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Full text of "La Société de tempérance de la croix noire [microforme]"

CIHM 
Microfiche 
Séries 
(Monographs) 



ICIVIH 

Collection de 
microfiches 
(monographies) 




Canadian Institute for Historical Microraproductions / Institut canadien de microreproductions historiques 






■a.' riÊ-f VÊtXi 



ifi%â% i^^fm'y^^^'sssmKmiimim 



iMTOEÏ.'Sa'^''. 



■Tai"'-?r-iiMinriinT 



Technical and Bibliographie Notes / Notes techniques et bibliographiques 



The Institute has attempted to obtain the best original 
copy available for filming. Features of this copy which 
may be bibliographically unique, which may alter any of 
the innages in the reproduction, or which may 
significantly change the usual method of filming are 
checked below. 

HColoured covers / 
Couverture de couleur 

□ Covers damaged / 
Couverture endommagée 

□ Covers restored and/or laminated / 
Couverture restaurée et/ou pelliculée 

I Cover title missing / Le titre de couverture manque 

I I Coloured maps / Cartes géographiques en couleur 

□ Coloured ink (i.e. other than blue or black) / 
Encre de couleur (i.e. autre que bleue ou noire) 

I I Coloured plates and/or illustrations / 



D 
D 
D 



D 



D 



Planches et/ou illustrations en couleur 

Bound with other material / 
Relié avec d'autres documents 

Only édition available / 
Seule édition disponible 

Tight binding may cause shadows or distortion along 
interior margin / La reliure serrée peut causer de 
l'ombre ou de la distorsion le long de la marge 
intérieure. 

Blank leaves added during restorations may appear 
within the text. Whenever possible, thèse hâve been 
omitted from filming / Il se peut que certaines pages 
blanches ajoutées lors d'une restauration 
apparaissent dans le texte, mais, lorsque cela était 
possible, ces pages n'ont pas été filmées. 

Additional comments / 
Commentaires supplémentaires: 



L'Institut a microfilmé le meilleur exemplaire qu'il lui a 
été possible de se procurer. Les détails de cet exem- 
plaire qui sont peut-être uniques du point de vue bibli- 
ographique, qui peuvent modifier une image reproduite, 
ou qui peuvent exiger une modification dans la métho- 
de normale de filmage sont indiqués ci-dessous. 

Coloured pages / Pages de couleur 

I I Pages damaged / Pages endommagées 



D 



D 
Q 

D 
D 
D 



D 



Pages restored and/or laminated / 
Pages restaurées et/ou pelliculées 

Pages discoloured, stained or foxed / 
Pages décolorées, tachetées ou piquées 

Pages detached / Pages détachées 

Showthrough / Transparence 

Quality of print varies / 
Qualité inégale de l'impression 

Includes supplementary material / 
Comprend du matériel supplémentaire 

Pages wholly or partially obscured by errata slips, 
tissues, etc., hâve been refilmed to ensure the best 
possible image / Les pages totalement ou 
partiellement obscurcies par un feuillet d'errata, une 
pelure, etc., ont été filmées à nouveau de façon à 
obtenir la meilleure image possible. 

Opposing pages with varying colouration or 
discolourations are filmed twice to ensure the best 
possible image / Les pages s'opposant ayant des 
colorations variables ou des décolorations sont 
filmées deux fois afin d'obtenir la meilleure image 
possible. 



This Item is filmed at the réduction ratio uhecked below / 

Ce document est filmé au taux de réduction indiqué ci-dessous. 



5 
> 

i 


lOx 








14x 








18x 








22x 








26x 








30x 




























J 






















1 


12x 16x 20x 24x 28x 32x 



.î^emL'^i«rmit»^mi^f:^d:riiK^v?SF^7^3FiiA^ 



-■«.'tS» 



-& ^faoÊsansm'ifSi'r^fssa.'ir/^rmÊSS&T'iiiFmt,'^ '»■ 



The copy filmed hère has been reproduced thankt 
to the generosity of : 



L'axamplaira filmé fut reproduit grâce à la 
ginéroaité de: 



Univtriité d« Montréal 



Univtreité da Montréal 



The images appearing hère are the best quality 
possible considering the condition and legibility 
of the original copy and in kaeping with the 
filming contract spécifications. 



Original copias in printed paper covers are filmed 
beginning vwith the front cover and anding on 
the last page with a printed or illustrated impres- 
sion, or the back cover when appropriate. Ail 
other original copias are filmed beginning on the 
first page with a printed or illustrated impres- 
sion, and ending on the last page with a printed 
or illustrated impression. 



The last recorded frame on aach microfiche 
shall contain the symbol — ■♦■ (meaning "CON- 
TINUEO '), or the symbol V (meaning "END"), 
whichever applies. 

Maps, plates, charts, etc., may be filmed at 
différent réduction ratios. Those too large to be 
entirely included in one exposure ara filmed 
beginning in the upper left hand corner, left to 
right and top to bottom, as many frames as 
required. The following diagrams illustrate the 
method: 



Le* images suivantes ont été reproduites avec l« 
plus grand soin, compte tenu de la condition et 
de la netteté de l'exemplaire filmé, et en 
conformité avec las conditions du contrat da 
filmaga. 

Las exemplaires originaux dont la couverture en 
papier est imprimée sont filmés en commençant 
par le premier plat et en terminant soit par la 
dernière page qui comporta une empreinte 
d'impression ou d'illustration, soit par le second 
plat, selon le cas. Tous las autres exemplaires 
originaux sont filmés en commençant par la 
première page qui comporte une empreinte 
d'impression ou d'illustration et en terminant par 
la dernière page qui comporta une telle 
empreinte. 

Un des symboles suivants apparaîtra sur la 
dernière image de chaque microfiche, selon le 
cas: le symbole -^> signifie "A SUIVRE", le 
symbole V signifie "FIN". 

Les cartes, planches, tableaux, etc., peuvent être 
filmés è des taux de réduction différents. 
Lorsque le document est trop grand pour être 
reproduit en un seul cliché, il est filmé é partir 
de l'angle supérieur gauche, de gauche è droite, 
et de haut en bas, an prenant le nombre 
d'images nécessaire. Les diagrammes suivants 
illustrent la méthode. 



1 2 3 




1 


2 


3 


4 


5 


6 



^'à^'as^im',^'''r<-'ijÊa',^-i^''S^mam&ywf^:.^fi^.':--A^->-. 



» r»;'^'''«i«' 



iÇ^SBB? WF 



MICBOCOPY MSOIUTION TiST CHAUT 

(ANSI and ISO TEST CHART No, 2) 




l.l 



1.25 



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2.5 
|2.2 

1.8 



1.6 



■• . ._ii_i_i iivi/-|l_D 


C Inc 


'653 East Ma,n Streei 
l^ochesler. Ne, for\. -.A^.na 
(716) 482 - 0300 - Pr.or.. 
('I6i 288 - 5989 - fax 


USA 



L^H. 






I 11 



^'i 




X 



'Uf ''- 



' r . 




La Société de Tempérance 
de la Croix Noire 



dont Son Eminence le Cardinal Bégin est le Directeur gé- 
néral, est heureuse d'offrir à chaque famille catholique de 
la ville de Québec un exemplaire de la Lettre Pastorale que 
Son Eminence a fait lire dans toutes les églises de la ville 
au sujet du vote que les citoyens vont être appelés à donner 
le 4 octobre, pour ov. contre la prohibition. 

On aimera à garder ce solennel message d'un prince de 
rEg'îse — notre archevêque, notre père, notre meilleur 
conseiller — qui fait connaître à ses ouailles la gravité de 
la question qui se pose aujourd'hui et leur indique claire- 
ment la conduite à tenir. 







Extrait de la 



Lettre Pahtoralg des Vtitt» dc Par.MiER Concilk 
PUnier de Qt^BEC (lOœ). 



" Parmi 1m plaiM iccialM qui ont déjà fait beaucoup d« mal à 
notre payi. noue tonona particulièrement à indiquer l'alcooliime. 
Il eit peu de vieei qui soient plut féconde en niinei que celui-là ; 
il n'en est point qui ouvrent plue sûrement et plus vite la Toie à 
toutes les déchéances physiques, intellectuelles et morales. L'al- 
cool est im poison qui a ce terrible pouvoir de s'attaquer à la fois à 
l'ime et au corps, dont il paralyse toutes les énergies et épuise 
toutes les sources vives. L'appétit grossier, insatiable et immoral 
çu'il développe dans les sens, est une des passions les plus avilis- 
santes et les plus inguérissables que l'on connaisse. Ses victimes 
sont un objet de scandale ou d'horreur pour la société, en atten- 
dant qu'elles aillent grouir la triste clientèle des hdpiUux et des 
maisons de santé. 

" Une expérience déjà vieille, et toujours renouvelée, nous ap- 
prend ce que deviennent les fortimes, quand elles sont mises au 
service de cette exigeante passion : elle nous montre aussi com- 
ment le salaire de l'ouvrier, au lieu d'aller porter au foyer le pain 
de chaque Jour et le modeste confort dont il a besoin, s'arrête sou- 
vent en chemin, et tombe aux mains de l'aubergiste complaisant, 
qui vend à ce prix le déshonneur du père de famille, la misère et la 
honte de la femme et des enfants. Si noiu consultons les statis- 
tiques, elles nous révèlent qu'il se consomme annuellement, en 
notre pays, pour pltu de cent millions de piastres de liqueurs al- 
cooliques. Or, la plus grande partie de cette somme constitue le 
budget où s'alimente le vice, et où se gaspillent les trésors de force 
physique et de vigueur intellectuelle et morale, que Dieu a si libé- 
ralement accordés à notre peup!*;. 

" L'Église ne cède donc pas à des craintes chimériques quand 
elle fait appel à ses enfants, et o'-b les groupant sous l'étendard de 
la croix, elle organise une vf ;■■■- .< campagne contre l'un des 

ÎiresenneEois de la religion et e. Kn cela, elle reste Adèle 

son rôle et à ses tradition- -«rre au fléau de l'alcoolisme 

remonte à l'origine même '''■ v ■■ . pays. Quand la traite de 
l'eau-de-vie menaçait de rui la civilisation naissante, na 

homme se dressa fièrement en ii»»* des trafiquants cupides, qu'en- 
courageait l'appui plus ou moins avoué du pouvoir : ce fut notre 
premier et illustre évêque, Mgr de Laval. Dans le duel émouvant 

Sui eut lieu alors, et dont les adversaires nous apparaissent aujour- 
'hul éclairés par la pleim» lumière de l'histoire, le beau rdle reste 
au vaillant apôtre de la tempérance. C'est lui q\ii fut le vrai pa- 
triote et le clairvoyant défenseur des intérêts matériels et religieux 
de la colonie. 

" Héritiers de ce grand évêque, nous avons à cosur de continuer 
aujourd'hui la croisade dont il fut ici le héraut intrépide. A son 
exemple, noiu voudrions arracher notre peuple au péril toujours 
renaissant de l'alcoolisme. Noiis avons la ferme confiance que 
nos efforts ne seront pas inutiles ". 

C'est ainsi qu'ont parlé tous les Archevêques et ÊtAques du 
Canada, atant a leur tête le Délégué âpobtouque du Saint-Siège. 



LETTRE PASTORALE 



DB 



SON ÊMINENCE LE CARDINAL BÊGIN 



AUX FIDELES DE LA VILLE DE QUÉBEl 



LOUIS-NAZAIRE BÊGIN, Cardinal Prêtre de la 
Sainte Éolise Romaine, du titre de Saint-Vital, par 
la grâce de Dieu et du Siège Apostolique, Archevêque 
DE Québec, 

Avx Fidèles de la ville de Québec, salut et bénédiction en Notre- 
Seigneur. 



Nos Très Chers Frères, 

Vous serez appelés bientôt à donner votre vote sur une me- 
sure de prohibition soumise aux électeurs de la ville de Québec. 

Depuis plus d'un an déjà, un nombre considérable de citoyens 
se sont mis à l'œuvre pour organiser ici une lutte loyale et sé- 
rieuse contre le commerce des liqueurs enivrantes. Au cours du 
printemps dernier une requête signée par plus de huit mille 
électeurs fut présentée au Gouverneur Général en Conseil 



- 2 



pour demander un vote sur l'opportunité d'<^tablir (>n notre 
ville un régime de prohibition. Le Gouverneur (îém'Tal vient 
de répondre favorablement à cette re(|ut't(' et la dut^* du vote 
est fixée au 4 octobre prochain. 

La question qui se pose devant vous, N. T. ('. F., est d'une 
exceptionnelle gravité. Par certains côtés, elle se lie s ,ns doute 
à l'ordre matériel, et elle soulève des problèmes éconoiniciuos 
d'une portée considérable. De ce point de vue si'condaire, il 
est facile de constater que le commerce des Ixjissons alcooliques 
est pour la communauté civile une cause d'uppiiuvrissemcnt. 
Les économiste s sérieux sont unaiiinu's là-dessus. Supprimer 
le commerce et l'usage de l'alcool, c'cft sauver l'épargne et ac- 
croître notablement la richesse publi>iue et privée. Nous Nous 
intéressons assez, N. T. C. F , à votre bien-être temporel pour 
ne pas rester insensible à un argument de ce genre, et, volon- 
tiers, Nous le reconunandons à votre bon sens prati(iue. 

Mais, c'est plus haut que Nous voulons porter vos esprits 
et vos caurs. Par votre vote du 4 octobre prochain, ce n'est 
pas seulement un problème économique ((ue vous allez résou- 
dre ; c'est aussi, c'est surtout un problème d'onlre moral et 
religieux. Il n'est plus ici question seulement de vos Iwurses, 
il est question de vos âmes. Ce n'est pas seulement votre bien- 
être matérie 'li est en jeu, c'est encore votre bien-être spiri- 
tuel. 

Il ne suffit pas, par conséquent, pour se décider en pareille 
matière, de consulter ses goûts, ses passions, ses intérêts pré- 
sents : il faut consulter sa conscience de chrétien e inté- 
rêts éternels. Ce n'est pas dans le monde où l'on s'amuse, ni 
dans le monde où l'on dissipe qu'il faut chercher tles enseigne- 
ments et des exemples ; mais c'est dans le monde où l'on ré- 
fléchit et où l'on cherche d'abord le royaume de Dieu. 

Voilà pourquoi l'Église a cru bon d'élever la voix dès le 
début de cette campagne antialcooliqre qui se poursuit 'epuis 
dix ans. Bien des fois, N. T. C. F., Nous vous avons dit Notre 
pensée sur cet important sujet, et Nous vous avons exhortés 



— 8 — 



h ''ombatfrr (^norKiqtiomont Ip f\6m <\^ l'alrool. Il Nous est 
a ,r(''al)l(', !iiij(iiir(f'hui, d'nttpstpr fine Notre parole a M pntrntiuo 
et Nos fctiscils suivis. T.n vertu de teiiipéranre a fait do gran<!s 
progrès die/ tuuif», et d('ji\ l'on peut toudier du doigt les rr'-sul- 
lats l»ieiifais;;iit< que cette vertu produit chez les f)euples (jui 
la pruti(iuent. 

Si la lutte antialcoolique a produit des effets si prompts et 
si consolants, e'est que l'on ne s'est pas content<< de eonihattre 
le viee. trop souvent in^aisissaMe et irr^luctihle, mais f(i., 'on 
a jiorté la irucrre aux sonnes en>i)oisonr"'(s où le vice s( .en- 
tracte et s'alimente. Après une couple d'annfVs d'une cam- 
pagne active de conf<''rences, de pr^'dication et de pres.«ie, pour 
prc'-parer une opinion saine et créer des convictions s(^rieu.s<'s, 
on a compris «jue le vice de rintpmp('Tance était lié A l'exis- 
tence dcii déhits de boisson, et que, dès lors, rn ne pouvait 
songe- à détruire l'un sans faire disparaître l'autre. 

On s'est donc mis à l'œuvre avec un courage que Nous ne 
saurions trop louer, et avec un succès que personne n'eût pu 
espérer au déhut. Successivement, dans nos paroisses rurales 
d'abord, dans nos villes ensuite, on a vu s'établir le régini!" de 
la prohibition. Les débits de boisson, mal défendus par les 
préjugés et les intérêts matériels, «ont (omb^s .s*.-.s les 
coups irrésistibles de l'opinion publii, a-. Et f-irtout l'expé- 
rience a fr't Voir combien e.st salutanr '"oj^Tat n qui enlève 
au flanc d'une p.'Toisse ou d'une ville ce • uaiicn vofni't qu'est 
un débit de boisson. 

Aujourd'hui, il s'agit de livrer un suprême m— ^t. La vi!i,- 
ue Québec, reste, dans notre diocès , lu soi. «? hm», m^ja 
combien débordante et fune.ste, d'où jaillisseï inchtat 

au loin le poison et le scandale. Si l'on ne f*!. ft,- source 

et si l'on n'écarte cette pierre de scandale, les n sttats de la 
longue et généreuse campagne <les dix dernièrt- inntVs se 
trouvent gravement compromis. Nos paroisse? -les -ont 

inondées de circulaires et de réclames, (|ui, pour ♦■>r. ts al;*'^- 
cbantes, se font poiieuses des plus viilga'res préjugés, «»g^ 



4 — 



njpnt A H/'KijiNor Ip« vilains npprlj» à In passion alcoolique. Par 
millp rîinniix divers, par toijto» lf« voio» poMnililrs. sou« toutrs 
1rs onv('lnpfx>s in ujiinahlrH, la ville dp Qu^hc ho fait la *\6\vh. 
tahl»' poiirvoypiiMp do tous loa l)iivourH df la r<'y on. 

Est-co (juo, vrniniont, l'Iionnfto ot (•lir<''tionno iMjpulution de 
notre villo no sont pas (l'i'cllo so doit j\ «'Ilo-niAnio do faire rossor 
un paroil ('•fut de choses ? Il^'-^itornit-ello à faire lo geste libé- 
rateur et sauveur rju'on attend d'elle ? 

Songez, N. T. (\ F., h toutes les esp«''nmcos qui se tournent 
vers vous en ce moment ; regardez d<''filer sous vos yeux l'in- 
terminahle cortège des victimes ([ue les d(''bits de Ikhsso.i de 
votre cit^"' continuent de jeter sur les chemins de la honte et de 
la misère ; ayez piti<'' de la jeunes.se qui a besoin i\>' i la dé- 
fende contre les dangers, et que l'alcool guette comme une 
proie aux coins de vos rues. Î/Êglise, par la bouche de vos 
pasteurs vous conjure de flonnor votre vote en faveur de la 
mesure bienfaisante qui sera, Nous 1 espérons, le couronni-ment 
nécessaire et glorieux de toute la campagne antialcoolique. 

Noua avons assez conHance en votre esprit chiétien et en 
votre robuste bon sens pour exprimer l'espoir que vous ne 
resterez pas sourds h toutes ces voix autorisées, et fjue vous 
accomplirez sans faiblesse le devoir que vous aura dicté votre 
conscience. 

Sans doute, d'autres appels vous sont faits qui veulent éga- 
rer votre jugement et surprendre votre bonne foi. On a remis 
sur pied, dans un ordre de bataille assez piteux, tous les vieux 
préjugés, tous les sophi.smes ébréchés qui forment depuis si 
longtemps la réserve unique des défenseurs de l'alcool. Certes, 
Nous ne voulons pas suspecter l'honnêteté de tous les adver- 
.saires de la prohibition. Nous savons (}u'il se trouve parmi eux 
une classe de citoyens honoraljles, dont nous pouvons combattre 
les opinions sans cesser de respecter le caractère. Nous regret- 
tons seulement que, dans la présente lutte, on ait eu recours, 
pour défendre les débits de boisson, à des moyens qui déshono- 
rent ceux qui les emploient, et qui discréditent la cause de 



! 



— 6 — 



ii 



f 



ceux qtii ohorrhont ilo fris appuif Nous «nuhaiton», f«urfniit. 
quo Ion catholiiim'M, (lui vrulcnt rcstjr «lium-H «le rp nom, rt, 
ont pnrf)rt> i|iicl(|ii(> soun do leur ^!llut rt r|iu>li|iif> rosix'rt de 
t'ÊRliai', ne iM-rmcHcnt p.is (|Up n rot: .•«• d> lour nom do» 
cal(,innio9 odiiMises pt dps proc*'-*!»''» >■ ■iioui-i-tps. 

Certps, la prohibition nVst pas un doRinp dp foi ; mais cVst 
une mpsurp udministrativp, dostin^p !\ combattre l'iinc fie» 
plus hidcii •'••' pluies dp lu soei«''»(''. Kllp PMt rontpniip pn «prnie 
et en piincipp duns l.>v lois ih tons le-i f)puplps piviiis«'s, qui 
interdispnt lp e- , ereo lihip de l'uleool et n pemipttpnt 
roxerciee qu'a/ ji a /oir mis les entraves d'une fouie de 

prescriptions pro..i.)itives. Et <junnd ces entraves ne siiflisent 
plus à arrêter le d(''l)or<lement des maux inher«:^nts i\ un |)areil 
Kenre de trafic ; quand des raisons d'un ordre frtnf-nû ou acci- 
dentel demandent qu'on supprime ce qui peut devenir ais<^ment 
un brigandage des l)oursps, dos mœurs ( t des consciences ; 
quand l'opinion saine et éclair«''e exige (pie la l(,i iKuisse jusqu'au 
bout la puissance restrictive qui est sa principale raison 
d'être, afin de parer à un danger très grave, alors le gouver- 
nement, sans faire des lois d'exception, met tout simplement 
en vigueur des règlements qu'il a faits lui-même, et qui ne 
sont que l'application totale de la loi. 

Comme on le voit, il n'y a là rien de subversif, rien qui jus- 
ifie les tirades et les déclamations des profiteurs de l'alcool, 
qui gémissent sur la tyrannie du -égime prohibitionniste et 
qui posent en martyrs de la liberté. Il n'y a de martyrs en tout 
cela que les malheureuses victimes de l'alcool, et la prohibition 
les délivre du joug avilissant qui pèse sur leurs corps et sur leurs 
âmes. 

En fait, la prohibition, à l'heure qu'il est, n'est plus comme 
il y a quehi'ies années un régime d'exception : elle und à 
devenir le régime normal. La guerre a jeté de fulgurants éclairs 
sur les méfaits du commerci- des liciueurs enivrantes. On a 
compris jusqu'à quel point l'alcool diminue la vigueur physique, 
déprime la force morale et trouble la vie économique. Et, 
sans égard pour les intérêts privés mis en péril, on est entré 



— 6 — 

résolument dans la voie des mesures restrictives ou de la prohi- 
bition complète. 

Qui osera pri^tondre que dans notre r<^pçion de Québec les 
raisons les plus graves no militent pas aujourd'hui en faveur 
de la proliibition ? Qui niera surtout que l'opinion publi(jue 
la réclame avec une fermeté de plus en plus grande ? Déjà, 
le gouvernement provincial a fait beaucoup pour répondre aux 
exigences de cette oi)ini()n publique. Nous Nous plaisons à 
reconnaître sa bonne volonté, et Nous respectons les motifs 
qui l'ont emjx'ché d'à order tout ce qu'on lui demandait. 
En votant aujourd'lu. une mesure de prohibition pour leur 
ville, les citoyens de Québec continuent l'œuvre excellente 
commencée par le pouvoir public et frayent le chemin à la loi 
générale qu'une immense proportion des habitants de cette 
province réclament, et que, pour Notre part. Nous appelons 
de tous nos vœux. 

De tous cùiés, N. T. C. F., on parle d'augmenter la produc- 
tion, de pratiquer la plus stricte économie. On fait pa.touo 
des règlements pour empêcher le gaspillage et réduire la con- 
sommation des choses même nécessaires à la vie. Le spectre 
de la famine est souvent dressé sous nos yeux pour nous engager 
à limiter nos dépenses et à faire les sacrifices que les circons- 
tances paraissent exiger. Ne serait-il pas étrange que l'on ne 
songeât point à retrancher d'abord de nos habitudes le luxe 
inutile, ruineux et malfaisant des liqueurs enivrantes ? Aussi 
longtemps qu'on laissera libre cours à ce commerce qui dévore 
l'épargne populaire et fait dévier v. rs des intérêts particuliers 
une portion considérable de la richesse publique, on ne pourra 
pas prétendre avoir fait tout ce qui devait se faire pour pré- 
venir les désastres qu'on annonce et remédier aux maux qui 
se préparent. 

D'autre part, il n'est pas permis à des chrétiens d'ignorer 
que la pénitence ost le grand devoir des tomps présents. Le 
monde, violemment secoué par la guerre sanglante qui tue les 
hommes et ruine les nations, regarde l'avenir avec angoisse 



— 7 — 

et se demande quand sonnera l'heure de la délivrance et de 
la paix. Le Souverain Pontife, Vicaire du Prince de la paix, 
multiplie ses instances pour amener la fin de cet affreux conflit^ 
et demande à tous les fidèles de la sainte Église de le seconder 
dans ses efforts par leurs prières et leurs pénitences. Réi)ondons 
à cet appel de Notre Très Saint Père, et faisons pénitence afin 
de ne pas périr. Le i)lus sûr moyen de dé.-^armer l'ennemi fa- 
rouche qui a transformé le monde en un gigantesque champ 
de bataille, c'est de désarmer la colère de celui qui est aujour- 
d'hui comme autrefois le Dieu des ai-mécs, et de qui relèvent 
les rois et les peuples. 

Or, contre la justice divine (}ui frapjie il n'y a qu'un rempart 
qui soit solide : la pénitence des hommes api)uyée sur la croix 
de Jésus-Christ. C'est cela que Dieu attend de nous. Ce sont 
les honunes de bonne volonté, assez généreux jxjur offrir les 
réparations nécessaires de leurs sacrifices personnels, qui apai- 
seront la colère de Dieu et (lui hâteront l'heure si ardennnent 
désirée d'une paix bienfaisante et rlurable. 

Serez-vous, N. T. C. F., ces honmies de bonne volonté ? 
Le temps est venu pour vous d'en donner la preuve. Votre 
vote du 4 octobre prochain vous fournira une excellente occa- 
sion de montrer comment vous savez répondre à Dieu «lui vous 
demande de faire pénitence, et à l'autorité religieuse qui pré- 
cise pour vous, à l'heure actuelle, la forme de votre sacrifice. 

Nous connaissons assez la foi vive et généreuse des fidèles 
de Notre ville épiscopale pour être rassuré sur la conduite qu'ils 
vont tenir dans la présente occasion. Nous avons pleine con- 
fiance que, par leur vote, ils vont répondre au vœu général et 
établir le régime bienfai.sant de la prohibition. La province 
tout entière acclamera cet acte courageux et vraiment digne 
d'un peuple chrétien ; et Dieu, ([ui ne se laisse pas vaincre en 
générosité, comblera de ses bénédictions les citoyens à l'esprit 
droit et au cœur fort qui auront noljlement vengé l'honneur 
de leur cité et donné à l'Église ce témoignage de leur filiale 
affection. 



mmÊÊmm 



iPiiBPmiMin 



mn 



— 8- 

En conséquence, et le Saint Nom de Dieu invoqué, Nous 
ordonnons ce qui suit : 

l°Le dimanche, 30 septembre prochain, dans toutes les 
églises et chapelles publiques de la ville de Québec, on fera 
ime heure d'adoration devant le Saint-Sacrement exposé, pour 
obtenir un vote favorable à la prohibition ; 

2° Le jour de la votation, à l'heure qui sera jugée la plus 
convenable, dans les mêmes églises et chapelles, on célébrera 
une messe basse ou chantée devant le Saint-Sacrement exposé, 
et, avant le Tantum ergo qui précède la bénédiction, on fera 
une amende honorable et une consécration au Sacré-Cœur de 
Jésus aux mêmes intentions. 

Sera la présente lettre pastorale lue et publiée au prône de 
toutes les messes paroissiales ou principales des églises ou cha- 
pelles publiques de la ville de Québec, le premier dimanche 
après sa réception. 

Donné à Québec, sous Notre seing, le sceau de l'archidiocèse 
et le contresemg de Notre secrétaire, en la fête de l'Exaltation 
de la Samte Croix, le quatorze septembre mil neuf cent dix- 
sept. 




t Louis-Nazaire Card. Bégin, 

Archevêque de Québec. 

Par mandement de Son Éminence, 

Jules Laberge, ptre, chan. , 

secrétaire. 



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Extraits des " Statuts et Règlements de la So- 
ciété de Tempérance de la Croix Noire " : 



" Article 10 

" Devoirs des membres — 1°. . . //) Encourager, sou- 
tenir de leur influence toute action prise par le conseil de 
section ou par le bureau diocésain, pour obtenir des mesures 
administratives ou législatives en vue de combattre les 
fléaux de l'alcoolisme et de l'intempérance." 



Formule d'engagejient 

" Je prends la résolution sincère et je promets sur mon 
honneur de chrétien : 



"5° De ne jamais favoriser, ni par mon vote, ni par 
ma signature, ou autrement, le commerce des liqueurs eni- 
vrantes ". 



— L'Alcoolisme est une ruine pour le Peuple. Il épuise la finance, 
il épuise la viUlité de la nation. (Mgr Gibieb, évêque de Versailles.) 

— Je suis convaincu que, pour la plus grande partie des hommes, 
l'abstinence est le seul moyen d'assurer leur Salut. (Card. Manmng). 

— La moitié des morts subites sont ducs & l'alcool. (Dr Galtier- 
BoissiiBE). 

— La vraie grandeur en tout ordre de choses n'a de pire ennemi que 
les boissons fortes. (Walter Scott). 

— Chaque débit de boisson est une serre chaude où germent les 
malaaies, le crime, le paupérisme et tous les fléaux. (Montalkubert). 

— L'alcool fait de nos jours plus de ravage que ces trois fléaux : la 
Famine, la Peste et la Guerre. (Gladstonb). 

— La Lutte contre l'Alcoolisme est le premier devoir de ce temps. 
(Dr Jacquet). 

— L'Alcool, voilà le grand ennemi de notre race, de - «s paroisses, de 
nos sociétés. (Mgr Bri7Chési). 

— Savez-vous ce que boit cet homme dans ce verre qui vacille en sa 
main tremblant d'ivresse ? 11 boit les larmes, le sang, la vie de sa femme 
et de ses enfants. (Lamennais). 

Les liqueurs fortes ont été la malédiction de l'ouvrier. C'est en y 
renonçant complètement qu'il se sauvera et qu'il s'élèvera. Le premier 
pas vers la dignité de l'homme, c'est de renoncer à ce qui de l'homme fait 
une brute. Le peuple doit apprendre à s'abstenir et à se conduire, ou bien 
on le tiendra sous le joug et on en usera comme d'un outil. (Channino, 
1780-1842). 

On s'est effrayé du choléra ; l'eau-de-vie est un bien autre fléau. 

(FoNSaAOBIVES). 

Un peuple qui s'alcoolise est un peuple qui s'étiole ; un peuple alcoo- 
lisé est un peuple en voie de disparaître. (Dr Leohain). 



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