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Full text of "Comment endormir toute personne sans exception par des procédés hypnotiques ou par le magnétisme humain [microforme]"

CIHM 
Microfiche 
Séries 
(Monographs) 



ICMH 

Collection de 
microfiches 
(monographies) 




Canadian fnstitute for Historical Microraproductions / Institut canadien de microreproductions historiq 



ues 



©1996 



xi^:^:^i? 



Technical and Bibliographie Notes / Notes techniques et bibliographiques 



The Institute has attempted to obtain the best original 
copy available for filming. Features et this copy which 
may be bibliographically unique, which may aller any of 
the images in the reproduction, or which may 
significantly change the usual method of filming are 
checked below. 

I A Coloured covers / 
'-^ Couverture de couleur 

□ Covers damaged / 
Couverture endommagée 

□ Covers restored and/or laminated / 
Couverture restaurée et/ou pelliculée 

I I Cover title missing / Le titre de couverture manque 

I I Coloured maps / Cartes géographiques en couleur 

I I Coloured ink (i.e. other than blue or black) / 



D 
D 
D 



D 



Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 

Coloured plates and/or illustrations / 
Planches et/ou illustrations en couleur 



D 



Bound with other material / 
Relié avec d'autres documents 

Only édition available / 
Seule édition disponible 

Tight binding may cause shadows or distortion alonç, 
interior margin / La reliure serrée peut causer de 
l'ombre ou de la distorsion le long de la marge 
Intérieure. 

Blank leaves added during restorations may appear 
within the text. Whenever possible, thèse hâve been 
omitted from filming / Il se peut que certaines pages 
blanches ajoutées lors d'une restauration 
apparaissent dans le texte, mais, lorsque cela était 
possible, ces pages n'ont pas été filmées. 

Additional comments / 
Commentaires supplémentaires: 



L'Institut a microfilmé le meilleur exemplaire qu'il lui a 
été possible de se procurer. Les détails de cet exem- 
plaire qui sont peut-être uniques du point de vue bibli- 
ographique, qui peuvent modifier une image reproduite, 
ou qui peuvent exiger une modification dans la métho- 
de normale de filmage sont indiqués ri-dessous. 

I I Coloured pages / Pages de couleur 

I I Pages damaged / Pages endommagées 



n 



Pages restored and/or laminated / 
Pages restaurées et/ou pelliculées 



Pages discoloured, stained or foxed / 
Pages décolorées, tachetées ou piquées 

I I Pages detached / Pages détachées 

|\/ I Showthrough / Transparence 

I I Quality of print varies / 



D 
D 



D 



Qualité inégale de l'impression 

Includes supplementary matehal / 
Comprend du matériel supplémentaire 

Pages wholly or partially obscured by errata slips, 
tissues, etc., hâve been refilmed to ensure the best 
possible image / Les pages totalement ou 
partiellement obscurcies par un feuillet d'errata, une 
pelure, etc., ont été filmées à nouveau de façon à 
obtenir la meilleure image possible. 

Opposing pages with varying colouration or 
discolourations are filmed twice to ensure the best 
possible image / Les pages s'opposant ayant des 
colorations vahables ou des décolorations sont 
filmées deux fois afin d'obtenir la meilleure image 
possible. 



Thia Itam ia f ilnwd at tha raduction ratio ehackad balow / 

Ca documani aat filmé au taux da réduction Indiqué ci-daaaoua. 



lOx 



14x 



18x 



12x 



16x 



20x 



22x 



26x 



y 



30x 



24x 



28x 



3 



32x 



Th« copv fiimsd h«r« hai b««n raproducad thanks 
to tha ganaroaity of : 

National Librâry of Canada 



L'axamplaira filmé fut raproduit graca à ta 
eénérosité da: 

Bibliothèque nationale du Canada 



Tha imagaa appaaring hara ara tha beat quaiity 
possible censidaring tha condition and lagibility 
of tha original copy and in kaoping with tha 
filming centract apacif icationa. 



Las images suivantes ont été reproduites avec la 
plus grand soin, compte tenu de la condition at 
de la netteté de l'exemplaire filmé, et «n 
conformité avec les conditions du contrat da 
filmaga. 



Original copies in printed pepar covers ère filmed 
beginning with the front cover and anding on 
tha last page with a printed or illustreted impree- 
sion, or tha back cover vwhen eppropriata. Ail 
other original copiée are filmed beginning on the 
first page with a printed or illustreted impres- 
sion, end ending on the lest pega with a printed 
or illuetreted imprassion. 



Lee exempleiree origineux dont le couvenure en 
pépier est imprimée sont filmés en commençant 
par le premier plet et en terminant soit par la 
dernière page qui comporte une empreinte 
d'impression ou d'illustration, soit par le second 
plat, selon le cas. Tous les autres exemplaires 
originaux sont filmés en commençant par la 
première pege qui comporte une empreinte 
d'impression ou d'Illustretion et en terminant par 
la dernière paga qui comporte une telle 
empreinte. 



The lest recorded freme on eech microfiche 
Shell contain the symbol — ^ (meening "CON- 
TINUEO"!, or the symbol V (meening "ENO"). 
whichever applies. 



Un des symboles suivants apparaitra sur la 
dernière imege de chèque microfiche, selon le 
cas: le symbole «^signifie "A SUIVRE", le 
symbole ▼ signifie "FIN". 



Maps. plates, chans, etc., mey be filmed at 
différent réduction ratios. Those too large to be 
entirely included in one exposure ère filmed 
beginning in the upper left hend corner, left to 
right and top to bottom, as many f rames as 
required. The following diegrams illustrate the 
methed: 



Les cartes, planches, ubieaux, etc., peuvent être 
filmés é des taux de réduction différents. 
Lorsque le document est trop grand pour être 
reproduit en un seul cliché, il est filmé à partir 
de l'angle supérieur gauche, de gauche é droite, 
et de haut en bas. en prenant le nombre 
d'imegea nécessaire. Lrs diagrammes suivants 
illustrent la méthode. 



1 


2 


3 




1 


2 


3 


4 


5 


6 



îtf. f^lf 



JHkA Bî''.«i''^ 



Bâ. £¥£^mm'9Masf'Sk*'^m^m 



MICROCOPY RISOIUTION TÏST CHART 

(ANSI and ISO TEST C URl No 2) 




|43 

1^ 


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12.5 


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14.0 


■ 2.0 



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1.6 



_J /APPLIED IM/1GE In 

^^ 165 3 East Moin Streei 

B"JÏ Roc»-ester. New York 146ÛQ USA 

'-^ (?16) 482 - QiOO - Phon« 

!^= (716) 288- 5989 - Fo« 



♦*.. 



• ♦ 



I*» 










r 



^: 



Endormir 



personne ^àns exœption 

' pardes 

Procédés Hypqodques 

oapar 

Le Magnétisme Humain. 



Pkrle 



Pr. x; Dar6ec. 

De fa FKuké det Sciew» «t de Médecme de Paitt. 



TOUS DROITS RESERVES 
1917 



j*.- « 



^RIX i f 1.50 



t- lARMAND MARCHAND 

i i*éRàlEUR.EDITEUR 

6(9. nie Gug Est 



Moiriréd, Cu^fb. 









J^' 



■.♦■ 



Comment Endormir 

toute personne sans exception 



par 



des procédés hypnotiques 

ou par 

le Magnétisme Humain. 



Parle 



t>t, %, IDar^ec 

De la Faculté des Sciences et de Médecine de Paris. 



TOUS DROITS RESERVES 
1917 

PRIX : $1.50 



ARMAND MARCHAND 

IMPRIMEUR.EDITEUR 
619, rue Craig Est. Montréal, Canada. 



168088 






S. V. p. 



Va 1m difficultéi mm nombre quo nous avooi rencontréta dam l'im- 
prettion de c* livre, difficulté* ^ccMiounéea par 1er, condiiiont où nont 
nom tronvom en ce tempa de guerre, il nom a été impoMible défaire régn- 
Ifircment la correction dea éprenves d'iripretaion. Nona iiona recomnian- 
dont donc i l'utrèrae bienveillance dn .ecteur, et le priona d'excaaer Ica 
fantaa d'orthographe oad'im^ «aion qu'il trouvera ; leaqnellca, fort heurcn- 
aement. ne change^ rien au leua. 

L'IMPRIMEUR. 

Errata . Page 1 54. 
an lien de : R i anr ao. 
lire ; R 1 anr a. 



INTRODUCTION 



Si parmi toiit.-s les connaissances ..ninaincs, il en est peu oui 

!.rov.K,nentantant<l\.nthoasias„,e,,.u<rin,ré<lnlité,silenestnen 
q.n donnent lien à aut.nt de critiques malveillantes ou tout au 
moins mal renseisnOes. il n'en est certainen.ent pas qui offrent un 
champ plus vaste et inexploré à lesprit des chercheurs, toujours 
en quête d eclaircir les mystères de la science, et de «lésaKer la 
vente de la superstition et de l'emiùrisuie. 

Je dédie cet ouvraRe aux médecins, pux hommes <le science 
auisi qu a tous ceux qui s'intéressent spécialement au Ma-rnétis- 
me ou Hypnotisme, Oious di.scuf .rons plus loin .,«el non, emphn - 
er;, sou dans un but pratiqu- et utile, soit au point de vue expé- 
rnnental et scientifique. ' ' 



1 — 



COMMENT BNDORMIK 



Malgré son litre, qui semble plutôt audacieux, lorsque vous 
aurez parcouru ce livre du commencement à la fin, lorsque vous 
l'aurez lu attentivement et en entier, vous n'hésiterez plus, et a- 
vec moi vous direz : "On peut endormir n'importe qui, qu'il le 
veuille ou non," Je n'admets aucune restriction, aucune excep- 
tion à la règle que je viens de poser. 



Le but du présent ouvrage est donc nettement détermine, je 
tâcherai d'adord de démontrer aussi clairement que possible la vé- 
racité de mon affirmation ; puisensuite j'indiquerai en détail les 
meilleures méthodes, anciennes ou nouvelles, produire le som- 
meil (hypnotique ou magnétique,) ainsi que le choix de telle mé- 
thode ou «'.«; telle autre suivant les circonstances. 



Nous sommes loin des anciennes discussions, à savoir si 
l'Hypnotisme existe ou n'existe pas ; aujourd'hui il n'y aurait 
qu'un farceur ou un ignorant qui oserait nier l'existence des phé- 
nomènes produits dans l'Hypnose. Pourtant l'époque n'est pas 
encore bien reculée ou Mesmer fut la proie des horions du monde 
.scientifique. Et sans l'autorité et 1 'audace de Charcot où en .se- 
rions-nons encore aujourd'hui ?— I>s idées de oe grand maître 
parurent alors presque charlatanesques, invrais ublables et empi- 
Hques ; et tout autre que Charot n'eut jamais réussit à frire pé- 
nétrer ses doctrines dans le domaine de la science. Et cepen- 
dairt à l'heure actuelle, les idées de Charcot et sa classification des 
phénomènes de l'Hypnose, ne sont plus qu'un fait purement his- 
torique. Ses méthodes sont définitivement réjetées ; et lorsque 
Charcot n'endormait que 30 pour 100 de "ses hystériques" à la 
Salpêtrière, aujourd'hui le Dr 'Grillon, un homme desplus célè- 
bres en matière d'Hypnotism,, „.nrme qu'il n'y a guère que les i- 
diotsque l'on ne puisse pas hypnotiser ; h part ceux-là toute per- 



COMMBNT RNDORMIR 



sonne peut être endormie si elle s v prête, 
énorme. 



Voilà donc un pas 



Depuis qne je me livre A la pratique du MaRnétisme et de 
1 Hypnotisme, .s..it environ une quinzaine dnnnées j'ai expC-ri- 
mente sur plus de huit mille personnes, s . dans u., Lut médical, 
so,t au point de vue théâtral ; et je ne crains pas dexagérer en 
disant que le quart de ceux que jai endornis. "n'auraient pas vou- 
lu 1 être, Aije eu tort, ai-je eu raison ? Dans tous les cas je me 
dédommagerai des reproches • l'on i«urra madresser, en son- 
géant que j'ai essayé de faire avancer la science d'un pas. 

J'ai bien rencontré quelques cas difficiles, mais il ne faut pas 
confondre difficulté avec impo.ssibilité ; et comme vous le verrez 
la plupart du temps les difficultés ne résident que dans notre 
manque de connaissances. Et le jour n'est pas loin où l'on em- 
ploiera avec avantage le Magnétisme Humain au lieu du Chloro- 
forme; où l'on ne discutera plus si l'on peut endormir facilement 
telle ou telle personne, mais bien quel .sera le meilleur moyen ;e 
protéger contre les Hypnotiseurs malveillants ou malhonnôt. 



Un grand nombre de personnes pratique l'Hvpnotisme et 
emploient le Magnétisme Humain, soit dans leur vie privée et in- 
time, soit ouvertement et publiquement. Mais bien i^u le prati- 
quent au point de vue expérimental et scientifique. On s'atta- 
che trop au côté éminemment pratique de cette science, qui sans 
doute est intéres.sant au plus hant degré. Il s'en suit que l'on 
néglige d'étudier et d'approfondir les nas qui se pré.sentent et 
même bien souvent lorsqu'une difficulté survient, au lieu de tra- 
vailler fermement à la résoudre, on abandonne tout simplement 



COMMENT ENDORMIR 



If cas, pour passer an plus vite au suivant; car en effet, dans la 
circonstance letenips "est de l'argent" ou bien encore quelque 
chose de tout aussi alléchant pour les passions humaines. 

Bien souvent les médecins craignent de perdre un temps pré- 
cieux; l'expérimentateur a peur de la risée du public ; enfin les 
"hypnotiseurs en cachette" se méfient de la supercherie et de la 
simulation. A ceux-là comme à tous les autres, je dé.sire ardem- 
ment être utile; et si l'on veut bien se donner la peine d'expéri- 
menter consciencieus.nient selon mes indications, en employant 
mes méthodes de ..onnneil de préférence aux autres, on sera vite 
convaincu que ma thèse est juste et suffisamment prouvée. 



Si toute fois on avait (luelqu'embarras, quelque difficulté, je 
me ferai un plaisir de me mettre à la disposition de toute person- 
ne (jui désirerait être guidée dans ses expériences. 



— 4 



f.'^B^rrrgssiKir.! 



'''(JflBcû 



*'.-?• '.s«W,v,v- 



Magnétisme } 



ou 



Hypnotisme ? 



Depuis que l'on s'occupe de cette science M — ^ 
pas encore arrivé à une soi^nion d^fi^ T ^:i^.i v '" ^^ 
e.nplo,er ,e non, de Magnétisn. ou celui d-H;pTo;LL "" '"' 

tract:;:X:^-:Î:;r;^;!-^-^^^^^ ^orce at- 

au .no,en du Ma.n.tisn. L^^ ^1 t^!^^ ™'\.S r'^^;r 
gnet.,sme nnnéral et terrestre. Au nulieu d'une gran . ^1 
place un baquet (ou cuve) d'environ un mètre de dill'. 
Dans cette cuve, on plaçait des bouteilles rempl d'eau On 

vau préalablement n.agnétiséI'eauenfaisantSerp.l::sau-S:sus 



f^lWBSVSSfUÉÊmm 



COMMENT ENDORMIR 



OU encore en plongeant les mains dedans. L'espace entre les bou- 
teilles étaient rempli de limaille de fer, de verre pile, de soufre, 
de manganèse et de toute substance minérale à laquelle Mesmer at- 
tribuait des propriétés magnétiques. L,e couvercle du baquet é- 
tait percé de trous par lesquels on passait des tiges de fer i cour- 
bées. L'extrémité interne des tiges plongeaient les unes dans 
l'eau, les autres dans le mélange minéral. L'extrémité externe des 
tiges se terminait par un cerceau que les patients se passaient 
autour du corps à hauteur de la ceinture. Les malades se réunis- 
saient ainsi autour du baquet en se tenant par la main, ce que 
Mesmer appelait : " former la chaine." 

Mesmer se promenait autour de ses clients ainsi réunis au- 
tour de son baquet et les touchait avec une baguette de fer ma- 
gnétisée. Il les touchait de préférence au niveau des parties 
malades. Pendant tout le temps de l'opération on jouait du pia- 
na ou de l'harmonica; car Mesmer affirmait que le son aidait à la 
propagation du fluide magnétique. 

Les personnes groupées autour du baquet ne tardaient pas à 
manifester des phénomènes nerveux variés et plus ou 
moins intenses. Il y avait de véritables crises chez les plus sen- 
sibles, que Mesmer faisait aussitôt transporter dans un enuroit 
spécial qu'il appelait la "salle des crises," Là, les crisiaques se 
débattaient à leur aise, et lorsqu'ils s'étaient calmés d'eux-mêmes, 
on en concluait que la natitre s'était débarassé du principe mor- 
bide. 

Mesmer ne pensait pas que ce fluide magnétique pouvait ê- 
tre soumis à la volonté du magnétiseur, et en cela il différa d'a- 
vis de plusieurs de ses élèves, qui pensaient au contraire que l'ac- 
tion positive et directe de la volonté était absolument indispensa- 
ble. 



— () 



COMMENT ENDORMIR 



Mesmer admit ne pas avoir découvert le "fluide universel 
transmissible' ' dont il avait été question bien avant lui Et à ce 
sujet voici ce qu'il rapporte lui-même dans un mémoire de 1779- 
J ai annoncé les réflections que j'avais faites depuis plusieurs an- 
nées sur 1 universalité de certaines opinions populaires qui. selon 
moi, étaient le résultat d'observations les plus générales et les 
plus constantes. Je disais à ce sujet que je m'étais imposé la tâ- 
che de rechercher ce que les anciennes erreurs pouvaient renfer- 
mer d utile et de vrai; et j'ai cru pouvoir avancer que. parmi 
les opinions vulgaires de tous temps: imposition des mains vi- 
sions et oracles, influence de certains métaux, action mystique 
de 1 homme sur l'homme, les jeteurs de sort, les dompteurs les 
communications à distance, les pressentiments, les sensations si- 
multanées, l'influence des voeux et de la prière, la transmission 
de la pensée, etc.. etc., il en était peu, quelque ridicules et même 
extravagantes qu'elles paraissent, qui ne pussent être considérées 
comme le reste d'une vérité primitivement reconnue." 

On voit donc que Mesmer admettait n'avoir en réalité rien 
inventé; et que de tous les temps, l'idée d'un fluide transmissible 
avait existe. Mais il fut le premier à s'en servir directement à 
1 apphqner suivant des méthodes définies. Et il ajoute à ce suje^- 
"Et comme certains de ces procédés, par une observation trop 
scrupuleuse, par une application aveuRle, semblaient rappeler 
d anciennes opinions, d'anciennes pratiques justement regardées 
comme des erreurs, la plupart des hommes consacrés aux scien- 
ces et a l'art de guérir n'ont considéré ma doctrine que sous ce 
point de vue: entraînés par ces premières impressions, ils ont né- 
gligé de l'approfondir; d'autres, excités par des motifs person- 
nels, pari intérêt du corps, n'ont voulu avoir dans ma personne 
qu un adversaire qu'ils devaient abattre. Pour y parvenir ils ont 
d abord employé l'arme si puissante du ridicule, celle non moins 
active et plus odieuse de la calomnie; enfin, la publicité immodé- 



•'=«în»««i.rair=^c -ii*3'"'a"'ja5^'j™iv>«5«iiH(i.! 



COMMENT ENDORMIR 



réed'un rapport qui sera dans tous les temps un mouvement peu 
honorable pour ceux qui ont osé le signer; d'autres personnes en- 
fin convaincues, soit par leur propre expérience, soit par celle 
d'antrui, se sont exaltés et livrés à de ttiiesexagérationsqu'elks 
ont rendu tous les faits incroyables. Il en est résulté pour la mul- 
titude faible et sans instruction des illusions et des craintes sans 
fondement. Voilà qu'elles ont été jusqu'à présent les sources 
de l'opinion publique contre ma doctrine." 

Puis sachant bien que ses idées ne seraient guère acceptées, 
dans une époque comme celle où il vivait, il continue: "J'aban- 
donne volontiers ma théorie à la critique, déclarant que je n'ai 
ni le temps ni la volonté de répondre. Je n'aurais rien à dire à 
ceux qui, incapables de me supposer de la droiture et de la géné- 
rosité, s'attacheraient unie combattre avec des dispositions parti- 
culièrement hosti!. :;, ou sans rien subtituer de mieux à ce qu'ils 
voudraient détruire; et je verrais avec plaisir de meilleurs génies 
remonter à des principes plus solides, plus lumineux, des talents 
plus érudits que les miens de découvrir de nouveaux faits et ren- 
dre, par leurs conceptions et leurs travaux, ma découverte plus 
intéressante. Il suffira toujours à ma gloire d'avoir pu ouvrir 
un vaste champ aux calculs de la science et d'avoir eu quelque 
sorte tracé la route de cette nouvelle carrière." 

En attendant le Fluide Magnétique était devenu chose utili- 
sable. Mesmer parla même de la polarité du corps humain. Et 
malgré la critique acerbe dont il fut l'objet, le Magnétisme Ani- 
mal était devenu une question scientifique. 

Cène fut qu'en 1815 que l'on commença à prononcer le mot 
"Hypnotisme" (du grec: Upnos,-Sommeil); et ce fut l'abbé Pa- 
ria qui l'introduisit en France. Ce vieillard grand et sec, au teint 
hâlé, avait longtemps habité les Indes, où il avait fréquenté les 



COMMENT ENDORMIR 



Fakirs et les Derviches, étudiant les mystères de Brahma. 

Il donna un grand nombre de séances publiques à Paris 
dans lesquelles il provoquait le sommeil somnambulique sur un 
petit nombre de personnes, en leur commandant seulement- "Dor- 
mez L'histoire rapporte qu'il réussissait souvent. Il se ser- 
vit de ses résultats pour prouver que l'existence du Fluide Ma- 
gnétique était une simple chimère, et que la véritable cause du 
sommeil provoqué existait seulement dans Tesprit du sujet Le 
Magnétiseur ne jcuissait d'aucune propriété spéciale. Cette der- 
nière expression est vraie, mais nous verrons plus loin que la cau- 
se du sommeil n'.st pas dans "l'esprif du dormeur; et|que si une 
personne peut être endormie sans la présence d'un Magnétiseur 
H ne faut pas en conclure que le sommeil provoqué n'a d'autre 
cause que l'imagination du sujet. 

Si les doctrines de 1' bbé Faria eurent l'avantage d'ouvrir 
un horizon nouveau à la science du Magnétisme Humain, il n'en 
est pas moins vrai qu'elles firent un tort énorme. En effet sa 

n "ir^'' "'° ^^ '"''"^' ^' "'"^ °" ^^'^^ q"i dormait pas- 
sait infailliblement pour un imaginaire. Aussi bien que tout ce 
qui est faux sa méthode ne dura pas longtemps. Un jour un 
farceur simula le sommeil; puis au beau milieu de la dissertalion 
de 1 abbe Fana, il se leva tout-à-coup de son siège, et dit" Eh 
bien! Monsieur l'abbé, si vous magnétisez les gens comme vous 
m av^ez magnétisé moi, vous ne faites pas dormir grand monde. 
Je me suis moqué de vous." Et ce fut la fin de la carrière ma- 
gnétique de l'abbé Faria, ainsi que de ses doctrines. 

- ^"|f°° ^7'°t naturellement an Magnétisme; et ce ne fut 
qu en 1841, qu un chirurgien de Manchester, le Dr. James Braid 
reprit sous une autre forme les idées de Faria. La cause du som- 
meil provoqué n'était plus alors dans 1 imagination du dormeur 



;> -- 



COMMENT ENDORMIR 



mais bien dans son système nerveux. Ce qui est déjà bien diffé- 
rent. Et Brown-Scquard dit: "Braid a prouvé qu'aucune force 
spéciale n'est émise par l'individu qui agit comme hypnotiseur. 
Il a montré que la volonté ou les idées de cette individu, tant 
qu'elles ne sont pas exprimées par la pr.role ou par d'autres sons; 
que son regard, s'il n'est pas vu; que ses gestes, s'ils s'agitent 
dans l'air, ne produisent aucun effet chez l'hypnotisé ou chez le 
sujet à hypnotiser. Enfin, et comme complément nécessaire de 
ce qui précède, il a prouvé que l'état hypnotique et tous les phé- 
nomènes qu'il comporte ont leur source uniquement dans le sys- 
tème nerveux de l'individu hypnotisé, lui-même." 

Cependant l'insuccès des doctrines de Paria étaient encore 
tr p rece.it, pour que des idées aussi rapprochées puissent entrer 
en faveur. Ce n'est qu'en 1860 que l'on recommença à s'occu- 
per sérieusement de la question. Durand de Gros et Azam re- 
prirent î .s expériences de Braid; on produisit des anesthésies, et 
Azam pensa déjà à remplacer le Chloroforme. L'élan était 
donné et l'on parlait d'Hypnotisme. 

C'est alors que Charcot fonda l'Ecole de Paris en 1878. Mais 
comme l'on expérimentait que sur des hystériques, on arriva à 
conclure que le sommeil provoqué était un sommeil nerveux, pa- 
thologique. Plus tard Pitres et Babinski conclurent que si tous 
les hystériques n'étaient pas hypnotisables, il était d'autre part 
bien démontré que tous les hypnotisables n'étaient pas des hys- 
tériques. Donc i: i pas de plus à l'Hypnotisme. 

Pendant tout ce temps, le Magnétisme ne faisait guère de 
progrès. Les savants, les médecins, parlaient toujours d'Hypno- 
tisme. Pourtant il y avait bien de grands maîtres Magnétiseurs 
dont le plus célèbre fut certainement Charles Lafontaine. Il pu- 
blia pendant 12 ans, de 1859 à 1872, à Genève, un journal intitu- 



— 10 — 



■inr" — ^niiii"T'T~TiiiiT --F r 



COMMENT BNDORMIR 



lé -r,e Magnétiseur/- dont le but principal éta.t de revendiquer 
le drou de prafquer le Magnétisme comme moyen de guéZn 
et de se faire de la réclame comme guérisseur Vnl ^""'^°"' 
posce qu'il dit dans la préface d"ladn;Xédhr8S5'^^^^^^^ 
ouvrage intitulé: L'Art de Magnétiser 'Nous Zn«^^^ 
notre Journal U Magnétiseur, 'que^ nJus avo^s^pllï ; n ::! 
douze ans à Genève de ISV) >, ^^-^) i f"""c penaanj 

«oyen naturel. L P^ X:.:';;;;!::^::^^::^:^^ 

toutes les maladies quel qu'en soit le nom ou la forme Nous « 
vons même dit. quelque exagéré que cela ait pu eTpui!^^^ " 
a.tre. qu'U pourrait être considéré comme une'panacéë Nous' 
le pensons encore, et de plus, nous croyons que cela est nronv^ 
par les fa.ts. car quelle que soit la" maladie, quel que soi Te ma 
lade, nous avons toujours produit, parle m'ag„é'"sme eu une" 
Urde^rXt--^ -.n'Obtenions pa^s la guérTsël Z 

no";; L?V'^"^^^^ ^^°^^^^"' '- '"^■-- Ma,^:Sii;;tsc^^^^^ 

nous entendons par panacée ou magnétisme- pour nous leT. 

que soit la maladie, a.gue ou chronique, a bien droit à ce non 
Nous ne prétendons pas dire que le magnétisme gu rit tous "s 
malades, mais nous osons affirmer qu'il n'e^t «=.. 7 , 
maladies dont nous puissions prol^ un c ^gréSn^Illî^t: 
par le magu -t «me seul et sans aucun médicament pliarm^ceutique 

"Si nous sommes si entier dans nos opinions c'est 1. .' i 



il - 



COMMENT ENDORMIR 



donné un remède ni médicament. 

"Nous avons été quelquefois embarrassé, mais voulant tou- 
jours rester dans notre droit, nous n'en appelions qu'à nous-mê- 
mes et bientôt convaincu à nouveau que «ette force vitale, le flui- 
de, qui était en nous devait suffire à tout, nous reprenions cou- 
rage, et nous magnétisions avec plus de vigueur, d'intensité, de 
persévérance, et après des heures de travail continu nous avions 
le plaisir de constater un résultat certain. C'est ainsi une nos 
convictions se sont enracinées, que nous avons affirmé et affir- 
mons encore aujourd'hui le fluide vital comme cause des effets eu- 
ratifs e' des phénomènes généraux du magnétisme. 

"Nous n'en éprouvons pas moins une vraie satisfaction de 
voir le magnétisme accepté et pratiqué par les savants et les mé- 
decins, sous un autre nom, il est vrai, sous le nom d'hypnotisme, 
mais qu'importe le nom. Depuis que le monde existe, le magné- 
tisme s'est produit sous tant de noms divers qu'un nom de plus 
ne tire pas à conséquence. 

"Le magnétisme n'est pas moins admis et pratiqué aujour- 
d'hui comme une des forces de la nature, qui a toujours existé et 
existera toujours, quel que soit le nom que lui ont donné, lui don- 
nent, et lui donneront les hommes, selon leurs caprices, leurs in- 
térêts, ou ceux des castes, des sectes du moment. N'a-t-on pas 
été forcé de reconnaître et d'admettre une force inconnue qui a- 
nime et vivifie tout dans la nature, qui fait partie de la nature 
même, qui précède à la création, à l'organisme et à la conserva- 
tions des corps. 

"Cette force existait bien (' s siècles avant qre la médecine 
fut inventée par les hommes. Il faut bien reconnaître aussi que 
l'espèce humaine s'était continuée bien avant son invention 



— 12 — 



COMMENT ENnORMIR 



et qu'il n'est pas une maladie parmi celles qni portent un nom. 
qm ne so.t Ruéne ou guérisse parfois uaturellement sans médecin 
et sans médicaments. 

"I.es médecins et les savants sont donc forcés d'avouer et de 
reconnaître qu'il y a quelque chose antérieur et supérieur à la 
médecine; que ce quelque chose a toujours existé, veillé et veille 
encoreàlacon.servatioude l'individu; voilà pourquoi ils prati- 
quent maintenant le magnétisme sous le nom d'hypnotisme 

"Cette force inconnue par les uns, contestées par les autres 

parce qu on ne peut en définir les lois, et dont cependant on seni 

a puissance est, pour nous, cette force universelle d'où nous ient 

le fluide vital que nous reconnaissons comme caus. de tous les 

phénomènes magnétiques. 

''Quant à l'hypnotisme qui n'est qu'un nom et mie forme nou- 
velle de présenter et d'employer le magnétisme,. Ses plus chauds 
partisans seront bien forcés de constater un jourl'inanitéde leurs 
prétentions et de reconnaître qu'ils ne produisent rien de sérieux 
rien de profond s'ils n'emploient le magnétisme, et qu'ils uou^ 
ont fait une querelle de mo j." 

La chicane de mots était commencée et elle du 

re encore. Certains magnétiseurs nient les doctrines des hypno- 
tiseurs, tandis que ces derniers refusent d'admettre les idées des 
premiers D'autres magnéti.seurs accusent les hvpnotiseurs de 
manquer de sincérité en faisant du magnétisme 'sous un autre 
nom, et les hypnotiseurs répondent en disant que ce que l'on 
peut faire avec le Magnétisme Vital (s'il y en a un), .e vaut pas 
la peine d'être considéré. ' 

Il existe à Paris deux écoles complètement .séparées, ou plu- 



~ 13 - 



COMMENT BNDOEMIR 



tôt aiUogoniste.sjiisqu'îl un certain point : I.Y-cole pratinie de 
Massage et de Mas[nétisnie, dirig<:-e par H. Durville; et l'Ecole 
d'Hypnotisme et de Psychothérapie, sous la direction du Dr. Bé- 
rillon. Si le Dr. Bérillon doit être considéré conine unecélèhri- 
t >.'n matière d'Hyprotisme, il n'en faut pas moins reconnaître 
les hautes qualités du Profes.seur Durville comme homme de 
science. 

Pour démontrer la différence entre les deux écoles, jetons un 
coup d'oeil sur le Traité ExiK-rimen al de Magnétisme par 
H. Durville, lequel contient à peu près tout ce que l'on en.seigne 
à l'Ecole de Magnétisme. Dans le premier volume du traité (il 
y a quatre volumes) Durville parle de la transformation des for- 
ces physiques; de la "Polarité" du corps humain, de la "Polarité" 
des gauchers, de celle des .sexes; de l'action du Magnétisme de la 
Chaleur, de la Lumière, du Son, des Odeurs, des Végétaux, des 
Minéraux; enfin le Magnétisme du mouvement. Le troisième 
est l'hi.stoire des principaux Magnéti.seurs. Finalement le qua- 
trième contient l'Art de Magnéti-ser, c'est-à-dire la façon d'é- 
mettre et de manier le Fluide Magnétique, soit par des pa.sses, 
soit pat . ;s yeux, soit par le souffle. 

^îi maintenaiit nous feuilletons la Re\ ae de l'Hypnoti.sme, 
nous constaterons nettement que Magnétisme tel que compr. . par 
Durville n'y a pas .sa place, et qu'au contraire la suggestion y 
occupe une place prépondérante sinon exclusive. 

Où donc est la vérité dans tout cela > 

Faut-il nier les affirmations de l'un et se ranger catégoriquement 

dans le camp de l'autre? Là n'e.st pas mon opinion. Il est 

impossible de ne pas admettre l'existence d'un Fluide Vital quel- 
conque s' extériorisant de tout corps vivant. D'autre part, il 
faut bien se rendre à l'évidence de la puissance de la suggestion 



— 14 — 



7VÊtlK!mi^ 



COMMENT ENDORMIR 



sur le cerveau humain. 

Depuis l'invention du magnétom^ de Tabbé Fortin il 
n est plus poss,ble de nier que le corps humain émet une orc 
qui. s. elle n'est pas anologne au magnétisme terrestre a du 
.noms une .nfluence sur l'aiguille ainmntée. C'est une I^rte de 
galvanomâtre d'une sensibilité très grande. Baraduc aprtsavo 
énusses idées théoriques sur l'existence d'un fluide vital a che 
tparer"'" «P^"menta.e„ent son opinion au moyen de tt 

Si nous plaçons une personne les bras en croix dans un nl«« 

c^^s dit d' '' ''^^"^°" ^^^^•^"^' - ^- •'- ^ "pt 
cher lesdoigts du sujet tout près de l'appareil, mais .ans y tou- 

cas"'laTairr/°'' observe, et ce que Ion a ob.servé sL Jœ 

qua uni éde r "'°""' 'T""''- ^^--^'«-n conclut Jue sur 
le" ni"? ."'"'"'■"•'*"''"• t^°i'' forces de "vie universel- 
le pénètrent en nous, que deux y séjournent pour consti-.er le 
corps vual et que une retourne à I,. force cosn.ique unive.L." 

Il faut bien remarquer que les résultats obtenus dans les dé- 
leu r '"•"' '" P°"^^'^"' ^^°'-- •-"• -»- 'l-- 'a cha- 

tait les mêmes déviations. 

n'autre part. Baraduc ayant endormi une personne lui 
suggéra de repousser l'aiguille ; aus.sitôt elle recula de 20 degré" 
Nous pouvons donc projeter ce fluide selon notre volonté, Lus 
pouvons le lancer hors de nous, comme nous pouvons la f a re pé- 
nétrer en nous; et Baraduc dit ' 'qu'on peut savoir .se reposer s. 

m^rn^^ ^'^"^^^°^"'- — "^^- efla foï 



15 — 



\wtam''jrr' Jt^krw m^ 



COMMENT RNPORMIR 



Baradtic n inêini- ctnhii ninthcmatiqueuu-nt qu'un hotnme de 
IW) livres devait h l'ctat normal donner 1'» degrés d'attraction, 
et 5 de répulsion; formule pouvant ôtre modifiée par un état pa- 
tholo; ique. 

On ne jx-ut donc plus nier l'existence d'un fluide quelconque 
s'émanant du corps humain, fluide maniable par la volonté. Kn 
sorte que le mot magnétisme humain ne i)eut plus £tre rejeté de 
la science. 

Différents noms ont été donnés à ce fluide: Reichenbach l'ap- 
pelait "Od," Crookes "matière radiante," Thurny "force ecté- 
neique, Durand " biomaRnétisme " et Baraduc "force vitale fluid' 
que." 

Je l'appellerai : force ou fluide Psychodynamique ; force 
tant qu'elle est dans le système neuro-musculaire de l'individu; 
fluide, dès qu'il .s'extcriori.se soit sous forme de motricité, soit 
.sous forme de sensibilité. Sans en avoir encore des preuves en- 
fi'rement irréfutables, j'ai la conviction ferme que ce fluide au- 
qiu I nous lai.s.serons le nom commun de fluide magnétique, pour 
la circonstance, est absolument identique à l'influx nerveux ; for- 
ce et fluide magnétique humain et influx nerveux sont tous deux 
une manikstation ou mieux une transformation du magnétisme 
terrestre, qui lui-même n'est qu'une forme ou le résultat de l'at- 
traction univer-ielle ; attraction contrebalancée de répulsion, se 
manifestant dans l'action des corps astraux entre eux, aussi bien 
que dans l'action des différentes matières métaliques et métalloi- 
diques, dont les atomes et mollécules s'attirent (ou se repous.sent) 
pour former des substances minérales et chimiques, ou végétales 
et animales; force attractive qui réunit des atomes de Carbone, 
Azote, Hydrogène. O.xygèue, etc., entr-. eux, eu différents grou- 
pes mollécuiaircs, (jui à leur tour seront réunis ensemble ( tou- 



— 16 — 



COMMENT ENDORMIR 



jours par la mfinie puissance attractive ) |Mnir former la ctllulc 
allMuiiinoide. qui multipliée, modifice, formera finalemetit un 
corpsi animal vivant. 

Ainsi compris le mot Magnétisme ne devrait plus ôtrc l'ex- 
pression simple de l'idée que l'on a de l'i.ction du Nord sur Tai- 
Ruille d'une Boussok. i' ;tte attraction est une manifestation du 
maRnétisme universel, mais elle n'est pas tout le Mannétisme; et 
si au lieu de se contenter de concerver le sens restreint (|ne l'on 
s'est habitué à tort à donner au mot Magnétisme, ( c'est à-dire h 
l'action de l'aimant de fer doux, parce que pendant longtemps 
on ne connaissait pas autre chose qui pût prendre ce nom, ) on 
voulait bien lui accorder son sens propre, son sens t ihymologi- 
que, force attractive, la bataille de mots serait enfin terminée. 
Je ne veux pas dire que l'on devrait attribuer le nom de magnétisme 
à la force d'attraction moléculaire; mais de là à voulr ir lui refu- 
ser une acceptation raisonable, il y a trop d'aléa. Surtout lors- 
qu'on le fait suivre du qualificatif "humain," C'^.s qu'il y aura un 
phénomène quelconque d'attraction (ou de répulsion) entre deux 
individus, que cette attraction paraisse matérielle, organique, 
physiologique ou psychologitiue, ou devra admettre le nom de 
Magnétisme. Les Anglais d'habitude si précis dans leurs ex- 
pressions, au risque d'en être ter:e-à-terre, parle du magné me 
personnel, "Personal Magnetism" pour démontrer l'attrait, le 
pouvoir fascinateur, le charme, ou le prestige de telle ou telle per- 
sonne. Et personne ne les contredira. 

Ainsi jfc crois avoir .suffisamment défini l'emplji du mot ma- 
gnétisme, pour qu'on ne lui refuse plus son droit d'existence 
comme expressio- de certains phénomènes physico-psycholo- 
giques. 

Conservant au mot Hypnotisme son sens ethymologique, on 



17 - 



■.. •T^ED.'lJ^rflL 



COMMENT ENDORMIR 



devrait le définir: l'art de produire le sommeil attentif (je défini- 
rai plus loin cette expression) et de s'en servir, soit dans un but 
médical, éducateur, on simplement récréatif. Et l'Hypnologie 
serait: l'étude des moyens de provoquer le sommeil attentif, ain- 
si que des phénomènes se produisant pendant ce sommeil, et après 
comme conséquences. 

Dès lors, si l'on provoque le sommeil attentif sur une person- 
ne, ou même simplement cherche à le provoquer, on pratique 
l'hypnotisme; et comme la production du sommeil attentif est un 
phénomèned'attractionphysio-psychologique, onse trouve par 
le fait même à pratiquer le magnétisme humain. D'autre part 
comme l'on cherche souvent ou continuellement à influencer les 
autres, c'est-à-dire à les "attirer" vers notre façon de penser, ou 
une façon de penser déterminée, sans pour cela chercher à em- 
ployer le sommeil, il s'en suit que consciemment ou inconsciem- 
ment l'on emploie le Magnétisme sans l'Hypnotisme; tandis que 
lorsqui l'on hypnotise on produit un phénomène de Magnétisme 
Humain. 

Considérant ensuite les phénomènes de Télépathie sponta- 
née ou provoquée, de Transmission de pensée, dont la réalité ne 
peut plus être mise en doute aujourd'hui, dont la seule explica- 
tion se trouve dans l'existence d'une "ode-pensée" que l'on peut 
projeter à des distances souvent très grandes, ces phénomènes 
bien souvent accrus par l'état de sommeil, n'en ont cependant 
pas besoin pour se produire. Et alors tous ces phénomènes si 
variés, si intéressants, tenant presque du merveilleux, doivent se 
classer tout d'abord dans le chapitre du Magnétisme Humain, 
bien que celui de l'Hypnotisme puisse les contenir. 

On peut magnétiser une personne, l'influencer à distance 
que cette distance soit de quelques mètres ou bien d'un ou dé 



i 



— 18 — 



COMMENT ENDORMIR 






plusieurs kilomètres; on peut dis-i«. iN«fl.,» 

nienf nar lo i ■ . "'^ J^. 1 influencer magnét que- 

puibse passser pour le premier pas vers le sommeil 

Conclusion 

médicale et dentaire. '^ Chirurgie 



— 19 — 



COMMENT ENDORMIR 



Sommeil Naturel 



ET 



Sommeils Provoqués 



Malgré l'apparence de vérité que semble avoir le titre de ce 
chapitre, je considère qu'il n'est que superficiellement vrai et 
qu'au fondée n'est qu'un terme mal choisi. En effet ce que 
l'on appell ouramment sommeil naturel, et que l'on prend ha- 
bituellement à-peu-près toutes les 24 heures, pourrait porter le 
nom de sonmeil provoqué comme tous les autres sommeils qui 
ne sont pas celui-là. Qu'il se produise ou non à des heures dé" 
terminées, il n'a pas moins une cause qui le provoque, ne fut-ce 
que la force de l'habitude. Si donc j 'emploi le nom de sommeil 



— 20 — 



COMMENT ENDORMIR 



naturel ce n est que pour faciliter la compréhension de ce qui va 

non7«;,'"™'T^°'''"'"*^''""'^'^^''"'^'^"''i"^ ''"" donne ce 
nom au sommer spontané ou sinnli-spontané qui se répète à des 
hetues à-peu-près toujours les mêmes chaque' jour, !lu ^Z 

nZi'r" ?'';''' '' '""°"' '^''' ^^"-^ ^"' ">^"^'"t ""^ vie rèsle^ 
ou .! ;' ^"°°'"'"^^'°" '1^ ««""«eil provoqué restera pour 
tous le. autres somme.is à l'exception de ceux p oduits parles 
anesthesu...s. tels que par exemple le somme/chloroforn'que 
ou celui o, asionne par une dose appropriée de morphine. le 
sornme.1 provoque sera alors ce que nous -sommesconvenus dap- 
peler le sommeil hypnotique, ou mieux le sommeil magné- 

Le fonctionnement du cerveau envisagé au point de 
vue psychologique. 

Différentes descriptions du fonctionnement de l'en.semble de 
1 encéphale ont été données spécialement pour expliquer les phé! 

tTrs::tt?'^"T-. '^^^'^- ^--^deMout^ell-era ^ve . 
te un système spécial, dont nous extrayons le dessin, ain.: ne 

ètirsugi^^^^^^^^^^^^ 

(Voir Fig. 1 page 28) 

"Fig. 1, -Schéma général du centre paychique supérieur O 
et des centres paychiques inférieurs (automatique! supér^rs).? 
1. 1. . ^";;;" P^y'-'^"^!"^ supérieur de la personalité consciente 
loU^^étut:;'^^ '' '" "-' responsable; écorce cérébrale du 



21 - 



COMMENT ENDORMIR 



A: Centre auditif : écorce des circonvolutions temporales. 
V: Centre visuel: écorce de la région calcarinienne. 
T: Centre tactile [sensibilité générale] : écorce de la région 
périroiandique. 

K: Centre kinétique [ nie avenient généraux ]: écorce de 
la région périroiandique. 

M: Centre de la parole: écorce du pied de la 3è. frontale 
gauche (?) 

E: Centre de l'écriture: écorce du pied de la 2è. frontale 
gauche (?) 

aA, vV, tT: voies contripèves de l'audition, de la vision, de 
la sensibilité générale 

Re, Mm, Kk: voies centr-fuges de l'écriture, de la parole, 
des mouvements 

EA. EV, ET, ME, MK, MV, MT, KV, KA, Et .... : voies 
intrapolygonales: A l'état normal et physiologique, ces centres 
interviennent en général tous < -isembles; leurs actions s'intri- 
quent et se superposent. Mais dans un certain nombre de cas 
il y a désagrégation entre les deux ordres des centres. Ces états 
de désagrégation suspolygonale qui permettent de bien étudier 
ciiacun des psychismes, sont physiologiques [ distraction, som- 
meil et rêves . . .], voisins de l'état physiologique ou extraphy- 
siologiques (mouvements involontaires et inconsients, transes 
des médiums. . . . ) ou pathologiques (somnambulisme, automa- 
tisme des ambulatoire, certaines maladies psychiques et men- 
tales, etc.^" 

"L'hypnose ou sommeil provoqué appartient au second grou- 
pe; c'est un état de désagrégation suspolygonale extraphysio- 
logique." 



Cette explication de la coordination des centres cérébraux 
est certainement très ingénieuse; elle est d'une netteté difficile à 



22 - 



COMMENT ENDORMIR 




Pics I 



— 23 - 



m 



COMMENT ENDORMIR 



surpasser. Mais elle est trop schéniatiqiicment restreint. Si 
le fonctionntmcnt automatique ou subconscient de récorce des 
circonvolutions périrolandiques et de quelques autres régions est 
suffisamment expliqué par le polygone dégagé de l'influence du 
centre O, il n'en est plus ain.si de tout le re.ste des circonvolu- 
tions et de toute la substance grise en général. Comme ces dif- 
férentes parties peuvent aussi fonctionner automatiquement dans 
la subconscience, il faudrait développer un peu la description 
d'un mécanisme si compliqué. Il faudrait expliquer l'automa- 
tisme si important des noyaux sousjacents à l'écorce, de ceux de 
la protubérance et du bulbe; de celui du reste de toute l'écorce 
cérébrale (région frontrale exceptée). Et qu'advientil enfin 
du cervelet tout entier, dans lantomatisme provoqué ? 

Je vais donc essayer de représenter schématiquement et le 
plus complètement qu'il sera po.ssible sans nuire à la clarté des 
explicati' is, la coordination du fonctionnement cérébral à l'état 
de sommeil profond, ainsi que dans tous les états intermédiaires 
ou similaires. 



Voir Fig, 2 (Page 27) 

N. B. Dans ce .schéma j'ai omis sciemment plusieurs parties 
du cerveau, telle que par exemple celle constituées par les voies 
centripètes partant des cornes postérieures et remontant sans in- 
terruption jusqu'à M, et les voies centrifuges directes ou croisées 
de M à A. Mais afin de faciliter les explications qui seront déjà 
assez compliquées, je n'ai guère conservé que les principales voies 
de réunion entre les différents centres corticaux et les princi- 
pales masses grises sousjacentes. 

Description et explication du "Sémaphore Cérébral". 
EE:— Circonvolutions pariéto-occipitales ; zones sensorielles 



— 24 



I 

i 



COiMMENT ENDORMIR 



et sens^tivo-motrices exceptécs.-Centrcs de l'imagination. 

1 » ^^•-Ç'.'"'^o"^-°l"tions frontales antérieures.-Centres réeu- 
lateurs de l'inhibition. '-cnirts rtgu- 

CCI C2 C3.— Circonvolutions du cvrvelet. -Centres de la 
coordination des mouvements. ^«-lures ae la 

M.- Zones corticales sensitivo-motrices réunies 
vS.— Zones corticales sensorielles réunies. 

U disposition générale du "Sémaphore" laisse voir n-Mte 
ment que les deux pivots principaux de l'ensemble dilfonctiJ.' 
nement de la masse nerveuse encéphalique sont les corps thalam": 
stries et surtout la protubérance annulaire. Cette conceptbn du 
mécanisme cérébral nous facilitera la compréhensionTCain" 
phénomènes lorsque je parlerai du fonctionnement du cerveau 
dans le sommeil provoqué. «-"veau 

mémoire "^^ "'"' thalamo-striés.- Centres aditionnels de la 
J.- La protubérance annulaire (substance grise). Centre 
moire"' ^-^tionnelles et delà coordinafion de la mé 

G.- Substance grise centrale du cervelet.-Centres adition 
nels de la mémoire de coordination des mouvements 
tive. ■ ^^ ''"^^' (substance grise. )-Centres de la vie végéta- 

A. — Cornes anténeures de la moelle. 

P.— Cornes postérieures de la moelle. 

ItV\ uT ^°'''' 'centripètes cortico-cérébrales. 

vujnnrT ^°*^' centrifuges cortico-cérébrales. 

or n ^'°'^^ centripètes cérébelleu.ses. 

«M ^u ^'~ ^'°'^' ^e"t"f"ges cérébelleuses.- 
Pf . r : ^^ projection partant des centres sensoriels 

et se rendant aux corps opto-striés. «^"^ineis 



COMMENT ENDORMIR 



S M.— Fibres de projections entre les centres sensoriels et 
sensiiivo-nioteurs. 

vS N J G C C3.— Voies sensorielles cérébelleuses centri- 
pètes. 

P A.— Pasfage de l'arc réflexe niédulairc simple. 

Les lignes courbes.— représentent les fibres de projections 
ou de relations entre les différentes régions de Técorce cérébrale à 
l'exception des fibres de relations directes entre les centres sen- 
soriels et sensitivo- moteurs, représentées par une ligne droite S M 
lesquelles ont une fonction toute sjjéciale comme nous le ver' 
rons par la suite. 

Les lignes droites— représentent les voies nerveuses agissant 
dans l'acte on la sensation inconsciente, les lignes courtes agis- 
sant seulement dans l'acte conscient. Lorsque les lignes droites 
sont en activité, les lignes courbes peuvent l'être rlus ou moins 
L'acte ou la sensation sera d'autant plus consient que les lignes 
courbes seront plus en action; et ce sera l'inverse, c'est-à-dire 
que l'acte on la sensation sera d'autant moins conscient que les 
lignes courbes seront moins en activité; et l'inconscience sera 
complète lorsque les lignes courbes seront dans l'inactivité to- 
tale. 

Les centres cérébraux et cérébelleux entrant le plus vite et 
le plus souvent dans l'inactivité sont ceux ayant le moins décon- 
nections, soit avec les autres centres, soit avec l'extérieur La 
région frontale antérieure rentre donc en première ligne (voir 
Fig. 2). Puis ensuite viennent les centres sensoriels- et succes- 
sivement par ordre, les cei.»— sensitivo-moteurs, le cervelet les 
centres de l'imagination, les corps thalamo-striés, et en dernier 
heu les centres protubérentiels. Le bulbe (B) présidant spé- 
cialement aux fonctions de la vie végétative doit être considéré 



— 26 — 



COMMBNT ENnoaMIR 



Z E 




« de„K branche. I«éra,« .. , g, b.a„.>„ droi.e ou H,„rie„„ 

:'°t !t^-"--'^ "«. '.""«^= gauche „„ .UP4H 
(branche cérébrale). _ Voir Us explications dans ,e .e„e 



— 27 — 



COMMENT ENDORMIR 



comme la partie extrême et supérieure du névraxe, ce qui le sé- 
pare du système encéphalicjue précédant. Que la vie soit cons- 
ciente ou inconsciente B doit fonctionner, car son arrêt entraine- 
rait la mort de l'individu, par l'arrêt du coeur et des mouvements 
respiratoires. 

Transition de la pleine conscience 
à l'inconscience complète. 

Il résulte de ce que nous avons vu dans le paragraphe pré- 
cédant que pour passer de l'état de conscience entière à l'état 
d'inconscience totale, il doit se produire les phénomènes cérébraux 
suivants: le sens iiihibitoire dont le centre se trouve dans la ré- 
gion frontale antérieure, sera le premier à diminuer progressive- 
ment d'activité, pendant qu'au fur et à mesure que l'état incons- 
cient s' accroîtra, les autres parties du cerveau passeront petit-à 
petit dans l'inaction. 

Les organes sensoriels restant toujours en relation avec leurs 
centres corticaux, perdent progressivement leurs connections 
avec les autres parties du cerveau. Le premier sens qui passe 
ordinairement dans l'inactivité est celui de la vue. L'oeil de- 
meurant toujours en communication avec la région occipitale oit 
se trouve sou centre ce dernier perd d'abord ses connections 
avec la région frontale où se trouvent le centre de l'inhibition 
puis ensuite le centre visuel perd ses relations avec la région pa- 
riétale où sont localisés les centres de l'imagination; puis succes- 
sivement par ordre les relations entre ie centre visuel et la couche 
optique, la protubérance annulaire et le cervelet sont progressi- 
vement interrompues; viennent enfin les suspensions de connec- 
tions directes entre le centre visuel et les centres sensitivo-moteurs, 
et en dernier lieu l'oeil perd ses connections avec son centre. 



- 28 — 



COMMENT ENDORMIR 



Le pr<Kes.sus est absolnmct k. ,nên,c p„»r chacu. ,lcs -...très 
de la douleur, le sens .nusc-Miairc-. et cnfn, cdui dn toucher 
nr.Vi?'''"'""'^'''''"''^""'"''-"""^'-^'''' iol'il'ition <ia«s Tordre 

»;«„ ^ ^iT' ctr\cau. Ainsi uous avons dit (iiic l'inlii'.i 

on des différents .sens se terminait ,,ar celle des sens de 1 . . 
eur. du eus nutsculaire. puis enfin de celle du toucher Ocl 
sens sont intnnenicnt liés aux /ônes «mf^;. i , " 

que la région suivante dans l'ordre que i'ii i,uli„„ - i 
■soit peu iniotivp. , ii„ . ","'^*- H"<- J ai indique devienne tant 
d'L V é r . ^'"' "'"'"' augmenter de sensibilité ou 

d actu itc. 1, c est ce que nous constaterons dans certains „hé 
nomeues psychologiques ou physicologi.ues habit^Si dont le 



- 2\} ^ 



COMMENT BNDORMIR 



parlerai dans le cours de ce chapitre. 

Mais jamais aucmie partie de l'écorcc ne prendra l'état inhi- 
bitif avant le centre réRiilateur du.scns inhibitoire lui-niéme. situé 
dans la rcKion frontale antérieure. Cette réRion corticale prendra 
même très souvent l'état de rejKis ou d'inaction absolue sans que 
toute autre partie du cerveau présente le moindre symptAme di- 
nactivité. U début de cette inactivité se manifeste par la dis- 
traction qui deviendra de plus en plus accentuée à mesure que 
l'inactivité du sens inhibitoire augmentera ou que ce centre ré- 
gulateur n'agira que sur une partie déterminée de l'écorce. Et 
l'inactivité complète pro<l ni ra alors l'étit spécial que l'on s'efforce 
de définir sous les noms divers de " Psychisme inférieur, " de 
Subcons-ience " d'"Etat Second". C'est la distraction totale, ou 
mieux l'attention toute entière se dirigeant vers un seul ordre 
d'images. 

On doit alors admettre que le premier pas vers le sommeil 
est la distraction. I,e sommeil est établi lorsque les reih...jns du 
cerveau avec le monde extérieur sont abolies. Le sommeil est 
complet lorsque de tout l'encéphale, seul le bulbe est encore en 
activité. 

Sommeil naturel. 

Le premier signe du sommeil qui nous frappe chez une per- 
sonne endormie est la clôture des paupières. Si nous regardons 
les autres symptômes nous constaterons entre autres, que les 
mouvements de la déglutition .sont sui^endus: la salive coule dans 
l'oesophage mais n'est pas déglutie. La respiration est ralentie; 
Texpiration ce fait généralement un peu plus rapidement qu'à 
l'état de veille, et une pause plus ou moins longue suivant la pro- 
fondeur du .sonuncil lui succède avant que la nouvelle inspiration 



JO 



COMMENT BNDORMIR 



» 



position hori.c mnle'rc f ''^'"'""^•"^•^ spécialcnK-ut dans la 

qui peuvent „,é,„e prSèmer i.nZ T" r'^ '""^'"""*' ^"f^--'^- 
IKMKlant ,M,e dans le dU Z T "'"''"''"^ ^^" remarquera ce- 
cette con« si Ic^^^t "!;."'• '' '''' '•^•«^'"'""'^ -"•-•^- 
môn,e faire co.;,S:u?éf^,:"""'' "'"'"-^ -centuée et ..«t 

a au contr:i:;ri^r:,-"r^"""°" ^"•"'"^»^- ">• 

""^'c-stbieucaractéris iom 1' ' 'T""" ** '"■°^"'^^- ''«^"t 
D'une façon gd?,ér. e a r ' • ! ""' '^"'' " ^ ^""'"^^ ^^'^^^ " 
condition! deS : ti" "u 'sT''"T'''r"" ""''^ ""^■^"' '- 
les personnes-Lor mer 1 P-''-">'>^'-'* «I^- la nuit, et suivant 

raint constata : ri^'^^tl^r"' ""'' "" ''"""=* «-- 

peu-près dans to,u v:::z,T:Zi:''T''' ^'''"""' '■ 

troubles dans le fonctio,,,, .., ^' "•""''^■•- I>-' "i-ine certains 
intestins, les Z^^^^T "f ''"^'^'"'•^- '^''^ ^'-- '^"^ 
mi-contractures ou n ô,"' " ""^'' ' "''''■"^' P'-od"isc"t des se- 

détern,inds et ou o" "1 :;""'''"'""" '^"'""•''^"■^ '•^- ■""-'-'* 

Si le lit est i>on : c ;^ r ': • ""rr^ ' > ""'"'"'^ ''^ '■-«--• 

reiàchen.e„t des n.u" J^T^? ;" !"' T ""''' '^ ''''''''''• '^ 
co>nporterd-autre par tt ù d ' '''"^ '-■""■J"^''l"^P"'--le 

nerveuses, arriven diici^ „';";'"*":• '"■'''^•"^'•^ '-"«"-■•^ 
muscles lorsqu'elles vcm l , V ""''"' con.plètenient leurs 

pendant la n^ 1 ; a a ' J" "" '''^"^^ '' "' -'■•'' de n,ê.ne 
mt,sculaire plus ô /„:! "^T'TT T" '""^'' ""^' '-''''' 
rie encore suivant les ptiode d„ s ,"''°: '""'^"'-'■- -- 

chement sera .énéra,«%, ' :::,:• ,;^" '^f "^ '-^"'^- 

progressivement ù une certaine tonicUé'c'i"" '''"" '^'-^'^' 

«."liinit. certaines contractures 



- 31 — 



•il 



COMMENT ENDORMIR 



peuvent être continues et durer tout le temps du sommeil, tandis 
que d'autres ne sont fine passagères, et même n'être que de vé- 
ritables soubresauts comme dans les rêves, dans l'urémie, etc. 
A noter que la sensilMlité au toucher augmente d'autant plus que 
les muscles sont moins relâchés. 

Les mouvements réflexes sont profondément modifiés jien- 
dant le sommeil. Les contradictions les plus curieuses ont été 
émises au sujet de ces réflexes; certains auteurs prétendent qu'ils 
sont abolis complètement dans le sommeil profond. Frédericq 
et Xuel ont démontré qu'ils étaient diminués. Déjerine se con- 
tente de dire que les réflexes i)ersistent pendant le sommeil 
Enfin Mathias Duval parle de l'exagération de l'irritabilité ner- 
veuse durant le sommeil, et de là une accentuation des mouve- 
ments réflexes. 



Certains auteurs, ont cependant étudié quelques réfl-xes spé- 
ciaux propres au sommeil. Le réflexe de Babinski ou " le phé- 
nomène des orteils" existe pendant le .sommeil naturel- au lieu 
de fléchir, le gros orteil .se relève par le frottement de la voûte 
plantaire. I,e chatouillement répété de la voûte i)lantaire pro- 
duit ce que Gley décrit en ces termes: "On .sait que chez 
1 homme, chez qui à l'état de veille les centres cérébraux com- 
mandent complètement aux centres médullaires, ce n'e.st guère 
qu'en surprenant un sujet dans le sommeil qu'on j^eut constater 
des mouvements purement réflexes, et, par exemple, amener en 
chatouillant la peau de la plante du pied, le retrait du ,r nibre 
inférieur par flexion de la jambe sur la cui.sse et flexion de la 
citisse sur le bassin, mouvement identique à celui de la grenouille 
décapitée sur la patte de laquelle on dépose une goutte d'eau aci- 
dulée. D'après Rosenbach non .seulement ou obtiendrait ce re- 
trait, mais encore la "flexion dorsale"'. 






"%■•' 

.^-M^**'-! 



COMMENT ENDORMIR 



Ils sont daas ime position divergente lin, „,r -^ "^ "'' 

Plusieurs expirimentaienr. J, ^'""^ ' "" P»' "PPo" à l'autre. 

naturel à ra„«"erT 'e ' . t. ""7°"" '""'"'"' " »°"""' 
cupeu. à r^t de ve irinf a?r ri''"'''' '» P""'»" 1°'"» '- 

par une émotion 0^,1 „"„ , 4° Z:rZ T' r"°'",- 

— 3^ — 



i.-i",t 



•.■.■•A -Jlij 



yj^^^mâim^ ^Ékdwsmmm. 



COMMENT ENDORMIR 



a quelques précautions à prendre pour bien constater ce réflexe: 
d'abord si le sommeil est très profond le réflexe ne se produir; 
pas; il faut alors réveiller légèrement le dormeur. Pour cela il 
suffit d'approcher le flacon et de l'éloigner alternativement: au 
bout d'un certain temps, on verra le réflexe se produire nette- 
ment. Que se passe-t-il alors dans le système nerveux central du 
dormeur ? Si le sonnneil e.st très profond S M (Fig 2, page 27) 
est interrompu; et de même S N, S N J. et S N J G C C3; l'ap- 
proche du gaz irrétant produit une réaction ayant pour effet de 
mettre ces communications en activité; .si l'irritation est ju.ste- 
ment calculée la connection avec la zone .sensitive-motrice agira 
avant que les autres communications aient le temps de s'établir 
et de provoquer le réveil. A l'élat de veille ce réflexe est beau- 
coup moins nette, et se trouve compliqué de mouvements contrô- 
lés par l'inhibition. Cependant lorsque l'irritation sera forte et 
vive on observera toujours une brusque contraction des muscles 
de la nuque — On pourrait penser que ce réflexe observé pendant 
le sommeil n'est qu'un réflexe t.ictile, au même titre que les ré- 
flexes cutanés ordinaires, mais il n'en e.st rien; et pour s'en con- 
vaincre, il suffit d'approcher du nez du dormeur non plus une 
substance volatile irritante, mais une odeur que le dormeur a 
l'habitude de détester fortement : et l'on verra le réflexe .-e pro- 
duire comme dans le cas de l'irritation, avec la .seule diflérence 
qu'il sera un peu plus lent à se manifester. 

Phénomènes psychologiques du sommeil naturel. 

Il est très important d'étudier ce qui se passe dans le cer- 
veau pendant le .sommeil naturel en suivant les différents dégrés 
de profondeur du sommeil, car nous aurons à comparer ces phé- 
nomènes à ceux qui se passent pendant le sommeil provoqué. 

Bien que le sommeil à proprement parler ne commence que 



— 34 ~ 



I 



COMMENT ENDORMIR 



I 



«e passe .Ia„; a dl r i "„ "' ' '■■°" "" "" '' '"" 

con.i.„„..„,,p„,,;.;';:;itrxc„,.^ ■»^' 

rdaterai et qui arrive à tout !.. ,„ , "'"^'^^'^''^"S- l^ne q„e je 
pour faire L ma ch su a rn?" ' "' '^'''"" ^ ^""^ P^'- 
absorbe, dans vos n^nsle ' i , '' ^"" '^^"''^"-P^'tit vous vous 
alors vous perdez con n «te '^T"""""' '^' "'"'^ ''' ''^"'^ ^•'-'•'^ : 

tacles; quelques-uns ,r, J^s d ' ''"'' '"' -^'"•'^' '^'^ "''- 

piiquési.n:;.ntr:::: ïr a ; •::: s.^':?"^ "'^^"-^-'^ -- 

percevront de rien - D'an " ^ fh ^ "^J"':^' ^' ''« - ^'^P- 
•nvocations ou prières r :'^"'="'^^' "'«'>' ^"e.s a réciter certaines 

saire, le feront tout-à'-f-i IT' '°"'"'^ P"" '''^°"'P'^' 1^ ^o- 

^l" <Iébut. puis alors un. , ''''^r''"'''' "' °"' ^"""aissance 
n-chedanslavlde etteC" '""/■'"'^- ^^ ^'"-^■"ation 
la langue, les lèvres et les doi^ X;!""'"'^ ^^"^ "'--aniquen.ent 
écouler la série des grain s d f d/a^ " o"' r^'?''^"""^ P°"^ 
langue et les lèvres ne renu. ront p t ^r^ ^f "'''^ '"'™^' '^ 
RU .ge fontionnera autouK.tiquJ^^ n^'la n" ''"^^^ '■'" '^"- 

rccitce intérieurement. ^ "'"*'""'" '"^^^""^"e prière sera 

ciue-i^u^:::: t:':::::,sr 't- ^^-"^^--^ -^--i- 

éveillé, que dans le sole rier'^ ^""'■ '"" '' ''''' 

bules naturels. '' promenades des somnam- 

Pendant le sommeil la plupart des facultés mentales peuvent 



— 35 — 



COMMENT ENDO'.MIR 



être en activité, mais celles qi:i le sont le plus souvent sont la 
ménioin. et l'imagination. La preuve en est dans nos rêves. 
lyOi'sque nous rêvons, nous voyons les per.sonnes et les choses que 
nous avons connues ou que nous connaissons; nous entendons et 
distinguons les voix des différentes personnes que nous voyons. 
Nous .sentons mêmes le parfum habituel qu'emploie telle ou telle 
personn-j; nous nous rappelons souvent d'un fait très éloigné, ou 
d'un détail qui nous aurait échappé à l'état de veille. La mé- 
moire fonctionne donc, et même peut devenir beaucoup i.Ius vi- 
vace. — i 

L'imagination fonctionne aussi d'une façon souvent beauf oup 
plus vive qu'à l'état de veille — Tout homme qui s'occupe de 
travaux .scientifiques ou littéraires se rappellera souvent à son 
réveil d'une "idée'' qui lui sera venue en rêve, et dont à coup 
sûr il n'aurait pas pu avoir la conception dans le cours ordinaire 
de .son travail L'histoire ne rapporte-t-elle pas que ce fût pen- 
dant le sommeil que Dante conçut le plan de la divine comédie ? 
N'est-ce pas la nuit et au réveil que Voltaire écrivait les vers de 
c* chef-d'oeuvre qu'est le poème de la Henriade ? 

Pendant le sommeil, l'imagination et la mémoire dégagées 
des influences extérieures, ne subissant plus l'influence nuisible 
des mille et une causes de toutes .sortes, acquièrent une subtilité 
et une puissance dont on n'est à même de concevoir la portée que 
lorsque l'on a éprouvé soi-même ce phénomène. 

La volonté et le raisonnement agissent pendant le sommeil 
aussi bien qu'à l'état de veille; quelques fois même la volonté 
sera beaucoup plus forte ponr une telle idée qu'elle ne l'est pen- 
dant l'éveil. — Qui de nous n'a rêvé à une chose aimée, et ne se 
rappelle au réveil que pendant ce rêve il a voulu cette chose, il a 
voulu tout ce qui pouvait la lui procurer, et cela avec une éner- 



— 36 — 



■.T.^>-„. 



COMMENT ENDORMIR 



gie et une ardeur dont il aiimif /t/. „) i 

l'éveil ?_C'est ra,e ,. V' ""'7''^^'- «''«"'"'"^nt nicapal>Ic pendant 

venant de ractioi,,lr '"■''•' '''"""'^- '' ^™'^ -'»-- 

pour le raisonnement • " l'o-^nrif • . ^ ' ''*■ ""^'"'-' 

clané, q„i se ,lj»„e„t ,1", Il •'"' ''"'"'" I*" '" 

foudeurj p„„. en-s,;:::^ ,'■':: ;,: ï:T'- """ "" ■•"'■ 

lucide, plus forte ei « ,11, " ' 'levicnt niis.i ,,I„, 

écrit renjarquable"^^. ™r„" , c . ' ""'' f"»"'"" <1-"» "" 
nous Tavoi? fait de,, cil, l! : .'i ^'p^^r"' '"":-"""■■•■■"- 
meil, da„» „„, rêves > CW d'* V ''""''''°"""'- ■••°'"- 
toujours. "'"^ ''"= " "isonnement e.si,slt. 

^'•^^'^^i:^iztJi:T''''"'''" "« ™"™'^ 

iopcnre,,. cxtraordit^irrc" r:;''»,::'','""" "" TT 

c..dor,.,ie3 „, • ;„ n:;it"i:;a'^^ :;::r:;;r ;'r'"*'r ■"■'»""^' 

l>orda„t de,, toil,, .1 ,1e, hinie! 1 , ' '''■■•'' «"""!"».■. 

jamai., prati.iHé le moin.lr,. ,., ' ""'*ï '■"-' <|ucl<l" mi ,|ni „■„ 
de coo^liuat'io:!':*,:^,;-'.^'", "-■■■■'''«. '"" '"" '«™"- 
prodiBiensc, to„j„„r, „r„h ? acq,,,., „„e byperacité 

.vxcitatio,.;,i ja;:':ier:,tr,aS;£ ""■"'' -"»» "- -" 

même degré de profo.tl.rtX''";'' '"';'; T '""' "'"" "" 

..-"cti„.„,era pa. ot. .e;,::^:^:::^;;;:::--™-;;;;: 



COMMENT ENDORMIR 



Riilièrcm'-Mit, comme cela se voit pour l' imagination et la mémoire 
dans les mauvais rêves et les cauchemars. Nous remarquerons 
cependant que lorsque ces mauvais rêves sont troj) violents ou 
encore durent trop longtemps, ils se terminent toujours par le rc- 
ved, ou (lu moins un semi-réveil y mettant fin ; et surtout dans 
le cas de cauchemars iutens'.-s, il peut y avoir un réveil brusque, 
quelques fois même accompagné de sursauts et de cris. 

Une autre question que l'on ne peut s'empêcher d'aborder 
est celle de savoir si l'on lêve toujours ou .seulement ' ' des fois ". 
Lorsqu'au réveil oti ultérieurement nous nous rappelons nos rêves! 
il n'y a plus de doute possible — Mais d'autre part nous savons 
très bien par expérience que nous pouvons rêver .sans rien nous 
rapiK'Ier au réveil - Ne nous est-il jamais arrivé d'entendre une 
persoiniL' parler pendant son .sommeil, rêver tout haut, et le len- 
demain ellene.se rappellera pas d'avoir rêvé. Cependant on 
remarquera généralement que si l'on éveille la personne .sur le 
fait, et «lu'on lui demande ce (in'elle rêvait elle s'en souviendra 
très souvent. Mais comme il y a des rêves dont ou ne se rap- 
pelle ab.solument rien, et qu'il n"y a aucun indice pour les dé- 
celer, on ne peut pas savoir si ces rêves .sont fréquents ou non, si 
l'on rêve toujours ou pns toujours. 

A quoi tient le .souvenir de nos rêves après le réveil ? Pour 
y répondre le plus justement qu'il nous sera possible, analv.sons 
d'abord un peu ce qu'est la mémoire, et lais.sons la })arolé à ce 
grand p.sychologue qu'était Bossuct : " de même au.ssi que le 
nerf, dit-il, est d'une nature à recevoir un mom-ement plus vite 
et plus ferme que le cerveau, la sen.sition aussi est plus vive que 
l'imagination. Mais au.ssi connue la nature du cerveau est ca- 
pable d'un mouvement plus durable, l'imagination dure plus 
longtemps que la sen.sation. Le cerveau ayant tout en.semble 
a.sse/. de molle.sse pour recevoir facilement les impres.sions, et assez 



I 



— ;j,s 



COMMENT ENDORMIR 



obet C-" • •'""' ""^"""K-' d'elles-mêmes et de leurs 

vif T In x-AritA 1 . piaisir , tout cela est mo ns 

:;'.'.o;::.t'°T„;- ■"";■:■ f -» «-'^-'^ '" --"': 

renom Uer Le mcriie ul>,ct colore. Iei,iC-„ieson. k ,iic nieiilikir 

voir .0 c„„„,.„er <,i«re;;::':t;, o x:;.'r,r^:.:r'°"- 

vc";r. pour co„,«r„ir, „„e i„„,, „„„„„[. ,?.';, ■» "-«'J 

anloneurauct <lan., le cervea,, .lecelui „„i mn-iJTL 

pouvajt voguer entre deu. eaux, connaissant enfin la force'lÎr.Ve 
çle la décompression des gax.. "coordina ces différents souvenirs ' 
nnag.na le sons-marin bien avant son invention et écrh^t V • 
son ron:an : "Ving mille lieues sous les me s • " """ 



— 39 - 



COMMENT BNDORMIR 



U mémoire c-taiit une propriété intrinsèque de toutes les 
cellules nerveuses, ses centres seront donc toutes ces cellu'esen 
gênerai. ^ Et ces masses grises celluleuses formant les corps tha- 
lamo-stnes. dont on ne connait que des connections nerveuses 
centripètes, pourront tout au moins Ôrre considérées comme des 
entras ad.t.onnels de la mémoire (Page 25.N) centres très im- 
portants parleur volume et conséquemmaut parla puissance 
qu lis peuvent donner au souvenir. 

Tant qu'aux centres de l'imagination, ils sont localisés dans 
des régions de l'écorce cérébrale libres de tout centre moteur ou 
sensoriel, et constituées en majeure partie par les régions parié- 
tales et occipitales (Page 24 - EE). Noussavons d'ailleurs que 
cbe/ I homme, dont la puissance d'imagination est imcomparable 
â celle des mammifères inférieurs, le développement et l'étendue 
ies circonvolutions pariéto-occipitales sont notables, tandis que 
chez, ces derniers, ces régions sont bien moins développées com- 
parativement aux /.ônes sensorielles et sensitivo-motrices. La ré- 
gion frontale antérieure semble être plutôt le centre régulateur de 
1 inhibition, car er effet lorsque 1 on détruit la substance grise de 
cette région chez le chien.on constate qu'il devient très irritable ou 
même " incontrôlable ; " et cette conception ne nuira nullement 
au tait que l'inhibition est une propriété générale de toutes les 
cellules nerveusis. 

Ayant bien compris ce qui précède, ii nous sera facile d'i- 
maginer comment le souvenir de nos rêves peut exister ou ne pas 
exister au réveil ou par la suite. En effet la mémoire d'une im'- 
pression ou d'un acte ne peut exister à un moment donné qu'en 
autant qu il n'y aura aucune impression ou idée présente qui 
puisse détourner l'imagination de ce souvenir. Si pu moment du 
reveil toute l'attention, c'est-à-dire toute l'activité de l'imagina- 
tion se porte, par exemple, sur l'idée ou plutôt sur Içs calculs de 

— 40 -^ 



n^meg:mi'9»*SmÊaÊkJiETil^SmJVSim^t^l&iIK''Bi&!tSS IIHIIIW II IHI ■■iillMlllMIIil iMlliMIIi 



COMMENT ENDORMIR 



tandis qu'au contraire lesimaees avint Mé. *r^ ■ ^ .""' '^*-'^'' : 

autrement à l'état Hp v«;ii<> i ailleurs pas 

notre imaLfni.t ll^^tlie^X S:d°S"°'''r " =''"" * 

o„rsr °= """'•" -''^"-- ■» n.t ;; xr;,"i 

ont été suffisamment intenses, que si elles ont rl,,r/ i . 

tenjps et si elles ont agi sur t't^e plus^an^V ^ :^ren::T 
Delà lanecess.té pour nous rappeler une idée qui nous viem" ns " 

s'imo'rr" T" '""'*"" P^"'^"' "" certain'temps .. ^^ 

s .mprègne davantage ; et ,ssi de comparer cette idée où ni 
avec le plus grand nombre possible d'autres sensation afi"'"':! 
agisse sur une plus grande étendue de l'ensemble celfulaire du 



Usouvemr au réveil n'est donc pas fonction du défaut de 
profondeur du sommeil ; et même après un sommeil très profond 
on peut très bien se rappeler nos rêves, immédiatement en se ré-' 
veUlantsil'onyporte attention, ou alors ultérieurement s'il se 
présente des circonstances ou des images similaires à celles que 
1 on aura rêvées. ^ 



~ 41 — 



'>*i,"'i?''; 



'»W-.vV.- 



?T?- 



^•'WL; 



COMMENT ENDORMIR 



Théories sur les causes du sommeil 

La théorie vaso-motrice basée sur le fait (luedans le sommeil 
profond on constate une anémie priinoncée de rencéi-liaie. est 
aujourd'hui comiilètement rejetée. Kn effet cette anémie céré- 
brale n'est qu'une conséquence du sommeil et non !a cause 

La théorie histologique donnant comme cause du sommeil, 
la disconnexion entre les cellules corticales, a été comi.Iètunent 
refutée par l'examen des animaux transparents, ciie/ lesciit-ls on 
n'a jamais constaté de déplacements dendritiques ni cylin- 
draxiles. 

La théorie de Claparède, ou théorie de l'instinct du sommeil 
a été définie ,:- l'auteur lui-même dans les termes suivants J 
" Le somn: -il . , nne fonction de défense, un instinct qui a ], m 
but. en frappant l'animal d'inertie, de l'empêcher de parvenir 
au stade d'épuisement : ce n'est pas parce (,ue nous sommes in- 
toxiques ou épuisés que nous dormons, mais pour ne pas l'être." 
L'instinct du sommeil ne peut pas être nié, mais quel en est la 
cause ? Alors nous revenons à notre point de départ, et rien 
n'est expliqué. En somme cette théorie peut expliquer la sensa- 
tion du besoin de sommeil, mais non la cause. 

La théorie de l'intermittence fonctionnelle basée sur la con- 
ception d'une périodicité nécj.s.saire dans les phénomènts biolo- 
giques, impliquant une alternance d'activité et de repos dans la 
production le ces phénomènes, .semble plus admi.ssible qne les 
précédentes. Kn effet chez les animaux supérieurs, on constate 
que tous les organes présentent régulièren;ent des alternances 
d'activité et de repos, survenant à des périodes toujours les 
mêmes. Et si ces périodes peuvent varier, ce n'est que sous 
l'effet de causes extrinsèques, quelquefois pathologiques. Il en 
serait donc de même pour le cerveau. Mais comment agi cette 
périodicité ? Quelle en est le processus intime ? D'autant plus 



— 42 — 



cLSlui 



COMMENT KNDORMIR 



l-i"- a,..M ^- ' ; ";; :;''">;"'^^ ■•..•.Mc ....issc paraître. 

"-S toutes sont nett.„:;,r:^;,.^ ;r ;:v: ';;r "" 'r"'"'^ ^ 

trop ..yputhéti,«eset insmsanuu:^',Z^^'''- "' ^"""' ^""^ 
Essai d'une théorie inhibitrice. 

•••^•s, et souvent u:êrnc dC-s la Drcni.'-n.. f'.'^''""'' ^"J^s en- 
^ -r de personnes. souun.U ^^ZZZnt'TT" "'^ '"^"• 
sonnnei, profon.l nature, con.^: ™t T^^^^^'V^ 't^"' 
ment en venir h l'idée .l'i,,,,. -, ,• • , ^ . ^^'^■^""•^' '• ^«"t absolu- 

<ic .....s....r,. ,w.i::::,v,' :;;:o ; :: " ; r;::;.:;trr' "■"■"■ "" 

vienne sous l'effet iPnn,. f .n i i ,. ^ '*'' ''orniir nous 

.... co„,„K. c.» .ï 1 , , '■, .''•^* •' "° """"">-'■■ .,..dc„„,,„e, 

:=;i';:::èi':i:^;^;;^v--' -'-- '!""-■"■ 

si.s..l,l.,„o,„ s„i, ,K,r an „:",;] ,r"""*"""=? ^■'="'"»" '"- 



— 43 



.: (. \ . .Pu^ 






COMMENT BNDORMIR 



s)rpti.)ii d'u I itijstliôsiriuo. — D.iih les c is de sdiumcils iiistaii- 
ti ij^, o 1 11 ■ p lit |)is iu/)|;i.T lajli)ii (l'une toxiiK-, i-.ir il est 
hie.i pjit i)r()!)i')le(iiio pir un simple coiuiiiiudciueut, comine le 
cas «..■ présu'Uto ch.v, les sujets eutraiiiés, on puisse provoquer 
rappuitioii iustautaué-' de cette toxine, et conséqueinmeut le 
soinniLil. 

P>>ur é-lairoird.iv.-iutaiïe 1,1 discu-ision. considérons d'abord 
les deux principales circonstances où nous nons endormons, c'est- 
à-dire où le sommeil nous vient. Nous laissons de côté, bien en- 
tendu, le sommeil anesthésique, ainsi (pie celui produit par une 
dose forcée de iiarootiipies ; ces sommeils peuvent être expliqués 
par Tintoxicition non seulement neurale, mais encore totale. 

Kl premier lieu nous trouvons le .sommeil habiluel, celui que 
nous prenons régulièrement cha(iue jour à des heures détermi- 
nées et variant suivant les personnes — On sait que l'heure ha- 
bituelle arrivée, l'envie de dormir nous empoigne, et A moins de 
distractions assez forte.s, le sommeil devient pre.squ'irrési.stible. 
Puis il y i en s.-coni lieu le sonimjil volontaire, celui que l'on 
prei-.d oc isionnellementeu certains temps, soit pmn nous reposer, 
soit dans quelques cas pour éviter i elTet moral <le l'ennui ou de 
la monotonie. Il est bien entend n que je suppose le dormeur 
exempt de toute fatigue. Pour dormir alors, on doit prendre la 
position la plus à l'aise afin de produire le plus grand relâchement 
muscul.iire possible ; on aura soin d'éviter tout bruit pouvant 
amcn^T la distr.iction, et puis surtout de former les yeux. Il 
faut alors nous laisser aller .\ des rêves poui voirie sommeil nous 
g.agner très rapidement. 

Mais ([u'cst-ce exactement " se laisser all-r à des rêves "" ?.. 
La (léfmition de cette expression va justement nous faire avancer 
d'un pas vers la découverte de la cause du .sommeil. Lorsque 



14 — 



COMMENT ENDORMIR 



alors et se siicoèdeiit • on r,.,.. > ""'^^'-^ 'l"! apparaLsciit 

de telle ou telle li.; ol^: ■;'"'" '^ " ""^'^^ '^' ^--"■"•' 
a-clle-nê,,,,., n'est aCent ^ ' ^" •'^i'!''''"'^-'"' •■»''»-. "ait 

d-atnreMen„es^;r::i,sT;:irx;'"^ '•"=' ^ 
au„,oinse„^K;,mr - ; '"w';:::r^ "^T-'-' ^'- 

hibition. le centre dn st-n. i„. i . '" '■^■«"'''»'^''"- 'l^" Hn- 

tions préfrontaS ?p;;:;;"k;') ""' "'"' """ '^^ ^"^""^•'""- 

Lorsqtie nous nous mettons <ians IV-n, ,i.. ^ „ 
total, afin de prendre le son.n.i,, nons ^:ll Zl '^T 
les centres moteurs ri,. ,.,. • , , ''""^ I'^"^ '•■ 'au niciiic 

NousfaisonsM>sXd ,, 7 '"'' '''^•'•''' ''•'"''i'-iti'." : 

centres. lUe Ho ^•"r" '"'•"' '" "'«""^ — nels.t leurs 

et. donner .c:t^::;;:;rr:;tr':;;;;:^^ 

'lecesunajïes. il en survient une tron vivi '^'.'''"'^ ''' ^"^■^'--^"•» 
trop profo„dén.cnt un.- t,op «1^,,^.^ è'i '' "' ' -"^ V '"""■ 
gre.sion dans le sonuneil s' ut. r ôm'^ n t "'?'"" '^ '"'" 
ou plus exnaem.ntun retour ^sV p. l 'c'"' ''" """' 
contraire les images diminuent grad ,dle r T"'"'"; ' " "' 

fon sur les différentes parties d mT ? "Ueusue, leurac- 



— 45 — 



COMMENT ENDORMIR 



h 



laire. i.orsqite Tactivitc des centres de l'imagination est devenu 
assez faible et que d'autre part les centres sensoriels sont suffi- 
saniment paralysés pour ne plus réagir assez fortement sur l'ima- 
gination et former des images des sons, des odeurs, etc, enfin du 
monde extérieur, la conscience ou la connaissance n'existe plus 
et c'est le sommeil. A noter qu'à cette période il peut y avoir 
encore des mouvements automatiques ou réflexes, c'est-à-dire des 
mouvements inconscients ou en d'autres termes ne produisant pas 
diiua-es dans les centres de 'l'imagination. C'est ainsi qu'on 
peut observer certains mouvements des doigts, qui ressemble- 
raient à des tics, des mouvements des bras ou des jambes, comme 
pour modifier la position du corps ; on constatera encore que 
lorsqu'une personne s'endort dans une chaise berceuse, le mou- 
vement cadencé .se continue souvent pendant quelques minutes 
après la perte de connaissance ; et en effet les centres sensitivo- 
moteurs s'endorment tout au moins un peu après les centres sen- 
soriels (voir Page 26). 

Nous venons de voir ce qui se passe dans les régions tempo- 
rales, p.iriétales et occipitales de l'écorce cérébrale : il nous reste 
donc encore la région frontale. Nous savons que l'ablation de 
l'écorce grise de cette région détermine chez l'animal ainsi mu- 
tilé, une irritabilité très grande. L'idée d'une action régulatrice 
de l'inhibition, provenant de cette région peut donc être admise. 
Mais ce n'est pas tout ; l'animal dépourvu de .ses circonvolutions 
préfrontales pré.sente encore des phénomènes d'inhibition com- 
plète de tel ou tel centre ; il dort même très bien - Inversement 
ÎJr.squ'il est é/eillé, il marche, il mang>, il boit, etc, mais avec 
une excitation frappante. Si d 'autre part nous considérons le 
fait que l'excitation électrique des lobes frontaux provoque une 
inhibition prononcé sur différentes parties du système nerveux ; 
SI ensuite nous examinons bien l'arrêt inhibitoire produit sur cer- 
tains centres nerveux par l'excitation de nefs sensibles détermi- 



1^ 



— 46 — 



.-^mL^ OR.:., s'^.c^ "Ti'Miiï .:i^ÊÊaaaRX>i.E w.ùSi.iŒ^mi.m^&Jit&.^^fa^i^'^imiÊ!^ 




pagf ^j ««'"'«P'ique de Charcjt. 



PI. I 



Raideur muiculaire totare. rroIrexplicalioM, 



'-iâJ^RZ^JT^ 




.-r»/: 'î-^ "^=- 'WM^' ^^'. f--*^amiEm'r. :., ra»ji :•■• -^^Ksssi K-aivr « 



COMMENT BNDORMIR 



rf„'hiLÎ'"'^.""°"'"°"'''^PP='°"^q»^»°""* pouvons constater 

anHonl.r ! " '"''■""""■ '"^'«P^^ exclusivement- cette 
action doit donc être considérée plutôt comme régulatrice." 

tion„ef.r%T'^'"'''°" ^' ^'""^^ plus ou moins prononcé dn fonc- 

Pè te e uont r""' '""^^ ''"^'" '" *^^^^^-'' ^^ ^e l'activité com- 
tlf ""^'^T '^^"''■^•'^ e''°"P^« cellulaires, nous perm" 

a:^ pSn:::s::.^^ "°^ -'- -- - «^^ déterminé.^;: 
n^a.(voirpa,e3o)ias:::ceS::^^:;:;r;:r::^- 

incon^Zt .? .1' ' '"^""«cieuce ; l'acte lui-même est 
nconscien ;et cette mconsciense se terminera la plupart du 

nr\tr^"?"""^^^ ^^^"'^*^- produit par S orï 
flexe sur 1 imagination, et par l'intermédiaire de nos sens des 
conséquences ou résultats de l'acte accompli. ' 

L'imagination agit donc sur le centre régulateur de l'inhi- 



— 47 — 



COMMENT ENDORMIR 



mi 



^:iTlZ^^: '; T°^"^^ '•activité.-Us centres 

que ri"K.gi„atio X\^ ^" P"^'-"-r ; tandis 

thalamus. ^ "' ^"^" ^"^ P»»" l'intermédiaire du 

-gi« t:^;:;:^ --"-^- -«tes les autresderor. 
extérieure à elle "mêm T „nt T" '°"' ''^"^"^"^^ ^'""^ <^«»«e 

h<>n..esdescie;c .éne T„;e:r 'f "^"'^"^ '=^"^'- 
aurait une provenance ex L r à la c n ,' """ '' '^ "'^"'^^ 
se.uMerait être la scléroTaùZlLl u !." °\^^"''^^'' l«q"^»e 
M os même eu adn Jtiri'l v'othï H '^"^"'^ ou à prévenir. 

la vieillesse, descellu.; rvIuleTpartic!;"''" '"'""^''^"^• 

que l'intensité des réactions nhv T P^"*""'^"-' "^ modifie guère 

.pas précisément la Se '''^•^'°^°^"ï"^« ^eces cellules, et non 

ae reS'IïSf "aS- S^:l-- ^^ Po- passer de Tétat 
nous nou. occupons devr^ rece! °'" Préfrontale dont 

céphalique car nous'ne con"- ""' '""'^'^'^^^ d'origine en- 

de l'extlieur du c^rveru e 7^^,^^^^^^^^^ -rveuse partant 

tiens frontales antérieures II "y '3 1^' '? ''"°"^'°'"- 
proprement dites dans la région rontale Is ? ^" ^"'^'''''''' 
rait considérer comme telles soi , ' '^"'^ *1"^ ' °" Poli- 
tique ou eu provenan Nous ! t '' ''"''"' ^ '^ '^^^'^^^ «P" 
sociations, le faisceau occ^ oVrotrT^ 

-excitations du centre ÏÏSrr^^Srt-r:^ 

- 48 -^ 



0?v^^J?S^ 



J ♦*7,' 1 



•■t^ ;îJdr?' 



<l'aire entre les .ônes p ta U eUro'^ ?'''"' ^""^^' '"'-">- 
occupe- ^ ^'^'^■'' ^t frontales, pour le cas qui uons 

Dans le " Sémaphore " CP.v -, 
la couche optique aux masses efJ;ef^''^^ "°"^ «^'°"« réuni 
culaire. noyau candé. etcorps.? S 1^ 'T"'"'"^ ^ "°>''''" '-'^i- 
nombreuses et intimes avec ]rc"„chl ';"'""' '^^^°""^'^''o">' 
être considérées comme des annexes on '"-' '°"' '"'' »^^"^-»' 
tie importante de N est la coucïr . ""^"•«•'•^«- Mais la par- 
comme le centre coordt ateur desmou'"'' '''^ -""^ ^'^^ ^°-'^^'-e 
pressions et aussi des fonctions «"^''"'"'•'^'"^•'''""t-'res ^'ex- 
Pagne d'ordinaire les émol„s EuT: '""* ' '^>^ercice accou- 
des deux hémisphères cérébraux t ^^'';P'-è« l'ablation totale 
les pleurs, les sécrétions liées «„; ""constate encore que les cris, 
qu'ils soient absolument in ^n^eu s pT •■'°'",— - bien 
de nos impressions ou de «osTc es nfa,!r''^':^''^'"^°"^^'^"<=c 
ticpent (Voii pages 26 et 27) ' ^"' ^^ ^' F^' ^ Par- 

torsque nous sommes fatigués 
desommeil, les centres sensoriels n'aLi '"^ f°'«"« le besoin 

régulateur de l'inhibition FF tu ires ri' '"''"''' ^"'"^^^ 
Notreimagination peut alors f^ mer 'imf '^°''' ''"' l'inactivité, 
ce qm peut arriver sans qu'il y aT fa "J ''P^'' ''"«°'"'»eil; 
lorsque nous voulons dormi pour /vf/^p' '°'""' P^^ ^«'"Ple 
réserve du repos en vued^ at.gues ul f" ""' °" ^^^"^^^ "- 
«ur les centres sensoriels et sensit^" m T"''' ' '"^ ^-«"a d'agir 
action excitante sur ces demie" l'uT"" '" '"^'""^^"' -" 
jnunication directe (fibres arquéU'u L"^"' '' '^''' P" '^""'■ 
a couche optique. Elle cessera !„ . - '"'^ '° P'^^ant par 
la couche optique qui à leur tur In' ^^'' "" ''' ^^""1^« de 
du centre régulateur. Ce dernLr P''°T"'''°"' P'"^ ''activité 
^ ^e dernier sera donc le premier à être 

— 49 — 



.4«f:-S.? 



COMMBNT BNDORMIR 



dans l'inhibition complète, alors que les autres centres corticaux 
ou th?<lamiques peuvent encore fonctionner sous l'influence de 
causes extérieures (voir pages 28, 29, 30^ D'autre part les centres 
sensoriels eux aussi auront cessé d'agir sur le centre régulateur, 
sous l'influence de l'imagination organisant l'image du sommeil ; 
cela par l'intermédiaire des fibres arqués et surtout de la couche 
optique. Et l'on voit l'importance de N (fig 2, page 27) dans 
la production du sommeil, aussi bien que de tout phénomène 
physiologique ou psychologique. 

Dans ce cas le sommeil, vient donc sur l'influence de l'ima- 
gination à la suite de la formation de l'image du sommeil, à la 
suite de la coordination vers ce but et suivant cette image, des 
différentes conditions du centre régulateur d'abord, puis ensuite 
des centres sensoriels et sensitivo-moteurs.— Mais on n'objectera 
que le sommeil peut venir sans que nous y pensions, sans que 
nous nous en formions l'image ?— Je l'admet, et nous allons con- 
sidérer le cas présentant le plus de divergence et qui est le sui- 
vant : à l'heure où nous nous couchons d'habitude tous les soirs, 
il peut arriver que sous l'effet de la fatigue, nous nous endonnions 
dans un fauteuil, sans que nous ayons pensé un seul instant à 
dormir ; nous pensons ou rêvons à une foule de choses n'importe 
lesquelles, et le sommeil nous saisi par surprise sur notre siège ; 
j'évite intentionnellement le cas où nous serions couchés, et où 
le sommeil nous viendrait dans les mêmes conditions, sans cepen- 
dant que nous y ayons pensé un seul instant ; car alors je pourrais 
invoquer facilement l'argument de l'image iuconsciente du som- 
meil, cette image n'aurait-elle duré qu'un instant. 

Si nous voulons bien examiner ce qui se passe alors dans le 
cerveau, nous verrons que les conditions sont les mêmes que 
lorsque nous avons voloutairement ou consciemment disposé notre 
organisme et les centres cérébraux commandant à ses différentes 



— 50 



COMMBNT BNDOAMIR 



parties, dans les conditions les plus favorables à la production 
dusomme.1. En effet la position couchée ou horizontale ne fait 
que favoriser le relâchement musculaire des membres et de l'in- 
testin ; ce relâchement peut aussi bien se produire dans tout autre 
position, sous l'influence de la fatigue, par exemple, produisant 
1 épuisement musculaire, et l'impossibilité pour les muscles de se 
contracter, ou tout au moins une tendance à rester inertes. 

Tant qu'à l'inertie de nos sens, celle-ci peut très bien se pro- 
duire dans n importe quelle position ; de même pour le centre 
régulateur de l'inhibition, puisqu'il peut être en inactivité même 
pendant la marche (Page 35) 

Par conséquent les conditions nécessaires à la production du 
sommeil sont alors les mêmes que lorsque nous nous endormons 
sous l'image du sommeil, c'est-à-dire que le centre régulateu de 
de 1 inhibition les centres sensoriels et sensitivo-moteurs seront 
dans l'état d'inhibition (voir page 30). 

On peut encore objecter que le sommeil ne vient pas toujours 
lorsque 1 on veut dormir, ou comme je m'exprime, lorsque l'on 
se forme I image du sommeil P-C'est un cas même très fréquent 
et en voie, brièvement la raison, sur laque'e je reviendrai d'aifleurs 
à propos de l'auto-hypnotisation (voir a la fin, page ) • c'est 
qu alors le centre régulateur de l'inhibition, qui devrait être k 
premier à ne plus fonctionner, est encore en activité. A u lieu de 

Ttrl^rf'^'r ^^-«(-'^«^^44) nousaccompliïï,' 
un travail cérébral ; nous coordinons nos pensées vers un but, 
une Idée ou un calcul quelconque ; et même étant très faib'e ce 
ravail de coordination empêchera le sommeil, puisqu'il requiert 
1 activité du centre régulateur. A plus forte raison si le travai 
est intense ; et c'est même là une descauses fréquente d'insomnie 
en particulier chez ceux qui ont de vives préoccupations • ce^ 



— 51 ^ 



COMMENT ENDORMIR 



derniers présenteront encore très souvent une résistance usse/. 
forte mais absolument involontaire, au sommeil hypnotique. 

Donc, que l'arrêt du fonctionnement du centre régulateur FF' 
U»g i, page 27), des centres sensoriels S. et des centres sensitivo- 
moteurs M, soit provoqué par la fatigue, par l'anémie cérébrale, 

par le contact momentanéd'uiiesubstancechimiquev.uorganique 
quelconque, par l'action de l'électricité (voir sommeil électrique 
page ), ou encore par l'action du fluide magnétique humain, 
nous devons recounaitre que «s influences ne sont que des causes 
prédisposantes ou adjuvantesde l'inhibition de la cellule corticale, 
laquelle doit être considérée comme la cause véritable et intimé 
du_ sommeil. Et cette inhibition demeurera aussi longtemps 
qu aucune excitation venant de l'extérieur, par nos sens ou de 
lin érieur par notre imagination (voir page. ..) ne provoquera 
1 activité de ces centres et par suite le réveil. Et comme l'inhi- 
bition est une propriété intrinsèque de toute cellnle organique 
en général, et en particulier des cellules nerveuses ; et que d'autre 
par cette inhibition ne peut cesser que sous l'effet d' une excitation 
quelconque; Il nous sera facile de concevoir que même lorsque 
les causes prédisposantes que j'ai nommées seront disparues pen- 
daut le sommeil, ce dernier se continuera quand même, pouVvu 
que rien ne vienne modifier l'état d'inhibition. 

Le réveil spontané du sommeil naturel. 

n«t«î:i''"'^lf " phénomène de la cessation spontanée du sommeil 
naure semble avoir été négligée par la plupart des auteurs : on 
étudie le sommeil et ses causes, et l'on ne pense nullement aux 
causes du réveil. 

Je ne parle pas des impressions sensorielles auditives ou tac- 
tiles qui peuvent nous tirer doucement ou brusquement du plus 



— 62 — 



MlllPr^^elB'7■'^fM:^:v4 -rS; 



COMMENT ENDORMIR 






vous sortir du so^ZJlnn'tT "'^' '''"" ^'"«^ »°"« P<>"- 

rieure ne nous y Zce F da Tie '*"''*/' "•-'-- -"-exté- 
tion offre une certa nein^^rla i ''' '"' "°"' "^^'^^ ^'^ ^"- 

«. provo.uoe r^::;r;:;.ï;r :r ï;;;:^ -^ '^ 

•'.uffi':::ire;;^rf"^^^;-;--i,ces.e lorsque Ton est 

mais c^est un tern^e^es 'v , t^^^^'^a sS'"'^ ': *°"^' 
posestalléatoire.^t ridée qiielôLs'eTfaitd/^''"'' '^^ ''" 
semble plutôt contradictoire • ai^ h " n '' "' P'*^^^'" 

rien, tout le temps dorment 'J Personnes qui ne font 

à la tâche du mit n j t" „ "u'^rr '"' '" '°"''°''"" ^"' P^'"-" 
les inactifs ne se senC^Iamarr^poTés'""™ "^'"^ ^^« «ï- 

donttn^ermTme t^pl '"ahrT' '' ''''' '^"^'^"^^ --^°^-. 

français.pendanTles„Xu :\^;o"v^^^^^ 

rai Bruneau : " Du 23 Novembre' a^^^ *^^"'^- 

senmines. à part deux iourl T . décembre, ix.„<la„t dc„x 

ché constamLnt irplus so„t.?r ''°"'^' """'^ «^«"^ "-- 

trois heures sur vin^ atT It"^ '' '°™' ^" - " 

fermer l'œil un seul î,sS du •] n ™l''"'' '' '"'' -'' '^^^' 
à cinq heures du soir S'a luT^^r-"' "''"" ^"' ''''^" « 
une mas. sur la place où n^^rn^ltoïn ^ arrêter 'u ^■' •'""'^ 
veapitiédemoi;sansqneiemVn °"'"'.^' ^["^etes. Un z-oua- 
vec sa pèlerine en gro ra^b eu e.T:! ^'^ '' '"^ — — 
indifférent aux explosions L«^K ^ '" ^^'""'^ ""^ ^^"'te. 

de moi. Il faut n?e : ou^r 1 tt^d'e";""'" '" ^°™''"'' ^"^°- 
au sentiment des réalités .4 j'I dorm77°"."' '"" ^^^^°'^ 
pris toute mon énergie." "^""^ '^""''""^ ^' j'*i «- 

Deux heures ont suffi pour le reposer de trois jours de fati- 



■— oô -^ 



'~iF>i^'A- 



COMMENT ENDORMIR 



Kuend.clhles. lor«,ue le Célèbre pirate Dé-Tham dormit pen- 
dant ,.„e s.-.uau,e après avoir été un peu privé de som,„eil peniant 
des emames que dura sa poursuite : et à ce sujet, voie î.^cit du 
heutenaufcolone; Péro.; -Après su sou-uissio!,. le Dé-Th.n io" 
m. une sen.a.ne p.esqu'entière. ne s-éveilla„t que pour manger. 
ÎZilTT ^ ^''''•' ^ ""''''•" '^''' '"• ^ >''"'Proviste. souvent à 
ien si n '" ' ^' ^""'' P-'-foi«q"'o„ n. appelât quelqu'un des 
s e„.s. s. 1 honnne reposait; combien de fois ne m'avait-il pas dit 
alors, avec une conviction où vibrait encore le souvenir aigu de 
ses souffrances passées : Ah! très-vénéré Seigneur, il dort! Que 
Votre Grandeur daigne ne point ordonner qu'on l'éveille ' Le 
sommeil est un bien unique, inestimable; que Votre Grandeur 
permette qu'il en jouisse jusqu'à ce qu'il e' soit repu !' 

H. pi' ^-"""'i' f"'°''' "''"■ '" P'''°'^ ^" ^'- Gariel, professeur 
de Physique Biologique à la faculté de Médecine de Paris qu 
affirmait que deux heures de sommeil par jour devaient suffira à 
un 1 onnne en bonne santé et n'accomplissant aucun travail m„s- 
c« aire force ou continu. Il .se ci,...t lui-même comme exem Me • 
pendant ses nombreu.ses années d'études à l'Ecole des Po. et 
Chau.s.sees, à la Sorbonne. et à la faculté de Médecine ju.sq- son 
profe.s.sorat .1 n'avait dormi que de deux heures à quatre eures 
du ma un chaque jour, plongé d u.s son travail le reste du temps. 
Et pourtant ce vénérable vieillard à l'épai.sse chevelure toute 
blanche, aux traits énergiques, con.serva jusqu'à ses dernier! 
ours une expression de calme et de repos, qui contrastait singu- 
l.crcment avec cette mine flétrie et fatiguée de ceux qui préfére- 
raient dormir tout le temps. 

II semblerait ,r-ie que l'abus du .sommeil ne repose pas • 
ceux qui se livrent . .n entraînement sportif quelconque .saveiu 
tres.bien ( ce que j'ai eu l'occasion d'expérimenter par moi- 
même d'ailleurs ) que de trop longues nu-'ts de .sommeil paraly- 



— 54 — 



^itm^if&m 




"^«^"^(^^^xpîî^^Srï^eSr""- -"—aircccmp..... ,„..„.i5iH.é 



'jmm 



mK 




fe|^ 



COMMENT ENDORMIR 






sent IcKèrement les muscle, qni «.-mblent a.num- perdre un ,-cn 
de k-ur contractilité ; et nous ressentons alors u„e certaine lour- 

tnl tlsT"'"" T ''"'' f ^"^^«'" '-' rexpLcation de ce fait 
peut très bien se trouver dans le contact trop prolongé des pro- 
Jluus toxiques ormes pendant le sonnueil, avec les cellules de 
1 organisme ; substances qui ne s-éliminent complètement quà- 
près que la circulation a repris son cours normal, c'est-à-dire 
quelques minutes après que nous sommes levés. Nous pouvons 
doue affirmer sans crainte de nous tromper, que la cause du réveil 
spontané sans^aucune provocation de l'extérieur si faible soit 
eue, u est pas dans la .suffisance du repo.s. 

La force de l'habitude semblerait plutôt être la véritable 
cau.se du rc- e.l spontané. Eu effet, on sait parfaitement bien que 
les personnes hah.tuées à. se lever h telle heure le matin, se réveille 
generaemeut l'heure arrivée ou tout au moins peu cl. temps 
aprçs. Je sn,s bien que beaucoup de gens ne peuvent s'éveiller sans 
1 aide du reve.l-matin ou du chant du coq ; et cette le .cule du 
"loiue dont le carillon carillonnait et qui se ren.Iormait .sa^s cesse 
a moins que son servant ne le tirât violemment de son grabat est 
assez typique dans son genre, malgré son origine toute fabnleii^e 
Mais ce u e.st pas tout le monde .^ni a iH..soi„ dune .sonncne da' 
larme pour sortir du ht : l^aucoup d'ouvriers .se lèvent ,égnl,è- 
renient a des heures très matinales suns .sen être jamais .s rvi- 

noirrrtrT'V"'"'? "''' ^'" '^""■^ ^ '^"' '' fantcecarillonnunen; 
pourrait très bien faire comme ceux qui s'en passent, s'ils „e 
comptait pas tant sur cet appareil. D'autre part lorsque noù^ 
nous endormons dans le cours de la journée .sans qu'i/y ait de 
fatigue, simp ement pour éviter la monotonie ou pLr preiulre 
une ré.scrve d énergie en vu de fatigues ultérieures tel que j e k 
mentionnait antérieurement (page 44). nous ne pouvons plus 
invoquer la force de l'habitude î>o„r expliquer un re'veil qui ,^ 
encore .se produire spontanément. D'ailleurs en supposant que 



— 00 — 



COMMENT ENDORMIR 



cette force de l'habitude serait la cause du réveil sponta. é, il fau- 
drait encore eu expliquer le fouctiouuemeut : c'est ce que je ni'eu 
vais maintenant essayer de démontrer, et qui va nous donner la 
solution du problème. 

Quelle peut être l'influence qui fasse que nous réveillions 
tous les jours à la même heure ?-Il est impossible d'évoquer 
1 action de la lumière ; malgré que dans certains cas, la lumière 
frappant la rétine même à travers les paupières puisse dans cer- 
tan.s cas provoquer le réveil; on ne peut pas l'admettre pour l'ha- 
bitude quotidienne car le réveil se produira quand même, que les 
volets soient ouverts ou fermés, que le jour soit gris ou ensoleillé. 
On ne pourra pas non plus imputer cette action aux bruits envi- 
ronnants, car ces derniers varient d'un jour à l'autre, suivant les 
jours fenés et de labeur, quoique cependant le réveil se produira 
toujours à la même heure chez l'habitué. Nous ne voyons pas 
d autre part d'où pourraient venir les sensations tactiles ou dou- 
loureuses ; pas plus que nous pouvons réclamer comme cause le 
nombre d'heures de sommeil toutes les nuits, car, que la personne 
se couche plus tôt ou plus tard, plus fatiguée ou moins, elle .se ré- 
veillera quand même à l'heare habituelle ; avec, il est vrai, une 
plus ou moins grande sensation de fatigue ou de repos, mais elle 
se réveillera. 

Si le réveil spontané habituel ne vient ni de nos sens, ni de 
la périodicité d'une alternance de travail et de repos, pourrait-il 
alors venir sous l'influence des centres de l'imagination ?-Pour 
y repondre nous allons tâcher de saisir ce qui se passe dans l'ima- 
gination de l'habitué au réveil matinal régulier, et cela depuis 
avant son sommeil jusqu'après son réveil. 

Quelque temps avantde se mettre au lit, ou même en .se cou- 
chant, celui qui veut se lever à telle heure y pensera générale- 



— 56 -^ 



.'*.•«• 



COMMENT ENDORMIR 



cas ce ne serô ni vivement 1 imagination ; dans quelques 

se e" tôt non ' "" ""^'"'' '""'^ ''^'^P^'^ '^'"" P'-^-^ on ve, 

rao,ns avant qite la distraction vienne • iïfan 1 1 ' •" '" 

leurs une pratique asse? r^nnt,,!,,» • , "^^^'"- ^ est d'ail- 

faire réussir l'expérience Po„r ..rt ^ ^ ^ ^ "' Parvenu à 

perdre une occasion de faire un peu la douce pare ^ D«n 1 
premier cas comme dans le second on Jl Pa^sse Dans le 

la prolongation du sommeil ; et si cette dernirrr.r T r ^^ 
réveil à l'heure déterminée est InTpTsl ble Ce? î' "' '°''''' ''^ 
faciles à tenter, et tout le mondêTu tfa^ il slfr^"' 
éliminer toutes les causes extérieures : ^u^iSf'^:^^ 
et 1 on constatera nettement et indéniablement l'influence de iV 
magmation dans la production du réveil spontané 



- 67 - 



COMMENT ENDORMIR 



On m'objectera peut être que l'habitué au réveil matinal ré- 
gulier, n'y iiense pas toujours avant de se coucher.— Il y a cer- 
tainement quelque fois où cette pensée pourrait ne pas exister du 
tout, mais ces cas doivent être plutôt assez rares, car si l'on veut 
bien se donner la peine de faire une petite statistique, on trouvera 
que l'idée du réveil est une concourmittente presqu'inséparaljle 
de l'acte du coucher. Et même alors qu'elle ferait complètement 
défaut pour quelques soirs, ou mieux que l'on n'en aurait pas 
connaissance, elle existe quand même à l'état latent dans la mé- 
moire ; en effet, celui que ses occupations journalières oblige à 
se lever à bonne heure, aura dans l'idée, non seulement avant de 
se coucher, mais un peu tout le temps, qu'il doit être debout tous 
les matins à telle heure ; cette pensée est corollaire de son travail; 
elle est comprise dans l'ensemble des circonstances qui l'accom- 
pagnent. L'idée ne sera donc pas de se lever tôt pour un matin, 
mais tous les matins. Si faible que cette pensée puisse être, elle 
deviendra de plus en plus forte par sa répétition fréquente ; elle 
.se gravera dans la mémoire d'autant plus profondément qu'elle 
sera plus souvent répétée et plus intense à la fois ; et c'est une 
des premières raisons pour lesquelles l'habitude s'établit petit-à- 
petit, et que le lever matinal devient de plus en plus facile. A 
moins que, comme cela se rencontre fréquemment, le regrtt de 
ne pas pouvoir faire la j rasse matinée, ne vienne amoindrir ou 
quelques fois détruire l'influence de la première idée ; et alors le 
réveil est pénible et difficile, lorsqu'encore il arrive à se produire 
à l'heure déterminée. 

Mais comment peut agir cette idée, comment l'imagination 
peut-elle provoquer le réveil à l'heure choisie, et souvent avec la 
plus étonnante précision ?— Il est impossible de faire intervenir 
la durée du sommeil, car comme je le disais plus haut le réveil 
aura lieu à l'heure habituelle peu importe l'heure da coucher — 
On ne peut pas d'avantage penser au nombre de tics-tacs de la peu- 



— 58 - 



Art 'un.r ■ r jEais,:'?;^ ':. iwi •■-, i 



COMMENT ENDORMIR 



dulc : ce serait un calcul un peu trop comnlim,,'. n' ■.. 

sonne s'endonnir. et j'avance les aigcK^ ''' '"f" 

quarts d'heure, ou une heure ; et cepen bnt r^^v^^^^ T' 

lorsque les^aiguilles indiquent Theur'e ! ^ J' -• 1^!^'' 
saye avec deux ou trois horloeesdifférento.nir-' , *"'" 

des autres, a l.nsu du dor.e^^ttf XL ^^In ^r^^-fl 
avançant celles de l'autre • et tonmnr. i , ^""-^ '''^ '"'"-■, et 

i:heureindi,uéeparl'horCr;rJ^::^;C^f:l;^ 
nences sont faciles à tenter et tout le nu.nde peu s^ PÔter 'il 
suffit que la personne qui s'endort soit bien décid eVse'ré ^ ,ie 
a heure mentionnée, et qu'elle ait pleine conf.anceda 's -rés . 
tat, pour la raison que je mentionnais pins haut. 

Comment peut-on alors expliquer ce phénomène ?-T'ni n - 

.'..are vo„,,,e.--R.,, ■«o.i.Zs'r , V,™', '^ •::'"'' ^"'^ 
le sommeilles centres de l'imacrinnU., rt" ' ^ '^ ' ''^''^"^ 

— 69 - 



■ "ivr^iMt t^v.. 



COMMENT ENDORMIR 



iiince pour le réveil. Aussitôt que l'image de l'heure apparaît, 
F iiî agit sur S et M ; uous commençous à entendre, à sentir le 
jucher des couvertures, puis nous ouvrons les peux ; EK' agis- 
sant en outre sur FF' nous reprenons vite connaissance, et le ré- 
veil est complet. Nous pouvons encore admettre que l'action de 
EE sur S et M se réfléchit jusque sur N, J, et au delà, mettant 
alors eu branle toute le système encéphalique. 

Etats divers ressemblant bu sommeil. 

Différents états ayant Tapparence du .sommeil et en présen- 
tant divers synii)tômes, aiéritent d'être étudiés ici, afin de voir 
ce qu'ils peuvent avoir de similitude avec le .sommeil, et de nous 
permettre peut-être de trouver des moyens de le provo(iuer. Nous 
examinerons certaines somnolences d'abord : le mal de montagne, 
l'engourdissement par le froid ; puis ensuite les ivre.s,se alcooliques 
et médicamenteuse, dont l'accentuation produit le coma. 

Le mal de montagne est une somnolence ou tendance au 
sommeil, accompagnée de vomissements la plupart du temps. Les 
expériences de Paul Bert, Mosso, \gga- ■.otlii, sur des animaux 
enfermés dans la chambre pneumatique, et soumis à une dépression 
de 220 millimètres, ont montré que la raréfaction de l'air en était 
la cause. Mais les animaux finissent par s'habituer, et après des 
expériences répétées, on ne constate plus aucum symptôme. Chez 
les ascensionistes, les malaises commencent à se faire .sentir par 
une altitude d'environ 3000 mètres ; ils sont généralement à leur 
maximum lorsqu'une altitude de 5000 niètresest atteinte. L'in- 
terprétation de ce phénomène est aujourd'hui a.ssez éciaircie ; 
la cause serait l'acapnie, ou l'insuffisance d'acide carbonique, re- 
tardant la dissociation de l'oxyhèmoglobine. — Mosso a fait quel- 
ques expériences très intéres.santes sur des singes: enfermés dans 
la chambre pneumatique, à une pression variant de 250 à 300 



— 60 — 



COMMENT ENDORMIR 



"Hllunetres.ct la teneur ck- roxRyèn. variant de 5s à f-spour ,00 
>1 y a eu sommeil profond, d'où les bruits ne pouvaient tirer les 
animaux. Il est donc intéressant de voir connuenl l'acide car- 
bomque agit à peu près de la mérie façon dans un cas comme 
dans 1 autre, c est-à-dire peut produire le sommeil soit par son 
accumulation, soit par sa rareté. 

L'enRourdi.ssement par le froid est un fait trop connu pour 
qu 11 .soit nece.ssaire d'insister. Sous l'action prolon-éc du froid 
la respiration .se ralentit, les contractions cardiaque dimimunt 
en nombre et en force; et tout cela par affaiblissement mu.sculo- 
nerveux général.-Mais quel en est la cause ?-0n a surtout fait 
api^el à 1 auoxyhémie, rinsufFisance d'oxygène, oualorsà l'acap- 
ni. Mais cette auoxyhémie, ou cette acapnie, est un résultat et 
non la cause. En effet qu'il fas.se chaud ou froid, la teneur ou 
oxygène est la même ; par coiuséquent on ne peut pas admettre 
que c est son insuffi.sance qui provoque le ralenti.s.sement respira- 
toire et circulatoire.-Il me semblerait plus juste de penser aux 
reactions phy.sico-chimiquesde toute substance organique vivante 
Tout processus chimique ou phy.sico-chimique exige pour s'ac- 
complir une certaine température an-dessus et au-dessous de la- 
quelle le phénomène e.sl ralentit ; même, lorsque la température 
tombe de beaucoup, il peut ne plus y avoir aucune action On 
peut donc facilement comprendre que lorsque la température 
tombera de 40 a 50 dégrés centigrades, si l'organisme ne réagit 
plus pour récupérer la perte de chaleur, le di^ er^es combinai.sons 
et décompositions qui doivent .se produire pour entretenir la vie 
-se ralentiront d'abord, puis finalement ces.seront complètement • 
Il y aura d'abord engourdi.ssement, puis petit-à-petit la tempéra- 
ture du corps s'abai.s.saiit, la mort apparaîtra. Il faut bien re 
marquer que pour qu'il y ait engourdi.ssement et mort, le refroi- 
di.ssement doit se produire par toute la .surface du corps, ou à-peu- 
pres; car par les poumons .seuls, le froid ne peut pas pénétrer 



— Gl — 



i«M 



COMMENT ENDORMIR 



siifrisaniniciit, coiniue nous le savons par l'txpcritnce de ces ex- 
plorateurs polaires qui conclient au ^rand air, i)ar des tempéra- 
turcs excessivement basses. 

Les ivresses alconiitjues et médimenteuses quoique souvent 
très (lifTérentes dans leurs aspects et leurs symptômes, ont au fond 
une action tout-à-fait analogue sur les centres nerveux. Le pre- 
mier effet de toute sub.stance produi.sant l'ivresse est une exagé- 
ration des échanges organiques ; puis les do.ses augmentant, il se 
produit alors un commencementd'iiiliibition des centres nerveux, 
laquelle devenant de plus en plus complète et générale, finit par 
le coma. Or nous avons vu, (pages 26, 27, 30) que le centre ré- 
gulateur est toujours le premier à rentrer dans l'état d'inhibition ; 
il est alors facile de comprendre comment à ce stage de l'ivre.sse, 
les images que l'on provoquera dans le cerveau en élatd'ébriété, 
ne pourront plus êtres contrôlées, ou du moins bien peu, et pro- 
duiront irrésistiblement leur effet. C'est ainsi que les .suggestions 
réussissent si l)ien dans l'ivresse, fait que beaucoup ont misa pro- 
fit dans des circonstances qu'il e.st inutile de citer. 

SOMMEILS PROVOQUES. 

L'hypnose et ses phénomènes. 
La "Réceptivité." 

Lais.sant de côté le .sommeil anesthésique, qui ne .saurait 
trouver .sa jilace dans le cadre de cet ouvrage, nous ne con.sidé- 
rons que les soinisieils provoqués sons l'influence des médicaments 
hypnotiques, et surtout l'hyijuose : Comme il e.st d'habitude 
chez un grand nombre d'auteurs de rattacher l'étude de la sug- 
gestibililé à celle du .sommeil hypnotique, je me comformerai à 
cet usage ; d'autant plus que nous allons pas.seren revue les diffé- 
rentes définitions qui ont été donnés de i'uu et de l'autre. Ce- 



— 02 — 



COMMENT ENDORMIR 



pendant mon but étant spccialement la , cdu rcl.e cks n.oycns <le 
provoquer le sommeil hypnotique ou magnétique. Je ne citera 
que les theor.es ou les faits propres à nous aider da, s la mt au 

ponu des méthodes connt.es Ja découverte de not,vea«xpro Ses 
et le d.ag.,ost.c de la profonde..r du sommeil. P'°^^'l^^' 

n.c«^^ f °^*^"'' ^"•P*"''^ ^0"°e 'a défi.,ition suivante : " l'hyp- 
nose est un état d'engourdissement per.nettant à l'hypnoti^ 
d être docle aux suggestions de l'hypnotiseur, lesqu^les p^ 
du.se.,t leur effet en rendant le sujet actif ; et la suggesUbflUé 

sera.tda..s'.laforteco.,centrationdel'attentionsurt fe'chot •' 
ce qu, permettrait à la suggestion étrangère " d'influencerT^u- 
jet an po.nt de lui enlever le contrôle de l'effet produ.V' Et I 
ajoute que pour qu'une suggestion porte son ef/et. - il faut l>n 
gourd.ssement delà personne à qui elle s'adresse --sï.ous 
nous rapporto.,s à la figure 2 (page .7) et à sa description o,"s 
compre..dro„s physiologiquemct ce que peuvent êtreceteng^^ 
d.ssement et cette suggestibilité. La cat.se en est da..s dans Hn 
act.v.té du centre régulateur de l'inhibi.iou FF' uq'el dor ,"-" 
vaut, pour s.mpl.Tier. je donnerai le non, décentre régu'ate." ou 
encore de sens inhibitoire. bu'-ieur, ou 

Le docteur P. Carr dit : " La Physiologie nous apprcd que 
e cha..xon qu. raccorde l'état co.,.sci.nt et le ,no..de matérid e 
trouve da.is certaines cdluks du cervea... Cet état de fa eï 
autant le prodt.it cée par ces cellules du cerveau, que lïlectri^hl 
1 est par la cause galvanique. Le cerveau est c^mpo-sé de nom! 
breux groupes de cellules ayant chacu.ie des fonctions différentes 
et plus ott mo.,.s indépendantes ; ces groupes .sont étroitement 
rehés par les fibres des nefs, de façon à former un tout harmoni"^ 
Ces groui^s passent parfois à un étatd'i..activité appelé so.nnTè.T 
qm varie en degré. Quelques-unes des cau.ses du ZlTeuZut 
bien connues, ainsi que celles des conditions des ceUuIes ,J„da" 



— 63 — 



COMMENT ENDORMIR 



le sommeil. Certains changements s'opèrent danschaque celinle 
quand elle est en activité, et elle rentiedans son état normal pen- 
dant le sommeil. Qnelques «roupes peuvent dormir pendant que 
d autres ne le font pas ; de plus, certains groupes ou centres dor- 
ment plus facilement que d'autres. Les centres ayant conscience 
de ce qui k.s entoure à l'extérieursont généralement les premiers 
à s endormir, tandis que les centres automatiques tels que le 
coeur et les centres respiratoires, se lai.s.sent difficilement influen- 
cer pour arriv er à l'état de sommeil. Certaines substances nous 
rendent facilement incon.scients à l'égard de ce qui nous entoure 
mais la mémoire est encore éveillée, et quelques sens, ainsi que 
plusieurs centies automatiques encore actifs. Cependant tous 
parfois, .sont paralysés. Us sens iuhibitoires .sont des derniers 
a apparaître dans le développement du cerveau ; ils succombent 
facilement aux influences hypnotiques. Quand les cellules par 
esquels nous apprécions ce qui nous entoure et les centres inhi- 
bitoires sont endormis, les ; nres centres actifs répondent géné- 
ralement aux suggestions faites par l'intermédiaire d'un sens 
quelconque. Les phénomènes réflexes, qui sont normalement 
sous un contrôle inhibitoire, agissent avec une certitude et «ne 
liberté remarquable, et la suggestionne manque jamais d'éveiller 
des repon.ses. Nous n'avons pas deux cerveaux, mais pratique- 
ment des centaines de cervaux, tous intimement reliés, mais plus 
ou moins indépendants ; c'est en endormant les cerveaux secon- 
daires ou centres, et en lais.sant les autres actifs, que l'on produit 
les phénomènes d'hypnotisme. " 

Si nous rapprochons cette descriptioi. de celle de Gras.set (voir 
Fig 2, page 23) nous verrons que les cerveaux secondaires du 
Docteur Carr, correspondent au cerveau supérieur, ou ceutre O 
Il semble y avoir contradiction ; mais en réalité, c'est la mêm 
cho.se, ce n'est que matière d'appréciation. Cependant si no4is 
examinons bien le. .aits, nous constaterons que Içg «rveaux sç- 



— 64 — 



COMMENT ENDORMIR 









s; -S;. ■;-,»"" -, '- ' •■ ■■•' ".- 

actes ses Densé^^ S";^'^^'"^"' cocrdincr .ses nio.uciMc-nts, .ses 
».P«ge 27) qui soit endormi. '^MiUtcu, n. (voirh,,; 

:t,rrn:;'-rjriroTx:,rr't,:;'r' -"™" 

loin d'être indispensable »n foneti^nn^rd^l ,!":"" "' 

danseurs de corde. les équilibristes. lesarti.ste.sc,,,i "o et ,r ie 
.nstrumeut des „,orceaux remplis de diffictUté.s/asC „" s i ! 
d actions automatiques acquises par l'habitude : si il l i^^ 



— 65 — 



COMMENT ENDORMIR 



sera d'autant plus niarruice que Tactivité consciente sera suppri- 
mée plus ou moins entièrement : cette dernière en effet résidant 
vraisemblablement dans la couche la plus superficielle de l'écorce 
cérébrale, il en résultera par suite de sa paralysie unehyperexci- 
tabihté des centres réflexes sous-jacents, cette activité cérébrale 
automatique est. du reste, à rapprocher de celle de la moelle et 
du cervelet, qui s'exagère à sou tour lorsque le fonction.iement 
du cerveau, dont elle est absolument indépendante, est diminuée 
ou anéantie ; on sait, en effet, que si Ton enlève à des pigeons ou 
à des rats les hémisphères cérébraux, on voit ces animaux faire 
des mouvements et tressaillir lorsqu'on approche près d'eux • une 
grenouille décapitée continue à nager ; un animal auquel on a 
extirpe le cervelet ne peut plus coordoner ses mouvements. Dans 
1 hypnotisme, l'activité consciente du cerveau n'existe plus 
Dans la léthargie et dans la catalepsie, elle est totalement abolie • 
dans le somnambulisme, également, elle disparait le pi us souvent' 
mais dans quelques cas cependant, elle peut conserver encore uii 
vestige d'existence qui, si faible qu'il soit, expliquerait certains 
phénomènes observés. Cette i^rte de la conscience, qui est le 
premier phénomène provoqué par l'inhibition pendant le sommeil 
nerveux peut se faire subitement, et l'individu passe sans tran- 
sition à l'état d'un automate, ou au contraire se produire peu à 
peu. comme cela s'observe lorsque le procédé hypnogène met un 
temps plus ou moins long à agir : le sujet passe alors par cet état 
intermédiaire, préhypnotique, et dans lequel il sent s'éteindre 
progressivement chez lui la notion de sa propre identité et de tout 
ce qui 1 environne extérieurement. Il se passe là, du reste des 
phénomènes analogues à ceux que l'on observe dans l'invasion 
du sommeil, soit physiologique, soit chloroformique, ainsi que 
dans la premières phase du délire produit par le haschich ou par 
la fumée d'opium. " ^ 

Cette description de l'hypnose est absolument complète et à 



- 66 — 



£'''i'tM^M*^^^si. jUr 



. . COMMBNT ENDORMIR 



.•a..™.io,!: o„ préS;,r;; r :;;cie;;;rd''f,: '"™ '""^■■"'"' 

"ombre |„s.,i|,le d-ii,mM,Tf ' '"""atio,, d„ pi.,, ,,„j 

d., ,n,p.,.„,„ ..„;',r; ?.« r " TMr„rr"""^"" "" 

complète et vraie réside (l-i,,. I^ < . ' '" '-^""■''citnce 

t;em de l'activité p,„s ou .noi^'^ ^,^^1"' ,, ^'^"^-■- 
1 activité de ses fibres de r,]ation^\ZT, ' ^ '"*"'''""' ''^ 

sensori-.noteurs • tatidis nn. i '*'' '^^"*''*-''' '^^"'^oricls tt 

^K-. r.es é,ui,;;Sr :,t:^':;:;7 'rT' '^^'"^'*^*'^ ^^ 

".eut conscience de ce on' is fo t h ^ ''" . """'^' ^"' '^''■■"'- 
'»ai« il leur est absolu» /t,"«s^^^^^^^^^^^ ^^"'''« ^'^ "-*'- 

chaque u.o„ven,ent ^^1.: d ^n 'fa re ?il "■""^[ ""' '""'•«^ ''^ 
11=* seraient forcés de ret-ird.M i ' ' ' '■°"'''"e"t k" faire 

Pour ce qui est de la localisitio„7 P"""^" ^""e rompue. - 
la couche su,>erficieL de' ^^^ TT ''" '"^ '^°"^^'^'*--"-- ^-'« 
c'est une hypothèse a.l^ f^o^C^^' ' "" '^^'"'''^ •^- 
avons vu à ce sujet (page 2M L TJ \ ■ "'''"'''"'' '^"" "°"'^ 
tonte dans l'acti^itélï.:; inhid:^:';^!: ^''"^'"^ ^"'^"-^t 

cer par une affirn:ation , ar ,T. e ,•";"■ '"^ '^'^ '•'^'^'^^^ '""""'- 
comu,e de véritables ca us li c tnntes"' '' ""^''*"' "^■■^-"^ 
propriété le nom de crédi;;;!.;""^^; :;;:;., ^-!— ' -tte 

constante avec les fonctions régulatrice! 1' "' '" '""^ 



- 67 - 



COMUBNT BNDORMIR 



se tenir en «?veil iwur en refréner ou en tempérer lea déborde- 
déments, cl qui souvent échouent ; tellement sont nombreuses et 
puissantes les causes incitante» qui mettent en jeu cette crédibi- 
lité. " 

Mais la crédibilité renfermant l'idée de croyance, implique 
l'usant- du raisonnement : et de fait l'hypnotisé peut encore rai- 
sonner, raisonne même souvent très bien. Cependant la crédi- 
bilité comporte une certaine faiblesse, insuffisanse ou désordre 
dans le jugement : or si un hypnotisé peut jvoir des illusion», et 
môme des hallucinations, cela ne tient que des organes sensoriels ; 
tandis que la crédibilité nécessite une désorganisation plus ou 
moins profonde de l'association ou de la coordin. ion cérébrale ; 
s'il se peut que l'on arrive à troubler même très profondément 
le fonctionnement normal du cerveau, ce fait n'est pas toujours 
possible, bien que des suggestions raisonD,ies puissent irrésisti- 
blement produire leur effet. 

Beruheim définit la suggestion : " toute idée acceptée par le 
cerveau. Que cette idée vienne par l'oreille exprimée par uue 
autre ix:r.s(>::ne, par les yeux, formulée par un écrit ou consécu- 
tive à uue expression visuelle, qu'elle naisse en apparence spon- 
tanément, réveillée par une impression interne, ou développée 
par les circonstances du monde extérieur, quelque soit l'origine 
de cette idée, elle constitue une suggestion. l,& suggestion est 

dans tout la suggestibilité est une propriété physiologique 

du cerveau humain Qu'est-ce dono quc l'hypnotisme ? Ij 

m'arrive souvent de dire : il n'y a pas d'hypnotisme. On croit 
que je veux être paradoxal, que je lance une boutade humoris- 
tique. Et cependant, c'est le iond de mon opinion. Il n'y a pas 

d'hypnotisme Pour beaucoup de médecins, et d'hommes de 

science le sommeil hypnotique constitue un état anormal, anti- 
physiologique, sinon pathologique. Cette conception est erronnée 



— 68 - 



mr^T m^f^t» 



^•i 






COMMRNT KNr)OkMIR 



Cequnnap,,.,,, Hypnotisme, Vst autre cho,c .,„. la n.ise e„ 
acmtcd une propriété nonnalc du cmcau. la suuKcMil.ilitc. 
lin yapasd hyi,„,.ti.s„,e; il „y a pns.lïtat sKcial méritant ce- 
nom. .. . Les phénomènes que nous étudions . „,. sont pas pa- 
thologiques. . . J'ai établi définitivement... .;•..- ce qu'on avait 
attnbtiéau MaRuéti.sme. à 1' .ypnotisme, au M.m«.eil .suKuéré 
» e.st autre chose qu'une propriété norn.i.lc ,\u cerviau lut- 
main.... la sUBge.stibii.té. c'est i\-dir.- lapuuuU- du cerveau î 
recevcr une idée et à la tran.^former . n a. -e ... A.nsi envis.u'ée 
la doctrine de la suKKes.sion s'élargu M.KnlièrenKnt: elk c„. 
prend 1 humamté toute entière; car la suK,.e.-u.„. ..m .idée 
d ou qu elle vienne, avec toutes ses e..n.séq,u„ces, .^u. .simp<..se 
au cerveau et devient acte; c'est la déten.uu.sn. .mi n„.s f..t a- 
gir . . . . Rlle e.st dans les idées courantes dont on -,' pénètre dan , 
limitation dans les instincts qui impo.sent les opi.nons i^écon- 
çues dans 1 éducation philosophique, religieu.so, poliii.i„e. .scK-iale, 
dans la lecture, dans les e.xplicitations de la presse, dans la ré- 
came.. .La suggestion, c'e.st l'action, c'e.st la Intte; c'est la 
vie; c est 1 homme et rhuinanité tout entière. . . . " 

Si comme il le dit lui-même, Hernluim n'a pas "voulu" être 
paradoxal. U l'a été quand même, mais alors involontairement, 
h .1 n y a pas d hypnotisme, q„e vent donc dire ce mot >.... Que 
fait-ou lorsque l'on provoque un .sommeil presque comateu.x sans 
a..tre auxiliaire que la fixation répétée d'un objet brillant ' . . 
IZTZ" V",? ^''«'/J-tion à ce que l'on trouve un meilleur 
mot que celui-là : mais d'ici là. il en faut tout de même un. et 
c est le mot Hypnotisme que nous connaissons. 

Il semble généralement y avoir mal-interprétation dans les 
terme>.s sugges^tion et sugge.stibilité : d'après .son étymologie. le 

ceu ÏÏ'l'T " ™"' '"''^''•'^''°" ''^■^■^^•' ''''' ^«"' ^^ 'l"i -t sus- 
ceptible de faire naître une image daus notre cerveau. Mais l'i- 

— OD - 



■sa»-^ 



COMMENT ENDORMIR 



cice de la formal.oi, de cette image dans notre imagination n'im- 
plique pas nécessairement que cette image ou cette idée soit ac- 
ceptée comme vraie, et qu'elle produise infailliblement les effets 
que 1 on devrait en attendre. En cela Bernheim a parfaitement 
raison : tout est suggestion dans ce qui nous entoure ; lorsque 
nous proposons quelque chose à nos semblables, soit par la parole 
soitparl écriture, ou encore par des images ou des moyens dé 
reclame de toutes sortes, mais faisons de la suggestion ; mais ces 
•suggestions ne sont pas toujours acceptée : le raisonnement et le 
jugement interviennent ; et l'idée proposée ne sera admise que 
SI a contre-partie est moins forte. Et le ré.sultat affirmatif c'est- 
a-dire 1 acception par autrui d'une sugge.stion devient la persua- 
sion, puissance qui conduit les foules. 

Comme le dit Bernheim, la suggestibilité est une propriété 
physiologique normale du cerveau ; de même la persuavi.sité et 
lacredivite ou crédibilité : les procédés hypnotiques ne font 
qn exagérer ces facultés, comme nous le verrons plus loin. 

II y a donc lien de trouver une expression, un terme qui 
puisse mieux s'adapter aux circonstances, oe.st-à-dire qui ex- 
prime le plus exactement possible la différence qui existe entre 
un cerveau sous le contrôle du .^ens inhibitoire FF' et celui qui 
est privé de l'influence de ce centre régulateur. Je suggérerai le 
mot " réceptivité " ; celui " d'acceptivité " serait peut être plus 
juste, mais le premier me semble plus énergique. Le .système 
cérébral de 1 hypnotisé e.st en état d'acceptivité on de réceptivité • 
tant que le centre FF est inactif, toute suggestion apportée au 
cerveau par un ov plusieurs sens, sera reçu et acceptée sans au- 
cun contrôle, et alors produira infailliblement les effets que com- 
porte sa nature. 

Quelques auteurs ont api^llé cet état : la " passivité " ; de 



70 




S^"i^ss:-s!;-^âM£Sii&::t 



Noter In (Jac- 
■oir ««plicaiions, 



^■^■st? 



Wmmmmm 



COMMENT ENDORMIR 



prime abord ce terme sembh: irréprodiahle ; mais la passi>ité ne 
suppose pas du tout l'inhibition du centre FF', de sorte qu'elle 
peut exister à l'état de veille ; en réalité ce n'est que l'acquies- 
cement ou le consenteme-it du sujet à admettre, momentanément 
du moins, ce que l'on ofxre à son esprit. D'autres hypnotiseurs 
moins nerveux dans le choix de leurs expressions, donnent le nom 
de passivité à la réso'ution musculaire, plus ou moins complète 
et volontaire, qu'ils chercheut à faire prendre à leurs patients. 

Le premier rjhénomène à produire chez celui que l'on veut 
endormir, sera '.a réceptivité : il faudra chercher à mettre le centre 
FF' en inacti /ité. Différents procédés ont été imaginés dans ce 
but, que l'on trouvera au chapitre des méthodes d'hypnotisation. 
Dans cett- état, toute suggestion, toute idée, toute image, que 
l'on pr/.seutera au cerveau du sujet, sera reçue et acceptée par 
lui ; l'effet se produira et sera d'autant plus complet que le centre 
rég-.lateur FF' sera plus inactif. Tant que le sens inhibitoire 
conservera encore une certaine activité, on pourra constater une 
plus ou moins grande résistance ; mais cette résistance diminuera 
au fur et à mesure que le centre régulateur deviendra de plus en 
plas inactif. Lorsque ce dernier .sera dans l'inhibition complète, 
il n'y aura plus de ré.sistaiicc iw.ssiblc ; excepté cependant si l'on 
cherche à contrarier les habitudes de la rer.sonne à qui l'on s'a- 
dresse. En effet, dans ce cas, il faut lutter contre une modalité 
acqui,se et plus ou moins puissante du cerveau ; laquelle repo.se 
sur des souvenirs organisés, et scmveiit trc- profondément enraci- 
nés dans les différei.Ls centres. Il en .sera de même lorsque l'on 
voudra suggestionner ri rencontre d'une résolution déterminée, 
d'une déci.sion ferme, d'une volonté énergique, f le le sujet ou lé 
patient se .sera fortement et profondément gravée dans l'esprit, 
immédiatement, ou même bien loiigtemps, avant l'opération — 
Bien plus, si l'on insi.ste trop, si l'on veut agir trop br-:. ;u?ment, 
ou trop violemment, il peut alors se produire ce v^ue l'abbé Patoux 



— 71 — 



COMMENT ENDORMIR 



décrit en ces termes : " quand on veut arracher à un sujet en- 
dormi un secret qu'il entend garder, ou lui faire exécuter un 
ordre qui lui répugne, il a une attaque violente et se réveille su- 
bitement. " Ceci est partiellement vrai ; si l'on violente trop le 
sujet, il peut se produire des crises que certains liypnotisettrs 
plus ou moins expérimentés connaissent malheureusement trop 
bien ; et ii moins que l'on ne fasse cesser la crise par un retour 
sur soi-même, par la cessation des suggestions l'ayant provoquée, 
ou assistera à un réveil qui n'aura rien de plus intéressant que la 
crise elle-même. Mais il est bien rare que les choses aillent aussi 
loin : généralement le sujet tout simplement ne répond pas à la 
suggestion, et semble sourd, ou absolument paralysé, ou raidi, 
selon le cas. Les crises se montrent surtout chez ceux qui fré- 
quentent plusieurs hypnotiseurs : il arrive que les suggestions de 
l'un contrarient celles d'un antre ; et alors on voit de ces petites 
scènes qui n'ont rien d'agréable pour les spectateurs. Cependant 
l'expérimentateur qui aura des connaissances exactes du fonc- 
tionnement cérébral de l'hypnotisé, discernera facilement les pro- 
dromes de la crise et saura l'éviter ; et l'hypnotLseur de fortune, 
dès que la crise, qu'il n'aura pas pu prévenir, .se sera établie, 
s'empressera par tout les moyens, au petit bonheur, de la faire 
cesser, car elle n'a rien de bien rassurant ; il sait parfaitement, 
après en avoir expérimenté plusieurs, qu'après le réveil, le sujet 
aura des malai.ses phis ou moins intenses, tels que maux de tête 
étourdissements, sensation de vague dans les idées, pouvant même 
dans quelques cas aller jusqu'au délire. 

Il ne faudrait pas croire que ces crises ne peuvent se produire 
que dans les états superficiels du sommeil : on les rencontre dans 
les états les i)liis profonds. 

Nous venons de voir une des caractéristiques psycho-phy- 
siologiques de l'hypnose ; nous allons maintenant examiner les 



72 — 



COMMENT ENDORMIR 



différents dégrés de profondeur du sonnneil hypnotique. 

Il existe un nombre considéral^les de clasifications des états 
hypnotiques ; dont les plus connues sont celles de IJébault et de 
Bern he.n,, que j'essaierai de reproduire aussi intégralunent que 
possible. Puis ensuite je reviendrai, comme tous les auteurs 
d ailleurs, sur les trois états de charest. 

Voici d'abord la clasification de Liébault • 

d. 1.7V^Tl' f?"'""'^"'-^'^- Torpeur, assoupis.sement. pesanteur 
de la tête, difficulté à soulever les paupières. 

2me degré: Sommeil léger. Commencement de catalepsie • 
les sujets peuvent encore remuer leurs mem1,res si on les défie ' 
mais 11 ne peuvent plus soulever leurs paupièios. 

3me degré : Sommeil léger plus profond. Engourdissement 
prononce, catalep.sie, aptitude à exécuter dos mouvements auto- 
matiques : le sujet n'a plus la force d'arrêter Tauiomatisme ro- 
tatoire suggéré. 

4me degré : Sommeil léger intermédiaire. Outre la cata- 
lepsie, autonatisme rotatoire ; les sujets ne peuvent porter leur 
attention que sur l'hypnotiseur et n'ont gardé le souvenir au ré- 
veil que de ce qui s'est passé entre eux et lui. 

Sme degré : Sommeil somn.unbulique ordinaire. Amnésie 
complète au réveil et halliu-inabiliié pendant le .sommeil • les hal- 
lucinations s'effacent au réveil. 

6me degré : Sommeil .somnambulique profond. Amnésie 
au réveil : hallucinabilité hypnotique et post-hypnotique. Sou- 
mission absolue — 

Liébault dit encore : " D'après ce coup d'oeil jeté au vol sur 
le sommeil, il ressort que, de manière qu'il naisse, il se présente 
sous deux aspects : ou il est profond, ou il est léger. Profond 
Il se manifeste de deux façons : par suite de l'arrêt ou du ralen- 



— /o — 



COMMENT ENDORMIR 



tissement de l'attention sur les idées, il y a abolitions des fonc- 
tions des sens et du système locomoteur ; ou bien suivant la 
pensée, entrant en mouvement avec l'énergie proportionnelle à 
sa concentration, certaitis sens et certaines parties du système 
musculaire se mettant à son service, et en résulte le rêve en action, 
si étrange, connu sous le nom de sonuiambulisme. Dans l'un et 
dans l'autre cas, il y perte de souvenir au réveil. Quand au con- 
traire le sommeil est léger, les sens ne sont pas fermés, ils ne 
sont qu'affaiblis et les muscles qu'appesantis. C'est qu'aussi, 
dans cette forme, l'attention peu accumulée au cerveau, est en- 
core stimulée par les sensations, et consécutivement, la pensée, 
ralentie, est moins concentrée que dans la forme précédente, et 
elle a de plus, moins d'effet sur l'organisation ; les rêves ne s'y 
tradui-sent jamais par des mouvements réguliers, parce que les 
idées sont moins nettes, moins bien formulées, plus changeantes 
et exprimées avec moins d'énergie. Ce sommeil laisse toujours 
dans la mémoire le souvenir des rêves (jue l'on a faits, principa- 
lement de ceux qui devancent le sommeil. " 

Voici maintenant la cla.s,sification de Bernheini, décrite par 
Gras.set, avec quelques citations de l'auteur : 

1er degré : Tori^eur, somnolence, sensations diverses, en- 
gourdissement par .suggestion — " Le sujet ne pré.seute ni cata- 
lepsie, i)i nnesthé.sie, ni liallucinabilité, ni .so».\meil à proprement 
parler. Il dit n'avoir pas dormi ou avoir été seulement plus ou 
moins engourdi .... la suggestibilité jjeut s'affirmer toutefois : on 
peut provoquer, par exemple, une .sensation de chaleur sur une 
région déterminée du corps ; on peut annihiler certaines douleurs 
et déterminer des effets thérapeuticiues manifestes " 

2me degré ; Impossililité d'ouvrir les j'eux spontanément. 
Même appaience que dans le degré précédent. Seulement il ne 
peut pas ouvrir les yeux spontanément, si on le défie de le faire. 
Ici l'inâuence est manifeste. 



- 74 — 



iSï*5^5M«y5j^^ 



COMMENT ENDORMIR 



3me degré : Catalepsie suggestive avec possibilité de la 
rompre— Le sujet reste dans l'attitude provoquée ou suggérée 
par la iiarole, tant qu'on ne le défie pas d'en sortir. Si on le dé- 
fie, il so resaisit pour ainsi dire et arrive par un effort de volonté 
à rompre cette attitude. ' ' L'attitude passive persiste par inertie 
tant qu'on ne fait pas appel à la volonté engourdie, mais non im- 
puissante du sujet ". 

4111e degré : Catalepsie irrésistible avec impossibilité pour 
le sujet de la rompre-Bien défini par son titre : catalepsie sug- 
gestive irrésistible avec l'impcssibilité pour le sujet (et qu'on 
peut lui faire constater à lui-même) de changer l'attitude provo- 
quée. 

A cette catalepsie suggestive s'ajoute quelques fois la possi- 
bilité d'imprimer, surtout aux membres supérieurs, un mouve- 
ment automatique rotatoire qui continue longtemps ou indéfini- 
ment. On le fait naître par suggestion ou par impulsion com- 
muniquée. 

5111e degré : Contracture involontaire suggestive ; aussi 
analgésie suggestive-Outre les signes précédents, possibilité de 
contracture par suggestion. On défie le sujet de fléchir son avant- 
bras, d'ouvrir sa main, d'ouvrir ou de fermer .sa bouche : il ne 
peut le faire. 

6me degré: Obéissance automatique : "inerte et passif 
tant qu'on l'abandonne à lui-même (le sujet) se lève par sugges- 
tion : II marche, s'arrête au commandement, reste cloué sur place, 
quand on lui dit qu'il ne peut plus avancer ". 

Dans les degrés suivants, l'influence hypnotique est hic-n plus 
manifeste : il y a amnésie au réveil, amnésie complète ou imcom- 
plète. 

7mc degré. Amnésie au réveil avec ou .sans les .symptômes 
des degrés inférieurs. Mais absence d'halluninabilité. 

8me degré : Même caractères qu'au précédent dc^ré ■ en 
plus, possibilité de suggérer des hallucinations pendaut'le sôm- 



- 75 



COMMENT ENDORMIR 



iiieil (iiitrahypiiotiqnes) mais pas après le soninieil (posthyno- 

tiqilts). 

gine degré : Amiicsie au réveil avec possibilité de réali!>er 
des hallucitiatioiis iiitra et postliypnotiques. 

" Ces hallucinations sont plus ou moins complètes, plus ou 
moins nettes, elles peuvent réussir pour certains sens, par exemple 
l'olfactif et l'auditif, et non pour d'autres, par exemple le visuel. 
Clu/ beaucoup, loutts les halluciuation.s les plus complexes sont 
réalisées avec perfection. Ici encore des degrés nombreux peu- 
vent être établis, en rapport avec la puissance de représentation 
mentale de chaque sujet qui équivoque les images avec plus ou 
moins de netteté et d'éclat. " 

Bernheim ajoute cette remarque générale : " l'Anesthésicou 
l'analgésie suggestive plus ou moins complète peut .se rencontrer 
à tous les degrés de l'hypnose : elle est eu général plus fréquente 
et plus accentuée chez les sujets de derniers degrés, ceux du som- 
nambulisme profond qui sont très liallucinables ". 

Bernhtin déclare encore que sa clasification est artificielle, et 
qu'il y a des variantes à l'infini : " Si nous n'avons pas pris, dit- 
il, connue point de départ de nos recherches, les trois phases de 
l'hypnotisme hystérique, telles que Charcot les décrit, c'est que 
nous n'avons pas pu par nos observations en confi; mer l'existence. 
Voici ce (lUe nous observons constamment à Nancy : quand un 
.sujet, hystérique ou non, est hypnoti.sé par n'importe quel pro- 
cédé, fixation dun o!)jet brillant, des doigts ou des yeux de l'o- 
pérateur, liasses, suggestions vocales, occlusion des paupière' . il 
arrive un moment où les yeux restent clos, souvent, mais non 
toujours, renversées sous les paupières supérieures ; quelquefois 
les paupières .sont agitées de mouvements fibrillaires ; mais ce 
n'est i)as constant. Nous ne constatons alors ni hyperexcitabi- 
lité neuro-ninsculaire, ni exagération des réflexes tendineux. Kst- 
ce la léthargie ? Dans cet état comme dans toute les états hyp- 
notiques, et j'insiste sur ce fait, l'hypnotisé entend l'opérateur, 



— 76 



COMMENT RNMIORAIIR 



il a rattention et roicille fixées sur lui, souvent il rc;...!!.! aux 
questions, il rcpoiul prtxnic toujours si on insiste tt si on lui .lit 
|l».lpeutpark.>-. Le suja <lans cet élat est aple à manifester 
les phcnoinènes ,1e catalei>Me ou de soninan,!>u!isine. s,,)is .lunn 
sou obligé (le le soumettre à aucune nianipulalion. pourvu qu'il 
soit a un degré suffisant d liypnotis:itir)n. 

" Pour mettre un mcinl.re en catalepsie, il n'est j-as iié<-es- 
saire d'ouvrir les yeux du sujet, ni de le somnettie a une vive 
lumière, ou à un bruit violent, comme on le fait à la s;,i,,c.i. ièr. • 
Il suffit de lever ce membre, de le lais ,er quehpie temps en fair' 
au besoin d'affirmé: que ce membre ue peut plus être abaissé ■ ii 
reste en catalepsie suggestive. I.'l.ypnotisé. dont le pouvoir de 
résistance est affaibli, conserve i.as:siven>ent TattiHKle imprimée. 

" Nous n'avons constaté que des dé?rés virh.},\s,\ su.rges- 
tibihte chez les hypnolisvs : les uns n-ont «pu- .K- T, rclusion des 
yeux avec ou sans u.goU!(Iiss.;:-,ent ; danties ,.,1 .■„ n.ure d,- la 
resolution des membres avec inertie ou inapiitiule à fiiie des 
mouvements spontanés • d'antres o;,rdeiU les attitude^ i:; p-imées 
(catalepsie suggestive). VMu la contracture sn^gcsiive l'obéis- 
sance automatique, l'anesthésie. les hallucn.ntions lirovocpiées 
marquent le développement progressif de celte .sui;». vtii.jp.^^^' 
Un .sujet environ sur .six ou sept de ceux qu'on Inpnotlse arri^■e 
au degré le plus élevé, au somnambulisme avec amné^e au ré- 
veil, et, quand il n'y arrive pas d'emblée par le .seul lait.'e l'in p- 
iioti.sation, aucune des manoeuvres que nou.s avons essavéesn'-, 
pu le développer ; la suggestion .^^ nie continuée a pu le pioduire. 

" Jamais je r.'ai pu réaliser les trois phases de la Salpêtriére 
et ce n'est pas faute d avoir clurdié. J'ajoute même cp.'à Paris 
J ai vu dans trois hôpitaux des sujets hypnotisés ,,evam moi Is 
se comportaient tous comme nos sujets. . . . Une .seule fois j 'a,' vu 



COMMENT ENDORMIR 



tiii sujet qui réalisîiit >i la perfection les trois périodes : lélliar- 
Hintif, ratril(.'pti(|iic, soiiiiiambulique. C'ciail iiiic jeune fille qui 
avait passé tua-, ans à la Snlpétrière, et 1 impression que j'en ai 
conservée, ])ourquoi ir pas k- dire ? c'est que soumisf s par des 
niaiiipulalions h une culture spéciale, imitant par sunjîestion in- 
consciente les pl.énonicnes qu'elle voyait se produire chez le- 
autres si.nuianihules de la mcini Kcnle, dressée par imitatiiii à 
réalistr les pliénonicnes réflexes dans un certain ordre typique, 
ce n'était plus une hypnotisée naturelle, c'était im produit de 
culture faussée, c'était bien une névrose hypnotique- siiL^gcstive." 

Ikrnht.in a raison jusqu'à un certain point ■ on yvul pro- 
duire les trois états de Clarcot par la suggestion verbale ; mais de 
là à dire qu'il n'existent pas d'emblée, que personne n'a i)n les 
constater, c'est exagérer trop librement. T'autaut plus <pu 
Charcut vivant à une époque où l'Hypnotisme était plutôt con- 
sidéré connue mal famée, a dû étudier la question de très- près, 
afin de préciser les caractères des idiénomènes produits ; carac- 
tères absolument fixes et impossibles à simuler, ayant eu l'avan- 
tage d'eu imposer aux plus incrédules. Et c'est ainsi qu'il dé- 
finit les " phénomènes somati([ues fixes non snnulabks. " Il 
établit trois étals bien définis, bien délimités : la catalepsie, la 
léthargie, le Sonniambulisme : et avant d'aller plus loin da;-s cette 
discussion, nous allons examiner ces trois phases. 

Catalepsie. — C'est la première manifestation de l'hyp- 
notisme, d'après les élèves de Charcot : on l'obtient par la fixa- 
tiem d'un objet brillant, ou mieux ])ar un jet brusque d'une lu- 
mière vive, ou d'un éclair magnésique ; soit encore par nu bruii 
\-ioknl, tel (jn'un coup sur un tam tam, ou mêrciui coup de 
pistolet.— Dans cet état le sujet peut avoir les •ux ouverts ou 
fermés ; s'ils sont e.uveits, le regard est fixe ; pas, clignements 
des paupières ; les larmes s'accumulent et coulent sur les joues. 



- 78 — 



COMMBNT BNDORMIR 



Les membres, et même tout le corps, peuvent Kardci très I,,,,.. 
temps les positions qu ou leur donne. sans(,ue le sujet nci. éprouva 
a momdre fatigue. CVst dan, cette état que Ton ,Kut placer la 
t*te du sujet sur le dos d une chaise, et les pieds sur le dos. 1 une 
autre. (PI. i) l'opérateur pouvant .s'a.sseoir sur le milieu du corn., 
du sujet sans que ce dernier fléchisse. Au moyen d'attouchcn.e.its 
on peut mêtn'î raidir tellement le corps de certains sujets hien 
musclés, qu il est possible de leur faire supporter pendant quel.,ucs 
secondes des poids de 700 à 800 livres, repre.sentés par F, ou .i 
personnes se tenant debout sur le sujet recouvert dune /paisse 
couverte, afin d'éviter les meurtrissures. -On peut encore faire 
prendre au sujet les poses les plus fatigantes, les ph.s e.xtraordi- 
na.res. sans qu'il manifeste la moindre gêue. -Le .sens musculai.c 
la vision. 1 audition sont converses : Le sujet voit, entend 
sent qu on le touche, et a parfaitement connai.ssance de la position 
de sou corps et de ses membres.-Mais il est complètement insen- 
sible : on peut le piquer, le pincer, le brûler, Ini tenir un flac.n 
d ammoniaque sous le nez sans qu'il en .soit tant .soit iku ini 
pre.ssionné-L'automati.sme ; oteur est complet :si l'on i.-u.rin.e 
tjn mouvement d rotation à ses deux mains, l'une pa -de.ss„s 
1 autre, le mouve. .nt .se continue tant que Ion n'ordonne pas de 
cesser ; il peut même devenir très rapide sous l'effet d'un , oni- 
mandemeut répété. 

Létharirlo.-C'e.st le deuxième état, ou le second deeré 
de la Salpétrière.-On fera pas.ser un sujet de la catalepsie- à là 
léthargie, en lui fermant tout .simplement les yeux s'ils .sont ou- 
verts, ou eu pressant plus ou moins fortement sur les globes ..ci- 
laires. à travers les paupières, si ces dernières sont fermées U„e 
légère rotation de; globes oculaires avec ;e.s doigts, au-traversdes 
paupières approfondit la léthargie -On peut encore obtenir cet 
état d emblée en prolongeant la fixation d'un objet brillant on 
la répétition prolongée d'une voix ou d'un bruit monotone 



- 79 — 



MICROCOPY RESOLUTION TEST CMART 

IAN5I and ISO TEST CHART No 2) 




A APPLIED ItVHGE I 

^^ 1653 East Ma.r St'eet 

~.^ Rochester, N^* rorh '46C9 USA 

'■Sg (716) 482 -■ G300 - Phone 

Bas l716) 288 - S>38q - fo» 



COMMENT ENDORMIR 



Vo.c, la de-sciiption de cet état, par le professeur Dienlafov "le 
sujet présente 1 aspect d'.me personne profondément endormie • 
les yeux sont fermés, les muscles sont dans la résolution complète.' 
(PI. 2) le bras soule-e r tombe inerte ; la sensibilité générale est 
abo .e. I suffit de tou .er avec une ayon les points cuta^et:,- 
respondants au trajet des erfs (cubital, facial, etc) pour voir 
tous les muscles inné :s par ces nerfs se contracter, connue on 
lolxserve sous l'nifluence du passage d'un courant éltctrique En 
coutuiuaut cette excitation, on détermine des contractures" au 

dlTnnT f "" "'"" r '' '^"^^^ ^ ^'^ ^^^•^'"^- " -'ffit alors 
de frotter légèrement la peau sur le trajet des muscles autago- 
instes pour les fa.res cesser. Ch. Richet et Brissaut ont montré 

Zde h"p ' "Tvu" '"^'™^' ^ ''"'"^ ^' '^ compression par la 
bande d Esmarck Thyperexcitabilité musculaire disparaît Cer- 
a,ns excitants peuvent, au contraire, agir pour ainsi dire à dis- 
tance; ams. 1 application d'un courant électrique sur un des côtés 
du crâne détermine parfois dessecousses musculaires dans le côté 
oppose du corps, ce qui n'a pas lieu à l'état de veille La lu 
mière vient elle à frapper l'un des globes oculaires, on pe.u vo;r 
ont le côte correspondant entrer en catalepsie :de telle sorte a ne 
le sujet est à la fois hémiiéthargique et hémicataleptique (Pl^S) 

iusshl '' ''"l'f- °"'"''°° P^"^ constater de l'aphasie 
Aussitôt la paupière baissée, la fîaccidité des membres reoaraît " 

Dans cet état on peut encore observer le phénomème du irans- 

jert . en approchant un aimant d'un membre contracture ouis 

en le rapportant au bout d'une minute ou deux, près du 

membre du côte opposé, non contracture, on voit la contracture 

changer immédiatement de côté : le membre antérieurement cou 

trac ure devient souple tandis que le dernier, celui près duquel 

on tient 1 aunant. se raidit, mais un peu moins cependant, que le 

premier En continuant l'opération suffisamment longtel 

t rr- ''*"°'°' '' *''^°^^^« "° P'»« °" «oins gZd 
nombre de fois, on voit la contracture primitive disparaître tota- 



— 80 ~ 



COMMENT ENDORMIR 



ment — 



Somnambulisme 

duit soit dLbS «,Tt e,i f ^^''P^'"^'^--0"'^P^o- 

produit.-Void l'éut^ln ^"PP'-''f°"'l'^»t le sommeil déjà 

-ut d'abord ^n::^:^ z '^^r^^^v ^''-''- 

tr-M sou, eut mais non io„i„. ™'.™- "^ paupières se mon- 
Abandonné à Tulmtoe il Z"; '^i"'' ."'''**=" «"■'"''"="'«■ 
a..i.u<le n'es, po n" a«i lSe"e.rr ï ■"""' ™8°'""''' »" 

ouvei'-rîttuC i,'!rjru"„t^rare'ST 
;::i'Ltrn;.it::r.::ir .i„'"-rr ^' "^-' -— ■ 

't regard deviem 1 IT H . '^"'«"'"''""«rtain temps, 

p.é.eLu.j:m:;r,;e';r;/r;u?aar"'''"''r'°°'- 

profond. Les moflifi.o.;^ ^*** ^""""^"bulique 

nous devons s ,r"«trrso„Tr"'°"""'""'' "" "^-"» 
dineux ne di,tère„rp Tce ,, • ? sZ^'p '; T """" '"- 

oignjue, n exiSîte pas, ou, autremenf h;» i'„ •. 
des nerfs, des muscles eux-mêmes enfin I»T ' i ^''"'^''O" 

ue déterminent pas de contrTcmrés P P"'^"^^'^" ^" Rendons, 
verses manoeuvres entre autre!? '. .J" 7,"'--^' «" P^ut par di- 

dans ee n.e„.b„ nu „a. de 4i.i.r'S diUrêS 0^1:1: 



— 81 — 



COMMENT ENDORMIR 



liée à l'excitabilité neuro-musculaire, en ce sens qu'elle ne cède 
pas, comme celle-ci, à l'excitation niécauiqt;* des muscles anta- 
gonistes, tanais qu'elle cède, au contraire, en général, très faci- 
lement, sous l'influence deces mêmes excitations cutanées, faibles 
«lui l'ont fait naître. Souvent confondue avec l'immobilité ca- 
taleptique, la rigidité de l'état somnambulique s'en sépare ce- 
pendant foncièrement, entre autres symptômes, par larésistanc, 
parfois très prononcée, qu'on rencontre au niveau des artitula- 
tions, lorsqu'on essaie d'imprimer au membre raidi un change- 
ment d'attitude. Cette rigidité ne s'obtient pas en général pour 
un muscle en particulier, mais pour un groupe de muscles, pour 
un membre ou même pour le corps tout entier. De pins, il n'est 
pas nécessaire de toucher, même légèrement, le membre ou le 
corps du sujet, dans leqitel on veut déterminer cette régidité. Il 
suffit de passer lentement et à plusieurs reprises les mains le long 
du membre ou du corps du sujet, et à une certaine distance de 
celui-ci, pour que la rigidité se développe. Cette distance à la- 
quelle les membres de l'hypnotisé sont influencés peut être assez 
grande, et varie avec les sujets. " 

Cet état est o;dinaireraent annoncé par une inspiration pro- 
fonde. Un sujet entraîné entre un somnambulisme à la moindre 
injonction, sur un simple signe, à peine visible, et quelque fois 
absolument impossible à déceler. 

De tous ces phénomènes somatiquec, les plus fréquents 
sotit ceux qui caractérisent le somnambulisme ; les autres sont 
très rares. Et le grand tort de Charcot fut de vouloir généraliser 
ses observations, et roi.e que par le fait même qu'ils étaient 
observés à la Salpêtriere, ils devaient être les prototypes constants 
et immuables de tout ce que l'on observerait ailleurs. 

Mkis Charcot devait agir ainsi : comme nous l'avons dit plus 



■^82 ^ 



f' 



COMMENT ENDORMIR 



haut, à 1 époque oi il vivait, la victoire sur les idées préconçues 

ne pouvau être remportée qu'à la seule condition queL phéno 

uè.«s décnts ne pussent être contredits ; et voilà pourquoi encore 

1 dût etabhr. qu'un nombre limité d'individus, ou pfutôt I7yl 

ne J^rZf f ''' = ^^^^^'^Ptique. léthargique et somnan.bulique, 
uese man estent pas toujours successivement ; c'est à tort oué 
beaucoup d'expérimentateurs ont nié l'existance des troispia^! 
parce qu'.is ne les voyaient pas se produire dans l'ordre Charct 
n a jamais affirmé que ces trois états devaient nécessairement 7° 
ster. et que la catalepsie devait être la première manifestaU^ld» 
sommeil hypnotique. Il a simplement établi, qu'avec ses procé 

tt TJIr'^T' '^ "^^^^'^^'^ ^"' »e pLuisait tomd' a 
bord. Il ad «Heurs bien démontré que la léthargie, ^u même le 
^mnambulisme pouvait se produire d'emblé. comme nousTavon 
vu. Charcot n'a jamais prétendu, non plus, que les trois éta"s 
devaient forcément se manifester. Et si les expérimeTtateu s 
modernes voulaient bien se donner la peine de prïéder exac ; 

det "'""i J" "i''°'^' '^ ^'"^^°*' "^ -"---^ vit. convaincu 
de la véracité des affirmations du grand maitre. Je ne veux p7s dire 
qtie ses méthodes (jets brusques de lumières vites. br dts v olet 
et ecs oujours par surprise) soient bien recommandables bh 
de à. e les sont a rejeter complètement de la pratique couramë 
Mai SI l'on veut simplement expérimenter, on se endra fadL • 

ment compte qu-avec des perso„„es„erveusesetimpres"o„ab: 
uue fo.s sur trois environ, on verra la Catalepsie, tdle que déente 

ve^ts Tal ^''^^'"'^^'^^ très souvent les ■yeuxJertantT 

verts. Si alors on veut avoir l'état léthargique, il suffit de passer 

a ma„. devant les yeux ouverts, ou de preU; légèrement s^ 

es paupières SI celle-ci sont abaissées. On voit a^orsTe uk 

tomber comme foudroyé. U est complètement inerte, et si on ne le 



- 83 - 



COMMENT ENDORMIR 



retient pas, il peut glisser de son siège ; s'il est debout, on le verra 
s'affaiser comme si une mort instantané l'avait frappé. C'est une 
expérience excessivement impressionnante pour des spectateurs, 
dont on ne peut juger l'effet que lorsqu'on l'a vue soi-même. 
Inutile de dire que le sujet est alors complètement anesthésié : 
aucune dose de chloroforme ne le rendrait plus insensible ; il 
semble plutôt inanimé, et la respiration .se fait à peine. Si alors 
on assoie le sujet dans une position convenable, et ru'on lui fric- 
tionne légèrement le sommet de la tête, il pas.se dans l'état soni- 
namlnilique, lequel .se reconnait tout d'abord par une profonde 
inspiration, connue si le sujet revenait à la vie. 

Il ne faudrait pas croire que ces résultais soient fréquents ; 
on ne les obtient que sur des pensoinies tout-à-fait prédisposées. 
Je ne saurais trop recommander de s'ab.stenir d'employer les mé- 
thodes de Charcot, car elle .sont plutôt propres à détraquer le 
système nerveux. D'ailleurs on peut très bien produire les trois 
phases de la Salpêtrière parla .seule suggestion verbale, sans alors 
occasionner le moindre accident posthypnotique. 

Si nous comparons la description de l'état somnambulique, 
par Charcot lui-même, et l'aperçu général de Bernheira sur l'état 
hypnotique, on se rendra compte qu'il y a analogie, sinon res- 
semblance complète. Eu effet, avec les procédés de l'Ecole de 
Nancy, et nos procédés actuels, c'est l'état somnambulique de 
Charcot que nous produisons toujours d'emblée. L'apparition 
du somnambulisme est plus ou moins longue à se faire, de même 
que le sommeil devient plus ou moins prof d suivant les personnes 
et selon les circon,stances. En outre, on peut très bien produire 
la Catalepsie et l.-i Léthargie par la seule suggestion verbale, lors- 
que le sujet est dans l'état s :inambulique. Mais alorsce ne sont 
plus les deux états caractérisques de Charcot : se .sont des états 
mixtes ; il est bien rare, sinon impossible, que l'on puisse arriver 



— 84 - 



COMMENT ENDORMIR 



à prodtnre «u état cataleptique o« 'cthargiqne franc, au milieu 

c « taut de nos proccdés. On y trouve toujours, quelque 
de tri 'tT'-"" d'^ So„,nau,bulisn,e. et même des indices 
iLZl V^T- "^^ •""■"^'^ ^"'^ l'étude des .syn>ptônu.sse 
trouNe très d,fRcult-u.se ; d'autant plus que le nombre de per- 
s. nues que Ion endort aujourd'hui, avec nos procédés perfec- 
tionnes, et beaucoup plus grand. Mais d'autre p.n, la profon- 

rZce" TT" r"'*""'" ^'^"^■"" '^'''^'''^ "" "•■^-" ""••>•-«-' rfe 
séances; et alors les caractéristiques .sont encore plus frustes- 
à moins d être très expérimenté, on peut craindre la simulation. 

Il y a donc lieu de tronver tuie base nouvelle à nos recherches 
a.UM qu une classification physiologique ou psychologique des phé! 
uomenes. n'accordant qu'une in.portance secondaire aux .s>^n - 
tomes observés. ^"'H 

ficatmu psychologique. Après avoir pose le princi,H. que le de- 
gré de profondeur de l'hypnose dépend de l'état de .snggcstibilité 
ddefinu cette dernière : • un polygone émancipé detn centre 
Oqmobcuau ccnt.e O de rhypnoti.^:eur (voir Fig , page .3' 
Ptnsxletablu trois degrés basés sur les variations de 1 activée 
polygonale propre ; euvuc 

Classification psychologique de Grasset : 

ler degré.-Le polygone dé.sagrégé transmet une impression 
scnsor,elle a un centre n.oteur.-Premier type : le sujet continue 
un mouven,em connnencé et communiqué, ou garde un attitude 

=r 1 V ^ ï^ "•~"^"^'^'- ^-- '-'-^ -"- '— 

2me degré.-Le polygone désagrégé transforme une impres- 



-85 — 



■lt»?-\«l»i;. '^.*"^X3I^KESÉfi:^ 



COMMBNT ENDORMIR 



sion .^nsorielle eu la transmettant à divers centres moteurs - 
Troisième type : a. sans intervention de la mémoire, exécution 
immédiate ; b. avec intervention de la mémoire, éxecution retar- 
dée.-Quatrième type : le sujet obéit à une attitude ou aune hal- 
lucination provoquée : i. met l'entier polygone en accord avec 
cette attitude ou cette hallucination. 

vue degré.-Le polygone désagrégé ajoute à la suggestion 
des éléments nouveaux tiiés de sou activité propre.-Ciuquième 
type : le sujet répond aux questions, par des répou.scs simples.— 
Sixième type : le sujet répond aux questions, par des réponses 
plus compliquées ; mouvements combinés ; p.sychisnie propre- 
Septième type : le sujet répond par une personalité polygonale 
entière, toute nouvelle ; imagination polygonale ; romans poly- 
gonaux. 

Cette classification a certainement de gros avantages sur celles 
qu. .sont basées sur les Is symptômes ; elle explique la diffé- 
rence psyc-'.ogique qu'il y a entre l'hypnotisé qui imite un mou- 
vement, et celui qui, .sous l'effet d'une sugge.slion. devient prédi- 
cateur ou musicien parfait. Mais par quel mécani.sme intracéré- 
bral ces divers phénomènes i>euvent-ils s'accomplir ? Et nous 
entrevoyons nettement la néces.sité d'une classification basée sur 
la psysiologiqUe nerv^- «-. et encéphalique tout sfjécialcment En 
effet, si lesphéuom. > ;és dépendent de la p.sychologie de 

1 individu, cette drrrn..: ,t sous la dépendance immédiate du 
fonctionnement des m.,: , groupements cellulaires du cerveau 
Ces agglomérations x...„.t eu volume suivant lesindividus • ieur 
activité respective e.st aussi variable ; suivant l'éducation l'ins- 
truction, les circonstances, chacun de ces groupements ont acquis 
un fonctionnement relatif antre eux. qui variera suivant les races 
les familles, les individus ; et qui créera le caractère personnel' 
familial ou iiational.-Si l'on base la classification des phénomènes 
hypnotiques sur!- psychologie, on devra la modifier suivant les 



- 86 - 



■ï^-^> 




voi?M^:;j;;°t.er^n^ --..Ir. d*«„.,.*.p.,, ,.,,,„ ^^ ^^ 



COMMENT ENDORM/K 



r cev et menu les ,„d,vidus. Mais il „en sera plus ainsi d'une 
c a,sMf,catu,n basée sur la physioIoRie : ,uel ,,„e soit l'indiv 
e sa psycboIoK,e ,.Tsonuelle. ,«„rvu ,ue sou ce.veauso.tà.; " 
près uortnal. la u.ôme classificatiou «éuérale pour tous, desde^r "s 
de 1 hypnose lu, sera invariablement applicable. -Il fiudra b.en 
entendu, n.od.fier la Kradatiou de la marche .le l'hypn^/ ,u" 
b.e„ que nos procédés d'hypnotisation. lorM.u'.l s' gira cUs L- 
^•eanx anormaux ; nous pourrions alors établir toute une patl û- 

et mentale Mais nous n'en sommes pas encore \h ■ et bien me 
>edo.ve d.re quelques ,„ots sur le sonuneil provoqué s,u lès 
.d.o s. nous ne considérons que lensemhie des cas reposan sur 
la physiologie normale. H"-»aiii sur 

Aperçu général sur l'hypnose 

^ - I.a grande caractérisque de Ihypnose, c'est que Ihypno- 
t.se. à quelque degré de l'hypnotisation quil soit, a onattent on 
d.nge vers l'hypnotiseur.-Létat général de P hypnose sera d'iu 
tant ph.s parfait que r attention du sujet sera ,ul complïteme ^ 
onceutree vers l'opérateMr ; qne les ,,ensé.s de l'hypnotisé ", 
toutes suggérées par les actes ou Us paroi, s de l'hvpnotiseu 
ue nauront plus des souvenirs du snj., 1„, „,„,, „,! de . n^ 
ments exléneurs. C'est ce fn-t. de laitcaion a. l'h ,„otisé d - 
ngee vers 1 hypnotiseur, que l'on appelle co.u.mwr- • ■ êtreen 
rapport ; le sujet est en rapport avec Poi-érateu Un-.u'r" 
caractère important de l'hypnose, c'est la réceptr ité ne j'a dé 

finie antérieurement (page 70) ; elle serad'autautpl«. ^«n u 
qi- FF- sera moins actif, et que EE' sera plus en f 
rapport avec le suggestionneur. 



^ ^hiseu 



Classification physiologique 

(Voir le " Sémaphore ". page 27) 
ler degré : premier état.-Z<? sens inhibùoire. < 



Htie 



-•^ -ISUJ 



COMMENT ENDORMIR 



réçulalcur Ff\ (f/minue d\i</tvît,' t «. t 

dans le cerveau .!., snjct, par linternu-cliairc- des ..rKa.KN senso- 
rielles et de leurs centres S. viennent de plus en pins exclusive 
...ent de 1 hypnotiseur ; M et les trois branches, verticale, et laté- 
rales ; .levienuent de plus en plus sous le contrAIe de V.K les 
excitations venant de I' perdent petit-A-p.tit l^ur intensi' ' 

2nie degré état moyen, état ordinaire.-/.^ sens niliihi- 
toire, lecntlre nxulatenr FF; est e„ nuictà;,^ combnte — 
Les .maBes formées en EE' viennent exolusiv..ment .le■l•h^ p,.o- 
tiseur par 1 u.ter.nédiaire de S ; les brauch..- , Sémaphou- sont 
sons le contrôle absolue de Kli' ; les excital.o. s venant de P di- 
minuent tonjours dintensité. et ne peuvent plus provoquer un 
ébranlement cercbra! suffisant pour produire le réveil de FF' • ce 
qui était encore possible au degré précédent. 

3me degré: état profond ; sommeil profond.-/^, ^a_, 
de relations entre EE^ et les centres S et M, dim/n!!Z 
progressivement d'activité. Les images venant de S se for- 
ment moins nettement en RE', celles formées perdant le deu- 
xième degré conservent une certaine intensité ; Les sensations 
venant de S continuent à agir complètement sur les branches du 
Sémaphore, par l'intermédiaire de SM et de SN, mais elles sont 
de moins en moins bien |)erçues par EE" : les excitations venant 
de P ne diminuent pas d'intensité dans ce degré. 

4me degré : état très profond, sommeil très profond.— iE'£"' 
à ses connections avec S et M complètement séparées.^ 
Les excitations agissant sur S, et celles agissant encore sur M 
venant de P, ne forment plus d'images en EE' ; les images for. 
mées dans le 2e et 3e degré conservent leurs conrs ; les excitations 
venant de S continuent à agir complètement sur le Sémaphore 
par l'intermédiaire de S.M et de SN ; Tinteusité des excitations 
venant de P ne diminuent pas d'avantage dans ce degré ; mais 
les excitations venant de S sont plus fortes et pUs d}rec|es que 

— 88 -^ 






COMMHNT RîfDORMlK 



l'Ilvs venant de 1' 
.lit ,*.,f: : T'h,"'""""" '-« .'"orcf^cHo, 

nose nous aideront largenant dans cette voie. I a c^'nte . e L' 
S.U.U at,on a toujours arrétéun grand nombre d'exp r^ ,,etr 

t/det v;r r °" "'• '^ ^^"^^ ^'^ ^^^ '•'"'^-'"•■^«^- ^^ ^^■ 

notiqtLr II antr ""'''"* ''"^ "'^"'"'^ '" P^-^^oniènes hyp- 
notiques. Il faut bien avouer cependant que ces derniers snnf ^ 
de., excusables, car i,s n'ont vu le plus souvent que rfa^euîs 

— 89 ~ 



'SNKimW 



'{^-m^vmÊ^M^'âa^^-vxiù^ 



COMMENT ENDORMIR 



qui sons la rubrique de Magnétisme ou Hypnotisme, ne faisaient 
que de la magie, ou bien encore de la comédie avec des gens payés 
dans ce but. Evidemment que celui qui donne des représen- 
tations publiques (à des auditoires n'ayant le plus souvent que 
des connaissances erronnées de l'Hypnose, ne voulant que voir 
des drôleries et rien de sérieusement intéressant), ne peut pas se 
contenter des phénomènes purement scientifiques ; et s'il en ex- 
périmente quelques-uns, il est toujours forcé d'y ajouter une cer- 
taine dose de falsification— Mais l'homme de science consciencieux 
ne doit pas s'arrêter là : il doit étudier, chercher et constater ; et 
si dans quelqu'is cas il lui arrive de se tromper, ou d'être trompé, 
il doit avoir le courage de s'avouer son erreur, et l'énergie de con- 
tinuer.— Comme je le disais plus haut, les symptômes sont quel- 
quefois bieu frustes, mais avec une base physiologique précise, 
on arrivera toujours à déceler un caractère net et distinct, indi- 
diqnant à coup sûr l'état d'hypnose.- Une autre objection plus 
importante encore, était celle de ceux qui prétendaient que tous 
les symptômes pouvaient être imités, ou du moins suggérés, 
même les caractères somatiques des états de Charcot. Or, voici 
ce que dit Pitres à ce sujet : ' ' Est-il admissible qu'ils aieiît tcus 
été crées artificiellement, par voie de suggestions, des états pa- 
thologiques identiques ? Si les phénomènes somatiques qui 

caractérisent le grand hypnotisme étaient le résultat de sugges- 
tions, il devrait être très facile de les produire artificiellement sur 
les sujets hypnotisables et suggestibles chez lesquels ils ne se dé- 
velopent pas de prime abord. Or, personne jusqu'à présent, 
n'a pu provoquer, par ce moyen le phénomène de l'hyperexcita- 
bilité neuro-muscuI:iire. M. Delboeuf s'est efforcé de le reproduire 
en indiquant à des sujets hypnotisés les mouvements qui devaient 
correspondre à chaque e.xcitation périphérique ; il n'y a pas ré- 
ussi. Nous avons, dit-il, travaillé deux ou trois jours à ce genre 
nouveau d'éducation et sans succès. M. Grasset et M Babinski 
n'ont pas été plus heureux ; ils ont essayé aussi de faire dispa- 



— 90 — 



COMMENT ENDORMIR 



solllliieut établi . il e„ .. ' / "' ~^"''^ ''«'>' <"' tail ni,. 

»«.»..■,..., fixe, de„"r , rsr; 'rj^- '"■""°-"- 

ne se présentent nas tn.,;^ , «-narcot. Mais ces caractères 
Il fauL alors essayer d." î '"'"" ''"' '^ "'J^^ -' -"'-- 

cataleptique o;Xgi:r;i'r 

-tpar.asu,gestio„;cT,':^r .f^Jr: 'v^'r'' ^'"^^'^^' 
"»e des deux expériences suiv.n.. , " ""'"^ °" ^''^«^'^ra 

à la hauteur de VéZTe anTT ' ^" "^ ''•'"" '^ »>•■«« étendu 
Po^ition (P.. 4) ; aH ^ r :::::rr' f«i- tenir dans cette 
constater que le bras s'abaisse tôt t dl^ ^"^^g'^treur on pourra 
ce qui est impossible dans In oo?.""' '^^"'^''•^"'blen.ents. 

encore, au „4entt:nn;r,r:r^ 
pas accélérée par cette attitude Si j'o „ a , as''" "" "' ''''' 
on se contentera de bien examiner ce svn^m^' "' •"•^^^'n^ents 
pennet de reconnaître pre.aZZ.T 7™P'°"'^^' qnel'habitnde 
essaiera encore l'excitaS T "" "'"J"" ^•"^- O" 1'°" 

pendant le long dTcol ' «^ -ronu-sculaire : ayant mis le bras 

si l'excitabilité e^teTeOrast'r'*'^ "" ^^''^ ^^^ '"' '^ ^'-P« = 
traction du muscret'in. "'"'" t^"'«<i"ement par con- 

dutambour e^^kr^ tMJ'"7°-^'^-°"^ (^'- 5^ ; au n.oyen 
Pnetunograpbe, î^^!;::^ ^^^^i;^"''^ -•'-•->. et au 
avoir constaté ces phénomène ?" respiration. -A près 

la Prc^ression de 1 Vp.^ 'I^;; ff ; ^ H ^l^;:: j""^"-"-^ 
1 expérience suivante : soulevé, les bras fl ' "^"^f""' °" ^era 
de façon quelesniains vi.„., ! , ' '^^'^'"'"^^-^ lesavont-bras 
à la hauteur de e"::^^^^^^^^^^^^^^ 

rotation excentrique ";';!' r""" "'°""" "'"•-'ement de 
de l'autre (Pl/ô' Vii'r "f"'""' "'"'^^^'"■"-''•^»«"- l'une 

avec vos n'ains, et' ~iôrn^rr"'r"'"^^^ 

="Bgestionnant au besoin nirn .,„ 

=^ arrêter. Ou suggestionnera alors le sol' Id /'"' '''"' 

profond, mais cela seulemenf ■ «/i ''°'""^'' ^e plus en plus 

seulement , si le mouvement devient de plus 



- 91 - 



COMMENT ENDORMIR 



en plus rapide, c'est que le somiiieil s'approfondit toujours. En 
effet, il s'agit de rautoinatisme rotatoire, qui est d'autant plus 
complet que le sommeil devient plus profond. — On essaira encore 
de provoquer des hallucinations : faites regarder le firmament au 
sujet, et dites-lui qu'il y a un aigle là-bas, très loin ; regardez 
alors ses pupilles, elles doivent être dilatées, pourvu que la lu- 
mière ne soit pas trop vive ; dites-lui ensuite que l'oiseau se rap- 
proche de plus en plus, qu'il est tout près ; les pupilles du sujet 
se contracteront. J'ai dit de faire regarder au firmament, car si 
l'on faisait regarder l'oiseau sur des objets rapprochés, la con- 
traction pupillaire pourrait alors être due à la vision de ces objets 
rapprochés. On pourra encore tenter l'expérience suivante : pre- 
nez sept ou huit de vos cartes de visite ; sur le dos d'une, àl'insu 
du sujet, faites une petite marque au crayon ; pré.sentez cette 
carte au sujet, en lui demandant s'il ne reconnaît pas votre por- 
trait ; tout de suite il le verra, et l'examinera ; mêlez alors cette 
carte aux autres, remettez-les toutes au sujet, et dites-lui de vous 
donner le vôtre ; s'il y a hallucination véiitable, il vous remettra 
infailliblement la carte marquée au dos.— Enfin on tentera l'action 
des médicaments à distance dont je dirai quelques mots plus 
loin. — Toutes ces expériences sont impossibles dans le premier de- 
gré de ma classification ; elle se manifestent très bien dans le deu- 
xième et troisième degré ; elles diminuent d'inten.-,ité dans le qua- 
trième ; et à part les contractures, elles feront généralement dé- 
faut dans le cinquième degré. — Pour constater le premier degré 
on devra se contenter des résultats de la suggestion, on alors de- 
mander au sujet de rester complètement inactif, les muscles des 
bras, des jambes, et de tout le corps si possible, complètement 
relâchés ; on parlera alors au sujet en essayant le mieux possible 
de capter son attention ; si l'on réussit on constatera une certaine 
moiteur des mains, laquelle sera d'autant plus grande que l'état 
sera plus complet. —En dehors de ces symptômes fixes, il faut 
encore jeté un coup-d'oeil sur ra.spect général de l'hypnotisé. 



92 - 



'iM. 



COMMENT ENDORMIR 



Dans tous les degrés sauf à la limite du cinquième; les yeux peu- 
vent rester ouverts ; les mouvements resiaut d'autre part h peii- 
pres normaux, l'hypnotisé peut avoir l'aird'une personne éveillée 
C est ce qui explique comment certains médecins, avant eu affaire 
à des personnes ainsi hypnotisées, et n'avant pu leur arracher 
certaines indications qu'ils cherchaient, ont cru à un mutisme 
obstine, touchant presque à la folie de persécution. Et cet état 
peut durer très longtemps ; on cite des personnes ayant dormi 
ainsi pendant plus d'un mois, et même plusieurs mois.-Lors- 
que les yeux seront fermés, les paupières seront quelquefois agitées 
de mouvements fibrillaires ; si l'on relève ces dernières, on verra 
les globes oculaires généralement roulés en haut, et dans une po- 
sition divergeante. Les yeux pourront cependant garder leur 
position ordinaire ; mais alors si l'on relève les paupières on verra 
presque toujours les pupilles fuir en haut ou bien encore se con- 
verger fortement vers la racine du nez.-Us autres .sens acquiè- 
rent souvent une certaine hypcrnci.ité dans lesdcnx premiers de- 
grés, qui diminuent progres^ivement dans les autres —I a i)ov.si- 
bilité de faire des mouvements volontaires .s'émou.s.se dnnsles 
deux premiers degrés, et devient nulle à partir du troisième de- 
gré. -Quant à la sensibilité générale nous l'examinerons lorsque 
je parlerai de l'Anesthésie. 

Le souvenir au révell.-La plupart des cla.ssifications 
des phénomènes de l'hypnose, accordent à l'aunésie au réveil une 
importance beaucoup trop grande. Nous avons vu à propos des 
rêves dans le sommeil naturel (Page 38) ce qu'il fallait penserau 
sujet de ce ressouvenir ; les choses semblent se passer exactement 
de la même façon dans l'hypnose D'après de nombreuses re- 
cherches que j'ai faites ou que j'ai fait faire, il résulte que le soti- 
veiiir au réveil ne tient pas précisément de la profondeur dii som- 
meil, mais plutôt de l'activité spéciale de l'imagination ^«aàirt 
ce sommeil. Chose curieiise et qui seiSleràit paradoxale dé pfiie 



»»>■ 



-^98- 



COMMENT BNDORMIR 



abord, c est qne le sujet se rappelle souvent mieux ce qui s'est 
passé lorsqu'il a atteint le deuxième degré, que lorsqu'il était 
dans le premier degré. Et mêmes quelques personnes ayant dor- 
m. très profondément, s'étant rendu presqu'à la limite du cin- 
quième degré, et sur lesqudlesdesopérationschirnrgicales. telles 
que cuKtages, sutures diverses, avultious dentaire^, ayant duré 
environ 25 à 30 minutes, se sont rappeler nettement et en détails 
es rêves qu'elles avaient faits pendant ce sommeil. On trouvera 
1 explication de ce phénomène dans les détails que j'ai donnés 
antérieurement (page 38). Cependant il y a une différence marquée 
entre le souvenir au réveil de premiers degrés, et celui du som- 
meil plus profond. Aux deux premiers degrés le souvenir des 
faits et gestes qu'aura accomplis le dormeur, sera complet ; au 
troisième degré, il sera moins net ; au deux suivants, il est im- 
possible. L'imagination fonctionnant alors indépendamment des 
centres S et M, Les rêves proprement dits pourront laisser leur 
traces au réveil, mais il y aura annésie complète de tout le reste. 
Ou peut encore jusqu'à un certain p lat modifier ce souvenir au 
réveil, par la suggestion. 

Etat cataleptoide.— C'est un état ressemblant à la Ca- 
talepsie vraie de Charcot (d'où .son nom), mais en différant par 
plusieurs points importants. On le crée par la suggestion ; c'est 
cet état qne l'on obtient le plus souvent lorsque l'on cherche à 
établir l'état cataleptique véritable, au moyen des " passes " ou 
des suggestions verbales. Dans cet état, il n'y a généralement 
pas d'hyperexcitabilité neuro-musculaire ; les yeux peuvent être 
ouverts ; mais s'ils sont fermés, on ne les ouvre pas facilement. 
Si l'on arrive à les ouvrir ils se convulsionnent. Les attitudes 
donuéçs a un membre peuvent se conserver, mais généralement 
il retombe de lui-même lorsqu'on le lâche. Les sujets obéissent 
aux ordres, et répondent généralement aux questions, pourvu 
qyecela ne les embête pas trop. En somme, c'est un état 



— 94 — 




.u -oT.'."'îî.œVu'?,?S^u-K.e?.r^^^^^^^^ "C...UO» 



COMMENT ENDORMIR 



assez mal déterminé ; et mieux vaudrait dire que lorsque la cata- 
lepsie n'est pas complète, ou a seulement l'état cataieptoidc. — 
L'état se produira facilement à tous les degrés de l'hypnose ; on 
l'obtiendra plus facilement dans les degrés sui)érieurs; mais au 
cinquième on ue l'obtiendra plus que très-difficilement. De même 
pour la catalepsie vraie : en employant les méthodes de Charcot, 
on obtiendra cet état, que le sujet soit eu éveil ou endormi ; mais 
à mesure que le cinquième degré s'établit, on l'obtiendra plus 
difficilement ; à la limite, il est impossible à provoquer. 

Etat léthaPg^oido. — Il est de même pour cet état : il 
res.semble à la léthargie vraie, mais plnsiiins des caractères .so- 
matiques peuvent faire défaut. lùi général on ne trouvera pas 
d'excitabilité neuro-musculaire. Si on suggère un acte à exécu- 
ter après le réveil, le sujet l'accomplira ; cependant, il n'a pas 
l'air d'entendre, puisqu'il ne parle pas, ne répond pas aux que.s- 
tions. Les yeux peuvent être ouverts ou fermés. La plupart 
du temps, il y a conservation du souvenir au réveil. C'est un 
état créé par la suggestion, lorsque l'on essaie de provocjuer, par 
ce moyen, l'état léthargique : c'est un état léthargique incom- 
plet. — Comme pour l'état cataleploid--, on l'obtiendra siirtoin 
dans les quatre premiersde l'hypnose. Mais an cinquième degic, 
ce sera .surtout l'état léthargique complet- 

Etat de veille. -On parle .souvent d'expériences à l'état 
de veil! : ces expériences se passent-elles en réalité dans l'état de 
pleine '.science du sujet ?— Non. Le sujet est dans le 1er degré 
de l'hyuuose ; quelquefois dans le second— Je dirai même qu'une 
foule d'expériences que l'on fait avec certaines personnes, ayant 
tout-à-fait l'apparence d'être en éveil, sont en réalité des phéno- 
mènes ne pouvant exister que dans les états avancés de l'hypno.se 
Si nous nous rappelons (voir page 93) que dans les quatre premiers 
degrés de ita classification, le sommeil hypnotique peut passer 



— 95 - 



COMMENT ENDORMIR 






iiiapjicrçii par snfte du Tait que k siiiei « I,. ..... 

«vdlIC.. il .,,, facile ,lo »,'.,pr.,„l' ^ tZ ,u I fSîlT""'" 

«■iVr,„r '='''•" l'""""""»>«"Ja.iiai,si,bllamoi,(1re 

• , cV;i:;;:r'^'r "'" -«"^ «"p^ 

. .'."tnct (le cft ctat, a heu dans le premier detrr^ ^. i 

regarde vive.nen / ,^ .^ fj^t '"^^^r^f !'-"- d^^=^ «-) ^ " Je 
e» lui enjoignant de me rë J3 '■'''^' " ^'""" ''°"""« 

capable ; l'effet est fo In ^ f"' T' '°"'' '''* '^'^''^ ^°"' *' ^.st 

;jr.ardd..n.t^:r:;::;;;:r:^^^^ 

Dans la cours/à laque e, ■,:!';" '"'" •'^ ^' '-g^ucorps. 
tent immobile., sa fil„re 1 „r ^°"*' "" '"""■"' '^^ ^'^^'^ r^'^" 

expression a disp ru 1 3 et^ oTfi '"":"" ""^""'"'^^ = '°"^^ 
fibre ne remue Ans une '"V ''' '"' ^''^'^'^figésîpasune 

le masque e. p^n ifié i ?' '°'' '^^ '" '^""« ''"°>°biles ; 

veau qi'une idée fixe ne !"•'"'! '" ''''' ^'"^^ ^«^ - -- 
oeil. ... Et ^urtautLTn'"-^^^^ l"n:iueux de n.o„ 

iit pourtant .1 a conscience de son état, il a entendu 



96 



^^MMENT ENDORMIR 

dans plusieurs états de n,.n.' ^«^^'■lati,,,, p,.„t h , .,1,1^.. 

- elle-„,én,e. iud.p '^i ^ l^^^" -' ^ *' faudrait ,a .Li.,:: 

accou,pag„er-La fasci,, ' ' " ""^^.*^ P .cno„,èncs pouvant 
ré».st.ble de l'inaaRinatiou v u «Ki "'"^'•' "'^^ '■'''"'■^^"-' '' " 
exemple, les yeux d'une pJrs^,, ' ^^ '".'^'.'^'''''i^'^'. t^" V'^, r-ar 
d'nuages formées dans , i'""""'"^- . ^^""'' ' "'Aiunce d'une série 
fortement attiré vers,. 01, e";'""'"' "" ""J^'»' -'"iei i" 
;f»^"t vers lequel ^^^^[^^'1;^''''"''''''''' '^^" -" 
action de l'imagination sur les '"tr '"'""''^ '""■'"i"-"^ Par 
fonctionneront alors d autant Is m '"°''"'-^- ^^^'^ ''^^"^rs 
que FF- ser. ^.oins acttt' '';:"'"'' '' -'^--f'i-nKnt 

Pr<Hlu,ra le mieux au deuxième de Jv'"""' " '^*""'''''"" - 
cette expérience au chapitre de Pe^^i f 7^^^'^'-'— ••aiHenrs 
«ose. ' "e ae j essai de la sensibilité à Thyp. 

^^-'''^^^T^^^^^^^ .^ien distinguer 

objet qui frappe nos" n " 1" t '''""' '''""^'°" '' ' ' - 

<Jonne à cette objet est fa«s;,J Et n I'* '-•'""" '""• ""'^ ^"^ 
et complètement en éveil -lons nt "' "^"'^ ''^''''t normal 

""fie d'en parler plus Ic^.^ZZ^""'' ''°"' '''" '""•'"■•'"*^' '' est 
«ïtielques mots à l'article 1 ' "°'"*^"dironscepe„da„t 

d'Hypnotisme.-Les 1 1. :;^;:"^"^-'^^^ 
■sens croient percevoir un 0-,^::^ b.en autre„,e„t : „os 

'"» trame sur une nun-exis^^^ ,c Vol "'" •" '"^''^ ""'^S'-- 
les symptômes des différents étlts iT^n ?"' '""" """'"^ '^'"diés 
cté un exemple d'hallucinatio . 'ir '"" ^'^^«'^«^^^J ai déjà 
deux feuilles de papier blanc au een T' "'"-' ^""--Prenez 
Po.nt noir. Placez « lors « ,e des fe M r'"^""^ ^"'"^ '-'•^^ "" 
en lui demandant de bien fi vei- , ^'"^"' '^'^ y^""'' d" -Mijet 

cette feuille est d'un be^rX^nlr^"' ^'^^"'"^ '- 

"gev.f .,11e verra rougo. Or, à Puai 



~ 97 _ 



COMMBNT BNDORMIR 



normal, si l'on regarde iwndrni un certain temps une feuille ré- 
ellement rouge, et qu'ensuite on regarde une feuille blanche, on 
la verra verte. En somme h cause du fonctioiujenieut de la rétine 
('ans ces conditions, on doit voir, sur le papier blai 'a couleur 
complémentaire de la couleur précédemment vue. Sidoncl'hal- 
luciuation a lien, la seconde feuille paraîtra verte à l'hypnotisé. — 
Ce phénomène est possible à tous les degrés ; mais sera plus n.t 
à la limite du 2e et 3e degré. A partir de là, lorsque l'halluci- 
uatio.i comporte des mouvements à exécuter, l'expérience réus.sit 
moin' bien, car ils s'afTaibli.ssent. Au 4e degré, les mouvements 
n'étant plus sous la dépendance de EH', il ne peut plus y avoir 
ce que Grasset appelle ; le " roman polygonal ". Les mouve- 
ments et les réponses deviennent de plus en plus "impies. C'est 
à ce degré, que si l'on post une question touchant au dormeur, 
il parle de lui-même à la troisième personne. — Au troisième de- 
gré, on peut suggérer au dormeur qu'il est un tel (qu'il ne con- 
naît pas du tout), et immédiatement ou verra le rujet prendre les 
attitudes, les manières, les gestes, de la personne mentionnée. 
Plus encore, il en aura les idées. ^-Cette dernière expérience nous 
a même immédiatenjcnt à la Lucidité ou Clairvoyance, et h la Trans- 
mission de pensée. 

Lucidité, Clairvoyance. —Malgré leur apparence bien 
différente, ces deux mots expriment pratiquements le même phé- 
nomène : c'est la connaissance ou la vue par l'imagination d'un 
individu, des objets, circonstances et événements, ne pouvant et: e 
perçus par les sens, dans les conditions actuelles, les objets, ftc, 
pouvant être à des dislances très grande (PI. 4). Le fait est au- 
jourd'hui solidement prouvé : l'imagination peut s'extériovis'-r 
et se transporter pre.squ'instanlancment à des distances de plu- 
sieurs centaines de miles. — Nous avons déjà vite un fait de l'ex- 
tériorisation de l'imagination, (pages 57, 58, 59) ;auchapitrede 
l'extoiiorisation Je l'Influx nerveux, nous le démontrerons au 



— 98- 



iyA"!-My'rm^:M^. 



COMMENT BNDORMIR 



moyen d'un appareil.— !.. phciionù-ne de la lucidii»:' peut se i)r.i- 
diiire en plein éveil ; mais il se pnnluira plus f.icilcnunl, plus 
nettement, à mesure tjue le sommeil .s'approfondira. !•» effet, 
l'imagination se dégageant iietil-A-petit des influences venant par 
les .sens, aura plus de chance de n'être plus dérangée dans la fK;r- 
ception des choses qu'elle voit. CeiKMulant à iKirtir du 4e degré, 
on ne pourra plu.s guider le sujet, ni en obtenir de réi»on.sts sur 
ce qu'il verra. Il répondra mC-me qu'il ne voit rien Si l'un ven* 
donc des réponses, il ne faut pas aller plu., loin que le 2e ou le ,; 
degré (PI. 8).— Certaines iwr.sonnes, ayant luie certaine aptitudi 
à se placer d'elle» .les dans le second degré de l'hypno.se. U 
quel correspond à la distraction totale (page .^o), présentent <! 

phénoujcnesde clairvoyance sans l'aide d'aucun e.xpérinienlateiii 
elles ont niC-me l'air tout-à-fait éveillées et eu pleine conscienct- 
mais en réalité elles sont dans l'hypnose ; et pour rexpérimm 
tateur hal)ile, il sera facile <le décelet "et état, en faisant des bruit- 
des gestes, qu'elles n'ajïpercevront pas, C dont elles devraient .sv 
rendre compte si elles étaient en pleine conscience. -Ce phrn«j»- 
mène .se pré.sente surtout chez les femmes ; mais il ne fandr.in 
pas en conclure l'obligation de croire à la véracité de tous rfv \ 
et celles «pii promettent monts et merveilles .sans avoir jamais y*^ 
rien trouver ix)ur euxniêmes. — Ivvidemment ipie dans cf .s 
cas, lor.sqne l'on anra à .sa dis])ositii)n un sujet en pleine p. ,de 
de ce que j'appellerai " l'émission mentale ", et que jedéfinirs : au 
chapitre de l'extoriorisation de l'influx lerveux), on i)ourraalors 
tenter, avec chance de succès, quelquesexi)éiit ncessur la Bourse, 
par exemple, ou sur toute spéculation i)onvanl rapporter un v;ain 
notable.— Mais il ne faut jamais l'.erdrecie vue (pie la clairvoyance 
et l'hallucination .sont des ])hénomènes se rapprochant beauconj) 
par leurs apparejices. et qu'à moiii^^d'êlM un connaisseur très ex- 
périmenté, ou peut facilement prendre une hallucination pour tui 
phénomène réel de lucidité. — tu outre, comme je le laissais en- 
tendre plus haut, un sujet n'est pas apte à faire de bonnes clair- 



— 99 - 



^i^^MM-^J 



COMMRNT RNDORMIR 



voyance» en toute circonstance il lui r«.,. . 

fa.-^a,,,e Uans ,e fonction^ n;'.!rt' ^r::^"^"^:; 

S ::; ': s;:"^ 'f;:^ ^^ '^ fo„ctio.Ln.enr c.^;: 

lorsque l'un expérimente la l^^c^A^T^Z^:: l^^"^'»""» 
te.idreàcequ'un niénic. suie» f. ' /'f "" "<^ I*"» Pa^^'at- 
n'in.portc c,!el n.o n e d n i' 'irr"'" .'^'f'^^'°>— * 
Pas plus, d-ailleur,, qu' 1 nous est ^ bH- '" "^r * ''"^"'• 
nuenectue,. avec tontl PatteriirS ^ ^^^'ï ^ S 
de tous nos moyens. lorsque nous sonnnes sous 1 effet d une sen 
sat.o„ ou d'une .mpre.s.sion désagr<:-al,le. telle qu par exe.npl " 
la colère, ou le chagrin.-La lucidité est donc un phénoLtê ex 

irTc ' "'• ''"* '""""'^ pour être condutTuSceVi" 

nient. une connaissance aussi profonde que twssiblerfn IM? 

ainsi qu. beaucoup d'expérience en la „';;';:,^-'^'«^<^'^» '»P"o«e. 

elle en a,re amant p„„, la p.,,»;, j.„„ „„,„ , p J^^ j «'"• 
le. mod,aca.i„„s cellulaires q„i doive,,, „ produit ton^ê 
„. ,o„ po„, provoquer l'appariiio,, de lelle „„ «le TZ^Tll 

t°';"r:,,Tai;./r„;;;v;r""''^^"^'""^"^ 

qui amèneront dans leur ensen.h'«T, . ■ '"'^«'"atious. 

ceue ,,,.,,e ,epr..,,,„;;;,r:;:::::,;T^r^r„t"i,:t' 

voquer à ,ou tour, plus diffidkmm, il est vrii „,a,w ,T .' 
quand „,.n.e, des -»llfica.ionscel,„,ai„s driiû^^iu^*".;'" 

— 100 — 



■^p«^*â'> 




.la.'-^'Affl 



■. -*^ .-Kf - ^^"^i.W-^ 



COMMBNT RNDORMrR 



ad-Mis de tous aujn„rdh.,i : '""""' "^'"'•''-''•' '>r. M.t, 

»'0" '•• .'" devra admettre -uk. X '.. >''"l" ""^- «rad..,- 

et I o„ pe,„ .lor. la dcvel..„„e, ,'^''''""^ ' '"' '«'"t 't' nH.nde ; 
'"-taie ,.nu .se- pro<I„i / \ ,:;,V """î" ''''r"''"''^' '— «K-ti..„ 
'hypnose (PI !0 ,,,,,, s '■''■''' '^ '""■'' '^^^ «'^-«'«^-le 
ranesthéM-e. ' ' '" '"'•^'^•'°"- ''^- "-"vea,, à p,„p„, ,1e 

^'ans l'nnnSn '.P,!;; iluJhS!' a "? 'r Z"''""''*"' ''^ ''"""«'^ 
<le la disposition ,„e«tale . n a ' f ' . 'l*''* '•■* '•"•Kn„is.„e et 
''•anc.,., .sens, cette i,„a,c iZ^ln':' " ""'-^ '*^ ••'^"''- 
''■vid.. A. le «.ên,e étal d'ô J ,' T' '"■"^•'"i"^'^ ''•'•■'s l'i,,. 

taie q„e dans Tindivid , H -r 'r-"'' " ""^•"'-''N'oM.ion „,c„. 
Prè..- à la Lncidité et à h Sn./eesM ■"°"""" '^ ''''"•''^■'•^- «'*-' '^cs 
cause physio,o«i,..e r:x;S "X^T H V ' ''' '' ' '^ •"^- 
perception par rin,a,i„atio„ des «^.11';" "'''''''''■■' ^ '" 
"'odifications cUInlaires non ,'' "'"'"^'f "*« vihraloires on des 
'•organisme h«„,ain e. , ' " -w"''""""' '" '^"•""- ""•-"'^ ^^tont 
'•i'"agination jk^u saisir e 1 L,. '°"'^''''" facilen.ent rjnesi 
antre cerveau, lecjne. o J^n ";?r;;''"'°'" '^""■""•'•" 
respondent à telle idée telle n'L' '""'^'.'^^""""^ccllnlairescor- 
pent encore ^^rcevoirle ô v/n n'ih'''?"^-^ '''"'"' -'^-. e'ie 
organique, et ,nê„,e de ton 1 or ', ''" ^'""'^ ""^^^ P^^tie 

Phénomène est encore p « o npîxë ' T"'' "-'^^''^""'"'^ ^<^ 
"e perçoit que difficile» en les IcHfic.t" ''' """^'""''«•"ation 
gauisme ; „o«s ressentons p!mo^^°"' "''""*^^ '^^ "°tre or- 
^>a"s notre cerveau, les cha^ „T V.!:":;; '^""""■^ ""^ ""'^^^ 
0- .nés selon les circonstance, ou iZ::::^;:^:^^ 

- 101 - 



^•|^«.F1'^*r^\;|.Jâi^9s 



COMMENT ENDORMIR 



conséquent l'image formée daus le cerveau de l'autre individu 
ne peut pas être nette : c'est plutôt une impression vague et in- 
décise, comme un ressentiment un présentiment, que nous ne 
pouvons expliquer que très mal. Mais dans certains cas, lorsque 
le phénomène se passe entre des personnes aj'ant heaitcoup d'in- 
timité, ou habituées à vivre en commun, ayant acquis par le fait 
unece:taine affinité cérébrale, ces impressions sont tellement 
fortes, qu'elles deviennent de véritables impulsions, absolument 
irrésistibles.— Ce jibénomène peut cei)endant encore se pa.sser 
entre des individus ne s'étant jamais vus ; il n'en tient qu'à la 
force de l'émission nerveuse.— Les exemples de télépathie .sont 
trop nombreuses et trop connues pour qu'il soit nécessaire d'en 
citer ; si l'on vent en avoir des preuves manifestes, nous n'avons 
qu'à parcourir les ouvrages de Camille Flammarion sur l'Occul- 
tisme.— Le téléphathie lient avoir lieu en plein étatd'éveil, mais, 
bien entendu, .sera favorisée par l'état de sommeil. — C'est un phé- 
nomène beaucoup plus fréquent qu'on ne pourrait le croire ; je 
pourrais même dire qu'il est habituel : combien de personne n'é- 
lironvent elles pas très .souvent des sensations, des présentiments 
in ésislibles au .sujet de leurs proches parents ou amis. — On me 
reprochera peut être de pous.ser les choses un peu trop loin ; mais 
donnons nous la peine d'examiner ces petites impressions vagues 
et fugitives, très souvent fau.ssées, il est vrai, mais existant réel- 
lement quand même, et nous verrons qu'elles se rattachent à la 
téléphathie. — Nous aurons à nous servir de ce phénomène dans 
les méthodes de sonnneil. — 

Hypnose unilatérale. 

Nous avons vu précédemment qne nous pourrions mettre un 
sujet en état d'hémicatalepsie et d'hémiléthargie (page 80), un 
coté de celui-ci étant dans la résolution musculaire complète, et 
l'autre côté présentant la raideur caractérisque de l'état catalep- 



102 - 



iu 
n- 
iie 
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n- 
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iil- 
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ri. 6 



ea.i^'^;!;;l!;^r-"°''<l'-' "-".s pour . a„.,„„a,i,„,e foncionnene. (voir 



exp 







■•^'■JX> 



COMMENT ENDORMIR 



«que vrai, ou du moins cataleptoide. Ce phénomène s'explinue 
facilement par l'indépendance fonctionne le. dans ce tahisc- 
des denx hémisphères céréhranx. Cette in.lépendance ^ ma , N 

eurUn:;hi''"r"'°"'^'^'^'^^''^'''"^^^^^^^^^ «^ ^-i- 

n n^ 1 n„ de r V" """'" ^"^"" fo>'cti„nner indépendan:- 
ceUrreL. '•"' "'"' '""'"'^^ '"'■>'^"«- "-latérale, 
riat H r ^ •'"^'' P'"' ^^-"i^ "» de ses hémisphères dans 

1 état d hypnose a.ns. que le côté correspondant de son corps 



Mais une difficulté énorme d'interprétation se présente ■ 
nous avons vu qu'en ouvrant un seul oeil du sujet on prod ait 
I henucataleps>e. Or le nerf optiqued'un oeils sépare lue a 
ma et se rend par moitié à chacun desdeux hén.ispl^cres dC- 
e part on nous dit (et j'en ai eu n.oi.nêu.e un es où un su i t 
e mt en véntable hypnose unilatérale, le côté droit étant cou 
Pleten.ent paralysé, et le côté gauche dans létat o d m d éldUé) 
qn en parlant au sujet à son oreille gauche ou provoque de! ha ci 
at>ons.ete« lu. parlant à son oreille droite, il' sourit et le- 
nande s, l'on veut se moquer de lui. Or, on sait que le n • f .- 

•rtre côté r """^ r "■" '-'" ''"■•^'^' ' '••-•'"iM.hère < e 
I autre cote Comment alors expliquer ces faits ? J'avoue nem'v 
e re jama.s b.ea arrêté car l'hypnose unilalérak- n p,é te , - 
cun intérêt pratique. ' "->tme au 



La seule conclusion pratique que l'on puisse tirer de cenhé 
nomene, .st celle-ci : étant donné l'indépelulance pi us ou „oht 
complète de.s deux hémisphères cérébraux, on trouvera ouvên 

d oit'Tfart d""-'"" '"''' ''''' ""'' ''''' «--^-^ celui d'ôté 
dro t , ce fa.t devient très tangible lorsqu'il s'agit de l'anesthésie 

l'éLrcSr^"" ''^'''''' ^"^ '- ^^"- ^^^^^ -t bieii d::s 




103 — 



COMMENT ENDORMIR 



L'Hypnose avec l'aide des médicaments hypnotiques. 

Dans certaines circonstances que notis trouverons au chapitre 
des méthodes, on pourra s'aider de l'emploi des substances dites 
hypnotiques. Il ne faut pas que les doses soient tellement fortes 
qu elles piovoquent un sommeil toxique, c'est-à-dire le coma • il 
faut savoir limiter les doses de façon à provoquer la tendance au 
sommeil, et non pas le sommeil lui-même. En effet si l'on ad- 
ministre des doses suffisantes pour faire dormir par elles-mêmes 
on aura un véritable sommeil anesthésique, quelquefois très voisin 
de mort, et dans tous les cas ne présentant nullement les ca- 
ractères de Ihypnose. ni les avantages de la réceptivité (voir 
page 70). 

Nous allons donc passer en revue les principaux hypnotiques 
que l'on peut employer : ainsi que les doses par lesquelles il faut 
commencer, quitte à les augmenter progressivement si l'effet 
n est pas suffi.sant. 

Il y a d'abord les composés à fonction aldéhyde dont les plus 
connus sont le Chloral et la Paraldéhyde-LeChloralauneodeur 
et une saveur fortes et désagréables ; mais il est très soluble 
dans l'eau ou l'alcool ; ses solution, aqueuse .se conservent très 
mal a peine cinq ou six jours. La solution alcoolique à partie 
égale, et administrée dans un peu d'eau, est très favorable On 
donnera un ou deux grammes, et l'on attendra 15 ou 20 minutes 
avant de commencer la méthode de sommeil. Ne jamais dépas- 
ser quatre grammes en aucun cas— Se rappeler que le Chloral 
abaisse la température, et qu'il faudra réchauffer le patient après 
le reveil.-La Paraldéhyde est solubre dans 10 fois son volume 
d eau environ, et très soluble dans l'alcool ; odeur assez agréable 
mais saveur piquante et désagréable. Doit être conservé à 1 abri 
de 1 air et de la lumière. Ou donnera 3 grau.ues et l'on atten- 



104 



iJMMiJii.j;»'"gi ' 



COMMRNI ENDORMIR 



dra 10 OU 15 n,i„„t„. Ke jamais déparer (i g,a„„„e,._ 

n«t?i . ■ .^'* '^^ ^°"' ''" ^ °'*' ^ ''^"res ; attendre rnie le 

que le Sulfonal ; agit cependant beaucoup phis vite • 'H) à ]() mi 
nutes. quelquefois moins ; donner de 1 à 2 grammes. 

nade'^^Si^lf °°\~^"'^'''^'''^^ = ^ ^ 10 graunnes en lin.o- 
nade Son action est cependant douteuse, et l'on ne le rernn, 

ruration de 1 alcool iso-propyhque ; solubre dans ^0 parties d'eiu • 
odeur camphre^e ; saveur assez agréable ; s'adunnis^re très " ,: 
tageusement dans une potion alcoolique. Dose : un k.,iT n 
gramme ;eiïet en quelques minutes. C'e.st un des hypnô û;. 
des plus recommandables par son action éleci.e sur le ce 
moteurs, laissant libre l'activité .sensorielle et psvchique et .d 
htaut ainsi les effets de la suggestion. ' 

Une foule d 'autres hypnotiques peuvent encore être employés 
mais leur action n'offre rien d'avantageux, en sorte qu'i v,m 
mieux s'en abstenir. Il en e.st ainsi des produits à' 0^ 
am.detout particulièrement, tels que l'Hypnal, le Verona l" 
Proponal. et le Somnal (trè.-excitant et surtout anesthési"',;] 

II y a encore les médicaments produisant une certaine ivre.sse. 



— 105 — 



J 



COMMENT ENDORMIR 



tels que le Haschicli et les extraits d'Opiiiin. 
(page B2) quel était leur mode d'action. 



Nous avons vu 



TIu mot enfin au sujet de la Scopolamine : c'est un des mé- 
dicaments les plus efficaces en matière d'hypnotisme. I.orsqti'il 
s agira d'endormir quelqu'un contre sa volonté ou à son insu 
soit pour le guérir de l'alcoolisme ou de l'habitude du drogues' 
Comme l'Isopral, mais beaucoup plus énergique que ce de nier 
Il laisse champ libre à l'activité psychique, et semble exagérer la 
Réceptivité (page 70). J'ai même une méthode spéciale iiour 
son emploi avec laquelle je n'ai jamais eu le moindre insuccès. 

Le sommeil électrique 

Quelques expérimentateurs, à un particulier Stéphane I educ 
et Louise Rabinovitch, se sont livrés à une série d'expériences 
pour arriver à produire l'auesthésie au iimyeu d'un courant élec- 
trique. 

On ra.se soigneusement le cuir chevelu, sur lequel on doit 
I)lacer les électrodes formées de deux disques d'étalii On ap- 
plique le pôle négatif, le plus petit, sur le .sommet de la tête et le 
pôle positif sur la nuque. On doit séparer la peau des électrodes 
par de la gaze ou du colon imbibé de solution physiologique — 
On emploi un potientiel très bas que l'on élèvera progressivement 
Le courant .sera interrompu 100 fois par seconde, et chaque pas- 
sage du courant ne devra durer que 1 millième de .secoude-On 
commencera avec 2 ou 3 volts et 1 ou 2 milliampèies, en augmen- 
tant progressivement jusqu'à ce que le .sonimeil vienne. 

On aurait ainsi provoqué des sommeils de plusieurs heures, 
p-'iulaut lesquels des opérations abdominales ont pu être prati- 
quées saus la moindre douleur— Cependant Stéphane Leduc s'é- 



-106 — 



COMMENT ENDORMIR 

n«n.au,,,,..,,.r;r:;:':r:;re':::r;x:;c™-^ 

La cauiie du sommeil provoqué 

gérationde la crédibUité .Is Vi fl^e eV 'f^" '^ ^'''''" 
Rtimfaessayc de démontrer qu-ilctaitd^ , •''"«^■'''■0».- 

la circulation cérébrale -Prevèr dit " ï'*^""''«''^'-« de 

sée produit une exagé^tio^ e^^t , .rSH:;.'''" '' '^ ^^"■ 
part.es du cerveau ; d'où formation ce rod, / '• '' ''''''"''' 
oxydables enlevant l'oxyeène et nroH.,; '"^'qnes et très 

<lissen>ent plus ou n.oins pSd ' ' *"'' ""'^ ''"'g-.r- 

Une théorie plus heureuse est celle de Bmu-,, q - 
mal.o„ sensorielle produit l'inhibition de ce rrsr''r ^ '"' 
l>raux. Cette théorie exnlin... ..•« " "e certauis centres céré- 

thargie. produites s^^ou les h^ '"" '''' ^f"'"^'""'^ '' '^ ^'■ 
ces états ne sont pas iTso, . eTi , ' ''"'^'''^^''•'•'^°'- ^ais 

q..e des accidents^olles^n ' = — "t 

citants déterminés ; ir;^^:;:":^\î::j;:'; --'■^ff-^'-- 

peuvent être provoqués :!.rs,ue le «: "Itt ^^' ^ '''' -f fî^ 
sonniieil provoqué a tous 1^^ ,",rn^.« ^ L ■■ ^"^ rentable 

«In, que r„„ pr«|„i, ,„„,„„„ „,4 ,,t,!rlt '''''''■ ^ '^^" 



- 107 — 



COMMENT BNDORMIR 



sorielle ; mais elle est insuffisante pour provoquer l'inhibition cé- 
rébrale entière ou même partielle. Elle produit plutôt une fa- 
tigue, une lassitude, qui alors fait naître l'idée du sommeil; 

aussi bien que des doses modérées de substances hypnotiques 
produiront cette lassitude, avec appétit du sommeil. Nous voilà 
donc encore avec l'appétit, l'idée et, en d'autres termes, l'image 
du sommeil ; et je pourrais répéter ici ce que je disais au sujet du 
.sommeil naturel (pages 43 à 52). C'est l'inhibition du sens in- 
hibitoire d'abord, et secondairement des diverses autres parties 
du cerveau ; inhibition variable suivant les individus et les cir- 
constances, et coordinée sous l'influence des centres de l'imagi- 
nation. 

Cette théorie nous permet de comprendre comment on arrive 
à provoquer le sommeil instantanément, dès la première séance 
sur quelques sujets, et sur plusieurs après entraînement.— Tout 
dépend de la plus ou moins grande vivacité ou puissance de l'i- 
mage du sommeil ; chez quelques-uns elles sera très vive dès la 
première tentative ; chez d'autres, la répétition fréquente de cette 
image en accroîtra la puissance, et le sommeil se manifestera de 
plus en plus rapidement et profondément à mesure que les expé- 
riences se renouvelleront. Cette théorie explique encore la dif- 
férence entre le sommeil d'un individu et celui d'un autre (il n'y 
a pas deux individus qui dorment absolument de la même façon) ; 
tout dépend des participantes de cette image du sommeil : elle 
doit avoir .ne certaine composition homogène formée de parties 
absolument indi.spensables, mais auxquelles d'autres peu nt ve- 
nir se joindre sans nuire à son efficacité, tout eu modifiant sa 
forme totale. Nous aurons d'ailleurs à revenir sur ce dernier 
point au chapitre des méthodes. 

Mais pouvons-nous trouver des preuves de cet inhibition des 
centres nerveux supérieurs ?... .Examinons un peu les Taits. 



— 108 — 



COMMENT ENDORMIR 



Voici ce que dit Cullerre àcemii,>» • •• i j. 

de la couche corticale exerc'n^^^^^^^^^ >-ré.sea„x rsychon.oteur.s 

Piiissaute sur tes r7n! V- *-'"'^' "'"^ "'''*"" '"''i'^itoire 

S aire, Cet.t .T '"^IT"" «^"Siionnai.es, bulbaires ou 

nieauilaire». Cette action nihibitoire étant supnrin.L-e n«r r/.».f 

hypnotique, il devra s'ensuivre one I... r./n "'^''" "^,^ '''"^ • ^»«» 

seront considérablement e^Kr^Vd;;:^^ 

plus de parties de la couche cortic! e seron ' !' , "''''" ''"'' 

C-esteneffetcequialieu. I^nsITl^r^^ ^^ .Z":::;;^ 

fllZr^;;'"" ?""°""^ l'-a,ératio: consi^^^I^^ t ^ 

Dan la catalepsie les réflexes cérébrospinaux sont Heur na xi' 

^ centres supérieurs eux.nên.es. ce qui constituH^n^ nt t^" 
psychique : automatisme d'autant plus complet que 1 inl H iii^,' 
rappe un plus grand nombre de .ônes corticales C Hte iûh iT 
.on, qui arrête les fonctions supérieures psychiques la vlmé 
a con«..e„ce. en favorisant l'exercice automatique dJs a ut :' 
cultes explique l'efficacité et la puissance de la sur "^1^ cou 
le mécanisme est désormais facile A comprendre ^-K Z's , 
VOIS plus nen à ajouter, si ce n'est quelques remarques nu s iet 
de^la volonté: ce sur quoi Je reviendrais propos du coL:;.!:! 

Comparaison entre le sommeil naturel et l'hypnose. 
Transformations. 

Hiff/'? "'""' P^"' intéressant que de considérer les opinions ues 
différents auteurs sur cette question; les réponses les pluTcon- 



— 109 - 



w 



COMMENT BNOOIIMIR 



tradictoires nous sont dounées 

Le sommeil provoqué est-il de même nature que le sommeil ïia- 

*''*"*'; '^"'"«^ : " »l e» diffcre profondément par la sugges- 

tibilite an<,rmale qu'il développe chez presque tous les sujets. "— 
OchorovKv. : " non. mais il y a «les transitions, et entre autre 
le sommeil ordinaire, lui aussi, peut être provoqué par sugges- 
tion. "— Luys : '• non. c'est un sommeil incomplet. "-Maiot : 
" »l y a certes de gmnds rapiwts entre eux. en particulier entre 
les suggestions de l'hypnose et celle que l'on peut donner en di- 
rigeait certains rêves du, sommeil ordinaire. "-Lajoie : oui. 
mais l'uii est provoqué, et l'autre spontané. " (?)-Pitres Ballet 
Joire. Voisin : " non -" David : " hypnotique ou naturcl.'le som- 
meil est toujours provoqué ; dans le premier cas, la cause déler- 
uiinanle vient du dehors ; dans le second, elle est inhérente au 
sujet. I^ causes n'étant pas les mêmes. les effets sont néces- 
sairement différents, mais la natute du sommeil ne change pas 
Tel un instrument de musique. " 

Je me range à cette dernière opinion, et je la complète. 
Nous avons vu que le sommeil naturel et l'hypnose ont la même 
caust i)remière, par conséquent ils doivent être de même nature 
Mais les causes adjuvantes, les circonstances, varient ; par con- 
séquent .sommeil naturel et hypnose varient parallèlement, mais 
dans leurs modalités seulement. C'est ainsi que l'hyp.iose peut 
être ce qu'est le sommeil habituel, chez tel individu, de même 
que le sommeil naturel peut être ce que sera l'hypnose, chez cette 
même personne. Tout dépend des circonstances : méthodes, 
suggestions, milieu, entourage, etc. 

Pour préciser davantage, je dirai que quelle que soitlacausc 
qui fasse naître dans notre cerveau l'image du sommeil, celui-ci 
sera toujours le même, et ne variera que par la forme de l'image 
c'est-à-dire sous l'infîuence de l'imagination ; sommeil naturel et 



- 110- 




^SS^S3£iSai^wfï;i»ï 



l i.i --. 



COMMENT BNDORMIR 



h p. ose sont toujours provoques p„r ,„,e cause- c.udconquc 

le. forme par des exc.tatio- s venant de lextvriiur du cerveau 

pour un même degré de profondeur de sommeil, cjuelle que soit 
la cause ayant fait naître cette inhibition. Mais ,ous avo ,s v 

Srtn''^"""'^""'"" -"'-«'""i-sà entrer:;::;: 

activité . or 1 '"ag.nat.on peut se porter dans toutes lesdirections 

so ver. une chose, soit vers une personne ..uciconque. et e p r! 

t.eul er vers l'hypnotiseur. Lorsque l'imasinatio.. du dorn.eur 

era tournée vers l'opérateur, son attention sera toute conctrél 

«r ce denuer. (page 87) et l'on peut alors dire qu'il est attentif 

à 1 hypnotiseur : c'est le - sonuneil attentif •. Tandisq,. 

ous le« autres cas, l'imagination suit le conrs ph,s ou u.o n ir- 

réguher des .n.ages naissant de ressouveuirs (ou d'autres causes) • 

elesed.ngeu'unporteoù. comme dans la distraction : cest le 

sommeil distrait. " 

On comprend alors comment, dans le sommeil naturel une 
nersoune se mettant à rêver A hante voix. pe,.t répondre à un . 
terlocuteur se trouvant à ses côtés : il suf.it que celui-ci so fi- 
Ruré dans le rêve ; tandis qu'au contraire, s'il'n'y f„„re pas „ - 
f.samment, .son intervention agissant connue cause pertu hatrice 
pourra provoquer le réveil total ou partiel. 

Lorsque dans le .sommeil, le rêve, ou pins exactement l'ima- 
Sination. fait intervenir luie personne, celle-ci peut répondre aux 
qi^tious du rêveur, engager une conversatio,!; ou inêmit c m- 
mencer, avec ce dermer, sans produire aucune perturhation • il 
pourra par ses paroles faire prendre le cours qu'il voudra au ,êve 
du dormeur ,1 pourra faire naître ainsi l'image d'un sommdî 
plus profond, ou d'un réveil partiel ; il pourra mettre dan"r - 
"lagniatiou du dormeur une concoutratiou d'attention de plus en 



— 111 - 



■•-ifW»-' 



«^^ 



COMMENT ENDORMIR 



plus grande (tel qu'on doit le faire lan<-' l'hypnov/ ) ; il pourra 
provoquer l'image persistante de sa Jic,>ojice iuJif jcusable, d'un 
réveil impossible sans son command -ici t ; :* poi^rra même im- 
planter des volontés qui persisteront après le révtil ; et tout cela, 
parce que l'imagination du rêveur fonctionne sous la direction 
de l'interlocuteur, comme dans l'hypnose d'ailleurs. 

Lorsque pendant le sommeil d'une personne, une autre in- 
tervient, soit par la parole, soit par le toucher, le réveil se pro- 
duira si l'intervention est assez excitante pour produire un ébran- 
lement suffisant de l'ensemble desceliule cérébrales. Mais si 
cette cause perturbatrice est trop faible, le sommeil continuera, ou 
du moins sera i^eu modifié. Et alors ou peut comprendre qu'en 
agissant un certain temps sur S, (voir Fig. 2, page 27) et de là 
sur EE, sans produire le réveil, une personne puisse petit-à- petit 
s'implanter dans l'imagination EE du dormeur ; de distrait qu'il 
était, le sommeil devient attentif : il est transformé, la personne 
pourra alors modifier le cours du rêve tel qu'indiqué au para- 
graphe précédent. 

Lorsqu'une personne contrôle le sommeil attentif d'un dor- 
meur, elle peut facilement faire entrer une tierce personne dans 
le rêve ; elle pourra s'effacer elle-même, laissant l'attention au 
nouvel intervenu. Ou bien encore elle pourra s'affacer com- 
plètement sans transporter l'attention du dormeur sur une autre 
personne ; le rêve prendra alors une direction quelconque ; d'at- 
tentif qu'il était, le sommeil est devenu distrait. 

Ce qui précède explique comment il se fait qu'un hypnotisé 
peut difficilement être réveillé par autre chose que le commeu- 
dement verbale, tactile ou autre, de l'hypnotiseur. Si ce dernier 
met dans le cerveau du dormeur l'image d'un réveil impossible 
sans sa propre intervention, il est bien certain qu'il eu sera ainsi. 



112 -. 



iy-r-Kim,.' 






COMMENT ENDORMIR 



Mais en dehors de cette suggestion, comme on dit ordinairement, 
I hypnotisé très souvent ne pourra pas être réveillé par aucune 
personne autre que l'hypnotiseur : c'est lorsque l'attention du 
dormeur est tellement concentrée sur l'opérateur, que mC-me alors 
que les bruits, ou toute autre sensation étrangère, puissent encore 
être perçus, l'imagination ainsi expectante attend indéfiniment 
ce qui va venir de son point d'attraction, de l'hypnotiseur, et que 
tout le reste n'a plus assez d'effet pour produire un achemine- 
ment quelconque, spécialement vers le réveil. Cependant si 
l'hypnotiseur abandonne le dormeur à lui-même, au bout d'un 
certain temps, plus ou moins long suivant les cas et les circons- 
tances, l'attention diminuera pelit-à-petit et finira par se dissiper 
complètement ; en effet, la succession des images dans le cerveau 
de l'hypnotisé effacera progressivement celle de l'hypnotiseur, 
laquelle n'aura plus d'apport suffisant pour s'entretenir. C'est 
alors que le réveil peut avoir lieu spontanément : ce qui arrive 
toujours dans des limites de temps variant de 2 à 12 heures (le 
plus souvent 2 ou 3 heures) 

Tout le monde peut-il être endormi ? 

Ayant donné comme thèse de ce livre que l'on pouvait en- 
dormir, non seulement quelques personnes (ce qui est comme de- 
puis trop longtemps pour qu'on en doute), mais toute personne 
sans exception, il me faut la soutenir ; et je crois que nous som- 
mes maintenant arrivés au point où je me trouverai en mesure de 
la démontrer irréfutablement. 

Pour répondre à la question préposée, il suffirait peut-être 
de nous reporter au paragraphe précédent, et conclure que puis- 
qu'il est possible de transformer le sommeil naturel en sommeil 
hypnotique, que tout le inonde dort (même celui qui souffre d'in- 
somnie), on peut endormir, hypnoti.ser, magnétiser (employons le 



- 113 



3»;,:--if.^ 



COMMENT ENDORMIR 



mot que l'on voudra) tout le monde sans absolument aucune ex- 
ception. 

Mais vu les nombreuses objections que peut présenter l'uti- 
lisation du sommeil nocturne, il nous faut pouvoir endormir qui 
que ce soit à n'importe quel moment de la journée ; et p.lors nous 
ne semblons pas plus avancés. Cependant si nous envisageons 
dans leur ensemble la cause première et la nature de l'hypnose, 
il nous est impossible de ne pas admettre que l'on peut attirer 
l'attention de qui que ce soit et faire naître dans son cerveau l'i- 
mage convenable du sommeil— Je sais bien que l'on pourra ren- 
contrer maintes difficultés, que nous étudierons au chapitre des 
procédés d'hypnotisation ; mais entre des difficultés tenant à des 
défauts dans l'expérimentation et l'impossibilité réelle, il n'y a 
aucune relation. Si par des maladresses dans nos procédés nous 
avons quelques insuccès, cela ne veut pas dire que c'est impossible. 
D'ailleurs avec les méthodes que je recommanderai, on constatera 
facilement après de nombreuse.* v érimentations, que l'expé- 
rience confirme la théorie prése. ne l'insuccès sera p' itôt 
rare. Et ixjur les argumeutateu. .ces qui aiment les extrê- 
mes, je dirai que s'il le fallait on aurait qu'à priver l'individu de 
sommeil pendant 36 ou 48 heures, au besoin, ju.squ'au moment 
ou l'on voudra qu'il dorme ; puis alors transformer le sommeil 
en hypnose. Nous espérons cependant que ces extrémistes pour- 
ront être assez habiles dans l'emploi des méthodes que je donnerai, 
pour ne pas avoir à se .servir de ces moyens ultra-radicaux. 

Il ne faudrait cependant pas croire qu'il est pratiquement 
facile de plonger tous les individus au-delà du 3e degré de som- 
meil dès la première .séance : c'est d'ailleurs absolument inutile, 
et l'on verra au chapitre des méthodes la conduite qu'il faut tenir! 
Pas plus qu'il ne faut s'imaginer que l'on peut tout faire exécu- 
ter à un sujet endormi : nous avons déjà discuter cette question 



- 114 



COMMENT ENDORMIR 



précédemment (page 71) et nous la rev( 
sentemeut. 



errons à propos du con- 



L'hypnose sur les idiots. 

tentinf "'"'^'.^"«''q"« de l'hypnose étant la concentration de l'.t 
ten ion du sujet vers l'expérimentateur, il semble bien d ff Lie 
d arnver a attirer et surtout à retenir l'attention, cl^^vî^^ 
est absolument incapable de tout travail mental. Cepend .nt l'at 

ST V^r'r '" ^°-^>-«nt de l'imaginaUrctC 7 ' 
c est-a-d.re de la quant;.é et de la force des ima,.s foru é es d" né 
çou continue et relativement à une personne, m, ob . e, ^^^ 

"H but. que ces images soient conscientes ou inconsc ". te n^l 
pourra par des essais répétés chercher ce qui peiu cl c e ; " 
cession continue d'images pins ou moins ^• vaces da s e Jèrve ? 
de 1 Kbot. Tant qu'à l'in.age du somn.eil. elle do exister cons 
ç.eminent ou inconsciemment, puisque l'idiot dort C^oun" t" 
donc des ors se contenter de tenir l'attention on phvs exact me 
.". -gination sur cette seule idée du sommeil. I faudra ce"e 
dant faire naître spontanément et assez profondément 'tu- et 
donna- (voir méthodes) avant de parler de .somn.eil à 1' diot eÏ 

l"o.. On peut encore transformer le .sommeil nntnrel de la niême 

açon en ne présentant rien autre chose que lin.nge d soiim eT 

Une fois le sommeil attentif obtenu, au moyen decette se, le i n^^^ 

du sommeil, on pourra tenter d'en faire naître quelque a .eT 

en se ba.sant sur des e.s.sais antérieurs au sujet de la cnnci é mn ' 

rebral de 1 idiot : ce qui est en oit possible lorsque le cerveau de 
e dernier n'est pas absolument incapable de former une s"„ L 
Idée ou image à-peu-près régu. re. 



— 115 — 



i^"^ 



COMMENT ENDORMIR 



Avantages de l'hypnotisme. 

D'après ce que nous avons vu précédemment sur la nature 
de l'hypnose, ou du sommeil naturel transformé en sommeil at- 
tentif, il nous est impossible de ne pas nous arrêter quelques mo- 
ments sur les nombreux bénéfices que les sujets ou patients peu- 
vent en tirer directement, et indirectement alors le médecin ou 
l'expérimentateur. 

Tout ce qui tient du fonctionnement du système nerveux 
central est susceptible d'être améliorer par des suggestions con- 
venables dans l'état d'hypnose : c'est ainsi que l'on peut dévelop- 
per la mémoire, la volonté, l'énergie, le goût pour tel ou tel art, 
le talent, etc ; on supprimera des défauts : la gêne, la timidité, 
le trac, la jalousie, l'emportement, etc ; on détruira des vices : 
l'alcoolisme, l'habitude des drogues, la passion du jeu, etc. 

L'hypnotisme thérapeutique est le seul moyen curatif des 
maladies nerveuses essentiellement fonctionnelles : hystérie, neu- 
rasthénie, impuissance, etc ; et dans celles s'accompagnant de lé- 
sions organiques : épilepsie, tabès, paralysies, etc, il n'y a pas de 
meilleur auxilliaire ; ce qui faisait dire un jour à G. Ballet que 
" si l'on n'avait pas la suggestion à sa disposition, ce ne serait 
pas la peine de s'occuper de thérapeutique neurologique. 

C'est le traitement le plus efficace de la folie de la persécution, 
de la manie du suicide, des hallucinations, des délires, des pho- 
bies, de l'érotisme, de l'onanisme, et de certaines perversions 
sexuelles. 

La thermogéuèse peut être fortement modifiée en quelques 
minutes par la suggestion hypnotique : on peut faire baisser la 
fièvre d'un malade, aussi bien que l'on peut élever la température 



116 — 



COMMENT ENDORMIR 



d'un sujet sain, de 5 ou G degrés Ft.. en 10 ou 15 minutes. 

La circulation et les sécrétions étant sous rinflnence directe 
du système nerveux, seront modifiés parla sngKcstion dans l'hyp- 
nose : on augmentera ou dinnnnera la fréquence du pouls et son 
a.îipl,tnde ; on peut produire la congestion ou la décongestion de 
tel ou tel organe : cerveau et utérus tout spécialement. Lorsque 
1 on voudra agir sur les sécrétions on ne devra pas oublier l'action 
sur la circulation simultanément avec l'action nerveuse directe. 

Enfin partout où la circulation et l'apport sanguin peut être 
d un grand secours ou ne devrait jamais négliger d'utiliser au- 
tant que possible cette merveilleuse res.source. qui présente sur 
toutes les drogues l'avantage de ne pas intoxiquer l'organisme et 
a avoir une action continue. 

Inutile d'ajouter que le sym])tôme douleur n'existe plus en 
face de l'hypnotisme ; je reviendra: dailleurs sur cette (,uestion 
à propos de l'anesthésie, à la fin du livre. 

Dangers de l'hypnotisme. 

Si l'Hypnotisme offre de grands avantages, il pré.sente aussi 
quelques dangers, pour l'hypnotisé, et l'hypnoti.seur quelquefois 
Le seul danger qu'encourt l'expérimentateur vient de la malveil- 
lance po.ssible du patient ou de son entourage, et j'y reviendrai à 
propos du consentement. -Il en est bien autrement pour l'hyp- 
notisé ; et nous allons passer rapidement en revue tout les dangers 
possibles ainsi e les moyens de les éviter. 

Il y a d'abord les dangers corporels, et le premier est celui 
qui se rapporte à une maladie de coeur grave. Il ne faut pa^ 
croire comme beaucoup de gens le pensent, qu'il y ait du danger 



— 117 — 



COMMENT KNDORMIR 



à enclorinir une personne souffrant d'un trouble cardiaque, pas 
plus qu'il y en a dans son sommeil naturel ; je pourrais même 
dire qu'il y en a moins, puisqu'on est là pour surveiller. Mais 
avec de telles jursonnes, il ne faut pas s'aventurer dans des expé- 
riences faligantes ou excitantes.— Il y a en .second lieu les dan- 
gers vis-à-vis du .système nerveux ; si l'on abuse de certaines ex- 
périences, telles que raideurs musculaires, hullucinations avec é- 
motions vives, etc, avec des sujets impressionables, on ri.sque d'oc- 
casionner des tioubles as.sez .sérieux. Il faudra donc être tou- 
jours très prudent, ne jamais abuser, et aus.si con.'^eiller à ceux 
qui veulent se faire endormir, de ne s'y prêter qu'avec des expé- 
rimentateurs habiles et possédant les connais.sances voulues. 



1 



Mais les plus importants peut-être .sont les dangers moraux ; 
bien qu'il y ait un moyen bien simple et exce.s.sivement facile de 
les éviter à coup .si'ir. Il est certain qu'il y a une foule de mé- 
faits (.séductions, obtentions d'argent, etc) qui ont été commis 
au moyen de l'hypnotisme ; mais je puis dir», avec la certitude 
de ne pas me tromper, que ceux qui eu ont été les victimes .s'y 
sont exposés. Quand on veut .se faire endormir, on doit toujours 
.se prémunir d'un témoin en (pii l'on peut avoir pleine confiance ; 
et alors il n'y a plus aucun danger, car, quel que soit l'expéri- 
mentateur, il .sait que les moindres de ses paroles ou de ses gestes 
.seront épiés, et de bon ou de mauvais gré il agira comme il le 
doit sous peine de s'attirer les pires désagréments judiciaires ou 
autres. — Il faut cependant bien se rappeler que ces dangers n'ex- 
istent qu'avec des gens malhonnêtes, et que les qualités morales 
de l'hypnotiseur constituent la plus forte garantie que les sujets 
ou patients peuvent dé.sirer. Non .seulement l'expérimentateur 
con.sciencieux agira .scrupuleu.sei.ient envers ses clients, mais en- 
core saura les mettre en garde, par des suggestions convenables, 
contre toute atteinte malveillante de la part dea autres. 



— 118 




-^^^^^^i^s^^it^;:=^;),^^:k%^^^^ '-^ -- 



M 



COMMENT ENDORMIR 



lin dernier mot en»^.. au sujet de ces paralysies passa^cics 
tics, pertes de connaissance simulées, ou autres expériences plus 
ou moins saugrenues <lu mc-me «enre : I.ieu qu'elles n'offrent au- 
cun danger pour le sujet lui-même, el ,,ue ce d..rnier les demande 
quelquefois dans le simple l,ut d'émouvoir ses amis et de se mo- 
quer d eux ensuite il faut les éviter à tout prix, car outre ce 
qn elles ont de répugnant ou de très disgracieux, ces expériences 
peuvent occasionner de graves accidents (inutile de mentionner) 
par les émotions qu'elles provoqueront chez les iH.-rsonnes parentes 
ou aimes du sujet. 

Les représentations de Magnétisme ou Hypnotisme 

De tous les dangers de l'Hypnotisme, je crois que le plus 
grand est la représentation théâtrale telle qu'elle est habituelle- 
ment donnée. On aura tout de suite à la pensée que je veux 
dire un danger moral : pas du tout, il me semble y en avoir au- 
cun ou du moins presque pas. I,e grand danger est celui que 
J appellerai " le dai^ger scientifique ". U„e foule d'hvpnotiseurs 
s.ins aucune connaissance physiologique on psvcholo.iique quel- 
conque, et même .souvent .sans nucnne ex-périence. s'exhibent en 
public avec une audace sans pareille ; ils pré.sentcnt aux specta- 
teurs les stupidités les plus grotesques. Les .sujets, la plupa.t 
du temps dorment bien (ce qui n'e.st pas très compliqué) mais 
Ils .sont convenus d'avance de faire le plus de folies possibles 
qu Ils exécutent alors plus ou moins con.sciemment ; ils .sont d'ail- 
leurs rémunérés en con.séquence-Kt que dire alors des fraudes > 
de ceux qu. .sous la rubrique de Magnétisme ou Hypnotisme nous 
offrent des trucs de prestidigitation ou d'escamotage ? 
Que dire encore des théories ou explications que ces professeiirs 

de baruums administrent à leur audience ? L'effet en est des 

plu.s funestes ! U p.d.lic sort de ces repré.sentations avec 

les Idées les plus faus.ses, des impressions malencontreuses va- 



— 119 — 



l 



-nMiijib-" ^'• 



j ^ 



COMMBNT BNOORMIR 



riant suivant les individus. Les nus nurout été frappés de 1.i 
puissance de cet homme qui peut tout, parce qu'ils n'auront pas 
compris la comédie ou le truquage ; d'autres vont jusqu'à croire 
à l'intervention diabolique, parce qu'ils auront vu une personne 
se soulever dans l'air, sans qu'ils puissent apercevoir la barre 
ou les fils qui la soutenaient. (J'écrirai ])rocliainenient un livre 
dans lequel tous les truquages et les nialinterprétalionsde l'Hyp- 
notisme et du Magnéti.snie seront dévoilés). 

Les choses en sont à un tel point que lorsqu'un expérimen- 
tateur sérieux se présente, il ne iH;nt plus s'en tenir à des exi)é- 
riences réellement scientifiques : on le harcèle de tons côtés, en 
exigeant de lui ce que l'on a vu faire par un magicien. — Il est 
à souhaiter que cela change, et que le public sache enfin ce que 
l'on lient avec l'Hypnotisme et le Magnétisme et ce que l'on ne 
peut pas ; que l'on distingue ce qui est du domaine de cette .science, 
et cz qui ressort de la presdigilation et de la comédie — Conmie 
pour tous les autres dangers, le .seul moyen d'y remédier radica- 
lement est In vulgarisation intense des phénomènes vrais. 

La question du consentement 

L'étude des rapports de l'hypnotisme avec la volonté offre 
un champ exces.sivement va.ste, et l'on pourrait écrire un volume 
entier sur ce sujet, je vais essaj'er de résumer succinctement et 
aussi clairement que possible les différents points de cette impor- 
tante question. 

D'abord peut-on endornjir quelqu'un contre sa volonté ?. . . 
Les théoriciens et philo.sophes ont toujours répondus non ; et le 
public muni de celte prétendue vérité immuable, qiti fait surtout 
l'affaire de ceux qui la prêchent, patauge dans cette doctrine 
avec une conviction laissant cependant sentir un doute instinctif. 



— 120 — 



V ^mx-^Ê^ :smÊù^AMm4 K 



COMMENT RNDOHMIR 



Des donneurs de séances, des expérimentateurs souvent n.énic 
Hérieux, soutiennent i.ubliqucnient cette thés» , afin de s'éviter 
tout ennui, toute difficulté. Voyez comme c'est facile n.onte/ 
•sur la scène, mesdames et messieurs, ne craigne/, rien, on n'en- 
dort personne contre sa volonté, pour dormir il faut le vouloir 
on essaie alors de vous endormir, et si l'on ne réussit pas c'est 
parce que vous ne voiile/ pas. Quelle planche de salut ' 
Ou alors, ce grand maître vous dit : voulez-v ons faire ce ne je 
vous dis ?-oni ?-eh bien ! faites le-C'est si simple d'être hyu- 
notiseur de cette façon ! 

Mais faisons abstractions de ces partisans intéressés de cette 
doctrine, et voyons uii peu l'opinion d'hommes de .sciences im- 
partiaux, doublés d'une expérience pratique considérable. Joire 
nous fait si bien remarquer que puisque l'on peut transformer le 
sommeil uatnrel en y^mmeil hypnotique, à l'insu du sujet, il ne 
peut plus être question de l'obstacle infranchi.ssable de la volonté 
opposée Bérillon qui est peut-être l'homme ayant endormi le 
plusgrai. nombre de persounes entre tous les hypnotiseurs dit 
que toute personne peut-être endormie pou. vu qu'elle sy prête • 
pas besoin qu'elle le veuille, il suffit qu'elle se Iais.se faire-Ainsi 
une personne qui .se livrera aux procédés d'ini bon hypnotiseur 
dormira même si elle fait .semblant de vouloir dormir et qu'au 
fond elle ré.siste de toutes .ses forces ; et cela, à ' seul condition 
qu'elle se soumette docilement aux expériences nécessaires. 

L'abbé Patoux dit à ce sujet : " les hommes compéleiits af- 
firment que quiconque est dans .son état normal peut toujours 
rési.ster ; il ne resterait rk l'agent que l'intimidation ou la violence 
Quand il s'agit d'hypnotiser pour la première fois ; c'est l'opinioiî 
générale depuis Mesmer. " 

Evidemment que toute persoinie eu plein état normal a la 



— 121 — 



:-M' --fv^ 



^ %.^ 



COMMBNT RNDOKMIK 



?^ 



capacité de résister ; mais JHs<nioù j)ciil aller cette résistance, 

pour combien de temps iwnt-eile dnrer ? Et pnisc'est si facile 

de faire j)crdre l'état normal h n'iiniH>rte qui, avec des distrac- 
tions approjjriées, la fatigue, ou des substances ingérées. 

Et i)nis(jue mC-me en conservant son état normal, lorsque 
l'individu esi violenté, il est susceptible d'être endormi contre 
sa volonté, on ne peut plus afluiné le contraire, c'est-à-dire qiie 
persoiuic ne jxîUt être endormi s'il ne veut pas. 

Afin d'éclaircir davantage la discussion, analysons un pence 
que sont la volonté et l'acte volontaire. "La volition, dit M. 
Ribot dans son excellent '.ivre sur les maladies de la volonté, est 
un état de conscience final qui résulte de la coordination plus ou 
moins complexe d'un groupe d'états conscients, subconscients on 
inconscients (purement plij-.siologiqnes) qui, tous réunis se tra- 
duisent par une action ou un arrêt. La coordination a pour fac- 
teur principal le caractère qui n'est que l'expression psychique 
d'un organisme individuel. C'est le caractère qui donne :\ la 
coordination son unité.— non l'unité ab.straite d'un point mathé- 
matique, mais l'unité concrète d'un con.sensus. L'acte jiar le- 
(juel cette coordination se fait et .s'affirme est le choix, fondé .sur 
une affinité de nature. 

" La volition, que les p.sychologues intérieurs ont .si .souvent 
observée, analysée, commentée, n'e.st donc pour nous qu'un 
simple état de cunscience. Elle n'est qu'un effet de ce travail 
psychophysiologiqiie tant de fois décrit dont une partie .se .lement 
entre dans la conscience sous la forme d'une délibération. De 
plus elle ncst la cause de rien Les actes et niouvemeut.s 
qui la suivent résultent directement des tendances, sentiments, 
images et idées qui ont abouti à .se coordonner sons la forme d'un 
choix. — C'est de ce groupe que vient toute l'efficacité. En d'au- 
tres termes, et pour ne laisser aucune équivoque, le travail psy- 



— 122 — 



.iv^ k'. 



COMMHN T KNUOKAIIR 

chophy.sioIoKiq„edeladéliW.rntio„ ahouiit. cl„,i, part ••.„„, .nt 
de co»sc.eace, la volition . .ra.,tr. part à ... c.s.. .Il .' ' 
ven.ents ou d'arrôis I e " le rrJ. "' v. 1/ '"*-'"'''' ''*^ '"«»■ 

titcv tout devient o 'J^u ,, '" "°'""''-" ""'■' ^^'^""•^- ""^- ^■>- 

N01.S u'avous le ou^ ! ' ".""*"■ cou.radic.ion 

réflexe dau. 1 "u ^^^r^'' "77' -"""■n"-'^- la loi du 

riode uiotriee ipnaraî . "•'""''' '''"■ '''-^^i''"'''"" ^t la ,,é. 

."outrant que ,a pSL L '' ,'^T'"""' "'""•^^'-'" ^•""•■«'» 
.ueuce. '^ "' ^'■"^'^' '^"'» ^' '1"-' 'a sfcoudc corn- 

on "ônSe" s;:':îe:sr'"'"'" ^"^ '""'^'"'^ '•-■- 'i»-- 

elle les forn.es an o^ue"^: ^ ^''"'•^ '"'^-""*^-- ^^ avec 

faiblesse de la voloTtH ^it '.""*''"' ' '■"^ "'^"'"^ ''''' ^'"'P'^ 

--es «en. qui c;;^^;;.^ :c;t:a:i::-r 7:r "' 

l'affirmation ; mais les ull ' conscience, le choix, 

«e traduire en act's U ' '"'!"^'*^;,'"°''-'-^ -t trop fnil.les pour 
insuffisante. dIus les a tlT ' "ïl"' '"'"""'^'^ ^^ ""I^'"-«» 

pulsion qui s'exa2é t ,a "'"''^^ ' *''"^""^'''"' '-■■^••*» ''>"'■ 
rait. '• ^ " coordnmt.on qui s affaiblit ou dispa- 

non-^'S^rrT "" '''■' ^ ■' ^■"'°"^*^ ^^' ....e tendance active 



- 123 - 



COMMENT ENDORMIR 



être consciente ou inconsciente, selon qtte FF (fig. 2, page 27) 
fonctionnera ou ne fonctionnera pas ; dans un cas comme dans 
l'autre, elle est le résultat du ressouvenir de satisfa :tions psychi- 
ques ou sensibles, lequel se présente à l'esprit sous forme d'images 
plus ou moins vives. Selon que ces images seront plus nombreuses 
et plus vivaces, la tendance deviendra plus puissante ; tandis 
que si les images sont contrebalancées par d'autres plus on moins 
nombreuses et fortes, la tendance diminuera, ou même pourra 
être remplacée par son contraire. Lorsque FF fonctionne nous 
pouvons arrêter la formation des images, etc, (page 45) et par 
conséquent nous sommes guides de notre volonté, jusqu'à un 
certain point, c'est-à-dire d'autant plus que FF a plus de puis- 
sance ; tandis que lorsque FF est en inhibition, la volonté et le 
désir deviennent de véritables impulsions dont la source se trouve 
dans les séries des images aparaissantes. 

Or nous savons comme il est pratiquement facile d'anibiler 
le fonctionnement de FF chez un autre individu, depuis la simple 
attraction de l'attention vers quelque chose, jusqu'à l'emploi de 
substances hypnotiques. Donc quelque soit le moyen que l'on 
emploi une personne n'ayant pas voulu dormir, et soumises aux 
manipulations nécessaires, finira par perdre le contrôle de la suc- 
cession des images formées dans son imagination, et subira des 
lors l'influence de celle du sommeil que l'hypnotiseur fera naître. 

Il es ; certain que le consentement de l'individu facili- 
tera l'ope, on, car on voit qu'il faut bien des détours pour ar- 
river à endormir quelqu'un contre sa volonté, lesquels sont né- 
cessités pour la supression du sens inhibitoire FF. On doit tou- 
jours autant que possible éviter la violence produisant une épui- 
sement nerveux ; mieux vaut attendre et chercher un moyen dé- 
tourné ; d'abord on risque d'avoir à lutter pendant assez long- 
temps avant de provoquer l'aifaisement réactif nécessaire à la 



— 124 — 



COMMENT ENDORMIR 



production de l'image dit sommeil con.séquemment à l'inhibitiou 
de FF ; et puis si l'on a affaire à des personnes impressionables 
et faibles on encoure des accidents nerveux ou autres. Ainsi un 
jour 11 me vint un monsieur accompagné de quelques personnes 
amies, me demandant de vouloir bien essayer de rendormir ; il y 
avait un certain enjeu-Je demandai au monsieur s'il consentait 
à se laisser à endormir ; il me dit qu'il le voulait sincèrement 
Je commençai donc ; mais au bout de quelques minutes je m'ap- 
perçus d'une résistance qui allait toujours croissante. Ktait-clle 
volontaire ou simplement instinctive (ce qui arrive souvent) ? 
Toujours est-il que je me mis en frais de la vaincre ; au bout de M 
munîtes exactement le monsieur dormait, mais il avait en même 
temps une syncope, car il souffrait d'une légère maladie de coeur 
Après le traitement d'usage dans ces ciicor^auoes et le réveil 
complet, je ne manquai pas de lui faire remarquer que lorsque 
l'on ne voulait pas dormir il ne fallait pas se soumettre h un ex- 
périmentateur décidé, car on risquait de forls désngrémcnts. 

Nous pouvonsdonc endormir n'importe qui contre sa volonté, 
soit que l'on emploi des moyens détournés, soit par la violence! 
Mais voici qu'un autre côté de la question se présente : A-l-on 
le droit de le faire ?. . . Si la personne s'y prête, oui ; autrement, 
non. Il faut bien se rappeler que même alors que l'on ne tou- 
cherait pas à la personne, que l'on ne ferait aucune suggestion 
aucun geste dans le but de l'endormir, et que le sommeil arrive^ 
rail sous l'effet de la fixation d'un objet brillant placé en un en- 
droit quelconque de l'appartement où elle .se trouve, «Ile ijeut 
revenir contre vous pour atteinte à sa personne. Il y a certaine- 
ment pos,sibilité de .se débattre et d'en sortir ; mais les débals 
judiciaires sur cette question .sont toujours très délicats et très 
embarrassants. En sorte que le médecin ou l'iiypnotiseur pro- 
fessionnel ne saurait trop se mettre en garde contre toutes les 
élucubralions que peuvent nous administrer certaines personnes 

- 125 — 



mmm 



mnmÊmm 



ippv 



<pp 



COMMENT ENDORMIR 



malveillantes ou autres. I.a meilleure règle h teuir dans ce cas 
est de ne jamais endonnir, ni de laisser s'endormir, qui que soit 
sans le consentement explicite du client ou de la cliente, devant 
un ou deux témoins en qui on pourra avoir pleine confiance et 
lorsf|u'il s'agira de mineurs, obtenir rautorisation des parents. 

Mais si l'on peut endormir n'importe qui, qu'il le veuille ou 
non, i^eut-on, une fois endprmi, lui faire exécuter ce qu'il ne vou- 
drait pas faire éveillé ?-Non !-Et l'on en trouvera l'explication 
aiix pages 71 et 72 de ce livre.— Mais, me dira-ton, comment ex- 
pliquez-vous alors que des faux, des crimes, des viols, ont peu 
être comme dans l'hypnose ?— Je répondrai qu'aprèsdes centaines 
d'expériences faites dans le but d'éclaircir cette question délicate 
de médecine légale, je suis à même de certifier que .si ces délits 
ont pu être perpétrés pendant l'hypnose ou à la suite d'expé- 
riences d'hypnotisme, ils auraient pu tout aussi bien avoir lieu san» 
celte circonstance. On a d'ailleurs qu'à bien étudier en détails 
les rapports de ces faits, pour y discerner nettement leur possi- 
bilité complète sans rintervention de l'hypnose ; et qu« si l'hyp- 
notisme s'y trouve mêlé, ce n'est le plus souvent que par acci- 
dent ; ou alors qu'un des complices croyait y trouver un auxi- 
liaire qui en général l'aura complètement déçu. Bien plus, je 
pourrais démontrer (et j'y reviendrai en détails dans un prochain 
livre) que loin de détourner des moeurs, lois et contumes du mi- 
lieu où nous sommes nés, où nous avons vécu et vivons, l'hyp- 
nolisme, après un certain nombre de séances, sans suggestions 
quelles qu'elles puissent-être, ou même malgré des suggestions 
contraires, ne peut que conduire l'individu vers un perfectionne 
ment moral et intellectuel. Temporairement, et dans quelques 
expériences du début, un hypnotiseur malhonnête peut bien ré- 
ussir quelques anicroches, mais il en serait aussi bien capable -ians 
l'hypnose, et cela ne peut eu somme que lui servir de paravent. 
Mais après des sommeils répétés, le dormeur acquiert une cer- 



— 126 — 




PI. 9 






COMM .-IT BNDORMIU 



taine initiative personuelle des phénomènes, surtout si l'on y a 
aidé par suggestion, en même temps qu'une indépendance d'es- 
prit toujours croissante à mesure que le nombre des séances auR- 
ineute. Si bien qu'au bout d'un temps plus ou moins long sui- 
vant les personnes, elles peuvent dormir quand elles le veulent, 
avec ou sans intermédiaire, ou ne dormir avec aucun si elle ne le 
veulent pas ; de même qu'elles peuvent produire sur elles-mêmes 
les différents phénomènes de l'hypnose, de leur propre chef, sans 
le secours d'aucun hypnotiseur. Joignons à cela le bien être ou 
même une certaine volupté que procure par lui-même le somuitil 
provoqué, aussi bien que le sommeil habituel d'ailleurs mais 
d'une façon bien plus sensible, et nous comprendrons comment 
il se fait que la plupart de ceux ou celles qui s'y livrent depuis 
un certain temps, trouve dans l'hypnose autant d'agrément, et 
peut-être même plus, que le fumeur avéré qui savoure un déli- 
cieux cigar. 

Si la résistance du sujet, ou sa volonté, est un obstacle con- 
tre lequel il faut lutter soit par des détours, soit par la violence, 
elle est de toute façon plus facile à vaincre que l'énerveiiient où 
le doute de celui qui veut absohnnent dormir. Tant qiiecelui-là 
n'aura pas dormi quelques fois, il entravera la progression du 
sommeil par l'attention qu'il porte à tout ce que l'on fait pour 
l'endormir, ainsi qu'à ce qu'il ressent. Or dans ces coudilions 
le sommeil ne vient pas, ou alors que très difficilement. J'indi- 
querai le moyen de supprimer cet obstacle au chapitre des mé- 
thodes. 

Il faut enfin se méfier de l'opinion populaire qui croit qu'il 
n'y a que les faibles d'esprit ou de volonté qui puissent être en- 
dormis par le Magnétisme Humain. Il en résultera que beau- 
coup de gens vous diront que vous ne pouvez pas le.s endormir 
que personne ne peut les endormir. Quelques-uus même, plus 



— 127 — 



COMMENT ENDORMIR 



décidés que les autres iront jusqti'à vous affirmer que plusieurs 
ont essayé de les endormir sans avoir réussi ; ils vous soutien- 
dront avec une auto-conviction féroce que tel ou tel magnétiseur 
reconnu des plus savants a essayé tant ei tant de fois sans avoir 
jamais réussi. Ne vous laissez jamais prendre à cette dernière 
invention; offrez à la personne de se laisser" essayer" par 
vous-même sur le champ. Il n'y aura jamais pour vous de meil- 
leurs occasion d'acquérir de l'expérience : infailliblement vous 
aurez affaire à une personne qui simulera de se prêter corps et 
âme à vos expériences tandis qu'au fond elle résistera de toutes 
.ses forces. 

Quant à ceux qui vous soutiendront qu'on ne peut endormir 
que très peu de gens et encore parmi les faibles, qui vous diront 
qu'avec le Magnétisme Humain et l'Hypjiotisme on ne peut faire 
que quelques petites expériences plus ou moins insignifiantes, 
soyez certains que vous perdriez votre temps à essayer de lesins. 
truire et de les convaincre. Vous n'aurez jamais affaire dans ces 
cas qu'à de prétentieux ignorants ou alors à des gens qui, s'ils ne 
sont pas atteints de crétinisme, sont tout au moins doués d'une 
étroltesse d'esprit plutôt propre à exciter notre pi; "4. 

Il est vrai qu'il y a tellement de farceurs à l'air sérieux que 
sous l'effet de réclames sensationnelles se sort présentés aux pu- 
blic avec de supposées connaissances insurpassables de la science 
du Magnétisme Humain sans en avoir les notions théoriques les 
plus élémentaires, du moins pour les données que nous en avons 
à l'heure actuelle, que ceux qui ne sont pas supposés suivre le 
mouvement scientifique, sont bien excusables d'être un peu scep- 
tiques et méfiants devant ceux qui affirmeront la réalité des phé- 
nomènes, ainsi que la valeur et l'intérêt de l'application de cette 
science. 



— 128 ^ 



COMMENT ENDORMIR 



Rappelons-nous bien, enfin, que le meilleur moyen de con- 
vaincre les incrédules est de les soumettre eux-mêmes à des ex- 
périences ; en suivant les indications que je donnerai à cet effet 
(voir méthodes), on sera toujours assuré de faire un nouvel a- 
depte. 



— 129 — 



COMMENT BNDORMIR 



Ej[tériorisation 



01 



l'Influx 



nerveux 



On a longtemps discuté la question de savoir s'il existait ou 
non une force ou un fluide s'émanant du corps humain (de tout 
corps animal en général) lequel pouvait être maniable sous l'in- 
fluence de la volonté. Le fait est aujourd'hui admis de tous, 
même par les plus intransigeants de la suggestion. Ainsi Bernheim,' 
Liébault, Grasset, Bérillon, etc. les plus forts partisans de la su g'- 
gestibilité en matière d'hypnotisme, sont forcés d'admettre qu'il 
y a tout de même certains faits entièrement prouvés tant qu'à 



- 180 — 



COMMENT BNDORMIR 



an sujet duoitel i'ni ,!^iA a:. "»8"eionieireuel abbé Fortiii, 
(va^eL Tf- ^ qnelques mots au cominenceuien 

^page à). Voici un extrait du journal "le PiVar^ " ^ « 
e« date du 20 septembre, 1890. Lunant uL id^aTse^ cL^' 
de sa construction et de sou emploi ■ complète 

mis à de, exp附«s par V A^éZ ^^M^^Lr""""' ""■ 
absoln !l"l''" '"'''''! ''"' ^^ "'"'"" '" ""•** Jépuisement. Le silence 



— ■ "1 



COMMENT BNDORMIR 



" D'après Fortin, le magnétisme agit dans les corps organi- 
sés et vivants ; il porte les ordres de la volonté et il en est l'agent 
le plus direct. Le Magnétisme Humain est un puissant modifi- 
cateur de la santé, de l'énergie ; là ou il fait défaut la vie s'éteint. 
Il est l'intermédiaire physique en perpétuelle action entre l'esprit 
et le corps. Il se propage dans tout le corps aux ordres de l'es- 
prit avec l'instantanéité de la pensée 

" Le Magnétomètre de l'abbé Fortin se compose d'un fil de 
coton de o m. 25 environ de longenr, très-fin, non tordu, fixé en 
haut à un plateau de verre et terminé en bas par une aiguille de 
fil de cuivre recuit, autour de laquelle le fil de coton vient s'en- 
rouler sur la partie médiane sans aucune ligature ou boucle à cet 
endroit. Le cadran, divisé en 360 degrés, surmonte une bobine 
de fil fin. entourant un petit cylindre en verre. Le tout est con- 
tenu dans un cylindre en verre de diamètre sufiisant, destiné, à 
isoler l'appareil de tout courant d'air et de la chaleur ; c'est à 
travers ce cylindre que les phénon.ènes d'attraction et de répul- 
sion ont lieu, sans qu'il y ait contact par les doigts placés à o m. 
o5 du cylindre. L'appareil est mis dans un coin, sur une plan- 
chette triangulaire, fixée dans l'angle dièdre de deux murs é- 
pais qui ne peuvent être ébranlés par la trépidation des voitures ; 
l'angle dièdre est dans une obscurité relative, de telle façon que 
le radioniètre de Crooket; ne soit pas impressionné et que la cha- 
leur solaire a'y arrive pas directement. 

" L'appareil est orienté dans la ligne sud-nord, de façon à 
ce que cette ligne passe par le plan médiau du corps de la per- 
sonne observée ; ses bras son appuyés contre le mur, ou mieux, 
soutenus par des accoudoirs, comme M. le professeur Richet en 
a fait installer dans son laboratoire : la personne présente l'ex- 
trémité dégitale de la main, soit droite, soit gattche, à une desex- 
trémités de l'aiguille, de teîle fîsçon qu'à travers la convexité du 



— 132 — 



COMMBNT ENDORMIR 



verre le plan de la maiu soit loerpoiidiculaire aa plan de l'ex- 
trcmité de l'aiguille. 

" La durée de l'observation est de deux minutes ou cent 
vingt secondes ; on observe l'écart ou l'angle cluffré par le nom- 
bre de divisions, dès que l'aiguille a décrit dans le sens attractif 
ou répulsif tout son cours, et qu'elle s'est fixée d....... un point dif- 
férent de celui où on l'avait observée avec l'expérience. Quel 
que soit le sens du mouvement produit, l'allure de ce mouvement 
est différents suivant les personnes ; tantôt très lente à la fin des 
deux minutes, tantôt très rapide au début, et présentant des os- 
cillations, c'est-à-dire donnant dans l'unité de temps, une attrac- 
tion et une répulsion ; tantôt restant, après l'opération plus ou 
moins fixée au point obtenu, ou revenant de suite au point qu'elle 
occupait primitivement ; l'aiguille reflète d'une façon mathéma- 
tique le mouvement qui se j)roduit en nous, conmie allure, comme 
chiffrage et donne une formule biométrique bien particulière à 
chaque personne. " (Voir page 15 et 16). 

Joire a construit un appareil qu'il a apiielé Sténomètre et 
qui sert à analyser la force attractive des différentes ]>er.'-onnes. 
Le Sténomètre n'e.st ni un clectromètre, ni une bon.ssole, ni un 
magnélomètre, ni un élestroscope ; en sorte que la force mesurée 
au moyen de cet appareil ne peut plus être celle de l'électricité 
>u du magnétisme terrestre. Il ne mesure que la force émise du 
corps humain, l-quclle malgré des re.ssemblanc . et des relations 
probables avec le magnétisme universel, doit cependant en diffé- 
rer par plusieurs propriétés spéciales. 

En approchant la main près de la pointe de l'aiguille du Sté- 
nomètre ou "jbtiendra des résultats variables, suivant l'état ner- 
veux de l'individu tout particulièrement ; voici quelqiies chiffres : 



133 



1 

I 



X 



COMMKNT ENDORMIR 



Honiniv sain. 

NeuinMliénie. 

Hystérie. 



Epilepsie 



iipres uue cn.sc 



nprè» une cri.se 

après le traitement 55' 



Main 


Main 


droite. 


ganche 


30* 


25^ 


J° 


25» 


25» 


0° 


0" 


0° 


22° 


43» 


0° 


0° 


55° 


4:r 



Voici im appareil basé sur le même princiiie rjne le mngné- 
tomètre de Kortin, mais beanconp pins simple, et qne tout le 
monde pourra construire pour mesurer la force attractive du 
corps humain. — Prenez un pl.inchette (genre couvert de boite de 
ciRar) sur laquelle ■ on.s collerez une feuille de papier blanc. Di- 
vi.sez celte feuille en diagonales au moyen d'une règle et à l'en- 
cre ; deux lignes se croisant au centre passeront par les quatre 
coins du carré ; deux autres lignes en croix se termineront au 
milieu de chacun des quatres bords de la feuille. Ou obtiendra 
ainsi huit angles que l'on pourra facilement dédoubler en parties 
égales, en Ki, 32, etc ; ce sera le cadran de votre appareil. — Pre- 
nez ensuite un cure-dent en bois que vous amincirez jusqu'à ce 
qu'il devienne gros connue un fil de coton ordinaire. — Prenez en- 
core un iKical eu verre, ou un très grand verre h boire. — Au 
moyen d'un fil de .soie nou tordu, et excessivemeut fin, le plus fin 
<|ue vous pourrez trouver, attachez l'aiguille de bois par son cen- 
tre, et suspendez-la au milieu du fond du verre, eu la collant avec 
de la cire ou de la gonune. — Renversez-le verre et posez-le sur 
votre cadran de façon que le milieu de votre aiguille, indiqué par 
le fil, vienne tomber au-des.sus du point de jonclion deslignesen- 
trecroisces ; il faut qne l'aiguille arrive à environ un demi-ponce 
du cadran. — Vous pouvez, au besoin, souder le verre .sur le ca- 
dran avec de la ciic à cacheter. — 



- 134 - 



COMMBNT KNDORMIR 



Le Dr L. Montin a imagiué quelque chose de bien plu» sim- 
ple e.i-ore, mais qui nialheureusemeut est trop imparfait. Voici 
ce qu'il dit lui-m£me : 

"Voici un appareil des plus facik h construire et nullenieni 
compliqué, que nous avons imaginé il y a fort longtemps et qui 
l^ermet instantanément de constater l'existcnsc d'un courant ë- 
nu lant de nos doigts. Il suffit .simpU ment d'avoir sous la main 
une feuille de papier h cigarette, une aiguille de trois ou quatre 
centimètres de longueur et un bouchon en liège. On enfonce l'ai- 
guille du côté du chas, à la partie médiane du bouchon, et, sur 
la pointe de cette aiguille, on place délicatement la feuille de pa- 
pier pliée à angle plus ou nu .!•< obtus, en évitant de la trouer. 
et de façon qu'elle soit bien en «ilibre sur l'aiguille, qu'elle ne 
penche ni d'un côté ni de l'autn 

" Cet appareil est d'une grande sen.sibilité : le moindre sou,- 
fle peut faire vaciller la feuille, aussi faut-il éviter de respirer 
dessus et d'en approcher brusquement la ou les mains. Pour ne 
pas agiter l'air ambiant, l'appare'l étant placé au milieu d'une 
table, l'opérateur avancera lenteni''nt sa main droite ou j; iiche, 
les doigts ployés de façon qtie celle-ci soit courbée en arc. et l'a- 
mènera h deux ou trois centimètres de la feuille de papier, qui 
at tardera pas à tourner dans la direction de la pointedes doigts. 
Si, avec les mômes précautions, on change de nmin, la feuille 
tourne, entraiuée dans le sens oppo.sé. Mais, pour obtenir un 
courant rapide et régulier, deux personnes peuvent cont ourir à 
l'expérience. Il faut que les doigts de la main droite de l'une 
des personnes, par exemple, soient en contact, par leur pointe, 
avec la naissance du poignet de l'autre expérimentateur, l'appa- 
reil au centre des mains et, autant que j^ssible, à éRale distance. 
Avec ce dépositif, la feuille tourne rapidement de droite :\ gauche ; 
eu changeant de mains, le mouvement se produit de gauche à 



— 13.': 



COMMENT HNDOP"IR 



droite, ce qui indique bien itn influx s' échappant du bout des 
doigts des expérimentateurs. — Une même personne plaçant ses 
extrémités dégitales contre ses poignets, obtient des résultats 
identiques. 

" On attribuait ce phénomène à la chaleur des mains et à la 
différence de température de l'air ambiant. Mais ceux qui ont 
av I. ce cette hypnothèse, qui ont soutenu cette théorie ont ou- 
blié d'expliquer le changement de rotation qui s'effectue toujours 
dans le sens des pointes, et, comme nous savons que, partout où 
il y a chaleî-i M y a dégagement d'électricité, il est permis d'ad- 
mettre scieuiitiqaement la force ueurique rayonnante. " 

Avec le Sténomètre de Joire ou le Magnétomètre que je re- 
conunande on pourra constater que ceriaines substances ont la 
propriété d'emmagasiner le fluide ou la force dégagé du corps 
humain : le bois semble le meilleur accumulât'.' r ; tandis que les 
métaux, et plus spécialement l'étain, sont tout à-fait réfractaires. 

Ou a prétendu que cette force émise pouvait être simple- 
ment un léger courant électrique ou magnétique ; or, ni l'élec- 
tricité, ni l'aimant n'agis.sent sur le Sténomètre. Gra.s.set a es- 
sayé de démontrer au moyen d'un va.se rempli d'eau, que le mou- 
vement était dû à la chaleur humide, telle que celle du corps hu- 
main. I,e Sténomètre a bien indiqué une déviation, mais cette 
déviation a pu être causée par la force vitale accumulé da'i-^^l'ep", 
qui est en effet accunialatrice de cette force. D'autre part, celte 
hypothèse de la chaleur humide ne peut pas expliquer la diffé- 
rence de déviation de l'aiguille pour la main gauche et la main 
droite ; surtout lorsque cette différence est de 30° et plus, et en 
particulier, 0' pour la main gauche, et 35° pour la main droite, 
comme dans certains cas d'hystérie. Elle ne peut pas non plus 
expliquer le changement du .sens de la déviation suivant la main 



— 136 — 



COMMENT ENDORMIR 



approchée. D'ailleurs qtmiid même l'ou pourrait trouver une 
substauce quelconque qui pourrait agir similairement au corps 
humani, cela ne voudrait pas dire que cette force spéciale n'existe 
pas naturellement dans l'organisme. 

^ Cette force que nous pouvons constater au moyen d'appareils 
mente d'être étudiée profondément, car ses effets, constatés par 
les plus grands savants, sont excessivement intéres.sants ; nous 
u avons qu'à parcourir les oeuvres complètes de Camille Flam- 
mariou sur les Forces Inconnues pour nous eu reudre compte. 

Plusieurs commissions de savants en renom ont été chargées 
d'étudier les phénomènes d'extériorisation de la motricité que 
présentaient certains médiums connus. Et voici ce que dit Lom- 
broso à la suite de séances spéciales données par la célèbre Eusa- 
pia Paladiuo : " je ne puis pas trouver inadmissible que de même 
chez les hypnotisés, l'excitation de certains centres qui se pro- 
noncent puissamment par la paralysie des autres, donnent lieu 
à une transposition et à une transformation des forces psychiques ; 
ainsi elle peut donner lieu à une transformation en force lumi- 
neuse et mouvante. " 

Nous ne pouvons pas douter qu'elle le peut, et si ces phéno- 
mènes sont encore dans l'occulte pour ce qui concerne le corps 
humain, il n'en est plus de même chez les animaux : nous n'au- 
rions qu'à citer les mouches-à-feu, et les torpilles. 

Lombrosodit encore : "ne voyons-nous pas l'aimant faire 
remuer le fer saus autre intermédiaire ? Dans ces faits spiri- 
tiques, ce mouvement prend une forme plus semblables au vou- 
loir, car elle part d'une force motrice qui est en même temps 
centre psychique, l'écorce cérébrale. U difficulté est de pouvoir 
admettre que le cerveau soit l'organe de la pensée et que la peu- 



— 137 



COMMENT BNDCRMIR 



sée soit un mouvement ; du reste, en physique, admettre que les 
forces se transforment l'une dans l'autre et qu'une certaine force 
mouvante devienne lumineuse, calorique, électrique, ou récipro- 
quement, n'est pas difficile. " 

Si nous considérons d'autre part les phénomènes de la sug- 
gestion mentale (page 100) lesquels ont été expérimentés par 
tous les savants s'occupant d'hypnotisme ou d'occultisme, il nous 
est impossible de ne pas admettre que la pensée d'un individu 
puisse aller influencer le cerveau d'un autre individu, dans le 
sens que le veut l'individu qui suggestionne mentalement. Il est 
évident que nous connaissons très mal cette force ou ce fluide que 
nous pouvons ainsi émettre ; nous ne connaissons pas mieux les 
lois qui la régissent. Mais nous savons cependant très bien qu'- 
elle agira mieux dans telles conditions bien définies ; nous pou. 
vous établir que dans telles ou telles circonstances elle peut se 
manifester ou ne pas se manifester ; nous savons encore que l'état 
de l'individu émiss»^nr influence fortement la production des phé- 
nomènes, de même qu'il modifie les variations de l'aiguille du 
Stéuomètre. Lorsqu'un individu, est eu pleine santé, qu'il est en 
pleine activité, rempli d'énergie et d'humeur gaie, s'il approche 
sa main du stéuomètre il la dévie fortement ; et s'il est endormi 
et préalablement entraîné aux phénomènes de la lucidité et de la 
suggestion mentale, ceux-ci se produiront avec leur maximun 
d'intensité. Il semble que dans ces conditions, la pensée, ou 
mieux le fluide ou la force qui s'extériorise du cerveau, en d'au- 
tres termes l'émission mentale, acquiert une puissance dépa.s.sant 
tout ce que l'imagination peut concevoir dans «on état habituel. 

Un autre phénomène qui nous aidera à définir cette force 
est '"'lui de l'extériorisation de la sensibilité. Malgré les quel- 
ques objections posés par les partisans de l'exclusivité de la sug- 
gestion, il faut absolument se rendre à l'évidence de l'extériori- 



- 188 — 



COMMENT BNDORMIR 



sation de la sensibilité eu dehors de toute suggestion, quelle qu'- 
elle puisse être. Uu sujet daus l'état léthargoide peut avoir la 
peau complètement insensible ; mais quelquefois ou constatera 
que si l'on pique la sphère aérienne qui l'entoure, le sujet mani- 
feste de la douleur. Il semblerait même y avoir dans quelques 
cas, une superposition de plusieurs zones aériennes sensibles, 
dont la sensibilité décroit proportionnellement à leur distance de 
la peau du sujet. 

Cette sensibilité extériorisée se manifeste encore d'une autre 
façon par l'action des médicaments à distance. Ce phénomène 
a été très étudié et l'on connaît à l'heure actuelle la différence 
qui existe entre l'action bien déterminée d'un médicament donné 
agissant à distance sur une personne endormie, et son action phy- 
siologique ordinaire ; et cela pour une foule de substances. On 
cite même des accidents sérieux survenus chez certains sujets 
que l'on avait endormis par mégarde près de vitrines de labora- 
toire contenant des flacons de médicaments toxiques. 

Iv'objection que ce soit les médicaments eux-mCmes qui se 
fluidifient ou émettent des parcelles de leur substance, conmie le 
Radium, est certainement plausible ; mais comment expliquer 
que les mêmes médicaments, tels que le Chloral, la Morphine, 
etc., ne peuvent jamais agir à distance sur un sujet éveillé, et 
qu'ils agissent sur ce même sujet lorsqu'il est endormi, et d'au- 
tant înieux que son émission mentale se fait mieux ? D'aiî- 

leurs si ces médicaments peuvent agir à distance, ou plutôt pé- 
nétrer le corps sous l'effet d'un courant galvanique (iode, men- 
the) n'emiiêche qu'ils sont fortement aidés par l'extériorisation 
de la force vitale. Et puis nous nous figurerons difiicilement 
comment dans le phénomène du réveil spontané, les aiguilles 
d'une pendule (page 59) puissent émettre de leur substance 
d'une façon suffisante pour influencer le cerveau d'une personne 



— 139 — 



COMMENT ENDORMIR 



même très profondément endormie, et cela à des distances de 
plusieurs mètres. 

De tous les faits qui précèdent nous sommes forcés de conchire 
qu'il existe une force quelconque et unique s'extériorisant du 
corps humain, et plus spécialement du cerveau ; que cette force 
peut se manifester sous forme de motricité ou de sensibilité : 
qu'elle est sous la dépendance du fonctionnement cérébral ; que 
sous l'effet de la volonté on peut la diriger dans tel ou tel sens ; 
eu un mot, qu'elle a tous les caractères de ce que l'on appelle en 
physiologie : l'influx nerveux. 

Cependant cet influx nerveux extériorisé est encore bien mal 
déterminé ; on en connaît bien peu la matière première, aussi 
bien d'ailleurs que pour l'influx nerveux intérieur. Il nous faut 
donc, pour le moment, nous contenter de constater les phéno- 
mènes, sans en connaître intimement la cause ; et conclure avec 
Richet. " nous avons la ferme conviction qu'il y a, mêlées aux 
forces couuues et décrites, des forces que nous ne connaissons 
pas. " 



— 140 — 



COMMENT ENDORMIR 



Recherche 



de la Sensibilité 

à l'Hypnose, 



Avant d . ntrepreiiclre d'etidorniir quelqti'uii il est absoluiuent 
important de diagnostiquer son élat physiologique et psycholo- 
gique par rapport au sommeil magnétique ou hypnotique. La 
majeure partie des insuccès h provoquer l'hypnose réside dans le 
fait que l'on n'a pas suffisanunent recherché la façon d'être du 
sujet ou du client vis à-vis l'hypnose. Cette recherche est poiir- 

— 141 — 



COMMENT BNDORMIR 



tant de la plus grande importance, car on comprendra facilement 
qu'il est impossible d'employer le même procédé pour une per- 
sonne qui veut dormir, et celle qui ne veut pas ; pour une per- 
sonne excessivement Mnpressionable ou nerveuse, et pour l'antre 
qui ne s'émeut de rien ou semble absolument indifférente à tout. 
Pas plus d'ailleurs qu'un même médicament peut convenir Jk tous 
les cas. Par conséqtient il faut bien diagnostiquer la sensibilité 
avant d'appliquer telle ou telle méthode. 

Procédé Neuroscopique de Moutin. 

Pour rechercher la sensibilité à l'hypnose, le Dr. Montin a 
imaginé le procédé suivant, qu'il décrit aiu.si. 

' ' Nous avons nommé neuroscopie le procédé que nous em • 
ployons pour rechercher les aptitndes ait sommeil provoqué, 
pour reconnaître les personnes sasccptibles d'éprouver rapidement 
les effets magnétiques ou hypnotiques 

" Il nous est permis, ce nous semble, quoi qu'il .soit guère 
^x)ssib!e d'explorer directement le sy.stèuie nerveux comme on ex- 
plore les différents organes, d'employer le mot neuroscopie ; 
car, en définitive, c'est bien à l'état du système nerveux qu'il 
faut rattacher cet'.e itnpre.s.siounabilité particulière que l'on ren- 
contre chez les sujets magnétiques ou hypnotiques. Par consé- 
quent, la recherche du degré d'impressionabilité est bien une ex- 
ploration indirecte de ce système 

" Nous prions la personne que nous voulons soumettre à ce 
procédé de se tenir debout devant nous ; nous plaçant alors der- 
rière elle, nous lui appliquerons légèrement les deux mains ou- 
vertes sur les omoplates, le plus près possible de leur bord spi- 
nal, les doigts aboutissant vers le tiers interne de la fosse susé- 
pineuse. Le plus souvent après ;50 ou 40 .secondes d'iin|X>sition, 
le patient, que nous n'avons nullement prévenu des effets que 
nous cherchons à produire, éprouve une sensation de chaleur 



- 142 




ssîSsshsiiss^HSF" 



COMMENT KNIXiKMIR 



pltis OU moins v.ve. q„i ne tarde pns il se propager dans tonl le 
dos. D autres fois, ce sont des frissons qu'il ressent dans la 
nifinie région avec une sorte de pesanlenr sur les épaules ou 
d autres fois encore une impression de froid glacial. 

"Parfois enfin, aucune iinpre.ssion ne se produit, tant ciue 

es mains restent appliquées. Mais dans tons les cas. du moins 
lorsque nous avons affaire à un sujet impressionnable, au moment 
même ou nous retirons nos mains, il se sent fortement attiré en 
arrière, et cette attraction est souvent si soudaine et si irrésistible 
qn.len perd l'équilibre et qu'il tomberait tout d'une pièce si 
nous ne le retenions pas. Ce qui e.st plus surprenant, c'est que 
ce même phénomène d'attraction .se produit au.ssi .sans contact 
lorsque nous pré.sentons nos mains visil vis des omoplates, aune 
distance qui peut varier de quelques centimètres h plusieurs mè- 
tres. ' 

^ '• Malgré la distance, le sujet croit sentir la chaleur rayon- 
nee de nos mains, et chn ,ue fois que nous nous déplaçons leule- 
ment eu arrière, il a l'iUiusion que des fils le tirent dans notre di- 
rection. " 



Cette expérience est certainemeiil très intéressante, et l'on 
peut dire qu'il n'y a aucun hypnoti.seur qui saurait s'en pa.sser 
Mais SI 1 on vouiait .se contenter de n'endormir que les personnes 
qui ont ete sensibles à ce procédé, on aurait vraiment bien peu 
de sujets à endormir. En effet l'attraction en arrière telle que 
décrite par Moulin, sans suggestions, ne .se présente que sur un 
cinquième de tout le monde ; à plus forte rai.sou si l'on tente 
1 attraction à distance, et surtout les .sen.sations de chaleur etc 
Et même les personnes que l'on a pu attirer en arrière, à distance 
ne sont pas toujours facilement hypnotisables ; en .sorte que ce 
procédé a été modifié et complété par plusieurs expérimentateurs 



— 143 - 



COMMENT KNOOKMIK 



Procédé Hypnoscopique 

Me Imsaiit sur le fait que l'ou ne doit pas tant reclificliLi 
l'état du systèuie nerveux de la personne, que la facilité que l'on 
IK'Ut trouver à la mettre dans le premier dcgrc de l'hypnose, ou 
njcme le second, (voir page 8H) sans lui parKr acluellen t-nt du 
sommeil, je ininse que le mot " hypnoscojMe " conviendra suffi- 
simunent. Bien que je puisse me servir de Tapplication dorsale 
des mains, inventé par Moutin, dans certains cas, et que je suive 
un peu la série des expériences recommandées par quelques au- 
teurs, mon procédé diffère par tellement d' détails que je puis 
bieu me permettre de le baptiser d'un nom eulièreuient nouveau. 

Afin de faciliter le choix des méthodes d'hypuotisation sui- 
vant les cas, je diviserai tout les individus, quel (lu'ils soient, 
en différentes classes, que je désignerai suivant l'ordre alphabé- 
tique. 

Classe A. 

Cette première classe comprend ceux à qui, pour une raison 
ou pour une autre, on ne peut parler d'Hypnotisme ou de Ma- 
gnétisme.— La première chose à faire lorsque l'on a l'intention 
d'endormir quelqu'un est de s'enquérir s'il y consentirait, oui ou 
non. On devra encore chercher à savoir ce qu'il conuait de 
l'hypnotisme, ce qu'il en pense, s'il a déjà subi des expériences, 
et quels en ont été les résultats. Cependant il y a des cas où il 
vaut mieux s'abstenir de toute allusion à ce sujet : c'est ce que 
l'on devra discerner soi-même. Il nous faudra alors chercher la 
sensibilité de cette personne par des faits et gestes ne pouvant 
pas donner l'éveil de l'idée que l'on veut mettre à exécution. — 
On examinera d'abord visuellement la personne, eu se basant sur 
les données suivantes :— Règle générale, ou plutôt comme majo- 
rité proiwrtionnelle, le sexe féminin est plus sensible que le sexe 



144 - 



coMMKNï bndorm:: 



masculin. L V- a aussi une grande influence, et l'on jK-ut éta- 
blir la règle suivante, c,iie la sensibilité à l'hypnose décroit prc 
Kressiveujcnt depuis l'Age de 10 oh 12 ans, jusqu'il ()() ou (If, ans • 
puis elle semble augmenter de nouveau avec la vieillesse • je fais 
abstraction, pour le moment, des enfants au-dessous de 10 ou 12 
a«s,-r.es gens bien cduqués et rafinés sont plus hypnotisables 
quo ceux qui ne le sont pas.~Les natures égoistes et capricieuses 
sont refractaires ; tandis les iiersonnes actives, (riiunieur gaie et 
pleines d'entrain, sont très sensibles -Les niélancholiques et les 
hyi>ocondriaques sont plus difficiles.-On a encore fait jouer en 
certain rôle dans la sensibilité h l'hypnose, à la couleur des 
cheveux et au teint des différentes personnes, mais je crois que 
ces Idées sont surannées. -Ne pas oublier d'employer un petit 
questionnaire discret ainsi que quelques suggestions au hasard 
afin de reconnaître le degré de suggestibililé, ou plutôt de récep- 
tivité.— (page 70). Enfin on es.satera le réflexe vaso moteur sui- 
vant : prenez le bras droit, dont vous ferez soulever la manche 
du vêtement, et sur la face antéro-interne. à l'aide de l'ongle du 
pouce, mais sans marquer la peau, faites un trait du haut en bas, 
d'environ cinq ou six pouces, en appuyant légèrement. Plus la 
ligne deviendra rouge, et plus elle apparaîtra rapidement, plus 
la personne sera sensible à l'hypnose. Recommencez une seconde 
fois, en suggestionnant que la ligne va devenir très rouge. No- 
te/ la différence entre les deux lignes, et vous aurez le degré de 
réceptivité dans le moment actuel. Il est bien entendu que vous 
aurez dû trouver un prétexte pour cette expérience. 

Classe C. 

Cette deuxième classe comprend ceux qui savent que vous 
voulez les endormir, mais qui ne le veulent à aucun prix.— Il 
nous arrive souvent d'à ,ir h endormir des alcooliques, des nia- 
nin s. etc, qui ne venkiil mîme pas nous voir.— La conduite à 



— 145 



COMHKNT BNDOKMIk 



U-itir dans ce cas est d'arriver :\ les faire convaincre, et à les con- 
vaincre ensuite nous-uiC'nics, que nous ne voulons pas du tout les 
endormir ; et alors les approcher sous un prétexte plausible sui- 
vant leur idée. — Pour trouver le degré de sensibilité on procé- 
dera comme pour la classe A, mais avec une extrême prudeut.e. 

Clatae E. 

Cette classe ainsi que toutes les suiv .tes, compreiul c^iix 
qui consentent à " se prêter " à cgielques expériences tout au 
moins, de Magnétisme et d'Hypnotisme. — Je pourrais Btil; livistr 
celte cla.sse en deux parties : ceux qui connaissent m outdcjà vu 
des expériences de Magnétisme ou Hypnotisme, et ceux qui n'eu 
connaissent absolument rien. Mais au point de vuei'ies n'-uUals 
des mélhotles d'iiypnotisation, cela n'a que j)cu d'importaiu 
eu sorte que bien que l'on doive eu tenir compte, les i;i6m< lô- 
thodes devront être employées dans l'un on l'autre cas, ' lu 
doublant cependant les explications dans le casd'iguoranct- com- 
plète. — Ou essaiera alors l'expérience de ce que j'appelerai le 
"vertige hypnométrique ". On sait que le vertige a une cer- 
taine ressemblance avec le .sommeil, spécialement par l'inhibition 
des centres sen si tivo- moteurs et la tendence h la perle de con- 
nais.sance qui se prod.tit à l'apparition du vertige. Si donc on 
p^ut arriver à produire le vertige artificiellement, son intensité 
mesurera la profondeur de quelque chose de similaire du som- 
meil. Et de fait l'expérience prouve que plus une personne est 
sensible au vertige, plus elle l'est aussi à l'hypnose. L'expres- 
sion de " vertige hypnométrique " est donc suffisamment justi- 
fiée.— Or le vertige .se produit de deux façons, soit que l'on re- 
garde du haut d'une fort': a'.' itude, auquel cas il y a attraction 
en avant et en bas ; soit que l'on regarde juste au-dessus de notre 
tête, ttu objet situé h- peu près dans la verticale pas.santpar notre 
corps dans la station debout, auquel cas, il y a répulsion ou at- 
traction en arrière. Pour bien se rendre compte de ce vertige, 



— 146 - 



r^^' 



COMMhNT ENDORMIR 



Il »it(r.l (k- se placer vers k- milieu ou le l.<ml (1 M irottnir eu l..,s 
d Mil édifice ck- plusieurs étages, et de regarder «lors le boni du 
toit : ou éprouve un trouble cérébral qui „o :s force à baisser la 
tête, en même temps .jne l'on ressent une perle d'éqiulii.re avec 
attraction en arrière, ou pins exactement réi)Ulsion de iobjet re- 
gardé. Or II est relativement facde de pro<liiire artificulkinenl 
ce vertiKe répulsif. Si ! ou regarde nue pointe s'élevaut pro^ies- 
s.vemenl en l'air, au-dessus de m.s yeux, dans la verlicak- pas- 
saut par notre crps dans la station debout, on suilira petit ù- 
IKMil cette sensation apparaîlre.-Dans le cas préseiil l'extrémité 
<k- notre in.lex dirigée en haut sera ce qu'il y a de mieux (l'I 10) 
On fera placer !a personne debout, les talons réunis, Us bras peu- 
claiits ; on lui renverse... ia têle en arrière, eu lui demandant de 
fixer le bout de notre doigt (l'iudex gauche, nous étant placé à 
Sauche du sujet, de préférence) ; puis on Téléven- kntcn.ent 
1 ayant d'abord placé i\ environ cinq ,K>uce des yeux du sujet' 
Neuf fois sur dix. malgré toute résisiance, ou ver, a le sujet 
chanceler en arri(.i I.a rapidité de lappaiition du monvcnitnt 
t'oni la seiisibililé relative du sujet. -Ou 
' '"'.iclion du iihéiiomène, par l'applioa- 
- -J !j dos du sujet, enirc les deux omo- 
'Çoii on pourra sentir par la conliac- 
îi! :\...i, et Ks mouveiiitnls jionr rétablir 
' •> ' ..■■lance qu'y i)eul mettre le sujet. 
v-:;U- eu airière, ou aide a au iiioiive- 
ii:e;tre uiie forte résistance, si l'ex- 
nensonnc ne peut résister ,'i l'attraction 
eu arrière, ou plutôt à ia inerte d'éqnilibrc.-Cenx qui ,.„,oni pu 
mettre une as.sez forte ré.sistance pour ne pas osciller en arrière 
formeront la cla.-se K.— Sur ceux-ci comme sur les antres on 
pourra cependant constater la plus on moins grande intensiié du 
vertige, en leur demandant d'avancer de quelques pas, tout en 
tenant voire doigt très * aut. Notez alors la façou singulière 



tt .son amplitude ('oi 
pourra eiici;»i- «ider 

tlOIl de lu IJi ■ , ..:;r 

plates (PI .M )•; 

tioil des lîi, «:.;> •■,:,:,: 

l'équilibif , ;i : 'i-.iiu 
En attirant a ,.-» U, 
meut répulsif, 
périeuce est bien , 



I '...•I, 



- 147 



COMMENT ENDORMIR 






avec laquelle ils feront leurs pas (3 ou 4 suffisent). — Après un 
certain nombre d'expériences, on arrivera à classer d'un simple 
coup-d'oeil la sensibilité relative de toute iiersonue. 

Classe G. 

Comprend ceux qui n'auront pas, résisté ou pu résisté au 
vertige hypnoniétrique. — Il n'y a que ceux qui opposeront vo- 
lontairement une forte résistance, qui ne subiront pas l'influence 
du vertige ; la plupart de ceux qui résisteront, perdront l'équi- 
libre quand même. — Kutre celui qui subit l'influence en résistant 
et celui qui ne la subit que sans ré.sistance, il y a une grande dif- 
férence de sensibilité ; er. sorte qu'il serait bon, de recommencer 
l'expérience deux fois : la première fois en tâchant que le sujet ne 
résiste pas, et la seconde fois en lui demandant de résister : on 
aura alors nettement la clas.se E, et la classe G. — Nous n'avons 
pas, pour le moment, îl nous inquiéter la ré.sistance des personnes 
sur lesquelles nous fai.sons nos expériences : il s'agit seulement 
de rechercher leur sensibilité à l'hypnose. En sorte que dans 
l'expérience précédente, connue dans celles qui vont suivre, il 
faudra rechercher trois choses : si le sujet ré.sisle ou non -. jus- 
qu'où va .sa sensibilité sans résistance ; ju.sqti'où peut aller sa 
résistance. On fera l'expérience une première fois sans rien dire ; 
si l'on trouve de la rési.stance, demande/ alors de ne pas résister, 
et noter le résultat tant au point de vue de la cessation de la ré- 
sistance, qu'au point de vue de l'amplitude du résultat. Puis re- 
commencer une deuxième fois, en enjoignant cette fois de résis- 
ter. Il sera bon alors de vaincre la résistance en engageant la 
lutte : plus le sujet résiste, plus il se fatigue, et connue en réa- 
lité il ne fait aucun mouvement ayant quelque peu d'amplitude, 
le résultat final sera une tendence au sommeil d'autant plus forte 
que la résistance aura été plus acharnée : ce q'ii s'explique faci- 
lement par l'inhibition réactive de la fatigue ou de l'épuisement. 
Plus donc un sujet opposera une résistance active, quel qu'en 



— 148 



^-^»irf* 



m 



COMMENT ENDORMIR 



soit le résultat, c'est-à-dire que l'expérience réussisse ou non, 
plus il se fatigue, et plus ensuite il dormira vite et profondénient, 
lorsqu'on tentera le sommeil. —Bien qu'à elle seul rexpériencé 
du vertige hypnomélrique donne la se:isibilité relative des diffé- 
rentes personnes, il sera Ijon de la faire suivre de quelques auties, 
tant pour l'entraînement du sujet au somniL-il, que jwur rendre 
le degré de sensibilité plus visible.— Quelle que .soit l'exi)érience 
que l'on fa.s,se, on devrait d'abord la faire sans suggestion, puis 
ensuite en employant toute la pui.s.sance suggestive dont on dis- 
posera (voir Suggestions au chapitre .suivant). 

Classe H. 

A la suite du vertige hypnométrique on tentera l'expérience 
de Moutin (page 142), sur ceux, bien entendu, qui ont subi le 
vertige ; car aucune autre expérience ne i)eut réu.ssir sur ceux 
qui ne subis.sent pas sen.>,iblement le vertige liyiniométrique. — 
Les personnes qui ne .sont pas adirées en an ici c \m k- procédé de 
Moutin constitiieronl la cla.s.se H. 

Classe I 

Constituée par cctix qui subi.ssent l'attraclion en arrière, les 
mains touchant le dos.— On es.saira alors l'attraction à distance, 
les mains très près du dos de manière que le sujet res.sente la 
chaleur des mains ; puis reconunençant de nouveau, .si l'expé- 
rience réus,sit, on répétera l'expérience en éloignant les mains de 
l)lus en plus ; on finira même au besoin jiar n'cm;:loyer que la 
fixation du dos avec le regard, et quelques suggestions. 

Classe L. 

On continuera pas l'expérience d'attraction en avant. Faites 
placer le sujet debout devant \ons, et face à f;ice avec vous ; re- 
commandez-lui de se tenir l>ien souple, les bras ])endants, les li- 
ions réunis. Regardez le fixement dans les yeux, sans cligner, 



— 149 



COMMBNT ENDORMIR 



lui deniandnnt de bien vous regardez l.ti-niêine dans les yetix. 
Pincez alors vos deux mains chaque côté de sa tête, au-dessus des 
oreilk's ; par un mouvement de va-et-vient en avant, sans cepen- 
dant tirer sur sa tête (ce qui serait ridicule, et fausserait l'expé- 
rience) cherchez à l'attirer vers vo'is. En ébranlant légèrement 
la tête avec vos doigts, de temps en temps, vous pourrez votis 
retidre compte s'il résiste ou njn. Dans ces conditions, voi:s 
verrez souvent les personnes se pencher en avant et être attirées 
vers vous. Quelques-uns ressentiront même des picotements, 
" du sable " dans les j'eux. D'autres expérimentateurs préfè- 
rent n'appuyer qu'une '.nain sur le sommet de la tête ; chacun 
son goût, et je n'y vois pas d'inconvénients ; et mêmedans quel- 
ques cas il i>eut y avoir avantage, soit pour le sujet, soit pour des 
speclateins. — Si l'attraction eu avant ne se produit pas, nous 
avons la classe I . 

Classe M. 

Il y . attraction en avant. — On essaiera alors l'attraction i\ 
di.stancd, c'e.st-à-dire que l'on s'éloignera sufB.samment du sujet, 
,)ou; que nos bras tendus, nous ne pui.ssions toucher sa tête avec 
-.los mains. Ne pas oublier la suggestion verbale, surtout dans 
ce dernier cas (voir : Suggestions, au chapitre des méthodes). 



Classe O 

Il n'y a pas d'attraction, en avant à distance, ou presque pas. 

Classe P. 

Il j' a attraction en avant ù distance. — Rcconunencez l'ex- 
périence plusieurs fois en vous éloignant de plus en plusdu .sujet. 
On i>eut arriver ainsi, avec quelques per.soinies, i\ les attirer 
d'une distance de deux ou trois verges. Ils s'approchent alors 
avec une démarche ab.'-olument caractéristique, qui ne lais.se 
aucun doute sur la réalité du phénomène. L'expérience devient 



150 - 




PI. II 



Montrant la prise Hes maiiii. [%-oir t'xplii;;itioiif, p.îgi 15a] 



COMMENT ENDORMIR 



même sensationnelle. lorsqu'avec qnelqnes rares sujets, on arrive 
à les attirer d'.me distance de cinq ou six verges, et mén.e JlZ 

st::::tSt^r"'"" ^^^--^'^^-'-^"-^^^^ 

Claue R. 

de troiToÏcuaTr?"'' "''"" '"^' l'attraction en avant, à distance 
de trois ou quatre verges, on essaiera l'expérience de la raideur 
mu.sc«hure avec engourdissement. Prenez le bras droiT le h 
I^rsoune. étendez-le devant elle et un ,^„ en dehors en le pll 
çantà-peu-prèsàla ,«„te„rde l'épaule. Laissez h .lo - 
ver.e et tournée en dedans. Soutenez- le de votre n.ain gauche 

ZhJt^l répétées (voir ce n.ot au chapitre des Méthodes) 
de haut en bas c'est-à-due de l'épaule jusqu'à la main. Chez 
quelques-uns le bras .se raidira et ils ne pourront plus le ,.'er 

R fa.l "°r", ^'"' "°'"*^''"'^' '' 'l"' constituent la clas.se 
R. Il faudra joindre les suggestions aux passes : on suggérera 
d abord que le bras s'engourdit, de plus en plus, qu'il devient 
ra.de. de plus eu plus raide, et qu'il est impossible de le pHc, 

Classe S. 

Constituée par ceux dont le bras s'est raidi sans suggestions 
par les .seules pa.^ses.-On fera alors a.sseoir la per.sonne et T'^.' 
tentera, avec des passes et des suggestions, de In catalemi r le 
jambes a.ns, que les muscles fessiers, de façons qu'elle en ili 
Puasse lever de .son siège.-Si cet état ca^alepLde ("oi p g" 
94) se produit, on aura la classe suivante. 

Classe T. 

Ou a produit l'état caialeptoide des jambes, empê-^hant le 
«ujet de «e lever de son si^ge.-^On arrivera m^niç av«.el! 



- 151 - 



COMMENT BMOORMIR 



uns à mettre le corps eutier daus cet état, c'est-à-dire qu'aucun 
membre ne peut remuer, et gardera la ix>sitiou que vous lui don- 
nerez. 

Claue U. 

L'état cataleptoide est entier, et s'étend à tous les muscles 
du'corps. — On tentera alors les contractures, et en particulier 
celle des niuacles des mains et des avant bras, désignée sous le nom 
de " la prise des mains " (PI. 11). Faites joindre les mains du 
sujet, en lui étendant les bras à la hauteur de son estomac ; faites 
des passes de haut en bas avec les deux mains, ou mieux avec la 
main droite seulement, plaçant votre main gauche sur le sommet 
de sa tête, on près du front. Demandez-lui de bien vous regar- 
der dans les yeux, ou encore dites-lui de bien fixer ses propres 
mains. Recommandez-lui de serrer les mains, et de les serrer de 
de plus eu plus. Suivez bien la marche du phénomène et sug- 
gérez en conséquence, c'est-à-dire que plus il serrera, plus il sen- 
tira le besoin de serrer de plus eu plus fort, et qu'il lui est alors 
impossible de se défaire de cette prise. On produira une con- 
tracture tellement forte, avec des sujets bien entraînés et suffi- 
sannuent musclés, quelquefois dès la première expérience avec 
quelques rares personnes, que même plusieurs personnes, tirant 
de toutes leurs forces sur chacun des poignets du sujet, ne peu- 
vent pas réussir à séparer ses mains. — lyorsque l'on aura affaire 
à des sujets longuement entraînés à cette expérience, il suffira 
de leur demander tout simplement de se joindre les mains, pour 
voir la prise se produire énergiquement, d'elle-même, au moment 
même oi\ ils se joignent les mains, ou encore sur un simple signe 
conventionnel, tel que, par exemple, le commandement : "raide". 

Claue V. 

On arrive à produire, ou presque, " l'arcade cerle ", c'est -à- 



— 152 - 



COMMENT ENDORMIR 



drelaconractnre .mtsculaire totale (PI. 1). le sujet pouvant 
être place les p.eds sur le dos d'une chaise et les épauleTsur ïe 
dos dune autre.-Avec des sujets entrainés, ce pWuomène se 
produit presque automatiquement et instantanément • mais 
Il est excessivement rare que l'on puisse le produire dès la 
première expérience. On ne peut, de ce cas, y parvenir qu'avec 
des personnes extrêmement sensibles à l'hypnose, et encore 
qu eu procédant par étapes, c'est-à-dire eu contractu>a.it les dii'. 
férentes parties du co.ps, les unes après les autres, et en em- 
^^rTJ^'^ P*"*' '* suggestions : c'est la classe la plu» seu- 
sible à l'hypnose, et " l'arc de cercle " bienraide (voir page 79) 
produit dans ce que l'on appelle ordinairement "l'état de veille" 
indique le summum de la sensibilité à l'hypnose. 

Classe X. 

Us enfants de 4 à 12 aus.-Bien que les enfants de cette 
catégorie d âge soit ordinairement très sensibles à l'hynnose 
comme 11 est plus difficile de fixer leur attention qu'avec les a! 
dultes. Il faudra proc.<der différemment aussi bien pour ces ex- 
pénences à l'état de vcUe que pour les endormir ; c'est pourquoi 
je les classe séparément. 

Classe Y 

Les enfants au-dessous de 3 ou 4 ans. -Il est à-peu-près im- 
iwssible de fixer leur attenlio.i et par conséquent de faire couve- 
nablement des expériences à l'état de veille. Pour les endormir 
Il faudra procéder d'une façon tout spéciale. 

Classe Z. 

Cette dernière classe comprend les idiots, ou plus exactement 
ceux dout 11 est non seulement impossible de fixer l'attention 
mais encore de faire tenir tranquille pendant un certain temps 
(voir page 115). ^ 



- 153 



COMMBIfT BNOORMIR 



Remarques. 

Datis cette classificalioii, j'ai sauté iutentioiiuellenieut quel- 
ques lettres dans l'ordre alphabétique, car on trouvera facilement 
des classes intermédiaires délimitées par une foule d'expériences 
<iue la pratique seule peut iiermeltre d'exécuter avec justesse et 
précisiou. 

Il ne faudrait pas croire que l'on puisse ex'cuter tonteci les 
expériences mentionnés précédemment av<*c tout le monde : voici 
à-peti-près la proportion que je crois avoir trouvée, et que j'ai 
d'ailleurs «otée durant mes trois dernières années de pratique. 



Claue B - 1 inr so 

• 19 inr 30 

1 • 4 snr 5 
■ M - 3 sur 5 

P - a snr s 



CImir R - 1 «ur ai 
S - I nir 5 
T - I inr 10 
U • I tur ao 
V - I «nr 50 



Dans ce tableau je ne tient compte que des gens de 16 à 35 
ans ; au-dessus et avant ces âges, la proportion diminue nvecl'é- 
loignement de ces limites. Si les expériences sont conduites ha- 
bilement on devra trouver facilement ces chiffres. Il va sans dire 
que dans les débuts on ne peut s'attendre au succès complet, pour 
y arriver il faut pratiquer beaucoup, voir les expériences et les 
manières de s'y prendre de ceux qui ont acquis de l'expérience, 
et savoir se perfectionner par tous les moyens possibles. 

Un dernier mot h propos de la dénomination " sujet ". Je 
crois qu'il serait bon de modifier un peu l'ancienne signification 
de ce nom : lorsque du lemp des premiers hypnotiseurs on ne 
pouvait endormir qu'un nombre très limité d'individus, le nom de 
sujet qualifiait très bien ceux qui donnaient. Mais aujourd'hui 
que tout le monde peut être etîdormi (page 113), il pourrait être 
porté par n'importe qui, et par conséquent ne signifie plus 
rien du tout. Cependant il faut une démarcation entre ceux 



— 154 — 



; <V>»-| 



COMMENT ENDORMIR 



qui se £o.it endormir au point de vue médical, et cenx qui eu 
prennent l'habitude soit pour l'exi^rimeutatiou scienlifiqt.e soit 
pour le théâtre. Les premiers sont des patients : les seconds ne 
peuvent nneiix se dénommer que par le mot " sujets ". Ou aura 
alors des sujets de Catalepsie, des sitjets de Léthargie, de Trans- 
mission de pensée, de Clairvoyance, etc. selon lescxiK-rience aux- 
quelles ils se sont entrainés. Mais le terme sujet d'hypnotisme 
u a plus sa raison d'être, ou alors c'est fout le monde— 

LES ZONES HYPNOGENES. 

En même temps que l'on recherchera la sensibilité à l'hyp- 
uose par les expériences précitées, il sera quelquefois très itiile 
de faire la recherche des zones hypnogèues. Ce sont des régions 
circouscrites du corps dont la pression a pour effet soit de provo- 
quer instantanément le sommeil, soit de modifier les phases du 
sommeil, ou l'état de conscience ; soit enfin de provoquer le ré- 
veil. La peau qui les recouvre est normale, en sorte qu'on ne 
peut pas les découvrir par la vue, mais seulement par le tâtonne- 
ment au toucher. Une même jjersonne peut eu avoir plusieurs. 
Chaque /ône peut déterminer invariablement le même effet en 
toute circonstance, ou bien provoquer des effets différents selon 
la force de la pression et le moment de l'expéritnce. Quelque , 
unes, au lieu de produire le sommeil, la tendance au sommeil, ou 
le réveil, auront pour effet révocation d'idées déterminées. 
Comme ces zones peuvent ' ..• Jer vvvant les individus, il est im- 
possible de les local!' ov i.n xvu: reKi.'. Ces zones peuvent être 
naturelles, ou l'on pei.< icoci kr paiia suggestion. La racine des 
ongles, surtout aux pouces, les poignets à l'intérieur, le pli du 
coude, les épaules près di' cou, U racine hi nez, les bos.ses fron- 
tales, et surtout le sommet .;-• !a »'u •.t V. "égiondes ovaires, sont 
des zones excessivement fr.ii.tcntes. e , t.^vra vîonc mettre à 
profit leur existence, car quelque fai')ie qui aoit liut effet, elles 
aident parfois considérablement f^ la . v>Jiiction du sommeil. 



- 155 - 



COMMENT BNDURMIR 



Procédés 
d'Hypnotisation. 



Après avoir bien déteniiiiié la sensibilité de la persoiiue que 
l'on doit endormir, on pourra dès lors commencer à provoquer 
le sounueil. A moins qne l'on ait affaire à quelqu'un que l'on 
anrait endormi di'jà profondément, ou cinq ou six fois, il sera 
lUile de toujours commencer par les expériences mentionnées au 
chapitre précédent ; non seiilement elles facilitent la venue du 
sonuneii, mais encore il est bon de savoir si l'ctat de celui ou celle 
que l'on veut endormir n'a pas changé : ce qu'arrive très sou- 
vent. D'ailleurs plus nous répétons le* expériences, plus elles 
se manifestent facilement. 



— 156 — 



COMMENT BNDORMIK 



Qualités de l'hypnotiseur. 

Il ne faudrait pas s'imaginer que de produire l'hypnose est 
chose toujours facile ; loin de là, il faut y mettre une certaine 
concenlralion d'attention et une certaine force d'imagiuaiion qui 
ont rebuté plusieurs. Mais avec un peu de pratique, et surtout, 
si ou le iKut, en suivant de près les exi^éricnces d'un l)on hyp- 
notiscur, en étudiant altentivenjcni ses manières i)crsonjielles, on 
arrivera rapidement h pro<luire le phénomène de l'hypnose d'une 
façon presque machinale, avec le minimum de travail. Il faut 
en outre bien apprendre h savoir contrôler ses nerfs, et aus.si à 
ac(iuérir un certain instinct d'intuition, tenant pour ain.si dire de 
la Télépathie (page ici), qui nous permet de res.sentir la réussite 
desexiiériences, la veniie du sommeil, et la profondeur de l'hyp- 
nose. L'étude assidue et l'assistance h des démonstrations vous 
donneront ces qualités. J'ajouterai autre chose au paragraphe 
de la pensée, un peu plus loin. 

L'Image du Sommeil. 

Nous avons di.scuté et conclu précédenuuenl (page i -, fl 52 
et 107 i\ 109), que la cause première du sommeil était l'image du 
sommeil : tous nos procédés, tous nos moyens d'actions devront 
donc tendre à provoque! l'appiuition de cette imat^e, qu'elle .soit 
consciente ou incoiiscicMitc (page rjO) . I/image du .sonuneil avec 
la coordination cérébrale toute spéciale qui s'y 1 attache uait par 
réflexe, et vient, soit de l'imagination évoquant la pensée du 
sonnneil, soit surtout des différents organes périi)hénqueset cen- 
traux se disposant aussi complètement que possible dans l'état 
qu'il doivent être pendant le somujeil. On doit d'abord obtenir 
la distraction totale (pages 28 à -ÎO) ; l'attentiou .sur l'hypnoti- 
seur et l'idée du se imeil, mais non pas siu ce que fait l'hypno- 
tiseur. Nous devons cus.si avoir la ré.solution mu.sculaire aussi 



— 15" -. 



MICBOCOPV RESOLUTION TEST CHART 

lANSI and ISO TEST CHART No 2l 




■ 2.8 



û 1^ 

^ 110 



1:25 ■ u 



2.2 
M 

I 1.8 
1.6 





\\\inLD\ 


= Inc 


'655 tas' Mo-" s* 

(716) 482 - 0300 
f""6) 288 - 5989 


■4509 
- Phon.e 


ij^ 



■BP^içfti-j:. 



COMMENT ENDORMIR 



S 



complète que possible. Les sens de l'onie, d» toucher, de l'odo- 
rat, devront être sépar<*s des centres supérieurs delà perception : 
ce à quoi nous parvit ront par l'r traction de l'attention, c'est- 
à-dire la distraction total i,e sens de la vue pourra s'inhiber 
par l'occlusion des Mupières. Soit que l'on emploie la vue, 
l'ouie, le toucher, ou l'odorat pour retenir l'attention, le sujet ou 
le client ne devra, en aucun cas, s'occuper des détails de l'opéra- 
tion ; il doit se laisser aller tout simplement, s'il résiste on s'oc- 
cupe des détails, on devra vaincre ces obstacles avant d'espérer 
voir apparaître le sommeil. 

LES AUXILIAIRES. 

Le Regard. 

Si nous nous rapportons au " Sémaphore " (page 27) nous 
voyons qu'il y a deux points par lesquels nous pouvons influen- 
cer le cerveau et produire ainsi l'image du sonmieil, avec l'at- 
traction de l'attention : P, leseus musculaire, et S, tous les autres 
sens. — La vue est celui des sens que l'on emploie le plus souvent, 
en faisant fixer un objet quelconque, surtout brillant, et tout 
particulièrement nos propres yeux. Soit que les yetix émettent 
un fluide sortant de l'organisme, .soit qu'il servent tout simple- 
mejit connue points brillants, il est un fait reconnu, c'est qjt'il» 
ont une grande influence sur la production de l'hypnose. On a 
même appelé " Regard Magnétique " la façon ou l'aptitude 
qu'ont certains hypnotiseurs de pouvoir garder leurs yeux ou- 
verts excessivemeut longtemps et sans cligner : ce qui s'acquiert 
par certaines pratiques relativement faciles : il suffit de s'y en- 
trainer quelque peu. On fixera donc la personne à endormir, 
sans cligner des yeux autant que possible, en la regardant soit 
dans un oeil, soit dans le coin d'un oeil, soit à la racine du nez 
entre les deux j^eux, ooit dans les deux yeux simultanément, eu 
lui demandant de nous regarder elle-même sans aucun effort. 



- 188 - 



■•^^,''I> 



^IS^M, 



COMMENT KNOOUMIK 



Les Passes. 

O» apiielle " passes " les mcveinents des mains rnie l'o.. 

o.,che le sujet on non. Ursque ro„ touche, ce som les mLe 

d.rectes ; les autres sont les passes A dislau^es. Les passes U 

rectes sont descendantes ou remontantes : les premiiresso U en" 

«onrd..santes et endormantes, tandis ,ue les p.'ss^ '«'0X1"; 

Ce sont de légers attouchen.ents des mains, (comme si iC ia 

des épaules i l'estomac, ou de la racine d'un n.embre à son ex: 

eot de"; ""/"";""' P"'"" ^^-•"-)-Les passes àdist ,ces 
se font de la même façon ; si elle sont de près, on peut se fleurer 
nosma.«s pron.enant la chaleur rayonnée ; si elleZt'Xe 
d M^nce. nous pouvo.,s ,^„ser que nous endettons par nos «re- 
mues d.guales, „„ fluide (voir chapitre précédant) n„e no.'snro 

pé^areV'r^'^''^'^'''^'-^^^^''"^-'^- "°- vo'do s 7a°ê 
pe. etrer.-Ce sont enco.e des pa...ses q„e cesn.ouve.nentsden o 
ecfon. connue si nous voulions lancer un fluide sur a" ersom e 

ri:lf ''""'"■' '^ "" '""'■"■*^- ""^ ■-- «-^ -onven, , X: 
tr.ci.on. comme s, nous linons sur des fluides communicnru l 

en avant)._OM doit encore appeler " passes ", la pression des 
^o es hypnogènes (page Iô5).-Us passes.se fou oit avec les 
deux ma.ns sou avec une seule ; et il suflit de les voir faire „ne 
s e fcjs pour en avoir une idée juste. 

Suggestions. 

D'après ce que dit si bien Bernheim (voir page GS) h suer 

leslion 'T "" •''" • "''""'"'■^^ '^'l'"='- ^" ''-J'o^^ de la sug- 
gestion par la vue (dont je n'ai guère à «.'occuper ici) il y a 
celle de l'ouie. la plus im,x,rtante de tout^, ; ç'g.t U su.ge t on 



- i60 - 



COMMENT ENDORMIR 



par la parole, ou suggestion verbale. Toute image que nous fe- 
rons naître dans l'imagination du sujet par l'intermédiaire de In 
parole, portera son effet et d'autant plu» que le sens inhihiloire 
sera plus inactif, que la réceptivité (page 70) sera plus accenlnée. 
Si au moyen de la parole nous provoquons la formation d'une 
image dans le crvoau d'un individu, quelle qu'elle soit (et spé- 
cialement celle du sommeil pour le cas présent), si de plus nous 
la reproduisons pendant longtemps, ou par de nombreuses répé- 
titions, nous la voyous finalement s'y ancrer d'une façon irrésis- 
tible. Cet effet inévitable de la suggestion répétée se manifeste 
clairement dans les habitudes contractées au contact prolongé de 
nos .semblables. Le pli de l'éducation, le caractère des familles, 
ou même des races, ne sont rien autre chose qu'une manifestation 
de la puis.sance des suggestions répétées. On conduit l'individu 
par l'image, et l'intelligence tient du .sen.sible. — Mais quelque soit 
l'état de réceptivité d'une personne endormie ou non, il ne fa»it 
pas croire que l'on pui.s.se lui faire admettre des absurdités, et 
l'on ne lient provoquer des hallucinations qu'en autant qu'elles 
ne déplaisent pas trop au sujet. — Bon nombre d'hypnoti.seurs 
manquent leur but dans leurs suggestions parce qu'ils ne tiennent 
pas compte de ce principe. Si l'on veut le succès assuré de nos 
suggestions, raisonnons- les convenablement, et aussi sachons les 
présenter en termes clairs, précis, et compréhensibles pour la 
personne à qui nous parlons. 

Appareils divers. 

Pour remplacer la voix et le regarO de l'hypnotiseur, quel- 
ques exiiérimentateurs ont cru utile d'employer des appareils ou 
instruments. P'^'ir produire la Catalepsie, les gongs, et les éclairs 
magnésiques qi .loyait Charcot sont certainement d'une effi- 
cacité supérieure. D'autres ont cherché à produire l'hypnose 
au moyen d'un broit répété, tel que le tic- tac d'une horloge, le 
le sujet fermant les yeux, et se laissant allçr atl jsommeil. Mai& 



- JW- 



COMMENT KNDORMIR 



je pense, et je me suis assuré par de nombreuses expériences 
qti'tm bruit sourd produit par uue vibration métallique rapide' 
et présentant des t. ^gmentations et dfsdiminutionsdaus sa force' 
à des nitervales régulières et assez rapprochées, est le meilleur 
auxiliaire de l'hypnose par Toreillc-Braid pensa que la fixa- 
tiou d'un point brillant valait mieux que celle des yeux de l'ex- 
périinentatcnr ; et tuys perfectionnera ce procédé en employant 
un miroir rotatif.-J'ai cherché à réunir la vibration sonore et 
le point brillant rotatif, dans un appareil que j'ai appelle, d'un 
uom bizarre mais distiuctif. le " Phono- Gyroscope ". Quatream- 
poules électriques, que l'on peut avoir bleues (le bleu facilitant 
l'hypnose et l'auesthésle) tournent sur quatre bras disposés à 
angles droits. Eu plus de la rotation, la lumière augmente et 
diminue rythmiquement d'intensité ; les maxima de lumière et de 
son sont en nombres égaux, mais non symchroues, le maximum 
de lumière arrivant un peu avant celui du son. Le tout est action- 
né par un petit moteur électrique.— Les appareils sont très utiles 
lorsque l'on ne veut pas trop se fatiguer, ou laisser les clients 
s'endormir tout seuls. 

Médicamento à distance. 

Comme je le disais au chapitre précédent, l'ar 'ou des mé- 
dicaments à distance chez les hpynotisés est un fait prouvé : on 
pourra donc mettre à profit cette propriété, pour approfc.dir le 
sommeil chez celui qui dort déjà. J'emploi d'habitude un mé- 
lange de Chloral et de Morphine, renfermé dans un petit tube de 
verre bouché, que j'approche du front du dormeur, ou que je 
fixe dans ses cheveux sur le sommet de la tête près du front. 
Ou obtiendra souvent de bous résultats par ce petit procédé. 

L'aimant. 

Sur quelques personnes, un puissant aimant approché de la 



— 161 — 



COMMENT ENDORMIR 



rcKioii temporale gauche, provoque reiigourdisseuient, puis le 
souimeil. Sur d'autres, il ne provoque qu'un eugourdissenient 
plus ou moins prouoncé. On pourra toujours reclierclier l'effi- 
eacité de l'aimant sur la personne que l'on veut endormir, et s'en 
sirrvir comme auxiliaire, s'il y a lieu.— Approché de la région 
IciiiiKjrale droite, l'aimant provoque le réveil partiel ou complet. 

La Pensée. 

Nous avons vu (page 100) que notre pensée pouvait être 
comprise par un autre individu, sans aucune manifestation ex- 
térieure de notre part, par le seul fait de l'émission mentale (page 
133). On a beaucoup exagéré cette action de la pen.sée à dis- 
lance ; cependant on ne peut pas nier que noire pensée puisse in- 
fluencer le cerveau d'une atitre personne, pourvu que celle-ci 
veuille bien s'y prêter, ou y consente : en dehors de là, il est ab- 
solument impossible de réussir une seule expérience quelque pe- 
tite qu'elle puisse être. Or, lorsqu'une personne consent à dor- 
mir, elle met son cerveau en état de réceptivité vis-à-vis la pensée 
de l'hypnotiseur, pour le moment même, bien entendu, et pour 
la seule idée du sommeil. On pourra dotic joindre la pen.sée aux 
autres auxiliaires.— On concentrera donc fortement toute notre 
pen-sée sur la suggestion du sommeil, en même temps que l'on 
emploiera la suggestion verbale et les passes. — Cette suggestion 
par la pensée est assez délicate à manier ; elle est en outre assez 
fatiguante potir celui qui n'est pas habitué. — Elle n'est cepen- 
dant pas indi.spensable, bien qu'elle soit un puis.sant auxiliaire. 
A moins que l'on ait les connaissance physiologiques nécessaires 
pour comprendre parfaitement bien ?e fonctionnement ducerveau, 
je puis dire, avec la certitude de n 'as me troniiier, que nous 
ne pouvons pas employer la suggestion mentale avec efficacité. — 
Cependant ceux qui se sont entraînés pendant un certain temps 
au sommeil hypnotiqu avec lui hypnotiseur ayant les connais- 
sauce et l'habilité voulues, arrivent facilement à percevoir iutui- 



— 162 — 



COMMENT ENDORMIR 



t ve,uem c ...éca.uMue de l'action cl. la ,>e..,sée à cli.sUu.ce ; a,.,s.s.: 
b en d a.lieurs c,«',ls arrivent à onnaître parfaitement tout les 
phénomènes de l'hypnose (page 127) et à les reproduire snr les 
autres, et souvent mieux que n'importe quel savant hypnotiseur. 

L'esprit d'imitotion. 

Il est un fait reconnu, dans toute vie animale, qu'un phé- 
nonièue qu. .se pa.sse sur un individu influence celui qui le voit 
e tend à .se reproduire cl.e. ce second individu.- On pourradoncl 
mettre A profit cet esprit d'imitation lorsque les circonstances s'y 
prêteront, aussi bien pour la production du sommeil que n-tir 
toute expérience. ' '' 

Difficultés. 

La cause première du sonmeil étant l'image du sommeil la 
ba.se de nos méthodes doit être tout ce qui peut la faire apparaî'tre 
Or celle image, aussi bien que toute autre (page 55) ne peut agir 
efficacement que si elle est dégagée de tout ce qui peut lui êfre 
contraire. En d'autres termes luie i)ersonne se plaçant dans la 
lV)sition convenable pour dormir, dormira, et ne dormira que si 
elle a la certitude qu'elle va dormir, que si elle en est assurée ' et 
c autant mieux qu'elle le sera plus. On voit dès lors les origii.es 
tks retards a l'apparition du sommeil : ils se rapportent tous aux 
trois cau.ses suivantes, la di.straclion. la rési.stance, le doute On 
constatera la distracticm par bien des détails, mais d'une façon 
bien tangible, par certains mouv«ments volontaires ou involon- 
taires de la part du sujet, et correspondant aux circonstances et 
■événements extérieurs, ou en dehors de l'expérience ; on l'évi 
teraen aliirant bien ratlr^ntion .sur .soi-même et .sur' l'idée du 
sommeil. -On constatera la résistance, qu'elle soit volontaire ou 
instinctive, en e.s.sayaut la soiipIes,se musculaire après l'avoir bien 
recommandée ; on remuera la tête de gauche à droite ou de droite 



— 163 — 



^^'•^■"1*^' M. 



COMMENT ENDORMIR 



à gauche, et d'avant en arrière, iiour voir si les nniscles du cou 
résistent. Pour vaincre la résistance volontaire ondevro épuiser 
les nntscles des membres, et du cou tout spécialement, en leur 
donnant des positions fatigantes ; tenir la tête renversée en ar- 
rière, faire tenir les bras en croix, ctc ; en roulant la tête, on 
produit encore un certain étourdissement qui aide à vaincre la 
résistance volontaire ou non.— Le doute ou l'envie trop forte de 
dormir est peut-être l'obstacle le plus difficile à surmonter ; ou 
constatera cette situation en déplaçant la tête ou un membre 
connue pour changer la position ; on sentira alors que le sujet 
court au-dtvant du mouvement, il vous aide à le faire ; ce qui 
n'arriverait pas s'il se laissait complètement aller. Le seul moy- 
eu de vaincre cet état d'esprit est la suggestion verbale, on plus 
exactement le raisonnement convenablement présenté. Mais, je 
le répète, c'est l'obs^^cle le plus embarrassant, et qui demande le 
plus d'habilité et d'-..périence de la part de l'expérimentalenr. 

" Barrages ". 

Une difficulté ouelquefois bien ennuyeuse est ce que l'on ap- 
pelle le " barrage " : un sujet est " barré ", c'est-à-dire qu'on 
l'a suggestionné "dnut un sommeil antérieur, qu'il ne pour- 
rait plus se f air . :i.o' . r par d'autres, ou qu'il ne pourrait se 
faire eadormir lue , .' «'lui qui prononcerait tels ou tels chiffres, 
on ferait telle c •< .^, etc. L'art de détruire les barrages 

ne i^ent guère s'aci,....rir que par la pratique, ou encore mieux 
sous la direction d'un professeur compétent. Cependant on ar- 
rivera très souvent à supprimer cet obstacle, eji les chassant de 
l'idée du sujet par des suggestions appropriées, comme par ex- 
emple : Vous ne pouvez plus y penser, vous ne pensez qu'à ce 
que je fais. " etc, etc . . En répétant pendant un certains tem,>s 
des paroles nualogues, on vaincra généralement cette résistance 
consciente ou inconsciente.— Il faudra donc s'enquérir minitieu- 



- 164 - 



COMMENT ENDORMIR 



sèment si la personne est brirrée, ou même seulement si elle n déjà 
été endormie : ce qu'elle ne vous dira pas toujours. 

Précautions. 

Evitez toute expérience fatiguante, énervante, ou éniolion- 
nante. surtout avec des personnes atteintes d'une maladie de 
coeur ou d'une nmlad-e nervetise quelconque, si légère soit-elle : 
ce dont on devra s'assurer préalablement. 

La profondeur du sommeil. 

Tout le monde ne dort pas profondément du premier coup, 
aussi bien qu'une même personne peut dormir pins ou moins 
profondément suivant les circonstances et les différents sommeils. 
Il ne faut pas, non pins, croire que ce .sont les plus sensibles h 
l'hypnose qui dormenl le plus profondément : il y en a parmi eux 
qui ne dorment jamais que superficiellement. Chose curieuse, 
la cla.sse C est celle qui dort le plus profondément ; mais alors 
c'est un .sommeil lourd, avec une réceptivité bien médiocre. Je 
suis d'ailleurs A préparer luie classification spéciale déterminant 
l'aptitude a dormir plus ou moins profondément suivant les dif- 
férentes personnes. -Le second degré (page 88) est d'aillenrs 
suffi.sant la pluspart du temps, puisque l'on peut y obtenir pres- 
ques toutes les exi)ériences, et l'anesthésie toujours. Il y a 
maints avantages i\ ne pas chercher à endormir profondément en 
tine seule fois il vaut mieux procéder par étapes, faire des .sé- 
ances courtes et y revenir plus souvent ; h moins cci)endant que 
l'on ait affaire à quelqu'un que l'on sait ré.sister volontairement 
et intentionnellement. 

LE REVEIL. 

Avant d'endormir il est important de savoir bien réveiller 



' 165 -. 



^f^^^'LOil 



COMMBNT BNOORMIK 



car pour mille et ttne raisons des pins diverses, il se |)ent qne l'on 
ail h le faire plutôt qu'on ne l'aurait vo-.iln. surtout avec une 
clientèle un peu nombreuse.— Quelques jKr'onnes craignent de 
ne pas pouvoir se réveiller ou être réveillcv, , cl c'est là leur ob- 
jection h se faire cndornnr. De fait on a souvent dit bien des 
co<'asseries au sujet de ce réveil : des pc-i sonnes n'auraient pas 
pu être réveillées ! . . .Ou plutôt elles ont été réveillées, mais 
cela a duré quelque temps ou elles ont dû être réveil léeti par 
d'autres. L'expérimentateur qui ne peut pas réveiller son dor- 
meur presque instantanément est un bien piètre hypnotiseur. 
Il est bien certain que dans quelques cas, la personne endormie 
ne veut pas se réveiller, ou plutôt veut encore dormir pour .sa- 
vourer le charme d'un rêve qu'elle désir continuer ; mais il es' 
facile de s'en appercevoir, Jt dt îc faire cesser. On ])eut au be- 
.<join, dans ce cas, tromper un peu le sujet et lui dire que .son rêve 
continuera quand même a;,rès le réveil. — Pour réveiller il est l)on 
de bien attirer l'attention sur l'idée du réveil, et de fixer un mo- 
ment ou un signe quelconque. Voici comment je réveille habi- 
tuellement : je dis au dormeur de bien faire attention, que je 
vais compter 1, 2, 3, et qu'il vase réveiller, '' attention, faites 
bien attention, je vais cc.apler 3, et h 3 vous aller vous réveiller" 
je réi^ète 2 ou 3 fois ces paroles, puis je compte 1,2,3, d'une 
x ferme et impérative. Avec des sujets ncrvtux il sera l)on 
de compter 5, ou même 10, car avec 3 on ajssi.sterait à un réveil 
un jieu brii.sque. On peut encore fixer un moment, et dire par 
exemple : " faites bien attention là, dans 2 minutes exactement 
(le nombre de minutes que l'on voudra) vous allez vous réveiller ; 
faites bien attention, çà comnience ". Le temps fixé étant é- 
coulé, le donneur se réveillera. — Ne jamais oublier de suggérer 
préalablement un réveil complet, la sensation de bien être par- 
fait, et s«trtout pas demauxdetêle (ce qui l'ii arrive souvent '.ans 
les premiers scnîmeils), .s'il a quelque peu résisté. Il reste quel- 
quefois un léger engourdissement aprè k réveil ; o i le fera dis- 



- 166 - 



7ï •fi^KkaKf»^A'^ffl^^r::^l^^it^ •• :k .i 




i>l. li 



Ma Méthcxlf Fnvorile. dnns ii'esdémoiiMrntii 



zt i-«] 



COMMENT KN'DOtt Mil- 



parnftre en soiifflniit froid sur le t,..iit, o i •, it-ix sur Its yeux, 
ainsi que sur les mains.— ( Pour ce qui ...ne .m- le réveil spon- 
tané (lu sommeil provocpié, voit yn^c 11.},. 

MÉTHODES RECOMMANDÉES. 

Le nombre * méthodes d'hypnolisîition t-' énorme, «nais 
toutes se base- «u-près snr les mêmes pri,.ciix"s, it savoir : 

fatiguer un se.. . les sens, engourdir par les pa.ssesclla paroU-, 
enfin provoquer la certitude de dormir par la siiK^estion ver))ale 
ou autre. Des huit méthodes qui vont suivre, cinq me sont pour 
ainsi dire personnelles : .soit que j'aie mo<lifié hfoiul uncancienne 
méthode, soit que j'en aie inventé de toute pièce le procédé ou 
la combinai.son. 

Méthode indirecte. 

Spéciale pour la classe A.— Car. iclérisée par le fait que je 
ne parle jiasdu lotit de sommeil, ni d'endormir, ni de quoi ([W 
<e soit qui puisse éveiller l'idée de riiyjjnose.— Après avoir fait 
les recherches néces.sairts et m'êlrc rendu compte aussi hiiii .|ne 
jHJSsible de l'état de la i)er.soiine à qui je m'adrisse (p.iue 111), 
je lui propose de lui examiner les yciix on la vue, on encoie la 
résistance de .sa vue à la Kniiière, etc, sons un prélo.xte quelconque. 
Je fois alors a.s.seoir la iiersinnie bien droite sur une chaise ordi- 
naire et n'offrant pas trop de comfort ; je la fais encore se jK-n- 
cher un peu en avant, les mains réunies près de .ses genoux, et 
les pieds dans la iwsilion la plus convenable potir qu'elle puisse 
se lever d'un seul mouvement Je me place alors del)om devant 
elle à niie dislance d'environ F, ou <> pieds. La lumière qui nous 
éclaire ne doit pas être trop forte, et autant que i)ossible être pla- 
cée au-dessus ou ;\ gauche ou î\ droite, et tomber perjîendiculai- 
remeut au plan qui nous réunit, et à incidence médiane.— Je 



167 — 



mf'^hj^: ':r£K-:'^-jin»-^*.c:^:w:'^^m;^f'^^^i^' ^^'s 



COMMENT ENDORMIR 



tente alors tout .siinp1emeii\ l'attraction en avant, sans cependant 
donner l'éveil de ce que je fais. On doit cependant dire à la per- 
sojnie que si elle se sentait l'envie de se lever et de s'approclier 
]x:ndant cette expérience, de bien se laisser aller àcette impulsion. 
La plupart du temps encore, il n'y a aucun inconvénient à eni- 
ploj'er des gestes suggestifs ou quelques paroles à cet effet. Ou 
I)eut faire durer cette expérience une demi-heure au besoin ; après 
quoi, il est extrêmement rare que la parsonnene ressente pas une 
fatigue, une lourdeur, un engourdissement, avec tendance à dor- 
mir. Si la personne avait fait le mouvement de se lever, on lui 
aurait aussitôt enjoint de rester a.ssi.se, et de ré.sister à celte im- 
pulsion. On s'approchera alors du côté gauche de la lîersonne, 
on lui fermera les yeux, et on lui demandera de se reposer poiu- 
supprimer cette lassitude ; on peut appuyer sa têle soit sur un 
coussin, soit sur notre épaule, et faire quelques pas.ses sur son 
front et sa tempe gauche. Employez alors les suggestions vou- 
lues, mais d'une façon excessivement discrète.— Cette méthode 
peut encore quelquefois .servir pour les classes X et Z. 

Méthode à l'insu. 

Pour la classe C. — (quelquefois aussi cla.s.se A et E).— Con- 
siste à amener le sujet ou le client à dormir de lui-même et à tran.s- 
former ensuite son sommeil.— Il y a une foule de moyens d'arri- 
ver à ce que quelqu'un dorme ; avec un peu d'initiative on trou- 
vera celui qui convient le mieux selon les circonstances où nous 
nous trouverons. La , eille prolongée, la fatigue musculaire et 
intellectuelle, le retour d'ime excursion à l'air \ if, les repas co- 
pieux, surtout avec des liqueurs capiteuses, enfin la lecture ou la 
conversation iieu inléressanle, lorsque nous sommes dans des fau- 
teuils invitant plutôt au sonuneil, seront dans ce cas des auxi- 
liaires à bien considérer. On évitera d'autre part tout ce pour- 
rait attirer l'attention ailleurs, et te|}ir Ift personne en éveil.— 



168 - 



COMMENT ENDORMIR 



La conversation on le discours ont l'avantage de préparer le som- 
meil attentif, c'est-à-dire qne lorsque !e sujet dormira. la trans- 
formation se fera plns facilement—Pour être absolument au com- 
plet. Il faut avoir préparé son sujet d'avance ; il faut que ce soit 
misiijetqm intéresse le client ou sujet, mais dont il aura une 
certaine difficulté à comprendre les détails, afin de provoquer 
1 effort intellectuel.-On commence la conversation ou le discours 
avec assez d'entrain, diminuant petit à-petit notre verve jusqu'à 
ce que l'on voit le sommeil sur le point d'apparnître.-Lorsque 
le sommeil sera bien établi, ou procédera comme dans la trans- 
formation du sommeil naturel en hypnose, avec cette différence 
cependant, qn'il suffira d'attendre seulement 5 ou G minutes Ou 
peut eucoie s'aider dans ce cas, comme dans tous les antres d'ail- 
leurs, des médicaments hypnotiques.— On endormira la classe Y 
par une motlification de cette méthode— eu fredonnant. 

Méthode de Transformation. 

Consiste à transformer le sommeil naturel en hypnose, ou 
plus exactement le .sommeil distrait en sommeil attentif —Pour 
la théorie, voir pages 109 à 113.-Voici la façon de procéder qui 
m'a toujours donné les meilleurs résultats : elle diffère, par plu- 
sieurs points de celle de Farez, qui a également étudié à fond 
la transformation.— Approchez-vous sans bruit du dormeur, et 
arrangez-vous de façon que si, pour une raison ou pour une autre 
il se réveillait quelque peu, il ne soit pas trop surpris de votre 
présence et se remette immédiatement à dormir au lieu de s'é- 
veiller complètement.-Alors d'une voix très faible appelez le 
dormeur par sou nom, et dites-lui de ne pas .se réveiller, de con- 
tinuer à dormir, de bien dormir, de ne pas se déranger, que c'est 
inutile, etc, etc. Tenez ce discours pendant 3 ou 4 minutes ou 
plus s'I le faut, en élevant progressivement la voix, jusqu'à ce 
que vous ayez votre ton naturel. Vous devrez baisser la voix, et 



— 169 — 



COMMENT ENDORMIR 



recoiumencer, si le donueiir semblait vouloir se réveiller. On 
peut niêiue faire ces suggestions à distance en s'approchant petit 
à iietit. — Lorsque le donneur ne semble plus vouloir s'éveiller, 
approchez votre main droite (ou gauche de préférence) du som- 
met de la tête du dormeur, et l'autre près de son estomac, les te- 
nant à environ deux pouces de distance ; vos mains devront être 
chaudes. Tenez-les ainsi 2 ou '<i minutes, pendant lesquelles 
vous direz au sujet, de dormir profondément, plus profondément 
encore, très profondément. — Ensinte vous ferez des pas.ses de la 
tête à l'estomac, passes très lentes et à environ 2 pouces de dis- 
tance. — Pendant ces passes, vous continuerez à suggestionner le 
sommeil de plus en plus profond, en ajoutant, cette fois, qu'il ne 
peut se réveiller sans que vous lui d'siez, et qu'il ne se réveillera 
que quand vous lui direz, et pas avant. — C'est le moment le pins 
critique, cette dernière suggestion déplaisant quelquefois pUisou 
moins au dormeur, il hésite à .se réveiller : il faudra donc être 
très prudent et ne rien brusquer. — A chaque fois que le dormeur 
semble vouloir se réveiller, il faut recommencer depuis le com- 
mencement, en passant cependant de plus en plus rapidement sur 
les différents points répétés, et .sans proférer son nom. — Lorsque 
l'on sera arrivé au dernier point précité, il faudra s'a.ssurer si le 
dormeur a bien toute son attention vers vous. On pourrait lui sou- 
lever le bras et lui demander de !e tenir ainsi, mais cette expé- 
rience ne réussit qu'avec les plus dociles ; la docilité respective 
peut même se calculer d'après la façon dont le bras va retomber 
ou que votre demande ou conunandement .sera écouté. Une fa- 
çon plus facile à tons les points de vne de s'a.s.surer .si riiypno.se 
e.st bien établie, e.st de dire au dormeur de respirer lentement, 
plus lentement ; puis ensuite, plus vite ; revenez encore à plu.s 
lentement, et ainsi de suite ; voyez alors comment vous êtes é- 
couté. — L'hypnose étant bien constatée, faites alors vos sugges- 
tions convenablement afin de ne pas provoquer le réveil, et con- 
tinuez vos passes s'il y a moyen. Enfin joignez l'action de la 



- 170 — 



COMMENT ENDORMIR 



pensée, tout le temps de votre opération. 

Ma Grande Méthode. 

Ainsi (lénonnnée pour denx raisons : lo. je réunis fous les 
moyens possibles de provoquer l'hypnose, et 2o, on peut la faire 
durer indéfiniment, tant que le sonnneil n'est pas arrivé-Ilfaut 
agir sur toutes les lignes droites du Sémaphore (page 27) et leurs 
points d'intersections, c'est-à dire les principaux centres céré- 
braux. On agira sur M par l'intermédiaire de P tout d'abord 
en obligeant le sujet à faire différentes contractions mu.sculaires ■ 
on agira sur S par l'intermédiaire de l'ouie et du toucher principa- 
lemenl ; on agira sur G en donnant au corps du sujet des pcsi- 
tions impropres à l'équilibre, et aussi par rinlermédiaire des ca 
naux seiPi-circulaires ; enfin on pourra agir directement sur B- 
J, et N par légère obstruction circulatoire.— Après avoir recher- 
ché la sensibilité relative du sujet, je le fais tenir debout et der- 
iiere lui je place une chaise sur laquelle il tombera assis, 'lorsque 
le sommeil apparaîtra. Si j'ai affaire à quelqu'un de la cKxs.se E 
je me place devant lui, lui demandant de lever les bras et de les 
tenir en croix, je le laisse ainsi jii.squ'à ce qu'il n'y tienne plus 
et pendant ce temps je fais des pa.s.ses directes en avant et en ar- 
rière ; lorsque je suis en avant, je lui demande de fixer mes yeux 
lorsque je suis en arrière, je les lui fais fermer, en lui fai.sant 
tenu- la tête renversée en arrière. Lorsqu'il ne peut plus tenir 
.ses bras en croix, je continue la suite des maiiipulalions.— Cette 
première partie ne doit pas .se répéter, et ne doit être prati(iuée 
qu'avec la cla.s.se K : on la supprime pour les autres classes — 
Faisant tenir sa tête un peu relevée, les yeux fermés, jedemande 
au sujet de Ijieii faire altention à tout ce que je vais faire : puis 
j'api)liqiie mes deux mains sur le bord spinal de .ses omoi)lates 
l)eiidanl une minute ; je continue par 4 pas.ses, du cou au sacrum.' 
Ensuite je fais 2 passes des épaules aux mains, m'arrêtant environ 



- 171 - 



COMMENT BNDORMIK 



15 secoude.s chaque fois sur les mains et à distance ; puis, 2 autres 
passes dans le dos, comme les premières ; enfin, 2 longues passes 
des omoplates aux genoux, m'arrêtaut 15 secondes à chaque fois 
sur les genoux. — Pendant toute ces manipulations on doit sur- 
veiller l'engourdissement que l'on suggestionne continuellement 
d'autre part, d'une voix monotone et basse. Si l'engourdissement 
n'est pas assez prononcé recommencez une deuxième fois. — Puis 
alors faites une passe de votre main gauche (car il est toujours 
préférable de se placer à droite d«i sujet) de la nuque à la région 
sus-rénale, passant sur la colonne vertébrale ; au niveau de la 
dernière dorsale, faites une pression pendant 30 secondes avec 
votre pouce. Faites cette passe 2 fois au besoin. — Puis appli- 
quant votre main gauche à plat sur le cou, et plaçant votre main 
droite sur ses yeux fermés, vous lui renversez fortement la tête 
en arrière, eu lui demandant d'être bien tranquille et bien souple. 
Puis, tout en suggestionnant l'engourdissement, vous déplacer 
lentement sa figure de droite à gaur'.e et de gauche à droite, plus 
ou moins vigoureusement et jusqu'àceque vous sentiez ses jan>bes 
faiblir un peu. Si vous avez affaire à quelqu'un qui résiste, vous 
iwuvez lui courber fortement les reins en le renversant en arrière 
et en le soutenant tout juste pour qu'il ne perde pas l'équilibre ; 
et en même temps vous lui roulez la tête. Lorsque vous sentez 
qu'il va tomber .sur la chaise, vous suggestionnez que le sommeil 
va venir dès que ses jambes auront fléchi.— Toute cette première 
partie, debout, peut durer 3 ou 4 minutes, comme on peut la 
faire durer une demi-heure, et plus, eu répétant les diflférentes 
munipuhilious : tout dépendra de la sensibilité du sujet, — Il ar- 
rivera très souvent que le sujet dormira en tombant sur la chaise, 
et qu'il y tombera de lui-même pendant les premières manipu- 
lations. Mîiis s'il ne dort pas, procédez alors comme suit : «ne 
fois assis, la tête renversée, faile.s-lHi quelques passes sur le front 
et les yeux, puis demandez-lui d'ouvrir les yeux, et de regardez 
votre pouce. Placez votre main gauche sur le sommet de sa tête 



- 172 — 



COMMENT BNDORMIR 



toujours fortement renvers^^ tenant votre ponce écarté et l'ex- 
trenute venant se placer a.i-de.ssns des soncils à 2 denx iionces 
de distance du front. Ses yeux font alors une forte convergence 
en haut et en dedans. Rapprochez petit à-i^etit votre ponce du 
front de façon à venir l'appuyer fortement entre les denx sour- 
cils. Deni.uidez-lui de tourner ses yeux vers le point où vous 
appuyez ;. ses yeux se fermeront peut-être deux-mêmes, sinon 
fermez-les avec votre main droite, et tenez-les fermés .ivcc vos 
doigts pendant 30 .secondes. Suggestionnez pendant ce temps 
1 Mnpo.ssib.hté de so.ilever les paupières. Faites-lui alors essayer. 
et s il les ouvre, recommencez une seconde fois, en lui roulant 
alors la tête pendant 2 on 3 minutes aprls que ses paupières se- 
ront abaissées. On pourra recommencer cette convergence des 
yeux, 3 ou 4 fois.— Lorsque l'on aaffaJre à des personnes très ré- 
sistantes, on peut faire durer ces manipulations une heure et plus 
Si le sommeil n'était pas encore arrivé, on pourrait alors obs- 
truer un peu la circulation ccichrale par la pression légère des 
carotides, mais cela est assez dangereux, et il vaut mieux conti- 
nuer comme suit : pendant que vous lui roulez la tête, vous lui 
demandez de se lever ; s'il ne peut pas, continuez à roultr le 
sommeil est là tout jirès ; s'il arrive à .se lever, roulez-lui encore 
la têle, une fois qu'il e.st debout, puis recommencez depuis le com- 
mencement. On s'imagine facilement qu'on arrivera toujours 
à épuLser complètement le sujet de fatigue. Si vous êtes fatigué 
vous-même, vous pouvez vous faire remplacer par un autre Pour 
cela pendant que le sujet est debout et que vous lui roulez la têle 
ramenez celle-ci avant, arrrêtez, et demandez au sujet d'ouvrir 
ses yeux : il v-rra votre rempiaçant debout devani lui, en train 
de faire des < s. Vous continuez h en faire par en arrière 
pendant un . un temps, puis vous disparai.s.sez, Iais.sant In place 
au nouvel opérateur. Ou pourrait se remplacer ainsi nd libitum — 
J'ai es.sayé de décrire ma méthode aussi claireiitent que possible 
mais 11 est évident qu'il y a une foule de détails, de tours de main.s' 



- 173 - 



COMMBNT ENDORMIR 



qui ne peiiveiil s'apprendre que par l'expérience on par l'ensei- 
gnement.— Je n'ai jamais vn un individu iwnvoir nie icsister 
plus de trois quarts d'heure par cette niélliode, du moins jxjur la 
possi!)ilité d'ouvrir ses yeux. — Mais. s'il me fallait cmploj'er tonte 
une .stiirée, je le ferais. — Lorsque les paupières ne pourront plus 
s'ouvkii, suggestionnez le sommeil comme dans la méthode sui- 
vante. 

Ma Méthode Favorite. 

Pour les cla.sses M à V inclu.sivcment. — (voir PI. 12). — 
Faites as.seoir le sujtt sur line chaise simple à dossier pas trop 
haut ; rcnversiz-lni la tête en arrière et saisis.sezla largement 
avec vos deux mains, eu vous tenant à droite ou à gauche du su- 
jet. Vos pouces doivent venir appuyer fortement un i^eu au- 
dessus de chaque sourcil, que vous .soulevez en haut, de façon à 
ouvrir grandement les j'eux. Fixez-le directement dans les yeux, 
en lui demandant d'en faire autant de son côté. Arrangez-vous 
«le façon que vos yeux soient un peu plus haut que les siens, ou 
plus exactement, en arrière, puisqu'il a la tête renversée. — Avec 
vos ponces faites des passes en descendant sur les tempes et en ti- 
rant nu peu sur les comnns.sures jtalpébralcs. Il faut cherchera 
paralyser le releveur des paupières par la friction des ponces. — 
N'oubliez pas d'employer énergiqnemeiU la pensée avec cette 
méthode.— Avant que les yeux soient fermés, suggestionnez le 
sommeil àpeuprès connue ceci : " Dormez, dormez bien, pro- 
fondément, plus t:Core ; vous vojis engourdissez de plus en plus, 
vos bras .sont loui\is, de plus en plus lourds, vous ne pouvez plus 
Ks remuer ; vont êtes tout engourdi, impossible de vous remuer " 
elc. Eu sonnne, suivez par la parole la succe.ssion de ce qui se 
passe chez le sujet. — Avec lacla.sse P, cette méthode se ré.sumera 
à fermer les yeux du sujet, une fois qu'il sera rendu à vous. 
Ayez alors .soin d'avoir une chaise à voire disposition, car si quel- 



- 174 - • 



COMMENT BNDOUMIK 



ques-uns dorment debont, d'antres fai!)'is.scnl .s„r leurs jau.lKs 
ou toiulieut dans la résolution musculaire complète -Avec les 
classes suivantes, c'est-à-dire R. S. T. II. il suffira de fermer 
eurs yeux après avoir fait durer la contraction quelques .',() ou 
40secondes, et avant de la faire cesser, en disa.u tout simplement 

Dormez, dormez bien. "-Si la résolution musculaire ne se 
prmlmtpas d'elle-même, on la provoque en disant :" Souple 
bien souple, aucune faligue. " etc.-Avec un peu d'expérience 
ou arrive A trouver les gens très sensibles à l'hypnose à simple 
vue d oeil : c'est ce qui explique coiiiment dans tme démonstra- 
tion on peut s'approchei brusquement d'une personne, et la fnire 
dornur presque instantanément par cette méthode, ou une autre 
analogue ; il suffit de sa-oiv rlioisir et <le ne pas se tromix^r 
Cest ainsi très souvent que procèdent la plupart de ceux qui 
donnent des séances d'Hypnotisme ; à moins d'avoir avec soi des 
sujets tout entraînés d'avance, ce qui est plus fré.iuent et d'ail- 
leurs plus rationnel.— 

Méthode du Phono-Gyroscope. 

Voir la de.scriplion de l'appareil à la page 161 -Applicable à 
toutes les c]a.sses. -Se rappeler qu'avec <ine!,iues-ui.sil ne faudra 
parler que d'endormir, et non d'hypnotiser on magnétiser, tandis 
qu'avec d'autres ce .sera le cou traire. -Faites asseoir le sujet ou 
le client bien à son ai.se dans un f.nuleuil moelleux, et demandez- 
Im de egarder fonctionner l'appareil, que vous placerez sur une 
table e façon q:.'il .soit à environ 4 pieds de di.stanco des yeux 
de la personne ; il doit en outre être placé de façon que les lu- 
mières soient à 2 pieds plus haut que les yeux du sujet U mi- 
roir réflecteur est orienté de façon que les rayons lumineux tom- 
bent bien sur les yeux.-TIne fois le .sommeil arrivé, on sn-ges- 
l.ounera pour le transformer, car souvent on aura un soinmeil 
dLstiait, S! l'on s'est absenté. On peut cependant faciliter la 



— 175 - 



COMMENT BNDORMIK 



"f y 



transformalioii, en averlissant d'avance le sujet de ne pns se ré- 
veiller lorsqu'on lut parlera. — Pour endormir plusieurs jK-rsonnes, 
il snnira de les placer tout anlour de l'appareil ; on jieiil alors é- 
loi>;ner les personnes de l'appareil ponrvnqiie l'on élève toujours 
le niveau des lumières lie un pied par deux pieds de distance. — 
Auciuie autre liunières que celle venant de l'appareil ne doit ex- 
ister ; de njêmc on doit éviter tout bruit possible, de façon A n'en- 
tendre que celui de l'appareil. — Celui qui veut résister à l'effet 
du Phono-Gyroscope, s'agace et s'énerve, se fatigue finalement, 
et à moins de s'en aller, il finit par dormir comme les autres. 

Méthode de Flower. 

Consiste h faire ouvrir et fermer alternativement le.s yeux, à 
mesure que l'on compte, 1, 2, 3, 4, 5, etc. Ou dit, par exemple, 
ausiijet : aux nombres impairs vous fermerez les yeux, aux nom- 
bres pairs, vous les ouvrirez. Malheureu.sement l'exécuiion de 
cette ouvertures et fermetures alternativts se fait as.se.'. mal avec 
les chiffres : il vaut mieux, je crois, dire : " ouvrez, fermez, ou- 
vrez, fermez, " et ainsi de suite, On peut encore à l'aide des 
mains, aider soit directement, soi* î\ di.stance, les fermetures et 
ouvertures. — L'occlusion des paupières se fait généralement as- 
sez vite ; on peut d'ailleurs y aider comme dans ma méthode fa- 
vorite ; et ces deux méthodes, employées de concurrence, don- 
nent des résultats très satisfaisants. 



Méthode d'Esdaile. 

Spéciale pour provoquer l'Aucsthésie, chez toutes les classes. 
Faites as.seoir le palieril dans un fauteuil moelleux, ou coucher 
sur le bord d'un lit pas trop bas. Asse5'ez-vous tout près, et de- 
mandez à celui que vous voulez endormir de vous regardez dans 
les yeux. Fixez-lui bien les yeux yoi^s-inême Et sans pro- 



- 176 - 



COMMENT ENDORMIR 



noucer une seule parole (il snfr.ia qu'il sache q„e ,„s vouk/ 
le.ulorn.ir pour l'auesth^-sie) faites des pn.s.ses de ,nl,c ...aiu 
droile. de la tête aux genoux ; les passcsdoi veut être plutôt itutes 
et h distance de 2 ou 3 p.itces.-Contiuue/ ainsi jusni-'à ce que 
le patient ferme les yeux, et soit bien endoruii. Alors vous pour- 
rez faire les suggestions que vous voudrez, spécialemeit pour ce 
qui est de 1 insensibiliié A la dou!eur.-CetleMiéll.o<lcest souvent 
très lente, mais elle ne connait pas d'insuccès.-Ivsdaile supplé- 
ait à 1 inconvénient de la lenteur en faisant remplacer les oi^ra- 
teurs lorsqu'ils co, ...nençnient à êtrefatigucs.-Il faut ce,Kndant 
être très prudent dans ce remplacement, pour ne pas provoquer 
le réveil. Si les yeux du patient sont ouverts, le remplaçant de- 
vra venir se placer tout h côté de l'opérateur ; ce dernier se re- 
culant un peu tout encoitinuant ses passes, le remplaçant se 
glis.sera au-devuit de !«i, de façon à intercaler ses yeux dans la 
ligne du regard du patient ; puis alors le nouvel opérateur rem- 
pincera complètement le précédant, en continuant les passes - 
Si le remplacement a lieu quand les ,-.x du patient sont fermés 
le remplaçant devra coui.nencer à faire des passes simultanément 
avec 1 ancien opérateur, pendant que ce dernier s'effacera petit-à- 
petit.-Tous ces chr.ngemenls doivent être faits absolument si- 
encieu,sement.-Il ^-mt aussi, indisnensablement. joindre l'auxi- 
liairede la pensée, avec cette métbode.-L'opéraleur ayant com- 
mencé la méthode devra toujours revenir à la fin pour la lernrner 
et c est lui qui devra faire les suggestions.— 

Autres méthodes. 

Une foule d'autres méthodes s.int donnéesda.is différents ou- 
vrages que l'on iwurra consulter, mais je n'y -.i jamais trouvé 
beaucoup de bénéfices ; avec celles que j'ai indiquées ci on oh- 
tieudrc, h coup sûr, les meilleurs résultats. 



— 177 - 



I 



COMMENT "VnOKMIK 



Anesthésie. 



Le but que j'ai avant tout visé eu écrivant ce livre est la sup- 
pression du symptôme douleur par des procédés hypnotiques. 
Pour être complet, cette ouvrage fque j'ai écrit au fur et à mesure 
des besoins de l'imprimeur) demandrait à être beaucoup plus dé- 
veloppé ; si je me résigne à laisser passer cette première édition 
aussi restreinte, (eu ce temps de guerre le papier et leseni])loyés 
font défaut) c'est que je brûle d'impatience de voir les applica- 
tions (le l'hypnotisme s'étendre à leur sphère la plus importante : 
l'anesthésie chinugicale, dentaire, et surtout obstétricale. 

Je sais bien qu'une piqûre de morphine, ou quelques bouffées 
de chloroforme, sont d'un emploi .souvent beaucoup plus simple 
et plus machinal que l'application d'un procédé hypnotique ; 
nuiis \Y.\v contre, quels nombreux avantages ne peut-ou pas trou- 



- 178 - 



t . 



COMICBNT BNDORMIR 



np- 

le.s. 
lire 
dé- 
ion 
;.'és 
ca- 
le : 



ees 
pie 
le ; 
ou- 



! 



ver uaiis Phypnotisme ?. . . . Je supplie ,louc les médecins de von- 
loir bail essayer, au moins quelques fois, remploi de ces i)rocédés 
dans les accouchemeius en tout premier lieu, puis ensuite dans 
les iietites opérations chirurgicales et dentaires. On sera vite 
convaincu que la morphine et le chloroforme iHîuvent être ré- 
duits dans leurs usages ; et en iwocédant du petit au grand ov 
arrivera A se servir de l'aucstliésie hypi.otiqne dans les pins 
grandes opérations. Ce ne sérail d'ailleurs pas si nouveau après 
tout : Braid fut If ;iiier h employer l'hypnose en chirurgie 
mais comme à cette époque les procédas étaient peu iK-rfecrio- 
nés et que l'on ne savait endormir qu' un petit nomhred'individu.^ 
rupparition du chloroforme supplanta l'aiieslliésie hypnotique 
et les recherches dans celte voie furent délaissées. Ceptiidant h 
Dr. E.sdailc, contemporain de Braid, .sorti de l'Uni ver.sité d'E- 
i.inil)ourg, fut placé en 18^<i. par le Kouvwr.iement anglais, à la 
tête de l'Hôpital Mesmérique de Calcula. Ce qui lui valut et 
posle. était les nombreuses opérations qu'il accoiu|,Iiss.iii i,,n 
jours sans douleur par l'aiicslliésie hypnotiepie. Comme lechlo 
roforme i)<)iivait diflicilemcnt parvenir à Calcula, les services qu lî 
pouvait y rendre furent fortement appréciés. Kt en effet, ' ^ 
maïKiiia jamais une seule opération, absolument .sans doiih s, 
et le nombre de ses opciaiions tant grandes que petites, se ctm. p.' 
lent par milliers.— Je ne vois pas commrnt Esdaile pût être doué 
plus .[u'un aiilie d'un junivoir .surnaturel, qui lui aurait permis 
de faire ce qu'un autre ne pourrait pas faire ?. . . . Esdaile iwuvait 
être très intelligeiil el avoir des qualités d'endurance et de téna- 
cité supérieures ; mais je suppose qu'il ne doit pas être le seul 
les ayant eues, et d'autres peuvent les po.s.scder. 

Je conviens que l'aiiesthésic hypnotique est beaucoup plus 
faliganle, demande beaucoup plus de concentration d'attention 
de la paît de celui qui e.st chargé de l'anesthésie, que l'ordinaire 
sommeil chloroforiiiique ; mais est-ce à dire, pour cela, que nous 



— 179 — 



COMMENT ENDORMIR 



devons négliger tin auxiliaire n\t.ssi stt])érieur à tons les point» 
de vues aux poisons que sont tons les anesthésiques ?.. .Je ne 
voudrais qu'une chose, c'est que chaque médecin, chaque chirur- 
gien, denti.ste, accoucheur surtout, se mette h l'oeu-re sanstor- 
der et sans se rebuter. On ne réi.s.si-a ])eut-ètre pas très-bien du 
premier coup, mais tui véritable bonnne de science ne doit pas 
avoir de fausse honte, ni de faiblesse, ni de parti pris ; il doit 
travailler sans reiftche et avec énergie à tout ce qui peut £tre 
utile t\ l'humanité. Que l'on ne craigne pas, non plus, de se 
laisser guider par ceux qui font de l'hypnotisme une spécialité ; 
quels qup .soient ces gens, l'homme de science observateur pourra 
souvent en tirer des détails avantageux, en dégageant le bon du 
mauvais. Je ne vois pas encore pourquoi le médecin ou le chi- 
rur«»'''i, lorsqu'il s'agit d'hypnoti.sme, négligerait de se conSer 

à un bon spécialiste en la matière ? Lorsqu'il a besoin de faire 

examiner la vue de sou patient, ne le confîe-til pas à un bon oc- 

culiste ? Et même pour l'anesthésie chloroformique, n'a-t-on 

pas aujourd'hui des {spécialistes reconnus ? D'ailleurs awec 

nu peu de pratique, l'hypnotisme est un sommeil si facile, qu'au 
bout d'un certain nombre d'expériences, le médecin, le chirur- 
gien, ou le dentiste, n'au.a plus besoin d'aide, et pourra taire 
son opération et sou anesthésie (qu'il peut prolonger alors sans 
limites), tout seul. — Je pourrais citer une foule d'observations 
à ce sujet, prises dans la ville de Montréal même : mais l'espace 
me manquant, je ne ferai qu'en relater une couple, suffisantes 
dans tous les cas, i^our donner une idée de la facilité et d : la 
haute valeur de l'anesthésie par l'hypnotisme. 

Le Docteur J est appelé à 7h. du matiîi le 20 mars, 

1917, chez une malade R .... pour un accouchement. C'était 
une primipare. " Elle présentait, dit- il, une dilatation grande 
à-peu-près comme un vingt-cinq sous. Elle était très nerveuse, 
.souffrait beaMcoup, et demandait à tout prix du chloroforme. 



- 180 — 



-'M ^\^m 



COMMRNT RNDOKMIR 



Ne jugeant pa.t ccî nnejilljc>.ir|uc opporltin. je lui dis que j'allain 
lui donner autre chos« de hitji nicilUnr que lechlori.fornie ; qu'- 
elle dormirait très-bien tout le temps de racconclunK ,.t ; qu'elle 
ne. sentirait absolument aucune donleiu, et que le travail se fe- 
îk merveille. J'insislai particulièrement sur cesdernières suk- 
RCstiouH. Je lui fis alors une piqfire de H. M. C. et h Sh. et <lenii 
je la quittai i»endaut qu'elle dormait d 'lui profond .somjucil. A ;5h. 
de raprèsniidi, n'ayant pas de nouvelles, je me décidai A me 
rendre a'iprè.s de la malade. Qtielle ne fn; ma surpri.se lor.sque 

je la trouvai encore endormie ! î,a télé de l'enfant était i\ la 

vulve. Je réi)étai mes suggestions, et l'accouchai toute eixlor- 
mie. L'enfant sorti, elle se réveilla un peu. Mais je constatai 
qu'à la suite du premier enfant il y en avait nu second. Je lui 
dis alors de se repofier de nouveau, de bien attendre, que c'était 
la suite qui allait venir. A chaque tranchée, elle demandait si 
" ça y était, " mais ne re.ssenlail absoliinunt aiiciino douleur. 
Je l'accouchai du second cnlanl, la gardant lonjfMii s dans le même 
état. Le tout dura 3 heiues : il était <> heures. On fit la toilette 
habituelle, puis je lui dis de se reposer et de bien rester tranquille. 
71 est bien à remarquer que ne parlai pas un mot de quoi que ce 
soit qui pût éveiller la i)ensée d'hypnose. Je fais d'ailleurs la 
l)lupart du temps les accouchements sans doidcins, i)ai le même 
procédé, et .sans me servir de H. M. C. "—II est imi)ossil>le de 
penser qu'en celle circonstance ce soit le composé médicamenteux 
qui ait pu provoquer une anesthésie d'atis.si longue durée : il n'a 
été en sonnue que le point de départ de l'hypnose, et ce qtie j'ai 
dit à-propos des médicaments hyimotiques, et parlicMlièrmient 
de la Scopolamine (pages 104 à lOG), s'appliqtie parfaitement aux 
cas analogues. 

Voici maintenant une première observation du Dr. L 

à Montréal, concernant la chirurgie. " Le Mars, à 11 hrs. ih\ 

malin, je fus appelé atiprès d'une malade des environs de Mont- 

— 181 - 



COMMBNT BNDORMIK 



réal, agce de trente à trente-cinq ans. Elle souffrait d'ixne ré- 
tention placentaire de six jours, avec 102° Ft. de fièvre, ati nio- 
nienl où je nie présentai au chevet de la malade. Déridant qu'- 
un ciuitafîc était urgent, je commençai l'aneslliésio chlorofor- 
mique. Après 2 au 3 bouffées, je [leiusai totit à-coup aux in.s- 
lances de Vardec, qui toujours voulait me faire supi)rimer ou du 
moins diminuer les doses de chloroforme. Je me mis doue à sug- 
gestioiuier : vous allez dormir très bien, et vous ne sentirez ah- 
.solument aucune douleur ; vous n'aurez connai.ssatice de rien ; 
vous dormez déjà ; dormez, dormez bien, etc. Pendant tout ce 
temps, je n'admini.strai plus de chloroforme, et je continuai mes 
suggestions. La malade .semblait dormir : je la pinçai, elle me 
donna aucun signe de sensation. Je lui fis alors quelques pas.ses 
sur le front, et sur ses paupières fermées. Je lui dis ensuite 
((u'elle était sur un lit de roses, de bien regarder, et de me dire 
si elle en était heureu.se. A peine 10 secondes après, elle se mit 
à parler et à .sourire : "ah ! que c'est beau," elc, etc. Je la fis taire 
et commençai l'opération, tout en continuant mes suggestions ma- 
chinalement et lui faisant voir toutes sortes de belles chcses. 
L'opération dura environ 15 ou 20 minutes. Puis je tentai de 
lui faire voir .son utérus : regardez bien, vous allez voir dans 
votre utérus ; vous le voyez très bien.... (la malade répond ; 
oui) — Voyez-vous s'il reste encore quelque cho.se? — Non, tout 
me .semble parti. — J'en étais d'ailleurs à-peu-près certain, et ce 
n'était qu'à .simple titre d'exjiérience que je lui po.sai cette ques- 
tion. L'opération terminée, et avant de réveiller la malade, je 
la fis levtr ; la garde malade fit son lit ; je la fis se lecoucher et 
lui suggestionnai que dans 2 minutes elle allait se réveiller, qu'- 
elle ne sentirait aucune douleur, ([U'elle .se .sentirait même très- 
bien, qu'elle pourrait manger parce que sa fièvre allait tomber, 
elc, elc. Deux minutes exactement, montre en main, et la ma- 
lade se réveilla, nous racontant son rêve. Je la revis à 6 heures 
du .soir. Elle avait mangé une demi-heure après mon départ le 



— 182 — 



COHHBNT BNOORMIR 



midi, et actuellement présentait 98° Ft.de température.— C'était 
ma première expérience : inutile de dire que je la répète souvent 
depuis, pas toujours avec la niênic facililc il est vrai, mais de 
toute façou en diniinnant le cliiorofonne des deux tiers. Dans 
quelques cas même, je ne m'en suis pas servi du tout. "—J'ajoute 
qu'il ne regrette nullement d'avoir accédé uue première fois à 
me» instances, et que moi-même je suis très heureux de la i)er- 
si.stance et de l'acharnement que j'ai dû développer i>our l'y 
faire consentir. Mon plus ardent désir serait que tout médecin 
on chirurgien en fit autant. 

Il n'y a d'ailleurs pas d'occasions et de circonstances plus fa- 
vorables à l'emploi du sommeil hypnotique que l'anesthésie, 
puisque l'on parle d'endormir. Il est absolument inutile de dire 
que l'on endort par des procédés hypnotiques ou le Magnéti.sme 
Humain ; et même il vaut mieux s'en abstenir, la plupart du 
temps, d'ici à ce que les idées fausses ou préconçues aient dis- 
paru, et que ceux qui ont intérêt à l'attaquer soient définitive- 
ment vaincus. 

Puisqu'il ne s'agit que de faire naître l'image du sommeil 
(page 157; d'une façon absolument certaine, c'est-à-dire sans au- 
cun doute de la part du patient, la chose devient très simple et 
facile dans le cas présent. Comme ou la lui présentera au moy- 
en d'une injection hypodermique ou du chloroforme, il sera ab- 
solument certain de dormir ; et, en plus, d'être insensible, ce qui 
aide encore. On lui fera donc une piqûre quelconque, ou bien 
on lui fera absorber quelques bouffées de chloroforme, d'éther, 
ou de Kélène, et l'on procédera ensuite suivant la méthode sug- 
gestive, tel qu'il a été fait dans les deux observations précédentes. 

Je vais même demander quelque chose de plus facile encore, 
tellement peu embarrassant, qu'aucun médecin, à moins d'être de 



183 - 



COMMENT ENDORMIR 



parti pris et d'une obstination bien malveillante ne pourra me 
refuser de mettre en pratique immédiatement. lorsque l'on 
donnera le chloroforme, au moment où le patient commence à 
jîerdre connaissauce, on suggérera le sommeil profond, exempt 
de sensation à la douleur, etc, tel que décrit dans la deuxième 
observation que j'ai citée. On diminuera alors la dose de l'anes- 
thésique ou le .supprimera complètement, quitte à le reprendre 
de nouvaau si le résultat n'est pas .satisfaisant. II n'y n nulle- 
ment à craindre de supprimer momentanément ^adn^ini.^vratiou 
du chloroforme, , uisque nous le tenons à notre portée, prêt & 
l'employer au besoin. 

I^ moment où nous devons commencer les suggestions est 
très important, et de lui dépend tout le succès : faites trop tôt, 
elles risquent d'éveiller la résistance ou la méfiance instinctive 
du patient ; lorsqu'elles arrivent trop tard, c'est-à-dire lorsque 
le cerveau est complètement imprégné du poison, elles n'ont phis 
d'effet, ou presque plus. Avec un peu d'habitude on arrivera 
facilement à discerner le moment précis où l'on doit commencer 
ces suggestions. Il ne faudrait ceijendant pas croire qtie l'ex- 
périmentateur même le plus habile soit infaillible : il peut, à 
cause de certains détails excessivement subtils, s'y prendre trop 
tôt ou trop tard. Mais dans tous les cas, malgré ces contretemps, 
et surtout si après avoir diminué fortement la dose de l'auesthé- 
sique il se produit un réveil partiel, nous constaterons que les 
suggestions font effet, et que la quantité totale de chloroforme, 
ou de tout autre anesthésique, sera fortement diminuée ; on par- 
viendra à la réduire d'une demie aux deux tiers en moyenne, ce 
qu' -'aut bien la peine d'être considéré. Et si le " moment cri- 
tique " des suggestions a été bien saisi, on pourra faire durer 
presque indéfiniment l'anesthésie, après n'avoir administré que 
quelques bouffées de chloroforme au début. 



— 184 — 



- 



COMMENT BNOORMIR 



La façon de faire les suggestions est aussi très importante. 
On s'approchera de l'oreille du patient et l'on parlera d'nn voix 
nette et claire, en articulant bien les paroles, mais sans élever 
trop le ton, de manière à ne pas déranger l'opérateur. On sug- 
gérera d'abord le sommeil, de plus en plus profond, puis l'insen- 
sibilité à la douleur. Une fois celle-ci constatée, on s'abstiendra 
d'en parler de nouveau, afin d'éviterd'attirer l'attention sur cette 
sensation. Même, si par un léger réveil le dormeur manifestait 
quelques signes de douleurs, on détournera immédiatement son 
attention en lui disant de bien respirer ce que nous lui donnons, 
et de bien dormir. En lui faisant alors renifler quelques gouttes 
de chloroforme, on obtiendra l'effet cherché. Et c'est pour cela, 
ainsi que pour bien d'autres raisons que l'on reconnaîtra par la 
pratique, que le masque, ou la vulgaire compresse, sera d'un em- 
ploi bien préférable à tous les plus beaux appareils à chloroforme. 
Il faudra aussi ne jamais oublier de dire au dormeur de se tenir 
bien souple et de ne pas pousser. 

Pour être complet dans ses moyens d action, on suggestion- 
nera encore le dormeur par la pensée (page 162) ; on lui donnera 
ainsi toute suggestion, mais spécialement celle dormir. J'admets 
que cette tension continuelle de la ])ensée est bien ennuyeuse, 
mais elle est aussi très effective. Dans mes premières années dé 
stages dans les hôpitaux, j'ai donné le chloroforme pendant qua- 
tre mois à St-Louis, et huit mois dans le service de mon regretté 
maître le Dr. Guiuard (Hotel-Dieu de Paris). Je passais pour 
un chloroformeur très habile, car mes malades dormaient à mer- 
veille, se réveillaient sans suites désagréables, et surtout, la quan- 
tité d'anesthésique administré était excessivement réduite. Eh, 
bien ! je dois le dire, toute ma science résidait dans la suggestion 
mentale !.. .Je faisais bien quelques suggestions verbales au dé- 
but, mais ensuite, vu les circonstanses, je ne pouvais plus employ- 
er que l'action de la pensée. Et tout particulièrement à St- 



— 186 — 



COMMBNT BMDOKMIR 



Louis, où j'employai la couipresse, jt suis soiiveut rtsté de très 
longs momenUi sans administrer une lenle goutte de chloroforme, 
tenant te dotmenr par la seule pensée ; et si je revenais au chlo- 
roforme ce n'était que parce qu'il m'était pratiquement trèsdiffi- 
cile d'employer la parole. — Cette suggestion mentale est «osuré* 
ment très énergique, mais elle n'est pas indispensable ; et si le 
chargé de l'auesthésie veut porter son attention à l'opération il 
pourra s'en passer complètement, ou alors ne l'employer que par 
moments. Se rappeler enfin que l'effet de la pensée prend quel- 
ques instants à s'établir, de même que son action dure quelque 
temps encore après que l'on cesse de s'en servir. 

Avant de commeucet à administrer le chloroforme, il sera 
très avantageux d'employer la suggestion verbale et mentale ; 
on surveillera alors l'effet, et assez souvent on endormira ainsi 
des personnes sans avoir donné même une seule goutte d'oues- 
thésique. Si l'effet n'est pas satisfaisant, ou essaiera alors quel- 
ques gouttes de chloroforme, simiilenient conmie action sur l'o- 
dorat ; et l'on commencera alors l'auesthésie partielle ou com- 
plète, si l'effet n'est pas suffisant. Plusieurs médecins sout par- 
venus ainsi à faire des anesthésies qui ont duré très longtemps (le 
temps qu'ils ont votrlu) sans avoir administré une seule goutte 
de chloroforme. 

Lorsque pour une raison ou pour tine autre ou ne voMdraou 
ne pourra pas employer d'auesthésique, ni en inhalation, ui en in- 
jection, on se servira niorsd'unedesméthodesque j'ai recomman- 
dée à cet effet (voir chapitre précédent). Si eu plus il nous est 
iini)ossible de parler de sommeil ou prendra ma méthode ind' 
recte, ou encore mieux, celle du Phono-Gyroscoi». 

L'auesthésie peut exister à tous les degrés de l'hypnose 
(pages 87 et 88). Au deuxième et troisième degré il faudra ce- 



- 186 



COMMBNT B^H)ORMIU 



1 



peudaut détourner l'altention du champ opératoire ou de la ré- 
gion ûouloureuse. car les connunnication de EE' avec S et M 
existent encore (page 27). Mais une fois l'attention détournée 
elle ne i>ourra plus y revenir, o.i du moins qu'à longue échéance' 
et 1 on peut faire durer l'anesthésie à volonté. -Au premier de^ 
gré (page 89), alors que FF' conserve une certaine activité l'at- 
tention détournée d'un but peut y revenir d'elle-même, tandis 
qu aux degrés suivants elle ne le peut plus ou alors qu'au bout 
d un temps as.sez long, lorsque par suite des rêves formés l'ima- 
gination fait réapparaître les iK)ints d'or on détourne l'attention 
Bien que la chose soit a.s.sez délicate, et que cela demande une in' 
telligence complète du fonctionnement de l'atlention, on peut 
tres-bien proiluire l'anesthésie dans le premier deg.é de l'hyp- 
uose selon ma classification (page 87). Comme le patient est 
alors apparemment en plein éveil, et qu'il faille soutenir l'atten- 
tion vers «ne .. - idée, une image cérébrale, tout le temps 

que 1 anesthésie uou -. rer, j'appellerai ce procédé : l'anesthésie 
par distraction de l'attention. On .sait psychologiquement et 
physiologiquement que pour qu'une douleur soit re.ssentie il faut 
que l'esi)rit, ou phy.siologiquement parlant, l'imagination se 
iwrte vers le point douloureux ou la région sen.sib!e : autrement 
lorsque l'imagination est ailleurs, la douleur n'e.st pins ressentie' 
ou plus exactement, elle est inconsciente ; aussi bien que tout 
acte ou toute .sensation l'est, dans ce cas. c'est à-dire dans la dis- 
traction partielle ou totale (pages 28 à 30). On connait parfai- 
tement bien, dans le commun de la vie. ces suppressions de sen- 
sations à la douleur : vous avez mal aux dents ou à la tête vous 
souffrez d'une brûlure ou d'une plaie, et toutà coup un évène- 
ment attrayant se produit, une visite, une surprise vous arrive • 
mstautaiiémeut vous n'avez plus conscience de votre douleur et 
vous ne la ressentez plus, tant que dure l'attraction de votre at- 
tention vers le fait nouveau. Même avec des douktirs très in- 
tenses vous devenez insensible : il suffit que la force de distraction 



- 187 — 



COMMBMff ENDORMIR 



de l'alteiition soit en proportion. 

On comprend alors qu'il soit possible de produire expéri- 
mentalement cette anesthésle par distraction de l'attention, du 
moins pour des opérations de courte durée, telles qu'ouvertures 
d'abcès, ponctions profondes, etc. Les douleurs des tranchées 
utérines sont tout spécialement sujettes à être .supprimées parce 
procédé. 

On comprend encore qu'il est peu possible d'établir une mé- 
thode déterminée pour ce procédé : tout dépend des circonstances 
et des personnes. Cependant on peut se baser sur les données 
générales suivantes : la musique attire fortement l'attention, ainsi 
que les bruits violents, les émotions fortes, la peur, l'emporte- 
ment, la colère, les plaisirs et les grandes joies, tout ce qui revêt 
un caractère mystérieux ou frappe vivement l'imagination, et en- 
fin ce qui demande un grand effort de la pensée. Voici comment 
je procède lorsque dans une démonstration je présente une expé- 
rience d'anesthésie, en traversant rrofondément le tissu adipeux 
de l'avant-bras, du côté externe et près du coude, avec une é- 
pingle à chapeau préalablement aseptisée. Après avoir choisi 
une personne qui veut bien essayer l'expérience, je lui demande 
de regarder une autre personne dans les yeux, en concentrant 
toutes les forces de sa pensée sur l'idée d'endormir cette autre 
personne : " concentrez toute votre pensée, et lancez-la de toutes 
vos forces ; et en même temps raidissez tous vos muscles, comme 
i)Our augmenter la puissance d'émission du fluide de votre pen- 
sée. " L'anesthésieest encore aidé par la contraction muscu- 
laire, mais aussi, dans toute expérience de transmission de pen- 
sée (page 100) les résultats sont plus nets lorsque le transmet- 
teur contracte ses muscles. Je traverse alors rapidement la pre- 
mière surface cutanée, et dans un second mouvement rapide 
comme le premier, je traverse l'autre surface cutanée ; et la 



188 - 



COMMBNT BNDORMIR 



personne n'a ressenti aucune douleur. 

On peut varier à l'infini notre façon de procéder , il le faut 
d'ailleurs, suivant les circonstances et les différentes i^ersonnes 
Quelques-uns ont essayé de s'en tenir à une seul, mais ils n'ont 
eu que des succès pins ou njoins probants. C'est ainsi que quel- 
ques instituts ont employé la musique pour l'avulsion dentaire 
sans douleurs : ils ont aus.si l)a.sé leur méthode sur le fait qtie la 
musique produisait un certain engourdissement ; ce qui est vrai 
mais je pense qu'en l'utilisant plutôt pour distraire rattenlion] 
on aurait de meil'eurs résultats. 

C'est encore J la distraction de l'att» tion que se rattache le 
procédé suivant de Joire, pour l'nccou émeut sans douleurs. 
Il dit d'abord à la cliente que si elle souffre c'est parce que les 
contractions ne se font pas tel qu'elles devraient se faire. Puis 
il attire .son attenlion sur ce qu'il fait, affirmant que la douleur 
va disparaître, que les contractions vont se faire t: es bien, aidant 
ainsi au travail. Il place alors sa main gauche sur les i)aupièrcs 
fermées de la cliente, et sa main droite sur le ventre, en appuyant 
très légèrement, tout simplement. Joire ajoute qu'il agit en 
même temps avec la pen.sée : et en effet, le résultat est bien 
supérieur en concentrant notre peasée sur la disparition de la 
douleur, la dilatation du col, et la contraction du corps de l'iité- 
rus. Plusieurs accoucheurs qni ont employé le procédé de Joire. 
se .sont encore aidé de i'extériori.sation de l'influx nerveux, en 
lançant comme un courant qui sortirait par la main droite et ren- 
trerait par la main gauche. Il faudrait dans ce cas contracter 
légèrement les mu.scles des bras et des avant-bras, .sans cepen- 
dant i»ser .st.r le ventre.— Ce procédé offre ledé.savantagedemo- 
uoiwhser les mains de l'accoucheur ; en sorte que bien qn'il soit 
exces-sivement simple et effectif, il vaudra totitefois mieux s'en 
rapporter à l'image du .sommeil ojj du repos (Page 157). 



- 189 ~ 



COMMBNT BNOORMIU 



Eii&u, eu teruihmut, je renouvelle tues instancet ttiprèt de 
tout médecin, chirurgien ou deutisle, afin que l'on nutte en pra- 
tique les imKédés d'Hypnotisme et de Magnétisme Humain à 
chaque fois que l'iKcasion se présentera. Les avantagea qite 
l'on peut en tirer sont trop nondireux et trop sé<luisants pour 
que l'on néglige de s'en servir. Il est l>ieu certain que ce n'est 
pas d'une première fois que l'on arrivera à un brillant réstdtnt : 
connue jwnr toute autre science, il faut un peu d'exercice avant 
de pouvoir être certain desoi dans nos teutativcsd'hypnotiMtion. 
Mais avec un peu de )iersévérauce et de ténacité, qui aont les 
qualités indisi)ensables de tout homme de profession, on arrivera 
h ne jamais avoir d'insuccès Si vous vous lromi)ez tine fois, 
deux fois, ou si vous nvez quelques échecs dans les dé1)nts, quelle 
qu'eu soit la cause, ne voul rébutez pas, et recommencez tout de 
suite : vous ne le regretterez pas, car vous vous appcrcevrez ra- 
pidement, qu'après tout, c'est chose relativement facile et simple, 
((ue l'eniplui des procédés hypuotiques et du Magnétisme Hu- 
main. 



~ J90 - 



^ 



COUV^ <*'"ypnoU8me et de M«f nëtisme, 
*** *^ Pe«onnel$ ou par correspondance. 

Complets ou paptlola : 

Sur tout ce qui concerne ces sciences, ou sur certaines branches 
seulement, ou sur n'i«,,>orte quel .léiail dont o» aura »*«,{«. 

A dea prix trèa modiquea. 



APPAREILS eu usage dans la pratique de l'Hypnotisme. Toute 
description ou détail fourni sur demande. 



Traitement '°"'*'^*^°««'-ô"e exclusif des médecins. 
1 IdllCmeniS Pour les détails de ce q„el-on peut trai- 
ter. vo.r pages 116 et 117 de ce livre. Mais surtout ne pas né- 
ghger ce qu. concerne l'Ancsthésie. chirurgicale, dentaire, et 
obstétricale avant tout. 



Tout renseignement fourni absolument gracieusement 
en écrivant ou en s'adressant à : 



Vard 



195Ste-CatheL -Est. 

,C^V^^ Montréal. Canada. 



TABLE DE MATIERES. 




Iiilrodiiction ^'*'^* ' 

MnKnéliMiie ou Hypnotisme ? P"K* ^ 

Sonmieil naturel et Sommeil provoqué» I*-^K« 20 

ht fonclionnement du cerveau envUagé au point de Tue psy- 
chologique. Le Sémaphore cérébral. Tr.n.ltlon de U pleine 
coMcience à Mncontclence complète. Sommeil naturel. Phé- 
nomènea ptychologiq«e« du lommeil naturel. Théoriea aur le. 
canaei du aommell. Baaal d'une théorie inhibitrlce. Le rt- 
^ell ip.Mtané du lommeil nature' BUU divera reMemblant 
•u aommeil. 

Sommeils provoqité» ^"^e 

L'hypnoae et aea phénomènes. La Réceptivité. Cla..ifiiatioii 
de Liébault. Clawification de Bernheim. Lea état» de Char- 
cot: Catalepsie. Wthargie, Somnambulisme. Classlftcation 
psychologique de Grasset. Apperçu général aur l'hypnoae. 
Classification physologique. Le* symptômes. Le souvenir au 
réveil. BUU caUleptoïde, léthargoide. de veille. Fascina- 
tion, Illusions, Hallucinations. Lucidité, Clairvoyance. Sug- 
gestion menUle. Transmission de Pensée, Lecture de Pensée. 
Télépathie, Hypnose unilatérale. L'Hypnose avec l'aWe dea 
médicamenU hypnotiques. Le sommeil électrique. U eau- 
se du sommeil provoqué. Comparaison entre le sommeil na- 
turel et l'hypnose ; Transformation». Tout le monde peut-il 
être endormi ? L'hypnose sur lesidioU. AvanUge» de l'Hyp- 
noti»me. Dangers de l'Hypnotisme. Les représenUtion» de 
Magnétisme ou Hypnotisme. La question du consentement. 

Extériorisation de l'Influx Nerveux Page 130 

Recherche de la Sensibilité à l'Hypnose Page 141 

Procédés d'Hypnoti-sation P"ge ^^^ 

Anesthésie P"^^ ^'^ 




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