie. Quelques auteurs soutiennent également (lue les Chevaux sauvages de la Tartarie 
proviennent également do Chevaux autrefois domesliijues dans les mémo contrées, Au con- 
traire, les t\nes sauvages de l'Asie sont souvent regardés comme a^ant fourni tous les unes 
domestiques. 

On recueille dans certains terrains fossilifères des deux Amériques des restes fossiles de 
Chevaux qui ont habile le Nouveau-Monde avant (jue l'Homme no s'y fût établi; leurs espèces 
étaient différentes de celles des Équidés actuels. Hien de semblable n'a été constaté pour lu 
Nouvelle-Hollande , dont les anciens Animaux n'étaient j)us moins différents des nôtres que 
ceux qui en constituent lu population actuellement vivante. 

Genre ÉQL'L'S {Equus, Linné). Les É(iuus comprennent les espèces récentes de la 
famille des Équidés et celles, connues à l'état fossile, qui s'en rapprochent le |)lus. Celles-ci 
paraissent avoir vécu, pour la i)lupart du moins, à une épo(|ue moins éloignée de la nùtn; 



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140 

Les canines s( 
crochets; lus fem 

ha famille des 
du genre Jîqmis , 
ment à l'Afiiciuc 
retonus les Clic 
ri(iucs à leur égi- 
Chevaux qui oi 
dans les couche' 
part que l'Homi 
toriques que les 
sont autres que 
Monde , et cela 
tralic. Quelques 
proviennent éga 
traire, les àuos 
domestiques. 

On recueille 
Chevaux qui ou 
étaient différent 
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ceux (jui on coi 

Genhb É( 
famille des Éq 
paraissent avo 



niuuiF, DES JLMEMTÉS. 



^-^ --. 




IM. MA 




'H il 




FAMILLE DES ÉOUIDÉS. j^f 

que les Hif.parious ou Équidés à trois doigts. Les cuructùros principaux do co genre cousis- 
tout dans SCS inods moaodaclylos; dans lu petitosso do sa fausse molaire supérieuro et .laus lu 
disposition particulière des autres molaires do la mi^mo mùclioiro, dont le lobe interne est 
rcum par un étranglement au reste do l'enveloppe d'émail qui entoure le fût de la dent 
tandis que chez les Hipparions le mémo lobcreste isolé et conserve l'appuience d'un cercle 
complètement distinct, co qui l'a fait comparer à une île, et celui des É.pius à une pres(iu'lle 
Les molaires do ces Animaux étant enve- 
loppées do cément, la disposition que nous 
venons d'indi(iuer ne se voit bien <iue lorsque 
l'usure des dents en a entamé la couronne. 
Les (luadrupèdes do ce genre ont le cer- 
veau bien développé et pourvu de nom- 
breuses circonvolutions. Ils sont intelligents 

et vivent par troupes, plus ou moins nom- 
breuses, sous la conduite des mAles les 

plus forts et les plus courageux. 
Les diverses espèces du genre Éqims 

reçoivent aussi lo nom do Cheval , quoi(|U() 

ce nom appartienne à l'une d'entre elles 

seulement. On peut les distinguer, en tenant 

compte do la longueur de leur (|ueue et des 

différences do coloration que présente leur 

robe, en trois sections : les Chevaux, dont 

lo pelage est uniforme; les Anes, qui ont le 

dos barré ou croisé , et les Zèbres , dont 

tout le corps est marqué do bandes brunes. 

Ceux-ci sont essentiellement africains ; les 

autres paraissent i^tro à la fois originaires 

du nord-est de l'Afrique, de l'Europe (en 

tenant compte des Chevaux et des Anes 

fossiles dans ce continent) et d'une partie 

do l'Asie. Les Anes et les Zèbres ont la 

queue plus longue que les Chevaux ; mais 

chez ceux-ci elle porto des crins plus allongés. 

La taille n'est pas également grande chez les différents Animaux du genre K.iuus ,„ais dlo 
su. enjeiu varia e dans respèco du Cheval qu'il est difhcile de se tic^aux ca tè^ s ' 
I en^lT /'T "''''■"' "" ^-'"•-'■^'«i-' ^'««-^ faibles différence. C)^i 

t i ' Trî- "' '"' P'"'^'^'"'"' '■'"'^'"^•^ ''''''''' '' «'■'• à «e« i'..lications pour en 

a lin exa tement la diagnose, et c'est à tort, par exemple, que Ton signale souvei t l'V o 
et e (1, val comme étant absolument semblables sons lo rapport ostéolo^ue. 

si^iS" m-ii;;'! T""" '"•'"""' "'^' ""'""' '''"'''^' "" ^■^''^'■'"'"- ^1»'^ ''-'-l" ou au 

'! ' "' '""''"'"' "''"^ ^' ""'•■••^'- 1»'"^ lo"f?uement, et il nous est également im- 

1 sible d'exposer ic. les admirables détails de la conformation intérieure et extérieur du 

m^tird" t r" '^"""'""^•"- "'"""'^■■^^ ''' '''^^^ '-'•"- '1- eoncour "u 
eu m ,! ,: "''' comporterait à elle seule de longues et minutieuses descriptions, et le 
seul cxanim de ses parties extérieures se prêterait à des détails non moins étendus (1) 
Lyous Cheval {h^guus Vaballus), La première et en même temi-s la plus précieuse des 

meiiiem, Uievaiu, ot A. UiciiA.iD (,lu CaïKiil), De la cmfumalion du Cheval. 




CtiiVKAr iii- Chu- VI., i/i Ae ermul. 



142 



OROnE DES Jl MEiNTÉS. 



il ! 



espèces do co beau genre est lo C/icvaf. ...l Animal, à la fois si foiiguoux ou si imlieiit, m 
courageux et pourtant si obéissant au niaîtro (pii l'a (i(!ni|)t(j, doué do si nobles allures ou'nu 
contraire si hunililo dans sa dûniarclio suivant lus racos aux(ia('lli's il appartient , et ipii depuis 
un temps si reculé est associé aux dilïéiciit(..s civilisations, clioz les nations européennes 
comme ciie/ les principaux peuples do rAfri.jue ou de l'Asie. Lo Cheval est, sans contredit, le 
plus parfait do tous les Animaux à démarche (lua.lrupéde; et,(|uel(pie habitués que nous soyons 
à la pureté de ses formes ainsi .ju'à la multiplicité de ses services, nous nu cessons pas de 
les admirer encore cliaipie fois (|uo l'occasion s'en présente. 

Aussi l'étude, soit anatomiiiue , soit purement extérieure de celte noble espèce, nous offre-t-elle 
un attrait tout particulier, jusipie dans ses moindres détails, et s'il nous est permis d'en faire 
une exacte con)paraison avec les Animaux île la même classe ipii s'en rapi)rochent le plus, 
nous ne tardons pas à apprécier le soin merveilleux (pie la nature a mis à disposer toutes les 
jiarties du Cheval , et à niodilier chacune d'elles , afin d'assurer les excellentes (pialités soit 
phvsi(pies, soit morales, ()ui distinguent ce magnifique Animal, et qui le rendent préférable à 
tous les autres, si supérieur même à ses propres congénères. Mais il en ost do l'histoire du 
Cheval comme de celle de l'espèce humaine et dos principales races domestiques. (Juoiipi'ell,. 
ait été le sujet des travauxjes plus consciencieux et les |)ius nuiltipliés, elle est encore bien loin 
d'être achevée, et dans la plujjart des ouvrages (jui lui ont été consacrés oh a presipie géiié- 
raieniont négligé de faire ressortir les traits distinctifs un Cheval , par une exacte com|.araison 
de son espèce avec celles ipii rentrent avec lui dans l'ordre naturel des Junieutés. 

Nous avons dit plus haut quels sont les caractères par lesquels le Cheval diffère non-seul<'- 
ment des autres Pachydermes du mémo groupe, aujourd'hui répandus sur le globe, mais aussi 
conmiont il est facile do lo distinguer de certaines espèces éteintes cpii rentrent avec lui dans 
la famille dos Equidés, et dont l'existence dans nos contrées est bien antérieure à la sienne. 
Comme espèce, le Cheval ( st surtout caractérisé par la perfection habituelle do ses formes! 
par riiarmonio de ses projjortions , par lo développement peu considérable et par la position h 
la fois gracieuse et redressée do ses oreilles; |)ar les poils longs et flottants de sa crinière 
cer\ icale dont les premières mèches passent entre les deux oreilles pour tomber élégamment 
en avant sur son front (pii est |)lat et en losange; par la couleur en général uniforme et sans 
zélirures de sa rolus; par la présence de chalaiijnvs ou (.laiiues cornées à ses quatre extrémités: 
sur lo radius pour celles de devant, et sur lo tarse pour celles do derrière, et enfin i.ar sa 
queue, (|ui est courte, bien musclée et garnie sur toute sa surface de longs poils ou criits 
qui tomliont sur les membres postérieurs et servent à l'Animal pour chasser les mouches 
qui l'iniiuiètont. 

Dans son Histoire des (juadrupèdes, Buffon, qui tient compte avant tout do l'utilité que 
nous tirons des Animaux , a placé h; Cheval à la tète de tous les autres. 11 nous en a laissé 
un portrait que tout lo monde a admiré et (pu rappelle, par la vigueur et la poésie dos expres- 
sions, les versets du livre de Job (1) où Jehovah i)arle de cette brillante espèce. 

(. La [dus noble coniiuète (pie l'ilonmic iiit jamais faite est, dit Buffon, collo de ce fier et 
fougueux Animal , (pii partage avec lui les fatigues d(î la guerre et la gloire des combats • 
aussi intrépide que son maître, le Cheval voit le péril et l'affronte; il so fait au bruit des 
armes, il l'aime, il le cherche et s'anime do la même ardeur; il partage aussi ses plaisirs à 
la chasse, aux tournois, à la course; il brille, il étincelle; mais, docile autant que courageux 
d ne se laisse point emporter à son feu; il sait réprimer ses mouvements; non-seulement il 
llécint sous la main de celui qui le guide, mais il semble consulter ses désirs, obéissant 
toujours aux impressions (ju'il en reçoit, il se précipite, se modère ou s'arrête, et n'agit (lue 
pour y siitisfairo; c'est une créature (pii renonc(! à son être pour n'exister (jue par la 
la volonté d'un autre, (lui sait même la prévenir; .|ui, par la promptitude et la précision de 



(I) Jub. cil. X\XI.\. V. Il) A -IVi. 



n: |iiilieiit , si 
iillmos ou nu 
cl qui depuis 
(MU'()|i('onn('s 
coiitrodit, II' 
Mious soyons 
'SOUS pas tic 

USOffl'O-t-clll' 

lis ilVii faire 
lioiit le plus, 
ior toutes les 
«luaiitôs soit 

pi'ùfûrublc à 
riiistoiro (lu 

Onni(|u'i'lli' 
'orel)i(Mi loin 
ivs(iuo {ii\in''- 
coinparaisou 

u nou-sL'uli'- 
}, mais aussi 
ivl'C lui (ians 
ù la sienne. 

SOS formes , 
lîi position à 
' sa crinière 
ôlégamnicnt 
)rme et sans 

extrémités : 
i.'utin |)ar sa 
ils ou criii.i 
es mouelies 

l'utilité que 
en a laissé 
dos cxpros- 



\o ce fier <'t 
s combats : 
u bruit des 
'S plaisirs à 
courageux, 
iculcment il 
, obéissant 
t n'agit (jue 
iuo par la 
irécision de 



l'I.AI.M. 



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FAMii.M' DKs i:;oi iniîis. ,^3 

so. m.H.vomnn.v IVxprimo ot roxcrut,.; .,ni h,.„1 nutnnt .,u-n„ lo ,l.:..siro .^l ,.o r.-n.l .n.'mam.l 

ftOiccchjot nii-iiio iiH'iirl iK.iii- itijciu olii'-jr :, twnt», 

Plnfr..,, „J„„|„ „ v.iilJl,. Clicv n„l l„, ,al.„„ ,„,„ ,K.v,.|„p|„:.,, ,,„„, |.„„ „ ,„,,,„,,,|,„„ „.. 

1*...', ,lou, l„ ,i,ln «mivont l,il,ll,|a„ ,|c ,«., ,l,:.fmltta.. n Jmmo,,! t,|,rlmc< «voc m n,r 

mil .hnis ..n Ansln.lu-, mais on ,.st-il ,|,.s Chevaux fossiles .lo.,t les ,|.-.|,ns sont 'i .hon.l.nls 

m -le .lu Cheval ou .,uolquos cspèn.s „...s-p,.u .lifférentcs .Ic celk-ci,., ..u'il nVst pas ô - 
..^ .nio .l'en ,l,sUnguor, ont é.ô anéanti,, on Europe et dons le non .io rArnone a . 

7Z::z:Z' tTrT- •■- -"'•'^-' ^^ •- - ^^"--v .on....! :;:;;; . 

",,'"' l''"\''"''l. «^'""lu'ls par ces inn.,inhral.l..s peupla.!... .,ui ont autrof..i.s . uitl.'. 
\M ou I Kurop.. oriental., pour sY-tahlir en oeei.lent. Le l'.o.uf, .p.i paraît ne pas avo 
i m, e en hurope .ians .les con.litions de ^.ssilisation aussi an..),, .es .,uo le Cas.', 

Mouton, de la Chèvre, du Porc et de plusieurs autres. Open.lant il n'est pas .l-imontr.'. 
l u ;"■ 1 T- "'""'1 """""■" •^""'"^ ""'^'' <^' '" '-» •■"« '''-'-- "0- 0PPre.r û 

, . Î-' '•"' " ''"''•"'"'^'"' '" '"'"^ ''" ^'"-"^■"' ••"■'"^'' ^"verses races caractérisées 

1. e..nces e ta le et .le proportion asso. comparables à celles que nous observ s 

V s rie 7 ^'''^^r";!"""'"'""' ''' ^'"""^"^^ '■" -^ "-■''- ^•""'"- "0'- 

i< r ce T t rr ''•"";^'""'^';l '»•''■- ""t '•o^««t"''o «ine des Chevaux arabes, dont 

S t ' t 'm '"' ''"' ? '""''"''■' "-^^^^ f'^""'^ '""•• ^"'''•^'- '^"^ ^''«va»x nains 
omn e h U' n " T"" " ^^ '" '""'^ ' ^'^ ''"* '' '"^'"^ '^"' "™"«^«r ^'^ '«« considérer 

e t n nos ^^''' ^"''' ' " '"''""'"•' '^" " '"^""•^' '" "°'» '''^V""* »///.«/«*. Connue il 

'rZi : 'îi '"■ ■" '".'""V" '--^•-•-•''»-"-' -- .loute les Chevaux actuel 

.eux .,ui ont laisse leurs os .Ians les couches .liluviennes, dans les cavernes, etc on no 

: rr:::;sr.:;'r"^ "•'• 'V' '^™"""' "- '-''-'^ *™^"^ •"•'-^ "'^'^-" " 

..nnoni, • """"'' ''" '^''"" ^''""^''^ "bondanco encore .lue ,ie nos jours II est 

S t si'rz;:. :;i-""f «';,"" ^^-•"' >- ''"o..e re.on.e jus.,u-aux::;n;L::; 

..n,s nos vo. ' ' ' civilisation en ont perfectionné les conditions, ce .]ui se passe 

n -u r n? "; ""■"'"" "' '" '''■"''"™ "°"^ •"""''•" '^-c ..ueile facilité ! s prenn-or 
«■'-.uu len-lus .i.,niestiqn.>s ont ,1,^ passer au servi.-e ,1e notre espèce, dont ils Ll t. - 




1 : 




^^^ OnDRK DKS .Il!MRNTi:;S. 

JDiirs .H(' Vww (Ip.s lichcssos los plus pr.MMeiist's. Nous voyons en effet cliaciue jour l'Homme 
soumettre les Clievaux lil)res (jui vivent dans les régions désortos, tandis .juo des Chevaux 
domesti(|ues lui échappent pour reprendre leur liberté et peuplent bientôt des contrées entières 
de leurs troupes innombrables, dont nous lirons chaque jour de nouvelles montures. Non- 
seulement les anciens ont eu comme les modernes des Chevaux qu'ils prenaient ainsi dans les 
haras naturels que la nature leur offrait , mais ils ont institué de véritaiiles liaras plus ou 
moins semblables aux nôtres, et .pii ont demie lieu dans ces époques reculées h. un commerce 
très-important. 

Homère parle dans l'Iliade des nombreux haras possédés par Priam, et il attribue à Ericli- 
tonius, l'un des ancêtres du dernier roi troyen, trois mille juments et pareil nombre -/a 
magnin(iuos poulains. Les bas-reliefs (lesir.om;ments assyriens peuvent nous donner une idée 
de la beauté d(>s anciens Chevaux de l'Asie Mineure , et nous voyons par l(«s peintures de l'an- 
tiqur' Egypte, (pi'il y en avait aussi de fort beaux dans la vallée du Nil. Ce furent sans doute 
ces Chevaux de l'Asie Mineure et de l'iîuypte (jui furent employ.s avec le plus de succès par 
les Grecs, puisque les magnifiiiues débris des statues du Parihénon démontrent qu'à l'époque 
de Périclès les Athéniens possédaient des Chevaux fort élégants , et <|ue nous savons par divers 
auteurs (lu'ot) lirait de la Cappadoce et des pays voisins ceux (jui couraient dans les jeux 
olympiens. La lég.Mide de Neptune donnant ic Cheval à Athènes, tandis (;ue Minerve lui pro- 
cure l'olivier , doit faire admettre aussi que ce précieux quadrupède avait une origine étrangère 
a la Grèce, puisqu'il était venu par le soin du dieu des eaux. On sait en effet (|ue de nos jours 
encore les peuples donnent habituellement l'épithète de marins aux Animaux ou aux produits 
de toute sorte «pie leurapi)orte la navigation. Les rois de la rA':; de l'Asie Mineure se livraient 
d'ailleurs avec une grande activité au commerce des Chevaux et ils contribuèrent à répandre 
la belle race que nous appelons race arabe. Anciennement l'Arménie fournissait aussi des Che- 
vaux et des mules aux princes conmierçnnls &i Tyr et de Sydon, et la Perse se livrait avec 
succès à la même industrie. Cyrus avait réuni nans ses haras, sans doute en vue des grandes 
expéditions qu'il se proposait, 8(»0 étalons et 1G,000 juments, et les Chevaux de race persane 
sont encore aujourd'hui des Chevaux fort estimés. Les Numides, dont les Chevaux perfection- 
nèrent plus tard et c\ diverses époques ceux de rKs|)agne et de plusieurs contrées de l'Europe 
méridionale, comme ils l'avaient sans doute été par ceux apportés de l'Asie Mineure, étaient 
egak-ment célèbres par leur beauté et i)ar leur rapidité. Il y avait alors comme aujourd'hui, 
dans les pays civilisés qui entouraient la M.VIiterranécs des Chevaux de selle et des Chevaux 
de trait, mais ces derniers étaient les pins répandus, i)arce qu'on s., servait plus souvent des 
chariots dans les combats (|ue de la cavalerie propivîment dite. 

On dit .jue l'art de monter 1... Cheval fut inventé par les Scythes, aujourd'hui les Tartares 
et que, lors,iu'ils vinrent en Thrace, les Grecs en furent si effrayés, .,u'ils crurent (jue l'Homme 
et l'Animal ne formaient .|u'un seul corps, et l'on assure même .pie c'est là l'origine <le la 
fable des centaures. Ou sait d'ailleurs qu.. les Mexicains eurent les mêmes craintes et com- 
mirent la même méprise lorsqu'ils virent pour la première fois les cavaliers espagnols nue 
Cortez lança contre eux. 

Les Hébreux n'eurent des Chevaux que vers l'épo(pie .le David et .le Salomon. Abraham. 
Jsaac , Jacob possé.laient des Anes .lont il est .pi.vstion dans l'énumérati.in <l.; I..urs ricliess..s 
avec les Chameaux et les Moulons , mais ils ne paraiss.Mit pas avoir élevé do Che,aiix ni 
même s être .aucié .le ces Animaux. A l'époque .le M.Vis.> les Israélites n.> s'.-n servai.^U point 
m..me dans les combats , et !.. l.'-islateurl..ur rec.imman,le, lors.ju'ils se r.uidront àla-aierre' 
'le n avoir point peur .les ClM^vaux ni .l,>s chariots .le leurs ennemis, mais .le placer leur 
l'oiihanc .lans 1.' .11..,, ,1'lsraèl : cpeiulant il n'en fut pas toujours ainsi, et 1,. Livre .i..s Hois 
nous parle .Jéjà .le Vécycr .le Jonafbas; il rapporte aussi .pie Davi.l, vainqueur .l'A.laré/ar, 
his.le nohob, r,u .le Soba, sur l'Kuphrat.., lui prit 1,700 cavaliers, mais (|u'// coupa hs nerfs 
de^jnmbcs a tom Jrs Clwvau.r (h-s ,h,in„ls ri nvi, rrscrvn rpw pour 100 chariots 



î jour l'Ifoinmn 
10 (les Chevaux 
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h. un commerce 

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v'ons par divers 
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FAMILLE DES ÉQUDÉS. j^g 

Hionlôt après Tobsorvation .les ancionnos lois dut se relûcher encore en présence des nou 
V ux besoins d'une civilisation que ses rapports avec des peuples éclairés av l el 12"; 
PHfecfonnée; auss. lisons-nous ailleurs dans le Livre des Rois, chapitre IV v rse 26 

pour .^tre près de sa personne dans JérusaleÏ , '"''" '* " ^^'"^ ""'^ P^^"« 

..n trT'T '/.r "r' '"* '" P'-"^'^"»"'^'' ^« *^«« Chevaux et même leur valeur. Ils venaient 

s: l't ^^ "' '' ''" '" "'^ '" "'^'^"^ ^^ ^"^ ^^™ '"* -"^-"* -- "- cTevaux "! 

paitnt';irChev'al'mr """' V"." '''' ''''' "'"^ "^"'" '^"'^ '«« ""'^*-- Arabes s'occu- 
Pditnt lu Cheval , mai. on ne doit pas en conclure que toute la grande presqu'île asiatiane 

à laquelle nous donnons aujourd'hui le nom d'Arabie ait possédé natureSntcet^ S 
espèce. Strabon dit que de son temps elle n'existait pas dans l'Arabie du ^d oo— n, 
.n.e grande partie de l'Arabie heureuse, et quoique les^onquètese Arabes IdeZ^^^^^^^ 
e^é rendues plus faciles par les excellents coursiers dont leur cavalerie s'enr 111""'^"" 

Prln hètfn """ , •' "'r '*"'"" P*^'" "''"^" "^ ^'"'^•-'^- '^''-toire rapport X uee" 
Prophète n en avait que deux dans son armée lorsqu'il marcha sur la Mecque pour «rer ven 
geance de ses ennemis, et sur la liste du butin dont il s'empara on voit figu e d'es C ameaux" 
des Moutons, de l'argent, des Hommes captifs, mais point encore de Chevaux ' 

Nous n avons que des renseignements tout à fait incomplets sur les Chevaux sauva-es oui 
ont existe dans l'antiquité; il est même difficile de dire si ceux dont on parle n'Stoas 

«rra ,' " ''°"'' ''^"'"'^"^ '"''"'''^ ''' '-^'^'^^ ""-«tiques rede enu Tr s'p ; 
su te d quelque circonstance. Ainsi le Cheval réellement sauvage n'existe aujourd'hu nul" 
pa. t, et .1 nous est encore aussi impossible d'en retrouver les traces dans les premiers temo! 

stoiques que de dire avec précision où ont vécu les premiers Bœufs, les prem^ Ch v's 
les premiers Moutons, les premiers Porcs ou les premiers Chiens ' 

nZlnir' " ^ V^'" ^'''''"' '"''''' "°"-««»'ement en Amérique, où ils so.. devenus 
assez nombreux pour former dans certaines contrées des troupes de plus de 10 000 ndivTdus 
mais auss, dans quelques parties de l'Afrique, du moins on l^ssure' et 'ri pSIm en 
Asie, depuis les environs de la mer Caspienne jusque dans le nord o la Chine C s cheva«" 
mants reçoivent des Tartares le nom de Tarpans; chacune de leurs bande vt' sous la con- 
a .« llr "' ""'^""^"^T"^ ■« -^"° '« P- vigoureux. En général, ils peuv^Tre 

1.^ tf r T'" '"^'"' ''"''"'^ '"^''™»^ "" ^«"''"«^ •'« descendent très-proba- 

'..ement des Chevaux qm furent abandonnés, en 1658, parce que, lors du siège d'A7onh 1 

manqua de fourrage pour les nourrir. ' ^ "^'"P''' "" 

En Améri.,ue, ils ont le même genre de vie et ils se soumettent avec une égale facilité Pour 

s r m ., les Espagnols, ou même les Indiens, chassent habituellement toute un trou e 

t Ils la font entrer dans un enclos appelé coral; alors un cavalier vient dans l'enclos el' 

u moyen du asso ou lacet, composé de longues lanières souvent terminées pa o,;b ' 

d cherche a s'emparer des plus beaux Chevaux qu'il aperçoit en les retenant par le cou au 

.^ prën n e '" 'T ""-™"" " ''"''""' capturés , jusqu'à ce que d'habiles cavaliers 
100.1 ' ^ ' ;Ι"' "'""'"' ""' ^'^^^'"^ ^''''' "» ^'-^'"P ' «' «malgré leur vive résis- 
tance, une grande course. Ensuite ils les ramènent au coral, et les Chevaux sont alors domptés^; 

(I) Ou 7,716 francs de noiro monnaie. 

M'" IMIITIK. 

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140 



ORORF, DES Jl MRNTKS. 



on peut los laissor avec ceux i|ui soiil dùjà (Itmioslùiiu^s, car ils (levieuncnl obéissants et ne 
clicrclicnt plus à s'enfuir. Au contraire, les vieux Chevaux sauva^res sont presque tous in- 
ilomptaliles, et on no les redierdie ni pour les dresser ni pour tirer parti de leur chair. 

11 y a peu de .liffi-reiice entre ces Cli(ivaux pris à l'étal sauvage et ceux (luo l'on élève dans 
une demi lilierté, en (|uel(pies parties de l'Kurope et de l'Aruéricpie, dans les haras apf.olés 
fiaras saiicnges. Ceux de l'Europe se voient surtout en Unssie, en l»olof,'ne et dans le miiii de 
la France, soit en Camarjïuc, soit dans les landes de liordeaux. Nous dirons seulement 
iiuelipies mots de ceux de la Camargue, dont on a [teut-être exagéré la valeur. 

En effet, il existe dans les plaines aridcis et en partie nuu'écageusos de la Camar^'ue, et dans 
quelques lieux analogues, formant une grande partie do la lisière maritime des départements 
du (Jard, do l'Hérault et de l'Aude, des Chevaux ijui vivent dans un état [iresquo complet de 
liberté; ils forment une race assez distincte i)u'oii appelle la race Cdiiu/rf/iw. F^es jeunes sont 
noirâtres et à poils assez lon-s; le jxiil des adidtes est court et uniformém.'ul blanc dans le 
plus grand nombre de sujets. La taille de ces Chevaux est de i pieds 3 pouces à 4 pieds 
G pouces. Leur front est carré, leur chanfniin droit et leur tète assez forte; leurs membres, 
bien conformés, ont les paturons courts. Ces chevaux, (juo l'on emploie assez souvent dans 
le Midi pour les travaux d<' la campagne ou même pour lu selle, ont de la vigueur et do la 
sobriété. Dans les lieux déserts uii l'on en conserve la race, ils vivent [)ar |)eliles trou|)es, et ce 
n'est qu'à l'époque de la moisson quv. l'on se sert de ceux dont on n'a pas fait l'éducation. On 
les amène sur les aires et on les fait marcher sur les gerbes ipi'on y a placées, de manière à 
détacher le blé des épis. Ce travail de dépicage terminé, on les lAclie de nouveau dans les 
espaces incultes qui entourent les marais salants, oii lescarex et quehiues autres plantes gros- 
sières constituent essentiellement leur nourriture. Il n'est pas douteux (pie ces espèces de 
haras naturels ne soient susceptibles d'èlre rendus |)lus productifs. Les Chevaux camargues 
ont le poil plus long en hiver (pi'en été, ce (pii leur permet de résister plus aisément au froid; 
on suppose (lu'ils ont été abandonnés dans ces localités par les Sarrasins lorsijue ceux-ci 
furent chassés du midi de la P'rance. 

^ Sui\-ant les qualités de leur race, les Chevaux sont très-diversement employés : il y a des 
Chevaux pour la selle, et dans la cavalerie ceux des différentes armes sont également diffé- 
rents. Le service tle l'artillerie exige aussi une race particulière do Chevaux. Ceux des attelages 
élégants, ceux des Postes, ceux des Messageries, doivent aussi avoir leurs qualités propres; 
et la charrue, chatiue genre do charrois, le service de la ferme, etc., comportent aussi des 
différences semblables. Les plus petits Chevaux, tels que ceux des Shetland, d'Ouessan, de 
la Corse, etc., ont chacun leur emploi comme les plus gros Chevaux dits bouloimais, alsa- 
ciens ou flamands, que l'on connaît aussi sous la dénomination de Chevaux de brasseurs; enfin 
les Chevaux étrangers montrent encore des aptitudes s|)éciales comme nous le voyons par 
ceux du nord de l'Europe, de rAfri<iue, en particulier du Maroc, de l'Arabie et de l'Asie, soit 
on Tartane, ou en Chine, ainsi (juo des deux Amériipies. 

En Afri(iue et en Asie on se sert aussi de Chevaux dans les caravanes, M. Maurice Wagner, 
(lui a eu l'occasion de les étudier entre Erzeroum et Tauris, a publié, à leur égard, (jueNiues 
faits fort curieux (jui nous montrent la grande anal(jgi(! ijui subsiste entre ces Chevaux do- 
mestiques et ceux (lui vivent en liberté. Ouoiipie très-enclins à la sociabilité, ils ne [)euvent 
souffrir les Chevaux (|ui sont étrangers à leui's propres troupes, et, en général, ils n'ob- 
servent pas la moindre toléiance à l'égard de leurs confrères des autres caravanes; ils 
les poursuivent de leur haine. Lors(iue deux caravanes camiient |)ar hasard dans le voisinage 
l'une de l'autre, les Chevaux (lui paissent alors dans les prairies voisines se regardent d'un œil 
inquiet, dressent les oreilles, hennissent et trahissent bi(,Mit(jt l'envie qu'ils ont d'en venir à 
une bataille. Ce sont surtout les jeunes Chevaux et les Poulains vifs et ardents qui mani- 
festent ces sentiments belliiiueux, et souvent ils finissent par entraîner les autres. Dans cette 
occasion, ils oublient totalement l.'s règles du devoir, et la disrii)line sévèn> à la<piell<>. on les 



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éissants ot no 
'S(|ii(3 tous in- 
r iliair. 
ou élève dans 
haras ii|)i)clés 
ins l(^ midi do 
lis soulpmoiit 

r^riio, ot ilaiis 
dt''|)artcinoiits 
10 L'nin|il('t do 
s jouiios sont 
ilaiii; dans lo 
os à 4 pinds 
irs monibros, 
siHivent dans 
lour ut do la 
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(liK.'atioii. On 
lie nianii'i'e à 
'oan dans Uts 
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des attelages 
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Ouessan , de 
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voyons par 
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icc Wagner, 
(1, quehiuus 
liieviuix do- 
i nu peuvent 
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'avanus; ils 
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uni d'un œil 
l'on venir à 
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d'Afrique. 



FAMILLE DES ÉQLIDÉS. 147 

accoutumo clans ces sortes do vo>ugos osl ontièrom(;nl méconnue. Ln hennissement sonore 
appelle les pins ardents au combat, et dans l'autre camp un pareil hennissement donne ais- 
sitôt le signal ilo la dûfoiiso. Les Chevaux des deux caravanes se précipitent les uns contre les- 
autres, écumant de rage et les naseaux frémissants; chacun cherche à saisir son adversaire 
dans les lianes. Penduit ce temps, ceux (jui n'ont |»as pris part à la lutte se rangent en corde 
et olisorvenl. il faut que les guides accourent et fassent siftlcr les lanières do leurs fouets pour 
nHahlir l'ordre. (Juand deux caravanes se rencontrent eu marche, cette rivalité n'a pas liou. 
Les Chevaux n'osent pas troubler l'ordre des convois; cependant quelques hennissemonts, et la 
manière dont ils dressent leurs oreilles trahissent presque toujours leurs sentiments belliqueux. 
I>a population chevaline augmente proportionnellement à la population humaine; mais, 
suivant les pays, elle est avec cette dernière dans un rapport variable. Le Danemark comp-. 
tait, en 1818, 45 chevaux pour 100 habitants; en 1825, lo Hanovre en comptait 13 pour 100; 
la Suède, en 1832, 12 ^; la Suisse, en 1827, 12 pour 100; la Hollande, en 1806, 13; là 
Prusse, en 1843, 10^; lo royaume de Naples, en 1835, 10; l'Ecosse, on 1831, 10 égale- 
ment; la Franco no vient qu'à la suite, relativement parlant : le rapport entre les habitants et 
les Chevaux est de 8 pour 100; mais, ainsi (ju'il résulte d'un rapport fait, en 1848, par lo 
général de Lamoricière, au nom du Conseil supérieur des Haras, elle a au-dessous d'elle la 
Toscane, l'Angleterre, lo Wurtemberg, la Pologne, la Belgi(iuo, l'Irlande, la Saxo, Bade, la 
Sardaigne, les Provinces rhénanes, l'empire d'Autriche, la Bohême, la Hongrie, lo Piémont, 
1(! royaume lombardo-vénitieii , la Sicile et l'Espagne. 

Notre population chevaline dépasse de f, celle de l'Angleterre, et à peu près du double celle 
de l'Autriche ; on l'évalue au nombre total do 3,000,000, ce qui donne un chiffre brut supé- 
rieur à celui des autres Étals européens, sans en excepter la Prusse qui ne comptait, en 1843, 
que 1,564,000 Chevaux. En 1816, l'Autriche n'en avait que 1,200,000, et l'Angleterre 
900,000 en 1823. La richesse chevaline de la Russie n'est pas connue. 

Quoi (ju'il en soit, la France est encore obligée d'acheter annuellement à l'étranger une 
grande quantité de Chevaux , principalement de Chevaux à deux fais , c'est-à-dire pouvant 
servir pour le carrosse et dans la cavalerie. Cette situation est loin d'être nouvelle, et quoique 
les tentatives fuites par l'administration publKjue pour y remédier remontent à Louis XIII, et 
que ces tentatives aient été suivies par tous les Gouvernements qui se sont succédé depuis 
lors il n'a pas encore été possible do s'y soustraire. Les haras nationaux, les dépôts d'éta- 
lons , ont cependant rendu de grands services , et leur action sur l'amélioration du Cheval , 
dans certaines parties du territoire, est déjà incontestable, grâce aux soins apportés dans le 
choix des individus producteurs. 

Indépendamment des excellentes qualités que nous lui reconnaissons de son vivant, le Cheval 
peut, après sa mort, fournir encore diverses substances utiles. La peau, la corne de ses pieds, 
les crins de sa queue ou de son cou, ses tendons (jui servent à faire de la colle, ses os dont on 
retire du noir animal, et plusieurs autres de ses parties sont recueillies et employées avec fruit. 
On peut également citer son espèce parmi celles qui sont alimentaires. En effet , la chair du 
Cheval jeune et sain est un excellent manger, et celle du Cheval sauvage est encore préfé- 
rable; il y a des pays où l'on mange cette dernière; d'autres, oîi l'on vend à la boucherie celle 
du Cheval domestique. En temps de guerre, on peut, à l'occasion, tirer bon parti d'un Cheval 
blessé que l'on abat ou de celui qui a été tué sur le coup ; en temps de famine, on a mangé 
du Cheval même à Paris. Huzard, cité par Parent-Duchàtelet, dit qu'en 1793 les habitants 
de la capitale furent on partie nourris pendant près de trois mois avec de la viande do Cheval, 
et cela sans que l'on s'en aperçût. Quelques naturalistes se sont demandé comment cet ali- 
ment n'était pas devenu usuel, et ils en ont conclu qu'il nous restait, sous ce rapport, bien 
(les progrès à faire. 

Mais n'est-il pas convenable de leur objecter (jne la grande utilité du Cheval vivant justifie 
parfaitement l'Iiabiluile uii \\m esl du ne [lus Tabattre pour s'en nourrir. El n'est-il \ms préfé- 



H8 



OUDHE DES J.IMENTIÏS. 



rablo do motlio los Uœufs ù l'oiigruis, uu lieu d'y imvoycr li-s Chevaux .Kint nous n'iivons pas 
mémo ua noml)ro suffOsunt pour nos armées ou nos voilures , et qui d'ailleurs se [»r<Horaionl 
assez mal à co genre d'exploitation. La spéculation, à laquelle on a songé ici, serait certaine- 
ment peu hourcuso, et sans ra|)peler qu'aucun do ceux qui l'ont jjroposéo aux autres no l'a 
encore essayée, on peut faire remarquer qu'en Danemark et dans d'autres pays où l'on 
mange du Cheval, cot usage tend chacjue jour à disparaître, à mesure que le placement des 
Chevaux vivants devient plus facile. A (luellos fraudes, d'ailleurs, ne donnerait pas naissanc.t 
la vente du Cheval comme aliment, et qui voudrait s'oxposer, surtout dans les grandes villes, 
à se nourrir do la chair do tant do vieux serviteurs (jui meurent à la peine, et (jue chacun 
regarde avec raison comme étant plus dignes do compassion rjue capables d'exciter môme les 
plus robustes appétits. 

L'histoire du Cheval comporterait bien d'autres détails , mais il faudrait plus do place, pour 
la traiter d'une manière complète, qu'il ne nous en est accordé pour toute la classe des Mam- 
mifères, et nous devons, tout en reconnaissant combien ce (jui précède est incomplet, terminer 
ici co quo nous avons à on dire. Nous ajouterons cependant quelques mots pour rappeler le 
classement des races et sous-races de Chevaux, tel quo l'ont établi les vétérinaires. 

Les Chevaux peuvent être ramenés à deux types principaux : celui des Chevaux de selle et 
celui des Chevaux do traits. Le Cheval d'Asie Mineure, plus connu sous le nom de Cheval 
arabe , est le meilleur exemple (juc l'on puisse citer du premier ty[)e ; et le Cheval boulonnais 
le moillour exemple du second. 

Les caractères du type arabe sont les suivants : taille moyenne , peau Une , pieds courts et 
soyeux, vaisseaux superficiels et apparents, formes fines, sveltes, sèches, anguleuses, quoique 
élégantes, tète carrée, encolure renversée, croupe saillante, ventre peu développé, extrémités 
longues, tendons bien détachés, sabots petits, lisses, très-durs. Les chevaux de co type ont de 
la force, do l'ardeur, de l'intelligence et do la docilité; ils sont aptes à supporter de longues 
abstinences, et courent avec une grande rapidité. On en rapproche les Chevaux persans, 
turcs, barbes, andaloux, hongrois , moldaves , anglais, limousins, navarins, auvergnats et 
normands, qui en possèdent le sang à des degrés divers. Les Chevaux tartares et (|uelquos 
autres leur ressemblent à certains égards, mais sans en posséder toutes les qualités. Les 
caractères du type boulonnais sont les suivants : taille élevé(^ corps massif, peau épaisse, 
tête grosse, encolure rouée ou droite, crinière touffue, poitrail large, ventre volumineux! 
croupe large, avalée, double, extrémités fortes, sabots grands. Ces chevaux croissent rapide- 
ment, ont besoin d'une alimentation abondante, ont peu d'ardeur, mais beaucoup de force, 
sont peu intelligents, peuvent trahier d'énormes fardeaux, mais sont lourds à la course. Oii 
doit y rattacher les Chevaux danois, les mecklembourgeois, les anciens Chevaux d'Angleterre, 
les anciens napolitains, les frisons, et, en France, les normands-cotentins, ainsi (lue les 
bretons. 

Equus Hémione {t'quus Hemionus). Les anciens, et en particulier Pline, ont fait mention 
do deux espèces d'Anes sauvages : l'une que Xénophon avait déjà signalée en Mésopotamie, 
c'est-à-dire dans la partie de la Turquie d'Asie (jui est comprise entre l'Euphrato et le Tigre,' 
recevait le nom d'Onagre ou Asinvs sylvcslris; l'autre était appelée Hemionos, c'est-à-dire 
demi-âne. Lorsque les naturalistes modernes se sont occupés, avec Pallas, des Animaux 
sauvages dans l'Inde et dans leThibet, qui ont de l'analogie avec l'Ane domestique, mais 
qui n'ont qu'une bande longitudinale brune le long du dos , sans barro transversale sur les 
épaules, ils leur ont imposé également le nom d'fqims Hemionm, qu'ils vinssent du pays do 
Cutch, qui est situé auprès des bouches de l'Indus, ou bien du Thibet; cependant on a été 
conduit plus récemment à penser que les Animaux de ces deux localités étaient do doux 
espèces différentes. {PI. XXIV.) 

L'espèce thibétaino répondrait seule au véritable Hemionos de Pallas, et même à celui do 
Pline; co serait aussi YEqum pohjodon do M. Hodijrson; elle est quelquefois désignée par 






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FAMILLE DES ÉQUIDÉS. 149 

un nom encore différent, celui de Kiang {i:quy.s Aiang), rappelant la dénomination que lui 
donnent les Tliibétains. 

L'espèce du pays de Cutch s'étend dans la vallée do ('Indus jusqu'au Punjub; elle remonte 
jusqu'en Perse et dans l'ancienne Mésopotamie. Ce serait le véritable Onagre de Xénoplion 
et de Pline, et VEguus Onager de Brisson et de Pallas; M. (Jray l'appelle Asinus Onager. C'est 
cette dernière que l'on possède depuis quelques années dans plusieurs ménageries européennes, 
à Paris, à Londres et à Knowsley, sous le nom iVHémione, et qui se reproduit facilement 
sous notre climat auquel elle s'est complètement habituée. Ce faux Ilémione a le pelage ras 
et lustré; sa couleur est presque uniformément blanche pour les parties inférieures et internes, 
isabelle pour les parties supérieures et externes; la crinière qui commence en avant des oreilles 
descend jusqu'au garrot; elle est droite, courte et de couleur fauve noirâtre; elle est continuée 
par une bande de môme couleur qui vient se terminer en pointe sur le haut de la queue; celle- 
ci est de la même forme que celle de l'Ane , et les crins qui la terminent sont noirâtres, La 
taille et les pro|)ortions extérieures diffèrent peu de celles de l'Ane, mais l'ciispinble rappelle à 
certains égards le Cheval, et les oreilles sont de grandeur intermédiaire. M. Is. (ieoffroy a 
publié des détails sur les caractères de cette intéressante espèce dans les Archives du Muséum, 
et plus récemment M. do Quatrefages a fait connaître le jeune âge d'après des exemplaires nés 
à Paris. 

M. Dussumier, qui a donné à la Ménagerie les premiers Hémiones qu'elle ait possédés, rap- 
porte qu'à Bombay on se sert quelquefois des Animaux do cette espèce comme de Chevaux 
de selle ou de trait , et M. Is. Geoffroy les regarde comme très-susceptibles d'être employés 
avec avantage dans nos pays. Voici (luelques-unes des indications publiées à cet égard par ce 
savant professeur : « Depuis que la Ménagerie du Muséum a pour la première fois réuni , grâce 
à deux envois de M. Dussumier, des individus des deux sexes propres à la reproduction, dix 
ans seulement se sont écoulés, et c'est un bien court espace de temps lorsqu'il s'agit d'une 
espèce qui, congénère du Cheval et de l'Ane, porte comme eux, un an environ, et dont le 
développement ne s'achève que dans la troisième année. De 1842 à 1849, nous avons néan- 
moins obtenu neuf produits, et si, dos neuf poulains trois n'ont [m être élevés, les six autres 
sont parfaitement portants et ne le cèdent en rien aux individus nés dans l'état de nature. 
Dans ce moment même , on peut voir dans les parcs du Muséum trois femelles allaitant leurs 
petits; deux de ces femelles sont françaises.... Un de nos Hémiones surtout a été rendu docile 
au point do pouvoir être rapidement conduit, à grandes guides, do Versailles à Paris. ;> 

L'Equus ank {Eqiius asinus) est gris avec une bande longitudinale noirâtre, croisée sur 
sur les épaules par une ligne transversale de même couleur ; il a quelques zébrures foncées 
sur les membres. Sa taille, on général inférieun; à celle des Chevaux, est susceptible de 
s'abaisser notablement dans certaines races. Ainsi les Anes du pays des Mahrattes, dans 
l'Inde, ne sont pas plus gros quo des Chiens de Terre-Neuve, et il y a, dans le midi de l'Eu- 
rope ainsi qu'en Barbarie, des Anes (]ui ne sont guère plus forts. D'autres dépassent, au 
contraire, les Chevaux do moyenne dimension, et se font remarquer par le volume dispropor- 
tionné de leur tête, ainsi que par leurs formes grossières; tels sont les Anes du Poitou dont 
le pelage est épais et de couleur noirAtre. Les diverses races de cello espèce ont toujours les 
oreilles plus longues (jue les Chevaux, (;t elles les portent le plus souvent couchées soit sur lo 
côté, soit en arrière; leur vcix, (ju'on nonmie braire, a un timbre tout à fai' différent. L'Ane 
est depuis longtemps domestique; les Hébreux l'ont possédé avant d'avoir des Chevaux. 

Les Phéniciens, les Égyptiens, les Romains, les Arabes s'occupaient di\jà avec succès de 
la culture do l'Ane; mais il était alors inconnu aux pays du Nord, et Strabon nous apprend 
qu'il n'y en avait ni chez les Bretons ni sur le littoral de la Baltique. Ce n'est «lue plus tard 
encore que cette espèce a été introduite dans les Gaules , oîi on l'a amenée d'Italie par la voie 
(les Alpes , et l'on ajoute (lu'ello n'a été employée en Angleterre que sous les rois anglo-saxons ; 
à l'époque d'Elisabeth on regardait encore les Anes comme des Animaux étrangers à co pays. 



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160 



OHDIIK DKS JIM ENTÉS. 



Kullii c'ost à uiM) (''iioqiio loiil à fuil m-oiito (|u'ils m{vb\ poriils aux États-Unis, puisqu'on 
assure (juo leur introduction y est dm» h \Vasliin)j;ton. L'Ano est cc^iuMulunt un Animal facilo h 
multiplier, qu'on nourrit niséniont, et (|ui pont reudro l)oaun>u|) do sorvicos, quoiqu'il ail 
moins do (luulités, moins do force et moins do dociliti> (|no lo Clioval. I.es chardons sont un 
dos aliments ([u'il prôfèro. L'Anou est f,'ai et facile h dress(.«r, (pioiqu'il reste entêté; l'Anosso 
fournit un Ihmi lait que les mt^docins ordounonl avec succès aux personnes affaiblies. Après sa 
mort, l'Ane est éKalemenl utile puisqu'on jiout employer sa chair, dont on fait des saucissons 
dans beaucoup de pays, H (pie sa peau sert h faire du (larchennn, divs peaux do tambour et 
(juolques autres préparations. Lo sarjri ou ehaj,'rin, .pie l'on tiro d'Orienl, est fait avec do In 
poau d'Ane sauvasfe, 



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.\\n m l'oi riu , 



Les principales variétés do celle espèce sont VÀiir du T/iilwl et celui de Perse, qui diffèrent 
j-ou dos Anes actuoll(>ment sauva;res dans les déserts avoisinants; — Y Ane d' Egypte , — le 
Djaar des Arabes, — Y Ane de Toscane, (jui est grand comme un Mulet ; - ■ celui du Poitou, dont 
le mâle est surtout recherché comme étalon; — YAtie de Sicile ou du midi de l'Europe, qui a 
une moindre taille; —entin U^ petit Ane, «lue les Marliatt<>s nomment Cudha, (-t dont nous'avons 
déjà parié. Il y a des Anes sauvages en Abyssinie et dans les grands déserts de l'Asie occi- 
dentale, depuis la Tartane, jusqu'en Perse et en Syrie. Ces Animaux vivent par troupes nom- 
breuses, qui émigi-eut vers le Nord pendant l'hiver et se rapprochent eu été des pays plus 
chauds. Les Tartares leur doiniciit le nom de Clwulan ou Koulan; ils leur font la cliasso, à 
c^uso do leur peau, qu'ils travaillent habilement, et de leur chair (pii leur paraît un mets 
excellent. Quant ils peuvent les prendre eu vie, il, les gardent pour les dresser au service 
domestique. Les Anes sauvages sont au nombre des Animaux que les anciens ont signalés 
sous le nom A' Onagres, nom ([ui leur a été conserve- par plusieurs naturalistes modernes. 
Ceux de l'Abyssinie n'ont pas entièrement les caractères de ceux d'Asie, et l'on s'est (piehjue- 
fois demandé s'ils étaient bien de la in^me o'.^i'e(>: plusieurs autmirs admettent comme plus 



FAMILI.K DRft t^W)! IHÉS. 



151 



cerlnin encore que les nssoinciits l'ossilos d'Aiios (|ii() l'on Uouvo on Europn, Boit on Franco,! 
soit nii Anglolorro, proviennent (i'nne es|ièc(\ différrinle de celle des Anes dnnioslit]ues. / 

Les Zùbrct ont le corps nianiué do nombreuses bnndos transversales i)orpendiculaires à la 
li^ne du dos. Leurs membres n'ont qu'un petit nombre do zébrurtîs, G(!S Animaux sont africains. 
Il y on a trois espèces. M. IL Hmilli en fait un gonro autpiel il rend le nom iVHippotigris, qui 
était celui d'une do leurs espèces cliez les anciens, 

L'I-loiiiis coiiAOOA {liquns t/iiacvlin, (Jmel.) doit son nom à la voix qu'il fait entendre : 
couang. C'est un Animal de rAfri(|uo luistndo, et on particulier de la Cafrerio, Il est assez 
doux. Il en est (|uostlon dans les voyageurs sous le nom de Clioval du (îap ou d'Ano Isabelle. 
Le Couaffsn vit |)ar troupes dans les plaines et se noumt pn'iférablement de plantes grosses 
et d'un(? es|)èce particulière de mimosa. Il so intMe (lutihiuefois aux troupeaux domestiques et 
se prôte facilement à une certaine éducation, ce <|ui permet do l'employer dans queUjues cir- 
constances. On dit (ju'il est courageux cl c|u'il défend les bestiaux contre les Animaux féroces, 
|)rincipaloinent contre les Hyènes. 

Le Couaggu ressemble plus à un Cheval qu'à un Ane par ses [(reportions et par ses allures. 
Il a la iCto, le cou et le devant du corps z.ébrés de brun noirâtre; la partie inférieure do son 
corps, ses membres et sa (|ueue sont blancs. (/•/. XXXII.) 

L'I'iQiiis I) Aw {/ùjuits niontanus ou E, liurcltellii) , est aussi de l'Afrique australe. H est 
brun pâle avec le dessous du corps blanchâtre; sa tète, son corps et le. haut de ses membres 
sont zébrés. Il n'a guère plus do 1 mètre 15 centimètres au garot. 

L(! Daw et lo Couagga sont amenés plus fréquemment dans les ménageries européennes 
que lo véritable Zèbre. L(! Daw est susceptible d'être dressé comme les autres espèces du 
même genre. M. Is. (leoffroy dit, à l'égard des Animaux de cette espèce (ju'on a possédés à 
Paris : « Nous n'avons que rarement attelé le Daw, mais nous l'avons fait reproduire jusqu'à 
lu troisièm(! génération; dès la secon le l'acclimatation était complète. J'ai vu un de nos Daws 
français tranquillement couché sur la neige par 16 degrés centigrades au-dessous do zéro. » 
[PI. XXXIII.) 

E Q i; i; s Zkn u i: {Equus Zébra) . Buffon , qui no connaissait pas le Daw , conseillait la domes- 
tication du Zèbre, et Daubenton disait, dans une des séanc^" de l'École normale, ob il était 
professeur: (i On n'a pas encore complètement apprivoisé ,^■ Zèbre; mais nous pourrions le 
dompter comme l'Onagre et le Choyai sauvage, et nous aurions une nouvelle bôto de somme 
et de trait plus forte (|uc l'Ane, et plus belle toute nue que le Cheval lo plus magnifiquement 
harnaché.)) Kn 1701, on était i)arvenu à dompter assez bien deux Zvibres appartenant à la 
Ménagerie de Versailles pour qu'il fut possible de les monter; mais il fallait prandre beaucoup 
de précautions, car ils ruaient dès qu'on les touchait aux oreilles; ils étaient fort têtus et 
avaient la bouche très-dure. Autrefois on en a vu ([uatre à Lisbonne que le roi de Portugal 
faisait (luelqucfois atteler à son carrosse. 

Le Zèbre est un bel Animal d'Afriiiuo, ayant lo fond du pelage blanch,ltrc, marqué sur la 
tète, le corps et la totalité des membres, do zébrures noirâtres; une partie de sa fac<i est 
rougeàtre; sa forme est toutefois plus semblable à celle de l'Ane qu'à celle du Cheval; maih la 
taille égale presque celle de ce dernier. 

On regarde le Zèbre comme étant le '«'ritable Hippotigre des anciens , et il se pourrait 
que ce nom lui appartînt réellement; car il se rapproche plus que les autres oes régions 
de l'Afrique, sur lesquelles les Romains ont étendu leur domination. L'histoire rapporte que 
Plautius, qui fut préfet de Rome, on l'an 202, envoya des centurions dans les îles de la 
nier Erythrée (la mer Rouge) , pour y enlever les Chevaux dits du Soleil , qui étaient semblables 
aux Tigres, On sait aujourd'hui qu'il vient des Zèbres jusqu'en Abyssinie , et le commerce 
qui se faisait alors, comme aujourd'hui sur la mer Bouge, a pu en procurer aux Romains. 
Certains auteurs disent que la même espèce so retrouve également au Congo. 

Ikmarques sur les Mulels cl les Hybrides. — I^es Hybrides , qu'on a obtenus par lo croise- 



ï ■li)l 



152 



OUDHE DKS JUMKNTÉS. 



ment des diversos «spùces du genre Eqtius , intîritent l'atlention du naturaliste aussi l)ien 
que celle de l'agriculteur, et nous croyons utile d'entrer, à leur égard, dans quelques détails 
auxquels nous njoulurnns un résumé do ce (|ue l'on sait relativement aux autres Hybrides 
fournis par la classe des Mammifères. L'Hybride de l'Ane mftio avec la Jimiont est générale- 
ment connu sous le nom de Mulet. C'est ce môme nom (jue l'on étend le plus souvent aux 
autres Hybrides, quel que soit le genre auquel ils appartiennent. 

1. Nous parlerons d'abord des Hybrides fournis par le genre EQliUS. 

1" Comme nous venons de le rapp(^ler, le produit de l'Ane avec la Jument est le véritable 
Mu/et, lorsqu'il est du sexe mâle; s'il est femelle on le nomme Mule. 

Le nom de Bardeau est imposé à l'Hybride obtenu par l'accouplement du Clieval avec 
l'Anesse. 

Voici la liste des autres croisements que l'on signale dans le genre de ces Animaux : 

2" L'Ane avec le Zèbre femelle. On en a obtenu le produit dans la Ménagerie do Knowsley, 
on Angleterre , qui appartenait à lord Derby; il est représenté, dans l'ouvrage publié sur les 
Animaux de celle ricbo ménagerie sons le titre do Gleanings from the Ménagerie and aviary 
al Knowsley Hall (in-fol., 1850). 

3" Le Zèbre avec l'Anesse. Le produit do ces deux espèces a été obtenu à la Ménagerie do 
Paris; il est figuré dans l'ouvrage de F. Cuvier. 

4" L'Ane et le faux Hémiono. Les produits ont été obtenus à la Ménagerie de Paris et dans 
celle de Knowsley; ceux-ci sont figurés dans l'atlas du Knowsley Ménagerie. 

5° Le faux Hémionc mâle et le Daw femelle. Produit obtenu à Knowsley, et figuré dans 
l'ouvrage précédemment cité. 

H. D'autres Hybrides appartiennent au genre BœLF [Bos) ; ils sont également assez nom- 
breux, et quelques-uns d'entre eux ont de l'importance. On les a obtenus par le croisement 
des espèces dont les noms suivent : 

1° Le Bœuf (Taureau ou ^■ache) avec le Bison do l'Amérique septentrionale. 

2° Le Bœuf avec lo Zébu. 

3° Le Bœuf avec l'Yack. 

4° L'Yack avec le Zébu. Dans certaines parties des monts Himalayas les métis de l'Yack 
avec le Zébu ou avec lo Bœuf sont préférés aux Animaux d'espèce pure. 

60 Le Zébu et le Bœuf des Jungles. D'après M. (iray, ce métis est connu dans l'Inde sous 
le nom de Gyal ou Gayal. 

IH. Les espèces du genre MoLTON {Om) donnent aussi des produits des races hybrides, 
principalement les Moutons domestiques i|ue beaucoup d'auteurs regardent, il es' vrai, 
comme de simples races. Nous avons vu aussi le métis du Mouton domestique avec le Mouflon 
de Corse. 

IV. On en cite également dans le genre Chèvre {Capra), et parmi eux celui du Bou- 
quetin avec la Chèvre domestique, qui est pourtant une espèce d'un autre sous-genro. 

Dès 1752, Buffon avait même obtenu des Mulets par le croisement au Bouc avec la Brebis, 
et par conséquent des produits résultant de l'association d'Animaux de deux genres plus diffé- 
rents encore que ne lo sont ceux des Chèvres et dos Bouquetins, ou des Moutons et des 
Mouflons. 

V. Lo genre Cerf {Cervus, Linné) a fourni divers exemples d'hybridation : 
1° Par l'accouplement du Cerf Pseudaxis avec l'Axis femelle; 

2» Par celui du Cerf Gymnote avec la Biclie de Virginie. L'un et l'autre ont été obtenus au 
Muséum de Paris. 

VI. Le genre Chien {Canis, Linné) est aussi dans ce cas. On a réuni avec succès : 

1° Le Loup avec le Chien domestique, soit avec le Chien ordinaire, soit avec le Chien de la 
Nouvelle-Hollande; 
2P Le Chien avec le Chacal. 






FAMILLE DES ÉQL'IOÉS. (53 

VIL II on ost ilo môino dans lo gonro des G II AT S {Felis. Linnô). Lo produit lo plus 
curinux (ju'on on ail lire ost l'IIybrido résultant do raccouplcmont du Lion avec le Tigre. Cet 
Hybride a él6 obtenu plusieurs fois en AngleteiTo avec le m(^mc couple d'Animaux. Nous en 
parlons à la page 84 do ce volume. 

Vlli. On connaît des produits analogues parmi les RONGEURS, et j'ai vu rfeemment à 
Londres, dan? lo Mus(5o Britannique, un Porc-Épic provenant du Porc-Épic ordinaire et de 
YAcanth'ion de Java; il était né à la Ménagerie de Régents Park. 

IX. Enfin il y en a eu dans la famille des SiNfiES : 

1» Entre lo Macaque ordinaire et lo Macaiiuc Rliesus; 

2" Entre le Maca(|ue ordinaire et le Macaque couronné. 

3" Entre lo Cercopitliècjue Grivet commun et lo Maca(]ue ordinaire. 

Ces trois derniers Métis ont été obtenus à la Ménagerie de Paris, 

Outre les Hybrides que nous venons de signaler, et ceux de quelques autres espèces appar- 
tenant à des genres domestiques dont nous n'avons pas parlé, comme les diverses espèces 
de Cochons, de Lamas ou do Chameaux, etc., on en a probablement observé plusieurs autres 
dont les noms ne sont pas venus à notre connaissance , et l'on pourra en augmenter encore le 
nombre en prenant soin de rapprocher, dans des circonstances favorables , des Animaux sau- 
vages pris dans un même genre ou des Animaux sauvages et leurs congénères domestiques. 
C'est d'ailleurs ce que l'on a continué à faire dans plusieurs grandes ménageries , et en parti- 
culier dans celle de Paris, oii MM. Fleurons et Is. Geoffroy ont entrepris de nombreux essais 
à cet égard. Pout-ûlro arriverait-on aussi à quelques résultats en employant lo procédé de la 
fécondation artificielle, ce qui a déjà été essayé avec succès sur des Mammifères , mais seule- 
ment pour dos Animaux do même espèce. Une des conditions principales du succès des hybri- 
dations est que les Animaux à réunir soient du môme genre, ou tout au moins do genre très- 
voisin, et par suite de même tribu; il est également avantageux qu'ils ne diffèrent pas d'une 
manière trop considérable par leurs dimensions. 

En ce qui concerne le degré de ressemblance que ces Animaux, d'espèce différente , doivent 
avoir entre eux, on a dit avec raison que la possibilité de reproduction entre individus d'espèces 
distinctes n'a lieu qu'à la condition qu'ils soient du même genre, et par conséquent, on 
en a déduit que le genre peut être, jusqu'à un certain point, défini : la collection des espèces 
susceptibles de produire des Hybrides inféconds, de même que l'espèce est en général la 
collection des individus capables de produire entre eux des individus inféconds. Mais il y a 
des exceptions à cette règle, et pour ne parier ici que des Mammifères, l'union productive d'un 
Cercopithèque avec un Macaque, et celle mieux démontrée du Bouc avec la Brebis , nous font 
voir que des Animaux de genres différents, mais il est vrai do genres peu éloignés, sont parfois 
susceptibles do se féconder. Il n'en esl pas moins vrai que la difficulté do l'hybridation augmente 
dans un même groupe proportionnellement à la distance qui sépare les espèces que l'on veut 
associer, et qu'elle s'accroît encore entre les Animaux de genres différents ; aussi n'a-t-on aucun 
exemple d'Hybride obtenu par lo mélange de deux Animaux appartenant à deux familles 
distinctes, et encore moins à deux ordres. 

Jusqu'à prouve évidente du contraire on doit donc penser que le Jumart n'existe réelle- 
ment pas. Ce Jumart, dont plusieurs voyageurs ont parié, mais que l'on ne possède dans 
aucun Musée, serait le produit de l'association du genre Bœuf au genre Cheval. 

Dans son chapitre sur la Dégénération des Animaux, Buffon rappelle co qu'on a dit au 
sujet des Jumarts, mais il n'accorde à ces récils aucune espèce do valeur, ot il ajoute : 
« En 1767 et années suivantes, dans ma terre do Buffon, le meunier avait une Jument et un 
Taureau qui habitaient dans la même étable, et qui avaient pris tant de passion l'un pour 
l'autre , quo dans tous les temps oii la Jument était en chaleur , le Taureau ne manquait 
jamais de la couvrh* trois ou quatre fois par jour, dès qu'il était en liberté; ces accoupicnsonts 
réitérés nombre do fois pendant plusieurs années donnaient au maître de ces Animaux de 

n" PARTIE. 20 



I 



*^* OHbHE DKS JL MENTES. 

grandes ospt-ranccs .l'on avoir lo produit. Copendunt, il n'cti est jamais rien l'ésultô .) Les 

naturalistes ont accepté l'avis do JJuffon ; mais il n',.,, est pas do mAmo des véténnnires qui 

sont loin d'ôtre tous convaincus. On en jugera par 1., passage suivant , que nous empruntons 

k la Zoologie vdtdrmairo do M. (Irognier. En parlant dos Jumarts, cet autour s'exprime 

ainsi : « Notre maître «ourgelat les croyait possibles , nous n'osons rien décider sur co point. 

Tout ce que nous savons, c'est .ju'on a vu souvent des Taureaux couvrir des Cavales et dos 

Etalons saillir des Vaches. Nous pensons que, pour avoir reconnu cent fois (jue ces accouple- 

monts avaient ..aé stériles, on no peut pus en conclure .lu'ils n'ont jamais été féconds. Nous 

avons la certitude que, dans les pays où les miles et les femelles de toutes les espèces sont 

pôle-mtlo au pâturage, il naît .|uelquefois des Mulets ù t.He do Veau, à queue do Vacho, avec 

des protubt^ancos à la place des cornes, ayant lo corps ot les jambes faites comme dans lo 

Cheval. ,. Malheureusement, les produits singuliers dont il est ici question n'ont pas été 

décrits avec tout lo soin -lu'ils méritaient, ou bien, lorsqu'ils ont pu l'ôtro, il a été facile de 

reconnaître que co n'étaient que .,uelques individus monstrueux, comme on en voit dans 

chaque espèce, et cela, sans que l'int..rv..ntion d'une f.'.condation étrangère soit nécessaire 

pour en expliquer la naissance. Aussi, jusqu'à présent du moins, les .loutes conservés par 

plus.eurs vetennanvs ne reposent-ils sur aucune observation réellement authentique, et l'on 

no saurait trop engager ces médecins à n., laisser échapper aucuno des occasions que leur 

^ZZ:^ pratique pour éclairer celte importante .p.estion. 11 n'en est pas moins démontré 

Italie, eu Goisc et en Algérie, par exemple, et on ne les a |.as davantage observés ailleurs 
comme on y observe les Mulets et les Bardeaux. Les monstres auxquels M. Grog i ail 
lusionne naissent jamais viables, et les récits, plus populaires que scientifiques auxque 
an Tn 'f'^"f '""«."' '^-' "«^ f-''^-^»' P- P'- fondés que tous ceux que l'on dJbite 
dans le peuple a la naissance de certains monstres humaius, sur lesquels la tératologie 
possède aujourd'hui des notions si précises. . n-iaioiogie 

unïdonrnnf."^"" ''' ^^^'^"'^''.^['^''^'^ "^ g<5néral , des êtres complètement stériles. C'est 
ZZT , '''"''" ''''^'''' "" P«rti important, mais très-probablement exagéré, 

J^fH^^r '''" T''"''' ^.''"'^"° P*^^' '"^^^"'«" '^^^"•"^ ^ «^''«l"»' '- délimitation 
et l avait cherché à en triompher aussi bien pour les Animaux .lomostiques que pour les 
espèces véritables, et plus désireux, dailleurs, d'emprunter aux actes physiologiques qu'elles 

Buffon en chercha le critérium dans la reproduction elle-mi^me 

Tous les Animaux susceptibles de produire ensemble des p;iits féconds capables de con- 
t^nuer leur race, sont pour lui des Animaux de m.^me espèce, et les Animaux, qui ne peuvent 
pa produire entre eux ou qui ne peuvent produire que des individus stériles, sont des 

fe 1" T 'f "; ''r '" '^^°"'-^' ^«- '- C'--. tous les Chevaux, enfin tous 
les Ammaux domestiques do même genre qui se croisent et se perpétuent, sont e la môme 
e pece; au contraire, le Cheval et l'Ane, dont le produit est infécond. Ce t-à-dire incapable 

oTmotl"' T '" nt™'"'' ''"^'"^ ''^^'""^''■^' •^"«''J- '^'^^^ --« S-re P 

éXr distiT ' ""'^" '''''' '-' " ''-' '' '' '''-'' '''-" '-' -^-- '••-p^- 

olatluTrr"*' "r ""'?" ''"' ''''' '^"™'"' ^^ "^«"^ ^«^ «^^ ■«« '^•tos des genres; en 
plaçant dans chacun d'eux les espèces susceptibles de donner naissance à des produits 

ff-! ''i ','" '"'''*"'' '^''««Pt'o"^' «t ces exceptions ont été en partie connues de 
Buffon. La Chienne couverte par le Loup ou la Louve couverte par le Chien donnent nais- 



FAMILLK DKS TAPIIUOÉS. 153 

snnco h des Animaux qui dovioniiont à lour tour cupablos do sn reproduire, fl , diins certains 
eus, on n vu des Mules mettre l)us, ou de véritables Mulets saillir des Juments. Huffnn cilo 
entre autres une Mule possédée par un homme do Valence , laquelle eut successivement six 
Poulains par suite do son croisement avec lo Cheval. 

Ln autre cas do fécondité a aussi été observée à la Ménagerie de Paris, après l'union d'un 
Axis avec le Mulet obtenu de la niAme espèce et du Pseudaxis; et l'on en n awjuis un troi- 
sième dans le mCmo établissement par lo croisement du Chien avec lo Mulet issu du Chien 
et du Chacal. 

M. (îray publie dans lo Knowaley Ménagerie un llybrido fécond, qui est également curieux, 
et qu'il appelle avec raison llybrido double {double Mule). C'est le produit d'une Jument 
do race poney avec un Mulot issu lui-ni^me d'un Zobro et d'une Anesso. Ce double Mulet a 
été observé b. Londres. 



FAMILLE DES TAPIRIDÉS 

Quatre doigts aux pieds de devant et trois à ceux do derrière; nez prolongé en une petite 
trompe; dents molaires dépourvues décernent, à collines plus ou moins saillantes et sans 
excavations à la surface do leur couronne : tels sont les principaux caractères dos Tapiridés. 

Le Tapir du Brésil et deux antres espèces dont l'uno habite aussi l'Amérique méridionale, 
tandis que la seconde est particulière aux régions les plus chaudes do l'Inde, sont les seuls 
Animaux actuels do cette famille. Ces trois espèces no constituent qu'un seul genre. On doit 
en rapprocher plusieurs sortes d'Animaux éteints, dont quelques-unes ont servi à l'établisse- 
ment do genres particuliers. 

Genre TAPIR {Tnpmis, Brisson). Nez prolongé on une pel'^o trompe; queue très-courte; 
quatre doigts on avant, trois en arrière; deux mamelles inguinales; trois paires d'incisives 
à chaque mâchoire ; uno paire do canines , dont les supérieures sont plus petites que les 
incisives externes; sept paires do molaires supérieurement et six intérieurement; les unes et 
les autres surmontées do collines transversales ; point de troisième colline à la dernière molaire 
inférieure. 




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r>F.Miiio\ m TtriR nF. r. l\nF, )/S di" ïrnnrl. 



160 



OIIDIIK |)|.;s Jl MKNTÉS, 



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Les TiipiM approclidiit du Clieval et .|<> l'Ano pnr I.Mir formo cxtiVicuro l.i<.|) plus .luo «les 
Sangliers nux(iui'ls on les n souvonl compnnVs. Cepon.iinit leur .|ucii.> très- court., et siuis 
crins, la pelito tn.inpo (|ui coiistituo Jour noz, la forme comprimcV) de Icnir iHn ot leurs doiRts 
plus nombreux, p<.rMiHl<.nt ais.'nu-nl do l.'s on di^tinKiw-r. .-t ils paraissent en Hro s.'.parés par 
un intervalle considérable; mais cet intervalle lui-mi^me est en partie condih'i si l'on étudie 
les espèces fossiles qui se ra[)procliont dos Tapirs et dos Chevaux, |.rinci|)alement celles dos 
terrains tertiaires moyens et inférieurs. 

MulKré les diffi'rcHKîes incontestahlos 'lui séparent lo genre Tapir do celui des Chevaux, ou 
donne |)arfois aux premiers do ces Animaux lo nom do Mulets sniungcs ou celui do Chovnux 
marins, et c'est sous ces dénominations bizarres ou sous d'autros encoro ipio dans les ména- 
geries ambulantes on annonce les Tapirs au public. Au Muséum do Paris, oii ces Animaux 
sont souvent exposés aux regards dos visiteurs dans le mémo enclos (pio les Éléphiuits, ou 
bien à une faible distance, beaucoup do i)ersonnes, en les voyant pour la première fois,' los 
prennent d'abord pour los petits des Élé()hnnts, (luoique leur trompe soit rudimentaire si on 
la compare à cello do ces Animaux, et .pio leurs oreilles soient eu cornets au lieu d'èlro on 
forme de largos feuilles, comme celles des Proboscidiens. 

La taillo des Tapirs approche de celle d'un Ane ordinaire; leurs yeux sont petits et à pupille 
rondo; leur langue est douce; leurs narines sont percées au bout do la trom[)e (|ui constitue 
un do leurs caractères les plus saillants, mais qui est un boutoir proboscidiforme ot non une 
trompe véritable servant à puiser l'eau, à frapper l'ennomi ou à saisir les objets. Les Tapirs 
prennent directement leur nourriture avec la gueulo et pour boire ils relèvent leur trompe de 
manière à no point la mouiller. 

Bajon, (jui a résidé à Cayenno, avait cru que ces Animaux ruminent; c'était rexamen 
do leur estomac qui lui avait suggéré cette opinion ; mais ni les pieds ni los dents des Tapirs 
00 sont conformés comme ceux dos Ruminants, et leur estomac lui-même est notablemont 
différent du leur. Il a ses deux culs-de-sac latéraux assez développés et paraît triloculé, ce 
qui lo rapproche davantage du même organe, étudié chez lo Daman ou lo P^'cari. Les Tapirs 
ont aussi l'astragalo tout différent do celui des Ongulé ; (lui ruminent; et, sous ce rapport, ils 
se rapprochent encoro plus des Rhinocéros que dos Jhevaux. Quant aux affinités (pi'on leur 
a supposées avec les Cochons et les autres espèces do la mémo famille, elles n'ont aucun fond(!- 
mont, et l'oxamen comparatif do leur ostéologie tend encore à éloigner ces deux groupes l'un 
do l'autre; cependant on les a lo plus souvent réunis dans la même division dos Pachydermes. 
Les caractères do leur dentition sont également contraires à ce rapprochement. A ceux ([uo 
nous avons indiqués on définissant le genre , il faut ajouter quo los Tapirs, qui ont trois molaires 
supérieures do lait comme un grand nombre d'autres Mammifères hétérodontes , n'en ont 
que deux paires à la mAchoiro inférieure. 

Les mœurs des Tapirs à l'état sauvage paraissent être brutales, mais sans être féroces. Ces 
Animaux occasionnent peut-être moins do dégAts que les Sangliers, et ils sont moins dange- 
reux pour les chasseurs. Ils so tiennent en général dans los endroits chauds et sont plutôt 
nocturnes que diurnes ; ils passent presque tout le jour cachés dans los lieux obscurs et fourrés. 
La nuit, ils se mettent en marche. Leur nourriture consiste en végétaux do plusieurs sortes et 
en fruits, parmi lesquels on cite los melons d'eau ot les courges; ils recherchent aussi les 
terres salées , et ils font souvent do longs trajets pour en découvrir les dépôts. 

Ces Mammifères ne sont pas amphibies comme on l'avait d'abord supposé, mais ils vont 
volontiers à l'eau; ils traversent aisément les rivières et so vautrent avec plaisir <lans les 
marais ou les étangs. Les grandes forêts sont leur séjour habituel. Certains voyageurs disent 
qu'ils s'y fraient des sentiers; suivant d'autros, ils cheminent au hasard, écartant ou brisant 
tout ce qui leur fait obstacle; ils avancent résolument tête baissée, ot la forme en carène do 
leur crâne, ainsi que la dureté de leur peau, semblent très-favorables à cette sorte de lutte. On 



rap(iorle, dit Azara, (jue si lo Jaguar so jette sur lo T 



ipir, celui-ci l'entraîne à travers les 



l'AMii.i.K i)i:s T\iMi\ini!;s. 



167 



piirtlos les pins «^paissos du Imis jiis(prà oc* «lu'll nil liri>t(^ hou «'iiiiomi en le faisant passer pur 
los espaces les plus ûtroils, mais celle assertion est proliahlemeiit iiiexaeto. 

Kii captivité le Tapir est doux , tramniille, assez propre (^t souv(>iit assez familier, et les nn- 
turnlistos ont inscrit ce Kenre sur la liste dos Aidniaux sauvages dont In duniusticatinn offrirait 
le moins de difllcullés, et en mi^^me temps le plus d'avantafies. Lorsqu'on a pris les Tapir» 
oncon^ jeunes, on peut li's laisser vivre au milieu des haldtations. Azara n'avait pas la niAme 
o|)inion ni sur lu douceur des Tapirs, ni sur In convenanco do leur nsscrvissomont, co (jui lui 
faisait dire : 

(1 II est très-ais»j do penser i|ii'on ne s'amuse pas à élever un Animal aussi miisililo, aussi 
triste, (pu n'a rie» d'attrayant, et dont l'unique qualité est do n'oxiffor ni attention ni soin. » 
Mais il faut evouer <pie ces deriners mois conirediseiit l'opinion que l'auteur espagnol s'était 
laite des Tai)irs, et dans (pielcpics lieux im cli(U'clie à les utiliser, 

Taimh AMl^;ni(;AiN {Tnpiriis atmrknnm , (imelin). Quoique le Tapir ne dépasse pas la 
taillu d'un Ane, c'est l'un des plus grands Animaux de rAmériijne méridionale. Le Lama et le 
Cerf des marais ont seuls les dimensions supérieures. Mals^ré cela, et bien qu'il soit commun 
sur tous les poirds oii abordèrent successivement (lolomi), V'espuco, Peralonzo, Nino, Pinzou 
et Cabrai, c'ost-à-diro les premiers con(|uérunts de l'Amérique méridionale, il paraît fjuo son 
l'xistencti resta iffnorée jus(pr<\ répn(pie des expéditions (pii eurent pour résultat la fondation 
de la colonie du Darien, dans la mer des Antilles. Toutefois le Tapir, dont la cbair servait 
souvent à la nourriture dos naturels, no dut pas échapper longtem|)s à l'atttnition des Euro- 
péens (jui furent très-souvent exposés à la famine, lorsqu'ils s'établirent dans ce fîolfe. Los 
premiers rensoi^'iiements sur le Tapir arrivèrent en Euro|)e vers la tin de 1500 et en 1511. 
L'auteur des Dtkades océaniques, P. Martyr, en fit usago; mais co qu'il on rapporte ost aussi 
exatféré (pie jieu exact, (i Cette béte, dit Martyr, é^çale en grosseur à un n(r nf, porte tromito 
d'Éléphant, et ce n'est point Tin Éléphant; a couleur boviiu; et n'est point un Bceuf; ongles 
chevalins et n'est point un Cheval; elle a aussi les oreilles de l'Éléphant, moins pendantes 
et moins largos, toutefois, mais plus larges encore quo colles dos autres Animaux. » 



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granil. 




ORDRE DKS JUMENTÉS. 

Il est plus longuement et plus exactement question des Tapii's dans le Sommairn de l'His- 
toire nalurcUe et générale des Indes, "ui fut publié par Oviédo, en 1526. Nous emprunterons 
la traduction do ce qu'il a dit au savant mémoire de M. Rouiin. «On trouve à la Terre-Ferme 
un Animal appelé par les Indiens Boeri, et au(|uel nos chrétiens ont donné, en raison de 
l'épaisseur de son cuir, le nom «le Danla. Ce nom, au reste, est tout aussi impropre que celui 
do Tigre qu'ils donnent à YOchi. Le Roeri est de la taille d'une moyenne Mule; il a le poil 
d'un brun foncé et plus épais que celui du Buffle; il n'a point do corne, et c'est tout à faii 
à tort que des personnes lui donnent le nom de Vache. Sa chair est bonne à manger , quoique 
plus mollasse que la viando du Bœuf; mais un excellent morceau c'est le pied ; seulement il 
faut qu'il cuise vingt-quatre heures de suite , après quoi c'est un mets qu'on peut présenter 
au plus délicat, et qui est do très-facile digestion. On force le Roeri avec des Chiens; mais 
quant ils ont fait prise, il faut que le chasseur vienne promptement à leur aide et tâche de 
frapper l'Animal avant qu'il ait eu le temps de gagner l'eau; car, s'il on est proche, il court 
s'y jeter, et, une fois ià, il a bon marché des Chiens qu'il déchire i\ belles dents. J'en ai vu 
emporter d'une seule morsure la jambe ou l'épaule d'un Lévrier, ou arracher à un autre un 
morceau de peau long de deux empans tout comme l'eût pu faire un écorcheur : sur la terre 
il n'en pourrait faire autant impunément. Jusqu'à présent le cuir do ces Animaux n'est d'aucun 
usage pour les chrétiens, qui ne connaissent pas la manière do le préparer; mais il est aussi 
épais que le cuir du Buffle. » 

Ce Tapir est le seul que les naturalistes aient connu jusque vers le premier ijuart du 
xix" siècle. En 1553, Gomora le signala dans la province de Cuniana, sous le nom de Capa; 
Thevet , en 1556, l'appela Tapchire et Lery, en 1578, Tapiromsou. Ces deux dernières 
dénominations étaient empruntées l'une et l'autre à la langue des Indiens de Rio-Janeiro. 
Claude d'Abbeville emploie le mot Tapiijre usité k l'embouchure de l'Amazone, et Laet celui 
de Maipouri, alors vulgaire à Cayenne. Le Tapir est aussi le TIacoxololé ûw Mexique dont 
parle Hernandez , la Vache montagnarde -le Dampier , et le Mborebl d'Azara. Sa synonymie a 
été faite avec le plus grand soin par M. Boulin, à ([ui nous avons emprunté les détails qui 
précèdent. 

Linné s'était mépris an sujet des affinités du Tapir lorsqu'il l'avait associé génériquement à 
l'Hippopotame en le nommant Hippopotamns Icrrestris, et Exieben ne fut pas plus heureux 
en le réunissant aux Cabiais sous la di'nomination iVIfi/droclurrits Tapir. 

On rencontre les Tapirs de cette espèce dans une grande partie des terres basses qui s'é- 
tendent entre les Andes et l'Océan atlantiijne , depuis rOréno(|uo jus(|u'à la Plata , (;'est-à-dire 
depuis le 12° degré nord jus([u'au 35'' sud environ. Leur présence est également signalée au 
Pérou, mais il n'y en a point au Chili ni en Patngonie. 

Tapir Pinchaqik {Tnpirus Pinduiqne, Rouiin). Cette espèce, dont on doit la décou- 
verte et la description à M. le 1)' Rouiin , ;i été inscrite depuis lors jiar J.-R. Fischer, sous le 
nom de Tapirus liouUni dans son Sgnopsis mammnlinm, et par M. Tschudi sous le nom de 
Tapirus villosus dans sa Faune du Pérou. On lui donne pour caractères distinctifs : l'absence 
de plis latéraux sur la trompe et celle de la crête qui va du cou an garrot dans le Tapir ordi- 
naire; des poils longs et épais, mais non disposés en crinière à la région du cou ; la couleur 
noirAlre sans liséré blanc aux oreilles, et, au contraire, avec, une sorte do tache blanche à 
l'extrémité de la mâchoire inférieure , laquelle tache remonte juscpi'au bord des lèvres ; h) 
cri\ne osseux plus semblable, sous certains rapports, à celui du Tapir de l'Inde (ju'à celui du 
Ta[)ir ordinaire. 

Ce Tapir habite les Andes de la Colombie et du Pérou; il est un peu plus petit que l'autre, 
avec lecjuel il paraît vivre en commun dans certaines localités. 

Lo jeune est noirâtre et montre des traces do livrée , mais elles sont autrement disjjosées 
<|ue dans le Tapir ordinaire. 

Lp nom du Pinchaque est celui d'un Animal fabuleux que la légende américaine place dans 



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FAMILLE DES TAPIRIDÉS. 



159 



une haute montagne de la Nouvelle-Grenade, et dont l'histoire repose en partie sur l'observa- 
tion inexacte do ce quadrupède. 




BMiisn: 



T»riii risciiAuiE, 1/20 lie grnnl. 



Ta PI H INDIEN {Tapinis indkm , G. Guvior). C'est le Maïba do P. Guvier et le Tapiriis 
malayanus du D. Horsfiold. Voici en quels termes G. Guvier a signalé, il y a bientôt trente 
ans , la présence dans l'Inde , d'une espèce appartenant au même genre que le Tapir améri- 
cain : « La découverte do cette espèce aussi neuve que surprenante a été faite tout récemment 
par deux de mes élèves, MM. Diard et Duvaucel. M. Diard vit pour la première fois cet 
Animal à lîarakpoor, près de Galcutta , oU il venait d'être apporté de l'île de Sumatra au 
marquis de Hastings, gouverneur général de l'Inde. Les Anglais ni les Hollandais de la côte 
n'avaient jamais soupçonné auparavant son existence dans cette île. Notre jeune naturaliste 
trouva, (juelquc temps après, une tète du même Animal, dans le cabinet do la Société asiatique ; 
elle avait été envoyée on 1806 de la presqu'île de Malacca par M. Farguhar, gouverneur des 
établissements anglais dans ce pays, oii le Tapir est aussi commun que le Rhinocéros et 
l'Éléphant. Une description du Tapir des Indes faite par cet officier a même paru dans le 
recueil des Asiatic rescarches , publié à Galcutta. De leur côté, MM. Diard et Duvaucel ont 
pris et fait prendre de ces Animaux dans les bois de l'île de Sumatra. » Les Musulmans ne 
mangent pas la chair du Tai)ir, parce qu'ils le regardent comme une espèce de Goclion; il est 
noir, à l'exception des oreilles qui sont bordées de blanc, et du dessus du corps , qui est gris 
pùle. Le jeune est tacheté de blanc et de brun. {PL LI.) 

Le Tapir indien vit dans la presqu'île de Malacca , à Sumatra et à Bornéo. Quoiqu'il ne 
soit venu à la connaissance des naturalistes européens qu'à une époque peu ancienne, il 
était depuis longtemps signalé dans les ouvrages des Gliinois et des Japonais, et, comme l'a 
observé Aboi Hémusat, il est même figuré dans l'Encyclopédie japonaise. M. Roulin, dans son 
imijortant Mémoire pour servir à l'histoire du Tapir, a repris cette question; il suppose que 
le Griffon lui-même pourrait bien ne pas avoii' une autre origine. 

Voici conimont il s'exprime à cet égard : 

« Ce n'est pas seulement dans le nouveau continent que l'histoire du Tapir se lie à celle 



m 



160 ORORR r)KS Jl MKNTÉS. 

d'Animaux ffibuloiix. Lo nicrvoillcux /W dus anlours cliinois, cot Animal à la Irompo d'Élé- 
phant, aux youx do lUiinocéros, aux pieds dn Tifjrro, qui rnnf,^! lo for, lo cuivre et niante les 
plus gros serpents; cot Animal, comme l'a très-bien jugé M. Aboi Ilômusat, est un Tapir; 
mais je no crois pas, connue lui, que co soit un Tapir habitant la Chine. L'histoire du Mé 
me paraît fondée sur «piehiues descriptions incomplètes du Tapir de Malacca et sur quelque 
représentation grossière de cet Animal. Les Chinois (pii sortent de leur pays appartiennent, 
sans exception , à la classe la moins éclairée. On n'u donc point lieu do s'étonner qu'au 

retour ils mêlent dans leurs récits des erreurs et (|uelques mensonges L'histoire du 

(iriffon , telle qu'on la trouve dans Élioii et dans (fuelquos autres écrivains postérieurs au 
temps de Ctésias , est une fusion do deux traditions ; l'une, venant de Perse , est ajustée pour 
servir d'explication à une imago évidemment semblable (I); l'autre, plus ancienne, arrivée 
par la route de l'Inde , et qui pourrait bien se rapporter à la ligure d'un Animal réellement 
existant, à celle du Tapir malais. » 

Ta PI II s FOSSILE s. On a observé en Europe, principalement on France, des débris 
fossiles de plusieurs espèces do Tapirs aux environs de Montpellier, au Puy-en-Volay et à 
issoire. Ces Animaux paraissent ne pas avoir été rares dans ces diverses localités. 

Genre LOPMIODON {Lophmlou, G. Cuvier). C'est aussi à la famille des Tapiridés 
tpi'appartiennent cert;nnes espèces éteintes qui ont précédé les Paléothériums en Kurope, et 
dont les débris se rencontrent de temps en temps dans la pierre calcaire dont on se sort pour 
bAtir à Paris. Parmi les restes de ces Animaux (pii ont été signalés dans beaucoup d'autres 
localités, surtout en France, on distingue différentes espèces, les unes égales en dimensions 
aux Tapirs, les autres plus grandes ou plus petites. (Juehjues particularités dans la forme 
lies dents séparent ces Animaux des Tapirs; d'autres permettent de les partager en ,!eux 
sous-genros qu'une étude comparative a permis do séparer à leur tour de quelques autres 
Animaux antédiluviens auxquels on a donné les noms génériques do Listriodon, Tapimlus, 
Coryphodon, etc. C'est surtout en France que ces anciens habitants de l'Europe ont été 
({('couverts et décrits. 



,1 1 



ii i 



FAMILLE DES RHINOCÉUIDÉS 



Cette famille comprend (piel(]uos espèces de grands Animaux ayant la peau très-t 
rès-résistante, plusieurs doigts à chm\m pied terminés par des sabots; les dents ess 



s-dure et 
, - essentiel- 
lement herbivores, plus larges supériourementriu'inférieurement, oii ollesont leurs collines très- 
obliques ou presque longitudinales. La dernière de leurs dents inférieures n'a que deux lobes. 
Ces cspèc(>s ont été app(>lées génériquemont Ithinocéros , ce qui rappelle la protubérance 
cornoe, simple nu double, qu'ils ont sur le nez. Ces cornes sont i.lacées, l'une et l'autre, 
sur la ligne médiane; co sont (l(«s c(')nes pleins, plus ou moins élevés, un peu courbés en 
arrière, et dont la substance entièrement cornée, comme colle des ongles, semble formée de 
poils agglutinés. On ne trouve dans leur intérieur aucune saillie de l'os nasal ou frontal 
analogue à celles qui servent d'axe aux cornes dos Huminaiits ordinaires , et elles ne sont 
pas caduques comme lo sont les bois des Cerfs. Lo crAne no montre d'autre trace de leur 
existence qu'une surface rugueuse simple ou double, suivant .pi'il y a une ou deux cornes; 
elle est égale en grandeur à la base de celles-ci. On connaît dos lUnnocéros fossiles maniiuant 
certainement de cornes, et quelques auteurs donnent, comme étant aussi dans ce cas, une 
espèce encore peu connue qui vit dans la région du (iange. 

1)0 môme que les Éiéphaiils, les Rhinocéros ne vivent maiiiloiiant qu'en Afri(pie ou dans 

(i) ('omme on en voit sui' Icj monuments assviien<. 



FAMii.LK ni:s niUNoci^iniDics. 



ICI 



arrivoo 



rincie. Co sniit dos Animaux roiloutabli's |)ar la brutalilù de leur caractèrn; dépassant, en 
sént-ral, le Clioval et lo Bœuf par leur taille; fort trapus; (|ui fn'iiunntenl les forôls ou les 
grands marécages et (pii se nourrissent de substances végétales. Ils ont pou d'iutelligoncp et 
semblent, par leur nature même, incapables d'êlrc rendus réellement domesli<|ues. 

L'existence do leur groupe est aussi ancienne sur le globe ipie cell(; des Proboscidions. V.n 
même temps que l'on commence à trouver des débris de Mastodontes dans les terrains mio- 
cènes, on y recueille aussi, et souvent en plus grande abondance encore, dos restes do 
Rliinocéros appartenant à des espèces qui ne différent pas de celles de l'Inde actuelle d'une 
manière bien considérable. A réi)0(iuo oii se sont formées les coucbes terrestres dont il vient 
d'être (luestion , l'Europe possédait plusieurs espèces do ces Animaux ; et dans certaines parties 
do la France, 'elles ipio les départements du Gers, du Loiret, de l'Allier, leurs ossements se 
retrouvent en grande abondance. Il y a eu aussi des llbinocéros dans nos contrées [lendant 
les époques pliocène et diluvienne; mais depuis lors ils y ont été détruits aussi bien (|u'en 
Afri(iue, dans la région do l'Atlas, et dans une grande partie do l'Asie, principalement on 
Sibérie. 

Les Animaux do cette famille ont été le plus souvent réunis en un seul grand genre auquel 
on rafiporto aussi les es[ièces antédiluviennes. Cependant il est facile do les partager en plu- 
sieurs catégories. 

(IKNIIK RHINOGÉnOS {Minoceros.Lmni). Ces énormes Animaux ont trois doigts en 
avant, i)lus rarement (juatre, ot trois en arrière; leur région fronto-nasale est surmontée, 
babituellement, {)ar une ou deux cornes dans l'Age adulte; leur peau épaisse représente une 
sorte de cuirasse générale; leur queue est médiocrement longue et leur corps n'a ([u'un 
petit nombre de poils. Les Rliinocéros ont sept paires de molaires supérieures et sept infé- 
rieures; ces dents n'ont pas la même forme aux deux màclioires et elles présentent dans la 
série des espèces (pielipies différcMices cnractéristi(pies surtout diuis les contours de leurs 
collines ou dans les enfoncements, ayant l'apparence de petits puits, que forme l'émail des 
supérieures. 




llrxTS 110 1, \ nu s nr Un r no i: ni os iif. J»v», I '1 do grnn i. 



Les Grecs paraissent avoir possédé assez anciennement des coupes faites avec de la corne de 
Rliinocéros ; ces coupes étaient analogues à celles que l'on fait encore dans l'Inde et en Afrique, 
oii l'on croit (lu'elles peuvent spr\ir à discerner les poisons (Tavec les lifjueurs bienfaisantes; 
mais les anciens n'ont eu qu'une connaissance fort incomplète des Animaux qui produisent 
cette substance. Quoique le mot Rliinocéros soit d'origine grecque , il n'est pas encore em- 
ployé par Aristoto; il est néanmoins tivs-[)robable que plusieurs des Animaux à une seule 
corne, aux(piels on a donné |)lns tard le nom de Licornes, et dont il était déjà question à celle 
éfioiiue, ne sont que dos Rhinocéros mal observés ou déliL'urés par la transmission des récits. 
Ce caractère est attribué à cinq des Animaux signalés par les anciens: l'Ane indien, le Cheval 
II* l'AUTii:. 21 



s; 



162 onnnE des jumenti!:s. 

unicnrno, lo Rœuf unicorno, lo Moiiocéms propremcnl dit (il l'Orix (rAfri(]uo. Ce dornifr 
liourrait bien ûtro une cspùco do H>irninant du snnro Antilo|io, mais il est possible ([uo le Hln- 
nocéros soit l'orif,niie des quatre autres. Ou a beaucoup discuté au .sujet de la Licorne, et 
sans doute elle fournira encore le snjol de nombreuses dissertations, mais nous ne nous en 
occuperons pas davantage; lo nombre des Animaux réels, dont nous avons à parier dans cet 
ouvrage, est trop considérable pour (|U0 nous nous arrêtions longtemps à ceux qui sont chi- 
mériques, et nous répéterons, avec (1. Cuvi(M-, (|ue la liicorne IcIUs (pie l'ont refaite beau- 
coup d'auteurs n'existe (lue dans le monde des féeries ou dans le vocabulaire du blason. 

Quoi(iu'on ait vu autrefois des Hlnnoc(['r(is à Homo, du temi)s de i»om|)ée et d'Auguste, 
ce n'est que depuis la (in du dernier siècle (ju'oa a commencé à bien distinguer les unes des 
autres les espèces de cette famille. 

La nature do ces Animaux avait été presque toujours mai comprise; et souvent on a rat- 
laclié à leur bistoire des récits entièrement fabuleux. Tel est celui du combat du llbinocéros 
av(;c l'Eléphant, qui a pris naissance cIkv. les Arabes, et (|ue l'on rapijelle ainsi dans les 
Mille cl une Niiils : 

(( Le Jlbinocéros se Ijat avec ri']léphant, lo perce de sa corne par-dessous le ventre, l'enlève, 
et le porto sur sa tête; mais comme le sang et la graisse de ri':iépliant lui coulent sur les 
yeux et l'aveuglent, il toinl)e par terre, et, ce (|ui va vous étonner, le Hoc (1) vient (lui les 
enlève tous deux entre ses griffes et les emporte pour noin'rir ses petits. » 

Suivant Cliardin, les Abyssins simraient dompter les Hhinocéros et les faire travailler 
comme des Uœufs, Quoique, à la rigueur, on puisse emphner à divers usages (juebpies-uns 
de ces Animaux lorsqu'ils sont encore jeunes, ce qui pourtant n'a i)as été constaté, et ([ue 
peut-être certains d'entre eux soient plus susc(îptibles d'éducation (pie les antres, comme 
cela se voit dans beaucoup d'autres espèces sauvages , l'assertion de Chardin ne |)arait pas 
fondée. Los Rliinocéros, sans être féroces à la manière des Carnivores, sont des Animaux 
farouches, de mœurs peu intelligentes, et (jue leur brutalité peut nMidre tr's-dangereux. On 
tient en cage ceux des ménageries ambulantes, (;t dans les mi'iiageries publi(|ues ou donne 
à ces Animaux un enclos pour se promener; ils sont sous la surveillance d'un homme 
spécial (jui peut avoir quelque inlhicncc sur eux, s'en faire reconnaître et obéir, mais qui doit 
toujours se tenir sur ses gardes contre les changements souvent très-brusques auxquels 
leur caractère est sujet. 

La chasse des mêmes Animaux n'est pas sans danger; mais en Afrique comme dans l'Inde, 
on s'y livre avec ardeur, autant pour les éloigner des lieux cultivés que pour tirer parti do 
leur corne , de leur cuir, de leur cliair, et même de leur s(iuelette (lui a encore une assez 
grande valeur pour les marciiands naturalistes. Dans certaines parties de rAfri(|U0 centrale, il 
s'en fait une destruction assez active, et les documents ([u'on a recueillis, sous ce rapport, 
montrent ([u'auprès des grandes colonies ils ont notablement diminué de nombre depuis une 
cinquantaine d'années. La plupart des chasseurs cherchent à les surprendre lors(iu'ils sont 
endormis. On ne les ])0ursuit [)lus guère avec des flèches ni à l'arme l)lanche ; la plupart des 
peuples de l'Afriiiuo et de l'Asie, dont les pays sont infestés ()ar les Rhinocéros, faisant 
usage des armes à feu que leur procurent les Européens. 

Les collections ne possédaient, pendant lo siècle dernier, qu'un petit nombre des pièces qui 
sont nécessaires aux naluralistes pour une histoire de ces Animaux ; mais il n'en est plus do 
même aujourd'hui. On a rapporté d'Afn(|uo et de l'Inde un bon nombre de peaux, de sque- 
lettes et même de crânes, qui ont rendu facile la distinction des espèces de ce genre, et, i)ar 
suite, celle des espèces fossiles. Aussi, qnoi(|u'il reste beaucoup ti fairo pour achever l'hisloire 
desniiinocérosjla science est-elle maintenant on possession de documents fort circonstanciés, 



(I) La Icscnilt! J» f^oc pourrait bien avoir pour oriirino l'Épj/oinis, }.M},'anlesqiie oiseau perdu, dont on trouve 
les os et les «'uf? fossiles .î MiKlapascar, associes à ceux d'énormes Tortues terrestres dont l'espèce est aussi 
enlièrcmcnl éteinte Voir à cet éj^ard les notices dans lesquelles M. Is. Cieoffroy "fait oonnaitrc l'Épyornis. 



102 




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I \M1I-LK OKS nilINOCIÏniDÉS. 163 

et les nntnrulistfs, (|in so sont ocr.iipi's vôcMniiKmt do co iiVoM\m, ont pu iijonter <1.is .ItHnils 
fort curieux à ceux que Buffon , CaniiK-r, Pallns , G. Cuvicr et .lo «Initivillo avaient rccuoiilis. 

Ou doit (iisliuftucr les espèces actuelles .le lllunocéros on doux groupes. 

Les meilleurs caractèros (|uo l'on ait indi(iués à l'appui do cetlo division résident dans la 



dispositions des dents nnleneures 



ces caractères ont ravantaîj;e do coïncider exacleinont uvoo la 



distribution fxéoKraphi.iuo des dilférentes espèces. Pour no p.n-ler ici (luo des espèces vivantes, 
on constate -lUo chez celles do l'Afriquo il n'y a do dents, on avant des molaires, ciuo pon- 
dant lo jeune ftgo, et (lu' elles soi\l i)0tiles-, au contraire, dans les Kliinocéros asiatiques, 
il V on a chez l("s jeunes, et aussi chez les vi'ux; elles sont mémo plus évidentes chez les 
second'' «luo chez les premiers. Des ilifféroncos analogues so relrouvonl chez les espèces 
éteintes Chacune dos divisions .lu'elles ont permis d-étahlir a déjà reçu, en paléontologie 
comme on zoologie, plusieurs noms dont nous croyons inutile do vétahlir ici la synonymie. 

I les «11 IN oc h; HO s à incisices non persistâmes. Us n'ont que dos dents molaires pendant 

l'à-o adulte, mais lorsqu'ils sont jeunes, on leur reconnaît une paire d'incisives supérieures 

(.1 deux inférieures; ces dents sont beaucoup i)lus petites quo colles dos lllunocéros do l'Inde. 

Le Unixocicuos a naiunks cloisonnées {lihinoceros antiquitatis , mamonbach; llhi- 

noccros Ikhorhlnus, Fischer), qui est fossilo 
en Eurojja et en Sibérie , appartient à cetlo 
division. 11 était plus fort et plus trapu que 
ceux d'aujourd'hui. Ses ossements sont com- 
muns dans les alluvions, 
dans les atterrissoments 
diluviens et dans les ca- 
vernes. Il y en a beaucoup 
dans certaines parties do 
la France, et l'on on re- 
cueille, en particulier, dans 
lo sol de Paris. 

Dans les régions du 
Nord , ou r trouvé des 
ntiinocéros de cette espèce 
avec leurs chairs et leur 
peau enfouis dans les gla- 
ires. Nous en reproduisons 
ici une tête et un pied, 

Lo Rin.NOcÉuos ca- 
Mi'S {Rhinocéros sîmtis , 
Burchell) a deux cornes; 
le nez raccourci, comme tronqué; les plis du corps peu marqués et les dents molaires assez 
peu différentes de celles du précédent, auquel il ressemble aussi par la forme do ses os; 
cependant il n'est pas do la mCmo espèce. C'est un Animal encore rare dans les collections. 
Sa patrie est l'Africiuo centrale. Lo squelette qu'en possède lo Muséum do Paris , et dont 
MM. de Blainvillo et Duvcrnoy ont donné des figures, est celui d'un exemplaire tué par le 
courageux voyageur Delgorgue. Les narines ne sont pas séparées, comme dans l'espèce 
fossile , par une cloison osseuse. 
Ce lllunocéros est le Moconf des Nègres ; sa longueur totale opprochc , assure-t-on , do 

quatre métros. 

Le lluiNOCÉnos bicoiine (Mj/ioceros ftit-oms, Linné) est plus répandu en Afrique; onlo 
signale dans la Nubie, dans l'Abyssinie, en Mozambique, au Sénégal et dans une grande partie 
do l'Afrique australe. Son criino est égalomonl court, mais de forme un pou différetUu, et ses 





Tf.iK El rii;ii ne Hiiisocébos * NAnists cloi^osnèes, 
Fossiles JOcrils |)nr Pnllos et [inr M. Bconilt (Musée de Saint-PiiterabourB } , l/U Je gt.md. 







Kil 



oiinitF i)i:s .11 Mi':\Ti::s. 



ninldiiTs MiiM'iiciircs n'ont |i;is les donlilcs rMiiViilinns en liniiit' i|i 
ci'llcs (les deux |iiVinlcnls. Il csl liiconii-, (•'cst-à-diic | 



l'iiiis (li>|iOMV>< l'oiiimo 



C/t'.sl II' /t/iiiiocvrua Afriainua de (i. «iiivlcr : les CalVes I' 



MMiiMi de deux niiiu's niisiilcs. 



luMi d <nii s ciicorc, nssn fiicilc ii n 



"I 



i|ii'llt>iil Mavdliy. Il ôtiili, il V ii 



mtivr; \\\,\\> \i\ cliiissc iu'liv(! dnnl il ,i ('it'' l'ohict I 



cloi^'iiii, |.r('>(|iif iiiiitont, des (•ndllli(^ iVnincnti's [h\v rilniiiini'. 

Les llhinuivros fielhii, ijuc M. Viidrcw Sitiilh en ii si''|i,iiv inniinc csikvc, n'ont pas ('■lé 
iidniis |,,ir les (ihscrvalcinN pins nVcnls. ,.| M. Widdlm-, <pii a inn nn assez «land nondiro do 
MhindtiTDS dans le sud de 1' \IViiiuc , lait icniaicjui'i' .lu'ds .sont lanlùt luiiis, laidôl, au 
cdiitniire, hlancliAlirs, mais, suivant lui du moins, d'une nianu-ir individuelle, gt (|ni' la lon- 
Rueiu' de leurs cornes est é-aletneiil assez varialde. Celles des femelles son! plus longues, 
inuis (.('llos des niAles ont plus d e|iais>our. 

Oli cito ciiti'o le D/u'fourct le lac do Tscliad un lUiinocéios à une seule corne; mais il n'a 
pas encore pu Tire décril , et les auteurs en ont dénnnnné plusieurs autres ipii ne* sont -nére 
mieux comitis ; tels sont les lUiiiiorrivs t/c /Iniir et ,/o (ionluit , indiipiés autrefois |.ar de 
lllainville qui les a lui-même ra,v(-s depuis lors ije la liste des véritables espèces. 

II. J-es Hmi.noc.khos ù incisives porsislanlr.s sont particuliers à l'hide. il v en a eu aiisfi 
.les espèces en Kurope.mais pendant une époiiue antérieure à l'existence <lu llliinocéros ([u'oii 
iippelie lUuiKU'éros à narini's cloisonnées. 

Ces Animaux ont lo mémo nondire de molaires .pie \vs pn'c.'deids, mais ils p.ateni à la 
partie antérieure des mA.'lioir.'s ^ .lents. pi., l'on a .lécriles ennui' des in.isives.'t .Imil les deux 
l.aires snpéri.'ures sont, .mi elïet, inipIfml.TS .lans les os de ce nom. Des .l.'ux paires snpi'- 
iioures,l'nutéri.>nn.,.pn .■>! s.^id." persistante, acpiiert un volume plus ou m.dns c.iiisi.lérah!.', 
et devient, avec yà'JH', une s.u'te .le ^rrosse pince .pn s'use en plan sur sa .■..uronni', par 
suit.' lie sou frottement avec la |.lus forte des .lents intérieures. Celle-ci est en nnw allon-.' 
l.Mijours implautée dans le s.piolottn au mov.'u .l'une lorl.. racine; elle est cou.liiV en avant 
el eaniidtorme ; on devrait sans doute la re^^ar.l.'r comme canine v.Titalile. l'ille limite en 
ileh.ns re.s|iace occupé par les .leux paires do petites in.'isives anl.'rieures. mais celles-ci sont 
• laviformes, arroii.lies el liahitu.;lloment cadu.jues. Les deux î,'raii.les in.isives supérieures el 
les deux f;rnn.les il(>nts caniniformes de la mùdioire inférieure persistent seules; elles sont 
suiiinit utiles à ces HliiiDc.'ms pour arracher .tu .'oi^M-r les l)rancliaj.'es, lescliamiies, les 
bami.ous et les autres parti.'s vé^étalivs ijui leur s.Mv.'nt ordiiiaii..nient de nourriture.' Les 
espèces de celle division ont les plis de la peau hii^n manpiés. On on cite une sans coriio; 
.rmilresenontuneou deux, et s'il fallait cr.-ire l,.s li-ures .l'un ouvrage cliinois d'histoire 
iialurelle. il y en aurait même une à trois c.iiii..s ; mais les .ahinels eur.>p.Viis ne p.)ss,'.,lent 
aucune pièce .]ui puisse élal.llr rexistenc.' r.Vlle <!.' cell,. .lernièro espèce. La première 
ospè.'e, ipioitpi.' moins d.mteuse, n'est pas n.in plus iiiiunlestahl.'. |>.)urtant, .le Itiaiiiville a 
vu, dans la c.dlecti.)iis .le \\. Laniarre-Pi.piot acluell.'ment .l.'pos.'o à lii'rlin,' un HliinociTo's 
(les iles do remhouchure du Gaiific .|ui était l.)nl à fait privé de corne. C'est le nu^me .nie 
M. Lesson a nommé /lliiiivccros iiwniiia. 

L.'s caraclères dislmclifs des trois suivanis ont et.'; mi.Mix .lémoiilrés. 
Le Jtni%.).;Kiios lmcoiim.; {ninnuwros uniforim, Linné, ou llh. Indicufi, (i. Ciivier), 
n'a .prune seule corne; les plis do sou corps sont très-prononcés el les parties ,le la peail 
.pie ces plis sép,ncnl ressemhlent aux pièces d'une armure; son d.'rmeesl mamelonné surl.)ut 
v./rs la .•r.nipe. Ce niiin.)c.'rosac.|ui..rl une ^iran.le taille; il est de couleur terreuse. Cest .•elui 
«jue l'on am.uie or.liiiairement en Kurope. 

N.Ts la fin de la Hépiihli.pie, les Homains ont connu le Rhinocéros en nature, et Pompée 
<;.i montra un .lans le Cinpw. CNHail nn llliinocéros in.lien .!.■ l'espèc.' unicorne. Il on parut 
.■^-alemenl un lors ,lu triomphe d'Auguste surCléopAtre. Le même genn; est ass.-z exact.m.onl 
i-Sure sur plusieurs médaill..s de la m.".me ép..p,e, et on le retrouv.- parmi l.'s Animaux .1.. 
1:. mosai p,.. de Pale.tnne. Aiai. il fa.itc.i.uit.' aller Jusqu'au >e,/icn,.. sied., pour Ir.mverà so„ 







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FAMILLK DES lUlINOCÉHIDÉS. 165 

ègaï(\ de nouveaux documoiils , et les premiers dont la science s'enrichit furent encore rela- 
tifs à l'espèce de l'Inde. Le roi de Portugal Emmamif! reçut un de ces Pacliydernios en 1513 : 
c'est le même dont Albert Durer fit une gravure sur bois , d'après un dessin peu exact «[ui lui 
avait été envoyé de Lisbonne, l ri autre fut amené en Hollande en 1741, et deux iiaruront 
à Londres, en 1686 et en 1739. De 1740 à 1750, un de ces Animaux fut montré dans 
la plupart des grandes villes de l'Europe. Bientôt après, sous le règne de Louis XVI, la 
Ménagerie de Versailles en ac(juit un dont la dissection a pu être faite par Mertrude et Vicfj 
d'Azyr, en 1793, et dont il y a dans les vélins du Muséum de très-bonnes peintures dues à 
Maréchal. Depuis le commencement du siècle actuel , l'Europe a encore reçu plusieurs do 
ces gisantos(iues Mammifères, et, tout récenmient , l'espèce indienne était également repré- 
sentée dans les Ménageries de Paris cX de Londres par de très-gros exemplaires. 

Le HniNocKUOS dk Java {lUiinoccros Joionus, V,. Cuvier), qu'on a aussi appelé 
niiinoceros somlaïais, est particulier à l'île de Java. De même <iue le précédent, il n'a qu'une 
seule corne; mais on le reconnaît à la force moindre de ses plis cutanés, à la forme un peu 
dill'érenle do sa tète et aux tubercules serrés et iuiguleux de sa peau. Il est moins grand que 
l'Unicorno avec lequel on l'a confondu pendant longtemps. 

Le HniNOCÉnos m: Si; m a ru a {lUivwccros Stimalrcnsis , (\. Cuvier), que W. Bell avait 
décrit en 1793, constitue encore une espèce bien distincte des précédentes par ses deux cornes 
ot par sa taille moindre; il est gros comme nm Vache, mais moins élevé sur jambes. Son 
corps a plus de poils (lue celui des autres. {PI. XXXI.) 
Il paraît ([u'il existe aussi des Rhinocéros à Bornéo, mais on ignore de i|uelle espèce ils sont. 
On a d'abord confondu sous le nom de Rhinockiios a incisivi-s {Rhinoccros inctsivus, 
G. CiUvier), la plupart des Rhinocéros du même sous-genre que l'on découvre à l'état fossile; 
niais les auteurs actuels croient avoir reconnu parmi eux une (luinzaine d'espèces. Les [dus 
certaines, parmi celles de France, sont: le niùnororos Ivploviihms de (i. Cuvi(!r, fossile à 
Montpellier; le Jtlnnoccros incisiviis, Ulainville, ipii imrail devoir être subdivisé; et le nid/to- 
ccros minulus, (1. Cuvier. Tandis (pie li-s deux précédents égalaient ou même surpassaient le 
Rhinocéros des Imles, le dernier était à peine plus grand qu'un Tapir. C'est du JUiinocoros 
iniiiiitiis (pi'il faut rapi)rocher un Rhinocéros du Ronibonuais (jne M. Duvernoy supposait 
avoir eu deux cornes placées l'une d'un côté du ne/, et l'autre de l'autre côté. Ce Rhinoccros 
})lmii'occros, Duv., a été établi sur rexamcn du fragment fossile dont nous donnons ici la 
liguri!. 




(Musi'uiii i\r r.iri-i), l/li lie Riimi'. 



I 



IC6 



ORDRE DES JLMENTÉS. 




FAMILLE DES HYRACIDÉS 

Cette famille no comprend que le seul gem-e des Damans, dont les espèces, toutes de petite 
taille, ont, dans leur organisation, une telle similitude avec les Rliinocéros, qu'il serait peut- 
être plus convenable de les considérer comme une simitle trihu de la même famille (juo ces 
derniers. Cependant ces Animaux ont le corps couvert de poils, ils manquent de cornes, et 
comme leur taille surpasse à peine celle du lièvre, on a, jusiju'à G. Cuvier, méconnu les affi- 
nités qui les rattachent aux Rliinocéridés. 

Genre DAMAN {Ilyrax, Ilermann). Animaux bas sur jambes , extérieuremeut assez 
semblables à des Marmottes, mais plus allongés et sans queue, ce (jui leur donne aussi 
quelque analogie avec les Caviens , do l'ordre dos Rongeurs ; ayant les oreilles arrondies ; le 
corps couvert do poils, doux au toucher, que dépassent quelques longues soies; les membres 
antéritiurs pourvus de cinq doigts, mais dont le |)ouco est rudimentairo et inonguiculé; trois 
doigts aux pieds de derrière; les doigts antérieurs et les postérieurs courts, épais, comme 
tronqués; l'ongle de l'orteil interne répondant à l'indicateur des Lémuridés, allongé comme 
celui de ces Animaux , mais contourné sur lui-même , non appoinli au sommet et ayant sa 
face convexe tournée on dehors ; des incisives et des molaires seulement : les prenières au 
nombre de | fortes, les supérieures i)rismatiques , un peu aniuéos et pointues chez les jeunes; 
les inférieures aplaties, proclives, à trois dentelures pectiniformes (|ue l'usure fait disparaître, 
appropriées au régime herbivore; molaires au nombre de r, plus semblables à celles des 
Rhinocéros ou des Paléotheriunis par leur forme , la dernière inférieure n'ayant de même 
que celle des Rhinocéros (pie deux 
lobes au lieu do trois. A un certain 
Age, il y a huit paires de molaires su- 
péi'ieuros, 






(;b>jik iiv livjivs i]i: Siiiit, :i;.") ili' ernml. 



DtM.s m jiKMi! Daman, Rrniiil. 



Los affinités <lc ce genre singulier ont d'abord été mi'connues. Pallas, ([ui avait étu.lio les 
Hhinocéros, n'a jias saisi les rapports ijui unissent les Damans avec ces grands Pachydermes, 
et lorsqu'il en a publié la description anatomiiiue, il a proposé do les classer t)armi les 
Rongeurs dans le genre des Cuirn. Ilermann, do Strasbourg, qui les a séparés généri(iuement 
des Cabiais, n'a pas cru pour cela devoir les éloigner des Rongeurs; et c'est (i, Cuvier qui a 
le premier entrevu et démontré leurs rapports avec les Rhinocéros. Sou Mémoire sur ce sujet a 
paru en 1801 dans les Annales du Muséum. 

L'examen du système dentaire des Damans , que Pallas n'avait pu faire (|ue sur uu seul 
exemplaire encore jeune , et la considération du squelette dont lo fi^nmr est même pourvu , 
comme celui des Rhinocéros, d'un troisième trochanter, mettent 1 irs de doute la manièr<« 
du voir do G. Cuvier; et, «ians son Ostvographie du Daman, do Blainville en a démontré toute la 



FAMILLR DES HYRACIDÉS. t67 

convenance. Toutefois, M. Milne-Edwards a fait remarquer que les Animaux de ce genre 
avaient un mode de placentation analogue à celui des Carnivores, c'est-à-dire zonairc, 
tandis que le placenta est diffus et multiple chez les autres Ondulés, dont on a pu observer 
le développement; mais le peu de renseignements comparatifs que l'on possède encore sur ce 
point au sujet des Hliiuocéros, des Tapirs et des Éléphants, ne permet pas île décider quelle 
valeur on doit réellement atluchor à celte différence. 

L'estomac du Daman est simple, quoique volumineux, et rien n'indiiiue qu'il puisse 
ruminer, comme on l'a dit du Sapltan de l'Écriture, que nous verrons tout à l'iiourc être le 
même Animal. Les observations faites sur dos individus vivants paraissent conclua:-tori à cet 
égard. L'intestin grôle a près do six pieds ; il présente au delà du côlon un cojcum considé- 
rable, et, à la naissance du rectum, deux autres cœcums disposés symétriquement, comme 
ceux de beaucoup d'Oiseaux , et dirigés comme eux vers le côlon. La capacité de ce double 
appareil est considérable, et sa ressemblance, plus apparente que réelle avec l'estomac multi- 
loculaire des Ruminants , a pu donner l'idée que ces petits Pachydermes ruminaient. 

Les Damans sont herbivores, mais en captivité, ils s'accommodent à i)eu {)rès do tout. Ce 
sont des Animaux fort doux, dont la vivacité n'a rien d'impétueux , qui font peu de bruit, et 
dont la vie paraît diurne. Ils ne font entendre qu'un sifflement bref, et seulement lorsqu'ils 
sont contrariés. Ils sont assez peu intelligents , mais ils se laissent caresser sans chercher à 
nuire. Leur cerveau a peu de circonvolutions. 

La première indication que les naturalistes aient eue du Daman est due à Prosper Alpin , 
savant Vénitien, qui visita la Syrie au seizième siècle; puis au théologien anglais Sha-v, 
(|ui voyagea dans les mêmes contrées peu de temps après; mais des renseignements plus 
circonstanciés ont été donnés à leur égard par Sait et par IJruce, qui eurent occasion d'en 
observer une autre espèce en Abyssinie. On a aussi rencontré des Animaux de ce genre dans 
l'Afriiiue australe, princi|talement dans les parties orientales, et les Hollandais du Gap les 
désignent sous le nom de KHpdas, qui signifie Blaireau. Ils en tirent une substance itharma- 
ceuti(]ue appelée Ilyraceum. 

Les Damans vivent toujours dans les endroits rocailleux; ils se creusent des terriers sous les I 
rochers; ils montent aussi sur les arbres, mais il faut que le tronc ou les branches en soient 
inclinés, car leurs ongles ne leur permettent pas de s'y cramponner. Il est bien démontré 
maintenant (lue c'est à une espèce du genre Daman qu'il faut attribuer ce que la Rible dit 
du Saphan et non au Chœrogrille, c'est-à-dire au Hérisson, comme le fait la traduction des 
Septante, ou au Lapin , comme l'ont accepté les traductions du même ouvrage, usitées en 
Allemagne, en Friuico et en 'ngleterre. 11 est dit au chapitre XX.\, verset 26 des Proverbes : 

(i Saphardm, popuhis invalidus , ponunt in pelra domum siiam. » 
Ce que la Bible de Sacy traduit ainsi : « Les Lapins, cette troupe faible, qui établit sa demeure 
dans les roches. » 

Dans le chapitre XI , verset 5 du LcvUique , le Saphan est nus au nombre des Animaux 
dont la chair est interdite aux Hébreux : 

<( Il en sera de même du Saphan qui run»ine , mais qui n'a pas la corne fendue : vous le 
répulerez impur. » 

Nos Bibles disent : (( Le Lapin qui rumine , mais qui n'a pas la corne fendue , est impur. » 
Mais dans la traduction arabe de la Biljle, là où nous disons Lapin, on a mis le mot Vahr , 
(lui est un des noms vulgaires du Daman an mont Sinaï. En Syrie, les Arabes in(li(iucnt aussi 
le Sa[)han ou Vahr par le mot Ghannom Israël ou Ghnnnem bcni Israël, c'est-à-diro Agneau 
des enfants d'I.aiil. 

Quoique interdite aux Hébreux, (jui, peut-être, en étaient trop friands, la chair des Damans 
n'a rien de désagréable, et les Arabes ainsi que les chrétiens la mangent encore fréquemiuent. 
Bruce a constaté la même chose en Abyssinie, et Knlbe rapporte qu'au Cap, un enfant, (pii 
faisait paître des Iroupc'ix dans les rochers oîi vivent les Damans, avait dressé son "liieii à 



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OR DR F. DKS Jl'MKNTKS. 



prendre ces Animaux, et (•lia(|Ufi jour, grâce à sou tidùlo compagnon, il revenait à la bergerie 
chargé d'autant de Damans (pi'il pouvait en jiorler. Au uiont Sinaï, oii on les estime assez, on 
les prend avec des [liégos forims do i)ierres , (\ la manière do ceux (pio les enfants préi)arenl 
chez nous pour attraper les Moineaux; mais la fosse doit ôtro pavée, parce ipio les Damans 
fouissent avec une grande facilité. On emploie conmie appàl pour les prendre \ui rameau de 
ïumarix. Ces Animaux sont apiiorlés de temps en temiis dans les ménageries européennes. 
Le Daman de Svhik {lltjrax Syviacus, Sciireber) est le Saphan do l'Écriture. On le 
trouve en Syrie, iirincipalement au moiil Sinaï. Quoique Buffon ait parlé de cetl(.' espèce sous 
le nom do Danmn inrail, son ouvrage en signale ailleurs (t. \V, p. 10.")) un crùne trouvé; 
dans les ruines de l'ancieune Sidon, comme étant celui d'un Animal inconnu aux uatura- 
listes. C'est du mêiue crAne iju'il est (puîslion dans le tome VU des Suppldnteiils do lîuffon, 
sous le nom inexact de Loris du Beigale. 




Dviivy Dt Sinir, l/d di' grand. 

Daman du Doxgola {Hyrax riificep.i , Khrcnherg). 

Daman d'Aryssinii-: {Jljjra.i- llabessiitirus. Khrenhorg), ou VAslilwki {hBmr.e, 

Daman nu Cap {Ilyrax Capensis); MarmoUn Capcnsis, Kolbc,et Cavia Capeiisi», Pallas. 

Daman m: s audhi'.s (//yraj; ff?'&o?*«?!/5. A, Smith). Espèce bien distincte; habitant comme 
la précédente l'Afriiiuc australe. M. Petcrs la cite parii'i les Mammifères do la côte Mozambi- 
(|Uo. Tous ces Animaux sont à pou près de mémo grandeur , c'est-à-diro un peu plus forts ((uo 
les Lièvres, dont ils diffèrent d'ailleurs par la forme, par les proportions et par les allures. 

Indépendamment de ces cinq espèces , (|ui sont propres à la Syrie ou à l'Afrique orientale, 
on en connaît une sixième , récemment découverte dans le pays des Ascliantes , sur la côte 
occidentale du même continent. C'est le Daman dks fouets {Hyrax sylveslris. Temai.); 
les nègres lui donnent le nom d'Eiivia, imité du cri perçant et fréipiemment répété dont il fait 
retentir les forêts pendant la nuit. Durant le jour, cet Animal s'abrite dans les trous des 
vieux arbres; c'est dans ces retraites que la femelle dépose ses petits. Sa taille n'est pas 
supérieure à celle des autres Damans. 




ORDRE DES RISULQUES 

Amm/nir mnmnu'fèvpfi pnurpvsi de quatre extnhnilés o)ifjiilè('s , rest-à- 
dire Icnninées /lar des snhots et non par de véritables ongles ou jiar 
desfjriff'es, uniquement propres à la loeomotion ordinaire; leur fémur 
n'a pas de troisième troehanter, comme celui des Jumentes; leur 
astragale {un des os du tarse) est en forme r/'osselct, et par conséquent 
semhlaltk à celui des Moutons ou des Cochons; leurs doigts sont 
au nomlne de quatre , quelquefois de deux, très-rarement de trois. 
Les deux principaux, qui répondent au troisième et au quatrième 
des autres Animaux , sont plus forts que les latéraux, suhégaux entre 
eux, appliqués l'un contre l'autre par leur face de contact et disposés 
de telle façon qu'ils ressemJdent assez bien au doigt unique des 
Chevaux qu'on aurait fendu en deux par le milieu. C'est à cause de 
cette disposition qu'on les dit fourchus, en pince, etc., et que l'on donne 
à ces Animaux eux-mêmes le nom de Bisulques. Les deux autres 
doigts, qui répondent au second et au cinquième des espèces pentadac- 
tgles, sont plus petits, plus ou moins reje.lés en arrière ; ils manrpienf 
quelquefois tous les deux; il ny en a qu'un dans le Pécari à collier. 
Les Bisulques ont trois sortes de dents, mais qui varient noca- 
\r PAmiK. 22 



Ùu 







170 ORDUK DES BrSL'LQURS. 

hkment dans leur formule, dam leur disposition et dans leur fortne; 
ce qui est en rapport avec des différences coircspondantes dans le 
mode d'alimentation. Le cerveau a des circonvolutions à la surface de 
ses hémisphères , et ces circonvolutions sont presque toujours nom- 
breuses. Les organes reprodvcteurs sont semblables à ceux des Co- 
chons, des Bœufs, etc.; le placenta est multiple dans la très-grande 
majojité des espèces. 

Les Bisulques, qui comprennent les Ruminaiils et les Porcins, sotit 
des Animaux intelligents, presque tous grégaires , qui ont fourni à 
r Homme la plupart de ses Quadrupèdes domestiques, La Paléontologie 
nous en a fait connaître un grand nombre cV espèces , anéanties à des 
éporpies plus ou moins reculées, et dont plusieurs établissent par 
leurs caractères anatomiques une liaison intime entre les deux sous- 
ordres qui comprennent les Bisulques artucllement existants. Les 
Anoplothériums sont , de tous les genres éteints, ceux dont le nom 
est le mieux connu. 

il y a deux catégories bien distinctes de Bisiilf|uos, le;. Ruminants et les Porcins. Ces 
deux groupes d'Animaux diffèrent beaucoup entre eux par leur régime, par la forme de 
leurs dents et par la conformation de leur estomac. Les premiers, cpii sont essentiellement 
herbivores, ont la propriété de ramener k leur bouche, i)Our les remâcher et les insaliver plus 
complètement, les aliments qu'ils ont préalai)Iemcnt introduits dans une loge spéciale de 
leur estomac, connue sons le nom de ]mnse. Les seconds n'ont pas la même facilité. Cette 
particularité et quelques autres peuvent servir à différencier les Ruminants des Porcins. 
Aussi ces Animaux ont-ils été assez généralemenl séparés les uns des autres par les classid- 
cateurs, et, pour G. e' F. Cuvier, ainsi que pour la |)lupart des autres zoologistes, ce sont des 
3Iammifères de deux ordres différents. Les Ruminants, (pie Linné avait déjà distingués sons le 
nom de Pecom, forment l'un de ces ordres; le second est fourni par les Porcins, (pie l'on 
a associes aux Proboscidiens et aux Jumentés, sous le nom do Pachydermes , signiliant 
Animaux A cuir épais. 

C'est, en effet, un mode de classification qui semble parfaitement rationnel si l'on 
n'étudie pas d'une manière complète l'ensemble des Animaux (pu nous occupent, et surtout si 
l'on ne cherche pas à établir leurs afiiuités avec les genres nombreux cpii ont autrefois repré- 
senté la série des Bisulques dans nos contrées. Les Hipjjopotames, les sangliers cl les autres 
Animaux de la même famille , connue les Pécaris, les I»liacochères et les Babiroussas, se 
laissent assez diflicilement, du moins au premier abord, comparer aux Ruminants, et si l'on 
peut déjà reconnaître certaines affinités entre eux et les Chameaux ou les Chevrotains, il 
semble plus difficile de saisir celles qu'ils ont en réalité avec les Bœufs ou les Cerfs, Cet 
embarras augmente encore si l'on passe à l'cxatîien de (|ueiques autres organes. Ainsi, les 
Porcins ont les métacarpiens et les métatarsi^'ii.; des deux doigts principaux aussi nettement 
séparés (pic ceux de presque tous 'os autii.^ Mammifères, tandis que chez les Ruminants 
ils sont réunis l'un à l'autre pour ne former en apparence qu'un seul os chargé de porter les 



ORDRE DES BlSULQLES. 



171 




DtSrS i)U CllUllOTAJN l'UllIt Ml> 



^riind. mit. 



«loiix doigts (le l:i fourche; on clonn(> à cet os le nom de canon. L'estomac des Porcins est 
simple ou peu compliqué, tandis (pie celui des Ruminants est toujours multiloculaire, et que 

ces Animaux ont la propri(jt(j de 
rame. :!r leurs aliments dans leur 
bouche pour les mâcher et les 
insaliver de nouveau. Les Ru- 
minants ont, dans la niajorit('i 
des cas, la t(*'te armée de pro- 
longements IVontaux appelés 
cornes ou bois, et les Porcins 
manquent constamment de cor- 
nes. Enlin , dans la plupart des 
Ruminants, la formule dentaire 
est ou du moins elle paraît être 
tout à fait différente de celle des 
Porcins, (lu'on a nommés Pachy- 
dermes omnivores. Dans les es- 
pèces pourvues de cornes et dans les chevrotains, la formule est en effet dans l'âge adulte : 

§ incisives, V Miiines, | molaires, 
tandis que la plupart des Porcins ont : 

^- incisives, { canines, | molaires. 
Ces différences ont fait négliger les indications qu'on avait tirées autrefois de la con- 
formation des pieds, (|ui, étant à peu de chose près les mêmes dans les Porcins et dans 
les Ruminants, avaient fait réimir ces deux groupes d'Animaux sous la dénomination de 
Bisulqucs, (|ue nous avons cru convenable d'employer de nouveau. Certains auteurs du 
siècle dernier n'admetlaient cpi'un seul groupe naturel pour les différents Risuhiues ([u'ils 
connaissaient. En parlant du canon des Ruminants dont Fougeroux venait de découvrir la 
véritable composition, Condorcet rappelle que le phénomène singulier de la formation du 
canon par la fusion des deux os du métacarpe ou du métatarse « a lieu dans les os de la jambe 
de tous les Animaux à pieds fourchus (1), si cependant on en excepte le Cochon et le 
Sanglier, qui sont, pour le dire en passant, les seuls de cette classe ([ui ne ruminent point, 
du moins pour les Animaux de nos contrées. » 

Il est remar(piable que, depuis que ce passage a été écrit, on a découvert que les deux 
métatarsiens princip; ux se soudent en partie sous la forme d'un canon dans un genre do 
Risuhpies non ruminants, les Pécaris, et que, au contraire, ils restent disjoints à tous les 
âges et dans toute leur longueur chez une espèce de Ruminants véritables qui appartient à la 
famille des Chevrotains. Les métacarpiens de (;e Chevrolain sont également disjoints. 

De nouvelles observations ont montré (pie, sous d'autres rapports encore, les Porcins 
s'éloignent moins des Ruminants (pi'ou ne le croit généralement. Les Pécaris ont l'estomac 
plus compliqué (pie les Cochons et pourvu de deux rendements sur ses courbures, tandis 
(pic chez certains Riiminanls, c'est-à-dire chez les Camélidés et les Ch(>vrolains, il y a une 
loge de moins à reslomac, ces Animaux n'ayant pas le feuillet bien distinct, ce qui est: 
d'autant plus curieux ipi'ils se rapprochent, par d'autres points encore, des Pachydermes, 
omnivores. 



'!) Aiifluli' iivaii ilr|,i .iiliiii.. le i;roh|ie tlo- ItisKhtncs mi AniiuaiiA it {iktU joinclius. 



172 OUDHE DES DlSLLCilKS. 

Quant aux cornes, on sait (lu'elles ne se développeiil pas cliez les l'enielles de beaucoup de 
Uuminanls, et que, dans certains cas, les deux sexes de ces Animaux en sont nièuie priv(^s, 
connue tous les Porcins; d'ailleurs elles n'apparaissent (pi'après la naissaïu'e, à mesure 
(juc le développement s'opère, et s'il était (iémouiré ipi'à certains antres égards les Pachy- 
dermes onudvores ne sont pour ainsi dire (|u'un arrêt de développement des Huniinants eux- 
mêmes, on pourrait aisément admettre (pi'ils sont aussi dans la même condition, ipiant aux 
prolongements frontaux. Or, nous disions tout à l'iienre (pie Iimu-s métacarpiens cl mélalar- 
siens principaux restent distincts, tandis (pie ceux des Hnminants se soudent, de bonne 
heure, il est vrai, mais apn-s avoir été distincts pendant (piebpie temps; des observations 
de deux sortes, les unes pal(''onlologi(pies, les antres anatonu(pies, montrent (pic la formule 
dentaire de ces deux groupes est, au fond, établie sur le même type, et (pie des modilica- 
tions dont la valeur est simplement généri(pie élablissent entre eux des différences (pii ne 
nous paraissent considérables (|ue parce que nous les comparons le plus souvent dans les 
deux termes extrêmes de cette longue série, chez les Bœufs, par exemple, et chez les 
Cochons. 

Une première remarque eu rend déjà la différence moins considérable. Les Chameaux et 
les Lamas, (pii sont im chaînon intermédiaire aux Bœufs et aux Cochons, mais qui tiennent 
cependant moins des uns (pie des autres, ne manquent pas, comme les premiers, d'in- 
cisives à la inàclioire supérieure; car ils en ont, d'après tous les ailleurs, une paire bien 
distincte, et, d'après mes propres observations, deux paires, dont une (lis|)ai'ait clic/, les 
adultes, mais se voit encore chez les sujets peu avancé'sen âge. Ce fait pcrmellait de penser 
qu'en prenant des Animaux de cette famille à une ('pn(pie plus voisine de la naissance, on 
leur trouverait trois paires de dents incisives supérieures, comme aux Cochons (I). Les Cha- 
meaux nous fournissent encore une autre observation. Tandis ipie les aiitdirs admettent ipialre 
paires d'incisives infé ieurcs aux Biiminants ordinaires, ils ne reconnaissent aux Ciiameaiix et 
aux Lamas (pie trois paires de ces dents à la même mâchoire et une paire (1(> canines, mais sans 
faire attention que la dent (pi'ils appellent canine chez les Chameaux répond à celle qu'ils 
nomment incisive externe chez les Bœufs 1^:2). Ici donc la diversité u'eviste encore ipie dans la 
manière dont les choses ont été interprétées, et point du tout dans la nature. Ajoutons ipie les 
Drémothériums et les Amphitragalus, (jiii sont d'anciens Bumiuants de la tribu des Clievrc- 
tains, ont, comme les Sangliers, comme les Hippopotames et comme la |»lupart des l'acliydernies 
omnivores de races éteintes, sept molaires inféricdivs. Eiiliii une observation minutieuse (3) 
a pernùs de retrouver pendant la vie fœlale des Humiliants, et eu particulier chez le Veau 
et l'Agneau, trois paires de dents incisives supérieures, une paire de canines également supé- 
rieures, et, en avant des molaires, une jiaire de fausses molaires transitoires; ce (pii , joint 
aux dents connues cuez les Uumiiiaiits adultes, donne à ces Animaux, comme aux Sangliers, 
-|- incisives, -f cauinc's et 4- molaires. 

J'ajouterai encore d(>ux faits à ceux qui précèdent : 

Chez les Bisiihpies les plus infi'reiirs , et surtout chez ceux (|iii ont les premiers habité le 
globe, cette formule est à peu près constante, (pie Icivgime ait été herbivore , comme chez les 
Cainolhériums, les Xipliodoiis et beaucoup d'autres espèces de la famille éteinte des Anoplo- 

(I) C'est ce (jue M. Owen vient de constater Jh'scriifl. Caliil. of Vie r. Collège of siirfieoiis; Osleolog.,'ï. III, 
j). 57". 

(-Î) J'ai exposé la manière dont on doit envisagoi' la formule dentaiie des Kuminanls et des autres Bisuli|ucs 
dans l'arliile Ukms du llicl. unir. d'Iiist. nat., (|ul a |iaru on IST). 

(,5) Ces observations délicates ducs à .M. ,lolin (;ood>ir. Klle n'est vérifudilc que sur des fœtus. 



I 



ORDRE DES UISLLQLE8. 173 

thoriinns, ou l.ion (iifil ail élé omnivore, coiiune chez les Paléociiôres et les Chéropolaines. 

F.('s lVisiil(|iics lossiles dans les lonnalions tertiaires les plus anciennes sont aussi ceux 
i|ui se laissent i(! |)lus (lillicilenient partager en Kuminants et en Omnivores, et il en est 
l)arnii eux (pii sont si bien intermédiaires aux deux grouiies actuels , (jifil est impossible de 
décider s'ils avaient ou non la |)0ssil)ilité de ruminer. 

Enlin il y a des caractères conunnns aux Porcins et 
aux Pacliydermes omnivores et aux Ruminants : ces 
caractères sont tirés du cerveau , de la l'orme en osselet 
de l'astragale, de la disposition des organes reproduc- 
tem's, du mode de développcmcni, elc. , etc. Nous 
avons signalé les |irincipaux dans la diagnose <|ui est 
placée en tètt! de ce chapitre. 

Quoi qu'il en soit, la série nattu-elle des Risuhpies 
est aujourd'hui interrompue, et les chaînons (pii la repré- 
sentent seids sont alfectés à deux modes d'existence 
bien dilïérents, les uns étant i>lus ou moins omnivores, tandis que les autres sont purement 
herbivores. Ces derniers sont les plus nombreux en espèces. Cet ordre d'Animaux n'a 
aucune es|)èce dans l'Australie , mais ses diverses familles ont également des genres dans 
l'ancien et dans le nouveau continent, et souv(>nl un même genre est à la lois représenté dans 
l'tin et <lans l'antre. Néainiioins, c'est dans l'ancien continent, particulièrement en Asie et en 
Afrique, (|ne ces Maunnifères sont le plus variés, et c'est à leurs principales familles (pie 
l'homme a emprunté ses Animaux doniesti(iues les |)Ius utiles. 




Asiiuotit-i iiK MiiL'ios n iif. CcieiioN, 
Kriin-J. mit. I''J il'' gniinl. 



SOUS-OKDRE LES RUMINANTS 

Si l'on ne se préoccupe ([uo des es[iùces existant maintenant sur le glolje , et ijue l'on fasse 
abstraction des nombreux RisuNpies qui l'ont autrefois habité, on peut facilement séparer les 
Ruminants d'avec les Poniiis, et faire tie ces deux catégories de Manimifères deux sous- 
ordres distincts; mais, comme nous venons de le montrer, cette distinction cesse si l'on joint 
aux es|)èces vivantes de l'ordre des Risuhp es celles (|ui ont vécu pendant la période tertiaire. 

Les Ruminants (ou les Pecom do Linné) ont les dents molaires aiiproi.riées à un réfiime 
ess(!iitiellement herbivore, et dont la couron.Mj s'use en double croissant. Leur estomac est 
muUiloculaire et composé de la panse, du bun.iet, ûvi feuillet (celui-ci manque quel(iuefois) , 
et enfin de la cnillclle. Tous jouissent de la pro,)riété de ruminer, et les deux métacarpiens 
ou métatarsiens, ipii su|)[>orleiit leurs deux (loif;ts [trineipaux ou doigts do la fourche, se reu- 
nissent, vers répo(piede la naissance, en un seul os auquel on donne, comme au métacarpien 
ou métatarsien i)rinci|)al , mais sim|)le, des Chevaux , la dénomination de cniton. 

Il existe en Amérique, et plus encore dans l'ancien continent, un grand nombre d'espèces de 
Ruminants ; c'est ce groupe (l'Ainmaux (lui nous a fourni nos Animaux les plus précieux. Ni Ma- 
dagascar ni l'Australie ne possédaient do représentants do ce sous-ordro, et ce n'est que par suite 
de leurs relations commen'iales avec les autres parties du monde, ([u'elles ont reçu ceux (pi^on 
V voit maintenant à l'^'tat domestique. Le sous-ordre dos Ruminants peut être partagé en cin(| 
familles, savoir : les //onWrâ, appelés aussi Cératophorcs, ou les Ruminants pourvus de 
cornes à étuis; les Girafidés, parmi lesquels on ne peut citer que la Girafe; les Cervidés ou 
les Cerfs; les Muschidcs ou Clievrotains, et les Camclidês ou les Chameaux et les Lamas. 



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174 OMDHK DKS HISI LOIRS. 



1 A3JILLE DKH IJOVIDÉS 

C'est la plus iiomliruuso eu c's|ii't;i!s; tous los iluniinauls qu'on doit y rapporter ont pour 
fornuilo (IcMitairo '^ incisives, ^ caiiine cl '^ molaires. I,cur canine e>l rappniclK^e des incisives 
et de inôine forme (|u'eiles. Ces Animaux ont, dans lo sex(\ mule, et le plus souvent dans les 
deux so\es,i|<'.i iJiMlon^emenls fronlanx nonunés cor/w.s (1). Ces imilotiKenieids frontaux cou- 
sistenl eu un axe, o>seux plein ou celluleux, (pii est recouvert par un étui coru(5, dont la 
forme, lu longueur, etc., varient haliiluellement suivant les genres et même suivant les espèces 
ou les sexes. 

Celte famille renferme près de deux cents espèces. En tenant compte de (luehpies caractères, 
ou l'u purtaf,'()e en iiuutro tribus, sous les noms (U\ Bovins, Capriim, Ovins vA Anlilopins; ce 
(pii répond aux anci(!ns genres IJcvuf, Chèvre, Mouton et Antilope dos naturalistes ipii ont 
suivi la métiiode de Pullas. 



TlUnU i)i:s lîOVINS. 

Les espèces bovines ont dos ilimensions supérieures à celles de la plnjiart des autres |Umii- 
nants. Leurs formes sont lourdes et robustes; leurs cornes sont insérées au-dessus do la fosse 
tem[)ora!e; la peau des parties inférieures de letu' cou est pondante sous forme de fanon. 

Ces Animaux ne comprennent (|u'mi seul \V'ri(able genre, celui (h'aJJwiifs, au([nel on donne, 
en latin, hï nom de Jios, el (pie l'on [lartage en plusieurs snus genres. 

CkmU'; U(El V {/ios, Linni'). Par la vigueur de ses espèces autant ipie par leur grande 
tailli! el par l'excelloncf! de leurs (pialités, ce genre est sans contredit le iireniier et 1(! plus 
important parmi ceux (|ui c(miposent la série des Hisnlipies; on peut encore a,ionler(pi'i| n'en esl 
aucun autre <lans toute la classe des Animaux mainmil'eres (|uiciit, pour l'écononne rurale, 
une |)lus grande importance ou (pii soit la source de richesses plus considérables. La possession 
du Cheval comporte déjà une certaine aisance, et sa plus grande utilité est dans la guerre 
i|ui détruit souvent le bien-être; la société du Chien satisfait nos goûts plutôt (|ue nos inté- 
rêts, et les princi|wmx services iju'il nous rend par la garde du foyer ou parcelle des troupeaux 
seraient moins grands sans la possession du Hienf , (pii m' prèle à tant (fusage. 

C'est sur l'exploitation du IJanif ou des autres espèces de ce genre conquises par l'Homme, 
que reposent principalement les travaux de l'agriculture, et, après nous avoir donné de leur 
vivant des moyens de; transport ou des moteurs puissants, du lait dont on fait tant do denrées 
indispensables, des fumiers (pii ont une si grande utilité pour la i iilture, ces premiers des 
IVaminants nous foiu'nissent encore leur chair, hnu's os, leur peau et leurs cornes. \ul autre 
genre de Mammifères n'a fourni autant d'espèces à la domesticité : lo Huflle, l'Yack, le 
Zébu, etc., sont des Animaux congénères du IJœuf proprement dil, et leur asservissement 
remonte également aux temps les plus reculé's. 

11 est toujours question des IJœufs dans les plus anciennes épopées i m/ toutes les nations 
do l'ancien continent, et ils ont dans [ilnsiours cosmogonios un rôle digne de leur utilité. On 
ne retrouve point à l'état sauvage les types de toutes leurs espèces; celui des Zébus est incomm 
conuue celui des Rouifs proprement dits, et jus(|u'à ce (pie la paléoi' 'logie ait résolu celte 
difliculté , la zoologie devra se contenter sous ce rapport d'hypothèses plus ou moins probables. 

(1) r.c c|ui leiii' a valu le nom de Cératoplwres, si^-nifiiini porlecornes, que eerlaiiis auteurs, et eu paiiieulier 
(le lilauiville, iiréfèieiil à celui de /iovkli's. Ce dciuiei' réiioiid au mul Dos, sous le(|Hel l.iiiué iéuiii.ssail |iiiaii- 
tivenieiil lou» les Iluiiiiuauts à eoriies vérilabics 



FAMILI-K DKS ROVIDÉS. 



175 



Tout porlo ù penser cciioiulaiil que l'Asio osl la pulrio |iriniilivo du Hœuf, comuio clli» est 
aussi c('\U> (lu Zt'hu, du lluftlc, de l'Yaiik, otr. C'est en effet d' \sie (|ne sont venus lieaucoup 
d(3 nos VniiHHUx ditnieslii|ues, mais ils sont loin d'api)aiienii' éKalcmonl aux niênieH régions 
de eo c'onlinent, et rilonmie a cerlainomeut asservi d'autres espèces qu'il u prises dans les 
autres parlief du monde. 




Botirs iioMESiiQi'i;* [TaiiitaH ri lavho). 






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Aucun doute ne saurait exister sous ce rapport pom' le penro des f,nmas,(|ui est exclu- 
sivement propre à l'Amériiiuo méridionale, et il est aussi très-prolialile que certain(!s espèces 
de rAfri(iue et de l'Europe sont pour queUiue chose dans la production de nos diverses races 
domesti(iuos d(>s pc^nros Sus, Canis, etc. , dont l'Asie a aussi contribué à nous fournir diffé- 
rentes formes. Malheureusement les peuples ont perdu le souvenir de toutes ces adjuisitions , 
et la palf'ontologie, cette arcliéologie de l'histoire naturelle, n'a pas encore réussi à suppléer à 
tous les oublis de l'histoire proprement dite, ni à démontrer toutes les erreurs des anciennes 
légendes. 

Indépendamment des espèces asiatiques du genre Bœuf, espèces qui Ont presque toutes 
fourni des races domestitiues , il ou existe en Kurope, en Afriiiue et dans l'Amérique sep» 
lontrionalo, quatre autres qui s'en rapproclu ut considérablement, mais cpii sont restées 
sauvages. Ce sont : l'Aurochs curo[)éen, dont la race est presque anéantie, le Buffle du Cap, le 
Bœuf brachycère de la côte occidentale (rArri(iue et le Bison, dont les immenses troupeaux 
l'ont la terreur des colons dans certaines parties de l'Amériiiuo septentrionale. C'est encore au 
genre des Bu!ufs (prapparliciit le iiicuf nuis(jué de l'Amérique septentrionale, dont Blainvilie 
a fait le genre Ovibos , et il y a dans l'Inde une autre sorte do Bœuf sauvage, le Bœuf des 
Jungles (|ui a servi à la fonn.ition du sous-genre nibos île M. Ilodgson. 

On connaît encore d'autres Banifs, mais à l'état fossile seulement. Le Bos primigenhis des 
' rains diluviens de l'Eurone est l'un des plus curieux parmi ces derniers, surtout à cause de 



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170 OMDnF. DKS HISI U}\ KS. 

sa ^Tiindt! n'sst'inlilîiiii'i' mec les lliciifs (li)mi'sli(|iiPH, i|u'il ili'|niss)iit poiirliml liciiiicoiiii pur 
M!s (liint'iisioiis. (1. C.uvi'T n pciisô {|U() c(! pinid lUruf, doiil les loiiiliii'i'i'S cl d'iiutics Icrriiiii^ 
l'f^iilcmciit peu anciens nous mil conservé des débris soit eu Antflelerre et on Franco, soil 
on ,\lleniMf,'no ol en Italie, avait vécu ù l'époipie histnriipie, et il a crn le reconnaître au lieu 
do l'Aurociis dans le passaj^e suivant des Cuninienlaires di^ Jules (lé^ar. 

Jules César avait si^jnalé dan> la Inrél Hercvinenne (I) trois espèces particulières do 
Knnids (juadrupèdos, savoir ; 

1° I n(\ e>pèce de llouf resseniMant au Cerf (Dos rcii'i Pf/iiro). \ous en traiterons sous 
lo nom lie lltMiiie; 

2" IMIccs, (|ui paraît ètro l'Klan, mais qui osl mal défini; 

3" I^es I rus, « (leux-ci, dit le conipiérant des (lanles, sent d'une taille ini peu inférieure 
ù celle des Klépliants par l'apparence et par la couleur au-si hicn <pie par la lornie i/'.'/"/'«) ; 
ils rossombieut au Taureau, leur force est Kr'Tide, et il en est de même de leur véioriti'-. Ils 
n'i'pai'j;neiil in l'Iionnne ni aucinie lièle iV'roce (juand il les ont aperi.ns. On les prend ilans dis 
fosses |iréparées exprès el on les assonnne. Les jeuui's ncus s'enilnrci>^i'nl dans ce travail et 
s'exercent è ce penre de diasse, ot ceux i|ui ont tué lo plus jfrand mindae et ipn en rapport<'nt 
pnliliqueniont les cornes en léniiii^;iiay;o do leur exploits sont en t;rani|e l'onsidéralion. Ces 
\niniaux no peuvent être ni soumis à l'Ilonune ni apprivoisi's, même ipiand on les prend 
jeunes {inirruli) ; l'ampleur et la contiffuration d(^ leurs corni's ainsi (|ue l'apparencede celles- 
ci .sont fort différentes do colles des cornes d<' nos lUeul's. Ou les redierdie pour en ^'arnir les 
hnrds d'argent et on s'en sert comme d<' coupes dans les plus j^riinds festins. » 

Dans son Mé-moire sur l'ostéoloffie ot la pidi'onlnlouie des Itniil's, (i. Cnvier a considéré 
Virus (le Jules César comme étant d'une autre espèce ipie le llonusos d'Aristolo. Ce llonaso 
ost pHU' lui le véritalile Aurochs, r'est-à-dire cette opèce sauvafio de ilo'uf ipie l'on trouve 
encore du côté du Caucase, el dont il y a en Hiissie, dans le j:on\('rnement d(^ Grodno, >itué 
an nord il(! la Volhynie et à l'est de la Polo^'iie, (|uelipies troupeaux dont nous reparlerons 
[tins loin. Le llonase se dislin^ruail par sa crinière laineuse; ipiant à l'irns, c'était une espèce 
remanjualile jiar la grandeur de ses cuiaes. L'I rus, dit (i. Cuviur, iicnlail aussi parmi le |ieu|ile 
lo nom do Httbuliis, ot il ajoute : « César, en reproduisant le passage (|u'on vient de lire, n'a 
connu i|ue ce dernier, mais Sénèque el l'Iinc distinguaient di'jà l'un de l'autre. )i 

Dans les passages de Sénèque et de Pline, invoipiés |)ar(i. Cuviir, la Cermanie est signalée 
comme fournissant deux sortes de Uuufs, lo llisoii et \'l nis; le lîison a lo dos velu et 
l'Lrus les cornes larges. Au dire de Pline, le vulgaire donnait à tort à Virus, (pii habite ainsi 
que le Bison la partie de la (lermanie qui touche à la Scylhie, le nom de liuhalus ou bubale 
(sans doute notre Hubale d'aujourd'hui) , (|ui est un Animal d'Alrique (2). 

G. Guvicr remarque, avec justesse, que celti; distinction des deux sortes do Bœufs sau- 

(I) L'i'leniliic iitti'ilinn- par Crsnr l'i la imM llrrcynienni' est iriimciisft : « Kilo commeiico, dit-il, aux frontières 
de la Suisse, île Spire et de Kàle, et s'i'teiid le loiiy du Daiiulicjnsiiuiiiix eonriiis des Daees et de la Transylvanie, 
de là, elle tourne sur la j-'auelie dans des eonlroes rloi^'uées de lu fleuve, d par sa vasie ('■tendue lourlie aux 
pays de divers peuples. Il n'y a point irAllcinand ici i|ui dise en avoir trouvé Icljoul, quoique niarrhaot soixante 
jours pour déeouvrir on elle loiiiiiienre. Il est eertaiii qu'elle renlernie lieauioup de lièles sauva;ies (mulla 
gênera ferariim) qu'on ne voit poiiit ailleurs. » 

('î) Le passage emprunté du Séiièque est celuiei : 

Til)i liant varia' peetora Tigres 
Tihi villosi lert-M Hisonles, 
Lutisipic cornibiis Uri. 

Voici la copie du passage de Pline : 

Pancissinia Siyllii,i j^i^'oit inopia fructieuui; paiiea conlermina illi (lermania, insijjnia tamen Houm ferorum 
penera, inbalos liisontes escLdlcntique vi .'l velucilale t'/'.'S, quilius iniperiluin vul^us Halialorum iininen 
iniponit, cuni id ^'ii^nat Afriru. 



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de la Noavelle*Hollande. 



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§ 




FAMILLE DKS BOVIDÉS. 



177 



va^os nst suivie par dos auteurs (|ui avaient vu de leurs yeux ces Animaux dans le Cirque, ci 
il rappelle à ce propos le vers suivant de Martial : 

Illi rcssit alrox DuLalus atque Bison. 

(( C'est l'Auroclis, dit-il encore, qm est i)ien certainement le Bonase ou le Bison des an- 
ciens.» Cela ne fait i)as de doute; mais je ne puis croire que G. Cuvier soit dans le vrai lorsqu'il 
rafiporle Vi'rm de César au Dos primigen'uis ('i s [laléontolojiistes inoilorncs, et cpi'il dit de ce 
dernier: «Ce doit être là h; véritalile l'rus des anciens, l'originid de notre Bœuf domestique. » 
Li; célèliro auteur des IkchercUes sur les ossenienls fossiles ajoute (]uel([ues lignes plus loin : 
« On a vu ci-dessus que César ne place les Vrus que dans la forêt Hercyinenne, c'est-à-dire 
en Allemagne, mais Servius {Ad Géorgie, lih. II, vers ,'574. ) dit qu'on en trouve dans les 
Pyrénées. Macrolie, à l'occasion du même vers, i)rétend qu'/;V«s est un mot gaulois, et 
M. Coldfuss, dans son mémoire sur le Tigre ou le Lion fossile de Gaylenreutli, nous apprend 
que le Taureau commun s'appelle encore l r dans plusieurs lieux de la Suisse. Il est certain 
qu'il y avait encore sous la première dynastie do nos rois une race de Bœufs sauvages dans 
les Vosges, comme le montre le Bulialus qui occasionna l'acte de cruauté du roi Contran (1), 
rnpi)orté par Grégoire de Tours. » 

L'irus de César est tout simplement le Bonase des anciens; il dit de lui, ce que d'autres 
ont écrit au sujet du Bonase, qu'on no peut ni le rendre domestique ni même l'apprivoiser, 
quelipie jeune qu'on le prenne : « 5tY/ assuesccre ad homines, et mamucfieri, ne parvuli 
quidem cjcccpH possiuil ; » et l'usage qu'il assigne aux eornes de l'I'rus dans les festins est 
précisément celui que l'on a fait longtemps après dos cornes de l'Aurochs. On trouve dans les 
ouvrages d'arcliéologie la description de quelques-unes de ces cornes d'Lrus, c'est-à-dire 
d'Aurochs, prises iiarmi les plus célèhres. D'ailleurs, nul observateur n'a encore rencontré, 
diuis aucun endroit , des ossements du Ilos primigcnim susccptil)les d'être attribués à des 
individus de ci'lt(! espèce qui auraient vécu à une épc^iue aussi récente que celle oii écrivait 
César, et la région des L rus était bien certainement le vaste espace boisé (jui s'étendait jus(iu'au 
confins du pays des Sarmates, c'est-à-di"'e jusque dans la Russie actuelle. Or, c'est justement 
dans une partie de cet immense territoire <[U(' les Aurochs ont survécu. Connnent expliquer, 
d'ailleurs, que les Bonifs domi'sliquos soient plus piîlits (|ue les lîos primigenius dont ils 
descendraient, et qu'il y ait entre les uns et les autres certaines différences, peu importantes, 
sans doute, mais (ju'on peut, sans exagérer, considérer comme étant de valeur spécifKiue? Ouant 
aux IvHS (pie Séiiè(pie distingue des Bisons ou Aurochs, dont il parle en même temps que 
des Tigres et auxiinels il donnait de larges cornes {latisque cornibus Lri) , pouniuoi ne |)as y 
voir des Buffles, espèce de Bœuf à larges cornes qui vivait alors comme aujourd'hui dans 
les i)arlies de 1' Vsie les plus voisines de l'Europe, et (pii, dit-on, n'a été introduite en Italie 
que pendant le moyen âge? Ce n'est |)as l'I rus de César, je l'avoue; mais ce n'est ni la pre- 
mière fois ni malheureusement la dernière (|ue deux auteurs auront appliqué le même nom à deux 
espèces différentes, et le Buftle mérit(>, mieux ipie le Bas primigenius, d'être qualifié d'Anima 
à larges cornes. Dans Virus <le l'iiue, j(! crois retrouver aussi le Buflle, et l'habitude (ju'il 
allribue au vulgaire de donner à tort à cet Animal le nom de Buhalus, c'est-à-dire celui d'une 
espèce africaine, notre Alcélaphe Bubale, me prouve (pie le vrai Buflle était dès lors assez com- 
nnni,i)uis(iue la langue populaire avait un nom pour le désigiu'r. Les naturalistes eux-mêmes 
ont fait comme Viniperihim ruUjus doid parle Pline, et dans leurs catalogU(^s méthodiques 
le Buflle s'appelle encore lios bubalns. Gesner, Brisson, Linné ont fait ainsi, et le mot Biiffalo 
n'est pas bien différent de cehn de Buhalus. Le Buffle était connu en Europe avant Pline car 
déjà il est mentionné par Aristote. C'est son Bonif d'Aracliosie (pii diffère (I), dit-il, du Bœuf 

(I) V\\ pli:imlir<ll;\n il" vi^! , le nevpu ili.' ar choml>d!iiii <^t li' û|aril«-clinss(> fuMiit mis h mort pavfo rpip l'on 
avait lui! iiiiliiiiieiit un Hubalus dans une foi'èl royale siUicc dans les Nossfcs. 
(I) Dn Uelouchistan. 



11^ PAtiTi: 



23 



178 



ORDUR DES lUSI LOUES. 



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onhnairo co.nmo le ïv.ngher diffère du Porc don.estique. En rapportant au Bos primigenins 
I iras ,1e c-sar (pu- nous cro.v.^i.s èlro un Aui'oclis, on sorait forcé d'admettre que cet auteur a 
parie d'un." espèce aujour.l-lmi éteinte et (pnl a ignoré Inexistence de TAni^oelis -n.i vit encore 
dans une partie des régions qu'il a décrites; et, d'un autre côté, en considérant aussi commet 
nos prwn;,en,ns l'espèc- appelée Urus par Pline , et .jue de son temps le peuple appelait Bu- 
iKdus, on serait conduit à admettre que l'éloquent compilateur romain n'a pas connu le Buffle 
ordinaire, et cependant le contraire ,.s! certain. Ln massacre du Buffle à grandes cornes 
(•- est-a-dire de l'Arme, avait même été a|)porté à Alexandrie du temps des Ptolémées; c'est ce 
que nous etahhssons en invo.iuant le témoignage de G. Cuvier lui-même. Il dit à propos de 
I Anae : « C.pcMidant cette race avait déjà été indi.]u.ée par Élien, car il est diftnnle .me ce 
ne fut pas d'elle .pie vint c.-tte corne <le JJœuf apportée des Indes à Ptolémée-Philadelphe 
"t qni contenait trois amphores; elle l'a été mémo par Pline, sous le nom de Bœuf dos Indes 
grands comme dos Ckamoaux , à cornes longues de quatre pieds, n Nous nous croyons doiu. 
en droit d admettre que les anciens n'ont pas connu le Uos prhnigonîvs, et .p.'il est impossible 
.1 atlnl.uer a .'etto espèce c,. que ('/.sur a recueilli au sujet du Bison, rpi'il nomme à tort Ums 
«.oniment croire, d'ailleurs, <,ue ces Animaux, si sauvages qu'au dire de Jules César on né 
pouvait les apprivoiser, aient pu fournir iuk" de nos espèces domestiques 

Les naturalistes ont encore élé dans Terreur lorsqu'ils ont a,imis que l'Aurochs était la 
souche sauvage de nos Bœufs domestiques, des caractèr(«s dont la valeur peut être regardée 
comme g.nieruiue séparent ces deux sortes d'Animaux. 

Le genre /A« n'a pas été conservé tel .[ue Linné l'avait étal.ii; il ne comprend aujourd'hui 
Mue les espèces soit purement sauvages, soit sauvages et domostirpies, soit enfin un'iquement 
domesti.pies, auxquels on applique vulgairement le nom de Bœufs, et les Ciièvres et les 
moutous ainsi que les Antilopes n'en font pins f^artie. Voici comment on peut caractériser co 

Animaux herbivores de la catégorie des ltisul.|ues ruminants, acquérant une taille consi- 
dérable, a formes robustes, pourvus de cornes à étuis dont Taxe osseux est celluleux; leur 
peau est pendante sous forme de fanon au-dossons de la parti., inférieure .le leur cou et entre leurs 
membres ant.,.rieurs; leurs arri.^re-molaires sont pourvues d'une colonnetle. l'émail placée dans 
la rainure qui sépare les lobes. Cescoloimett.'s sont internes aux d.>nts sup.'.rùmres et externes 
aux .lents inférieures; .pioiqu'on les ait signalées comme un caractère exclusivement propre 
aux Ba.uls, on les retrouve, ainsi que je le f.'rai voir, .lans plusieurs espèces .l'Antilopes, 
et H V a aussi des Animaux de ce .lernier group,. qui sont pourvus «l'un fanon. Cependant l.-s 
Bœufs se .lislinguent des autres Bumiuants par une form." spécial., de leur boîte cérébral.. 
.0,1 la fosse temporal., est toujours surplombée par les cornes, ce .pii n'a pas lieu cM,, les 
An ilopes. L.|s Bœufs ont ,h< être partagés en pluMcurs groupes d'après la ..onsidération de 
a forme de leurs cornes, de celle ,1e leur cran.-, de la largeur plus ou m.iins gran.le de 
leurs canons, de la pres..nce ou .le l'abs..nce de poils autour ,|e l,.urs narines, d.> la présence 
ou de 1 absence d.- papilles cmu'.es sur leur langue, elc 

Nous eu décrirons toutes les espèces en les .hstri'buaiit .la.is six sous-geures,sous les noms 
de : llilm, Taureaux, iachs, Ihnases, Bu files vX Ovibns. 

!.. Les B.lios (g..nre Bibos, .le M. ll..,lgs.u,) s.mt caracl.hisés par leur front un peu 
excave , comme carén,'. , entre les cornes .lont la base est .iï.primé.. et plus ou moins ri.lée • 
l.'ur garrot. .p„ s ,.|ev.. en forme .ie bosse, est soutenu par le grand .léveloppemeut des apo- 
pl.jses épineuses de leurs premières vertèbres dorsales. Il n'v en a .lu'uiie s<.„le espèce 

Le Boeuf des Jonoles {Bos frontalis. Lamlu-rt), .,ue F. Cuvier appelle Bos sylhelanus, 
est mie espèce sauvage entièrement rousse sur tout le tronc ; il a, en même temps, les pie.ls 
blanchâtres. Sa taille égale celle .les Bœufs ,lomesli.,ues , mais sa forme est assez différente • 
ses_c.u-iies sont ar-piées, ri.lées transversalement à leur base, qui est un peu déprim,'.e «i 
insérées plus haut ; iu partie du front qui les sépare est comme relevée eu une épaisse carène 



os primigenms 
ne cet auteur a 

qui vil encore 
t aussi comme 
e appelait Uu- 
onnu le Buffle 
andos cornes, 
mécs; c'est ce 
it à propos (in 
iflicilo que ce 
e-Pliiladelphe 
mif (les Indes 
croyons donc 
îst impossihiiî 
3 à tort Unis. 
s Césnr on ne 

rochs était la 
être regardi''!! 

i aujourd'Imi 
1 uniquemenl 
lèvres (^t les 
M'actériser ce 

liiille consi- 
lluloux; leur 
et entre leurs 
I placée dans 
s et externes 
ment propre 
d'Antilopes, 
opendant les 
tte cérébrale 
lieu chez les 
iilération de 
1 jj'rande do 
la présence 

ii> les noms 



jot un peu 
loins ridée ; 
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•ipèce. 

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FAMII.LK DKS IIOVIDKS. 170 

trnnsversolc on nviint tlo Iniincllc le rhiiiirrcin est oxcnv*'. Los apofiJiysos ('pinousos dos vor- 
(('■hi'cs fin dos sonl liV's-loiimios, ci- i|iii a oiiftiiK"' M. Ilodîfsnn h fairn de cclto ospi-co lo Ivpo 



Il a aussi appcli' Ha/t 



(riiii f,'oiin' à part sous le iioiii de llifwn. Le Ihinif iIcn JhiiltIcs, <|ii(> 

Diiirdi, du nom do fou M. Diard, naturalislo fraiioais (pi(! nous avons dôjà rilô >,i souvent 
jiour les Animaux (|u'il a df'u-ouvorts dans l'Indo, liai.il.' nno praiide patio do l'\sio niôridin-l 
nalo; on le trouvo depuis la réf^ion des (ialtes Jiisi|u'en ('.ocliiinliiiie. C'i'^l un \iiimal danso- 
rou\ persa linitalili', ijui vil dans les forêts épaisses ou dans les grands maréca^ri's, el i|iii so^ 
réunit par petites iiandes. A» dire di' M. \ilolplii' Delessei'l. «pii a 0» rapjiorlé un bol oxom- 
plaire ipi'oii voit au Musée de Paris, le liœuf sauva>;o de l'Inde est naturellement Irés-liordi, 
et 1! se défend aisément eontro tous les Vnimauv féroees. Dans la prcMpi'lle de l'ondiilu-ry. 
on ne le trouvo (|u'à la hautour do trois ù ipiatre mille |>iods environ au-dessus du niveau de 
la ni(!r, sur h' penchant des monlaffiies. I.os An^dais l'appelhint (;(tiin-(l(u/,Jiiiirjli-(.,iii,Sf//liet 
Cat/c, Gtiijal vi ISLson; en lan^'ue orientale (;<ut , fort peu différent du mot anglais 6'o)r, i|ui 
>i«ni(io Vache, s'étend encore à ipielipins Animaux dilïi'renis, tels (|ue le Ml-dan ou la ^ aelie 
HIeue, qui est un \ntilope. Les habitants do Carnalie et do Pondieliéry donnent à la niêmi; 
espèeo lo nom lainoul de ilùlc-Yrinc, si;,nnfianl Uiiflle des liois. 11 n'est pas eorlain ipio le 
llos (ioiii [Hii.s f/aiinis tU' TrailTi, signalé dans plusieurs proviiiees d(,> l'Inijo, et dont il est 
(juostion dans ([uelipios autours, eonstilue une espéee différente du Bœuf dos Jongles; dans 
tons les eas , celte esfièco on serait Irès-rapprocliéo. M. (iray le donno cependant comme 
formant une espèce véritable. 

2. Les T.vi HKAi \. Dans lo langage usuel, ce nom appartient au mâle do la Vache, et 
Ton ii[ipellc limifs les Vnimaux d(! la même espèce ([u'on a rendus artinciollement incapables 
de re[>roduire; mais les zoologistes, (pii oui étendu le nom ilt^ iiieufs ù l'ensemble dos espèces 
bovines, nomment Taureaux lo sous-genn qui comiirend le li.euf ordinaire et les espèces (|ui 
s'en ra[iproclieiit le |i|us. Os Animau ont pour caractère d'avoir le front allongé et plat, les 
cornes écartées ù leur Imse. qui est arrondie, et pointues à leur extrémité; les cAles au nombre 
liei/e; le poil ras. et les mamelles sur ileux laiigs. 




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^80 ORDRE DES BISULQUES. 

Lo BoKUF DOMESTIQUE {Bos Tauim), que l'IIoinmc a répandu sur tant do points du 
globo, paraît Ctro d'origino asiatique; mais on ignore do quelle région il vient précisément , et 
sa véritable patrie est par conséquent moins certaine que colle du Bison , qui appartient à la 
môme tribu que lui ou do l'Yack dont on fait une petite division particulière. Pendant sa 
vie, le Bœuf rond à l'homme les plus grands services, et il no lui est pas moins utile après 
sa mort; do tout temps, les peuples civilisés se sont appli(iués à eu multiplier et à en per- 
fectionner l'espèce, et chaque pays en fournit plusieurs variétés. Colles de Franco sont, en 
général, désignées par lo nom des provinces où on les cultive; les principales sont les Bœufs 
de Salera ou du Cantal, - Limousin, — Charolais, — Nivernais, — Comtois, — Gascon, — 
Normand cl Flamand. La Suisse, la Hollande, la Hongrie, et surtout l'Angleterre, en pro- 
duisent d'autres. On distingue, parmi les variétés de ce dernier pays, les Bœufs de Devon ou 
du Devonshiro, — ceux de Durliam, — ceux de Hereford, — ceux de Sussex, - ceux de 
Su/folk, etc. Jj y a aussi une variété particulière à l'Irlande. 




BuUlK un Ut VON, 

En Afrique, les Bœufs sont plus différents encore; uu peu moindres quo les nùlivs, dans 
le nord de ce continent, ils sont mémo beaucoup plus petits au Sénégal, ou vit une race 
à penie supérieure à un sanglier pour les dimensions. Au contraire , il y a en \byssinie et 
dans le sud de l'Africiuc dos Bœufs do très-gran.le taille, et dont les cornes sont énormes, 
leur envergure, lorsqu'elles sont divergentes, ayant so4vent plus .le deux mètres. Ces Bœufs 
portent au Cap le nom de Bœufs africaius. En Abyssiijie, leurs cornes sont simplement Ivréos- 
on les appelle Bœufs galla ou Bœufs snnga. ' ' 

Les Bœufs des anciens Égyptiens, et en particulier leur Bœuf Apis, .'taient bien dIus 
semblables aux nôtres. 

En Amérique les Bœufs sont très-nombreux, et, pour la plupart, ils vivent en liberté <lans 
les vastes pampas des régions chaudes; ce sont les descendants d.'s B(eufs domestiques (lue 
iHs Européens, et plus pariiculièromout les Espagnols, y ont portés à l'époque de la con- 



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FAMILLE DES BOVIDÉS. 



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quête. Clia(}uo année, on les tuo par rnyriudos, co qui u'tuj diminue pas le nombre, et leurs 
peaux sont exportiîos pour l'Europe, principalement pur la voie de Buenos-Ayres, 




•«'/►S«Sr^ 



UoeuK uK Diiiiioi. 



Outre ces cuirs américains, le coumierce européen emploie aussi 'os Bœufs indigènes qui 
sont en très-grand nombre proi»tiue partout. Ceux de la Russie sont aussi fort estimés. On 
évalue à 7 ou 8 millions le nombre de Taureaux, Bœufs, Vaches, (iénisses ou Veaux pour la 
France seulement. Suivant les contrées oîi on en fait l'élève, on destine les Bœufs au travail, 
soit au labour ou au cliarniis, ou bien à la boucherie, et souvent on ne les engraisse qu'après 
les avoir fait travailler pondant un temps plus ou moins long. Les Bœufs des contrées sèches 
et arides du Midi résistent mieux aux fatigues (|ue ceux du Nord , mais ils sont inférieurs , 
pour leur chair, à ceux des riches piSiturages de la Normandie, de la Belgique, de la Hollande 
ou de l'Angleterre, Le croisement de ([uelques variétés anglaises, |)riucipalement do celles de 
Durham, avocles nôtres, a déjà donné de très-bons résultats. ^ 

L'âge des Bœufs se reconnaît, comme celui des Chevaux, à leurs dents, mais les carac- 
tères ne sont pas les mêmes. Los figures que nous en donnons fournissent à cet égard tous 
les renseignemeuts désirables. 

Les Bœufs de la Camargue sont à pou près aussi libres que les Chevaux dos mt^mes 
marécages. On on voit de Saint-Gilles à Aigues-Mortes et aux embouchures du Rhône; ils sont 
de taille médiocre, ont les cornes assez courtes et sont de couleur noire. Quelques auteurs 
disent qu'ils descendent des Bœufs de race auvergnate , mais il n'y a rien de certain à cet 
égard. Leur rencontre est souvent dangereuse, car les femelles qui ont vêlé ne sont pas 
moins redoutables que les Taureaux ; elles prennent beaucoup de précaution pour cacher aux 
Hommes qui surveillent leurs troupeaux le lieu oii elles ont déposé leur petit. Ces Hommes 
sont toujours armés d'un long trident et toujours à cheval; leur mmilure est habituellement 
m\ de ces chevaux qui vivent à demi sauvages dans les mêmes lieux que les Bœ-afs. 



Mortes, do Marsiliarguo, etc., sont très-curieux lï; nln'' '° "''"'■^'""' ^'^'^»«- 
tordit ces luttes. Aujourd'hui on n'eu donne Dirn..» '^ " Prosquo complélemenl in- 

à fait accidentelle /particuliérer„ 1 "oe^l^^^^^^^^^ -anièro tout 

dans les mômes lieux. C'est ainsi -m'en istfiv ' ' ''""P" '■''P«^"°'« «« Passag" 
Arènes de Nîmes. Je ne saurai.sn'pal a.e'c oiril" 'T'"" '«^^^-"'««0- ^-s les 
vus dans cette occasion (on m'a dit ,ue i'arus Z r, '° '""''' '"-^ ^"""«"'^ ^"e ''«i 
do deux ou trois ans que dos T ulx vè tZ ' " ''"""^ '^'""^ P'"''^' «^«^ Voaux 
furieux dans leurs attaquos, terriblLXZe la t ""î ,-^'«'-^'« "bliquos et farouches, 
qui luttent en Espagne. C'est d'aiileu a ;:tfd:sim l'. "'' """ """''°" '"^''"^ «^«"^ 
descriptifs et froids des naturalistes qu'i fau c J ,eHo T^ '^'""' ''"" '^^"^ '«« '''^^''^ 
Atro eu leur utilité à d'autres époques niais qui .1 . ' ''' '''"''' ^'"' «"' P^»'" 

Ics mœurs actuelles. ^ ' ^ '''"'""" '^« P'"« <^n P'u^ on opposition avec 




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ou douze ans, après quoi on les laisse renosê dins lo .3. ' ''' ^^''^"^ ''^^^ ''« '"^ 

bouchers; mais leur chair est d'une qualit^^éturl ' "'" '"" '" """" ^"""''^' ""^ 

j: i:î"d'2:^: s^ri^r-r :;^^^^ ^^ «^-^ — — - 

dans les parcs de Chillingham morthumrH n ' """' «"Jour.J'hui une troupe 

.iostruction est sévèreme^tt i^rS'^.^ :^^^^^^^^^^^^^^ ".'-'^ ^-^-ille. Leur 

considéré ces Anin.u.x .omme des Xu;^TjrTZC U Sn r"'"' *' "' """"' ""' 
von- n'est pas fondée. La couleur des l^œufs d ^o^ rbland,' e ' '""' ''"' '"'•"•'-"" ^« 

chacune d'elles Ce traAi dnn^ «^PPrec ation des modifications que la culture a fait subir à 



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KAMILLK ORS nOVIDÉS. t83 

do foriios, (le taill»>, i>U:, i|iii <lis(in)<u('iit chaciiiio tles rncos <lo cfillo utilo espiM-o, onvisagéos 
(lotis lours m|i|.(irls /i vcc les loïKiitioiis ircxistoni'»! r-t 1rs «lunlitr'S parliciilirrcs à cos rnc(>s, (lu'on 
l.'s uiiiploit! (;i)inint> Aiiiiiinux (li< truit, Aiiimuux producUniis mi Animaux île bomlioii»'. Tous 
los (Incunioiits nc'iccss/iircH pour ce travail sont loin d'avoir l'ié n'unis; o» ou trouvera cppiui- 
<l«ut (!o fort hntis ijiiiis l'ouvriiKc ilc David Low, sur les Animaux dom<'stii|uos de l'AnKlclcrre, 
(|ui a l'ii' traduit ou français par M. Ho^cr; «iaiis la MammaloKiodc Ik'simircsl; dans la descrip- 
tion du Bifuf {tlw Ojc), publiée un anglais par IM. li. Martin; et dans l(>s romptos rendus des 
i;r)n(()urs régionaux établis en Fruiice par le ministère de rAwriculturo. A côté do ces docu- 
ment écrits, nous devons signaler comme également importantes les pièces ostéoloKi<|UOs 
diverses, (|uo l'on conserve dans plusieurs collections |)ubli(|ues en Franco et à l'étraiigcfr et 
dont la <les(Tiption comparative offrirait tant d'intér.M. 

Le JtoKiiK ANciKN {DoH prhiiigemiis , llojiinus). Parmi les nombreux ossements de 
Uœufs (|ue l'on rencontre on fouillant les terrains meubles, il en est (|ui resseudilent singu- 
lièrement à ceux des Hœuls domestiques, mais (pii indi(iuent des Animaux d'une taillo presque 
double. Certains auleuis, et parmi eux G. Cuvier, ont pensé (|uo ces grands Iheufs, dont on 
ne voit plus les pareils à présent, étaient la souclie do nos races domestiques; mais cette 
opinion n'a pas provalu, un nouvel examen des siiuelettos fossiles ayant montré que los 
caractères peu nombreux, mais certains, par lesquels ils diffèrent dos «œufs ordinaires, pou- 
vaient être considérés connue ayant une voleur spécifique. C'est avec les restes des grands 
Ours, dos Hyènes, des grands Felis, des Élépbants et des Hbinocéros à narines cloisonnées, 
i|ue les ossements des Bus primigenim ont éti- enfouis, et nulle part on n'en a trouvé dans 
des conditions (jui puissent leur faire attribuer une existence bistoriiiue, (pioiqu'il y en oit des 
squelettes entieivs, même dans nos tourbières. Nous n'ajouterons rien à ce (juo nous en avons 
dit plus liaut, au sujet de ces anciens Banifs, en traitant do YlJnts An Jules César. 

Le BoKDK ZÉBU {lîos indiens, Linné) n'est pas une simple variété du Hoîuf ordinaire, 
comme on le croit assez généralement, mais une es|)èco véritable depuis longtemps domes- 
tique dans l'Asie, et qui est l'un des Animaux los plus utiles des peu[)les indous. Le Zébu a les 
formes moins osseuses (pie h) H(ouf; sa tète est plus longue; son" garrot (îst surmonté d'une 
grosse bosse graisseuse , et son poil est en général blanc blouiilro sur los parties supérieures ; 
son S(iuelette, comparé à celui du B(JL-uf, s'en distingue en quelques points. Cet Animal 
paraît originaire de l'Inde continentale, mais on ne le coniiuit nulle part à l'état sauvage. 
Il est en général moins grand (jue notre Buiuf , et il y en a une race tout à fait curieuse par 
sa petitesse. Dans celle-ci, les Zébus no sont guère plus forts qu'un Cocbon ou qu'un Chien 
de Terre-Neuve , et cependant ils ont conservé toute lu gracieuseté do forme qu'on remarque 
chez les autres. Il y a aussi des Zébus sans cornes , à oreilles coucliées , à deux bosses , etc. 
Ce sont d'outrés variétés dues à la culture. Les Animaux do cette espèce ont été transportés 
dans une grande partie do l'Asie; il y eu a aussi maintenant dans les îles de l'Inde, à Mada- 
gascar et sur la côte occidentale d'Afrique. Le climat do l'Europe ne leur est pas défavorable. 

Le Boeuf Banteng {Bas sondaïcus, Tcmm.), dont MM. Quoy et Goimord ont parlé 
dans le voyage de l'Astrolabe sous le nom de Bœiif A fesses blanches , est souvogo dans les 
îles do Java et de Bornéo. Son corps est en grande partie roux bai ovec les fosses et les jambes 
blanches ; ses côtes sont plates et au nombre do treize paires , comme chez los précédents. 

3. Les Yacks, qui répondent au genre Pœphagus do M. Gray, semblent intormédiou-es 
aux Taureaux et aux Bisons; leurs cornes ont, à peu de chose près, la môme forme que celles 
dos premiers, mois l'implantation en est un peu différente et leur crâne est bombé en dessus 
comme celui des seconds; l'espace nu do lours narines est plus petit iiue chez les uns et les 
autres, et leur queue, qui est médiocre, est terminée par dos poils soyeux qui deviennent 
fort longs. L'espèce unique de ce sous-gonre, ou l'Vnck, vit dans les montagnes de l'Asie 
centrale. 

Ce BoEiF Yack {Bos gmnniens, Liuué) est domestique dans la région des monts 



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Allais et Himalayas; son front est bombé ontro loscornos; rellos-ci sont à peu près fortes 
comme celles de nos Bœufs, de forme peu différente, Le pelage est plus lonj;, plus fin et plus 
fourni, et leur queue est garnie de crins allongés qui rappellent 0(!ux du Cheval et servent à 
faire des étendards, L'Vack est un Animal fort utile pour les liabitants du Tliibet et du nord 
do la Chine, dont il compose principalement le bétail. On l'appelle encore Changree, et Pallas 
en a parlé sous le nom de Bos pœplmgus. Cette espèce peut être accouplée avec le Bœuf 
ordinain; et avec le Zébu, et les Tarlares estiment beaucoup les Métis qui résultent de cette 
union. Ces Métis sont très-employés pour l'agriculture, et ils paraissent préférables aux Ani- 
maux d'espèce pure. 

Le Bœuf Yack est encore sauvage sur les confins do la Tartarie chinoise; sa variété domes- 
tique est un Animal indispensable aux peuples de l'Asie centrale. Quehpies individus ont 
été ap[)ortés en Europe. On compte beaucoup sur le parti (ju'il sera possible de tirer 
de ces Animaux dans nos contrées, surtout à cause de leurs poils longs et soyeux, et la 
Société zoologique d'acclimatation leur a dtyà consacré plusieurs notices dans ses IhtUetins. 
L'une do ces notices, qui est due à M. Duvernoy, donne une descriplion délaillije des Yacks 
envoyés à la ménagirie de Paris, par M. de Montigny, consul de Franco à Cliang-Haï, qui les 
avait tirés du Tîiibet. Les Yacks ont reproduit en France. 

•1. Les BONASlîS de M. Boulin, ou le genre Bhoii de M. H. Smith, réunissent deux es- 
pèces, l'une confinée sur quelques points de l'Europe , mais qui était autrefois plus répandue 
dans ciitto partie du monde, l'autre encore très-conunnne dans certainos contrées de l'Amé- 
rique septentrionale. Celle-ci est souvent appelée /îiso?? ou Biiffdlo; l'autre, est le véritable 
Bison des anciens et leur liomisc. C'est à cette espèce que se rapportent, sans doute, les 
documents, d'ailleurs fort incomplets, que .T. César donne sur son l'nis. Le caractère principal 
des Bisons ou Bonases est d'avoir le front plus large (|ue les Boeufs et un peu plus bombé 
entre les cornes; leurs pieds sont moins larges; le nondjre de leurs côtes est de (juatorze 
au lii.'U de treize, et leur foumu-c est plus laineuse. 

Le BoKUF AUHOcns {Bos nrm et Bos Bonasus, Linné) ou l'espèce européenne de ce 
sous-genre est plus grande (pi'un Breuf, et sou aspect extérieur diffère notablement de celui 
de ce dernier. Tout son corps est garni de poils épais, grossiers et fauve-bruns. Cet Animal 
n'existe plus (piedans deux provinces de la Bussie. 

La forêt de Bialowieza , qui est située en Russie , dans le gouvernement de (îrodno , est 
l'un de ces asiles des Bisons européens. Des ordres extrêmement sévères ont été donnés 
pour empêcher la destruction de ces Aniiuaux, et l'on ne peut s'emparer d'un seul de ces Ani- 
maux sans un ordre spécial de l'empereur. 

M. Dimitri de ÏJolmaioff, qui occupait le poste de maître des forêts dans ce gouvernement, 
fut chargé, il y a (pielques années, de faire prendre un Aurochs que la reine d'Angleterre 
avait demandé à l'empereur pour le Jardin zoologique de Londres. Nous emprunterons le 
récit de celte expédition à une letlio que M. Dimitri adressa en 1818 au savant géologue 
anglais sir Boderick Murchison : 

Gomme plusieurs essais constataient déjà que des Bisons adultes pris sauvages ne pou- 
vaient-pas support(!r la captivité et que le transport les fait infaillililement périr, M. Dimitri 
proposa d'attraper deux jeunes Veaux et de les faire ensuite allaiter auprès des maisons dos 
gardes forestiers voisins. Ce fut le 20 juillet 1846, à l'aube du jour et assisté de trois cents 
traiiueurs et de (luatre-vingts chasseurs de celte forêt, ceux-ci armés de fusils chargés simple- 
ment à poudre, que l'on se mit sur les traces d'un troupeau de Bisons qui avait été exploré 
pendant la nuit. I-es trois cents traqucurs , soutenus par cinquante des chasseurs , avaient 
cerné dans le i)lus profond silence la vallée solitaire oii se trouvait le troupeau de Bisons, et 
!our chef, accompagné des trente chasseurs les plus déterminés, pénétra dans celte vallée, mais 
en n'avançant qu'avec précaution. Arrivés à la lisièn; qui bordait la vallée, ils aperçurent les 
Bisons. Ces Animaux étaient couchés sur la pente d'un coteau, ruminant avec sécurité, 



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PAMtLLK DES BOVIDÉS. ID5 

tandis que les jounos se jouaient autour des adultes, s'ultaquant les uns les autres, frappant 
la terre de leurs sabols (;l luisant voler autour d'eux le sable sur ]e(|uel ils bondissaient Par 
moniinits ils se retiraient cliacun auprès de sa mère, se frottaient contre elle, la léchaient et 
revenaient bientôt à leurs jeux. Mais, au premier son du cor, le tableau changea en un cliu 
d'œil : tout le troupeau , connue frappé par une baguette magique , bondit sur ses pieds et 
sembla concentrer toutes ses facultés à voir et à entendre ce qui allait se passer. Les Veaux 
se pressaient timidement contre leurs mères, et quand retentirent les aboiements de la 
meute, les Bisons se rangèrent dans l'ordre qu'ils occupent ordinairement en pareille oc- 
currence. Plaçant les Veaux en avant, ils prennent l'arrière -garde pour les garantir de la 
poursuite des Chiens. Lorsqu'ils arrivèrent auprès de la ligne tenue par les truqueurs et les 
chasseurs, ils furent reçus par des cris perçants et par des détonations. Alors ils changèrent 
leur ordre de défense : les vieux Aurochs se jetèrent avec furie sur le côté , rompirent la ligne 
de chasse, et, victorieux sur ce point, continuèrent leur course en bondissant et sans s'ar- 
rôter à châtier leurs ennemis qui s'étaient cachés derrière les plus gros arbres. Cependant les 
chasseurs avaient réussi à détacher de la troupe les deux Veaux que l'on désirait. L'un d'eux, 
ûgé de trois mois, fut pris immédiatement; l'autre. Agé de quinze, fit plus do résistance.' 
Quoique saisi par huit Iraqueurs , il les renversa et parvint à s'enfuir. On mit la meute à ses 
trousses, et bientôt il fut forcé dans un marais, lié fortement et transporté dans la cour du 
forestier. Quatre autres Veaux, dont un mâle et trois femelles, furent pris dans d'autres 
endroits de la forêt. Une do ces femelles qui n'avait encore que quelques jours, fut d'abord 
allaitée par une Vache domesticiue que l'on prit fauve, à peu près delà couleur d'une Aurochs, 
et, ce qui est contraire aux récits de (Jilibert et d'autres écrivains, la Vache en prit immé- 
diatement soin. Elle témoigna, dit M. Dimitri, un tendre attachement à cet enfant adoptif, 
sauvage et barbu. Malheureusement, le jeune Animal mourut six jours plus tard, suffoqué 
par une enflure de la gorge qu'il avait déjà quand on l'attrapa. Les autres Veaux ne prirent 
aucune nourriture pendant le premier jour de leur captivité, mais le lendemain, celui de trois 
mois se mit à teter une Vache et parut fort gai ; ses compagnons de captivité, sauf un, do 
l'âge de quinze mois, commencèrent d'abord à prendre du lait qu'on leur apporta dans la 
main, puis ils se mirent à boire au seau avec une grande avidité, et une fois le seau vide, ils 
se léchèrent mutuellement le museau. En peu de temps ils perdirent leurs allures sauvages , 
qui firent place à une vivacité et à une pétulance extrêmes. Quand on les faisait sortir de leur 
étable pour aller dans la cour assez vaste de la métairie, la rapidité de leurs mouvements, leur 
légèreté rappelaient celles du Chevreuil ou du Cerf. Ils jouaient volontiers avec les Veaux des 
Vaches domestiques, luttaient avec eux, et, quoique plus forts, paraissaient céder, mais par 
complaisance. L'Aurochs mâle, de quinze mois, conserva longtemps son regard morne et sau- 
vage ; il s'irritait à l'approche do l'Homme, branlait la tête, brandissait la queue et menaçait 
de ses cornes. Après deux mois de captivité, il finit par s'apprivoiser et s'attacha au pavsan 
qui le nourrissait. Alors on put lui donner plus de liberté. 

I.nc autre province de l'empire russe nourrit encore des Auroclis; c'est l'Awhasie qui dé- 
pend de la région du Caucase. Le district de Zaadan, habité par la tribu des Pseuhs, est le 
heu où les Aurochs se montrent le plus souvent : les Pseuhs les appellent Adompé. 

Le Bœuf Bison {Dos amcricanus, Gmel.) a quelquefois été décrit comme une simple 
variété américaine de l'Aurochs dont il a pris l'un des noms; il en diffère cependant par son 
port, par le plus grand développement de sa crinière, par sa couleur plus brune et par la plus 
grande hauteur des apophyses épineuses de ses vertèbres dorsales. Ce dernier caractère 
fait paraître son garrot plus élevé que sa tête, .1 celle-ci a une apparence plus farouche 
encore quo chez l'espèce européenne. Cependant ' . -isons, pris isolément, ne sont pas très- 
redoutables; mais ils vivent, en général, par troupes très-nombreuses, et, dans leurs migra- 
tions, ils dévastent souvent les pays qu'ils traversent. 

5. Les BUFFLES, dont on a fait le genre Dubalus (H. Smith, Turner, Grey, etc.), sont 

U« PARTIR. 24 



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dos espèces Bovines qui ont le pelage dur, peu épais, presque entièrement noir, le front 
bombé, élargi eiilro les cornes (|ui sont plus ou moins prismali<iuos , et rapprochées des 
orbites par leur base; leurs eûtes sont plus larges et plus aplaties rjue colles des Bœufs; leur 
angue est douce. Ce sont des Animaux do l'Afrique et de l'Asie. 

Le Buffle onniNAinK {Dos Bubalus, Brisson) est l'un des Animaux auxquels les 
anciens ont donné le nom d'I'rus. 11 est noirâtre, sauf sur le front oîi il y a une tache blanche 
dans certains individus. Son pelage est grossier, moins ceitendaiit chez les jeunes sujets (lue 
chez les adultes. 

Le Bufllo ordinaire est un Animal d'un caractère assez calme, (lui aime les endroits maréca- 
geux, et qui passe, en général, une grande partie du jour à demi plongé dans l'eau. L'Asie 
continentale est sa patrie, mais il a été rendu domestique, et l'Homme l'a porté dans 
plusieurs des îles indiennes, en Afrique, en Crimée, et plus récemment en Italie, principa- 
lement aux environs do Bomc et dans le royaume de Naplos. Il pourrait aussi rendre des 
services dans plusieurs parties do la France méridionale dont le sol est entrecoupé par do 
vastes marais. C'est encore une de ces espèces susceptibles de nous être véritablement utiles, 
dont on ne s'est point occupé assez sérieusement dans notre pays. 

Il y a des Buffles sauvages dans plusieurs provinces de l'Inde; mais en général, ces Buffles 

diffèrent, par leur espèce, de ceux dont il vient d'être <|uestion, et sont do véritables Arnies. 

Le Buffle arme {Bos arnee, Shaw) est reconnaissable au grand développement de ses 

cornes qui ont jusqu'à six pieds d'envergures. Plusieurs auteurs l'ont regardé comme n'étant 

qu'une race de la même espèce que lo Buffle ordinaire. 

Le Buffle de Cafrciue {Bos Gafcr, Sparmann), qui s'étend depuis la Cafrerle jusqu'en 
Abyssnne, r les cornes très-élargies, très-rapprochées et très-renflées à leur base, ce (jui 
forme au-dessus de ses yeux une sorte do coiffure protectrice à l'aide de laquelle il écarte les 
branchages lorsqu'il traverse quehiuo forêt; son pelage es. noir comme celui des précédents, 
mais son caractère est plus redoutable. Delegorgue raconte, dans son Voyage en Afrique, 
conmient \\ faillit périr victime de l'impétuosité d'un de ces Animaux qui fondit sur lui en lui 
donnant à peine le temps de se jeter à terre. 

Le Buffle bkacuycère {Bos braclii/ceros) a été reconnu par M. Grav sur l'examen d'un 
crâne rapporté de l'Afrique centrale par Clapperlon, comme appartenant au Zamouse des 
nègres du Bournou. C'est une espèce bien distincte, et dont le Muséum possède maintenant 
un exemplaire (peau et squelette) (iu'il a reçu vivant. Cet exemplaire avait fourni à M. Gray 
le sujet d'une notice, et il a été signalé depuis lors par M. Boulin, dans son article Buffle dû 
Dictionnaire universel d'Histoire naturelle. C'était une femelle que je vis à Londres, en 1842, 
dans la Ménagerie de Surrey. et dont, sur ma demande, M. Geoffroy s'empressa de faire 
l'acquisition pour la Ménagerie de Paris. Sa taille était celle d'une Vache ordinaire, mais ses 
formes étaient plus arrondies et plus semblables à celles du Buffle. Le corps est couvert do 
poils ras dont la couleur est rousse, un peu plus foncée aux jambes; le museau est brun noir; 
les oreilles sont grandes, elles portent plusieurs rangées de poils disposés comme des franges. 
Les cornes sont de médiocre dimension et arquées; elles forment ensemble une espèce do 
croissant. 

Cet Animal était d'un caractère assez doux; il avait été pris dans les vastes forêts qui 
avoisinent Sierra-Loone. Il est do l'espèce appelée Bush Cow ou Vache des bois, dans les 
établissements anglais <le la côlo occidentale d'Afrique. C'est sans doute de la même sorte de 
Buffles que Thomas Candish rencontra deux individus, en 1586, et c'est probablement aussi 
de la même que Bosman vit au Gabon un troupeau d'une centaine do têtes. 

Lorsijue les nègres vont à la cliasso de ces Buffles, ils ont bien soin de n'attaquer que les 
individus isolés, parce que dans les troupes do ces Animaux il y a toujours des individus qui 
clierchent à venger la mort de leurs compagnons, et qui poursuivent les chasseurs à outrance. 
Dans leur fureur, ces Animaux labourout le sol avec leurs cornes; ils se ruent contre les 



noir, le front 
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FAMILLE DES BOVIDÉS. 



187 



arbres servant do rcfugo aux hommes; parfois mémo ils se jettent les uns contre les autres 
ou sur le corps do celui dos leurs qui a été abattu. 

Lo Buffle brachycère a les côtes plates et au nomt)ro de treize paires; on lui compte six 
vertèbres lombaires; ses canons ne sont pas plus larges que ceux du Buffle ou de l'Aurochs; 
mais ses molaires sont plus riches en cément que celles des autres Animaux du mémo genre. 

6. Les OVIBOS [Ooibos, Blainv.) ont pour caractère d'avoir le nez velu et sans muffle; 
les cornes très-largos à leur base et très-rapprochéos l'une do l'autre sur lo milieu, puis 
descendantes et se relevant ensuite à leur pointe ; leur queue est courte et leur pelago composé 
de poils longs et laineux. Une seule espèce est connue : 

OviBos MUSQUÉ {Ovibos moschata). C'est un animal des régions nord de l'Amérique 
septentrionale; il est de couleur brun foncé; sa taille est moindre quo celle du Bœuf ordi- 
naire, et par son aspect il tient autant des Moutons que des Bœufs. Il vit par petites troupes, 
[iréfèro les endroits arides et rocailleux. Sa chair a une odeur musquée. Dans les régions 
glacées de l'Américiuo arcti(jue, on trouve un grand nombre d'ossements d'Ovibos enfouis 
dans lo sol avec ceux des Éléphants et de (luelquos autres Animaux. Des débris de cette 
espèce, ou d'une espèce fort voisine, ont aussi été découverts en Sibérie dans des conditions 
analogues; on on a fait le Dos canaliculattis, La race de ces derniers paraît s'être éteinte 
antérieurement à l'époque historique. 

MM. Hodgson et Gray rapprochent des Ovibos, sous le nom de BunooncAs takin 
{liudorcas taxicola), un Animal dos monts Hinialayas que les collections enropéennes no 
possèdent pas encore. Le nom du Takin est celui qu'il porte chez les Mishmis; les Khamtis 
rappellent Kcti. Los cornes de ce Buminant sont larges à la base, après quoi elles se con- 
tournent pour diriger ensuite leur pointe en arrière. 



TRIBU DES CAPRINS 

Les Chèvres et les Bouquetins , qui en sont les représentants sauvages sans en ôtro la 
souche, comme on l'a cru longtemps, forment une tribu assez distincte parmi les Ruminants 
Cératopliores. Leurs cornes sont ascendantes, curvilignes, en général grandes et divergentes; 
la coupe en est prismatique ou elliptique, et leur face antérieure est souvent noueuse; leur 
linse repose sur une saillie des os du front , mais le chanfrein est droit au lieu d'être busqué 
comme chez les Moutons. Les poils sont durs ou soyeux; ceux du menton s'allongent et 
forment, surtout chez les mâles , une sorte do barbe (lui est l'un des caractères de ce groupe; 
les narines sont rarement entourées par un mufle; la queuo est courte, le corps est peu 
( hargé de graisse , et les pieds sont plus trapus quo ceux des Moutons , ce qui se traduit 
ostéologiquement par une largeur plus grande des canons. Les mamelles sont presque con- 
stanunont au nombre de deux. Il n'y a ni fanon , ni poches inguinales , ni glandes interdigi- 
tales. La langue n'a point de papilles cornées. 

Les Chèvres et les Bou(|uctins sont des Animaux actifs , remuants , inquiets , (jui sont habi- 
tuellement gais et pétulants dans leur jeune âge. Aimant la société de leurs semblables ou 
colle de quelques autres espèces d'Animaux, ils deviennent cependant soucieux en vieillissant, i 
surtout dans le sexe mâle. Les individus de ce sexe répandent une odeur forte et désagréable. î 

Les montagnes sont leur séjour habituel, et les rochers les plus escarpés sont ceux qui leur 
plaisent do préférence. Leurs espèces sont essentiellement propres à l'ancien coptinent ; il y 
en a également dans l'Europe, dan? l'Asio et en Afrique. Celles que l'Homme élève en domes- 
ticité ont été acclimatées en Amérique et dans l'Australie. Ces Herbivores sont utiles à cause 
(le leur chair, do leur lait et de leur poil. On s'en sort (luehiuefois comme Animaux de trait, 
mais d'une fa(;on purement accessoire. 






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188 



OHDUE DES mSLLQLES. 



^^0.,^>out .lis,i„guer les lliroins ou trois genres sous les noms .|o Aonm, nourjuciin et 

(IK.NRK KI^MAS (h-emas, (rOilby). Oo genre diffère , les doux suivnnls nnrre m.e ses 
narn,os sont perches dans un espace nu et mu.p.eux, c'est-à-dire .lans un " Ud^ „ ^1 
«sont courtes. I. y a deux espèces de K.nas, toutes les deux propret :!;' Hgl;:: 

siti: !t^:; nr;:z;:r ^^"'^ '"''"""^ ^''*'"^) ""^""•^-^' «- ^"-^"-i- '."* -m 

(.i^NUK BOUQUETIN (76.^. Pallas). Les nou,uetins ont le nn.s.r nt rien, velu 

Ces Animaux sont sauvages, et leur chasse est souvent rendu,, dangereuse par resc.r 
pcment ou 1 élévation .les lieux ,,«-iIs habitent. Ueur nom vient des deuvn.o s // . 2 '" 
.pn. iant Bouc e roches. „s se ..ourrissent de graminées et des feuilles 1 fn^r.s au tr ^ 

























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SI le gouvcrncmenl pi™,„,„,,|s „■„, „„„ .iriTol,",^ ,','"" "I","' ''°" '"' """'"'• 
n'y . ,»s o„»,o trc,-,.„,su,„,„, .„„„ ,., Al,«,ï ."L! !« ""'""'• '"" ""'" """'' " 



DoiiqiicUn et 

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FAMIM.K DES IIOVIDÉS. fNO 

>t. Scliinz. Il cnmiiioncp h dcvodir très-rnro, (il on ne lo proiitl |»liis guèro i\\\v sur les liuulcs 
nioiitiiKnos dos l'yiviiiV's ('s|»(ij<ii(il('s. 

Los cavortios dos Cùvcimcs, cl i|ii('liiiios dt-piMs dn mi^mo ùgo qu'on u observas dans les 
nionliiKiics .lu \('\ay ci do la Liniasuc, ont fourni des osscnioHlH df l)oui|uetlns dont l'esiirce 
liubitail autnTois ces rôdions. 

I ni- troisiénio ('spécc, actucllcniont vivante en Kurope, est le IJouoi ktin kspagnol 
{Ibox llkiianicus) , dont on doit l'observation i\ !\| Scbimpor. Oe Douquptin est particulier 
aux niontaK'iios du Midi de i'Kspagno; les individus observés par co savant nuluralisto ont 
été pris dans la Sierra Nevada. 

Lo Caucase nourrit aussi d(!s nou<|uetins ayant ipwdtiue analogie avec ceux des Alpes, mais 
(pii doivent en J^ire séparés conmie espèce. Ces Bouquetins du Caucase ont reçu lo nom 
latin de Capra Cauawka ((iuldenst(Mlt), 

II y a aussi dos Vniniaux de co gern-e dans l'ilo do Crète, 

Les Hou(iunlins de Sibérie sont encore d'une espèce différente {Ibex Sibirlais m Pallasii); 
et il en et do niôni > .ir ceux de l'Ilinialaya {Ihcx Himnlnijaiam). 

La niAnio rnmar«iue s'appli<pie à ceux d'Africpie. Ces lluniinants n'ont été observés sur co 
continent ipie dans la Nubie et l'Abyssinie. Ils y sont de deux espèces : le Houquetin Uedkn 
(lljr.r Nubinmis), dont la première description est due à F. Cuvier, et le lloi ni iiin V \lie 
{Ibex Vulie). Celui-ci a été découvert en Abyssinie par le l>. Huppel , et décrit par lui dans 
son ouvrage sur la Zoologie de ce pays. Le Iloden est assez commun dans les montagnes 
(le la IIaute-Égy|)to; il vit égalemeid en Syrie. (/7. WXIX). Ses cornes sont grandes, peu 
aniuées et nianiuéos en avant de grosses nodosités transversales. 

Genre CllfeVRE (Capm). La Chèvre et son mAle, auquel on donne le nom de Donc, 
ont les cornes prismatiiiues i\ bord tranchant , sans nodosités h leur face antérieure , et tou- 
jours plus ou moins divergentes, surtout dans le sexe mâle; les éminences osseuses qui en 
forment l'axo sont en grande partie pleines; leur base seule est creusée par une grando 
cellule. 

C'est tt ce goin-o (|ue l'on ra|»i)orte l'espèco encore problématique h laquelle on donne lo 
nom do Chèvre i':(;aoiik {Copra wgagrm do C. et F. Cuvier). Suivant le premier de ces 
naturalistes, il existerait dans iiuelipies points des Alpes, et au contraire dans les Pyrénées, 
suivant le second, des Égagres fort semblables à ceux du Caucase et de l'Asie occid(.'ntale, 
et CCS Égagres des grandes montagnes de l'Europe centrale et orientale seraient la souche 
[irimitive de toutes les races de Chèvres domesticpies. Mais co n'est là qu'une [ture supposition 
car il n'est pas certain que les prétendus Égagres sauvages ne soient pas eux-mêmes d<'s llou- 
(luetins. Quant aux Chèvres domestiques, on sait iiue ce sont des annnaux abondants en Eiu-ope, 
en Asie et en Afrniue, mais dont les nombreuses races n'ont pas encore été décrites compara- 
tivement, et dont il est encore impossible d'établir une; boimo définition. Il ne me parait 
fias douteux cefiendant (pi'on ne parvienne à reconnaître parmi elles plusieurs espèc<!s,tant les 
caractères (|ui distinguent certaines do ces prétendues variétés ont réellement d'im[)ortanco. 

Comme nous l'avons fait pour les autres genres d'Animaux domesticiues , nous nous bor- 
ni rjiis à donner ici la liste dos principales races de Chèvres. Ce sont : 

Pour l'Europe, la Chèvre ordinaire, la Chèvre des Pyrénées et la Chèvre sans cornes d'Es- 
pagne. 

Pour l'Asie, la Chèvre d'Angora ((), si estimée pour la finesse do son poil; la Chèvre de 
Cachemire et la Chèvre du Thibel ipii no sont pas moins précieuses. 

Pour l'Afrique, la Chèvre de In haute h'gijplc à front très-busqué et h oreilles phites et 
tombantes, la Chèvre de Juda, la Chèvre mambrine et la Chèvre naine. Plusieurs de ces races 

(t) On a rominpiif (■• , i\c\\\\\<. une nontiiim- (rmnu'cs, rarclimiilntion des C.hi'vics d'Annora cl de Cacliciiiirc; 
aiiliefoiâ oii apportait en i'rancc de foi!,-; f,ii;iai.,on> du poil dis piciniOii'*; >ci> I78(i, les fabriiinos d'Amiens 
en employaient annuellement quatre ou oinij mille balles. 



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100 ORDRE DES I3ISULQLES. 

ont iHô portées dans los aiUros parties diunonde, et, dans (inolquos lies, des Chèvres abanrlon- 
nées autrefois par les navi;;a(eurs ont repris la vie sau\ai?e et se sont perpétuées en dehors 
do l'influence de l'Homme, ce ipii n'a été constaté nulle part pour le Mouton. 



TRIlîU DES OVINS 

Les espèces ovines , dont les Moutons (Ovis) et los Mouflons font partie, ont des formes 
plus arrondies que les Caprins, mais elles n'ont pas de Ijarhc sous le nienlon; leur chanfrein 
est busqué, leur front est aplati, et leurs cornes, (pii naissent en arrière des orltiles, prennent 
une disposition obli(iuemont récurrente. Ces Ruminants ont un larmier et des poches inter- 
digitales; les jambes sont jilus grêles ([uo colles des Chèvres ou des Rouciuelins. 

La dentition des Moutons et des autres Animaux de la même tribu est, quand au nombre, 
à la formule et aux caractères morpliologi(|ues, entièrement semblable à colle des Chèvres et 
(le la plupart îles Antilopes, Leurs arrières-molaires n'ont pas les coli innettes d'émail i|ui 
se montrent chez quelques espècfs appartenant à ce dernier groupe ou chez les Bœufs. 



-'-1 :''W^.î-Vm:-;.ïI^.v, 




Molt'MIN A MlMlUILTtKS f' MllirOS )1 h 11 I Ml S , I Hl (U' gnilul. 

Cette tribu peut être partagée, connue celle qui précède, on deux catégories, dont l'uno 
comprend des Animaux domestiques, (|ue l'on regarde très-probablement à tort comme nn 
constituant ([u'une seule espèce, et dont l'aulro réunit diverses espèces sauvages. Ainsi qu'on 
l'a souvent fait à jirojios des Bœufs et des Chèvres, on n ^vganlé ces dernières, et plus 
particulièremem I'umc d'elles, cmnnie étant l'origine de nombreuses races domestiques qi'o 
les habitants de l'ancien continent possèdent depuis un temps immémorial; mais ici encore, 
cette opiniim a dû être abandoiniée, \oii-seuIenient les Moulons no sauraient être cdtisidérés 



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FAMILLE DES nOVIOÉS. m 

comme des Moulions tranformés par la domesticité; mais, ainsi que jo l'ai fait voir dans un 
aulro ouvrage, ils no doivent môme pas être classés dans le même genre (pie ces derniers, 
car ils en difleront autant que les Chèvres diffèrent des Bou<iuetins, ou les Bœufs proprement 
dits dos Aurochs. 

(Jenre mouflon {MusimoH). MM. Ilodgson et Gray donnent à ce genre le nom de 
Caprovis, que nous n'avons pas cru devoir employer, parce qu'il impli(iue une ressemblance 
avec les Chèvres, qui n'existe réellement pas. Les Moulions diffèrent des Moutons dômes- 1 
tiques par la brièveté de leur queue , par l'épaisseur et la rudesse de leur poil , et par la : 
présence de larges cellules dans tout l'intérieur des axes osseux qui supportent les étuis de j 
leurs cornes. i 

Les Moulions sont, comme les Bouquetins, des Animaux do montagnes; ils sont répandus 
sur une plus grande surface; il en existe non-seulement dans l'ancien continent, mais aussi 
dans l'Amérique septentrionale. 

Mouflon MUSM ON {Musimonmusmon). Le Mouflon {PI. XL.)estun Animal des montagnes 
de la Corse et do la Sardaigno, où on l'appelle Muffoli et Muftone. On dit qu'il existe aussi en 
Chypre et à Candie ; il est de la taille d'un Mouton ordinaire, mais plus robuste, sans véritable 
laine, roux vineux sur une grande partie de son corps, blanc sale en dessous et sur les 
jambes. Le mâle a les cornes assez fortes , ridées transversalement par les stries d'accroisse- 
ment, à simple courbure, déjetées en dehors et comme tranchantes à leur extrémité. Cet 
Animal s'apprivoise aisément , a un caractère peu différent de celui des Moutons , quoique 
plus turbulent , et s'accouple queUiuefois avec eux. 

Les espèces asiatiques du même genre, sont le Mttsimon Yignei, distingué par M. Blyth, 
et qui vit au Thibet; le Mitsbmn oncntalis, qui est d'Arménie; le Musimon nahoor {Pseudois 
mhura, Ilodgson), particulier au Népaul, et le Musimon argali, que l'on prend dans la 
Sibérie et au Kamtschatka. Celui-ci devient grand comme un Ane ; ses cornes décrivent un 
cercle i)resque complet , mais elles ont leur extrémité rejetée en dehors. Son pelage est brun 
fauve avec du blanc aux quatre pieds. 

Le Mouflon dk montagm, {Musimon monlamts) ou VOvis montana d'E. Geoffroy, 
est remarquable par la grosseur de ses cornes. Il habite les montagnes Hocheuses et la 
Californie. 




MofFLOM 1)1 movtaom:, l.'Jl de grand. 



I .R^'Vl- CR. 



192 



ORDHR DRS niSL'LOlîRS. 



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L'ospoco africaine est oiu'oil' plus iviiiai'(Hiiii>lo [tiir la criiiit-i'o qui rocouvi'o sos ôpaulos 
ot par les poils alloiijji-s on nianclicltcs (pii loinbuiit do sos pui^'iiols; son pelage est roux 
fauve. Il a p(mr patrie le nord do l'Afriiiuo, depuis les conllns de l'Egypte jusciu'ù la région 
de l'Atlas. C'est hi Fruc/ildl dos monts Aurès, et le ÎVIoiifi.on a mano.hi: r ïks {Musiiiion 
tragclaphus) des naturalistes français. 

(iKNl\K. .M01T0\ [Ovin), Fjvs Moutons sont dos Animaux domestiiiues, qu'on no 
connaît nulle |)art à l'état sauvage. Leurs caractères jirincipaux consistent dans la longueur 
plus grande d(! leur iiueue , ipii descend liabiluollonient jus(iu'au talon , (il dans la nature 
plenie des axes osseux de l(>urs cornes , cpii sont plus écartées à leur hase et [lins en spirale 
(juo celles dos Mouflons. Certains Moulons manquent de cornes, môme dans le sexe mâle. 

Henucoup d'autours sont d'accord pour rapporter à une seule espèce tous les Moulons 
domesli(iues , ijuols ([u'ou soient fapparenco extéri(!uro, les proportions et même les 
caractères osléologi(|uos; mais il est plusieurs des prétendues races supposées issues do celto 
espèce unicpe , (jui paraissent devoir être si'paréos comme constituant dos es|)èces vérilaliles. 
Toutefois, on no saurait élalihr dès à présent une classification délinitive de ces Animaux, et 
les mélanges auxquels ils ont donné lieu on rendent la distinction on no peut plus diflicile, ot 
il nous est encore impossible de distinguer ici les caractères ré(>IIom(Mit naturels do ceux (lui 
sont adventifs , c'est-à-dire aciiuis sous l'inlluenco de la domesticité. Toutefois , le Mouton à 
longues jambes et le Mouton à tôle noire se laissent plus ais''ineiit séparer do nos Moulons 
ordinaires (lue le reste des autres Animaux du même genre. 

Le Mouton a longues jambks {Ocis longlpcs, Dosm.) a déjà élé décrit par plusieurs 
auteurs. C'est le Mouton du Fezzan des voyageurs qui ont visité l'Algérie, et le Morran do 
Buffon, etc. Sa taille supérieure à colle des autres Moutons, et mieux encore la longu(!ur do 
sos jambes, son chanfrein arqué ot ré[)aisse crinière qui recouvre les parties supérieures de 
son corps, le font aisément reconnaître. 

Ce Mouton a été naturalisé dans plusieurs parties de l'Kuropo. Son croisomont avec le 
Mouton commun a donné, suivant Dosmarest, lo Mouton jlandvin et le Mouton du Tcxcl, 
dont la laine a un certain degré de finesse et beaucoup de longueur, ot dont les Jîrebis 
donnent constamment plusieurs Agneaux chaque année. 

Le Mouton a tètk noiiie {Ovis mclanocephaUi , (iéné) n'est pas moins distinct, 
mais ses caractères sont pour ainsi dire opposés à ceux du Morvan; il a à peu près le» 
proportions de nos Moutons ordinaires, sa tête est sans corne, son pelage manque de duvet 
laineux et son cou est pourvu d'un rudiment do fanon, (pii rappelle, jusqu'à un certain point, 
celui des Bœufs. Le corps est blanc ot la loto noire. Cet Animal est domostiiiuo sur la cote 
occidentale d'Afrique. La Ménagerie de Paris ii re(;u, parles soins de M. Dussumior, les 
exemplaires de cette espèce (]u'elle a possédés; ils provenaient de l'Ahyssinie. Ces Moutons 
ont la (jucue très-large, ce ([ui tient à l'accumulation sur cette partie d'une (luanlité considé- 
rable de graisse. 

On nomme depuis longtemps Mouton a LAncE oukie {Ocis lalicaudntn, Ray) une 
race ou espèce ayant aussi la queue Irès-chargée de graisse et la laine assez grossière. 

Ces Animaux sont fort répandus en Afri(iue, à Madagascar et dans l'Inde. Gnon élève depuis 
quelque temps dans le midi do la France, où ils ont été apportés de Barbarie. M. IL Mares 
a publié, à l'égard do ces derniers, une notice dans les /?(///t'/ùîs rfc la Société d'agriculture 
de r Hérault. Il y a aussi de ces Moulons dans la Russie méridionale, ot c'est aux races ovines de 
la môuK; catégorie qu'appartiennent VOvis stealopyga de Pallas, VOvis aries macrocercus de 
Schreber et d'autres encore. {PL LVIII.) 

On a (pioiquefois regardé comme étant encore une espèce distincte 

L(! Mouton méiiinos {Ovis Idspanica, Linné) qui a dos formes arrondies, la tête largo on 
arrière du chanfrein, et les cornes grosses, contournées sur les côtes en une spirale eu 
général très-régulière. 



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FAMILLE DES BOVIDÉS. 103 

f!('tt(» (|ualitt; do Moutons a étt'î in.Mt'o h nos Moulons ordinairns, (juVIlo n notnlilcrncnt 
anu'IioiV's. C'est cllo i|ui l'ornio la ln's-f,'rauil() majoritô tlos troupeaux espagnols, (jui sont 
tratiHlmmanls , c'cst-à-diro (|ue l'on fait voyager par troupeaux considérables, en ayant soin 
d(! les conduire en été dans les Inonta^'nes élevées, pnncii)alonient dans celles dn royaume do 
Léon et îles Asturies,et, en liiver.dans les plaines do lu \ouvollo-Caïtillo et do l'Kstraniaduro. 
Les Moutons qu'on élèvct aussi tn grand nombre dans lo midi do la Franco sont soumis ù un 
régime analoguf!, et, .inx approcbcs (l(\ l'hiver, on éloigne d(>s montagnes des Al[)es, do« 
Céveinies ou des Pyrénées, leurs nombreux troupeaux. |)our les ramener dans les plaines do 
la Provence ou du Languedoc. 




V 









M r T \- s 11 E F 11» N c t , 
?cu«-rnf(' (îf tn Ctiormoisp. Tlrlior-^ di* \in^t-ileux mois, ik's^ini's quatre mois nvont li (ontp 



L'iiistoiro industrielle du mouton no le cùdo point en intérêt à son histoire zoologique. A 
toutes les époques, on effet, les Animaux domesti<iues du genre (lui nous occupe ont été l'une 
des sources les plus productives du liien-êtro des nations. Autrefois, les peuples pasteurs 
apportaient, comme ils le font encore do nos jours, lo plus grand soin dans l'élève des 
Moutons, quo leur laine, leur chair, lo lait dos Urobis, et mémo lo fumier qu'ils déposent 
dans les endroits où on les fait paître , rendent également précieux. Envisagés comme Ani- 
maux de boucherie, les Moutons occupent aujourd'hui une place importante dans les produits 
conmierciaux qui constituent une grande partie de la richesse ifo certains i)ays, et leur laine 
donne lieu à des transactions sans nombre. On l'apporte do fort loin dans plusieurs de nos 
villes , oîi elle subit la première opération du lavage ; puis on la livre à différentes industries 
manufacturières (jui en transforment la plus grande partie en tissus si variés et d'un usage si 
général. Lo port Juvénal, situé sur lo Lez, auprès do Montpellier, reçoit depuis plusieurs 
siècles une .grande partie des laines produites dans la région méditerranéenne. C'est là que 
s'en fait le lavage, et les terrains euviroiiuanls doivent à ce lavage uti iioinbru assez 

11'= PARTIE. 25 



;;l3?f-tri 



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onDnF. OKS iiisi loi rs. 



ronsiili'nililo do vt'siHanx l'IniiiKiTs au Laiii^iiciloc tiui s'y sont (Irvclnpiu's nu moyen do» 
pi'niiics ivsIiVh adliiTriiU-s A ces laines (I) cl i|ui ont des iirovonanccs si diverses. 

On s'est lieaui'on|i ()i'fu|ié, dej)uis \inO soixantaine d'ainiéos, de; l'aniéliondion de nos 
Moutons indigènes. Daulientnn a donné des indu-alions précisps sur l(>8 règles (|u'il inipoildit 
de suivre dans ces essais, et son livre {'2) snv ce sujet, (|Uoi(|U(> puldlé pour la prenuére foi>* 
on 17H2, Jieut encore être con>nllé avec Iruil, 

Dauliuulon s'est principalement appllipié à anii'lioror nos races de Moulons A l'aidf des 
Mérinos, ot , depuis lors, on a l'ait concourir an même Imt les Moulons de race an^^laiM'. On 
trouve dans un ouvra^'e de Carlier, piddié en luO, une énuuiération assez complète de 
races frnn(;aiscs telles qu'elles étaient avant ces perfectionnenicnts , provo(|ués eu (tnrtie par 
Daulierdon cl continués depuis lors avec inlellij;ein'e par un ^rand nondnv! d'éleveurs. Carlier 
dislin^iuo trois races mères parmi nos anciens Moutons, savoir ; la llaiiKinde, la picarde et 
la bocagère, nux(|uelles M. Lullln ajoute la rare pi'oceuçnk', 

La rncc /Inmnndc est la plus ^'rand() et la plus forte de celles anciennement obtenues nu 
France; elle atteint de «luatre pieds et demi à cin(| pieds de longueur, et fournit des Moutons 
gras dont le poids va do »0 à I.IO livres. Mlle m convient (|u'aux pAtura^es (iras et frais 
de la meilleure qualité. Aussi peut-elle jirospérer en Flandre, eu Normandie! et dans les 
marais du Poitou. On a remaripié (|u'elle peut être croisée plus avantajj'cusemenl que toutes 
les autres avec les racos de Dishiey et du Te\el. 

La raco picarde n'atteint jiuère ([ue |,1(» de lonjirueur, et, ilans les individus les plus 
prns, 30 kilos. Elle est répandu(> dans les iilaines de la Picardie, de la lîric! et de la lleauco. 
On peut lui rapporter toutes nos anciennes sous-races à laine j,'rosse dont la cor|iuleuce est 
inférieuro à celle de la race llamaude. Sou croisement avec les Mérinos a produit d'exc<illentes 
races métisses do forte dimension, aliondanles en .'liair, à toison (iiio et [lesante, s'eniirais- 
sant plus aisi'nient (lue les Mérinos de pur suny, et qui douueut do 30 à 10 kilos do chair et 
5 kilos de j.'raisse en suint. 

La racu liucarirrc ou des }fi)iitotis hiiisipiins ne dé|iassi> pas 0,7*i eu lon^nieur; sa chair (sl 
oxcollente et sa laine plus lino que celle des autres. File occupe tous nos pays des Landes et 
surtout les régions du ccntn! de la France. Lue jiartio d(\ la iNormandie, la Champa'ine, la 
Uourpogiio, l'Anjou, la Rreta^MlC, la Sologne, la Tcuraino, etc., en sont également imurvus, 
ainsi i|uo le Midi et l'Fst. 

La race pruvviiralo s'étend depuis le littoral françfds de la Méditerranée jusque dans le 
Dauphiné, dans une [lartie de l'Auvergne et diuis le Toulonais. 

Elle est, en partie, assujettie aux liahiludes Iranshumanles. Ses principales divisions 
sont les Moutons de Camargue, du lionssillon, ceux du Laiigiieiloc, aux(iuels appartiennent 
les troupeaux îles Causse, dans le Houergue, et ceux du Larzac, doid le lait sert à la fabrica- 
tion du fromage de no(iuefort. 

Fil tenant comi)te des qualités de la laine, MM. Ponnnier et liella divisaient, il y a peu 
d'années, les Moutons qu'on élèves actuellemei\t eu France en neuf catégories dont nous 
croyons utile de doinier aussi i'énuniération : 

1" Mérinos Irùs-fuis (iinalogues au ly|ie de Naz), envu'on (5 à 8,000 tèles. Poids eu suint, 
3 livres; carcasse grasse, 10 kilos. Prix : do 4 à ■'» francs le kilogramme de laine. Ce prix 
tend à baisser sans cosso. Au lavage, celt(! laine rond 38 pour 100. 

(1) Les recliei'dics de de Candolie et de Delille, et celles de MM. Diinid, Sniiit-Hilairc, Moquin, ioueliy, 
Godron, etc., ont déjà piiniis de l'ecueillif près de trois eciils de ces es|ièees élnmnères à la Flore de Moiit- 
pcllier. Certaines d'entre elles iiaraissiiit déniiitivenient aedinialees; d'autres ne se sont montrées ipie pendanl un 
tennis assez court, une ou linéiques années au plus. Il en est d<Mil la vérilalile pairie est cnrorc iiinorée et que 
l'on ne connaît (|ue par des éclianlillons au.ssi recueillis accidentellenicnt auprès du port .luvénal. M. C.odron, 
Jietuellenient professeur à la Faculté des sciences de Nancy, a ]uil)lié, dans les Mémoires de l'Acudéinie de 
Montpellier, la description de ces n(jmlncuses espèces de plantes exoliques. Il en compte 'ili. 

ifi) liislriiclioit vour les liennrs tt pour les protiriétnires de Iroiiiieaii.v. 



Il 



nu niovon des 
ses. 

Idi'.'ilion (|i> nos 
t iiu'il inipot'lail 
lu prcinicrt' fois 

IIS à l'aide (ii's 
co aiijfidlM'. On 
m. c()iii|>l('ttt >U' 
;s l'ii imrtio par 
lovcurs. Ciirlicr 
, In picarde ol 

i'iit olitciiucs on 
lit dos iMiiutoiis 
'S ^iraa cl frais 
liio et Uuiis les 
lent i|ii(! toutes 

lividus les plus 
•l (lo la Ik'aïK'p. 
i corpulence est 
Liit d'oxcelleiites 
iiite, s'eii;;rais- 
îilos do chair et 

ir; sa chair est 
i des Landes et 
Cliiainpa^'iie, la 
L'uiout pourvus, 

jusiiue dans le 

pales divisions 
4 ap|iurtiennent 
art à la fabrica- 

L'iit, il y a peu 
ries dont nous 

Poids (Ml snint , 
' laine. Ce prix 



, M(M|i]in, iouchy, 
la l'ioff (le Moiil- 
•es que piiiilaiit un 

ll'C ifflldlVC l'I l|IIL' 

■('liai. M. l'iiiiii'on, 
lie l'Aciiili'iiiir (le 










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F./\MILLE DES COViDÉS. 195 

2° Mérinos fins. Toison plus tassée; carcasse frrasso, 18 kilogr. La toison, do 3 Ivilogr. on 
sumt rond 30 pour 100. Prix do la laine, do 2 à 3 fr. le kilogr. - 150 à 200,000 toisons. 

30 Mennos ordinaires (type do Rambouillet). Do 5 à 600,000 toisons traités d'une ma- 
nière onhnaire; carcasse grasse, 20 kilogr. ; toison, 3 kilogr. ot demi. Prix do la laine, 2 fr 
à 2 fr. 50 c. ; tendant à baisser. 

40 Premiers métis de Beauce et de Brie. Toisons à 4 kilogr., rendant 30 à 32 pour 100- 
carcasse grasse , 22 kilogr. Prix de la laine , 2 francs , rarement plus , et souvent moins. On 
comptait deux millions de toisons. Ce chiffre s'accroît d'année en année 

50 Bons métis. 2 600,000 à 3,000,000 de toisons; la toison pèse 4 kilogr. et rend 33 pour 
100. Se trouve en Champagne et en Courgogno. Prix de la laiuo, 1 fr. à 1 fr. 90 c Poids do 
la carcasse grasse , 20 kilogr. 

6» Gros métis ou bonne entrefine. 2,500,000 à 3.000,000. Laine plus longue, convenant 
au peigne. Toison , do 3 kilogr. et demi, rendant 35 pour 100. Prix de la laine 1 fr 70 c à 

Jaîemcnt'^'''''' ^''"''''' ^^ ''""°''' ^" """"^ '* '° '""'''" '^ '' ^'^"'° '"' fom-nissent prinii- 
7» Indigène fine. Comprenant les Moutons narbonnais, roussillonnais, du Berry et do 
Champagne évalués à 10,000 de toisons. La toison pèse à peine 3 kilogr. en suint, et rend 
40 pour 100 au plus. Prix do la laine , 1 fr. 70 c. 1 fr. 60 ; carcasse , 13 kilogr 

80 Lame longue pour le peigne, provenant de races indigènes pour améliorer le système do 
culture. Moutons de Flandre, d'Artois, d'une partie do la Normandie. Environ 8,000,000 do 
toisons. Chaque toison pèse 3 kilogr. environ et rend 40 à 45 pour 100. Prix : 1 fr 80 c à 
1 fr. 85 c. le kilogr. ; carcasse grasse, 22 kilogr. 

9» Laine longue, quoi-iuo moins longue que les précédentes , provenant dos mêmes races 
mais d individus plus chélifs , et dont les troupeaux habitent dos pays moins fertiles ou moins 
bien cultives. Moulons nivernais, de Sologne, du Câlinais et du Poitou; environ 9,000,000 do 
toisons La toison pèse 1 kilogr. et demi ; elle rend 40 à 42 pour 100. Prix do la laine : 
1 ir. 50 c. 1 fr. 60 le kilogr. ; carcasse grasse, 15 kilogr. à peine. 




3IoiTO\ DE Fh.isi;e, »oii»-ihci' irAubr.fC. 



Mil 



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II»! 

il i: 



ORDRE DES BISULQUES. 

Ces indications exigent comme complcmont une énunii''ration des dlffi'roulos qualités (luo 
l'on reconnaît à la laine d'une môme toison , suivr.;;t !e? imints du corps (lu'cllo recouvre : 

1" Aux parties latérales des épaules et aux hanches se trouvent les laines de première 
qualité, dites jn^j'c /amc; 

2° Vient ensuite celle du dos et colle du garrot aux reins ; 

3° Celle do la croupe, plus fine, mais de moindre longueur, ce qui la fait passer après; 

4° Do la croupe à la queue existe une laine plus longue , mais moins fine ; 

5° Sur le garrot , la laine est grossière, dure et tortillée, ce qui la fait mettre à [»art; 

6» Sur le haut du cou , elle est moins belle que sur les côtés ; 

7" Au toupet , elle est grossière ; 

8" Elle est, au contraire, fine et longue sur les côtés du cou, et ne le cède guère qu'aux 
meilleures parties ; 

9" Au delà de la hanche , et jusqu'à la fesse , elle est grossière et jarreuse ; 

10» Elle est assez belle, fine et frisée depuis le genou jusqu'à la partie antérieure de 
l'épaule; 

11° La laine la plus grossière recouvre la région qui s'étend du jarret à la cuisse ; 

12° Au ventre et à l'entre-cuisse , la laine est fine, mais embrouillée et salie ; 

13" On met à part la laine jaunie par l'urine ; 

14» Il on est de môme dos parties gâtées par le fumier. 

Nous terminerons cet article en donnant quelques détails sur les races ovines de l'Espagne 
et de l'Angleterre dont l'influence sur les nôtres est chaque jour plus évidente. 

Il y a en Espagne deux natures différentes de bêtes à laine, les Transhumantes ou voya- 
geuses, et les Estantes ou sédentaires. Aux premières se rapportent : 

1» La race Léonèse ou Sôgovienne, avec ses divisions dites de Ncgrcltc , de Montarco, de 
PéraJès, de Turbiela, de Fernando-Nunez et de Ylnfanlado ; 

2° La race Soriane ou de Soria. 

Les secondes ou estantes comprennent la race Churras, qui est bien inférieure aux précé- 
dentes , ainsi qu'un certain nombre d'Animaux réformés fournis par celle-ci. 

Les races anglaises (1) sont de deux sortes : 

1° Celles qui manquent de cornes, divisées, d'après leurs caractères et leur pays, en 
Dishlcij, Kent, Lincoln, dont la réunion aux Dishley fournit les L'mcoln-DisMey , Dcvon ou 
Moutons du Devonshire, Devonshire-Nats , Darlmoor-Nats , Shetland, Hcreford ou Ihjeland , 
Chcviol, Hcrdwick et Dunehaed, aux<iuels il faut ajouter la race d'Irlande; 

2» Celles qui sont pourvues de cornes; elles se partagent en : Exnioor, Dorsctslnre, 
Norfolk et Heath. On eu trouvera les caractères détaillés, ainsi que ceux des races espagnoles 
et françaises, dans l'article relatif aux botes ovines du nouveau Dictionnaire d'agriculture 
théorique et pratique , qui a paru à Paris sous le titre de Cotirs complet d'agriculture. 

L'Inde fournit encore quelques Moutons assez différents de ceux dont nous venons de 
parler, et il y en a aussi en Afrique. Leur classification est trop incertaine |)our (pie nous 
insistions davantage à leur égard. D'ailleurs, leur importance comme botes à laine ou comme 
Animaux de boucherie est peu considérable, si on les compare à ceux dont nous avons parlé. 
Ces Moutons , de race étrangère , donnent également dos Métis quand ou les associe à ceux 
de nos pays. 

(1) Les Moutons que les Anglais ont transporté en Australie y ont prospéré il'unc manière rcmarfiuahlc, el 
'on tire déjà de cette partie du monde des laines qui font, sur certains marches, une redoutable concurrente aux 
laines européennes et iifi'ica'ncs. 



guère qu'aux 



irc aux prcce- 



FAMILLE DES liOVIDÉS. 



TRIBU DES ANTILOPINS 



107 



La tribu des Antilopes, ou, pour employer un nom plus conforme à la nomenclature 
netuello , quoique moins connu , la tribu dos Anlilopins réunit un «rand nombre d'espèces , 
[très de cent, dont aucune n'a été rendue domestique, et qui vivent pour la plupart en Afrii|uo; 
ce[)endant l'Asie, l'Europe mt^mo et l'Amérique septentrionale en fournissent quelques-unes. 
Ces Animaux sont variés dans leurs couleurs, dans leurs formes et dans leurs dimensions; 
ils no montrent pas moins do différences dans les caractères que présentent l'apparence de leurs 
cornes. Plusieurs autres de leurs organes principaux sont également diversiformes, et il est très- 
diflicilo de définir avec précision le groupe ([u'ils constituent; dans certains cas, on éprouve 
même quelque embarras pour les si'paror des autres Gératoi)liores attendu qu'il en est parmi 
eux qui ont de l'analogie avec les Bo-ufs , d'autres avec les Clièvres ou les Moutons , et qu'il 
y on a mémo qui ressemblent, jusqu'à un certain point, aux Ghevrotains, ou bien encore aux 
Cerfs. C'est ainsi que l'Antilope à fourebes, tyjjo du genre Dicranocère , a été associée pemlant 
quelque temps aux Cervidés, et (pie le Pndu do Molina, (|ui appartient pourtant à la famille 
de CCS derniers , a été pris pour une Antilope. Un examen plus approfondi a lové toutes ces 
incertitudes, 

Linné n'avait pas fait des Antilopes un groupe à part. C'est Pallas qui a séparé ces Animaux 
des Clièvres, des Moutons et des Bœufs, mais il n'est pas le premier qui ait eu cette idée, 
car il y a un genre Gazella dans le ISègne animal do Brisson, ouvrage publié en 1752, et, 
par conséquent, bien avant le travail de Pallas, qui date do 1767. 

Mais comme les caraclères dos Antilopes sont loin d'être uniformes, il est très -difficile 
d'en formuler une définition qui s'applique au groupe entier de ces Animaux. On pour- 
rait même dire que, depuis Pallas, les naturalistes ont appelé Anlilo|»es les Ruminants 
pourvus do cornes à étuis (soit dans le sexe mâle, soit dans l'un et l'autre sexe), qui no se 
laissent classer exactement ni avec les Bœufs, ni avec les Moutons, ni avec les Chèvres, 
quelques rapports qu'ils puissent avoir à certains égards avec les Animaux do ces différeras 
genres , mais sans qu'il ait été possible de démontrer que l'ensemble do ces espèces d'Anti- 
lopes constitue réellement un groupe naturel. Quelques niammalogisles en ont mémo modifié 
la circonscription, et M. Gray réunit à la tribu des Bovins plusieurs ruminants qui sont des 
Antilopes pour d'autres classificateurs. 

Les Antilopes sont des Buminanls cératopbores , dont le système dentaire ne diffère point , 
l>uur la formule, do celui des autres genres do la mémo famille, et affecte même dans ses 
dispositions secondaires des particularités analogues à celles qui distinguent ces autres genres. 
Ainsi, ily a des Antilopes manquant de colonnctto accessoire à leurs dents molaires; la plupart 
sont même dans ce cas , et si l'on veut les distinguer les unes des autres . ar l'examen des 
mêmes organes , il faut tenir compte des différences de proportions (ju'ils présentent, ou re- 
courir à celles des incisives. Au contraire, d'autres es[)éces ont leurs vraies molaires pourvues 
de la colonnetto que l'on donne constamment dans les ouvrages de zoologie, comme étant 
un caractère exclusivement propre aux Bœufs. On a donc affirmé t\ tort que les Antilopes ne 
possédaient jamais cette particularité de l'émail, <iui se voit toujours sur les vraies molaires des 
Hœufs, et qui manque sur celles des Chèvres ou dos Moutons. J'en ai constaté la présence chez 
les Antilopes clievaline, Sing-Sing, Canna, Kob, etc., c'est-à-dire chez des espèces de 
plusieurs dos genres de la tribu des Antilopins. Une disposition plus constante, mais qui f 
rapproche jus(]u'à un certam point les Antilopes des Chèvres et des Moutons domestiques, a • 
été reconnue dans l'axo oaseux (pii supporte la corno do ces Animaux. Au lieu d'être onlièro- \ 
ment ccllulcux comme chez les Bœufs, les Mouflons et les Bouiiuetins, il est compact et 
pleiiî , et présente scuioment une excavation collulouso à sa base , co qui rapproche les Âuii- j 
lopos dos Moutons et des Chèvres. / 






'^^ ORDRE DES BISULQUES. 

Le crâne no montre rien <lo bien particulier; il permet, cependant, par la position relative 
do la fosse temporale et des cornes, do séparer les Antilopes des Bœufs, môme celles qui 
ressemblent le plus à ces derniers, comme le Gnou, l'Anoa dépressicorno et quelques 
autres. Il y a d ailleurs plusieurs formes du crâne chez les Antilopes; celui du Bubale .mi est 
SI allonge, diffère beaucoup do celui des autres; toutefois, il présente on avant et au-dessus 
do la osse orbitaire une dépression, qu'on retrouve non-seulement chez le Caama, mais encore 
chez 1 Antdope de Sumatra, chez le Nanguer, chez le Saïga et chez un petit nombre d'autres. 
I^ Pasang, Addax, 1 Antilope Chevaline, le Canna, le Gnou, etc., manquent de ce caractère, 
et ,1 en est de même du Mbili, de l'Oryx et du Guib, avec cette différence, qu'il existe alors 
un espace vide interosseux, comparable à celui des Cerfs ou des Chèvres, au point .le jonction 
des quati^ os frontal, lacrymal, nasal ot maxillaire supérieur. La tôlo osseuse du Chamois 
celle du Dicranocero, celle de l'Antilopo de Sumatra et celle do l'Anoa sont très-différentes 
les unes des autres , et, si on leur compare celles des autres espèces , on reconnaît ..u'ello en 
est également fort différente, et que l'on peut en tirer de très-bonnes indications pour la 
distribution naturelle des nombreux Ruminants de cette tribu. 

Ces caractères ostéologi.jues des Antilopes sont en rapport avec les principales particula- 
rités extérieures de ces Animaux, et lors.ju'on leur aura donné toute l'attention qu'ils méri- 
tent, ils rendront plus naturelle la classification de ces Animaux 

.' /°"! ''?"' '^'^ 'ï"" ''^ *'""" ^"' ^""'"P"' """"it ''«^»^°»P suivant les espèces. Il y a, en 

; effet, des Ammaux de ce groupe qui approchent des Bœufs et dépassent les Zèbus dans leurs 

' dimensions, et d'autres qui n'ont , au contraire, que la grandeur des Chevrotains ou celle 

des Lièvres; leur stature peut même être encore moindre. Cependant, la plupart des espèces 

sont comparables à des Chèvres ou à des Moutons. En général, lem-s proportions sont fines 

en même temps que leur pelage est élt;gant. 

Ces gracieux Animaux sont essentiellement herbivores comme tous les autres Ruminants 
I s vivent presque tous dans les grandes plaines, mais il y en a aussi dans les lieux boisés' 
et quelques-uns se tiennent dans les montagnes. La plupart se réunissent par troupes et 
bien <iu Ils soient la proie habituelle des grands Carnivores, ils savent lutter contre eux en 
se reunissant en cercle et en présentant à l'ennemi leurs cornes, avec lesquelles ils font des 
blessures fort souvent dangereuses. C'est aussi à coups de cornes que les mâles se battent 
entre eux pour la possession des femelles. La jolie robe des Antilopes, la délicatesse habituelle 
de leurs formes et la beauté de leurs yeux ont rendu célèbres plusieurs de leurs espèces. La 
chair de quelques-uns de ces Animaux est excellente. 

On arrive assez facilement à classer ces Ruminants, si l'on tient compte de la longueur 
relative de leur queue, de la distribution de leurs couleurs, de la disposition spéciale des 
poils en certains endroits de leur corps, ce qui constitue des crinières, des brosses, des 
bou.|ucls, etc., ou bien encore si l'on a égar.l au nombre do leurs mamelles, qui est de deux 
ou ..0 quatre; à la présence ou à l'absence des poches sécrétrices qu'ils ont aux aines ou 
entre les doigts , à la présence ou à l'absence d'un fanon , etc. 

Toutes ces dispositions sont fixes dans cha-iue espèce, mais elles changent d'une espèc" à 
une autre; cependant les caractères que l'on tire des cornes, des dents ou de la forme du crAne 
permettent d'arriver à une classification rigoureuse des nombreux Animaux de ce groupe et les 
indicatuns qu'on en a obtenues jusqu'ici ont déjà fourni d'assez bons résultats. Malheureusement 
les zoologistes modernes ont un peu trop multiplié les coupes généri.jues .lu'ils ont proposées- 
et .lans son dernier travail sur les Antilopes, M. Gray ne compte pas moins de trente-trois 
genres d'antilopins. 

Quoiqu'une étude sérieuse des caractères de ces Animaux ne tarde pas à démontrer 
quil est possible do distinguer parmi eux un nombre assez considérable de genres bien 
circonscrits, nous n'accepterons pas ici toutes les dénominations nouvelles ciu'on a impo- 
sées a eus groupes, ot nous nous bornerons à l'admission des suivants • 



FAMILLE DES BOVIDÉS. ^99 

accplan, ici ioni.s les .",71 n ions ' 7 oTl"™" ,"'"' '''"'"•"'°'" '" '°"'"" ™ 

Smith, O'Gilby, SundovaH finv n n M r ^''"" V"'^'/' '^^ "M- Lichtonstcin , Hamilton 
dans s'on bel atl'as d M ISi' tilt vïu'à " '' *'"■'"""" "»""" ^''^""'^P- 
posé sa nouvelle classiflcaZ o ;ttrtr bu d ns nl\T"T '' ''""""'^' '' ^' " P"-"- 
fùres du Musée britannique publié- en îsîs ' '" ''" '"'^"'""^ '^^^ ^ammi- 

.nr-me continent P.us eurs elTe'sp s de cl^ """ '' "'^'' ""'---.ent sur le 

les principaux caractères "^^'«^«''«^ ou Co,rf,.,7, dont j'ai fait connaître ailleurs 

>, nP„ nrA ^ ^ P " ^"' termineut sa queue; son pelage est d'un fauve roussâtre 

d peu près unilorme ; sa taille approche de celle du Cerf roussâtre 

ost c'on'rut Ma?^' \" ""'' t ''^'"^"'' P"»'^'^'''-"-^ dans les plaines du nord-ouest. Il 
mZZT ' "! ^""'^"'' P'"""'' '''^ P™^'"'^^^ françaises de l'Algérie, et pnnc 

fait singulière érsetolrnf' ^''""'°^<^»^«"' ^^ «» t^^e '«i donne une physionomie tout à 
rclïble n Poir ' *^".' '™"""' ''' •^'^"^ '^'■«"^'^•^^ d'une fourche, le rendent souvent 
n i^r irè -doSl e« r^ -'""'' "^ '"^^''"' '" *^^"''' «^P^d-U on en voit de 
^ioZZZetTnX' TT ^^"'"' '"' J"""*^' ^« •"*^''''»* ^"«•^"'^^«'^ a«^ troupeaux 
dicet^pèce. '"""' ''" '" '""^''"^ ^^""«^- On Pourrait tirer quelque'parti 

ost^''lutiltrra'.l''r V"*?^"^''"* '"""""^ ' '^'''"" ^ '""^'^«"P^ •^•'"f^'^du avec le. Bubale, 
tult " son nT ?• ,^"T '' "^ ""*'"""^- ^« ^»"^b"r° de ses cornes est moin 

que cTs^BÙbalt^' ;'"'''' "? "" "^ '■'"'^""'^^ ''^""' P''^ ''«»P^« P'»« nombreuses 
lue celles des Bubales ; i court avec la môme vitesse qu'un Cheval 

déiti^^ru'n r ''^'"'y' (^ow...., Lichtenstdn). Apparence bovine; muOc élargi 
du m , un fanon; queue longue, floconneuse; cornes existant dans les deux sexes énS; 

Le r f' "'T'^'r '"'""•^ '"''^''^'^ "^ --'-^^ P"«r ^« redresser Lu quemen ' ' 
Lo CoNNocHÈTB Gnou iConnoclu.los Gnu) paraît Être le CatoOlépasI^^^Ô, Buffon 






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ORDRE DES BISULQUES. 



1 appelle Gnouii les linnéens le nomment Antilope Gnu. C'est une grande espèce (luo l'on 
prendrait plutôt pour un Buffle voisin de celui du Cap, mais (,ui est moins forte et moins 
trapue. Cette ressemblance est encore augmentée par l'épaississement basilairo que montrent 
ses cornes ; quant aux proportions do son corps elles ont une certain.! analogie avec celles d'un 
poney. Son pelage est brun nianiué obscurément de zébrures sur les flancs; les poils de son 
cou forment une crinière longitudinale redressée et elle a une barbe assez forte; la queue à des 
poils blanchâtres. Cette espèce vit dans l'Afrique méridionale; elle se réunit par troupes, est 

res-legere à la course et conserve des habitudes sauvages. Pline dit du Catoblépas qu'il tient 
toujours la tête penchée vers la terre, afin do ne point détruire la race humaine, car tous ceux 
qu. voient ses yeux expirent aussitôt; mais, comme on le pense bien, cela n'est pas plus vrai 
du Gnou que des autres Animaux. 

Le CoNNOCHÈTE GORCON {Coimochœtes Gorgon) , que M. H. Smith a distingué , vit aus.i 
dans 1 Afrique méridionale; il a le pelage un pou zébré; de longs poils non redressés se 
voient au-dessous du nez, et sa taille est un peu plus forte. On lui réunit le Kokoon (An- 
tilope Taurina de Burchell) , qui vit en Abyssinie. 

(iENftE SÏREPSIGÈRE {Slreimceros, H. Smith). La peau de la partie inférieure du 
cou forme un fanon pendant comme celui dos Bœufs; le mufle est nu et les cornes sont 
grandes, fortes, redressées, à triple courbure, annelées inférieurement etmaniuées dans toute 
leur longueur d'une forte arête. 

Le STUEPSicÈnH Coudou, dont le nom s'écrit Comlu et Koodoo en hollandais ou on 
anglais est une grande espèce propre à l'Afri.iue méridionale, qui vit surtout dans les bois oîi 
e le se fraye aisément un chemin à l'aide de ses cornes robustes, dont la forme spirale peut 
être comparée à celle d'un tire- bouchon. C'est le Comloma de Buffon et de Daubenton 




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Obéas caxsa, t/l2e de la grandour. 



f) espèce quo l'on 
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FAMILLK DK8 DOVIDÉS. JOf 

Los Oni^AS (lo M. Cii-ny nlloiiçnoiil (''f^jilcmont do grandes dimensions ot vivent aussi on 

Afriquo. Lours cornes sont droites et parcourues, dans uno partie do leur longueur, i)ar un 

bourrelet spiral ; ils ont un véritalile fanon. 
Tels sont l'OniUs canna (AnlUopt' omis, Palinsi, (|ii'on a souvent appelo Ki.in du Cap, 

et i'Oni^iAS DK DKnnv ou /losclaphc do Ikvbij, distin,i,'ué du précédent par M. (Iray, et ligurô 

sur notre plnmiiu XWVHF. 

(iKNniî ANOA {/Uwa, H. Smith). Les cornes sont assez épaisses, médiocrement allongées, 
déprimées, robustes, insérées au bord de la ert^te frontale otilirigwss en arriére en ligne droite; 
elles existent dans les deux sexes; il y a quatre mamelles; lo crûnc diffère notablement do 
celui des espèces des autres genres, 

L'Anoa DfM'iiKssicoiiNK {Aiioa doprosskomis.U. Sm.) ou V Antilope dcpresslcornis, quo 
l'on a quebpujfois rangé parmi les «œufs, liabito l'Ile Célùbes, où les naturels lo nonmient 
Sapi-Oiitan, c'est-à-dire Vache des Imis. Sa couleur est hal)ituellenient noirAtre, quehiuefoi.s 
brun clair ou brun cannelle; sa taille est celle d'un petit Ane; ses formes sont assez épaisses. 
Il sn tient dans les forêts. Son caractère est sauvage, et, comme beaucoup d'Antilo[)es, il peut 
occasionner des blessures fort dangereuses lors(iu'il frappe avec ses cornes. 

(IKNIUC PORTAX {Portax, II. Smith). L'espèce qui sert de type à ce genre s'éloigne encore 
(les Antilopes ordinaires pour ressembler aux Bœufs sous certains rapports, et elle est au 
nombre do celles qui acquièrent aussi une grande taille. C'est le Nijl-Gau des Indiens, déno- 
mination (jui signifie la Vache bleue. Do IJlainville la réunissait aux Connocliètes sous lo 
nom de Bosclapims, (|ui rappelle des affinités simultanées avec les IJceufs et avec les Cerfs, 
M, Cray lui laisse le nom do Portnx , (jue nous emploierons. En voici la caractéristique : pro- 
portion du corps assez élancé; tète allongée mais retenue dans la position horizontale; un 
nmlle; des larmiers; quatre mamelles; des cornes chez le mAle seulement, petites, un peu re- 
courbées en avant, ayant un prolongement triangulaire et tuberculeux à leur base antérieure 
qui simule un commencement d'andouiller. 

Le PoiiTAx Nvl-Gau {Portax picfa) est lo Nyl-Gauou llœuf bleu du fi uzerate décrit dans 
Rnffon etdans la plupart des auteurs ; c'est aussi V Antilope pidael VA. tragoca.nelus de Gnielin ; 
quel(iucs naturalistes croient qu'il répond à Vllippc'laphe d'Aristote. 

Ce bel Animal est de la taille d'un Cerf; son pelage est gris noir avec du blanc aux lèvres, 
sous le cou, entre les jambes do derrière ainsi qu'à la seconde phalange, et avec un fort 
bouquet do poils sétiformes sur lo milieu du cou dans lo sexe mâle; la femelle est brun 
fauve. 

Le Nyl-Gau habite l'Inde et remonte jusqu'aux montagnes du Cachemyre. C'est un Animal 
courageux et difficile à dompter. Au dire des voyageurs, lorsqu'il attaque son ennemi, il so 
jette su.' les genoux, avance en conservant cette position, puis, se redrossant avec rapidité, 
il s'élance en avant et fond ainsi sur l'Homme ou sur les Animaux, 

On no connaît avec certitude qu'une seule espèce do Portax, Elle s'est reproduite dans les 
ménageries anglaises. 

fiENiiE TUAGÉLAPHE {Tvagclnphus , Blainville), Les Tragélaphes sont des Antilopes 
n'ayant de cornes que chez les mâles, comprimées, spirales, pourvues d'une arête saillante 
sur leur spire ; leur queue est médiocre et garnie de poils assez longs mais non floconneux. 

C'est à ce groupe qu'appartiennent les Antilope curyccrus, O'Gilby (de Guinée); .1. Angasii, 
Gray (.le Port-Natal); A. Décida, Ruppel (d'Abyssinic); A. syhatica, Sparmann (de Cafrorie), 
et A , scripta. 

Cette dcrnièro espèce est I'Antilopi; Giib actuellement Trogelaphus scriplus. 

C'est un gracieux Animal, de la taille d'un Daim et dont lo pelage fauve marron on dessus 
est marqué de bandes traasvcrsos do couleur blanche sur les flancs ot de taches rondes sur 
les cuisses. Lo Guib habite la Sénégauibie. 

On lo rencontre par grandes troupes dans les foré 



daus les plaines. 



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V Ntir.oin (i lin, i/IO ili' (jiHiul. 



On en n rapproché, mais d'uno niaiiiùrc provisoire seulement, I'Antii.opf. /.Énntp. {Anti- 
lope zebrala, E. Robert et P. (ierv.) , appelée .1. Zébra par M. Gray , et ^1. Doria par M. O'Gilby. 
Cette espèce n'est connue (jue par queNiues peaux oliteiuies de l'intérieur de l'Afriiiue par le 
commerce du Sénégal. Ces peaux, au.viuelles maïKiuent la léte et les pieds, indiquent un 
Animal à peu près grand comme lu Dorcade ou Corine; leur couleur est fauve dorée et elles 
présentent sur la région dorso-lombaire dix ou onze bandes transversales brunes, k peu près 
disposées connue colles du Tliylacyne de la Nouvelle-Hollande. Feu M. Bennett a le premier 
signalé ces peaux, mais sans leur tionner do nom spécifniue. 

GENBli OHYX (0/-//.r,lJlainv.). Les Oryx, tels (jue Ulainvillo les définissait, sont de grandes 
espèces d'.Vntilojies à cornes très-allongées , pointues , droites ou à simple courbure postérieure, 
annelées, mais sans arête; ils mampient ([uel(|uel'ois de larmiers, n'ont pas de brosses, et pas 
de pores inguinaux; leur mufle est jilus ou moins incomplet; leur queue assez longue est 
terminée par un bou(iuet de poils plus ou moins considérable; ils n'ont (lue deux mamelles. 
On les a partagés en plusieurs catégories que beaucoup d'auteurs actuels regardent comme 
autant de genres distincts. 

1. Les SiNG-SlNOS, nommés Kobits par M. Cray, mais qu'il ne faut pas confondre avec 
le Kob de Buffon, ni avec \(i Koba de (lueliiues autres, ont les cornes alhmgées, plutôt droites 
(!t divergentes que lyrées, fortement annelées dans la plus grande partie de leui- étendue et 
n'existant que chez les miles. On en connaît deux espèces. 

Le Si.NG-SiNC A CROISSANT {Antilopo cUipsiprymna de M. O'fiilby) , qui est presque 
grand comme un Cheval, à pelage rutle, fauve brun, marqué li'une bande blanchâtre obli(iue 
sur chaque fesse. Il habite les parties australes de rArri(iue , où il vit par petites troupes au 
bord des rivières. C'est un Animal timide malgré sa grande taille; sa chair est estimée. 

Le SiNG-Si^u DF.iAssA {Aniiiopu dcfanna, Paippei) , que M. O'Gilby a nommé Anlilope 



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KAMII.LK UKS HOVII)|::s. 203 

Siiiff-Hiiif/ cl Jwiurillaid Aniihjw oiictiirmr , linhitc la (iiiiiiliiK vi l' Aliyssiiiie. il chI un iicii 
plus pulil quii h) piVriult'iil, lnuu avoc uu pou do liiauc uu-iloss»s des yeux, aux li-vrcs, à la 
RorKo et snuHia ipioui'; se» poils sont assez longs, ol le plus souvont iinprt'giu-s <l'uuo inatlcre 
huileuse ipii suinte de la peau. In evemplain* de eett(t espi'c»» vivait, il v a «pielipies années, ù 
la Ménagerie du Muséum. IMusieurs auteurs en ont parlé sous lo nom di; Kob ou Coba, ipio 
Buffon appliipiait À une aulro espèce, mais qui est donné jmr les nègres de la (luinée ù plu- 
sieurs sortes ilWulilopos. Los cornes du Sing-Sing délassa sont droites et notublenient diver- 
gentes, 

2. Los K(i0Ci;iiE» {O/ù/occviis , Uosrn.) ont les cornes grandes, fortes, |)ointues, mais 
à |ieine divergentes, aiinelées , sauf à la pointe, et à simple courbure postérieure; les |)oiIs 
de leur dos s'allongent eu crinière. 

Tello est rÉc.ocKRF. lkucophe [Anlllopo leticophwa de Pallas), aussi appelée Anlilupo 
chevaline, Antilope bleue et grande Antilope dnSéncijnl, Y.\h> défiasse encore les Sing-Sings. 
Son pelage est gris fauve nuancé de cannelle, plus long sous la gorge et h. la crinière (pio 
sur la croupe et les lianes; il y a du blancliAtre en avant de l'o'il et aux lèvres. C'est un 
Animal de la (iuinéo et do la Sénégainbie, et l'un do ceux (|Uo les nègres iolofs appellent Kob 
ou Koba; les Français du Sénégal le coiniaissent sous le nom de Vaclio brune. Il vit pur 
petites troupes, aime les monlicuios et court avec une grande rapidité. 

L'OEooci'iiiK Noin {OEtjoccms niijer, Ilarris) habile les régions australes de l'Afrique. 
Son pelage est brun bai tirant au noirAtn'; il a plus de blanc aux yeux et à la lùvro quo lo 
précédent; sa crinière est plus forte et le blanc de ses parties inft'rienres plus net. 

3. LosOnvx proprement dits (genre Onvx, ir. Smith, 0'(iilby,Gray, etc.) ont les cornes 
(ihis allongées et plus grêles, moins fortement annelées à leur base et se dirigeant directement 
en haut comme de longues pi(iues ou en arrière en suivant une courbe peu arqu-'e. C'est aux 
|iremiers de ces Animaux (juo divers autours laissent eu propre le nom de Gazelle, <iu'on a 
souvent étendu A divers autres Antilofies. 

L Oiivx Aloazkli.I' (Ory.v (laiclla ou Ikzonrlica) est aussi ajipelé Pasan, Chamois du 
Cap, Ole) ; il est pres()ue grand comme un Cheval; est en [lartie roux fauve, en partie blanc 
et porte sur le chanfrein une grande tache roux cannelle entourée de blanchâtre; ses cornes 
sont droites; les poils dosa iinouo descendent Jusqu'aux talons. 11 habile l'Afriiiue australe 
oU il recherche les lieux escar|iés; il vit i u' paires et non par troupes. 

L'Antilope beisa, que M. Hu|ipel a trouvée en Abyssinie, est fort voisine de la (iazelle. 

L'Oiivx i.Kiiconvx (Or/yu- /ci/coc/y,/' des auteurs) a les cornes arquées, mais ses couleurs ' 
sont peu différentes. Il est propre à l'Afri(iuo interlropicuio et les collections en possèdent 
<les individus qui viennent do Sénégambie (!t de Nubie. 11 no paraît pas qu'il se trouve en 
Perse, comme on l'avait dit, non plus (pie dans l'Inde. 

(iliNRK GAZELLE (Cazella, Blainv.). Les Gazelles, qu'il ne faut pas confondre avec 
l'Algazelle, sont des Antilopes à formes gracieuses, à membres très-fins, n'ayant point do 
mufle et dont les dimensions restent en général inférieures à celles des Chamois. Elles ont 
des larmiers, des brosses et des pores inguinaux; leur queue est courte; leurs mamelles sont 
au nombre de deux; leur couleur est fauve ou isabello sur lo dos, sé|)arée de celle du veutrc 
ijui est blanche par une bande brune ou noirâtre ; leurs cornes, plus fortes chez les mi\les que 
chez les femelles , sont à double courbure , lyrées et sans arêtes ; les narines sont habituellement 
entourées de poils. 

1° Les Gazklles proprements dites sont les espèces de ce genre qu'or voit le plus 
habituellement dans les ménageries et dans les jjarcs où leur gentillesse les fait redierchor. 

La Gazkllk noncAUK {Cazella dorcas) ou la Gazelle de Buffon, dont la Corine du 
même auteur est la femelle, et son Kevel , lo jeune ùge, est cette jolie espèce qui habite une 
grande partie do l'Afritiue septentrionale, dans les grandes plaines (>t dans la ri'gion sabarienne. 
Elle y vit par troupes assez nombreuses et se retrouve aussi en Arabie. Ses variétés ou des 






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201 OHDnK DES BISULQUES. 

os|)ècos plus nu moins voisinos s'i'tfiiidont jus(|u'au S(;iil'K<i1 et en Nubie. Il y n aussi dnns 
riiide dus Antilopes (jui lui ressemblent beaucoup, mais doiil la bande latérale est moins 
distincte et la taille un peu supérieure : ce sont les Antilope Hazcnna, Is. Geoffr. , et 
A. llvimctlii , dont .M. C.iay fait le genre ïragops. 

2° D'autres sont encore un peu [ilus fortes : 

Telles sont la (! AZKLLK ni- SoicmmI' nixo (d'Abyssinie et du Sennaar); la G az ki.lk aux 
l'iK Ds NOins ou P'.iUah (du Sénégal); la Gazeli, k J aiuon ou Antilope siiltijuttiirosa, de 
Guldenstedt (répandue depuis les frontières de laCliine jus(pi'au lac IJaïkal et aux environs de 
la mer Casi)i<"nie) , etc. 

3» Il y en a de plus liautes sur jambes et à cou plus long, marnué, eu avant, d'une bande 
transversale blancbe, et n'ayant de cornes (pie dans le sexe niAle. Celles-ci répondent aux 
Dama de IJennott. 

Telle est, on particulier, la (i Azr.i,i.K nanguku de Buffon {Antilope Dama de Pallas), 
dont les variétés vivent au Maroc , au Sénégal , dans la Nubie ei dans le Cordofan. C'est à 
celle jolie division (ju'il faut attribuer le Mohr de Ueiuiett, (pii vit dans les parties méridionales 

du Maroc. 

La Gazelle Eucuonr. {A/ililopc citclwro de Forster) s'en rapprociio sans se confondre 
avec elle. C'est un animal ()ropre à l'Afriipie australe. 

11 en est de même de la (; azklle pallaii ou Jlooi/c boc des Hollandais du Gap, qui est 
aussi l'objet d'une subdivision particulière. 

4" Les Dam.VLIS, séparées des Gazelles de Biainville par M. H. Smitb, ont les cornes 
lyrées, suljcylindriques, et un petit espace nu et mu(pieux auprès des narines. 

Tels sont l'Antilope lunnta de Burcliell (du sud de rAfri(iue); V Antilope Uorritjuni ou 
Sencgalonsis (de Sénégambie) ; V Antilope Pygarf/a (du sud de rAfri<iue), et V Antilope albi- 
frons de Burcliell (vivant dans la même contrée). 

5° Les Add.VX peuvent aussi être rapprocliés des (iazelles; mais ils ont les cornes plus 
lon"ues et de forme sjiirale , et de [dus leurs sabots ont une apparence très-différente de celle 
dos autres Antilopes, et comparable à ce ipie l'on voit cliez l(;s Bennes {Tarandus) , ce ([ui a 
engagé M. l'ucberan a doinier au sous-genre des Addax le nom de Tarandipèdo . 

L'unlipie espèce est I'Antiloi'i: Addax [Antilope Addax, Licbt.) (jui appartient au nord- 
est de l'Africiue. 

GENUli C APBICOBNE [Capricoruis , O'Gilby). Ce genre, réuni à celui des Nemorhcdas 
de M. Ilamilton Smitb, comprend des espèces ayant, comme les Antilocapres, do l'analogie 
avec les Chèvres, mais qui joignent à cela une forme de crûne très-ditîérente. Leur tète osseuse 
est lourde, soliile et peu comparable à celle de la |)lupart des autres Antilopes; leurs cornes, 
(jui n'existent (juc chez les mâles, sont courtes, assez grêles, annelées à leur base, penchées 
en arrière et recourbées à leur extrémité. Les membres do ces Animaux sont robustes, et 
leurs narines n'ont point de mulle. 

Le CAPniconNK combing [Capricornis Sumalrensis) K\wnA kV Antilope Swnatrcnsis ûi^ 
Sbaw. C'est un Animal de la liiille d'une Chèvre, do couleur noire avec une crinière entre les 
épaules. Il est de Sumatra seulement. 

Le (; veiiiconNE tiiau {Capricornis tliar ou Ihibnlinn do MM. O'Gilliy et Ilodgson) 
liabite les montagnes du ^'épaul. Il n';i qu'une faible crinière; son pelage est brun, surtout 
aux parties supérieures. 

Le CAPRir.onNE fuisé {Capricornis crispa), que M. Temminck a, le premier, décrit sous 
le nom iV Antilope crispa, représente au Japon le grou|)e des Antilopes. 

On ne peut guère éloigner des (iîqiricornes le GoiiAi, nu Népal'L {Antilope G oral , 
Ilardwicke) ou Jiomjuetin du Acpaid de Fr. Cuvier, ipii a des cornes dans les deux sexes. 
Son port rappelle aussi celui des Chèvres , et jusipi'à un certain point celui du Citamois, Son 
pelage est brun fauve, teinté de roux. 



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FAMILLE DES BOVIDÉS. 



205 



!r, (lûci'it sous 



C'est oncoro un Animal dos nionliignos; il vit dans la partie des Himalayns qui limite le 
Népaul. M. O'dilby en fait son genre h'cmns, et M. Groy celui de Noinor/tcdus dont le nom 
est emprunté à la classification de M. II. Smitli. 

(Jenre AiNTILOGAPHE {.intilocnpra). Les Antilocaprcs de Blainville, dont M. Gray 
transporte le nom aux Dicranocvros pour les appeler Mazames, ont le pelage soyeux des 
Chèvres, et .ils maniiuent do mullo ainsi que de sinus lacrymaux; leurs cornes ont quehiue 
raf)i)ort avec celles du Chamois; mais elles sont plus couchées en arrière et moins régulière- 
ment courbées on liamegoa au sonunet. 

L'Antilocai'uk d'Amériquk {Anlilocapra Ainericann, Blainv.) appartient aux régions 
de rAméri(iue septentrionale i|ui s'étendent depuis l'Océan l»aci(i(iue jus(ju'au lac des Bois, 
I)rès le lac Supérieur; mais il se lient de préférence dans les Montagnes-Boclieuses. On l'a 
aussi appelé Capra Innigcra ou Ovis monlana, parce iju'il tient des Moutons ou des Chèvres 
tout autant ([ue des Antilopes. 

Genre DICBANOCÈBIi { Dicmiioccnts , II. Smith). Bemuniuahle entre toutes les 
divisions de la tribu des Antilopes, parce que ses cornes ont en avant, sur le milieu do leur 
longueur, un véritable andouiiler, coni()arab!e à ceux des cerfs , de nature cornée comme le 
reste de l'étui, mais dont l'axe osseux intérieur ne montre pas do traces. La cnriouso 
espèce qui sert de type à ce genre est du petit nombre dos Aulilo{)es ([ui vivent on Amérique ; 
SCS cornes, sé|)arées à leur base par une forte dépression et sur[ilombant les yeux, constituent 
un caractère (pii rajiproche lo Uicranocèro du Chamois. Son undouillor l'a fait prendre 
<luol(iuefois pour un Cerf. 

Le Dici\AXoch:i\E a foi hchi; 
{ Dicranoccrus fnrcifcr) , (juo de 
IJlainvillea appelé p(;ndant(iu(!l(pie 
temps Ccrvus hamalus, et Bafi- 
nes(iuo Ccrv^is bifiircaliis , est 
V Antilope furcifcr des auteurs, et 
leur ÀHlilopc palinata. 

Cet Animal , véritablement re- 
marquable , est plus fort ([ue le 
Chevreuil , et il en a le pelage 
rudo , mais cependant avec une 
teinte plus pûlo, (|ui passe au blan- 
cliAtre sur les joues, au cou, au 
ventre et à la face interne des 
jambes. Les femelles n'ont pas de 
cornes , et chez les jeunes mi\les 
il n'y a pas encore d'andouiller ; 
l'axe osseux de la corno no se di- 
vise pas comme son étui. 

Le Dicranocère vit dans les Mon- 
lagnes-Bocheuses et dans l'Amé- 
riipie centrale. 

L'Animal à cornes fourchues, ^"*'' "' ""^"*'""=""^ * fo.«c>,.. i;i ,u. grm„i. 

que j'ai signalé à l'état fossile ilans lo déparlomont du Gers, sous le nom (V Antilope dirlio- 
loma , est un Cerf du sous-genre éteint dos Dicrocères et point un Antilope comme je l'avais 
admis lorsque j'en ai |iublié la description. Il appartient au terrain miocène. 

Genre CHAMOIS (Jiupicapra, Blainv.). A pour caractère principal ses cornes lisses, 
placées immédiatement au-dessus des orbites, montantes, recourbées on arrière, et comme 
en hameçon à leur sommet; elles existent dans les deux sexes, et y sont à peu près de même 




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206 OnOnE DES BISULQLES. 

forme. Los nicimollos sont au nombre do deux seulement ; la queue est courte ; il y a des 
pores inguinaux , mais les larmiers et les brosses man(iuent. 

Le Chamois d'Euiiopk (liiipicapm Euvopcca) ou V Antilope nupicapraûe Pallas, est lo 
Chamois et l'Isard des auteurs français. Sa longueur totale dépasse un mètre, et sa hauteur, 
au train do devant, est de (|ualre-vingt-dix centimètres en'.iron; son pelage est grossier,' 
nssoz long; il varie pour la couleur suivant les saisons. Au printcimps, il est gris cendré sur la 
plus grande partie du corps; en été, il passe au fauve clair, et il devient brun en liivei ; une 
bande obli(|uo, dont la teinte est obscure, passe sur cha(|ue œil. Les jeunes ont une livréu 
encore différente. Les formes du Chamois sont plus fines (jue celles de la Chèvre. 

Cet Animal vit sur les Pyrénées et les Alpes, ainsi que sur quelques points élevés de la 
Grèce. On le rencontre par petites bandes, Jl est très-agile, et il passe facilement de rochers 
on rochers, ce qui rend sa chasse difficile et même périlleuse. Les Chiens ne sauraient y être 
employés , et lo plus souvent on se borne à tirer le Clumiois de loin, ce qui réussit habil'uelle- 
mon> si l'on a pu occuper quehiue rocher dominant ceux oii il gambade. C'est surtout le matin 
ot le soir (lu'jl apparaît; sa voix est une sorte de bêlement fort bas, semblable à celui d'une 
Chèvre enrouée; mais lorsqu'il est in(iuiété, il pousse un sifllement qui retentit au loin, et 
qui donne à la petite trou{)e lo signal d'une retraite immédiate. Cependant, lorsque lo ChanKjis 
est pressé de trop près, il lui arrive parfois do se ruer sur les hommes pour les précipiter ou 
bas des rochers. Les mules so tiennent habituellement isolés, sauf pendant le tem{is des 
amours; mais les femelles passent pres()ue toute l'année réunies. Elles se séparent cepen- 
dant au moment do la parturition ()ui a lieu on mars ou on avril. Chaciuo portée est d'un 
petit, rarement do deux. On dit (luo lo Chamois vit do vingt à trente ans. Sa chair est estimée 
comme aliment, et sa peau ainsi que ses cornes, ijuc les touristes rcclierchont, engagent 
encore à lui donner la chasse. 







CiUMOis D'K' noiT, '/Il <!'■ 5r(i('. 

Queitlues différences légères qu'on a remarquées entre le Chamois des Alpes ou VIsnrd et 
celui des Pyrénées ont fait regarder ces Animaux comme formant dciux espèces distinctes, 
que le prince Cti. Bonaparte acce[)te dans son catalogue des Mammifères européens, sous le 



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st courte; il y a des 

ipra de P.illas, est le 
mètre, et sa hauteur, 
pelaffo est jïrossier, 
est gris cendré sur la 
t brun on liivei ; une 
eunes ont une livréo 
i Chèvre. 

i points élevés do la 
'acilenient do rodicrs 
s ne sauraient y être 
ui réussit habituelle- 
i'est surtout le matin 
hiablo à celui d'une 
i retentit au loin, et 
, lors(iue le Cliamois 
our les |iréci|)itor au 
ndant le temf)s des 
i se séparent cepen- 
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Sa chair est osliniéo 
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Alpes ou VIsnrd et 
espèces distinctes, 
européens , sous le 



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206 

forme. Les ma 
poros iiisuiiianx. 

Le Chamois • 
Chamois et l'Isi 
au train do de 
assez long ; il 
plus p;rando f 
bando oliliipu 
oncoro (lifféroi 

Cet Animal 
Grèce. On le i 
on rochers, c 
om|iloyés , et 
ment si l'on a 
ot lo soir iju'i 
Chèvre enrou 
qui donne à h 
est pressé de 
has dos rocii 
amours; ma; 
dnnl au mon 
petit , raromo 
conuno alimi 
oncoro à lui ( 



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FAMILLE DKS nOV'DÉS. JOÎ 

nom do hupicapra Atpina et Mpicapra Pyrenaka. On no leur a pas comparé les Cliamois 
dp l'Europe orientale. 

Genre PANTHOLOPS {Pantholops , Hodgson). Il ne comprend qu'une espèce : 

Le Pantholops Cninu {Panlholops Hodgsonii, Gray) qui a de l'analogie avec le Chamois 
pour la taille et les proportions, mais dont les cornes ont à peu près deux pieds de haut. Elles 
sont en grande partie droites, faiblement recourbées eu avant, à leur sommet, et annelées en 
avant sur les deux tiers inférieurs. Le pelage de cette espèce est épais, fauve sale, d'une 
nuance assez pâle; la face est d'un roux brunâtre. 

Cet Animal vit au Tliibet, sur les pentes des Himalayas; il se défend hardiment contre les 
chasseurs ou les Animaux féroces. 

C'est sur l'examen de (juclques exemplaires du Chiru , chez lesquels une des cornes avait 
été cassée, que repose dans le mémo pays la croyance aux Licornes. 

Abel a, le premier, parlé du Chiru, on 1827, sous le nom iï Antilope Hodgsonii. 

Genre SAÏGA {Saïga, Gray). Nous étendrons ce nom aux espèces d' Antilopins que de 
Blainvillo plaçait dans sa division des Antilopes proprement dit {Antilope, Blainv.), c'est-à- 
dire aux Antilopes et aux Saiga de M. Gray. 

Elles ont les cornes spirales, à double ou triple courbure, annelées, sans arête, n'existant 
que chez les mâles. Ces Antilopes n'ont pas de mufle , mais elles possèdent un larmier, et leur 
tète osseuse montre une largo fossette en avant du cercle orbitairo. Elles ont les poils du carpe 
disposés en manière de brosse, sont pourvues des pores inguinaux, et ont deux mamelles seu- 
lement. Leur (pieue est courte et sans flocon. 

Le S Aïe. A DR Tautaiiie {Saïga Tartarica) ou le Cipra Tarlarica de Linné, est le même 
Animal (jue le Colus de Strabon. Il vit dans l'Asi" septentrionale, principalement dans la 
région des monts Allais, et s'étend jusque sur les frontières de l'Europe. Du temps de Pallas, 
le Saïg.i était encore répandu dans l'Ukraine, quoiqu'il y fût encore rare. 

Il est intermédiaire au Chevreuil et au Daim pour la taille; son corps est fauve en dessus 
et blanc en dessous. Ses cornes sont de couleur claire. 

Ses habitudes sont sociables et nomades; sa chair est désagréable. On assure que, lorsque 
des Saïgas veulent boire, ils plongent leur museau entier dans l'eau et que c'est par leurs 
narines qu:ils prennent la plus grande partie du liquide qui leur est nécessaire. Ce fait est 
(kyà signalé dans Strabon. 

M. Laurillard a rappelé dans les termes suivants les principales observations auxquelles les 
Animaux de cette espèce ont donné lieu : 

(( Les Saïgas ont la vue courte , mais leur odorat est si fin qu'ils éventent l'ennemi do très- 
loin. Ils so rassemblent pour voyager en troupeaux de plusieurs milliers. Pendant que la 
troupe dort, quelques-uns des mâles font la garde ; ce sont aussi les mâles qui défendent les 
petits contre les attaques des Loups et des Renards. Los femelles mettent bas un seul petit 
au printemps. Dans la saison du rut, au mois do novembre, les mâles sentent fortement le 
musc. La chair du Saïga se mange on hiver, mais elle est rejetée en été, parce qu'alors on 
trouve sous la peau de cet Animal une quantité considérable de larves d'une espèce d'œstre. 
On élève aisément les Saïgas en domesticité lorsqu'on les prend jeunes. Ceux qui ont été 
ainsi apprivoisés courent librement au dehors sans se joindre aux individus sauvages, et ils 
reviennent à la voix de leur maître auquel ils ne man(iuont pas do faire quelques caresses. » 

Le Saïga des Indes {Saïga Cervicapra ou le Capra Ccrvicapra de Linné et l'Antilope 
ccrvicapra do Pallas) est fauve sur le dos et blanc sur le ventre , avec une ligne brune sur 
les flancs. Sa patrie est l'Inde. Il est représenté sur notre planche LX. 

On place encore dans ce genre l'Antilope goitreuse {Antilope gutturosa, Pall.), du plateau 
central de l'Asie. Elle habite principalement le Thibet. M. Ifodgson en fait son genre Pro- 
cnpra , dans lequel il place aussi le Ilagoa ou Goa des Thibétains , sous le nom de Procapra 
picticauda. M. Gray a adopté cette division. 



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208 OIIDRK DES DISILQLES. 

C'est auprès des Snïga que nous rangerons les pspùcos types des genres Pcba, Eleotvagm 
(«t Adcmln do MM. II. Smitli cl (Iray. Voici queliiuos dtHails à leur égard : 

l°Les PEIJA comprennent I'Antilopi: CuKvni: un, (.lH<i7o;je Ca/)rco/«s,Lidit.), qui porte 
au Cap le nom de lich Dok, sous lequel il est signalé dans le Voyage do Sparmann. S(!s. cornes 
sont droites, minces, i)arallèles entre elles; son pelage est laineux et gris roussAtre. Il vit 
pin- troupes et s'apprivoise facilement; sa chair n'est pas esliméo. 

2" Les Él.ROTllAGliES réunissent deux espèces : 

L'Antilopk iUkotragl-e {Antilope Eleolragus, Schreb.), appelé aussi A. arundimcoa 
lAA. Dclalnndo. Son front est assez élevé; ses cornes, dirigées en arrière, sont pointues, 
et la concavité d(î leur courbure est antérieure; son pelage est lainiîux, cendré en dessus 
et blanc en dt^ssous; elle vit en Cafrerie et dans d'autres parties de l'Afrique australe. C'est le 
noode llhcbok et le Kkme lUelhok des colons hollandais. Il uimo les endroits où il y a de 

l'eau. 

L'Antilope n acor {Antilope redunca, Pallas) , aussi nommé A. lieversa, a les cornes assez 
courtes, penchées en arrière, et à concavité antérieure; son pelage est entièrement fauve. Il 
est (le la Sénégambie et de l'Abyssinie. Les exemplaires pris dans ce dernier pays correspon- 
dent à V Antilope Boiter de M. Ruppel. 

.3'- Les AdÉNOTES ont pour type I'Antilope Kob {Antilope Kob) dont Buffon a parle le 
premier. ou\a petite Vache brune des habitants du Sénégal. Celte espèce, longtemps incomplè- 
tement connue, a été revue et décrite avec soin par M. Fraser; elle est .le la taille du Dann et 
du (Juib. Elle se lient sur les bords de la Cambie et du Sénégal , à plus de cin.iuante lieues 
do l'embouchure de ces deux neuves. Cette espèce se rattache par certains caractères aux 
Gazelles , dont nous avons parlé plus liant. , 

GENRE CÉPHALOPHE {Cephalophiis, II. Smith). Il comprend des Antilopes africaines, 
et quelques espèces asiatiques dont les cornes sont petites, droites ou couchées en arrière, 
peu ou point annelées, et qui ont un mune, c'esl-à-dire un espace nu et glanduleux autour 
des narines; leurs couleurs sont brunes, en général uniformes; leur poil est court et cas- 
sant, leur taille est movenno ou petite. Ce sont dos Animaux ([ui vivent par troupes; leur 
crAne, qui est plat ou bombé entre les cornes, présente en avant du cercle orbilaire une 
grande fossette où est placé le larmier ; la peau (pii recouvre leur occiput porte des poils en 
général plus longs que ceux du reste do la tète et formant une petite houppe ; c'est ce ([ui a 
fait donner à ces Animaux le nom do Cephaloplms, signifiant tèK; luipi.ée. M. ïemnnnck . Ut 
que les Céphalophes véritables ont les forêts et les buissons pour demeure habituelle, .lu ils 
ne vivent point en grandes troupes , mais par paires ou isolément, et «lu'ils abandonnent 
rarement les lieux ombragés. 

On pourra grouper autour de ces Animaux plusieurs des genres établis par les auteurs. 

1 Les TÉTRACÈRES {Telraccrus, Leacli) n'ont do cornes que dans les maies, et 
elles sont assez petites; mais ils en ont deux paires au lieu d'une, ce qui leur donne en tout 
•luatic cornes. C'est à cette particularité .pi'ils doivent leur nom généri.pie de 'Mrmrres 

Le TÉTUAci^RF TcHicKAKA {Antilopc quadricomis , DIainville) est une espèce de 1 In.le 
qui s'étend jusqu'au Népaul. Sa taille est à peu près celle de la Gazelle Dorcade, mais avec 
des proportions un peu moi-s élégantes ; son pelage est de couleur baie , sauf aux partuîs in- 
férieures qui sont blanchâtres. Les exemplaires .le cette espèce «luo la Ménageri.; a possèdes 
avaient été rapportés du Malabar par M. Dussumier. 

On a supposé qu'il v avait <ians l'Inde plusieurs espèces d'Aulii.ipes tetracères. Ce caractère 
d'avoir le front armé\le quatre cornes se retrouve, mais associé à des formes notablen.en 
différentes chez un Animal fossile de l'Inde qui acquérait des proportions gigantes-iucs. C est 
lo Sivatherium giganteum do MM. Cautloy et Falconer , énorme Uumi.iant presque aussi gros 

que les Éléphants. 

3. D-autres, ou les OUREBIAdc M. Lauriilard et les Calolrayns do M. femminck, oui 



a, Eleolragm 

lil.),qui|inrl(' 
111. Sos coriKîs 
ussàlre. Il vil 



. arundinncim 
;onl poinliit's, 
(Iré PU (It'ssus 
■ilrale. C'esl le 
i où il y a <!<' 

'S cornes assez 
mont fiiuvc. Il 
lys correspou- 

ffon a parU'î l<> 
iiips incoiuplé- 
iie du Daim et 
iKiuante lieues 
L'araclèros aux 

ipos africaines, 
L'es en an'ière, 
iduleux autour 
; court et cas- 
;• troupes ; leur 
: orbitains une 
;o des poils en 
c'est co ([ui a 
Teniniinck dit 
liiluello, (lu'ils 
Is abandonnent 

les auteurs. 

les mâles, et 
' donne en tout 
l'élfiicrrcs. 
spùcc de l'Inde 
(de, mais avec 

aux parti(!s in- 
erie a possédés 

}s. Ce caractère 
es notablement 
intes(iucs. C'est 
Kjue aussi gros 

Fonirainck, oui 



FAMILLE DES «OVIDÉS. 209 

donné lieu à rétablissement des genres Neotragm, Nvsolragus, Orcolragus, Calotragus, Sco- 
pophortis, etc., etc. 

Ine de leurs plus jolies espèces est le Ci:;piiai,oi>iik dk Salt {Anlilopo Salltana, 
niainville), de moitié plus petit (pi'un Chevreuil et ayant presque tout le pelage éléganmiout 
ti(iuoté de gris. Elle vit en Abyssinie. 

Le Nesolrngus moschatiis de M. Duben est aussi fort petit. On a constaté ([u'il habite non- 
seulement dans l'île de Zanzibar, mais aussi la terre de Mozambiiiuo, où M. Pelers l'a retrouvé 
auprès de Teta. 

Le CÉPKALOPiiK STi:i\-noc des Hollandais du Cap {Anlilope Ivaguhs, Forster); le 
CÉiMiALOPiiE ouiiÉBi {Antilope scuparia, Sclireber), et (luebiues autres apparlienncnt 
aussi à l'Afrique, principalement ù l'Afrique australe ou ù l'Abyssinie. 

3. Parmi les plus petites espèces ou les ÎSanotragus de M. Sundevall, nous citerons le pré- 
tendu Clwvrotain pygmée do Buffon ou Moschus jnjgmams dos auteurs, qui répond à I'Anti- 
lOPE SPiNiGÈRK de M. Temminck; il n'est pas plus gros ((u'un Lapin. On on voit un 
exemplaire fort jeune dans les galeries zoologiques du Muséum de Paris. Son corps n'a que 
huit pouces de long , et sa hauteur est à peu près égale. Dans l'âge adulte , co gracieux 
Antilope devient cependant un peu plus fort; son front porte alors deux petites cornes qu'on 
a comparées à deux épines. 

C'est un Animal de la ciMe de Guinée. 

On le (lit extrêmement vif et très-bon sauteur ; il paraît jusqu'ici fort rare. Pendant un 
séjour de dix ans à la cAte de Guinée, M. Pel, le zélé voyageur hollandais auquel on doit des 
collections si précieuses pour la Mammalogie, n'a pu s'en procurer que trois individus, 
quoi(iue M. Temminck lui eût recommandé cette espèce d'une manière toute particulière. Il 
les a trouvés sur les confms du pays des Ashantes. Les adultes ont 0,44 de long; ils sont 
hauts do 0,25 seulement au train do devant et do 0,28 à celui de derrière. 

Ces petits Ruminants habitent les forêts ; ils abandonnent rarement les fouiïés les plus 
épais dans lesquels ils vivent par paires ou isolément. 

M. Pel a constaté que leur agilité est remarquable. Au moindre bruit ils partent de leur re- 
traite et ils s'élancent par bonds à des distances ou à des hauteurs considérables. On suppose 
que c'est de 'a môme espèce que Bosman a parlé sous le nom de très-petit Cerf, dans son livre 
sur la Guinée, et dont il dit : « Ce sont des Animaux très-jolis, portant de petites cornes 
noires; dont les pieds, passablement longs, sont si exlraordinairement minces qu'ils ne 
dépassent pas en grosseur le tuyau d'une plume ; l'on en fait des cure-pipes. » 

4. Les Grimmes {Gritmiia, Laurillard) , ou les Céphalophes de M. Temminck, 
comprennent près de dix-huit espèces toutes africaines et dont voici les noms tels que ce 
dernier naturaliste les donne dans ses Esquisses zoologiques sur les côtes de la Guinée : 

Cephalophus stjlvicuUrix , mergens, coromtus, allifrons, Campbelliœ, ocularis, Madoqua, 
Pliito, Natalensis, O'Gilbyi, dorsalis, Rufilatus, MaxwelH, pijgmwa, melanorrhœus , punc- ' 
tiilalus, Whitepeldi et Quadriscopa. Ces deux dernières espèces restent douteuses. Nous 
décrirons seulement parmi les précédentes : 

Le Ci^iPiiALOPiiE cniMME (Antilope GW«imifl!,Pallas, F. Cuvier, etc.) qui a le chanfrein et 
la ligne dorsale noirâtres , la queue terminée de noir et les membres gris ; ses cornes sont 
très-courtes , conitiues , droites et à anneaux nuancés de gris fauve. 

Cette espèce, qui n'a guère que 0,45 do hauteur, mesurée au train de devant, habile la 
Guinée. 






II» PARTIE. 



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210 onnuE DES iiisriouKs. 



FAMILLE DES GIR/VFIDÉS 

LosGirnfos f^rmont [)lal(M nno famillo nalurollo (|n'un simplo ftonro pnrmi los lluminnnts, 
rnr, nlal^'r(• les affiiul('S(|ui les rclii'iit aux Ca>rfs ol aux Antilopes, on nis saurait les associor ni 
aux uns ni aux autres de e(>s Animaux. Le principal caraetèro (jui les en distingue n'est pas 
tant la sinjtulnrité de leur forme extérieure i|»e la natures de leurs eornes, ipii ont leur axe 
osseux fourin par un(' ('pi[)liyse oss(ïuse a|)pliiiuét* sur l'os frontal et sont recouvertes par une 
peau velue. Ces cornes répondent, pour ainsi dire, à la partie du liois des Cerfs, qui est infé- 
rieuri! à la moule, ou à la portion pédonc.ulaire. il n'y a dans c(^ fîroupe i|u'un seul fienrc, (!t 
jusqu'ici on i.'a pas pu démontrer dans ce «enre pins d'unes espèce. C'est la (lirafe d'Afri(|ue. 
D'autres Girafes, mais <pii ne sont coninies ([ue par des restes fossiles, ont été sij;nalées dans 
rinde par MM. Caulloy et Falconcr, et en Europi' par MM. Afjassiz et Duvcrnoy. 

(iKNUE GIRAFE [Camelopm-ilnlis , Linné). Voici les caractères de ce genre : la tèto est 
allongée ; la lan-r,.' et les lèvres sont très-mol)iles ; il n'y a |)nint de mullo entre les narines ; les 
yeux sont très-gros ; le cou est fort long; le tronc, fort élevé sur jambes, est plus haut eu avant 
qu'eu aiTière; les pieds n'ont qu(^ deux doigts diacnn, sans ergots, même rudimentairos, pour 
représenter I(îs deuxième et ipiatrième doigts; les dents sont au nombre de trente-deux, 
comme cliez les Ruminants ^\m ont des cornes à étuis. H n'y a ni incisives ni canines supé- 
rieures; les canines inférieures mit la mèintï direction (luo les incisives; leur forme et celle 
des molaires sont assez particulières ; cependant elles ont ([uebiue analogie avec celles des 

l':ians. PI. XLII. 

GiRAFK d'Afuique {Camelopardalis Giraffa). Ce gigantcs(iue Animal se distingue do 
tous les autres par ses formes élancées et par la beauté de sa robe; celle-ci est maniuée, en 
dessus et sur le cou, de grandes taches fauves pleines répandues sur un fond fauve paie,^qui 
passe au blanchiUre en dessous et sur les jambes ; sa taille s'élève jusqu'à dix-huit et même 
vingt pieds ; le tronc est court à proi)ortion et très-iiicliné sur la ligne dorsale ; le cou, fort 
long, porte élégamment la tête, qui est eflilée sans être disgracieuse; la bouche , (lui a de 
longues lèvres mobiles, laisse fréquemment sortir la langue qui est noirâtre et allongée, et 
dont l'Animal promène la pointe sur ses lèvres ou sur ses narines ; il s'en sort aussi pour ar- 
racher presque jusqu'au sommet des arbres , les feuilles qui constituent une grande partie di; 
sa nourriture. 

Quel(iues longs [.oils affectés sans doute à une grande sensibilité tactile sont épars sur 
la lèvre supérieure et sur l'inférieure. On voit sur le milieu du front, en avant des yeux et 
des deux cornes principales, une saillie osseuse, plus développée chez les vieux mâles qui? 
chez les femelles, portant quelipiefois des poils en brosse comme ceux des cornes principales, 
et que l'on regarde avec raison comme constituant une troisième corne , différente des deux 
autres par sa moindre élévation, par le plus grand élargissement de sa base et par sa position 
entièrement médiane; mais la corne médiane se distingue encore en ce (lu'elle n'a pas comme 
celles-ci de point spécial d'ossification et (lu'elle représente plutôt une apophyse en forme 
d'exostose qu'une véritable épiphyse. Les cornes paires ont huit à dix pouces de longueur 
environ. Les oreilles sont membraneuses , eu cornet et rejetées en arrière. Un petite crinière 
règne depuis l'occiput jus(iu'au garrot, qui est rendu saillant par le grand développement des 
apophyses épineuses; la ([ueue descend jusqu'im calcanéum ou talon et se termine par un 
flocon de crins noirâtres. Comme nous l'avons déjà dit , les jambes sont fort longues , aussi 
le tronc est-il fort élevé. C'est surtout dans leurs canons, ainsi que dans les avant-bras "l 
les tibias, qu'elles ont leur plus grand développement. La peau est épaisse; elle peut être em- 
ployée à différents usages. 



* lluminnnls, 
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FAMILLE DES GIRAFIDÉS. 2H 

Lo canal intestinal tlo cotte grande et curieuse espèce <le Mammifère est fort allongé. On a 
compté environ (|uarante-huit mètres de longueur pour l'intestin grêli! et vingt-huit pour le 
gros intestin de la (îirafe (lui est morte à Paris en 1845. Cette Girafe était celle que lo pachu 
d'Égyplo avait envoyée à Charles X on 1826. 

Dans les ménageries , on nourrit les Animaux do cette espèce à peu près comme tous les 
autres Huminants ; on leur donne du hlé, du mais, des carottes et du fourrage. Us aiment 
beaucoup les feuilles do certains arbres. On a dit (lu'ils ne buvaient pas, mais c'est une 
erreur. Dans la vie sauvage, queliiuos espèces de mimosas fournissent la base essentielle 
de leur alimentation. 

Les Girafes ne se tiennent pas complètement dans le désert, mais sur la limite des forêts qui 
lo bordent. On les y voit par petites troui)es d(! cinq ou six. En général elles no fuient pas à la 
vue de l'IIommo; cependant, si on les approche do manière à les imiuiéter, elles s'éloignent 
avec rapidité, et bientôt elles se sont soustraites au danger par la vitesse de leur course; 
leurs principaux ennemis sont les Lions , mais elles savent liabiluellement les distancer, et 
lorsqu'elles n'ont pas réussi à le faire, elles les frappent avec les pieds de devant et parvien- 
nent fort souvent à leur échapper. 

On no peut guère prendre en vie qm des Girafes jeunes , et l'on recherche de préférence 
colles ([ui tettent encore. Les Animaux do cette espèce sont loin d'être rares dans plusieurs 
parties de l'Afrique, soit en Cafrerie ou au Sénégal, soit du C(jté de l'Abyssinio et de la Nubie. 
On sait qu'ils existent aussi dans les régions centrales du mémo continent. 

Les anciens ont connu ces curieux Huminants. L'IIippardion ou Cheval-Pard d'Aristot(! 
est la Girafe mal défmio, faute d'observations exactes. Il on est peut-être do môme du Zcmer 
cité par Moïse dans lo chapitre XIV du Deutéronome. 

Do leur côté, les Égyptiens ont laissé dans leurs peintures ou dans leurs bas-reliefs des 
figures très-reconnaissables de la Girafe , et qui ne [lermoltcnt pas de douter qu'ils n'aient vu 
des exemplaires vivants de celte espèce. 

Agatharchide , parmi les Européens, a fourni l'un îles premiers une indication précise de la 
(iirafo , lorscpi'il a dit que « chez les Troglodytes habite l'Animal que les Grecs ont nommé 
Ghameau-Lcopavd, nom composé, qui exprime la double nature do co(iuadrupède; il a la peau 
variée du Léopard , l'extérieur du Chameau , et il est d'une grandeur démesurée. Son cou est 
assez long pourcju'il puisse brouter lo sommet des arbres. » Pline, Opi)ien et Iléliodorc parlent 
aussi delà Girafe, et les Romains l'ont possédée vivante dans leurs cirques. César en fit 
paraître en l'an 45 avant Jésus-Christ. Depuis cette épociuo jus(iu'au règne de Gordien III , on 
en montra plusieurs, mais on en ignore lo nombre. On assure que Philippe, successeur de 
Gordien, en eut dix à la fois. Vingt-six ans après , en 2Ï4 , Adrien en fit également voir à son 

triom[)he. 

Il en vint aussi en Europe pendant lo moyiMi âge et pendant la renaissance, mais plus 
rarement. Le soudan d'Egypte envoya à l'empereur Frédéric II une Girafe, dont il est question 
dans les écrits d'Alb(<rt le Grand; Uî sultan Biba m\ offrit une à Minfroi, fils naturel du même 
empereur, et le pacha d'Egypte on donna une autre à Laurent de Médicis : depuis lors il n'en 
vint plus (juo [jondant lo dix-neuvième siècle. 

Buffon n'avait pu observer en nature les Animaux do co genre , mais les collections faites 
en Afrique par h.'S voyageurs, pendant la fin du dernier siècle ou pondant lo commencement do 
celui-ci, ont permis à ses successeurs do so faire une idée plus exacte dos (lirafes. Plus 
récomment, ou a amené vivants divers exemplaires do cotte belle espèce, et on a même réussi 
à les faire reproduire plusieurs fois dans la ménagerie do Hegenl's-Park , à Londres. On peut 
également citer quol.iuos Girafes appartenant à des particuliers, et (luo l'on a fait voir dans 
plusieurs villes d'Europe; (|uel(iues-unes ont même fait a[)rès leur mort le sujet de divers 
Mémoires publiés par les naturalistes qui ont eu la bonne fortune do les disséquer (I). Main- 

(I) Voir entre m.lrps le Mémoi.e de MM.,1olv ei Lavocal, ir.lilulé : liecherches hidoriques el ioologiques, 
anatomiques el inuéoiitolcgiques sur In Girafe; Sliasl)oui'jf 1813. 



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2(2 ORDRE DES RISILQUES. 

tenant on voit des Girafes vivantes <iuns les jardins zoologiiiues de Londres, de Livorpot»!, de 
Taris et d'Anvers. 

Deux des Girafes du JiU-din do Londres, l'une appelé Guili-Allali, (•"('■tait le niùle, et l'autre 
noninu'O Zaïda , se réunirent pour la première fois le 18 mars 1838, et une seconde fois le 
1" avril do la même année. Le nii\le faisait alors entendre un cri faillie d'un tindire jiuttural. 
Plusieurs mois s'étant écoulés sans (jue la femelle donnât des signes do grossesse, ou doutait 
que la fécomlation eut eu lieu, mais bientôt son ventre commença à se gonfler, et l'on aperçut 
(lu côté gauche les premiers mouvements tiu fœtus; cependant, comme un an après le 
dernier rapproclicment , la parturition n'avait point encore eu lieu et (pie le développement do 
l'alidomen n'avait pas continué d'une manière bien sensible, ou doutait de nouveau, lorsipie 
des signes extérieurs d'une parturition prochaine se manifestèrent dans les premiers jours de 
juin 183J). Enfm, le 13 juin du même mois, c'est-à-dire après 441 jours de gestation, Zaïda 
mit l)as un itetit : c'était un miile. 

Au bout d'une minute, il lit sii première inspiration, accompagnée d'un frémissement 
spasmodicpie de tout le corps; il prit une pose à sa convenance, continua à ri^spirer d'une 
manière très-régulière, et une demi-heure après, il lit des efforts pour se lever. D'abord, il 
se mit sur ses genoux de devant, puis il marcha bientôt, ipioiipu' vacillant un peu; il tourna 
autour de sa mère. Celle-ci ne l'accueillit point connue on l'espérait, et tout ce (pi'on put 
ol)tenir d'elle, ce fut un regard d'étouuement |)0ur le jeune importun, (pii lui resta dès lors 
tout à fait étranger; aussi, ne tarda-t-il pas à devenir malade, et le 28 juin, il mourut. A sa 
naissance, la jeune Girafe du Jardin zoologique de Londres mesurait di-jà (î pieds 10 pouces 
(mesures anglaises), depuis le bout du museau jus(iu'à l'origine (l<i la (pieue, et elle avait [ilus 
de 5 pieds de liauteur. La (pieue avait 1 pied 5 pouces do long; la tète était moins effilée que 
celle des adultes, et les membres étaient proportionnellement moins grands. Son cou était 
aussi moins long, mais ses couleurs étaient à peu près les mêmes, 

Guib-Aliah et Zaïila ayant été rapprochés de riouveau , une seconde fécondation eut lieu Uî 
26 mars 18-10, et 431 jours après, une seconde Girafe nacpiit dans le nièmc établissement : 
c'était encore un mule. La mère à latiuello on laissa supporter sans l'aider tout le travail de 
de la parturition, eut pour son petit la tendresse qu'on ('spérait d'elle; le j(mne Animal prit 
bientôt des forces, il continua à vivre, et ou l'a envoyée plus tard au J;u'din /oologiipie de 
Dublin. A une semaine, il avait déjà 6 pieds de haut; à trois semain(>s, il mangeait les même,-> 
aliuKMits que sa mère, et il ruminait avec une égale facilité. En 1811 , Zaïda produisit pour la 
troisième fois; en 1840, pour la (piatrième; (mi 1819, pour la cimiuième, et en 18r)3, pour 
la sixii'me. Son dernier rejeton, (|ui (>sl maintenant adulte, a (Hé céMié au Jardin zoolo*gi(|ue 
d'Anvers, où ou lui a donné une comiiague, (jue l'on supposait pleine au mois de septem- 
bre dernier. 



FAMILLE DES CEBVIDÉS 

Les Cervidi'S ou l'ensemble des espèces que nous désignons par le nom do Cerfs ont , pour 
principal caractère, la forme particulière de leurs prolongements frontaux. C(^ sont des saillies 
apophysaires i\n\ prennent un déveloiipement plus ou moins cousid('ralile, suivant les espèces, 
et dont la partie osseuse est jiliMne dans toute son étendue, et sim|ilem(>nt recouverte dans les 
premiers temps de son développement |tar une peau velue. Ces bois n'existent ordinairement 
(pie chez les mâles; ce|iendant , les femelles des Reiuies en portent ('gaiement. Ils ne maii- 
(pient dans aucun des Cervidés, mais leur (iév((loppement varie suivant l'âge, et ils n'ont ni la 
mt^me forme, ni la même complication dans les <liff<5rentes cKpècos. Dan^ l« Cin'f ordinaire, 
ils commenceut par une simple pointe, à laiiuelle on donne le nom de Itèir ou ildyiic. Celte 



Livorpnol, do 

ïlo, t'I raulro 
'conde fdis lo 
ihiv jiultui'al. 
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I l'on apcr(;ul 
an après li; 

lo|ipemonl do 
t'oau, loi'scpic 
liors jours do 
italiou , Zaïda 

firinissomoiit 
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tou ; il tourna 
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resta dès lors 
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L'ds 10 pouces 
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zooloiti(pie de 
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lin zoolo'fïiijue 
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lorfs ont , |iour 
Mil dos saillies 
ni les espèces, 
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TAMILLK DKS CKPVIDÉS. 213 

dfiKUo n'a immm division; ollo surnioulc la parlio i.asilairo ,1.) |'apo|,|.V8« o.nvyiso .lo Vos 
froulnl .l.uit oll.< ,.sl si^parô. par un .mw!,, ,|e pdilos cxcroissamu's ohsous,'.s, <,»•„» anp„lio la 
wcnh',,m, vu Umm .!.• chnssvms, I. ...n'In -m pierr.nvs. L„rs,,uo la ,ln;;uo a .'.lô «nti.'.rom«nl 
soli.lill,... par l...lrpAt <j.i pi.osplmt.. .),. diaux .pii m hmv IVh'.in.Mit n.oroftlaiit, ollo p,.rlo 
.H.nl.M, c.st-u-.lin, qu'cliu so .1,'pnuillo ,1., la prau .p>i lu locuvrait , ot rello-.i s'.,i, va par 
l'Mnhcaux. 1,0 hois ainsi mis à nu nsin pnndunt .piol.|m^ ton.ps sur la t.Mo .In l'Animal, puin 
.1 lonihc par suit.- .l'uno sorto do cario .sorho provo.mô.. par r.'IraiiKloinonl do son vaisseaux 

duiisl«8 piorruresdo lu moulo. Quand lo Corf osl nnivô à sa Iroisiniio i V, s.'s daRucls 

'I"' "'"' "'"' véritablos hois. par .suite de rupparition des anUouil/er, , <|ui sonl des «avisions 

de la perche ou Iiko prinripale, les unes ,)lacées auprès d.) sa base, les antres plus rappro- 
ehees do son sommet, l'endant plusieurs années, .,ui sont celh-s oi. l'Anim/il a le plus do 
forée, h- l,ois sulnl toujours sa chute périodi.|uo, et il reparaît régulièrement avec .jnelipu. au- 
doinller de plus, ou tout .lu moins avec dus andouillors plus forts. Lu tige coinmuno do ces 
ramilicutions s'appelle le uirrrain. 

Les points de naissance des embranchements ou les cinpnumnres peuvent ^iro ronds, co 
<|ui a li(>u pour les vrais Cerfs, ou a|.lalis, caractère qui est distinclif des Daims; les andouillers 
varient en nombre, suivant l.'s espfres. La direction .les bois .'sl .'.f,ralement .liff.'.r.'iite; l.-urs 
cnipaumure» n'ont pas I.. même caractère, etc. Ce sont là autant .le particularités ,iui per- 

"",■'"■'" '«""«>"■'• n<>n-s."ul<.m.M.t les A|;es dans clia-iuo espèce, mais aussi les espè.;es 

liilfrienles ei même les Kcnr.-s particuliers .l.)nt se compose cette nombreusti famille. 

On peut diviser les Cervidés en (piatre genres principaux, sous l.'s noms .le Ikiine. 
iVhhin, .le (;,,/ei ,|e Ccnule. Ces .|uatre genres no sonl pas également riclios en espèces' 
celui .l.-s Cerfs en .X)mpr..nd un plus gran.l nombre .pie les autres; elles sont r.'parti.'s entré 
lcs.|uatre parties du monde : rAméri.iue, l'Asi.-, l'Europe et l'Afrique. Cette dernière n'eu 
possède .|U(! .luns ses parties les plus septentrionales. 

Les Cervidés vivent dans l.s for.Ms, .lans les grandes plaines, .piel.pief.)is aussi dans des 
contrées montagneuses. Il y en a dans l.'s régions les plus chaudes du globe aussi bien .,uo 
dans les plus froi.los. L'no seule .le leurs espèces, le Ik'nuo, a été ren.luo .lomesli.iue; les 
autres, .jui sont restées enti.Toment sauvages, donnent li.'u à des chasses très-suivies et l'on a 
•lejà réussi à acclimater plusieurs .l'entre elles dans des pays plus ou m.dns éloignés .le ceux 
<|ui les produisent naturellement. La beauté .le ces Animaux , l'excelbnico de leur chair et la 
singniarit.'' .le leurs mceurs les ren.lenl également intéressants. Notre pays possède encore, 
..ulre le Chevreuil , le Cerf Élaplio et le Daim. IJoaucoup d'autres Cervi.lés l'ont habité anté- 
rieurement à réf)o.iuo histori.iuo ; .le ce nombre sont le nenne et l'Élan aujourd'hui onlinés 
dans les régions .lu Nord. Durant la ()éri.).le diluvienne l'Europe était bien plus riche .lu'uu- 
j..ur.l'huien esp,'.cesde la famille des Cerfs; il y en avait également beaucoup peii.lant l'époque 
antérieure {{), et la faune miocène en comjitail aussi plusieurs. 

Gkm\15 HENNE {Tamndm). Parmi les nouvelles coupes génériques auxquelles lo démcni- 
bivment .le l'ancien genre Cenm .1.) Linné a .loiiné lieu, l'une .les plus faciles à caractériser est 
sans contredit celle des Rennes. Par exception à ce .pii a lieu chez les autres Animaux do la i 
in.'ine famille, les bois existent ici chez les deux sexes; le pédoncule eu est très-court, et leurs ! 
rameaux, .pii sont considérables, sont de forme aplatie; lo plus inférieur so dirige 'en avant I 
au-.lossus ,lu nez comme une espèce de soc. Le crino, au lieu .l'être allongé, grêle et lon-uo- 
meut ouvert dans sa partie faciale comme celui des Élans, est, au contraire, plus complète- 
ment clos .pie chez ceux-ci, et son orifice nasal présente une forme assez particulière; les 
lis des caiDiis ont leur face postérieure très-fortement canaliculéo en forme de gouttière; la 
mAchoire supérieure est souvent pourvue d'une petite canine, surtout chez les" mâles. Les 

(I) Leurs osscincnis sont très-nombreux dans les lo.'iains ponocux .les environs .rissoi.r, où MM. firoizcl et 
!nna„i ont jm en recueillir .le magiiifl,,ucs coileitlo.is aujoiu-d'hu. iléposccs dans les Muscums .le Paris et .le 



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2J4 ORDRE DES BISL'LQIES. 

Rennes ont le pourtour des narines garnies de poils comme le reste do la face; leurs pieds 
sont forts et leurs sabots sont plus épatés (]ue ceux des autres Cerfs. ,,„,.., 

Ces Animaux sont exclusivement propres aux régions les plus froides do 1 hémisphère 
boréal. Leurs nombreuses troupes habitent le nord de l'Europe et de l'Asie, aussi bien .lue le 
nor.1 de l'Amérique, et leur espèce, qui paraît être unique, est le Rknnk n angifer {Tarandus 

rmigifcr). {PL XLIII.) , ^ ^^ , ,_ 

Le Renne a le pelage assez rude, brun grisâtre; sa hauteur est do 0,90 au garrot, tn 
i Amérique, on l'appelle Canftoî*. Les lichens forment sa i.rincipalo nourriture. C'est un Animal 
: très-facile à apprivoiser, et que les Lapons, les Samoyèdcs et les autres peuples des mêmes 
ré-ions élèvent en domesticité. Il leur sert comme bète de somme et comme bète de trait-, 
sa'chair fournit un bon aliment; sa peau donne une fourrure estimée; son cmr est excellent; 
ses bois peuvent être travaillés, et leur forme se prête à plus d'usages .pie celle des Cerfs 
ordinaires; enfin, il n'est peut-être pas une seule de ses parties, (jui ne puisse être utihseo 
et son lait fournit aussi un excellent aliment. Lorsque le Renno marche, il fait souvent 
entendre un bruit qui ressemble à un claquement, et qui se produit dans ses piedsdo der- 
rière. Je crois que ce bruit est dû aux tendons des muscles ttéchisseurs, qui cinglent, pour 
ainsi dire, dans la gouttière posléneuro du canon. 

Parmi les ossements qui sont enfouis dans le sol do la Franco, on on trouve qui ont bien 
certainement appartenu au Renne, et qui prouvent que cette espèce s'étendait auti-cfois jusque 
dans nos contrées. Guetlard en a depuis longtemps signalé aux environs dEtampes; la 
caverne de Rrengues, qui est située dans le département du Lot, abonde en débris analogues, 
qui v sont associés à ceux des Rhinocéros et de plusieurs autres espèces, sur l«s<l««ll<^^s 
G Cuvier, et plus récemment le docteur Puel, ont fourni des détails intéressants. MM. Dcs- 
uovers et Constant Prévost en ont également signalé parmi les fossiles que l'on trouve auprès 
,ie Montmorency ; il y en a dans le déparlement de la Cole-d'Or ; enfin, on rencontre encore .les 
ossements fossiles de Rennes en Auvergne, et, au dire des paléontologistes de ce i.ays, <piel- 
.mes-uns y auraient été travaillés parla main de l'Homme, ce qui a fait supposer .[u à l epo-iue 
celtique, le Renne était au nombre des Animaux utiles qu'on élevait dans celte partie de 

l'Europe. , „- > • i- . 

D'autres bois de Rennes fossiles, qui ont été signalés dans les environs de Pezenas, indiquent 
une espèce bien plus grande, n'ayant pas l'andouiUcr basilaire que l'on voit à la plupart des 
bois du Renne ordinaire; je l'ai nommée Ta) w«i«s»wr/(fl/(S. 

GFNRE ÉL.\N {ilces). Dans ce genre comme dans tous ceux qui vont smvre, les bois 
ne se'développent .jue chez les individus mAles, mais ils aciuièrent des pr.,portions tres- 
considérables. Ils sont terminés chacun par une vaste empaumure, habituellement divisée en 
deux parties inégales, dont la plus forte ou la supérieure porte à son bord externe plusieurs 
digitations. Malgré leur grand développement, l.-s bois des Élans se renouvellent chaque 
année; il y en a dont le poids est de 30 kilogrammes, et quehiues mois suffisent a la i)ro- 
duction de leur énorme masse. 

La tête est longue et la région nasale est fort .léveloppé.r, ou n'y voit point de partie nue 
ou de mune; le crâne n'est ni aussi fort, ni aussi trapu en avant qu'on pourrait le supposer, 
et la face est même <i grêle <<t si allongée, -lue sous ce rapport la lête osseuse de l Elan est 
plus semblable à celle de la Girafe qu'à celle du Renne ou des^ Cerfs ordinaires. Les d<Mils 
se rapproclLMit aussi par leur forme d(. celles des (iirafes, Les Élans ont le cou a sez court, 
ot leurs formes sont robustes. Ce sont les plus grands de tous les Cervidés. 

Leur espèce, considérée comme unique, est nommée Elan ou Elle m Europe, et Orignal 
dans l'Amérique du Nord; sa hauteur aux épaules n'a pa. moins de 1,70, et sa longueur 
totale arrive à 2,30, ou même à 2,50. Quel-iues auteurs récents la nomment en latin Aires 
Malcliis; .-'est le Ccn'us Alces de Linué. Col Animal est devenu rare; m ne le voit i>lu- 
.ruèrc «lue dans la Suède ou la Russie. Il s'étendait autrefois sur une plus grande sur- 






; leurs pieds 




l'hémisphère 




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4 piedsdo der- 
jinglent, pour 

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li'Élampes; la 
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la plupart des 

iUivre, les bois 
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nent divisée en 
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ivellent clwuiuc 
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it do partie nue 
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ou « sez court, 

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FAMILLE DES CERVIDÉS. jlS 

face mais la civilisation Ta chassé des for^l-ts qu'il habitait alors. Dans le noni do l'Asie 

GENRE CERF (C.,-.«.). Après qu'on a séparé le Renne, l'Élan, ainsi que les Cervules 
ou Munjacs, dont nous parlerons plus loin, il reste encore dans la amille ies Cerv^dru, 
nombre très -considérable d'espèces assez semblables entre elles par leurs prop rU ns ayan 
toutes les naru.es entourées par un espace nu ou véritable mufle. Ces espèces don l^mœu s 
es allures rappellent celles de notre Cerf d'Europe ou de nos Chevreuils , on ^a du 
.lans les diverses parties de l'ancien et du nouveau continent, mais il n'v en a en aSo 
•lue dans les régions les plus septentrionales. Elles diffèrent entre elles L la forme ou h 
con.pUcat,on de leurs bois, qui sont plats ou arrondis,et pourvus d'an oui s pi "Tu mi 
nombreux; leur queue est tout à fait rudimentaire ou au contraire un pou plus a on"ée 
N;.ge vane non-seulen.ent dans ses nuances, mais auss. dans son moSe de color . Àin "i 
d y dos e peces ayant la robe uniforme à tous les A,es; d'autres qui sont au contraire n"oû 

: f î-^;: u"r "" '"" '"*"" •"""•"' '""'" ■""'• ^-' ^^ "'-'■•- --^- o e q.z 

. i ion . T ?"'"' ^"" "'''' '" J^""^"*^- ï^^« ^"*-- «Pi-'-'-t aussi quelques 

uiv^ ÏZl \'''-^^^^'i^^ ^-^^ prolongements varient dans leur apparence extérieure 

V s 1 . 4 ■•"' ' " "" ''"' "'" •''"'"''' «" P""' «" tirer de très-bons caractères pour la 

lision le ces Annnaux en sections. Nous parlerons d'abord des Cerfs qui ont les bois les plus ■ 

toute la Me a 1 état de .laguets, c'est-à-dire simples et sans andouillers. Ces espèces nous 
montrent, ma.s dans une condition permanente, un caractère, qui est au contrai e pass gë ^ 
ot de premier âge chez colles qui ont les bois rameux pos^agor ; 

Chacune des petites subdivisions que l'on a établies dans le genre des Cerfs réunit en 
gênerai, des espèces propres à une même circonscription géograi>hique 

J:.!^' v^7^i'''''' ^T' "• ^'"*^''^ '''' "" ^"''""""^^ ^'«^"^'"-^ «PP-^i"" «t »" nombre 
va lable d andouillers sur la longueur de la perche, ceux du sommet étant réunis en une 

mpaumure umque et aplatie ; leur pelage est moucheté à tous les A.es; leur queue est asse.' 

CuiF Daim (Cm,« Dama). Le Daim vit dans plusieurs parties de l'Europe, mais 
principalement dans l'Europe méridionale; il est également connu à l'état de Tb^rtr en 
bardaigne et, en Algérie, dans les bois des environs de la Calle. Dans plusieurs grands parcs 
on en conserve artificioMement l'espèce, car c'.st un des Animaux qui servent aux grande 
chasses. Sa hauteur au garot atteint à peu près un mètre ; sa couleur est d'un fauve vif en des- 
sus ; le dessus de sa ([ueue est noir; ses mouchetures sont d'un blanc v.f en été ("/ XXXVT • 
on hiver elles paraissent à peine. Il y a des Daims de couleur noirMre et d'autres qui sonl 
presque entièrement blancs. Ce sor.l la de simples variétés 

Des bois plus grands que ceux du Daim, mais de môme forme, ont été recueillis dans 
rlbhS? !"f'^"""f,""7 /'». «"' «»•' P'^^i^nrs points do la Franco, principalement auprès 
Abbev le^Les paIe<.ntologistes les ont décrits comme indi.,uanl une espèce à part sous 
le nom de Cervns somoneims. 

D'autres bien f-Ius grands encore, à empaumures terminales très- élargies, ayant jusqu i 
i,.>0 d envergure, sonl enfouis en grande abon.lance .ians les tourbières do l'Irlande et l'on 
mnve souvent avec eux dos crAnes oi des squelettes ,,ui proviennent de la mémo 'espèce 
llusieurs musées en possèdent dos exemplaires parfaitement complets. Ces Daims a bo.s 
C.GANTKSQUKS uo vivout plus d«,:.. aucuu pavs. Il en est .juestion dans les ouvrages des 
n-.tuialistos sous les noms de Ccmw giganleus. megaceros, mhibernicus. 

i. On pont classer auprès des Daims, mais dans une division particulière que M. Ilo.igsoii 
nomme Reci uvis. le CKnr nr. Do vai-ckl [Cenu, Duvaucclii. G. Cuvior^. Il « simnlemont 
une ligne plus claire sur le dos, et, de clia-iuo côté de cette -• :ne , des petits points de mémo 



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OnnUK DES inSlLQUKS. 



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t((into. Sou bois manque d'iiiKiouilk'r métlian, et il n'a jias la largo ompauniuro supérieure 
(lu Daim. 

Ce Cerf vit dans liutle, parliculièremont nu Népaul , (iîi on le nomme liiihrmj». 11 se 
tient aui)rès des llerives ou dans les îles (jui sont situées sur leur cours. 

3. Les ÉI. VPIIKS ont, comme les autres f,'roui)es (h^ Cerfs dont il nous reste h. parler, les 
bois arrondis. Leur caractère particulier consiste dans la iirésence d'un andouiller basilaire, 
sim|»le ou double, et d'un nomlire variable d'andouillers sur la loufîueur do la perclio, «i"' 
est, en jïénéral , divisée à son sommet en un{> fourcbe à trois brandies. 

Le CKnF Wapiti {Ccnms cann;lei)sis, Hrisson) n'a pas moins de 1,.'')0 au garrot, et 
d'un mètre pour la longueur des bois. Ceux-ci ont un doul)le andouiller basilaire. Le Wapiti 
ressemble beaucoup h notre Cerf d'Europe, mais il est do plus grande taille. L'Améri(iu<' 
septentrionale est sa patrie. Il est difficile de séparer du Wai)iti comme espèce certains Cerfs 
également très-grands dont les bois et les siiuelelles sont fossiles dans plusieurs parties de 
l'Europe et particulièrement en France. 

Le Ci-nr i^m.apiik {Ccrim chiplnis, Linné) , ou le Cerf de l'Europe, est rarement aussi 
grand; cependant il acquiert de fortes dimensions dans les grandes forêts de l'Alleinagno et de 
la Hussie, et son bois est quelcpiefois pourvu d'un plus grand nombre d'andouillers que ne 
le comporte la dénomination de dix cors, c'est-à-dire à dix connclions ou andouillers (|u'on 
lui donne lorsqu'il est parfaitement adulte. On trouvera dans l'ouvrage de lluffon tous les 
renseignements nécessaires relativement à celte belle espèce de Hnminants, et, comme nous 
l'avons déjà fait pour plusieurs autres, nous y renverrons U> lecteur, afin de pouvoir nous 
étendre un peu plus sur les Animaux dont le célèbre naturaliste français n'a pas pu traiter. 

Le Ckiif i.>k Coiisi: (^V)V'//s corsicnnus nn mcditerrancus) i>i h' (]['.i\¥ nv. RAnBAniK 
{Cerviis llarhnnis) sont l)ien voisins de l'Élapbe, mais ils n'ont ordinairement qu'un seul 
andouiller basilaire. Le premier est d'une taille moimlre que le second. Celui-ci n'a encore 
été observé que dans les forêts du pays de Tunis et en Algérie dans le cercl(> de Bone, dans 
celui de la Galle et auprès de Tébessa. Il y est assez commui\ iiour (pie ses bois donnent lieu 
à un commerce d'exportation ayant quehpio importance. 

Ces deux Animaux ont été décrits par [)lusieurs auteurs iilus longuement (|ue nous ne pou- 
vons le faire ici. 

Le Cerf de ^ xllich {Ccrviis Wallicliii, C. Cuvier) représente le Cerf Élaplio dans 
les plaines du Népaul, et il y en a une autre espèce dans celles du Tliibet. Colle-ci est le 
Cervus af/inis iiui a éié décrit jiar M. Ilngd.îon. 

Le Cerf sika {Ctrvits sika , Temminck et Sclilegel ) est aussi un Animal de ce groupe, 
mais il a pour patrie le Japon. 

4. Les PANOLIES [ranolia, Gray), dont il n'y a qu'une seule espèce, sont remar- 
(piables par la forme de leur bois, dont randouiller ba^^ilaire se dirige en avant eu ligne 
courbe, et dont la percbe, inégalement trifurquée à son extrémiti', se porte, au contraire, daiis 
le sens opposé, et ne se .'■ecourbe un jicu en avant qu'après un trajet assez long. On voit 
au-dessus du point d'insehion de l'andouiller tiasilaire lo rudiment d'un second andouiller 
doublant celui-ci. 

Le Cerf sl'NGNAI {Ccrviis frontniis, Mac Cieliand) appartient aux régions boisées de 
riudo, dans le voisinage des monts Himalaya. Il a à pou |)rès les dimensions de notre Cerf 
d'Europe. Cette espèce a reçu plusieurs autres dénominations. 

3. Les Axis {Axis, Blain\ille, H. Sniilb , etc.) ont le bois pourvu d'un andouiller idus 
ou moins basilaire, simple, et .l'un second andouiller tantôt ûntéro-interne, tantôt postérieur 
ei rapprocbé du sommet do la perche qu'il bifurque. 

Les Ams vérita^lks ont le pelage inoucbeté à tous les Ages. 

Cerf axis {Ccmis axis). Cette jolie espèce approche du Daim pour la taille: elle vit 
dans riude, principalement dans la région du Gange. Elle se reproduit facilement dans Its 



iiure supLTicuro 

Ihihraija, Il so 

slo h. pnrlor, Ips 
uillcr basilairo, 
la pcrclio, (|iii 

î) au uarrot, et 
iiirc. Le Wapiti 
le. l/.\in<''ri(pi(' 
!o corlains Cerfs 
ieurs parties de 

varoinont aussi 
Mloinaiïno ot de 
louillers que ne 
idouillors (ju'on 
Huffon tous les 
t, comnio nous 
(' pouvoir nous 
;is pu traiter. 

lient qu'un seul 
li-ci n'a onoorc 
> (le Bono, dans 
lis donnent lieu 

le nous ne pou- 

wf Éla|ilio dans 
:. Cello-ci est le 

I do ce groupe, 

, sont reniar- 
I avant en ligno 
. contraire, dans 
'z long. On voit 
cond andouiiler 

ions boisfe de 
is de notre Cerf 

I andouiiler piu> 
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FAMILLE DES CERVIDÉS. 



817 



parc» ot les ménageries do l'Europe, et l'on peut la considérer comme acclimatéo dans nos 
conlreos. Nous on donnons la figuro sur notre planche XLVIII 

titffanco , ma . ,1 a déjà les partie, n.féneures fauves, et ses taches l.!nnol...s, qui sont moins 
marquées en ete que celles de l'Axis, deviennent fauvo elair et très-peu appa entes on iv 
Dans cette sa.son, les poils de la région inférieure do son cou s'allo ,ent On no sait p au 

qu elle I al te I A npel ndu... , peut-être les îles Philippines ou .,uel.,ue archip,.! peu éloigné. 

ne l'on m 'l'un r- ,""'"' "•^''"""' ^"^"^ "'""^ '"'•^ '" '^'""^« --ch' ,é,'ou Lien il 
Il - ? , ■'""■'' '^"'^'' "' ''"«'•'"'^f'^i^ ^""« '" J^'uuo A,e seulement Leurs bois 

sont en gênerai plus épais et plus rugueux. 

les^,':oihri.."nfr-''r'' ('^'7"'''^''''«''''"''''*' «• Cuvier) est do la taillo du Cerf ordinaire; 
s ex ml ro" "f :'^^"'^'^" f " ''^ r-rennent une apparence do crinière, surtout dan 

mn.l^ . r' ^'° '^""" '•"'^ ''"" " f""-f«"«"«"l réussi à accliniater en Europe. 

Jl multiplie depuis assez Ion-temps dans la ménagerie; de Paris. 

D'autres espèces do la même sous-division sont : 
neîillo^"" """■^''*""' [Cvrvushippelaphm, G. Cuvier), qui est aussi de l'Inde conti- 

Uoméo^'"' '"*"""' ^^"''"* '^"''"'*' '^- ^'"''''^ qui appartient aux îles do Sumalra et de 

Le Cerf des Philippinf.s (Cmv/s PA;/w'««s, Quoy et fiaimard). 

Le CEnr de Péuon {Cervm Pcronii. G. Cuvier), ,,ui a les bois plus semblable^ à ceux 
de I Axis pour les proportions, mais qui est de moindre taille. Il habite l'île de Timor 

Le Ckuf Cochon {Cervns Porcinns. Zimmerman). Celui-ci est à peu près grand comme 
le Chevreuil, mais H est plus semblable à l'Axis par ses bo,.. Il appartient à l'Inde coiU- 
nenlale. On peut on voir au Muséum une nombreuse famille parfaitement acclimat ùi 

donne c aque année de nouveaux produits. Le Cerf Cchon pourrait être répandu dan le 
grands domaines, où il fournirait un nouveau gibier aussi précieux que le Cliovreu" Au 
I tngale, on lo tient en captivité pour l'engraisser. M. Sundovall fait do cette espèce une 
division générique à part sous lo nom iVHijolaphus. 

e. Les CARI.VCOLS {Cariacus, Gray; Mazama, Sundovall) sont dos Cerfs américains 
. jant la queue plus longue que les Cerfs ordinaires, et chez lesquels les bois sont lyres à 
0. cavité antérieure et pourvus d'un aiulouiller interne subbasilaire, ainsi <,ue de deux ou r'ois 
andouillers sur la partie moyenne et postérieure do leur perche. 

a. Les uns ont les bois assez grands, arrondis et médiocrement épais • 

/«':2-2 d:": Cuv£"" "'•^""■«"'"^' ^-"") - •« ^«--" <•« Buffon et le Corf^e 
Il est grand comme l'Axis, aussi gracieux dans ses formes et également facile à acclimater 
dans nos con rees; son pelage est jaune cannelle en été et gris olivacé en hiver C C r 
abite les parties tempérées do l'Amérique septentrionale. On en distingue plusL s pècos 
propres aux régions qui sont situées plus au midi. M. Pucheran leur a cl.sacré plusieu 
paragraphes do son mémoire sur les Cerfs. ^^"satit plusieurs 

J'ai appelé Cerf de Goudot {Cenus Goudotii) une espèce plus distincte, mais que ie 
no connais encore que par un seul bois rapporté de la Nouvello-GreiLe par M jùst rCoudo^^ 
b D autres Cariacous ont les bois moins grands et beaucoup plus épais 
1 ol est le C E R F D u M E X I Q u E {Ccrvus Mcxicanus , Gmelin) 
7 Les 13LAST0CÈRES (Z?/«.<oa.m, Wagler, etc.) forment un petit groupe particulier 

basilaire , ils ont la .jueue assez longue ; leurs faons n'ont pas de livrée 
CERF Gou Azou-Poucûi; {Crvus palHÙom, Desm., diaprés Azara). Il est presque grand 

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W3STER, N.Y. 14580 

(716)872-4503 




2<8 ORDRE DES BISÏJLQUES. 

comme le Cerf de Corse, roux fauve avec du blanc aux orbites, auprès du mufle, au ventre 
et sous la queue; ses pieds sont noirâtres. C'est un Animal du Brésil et de la Guyane. 

Cerf Gouazouti {Cerms campesfris , F. Cuv., d'après Azara). Il est grisâtre, inférieur 
en dimensions au précédent et il a le bois moins fort et à andouillers plus grêles. On le 
rencontre dans les grandes plaines de l'Amérique méridionale, depuis l'Orénoque jusqu'en 
Patagonie. 

Les DiGLOCHis {Difflochîs, P. Gerv.) n'ont qu'un seul andouiller qui est basilaire. On 
doit provisoirement leur associer : 

Le Cerf ÉPINEUX (Cervtts spinosus, P. Gerv.). Petite espèce do la Guyane qui n'est 
encore connue que par son bois assez court , rugueux et comme épineux à sa surface. Elle 
a les caractères des Diglochis , en ce sens que sa perche ne porte qu'un seul andouiller, 
mais elle est de la Guyane , et notre sous-genre Diglochis repose essentiellement sur une 
espèce à bois non épineux qui est fossile dans les environs de Montpellier. Le Cerf épineux 
n'est d'ailleurs connu que d'une manière fort imparfaite, et il devra être comparé attentive- 
ment aux jeunes du Gouzouti. 

8. Les Chevreuils (Capreolm) sont plus petits que les Élaphes et les Daims et de 
taille égale ou inférieure aux Axis. Ils ont le peltge uniforme dans l'âge adulte, point de trace 
extérieure de queue, et les poils de leur région .essière sont susceptibles de se redresser et 
de s'étaler par suite des contractions du muscle peaussier; leurs bois sont droits, petits, mar- 
qués l'aspérités assez nombreuses à leur surface e' pourvus do deux andouillers , dont un 
antérieur inséré un peu au-dessus de leur partie moyenne , et l'autre postérieur placé plus 
haut encore et dirigé en arrière , tandis que l'extrémité de la perche reste à peu prés droite. 
On connaît présentement deux espèces dans ce ceun : elles sont de l'Europe ou des parties 
de l'Asie qui s'en rapprochent le plus. Quelques espèces fossiles également européennes 
devront en être rapprochées. 

Le Chevreuil d'Europe {Cervus capreolus, Linné) a 1,15 de longueur et à peu 
près de 0,75 de hauteur au train de devant; son poil est dur, cassant, gris brun teinté de 
fauve avec du blanchâtre bur ceux do la région des fesses. (PL XLL) 

Le Chevreuil habite les forêts. Il est répandu dans une grande partie de l'Europe et dans 
certaines régions de l'Asie tempérée. C'est un Animal vif, intelligent , gracieux dans ses allures 
et dont la chasse est très-agré«ble. Il vit par petites troupes. Sa femelle est connue sous le 
nom do Chevrette , son faon a une livrée comme celui du Cerf. L'espèce de î.iiovreuil a déjà 
disparu dans quelques parties de la France , principalement dans les régions qui avoisinent la 
Méditen-anée, où l'on constate son ancienne existence par les os qu'elle a laissés dans le sol. 
Le Chevreuil ahu {Cervus pygargus , Pallas) est un peu plus grand; il présente 
quelques caractères qui ne permettent pas de douter, comme M. Brandt et d'autres auteurs 
l'ont fait voir dans ces derniers temps , que ce ne soit bien un Animal différent de notre Che- 
vreuil, quoique Pallas l'ait regardé comme une simple variété de ce dernier. Il vit dans les 
contrées froides de la Tartarie et s'étend au nord jusqu'en Sibérie et à l'est jusqu'au Volga. 

Mon collègue à la Faculté de Montpellier, M. Marcel de Serres, a décrit, sous le nom de 
Cervus Tournalii , un Chevreuil plus grand encore , connu d'après un bois fossile trouvé dans 
la caverne do Bize (Aude). Lo Cervus solilhaciis, autre espèce éteinte découverte à Polignac, 
près le Puy en Velay, par M. Félix Robert, était plus grand encore. Au contraire, le Cervus 
cusanus de MM. Croizet et Jobert, qui est fossile au Puy et dans la Limagne, et lo Cervus 
Cauvieri do M. de Christol (fossile à Montpellier), différaient moins du Chevreuil sous le 
même rapport. 

9. Les Gléml'LS comprennent deux espèces seulement. C'est la chaîne des Andes qui 
les a fournies. Ces espèces, assez singulières, servent de type à la division Furcifer do M. Sun- 
dervall. Ce sont dos Cerfs de moyenne taille, à (luoue courte, à poil cassant comme celui des 
Chevroeils , mais dont les bois ont le pédoncule très-court et sont divisés au-dessus do la 



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grêles. On le 
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FAMILLE DES CERVIDÉS. 219 

meulo en une fourche à deux branches subégales; ils diffèrent principalement des Chevreuils 
par 1 absence du second andouilior. Ces deux espèces sont • ^"tvreuiis 

Le Cerf des \^DEs{Cervus antisensis, d'Orb.), qui habite les Andes do la Bolivie. 

un Chevlî à n ."r ^?'"'"* ''"'""'■*' ^"^ '' ^'- ^''^"'•)' '•»« ^'"''"» «^"it «ienalé comme 
un Cl eval à p.eds fourchus, sous le nom .VE.uus ùisula^. On trouvera <,uel.,ues nouveau! 

?iî, .oTm rn?'''''' T""'^"'^ '" '"' ''^"■^ ''^^'^^ ^'^' '^« ?raids ouvrages d'à 
rldtg^e!;^ '"' '' '"^' •"'""* ""'^"^^ ^^"^ '« partie mammalegicuoVj-a; 




Cerf Cjéhii. (jcïne) , i/(0 ao grand. 

iO. Les DAGUETS OU le genre des Subulo ,1e M. H. Smith et celui des Coassus do 
M. Graj. Le caractère principal des espèces auxquelles de Blainvillo appliquait lo nom de 
Uaguets réside dans la simplicité de leurs cornes, qui sont petites, sans andouiller et tout 
a fait semblables au premier bois des autres Cerfs. Ces Animaux ferment la série des espèces 
américaines, et en môme temps ils terminent le genre qui nous occupe. Ils sont à peu 
près gros comme des Chevreuils, quelquefois, au contraii-e, plus petits. Ce sont des Animaux 
exclusivement américains. 

Le Cerf Gouazou-Eira {Cervm nemonvagus , F. Cuv.) est une espèce de Daguet I" 
a le pelage d'un brun gris en dessus et blanchâtre on dessous. 11 habite les bois du Paraguay 
du Brésil, de la Guyane, etc. Ce Cerf vit solitaire, principalement dans les endroits humides- 
Il vient aussi dans les régions maritimes. ' 

Parmi les espèces qui rentrent dans la même division, nous citerons lo Cerfroux (Cervus 
rufus),oxx la Biche rouge do Buffon; le Cerf rufin {Cervus rufinns do MM. Bourcier et 
Pucheran), qui habite la république do l'Equateur, et lo Cerf pudu {Cervus pudu), sur 
lequel M. Gay et moi avons publié quelques renseignements. Celui-ci avait été classé par 
Molma avec les Moutons, et par do rflainville avec les Antilopes. C'est aussi le Cervus humilis 
do Bennett. Il vit dans les vallées du Chili. 

Giiwuii CEHVLLE {Cermlm, Blainv.). Les Animaux de ce genre eut à peu près la 



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220 ORDRE DES DISULQUES. 

mCmo inillo quo lo Chovrouil, muis lours formes sont plus Hnos encore; leur polngo est 
plus lisse cl ils ressemblent presque nutnnt nux Antilopes du genre Céplinloplio qu'.uix 
Cervidés ordinaires ; toutefois, leur organisation gén(5rulo les rattache à la famille do ces 
derniers, et dans lo sexe mûlo ils ont aussi des hois. Ceux-ci ont une formn toute spéciale- 
Ils sont assez petits, recourbés on dedans à leur sommet, comme en hameçon et pourvus 
à leur base intornc d'un seul andouiller, qui es' ,ussi de petite dimension; leur pédoncule, 
c'est-à-dire lo support osseux (jui est inférieur à la meule, est long, en grande partie visible à 
l'extérieur et recouvert d'une peau velue. Ce pédoncule no tombe point lors de la chute du 
véritable bois <iui lo surmonte. Il y a sur lo front, au bord interne do chacun des pédoncules 
et à leur naissance chez les mâles, ou chez les fomollos au point correspondant, un rer.li 
longitudinal do la peau. 

Une autre particularité des Animaux do co genre consiste dans lo grand développement quo 
prennent les dents canines supérieures dans les individus maies; elles s'allongent et sont 
visibles extérieurement comme celle des Chovrotains à musc. Elles ont aussi la môme desti- 
nation , et pendant le temps du rut les Ccrvulos s'en servent lorscju'ils se battent entre eux 
pour la possession des femelles. Ces Animaux sont particuliers à l'Inde. Leur nez est nu, et 
par conséquent disposé en mulle. Ils ont dos formes très-gracieuses et constituent un bon 
gibier. 

Gervule muntjac {Cemilus mnntjac, Blainv.). Il a lo pelage d'un roux marron brillant. 
Bornéo , Sumatra et Java sont les seuls lieux oii on le trouve. 

Le Ceuvule musqui:: {Cemilus nwschatus, Blainville) le représente dans l'Inde continentale 
ainsi qu'à Ceylan, et lo CEnvuLE de reevese {Ccrvuhis Recvesii, O'Gilbj) en Chine. 



FAMILLE DES MOSCHIDÉS 

Les Chevrotains ou la famille actuelle dos Moschidés ont été souvent rapprochés des 
Chameaux, parce quo ce sont avec eux les seuls Ruminants qui restent constamment dépourvus 
de cornes; mais l'ensemble de leur organisation les rattache bien plus intimement aux petites 
espèces do Cerfs ou d'Antilopes. Leur formule dentaire est la mCmo que chez ces dernières, 
si co n'ost qu'ils ont, comme les Corvules, do vraies canines supérieures sortant fréquemment 
de la bouche et qui leur servent à se battre. Ces Animaux sont de taille moyenne ou m<^mo 
petite. Ils sont fort gracieux dans leurs formes, légers à la course et sauvages dans leurs 
mœurs. Leurs espèces sont asiatiques, sauf l'une d'elles qui vit en Guinée; elles ne sont pas 
nombreuses. 

On ne voit pas très-souvent les Chovrotains dans nos ménageries, et tous les individus 
qu'on en a possédés y ont en général vécu fort peu. L'étude anatomiquo do cos Animaux a 
donné lieu à l'observation de plusieurs particularités intéressantes dont les unes n'ont pu être 
vérifiées sur les diverses espèces connues, et dont les autres sont propres à une espèce seule- 
ment, ou du moins n'ont pas encore été constatées chez les autres. Le cerveau du Chevrotain 
de Java ne montre pas à la surface de ses hémisphères autant de circonvolutions quo celui 
des autres Ruminants. En est-il do même chez tous les autres Animaux de cette famille' 
c'est ce qu'on n'a pas encore établi. Nous donnons ici une Hguro du Cerveau des Chevrotains 
javanais, et en regard celle du cerveau d'un mouton ordinaire dont les nombreuses circonvo- 
lutions reproduisent la disposition qui caractérise tous les autres Ruminants. 

Autre particularité : les fœtus de Chevrotains dont on a pu observer les membranes avaient, 
comme les Damars et commo les Carnivores, le placenta zonalre , tandis que celui do tous 
les autres ongulés est potycotylédouaire. 



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rron brillant. 




FAMILLE DES MOSCHIDÉS. 221 

Disons nussi que l'estomac do ces Animaux mancjuo do lu parUo nommOo feuillet chez / 
les Ruminants (|ui préciVlcnt. 

Enfin, le Cliovrotoin d'Afrique ou lo gonro Ilyccmos. 
chus se distinguo non-seulement des autres Animaux 
do sa familio, mais aussi do tout le reste dos Huminuiits 
connus , parce que les métucarpions ou métatarsiens , 
qui portent sos doigts principaux aux pieds do devant 
ot à ceux do dorrièro, restent entiùromont séparés pen- 
dant toute la vio au lieu do so 
souder l'un à l'autre , do manière 
à constituer un os unique, tel (luo 
celui appelé canon chez tous les 
Ruminants connus. Sous co dernier 
rapport , lo piod du Chevrotain 
d'Afrique est tout à fait conformé 
comme celui dos Cochons et dos 
Bisulques, si nombreux à l'état 
fossile, qui constituent la famille 
éteinte des Anoplothériums. 

Los Animaux qui fournissent hj 
musc rentrent dans la famille des 
Chovrotains dont ils sont en mémo 

temps les plus grandes espèces. Ceuviui de CiiE»noiAis et nt Momo», 2/3 ^c srand. 

Leur gonro n'est pas lo seul qu'on ait établi parmi les Moschidés, ot sans parler ici do ceux 
qu'on no connaît qu'à l'état fossile, comme les AmphUmguîus , etc., il y en a doux autres 
dont l'un ost propre à l'Asio méridionale ou à sos llos, et dont l'autre est particulier à 
1 Afrique mtertropicale. 

Voici les noms des trois genres do Moschidés distingués par les naturalistes modernes 
(1 iipres 1 observation des espèces asiatiques ou africaines actuellement existantes : Moschus 
Tmgulus et Hyœmoschus. ' 

Genre CIIEVHOTAIN [Moschus). Pelago dur, cassant, assez comparable à celui du 
Chevreuil; gorge et faco postérieure des tarsos velus; une glande odoriférante (produisant la 
substance nommée musc) existe près des organes génitaux chez les mâles; les jeunes diffèrent 
dos adultes par leur coloration, qui présente uno livrée de taches ponctiformes. La dent 
canine des mâles est fort longue et elle sort de la bouche comme celle des Muntjacs. 

Ces Ruminants vivent dans l'Asie continentale : 
en Sibérie, dans les monts Allais, en Chine et 
jusque dans les parties do l'Inde qui sont les plus 
rapprochées dos monts Himalayas. Par leur taillo 
et leurs allures , ils rappellent les Cervules et les 
Daguets. On en distinguo quatre espèces assez 
voisines les unes des autres pour qu'on les donne , 
dans quelques ouvrages, comme n'étant que dos 
variétés du mémo Animal, co sont : le CiiEvno- 
TAiN DE Sibérie {Moschvs Sibiricus, Pallas), 
do la Sibérie, des monts Allais et de la Mongolie; 
- ,. ,, '<^ Chevrotain PORTE MUSC (itfosc/itwmosc/it- 

forus, Linne , du Thibet et du Népaul ; le Chevrotain a ventre blanc (Moschus 
>^"<^m^ler Ilodgsnn) , du Népaul, et le Cmevrqtain a ventre jaune {Moschus chryso- 
^««<er, Hodgson), ogalomont du Népaul. 




Ct^b Bt CiiivROni» poBH-jii-sc , 1/3 de grand. 



M* OnonE DES BI8ULQUE8. 

Voici quelquos-uns des délnils qu'on a rocuoillis nu sujet dos Chovrotains; nous les em- 
pruntons à la Zoologie médicale do MM. Brnndt ot Ilatzobourg ; 

Los Chovrotains sont timides ot fuient la présonco de l'Hommo; ils vivent linbituollomcnl 
isolt^s, so tenant sur les rocliors oscarp<5s, dans les vallées dos montagnos couvorlos do bois 
opinoux et auprès dos glaciers. En liiver, ils cherchent dos iocalit.Ss moins froides. A IV^poquo 
du rut, plusieurs so n^unissent ensemble, mais les mAlos se battent pour la possession dos 
femolles, ot ils so font do fortes blessures ou moyen do leurs canines. Lo rapprochement dos 
sexes a liou on novembre et on décembre. Ces Animaux sont alors très-gras. Los femelles 
mettent l)as on mai ou on juin; elles ont un ou doux petits. Leur nourriture est exclusivement 
végétale : en Sibérie, ce sont dos plantes marécageuses, dos fouilles A'arhntm, de rhododen- 
dron mmricum, do vaccinium vitis idea; au Tliibot, elle consiste en herbes plus savou- 
reuses , et lo musc y ost d'une qualité différente. On prend ces Animaux avec des pièges ou 
dos lacets ; dans quelques lioux on les tue à cott,)sde Hèchos. C'est ce que font les Tongousos 
qni emploient pour les appeler un morceau d'écorco d'arbroavec lequel ils imitent la voi-: des 
petits. Celte cliasse no s'en fait ni au printemps ni on été. Au Thibet, il faut une permission 
du gouvernement pour s'y livrer. Les exemplaires pris on hiver, à l'époquo dos amours, sont 
plus beaux on poils, et leur pocho odorante est mieux garnie. La substance qu'elle ronfcrmo 
ost connue do tout le monde par son odeur spéciale, odour qui est à la fois si subtile cl 
SI porsislanle. Lo musc sert non-seulement pour la parfumerie, mais il est aussi employé en 
mtdecmo, principalement comme anti-spasmodique. Lorsqu'on a tué un Chevrotain, on lui 
enlève avec soin sa matière odorante, et après l'avoir dépouillé proprement, on mange sa 
chair, qui passe pour excolleuto. 

Genre TRAGULE {Tragulua, Gray). L'espèce unique de ce genre et celle qui forme 
le groupe suivant n'ont point de pocho odorante, et leurs canines sont toujours beaucoup moins 
fortes, mémo chez les mâles, que celle des Chevrotains; leurs poils sont coucliés et lisses. 

Le Tbacule meminna (Tragulus meminna) , autrefois nommé Mosclm meminna. 
habite les régions chaudes do l'Inde et l'île de Coyian. Il est plus petit que les vrais Chevro- 
tains, fauve brun en dessus, un peu tiqueté, marqué de mouclietures fauves et barré de blanc 
sur la gorge ot le devant du cou. 

Lo Tragule de Stanley {Tragulus Slanleyamts, Gray) n'a été encore observé quo 
dans l'îlo de Ceyian. 

Le Tracule îi apv {Tragulus Javanicus . Pallas) est do Java et do Sumatra. 

Le Tragule Kanchil {Tragulus pygmœus) , que Linné appelait aussi Moschuspygmmis, 
vit aussi à Java. Il ost à peine gros comme un Agouti, mais il a des formes bien semblables 
à celles des autres Ruminants de cette famille ou des plus petites espèces d'Antilopes. Il est 
fauve brun en dessus; lo blanc de sa gorge se trifurque en descendant au-devant du cou ; ses 
jambes sont rousses. 

GenreHYÉMOSQL'E {Hytmioschus, Gray). Il comprend l'espèce ayant les métacarpiens 
et les métatarsiens des doigts médians divisés. Cette espèce a aussi le crâne d'une forme un 
pou différente de celui des Chovrotains à musc et des Tragulos. Sa taille est intermédiaire à 
celle des Animaux compris dans chacun de ces genres, ot ses canines sont faibles. 

L'Hvémosque aquatique {Hyœmoschus aquaticus) a une livrée comme le Meminna ; 
le devant de son cou est marqué de blanc disposé longitudiualement ; sa poitrine est blanche ; 
une grande raie longitudinale blanche existe sur chaque flanc; au-dessous d'elle on en voit 
deux autres irrégulières, ot au-dessus quelques ponctuations blanches. Cette disposition est 
plus marquée chez les jeunes sujets que chez les vieux. 

L'Animal dont il est ici question habite ia côte occidentale d'Afrique, principalement la 
Guinée. Il se tient dans les endroits aquatiques. Il est déjà signalé dans l'ouvrage do Bosman, 
mais les collections européennes ne lo possèdent on nature que depuis quelques années seule- 
ment. L'étude de son squelette a offert un intérêt tout particulier à cause do ia ressemblaace 



nous les om- 



FAMILLE DES CAMÉLIDÉS. 223 

do son pio.1 avec celui dos Cochons et .les nombreux ongulés fossiles qui ont l,«l,it6 ITurooe 
. mlnnt les époques éocéno, proïcèno el miocène; il relio intimement ces li ' A,,!; 
u Hu„n„„„ts, et coml,lo. sous ce rapport, la distance qui pnn.ît les on sépa er dl le 

class.flcat.ons «ooIog.ques où l'on „o tient con.pto que des espc'ces actuelles 



FAMILLE Di:s CAMÉLIDÉS 

Los Crnélid,^ comprennent non-seulement le Chameau et le Dromadnire c'est h ,Hr. in 

;!?«. h/ "«lu'-c"». et los services qu'ils peuveut nous rendre sont si divers ou'on les 

s.dér^ra.t comme les premiers de tous les Animaux don.estiques, si cha eu . e I ,"rs ûa 
s ne se retrouva.t avec plu« do .léveloppement dans quelque -un^s des aut^ s esn e^^ 

1 Homme s'est associées. Les Chameaux et les Lamas ont des mœurs douer les «oût, ^ 

servent comme bCtes do somme ou do trait et comme monture; leur peau est «amie d'nw. 
epa,sse to.son dont on fait d'excellentes étoffes pour v<^tements /des tissus .rosfers pour 
tentes ou des cordages; leur cuir se prèle à diverses sortes de préparât ons en Zm 

remp ace avantageusemct celui de la Vache ou de la Brebis dans un grand nomb e d Js / 
Les Chameaux appartiennent à l'ancien continent et les Lamas au noaveTu Ces uZ; 

Tv LT e^Sr^^^ "-^ '-' ""^^ *"'"" '' P"^ ^-'^- particulTritrsrnd:;^; 
m valeur peut Ctre regardée comme générique ; les premiers ont sur le dos une ou deux I ônnn. 
graisseuses, ta..d.s que les seconds en sont dépourvus; leur squelette etleur erU, on' 
distinguent auss. par quelques signes assez faciles à saisir, mais ils oii^au Ld là mL 
ovation, et leurs caractères généraux permettent de les séa r léirde touT" 
a très Rum.nants; auss., les don..e-t-on dans toutes les classifications comme coi^ti un 

Lis r^.' ''''''''T' r'"'"- '^'"'' ''"''' '"""^"« ''' prolongements qui constir e 
œs ou 1 s cornes dans la plupart des Animaux du m(^mo sous-ordre; leurs pTeds n'ont ul 
eux doigts chacun et ces doigts ont une apparence moir.s fourchue que ceux des H^mlnt 
m^.na.res; leurs dents encore appropriées au régime végétal et s'usant Ta couroZ en 
doubles croissants, sont distribuées d'après une formule qui leur est spéci le AinsiTmA 
co.re supérieure conserve à tous les âges et dans toutes L espèces m^^re d'niiren" 

mon dot?"' """"'"' "'^ ""''^^ ""™"""'^' «' ^•^P«"<^ à '« ^ro'-^'"^ incisive es ZXes 
monodelphes, quo nous avons appelés Hélérodontes. Dans les jeunes sujets on voiî^rv^n 

Sux m iVr '' T' 'T' ^'^' *'^P^°^"'^' ''^''''' «« P^<^-«»c« chez es Ch" 
na sants n. . r r."^'' '"' ^«'"«^' '' J'"' ««^^^ ^^•""•"o Probable que les suj'u 
rieurcrcette ',' ' ' '"^'"f- '' ''' ^'""^"'^ montreraient trois paires d'incisives sup 
neures, cette t,-o,s.eme pa.re d'incisives devant tomber encore plus tôt quo la seconde I . 
pr m.re est seule persistante. Derrière celle-ci, on voit de chaque côtHe cale 'et H 
y a, dernere cette camne et à une petite dislance d'elle, une première fausse-moS i'solée, 

(I) Article Denl$ du Dictionnaire uoiverse! ,!'l„stoirê naturelle. 






: i 



234 OnnnR DES niSlILQlIES. 

nssoz faiblo et en crocliot, iiliicéo onlro le premior et lo socoml tiers do la lonp;uf>ur do la 
biirro. 

1,11 si'rio des mnluircs fonliKiios no commenco (luo plus loin, nprt's rûtranKlcniont do 
la ri'Kion fuciiilo. Kilo oomproud riini poires de dents : deux ovnnt-molaires et trois orrière- 
mnlairos. 

Infôrieuroment la canine, c'esl-à-diro In (juntrième paire de dents, est nellemcnl séparée 
des trois paires d'incisives, et, cependant, celte paire de dents répond bien à celle qu'on nonuno 
à tort la (luatrièmo incisive cliez les Bœufs, les Moutons, etc. Les molaires de la inf'mo màclioiro 
sont au nombre de six pour cluniue C(^té, du nioins, chez les Clinmeaux; la prei nèro fausse- 
molaire est encore caninifornio comme sa correspondante supérieure, et elle est de mémo 
isolée; des cintj autres paires do molaires qui sont on série continue et terminent on arrière lo 
bord dentaire de la mâclioire, deux sont des avant-molaires et trois des arriére- molaires. La 
première de ces deux avant-molaires est petite et caduque. Celle modification apportée par 
l'ùge et celles dont nous avons parlé ù propos des incisives, expl-quent comment les Cliameaux 
adultes ont, comme les Lamas, la formule dentaire { incisives, | canine et l ou ^ molaires. 

lios Camélidés ruminent, mais ce sont do tous les Animaux du même sous-ordro ceux qui 
se rajiproclient le plus des Mammifères non ruminants, mais à doigts éjçulement pairs, que lu 
plu|iart des naturalistes ont associés aux Jumenlés , sous lo nom commun de Pncliydermes. 
C'est surtout avec certains genres éleints appartenant A celte calé^jorie , (|u'ils montrent de 
l'analogie. Malgré la disposition toute spéciale, et pour ainsi dire élémentaire ou typique do leur 
système de dentition, les Anoplolliériums, (pii les ont précédés h la surface du globe, ont avec 
eux des rapports ([ui n'ont échappé ni h G. Cuvier, ni ù de HIainvillo, mais dont on n'avait point 
encore tenu un compte suffisant dans la classification. Cependant, les Anoplolliériums avaient 
un métatarsien ot un métacarpien séparés pour cliaque doigt, tandis (ju'aux pieds des Chameaux 
et des Lamas les deux os ([ui supportent les deux doigts se réunissent en un canon uni(juo, 
comparable à celui des Ruminants à cornes. Toutefois, on doit faire remarquer (]uo lo canon 
des Camélidés conserve à sa partie inférieure des traces encore évidentes do la séparation 
primitive de ses deux éléments constitutifs. 

L'estomac des Chameaux ot dos Lamas n'a point do feuillet comme celui des Ruminants 
ordinaires, ou bien il n'en a qu'un rudimentaire. Quant à la cimiuième poche, signalée dans 
beaucoup do livres comme caractérisant les premiers do ces Animaux , elle consiste simple- 
ment dans quelques excavations cellulaires appliquées contre les parois do leur panse. Ces 
excavations constituent des réservoirs à eau, et leur ensemble mérite assez bien ce nom do 
réservoir. Elles sont d'un grand secours aux Chameaux pendant leurs longues traversées au 
milieu des pays déserts. 

Par une exception tout à fait singulière , les Camélidés ont les globules du sang elliptiques 
comme ceux des Vertébrés ovipares , tandis que ceux des autres Mammifères sont discoïdes 
circulaires comme ceux do l'Hommo (1). Cette curieuse observation est duo à M. le docteur 
Mandl. 

Parlons d'abord des Chameaux , c'est-à-dire des Camélidés qui sont originaires do l'ancien 
monde. 

GEiNRE CHAMEAU {Camdus). Le Chameau et lo Dromadaire sont des Ruminants do 
grande taille, ayant le dessus de la tèto large, les orbites saillantes, la face étroite et busquée, 
la lèvre supérieure fendue , les narines allongées et sans muflo , lo cou long , mais recourbé. 
Leur dos est surmonté d'une ou de deux loupes graisseuses en forme de bosses , et leur 
queue est do longueur moyenne. Us portent des callosités à la poitrine, aux coudes et aux 
poignets, ainsi qu'à la rotule et au talon; leurs mamelles sont au nombre de quatre. Ces 
Animaux sont assez élevés sur jambes. Ils appuient sur le sol non seulement par l'extré- 



( 1) Il y a cependant certains Cerfis qui sont dan^ le même C4is que les Cumélidé» 



il* 



Innprunur do la 

•IraiiKlonioiit do 
et trois iirriiTC- 

lloniont SL'paréo 
lo (ju'on nomme 
m<^mo mfti'lioiro 
)roi liùro fnusso- 
lo ost do mî^ino 
ont on arrioro lo 
■rc-molniros. La 
on npportôc par 
lit les Choinnaux 
° nu ~ niolairos, 
i-ordro ceux qui 
ont pairs, quo la 
lo l'achyilern»,'». 
ils monlrout de 
i lypi<iuo do lour 
l^lobo, onl avec 
on n'avait point 
:lu;riums avaient 
IsdosClinnioaux 
\ canon unicjuo, 
lor que lo canon 
lo la séparatiai» 

i dos Ruminants 
!, signalée dans 
;onsisto siniplo- 
leur panse. Cos 
liion ce nom do 
.'9 traversées au 

sang elliptiques 
s sont discoïdes 
à M. le docteur 

lires do l'ancien 

5 Ruminants do 
oito et busqudo, 
mais recourbé, 
bosses, et leur 
coudes et aux 
de quatre. Ces 
lent par l'extré- 




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CVi.^N\Y,\Vi X BY,Vi\ ftO*SV.S V^'vmdws tiaeXvvauui \ 
d'Asie. 



-,?W'|!iff;?:i 




FAMILLE DES CAMÉLIDÉS. 225 

mitô do leur sabot, comme le font les Chevaux, les Cerfs ou les Dœufs, mais par Inulf! la 
faco inférieure de leurs deux doigts, et celle-ci est garnie d'une semelle calleuse. Cette dispo- 
sition loni- permet de marcher avec plus d'assurance dans les endroits sablonneux, où le pied 
des autres Animaux entrerait dans In sol , et (;lle les rend alors préleiables comme Animaux 
do lra:isport; leur marche est au contraire diflicile sur un sol argileux, quand la pluie en a 
détrempé la surface. Pourtant, bien que les plaines sabloinieuses du désert ou des sîeppes leur 
soient plus commodes, ils peuvent être également employés dans les pays de montagnes, et 
en Algérie comme dans l'Asie Mineure, on les y utilise fréquemment, (iuoi(iu'ils soient alors 
dans des conditions moins avantageuses, et (|uc, dans ce cas, les Mulots leur soient pré- 
férables. 



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M, 




"®**^ '^'^^^zW'"-^ 



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La conformation extérieuro des Ciiamcaux a (juelquo chose d'étrange, ou même de disgra- 
«;ieux, lorsqu'on la compare à celle <les Chevaux et des Bœufs, et, au premier abord, on les 
croirait moins favorisés par la nature. Leurs lèvres épaisses ajoutent encore à la singularité! 
de leur physionomie, en mémo temps (juo leur bosse leur donne une apparence difforme; 
loutefois, on passe aisément sur ces prétendus défauts, en raison des services qu'ils rendent 
et des difficultés dont ils Iriomphent; on s'en rend même compte, si on les envisage à un 
point de vue plus scii?nti(i(iue. llieutèt, en effet, on voit (pie tout a été prévu par la Nature 
pour leur rendre pos;,ii)le le séjour des endroits les plus arides et pour assurer leur existence 
au scindes contrées les plus stériles. Sous un ciel brûlant et dans une atmosphère desséchée, 
leur santé n'éprouve point d'altération sensible et leur marche est assurée, même au milieu 
des sables mouvants. La singularité appareido de leurs allures est en harmonie avec ce genre 
de voyages; les loges ou petites anses do leur pause leur permettent de supporter pendant un 
temps considérable la privation d'eau, et la graisse iiui s'accumule sur leur dos ou dans 
d'autres parlie.s de leur torps rend leur sobriété plus facile, puisque c'est aux dépens de cette 
substance que l'alimentation générale de leur corps s'entretient, et que les Chameaux, lors- 
ii« PAnriF, on 




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2-'c onnnR hks JtrsiiLQi rs, 

«lu'il.s no trouvc.it autour d'eux qu'une nourriture insuffisauto, utilisent par la combustion 
ro.sr.,ral.ure cette partie .le leur prr.pre substance. Aussi, les lonj^s voyages que ces Animaux 
accomplissent dans le .léserl occasionnent-ils un amaigrissement exlrr^mc de toutes leurs 
parties, et plus spécialement de leurs loupes dorsales, et leur corps se décbarne pou à peu- 
niais SI, après leur arrivée .lans les oasis ou dans les villes, une abondante boisson leur esl 
oflerle, ils peuvent en -lucLiues beures ivprendro une meilleure ar-parence, leurs tissus re- 
couvrant, grAco à cette imbibilion, toute la .luaniité do substance aqueuse «lu'ils avaient perdue 
par la fatigue du voyage. Cette translormalion est «luel-iuefois assez rapide pour rendre ces 
Animaux méconnaissables pour leurs propres coiulucteurs , car elle a fait «lisparaître l'espèco 
d emaciation générale .[ue ralmospbèiv avait .iccasionnée dans le corps des Chameaux Néan- 
moins, Il faut à ces Animaux idusieurs semaines d'une alimentation régulière et abondante 
pour redevenir aussi gras .prils l'étaient au moment de leur départ, et ce n'est (lu'à cette 
condition qu'ils reprennent la faculti- si précieuse .,u'ils avaient de résister aux fatigues; aussi 
les gens des caravanes, qui veulent accomplir plus sûrement et plus rapidement leurs vova-os 
cbangent-ils on route ou avant leur retour les Chameaux amaigris par une longue travméo' 
contre d autres <iui ont eu le temps de se refaire par un repos suffisant et une nourriture 
abondante. Une abstinence trop prolongée et une faligu.- excessive feraient périr les Chameaux 
et. dans les caravanes, beaucoup ,1e ces Animaux restent en roule victimes des privations 
exagérées auxquelles on les a soumis. 




! r , 'T '""'"■'"' ° " -"'"■''■ '■'■"' 'I"' '■" '» l'I"» "'T""*» «t 1» l*is caa,rc est 

Col r;';'?rnr'"'''"^ ''''""'■'"'''■"""''"■"'')• '1™ "■•'«'' ^ 

Col A„ mal ,10,,, PI,,,.. „ pario „„, le „„,„ ,|, c.mcl,,, ,1,-*,, v t ,., ,rfct * " r l.fc « 

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FAMILLE DES CAMÉLIDÉ?. 



On reconiiiitt trois variiHés d 



227 



liuis l'csfjoco du Dromadaire; la iircinii-rc est colle du Dromn- 



ourotnllr. '"?'?'■ '""! ^ '"' '^'"''""'"' ^ ^•'-""" "«^'""■"'^"" •^■■'ctrion. Ou l'e.n„loic 

1 .; 1 ?'n ' '?••" "' """' "nifor.né,neiU ,ris et courts. La troisic.no est déW.iéa 

Tu erts 2 ■';'•'" ™""''"' " ^''''' ""^"^^« '■» -^ J"'"»^- ""'-«"'•- -" 
touveries de lougs poils aiusi (|ue sou cou. 

.Ia!^n!r!'r'r"'''l 'j^V"'^"""'''"' '''^'^""^'" ''""' ''^'^''"^ '""'^ ''^<^'''P">' ^' «" ''•^''^vc aussi 

est e, lo n . "i '■' r . '^" "" '•' '"''f'"'^'' "'■'"'"""■^' ^' '' ^'■'■''1»^'' 'n»i^ '^«ll^ P«rtie ^1» "'"'"l" 
n .s V .v!? '■'" '-' ' ''"■''''• ^^""'"" ^''"'""■'' <-'" '"^-^1"" P'"- '«^^ "•'•'"■'•"^ . i' "<^' l""'"it 
1 comn , "■"'';"■'' "' '"''""' 'J^'^'»""'i"^S ce ue fut que vers la iiu du ,n^' siècle, ou ^ers 
le on mcM.cen.eut u n% <,ue les Aral.es, après avoir passé l'isll.ne de huez, le répaudireut 

n aux 1 n'^'r"' TT 1',''^^ "" '''-^■"'^- '^'^^'"^"'"'^ '"^ " '»- 'P^'i' »'.>• ^'^•^"' P- ^« tlha- 

r, fl "■' ■' " '^ '""'""" ''^■''"''"'' '■^""""'"' P"*^'!"''" ^■^"i^>» "o»« "PP-'^'»^' '!»«> '1« 

e \j^Z' ;" ' ""'!'' '"" '^•••''"''^""^'^^ ^'''i''"t ^» »^«^^ à Alexaudrie. Après l'époque 

d. Be saue, ,1 arriva eu Afrique des Imrdes uo.nbreuses de Dro„>adaires, mais il paraît bien 

sont ? ''"'; T ^'";"""^'"'"'^ "'o"t pas possédé ce Mammifère. Ce fut dans l'Asie Mineure, 
u la conduite de Lucullus et .laus la guerre contre Jlithridate. <,ue les Romains comhat- 
l tu pour la première fois des cavaliers montés sur des Chameaux; ils n'en transportèrent 
pas dans leurs possessions africaines, 





I 



228 ORDRE DES CISULOl ES. 

Dans beaucoup do localités on élève à la fois les deux espèces du genre Chameau ; leur 
plus grande utilité est de servir pour les caravanes. Les commerçants et les voyageurs (pii 
traversent le désert , se réunissent par troupes nombreuses , pour éviter les insultes et les 
pirateries des Bédouins et des Arabes. Ces caravanes sont parfois desservies pardesC'iameaux 
de l'une et de l'autre sorte, mais les Dromadaires s'y voient en général, à l'exclusion du 
Chameau à deux bosses , et comme il y en a pour porter les bagages, les marchandises, les 
vivres et les Hommes , ils y sont en très-grand nombre. Lors(iu'une caravane, comprenant des 
Animaux empruntés aux deux espèces, doit se mettre en route, on charge les Chameaux do 
volailles, d'eau, de légumes, de charbon, etc.; les Dromadaires sont surtout réservés aux 
voyageurs. Au moment du départ un Arabe chargé do conduire la troupe so place en avant; 
il est suivi par les Chameaux chargés de tout leur attirail et les Dromadaires ferment la 
marche. Presque aussitôt, le conducteur entonne, en guise do chanson, une espèce dô 
râlement des plus singuliers, et aussitôt la troupe so met en marche, accélérant ou retardant 
le pas, suivant les variations cju'il imprime à son chant; aussi, lorsqu'une caravane veut idier 
à grandes journées , le conducteur ne cesse-t-il un instant sa musique , et s'il est fatigué un 
autre homme le remplace. 

En Algérie, on emploie les Dromadaires, non-seulement dans la région saharienne, mais 
aussi dans d'autres provinces, et certains charrois de Philippeville à Constantinc ou à Sétif, etc. , 
se font à dos do Chameau. On doit au général Carbuccia un ouvrage intéressant sur les Dro- 
madaires algériens qu'il distingue en deux races, l'une à formes massives, l'autre à formes 
sveltos; ceux-ci sont les Mhari ou Méhari des Arabes. Le travail du général Carbuccia a pour 
titre : Du Dromadaire comme bêle de somme et comme Animal de guerre. 

Depuis 1729, on emploie des Dromadaires dans les maremmes de la Toscane, et, posté- 
rieurement à cette époque, on en a transporté dans plusieurs autres localités, soit en Europe, 
soit on Amérique. 

Moïse avait mis la chair des Chameaux au nombre des viandes impures , mais il n'en était 
pas de mémo chez les anciens Perses, qui la servaient sur leurs meilleures tables. Ces Animaux 
ont été vus autrefois à Rome, principalement du temps des empereurs, et Iléliogabale a fait 
manger leur chair dans plusieurs do ses festins,, en môme temps que celle des Autruches. On 
dit qu'il estimait surtout leurs pieds, et qu'il se réjouissait en pensant qu'il avait inventé un 
mets nouveau. 

Le Chameau BACTRi EN {Camclus bactrianus) , que beaucoup d'auteurs appellent simple- 
ment Chameau et d'autres Chameau à deux bosses, se distinguo au premier abord par les 
deux loupes graisseuses qui surmontent son dos, et dont l'une placée sur le garrot tomb(> 
habituellement de côté, tandis que l'autre, située plus en ar-ière , reste droite chez la plupart 
des individus; il est en général plus grand que lo Dromadaire; ses jambes paraissent moins 
tiautes proportionnellement; sa démarche est plus lente et ses lèvres sont encore plus ren- 
flées; enfin son corps est couvert de poils en génélal plus touffus et plus longs, et sa couh^ur 
est brun roussûtre. Il est originaire de l'ancienne Baciriane, aujourd'hui \n pays Aos. Usbecks, 
dans les plaines du grand plateau tartare; il s'étend maintenant jusqu'en Chine. Ce Chameau 
est plus répandu en Asie qu'en Afrique, et il y est employé do toute antiquité pour le service 
domestique ou militaire. On l'a (piehiuefois considéré (îomme n'étant ipi'une simple race d'une 
mémo ospècoù laquelle appartiendrait aussi le Dromadairn, ot l'on a cité à l'appui do cclt" 
manière de voir la possibilité (pi'ont ces deux Animaux de i)ro(iuire ensemble; mais c'est là 
une |)reuve insuffisante, car il est bien certain que plusieurs espèces réellement différentes 
•Mitre elles peuvent donner des métis fi'conds lors<}u'on les a rapprochées. 

Les Tartares des steppes do la Crimée possèdent quelques Chameaux qui no paraissent pas 
se ressentir de la rigueur des hivers parfois si grande dans cette contrée. Ils les emploient 
surtout à transporter jusqu'à Odessa des raisins , une espèce particulière de pommes atipch'n 
sinap et d'autres produits du pays. Les Chameaux de la Crimée sont assez variés en couleur 



hameau; leur 
.oyaxours (|iii 
iisultcs et les 
[lesC'iamcaux 
l'exclusion du 
Iianilisos, les 
mpronant des 
Ciiamoaux <lo 
réservés aux 
ace en avant; 
3s ferment la 
ne espèce de 
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FAMILLK DES CA.MKLIDI-;!?. 229 

Gr.NnK LAMA {Auchnùa, llliser). T.iillo nidindro <iuo collo dns Chameaux; point do 
loupes f^raissonsos sur In dos; ijuouo plusrourlo; pieds é;;alementdidact>los, mais n'appuyant 
sur le sol ipio i)ar leur iiarlio teriniiiale et ayant les saliols moins épatés ; (|uatre mam(!lles 
distinctes; dos callosités à la poitrine et aux genoux. Les Lamas sont des Animaux propres à 
r\tnéri(iue, ijui sont oriijinaires do la snindo cliaino des Cordillères, oii on les rencontre 
depuis la Nouvelle-Crenade jus(|u'au Chili. Avant l'arrivée des Espagnols en Amérique ils 
formaient le seul liétail des lialiitanis do ces contrées, (lui on (iraient le m(''nie [larli que les 
Arabes tirent des Chameaux, Leur poil , qui est plus lin que celui do ces derniers, fournit 
d'excellentes étoffes; leur peau peut être utilisée, comme cuir ou comme fourrure; leur lait 
(^t leur chair sont de lionne (|ualité : ce (jui en faisait autrefois et en fait encore aujourd'hui 
des Animaux d'autant plus précieux, (ju'on peut les employer aussi comme montures ou 
comme hétes do sommes. 

Tandis ipio les Chameaux proprement dits sont conformés pour vivre dans les sables du 
désert, les Lamas sont au contraire des Animaux de montagnes, et c'est dans des lieux 
autant (jue [lossihlo analogues à ceux auxquels leur organisation a été appropriée par la 
nature qu'il faudrait placer les troupeaux do ce genre (juo l'on cherche à acclimater en 
Europe. 

S'ils n'ont point réussi jus(|u'à ce jour dans notre pays, on ne peut guère en accuser (juc 
l'incurie regrettable des personnes à la garde desciuelles on les avait confiés. 

Au Muséum de Paris, dans les jardins zoologiques de Londres ou d'Anvers, et dans 
()uelques antres endroits oii les Lamas ont été soignés avec intelligence , ils ont au contraire 
(irospéré et ils s'y reproduisent facilement. 

En i841 , on en comptait déjà soixante-dix-nouf en Angleterre et en Ecosse; il y en a eu, 
à diverses époques, on Hollande, en Prusse, et, antérieurement, on en avait apporté en 
Es|)agne. Le premier Animal do ce genre (|u'on ait montré en Franco y arriva par la voie 
d'Angletorro: on le voyait à l'école d'Alfort en 1773. 

Buffou conseillait déjà l'acclimatation des Lamas , et cette idée reçut les encouragements 
de Louis XVI. Leblond, (lui avait voyagé en Aniéri(iue, lit paraître, il y a une cin(iuantaine 
d'années, une brochure fort pi(}uante oîj il traite cette intéressante question, et, depuis lors, 
beaucoup de naturalistes français et étrangers , parmi lesquels nous citerons MM. Is. Geof- 
froy, do Castelnau, Weddell, Gay et Deville, s'en sont occupés do nouveau. 

On |ieut donc espérer qu'en Europe, et plus particulièrement en France, l'agriculture s'en- 
richira de ces utiles Animaux; cependant il ne faudrait pas fonder sur celte intéressante 
ac(iuisition do trop grandes os|)érancos. Il eu est ici commodes autres essais d'acclimatation, 
dont tant de personnes instruites s'occupent avec raison. A certains égards, elles multiplie- 
ront les services déjà si variés que nous devons aux espèces (|ue nous possédons; mais ces 
espèces n'ont rien à redouter d(! celles qui nous manquent encore, car elles luttent avantageu- 
sement avec elles jus(iue dans leur propre |)ays et elles tendent cIia(iuo jour à les y rem|ilac(!r. 
L(! désir d'acclimater m Europe quchpies Animaux nouveaux, qui seront longtemps encore dos 
objets de luxe ou de curiosité, ne doit donc pas faire négliger de répandre nos propres espèces 
sur les différents points du globe, et d'accroître encore, par l'extension dont elles sont sus- 
ceptibles, les richesses déjà si nombreuses qu'ils iirocurent à notre espèce. 

Le poil des Lamas et celui des Vigognes était, de[)uis longtemps, employé en Amérique 
pour la fabrication de certains tissus. Depuis (pudiiues aimées, on en apporte en Europe une 
quantité considérable dont les fabriques anglaises et françaises ont su tirer un excellent parti. 
C'est principalement sous ce riq»|)orl que ces Animaux seront utiles à nos contrées, et si l'on 
pouvait les répandre dans nos montagnes des Pyrénées , des Alpes , des Vosges , des Gé- 
veimes, etc., ils deviendraient C(U-tainement pour ces régions une nouvelle branche d'industrie. 
C'est ce <]ue. les natupslistes que nous avons cités ont cherché à démontrer dans iours di- 
verses publications. 



) 



230 OIU)«E DES msi LQLES. 

Oa admet dans lo genre dos Lamas lanlôl plusieurs espèces, t.mt.M, au contraire plu- 
sieurs varioles d'une seule et même espèce, et on leur donne les noms do : 

Lama domestiouk {Auclwnia glama); 

Lama ai,i>aca {Auchenia Llacma); {PI. XXXV.) 

Lama vicocnk (Auchenia vicunna), 

Lo Lama (lomesti.|ue ou Guanaco habite la partie supérieure des Cordillères, à une hau- 
teur moyenne tle 3,000 à 3,500 mètres, dans dos pays dont la température est assez variable- 
Il a i ,30 et jusqu'^ i ,70 au «arrot. La couleur de sa robe varie ; habitucllenionl elle est brune 
ou noue; mais d'autres fois elle passe au brun clair, au «ris, au jaune roux ou même au 
blanc ; sa laine est assez Une, lustrée et do bonne qualité. La femelle porte pendant dix mois. 
L Alpaca vit dans les mêmes lieux que le (luanaco et parait n'en être (lu'une variété. Cepen- 
dant , Il a les oreilles plus courtes et la tête moins longue; sa toison, qui est plus fine pré- 
sente les mêmes variétés de coloration. La Vigogne est plus petite que le Guanaco et que 
I Alpaca ; elle a des formes plus fines ; son pelage est roux brun , plus chrr aux parties infé- 
rieures. C'est un Animal timide, qui devient très-doux en domesticité. Ainsi que l'a fait remar- 
(luer M. do Qualrefages, c'est la plus petite espèce du genre (lui nous occupe; mais peul-ôlro 
serait-elle la plus utile si l'Homme, au lieu de la chasser comme une bêle fauve et do lu 
détruire peu à pou, cherchait à la soumettre à son empire comme lo Lama. Sa riche toison 
\ qui, pour la finesse et lo moelleux, surpasse toutes les laines connues, lo récompenserait 
: amplement de ses soins. Dans plusieurs occasions, on a croisé la Vigogne avec l'Alpaca , et 
l'on a obtenu un produit mixte entre ces deux espèces qui paraît devoir être fort utile. Pen- 
dant son voyage en Bolivie, M. Weddell en a vu un troupeau comprenant déjà trente-quatre 
individus. 

L'Améri(|ue a nourri autrefois une espèce do Lama (lui dépassait on grandeur celles <ju'on 
y trouve actuellement. Nous l'avons décrite sous le nom iVAuchcnia Weddelii. 



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SOUS-ORDRE DES PORCINS. 

La dénomination de Porcins convient parfaitement aux Animaux de ce sous-ordre, si l'on 
n'a égard qu'aux espèces qu'ils fournissent acluoUemont aux divers continents. Toutes en 
effet, ressemblent plus ou moins au Porc domesti(iue par l'ensemble do leur organisation' et 
l'Hippopotame, (|Uoiquc plus volumineux que les autres, montre aussi la même organisation 
goneraie. Beaucouj) d'espèces antédiluviennes sont aussi dans le même cas , et il n'est pas 
jusqu'aux Anoplothériums, ces Animaux si singuliers, qui ont autrefois vécu en Europe, dont 
les caractères n'aient (luelques rapports avec ceux des Cochons (1) ; cependant les Anoplo- 
thériums et la plupart des genres qui rentrent dans la même famille avaient les dents moins 
émousséos et leur régime était ccrtainoment plus herbivore. Les espèces éteintes de la grande 
division des Porcins ont été incomparablement plus nombreuses que celles qui leur ont suc- 
cédé sur le globe, et l'étude do celles (ju'on a découvertes en Europe a conduit les anato- 
mistes à la distinction de différents genres, dont nous nous bornerons à rappeler ici les noms 

Ceux qui rentrent dans la tribu des ANOPLOTHÉniNs, sont intermédiaires aux Porcins 
proprement dits et aux Ruminants. On les divise en genres de la manière suivante • 

Anoplothcriiim, G. Cuv. (2); Eurytherium, P. Gerv.; Clialicotherium, Kaup, ou Anisodov, 

(I) M. Lùrlet esl conduit, par Tobservation de nouvelles pièces découvertes dans les dépôts tertiaire* moyen, 
du Gers, a reporter aussi le genre Lislriodo:i, auquel il donne le nouveau nom de Lophiodia-nis parmi les 
Uisulques du sous ordre des Pcrcins. Ce serait alors le Ivpe d'une nouvelle Irihii 



(-2) Le cerveau de; Anoploilit-riuins, .(ue l'on connaît ( 



après une p érp déjà signalée par. G. Guvier, parait a 



avoir 



ontruiro, plu- 



s, à uno hiiu- 
issoz Viiriablo; 
l'Ile est brune 
ou nii^mo au 
Joiit dix mois. 
jrit'U'î. Ccpoii- 
lus fine , [>a^- 
laiiiico et quo 
< parties infé- 
l'a fait rcmar- 
nais pout-Ctro 
fauve et ilo la 
riche toison , 
icompcnscrait 
c l'Alpaca , et 
rt utile. Pen- 
Irenlc-quatrc 



•*E' 



colles qu'on 



>rtlro, si l'on 
. Toutes , en 
^anisation , et 
oriïanisatiou 
t il n'est pas 
Europe, dont 
l les Anoplo- 
dents moins 
de la grande 
leur ont suc- 
it les anato- 
ici les noms. 
aux Porcins 
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SOliS-ORDUK OKS POUCINS. JU 

Li«s Hvoi-oTAMiNS ëluipnt lr(is.vnl.^in« de» Anoplutl.mns. nu.is leur .h-ulilion .'Init nin, 

Los Ch.:;„o,.otamin.s so rnpprocl.aiont .los Sungliors s.ms plusieurs ropports • 
A« c.W«« Avinonl; a„;-opola,„us , G. Cuv. ; y/y.«ro//..n,„„ , Ow.n. 
hn lu OH .loit .•■•.pprochor eucon, plus .lo la f„millo .|...s Sangliers lo gouro t^Kalem.-ul .'.toint 
a^Pai^oC^ru., Pou.0., ,,ui cl trùs-pn>bal.ln,nout lo n..,no ,,uo celui ..'t^ZloT, 

Tous les Animaux, soit vivants, soit fossile,,, ,Ju sous-onlro ,Ios Porcins, sont pourvus de 

./.le à peu près conforma comme celui .les Cochons, et par conséquent en osselet On 

K n ca ah do rumu.at.on. Cepen.lant il est difllcilo d'assurer .,ue tous les Auoploth Vils 
aient ete réellement privés do la possibilité do ruminer ^ 

Les Animaux présentement vivants de ce sous-ordre rentrent .lans les genres Hippopotame 
IkacocMre SangUer, IMiroussa et Pécari, qui diffèrent tellen.ent entre eux qu'Hr our^ 
raient d.jvemr le type d'autant do ti'ibus distinctes. ^ ' 

roim^acluelle".'' *^""''" ^' *'"''""' '""' '^'" ^""*'""'' ^""''"'' '''"' """ •^'^ «"''' «^I"^'«^"« ^ l'Eu- 

nl.o.^rt'è";!Îlse'' u"""' " "' f ■^^'^'^"'--)- A'-'- •'« t-"" f^iî^-tosque, à corps lourd. 
V h ni '"^■"*>7' ''«« «"rjaml.es, n'ayant que quelques poils rares et isolés. Leur t<^le os 

M . ;;;:r'oM ;'""." '""'' 'r^'^-'"'"' ■" ^^^^^ -'»n-^'f«re„te do cdl; d s ut^^s 
fa nim.feres et leur bouche est extrêmement grande. Ils ont à cha.iuo pied quatre doistts 

.tu, cornet leurs yeux me.hocres et placés à la face supérieure; leurs nariiies é<^al..ment 

I.r on ^2o " r/- r^' e' "■''"'"'"' '° '^ ""'"^°' P«rfaitement appropriés dan 
si^lo so Tù I ur n ni ' T^' ''"* "'"' "'" ''' '^''''^'^ '^^''^ '' tnnbarrassés 

Ïo i" " sLT: ^""'"'^ ""'«""' '^'^ '«- P-P- P0'^^«; --si aimeut-ils à nager et 

n.û s de 'neu s n . r'^T'^' <'« '«"•• ^*« "«'- •" vase des marais ou ,Ia„s lo 

^.uL:;;uns -r^iS^ît^x^^^ "^ --' ^'^ -^' 

l'ii beaucoup d'analogie ave<! oehi d-" d^Vi-;- rv-t r- -.».!•• . . .• « ^ 

'l"i a étudié avec be'aucouD de soin iVrnnfniim,.', ? ^^ ^"'^ ' ''*' "• '""''■"'«' ^''«loK*^" <listi„jf„,*, 

ciussc dos Mammifères "^ conformation extérieure du certeau chez le, principaux groupes de là 






' 




232 ORDIIE DES nfSlLQUES. 

Pendant que les Flippopotaincs nagent, l'aii- do leur respiration lanco au dehors, sous 
forni(! d(î iictiLs jets irréguliors. une parlie de l'eau (pii tend à s'iniroiluire dans leurs na- 
seaux. A terre, ils sont plus sinj^uliers encore, à cause de leu''s formes obèses et de la nudité 
do leur pc.ni, Leur corps est ci général hrun, sauf auv jointures, autour des yeux, aux 
aines, etc., oii il est (ilus ou moins rose. De nombriu,-;es goutteleltcîs suintent, comme des 
perles, de la surface de la peau ; c'est ce ipie P. Gilles avait dî'jh indi(iué, et c'est ce (juc l'on 
voit très-bien sur les deux Hippopotames (lu'on a amenés en Europe pour les faire voir à 
Londres et ù Paris : la couleur de cette sécrétion est cannelle clair. 

Ils ouvrent de temps en temps leur gueule, surtout lorsqu'ils veulent bâiller. Cet immense 
orifice a un aspect tout |)arliculier; sa lèvre supérieure est grossièrement ép.dssie en avant, 
et elle descend bien au-dessous du niveau qui la limite à la région maxillaire latérale, oîi 
c'est au contraire la lèvre intérieure (|ui remonte au-dessus de la ligne qu'elle atteint en 
avant. La bouche est ainsi fendue jus(iu"au delà des jeux , qui sont ccpendiuit fort reculés , 
et lorsiiue les grandes canines inférieures, ainsi (lue les grosses pointes des incisives se 
sont développées, cette espèce; d'antre armé et fortifié de toutes parts a quelque chose do 
réellement effrayant; il est prudent de s'en tenir éloigné, quoi(iue l'Hippopotame ne soit 
pas du tout un Animal féroce. Lorsque la bouche se ferme , la lèvre suiiérieure descend m 
avant et sur les côtés comme une énorme lippe (lui recouvre l'extrémité de la mâchoire 
inférieure et en cache en partie la lèvre; mais sur les côtés, c'est cette dernière ijui remonte. 
Entre les arcades zygomati(iues et l'élr.rgissement qui supporte les canines la tête est comme 
étranglée. Lesyeux sont saillants et rappellent ceux d'une tête do veau préparée pour la 
boucherie, ressemblance (|uo la nudité <le l'Hippopotame rend [dus frapiiante encore. Lorscpie 
l'Animal fiente il agite latéralement sa iietite ([ueue avec rapidité, comme il le ferait dans 
l'eau pour délayer ses excréments; son cou est plissé; renseml)le do son corps ressemble 
extérieurement à un immense sac de graisse. 

Pour s'emparer des Hippopotames, Il faut les prendre fort jeunes et encore à la mamelle. 
Ceux que l'on possède ont été ainsi enlevés à leur mère, et il a fallu les nourrir d'abord a\ec 
du lait, dont ils consommaient une grande quantité. Les pommes de terre, des fruits de diverses 
sortes, les fourrages, etc., servent maintenant à leur alimentation ordinaire. Ces Animaux 
aiment à se vautrer et à se baigner, et, sans cette dernièie hal)itude, pour laciuelle on leur 
donne d'ailleurs toutes les facilités possibles , ils seraient fort sales; car leurs goûts sont si 
sordides qu'ils semblent prendre plaisir à mâcher jusiju'à leurs i)ropres excréments. 

Dans les grandes rivières de l'Afriejue, on ks [loursuit pour obtenir leur pc^au, qui est très- 
épaisse et qui sert à faire des boucliers, ainsi que divers autres instruments. Ou estime aussi 
leur chair, surtout celle des jeunes, et l'ivoire de leurs dents a une valeur assez grande. La 
graisse des Hippopotames passe jiour un mets exquis. Les perfectionnements des armes à feu 
ont rendu la chasse de C(;s gigantesciues Quadrupèdes, comme d'ailleurs celle do la |)lupart 
des autres Animaux, beaucoup plus facile (|u'elle ne l'était autrefois. 

On surj)rend l'Hippopotame de deux manières différentes : d'abord la nuit, à sa sortie du 
fleuve, quand il broute les roseaux ou qu'il vient paître dans les plaines voisines; on l'attend 
alors à l'affût ou bien on le cherche dans les pâturages ; d'autres fois on l'attaiiuo de jour, diiiis 
le fleuve même, et on l'y fusille lors(iu'il vient à la surface respirer, u Lue embarcation (>si 
excellente pour une manœuvre de ce genre, dit Delegorgue : elle porte les Hommes du centre 
de la troupe, et, précisément au-dessus d'elle, de fortes assagayos, solidement fixées à des 
longues gaules, sont employées par les chasseurs à sonder le fond, à tàter et |ii(|uer les 
Animaux, qui s'étonnent d'être attaqués jus(|uo dans les profondeurs creusées par eux-mêmes. 
Ils déguerpiront à coup sûr, mais gare au canot dans les brus(|ues mouvements qaa font 
les amjihibies (|ui s'agitent! Quehpjefois Ils le soulèvent et le chavirent; souvent ils saisissent 
de leurs dents les doux borduges à la fois et lus brisent ; on y court la chance de devoir se sauver 
ù la nugo après avoir perdu ses fusils, ciioso infiniiaont regrettable, comme ccdlo d'être saisi 



au dehors, sous 
ire dans leurs iia- 
ses et (lo la nudité 
)ur dos yeux , aux 
intent , comme des 
L't c'est ce ([uo l'on 
lu' les faire voir à 

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llll'l'OHnWlK.II.t M- sr,rl 



molli//, ■ ■ Ay^,,/!, ■/„ „^„, ,J 



soiis-onnuE dks pojigins. 233 

par los Crocochlos, twiioins secrets do tout co qui so pusse à llour cl'oau. L'Hippopotame no 
faisant, ([uo je saehe, aucun mai aux Ilommos dont l'embarcation vient d'fitie submergée 
|)ar lui , n'est compté pour rien dans le danger que l'on court une fois à la nage. » 

Le nombre dos Hippopotames diminue beaucoup. Dans le territoire do Natal, trois 
Hommes, durant un mois, com|)tùrenl 30 h M Hippo|.otames tués |)ar eux à Tonguela , 
on 18.30; en 1840, 21 à 23; en 1841 , 10; ou 1842, 3. En 1843, il n'en fut pris que 1 ou 2. 

L espèce était commune dans la colonie du Cap, au temps do Levaillant; elle abondait 
surtout à Corg-Hivior, et cependant elle n'y ost plus représentée on 1838 (lue par deux vieux 
maios qu(! Delegorguo vit sur h propriété do M. Melek, riche éleveur do Chevaux, qui les 
conservait comme n'appartenant (|u'à lui seul et leur accordait toute protection sur ses terres. 
Los plus vieux Hottentots do l'endroit assuraient les connaître depuis leur enfance. 

L'Hippopotame est une do ces espèces destinées à disparaître devant l'extension do lu 
(•ivihsution sur le globe. Elle était autrefois bien plus abondante dans le Nil <iu'ollo no l'est 
aujourd'hui; elle diminue aussi dans les rivières de l'Africiuo occidentale. Ses mœurs paisibles, 
<• produit qu'on peut tirer do son corps sont deux motifs ([ui hâteront su destruction, et depuis 
longtemps cette destruction serait opérée si l'Afrique était aussi cultivée que l'Europe, et si 
s(!s neuves recevaient un aussi grund nombre de bateaux do toutes sortes. 

Les naturalistes ont longtemps hésité au sujet des affinités de ces Animaux, et c'est à tort 
qu ils les ont presque constamment classés à côté des Rhinocéros et des Tapirs. C'est dans la 
famille dos Sangliers, dos Cochons et des Phacochères, que les Hippopotames doivent Hm 
rangés, comme on pourra s'en assurer en revoyant les principaux traits de leur organisation. 
Bien différents des Jum.nités, ils ont l'astragale en forme d'osselet, comme les Cochons et ! 
les Ruminants, mais cependant plus raccourci que le leur, et leur fémur manque comme 
celui do ces derniers Animaux do troisième trochanter. Aristote signale déjà la conformation 
do leur astragale. 

Comme on le voit, co genre singulier de quadrupèdes ost connu depuis fort longtemps, 
et, postérieurement à Aristote, Diodore de Sicile, -lui a été contemporain de César et d'Au- 
guste, on a donné une description encore plus détaillée. Quelques philologues ont pensé qu'il 
avait été question des Hippopotames à une époque bien antérieure, et ils ont voulu le 
retrouver dans le Bchemoth do la Hible, dont il est question au livre do Job, chapitre XL; 
mais il ny a non do certain à cet égard. 

Antérieurement aux temps historiques, pendant la période diluvienne (1), il a vécu des 
Hippopotames en Europe. Plus anciennement encore, il y en avait dans l'Inde, mais on n'en 
trouve plus maintenant qu'en Afrique, et, dans les régions où la civilisation a pénétré, leur 
race a déjà été anéantie. 11 faut remonter très-haut dans le Nil pour on rencontrer, et il n'y 
en a plus vers l'embouchure du Sénégal. 

Cependant les deux Guinées possèdent également des Hippopotames, et il y en a dans la 
rivière Orange, qui traverse le pays des Hottentots; dans certains endroits do la colonie 
du Cap, en Cafrorio et sur la côte orientale; au pays de Natal; en Mozambique; peut-être 
•iuns le Zanguebar, et certainement en Abyssinio. Ces Animaux massifs ont besoin d'eau , 
(!t c'est dans les grandes rivières ou sur les marécages qui les bordent qu'ils passent la plus 
grande partie do leur vie; ils plongent avec facilité, restent assez longtemps sous l'eau et 
niarchent dans la vase, qui forme le fond des rivières, cherchant pour s'en nourrir les 
[liantes aquatiques les plus succulentes. 

L'espèce ordinaire de co genre ou I'Hippopotame amphibir {Hippopotamm amphibius) 
(II. LH) acquiert dos dimensions colossales, certains individus ayant le corps long de 2 mètres 
ou môme plus. C'est d'elle que l'on a vu à Rome, il y a déjà plus de dix-huit cents ans, plusieurs 
individus pris dans le Nil, et les deux Hippopotames que l'on montre on ce moment dans 



(1) Hippopotamus major, etc. 

11" l'ARTIii. 



30 




234 ORDRE DKS BtStî.QUES. 

les Ménageries do Londres et de Paris lui apitartiennciU aussi; ils proviennent du inAme 
fleuve. Toutefois, il n'est pas certain (juo tous les Hippopotames de même taille que nourrit 
l'Afrique aient absolument les mêmes Ciiractères , et il est à présumer qu'une connaissance 
plus complète de ces Animaux montrera (pi'ils constituent, comme les Girafes, les Lions et les 
autres grands Animaux propres à ce continent, plusieurs races différentes, suivant les grandes 
divisions territoriales qu'ils habitent; quehjues auteurs ont môme cru reconnaître parmi eux 
plusieurs espèces. Desmoulins et M. Duvernoy, entre autres, séparent les Hippopotames 
du Sénégal et de l'Abyssinie de ceux de la région du Cap; mais on n'est encore arrivé à cet 
égard à aucun résultat bien certain. 

^ D'autre part, on sait aujourd'hui que la petite républii|ue de Libéria, quia été fondée par les 
États-Unis au cap Mesurado , sur la côte de Guinée , possède un Hippopotame d'un bon tiers 
plus petit (jue les autres. Cet Hippopotame a aussi le crAne d'une forme un peu différente , 
et il constitue bien certainement une espèce distincte du précédent. M. Morton l'a d'abord 
décrit sous le nom il' Hippopolmiius minor; mais G. Cuvier avait déjà employé les mêmes mots 
pour désigner une espèce, plus petite que l'Hippopotame ordinaire, fossile en Europe, et 
qui se trouve dans la même condition d'infériorité, par rapport au grand Hippopotame fos- 
sile. Aussi le nom du petit Hippopotame vivant a-t-il été changé par M. Morton, qui l'appelle 
maintenant Hippopotame »e Libèrik {Hippopotamus Hberiensis) , dans son Mémoire 
descriptif publié à Piiiladelpbie pendant l'année 1849. 

GENllK PHACOCHÈRE {Plia- 
cochœrus, F. Cuv.). Apparence exté- 
rieure assez différente de celle des 
Sangliers : la tèto est élargie, sur- 
tout à la région des yeux , et il y a 
une grosso caroncule verruqueuse sur 
chaque joue, caractères auxcjuels s'a- 
joutent ceux du système dentaire : 
incisives —^ ; canines |; molaires f. 
La mâchoire supérieure manque 
souvent d'incisives , surtout chez les 
sujets adultes ; les canines sont très- 
fortes, dirigées latéralement en dehors 
et en haut, comme des cornes, et 
elles constituent des défenses redou- 
tables; les molaires antérieures s'usent rapidement; la postérieure est très-longue aux deux 
màclioires; les tubercules nombreux de sa couronne (ils sont au nombre de vingt-cinq 
environ), sont bien distincts les uns des autres et ils se transforment par leur usure en 
autant de figures irrégulièrement circulaires. 

PuAcociiKiiK afuicai.n {Plincocluerus afrtcamts). Les Phacochères sont des Animaux 
d'Afri(iue répandus dans ce continent, depuis la Nubie et le Sénégal jusqu'au cap de Bonne- 
Espérance. Plusieurs auteurs en reconnaissent deux espèces, sous le nom de Phacochère 
iPEUmpkm édenté, et de Phacochère A incisives ou d'Eliem mais les caractères propres à 
chacune d'elles n'ont point encore été établis d'une manière assez certaine. Les mœurs de 
ces Animaux sont brutales et farouclies, et leurs énormes canines ajoutent encore à la crainte 
qu'ils inspirent. C'est d'eux plutôt que du Dabiroussa qu'Elieu a parlé sous le nom de Sus 
letrahdros, luq TeTpaxepo:, signifiant Cndion à quatre cornes. 

Pendant le siècle dernier, on a possédé le Phacochère vivant en Hollande , et récemment il 
y en avait dans les jardins zoologi(iues d'Anvers et de Londres. La taille de ces Animaux 
approche île celle du Cochon, mais leur corps, iiuoique en partie velu, montre une certaine 
rossutnbianiu avec celui ik rUippopylame; leur tète, élargie aux yeux et à la région des 




Cium: de l'iiACOciiBuiî, M ilo graml. 



^:^i»Ëi^^!Bm^iSi^sa^!e£^i3asiies 



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SOlS-ORDnE DES POHCINS. 235 

caninos est rendue f.i.louso par les deux loupos ,,u'ello porto sur les joues; leur peau est 




l'iiAcociiiiiE \nuc\is, l/IO do gioD'i. 

Genre SANGLIER (Sus). Lo Sanglier ordinaire, les espèces exotiques qui lui ressemblent 
lo plus el, les diverses sortes de Cochons domestiques sont les seuls des Animaux appelés Sus 
par Lmné, qui doivent conserver cette dénomination. Ils ont la tête allongée et terminée en 
groin; le corps habituellement recouvert de poils roides appelés soies; la queue assez courte 
et les pieds à quatre doigts, dont deux plus grands d'apparence bisulque, et deux plus petits 
qui sont rejetés en arrière de ceux-ci; leurs dents sont établies d'après la formule suivante : 

I incisives ; } canines ; ^ molaires ; 
les incisives supérieures sont inégales, celles d'en bas sont proclives, les deux paires antérieures 
étant plus longues que la troisième; les canines sont fortes et en défenses; les inférieures 
deviennent plus longues que celles d'en haut, qui se recourbent supérieurement, et s'usent 
contre les précédentes qui décrivent pres.iue un demi-cercle. La première paire des molaires 
inférieures est écartée des autres; les dernières molaires des doux mâchoires ont leur cou- 
ronne formée d'un grand nombre de tubercules émoussés. 

Les Sangliers sont des Animaux aussi grossiers dans leur forme que dans leurs mœurs 
qui vivent dans les forêts ou dans les marécages, changent de séjour suivant les saisons, ont 
régime omnivore et fournissent dos espèces aux trois grandes divisions de l'ancien continent. 
Ils vivent par petites troupes, mais les mâles adultes ou vieux se tiennent souvent isolés On 
donne aux individus do ce sexe le nom do vérats; les femelles sont les layes et les jeunes les 
marcassins : ceux-ci ont une livrée différente do celle des adultes. Les Animaux do ce genre 
ne manquent pas d'intelligence, mais ils sont farouches, sales et souvent dangereux par leur 
l-rulalilé. Leur chasse n'est p„s exempte do dangers, leurs défenses pouvant occasionner dos 
blessures fort graves. 11 n'est pas rare que dans les luttes aux.iuelles on les provoque ils 



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11! 



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ii'iii 



236 OUDRE DES IWHILQIES. 

évcnlront los flhinns, ot dans beaucoup do cos los cliassours oux-m^mcs ont à mloulor It-s 
ncct^s do lour furour. 

C'est nu nit^me Ronro (lu'npparlionnoiit les Cochons dos diverses rncos, qm l'on pournnt 
iippelor des SanglicM-s domcsli(iuos, tant ils ressonibloiit, par l'cnsornhio do leurs caractères 
t,'i^néri(iues et souvent niAmo spécin(|ucs, à leurs congénères sauva^'os. Dans certains cas, ces 
derniers peuvent être apprivoisés individuelletnent, et [ilusieurs espèces montrent la mêmes 
aptitude. JJien ([u'il soit certain quo plusieurs des particularités par lesquelles los Cochons 
se distinsuenl des Sangliers sont le résultai des conditions exceptionnelles dans lestiuelles 
rilomm*! a retenu ces Animaux , il est cependant impossible de dire ('ncore dans (luellc 
condition s'est opérée la domestication dos Cochons, et quels sont les types sauvages dont ils 
descendent réellement. 

Los Cochons comme les Sangliers excellent (lar la finesse do leur odorat; non-seulement 
leurs cornets olfactifs sont Irès-développés, mais les parois do leur crùnc sont creusées par 
un grand nombre de collulos on communication avec l'appareil nasal et (jui en augmentent les 
facultés. 

Le S ANCLiKn onniN Ainr. (Sus scrofa) est le seul Disulquo du snus-ordro des Porcins qui 
vivo maintenant en Europe. C'est un Animal essentiellement grossier et sauvage <lont le corps 
est abondamment couvert do soies gris brunûlro; il est encore commun dans certaines loca- 
lités, et on lo rencontre en [)articuller dans une assez grande partie de la Franco, là oii le sol 
est encore occupé par de grandes forêts, qu'il quitte à l'occasion pour aller ravager les lieux 
cultivés; comme il y fait Imaucnup de dégâts, on cliercho à l'on éloigner. 

Autrefois il était bien plus abondant, ot l'on trouve souvent ses os et ses défenses enfouis 
dans le sol d'un grand nombre do lieux qu'il n'habito plus aujourd'hui. C'est par l'Homme 
(ju'il en a été expulsé et chaciue jour il perd ainsi du terrain. En Angleterre, il a été anéanti 
comme le Lou|), lo Castor et <iuel(iues autres Mammifères. Au xii" siècle, pendant le règne 
de Henri II, il existait encore des Sangliers dans plusieurs comtés do l'Angleterre; il y en 
avait même aux environs do Londres. 

La même espèce a survécu dansuno grande partie do l'Europe continentale, et certainement 
aussi dans lo nord et dans l'est do l'Asie, Plusieurs îles do la M«ditorranéo la possèdent , et 
on l'observe en particulier dans la Corse. Lo Sanglier do l'Algérie et ccilui de l'Egypte paraissent 
lui appartenir aussi. En Algérie , la chasso de ces Animaux est l'un dos délassements auxquels 
les Français aiment à se livrer. En Europe, elle n'ost pas moins appréciée, et dans plusieurs 
do nos départements on la fait avec beaucoup d'appareil, La vio inciuièto quo mènent actuel- 
lement los Sangliers nuit souvent à leur développement, vt si les restes déjà anciens do ces 
Animaux (juo l'on retire des tourbières et d'autres gisements analogues ont une plus grande! 
taille ot des canines bien plus redoutables, cela tient à co qu'ils jouissaient d'une plus grande 
tranquillité, qu'ils trouvaient une nourriture plus abondante et qu'ils vivaient plus longtem|is 
que la plupart de ceux qui habitent maintenant nos forêts. 

Les Sangliers do l'Indo continentale n'ont pas absolument les mêmes caractères que les 
nôtres et ils doivent en être séparés commis espèces. Il en est de même do ceux des îhss di) 
la Sonde et des Molluques, MM, Temminck et Schlegol distinguent dm] sortes de Sangliers 
propres à l'Inde ou à ses îles. Ce sont les 

Sus verrucosîis , de l'île de Java , et peut-être du continent ; 

Sus vittatus , do Java et de Sumatra ; 

Sus harbattts , de IJornéo ; 

Sus timoriensis , de Timor; 

Sm celebcnsis, de Célèbes. 

Ces cinq espèces de Sangliers ont été décrites par MM, Temminck et Sclilegel dans l'ou- 
vrage qu'ils ont consacré à l'étude des Animaux observés jus(iu'à co jour dans les possessions 
néerlandaises. 



h rciloutor les 

f l'on |iourniil 
curs caracliTcs 
oi'laiiis cas, ces 
liront lu mt^mo 
DS los Cticlioiis 
dans Ips(1u(;II('s 
w dans (|U('llc 
uvngos dont ils 

non-spulcnicnt 
nt eroiistH's par 
angmcnlont los 

(Jcs Porcins (|ui 
[e dont le corps 
cortainos loca- 
co , là oii le sol 
ivapor les lieux 

l(5fonses enfouis 
t par rHommo 
il a été anûauli 
Midanl le rè^no 
Iclcrrc; il y on 

et cerlainomenl 
i possèdent, et 
ypto paraissent 
monts auxquels 
dans plusieurs 
mènent actuiH- 
anciens de ces 
ino plus grande 
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plus longtemps 

ictères que los 
eux dos îles do 
)s do Sangliers 



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ïes p(»ssessions 




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Europe et Asie. 



sniH-ORDUK l>KS POUCINS. 237 

Sanolirh drs Papous (Sua pnpuenm, Immi et (iiiriiul). K«t|MV.^ hsh../ [.Hil.. à 
rmiuK.s |.nu saiMmil.w, h f„rm...s msvz llnos rappolm.t un (h.u colins .h.s P.'.,;,.ris. Kilo vit diins 
loH Lois <Io I.i lN.,uv..||r.-(;iiliMV. Los Papous osliMioiil sa chair, .|ui est m vfU-i nvvWvuW 
<.l, pour m .lispos..r ù luur voloiuù, ils proriiioiil les marcassins ..-t les élèvont .laiis nti ôiaî 
(In flomi-donmsticitf^. 

Co HatiKlior est crtmpanil.lo sons ce rapport mi C/niis DIuko on Cliii-n siiuvagn .|o l'Aus- 
Irai.... I..VS alK^rations .,u'il a s.ihios sont cncoro pci profon.lcs, p<n-co .p,„ les peuples .p,i 

I oxpicutoiit sont mx-mhms dans un .'^tat .|ui appr..ch.> r..|al de nature. |)e HIainville a.iniel 
(pie ce SaoKlii-r (pie l'on retrouve aussi dans •jui'hpies autn-s Iles ost orlKliiairo do Chi*' 
mais d n'y a rien .le positif à cet .'wird, et les natmalistes l.ollaudais pensent que c'est blnii' 
une espèce k part propre à cette partie de la Malaisie. 

1,0 Konre .l(.s Sangliers est repr.'^senté dans l'Afrùiuo méridionale par deux espèces nni 
méritent aussi nno rnontinn particulière. 

SANr.MKii DK (;iiim:;k (.v„,, (luincoma). Hrisson nomme ainsi et décrit hriévemenl , 
.l'ii|.res les auteurs <pii l'ont précédé, un(! espèce de Cochon sauvaRo ayant les oreilles étroites 
et (dlon^ees, la .pieu<' Iourucs et, au li(!u do soL-s, des poils assez courts et d'un roux l.rlllanl. 
Ce SanKlior est aussi li. Poraw Cninvonm de Klein, et le Sua povcna de (imcdin. DesmanisI, 
.jui m parle dans sa Mammalo^io, le donne; comme une variété du Cochon domostirpie , et 
<lit .prou l'a transporté au Hrésil , sans doute parce ([uo dos Cochons, hion .lifférents et 
«jiii étaient de racfs domosliipie originaires d'Kuropo, auront été autrefois pris aux colonies 
portUKuisos de In côte occidentale d'Afri-iuo et portés dans les étidilissomouts (luo l'on fondait 
en Améri(|uo. 

Les naturalistes avaient ainsi obscurci l'Iiisloiro du SaoKlier de (iuinéo, lorwpio les Mé- 
luiKories de Paris et do Londres ont reçu des Animaux auxquels (;e nom doit être évidemment 
rendu. Ceux-ci ont, comme; le disaient les ancieimes descriptions, les oreilles étroites, allouKées, 
en pi.intes et terminées par un pinceau de poils; elles sont honlées de hlanc vers leur extré- 
mité. Leur corps a <los poils roux vif, nuancé de caïUK^IIe, et courts, sauf aux parties inférieures. 

II y )i un pou de hlanc au-dossus et au-dessous des yeux, ainsi qu'à l'an(,'lo do la mAchoire 
inlerieure, et unn bande blancbo rèRiie sur la li«ne médio-dorsale, oij elle simule une crinière 
loriKitudinalo; une saillie; placée dis chaque cAté du musoau semble indiepier une oxoslose de 
la réKion canine analogue à celle .lu Sanglier h masque; la face est on partie noire; la <|ueuo 
doscond jus(|u'au talon; elle est terminée de; noir. 

11 paraît (|uo ce Sanglier aime encon, ..jus l'eau .|Uo ses congénères. M. Cray en a <ionn<'. 
une nouvelle description sous le nom do Choiropolamus pictns. Son Choiropotamus afri- 
canus n'en diffère sans doute i)as. 

Le nom do Chéropotamo ayant déjà été enq.loyé pour un genre éteint do la môme famille, 
M. (Jray lui a substitué, dans le cas (lui nous oceiupo, celui do Potamoc/mrus. 

Sanolikh a masoiik (Suslarvotiis, F. Cuvior). Il s'éloigne assez peu de l'espèce ouro- 
{.éenno par son apparence extérieure, mais il porto sur la face, au[)rès des canines suim'-- 
iioures, un gros tubercule nu (;t vorrueiueux ; ses canines ou défenses ont aussi une formo 
un pou différente, et sa dernière paire de molaires supérieure et inférieure est plus courte. 
On le dit de la côte orientale d'Afri(|ue et do Madagascar, mais il est douteux qu'il vivo dans 
cette île. 11 n'y a aucmio espèce do Disulque réellement indigène do Madagascar, et les San- 
gliers à maseiue qu'on y signale, si réellement ils y existent, ne sont très-probab'ement .luo 
des individus africains que les relations commerciales auront trans[)ortés dans la grande île à 
laquelle on les a attribués à tort. 

Lo Sanglikh CHi::noi.oTAME {Sus Koiropolamus, Oesmoulin) est au moins fort voisin do 
l'espèce [)récédonto; il a été établi sur un exemplaire de la colloclion do Paris, dueiuel Desma- 
rest avait dit : 

«Le Muséum possède la dépouille! mal conservée d'une ne)uvello es()èce de Sanglier du 



2i*8 ORDRE DES BISULQUES. 

Cap, sans verrues, à oreilles longues, très-poinlues et terminées par do grands poils noirs- 
a grandes soies , d'un gris brun sur le dos et brunes sur les flancs. » 

Co Sanglier Chéropolanio l.abite l'Afrique australe, où il a été découvert par Dolalande 11 
est probable qu'on ne devra pas le distinguer du Sanglier à masque, auquel il ressemble 
encore plus qu'au Sanglier de (iuinée. 

Cochons domestiouks. Comme on le voit, les Sangliers existent naturellement dans une 
grande partie de l'ancien continent. L'Asie et les îles de l'In.le en nourrissent de diverses 
sortes qui sont assez peu différents <ie ceux d'Europe, et ceux-ci se retrouvent plus sûre- 
ment dans une grande partie du nord de l'Afrique. Los contrées méridionales do ce continent 
possèdent le Sanglier à mas<iue, supposé, mal à |)ropos, commun entre elles et Madagascar 
guant a 1 histoire paléontologi.,uo de ce genre, elle n'est pas moins curieuse. Les couches 
superficielles du globe, telles .|ue les brèches osseuses, les tourbières et les cavernes de l'Eu- 
rope renferment des débris de Sangliers, et il y en a aussi dans les terrains pliocènes et 
miocènes; mais ceux de ces derniers terrains ont précédé les Sangliers ordinaires dans nos 
contrées, et ils forment des esi)èces assez différentes des leurs. 

Il y a donc eu dans ce genre, comme dans la plui)art do ceux (|ue l'on a réunis sous le 
nom de Pachydermes, une succession d'espèces dont les dernières venues sont celles du 
monde actuel et dont les autres ont cessé d'exister à des épo.|ues plus ou moins reculées 
Cependant on n'a encore trouvé aucune espèce de Sanglier véritable parmi les Animaux des 
faunes anteriinires à l'époque tertiaire moyenne. 

•.u point de vue économi(iue, l'histoire du genre 5«s n'est pas moins curieuse, puisque 
tontes nos races domesli.iues de Cochons appartier- "nt bien évidemment à ce genre .l'Ani- 
maux, et que peul-ôtre elles no sont qu'une alte...:;.,n des espèces que nous connaissons 
encore a l'état sauvage; mais la détermination de l'origine véritable de ces Animaux domes- 
tiques, comme aussi celle des végétaux les plus utiles, offre ici, comme des difficultés assez 
nombreuses et dont on n'a pas encore la clef. Voici où en est la question pour co qui regarde 
les Cochons. Ceux do l'Amérique et de l'Australie descendent incontestablement d'individus 
deja domestiques en Europe, et que la race blanche a portés avec elle dans ces régions lors- 
qu'elle s'y est établie; mais, dans certaines îles de l'Océanie et de la Polynésie, le Cochon 
était déjà connu avant l'arrivée des blancs, et, dans les îles où il n'est certainement pas indi- 
gène. Il avait été apporté par la race jaune. Certaines différences existent entre les Cochons 
amenés par les blancs et ceux qui appartiennent aux Malais ou aux autres hommes de la 
mtme race. En outre, il n'est pas certain que les Porcs, môme ceux que l'on élève depuis si 
longtemps en Europe, descendent plutôt des Sangliers du môme continent quo de ceux qui 
habitent certaines parties de l'Asie et telle de leurs races semble plus particulièrement dans 
co cas. Il y a en outre d'assez notables différences, les unes extérieures et les autres pro- 
fondes, entre les Sangliers européens et la plupart de nos Cochons domestiques 
^ Quelle est donc la valeur réelle do ces différences? Beaucoup d'auteurs seraient portés 
a ny voir que des modifications dues au climat, et non des différences originelles. Sui- 
vant eux. Il n'y aurait ici, comme dans presque tous les genres domestiques, qu'une seule 
et même souche spécifique pour toutes ces variétés. Mais, en allant au fond des choses, on 
ne tarde pas à voir que des particularités correspondantes existent dans les types sauvages et 
que les Sangliers, propres aux pays où nous voyons ces races domestiques, sont également 
différents. C'est ce qui a lieu pour les Sangliers do la région malaise et pour ceux do l'Inde. 
Ils n'appartiennent pas à la même espèce que les Sangliers do l'Europe et des régions asia- 
tiques ou africaines qui s'en rapprochent le plus. Pouniuoi n'en serait-il pas de même pour 
les Porcs, et quelle preuve avons-nous que liusieurs espèces sauvages n'ont pas contribué à 
en fournir les principales races? 

De Blainvillo. (lui comprenait les caractères sp«'.cin<|,),.s ,!'un<> manière bien plus largo qu<r 
la |.lupart des autres naturalistes, a donné lui-mèmo, dans son Ostéographie du genre Sus. 



5 poils noirs ; 

Dolalande. Il 
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SOUS-ORDRE DES PORCINS. 239 

quelques bonnes observations qui viennent à l'appui de cette manière de voir, et l'examen 
comparaUf des Cochons de Siam ou de la Nouvelle-Guinée avec ceux de nos race euiopTnne 
semble la mettre hors de doute. «v-cseuiopLtnnos 

Dans l'état actuel do nos connaissances, il est encore impossible do retrouver avec certitude 

ru^ttSéSt y"T '' '""'"■^' -' """^ ''''- ^™ ^"""'« d'énuXr ;::;: 

ous un titre différent de celm qui comprend les vrais Sangliers ou les Cochons sauvages 
Il importe cependant de rappeler d'abord que , dans certaines parties de l'Amérique où es ■ 
Cochons, abandonnés à eux-mêmes , sont redevenus sauvages, leur poil et leurs allu es son ' 
maintenant fort analogues à ceux des Sangliers. Il est égaler;ont vrai qt Tan prieur 
parties do l'Europe ou de l'Asie, la différence entre les individus sauvages et ceux guT oi 
onus en domesticité est beaucoup moindre qu'on ne le croirait, et que certat Codo s o 
s soies a ondantes comme les Sangliers et l'apparence presque aussi sauvage Leur ,2 
cpale différence consiste en ce qu'ils sont entièrement noirs, c'est-à-dire aUeints de Z 
lanisme, tandis que la plupart des Cochons qu'on élève dans 1^ porcheries pu les vente" 
an les grandes villes sont décolorés et presque albinos, et qu'ils ont les oreilles tom- 
bantes , ce qui est aussi une autre sorte d'altération due à la domesticité 

Et pourtant tous les Cochons domestiques sont aptes à reproduire entre eux, ce qui est 
une preuve en re cent, que la génération féconde n'est pas, comme le croyai ZZ le 
critérium véritable de la communauté d'espèce. Il en est probablement des Cochons llo- 
mestiques, et plus particulièrement de certaines de leurs races, comme de certains arbres 
fruitiers sur lesquels l'Homme a agi. Les caractères par lesquels ils s'éloignent de leu type 

Zm r ' ^. ',"""??' '' '" ^°"'-'-''«"«"' ''^ P-vent être considérés c mme'ei 
COI tituant de véritables altérations téralologiques. A notre avis, .'est ce qu'on ne ZrZ 
nietti-e hors de doute pour les Cochons à jambes courtes, et pour ceux dont le poil ou la peau 

1 fluen e d un certain régime et dont les oreilles sont tombantes. Ce ne sont là des Animaux 
1 que la nature nous les donne, et, aux yeux des zoologistes, les caractères exceptionnel 
quils nous présentent sont plutôt des altérations pathologiques que de véritables perfection 
nements; mais e cultivateur trouve son intérêt à les perpétuer ou même à les aS e 
encore, et nous les voyons augmenter en intensité proportionnellement aux influences do^iî 
1 pose. Cependant ce n'est pas là de la variabilité illimitée, car si ces altérations se p pé- 
u nt ainsi dans les Animaux que l'on cultive, nous les voyons s'éteindre lorsque les omli- 
.ons exceplioni.elles auxquelles on les avait soumis ont cessé. La même chose s'observe 
ans les Moutons, dans les Bœufs, dans les Chiens et dans plusieurs autres genresV ma 

1 n ue'nc Tm"' "'"' '" -odiflcations acquérir une valeur réellement spécifique c 
I influence de 1 Homme ne saurait aliéner les droits de la nature. h , t«i 

En France on distingue comme races ou variétés principales celles de Champagne de 
Normandie du Poitou et du Périgord. En Angleterre, les anciennes races sont égaiemeU 

verses; elles portent aussi le nom des pays oii on les élève: Yorkshire, Sussex EsTex 
Ha ipslure, etc. Il en est question avec détail dans l'ouvrage de M. David Low et dans le^ 
publications ordonnées par le ministère de l'agriculture. 

D'autres races s'observent dans la région méditerranéenne. Telles sont celles d'Espa-.io 
do Parme , de Naples , de Malte et de Turquie. ^spa„no , 

L'Asie en fournit encore d'autres et en particulier : 

Le Cochon de Siam ou Ponc chinois, qui dérive certainement d'une autre souche 
ue les nôtreset se divise lui-même en plusieurs races et sous-races. Son corps, long d'un pu 
plus ,1 un mètre , a les poils assez abondants et noirs , ainsi que la peau (PI h) 

..pnrrrri' .t V'"^''"' "''"''°"'' '^"° ''"°'"'"« "^« ^'«« A"-"^»»'' domeiques de ce 
^e re est plutôt du ressort de l'économie rurale que de celui de la zoologie proprement dit 
'H «I no saurait nous occuper longuement dans cet ouvrage »em aut, 



2^0 ORDRK DKS niSULQrKS. 

Lo Cochon n'est pas soulomont utile après sa mort. Dans (lueliiues circonstances , il peut 
aussi rendre quoKiues services do son vivant. M. Grognier en rappelle plusieurs exemples dans 
sa Zoologie véU'rmaire. Dans lo Pcrigord, on emploie les Godions à la recliercho des truffes. 
En normandio on les attache souvent au pied des pommiers qu'ils cultivent en fouillant la 
terre tout autour. Dans certaines parties de l'Ecosse, principalement dans le Murray-Siiire, le 
Porc travaille comme béto de trait, et il n'est pas rare d'y voir un petit Ciioval, un Ane et un 
Cochon attelés à la môme charrue. M. Grognier a vu en France de pareils attelages, et il rap- 
pelle <pi'une loi les avait défendus au peuple juif. En Améri(iue on lâche les Cochons contre les 
Serpents venimeux dont ils font leur proie. On arrache aux Cochons vivants des soies pour 
faire des brosses, des vergottes et des pinceaux. Enfin le fumier de Cochon, quoique peu 
estimé, a aussi son utilité; dans le Nord on l'emploie principalement dans les ciiamps de 
lioublon. 

Nous ne rappellerons qu'un seul point de l'iiistoiro économi(iue du Cochon ; ce point est 
relatif à l'interdiction que plusieurs législateurs ont faite de l'usage do sa cliair. Il n'est pas 
douteux que, dans les pays chauds, et, pendant Tété, dans les pays tempérés , la chair de 
cette espèce ne doive être mangée avec précaution, et que les parties envahies par les Hyda- 
tides, soitÉchinocoques, soit Cysticer(|ues, no doivent être rejetées avec beaucoup de soin, 
car une cuisson incomplète et les diverses préparations qu'on lui fait subir ne réussissent pas 
toujours à lui enlever ses propriétés malfaisantes ; et elle peut devenir dans beaucoup de cas 
une cause d'infection vermineuse. 

Lorsque les Ilydalides du genre Cysticorque abondent dans la viande des Porcs, on doit 
donc rejeter constamment toutes les parties de ces Animaux (lui sont atteintes de la maladie 
l)ydati(iue, nommée ladrerie, car les recherches qu'on a faites au sujet des Entozoaires dans ces 
derniers temps ont mis hors de doute la transformation des Cysticerques en Vers solitaires. Le 
développement de ces espèces do Larves se continue dans les intestins des Animaux qui les 
mangent et le corps de l'Homme n'est point à l'abri de leurs ravages. C'est ce que des expé- 
riences toutes récentes paraissent avoir mis hors do doute. 

Il est vrai que la cuisson des viandes infectées ne manquerait pas de faire périr les Cysticer- 
ques; mais il n'est pas certain qu'elle agisse aussi bien sur les œufs d'où naissent les- Ténias, 
et, dans les viandes ladres qui n'ont été que fumées, ceux-ci doivent très- probablement con- 
server leur vitalité. Cette supposition semble confirmée par ce fait, d'ailleurs constaté par 
lioaucoup de médecins, que les charcutiers sont plus fréquemment attaqués du ver solitaire 
que les gens appartenant aux autres professions. 

Genre BABIRODSSA {Babinma, F. Cuvier). Les incisives sont au nombre do f et 
les molaires de f ; les canines sont grandes, en forme de défenses, recourbées en haut; 
elles sortent do la bouche ; les supérieures présenttnit cette particularité que leur alvéole se 
recourbe, et (ju'au lieu de descendre, elles remontent lo long des gencives et percent la peau, 
ce qui fait que les dents elles-mêmes semblent sortir comme une paire do cornes de chaque 
cAté de la face, «approchées des inférieures, elles simulent alors quatre cornes curvilignes 
dont les supérieures décrivent, chez les mâles adultes, plus de la moitié d'un arc de cercle et 
meurtrissent souvent la peau du front par leur extrémité recourbée. 

L'espèce unique de ce genre pourrait être l'Animal au sujet duquel Pline a dit : «Dans 
l'Inde se trouvent des Sangliers dont lo boutoir est armé de deux dents recourbées, longues 
chacune d'un empan , et qui on portent deux autres au front, comme les jeunes Taureaux. » 
Cependant, comme le Babiroussa ne vit qu'aux îles Moluques, et que les anciens n'ont p.'s 
connu cet arcliip(;l , il est diflicile d'affimer que ce soit bien du Barbiroussa que Pline ait 
voulu parler ici. On pourrait admettre néanmoins (ju'à cette époque déjà linéiques crânes dt; 
cette espèce, analogues à ceux que l'on prépare encore pour le commerce, ivaient pu par- 
venir jusqu'en Europe comme objets de curiosité ; mais rien n'indique que cette supposition 
.soit récllcmont fondée, et comme la phrase de Pline pourrait à la rigueur s'appliquer aux 



. H J 



SOUS-ORDnE DES POnCINS. 94, 

S'I^StlSe^r r""-'" 'I^"""'"^' ""' ^«"'' '• ^^' -"•' "^^ Animaux éllilo- 
i« m;<? ou Animal à quatre cornes d'Elion, mais ce n'est qu'au xvi" siècle nue les île. 

"ature le L rr" , T"'? ont été mentionnés exactement dans les ouvrages d'histliro 

y^T^ùsTl'f''T:'!''r"''' °"'"^'^-^^ (^^'*"--- --«'«'-). -t 

ilonne^^^r a a^ U Zt ^ ' T" "'''' ''"''""* ''" P'^"''' ^"'^'^'•«"'«^ '!«* conlribient à 

dlo al obt „r „ T"r"''°" " '"'■' '^^ '''^"•''^«*''' ""« P'--« ^'^ «al^i-u sas 
Sangl s et ils n col' ^ """" '° '" ^""^""^ ressemblent assez à celles dos 

.atdrL::di:is;:i;r ^- ^^— - — — 




Péc.uii a i,È\urs ni.iNciiEs, l/IO Je grand. 

Ils ont le corps couvert do soies assez dures, en partie annelées de deux couleurs, et l'on 
\oit sur leur dos une glande odorante assez grosse «juc plusieurs nninurs ont m-ardée -^ to-t 
comme un second ombilic. C'est à cette erreur que G. Guvier a fait allusion lorsqu'il à donné 
d tes Ammaux le nom latin de Dlcoti/ks, signifiant double nombril. 



n« PAUTIE, 



31 






24-1 OnDHK DKS niSI LOUES. 

Les Pt^-nris ont la queuo tout h fdit rudinionluiro; ol leur donls sont en moindre nombre 
que celle îles Snnsliers ; romnie ils n'ont que deux paires d'incisives supî'rieures, et qu'ils 
niiin(iuont de la [iremiùro avant molaire isolùo des Sangliers, leur formule dentaire so trouve 
établie ainsi (ju'il suit : 

I incisives, \ canines, ^ molaires. 

l'nn autre particularité distinctive do ces Animaux mérite aussi d'i^tre sij^nalée : c'est le 
commencement de soudure qui réunit la moitié supérieure des métatarsiens de leurs doigts 
principaux, aux pieds de derrière, et tend à les faire ressembler au canon des Ruminants. 

Ce sont des Animaux pro[)res aux réf^ions cbaudes de rAmérii|uo, (|ui vivent réunis par 
troupes plus ou moins considérables. Leur taille est moindre (|ue celle des Snnj^'liers, et ils ont 
aussi les dents canines beaucoup moins fortes. 11 est facile d'apprivoiser ces l'orcins, et 
dans beaucouj) do lieux on eu relient dans un état de demi-domesticité. Ils multiplient même 
en France, et il serait possible de les acclimater en Europe plus complètement (ju'on ne l'a 
l'ait jus(|u'à ce jour. Ils forment deux espèces différentes. 

Le Pkcahi a i.i;vnEs blk^chv.s (Dicotyles labiales), ou \o Tagnicali(V\?.!\t!i,s(idh[h\<^\.K 
parla couleur blandiAtre de sa mAclioiro inférieure; il n'a que trois doigts aux pieds de der- 
rière par suite de l'avortement constant du doigt latéral interne. 

Le PÉcAiti A coLLfEn (Dicotyles lorquatus, F. Cuv.) répond au Sus tajassu de Linné. Il a 
une espèce de collier plus clair que le reste du cou, et ses pieds de derrière ont quatre doigts 
comme ceux de tous les autres Porcins. C'est le Tajassou de Daubenton et le Taytéloii 
d'Azara. 

Les lorrains superficiels du Brésil et de Buénos-Ayros renferment des débris fossiles indi- 
quant plusieurs espèces de Pécaris, dont une, plus grande .jue celles d'aujourd'bui, a reçu le 
nom do Dkolylcs major. Des Animaux analogues ont aussi existé dans l'Amérique septentrio- 
nale. Toutefois, MM. Le Conte et Leidy les regardent connue devant former des genres à part 
iuixcpK^ls ils donnent le nom de Platygonus, Uyops, Protoclwirus et Euchcerus. On en trouve 
les débris dans la région des Illinois. 



.4; 



lindro nonibro 
uros, et qu'ils 
luiro so trouve 



lalc'o : c'est lo 
lo leurs doigts 
uiniiiants. 
Mit ri'unis pnr 
lii'i's, et ils ont 
îs Porcins, ol 
ti plient même 
it (|u'on ne l'u 

a, so distingue 
pieds do der- 

e Linné. Il a 

quatre doigts 

?t le Taylétoii 

fossiles indi- 
liui, a reçu le 
jue seplenlrio- 
genres à part 
On en trouve 




ORDRE DES ÉDENTÉS 

Animaux mammifères pourras de quatre extrémités propres à la 
marche, mais habituellement terminées par des ongles très- forts et 
pouvant principalement servir à fouiller le sol ou à (jrimper. Leurs 
dents, lorsqu'elles existent, sont établies d'après le type Ilomodonte, 
c'est-à-dire toutes sensiblement de même forme et uniradiculées ; les 
os intermaxillaires en manquent à peu près constammod , et la 
partie antérieure des mâchoires est toujours édentée sur une étendue 
assez considérable. Les téguments présentent, dans certains groupes, 
des particularités tout à fait insolites , telles qu'un endurcissement 
osseux d'une portion considérable de la peau ou son recouvrement au 
moyen d'écaillés onguiformes entuilées les unes sur les autres. Le 
squelette, les orifices postérieurs, plusieurs viscères sont évideni' 
ment dans une condition d'infériorité par rapport à ceux des Mam- 
mifères dits Hétérodontes , et l'on doit considérer les Edentés comme 
les moins parfaits de tous les Mammifères répandus dans l'ancien' 
continent, où ils sont d'ailleurs rares. Quoique l'on fasse simplement 
de ces Animaux un ordre, ils mériteraient d'être considérés comme une 
sous-classe véritable, et l'on pourrait établir plusieurs ordres distincts 



U4 ORDRE DES ÉDEMÉS. 

OU tout au moins plu.^ieurs .sous-ordres avec 1rs fnmi/lcs, d'ailleurs 
peu notnhreuses et peu rir/ies eu espères que fou distinifue parmi eux. 
Ces Quadrupèdes sont connus sous les noms de Parosseux, de Tatous. 
r/'0ry('l('"ropo3, de Fourmiliers et de Paun;()lins; ils ont des formes 
bizarres, une démarche lente et un naturel très-peu infelliqent. 
Aucune de leurs f'anu'lles n'est commune au.r deu.r continents, et 
l'on n'en trourc aucune cs^ièce en Australie. La Paléontoloifie nous 
a fait connaître un certain nombre d'Edentês dont la race est fnain- 
tenant anéantie et qui, pour la plupart, arqueraient des dimensions 
considérables. Plusieurs de ces anciens Animaux arriraient à la taille 
du Bœuf ou à celle du Wiinocéros. et il i/ en avait dont la (frandeur 
approchait même de celle des Eléphants. Ce sont les Méf>athériums, 
les Mylodons, les Scéliclolhériunis, les Glyplodons et d'autres encore. 
Ces anciennes et (p'yantesques espèces d'Edentês ont principalement 
vécu dans l'Amérique, et c'est aussi dans ce continent que vivent la 
plupart des Edentés actuels. L'Europe en a éqalement possédé une 
espèce, qu'on avait d'abord considérée, mais à tort, comme un grand 
Pangolin, et dont on a fait depuis le genre Macrolhoiiuni. 

L'ordre on pliKùt la sous-classc dos Maniinifères édcniés constitue la seconde des grandes 
divisions dans lesquelles on peut distribuer les Animaux niaunnilèros , et cotte division, tout 
en étant moins nombreuse (pie les antres en espèces, n'en est pas moins caractérisée par 
des dispositions bien frandiécs. Tout, dans la structure des Hldentés, indicpie tpi'ils sont infé- 
rieurs aux Mammifères que nous avons appelés Hélérodonies, (pioi(prils babitenl connue eux 
l'ancien et le nouveau continents, et ils se rap|)rociient même des Vertébrés ovipares par (piel- 
ques-uns de leurs principaux traits. C'est là ce (pii expli(pie plusieurs des particularités que 
l'on remarque cliez ces Anim;uix, et ce (pii les isole à la fois des autres Mammifères i)lacen- 
tairesct des Marsupiaux, dont les nombreuses es|)èfps peu|)lent essentiellement l'Aiistralie. 

Linné donnait aux Édenlés le nom de Bkutes (Bmtn), et il les caractérisait, comme 
presque tous les zoologistes l'ont fait depuis, par l'absence de dents incisives : Dentés pri- 
mores utrinque milli, disait l'auteur du Si/stema nalurœ. Cependant F. Cuvier a constaté (pie, 
chez les Tatous du genre EncouIxTt, il y a une paire de dents réellement implantées dans 
l'os intermaxillaire, et, par conséquent, une jiaire d'incisives. La caractère indiipié par 
Linné n'est donc i)oint absolu. D'ailleurs, lors même ipi'il le serait, il n'aurait i)as pour cela 
plus de valeur, tandis (pi'il n'en est pas de même de (^eiix (juc l'on peut tirer de la composi- 
tion du système dentaire et des autres particularités aiiatomi(pies qu'une étude approfondie 
fait découvrir dans les genres qui constituent le groupe naturel des Édentés. 

Quelques auteurs ont continué à donner à l'ensemble de ces Animaux le nom de Brutes, 
mais toutefois en ayant bien soin d'en éloigner trois genres (pie Linné avait placés dans le 
même ordre, parce (|u'il les croyait également dépourvus d'incisives. Ce sont les Uhiiio- 
céros, les Ek'|)liaiits et les Tridiedius, parmi lesipiels Linné classait le Lamantin et le 
Dugong en même temps ipie le Morse. Non-seulement ces trois genres ne sont pas dépourvus 



, d'ailleurs 
tartni eux, 

(le Tatous, 
les formes 
itilrllifieut. 
U'ttonts, et 
^hujie nous 

est ma/'/t- 
linteiisions 
t à la tnille 
; (irandeur 
athériiiiiis, 
es encore, 
ripalenient 

vivent la 
ossrfle une 

un grand 

•i (les grandes 
division, fout 
ractorisc'o pur 
l'ils sont infé- 
it connnc eux 
ires |)ar (|iiel- 
iciilarités que 
ifèrcs placen- 
it l'Aiistralic. 
isait, comnio 
: Dentés pii- 
conslatc (|ue, 
l»laiitécs dans 
lndi(|ué par 
[)as pour cela 
) la coniposi- 
' approfondie 

n de Brutcft, 
acés dans le 
t les Uliino- 
niantiu el le 
ïs dépourvus 



onnnR des i^dentés. ,45 

de dénis incisivos. du moins à la n.iUhoiro supérie..rc. mais ils n'onl, dans Tensemlde de 
leurs oaraetcres, aucun rapport avec les Édentés. Vie, d'A/.yr et lllun.enhaeh ont, les prc- 
miors apporîe celle in.lispensahie rectilication à l'aneienne classiliralion des Brutes 

Kn 7i»i>, Vu-,, d'A/yr lit des Klé,,l,:uils (M d.-s lUuiiocéros deux grou,.es à ,,arl mais fo 
second de ces grou,.es a dû èt.e ré.n.i à ceux .m'il nonune Ta,.irions et Solipè.lis. Quant 
aux cs,.eccs conlondues ,mr Linné sous la dénou.iuation g,.uéri.,ue de Trichec/ms elles 
nppart,ennent à deux ordres di.lérents des ^Mannnilères ma'ns, aux l>l.o,«es et Tx Sir 1 
nuK's, et elles n ont avec les Kdentés (|u.' <l,'s ra,.ports assez éloignés. 

Ces u.o.lilicat.ons ne sont ,.as les seules .|ne l'onlre linnéen des Unîtes ait drt recevoir 
Linné en a lui-même a,,,.orté une qui est im|)ortante et qui mérite d'être signalée lorsnue" 
:.près avoir reiim pendant longtemps les i>aressei,x aux Primates, il a ,,ensé qu'ils seraient 

Foum,!ller "'"'"" ''' "''""' *' "' ' ''"^"'' '"' ^''"^'' ''°"'" "' '''"''' ""^ '''"'""^ '' «"^ 
De Bhiinville a aussi professé, au sujet des aftinités des Paresseux, ces deux o,.inions si 
1 a. entes 1 une .le I antre. A,.rès avoir associé longtcu.ps ces Animaux aux Primates, il a 
c^onnn, dans un de ses derniers ouvrages, que leur véritable place était avec les Édc'ntés 
et non imrim les Mainmilères ,lu premier onlre. Au contraire, G. Cnvier n'a jamais varié 
<lans son opuuon au sujet des Hradypes, et il a reconnu, dans le grand A imal fossile 
nomme par lu. Méoatherium , un l.en nouveau entre les Paresseux et les autres Édentés Sa 
mamere de voir est réellement préférable à celle que Linné d'abonl, et plus tar.l de Blainville , 
nso tenue pendant une grande partie de leur vie. Le Mégatlieriu n et d'antres genre 
dL on.es également fossiles en Amérique, tels que les M%alony., les ,)/,/!' S 
Scelulotuemm, etc., paraissent avoir eu le même régime que les Paresseux, c'est-à-dire un 
régime végétal ; mais ils acquéraient de bien ,,lus grandes dimensions ; ils étaient bien supé- 
rieurs au Tamanoir, au Tatou .lit géant, et à l'Unau, q„i sont maintenant nos pins grands 
des Edentes américains, et il y avait avec eux des espèces non moins gigantesques pour re- 
présenter la famille des Tatous. L'Europe a aussi nourri un genre .le grands Édentés, le 
Mauothemnn de M Lartet, que G. Cuvi.3r avait pris po;,r rn Pangolin, mais qui différait 
notablement de ce dernier, ainsi .,u'on l'a reconnu depuis et .,ui sur,.assaif ,1e beaucoup 
en dimensions les ,,lus grands Oryptéro,.es .le l'Afri,,ue. Ses membres étaient ,.roportion- 
nellement beaucoup ,)lus longs (,ue ceux de ces Animaux ou .les Pangolins 
Le caractère des Edentés ne consiste pas seulement dans le manque d'incisives et dans 
absence ,e dents à la ,)artie antérieure de leurs mâcl.oires, absence qui est ce|.en.Iant 
onstan e .ans toutes les espèces connues ; il réside aussi, et d'une manière ,.lus réelle, dans 
! snnil.tude a ,,eu près complète de leurs .lents, qui sont uniradiculées et uniformes au lieu 
(letre d.ver^^iformes, comme le sont celles des Mammifères Hétérodontes. La structure de 
ces dents montre également certaines dispositions ,.articulières. Quelques genres sont .l'ail- 
eurs edentes dans toute la rigueur du mot, puisqu'ils n'ont de dents ni à l'une ni \ 
1 autre mâchoire; c'est ce que nous voyons ,)our les Pangolins et ,.our les Myrméco- 
Phagules. Les dents des Oryctéropes, celles des Paresseux et celles des Tatous, sont au 
contraire plus ou moins nombreuses, et, suivant le genre de ces Animaux ou les habitudes 
qui les distinguent, elles présentent à leur couronne quelques particularités distinctivcs 

La forme générale de ces Animaux varie encore davantage d'un groupe à l'autre, les uns 
t'tant essentiellement grimpeurs, comme les Paresseux et les Mvrmidons, et les autres 
i>rmc.paiement fouisseurs, comme les Tatous, les Tamanoirs et les Oryclcroi)cs. Les Pan^ 
golms ont a la fois la faculté de fouiller le sol et celle de grimper aux arbres, mais ils 



!IP 



mi 



î^fl Oni)RK t)E9 l'I>i:.\TIÏ8. 

possèdont code tlomière i\ un iiioindio degré. Les poils des Édenié» sont presque toujours 
assez peu serrés, secs an loiulier e( eoninu' eassjinis; mais eoiix du genre Myrmidon sont 
lorl doux, el, dans les deux l'aniilles des Talons et des l'angolins, ils sent en partie renijdarés 
par ini antre mode de tégument. C'est la pean i|ui s'ossille sin- la tête, sm- le Iroiie el à la 
(piene dos Talons pour Ibnrnir les nondnvtix coniparlimenls endurcis (pii doimenl à oes siii- 
gidiers Animaux des earapaees pins on moins proteetriios, disposées par zones sé|)aréps on 
sondées entre elles, snivanl les parties ipie l'on examine ; ees pièees osseuses sonl protégées 
à l'exlérieiir par une eonelie d'épidémie. Chez les l'angolins, le eorjis esl recouvert de 
plaipu's cornées implantées dans le derme, comme le sonl les ongles, poussant de mémo, 
el ipn lorment partout, sauf sous le cou et sons le ventre, une écaillure proteelrice, indiri- 
«piée, tout à lait dilli'rente de ce (pie l'on voit chez les autres Animaux; ipiehpies poils 
naissent dans les intervalles (pii séparent ces écailles; il en part aussi (piehpies-uiis , mais 
en fort petit nomhrc, entre les compartiments osseux de la carapace des Talons. Cependaul 
il y a des espèces de celte dernière t'amille ipii sonl Irès-vehies, surtout en hiver. 

F-es mamelles sonl taiilôl ventrales, tantôt pectorah's. Les deux orilices postérieurs sont 
plus rapprochés ruii dt^ l'antre (|iie chez la plupart des Manimirères hélérodonles, ei le mode 
de placentation parait varier suivant les genres. Chez les Hradypes, qui sont pour ainsi dire 
les Primates des Edentés, le placenla approche de la l'orme discoïde ipii est caractéristique 
des quatre premiers ordres de Mammirères. Kntin, le cerveau présenle aussi qiiehpics va- 
riations dans sa l'orme ^V■llérale. Celui des genres (pie nous connaissons a des lohes oU'aclifs 
assez volumineux. Ses hémisphères sont à i)eu près lisses chez les Talons, tandis qu'ils sonl 
pourvus de circonvolutions dans le genre Pangolin , à en juger du moins par un cerveau 
portant celte dénomination, (pie l'on a conservé maintenant dans la galerie analomi(pie du 
Miiséiun. Les Édentés sont des Animaux peu inlellig(Mits ; la plupart se font remanpier par 
la lenteur de leurs monvemenls, ce (pi'on a expli(pié, pour plusieurs d'entre eux, par la 
singulière disposition analomiciue que présentent les artères de leurs memhres. 

L'examen ostéologi(iiie des mêmes Animaux a donné lieu à i)lusieiirs remarques fort cu- 
rieuses, mais sur les(pielles nous ne saurions nous éti.'udre malgré leur importance pour la 
classincation des espèces vivantes et plus encore des espèces fossiles (pii rentrent dans cette 
curieuse catégorie de Mammifères. G. Ciivicr a pulilié à leur égard de très-bons renseigne- 
ments ; M. Uichard Ovven s'en est occupé depuis avec heancou|» de soin, et de Wainville pré- 
parait activement son Ostdograpliie des Mannnifères édentés lors(pie la mort est venue le 
surprendre. 

En étudiant l'osléologic des Édentés, on reconnaît qu'ils doivent être nettement séparés 
(In reste des Animaux mammifères; (;l si l'on associe les caractères (pie celle élude fournit 
à ceux du mode de tégument, de la denliiion, etc. , on n'est pas moins étonné de l'impor- 
tance des différences (pii distinguent entre elles les diverses familles de ce groupe. Aussi 
est-on conduit à penser (pi'il y a plusieurs sons-ordres, peut-être même plusieurs ordres 
parmi ces Animaux ; mais nous devons nous borner ici à exiioser l'histoire de leurs dilTc- 
renles familles. 

Celles (pie l'on connaît dans la nature acluellc sont au nombre de cinq, savoir : les Ih-acly- 
pidés, les Dasypidés, les Oryctéropidés, les Mijvmécophagidés et les Man'ulh. 



1" 2 



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Ivi'Diiilon sont 
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l'iricnt séparés 
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r : les liradu- 
s. 



FAMILLE DES nnAnvriDi:;». ^v 

FAMILLE DES BRADYPIDÉS 

s noms d Ai et d /««« .,„o k.,.r ,, .innués l.uffoi.. ()u..|muos auteurs en fout un onin, sous 
a denorniuntmn ,1e lanlup.ule.. Ce sont ,|os Atres fort l.iznrros sans doute, qui paralsseut dif- 

n.rnies, s, un les tM.u.paiv aux aul.vs Mauin.ifén.s. ninis que leur apparen xté,i,.,„-o ,„,ssi 

bien ,,u„ ,..urH habiludes «riuipeuse. semblent, jusqu'à un certain point, rapprocher le 
S n^es auprès .lesquels on les a mOn.e classés fréquemment. Copoudaut, en les examinant avec 
l-lus d atlenlion , on u.- larde pas ^ remarquer qu'ils .liff.'.n.ni .lc ces Animaux par plusieurs 
de leurs earncteres prnwipaux ; ils ont la tél.. fort difféivule de la lenr. el sans l.^s poils .l,ml 
es Paresseux sont recouverts ou la mohiliié .lo leurs lèvres, on ,.ourrait dire que leur Ih^uro 
.OUI presque autant de edle des Tortues que .le e,.||o .les autres Mammifères. Ils n'ont .l'ail. 
hMirs, que .I..S m.limenls .lo eon.p.o an ve; leur tél.. est p,.iil.. ri l.-ur face sans i.l..lli- 

on PH.^;i " ■"', 'r'""""" """""'""""^ ''-^ «"<^- <'l «'^' «»"H |,.s autres Oua.lrumanes 
rimâtes par la conf.,mial,on .le l..urs membres. Leurs .loi^ts ne sont pas libres, et ils no' 

J ma s ,1 n y on a plus de trois, ot, .lans une espèce, les membres postérieurs n'en ont mémo 
qno.leux; mais .lans Pm, ,.t faulre cas, ces doigts allouKés, n'ont que leur dernière phalange 
d| mobile, et l.,n«le .pii h-s tonnino est fort gran.l. Les mouvements .le «inf^bme .p,o lu 
piialaoKo onguiculée do ces doigts exécute l.^ur permettent .le faire un angle pîus .... I.ioius 
oigu avec le rcslo de lu patte, ce (pii transforme chacune des extrémités des Paresseux en un 
crochet puissant à l'ai.le .Imiuel ils se suspen.lent aux arbres ou s'aident .lans leurs mouve- 
nionts au milieu «les branches. Kn effut, ces guadru|.è,les sont essentiellement grimpeurs ot 
qu..i.,u Ils soient lents et embarrassés, ils sont bien loin d'étro aussi .léfavorisés .,ue Buffo'.rei 

ni-iw^in r, ';"";'■''"'"•" ''""' '"''""''• ^^" ^'""'■•^'' ^" '^^ '^'•''•""' ''■- "■'"••^•f''^^' -^ ^'^^ tout ««ssi 

p.. >.na iteel tout aussi sagement inspirée .,uo lorsqu'elle a pro.luit l.-s autr.'s êtres organisé., 
to sont les nnluralistes .,ui se sont mépris ^ it-ur sujet comme ils l'ont fait .lans tant .i'aulros 
occasKM,., etpour bien apprécier les singularités, inc.mtestabl..menl fort nombreuses, mais 
tontes inotivees, (,ui .listiiiguent la famille curieuse dont nous parlons en ce moment, il était 
n..lispcnsable .l'éluci.ler préalablement lo double problème de leurs affinités naturelle^ et do 
leurs con.l.tions ,1'existenco. Or, ce n'.-st ,,u'après de l.,ngues études et après t.ien .les tAton- 
uemenls .|u on a pu arriver à ce résultat. Trompés par l'analogie apparente qui semble ratta- 
cher les 1 radH.es à la famille des Singes, .piel.iues naturalistes célèbres, parmi les.iu.'ls nous 
avons ,J,.ji\ .,t., Linné et de Dlainville, les ont réunis à l'ordre dos Primates; mais si lo faciès 
>o ces Animaux paraît justifier ce rapprochement, il s'en faut do beaucoup .pie les données 
fourmes par leurs caractères véritables, mémo f-nr leurs caractères extérieurs, lui s.dent 
lavornbles, et I examen do leurs principaux organes le repousse do toutes ses f.)rcos. Il est peu 
.1 exemples .pn démontrent , aussi bion .p,o celui .les Paresseux, l'importance qu'il faut 
n tacher a une élude profonde et complète de l'organisation des Animaux lors.pio l'on veut les 
classer d une manière naturelle. 

Les organes niAlos et femelles .les Paresseux ont ,dus .l'analogie avec ceux des É.lonl.'.s • 
eurs dens sont uniradiculées et à j.eu près uniformes, comme celles do ces Animaux et 
leur squoiette est très-loin do ressembler à celui .les Singes .>u des autres espèces .lu mêino 
onln<; il a, au contraire, une grande ress.>mblance générale avec celui dos vrais É.lontés 
Cl, s 11 en .hffere, co n'est que .lans ses parlicularil.'.s secondaires ot liarmoni.pies, c'est-à-dirô 
lians t.iHt co.iui fait .les Paresseux des Manmiifères essentiellement erimpnnr. L«« r^Mn-e^^ 
Svnmaux .pu distinguent l.-s l'arosseux indi.pient .lonc dè.s Animaux .le l'ordre des É.lontés 
et aucune do leurs particularités secondaires no so rencontrent réellement chez les Primates' 






2« ORDRE DES ÉDENTÉS. 

(î'est bien aux Édentés quo les Bradypps mpartieniient , et s'ils diffèroiil à certains égards 
des autres lamilles quo l'on classe parmi ces derniers, les dispositions (]ui les isolent 
parmi ces Animaux sans les en éloigner sont pour ainsi dire la conséquence dos conditions 
extérieures dans lesiiuelles ils devaient passer leur vie. Les IJradvpes sont îles Édentés au 
mèmi; titre «lue les Tatous, les Fourmiliers, les Pangolins et les Oryctéropes; mais ce sont 
des Édentés herbivores et grimpeurs , à certains égards supérieurs aux autres, et qui répètent 
pour ainsi dire la forme Primates dans la sous-classe à laquelle nous les associons. C'est ce 
qui expli(iuo à la fois leur analogie, plus apparente (lue réelle, avec les Singes, et lu supé- 
riorité incontestable (ju'ils ont sur les autres familles de leur pro|)re catégorie. La curieuse 
conformation do leurs membres facilite leur station au milieu des arbres et leur permet d'y 
accomplir tous les actes de leur vie. La disposition remaniuable de leur estomac, qui est 
multiloculaire et presque comparable à celui des Ruminants, est elle-même en harmonie 
avec leur mode d'alimentation, (jui consiste en substances végétales, principalement en 
feuilles, que ces Animaux bizarres arrachent surtout aux cécropia. Mulheurou sèment, les 
développements auxquels l'intéressante étude des Bradypes pourrait donner lieu nous condui- 
rait trop loin, et nous devons nous borner à rappeler en quoi les particularités essentielles do 
ces Animaux peuvent servir à leur classification. Nous ne pouvons cependant omettre de 
rappeler (jue la complication de leur estomac a conduit G. Cuvier à se demander si les Tarti- 
grades n'étaient pas sujets à une sorte de rumination. 

Il y a deux genres de Bradypidés ou Édentés tardigrades, l'un et l'autre établis aux dépens 
des liradypus do Linné, et (jui ont reçu chacun un nom différent de celui-ci. llliger a 
appelé Cholœpus les Bradypes <[\» n'ont que deux doilgs aux membres postérieurs, et, plus 
récemment, F. Cuvier a proposé la dénomination d'Jt7(C»s pour les Bradypes pourvus de 
trois doigts à chacune des extrémités. Cependant le mot Brmlypus ne devait pas Atro aban- 
donné, et il est convenable de lui conserver le sens restreint sous lequel llliger l'a employé 
dans une publication antérieure en 
date à celle de F. Cuvier. Quoique 
tous les uaturalistes qui ont écrit ré- 
cemment sur les Tardigrades n'aient 
las suivi cette règle, nous no saurions 
nous y soustraire , et , dans les lignes 
([ui vont suivre , nous donnerons au 
mot Bmdjipus la signification attri- 
mée par F. Cuvier au mot Acheus. 
Los caractères qui séparent ces doux 
genres ont une telle importance ([u'on 
pourrait faire do chacun d'eux une 
tribu distincte. 

Genue CHOLÈPE {Cholœpus, 
llliger). Les membres antérieurs ont 
tri5îs doigts pourvus d'ongles très- 
longs, mais les postérieurs n'en ont 
que deux ; les dents sont au nombro 
de ^ cylindriques, et celles de la [xiirc 
antérieure, qui dépasse les autres en 
grandeur, prennent une apparence 
caniniformo. Toutefois , contraire- 
ment à ce qui a lieu pour les canines 
des Mammifères liétérodontes , c'est 
la supérieure qui passe en avant do cholj.h t^.r, ./s do grand, 




certains éganh 
qui los isolent 
dos conditions 
dos Édentôs au 
. ; mais ce sont 
, et qui répètent 
luions. C'est ce 
:es , ut lu supé- 
ie. La curieuse 
leur permet d'y 
tomac, qui est 
e en harmonie 
icipaiement en 
rousement, les 
a nous condui- 
ossentielles de 
ant omettre de 
or si les Tarti- 

)lis aux dépens 
li-ci. lUiger a 
rieurs, et, plus 
es pourvus de 
pas être aban- 
jer l'a employé 




FAMILLE DES BRADYPIDÉS. 249 

l'inférieure, et quoique leur usure se fasse en biseau . comme clie^; certains .le ro, derniers le 
plan do detntion a ici une direction inverse. Il est i.ostérieur pour les dents canini formes d'en 
haut et a..te,ieur pour celL-s ,1'en bas. La couronne d(>s antres dents s'use en chevron J.o 
thorax est allongcson n. voit j.as do trace extérieure de queue, et il y a un .rand nombre 
do cotes au squele te (21 paires) : les clavicules sont co,nplctes; eufin , l'humérus est pourvu 
d un trou suscondylien. i «•" 

L<î CiioLtPE UN AU (Cholwpus didodylm), ou VUnau de Dnffon et le nvadypHS didadulus 
Lnn., a 0,.() ou 0,80 do la longueur totale; il a la tète large; ses poils so^^ secs et assez 
Ion s, en gênerai, brun gnsAtres; ceux des membres et do la tèto sont noirâtres; les narines 
sont Circuianvs L'Lnau se tient sur les arbres; quoiqu'il ne soit pas actif, il n'a pas a 
beaucou,., près la lenteur, .,u'on lui avait supposée; il est n.ème moins in.loient que l'Vï 
mais ,1 voit mal pondant le jour, ,1 il passe une grande partie de ce temps à .lormir Ses 
grands ongles lui servent à se retenir aux branches des arbres, (lu'il no quitte guère Le"plus 
souvent accroché par trois de ses pattes, il emploie la quatrième à saisir les objets .lont il veut 
s emparer et a les porter à sa bouche. Ses mains sont étroites, longues et recourbées comme 
.les crocs. Lu captivité, on peut le nourrir de pain trempé dans du lait, ainsi .,ue de légumes 
ou do fruits cuits ou crus, l ne mère et son petit vivent depuis .,ueIquo temps à la Ména^^erie 
de ans ; un autre Lnau existait aussi à Regenfs-Parck, il y a un an. Les Parosseux-Lnau 
S0..I indigènes dos parties les plus cliau.les de l'Amérique; on les rencontre au Pérou, au 
brtsii, a la (.uyane et dans plusieurs parties de la Colombie. 

CW.MIK BnADVPE {nradypus). L'.lnio Buffon et les espèces du même genre ont trois 
doigts longuement onguiculés non-seulement aux pieds de devant, mais aussi à ceux ,lo 
derrière; ils ont un rudiment extérieur .le .luoue; leurs dents, au nombre .le ?, sont cvlindri- 
formes, moins grosses .juc cell,>s ,lo l'I nau, et un peu excavées à la couronne; colh's do la 
premicro paire no sont pas caniniformes, et à la mâchoire su|)érioure leur .limension est 
mémo moindre «lue colle des .|uatre autres paires de .lents. Leurs p.nls sont socs comme ceux 
de 1 Lnau, mais comme crêpés sur certains points du corps. Le squelette a un moin.Iro nombre 
do vertèbres dorsales et par suite un moin.Iro nombre .le côtes (16 paires seulement), les 
clavicules sont rudimentaires et l'humérus man.iue .lu trou suscondvlion. La région cervicale 
pivsente une particularité fort singulière dans le nombre .le ses vertèbres, .jui est de huit ou 
mémo de neuf, tandis qu'il n'y en a constamment .luo sept ciioz les autres .Mamhiifères Les 
arosseux du genre Aï ont les pieds de .lerrièro encore plus écartés .jue les Cholèpes, et 
iorsquils sont a terre, leur embarras est f,)rt grand; au contraire, ils sont à leur aise sur les 
arbres et dans les lieux où il leur est p.^ssibio .le grimper, 

La réputation de lenteur extrême que Huffon a faite à ces Animaux n'est donc pas entière- 
inent .Icpourvuo dofon.lement, mais elle a été singulièrement exagérée; car, pour se faire une 
idoo exacte de ces EdfMtés, il fallait les étudier au milieu des circonstances pour les.iuoilos la 
iXature les a créés; alors on les aurait peut-être trouvés singuliers, mais ils n'auraient 
paru m ri.hculos et ni même disgraciés. Aussi, quel.pies voyageurs modernes, prévenus 
qu 11. ctaient j.ar les récils inexacts on exagérés .les naturalistes du siècle dernier, ont-ils été 
fort el.,nnes, lors.iu'ils ont vu les Aïs et les Inaus au sein des forêts vierges .le 1' Vmérique 
ou qu Ils les ont filacés à bor.l ,les bCitiments.. Tous les ont également trouvés b.iaucoup 
l'Huns embarrassés «lu'on ne l'avait dit, [larce .pie là encore les Paresseux pouvaient exercer 
leurs aptitudes grimpeuses. 

Les Aïs vivent .laiis les mêmes ivgions qu.) les Unaus, mais ils sont d'une taillo un peu 
inf.'neure a celle de ces Animaux; leur têt., est surt.nit |.Ius petite et elle a une autre f.irme , 
is constituent certainement plusieurs espèces, mais il est encore impossible d'en établir uno '' 
bonne diagnose différentielle. Le nombre .les vertèbres cervicales, .pii est tanl.V do huU 
laïUot au contraire .le neuf, la forme .le la tête osseuse, la .lispositiondes ouleurs fournissent 
des caractères certains, que l'on peut employer pour la distiuctiou do ces espèces. Suivant 
II" PAnTIE. .^2 





250 



ORDRE DES I-IDENTÉS. 






m 



M. Groy, on devrait nn^mo partager ces Aiiimavix eu deux genres, l'un auquel il réserve le 
nom linnéen d(! firadi/pus , et l'autre (|n'il appelle ArdopiUwque. Cette dernière dénomination 
avait déjà été employée [)our indi(iuer l'Aï. Les caractères (jue M. Gray a reconnus jus(iu'à 
présent dans chacun de ces deux groupes ne sont ni assez importants, ni assez faciles à saisir 
pour qu'on adopte sa nouvelle manière de voir. 




11 11 A m l' K V m t L 1 1: it , t ' j .li> fframl 






iilî 



On n'aura une nomoaclaturc exacte des Animaux du genre Bradypo que lorsqu'on les aura 
éludiés sur un nombre d'exemplaires plus consiih'ralile que ceux (jue nous poss(''dons encore 
dans nos coljections, et (lu'on aura pu revoir et décrire comparativement les différents types 
de chacune des espèces proposées par les auteurs; mais c'est une t;\che cju'aucun naturaliste 
n'a encore enlrepris(\ S'il fallait s'en rapporter aux notions que la science possède, le nombre 
de ces espèces ne serait pas inférieur à dou/o; mais il n'est pas douteux (lu'une étude plus 
complète ne fasse reconnaître plusieurs doubles emplois parmi celles (pii ont été décrites. 
Nous nous b(U'n(>rons à signaler les mieux coiislatées; ou trouvera l'indication îles autres dans 
les Mémoires de Wagler, ainsi (pie de M)l. Ruppel, Rapp, Gray et Cornalia. 

Le RiiADVPK A coi-i.ii-ii {nradi/piis (orquatus , E. Geoffroy, llliger, etc.) est regardé par 
M. Gray comme étant le lh-mbipH>> crhtilus i\o Rrown. Il a les poils assez longs, principale- 
ment sur le dos; il (>sl d'un gris jaunâtre un jh'u tcmnix, et se distingue principalement par 
les longs poils noirs qui lui pendent dessus le cou et sur le haut du dos comme un capuchon. 
Sa patrie est essentiellement le Brésil. 

Le Rradypf. a dos unii.i;, qu'on a nommé flradupus ushis, n'a sur le milieu du dos 
qu'une faible ligne noire; elle y est accomiiagnéc! de chaciue ciMé par une large tache orangée 
ou jaunâtre. 

L'espèce la plus ordinaire ou leRnAnvr-i: TUiDACTyLt {DrmhjpHs tridachjhis, Um.) cs[ 
grise avec du brua ou du blancliàlre sur le dos. 



FAMILLE UKS DASVPIDKS. 



251 



hjlus, Liiin.) est 



FAMILLE DES DASYPYDÉS 

Ainsi^ que no„s l'avons ,l.jà .lit , lo nom ^.vc dasupus dont Linnô a fait das>jpu.. , ot qu'il 
a donne commo nom «onc-rique aux singuliers Man.mifèros io l'Amôriquo môHdio lale nui 
nous occupont, ..rvait à désigner lo Lapin dans les ouvrages d'Aris.olo. Copondan us ë 
n^turahstos modernes ont accepté la nouvelle signification que lui a imposée lo ZlJZu^ 
suédois, parce quo ce mot exprime asse. bien l'un des ca.'actères principaux des Tatous. En 
effet, daypus veut ,hre A.nmal à pieds velus, et les Tatous diffèrent essentiellement des autre 
.Manm.,feres terresires, en ce qu'ils n'ont guère de poils que sur les n,eml.res et su la t 
mfeneure du corps ,e dessus de leur (è.e, toutes les parties supérieures et latérales de leur'. mn 
cl m queue etan proU-gés par des pièces osseuses dont la surface est gari.ie d'un épidémie 
ccadieux, et dont les u.terstices seuls présentent çà et là quelques poils. L'ensemble dërt 
appareil protecteur, dont aucun autre Animal .le la mémo classe ne saurait nous donner l'id e 
représente un véritable squelette cutané. Il se compose d'une multitude do petites plaquettes 
osseuses qui font corps avec le derme lui-même; et ces pla.,uettes, dont la forme, l'épaisseur 
et 1 apparence extérieure varient suivant les espèces que l'on étudie ou suivant I s dfférenl 
points du corps, sont disposées par séries transversales et rapprochées les unes des autre 
comme des pièces .le maniucterie, ou bien encore comme les éléments d'une mosaïque II v 
en a sur la tele, oîi elles constituent le bouclier ...pbali.iue, et lenr arrangement y ranpellu 
plus ou moins complètement les plaques tuberculeus..s que l'on voit sur le crilne .les |{entiles- 
elles affectent aussi différentes dispositù.ns, également susceptibles d'être employées pour là 
distinction .les espèces. Sur le ,los, les pla.pies osseuses, ,,ui sont aussi pourvue; h leur face 
externe .1 un revêtement .'.pi,lermi.,ue, peuvent être distinguées en trois catégories; celles do 
la région tlioracique ont leurs .lifférentes bandelettes réunies les unes aux autres .l'une 
manière fixe, étoiles constituent le bouclier dorsal ou tlioracique; après elles, viennent des 
baïuies disjointes, imbri.iuées et mobiles, ,lonl le nombre vai'ie suivant les espèces- ce soni 
ces ban.les «lui assurent la facilité des mouvements ,le llexion .lans la résion .loi'so -lombaire- 
celles .lui les suiv.-nt sont de nouveau soudées les unes avec les autres, et par .■„nsé.M,ent 
immobiles; elles servent à garantir la croupe sur la.pielle ell.>s se moul.>nl; .■Ast là ce .mi 
.tonne a leur ensemble une apparence assez .liffér.Mite .le .-elles .lu b.nicli.-r tli.)racique Les 
pièces d'une même zone sont loin .l'avoir, pen.lant la vie -les Tatous, cette rigi.jité .lue nous 
leur voyons chez les exemplaires .lesséchés .juc r.)n conserve .lans n.)s collections- et en 
même temps, les ban.le« intermé.liaires .-t imbri.p,.M-s permettent à la carapace .le s.; mouvoir 
et .1 envelopper plus ou moins complélenient le corps, .pii est alors susceptible .le se rouler 
en Imule comme celui .l'un If.'Tisson on .l'un Cl.q.orle. La substance .le chacun des arceaux 
•iermi.iues jouit .l'une certaine élasticité, et il en est de même .les boucliers antérieur et 
postérieur ; aussi , beaucoup .l'espèces ont-elles la pr.i- 
liriété .le s'afilatir, de telle sorte .pi'.îlles s'appli.pient 
contre le sol (>t semblent comme écrasées. Elles ont 
alors une ressemblance curieuse avec de gr.is Cl.iportes, 
.■eipii justifie le nom .l'Arina.lilles .lu'on leur .lomie.lans 
plusieurs pays. Indépendamment .lu s.pielelte cutané .pii 
recouvre leur crâne et tout le .lessus .le leur corjis, l.-s 
Tatous .)iit aussi la .pieue plus ou moins prot.'gée par 
des ()iè(;es analogues, mais.jui sont alors. |.;scer.-les c.mi- 
plols, et entourent les vertèbr.-s, coinm.i si ell.vs étaient 
log.ips dans un véritable étui. Les Tat.nis ..iit rei.ii dans 
les classifications .les noms .pii rappellent la .lisposili.in si particulière de leurs téguments. 




>i:nTi. 



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)BE cuniLE !,■:. ruiji , iji-iirici. iiut, 



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262 onnnr: des l'iDKNTts. 

f. Ciivior les noinmo Dornhnphorcs , c'osl-à-diir porto -cuirnsso, cl Waglor ClngiduUx, par 
allusion aux liiiiidolcllL'S ossimiscs ipii les rci'ouvrciil. 

L'appiiivncc cxlmcuri' des Tatous osi ('('rlaiMcmi'iil foil ('■Iran^'o, cl l'on ne pcul nicf qu'il 
n'aient, dans leur pliysiononiio trcncraic. une ccrlaino analo^'ic avec la classo des Hc^ptilcs; 
mais l'cnscnihli' de leiu's earaclèrcset leur eonfoiniallon inléiieure les lallaelieiil de lonl point 
à l'ensendiledes Mainniit'ères. et s'ils soni iniV'rieurs à plusieurs é^^ards inu Ouadrupèiles dont 
nous avons déjà parlé, ils n'en doivent pas moins èhr ranî;és dans In même classe. D'ail- 
leurs celle infériorité leur es! connnnne avec les autres Kdenlés, et comme eux, ils dilTérent 
iiotalilement de Ions les aulres Mannnil'éres par leurs caractères secondaires; celui de leur 
carapace est corlainement le (ilus ctuieux do tous. 

Semlilahles à la plupart des Animaux dv. leur classe, les Talons ont d(>s oreilles exiernes, 
pourvues d'une c(in(iue assez ('lendue, et ils ont, comme tous les iuitres Manunifères, des 
manielles pour la siVré'lion du lait, dont ils se servent aussi pour la nouriitm'o de leurs 
fietits. Ces mamelles sont abdominales; leur nomliro est lan'At do deux, tantôt, au conirairi', 
(le (pialre. Les narines de ces Animaux ne sont pas perciVs dans un espace fjrarni de f,dandes; 
la p.-,iu (|ui les entoure esl nue, mais l(>nrs cavités (dl'aclives sont l'tendues, el les Talons 
paraissent doués d'une faraude linesse d'odoral. Leurs veux soiM pulils el à pupilles circu- 
laires; enlin, ils ont les doi^^ls plus ou moins ini''t;anx, lialiiluellemeiil au nondire de cini|. en 
arrière comme en avant, (pielipiel'ois de cpialre seuliMuenl en avant, et -arnis d"onf,'les, 
souvent Irès-roliustes, anjués, ce cpii li>iir permet de fouiller le sol avec- la plus -rande 
facilité. 

L examen analomiipu' des mêmes Animaux a doniK' lieu à plusieurs renianpies dij;,.;'s 
d'êlro signalées. Leurs mAelioires, ipii sont f^rêjes el plus ou moins alloufjées, sont toujours 
garnies de dents, mais ces dents varient pour la forme et pour le nondire, suivant les diflV'- 
reiils j;cin'es. J'ai pu constater leur modo do remplacement, dont aucun auteur n'avait encore 
parlé, el ipii diffère lieaucoup do celui dos imires Manunifères. Dans le Cacliicame, h^ seul 
Tatou ((ue J'aie encore observé sous ce rapport, les molaires de lait, ipii sont au nondire d(> 
sept on liant et en bas, sont moins arrondies ipie celles do la socond(! denlilion, et leur racine 
se (lédmiblo on un cliovron, dont l(>s deux branches peuvent se. sépar(>r l'une de l'auln* par 
suite lie l'usure de la partie coronale. Les dents de remplacement poussent inmiédiatement 
au-dessous de celles de lait, tpi'elles chassent connue <W<. coins, en se plaçant entre les deux 
branches de leur racine. C'est un mode de remplacement iiien plus sendilable à celui des 
Crocoililes qu'à celui dos Mammifères liétérodonles. J'en reproduis la liuiu'e à la |iaj,'(> 2,Vi du 
présent volume. 

La lanyuo des Tatous esl douce et de forme coniipie; leur estomac, à |)eu près globuleux, 
est assez grand; leur iidestinesl raremeni pourvu d'un eœcum. Leur sijuelette proprement dil, 
est éualement assez particulier, mais nous ne saurions insister ici sur 
les caractères nondireux <pii h; dislin^iienl. On en trouvera la des- 
cription el une bonne ll.nuro dans l'ouvraf^e de (i. Cuvier sur les 
ossements fossiles. 

Les Tatous ont le cerveau lisse, mais encore assez volumineux; 
cependant, C(\ sont des Aninumx sans intelliu-ence. Us vivent dans les 
bois ou dans les ^rrandes plaines de l'Améri(|ue méridionale, el se 
nourrissent de substances animales, priin'ipalemeid d(> cadavres et 
d'insecics. Ils sont peu actifs, n'ont aucun'' méchanceté et peuvent 
être finMlement retenus en caplivilé. On m'a assuré (pi'une de lenis 
espèces avait reproduit en nelL;iipi(\ dans le Jardin zooloi:i(|ue d' \n- 
\ers. 

Aucime espèce de Talons n'est élraiii^rre à l'Amériiiuo méridionale, 




(Fin tu i)K Tirni , 



i-\ < 



ntant. 



et la taille de ci'llcs ipie l'on y connall esl. en yi'i 



leral 



asst 



z pelili 



Ciiif/iihita, par 

r' peut iiicf (\\\'i\ 
so lies n(!pHli's; 
iMil il(' tiiiil point 
imdi'iipr'ili's dont 
iu< classe. D'ail- 
lux, ils (lilïï'ninl 
s; celui de leur 

n'eilles externes, 
laiMinifères, des 
iniluie dff leurs 
M , au contraire, 
arni de ^'landes; 
'S, el les Talons 
I pupilles circu- 
iilire de ciiHi. en 
garnis d'on^rles, 
la plus ;4Tand(; 

luanpu's iWii,."-^ 
s, sont toujours 
suivant les dilTi'- 
ir n'avait encore 
•liicaino, le seul 
it au iioiMbre de 
iii, et leur racine 

de l'aulne par 
ininiédiateinent 

il entre les deux 
dile à celui des 

1 la pa;,'e 2-"ii du 

près HJoluileux, 
proprement dil, 
< insister ici sur 
rouvera la des- 
C.uvier sur les 

07, volumineux; 
vivent dans les 
ridionale. el se 
di' cadavres el 
cet('^ el p(Miven( 
pi'une de leurs 
Johviipie d' \ii- 

jo inéridiniiak', 

il, assez pelile. 



FAMILLE DES DASYPIDÉS. 2.-.3 

La plusforto de toutes, nu le Tatou (iéanl, surpasse de lieaueoiip les autres; cependant, 
son coriis n'a ;;uère cpi'un niètr<- d(* longueur; le Clilamvpliore , <pii est au (lonlrairo le plus 
jielit, a tout au jilus le volume d'un Hamster. 

Iluffou avait réuni dans un seul groupe les «lifférentes espèces de Tatous .pi'il connaissait, 
ot cest a cet ensemhle d'espèi'os .(uo Liuné a donn(' le nom ^'(■néri(lue de /)iisi/im; mais les 
l'nncipes diflérenls .p.i d.ri-<.nt les naturalistes actuels et un.; .•oMiiaissance'plns complète 
des caractères des Tatous ont lait ('lahlir plusieurs -..mes parmi c.;s Animaux, i-X les Oa.si/jHiti 
sont .l.tvenus la famille .les Dasvpi.l.'-s. C-s -..invs sont eux -les rno,lo<,U', Calm.sou, En- 
cimlnrl, Udncmw, Apm- ^A Chiannipimr. L.. n.iml.re t.dal des esp.H:..s .■..mpris.'s .lans ces 
«ldf..renls -enres n.i s'.'leve pas au-dessus .1., .piinze. On p.)urrait les partager en deux trilnis, 
sui vaut. lu'elles ont la.pieuoconi.iueel l.)ii-ue, ou au contrair.! courte et en massue. Le Chla- 
in.vplM.re, <pn ..,t dans c.. d.,nier cas, r.-sseml.l<.si)usce rapport à .piel.pies-unes <l.s ^'ral..les 
espe.'.-s appart.-nant à la m.'m.! lamille .pii „nl autrefois p..Miplé l'Ami'ri.pie. 

<;kmiic |»ni()l)()\TI-; {Pn„do,d,'s, V. Cuvi.ir). Les wv^Ws .l.'s Pri.xlontos s.ml hvs-forts 
ft leurs .loi;;ts trés-in.'-aux aux pi...|s .1.. devant; leur d.)s pn^seide .I.Mize ou tr.'i/.. liand.'s 
"lohdes ,.nlr.! les .leux parti.-s (ixes <Je la carapac.,' .pii r.T..uvrent le tn.n.' en .l.^ssus; l.'ur 
'pifu.! e-al(. à peu près la moitié 
'lu corps en l.m-u.MU-, et leurs 
d.'Uls sont en plus ^Tand nondire 
ipie che/ les esp.'c.'s .l.vs autres 
^'.'ures. Ou en compte vin^'t-.•in.| 
paires supéri.'ur.'nient et vni^;l- 
ipialre inréri.Mirement ; aucun.! 

«Ii's pr.'iiiières n'est nis.'r.'e .lans ~^^ ^'S^aB^Sill^Miî^*'^''""^"""^'''''.''.!'?qca, 

Tos intermaxillair.'; I.mles s.int 
[letiles et sensiblement compri- 
imVs, surl.iiit en avant. Au. •un 
-lutre K.lenlé n'en présente un nombre aussi considérable. 

l'iii()i).)\TK CKANT {/'rioi/oiilcs f/if/(is). Azara le nomme rjrnnd Talwi, et (J. Cuvi.T Taluu 
[icant. Il a !.■ .'orps loit;,' île 1 mètre envir..ii .■t la .pu^ue d.' (),;{(>, On l.s r.Mi.M)ntre au Pérou , 
jIjuis .piel.pi.s |)arli..s .lu llrésd el dans la ré.uion de l'Amazone. C'est le |.lus Kran.l .le tous les 
Tatous acluellem.Mit existants. 

(iKNIlH K\'C()1 KKUT {/ù(i)hr(((hi.s, Wa-ler). La cuirasse .l.vs Knouberls montre, entre 
sa partie tlioraci.]ue et sa parli.' fessier.., .'in.| ou six ban.les m.)biles; les onnlles sont «ran.les; 
lii lele est plate el assez élar;;!..; I.'s on^l.vs .!.■ .li'vant sont forts, moins in.j^aux; la .pieue est 
ui.tins lon-u.! .jue le c.ups, mais encore assez, allongée, ot les dents .)ui sont cvlin.lri.pies 
sont au nombre .le neuf pair.js à la mAclioire sup.'rieuro et do dix ù l'inférieure. La première 
pair.^ .les .lenis sui...ri..ures est implantée dans l'.is inlormaxillairo et elle d.)il être consi.léiéo 
conune une dent in.'isive. 

L'hNcornKirr i-ovoi: {/ùipliraclus scxcincltiti) est l'une .les espèces do cotte famille .pii 
"lit été connues .|<. Huff.ni. La .lisfiosilion et la mobilité .le sa carapace lui iiormotlent de 
siiplatir .l'une manière vraiment sin-ulièr.', et .pian.l il repose, priiicipali'menl lors.pi'il s'est 
•■'"ii.lu nu soleil, il ressemble à un lrès--rns Clop.irl... Il est r.'.pan.lu au Para-uav v[ .lans la 
io.;;ion .le la Plala. Sa taill.' appni.li.. d.' coll.. ,|,. la Marmr.ll.., mais il ..st en.^ore plus bas 
sur jambes, et .railleurs sa forme ne ra|ip..llo ..u rien elle ,lu lt..ii^:enr au.piel n.ius le com- 
l'i" s |iour ses .limeiisions. 




l'ilKjrHlMl. I. l'. AN., 2|'.'l lie (.r^ll.il. 



De 



On p.iut rapi 



lorli' 



au 



j:eiir.' 



Knconbert b; T atoi pi.iiiv d" \ 



sm. 



pu apparli.'iil à la Pala; 



zara \ Ihtsijpns minidiif, 



:oiii.' 



espe.'e propiv à la n''ir\i\\\ .le l;i Plala V. 



sm. 



l'iU" \/A\yn . .lans 



on ouvra^;.' sur l.'s Mammi 



et le Taïoi- vki.ii {/hi.si/piis rillimis, \h 
'S <ieu\ Tatous ont été décrits pour la première fois 



lores .lu Parayuav. 



254 



OnonE DES ÉUENTÉS. 




li.vcoiDtiii l'oïoi-, l,i de grnna. (Voyi'z p. 2J3.) 

Gknre CABASSOU [Xenurus, Waglor). L'ospùcé qui lui sert de tvpo ressemblo beau- 
coup a 1 Eucoubert par sa taille et par ses caractères extérieurs, mais 'elle a un j.lus grand 
nombre de bandes mobiles entre la partie tlmracique et la partie fessiùre du bouclier; ces 
bandes sont en ge.ieral au nombre de douze. D'autre part, elle n'a aucune dent insérée dans 
os mtermaxillau-e, et sa formule dentaire est la même .,ue celle des Apars ou des Cachicames 
La longueur de sa queue, ainsi que la disposition de ses doigts antérieurs, permet de là 
. istmguer des Apars; la forme de ses doigts, la brièveté de sa tète et la forme quadrilatère 
de ses écailles la séparent aussi très-nettement des Cacliicames. 

C'est le Cabassou tatou ay {Xeimrus tatomy) m le Talou à douze bandes (Dasyms 
unmnctus Lmno). Buffon et Azara en ont parlé. Sa couleur générale est brunâtre; son corps 
es long de 0,05 et sa queue de 0,18; les écailles de cette dernière sont moins fortes .me 
ce les des autres Dasypidés; les ongles antérieurs sont forts, mais inégaux; le médius, qui 
est le plus gros de tous, a 0,45 de long ; les oreilles sont grandes. 
Ce Tatou habite principalement la Guyane et le Brésil. 

Genre CACHIGAME {Cachicamn). Legenrc Cachicumo de G. Cuvier, que M. Is Geof- 
froy nomme en latin Crœhica7na, comprend des Tatous dont la forme générale a quelques 
rapports avec celles des Apars, mais dont la tète est plus longue. Les oreilles grandes; le 
bouclier dorsal et celui des lombes marqués de deux sortes do tubercules subcirculaires, les 
uns plus grands et les autres 
plus petits, placés entre les pré- 
cédentes ; les bandes mobiles, au 
nombre do sept ou de neuf et la 
queue à peu près aussi longue 
<|ue le tronc; les membres anté- 
rieurs n'ayant que quatre doigts, 
dont les deux intermédiaires plus 
forts et à peu près égaux; les 
dents au nombre de sept ou liuit 
à chaque niAchoire; toutes celles ,„.,, „, ,, .,„,, ,,„„, „„,.,„„„,,„, , ,„,,,, .,„ „,„^,„_,„_ 





LMiiblo boau- 
1 plus ffraud 
ouclior; ces 
iiséréo dans 
jachicames, 
-M'met d(! la 
(luadrilatéro 

'S {Dasy/jus 
! ; son cor[)s 
« fortes que 
iiédius, qui 



I. Is. (Jcof- 
a (juclquos 
grandes; lo 
ulaires, les 




mpliiccmeiil. 



FAMILLK DES DASYPIDÉS. jg^ 

2oV-\"oiFl""L;'"^'''M'"' '""^ '" '' •"""'•"''''^^ '' ^ ""« '^'^^ ^"-«"''^ di^'ance des inn- 
sivos . >()ila quels sont les caractères do ce genre. Il coniprcn.J • 

Lo Cacihcamk Nom (Cachicmm novem-cincla) ou lo Dasypus novem - cinclus et lo 

gcn ra lement noirûtro; son corps est long do 0,40 et sa queue de 0,30. C'est une espèce 
ajsez répandue au Brésil, à la Guyane et jusqu'au Paraguay. Elle est fort habile à creusa 

M. Burmeister en sépare le Dasypus nroceras, qui est du Brésil. On doit en rapprocher 

à plortirrnti''r'^/''T" '''''■'■'"' ''''^"^•^' •'"* « ■"••-- - p- ---Cu 

a proportion dont la taillo est un peu moindre et qui n'a que cin.i, six ou au plus seot 

•lom (Jt iatusio (Tatusia) , mais il est convenable de le séparer 
Gknue APAR {Tolypoutes, Illiger). Chez les Apars les plaques osseuses qui protègent 

pû ri .ï ,'"'"'' '?'"'" '''''''''''' ''''''''''' "*' "» f^^^" ^' recouvertes chacune 
par ano lame epiderm.que de môme forme; la surface extérieure est garnie do tubercules 
.mousses plus ou moins visibles, selon l'espèce, et encadrés par une sorte do eori entre 
bouclier dorsal et celui de la croupe sont trois bandes imbriquées, mobiles et form'e cmcur 
P une rangée Je plaques rectangulaires, également tuberculeuses à Ic.r face ten^ ^ 
dont le grand diamètre est longitudinal. Cette disposition, qui est très-apparentel a face 
.ntorne de ces plaques, est dissimulée extérieurement ,pa; l'imbrication Ses bals et n 
lopaississement de leur partie antérieur; la queue est courte et garnie de^r uber ul 
granuleux à leur surface; le doigt médian, qui est court et épais! a son onge très-fort e 
alciforme; l'index a ses phalanges plus allongées, mais son ongle est moins ^nd I' n u 

u;Ltii.rte's "det ^"7 r: ''''' '^ '-''' -'' '-''^ -^ ' -'^ « p- to. ««rs di ;;:^t 

In te; a. o t T '^^""""^"^^ ' ^«»'' '"' ^^f^nomes, qui sont plutôt ovalaires II 
plus petites que le autres; on en compte en tout huit ou neuf paires à chaque mâchoire- 
les supérieures sont toutes implantées dans l'os maxillaire. '"^ttnoiie , 

Les Apars sont des Tatous de moyenne taille dont la carapace est moins aplatie que celle 
es autres et qui jouissent à un haut degré de la propriété de se rouler en boule rsqu'oi 
attacpe : leur nom de Tolypoutes rappelle précisément cette particularité. On eu Slux 

Pli,t'lT r ^'7 - '^ (J'olypeutcs trlclnclus), ouïe Dasypus tricinctusde Linné. Il a lo bou- 

hnc i. , , T "'' '""'""'"'^'' '^^ ^'''' '' ^' ^•^*^'*°" "'^'^'•'««re de son corps sont 

c:;Ti;e:;;r:r:?mr,z^:""" -' ''-'^'''- ^-^ -^^- ^^^^^^ ■« «^ésii. l .-.n. 

L'Apar a queuu conique {To!ypcutesconurus,h. Geoffroy), ou le #«/flco d'Azara vit 
ns e 1 ucuman et dans les pampas du Paraguay. Sa carapace est\'ioirûtre ; le s"l on m ^in 

c:u::;rfor::i::;^r""'' " ''"-' '--'' '^^ '•''- ^^^^'^ -^^^^-^ - - ^-- - 

celui'dlnt la'«!?7''*; ^"""""^^'<>'-'- ^ "--)• Lo pîus petit des Tatous est aussi 
c lui dont la caiapace montre la composition la plus simple. Le dessus de sa tête et de son 

petite son n il T' ?' ''"•^'^•'' '^"^ ^°"' dles-mômes formées de plaques plus 

£ c '^r velTl i^sul ant T r° ^.'"^^'r^'^^'^^' '^^'^ «"«^ ^' ««^ la région fessière est un 
uuuLiiLi veiiicai losu taiit de la rcuninn i!p fimt i-mrrw- -.-.^- i • , 

nnUf^.. • ' ,• "" *-'"'{' 'ingees coucuntnques de coinparlimonts en 

polygones irrc^uhers; un demi-cercle de poils assez forts sépare le boucher des fossèst la 




2S« 



OnDRE DES ÉDENTÉS. 



dernière biindo lombaire ; la queue est aplatie et à peu près on spatule ; elle tombe verticalement 
on arrière de l'Animal ; la partie épidormiiiue des plaijues dorsales du Clilamvplmre se dôtnclio 
facilement, et ce n'est pas sans ijuclquo t'tonneniont (pi'on voit au-dessous d'elle une coudio 
do i)oils doux , assez longs et prescjne on tout semblables à ceux des régions inférieures du 
corps. Il y a là une i)articularité dont nous ne saurions encore nous rendre com|)te, mais 
qui parait en rapport avec l'infériorité organiqwî du Chlamypliore, comparé aux autres 
Animaux de la même famille, et en même temps avec ijuehiue circonstance de son genre do 
vie. Ce Tatou a cin<i i\(%ts en avant et cin(i en arrière; ceux de devant ont des ongles forts, 
subégaux, et par conséiiùenl moins disproportionnés entre eux (pie ne le sont ceux des (ispèces 
propres aux autres genres; ses dents sont petites et au nombre de dix paires à clia(|uo 
laùclioire. 

Le GnL.VMYPnonr. tiionqué {Clilainyj>honis triiiicnlus, Harlan) a la carapace de couleur 
pâle et les poils gris blancli;\trcs. Sou corps n'a que 0,13 en longueur et sa (pieuc 0,32 seu- 
hunent. 11 babilc la province de Mendoza , ipii apiuu'tient à la région des Andes et avoisine 
le Cliili. Il passe une grande partie de sa vie sous terre, ce qui le fait comparer aux Taupes. 
La femelle [uirte ses petits sous son manteau écailieux. Un exemplaire de cette curieuse es- 
pèce a été donné au Muséum de Paris par le savant botaniste, M. Cl. (iay, dont nous avons 
déjà cité les travaux relatifs à l'iiistoirc naturelle du CInli. 



FAMILLE DES ORYCTÉROPIDÉS 



L'Afrique nourrit dans ses parties australes et iiitertropicales un genre d'Édentés do!» les 
affinités ont été d'abord assez mal inter|irétées par les naturalistes, l'allas n'ayant pu en 
observer qu'un jeune exemplaire, avait pensé que c'était un Fourmilier véritable, congénère 
de ceux do rAmérifjue; et , en 1701 , il en avait appelé l'espèce Mijvmecophaga afva. En 1784, 
Gmelin, (jui cite le mémoire de Pallas, doinio au même Animal le nom de Mynnccopluiga 
capensis, c'est-à-dire Fourmilier du Cap. Quel(iues renseignements avaient alors été recuinilis 
sur les mœurs de ces [)rélendus Fourmiliers, par le voyageur liollandais Kolbe, qui les appelle 
Cochons de terre, comme le font d'ailleurs les colons hollandais du sud de l'Afrique. Wos- 
maer, compatriote de Kolbe, (lui aimait à criti(iuer Buffon, cita le Fourmilier du Cap comme 
faisant exception à la loi formulée pai' ce dernier, relativement à la distribution géographique 
des Mammifères dans les deux continents , ce qui lui valut cette réponse de Buffon : <( Nous 
avons dit et répété souvent (lu'aucune espèce des Animaux de l'Afriipie ne s'est trouvée dans 
l'Amérique méridionale, et que récipro(iuement aucun des Animaux de cette partie de l'Amé- 
rique ne s'est trouvé dans l'ancien continent. L'Animal dont il est ici question a pu induire 
eu erreur des observateurs [leu attentifs, tels que M. Wosmaer; mais on va voir par sa des- 
cription et par la comparaison de sa figure avec celle des Fourmiliers d'Amérique, (pi'il est 
d'une espèce différente; qu'il n'a guère d'autres rapports avec eux (jue d'être de même privé 
de dents et d'avoir une langue assez longue pour l'iutroduii'e dans les fourmilières. » (Buffon, 
Suppl. àl'IIist. nat., t. VI). 

Il suffisait d'ailleurs que l'espèce do ce prétendu Fourmilier ne fût pas la même que celle 
des Fourmiliers américains pour qu'où ne la citât pas comme faisant exception à la règle posée 
par Buffon, et Gmelin, aussi bien que Pallas, reconnaissaient cette différence spécifique. Mais 
c'était encore trop peu accorder; car un nouvel examen montra que le Fourmilier africain 
était beaucoup plus différent de ses congénères supposés qu'on ne l'avait admis. P. Camper 
ayant o.u l'occasion d'étudier un crâne de cet Animal, vit qu'il était pourvu do dents, tandis 
quo les véritables Fourmiliers eu manquent. Le Mémoire que Camper rédigea à cet égard fut 



F.Uiri.LR f)KS onVCTI-lROPIDI^lS. ^67 

adross(j à Pallns, «iiii I,, fit pnn.Uro parmi ceux do l'Acudémio do Saint -P('"torsbour^ pour 
l'unnuo (780. Kn m:,, E. Geoffroy iipprûda plus exiictemont encore les différences (jui sépa- 
rent lo Cochon do torro des Fourmiliers véritables, lorsqu'il lo sépara ^'énériquonient do ces 
deriners sous lo nom iVOri/cldropo. Ces différences ont niômo uno assez grande intensité pour 
justifier la formation d'une famille particulière d'Édentés, dont l'Oryctéropo est encore lo soûl 
iJrenro coiniu. 

Cenre ORYCTÉROPK {Orydc-opus, E. Geoffroy). Le tronc est alionj^é, ainsi (ruo la 
teto et la .|ueuo. Les oreilles sont droites, ^^randos et en cor.iet. Le corps est bas sur jambes 
et les ongles s.)nt propres à fouir. Il y a «luatre doigts aux pieds de .l.,vant et cin.| à ceux do 
derrière; les deux antérieurs externes et les deux latéraux d(.s pi.'ds de derrière sont un peu 
plus courts que les autres : auctm doigt n'a sa i)balange onguéale bifide. Le crûn.! est allongé 
sans mre grôle; sa forme .!st subc)lin.lri.iue; il est |)ourvu d'une arcade /vgomali.|ue complète. 
La maclmire inférieure est grêle, mais son apophyse coronoïde et son condvlo sont assez 
élevés. A ces caractères el à ceux que l'on pourrait tirer do la forme du squelette , il faut ajouter 
la conformation singulière des .lents des Oryctéropes. Il y en a sept paires h la mûchoiro 
supérieure et six a l'inférieure; la première do celles d'en haut est très-petite, un peu écartée 
des autres et cadu(|ue; celles qui suivent vont en grossissant jusqu'à l'avant-dernièro; la 
cinquième et la sixième de la série totale sont les plus grosses do toutes; la dernière est à pou 
prcs égale a la (luatrième. Los dents inférieures vont aussi en croissant jusqu'à l'avant- 
derniero; la sixième est intermédiaire pour son volume à la troisième et à la quatrième. Los 
deux plus grosses dents supérieures et inférieures ont une rainure bilatérale très-évidento 
comrrio si leur fût résultait do la fusion partielle de deux cylindres distincts. En outre, là 
structure des dents dos Oryc;téropes est tout à fait spéciale. Leur tissu est moins dur que celui 
des den s .le la plupart des autres Mammifères, et il n'est pas recouvert d'émail. La surface 
triturante est aplatie, et la portion radiculaire, qui reste constamment indivise, est percée sur 
sa face inférieure d'une mullitu.le de petits trous qui donnent à l'ensemble de la dent l'aspect 
a un petit cymdre de jonc. Los premiers auteurs .pai ont observé cette disposition curieuse 
OUI omis I Idée que les dents des Oryctéropes pouvaient être considérées comme formées par 
lareimion dune multitude do petits corpuscules dentaires associés les uns aux autres, ce 
qui en ferait des dents pour ainsi dire composées. En effet, l'observation microscopique a 
montre que le bulbe s'y divise en une multitude do filaments qui se dirigent verticalement 
comme les éléments divers d'un même faisceau et que les tubes creux en représentent la portion 
non ossilieo. Les parties coronaies de la dent sont plus denses , parce que ces petits bulbes y 
sont plus complètement osseux, et dans uno coupe transversale assez mince pour être examinée 
pai transparence sous le microscope, on voit très-bien cette disposition, dont MM. Richard 
Uuen et Duvernoy ont public do bonnes figures. Dans la coupe de certaines dents, il existe 
entre les bulbes élémentaires une quantité plus ou moins grande do matière cémenteuso, 
e la disposition des éléments anatomiques dans lesquels la dent est ainsi décomposée affecte 
alors une apparence assez différente. {Voyez la figure, page 243.) 

Le squelette des Oryctéropes a été décrit par G. Cuvier, et, en 1837, M. II. -F. Jœger 
a donne sur leur splanchnologie, quelques détails qu'on trouvera consignés dans sa thèse 
inaugurale soutenue, à Stuttgard , sous la présidence de M. Rapp. 

Les Oryctéropes n'existent point ailleurs qu'en Afrique. Quoiqu'ils soient fort gros, et que 
eur corps ait plus <le 1 mètre do long, sans compter la queue, ils sont insectivores. Ce sont 
les l-ourmis qm fournissent surtout à leur alimentation; mais, comme elles sont fort abon- 
dantes dans les pays où vivent ces étranges Mammifères, ils peuvent se les procurer en quantité 
sunisanto; aussi se tiennent-ils de préférence dans les plaines, parce que les grandes fourmi- 
iieres y sont en plus grand nombre. Celles-ci forment des monticules qui simulent des dômes 
ou des meules épars çà et là sur le sol. Ces lieux sont solitaires et arides, et l'Oryctéropo, 
qui jouit d'une grande facilité pour fouiller lo sol avec ses pattes, s'y établit des abris souter- 

H* PARTIE. „, 



II 



258 



oiiDiiE DRs i^;dkntiî;s. 



niins. (( \,n lorrc , dit Kolho, sort do domouro à cot Animnl; il n'y rroiiso uno grotte, ouvrnffo 
(|ii'il fait avec beaucoup do vivacitô et do promptiludo, ot s'il n souioment la t(^to ou les piods 
il(i devant dans la torro, il s'y craïupomio si Mon ([iio riloniiiio lo plus robuste no saurait l'on 
arrnclior. Lors(iu'il a faim, il va cliorclior uno fonrniillioro; dos (pi'il a fait cotlo honno trou- 
vaille, il regarde autour de lui pour voir si tout ost tranquille ot s'il n'y n point do danger. Il 
ne mango jamais sans avoir pris oi-tlo prôcanlntn; alors il so couclio on plaoant son groin 
tout près de la fourmilière; il tire le langue tant «lu'il |)out, les Fourmis montent ilossus ou 
foule, et, dès (ju'olle en est Ition .■ouverte, il la relire et 1er, gobe toutes : ce jeu recommonco 
plusieurs fois ot juscpi'à ce (pi'il sdit rassasié. Min de lui procurer plus aisément colto nour- 
liture, la nature toute sage a fait eu sorte (juo la partie supérieure de colle langue, (pii doit 
lecovoir les Fourmis , ost toujours couverte et conmio onduilo d'une mainère vis(piouse ot 
gluante, (jui ompiVbo ces faibles Animaux do s'ou retourner lors(iu'une fois leurs jambes y 
sont empêtrées : c'est là sa manière do manger. Il a la cliair de fort bon goilt ot très-saine. 
liOS Européens et les Ilollontots vont souvent à la obasse do ces Animaux. Hien n'est plus 
facile que do les hier; il no faut (|uo leur domior un petit cou|) do bâton sur la [(■le, » Cepen- 
dant, au dire de Leveillan!, la cbair des Oryctéropes ost si fort imprégnée de l'odeur musquée 
(les Fourmis qu'il n'a pu en manger. 

On n'avait d'abord observé les Animaux de ce genre que dans les régions do l'Afri(iuo qui 
avoisinent le cap do Bonne-Espérance; mais Losson en a reçu plus récemment un exemplaire; 
pris en Sénégambie; M. d'Abbadie on a trouvé en Abyssinio, et MM. Hodoidwrg ot d'Arnaud 
eu ont rapporté en Europe des cxomijlairos pris dans la région du Nil blanc. Tous ces 
Oryctéropes ont les mêmes nKeurs, la mémo taille ot les mêmes caractères généraux; ils 
diffèrent cependant les uns des autres par (luoiquos parlicularités mais (pii sont tout à fait 
secondaires. Telles sont une coloration plus ou moins foncée ot dos proportions un peu diffé- 
rentes du crAno ot des os des membres. Los auteurs (pii on ont étudié la peau et les ossements, 
tels (lue MM. Losson , Sundevall et Duvernoy , croient pouvoir y distinguer trois espèces : la 
liremièro propre à l'Afriiiue australe et plus anciennement connue {Oryctoropus capensk) ; la 
seconde particulière à la Sé'négandiio (Or/jch-ropits sener/ahiisis , Losson), et lu troisième du 
Nil blanc ainsi (pie do l'Abyssinie {Orydvrojms wthiophus, Sundovall). L'oxaincn comparatif 
d'un plus grand nombre d'Orycléropes permettra seul di; décider de la valeur des caractères 
par lesciuels ces trois espèces supposées diffèrent entre elles , et jus(pi'à ce que cet examen 
ait pu être fait, il semble convenable do suspendre tout jugement à leur égard. 



FAMILLE DES MYRMÉCOPHAGIDÉS 



iiiJitj] 



Les Edontés qui rentrent dans cette famille sont plus généralement connus sous le nom de 
Fourmiliers , et IJuffon a réuni à leur sujet d(! nombreux documents. Ils comprennent trois 
espèces servant actuellement de types aux trois genres différents des Myrmêcophnges, dos 
Tamandnas ot des Mi/rtnidoiis. Leur caractère connnun le plus remanpinblo est do nuuKpier 
de dents aux doux màcboiros ; leur langue est filiforme ot Irès-extensible; leurs doigts sont 
garnis d'ongles fouisseurs qui constituent en même temps leur principal moyen do défense. L(! 
nombre de ces organes n'est pas lo même dans les différentes espèces , ot la forme générale 
du corps présente aussi des différences notables, dont on s'est servi pour rendre plus parfaite 
la caractérisli(pie des genres dans los(iuels on les divise. Ces Animaux soni presque entièrement 
dépourvus d'intelligence. On n(? les trouve que dans les contrées les plus cliaudes de l'Amé- 
riipn'. On no iiossède point encore à leur égard tous les renseignements désirables. 

(lEMu; M VIlMlU'.OIMI A(1E {)fyrnii'C(tph(i//û\. La }iby>ionomio dos Fourmiliers do ce 



> ^w 



otte , oiivrnfço 
I' 1)11 les [)i('(l>4 
ii> sniii'iiil l'iMi 

boniio trou- 
do clunffor. FI 

iiiit snii gnm 
eut (loHsiis eu 

1 l'oioinriKMico 
lit l't'tto iioiir- 
\iivu', , (|ui doit 

vis(|ii('uso l't 
nirs jîuiibos y 

(!t tlVS-S.lil\('. 

en n'est plus 
l6to. » Copon- 
lour mus(|ut'o 

l'Afrifiuo qni 
lin cxompliiin! 
,' et d'Arriiuid 
ne. Tous ces 
généraux ; ils 
ut tout ù fuit 
un peu diffé- 
es ossements, 
s espèces : lit 
capensia) ; la 
I troisième du 
Bn comparatif 
les caractères 
D cet cxamou 



l'AMlLLK l»i;.S M\ll\lK(,OJ'||A(ill)Ks. g'.U 

ffonro est dos plus sluKulières. Leurs poils .jui sont lon«s et rudes nu toucher se développ,.nt sur 
\^ .|..;.ue on manière .le panache ou de crinière; leur corps est eompnn.é et iu a , 

.... ajoute a leur h.ar.vrie. ils ont la tète allongée comme „L sorte de t^^l 

:;:;::;^;;;.H;;d.i;;::;:::;::^^^^ 

porter sur lo sol par la ^.ce dors.de i I .!: h H. T ^ d,: ï^ '" "' t"!'"""" ' 
c. onière; |,.,s pren.iers sont inégaux entre eux ' ' ''^ ''" """" '' """'"' 

^^^ ^;>'m.,..e espèce de ce gen... se tie.d à terre; elle surpasse uotahlement les autres ea grau- 

/V>l;iw/t.''^"'""''''"^ ''^"^^"'" (^'^-^^^''y^^'", L.), appelé .^..^,rand 



■•IM 






>.viijiM oniii.t HMiKuin, 1,8 il, ^runl. 



f : 



us le nom de 
)rei..ient li'ois 
ophnges, dos 
t de niaiiquor 
■s doijits sont 
défense. Le 
»rme géiiéi'ale 
plus parfaite 
e entièrement 
Jes de l'Amé- 

)S. 

imliers do ce 



S ...eu. générale est gr.s hru.. varié de noir sur le devant du cou et sur les épaules 
». .1 y a uno ban e nonAtro .,ui remonte obliquement le long des flancs; la partie infé 1"'^ 
.les ava.,t-bras présente antérieurenic.t u.,e demi-manchette noire; les pa les le le.- î' " , 
ongran e part.o noirAtres. Les poils de la li....Hnédio-dorsales'ali;,ge,;et ceu 1^^^^ 

.1... so..t encore plus développés, donn,>nt à cette der.uère l'apparence d'un grand v ntai ' 

o.Ufot différentes de celles des aufes Animaux et leur taille est considérable Q^rues 
.m,mpla,res ont pr s de i mèt.-e et de,m pour le tronc et la tète, et de 1 mètre pou la S 
Deux A..,maux de cette espèce ont été a.nenés viva.Us en Angleterre, où j'ai u les va a 
.M.ager.e de Hegent's parck. M. B. Owen, qui a eu la possibMité d'en f ire depui rs a 
. i.ssect.on s'occupe en co moment .le rédiger les no.nbreuses observations .l'anatomi^!, 

ttude lu. a po.-ims de recueilli,-. Ces Fou.™iliers étaient essentiellement nou.-ris avec du 
P . t,empe dans du lait; mais on a constaté .pr'ils ai.naient aussi lo sang, et on les a vus 
mettre en p,.ces pour en suce, lo. chairs un Lapin ,,ui leur avait été liviv. 
L Amérique mtertropicale est la paliio de ces gra.ids Fourmiliers. 





i 



jeO OIUMIK DKS flDKNTÉS. 

(J. Cuvior a doiitn'', diins sou ouvnigc sur les osscinouls fossiles et dans sos lançons 
d'auatoniit) conipiu't'o, <l<'s détnils sur lour oslrolot^ie cl sur i|U('li|urs-uiis d<> leurs viscfres. 
JiCur crùho «liongt; est dépourvu d'orcade zvgoiualiiiue , comme celui des autres M^rmtk'opha- 
gidés. 

A l'état do lilMTté, les Tamanoirs vivent solitaires, Ils ne sont pas absolument dépourvus do 
la faculté de Kri"'P<'>'. ''''"r femelle n'a (ju'uii seul |ielil à chaque porlir. On assure «lu'ils 
savent fort bien so défendre à l'aiilo do leurs fortes griffcfs, et (|u'ils peuvent résister aux 
Ocelots et aux plus grands Kélis du Nouveau-Monde. 

(î K M U !■; T A M A M ') l A {Tamamim). ()i> nom est emfji'unté au grand ouvrage du naluralisto 
hollandais Kéha ; il est h In fois la dénomination vulgaire et générique du second Fourmilier. 
Celui-ci a pour caractères principaux son système digital , à peu près si-mblahle à celui du 
Tamanoir, mais avec une tète moins allongéo, une queue en [tarlie nue et un peloge moins 
épais; sa ([ueuc est préhensile sans l'être autant ([ue colle du Myrmidon, ijui diffère d'ailleurs 
du Tamandua et du Tamanoir par le moimlre noinlu'e de ses doigts. On n'a encore démontré 
l'existonco que d'une seule espèce de Tamandua, le Tamandua TÉTUAMAt; tvlk {Taman- 
dua tclradnclyla) ; mais cette espèce; renferme [)lusi(iHrs variétés, et Dosmarest en distingue 
inômo complètement le Fourmilier (} qiteur nnnelde du Brésil. 

Les Tamanduas sont longs d'environ 1 mètre, dont moitié pour le corps cl la tète, moitié 
/^our la (|ueue. Ils grimpent aux arbres pour y chercher les insectes, et principalement les 
Fourmis. On assure qu'ils mangent aussi le miel des Abeilles sauvages. 

Ces Animaux vivent dans les forêts de plusieurs n'gion» de rAméri(iue intertropicale. 

(ilîMVK MYHMIDO.N {Myrmidon , VVagier). Ce genre aussi nommé Didarlyh'S [lar 
F. Cuvier, Dionyx par M. Is. Geoffroy , et Cyclulhure par M. Gray , a pour type une es[ȏco 
essentiellement arboricole, moins grande à heancoup près que celles des genres précéilenis 
et dont les caractères sont faciles à siùsir. Sa tète, fort courte si on la compare à celle du 
Tamandua, et surtout du Tamanoir, est plus dilatée dans sa partie cérébrale, et sa face a 
presque l'apparence d'un bec; sa langue est aussi moins longue; son corps est ramassé; sa 
poitrine est protégée par des côtes fort élargies et imbriquées; ses doigts sont au nombre do 
deux en avant et de quatre en arrière; ceux do devant sont à beaucouj) près les [)lus forts; 
sa cpicue est [tins longue que le reste du corps; ello est forte ù la base et dénudée on dessous 
dans une partio considérable do sa jiortion terminale. 

Le MvnMiDON di dactyle {Myrmidon didaclylus) y auiiuol Ruffon réservait plus parti- 
culièrement le nom de Fourmilier, vit principalement à la Guyane et au Brésil. C'est nu 
Animal à peu près grand comme un Surnmlot, mais à corps plus trapu, dont le polago est 
doux au toucher et d'un blond jaunAtro assez brillant relevé par des teintes roussAlres; une 
ligne rousse plus foncée longe le dos chez certains individus et manque chez d'autres. On a 
quelquefois distingué deux espèces do ces Fourmiliers , mais il n'a pas encore été possible de 
démontrer la vérité de civile opinion. 

Lo Myrmidon didactyle passe une grande partie do sa vie sur les arbres; sa marche est 
lento et silencieuse; son régime consiste essentiel lenxMit en Fourmis et autres insectes qu'il 
attrape avec sa lanuue, dont la surface est rccouvc.'rto par un enduit visiiueux. Su femelle no 
fait (|u'un petit, (lu'ellc dé|)oso dans un nid, dont lo creux d'un arbre et (luehjues feuilles 
constituent les éléments. Sos mamelles sont au nombre de quatre. L'intestin do ce petit 
Mammifère présente un caractère (|no nous no devons pas oublier de signaler ; sa séparation 
on intestin grC'le et en gros intestin est indiquée par la présence do deux cœcums i)airs (jui 
rappellent ceux do beaucoup d'oiseaux. 



FAMILLK DES MAMDÉS. 



361 



IA31ILLE i>F.s MANIDÊS 




Tfif ni I' \ N TH 



t/i tic Kranil 



Los hmgolins on los ^faniH do Li.u.ô sont, sans controdU, ceux do tous los Mmntnifcrcs 
4UI .liffcivnt lo plus ,|.s mitros ,„„• lour nppar..u.v vxU-rwmv. Lo dessus ot les aW's do leur 
corps, la surfuco entière do leur (pieuo et leurs .lui.tro inoi.ihrcs sont proU-y-^ i-ai .!.• imtn- 

Itreusos écailles corm'es , inipliinUios ,|aiis j.- dorinr .i l« 
manière de nos ongles , ut dont les séries •^onl inihriqmVas 
l'onutie les tuiles ou les ardoises ipii xeeouvrout les loiti*. 
C'est lo seul exemple d'un scrnldable modo de It'KUirients 
<|ue l'on puisse signaler dans la classe fies Mammifères, et 
même dans tout romhraneliement des Animaux vertébrés , 
car l'écaillure des tarses elie/. les Oiseaux ou eelle du corps 
dos Hepliles ordinaires et les écailler dos Poissons ont une 
structure tout autre. I/aspect extérieur des Pangolins raj)- 
jielle, cependant, celui do (luehiues Heptiles , et ces Ani- 
maux ont été nommés assez souvent Uiards écaillmjc ; 
mais on sait (luo les prétendues écailles des Sauriens no sont (prun simple épaississement 
de l'é|.iderme, ot (lu'elles sont susceptibles de muer, tandis (pie les écailhis onguiformes doi 
Pangolins sont persistantes. L'n autre caractère de ces Animaux est do mon(iuer complète- 
ment do dents. 

Les Manmiifèresde la famille des Manidés ou Pangolins sont peu nombreux en es()èces. Ce 
sont dos Animaux |)ropres à l'ancien monde; on no les trouve quo dans l'Afriipie australe et 
interlrofiicale, ainsi cpio dans le midi de l'Asie ou dans quel(|ues-unes de ses Iles. Ils se nour- 
rissent principalement de Fourmis : on n'en fait assez généralement (ju'un seul genre sous lo 
nom do Pangolins. 

Genhk pangolin {Mnnh, Linné). Ce genre, cpie Brisson appelle Pliolidoliis , c'est-à- 
diro écaillenx, a cependant été- divisé on deux {Plmtaginus et PangoUnus) |iar Hafines()ue. 
Les Animaux si bizarres ijuc l'on y n'unit ont, comme nous l'avons déjà dit, le corps couvert 
d'écaillés, sauf aux parties inférieures du cou ot du tronc , et leurs mâchoires man(iuont do 
dents. Les écailles de leur tèle et celles de la partie inférieure do leurs pattes sont plus faibles 
«lue les autres; leurs yeux sont petits leurs ,.reillos manquent do conque auditive; leurs; 
mamelles sont au nombre de deux et pectorales; enfin, leurs membres, qui sont courts, ont 
des ongles allong('s, surtout on avant, et les doigts y sont au nombre de cinq. La (jueuo' des 
Pangolins est longue et forte; elle représente à peu près un demi-cylindre. Les vertèbres y 
sont parfois en nombre plus considérable (pie chez les autres Mammifères, les Baleines 
exceptées. Le Pangolin à longue (pieue en a 46, mais d'autres n'en ont que 26, tandis qu'il y 
en a 40 chez lo Myrmidon. 

Lo squelotto des Pangolins présente plusieurs autres |)articularités importantes, dont 
G. Cuvier et d'autres anatomistos ont donné la descrijttion. 

Ces Animaux ont jus(|u'à un mètre de longueur totale, mais il y on a des espèces moins 
grandes. Ils se tiennent dans les forêts, creusent le sol avec leurs ongles pour s'y faire dos 
tannières , ou bien se retirent dans le creux des arbres. Leur nouiTituro consiste principalo- 
ment en Fourmis. Ils vont les chercher jusque dans les fourmilières, qu'ils bouleversent 
avec leurs ongles. A part cela, ils sont inoffensifs, et l'Homme n'a rien à en rodout(ir. Dans 
plusieurs parties do l'Afrique, on les rocherche à cause de leur chair, qui est bonne à manger, 
mais part(>ut oii l'agriculture a fait quehiues progn'«s,ils sont d(>jà devenus rares. Quand on les 
inquiète, ils se roulent en boule, et leurs écailles constituent leur princi[!nle défense, l^'urs 
mouvements sont lents; ils grimpent parfois sur les arbres. Plusieurs naturalistes se sout 



n 




202 



OltDltE DliS liDKIVTÉS, 



apiiliiiués à distinguer cxnctomoiit les diverses espèces de lafauiilledes Pangolins. M. Fociilon 
<Hii a réuni dans un tra\ ail spécial la plupart des documents qu'où avait publiés à cet égard ' 
compte neuf espèces do ces Animaux, ' 

I. Les unes ont la queue do la longueur du curiis ou plus courte. 

1. Il y en a parmi elles (jui ont seulement onze ou troi/e séries d'écaillos dorsales, ce sont • 

Lo PANf.oLi.N Dii Tkmminck {Maiiis Temihinckii, Snmts). Il habite rAfn(|ue,'dei.uis le 
pays des Cafres jusiiue sous l'éciualeur. .M. Hodenborg l'a mémo retrouvé dans lo Sennaar. 

Lo PAN(i0Li\ A yuKUE LAHOE {Monis lalicauciala. llliger) qui vit dans l'Inde. On le 
prend à Madras, à Pondicliérv, au Bengale, et, à ce qu'il paraît, dans l'Assam. C'est peut-être 
le Pludlagis d'tlijn. 



w 

i 




2. Trois f spèces ont dix-sept rangées d'écaillés dorsales : 

Pangolin- di. Dalmann {Manis Dalmamù, Smidevall). Do Chine aux environs de 
Canton, où, selon M. Dalmann, on l'ap^iolie Tchin-hian-lànpp. 
Pangolin ncDK [Manis aspera, Sundevall). De Sumatra. 

Pangolin javanais {Manis javanica . Desm.). De Java, de Sumatra, de llornéo et de 
Célèbos. 

3. Une autre espèce du premier sous-genre a vingt et une séries d'écaillés dorsales, c'est le 
Pangolin Giv [Mamis Gui/). M. Fociilon, qui en donne les caractères, le dit d'Afriiiue, 
mais sans désigner la partie de ce continent d'oii il a été envoyé. 

II. Les autn>s Pangolins ont toujours la -lucue plus longue (pie le corps ; on leur a (luel- 
quefois réservé lo nom de Plwlagins. Ils sont do trois espèces dilTérentes. 

1. L'une n'a ((ue onze séries d'c'cailles dorsales ; 

Pangolin a longui: qukue {Manis hngicaudata). C'est le Phalnyin de Buffon. La 
Sénégambio est sa patrie. 

2. Les deux autres ont dix-neuf à vingl-uno séries d'écaillés dorsales, ce sont . 
Le Pangolin tbicl'sim»é {Manis Iricuspis, Sundev.) ; do Guinée; 

Et le Pangolin ïiiidenti; {Manis Iridcnlala , Fociilon); do Mozambiipie. 



m. M. Foiilloii, 
it's à cet l'jfani , 



rsalos, c() sonl : 
t'iiiut', (Jopuis lo 
s lo Sonnaar. 
s l'Iiulo. On 11' 

C'est pi'Ut-L'llV 




X environs do 



Bornéo ol do 

rsnl(.'.s , c'est le 
dit d'Afri(jue , 

Il leur a ([uol- 



Ic Riiffon. La 
t . 

10, 



oS"^^ 







RnuNii^^ 



ORDRE DES MARSUPIAUX 

Ammnv:r mnmmifhe^, pourvus de qualro e:drômith omjukulées propres 
il h loromothm terrestre , m/ont fie eanalofjie . p(w l ensemble de leurs 
caractères extérieurs, avee certaines familles de laqramle fatégorie 
des Mammifères hétérodontes, et étant également pourvus de plusieurs 
sortes de dent^ , lesquelles sont aussi appropriées ù des régimes fort 
différents les uns des autres ; ils sont surtout caractérisés par une dis- 
position tout à fait particulière des organes reproducteurs dans tun et 
dans l'autre sexe, ainsi que par la débilité extrême dans laquelle sont 
encore leurs petits lorsqu'ils viennent au monde. Aussi les femelles les 
fixent-elles à leurs mamelles immédiatement après la parturition, et 
ils y restent adhérents jusqu'à ce qu'ils aient acquis le développement 
que les autres Mammifères ont ii leur naissance. Les mamelles sont 
entourées le plus souvent d'un repli cutané en forme de poche ou de 
bourse (marsupium), ee quia valu aux A7iimaux de ce groupe le nom 
xous lequel nous en parlons. Les Marsupiaux ont, en avant de la 
symphyse pubienne, une paire d'os accessoires qu'on a nnmmcs os 
nuii'supiaux r Icars fwtus manquent de placenta. 




1 

•il l^s 




26-1 ORDRE DES MARSUPIAUX. 

V ancien continent ne nourrit aucune espèce de Mammifères de la 
anus-classe des Marsupiaux ; mais elles entrent, pour une proportion 
considérable, dans la Faune australienne qui possède les divers grou- 
pes des Phascolomes , des Kanguroos, des Phalangers, des Dasyures, 
des Myrmécobies, etc. Les Sarigues, c/ui sont aussi des Quadrupèdes 
marsupiaux, sont particulières d'Amérique. 

L'ordre ou, pour mieux dire, la sous-classe des Marsupiaux, présente encore quelques 
caractères iniportaiils, indépendamment de ceux que nous avons énuniérés dans le résumé 
qui précède; ces caractères résident dans le squelette de ces Animaux aussi bien que dans 
leurs principaux viscères. Parmi ceux que l'on tire de leurs parties solides , nous citerons 
surtout la (orme de l'astragale, qui n'est comparable à celle du même os dans aucun des 
antres groupes de Mannnifères. Les Marsupiaux ont tous la clavicule fort développée ; leur 
péroné va rejoindre la partie inférieure du fémur, connue cela se 
voit souvent dans les deux ordres des Insectivores et des Édentés. 
Quant à leurs os marsupiaux , ils varient nn peu dans leur forme 
suivant les principaux groupes , mais ils sont toujours très-déve- 
loppés, si ce n'est cependant chez les Tliylacynes, où ils n'existent, 
au contraire, ([u'à l'état de rudiment. Ces os, qui ne se retrouvent 
que chez les Mouotrèmes, fournissent une des principales particula- 
rités caractéristi(iues des Animaux (pii nous occupent. Ou peut ajou- 
ter que dans tous les Marsupiaux , l'ouverture du 
canal lacrymal est située plus en dehors (pie chez 
les Mammifères monodelphcs, et que le condyle de 
la mâchoire est transversal, quel que soit d'ailleurs 
le régime alimentaire. Enlin, c'est aussi un caractère 
couunun à tous ces Animaux (pie d'avoir l'apophyse 
angidaire de la même mâchoire rejetée en dedans; 
toutefois, le genre au(piel nous avons donné le nom de Tarsipède fitit exception sous ce rap- 
port, et ressend)le davantage aui Mouotrèmes. 

Toutes ces particularités, jointes à celles que nous avons déjà signalées, ne permettent 
guère de démendirer le groupe naturel des Marsupiaux pour en répartir les différentes 
lamilles entre les princii>aux ordres de Mannnifères ordinaires, connue l'avait proposé 
V. Cuvier et connue M. Mcigen a essayé plus récemment de le faire. Malgré les différences 
secondaires qui les distinguent les uns des autres, les Marsupiaux sont inséparables, connue 
le sont, de leur coté, les Mannnifères hétérodontes aiixcpiels ils scMublent correspondre. Les 
Dasyures répètent, dans la série des Quadrupèdes iuq)laceiilaires, la fonction et la forme des 
Carnivores ; les Phalangers y représentent les Lénuiridés et les Polorous, lesÉrinacéidés; les 
\Vond)ats em[)runlent certains caractères aux grosses espèces de Rongeurs, et les Kanguroos 
ont dans leur régime, et même dans quelques-uns de lein's organes, tuie analogie incon- 
testable avec les Utuninants. Ces différences dans le régime, tlans les mœurs, en comportent 
d'autres dans les proportions du corps, dans la disposition du système dentaire, dans la 
conformation des intestins et même dans le cerveau. Aussi les Marsupiaux sont -ils loin 
d'itfmr, dans !;( disposition do ces organes, l'uniformité qu'on leur avait d'abord sup- 
posée. 




A s T II A r. 1 1, (î 

I) K T II V L \ Cl N K , 

grnni). luif. 




Bassin dk JIarsipii 

;i/4 (K' ^Hin!. 



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en comportent 
ntaire, dans la 
X sont -ils loin 
t d'abord suj)- 



OHDRE DES MARSUPIAUX. 265 

II suffira pour être convaincu à cet égard, de comparer le cerveau, assez riche en circon- 
volnlions d une des grandes espèces de Kanguroos avec le même organe chez le Sarcophile 
ou chez a Sangue, Animaux chez lesquels il est l.i.n moins volun.inenx, reste lisse A la 
surface de ses hémisphères, et semble pour ainsi .lire frappé .l'une dégradatùm telle que 
nul autre Mamnntere ne se uiontre inférieur à ces derniers dos 3Iarsupiauv 




i:ir,vi;ii; DE WoMiHT, jriml. nat. 



.Iruvevi- de K\\ccnoo (.i'am, grund mit. 




CfiBVElf DD SinCOPIIIlE, 

grnml. nnt. 



Lue d.ûerencc correspondante existe dans les facultés intellec- 
tuelles do ces Animaux de cotte intéressante série, dont les prin- 
ci| aux groupes sont parfois aussi dissemblables entre eux ,,ue ceux 
dont nous avons parlé en traitant des placentaires hétérodontes. 

Jiis.pia ce jour, on n'a pas tenu, dans la classilication .le ces 
Anmiaux, un compte suffi ant dos indications fournies par es 
diverses particularités, ol l'on a placé au premier rang les Sari- 
gues et les Dasvures, deux groupes qui nous paraissent, au con- 
trau'e, bien uiférieurs aux Phascolomes, aux Kanguroos et même aux 
Ihalangers. Uans l'énumération .p,i va suivre, nous avons essayé 
de mieux conserver les rapports hiérarchiques, ,p,i sont aussi 
tres-evidents dans celte sous-classe que .lans celles qui précèdent 

C est pour arriver h ce résultat, que nous avons réparti les huit 
laniilles de la catégorie des Marsupiaux dans cinq groupes .p.i méri- 

S'Iiue ''''"'''''''"'''' " "°"' '''""'''"''' '^ ^"*^"""^'-^" '^^-^^"^ <^'t''l>'i 1'^ série de la manière 

1" les Phascolomes , comprenant les Pliascolomydés • 
l'é^méil^f'"''''''' '"■'''' '" '''"''''''''' "" '''"'^"'°«^' ï^"«'«"gi^''î«.Tarsipéd,dés et 

3» les Dasyures, dont la seule famille est celle .les Dasvuridés • 

4° les Mymécobies ou la famille unique des Myrmécobidés; 

5" les Sarigues , comprenant les seuls Didelphi.lés. 

Les espèces ,1e la sous-classe .les Marsupiaux habitent principalement PAustralie dont 
elles forment en grau.le partie la population mammifère, et elles v répètent, pour s'i . ir 
ara ieleu^ent les principales Hunilles de la grande sous-classe des Mammiièr s hétéro S 
qu. lonmissent tant .l'espèces à l'ancien et au nouveau mondes. On eu trouve a s q. 
ques-unes a la nouvelle Guinée et aux îles Molluques, où elles sont associées à o e 
plus ou moins considérable de Mammifères ordinaires. Une faunlle ,1e Marsupiaux SZ 
langues qu, a souvent donné son nom latin de Didelphes (Didelphis) à l'ensemble du 
groupe lui-même, est parlicnlièro h l'Amérique. / ^ -" tn.cmme du 

II® PAnTii:. 

34 






^"^^^T^iffiR* 






ii 



2C0 onnuFi drs M\nsL'Pi\rx. 

Plusieurs espèces de Marsupiaux ordinaires propres à l'Auslralie, et plus particulièrement 
les Kanguroos, sont susceptibles d'être acclimatées avec avantage dans les autres parties du 
monde, et déjà (piehpies-unes d'entre elles se multiplient dans les régions tempérées de 
l'Europe. 

L'Kuropc, l'Asie et ses principales iles, rAfri(pie et Madagascar sont entièrement dé- 
pourvues de Mammifères marsupiaux; mais l'Europe en a possédé, pendant les premiers 
temps de la période tertiaire, plusieurs espèces qui semblent avoir été intermédiaires, par 
leur organisation, aux Sarigues américaines et aux Pliascogales australiens. L'Australie, au- 
jourd'hui si riche en Animaux de ce groupe, a été habitée autrefois par des Marsupiaux cpii 
différaient par leurs espèces de ceux de la Faune actuelle, mais (pu appartenaient aux 
mêmes familles. Qneirpies-uns, cependant, étaient plus grands et paraissent avoir eu des 
proportions assez send)lables îi celles des 7:''onodelplies ongulés. Ces grands Marsupiaux ha- 
bitaient l'Australie pendant le temps oii l'Aniéricpie était peuplée de ces gigantesques Édentés, 
et où l'Europe nourrissait des Éléphants, des Hhinocéros tichorines, des grands Ours et ih; 
tant d'autres espèces de la série des IMacentaires hétérodontes appartenant aux différents 
ordres dont les espèces habitent encore l'Europe ou les autres parties de l'ancien continent. 

La plupart des naturalistes regardent aussi comme des Marsupiaux les petits Mammifères 
de famille éteinte, nommés Ampliithères, dont on a trouvé (pu'hpies débris dans les couches 
moyennes des terrains jurassiques, ce qui reporte leur existence au milieu de la période 
secondaire ; mais ils n'ont réellement pas démontré juscpi'.i présent que ces anciens Manuni- 
fères étaient des Marsupiaux. Stoneslield, en Angleterre, est la seule localité où l'on ait en- 
core rencontré les restes de ces singuliers Aiiiniaux. 



MARSUPLVUX AUSTRALIENS 

I. LES PIIASCOLOMES. 

Lo genre dos Pliascolomos ou Wombats, ([ui forme à lui seul cotte promiérc en 
Marsupiaux, diffère do tous les autres Mammifores de la nièuie sous-eiasse en 
dentition est étal)lio d'après la 
même formule i]uo colle dos Clioi- 
roniys et des Rongeurs. On no 
lui reconnaît, en effet, que deux 
sortes do dents , dos incisives au 
nombre do J pour chaque côté , 
et r molaires, taudis (|uo les au- 
tres Marsupiaux ont, on général, 
dos canines aux doux mùclioiros, 
et toujours plus do deux incisives 
supérieures. Los molaires dos 
Phascolomos sont en outre sépa- 
rées des incisives par une barre, 
c'est-à-diro par un espace vide 
Ces Animaux ont r.inq doigts en 
avant comme en arrière, et ces „.„, „ «„„,.,, ,„„,, „. 



légorie dos 
ce (jue sa 




irlicnlièrement 

ros parties du 

tempérées de 

itiÎM'onient dé- 
l les premiers 
iiédiaircs, par 
Australie, aii- 
arsiipiaiix (|iii 
rteiiaieiit aux 
avoir en des 
arsupiaux lia- 
;(|uesÉ(ientés, 
ds Ours et de 
!iux différents 
len eontineni. 
s Mammifères 
is les couelies 
de la période 
LMens Mammi- 
ù l'on ait cn- 



Ciilûgorio dos 
-Ml ce (jue sa 




FAMILLE DKS IMIASCOLOMYDÉS. 267 

ciiKi doigts sont urnu'S d-onglos propres à fouir; le pouce do leurs piods do dcrriéro u'ost 

pouit opposable, et le second et le troiMÙmo do leurs ortoils n.. sont ni grêles, ai rôinus 
sous la peau, comme chez les Syndacivlos dont nous parlerons ensuite. 

FAMILLE DES PHASCOLOMYDÉS 

(ilîMlE PHASGOLOME {Plmcolomys . E. Geolïr.). Outre les caractères fjuo nous 
venons .le signaler, le genre des Pliascolomes se distinguo encore par ses formes trapues , 
par sa tùte large, \m sou corps épais et dépourvu do .pieue, et (uu- s.^s 4 molaires, dont la 
première pour cluuiue mâchoire est plus petite cpie les autres. 

Ces Animaux sont fouisseurs; ils mangent des substances végétales, princiiudement des 
racines. 

Leur caractère est doux, et la facilité avec iaipiellv- ou peut le nourrir a fait pensera 
<|uel(|ues naturalistes qu'on pourrait les rendre domestii pies. On les reucoiilre à la \ouvellu- 
llollando et en Tasmanie. 

L'uiii.pio espèce (pi'on en ait dislinguée Jus.pie dans ces derniers ternies a (rahord élé 
signalée parle voyageur anglais Flimlers, et bientôt après par Pérou et Lesueur. 
<;est le PiiAscoLO.Mi; woMiîAT {Hi(iiicolo)iiys womOat). 




-J^lr-^'- ■ 






l'ii v- 1. 111. (..M I \\.iMi;(r, l/.l il.' çnud. 

M. n. Owen on établit maintenant deux autres, d'après .luelqucs diflennicos ostéologi.iues 
et 11 les nomme Piiascolomi- a kiiont laugi; {Plmcolomys Mifrons) et Phascolomt 
PLAT vil MIN!- (Plmcolomys phlyrhhuA. r,,.s d-ux nonvelles espèces sont fondées sur l'exa- 
men des exfiiipiaires pris à la \nnvelle-IIollaiide; le vrai Woiiibal esl ,|e la Tasmanie. 




268 



ORDRE DES MARSLPIALX. 



IJ. LES SYNDACTYLES. 



Les Marsupiaux syndactylcs doivent leur nom à la disposition tout à fait particulière des 
second et troisième doigts do leurs pieds de derrière, qui sont plus grêles, eu général, 
plus courts (luo le (|ualriènie, ont leurs métatarsiens et leurs deux premières phalanges 
accolées l'une à l'autre, et sont réunis sous une peau commune jusfpi'à leur phalange 
onguéalo. Colle-ci porto à chaque doigt un ongle assez petit, qui s'appli(iue contre l'ongle de 
l'autre doigt, ce qui rappelle jusqu'à un certain point, mais sous un volume très-réduit, les 
deux sabots intermédiaires des Bisulques. 

Las Syndactyles à cinq doigts postérieurs ont le pouce des pieds de derrière opposable ; 
d'autres Animaux du môme ordre n'ont que (juatre doigts, ou même trois aux mêmes pieds; 
mais, en général , tous on ont cinq à leurs membres do devant. 

La plupart des Syndactyles sont herbivores ou frugivores; quelques-uns vivent d'insectes; 
ce sont les plus petits ; ceux qui sont herbivores ou frugivores atteignent souvent des dimen- 
sions assez grandes. 

beaucoup vivent à terre et sont sauteurs ; d'autres grimpent et passent la plus grande partie 
do leur vie sur les arbres ou sur les arbustes. Tous ces Animaux sont essentiellement austra- 
liens, mais on trouve déjà quehiues-unes do leurs espèces à la Nouvelle-Guinée, et même 
dans ci-r-auies îles de la Malaisie, dépendant du groupe des Moluijues. 

Ils se partagent en quatre familles, nommées Macropodcs, Phahmgidcs, Tarsipèdidés et 
Péramélides. 



FAMILLE DES MACROPODÉS 



Les Kanguroos ou Marsupiaux macropodés constituent une nombreuse série d'espèces , les 
unes fort grandes , les autres , au contraire , moyeunes , ou même petites. 11 y a des Kan- 
guroos hauts de cin(i pieds, te sont les plus grands de ceux qui existent maintenant; d'autres, 
en nombre plus considérable , n'ont guère qu'un mètre do haut , et parmi ceux qui ont une 
moindre taille, on en cite dont le volume est à peine supérieur à celui des Rats, ce (pii les a 
fait nommer Kanguroos-Rats. On connaît, en tout, près de cin(iuanlo espèces do ces 
Animaux, qui sont l'Australie, sauf trois seulome.it; celles-ci appartiennent à la Nouvelle- 
Guinée. 

Les Animaux de cotte famille ont une physionomie fort singulière, et qui permet difficiles- 
ment de les comparer à quehju'un des groupes do Mammifères monodelphes. Cefiendaiit , 
leur pelage, la forme de Icia tête et le grand allongement do leurs membres postérieurs les 
feraient, jusqu'à un certain point, rapprocher dos Lapins; mais la disproportion de leurs 
membres est encore plus grande, et leur queue est fort longue. C'est, pour ainsi dire, un 
nouveau membre, et, dans la marciie aussi bien (lue dans l'action do sauter, elle leur est d'un 
gvand secours. Lorsque les Kanguroos vont lentement, ils s'appuient alternativement d'une 
part sur leur queue et sur leurs pattes antérieures, ot d'autre part sur leurs pattes postérieures. 
Los antérieures ne leur servent point dans la course. ÎN vont alors par sauts et par bonds à 
la manière dos Gerboises, et ne portent que sur ïmn, pieds de derrière, qu'ils détendent 
avec vigueiii , tout en tenant la queue roide, de m;inièrc à faire conlre-poitls à la partie anté- 
rieure de leur ■ .rps, contre laquelle ils retire.i! .-m-; pattes de devant. Ainsi, les Kan^mroos 
sont encore mieux disposés pour le saut que no !e sont les Lièvres ou les Lapins , et leur 



FAMILIE DES MACBOPODÉS. jm 

encore dos l.e or,j„s ,,„ p|„„<,„„ p„„ic„|a,i|c.s o»l6rto„ros, lollos 0,0 la ,lisno,itlo„ ,ln,, 
.ow, de .lemero, .„ nombre do „na.ro, mais do,u les deu inlernos on, 3.o î s e 

edoni ™Tr, r r: "n r " i"""°- ''•°""'« ""'-"• «« - --tr. » ':;„ ; 




Uem! Di. Kasoi-hoo Dt ..A DuiAiiDitBE, grand, nat. 

Ils ont trois paires d'incisives supérieuree assez fortes, verticales et rangées en arc de cercle • 
les deux incsives mférieures sont grosses, cultriformes et projetées en avant QuZos 
espèces ont de petites canines supérieures. Dans les autres, la ba re est longue et non int 
rornpuea la rnûcl.oire supérieure comme à l'inférieure, et il y a, pour clK.que n^kl " i " 

corprin^ér "' '""""" ' '"•' """"" '' '=°"'"" '••""^^--' -»^ '» Pr-iè"' qui S 
Comme le régime do ces Animaux est essentiellement herbivore, leur estomac est lon^ 
mnplo et plus ou moins compliqué; ils ont aussi un grand cœcum Leur squTte 1^^^^^^^ 

Tous les Kanguroosont un caractère doux, et il.s sont faciles à élever on captivité. Plusieurs 
ntre eux s'accommodent fort bien de notre clinnU; on les multiplie même assez fcta 
dans la plu,K.r ,ies contrées de l'Europe. On peut déjà consid rer plusieurs d' nW "u 
comme acqu.s a cette partie du monde, où ils seront d'une grande utilité, lorsqu'on ksv au ra 
re.^us plus communs et qu'ils y seront définitivement acclimatés. Co.nm; l'a établi M. iCën 

ômme:ril""! "f '"V'"''"'^'''^'"''"' ^'•'""* "» Société zoologiquo d'acclimatation, et 
comme d autres naturalistes l'avaient depuis assez longtemps fait remarquer, les Kangur^os 

On doit aussi oonsidérer, dit M. FI. Prévost, que le Kansuroo nVst pa« un Animal 
deslructeur co.nme la plupart de nos gibiers actuels. C'est au Lù^vre qu'il est surtout compa- 
•■•>'" a tct evnd, ..t sa nourrilure consiste principalement en herbes fourragères , en jeul.cs 



ri 



*wà&Liâi 



Is (levionnoiit l'oil grands, 



270 OIIDHE nus MARSLIMALX. 

feuilles cl on léîiumes. La cliair des Knnguroos élevés on domesticité est (rùs-l>onno, mois 
celle des Animaux sauvnf^os de ce iunnv est encore préférable. Certaines espèces do colle 
riche famille jieuvent aussi fournir des pelleteries d'une excellente iiualilé. 

Les kanf,'unios ont été partafiés en plusieurs {genres et sous-penres , dont nous donnerons 
rémunération, en nous servant do préférouco do l'excellent travail mono^frapliiciuo (|ue 
M. Walerliouse leur a consacré dans le volume de sou Histoire naturelle des Mammifères, 
qui a paru en 1815. 

Ces geiu'es et leurs divisions ou sous-senres sont des démombromonts do l'ancien groupa 
des Mdcropus , tel i|ue le naturaliste anglais Sliaw l'avait établi en 1800 dans sa Zoologie 
générale. On leur a donné les noms do haïKjnroi), Ik-mlrolayuc, Potuvoii , etc. 

(JlîNl\E KANCUHOO (Macropits). On y place à pou près les trois quarts des espèces 
connues dans cette famille, et en particulier, celles (|ui atteignent les plus grandes dimensions. 
Leur.s membres sont disproportionnés; leur (pieue est longue et forte; ils n'ont point de dents 
canines. On peut en faire plusieurs sous-genros. 

1. Les MacuOPUS de F. Cuvier ont le noz velu; 
Leur iirincipale espèce a été nommée : 

Kanc.iiioo gkant {Macropm giganlcus, Sliaw). Kilo fut découvorto on 1770, sur les 
^(^tes de la Nouvelle-Galles du Sud, pendant le premier voyage du capitaine Cook. Plusieurs 
espèces nominales ont été établies à 
ses dépens. Le kanguroo géant a jus- 
qu'à 1,,30 de longueur pour la tèto ot 
le corps, et 0,80 pour la (lueue. 

Lo Kanguroo fuliginkcx {Ma- 
cropiis fuUginosus, Desm.) devient en- 
core plus grand. 

2. Les ONyciIOGVliîS de M. Gray 
ont aussi le nez velu , mais leurs pieds 
de derrière sont plus allongés, et loin- 
(lueue, ([ui (!st longue et grêle , est gar- 
nie à son extrémité d'une saillie cornée. 

Ce soni le K an g c non i. vixr.LX 
{MncropHS hiiinltis, Gould ) , grande 
espièce que l'on trouve aux environs 
de la rivière des Cygnes ; 

Le Kanguroo bridé {Macropus 
f rénal tis, Gould). Do la vallée de la 
Mokai ; 

Et le Kanguroo a aigiillon 
{Macropus unguifer, Gould). Du non 
ouest de l'Australie. 

3. Les LAr.ouciiESïES de M. Gould 
ont le noz garni do petits [loils velou- 
tés; leurs tarses et leurs ongles sont 
grêles; leurs membres antérieurs petits, 
ainsi que les ongles qui les terminent. 




pQiF.Lf.Ttp. ne KtNnnino m- \\ lli i.i \ ii di (hc. l/t ilc (;r,ii:ii. 



s-bonnc, mais 
puces (lo cello 

mus tloniicroiis 

JÎICpllillUO t|UL' 

i Maiiinii fores, 

'ancien K''t'U|)o 
is sa Zoolo;j;ie 

l'ts des ospùces 

les iliiiUMisions, 

point (le ilenls 

l'a ml s. 

1770, sur les 
look, Plusieurs 





^^P5îi^ 



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'■r^mi!^ 



de la Noavelle-Honande. 



* M 




KAMff.M-: OKS MArnoPODKS. 271 

On en connofl (junlro espèces , savoir : 
Lo Ka.N(u;i,oo a dandks {Macropns fasciatm), .lo IVron ot Losuour; - lo KANCunoo 

m<^mo zool..«isto , - ol son K a n r. u n oo v k l u {Macropm hinulu,) . 

Jn}T "y-^''^J^'"'"^» ''^ F- Cuvler, ont lo no. dônu.l.', en avant, sous forme do mufle; ils 
se tionnont .lo pn'fôronco dans L-s Ijoux «amis d'arbrisseaux. 

Il y en <i ()rès de viiiKt ospùeos , dont plusieurs fort grandes 

Voici les différents noms sous les.moIs les mieux connu.'s ont été décrites ot In mention des 
auteurs .pu en parlent : Macropus aniilopinus . V.onUi;- ,l„cr. isaMlnnu,. id.;- il/, ro- 
r ,;• "'•; 7 ^^- ''"^'"^ "^'^"'•' "» '•' ^f- l<'>mr. de MM. (Juoy et (laimanl, dont M. Is. 
fieofroy fait son genre Gorbofdes; - M. „gUis. (lould; - M. l'urnji. ll.,nnett; - 
! frmn, Jourdon; -J,, Gveyi. (iray; - M. ru/tcollis. Desm.; - M. mlabatus, Lesson et 
...not ; - M. tugenu Desm.; - M. Tethidis, F. Cuv.; - M. Par.na. (iould; - M. dor- 
sal s, Oray; - M Dcrbuima. Gray ; - M. inUardkri. Desm., ou Kangtiroo de la Billar- 
diue,, \mimu^ donnons ici It s.iuelette (pngo 270); - M. bmchyurus. Quoy et Gaimard 

o. Les HETEROPES do M. Jourdan, ou Pc'trogales do M. Grav, ont lo ne/, également 

sn^ni \ 1" '"' •. ''" '^'"■"'''" '""' "'°"'' ''"'"' '•"' '°»'' '1»^'»" ^'^ -'«"'«' ^lo 'on*ÎS poils , 

surtout a sou extrémité. 

il yen a cin.i ospèces différentes, qui vivent toutes sur les rochers : 
TZyT'fT' ^'"V '""' ''""'° ''''^^""'1"'' ""''' VHeteropns albogularhdo M. Jourdan ; 
Gol JV 'Tn^' n""'""'"'' ^'""'''' - ^"- ^'•"^''^^"■^' <'°"'^'; - ^'- '^°«^'•'"'"•^^ 
vn.iK;.n;;.!" "•; "^- '^'''""■- ^° '''''''' ''' à '« Nouvelle-Guinée; c'est le seu 

1718 .kT' T *-■'""'"' '' ^°"^-^""-"«"«"J° "«^ à la Tasmanio. Lo Dmn en a parlé 
«its 1718, dans son Voyage aux Indes orientales. 

Gkmie DENDHOLAGLE (Den- 
drolagna. S. Muller). Les deux es- 
pèces do ce genre sont, comme colle 
dont nous venons de parler, des 
Animaux do la Nouvelle-Guinée. Elles 
diffèrent des Kanguroos véritables 
par lo plus grand dévelopi)oment de 
leurs membres antérieurs, (|ui sont 
presijuo aussi forts que ceux do der- 
rière, ot sont pourvus d'ongles puis- 
sants ; ce qui permet à ces Animaux 
do grimper aux arbres. Leur nez est 
couvert do poils, et leur mâchoire 
supérieure a une paire do petites 
dents canines. 

Ces deux ospèces ont reçu les noms 
de Detidrolagus ursiims et fnustus. 

GENRE POTOROO {flgpsiprgninus, Illiger). Une dizaine d'espèces do Macronodé, 
ayant es proportions des Kanguroos véritables, mais qui sont toutesTaiblesÏÏenS ' 

arnc -molaires décroissent sensiblement de volume à partir de la nremièvr ô„ T";.' " 




Tilt: DE DBNllllOt.»UI!I;, |/J ,|c êMn.l. 



4r m 

n 



272 ORDRE DES MARSUPIAUX. 

1. La première do ces espèces a le nez fort long, presque entièrement couvert de poils, et 
les tarses fort longs ; c'est le 

POTOUOO noussATiiK {f/fjpsiprijiniiiis riifesceiis, Gray; //. melnnolis, Gould) ; do la 
Nouvelle-Galles de Sud. 

2. Plusieurs autres de ces Kanguroos à canines ont été réunis par M. Gray sous le nom 
commun de JJlîTTONGlA ; ils ont le nez dénudé et les tarses encore fort longs! 

Ce sont les Ilypsiprymnm cunkulus , O'Gilby; — //. Grayi , Gould; — //. Gaimanli , 
Lesson ou//, pcnicillatiis , (iray; — //. penkillalus , Gould. 

3. Les POTOROOS do M. Waterhouse ont la tète plus longue, les tarses |)lus courts, la 
(]ueuo peu velue cl en partie écailleuse; le nez est nu. Le plus anciennement comiu est lo 

PoTOROO MiiiuN {Ihjpsipryrùnus mnrinus) ou le Macropus miniitiis do Sliaw; on lo trouve 
principalement à la IVouvelle-Galles ilu Sud. 

Doux autres plus récemment décrits sont 17/. Gilbcrlii, Gould, du détroit du Roi-Georges, 
et 17/. platyops, Gould, do l'Australie occidentale. 



FAMILLE DES PHALANGIDÉS 



Autant (|u'il est possible de comparer les Mammifères de l'Australie à cous des autres 
contrées du globe, on peut dire tjue les Pliulangidés tiennent sur co continent la place des 
Primates, et, en particulier, colle des Lénutridés. Gomme la plupart de ces derniers, les 
l'halangidés, mieux connus sous le nom de Phahmgcrs; que Daubonton a donné à l'une do 
leurs espèces , sont aussi des Animaux frugivores qui habitent les régions boisée» , oîi ils se 
font remarquer par la vivacité de leurs mouvements ; leurs proportions no le cèdent pas en 
élégance, et leurs membres postérieurs sont aussi pourvus d'un pouce opposable. Les Plialan- 
gers ne sont pas moins variés en espèces que les Primates de Madagascar, et les plus petits 
d'entre eux joignent, comme les derniers de ceux que nous avons signalés parmi ces Animaux, 
beaucoup d'insectes aux fruits qui forment leur nourriture liabituelle. Les plus gros Plia- 
langidés, au contraire, sont presque exclusivement frugivores, et, à cet égard encore, il y a 
entre eux et les plus grosses espèces de Lémuridés une analogie incontestable. Les plus 
(grands do tous les Phalangers ont à peu près le volume dos Makis et des Indris; les plus 
' petits sont encore inférieurs aux Clieirogales et au Microcèbe. 

Indi'pendamment de leurs pouces postérieurs opposables aux autres doigts, les Phalangers 
sont caractérisés entre tous les Marsupiaux Syndactylos par leurs membres à peu près égaux 
et disposés pour grimper. Leur formule dentaire no difforerait pas de celle des Kanguroos et 
autres Macropidés, s'ils n'avaient, en général, l'espace répondant à la barre de ces derniers 
occupé, à l'une et à l'autre mâchoire, par plusieurs dents , dont les supérieures sont canini- 
formes et les inférieures plus ou moins gonnniformes. 

Il y a trois tribus dans la famille dos Phalangers : 

Los Phascohirclins , comprenant lo seul Phascolarcto Koala ; les Phalanyislms ou les Phalan- 
gers à queue prenante, et les Pelnnristim ou Phalangers vuiants. Los Phalangistins sont les 
seuls Plialangidés qui no soient pas confinés dans lo continent australien; il y on a au^si à 
la Nouvelle-Guinée, à la Nouvelle-Zélande et dans quelques-unes des îles Molu(iue3 ainsi (|u a 
Célèbes. 



couvert de poils , et 
oHs, Goul(l) ; do la 

Gray sous le nom 

lonps. 

; — //. Gaimanli , 

rscs plus courts, la 
sinoiit connu est lo 
Slmw ; on le trouve 

oit du Roi-Georges, 



à ceux des autres 
itincnt la place des 
3 ces (lerniors, les 
ï donné à l'une do 
3 boisées , oîi ils se 
10 le cèdent pas en 
osabie. Les Plialan- 
r, et les plus petits 
arnii ces Animaux, 
3s plus gros Plia- 
ar(i encore , il y a 
itestable. Les [)lus 
es Indris; les plus 

:ts, les Plialangcrs 
i à peu près égaux 
I des Kanyuroos et 
rre de ces derniers 
eures sont canini- 



llns ou les Phalau- 
liangislins sont les 
; il y Pli a au -si à 
!olu([ue3 ainsi (fu a 







de la Nouvelle. Hollande. 










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273 





C»\sc j) E Koala, de profll i-l de 



fuie, i;r> (lo grand. 



FAMILLE DES PHALANGIDÉS. 

TRIDU DES PHASCOLARCTINS 

i.i^rtUL 1 UAM.ULAH(.rL {Phascolarclos , Blaiiiv ) Los 
, Phascolarclos, aussi nommés Koalas, sont des Animaux "d'une 
\ apparence très -singulière, à corps court et sans .[ueue, à tAte 
! grosse, a poils laineux, plus longs et comme frisés sur les oreilles 

Leurs pattes, qui sont assez courtes, ont cinq doigts en avant 

comme en arrière , 

armés par des ongles 

forts,sauf aux pouces 

de derrière , et (|ui 

leur servent surtout 

à grimper. Les pouces 

dfspattes postérieures 

sont gros, opposables 

et sans ongles ; les 

deux doigts suivants 

sont syndactyles ; les 

paumes et les plantes sont nues. 

Les dents sont fort singulières ; 

il y a trois paires d'incisives 
su{)érieures et une paire d'in- 
cisives inférieures. Celle-ci dif- 
fère peu de celle des Plialan- 
gers; la canine supérieure est 
petite ; il n'y en a pas inférieu- 
rement; les molaires , qui sont 
précédées par une ban-e assez 
considérable, sont au nombre 
lie f ; les quatre dernières ont 
leur couronne garnie de (juatre 
tubercules prismatiques, plus 
larges supérieurement que in- 
''v.ii'uremcnt. Le crAne a une 
forme assez singulière, ainsi 
qu'on pourra en juger par les 
figures que nous en donnons 
sur cette page. 

aucun de ceux ou of^.ntnM """"' '"''''""'"' "^"^ ""' '' ''^'^^^"^ exactement compar r à 
Marsup uxTeri r "^^n. r" '™"'' """n"^' ""'^ '' -"'^'^ -r^o^'-e parmi les 
^irroelt not^m C T^^^^ ^ -'-^ I^--' 'l-^'l- -s dents 

al'eint insnn'à n rn V Anmiaux. Il est grimpeU'.', vit de feuilles et de fruits et 

«a parti. dCj "'" °" * ''"""""'■"• '»" '"<» '"»'«» «' »»"vont 





riEMs i)K PiiAscor.Aiicrr. 




M« PARTtK. 



35 



274 



ORDRE DES MARSUPIAUX. 



TRIBU DES PHALANGISTINS 

Les Phalangistins ou Phalangors sont des Animaux à queue longue et prônante , dont le.s 
membres ne soutiennent pas do membranes aliformos. Le pouce de leurs pieds de derrière est 
opposable et onguiculé. Leurs vraies molaires ont la couronne formée par doux collines 
transverses; leur canino supérieure est suivie d'une première fausse-molaire isolée, et leur 
mâchoire inférieure présente, entre l'incisive proclivo et la première grosso molaire, une ou 
deux paires de dents gemmiformes. Ils vivent sur les arbres, et se nourrissent principalement 
de substances végétale ou d'Insectes. 

Les îles de la Malaisie en fournissent quelques espèces , mais la plupart de ces Animaux 
appartiennent à la Faune australienne. 

On peut les partager en (juatre gemes , sous les noms de Phnlnnger ou Couscous, Tmho- 
siire, Pscudochire et Dromicie. 

Genre PHALANGER {Phalangista , G. Guvier, d'après Daubenton). Lacépède l'ap- 
pelle Cous-cous. Ces Animaux ont la queue velue à sa base seulement, et, au contraire, 
nue et écailleuse dans le reste de sa longueur-, leurs oreilles sont courtes, et leurs pupilles 
verticales. Leurs mœurs sont nocturnes ; comme ils ont pour patrie certaines îles de la 
Malaisie, on les a connus avant les Phalangors australiens. 

L'espèce type de ce genre est le Ph al ang e ii m acul é {Phalangista maculala, E. Geoffr.) , qui 
vit aux îles Moluques, et particulièrement à Amboine, où il porte le nom de Cous-com. On le 
cite également à la Nouvelle-Guinée. Son pelage est blanchâtre tacheté de brun et do noirâtre. 
A côté se placent : le Phalanger roux {Ph. cavifrons) , d'Amboine, de Banda et do 
\!\ Nouvelle-Irlande; — le Phalanger a croupion doré, d'Amboine, de Céram et de la 
Nouvelle-Guinée, — et le Phalanger oursin, de Gélèlies. 




Phai.asceii, l/il de grand. 



Ces Phalangers, dont Linné confondait los deux premières espèces sous le nom de Didelphis 
orientalis, avaient déjà été signalés au seizième siècle par Lécluse, comme étant des Animaux 
propres à. l'archipe! des Indes, et d'autres auteurs avaioî'.t confirmé cotte S'^sortion, Ccpi'ii- 



FAMILLK DKS PIIALANGIDKS. ^75 

tion sur ce Chats au7n,t ron.-lT 77 ''""' '""■' ""^""^ ^ " '^""^^ ^"'^^ ««-- 
dnns leur ventre, d4r îiorr T ''f '"' ''''''"''^' '^'^ *""^'^™' ^'" "<^»veau 
nent ensuite, p^ur ; on 'e po'r':. ^^n """ '-r nourriture, et les y repren- 
douto. Cependant tous les n tnr li« . ? ' ''^' '""''"'^ '^" """^^''^ '"*««««• ""cun 

clo.ve y reconnu ::;:^,!^''t o! T f", ^'" "'" '""" '' "''--'■-' '•«•»" 
aient .Hé connues à une t^ii^àJ^ Zul'o'on" P""™. ^^'''-"^ ^»'' '- "- Molus,,ues 

en» bran m *«,„. ,t pi,, jauni,,,» „„ „«,„„, Strn" ,Tm « .1 ' *'™ '""''"'' ' ■"" 
On le irouvo à la Nonvollo-fipll»» «in.i „.,„ ? , ' ' " ''"""' P'"' * O.™- 

«uslralion. '"" ''"° "" "" "*' ''="1 « oocU.nlales d» conllûcn, 

Les a,i,eurs cilcn, plusiimrs aulres cspùces ,1e THchosure, m«i« M «;., ^ 

Ces jolis Phalangers sont particuliers à l'Austmlie- ils nm ,i» i',„=i ■ 
petites S,.ri,ues et vivent dans .les conditions analogues ' '"''«"«">"-« -ec les plus 

Le DhOMi^.n; nain (Dromicin nana) a ,^,\ ,-onv,a"'. 4 r„ în,V - , • • • 



27« ORDRK DES MAHSUPIALX. 

blaiichàtro eu tlossous. C'est lo J'halangisla nann ou gUriformis de (|U('l(]ucs autours. Ou 
ne lo trouve <iu'on ïasniunio. 

LoDromigie mignon {Dromicia concinna , Gould) appartient au Nord do lu Nouvollo- 
Hollando, et se reii'- mtro depuis la Nouvelle- Galles jusqu'à la rivière! des Cygnes. 

Lo DiiOMiciK DK Nkill {Dromic'ui Neillii, Wutorhouse) est plus particulioronieut dos 
environs du port du iloi-Georgos. 



TRIBU DES PÉTAURISTINS 

Les Pétauristes (Pvlaurina, Cli. Bonaparte) sont des Plialangers qui so distinguent de 
ceux dont nous avons déjà parlé par la présence de membranes latérales analogues à celles 
dos Écureuils volants (Ptéromys et Sciuroplères). Leur queuo r'ost pas toujours prônante, 
mais leurs ongles sont constamment crochus. Leurs mœurs ont beaucoup de rapport avec 
colles dos Sciuridés auxiiuds nous venons de les comparer. Ils jouissent, comme eux. do la 
faculté de s'élancer à de grandes distances , avec autant do légèreté (lue s'ils voltigeaient. 

On en a distingué trois genres répondant aux Petaurus do Shaw; ce sont les Pdtaurisles , 
les Bélii/ds et les Acrobates, Leurs molaires sont [)lus petites (|ue celles des Plialangers et plus 
tuberculeuses; lo nombre de leurs dents intermédiaires est sujet à quelques variations. 

Genre PÉTAL'HISTE {l'etaio-us , V. Guvier). Les Pétauristes, <iui sont los plus grands 
Animaux do cotte tribu, atteignent ou surpassent mémo en dimensions los plus grands Pté- 
romys. Leur corps peut mesurer jusipi'à 0,4.5 et leur ([ueue 0,5.'>. Leur fourrure est fort belle 
et susceptible d'être utilement employée. Leur membrane aliformo va du carpe aux genoux. 
Leurs oreilles sont grandes, membraneuses et velues en deliors, Leur museau est assez lin et 
il se termine par un petit mufle. 

L'espèce la plus remarquable et la mieux connue est le Pétauriste taguanoide 
{Petaurus tagnanoides, Desm.) de la Nouvelle-Galles du Sud. Son corps est noir en dessus 
et sa membrane variée de gris; la base de sa iiueue est brun cendré. 

Genre IJÉLIDÉ (/JeAW«/s,Waterhouso). Les oreilles sont longues et nues; la membrane 
latérale s'étend antérieurement jus^iu'au polit doigt ; il y a quatre paires de molaires gemmi- 
formos inférieures , ce (jui porte le nombre total dos dents à neuf paires pour cotte màcboire. 







Ubi. ID^ se, nu IN. !;5 (11' urnnd 



autours. On 



FAMILLE DES TAHSIPÉDIUÉS. 277 

Lo Bélidé sciuniN {BeUdens sciurem ou DidelpMs sciurca do Shaw) est cendré perlé 
avec du brun sur la ligne dorsale , sur la monibriine et au l.out de la (juouo; il est gris jau- 
nAtre en dessous et sa membrane est frangée de poils blancliî\lres. Par le corps, par la taille et 
par le port il rap|)elle lo Sciuroptère polatouclio (t. I, p. 302). 

On doit distinguer comme espèce à • rt, IcBélidé austiial {Pctaurns auslralis do Shaw) 
(jui r»5pond au Pdtauriste â ventre jaune de Dosmarost. Sa taille est un peu plus grande et il' 
a pour. patrie la ^Nouvelle- Galles du Sud. Le Pâtaumlc à grande queue do Shaw et 
doDesniarest, plus difndlo à caractériser, est moins certainement une espèce distincte. 

Deux autres espèces, du mi^me genre, ont été nommées Delideus hrevkeps par M Water- 
liouso et Delideus ariel par M. (iould. 

Genre ACHOBATE {Acrobates, Desm.). Les Acrobates ou Voltigeurs sont beaucoup 
plus petits (pie les Bélidés. En effet, runi(iue espèce qu'on eu cite encore n'est guère plus 
grande «luo le Muscardin (T. I, p. 375), dont elle aurait l'apparence extérieure sans les 
courtes membranes aliformos que l'on voit sur ses flancs. 
Sa mûchoire supérieure porto en tout dix paires de dents 
et l'inférieure huit; il n'y a que deux paires inférieures 
de dents gemmiformes ; mais les deux avant -molaires 
qui les suivent ont la partie antérieure de leur couronne 
en pointe aiguë un peu curviligne ; les canines supé- 
rieures sont assez fortes. Ces Animaux sont en grande 
partie insectivores. Ils sont au nombre des plus petits 
Mammifères de l'Australie , et leur 
régime, ainsi (juc leur dentition, peu- 
vent être comparés à ceux do nos 
Musaraignes. 

L'Acrobate pycmée {Acrobates 
injgmœus) est lo DidelpMs pijgmœa do Shaw. Il a le pelage doux au tou- 
cher, brun roussâtre on dessus et blanc en dessous; sa queue est largement di8ti(iue, elle 
a 7 centimètres do long ; lo corps est de la même longueur. 
L'Acrobate pygméo est de la \ouvc le-Galles du Sud. 





ACROn\TK P\r,MKE, 

grond rat. 



Denis de iAchobiie l'HiiiÉE, J'I do grond 



FAMILLE DES TARSIPÉDIDÉS 

Les Tarsipédidés sont de petits Marsupiaux (|ui présenten». une combinaison do caractères 
assez remaniuable. Ils ont le second et le troisième orteils comme les autres Hyndactyles- le 
pouce de leurs pieds de deiTière est opposable et sans ongle; leurs autres doigts, aussi bien 
ceux do derrière que ceux Je devant , sont arron<lis 
et protégés par des ongles courts et aplatis (jui rap- 
pellent ceux dos Primates. Leur système dentaire 
paraît fort irrégulier. On ne saurait en donner encore 
la formule, à cause de la chute précoce de la plu- 
part des dents qui le composent; cependant la 
mâchoire inférieure porto une paire de longues dents 
Incisives cultriformes et projetées en avant; la face est allongée; le maxillaire inférieur dif- 
fère notablement par sa forme de celui des autres Marsupiaux , pour ressembler à la fois à 
ce que l'on voit chez certains Édenlés et chez les Monotrèmes. 

Cette fa:nille ne comprend qu'un seul genre. 

«lENRE TARSIPÈDE {Tarsipes, P. Gcrv. ot J. Verreaux). La seule espèce connue est 




C i\v N K DE T i n S 1 1' È 11 E , 3/1 de grand 



278 



OHUnK DES MARSl PIAIX. 




T ins:rf:ri(: iinstiif;, 2l:i iln (trnml. 



nolro Tahsipède nos- 
TnK {Tarsipp» rosir al m), 
joli polit Aiiininl dos hords 
do in rivière des Cygnes, 
qui vit sur les nrlirisseiuix , 
oi» il clmsso les inswtes 
et suce lo nectar dos fleurs. 
Sa langue est fort longue 
et préhensile; sa ttïte est 
prolongée en forme de 
rostre; sa queue est un 
peu prenante. 

Lo Tarsipèile rostre est 
h poino gros comme une 
Soiris; sa démarche est 
fort élégante. 11 n'est plus 
très-rare dans les collec- 
tions. M. Waterliouse, (jui 
en a reçu un exemplaire 
entier , a complété , par 



iiuelques détails anatomiqiies, la description que nous on avions donné le premier. 



FAMILLE DES PÉRAMÉLIDËS 

Les espèces de la famille des Péramélidés sont caractérisées par la forme toujours allongée 
de leur tôto, par leurs ongles grands, [iropres à fouir, par leurs doigts inégaux, toujours en 
nombre inférieur à cinq , et par leurs dents nombreuses ; ils ont constamment cinq paires 
d'incisives supérieures et quatre inférieures. Ces Animaux n'acciuièrent que do faibles dimen- 
sions. 

Ils vivent en grande partie d'insectes et peuvent être comparés, sous 
plusieurs rapports, aux Érinacéidés. Leurs poils sont (luelipiefois rudes, 
surtout sur le ûos, mais ils ne sont jamais réellement épineux. 

On peut les partager en trois genres , sous lo nom de 
Ckéropus , Pérngah et Péramèle. 

Genre CHÉROPUS {Chœropus , 0'fiili)y). On y 
place une espèce do petit Marsupial , originaire du sud 
de l'Australie , <jui présente plusieurs caractères assez 
singuliers. Son museau est pointu et terminé par un petit 
mufle; ses oreilles sont grandes et on cornet; sa (jueue 
est un pou moins longue que son corps , grêle et garnie 
de poils; enfin ses pieds sont longs et grêles, les antérieurs 
ne montrant que doux doigts; ceux-ci ont une certaine 
analogie avec ceux des Monodelphes bisul(|ues, et sont 
supportés par des métacarpiers fort longs; ils répondent 
aux deux plus grands doigts de la patte des Péramèles ; mais 
leurs ongles sont plus courts que ceux de ces Animaux. Un 
petit tubercule onguiculé qui se voit à la base externe du 
métacarpe roprésciitc leur troisième doigt; to pied de derrière a quatre doigts comme celui 




l'iEDR l)K ClltBOIlS, glMnil. mit. 



FAMILLK DKS PÉRIM ALIDÉS. ^79 

nasuta, Gunnu, fasctata, myosuros , Bougainvillii , arcnaria et Doremm 

<i« leur, pauos ol lu l„„g„™,. „„i„ „„ ."J;,;™ "-"' '""• '" "'>'»»'"» «»^'» cun.„,. 



IV. LES DASYURES 







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23 WEST MAIN STREET 

WEBSTER, M. Y. 14S8C 

(716) 872-4503 



280 ORDRE DES MARSUPIAUX. 

des caractères moins accusés, et l'ensemble de leur organisation est évidemment moins 
parfait, comparativement à ce que l'on voit chez les premières espèces du groupe. 



FAMILLE DES DASYURIDÉS 

Genre THYLACYNE {Thylacyms , Temminck). Il existe en Tasmanie un Animal 
carnassier, presque aussi grand qu'un Loup, et dont les formes extérieures ne diffèrent pas 
assez de celles de ce dernier , pour qu'on ne puisse au premier abord le prendre pour une 
espèce de la famille des Canidés; mais ce Carnassier, qui a aussi les appétits du Loup, et qui 
inquiète do môme les troupeaux des colons, appartient, comme la plupart des Mammifères 
de l'Australie, à la sous-classe des Marsupiaux. Il a aussi beaucoup d'analogie, dans plusieurs 
de ses caractères ostéologiques, avec les genres éteints des Ilyénodons et des Ptérodous ; mais 
ceux-ci sont bien des Moncrîolphes, et c'est parmi les Carnivores proprement dits qu'ils doi- 
vent être classés. Les Anglais établis dans l'île de Van-Diémeu donnent au Thylacyne le nom 
de Zébra Wolf o\x Loup zébré, parce qu'il a, en effet, la plus grande partie de la région 
dorsale et la base do la queue marquées do lignes transversales brunes , ayant l'apparence 
des zébrures. Ce Carnassier est aussi leur Dog-hcaded-opossum c'est-à-dire le Marsupial à tête 
de Chien. A cause de sa couleur autant que pour exprimer la férocité qui le caractérise, quel- 
ques-uns l'appellmt encore] Tigre , Hyène , etc. 




SçrUlETIB oc TUÏIACISF. 

Harrisen a le premier donné la description dans le tome IV des Transactions Hnnéennes, 
sous la dénomination de Didelphe cynocéphale. Plus récemment, MM. Temminck et Gray ont 
pensé avec raison que l'on devait établir un genre à part pour y placer cette espèce : c'est 
le genre Thylacyne du premier de ces naturalistes et le genre Peracycn du second. 

Comparable aux autres Marsupiaux par l'ensemble de ses caractères anatomiques, cet 
Animal est cependant facile à distinguer géuériquement ; d'abord, il est de grande taille, et 
son extérieur rappelle celui du Loup, quoiqu'il ait la tôte un peu plus longue et la queue 
garnie de poils plus courts; celle-ci est en môme temps un peu déprimée. En outre les dents 
du Thylacine sont aunombrede 46, et assez notablement •npacées entre elles. En voici la 

formule : 

i incisives, | canine, ' molaires (dont f avant-molaires, \ canines, ^tuberculeuse). 

La figure ci-jointe nous dispensera de nous étendre sur la forme particulière à chacune 
de ces dents. 



FAMILLE DES DiSYURIDÉS. 



281 




Den'is rii; Thïhcïse, ginnl. nal. 



Le Thylacyno est digitigrade; il a cinq doigts en avant et quatre on anière; ses os marsu- 
piaux sont tout à fait rudimentaires. 

L'unique espèce de ce genre ou lo Thylacyne cynocéphalk {Tliylacyims cynocepha- 
lus), liabito la Tasmauie; son pelage est brun fauve, plus clair aux parties inférieures, plus 
foncé aux supérieures. Les bandes noirâtres de son dos sont au nombre d'une vingtaine. 




---^-7s£,i2^J 



THYi.»f.Y\E cvNOcfpin tE, 1 '10 dp grorfl. 



Genre SARCOPIIILE {SarcophUus, P. Cuv.). TiMe large; corps trapu; ([ueue médiocre; 
dents plus serrées i>\. plus épiiisses que coUcs (les Tlivlnnyrios, sonloinont ;ui smmhrc do 42. 
Tels sont les principaux traits distinctifs du genre auquel F. Cuvier o imposé ce nom , et que 
11» PAmiE. 36 



282 



ORDRE DES MARSUPIAUX. 



M. Gray a depuis lors appelé Diabolus. Co genre ne comprend qu'une seule espèce qu'on 
pourrait comparer au Glouton, mais qui a la queue un peu plus longue, et dont les parties 
antérieures sont sensiblement plus robustes que les postérieures. Cette espèce est vigoureuse, 
iV roce et d'une sauvagerie qui approche de la stupidité. Aussi est-elle redoutée des colons , 
quoique sa taille soit bien moindre que colle du Thylacync. C'est à cause de son caractère 
farouche qu'on lui a donné le nom de Diable {Dsvil), dont M. Gray a tiré le mot générique de 
Diabolus. La dénomination de Sarcophile sigi^iflo voraco do chair et rappelle que les appétits 
carnassiers de ce Marsupial sont, en effet, très-prononcés. 

Le Sarcophile oursin {Sarcophilus ursinus) , qu'Harris appelait Didelphis ursina, 
vit en Tasmanie. Il est eu grande partie noir, avec un demi-collier blanc et un anneau de 
la même couleur à la base de la qveue. Ses pattes, ses oreilles et son museau sont presque 
nus et d'uiie^ couleur de choir un peu rougeùtre. C'est un Animai absolument inéducable, 
qi'i déiiuit beaucoup do gibier et qui attaque aussi les volailles, parfois même les jeunes 
Animaux domesti(uies de la classe des Mammifères. 

Genre DASYURE {Dasyurus, E. GeofiY.). Les Dasyuros sont, poiu- ainsi dire, des 
Marsupiaux Viveriidés, tant lei--s niiours, leur apoarenco extérieure et plusieurs traits 
importants de leur organisation rappellent les Carnivores monodelphes que l'on connaît sous 
les noms do GeneUes, de Paradoxures et de Mangoustes. Ils ont le museau effilé; un petit 
mufle nu; des vibrisses nombreuses; le pelage fourni, doux et généralement moucheté; la 
queue assez longue, bien garnie, mais non préhensile; cinq doigts en avant et en arrière, 
mais avec le pouce postérieur tout à fait ruJimentaire. Leurs milchoires sont armées de 
42 dents, et il n'y a que | molaires. Ces Animaux ont la taille des Genettes et le corps 
presque aussi effilé; ils ont aussi les mêmes mœurs; nais, comme la plupart des 
Marsuniaux, ils sont moins intelligents que les Monodelphes dont ils tiennent la place ou 
Austra'V. 







l)*s\iRi: ViVKiiuiN, I/O do groiul. 



On en distingue plusieurs espèces, qui toutes sont exclusivement de la Nouvelle-Hollande 
ou (le la Tasmanie. 



FAMILLE DES DASYIRIDÉS. 283 

Co sont lo DAsyuRE viveubin ou le Didelphis viverrina do Shaw et lo Dasyurus Maugci 
»lo E. Geoffroy; 

Lo Dasyuhe MAcnoiiRE, E. Geoffroy, aussi nommé Viverra maculala par Shaw et 
Dasyurus maculatus par M. Waterliousc ; 
LoDasyuhe de GKorpnoY {D. Geoffroyi, Gould) ; 

Le Dasydre hallux (Dasyurus halhicatm, Gould), Celui-ci doit son nom d'espèce au 
plus grand développement de son pouce postérieur. 

Genre PHASCOGALE [Phascogale , E. Geoffr.). Les Phascogales sont Ue petits 
Dasyuridés plus insectivores qoe carnivores, chez lesque's la prenriéro paire des insicives est 
plus forte que les autres, et dont les moliiircs ont les pointes plus saillantes; leur demièi'j 
molaire supérieure est petite ettrcnsversalo. Ils ont cinq doigts à cliaqac pied, et leurs pouces 
postérieurs sont sans op-^le et p'csque aussi opposaijles (£ue ceux des Sarigues. Ces petits 
Marsupiaux ont huit mamelles disposées en corde, et leur queue, qui est plus longue que le 
corps, est garnie, dans sa seconde moitié, de longs poils en pinceau. Ils sont grimpeurs; leurs 
formes, qui sont élégantes, rappellent celles des Loirs, des Octodontes et des Ptilocerques. 
On on a décrit deux espèces : 

Le Phascogale tafa {Phascogale penicillala) , qui répond au Didelphis penicillala de 
Shaw, est do la Nouvelle-Galles, ainsi que du sud et de la côte ouest de l'Australie. Il a le 
pelage brun cendré en dessus et gris cendré en dessous , et a les deux tiers de la queue noiie. 
Son corps a 0,08 et sa queue 0,21. C'est la première espèce. 

L'autre espèce est lo Phascogale calure Phascogale cnlura, Gould; de la côte ouest de 
l'Australie. Elle est do la taille du Lérol; son pelage est moins foncé en dessus que celui du 
Tafa et plus jaunâtre eu dessous; sa queue est rousso à la base et noiro dans le reste de 
son étendue ; son pinr; ou ost moins fourni. 

Genre ANTÉCUINE [Antechl.ius , Mac-Leay). Ce genre a été établi pour recevoir les 
petits Dasyuridés qui ont la queue moins longue que lo corps, non pénicilléo et simplement 
conique. L'un des premiers décrits u d'abord été considéré comme un Irseclivore mono- 
delphe. 

On peut en distinguer, avec assez do certitude , onze espèces , et il en a été signalé quelques 
autres encore. Une seule est propre à la Nouvelle-Guinée, toutes les autres sont australiennes. 
M. Gould les figure, pour la plupart, dans son Mammals of Atislralia, l'un des plus beaux 
ouvrages iconographi(iucs qu'on ait encore consacrés aux Animaux mammifères. 

Les différentes espèces d'Aatéchines ont reçu les noms suivants : Antechinus Swainsonii, 
Waterhouse; de la Tasmanie; — A. apicalis, Gray; delà côte ouest de l'Australie; — 
A. flavipcs, Waterhouse; do la Nouvelle-Galles et de la côle sud; — A. leucogaster, Gray; 
de la côte ouest; — A. minimiis ou le Dasyurus minimus, E. Geouroy; de la Tasmanie; — 
A. albipes, Waterhouse; du sud de l'Australie, et peut-être de la Tasmanie; — A. leucopus, 
Gray; de la Tasmanie; — A. murinus, Waterhouse; de la Nouvelle-Galles ; -^ A, macrourus 
ou lo Podabrus macrourus ^ Gould; de la même contrée; — A. crassicaudnta , Gould; do 
l'ouest et du sud de l'Australie; — A. mêlas ou le Phascogale mêlas, S. Muller; de la 
Nouvelle-Guinée. 



284 



OIIDHK DKS MAHSl PIAIX. 



l 



V. LES MYRMÉCOBIES 

On ne leur connaît oncoro (lu'iuio soulo espèce, tjpo do la famille dos MYRMÉCOUIDÉS 
et du genre Myrmikobk. C'est un polit Animal un peu plus p;rand connno une Hermine, mais 
de formes moins fines, et rappelant sensiblement certaines espèces de Dasyures par l'allonKc- 
mcut de son museau. Son principal caractère est emprunté à la forme singulière et au grand 
nombre de ses dents, (jui sont appropriées au régime insectivore. C'est aussi un type 
australien, et qui se laisse diflicilement comparer, à cause do ses nombreuses particularités 
anatonii(iues, à ceux ([ui caractérisent les autres P'aunes. On peut, cependant, lui trouver 
sous (]uel(iuos rapports, une certaine analogie avec In ïupaïas et avec les Mangoustes, (pioi- 
'■' que l'enscmblo do ses caractères le dasso parmi les Animaux Marsupiaux et mCme assez près 
des Dasjures. 

Genrk MYIUIÉCORIK {Myrmecobius, Waterhouso). Extérieurement, ce genre se 
reconnaît à rallongement de sa face, à ses oreilles assez gnyides, à sa f|ueuo moyennement 
longue, velue et non préhensile, à ses doigts armés do fortes griffes, au nombre do cin(| en 
avant et de quatre en arrière. Les orteils indicateur et médian ne sont pas réunis entre eux 
comme chez les Syndactjle;.. Il y a une poche abdominale dans le sexo femelle ; la langue 
est extensible. Intérieurement, le Myrmécobio présente des os marsupiaux , une forme assez 
particulier du squelette, oii l'on remarque ([uelque analogie avec les Édentés, et un système 
dentaire tout à fait différent de celui des autres Mammifères par l'apparence et par le nombre. 
Il a en tout 52 dents, c'est-à-dire plus (ju'aucun autre Mammifère terrestre, le Priodonto 
excepté, et elles sont ainsi réparties pour chaque côté des mâchoires : 

f incisives, { canine, * molaires (dont| avant-molaires et ^ arrière-molaires). 

Ces dents sont petites, sruf les canines et les arrière-molaires, et surmontées à leur cou- 
ronne par plusieurs tubercules émoussés. 

Le MvnMÉcoBiE a bandks (Myrmecobius fasciatus , Waterh.) a le corps long de 25 
et la queue de 0,20; il est roux tiqueté en dessus avec du brun sur les lombes et à la (jneue, 
et six ou sept bandes transversales d'un blanc jaunâtre sur le dos et la croupe; ses pattes 
sont fauves et son ventre blanchâtre. Son apparence est élégante. Il a été découvert, il y a 
une quinzaine d'années, dans les environs do la rivière dos Cygnes. Les lieux où il y a le plus 
' de fourmilières sont ceux (ju'il préfère; c'iist un Animal fouisseur. 

Dans le jeune âgo, il est plus pâle, et ses bandes sont à peine marquées. 



MAIISUPIAUX AMÉRICAmS 

Il nous reste à parler des Marsupiaux américains. Leurs caractères no sont pas moins 
tranchés que ceux des groupes précédents. Ce sont dos Animaux grimpeurs, ayant l'appa- 
rence extérieure des Carnivores, et chez lesquels les orteils ont la forme ordinaire, si ce 
n'est que le pouce est séparé des autres , inonguiculé et complètement opposable. Leur 
queue est, en général, longue, dénudée et prenante; leurs dents sont de trois sortes, au 
nombre de 50 , et réparties suivant la formule suivante : 

J incisives, | canine, i molaires (dont ^ avant-molaires et \ arrière-molaires). 

Les quatre arrière-molaires supérieures et inférieures ont une assez grande analogie avec 
es dents carnassières do certains M.nnmifères carnivores; et les inférieures, en particulier, 
sont formées do deux parties, l'une, antérieure, est tricuspide, l'autre, postérieure, enferme do 
talon 

Il n'y a (ju'ua seul ordre et qu'une seule famille parmi ces Marsupiaux. Cette famille a reçu 
I e nom de Didelp/nddu. 



FAMILLE DES DIDELPHIDÉS. 



28A 



FAMILLE DES DIDELPHIDÉS 

Lu plupart dos autours n'y roconnaissont qu'un soûl genre, colui dos Sariguos ou Didelphia 
do Linné et do Shaw, dont il faut, d'ailleurs, exclure toutes les espèces australiennes, que 
Shaw et d'autres zoologistes plus récents ont .jnehiuefois considérées comme des Didelphis. 
C'est co genre qui a donné son nom à l'onsomldo dos Marsupiaux, quo l'on appelle en 
effet, dans beaucoup d'ouvrages zoologiques, les Mammifères Didelplies. 

MM. E. et Is. Geoffroy ont proposé de par- 
tager les Dideipliidés en quatre genres , d'après 
la considération do quehjuos particularités 
secondaires que nous allons énumérer; ces 
genres sont ceux des Sarigues, dos Chiro- 
nedcs , des Micourds et des Hémiures. 

Gknkk SAHIGUE {Didelphis). Les Sa- 
riguos véritables ont les mamelles envelop- 
pées d'une poche abdominale, comme la 
plupart des Marsupiaux ; ce sont les plus 
grands des Didelphidés ; mais leur taille, 
même dans les plus fortes espèces, n'excède 
pas celle d'un Chat domestique, et, en général, 
elle est moins élevée. Leur queue est longue, 
écaillouse et préhensile; leurs pieds de der- 
rière ne sont pas palmés, et les tubercules do leurs vraies molaires supérieures ne sont pas 
très-saillants; la partie antérieure de leurs vraies molaires d'en bas est tricuspide; leur 
deuxième avant-molaire inférieure a sa couronne plus élevée que les deux autres. 




Dbnts de la StniGCF. cnABmn, grand, nul, 



■^^À 




HAiiiGrii oi'oss»M, 1/1 do grmiO. 

Ces Animaux sont nocturnes; ils so tionnout sur les arbres où ils mangent des fruits, des 






286 



ORDHË DES MARSUPIAUX. 



œufs, ainsi quo des Insectes, dos Mollusques et d'uutrcs petits Animaux. Il y on a plusieurs 
espèces. C'est à l'une do ces espèces, commune ou Urèsil, quo Florian, dans sa char- 
mante fable do la Mère , l'Enfant et la Sarigue , a recours pour montrer que 

L'asile le plus sur est le sein d'une mère. 

La Sabigue des Illinois, dite auss i longs poils ou h oreilles bicolores {Didelphis 
Virginianadcs nomonclatcurs), est l'espèce qui s'étend lo plus nu Nord ; on la trouve, on effet, 
dans une grande partie dos Étals-Unis. Son pelage est assez srossier, blanc jaunAlro saie 
avec du l)run aux pattes; quelques soies brunes sortent du milieu des poils pAlcs et comme 
en bourre qui recouvrent lo dos et les flancs; les o cilles sont de deux couleurs. C'est l'une des 
plus grosses espèces du genre; ses dimensions approchent de celles du Chat. Tète et tronc 
0,40 environ; queue à pou près égale. 

Chez le Saiiigue chabier {Didelphis cancrivora, Linné), la couleur b -ao est plus 
pronqncéo, mais la taille est à peu près la même. Cette Sarigue vit dans l'Amérique méri- 
dionale : au Brésil et à la Guyane principalement. Elle so nourrit surtout de Crabes. 

Des espèces appartenant au môme genre , iial)itent encore les mêmes contrées , et il y en a 
jusqu'au Paraguay; telle est en particulier la SAniciUE d'Azaiia {Didelphis Azarœ), dont il 
est question dans l'Histoire dos Quadrupèdes du Paraguay, souj le nom de M icouré premier; 
— telles sont encore la Sarigue gayopollin {Didelphis philander, Linné); — la Saiiigub 
OPOSSUM {Didelphis opossum, Linné), et plusieurs autres. 




SiiiiGi'E ctïOPOLLiN, 1/2 <lc grand. 

Genre CHIRONEGTE {Chironectes , Illiger). Ce genre no comprend qu'une espèce , 
qui est do petite taille, est pourvu d'une poche abdominale dans le sexe femelle, a la queue? 
longue et nue, et so distingue des autres Didelphidés par les larges palmatures qui sont entre 
ses doigts postérieurs, ce qui lui permet de nager à la manière des Loutres. Bufi"o!\ a môme 
pris cette espèce pour une Loutre véritable , et il en parle sous lo nom de petite Loutre de la 
Guyane ; c'( st aujourd'hui le 

Ghironecte Oyapock {Chironectes variegatus). On le rencontre au Brésil et dans la 



FAMILLE DES DIDELPHIDÉS. 287 

Guyane, particulièromont dans lu région do l'Oyapock; su taillo est un pou infériouro à colle 
du Surmulot; c'osl lo Luira murina do Zimmermunn, et lo Didelphis palmata do .luolnuos 
autres zooloKistos. 

GENRE MICOURÉ {Micoureus, h. Geoffroy), li a été établi pour les Didolphidés qui ont 
la queue longue et pronanto comme les SariKuos vérilablos.muis dont les femelles n'ont pus d.- 
poche ubdominnle; un d()ul)le repli longitudinal do lu peau du ventre sert à protéger les petits 
pendant la gestation niummuire, lorsque les jeunes sont plus forts, sans cependant l'être 
assez pour se passer de leur mùro. Ils se placent sur son dos et attachent leur queue à la 
sienne. Ce sont des espèces assez petites; leur régime est essentiellement insectivore. 

Les principales sont : 

Le MicouiiÉ LAINEUX d'Azara {JJkourcus Innlger), du Paraguay; — le Micouré a 
CROSSE QUEUE (Mtcouretis crassicaudalus}, également décrit par Azara; — le Micoirk 
A LONGUE QUEUE {Micouveus ffriscm); ~\o Micourè de Mérian [Micoureus dorrigema) ■ 
- le M I c u « É M u n I .N {Micoureus murinm) ; - le M . c o u n É él É g a n t [Micoureus elegans . 
décrit par Waterliouse) . Cette dernière espèce habile lo Chili; les autres sont principalement 
do la Guyane et du Hrésil; il y en a aussi dons la Nouvelle-Grenade, et même eu Californie. 

Genre HEMIURE [Ilcmiurus, h. Gooffr.). On y place des espèces moins nombreuses 
que les précédentes, également petites, et dont le caractère principal consiste dans la 
brièveté de leur queue. On en cite trois, toutes propres aux régions chaudes de l'Amé- 
rique : 

L'HÉMiURE TnisTRiÉ [Hcmiurus tristriatus) qui est lu prétendue Musaraigne du Brésil 
de Buffon; — I'Hémiuiie TniooLonE [Hemiurus tricolor) qui est son Touan, — otrilÉ- 
MiunE bhachyure [Ih'iniurus brachyuriis) qui répond au Short lailed Opossum ou Sarigue 
à queue courte do Ponnant. Celui-ci est non-seulement de lu Guyane cl du Brésil , niais 
encore de la région do la Piata. 



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llfmvBii loi.ts, l/i il' grand. 



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K ij I 



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ORDRE DES MONOTRÈMES 



Animaux mammifères pourvus de quatre extrémités onguiculées, servant 
à la locomotion ordinaire en même temps qu'à fouir ou à nager ; dotit 
les lèvres sont cornées ; qui manquent de conques auditives , et qui ont 
les ouvertures viscérales posté/ ieures , c'est-à-dire les orifices des or- 
ganes de la reproduction, de Fvrination et de la défécation versant leur 
produit au dehors par un seul et même onfice qui constitue un véritable 
cloaque comparable à celui des Oiseaux ; dont les mamelles n'ont pas 
de tétines; qui ont les os de l'épaule plus semblables à ceux des 
Oiseaux ou des Reptiles sauriens qu'à ceux des autres Mammifères ; 
dont le bassin est pourvu d'os marsupiaux comme celui des Didelphes ; 
qui manquent d'utérus proprement dit; qui produisent des ovules plus 
volumineux que ceux des aut>'es Mammifères, et dont les fœtus , 
quoique dépourvus de placenta, se développât dans les oviductes, ce 
qui rend leur génération très-peu différente de celle des Vertébrés 
ovo-vivipares. 

Il n'y a que deux formes de Monotrèmes, /'Échidné et /'Ornitho- 
rhynque*, l'un et l'autre habitent les terres Austrmles. Ce sont des 
Animaux in f meurs aux autres Mammifères par l'ensemble de leur 
organisation, et qui doivent occuper le dernier rang dans cette classe. 



onniii-i iiKs monothIimks. ihu 

Ils établissent en quolq\(c sorte la transition des Marsupiaux ou des , 
Edentés aux Oiseaux et aux Sauriens, et si on les enrisuf/e de cette 
manière, on jmd se rendre compte de la plupart des singularités 
qui les distinguent . 

On ne connaît que depuis la lin du dernier siècle les deux Animaux si bizarres dont 
E. Geoiïroy a fait le groupe des Monolrcim-s, groupe (jue C. Ciivier réiuiil aux ÉdeuK^s; que 
divers auteurs élèvent au rang d'ordre dislinet, et dont il serait sans doute plus convenable 
de faire une sous-classe à part, comme l'avait proposé de RIainville. t/Kchidné fut d'abord 
signalé par le IK Sliaw dans une livraison de ses i\atuntlist's miscellmiy, publiée en 1790; 
Pennant en parla d'après lui dans la 3" édition do son Histoire des Quadrupèdes. Sliaw et 
Pennant l'ont de cet Animal une es|)è(v d,. Fnurniillier à hupielle ils donnent le nom de Myr- 
mecophuijaaculeata, pourrap|)eler (pi'elle a le corps couvert de picpianis. Itlmuenbacli publia 
(piebiues années après la description de l'Oniitliorliyniiue dont il avait ret.u un exemplaire 
de sir Joseph Banks; il a cherché h exprimer, par les noms (lu'il lui a imposés, l'analogie que 
le bec de cet Animal présente avec celui d'un Oiseau, soit un Canard, soit une Spatule. En 
même temps, Sliaw le décrivait aussi; il l'appelait 7»/f/<(//)Hs anatinus, exprimant ainsi la 
forme aplatie et en nageoires des cpiatre pattes, et la ressenddance du bec avec celui d'un 
Canard. (i.Ciivier a, le premier, proposé de séparer généri(pieinent l'Écliidné d'avec ies Foiu'- 
milliers, et c'est lui qui lui a imposé le nom sous !e(|uel on le connaît généralement aujour- 
d'hui, quoicpi'il ajipartiemie réellement à la Vipère. 
Éverard Home, (|ui a pu, l'un des premiers, dis- 
séquer rOrnithoryn(pie et l'Échidné , a fait res- 
sortir les diverses analogies que ces deux Animaux 
ont entre eux, et, depuis lors, de Blainville, E. 
(ieoffroy , G. Cuvier, Meckel , M. Richard Owen et 
plusieurs autres anatomistes, ont ajouté de nom- 
breuses remarcpies i\ celles dont les Monolrèmes 
avaient d'abord été l'objet. Aussi la classilication 
de ces Animaux , (pii était restée incertaine l'i ce 
point ([u'on les avait niomentîinément réunis aux 
Oiseaux ou qu'on en avait fait une classe à part, 
est-elle aujourd'hui bien établie, et il en est d' 
même des points principaux de leur physiologie, 
dont la singularité avait d'abord tant embarrassé 
les naturalistes. 

Les Monotrèmes ne sont pas dépourvus de ma- 
melles, comme on l'a cru loiigtenq)s; ils ont sur 
les flancs un grand nombre de tid)es sous-cutanés 
dont les orilices viennent s'ouvrir de chaque côté 
dans une surface peu étendue et qui sont les 
canaux sécréteurs du lait; la différence par rapport 
aux autres Mammifères consiste i)rincipalement en 
ce que ces tubes ne se réunissent pas sur une seule 
saillie conunune en forme de mamelon. C'est au 
moyen du liquide fourni par ces organes que les 

37 




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TuAIN DE DIBnrÈRE |,P. l'OlHdtHOBBlrKQrE FBMBUE, 

niontriinl I..9 mnniolli'ï, loriflcc du clnnqin rt Ips lavii^s 
du t«lon où siiuplmiti'nl les ergots dei mWts, 1/i de g. 
Il' PARTIE, 



390 OnDIlR DKS MON OT nflMKS. 

Echidnés cl les Ornilhorynqiios nourrissent d'abord leurs petit!», et ceux-ci naissent vivants, 

comme ceux des Manuiiiftres, aprt's avoir rom|)u leurs enveloppes IVetales, (|ui sont molles 

deniihiiequc celles des Animaux de la m<^nic classe, cl non calcaires, comme clie/ les 

Oiseaux. C'est ce (pi'ont démontn^ les dernii'res observations dont les Monolri'mes ont été 

roi)jet, et l'opinion (pii les regardait connue étant véritablement Ovipares n'a plus aujoiu-- 

d'hui aucun ()arlisan. Toutefois, le mode de développement des Monotrî'mes est fort dillé- 

I reni de celui des Manunifiîrcs nionodelpbes et il ne ressemble pas davantage h celui des 

I Marsupiaux : il a au contraire une incontestalile analogie avec celui desHepli esovo-viviparcs. 

Il résulte des observations de M. J. Verreaux, (pie les jeimes Ornilliorbvn(|ues bnmenl le 

lait (pw leurs mères répandent autour d'elles, et cpii surnage facilement; cette manœuvre, 

dit-il, est d'autant plus facile à distinguer qu'on voit alors le bec des jeimes Ornithorlijnques 

se mouvoir avec une grande célérité (1). 

Indépendamment des dispositions tout h fait exceptionnelles cpii servent à les caraclériser 
comme sous-classe, les deux genres d'Animaux dont nous allons traiter, montrent un grand 
nombre de parlicidarités secondaires, dont une étude détaillée jwurrait seule faire ressortir 
tout l'intérêt; mais sur lesquelles nous ne saurions nous étendre ici. 

Parmi celles que présente leur squelette, il en est deux qid méritent cependant d'être men- 
tionnées. Ces Animaux ont des os marsupiaux très-développés et tout à fait comparables à 
ceux des Didelphes , quoi(|u'ils n'aient ni la bourse ni le mode de gestation de ces derniers. 

Kn second lieu , leur épaule est établie siu' 
un modèle fort peu différent de celiu des 
Sauriens, c'est-ii-dire des Rei)tilcs du même 
ordre que le Lézard, l'Iguane et le Varan. 





""^^ 



RuFi.E tt siBRsm n'KoiiiDNK ei D'On\iTiioiiiiï»Qcr, grind. nnt. 

Ils sont les seuls de tous les Mammilêres qui i)résentent cette particularité. Dans i'Écbidné, 
comme dans l'Ornithorliynque, le sternum se prolonge en avant en une sorte de manche 
qui se divise plus antérieurement encore en deux branches transversales comparables à celles 
d'un T. C'est sur les branches de cet os en T que sont appliquées les clavicides ou fouicliettes, 



(I) Cumplcs rendus de l'Aïadémie des sciences, t. xxvi, d. 2H : 1818. 



FAMILLK hKS l=:(;ilir).NII)ÉS. 
(loin l'extrémito cMprnc va i-fijoiiidre l'oiiioiilale. Celle- 
ci , r(5unie à iiii «s ((iii s'y soude plus tard coni|(léU;- 
incnl, du nioiiis chez rÉchidné, fournit, de concert 
avec ce nouvel os, la cavité glénoïde (|ui ie(:oit la tète 
de l'Iunnérus. Ce nouvel os est l'analogue du cara- 
coïdien ou préiskiou des Oiseaux et des Sauriens; il est 
lui-UK^nie surmonté à son liord inlerne par une autre 
pif'ce (|ui s'appuie d'un côté sur lui et de l'autre sur l'os 
en T dont nous avons déjà parlé. Unehpies auteurs 
donn, nt A cette autre pikr le nom d'Épicoracoidien. 

Chacun des deux genres de la sous-classe des Mono- 
(rèmes doit être regardée connue! const-luanl une famille 
«listincte, on devrait même dire un ordre particulier. 
iNoiis en pai'Ierons sons les noms (VlùliidnicWs et iVOr- 
nitlwrhjfnrhidt's qm leur ont été imposés par les natu- 
ralistes iiomenclaleiu's. 



'Àdt 




r'f 



P 



Hi'»!» ii'Ki.]i I u>i, graucl. nul. 



FAMILLC hKs ÉCHIDNIDÉS 

Kll.) no comprend (luo lo soûl gonro Echidné , qui u h', corps é|.ineux, lo bec allongé, les 
inkhoircs dépourvues do douts et les pieds disposés pour fouir. 

Glix\UE ECiriDNÉ {Echi(lm,G. Cuvicr). Corps assez 
court, à (lucuo rudimentairo couvert on dessus do piquants 
plus forts que ceux des Hérissons et ontromôiés do poils 
simples plus ou moins abondants , suivant les saisons ; 
lèto prolongée en un rostre pourvu d'un bec corné; 
boucho petite , terminale ; langue longue , extensible ; 
pieds à cinq doigts pourvus d'ongles robustes propres à 
fouiller le sol ; les mftles ont aux pieds do derrière un ergot 
corné qui sert d'orifice à une glande sécrético ; le cerveau 
est assez volumineux et ses hémisphères ont des circon- 
volutions qui man(|uent uu contraire à ceux de l'Ornitho- 
rhynque. 

L'EcHiDNÉ Éi'iMUJx {Echidm hystrix) ou le %>-me- 
cophaga aculeala do Shaw, est un peu plus gros qu'un 
Hérisson. Il a le museau beaucoup plus long et les pi- 
quants bien plus forts. C'est de même un Animal fouis- 
seur, qui vit dans les endroits sablonneux, ou il recherche 
les insectes. 

Plusieurs autours en distinguent deux espèces qu'ils caractérisent par l'abondance ou la 
rareté des poils existants entre les piquants du dos ; ils les nomment Hyslrix aculeala et Hystrix 
selosa. Lo premier serait l'Echidné du continent australien , et lo second celui de la Tasmanie. 
Mais cotte distinction n'a pas été généralement admise, et d'autres naturalistes no voient, dans 
les différences que les Échidnés présentent sous ce rapport, qu'un simple effet des change- 
monts do saison ; suivant eux, lo poil de ces Animaux est beaucoup plus abondant pondant 
l'hiver qu'en été, et il caclic alors presque entièrement leurs piquants. 




CtHVEtr D'EcHiDsÉ, gnincl nnl. 



^ 



392 



ORDRE l)i:S MO^OTRi■;MKS. 













L(, MiDNK KPi^icx, 1/^ fiv grauil. 



FAMILLE DES ORNITHORHYNCHIDES 



Le genre Ornithorynque diffère des Ecliidnidés par la forme de sa tête , par ses pieds propres 
à la natation, par quelques particularités ostéologiiiues et par sa queue large et déprimée. Son 
corps n'est pas recouvert de piquants et son bec est élargi et largement ouvert. Gomme nous 
l'avons déjà fait remanjuer, on devrait en faire un ordre au lieu d'une simple famille , si l'on 
acceptait que le groupe des Monotrèmes constitue lui-même une t,ous-classe. 

Genre ORNITHORHYNQUE (Om/ZioryMc/ms, Blumenbach). Les mâchoires ont une 
paire de grosses dents cornées , situées à la place habituellement occupée par les molaires , et 
de chaque côté do la région incisive on voit une autre callosité également cornée, dont la 
forme est étroite et allongée; le bec est plat et lerge, ce (|ui !';> fait comparer à celui d'un 
Canard ; le corps est terminé par une queue élargie, aplatie en dessous qui concourt à faciliter 
la natation; les pieds de devant ont cinij doigts comme les postérieurs et leurs ongles sont 
également forts; la membrane qui réunit les doigts de devant dépasse notablement les ongles, 
ce qui étend encore la surface natatoire; le talon des mâles porte un ergot corné comme celui 
des Ecbidnés. 

ORMTnoituYNQiiE PARADOX Al, {(h'))ithorliynchiis poradoxits . Blumenbacli , ou Platijpns 
anaiinns, Shaw) : tel est le nom de l'uniciue espèce (jue l'on puisse encore admettre avec 
certiludo dans ce genre, (juoiiju'on en ait signalé plusieurs. Cet Animal est aquati(iue; il se 
lient dans les iacs et dans les rivières do la Nonvolle-ilollande ainsi que do la Tasmanie; 
nage avec facilité; vient assez souvent à terre; niche sur le bord îles eaux, dans des terriens 
qu'il sait se creuser, et fait sa principale nourriture de larves aquatiques, do mollusques ou 
de vers. Les Auglais établis en Australie appelieat les Oraithorbynques des Taupes de rivières 
[Wakr mole). 



FAMILLE HBS OB^^i'HORHY^CHIDliS. 



29t 







Oll^lTllOIlHT^o^I: p*moox»i., 1/1 de gronil. 



M. J. Verreaux, qui a voyagé en Tasmaiiie, dit, au sujet de ce genre singulier do Mammifères : 
« Je puis affirmer aujourd'liui que l'Ornilhorhynque n'est pas entièrement nocturne , comme 
on l'avait supposé. Dans mes chasses , j'en ai observé plusieurs nageant par les plus fortes 
chaleurs; je dois dire cependant que ce fait n'a lieu que lorsque l'Animal a des petits, et que, 
néanmoins, il somblo prendre plus do vivacité lorsque la nuit survient; rien n'égale alors sa 
vitesse, soit dans l'eau, soit sur terre. Dans l'eau, il nage comme un poisson, et sur terre 
il se meut avec une agilité remarquable. Quoique fréquentant les rivières, l'Ornithorhynque 
paraît préférer les anses , où les eaux refoulées par les courants sont plus calmes et plus tran- 
quilles; là, il se plaît à barbotter parmi les plantes ou à plonger pour aller chercher dans la 
vase ses aliments. J'ai observé (ju'il ne pouvait cependant rester 
longtemps sans venir respirer l'air nécessaire à ses poumons. 
Enfin, j'ai vérifié par 
les individus que j'ai 
eu en ma possession, 
qu'ils étaient d'une in- 
telligence bien supé- 
rieure à beaucoup d'au- 
tres Animaux i 

L'Ornitliorliynque a 
cependant le cerveau 
moins développé que 
l'Echidné, d'oii il fau- 
drait conclure que ce 
dernier l'emport" en- 
core sur lui sous le phte.. 
même nippoil. 




V 



If 11 

■I " n 



rîTÉRîft'ii ET l'OSTKR irr np t»f L'Ofl^iTHoau yso i'K mâle 
•.'/3 il'' grnr.d. 



294 



OHDIIK DES .MOiNOTUKMKfS. 



M. J. > errcnux a aussi examiné quelles pouvaient ôlre la fonction de l'orgot ou éperon corné, 
dont lo talon des Monolromes est armé, et il a constaté que cet organe sert à faciliter l'accou- 
plement. De son côté, M. Stannius a fait une nouvelle étude anatoniiquc du mCme appareil, 
(jui est sans analogie chez les autres Mammifères. 

On avait cru pendant longtemps que la sécrétion qui en émane était venimeuse, il n'en est 
rien. La glande qui produit cette liqueur est située lo long de la cuisse chez rOrnilliorhynquo, 
et dans la région poplitéo chez l'Ecliidné, oii elle est beaucoup plus petite. Un conduit excréteur 
sous-cutané, large et à parois épaisses, s'étend le long de la jambe en arrrière, et aboutit à 
l'éperon, vers leciuel il s'élargit en une vésicule servant do poche de dépôt à l'humour sécrétée, 
puis il se rétrécit et se termine dans une fonte dont l'éperon est pourvu. Les femelles jeunes 
ont un rudiment de cet organe, mais il tlis|)ariiît bientôt. 




ORDRE DES PHOÛUES 

Animaux mammifères marins pourvus de quatre extrémités raccourcies 
comme empêtrées et disposées en nageoires; à corps allongé, presque 
fu si forme, couvert de poils rudes habituellement courts et couchés- 
ayant de fortes moustaches, les yeux très-gros et les oreilles externes 
rudimentaires ou nulles; dont les mâchoires sont armées de trois 
sortes de dents, savoir : des incisives en nombre variable, des canines 
plus ou moins développées, et des molaires, peu nombreuses, à peu 
près semblables entre elles; cerveau pourvu de circonvolutions, ayant 
ses lobes olfactifs semblables à ceux des Singes. 

Les espèces de cet ordre ne sont pas très-nombreuses; cependant 
elles sont répandues sur presque tous les points de l'Océan, principa- 
lement à peu de distance des continents ou autour des archipels; elles 
se distinguent les unes des autres par des caractères assez tranchés, 
'e qui a permis d'établir parmi elles différents genres et plusieurs 
familles ou tribus. 

Elles nagent avec facilité et plongent également très-bien; ce genre 
de locomotion leur est rendu facile par les sinus considérables qui 
dilatent une partie de leur système veineux et leur permettent de 
retenir leur respiration pendant un temps assez long ; elles sont intel- 
ligentes et vivent généralement par troupes plus ou moins nom- 
breuses; leur régime, qui est animal, consiste principalement en 






Sm 








P 




206 • ORDRE DES PHOQUES. 

Poissons, en Mollusques, en Crabes, etc. Quelques-unes y joignent 
en plus ou moins grande abondance des principes végétaux ; le Morse 
est particulièrement dans ce cas. Les Phoques viennent souvent à 
terre, mais ils y sont tous plus ou moins embarrassés dans leurs mou- 
vements. 

Quelques auteurs associent ces Animaux aux Mammifère» carni- 
vores et les classent dans le même ordre; cependant la forme des 
Phoques, leur mode de locomotion et leur structure interne s'accor- 
dent pour les faire éloigner des Carnassiers tenues très. 

Les Phoques, que nous plaçons lespremiers parmi les Mammifères marins, sont de tous 
ces Animaux ceux qui sont le moins modifiés dans l'ensemble de leur organisme, et pourtant 
ils s'éloignent déjà des Mammifères terrestres à ce point qu'on ne saurait les réunir à aucun 
des groupes établis parmi ces derniers sans enfreindre d'une manière évidente les règles 
de la classification naturelle. Les Sirénides, qui viendront ensuite; les Cétacés, par les- 
quels nous terminerons cet ouvrage, semblent s'éloigner encore plus des Mammifères qua- 
drupèdes , et si nous avions à traiter de l'ordre éteint des Zeuglodontes, nous constaterions 
encore d* nouvelles différences. 

Cependant, les Mammifères marins, c'est-k-dire les différents genres dont on a fait les trois 
ordre des Phoques, des Siréuidea et des Cétacés, se rattachent, par la conformation de leur 
cerveau et par leur développement placentaire, aux Mammifères monodelphes; et c'est 
parmi ces Animaux, entre les Hétérodontes et les Homodontes, qu'il faudrait sans doute 
les ranger, si l'on ne tenait compte que de ce double caractère; mais la classification des 
Animaux en série linéaire ne saurait rendre compte de leurs dilîérentes affinités, et quoi- 
que, dans le discours, nous soyons obligés de nous y confirmer, tous les naturalistes savent 
bien que les principales classes du règne Animal sont souvent composées de séries multi- 
ples, plus ou moins correspondantes, ou, comme on le dit aujourd'hui, paralléliques entre 
elles; aussi bien, dans beaucoup de cas, la subordination hiérarchique que nous en établis- 
sons n'est-clle pas absolument exempte de tout artifice ni même de quelque arbitraire. L'ordre 
suivant lequel nous avons subordonné les cinq sous-classes de Mammifères est celvi qui 
nous a paru se prêter le mieux aux considérations géogra|)biques et paléontologi(|ues , tout 
en concordant avec celles que fournissent l'organisation et les mœurs; c'est ce (jui 
nous a fait préférer cet ordre à tout autre. Mais, comme on le pense bien, nous n'admet- 
tons nullement que les Mammifères marins, ((uoique |)lacés ici après les Édentés, les Mar- 
supiaux et même les Monotrèmes , soient inférieurs en organisation aux espèces non moins 
singulières dont chacune de ces trois catégories est composée, cai, nous le répétons, ils 
se rattachent aux Monodelphes hétérodontes par un grand nombre de caractères, bien qu'ils 
s'en éloignent par leur forme et qu'ils leur soient en même temps inférieurs sous plusieurs 
rapports. 



Les Phoques sont des Animaux aquatiques qui passent dans l'eau une bien plus grande 
partie de leur vie que les Castors, les Loutres ou les autres Mammifères nageurs dont nous 
avons eu l'occasion de parler jusqu'à présent ; ils sont donc essenliellement marins, particu- 
larité que le genre Enhydre, de la tribu des î.outre", nous avait seule présentée. Ce sont des 



t joignent 
; le Morse 
souvent à 
eurs mou- 
les carni- 
^orme des 
\e s'accor- 



sont de tous 
î, et pourtant 
inir à aucun 
ite les règles 
ces, par les- 
nifères qua- 
^onstaterions 

fait les trois 
[Jtion de leur 
les; et c'est 
; sans doute 
iincation des 
lés, et quoi- 
ilistes savent 
léries multi- 
éliques entre 
1 en établis- 
aire. L'ordre 
!st ceU'.i qui 
gi(|nes, tout 
'est ce (|ui 
us n'aduiel- 
5s, les Mar- 
s non moins 
épétons, ils 
, bien qu'ils 
us plusieurs 



I)lus grande 
•s dont nous 
ns, particu- 
Ce sont dos 




ORDRE DES PHOQUES. 297 

Animaux carnassiers, mais qui diffèrent notablement de ceux que nous avons décrits en 
parlant de Tordre des Carnivores. Leurs espèces sont distribuées avec une régularité remar- 
quable entre les grands bassins maritimes m recouvrent la plus grande partie delà surface 
du globe; elles y vivent de substances animales , principalement de Poissons, de Crabes ou 
de Mollusques nus, et elles se font remarquer par la facililé avec laquelle elles plongent et se 

tm^nZ ^'" r""- ^""'' '^'"^ ''"'' «^g»"'««"«". ^«t approprié à ce mode d'exis- 
tence , leur corps , en fuseau , est terminé en avant par une tête plus on moins arrondie et 

en arrière, par une petite queue flanquée de deux nageoires verticales qui sont formées 
par les pattes de derrière; leurs doigts sont allongés, surtout les latéraiyc pour les membres 
postérieurs, et dirigés dans le même sens que le corps ; le.irs pattes de devant sont égale- 
ment raccourcies et disposées en forme de nageoires ; aussi ne peuvent-elles servir que très- 

imparfaitement à la locomotion terrestre, 
et le plus souvent , lorsque les Phoques 
veulent se traîner sur le rivage, ils avan- 
cent au moyen des ondulations de leur 
corps et en appliquant leurs membres de 
devant contre leurs flancs. Cependant les 
Otaries ou les Phoques à oreilles sont 
moins empêtrés que les autres; ils ont le 
cou plus allongé, et leur tête est plus 
mobile ; leurs pattes leur permettent aussi 
de marcher un peu, quoique péniblement, 
et ils peuvent se servir de celles de devant 
pour relever au dessus du sol la partie 
antérieure de leur corps, ce que ne sau- 
raient faire les Phoques de nos régions. 
Les Phoques ont le cerveau assez volu- 
mineux et pourvu de nombreuses circon- 
volutions à la surface de ses hémisphères. 

, , , , . Leurs lobes olfactifs sont grêles et ressem- 

blent à ceux de l'Homme et des Singes. 

Les Animaux de cet ordre sont tous fort intelligents, et quelques-uns se laissent appri- 
voiser avec assez de facililé. On a même réussi à conserver pendant plusieurs années 
en captivité, des Phoques, particulièrement ceux qu'où avait péchés dans la Méditerranée 
ou sur les côtes occidentales de l'Europe; mais il faut avoir soin de tenir à leur disposition 
de l'eau en quantité suffisante pour leur permettre de nager, et surtout de les nourrir de 
Poissons qui soient frais et de leur goût. Leur douceur et leur obéissance sont parfois remar- 
quables; elles contribuent, ainsi que l'élégance des évolutions qu'ils exécutent dans leur 
bassin, à les rendre véritablement curieux. Aussi en amène-t-on assez souvent dans les 
ménageries ou dans les foires, et on les y montre toujours avec succès. Leur cri qui rap- 
pelle certains mots usités dans toutes les langues, et, en particulier, les syllabes pa-pa, font 
dire aux gens qui exhibent des Phoques que ces Animaux peuvent apprendre à parler. 

Les habitudes sociales des Mammifères qui rentrent dans cet Ordre, leur incontestable 
intelligence et leurs formes bizarres ont de tout temps appelé sur eux l'attention des Hom- 
mes, aussi les Grecs et les Romains ont-ils imaginé h leur égard un grand nombre de fables. 
Ou 11 nous suffise de rappeler celle qui fait garder par Protée les troupeaux de'Neptune. Elle 

II" PARTIR. QO 




Cebïeau de Phoque Sibii«*iop«, 2/3 de grand. 



298 oudhr dks pfiooufs. 

repose plus particnlièremcnl sur robscrvalion imparfaite de ct^s MammiRîres dont les bandes 
nombreuses se jouent dans certaines eaux, viennent ramper sur les plaj^es désertes ou s'ar- 
rêtent sur les roeiiers h (leur d'eau pour y reeevoir l'aetion iiieufaisante des rayons solaires. 
Quelques naturalistes modernes ont pensé (pie eelle lieiion pourrait devenir une réalité, ei 
(|u'il ne serait pas impossible h l'Honniie d'assujeltn- !\ sa pnissanee même ces fugitifs habi- 
tants de la mer. F. Cuvier, <pii a fait des éludes si sérieuses sur la domestieité des Ani- 
maux, a écrit à cet égard une phrase (|ue nous ne saurions nous dispenser de reproduire ici. 
« On peut s'étonner, ditril en parlant des l'ho(pies, que les peuples pécheurs ne les 
aient pas dressés A la pèche, connue les peuples chasseurs ont dressé le Chien h la chasse. » 
Les Phoques sont aujourd'hui moins comnnms dans la Méditerranée qu'ils ne l'étaient sans 
doute à l'époque des (îrecs et des Romains ; mais il y en a cependant encore en assez grande 
quantité dans la mer Adriatique, dans les eaux de l'Archipel et sur certains points de la côte 
d'Afrique. Ils appartiennent h res|)èce type du genre Pelage, qui ne se trouve pas dans 
l'Océan. Très-rares dans les régions inlertropicales, les autres Animaux du même ordre de- 
viennent plus nombreux et plus variés en espèces l\ mesure (pi'ou se rapproche davantage 
des régions polaires; mais, comme nous avons déjii eu l'occasion de le dire, ils sont diffé- 
rents pour l'un et l'autre iiémisplièrc. Dans certains parages , ils sont assez nombreux pour 
qu'on puisse les prendre avec facilité, soit lorsipi'ils nagent, soit lorsqu'ils viennent à terre 
alin (le s'y reposer ou d'y allaiter leurs petits. Lem- chasse donne lieu à une branche assez 
importante de l'industrie maritime h cause de l'huile, des pelleteries, des cuirs et, dans cer- 
tains cas, de l'ivoire que l'on tire de plusieurs d'entre eux. Les Américains, les Anglais et 
les Scandinaves sont les peuples (pu se livrent avec le plus de succès l'i ce genre de chasse. 
Nous diviserons les espèces de cet ordre en trois familles, en tenant compte de leurs 
caractères extérieurs et intérieurs. Ce sont les Morses ou rmiu'chidh, les Pho(|ues itro- 
preinenl dits ou Phovkiés, et les Phoques à oreilles ou les Olamlés, 



FAMILLE DES TRÏCHÉCHIDÉS 

Le Morse, dont Liunù a fuit le lypo de son genre Trkhevhus, forme, à lui seul, la premiiin! 
famillo des Phoiiues, celle des Trichéchidés. Ses curnclèros [)rincipaux justifient suffisamment 
celte distinction. Le Morse a la forme générale dos autres Plio(iues; mais sa face est i)lus 
courte, son museau est élargi, ses molaires ont une apparence différente des lours. Dans l'ilige 
adulte, il manque d'incisives inférieures, et il n'en a (lu'une seule paire supérieurement. 
Enfin ses canines supérioui'es sont fortes, allongées, et «jlles sortent de la bouche coumie 
deux puissantes défenses. 

GEiNRE MORSE {Triclwchtis, Linné). Quoique les Morses adultes aient pour formule 
dentaire ^ incisives, \ canines, et i molaires, on peut, eu examinant des Animaux de ce 
genre, dans un âge moins avancé, leur reconnaître une dentition plus semblable, quant nu 
nombre, à celle (juo nous verrons chez les Phoques proprement dits. Ainsi, (luekiues crânes 
de Morses, conservés depuis assez longtemps dans les collections analomiqucs, montrent nue 
seconde paire d'incisives supérieures, placée en dedans de celle que l'on voit le plus habituel- 
lement, et plus petite qu'elle. Chez des sujets plus jeunes encore, on voit mémo, à peu de 
distance de la suture médiane des os incisifs , les deux alvéoles d'une troisième paire do ces 
dents, ou encore les dents elles-mêmes. En outre, M. Bapp a constaté (pi'il y avait aussi dans 
le premier âge des races de trois paires d'incisives inférieures. Enlin on trouve, en arrière dos 



KAiMlLLli I)i;s TlUCHKCIIIDlis. joU 

moliiims porsislanU's , supiVicuromont, 
l'(ilv('()|(! il'uiio ciii(|itit'iiit) iiiolaii-d, o), 
inft^iinurcmoiit , collo triiii(n|uiilrioinc, 
La caiiiru» iiif(5ri(>nrn no diffrnt guùro 
ili'.silciils molaiic.H par sa forino. Cullos- 

f ^^'^^'"'"^111^ ^'^y^^P^'^I^^Hr ilrcroissaiilos d'anit-ni en avant et tnu- 

^-" ^^ ^^^ ' ' ' ■'*^^^W jours •'■inoiissi'cs A leur C()iironn(». 

Ii« Morso, (|(ii so sort \V\ sos «rnudcs 
cnuinos [lonr arracher les licrlics ma- 
rines ot racler le sol siibnuirgi) afin d'j 
(Chercher les (',riisla<rés, les Oursins ot 
les autres Animaux invertébrés dont il 
fait sa nourriture iialtiluelle , trouve 
aussi dans ces énormes dents uno arme 
puissante (|ui lui permet do lutter coulrc 
ses ennemis. 

Cet Animai , (|ue les nalurulislos 
nomment Mohsk Ciirval - marin 
(Triclwrhus rosmnrm , L. ), est trùs- 

o , ... ,v . '■"'■^ <'l il 'ittoinl un poidK consi(lérai)le 

Sa louRueur totale vn jns.|u à vinj^t piods . et sa circonféronco en a dix ou dou/o nu point le 
plus épais du corps. 11 a le poil ras. assez rare et de couleur fauve roussAlre II vit dans les 
re^Mons arcti.pios. oi. il se lient par troup.w plus ou moins nonil.rmises, au milieu des Lrlares' 
ou plus ou moins près ,los rivages. Il est facile do le tuer, et les ,„^clieurs du Nord en fon,' 
une.tîrando destruction. Cependant lors.pi'on le poursuit au lar«o il faut prendre heaucoui, 
de précautions, car il arriva souvent .|ue toute uno troupe dn Morses so jette sur les eml.ar 
calions, et réquipaffo do cellos-ci court alors yrnnd ris(|uo d'être subiiior"-!-. 




lUMinoN uu MoinE, »/) ili> grond. 







ï 



.M(iii»« CrriivAi.-iMiips I :i;l .Ir {rond. 



300 ORDRE DES PHOQUES. 

Lo Morse est lu soulo ospùco qu'on ait dt'icrilo duns co g(Miro romarc|uuble. Ni los Grocs ni 
los Romains no l'ont connue , et co n'est ((uo pondant lo moyen ûge <iue los naturalistes di' 
l'Europe centrale ont obtenu des notions un peu certaines à sou (''Kard. Voici eu ipiels 
termes M. Pouchet rappelle, dans son intéressant ouvrage sur All»ert-le-(;rand et son épixiue, 
co que les naturalistes du moyen ûge avaient recueilli au sujet de cette grande espèce dr 
Mammifères : 

« On doit à Albert-le-Grnnd d'avoir enriclii l'Iiisloiro naturelle du Morse de d(5tails peu 
connus avant lui, et il a en outre contribué à en retrancher (luelques erreurs. Chez les peuples 
du nord de rEuro|)e, la peau de cet Animal était précieuse pour la navigation; on la coupait 
on lanières dont on confectionnait dos cAbles d'une extrême force pour la marine. Il est sou- 
vent parlé de ceux-ci dans les Sagas Scandinaves parce que l'on s'en servait au moyen ûge , 
soit pour ancrer, soit pour lier étroitement ensemble los frôles bâtiments sur lesiiuels ou com- 
battait alors. Ils avaient une telle renommée <iuo lo commerce s'en était étendu jus(iue sur les 
marchés de Cologne, et l'on y attachait tant do prix , (ju'à cette époque on en faisait parfois 
hommage aux souverains eux-mêmes. Mais nonobstant l'importance (ju'avaiont uc(iuise les 
produits du Morse à l'épotiue d'Albert, on n'avait encore que de fort étrang<!s notions sur cet 
Animal. Quoique les Fennes lo chassassent, non-seulement pour la confection do leurs câbles, 
mais encore pour on extraire de l'huilo et des défenses, ces hommes, à demi-sauvages, ne 
l'avaient que fort grossièrement observé. On voit, en effet, dans le périple d'Other, (pie ses 
compatriotes prenaient les Morses pour une Baleine veluo , et avec des pieds , ce qui les leur 
avait fait nommer Cetus equinus. » 

Dernièrement on a réussi à conduire jusqu'à Londres un Morse vivant, mais il n'y a mal- 
heureusement vécu que pendant quelques jours. On le nourrissait avec des Crabes. 



FAMILLE DES PHOCIDÉS 

Los Phocidés ou Phoques ordinaires constituent plusieurs genres (|ui diffèrent à la fois des 
Morses, parce que leurs canines supérieures n'ont pas la forme do défenses, et des Otaires, 
parce qu'ils manquent des oreilles externes ou conques auditives qui caractérisent ces dernières. 
Il y en a des espèces dans les mors des deux hémisphères; mais, en général, elles sont do 
genres différents dans l'un et dans l'autre. Toutes ont des dents incisives aux deux mâchoires, 
quoiqu'elles n'en aient pas toujours le même nombre. Les particularités (ju'elles présentent , 
sous co rapport, permettent de les diviser en trois tribus qui sont celles dos Slemrnatopins, des 
Pdlagins, et des Callocéphalins, dénommées chacune d'après l'un do ses principaux genres, 



TRIBU DES STEMMATOPINS 

Elle se partage on deux genres : les Macrorhines et los Slemmalopes, qui ont pour caractère 
commun de ne porter que deux paires do dents incisives à la mâchoire supérieure, et une seu- 
lement à l'inférieure ; ces Phoques ont les molaires à une seule racine; leurs membranes intcr- 
digitales s'étendent au delà des ongles sous la forme de lobes arrondis : c'est ce dernier carac- 
tère qu'exprime le nom de Stemmatope imposé par F. Cuvier à l'un de leurs genres. 

Genre MACROHHINE {Macrorhinus, F. Cuv.). Ce genre, que M. Gray appelle 
:1/o?*Mn^rt, repose sur une seule espèce vivant dans les mers australes, ainsi (jue dans lo grand 
océan Pacifique : c'est Yliléphuiit marin des navigateurs. Ce nom lui a été donné à cause du 



FAMILLK UKS l'IIOCIDÉS. 



30f 



prolongemonl dos norinos du tnûlo .,ui forment uno sorto do polito trompe mohile. Ce Pho.,uo 
doviont tres-Kros, et comme il v<.rie beaucoup avec l'ûgo, les nalurali.stes ont cm <,uol.,uefois 
y reconnaître plusieurs espèces .lifférentes. Se» canines ont leur racine très-forte et très-lonirue 
proportionneiiemont à leur couronne. ^ 

Le MAcnoniiiNE a tlompk {Macrorhhius proboscidcua) est à la fois le Pfwca leonina do 
Linne le Pl^a, olephanlim de Molina et le l'/wca prohoscidea de Pérou et Lesuour. Il 
a te.ntjus.ju àd.Kmetres Lent et en.harrassé lors.,u'il est ù terre, ce H.OMue est au contraire 
tres-v. et trés-ng.le dans 1 eau. I.a femelle a pour cri une sorte de muKissen.ent qui rappelh, 
celu. du nœuf; le mAle produit un bruit plus rauque et .p.e Ton a con.pavé ,Welui d'un 
homme .,u. se f(ar«ar.seruit. La cimir <ie ces Animaux est bonne à .nanger; leur peau et leur 
huile peuvent auss. être utilisées. On les prend da,>s les environs du cap de HonnelEspérance, 
sur les côtes do 1 Amen.,uo du Sud, et parliculièrement sur celles .lu Chili et de la Patagonie 

Z n ^'"'•'"'r*'' ^V'""' "" ^"""*^"' ''" '" N"»velle-nollan.le; ils no sont pas sédenUdros.' 
\IW. Quoy et Gaimar.l rapportent que, pon.lant le naufrage do VUranie (capitaine Freycinet) 
qui exécutait alors un voyage de circumnavigation, ré.|uipage s'empara ,1'un ,lo ces Phoques 
•lont la chair contribua, pendant plusieurs jours, à l'alimentation de cent vingt hommes 

GENUE STEMMATOPE (Stenunalopus, F. Cuvier).'Les dents sont moinsTort^s que 
dans le genre précédent, surtout .lans leur partie ra.liculairo; le crûne a une forme un pou 
.lifférente et .lui est aussi moins variable suivant les ûges ; ie nez des mâles ne se prolonge pas 
on trompe, mais il apparaît au-dessus .le lui uno sorto .le grosse ampoule en forme décrète 
ou do casque, dont le .léveloppement est surtout considérable pendant la saison dos amours; I 
Vrïr' ""' '°"'" '^°"'»""'' raccourcie, faiblement crénelée sur son bord triturant \ 
MM Nilsson et Cray nomment c.. genre Cystophora, co qui siéiiifie porte-vessie et fait allu- 
sionàlacaroncule nasale des individus mftles. L'espèce encore uni.,ue qu'onyrange est souvent 
appelée yAojMo à crête ou Phoque à capuchon. On l'a longtemps confondue avec le Macrorhine 
sous le nom de Lton marin, et c'est en particulier lo Phoca leonina d'O. Fabricius. Cette 
ospeco est maintenant 

Lo Stemmatope a capuchon (Stemmatopus cristatus). Sa longueur totale est de sept 
ou huit pieds dans l'âge adulte; ses couleurs varient un peu avec l'âge. 










J^fjî^jl 






h. 



SiEMHAIOI't » CAI'l CllON, 1/30 d" Kllin'l. 




ORDRK I)K9 PHOQUES. 

On In trouve surloul dan* les régions polaires , au firotmlond, en IsIhiuIo „i on NorwtJKo • 
mais cllovi«nt(|u.L|u.)fois jusque sur lofl côte» (lo In (JMndD-Hrctnfrno. Kn «843, on (i pris h 
rtliMl-Oloron, un Phoquo encoro assez jeune «lui npparliont nu Pho(|u(, ù (T.^t'o ou tout nu 
moins à une espèce très-voisine, mais cerlainonient «lu mf^mo genre, j'en ai donné In <lo>, 
cription et la figure dans ma Zoologie française. La (Iguro a M repro.luito ,lnns co livre à 
la page 205. 

/ Lo Phoque à crOte n'est pas rare sur certains points du littoral des Étals-lui». 



TRIBU Di:s PÉLAGINS 

On doit y placer, À côté du Phoque moine do la Méditorranée, qui forme lo gonru Prlago 
do V. Cuvior. les Phoques des mers australes .lont on a fait les genres Slénorhi/>,qut, Lobo'ion 
U'plonyx et Ommatophoque. Tous ont pour principal caractère d'avoir deux paires do dents 
incisives à cIukiuo mâchoire. Nos torrains tertiaires en ont fourni un autre fecnro, ■■ jlui des 
Prisliphvquea, dont nous dirons aussi iiuelijues mots. 

Genke PÉLAGK {Pelagius, F. Cuv.). L'espèce tjpo do co genre,. If j.icisi vos échancréos 
transversalement ; les molaires au nombre do ciiui paires à cliaiiue mâchoire et trilobées h la 
couronne; mais ces lobes sont surbaissés , sauf celui du milieu, et ils s'effacent plus ou moins 
avec l'ûgo; la tète est médiocrement allongée et le crâne a par suite une longueur peu con- 
sidérable. 

Le Pé L AO E .MOI N E (PcUcffius monachua) , dont Buffon parle sous le nom do Phoque à ventre 
blanc, et que Ilermann a décrit sous celui do Phocn monachus, est la seule espèce de 
' Phociues que nourrisse la Méditerranée. Cet Animal est encore assez commun sur certaines 
côtes, principalement sur celles qui sont hérissées do rochers à fleur d'imu; il aime aussi les 
archipels. C'est lui i\m les anciens ont connu, et il joue un certain rôle dans la mythologie 
Aristote, qui on parle au point de vue do l'histoire naturelle, lui donne le nom do Phoqnù d'oil 
vient la dénomination actuelle de Phoqtw, étendue par les naturalistes modernes à tous les 
Animaux du même ordre, 

Lo Phoque moine atteint jusqu'à deux mètres de longueur. 

Le GENRE PRISTIPIIOQUE {Pristiphoca, P. Gerv.) a pour type uno espèce éteinte 
dont on a découvert (luelques rares débris dans les sables marins piiocènes de Montpellier! 
[| tient le milieu par (luolques-uns de ses caractères entre les Pelasi-s de la Mt'dilerranée ei 
les Slénorhynquesdes mers australes. C'est le seul Phoque fossile au(iuel il estoncoro possible 
d'assigner avec certitude un rang dans la classification naturelle. 

Genre STÉNORIIYNQUE {Stenorhijn- 
chus, F. Cuv.). Incisives pointues; molaires 
à trois denliculos surélevés , surtout l'intermé- 
diaire, et nettement siîparés ; crâne allongé, 
ongles petits , surtout aux membres posté- 
rieurs. 

Ces caractères s'observent dans une espèce 
do Phoque propre aux mers australes , que de 
Blainville a lo premier décrite sous le nom de 
Phoca leptonyx , et qui est maintenant 

Le STÉNOnHYNQUE A PETITS ONCLES 

{Sl'mrhynchus leptonyx). On la prend au 

eap Horn, aux îles Malouines, sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, dans les parages do la 
Nouvelle-Zélande, etc. 




Dems ni' SîB»oiinï\(jtE t piriii ONtn», 
</3 (lo (,'rand. 



FAMILM; des PIIOCIDÉS. 



MS 




L'a-^wic.Si 



M 



Co Phoqiip acquiert trois mùlros do longueur 
do^rr.ts'^n.?"''^ ^'"''"''"" ' '''''^- " """ '"f'-^'^ »»'-^«' '"" P'-'5'='^'<J«nt 1U0 par I« forme 

Un n en connuît oKalemont (ju'uno seule cs()ùce 

tratt mrTZmT'"'T"\^^"''"'^"'' cm'cinophaga) , découvert dans les mors aus- 
ac uinot n^'? "" "".""'^ """ comn.andait Dumonl-Durvillo. MM. Hombron et 

1 vriV "îl T""'' '^'' '^'"^'''''' ^"'^""' P"'''« J° «'oxpédition, ont publié, 

d y a plusieurs années, do bonnes figures de ce . h ' . 

Phoque sous le nom do carcinophaga. Us on 

avaient pris l'espèce sur les glaces entre les îles 

Sandwich et les Powels, à 150 lieues do chacun 

do ces doux archipels. Plus récemment, M. Owen 

n décrit le mf^ma Phoquo on l'appelant Steno- 

rhynchus serridem, dénominations qui expriment à la fois les affinités des Lobodons avec lo 

geuro Sthenorynque et la forme en scie de leurs dents 

GENRES LEPTONYX et OMMATOPHOQUE {Leplonyx et Ommalophoca , Grav) 
Les riches collections du Musée britannique, à Londres, renferment des débris de doux autres 
espèces^ de Phoques propres aux mers du sud; l'une, qui répond au Léopard marin (Sca 
Léopard) du navigateur Weddol, est le type du genre Leptonyx, et prend elle-même lo nom 
.0 Leptoni/x Weddelln ; l'autre est VOmmalophoca liossii. Los molaires do ces deux genres 
de Phoques ont la couronne encore moins denticulée que celles du Pelage moine- leur 
crâne est à peu près aussi raccourci que chez co dernier, mais la mâchoire inférieure est 
moins forte. u . i 




JC^ 



MoiAIRIi INVlniliTllRS DR LoiOD«N, 

1/2 do griuiil. 



304 



onDRi-: i)i;s piioquks. 



TlUBli î)i:s CALLOCÉPHaLINS 

^ Presque toutes les espaces de cette trihu appiirlioniient à la mer polaire arctique et aux 
rétfions boréales de l'Ocs'îiii atlanti(iue. Klles ont. constamment trois paires d'incisives supé- 
rieures et deux paires inférieures. Nous les diviserons en Cal/océplinles et Ilalicliôrcs. 

Genre CALLOGÉPIIALK {Cnlhcvplmlns , F. f.uvier)