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Full text of "Collection des anciens alchimistes grecs"

^/e/^/m. 



M3<9. 



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in 2009 with funding from 

University of Ottawa 



http://www.archive.org/details/collectiondesanc01bert 



COLLECTION 



DES ANCIENS 



ALCHIMISTES GRECS 



IMPRIMERIE LE MALE ET C"^, HAVRE 






COLLECTION 



DES ANCIENS 



ALCHIMISTES GRECS 



sous LES AUSPICES DU MINISTERE DE L INSTRUCTION PUBLIQUE 

Par m. BERTHELOT 

SÉNATEUR. Membre de i'Institut, Professeur au Collège de Frime 

Avec la collaboration de M. Ch.-Em. RUELLE 
Bibliothécaire a la Bibliothèque Sainte-Geneviève 



PREMIERE LIVRAISON 

comprenant : 

INTRODUCTION avec planches et figures en photogravure 

INDICATIONS GENERALES. - TRAITES DEMOCRITAINS 

(DÉMOCRITE, SVNÉSIUS, OlVMPIODORE) 

TEXTE GREC ET TRADUCTION FRANÇAISE 

avec variantes, NOTES ET COMMENTAIRES 



PARIS 
GEORGES STEINHEIL, ÉDITEUR 

2, RUE CASIMIR-DELAVIGNE. 2 
1887 




r•^ Λ η 



<^f 



AVANT-PROPOS 



RAPPORT 

FAIT AU COMITÉ DES TRA\'AUX HISTORIQUES ET SCIENTIFIQUES 

Par m. BERTHELOT 

SUR LA COLLECTION DES MANUSCRITS GRECS ALCHIMIQUES 
ET SUR l'utilité DE LEUR PUBLICATION 

SUIVI DE l'exposé DES CONDITIONS ET DE l'oRDRE ADOPTÉS DANS CETTE PUBLICATION 



« Il existe dans la plupart des grandes bibliothèques d'Europe 
une collection de manuscrits grecs, fort importante pour l'histoire 
des Sciences naturelles, de la Technologie des métaux et de la 
Céramique, ainsi que pour l'histoire des idées philosophiques aux 
premiers siècles de l'ère chrétienne : c'est la collection des manu- 
scrits alchimiques, demeurés inédits jusqu'à ce jour. La Biblio- 
thèque Nationale de Paris contient un certain nombre de ces 
manuscrits, et des plus intéressants. Le plus ancien de tous ceux 
que Ton connaît, paraît remonter à la fin du x'^ siècle de notre 
ère; il existe à Venise. Il est resté deux ans à Paris, entre les 
mains de M. Berthelot, par suite d'un prêt momentané, fait avec 
beaucoup de libéralité par le Gouvernement ItaHen. 



VJ A\'ANT-PROPOS 

« Tous ces manuscrits ont une composition pareille. Ils sont 
formés par un même ensemble de traités théoriques et pratiques, 
constituant une sorte de Corpus des auteurs chimiques, antérieurs 
presque tous au vir siècle de notre ère. Les principaux de ces 
auteurs paraissent avoir écrit aux ni'= et iv" siècles, vers les temps 
de Dioclétien, de Constantin et de Théodose. Le plus impor- 
tant, Zosime, serait contemporain de Clément d'Alexandrie, 
de Porphyre et de Tertullien ; c'est un écrivain congénère des 
gnostiques et des néo-platoniciens, dont il partage les idées et 
les imaginations. Le Pseudo-Démocrite, sur lequel M. Berthelot 
a publié récemment un article étendu dans le Journal des Sapants, 
remonterait vers le commencement de l'ère chrétienne. Enfin les 
recettes relatives aux teintures des verres et à la composition des 
alliages se rattachent en partie, d'après certaines indications, à 
la vieille Egypte. 

« Ce Corpus des Alchimistes grecs a été formé vers le viii^ 
ou IX'' siècle de notre ère, à Constantinople, par des savants 
byzantins, de l'ordre de Photius et des compilateurs des 53 séries 
de Constantin Porphyrogénète, savants qui nous ont transmis sous 
des formes analogues les restes de la science grecque. Les auteurs 
qu'il renferme sont cités par les Arabes, notamment dans le Kitab- 
al-Fihrist, comme la source de leurs connaissances en chimie. Ils 
sont devenus, par cet intermédiaire, l'origine des travaux des 
savants occidentaux, au moyen âge, et par suite le point de 
départ initial des découvertes de la Chimie moderne. 

« En raison de cette connexion leur publication offre une grande 
importance. Ils renferment d'ailleurs une multitude de procédés 
et de recettes techniques, susceptibles de jeter un jour nouveau 
sur la fabrication des verras, des alliages et des métaux antiques : 
sujet jusqu'ici si obscur et si controversé dans l'histoire des grandes 



AVANT-PROPOS Vlj 

industries. M. Maspero, à qui l'on a donné communication de 
ces manuscrits, pense qu'ils contiennent de précieux débris des 
pratiques industrielles et des idées techniques de l'ancienne 
Egypte, débris dont une publication complète permettra seule 
de reconnaître tout l'intérêt et de poursuivre la filiation dans les 
inscriptions des monuments. L'histoire des doctrines et des illu- 
sions qui ont régné dans le monde au moment de l'établissement 
du Christianisme tirera également des lumières nouvelles de cette 
publication. Bref, elle offre un égal intérêt, au point de vue spé- 
cial des débuts des sciences chimiques et industrielles, et au 
point de vue général des développements de l'esprit humain. 

« Si cette publication n'a pas été faite jusqu'à présent, c'est en 
raison de l'obscurité du sujet, du caractère chimérique d'une 
partie des questions traitées, telles que celle de la transmutation 
des métaux ; enfin de la difficulté de rencontrer le concours d'un 
savant versé dans la connaissance de la langue et de la paléogra- 
phie grecque, avec un savant au courant des théories et des pra- 
tiques de la chimie. Un heureux ensemble de circonstances per- 
met de réunir aujourd'hui cette collaboration. 

« La publication dont il s'agit comprendrait environ quatre à 
cinq cents pages de textes grecs inédits, avec traduction, colla- 
tion des manuscrits^ notes et commentaires, etc. Mais la publi- 
cation peut être faite par parties successives, de façon à donner 
ses fruits sans de trop grands délais et à partager la dépense sur 
un certain nombre d'années. En effet ces textes peuvent être 
classés à peu près par moitié, en deux séries : les textes histo- 
riques et théoriques, et les textes techniques relatifs à des fabri- 
cations spéciales. Chacune de ces deux séries pourrait être 
partagée en groupes, tels que les traités Démocritains, les œuvres 
de Zosime, les Commentateurs, les traités sur la fabrication 



Vllj AVANT-PROPOS 

des verres et pierres précieuses artificielles ; les traités sur la 
fabrication des métaux et des alliages, etc. 

« Il s'agirait dès lors de publier chaque année un demi-volume 
renfermant 120 à i5o pages de textes grecs, avec traduction, 
tables, etc., ce qui ferait environ 3oo à 35o pages en tout chaque 
année, 1400 à i5oo pages pour l'ensemble. La publication des 
figures des appareils, dessinées dans les manuscrits, et qui seraient 
reproduites par la photogravure avec la perfection et l'exactitude 
absolue des procédés modernes, augmenterait beaucoup l'intérêt 
de la publication. Telle que nous le comprenons, ce serait une édi- 
tion princeps, accompagnée d'un appareil développé de variantes 
d'après les principaux manuscrits, ainsi que de notes et commen- 
taires appropriés. Dans l'espace de quatre à cinq ans, on pourrait 
venir à bout de cette œuvre, désirée depuis longtemps par les 
savants et qui ferait honneur à la nation qui l'exécuterait.» 



Ce rapport a été adopté par la section du comité des travaux 
historiques et scientifiques, chargée spécialement des sciences 
mathématiques, physiques et météorologiques, dans sa séance 
du 12 novembre 1884. Le présent rapport a été lu de nouveau 
devant le comité central, le 17 décembre 1884, et adopté parce 
comité, qui a chargé AL Berthelot de présenter le rapport et la 
proposition de pubhcation au Ministre. 

M. Charmes, directeur du Secrétariat, a bien voulu, avec le 
zèle pour les intérêts de la science qui le distingue, rechercher 
les ressources nécessaires à l'exécution, transmettre le rapport et 
faire des propositions définitives au Ministre, qui a ordonné la 
publication. 



AVANT-PROPOS JX 

Cette publication a lieu dans les conditions suivantes : 
M. Ch.-Em. Ruelle^ bibliothécaire à la bibliothèque Sainte- 
Geneviève, s'est chargé du texte grec. Il a exécuté d'abord une 
copie fondamentale, d'après le manuscrit n° 299 de la Biblio- 
thèque de Saint-Marc, à Venise, manuscrit de la fin du x<^ siècle, 
le plus ancien et le plus autorisé de tous. Pour les parties non 
contenues dans ce manuscrit, la copie fondamentale a été faite 
en général, d'après le manuscrit n° 2827 de la Bibliothèque natio- 
nale de Paris, manuscrit de la fin du xv^ siècle, le plus complet et 
le meilleur, après celui de Saint-Marc. La copie fondamentale une 
fois établie, elle a été collationnée avec les manuscrits principaux 
de la Bibliothèque nationale, tels que les n°' 2325 (xui= siècle), 
2275, 2326, 2329 (xvi'-xvii'' siècle), 2249 ^^ 2447 (xvf siècle), 
225o, 225 I et 2252 (xvii" siècle), 2419 (xv^ siècle), et quelques 
autres : en tout douze manuscrits étudiés d'une manière appro- 
fondie. Les variantes principales, résultant de cet ensemble 
de collations, ont été transcrites en note ; traΛ•ail rendu double- 
ment considérable, par la nécessité de relever toutes les varian- 
tes des manuscrits, puis de faire un choix convenable entre ces 
variantes. Dans certains cas où les variantes ont plus d'impor- 
tance et d'étendue, on les a données dans le texte même, comme 
rédaction parallèle. M. Ruelle a joint à ces variantes un grand 
nombre de notes philologiques. Il se propose de publier aussi 
une notice sur les manuscrits et une liste des mots nouveaux 
rencontrés dans le cours de son travail. 

Il y aurait eu quelque avantage à poursuivre ces comparaisons 
d'une façon complète, en étudiant tous les manuscrits de la 
même collection qui existent dans les principales bibliothèques 
de l'Europe, manuscrits sur lesquels M. H. Kopp (Beitràge lur 
Geschichte der Chemie, 1869, p. 254 a 340) a réuni des renseigne- 



χ AVANT-PROPOS 

ments très étendus et très intéressants, tirés de leurs catalogues 
imprimés. Mais ces manuscrits sont fort nombreux, et dissé- 
minés. Leur collation aurait exigé bien des années, et le travail 
serait devenu ainsi presque inexécutable par sa durée et sa com- 
plication. On a dû se limiter aux douze manuscrits ci-dessus ; 
ce qui représente déjà un très grand travail. 

Cependant les éditeurs, dans le désir de n'omettre aucune 
oeuvre importante, ont cru utile de faire procéder à un examen 
spécial, non seulement des catalogues imprimés des diverses 
Bibliothèques d'Europe, mais aussi de certains manuscrits qui 
avaient été signalés comme susceptibles de contenir des traités 
antérieurs au vu" siècle^ manquant dans les deux manuscrits fon- 
damentaux pris comme base de notre travail, celui de Saint-Marc 
et le n° 2827 de Paris. Tels sont les manuscrits du Vatican, de 
Leide et de l'Escurial. 

M. André Berthelot, maître de conférences à l'École des 
Hautes-Études, a été sur les lieux étudier les manuscrits du 
Vatican et de Leide, et il en a comparé la composition avec celle 
des manuscrits fondamentaux. Il a aussi examiné les manuscrits 
des Bibliothèques allemandes, notamment ceux de Gotha, de 
Munich, de Weimar, de Leipsick et divers autres. Les résultats 
de son étude ont été publiés en partie dans les Archives des 
Missions scientifiques (3' série, t. XIII, p. 819 à 854); ils seront 
signalés dans V Introduction. Sauf un court fragment de l'auteur 
alchimique qui a pris le nom de Justinien, ils n'ont pas fourni de 
morceau inconnu ; mais ils ont été fort utiles par l'étude des 
figures de ces manuscrits, qui ont jeté une lumière nouvelle 
sur les transformations successives des appareils alchimiques 
dans le cours des siècles. 

Le manuscrit principal de l'Escurial a été l'objet d'un examen 



AVANT-PROPOS Χ] 

spécial par M. de Loynes, secrétaire de l'ambassade française à 
Madrid, principalement au point de vue de Texistence soupçonnée 
de traités propres à ce manuscrit. Mais ces traités n'existent point 
en réalité, comme il sera dit en détail dans ï Introduction ; ce 
manuscrit étant une copie, probablement directe, de celui de 
Venise. 

Les manuscrits pris comme base de notre publication renfer- 
ment donc tout ce qu'il y a d'essentiel et d'antique, c'est-à-dire 
d'antérieur au vuf siècle de notre ère, dans la collection : plu- 
sieurs traités qu'il a paru utile d'y comprendre sont même de 
date plus récente, mais connexes avec les précédents. Quant au 
long détail des variantes des manuscrits que nous n'avons pas 
dépouillés, c'est un travail considérable, qu'il conviendra de 
faire ultérieurement en prenant pour base la publication actuelle : 
nous avons dit plus haut que nous n'avions pas cru possible de 
l'entreprendre, dans la crainte de compromettre notre entreprise 
en lui donnant une étendue démesurée. Voici déjà trois ans écou- 
lés depuis ses débuts et nous n'avons réussi à terminer que l'im- 
pression de la r^ Livraison. Mais la seconde, texte et traduction, 
est tout entière aux mains de l'imprimeur, et les textes de la 
troisième livraison sont presque entièrement copiés à l'heure 
présente : nous sommes donc en mesure de la conduire jusqu'au 
bout, sans interruption, et cela dans un délai qui ne dépassera pas 
désormais deux années. 

Il est utile de prévenir le lecteur que pour la publication de 
ces textes nous nous sommes attachés d'abord aux écrits inédits; 
mais nous avons cru devoir ajourner Jusqu'à nouvel ordre une 
nouvelle mise au jour de certains traités déjà imprimés, tels que : 
l'ouvrage du commentateur Stephaniis, auteur du λίι^ siècle, 
précédemment imprimé par Ideler, d'après une copie de Dietz, 



xij AVANT-PROPOS 

faite sur un manuscrit de Munich, dérivé lui-même de celui de 
Venise (dans l'ouvrage intitulé Physici et medici grœci minores, 
t. Il, p. 199 à 253, 1842); et les Poètes alchimiques, imprimés 
par le même éditeur (t. II, p. 328 à 352). Quoique ces impres- 
sions laissent à désirer sous divers rapports et qu'elles ne 
renferment pas de variantes, nous avons pensé qu'elles suffiraient 
pour le moment aux personnes qui s'intéressent à ce genre d'étu- 
des. Quant nous atteindrons le ternie de notre travail, nous nous 
réservons de revenir sur ces divers traités et même d'en entre- 
prendre une édition plus complète^ si le temps le permet et si les 
crédits consacrés à la présente publication ne sont pas épuisés. 

Nos manuscrits contiennent encore un petit traité des poids 
et mesures, sous le nom de Cléopâtre, traité que nous avons 
également jugé superflu de reproduire, parce qu'il a été déjà 
plusieurs fois imprimé depuis le temps d'Henri Estienne; il 
a en outre été commenté et rapproché des textes analogues par 
les savants qui se sont occupés de la Métrologie des anciens, 
notamment dans l'ouvrage classique de Hultsch. 

En général, nous n'avons pas cru devoir comprendre dans notre 
publication les écrits grecs alchimiques postérieurs aux Arabes, 
à l'exception de certains traités techniques, transcrits dans les 
manuscrits que nous imprimons et connexes avec des ouvrages 
plus anciens. Il existe cependant un certain nombre d'auteurs 
alchimiques grecs plus récents que cette date dans les manuscrits 
des bibliothèques, tels que : une lettre sur la Chrysopée par 
Michel Psellus, polygraphe byzantin du xi" siècle, mise en guise 
de préface en tête de certains manuscrits (voir mes Origines de 
l'Alchimie, p. 240); un ouvrage de Nicéphore Blemmidès, du 
xiu^ siècle (transcrit entr'autres dans le n° 2329 de la Bibliothèque 
nationale); plusieurs traités et opuscules relevés par M. André 



AVANT-PROPUS XUJ 

Berthelot dans la Bibliothèque du Vatican (Archives des Mis- 
sions scientifiques, 3° série, t. XIII, p. 819 a 854); et divers autres 
contenus dans le précieux manuscrit grec in-folio, astrologique, 
magique et alchimique (χλ^• siècle) qui porte le n° 2419 à la Biblio- 
thèque nationale de Paris. L'ouvrage alchimique le plus considé- 
rable que ce dernier renferme est un traité méthodique, inscrit 
sous le nom de Theoctonicos, et qui est le même que TAlchimie 
latine attribuée à Albert le Grand. L'existence de cet ouvrage 
dans les deux langues grecque et latine, avec des variantes 
considérables d'ailleurs^ soulève des problèmes historiques très 
curieux: on les discutera dans l'Introduction, d'après une étude 
approfondie des deux textes. En tous cas, cet ouvrage grec 
de Theoctonicos est postérieur aux Arabes : il est tout au plus 
de la fin du xiii" siècle ; il appartient donc à une période beau- 
coup plus moderne que les nôtres; le texte latin correspondant 
a été publié à diverses reprises, dans le Theatrum Chemicuni 
et à la fin des œuvres d'Albert le Grand. Le manuscrit 2419 
nous a fourni en outre divers renseignements essentiels relatifs 
à l'histoire des notations alchimiques, à la liste planétaire 
des métaux et de leurs dérivés, aux rapports entre les parties 
de l'homme et les signes du Zodiaque, aux cercles de Péto- 
siris pour prévoir l'issue des maladies, cercles dont les analo- 
gues se retrouvent dans les Papyrus de Leide, dans le manuscrit 
2827, etc. 

Le texte grec étant ainsi arrêté et défini, M. Ruelle en a fait 
une traduction littérale, sans se préoccuper des obscurités ou 
des passages en apparence incompréhensibles. M. Berthelot a 
repris cet essai de traduction; avec l'aide de ses connaissances 
techniques, il a cherché à en tirer un sens régulier, en se 
conformant au texte grec, dont il a été ainsi conduit à faille à 



XIV AVANT-PROPOS 

son tour une revision spéciale, il réclame toute l'indulgence du 
lecteur pour cette tentative d'interprétation, dans une matière 
rendue triplement difficile : par les obscurités du sujet, des 
notations et du langage technique, les explications des praticiens 
laissant toujours beaucoup de choses sous-entendues ; par le 
symbolisme mystique et le vague intentionnel des auteurs, sans 
parler de leurs erreurs scientifiques ; enfin par les fautes maté- 
rielles des copistes, qui souvent ne comprenaient rien aux signes 
et aux textes qu'ils transcrivaient. La langue même de cet ordre 
de traités était très incorrecte dès le début, comme le montrent 
les papyrus alchimiques de Leide, publiés par M. Leemans et 
dont M. Berthelot donne une traduction complète avec commen- 
taires dans I'Introduction. En somme, on ne saurait envisager 
notre traduction des alchimistes grecs que comme un premier 
essai, qui sera assurément perfectionné par suite des études 
ultérieures, auxquelles il n'a d'autres prétentions et d'autre 
mérite que de fournir leur premier fondement. 



Les conditions de notre pubHcation étant ainsi définies, expo- 
sons l'ordre que nous avons adopté. Elle se compose de trois 
parties, savoir : 

Une Introduction, due à M. Berthelot; 

Un Texte grec, avec variantes et notes philologiques, établi 
par M. Ruelle; 

Et une Tr.\duction, due à la collaboration des deux savants, 
avec notes et commentaires de M. Berthelot. 

Parlons d'abord du Texte grec. 



AVANT-PROPOS XV 

Nous avons partagé les nombreux morceaux qui le constituent 
dans les manuscrits en six parties distinctes, savoir : 

Une Première partie, sous le titre d'Indications générales^ 
contient les morceaux d'un caractère général, tels que: la Dédicace 
antique, le Lexique, les nomenclatures de l'Œuf philosophique, 
les articles sur le Serpent, sur l'Instrument d'Hermès pour prévoir 
l'issue des maladies, sur la liste planétaire des métaux et de leurs 
dérivés, sur les noms des Faiseurs d'or et des Villes où l'on fabri- 
quait l'or, les Serments, les mœurs des philosophes, l'assemblée 
des philosophes, la fabrication de l'asèm et du cinabre, les pro- 
cédés de diplosis, et enfin le Labyrinthe de Salomon; soit en 
tout vingt morceaux, que nous avons recueillis dans les diverses 
parties des manuscrits, où ils sont disséminés. 

La Seconde partie comprend \ts Traités Démocritains, c'est- 
à-dire le Pseudo-Démocrite, contemporain des auteurs anonymes 
du Papyrus alchimique de Leide, représenté par deux ouvrages, 
savoir : Physica et Mystica, et un livre dédié à Leucippe ; puis 
le traité philosophique de Synésius (fin du iv" siècle) ; enfin le long 
et curieux écrit d'Olympiodore (commencement du v^ siècle). Ce 
sont les œuvres les plus intéressantes, au point de vue historique 
et philosophique. 

Ces deux parties constituent la première livraison du texte 
grec, celle que nous donnons aujourd'hui au public. 

La seconde livraison, complètement préparée et livrée à 
l'impression, renferme aussi deux parties. Ce sont : 

La Troisième partie, la plus longue de toutes, laquelle 
embrasse les œuvres ou plutôt les fragments attribués à Zosime, . 
fragments recueillis et parfois développés par des commenta- 
teurs plus récents, de diverses époques, quelques-uns posté- 
rieurs au vii^ siècle. Les œuvres de Zosime, telles que nous 



XVJ AVANT-PROPOS 

pouvons en entrevoir la composition d'après ces fragments, 
offraient déjà le caractère d'une compilation étendue, faite vers 
le m" siècle de notre ère avec les écrits de Démocrite et ceux 
de divers écrivains perdus, tels que: Cléopâtre, auteur de traités 
sur la distillation, dont les figures ont été en partie conservées 
dans les manuscrits et seront reproduites dans l'Introduc- 
tion ; Marie la Juive, auteur d'ouvrages sur les appareils de 
digestion et les fourneaux, dont les figures ont été aussi con- 
servées en partie et seront également reproduites ; Pamménès, 
Pébéchius, Ostanès, Pétésis, Pausiris, Africanus, les apo- 
cryphes Sophé (Chéops), Chymes, Hermès et Agathodé- 
mon, etc. Toute une littérature alchimique, aujourd'hui perdue, 
a précédé Zosime qui l'avait résumée. Ses œuvres ont servi à 
leur tour de base à des compilations plus récentes, qui se sont 
confondues avec le texte primitif. Au lieu de chercher à démêler 
immédiatement une semblable complication, il a paru préférable 
de donner ces oeuvres, telles qu'elles existent dans les manuscrits, 
en nous bornant à en réunir les morceaux parfois dispersés, et 
au risque d'y intercaler des ouvrages plus récents. Nous avons 
pensé qu'il convenait d'abord de mettre aux mains des érudits les 
textes, avant d'en discuter la formation. 

La Quatrième partie ^ comprise aussi dans notre seconde livrai- 
son, contient tous les ouvrages anciens qui portent un nom 
d'auteur, que cette attribution soit apocryphe ou non. Tels sont 
les Écrits de Pelage, d'Ostanès, de Jean l'Archiprêtre, d'Aga- 
thodémon, de Coniarius, et le traité technologique inscrit sous 
le nom de Moïse, lequel renferme des morceaux de diverses 
dates, quelques-uns contemporains des Papyrus alchimiques de 
Leide. 

La 3^ livraison enfin, dès à présent arrêtée quant à son plan et 



AVANT-PROPOS XVIJ 

quant à la plus grande partie de ses textes, sera formée des deux 
dernières parties, qui sont : 

La Cinquième partie, essentiellement technologique, com- 
prenant le livre de l'Alchimie métallique, un traité d'Orfèvrerie 
beaucoup plus moderne, le travail des quatre éléments, la tech- 
nurgie de Salmanas, la coloration des verres et émeraudes, 
la trempe du fer et du bronze, la fabrication du verre, de la 
bière, etc., etc. Ces traités ou articles, presque tous anonymes, 
portent le caractère d'ouvrages pratiques, remaniés successive- 
ment dans le cours des siècles ; à côté de certaines recettes remon- 
tant, ce semble, jusqu'à la vieille Egypte, ils renferment parfois 
des procédés contemporains de la dernière copie du manuscrit 
qui nous les a transmis. 

La Sixième partie sera consacrée aux commentateurs, tels 
que le philosophe Anonyme et le philosophe Chrétien, auteurs 
dont les écrits se confondent souvent avec la rédaction actuelle 
de ceux de Zosime, transcrits dans la 3'' partie. C'est là que nous 
donnerons la réimpression de Stephanus et celle des poètes, si 
les ressources de notre publication le permettent. 

Le texte grec est publié avec une pagination indépendante : 
il est du au travail consciencieux de M. Ch.-Em. Ruelle, qui a 
collationné les manuscrits mis à notre disposition et reproduit 
les variantes principales, en notes développées au bas des pages. 
Son travail personnel était plus étendu et plus complet ; mais 
il a dû en restreindre l'impression aux limites actuelles, se 
réservant de donner ailleurs, s'il y a lieu, le surplus. Voilà ce 
qui est relatif au texte. 

Quelques mots maintenant sur la Traduction. Le volume 
actuel la contient, imprimée dans un fascicule séparé, avec 
pagination spéciale. Au bas des pages se trouvent également 



XVll] AVANT-PROPOS 

des notes, constituant un commentaire perpétuel, technique, 
historique et philosophique. Elle est nécessairement partagée en 
six parties et trois livraisons, comme le texte grec correspondant. 
Cette traduction est donnée aussi clairement que possible, toutes 
les fois que l'on a cru réussir à comprendre la vraie signification 
des procédés. Pour le reste, on s'est tenu au plus près du sens 
littéral, laissant aux lecteurs le soin de pénétrer plus avant dans 
l'interprétation de ces textes difficiles, et au besoin de rectifier, 
à l'aide du grec, les erreurs qui auraient pu être commises. 

Texte et traduction sont précédés par une Introduction, 
formant dans la livraison actuelle près de 3oo pages, que 
M. Berthelot a jugé utile de rédiger pour l'intelligence du texte : 
elle constitue une sorte d'introduction générale à la métallurgie 
et à la chimie des anciens. Elle est formée par huit chapitres ou 
mémoires, séparés et indépendants les uns des autres^ savoir : 

1° Une étude sur les Papyrus grecs de Leide, avec traduction 
complète du papyrus X spécialement alchimique, et explication 
des recettes qui y sont contenues. C'est le plus vieux texte authen- 
tique de cet ordre qui soit connu. Il a été écrit au iif siècle de 
notre ère; mais une partie des procédés techniques qu'il renferme 
remontent beaucoup plus haut, ce genre de procédés se trans- 
mettant d'âge en âge. M. Berthelot a montré comment les recettes 
d'alliage destinées à l'orfèvrerie que ce texte expose ont été le 
point de départ pratique des travaux et des tentatives des alchi- 
mistes. Le Pseudo-Démocrite et le Pseudo-Moïse notamment s'y 
rattachent très directement. 

2° Une étude sur les relations entre les métaux et les pla7iètes, 
relations originaires de Babylone ; elles président à toute la 
notation alchimique et jouent un rôle capital dans l'histoire des 
croyances et des superstitions humaines. 



AVANT-PROPOS XIX 

3° Une notice sur la sphère de Démocrite et sur les médecins 
astrologues, avec deux figures des cercles de Pétosiris, en photo- 
gravures, tirées du manuscrit 241g de Paris. 

4° La reproduction, d'après des photogravures, des listes des 
signes et notations alchimiques, contenues dans le manuscrit de 
Saint-Marc et dans le manuscrit 2827 de Paris. Cette reproduc- 
tion comprend huit planches, avec traduction et commentaire; on 
y a joint un petit lexique alphabétique, pour servir de point de 
repère. 

5° La reproduction àcs figures d'appareils et autres, au nombre 
de 35, contenues dans le manuscrit de Saint-Marc, et dans le 
manuscrit 2327 de Paris; reproduction faite pour la plupart en 
photogravure^ et qui dès lors doit être regardée comme aussi 
voisine que possible des manuscrits. On a donné l'explication 
des opérations accomplies à l'aide de ces appareils, ainsi qu'une 
comparaison des dessins des mêmes appareils, faits à des époques 
éloignées les unes des autres de plusieurs siècles. Cette compa- 
raison constitue une véritable histoire des manipulations des 
alchimistes, ainsi que des changements qui s'y sont introduits 
pendant le cours du moyen âge. 

6° Divers renseignements et notices sur quelques manuscrits 
alchimiques et sur leur filiation. On y trouvera l'étude d'une vieille 
liste d'ouvrages, placée en tête du manuscrit de Saint-Marc ; 
une discussion sur divers traités perdus depuis ; l'indication des 
lacunes que ce manuscrit offre dans son état présent ; sa compa- 
raison avec les manuscrits 2325 et 2327 de Paris ; l'examen com- 
paratif des manuscrits de l'Escurial, du Vatican, de Leide, etc. ; 
certaines hypothèses sur l'origine et la filiation de nos manuscrits 
actuels; une étude spéciale du manuscrit 241g de la Bibliothèque 
Nationale de Paris et sur l'Alchimie de Theoctonicos ; enfin 



XX ΑλΆΝΤ -PROPOS 

quelques indications sur un manuscrit arabe dOstanès, existant 
à la Bibliothèque Nationale de Paris. 

7° Une note relative à quelques minéraux et métaux provenant 
de l'antique Chaldée, et tirés d es Collections du Musée du Louvre : 
minéraux et métaux que M. Berthelot a soumis à ses analyses. 

8° Des notices de minéralogie, de métallurgie et diverses, desti- 
nées à servir de commentaires aux expressions chimiques et miné- 
ralogiques employés par les alchimistes. Ce commentaire a été éta- 
bli d'après Théophraste,DioscorÎde, Pline et les écrivains anciens, 
et complété à l'aide du Spéculum ma/us de Vincent de Beauvais, 
des auteurs contenus dans la Bibliotheca Chemica de Manget, le 
Theatrum chemicum, la Bibliothèque des Philosophes alchimiques 
publiée chez Cailleau, à Paris (1754), joints aux articles du Lexicon 
Alchemiœ Rulandi, ouvrages qui nous font connaître les interpré- 
tations du moyen âge. On a tiré également parti des dictionnaires 
de du Cange {Glossarium mediœ et infimœ Grœcitatis), d'Henri 
Έ^ύ&ηη& {Thésaurus, édition Didot), et de ceux du grec moderne. 

Si la place le permet, on présentera à la fin de la présente collec- 
tion un résumé des procédés et méthodes chimiques qui y sont 
signalés; enfin on terminera par des Tables analytiques et un 
Index général. 

Peut-être ne sera-t-il pas superflu d'ajouter que les commen- 
taires et explications de la publication actuelle doivent être 
complétés par l'ouvrage de M. Berthelot, intitulé les Origines 
de l'Alchimie, ouvrage composé en grande partie d'après une 
première lecture de nos manuscrits, et dans lequel les faits histo- 
riques et les théories philosophiques se trouvent exposés avec 
des développements plus considérables. 

Paris, 25 Octobre 1887. 



TABLE ANALYTIQUE 



DE L INTRODUCTION 



Avant-Propos v 

Liste des mémoires 2 

I.— Les Papyrus de Leide 3 

Leur publication. — L'alchimie est 
sortie des pratiques des orfèvres 
égyptiens pour imiter les métaux. 5 

Concordance entre les papyrus et 
les textes des manuscrits alchi- 
miques 5 

Origine des papyrus de Leide y 

r.ipj'ri4S V. — Formules magi- 
ques. — Gnosticisme 8 

Auteurs cités. — Agathodémon y 

Noms sacrés des plantes. — No- 
menclature prophétique de Dios- 

coride. — Noms alchimiques 10 

Recette d'encre. — Encre mystique. 12 
Procédé pour affiner l'or. — "Jùji;;. 

— Recette de Pline. — Cément 
royal 1 3 

Papyrus IT'gnostique. — Ouvrages 
apocryphes de Mo'ise. — Affinités 
juives 16 

Nom de Dieu. — Serpent qui se mord 
la queue, etc j - 

Nitre tctragonal. — Invocation. — 
Récit de la création 18 

Papyrus X. — Science des alliages. 

— Recettes conformes à celles des 
alchimistes 19 

Définitions du mot or. — Imitations. 

— Nécessité des formules ma 
giques 20 



Description du papyrus. — Son 
contenu 22 

Teinture des métaux. — Recettes 
répétées. — Notes de praticiens. 2 3 

Auteur cité : Phiménas ou Pam- 
menès 24 

Signes de l'or et de l'argent. — Ar- 
ticles sur les métaux et sur la 
teinture en pourpre. — Extraits 
de Dioscoride. — Article mercure. 25 

Traduction des 90 articles relatifs 
aux métaux 28 

Id. des onze articles sur la teinture. 47 

Explication des recettes 3i 

ï.-Recettespourécrireen lettres d'or. 5 1 
Comparaison avec celles du manuel 
Roret , 52 

II. — Manipulations des métaux .... 53 

Imitation de l'or et de l'argent. — 
Augmentation de leur poids avec 
des métaux étrangers 53 

Fraudes. — Absence de règlements. 54 

Tentatives pour faire des métaux 
artificiels. — "Vague des idées des 
anciens. — Airain, orichalque. — 
Electrum. — Alliage monétaire. — 
Claudianon. — Stannum. — 
Asèm 55 

Recettes pour la teinture superfi- 
cielle des métaux. — Opération de 
la diplosis. — Fermentation sup- 
posée 56 

Rôle du mercure, du soufre, de l'ar- 
senic 5- 

Procédés pour-reconnaitrc la pureté 
des métaux, etc 67 

IV 



XXlj 



TABLE ANALYTIQUE 



Soudure, décapage, etc 

Procédé pour teindre l'or. — Pro- 
cédés actuels 

Dorure avec de l'or et sans or 

Recettes du Pseudo-Démocrite. — 
Vernissage 

Procédés d'argenture superficielle. . 

Teinture à fond. — Alliages 

Diplosis de Moïse. — Emploi actuel 
des composés arsenicaux. — Tom- 
bac. — Formule d'Eugenius 

II!. — Fabrication de l'Asèm 

Asèm et άσημο;. — Électrum 

Diversité de propriétés. — Change- 
ment en or ou en argent. — Fa- 
brication artificielle 

Vingt-huità trente recettes. — Douze 
alliages d'argent, d'étain, de cuivre, 
de plomb, de zinc, de mercure, 
d'arsenic. — Alliages modernes... 

Recettes du Pseudo-Démocrite et 
d'Olympiodore 

Le cuivre blanchi par l'arsenic. — 
Alun. — Coquille d'or 

Procédés de Diplosis. — Eau de 
soufre ou eau divine. — Pétésis. — 
Polysulfure de calcium 

Ascm noir. — Article de Pline . 

IV. — Recettes du Pseudo-Démocrite 
comparées aux précédentes 

Confusion des pratiques et des théo- 
ries. — La matière première. — La 
magie 

IL — Relations entre les mét.\ux 
ET les planistes 

Unité des lois de la nature. — La 
chaîne d'or 

Influence du soleil et des astres. — 
La Chaldée 

Le nombre Sept. — Origine as- 
tronomique. — Semaine 

Nombre des planètes. — Voyelles. — 
Couleurs. — Métaux 

Le soleil et l'or : Pindare. — La lune 
et l'argent. — Mars et le fer. — 
Vénus et le cuivre. — Le plomb et 
Saturne 

Génération des métaux sous l'in- 
fluence des effluves sidérales 

Liste de Celse. — Vieilles listes. — 



5; 

58 
58 

59 
6o 
6o 



6i 

62 
62 



64 
67 



68 

6.» 



74 
74 
74 

75 



78 



Tablettes de Khorsabad 79 

Variations dans les attributions de 
la planète Jupiter, assignée à l'élec- 
trum, puis à l'étain; et de la planète 
Hermès, assignée àl'élain, puis au 
mercure. — Époque de ces varia- 
tions. — Électrum rayé de la liste 
des métaux, vers le vi" siècle. — 
Symboles alchimiques des métaux. 
— Le plomb. — Passage de Ste- 

phanus. — Liste d'Albumazar 82 

Nomenclature des dérivés métal- 
liques 85 

III. — La Sphère de Démocriteet 

LES MÉDECINS .\STR0L0GUES 86 

Les médecins astrologues. — Papy- 
rus V. — Tableaux divers 86 

Les deux tableaux de Pétosiris : fi- 
gures 1 et 2. ~ Autres tableaux. 87 

IV. — Signes et Notations alchi- 
miques 92 

Notation des métaux, signes divers. . 94 

Notation des dérivés des métaux.. 95 

Produits minéraux et matière médi- 
cale 96 

Neuf listes consécutives ; discussion 
.sur leur filiation g6 

Signes multiples d'un même corps, 
repétitions 10 1 

Huit planches en photogravure, re- 
produisant les signes du ms. de 
St-Marc et du ms. 2327, avec tra- 
duction -.figures 3 à 10 io3 

Lexique alphabétique des notations 
alchimiques 123 

V. — Figures d'app.areils et autres 
OBJETS 127 

Figures des manuscrits. — Figures 
symboliques des mss. latins. — 

Figures d'appareils 127 

Figures du 7ns. de St-Marc 128 

Chrysopée de Cléopâtrc : figure 11. l32 
Cercles concentriques, axiomes, ser. 

pent, appareils, etc 1 3 3 

Alambic. — Reproductions du ms. 
2325 et du ms. 2327 : figures 12 

et i3 i34 

Chrysopée prototype des dessins 



TABLE ANALYTIQUE 



XXIIJ 



d'appareils 

Alambic à deux pointes : figures 14 
et τ 4 bis 

Alambic à trois pointes (tribicos) : 
figure j5 

Alambic à tube et récipient unique. 
figure 16 

Tribicos du ms. 2325 -.figure ly.. 

Chaudière distillatoire : _^^«re 18. 

Ébauche d'alambic •.figure ig 

Appareils à kérotakis ou palette, 
avec vase à digestion cylindrique: 
figures 20 et 21... 

Ramollissement des métaux par le 
mercure, le soufre, l'arsenic sulfure. 

Vases de condensation ; sublimation 
réitérée ; opération rétrograde ou 
■/.αρκι'νο; (Écrevisse) 

Bain-marie à kérotakis : figure 22 
et 23 

Autre bain-marie : figure 24 

Kérotakis triangulaire : figure 24 bis 

AutrevaseàKérotakis etÉcrevisse : 
figure 25 

Récipient supérieur de cette figure : 
figure 26 

Autre vase à Kérotakis : figure 2y 

Formule de rÉcrevisse '.figure 28; 
son interprétation 

Alphabets magiques : figure 2().,. 

Labyrinthe de Salomon '.figure 3o 

Symbole cordiforme et dessins mys- 
tiques : figures 3i, 32 et 33 

Figures du ms. 2827 

Serpent Ouroboros : figure 34 

Signe d Hermès. — Images géomé- 
triques : figures 35 et 36 

Alambics et vases à digestion : figu- 
res 3 γ et 38 

Modifications dans la forme des ap- 
pareils rétrogrades 

Petits adamhics: figures 3 g, 40, 41 

Fiole : figure 42 ; alambic avec six 
appendices : figure 43 

Figures du ms. 2325 

Figures des mss. de Leide 

Vase à aigcstion: figure 44, rappro- 
chée del'aludel arabe '.figure 45. 



'3/ 
iSg 

140 
141 
141 
142 

142 

144 

144 

14Γ) 
148 
14S 

149 

i5o 
i5i 

l52 

i55 
157 

i58 
i58 
159 

160 

161 

162 
1D4 

166 
166 
.67 

172 



VI. — Renseignements et notices 

SUR QUELQUES MANUSCRITS ALCHI- 
MIQUES , . 173 



I. —Ancienne liste du ms. de St-Mjrc. 
Comparaison avec le contenu actuel. 

— Traités perdus d'Héraclius et 
de Justinien. — Additions. — Modi- 
fications dans l'ordre relatif 

Partage des traités en sept séries.. 

II. — Sur les copies actuelles de la 
g" leçon de Stephanus 

Six finales différentes. — Confusion 
dans le texte du ms. de St-.AÎarc. 

— Morceaux perdus 

m. — Diverses lacunes et transposi- 
tions du ms. de St-Marc 

IV. — Mss. de l'Escurial 



174 

176 
178 

'79 

iSo 

184 
186 

191 
193 

'94 
200 

200 



V. — Mss. alchimiques grecs du Vati- 
can et des Bibliothèques de Rome. 

VI. — Mss. de Gotha et de Munich. 
■ — Publications de Griller 

VII. — Comparaison du contenu 
du ms. de St-Marc avec ceu.x du 
n" 2325 et du W 232- de la Bi- 
bliothèque nationale de Paris 

VIII. — Hypothèses générales sur 
l'origine et la filiation des manus- 
crits alchimiques grecs 

Recettes techniques en Egypte. — 
Stèles. — Transcriptions en grec. — 
Dioscoride, Pline, Papyrus de 
Leide. — Textes d'un caractère ana- 
logue 

École Démocritaine — Gnostiques. 

— Traités de Cléopâtre et de Marie 

— Zosime, Africanus 201 

Écrits apocryphes de Chéops, d'Her- 
mès, d'Agathodémon, lettre d'Isis. 

— Auteurs divers 202 

Commentaires de Synesius, d Olym- 

piodore, du Philosophe Chrétien, 

de l'Anonyme, de Stephanus 202 

Première Collection. — Séries de 
Constantin Porphyrogénète 2o3 

Prototype de St-Marc : ses altéra- 
tions successives jusqu'au manu- 
scrit actuel 2o3 

Filiation des autres manuscrits .... 204 

IX. — Sur le manuscrit grec 241 q 

de la Bibliothèque de Paris 2o5 

Son caractère général. — ''■ Figure 



XXIV 



TABLE ANALYTIQUE 



astrologique du corps humain. — 
Cercle et tableau de Pétosiris. — 
Relations planétaires des métaux. 

— Signes. — Alphabets magiques 2o5 
Alchimie grecque de Theoctonicos, 

comparée avec le traité latin d'Al- 
bert le Grand 207 

Alchymus, massa, orpiment 209 

Noms grecs et latins des opérations 
alchimiques au xiv* siècle 210 

X. — Manuscrits alchimiques de 
Leide 211 

Codex Vossianus. — Figures. — 
Fragment de Justinien sur l'œuf. 212 

XI. — Manuscrits divers. —Copte• 21 5 

xii. — Manuscrit arabe d'Ostanès. 

— Deux traités 216 

VII. — Sur quelques métaux et 

MINÉRAUX PROVENANT DE l'aN- 
CIENNE Ch ALDÉE 2 I 9 

Coffre de pierre trouvé dans les fon- 
dations du palais de Sargon à 
Khorsabad. — Ses tablettes vo- 
tives. — Analyse de quatre d'entre 
elles, en or, argent, bronze, carbo- 
nate de magnésie 

Sens anciens du mot magnésie. — 
Nom de la 4° tablette en assyrien 

Pierre des Taureaux ailés 

Objets trouvés à Tello. —Vase d'anti- 
moine. — Ce métal dans Dioscoride 
et Pline. — Nécropole de Redkin- 
Lager 

Figurine votive en cuivre pur. — 
Absence de l'étain 

Transport de l'étain dans l'anti- 
quité.— Gites des iles de la Sonde 
et des iles Cassitérides. — Petits 
gites locaux. — Mines du Kho- 
rassan. — Passage de Strabon. .... 225 

Age du cuivre antérieur à l'âge du 
bronze, d'après certains archéo- 
logues 227 

λ'ΙΙΙ. — Notices de minéralogie, de 

MÉTALLURGIE ET DIVERSES. — Liste 

alphabétique 228 

/Es, airain, bronze, cuivre 2 3o 

Idées des anciens sur les métaux. — 



2ig 

221 
222 



223 
224 



Le cuivre n'était pas regardé 
comme distinct du bronze 23o 

Variétés d'airain, dénommées selon 
les provenances et les proprié- 
taires de mines 23 1 

Orichalque. — Airain de Corinthe. 23i 

.Erugo, rubigo, viride ceris, vert- 
de-gris 23 I 

Produits naturels {fossiles) : soudure 
d'or. — Produits factices; verdet 202 

Scolex, sels basiques. — flos ou 
ανΟο; 232 

^Es ustum, protoxydc de cuivre. — 
Scoria, lepis, squama, stomoma : 
sous-oxydes et sels basiques 233 

Smegma ; diphryges ; fœx ; craie 
verte 233 

Aétite ou pierre d'aigle 234 

Alchimistes grecs (tradition au 
moyen-âge) 234 

Alphabets et écritures hermétiques. 235 
Alun. — Variétés. — Acide arsénieux. 2 3/ 

Ammoniac (sel). - Deux sens : sel 
de sodium et chlorhydrate d'am- 
moniaque 237 

Antimoine. — Stimmi. — Stibi. — 
Larbason. — Calcédoine. — Sul- 
fure d'antimoine. — Alabastrum. 

— Oxydes. — Oxysulfures 238 

Arsenic. — Orpiment. — Sandara- 
que. — Rcalgar et Kermès minéral. 

— Autres sens du mot sandaraque. 238 
Arsenic métallique, second mercure 

des alchimistes. -Hermaphrodite. 239 

Cadmie. — Naturelle, minerais de 
laiton. — Artificielle, fumée des 
métaux : capnitis, botruitis., pla- 
codes, onychitis, ostracitis. — Sens 
divers 240 

Le cadmium des modernes 240 

Pompholyx , nihil album, spodos 
blanche ou noire. — Antispode. — 
Tutie. — Magnésie 240 

Chalcanthon, couperose, vitriol. — 
Produit de la macération des mi- 



TABLE ANALYTIQUE 



XXV 



nerais. — Les vitriols. — Précipi- 
tation du'cuivre par le fer 241 

Misy. — Sory. — Melanteria 243 

Chalcitis. -Altéiations de la pyrite. 243 

Chaux vive, asbestos. — Titatios, 
calcaire. — Gypse, plâtre 243 

Chrysocolle. — Sens multiples. — 
-Malachite, azurite — armenùim, 
cyanos, etc 243 

CAr^so/i/Ae, sens ancien et moderne. 244 

Cinabre. — Sulfure de mercure, 
anthrax, minium, réalgar, sang- 
dragon, tout oxyde ou sulfure 
rouge. — Signe 244 

Claudianon 244 

Clefs (les). — Titre d'ouvrage 244 

Les clefs de l'art, opérations 243 

Cobalt, Cobathia, Kobold. — Ori- 
gine de ce nom. — Bleu de cobalt 
connu des anciens. — Étymologie 
grecque. — Confusion avec le mot 

allemand 245 

Cobalt métallique connu des alchi- 
mistes du moyen âge 246 

Coupholithe ... 246 

Éléments actifs. — Qualités. — Ex- 
halaisons sèche et humide, gêné, 
ratrices des minéraux, d'après 
Aristote 247 

Esprits, -vîJjjLaTx. — Corps, âmes. — 
Sens alchimiques 247 

Liste des quatre esprits; des sept 
esprits. — Aludel. — Wismath. . . 248 

Sublimation simple, ou compliquée 
d'une oxydation : tutie, magnésie, 
marcassite 249 

Étain. — /.aîîÎTssoç. — Stannum. — 
Plomb blanc — Sens anciens de 
ces mots 2 5o 

Étymologies chimiques doubles : 
asèm, chimie, ammoniac 25 1 

Fer. — Basalte. — Rubigo , '.o'ç. 

rouille. — Squama, scoria 23 1 

Aimant, magnes, sideritis, ferrum 
Vivian; mâle et femelle, etc. — 
Hématite. — Ocres, sil, usta. — 
Pyrites, chalcopyrite, marcassite. 



— Rubrique 252 

Feu (les vertus du) 2 53 

Figures géométriques des saveurs 
et des odeurs 253 

Fixation des métaux. —Sens de ce 
mot 254 

Gagates (pierre) 254 

los, virus. — Sens multiples . — losis . 2 54 

Magnésie, sens anciens. — Sens 
alchimiques. — Métal de la ma- 
gnésie. — Pyrites. — Amalgames. 

— Magnésie noire 255 

Magnésie calcaire au xviii" siècle. 

— Sens moderne 256 

Marcassites 257 

Massa 257 

Mercure. — Préparation ancienne. 

— Distillation.— Idées mystiques.— 
Mercure des philosophes. — Ses 
noms. — Dialogue de l'or et du 
mercure 257 

Métaux. — Leur génération. — 
Passage d' Aristote . ■ 259 

Leur production dans la terre, par 
la transformation des vapeurs sous 
les influences sidérales. — Doutes 
au moyen âge 260 

Odeur des métaux. — Or du Trésor 
de Darius 261 

Minium, rubrique, \j.O.-ot. — Cinabre, 
vermillon, oxyde de fer, de cuivre, 
sulfure d'arsenicetd'antimoine,etc.'• 261 

Sinopis ; terre de Lemnos , meli- 
num.lcucophoron: i7»!;;!!0i!ou mi- 
nium, usta, fausse sandaraque, 
sandy.if. — Le minium de Callias. 

— Sericum. — Armenium, ceru• 
leum: couleurs vertes, jaunes 261 

Nitrum , natron . — Carbonate de 
soude. — Sputna ou aphronitron. 

— notre nitre 2U3 

Opérations alchimiques. — Leurs 
noms grecs 263 

Or. — Coupellation par le sulfure 
d'antimoine, — Bain du soleil; 



XXV) 

loup des métaux 264 

P.iros et parus 264 

Plomb blanc et noir. — Stanmim, 

gjleiia, sens anciens et modernes. 

Plomb /ave'. — Soudure autogène. 

— Plomb brûlé 264 

Scorie, spode, pierre plombeuse, 

galena, molybdène, helcysma ou 

encauma. — Sens moderne 265 

Litharge : chrysitis, argyritis, lau- 

riotis, — Céruse.— Minium 266 

Pseudargyre 266 



TABLE ANALYTIQUE 

Samos (pierre de) 262 

Sel. — Fossile et factice. —Lanugo. 



— Saumure. — Flos, favilla 266 

Sélénite ou aphrosclinon 267 

Soufre apyre 267 

Terres. — Calcaires et argiles. — 
Noms divers 267 

Trempe, teinture, paorj. — Trempe 
du fer et du bronze 267 

Tutie 268 



TABLE DES MATIERES 



DE LA !■■«= LIVRAISON 



(texte grec et traduction) 



Texte Traduction 

Note préliminaire sur les abréviations, les sigles des manuscrits, etc. 2 2 

Première partie. — Indications générales 3 3 

I. I. Dédicace (en vers) 3 3 

I. II. Lexique de la Chrysopée 4 4 

I. ni. Ce que les anciens disent de l'œuf (philosophique) 18 18 

I. IV. Les noms de l'œuf, mystère de l'art 20 21 

I . V. Le serpent Ouroboros 21 22 

I. VI. Le serpent (2" article) 22 2 3 

I. VII. Instrument d'Hermès Trismégistê 23 24 

I. VIII. Liste planétaire des métaux 24 2 5 

I. IX. Noms des faiseurs d'or 25 26 

1. X. Lieux où l'on prépare la pierre métallique 26 27 

I. XI. Serment 27 29 

I . XII. Serment du philosophe Pappus 27 29 

I.xiii. Isis la prophétesse à son fils (!■''' rédaction) 28 3i 

I. XIII bis {2" rédaction) 33 i 

I. XIV. Quelles doivent être les mœurs du philosophe 35 36 

I. XV. L'assemblée des philosophes 35 37 

I. XVI. Fabrication de l'Asém (3 recettes) 36 38 

I. xvii. Fabrication du cinabre (3 recettes) 37 39 

I. xviii. Diplosis de Moïse 38 40 

I. XIX. Diplosis d'Eugénius Sg 40 

I. XX. Labyrinthe de Salomon 39 41 



XXviij TABLE DES MATIERES 

Texte Traduction 

Deuxième partie. — Traités Démocritains 41 43 

II. I. p/jj^.sicj e/ iHj'S^'Ctî (questions naturelles et mystérieuses). 41 43 

II. II. Livre de Démocrite adressé à Leucippe 53 57 

II. III. Synesius à Dioscorus, commentaire sur le livre de Démo- 
crite 56 60 

II. IV. Olympiodore 69 75 

II. IV bis. Appendice i 1 04 1 1 3 

Appendice II io5 114 

Appendice m ιοό 1 1 5 



COLLECTION 



ALCHIMISTES GRECS 



INTRODUCTION 



LISTE 

DES MÉMOIRES CONTENUS DANS l'inTRODUCTION 



I. — Les Papyrus de Leide. 

II. — Relations entre les métaux et les planètes. 

ni. — La sphère de Démocrite et les médecins astrologues (figures). 

IV. — Signes et notations alchimiques (planches). 

V. — Figures d'appareils et autres. 

VI. — Renseignements et notices sur quelques manuscrits. 

\U. — Sur quelques métaux et minéraux provenant de l'antique Chaldée. 
VIII.— Notices de Minéralogie, de Métallurgie et diverses. 



M. BERTHELOT. 



INTRODUCTION 



1. — LES PAPYRUS DE LEIUE 

Papyri GRJECI musei antiquarii publici Lugduni Batavi edidit, interpretationem 

latinam, adnotationem, indices et tabulas addidit C. Leemans, Musei antiquarii 
Lugduni Batavi Director. — PAPYRUS GRECS du musée d'antiquités de Leide, 
édités, avec une traduction latine, notes, index et planches par C. Leemans, direc- 
teur du Musée. — Tome II, publié à Leide, au Musée et chez E. J. Brill. i885. 
In-4», viii-3io pages ; 4 planches. — Tiré à i 5o exemplaires. 

La Chimie des anciens nous est connue principalement par quelques 
articles de Théophraste, de Dioscoride, de Vitruve et de Pline l'Ancien sur 
la matière médicale, la minéralogie et la métallurgie ; seuls commentaires 
que nous puissions joindre jusqu'à présent à l'étude et à l'analyse des 
bijoux, instruments, couleurs, émaux, vitrifications et produits céramiques 
retrouvés dans les débris des civilisations antiques. L'Egypte en particulier, 
si riche en objets de ce genre et qu'une tradition constante rattache aux 
premières origines de FAlchimie, c'est-à-dire de la vieille Chimie théorique 
et philosophique ; l'Egypte, dis-je, ne nous a livré jusqu'ici aucun document 
hiéroglyphique, relatif à l'art mystérieux des transformations de la matière. 
Nous ne connaissons l'antique science d'Hermès, la Science sacrée par 
excellence, que par les textes des alchimistes gréco-égyptiens ; source 
suspecte, troublée dès les débuts et altérée par les imaginations mystiques 
de plusieurs générations de rêveurs et de scoliastes. 

C'est en Egypte cependant, je le répète, que l'Alchimie a pris naissance ; 
c'est là que le rêve de la transmutation des Métaux apparaît d"abord et il a 



4 INTRODLXTION 

obsédé les esprits jusqu'au temps de Lavoisier. Le rôle qu'il a joué dans 
les commencements de la Chimie, l'intérêt passionné qu'il a donné à ces 
premières recherches dont notre science actuelle est sortie, méritent toute 
l'attention du philosophe et de l'historien. Aussi devons-nous saluer avec 
Joie la découverte des textes authentiques que nous fournissent les papyrus 
de Leide. 

La publication de ce volume était réclamée depuis longtemps et atten- 
due (l'j avec impatience par les personnes qui s'intéressent à l'histoire des 
sciences antiques, et le contenu du volume actuel, déjà connu par une 
description sommaire de Reuvens (Lettres à M. Letronne, publiées à Leide 
en i83o), paraissait de nature à piquer vivement la curiosité des archéo- 
logues et des chimistes. En effet, l'un des principaux papyrus quijs'y trouvent, 
le papyrus X ip. 199 à 259 du volume actuel), est consacré à des recettes 
de chimie et d'alchimie, au nombre de cent-une, suivies de dix articles 
extraits de Dioscoride. C'est le manuscrit le plus ancien aujourd'hui connu, 
où il soit question de semblables sujets: car il remonte à la fin du troisième 
siècle de notre ère, d'après Reuvens et Leemans. 

Ce serait donc là l'un de ces vieux livres d'Alchimie des Egyptiens sur 
l'or et l'argent, brûlés par Dioclétien vers 290, « afin qu'ils ne pussent s'en- 
richir par cet art et en tirer la source de richesses qui leur permissent de se 
révolter contre les Romains. » 

Cette destruction systématique nous est attestée par les chroniqueurs 
byzantins et par les actes de saint Procope (2) ; elle est conforme à la pra- 
tique du droit romain pour les livres magiques, pratique qui a amené 
l'anéantissement de tant d'ouvrages scientifiques durant le moyen âge. 
Heureusement que le papyrus de Leide y a été soustrait et qu'il nous 
permet de comparer jusqu'à un certain point, et sur un texte absolument 
authentique, les connaissances des Egyptiens du in« siècle avec celles des 
alchimistes gréco-égyptiens, dont les ouvrages sont arrivés jusqu'à nous 
par des copies beaucoup plus modernes. Les unes et les autres sont liées 
étroitement avec les renseignements fournis par Dioscoride, par Théo- 



(i) Le prtmier volume avait paru en 1 (2) Voir mon ouvrage : Origines de 

1843. i l'Alchimit', p. 71•. i885. 



PAI'YRUS DE LEIDE 3 

phraste et par Pline sur la minéralogie et la métallurgie des anciens; ce qui 
parait indiquer que plusieurs de ces recettes remontent aux débuts de l'ère 
chrétienne. Elles sont peut-être même beaucoup plus anciennes, car les 
procédés techniques se transmettent d'âge en âge. Leur comparaison avec 
les notions aujourd'hui acquises sur les métaux égyptiens (i), d''une part, 
et avec les descriptions alchimiques proprement dites, d''autre part, 
confirme et précise mes inductions précédentes sur le passage entre ces 
deux ordres de notions. Je me suis attaché à pénétrer plus profondément 
ces textes, en faisant concourir à la fois les lumières tirées de l'histoire des 
croyances mystiques des anciens et de leurs pratiques techniques, avec 
celles que nous fournit la chimie actuelle : je me proposais surtout d'y 
rechercher des documents nouveaux sur l'origine des idées des alchimistes 
relatives à la transmutation des métaux, idées qui semblent si étranges 
aujourd'hui. Mon espoir n'a pas été trompé; je crois, en effet, pouvoir 
établir que l'étude de ces papyrus fait faire un pas à la question, en mon- 
trant avec précision comment les espérances et les doctrines alchimiques 
sur la transmutation des métaux précieux sont nées des pratiques des 
orfèvres égyptiens pour les imiter et les falsifier. 

Le nom même de l'un des plus vieux alchimistes, Phiménas ou Pam- 
menès, se retrouve à la fois, dans le papyrus et dans le Pseudo-Démocrite, 
comme celui de l'auteur de recettes à peu près identiques. 

Etrange destinée de ces papyrus ! ce sont les carnets d'un artisan 
faussaire et d'un magicien charlatan, conservés à Thèbes, probablement 
dans un tombeau, ou, plus exactement, dans une momie. Après avoir 
échappé par hasard aux destructions systématiques des Romains, à des 
accidents de tout genre pendant quinze siècles, et, chose plus grave peut- 
être, aux mutilations intéressées des fellahs marchands d'antiquités, ces 
papyrus nous fournissent aujourd'hui un document sans pareil pour appré- 
cier à la fois les procédés industriels des anciens pour fabriqueras alliages, 
leur état psychologique et leurs préjugés mêmes relativement à la puis- 
sance de l'homme sur la nature. La concordance presque absolue de ces 
textes avec certains de ceux des alchimistes grecs vient, je le répète, 

(1) Origines de l'Alchimie, p. l' 1 1 . 



6 INTRODUCTION 

appuyer par une preuve authentique ce que nous pouvions déjà induire 
sur Torigine de ces derniers et sur l'époque de leur composition. En 
même temps la précision de certaines des recettes communes aux deux 
ordres de documents, recettes applicables encore aujourd'hui et parfois 
conformes à celles des Manuels Roret, opposée à la chimérique prétention 
de faire de l'or, ajoute un nouvel étonnement à notre esprit. Comment 
nous rendre compte de l'état intellectuel et mental des hommes qui prati- 
quaient ces recettes frauduleuses, destinées à tromper les autres par de 
simples apparences, et qui avaient cependant fini par se faire illusion à 
eux-mêmes, et par croire réaliser, à l'aide de quelque rite mystérieux, la 
transformation effective de ces alliages semblables à l'or et à l'argent en un 
or et en un argent véritables ? 

Quoi qu'il en soit, nous devons remercier vivement M. Leemans d'avoir 
terminé sur ce point, avec un zèle que la vieillesse n'a pas épuisé, une 
œuvre commencée dans son âge mûr, il y a quarante-deux ans. Elle fait 
partie de la vaste publication des papyrus de Leide, poursuivie par lui 
depuis près d'un demi-siècle. Les papyrus grecs n'en constituent d'ailleurs 
qu'une partie relativement minime; ils viennent compléter les impressions 
antérieures des papyrus grecs de Paris (i), de Turin et de Berlin (2). J'ai déjà 
examiné ces derniers au point de vue cliimique (3), ainsi que ceux de Leide, 
d'après les seules indications de Reuvens (4). Il convient aujourd'hui de 
procéder à une étude plus approfondie de ces derniers, à l'aide du texte 
complet désormais publié : je ferai cette étude surtout au point de vue 
chimique, sur lequel je puis apporter les lumières d'un spécialiste, réser- 
vant la discussion philologique des textes à des savants plus compétents. 

Rappelons d'abord l'origine des papyrus grecs du musée de Leide ; puis 
nous décrirons sommairement les principaux écrits contenus dans le 
tome II, tels que les papyrus• V, W et X. A la vérité, les deux premiers 
sont surtout magiques et gnostiques. Mais ces trois papyrus sont associés 



(i) Tome XVIII, 2<^ partie, des no- 
tices et extraits des Manuscrits, etc., 
publiés par l'Académie des inscriptions 
(1866), volume préparé par Letronne, 
Brunet de Presle et le regretté Egger. 



(2) Publié par Parthey, sous le patro- 
nage de l'Académie de Berlin. 

(3) Origines de l'AlcIiiniie, p. 33 1. 

(4) Même ouvrage, p. 80-94. 



PAPYRUS DE LEIDE 7 

entre eux étroitement, par le lieu où ils ont été trouvés et même par 
certains renvois du papyrus X, purement alchimique, au papyrus V, 
spécialement magique. L'histoire de la magie et du gnosticisme est étroi- 
tement liée à celle des origines de Talchimie : les textes actuels fournissent 
à cet égard de nouvelles preuves à l'appui de ce que nous savions déjà (i). 
Le dernier papyrus est spécialement chimique. J'en examinerai les recettes 
avec plus de détail, en en donnant au besoin la traduction, autant que j'ai 
pu réussir à la rendre intelligible. 

Les papyrus de Leide, grecs, démotiques et hiéroglyphiques, pro- 
viennent en majeure partie d'une collection d'antiquités égyptiennes, 
réunies au commencement du xix" siècle par le chevalier d'Anastasi, vice- 
consul de Suède à Alexandrie. Il céda en 1828 cette collection au gouver- 
nement des Pays-Bas. Un grand nombre d'entre eux ont été publiés depuis, 
par les ordres du gouvernement néerlandais. Je ne m'occuperai que des 
papyrus grecs. Ils forment, je le répète, deux volumes in-40, l'un de 
144 pages, l'autre de 3 10 pages : celui-ci a paru l'an dernier. Le texte grec y 
est accompagné par une version latine, des notes et un index, enfin par des 
planches représentant le fac-similé de quelques lignes ou pages des manus- 
crits. En ce qui touche les planches, on doit regretter que M. Leemans 
n'ait pas cru devoir faire cette reproduction, au moinspour le second volume, 
par le procédé de la photo-gravure sur zinc, qui fournit à si bon marché 
des textes si nets, absolument identiques avec les manuscrits et susceptibles 
d'être tirés typographiquement d'une façon directe (2). Les planches litho- 
graphiées des Papyri grœci sont beaucoup moins parfaites et ne donnent 
qu'une idée incomplète de ces vieilles écritures, plus nettes en réalité, 
ainsi que j'ai pu m'enassurer sur des épreuves photographiques que je dois 
à l'obligeance de M. Révillout. 

Le tome I, qui a paru en 1843, est consacré aux papyrus notés A, B, C. 
jusqu'à V, papyrus relatifs à des procès et à des contrats, sauf deux, qui 
décrivent des songes : ces papyrus sont curieux pour l'étude des mœurs et 
du droit égyptien ; mais je ne m'y arrêterai pas, pour cause d'incompétence. 



(i)'Voir également : Origines'de l'Al- 
chimie, ρ . 211. 



(2) Voir les Signes et les Notations 
alchimiques, dans le présent volume. 



8 INTRODUCTION 

Je ne m'arrêterai pas non plus dans le tome II au papyrus Y, qui renferme 
seulement un abécédaire, ni au papyrus Z, trouvé à Philœ, très postérieur 
aux autres ; car il a été écrit en Tannée Sqi de notre ère, et renferme 
la supplique d'Apion, -< évSque de la légion qui tenait garnison à Syène, 
Contre-Syène et Eléphantine » : cette supplique est adressée aux empereurs 
Théodose et Valentinien, pour réclamer leur secours contre les incursions 
et déprédations des barbares. 

Décrivons au contraire avec soin les trois papyrus magiques et alchi- 
miques. 

PAPYRUS V 

Le papyrus V est bilingue, grec et démotique; il est long de 3'", 60, haut 
de 24 centimètres; le texte démotique y occupe 22 colonnes, longues chacune 
de ?o à 35 lignes. Le texte grec y occupe 17 colonnes de longueur inégale. 

Le commencement et la tin sont perdus. Il paraît avoir été trouvé à 
Thèbes. Il a été écrit vers le 111= siècle, d'après le style et la forme de l'écri- 
ture, comme d'après l'analogie de son contenu avec les doctrines gnostiques 
de Marcus. Le texte grec est peu soigné, rempli de répétitions, de solécismes, 
de changements de cas, de fautes d'orthographe attrihuables au mode de 
prononciation locale, telles que a•, pour ε et réciproquement; z: pour'.. 
■j pour c, etc. Il contient des formules magiques : recettes pour philtres, 
pour incantations et divinations, pour procurer des songes. Ces formules 
sont remplies de mots barbares ou forgés à plaisir et analogues à celles que 
l'on lit dans Jamblique (De Mysteriis Egyptiortim) et chez les gnostiques. 
Donnons seulement l'incantation suivante, qui ne manque pas de grandeur. 

Les portes du ciel sont ouvertes ; 

Les portes de la terre sont ouvertes ; 

La route de la mer est ouverte : 

La route des fleuves est ouverte ; 

Mon esprit a été entendu par tous les dieux et les génies ; 

Mon esprit a été entendu par l'esprit du ciel ; 

Mon esprit a été entendu par l'esprit de la terre ; 

Mon esprit a été entendu par l'esprit de la mer ; 

Mon esprit a été entendu par l'esprit des fleuves. 



PAPYRUS DE LEIDE g 

Ce texte rappelle le refrain d"une tablette cunéiforme, citée par F. Lenor- 
manJ dans son ouvrage sur la magie chez les Chaldéens. 

t Esprit du ciel, souviens-toi. 

Esprit de la terre, souviens-toi. 

Dans le papyrus actuel on retrouve la trace des vieilles doctrines égyp- 
tiennes, défigurées par l'oubli où elles commençaient à tomber. Les noms 
juifs, tels que Jao,Sabaoth, Adonaï, Abraham, etc., celui de l'Abraxa, l'impor- 
tance de lanneau magique dontla pierre porte la figure du serpent qui se mord 
la queue, anneau qui procure gloire, puissance et richesse |i), le rôle prépon- 
dérant attribué au nombre sept (2'., « nombre des lettres du nom de Dieu, 
suivant l'harmonie des sept tons», l'invocation du grand nom de Dieu (3), la 
citation des quatre bases et des quatre vents: tout cela rappelle les gnosti- 
ques et spécialement (41 les sectateurs de Marcus, au m•-• siècle de notre ère. 
Les pierres gravées de la Bibliothèque nationale de Paris portent de même 
la figure du serpent oiiroboiOS, avec les sept voyelles et divers signes caba- 
listiques (5) du même ordre. Ce serpent joue d'ailleurs en Alchimie un rôle 
fondamental. Le nom de Jésus ne paraît qu'une seule fois dans le papyrus, 
au milieu d'une formule magique (6) et sans attribution propre. Le papyrus 
n'a donc point d'attaches chrétiennes. Par contre, les Egyptiens, les Grecs 
et les Hébreux sont fréquemment rapprochés et mis en parallèle dans les 
invocations (col. 8, 1. 1 5) : ce qui est caractéristique. Signalons aussi le nom 
des Parthes ïj\ qui disparurent avant le milieu du in= siècle de notre ère et 
dont il n'est plus question ultérieurement ; il figure dans le papyrus V, aussi 
bien que dans l'un des écrits de l'alchimiste Zosime. Plusieurs auteurs sont 
cités dans le papyrus, mais ils appartiennent au même genre de littérature. 
Les uns, tels que Zminis le Tentyrite, Hémérius, Agathoclès et Urbicus, 
sont des magiciens, inconnus ailleurs. Mais ApoUo Béchès (Horus l'Eper- 
vier ou Pébéchius), Ostanès, Démocrite et Moïse, lui-même, figurent déjà à 



(i) Papyrus V, col. 8, 1. 24; col. G, 
1. 26. 

(2) Pap.V, col. I, 1. 21, 2 5, 3o; col. 4, 
1. i3; col. 8, 1. 6; col. 11, 1. 20, etc. 

(3) Col, 5, 1. i3; col. 28, 1. i3. 



(4) Pap. V, col. 2, 1. 20, 29, etc. — 
Origines de l'Alchimie, p. 34. 

(5) Origines de l'Alchimie, p. 62. 

(6) Pap. V, col. 6, 1. 17, 

(7) Pap. V, col. 8, 1. iS. 

9 



XO INTRODUCTION 

ce même titre dans Pline FAncien, et ils jouent un grand rôle chez les 
alchimistes. Au contraire, dans le papyrus, Agathodémon n'est pas encore 
évhémérisé et transformé en un écrivain, comme chez ces derniers : c'est 
toujours la divinité « au nom magique de laquelle la terre accourt, l'enfer 
est troublé, les fleuves, la mer, les lacs, les fontaines, sont frappées de con- 
gélation, les rochers se brisent ; celle dont le ciel est la tête, Téther le corps, 
la terre les pieds, et que lOcéan environne (pap. V, col. 7, 1. 3o). Il y a là 
un indice d'antiquité plus grande. 

Trois passages méritent une attention spéciale pour Fhistoirc de la 
science ; ce sont : la sphère de Démocrite, astrologico-médicale ; les noms 
secrets donnés aux plantes par les scribes sacrés ; et les recettes alchi- 
miques. Le mélange de ces notions, dans le même papyrus, avec les incan- 
tations et recettes magiques, est caractéristique. Je consacrerai un article 
spécial à la sphère de Démocrite et aux figures du même ordre qui existent 
dans plusieurs manuscrits grecs. 

Les noms sacrés des plantes donnent lieu à des rapprochements analo- 
gues entre le papyrus, les écrits alchimiques et l'ouvrage, tout scientifique 
d'ailleurs, de Dioscoride. Voici le texte du papyrus V (col. 12 fin et 
col. i3). 

« Interprétation tirée des noms sacrés dont se servaient les scribes sacrés, 
afin de mettre en défaut la curiosité du vulgaire. Les plantes et les autres 
choses dont ils se servaient pour les images des dieux ont été désignées par 
eux de telle sorte que, faute de les comprendre, on faisait un travail vain, en 
suivant une fausse route. Mais nous en avons tiré Tinterprétation de beau- 
coup de descriptions et renseignements cachés. » 

Suivent 37 noms de plantes, de minéraux, etc., les noms réels étant mis 
en regard des noms mystiques. Ceux-ci sont tirés du sang, de la semence, 
des larmes, de la bile, des excréments et des divers organes (tête, cœur, os, 
queue, poils, etc.) des dieux égyptiens grécisés (Héphaistos ou Vulcain, 
Hermès ou Mercure, Vesta, Hélios ou Soleil, Cronos ou Saturne, Hercule, 
Ammon, Ares ou Mars) ; des animaux (serpent, ibis, cynocéphale, porc, 
crocodile, lion, taureau, épervier), enfin de l'homme et de ses diverses 
parties (tête, œil, épaule). La semence et le sang y reparaissent continuel- 
lement : sang de serpent, sang d'Héphaistos, sang de Vesta, sang de 



PAPYRUS DE LEIDE 



I I 



l'œil, etc. ; semence de lion, semence d'Hermès, semence d'Ammon; os 
d"ibis, os de médecin, etc. Or cette nomenclature bizarre se retrouve 
dans Dioscoride. En décrivant les plantes et leurs usages dans sa Matière 
médicale, il donne les synonymes des noms grecs en langue latine, égyp- 
tienne, dacique, gauloise, etc., synonymie qui contient de précieux ren- 
seignements. On y voit tigurer, en outre, les noms tirés des ouvrages qui 
portaient les noms d'Ostanès (i), de Zoroastre (2I, de Pythagore (3), de 
Pétésis (4), auteurs également cités par les alchimistes et par les Geoponica. 
On y lit spécialement les noms donnés par les prophètes (5), c'est-à-dire 
par les scribes sacerdotaux de l'Egypte : j'ai relevé 54 de ces noms, formés 
précisément suivant les mêmes règles que les noms sacrés du papyrus : 
sang de Mars, d'Hercule, d'Hermès, de Titan, d'homme, d'ibis, de chat, 
de crocodile; sang de l'œil; semence d'Hercule, d'Hermès, de chat; œil 
de Python ; queue de rat, de scorpion, d'ichneumon ; ongle de rat, d'ibis ; 
larmes de Junon, etc. 

Il existe encore dans la nomenclature botanique populaire plus d'un 
nom de plante de cette espèce : œil de bœuf, dent de lion, langue de 
chien, etc., lequel nom remonte peut-être jusqu'à ces vieilles dénomi- 
nations symboliques \6). Le mot de sang dragon désigne aujourd'hui la 
même drogue que du temps de Pline et de Dioscoride. Ces dénominations 
offraient, dès l'origine, bien des variantes. Car, dans le papyrus comme 
dans Dioscoride, un même nom s'applique parfois à deux ou à trois plantes 
différentes. Ainsi le nom de semence d'Hercule désigne, dans les papyrus, 
la roquette; dans Discoride, le safran (I, 25?, le myrte sylvestre iIV, 144) 
et l'ellébore (IV, 148). Le sang de Cronos signifie l'huile de cèdre et le lait 
de porc, dans le papyrus. D'autres noms ont une signification différente dans 
le papyrus et dans Dioscoride, quoique unique dans chacun d'eux. Ainsi 
la semence d'Hermès signifie l'anis dans le papyrus ; le bouphthalmon 



(i) Diosc, Mat. médicale, I, g; II, 
igS, 207; III, io5; IV, 33, 126, 175. 

(2) Ibid., II, 144; IV, 175. 

(3) Ibid., II, 144, 207; III, 33. 41. 
[^]Ibid.,V, 114 

(5) Diosc, Mat. méd., I, 9, 2 5, 120, 



134; II, 144, i52, i65, 180, etc.; III, 
6, 26, 28, etc. ; IV, 4, 23, etc. 

(6) Cependant ces noms populaires 
sont plutôt destinés à faire image. A ce 
titre, ils auraient pu précéder la nomen- 
clature symbolique et en suggérer l'idée 



Ι 2 INTRODUCTION 

dans Dioscoride (III, 146. Le sang de taureau signine l'œuf du scarabée 
dans le papvrus, le Marrubiiim dans Dioscoride (III, 109). Réciproque- 
ment une même plante peut avoir deux noms différents dans les deux au- 
teurs. h'Artemisia s'appelle sang de Vulcain dans le papyrus, sang humain 
dans Dioscoride (III, 1 17). Un seul nom se trouve à la fois dans le papyrus 
et dans Dioscoride, c'est celui de VAnagallis, désigné par le mot : sang de 

l'œil. 

On voit que les nomenclatures des botanistes d'alors ne variaient pas 
moins que celles de notre temps, alors même qu'elles procédaient de con- 
ventions symboliques communes, comme celles des prophètes égyptiens. 
Quelques-uns de ces mots symboliques ont passé aux alchimistes, mais 
avec un sens différent; tels sont les noms : semence de Vénus, pris pour 
la fleur loxyde, carbonate, etc.) de cuivre; bile de serpent, pris pour le mer- 
cure, ou bien pour l'eau divine; éjaculation du serpent, pris pour le mer- 
cure ; Osiris (il, pris pour le plomb (ou le soufre) ; lait de la vache noire, 
pris pour le mercure tiré du soufre (2); sang de moucheron, pris pour l'eau 
d'alabastron; boue (ou lie) de Vulcain, pour l'orge, etc.; toutes désignations 
tirées du vieux lexique alchimique. Dans le papyrus et dans Dioscoride, 
on trouve souvent les mêmes mots, mais avec une autre sigilification. Tout 
ceci concourt à reconstituer le milieu intellectuel et les sources troublées 
où a eu lieu l'éclosion des premières théories de la chimie. 

Arrivons aux quelques notions de cette science dont le papyrus V con- 
serve la trace. Elles se bornent à une recette d'encre, en une ligne (col. 12, 
1. 16) et à un procédé pour affiner l'or (col. 6, 1. 181. 

i" L'encre dont il s'agit est composée avec 4 drachmes de misy, 2 drach- 
mes de couperose (verte), 2 drachmes de noix de galle, 3 drachmes de 
gomme et 4 drachmes d'une substance inconnue, désignée par deux Z, dans 
chacun desquels est engagé une petite lettre complémentaire. Un signe ana- 
logue existe chez les alchimistes et les médecins et paraît signifier pour 
eux le gingembre (voir plus loin le tableau des signes reproduit d'après une 
photogravure) ; mais ce sens n'est pas applicable ici. Je crois qu'il s'agit de 



(i) Dans Dioscoride, III, 80, c'est le I propre, à ce qu'il semble. (Pap. W, 
nom d'une plante. 1 col. 3, 1. 43, et col. 4, 1. 4.) 

(■j) Lait d'une vache noire, au sens 1 



PAPYRUS DE LEIDE 



i3 



l'encre mystique fabriquée avec les sept parfums (i) cî les sept fleurs (2), 
au moyen de laquelle on écrivait les formules magiques sur le nitre, 
d'après le papvrus suivant (pap. \V, col. 6, 1. 5 : col. 3, 1. S ; col. 9, 1. 10 ; 
col. 10, 1. 41 : en etfet, la lettre Ζ exprime précisément le nombre sept, 
et se retrouve, isolée, avec ce sens dans le même papvrus (col. 1 i, 1. 26 ; 
V. aussi col. 6, 1. 5). 

Cette composition rappelle, par sa complexité, celle du Kyphi, substance 
sacrée ?) des Egyptiens. 

2° Le procédé (4) pour affiner l'or f Iîot'.ç •/pjzzj';. (5), ne manque pas d'in- 
térêt, il est cité d'ailleurs dans une préparation sur la coloration de l'or; 
donnée dans le papyrus X alchimique ; ce qui établit la connexité des 
deux papvrus. Ajoutons qu'il se trouve transcrit entre une formule pour 
demander un songe (ϊνειρετητίν) et la description d'un anneau magique qui 
donne le bonheur; ce qui montre bien le milieu intellectuel d'alors: les 
mêmes personnes pratiquaient la magie et la chimie. Enfin ce procédé ren- 
ferme une recette intéressante, par sa ressemblance avec la méthode con- 
nue sous le nom de cément royal, à l'aide de laquelle on séparait autre- 
fois l'or et l'argent. Donnons d'abord la traduction de ce texte: 



(i) Voici le texte même du Papyrus 
W : « Les sept parfums sont ; le stvrax 
consacré h Saturne, le malabathrum à 
Jupiter, le costus à Mars, l'encens au 
soleil, le nard indien à \^énus, le casia 
à Hermès, la myrrhe à la lune. » 

(2) Voici le texte du papyrus \V : 
« Les sept fleurs, d'après Manéthon 
(l'astrologue), sont: la marjolaine com- 
mune, le lis, le lotus, \' Eriphyllium 
(renoncule ?) le narcisse, la violette 
blanche, la rose. » (Pap. W, col. i , 1. 
22.) On les broie dans un mortier blanc 
21 jours avant la cérémonie et on les 
sèche à l'ombre. 

{3| Origines de l'AlcIi., p. 3o. Diosc. 
Mat. méd.\ I, 24. 

(4) Papyri grœci, V, col. G. 

(3) Le mot Xiiin-.i a quatre sens : il 
sianifie : 



I» L'opération de la rouille, c'est-à- 
dire l'oxydation d'un métal ; 

2° L'affinage du métal, lequel est 
souvent connexe avec l'oxydation du 
métal impur, celle-ci tendant à éli- 
miner les métaux étrangers dont les 
oxydes sont plus stables : ce qui est 
le cas des métaux alliés à l'or dans la 
nature ; 

3" La virulence, ou possession d'une 
propriété active spécifique : telle notam- 
ment que celle que l'oxydation déve- 
loppe dans certains métaux; mais avec 
un sens plus compréhensif ; 

4" Enfin la coloration en violet. Ce 
dernier sens, qui se trouve chez les 
alchimistes et qui répond parfois à la 
formation de certains dérivés colorés de 
l'or, n'est pas applicable ici. 



14 INTRODUCTION 

ΐί Prenezdu vinaigrepiquant ,ι], épaississez, prenez de (2), 8 drachmes 

de sel commun, 2 drachmes d'alun lamelleux (schiste), 4 drachmes de 
litharge, broye^avec le vinaigre pendant 3 jours, séparez par décantation 
et employez. Alors ajoutez au vinaigre i drachme de couperose, une demi- 
obole de (3), trois oboles de chalcite 14 , une obole et demie de sory (5), 

une silique (61 de sel commun, deux siliques de sel de Cappadoce ^-'i. Faites 
une lame ayant deux quarts (d'obole?) Soumettez-la à l'action du feu... jus- 
qu'à ce que la lame se rompe, ensuite prenez les morceaux et regardez-les 
comme de l'or affiné. 

« Ayant pris quatre paillettes (8) d'or, faites-en une lame, chauffez-la et 
trempez-la dans de la couperose broyée avec de l'eau et avec une autre 

(couperose) sèche, battez (une partie) avec la matière sèche, une autre 

avec la matière mélangée: déversez la rouille et jetez dans » 

Il y a là deux recettes distinctes. Dans toutes deux figure le sulfate 
de cuivre plus ou moins ferrugineux, sous les noms de chalcanthon ou 
couperose et de sory. La seconde recette semble un fragment mutilé d'une 
formule plus étendue. La première présente une grande ressemblance 
avec une formule donnée dans Pline pour préparer un remède avec l'or, 
en communiquant aux objets torréfiés avec lui une propriété spécifique 
active, désignée par Pline sous le nom de virus. Remarquons que ce mot 
est la traduction littérale du grec !:;, rouille ou venin, d'où dérive ίω-:; : 
ce qui complète le rapprochement entre la formule de Pline et celle du 
papyrus. Voici les paroles de Pline [Hist. Nat., XXXIII, 25) : 

« On torréfie l'or dans un vase de terre, avec deux fois son poids de sel et 



(i) Le texte porte opiâou, qui n'a pas 
de sens ; c'est Ssip qu'il faut lire. 

(2) Lacune. 

(3) I drachme zz 6 oboles, mesure de 
poids. 

(4) Minerai de cuivre, tel que la pyrite. 

(5) Produit de l'altération de la pyrite, 
pouvant renfermer à la fois du sulfate 
de cuivre et du sulfate de fer basique. 
Le sory est congénère du misy, produit 
d'altération analogue, mais moins riche 
en cuivre. (V. Diosc. Mat. méd., V. 



116-118; Pline, ÎT.-V., XXXIV, 3o,3i. 

(6) Silique =^ tiers de l'obole, mesure 
de poids. 

(7) Variété de sel gemme. 

(8) Le texte porte le mot o'ï'.ï. Ce 
mot ne se trouve pas dans les diction- 
naires et a fort embarrassé M. Lee- 
mans et Reuvens, qui y a vu le nom du 
roi (ou du prophète) juif Osée. Je le 
rattacherai à ίίζο;, noeud ou rameau. Il 
répondrait au latin ramentum, si fré- 
quent dans Pline. 



PAPYRUS DE LEIDE 



l5 



trois fois son poids de misy : i ) ; puis on répète l'Opération avec 2 parties de 
sel et I partie delà pierre appelée schiste (2). De cette façon, il donne des 
propriétés actives aux substances chauffées avec lui, tout en demeurant pur 
et intact. Le résidu est une cendre que l'on conserve dans un vase de terre. » 

Pline ajouteque Ton emploie ce résiducomme remède. L'efficacité de l'or, 
le plus parfait des corps, contre les maladies et contre les maléfices est un 
vieux préjugé. De là, au moyen âge, l'idée de l'or potable. La préparation 
indiquée par Pline devait contenir les métaux étrangers à l'or, sous forme 
de chlorures ou d'oxychlorures. Renfermait-elle aussi un sel d'or? A la ri- 
gueur, il se pourrait que le chlorure de sodium, en présence des sels basi- 
ques de peroxyde de fer, ou même du bioxyde de cuivre, dégageât du chlore, 
susceptible d'attaquer l'or métallique ou allié, en formant du chlorure d'or, 
ou plutôt un chlorure double de ce métal. Mais la chose n"est pas démon- 
trée. En tous cas, l'or se trouve affiné dans l'opération précédente. 

C'est en effet ce que montre la comparaison de ces textes avec l'exposi- 
tion du procédé du départ par cémentation, donnée par Macquer [Diction- 
naire de chimie^ 1778)• H s'agit du problème, fort difficile, qui consiste à 
séparer l'or de l'argent par voie sèche. On y parvient aujourd'hui aisément 
par la voie humide, qui remonte au xvn« siècle. Mais elle n'était pas connue 
auparavant. Au moyen âge on opérait cette séparation soit au moyen du 
cément royal, soit au moyen d'une sorte de coupellation, assez difficile à 
réaliser, et où le soufre et l'antimoine remplaçaient le plomb. 

Voici la description donnée par Macquer du cément royal, usité autrefois 
dans la fabrication des monnaies. On prend 4 parties de briques pilées et 
tamisées, i partie de vitriol vert, calciné au rouge, i partie de sel commun ; 
on en fait une pâte ferme que l'on humecte avec de l'eau ou de l'urine. 
On la stratifié avec des lames d'or minces, dans un pot de terre; on lute 
le couvercle et on chauffe à un feu modéré pendant vingt-quatre heures, en 
prenant garde de fondre l'or. On répète au besoin l'opération. 



(i) Le misy représente le produit de 
l'oxydation lente des pyrites, renfer- 
mant à la fois du sulfate de cuivre et 
du sulfate de fer plus ou moins basique. 
(Voir plus haut, page précéd., note 5). 



{2) Le schiste de Pline signifie un 
minerai divisible en lamelles: c'est tan- 
tôt de l'alun, tantôt un minerai de fer 
congénère de l'hématite {Hist. lUt., 
XXVI, 37). 



i6 



INTRODLXTIOX 



En procédant ainsi, l'argent et les autres métaux se dissolvent dans le 
chlorure de sodium, avec le concours de l'action oxydante et, par suite, 
chlorurante, exercée par l'oxyde de fer dérivé du vitriol ; tandis que l'or 
demeure inattaqué. Ce procédé était môme employé, d'après Macquer, parles 
orfèvres, qui ménageaient l'action, de façon à changer la surface d'un bijou 
en or pur, tandis que la masse centrale demeurait à bas titre. 

Il est facile de reconnaître la similitude de ce procédé avec la recette de 
Plineetavec celle du papyrus égyptien. Geber, Albert le Grand (pseudonyme) 
et les chimistes du moven âge en ont gardé constamment la tradition. 

PAPYRUS W 

Passons au papyrus W, qui fournit plus spécialement des lumières sur 
les relations entre la magie et le gnosticisrne juif. Il est formé de 7 feuillets 
et demi, haut de 0^,27, large de o'",32 . Il renferme 25 pages de texte en let- 
tres onci aies, quelques-unes cursives, chacune de ces pages a de 52 à 3 i lignes, 
parfois moins. Il remonte au ni« siècle et se rattache fort étroitement aux doc- 
trines de Marcus et des Carpocratiens(i). Il est tiré principalement des ouvra- 
ges apocrvphesde Moïse, écritsà cette époque; il cite, parmi ces ouvrages, la 
Monade, le Livre secret, la Clef {2), le. Livre des Archanges, leLivre lunaire, 
peut-être aussi un Livre sur la loi, le 5^' livre des Ptolémaiqites, le livre 
Panarètos (3) : ces derniers donnés sans nom d'auteur. Tous ces ouvrages 
sont congénères et probablement contemporains delà Chimie domestique de 
Aloïse, dont j'ai retrouvé des fragments étendus dans les alchimistes grecs (4) 



(Il Maller, Hisl. du giwsÎicisine.t. II, 
p. 2U5. 

(2) On attribuait à Hermès un ou- 
vrage du même titre, Κλει';, adressé à 
Toth,et cité par Lactance et par Stobée. 

(3) Un ouvrage du même titre, attri- 
bué à Hermès Trismégiste, est cité par 
Scaliger, dans son édition de Manilius, 
p. 209. Il y était question des sept 
« sorts » répondant aux sept planètes, 
savoir : 



ci ir.-'x /.ληρ;; έν τ^ Παναρετω Tpw- 

μεγίστιυ. 
Saturne : νεαεσις. 
Jupiter : νί/.η. 
Mars : -ολαα. . 
Soleil : άγα0ο3αί|Λων. 
Vénus : ερω;. 
Mercure : ανάγκη. 
Lune : αγαθή τ;1•/η. 

(41 Origines del'AlcIii)nie, ρ. 55, 1 23, 

171• 



1 

PAPYRUS DE LEIDE \η 

ainsi que des écrits de Moïse le magicien cité dans Pline (i): c'est la mime 
famille d'apocryphes. Le manuscrit actuel est, d'ailleurs, rempli de solécismes 
et de fautes d'orthographe, attestant l'ignorance des copistes égyptiens. On 
y cite Hermès Ptéryx, Zoroastre le Persan, Tphé l'hiérogrammate, auteur 
d'un livre adressé au roi Ochus, Manéthon l'astrologue, le même sans doute 
que celui dont nous possédons un poème, les mémoires d'Evenus, Orphée 
le théologien. Erotyle, dans ses Orphiques. Les noms d'Orphée et d'Éro- 
tyle se retrouvent aussi chez les alchimistes grecs. Le nom du second, cité 
aussi par Zosime, a été d'ailleurs méconnu et pris pour celui d'un instru- 
mentchimique; sa reproduction dansle Papyrus W (Ρλ£κ;•/, t. II, p. 254; en 
fixe le sens définitif. Toth it. II, p. io3) et l'étoile du chien (II, 109-1 15) rap- 
pellent la vieille Egypte. Les noms d'Abraham, Isaac, Jacob, Michel 
(t. II, p. 144-153 , celui des deux Chérubins (t. II, p. 101I, l'intervention du 
temple de Jérusalem (t. II, p. 99), montrent les affinités juives de l'auteur. 
Apollon et le serpent Pythien ^11, 88) manifestent le mélange de traditions 
grecques, aussi bien que dans les papyrus de Berlin et chez les alchi- 
mistes (2). Ces affinités sont en même temps gnostiques. C'est ici le lieu de 
rappeler que les Marcosiens avaient composé un nombre immense d'ou- 
vrages apocryphes, d'après Irénée {Hérésies, I, 17. Le titre même énoncé 
à la première ligne du papyrus: « livre sacré appelé Monas, le huitième de 
Moïse, sur le nom saint », est tout à fait conforme aux doctrines des Car- 
pocratiens,pour lesquels Monas était le grand Dieu ignoré (3 . Le grand nom 
ou le saint nom possède des vertus magiques [Papyri, t. II, p. 99); il rend 
invisible, il attire la femme vers l'homme, il chasse le démon, il guérit les 
convulsions, il arrête les serpents, il calme la colère des rois, etc. Le saint 
nom est appelé aussi Ogdoade [Papyri, t. II, p. 141; et formé de sept 
voyelles, la))2ona5 complétant le nombre huit. Le nombre sept joue ici, comme 
dans toute cette littérature, un rôle prépondérant: il est subordonné à celui 
des planètes divines, à chacune desquelles est consacrée une plante et un 
parfum spécial {'Papj'rt, t. II, p. 33 ; voir ci-dessus les notes de la p. i3i. 
Sans nous arrêter aux formules d'incantation et de conjuration, farcies 



(i) FT.,N., XXX. 2. 

(3) Origines de l'Alchimie, p. 333 



(3) Matter, Hist. du gnosticisine, 
t. II, p. 2bi. 

3* 



Ι 8 INTRODL'CTION 

de mots barbares, nous pouvons relever, au point de vue des analogies 
historiques, la mention du serpent qui se mord la queue et celle des sept 
voyelles entourant la figure du crocodile à tête d'épervier, sur lequel se 
tient le Dieu polymorphe [Papyri, t. II, p. 85). C'est encore là une figure 
toute pareille à celles qui sont tracées sur les pierres gravées de la Biblio- 
thèque nationale. [Origines de l'alchimie, p. 62). 

Citons aussi la mention de l'Agathodémon ou serpent divin : le ciel 
est ta tête, l'éther ton corps, la terre tes pieds, et l'eau t'environne ; tu es 
l'Océan qui engendre tout bien et nourrit la terre habitée. » 

J'y relève, en passant, quelques mots chimiques pris dans un sens inac- 
coutumé : tel est le « nitre tétragonal » (p. 85), sur lequel on doit écrire des 
dessins et des formules compliquées. Ce n'était assurément pas notre 
salpêtre, ni notre carbonate de soude, qui ne se prêteraient guère à de pa- 
reilles opérations. Le sulfate de soude fournirait peut-être des lames suffi- 
santes; mais il est plus probable qu'il s'agit ici d'un sel insoluble, suffisam- 
ment dur, tel que le carbonate de chaux (spath calcaire), ou le sulfate de 
chaux, peut-être le feldspath : car il est question plus loin de lécher et de 
laver deux de ses faces (Piyj^ri, t. II, p. 91 ) ; ilyalàune énigme. Sur ce nitre, 
on écrit avec une encre faite des sept fleurs et des sept aromates [Papyri, 
t. II, p. 90, 99). On doit y peindre une « stèle » sacrée renfermant l'invoca- 
tion suivante : 

Β Je t'invoque, toi, le plus puissant des dieux, qui as tout créé ; toi, né de 
toi-même, qui vois tout, sans pouvoir être vu. Tu as donné au soleil la 
gloire et la puissance. A ton apparition, le monde a existé et la lumière a 
paru. Tout t'est soumis, mais aucun des dieux ne peut voir ta forme, parce 
que tu te transformes dans toutes Je t'invoque sous le nom que tu pos- 
sèdes dans la langue des oiseaux, dans celle des hiéroglyphes, dans celle 

des Juifs, dans celle des Egyptiens, dans celle des cynocéphales dans 

celle des éperviers, dans la langue hiératique >' 

Ces divers langages mystiques reparaissent un peu plus loin, après une 
invocation à Hermès et en tête d'un récit gnostique de la création, récit que 
je reproduis en l'abrégeant, afin de donner une idée plus complète de ce 
genre de littérature qui a eu un rôle historique si considérable. 

« Le Dieu aux neufs formes te salue en langage hiératique... et ajoute : 



PAPYRUS DE LEIDE ig 

je te précède, Seigneur. Ce disant, il applaudit trois fois. Dieu rit : cha, 
cha, cha, cha, cha, cha, cha (sept fois), et Dieu ayant ri, naquirent les sept 
dieux qui comprennent le monde ; car ce sont eux qui apparurent d'abord. 
Lorsqu'il eut éclaté de rire, la lumière parut et éclaira tout : carie Dieu 
naissait sur le monde et sur le feu. Bessun, berithen, berio. 

« Il éclata de rire pour la seconde fois : tout était eau. La terre, ayant 
entendu le son, s'écria, se courba, et l'eau se trouva partagée en trois. Le 
Dieu apparut, celui qui est préposé à l'abîme ; sans lui l'eau ne peut ni 
croître, ni diminuer. » 

Au troisième éclat de rire de Dieu, apparaît Hermès; au cinquième, le 
Destin, tenant une balance et figurant la Justice. Son nom signifie la bar- 
que de la révolution céleste : autre réminiscence de la vieille mythologie 
égyptienne. Puis vient la querelle d'Hermès et du Destin, réclamant chacun 
pour soi la Justice. Au septième rire, l'âme naît, puis le serpent Pythien, 
qui prévoit tout (]]. 

J'ai cité, en l'abrégeant, tout ce travestissement gnostique du récit biblique 
des sept jours de la création, afin d'en montrer la grande ressemblance avec 
la PJstis Sophia et les textes congénères, et pour mettre en évidence le 
milieu dans lequel vivaient et pensaient les premiers alchimistes. 

PAPYRUS X 

Nous allons maintenant examiner le papyrus X, le plus spécialement 
chimique : il témoigne d'une science des alliages et colorations métalliques 
fort subtile et fort avancée, science qui avait pour but la fabrication et 
la falsification des matières d'or et d'argent : à cet égard, il ouvre des jours 
nouveaux sur l'origine de l'idée de la transmutation des métaux. Non seu- 
lement l'idée est analogue; mais les pratiques exposées dans ce papyrus 
sont les mêmes, comme je l'établirai, que celles des plus vieux alchimistes, 
tels que le Pseudo-Démocrite, Zosime, Olympiodore, le Pseudo-Moïse. 

Cette démonstration est de la plus haute importance pour l'étude des ori- 
\ 

(i) Voir plus haut (p. i6, note 3) les sept /Χΐ,οο:, tirés du livre Panaretos. 



20 INTRODUCTION 

gines de l'alchimie. Elle prouve en effet que ces origines ne sont pas fon- 
dées sur des imaginations purement chimériques, comme on l'a cru quel- 
quefois ; mais elles reposaient sur des pratiques positives et des expériences 
véritables, à l'aide desquelles on fabriquait des imitations d'or et d'argent. 
Tantôt le fabricant se bornait à tromper le public, sans se faire illusion sur 
ses procédés ; c'est le cas de l'auteur des recettes du papyrus. Tantôt, au 
contraire, il ajoutait à son art l'emploi des formules magiques ou des prières, 
et il devenait dupe de sa propre industrie. 

Les définitions du mot ^^ or », dans le lexique alchimique grec qui fait 
partie des vieux manuscrits, sont très caractéristiques : elles sont au nombre 
de trois, que voici: 

« On appelle or le blanc, le sec et le jaune et les matières dorées, à l'aide 
desquelles on fabrique les teintures solides ; » 

Et ceci : « L'or, c'est la pyrite, et la cadmie et le soufre ; » 

Ou bien encore : « L'or, ce sont tous les fragments et^ lamelles jaunis et 
divisés et amenés à perfection. > 

On λ'οίΐ que le mot « or », pour les alchimistes comme pour les orfèvres des 
papyrus de Leide, et j'ajouterai même, à certains égards, pour les orfèvres et 
les peintres d'aujourd'hui, avait un sens complexe : il servait à exprimer 
l'or vrai d'abord, puis l'or à bas titre, les alliages à teinte dorée, tout objet 
doré à la surface, enfin toute matière couleur d'or, naturelle ou artificielle. 
Une certaine confusion analogue règne même de nos jours, dans le langage 
courant ; mais elle n'atteint pas le fond des idées, comme elle le fit autre- 
fois. Cette extension de la signification des mots était en effet commune chez 
les anciens; le nom de l'émeraude et celui du saphir, par exemple, étaient 
appliqués par les Egyptiens aux pierres précieuses et vitrifications les plus 
diverses (ii. De même que l'on imitait l'émeraude et le saphir naturels, on 
imitait l'or et l'argent. En raison des notions fort confuses que l'on avait 
alors sur la constitution de la matière, on crut pouvoir aller plus loin et on 
s'imagina y parvenir par des artifices mysté/ieux. Mais, pour atteindre le 
but, il fallait mettre en œuvre les actions lentes de la nature et celles d'un 
pouvoir surnaturel. 

(i) Origines de l'Alchimie, p. 218. 



PAPYRUS DE LEIDE 2 I 

α Apprends, ô ami des Muses, dit Olympiodore, auteur alchimique du 
« commencement du v" siècle de notre ère, apprends ce que signifie le mot 
« économie (i) et ne vas pas croire, comme le font"quelqu es-uns, que l'action 
« manuelle seule est suffisante: non, il faut encore celle de la nature, et une 
« action supérieure à l'homme. » 

Et ailleurs: « Pour que la composition se réalise exactement, dit Zosime; 
«demandez par vos prières à Dieu de vous enseigner, car les hommes ne 
α transmettent pas la science; ils se jalousent les uns les autres, et l'on ne 

« trouve pas la voie Le démon Ophiuchus entrave notre recherche, ram- 

« pant de tous côtés et amenant tantôt des négligences, tantôt la crainte, 
« tantôt l'imprévu, en d'autres occasions les afflictions et les châtiments, afin 
a de nous taire abandonner l'œuvre. » 

De là la nécessité de faire intervenir les prières et les formules magi- 
ques, soit pour conjurer les démons ennemis, soit pour se concilier la 
divinité. 

Tel était le milieu scientifique et moral au sein duquel les croyances à la 
transmutation des métaux se sont développées : il importait de le rappeler. 
Mais il est du plus haut intérêt, à mon avis, de constater quelles étaient 
les pratiques réelles, les manipulations positives des opérateurs. Or ces pra- 
tiques nous sont révélées par le papyrus de Leide, sous la forme la plus 
claire et en concordance avec les recettes du Pseudo-Démocrite et d'Olym- 
piodore. Nous sommes ainsi conduits à étudier avec détail les recettes du 
papyrus, qui contient la forme première de tous ces procédés et doctrines. 

Dans le Pseudo-Démocrite, et plus encore dans Zosime, elles sont déjà com- 

« 

pliquées par des imaginations mystiques ; puis sont venus les commenta- 
teurs, qui ont amplifié de plus en plus la partie mystique, en obscurcissant 
ou éliminant la partie pratique, à la connaissance exacte de laquelle ils 
étaient souvent étrangers. Les plus vieux textes, comme il arrive souvent, 
sont ici les plus clairs. 

Donnons d'abord ce que l'on sait sur l'origine de ce papyrus, ainsi que sa 
description. Le papyrus X a été trouvé à Thèbes, sans doute avec les deux 
précédents; car la recette i5 qui s'y trouve s'en réfère au procédé d'affinage 

(i) Il s'agit du traitement mis en pratique pour fabriquer l'or. 



22 INTRODUCTrON 

de l'or cité dans le papyrus V (v. plus haut, p. i3). Il est formé de dix 
grandes feuilles, hautes de o-^So, larges de ο•"34, pliées en deux dans le 
sens de la largeur. Il contient seize pages d'écriture, de vingt-huit à qua- 
rante-sept lignes, en majuscules de la fin du ni" siècle. Il renferme soixante- 
quinze formules de métallurgie, destinées à composer des alliages, en vue 
de la fabrication des coupes, vases, images et autres objets d'orfèvrerie ; à 
souder ou à colorer superficiellementles métaux; à en essayer la pureté, etc.; 
formules disposées sans ordre et avec de nombreuses répétitions. 11 y a 
en outre quinze formules pour faire des lettres d'or ou d'argent, sujet 
connexe avec le précédent. Le tout ressemble singulièrement au carnet de 
travail d'un orfèvre, opérant tantôt sur les métaux purs, tantôt sur les mé- 
taux alliés ou falsifiés. Ces textes sont remplis d'idiotismes, de fautes d'or- 
thographe et de fautes de grammaire : c'est bien là la langue pratique d'un 
artisan. Ils offrent d'ailleurs le cachet d'une grande sincérité, sans ombre 
de charlatanisme, malgré Timprobité professionnelle des recettes. Puis vien- 
nent onze recettes pour teindre les étoffes en couleur pourpre, ou en couleur 
glauque. Le papyrus se termine par dix articles tirés de la Matière médi- 
cale de Dioscoride, relatifs aux minéraux mis en œuvre dans les recettes 
précédentes. 

On voit par cette énumération que le même opérateur pratiquait l'or- 
fèvrerie et la teinture des étoffes précieuses. Mais il semble étranger à la 
fabrication des émaux, vitrifications, pierres précieuses artificielles. Du 
moins aucune mention n'en est faite dans ces recettes, quoique le sujet 
soit longuement traité dans les écrits des alchimistes. Le papyrus X ne 
s'occupe d'ailleurs que des objets d'orfèvrerie fabriqués avec les métaux 
précieux; les armes, les outils et autres gros ustensiles, ainsi que les 
alliages correspondants, ne figurent pas ici. 

Les recettes relatives aux métaux sont inscrites sans ordre, à la suite les 
unes des autres. Cherchons-en d'abord les caractères généraux. 

En les examinant de plus près, on reconnaît qu'elles ont été tirées de 
divers ouvrages ou traditions. En effet, les unités auxquelles se rappor- 
tent ces compositions métalliques sont différentes, quoique spéciales pour 
chaque recette. L'écrivain y parle tantôt de mesures précises, telles que les 
mines, statères, drachmes, etc. (le mot drachme ou le mot statère étant 



PAPYRUS DE LEIDE 23 

employé de préférence' ; tantôt il se sert du mot partie ; tantôt enfin du 
mot mesure. 

La teinture des métaux est désignée par plusieurs mots distincts : 

χρυϊίΐυ χρώΐ'.ς, teinture en or ; 

αργύρου χρύσωσις, dorure de l'argent ; 

χαλ/.ΐ3 χρυσοοανοΰς ποίησις, coloration (superficielle) du cuivre en or. 

)ζρίης, coloration par enduits ou vernis. 

χρυτίϋ καταβαΐή ; il s'agit d'une teinture en or, superficielle et opérée 

par voie humide, 
άΐήμΐυ καταόαιή ; cette fois c'est une teinture en argent, ou plutôt 

en asèm, faite à chaud, avec trempe. 

Nous avons affaire, je le répète, à plusieurs collections de recettes de 
dates et d'origines diverses, mises bout à bout. C'est ce que confirment les 
répétitions qu'on y rencontre. 

Ainsi, la même recette pour préparer l'asèm (i) fusible (amalgame de 
cuivre et d'étain) reparaît trois fois. Uasèm, dans une formule où il est 
spécialement regardé comme un amalgame d'étain, figure deux fois avec 
de légères variantes ; la coloration en asèm, deux fois ; la coloration du 
cuivre en or à l'aide du cumin, trois fois; la dorure apparente, àl'aide 
de la chélidoine et du misy, deux fois ; l'écriture en lettres d'or, à l'aide 
de feuilles d'or et de gomme, deux fois. D'autres recettes sont repro- 
duites, une fois en abrégé, une autre fois avec développement : par 
exemple, la préparation de la soudure d'or, l'écriture en lettres d'or au 
moyen d'un amalgame de ce métal, la même écriture au moyen du soufre 
et du corps appelé alun. En discutant de plus près ces répétitions, on pour- 
rait essayer de reconstituer les recueils originels, si ce travail semblait 
avoir quelque intérêt. 

Les recettes mêmes offrent une grande diversité dans le mode de rédac- 
tion : les unes sont les descriptions minutieuses de certaines opérations, 
mélanges et décapages, fontes successives, avec emploi de fondants divers. 
Dans d'autres, les proportions seules des métaux primitifs figurent, avec 

(i) Voir plus loin ces diverses recettes. 



24 INTRODUCTION 

l'énoncé sommaire des opérations, les fondants eux-mêmes étant omis. Par 
exemple (pap. X, col. i, 1. 5), on lit : le plomb et l'étain sont purifiés par 
la poix et le bitume; ils sont rendus solides par l'alun, le sel de Cappadoce 
et la pierre de Magnésie jetés à la surface. Dans certaines recettes on n'in- 
dique que les proportions des ingrédients, et sans qu'il soit fait mention des 
opérations auxquelles ils sont destinés. Ainsi: 

« Asèm fusible (col. 2, 1. 141 : cuivre de Chypre, une mine ; étain en 
baguettes, une mine ; pierre de Magnésie, seize drachmes ; mercure, huit 
drachmes ; pierre de Paros, vingt drachmes. » 

Parfois même l'auteur se borne à donner la proportion de quelques- 
uns des produits seulement: " Pour écrire en lettres d'or (col. 6, 1. i): 
litharge couleur d'or une partie, alun deux parties. » 

Ceci ressemble beaucoup à des notes de praticiens, destinées à conserver 
seulement le souvenir d'un point essentiel, le reste étant confié à la mémoire. 

Les recettes finales : asèm égyptien, d'après Phiménas le Saîte ; eau 
de soufre ; dilution de Vasèm, etc.; ont au contraire un caractère de com- 
plication spéciale qui rappelle les alchimistes ; aussi bien que les signes 
planétaires de l'or et de l'argent, inscrits dans la dernière. 

Deux questions générales se présentent encore, avant d'aborder l'étude 
détaillée de ces textes : celle des auteurs cités et celle des signes ou abré- 
viations. Un seul auteur est nommé dans le papyrus X, sous le titre : 
Procédé de Phiménas le Suite pour préparer V asèm égyptien [co\. ii,l. i5). 
Ce nom paraît le même que celui de Pamménès, prétendu précepteur 
de Démocrite, cité par Georges le Syncelle, et qui figure dans les textes 
alchimistes de nos manuscrits (i). Ce nom s'écrit aussi Paménasis et Pa- 
ménas, peut-être même Phaminis : dévoué au dieu Mendés ; dévoué au 
roi Menas (2). Le rapprochement entre Phiménas et Pamménès doit être 
regardé comme certain : attendu que la dernière des deux recettes don- 
nées sous le nom de Phiménas dans le papyrus se trouve presque sans 
changement dans le Pseudo-Démocrite, parmi des recettes attribuées 
pareillement à l'Égyptien Pamménès: j'y reviendrai. 



(1) Origines de l'AlcIiimie, p. 170. 

(2) Papyri grœci, t. II, p. 25o. On 



peut en rapprocher le nom grécisé de 
Ménodore. 



PAPYRUS DE LEIDE 



23 



Il y a quelque intérêt à comparer les signes et abréviations du papyrus 
avec les signes des alchimistes. Je note d'abord le signe de l'or (col. 12, 
1. 20), qui est le même que le signe astronomique du soleil, précisément 
comme chez les alchimistes : c'est le plus vieil exemple connu de cette 
identification. A côté figure le signe lunaire de l'argent (i). Ces notations 
symboliques ne s'étendent pas encore aux autres métaux. On trouve aussi 
dans le papyrus (col. 9, 1. 42 et 44) un signe en forme de pointe de flèche, 
à la suite des mots Oîîsu a-jp;j (soufre apyre) : ce signe est pareil à celui 
qui désigne le fer, ou, dans certains cas, répété deux fois, les pierres, dans 
les écrits alchimiques (2). Dans le papyrus il semble qu'il exprime une 
mesure de poids. Les autres signes sont surtout des abréviations techniques, 
parmi lesquelles je note celle de l'alun lamelleux z-:-j--riP'.x ""/'."ή : l'une 
d'elles enparticulier (pap. X, col. 6, 1. 19) est toute pareille à celle des alchi- 
mistes (31 . Les noms des mesures sont abrégés ou remplacés par des signes, 
conformément à un usage qui existe encore de notre temps dans les recettes 
techniques de la pharmacie. 

11 convient d'entrer maintenant dans l'e.xamen détaillé des cent onze arti- 
cles du papyrus : articles relatifs aupc métaux, au nombre de quatre-vingt-dix, 
dont un sur l'eau divine ; articles sur la teinture en pourpre, au nombre de 
onze ; enfin dix articles extraits de Dioscoride. La traduction complète des 
articles sur les métaux va être donnée et suivie d'un commentaire ; mais 
je ne m'arrêterai guère sur les procédés de teinture proprement dite, fondés 
principalement sur l'emploi de l'orcanette et de l'orseille, procédés dont 
quelques-uns sont à peine indiqués en une ligne : comme si l'écrivain avait 
copié des lambeaux d'un texte qu'il ne comprenait pas. D'autres sont plus 
complets. Le tout est du même ordre que la recette de teinture en pourpre 
du Pseudo-Démocrite, contenue dans les manuscrits alchimiques et dont 



(i) Le signe de l'or est absoluaient 
certain. Quant à celui de l'argent, 
M. Leemans a pris ce signe pour un 
Β : il est assez mal dessiné, comme le 
montre la photographie que je possède; 
mais le texte ne me paraît pas suscep- 
tible d'une autre interprétation. M.Lee- 
mansdanssesnotes^t.II,p. 25-) le traduit 



aussi par Liina ; mais il n'a pas compris 
qu'il s'agissait ici de l'or et de l'argent. 

(2) Voir les photogravures que je 
reproduis plus loin dans le présent 
volume: Planche I, 1. 21 ; PI. II, 1. 3; 
PI. IV, 1.25; PL VIII, 1. 23. 

(3) Ibid., PL II, L 5 adroite; PL IV, 
1. 21. 

4• 



20 INTRODUCTION 

j'ai publié naguère le texte et la traduction, reproduits dans le présent 
volume. 

J'ai collationné avec soin les dix articles extraits de Dioscoride, tous 
relatifs à des minéraux employés dans les recettes, et qui donnent la mesure 
des connaissances minéralogiques de l'auteur du papyrus. Ils concernent 
les corps suivants: 

Arsenic (notre orpiment) ; 

Sandaraque (notre réalgar) ; 

Misy (sulfate basique de fer, mêlé de sulfate de cuivre) ; 

Cadmie (oxyde de zinc impur, mêlé d'oxyde de cuivre, voire même d'oxyde 
de plomb, d'oxyde d'antimoine, d'acide arsénieux, etc^ ; 

Soudure d'or ou chrysocolle (signifiant à la fois un alliage d'or et d'argent 
ou de plomb, ou bien la malachite et divers corps congénères) ; 

Rubrique de Sinope (vermillon, ou minium, ou sanguine); 

Alun (notre alun et divers autres corps astringents) ; 

Natron (nitrwn des anciens, notre carbonate de soude, parfois aussi le 
sulfate de soude) ; 

Cinabre (notre minium et aussi notre sulfure de mercure) ; 

Enfin Mercure. 

Le texte du papyrus sur ces divers points est, en somme, le même que 
le texte des manuscrits connus de Dioscoride (édition Sprengel, 1829); à 
cela près que l'auteur du papyrus a supprimé les vertus thérapeutiques des 
minerais, le détail des préparations et souvent celui des provenances. Ces 
suppressions, celle des propriétés médicales en particulier, sont évidem- 
ment systématiques. 

Quant aux variantes de détail, elles sont nombreuses ; mais la plupart 
n'ont d'intérêt que pour les grammairiens ou les éditeurs de Diosco- 
ride. 

Je note seulement que, dans l'article Cinabre, l'auteur du papyrus 
distingue sous le nom de minium le cinabre d'Espagne ; tandis que 
Sprengel a adopté la variante ammion (sable ou minerai) : cette confusion 
entre le nom du cinabre et celui du minium existe aussi dans Pline et 
ailleurs. 

L'article Mercure donne lieu à des remarques plus importantes. On y 



PAPYRUS DE LEIDE 27 

trouve dans le papyrus, comme dans le texte de l'édition classique de 
Sprengel, le mot aV-î;; désignant le couvercle d'un vase, couvercle à la 
face inférieure duquel se condensent les vapeurs du mercure sublimé (αιθάλη) : 
ce même mot, joint à l'article arabe al, a produit le nom alambic. On voit 
que l'ambix est le chapiteau d'aujourd'hui. L'alambic proprement dit et 
l'aludel, instrument plus voisin encore de l'appareil précédent, sont d'ailleurs 
décrits dans les alchimistes grecs : ils étaient donc connus dès le ix" ou 
v' siècle de notre ère. 

Il manque à l'article Mercure du papyrus une phrase célèbre que Hœfer, 
dans son Histoire de la chimie (t. I, p. 149, 2^' édition) avait traduite 
dans un sens alchimique : « Quelques-uns pensent que le mercure existe 
essentiellement et comme partie constituante des métaux. » Ev.;; îà ίττ:- 
ρ:ΰ7'. y.a'i -/.αθ' εαυ-ήν έν τ:ΐς μετάλλ:•.; εύρίσκετΟα•. τήν Οδράργυρί-/, J'avais 
d'abord adopté cette interprétation de Hœfer : mais en y pensant davantage, 
je crois que cette phrase signifie seulement : « quelques-uns rapportent que 
le mercure existe à l'état natif dans les mines. » En etfet le mot \i.i-.-j.'/J.y. a le 
double sens de métaux et de mines, et ce dernier est ici plus naturel. En 
tous cas la phrase manque dans le papyrus : soit que le copiste l'ait sup- 
primée pour abréger; soit qu'elle n'existât pas alors dans les manuscrits, 
ayant été intercalée plus tard par quelque annotateur. 

Une autre variante n'est pas sans intérêt, au point de vue de la discus- 
sion des textes, dans l'article Mercure. Le texte donné par Sprengel porte : 
« on garde le mercure dans des vases de verre, ou de plomb, ou d'étain, ou 
d'argent ; car il ronge toute autre matière et s'écoule. » La mention du verre 
est exacte ; mais celle des vases de plomb, d'étain, d'argent est absurde ; 
car ce sont précisément ces métaux que le mercure attaque : elle n'a pu 
être ajoutée que par un commentateur ignorant. Or le papyrus démontre 
qu'il en est réellement ainsi : car il parle seulement des vases de verre, 
sans faire mention des vases métalliques. Zosime insiste aussi sur ce 
point. 

On sait que l'on transporte aujourd'hui le mercure dans des vases de fer, 
dont l'emploi ne paraît pas avoir été connu des anciens. 

Venons à la partie vraiment originale du papyrus. 

Je vais présenter d'abord la traduction des articles relatifs aux métaux, au 



28 



INTRODUCTION 



nombre de quatre-vingt-dix, dont un article sur l'eau de soufre ou eau 
divine; et celle des articles sur la teinture, au nombre de onze; puis j'en 
commenterai les points les plus importants (i). 



TRADUCTION DU PAPYRUS X DE LEIDE 



1. Purification et durcissement du plomb. 

« Fondez-le, répandez à la surface de l'alun lamelleux et de la couperose 
réduits en poudre fine et mélangés, et il durcira. >> 

2. Autre (purification) de l'étain. 

« Le plomb et Fétain blanc sont aussi purifiés par la poix et le bitume. 
Ils sont rendus solides par l'alun et le sel de Cappadoce, et la pierre de 
Magnésie ^2), jetée à leur surface. » 

3 . Purification de Vétain que l'on jette dans le mélange de l'asèm (3). 

« Prenez de l'étain purifié de toute autre substance, fondez-le, laissez-le 
refroidir; après l'avoir recouvert d'huile et bien mélangé, fondez-le de nou- 
veau; ensuite ayant broyé ensemble de l'huile, du bitume et du sel. frottez- 
en le métal, et fondez une troisième fois ; après fusion, mettez à 'part 
l'étain après l'avoir purifié par lavage; car il sera comme de l'argent durci. 
Lorsque vous voudrez l'employer dans la fabrication des objets d'argent, 
de telle sorte qu'on ne le reconnaisse pas et qu'il ait la dureté de l'argent, 



(il Papyri Grœci de Leide, t. II, 
p. 199 à 2 5g. — Quelques mois après 
l'impression de mon travail dans le 
Journal des Savants, M. le 0"•\ν. Pleijte 
a publié en hollandais un mémoire 
sur l'Asemos. avec étude chimique par 
le D'' W. K. J. Schoor, dans les Ver- 
slagen des koninklijke Akademie van 
Wetenschappen, Amsterdam (Juin 1886 ; 
p. 21! à 23ΰι. Il confirme en général 
mes propres résultats. 



(2) Ce n'est pas notre magnésie, mais 
l'oxyde magnétique de fer, ou quelque 
autre minerai noir, roux (pyrite) ou 
blanc, venant des villes ou provinces 
qui portaient le nom de Magnésie (Voir 
Pline, //. Λ'., XXXVII, ii.\ Chez les 
alchimistes le sens du mot s'est encore 
étendu. 

(3l Asèm désignait divers alliages 
destinés à imiter l'or et l'argent ; voir 
plus loin. 



PAPYRUS DE LEIDE 



29 



mêlez 4 parties d'argent, 3 parties d'étain, et le produit deviendra comme un 
objet d'argent. « 

C'est la fabrication d'un alliage d'argent et d'étain, destiné à simuler 
l'argent; ou plutôt un procédé pour doubler le poids du premier métal. 

4. Purification de rétain. 

« Poix liquide et bitume, une partie de chaque; Jetez sur l'étain), fon- 
dez, agitez. Poix sèche, 20 drachmes; bitume, 12 drachmes. » 

5. Fabrication de l'asèm. 

« Etain, 12 drachmes; mercure, 4 drachmes; terre de Chio (i), 2 drach- 
mes. A Fétain fondu, ajoutez la terre broyée, puis le mercure, agitez avec 
du fer, et mettez en œuvre (le produit! . » 

6. Doublement de l'asèm. 

Voici comment on opère le doublement de l'asèm. 

« On prend : cuivre affiné, 40 drachmes; asèm, 8 drachmes; étain en 
bouton, 40 drachmes; on fond d'abord le cuivre et, après deux chauffes, 
l'étain; ensuite l'asèm. Lorsque tous deux sont ramollis, refondez à plu- 
sieurs reprises et refroidissez au moyen de la composition précédente 12). 
Après avoir augmenté le métal par de tels procédés, nettoyez-le avec le 
coupholithe (3). Le triplement s'effectue par les mômes procédés, les poids 
étant répartis conformément à ce qui a été dit plus haut. >> 

C'est un bronze blanc amalgamé, analogue à certain métal de cloche. 

7. Masse inépuisable [ou perpétuelle}. 

« Elle se prépare par les procédés déiinis dans le doublement de l'asèm 
Si vous voulez prélever sur la masse 8 drachmes, séparez-les et refondez 
4 drachmes de ce môme asèm; fondez-les trois fois et répétez, puis refroi' 
dissez et mettez-les en réserve dans le coupholithe. « 

Voir aussi recette 60. 



(il Sorte d'argile. — Diosc, Mat. 
méd., V, 173. — Pline, H. N., XXXV, 
56. 



(2) Amalgame d'étain décrit dans l'ar- 
ticle 5. 
i3l Talc ou sélénite. 



3ο 



INTRODUCTION 



Il y a là l'idée d'un ferment, destiné à concourir à la multiplication de 
la matière métallique. 

8. Fabrication de Vasèm. 

« Prenez de l'étain en petits morceaux et mou, quatre fois puritié; pre- 
nez-en 4 parties et 3 parties de cuivre blanc pur et i partie d'asèm. Fondez, 
et, après la fonte, nettoyez à plusieurs reprises, et fabriquez avec ce que 
vous voudrez : ce sera de Fasèni de première qualité, qui trompera même 
les ouvriers. » 

Alliage blanc, analogue aux précédents; avec intention de fraude. 

9. Fabrication de Vasèm fusible. 

« Cuivre de. Chypre, i mine; étain en baguettes, i mine; pierre de 
Magnésie, 16 drachmes; mercure, 8 drachmes? pierre de Poros (i), 20 dra- 
chmes ) . 

« Ayant fondu le cuivre, jetez-y Pétain, puis la pierre de Magnésie en pou- 
dre, puis la pierre de Poros, enfin le mercure; agitez avec du fer et versez 
au moment voulu. » 

Alliage analogue, avec addition de mercure. 

10. Doublement de Vasèm. 

« Prenez du cuivre de Chypre affiné, jetez dessus parties égales, c'est-à- 
dire 4 drachmes de sel d'Ammon (21 et 4 drachmes d'alun; fondez et ajou- 
tez parties égales d'asèm. » 

Bronze enrichi en cuivre. 

11. Fabrication de Vasèm. 

« Purifiez avec soin le plomb avec la poix et le bitume, ou bien Fétain; et 
mêlez la cadmie (3) et la litharge, à parties égiles, avec le plomb, et remuez 



(i) Pline, H.i\., XXXVI, 28. Pierre 
blanche et dure, assimilée au marbre 
de Paros. 

\2) Ce mot a changé de sens; à la 
fin du moyen âge il signifiait notre 
chlorhydrate d'ammoniaque ; mais à 



l'origine il s'appliquait à un sel fos- 
sile qui se développait par efflores- 
cence, sel analogue au natron. Pline, 
H. Λ'., XXXI, 39. On y reviendra dans 
le présent ouvrage. 
(3) Voir p. 26. 



PAPYRUS DE LEIDE 



3l 



jusqu'à mélange parfait et solidification. On s'en sert comme de l'asèm 
naturel ^ i ; . » 

Alliage complexe renfermant du plomb, ou de Pétain, et du zinc. 

. 12. Fabrication de Tasèm. 

(( Prenez les rognures (2) des feuilles (métalliques), trempez dans le vinai- 
gre et l'alun blanc lamelleux et laissez-les mouillées pendant sept jours, et 
alors fondez avec le quart de cuivre 8 drachmes de terre de Chio (3\ et 
8 drachmes de terre asémienne (4), et i drachme de sel de Cappadoce, plus 
alun lamelleux, i drachme ; mêlez, fondez, et jetez du noir à la surface. » 

i3. Fabrication du mélange. 

« Cuivre de Gaule (5), 8 drachmes; étain en baguettes, 12 drachmes; 
pierre de Magnésie, 6 drachmes; mercure, 10 drachmes; asèm, 5 drach- 
mes. )> 

14. Fabrication du mélange pour une préparation. 
« Cuivre, i mine (poidsl, fondez et jetez-y i mine d'étain en boutons et 
travaillez ainsi. » 

i5. Coloration de l'or. 

« Colorer l'or pour le rendre bon pour l'usage. Misy et sel et vinaigre 
provenant de la purification de Tor ; mêlez le tout et jetez dans le vase (qui 
renferme) l'or décrit dans la préparation précédente ; laissez quelque temps 
et, ayant ôté (Γογι du vase, chauffez-le sur des charbons ; puis de nouveau 
jetez-le dans le vase qui renferme la préparation susdite ; faites cela plusieurs 
-fois, jusqu'à ce qu'il devienne bon pour l'usage. » 

C'est une recette d'aiïinage, qui s'en réfère à la préparation décrite 
plus haut p. 14I ; ce qui montre que le papyrus alchimique X et le 



(i) L'asèm naturel est rélectrum, al- 
liage d'or et d'argent, χρυσός λϊυ/.ό; 
d'Hérodote. Voir Origines de l'Alchi- 
mie, p. 21 5. 

(2) La nature du métal qui fournit 
les rognures n'est pas indiquée : est-ce 
de l'argent, ou de l'asèm orécédent? 



(3) Sorte de terre argileuse. Voir re- 
cette 5. 

(4) Est-ce un minerai d'asèm ? ou plu- 
tôt la terre argileuse de Samos? Pline, 
H. N., XXXV, 53, et XXXVI, 40. — 
Diosc, Mat. méd., V. 171, 172. 

|5.) Voir Pline, H. N., XXXIV, 20. 



32 INTRODUCTION 

papyrus magique V se faisaient suite et ont été composés par un même 
écrivain. 

i6. Augmentation de Vor. 

Λ Pour augmenter l'or, prenez de la cadmie de Thrace, faites le mélange 
avec la cadmie en croûtes (i), ou celle de Gaule. » 

Cette phrase est le commencement d'une recette plus étendue; car elle 
doit être complétée par la suivante, qui en est la suite : le second titre_/ra!irfe 
de Vor étant probablement une glose qui a passé dans le texte, par l'erreur 
du copiste. ' 

17. Fraude de Vor. 

« Misy et rouge de Sinope (2) parties égales pour une partie d'or. Après 
qu'on aura jeté l'or dans le fourneau et qu'il sera devenu d'une belle teinte, 
jetez-y ces deux ingrédients et, enlevant (l'or), laissez refroidir, et l'or est 

doublé. 1) 

La cadmie encroûtes, c'est-à-dire la portion la moins volatile des oxydes 
métalliques condensés aux parois des fourneaux de fusion du cuivre, ren- 
fermait, à côté de l'oxyde de zinc, des oxydes de cuivre et de plomb. On 
devait employer en outre quelque corps réducteur, omis dans la recette. Le 
tout formait un alliage d'or et de plomb, avec du cuivre et peut-être du 
zinc. C'était donc en somme une falsitîcation, comme la glose l'indique. 

18. Fabrication de Vasèni. 

« Etain, un dixième de mine; cuivre de Chypre, un seizième de mine ; 
minerai de Magnésie, un trente-deuxième ; mercure, deux statères (poids:. 
Fondez le cuivre, jetez-y d'abord l'étain, puis la pierre de Magnésie; puis, 
ayant fondu ces matières, ajoutez-y un huitième de bel asèm blanc, dénature 
conforme. Puis, lorsque le mélange a eu lieu et au moment de refroidir, ou 
de refondre ensemble, ajoutez alors le mercure en dernier lieu. » 



(1) Sur les diverses variétés de cad- 
mie, voir DioscoRiDE, Matière médi- 
cale,y,S4.; Pline, Η.λ\, XXXIV, 22. 

(21 Ce mot a eu plusieurs sens : ver- 
millon, minium, rouge d'oxyde de fer. 
Dans Dioscoride, V, m, il semble indi- 



quer une ocre rouge; car il est indiqué 
comme un remèdesusceptible d'être pris 
à l'intérieur. De même dans Pline, H. 
N., XXXV, i3. Ici ce serait, semble-t- 
il, du minium, lequel fournirait du 
plomb à l'alliage. 



PAPYRUS DE LEIDK 33 

ig. Autre {formule). 

« Cuivre de Chypre, 4 statures; terre de Samos. 4 statères ; alun lamel- 
leux, 4 statères ; sel commun, 2 statères ; asèm noirci, 2 statères, ou, si vous 
voulez faire plus beau, 4 statères. Ayant fondu le cuivre, répandez dessus 
la terre de Chio et l'alun lamelleux broyés ensemble, remuez de façon à 
mélanger; et, ayant fondu cet asèm, coulez. Ayant mêlé ce qui vient d'être 
fondu avec du (bois de) genièvre, enlevez ; avant de l'ôter, après avoir 
chauffé, éteignez le produit dans l'alun lamelleux et le sel, pris à parties 
égales, avec de l'eau visqueuse; épaississement minime; et, si vous vouiez 
terminer le travail, trempez de nouveau dans le mélange susdit; chautfez,afin 
que (le métal) devienne plus blanc. Ayez soin d'employer du cuivre affiné 
d'avance; l'ayant chauffé au commencement et soumis à l'action du souf- 
flet, jusqu'à ce qu'il ait rejeté son écaille et soit devenu pur; et alors 
employez-le, comme il vient d'être écrit. » 

C'est encore un procédé d''alliage, mais pour lequel on augmente la pro- 
portion du cuivre dans l'asèm déjà préparé : ce qui devait rapprocher le 
bronze obtenu de la couleur de l'or. 

20. Autre formule). 

« Prenez un statère Ptolémaïque (i) ; car ils renferment dans leur com- 
position du cuivre, et trempez-le ; or la composition du liquide-pour trem- 
per est celle-ci : alun lamelleux, sel commun dans le vinaigre pour trempe ; 
épaississement visqueux. Après avoir trempé et lorsque le métal fondu aura 
été nettoyé et mêlé avec cette composition, chauffez, puis trempez, puis 
enlevez, puis chauffez. » 

20 bis [sans titre). 

« Voici la composition du liquide pour tremper : alun lamelleux, sel com- 
mun dans le vinaigre pour trempe, épaississement visqueux ; ayant trempé 
dans cette mixture, chauffez, puis trempez, puis enlevez, puis chauffez ; 
quand vous aurez trempé quatre fois ou davantage, en chauffant chaque 
fois auparavant, le (métal) deviendra supérieur à l'asèm noirci. Plus nom- 
breux .seront les traitements, chauffes et trempes, plus il s'améliorera. » 

(1) Il s'agit ici d'une monnaie. 



34 INTRODUCTION 

Ce sont des formules de décapage et d'affinage, dans lesquelles n'entre 
aucun métal nouveau. Il semble que, dans ceci, il s'agisse soit de rehaus- 
ser la teinte, comme on le fait en orfèvrerie, même de notre temps; soit de 
faire passer une monnaie riche en cuivre pour une monnaie d'argent, en 
dissolvant le cuivre à la surface. 

En effet, les orfèvres emploient aujourd'hui diverses recettes analogues 
pour donner. à l'or une belle teinte. 

2 1 . Traitement de Vasèm dur. 

'( Comme il convient de faire pour changer l'asém dur et noir en |un 
métal) mou et blanc. Prenant des feuilles de ricin, faites infuser dans Peau 
un jour; puis mouillez dans l'eau avant de fondre et fondez deux fois et 
aspergez avec l'aphronitron (i). Et jetez dans la fonte de l'alun; employez. 
Il possède la qualité, car il est beau. » 

22. Autre (formule . 

« Secours pour tout asèm gâté. Prenant de la paille et de l'orge et de la 
rue sauvage, infusez dans le vinaigre, versez-y du sel et des charbons ; jetez, 
le tout dans le fourneau, soufflez longtemps et laissez refroidir. » 

Ce sont des procédés d'affinage d'un métal oxydé ou sulfuré à la surface. 

23. Blanchiment du cuivre. 

« Pour blanchir le cuivre, afin de le mêler à l'asèm à parties égales, sans 
qu'on puisse le reconnaître. Prenant du cui\"re de Chypre, fondez-le, jetant 
dessus I mine de sandaraque décomposée (21, 2 drachmes de sandaraque 
couleur de fer, 5 drachmes d'alun lamelleux, et fondez. Dans la seconde 
fonte, on jette 4 drachmes de cire du Pont, ou moins; on chauffe et l'on 
coule. » 

C'est ici une falsification, par laquelle le cuivre est teint au moyen de l'ar- 
senic. La recette est fort voisine de celle des alchimistes. — On prépare 
aujourd'hui par un procédé analogue ^avec le concours du flux noir, le 
cuivre blanc ou tombac blanc. 

(i) Peut-être s'agit-il ici de notre sal- 1 signait des efflorescences salines de 
pêtre ? Voir Dioscoride, Matière médi- I composition fort diverse. 
cale, V, i3i. Le mot a'aphronitronàé- I (2) Sidfure d'arsenic grillé? 



PAPYRUS DE LEIDE 35 

24. Durcissement de rétain. 

« Pour durcir rétain, répandez séparément (à sa surface) l'alun lamelleux 
et la couperose; si en outre vous avez puritié Tétain comme il faut ci 
employé les matières dites précédemment, de sorte qu'il ne leur échappe pas 
en s'écoulant pendant la chauffe, vous aurez l'asèm égyptien pour la fabri- 
cation des objets (d'orfèvrerie). 

25. Enduit d^or. 

<< Pour enduire Por, autrement dit pour purifier l'or et le rendre bril- 
lant : misy, 4 parties ; alun, 4 parties ; sel, 4 parties. Broyez avec l'eau. Et 
ayant enduit l'or, placez-le dans un vase de terre déposé dans un fourneau 
et luté avec de la terre glaise, jusqu'à ce que les matières susdites aient été 
fondues (i), retirez-le et nettoyez avec soin. » 

26. Purification de Γ argent. 

« Comment on puritie l'argent et on le rend brillant. Prenez une partie 
d'argent et un poids égal de plomb ; mettez dans un fourneau, maintenez 
fondu jusqu'à ce que le plomb ait été consumé ; répétez l'opération plusieurs 
fois, jusqu'à ce qu'il devienne brillant. « 

C'est une coupellation incomplètement décrite. 

Srabon signale déjà cette méthode. 

27. Coloration en argent. 

« Pour argenter les objets de cuivre : étain en baguettes, 2 drachmes ; 
mercure, 2 drachmes ; terre de Chio, 2 drachmes. Fondez Fétain, jetez 
dessus la terre broyée, puis le mercure, et remuez avec du fer et façonnez 
en globules. » 

C'est la fabrication d'un amalgame d'étain, destiné à blanchir le cuivre. 

28. Fabrication du cuivre pareil à l'or. 

« Broyez du cumin : versez-y de l'eau, délayez, laissez en contact pendant 
trois jours. Le quatrième jour, secouez, et si vous voulez vous en servir 
comme enduit, mêlez-y de la chrysocolle (2) ; et l'or paraîtra. 



(i) Ou plutôt, jusqu'à ce que le fon par le vase, ou complètement évaporé _ 

dant ait été en quelque sorte absorbé i (2) Soudure d'or. VoirL• recette 3i. 



36 INTRODUCTION 

C'est un vernis. 

29. Fabrication de l'asèm. fusible. 

« Cuivre de Chypre, i partie ; étain, 1 partie ; pierre de Magnésie, 

I partie, pierre de Paros brute broyée finement D'abord on fond le cuivre, 

puis l'étain, puis la pierre de Magnésie (i) ; ensuite on y jette la pierre de 
Paros pulvérisée; on remue avec du fer et l'on exécute l'opération du 
freuset. » 

30. Fabrication de l'asèm. 

« Etain, une mesure ; cuivrede Gaule, une demi-mesure. Fondez d'abord 
le cuivre, puis l'étain, remuez avec du fer, et jetez dessus la poix sèche, 
jusqu'à saturation ; ensuite versez, refondez, en employant de l'alun lamel- 
leux, à la façon delà poix; et alors versez. Si vous voulez fondre d'abord 
l'étain, puis la limaille de cuivre ci-dessus, suivez la même proportion et 
la même marche. « 

3 I . Préparation de la clirysocolle (2). 

« La soudure d'or se prépare ainsi : cuivre de Chypre, 4 parties ; asèm, 
2 parties; or, i partie. On fond d'abord le cuivre, puis l'asèm, ensuite l'or. » 

32. Reconnaître la pureté de l'étain. 

« Après avoir fondu, mettez du papier au-dessous et versez : si le papier 
brûle, l'étain contient du plomb. » 

Ce procédé repose sur le fait que l'étain fond à une température plus basse 
que le plomb, température incapable de carboniser le papier. 

Pline donne un procédé analogue [H. N. XXXIV, 48). On exécute encore 
aujourd'hui dans les' Cours de Chimie une manipulation du même ordre. 

33. Fabrication de la soudure pour travailler l'or. 

« Comment il convient de faire la soudure pour les ouvrages d'or : or, 
2 parties; cuivre, i partie; fondez, divisez. Lorsque vous voulez une couleur 
brillante, fondez avec un peu d'argent. « 



(1) Ceci semble indiquer un oxyde ; (2) Soudure d'or, 

de fer (r). i 



PAPYRUS DE LEIDE Sy 

Ce sont là des recettes d'orfèvrerie. On lit de même aujourd'hui dans le 
Manuel Roret (i832) : 

« Argent fin, i partie; cuivre, i partie; fondez ensemble, aioutez or, 2 
parties. » 

34. Procédé pour écrire en lettres d'or. 

« Pour écrire en lettres d'or, prenez du mercure, versez-le dans un vase 
propre, et ajoutez-v de l'or en feuilles; lorsque For paraîtra dissous dans le 
mercure, agitez vivement ; ajoutez un peu de gomme, i grain, par exemple, 
et, laissant reposer, écrivez des lettres d'or. » 

35. Autre [recette]. 

« Litharge couleur d'or, 1 partie; alun, 2 parties. 

30. Fabrication de l'asèm noir comme de Γ obsidienne (i). 

«Asèm, 2parties ; plomb, 4 parties. Placez sur un vase de terre vide, jetez-y 
un poids triplede soufre apyre (3, et, l'ayant mis dans le fourneau, fondez. 
Et l'ayant tiré du fourneau, frappez, et faites ce que vous voulez. Si vous 
voulez faire un-objet figuré, en métal battu, ou coulé, alors limez et taillez : 
il ne se rouille pas. » 

C'est un alliage noirci par les sulfures métalliques. 

Pline décritune préparation analogue, usitée en Egypte H. ΛΓ. XXXI II, 46). 

3". Fabrication de l'asèm. 

« Bon étain. 1 partie; fondez; ajoutez-y: poix sèche, le tiers du poids de 
l'étain ; ayant remué, laissez écumer la poix jusqu'à ce qu'elle ait été entière- 
ment rejetée ; puis, après refroidissement de l'étain. refondez-le et ajoutez 
i3 drachmes d'étain, i drachme de mercure, agitez; laissez refroidir et 
travaillez comme l'asèm. « 

C'est de l'étain affiné, avec addition d'un peu de mercure. 

38. Pour donner aux objets de cuivre l'apparence de Vor. 
α Et que ni le contact ni le frottement contre la pierre de touche ne les décèle ; 
mais qu'ils puissent servir surtout pour [la fabrication d'j un anneau de belle 



(i) Sur l'obsidienne, Pline, H. N. 1 (2) N'ayant pas subi l'action du feu. 

XXXVI, 67. I 



38 INTRODUCTION 

apparence. En voici la préparation. On broie l'or et le plomb en une pous- 
sière tine comme de la farine, 2 parties de plomb pour i d'or, puis, ayant 
mêlé, on incorpore avec de la gomme, et Ton enduit Panneau avec cette 
mixture ; puis on chaulTe. On répète cela plusieurs fois, jusqu'à ceque l'objet 
ait pris la couleur. Il est difficile de déceler (la fraude) ; parce que le frotte- 
ment donne la marque d'un objet d'or; et la chaleur consume le plomb, 
mais non l'or. » 

39. Ecriture en lettres d'or. 

« Lettres d'or : safran ; bile de tortue fluviale. » 

40. Fabrication de l'asèm. 

« Prenez étain blanc, très divisé, puritiez-le quatre fois ; puis prenez-en 
4 parties, et le quart de cuivre blanc pur et i partie d'asèm, fondez: lorsque 
le mélange aura été fondu, aspergez-le de sel le plus possible, et fabriquez 
ce que vous voudrez, soit des coupes, soit ce qui vous plaira. Le métal sera 
pareil à l'asèm initial, de façon à tromper même les ouvriers. » 

41. Autre [procédé). 

α Argent, 2 parties; étainpurifié, 3 parties ; cuivre... drachmes; fondez; 
puis enlevez et décapez; mettez en œuvre comme pour les ouvrages d'argent 
de premier ordre. » 

42. Enduit du cuivre. 

«. Si vous voulez que le cuivre ait la couleur de l'argent ; après avoir purifié 
le cuivre avec soin, mettez-le dans le mercure et la céruse : le mercure seul 
suffit pour l'enduit. >> 

C'est du cuivre simplement blanchi à la surface par le mercure. 

43. Essai de l'Or. 

« Si vous voulez éprouver la pureté de l'or, refondez-le et chauffez-le : 
s'il est pur, il garde sa couleur après le chauffage et reste pareilà une pièce 
de monnaie. S'il devient plus blanc, il contient de l'argent ; s'il devient plus 
rude et plus dur, il renferme du cuivre et de l'étain ; s'il noircit et s'amollit, 
du plomb. » 

Ce procédé d'essai sommaire répond a des observations exactes. 



PAPYRUS DE LEIDE 3g 

44. Essai de l'argent. 

« Chauffez l'argent ou fondez-le, comme l'or ; et, s'il reste blanc, brillant, 
il est pur et non fraudé; s'il parait noir, il contient du plomb; s'il parait 
dur et jaune, il contient du cuivre. » 

Pline donne un procédé analogue (H. N. XXXIII, 44). On voit par là 
que les orfèvres égyptiens,, tout en cherchant à tromper le public, se réser- 
vaient à eux-mêmes des procédés de contrôle. 

45. Écriture en lettres d'or. 

« Ecrire des lettres d'or. Ecrivez ce que vous voulez avec de la soudure 
d'orfèvre et du vinaigre. » 

46. Décapage des objets de cuivre. 

« Ayant fait cuire des bettes, décapez soigneusement avec le jus les objets 
de cuivre et d'argent. On fait bouillir les bettes dans l'eau. » 

47. Cuivre pareil ά Vor. 

« Cuivre semblable à l'or par la couleur, soit : broyez du cumin dans 
Teau; laissez reposer avec soin pendant trois jours ; le quatrième, ayant 
arrosé abondamment, enduisez le cuivre et écrivez ce que vous voudrez. 
Car l'enduit et l'écriture ont la même apparence. » 

48. Décapage des objets d'' argent. 

« Nettoyez avec de la laine de mouton, après avoir trempé dans de la 
saumure piquante ; puis décapez avec de l'eau douce (sucrée?) et faites 
emploi. » 

49. Dorure de l'argent. 

« Pour dorer sans feuilles (d'or), un vase d'argent ou de cuivre, fondez 
du natron jaune et du sel avec de l'eau, frottez avec et il sera (doré). » 

Recette obscure. Elle se réfère au natron jaune, corps dont il est question 
dans Pline, H. N. XXXI, 46. Pline le donne comme un sel natif; mais, 
dans les lignes précédentes, il parle de la fusion du natron avec du soufre: 
ce qui formerait un sulfure, capable en effet de teindre les métaux. Zosime 
signale aussi le natron jaune. 



40 INTRODUCTION 

5o. Écriture en lettres d'or. 

« Broyez l'arsenic (i) avec de la gomme, puis avec de Teau de puits ; en 
troisième lieu, écrivez. » 

5 I . Dorure de l'argent . 

« Broyez le misy avec la sandaraque et le cinabre et frottez-en l'objet 
d'argent. » 

53. Ecriture en lettres d'or. 

« Après avoir séché des feuilles d'or, broyez avec de la gomme et écrivez. » 

54. Préparation de l'or liquide. 

Il Placez des feuilles d'or dans un mortier, broyez-les avec du mercure et 
ce sera fait. >' 

55. Coloration en or. 

« Comment on doit préparer l'argent doré. Délayez du cinabre avec de 
l'alun, versez dessus du vinaigre blanc, et ayant amené le tout en consis- 
tance de cire, exprimez à plusieurs reprises et laissez passer la nuit. » 

11 semble qu'il s'agit ici d'un enduit préliminaire. 

56. Préparation de l'or. 

>c Asèm, I statère, ou cuivre de Chypre, 3 ; 4 statères d'or ; fondez 
ensemble. » 

C'est une préparation d'or à bas titre. 

57. Autre préparation. 

Ί Dorer l'argent d'une façon durable. Prenez du mercure et des feuilles 
d'or, façonnez en consistance de cire ; prenant le vase d'argent, décapez-le 
avec l'alun, et prenant un peu de la matière cireuse, enduisez-le avec le 
polissoir et laissez la matière se fixer; faites cela cinq fois. Tenez le vase 
avec un chiffon de lin propre, afin qu'il ne s'encrasse pas ; et prenant de la 
braise, préparez des cendres, adoucissez avec le polissoir et employez- 
le comme un vase d'or. Il peut subir l'épreuve de l'or régulier. » 

(i) Sulfure d'arsenic. 



PAPYRUS DE LEIDE 4I 

Ces derniers mots montrent qu'il s'agit d'un procédé de falsification, à 
répreuve de la pierre de touche. 

58. Ecriture en lettres d'or. 

« Arsenic couleur d'or, 20 drachmes ; verre pulvérisé, 4 statères ; ou blanc 
d'œuf, 2 statères, gomme blanche, 20 statères, safran,... après avoir écrit, 
laissez sécher et polissez avec une dent(i). » 

59. Fabrication de Vasèm. 

« On prépare aussi Pasèm avec le cuivre ; (argent,! 2 mines; étain en 
bouton, I mine ; fondant d'abord le cuivre, jetez-y l'étain et du coupho- 
lithe, appelé craie (2), une demi-mine par mine ; poursuivez jusqu'à ce que 
vous voyiez fondus l'argent et la craie ; après que le reste aura été dissipé et 
que l'argent restera seul, alors laissez refroidir, et employez-le comme de 
l'asèm préférable au véritable » 

60. Autre [préparation^. 

« L'asèm perpétuel i^3) se prépare ainsi : i statère de bel asèm; ajoutez-y 
2 statères de cuivre affiné, fondez deux ou trois fois. » 

6 1 . Blanchiment de l'étain. 

« Pour blanchir l'étain. Ayant chautîé avec de l'alun et du natron, 
fondez. » 

62. Ecriture en lettres d'asèm. 

« Délayez de la couperose et du soufre avec du vinaigre ; écrivez avec la 
matière épaissie. » 

63. Ecriture en lettres d'or. 

« Fleur du cnecos (4), gomme blanche, blanc d'œuf mélangés dans une 
coquille, et incorporez avec de la bile de tortue, à l'estime, comme on fait 
pour les couleurs ; faites emploi. La bile de veau très amère sert aussi pour 
la couleur. " 



(1) FoiV Pline, ii. A''., XIII, 25. ] gileuse, jouant le rôle de fondant. 

(2) Ce n'est pas notre craie, mais, ' (3) Voir recette n" 7. 

sans aucun doute, quelque terre ar- | (4.) Plante analogue au carthame. 



42 INTRODUCTION 

Ici la couleur est à base organique. 

64. Essai de Vascm. 

<c Pour reconnaître si l'asèni est fraudé. Placez dans la saumure, chauf- 
fez ; s'il est fraudé, il noircit. » 

Cette recette est obscure. Se rapporte-t-elle à la formation d'un oxychlo- 
rure de cuivre ? 

65. Décapage de l'étain. 

« Placez du gypse dans un chiffon et nettoyez. » 

66. Décapage de l'argent. 

« Employez l'alun humide. » 

De même aujourd'hui, dans le Manuel Roret (t. II, p. igS ; i832]. 
« Dissolvez de l'alun, concentrez, écumez, ajoutez-y du savon et frottez 
l'argent avec un linge trempé dans cette composition. » 

6j. Teinture de l'asèm. 

«. Cinabre, i partie; alun lamelleux, i partie ; terre cimolienne, i partie; 
mouillez avec de l'eau de mer et mettez en œuvre. » 

68. Amollissement du cuivre. 

« Chauffez-le; placez-le dans la fiente d'oiseau et après refroidissement 
enlevez. « 

69. Teinture de For. 

« Misy grillé, 3 parties; alun lamelleux, chélidoine, environ i partie; 
broyez en consistance de miel avec l'urine d'un enfant impubère et colorez 
l'objet; chauffez et trempez dans l'eau froide. » 

jo. Ecriture en lettres d'or. 

« Prenez un quart d'or éprouvé, fondez dans un creuset d'orfèvre ; 
quand il sera fondu, ajoutez un kération (carat, tiers d'obole) de plomb ; après 
qu'il a été mélangé, ôtez et refroidissez et prenez un mortier de jaspe, jetez-y 
la matière fondue ; ajoutez i kération de natron et mêlez la poudre avec soin 
avec du vinaigre piquant, à la façon d'un collyre médicinal, pendant trois 
jours ; puis, quand le mélange est fait, incorporez i kération (mesure) d'alun 
lamelleux, écrivez et polissez avec une dent. » 



PAPYRUS DE LEIDE 43 

7 1 . Écriture en lettres d'or. 

« Feuilles d"or ductiles ; broyez avec du mercure dans un mortier ; et 
employez-le pour écrire, à la façon de Fencre noire. » 

72. Autre [préparation]. 

«Soufre apyre,..., alun lamelleux . . . ; gomme ...; arrosez la gomme 
avec de l'eau. » 

-3 . ^ litre {préparation) . 

« Soufre apyre, ..., alun lamelleux, une drachme ; ajoutez au milieu delà 
rouille sèche; broyez la rouille, le soufre et Palun finement ; mêlez pour le 
mieux, broyez avec soin, et servez-vous-en comme d'encre noire à écrire, 
en délayant dans du vin exempt d'eau de mer. Ecrivez sur papyrus et par- 
chemin. ■ 

74. Autre [préparation]. 

« Ecrire en lettres d'or, sans or. Ghélidoine, i partie; résine pure. 
I partie; arsenic couleur d'or, ι partie, de celui qui est fragile: gomme 
pure ; bile de tortue, i partie ; partie liquide des œufs, 5 parties ; prenez de 
toutes ces matières sèches le poids de 20 statères; puis jetez-y 4 statères de 
safran de Cilicie. On emploie non seulement sur papier ou parchemin ; 
mais aussi sur marbre bien poli ; ou bien si vous voulez faire un beau dessin 
sur quelque autre objet et lui donner l'apparence de l'or. » 

j5. Dorure. 

(( Dorure faisant le môme effet. Arsenic lamelleux, couperose, sandaraque 
dorée (i), mercure, gomme adraganthe, moelle d'arum, à parties égales; 
délayez ensemble avec de la bile de chèvre. On l'applique sur les objets de 
cuivre passés au feu, sur les objets d'argent, sur les figures de (métal) et sur 
les petits boucliers. L'airain ne doit pas avoir d'aspérité. » 



(i) Il s'agit probablement d'un sul- 
fure d'arsenic naturel ou artificiel, in- 
termédiaire entre l'orpiment et le réal- 
gar. La poudre même du réalgar est 



difié par un commencement de gril- 
lage, mode de traitement auquel tousles 
minéraux usités en pharmacie étaient 
alors soumis. (Voir Dioscoride, Mat. 



plus jaune que la masse compacte. ! méd., passim,' et spécialement V, 120 
Peut-être aussi était-ce du réalsar mo- I et 121). 



44 INTRODUCTION 

76. Autre [procédé). 

« Misy des mines, 3 statères ; alun des mines, 3 statères ; cliélidoine, 

I stature ; versez-y l'urine d'un enfant impubère; broyez jusqu'à ce que le 
mélange devienne visqueux et trempez (-y l'objetl. » 

77. Autre [procède']. 

« Prenez du cumin, broyez, laissez infuser trois jours dans l'eau, le 
quatrième, enlevez ; enduisez-en les objets de cuivre, ou ce que vous voulez. 

II faut maintenir le vase fermé pendant les trois jours. » 

78. Ecriture en lettres d'or. 

" Broyez des feuilles d'or avec de la gomme, séchez et employez comme 
de l'encre noire. » 

79. Ecriture en lettres d'argent. 

« Ecrire des lettres d'argent. Litharge, 4 statères; délayez avec delà fiente 
de colombe et du vinaigre ; écrivez avec un stvlet passé au feu. » 

80. Teinture de Vasèm [ou en couleur d'asèm). 

" Cinabre, terre cimolienne, alun liquide, parties égales ; mêlez avec de 
l'eau de mer, chautîez et trempez plusieurs fois. « 

8 1 . Coloration en argent. 

'( Afin qu'elle ne puisse être enlevée que par le feu. 

« Chrysocolle et céruse et terre de Chio, et mercure broyés ensemble ; 
ajoutez du miel et, ayant traité d'abord le vase par le natron, enduisez. » 

82. Durcissement de Vétain. 

<! Fondez-le, ajoutez-y un mélange homogène d'alun lamelleux et de cou- 
perose ; pulvérisez, et aspergez (le métal), et il sera dur. » 

Le durcissement (τ/,'/,-Γ^ρω::::. τά.τ,ρχτ.χ] de l'étain et du plomb [ 1 ; sont regar- 
dés ici comme corrélatifs de leur purification. 

83. Fabrication de Vasèm. 

« Bon étain, i mine; poix sèche, i3 statères: bitume, 8 statères; fondez 



(i) Voir recettes i, 24. 



PAPYRUS DE LEIDE 45 



dans un vase de terre cuite luté autour ; après avoir refroidi, mêlez lo sta- 
tères de cuivre en grains ronds et 3 statères d'asèm antérieur et 12 statères 
de pierre de Magnésie broyée. Fondez et faites ce que vous voudrez. » 



84. Fabrication de Vasèm égyptien. 

« Recette de Piiiménas le Saïte. Prenez du cuivre de Chypre doux, puri- 
fiez-le avec du vinaigre, du sel et de l'alun ; après l'avoir purifié, fondez en 
jetant sur 10 statères de cuivre 3 statères de céruse bien pure, 2 statères de 
litharge couleur d'or ou provenant de la coupellation de For:, ensuite il 
deviendra blanc ; alors ajoutez-y 2 statères d'asèm très doux et sans défaut, 
et l'on obtiendra le produit. Empêchez en fondant qu'il n'y ait liquation. 
Ce n'est pas l'œuvre d'un ignorant, mais d'un homme expérimenté, et l'union 
des deux métaux sera bonne. » 

Cette recette est fort claire, sauf l'omission des agents destinés à réduire 
la litharge et la céruse. 



'5^ 



85. Autre procédé). 

« Préparation exacte d'asèm, préférable à celle de l'asèm proprement 
dit. Prenez : orichalque (i), par exemple, i drachme ; mettez dans le creuset 
jusqu'à ce qu'il coule; jetez dessus 4 drachmes de sel ammoniac '2 , ou cap- 
padocien; refondez, ajoutez-y alun lamelleux, le poids d'une fève d'Egypte; 
refondez, ajoutez-y i drachme de sandaraque décomposée (3), non de la san- 
daraque dorée, mais de celle qui blanchit ; ensuite transportez dans un 



(i) Laiton ou analogue. j de fumée. Mais dans Geber, Stimm.i 

(2) Ilestplusquedouteuxqu'ils'agisse | perfectionis, livre I, ch. X et Libri in- 

ici de notre sel ammoniac moderne. i ves/ig'iTiÎOiHS (LVsiècle), ainsi que dans 

C'est plutôt une variété de sel gemme | Avicenne (XI" siècle), cité dansleSpe- 

ou de carbonate de soude, d'après les culum majus de Vincent de Beauvais 

textes formels de Diqscoride, Mat. [Spéculum naturale,\.YlU. 60), le mot 

méd., V, 125; et de Pline, H. N., sel ammoniac s'applique h un corps 

XXXI, 3q. De même, dans le traité sublimable, tel que notre chlorhydrate 

De Mineralibus, attribué à Albert le ' d'ammoniaque. Le sens de ce mot a 

Grand. 1. V, tr. I, ch. II, Dans le Pseu- J donc changé dans le cours des temps. 

do-Aristote, auteur de l'époque arabe, I (3) Sulfure d'arsenic, probablement 

(Manget, Bibl. chem., t. I, p. 648), | en partie désagrégé par le grillage. 



c'est aussi un sel fusible, qui n'émet pas 



46 INTRODUCTION 

autre creuset enduit à l'avance de terre de Chio ; après fusion, ajoutez un 
tiers d'asèm et employez. » 

Cette préparation donne un alliage de cuivre et de zinc arsenical. 

86. Autre [p-océdé]. 

« Prenez: étain, 12 draclimes ; mercure, 4 drachmes: terre de Chio, 
2 drachmes; fondez l'étain ; jetez-y la terre en poudre, puis le mercure ; 
remuez avec un morceau de fer; mettez en globules. » 

87. Doublement de l'or. 

« Pour augmenter le poids de l'or. Fondez avec le quart de cadmie, et il 
deviendra plus lourd et plus dur. » 

Il fallait évidemment ajouter un agent réducteur et un fondant, dont la 
recette ne fait pas mention. On obtenait ainsi un alliage de l'or avec les 
métaux dont les oxydes constituaient la cadmie, c'est-à-dire le zinc, le cuivre, 
ou le plomb spécialement ; alliage riche en or. La même recette se lit aussi 
dans le Pseudo-Démocrite, mais comme toujours plus compliquée et plus 
obscure. Ce qui suit est plus clair. 

8S. Autre [procédé). 

« On altère l'or en l'augmentant avec le misy et la terre de Sinope (i) ; 
on le jette d'abord à parties égales dans le fourneau ; quand il est devenu 
clair dans le creuset, on ajoute de chacun ce qui convient, et l'or est 
doublé. » 

8g. Autre [jirocédé]. 

'c Invention de l'eau de soufre (2). Une poignée de chaux, et autant de 
soufre en poudre fine; placez-les dans un vase contenant du vinaigre fort, ou 
de l'urine d'enfant impubère (3i; chauffez par en-dessous, jusqu'à ce que la 



(i) Minium ou sanguine. 

(2) Ou de l'eau divine; le mot grec 
est le même. 

(3) L'urine d'un enfant impubère, 
παιδόςάοΟο'ρου, était employée par les an- 
ciens dans beaucoup de recettes, 
comme on le voit dans Dioscoride, dans 
Pline, dans Celse, etc. Elle agissait 



vraisemblablement comme source de 
phosphates alcalins et d'ammoniaque, 
résultant de la décomposition de l'urée. 
Mais nous ne voyons pas pourquoi 
toute urine humaine ne ferait pas le 
même effet; à moins qu'il n'y ait là une 
idée mystique. Plus tard, le mot d'en- 
fant ayant disparu dans les recettes des 



PAPYRUS DE LEIDE 



47 



liqueur surnageante paraisse comme du sang ; décantez celle-ci proprement 
pour la séparer du dépôt, et employez. « 

On prépare ainsi un polysulfure de calcium, susceptible d'attaquer l'or, 
du moins à sec, capable aussi de teindre les métaux par voie humide. 

Ueau de soiifre ou eau divine joue un très grand rôle chez les alchimistes 
grecs. 

90. Comment on dilue l'asèm. 

« Ayant réduit l'asèm en feuilles et l'ayant enduit de mercure, et appliqué 
fortement sur la feuille, on saupoudre de pyrite la feuille ainsi disposée, et 
on la place sur des charbons, pour la dessécher et jusqu'à ce que la couleur 
de la feuille paraisse changée ; car le mercure s'évapore et la feuille s'at- 
tendrit. Puis on incorpore dans le creuset i partie d'or (i), 2 parties d'ar- 
gent (2); les ayant mêlées, jetez sur la rouille qui surnage de l'arsenic cou- 
leur d'or, de la pyrite, du sel ammoniac (3), de la chalcite (4], du bleu (5), 
et ayant broyé avec l'eau de soufre, grillez, puis répandez le mercure à la 
surface. » 

Les recettes suivantes sont des recettes de teinture en pourpre. 

9 1 . Fixation de Vorcanette. 

« Urine de brebis ; ou arbouse, ou jusquiame pareillement. « 

C'est un fragment de recette sans suite, recueilli sans doute par un copiste 

ignorant. A moins qu'il ne s'agisse d'un simple détail, destiné à compléter 

une recette connue du lecteur. 



copistes, celles-ci ont appliqué Fépi- 
thète à l'urine; et il n'est plus guère 
mention que d'urine non corrompue 
(oûpov αφΟορον) dans les ouvrages alchi- 
miques grecs. Cependant la notion 
primitive a subsisté pendant tout le 
moyen âge, dans quelques textes. Ainsi 
on lit encore dans la Bibliotheca 
Chemica de M.^nget, t. I. Préface, 
avant-dernière page (1702I : a Sal vola- 
tile et βχιαη, ut et spiritus iirince, sic 
parantur. Recipe iirinœ puerorum 



13 circiter annos natorum, etc. ». 
(i) L'or est désigné ici par le signe du 
Soleil, exactement pareil à celui des 
alchimistes : c'est le plus vieil exemple 
connu de cette notation. 

(2) L'argent est désigné par le crois- 
sant lunaire, toujours comme chez les 
alchimistes. 

(3) Voir la remarque de la page 45. 

(4) Minerai pyriteux de cuivre. 

(5) Sulfate de cuivre, ou émail bleu, 
ou azurite. 



4S 



INTRODUCTION 



92. Dilution [falsification] de Vorcanette. 

« On dilue l'orcanette avec les pommes de pins (?^ la partie intérieure des 
pêches, le pourpier, le suc des bettes, la lie de vin, l'urine de chameau et 
l'intérieur des citrons. » 

93. Fixation de l'orcanette. 

« Cotylédon (i) et alun mêlés à parties égales, broyez finement, jetez-y 
Forcanette. » 

94. Agents stj'ptiques. 

<i Melanteria (2), couperose calcinée, alun, chalcitis, cinabre, chaux, écorce 
de grenade, gousse d'arbre épineux, urine avec aloès : ces choses servent en 
teinture. >• 

g5. Préparation de la pourpre. 

« Cassez en petits morceaux la pierre de Phrygie (3) ; faites bouillir et, 
ayant immergé la laine, abandonnez jusqu'à refroidissement; ensuite jetant 
dans le vase une mine (poids) d'algue (4I, faites bouillir et jetez-y une mine 
d'algue ; faites bouillir et jetez-y la laine, et, laissant refroidir, lavez dans 
l'eau de mer [la pierre de Phrygie est grillée (5), avant d'être concassée], 
jusqu'à coloration pourpre. » 

96. Teinture de la pourpre. 

<■<■ Mouillez la chaux avec de l'eau et laissez reposer pendant une nuit ; 
ayant décanté, déposez la laine dans la liqueur pendant un jour ; enlevez-la, 
séchez ; ayant arrosé l'orcanette avec du vinaigre, faites bouillir et jetez-y la 



(i) Plante, voir Dioscoride, Mat. 
méd., IV, go et 9 1 . 

(2) Vitriol, produit par la décompo- 
sition de certains minerais à l'orifice 
des mines de cuivre (Diosc, Mat. mé- 
dicale. V, 117). 

(3) Pline, H. N. XXXVI, 36. — 
Dioscoride, Mat. médicale, V, 140. 
Cette pierre ét^it autrefois employée 
pour la teinture des étoffes. Il sem- 



ble que ce fût une sorte d'alunite. 

(4) Herbes et lichens marins fournis- 
sant l'orseille. 

(5) Ceci s'accorde avec Pline. C'est 
d'ailleurs une parenthèse, la coloration 
en pourpre s'appliquant à la laine. Il y 
a avant deux mots inintelligibles, par 
suite de quelque transposition du co- 
piste. 



PAPYRUS DE LEIDE 49 

laine et elle sortira teinte en pourpre — Torcanette bouillie avec l'eau et 
le natron produit la couleur pourpre). » 

« Ensuite séchiez la laine, et teignez-la comnie il suit : Faites bouillir 
l'algue avec de l'eau, et, lorsqu'elle aura été épuisée, jetez dans l'eau une 
quantité imperceptible de couperose, afin de développer la pourpre, et alors 
plongez-y la laine, et elle se teindra: s'il y a trop de couperose, elle devient 
plus foncée. » 

Il y a là deux procédés distincts, l'un avec Torcanette. l'autre avec 
Forseille. 

97. Autre (procédé). 

« Broyez des noix avec de Torcanette de bonne qualité ; cela fait, met- 
tez-y du vinaigré fort ; broyez de nouveau; ajoutez-y de Técorce de grena- 
dier; laissez trois jours ; et après, plongez-y la laine et elle sera teinte 
à froid. » 

« On dit qu'il y a un certain acanthe (i) qui fournit de la couleur pour- 
pre ; mouillé avec du natron de Bérénice, au lieu de noix, il produit le 
même effet. » 

g8. Autre procédé). 

« Nettoyez la laine avec Therbe à foulon, et tenez à votre disposition de 
l'alun lamelleux ; en broyant la partie intérieure de la noix de galle, jetez 
avec l'alun dans un pot, puis mettez la laine et laissez reposer quelques 
heures ; enlevez-la et laissez-la sécher. Au préalable, suivez cette marche. 
Ayant broyé de la lie (2I et l'avant mise dans un vase, versez de Teau de 
mer, agitez et laissez déposer. Puis décantez l'eau claire dans un autre vase 
et tenez-la à votre disposition. Prenant de Torcanette et la mettant dans un 
vase, mêlez avec Teau de la lie, jusqu'à ce qu'elle s'épaississe convenable- 
ment et devienne comme sablonneuse. Alors mettez le produit dans le vase 
(réservé), délayant à la main avec Teau précédente qui provient de Torca- 
nette. Ensuite, lorsqu'il sera devenu comme visqueux, mettez-le dans une 



(i) Plante non identifie'e.{yo!rDiosc., ] (2) La lie de vin agit ici par le bitar- 

Mat. méd. III, 17. — Pline, H. N. 1 trate de potasse qu'elle contient. 
XXII, 34.) I 



5ο INTRODUCTION 

petite marmite, ajoutez-y le reste de l'eau d'orcanette, et laissez jusqu'à ce 
qu'il ait tiédi ; alors plongez-y la laine, laissez quelques heures et vous trou- 
verez la pourpre solide. » 

9g. Autre [procédé). 

« Prenant de l'orcanette, de la léontice (i), ôtez l'écorce, prenez-la pour 
la broyer dans un mortier, aussi fine que de l'antimoine : ajoutez-y de l'hy- 
dromel dilué avec de l'eau, broyez de nouveau, mettez le produit broyé dans 
un vase, et faites bouillir : quand vous verrez tiédir ,1a liqueur:, plongez-y 
la laine; laissez séjourner. La laine doit être nettoyée avec l'herbe à foulon 
et épaissie (cardée et feutrée). Alors prenez-la, plongez-la dans l'eau de 
chaux (2), laissez imbiber ; enlevez-la, lavez fortement avec du sel marin, 
séchez ; plongez de nouveau dans l'orcanette et laissez séjeurner. » 

100. Autre [procédé). 

« Prenez le suc des parties supérieures de l'orcanette et une noix de galle 
compacte [omphacite (3)] grillée dans la rôtissoire ; l'ayant broyée avec addi- 
tion d'un peu de couperose, mêlez au suc, faites bouillir, et donnez la tein- 
ture de pourpre. « 

loi. Substitution de couleur glauque [^ . 

« Au lieu de couleur glauque, prenez la scorie de fer, écrasez-la avec soin 
jusqu'à réduction à l'apparence du smegma(5), et faites bouillir avec du 
vinaigre, jusqu'à ce qu'il durcisse ; plongez la laine préalablement nettoyée 
avec l'herbe à foulon épaissie (cardée et feutrée), et vous la trouverez teinte 
en pourpre ; teignez ainsi avec les couleurs que vous avez. » 

DioscoRiDE. Extraits du livre sur la Matière médicale. 

102. Arsenic. — io3. Sandaraque. — 104. Misy. — io5. Cadmie. 
— lob. Chrysocolle. — 107. Rubrique de Sinope. — 108. Alun. — 
loq. Natron. — 1 10. Cinabre. — 1 1 1. Mercure. 



(i) Plante. Voir Diosc, Mat. méd. ; (4) Bleu verdâtre. Cette recette est 

III, 100. — Pline, H. N. XXV, 85. j obscure et incomplète. 

(2) Est-ce la même chose que la disse- 1 (5) Variété d'oxyde de cuivre pro- 
lution de la chaux vive dans l'eau? j duite par le vent du soufflet sur le cui- 

(3) Diosc, M.u. méd. I, 146. 1 vre fondu. Pline H. X. XXXIV, 36. 



PAPYRUS DE LEIDE 5l 

On se borne à rappeler ces titres pour mémoire, les articles avant été 
tirés d'un Ouvrage connu et publié [voir p. 26I. 



EXPLICATION DES RECETTES DU PAPYRUS DE LEIDE 



Ces textes étant connus, il s'agit maintenant de les rapprocher et d'en 
tirer certaines conséquences. 

Les recettes relatives aux métaux sont les plus nombreuses et les plus 
intéressantes. Elles montrent tout d'abord la corrélation entre la profession 
de l'orfèvre, qui travaillait les métaux précieux, et celle de l'hiérogram- 
mate ou scribe sacré, obligé de tracer sur les monuments de marbre ou de 
pierre, aussi bien que sur les livres en papyrus ou en parchemin, des carac- 
tères d'or ou d'argent : les recettes données pour dorer les bijoux dans le 
papyrus sont en effet les mêmes que pour écrire en lettres d'or. Nous com- 
mencerons par ce dernier ordre de recettes, dont les applications sont tou- 
tes spéciales, avant d'entrer dans le détail des préparations métalliques; 
car elles forment en quelque sorte l'introduction aux procédés de teinture 
des métaux. 



I . — Recettes pour écrire en lettres d'or. 

L'art d'écrire en lettres d'or ou d'argent préoccupait beaucoup les artisans 
qui se servaient de notre papyrus; il n'y a pas moins de quinze ou seize 
formules sur ce sujet, traité aussi à plusieurs reprises dans les manuscrits 
de nos bibliothèques; Montfaucon et Fabricius ont déjà publié plusieurs 
recettes, tirées de ces derniers. 

Rappelons rapidement celles du papyrus : 

Feuilles d'or broyées avec de la gomme (53) et (78). 

Ce procédé figure encore de nos jours dans le Miinîie/ /îorei it. II, p. i36; 
i832) [Triturer une feuille d'or avecdu miel et de la gomme, jusqu'à pulvé- 
risation, etc.] 



52 INTRODUCTION 

Or amalgamé et gomme (341 et (71). 

Amalgame d'or (54 . 

Dans une autre recette (70) et (451, on prépare d'abord un alliage d'or et 
de plomb, auquel on fait subir certaines préparations. 

Dans les recettes précédentes, l'or iorrae le fond du principe colorant. 
Mais on employait aussi des succédanés pour écrire en couleur d'or, sans or : 
par exemple, un mélange intime de soufre natif, d'alun etde rouille, (72^ et 
(73,1, délayés dans du vin; 

Et encore : litharge couleur d'or (35) ; 

Safran et bile de tortue (39) ; 

Cuivre rendu semblable à l'or par un enduit de cumin ί47Ί ; voir aussi [■]■]]. 

Fleur de carthame et bile de tortue ou de veau (63' . 

Les recettes suivantes reposent sur l'emploi de l'orpiment (arsenic des 
anciens); telles sont les recettes (5o; et (58), avec addition de safran. 

Dans une autre préparation plus compliquée (74), l'orpiment, la chéli- 
doine, la bile de tortue et le safran sont associés, suivant une recette com- 
posite. 

L'orpiment apparaît ici comme matière employée pour sa couleur pro- 
pre, et non comme colorant des métaux, emploi qu'il a pris plus tard. 

Ontrouve encore une recette 1621 pour écrire en lettres d'asèm mlliage 
d'argent et d'or;, au moyen de la couperose, du soufre et du vinaigre ; c'est-à- 
dire sans or ni argent; 

Et une recette 179) pour écrire en lettres d'argent, avec de la litharge 
délayée dans la fiente de colombe et du vinaigre. 

Il existe aujourd'hui des recettes analogues dans le Manuel Roret Λ. II, p. 
140; 1 83 2) : « Étain pulvérisé et gélatine, on forme un enduit, on polit au bru- 
nissoir; on ajoute une couche de vernis à l'huile ou à la gomme laque, ce qui 
fournit une couleur blanche, ou dorée, sur bois, sur cuir, fer, etc. » 

Si j'ai donné quelques détails sur ces recettes pour écrire des lettres 
d'or ou d'argent, c'est parce qu'elles caractérisent nettement les personnes 
à qui elles étaient destinées. Ce sont, je le répète, des formules précises 
de praticiens, intéressant spécialement le scribe qui transcrivait ce papyrus, 
et toute la classe, si importante en Egypte, des hiérogrammates; car il ne 
s'agissait pas seulement d'écrire et de dessiner sur papyrus, mais aussi 



PAPYRUS DE LEIDE 53 

sur marbre ou sur tout autre support. Certaines de ces recettes, par une 
transition singulière, sont devenues, comme je le dirai bientôt, des recettes 
de transmutation véritable. 



II. — Manipulation des Métaux . 

Venons aux formules relatives à la manipulation des métaux. Elles por- 
tent la trace d'une préoccupation commune : celle d'un orfèvre préparant 
des métaux et des alliages pour les objets de son commerce, et poursuivant 
un double but. D'une part, il cherchait à leur donner l'apparence de For 
et de l'argent, soit par une teinture superficielle, soit par la fabrication 
d'alliages ne renfermant ni or, ni argent, mais susceptibles de faire illusion 
à des gens inhabiles et même à des ouvriers exercés, comme il le dit expres- 
sément. D'autre part, il visait à augmenter le poids de l'or et de l'argent 
par l'introduction de métaux étrangers, sans en modifier l'aspect. Ce sont 
là toutes opérations auxquelles se livrent encore les orfèvres de nos jours ; 
mais l'Etat leur a imposé l'emploi de marques spéciales, destinées à définir 
le titre réel des bijoux essayés dans les laboratoires officiels, et il a séparé 
avec soin le commerce du faux, c'est-à-dire les imitations, ainsi que 
celui du doublé, du commerce des métaux authentiques. Malgré toutes 
ces précautions, le public est continuellement déçu, parce qu'il ne connaît 
pas et ne peut pas connaître sutîisamment les marques et les movens de 
contrôle. 

Il y a là des tentations spéciales : les fraudes professionnelles ne sem- 
blent pas toujours, dans l'esprit des gens du métier, relever des règles de 
la probité commune. Le prix de l'or est si élevé, les bénéfices résultant 
de son remplacement par un autre métal sont si grands, que, même de nos 
jours, il s'exerce de la part des orfèvres une pression incessante dans ce 
sens, pression à laquelle les autorités publiques ont peine à résister. Elle a 
pour but, soit d'abaisser le titre des alliages d'or employés en orfèvrerie, 
tout en les vendant comme or pur; soit de vendre au prix du poids total, 
estimé comme or, les bijoux renfermant des émaux ou des morceaux de 
fer ou d'autres métaux ; même de notre temps, c'est là une tradition com- 



3^ INTRODUCTION 

merciale que l'on n'a pas réussi à interdire. Déjà l'on disait au siècle 
dernier, au temps des métiers organisés par corporations: « Il semble 
que l'art de tromper ait ses principes et ses règles; c'est une tradition que 
le maître enseigne à son apprenti, que le corps entier conserve comme un 
secret important. « Ici, comme dans bien d'autres industries, il y a ten- 
dance perpétuelle à opérer des substitutions et des altérations de matière, 
fort lucratives pour le marchand et exécutées de façon que le public ne 
s'en aperçoive pas; sans cependant se mettre en contradiction flagrante avec 
le texte des lois et règlements. Au delà commence la criminalité, et il n'est 
pas rare que la limite, soit franchie. 

Or ces lois et règlements, cette séparation rigoureuse entre l'industrie 
du faux, du doublé, du plaqué, des imitations, et l'industrie du vrai 
or et du vrai argent, ces marques légale?, ces moyens précis d'analyse 
dont nous disposons aujourd'hui, n'existaient pas au temps des anciens. 
Le papyrus de Leide est consacré à développer les procédés par lesquels 
les orfèvres d'alors imitaient les métaux précieux et donnaient le change 
au public. La fabrication du doublé et celle des bijoux fourrés ne 
figurent cependant pas dans ces recettes, quoiqu'on en trouve des traces 
chez Pline ii). Les recettes sont ici d'ordre purement chimique, c'est-à- 
dire que l'intention de fraude est moins évidente. De là pourtant à l'idée 
qu'il était possible de rendre l'imitation si parfaite qu'elle devînt identique 
à la réalité, il n'y avait qu'un pas. C'est celui qui fut franchi par les alchi- 
mistes. 

La transmutation était d'autant plus aisée à concevoir dans les idées 
du temps que les métaux purs, doués de caractères définis, n'étaient pas 
distingués alors de leurs alliages : les uns et les autres portaient des 



(i) Hist. nat., XXXIII, 6, anneau de 
fer entouré d'or; lame d'or creuse rem- 
plie avec une matière légère ; 52, lits 
plaqués d'or, etc. Les monnaies four- 
rées, c'est-à-dire formées d'une âme de 
cuivre, de fer ou de plomb, recouverte 
d'une feuille d'argent ou d'or, ont été 
usitées dans l'antiquité et même fabri- 



mèlait en certaines proportions avec la 
monnaie lovale dans ses émissions, dès 
le temps de la République romaine et 
aussi a l'époque impériale, ce que l'on 
appelait miscere monetcim : — tingere 
OM inficerenionetam, — dernière expres- 
sion applicable à l'or. [La Monnaie 
dans l'antiquité, par Fr. Lenormant, I, 



quées par le Gouvernement, qui les | 221 à 2 56|. 



PAPYRUS DE LKIDE 55 

noms spcciiiques, regardés comme équivalents. Tel est le cas de l'airain 
(cEs\ alliage complexe et variable, assimilé au cuivre pur, et qui était sou- 
vent désigné par le même nom. Notre mot bron:[e reproduit la même 
complexité; mais ce n'est plus pour nous un métal défini. Le mot de 
cuivre lui-même s'applique souvent à des alliages jaunes ou blancs, dans 
la langue commune de nos jours et dans celle des artisans. De même Torichal- 
que,qui est devenu après plusieurs variations notre laiton (i); le chrysochal- 
que, qui est devenu notre chrysocale ou similor, etc. L'electrum, alliage 
naturel d"or et d'argent, a servi à fabriquer des monnaies en Asie Mineure, 
(Lydie et villes d'Ionic;, en Campanie et à Carthage, où l'on prenait même 
soin de leur faire subir une cémentation, destinée à leur donner l'aspect de 
l'or pur (v. p. lô). L'airain de Corinthe, alliage renfermant de For, du cui- 
vre et de l'argent, n'était pas sans analogie avec le quatrième titre de l'or, usité 
aujourd'hui en bijouterie. L'alliage monétaire, employé pour les monnaies 
courantes, était aussi un métal propre; de même que notre billon d'aujour- 
d'hui; la planète Mars lui est même attribuée, au même titre que les autres 
planètes aux métaux simples, dans la vieille liste de Celse. Le claudianon et 
le molybdochalque, alliages de cuivre et de plomb mal connus, souvent 
cités par les alchimistes, ne sont pas sans analogie avec le clinquant, le po- 
tin et avec certains laitons ou bronzes artistiques, spécialement signalés 
dans divers passages de Zosime. Mais ils ont disparu, au milieu des nom- 
breux alliages que l'on sait former maintenant entre le cuivre, le zinc, le 
plomb, l'étain, l'antimoine et les autres métaux, ht pseudargyreàe. Strabon 
est un alliage qui n'a pas non plus laissé d'autre trace historique; peut-être 
contenait-il du nickel. Les Romains ajoutaient parfois au bronze monétaire, 
(cuivre et étain), du plomb, jusqu'à la dose de 29 p. 0/0 dans leurs mon- 
naies. Le stannum de Pline était un alliage analogue au claudianon, ren- 
fermant parfois de l'argent, et dont le nom a fini par être identifié avec 
celui du plomb blanc, autre alliage variant depuis les composés de plomb 
et d'argent, qui se produisent pendant le traitement des minerais de plomb, 
jusqu'à l'étain pur, qu'il a fini par signifier exclusivement. La monnaie 



(Il Le nom même du laiton vient [ pendant le moyen âge, d'après du 
aeleclrum, qui avait pris ce sens 1 Cange. 



56 INTRODUCTION' 

d'étain frappée par Denys de Syracuse, d'après Aristote, devait être un 
alliage de cet ordre ; même au temps des Sévères on a fabriqué des mon- 
naies d"étain, simulant l'argent (Lenormant. La Monnaie dans l'antiquité, 
p. 2i3 et qui sont venues jusqu'à nous. 

Au point de vue de l'imitation ou de la reproduction de l'or et 
de l'argent, le plus important alliage était l'asèm, identifié souvent avec 
l'électrum, alliage d'or et d'argent qui se trouve dans la nature : mais le 
sens du mot asèm est plus compréhensif. Le papyrus X offre à cet égard 
beaucoup d'intérêt, en raison des formules multipliées d'asèm qu'il ren- 
ferme. C'est sur la fabrication de l'asèm en effet que roule surtout l'imitation 
de l'or et de l'argent, d'après les recettes du papyrus : c'est aussi sa fabri- 
cation et celle du molybdochalque. qui sont le point de départ des procédés 
de transmutation des alchimistes. Toute cette histoire tire un singulier 
jour des textes du papyrus qui précisent nettement ce qu'il était déjà per- 
mis d'induire à cet égard (i) : je les rapprocherai des textes des vieux alchi- 
mistes que j'ai spécialement étudiés. 

Abordons donc de plus près la discussion du papyrus. Nous y trouvons 
d'abord des recettes pour la teinture superficielle des métaux (2) : telles que 
la dorure et l'argenture, destinées à donner l'illusion de l'or et de l'argent 
véritables et assimilées soit à l'écriture en lettres d'or et d'argent, soit à 
la teinture en pourpre, dont les recettes suivent. Tantôt on procédait par 
l'addition d'un Uniment ou d'un vernis : tantôt, au contraire, on enlevait 
à la surface du bijou les métaux autres que l'or, par une cémentation qui en 
laissait subsister à l'état invisible et caché le noyau composé v. p. 161. 

On V rencontre aussi des recettes destinées à accomplir une imitation 
plus profonde : par exemple, en alliant au métal véritable, or ou argent, une 
dose plus ou moins considérable de métaux moins précieux ; c'était l'opé- 
ration de la diplosis, qui se pratique encore de nos jours (3j. Mais l'orfèvre 



(1) Origines de l'Aichittue. Les aie- | testée autrefois par des raisons à priori; 
taux chez les Égyptiens, p. 2 1 1 et sui- la diplosis étant réputée inconnue avant 
vantes. lemovenâge.Maisla connaissance posi- 

(2) Ibid., p. 238. tive de cette opération chez les anciens, 
|3) Manilius, poète latin du 1" siècle ; établie par le papyrus de Leide, tend à 

de l'ère chrétienne, en parle aussi dans j rétablir la valeur du texte de Alanilius. 

un vers dont l'authenticité a été con- I — Voir Origines de l'Alchimie, p. 70. 



PAPYRUS DE LEIDE Dy 

égyptien croyait ou prétendait faire croire que le métal vrai était réelle- 
ment multiplié, par une opération comparable à la fermentation ; deux 
textes du papyrus [masse inépuisable, recettes 7 et 60), etc.] le montrent 
clairement. C'est là d'ailleurs la notion même des premiers alchimistes, 
clairement exposée dans Enée de Gaza (ij. 

Enfin la falsification est parfois complète, l'alliage ne renfermant pas 
trace d'or ou d'argent initial. C'est ainsi que les alchimistes espéraient 
réaliser une transmutation intégrale. 

Dans ces diverses opérations, le mercure joue un rôle essentiel, rôle qui 
a persisté jusqu'à nos jours, où il a été remplacé pour la dorure par des 
procédés électriques. L'arsenic, le soufre et leurs composés apparaissent 
aussi comme agents tinctoriaux: ce qui complète l'assimilation des recettes 
du papyrus avec celles des alchimistes. 

Les divers procédés employés dans le papyrus, pour reconnaître la 
pureté des me'ia2/x(docimasie, 43, 44. 64. 32 ; pour les affiner et les purifier 
(15, or), (26, argent), (2, 3, 4, étaini, -21, 22, asèm) ; pour les décaper, opéra- 
tion qui précède la soudure ou la dorure 46, 48, 65, 66, 20, 20 bis , sont 
rappelés ici seulement pour mémoire. 

En ce qui touche la soudure des métaux, il n'y a que deux recettes relatives 
à la soudure d'or ichrysocoUe;. Observons que ce nom a plusieurs sens 
très différents chez les anciens : il signifie tantôt la malachite 2 , tantôt un 
alliage de l'or avec l'argent (3;, ou avec le plomb, parfois avec le cuivre ; ces 
divers corps étant d'ailleurs mis en œuvre simultanément. Enfin on le 
trouve appliqué dans Olympiodore à l'opération même, par laquelle on 
réunissait en une masse unique les parcelles ou paillettes métalliques. C'est 
un alliage de l'or et du cuivre, associé à l'argent ou à l'asèm, qui est désigné 
sous ce nom dans notre papyrus, recettes 31 et 33 . 

'Venons aux procédés pour dorer, argenter, teindre et colorer les métaux 
superficiellement. Deux formules de décapage rappelées p*lus haut 19, 20, 
20 bis) ont déjà cette destination; dans un but de tromperie, ce semble, en 
modifiant l'apparence de la monnaie. La recette 25 tend vers le même but: 



(i) Origines de l'Alchimie, p. j5. j (3) Pline, Hist. A'at., XXXIII, 29. 

(2) OioscoRiiiE, Mat. med., y. 104. \ 



58 INTRODUCTION 

c'est à peu près celle du cément royal, au moyen duquel on séparait l'or de 
l'argent et des autres métaux (p. ni. Employée comme ci-dessus, elle a 
pour effet de faire apparaître l'or pur à la surface de l'objet d or, le centre 
demeurant allié avec les autres métaux. C'est donc un procédé de fraude 
(v. p. i6). Maison pouvait aussi s'en servir pour lustrer l'or. 

Aujourd'hui encore les orfèvres emploient diverses recettes analogues, 
pour donner à l'or une belle teinte: 

« Or mat, salpêtre, alun, sel ; 

« Or fin, avec addition d'acide arsénieux ; 

« Or rouge, par addition d'un sel de cuivre ; 

'c Or jaune, par addition de salpêtre, de sel ammoniac. 

« Pour lustrer et polir. Tartre brut, 2 onces; soufre en poudre, 2 onces; 
sel marin, 4 onces ; faites bouillir dans parties égales d'eau et d'urine ; 
trempez-y l'or, ou l'ouvrage doré.» {Manuel Roret, t. 11, p. 188; i832). 

Le soufre et l'urine se retrouvent ici, dans le manuel Roret, comme chez 
les alchimistes égyptiens. 

Voici maintenant des procédés de dorure véritable. L'un d'eux (38) est 
remarquable, parce qu'il procède sans mercure, au moyen d'un alliage de 
plomb : il représente peut-être une pratique antérieure à la connaissance 
du mercure, dont il n'est pas question jusqu'au v= siècle avant notre ère. 

En tout cas, c'est toujours un procédé pour tromper l'acheteur, comme 
le texte le dit expressément. 

Un autre procédé (571 est destiné à dorer l'argent, par application avec 
des feuilles d'or et du mercure. L'objet, dit l'auteur, peut subir l'épreuve de 
l'or régulier (la pierre de touche) : c'est donc un procédé de fraude. 

D'autres recettes donnent seulement l'apparence de l'or: on la commu- 
nique au cuivre par l'emploi du cumin par exemple 28 ; avec des variantes 
(47) et (77 . 

Rappelons ici les recettes pour écrire en couleur d'or avec l'aide du safran, 
du carthame et de la bile de veau ou de tortue (39 , (63 , \74 . Pline explique 
également que l'on colore le bronze en or avec le fiel de taureau {H. N. 
XXVIII, 146). 

Une autre recette est destinée à dorer sans or un vase d'argent ou 
de cuivre, au moyen du natron jaune, substance mal connue (49) : c'était 



PAPYRUS DE LEIDE DQ 

peut-être un sulfure, capable de teindre superficiellement les métaux 
(v. p. 39). 

Une recette pour dorer l'argent (51) repose sur l'emploi de la sandaraque 
(c'est-à-dire du réalgar), du cinabre et du misy (sulfates de cuivre et de fer 
basiques). Elle constate ainsi l'apparition des composés arsenicaux pour 
teindre en or. Mais ces composés semblent employés ici seulement par 
application, sans intervention de réactions chimiques, telles que celles qui 
font au contraire la base des méthodes de transmutation par l'arsenic che^ 
les alchimistes. 

Une apparence de dorure superficielle (69) et (76) repose sur l'emploi du 
misy grillé, de l'alun et de la chélidoine, avec addition d'urine. 

Ces procédés de teinture superficielle sont devenus un procédé de trans- 
mutation dans le Pseudo-Démocrite [Physica et Mj^stica), qui s'exprime 
ainsi : 

« Rendez le cinabre (i) blanc au moyen de l'huile, ou du vinaigre, ou du 
miel, ou de la saumure, ou de l'alun; puis jaune, au moyen du misy, ou du 
sory, ou de la couperose, ou du soufre apyre, ou comme vous voudrez. 
Jetez le mélange sur de l'argent et vous obtiendrez de l'or, si vous avez 
teint en or; si c'est du cuivre, vous aurez de l'électrum : car la nature jouit 
de la nature. « 

Cette recette est reproduite avec plus de détails un peu plus loin, dans le 
même auteur. 

Ailleurs le Pseudo-Démocrite donne un procédé fondé sur l'emploi du 
safran et de la chélidoine, pour colorer la surface de l'argent ou du cuivre 
et la teindre en or : ce qui est conforme aux recettes pour écrire en lettres 
d'or exposées plus haut. 

La chélidoine apparaît aussi associée à l'orpiment, dans l'une des recettes 
du papyrus pour écrire en lettres d'or sur papier, sur parchemin, ou sur 
marbre (74. . 

A la suite figure un procédé de dorure par vernissage, fondé sur l'emploi 
simultané des composés arsenicaux, de la bile et du mercure (75). 



(i) Ce mot semble signifier ici le minium (oxyde de plomb), sens que 1 on trouve 
dans Dioscoride. 



6ο INTRODUCTION 

Ce procédé rappelle à certains égards le vernis suivant, pour donner 
une couleur d'or à un métal quelconque {Manuel Roret, t. II, p. 192; 
i832) : 

« Sangdragon, soufre et eau, faire bouillir, filtrer: on met cette eau dans 
un matras avec le métal qu'on veut colorer. On bouche, on fait bouillir, on 
distille. Le résidu est une couleur jaune, qui teint les métaux en couleur 
d'or. On peut encore opérer avec parties égales d'aloès, de salpêtre et de sul- 
fate de cuivre. » 

Les procédés suivants sont des procédés d'argenture, tous fondés sur une 
coloration apparente, opérée sans argent. Ainsi 42 , sous le nom d'endtiit 
de cuivre, on enseigne à blanchir le cuivre en le frottant avec du mercure : 
c'est encore aujourd'hui un procédépour donnera la monnaie de cuivre l'ap- 
parence de l'argent et duper les gens inattentifs. 
De même un amalgame d'étain, destiné à blanchir le cuivre (27). 
De même le procédé pour colorer l'argent (81). 

La teinture en couleur d'asèm 80; et (67), intermédiaire entre l'or et l'ar- 
gent, est répétée deux fois. 

Citons encore une recette pour blanchir le cuivre par l'arsenic î23i. 
Au lieu de teindre la surface des métaux, pour leur donner l'apparence 
de l'or ou de l'argent, les orfèvres égyptiens apprirent de bonne heure à les 
teindre à fond, c'est-à-dire en les modifiant dans toute leur masse. Les pro- 
cédés employés par eux consistaient à préparer des alliages d'or et d'argent 
conservant l'apparence du métal: c'est ce qu'ils appelaient la ii/p/05 /ί, l'art de 
doublerIepoidsderoretderargent(V.plus haut p. 56) ; expression quiapassé 
auxalchimistes,enmême temps que la prétention d'obtenir ainsi des métaux, 
non simplement mélangés, mais transformés à fond. Le mot actuel de rfoîiii/e 
se rapporte au même ordre d'idées, mais avec un sens tout différent, puis- 
qu'il s'agit aujourd'hui de deux lames métalliques superposées. Chez les 
anciens la signification était plus extensive. En effet, le mot if;j?/osî5impliquait 
autrefois, tantôt la simple augmentation de poids du métal précieux, addi- 
tionné d'un métal de moindre valeur qui n'en changeait pas l'apparence, (16) 
et 17 , 56 . 87 et 88 : tantôt la fabrication de toutes pièces de l'or et de 
l'argent, par la transmutation de nature du métal surajouté; tous les métaux 
étant au fond identiques, conformément aux théories platoniciennes sur la 



PAPYRUS DE LEIDE 6l 

matière première. L'agent même de la transformation est une portion de 
l'alliage antérieur, jouant le rôle de ferment. 

Toutes ces préparations sont aussi claires et positives, sauf l'incertitude 
sur le sens de quelques mots, que nos recettes actuelles. Il n'en est que plus 
surprenant de voir naître, au milieu de procédés techniques si précis, la 
chimère d'une transmutation véritable ; elle est corrélative d'ailleurs avec 
l'intention de falsifier les métaux. Le faussaire, à force de tromper le public, 
finissait par croire à la réalité de son œuvre ; il y croyait, aussi bien que la 
dupe qu'il s"était d'abord proposé défaire. En effet, la parenté de ces recet- 
tes avec celles des alchimistes peut être aujourd'hui complètement établie. 

J'ai déjà signalé l'identité de quelques recettes de dorure du papyrus 
avec les recettes de transmutation du Pseudo-Démocrite ; je poursuivrai 
cette démonstration tout à Theure en parlant de l'asèm. Elle est frappante 
pour la diplosis de Moïse (i), recette aussi brève, aussi claire que celle des 
papyrus de Leide et tirée probablement des mêmes sources; du moins si 
l'on en juge par le rôle de Moïse dans ces mêmes papyrus ice volume, 
p. i6). 

Le procédé de Moïse, exposé en quelques lignes, est celui-ci : 

« Prendre du cuivre, de l'arsenic (orpiment), du soufre et du plomb 12) ; 
on broie le mélange avec de l'huile de raifort; on le grille sur des charbons 
jusqu'à désulfuration ; on retire; on prend de ce cuivre brûlé i partie et 3 
parties d'or ; on met dans un creuset; on chauffe ; et vous trouverez le tout 
changé en or, avec le secours de Dieu. ■> 

C'est un alliage d'or à bas titre, analogue à ceux signalés plus haut. 

Les soudures d'argent des orfèvres de nos jours sont encore exécutées 
au moven des composés arsenicaux. On lit par exemple dans le Manuel 
Roret, t. IL p. 186 (i832': 

« 3 parties d'argent, i partie d'airain : fondez ; jetez-y un peu d'orpiment 
en poudre. 

« Autre: argent fin, i once; airain mince, i once; arsenic, i once. On 
fond d'abord l'argent et l'airain et Ton y ajoute l'arsenic. 



(i) Manuscrit 299 de Saint-Marc | (2) Ou bien du soufre natif; d'après 

(M), f. i85, recto. I le symbole du manuscrit. 



62 INTRODUCTION 

« Autre : argent, 4 onces; airain, 3 onces; arsenic, 2 gros. 

(t Autre: argent, 2 onces ; clinquant, i once; arsenic, 4 gros; couler de 
suite ; bonne soudure. » 

On remarquera que l'énoncé même de ces formules de nos jours affecte 
une forme analogue àcelui des formules du papyrus (23 notamment) et des 
manuscrits. C'est d'ailleurs par des recettes analogues que l'on prépare 
aujourd'hui le tombac blanc ou cuivre blanc, et le faux argent desAnglais. En 
tous cas, le cuivre est teint dans le papyrus au moyen de l'arsenic, comme 
chez les alchimistes ; le tout dans une intention avouée de falsification. 

La formule d'Eugenius, qui suit dans le manuscrit de Venise, est un peu 
plus complexe que celle de Moise. 

Elle repose aussi sur l'emploi du cuivre brûlé, mêlé à l'or et fondu, 
auquel on ajoute de l'orpiment : ce composé traité par le vinaigre est exposé 
au soleil pendant deux jours, puis on le dessèche; on l'ajoute à l'argent, ce 
qui le rend pareil à Pélectrum ; le tout ajouté à l'or, par parties égales, con- 
somme l'opération. 

C'est toujours le même genre d'alliages, que l'auteur prétend identifier 
finalement avec l'or pur. 



III. — Fabrication de l'Asèin. 

Le nœud de la question est dans la fabrication de l'asèm. 

L'asèm (i) des Egyptiens désignait à l'origine l'électrum, alliage d'or et 
d'argent, qui se trouve dans la nature et qui se produit aisément dans les 
traitements des minerais. Son nom a été traduit chez les Grecs anciens par celui 
de 7.-τ,\ι.ζΊ. y.Tr,\j.z:, ou ασήίΛη, qui étaitaussi celuide l'argent sans marque, c'est- 
à-dire sans titre, lequel est devenu chez les Grecs modernes le nom même de 
l'argent. De là une confusion extrême dans les textes. Mais à l'origine Yasèm. 
égyptien avait un sens propre, comme le montrent, sans doute possible, les 
papyrus de Leide. D'après Lepsius, d'ailleurs, l'asèm était regardé comme 
un métal distinct, comparable à l'or et à l'argent ; il est figuré à côté d'eux 

(i) Origines de l'Alcliimie, p. 21 5. 



PAPYRUS DE LEIDE 63 

sur les monuments égyptiens. Il a été placé de même sous le patronage 
d'une divinité planétaire, Jupiter, qui, plus tard, fut attribuée à l'étain, vers 
le v" ou vi= siècle de notre ère, lorsque Félectrum disparut de la liste des 
métaux. 

Cependant ce métal prétendu variait notablement dans ses propriétés, 
suivant les doses relatives d'or, d'argent et des autres corps simples, alliés 
dans sa constitution : mais alors la chose ne paraissait pas plus surpre- 
nante que la variation des propriétés de l'airain, nom qui comprenait à la 
fois et notre cuivre rouge, et les bronzes et les laitons d'aujourd'hui. 

Ce n'est pas tout : l'asèm jouissait d'une faculté étrange : suivant les trai- 
tements subis, il pouvait fournir de l'or pur, ou de l'argent pur, c'est-à-dire 
être changé en apparence en ces deux autres métaux. 

Enfin, et réciproquement, on pouvait le fabriquer artificiellement, en al- 
liant l'or et l'argent entre eux, voire même sans or, et sans argent et en 
outre avec association d'autres métaux, tels que le cuivre, l'étain, le zinc, le 
plomb, l'arsenic, le mercure, qui en faisaient varier la couleur et les diverses 
propriétés : on va citer tout à l'heure de nombreux exemples de ce genre 
de fabrication (v. aussi p. 54 et 56, les formules des monnaies falsifiées). 

C'était donc à la fois un métal naturel et un métal factice. Il établissait 
la transition de l'or et de l'argent entre eux et avec les autres métaux et sem- 
blait fournir la preuve de la transmutation réciproque de toutes ces subs- 
tances, métaux simples et alliages. On savait d'ailleurs en retirer dans un 
grand nombre de cas l'or et l'argent, au moins par une analyse qualitative, et 
l'on y réussissait même dans des circonstances, telles que le traitement du 
plomb argentifère, où il ne semblait pas qu'on eût introduit l'argent à 
l'avance dans les mélanges capable de fournir ce métal. 

Tels sont les faits et les apparences qui servaient de bases aux pratiques, 
aux conceptions et aux croyances des orfèvres des papyrus de Leide, comme 
à celles des alchimistes gréco-égyptiens de nos manuscrits. On voit par là 
que, étant donné l'état des connaissances d'alors, ces conceptions et ces 
croyances n'avaient pasle caractère chimérique qu'elles ont pris pour nous; 
maintenant que les métaux simples sont définitivement distingués, les uns 
par rapport aux autres, comme par rapporta leurs alliages. La seule chose 
surprenante, c'est la question de fait : je veux dire que les praticiens aient 



64 IXTRODUCTION 

cru si longtemps à la réalité d'une transmutation complète, alors qu'ils 
fabriquaient uniquement des alliages ayant l'apparence de l'or et deTargent, 
alliat^es dont nous possédons maintenant, grâce au papyrus de Leide, les 
formules précises. Or ces formules senties mêmes que celles des manuscrits 
alchimiques. En fait, c'étaient là des instruments de fraude et d'illusion vis- 
à-vis du public ignorant. Mais comment les gens du métier ont -ils pu croire 
si longtemps qu'ils pouvaient réellement, pardes pratiques d'artisan, ou par 
des formules magiques, réussir à changer ces apparences en réalité ? Il y a 
là un état intellectuel qui nous confond. Quoi qu'il en soit, il est intéressant 
de pousser la connaissance des faits jusqu'à son dernier degré, et c'est ce que 
je vais essayer de faire. 

Le nombre des recettes relatives à l'asèm s'élève à 28 ou 3o; c'est plus du 
quart du nombre total des articles du papyrus. Elles comprennent des pro- 
cédés pour la fabrique de toutes pièces ; des procédés pour faire l'asèm 
noir, correspondant à ce que nous appelons l'argent oxydé; des procédés 
pour teindre en asèm; pour faire des lettres de cette couleur, pour essayer 
l'asèm ; enfin des procédés pour doubler et multiplier la dose de l'asèm, pour 
le diluer, etc. : ce qui répond à la diplosis de For, signalée plus haut (p. 56 
et 60). 

Entrons dans quelques détails, en commençant par les procédés de fabri- 
cation, qui mettent en pleine évidence le caractère réel de l'asèm. On trouve 
désignés sous ce nom, indépendamment de l'asèm naturel ou electrum, al- 
liage d'or et d'argent figuré sur les monuments égyptiens : 

i" Un alliage d'étain et d'argent i3). 

C'est un procédé de diplosis de l'argent. 

2° Un amalgame d'étain, (5; et 186,1. 

Ici il s'agit uniquement de simuler l'argent. 

Dans une autre recette ^37i, l'étain affiné est simplement additionné d'un 
peu de mercure : ce qui montre que la dose de ce dernier variait. 

3° L'étain affiné aété parfois identifié à l'asèm (v. p. 55), commele montre 
la recette suivante, tirée du manuscrit 299 de Saint-Marc (M, fol. 106, recto) : 

« Prenez de l'étain affiné, fondez-le et, après cinq fusions, jetez du bitume 
à sa surface dans le creuset ; et chaque fois que vous le refondrez, coulez-le 
dans du sel ordinaire, jusqu'à ce qu'il devienne un asèm parfait et abondant. » 



PAPYRUS DE LEIDE 65 

C'est la formule (3; du papyrus, dans lequel elle précède la fabrication 
d'un alliage d'étain et d'argent. En tous cas, elle montre la similitude par- 
faite des recettes du papyrus et de celles du manuscrit de Saint-Marc. 

4" Le nom de Fasèm paraît avoir été aussi appliqué à un alliage de 
plomb et d'argent, obtenu dans la fusion des minerais de plomb; ainsi 
que l'établit le texte suivant i , tiré du manuscrit de Saint-Marc ι fol. lob, 
recto) : 

« Prenez du plomb fusible, tiré des minerais lavés. Le plomb fusible est 
très compact. On le fond à plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'il devienne 
asèm. Après avoir otjtenu l'asèm, si vous voulez le purifier, jetez dans le 
creuset du verre de Cléopâtre et vous aurez de l'asèm pur; car le plomb 
fusible fournit beaucoup d'asèm. Chauffez le creuset sur un feu modéré et 
pas trop fort. » 

Et un peu plus bas : 

« un tire l'asèm du plomb puritié, comme il est écrit sur la stèle d'en 
haut \2'. Il faut savoir que cent livres de plomb ordinaire fournissent dix 
livres d'asèm. d 

Dans les autres recettes, le cuivre intervient toujours; on rapprochait 
par là l'apparence et les propriétés de l'alliage de celles de For. L'asèm for- 
mait dès lors, aussi bien que l'électrum naturel, la (transition entre l'or et 
l'argent. Toutefois, dans aucune des recettes, sauf la dernière 90 , For 
n'est ajouté; ce qui montre bien l'intention d'imitation, ou plutôt de 
fraude. 

5° Un alliage d'étain et de cuivre, sorte de bronze où l'étain dominait 
(30,; ou bien il était pris à parties égales 29) et ^14. 

6° Un alliage analogue, avec addition d'asèm antérieur 8 et 40;. 

L'intention de fraude est ici très explicitement avouée. 

Dans cette formule, il n'est pas question des fondants et des tours de 
main pour atîinér l'alliage, mais ils sont décrits en détail dans une autre 
recette 19 , par laquelle on augmente la proportion de cuivre dans l'asèm 



(i) Le titre est : Sur la fabrication de 
l'asèm ; tandis que le signe employé 
dans le courant du texte est celui de 
l'argent. (Texte grec ci-après, I. xvi.) 



(2| Il s'agit évidemment de la recette 

précédente, inscrite probablement dans 
le temple sur une stèle ou colonne. 



y* 



66 INTRODUCTION 

déjà préparé : ce qui devait rapprocher le bronze obtenu de la couleur de 
l'or. De même i83;, dans une recette où l'on décrit les précautions pour éviter 
l'oxydation. 

7° Un alliage d'argent, d'étain et de cuivre (41). 

Une recette analogue, un peu plus détaillée et avec moitié moins d'étain, 
se termine par ces mots : «Employez-le comme de l'asèm, préférable au véri- 
table (59) . » 

8° Un amalgame de cuivre et d'étain (9) et (29). 

9° Un amalgame de cuivre, d'étain et d'asèm (13) et (18). 

C'est une variante de la formule précédente. 

Ces recettes paraissent se rapporter à ces prescriptions fondamentales du 
Pseudo-Démocrite : « Fixe le mercure avec le corps (ou métal) de la magné- 
sie. » La magnésie était, à proprement parler, tantôt la pierre d'aimant, avec 
addition de divers métaux et oxydes métalliques, tantôt un sulfure métallique 
contenant du fer, du cuivre, du plomb, etc. 

10" Un alliage de plomb, de cuivre, de zinc et d'étain (11); avec ces mots 
à la fin : « On s'en sert comme de l'asèm naturel. » 

On voit paraître ici l'idée d'imiter par l'art le métal naturel, par analogie 
avec la reproduction artificielle des pierres précieuses. 

Il» Un alliage de plomb, de cuivre et d'asèm (84), désigné sous le nom 
d'asèm égyptien, d'après la recette de Phiménas le Saïte, personnage qui 
est le même que le Pamménès des alchimistes. En effet, il est expressément 
cité parle Pseudo-Démocrite, comme artiste en Chrysopée, au début d'une 
série de recettes pour la fabrication de l'asèm (p. 24). 

Cet ordre d'alliages rappelle le métal anglais de nos jours, forme de 
80 parties de cuivre; 4, 3 de plomb; 10, i d'étain; 5, 6 de zinc. 

De même V alliage indien : 16 parties de cuivre; 4 parties de plomb; 
2 parties d'étain; ib parties de zinc; 

Ou bien le métal du prince Robert : 4 parties de cuivre et 2 de zinc ; 

Les alliages de cuivre et de zinc (100 cuivre, 8314 zinc) ; 

Les alliages de cuivre 1100 parties!, de zinc et d'étain (de 3 à 7 parties de 
chacun) ; 

L'argentan, le packfong, le cuivre blanc des Chinois, le maillechort ; 
alliages de cuivre (de 3 à 5 partiesi avec le zinc et le nickel iparties égales, 



PAPYRUS DE LEIDE 67 

t 

formant la moitié ou les deux tiers du poids du cuivre), additionnés d'un 
peu de plomb; 

Et un grand nombre d'alliages complexes et du même ordre, cuivres, 
bronzes et laitons blancs et jaunes encore usités dans l'industrie : la variété 
en est infinie. 

12° Un alliage d'asèm et d'orichalque (laiton) arsenical, décrit à la suite du 
précédent (85'. 

Cette recette compliquée, où l'arsenic intervient, rappelle tout à fait celle 
des alchimistes. On lit, par exemple, dans le Pseudo-Démocrite [Physica et 
Mystica, Texte grec, I, 7) : 

« Fabrication de l'or jaune. — Prenez du claudianon ( i:, rendez-le brillant 
et traitez-lesuivantl'usage, jusqu'à cequ'il devienne jaune. Jaunissonsdonc: 
je ne dis pas avec la pierre, mais avec sa portion utile. Vous jaunirez avec 
l'alun décomposé (2), avec le soufre, ou l'arsenic (sulfuré), ou la sandaraque 
(réalgar), ou le titanes (calcaire), ou à votre idée : si vous y ajoutez de l'ar- 
gent, vous aurez de l'or; si vous mettez de l'or, vous aurez du corail d'or (3) ; 
car la nature victorieuse domine la nature. » 

Le procédé semble le même; mais il est moins clair chez l'alchimiste et 
il est devenu une méthode de transmutation. Une recette analogue se 
retrouve un peu plus loin dans le même auteur. 

Voici encore un résumé de la recette d'Olympiodore, auteur alchimiste 
du V siècle, laquelle est très claire. 

« Première teinture teignant le cuivre en blanc. — L'arsenic est une 
espèce de soufre qui se volatilise au feu. Prenez de l'arsenic doré, 14 onces; 
porphyrisez, faites tremper dans du vinaigre deux ou trois jours et faites 
sécher à l'air, mêlez avec 5 onces de sel de Cappadoce ψ ; l'emploi de ce sel 



(Γ) Alliage de plomb et d'étain avec 
le zinc et le cuivre. 

(2) Dans le langage des alchimistes 
grecs, ce mot s'applique non seulement 
à notre alun plus ou moins pur, mais 
à l'acide arsénieux, provenant du gril- 
lage des sulfures: cette signification est 
donnée dans les textes d'une façon très 
explicite. 



(3) Quintessence de l'or. Ce mot est 
parfois synonyme de coquille d'or, dé- 
nomination conservée dans le langage 
des orfèvres par le mot or en coquilles, 
c'est-à-dire or en poudre, dont le sens 
actuel n'est peut-être pas le même que 
celui des anciens. 

(4) Sel gemme. 



68 INTRODUCTION 

a été proposé par Africanus. On place au-dessus du vaisseau qui contient 
le mélange une riole ou vase de verre et au-dessus une autre fiole, assujettie 
de tous côtés, pour que l'arsenic brûlé ne se dissipe pas (i '. Faites brûler à 
plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'il soit devenu blanc : on obtient ainsi de 
Talun blanc et compact (2^. Ensuite on fait fondre du cuivre avec de la cen- 
dre de chêne de Nicée (3), puis vous prenez de la fleur de natron (4, vous en 
jetezaufond du creuset 2 ou 3 parties pour ramollir. Ensuite vous projetez la 
poudre sèche (arsenic avec une cuiller de fer, i once pour 2 onces de cuivre; 
puis vous ajoutez dans le creuset un peu d'argent, pour rendre la teinture 
uniforme; vous projetez encore un peu de sel. Vous aurez ainsi un très bel 
asèm. » 

On voit que les recettes des premiers alchimistes ne sont nullement chi- 
mériques, mais pareilles à celles du papyrus et même aux recettes des 
orfèvres et métallurgistes de nos jours. 

Venons aux procédés de diplosis proprement dite, destinés à augmenter 
le poids de l'asém, envisagé comme un métal défini, procédés analogues 
aux diplosis de l'or et de l'argent décrites plus haut et donnant des alliages 
plus ou moins riches en cuivre 16 , ^101 et (90). 

î)ans le dernier procédé, il semble qu'il s'agisse d'accroître le poids de 
l'asèm et d'en modifier la couleur. On le ramollit par amalgamation, afin 
d'y pouvoir incorporer de l'or, de l'argent, du soufre, de l'arsenic et du 
cuivre. Les derniers métaux sont tirés de leurs sulfures, dissous ou désa- 
grégés par le polysulfure de calcium, qui forme l'eau de soufre : le tout, 
avec le concours des grillages et d'une nouvelle amalgamation finale. C'est 
là tout à fait un procédé d'alchimiste transmutateur. 

Une mention spéciale est due à la substance appelée ■jÎioï Οξϊ;•/ : ce qui 
veut dire eau de soufre, ou eau divine, substance qui a un rôle énorme chez 
les alchimistes, lesquels jouent continuellement sur le double sens de ce 
mot. Cette liqueur est désignée dans le lexique alchimique sous le nom de 
bile de serpent; dénomination qui est attribuée à Pétésis, seul auteur cité 



(i) Cette description répond à celle | (3l Flux blanc, 

de Taludel. 

(2) Ce nom s'appliquait donch l'acide (41 Fondant, 

arsiinieux. 



PAPYRUS DE LEIDE 69 

dans ce lexique, lequel figure aussi dans Dioscoride, ainsi que Phiménas ou 
Pamménès, désigné à la fois dans le papyrus et dans le Pseudo-Démocrite. 
Ces noms représentent deux personnages réels, deux de ces prophètes ou 
prêtres chimistes qui ont fondé notre science. 

L'eau de soufre apparaît pour la première fois dans le papyrus X 89 . 
La recette est très claire : elle désigne la préparation d'un polysulfure de 
calcium. Dans la recette consécutive 90\ qui est fort compliquée, on met 
en œuvre la liqueur ci-dessus. 

Cette liqueur préparée avec du soufre natif Uîtoc OîÎcj άθ;•/.τ:υ; se trouve 
décrite|dans divers passages des alchimistes, par exemple dans le petit 
résumé de Zosime intitulé : γνητία γρα;ή, écrit authentique. Rappelons 
ici que les descriptions de Zosime se rapportent en divers endroits à des 
liqueurs chargées d'acide sulfhydrique li). 

Une semblable eau de soufre possède une activité remarquable, surtout 
vis-à-vis des métaux, activité qui a dû frapper vivement ses inventeurs. Non 
seulement elle donne des précipites ou produits colorés en noir, en jaune, 
en rouge, etc., avec les sels et oxydes métalliques: mais les polysulfuresalca- 
lins exercent une action dissolvante sur la plupart des sulfures métalliques : 
ils colorent directement la surface des métaux de teintes spéciales ; enfin 
ils peuvent même, par voie sèche à la vérité, dissoudre l'or. 

Dans ces procédés de diplosis et dans la plupart des fabrications d'asèm. 
l'auteur ajoute toujours au mélange une certaine dose d'asèm préexistant, 
pour faciliter l'opération. 11 y a là une idée analogue à celle d'un ferment 
et qui est exposée d'une façon plus explicite dans deux articles spéciaux 
(7) et (60 . 

Quelques mots maintenant sur l'asèm noir, préparation analogue à 
notre argent oxydé 36). C'est un alliage noirci par des sulfures métalliques. 
Pline dit de même Hist. nat., XXXIII. 4OI : 

« L'Egypte colore l'argent, pour voir dans les vases son Anubis ; elle 
peint l'argent, au lieu de le ciseler. Cette matière a passé de là aux statues 
triomphales ; et. chose étrange, elle augmente de prix en voilant son éclat. 



(i) Sur la même eau divine : on y lit 1 bic, tu te boucheras le nez h cause de 
le passage suivant: découvrant l'alam- | l'odeur, etc. 



yO INTRODUCTION 

Voici comment on opère. On mcle avec un tiers d'argent deux parties de 
cuivre de Chvpre très fin, nommé coronaire, et autant de soufre vif que 
d'argent. On combine le tout par fusion, dans un vase de terre luté avec de 
l'argile... On noircit aussi avec un jaune d'œuf durci: mais cette der- 
nière teinte est enlevée par l'emploi de la craie et du vinaigre. » 

Ainsi Pline opèreavec de l'argent pur, tandis que le papyrus met enœuvre 
un alliage plombifère. 



IV. — Recettes du Pseudo-De'mocrite . 

Pour achever de caractériser ces colorations de métaux en or et en argent, 
ainsi que toute l'industrie des orfèvres et métallurgistes égyptiens qui a 
donné naissance à l'Alchimie, il semble utile de donner les recettes des pre- 
miers alchimistes eux-mêmes. J'en ai déjà reproduit quelques-unes (p. Sg, 
6i, 02, 64, 65, 67). Les plus vieilles de ces recettes sont exposées dans 
le Traité du Pseudo-Démocrite, intitulé Physica et Mystica ; je les ai étu- 
diées et j'ai réussi à en tirer un sens positif, à peu près aussi clair que pour 
les procédés décris par Pline ou Dioscoride. Or leur comparaison four- 
nit les résultats les plus dignes d'intérêt. 

Après un fragment technique sur la teinture en pourpre et un récit 
d'évocation, ce Traité poursuit jpar deux Chapitres, l'un sur la Chrysopée 
ou art de faire de l'or : l'autre sur la fabrication de l'asèm, assimilée à 
l'art de faire de l'argent. Ces deux Chapitres sont en réalité des collections 
de recettes ayant le même caractère pratique, c'est-à-dire relatives tant à la 
préparation de métaux teints superficiellement, qu'à celle d'or et d'alliages 
d'argent. Les recettes mêmes sont comparables de tous points à celles du 
papyrus deLeide, à cela près que chacune d'elles se termine par les refrains 
mystiques : La nature triomphe de la nature ; la nature jouit de la nature; la 
nature domine la nature, etc. Cependant il n'y a ni magie, ni mystère dans 
le corps même des recettes. Donnons-en le résumé en quelques lignes. 

Art de faire de l'or. — Première recette. — On éteint le mercure, en 
l'alliant avec un autre métal ; ou bien en l'unissant au soufre, ou au sulfure 



PAPYRUS DE LEIDE 7I 

d'arsenic ; ou bien en l'associant avec certaines matières terreuses. On étend 
cette pâte sur du cuivre pour le blanchir. En ajoutant de rélectrum ou 
de l'or en poudre, on obtient un métal coloré en or. Dans une variante, on 
blanchit le cuivre au moyen des composés arsenicaux, ou du cinabre décom- 
posé. Il s'agit donc, en somme, d'un procédé d'argenture apparente du 
cuivre, précédant une dorure superficielle . 

Deuxième recette. — On traite le sulfure d'argent naturel par la litharge 
de plomb, ou par l'antimoine, de façon à obtenir un alliage; et l'on colore en 
jaune par une matière non définie. 

Troisième recette. — On grille la pyrite cuivreuse, on la fait digérer avec 
des solutions de sel marin, et Fonprépare un alliage avec de l'argent ou de l'or. 

Le claudianon (alliage de cuivre, d'étain et de plomb avec le zinc; est 
jauni parle soufre, ou l'arsenic, puis allié à l'argent ou à l'or. 

Quatrième recette. — Le cinabre, décomposé par divers traitements, teint 
l'argent en or, le cuivre en électrum. 

Cinquième recette. — On prépare un vernis jaune d'or avec la cadmie, 
ou la bile de veau, ou la térébenthine, ou l'huile de ricin, ou le jaune 
d'œuf (v. p. 56, 58, 5g). 

Sixième recette. — On teint l'argent en or, par une sulfuration superfi- 
cielte, obtenue au moyen de certaines pyrites, ou de l'antimoine oxydé, joints 
à l'eau de soufre (polysulfure de calcium; et au soufre même. 

Septième recette. — On prépare d'abord un alliage de cuivre et de plomb 
(molybdochalque et on le jaunit, de façon à obtenir un métal couleur d'or. 

Huitième recette. — • On teint le cuivre et l'argent à la surface en jaune, 
au moyen de la couperose verte altérée. Puis vient une recette d'affinage de 
l'or, rappelant le cément royal. 

Neuvième recette. — Même recette appliquée à la cémentation superfi- 
cielle, qui donne aux parties extérieures du métal les caractères de l'or. 
Vient après une petite déclamation de l'auteur sur les phénomènes chi- 



^2 INTRODUCTION 

miques et sur la nature de sa science; puis trois recettes de vernis, pour 
teindre en or par digestion avec certains mélanges de substances végétales, 
safran, chélidoine, carthame, etc., recettes qui rappellent le procédé tiré du 
Manuel Roret, que j'ai exposé plus haut p. όο . L'auteur dit finalement : 
«iCette matière de la Chrysopée accomplie par des opérations naturelles est 
celle de Pamménès, qu'il enseignait aux prêtres en Egypte. » 

Art de faire de l'asf;m. — Il expose ensuite la fabrication de Fasèm, ou 
Argyropée :c'est-à-dire l'art de faire de l'argent;. 

Première recette — On blanchit le cuivre par les composés volatils de 
l'arsenic; cette action opérée par sublimation étant assimilée à celle du 
mercure i). 

Deuxième recette. — Le mercure sublimé est éteint avec de l'étain, du 
soufre et divers autres ingrédients ; et l'on s'en sert pour blanchir les métaux. 

Troisième recette. — Analogue à la précédente et appliquée à un alliage 
de cuivre, d'orichalque et d'étain. 

Quatrième recette. — Sulfure d'arsenic et soufre employés pour blanchir 
et modifier les métaux. 

Cinquième recette. — Préparation d'un oUiage blanc à base de plomb. 

Si.xicmc recette. — C'est un simple vernis superficiel pour donner au cui-, 
vre, au plomb, au fer, l'apparence de l'argent; ce vernis étant fixé par décoc- 
tion et enduits sans l'action du feu v. p. 521. 

Septième recette. — Elle représente une teinture par amalgamation, et la 
8« recette un simple vernis. 

On voit que toutes ces recettes du Pseudo-Démocrite et d'Olympiodore, 
aussi bien que celles du papyrus de Leide, sont réelles, positives, sans mé- 
lange de chimère. Plus tard sont venus les philosophes et les commenta- 



(i) De là, l'idée des deux mercurcs, j nie, qui se trouve souvent chez les al- 
l'un tiré du cinabre, l'autre de Tarse chimistes. 



MÉTAUX ET PLANÈTES yS 

teurs, étrangers à la pratique et animés d'espérances mystiques, qui ont jeté 
une grande confusion dans la question. Mais le point de départ est beau- 
coup plus clair, comme le montrent les textes que je viens analyser. 

J'ai cru utile de développer cette étude de l'asèm, parce qu'elle est nou- 
velle et parce qu'elle jette beaucoup de lumière sur les idées des Egyptiens 
du llli^ siècle de notre ère, relativement à la constitution des métaux. On 
voit en effet qu'il n'existe pas moins de douze ou treize alliages distincts, dési- 
gnés sous ce même nom d'asèm, alliages renfermant de l'or, de l'argent, du cui- 
vre, de l'étain, du plomb, du zinc, de l'arsenic. Leur caractéristique com- 
mune était de former la transition entre l'or et l'argent, dans la fabrication 
des objets d'orfèvrerie. Rien n'était plus propice qu'une semblable confu- 
sion pour donner des facilités à la fraude : aussi a-t-elle dû être entretenue 
soigneusement par les opérateurs. Mais, par un retour facile à concevoir, 
elle a passé des produits traités dans les opérations jusqu'à l'esprit des opé- 
rateurs eux-mêmes. Les théories des écoles philosophiques sur la matière 
première, identique dans tous les corps, mais recevant sa forme actuelle de 
l'adjonction des qualités fondamentales exprimées par les quatre éléments, 
ont encouragé et excité cette confusion. C'est ainsi que les ouvriers habi- 
tués à composer des alliages simulant l'or et l'argent, parfois avec une per- 
fection telle qu'eux-mêmes s'y trompaient, ont fini par croire à la possibilité 
de fabriquer effectivement ces métaux de toutes pièces, à l'aide de certaines 
combinaisons d'alliages, et de certains tours de main, complétés par l'aide 
des puissances surnaturelles, maîtresses souveraines de toutes les transfor- 
mations. 



II.- RELATIONS ENTRE LES METAUX ET LES PLANETES 

LE NOMBRE SEPT (1). 

α Le monde est un animal unique, dont toutes les parties, quelle 
qu'en soit la distance, sont liées entre elles d'une manière nécessaire. « 



(i) Cet article a été publié dans 
mon ouviai'e intitulé : Science et 



Pliilosophie. Toutefois j'ai cru de- 
voir le reproduire ici avec certains 

10• 



74 INTRODUCTION 

Cette phrase de Jamblique le Néoplatonicien ne serait pas désavouée par 
les astronomes et par les physiciens modernes; car elle exprime Tunité 
des lois de la nature et la connexion générale de l'Univers. La première 
perception de cette unité remonte au jour où les hommes reconnurent 
la régularité fatale des révolutions des astres : ils cherchèrent aussitôt 
à en étendre les conséquences à tous les phénomènes matériels et même 
moraux, par une généralisation mystique, qui surprend le philosophe, 
mais qu'il importe pourtant de connaître, si l'on veut comprendre le 
développement historique de l'esprit humain. C'est la chaîne d'or qui 
reliait tous les êtres, dans le langage des auteurs du moyen âge. Ainsi 
l'influence des astres parut s'étendre à toute chose, à la génération des 
métaux, des minéraux et des êtres vivants, aussi bien qu'à l'évolution 
des peuples et des individus. Il est certain que le soleil règle, par le flux 
de sa lumière et de sa chaleur, les saisons de l'année et le développement 
de la vie végétale; il est la source principale des énergies actuelles ou 
latentes à la surface de la terre. On attribuait autrefois le même rôle, 
quoique dans des ordres plus limités, aux divers astres, moins puis- 
sants que le soleil, mais dont la marche est assujettie à des lois aussi 
régulières. Tous les documents historiques prouvent que c'est à Babylone 
et en Chaldée que ces imaginations prirent naissance; elles ont joué un 
rôle important dans le développement de l'astronomie, étroitement liée 
avec l'astrologie dont elle semble sortie. L'alchimie s'y rattache également, 
au moins par l'assimilation établie entre les métaux et les planètes, 
assimilation tirée de leur éclat, de leur couleur et de leur nombre même. 
Attachons-nous d'abord à ce dernier : c'est le nombre sept, chitfre sacré 
que l'on retrouve partout, dans les jours de la semaine, dans l'cnumération 
des planètes et des zones célestes, dans celle des métaux, des couleurs, 
des cordes de la lyre et des tons musicaux, des voyelles de l'alphabet 
grec, aussi bien que dans le chiffre des étoiles de la grande ourse, des 
sages de la Grèce, des portes de Thèbes et des chefs qui l'assiègent, d'après 
Eschyle. 



développements nouveaux, parce qu'il [ des textes et des notations alchimi- 
est indispensable pour l'intelligence | ques. 



METAUX ET PLANETES 



75 



L'origine de ce nombre parait être astronomique et répondre aux pliases 
de la lune, c'est-à-dire au nombre des jours qui représentent le quart de la 
révolution de cet astre. Ce n'est pas là une opinion a priori. On la trouve 
en effet signalée dans Aulu-Gelle, qui l'a attribuée à Aristide de Samos (i). 
Dans le papyrus W de Leide, il est aussi question (p. 17) des 28 lumières 
de la lune. 

L'usage de la semaine était ancien en Egypte et en Chaldée, comme en 
témoignent divers monuments et le récit de la créationdans la Genèse. Mais 
il n'existait pas dans la Grèce classique et il ne devint courant à Rome qu'au 
temps des Antonins (2). C'est seulement àl'époquede Constantin et après 
le triomphe du Christianisme qu'il fut reconnu comme mesure légale de 
la vie civile: depuis il est devenu universel chez les peuples européens. 

Le hasard fit que le nombre des astres errants (planètes), visibles à 
l'œil nu, qui circulent ou semblent circuler dans le ciel autour de la terre 
s'élève précisément à sept : ce sont le Soleil, la Lune, Mars, Mercure, 
Jupiter, Vénus et Saturne. A chaque jour de la semaine, un astre fut attribué 
en Orient: les noms même des jours, tels que nous les prononçons mainte- 
nant, continuent à traduire, à notre insu, cette consécration babylonienne. 

A côté des sept Dieux des sphères ignées, les Chaldéens invoquaient 
les sept Dieux du ciel, les sept Dieux de la terre, les sept Dieux malfai- 
sants, etc. 

D'après François Lenprmant les inscriptions cunéiformes mentionnent 
les sept pierres noires, adorées dans le principal temple d'Ouroukh en 
Chaldée, bêtyles personnifiant les sept planètes. C'est au même rapproche- 
ment que se rapporte, sans doute, un passage du roman de Philostrate sur 
la vie d'Apollonius de Tyane (III, 41), dans lequel il est question de sept 
anneaux, donnés à ce philosophe par le brahmane larchas. 

La connaissance des divinités planétaires de la semaine ne se répandit 
dans le monde gréco-romain qu'à partir du 1=' siècle de notre ère '3i. On a 
trouvé à Pompéi une peinture représentant les sept divinités planétaires. 



(i) Koctes Atticœ, III, 10. Luniecur- 
riculum confici integris quatuor septe- 
nis diebus.. . auctorem que hujus opi- 
nionis Aristidemesse Samium. 



2i Dion Cassius, Histoire Romaine, 
XXXVII, 18. 

|3) Luiue cursum stellarumque sep- 
tem imagines. Pétrone, Satj^ricon, 3o. 



y6 INTRODUCTION 

De même divers autels sur les bords du Rhin. Une médaille à Teffigie d"An- 
tonin le Pieux, frappe'e la S"" année de son règne, représente les bustes des 
sept Dieux planétaires avec les signes du zodiaque, et au centre le buste de 
Sérapis (i). 

Une autre coïncidence, aussi fortuite que celle du nombre des planètes 
avec le quart de la révolution lunaire, celle du nombre des voyelles de l'al- 
phabet grec, nombre égal à sept, a multiplié ces rapprochements mystiques, 
surtout au temps des gnostiques : les pierres gravées de la Bibliothèque 
nationale de Paris et les papvrus de Leide en fournissent une multitude 
d'exemples. Ce n'est pas tout : les Grecs, avec leur esprit ingénieux, ne tar- 
dèrent pas à imaginer entre les planètes et les phénomènes physiques des 
relations pseudo-scientitiques, dont quelques-unes, telles que le nombre 
des tons musicaux et des couleurs se sont conservées. C'est ainsi que l'école 
de Pythagore établit un rapport géométrique des tons et diapasons musi- 
caux avec le nombre et les distances mêmes des planètes 12 . 

Le nombre des couleurs fut pareillement fixé à sept. Cette classification 
arbitraire a été consacrée par Newton et elle est venue jusqu'aux physiciens 
de notre temps. Elle remonte à une haute antiquité. Hérodote rapporte 
[Clio, f)S"• que la ville d'h^lcbatane avait sept enceintes, peintes chacune d'une 
couleur dirférentc : la dernière était dorée; celle qui la précédait, argentée. 
C'est, je crois, la plus vieille mention qui établisse la relation du nombre 
sept avec les couleurs et les métaux. La ville fabuleuse des Atlantes, dans 
le roman de Platon, est pareillement entourée par des murs concentriques, 
dont les derniers sont revêtus d'or et d'argent; mais on n'y retrouve pas le 
mystique nombre sept. 

Entre les métaux et les planètes, le rapprochement résulte, non seulement 
de leur nombre, mais surtout de leur couleur. Les astres se manifestent 
à la vue avec des colorations sensiblement distinctes : siiiis ciiique coloi- est, 
dit Pline [H. N. II, 16). La nature diverse de ces couleurs a fortifié le rappro- 
chement des planètes et des métaux. C'est ainsi que l'on conçoit aisément 
l'assimilation de l'or, le plus éclatant et le roi des métaux, avec la lumière 



(i) De WiTTE, Galette archéologi- | (2) Pline. H. .Y.. II. 20. — Th. H. 

que, 1877 et 1879. I Martin, Timéc de Plalou, t. II, p. 38. 



METAUX ET PLANETES 77 

jaune du soleil, le dominateur du Ciel. La plus ancienne indication que 
l'on possède à cet égard se trouve dans Pindare. La cinquième ode des 
Isthméennes débute par ces mots: « Mère du Soleil, Thia, connue sous 
beaucoup de noms, c'est à toi que les hommes doivent la puissance pré- 
pondérante do l'or » . 

MiTsp 'AXio'j, -o).uti)vu;ji£ Ηει'α, 
σε'ογ'έ'κατι και αεγασΟενη νο';ϋσαν, 
■/ρυσόν άνθρωποι πϊρκόσ'.ον όίλλων. 

Dans Hésiode, Thia est une divinité, mère du soleil et de la lune, c'est-à- 
dire génératrice des principes de la lumière [Théogonie, 371, JÎ74;. Lin vieux 
scoliaste commente ces vers en disant : « de Thiaetd'Hvpérion vient le soleil, 
et du soleil, l'or. A chaque astre une matière est assignée. Au Soleil, Lor; 
à la Lune, l'argent: à Mars, le fer: à Saturne, le plomb; à Jupiter, 1 electrum; 
à Hermès, l'étain; à Vénus, le cuivre [n ». Cette scolie remonte à l'époque 
Alexandrine. Elle reposait à l'origine sur des assimilations toutes naturelles. 

En etl'et, si la couleur jaune et brillante du soleil rappelle celle de l'or 

orbem 

Per duodena régit mundi sol aureus astra (2); 

la blanche et douce lumière de la lune a été de tout temps assimilée à la 
teinte de l'argent. La lumière rougeàtre de la planète Mars [igneiis, d'après 
Pline; r.j^iv.i d'après les alchimistes) a rappelé de bonne heure l'éclat du 
sang et celui du fer, consacrés à la divinité du même nom. C'est ainsi que 
Didyme, dans son commentaire sur l'Iliade il. Vi, commentaire un peu an- 
térieur à l'ère chrétienne, parle de Mars, appelé l'astre du fer. L'éclat bleu- 
âtre de Vénus, l'étoile du soir et du matin, rappelle pareillement la teinte 
des sels de cuivre, métal dont le nom est tiré de celui de l'ile de Chypre, 
consacrée à la déesse Cypris. l'un des noms grecs de Vénus. De là le rapproche- 
ment fait par la plupart des auteurs. Entre la teinte blanche et sombre du plomb 
et celle de la planète Saturne, la parenté est plus étroite encore et elle est 
constamment invoquée depuis l'époque Alexandrine. Les couleurs et les 



(Il PiN'D.^RE, édition de Bœckh, t. II, 1 (2) Virgile, Géorgiques, I, 482. 

p. 340, 1819. 



yS INTRODUCTION 

métaux assignés à Mercure l'étincelant (ιτΓ/.βων .; radians, d'après Pline; ap- 
parence due à son voisinage du soleil), et à Jupiter le resplendissant (Φαέθων), 
ont varié davantage, comme je le dirai tout à l'heure. 

Toutes ces attributions sont liées étroitement à l'histoire de l'astrologie 
et de l'alchimie. En effet, dans l'esprit des auteurs de l'époque Alexandrine 
ce ne sont pas là de simples rapprochements; mais il s'agit de la généra- 
tion même des métaux, supposés produits sous l'influence des astres dans 
le sein de la terre. 

Proclus, philosophe néoplatonicien de V' siècle de notre ère, dans son com- 
mentaire sur le Timée de Platon, expose que « l'or naturel et l'argent et 
chacun des métaux, comme des autres substances, sont engendrés dans la 
terre sous l'influence des divinités célestes et de leurs etHuves. Le Soleil pro- 
duit l'or; la Lune, l'argent; Saturne, le plomb, et Mars, le fer » (p. 14 C). 

L'expression définitive de ces doctrines astrologico-chimiques et médi- 
cales se trouve dans Tauteur arabe Dimeschqî, cité par Chwolson {sur les 
Sabéens. t. II. p. 38o, Sgô, 41 1, 544). D'après cet écrivain, les sept métaux 
sont en relation avec les sept astres brillants, par leur couleur, leur nature et 
leur propriétés : ils concourent à en former la substance. Notre auteur ex- 
pose que chez les Sabéens, héritiers des anciens Chaldéens, les sept planètes 
étaient adorées comme divinités; chacune avait son temple, et, dans le tem- 
ple, sa statue faite avec le métal qui lui était dédié. Ainsi le Soleil avait une 
statue d'or; la Lune, une statue d'argent; Mars, une statue de fer; Vénus, 
une statue de cuivre; Jupiter, une statue d'étain; Saturne, une statue de 
plomb. Quant à la planète Mercure, sa statue était faite avec un assemblage 
de tous les métaux, et dans le creux on versait une grande quantité de mer- 
cure. Ce sont là des contes arabes, qui rappellent les théories alchimiques 
sur les métauxet sur le mercure, regardé comme leur matière première. Mais 
ces contes reposent sur de vieilles traditions défigurées, relatives à l'adora- 
tion des planètes, à Babylone et en Chaldée, et à leurs relations avec les 
métaux. 

Il existe, en effet, une liste analogue dès le second siècle de notre ère. C'est 
un passage de Celse, cité par Origène [Opéra, t. I, p. 646: Contra Celsum, 
livre "VI, 22; édition de Paris, 1/33] . Celse expose la doctrine des Perses et 
les mystères mithriaques,et il nous apprend que ces mystères étaient expri- 



METAUX ET PLANETES yg 

méspar un certain symbole, représentant les révolutions célestes et le passage 
des âmes à travers les astres. C'était un escalier, muni de 7 portes élevées, 
avec une 8= au sommet. 

La première porte est de plomb: elle est assignée à Saturne, la lenteur 
de cet astre étant exprimée par la pesanteur du métal (i). 

La seconde porte est d'étain; elle est assignée à Vénus, dont la lumière 
rappelle l'éclat et la mollesse de ce corps. 

La troisième porte est d'airain, assignée à Jupiter, à cause de la résistance 
du métal. 

La quatrième porte est de fer, assignée à Hermès, parce que ce métal est 
utile au commerce, et se prête à toute espèce de travail. 

La cinquième porte, assignée à Mars, est formée par un alliage de cuivre 
monétaire, inégal et mélangé. 

La sixième porte est d'argent, consacrée à la Lune; 

La septième porte est d'or, consacrée au soleil ; ces deux métaux répon- 
dent aux couleurs des deux astres. 

Les attributions des métaux aux planètes ne sont pas ici tout à fait les 
mêmes que chezlesNéoplatonicienset les alchimistes. Elles semblent répon- 
dre à une tradition un peu différente et dont on trouve ailleurs d'autres 
indices. En effet, d'après Lobscki A glaophamus, p. 936, 1829), dans certaines 
listes astrologiques, Jupiter est de même assigné à l'airain, et Mars au 
cuivre. 

On rencontre la irace d'une diversité plus profonde et plus ancienne 
encore, dans une vieille liste alchimique, reproduite dans plusieurs manus- 
crits alchimiques ou astrologiques et où le signe de chaque planète est 
suivi du nom du métal et des corps dérivés ou congénères, mis sous le 
patronage de la planète. Cette liste existe également dans le Ms. 2419 
de notre Bibliothèque Nationale fol. 46 verso , où elle fait partie d'un 
traité astrologique d'Albumazar, auteur du IX" siècle, avec des variantes 
et des surcharges qui ne sont pas sans importance : une partie des mots 
grecs y sont d'ailleurs écrits en caractères hébreux, comme s'ils avaient un 
sens mystérieux voir dans ce volume, texte grec. p. .24 . Dans cette liste, 

(i) Salurni siJiis gcUdj; ac rigentis esse natiirœ. Pline, H. N., II, 6. 



8ο 



INTRODLXTION 



la plupart des planètes répondent aux mêmes métaux que dans les énuméra- 
tions ordinaires, à l'exception de la planète Hermès, à la suite du signe de 
laquelle setrouve non le nom d'un métal, mais celui d"une pierre précieuse: 
l'émeraude. Le mercure est cependant inscrit vers la fin de l'énumération 
des substances consacrées à Hermès, mais comme s'il avait été ajouté après 
coup. Or, chez les Egyptiens, d'après Lepsius, la liste des métaux compre- 
nait, à côté de l'or, de l'argent, du cuivre et du plomb, les noms des pierres 
précieuses, telles que le mafek ou émeraude, et le chesbet ou saphir, corps 
assimilés aux métaux à cause de leur éclat et de leur valeur (i). 

Dans le roman égyptien de Satni-Khàm-Ouas. le livre magique de Tahout 
est renfermé dans sept cotfres concentriques, de fer, de bronze, de bois de 
palmier, d'ivoire, d'ébène, d'argent et d'or (2). La rédaction primitive de 
ce roman remonterait aux dernières dynasties; sa transcription connue, 
au temps des Ptolémées. Tout ceci concourt à établir que la liste des sept 
métaux n'a été arrêtée que fort tard, probablement vers l'époque des 
Antonins. 

C'est ici le lieu de parler des tablettes métalliques trouvées à Khorsa- 
bad. Dans le cours des fouilles, en 1854, M. Place découvrit, sous l'une 
des pierres angulaires du palais assyrien de Sargon, un coffret contenant 
sept tablettes. C'étaient des tablettes votives, destinées à rappeler la fondation 
de l'édifice (70U ans avant J.-C), et à lui servir en quelque sorte de Palla- 
dium. Quatre de ces tablettes se trouvent aujourd'hui au Musée du Lou- 
vre. J'en ai fait l'analyse, et les résultats de mon étude sont consignés 
plus loin dans le présent volume. Je me borne à dire ici que les quatre 
tablettes sont constituées en fait par de For, de l'argent, du bronze et du 
carbonate de magnésie pur, minéral rare que Ton ne supposait pas connu 
des anciens, et dont l'emploi reposait sans doute sur quelque idée reli- 
gieuse. Les noms des matières des tablettes, tels qu'ils sont indiqués dans 
les inscriptions qui les recouvrent, sont d'après M. Oppert, l'or Jiiirasi , 
l'argent [kaspi., le cuivre \iiriidi ou er [bronze' 1, puis, deux mots [anaki 



(Il Voir les métaux égyptiens, dans 
mon ouvrage sur les Origines de l'Al- 
chimie, p. 221 et 233, Steinheil, i88i. 



12I Histoire ancienne de l'Orient, par 
Fr. Lenormant, q" édition, t. III, 

p. i58(i883|. 



MÉTAUX ET PLANÈTES 8l 

et kasa^atiri ou abar] que les interprètes ont traduit par plomb et ctain, 
bien que l'un d'eux semble en réalité désigner la 4" tablette signalée plus 
haut (carbonate de magnésie), et enhn deux noms de corps portant le dé- 
terminatif des pierres, et traduits par marbre sipri ou -{akour) et albâtre 
[gis-sin-gal]. Rien d'ailleurs n'indique des attributions planétaires, si ce 
n'est le nombre sept. Ajoutons toutefois que, d'après un renseignement 
que m'a fourni M. Oppert, deux métaux étaient désignés par les Assyriens 
et les Babyloniens sous des dénominations divines : le fer sous le nom de 
Ninip, Dieu de la guerre : ce qui rappelle l'attribution ultérieure du métal 
à Mars; et le plomb, sous le nom du Dieu Anu, Dieu du ciel que l'on 
pourrait rapprocher de Saturne : toutefois ce ne seraient pas là des Dieux 
planétaires. 

Voilà ce que j'ai pu savoir relativement à l'interprétation des noms 
métalliques contenus dans ces tablettes. Un des points les plus essentiels 
qui résultent de leur étude, c'est l'assimilation de certaines pierres ou 
minerais aux métaux, précisément comme chez les Egyptiens. 

Il y a là le souvenir de rapprochements très différents des nôtres, mais 
que rhumanitéa regardé autrefois comme naturels, et dont la connaissance 
est nécessaire pour bien concevoir les idées des anciens. Toutefois l'assi- 
milation des pierres précieuses aux métaux a disparu de bonne heure ; 
tandis que l'on a pendant longtemps continué à ranger dans une même 
classe les métaux purs, tels que l'or, l'argent, le cuivre, et certains de 
leurs alliages, par exemple l'électrum et l'airain. De là des variations 
importantes dans les signes des métaux et des planètes. 

Retraçons l'histoire de ces variations ; il est intéressant de les décrire pour 
comprendre les écrits alchimiques. 

Olympiodore, néoplatonicien du vi= siècle, attribue le plomb à Saturne; 
Télectrum, alliage d'or et d'argent regardé comme un métal distinct, à 
Jupiter; le fer à Mars; l'or au Soleil; l'airain ou cuivre à Vénus; l'étain à 
Hermès (planète Mercure' ; l'argent à la Lune. Ces attributions sont les 
mêmes que celle du scoliaste de Pindare cité plus haut; elles répondent 
exactement et point pour point, à une liste du manuscrit alchimique de 
Saint-Marc, écrit au xi"^ siècle, et qui renferme des documents très 
anciens. 

ir 



82 INTRODUCTION 

Les symboles alchimiques qui figurent dans les manuscrits comprennent 
les métaux suivants, dont l'ordre et les attributions sont constants pour 
la plupart : 

jo L'or correspondait au Soleil, relation que j'ai exposée plus haut 
(p. -j-j•^ — voir aussi fig. 3, PI. 1, 1. i, à gauchej. 

Le signe de l'or est presque toujours celui du Soleil, à l'exception d'une 
notation isolée où il semble répondre à une abréviation (ms. 2327, fol. 17 
verso, 1. 19; ce volume, fig. 8, PI. VI, I. 19I. 

2° L'argent correspondait à la Lune et est toujours exprimé par le signe 
planétaire (ce volume, fig. 3, PI. I, 1. 2). 

3° L'éleclrum, alliage d'or et d'argent: cet alliage était réputé un métal 
particulier chez les Egyptiens qui le désignaient sous le nom d'iiièm ; nom 
qui s'est confondu plus tard avec le mot grec asemon (a'jr,;i.îv), argent non 
marqué. Cet alliage fournit à volonté, suivant les traitements, de l'or ou 
de l'argent. 11 est décrit par Pline, et il fut regardé jusqu'au temps des 
Romains comme un jmétal distinct. Son signe était celui de Jupiter 
(ce volume, fig. 3, PI. I, 1. 4I, attribution que nous trouvons déjà dans 
Zosime, auteur alchimique du ui"' ou iv' siècle de notre ère. 

Quand l'électrum disparut de la liste des métaux, son signe fut affecté à 
l'étain, qui jusque-là répondait à la planète Mercure (Hermès). Nos listes 
de signes portent la trace de ce changement. En effet la liste du manuscrit 
de Saint-Marc porte [ce volume, fig. 3, PI. 1, 1. 4^ : « Jupiter resplendissant, 
électrum », et ces mots se retrouvent, toujours à côté du signe planétaire, 
dans le manuscrit 2327 de la Bibliothèque nationale de Paris, fol. 17 recto, 
1. 16 (ce volume, fig. 7, PI. V, 1. 16) ; la première lettre du mot Zeus, figu- 
rant sous deux formes différentes majuscule et minuscule). Au contraire 
un peu plus loin, dans une autre liste du dernier manuscrit (fol. 18, verso 
1. 5 ; ce volume, fig. 10, PI. VIII, 1. 5i, le signe de Jupiter est assigné 
à l'étain. Les mêmes changements sont attestés par la liste planétaire citée 
plus loin. 

4° Le plomb correspondait à Saturne : cette attribution n'a éprouvé aucun 
changement; quoique le plomb ait plusieurs signes distincts dans les listes 
(ms. de Saint-Marc, fol. 6, dernière ligne à gauche et ce volume, fig. 3, 
PI. I, 1. 3 ; ms. 2327, fol. 17 recto, 1. 11 et 12 et ce volume, fig. 9, 



MÉTAUX ET PLANÈTES 83 

PI. VII, 1. II et 12). Le plomb était regardé par les alchimistes égyptiens 
comme le générateur des autres métaux et la matière première de la trans- 
mutation ; ce qui s'explique par ses apparences, communes à divers autres 
corps simples et alliages métalliques. 

En effet, ce nom s'appliquait à l'origine à tout métal ou alliage métal- 
lique blanc et fusible; il embrassait Tétain iplomb blanc et argentin, 
opposé au plomb noir ou plomb proprement dit, dans Pline), et les nom- 
breux alliages qui dérivent de ces deux métaux, associés entre eux et avec 
l'antimoine, le zinc, le bismuth, etc. Les idées que nous avons aujourd'hui 
sur les métaux simples ou élémentaires, opposés aux métaux composés ou 
alliages, ne se sont dégagées que peu à peu dans le cours des siècles. On 
conçoit d'ailleurs qu'il en ait été ainsi, car rien n'établit à première vue 
une distinction absolue entre ces deux groupes de corps; 

5° Le fer correspondait à Mars. Cette attribution est la plus ordinaire. 
Cependant, dans la liste de Celse, le fer répond à la planète Hermès. 

Le signe même de la planète Mars se trouve parfois donné à l'étain dans 
quelques-unes des listes (ms. 2827, fol. 16 verso, 1. 12, 3= signe [ce 
volume, tig. 6. PL IV. 1. 12]; fol. 17 recto, 1. 12, 3^ signe [ce volume, 
fig. 7, PI. V, 1. 12]). Ceci rappelle encore la liste de Celse, qui assigne à 
Mars l'alliage monétaire. Mars et le fer ont d'ailleurs deux signes distincts, 
quoique communs au métal et à la planète, savoir : une flèche avec sa 
pointe, et un Θ, abréviation du mot Οΐυρά;, nom ancien de la planète Mars 
(ce volume, fig. 3, PI. I. 1. 5 ; parfois même avec adjonction d'un π. 
abréviation de tzjîîîi;, l'enflammé, autre nom ou épithète de Mars (ce 
volume, tig. 7, PI. V, 1. 17) ; 

6° Le cuivre correspondait à Aphrodite (Vénus;, ou Cypris, déesse de l'île 
de Chypre, où l'on trouvait des mines de ce métal ; déesse assimilée 
elle-même à Hathor. la divinité égyptienne multicolore, dont les dérivés 
bleus, verts, jaunes et rouges du cuivre rappellent les colorations diverses. 
Le signe du cuivre est en effet celui de la planète Vénus (ce volume, fig. 3, 
PI. I, I. 6, et fig. 8, PI. VI, 1. 3); sauf un double signe qui est une abré- 
viation ^ce volume, fig. 8, PI. VI, 1. 41. 

Toutefois la liste de Celse attribue le cuivre à Jupiter et l'alliage 
monétaire à Mars, etc. La confusion entre le fer et le cuivre, ou plutôt 



84 INTRODUCTION 

l'airain, aussi attribué à la planète Mars, a existé autrefois ; elle est 
attestée par celle de leurs noms : le mot ers qui exprime l'airain en latin 
dérive du sanscrit aj^as qui signifie le fer (i). C'était sans doute, dans 
une haute antiquité, le nom du métal des armes et des outils, celui du 
métal dur par excellence. 

y" L'étain correspondait d'abord à la planète Hermès ou Mercure. 
Quand Jupiter eut changé de métal et fut affecté à l'étain, le signe de la 
planète primitive de ce métal passa au mercure (ce vol. fig. 10, PI. VIII, 1. 6). 

La liste de Celse attribue l'étain à Vénus ; ce qui rappelle aussi l'an- 
tique confusion du cuivre et du bronze iairain). 

8" Mercure. Le mercure, ignoré, ce semble, des anciens Egyptiens, mais 
connu à partir du temps de la guerre du Péloponèse et par conséquent à 
l'époque alexandrine, fut d'abord regardé comme une sorte de contre-argent 
et représenté par le signe de la lune retourné (ce volume, fig. 3, PI. I, 1. 19). 
Il n'en est pas question dans la liste de Celse (n= siècle). Entre le vi' siècle 
(liste dOlympiodore le Philosophe, citée plus hauti et le vu" siècle de notre 
ère (liste de Stéphanus d'Alexandrie, qui sera donnée plus loin), le mercure 
prit (fig. 10, PI. VIII, 1. 6) le signe de la planète Hermès, devenu libre 
par suite des changements d'affectation relatifs à l'étain. Dans la liste 
planétaire, il a été également ajouté après coup, à la suite des dérivés 
de cette planète, spécialement affectée à l'émeraude (voir p. 79). 

Ces attributions nouvelles et ces relations astrologico-chimiques sont 
exprimées dans le passage suivant de Stéphanus : « Le démiurge plaça 
d'abord Saturne, et vis-à-vis le plomb, dans la région la plus élevée et la 
première; en second lieu, il plaça Jupiter vis-à-vis de l'étain, dans la seconde 
région; il plaça Mars le troisième, vis-à-vis le fer, dans la troisième région; 
il plaça le Soleil le quatrième, et vis-à-vis l'or, dans la quatrième région ; il 
plaça Vénus la cinquième, et vis-à-vis le cuivre, dans la cinquième région; 
il plaça Mercure, le sixième, et vis-à-vis le vif-argent, dans la sixième 
région; il plaça la lune la septième, et vis-à-vis l'argent, dans la septième 
et dernière région 12'. » Dans le manuscrit, au-dessus de chaque planète, ou 
de chaque métal, se trouve son svmbole. Mais, circonstance caractéristique, 

(Il Origines de Γ Alchimie, p. 223. | (2) Manuscrit 2327, folio 73 verso. 



MÉTAUX ET PLANÈTES 85 

le symbole de la planète Mercure et celui du métal ne sont pas encore les 
mêmes, malgré le rapprochement établi entre eux ; le métal étant toujours 
exprimé par un croissant retourné. Le mercure et l'étain ont donc chacun 
deux signes difterenis dans nos listes, suivant les époques. 

La copie de la liste planétaire donnée par Alhumasar (ix= siècle) et 
traduite en hébreu et en grec dans le manuscrit 2419 (fol. 46 verso) porte 
aussi la trace de ces changements itexte grec, I, viii, p. 24, notes). Non 
seulement le signe de la planète Hermès répond à l'émeraude, le nom de 
Mercure étant ajouté après coup et tout à fait à la fin, comme il a été dit 
plus haut ; mais Fauteur indique que les Persans affectent réuiin à la 
planète Hermès. De même, la planète Jupiter étant suivie de l'étain, 
Tauteur ajoute également que les Persans ne font pas la même affectation, 
mais assignent cette planète au métal argenté [ii ; ce qui se rapporte 
évidemment à l'asèm ou éfcctrum, dont Fexistence était déjà méconnue 
au ix' siècle. Ce sont là des souvenirs des attributions primitives. 

Voilà les signes planétaires des métaux fondamentaux, signes qui se 
retrouvent dans ceux des corps qui en dérivent; chacun des dérivés étant 
représenté par un double signe, dont l'un est celui du métal, et l'autre 
répond au procédé par lequel il a été modifié division mécanique, calci- 
nation, alliage, oxydation, etc. . 

Les principes généraux de ces nomenclatures ont donc moins changé 
qu'on ne serait porté à le croire, l'esprit humain procédant suivant des 
règles et des systèmes de signes qui demeurent à peu près les mêmes dans 
la suite des temps. Mais il convient d'observer que les analogies fon- 
dées sur la nature des choses, c'est-à-dire sur la composition chimique, 
telle qu'elle est démontrée par la génération réelle des corps et par leurs 
métamorphoses réalisées dans la nature ou dans les laboratoires ; ces ana- 
logies, dis-je, subsistent et demeurent le fondement de nos notations scien- 
tifiques ; tandis que les analogies chimiques d'autrefois entre les planètes et les 
métaux, fondées sur des idées mvstiques sans base expérimentale, sont tom- 
bées dans un juste discrédit. Cependant leur connaissance conserve encore 
de l'intérêt pour l'intelligence des vieux textes et pour l'histoire de la science. 

(0 ()'. 0; Ιίερσι•. o>/ oO-to;, αλλά οιάογυρο; : Texte grec I, viii, p. 24 (notes). 



86 



INTRODUCTION 



ΠΙ. _ LA SPHERE DE DEMOCRITE 

ET LES MÉDECINS ASTROLOGUES 

La sphère de Démocrite, inscrite dans le papyrus V de Leide, représente 
l'œuvre de l'un de ces Ίατρίμαθηματικίί, ou médecins astrologues dont 
parlent les anciens. Ils prédisaient l'issue des maladies. Horapollon ;I, 38) 
cite ce genre de calculs, et il existe un traité attribué à Hermès sur ce sujet, 
dans les Physici et medici grœci minores d'Ideler (i). La prédiction se faisait 
d'ordinaire à l'aide d'un cercle ou d'une table numérique; elle reposait sur 
un calcul, dans lequel l'âge du malade, la somme des valeurs numériques 
répondant aux lettres de son nom, la durée de sa maladie, etc., se combi- 
naient avec le jour du mois et les phases de la révolution lunaire. J'ai 
retrouvé six figures de ce genre dans les manuscrits alchimiques et astro- 
logiques de la Bibliothèque nationale. 

Donnons d'abord le texte du papyrus V. 

« Sphère de Démocrite, pronostic de vie et de mort. Sache sous quelle 
lune ^dans quel mois) le malade s'est alité et le nom de sa nativité (2 . 
Ajoute le calcul de la lune (3), et vois combien il y a de fois trente 
jours, prends le reste et cherche dans la sphère : si le nombre tombe 
dans la partie supérieure, il vivra; si c'est dans la partie inférieure, il 
mourra. » 

La sphère est représentée ici par un tableau qui contient les trente 
premiers nombres inombre des jours du moisi, rangés sur trois colonnes 
et d'après un certain ordre. La partie supérieure contient trois fois six 



(i) T. I, p. 387 et 43o. Le traité a 
été imprimé deux fois sous des titres un 
peu différents, par une singulière né- 
gligence. 

(2) Le nom donné le jour de la nais- 



sance, afin de calculer le nombre repré- 
senté par les lettres de ce nom. 

(3) C'est-à-dire, ajoute le nombre du 
jour du mois où il s'est alité au nombre 
représenté par le nom du malade. 



-MÉDECINS ASTROLOGUES 87 

nombres ou dix-huit; la partie inférieure en renferme trois fois quatre ou 
douze. 

Le mot sphère répond à la forme circulaire qui devait être donnée au 
tableau, comme on le voit dans certains manuscrits (voir les figures ci- 
dessous). 

Il existait en Egypte un grand nombre de tableaux analogues. Ainsi dans 
le manuscrit 2327 de la Bibliothèque nationale, consacré à la collection des 
alchimistes, on trouve au folio 293 (rectO; ; 

L'instrument d'Hermès trismégiste, renfermant 35 nombres, partagés en 
trois lignes : « on compte depuis le lever de l'étoile du Chien (Sothi ou 
Sirius', c'est-à-dire depuis Épiphi, 25 juillet, jusqu'au jour de Falitement ; 
on divise le nombre ainsi obtenu par trente-six ii et on cherche le reste 
dans la table ». 

Certains des nombres représentent la vie, d'autres la mort, d'autres le 
danger du malade. C'est un principe de calcul différent. 

Dans le manuscrit grec 241g de la Bibliothèque nationale, collection 
astrologico-magique et alchimique, il y a deux grands tableaux de ce genre, 
plus voisins de la sphère de Démocrite, et deux petits tableaux. Les deux 
grands sont circulaires et attribués au vieil astrologue Pétosiris, qui avait 
déjà autorité du temps d'Aristophane. 

L'un d'eux, dédié ifol. 32) par Pétosiris au roi Necepso î2;, se compose 
d'un cercle représenté entre deux tableaux verticaux. Les tableaux renferment 
le comput des jours de la lune ; le cercle principal renferme un autre cercle 
plus petit, partagé en quatre quadrants. Entre les deux cercles concentriques 
se trouvent les mots : grande vie, petite vie, grande mort, petite mort. En 
haut et en bas : vie moyenne, mort moyenne. Ces mots s'appliquent à la 
probabilité de la vie ou de la mort du malade. Les nombres de i à 2g sont 
distribués dans les quatre quadrants et sur une colonne verticale moyenne 
formant diamètre. 

Voici la photogravure de ce tableau : 



(i) Ce chiffre rappelle les 36 décans I (21 Ces deux noms sont associés pa- 

qui comprennent les 300 jours de Tan- reillement dans Pline l'Ancien, Hist. 

ne'e. | ?iai.,\. II, 21 et 1. VII, 5o. 



88 



INTRODUCTION 








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MÉDECINS ASTROLOGUES 8g 

L'autre cercle de Pétosiris fol. i56!, dédié aussi au très honoré roi 
Necepso. porte extérieurement et en haut : LevaMi, au-dessus de la terre, 
entre les deux mots grande vie, petite vie ; en bas : Couchant, au-dessous de 
la terre, entre les deux mots grande mort, petite mort ; mots précisés par 
les inscriptions contenues entre les deux cercles concentriques : 

En haut : « ceux-ci guérissent de suite — ceux-ci guérissent en 7 jours î. 

En bas : « ceux-ci meurent de suite — ceux-ci meurent en 7 jours ». 

Les diagonales sont terminées par les mots : air, terre, feu, eau. 

Entre les deux régions, sur le diamètre horizontal : « limites de la vie et 
de la mort ». 

A l'une des extrémités de ce diamètre : « Nord — milieu de la terre ». 

A l'autre extrémité : « Midi — milieu de la terre ». 

Sur les octans : « Nord, au-dessus de la terre, (région) de Borée. — Midi, 
au dessus de la terre, (région) de Borée. — Nord, au-dessus de la terre, 
(région) du Notus. — Midi, au-dessus de la terre, (région) du Notus. » 

Les nombres de i à 3o sont distribués suivant les huitièmes de circonfé- 
rence et dans la colonne verticale moyenne. 

Voici la photogravure de ce tableau : 



12- 



90 



INTRODUCTION 



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JxJT-^^oiXoc.: . ^^^^^^:::^^ jMi^ oc-0-à/JGu 

Figure 2. — Autre Cercle de Pétosiris. 



MEDECINS ASTROLOGUES gi 

Quant aux bases et procédés de calcul, il est inutile de nous y arrêter. 

_ Les personnes qui s'y intéresseraient trouveront sur ce point des rensei- 
gnements très intéressants dans une notice publiée par M. Paul Tannery : 
Sur des fragments d'Onomatomancie arithmétique (Notices et Extraits des 
manuscrits de la Bibliothèque nationale, t. XXXI, 2•= partie, i885). Il y 
montre l'origine de la preuve par neuf, d'après un passage fort curieux des 
Pliilosophiimena, où l'on enseigne à prendre le résidu par 9 ou par 7 de la 
valeur numérique des lettres du nom propre, en diversifiant le procédé 
de calcul suivant des conventions arbitraires. On calculait ainsi, d'après les 
nombres des noms propres : soit la vie d'un malade ; soit le succès d'un 
combat entre deux guerriers; soit le résultat de diverses autres alternatives 
relatives au vol, au mariage, aux voyages, à la survivance, etc. Ce mode de 
divination était attribué à Pythagore. 

M. P. Tannery donne, d'après les manuscrits 2009, 2256, 241g et 2426 de 
la Bibliothèque nationale, une prétendue lettre de Pythagore à Telaugès(ou 
à Laïs, ou à Hélias, suivant les manuscrits), avec table divinatoire annexée, 
table fondée sur de pures combinaisons numériques(i), sans données astro- 
logiques proprement dites. Plus loin, il présente le texte et la traduction 
des deux petits tableaux dont je vais parler. 

En effet, au folio 33 du manuscrit 2419 se trouvent deux tableaux qui 
ressemblent beaucoup plus que les précédents à la sphère de Dém'ocrite et 
à l'instrument d'Hermès. Le premier, sous la rubrique ψη?3ς δόκιμος... (cal- 
cul éprouvé...), consiste en trois lignes, renfermant chacune douze nombres 
horizontaux de i à 36, par tranches verticales. Vis-à-vis la première ligne : 
ζωή (vie); vis-à-vis la seconde : état moyen (μΐ(7α); vis-à-vis la troisième 
ligne : θάνατος (mort) . 

Voici le résumé du texte : 

«Calcule le jour où le malade s'est alité, où l'enfant est né, où le fugitif a 
disparu, où l'on s'est embarqué, enfin opère pour tout ce que tu désires ; 
comptes aussi depuis le 18 mai (2) Jusqu'au jour donné, et du nombre obtenu 



(i) « Calcule le nom du malade et le 
jour de son alitement. Si le nom du 
malade l'emporte, il vivra; si c'est le 



jour de l'alitement qui l'emporte, il 
mourra, etc.». 

(2) Epoque de l'entrée du soleil dans 



02 INTRODUCTION 

retranche 36 autant de fois que possible. Prends le reste. Si le nombre se 
trouve dans la première ligne, le malade vivra, l'événement sera heureux 
(αγαθά I, etc.; dans la troisième ligne, c'est la mort ou le malheur(èvavTÎa); surla 
seconde ligne, la maladie sera longue, etc. (ε!ς ;j.3cy.p:v)». — Ce tableau est une 
variante de Finstrument d'Hermès contenu dans le manuscrit alchimique. 

Le second tableau est sous la rubrique : ψηφ:; έβδο^ΑΛτική ήΐΑερών Ο'.αγνωιτ'./,ή 
ζωής ν.Λ'- Οανάτ:υ: calcul d'après les jours de la semaine pour diagnostiquer 
la vie ou la mort. Ce sont deu.x colonnes verticales, chacune de i5 chiffres, 
de I à 3o, Tune ayant pour titre•: vie ; l'autre : mort. Le calcul est à peu 
près le même, sauf variantes (i), que celui de la sphère de Démocrite du 
Papyrus de Leide, traduite plus haut. De plus, il n'y a que deux colonnes 
dans le manuscrit 2419, tandis qu'il en existe trois dans le Papyrus. 

Il m'a paru de quelque intérêt de rapprocher ces divers tableaux et cer- 
cles de la sphère de Démocrite, contenues dans le Papyrus V, ainsi que 
l'instrument d'Hermès, transcrit au manuscrit 2327. En effet les noms 
d'Hermès et de Démocrite, ainsi que l'existence du tableau du Papyrus, 
établissent l'antiquité de ces pratiques, contemporaines des premiers alchi- 
mistes : elles en montrent l'origine orientale et spécialement égyptienne. 

On voit en même temps, par une nouvelle preuve, comment le nom de 
Démocrite, dans l'Egypte hellénisante était devenu celui du chef d'une école 
d'astrologues et de magiciens; le tout conformément aux traditions que j'ai 
exposées et discutées ailleurs (2). 



IV. _ SIGNES ET NOTATIONS ALCHIMIQUES 

Les alchimistes avaient, comme les chimistes de nos jours, des notations 
et des nomenclatures particulières : ces notations étaient construites, en 
partie du moins, d'après des méthodes précises et qui rappellent même, à 
certains égards, nos conventions actuelles. La difficulté que présente la lecture 



les Gémeaux et commencement de 
l'été, au temps de l'Empire romain, 
(i) Telles que l'addition du nombre 



10 et l'omission du \<''' jourde la maladie. 
(2) Origines de l'Alchimie, p. i56 
et suivantes. 



NOTATIONS ALCHIMIQUES q3 

des vieux textes alchimiques, qui remontent jusqu'au temps de rÉgvpte 
romaine et des Antonins, résulte souvent du peu d'intelligence que nous 
avons de ces notations. 

Elles sont cependant nécessaires à connaître, pour ceux qui veulent faire 
des recherches sur les doctrines et les pratiques de la Chimie, de la Méde- 
cine, de la Pharmacie, de la Métallurgie et de la Minéralogie, dans l'anti- 
quité et au moyen âge. C'est ce qui m'a engagé à les reproduire ici. 

Un seul auteur jusqu'à présent a essayé de les figurer : c'est le savant Du 
Cange, au xvii« siècle, dans son Glossaire du grec au moyen âge. Mais cette 
publication est très incomplète, très négligée et très incorrecte. 11 n'était 
pas facile d'ailleurs de transcrire ces signes avec une précision parfaite, à 
une époque où les procédés fondés sur la photographie n'étaient pas connus. 
En outre, le plus vieux et le plus beau manuscrit qui existe, celui de 
Saint-Marc, à Venise fin du x= ou commencement du xi= siècle'i, ne parait 
pas avoir été connu de Du Cange. 

Ayanteu occasion depuis quelques années d'étudier d'une manière appro- 
fondie les textes manuscrits des alchimistes grecs, pour la composition de 
mon ouvrage sur « les Origines de l'Alchimie », j'ai fait reproduire en photo- 
gravure les symboles des manuscrits, en prenant comme types ceux du 
manuscrit de Saint-Marc 'xi^ siècle) et ceux du manuscrit n» 2327, le plus 
complet qui existe à la Bibliothèque nationale de Paris, lequel a été copié 
en 1478. 

Ces symboles, de même que ceux de la Chimie actuelle, sont placés en 
tète des manuscrits. Ils ont été construits suivant deux règles différentes : 
l'une applicable aux métaux et à leurs dérivés, l'autre aux substances miné- 
rales et aux produits de matière médicale, ainsi qu'à certains mots d'usage • 
courant. 

Les symboles des métaux sont purement figuratifs : ce sont les mêmes que 
ceux des planètes, auxquelles les métaux étaient respectivement dédiés par 
les Babyloniens; c'est-à-dire des astres sous l'influence desquels les métaux 
étaient supposés produits dans le sein de la Terre ^voir p. 78). Parmi 
ces symboles, ceux du Soleil et delà Lune or et argent' figurent déjà dans les 
papyrus de Leide. qui remontent au m'' siècle de notre ère .voir p. 25 et 47). 
J'ai reproduit sur ce point les opinions de Proclus, du Scoliaste de Pin- 



94 INTRODUCTION 

dare \p. 81;, ainsi que la vieille liste de Celse p. 77 et 78), et les attributions 
d'Olympiodore le Philosophe (p. 81), correspondant à la liste du inanuscrit 
de Saint-Marc, figurée dans la colonne droite de notre planche I. 

Rappelons brièvement les notations et symboles suivants : 

I» Or, correspondant au Soleil et représenté par le même signe ; 

2° Argent, correspondant à la Lune et représenté par le même signe 

S'Electrum ou asèm, dont le signe était celui de Jupiter. 

Cependant, dans les vieux textes, où Tasèm est confondu avec l'argent, 
il en atfecte Î;[uelquefois le signe, à savoir un croissant dont l'ouverture 
est tournée vers la droite. " 

L'asèni ou électrum ayant cessé d'être regardé comme un métal particu- 
lier, vers le vi'- siècle de notre ère (p. 84), le signe de Jupiter fut affecté à l'étain 
qui, jusque-là, répondait à la planète Mercure (Hermès). Nos listes portent 
la trace de ce changement (ce vol. fig. 3, PI. I, 1. 4, à droite ; fig. 7, PI. V, 
1. 16, signes de l'électrum ; fig. 10, PI. VIII, 1. 5, signe de l'étain). 

On trouve, notamment dans la fig. 7, PI. V, 1. 1 2 et 1 3 : deux signes pour 
la planète Jupiter et son métal (p. 82) ; trois autres signes pour l'étain, et 
trois autres signes, semblables aux derniers, pour la planète Hermès. 

4° Plomb, correspondant à Saturne; il a plusieurs signes dans les listes, 
(fig. 7, PI. V,l. 1 1 et 121. Le nom même du plomb comprenait à l'origine la 
plupart des métaux ou alliages, blancs et fusibles (p. 83). 

5° Fer, correspondant à Mars. 

Cependant le fer et Fétain sont représentés par des signes pareils dans 
notre fig. 6, PI. IV, 1. 12 (troisième signe de l'étain), comparée à la fig. 7, 
PI. V, 1. I, 12 et i3 ,Cf. p. 83!. 

6° Cuivre, correspondant à Vénus et représenté par le même signe (p. 83). 

Ce nom s'étendait à diverses variétés de bronze, confondues sous le nom 
d'airain. 

7° Étain, correspondant d'abord à la planète Hermès ou Mercure, plus 
tard à Jupiter (p. 84;. 

Le signe de Jupiter semble avoir eu à un certain moment un caractère 
générique : du moins on le trouve en outre associé à celui de Mercure dans 
l'une des listes (fig. 7, PL V, 1. 5). 

8" Mercure, d'abord représenté parle signe de la Lune (argent) retourné. 



NOTATIONS ALCHIMIQUES g5 

c'est-à-dire par un croissant dont la convexité est tournée vers la droite 
(fig. 3, PI. I, col. de droite, 1. 19; ftg. 6, PI. IV, 1. 5). Nous avons dit (p. 84) 
comment, entre le v= siècle (liste d'Olympiodore le Philosophe) et le vu= siècle 
de notre ère (liste de Stéphanus d'Alexandrie), le mercure prit le signe de la 
planète Hermès, auparavant atfecté à Tétain (ftg. 10, PI. VIII, 1. 6j. 

Cette ati'ectation nouvelle figure aussi dans la liste planétaire du Traité 
d'Albumazar (ix^ siècle), transcrite par le manuscrit 2419 (fol. 46 versoi. 

Le mercure et Tétain ont donc chacun deux signes différents dans nos 
listes, suivant leur époque. 

L'étain a encore d'autres signes (fig. 7, PI. V, 1. i31, et ceux du plomb 
sont multiples, comme il a été dit. 

Le fer, métal plus moderne que les autres, a également plusieurs signes 
(fig. 3, PL I, 1. 21 ; fig. 7, PL V, 1. i) dans les listes. 

Mais les signes fondamentaux de For, de l'argent, du cuivre, ne semblent 
pas avoir varié, du moins depuis l'époque où nos tableaux ont été établis. 

Tels sont les signes des corps simples ou radicaux, comme nous dirions 
aujourd'hui. 

Ces signes sont le point de départ de ceux d'un certain nombre de corps, 
dérivés de chaque métal et répondant aux divers traitements physiques ou 
chimiques qui peuvent en changer l'état ou l'apparence. 

Par exemple, la limaille, la feuille, le corps calciné ou fondu, d'une part ; 
et, d'autre part, la soudure, le mélange, les alliages, le minerai, la rouille 
ou oxyde (PL Y, col. de gauchei. 

Chacun de ces dérivés possède un signe propre, qui se combine avec le 
symbole du métal : exactement comme on le fait dans la nomenclature chi- 
mique de nos jours. Quand le nom du métal reparaît dans celui d'un alliage, 
d?une dissolution, d"une évaporation, d'un précipite, d'un minéral, ou d'une 
plante, il est remplacé par son symbole. 

Le symbole de la litharge (mot à mot, pierre d'argenti, renferme, par 
exemple, celui de l'argent (argyrion'i ; la sélénite, celui de ce même argent, 
c'est-à-dire de la Lune (sélénè) ; quoique le nom du métal n'aitété introduit 
dans ces dénominations et ne leur ait été appliqué que par analogie. La con- 
crétion blanche renferme aussi le signe de l'argent : la concrétion jaune, 
celui de l'or fig. 3, PL I, I.21 et 22. ;\droite\ Le signe du molybdochalque, 



g6 INTRODUCTION 

alliage de plomb et de cuivre, renferme celui du cuivre ifig.6, PI. IV, 1. i3). 
Le signe du plomb se trouve dans celui de Pantimoine (sulfuré), par 
suite d'une certaine confusion entre les deux métaux (fig. 7, PI. V, 1. 10). 
Lesymboled'unmétal figure également dans les noms de certains minéraux, 
dont ce métal peut être extrait : par exemple, le signe du vermillon du Pont 
renferme celui du mercure (fig. 6, PI. IV, 1. 24, 2' signej. Tous ces rappro- 
chements, les derniers surtout, rappellent nos nomenclatures. 

Les listes alchimiques ne contiennent pas seulement les noms des métaux, 
mais aussi ceux des substances minérales et des produits employés, soit 
dans l'industrie, soit dans la matière médicale. Les signes correspondants 
ont été formés toujours suivant une règle pareille à celle qui préside aujour- 
d'hui à la formation des symboles de nos corps simples et de nos radicaux 
composés ; je veux dire en prenant les premières lettres ou les lettres prin- 
cipales du nom que l'on voulait exprimer : c'est ce qu'on peut voir dans les 
planches qui suivent. 

Les listes inscrites dans ces planches se rapportent à des époques très 
diverses; les plus anciennes remontent au commencement du moyen âge. 
Mais elles ont été remaniées à plusieurs reprises : chaque copiste ajoutant 
à la suite tous les signes qu'il connaissait, ou qu'il trouvait dans d'autres 
ouvrages, sans craindre de donner trois ou quatre signes distincts pour le 
même nom plusieurs fois répété. Il est facile de reconnaître ces additions 
ou intercalations, soit d'après le changement de sujet, soit d'après le mot 
ά'λλίιΐς (autrement , parfois écrit dans les manuscrits avec une initiale rouge. 

L'analyse des signes du manuscrit 2327, comparés avec ceux du manus- 
crit de Saint-Marc, du manuscrit 2325, du manuscrit 2419 et de quelques 
autres, permet d'y reconnaître dans la liste fondamentale au moins neuf 
listes partielles de ce genre, successivement ajoutées. 

Développons cette discussion. 

1°. On distingue d'abord une première liste, très courte et très ancienne, 
laquelle renferme seulement les signes des sept planètes, suivies des noms 
des sept métaux correspondants, donnés en sept lignes dans le manuscrit de 
Saint-Marc (PI. I, col. de droite, 1. i à 7). Dans le manuscrit 2527, on 
retrouve les cinq derniers métaux : plomb, électrum, fer, cuivre, étain, sui- 
vant le même ordre et avec les mêmes èpithètes (PI. "V, delà 1. i5, dernier mot, 



NOTATIONS ALCHIMIQUES gy 

à la 1. i8), l'or et l'argent ayant été inscrits auparavant et séparément. 
Seulement les signes des métaux sont à la suite des noms, au lieu de les 
précédercomme dans le reste des planches. Les cinq mêmes métaux, désignés 
pareillement, sans For, ni l'argent, existent aussi, à la suite d'une liste diffé- 
rente, dans le manuscrit 2325. Cette première liste ne comprend ici que les 
métaux et les planètes et elle répond à une autre liste beaucoup plus déve- 
loppée, dans laquelle se trouvent, à la suite de chaque signe planétaire, les 
diverses substances dérivées du métal correspondant ou corfiacrées à sa pla- 
nète. Nous y reviendrons tout à l'heure. Observons encore que dans la liste 
présente de Saint-Marc l'électrum figure avec le signe de Jupiter et l'étain 
avec le signe d'Hermès. Dans le fragment de liste correspondant du manu- 
scrit 2327 (PI. V, 1. i5 à 18), Jupiter et l'électrum sont représentés par deux 
signes distincts; mais celui de l'électrum dérive en réalité de celui de Zeus, 
déformé par le copiste, comme le montre sa comparaison avec le manuscrit 
de Saint-Marc (voir la planche 1, 1. 14); d'autre part, l'étain a perdu son signe : 
le copiste transcrivait machinalement des symboles qu'il ne comprenait plus. 

2° Une seconde liste, plus longue et plus méthodique, comprend les 
noms des métaux et de leurs dérivés : or, argent, cuivre, fer, plomb, étain, 
mercure. Elle est très claire et très nette dans le manuscrit de Saint-Marc 
(PI. 1, col. de gauche, 1. i à 26, et col. de droite, 1. 10 à 19). Cette liste est plus 
moderne que la précédente ; car l'électrum n'y figure plus comme un 
métal spécial, mais comme un dérivé de l'or (chrysélectron, 1. 5* avec 
un symbole complexe, dérivé de ceux de l'or et de l'argent : la nature chi- 
mique véritable de la variété d'électrum à base d'or était donc reconnue. Le 
mercure est inscrit à la suite de l'étain, mais à part et sans dérivés particu- 
liers ;son signe est celui de l'argent retourné, et non celui de la planète Her- 
mès: ce qui répond aussi à une époque intermédiaire, quoique antérieure à 
celle où Hermès est affecté définitivement au mercure. 

Cette liste manque dans le manuscrit 2325, le plus ancien après celui de 
Saint-Marc; tandis qu'elle forme le début de celle du manuscrit 2327 (PL IV., 
1. 4 à 17 . Seulement l'argent a été intercalé ici au milieu des dérivés de 
l'or, ainsi que le mercure, placé à côté de l'argent. Le chrysélectron a dis- 
paru ; deux des dérivés de l'argent feuille et limaille sont omis à la fin des 

dérivés du cuivre. Après (opiyz/.•/.:; PI. IV, 1. 11 vient le mot ya/.y.î;, puis 

1 *>• 



g8 INTRODUCTION 

κατίίττ,ρίς (1. 1 2) ; à la place du fer et de ses dérivés, inscrits dans la liste 
du manuscrit de Saint-Marc. Ceux-ci sont rejetés plus loin dans le manuscrit 
2327 (PI. V, 1. I et 2', avec des noms identiques, et des signes différents. 
Mais le manuscrit 2327 reprend par le plomb PI. V, 1. i ij, dont le nom 
est ΒηΐΛ'Ι par les mots intercalés : -/.pivi; φαίνων ; puis viennent les dérivés du 
plomb, les mêmes dans les deux manuscrits (sauf une inversion). L'article 
étain, coupé en deux par le plomb intercalé, reprend, dans le manuscrit 2327 
^Pl. V, 1. 1 5), par le second des signes de ce métal, donné dans le manuscrit 
de Saint-Marc PI. I, col. de droite, 1. 141 et précédé de même du mot άλλως 
(autrement). Bref, toute cette liste est évidemment la même dans les deux 
manuscrits; mais elle est régulière dans le manuscrit de Saint-Marc; elle est 
transcrite, au contraire, avec une certaine confusion dans le manuscrit 2327. 

3° Les noms et les signes des métaux sont suivis dans le manuscrit de Saint- 
Marc iPl. I, col. de droite, 1. 20-27, et PI. II, col. droite d'abord; puis 
col. de gauche, 1. i à 3 , par des mots tels que νειέλη, etc., se rapportant 
aux dérivés du mercure (PI. I, 1. 20 à 22), à la litharge, au soufre, à la 
sélénite, à la couperose, etc., jusqu'aux mots : un jour et une nuit, puis 
ττέταλα (PI. II, col. de gauche, 1. 11). 

Tout ceci manque dans le manuscrit 2325, aussi bien que la seconde liste. 

Dans le manuscrit 2327, au contraire, la même suite de mots formela fin de 
la planche IV, lignes 17 à 27, jusqu'à -πί-χ'/,χ exclusivement, et sauf des 
variantes de dialecte et autres, peu importantes. 

Cette troisième liste peut être regardée comme la suite de la seconde, 
puisqu''elle coexiste dans les mêmes manuscrits. Mais elle n'a pas subi les 
inversions et les confusions qui distinguent la seconde dans le manuscrit 
2327. Le manuscrit 2275, dans ces premières parties, est exactement con- 
forme au manuscrit 2327 ii ; identité d'autant plus remarquable, qu'il n"en 
reproduit pas les figures, mais celles du manuscrit 2325. Il y a donc eu une 
source commune, antérieure aux trois manuscrits. 

4° Le manuscrit 2325 débute par une liste toute différente des trois 
précédentes; laquelle manque dans le manuscrit de Saint-Marc, mais se 



(1 1 Le manuscrit 2275 est antérieur de I toujours une copie directe de 2325, 
i3 ans au manuscrit 2327; c'est presque I faite avant la mutilation de ce dernier. 



NOTATIONS ALCHIMIQUES 99 

retrouve dans le manuscrit 2327. Dans ce dernier iPl. V, 1. 3), le fer et ses 
dérivés, transposés comme il a été dit plus haut, sont suivis du mot χαλν.ίΐν. 
qui manque ailleurs. Puis vient le mot θάλασσα, début de ce qui nous reste 
de la liste mutilée du manuscrit 2325, jusqu'à λΕυζ,ή αιθάλη ή υδράργυρος 
λέγετα'. (PI. V, 1. ι5). Tout ceci est communaux manuscrits 2325, 2275 et 
2327, mais manque dans le manuscrit de Saint-Marc. 

Ensuite on trouve dans les trois premiers les noms des cinq métaux, autres 
que Ter et l'argent aplomb, électrum, fer, cuivre, étain), conformes par les 
épithètes à la première liste de Saint-Marc; on a déjà signalé ce rapproche- 
ment. La similitude des manuscrits 2325 et 2327 à cet égard atteste une 
certaine communauté d'origine. 

5» Les quatre manuscrits de Saint-Marc, 2325, 2275 et 2827, contiennent 
ensuite une même liste, faisant suite à la troisième dans le premier manus- 
crit. Elle débute par /.λαυί'.ανίν PI. Il, col. gauche, 1. 12'; (PI. V, 1. r8) 
et se poursuit sans variante importante, jusqu'à χυλίς :P1. III, 1. ιό, et PI. 
VI, 1. 3). Cette liste renferme à la fois des mots de Chimie et de Minéra- 
logie, des mots de Botanique et de matière médicale, et certaines abrévia- 
tions d'usage plus commun. Les listes du manuscrit de Saint-Marc sont 
ainsi épuisées. On voit qu'elles se retrouvent entièrement dans le manuscrit 
2327 ; mais non dans le manuscrit 2325 . 

6» A la suite de la précédente, on lit dans les manuscrits 2325, 2275 et 
2327 une petite liste, en cinq lignes PL VI, 1. 3 à 7), contenant les 
noms des métaux et divers autres, depuis χρυσά; jusqu'à σ'.ΐήρεως. Le cuivre 
y figure deux fois, l'une avec son signe ordinaire, l'autre avec deux signes, 
dont l'un n'est autre que la première lettre du mot yx'/.y.i:. Ceci accuserait 
une origine plus moderne. Mais, par contre, le mot μζίσ'.ρ'.; semble répondre 
à une source égyptienne. On y voit encore ici le mystérieux mercure d'arsenic 
(1. 4) lequel était probablement notre arsenic métallique, corps sublimable, 
susceptible d'être extrait par l'action de divers agents réducteurs du sulfure 
d'arsenic, et aussi capable d"être fixé par sublimation sur le cuivre qu'il 
blanchit : le tout à la façon du mercure ordinaire, extrait de son sulfure. 

7" Cette liste est suivie par une autre, existant dans les manuscrits 2325, 
2275 et 2327, et qui débute par le mot caractéristique άλλο (PL VI, 1. 8 à 20) 
C'est une série d'abréviations très diverses, et plus modernes, comme en 



lOO INTRODUCTION 

témoigne le mot v£,::v. c^ui signitie eau d;ins le grec actuel. Les symboles 
de l'ange et du démon semblent indiquer que cette liste a été tirée de quelque 
livre magique. L'or y est désigné par un signe nouveau 1. 19). 

Là s'arrêtent les listes des manuscrits 2?25 et 2275. 

8" Le manuscrit 2^27 renferme ensuite une huitième liste, comprenant 
des matières médicales et débutant par le mot άλλως (PI. VI, 1. 20 à 25). 

Elle se termine au mot άλίη. — Ce qui définit cette liste comme distincte 
c'est son existence séparée dans le manuscrit 2419 de la Bibliothèque 
nationale (fol. 274, verso 6). Là les signes seuls y sont dessinés, sans 
interprétation, à l'exception des mots καριία icceurl et η-χρ (foie). 

Cependant la suite du manuscrit 2327 (PI. VI, 1. 26 ; PI. VII, PI. VIII, 
I. I à 41 n'accuse aucune transition brusque ; sauf peut-être au mot pom- 
pholyx (PI. VIII, l.i. 

Cette liste parait d'ailleurs formée par diverses juxtapositions, comme le 
montre la répétition de certains mots (camphre, aloès). 

II existait en effet bien des listes de ce genre au moyen âge : je citerai, par 
exemple, une liste de signes et abréviations, transcrite dans le manuscrit 2419, 
[fol. 1 54, tout à fait distincte par l'ordre des mots qu'elle renferme ; quoique 
ceux-ci soient en sonime les mêmes et répondent pour la plupart aux mêmes 
symboles ou abréviations: par exemple lOr, l'argent, le fer, le cuivre. Téta in, 
le plomb, le ciel, etc. Il y a cependant quelques signes différents, tels que 
ceux de l'ange, du démon, de la couperose. La céruse notamment est expi;i- 
mée au moyen d'un ;j. barré par une ligne verticale, etc. Mais revenons au 
manuscrit 2327. 

q» Le mot αλλ (o: iPl. VIII, 1• 4 marque dans ce manuscrit le début 
d'une dernière liste, probablement composite comme la précédente. Elle 
débute par les noms des métaux. Elle est plus moderne, car l'électrum a dis- 
paru etl'étain s'y trouve avec le signe de la planète Jupiter, au lieu du signe 
de la planète Hermès, qu'il possédait dans les premières listes. Au contraire 
le mercure a pris le symbole de la planète Hermès. 

En résumé, ces listes multiples semblent avoir été tirées de manuscrits dis- 
tincts par l'époque et la composition, dans lesquels elles figuraient d'abord; 
elles ont été mises bout à bout en tête de la collection du manuscrit 2327. 

Celle du manuscrit de Saint-Marc est la plus ancienne et a passé entière- 



NOTATIONS ALCHIMIQUES ΙΟΙ 

ment dans le manuscrit 232- : ce qui est fort important pour les questions de 
tiliation ; mais elle a subi des intercalations et transpositions, qui témoi- 
gnent de remaniements considérables. 

Je donnerai maintenant le résumé des comparaisons entre les signes mul- 
tiples d'un même corps, et spécialement d'un métal, telles qu'elles résuit en 
de Texamen de ces tableaux. 

Les métaux sont représentés surtout par les signes des planètes corres- 
pondantes. Cependant, à côté des signes planétaires des métaux, on en 
trouve d'autres, qui sont de simples abréviations, réduites parfois à l'ini- 
tiale du nom de la planète ou du métal ; tels que : 

Or PI. VI, 1. i9j; 

Cuivre, PI. VI, 1. 3 et 6]; 

Fer (PI. V, 1. i et 17]; 

Mercure PI. VI, 1. i5 ; 

Étain (PI. V, 1. 12 et 16). 

De même le nom de Teau est tantôt figuré par son hiéroglyphe iPl. II, 1. 5 ; 
PI. IV, 1. 26 ; PI. V, 1. 3 ; tantôt par l'abréviation du mot grec correspondant 
[PI. VI, 1. 5). De même le mot fleuve PI. III. 1. 1 ; PI. V, I. 25 : comparées 
avec PI. VII, 1. 7). 

Le nom de la litharge a aussi deux signes : l'un, dérivé de l'argent, l'autre, 
simple abréviation (PI. IV, 1. 19 et PI. VIII, 1. 20 . 

Le signe générique des rouilles (oxydes) métalliques offre deux variantes 
fPl. 1,1. 19 et 25; PI. VI. 1. 11), etc. 

Signalons maintenant les répétitions. 

Tous les noms des métaux existent dans les listes de Saint-Marc, deux 
fois; une fois séparément, une fois dans la liste planétaire. En outre, le 
nom de l'or se retrouve cinq fois dans la seconde liste, celle du manuscrit 
2327 (PI. IV. 1.4; PL VI, 1.3 et 19: PI. Vil. 1. 9: PI. VIII, I. 5). Son signe 
est toujours celui du Soleil, à l'exception d'un signe figuré dans lu plan- 
che VI, 1. 19, qui est double et semble une abréviation. 

Le nom de l'argent se lit trois fois dans la seconde liste iPl. IV, 1. 4 : 
PI. \'l 1 1. 1. 6 et 22). Son signe n'a pas de variante, si ce n'est que le crois- 
sant est placé horizontalement à la dernière place. 

Le nom du cuivre est écrit six fois dans la deuxième liste (PI. IV, 1. g; 



I02 INTRODUCTION' 

PI. VI, 1. 3, 6, I I : PI. VII, 1. 6; PL VIII. 1. 6). Sonsigne o.i're six variantes, 
dont l'une répond à l'un des signes du fer (PL V, 1. 12). 

Le nom du fer esttranscrit quatre fois dans la deuxième liste (PL V, 1. i et 
17 ; PL VI, I. 20 ; PL VIII, 1. 5 et 22). Son signe offre quatre variantes princi- 
pales. En elîet, le nom du fer est représente' par quatre signes principaux.' 
L'un d'eux une flèche avec sa pointe, semble une abréviation du signe pla- 
nétaire. Un autre signe, un Θ, est nous l'avons vu l'initiale du mot θ:υρά;. 
nom ancien de la planète Mars; parfois avec adjonction d'un -. abréviation 
du zjpci'.ç. l'enflammé, autre nom ou épithète de Mars (PI. V, 1. 17). 

Le nom du plomb ligure six fois dans la deuxième liste (PI. IV, 1. 1 1 ; 
PI. V, 1. 1 1 et 16; PI. VI, 1.4; PI. VII, 1.6; PI, VIII, 1. 5); son signe offre six 
variantes. Aucun métal n'a plus de signes que le plomb, matière première de 
la transmutation chez les Egyptiens. Dans l'une des planches ^Pl. VII, 1. 6 , 
le signe ordinaire est doublé par l'adjonction du signe du cuivre. Un autre 
signe du plomb (PL VI, 1. 4) se retrouve à peine modifié, comme signe de 
cuivre (PL VI, 1. 6), et même comme signe adjoint au mercure (PI. VI, 1. i5). 
Cesigne rappelle encore l'un de ceux du soufre (PL IV, 1. 18 , désigné comme 
le plomb par le nom d'Osiris, chez les Egyptiens. 

Le nom de l'étain se voit quatre fois dans la deuxième liste (PL IV, 1. 12; 
PL V,l. i3eti8; PL VIII, 1. 5). Son signe offre cinq variantes. Dans l'une 
d'elles, on retrouve l'un des signes du cuivre (PI. V, 1. i3); dans une autre, 
l'un des signes du fer (PI. V, 1. i3). 

Le nom du métal mercure est signalé cinq fois dans la deuxième liste 
(Pl.IV, 1. 5: PL V, 1.5; PL VI, 1. i5; PL VIII, 1. 6 et 8 . Son signe offre trois 
variantes, savoir : le signe de l'argent retourné; le signe delà planète Her- 
mès, plusmoderne PL VIII, 1. 6) ; enfin le double signe de l'eau-argent, avec 
le croissant ordinaire. (PL VI, 1. i5). On trouve encore le nom du mercure 
associé à celui de l'arsenic (PI. VI, 1. 4), et représenté par un double signe, 
dont la première partie est le signe du mélange ou alliage d'or; la seconde, 
le signe de l'arsenic retourné. Il y là une idée se rattachant à la transmuta- 
tion des métaux et à la fabrication de l'or par l'intermédiaire du mercure, 
réputé former l'essence des métaux, et de l'arsenic, regardé comme l'un de 
leurs principes colorants [Origines de l'Alchimie, p. 238 et 27g). 

Le nom de l'arsenic (sulfures arsenicaux) est tracé quatre fois dans la 



NOTATIONS ALCHIMIQUES I o3 

deuxième liste (PI. V,l. ig; PL VI, 1. 17 et 20; PI. VIII, 1. 21), avec trois ou 
quatre signes différents. Le signe de la planche VI, ligne 26, est le plus mo- 
derne; car ilestemployé couramment dans le manuscrit 241g. Le nom même 
de l'arsenic est associé deux fois (PI. V, 1. 7 et g', à celui de la sandaraque sul- 
fure analogue), laquelle est confondue parfois sous le même signe (PI. V, I.7). 
Ailleurs la sandaraque est.exprimée par le signe du soufre (PI. VIII, 1. 22) : 
ce qui montre que les alchimistes en avaient bien saisi les analogies complexes. 

Le signe de l'antimoine sulfure d'antimoine) existe deux fois dans la 
deuxième liste (PI. V, 1. 10 et 25 ; la première fois, il est associé à celui du 
plomb, probablement parce que Ton avait aperçu l'analogie des deux métaux. 

Les mots : inatras, sel, vapeurs sublimées, etc., donnent lieu à des remarques 
analogues, mais sur lesquelles il parait superflu de s''étendre. 

Nous allons reproduire maintenant ces listes, d'après des photogravures 
prises sur les manuscrits. L'échelle exacte a été conservée pour le manus- 
crit 2327 : mais elle a été un peu réduite pour le manuscrit de Saint-Marc. 

.l'ai donne la traduction, aussi exacte que j'ai pu dans une matière si obs- 
cure, de tous les mots qui figurent dans ces listes. 

Je me suis aidé à cet effet des œuvres de Dioscoride édition Sprengel'; de 
celles deVitruve, de Pline ;édition Sillig, et des Commentaires de Saumaise 
[Plinianœ Exercitationes, i68g). Je laisse à d'autres le soin des remarques 
grammaticales sur ces textes, me bornant à faire observer que l'iotacisme 
est bien plus marqué dans le second manuscrit que dans le plus ancien. 

Pour le manuscrit de Saint-Marc, dont l'écriture est très différente de 
celle du grec moderne, j'ai cru utile de fournir en même temps le texte grec 
en lettres actuelles : ce qui m'a paru superflu pour le manuscrit 2127. 

Voici ces textes : 

Les planches I, Il et 111 reproduisent les folios 6 et 7 du manuscrit de 
St-Marc, à Venise. Les signes sont tracés à l'encre rouge dans le manuscrit. 

Plusieurs signes ont été ajoutés à des époques postérieures à la première 
transcription du manuscrit; les uns au xiv= siècle, les autres au xv». Ils se 
distinguent par la forme des caractères et la couleur de l'encre. Je les 
noterai en passant. 

Les planches IV, V, VI, λ'ΙΙ et N'III sont la reproduction identique des 
fol. 16, 17 et iS du manuscrit 2327 de la Bibliothèque nationale de Paris. 

La traduction repond. lic;ne pour ligne, au texte placé vis-à-vis. 



104 INTRODUCTION 

Figure 3. — Planche I 
ν1ΜΧυΐ1.-Γί-7τΐΕ-ΓΜ*ϋυΗΐτυυΜ {ΓΚΕΙ JJUNUUN eM-TîUTtxwmt'ic 

-nxj'lrsr'mit ?\f fT-A^NHC φι7νο(θφιΐ C "• - 
(y yn v- c ο c tç^ U •>ν i ο c -χ-ρ ύ- r β t 

// ->^τ•νΓ Ο-Τ-ϊτ/τλΑλ <'y κ Κρ ο MO οφλ^ΝΟΝΛ^-ϋΛΐ&ίΟ 

j^ v-p-rc c t KEKJ^-iJUsi pgo 2^e-rcc|>a.t-KiJhj ΝλΡκ-ττ c 

5 <j^XT"^CH^vtK-rj>ow C^ ofT IrHC-rrv.POtic c l.2ïwH ρ C 5 

^V?*^ f1><^°''*^^ 9 ΛφΜ3ϊ>.ΐ'νΗφυυςφ€^"'χλ>κΐ)ί 

d>^ ja.i-A<Lrx.A.'Xl"!rCov X ETXJ-Htc-riAeiAJKfiAxc rYHPoc 

^ il rv-pop 

(Γ, ifn. f oir ΓΉ 

si'• Κ JJLJ >Çi 6 2>-i ir ΓΜ 10 

10 ^ijr-î-f o-v-mhhj-lA, 

^ l l l Ja jjU)7\i BS^cx-a-^VKOt 

Ta ι 1 ^r Γ) jlUiTm ôJZu^-Y- M MHJ_Ul 

l 1 I 1^ JL•Li>xlβ>i.ocκeκ<L:^n-£ NOt 

15 g XiNKe -ν-ΓΗ V KaJCi-^HfO-v-MMHOi-JL 

20 Γ 

J&^ f iîij-l Ρβ'ί-ΤΓίΤΐ^^Ο M uib -^tow -ô- 9 ^«ί*». 25 



15 



20 



NOTATIONS ALCHIMIQUES Io5 

SIGNES ALCHIiMIQUES 

Planche I, première colonne, à iiauche 

Photogravure d'après le utanuscrit de Saint-Marc, fol. 0. 

Στ,,λν.χ -7,; i-:"r,[j:r,; των έγ•/.£;•/έν(,)ν h τ:ϊί -.v/y:/.zX- rj7-;:i;j.;j.ai•. τών ç,;"/,:- 
c;ç.(uv. j.T. \}.ί'κ:ζ-.Λ -f^z \i:jz-.:/.f^z -xp 7.Jt;Tç '/.z-'C\j.irr,z c'./.;j:s'!ac. 

« Signes de la Science, qui se trouvent dans les écrits techniques des 
philosophes : ce sont surtout les signes de ce que ceux-ci appellent la 
Philosophie mystique. 

Xp'j7îç Or. 

Xp'j7Cj ρίνη;λα Limaille d"or. 

Xfjjoj -i-x'hx Feuilles d"or — avec second signe ύ droite, 

d'une e'criture plus récente. 

Xp'jTÎç v.t/.xjj.viz; Or calciné (fondu). 

5 Xpjzr'/.iv.-zz-i Electrum — avec 2° signe plus récent. 

Xpjzzv.z'/.V.x Soudure d'or. 

Μά/.Λ-'χ.α yp-jzzj Mélange d'or. 

"Αργορος Argent. 

'Ap-rjpz-j γη Terre d'argent. 

10 'Ap'-ùpz-j 'pÎTr,\j.x Limaille d'argent. 

'Apyups-j -jzî-xax Feuilles d'argent. 

'Ap'ppz-/pjzzY.z'/'/.x Soudure d'or et d'argent — avec second signe 

récent. 

"Αργυρίς -/.zv.xrj.vizz Argent calciné fondu . 

Xa/.y.îç ■/.j-p'.:; Cuivre de Chypre — avecsecond signed'une 

ancienne écriture, 

lô Xx'/~v.zj γη Terre de cuivre ^minerai . 

Xx'/.v.z'j 'p\'ir,\j.x Limaille de cuivre. 

Xa/,y.;j -έτα/,α Feuilles de cuivre. 

Xa/,y.:ç 7.t/.xj\>.i-izz Cuivre calciné oxydé). 

'lir ^xb.y.z~j Rouille de cuivre. 

20 Όρείχαλκ:; Orichalque. 

Σ'ΐηρι; Fer. — Aa'ai.jç. autre signe. 

ll'.îr,p:j γί; Terre de fer minerai). 

— '.ΐήρ;υ ρίνηυ.χ Limaille de fer. 

Σ'.ίήρςυ T.i -.χΊ.ΖΊ Feuille de fer. 

20 Σ'.ΐήρίυ \zz Rouille de fer. 

Md/.;î;ç isici Plomb. 

14* 



I06 INTRODUCTION 



Planche I, deuxième colonne, à droite. 



"Ηλιος χρ^τίς Soleil, or. 

Σελήνη άργυρος Lune, argent. 

Κρόνος φαίνων μόλιβος Saturne brillant, plomb. 

Ζευς φαέθων ήλεκτρος Jupiter resplendissant, électrum. 

δ "Αρης πορόε'.ς σίδηρος Mars enflammé, fer. 

Άφροοίτη φωσφόρος -/αλκος. . . Vénus lumineuse, cuivre. 

'Ep[j.Y)ç στίλβων -/.χσσίτηρος . . Mercure brillant, étain. 

La suite forme le commencement du verso de la feuille 6 dans le manu- 
scrit ; elle a été ajoutée par le graveur sur la planche I, après les noms des 
planètes, lesquels sont effectivement à droite du recto de la feuille 6 dans le 
manuscrit. 

10 ϋολίβοου γη Terre de plomb (minerai). 

Μολ'.βδόχαλκος Molibdochalque. 

Μολίβδου ρίνημα Limaille de plomb. 

Μόλ'.βδος ν.ε•/.αυΐΑένος Plomb calciné. 

Κασσίτηρος (sic) Etain. — Άλλο, autre signe 

15 Κασσιτήρου γη Terre d'étain iminerai). 

Κασσ'.τήρο^ ρίνη;λα Limaille d'étain. 

Ka-o'.TTjpoj τ.ί-χλχ Feuilles d'étain. 

Κιζσ-ιτηρος •/.ε/.χυμ.Ενος Etain calciné. 

Υδράργυρος Mercure. 

20 Νεφέλη Brouillard (^vapeur condensée). 

Λευκήν ■^αγεϊσχν Concrétion 'coagulum) blanche. 

Ξανθήν παγεΐσαν Concrétion jaune. 

Λιθάργυρος Litharge. 

Θείον ά'-υρον Soufre apyre, n'ayant pas subi Factiondu feu. 

25 Θείον, θεία Soufre. — Matières sulfureuses. 

Θείον άθ'.•/.τον Soufre natif. 

Άοοοσέληνον Sélénite. 



NOTATIONS ALCHIMIQUES IO7 



Le verso de la feuille 6 du manuscrit n'étant pas inséré en entier dans 
ce qui précède, on a ajouté et intercalé les signes qui suivent avec leur inter- 
prétation, dans la colonne de droite, sur la planche II. 



J08 INTRODUCTION 

Figure 4. — Planche II 

X ->rO\Ki-N-S-«C OL ftiSl 1 J_L1.MM t t 

X ViLXKtTHC I ri^JLMIMOKl £/Vd-SONJ 

^iS o'jLj.e?ii- M c-T^-TTrHriâ-r^tTH 

- ' xl. , - • ' ' Ι 

Q « 1 Ν M ϋ 4| ι C Γ)!^ JUiLcr w H C ι ■*- 

icK κ f κ c 

(j/ C} Pt KO J^ i5^^ '^'^ J-UL^ M t-<l_l< M 

V?^ i-rxÎ-rca. t;*T^ A,?iy 'yf*' ?s JL2u κ. « ν m c^— 



T^ iO.<Lt = 



15 



Λ 



211 m ta_i c-v- 



>" 



tLupi — ^- -V £^* 



-Il 



-frl» 



•25 ^^ φ -f^UN juj C ^ -rl-rJLMi^t /^ ίίΒΚττίΕ c^^ 

© ® <ju iL ]Tf " *^ uJ-rH t ^^^ r-i 'τ4 κ h 'i TW 

< CTPiKOSJ OU OU Ν -iXl>i .4^ β Tf-^ « 00 V • 

Kv Κ Ύ-Α-Κΐ or-i 

X -y-t>.oc '^-'^ΛΤ 

31 1 φ cju β ρ Ύ- ζ eu f 1 t a^ (X 

Cr CJ-HXLH 



•2Γ, 



NOTATIONS ALCHIMIQUES 

Première colonne, à gauche. 



log 



La colonne gauche de la planche II 
manuscrit, et la colonne d 



Xi/,y.2vO:ç . 
Xx'/.v.i-.r,:. . . 



■ ■ Couperose. 
• . Minerai pyriteux 
de cuivre. 

-y^''- Pierres. 

L/.jspiîv Chélidoine. 

5 Όχ /Jiz''.x jzx-.x. . . . Eaux marines. 

u;j.cp'.a Eaux pluviales. 

'^'2ω,ΐ Eau. 

Η;Λ£ρ2•. Jours — 2'' s. anc. 

^j'-.i; Nuits. — 'il-.yi:. 

heures. 
10 Η;Λί,ΐ:νυ-/θή;λΕ;7 . . i jour et i nuit 

^i-^'i^ji Feuilles. 

K/.ajî'.zv:-/ Claudianon (al- 
liage)— 2= signe 
plus moderne. 

ly.vvicjtp;; Cinabre. 

Kp:/,:ç Safran. 

1•"' 'p-7.?^ Ochre. 

.\^".•ι\7.ζΊ Arsenic — autre 

signe ancien. 
—:ζ'./.ΖΊ [stc] Couleur rouge 

particulière — 
2° signe plus 
moderne. 
• • Orcanette. — 2= 
signe plus mod. 
— autre signe 
ancien: λίΐ'.7.{ντ,. 
de Laodicée. 



renferme 1 
roite la fin d 

Mir. 



signes 
u folio 



V- , ■ ■ 

— ωρ•. [sicj . 



\Λ•/ί;. ... 

M';;j.jf)•.:•/.. 
Λευκά. . . . 



du folio 7 recto du 
Cl verso. 



Sandaraque (au- 
tre signe anc). 

Misy (couperose 20 
jaune). 

Sori corps ana- 
logue — Ïx/Oiv. 
jaune; signe 
d'écriture plus 
moderne. 

Laccha, sorte 
dorcanette. 

Ce'ruse. 

Les blancs. — 



0'J)X\'1.ZZ 

'ili. 

'Oz-.zxy.z-, 



IV/.:--., 



"Avv:.7 



ϋορυ,ω-'.ί 



Λχβών . . . . 
—τ ή;;.•/; (sic) ■ 



îune ; 
signe ancien. 

Œil. 

.Les œufs. 

Coquilledesceufs 
— répété avec 
autre signe plus 
moderne. 

Bleu. 

\'erre — autre 
signe plus mod. 

Epreuve des mé- 
taux coupella- 
tion) — autre 
signe plus mod. 

Avant pris. 

Antimoine. 



2ô 



Deuxième colonne, à droite. 



' y-.lZZ ΧΊ.Γ,ΊΙΖΖ . 

l'aiiv.v:•/ ίλα 
Κί/,;•/:•/ ϊΊ.χ'.ΖΊ . 

y,i-pz; 

5 Σ-■J--■r,z\z ζγ•.ζ- 

—-.\>~-.τ,ζ:χ : 

10 ILp.W-- . . 



. λ'Ιη doux. 

. Huile de raifort. 

. Huile de ricin. 

. Natron. 
Alunen lamelles 
,:;γγύ/.γ; Allun arrondi. 
Pvrite. 



Kaî;j.Î2 Cadmie. 

Ma-;vr,7;:z Magnésie. 



Λλα-Γ 


Sel. 


.V>.ar Ί.Ζ'.ΊΖΊ 


Sel commun. 


— zy.ov'.ay.dv \si& 

Ύ--.χ'ηζ 

■'A.C3.t:; 


Sel ammoniac. 
Chaux, plâtre. 
Chaux vive — 




2'' signe ancien. 


'l.'viM-•.: ζ:ντ'.•/.ή. . . . 


Rubrique du 




Pont — 2= signe 




ancien. 



15 



Ι ΙΟ INTRODUCTION 

Figure 5. — Planche III 



® β ?.o t . t 

ΪΗγοΝ 

β 

ï< TNoj-Traaicr-ê-fJL 



15 



•' — 

<v« β VI e'axjual" φ 1 •>νθ f <p uj M -t-h e-*-£ \ AJ f -nH t -t-h j-i-h t te «LlTt y^HC ; 

••• .1 I Ll.) C H r : ijULf t Λ_ : 

■t -y- h4 f C 1 ί C : f T JUL-H t ■ ■• 

-rrx^r-CHMr' -fl -ΐ ο r f Β f »jl . 

Λ_φτΠ•0•ί Wf •• H f I . 7s . f . D f » c ■• 

:^>_ι rr SI H I « M ρ iJCJN f ι -TB c .• 

ί TTrraLt et•• 2: <-u C 1 JJ-o c î 

y^ .1 I H c : j ΟΎΤΤνΙ i-Ki H : 



χ^lt^^-u^^oc •. ffpn 



C 



NOTATIONS ALCHIMIQUES 



I I I 



Folio 7, verso. — Planche 111. 

Τ1:-χ\χίΐ Fleuve. — ςχνθίν, jaune — signe plus mod. 

"Οξΐς Vinaigre. 

Σ^ψ:ν Faites fermenter. 

BcTaptsv Botarion ^vase de digestion ?) 

ô Βΐ7νβ•.τα Fumier, liente — signe plus moderne. 

Βίτάνη Plante. 

Αιθάλη îjpavîj Vapeur céleste. 

Χώνη Creuset. 

Λω-ζί y.jOpa Matras de terre cuite. 

Kvf/.avBîv [sic) Fleur de cnécos ou carthame. 

10 Κώμαρ'.ς •. Sélénite ou talc. 

Γη Terre. 

Αίθάλαι Vapeurs sublimées, fumées. 

Άριθμές Nombre — répété avec signe plus moderne. 

λίτρα, livre (poids) 1 
xcètz-zg, chaux vive • signes plus mod. 
τρίβε, broyez. ) 

15 Χωλή Bile. 

Χυλ:ς Suc. 

Σύνθεμα ϊλΐν Formule complète. 

Ονέματα των çChoiiçon της <)z'.x: 1-;ίτή;;.η; y.x: -.iy/r,;. 
Noms des Philosophes de la Science et de Γ Art divins. 



Μο)5η; Moïse. 

20 Αημίκρ'.τ:; uémocrite. 

^■jv£-'.;; Synésius. 

Παύτηρ'.ς Pauséris. 

Πηβ;•/'.:; Pébichius. 



Mxpix. 



— fKV.:x-r,:. 
25 Άίρ•;/.αν:ς. 
Α;υ7.άς. . . . 
Αΐίγένη;. . . 
"Ir-T-x^zç... 

Χίμης. .". . . 
Xî'.jT'.avdr . 



Xénocrate. 

Africanus 

Lucas. 

Diogène. 

Hippasus. 

Stephanus. 

Chimès. 

Le Chrétien. 



'F'-if- 
Θε:-έ6£•α. . . 

Αγχθίΐαίμων 
θείί.λ:.:.... 

ΙΤ-ίΐωρ;;. . . 
Θαλή; {sic . . 
Ήρά/,λε-.τ:;. 

Ζ(07•μ:-: 

Φ'.λάρετ:;.. . 

Ι:υλ'.α•/ή . . . 



Marie. 

Pétasius. 

Hermès. 

Théosébie. 

Agathodémon. 

Théophile. 

Isidore. 

Thaïes. 

Heraclite. 

Zosime. 

Philarète. 

Juliana. 

Sergius. 



■ Cette dernière liste a un intérêt historique, plutôt que technique. Son 
commentaire se trouve dans l'ouvrage sur les Origines de rAlchimie, cite 
plus haut, ρ . I 28 et suivantes. 



1 12 INTRODUCTION 

FiGURK 6. — Planche IV 



'^^ ' 



15 



20 



25 



• » 'Λ '^-5** s. 






cpûVi 






NOTATIONS ALCHIMIQUES Il3 

SIGNES DU MANUSCRIT iZi-j. 
Planche IV, feuille 16 du manuscrit, verso. 
Vois ces signes et comprend-Ies bien : 
Interprétation des signes de l'art sacré et du livre sur la matière 

de l'or. 
Au commencement : or — limaille d'or — argent. 
Mercure — feuilles d'or — or calciné ou fondu. 
δ Soudure d'or — mélange ou alliage d'or. 
Terre ou minerai d'argent — soudure d'or et d'argent — argent 

calciné ou fondu — cuivre de Chypre — terre de cuivre. 
Limaille de cuivre — feuille de cuivre. 

Cuivre calciné — rouille de cuivre — orichalque bronze et al- 
10 liages analogues). 

Cuivre" — étain quatre signes) — plomb. 

Saturne brillant — molibdochalque (alliage de cuivre et de plomb) 

— terre ou minerai de plomb. 
Limaille de plomb — plomb calciné. 

Autre signe de l'étain — terre ou minerai d'étain — limaille 
d'étain — feuille d'étain — étain 
15 calciné — brouillard ou vapeur condensée — litharge 
concrétion blanche — vapeur concrétée jaune. 
Litharge — soufre apyre, n'ayant pas subi l'action du feu. 
matières sulfureuses — soufre 
natif — sélénite — vin d'Amina. 
Huile de raifort — huile de ricin — natron ^deux signes;. 
.,Q Alun en lamelles — (alun) arrondi — pyrite. 
Cadmie — magnésie — sel — sel 

commun — sel ammoniac enabrégéi — chaux deux signes), 
chaux vive. 
Vermillon du Pont — autre signe — couperose. 
Chalcite minerai pyriteux de cuivre) — pierres en abrégé — 
.,r Chélidoine. 

Eaux marines — eaux de pluie — eau 

Jours — nuits — heures — un jour et une nuit. 



114 



1(1 



2 ι 



INTRODUCTION 
Figure 7. — Planche V 



στΗ/ίγ^^ a7fli>i>ifff^ciQ^iff«o'Y^AASS" 



NOTATIONS ALCHIMIQUES 113 

Planche V, feuille 17 du manuscrit, recto. 

Fer — minerai de fer — limaille de fer. 

Feuille de fer — rouille de fer. 

Chalque (poids et monnaie — mer — fleuve — noir. 

Air et astérite (pierre précieuse) — feuille de nover. 
5 Drachme — poignée (mesure — mercure (deux signes qui pré- 
cèdent le mot;. 

Terre de Cimole et suc de tiguier sans signe) — feuilles — ar- 
bouse. 

Sandaraque et arsenic — sandaraque (au-dessus de la ligne) — 
chaux — litharge. 

Mine (poids) — safran — œuf — coucher du soleil — urine. 

Soufre — vinaigre — scrupule (fraction de l'once) — levain. 

Sélénite — stimmi (antimoine) de Coptos mélangé. 
10 Soufre apyre commun — le plomb a quatre signes. 

Puis vient une ligne de signes se rapportant au plomb, à Jupiter, 
deux signes (électrum\ à Tétain, trois signes. 

Hermès en a trois autres (trois signes) — l'or est tel — le 
cuivre. 

Le soufre natif et le soufre brûlé parle feu (fondu ;) et Saturne, 
c'est-à-dire le plomb, s'écoulant de lui-même (cette ligne n'a 
pas de signe spécial). 
15 L'eau de plomb et la vapeur condensée blanche qui se dit mercure. 

Saturne brillant — Jupiter resplendissant — électrum. 

Mars enflammé (deux signes) — Vénus lumineuse. 

Mercure étincelant; étain (pas de signe) — claudianon — cinabre. 
20 Safran — ochre — arsenic ((autre signe double). 

Sandaraque — séricon (soie r ou couleur rouge?) — orcanette. 

Sandaraque de Laodicée. — autre signe — misy — sory. 

Laccha — céruse — molibdochalque. 

Les blancs — œil — les œufs — coquille d'œuf. 

Bleu — verre — coupellation — ayant pris. 

Antimoine — fleuve — vinaigre — ferment ou septique (?). 
•25 Botarion (vase à digestion) — fumier — plante — vapeur cé- 
leste — le signe est à la page suivante). 



Il6 INTRODUCTION 

Figure 8. — Planche VI 



10 



15 



20 



OMPV<r^' KIK^a/uvi^di ©'^»^ • αΟ^^μζ/Οϋ^' 



NOTATIONS ALCHIMIQUES I I y 

Planche VI, feuille 17 du manuscrit, verso. 

Ciel — creuset — matras de lerre cuite — fleur jaune du cnécos 
(plante assimilée parfois au carthame) — cnécos (sans signe). 

Sélénite ou talc — terre • — vapeurs sublimées. 

Nombre — bile — suc ■ — or — cuivre (deux signes). 

Plomb — mercure d'arsenic. 
5 Vinaigre (deux signes) — (vinaigre) piquant — eau de pluie — 
eau de mer. 

Séricon (pigment rouge) — cuivre (répété deux fois — 
deux signes). 

Mposiris(i) : c'est le signe de l'eau précédent, avec un :; ou peut- 
être le même signe que l'or à la ligne 19 — le noir de mvrrhe 
— ferrugineux. 

Autre liste — stylet — écris — mer sacrée. 

Ensemble — encensoir ou parfum — papier —sacré — mvstère. 
10 Signe caractéristique — ange — démon — rouille 
de l'or — rouille de l'argent — rouille de cuivre. 

Electrum — corail — discours [Ou rapport; — vinaigre — litharge. 

Cinabre — herbes — fabrication. 

Livre poids) — mines (poids — eau — un peu — commun. 
15 Ou bien — demi — coquille — mercure. 

Mines (poids) — setier — commun — ensemble (deux signes). 

Arsenic (deux signes) — feuille — sacré — apyre. 

Composition — sec — pulvérisez — divisez en lamelles. 

Vapeurs, fumées — or — plante — limaille. 
20 Autre liste — raclure — fer — camphre — arèn (mâle, ou ar- 
senic ?. ou Mars ? ?) . 

Ensemble — cvclamen — porc (ou utérus"- — semences. 

Argenté — sel — encens — pulvérisez. 

Zizi nazé (gingembre?) deux fois répété avec signes — mastic — 
partie supérieure de la tête? ou rassemblement? 

Cœur — foie — estomac — signe 
25 Larynx — aloès — lunule ou sélénite — safran. 

Poivre — arsenic — pvrèthre — Aromate? 

Pulvérisez. 

(1) Mp est ici pour B. 



Il8 INTRODUCTION 

Figure q. — Planche VII 



20 



25 













X'PiVfe'iJ<^ •ΛΛΐ>ΑΕΓονΑΛο•Η^|9Μϊ/χ^Λ•σίΐρί')«»ν<?π^' 

tÎjrr υσΐ<4<^<^ςΓν^ς -MiKoy/ttf •σîA'*V<>«rpA' 
•• C / Λ ' • κ /Ol/ 

■fj/' -σ^ο^σ^• cutH/^ Kix^iVoy KK/**ayV 



NOTATIONS ALCHIMIQUES lU) 

Planche VII, folio 18 du manuscrit, recto 

Roquette (eruca) — t'ortemcnt — antiJote — plante. 

Natron — ■ homme — tils — comme — si — il est deux signes). 

De ou de la part — sur — triturez — couperose. 

Cathmie ou cadmie — grand — magnésie — oiseau — ortie. 
5 Eau — encens — fleur — plomb signe double . 

Cuivre — écailles ou écorces — pétasite (plante) — blanc. 

Amas de terre — frisson ou arcane fleuve — bain. 

Pomme — sec — il dit — nard — racine. 

Yeux — arrondi — long — or 
1ύ Asemos — soufre — terre — ciel — temps. 

Terrestre — natron — dans le — et — car — et car. 

Séricon — fruit de myrte — lune — polvpe (ou fougèrel . 

Scammonée — marrubium ir'i — agaric. 

Coloquinte — fleur de thym — amome — galbanum. 
lô Myrrhe — Ladanum igomme aromatique) — amidon (^farine i. 

Clou de girofle- — musc — noix muscade. 

Ambre — safran — acacia — galanga. 

Momion (bitume) — cardame — huile — axonge. 

Vin — décoction — opoponax. 
20 Lis — rue des bois — corne? — soie ou pigment rouge. 

Arcos, plante? (i) — valériane — stachys — véronique. 

Meum (ombellifère) — coagulum, lait caillé — une fois — pèche (?). 

Jusquiame — pavot — semence de lune. 

Camphre — concombre — feuille. 
25 Air — fruit — tapis, couche — chaux. 

Sucre — farine — ricin — manne de signe est à la page suivante). 



(i) Voir S.'iLMASics, de Homonj'mis 1 hiue, .V/..i/R'i-e );ieiic.T/t', livre IV, ch;ip. 
Hyles latrica', p. 32, a, C. — Diosco- | Cl\' et CW 



1 20 INTRODUCTION 



Figure ι ο. — Planche VIII 



10 



1δ 



20 



Ι 



^i//^l oty >5*f^ ^ctJu) V^ ^ ^Xl ÔOL y^'^Mcij 
Tfr*08^YrVfi>cD• M/ifcrOQ• vί^p^S:■^'Ί'ό^• 
cnS^foq'?\- crcivÎT»'**^ -^'A^T^*^/^ •• .«y»ru^oςr(sί• 



NOTATIONS ALCHIMIQUES 121 

Planche VIII, folio du manuscrit, verso. 

(En haut et hors ligne) pulvérisez — vapeurs condensées — océan 
^ou le bleu ? . — le pompholix ? ^signe seul) — santal — rhu- 
barbe — aloès. 

Miel rosat — sumac — avoine. 

Grande centaurée — serpentaire — pierre — hématite (deux fois, 
sans signe). 

Myrte — autre liste (les signes précèdent ici les mots) — le plomb, 
5 de Saturne — l'étain — le fer. 

L'or — le cuivre — le mercure — l'argent. 

(Puis les mots précèdent de nouveau les signes) — soufre — natron 
— partiel — vert — vers. 

Mercure — demi — eau — soufre. 

Suc (des plantes) — divisez (ou parties) — faites^ fondre — livre 
10 — pyrite. 

Couperose — livre — quatrième ou quart (d'once?) — le cyathe 
(mesure de poids). 

Scrupules (poids) — cuillerée (mesure) — obole — chSme (mesure 
de capacité). 

Demi-obole — triblios ou cotyle (mesure de capacité) — deux 
oboles — chénice (mesure) — trois oboles — le carat (tiers d'o- 
bole) — quart d'obole — l'holque (poids) — la drachme, 
ly Cuillerée (mesure) — le setier — le chalque(monnaie) — la cotyle. 

Le statère — le denier — les chalques (mesure). 

La fève [mesure) — chalcite ou calamine — le chaud — cathmie 
(pour cadmie). 

Le premier jour du mois (?) — ensemble — la bile — le sel. 

Le suc (des viandes) — couperose (misy) — partie — calciné. 
20 Céruse — semence — litharge — antimoine. 

Ronde — pyrite — arsenicaux. 

Fer — sandaraque — écorce ou écaille — argent. 

Couperose — cœur — des longues (?) — complet. 

Emeri — gingembre? selon d'autres myrrhe — vénérable — autour. 
25 Brasier — vie heureuse — polype ou fougère. 

Volatil — oiseaux (œufs d') — oison — champignon. 

Porcin — désirable — sec. 

16• 



Ι 22 



INTRODUCTION 



Quelques mots, en finissant, sur la date à laquelle remontent les signes 
que nous venons de reproduire. Les signes des planètes figurent déjà dans 
les papyrus astronomiques du Louvre, qui remontent au temps des Anto- 
nins ; ainsi que daris ceux de Leide, un peu plus récents. Dans ces derniers, 
ils sont en outre appliqués à l'or (i), à l'argent et à des noms de plantes 
et de minéraux, comme dans nos manuscrits. Certains autres signes, celui de 
l'eau par exemple, sont des hiéroglyphes. Le nomd'Osiris (PI. VI, 1. 7) était 
employé, d'après Stéphanus [Origines de l'Alchimie, p. 32), pour désigner le 
plomb et le soufre (même signe pour ces deux corps, PI. V, 1. 11) chez 
les Egyptiens; dans notre planche VI, ce signe rappelle aussi un signe 
spécial de l'or, situé plus bas (PI. VI, 1. ig). 

Les signes de matière médicale sont plus modernes que ceux des métaux 
et des planètes. Je ne les ai pas trouvés, par exemple, dans les pages 
reproduites par Lambecius [Comm. de Biblioth. Cœs., Liv. II, p. i35 et 
suivantes) et par Montfaucon [Paléographie grecque, p. 202), d'après un 
manuscrit célèbre de Dioscoride, écrit vers la fin du v« siècle pour Juliana 
Anicia, fille d'Olybrius, l'un des derniers empereurs d'Occident (2). 



En raison de l'importance de ces signes, pour la lecture des manuscrits 
alchimiques et médicaux, j'ai cru utile de faire un petit lexique des mots 
contenus dans les tableaux précédents, avec indication de la planche et de la 
ligne correspondante : les mots ont été conservés, pour plus de sincérité, 
tels qu'ils existent dans le Manuscrit, sans en corriger les fautes et sans 
les ramener soit à leur forme régulière, soit au nominatif. 



(i) Le Soleil (et l'or) sont parfois dé- 
signés par un cercle avec un point cen- 
tral, surtout chez les astronomes; 
l'électrum et Jupiter de même (fig. 7, 
1. i3). Ce signe représente aussi l'œuf 
(fig. 4, 1. 26), l'œil (fig. 9, 1. 9), le ciel, 
tout objet rond (fig. 9, 1. g), tel qu'une 
variété d'alun, par exemple; mais il est 
généralement affecté au cinabre, ingré- 



dient fondamental de l'œuf philosophi- 
que, dans nos manuscrits (fig. 4, 1. i3 ; 
fig. 8, 1. i3). 

(2) Lambecius, p. 222 ; Montfaucon, 
p. 204. Le nom même de Juliana figure 
dans la liste du ms. de Saint-Marc, 
PI. III, avant-dernière ligne, p. 1 10 du 
présent Volume. 



NOTATIONS ALCHIMIQUES 



123 



LEXIQUE DES NOTATIONS ALCHIMIQUES 



Άγαριχον : VII, i3. 
"Αγγελο; : VI, lo. 
"Αγχουσα :II, i8, 20. 

— λαοίχίντ) : II, i8; 
V, 20. 

"Αερ : VII, 25. 
'Αήρ : V, 4. 
Αΐθάλ«ι:ΙΙΙ, i3;VI, 

19; VIII, 10. 
— oùoavoî : III, 7; 

V, 26. 
ΆίΒάλη λευκή : V, ι 5. 
ΑΊΘάληταί : VI, 2. 
ΑΊ,αατητης : VIII, 4• 
Άχάζεα : VII, TJ. 
Άχτί : VII, 26. 
"Αλας : II, 1 5; IV, 
22; VI, 22; VIII, 
ι8. 

— κοινόν : II, 1 6 ; 
IV, 23. 

Άμμονιακον : II, ly; 

IV, 23. 
Άλοη : VI, 2 5. 
"Αμηλον : VII, 1 5. 
"Αρι-αρ : VII, Ι/. 
Ά[ΐώ : VII, 14. 
Άνάκεφαλον : VI, 24. 
"Ανθρωπο; : VII, 2 1 . 
-Ανθό; : VII, 5. 
Άνθράκια : VIII, 25. 
Άξούγγην: VII, Ι 8. 
Άντίδοτον : VI. ι. 



"Απυρον : VI, ij. 

(Voir θείον.) 
Άργυρο;, αργύρου : Ι, 

2, 8; IV, 4; VIII, 

6, 22. 

— γη : Ι, g; IV, 7. 

— ίο; : VI, II. 

— κεκαυμε'νο; : Ι, 1 3 ; 
IV, 8. 

— ηε'ταλα : 1, 1 1 . 

— ρίνημα, ρίνισμα : 
Ι, ΙΟ. 

— χρυσοζολλα : Ι. 
12, IV, 7. 

"Αρη ν : VI, 2 0. 

"Αρη; : Ι, 5; V, 17. 
'Αριθμό; : III, 14: 

VI, 3. 
"Αρ/.ο; : VII, 21. 
Άρσε'νιχον, άρσενίκην : 

II, ι6; V, 7 ig; 

VI, 17, 26; VIII, 

21. 

"Αρωαρ: VI, 26. 
"Ασβεστο;: π, 25; III, 

14; IV, 24; V, 7• 
Άσημο; : VII, ΙΟ. 
'Αστερ;'•:η; : V, 4• 
Άφροΐίτη : 1. 6; V, Ι J. 
ΆοροαΓ/,τ^ιο•/ : 1,27; 

IV, 19 ; V, ΙΟ. 

Β 
Βο'λβαα : III, 5; V, 

25. 



Βοτάνη : III, ό; V, 

25;VI,i9;VII, Ι. 

Βοτάριον : 111,4; V. 

25. 
Βρικύνιον : VII, 21- 
Βρόμιο; : VIII, 2. 



Γϊλϊγ/.ά : VII. 17• 
rip : VII, II. 
Γαστηρ : VI, 24• 
Γη: III, 12; VII, ΙΟ. 
(Voir les métaux.) 
Γραμμάρ'.ον : V, g; 

VIII, II. 
Γράοε : VI, 8. 
Γραφείον : VI, 8. 



Ααι'μο;ο; : VI, ιο. 
Δηνχριον : VIII, 1 6. 
Α'.άργυρο; : VI, 22. 
Λραγμή : V, 5. 
Λρα/μή:ν. 5;VIII. 

14. 
Δρακοντ;'α : \ III, 3. 
Δp^μ■JTO■J : VI, 5. 
Λύσ•.; : V, 8. 



Έλαιον : VII, 1 8. 
Voir κι'κίνον et 

paoavevov.) 



Έλύίριον: II. 4; IV, 

25. 

Έντω : Vil, 11. 
Έ-ιθύμ'.ον : VII. ΐ4• 
Έρμη; : Ι, 7 ; V, 1 3, 

Έστ•. : VII, 2. 
Εΰζωτίν: VIII, 2 5. 
Ευζοιμον : VII, Ι. 
"Εψημα : VII, IQ. 



Ζεΰ;:Ι,4;ν,ΐ2,ι6. 
Ζιζίνάζη : VI, 23. 
Ζύμη : V, g. 

Η 

"Ηγουν : VI, Ι :. 
"Ηλεκτρο;, ήΤ,εκτρον 

Ι, 3, 5; V, 12, 

ι6; VI, 12. 
Ήλιο; : Ι, Ι. 
Ήμερ«ι:ΙΙ,9;ΐν,27. 

Ήμερονυ/.Οτίμερα : II, 
ιο; ήμερο'νυκτον : 
V, Ι. 

"Ιίμιση : VI, 1 5; 
VIII, 8. 

"Ην; VI Ι, 2. 

"Ηπαρ (ϋπαρ) : VI, 24- 

Θ 

Θάλασσα: ν, 3; VI, 



124 

Θαλάσαια ΰοατα : II, 
5; IV, 26; VI, 7- 

03îa:I,25;IV, 18. 

Θίΐον: 1,25; V, q; 
VII, ίο; VIII, 
7,8. 

— άΟίκτον : Ι, 20 : 
IV, ig; V, 14• ; 

— απυρον ; Ι, 24 ; 
IV, i8;V, II. 

©Ξρμος : VIII, Ι7• 
Θυ;χ•*[ΐα : VII, 5. 
βυαίασον : VI, g. 

Ι 

Ίερατ:•/.όν : VI. q. 17. 
Ίό; : VI, 1 1 . (Voir 

les métaux.) 
"Ιρα θάλασσα : VI, 8. 



Καδ,αία, 7.αθ|χ•'α : II, 
1 1 ; IV, 22 ; VII, 
4; VIII, 17. 

Κααφωρά : VI, 20 ; 

VII, 24. 
Κάροαμον : λ'1 1 , 1 8. 
Καρδία :VI,24;Vni, 

23. 

Καρίοουλον : VII. 

ι6. 

Καρ-ό; : VII, 2?. 

Καρΰζ'.ον -έταλον : 

V, 4• 
Κασσίτερος, κασσιτε'- 
poj :Ι,7; IV, 12, 
ι5; V, 12, ι8; 

VIII. 5. 

—γΐ,: Ι, Ι 5; IV, Ι 5. 



INTRODL'CTION 



— -/îzajjjLÎ'vo; ; Ι, 1 S ; 

IV, 17• 

— πε'-αλα : Ι, 17; 
IV, ι6. 

— ρίντ,ιχα, ρίν.σιχα : 

1. ι6; IV, iG. 

Κό•/.αυ;χενο; : VIII. 
Ι g. (Voir les mé- 
taux.) 

Κέρα; : VIII, 8. 

ΚερΓ,ν : VII, 20. 

Κ:•/.:5•.ον : VII, 2G. 

Κίζινον ε).αιον : 1 1 , 4 ; 

IV, 20. 
Κιχλάμινον : VI, 2 1 . 
Κιμ(•ιλία : V, 5. 
Κιννάβαρις : II, ι3; 

V, ι8; VI, ι3. 

ΚλαυΟ'.ανον : II, 12; 

V, ι8. 
Kva[j.;j.ov : VI, 20. 
Κνί/.ανΟον : III, ιο; 

VI, Ι. 
Κνί/.ο; : VI, 2. 
KviS•. : VII, 5. 
Κο'.νον : VI, 14, ι6. 
Κολο/ν/Οτ, : VII, Ι4• 
Κοιχαρον : V, 6. 
Κόραλος : VI, 12. 
Κοτύλη : VIII, 1 5. 
Κουκουαάρ'.ον : VII, 

24• 
Κο/λτ,άρ'.ον : VIII, 

ι5. 
Κοχλία; : VIII, Ι 1• 
Κρίνεα : VIII, 20. 
Κρο/.ο: : II, 14; V, 

8,i8;VI.25;VII, 

17• 



Κρο'νο; : ν. ypo'vo;. 
ΚύαΟο; : VIII, 1Ι• 
Κύαμ.ο; : VIII, 17• 
Κυανόν : II, 28; V, 

24• 
ΚύΟρα : III, q. 
Κώι^αρ'.; : III, 1 1 ; 

VI, 2. 

Λ 

Λαόών : II, 3ι ; V, 

24• 
Λάοανον : VII, ΐ5• 
Λαοιζ'νη : II, ι8; V, 

20. 
Λάρηγξ : VI, 25• 
Λα/α; : II, 22; V, 

22 . 
Λείωσον: VI, 1 8, 22, 

27• 
Λε-ίδε; : VII, 6; 

VIII, 22. 

Λε•J■/.i : II, 24; V, 

23. 
Λευ•/.}) αίΟάλη : V,l5. 
Λευζήν παγεΤσαν : Ι, 

2ΐ;ΐν, ι8. 
Λευ/,όν : VII, 7- 

Λίίανον : VI, 22. 
Λιθάργυρο; : Ι, 23; 

IV, 17, ι8; V, 
7; VI, ι3; VIII, 

20. 

Λίθο; : II, 3: IV, 

25; VIII, 3. 
Λόγος : VI, 12. 
Λουτρίν : VII, 7• 

A'j[rM : VIII, 3. 



Λύτρα, λίτρα : III, 
i4;VI,i4;VIII, 

9• 
Λω-ά; ζ.ύθρα: III, g. 

Μ 

Μαγνησία : II, ΐ3; 

IV. 22; VII, 4• 
Μακρόν : VII, g; 

VIII, 23. 
Μάνα : VII, 26. 

Μαστί/η : VI, 2 3. 
Μέγα : VII, 4• 
Με"λαν : V, 4• 
Μερ'.κόν : VIII, 7- 
Mέpo■.([λερη):VIII,g. 
Μερο; : VIII, 19• 

Μήλα : VII, 8. 
Μίκον : VII, 23. 
Μίοι : VII, 22. 
Μίσυ:ΙΙ,20; V, 21 ; 

VIII, ig. 
Μνϊ;: V, 8; VI, 14, 

ι6. 
:ΜολεΌν : VII, 20. 
Μολιβδος, (ΐολίόδου : 

Ι, 3, 26; IV, 12; 

V,ii;VI,4;VII. 

6; VIII, 5. 

— γη : Ι, ίο; IV, 
ι3. 

' τ "^ 

— κεκαυ;αενο; . 1, ι J , 
IV, ΐ4• 

— ρίνΤ|[Αα, ρίνισμα : 
Ι, 12; IV, 14• 

— -^δωρ : V, Ι 5. 
Μολιβδό/αλχος : Ι, 

ιι;ΐν,ι3; ν,22. 
Μοαιον : VII, ι8. 



NOTATIONS ALCHIMIQUES 



125 



Μοσ/ο; : VII, 1 6. 
Μοσχοχάριδον : VII, 

1 6. 
Mouppâ : VIII, 24. 
Μου/•'ον ; VIII, 20. 
Μ-ο'σιρ;; : VI, ~. 
Μυρσηνη : VIII, 4- 
Μυαττ|ρ'.ον : VI, 10. 



NapSo;: VII, 8. 
Νερόν : VI, ΐ4• 
ΝεοΛη : Ι, 2ο; IV, 

17, ι8. 
Νιτρον : II, 5 ; IV, 

20 ; VII, 2, II ; 

VIII, 7- 
Noj[j.;j.-vo; : νΐΙΙ,ι 3. 
Νύ/.τε;:ΙΙ,9;ΐν,27. 



ΞανΟήν πιγΕΪίαν : Ι, 

22; IV, ι8. 
ΞανΟόν : Π, 24; III, 

Ξό'σττ,; : VI, ι6; 

VIII, ι5. 
Ξτ,ρον:νΐ, ι8; VII, 

8; νΠΙ, 27- 
Ξυλαλοη : VIII, I. 

Ο 

Όβολο'ς : VIII, II, 

12, ι3, 14. 
Οίνον : VII, iq. 
Οίνο; άμ,ηνε'ο; : II, ι; 

IV, IQ. 



Όλι'γον : \\, 14. 

Όλ /.i) : νΠΙ, 14. 
Όμβρια : II, 6 ; IV, 

26. 

Όμοΰ : VI, 9> ■'5> 
21 ; VIII, ι8. 

Όξος: 111,2; V, q, 
25; VI, 5, 12. 

Όπο-άναζο; : VII, 
IQ. 

Ό::(3; συ/.ης : V, 6. 

Όρ^'/αλ/.ο; : Ι, 20. 

Όρν.Ο.'α : VIII, 26. 

Όρν;ς : VII, 4• 
Όστρα/.ον : VI, 1 5. 
"OcfTpa/.ov ώων ; II, 

27; V, 23. 

Ούγγια : VIII, 10. 
Ουρανός: VI, Ι, VII, 

ΙΟ. 
Οΰρανοϊ α'θάλη : III, 

-• ν •>6 
Ουρον : V, 8. 
ΌφΟαλαο; : II, 25; 
ν, 23; VII. 9- 

π 

ΠαγεΤσαν λευ/.ήν : Ι, 
21 ; IV, ι8. 

— ςινΟΙ,ν : Ι, 22; 
IV, ι8. 

Παρά : VII, 3. 

Πε-ερεως: VI, 26. 

Περί: VII, 3. 

Περ.ξ:νΐΙΙ,24. 

Περσών : VII. 22. 

Πέταλα : II, ι ι ; V, 
6; VI, 17- (Voir 
les métaux.) 



ΠετΓ,νοΟ : VIII, 20. 
Πετάστη; : VII, 6. 
ΙΙ./.τη \t.t;,-J;) : VII, 

22. 
Ποθηνός : VIII, 27• 

Πο•'α : VI, ι3. 

Πο;ν,7•.; : VI, 1 3. 

IloXj-doiov : VII, 
12; VIII, 25. 

Πορΐ3θλυς : VIII, 1• 
Ποταμός : III, Ι ; V, 

3,25; VII, 7• 
Πο-ε : νΐΙ,22. 
Προς; VIII, 8. 
Πύρ'.θρον : VI, 26. 
Πυρι'της : II, ίο; IV, 

22; VIII, 9' 2ΐ• 
Πυρο'ε'.ς ! Ι, 5. 



'Ραφάν.νον ελαιον : II, 

3; IV, 20. 
'Ρέον: VIII, I. 
'Ρίζα : VII, 8. 

'Ρινημα. ρίνισμα : VI, 

ig.lVoir les mé- 
taux.) 

'Ροοο'σταμον : VIII, 2. 

'Ρου: VIII, 2. 



Σανοαρά/η : II, 19 ; 

V, 7, 20 ; VIII, 

22. 

Σαντάλην : VIII. ι. 
'Ζί -ijio : VII. 26. 
Σελτίνη : Ι. 2; VII. 

12. 



Σεληνίοιον : VI, 2 5. 

Σελτ,νο'σ-ερμα : VII, 

20. 
Σεμνον : VIII, 24• 
Σημείον : VI, 24. 
Στίρ'.κον, σίρ'./.ον : II, 

i7;V,2o;VI,6; 

VII, 12, 20. 
Σί)ψον;ΙΙΙ, 3;V,25. 
Σιοηρε'ως : VI, 7• 
Σίδηρος, (s'.ot'iÇO'j : 

Ι, 5, 21 ; V, Ι, 
i7;VI,2o;VIII. 

5,22. 

— γη : Ι, 22 ; V, 1. 

— ίο'ς : Ι, 25; V, 2. 

— ::ε'ταλον : Ι, 24; 
V, 2. 

— ρίν.σμα, ρίνημα : 

1,23; V, 2. 

Σινωπ'ις ποντ'.ζή : Π, 

26; IV, 24. 
Σ/.αμονία : VII, ι 3. 
Σμτίριος VIII, 24. 
Σμφνομε'λανος Γ VI, 

7• 
Σμύρνη : VII, 1 5. 

Σμύρτον : VII, 12. 
Σ~έρματα : VI, 2 Ι ; 

VIII, 20. 
Στατηρ : VIII, 1 6. 
Στάχης: VII, 2 1. 
Στημη, στίμμι : II, 

32; ν,25; VIII. 

20. 

ΣτΛβο^ν : Ι, 7. 

— /.ο-τ•-/.όν : V, ΙΟ. 
Στρογγίλον : VII, q; 

VIII, 20. 



126 



INTRODUCTION 



Στρώ[Αα : VII, 2 5. 


— θαλάσσης : VI, η . 


-γη :Ι, ι5; IV, 


— πέταλα : 1,3; 


Στυπτηρία σ-/_ισττ| : 


— \μίΚ'&'Λ•-^ : V, Ι 5. 


ΙΟ. 


IV, 5. 


II, 6; IV, 21. 


— Οετοϋ : VI, 5. 


— 'ιός : Ι, Ι g; IV, 


— ρίνημαοα ρίνισμα: 


— στρογγυλή : II, 


"Υαλος : V, 24• 


11; VI, II. 


Ι, 2; IV, 4. 


7; IV, 21. 


"Υελο; : Π, 29. 


— χεχαυμε'νος . Ι, 1 8 ; 


Χρυσο'κολλα : Ι, 6; 


Σύνθεμα, σύνθημα : 


Ύετοϋ (ϋοωρ-) : VI, 


IV, II. 


IV, 6. 


III, 17; VI. ι8. 


5. 


— χύ-ριος : Ι, 14; 


Χύθρα:ΙΙΙ,9;νΐ,ι. 


Συχης οπός : V, 6. 


'Υιός : VII, 2. 


IV, 9• 


Χυλός: III, ι6; VI, 


Σχιστόν : VI, 17- 


Ί'σκίαμος : VII, 23. 


— πέταλα : Ι, 17: 


3; VIII, 8. 


Σφο'ορα : VII, Ι. 




IV, ΙΟ. 


Χυμή : VIII, 12. 


Σώρι : ΙΙ,2ΐ; ν, 2 1. 


Φ 


— ρίνημα, ρίνισμα : 


Χειμός(-/υμός): VIII, 






Ι, ι6; IV, ΙΟ. 


'9- 


Τ 


Φαέθων : Ι, 4• 


Χαραχττ[ρισμα : VI, 


Χωλή, χολή :ΙΙΙ, ι 5; 




Φαίνων Κρο'νος : Ι, 3. 


ΙΟ. 


VI, 3; VIII, 1 8. 


Τε'λειον : VIII, 23. 


Φησιν : VII, 8. 


Χάρτης : VI, 9• 


Χώμα : VII, 7• 


Τέταρτο; : VIII, ίο; 


Φοΰ ; VII, 21. 


ΧερσεΤος : VII, 1 1. 


Χώνη:ΙΙΙ,8; νΐ,ι. 


Ι4• 


Φριχτής : VII, η. 


Χηνάριον : VIII, 26. 


Χώνευσον : VIII, 9• 


Γίτανος: 11,25; IV, 


Φύλον : VII, 24- 


Χλορόν : VIII, 7• 




23; VII, 25. 


Φωσφόρος : Ι, 6. 


Χοινίχη : VI, 21 ; 


Ψ 


Τουρμόν : VII, 1 3. 




VIII, ι3. 




Τρείς : VIII, 1 3. 


Χ 


Χοιρε'ου : VIII, 27- 


Ψιμύθιον . II, 23; 


Τριδλίος : VIII, 12. 




Χρόνος : Ι, ί ; IV, 


V, 22; VIII, 2θ. 


Τρίβε : III, 14. 


Χαλβάνην : VII, 14• 


ι3; V, Ι. S 16; 




Τρίψον : VII, 3. 


Χάλ/ανθο; : II, Ι ; 


VII, 10; VIII, 5. 


Q 




IV, 25; VII, 3; 


Χρυσήλεχτρον : Ι , 




Γ 


VIII, ΙΟ, 22. 


5. 


Ώά : II, 26; V, 23. 




Χαλχίον : V, 3. 


Χρυσός," χρυσού : Ι, 


Ώόν : V, 8. 


Ύδρίάργυρο; : Ι, ig '. 


Χαλχίτης : II, 2 : IV, 


i;IV,4;V, ι3; 


Ώβρύζωσι; : Π, 3ο; 


IV. 5; V, 5, ι5; 


25; VIII, 17- 


VI, 3, 19 ; VII, 


V, 24. 


VI, ι5; VIII, 6, 


Χαλχός, -/αλκοϋ : Ι, 


9; VIII, 5. 


Ώχυανός : VIII, 0. 


8. 


6, i4;IV,i2;V, 


— ιός : VI, ΙΟ. 


-Ωραι:ΙΙ,9;ΐν,27. 


— άρσενί/.ου : VI, 4• 


ι3, 17; VI, 3, 6; 


— κεχαυμε'νος : 1,4; 


Ώρίχαλχος : Ι, 2θ: 


"Υδωρ : II, η; IV, 


VII, 6; VIII, 6. 


IV, 6. 


IV, 11. 


26; VII,5;VIII, 


Ι 5. 


— μάλαγμα : 1,7; 


Ώς : VII, 2. 


6,8. 


Χαλχών : VIII, ι6. 


IV, 6. 


"Ωχρα: II, Ι 5; V, 19- 



FIGURES D APPAREILS I27 



V. — FIGURES D'APPAREILS 



ET AUTRES OBJETS 



Les manuscrits alchimiques renferment un certain nombre de ligures 
d'appareils et autres objets, destinés à faire comprendre les descriptions du 
texte. Ces figures offrent un grand intérêt. Quelques-unes ont varié d'ailleurs 
dans la suite des temps ; sans doute parce que les expérimentateurs qui se 
servaient de ces traités en ont modifié les figures, suivant leurs pratiques 
actuelles. Le tout forme, avec les figures de fourneaux et appareils d'une 
époque plus récente, tels qu'ils sont reproduits dans la Bibliotheca Che- 
mica de Manget, un ensemble très important pour l'histoire de la Chimie. 
Je me bornerai à étudier les plus vieux de ces appareils ; car ce serait sortir 
du sujet de la présente publication que d'en discuter la suite et la filiation 
jusqu'aux temps modernes ; il serait d'ailleurs nécessaire de rechercher les 
intermédiaires chez les Arabes et les auteurs latins du moyen âge. 

Les figures symboliques mériteraient à cet égard une attention particu- 
lière, par leur corrélation avec certains textes de Zosime, dans son traité 
sur la vertu, etc. Je citerai, par exemple, de très beaux dessins coloriés, 
contenus dans le manuscrit latin 7147 de la Bibliothèque nationale de 
Paris, représentant les métaux et les divers corps, sous l'image d'hommes 
et de rois, renfermés au sein des fioles où se passent les opérations ^fol. 80, 
81 et suivants). Dans la Bibl. Chemica de Manget, on voit aussi des figures 
du même genre (t. I, p. gSS, pi. 2, 8, 11, i3, etc; Genève, 1702). Il y a là 
une tradition mystique, qui remonte très haut et sans doute jusqu'au 
symbolisme des vieilles divinités planétaires. 

Mais ce côté du sujet est moins intéressant pour notre science chimique 
que la connaissance positive des appareils eux-mêmes. En ce qui touche 
ceux-ci, je ne veux pas sortir aujourd'hui de l'étude des alchimistes grecs. 
J'ai relevé tous les dessins qui se trouvent dans le manuscrit de Saint-Marc 
(χιβ siècle), dans le manuscrit 2325 de la Bibliothèque nationale (xiii= siècle). 



128 INTRODUCTION 

et dans le manuscrit 2327 (xv= siècle), ainsi que dans les manuscrits 2249, 
22 5oà 2 252, 2275,2829, enfin danslesdeux manuscrits alchimiques grecs de 
Leide et dans le manuscrit grec principal du Vatican. J'ai fait exécuter des 
photogravures de ceux de Paris et de celui de Venise, afin d'éviter toute 
incertitude d'interprétation. Ce sont ces figures qui vont être transcrites 
ici : on y renverra dans l'occasion, lors de l'impression des textes cor- 
respondants. 



Figures du manuscrit de Saint-Marc. 

Je donnerai d'abord les figures les plus anciennes, celles du manuscrit 
de Saint-Marc, savoir : 

La Chrysopée de Cléopâtre, formée de plusieurs parties corrélatives 
les unes des autres, les unes d'ordre pratique et les autres d'ordre mys- 
tique ou magiques : c'est la figure 1 1. 

La figure 12 en est l'imitation grossière (partielle), tirée du manuscrit 
2325, et la figure i3, tirée du manuscrit 2827, dérive du même type, 
avec des variantes considérables et caractéristiques. 

Les figures 14 et 14 bis reproduisent l'alambic à deux récipients {dibicos), 
déjà dessiné dans les précédentes, mais avec diverses variantes. 

La figure i5 est celle de l'alambic à trois récipients (tribicos). 

La figure 16 représente un appareil distillatoire, sans dôme ou condensa- 
teur supérieur, et muni d'un seul récipient. 

La figure 17 est celle du tribicos, d'après le manuscrit 2325. 

La figure 18 a l'apparence d'une chaudière distillatoire. 

La figure 19, à peine ébauchée, semble le chapiteau d'un appareil ana- 
logue. 

Les figures 20 et 21 sont des appareils à digestion, en forme de 
cylindres. 

La figure 22 est un bain-marie à kérotakis (palette pour amollir les 
métaux). 

La figure 23 en est la reproduction, d'après le manuscrit 2325. 

La figure 24 est un autre bain-marie à kérotakis. 



FIGURES D APPAREILS I 2g 

Les figures 25, 26, 27 reproduisent des variantes et détails des appa- 
reils précédents. 

Le manuscrit de Saint-Marc ne renferme pas seulement des figures 
d'appareils, mais aussi divers dessins mystiques ou magiques, comme la 
Chrysopée de Cléopâtre en a déjà fourni l'exemple : je les ai fait également 
reproduire. 

Ce sont : 

Fig. 28 : la formule de l'écrevisse (ou du scorpion^ qui semble résumer 
une transmutation. 

Fig. 29 : deux alphabets magiques ou cryptographiques. 

Fig. 3o : le Labyrinthe de Salomon, d'une écriture plus moderne. 

Fig. 3 I : un symbole en forme de cœur renversé, contenant le signe de 
l'or, du mercure, etc. 

La plupart de ces figures du manuscrit de Saint-Marc ont été recopiées 
dans le manuscrit 2249 '^^ ^^ Bibliothèque Nationale de Paris ; dans le Voss, 
de Leide, dans le principal manuscrit du Vatican et dans divers autres ; 
quelques-unes ont été imitées d'après les manuscrits 2249 et autres, dans 
l'histoire de la Chimie de Hcefer et dans les Beitrage de H. Kopp. 11 
m'a paru intéressant d'en donner les types originaux et complets, tels qu'ils 
ont été dessinés à la fin du x= ou au commencement du xi' siècle, sans nul 
doute d'après une tradition beaucoup plus vieille; car ils répondent exac- 
tement aux descriptions de Zosime, de Synésius et d'Olympiodore l'alchi- 
miste. Je les rassemblerai donc tous ici. bien que certains d'entre eux 
s'appliquent à des traités qui paraîtront seulement dans les livraisons sui- 
vantes : remarque appliquable aussi aux figures tirées des manuscrits 2325 
et 2327, dont il va être question. 

Le manuscrit 2327, en effet, a été écrit en 1478, quatre ou cinq siècles 
après le manuscrit de Saint-Marc ; les figures des mêmes appareils y repa- 
raissent, mais profondément modifiées; elles ne répondent plus exactement 
au texte, mais sans doute à des pratiques postérieures. 

Le manuscrit 2325 (xiii"= siècle) reproduit au contraire les forroâs des 
appareils du manuscrit de Saint-Marc, quoique avec des variantes, impor- 
tantes. 



17- 



1 3ο INTRODUCTION 



Figures du manuscrit 2327. 

Dans le manuscrit 2327, on trouve, outre la figure i3 déjà présentée, 
deux grandes figures du serpent Ouroboros, variantes développées de 
celle de la Chrysopée de Cléopâtre. Il suffira d'en donner une seule : 
c'est la figure 34. 

La figure 35 reproduit le signe d'Hermès, grossièrement dessiné, d''après 
le même manuscrit. 

La figure 36 est celle de quatre images géométriques, d'après les manu- 
scrits 2325 et 2327. 

La figure 32 est un dessin mystique, tiré du manuscrit 2327. 

La figure 33, tirée du manuscrit 2325, reproduit le même dessin. Ce 
dessin singulier semble une variante du symbole cordiforme de la 
figure 3 I . 

Les figures qui suivent représentent des appareils; elles sont tirées des 
manuscrits 2325 et 2327, mais dessinées d'une façon bien plus grossière que 
dans le manuscrit de Saint-Marc. 

Ainsi la figure 37 comprend l'alambic à trois récipients (tribicos de la 
fig. 17) ; plus un alambic à un seul récipient, et des vases à digestion. 

La figure 3S reproduit quelques variantes de la précédente. 

La figure 39 est tirée du manuscrit Ru. 6 de Leide : c'est un vase à 
digestion et à sublimation, correspondant à l'un de ceux des figures 37 et 38. 

La figure 40, tirée de la Bibliotheca Chemica de Manget, est l'aludel décrit 
dans Geber; instrument qui répond de très près aux figures 38 et 3g et en 
donne rintérprétation. 

Lafigure4i représente un petit alambic, tiré du manuscrit 2327. 

La figure 42, l'alambic de Synésius, d'après le même manuscrit. 

La figure 43, le même alambic de Synésius, d'après le manuscrit 232i. 

La figure 44 est une simple fiole (2327). 

La figure 45, un alambic avec appendice à 6 pointes (2327). 



FIGURES D APPAREILS 



i3i 



Figures du manuscrit 2325 

Enumérons spécialement les figures du manuscrit 2325, figures dont 
plusieurs viennent d'être transcrites. On y trouve : 

L'alambic de Synésius, qui forme la figure 43. 

Le dessin mystique de la 3* leçon de Stéphanus ^fol. 46, verso ; repré- 
senté figure 33; 

On y voit aussi les quatre dessins géométriques (fol. 3)' de la figure 36; 

Ainsi que (fol. 83) la formule de TEcrevisse de la figure 28. 

Puis vient un alambic à une pointe, avec deux petits appareils à fixa- 
tion (1), dessinés dans la figure 12, qui répond à la figure 1 1 de Saint-Marc. 

Citons aussi le tribicos, dont nous avons reproduit les variantes (figi", 3- 
et 38) : le tout répond à la figure i3 ; 

Quant à l'appareil distillatoire de la figure 16, qui se trouve aussi dans 
le manuscrit 2325, il nous a paru inutile de le reproduire. 

Nous avons donné, toujours d'après le manuscrit 2325, un appareil à 
digestion, sphérique et à kérotakis (fig. 23) ; qui répond à la figure 22, 
tirée de Saint-Marc. 



Telle est l'énumération des figures différentes qui sont dessinées dans les 
manuscrits fondamentaux. J"ai cru devoir les reproduire toutes, afin de 
fournir un fondement solide à la double étude technique et historique 
des appareils et des opérations décrits dans les textes. 

Je vais transcrire maintenant ces figures, en accompagnant chacune 
d'elles de commentaires et de renseignements spéciaux. 

Figure 11. — EUeest reproduite en photogravure, d'après le manuscrit de 
Saint-Marc (fol. 188, verso), avec une réduction d'un cinquième environ. 
Elle porte le titre de Chrysopée de Cléopâtre, Κλει-άτρη; Χ;υ7:-:'.;α. 



(ι) Opération qui avait pour but de 
durcir les métaux mous, de solidifier 
les métaux liquides, de rendre fixes les 



métaux volatils ; enfin de communiquer 
aux métaux imparfaits une teinture 
stable [fixé] d'or ou d'argent. 



l32 



INTRODUCTION 



KT^t 



τηΤΓΤΉ C ΧΤ V~ f TTD lï JL 




Figure i ι . — Chrysopée de Cléopâtre. 



FIGURES d'appareils i33 

Commentons les diverses portions de cette grande tigure : 

1° Au-dessous du titre se trouve un premier dessin, formé de trois cercles 
concentriques. Au centre des cercles, les signes de l'or, de l'argent (avec 
un petit appendice) et du mercure. 

Dans l'anneau intérieur : Εις i—'.v i ςΐ'.ς ; ΐ'χω•' "-"' ':•' \j.î-x îj: τυνΟέματχ : 
η le serpent est un, celui qui a le venin, après les deux emblèmes. » 

Dans l'anneau extérieur : 'Έν -ïî ζδν -/.χ: oC jîjtiîj to -àv y.a'; ε'; xj-i τ: τ.χί 
7.x'•. εΐ μή Ιχβ'. τϊ παν ουδέν έιτ'.ν τ: τ.χί (ι). 

« Un est le tout et par lui le tout et vers lui le tout ; et si le tout ne contient 
pas le tout, le tout n'est rien. » 

A droite, le cercle extérieur se prolonge par une sorte de queue, qui 
montre que ce système est la figuration du serpent mystique. 

2° Puis viennent divers appendices et signes d'apparence magique, 
situés à droite, dont la signification est inconnue. Cependant je serais porté 
à rapprocher le double cercle incomplet, muni de huit appendices supé- 
rieurs, du signe de TEcrevisse à huit pattes antérieures, dessiné figure 28 ; 
lequel est traduit par les mots : molybdochalque (alliage de plomb et de 
cuivre) brûlé, et argyrochalque (alliage de cuivre et d'argent) brûlé. Ces 
signes seraient alors les symboles chimiques d'une opération de trans- 
mutation du plomb en argent, de même que ceux de la figure 28. 

Au-dessous des grands cercles sont des signes répondant à des opérations 
chimiques, exécutées dans certains appareils que je vais énumérer. 

3° Tel est le petit dessin central, représentant un appareil pour fixer 
les métaux. Il est posé sur un bain-marie, muni de deux pieds recourbés 
et placé lui-même au-dessus d'un fourneau. Cet appareil est pourvu d'un 
tube central qui le surmonte, tube destiné sans doute au départ des gaz ou 
des vapeurs. Ce dessin est reproduit d'une façon plus précise, avec le mot 
T?;;'.r, sur le folio 220 du manuscrit 2827 (v. fig. i3, à droite). 

4° Le petit dessin, situé à gauche du précédent, représente un appareil 
analogue, avec un ballon supérieur, destiné à recevoir les vapeurs dégagées 
par la pointe du tube. Le tout répond à l'alambic de gauche de la figure i3. 

5° Les deux petits cercles, situés à droite et munis de trois appendices 

(i) Cf. Olympiodore, texte grec, p. 84, lig. i3. 



1 34 INTRODL'CTION 

rectiligncs, semblent représenter des appareils avec leurs trépieds posés sur 
le feu; tels que celui de gauche des figures i3 et 38. On pourrait en rappro- 
cher aussi le symbole du βοτάριον (fig. 5, 1. 4 et fig. 7, 1. 27), représentant un 
vase à digestion sur son fourneau, analogue au dessin situé à gauche et en 
bas de la figure 37 et au dessin situé à droite de la fig. 38. 

6° Le cercle inférieur, muni d'un point central, symbolise l'œuf philoso- 
phique (?), ou le cinabre (Voir fig. 4, PI. II, lig. i3,et la note de la page 122). 

7° Vers le bas à gauche, est figuré le serpent Ouroboros, avec l'axiome 
central : Έν -.i τ.χί ; le tout est un. 

8° Sur le côté droit du serpent, un grand alambic à deux pointes (dibicos), 
posé sur son fourneau, lequel porte le mot : φώτα, feux. Le récipient inférieur, 
ou chaudière, s'appelle λω-άς, matras. Le récipient supérieur, dôme ou chapi- 
teau, est la φιάλη, mot qui signifiait autrefois tasse ou coupe, mais qui a 
ici le sens plus moderne de fiole ou ballon renversé. 

Voici l'usage de cet alambic. La vapeur monte du matras, par un large 
tube, dans l'ouverture plus étroite du chapiteau ou ballon renversé ; elle s'y 
condense et s'échappe goutte à goutte, par deux tubes coniques et inclinés. 
A côté du tube gsuche, se trouvent les mots άντίχεφος σολήν [sic) : tube 
du pouce, ou plutôt contre-tube ; attendu que le rôle de ce lube descendant 
est inverse du rôle du tube ascendant, qui joint le matras au chapiteau. 

La figure de la Ghrysopée de Ciéopâtre existe, sous le môme titre et avec 
ses diverses portions essentielles, dans les manuscrits copiés directement 
sur celui de Saint-Marc ; elle en caractérise la filiation. 

Dans les manuscrits 2325, 2327 et dans leurs dérivés, le titre a disparu; 
mais la figure subsiste encore, moins belle et moins nette, avec les 
axiomes mystiques qui la caractérisent. Les annexes : alambic à une ou 
deux pointes, vases k fixation et trépied, y ont été aussi modifiés dans leur 
forme. Cependant le tout existe à la même place du texte, c'est-à-dire en 
tête des ouvrages de Zosime sur les instruments (2327, fol. 220 ; 2 325, fol. 82). 

Figure 12.-— Je donne ici le décalque des appareils représentés dans le 
manuscrit 2325 (fin du xin« siècle) : ces dessins sont bien plus grossiers. 

Je n'ai pas cru utile de reproduire la figure même des trois cercles concen- 
triques, qui sont à peu près pareils à ceux de la figure 1 1 ; mais je vais en 
indiquer les inscriptions, à cause des variantes. 



FIGURES D APPAREILS 



l35 



L'anneau extérieur porte la même inscription, à demi-effacée et avec 
des suppressions : εν -h τΛι ci ' cZ -zh τΛί (καΙ s! ' αϋτΐΰ τι) πάν γ.τ. έν αύτω τ: τ.ΐ•ι 

Dans l'anneau intérieur, on lit : είς èsTiv 5 csiç ό ϊχων τα ojo a\)vbi\j.x-x y.x: 
Tjv '.:v. 

Au centre, de droite à gauche, on voit les signes de l'or, de l'argent, du 
mercure, du plomb. Au-dessus, le cinabre (ou l'œuf philosophique}, qui se 
trouvait en dehors des cercles dans la figure du manuscrit de St-Marc (6»). 
Venons maintenant à la portion du dessin du manuscrit 2325 que j'ai repro- 
duite dans la figure 12 : 




Figure 12. — Alambic et Vases à fixation 

(Décalque du Ms. 2325.} 

A gauche des cercles, on voit l'image grossière d'un alambic à une pointe, 
avec condensateur supérieur et matras inférieur, le tout de la même forme 
générale que la portion 8° de la figure du manuscrit de St-Marc. A côté, 
deux appareils a fixation, k pointe tournée vers le haut, lesquels sont évi- 
demment imités des portions 3° e t4'' de la fig. 1 1. 11 en est de même d'un 
dernier reste du petit cercle à 3 appendices ou trépied, coupé dans le manu- 
scrit 2325 par le relieur, mais qui se retrouve intact dans le manuscrit 
2275, lequel a toute cette figure. 

En effet, le manuscrit 22-5 (daté de 1465) reproduit les cercles concentri- 
ques, l'alambic à une pointe, les deux vases, et le petit trépied, pris avec 
des formes qui semblent fidèlement copiées sur le 2325, lequel est d'ailleurs 
beaucoup plusancien. 



i36 



INTRODUCTION 



Figure i3. — Elle reproduit les dessins analogues du manuscrit 2127, 
fol. 220 (xV siècle). Les inscriptions des cercles concentriques sont iden- 
tiques à celles du manuscrit 2325, sauf l'absence des symboles centraux. 

Par contre, au folio 80 du 2327, au début d'une autre copie du même ouvrage 
de Zosime, les cercles concentriques ont été supprimés, probablement faute 
de place, par le copiste ; mais il a transcrit à l'encre rouge les axiomes 
mystiques, suivis des signes du plomb, de l'argent, du mercure et de l'or, 
surmontés par celui du cinabre (ou de l'œuf), exactement comme dans le 
manuscrit 2325. 

Au verso du fol. 80 (2327,) existent les dessins de Talambic à une pointe, 
avec condensateur supérieur, ο'.άλη, et matras, λω^άς, conformes à la 
figure 1 1 et à la figure i3 mais mutilés par le relieur. Sur la même page, on 
voit encore un appareil àyîjcaifon métallique, semblable à celui de la figure i3. 

Il y a des inscriptions sur les divers appareils du folio 80, telles que "η;;; 




Figure ι3 — Cercle concentriqne, Alambic et Vase à fixation (Ms. 2327). 

sur l'appareil à fixation; (•/.ï;j.) ήνι:ν, sur son fourneau et sur celui de Falam- 
bic; λω-ά:, sur le matras de ce dernier; (it) άλτ,, deux fois répétés, sur son 
chapiteau. 

La forme même des appareils dans les manuscrits 232 5 et 2327 offre des 
variantes intéressantes pour l'histoire de la Science et sur lesquelles je 
reviendrai bientôt ; mais ici je veux seulement montrer la filiation des 



FIGURES d'appareils iSj 

tî^ures. En tout cas, la copie 2325 répond à une tradition postérieure à 
celle du prototype de Saint-Marc, puisque le nom de la Chrysopée de 
Cléopâtre a disparu. 

On remarque que presque toutes les portions de la Chrysopée de 
Cléopâtre : cercles mystiques, serpent Ourohoros, alambics, appareils à 
tîxation, trépieds, cinabre, se retrouvent, parfois même agrandis, dans les 
ligures des manuscrits postérieurs. Une seule partie manque, ce sont les 
signes magiques. Peut-être doit-on en voir la transformation dans la for- 
mule de l'Écrevisse, qui se trouve à la fin du même traité de Zosime et qui 
présente avec les signes magiques certaines analogies singulières. J'y revien- 
drai tout à l'heure. 

En tout cas, la Chrysopée peut être regardée comme le prototype, sans 
doute fort ancien, des dessins des appareils alchimiques. C'était un type 
antérieur à Zosime, dessiné sans doute dans les ouvrages perdus de Cléopâtre, 
cette femme savante (i), à laquelle nous devons aussi un traité des poids et me- 
sures gréco-égyptiens venu jusqu'à nous. Ces ouvrages auraient été ensuite 
fondus dans ceux de ses continuateurs, tels que Zosime. Peut-être même la 
Chrysopée avait-elle constitué, à une époque plus ancienne encore, un 
tableausymbolique, complet ensoi, et que l'on développait par des explica- 
tions purement orales; à peu près comme une page d'aujourd'hui remplie 
par les symboles des réactions chimiques et des appareils correspondants. 
Si. cette conjecture est fondée, nous aurions ici la trace de divers états suc- 
cessifs de la science. 

Figures 14 et 14 bis. — Ce sont celles d'un alambic à deux pointes. Elles 
sont tirées du manuscrit de Saint-Marc, folio 191, verso. La forme générale 
est pareille à celle du même instrument dans la figure 11, sauf les 
variantes suivantes. Le tube qui joint le matras ou chapiteau est élargi en 
entonnoir à la partie supérieure; l'ajustement même des deux tubes coniques, 
par rapport à cet entonnoir, n'est pas clairement indiqué. Sous la pointe de 
chacun d'eux se trouve un petit ballon, pour recevoir les liquides distillés. 

Le matras inférieur s'appelle toujours λω-ά;, avec addition des mots 0£Î;j 
à-jp:j, matras du soufre apyre. Ces deux mots manquent dans la figure 1 1 ; 



(1) Origines de l'Alchimie, p. 173. 

18* 



1 38 



INTRODUCTION 



14JU ι Ο υΐί rfiu jf ο y 





cs-ajro ρ ΰτ-ο ν Λ-οο ρ 



UJ jciouccfj-l-i J/cU• 





ULAJ^l ou t< C^fJU&yOL•/* 



K• 



r« τ η η û q TTï V 



'SW, 



f 



Figures 14 et 14 b's. — Alambic à deux récipients (dibicos). 
Réduction aux 2,3. 



FIGURES D APPAREILS 



i3g 



à moins qu'ils n'y soient représentés par deux signes inconnus, situés au-des- 
sous de λω-άς. En tout cas, ils concordent avec la description du texte, dans 
lequel il est dit que l'on mettait du soufre dans le matras. 

Le tube ascendant porte les mots -ωλήν Ιζ-.^,ί•/.•.ΊΖζ : tube de terre cuite. 
Le chapiteau ne s'appelle pas ί'.άλη, mais β•^•/.;ς, pour βί•/.ος : amphore. 

Les deux petits ballons destinés à recevoir les liquides distillés s'appellent 
également 3'./.(:vet tous deux portent la légende : 7.£Î;j.îviv έζάνω ■;:A;vfJcj εΙς ο 
χ-ορριΧ το ίίΐωρ -zj Oî{:j : c'est-à-dire « ballon placé au-dessus de la tablette 
rectangulaire, dans lequel s'écoule l'eau du soufre ». 

Ceci, joint à l'inscription de la λωττά;, montre que cet alambic est destiné à 
la préparation de 1' « eau de soufre ». 

Cette figure est répétée deux fois dans le manuscrit de Saint-Marc, sauf 
que les mots β•.•/.'!:ν ν.ν.^λνιζΊ sont remplacés par le pluriel βν/.ία 7.v.\j.tvx, et le 
mot zùtix par le mot ν.χύτ-ρχ : fourneau à combustion ; les mots toj Oeîsu 
manquent la seconde fois. 

Figure 1 5 (manuscrit de Saint-Marc, fol. 194, verso). — Cette figure est 
•χ ι γ^χ^ ^ ^ (η»Λ 1\Λυ 




Figure i5. — Alambic à trois récipients liriiicoi). 
Réduction aux 2/3. 



140 



INTRODUCTION 



un alambic à trois récipients (|3'./.ia),ou tribicos. Le fourneau porte ici les deux 
mots superposés: -/.a jjTpa (lieu de la combustion) et οώτα (lieu de la flamme). 
Le matras s'appelle de même : λωπάς θείου άπύρου. 

Enfin on distingue le tube ascendant, ou tube index, λιχ^νος σωί.ήν, 
c'est-à-dire tube direct du tube, descendant ou tube du pouce, άντίχειροςσωλήν, 
c'est-à-dire tube inverse (par sa direction). 

Cette figure se retrouve dans les manuscrits 2325 et 2327; dans le dernier 
avec modifications considérables : je les signalerai tout à l'heure. 

Figure 16. — Cette figure (manuscrit de Saint-Marc, fol. 194 verso, au- 
dessousde la précédente), est unalambic àcol de cuivre, χαλκίον, avec un seul 



ο~οο y\ Ιλλα/ 





ïfCLU trf "*-' 



Figure i5. — Appareil distillatoire. Réduction aux 2/3. 



tube, r(ij/,r,v, gros et fort, coudé à angle droit à sa partie supérieure et condui- 
sant la vapeur, de la /.oiri; au petit ballon. 

Figure ij- — Les deux figures précédentes sont reproduites dans la même 
forme générale par le manuscrit 2325 (fol. 84), sauf quelques variantes; 
je donne seulement le tribicos. Il existe aussi dans le manuscrit 2275 



FIGURES D APPAREILS I4I 

(fol. 57 verso). Les mêmes figures sont dessinées dans le manuscrit 2327; 




Figure 17. — Tribicos. 
(Ms. 2325) Décalque. 

mais la forme en a été profondément modifiée et s'est rapprochée de celle 
des alambics de verre du siècle dernier, que l'on emploie encore quel- 
quefois aujourd'hui. Je transcrirai ces reproductions un peu plus loin 
ifig- 37 et 38;. 

Figure 18. — Elle se trouve au folio 10 du manuscrit de Saint-Marc, entre 
la première et la deuxième leçon de Stephanus ; elle est dessinée à l'encre 





Figure 18. — Chandière distillatoirc. 

rouge et contemporaine du texte. La signification en est difficile à préciser 



142 INTRODUCTION 

avec certitude. Cependant il semble qu'il s'agisse d'une chaudière à tête 
élargie en forme de chapiteau, et destinée à distiller des liquides qui 
tombent dans un bassin hémisphérique appelé r.i'mz : la mer. Ce bassin 
est porté sur une sorte de fourneau, bain de sable, ou bain-marie. A côté 
se trouve un instrument inconnu; à moins qu'il ne s'agisse d'une forme un 
peu différente de bain de sable. Le texte même de Stephanus, soit à la fin 
de la première leçon, laquelle est purement déclamatoire et enthousiaste, 
soit au début de la deuxième leçon, lequel est relatif aux propriétés mys- 
tiques de l'Unité numérique; ce texte, dis-je, ne m'a paru fournir aucune 
lumière pour l'intelligence de cette figure. 

Figure kj . — Cette figure (manuscrit de Saint-Marc, fol. 106 verso), est 




Figure 19. — Ebauche d'alambic. 

Décalque. 

une ébauche à l'encre rouge, d'une écriture plus moderne; elle est en marge 
d'un article sur l'œuf philosophique, à côté des mots : tî Sa (ici un mot gratté, 
ώ:ϋ?)-::ύ-:5 w;j.îvAÉYS'jj'.v. Il semble que ce soit le chapiteau d'un alambic. On 
donne cette figure pour ne rien omettre. 

Les alambics etappareils distillatoires, que nous venons d'étudier, se rat- 
tachent à la tradition de la Chrysopée de Cléopâtre, laquelle en contient les 
plus vieilles figures. Mais il est un autre ordre d'appareils, destinés ceux-ci 
au traitement des métaux par le mercure, le soufre, les sulfures d''arsenic ; 
appareils qui avaient été décrits spécialement par une autre femme, Marie 
l'Alchimiste, de préférence aux appareils distillatoires (manuscrit de Saint- 
Marc, fol. 186, avant -dernière lignel. Ce sont les appareils à kérotakis, 
c'est-à-dire à palette, avec leurs fourneaux. Ces appareils n'existent pas dans 
la Chrysopée et semblent plus modernes ; ils ont joué un rôle fort impor- 
tant dans le développement historique des pratiques alchimiques. Le 
passage rappelé plus haut montre que le traité de Zosime sur les instru- 
ments et fourneaux, dont nous possédons des débris, embrassait, ainsi qu'il 



FIGURES d'appareils 143 

arrive d'ordinaire dans les matières techniques, les traités antérieurs sur la 
même question, tels que ceux de Cléopâtre sur les alambics (v. p. 137) et 
ceux de Marie sur les appareils à kérotakis et leurs fourneaux. 

Voici les figures de ces derniers : 

Figures 20 et 21. — Ces figures (manuscrit de Saint-Marc, folio 1 96 verso), 
représentent des vases à digestion cylindrique, en terre cuite (ά'γγ:ς cîTîay.'.vjv. 
vase de terre), placés sur le feu (çû-ra). 




(•vtrjTr^ (J^C 



α/γΌ iT Ο q-p QUt I pe 




Figures 20 et 21. — Vases à digestion cylindriques. — Réduction aux 2/3. 

Au-dessusduvaseétaitposéeunelameou feuille métallique, -/.τ,ρζ-χ-Δς, sur 



144 



INTRODUCTION 



laquelle on faisait fondre les matières fusibles. La forme en était tantôt en 
parallélogramme et aplatie (fig. 22I, avec les extrémités arrondies; tantôt 
trianiiLilaire (fig. 24 bis). La ν.τ,ρζττ/.ίς parait n'être autre que la palette des 
peintres anciens (i), qui y faisaient le mélange des couleurs, entr'elles et 
avec la cire ; ils maintenaient la palette à une douce chaleur, afin d'opérerle 
mélange, et aussi au moment de s'en servir. 

J'ai déjà insisté sur les analogies que l'on établissait alors ^2) entre la 
teinture des métaux et celle des étoffes. Les quatre couleurs des peintres 
grecs, d'après Pline \H. N. XXXV, 3i), étaient le blanc, le noir, le jaune, 
le rouge. Ce sont précisément les quatre couleurs des premiers alchimistes, 
de Zosime par exemple (3). Ils cherchaient à en imprégner les métaux, en 
ramollissant ceux-ci. 

Le mot ceratio (έγκήρωτ'.ς), employé par les traducteurs latins de Geber 
et qui a eu cours pendant tout le moyen âge, exprime cette dernière opé- 
ration, imitée à la fois des pratiques des peintres anciens et de la fabrica- 
tion de certains médicaments [cérats). Elle s'effectuait à l'aide du mercure, 
du soufre et de l'arsenic (sulfuré), par une digestion lente et une chaleur 

modérée (4]. 

Aux débuts, on opérait sur la palette des peintres [kérolakis] ; mais il 
fallut bientôt la pourvoir de deux appareils accessoires: l'un destiné à réchauf- 
feries mixtures (bains-marie, bains de sable, de cendre ou analogues) ; l'autre, 
à condenser les vapeurs que Ton voulait retenir. C'était d'abord une coupe 
ou tasse (φιάλη) renversée, servant de couvercle (irAr.iùiJ.c:), et dont la forme, 
modifiée graduellement est devenue le ballon ou fiole actuelle : le mot grec 
lui-même a pris peu à peuce sens nouveau, dans les textes alchimiques. D'a- 
près certaines descriptions, il semble que la lame métallique n'ait pas seule- 
ment servi de support aux produits que l'on faisait réagir entre eux et sur les 
vapeurs sublimées d'en bas; mais cette lame éprouvait dans sa propre 
matière, la transformation produite parles fondants et par les vapeurs. 

Pendant l'emploi d'un appareil disposé comme il vient d'être dit, une 



(1) Du Cange. Glossarium mediœ et 
infima' gra'citatis. 

(2) Origines de l'A Ichimie, p. 242 à 246. 



(3) Même ouvrage, p. 35, 182, 242. 

(4) Bibliotheca chemica de Manget, 
t. I, p. 540, dans le traité de Geber. 



FIGURES D APPAREILS I4D 

nouvelle circonstance se présenta nécessairement, La kérotakis n'obturait 
pas l'orifice du récipient inférieur. Elle avait même parfois une forme 
triangulaire, à en juger d'après le dessin reproduit parla figure 24 bis. Dans 
ces conditions^ les matières fusibles déposées sur la kérotakis coulaient 
à côté et tombaient au-dessous : on fut amené ainsi à placer un récipient 
(ά'γ-;':ς :-τ,:ά-/.'.ν;ν~, pour les recevoir et les empêcher d'arriver jusqu'au 
foyer. 

Il semble même que l'on ait cherché à ce moment à opérer une certaine 
séparation entre les matières solides, telles que métaux non ramollis, frag- 
ments divers, etc., et les matières liquéfiées; on y parvenait, soit à l'aide 
d'un ballon percé de trous (fig. 21), soit à l'aide d'un crible (fig. 20). 

Les produits liquéfiés qui tombaient ainsi au fond se rapprochaient sans 
cesse du foyer (φώτα). La même chose pouvait arriver au mercure liquide, 
condensé à la partie supérieure et retombant ensuite par son poids, voire 
même au soufre et aux sulfures d'arsenic fondus et coulant sur les parois, si 
la chaleur était suffisante. Mais ces dernières substances, aussi bien que 
les corps qui déterminaient la liquéfaction des métaux (mercure, soufre, 
sulfures d"arsenic et autres), en atteignant le fond, éprouvaient un nouveau 
changement. En effet, les matières sublimables contenues parmi ces corps 
et substances, lorsqu'elles arrivaient vers le fond de l'appareil, se trouvaient 
portées à une température élevée; elles se vaporisaient alors et remontaient 
vers les parties supérieures. 

Le caractère rétrograde de cette opération, qui permettait aux vapeurs 
d'attaquer de nouveau le métalou la substanceplacée sur la kérotakis, paraît 
avoir frappé les opérateurs : de là sans doute le nom de y.apy.iv:; (écre visse), 
c'est-à-dire appareil fonctionnant en sens rétrograde, donné à certains de ces 
appareils. De là aussi, ce semble, le signe de l'Ecrevisse dans la formule de 
la figure 27, signe surmonté des mots : alliage de plomb et de cuivre brûlé; 
alliage d'argent et de cuivre brûlé. L'emploi de ces sublimations réitérées, 
pour blanchir le cuivre et pour amollir les métaux, c'est-à-dire pe?• rem 
cerandam, est indiqué par les alchimistes du moyen-âge. 

Supprimons la kérotakis dans de semblables appareils et nous aurons 
Yaliidtl, instrument de digestion et de sublimation décrit dans les œuvres 
de Geber et figuré dans la Bibliothcca Chemica de Manget (t. I, planche 

19* 



14*3 



INTRODUCTION 



répondant àla page 540;. Les figures qui se trouvent dans ce dernier ouvrage 
tome I, au bas de la planclie 5, p. 988, en haut de la planche 6 à gauche, ainsi 
qu'au milieu de la planche 14, paraissent avoir une destination analogue. Je 
citerai encore les dessins qui se trouvent aux folios 179 verso, 180, 181, du 
vieux et beau manuscrit latin 71 56, sur parchemin, de la Bibliothèque 
nationale de Paris. Dans le manuscrit latin de la même Bibliothèque 7162, 
folio 64, on voit la figure d'un bain de sable iarena). Dans le manuscrit latin 
7161 (fol. 58 et fol. 1 13 verso] existe la figure d'un appareil à digestion, sur 
son fourneau. Tous ces appareils correspondent à la suite d'une même tra- 
dition technique. 

Observons ici que les appareils cylindriques pourvus de la kérotakis n'ont 
été employés que par les plus anciens alchimistes. Ils sont figurés seulement 
dans le manuscrit de Saint-Marc et dans les copies qui en dérivent; mais 
ils n'existent ni dans le manuscrit 2325, ni dans le manuscrit 2275, ni dans 
le manuscrit 2327. 

Figure 22. — Cette figure (manuscrit de Saint-Marc, fol. igS verso) est 





φ a^xjjaacay κ '-''-t' ° 'Τ-κιΛ< Uxr- 




FiouRE 22.— Bain-marie à kérotakis. — Rcduit.iux 2/3. 



aussi un appareil à digestion, appareil sphérique et porté sur trois pieds. 
Au-dessous de la kérotakis et des vases à condensation supérieurs, il y existe 



FIGURES D APPAREILS 



147 



un digesteur, distinct du foyer, et intermédiaire ; le tout fut désigné soui 
le nom de fourneau de Marie ralchimisie (i), prototype de notre bain- 
marie. 

Le digesteur dessiné sur cette même figure 22 est long d"une palme, comme 
rindiquent les mots -αλχ'.—'.αΤιν -/.ay.iv.iv. Il semble criblé de trous ; à moins 
qu'il ne s'agisse d'une ornementation superficielle. C'était là d'abord un 
bain de cendres, ou un bain de sable. Dans l'une des formules de dorure 
du Papyrus X de Leide, il est question aussi de l'emploi des cendres 
(formule 57, ce volume, p. 40). 

La palette des préparations, ο3.^\ι.τ/.ζ') γ.τ,ζζΊτ/.τ,ς [sic], offre ici de grandes 
dimensions. Elle est chauffée seulement au milieu. 

Deux coupes inférieures, placées immédiatement sous la kérotakis, l'une 
grande et surmontant une coupe plus petite, reçoivent les matières fusi- 
bles. 

Les produits sublimés sont récoltés dans deux condensateurs supérieurs, 
concentriques et successifs. L'un est appelé ΐ'.άλη (coupe) ; l'autre /.^υ.ςάνη 
(tasse). 

Figure 23. — Cette figure, imitation de la précédente avec de légères 








Figure 2,^. — Bain-marie à kérotakis uMs. 2525). 
D'aprcs décalque. 



(i) Origines de l'Alchimie, p. 171 



148 INTRODUCTION 

variantes, est reproduite d'après le manuscrit 2325, folio 84 recto. Elle 
existe aussi dans le manuscrit 2275, folio 5; verso. 

Figure 2 jf. — Cette figure ^manuscrit de Saint-Marc, fol. 196), est encore 
un appareil analogue aux précédents, sauf quelques variantes plus impor- 
tantes. 

La palette porte deux coupes inférieures vers ses extrémités. Dans la 
coupe supérieure (^ιάλη), on lit le mot βάθι; (cavité). 




Figure 24. — Autre bain-marie. — Ridiiction aux2/3. 

Figure 24 bis. — Au-dessous, se trouve la kérotakis, ou palette triangulaire. 




Figure 24 ' 



■ Kérotakis. — Réduction aux 2/3. 



C'est une seconde forme de cet instrument, distincte de celles qui sont 
représentées figures 22 et 25. 

Figure 25. —Cette* figure (manuscrit de Saint-Marc, fol. 112 en marge) 
représente une disposition différente de l'appareil à digestion sphérique. 



FIGURES D APPAREILS 



149 



Ce dessin et les deux suivants se trouvent à la fin de l'article : T;j yp'.-- 
■:•.αν:ϋ -ερ\ ij -ταΟεία; του y_p'j-z\t, en marge ; ils sont d'une écriture posté- 
rieure au texte courant et presque effacée. Ils paraissent répondre a une 
description d'appareils, qui forme le dernier paragraphe de cet article. 

A côté de la figure 2 5 se trouve le mot κάμ-'ν:; ; au-dessous on lit, en 
caractères du xvi^ siècle, une inscription devenue presque illisible, mais 
dont les lettres restées distinctes répondent sans nulle incertitude au texte 






Ycy 




Figure 2 5. — Vase à kérotakls. — Décalque. 

Les inscriptions sont reproduites ici en caractères actuels, 

mais avec l'orthograplie du manuscrit. — Réduction aux 2/3, 

suivant : y.xpvJ.tsç δ'έπΐ λ^υκώσεως ' ν.εϊτχ'. δ'ό λόγίς έ'μ,πρίσθεν ; c'est-à-dire 
« écrevisse pour le blanchiment ; l'explication se trouve au-dessus du texte 
précédent » (i). 



(il Voir plus loin la formule de 
l'Écrevisse. — Sur le sens de ce mot 



appliqué à un appareil chimique, voir 
p. 145. 



I30 INTRODLXTION 

Ce texte précis est tiré du manuscrit 1 174 du Vatican, où il accompagne 
deux dessins à peu près identiques aux ligures 25 et 27 ; sa comparaison 
avec les lettres non effacées du manuscrit de Saint-Marc ne laisse aucun 
doute sur le sens des mots formés par ces dernières. 

Le même appareil est grossièrement dessiné dans le manuscrit 2275, 
folio 57 verso, avec une inscription similaire. Il existe également dans le 
manuscrit 2325 (fol. 841, avec la même inscription, laquelle se reconnaît 
encore, quoique effacée aux trois quarts. Enfin il existe dans un manuscrit 
grec de Leide. (Voss. in-4°, n° 47, fol. 55 verso). 

Le texte que je viens de transcrire semble indiquer un appareil destiné à 
une opération rétrograde, c'est-à-dire telle que les produits tombés au fond 
par fusion remontent par volatilisation à la partie supérieure. Il est pro- 
bable qu'il s'agit de la sublimation du mercure, ou de l'arsenic, destinés à 
blanchir le cuivre, en s'alliant à lui ip. 145). 

La légende intérieure de la figure 25 est plus lisible que l'inscription 
placée à côté ; l'écriture semble également répondre au xvi'= siècle, avec un 
iotacisme poussé à l'extrême : ιιάλί remplaçant o'Shr,, y.jpG-ay.iç remplaçant 
κηροτα/.ίς, etc. 

Remarquons que ce dessin ressemble aux figures 22, 23 et 24, sauf quelques 
variantes plus compliquées. Le système repose de même sur un vase à diges- 
tion. L'une des coupes supérieures est en terre : (ά'γγος; ΐ^τράκινιν ; c'est une 
grande coupe, désignée à l'intérieur sous le nom de άς'.βάψ'.ον (saucière). 

Figure 26. — Les deux condensateurs supérieurs des figures 25 et 27 




Figure 26. — Récipients supérieurs des figures 25 et 27. 

Décalque. — Réduction aux 2/-'• — Caractères actuels. 

sont dessinés à côté séparément, avec le mot λω::άς pour le plus grand, et 
un nom abrégé pour le plus petit, situé au-dessous. Ce mot semble être 



FIGURES D APPAREILS 



i5i 



ιθμ" abréviation avec iotacisme, remplaçant ηθμέ;, couvercle percé de 
trous. 

Figure 27. — Dans ce dessin il n'y a pas de vase à digestion et l'action 
du foyer s'exerce directement. Le moty.jp:T^-/.i; est inscrit sur la portion ver- 
ticale du dessin, au-dessus du feu; mais il est probable que c'est faute de 
place pour l'inscrire sur la partie horizontale et supérieure. Cet appareil 
doit être rapproché des rigures 20 et 21, c'est-à-dire des aludels. plutôt que 
des bains-marie des figures 22, 23, 24 et 25. 




Figure 27. — Autre vase à kérotakis. 

Décalque — Rcdiiction aii\ 2/3. 
Les inscriptions sont reproduites en caractères actuels. 

Les appareils 25, 26 et 27 n'existaient pas sur le manuscrit initial de 
Saint-Marc; ils ont été ajoutés plus tard, vers le xvi" siècle, sans doute, 
d'après un autre manuscrit comparable au 232 5 (xui'^ siècle , mais qui 
n'existe plus. 

Les dessins multipliés de ces appareils à /.τ,^ζ-χν.'.:. dans les divers manus- 
crits, montrent que ces appareils ont été d'un usage étendu et prolongé. Ils 
représentent les premiers essais de bains-marie, bains de sable, et surtout 
bains de cendre, employés même aujourd'hui dans nos laboratoires pour 
les digestions. Mais c'étaient à l'origine des appareils beaucoup plus com- 
pliqués et où s'opéraient à la fois certaines séparations de substances, par 
fusion et sublimation, et certaines réactions lentes des produits fondus ou 
sublimés, entre eux, ou sur d'autres matières placées dans les appareils. — Il 
est probable qu'il serait possible de retrouver d'autres traces de ces appareils 



l52 



INTRODUCTION 



dans les pharmacopées du moyen âge; peut-être même existent-ils encore 
quelque part en Orient. Cependant il est digne de remarque qu'ils ont dis- 
paru dans le manuscrit 2327, pour faire place à des digesteurs d'une toute 
autre forme, sans doute inventés postérieurement, et que nous examinerons 
tout à rheure. 

Nous avons donné toutes les figures relatives aux appareils du ma- 
nuscrit de Saint-Marc ; joignons-en quelques autres, d'un caractère 
diiîérent. 

Figure 28. — Il s'agit d'abord de la formule de l'Ecrevisse, ou du Scor- 



(0 {--) (3) {.|) 



(5) (6) (7) !S) (η) (10) (it)(i:>)(i3) 



G-f 9 0^^^^(I[=G<.1\-^ 



tp ο j/o h 



^1 η 1 1 Γ>Λ 



Figure 2S. — Formule de l'Ecrevisse- — Réduction aux 2/3. 



pion, formule mystérieuse, qui était réputée contenir le secret de la trans- 
mutation. Elle se trouve (i) à la fin des Mémoires de Zosime {manuscrit 
de Saint-Marc, fol. ig3). Son interprétation est donnée, en même temps 
que sa répétition, sur la première page de garde du manuscrit de Saint-Marc, 
dans un texte d'une autre écriture, plus moderne (xiv siècle) que le reste. 
Le tout se trouve aussi dans le manuscrit de Leide, Voss., in-4°, n° 47, 
fol. 70. 

La première page de Saint-Marc débute parla description du traitement 
des scories, lequel paraît se rapporter au changement d'une scorie noire 
et métallique, telle que celle du plomb, en un composé blanc (carbonate 
ou sulfate\ sous l'influence prolongée de l'eau et de l'air. La description, 
écrite dans un grec barbare, se termine par ces mots : « Ainsi a été accom- 
plie avec le secours de Dieu, la pratique de .Tustinien. » [Texte grec, 
II, IV bis, appendice I). Puis viennent le nom de la tutie, ou oxyde de 
zinc impur, suivi par des mots magiques, analogues à ceux qui figurent 
dans les Papyrus de Leide, dans Jamblique et dans le manuscrit 241g. 



(i) Voir aussi manuscrits 2249, folio 
100 — 2325, folio 83 — 2327, folio 80 



et répétition au verso ; folio 220 verso. 
— Leide, Voss., n»47, fol. 70. 



FIGURES d'appareils i53 

Les voici : 

Τουτία. μαραζή. ατεν/,ήρ. αζή. -/χ^ρχ-ι-:. ;Λϊ;ρηχζν:ΐ;τ. -/ν-τΛ-.. ;j.:jyavxp. 
πΐυμάν. ίχ'.ί.χ^.-/. τεχμηριζο^ζρά. ρΐΐιυ-/. ταρήτ. yrj,-':. y;r,-y.. τ'Γ'.άλ-τ,ΐ'.ν. -χρά. 
•/.ΐλ-αχτρΊ. 

II semble que ce soient là des formules que Ton récitait au moment du 
traitement de la tutie, minerai de zinc 'mêlé de plomb et de cuivre employé 
dans l'opération de ladiplosis, c'est-à-dire de la transmutation. En effet, à la 
suite, se trouve la formule de l'Ecrevisse, surmontée de mots qui en inter- 
prètent chacun des signes (i). J'ai numéroté les signes dans la figure, pour 
donner plus de clarté aux explications. 

Le premier signe in° i) se traduit (fig. 8, PI. VI, 1. 24) par zr,\i.v.z-i ou 
σημείωτα; = notez : c'est un signe employé fréquemment à la marge des 
manuscrits, pour désigner un passage important. Au-dessus, ce signe est 
ici répété, avec le mot -αϊ; c'est-à-dire : Attention! initié. 

Le second signe n° 2) est traduit au-dessus par τ: -αν; ce qui veut dire la 
composition ou le mélange complet. Ce mot signifie aussi le molybdo- 
chalque (plomb et cuivre, sans doute associés au zinc), d'après un passage 
de Zosime. Cet alliage métallique résultait en effet de la réduction de la 
cadmie ou de la tutie impure, substance dérivée du grillage de certains 
sulfures métalliques et qui semble avoir été désignée parfois, en extension 
d'une dénomination appliquée à ces sulfures eux-mêmes, par le nom de 
magnésie. On peut le conclure avec probabilité, d'après un passage de 
Geber sur les esprits ou matières volatiles, et d'après quelques textes 
des alchimistes grecs. 

Le troisième signe in" 3' est celui du cuivre. Il est traduit au-dessus 
par yx\v.z\) !î; : la rouille du cuivre. On introduisait sans doute cette 
rouille dans le mélange contenant de la tutie, avec l'intention d'y aug- 
menter la dose du cuivre : ce qui rapprochait la teinte de l'alliage de la 
couleur de l'or. 



(i| J'ai déjà donné cette interpré- I — Mais la lecture actuelle est plus 
talion : Origines de l'Alchimie, γ. 348. I correcte. 

20* 



1 54 INTRODUCTION 

Le quatrième signe (n» 4) répond à celui du cuivre, deux fois répété 
et assemblé par le signe du plomb ; ainsi que le montre la traduc- 
tion superposée : ;Λ:Λ'.6ί-/αλ•/.:ς ■/.ε•/.αυι;.έ-/:ς, molybdochalque (cuivre-plomb) 
brûlé. 

Le cinquième signe (n" 5 est celui de l'Ecrevisse, ou du Scorpion, pourvu 
de huit pattes antérieures. Dans certains manuscrits (Saint-Marc), la queue 
se termine par un dard, à la façon du Scorpion; dans d'autres (2325 et 2327 
par exemple!, par un demi-cercle, formant une sorte de pince. Ce signe 
porte au-dessus les mots : άργυρ:χαλ-/.;ς ν.εκχυμένίς /.α; τΕττηγμΕνΐ;. Mais le 
dernier mot correspond au sixième signe. Le tout veut dire argyrochalque 
(cuivre-argent) brûlé et fixé. 

Le signe de l'Ecrevisse se rapporte probablement à l'opération par laquelle 
on préparait un semblable alliage, formé avec le cuivre uni au plomb que 
Ton prétendait changer en argent, sans doute en le blanchissant de façon à 
lui donner la couleur de l'argent. Si cette interprétation était acceptée, il s'a- 
girait d'un blanchiment par le mercure ou par l'arsenic, blanchiment opéré 
par sublimationet opération rétrograde dans l'appareil appelé καρκίνος, lequel 
est représenté par la figure 25. On justifierait ainsi le signe de l'Ecrevisse, 
appliqué à la fabrication de l'alliage actuel. 

Le septième signe (n° 7) est traduit par έ;Αέρ'.τος (divisé en parties ?), 
mot dont le sens est incertain. 

Le huitième signe (n" 8) par opayiAz"; : dragme (poids). 

Le neuvième signe (n° 9) signifie 14, et s'applique probablement air poids 
dont l'unité vient d'être indiquée : soit 14 dragmes. 

Le dixième signe in° 10) est une abréviation, traduite par τίταν:; -/αλκος το 
χδν ΐίτρακιν : chaux-cuivre (peut-être en un seul mot), toute la coquille ide 
l'œuf philosophique). 

Le onzième signe (n° 1 1) est traduit par ts -3v ϊττρ^κιν, qui répète les der- 
niers mots du signe précédent. 

Le douzième signe (n° 12) est traduit par τίτανος et est suivi par 

Le treizième (n" i3) χαλκοϋ : de cuivre : mot à mot, chaux de cuivre. 

Puis viennent en caractères ordinaires, les mots : νιήια; [Αακάρ'.ος : celui 
qui aura compris sera heureux. 

Dans cette formule, il s'agit de divers alliages et oxydes métalliques, ainsi 



FIGURES d'appareils i55 

que de l'œuf philosophique. Mais elle ne présente pas par elle-même un sens 
défini. C'était sans doute un mémento hiéroglyphique, destiné à être complété 
par des explications orales. Elle figure dans un traité de Zosime, et semble 
le dernier débris d'un ancien symbolisme, antérieur aux écrits alchimiques 
explicites que nous possédons, et qui représenterait le mode le plus ancien 
de la transmission traditionnelle de la science :v. p. iSj). Le sens a dû s'en 
conserver longtemps par tradition orale, comme le prouve le fait même de 
sa transcription sur la première feuille de garde du manuscrit, avec des 
formules magiques, que l'on prononçait sans doute pendant certaines des 
opérations. Une partie de ces dernières est même indiquée par le texte qui 
précède, lequel semble relatif au traitement des scories de plomb ; puis 
viennent les mots magiques et la formule. 

Au-dessous, toujours sur la même page de garde, se trouve reproduit un 
passage correspondant d'Olympiodore sur les scories : « Sachez que les 
scories dont on parle ci-dessus sont tout le mystère, etc. ». Ce passage est 
imprimé dans le Traité d'Olympiodore [Texte grec, II, ivl et on a donné en 
appendice Texte grec, II, iv bis] le texte même qui le précède. 

Voici le moment de rappeler les signes magiques de la Chrysopée de Cléo- 
pâtre [figure II), placée précisément en tête du traité de Zosime, à la fin du- 
quel figure la formule de l'Ecrevisse. Ces signes, en effet, comparés à la for- 
mule, donnent lieu à quelques rapprochements utiles à noter. On y remarque, 
par exemple, un grand croissant pourvu de huit appendices linéaires, qui 
rappellent étrangement le signe de l'Ecrevisse. La signification de ce dou- 
ble croissant semblerait dès lors la même ; c'est-à-dire qu'il représenterait 
la transformation (fixation) du cuivre amalgamé ou arsénié en argent, au sein 
d'un appareil à marche rétrograde. Le signe même de l'argent, ou plutôt 
celui du mercure, serait alors exprimé par le croissant régulier et sans appen- 
dice, situé à côté. Doit-on voir aussi dans les signes de la Chrysopée placés 
à côté du serpent, les symboles (3) et (4) du cuivre et du molybdochalque de 
le formule de FEcrevisse ? Quoi qu'il en soit, il y a là un rapprochement 
singulier et digne d'intérêt, au point de vue de la filiation historique des 
symboles alchimiques. 

Figure 29. — Cette figure (manuscrit de Saint-Marc, fol. ig3) reproduit 
deux alphabets magiques ou cryptographiques, à demi effacés, avec leur tra- 



1 56 INTRODUCTION 

duction [telle qu'elle est donnée dans le manuscrit). Au-dessus du premier 
se trouve le mot : ελ'.νηκα, c'est-à-dire (lettres) helléniques, écrit avec l'al- 
phabet correspondant. Au-dessus du second : ΐεριγλυ^'.ν.ά, c'est-à-dire (lettres) 
hie'roglj'fiques, écrit de même. A côté, 'en marge, le mot άλιάβητ:;, écrit 
avec les lettres du premier alphabet. 






Figure 20. — Alphabets magiques. — RiiJuction à 1/2. — D'après décalque. 



En réalité, aucun de ces alphabets n'a rien de commun avec les hiéro- 
glyphes. Ce sont simplement deux alphabets cryptographiques, formés 
avec des lettres grecques plus ou moins défigurées, mais sans modification 
dans leur nombre ou leur valeur. 

11 existait un grand nombre d'alphabets analogues au moyen âge. On 
trouve notamment une page entière d'alphabets de ce genre dans le 
manuscrit 2419, folio 279. Le premier alphabet de ce folio ressemble 
beaucoup au premier du manuscrit de Saint-Marc, donné plus haut; le 
sixième du manuscrit 2419 ressemble aussi, quoique d'un peu plus loin, 
au second du manuscrit de Saint-Marc. Les alphabets du manuscrit 2419 
semblent, d'après leur traduction superposée en lettres rouges presque 
efiacées, répondre à l'alphabet latin de préférence à l'alphabet grec. 

C'étaient là en réalité des jeux d'esprit individuels, plutôt que des 
alphabets usuels. En tout cas, il m'a paru intéressant de reproduire les 
spécimens ci-dessus, surtout le premier, qui se retrouve à peu près pareil 
dans deux manuscrits dissemblables de composition et d'origine. 

Figure 3o. — Cette figure (manuscrit de Saint-Marc, fol. 102 verso) 
représente le Labyrinthe de Salomon, avec un commentaire en vers ; 



FIGURES D APPAREILS 



07 



le tout d'une encre et d'une écriture plus modernes, probablement du 
χιγβ siècle. 




Figure 3o. — Labyrinthe de Salomon. — Réduction à 1/2. 

On donnera ailleurs [Texte grec, I, xxj ce commentaire. 

Figure 3 1. — Cette figure (manuscrit de Saint-Marc. fol. 51 estTun symbole 




Figure 3i. — Symbole cordiforme. — Dccalque. 

cordiforme, avec les signes de l'or, de l'argent, et peut-être d'autres métaux ( i ); 



|i) Le cercle droit d'en bas renferme j la figure actuelle,par suite d'un accident 
dans le manuscrit quatre signes mal de gravure, 

définis, dont un 7 , lequel a disparu dans I 



1 58 INTRODUCTION 

il se trouve à côté de la première ligne de Stéphanus, écrit à l'encre 
rouge ; il est contemporain du texte. Il semble que ce soit là un symbole 
de Part de fabriquer Tor et l'argent. On croit utile d'en rapprocher la 
figure suivante. 

Figures 32 et 33. — C'est un dessin mystique, formé par l'assemblage de 
divers signes destinés à représenter une opération chimique; on dirait une 





Figure 32.— Dessin mystiqne (2327). Figure 33. — Deesin mystique (2325). 

Décalque. Décalque. 

sorte d'équation chimique, analogue aux équations atomiques et renfer- 
mant comme les nôtres les symboles des corps intervenants. Elle se trouve 
au folio 47, verso, du manuscrit 2327, vers la fin de la troisième leçon de 
Stéphanus, vis-à-vis des mots : :!<-::; iz-Vi s έτήσ'.ις c ■;:apcpiji.:ç i ::ΐλύχρωμΐς. 
« C"est la pierre étésienne, le support polychrome (des teintures?). » Puis 
vient tout un développement mystique sur la pierre philosophale. 

Le relieur du manuscrit, au xvi« siècle, a coupé une partie de la branche 
gauche du dessin. Mais il n'y avait là rien de particulier, comme le montre 
le manuscrit 2325 qui contient la même figure (fol. 46, verso). On a re- 
produit cette dernière à côté (fig. 33). 

Telles sont les figures fournies par le manuscrit de Saint-Marc et les 
dessins congénères de ces figures, reconnus dans les autres manuscrits. 



Figures du manuscrit 2327. 

Etudions maintenant les figures propres du manuscrit 2327, en commen- 
çant par les figures mystiques. 
Figure 34. — Cette figure (manuscrit 2327, fol. 196) est celle du serpent 



FIGURES D APPAREILS 



09 



Ouroboros (i), en tête d'un article reproduit dans le Texte grec Ί, v). Il est 
formé de trois cercles concentriques, comme la figure supérieure de la Chry- 
sopée de Cléopâtre ; mais de plus il a ici trois oreilles et quatre pattes. La 
tête, les oreilles et l'anneau extérieur sont peints en rouge vif [rrr] ; le blanc 




Figure 34. — Serpent Ouroboros. — D'après décalque. 

de l'œil est blanc, la pupille noire ; le premier anneau est écailleux. Le second 
anneau (moyen) est écailleux et jaune [jjj]. L'anneau intérieur est d'un vert 
continu (vv), ainsi que les pattes. Ces couleurs d'ailleurs ne répondent pas 
exactement à une description de Stéphanus (Lettre à Théodore), d'après 
laquelle l'origine de la queue est blanche comme du lait ; le ventre et 
le dos, couleur de safran, la tête noir verdâtre. Il devait y avoir bien des 
variantes. 

Au folio 279 du même manuscrit se trouve une seconde figure du serpent, 
avec un teste un peu différent : celui-ci n'a que deu.x anneaux ou cercles ; 
ses écailles sont mieux marquées. 



(i) Origines de l'Alchimie, p. Sg et 256. 



1 6ο INTRODUCTION 

Figure 35. — Cette figure (manuscrit 2327, fol. 297 verso) représente le 
signe d'Hermès, assez informe; le folio a été remonté sur une bande 
blanche. 




Fir.LRE 35. Figure 36. 

Signe d'Hermès. Images géométriques. 

Décalque. . Décalque. 

Figure 36. — Cette figure renferme quatre images géométriques, desti- 
nées à commenter le texte du folio io6 recto (manuscrit 2327}. Elles 
existent aussi au manuscrit 2325 (fol. 1 1 1), au manuscrit 2275 (fo). 78 
verso), etc. 

Les figures qui suivent concernent des appareils nouveaux, dont il con- 
vient de comparer soigneusement les formes avec celles des figures corres- 
pondantes du manuscrit de Saint-Marc. 

Figure 3γ. — Cette figure (manuscrit 2327, folio 81 verso) contient deux 
alambics et deux vases à digestion. 

1° A gauche, on voit l'alambic à trois pointes [tribicos), dont la forme 
générale (sauf le nombre de becs) s'est rapprochée de celle des alambics 
modernes en verre, usités au siècle dernier, et dont on fabrique encore 
aujourd'hui quelques échantillons. 

Le matras ou chaudière porte d'ailleurs la même inscription que la 
figure i5 (λω-άς θείου olt.ùçiz-j : matras contenant le soufre apyre) ; il est posé 
de même sur le feu (φώτα). 

Le chapiteau est surmonté du mot yxK/J.z-i (vase de cuivre), et les trois 
tubulures sont figurées cylindriques : l'un des trois récipients a été coupé 
par le relieur. 

2° A côté se trouve un alambic à un seul bec, posé sur un fourneau 
(•/.α(;.ήνιον, sic) ; la forme générale en est la même. On doit le regarder comme 



FIGURES D APPAREILS 



l6l 



équivalent à celui de la figure i6; à cela près que le tube de ce dernier 
(σωλήν) est remplacé par un chapiteau (χαλκιιν). 

On donnera tout à l'heure une iigure similaire (fig. 38), d'après le manus- 
crit 2.127 fol. 221] ; laquelle n'est pas identique à la précédente et se rap- 
proche de celle de Saint-Marc, plutôt que de nos alambics actuels. 




'Sn 













Figure 37. — Alambics et Vases à digestion. 



Par contre, la forme de l'alambic est devenue à peu près identique à celle 
de nos vieux instruments (en verre), dans la figure, unique d'ailleurs et mal 
faite, du manuscrit 2252, copié au xvn« siècle. Dans ce manuscrit, au-des- 
sous des trois cercles concentriques et au début des Mémoires authentiques 
(γνή-•.χ ΰ-:;Λνή;ΛΛτα) de Zosime, on aperçoit un alambic (3'J"''•:; Ji/.iv:;), sur 
un foyer (-/.αύ-τρ), et un récipient condensateur à col étroit, /.c-i; ή ά'γγος 
c-îVî5-:o;j.:v [sic]. On voit qu'il y a de légères variantes dans les inscriptions. 

3° A gauche et en bas, dans la figure 37 du manuscrit 2327, se trouve un 

21- 



102 INTRODUCTION 

appareil à digestion ou à cuisson, formé d'une fiole sur un bain de sable, 
chauffé par un fourneau v~^?)• 

La fiole est désignée par un mot coupé en deux par le relieur, et terminé 
par les syllabes τητ'.ς, tel que. ϊτ.-τ,^ι: (cuisson . L'inscription qui désigne le 
fourneau est également coupée en deux; mais on lit sur les trois lignes 
superposées les syllabes finales λχ•. — χΧζί — μίν.ιν. Il est facile de recon- 
naître ici l'inscription de la figure 22 : ijzx) λαι (j-i) αΐΐν (y.rz)' μίν.ςν. 

Il paraît donc que c'est là l'équivalent du bain de cendres, destiné à 
chauffer la palette ou ν.τ,ρζτχν.ίς. Mais la palette est tombée en désuétude et les 
opérations effectuées à l'Origine avec son concours ont été simplifiées dans 
le cours des temps, et réduites à de simples digestions ; celles-ci sont 
opérées également sur un bain de sable ou de cendres. La matière même, 
au lieu d'être placée sur une palette métallique, est déposée soit sur une 
pièce plate (fig. 38) ou conique (fig. 37), au-dessous du bouchon, soit même 
au fond de la fiole. Dans ces conditions, l'emploi de la palette constituait 
une complication inutile. 

4° C'est ce que confirment le dessin et l'inscription placés à droite de la 
figure 37. Nous avons ici une fiole, le mot ΐυάλη [sic] ayant passé du sens 
ancien coupe au sens moderne _;îo/e. 

Cette fiole est surmontée d'un bouchon ou tête, assez ^compliqué, au- 
dessous duquel il semble qu'il reste quelque indice de la kérotakis, sous 
l'apparence d'une pièce conique peu distincte. Le tout est enfermé dans une 
enceinte, formée d'un cylindre inférieur, posé sur le fourneau, καμήν.ιν [sic), 
et d'une coupe hémisphérique renversée, qui constitue le haut du cylindre. 

Il serait difficile de reconnaître à première vue que cet appareil a rem- 
placé celui de la figure 25, ou plutôt ceux des figures 20 et 21 ; car la kéro- 
takis a disparu. Mais la filiation des appareils résulte des inscriptions qui 
les accompagnent. En effet, on lit au-dessus du dessin (4°) de la figure 37, 
les mots : •/.αρν.ινοειδές vM-a'. oï ï λόγος εμ-ρισΟεν ; c'est-à-dire la même inscrip- 
tion que sur la figure 25. Ce serait donc là encore un appareil à digestion 
et distillation rétrograde, dans lequel les produits sublimés retombent sur 
la matière inférieure qui les a fournis : ainsi qu'il arrÎA'erait dans un appa- 
reil disposé pour blanchir le cuivre par la sublimation réitérée du mercure 
ou de l'arsenic (p. 145]. 



FIGURES D APPAREILS 



l63 



Ajoutons qu'on lit au-dessous de l'ensemble de ces appareils la formule 
mystiques des opérationsqui s'y accomplissaient : « en haut les choses céles- 
tes, en bas les terrestres ; par le mâle et la femelle TiEuvre est accomplie » 
(manuscrit 2827, fol. 81 verso) : ά'νω τα ουράνια, -/.άτω τα έ-ιγηία, ο: 'άρενος ν.Άΐ 
Οήλϊΐ; -ληρούμενίν τΐ έ'ργίν. 

Figure 38. — Cette figure (manuscrit 2327, fol. 221 verso) reproduit le 
dessin de la tigure 3j, sauf variantes. 



^ 2 







^«^«^u. 



Figure 3S. — Alambics et Vases à digestion. 



1° Le dessin à gauche et en haut \tribicos) est à peu près le même. 

2° Le dessin de l'alambic à un seul bec offre une variante, qui le rapproche 
de la figure 16. Cette forme existe aussi, grossièrement dessinée, dans le 
manuscrit 2275 (fol. 57 verso). 

3° Le dessin de la fiole à digestion, reporté ici tout-à-fait à gauche, est 
à peu près le même que dans la figure 37. 

4° Mais le dessin voisin est un peu différent. Le bouchon de la fiole 
offre des traits dissemblables, et peut-être un dernier reste de lame hori- 
zontale, répondant à la kérotakis. Il porte d'ailleurs la même inscription, 
caractéristique d'un appareil à opération rétrograde, que la figure 37 ; sauf 
la substitution du mot y.u-xyzj (ailleurs) au mot ϊ\ι.τ.ρζ7<ΐνκ 



164 



INTRODUCTION 



50 A gauche, en bas, un vase à digestion {aludel mal fait ?) sur un 
grand trépied, avec l'inscription : v,'îjv tî r.xpl•) y.ay.iv.:•/ ίζ-\•ι ναρ.'.'ίζν.Ιϊζ ζ 
λ:ν;ί y.ErTz;. « Le présent fourneau est rétrograde; la description est ici. » 

iV.p. 134.: 

Figure 39. — Cette figure (manuscrit 2327, fol. 289 versol, répétée deux 
fois, est un alambic à tubulure unique. 




Figure 3o. 

Petit alambic. 

Décalque. 




FlGlRE 40. 

Alambic deSynésins 

Décalque. 



FlGlRE 41. 

Alambic de SynésitiB 

(Ms. 2325.) Décalque. 



Figure 40. — Cette figure (manuscrit 2327, fol. 33 verso), fait partie de 
l'ouvrage de Synésius et répond exactement au texte de l'auteur : c'est l'une 
des plus intéressantes, en raison de la date de cet ouvrage (iv" siècle). Elle 
représente un alambic, sur une marmite servant de bain-marie (λεβ-ί;;), portée 
elle-même sur un trépied. Elle rappelle tout à fait la disposition de nos appa- 
reils modernes. 

A côté se trouvent les mots caractéristiques : ':rixp\j.i'lt-:x: τω βί-αρίω 'Λ'κ'.ίζί 
:ργαν:ν r/(ov ;^.α7τά:'.:ν. « On ajuste au matras inférieur (βιτάρ'.ιν) un instru- 
ment de verre, en forme de mamelle [[j.xs-ip'.s'i). » Cet instrument est muni 
d'une gorge, ou rainure circulaire, destinée à récolter les liquides con- 
densés dans le chapiteau et à les conduire dans la tubulure qui aboutit au 
récipient. C'est un appareil qui est encore en usage aujourd'hui. Le sens 
jusqu'ici obscur des mots βιτά,ΐ'.ΐν et \).xz-.ip:z'i se trouve précisé par ce texte 
et cette figure. 

La figure manque d'ailleurs dans le manuscrit de Saint-Marc, quoique 
le texte soit le même ; mais elle existe dans le manuscrit 2325 \\\\\^ siècle). 
Le manuscrit 2275 la reproduit ifol. 16). 



FIGURES d'appareils I 65 

Figure 41. — Elle reproduit le dessin fort élémentaire du même alambic, 
d'après le manuscrit 2325. 

Tout ceci est fort important pour l'histoire de la distillation. A l'origine, 
on distilla le mercure, en le condensant simplement dansun chapite au posé 
sur un pot Dioscoride, Pline). Ce n'est que plus tard que l'on adapta une 
gorge à la partie inférieure, pour empêcher les liquides condensés de 
retomber dans le pot; puis cette gorge fut pourvue d'une tubulure, destinée 
à conduire au dehors le liquide condensé. On voit par le texte et par la ligure 
conforme de Synésius que ces progrès étaient réalisés dès la fin du iv« siècle 
de notre ère. Rappelons que Synésius, dans une lettre à Hypatie, publiée 
parmi ses œuvres connues, a décrit aussi Taréomètre, œuvre d'une science 
déjà avancée. 

Figure ^2. — Cette figure (manuscrit 2327, fol. 112 verso), répétée deux 
fois, est une simple fiole. 




Figure 42. — Fiole. Figure 43. 

Décalque. Alambic 

avec six appendices 
Décalque. 



Figiirej[3. — Cette figure (manuscrit 2327, fol. 184 verso;, malheureu- 
sement coupée par le relieur, se trouve vers la fin du poème de Théophraste. 
On y discerne un alambic, mais avec un appendice supérieur, fort singulier 
dont la position rappelle la -/.^.îCTa•/.•!;. Il est muni de six lignes verticales, 
répondant au texte suivant : ιέ::ντζ; τίι; ïz -,<-•>•ιχ~ ώς τίγ^,α [sic) ;άγ:ζ'.. « Por- 
tant six ceintures [enveloppes) pour absorber la matière fondue.» 



1 66 INTRODUCTION 



Figures du manuscrit 2325 

Les figures du manuscrit 2325 sont très intéressantes parce qu'elles 
répondent à une époque intermédiaire (xni= siècle) entre celui de Saint-Marc 
et le n" 2327 de Paris. Elles sont en général conformes à celles du manuscrit 
de Saint-Marc, bien que le manuscrit 2325 n'en dérive certainement pas 
directement, comme je le montrerai. Il résulte de cette double circonstance 
que la date des dessins du 2325 est antérieure à la copie actuelle du manu- 
scrit de Saint-Marc, et même à la date de ses prototypes immédiats ; cepen- 
dant ils doivent dériver tous les deux de quelque source commune et plus 
ancienne. Quant au détail, le nombre, la forme et la dimension des parties 
des appareils sont assez différents, pour quelques-uns du moins. Le manu- 
scrit 2325 contient en plus l'alambic de Synésius, figure 41, et le dessin 
(fig. 33) mystique de la 3" leçon de Siéphanus. Par contre, les appareils à 
digestion y sont moins multipliés. 

Nous avons donné les figures essentielles de ce manuscrit, telles que : la 
figure 41 (fol. 23 verso) représentant l'alambic de Synésius, avec la chau- 
dière (λέ6ϊ;ς), et le feu (τ^Ορ). 

La figure 17 (tribicoç), est analogue à celle du manuscrit de Saint-Marc 
(fig. i5). Toutefois les dimensions relatives du matras à soufre (λωττάς 6£Î:j 
άττύρου), du tube vertical, du condensateur supérieur et des ballons qui 
recueillent le produit distillé sont différentes; le dessin de l'un de ces bal- 
lons a même disparu. — En outre, le mot τ.Χιρ (feu) a remplacé καύσ-ρα 
(foyer). La figure du tribicos, de même que toutes celles du manuscrit 2325, 
est beaucoup plus grossière que celles du manuscrit de Saint-Marc. 

A côté se trouve également, très grossièrement dessiné, l'appareil distil- 
latoire à large tube de cuivre (χαλ•/.ί:ν), de la figure 16; mais j'ai jugé inu- 
tile de reproduire ce dessin du manuscrit 2325. 

Au-dessous du tribicos, on voit la figure 23 donnée plus haut : c'est celle 
d'un appareil à kérotakis, analogue à celui de la figure 22. Mais le fourneau 
(παλα'.-τ'.αΤον καμ.{νΐίν) est plus petit et les condensateurs supérieurs (φιάλη), 
sur l'extérieur, sont plus gros. Les ponctuations, indicatrices de trous sur 



FIGURES d'appareils I 67 

le bain-marie, couvrent un espace bien moindre. Le mot de kérotaivis n'y 
figure pas. 

Enfin, au-dessous du τωλήν et du ■/xKyL••!, on voit un autre appareil à 
k,érotakis, reproduisant le χαΐκίνις de la figure 25, avec des variantes trop 
légères pour que j'aie cru utile de le donner. 

On remarquera que les figures sont moins nombreuses dans le manus- 
crit 2325 que dans le manuscrit de Saint-Marc ; elles sont d'ailleurs concen- 
trées en tête du mémoire de Zosime, dans le manuscrit 2325 aussi bien que 
dans le manuscrit 2327. Ce mode de distribution est évidemment plus 
moderne que celui du manuscrit de Saint-Marc. 

Figures des manuscrits de Leide. 

L'histoire des appareils alchimiques tire une nouvelle lumière de l'exa- 
men des manuscrits alchimiques grecs de Leide. L'un d'eux (Codex Vossia- 
nus, in-40, n" 47, fort mal écrit d'ailleurs, reproduit presque toutes les 
figures du manuscrit de Saint-Marc, entre autres : 

Nos trois planches I, II, III (fig. 3, 4, 5), sauf quelques inversions; 

La Chrysopée de Cléopâtre de la figure 1 1 ι fol. 49 verso) ; 

La double figure 14 et 14 bis du dibicos (fol. 5o verso) ; 

La figure i5 du tribicos ifol. 5i verso) ; 

La figure 16 de l'appareil distillatoire ι fol. 5i verso); 

La figure 18 de la chaudière distillatoire (loi. 58 recto); 

Les deux appareils cylindriques de nos figures 20 et 21 (fol. 53 verso); 

Les kérotakis de nos figures 22 et 24 (fol. 52 verso); 

La palette de la figure 24 bis (fol. 53 recto) ; 

La figure 25 du vase à kérotakis, portant à côté le mot /apy.'.vîe'.îàç (fol. 
55 verso); 

Les récipients de la figure 26 (fol. 55 verso); 

Le vase à kérotakis cylindrique de la figure 27 (fol. 55 verso) ; 

La figure 3i corditorme (fol. 5i recto); 

La formule magique de l'Ecrevisse (fig. 28), avec son explication (fol. 70 
recto), fidèlement copiée. 



1 68 INTRODUCTION 

Il est clair qu'il s'agit dans tout ceci d'une simple copie, directe ou indi- 
recte, des figures du manuscrit de Saint-Marc. 

L'autre manuscrit de Leide est noté xxui. Ru. G (ayant appartenu à 
Ruhnkenius); il a été écrit au xvu« siècle et est fort analogue par sa table, 
laquelle forme une grande partie de son contenu, à notre manuscrit 2327. 
Il en reproduit textuellement tout le tableau des signes, c'est-à-dire les cinq 
pages qui forment nos figures 6 à 10, planches IV à VIII. 

Aux folios 21 et 22, il renferme diverses figures pareilles, avec des 
variantes dans les inscriptions et dans les dessins, dont quelques-unes fort 
importantes. Je vais les signaler : 

Folio 2 1 : alambic de Synésius, conforme à la figure 40 ci-dessus; mais 
il porte quatre mots, au lieu du seul mot λέβης inscrit au manuscrit 2327, 
mot qui se retrouve d'ailleurs aussi sur la marmite, dans le manuscrit Ru. 
On y lit en outre : '/mt.x; sur le matras, ΐ'.άλη sur le chapiteau, ΐ;-/εΐ;ν sur le 
récipient. 

Au-dessous on voit 5 dessins intéressants, savoir, degauche à droite : 

1° Un alambi; à une pointe, correspondant à celui des figures i3 et 
3-. Il porte les mots ■/.7.\ι.[ψ.ν> sur le fourneau, λω-ά; sur le matras. La forme 
du chapiteau indique très nettement que c'est une fiole renversée, dont le col 
entoure celui du matras, les lignes des deux cols n'étant pas confondues. — 
Cette différence ne m'a pas paru assez grande pour exiger la reproduction 
du dessin. 

2° Un alambic, sans chapiteau, mais à large tube, répondant à celui des 
figures 16 et 38. On y lit les mots 7.a;j.Îv'.:v sur le fourneau, ΐ'.άλη sur le matras, 
-/αλκείΐν [sic] sur le gros tube; le récipient n'a pas de nom. Ces mots ne" 
coïncident pas exactement avec ceux des figures 16 et 38; ce qui montre 
que le manuscrit Ru. n'a pas été copié directement sur les nôtres. 

3° Au-dessous de ce dessin, un matras à digestion (ΐ'.άλη), sur un bain de 
sable, chauffé surun fourneau (πΛλχυτιαΐιν/.αι^.ίνιον), avec l'indication ;--r,7iç, 
comme dans la figure 37. 

4° Une fiole à digestion, recouverte d'une sorte de cloche, reproduisant à 
peu près identiquement la fiole de la figure 38, avec les mêmes appendices à 
la partie supérieure ; appendices dérivés, comme je Fai établi, de la kérotakis 
(fig. 22 et 25). La seule inscription qui existe dans ce dessin est placée sur le 



FIGURES d'appareils I 69 

fourneau : v.x[j.l•/::•/ 7:χλα•.-τ'.αΤ;ν. Ces mots confirment l'opinion qu'il s'agit 
d'une transformation de l'appareil des figures 22 à 25. 

50 Enfin, à la droite on voit le petit trépied de la Chrysopée de Cléopâtre 
(fig. II). Au-dessoussont les mots έν β:λ!ίτ:•.ς 'dans le fumier . Ces mots sont 
caractéristiques. En effet, ils montrent qu'il s'agit d'un appareil destiné 
à être maintenu en digestion à une douce chaleur, au milieu du fumier en 
fermentation. Cet appareil est posé sur un trépied et parait identique à celui 
qui est dessiné à gauche, au-dessous du tribicos, dans la figure 38. 

En somme, ces cinq dessins sont les mêmes que ceux des figures Sj et 38; 
ils répondent à ceux des figures 1 2 et 1 3, lesquels sont eux-mêmes des dérivés 
faciles à reconnaître des dessins de la figure 1 1 ;Chrysopée de Cléopâtre. 

Toute la filiation des figures apparaît ainsi, de plus en plus clairement, 
grâce au détail des dessins et des inscriptions. 

L'étude des dessins de la feuille 22 du manuscrit XXIII Ru. 6 de Leide 
permet de pousser plus loin et d'établir d'une façon directe la relation entre 
les appareils des alchimistes grecs et ceux des Arabes, tels qu'ils figurent 
dans les ouvrages de Geber. Ces dessins sont une sorte de doublets de ceux 
de la feuille 2 i ; précisément comme dans le manuscrit 2327, les dessins de 
la figure 38 (fol. 221 verso) sont les doublets de ceux de la figure 37 (fol. 81 
verso). Cette répétition du même système d'appareils, qui semblerait à 
première vue due à une inadvertance du copiste spécial du manuscrit 2327, 
doit en réalité résulter d'une répétition plus ancienne, puisqu'elle se 
retrouve dans un manuscrit en somme assez différent, quoique de même 
famille. Décrivons ces dessins du manuscrit Ru. de Leide. 

On y voit: 

1° Un tribicos, avec son matras (λω-ά; θείιυ x-jpz'j), son chapiteau {'/x'/<- 
■/.sisv), ses trois tubulures et récipients, et son fourneau (καμ.ίν.ΐν). La Jonction 
du chapiteau au matras indique très clairement, comme plus haut, l'emboi- 
tement de deux vases tout à fait distincts. 

2° A droite, le dessin d'un alambic à une seule tubulure, reproduction du 
numéro i" de la série précédente, c'est-à-dire des figures i3, 37, 38, portant 
notamment les trois inscriptions du dessin central de la figure 37. 

3" Au-dessous, à gauche, le matras (λωττάς) à digestion (Η-τηΐ'.ς), posé 
sur le -αλα'.ΐτ'.α';•/ y.xjj.iv.cv. 

22* 



INTRODUCTION 



170 

4" Les deux dernières figures sont si caractéristiques, que je vais les 
reproduire. 
Figure. 44. — Vase à digestion. 





Figure 44. — Vase à digestion, — D'après un dessin. 

La figure de droite reproduit l'appareil à digestion des figures 3- et 38, 
placé de même sous une enveloppe générale en forme de cloche. Pour plus de 
précision, je remarquerai que mon dessinateur a raccourci les petites oreilles, 
situées à droite et à gauche de la lettre β. Dans le manuscrit, ces oreilles 
s'étendent jusqu'à l'enveloppe et la touchent, de façon à marquer la divi- 
sion de cette enveloppe en deux portions superposées, telles qu'elles sont 
dessinées en effet dans les figures 37 et 38. Cette enveloppe générale 
semble avoir été symbolisée par la dénomination de l'œuf philosophique. 
D'autre part, les trois portions intérieures de cet appareil à digestion sont 
dessinées à côté, séparées^et superposées, de façon à en montrer nettement 
tout l'ajustement. 



FIGURES D APPAREILS lyi 

Avant d'en discuter la signification, donnons les inscriptions corres- 
pondantes. Elles sont d'une grécité de très basse époque. Sur le dessin de 
droite, la panse du matras y porte les mots : gjj.i'.cv ενε τ;ΰ-3 μ.ετά τρία -/.iiJ.a- 
τ•.α [sic], c'est-à-dire : « ceci reproduit les trois segments séparés du dessin 
qui est à côté. » 

Sur le fourneau, on lit : έν βιλβίτ:'.; ■/.ay.iviGv, c'est-à-dire :« fourneau en- 
touré de fumier. " 

Au-dessous de l'ensemble de ce dessin : ν.χρ-λνιον.οϊς y.st-ai oà ό λίγις à'jj.- 
zpuOcV :« appareil rétrograde; la description est au-dessus. » — Rappelons 
que ces mots caractéristiques se trouvent à côté du matras analogue des 
figures 3j et 38 et de l'appareil à kérotakis de la figure 25. 

Sur le côté, on lit, inscrits verticalement, les mots : έναταλωνάτι οιλίαζη 
Y.xix -χ τρία 7.ΐ|;.άτ'.α, c'est-à-dire : « dans les trois segments, on ramollit et on 
combine 'les matières) ». 

Venons au dessin de gauche, qui représente les trois segments séparés, 
avec lettres correspondantes. On lit à côté, inscrits verticalement, les mots : 
-οι)- ' έ[Α-νέϊ;ς το ά'λ:ν y.al τ: ά'λ:ν ένατάλω ή -ρώ-:ς, οεύτεριν, -ρίτον [sic] ; 
c'est-à-dire: «voici l'un des vases où l'on évapore, et l'autre où Ton ramollit; 
c'est-à-dire le i^'', le 2=, le 3= (segment). » 

Ces inscriptions confirment exactement les opinions émises plus haut, 
relativement à l'usage de cet appareil. D'après lesdites inscriptions en effet 
il répond aux figures 22, 24, 25, c'est-à-dire aux appareils à kérotakis. Il 
suffit d'imaginer que les appareils placés au sommet des figures 22 .et 25 
ont été enveloppés par la sphère de la partie inférieure, pour comprendre 
les figures 38 et 3j : c'est toujours là l'appareil rétrograde, destiné au blan- 
chiment du cuivre par le mercure ou par l'arsenic sublimé. Ajoutons que, 
les trois segments intérieurs ne sont autre chose que les trois parties des 
figures 20 et 21 du manuscrit de Venise, représentant des vases à digestion 
cylindriques. — De même la figure 27, qui en exprime une forme un peu 
différente, donnant en quelque sorte la transition entre la figure 20 et les 
figures 22, 24 et 25. 

Mais la figure 44 nous permet d'aller plus loin et d'établir que ces appa- 
reils correspondent à l'aludel de Geber et des alchimistes arabes. Il suflSt, 
pour s'en assurer, de jeter un coupd'œil sur les dessins des aludels, figure45. 



\η2 INTRODUCTION 

Nous avons ici les trois segments à digestion des alchimistes grecs; avec 
cette différence pourtant que les deux segments inférieurs sont réunis en 
un seul morceau dans les dessins des aludels. Le couvercle s'ajustait à 
frottement doux sur.la paroi delà région moyenne : et cela dans une por- 
tion considérable de sa hauteur. Les deux morceaux extrêmes sont terminés 




Figure 45. — AlucicI des Arabes. 



chacun par une couronne ou bague extérieure, l'une se superposant à l'autre, 
de façon à compléter la jonction. Tout ceci est décrit endétaildans l'ouvrage 
de Geber. 

Le couvercle offre deux formes différentes: l'une hémisphérique, l'autre 
conique. Ces aludels étaient en verre. 

Cette figure est tirée de la Bibliotheca Chemica de Manget (t. I, p. 540, 
iig. 2 — Genève, 1702I. 

Dans la même planche de l'ouvrage précédent, sont représentés (fig.i) le 
fourneau, au centre duquel l'on plaçait l'aludel (fig. 3), ainsi qu'un autre type 
d'aludel, changé en alambic par l'adaptation d'un tube à son chapiteau, le 
tout chauffé à la partie inférieure à l'aide d'un fourneau, etc. 

La description de ces appareils existe, en traduction latine, dans le 
second livre de l'ouvrage de Geber, intitulé : De priiicipiis magisterii 
et perfectione. Ce livre peut servir sur quelques points de commentaire 
aux traités de Zosime sur les fourneaux et instruments ; il continue et 
développe la tradition des alchimistes grecs; non sans y ajouter d'ailleurs 
bien des choses nouvelles. Mais cette comparaison nous mènerait trop loin. 

Quoi qu'il en soit, on voit que ces diverses figures jettent un grand jour 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS IjS 

sur les pratiques et appareils des anciens alchimistes, sur les changements 
que ces appareils ont éprouve' dans le cours des temps, ainsi que sur la 
filiation des manuscrits. 



VI. — REXSEIGNEMEMS ET NOTICES 

SUR QUELQUES MANUSCRITS ALCHIMIQUES 

Il existe dans les catalogues imprimés des bibliothèques publiques d'Europe 
des notices sur le contenu des manuscrits alchimiques de ces bibliothèques. 
M. H. K(ipp a réuni et rapproché ces notices dans ses Beitrage :{ur Ges- 
chichte der Chemie (iSôg), p. 256 à 3i5 ; mais sans prendre une connais- 
sance directe des textes eux-mêmes. J'ai donné moi-même dans mes Origines 
de VAlchimie, p. 335 à 385, une analyse plus détaillée du manuscrit 2327 
de la bibliothèque de Paris et du vieux manuscrit de la bibliothèque de 
Saint-Marc, à Venise. 

Je les avais comparés entre eux, et avec les manuscrits 2325, 2275 et 2249, 
que j'ai eus aussi entre les mains, ainsi qu'avec les manuscrits de la Lau- 
rentienne à Florence et quelques autres; ces derniers, d'après les catalogues 
imprimés. La publication présente rendra inutile ces analyses pour les cinq 
premiers manuscrits; mais j'ai cru utile de préciser davantage la connais- 
sance de certains autres, tels que les manuscrits du Vatican, que j'ai fait 
examiner sur place par mon fils, M. André Berthelot; les deux manuscrits 
de Leide, celui de Gotha et divers manuscrits des Bibliothèques d'Allema- 
gne, examinés également par mon fils; ceux de l'Escurial, que M. de Loynes, 
secrétaire d'Ambassade à Madrid, a bien voulu collationner pour certains 
passages importants ; le manuscrit 24 1 9 de la Bibliothèque nationale de Paris, 
que j'ai étudié moi-même; enfin un manuscrit arabe d'Ostanès, appartenant 
à la même Bibliothèque et dont j'ai tait traduire quelques pages. — Ce sont 
ces renseignements que je vais communiquer. Je les ferai précéder par quel- 
ques données précises, tirées des manuscrits eux-mêmes et spécialement du 
manuscrit de Saint-Marc, lesquelles fournissent des indications nouvelles 
sur le mode suivi dans leur composition, sur l'ordre relatif et la filiation 



174 INTRODUCTION 

de leurs copies, et sur les accidents survenus pendant leurs transcriptions 
successives. Le tout forme une douzaine de petites notices sur les manu- 
scrits alchimiques. 

I. — Ancienne liste du manuscrit de Saint-Marc. 

En tête du manuscrit de Saint-Marc se trouve une liste de traités alchi- 
miques, qui ne coïncide avec le contenu même du manuscrit, ni par les titres 
des traités, ni parleur disposition; quoique la majeure partie des traités s'y 
retrouve. L'examen et la discussion de cette liste sont essentiels pour établir 
la filiation des manuscrits actuels. 

Donnons d'abord la liste elle-même. Elle a été imprimée en 1745 par 
Bernard dans son édition du Traité de Palladius de Febribus, p. 114 a i ιό. 
Il suffira d'en fournir ici la traduction : 

(1) Voici la table du livre des sages, avec l'aide de Dieu. 

(2) Stéphanus d'Alexandrie, philosophe œcuménique et maître, sur l'art 
sacré de la fabrication de l'or [i" leçon). 

(3) 2" leçon, du même. 

(4} Lettre du même à Théodore. 

(5) Sur le monde matériel, 3<= leçon. 

(6) Sur ce qui concerne l'acte (ενέργεια), 4= leçon. 

(7) 5' leçon, (8) 6= leçon, (9) 7= leçon. 

(10) Sur la division de l'art sacré, 8" leçon. 

(11) Enseignement du même à l'Empereur Héraclius, 9" leçon. 

(12) Héraclius Empereur, sur la chimie, à Modestus, préfet de la ville 
sainte (ConstantÎnoplei. 

(13) Du même Héraclius, onze chapitres sur la fabrication de l'or. 

(14) Colloque du même Héraclius sur la question des philosophes, rela- 
tive à cet art sacré. 

(15) Lettre de l'Empereur Justinion. 

(16) Du même Justinien, cinq chapitres sur l'art sacré et entretien avec les 
philosophes. 

(17) Entretien de Gomérius le philosophe avec Gléopâtre. 

(18) Dialogue des philosophes et de Cléopàtre. 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS lyS 

(19) Héliodorelc philosophe à l'Empereur Théodose, sur l'art divin: vers 
iambiques. 

(20 Théophraste le philosophe, sur cet art : vers iambiques. 

(21) Hiérothée le philosophe, sur cet art divin: vers. 

(22) Archelatis le philosophe, sur cet art divin et sacre : vers. 

(23) Pelage le philosophe ; Chrysopée. 

(24) Ostanès le philosophe à Pétasius sur Part sacré. 

(25) Démocrite sur la pourpre et la fabrication de VoT,Plirsica etmystica. 

(26) Du même, sur la fabrication de l'asèm. 

(27) Synésius le philosophe à Dioscorus (commentaire sur le livre de 
Démocrite) : dialogue relatif au livre du divin Démocrite. 

(28) Le philosophe Anonyme, sur l'eau divine du blanchiment. 

(29) Du même, surla Chrysopée, exposant l'enchaînement delà Chr\"sopée, 
conformément à la pratique, avec le secours de Dieu. 

'30) Zosime le divin, de Panopolis, sur la vertu. 

(31) Chapitre d'Agathodémon (principalement sur la fabrication du tout). 

(32) Chapitres d'Hermès, Zosime, Nilus, Africanus. 

(33) Du Chrétien, sur l'eau divine. 

(34) Zosime le philosophe à Eusébie, sur l'art sacré et divin, 34 chapitres. 

(35) Olympiodore le philosophe, sur la Chrysopée. 

(36) Pappus le philosophe, sur l'art divin. 

(37) Moïse, sur la diplosis de l'or. 

(38) Chapitres d'Eugénius et de Hiérothée. 

(39) Zosime, sur les instruments et fourneaux. 
(40j Du même, sur l'eau divine. 

(411 Du même, sur les instruments et fourneaux. Mémoires authentiques. 
(421 Trempe ou changement du pyrochalque, en vue derastrochalque. 
(43 Trempe et fabrication du fer indien. 

(44) Trempe pour les épées et instruments pour tailler la pierre. 

(45) Fabrication de l'asèm, du mercure et du cinabre. 

(46) Extrait de l'ouvrage de Cléopâtre sur les poids et mesures. 

(47) Du Chrétien, sur la bonne constitution (εύιτάθεια) de l'or. 

(48) Du môme, sur la Chrysopée, 3o chapitres. 

(49) Περ'; φύρμων χ,αΐ τόλων. 



ι yô INTRODUCTION 

(50j Sur la diversité du plomb et sur les feuilles d'or. 

(51) Lexique de la Chrysopée, par ordre alphabétique. 

(52) Autres chapitres de divers opérateurs sur la Chrysopée. 

Cette liste représente une rédaction plus ancienne que le manuscrit de 
Saint-Marc qu'elle précède, du moins tel que nous le possédons. Elle en dif- 
fère par la composition et par l'ordre relatif. 

Au point de vue de la composition, les dix premiers numéros sont com- 
muns à la liste etau manuscrit ; mais les quatre traités (1Γι,(12), (13), (Ί4\ attri- 
bués à Héraclius,et les deux traités (15), (16), attribués à Justinien, ont dis- 
paru. Rappelons ici que l'Empereur Héraclius était un grand fauteur d'as- 
trologie et de sciences occultes. Son nom se retrouve dans les ouvrages 
arabes et dans la Tiirba philosophorum (sous la forme erronée de Hercules). 
Stéphanus,son contemporain, lui a dédié l'une de ses leçons authentiques. 
Les traités attribués à l'Empereur Justinien sont évidemment pseudonymes 
et, à ce qu'ilsemble d'après quelques fragments, d'une date peu reculée: peut- 
être s'agit-il de Justinien II, l'un des successeurs d'Héraclius, à la fin du 
vii° siècle. Il existe encore une mention qui se rattache à ces traités (pra- 
tique de Justinien) dans l'article d'une écriture plus moderne, ajouté sur 
une page de garde du manuscrit de Saint-Marc (Origines de l'Alchimie, 
p. 348. — Texte grec, II, iv bis, Appendice Γ). Une page du môme auteur 
nous a été conservée à la fin de l'un des manuscrits alchimiques de Leide 
(Voss. n° 47, fol. 70 verso). Je la donnerai plus loin. 

Ces six traités perdus avaient été probablement rattachés à ceux de Slé- 
phanus. Je montrerai tout à l'heure la trace laissée par cette perte. 

Quant aux traités de Comérius, ou Comarius, et de Cléopâtre [Π et (18), 
il en subsiste un débris dans le manuscrit de Saint-Marc et des portions 
beaucoup plus étendues, sinon la totalité, dans le manuscrit 2327. 

Les numéros (19) à (52) de la vieille liste existent encore aujourd'hui, 
en substance du moins, dans le manuscrit de Saint-Marc ; quoique cer- 
tains, par exemple le numéro (32), chapitres d'Hermès, Zosime, Nilus, 
Africanus, et le numéro (38, chapitres d'Eugénius et de Hiérothée, 
aient peut-être subi des mutilations, qu'il n'est pas possible de pré- 
ciser. 

Le numéro (42), trempe du pyrochalque, n'existe plus sous ce titre; mais 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS I77 

il est probable qu'une partie en a été conservée dans un article relatif à la 
trempe du bronze [fol. 1 18). 

Le traité de Zosime, indiqué sous le numéro (34), comme adressé à Eusé- 
bie (au lieu de Théosébie), se retrouve aussi (fol. 141 à 161), à l'exception 
du titre et des premières lignes, qui ont disparu: sans doute par suite de la 
perte d'un feuillet. 

Signalons par contre des traités contenus dans le manuscrit de Saint-Marc, 
dont la liste ancienne ne fait pas mention : tels que les traités sur la fabri- 
cation des verres (fol. 1 15 verso); sur les vapeurs (fol. 1 16 verso); sur la bière 
et l'huile aromatique (fol. 162); les chapitres de Zosime à Théodore 
(fol. 179, à 181); deux articles tirés d'Agatharchide (fol. i38à 140), etc. 

Citons aussi le Labyrinthe de Salomon (fol. 102), figure très caractéris- 
tique, mais ajoutée à une époque postérieure et vers le xiv« ou xv^ siècle. 

La liste initiale et le contenu actuel du manuscrit de Saint-Marc ne se 
superposent donc pas exactement, quoique la plupart des traités soient 
communs. 11 y a aussi des modifications dans l'ordre relatif, modifica- 
tions dont je vais signaler les principales, en répartissant par groupes les 
numéros de la liste. 

/" Groupe. — Les numéros [1] à (11) sont communs et disposés dans le 
même ordre (fol. 8 à 43 du manuscrit actuel ; puis vient une lacune, numé- 
ros (12) à (18;, comme si un ou^plusieurs cahiers du manuscrit antérieur, qui 
a servi de type à la vieille liste, avaient disparu. Les poètes, numéros (19) à 
(22), et les traités de Pelage, d'Ostanès, de Démocrite, de Synésius, ceux de 
l'Anonyme, de Zosime, d'Agathodémon, d'Hermès, du Chrétien, numéros 
(23) à ^33, etc., suivent dans le même ordre (fol. 43 à 101). Quant au traité 
(34), il est probable qu'il est représenté, au moins en substance, ou plutôt 
à l'état fragmentaire, dans les folios i ig à 128 et dans les folios 141 à 09. 

Jusqu'ici le même ordre se maintient donc dans la vieille liste et dans le 
manuscrit actuel. 

2" Groupe. — Mais le traité (351 d'Olympiodore se retrouve seulement 
aux folios 103-179, 35 feuillets plus loin. Le numéro (36), serment de Pappus, 
les numéros (37), (38!, diplosis de Moïse et chapitres d'Eugénius, enfin les 
numéros (39), (40), i41), traité de Zosime sur les fourneaux, etc., forment 
presque à la suite les folios 184 à 195. Cependant il y a intercalation des 

23* 



lyS INTRODUCTION 

chapitres deZosime à Théodore (fol. 179 à 181) et du traité de l'Anonvine 
sur l'œuf (fol. 181). 

3^ Groupe. — Un autre groupe de traités, consécutifs aux précédents dans 
la vieille liste, en sont au contraire séparés dans le manuscrit actuel. Ils 
occupent les folios 104-1 iS, transposés par le relieur Origines de V Alchi- 
mie, p. 35o-35i), et renfermant les articles (44) à (48). Peut-être aussi une 
partie se retrouve-t-elle dans les folios 141 à iSq, déjà attribués pour une 
fraction au numéro (34'. 

4<'Groupe. — Lesnuméros (42) et (43) delà vieille liste répondent à peu près 
au folio 118. 

5= Groupe. — Les numéros (49), (50), (51, lexique), répondent aux folios 
129 à i38, placés à la suite. 

En somme, la place du troisième groupe a été changée par le relieur, 
comme il est facile de l'établir par la lecture des testes, et il n'y a qu'un autre 
renversement important, celui des traités du second groupe, lesquels for- 
ment en quelque sorte un cahier à part, déjà interverti avant la constitution 
de la copie actuelle. 

Si l'on cherchait à décomposer ces traités en séries distinctes, d'après 
leur contenu, on pourrait trouver ainsi les séries suivantes : 

i'^ Série. — Stéphanus, en connexion avec les traités perdus d'Héraclius 
et de Justinien, et probablement avec les Dialogues de Comarius et de 
Cléopâtre : le tout a formé peut-être à l'origine une collection partielle et 
indépendante. 

2« Série. — Les poèmes, collection également distincte, dont la place 
varie et qui manque même dans certains manuscrits, tel que le 2325. 

3^ Série. — Les vieux auteurs Pelage, Ostanès, Démocrite, Synésius, 
l'Anonyme, Zosime, les extraits d'Agathodémon, de Moïse, d'Eugénius, etc. 
Le tout formait sans doute unç collection spéciale. A la vérité, les œuvres 
de Zosime sont coupées en trois dans le manuscrit actuel de Saint-Marc; 
mais c'est là évidemment le fait des copistes d'une certaine époque. 

4' Série. — Olympiodore semble avoir été à part ; il est cependant con- 
nexe avec les auteurs précédents. Mais la place de son traité varie dans les 
divers manuscrits. 

5" Série. — Le Chrétien étaïtaussi à part. Ilest coupé en deux (n"s 33, 47) 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS lyg 

dans la vieille liste ; ce qui semble accuser quelque transposition, faite par 
le copiste d'un manuscrit antérieur. 

6' Série. — Une ou plusieurs autres collections renfermaient des traités 
techniques, lesquels nous sont venus en grande partie par d'autres manu- 
scrits, par le 232" principalement. Dans la vieille liste, aussi bien que dans 
le manuscrit de Saint-Marc actuel, on rencontre cependant la trempe du 
bronze et du fer, et la fabrication de l'asèm, du mercure, ainsi que du cinabre. 
Onya joint dansle manuscrit actuel de Saint-Marc les fabrications du verre, 
de la bière et de l'huile aromatique, non mentionnées dans la vieille liste. 

L'extrait d'Agatharchide est une annexe d'un autre genre, qui ne figurait 
non plus pas dans la vieille liste et qui a été abrégée dans le 2327. 

7» Série. — A la fin de l'un des manuscrits qui ont précédé celui de Saint- 
Marc, on avait sans doute transcrit l'ouvrage de Cléopâtre sur les poids et 
mesures et le lexique. Ce lexique devait former la fin du manuscrit originel, 
d'après un usage assez fréquent chez les anciens copistes. On est autorisé 
par là à penser que ce qui suit dans la vieille liste représente l'état d'un 
manuscrit déjà modifié, par des additions faites à un prototype plus antique 
encore. 

II. — Sur les copies actuelles de la (j'• Leçon de Stephanus. 

L'étude comparative des divers manuscrits qui renferment les leçons de 
Stephanus fournit des renseignements très précis et spécifiques pour établir 
la filiation de ces manuscrits. J'ai déjà signalé quelques-uns de ces rensei- 
gnements; mais il me paraît utile d"y revenir et de les compléter. C'est dans 
la 9= leçon de Stephanus que se trouvent les principales ditie'rences. 

I" Dans le manuscrit 2325 de la Bibliothèque Nationale de Paris, cette 
leçon finit beaucoup plus tôt que dans le manuscrit 2327 et dans le ma- 
nuscrit de Saint-Marc. Elle s'arrête en effet (fol. 81 verso) par une phrase 
qui répond au folio 73 recto ligne 6, du manuscrit 2327, et à la page 247, 
1.'23, du t. II d'Ideler : νιηρίς ' -/.al ;η;';ν bi -z\: 'IhyizXz ;Λΐτά τ: ïz κάτω y.a'i 
γενήΐΐτα;. Le dernier mot est ainsi répété pour la seconde fois dans le 
manuscrit 2325, et cela conformément à la ligne 21, située au-dessus dans 



1 8ο INTRODUCTION 

Ideler, laquelle ligne contient précisément les mots : s'a κάτω -/.α• ';i-n,zi-.v.. 
Tandis que dans Ideler (ligne 23) e^ dans le manuscrit de Saint-Marc, on 
lit après la répétition des mots: la κάτω καΙ... le mot γέλεσαν, au lieu de γενή- 
ιετα•., le texte poursuivant. Dans le manuscrit 2325 la 9° leçon s'arrête là ; 
puis vient un tiers de page blanche, suivi des mémoires authentiques de 
Zosime, avec les figures mystiques des cercles concentriques; sans qu'il 
soit aucunement question de Comarius, ni de Cléopâtre. 

Telle est la finale la plus courte de la g" Leçon de Stéphanus. Cette finale, 
suivie d'un signe qui caractérise la fin du traité, est aussi celle de la 9"^ leçon 
dans le manuscrit 2275 de la Bibliothèque de Paris, lequel reproduit fidèle- 
ment les figures du manuscrit 2325 ; voire même (fol. 56) celles qui ont été 
coupées en partie par le relieur de ce dernier manuscrit, au temps de Henri II: 
aussi semble-t-il en être une copie directe, faite avant cette reliure. La finale 
de la 9" leçon dans le manuscrit de Leide, Voss. n" 47, a lieu au même endroit, 
mais avec une variante dans le dernier mot, qui est: γέλε^αν, au lieu devîvr,- 
CTî-a'.. On y lit en etîet : fol. 1 1 : μετά ts έ'α κάτω και γέλεc7αv. Le dernier mot 
est celui du manuscrit de Saint-Marc et d'Ideler. Mais dans ces deux der- 
niers, le texte poursuit par : κα• άλήΟειαν. etc. pendant plusieurs pages; tan- 
dis que la 9= leçon de Stéphanus s'arrête là, dans le manuscrit de Leide 
comme dans le manuscrit 2325; Cependant un copiste, ou un lecteur, a pris 
soin d'ajouter en grec dans le manuscrit de Leide : « la fin manque ». Il 
avait sans doute eu connaissance des autres manuscrits. En tous cas, cette 
remarque prouve que le manuscrit de Leide n'a pas été copié directement 
sur le manuscrit de Saint-Marc; quoiqu'il appartienne à la même famille. 
Telle est la seconde finale de la q*^ leçon de Stéphanus. 

2° Le manuscrit 2327, au contraire (fol. 73 recto, ligne 6), après le pre- 
mier : εα κάτω καΐ γενήιεται, poursuit de la façon suivante : άρα τι γενή^εται " 
οϋκάρα ίις νιηρίς καΐ οηιΐν ό ίΛεγας λυ•,;.-'.5ΐωρ:ς {sic] bi τοις όγριΐς έπ'.ιτε^θη τ: 
μυστήρ'.ιν τ•?;; 7ρυ7:7::'.;α;. et la suite jusqu'au folio 73 verso, ligne 5. Le tout 
constitue une page additionnelle; après laquelle le manuscrit 2327 conti- 
nue comme dans le manuscrit de Saint-Marc et dans Ideler, où cette page 
manque. La jonction du texte du manuscrit 2327 avec celui de Saint-Marc 
et d'Ideler) se fait par les mots : μετά το εα κάτω καΐ γενήϊετα'. (répétés pour 
la seconde fois), έκάλε^εν κα'; άλήΟε-.αν ειπών (2327, fol. 7^ verso). — Dans le 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS l8l 

manuscrit de Saint-Marc (et dans Ideleri, on lit : [>.ί-'-χ '.l ïx ν.άιω ■/.r.-;i\i-y.-i -/.y!: 
à\rfiî-x-i y.x: αλήΟΐ'.χν ιΙτ.ζί. C'est donc entre les deux répétitions des mots 
μ.=τά Ts l'a ν.χ-Μ que se trouve le passage intercalaire du manuscrit 2327. 
Cette répétition même, comme il arrive souvent dans les copies mal colla- 
tionnées, a pu être l'origine de l'omission de ce passage par le copiste du 
manuscrit de Saint-Marc qui, sautant une page de son original, au moment 
où il commençait un nouveau feuillet, aurait formé ainsi le mot γίλϊταν, 
en réunissant la syllabe initiale γε de -'ενή^ϊτα•. avec les syllabes finales 
du mot (έκα) λεσεν. Cette hypothèse ingénieuse est de M. Em. Ruelle. Elle 
s'accorderait avec le texte du manuscrit de Saint-Marc, dont le folio 3ο verso 
se termine en effet par γε; tandis que le folio 40 commence par λε^αν et 
continue comme il a été dit. Mais l'existence du mot γελε^αν comme finale 
définitive dans le manuscrit de Leide semble moins favorable à cette hypo- 
thèse, à moins de supposer quelque intermédiaire. 

3° C'est alors que se trouve le passage relatif aux relations entre les mé- 
taux et les planètes, passage plus complet et plus clair dans le manuscrit 
2327 que dans Ideler, et dans le manuscrit de Saint-Marc (fol. 40^ dont le 
texte d'Ideler dérive par voie indirecte; carily est mutilé et incompréhensible 
(Ideler, t. II, p. 247, lignes 3 1 à 36). En effet, dans ces deux derniers textes, 
Saturne et le plomb sont seuls opposés d'une façon régulière ; tandis que le 
mercure figure vis-à-vis de .Jupiter, par suite de quelque confusion; puis 
viennent le Soleil et la Lune, sans métaux correspondants. Au contraire, il 
existe un parallélisme régulier et complet entre les 7 planètes etles 7 métaux, 
dans le texte donné par le manuscrit 2327 : ce texte est donc le seul logique 
et complet. Le manuscrit 2329 (fol. i58) reproduit le même passage. 

40 Au delà, les textes de Saint-Marc, d'Ideler, du manuscrit 2327 et du 
manuscrit 232g sont sensiblement conformes entre eux, jusqu'au folio 74 du 
2327, répondant à la page 248 d'Ideler, ligne i3, et jusqu'à ces mots : v.x: 
ίν.χζ-ΖΊ αυτών έν τη γ?; y.iy.pj--x: iv τη ΐΐία îîçï;. Après ces mots, le manuscrit 
232g termine en cinqjlignes : . . . iv τη W.x οίςη γχίρο -j^•. y.x: εύτρε-ίζιντα'.. ώ: 
\xi'K'j 6ε:3 τ:5 έν τρ'.άδ'. υμ.νου[;.ενου, τ: ΐώΐΐν x\j-:s\ç — ροττάςαντι; εϊνα•.; puis vient 
la finale banale « attendu qu'il convient d'attribuer en tout gloire, honneur 
et vénération au Père, au Fils, au Saint-Esprit, maintenant et toujours, dans 
les siècles des siècles. Amen ». C'est une troisième finale de la g'' leçon. 



lg2 INTRODUCTION 

50 Au contraire, après le mot odïr;, le manuscrit 2827 poursuit pendant 
trois pages, lesquelles manquent dans le manuscrit de Saint-Marc, dans 
Ideler et dans le manuscrit 2329; il poursuit, dis-je, jusqu'à la fin de la 
qe leçon de Stéphanus, fin explicitement signalée. C'est la quatrième finale, 
qui paraît la plus exacte. 

6° Puis le manuscrit 2327 transcrit un traité de Comarius, grand prêtre, 
maître de Cléopâtre, renfermant le dialogue des Philosophes et de Cléo- 
pâtre (fol. 74 à 79 verso), et précédé de son titre. Le manuscrit 2252 con- 
tient aussi le traité de Comarius. Ce traité et ce dialogue répondent aux 
numéros (17) et (18) de la vieille liste de Saint-Marc. 

70 Mais le manuscrit de Saint-Marc ne reproduit ni le titre ni les débuts 
de ce traité. Au lieu de cela, après les mots : y.a• ïy.xi-c•) αυτών iv τ^ γη v.Îy.pjr.- 
-.Ά\ bi Tfj '.sta δίςγ;, ce manuscrit poursuit en plein texte, et sans apparence de 
lacune ou d'alinéa (fol. 40, 1. 4 en remontant), par les mots : v.y.\ ΰμεΐ;, ώ 
φίλΐΐ ίτ ' Sv τήν τέ-/νην ταύτγ;-; -γ,ί r.ip-.v.xkf, βούλεσθε. (Ideler, t. Π, ρ. 248, 1. ι 3), 
et ainsi de suite pendant 7 pages jusqu'à la fin du traité : ce qui constitue 
la cinquième finale de la 9" leçon. Or ces pages, tirées du traité de Coma- 
rius, ne sont pas la vraie fin de la leçon de Stéphanus ; laquelle fin manque 
en réalité dans le manuscrit de Saint-Marc, ainsi que dans Ideler, dont la 
publication a été faite d'après une copie de Dietz, exécutée, paraît-il, sur le 
manuscrit de Munich, qui est un dérivé indirect de celui de Saint-Marc. Elle 
manque aussi dans la traduction latine de Pizimenti, faite sur quelque 
manuscrit de la même famille, dérivé également de celui de Saint-Marc, 
mais non identique, puisque cette traduction contient la lettre de Psellus. Il 
y a là dans la g' leçon de Stéphanus une solution de continuité brusque et 
dont le copiste de Saint-Marc ne s'est pas aperçu. 

8° Les mots mêmes : ϊταν τήν τέχνην... se retrouvent dans le traité de 
Comarius (2327, fol. 75, 1.3 en remontant), ainsi que les 7 pages consécutives 
du manuscrit de Saint-Marc et d'Ideler. Elles sont conformes en général à 
la fin de ce traité dans le manuscrit 2327 (jusqu'au fol. 79 versol. Letraitése 
termine pareillement dans les deux manuscrits parles mots : ένταϋθα γαρ -ης 
ç.i/-:7:5''aç ή τέχνη τ.ι-'κτ,ρω-χ:. Ces derniers mots manquent dans Ideler 
(ce qui fait une sixième finale) ; mais la phrase précédente est identique. 

J'ai cru nécessaire d'entrer dans ces détails minutieux, parce qu'ils carac- 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS l83 

térisent les familles de manuscrits et peuvent servir à reconnaître sûrement 
ceux qui ont été copiés les uns sur les autres. Je montrerai ailleurs comment 
ils établissent que le manuscrit de l'Escurial ne représente pas une source 
propre, mais un dérivé, vraisemblablement direct, de Saint-Marc. 

Il est probable que dans un manuscrit antérieur à celui de Saint-Marc, 
et dont celui-ci même dérive, le verso d'une des pages se terminait par le 
mot ΐ-Ξη. Quelques folios déchirés ont fait disparaître la fin de Stéphanus 
et le début de Comarius, et le copiste qui travaillait d'après ce manuscrit 
a poursuivi en pleine page, au milieu d'une ligne, sans voir la lacune. 

Le manuscrit 2327 dérive d'un manuscrit antérieur à la destruction de 
ces feuillets et, par conséquent, à celui de Saint-Marc, tel que nous le pos- 
sédons aujourd'hui. Il renferme en outre une autre page de plus, ainsi qu'il 
a été dit (2°); page répondant peut-être à l'omission d'une page existant 
dans un manuscrit antérieure celui de Saint-Marc. 

Mais cette explication ne suffit pas pour rendre un compte complet de 
l'état présent des textes; attendu qu'il a disparu, en outre, les traités d'Hé- 
raclius et de Justinien, signalés par la vieille liste, et dont le manuscrit 2827, 
pas plus que le manuscrit de Saint-Marc, n'offre aucune trace. Le prototype 
du manuscrit 2327 devait donc appartenir, soit à une souche distincte de 
celle qui répondrait à la vieille liste de Saint-Marc, et ne contenant pas le 
cahier qui renfermait les traités d'Héraclius et de Justinien ; soit à un dérivé 
intermédiaire, tiré de la même souche que cette vieille liste, quoique déjà privé 
de ce cahier, mais renfermant en plus, par rapport au manuscrit de Saint- 
Marc actuel, la fin de Stéphanus et les traités de Comarius et de Cléopâtre. 

Ce n'est pas tout : la finale du manuscrit 2325, le passage intercalaire 
signalé dans le manuscrit 2327, la confusion dans le texte du manuscrit 
de Saint-Marc concernant les relations des métaux et des planètes, texte 
resté intact dans le manuscrit 2327, la finale du manuscrit de Saint-Marc, 
ainsi que la finale du manuscrit 2329 et celle du manuscrit de Leide, Voss. 
n° 47, semblent indiquer que les manuscrits de Stéphanus ont éprouvé autre- 
fois dans leurs derniers feuillets de grandes perturbations. 

Enfin, il a subsisté, en dehors de ces divers manuscrits, des fragments des 
traités de Justinien, tel que celui contenu dans le manuscrit de Leide, „ 
Voss. n° 47, qui sera reproduit tout à l'heure. Il ne me paraît pas opportun 



j84 introduction 

de développer en ce moment les hypothèses subsidiaires qui rendraient 

compte de tous ces détails. 

III. — Diverses lacunes et transpositions du manuscrit de Saint-Marc. 

Voici diverses autres comparaisons que j'ai eu occasion de faire et qui 
peuvent également être utiles, pour rapprocher les textes et en établir la filia- 
tion : 

1° Jerappellerai qu'un ancien relieur du manuscrit de Saint-Marc a inter- 
posé après le folio io3 (traité de Chrétien sur l'eau divine) les folios 104 à 
118; le texte du folio 119 faisant en effet suite au folio loS.Geci peut servir 
à distinguer les copies faites sur ce manuscrit, après la reliure en question. 

2" Dans les folios 104 à 118 règne une grande confusion. Les articles 
(42), (43), (44) de l'ancienne liste, sur la trempe du fer, sont coupés en deux, 
au début et à la fin du cahier, et les articles sur l'asèm, le mercure et le 
cinabre, qui les suivaient dans Tancienne liste (45), se trouvent interposés. 

3° Les traités de Cléopâtre et du Chrétien (46) et (47) sont intervertis, et le 
dernier auteur est coupé en deux ; enfin les traités sur la fabrication du verre, 
de la bière, etc., ont été ajoutés. Il semble que ces modifications résultent 
d"un certain trouble, survenu à un moment donné dans les feuillets du 
manuscrit type, qui répondait à la vieille liste de Saint-Marc. 

4° Le texte d'Agatharchide est brusquement interrompu à la fin du folio 
140, comme si un ou plusieurs feuillets avaient disparu. — Cette lacune est 
corrélative de la suivante. 

5° Les mémoires de Zosime, annoncés dans la vieille liste de Saint-Marc 
(n° 34), ne figurent plus parmi les titres du manuscrit actuel. Cependant ils 
y existent réellement. En eiiet, le titre et les premières lignes seules, les- 
quels sont transcrits dans le manuscrit 2327 (fol. 112), ont disparu dans 
celui de Saint-Marc. Mais le texte transcrit au folio 141 est resté. Car le 
manuscrit de Saint-Marc débute à la 3° ligne du folio 1 12 verso du manus- 
crit 2327 et poursuit de même jusqu'au folio iSç), répondant au folio 1 33 verso 
du manuscrit 2327. — Il manque donc à cette place, je le répète, dans le 
manuscrit de Saint-Marc un ou plusieurs folios entiers, disparus avant 
l'époque où la pagination actuelle a été numérotée. 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS l85 

6° Les articles d'Agatharchide ne débutent pas au commencement d'une 
page, mais àlà^." ligne du folio i38 recto. Or les trois premières lignes appar- 
tiennent à la suite d'un article « sur le jaunissement » Saint-Marc, fol. 
i37 verso), article qui ne comprend que 14 lignes, dont 1 1 sur le folio 1IÏ7 
verso ; les 3 dernières forment le commencement du folio i 38 verso. 

Ce dernier article occupe deux feuillets de plus dans le manuscrit 2327 
(fol. I loài 12): il se trouve donc mutilé par un arrêt brusque dans le manus- 
crit de Saint-Marc, et sans que le copiste s'en soit aperçu, puisque le copiste a 
entamé un autre article, ayant son titre spécial. Il semble que cette solution 
de continuité répondait, dans un manuscrit antérieur à celui de Saint-Marc, 
à une tin de cahier ou de folio, dont la suite aurait disparu ; tandis que 
cette suite s'est conservée dans un manuscrit prototype du manuscrit 2327. 

7° Les articles d'Agatharchide d'ailleurs semblent réellement une inter- 
calation faite dans le manuscrit primitif ; car l'article du jaunissement dans 
le manuscrit 2327 est suivi précisément par les Mémoires authentiques 
de Zosime, comme dans le manuscrit de Saint-Marc ; à cela près que le 
titre et les cinq premières lignes manquent dans le manuscrit de Saint- 
Marc. 

8° Au folio ii5 (recto- du manuscrit de Saint-Marc se trouve un titre : 
ΐΙζρ\ ιώτων ; sur les feux), suivi d'une seule ligne : Ελαφρά οώτα-3ί-αν τήν -iyrr,» 
αναφέρε;. « Tout l'art consiste dans un feu léger ». C'est tour ce qui reste à 
cette place d'un traité qui existe in extenso dans le manuscrit 2327, folio 264 
recto : la ligne précédente s'y retrouve, dans les g= et 10'= lignes qui suivent 
le titre. Il y a encore là l'indice d'un ancien résumé, ou d'une mutilation, 
faite sur un prototype qui s"est conservé dans le manuscrit 2327, et dont le 
manuscrit de Saint-Marc n"a gardé qu'une trace. 

Toutes ces lacunes et ces défauts de soudure sont, je le répète, utiles 
pour constater Γ histoire des manuscrits. 

Signalons encore quelques additions faites, à diverses époques, sur des 
pages ou demi-pages blanches du manuscrit de Saint-Marc ; additions dont 
la reproduction dans les autres manuscrits peut servir à attester qu'ils déri- 
vent, directement ou indirectement, de ce manuscrit type. Tels sont : 

90 Le Labyrinthe de Salomon, avec ses 24 vers (v. Texte grecl,x\], (i]outc, 
vers le xiv^ ou xv" siècle, sur une page blanche, dont le recto porte divers 

24* 



s 



1 86 INTRODUCTION 

petitsarticles de l'ancienne écriture: le tout intercalé au milieu d'un traité du 
Chrétien. On ne comprend pas bien pourquoi ce verso avait été laissé en 
blanc à l'origine. 

10° L'article sur la tutie,au folio i88 recto : écriture du xv°ou xvi' siècle. 

I χο La fabrication de l'argent, texte ajouté au bas du folio 194 verso : écri- 
ture du XV* siècle. 

12° Diverses additions initiales : traité de Nicéphore sur les songes, par 
ordre alphabétique ; cercles astrologiques, etc., sur les feuilles de garde (i) 
et les marges. 

i3° Je signalerai encore les additions sur les scories et la formule de ΓΕ- 
crevisse, en écriture du xV^ siècle, sur la première feuille de garde (v. p. i52). 

14» Une addition du xv" siècle, ayant pour titre : Δ•.άγραμ.μα της μεγάλης 
r,X'.;jpYÎai, au folio 62 recto. 

i5° L'étude comparative des figures tracées dans les divers manuscrits 
fournit aussi des renseignements très intéressants pour l'histoire des scien- 
ces, comme pour la filiation des manuscrits. A ce. dernier point de vue, je 
signalerai, par exemple, un petit alambic, figuré en marge du traité de 
Synésius, dans le manuscrit 2335 (fol. 23 verso), et dans le manuscrit 2327 
(fol. 33 verso); tandis qu'il manque dans le manuscrit de Saint-Marc, à la 
même place (fol. 74 recto). 

Les figures de la Chrysopée de Cléopâtre, celles des appareils à distilla- 
tion et des appareils à digestion dans les divers manuscrits donnent aussi 
lieu à une discussion très importante : je l'ai développée plus haut dans un 
article spécial. 

IV. — Manuscrits de l'Esciirial. 

II existe à TEscurial deux manuscrits alchimiques qui soulèvent des 
questions intéressantes. Ces manuscrits, les seuls sur cette matière qui 
aient survécu à un incendie de la Bibliothèque survenu en 1671, provien- 
nent de la Bibliothèque de Hurtado de Mendoza; ils ont été copiés au 
ΧΛΊ= siècle. Ils ont été visités en 1843 par Emm. Miller, qui a publié un 
catalogue de leur contenu. 

(i) Une partie de celles-ci sont palimpsestes, la vieille écriture ayant été grattée. 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 1 87 

L'un d'eux, Φ-1 -H (Miller, p. 146), reproduit les titres et l'ordre du manu- 
scrit 2327 de la Bibliothèque de Paris, même dans les additions intercalaires 
faites après coup (i); il les reproduit avec une telle fidélité que je ne doute pas 
qu''il n'ait été copié directement sur ce manuscrit. 

L'autre mérite un examen plus approfondi ; car on a supposé qu'il conte- 
nait les traités perdus de Justinien et d'Héraclius. Miller, dans son ouvrage 
sur les manuscrits grecs de l'Escurial, page 416, le désigne, d'après le cata- 
logue officiel, par les signes Ψ-1-13. Il s'exprime ainsi. 

« Voici le détail de tous les ouvrages contenus dans le manuscrit : 

1. Traité d'Etienne d'Alexandrie sur l'art de faire de l'or. 

2. De la chimie, adressé par l'empereur Héraclius à Modeste d'Hagio- 
polis. 

3. De la fabrication de l'or, par l'empereur Héraclius. 

4. Σύλλιγί; surceux qui cherchent la pierre philosophale, par l'empereur 
Héraclius. 

5. Lettre de l'empereur Justinien sur l'alchimie. 

6. De l'art divin, par Justinien. 

7. Δ'.άλεξ'.ς, adressée aux philosophes par l'empereur Justinien. 

8. Sur la fabrication de l'or, par Comarius. 

9. Dialogue des philosophes et de Cléopâtre. 

10. Poème d'Héliodore sur l'art sacré. 

1 1 . "Vers iambiques de Théophraste sur l'art sacré. 

12. d" Hiérothee d° 
i3. d" Archélatis d» 
14. Pélagius surla Chrysopée. 

i5. Ostanès à Pétasius sur l'art sacré. 

16. Démocrite de porphyrâ, etc. 

17. Démocrite, ττερ"; ά-ή;Αυ r.z:r,ztwz. 

18. Scholies de Synésius sur la physique de Démocrite, à Dioscorus. 

19. De l'eau sacrée, par un anonyme. 



(i) Par exemple, l'article de Zosime 
sur l'asbestos, intercalé entre la lettre 
de Psellus et le traité de Cléopâtre sur 



les poids et mesures, dans des feuilles 
originairement blanches du manu- 
scrit 2327. 



l88 INTRODUCTION 

20. Delà Chrysopée, par un anonyme. 

21. Zosime, ττερί άρετ^ί, •/.. τ. λ. 

22. Chapitre d'Agathode'mon. 

23. Chapitres d'Hermès, Zosime, Nilus, Africanus. 

24. Zosime à Eusebia, sur l'art sacré. 

25. Olympiodore sur Zosime. 

26. Zosime à Théodore, vingt-cinq chapitres. 

27. De la Chrysopée, par un anonyme. 

28. Pappus, sur l'art sacré. 

29. Moïse, ■::-p; ΐ'.πλώσεως •/p'jiij. 

30. Chapitres d'Eugénius et d'Hiérothée. 
3 I . Zosime, 'κερΙ cpyavojv y.at -/.αμίνο^ν. 

32. Zosime, sur l'eau sacrée. 

33. Zosime, περ; οργάνων v.x\ y.xijhor) γνήσια ϋττοι^νήματα. 

« Les articles suivants ne se trouvent pas dans le manuscrit ; mais ils sont 
indiqués dans une table placée en tête du volume, comme existant primiti- 
vement. 

34. Βαφή ήτ:'. μεταβιλή TjpsyaXy.iy προς à-T.pz-/ihY.oj. 

35. Βαφή -/.α': ττοίησ'.ς TOÎi ίνοικοϋ σιδήρου. 

36. Βαφή τρος ξίφη και εργαλεία λαξεϋτικά. 

S/• Περί ασήΐΛου καΙ υδραργύρου y.al κινναδάρεως ττοίησις. 

38. Extrait de Cléopâtre sur les mesures. 

39. ΠερΊ ευσ-αθείας ΤΓοϋ χρυσού, par un philosophe chrétien. 

40. De la Chrysopée, par le même. 

41. Περί φουρμών v.x\ τίλων ζΐ'.ήσεως. 

42. ΠερΊ ο'.αφορας μολίβδου ν.α; ::ερΙ χρυσοπετάλοιν. 

43. Lexique pour la Chrysopée. 

44. Autres chapitres de différents poètes sur la Chrysopée. 
(Puis deux articles indiqués comme existant dans le manuscrit.) 

45. Vers de Nicéphore sur les songes. 

46. Synésius sur les songes. » 

Cette liste est fort étrange, dans la forme même donnée par Miller. C'est 
un mélange de mots grecs, de mots latins et de mots français traduits du 
grec ; mélange dont on ne comprend pas bien l'utilité, si les titres ont été 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 189 

relevés hdèlement par Miller. Les mots traduits contiennent eux-mêmes 
de singuliers contresens. Par exemple, à l'article (2), au lieu de Modeste 
d'Hagiopolis, il y a dans la vieille liste grecque de Saint-Marc : MîOcJtsv 
lipxpyz'i της άγίχς ττίλεω; : Modestus, préfet de la ville sacrée, c'est-à-dire 
de Constantinople. 

L'article (18! porte : scholies de Synésius sur la physique de Démocrite ; ces 
derniers mots traduisent τά iji'.y.à, dont le sens est tout différent. 

De même à l'article 44 il ne s'agit pas de « poètes », mais de chimistes 
opérateurs (πιιητών). Il semble que Miller ait copié un vieux catalogue, dû à 
un auteur qui ne savait pas bien le grec, sans se donner la peine de le refaire 
lui-même. 

Si nous examinons la liste en elle-même, nous la trouvons, comme titres et 
ordre relatif (sauf légères variantes), parfaitement conforme à la vieille liste 
qui se trouve en tête du manuscrit de Saint-Marc l'fol. 2 à 5), liste que j'ai 
transcrite dans l'un des articles précédents (p. 1 74I . Or le contenu actuel du 
manuscrit de Saint-Marc ne concorde pas avec cette liste, ni comme matière, 
ni comme ordre relatif. 

Ces détails étant donnés, une question capitale se présente : le manuscrit 
de l'Escurial renferme-t-il réellement, comme le catalogue de Miller 
semblerait l'indiquer, six à huit traités qui manquent dans tous les 
autres? La question avait beaucoup d'importance pour la présente publi- 
cation. 

J'aurais désiré la vider en examinant moi-même le manuscrit de l'Escurial. 
Mais le prêt à l'étranger, d'après ce qui m'a été répondu, est absolument 
interdit aux bibliothèques espagnoles. Heureusement j'ai pu y suppléer et 
résoudre complètement la question, griàce à l'obligeance de notre ambas- 
sadeur, de M. de Laboulaye, et de l'un des secrétaires de l'ambassade, M. de 
Loynes. Je lui ai adressé les titres exacts, en grec et en latin, des 18 premiers 
articles de la vieille liste de Saint-Marc, avec prière de vérifier s'ils existaient 
dans le manuscrit de l'Escurial; et, dans ce cas, de relever la première et la 
dernière ligne de chacun d'eux ; enfin de rechercher dans la 9" leçon un 
passage caractéristique, celui où la leçon de Stéphanus est interrompue 
brusquement dans le manuscrit de Saint-Marc, sans aucun indice apparent 
de solution de continuité ; le manuscrit donnant à la suite la fin du dialogue 



Ι go INTRODUCTION 

des philosophes et de Cléopâtre. Cette lacune et cette juxtaposition font suite, 
comme je l'ai dit plus haut p. 182) aux mots : y.a't ε•/.αστ:ν αυτών έν τη γί) 
■/.iv.yjT.-x'. έν τη ίΐία οίΞη. et la suite débute aussitôt par : κα; 'j[i.v.z. ώ çiXet, 
'i-y.'i τήν -.iyrçt ταύτην τήν -ερ'.ν.αλη βούλεσθΐ... 

M. de Loynes a eu l'obligeance de passer deux jours α l'Escurial pour 
faire cette \'éritication et cette recherche. 

Il a transcrit exactement les 17 premiers articles du catalogue grec placé 
en tête du manuscrit Ψ-Ι-ι3, catalogue qui se trouve exactement conforme 
à la vieille liste de Saint-Marc, tel que je l'ai reproduit ci-dessus ip. 174) : 
la traduction donnée par Miller est donc incorrecte. Puis il a relevé les neuf 
leçons et la lettre de Stéphanus, en en transcrivant le titre, la première 
ligne, la dernière ligne et en indiquant le nombre des folios de chacune 
d'elles : le tout concorde très exactement avec le texte du manuscrit de 
Saint-Marc, sauf quelques variantes d'orthographe sans importance. Les 
10 premiers numéros étant ainsi reconnus identiques, M. de Loynes a 
vérifié que les huit numéros suivants de la vieille liste (n"* 12 à 18 de la p. 174) 
manquent absolument dans le manuscrit de l'Escurial. La dernière ligne de 
la dernière leçon de Stéphanus s'y trouve suivie immédiatement par le 
poème d'Héliodore, lequel forme notre numéro 19 : le titre, le premier et 
le dernier vers ont été relevés. 

Les traités disparus dans le manuscrit de Saint-Marc n'existent donc pas 
davantage dans le manuscrit de l'Escurial. 

Ce n'est pas tout :1a lacune et la juxtaposition finales delà 9° leçon de Stépha- 
nus se retrouvent exactement, avec les mêmes mots, dans le manuscrit de 
l'Escurial ; ce dernier poursuit de même, sur une étendue comparable, et la 
9^ leçon se termine, par les mêmes mots : ενταύθα --ic της ΐ'.λίτιιίας ή τέχνη 
-ϊ-λήιωτα; (ι). 

Ily a plus: en marge, après les mots W.z ςίςη du manuscrit de l'Escurial, 
il existe un renvoi d'une autre écriture, postérieure au manuscrit, lequel con- 
tient les mots suivants, que M . de Loynes a eu l'obligeance de décalquer sur un 
papier transparent : εντεύθεν iipytix'. -.'x /.:;j.api;j τ:ϋ ç'Xczizi-j y.al άρχιέρεως 
ο•.ΐάτ/.ΐντ:ς /.λει-άτρα; ; c'est-à-dire « ici commence l'écrit de Comarius,philo- 

(i) Voir page 182. 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS igi 

sophe et grand prêtre, maître de Cléopàire ». Quelqu'un des lecteurs du 
manuscrit s'était donc aperçu de la lacune et de la juxtaposition ; probable- 
ment d'après l'autre manuscrit, copié, ainsi que je l'ai dit, d'après le 2327, 
où cette lacune n'existe pas. 

La question de savoir si les manuscrits de l'Escurial ont une valeur ori- 
ginale et renferment quelque traité perdu, qui n'aurait pas subsisté ailleurs, 
est donc ainsi vidée. En fait, Tun de ces manuscrits est une copie du 2327 
et l'autre, une copie du manuscrit de Saint-Marc. 

V. — Manuscrits alchimiques forces du Vatican et des Bibliothèques 

de Rome. 

Ces manuscrits ont été en i885 l'objet d'un examen détaillé par mon tils 
André Berthelot, membre de l'Ecole française de Rome, examen consigné 
dans un rapport publié cette année dans les Archives des Missions scien- 
tifiques {3" série, t. XIII, p. 8 19 à 854). J'en extrais les indications suivantes. 
Le principal manuscrit est à la bibliothèque du Vatican. Il porte le numéro 
1174. Il est écrit sur papier et parait être du xv'= siècle. Il comprend i55 
folios, de 21 à 22 lignes à la page. 100 folios seulement appartiennent au 
texte original ; 1 8 ont été recopiés à une époque tout a fait récente. Il a beau- 
coup souiîert et renferme de graves lacunes, dont certaines ont été comblées 
par Angelo Maî, au xix= siècle. Plusieurs folios ont été ajoutés. 

Ce manuscrit a été connu par Léo Allatius, dans son état originel et il 
formait probablement l'une des bases du projet (non exécuté) que ce savant 
avait formé, relativement à la publication des manuscrits alchimiques grecs. 
Les traités qu'il renferme sont les mêmes que ceux des autres manuscrits, 
mais avec des différences très notables dans Tordre relatif. En outre, il a été 
mutilé. Il y manque une partie de Zosime, de Stéphanus, des poètes, ainsi 
que les traités de Comarius, Pelage, Sophé, Ostanès, etc. 

Il comprend: 

I et III. — Les Physica et niystica de Démocrite, en deux fragments dis- 
tincts; la teinture en pourpre (fol. 33 à 35) étant séparée du reste (fol. i à 10). 

II et X. — Deux fragments d'Olympiodore (fol. 1 1 à 33 et fol. 71 à 731. Le 
second fragment forme le début du traité, tel qu'il existe dans le manuscrit 



jq2 INTRODUCTION 

de Saint-Marc. Entre deux, il manque trois paragraphes (-/pj3i-/.î/./vX, -ίνος ζρώ- 

IV_ Un traité de l'Anonyme dédié à l'empereur Théodose, sur l'œuf 

(fol. 35 à 42>. Le nom de de Théodose ne figure pas dans le manuscrit de 
^aint-Marc. 

V. — Un traité de Zosime sur les fourneaux (fol. 42 et suiv.). La fin a dis- 
paru. 11 est interrompu après ces mots : α Marie a décrit beaucoup d'appa- 
reils, non destinés à la distillation des eaux; mais elle a donné beaucoup de 
figures de kérotakis et d'appareils de fourneaux (i). » 

VI. — Un fragment intercalaire (fol. 45 à 49), transcrit plus récemment. 
VII et IX. — La neuvième leçon de Stephanus (fol. 54 à 68j, avec la même 

lacune que dans le manuscrit de Saint-Marci. Le texte est à peu près confor- 
me à celui d'Ideler, avec addition finale des mots ένταϋθα γαρ τΐ;ς αιΧααοοίχς 
ή τΕχνη τ.ζ-'/.τ,ρω-χ'.. La finale et la lacune 17°, p. i82j sont caractéristiques. 
La fin de la lettre de Stephanus à Théodose (fol. 70), complétée de la main 
d'Angelo Mai, forme le IX. 

VIII. — Le poème d'Héliodore: 49 vers seulement (fol. 69). 

XL — Le traité de l'Anonyme : sur l'eau du blanchiment (fol γ3 à j5). 

XII. — Autre traité de l'Anonyme (fol. j5 et suiv.), incomplet. 

XIII. — Synésius i^fol. 79 à 91 .) 

XIV. — Le lexique (fol. 91 à 93), jusqu'à la lettre K. 

— Puis vient une lacune (fol. 94 à loi). 

XV. — Petits traités techniques (fol. 102 à 112). 

— Les folios 120 à 126 sont en blanc. — Le texte reprend aux folios 127 
jusqu'à i3o. — Aux folios i3i à i32, lacune. — Puis le texte recommence 
(fol. 1 33- 134). 

Ces petits traités techniques existent dans les autres manuscrits connus, 
.l'en reproduis ici la liste, à cause de la dédicace de certains de ces traités 
à Théodose, dédicace qui manque dans le manuscrit de Saint-Marc : ce qui 
indique que le manuscrit r 174 du Vatican dérive directement, ou indirecte- 
ment, d'une source un peu différente : 

Economie du corps de la magnésie — Calcination des corps — L'ochre 

(I) Manuscrit de Saint-Marc, folio i8tj, avant-dernière ligne. 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS Ig3 

— Eau de soufre — Sur les mesures, adressé au grand Empereur Théo- 
dose — Sur le soufre, adressé au même empereur — Ce qui est substance 
et non substance — L'art parle d'une seule teinture, adressé à Théodose 

— Les quatre éléments nourrissent les teintures (les sept dernières lignes de 
ce traité manquent) — Ensuite il existe une lacune — Puis vient la fin d'un 
fragment : Diversité du cuivre brûlé — Eau divine tirée de tous les liquides 
(avec figures, connues d'ailleurs) — Recettes diverses. 

XVI. — Traité de Cléopâtre sur les poids et mesures; incomplet [fol. 134 
à i36. — Lacune (fol. 187 à 144). 

XVIL — Liste des signes (fol. 145 à 146). 
XVin. — Fin du Lexique (fol. 146 à 147). 

XIX. — Chapitres de Zosime à Théodore (fol. 147). 

XX. — Traités techniques (fol. 148 à i5o). — Chrysopée de Cléopâtre et 
serpent Ouroboros, muni de pattes — Lacune (fol. i5i à iSa). 

— Fragments (fol. i53-i55). 

Ces textes sont en général conformes au manuscrit de Saint-Marc, à la 
familleduquelilsserattachent, quoique avec de notables différences, lesquelles 
indiquent une dérivation non identique, quoique parallèle. On trouvera à 
cet égard des détails circonstanciés dans la publication de M. André Ber- 
thelot, à laquelle je me borne à renvoyer. 

VI. — Manuscrits de Gotha ou d'Altenbourg et de Munich. 

Le manuscrit de Gotha se trouvait à l'origine à Altenbourg: de là deux 
noms distincts d'origine pour un même manuscrit, lesquels ont amené 
quelques erreurs. La liste des opuscules qu'il renferme a été publiée dans 
ItsBeitràge ^ur altern Litteratur. . . . (Bibliothèque de Gotha von Fi: 
Jacobs und F. A. Ukert, Leipzig, i835, p. 216. J'ai collationné cette liste 
avec soin. Le manuscrit lui-même a été examiné par mon fils André Ber- 
thelot, ainsi que celui de Munich. Il résulte de cet examen que le manus- 
crit de Gotha est copié purement et simplement sur celui de Munich, ainsi 
que les manuscrits de Weiniar et de Leipzig, examinés pareillement. Celui 
de Munich lui-même a été copié en majeure partie sur le manuscrit de 
Saint-Marc. 

25* 



104 INTRODUCTION 

Les deux copies de Gotha et de Munich répondent aux folios S-igS du 
manuscrit de Saint-Marc. Mais le copiste a ajouté à la suite et comme com- 
pléments ifol. 204 a 21 5 du manuscrit de Gotha) sept morceaux qui man- 
quentdansle manuscrit de Saint-Marc, notamment la lettre de Psellus,une 
partie des signes, une 2« copie d'Ostanès, la lettrede Démocrite à Leucippe 
le discours d'Isis à son fils, suivi par le mélange du remède blanc, et 
les noms des faiseurs d'or. Les morceaux nouveaux existent d'ailleurs dans 
le manuscrit 2327 et ils ont dû être empruntés soit à ce manuscrit, soit 
à un manuscrit pareil. 

Griiner, vers la fin du xvin= siècle et au commencement du \\y.<^ siècle, a 
tiré de ce manuscrit quelques petits articles : sur la bière et l'huile aroma- 
tique (attribués à tort à Zosime); la première leçon de Stéphanus ; les ser- 
ments herméiiqiies; sur la trempe du bronze; sur la trempe du fer; ces der- 
niers ont été reproduits dans les Eclogœ physicœ de Schneider, p. 95, 96); 
sur la cadmie (Καθμ(αςπ7^ύσίς); sur la fabrication du verre. Enfin l'éditeur a 
copié à la suite un morceau tout différent, ayant pour titre: ό cTy.oç c χερΈ 
συνάζωνπάντα (ν. manuscrit 2327, fol. 90 verso). Ces petits articles, publiés 
dans des dissertations inaugurales et dans des programmes universitaires, 
sont très difficiles à trouver. Plusieurs renferment, comme il vient d'être 
dit, des confusions singulières. 

Les manuscritsde Vienne et deBreslau,exécutésparCornéliusdeNauplie, 
à la fin du xvi" siècle, appartiennent à la famille du manuscrit de Venise, 
avec quelques différences dans l'ordre relatif des traités. Le manuscrit de 
la Laurentienne (Florence) est au contraire fort analogue au 2327. 

VII. — Comparaison du contenu du manuscrit de Saint-Marc, avec ceux 
dun° 23-25 et du n" 2327 de la Bibliothèque nationale de Paris. 

Attachons-nous à comparer les trois manuscrits fondamentaux que nous 
avons surtout employés dans notre publication, savoir celui de Saint-Marc 
(xi« siècle), le numéro 232 5 (xin<= siècle) et le numéro 2 3 27 (xv^ siècle), de Paris. 
J'ai déjà donné une analyse développée du premier et du dernier de ces 
manuscrits, dans mes.Originesde Γ Alchimie; mais je me propose de serrer de 
plus près les comparaisons. 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS Ig5 

11 est facilede voir que ces manuscrits appartiennent à deux types très diffé- 
rents. Voici quelques-uns de leurs caractères différentiels: 

1° Le manuscrit de Saint-Marc contient des traités qui manquent dans 
les deux autres, tels que le traité d'Ostanès (fol. 66), et les chapitres de 
Zosime à Théodore (fol. 179 et suiv.). 

2° La liste des signes y est plus ancienne et moins étendue ; question sur 
laquelle je renverrai à la discussion qui a été développée dans ce volume, 
p. 96 et suivantes. 

3° Les figures des alambics ont une forme plus ancienne, ainsi que les 
figures 'des digesteurs avec kérotakis ; ce dernier instrument ayant disparu 
dans les figures du manuscrit 2327 (voir la discussion que j'en ai faite 
p. i5o et 160). 

4° La liste des opérateurs manque dans le manuscrit 2?25. Dans le 
manuscrit de Saint-Marc, elle offre des différences très sensibles par rapport 
au manuscrit 2327 : parmi ces différences, je rappellerai le nom de Juliana. 
Il s'agit probablement de cette Juliana Anicia, pour laquelle fut faite à la 
fin du V• siècle de notre ère une copie de Dioscoride, copie célèbre et 
magnihque, conservée autrefois à Constantinople avec un soin reli- 
gieux et qui existe aujourd'hui à Vienne. Il semble donc que les pre- 
miers auteurs de la liste des opérateurs, inscrite dans le manuscrit de 
Saint-Marc, aient eu connaissance du manuscrit de Dioscoride. 

5° Les articles relatifs à la trempe des métaux /ol. 104 et 118) sont plus 
développés dans le manuscrit de Saint-Marc que dans les manuscrits 2325 
et 2327. Mais ils ne contiennent pas la mention caractéristique du bronze 
des portes de Sainte-Sophie (i), laquelle existe dans ces deux manuscrits. 

6» Le passage d'Agatharchide sur les mines d'or existe (sauf la fin) dans le 
manuscrit de Saint-Marc, et il est conforme au fragment plus considérable 
du même auteur, conservé par Photius. Il a probablement été transcrit sur 
le texte même de Photius, car il n'offre que des variantes insignifiantes. 

Dans le manuscrit 2325, ce passage manque. 

Dans le manuscrit 2127, il a été remplacé par un résumé, qui en modifie 
profondément la signification. 



(i) Origines de l'Alchimie, page io3. 



ig6 INTRODUCTION 

7° La Chrysopée de Cléopâtre, avec ses figures multiples, forme une 
page entière du manuscrit de Saint-Marc, page que nous avons reproduite 
(p. i32 du présent volume). Dans les manuscrits 2325 et 2327, ce titre a 
disparu. Mais la figure principale, formée de trois cercles concentriques, 
avec ses axiomes mystiques, est à la même place ; c'est-à-dire en tête du 
mémoire de Zosime sur les instruments et fourneaux, avec lequel elle 
s'est confondue. C'est là l'indice d'une rédaction plus moderne, pour cette 
partie du moins, dans les 2325 et 2327. Toute cette comparaison a été dé- 
veloppée, p. 134 à 137. 

8° Au contraire, le labyrinthe de Salomon, figure cabalistique, offre une 
physionomie très postérieure. Il a été transcrit vers le xiv^ siècle et 
après coup dans le manuscrit de Saint-Marc (v. p. ; 57). Mais il manque dans 
les manuscrits 2325 et 2327. L'existence simultanée dans un même manus- 
crit de la Chrysopée de Cléopâtre et du labyrinthe de Salomon peut être 
regardée comme une preuve sans réplique, propre à établir que ce manuscrit 
a été copié (par voie directe ou indirecte) sur celui de Saint-Marc. 

9° Dans la Chrysopée de Cléopâtre, on aperçoit le serpent Ouroboros, 
figuré simplement, avec l'axiome central evxôirav, au-dessous des cer- 
cles concentriques. Mais ce serpent n'accompagne pas les trois cercles 
concentriques dans les manuscrits 2325 et 2327. En outre, dans Saint- 
Marc, il n'a pas de pattes. Dans le manuscrit 1 174 du Vatican, on trouve 
aussi une figure simple du serpent, mais avec quatre pattes. Dans le 
manuscrit 2327, il y a deux grandes figures du serpent, avec quatre pattes, 
l'une avec deux anneaux, l'autre avec trois anneaux coloriés (figure 
34, p. 157), sans légende intérieure, mais avec une page entière de com- 
mtntaires [Texte grec, I, v, et I, vi), tirés en partie de Zosime et d'Olym- 
piodore. 

10° Plusieurs traités de l'Anonyme, sans dédicace dans le manuscrit 
de Saint-Marc, sont adressés à l'empereur Théodose dans d'autres manu- 
scrits, tel que celui du Vatican (v. p. 192). Il y a là l'indice d'une filiation 
spéciale. 

Le nom de Scrgius, auquel sont adressés quelques traités du Philosophe 
Chrétien, donne lieu à des remarques analogues; car il n'existe pas dans 
tous les manuscrits. 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 1 97 

II" Le manuscrit 2325 ne renferme pas les poètes ; ceux-ci devaient donc 
former à l'origine une collection à part. 

12° Le manuscrit 2325 ne renferme aucun traité de vieil auteur impor- 
tant, qui ne soit dans le manuscrit de Saint-Marc. 

Il contient en moins le traité d'Ostanès, les chapitres de Zosime àThéo- 
dore, le serment de Pappus, le traité de Cléopâtre (poids et mesures) et quel- 
ques autres articles ; articles qui manquent également dans le manuscrit 2327. 

La liste des signes offre certaines confusions et diversités (v. pages 97 et 
98 du présent volume). 

Le manuscrit 2325 ne contient aucune trace des traités de Comarius. 

Il contient en plus, par rapport à Saint-Marc, certains traités techniques, 
tel que celui de l'arabe Salmanas sur les perles, et la fabrication des éme- 
raudes et autres pierres colorées, d'après le livre du Sanctuaire. La Chry- 
sopée de Cosmas est ajoutée à la suite, d'une écriture plus moderne et 
presque effacée. 

Dans le manuscrit 2325, l'ordre relatif est absolument, et du commen- 
icment àla tin, le môme que celui du manuscrit 2327. Ce dernier dérive évi- 
demment d'un type commun, mais complété par des intercalations et ad- 
ditions considérables. 

Au contraire, l'ordre relatif est trèsdifférent entre ces deux manuscrits et 
le manuscrit de Saint-Marc : on y reviendra. 

1 3° Examinons les traités qui manquent dans le manuscrit de Saint-Marc 
et qui existent dans le manuscrit 2327. Parlons d'abord de ceux qui portent 
des noms d'auteurs. 

Le manuscrit 2327 débute par la lettre de Psellus adressée à Xiphilin. 
Dans certains manuscrits, cette lettre est adressée à Michel Cérularius ; 
l'identité complète des deux lettres aurait besoin d'être vérifiée. 

Le traité de Comarius se trouve dans le manuscrit 2327, sous sa forme 
la plus complète. 

Je signalerai encore : 

Le traité de Jean l'archiprêtre, qui manque dans le 2325 ; 

Le traité de Salmanas et celui des émeraudes, qui s'y trouvent au con- 
traire, ainsi que laChrysopée de Cosmas, transcrite à la suite et à une époque 
postérieure dans le 2325 : 



igS INTRODUCTION 

Les livres de Sophé (Chéops); 

La lettre d'Isis à Horus ; 

Le livre de Démocrite à Leocippe ; 

Le traité d'Agathodémon sur l'oracle d'Orphée ; 

La coction excellente de l'or, avec les procédés de Jamblique ; 

La chimie domestique de Moïse ; 

14° Enfin, parmi les articles anonymes manquant dans le manuscrit de 
Saint-Marc, et existant dans le manuscrit 2327, on peut citer : 

La liste des faiseurs d'or (manquant dans le 2325). 

Ainsi que tous les articles et traités consécutifs, tels que : 

Le serpent figuré, avec commentaires ; 

Le travail des quatre éléments ; 

L'assemblée des philosophes ; 

L'énigme alchimique, dont les vers existent cependant à Fétat séparé 
dans une addition postérieure du manuscrit 2325 ; 

La liste planétaire des métaux ; 

La liste des mois ; 

Le traité de la' fusion de For. 

Et diverses additions finales (voir Origines de l'Alchimie, p. 346). 

i5° La lettre d'Isis à Horus mérite d'être signalée, comme élément de 
classification des manuscrits, autres que celui de Saint-Marc. En effet, 
elle existe sous deux rédactions très différentes dans le manuscrit 2327 
et dans le manuscrit 225o (Texte grec, L xiii et I, xiii bis). Il y a aussi de 
grandes différences entre les divers textes d'Olympiodore. 

16° Au point de vue de l'ordre relatif, les parties communes de la plupart 
des manuscrits offrent souvent de très grandes différences. Le manuscrit 
2327, en particulier, présente un essai de coordination systématique, qui fait- 
défaut dans les parties semblables de celui de Saint-Marc. En effet, on y voit, 
à la suite de la lettre de Psellus, sorte de préface, des indications géné- 
rales, telles que : le traité de Cléopâtre sur les poids et mesures, lequel 
figure au contraire au milieu du manuscrit de Saint-Marc, et qui était 
même placé vers la fin dans l'ancienne liste de ce dernier. 

Puis viennent dans le manuscrit 2327 : les signes, lesquels sont au début 
du manuscrit de Saint-Marc ; 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 1 99 

Et le lexique, qui ne se trouve que vers les deux tiers de ce dernier 
manuscrit (presqu'à la fin dans l'ancienne liste). 

Dans le manuscrit 2327, on lit ensuite les traités de Démocrite, de Synésius 
et de Stéphanus, le premier étant le plus ancien, et les autres représentant 
des commentaires successifs de ce traité. 

Tandis que dans le manuscrit de Saint-Marc, on débute par Stéphanus ; 
les poètes; Pelage, qui est rejeté vers la fin du manuscrit 2327 ; Ostanès, 
qui y manque ; puis viennent Démocrite et Synésius : c'est-à-dire qu'il 
n'existe aucun ordre systématique dans ce manuscrit. 

170 Les poètes, qui suivent Stéphanus dans le manuscrit de Saint-Marc, 
sont placés beaucoup plus loin, et avant la liste des faiseurs d'or, dans le 
manuscrit 2327. Leur texte offre des différences considérables, suivant les 
manuscrits. 

18° Le serpent et Olympiodore manquent dans le manuscrit 2325. 

Le dernier texte est à part dans les manuscrits qui le contiennent et il 
offre des variantes très notables. 

190 Les traités de Zosime sur les fourneaux et appareils viennent pareil- 
lement après. Seulement, dans le manuscrit 2327, c'est une répétition de 
traités déjà transcrits une première fois à la suite de Stéphanus : ce qui 
indique que le copiste puisait à deux sources différentes (v. p. 109 sur le ma- 
nuscrit Ru. 6 de Leide). Le texte de ces traités offre de grandes variantes, 
qui vont parfois jusqu'à des rédactions distinctes, quoique parallèles. 

20^ Les additions initiales et finales, faites sur les pages de garde, marges 
et parties blanches des manuscrits, sont très importantes pour en marquer la 
filiation. Je citerai : dans le manuscrit de Saint-Marc l'addition de la première 
feuille sur la scorie, avec paroles et signes magiques [v. p. i5i), et le traité 
sur les songes de Nicéphore ; 

Dans le manuscrit 2327, la lettre de Psellus au début, les fragments sur la 
colle, sur l'asbestos [i\ etc., et vers la fin, le dire de Rinaldi Telanobebila 
(Arnaud de Villeneuve], etc.. (voir Origines de l'Alchimie, p. 336 et 3461. 

Il y a encore bien d'autres différences de détail dans la distribution des 



(i) C'est l'article : Zosime dit sur la | entre la préface de Psellus et le traité 
Chaux, ajouté sur des pages blanches, I de Cléopâtre. 



200 



INTRODUCTION 



traités du Chrétien et de l'Anonyme, mais moins importantes. Les remarques 
précédentes sont d'ailleurs assez nombreuses et minutieuses pour permettre 
de caractériser les filiations des manuscrits. 

VIII. — Hypothèses générales sur l'origine et la filiation des manuscrits 

alchimiques grecs. 

• 

D'après l'ensemble des observations que j'ai recueillies, l'origine des ma- 
nuscrits alchimiques grecs pourrait être établie avec quelque probabilité 
de la manière suivante : 

1° Il existait en Egypte, avant l'ère chrétienne, des groupes de recettes 
techniques, relatives à l'orfèvrerie, à la fabrication des alliages et des métaux 
pour les armes et les outils, à la fabrication du verre et des émaux, à la tein- 
ture des étoffes, à la matière médicale. 

L'emploi de ces recettes était accompagné par certaines formules ma- 
giques. 

Le tout était transmis traditionnellement, comme secret de métier, depuis 
une époque fort reculée, avec le concours de signes hiéroglyphiques, des- 
tinés à servir de mémentos, plutôt qu'à exposer le détail des opérations (i). 

Ces signes étaient inscrits sur des stèles; ils étaient anonymes, comme 
toute la science égyptienne d'alors. Il semble qu'il y avait aussi des textes 
écrits en démotique sur papyrus ; tels étaient le Livre du Sanctuaire, cité à 
plusieurs reprises, et le texte transcrit dans le papyrus V de Leide (p. 8 du 
présent ouvragej. 

2° Vers l'ère chrétienne, on commença à écrire en grec {sur papyrus;, les 
recettes et les formules magiques, d'une façon précise et détaillée. Une partie 
de ces recettes nous ont été transmisesdansles écrits de Dioscoride, de Pline 
et de Vitruve. 

Les papyrus de Leide, écritsau m" siècle, mais dontletexte est plus ancien, 
fournissent le détail précis et authentique de quelques-unes d'entre elles ,ce 
volume, article I). La plupart de ces recettes sont claires, positives ; elles con- 



(i) Voir ce que j'ai dit sur la Chry- 
sopée de Cléopâtre et sur la formule 



de l'Ecrevisse, pages 137 et 1 53 à 
i55. 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 201 

cernent l'imitation, parfois frauduleuse, de Tor et de l'argent, ainsi que la 
fabrication de l'asèm, alliage doué de propriétés interme'diaires. Dioscoride 
et le papyrus V ont conservé le nom de certains des auteurs d'alors, tels que 
Phiménas (Pammenès) et Pétésis. Il existait un grand nombre de papvrus 
analogues ; mais la plupart ont été détruits systématiquement par les 
Romains, vers le temps de Dioclétien. Cependant il est incontestable qu'un 
certain nombre de recettes relatives à l'asèm et à d'autres sujets, conservées 
dans nos manuscrits actuels, offrent un caractère semblable à celui du papy- 
rus et remontent probablement à la même époque. Le traité des émeraudes et 
pierres vitrifiées, « d'après le Livre du Sanctuaire », a été reproduit sans 
doute de vieux textes analogues, et il en est probablement de même du traité 
des perles, qui nous est venu sous le nom de l'arabe Salmanas : c'est vrai- 
semblablement l'auteur des derniers remaniements de ce traité technique. 

3" A la même époque, c'est-à-dire vers la fin du règne des Ptolémées, il exis- 
tait des écoles gréco-égyptiennes, participant dans une certaine mesure de la 
science hellénique : j'ai signalé spécialementuneécoledémocritaine, àlaquelle 
appartenait Bolus de Mendès : cette école mit ses écrits sous le patronage 
du nom vénéré de Démocrite (Or/g'fnei rfe/'^/c/ziw/e, p. i56etsuiv.l. Il nous 
en est parvenu un traité Phjsica et mj^stica,, formé de trois fragments, l'un 
magique, l'autre relatif à la teinture en pourpre, le dernier à la fabrication, 
ou plutôt à l'imitation de l'or et de l'argent. Les recettes du dernier fragment 
sont analogues à celles du papyrus de Leide ; quelques-unes même iden- 
tiques. Mais, dans les écrits de cette école, les recettes positives sont associées 
à des interprétations mystiques, association que l'on ne trouve pas dans les 
papyrus de Leide; quoique la magie abonde dans ces derniers. 

40 L'Ecole Démocritaine d'Egypte a créé une tradition scientifique, spé- 
cialement en alchimie; tradition qui s'est prolongée jusqu'au vii'^ siècle de 
notre ère, par toute une suite d'écrits originaux et de commentaires, lesquels 
forment la partie principale de nos collections actuelles. 

Les auteurs qui l'ont continuée au début étaient des gnostiques, des païens 
et des juifs, qui ont développé de plus en plus le symbolisme mvstique. 

Le principal auteur venu jusqu'à nous, Zosime, semble avoir constitué 
vers la fin du m' siècle, une sorte d'encyclopédie chimique, reproduisant 
spécialement les traités de Cléopâtre, sur la distillation, ceux de M arie la Juive, 

20* 



202 



INTRODUCTION 



sur lesappareilsà digestioa, ceuxde Pamménès et de Pétésis, surles alliages 
métalliques, etc. Nous possédons près de i5o pages tirées des ouvrages de 
Zosime, sous la forme d'extraits faits plus tard par des Byzantins, non sans 
quelques additions ou interpolations, dues aux commentateurs. 

Les écrits d'Africanus, auteur aujourd'hui perdu, seraient du même temps 
que Zosime. Nous en avons quelques fragments dans nos textes alchimiques. 

5" Vers la même époque que Zosime et Africanus remontent les écrits 
pseudonymes attribués à Sophé (Chéops), qui rappellent un texte d'Africa- 
nus, compilé par Eusèbe ( i). 

Avant Zosime également, ou vers le même temps, ont été écrits les frag- 
ments attribués à Hermès, à Agathodémon, les écrits du Pseudo-Moïse, les 
recettes de Jamblique, ainsi que la lettre d'Isis à Horus. 

6" Entre le faux Démocrite et Zosime, semblent aussi se placer les écrits 
d'Ostanès, de Pelage, de Comarius, de Jean l'Archiprêtre. Mais, sous la 
forme où nous les possédons, ces écrits manquent d'authenticité. Il est diffi- 
cile d'y distinguer la trame originale des interpolations successives faites 
par les moines chrétiens d'Alexandrie et de Byzance. 

7° C'est au même temps que remonterait la première rédaction des textes 
actuels des traités techniques sur le verre, les perles artificielles, la trempe 
des métaux, etc.; textes qui se rattachent à une tradition beaucoup plus 
ancienne, mais qui ont été remaniés à diverses reprises, pendant le cours 
des siècles. 

8° Vers le temps des deux empereurs Théodose, on trouve le commentaire 
de Synésius sur Démocrite, qui est l'ouvrage le plus philosophique de toute 
la série, et le groupe des poètes, complété plus tard. 

9° Olympiodore, auteur un peu postérieur, se rattache aussi aux commen- 
tateurs Démocritains. 

10° La tradition se continue par le Philosophe Chrétien, par l'Anonyme, 
et par Stéphanus, jusqu'au vii= siècle de notre ère. Les traités pseudonymes 
d'Héraclius et de Justinien, aujourd'hui perdus, seraient aussi de cette dernière 
époque; car lisent précédé les Arabes, qui citent fréquemment Héraclius. 



(i) Origines de l'Alchimie, p. 58. Les 
traités astrologiques et autres de Zoroas- 



tre, Manéthon, Pythagore, seraient 
aussi du même temps. 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 203 

1 1° Vers le vn° ou le viii= siècle de notre ère s'est constituée une première 
collection, qui semble avoir été formée autour du commentaire de Sté- 
phanus, avec adjonction des auteurs de l'École Démocritaine et des premiers 
commentateurs. Cette collection, grossie parcelle des poètes et par plusieurs 
autres dont j'ai donné la liste (p. 178), et reprise parmi les 53 séries de 
Constantin Porphyrogénète, au x» siècle, aurait servi à constituer le pro- 
totvpe, duquel dérivent la vieille liste de Saint-Marc et le manuscrit de 
Saint-Marc. 

Cependant un certain nombre de mémoires d"auteurs renommés, de recettes 
partielles et plusieurs traités techniques n'étaient pas compris dans cette 
collection. Ils sont entrés plus tard dans d'autres collections, fondues 
avec la principale dans le manuscrit 2325, et depuis, avec des additions plus 
étendues, dans le manuscrit 2327. 

Les traites de Cosmas et de Blemmydès sont postérieurs. 

12° Je pourrais essayer d'expliquer maintenant plus en détail, comment 
la collection primitive, modihée par des additions successives, a constitué 
plusieurs prototypes, dont le principal O) répondait au manuscrit qui a 
précédé la liste initiale du manuscrit de Saint-Marc. 

De ce prototype a dérivé un manuscrit iP), répondant à cette liste. 

Mais il a perdu plus tard les cahiers qui renfermaient les traités attribués 
à Héraclius et à Justinien et il a formé alors un autre type (Q). 

C'est à cet autre type que se rattache le manuscrit 2327, quoique non direc- 
tement. En effet, il a été grossi par l'adjonction de traités tirés d'un autre 
prototype, contenant par exemple Jean l'Archiprêtre, la lettre d'Isis, etc. ; 

A un certain moment, le type (Qj a éprouvé une mutilation, vers la fin 
des leçons de Stéphanus, et il a perdu plusieurs feuillets, comprenant cette tin 
et le commencement du traité de Comarius. Cette mutilation n'a pas coïn- 
cidé avec la première, attendu que le manuscrit 2327 contient la hn de 
Stéphanus et le traité de Comarius ; tandis que les traités d'Héraclius et de 
Justinien y manquent. 

C'est plus tard qu'un copiste ignorant, ayant transcrit à la suite le manus- 
crit mutilé, sans s'apercevoir de la lacune, a constitué le type R , qui est 
celui du manuscrit actuel de Saint-Marc ; une lacune analogue y a mutilé 
le traité du jaunissement, etc. ; 



Î04 



INTRODUCTION 



Le manuscrit de Saint-Marc a perdu dans le cours des siècles un ou 
plusieurs folios, à la tin des fragments d'Agatharchide; 

Il a eu plusieurs cahiers transposés par le relieur, cahiers qu'il a conservés 
d'ailleurs; 

Enfin il a éprouvé diverses additions, telles que le Labyrinthe de Salo- 
mon et quelques autres, aux xV et xvi= siècles. C'est ainsi qu'il nous est 
parvenu. 

La filiation des manuscrits 2325 et iT>i-j est plus complexe. Rappe- 
lons d'abord que le contenu et l'ordre relatif du manuscrit 2325, le plus 
ancien des deux (xiii= siècle), se retrouve exactement dans le manuscrit 2327 
(xv'^siècle). Mais ce dernier est plus étendu et renferme un grand nombre de 
traités techniques ou mystiques, qui manquent dans le manuscrit de Saint- 
Marc et qui ont été tirés de prototypes tout différents. Aussi, quoiqu'il 
représente sur certains points une rédaction plus moderne que celui de 
Saint-Marc, il en est d'autres où il répond à des souches antérieures. Le 
manuscrit 2275 paraît la copie directe du 2325 ; le manuscrit 2329, le 
second manuscrit de l'Escurial, le manuscrit de la Laurentienne et celui 
de Turin, dérivent du manuscrit 2327, ou d'une souche commune. 

Les manuscrits 225o, 225i, 2252, qui appartiennent à une même copie 
faite au xvii" siècle (i), accusent une souche distincte à certains égards des 
précédentes : par exemple, pour la rédaction de la lettre d'Isis à Horus. Le 
manuscrit du Vatican et celui de Leide, Voss. n" 47, otïrent aussi d'assez 
grandes diversités, quoique dérivés en somme de la môme souche que le 
manuscrit de Saint-Marc. 

Sur le manuscrit de Saint-Marc, ont été copiés directement ou indirecte- 
ment 12) presque tous ceux qui existent en Allemagne, d'après ce que j'ai 
pu savoir : tels celui de Munich, qui a servi à la publication d'ideler, celui 
de Gotha, probablement ceux de Vienne et de Breslau ; de même le numéro 
2249 delà Bibliothèque de Paris, celui sur lequel Pizimenti a fait sa traduc- 
tion latine, l'un de ceux de l'Ambroisienne, l'un de ceux de l'Escurial, etc. 



(i)Mise au net du 2329 corrigé, pour 
la majeure partie. 

(2) Avec certaines additions finales, ti- 



rées des autres souches, telles que la let- 
tre de Psellus, le traité de Démocrite à 
Leucippe, la lettre d'Isis à Horus, etc. 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 2o5 

Pour pousser plus loin la discussion détaillée de toute cette filiation, 
userait nécessaire de faire une comparaison minutieuse de tous les manus- 
crits, comparaison dont je ne possède pas encore les éléments complets ; 
je ne crois donc pas utile d'en dire davantage. 

IX. — Sur le ttianuscrit grec 241η de la Bibliothèque nationale de Paris. 

Ce manuscrit in-folio, transcrit vers 1460 par Georges Midiates (fol. 288), 
est des plus précieux pour l'histoire de l'Astronomie, de l'Astrologie, de 
l'Alchimie et delaMagie aumoyenàge; c'est uneréunion indigestededocu- 
ments de dates diverses et parfois fort anciens, depuis l'Almageste de Ptolé- 
mée et les auteurs arabes jusqu'aux écrivains de la fin du moyen âge. L'écri- 
ture en est souvent difficile à déchiffrer. La table des matières de ce manu- 
scrit a été imprimée dans le Catalogue de ceux de la Bibliothèque nationale 
de Paris. Aussi je me bornerai à relever les morceaux et traités qui offrent 
quelque intérêt pour les études auxquelles le présent volume est consacré. 

Au folio I se trouve une grande figure astrologique du corps humain, des- 
• sinée avec soin, placée au milieu de deux cercles concentriques, avec indica- 
tion de la relation entre ses parties et les signes du Zodiaque. Cette figure 
répondant à des textes dOlympiodore (i) et de Stéphanus, je crois utile 
d'en donner la description. 

En haut : le Bélier. Puis se trouvent deux séries parallèles, l'une à droite, 
l'autre à gauche. 



Adroite : 
Le Taureau commande le cou . 

L'Ecrevisse la poitrine. 

La Vierge l'estomac et 

le ventre. 
Le Scorpion les parties 

génitales. 



A gauche: 
LesGémeauxcommandentlesépaules. 

Le Lion le cœur. 

La Balance les deux fes- 
ses. 

Le Sagittaire lesdeuxcuis• 

ses. 



LeCapricorne les genoux. Le Verseau les jambes. 

Au bas, les Poissons commandent les pieds. 

(i) Texte grec. p. 10 1 et loG. 



20b INTRODUCTION 

On peut voir un texte analogue dans la Bibl. Client, de Manget, I, 917. 

Au folio 32, on rencontre le cercle de Pétosiris, pour prévoir l'issue des 
maladies; cercle dont j'ai donné (p. 88) la photogravure et la description. 

Au folio 33, on lit deux tableaux horizontaux analogues, que j'ai également 
décrits, à cause de leur similitude avec le tableau d'Hermès du manuscrit 
2327 (p. 87) et avec la sphère de Démocrite du papyrus de Leide (p. 86). 

Ils accompagnent des traités de l'astrologue Pythagoras et divers calculs 
pour connaître le vainqueur d'un combat singulier. 

Au folio 4O verso, on rencontrela liste desrelations entre lesplanètes et les 
métaux et autres corps subordonnés à ces astres. Celte liste est la même qui 
figure dans plusieurs manuscrits alchimiques ; les noms en sont également 
grecs ; quelques-uns sont transcrits en caractères hébraïques. La liste faitjpar- 
tie d'un traité d'Albumazar, astronome arabe du ix« siècle (800 à 885) de 
notre ère iv. p. 79 du présent volume et Texte grec, p. 24, notes;. J'y relève 
deux indications caractéristiques. 

Le signe de la planète Hermès comprend parmi les corps dérivés, vers 
la fin de son paragraphe, le nom du mercure, ΰοράργυρ:;, et à la suite les 
mots: oloï T.ip-x: 7.χ7α•-ερζΊ ; « les Persans rangent sous ce signe l'étain ». 

Le signe de Jupiter comprend l'étain et à la suite les mots : οι Sa πέρσαι 
ουχ ούτως, άλλα ο•.άργυρ;ς. «Les Persans ne l'entendent pas ainsi, mais rangent 
sous ce signe le métal argentin» c'est-à-dire l'asèm ou électrum. Ceci est 
conforme à ce qui a été dit ailleurs sur les changements successifs des nota- 
tions métalliques et planétaires (pages 81 à 85). 

.\la suite vient une liste des animaux répondant à chaque planète. 

Au folio 86 verso : sur les sorts royaux, traité attribué à Nécepso. 

Au folio 99- 100 : figures de comètes. 

.\u folio 1 19 : traité divinatoire de Zoroastre. 

.\u folio i53 ; tableau des mesures antiques. 

Au folio 154: tableau des signes et abréviations. Ils sont semblables en 
général à ceux de la fin de la liste du manuscrit 2327, sauf un petit nombre 
de différences : par exemple, pour les mots ange et démon^voir p. 100); mais 
l'ordre n'est pas le même. 

Puis vient un ouvrage de Bothrus, qui s'intitule roi de Perse; c'est un 
astrologue, inconnu d'ailleurs. 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS ΊΟη 

Au folio ι5ό : autre cercle médical de Pétosiris, dont j'ai donné la pho- 
togravure et la description (p. 90). 

Au folio 205 verso : liste des plantes qui répondent aux 12 signes du 
Zodiaque, d'après Hermès Trismégiste. 

Au folio 271 verso et au folio 272 : préparations chimiques. 

Au folio 273 : motsmagiques,analoguesà ceux qui figurent dans.iamblique. 
dans les papyrus de Leide, au-dessus de la formule de l'Ecrevisse dans le 
manuscrit de Saint-Marc (p. i53), etc.; sans qu'aucun m'ait paru identique, 
à première vue du moins. 

Au folio 274: une page renfermant un grand nombre d'alphabets magiques, 
lesquels ne sont autres que des alphabets grecs altérés (v. p. 1 56), analogues 
à ceux du manuscrit de Saint-Marc. Dix-sept de ces alphabets 'figurent au 
recto, cinq au verso. La traduction existe à l'encre rouge, presque effacée, 
dans les intervalles des lignes. 

Au folio 274 verso : listedes signes, en4 lignes, sans traduction, sauf pour 
quelques mots tels que ceux-ci : cœur et foie. Cette liste se retrouve exacte- 
ment transcrite, vers la fin de celles du manuscrit 2327, PI. VI, 1. 20 à 25, 
jusqu'à άλέη (ν. p. 100). 

Au folio 279 commence un ouvrage considérable intitulé : « la voie droite 
vers l'art de l'Alchimie, par le grand maître Pierre Théoctonicos. 

Cet ouvrage se poursuit jusqu'au folio 287 verso, où la fin est indiquée à 
l'encre rouge. « Voici la fin de la route pure du frère Ampertos Théoctonicos, 
le grand philosophe de l'Alchimie, transcrite par Georges Midiates. » 

Ce traité va être décrit tout à l'heure plus en détail. 

Au folio 288 : suite de préparations chimiques. Figure d'un entonnoir à 
filtra tion et d'une fiole à fond rond. 

Aux folios 319 a 341 : lexique étendu, donnant l'interprétation des noms 
des opérations, substances, plantes, maladies. Ce lexique renferme un certain 
nombre de mots arabes. Il y a beaucoup de noms chimiques. 

Revenons maintenant à l'ouvrage manuscrit de Théoctonicos, person- 
nage qui a donné lieu à diverses discussions de la part d'Hoefer, lequel lui 
attribue le prénom de Jacob, et de la part de H. Kopp. L'examen dirett de 
son traité m'a paru utile pouréclaircir la question. Elle n'est pas sans intérêt; 
car c'est un des rares auteurs de quelque importance, cités dans les histoires 



2o8 INTRODUCTION 

de la chimie et sur lesquels nous ne possédions pas encore de lumière 
suffisante. 

Le titre exact de l'ouvrage est le suivant : 

'Αρχή -fjz ευθείας îoîj tcï μεγάλου διδασκάλου Πέτρου του Θεοχτονίκου προς τήν 
τέ-/ντ,ντΐ5ς άρχημίας, titre déjà traduit plus haut; et au bas de la page : έγώ ό 
ΙΙέτρος Θεοκτόνικος των ο'.λοϊόφων è ελάχιστος. ; c'est-à-dire: 

« Moi Pierre Théoctonicos, le moindre des philosophes. » 

A la fin du traité, il est désigné sous le nom de του άοελφοϋ Άμ-έρτου τοϋ 
θεοκτονίκου. 

La dernière forme rappelle le latin Albertiis Teutoniciis, personnage iden- 
tifié en général par les vieux auteurs avec Albert le Grand et sous le nom du- 
quel il existe un ouvrage latin d'Alchimie, désigné parfois par les mots -.Semita 
recta. 

Cet ouvrage latin se trouve au tome XXI des œuvres d'Albert le Grand, 
qui est regardé ici comme un pseudonyme, et il est imprimé dans le tome 1 1 
du Theatriim Chemicitm. Les deux textes latins concordent très exactement, 
comme je l'ai vérifié. L'ouvrage est écrit avec assez de sincérité; il date du 
XIII' ou XIV* siècle. Les articles techniques qui le terminent sont complétés 
par des additions faites par quelques copistes plus modernes, d'après Geber, 
Razès, Roger Bacon, maître Joi [sic, pour Jean ?) de Meun, expressément 
nommés. Il semble même en certains endroits qu'il y ait deux étages d'ad- 
ditions. 

Or le traité de Théoctonicos est une traduction grecque du traité attribué 
à Albert le Grand, traduction antérieure aux textes latins imprimés que je 
viens de citer, et qui renferme certaines indications spéciales et différentes ; 
mais qui, par contre, ne contient pas les additions. C'est ce qui résulte de 
l'examen détaillé auquel je me suis livré. 

En effet, j'ai d'abord constaté la conformité générale du texte latin et du 
texte grec, en lescompara-nt ligne par ligne jusqu'à la fin. 

Je me bornerai à la citation suivante, qui est caractéristique. Dans le grec : 

Εΰρον -άλ'.ν ύ-ερέχοντας μονάχους κα'ι πρεσβυτέρους •/.χ: κχνον.κους, κληρ'.κοΰς, 
ί'.λοσόοους κζ: γραμ;Αατεΐς. Dans le latin : 

Iiivcni autem prœdivites litteratos, abbates, prœpositos, canonicos, phy• 
sicos et illiteratos, etc. 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 209 

C'est-à-dire [d'après le grec : 

« J"ai trouvé des moines éminents, des prêtres, des chanoines, des clercs, 
des philosophes et des grammairiens. » 

Le texte grec est plus ferme que le texte latin ; cependant il est difficile de 
refuser d'admettre que la phrase précédente ait été traduite du latin. 

A la page suivante, folio 279 verso, on retrouve pareillement dans les 
deux langues la phraséologie ordinaire des alchimistes: 

« Voulant écrire pour mes amis, de façon que ceux qui voient ne voient 
pas, et que ceux qui entendent ne comprennent pas, je vous conjure, au nom 
de Dieu, de tenir ce livre caché aux ignorants. » 

Le texte grec est plus développé que le latin dans le passage suivant 
(même page) : 

α J'ai écrit moi-même ce livre, tiré des livres de tous les philosophes delà 
science présente, tels que Hermès, Avicenne, Rhazès, Platon et les autres 
philosophes, Dorothée, Origène, Geber (?), beaucoup d'autres, et chacun a 
montré sa science; ainsi que Aristote, Hermès (i) et Avicenne. » Cette suite 
de noms propres et d'autorités manquent dans le latin. 

Le traité poursuit pareillement, en expliquant dans les deux langues qu'il 
faut réduire les métaux à leur matière première. 

Puis commence un autre chapitre, qui débute par ces mots singuliers 
(fol. 280), en grec : Άργτ,^.ίχ ϊζ-λί -ρίγι^α r.xfy. των άρχχίων i'jp:T/.z[j.irr;i, 
χ•.μ(α δέ λεγετα'. ρω;λχ'.7τή, ίραγγ'./.ά Ιϊ μάζα [sic]. 

« L'Alchimie est une chose découverte par les anciens : on l'appelle Chimie 
en romaïque, Maza en langue franque. » 

Dans le texte latin on lit, dans les deux publications citées : «Alchimia est 
ars ab Alchimo inventa et dicitur ab archymo grcecè, quod est massa latine. » 

« L'Alchimie est un art découvert par Alchimus ; c'est d'après le mot grec 
archymus qu'elle a été nommée, mot qui signifie massa en latin. » 

Cette phrase étrange se trouve aussi dans le Liber triiim verborum Kalid 
{Bibliotheca Chemica de Manget, t. II, p. 189) : « Alchimia ab Alchimo 
inventa. Chimia autem grœcè, massa dicitur latine. » 

Pic de la Mirandole, au xvi« siècle, cite aussi cet Alchimus, en répudiant 

(I) Figuré par le symbole de la planète Mercure. 

27• 



2 ΙΟ INTRODUCTION 

l'étymologie précédente. Il y a là sans doute quelque réminiscence de l'ancien 
Chymès(i). Quant au mot μ5ζα ou massa, il existe comme synonyme de la 
Chimie dans le Lexicôn Alchemiœ Rulandi (au mot Kymiis]. 

Le latin explique ensuite que les métaux diièrent seulement par une 
forme accidentelle et non essentielle, dont on peut les dépouiller : 

Forma accidentali tantum, nec essentiali : ergo possibilis est spoliatio 
accidentiim in metallis. Mais le grec est ici plus vague. 

Au contraire, le grec développe davantage la génération des métaux et 
parle de la terre vierge (2), comme l'ancien Hermès : o'.à γης παρθένου -/.α; 
(;οί^ρτ,ς ; ce que le latin traduit simplement par terr-a miinda, la terre pure. 

Les deux textes se suivent ainsi parallèlement, avec des variantes consi- 
dérables et des développements inégaux. Puis viennent la description des 
fourneaux (fol. 282), celle des quatre esprits volatils : le mercure (signe delà 
planète Hermès), le soufre, l'arsenic (même signe que celui de la PI. VL 
1. 26), le sel ammoniac. Le nom ancien de l'orpiment, apjsv.y.sv, est changé 
ici en άίριπήγμ-α-ιν : ce qui est une transcription littérale du latin aiiri pig- 
mentiim, transcription montrant par une nouvelle preuve que le texte ori- 
ginal a été écrit en latin. Divers sels, le tartre, le vert-de-gris, le cinabre, la 
céruse, le minium figurent ici. 

Puis viennent les opérations, dont la description fournit des équivalences 
intéressantes entre les mots grecs du xiv<= siècle et les mots latins ; équiva- 
lences dont plusieurs sont distinctes des anciennes expressions contenues 
dans les premiers alchimistes. 
Par exemple (fol. 285). 

ρίνισμα, qui voulait dire à l'origine limaille, est traduit par sublimatio. — Il 
y a ici l'idée de l'atténuation extrême de la matière, exprimée plus tard par 
le mot alcoolisation, qui voulait dire réduction à l'état de poudre impalpable. 
Άσβέϊ-ωμα. — Calcinatio. — Ce mot nouveau a remplacé l'ancien ϊωσ•.;: 
et le mot άσβεστος, ou calx (chaux métallique), s'est substituéà!ός. 
Πήγμα. — Coagulatio. — Solidification d'un corps liquide. 
Πηξ'.ς. — Fixio. — Fixation d'un corps volatil. 
'Λνάλυμα. — Solutio. — Dissolution. 



(i) Origines de l'Alchimie, p. 167. | (2) Origines de l'Alchimie, p. 63. 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 211 

Στάλαγμα. — Subliniatio. — C'est la distillation, opérée par vaporisation, 
ou par filtration. 

Κήρωμα. — Ceratio. — Ramollissement. 

"Εψηϊ'.;. — Decoctio. — Cuisson, emploi de fondants. 

Les deux textes se suivent jusqu'au bout. 

Ainsi le traité de Théoctonicos n"est autre chose que la traduction grecque 
de l'ouvrage latin d'Alchimie attribué à Albert le Grand. Ce fait de la tra- 
duction en grec d'un ouvrage latin, au moyen âge, est exceptionnel. 
Peut-être s'explique-t-il par l'époque même où il s'est produit, qui est celle 
du contact forcé établi entre les Grecs et les Latins, par suite des croisades 
et de l'occupation de Constantinople. 

• On trouve d'ailleurs des textes grecs de la même époque, inspirés égale- 
ment des Arabes, parmi les manuscrits du Vatican, tels que le n" g 14 ^Recettes 
pour écrire en lettres d'or, etc.); le n° 1 134, daté de iSyS, sur Ιετίτανος, Γέλε- 
ξΐρ, Parsenic, le sel ammoniac, les aluns, la cadmie, etc. (i). 

Je rappellerai encore la page d'Arnaud de Villeneuve, traduite en grec, 
qui se trouve ajoutée à la fin du manuscrit 2327 de Paris (fol. 291). 

X. — Manuscrits alchimiques de Leide. 

Il existe à Leide des manuscrits alchimiques grecs, signalés par divers 
auteurs et dont il m'a paru utile de prendre une connaissance plus appro- 
fondie. Mon lîls, André Berthelot, déjà préparé par l'examen des manu- 
scrits du Vatican, et des bibliothèques allemandes (p. 191 et igS), s'est chargé 
de ce travail. Je vais en donner le résumé. 

Il y a deux manuscrits alchimiques grecs de quelque importance à Leide, 
Γυη intitulé : Codex Vossianus Grœcus. n" 47, in-40, 72 folios, très mal écrit, 
daté de 1440; l'autre provenant des livres de Ruhnkenius, savant helléniste 
du dernier siècle, inscrit sous la rubrique XXIII, Ru. 6, in-4", 3o folios ; sur 
papier, écrit au xvii« siècle. J'appellerai pour abréger le premier : Voss. et le 
second : Ru. 



(i) Rapport sur les manuscrits alchi- 
miques de Rome, par A. Berthelot, 



dans les Archives des missions scienti- 
fiques, 3"= s., t. XIII, p. 833 et suiv. 



212 IXTRODL'CTION 

Ces manuscrits sont tous deux intéressants : le premier, Voss., parce qu'il 
renferme quelques fragments qui n'existent pas ailleurs; le second, Ru., en 
raison de certaines de ses figures, qui établissent complètement le passage 
entre les appareils des vieux manuscrits et l'aludel des Arabes. Je les ai 
données plus haut, avec commentaires (p. 167 à 173). 

Codex Ru. 6. Quant au texte même, le Ru. parait, d'après une collation 
rapide mais précise, ne rien renfermer qui ne soit déjà contenu dans le 
manuscrit 2827 et plus spécialement dans celui de la Laurentienne. Il repré- 
sente d'ailleurs, non les textes mêmes, mais surtout une table des matières, 
suivie de quelques extraits. Il paraît donc inutile d'entrer ici dans plus de 
détails. 

Disons seulement que dans ce manuscrit le teste alchimique proprement 
dit comprend 20 folios, dont les quatre derniers consacrés au traité de 
Psellus. Puis vient un traité mutilé sur la musique (fol. 23-24) et un traité 
sur les oiseaux (fol. 25-29), déjà édité dans Rei Accipitrariœ Scriptores, 
pages 243 à 255 (sauf que l'ordre des chapitres diffère). — Les signes du 
manuscrit2327, c'est-à-dire nos planches IV, V, VI, VII et VIII (v. page 168) 
figurent textuellement dans Ru.; ce qui établit la filiation. 

Codex Vossianus. Ce manuscrit mérite une attention spéciale; car il se 
distingue à certains égards de tous les autres manuscrits alchimiques connus. 
Les textes chimiques commencent (fol. 4-1 1; par un abrégé des leçons de 
Stéphanus, se terminant par les mots : μζ-'χ τ: à'z κάτω -/.a'i γέλεσαν ; mots qui 
répondent à la fin des mêmes leçons dans le manuscrit 2325 (sauf γενή σετα; 
au lieu de γελεσαν). Cette circonstance joue un rôle essentiel dans la classi- 
fication des manuscrits (v. p. 179 à 181). Puis vient une feuille blanche, suivie 
des mots: έ/. τοΰ διχλίγιυ Κλεΐ-άτρας cj ή αρχή λείττε;. La phrase du début: Ή 
τλάνη âjTrapr, έν τω -/.ί'μω δ'.ά τ: -λ^θος των έ-ωνύ;/ων. se trouve dans la g^jeçon 
de Stéphanus, imprimée par Ideler (t. II, p. 247, 1. 25). Cette phrase y est 
séparée du mot γέλει^ιν par deux lignes de texte, supprimées dans Voss. 

Rappelons que j'ai établi plus haut (p. 1 92), comment la fin de la 9* leçon 
de Stéphanus et le milieu du Dialogue de Cléopâtre ont été confondus et mis 
bout à bout dans le manuscrit de Saint-Marc, ainsi que dans le texte d'Ideler, 
par suite d'une erreur fort ancienne des copistes. La même confusion a lieu 
dans le Voss.; à cela près qu'il y manque les dix lignes (14 a 24) de la page 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 2l3 

248 d'idcler, depuis le mot πρίτεγγίτα; qui y marque le début du fragment 
du Dialogue, Jusqu'aux mots ^χΊχτώζτ,-χ'.. βλέττετε ts θεΤιν ϋΐωρ το ποτίζον 
x'ji'x y.a; τήν νειέλην, lesquels font en effet partie du Dialogue de Cléopâtre, 
dans le manuscrit 2327. — Dans Ideler, on les retrouve à la ligne 23 de 
la page 248. 

Tout ceci indique une confusion analogue, mais qui n'est pas identique 
dans les diverses copies. La dernière ligne du Dialogue dans le Voss. est 
la même que celle d'Ideler. 

Au folio 24 sont les extraits des poètes ; puis ceux de Pelage (fol. 14-17), 
d'Ostanès ifol. 17), de Synésius : ce dernier déjà reproduit par Reuvens 
(lettre à M. Letronne). La plupart de ces extraits ont un caractère technique 
très manifeste. L'auteur abrège ou supprime la phraséologie mystique, 
conservant au contraire in extenso les recettes proprement dites. 

Puis vient Démocrite [Physica et Mystica), FAnonyme, Zosime, sur la 
vertu (extrait, fol. 3 i verso), et une série de petits écrits sur ra'-c£-T;çetautres, 
qui se trouvent au long dans le manuscrit de Venise. Le tout se poursuit 
dans le Voss. sans rien de spécial, jusqu'au folio 49,::ερΊ οργάνων, de Zosime. 
— On rencontre alors la Chrysopée de Cléopâtre et des figures pareilles à 
celles du manuscrit de Venise. 

La similitude des figures est si grande que l'on ne saurait douter d'une ori- 
ginecommune; le Voss. reproduit en effet (fol. 49 verso la Chrysopée ,notre 
fig. 1 1), avec ces mots en face : οτι άπο άϊκιάττο-ι yxK/.z'J iôr. 

Ex plus bas: Έχε; οε ούτος βή/.ος, ίίελος, ιωλήν : 

Puis (fol. 5ο verso) les deux figures de dibicos (nos fig. 14 et 14 bis) ; au 
folio 5 I recto, les mots εςης τ: τρίβηκον υπόγραφε, et au bas de la page : 0'. SI τύποι 
οϋτως ; puis les mots ϊ~'.ί xpyr,. et la figure en cœur ^notre fig. 3i) ; 

Au folio 5 I verso, la figure du tribicos (notre fig. i5 et celle de l'appareil 
distillatoire (notre fig. 16). 

Au folio 52 recto, en face : έτερον r.:'.r,z:z y.al έτερον xp-:;. 

Au folio 52 verso: les kérotakis (nos fig. 22 et 24). 

Au folio 53 recto : la palette (notre fig. 2^bis). 

Au folio 53 verso : les deux appareils à digestion (nos fig. 20 et 21). 

Au folio 55 verso: les trois autres figures de kérotakis, ajoutées sur les 
marges du manuscrit de Saint-Marc [nosfig. 25, 26et 27), avec les mots: όττάν 



214 INTRODUCTION 

'έχε', το sjpay.'.viv ά'γγ:; /.αλύ-τιν τήν ίρ'.άλην τήν έ-1 τήν /.ηροτακίδα ίνα περιβλέπη 

Puis viennent les figures et les mots : 

έκ φι οστι το πλυν (5zc ,' mots abrégés), 
έκτων ιουδαϊκών γράφων. 

Au folio 58 recto, la figure de la chaudière et du πόντος (notre fig. i8), 
qui n'existe dans aucun autre que celui de Saint-Marc. 

Aux folios 54 et 55, on lit quelques petits morceaux, d'un caractère spé- 
cial, qui débutent ainsi : 

τα τήν άπο του χρυσορρόου ποταμ-οΰ σύ[Αφυραν άφαιρέματι... 
προς μίξεις οΐι ποιήσει φύραμα ε'ις λεκάνην οστρακίνην... 
ώς φύραμα αργύρου... 

Les articles qui suivent: sur les feux, le cuivre brûlé, la trempe du fer persan, 
et celle du fer indien, les poids et mesures (fol. 56 à 64), ne diffèrent pas du 
manuscrit de Venise. 

La liste des signes (fol. 70 à 72) reproduisant nos figures 3, 4, 5, PI. I, 
II, III, est très significative; car c'est celle des signes du manuscrit de 
Saint-Marc, modifiée par des interversions, dues évidemment au copiste qui 
a embrouillé Tordre des colonnes. La liste finale des noms des philosophes 
est exactement la même. 

A la fin on lit (fol. 70) la formule de TEcrevisse (notre fig. 28J, avec son 
explication et le texte qui l'accompagne, dans l'addition faite au début du 
manuscrit de Saint-Marc (v. p. i52 à i55). Ce dernier texte est terminé de 
même par les mots : « Ainsi a été accomplie, avec l'aide de Dieu, la pratique 
de .Tustinien. » 

Formule et texte sont précédés par un autre morceau sur Fœuf, attribué à 
Justinien et que je vais reproduire, comme formant avec la phrase précédente 
les seuls débris qui nous restent de ces traités alchimiques de Justinien, 
indiqués dans la vieille liste du manuscrit de Saint-Marc (p. 176). Il semble 
que c'était l'œuvre pseudonyme d'un commentateur, analogue à l'Anonyme 
et à Stéphanus. En tout cas, l'existence de ce morceau prouve que le Voss. 
a dû puiser dans des sources perdues aujourd'hui. Cependant, sauf quel- 
ques petits fragments, on vient de voir que son contenu n'apporte rien 
d'essentiellement nouveau. Peut-être vaudra-t-il plus tard la peine d'être 
collationné avec le texte grec de la publication présente. 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 2ID 

Codex Vossianus (Leide), n" 47, in-4"' — fol. 69 verso : 
Ιουστινιανός οΐίτως κεκληται -ά τ,ρίς το ώον εν.αστα. 

Τον κρόκον ώχραν άττικήν. σινω-ίΐην -όντ'.ον. νίτρον ^ούτ'.ον. •/αλκίτην οπτήν. 
κυανον άρμέν'.ον. κρόκον κ'.λίκ'.ον. έλύορ'.ον. 

Το 3ε οστρακον,χαλκον, σίδηρον, καυίίτηρον, μ5λ'.βοον(1). σώμα στερεόν. 

Τήν δέ άσβεστον, γην χίαν. άστερίτην. άφροσέληνον. κόμην άκάνθης. οπον ΐυκτ)ς. 
έπον τιθυμάλου. μαγνησίαν λευκήν. ψιμμύθ'.ον. 

Το 0£ ςανΟον ϋδωρ κυανό^ρωον. ΰδωρ θείου ά-ύρου.Ίίΐωρ αρσενικού, iloojp κίτρ'.ον. 
χογχύλην. αρ'.στολοχίαν. Οοωρ χρυσο-υρίτου. ϋθ(ι)ρ φέκλης . και ά'λλα έτερα. 

Το 5ε λευκον υοοιρ έκάλεσε θείον ΐιζωρ. ά-ολελυμένον οΞος. υοοιρ στυ-τηρ(ας. 
ίΐδωρ άσβεστου, ΰδωρ σποοοΰ κράμβης. oupov. γάλα καινον θηλυζουσα. γάλα αϊγός. 
γάλα σ-οδοΟ λευκών ξΰλων. γάλα ιοινίκης. άργυροζώμιον. ϋδωρ νίτρου λευκόν. 
κα'ι έτερα. 

« Justinien met ainsi en lumière chacune des parties relatives à l'œuf 
(philosophique ; v. Texte grec, I, m et I, iv) : 

Le jaune, c'est l'ocre attique; le vermillon du Pont; le nitre roux; la 
chalcite grillée; le bleu d'Arménie, le safran de Cilicie, la chélidoine. 

La coquille, c'est le cuivre, le fer, Tétain, le plomb, le corps solide. 

La chaux, c'est la terre de Chio, la pierre scintillante, la sélénite ; la 
gomme d'acanthe; le suc du figuier; le suc dutithymale; la magnésie blan- 
che ; la céruse. 

L'eau jaune qui teint en bleu, c'est l'eau du soufre apyre, l'eau d'arsenic, 
Feau citrine, le coquillage, l'aristoloche, l'eau de la pyrite dorée, Teau de lie, 
et les autres choses. 

Il a appelé Teau blanche : eau divine obtenue par écoulement, vinaigre, 
eau d'alun, eau de chaux, eau de cendresde choux, urine, lait nouveau pro- 
duit par une femelle (?),lait de chèvre, lait de la cendre des bois blancs, lait 
de palmier, liqueur argentine, eau de nitre blanc, et le reste. » 

XI. — Manuscrits divers. 
Je relaterai, pour ne rien omettre, dans le manuscrit ii3 de la Biblio- 

(i) Le nom de chaque métal est suivi de son signe dans le manuscrit. 



2l6 INTRODUCTION 

thèque du Métoque du Saint-Sépulcre, à Constantinople, un petit traité 
περίχημ-ΐκών, ainsi que la lettre de Psellus au patriarche Michel sur l'art 
chimique : ces indications m'ont été fournies par M. J. Psichari, qui a 
visité cette Bibliothèque l'an dernier. 

Enfin M. Ludwig Stern a publié dans la Zeitschriftfur œgypt.Sprache, 
pages I02-1 19, 3« livraison, i885, des fragments d'un Traité copte, écrit à la 
fin du moyen âge et composé surtout d'une série de courts articles, qui 
semblent avoir un caractère pîarement technique. 

XII. — Manuscrit arabe d'Ostanès. 

Il existe à la Bibliothèque Nationale de Paris un manuscrit alchimique 
arabe, renfermant unTraité attribué à Ostanès (n" 972 de l'ancien fonds). Ce 
manuscrit est d'une très belle écriture ; il a été transcrit au xiv° ou au xv" siècle. 
Un savant très compétent a bien voulu en traduire verbalement pour moi 
quelques pages, que j'ai prises sous sa dictée, et que je vais reproduire, à titre 
de renseignement : 

« Livre dcsDou^e Chapitres d' Ostanès le Sage sur la Science de la Pierre 
illustre. Introduction. — Au nom de Dieu, etc., le sage Ostanès dit: ceci est 
l'interprétation du livre du Contenant, dans lequel on trouve la science de 
l'œuvre, sa composition et sa dissolution, sa synthèse et son analyse, sa dis- 
tillation et sa sublimation, sa combustion et sa cuisson, sa pulvérisation et 
son extraction, son grillage, son blanchiment et son noircissement, l'opéra- 
tion qui la rend rouge, sa fabrication avec des éléments provenant des règnes 
minéral, végétal, animal, et la constitution de l'or philosophique, lequel est 
le prix du monde : ainsi que l'acide et la composition du sel et le dégage- 
ment de l'esprit; la synthèse des mercures et l'analyse des soufres, et tout ce 
qui se rapporte à la méthode de l'œuvre. » 

Avant l'introduction, il est dit que l'ouvrage a été traduit du pehlvi, du grec, 
etc, etc., et le traducteur prétendu ajoute : 

« La première partie renferme: un chapitre sur la description de la pierre 
philosophique et un chapitre sur la description de l'eau ; — sur les prépara- 
tions ; — sur les animaux. 

« La seconde partie renferme un chapitre sur les plantes ; — sur les tem- 



NOTICES SUR QUELQUES MANUSCRITS 217 

pcraments ; — sur les esprits ; — sur les sels ; — ^ un chapitre sur les pierres ; 
— sur les poids ; — sur les préparations ; — sur les signes secrets. 

« J'ai donné, ces clioses, dit-il, d'après les paroles d'Ostanès le Sage et j'ai 
ajouté à la tin deux chapitres, d'après les paroles d'Hercule (Héraclius) le 
Romain, les paroles d'Abu-Alid l'Indien, les paroles d'Aristote l'Égyptien, 
les paroles d'Hermès, les paroles d'Hippocrate, et les paroles de Géber, et 
les paroles de l'auteur d'Emèse. » 

Ailleurs, il cite Aristote comme son contemporain : « j'ai entendu Aristote 
dire... » Il cite aussi Platon (fol. 34), Galien (fol. 19 verso), Romanus 
(fol. 17 verso et 23 verso), les livres des anciens en langue grecque (fol. 14 
verso), Abubekr(i), alchimiste arabe du iv'' siècle de l'Hégire (fol. 23 verso), 
Djamhour, autre alchimiste arabe (fol. 3). 

La personne qui me traduisait ces pages n'a pas retrouvé dans le manu- 
scrit les chapitres techniques annoncés plus haut et qui auraient offert beau- 
coup d'intérêt. Voici seulement quelques extraits, qu'elle a eu l'obligeance de 
me dicter : 

« i" Chapitre : Sur la description de la pierre, tirée du livre diî Conte- 
nant (2); le sage dit : 

« La premièrechose qu'il fautchercher, c'est la connaissance de la pierre 
qui fut recherchée par les anciens, et dont ils acquirent le secret avec le tran- 
chant du sabre. Et il leur fut interdit de la nommer, ou s'ils la mentionnaient 
nominativement, c'est par un nom vulgaire. Et ils conservaient le secret 
jusqu'à ce qu'ils pussent le révéler aux âmes pures, η 

Et plus loin : 

« La pierre, on l'a décrite en disant qu'elle est l'eau courante, l'eau éter- 
nelle ; — qu'elle est le feu ardent, le feu glacé, la terre morte, la pierre dure, 
la pierre douce ; — c'est l'esclave fugitif; le stable et le rapide; la chose qui 
fait, celle qui est faite ; celle qui lutte contre le feu, celle qui tueparlefeu ; 
celui qui a été tué injustement, qui a été pris de force ; l'objet précieux, 
l'objet sans valeur ; la plus haute magnificence, la plus basse abjection; il 
exalte celui qui le connaît ; il illustre celui qui s'y applique ; il dédaigne 



(i) C'est Rhazès. —Voir Ru/us d'E- 
phèse, éditionde 1879, préface, p. xlviii. 



(2) Ce titre est le même que celui de 
l'ouvrage médical de Rhazés. 

28* 



2l8 INTRODUCTION 

celui qui l'ignore; il abaisse celui qui ne le connaît pas; il est proclamé 
chaque jour partoute la terre. Ο vous, cherchez-moi, prenez-moi — etfaites- 
moi mourir, puis après m'avoir tué, brûlez-moi: après tout cela, je ressus- 
cite et j'enrichis celui qui m"a tué et qui m'a brûlé. S'il m'approche vivant 
du feu, je le rends glacé. Si l'on me sublime entièrement et qu'on me lie 
fortement, je retiens alors la vie dans mes convulsions extrêmes et par Dieu 
je ne m'arrête que lorsque je suis saturé du poison qui doit me tuer. » 

« Je t'ai montré ces sources ^de la connaissance) en principe et non pas 
en fait... Et je n'ai rien caché, Dieu m'en est témoin... Je l'ai posée d'une façon 
exacte dans le but. — 11 ne faut pas que tu le dépasses » 

Ce langage mystique et déclamatoirerappelle à la foisZosime et les vieux 
alchimistes arabes du moyen âge, cités dans Vincent de Beauvais. 

Au folio 62 on lit un second ouvrage, attribué aussi à Ostanès. En voici 
une.\trait: « Le sage Ostanès dit en réfléchissant et en regardant cette œuvre: 
L'amour de cette œuvre est entré dans mon cœur et en même temps le souci 
a pénétré en moi, de sorte que le sommeil a fui mes yeux et j'ai perdu le 
boire et*le manger: par là mon corps s'est affaibli et j'ai changé de couleur. 
Lorsque je vis cela, je m'adonnai ù la prière et au jeûne. » 

« Il a prié Dieu, et il a vu, étant couché, une apparition qui lui dit: Lève- 
toi et elle le conduisit à un lieu où il vit sept portes. Mon guide médit: 
cesont les trésors de ce monde que tu recherches. Je lui dis: Donne moi la 
faculté d'y pénétrer — • Il répondit : il faut l'aile de l'aigle et la queue du ser- 
pent ». 

« 11 vit plusieurs tablettes : sur l'une était écrit ce qui suit. Celait un 
livre persan, plein de science, où il était dit : l'Egypte est une contrée tout à 
fait privilégiée. Dieu lui a donné la sagesse et la science en toute chose. 
Quant à la Perse, les habitants de l'Egypte et des autres contrées lui sont 
redevables: rien ne réussit sans son concours. Tous les philosophes ont été 
en Perse, etc. » 

Il est difficile de distinguer dans ces citations ce qui appartient en propre 
à l'auteur arabe et ce qui pourrait provenir d'une source grecque, plus ou 
moins éloignée. Mais le dernier morceau a une physionomie singulière; 
on y voit alors une apparition, conformément aux vieilles traditions magi- 
ques du persan Ostanès ; l'éloge de la Perse semble pareillement l'indice 



MÉTAUX CHALDEENS 219 

d'une antique tradition. On peut aussi rapprocher les paroles relatives à 
l'Egypte, de celles qui concernent la terre de l'Ethiopie dans le dialogue 
grftc de Comarius Jdeler, T. II, p. 253, lig. 11), dialogue où Ostanès est 
également cité (même ouvrage, II, p. 24S, lig. 27). 



VII. — SUR QUELQUES MÉTAUX ET MINERAUX 

PROVENANT DE L'ANTIQUE GHALDÉE 

En poursuivant mes études sur les origines de l'Alchimie et sur les métaux 
antiques, j'aieu occasion d'examiner diverses matières, provenant, les unes 
du palais de Sargon, à Khorsabad, les autres des fouilles de Tello par 
M. de Sarzec.C'estgrâce à l'extrême obligeance de notre confrère, M. Heuzey, 
conservateur au musée du Louvre, que j'ai pu étudier ces échantillons, tirés 
des précieuses collections de notre grand Musée national. Je vais présenter 
les résultats de mes analyses, etj'exposerai ensuite divers documents nouveaux 
ou peu connus, relatifs à l'origine de l'étain employé par les anciens dans 
la fabrication du bronze. 

Commençons par les objets provenant de Khorsabad. 

Dans le cours de ses fouilles, en 1854, M. Place découvrit, sous l'une 
des pierres angulaires du palais de Sargon, un coffre de pierre contenant 
des tablettes votives, couvertes d'inscriptions cunéiformes très nettes, des- 
tinées à rappeler la fondation de l'édifice (70ό av. J.-C.l. D'après M. Place, 
ces tablettes auraient été au nombre de cinq ; mais les inscriptions indiquent 
formellement qu'il y en avait sept, désignées nominativement. Quatre 
seulement de ces tablettes se trouvent aujourd'hui au musée du Louvre. 
Les trois autres sont perdues. Les quatre tablettes qui restent portent des 
inscriptions longues et détaillées. M. Oppert a publié la traduction de trois 
d'entre elles, dans l'ouvrage intitulé ; Ninive et l'Assyrie, par V. Place 
(t. II, p. 3o3 ; 1870). Le sens en est à peu près le même pour les trois et il se 
rapporte à la construction du palais. D'après cette traduction, les tablettes 
étaient en or, argent, cuivre, en deux autres corps dont les noms ont été 
identifiés avec le plomb et l'étain, ce dernier plus douteux, d'après M. Oppert: 



220 INTRODUCTION 

enfin en deux derniers corps portant le déterminatif des pierres employées 
comme matériaux de construction, et qui sont regardés comme du marbre et 
de Talbâtre. Malheureusement, chaque tablette ne contient pas à part le nom 
de la matière dont elle est faite. 

J'ai examiné les quatre tablettes actuellement existantes au Louvre. Elles 
sont rectangulaires et épaisses de plusieurs millimètres. La lame d'or est 
la plus petite ; elle se reconnaît aisément, quoiqu'elle ait perdu son éclat. 
Elle pèse environ 167 gr Elle a été façonnée au marteau. Le métal n'est ptas 
allié avec un autre en proportion notable. 

La lame d'argent est également pure, ou à peu près. Elle est légèrement 
noircie à la surface, en raison de la formation d'un sulfure, comme il arrive 
à l'argent exposé pendant longtemps aux agents atmosphériques. Elle pèse 
environ 4355^ Je donne ces poids à titre de renseignements, sans préjuger 
la question de savoir s'ils répondaient aux valeurs relatives des métaux à 
l'époque delà fondation du palais. On sait que le rapport de valeur de lor 
à l'argent a varié beaucoup suivant les temps et les lieux. 

La lame réputée de cuivre est profondément altérée et en partie exfoliée 
par l'oxydation. Elle pèse, dans son état présent , environ 9528''. Ceci joint 
à la densité du métal, moindre que celle de l'or et de l'argent, suffit pour 
montrer que les dimensions en sont beaucoup plus considérables que celles 
des deux autres. La couleur en est rouge foncé, déterminée surtout par 
la présence du protoxyde de cuivre. Cependant ce n'est pas du cuivre pur, 
mais du bronze. En effet, un échantillon prélevé à la lime sur les bords 
renfermait, d'après l'analyse : 

Etain 10,04; 

Cuivre 85,25 ; 

Oxygène, etc 4i7 ' ! 

100,00 

Il n'y a ni plomb, ni zinc ou autre métal en quantité notable. La pro- 
portion de l'étain repond à celle d'un bronze jaune d'or; mais la présence 
du protoxyde de cuivre a altéré la couleur. Cette composition se retrouve 
d'ailleurs dans un grand nombre de bronzes antiques. Je citerai seulement 
un miroir égyptien, datant du xvii= ou du xvni= siècle avarît notre ère, et que 



METAUX CHALDEENS 221 

j'ai analysé autrefois pour M. Mariette. Il renfermait 9 parties d'étain et 
91 de cuivre. 

La quatrième tablette est la plus intéressante de toutes, à cause de sa 
composition. Elle pèse environ I85s^ Elle est constituée par une matière 
d'un blanc éclatant, opaque, compacte, dure, taillée et polie avec soin. Elle 
a été réputée jusqu'ici formée par un oxyde métallique et désignée même à 
Torigine sous le nom de tablette d'antimoine, d'autres disent d'étain; d'après 
l'opinion qu'elle aurait été fabriquée autrefois avec un métal que le temps 
aurait peu à peu oxydé. Cependant, ni l'antimoine ni l'étain ne possèdent 
la pr( priété de s'altérer de cette façon, surtout lorsqu'ils sont contenus 
dans un coffre de pierre. Tout au plus le plomb ou le zinc sont-ils suscep- 
tibles de se changer en oxyde, ou en carbonate, dans un milieu humide • 
mais alors ils se désagrègent et tombent en poussière, tandis que la tablette 
est parfaitement compacte et couverte d'une inscription très fine et d'une 
extrême netteté. Sa nature réelle constituait donc une véritable énigme. 

Pour l'examiner de plus près, nous avons d'abord pratiqué avec précaution 
un sondage, et constaté qu'il n'existait pas de feuille de métal centrale dans 
l'épaisseur de la tablette. L'analyse chimique a indiqué ensuite que la ma- 
tière de la tablette est du carbonate de magnésie pur et cristallisé, substance 
bien plus résistante aux acides étendus et aux agents atmosphériques que 
le carbonate de chaux. Le poli de cette tablette paraît avoir été complété à 
l'aide d'une trace presque insensible de matière grasse, laquelle se manifeste 
par calcination. 

Observons ici que notre magnésie et ses sels étaient inconnus dans l'an- 
tiquité et au moyen âge, le nom de magnésie ayant eu autrefois des sens très 
différents, multiples d'ailleurs i). 

Dans Pline, ce mot désigne divers minéraux noirs, blancs, ou roux, 
provenant des villes et provinces du même nom: en particulier la pierre 
d'aimant ou pierre magnétique (qui en a conservé la dénomination) ; un 
minéral qui parait être notre oxyde de manganèse (autre transformation 
du même nom) ; enfin les pyrites de fer, de cuivre, peut-être d'étain 
et de plomb. Par extension, le nom de magnésie fut ensuite appliqué aux 

(il Voir ce volume, p. 28. 66, i53 et plus loin. 



222 INTRODUCTION 

produits successifs : oxydes et même alliages, provenant du grillage et du 
traitement de ces diverses pyrites. 

Le sens du mot a changé encore chez les Alchimistes, qui Γοηι e'tendu 
à certains alliages et amalgames, parfois argentifères. C'est seulement vers 
le xv!ii= siècle qu'il a été donné aux mélanges de sulfate et de carbonate 
de chaux, renfermant souvent des sels de magnésie; et finalement au car- 
bonate précipité du sel d'Epsom : dernière attribution qui a conduit le mot 
magnésie à sa signification actuelle. 

Quoi qu'il en soit, le carbonate de magnésie pur et cristallisé est un miné- 
ral fort rare, que Haiiy ne connaissait pas encore au commencement de ce 
siècle. Son association intime avec le carbonate de chaux engendre la 
dolomie, roche au contraire fort répandue. On rencontre surtout le carbo- 
nate de magnésie proprement dit, en veines intercalées dans les schistes 
talqueux, serpentines et autres silicates magnésiens ; il résulte de la décom- 
position lente de ces schistes par les agents naturels. La matière de la 
tablette du palais de Sargon renferme en effet quelques traces de silice, qui 
trahissent la même origine. 

Le choix d'un minéral aussi exceptionnel, pour fabriquer une tablette sa- 
crée, n'a pas dû être fait au hasard : il répondait sans doute à quelque idée 
religieuse particulière. En tous cas, il prouve que les Assyriens connais- 
saient le carbonate de magnésie comme une substance propre. A quel mot 
répondait réellement cette tablette dans Tinscription, où elle parait figurer 
sous l'un des noms réputés jusqu'ici métalliques ? Malgré l'absence d'une 
dénomination spéciale sur cette tablette, M. Oppert a bien voulu me dire 
qu'elle était désignée par le mot a-bar, pris auparavant pour celui de l'étain. 

Il m'a semblé utile, pour tâcher d'obtenir quelque lumière nouvelle à cet 
égard, d'analvser la matière même avec laquelle sont construits les grands 
taureaux du musée du Louvre et de rechercher surtout si elle contiendrait 
de la dolomie. Mais j'ai vérifié que c'est du carbonate de chaux cristallisé, 
présentant la constitution physique soit du marbre, soit plutôt de cette va- 
riété de calcaire, confondue autrefois sous le nom d'albâtre avec le sulfate 
de chaux anhydre. Il ne m'appartient pas de discuter davantage la question 
philologique de la vraie dénomination de ces matières (v. ce volume, p. 80). 

Pendant que j'étudiais les tablettes de Khorsabad, M. Heuzeyappela mon 



MÉTAUX CHALDÉENS 223 

attention sur certains objets métalliques, provenant des fouilles faites à Tello 
par M. de Sarzec : c'étaient un fragment d'un vase et une figurine votive. 

Le fragment représente une portion d'un cordon circulaire cylindrique, 
(jg -mm à S""" de diamètre, qui formait l'orifice d'un vase moulé, préparé 
par fusion et coulage. On voit encore une partie de la gorge qui séparait 
ce cordon du corps du vase proprement dit. La forme en est très simple et 
sans aucuns linéaments délicats, ni inscription. La surface est couverte 
d'une très légère patine, d'un noir jaunâtre. La masse est formée par un 
métal brillant, noir, dont la cassure présente des cristaux volumineux et 
miroitants. La matière même est très dure, mais fragile. D''après l'analyse, 
elle est constituée par de l'antimoine métallique, sensiblement pur et ne 
renfermant à dose notable ni cuivre, ni plomb, ni bismuth, ni zinc, mais 
seulement quelques traces de fer. La patine paraît être un çxysulfure, for- 
mé par l'action des traces d'hydrogène sulfuré qui existent dans l'atmos- 
phère. 

L'existence d'un fragment brisé de vase moulé en antimoine pur a 
quelque chose de singulier ; car l'industrie actuelle n'emploie pas ce métal 
pur à un semblable usage, quoiqu'elle se serve fréquemment de ses alliages, 
et je n'ai vu aucun autre exemple analogue dans les ustensiles, soit du temps 
présent, soit des temps passés. 

Cependant on m'avait affirmé que les Japonais l'emploient dans leurs 
fabrications et Ton m'a même remis un petit dauphin ailé, réputé constitué 
par de l'antimoine. Mais l'analyse exacte de ce dauphin a montré qu'il con- 
tenait du zinc et divers métaux associés (étain, bismuth, fer), mais qu'il 
était loin d'être formé par l'antimoine pur. Si l'antimoine pur a été réelle- 
ment employé par les Japonais, ce dont je doute, il y aurait là un rappro- 
chement singulier avec les antiques industries chaldéennes. 

C'est d'ailleurs une circonstance extrêmement curieuse que la trouvaille 
authentique d'un tel fragment travaillé d'antimoine, faite à Tello, lieu de- 
meuré inhabité depuis le temps des Parthes, et qui renferme les débris de 
la plus vieille civilisation chaldéenne. L'antimoine, en effet, est réputé ne 
pas avoir été connu des anciens et avoir été découvert seulement vers le 
xv^ siècle. Cependant on doit observer que les anciens connaissaient par- 
faitement notre sulfure d'antimoine, minéral naturel auquel ils donnaient 



224 INTRODUCTION 

le nom de stibium ou slimmi et qu'ils employaient à de nombreux usages, 
particulièrement en Médecine. Il existe même dans Dioscoride un pas- 
sage reproduit par Pline et dont je crois pouvoir conclure que Tantimoine 
métallique avait de'jà été obtenu à cette époque. On lit en effet dans Dios- 
coride [Matière médicale, liv. V, ch. xcix) : « On brûle ce minéral en le 
» posant sur des charbons et en soufflant jusqu'à incandescence ; si Ton pro- 
» longe le grillage, il se change en plomb (ι^-ίλυβο^ΰτα'.) ». Pline dit de même 
[Histoire natu!-elle,ïiv. XXXIII,chap. xxxiv) :« Il faut surtout legriller avec 
« précaution, pour ne pas le changer en plomb {ne plumbum fiât) ». Ces 
observations répondent a des phénomènes bien connus des chimistes. En 
effet, le grillage ménagé du sulfure d'antimoine, surtout en présence du char- 
bon, peut aisément le ramener à l'état d'antimoine fusible et métallique, 
substance que Pline et ses contemporains confondaient, au même titre que 
tous les métaux noirs et facilement fusibles, avec le plomb. L'existence du 
vase de Tello prouve que l'on avait également en Mésopotamie, et dès une 
époque probablement beaucoup plus ancienne, essayé de préparer des vases 
moulés avec cette prétendue variété de plomb, moins altérable que le plomb 
ordinaire. 

Depuis la première publication de ces analyses, j'ai reçu une lettre de 
M. R. Virchow, qui m'annonce avoir imprimé, dans leBulletiii de la Société' 
anthropologique de Berliti (il, une Note sur de petits ornements en anti- 
moine, trouvés dans une ancienne nécropole transcaucasienne iRedkin- 
Lager), datant probablement du temps de la première introduction du fer. 
C'est là un autre exemple de l'antique connaissance de l'antimoine. 

La figurine métallique votive de Tello donne lieu à des observations non 
moins intéressantes. Elle représente un personnage divin, agenouillé, tenant 
une sorte de pointe ou cône métallique. Elle porte le nom gravé de Gou- 
déah, c'est-à-dire qu'elle répond à l'époque la plus ancienne à laquelle 
appartiennent les objets trouvés jusqu'ici en Mésopotamie. M. Oppert lui 
attribuerait une antiquité de quatre mille ans avant notre ère. Nous nous 
trouvons ainsi reportés aux temps les plus reculés de la métallurgie histo- 



{i) Verhandlungen der Derliner An- | vom 19 Januar I884. Les dessins sont 
thropologischen Gesellscliafft, Sitzung | aux pages 129 et i3o. 



MÉTAUX CHALDÉENS 225 

ri que (i). Cette figurine est recouverte d'une épaisse patine verte. Au-dessous 
de la patine se trouve une couche rouge, constituée par le métal, profondé- 
ment altéré et oxydé dans la majeure partie de son épaisseur. Puis vient un 
noyau métallique rouge, qui offre l'apparence et la ténacité du cuivre pro- 
prement dit : c'est le dernier reste du métal primitif, progressivement 
détruit par les actions naturelles. 

J'ai analysé ces différentes parties. 

La patine verte superficielle est un mélange de carbonate de cuivre et 
d'oxychlorure de cuivre hydraté. Ce dernier composé est bien connu des 
minéralogistes sous le nom A\itakamite. Il résulte de l'altération du métal 
par les eaux saumâtres, avec lesquelles la figurine s'est trouvée en contact 
pendant la suite des temps. 

La couche moyenne est du protoxyde de cuivre à peu près pur, ne ren- 
fermant ni étain, ni antimoine, ni plomb ou métal analogue, ni zinc, à dose 
notable; elle résulte d'une altération lente du cuivre métallique. 

Enfin le noyau est constitué par du cuivre métallique, très sensiblement 
pur. 

L'absence de tout métal autre que le cuivre dans cette figurine mérite 
d'être notée ; car les objets de ce genre sont d'ordinaire fabriqués avec 
du bronze, alliage d'étain et de cuivre, plus dur et plus facile à travailler 
que ses composants. L'absence même de l'étain dans le cuivre de Tello 
pourrait offrir une signification historique toute particulière. En effet, 
l'étain est bien moins répandu que le cuivre à la surface de la terre et son 
transport a toujours été, dans l'antiquité comme de nos jours, l'objet d'un 
commerce spécial. En Asie notamment, on n'avait, jusqu'à ces derniers 
temps, signalé d'autres gîtes d'étain un peu abondants que ceux des îles de 
la Sonde et des provinces méridionales de la Chine. Le transport de cet 
étain vers l'Asie occidentale se faisait autrefois par mer, jusqu'au golfe 
Persique et à la mer Rouge, au moyen d'une navigation longue et pénible; 
et il était transmis de là sur les côtes de la Méditerranée, où il venait faire 
concurrence à l'étain des îles anglaises files Cassitérides), transporté soit 



(i) La figurine est dessinée dans 
l'ouvrage intitulé : Découvertes en 



Chaldée, par E. de Sarzec (PI. li 
figures 3 et 4). 

29* 



226 



INTRODUCTION 



à travers la Gaule, soit par le détroit de Gadès; ainsi qu'à celui des gîtes 
moins abondants de la Gaule centrale (i), oùl'étamagedu cuivre fut d"abord 
pratiqué (2) ; enfin à Pétain des gîtes de la Thrace, peut-être aussi à celui de 
la Saxe et de la Bohême, et autres provenances locales, répondant àdesgîtes 
peu abondants (3), mais dont la connaissance par les anciens est incertaine. 
L'importance de ces gîteslocauxa été spécialement discutée dans l'ouvrage de 
M. A. B. Meyer surdes fouilles en Carinthie, intitulé : Giirina in Obergail- 
thales (Karnthen) i885 (p. 65 et suivantes); ouvrage que l'auteur a bien voulu 
m'adresser. Elle mérite d'autant plus notre attention que des voyages aussi 
longs et aussi pénibles, des navigations si difficiles n'ont dû s'établir 
qu'après bien des siècles de civilisation. Les Phéniciens, venus autrefois 
des bords du golfe de Persique à ceux de la Méditerranée, paraissent avoir 
été les premiers promoteurs de cette navigation, du moins en Occident 
(Strabon, liv. 111, chap. V, 1 1). 

En fait, j'ai eu connaissance récemment de deux documents, qui sont de 
nature à fixer une origine moins lointaine à l'étain des bronzes de l'Assyrie 
et de FÉgypte (3). En effet, d'après une Note publiée par M. G. Bapst, dans 
lesComptesrendusde l'Académie des inscriptions (1886), un voyageur russe, 
M. Ogorodnikoff, aurait appris des habitants de Meched qu'il existait, à 120 
kilomètres de cette ville et dans divers points du Khorassan (4 , des mines 
d'étain. actuellement en exploitation. Ces renseignements sont regardés par 
l'auteur comme sujets à caution, en raison de l'incertitude de témoignages 
de cet ordre, purement oraux et fournis par des Tatars. 

Cependant, circonstance remarquable, ils se trouvent en certain accord 
avec un passage de Strabon, que m'a indiqué M. P. Tannery. Strabon si- 
gnale en effet (liv. XV, chap. H, 10) des mines d'étain dans la Dran- 
giane, région qui répond au sud du Khorassan, au-dessous d'Hérat, vers 



(i) Strabon le signale aussi en Lusi- 
tanie (IJv. III, ch. II, 8). 

(2) Pline. H. N.A. XXXIV, 48. 

(3) Quelques auteurs ont supposé 
qu'il avait dû exister autrefois des mi- 
nerais d'étain dans l'Ibérie du Caucase. 
Mais les géologues n'en ont jamais 
trouvé jusqu'ici dans cette région. Voir 



sur cette question : Recherches anthro- 
pologiques dans le Caucase, par E. 
Chantre, t. I, p. 81 (i885), ei Age du 
brou'^e, t. II, p. 3o5. 

(4) L'existence de mines d'étain au 
Khorassan a été signalée par Von Baer, 
Arcliiv fur Anthropologie, t. IX, 



METAUX CHALDEEXS 227 

les limites occidentales de notre Afghanistan. Mais le transport de Pétain 
de ce point jusqu'à la Chaldée aurait encore exigé un voyage par terre, de 
longue durée, à travers des régions où les modernes eux-mêmes ne par- 
viennent que bien difficilement. A la vérité, les métaux usuels et leurs 
alliages semblent avoir été transportés autrefois à travers le monde par des 
fondeurs nomades, analogues aux Tziganes et qui passaient partout. 

La principale difficulté que Ton puisse objecter à ces petits gîtes et à ces 
transports individuels d'ctain, c'est l'abondance et la diffusion universelle 
des armes de bronze, pendant de longs siècles. Les hypothèses précédentes ne 
semblent pas répondre aux besoin d'une fabrication aussi prolongée, aussi 
générale et aussi considérable. Pour y satisfaire, il a dû exister des 
transports réguliers de masses d'étain, Λ"enant de mines abondantes et 
inépuisables. 

Si l'étain est rare dans le monde, il n'en est pas de même du cuivre. Les 
minerais de cuivre se trouvent sur un grand nombre de points. Les mines 
du Sinaî, pour ne pas en citer de plus lointaines, sont célèbres dans la 
vieille Egypte. L'extraction du cuivre métallique à l'aide de ses minerais 
est d'ailleurs facile. 

En raison de ces circonstances, plusieurs archéologues ont supposé qu'un 
âge du cuivre pur, c'est-à-dire un âge ou l'on fabriquait avec ce métal les 
armes et les ustensiles, avait dû précéder l'âge du bronze. Le bronze, plus 
dur et plus résistant, aurait ensuite remplacé le cuivre, dès qu'il fut décou- 
vert. Pour juger de cette hypothèse et pour établir la date à laquelle ont 
commencé ces transports lointains et cette vieille navigation, il serait néces- 
saire de posséder l'analyse des objets les plus anciens qui aient une date cer- 
taine, parmi les débris de l'antiquité venus jusqu'à nous. Or le bronze à 
base d'étain existait déjà en Egypte, près de deux mille ans avant notre ère, 
d'après les analyses de ce genre (v. p. 220). 

L'analyse de la figurine de Tello semble indiquer, au contraire, que l'é- 
tain n'était pas encore connu, à l'époque reculée de la fabrication de cet 
objet, l'étain n'arrivant pas alors jusqu'au golfe Persique. 

Ce n'est là d'ailleurs qu'une induction, quelque circonstance religieuse 
ou autre ayant pu déterminer l'emploi exclusif du cuivre dans cette figu- 
rine : il faudrait examiner des objets plus nombreux et plus variés pour ar- 



228 



INTRODL'CTION 



rivera cet égard à une certitude. Mais il m'a paru intéressant de signaler 
les problèmes d'ordre général soulevés par l'analyse des métaux de Tello. 



VIII. — NOTICES DE MINERALOGIE, DE METALLURGIE 

ET DIVERSES 



Durant le cours de mes recherches sur les Alchimistes, j'ai recueilli dans 
les auteurs anciens et dans ceux du moyen âge, un grand nombre de ren- 
seignements intéressants sur la minéralogie et sur la métallurgie des anciens; 
renseignements qui n'ont pu trouver une place suffisante dans les articles 
de l'Introduction, ou dans les notes de la Traduction. C'est pourquoi il m'a 
semblé utile de les reproduire ici dans un article spécial, lequel ne sera 
pas, je l'espère, sans quelque fruit pour les personnes qui étudieront le 
présent ouvrage. J'en donne d'abord, pour plus de clarté, la liste alpha- 
bétique; puis viendront les notices elles-mêmes. 

LISTE ALPHABÉTIQUE DES NOTICES 



jEs, Airain, Bronze, CUIVRE, -/a/./.o; et 
dérivés. — yErugo,v{ride œris,ceruca 

— rilbigo — Ίό; χαλ/.οΟ. Ίόν ξυστόν — 
scole.v — Flos, άνθος /αλζοϋ — œs IIS- 
tum, -/αλκό; /.îzxjijir^o; — scoria, lepis 
— ■ squama — stomomj — smegma, 

— diphryges — fxx ceris — craie 
verte, théodotion. 

Aétite, pierre d'aigle. 

Alchimistes grecs (tradition au moyen 
âge.) 

Alphabets et écritures hermétiques. 

Alun, στυ-τηρια. 

Ammoniac (sel). 

Antimoine (sulfuré), σ•υ;;χα•., larbason, 
nlabastrum — soufre noir — anti- 
moine brûlé, — métallique. — blanc. 

— rouEre. 



-Arsenic (sulfuré) — jaune, orpiment 
— rouge, sandaraque, réalgar ; Ker- 
mès minéral — métallique — second 
mercure — l'hermaphrodite. 

Cadmie — naturelle (minerais de cuivre 
et de laiton) — artificielle, ou des 
fourneaux — ses espèces : capnitis, 
pomphoiyx ; botruitis, placitts, joni- 
tis, orrychitis,ostracitis — cathmia — • 
niliil album — spodos, laiiriotis — 
antispode — tutie— magnésie. 

Chalcanthon — couperose — vitriol — 
sens multiples — Misy, sory — col- 
cothar — melunteria. 

Chalcitis. 

Chaux, όίσβίστο; — titanos — gypse. 

Chrysocolle — cerugo — santerna — 
soudure des orfèvres — sens mul- 



NOTICES DIVERSES 



22g 



tiples. — MaLtchite — A^tiritc — 
arineniuni — sens actuel. 

Chuysolithe — moderne, ancienne. 

Cinabre. 

Cl.\udianos. 

Clefs (les) de l'art. 

CoB.iLT, cobathia, kobold. 

CouPHOLiTHE, talc et analogues. 

Eléments .actifs. 

Esprits, ::v£Jaata — corps et .imes; sens 
de ces mots. — Les esprits : mer- 
cure, sel ammoniac, soufre, arsenic, 
marcassite, magnésie, tutie, wismath 

— explication de ces mots. 

Etain — κασσι'τίοο; — stanniun — plomb 
blanc. 

EtymolOgies CHIMIQUES doubles: asem, 
chimie, sel ammoniac. 

Fer et dérivés — basalte — rubi^o ou 
ferrugo, Ιό;, rouille — squama — 
scoria — sideritis — aimant, magnes 
ou pierre magnétique, — ferrum vi- 
vutn — hématite — pierre schisteuse 

— ocres — pyrites — chalcopyrite. 
Feu (vertus). 

Figures géométriques des saveurs et 

des odeurs. 
Fixation du mercure et des métaux. 
Gag.a.tes (jais), — pierre de Memphis 

— asphalte. 

Ίο';, virus. — "ίωσ;;, plusieurs sens. 

Magnésie — sens multiples — pierre 
d'aimant — minerai du molybdo- 
chalque — sulfures, oxydes, alliages et 
amalgames divers — magnésie noire 

— magnésie calcaire, — sens mo- 
derne. 

Marcassites. 

Massa. 

Mercure, argentum vivum et hydrar- 
gyrum — sa sublimation dans l'aiii- 
bix — αίΟάλτ;. — Anecdote d'Aristote 



— idées et synonymes alchimiques — 
dialogue de l'or avec le mercure. 

Métaux — Génération d'après Aristote 

— d'après les Arabes et les alchi- 
mistes — odeur des métaux. 

Minium, rubrique ou matière rouge — 
\i.\k-r,; — oxydes de fer (sanguine, ocre 
brûlée, hématite), de plomb, de mer- 
cure, de cuivre— sulfures métalliques 

— sinopis, — terre deLemnos— mi- 
nium, sens multiples — fausse sanda- 
raque — cinabre — Sundj'.x; sericuni 

— découverte de Callias — couleurs 
bleues : cœriileum ; armenium — 
couleurs vertes : chrysocolle, verdet 

— couleurs jaunes — ocre — sil, etc. 
NiTRUM — natron — spuma nitri, 

αφρό; '/(içjoj. 

Opérations alchimiques. 

Or — coupellation par le soufre d'anti- 
moine (loup des métaux, bain du 
roi, etc.). 

Paros et Porus. 

Plomb et dérivés — plomb noir et plomb 
blanc — stanuuiii — galène — plomb 
lavé — plomb brûlé — scorie — spode 

— pierre plombeuse — molybdène — 
scorie d'argent — helcysma — en- 
cauma — litharge — chrysitis — ar- 
gyritis — écume d'argent — céruse 

— minium. 

PSEUDARGYRE. 

S.Î.MOS (pierre de). 
Sélénite, aphroselinon. 
Sel — fossile — de Cappadoce — fac- 
tice. 

— flos — favilla. 
Soufre — apyre. 
Terres diverses. 
Trempe et teinture — Ba^r^. 

TUTIE. 



laniigo — muria, saumure 



23ο INTRODUCTION 

JEs. Airain, Bronic, Cuivre, -///Μς. 

Ce mot était employé pour représenter à la fois le cuivre pur et les alliages 
très divers qu'il forme par son association avecl'étain, le zinc, le plomb, le 
nickel, l'arsenic et divers autres métaux; c'est-à-dire les bronzes etles laitons 
des modernes. Le mot cuivre, même de nos jours, est parfois usité dans 
un sens aussi compréhensif : cuivre rouge, cuivre jaune, cuivre blanc, etc.; 
tandis que le mot airain, dans la langue de nos orfèvres, a fini par désigner 
un alliage particulier, formé de 9 parties de cuivre et 3 de zinc. Mais le sens 
ancien du mot airain était synonyme de celui du cuivre. 

Le nom même du cuivre vient d'une épithète appliquée à l'airain de 
Chypre (Κύπριος); notre cuivre pur n'était pas désigné par un mot unique 
chez les anciens peuples, pas plus chez les Orientaux, que chez les Grecs, 
ou chez les Romains; du moins jusqu'au in'" siècle de notre ère, époque où 
apparaît le mot cupritm. 

Insistons sur ce point que ni les Grecs, ni les anciens Romains n'ont 
employé deux mots distincts et spécifiques pour le cuivre et le bronze, et que 
l'on ne doit pas chercher deux noms de ce genre chez les vieux Orientaux. 
Le mot œs, airain, s'appliquait indifféremment au cuivre et à ses alliages avec 
l'étàin, le plomb, le zinc. Pour bien comprendre les textes anciens, il con- 
vient d'écarter de notre esprit les définitions précises, acquises par la chimie 
de notre temps; car les corps simples n'ont, a première vue, aucun caractère 
spécifique qui les distingue de leurs composés. Personne dans l'antiquité 
n'a regardé le cuivre rouge comme un élément qu'il fallût isoler, avant de 
l'associer aux autres. Les anciens, je le répète, n'ont pas conçu ces alliages 
comme nous, en les ramenant à l'association de deux ou trois métaux élé- 
mentaires, tels que notre cuivre, notre étain, notre plomb, métaux élémen- 
taires que nous fondons ensemble pour obtenir les bronzes et les laitons. 
Mais ils opéraient surtout sur les minerais de ces métaux, plus ou moins 
purs, minerais appelés cadmies, ou chalcites ; ils les mélangeaient, avant 
d'opérer la fabrication et la fonte du métal proprement dit; parfois, quoique 
plus rarement, ils unissaient entre eux les alliages et métaux obtenus du 
premier jet. 

Tout métal et alliage rouge ou Jaune, altérable au feu, s'appelait χαλ-Λΐς ou 
œs; tout métal et alliage blanc, fusible et altérable au feu, s'appelait à l'ori- 



NOTICES DIVERSES 



23l 



o\ne plomb. Plus tard on distingua deux variétés : le plomb noir, qui com- 
prenait notre plomb et, plus rarement, notre antimoine, etc.; et le plomb 
blanc, qui comprenait notre étain et certains alliages de plomb et d'argent. 

Quant au -/χ'κ/.Ιζ ou œs^ on en distinguait les variétés d'après le lieu de 
provenance ( i : cuivre de Délos, d'Egine, de Chypre, de Syracuse, de Cordoue ; 
ou d'après le nom du propriétaire de la mine : cuivre Sallustien, Marien, 
Livien i2' ; sans que l'on attachât à l'une de ces variétés, le caractère 
d'un métal plus simple, plus élémentaire que les autres.- Les seules dis- 
tinctions précises que nous lisions dans les auteurs anciens sont celles de 
l'orichalque, et de l'airain de Corinthe. L'orichalque, mot dont l'étymologie 
est inconnue, est regardée par Hésiode et par Platon comme un métal 
précieux (3). D'après Pline, sa découverte fit tomber le cuivre de Chypre en 
discrédit; mais le minerai qui le fournissait s'épuisa. Le cuivre Marien en 
approchait, et était employé de préférence pour les monnaies les plus chères, 
telles que les sesterces et les doubles as: le cuivre de Chypre étant réservé 
pour les monnaies plus viles, telles que les as. On sait ailleurs que la valeur 
de l'orichalque a été double à une certaine époque de celle du cuivre ordi- 
naire : c'était sans doute quelque bronze plus beau et plus résistant. 

Quant à l'airain de Corinthe, c'était un alliage du χαλ•/.:; avec l'argent 
et l'or. On distinguait trois variétés : la blanche, où l'argent dominait; la 
jaune, où l'or dominait; et une troisième, formée à parties égales avec les 
trois métaux; il y avait encore une variété de couleur hépatique. 

L'airain avait des dérivés assez nombreux, que nous allons énumérer et 
définir d'après les textes. Ajoutons que la distinction absolue de ces déri- 
vés entre eux ne parait pas'possible en toute rigueur, parce que leur identi- 
fication avec les composés définis de la chimie actuelle ne peut être qu'im- 
parfaite, nos composés n'ayant été ni isolés, ni spécifiés par les anciens. 

^rugo; ■pSiTÎoisrubigo, viride œris. Âiriica. Ί;ς -/αλ•/.:ϋ. Ί;ν ;j-t:v. — 
vert de gris — raclure de cuivre (4). 



(i) Pline, //. iV., 1. XXXIV. 
(2) Le Claudianos était probablement 
un métal analogue (v. ce mot). 
13) Origines de l'Alchimie, p. 226. 
(4) Diosc, Mat. méd., I. V, 91.— 



Pline, H. N., 1. XXXIV, 26; 1. XXXIII, 
29. — ViTRuvE, 1. VII, chap. 7. — 
λ'ΐΝΧΕΝΤ DE Beauvais (Spec. majus), 
VIII, 3o. — Lexicon Alch. Ridandi, 
page 14 et suivantes. 



232 



INTRODUCTION 



Le mot œriigo désignait : 

1° Des produits naturels formés dans les mines de cuivre, les uns par 
efflorescence ; les autres par déliquescence, ou imbibition. Les produits 
étaient lavés, séchés, grillés dans un plat neuf. jErugo fossilis était une 
matière congénère de la chalcitis (pyrite cuivreuse), du vitriol bleu et de 
la chrysocolle (malachite et autres sels basiques de cuivre, de couleur verte). 
Pour la soudure de l'or, les orfèvres opéraient avec de l'urine d'enfant 
impubère, broyée dans un mortier de cuivre (v. ce volume, p, 46; ; opéra- 
tion qui produisait un sel de cuivre basique, aux dépens du mortier. 

2° Des produits factices et spécialement \&verdet (acétate de cuivre basique), 
substance dont Dioscoride et Pline décrivent la préparation au moyen des 
lames de cuivre et de la vapeur du vinaigre, ou bien du marc de raisin. 

Scolex : 'I;j ι/.ώλη;, rouille vermiculaire (i). — Matière native et factice, 
congénère de la précédente. On la préparait avec du cuivre, ou l'un de ses 
minerais, associé avec du vinaigre, de l'alun, du sel, ou du natron; le mélange 
était exposé au soleil. Ces préparations pouvaient fournir, suivant la nature 
et la proportion des ingrédients, des acétates, sulfates, oxychlorures, car- 
bonates basiques de cuivre. 

jEris flos [2], άνθος χαλκιϋ. Fleur de cuivre {}). — Matière rejetée par le 
cuivre fondu, sous la forme d'écaillés légères projetées par lèvent du souf- 
flet pendant la coulée. On l'obtenait aussi sous l'influence de l'eau, projetée à 
sa surface. 

On la définit encore : Paillette des vieux clous de cuivre; elle devient rouge 
sous le pilon. Ceci parait être du protoxyde de cuivre, souillé sans doute 
par des oxydes de métaux étrangers. 

Le nom àe flos œris a été appliqué plus tard au vert de gris. Ce corps, pas 
plusque les précédents, nedoit pas être identifié avec le -/x/.y.Tifi:-!. couperose 
ou vitriol, qui est notre sulfate de cuivre. Mais les deux produits sont con- 
génères et les deux norns ont été souvent confondus dans les manuscrits, 
confusion rendue plus facile par les abréviations des copistes. 



(1) Diosc, Alat. méd., 1. V, 1)2. — 
Pline, H. N. 1. XXXIV, 28. 

|2) Diosc. Mat. méd., V, 88. — 
Pline, H. N., 1. XXXIV, 24. — 



Lexicon Alchem Rulandi, page 12. 

(3) Le mot βο3 dans Pline signifie 

couleur — floridus , d'une couleur 
vive. 



NOTICES DIVERSES 233 

.Έ3 ustiim λ\ ν.ζ/.χ\ι\λέΊ:ς γχΑν.ζ;. — Cuivre brûlé. Pour le préparer, on 
chauffait du vieux cuivre avec du soufre et du sel, placés au-dessous et 
au-dessus, dans un vase de terre crue, à couvercle lute; ou bien, avec de 
l'alun, du soufre et du vinaigre. On l'obtenait encore en chauffant le cuivre 
seul, pendant longtemps; ou bien parfois, en l'aspergeant de vinaigre de 
temps en temps. On lavait à l'eau de pluie, avec broyage et décantation, 
jusqu'à ce que le produit eût pris Taspect du minium. On le fabriquait à 
Mcmphis et à Chypre. 

Ceci paraît répondre à notre protoxyde de cuivre. On sait aujourd'hui 
que ce corps peut être obtenu en chauffant, dans un vase fermé, 24 parties 
de sulfate de cuivre sec et 29 parties de fil de cuivre. 

L'action de la chaleur sur Vœriigo fournissait le même produit. 

Scoria. — Obtenue par l'actionde l'air sur le cuivre chauffé; corps congé- 
nère du précédent. 

Lepis, \t-':z. — Squama (2). Matière détachée par le marteau des clous 
forgés avec les pafns de cuivre de Chypre; congénère de la fleur, qui se 
détachait d'elle-même, et du stomoma, duvet plus fin que la lepis. 

Le stomoma s'obtenait aussi par la macération du cuivre dans l'urine 
d'enfant. Le vinaigre changeait la lepis en vert-de-gris. 

Ce sont encore là des sous-oxydes de cuivre, ou des sels basiques, tels 
que acétates, phosphates, sous-chlorures, etc. 

Smegma (3•. — Matière projetée par le vent du soufflet sur le cuivre fondu, 
entouré de charbons. 

Diphryges — fœx œris (4). — « Le cuivre coule ; la scorie sort du fourneau; 
la fleur surnage ; le diphryge reste. » C'est donc le résidu, qui n'a pas fondu 
pendant le traitement. Ce nom est aussi attribué à la pyrite grillée, jusqu'à 
transformation en matière rouge (peroxyde de fer ou sulfate basique) ; ainsi 
qu'au limon d'une caverne de Chypre, séché et calciné ,c"étaitprGbablement 
un oxyde, ou un sel basique de fer hydraté). 



(i) Diosc, Mat. med.. 1, V, 87. — 
Pline, H. N., 1. XXXIV, 23, 24. 

(2) Diosc, Mat. méd., !. V, 80. — 
Pline, H. iV. 1. XXXIV, 24, 2 5. Vin- 
cent DE Beauvais, Sp. m. V'III, 29. 



— Lexicon Alch. Rulandi, p. 12, 18. 

(3| Pline, H. N., 1. XXXIV, 36. 

(4) Diosc, Matière médicale, 1. V, 
119. — Pline, H. N., 1. XXXIV, 3;. 

30* 



234 



INTRODUCTION 



La craie verie paraît être soit un hydrocarbonate de cuivre, soit de la 
cendre verte. La meilleure variété, nommée Οειίίτ'.ιν. venait de Smyrne 
(ViTRuvE, l.VIII, chap. 7.) 

AÉTiTE ou pierre d'aigle {\]. 

Variété géodique de fer hydroxydé, ou d'argile ferrugineuse, jaune ou 
rougeàtre, contenant un noyau mobile, qui résonne quand on agite la pierre. 
Cette pierre, grosse en apparence d'une pierre plus petite, était réputée par 
analogie avoir une influence sur 'les grossesses dés femmes; préjugé qui 
s'est perpétué jusqu'à notre époque chez les gens ignorants. On pensait 
qu'elle était employée par les aigles dans la construction de leurs aires; de 
là le nom de pierre d'aigle. Le nom d'aétite semble avoir été employé pour 
toute géode renfermant un novau mobile. Pline en distingue quatre espèces. 
On a même étendu le sens de ce mot aux pierres renfermant un liquide. 

D'après Solin (ch. XXXVII), le son produit par cette pierre était attribué 
à un esprit ou âme intérieure et Zoroastre regardait Faétite comme ayant 
une grande puissance magique. On trouve un passage analogue dans les 
Alchimistes. Un aigle tenant une pierre exprimait la sécurité chez les Egyp- 
tiens, suivant Horapollon. 

Alchimistes Grecs (tradition au moyen âge). 

Les noms et la tradition directe des Alchimistes grecs ne se retrouvent que 
peu ou point chez les Alchimistes latins, lesquels se rattachent eux-mêmes 
directement aux Arabes. Les noms de ces Grecs ne reparaissent pas d'une 
manière explicite et détaillée avant le XV° siècle, époque où les manuscrits 
grecs se répandirent en Occident. Il n'en est que plus intéressant de signaler 
les quelques réminiscences qui s'y rapportent chez les latins du moyen âge. 
Quant aux Arabes, j'en ai signalé ailleurs la tiliation immédiate avec les 
Grecs d'après le Kitab-al-Fihrist (2) ; et je donnerai plus loin certains autres 
souvenirs analogues, en parlant des alphabets hermétiques. 

Dans la Bibliotheca Chemica de Manget, t. II, il existe des planches indi- 
quantla figure des divers philosophes alchimiques, d'après la tradition du 
moyen âge : chaque figure est accompagnée par une sentence, à peu près 



(i) Pline, H. N., 1. X, 4; 1. XXXI, 
39. — Diosc, Mat. méd., 1. V, 160. — 
Lexicon Akhemia; Rulandi, p. 21 



(1U12). — Sabnasii Plinianœ exercita- 
tiones, p. 177, 5oi, 5o2 (1689). 
(21 Origines de l'Alchimie, p. i3o. 



NOTICES DIVERSES 235 

comme dans la Titrba philosophoruin. J'y relève les noms suivants : Hermès, 
Cléopâtre, reine d'Egypte, Anaxagore, Zamolxis, Michel Psellus, Marie 
l'Hébreuse, Démocrite le Grec. Pythagore, Platon, Hercule (c'est-à-dire 
Héraclius), roi sage et philosophe, Stephanus le philosophe chimique, 
Albert le Grand, une multitude d'Arabes, etc. 

La Turba pliilosophonim relate de même la plupart de ces noms, mais 
à ce qu'il semble, à travers une transmission arabe. Je n'insisterai pas sur 
Hermès, dont le nom est toujours resté étroitement lié aux spéculations de 
l'Alchimie et de l'astrologie. Mais les autres auteurs étaient moins connus. 

Dans leTraité De Mineralibiis, attribué à Albert le Grand (1. 111, traité I, 
ch.4), on rencontre une mention de Démocrite l'alchimiste, d'après lequel 
la chaux et la lessive {lixiviiim ou aqtia aciita) seraient la matière des métaux. 
Dans un autre passage, on lui attribue cette opinion que les pierres ont 
une âme, un principe intérieur de vie. Callisthène y est cité comme alchi- 
miste. Rappelons aussi quelques indications tirées du traité de Théocto- 
nicos. traduction grecque de l'ouvrage d'Alchimie attribué à Albert le 
Grand (ceA'olume, p. 209 et suiv.). 

Les Traités alchimiques du Pseudo-Aristote arabe, tels qu'on les connaît 
par des traductions latines, me paraissent toucher de très près, sur certains 
points du moins, à la tradition des alchimistes grecs. — Donnons encore 
cette citation, tirée de la Bibl. chein. de Manget, t. I, 917 : « Le secret est 
dans le plomb, d'après Pythagore et Hermès, etc». 

Alphabets et écritures hermétiques. 

Dans Zosime et dans Olympiodore, les inscriptions hiéroglyphiques sont 
regardées comme ayant un sens alchimique. Ces inscriptions étaient 
aussi réputées des talismans, destinés à protéger les trésors contenus dans 
les chambres des pyramides. Il semble même que la description de certaines 
opérations chimiques ait été réellement consignée sur des stèles (i): mais 
c'était là une circonstance rare, car aucune de ces stèles n'a été retrouvée 
jusqu'à présent. Cette circonstance, généraliséeparsuite d'une hypothèse fort 
répandue, aurait donné lieu au préjugé précédent. Il a duré jusqu'à notre 
temps; en effet, d'après Sylvestre de Sacy, « les Orientaux regardent les 

(i) Origines de l'Alchimie, p. 23, 29, etc. — Voir Texte grec : Jean l'Archiprëtre. 



236 



INTRODUCTION 



monuments Egyptiens comme destinés à des opérations alchimiques, magi- 
ques, etc.; ils appellent écritures hermétiques les hiéroglyphes, convaincus 
qu'ilsrenferment la révélation du secret de ces opérations. » (Sylvestre de 
Sacy, Magasin encyclopédique, p. 145 ; novembre 18 19.) 

De là l'imagination des alphabets hermétiques, destinés à l'interprétation 
des écritures secrètes. On peut voir divers exemples de ces alphabets mysté- 
rieux dans un ouvrage intitulé : Anciens alphabets et caractères hiérogly- 
phiques, expliqués en arabe par Ahmed ben Abubekr ben Wahschijich, et en 
anglais, par .1. Hammer, Londres, 1806. 

Ce livre, soi-disant trouvé au Caire, renferme 80 alphabets imaginaires, 
mais dont les noms mêmes indiquent la préoccupation de l'auteur et des lec- 
teurs. Tels sont les alphabets des philosophes: Hermès, Platon, Pythagore, 
Asclépius, Socrate, Aristote, etc. ; — de Ptolémée le grec; — de Hermès, 
père de Tat (Toth), qui a écrit sur le grand œuvre; — de Dioscoride, qui a 
écrit sur les herbes, les plantes, leurs vertus, etc.; — du sage Démocrite, 
, lequel l'a reçu, dans un souterrain, du génie qui préside à la planète 
Mercure; — du sage Zosime l'Hébreu, écriture mystique pour les traités 
sur le grand œuvre — Le nom de Théosébie, congénère de Zosime, se 
trouve un peu plus loin. — On y rencontre encore les alphabets des 
anciens rois, parmi lesquels Kimas l'hermétique (le Chymes des textes 
Grecs) ; — les alphabets des sept planètes, des douze constellations — 
une interprétation des hiéroglyphes, etc. 

Tous les signes de cet ouvrage ne représentent guère que des jeux 
d'esprit individuels; mais les noms propres auxquels ils sont attribués 
témoignent que le souvenir même des vieux alchimistes avait été conservé 
en Egypte par une certaine tradition. 

Nous avons signaléprécédemment (p. 207) les alphabets magiques du ma- 
nuscrit de Saint-Marc (p. i56) et ceux du manuscrit 2419 : ils ne portent 
aucun nom propre. La formule de l'Ecrevisse dans Zosime (p. i32) se 
rattache de plus près à la tradition des symboles alchimiques. 

Alun, στυπτηρία. Alumen (i). 



(1) Diosc, Mat. med., 1. V, 122. — 
Pline, H. N., 1. XXXIIl, 25 ; 1. XXXV, 



52 ; 1. XXXVI, 37. — Lexicon Akh. 
Rulandi, p. 32 et suiv. 



NOTICES DIVERSES Ιύη 

L'alun était employé comme fondant et purificateur des métaux. On dis- 
tinguait, d'une part : l'alun blanc et l'alun noir, corps en réalité de teinte 
voisine du blanc, mais probablement ainsi nommé parce qu'il noircissait 
au contact de certains sucs végétaux, en raison de la présence de fer dans 
l'alun, et du tannin dans les sucs. Ces corps étaient employés pour purifier 
l'or. 

D'autre part, les auteurs indiquent : l'alun lamelleux (schiste), blanchâtre ; 
— l'alun rond; — l'alun capillaire, appelé aussi schisteux, lequel peut être 
rapproché de notre alun de plume, efflorescence mêlée de sels de fer et d'alu- 
mine. 

L'alun liquide, solution de sulfate d'alumine plus ou moins pur, et l'alun 
calciné étaient aussi employés. 

Les alchimistes désignaient encore sous le nom d'alun, l'acide arsénieux, 
comme on peut le voir dans Olympiodore (ce volume, p. 67 et 68). 

Ammoniac (sel). 

Dans la Cyrénaïque, ce sel se trouve sous le sable, en longues aiguilles 
sans transparence, d'après Pline [H. N., 1. XXXI, Sgj. Cette indication rap- 
pelle un carbonatede soude fossile, et non notre chlorhydrate d'ammoniaque. 
Dioscoride (1. V, I25) nomme le sel ammoniac, en disant qu'il se distingue 
par un clivage facile et suivant des directions droites : ce qui semble aussi 
le caractère d'un sel cubique, c'est-à-dire du sel gemme. 

Dansle Pseudo-Aristote [Mangct, Bibliotheca Chemica,t I,p. 648) il est dit 
que le sel ammoniac, chauffé sur une lame de métal, doit fondre sans répan- 
dre de fumée; ce qui répond au carbonate ou au chlorure de sodium, mais 
non au chlorhydrate d'ammoniaque. Cependant ailleurs le même auteur en 
indique la sublimation (Manget, I, 645) : ce qui répond bien à notre chlor- 
hydrate. Le mot de sel ammoniac a donc désigné deux substances très dif- 
férentes. Le sens actuel du sel ammoniac sublimable est indiqué expressé- 
ment dans ce passage d'Avicenne (xi' siècle), cité par Vincent de Beauvais 
(Spéculum majus, VIII, 60) : « Il y a quatre esprits (c'est-à-dire quatre corps 
sublimables), le soufre, l'arsenic, le sel ammoniac et le mercure. » On trouve 
déjàune indication analogue dans Geber \Summa perfectionis,\. I,ch.x,etc. 
Bibl. chemicaae. Manget, t. i, p. 525, i'° colonne). La préparation même en 
est décrite dans l'ouvrage intitulé : Libri investigationis (p. SSg du t. 1. de la 



238 INTRODUCTION 

Biblintheca de Manget), ouvrage attribué au même auteur. Le sel ammoniac 
véritable aurait donc été connu au ix= siècle. (Voir aussi le présent volume, 
p. 45, Note.) 

Antimoine, 3tî;j.;j.'.. stibi, larbason, chalcédoine; élément féminin (par oppo 
sition avec l'arsenic, élément masculin?). 

C'est notre sulfure d'antimoine, le soufre noir des alchimistes. D'après 
Dioscoride (i), c'est un corps brillant, rayonné, fragile et exempt de parties 
terreuses. On le brûle en le recouvrant de farine ; ou bien, en l'exposant 
sur des charbons allumés, jusqu'à ce qu'il rougisse (oxysulfure ?). Si on 
prolonge, ajoute l'auteur, il prend les caractères du plomb (c'est-à-dire 
que l'antimoine métallique ou régule se produit). D'après Pline [H. N., 1. 
XXXIII, 33), on l'appelle stibi, alabastrum, larbason mâle et femelle; il est 
blanc et brillant. S'il devenait ainsi blanc, c'est sans doute après un grillage 
qui l'avait changé en oxyde d'antimoine, corps confondu souvent chez les 
anciens chimistes avec notre minium blanchi par certains traitements. 

L'antimoine oxydé se trouve d'ailleurs dans la nature, ainsi que l'oxy- 
sulfure rouge (Kermès minéral). Ce dernier a du être pareillement con- 
fondu avec la sandaraque, le minium, la sanguine et le cinabre, substances 
que l'on trouve souvent prises les unes pour les autres. 

Arsenic. 

D'après Dioscoride (2I, ce corps est terreux et doré: c'estdoncun sulfure d'ar- 
senic (voir ce volume, p. 43) ; une autre variété est rougeâtre, d'après Pline 
(H. N., 1. XXXIV, 56). C'est l'orpiment (voir aussi Vincent de Beauvais, 
VIII, 69, 70). Le nom même de l'orpiment figure textuellement dans le 
texte grec de Théoctonicos, auteur du xiii" ou xiv^ siècle (ce volume, p. 210). 

Sandaraque. — D'après Dioscoride [Mat. Méd., V, 121), c'est une ma- 
tière rouge, brillante, couleur de cinabre ;voir aussi Pline,//. .V., 1. XXXIV, 
55; 1. XXXV, 22). C'est le réalgar; peut-être, aussi dans certains cas, le 
Kermès minéral ou oxysulfure d'antimoine. 

Rappelons que le nom de sandaraque est appliqué aujourd'hui a une 
résine d'une composition toute différente, dérivée de la colophane, et que 
les anciens ne connaissaient pas sous ce nom. 

(n Mat. méd.. 1. V.gg. | (2) Mat. méd., 1. V, 120. 



NOTICES DIVERSES 



23q 



Il a été employé aussi par les anciens pour le cinabre et pour le minium. 
Vitruve, notamment, indique la préparation de la sandaraque par la cuisson 
de la céruse au four. 

Notre arsenic métallique a été entrevu par les alchimistes, qui l'ont 
regardé comme un second mercure [i), de nature analogue au vif argent, 
sublimable comme lui et communiquant pareillement sa volatilité à ses 
dérivés, spécialement aux sulfures. La sandaraque (réalgar) a été ainsi assi- 
milée au cinabre. Le rapprochement entre le mercure et l'arsenic se com- 
plète à ce point de vue, si l'on remarque que l'arsenic blanchit le cuivre 
par sublimation, comme le fait le mercure, et qu'il attaque de même à 
chaud la plupart des métaux. 

L'arsenic est parfois appelé l'hermaphrodite, en tant que réputé inter- 
médiaire entre l'or et l'argent et composé, comme eux, de soufre et de mer- 
cure (2). Mais ce sens ne lui est pas propre. 

Cadmie (3). 

Chez les anciens ce mot avait deux sens; il désignait: 

i" un produit naturel, tel que la pierre dont on tire le cuivre, ou plutôt le 
laiton : par exemple notre aurichalcite, carbonate de zinc et de cuivre ; notre 
hydrosilicate de zinc, notre carbonate de zinc ou calamine, etc. 

2» Un produit artificiel, sorte de fumée des métaux, soulevée dans les 
fourneaux de cuivre par l'action de la flamme et du soufflet. Ce produit 
adhérait aux parois, au sommet, et à l'orifice du fourneau. 

Le grillage de la pyrite des monts de Soli (Chypre) en fournissait aussi. 
Les fourneaux d'argent en développaient un autre plus blanc, moins pesant. 

On distinguait la capnitis, c'est-à-dire la cadmie plus tenue, recueillie à 
la bouche desortie des gaz, laquelle doit être rapprochée diipoinpholyx ; 

La bittruitis, suspendue en forme de grappes, cendrées ou rouges; 

ha placitis ou placodes, agglomérée en croûtes, le long des parois; par- 
fois elle était entourée de zones, et dite alors :[onitis : 



(i) Voir notamment notre PI. 'VI, 
1. 4, et ce volume, p. 99. 

(2) M.\NGET. Bibl. Chem., t. I, p. 920. 

(3) Diosc, Mcit. meJ., 1. V, 84. — 
Pline, H. N., 1. XXXIV, 2, 22. — 



Vincent de Beauvais, VIII, 28. — 
Lexicon Alchetniœ Rulandi, p. i 10 
et suiv. — Dict. de Chimie de Mac- 
quer, 1778. 



240 INTRODUCTION 

L,Ouychitis, bleuâtre à la surface, avec des veines intérieures plus blan- 
ches, rappelant l'onyx ; elle se trouvait aussi dans les vieilles mines ; 

Uostracitis, mince, noirâtre, d'apparence testacée. 

Macquer [Dict. de Chimie, 1778) distingue de même la cadmie natu- 
relle, ou fossile, qui est la calamine employée à la fabrication du laiton; 
et la cadmie des fourneaux, i,\ib\\mé produit dans la fusion des minerais 
de zinc, laquelle éprouve une demi-fusion et forme incrustation aux parois 
des fourneaux. Il ajoute que quelques-uns appellent aussi cadmie fossile 
un minerai de cobalt (répondant à notre arséniosulfure actuel). 

En réalité, ce nom était donné à toute suie et sublimé métallique, s'élevant 
dans la fonte en grand du cuivre et des autres métaux. Au point de vue 
de la Chimie moderne, la cadmie des fourneaux serait de l'oxyde de zinc, 
mêlé d'oxyde de cuivre, de plomb, parfois d'oxyde d'antimoine et d'acide 
arsénieux; ces oxydes étant en outre unis quelquefois au soufre, sous forme 
d'oxysulfures ou de sulfates basiques. 

Dans les livres du moyen âge, on trouve encore ce mot Cathmia ou Cathi- 
mia appliqué à certaines veines des mines d'or ou d'argent; aux sublimés 
des fourneaux d'or ou d'argent; à l'écume échappée de l'argent, de l'or, du 
cuivre, etc. 

Les modernes, suivant un usage courant en chimie et en minéralogie, mais 
très fâcheux pour l'histoire de la science, ont détourné le mot cadmie de 
son sens primitif et l'ont appliqué à un métal nouveau, le cadmium, inconnu 
des anciens. 

Il convient de rapprocher de la cadmie certaines substances congénères, 
telles que le pompltolj'x (i), devenu depuis le niliil album des auteurs du 
moyen âge, et confondu avec la .ψθιΥθ5 blanche, laquelle s'envole au loin et 
va s'attacher aux toits. D'après un texte de Pline, le pompholyxse produit 
pendant la purification de l'aircun ; ou bien encore, en projetant le jet des 
soufflets sur la cadmie. 

La spodos ou spodion (cendre) est au contraire, d'après Dioscoride, la 
partie plus lourde et plus noire, qui tombe sur la sole des fourneaux de 



(i) Diosc, Mat. méd., 1. V, 85. — Pline, H. λ\, 1. xxxiv, 34. — Lexicon Alch. 
Rulandi. p. 442. 



NOTICES DIVERSES 241 

cuivre, OÙ on la balaie ensuite. Elle est mêlée de paille, de poils et de terre, 
dont on la de'barrasse par des lavages. La spode des fourneaux d'argent 
s'appelle lauriotis (nom qui vient des mines du Laurium . L'or, le plomb 
en produisent aussi. Elle peut être de couleur cendrée, jaune, verte, rouge, 
noire. 

Le Lexicon Alchemiœ assimile la spode au vert de gris [œi-iigo œris, ios 
ieris). 

Vantispode (i\ est un produit que Ton substituait au spode pour les 
usages médicaux. C'était la cendre de divers végétaux, incinérés dans une 
marmite de terre crue, à couvercle percé de trous, puis lavés. 

Le nom de la cadmie a été remplacé pendant le cours du moyen âge par 
celui de tutie, donné de même à toute fumée métallique. Nous appliquons 
aujourd'hui ce nom de tutie à l'oxyde de zinc ; mais il avait autrefois un 
sens plus compréhensif. 

La magnésie de Démocrite, de Geber et de certains alchimistes est, dans 
certains cas, équivalente à la cadmie ou tutie, mais réputée plus volatile 
qu'elle; sa réduction fournissait le molybdochalque, alliage renfermant du 
plomb et du cuivre et analogue à certains bronzes. 

Chalcanthon, χάλ•/.ανθ:ν, couperose, vitriol, noir de cordonnier (2). • 

Cette matière se préparait avec une liqueur résultant de la macération 
spontanée ou provoquée des minerais dans l'eau, à l'intérieur des mines de 
cuivre. 

Le premier produit obtenu par évaporation spontanée était du sulfate de 
cuivre, bleu, demi-transparent, lancéolé. On l'obtenait aussi en concentrant 
la liqueur au feu, et l'abandonnant à la cristallisation dans des bacs de bois, 
sur des cordes ou des barres suspendues. Après le sel pur, venaient des sul- 
fates plus ou moins basiques et ferrugineux. Le nom de vitriol apparaît au 
xni= siècle, dans Albert le Grand. 

Observons les sens divers de ce mot couperose, ou de son équivalent 
vitriol, tels que : 

Vitriol bleu : sulfate de cuivre. 



(i) Oiosc, Mat. méd., 1. V, 86. — 
Pline, H. N., 1. XXXIV, 35. 
(2) Diosc, Mjt. méd., 1. V, ii3. 



— Pline, H. N., 1. XXXII, 32. — 
Vincent de Beauvais, Spec. Majiis, 
Vin, 32. 

31* 



242 INTRODUCTION 

Vitriol vert : sulfate de fer, et sulfate de cuivre basique. 

jaune et rouge : sulfates de fer basiques. 

blanc : sulfate de zinc; sulfate d'alumine, voire même alun. 

La décomposition spontanée des pyrites peut fournir tous ces composés, 
suivant leur degré d'impureté. 

Le cuivre contenu dans les eaux mères résultant de cette décomposition 
en est précipité aujourd'hui sous forme métallique, au moyen des débris de 
fer de toute origine, lesquels fournissent des dépôts de cuivre, reproduisant 
souvent la forme et l'apparence des morceaux de fer. De là celte opinion, 
très répandue parmi les alchimistes, que le vitriol peut transmuter le fer en 
cuivre. Elle reposait sur un phénomène réel, mais mal compris. 

Misj• [i]. 

D'après les anciens, le misy de Chypre est doré, dur, et scintille quand 
on l'écrase. 

C'était de même une concrétion naturelle ou minerai, à cassure dorée, 
qui a été décrite sous le nom de misy dans les mines de Gozlar au 
xvn« siècle. Le vitriol, ajoutait-on, se change aisément en misy. 

A la fin du xvni"= siècle, on appelle misy une matière vitriolique jaune, lui- 
sante, en pierre, ou en poudre non cristallisée (2) et assimilée à la couperose 
jaune. 

En somme, c'est toujours là un sulfate de fer basique, renfermant du sul- 
fate de cuivre et parfois du sulfate d'alumine, résultant de la décomposition 
spontanée des pyrites. 

Sory (3). — On appelait de ce nom une matière congénère du misy, plus 
grasse, à odeur vireuse, de couleur rouge, tournant au noir. 

Les Arabes désignaient sous ce même nom de sory le vitriol rouge (voisin 
du colcothar). 

Enfin les Grecs modernes ont assimilé parfois le sory à la céruse brûlée 
(minium). 



(i) Diosc, Mjt. méd., 1. \', 110. 
— Pline, H. .V.. 1. XXXIV, 3i. — 
Lexicon Alch. Ridandi, p. 336. 

(2) Macquer, Dict. de Chimie, t. IV, 
p. 85; 1778. 



(3) Diosc, Mat. méd., 1. V, 118. 
— Pline, H. N., 1. XXXIV, 3o. — 
Lexicon Alch. Riilandi, p. 142. — 
Salmasii Pliti. Exerc, p. 814, 6 E. 



NOTICES DIVERSES 



243 



Melanteria [\]. — On appelait ainsi une sorte d'efflorescence saline, déve- 
loppée dans l'orifice des mines de cuivre ; une autre partie apparaissait à 
leur face supérieure. Elle se trouvait sous terre en Cilicie. Elle présentait, 
ajoute-t-on, une couleur de soufre légère et noircissait aussitôt au contact 
de l'eau (présence du manganèse 'A. 

D'après Rulandus, c'est une sorte de vitriol, dont la couleur dépend des 
terres qui l'ont produite et varie du jaune au bleu. 

Chalcitis(2) : minerai de cuivre, pyrite cuivreuse spécialement. 

On en tirait le cuivre métallique, le misy, le sory, etc. 

En fait, la pyrite de fer, sous l'influence de l'air et de l'eau, se délite et 
s'oxyde, en formant des sulfates de cuivre, de fer, d'alumine et de l'alun. 
Le sel de fer ainsi produit devient bientôt basique, en se suroxydant. 

Chaux vive : ïsiiz-.zz — titanos : chaux, ou plutôt pierre calcaire. 

Gypse, γύψ:ς, plâtre. 

Ghrysocolle — œriigo — santerna — -soudure des orfèvres (3). 

Ce mot a plusieurs sens, il désigne : 

1° L'opération même de la soudure de l'or. 

2" Les matières employées pour cette opération, telles que certains allia- 
ges d'or, encore usités chez les orfèvres. Dans le Lexique alchimique, on 
interprète molybdochalque falliage de cuivre et de plombi par chrysocolle. 

3° Un sous-sel de cuivre mêlé de fer, provenant de la décomposition d'une 
veine métallique par l'eau ; décomposition spontanée, ou provoquée en 
introduisant l'eau dans la mine en hiver jusqu'au mois de juin ; on laissait 
sécher en juin et juillet. Le produit natif était jaune. 

4° La Malachite proprement dite, sous-carbonate de cuivre vert : 

L'azurite, carbonate de cuivre bleu congénère, était désigné sous le nom 
d'aiménium ; prohablemcm parce qu'on la tirait d'Arménie (4). Peut-être 
aussi le bleu de Chypre {■/:jx-ii;] a-t-il été parfois exprimé par le même nom. 



(i) Diosc. Mjt. méd., I. V, 117.— 
Lexicon Alch. Rulandi. p. 329. 

(2) Diosc, Mat. méd., 1. V, ii5 v. 
— Pline, H. N., 1. XXXIV, 29. — 
Vincent DE Beauvais, VIII. — Lexicon 
Alch. Rulandi. p. 141. 



(3) Pline, H. N., 1. XXXIII, 26, 27, 
28, 29. — Diosc, Mat. méd., 1. V, 
104. — Voir le présent volume, p. bj. 

14) Diosc, Mcîî. méd., 1. V, io5, 106. 
— Pline, H. N., 1. XXXV, 28. 



244 INTRODUCTION 

5° Le produit obtenu en faisant agir sur le vert de gris l'urine d'un gar- 
çon impubère et le natron. L'urine apportait ici des phosphates, des chlo- 
rures et des sels ammoniacaux. 

Ajoutons que nostraite's de minéralogie moderne ont détourné le mot chry- 
socolle pour rappliquer arbitrairement à un hydrosilicate de cuivre. 

Chrvsolithe. 

La chrysolithe moderne est le péridot : mais ce corps n'a rien de com- 
mun avec le sens ancien du mot. 

La chrysolithe ancienne désignait la topaze et divers autres minéraux 
jaunes et brillants, qu'il est d'ailleurs difficile de préciser complètement. 

Cinabre. — Ce mot s'applique aujourd'hui à une variété de sulfure de mer- 
cure, appelée aussi anthrax autrefois; mais chez les Grecs et chez les Alchi- 
mistes, il a eu des sens plus complexes. Il a exprimé également : 

Notre oxyde de mercure; 

Notre minium, mot employé par les anciens dans des sens multiples 
(voir les articles plomb et rubrique) ; 

Notre réalgar (sulfure d'arsenic) ; 

Tous les sulfures, oxydes, oxysulfures métalliques rouges ; 

Enfin le sang dragon, matière végétale qui est le suc du dracœna draco. 

Le signe (PI. 11,1. i3) du cinabre est un cercle avec un point central. Mais 
le même signe a été plus tard et à la fin du moyen âge employé pour l'œuf 
philosophique, pour le soleil, ainsi que pour l'or : de là diverses confu- 
sions, contre lesquelles on doit se tenir en garde (v. ce volume, p. 122). 

Claudianos ou claiidianon. 

C'était un alliage de cuivre et de plomb, renfermant probablementduzinc. 
Il n'en est question que chez les alchimistes. Ce nom semble dériver du 
mot latin Claudius. S'agissait-il d'un corps fabriqué au temps de cet empe- 
reur et analogue aux cuivres Marien, Livien, etc. ? Pline n'en parle pas. 

Clefs (les). 

Le mot clefs est employé comme titre d'ouvrages, dès l'époque alexandrine 
(aprèsrèrechrétienne,dansHermès(i),Zosime, etc.). Les Arabes s'en servent 
fréquemment et il a été fort usité au moyen âge. 

(i) Cité par Lactance et par Stobée (v. ce volume, p. 16, note). 



NOTICES On-ËRSES 245 

Dans le sens alchimique, voici quelles sont les clefs de l'art, d'après Roger 
Bacon (i) : siint igitur claves artis : congelatio, resolutio, inceratio. pf'opor- 
tio ; sed alio modo, purificatio, distillatio, separatio, calcinatio etfixio. 

C'est-à-dire : <f les clefs de l'art sont la solidification, la résolution (à l'état 
liquide ou dissous;, le ramollissement, l'emploi des proportions coπΛ'ena- 
bles (dans les matières, ou dans les agents, tels que le feu) ; ou d'une autre 
façon, la purification, la distillation (par évaporation ou filtration, d'après 
l'ancien sens de ce mot : couler goutte à goutte), la séparation, la calcina- 
tion et la fixation (des métaux fusibles ou volatils, ramenés à l'état solide et 
résistant au feu) ». 

De même dans Vincent de Beauvais [Spéculum majiis, VIII, 88; : » les clefs 
ou les pratiques de cet art sont la mortification (amortissement des mé- 
taux), la sublimation, la distillation, la solution, la congélation, la fixation, 
la calcination ». Basile Valentin parle aussi des douze clefs de l'art. 

Cobalt — cobathia — kobold. — Le cobalt est réputé avoir été découvert 
en 1742 par Brandes, qui l'isola sous forme métallique. Son nom même 
est tiré de celui de certains de ses minerais, appelés kobalt ou kobold, et 
constitués par des arséniosulfures complexes. Ce nom de kobold a été 
expliqué jusqu'ici par celui de certains démons trompeurs, habitant les 
mines : c'est, dit-on, une allusion à la diflicultc de traiter ces minerais et 
aux tentatives infructueuses que l'on avait faites pour en extraire du cuivre, 
métal indiqué par la production des verres bleus, qui dérivent de ce 
minerai. 

En fait, le bleu de cobalt était connu des anciens. H. Davy a trouvé ce 
métal dans certains verres bleus, d'origine grecque et romaine, et M . Clemmer 
dans des perles égyptiennes. Le bleu mâle de Théophraste, opposé au bleu 
femelle, ne serait autre que du bleu de cobalt, opposé aux dérivés bleus 
du cuivre. L'étymologie même du mot cobalt semble remonter au grec. 
En effet, dans le Lexicon Alchemiœ Rulandi, p. i58, on lit: Cobatiorum 
fumus est kobolt ; c'est-à-dire « la fumée des cobatia, c'est le kobolt ». Cette 
expression « fumée des cobathia » figure dans un passage d'Hermès cité par 
Olympiodore {texte grec, p. 85). Elle est traduite dans le Lexique alchi- 

(i) Bibl. chem. de Manget, t. I, p. 623. 



246 INTRODUCTION- 

mique [texte grec, p. 9, note) par » les vapeurs de l'arsenic (sulfuré) » : il 
s'agit donc bien d'un composé arsenical. Il y aurait eu dès lors pour l'éty- 
mologie du. cobalt une confusion entre un mot grec ancien et un mot 
allemand, analogue à celle qui s'est produite entre l'égyptien et le grec, 
pour les mots chimie, sel ammoniac, etc. : ces mots n'auraient pas d'ailleurs 
eu le sens précis de notre cobalt au début, mais ils l'auraient acquis par 
une extension postérieure. 

Quant au cobalt métallique, sa connaissance remonte au-delà du 
xvin<= siècle. En effet, on lit dans le Lcxicon Alchemiœ Rulandi, ouvrage 
publié à Francfort, en 1612, p. 271, un texte latin, suivi d'un texte allemand 
équivalent, dont voici la traduction : « Kobolt ; kobalt ou collet : c'est une 
matière métallique, plus noire que le plomb et le fer, grisâtre, ne possédant 
pas l'éclat métallique ; elle peut être fondue et laminée (au marteau) ». Puis 
viennent des indications relatives au minerai, exprimé par le même nom. 
« C'est un soufre donnant des fumées, et sa fumée entraîne le bon métal. — 
C'est aussi une cadmie fossile d'où l'on tire un airain utile en médecine, etc.» 
La première phrase désigne évidemment le cobalt impur, l'un de ces demi- 
métaux dont Brandes reprit plus tard l'étude. Observons que les alchimistes 
du moyen âge traitaient les minerais métalliques par les mêmes procédés 
de grillage, réduction et fonte que les modernes, et dès lors ils ont dû obtenir 
les mêmes métaux; mais ils n'avaient pas nos règles scientifiques pour les 
purifier, les définir et les distinguer avec exactitude. .l'ai déjà mis en évidence 
la connaissance du régule d'antimoine dès l'antiquité, mais il était confondu 
avec le plomb. Le cobalt et le nickel ont dû être confondus aussi, soit avec 
le fer, soit avec le cuivre et ses alliages (v. Pseudargyre). 

CouPHOLiTHE. — Ce mot semble avoir été appliqué au talc et à des sili- 
cates tendres, analogues. Le nom de coupholithe est resté parmi les noms 
des pierres usitées par les orfèvres (i). Il est aussi appliquéenMinéralogieà 
une variété de prehnite (silicate d'alumine et de chaux ferrugineux et hydraté) 
qui se présente tantôt en lames minces blanches, analogues au sulfate de 
chaux; tantôt en masses fibreuses un peu verdâtres. 

Il semble d'ailleurs que ce soit là un vieux nom, conservé à l'une des 

(i) M.muel Ruret du Bijoutier, t. I, p. i3o, i832. 



NOTICES DIVERSES 247 

substances auxquelles il s'appliquait autrefois; et non une dénomination 
ancienne transportée à une substance moderne, comme il est arrivé trop sou- 
vent, en Minéralogie. Autrement on ne comprendrait ni la persistance de ce 
nom chez les orfèvres, ni sa spécialisation à une simple variété. 

Eléments actifs. 

D'après Aristote (Météorol. 1. î V), il y a deux éléments actifs, le chaud et 
le froid; deux passifs, le sec et l'humide. 

Ailleurs il s'agit de simples qualités, mises en relation avec les quatre élé- 
ments ordinaires {de Generatione, L. II, ch. 3 et 41. Le feu est chaud et sec; 
l'air chaud et humide; l'eau froide et humide; la terre froide et sèche; etc., 
etc. Ces éléments se transformentles uns dans les autres. Stephanus expose à 
peu près la même théorie. Ces idées ont joué un grand rôle en médecine. 
Aristote dit encore (Météorol. 1. III, ch. 7): « ilya deux exhalaisons (àva- 
θυμίαϊεις), l'une vaporeuse (άτμ'.ΐώίης), l'autre enfumée (κ3!::νώΐτ;ς). 

« L'exhalaison sèche et brûlante produit les matières fossiles (ορυκτά), 
telles que les pierres infusibles, la sandaraque, l'ocre, la rubrique, le 
soufre, etc. L'exhalaison humide produit les minéraux (μεΐαλλευτά; , c'est-à- 
dire les métaux fusibles et ductiles, comme le fer, le cuivre, l'or, etc. En 
général, ils sont détruits par le feu [r.-jpz\>-a'.) et contiennent de la terre, 
car ils renferment une exhalaison sèche. L'or seul n'est pas détruit par le 
feu... » — On voit ici l'origine de certaines idées alchimiques. C'est ainsi 
que Stephanus 16' leçon dans Idelcr. t. 11, p. 224, 1. 7), dit, presque dans les 
mêmes termes qu' Aristote : 

« Il y a deux choses qui sont les matières et les causes de tout, la 
Vapeur qui s'élève et l'exhalaison fuligineuse des corps, en laquelle est la 
cause des modifications en question. La vapeur est la matière de l'air; la 
fumée, la matière du feu, etc. ». 

Esprits (■κνεύμΛ-α). 

Les mots esprits, corps, âmes, sont fréquemment employés par les alchi- 
mistes dans un sens spécial, qu'il importe de connaître pour l'intelligence 
de leurs écrits. Les passages suivants, quoique d'une époque plus moderne, 
jettent beaucoup de lumière sur ce point. 

On lit dans le traité de Mineralibiis, prétendu d'.-Mbert le Grand (Ί. 1, tr. i, 
ch. i"") : « ce qui s'évapore au feu est esprit, âme, accident; ce qui ne s'éva- 



2^8 INTRODUCTION 

pore pas, corps et substance ». Cet auteur attribue encore à Démocrite Topi- 
nion qu'il y a dans les pierres une âme élémentaire, laquelle est la cause de 
leur génération (1. I, tr. i, ch. 4). 

Le Pseudo-Aristote (i) définit de même les corps et les esprits, et il 
ajoute : « les corps volatils sont des accidents, parce qu'ils ne mani- 
festent leurs qualités et vertus que s'ils sont associés aux substances 
ou corps fixes : pour opérer cette association, il faut purifier les uns 
et les autres. » Il y a là un mélange de pratiques matérielles et d'idées 
mystiques. 

Vincent de Beauvais, Spéculum majus [VIII, 6o\ donne sous le nom 
d'Avicenne l'exposé suivant. 

« Il y a quatre esprits minéraux : le soufre, l'arsenic, le sel ammoniac, le 
mercure, distincts par leur aptitude à être sublimés; et six corps métalliques : 
l'or, Fargent, le cuivre, l'étain, le ter, le plomb. Les premiers sont des 
esprits, parce que leur pénétration dans le corps (métallique) est néces- 
saire, pour accomplir sa réunion avec l'âme » — « Spiritus, inquam, sunt 
quia per eos imprimitur corpus ut possit cum anima conjungi. » Et plus 
loin (VIII, 62) : -( Nulle chose ne peut être sublimée sans le concours 
d'un esprit. La pierre ne s'élève pas d'elle-même par l'action du feu ; 
tandis que les esprits s'élèvent d'eux-mêmes, c'est-à-dire se subliment, se 
dissolvent et déterminent la dissolution des autres substances; ils brû- 
lent, refroidissent, dessèchent et humectent les quatre éléments. » Cette 
dernière phrase attribue aux esprits le rôle des qualités aristotéliques 
citées plus haut. 

« Ce qui ne fuit pas le feu », dit encore Avicenne, «est dit fixe: tels sont 
les corps des pierres et des métaux. » 

Dans la langue même de notre temps, le nom d'esprits volatils est encore 
appliqué à certaines substances, tels que l'ammoniaque, l'alcool, les 
essences, etc. 

D'après Geber (2) il y a sept esprits, dont voici les noms, rangés dans 
Tordre de leur volatilité : le mercure, le sel ammoniac, le soufre, l'arsenic, 



(i) De perfecto magisterio, Bibl. I (ïl Voir aussi Le.xicon Alchemice 

cliem. de Manget, t. I, p. 638. | RiiLtnJi, p. 442. 



NOTICES DIVERSES 24g 

(c'est-à-dire son sulfure, placé auprès du soufre par l'auteur), la niarcassite, 
la magnésie et la tutie. 

Geber dit encore : 

ï Les esprits (corps volatils) seuls et les matières qui les contiennent en 
puissance, sont capables de s'unir aux corps métalliques ; mais ils ont 
besoin d'être purifiés pour produire une teinture parfaite, et ne pas gâter, 
brûler, noircir les produits. Il y a des esprits corrosifs et brûlants, tels que 
le soufre, l'arsenic (sulfuré), la pyrite; d'autres sont plus doux, tels que les 
diverses espèces de tutie (oxydes métalliques volatils). C'est par la subli- 
mation qu'on les purifie. » — Cette sublimation se compliquait de l'ac- 
tion oxydante de l'air, spécialement dans le cas de la pyrite et du sulfure 
d'arsenic. 

L'Aludel, appareil destiné à ces sublimations, devait être construit en verre, 
ou en une substance analogue, non poreuse, et capable de retenir les esprits 
(matières volatiles) et de les empêcher de s'échapper, d'être éliminés par 
le feu. Les métaux ne conviennent pas, parce que les esprits s'y unis- 
sent, les pénètrent, et même les traversent. Tout ceci est très clair pour 
nous. 

Le Pseudo-Aristote donne la même liste (i) des esprits que Geber, en assi- 
milant ces êtres aux planètes. 

Dans Rulandus, qui développe la même énumération, la magnésie est rem- 
placée parle wismath, lequel semble être un sulfure métallique, se rattachant 
aux minerais d'étain et de plomb. Ce nom a été détourné de son vieux 
sens, pour être appliqué parles modernes à un métal nouveau, inconnu des 
anciens, le bismuth ; de même que le nom de cadmie a été détourné de son 
sens pour être appliqué au cadmium. Mais ce n'était pas là la signification 
ancienne du mot. 

Revenons aux esprits de Geber et d'Avicenne, afin de tâcher de com- 
prendre les idées d'autrefois et les faits qui leur correspondaient. Les uns 
de ces esprits, tels que le mercure, le sel ammoniac, le soufre, le sulfure 
d'arsenic, sont en effet des substances susceptibles de sublimation pure et 
simple. Les autres sont réputés secondaires: la sublimation n'ayant lieu 

(i) De Perfecto Magisterio, Bibl. chem. de -Manget, t. I, p. 638. 

32* 



25ο INTRODL'CTION 

que par l'effet d'une opération complexe, et mal comprise, mais dontla com- 
plexité avait été entrevue par les alchimistes. En effet la marcassite, ou pyrite, 
chauffée dans un appareil distillatoire en terre, donne d'abord du soufre, en 
laissant un résidu ; ce résidu s"oxyde peu à peu sous l'influence de Fair, qui 
pénètre dans l'appareil, et une partie du produit se sublime à son tour peu à 
peu, à une température plus haute, en fournissant des oxydes métalliques, 
blancs ou colorés. Geber distingue nettement ces deux phases du phénomène 
[Bibl. Chemica de Manget, t. I, p. 534). 

La tutie était réputée le moins volatil des esprits; la magnésie était inter- 
médiaire entre la tutie et la marcassite : enfin la sublimation de la tutie et 
celle de la magnésie étaient assimilées à la seconde phase de celle de la 
marcassite, phase dans laquelle l'action de l'air développait les oxydes 
métalliques. 

On voit par là que la magnésie de Geber, comme celle du Pseudo-Démo- 
crite, et, plus tard, la tutie, désignaient à la fois certains minerais sulfurés de 
zinc, de plomb, d'étain, de cuivre, etc., ainsi que le mélange des oxydes for- 
més par sublimation lente aux dépens de ces minerais de zinc, de plomb, de 
cuivre, etc.; c'est-à-dire que cette magnésie se rattache à la famille des cad- 
mies, dans laquelle on rencontre également le double sens de minerai natu- 
rel et de ses dérivés obtenus par grillage. Les sens du mot magnésie sont 
d'ailleurs plus compréhensifs encore, comme il sera dit plus loin. 

Etain — κασσίτερίς — Stanmim — plomb blanc (1). 

Dans Homère, le mot v.xzz'.xî^cç désigne un alliage d'argent et de plomb 
(ou d'étain?). Le sens actuel du métal étain n'a peut-être été acquis à ce mot 
d'une manière précise et exclusive que vers le temps d'Alexandre et des 
Ptolémées, bien que le métal même ait été employé comme composant du 
bronze depuis les époques préhistoriques. De même le mot stannum est 
donné par Pline au plomb argentifère (H. N., 1. XXXIV, 47), aussi bien 
qu'au plomb blanc, qui était l'étain véritable. Dans la lecture des anciens 
auteurs, il faut se métier continuellement de ces sens multiples et variables 
avec les temps des dénominations métalliques qu'ils emploient. Pour 
pouvoir tirer d'un mot des conséquences certaines, au point de vue des 

(i) Pline, H. N., 1. XXXIV, 47. 



NOTICES DH-ERSES 25 I 

connaissances chimiques d'une certaine époque, il est nécessaire, en général, 
déposséder des objets, armes, statues, ou instruments, répondant exactement 
à cette époque et à ce mot. En dehors de cette règle, on est exposé aux 
erreurs et aux confusions les plus étranges. 

Pline ajoute qu'on contrefait l'ctain avec un mélange renfermant i/3 de 
cuivre blanc et 2/3 de plomb blanc; ou bien avec poids égaux de plomb 
blanc et de plomb noir: c'est ce qu'on appelait alors plomb argentaire. Ces 
fraudes sont encore usitées aujourd'hui, les fabricants d'objets d'étain 
mêlant le plus de plomb qu'ils peuvent à l'étain pur, à cause du bas prix 
du plomb. 

Etymologies chimiques doubles. — C'est une circonstance digne d'in- 
térêt qu"un certain nombre de mots chimiques ont deux etymologies : l'une 
égyptienne, qui paraît la véritable; l'autre grecque, qui semble fabriquée 
après coup et pour rendre compte de la transcription hellénique du mot 
ancien. 

Je citerai, par exemple, les mots asèm, chimie, sel ammoniac . 

Le mot asèm désignait un alliage métallique particulier imitant l'or et 
l'argent et spécialement ce dernier métal (p. 62 et suiv.). Il a été traduit en 
grec par les mots : ά'τημ:;. άιημίν, άιή;Λη. lesquels signifiaient d'abord l'ar- 
gent sans titre, et ont pris, en grec moderne, le sens complet de l'argent. 
La confusion entre ces mots est l'une des origines des idées de transmu- 
tation. 

Le mot chimie paraît dérivé du mol égyptien chemi, qui est le nom de 
l'Egypte elle-même. Mais les Grecs l'ont rattaché soit à '/yy-i: (suc), soit à 
χέω (fondre), parce que c'était l'art du fondeur en métaux. 

Le nom du sel ammoniac (carbonate de soude d'abord, plus tard chlorhy- 
drate d'ammoniaque (p. 45), est dérivé de celui du dieu égyptien Ammon. 
Mais il a été rattaché aussi par les Grecs au mot a';j.;j.;v, sable, etc. 

Ces fausses etymologies rappellent le système de Platon pour les cas ana- 
logues. 

Fer. 

Le basalte était désigné par le nom du fer chez les Egyptiens. 

On distinguait parmi les dérivés du fer, les corps suivants : 

Rubigo ou /erriigo, ίίς, la rouille, c'est-à-dire l'oxyde de fer hydraté et 



252 



INTRODUCTION 



les sels basiques de même teinte (i). A l'état anhydre ce corps est devenu le 
colcotar du moyen âge, qui est à proprement parler le résidu de la calcina- 
tion des sulfates de fer. 

Squama. ■ — C'est l'écaillé tirée des armes pendant leur fabrication, ex 
acie aiit mucronibus (2). Il semble que ce corps répondait à notre oxyde des 
batitures. 

Scoria (3), autre résidu ferrugineux. — Elle est appelée aussi sideritis. 

Au fer se rattachent l'aimant ou pierre magnétique, l'hématite, la pierre 
schisteuse, les ocres, les pyrites, ainsi que la rubrique. 

Donnons quelques détails sur ces différentes matières. 

Aimant ou magnes, dénommé parfois également sideritis (4). 

L'aimant était appelé/errz/în vivion et assimilé à un être vivant, à cause 
de son action attractive sur le fer. On distinguait le mâle et le femelle. On 
en reconnaissait plusieurs espèces : les uns roux, les autres bleuâtres, qui 
étaient les meilleurs ; d'autres noirs, sans force; d'autres blancs et n'attirant 
pas le fer. Uaimant tirait son nom de magnes, de celui de Magnésie, qui 
appartenait à une province de Thessalie et à deux villes d'Asie (v. Magnésie). 

Hématite (5). — Le sens moderne de ce mot est resté à peu près le même 
que le sens antique : fer oligiste et fer oxydé hydraté. La pierre schiste est 
congénère (6) : c'est l'hématite fibreuse. 

Ocres {y). — L'ocre, brûlée dans des pots neufs, donnait la rubrique (san- 
guine). Les mots sil, tista (8) ont un sens analogue. On les obtenait aussi 
en brûlant l'hématite (g). 

Pyrites {10). — Ce mot désignait les sulfures de fer et de cuivre et les corps 
congénères : sens qu'il a conservés. La pyrite blanche et la pyrite dorée 



(1) Pline, ÎT. N., 1. XXXIV, 45. — 
Diosc. Mat. méd., 1. V, gS. 

(2) Pline, H. N., 1. XXXIV, 46. 

(3) Diosc, M.it. méd., 1. V, 94. 

(4) Diosc, Mat. méd., 1. V, 147. — 
Pline, H.N., 1. XXXIV, 42, et 1. XXXVI, 
23. — Le.vicoti Alch. Ridandi, p. 275, 
314. 

(5) Diosc, Mat. méd., 1. V, 143. — 
Pline. H. Λ^, 1. XXXVI, 25. 



(6) Pline, H. N., 1. XXXIV, 37. 

(7) Diosc, Mat. méd., 1. V, 108. — 
Pline. H. N., I. XXXV, 16, 20, 22. 

(S) Pline, H. N., 1. XXXV, 32 ; 
1. XXXIII, 56, 57. 

(9) ViTRUVE, 1. VII, ch. ΛΊΙ. — Pline, 
H.'n., 1. XXXVI, 37. 

(10) Diosc, Mat. méd., 1. V, 142. — 
Pline, H. N., 1. XXXVI, 3o. 



NOTICES DIVERSES 



253 



notamment sont distinguées par Pline. La chalcite, ou minerai de cuivre 
répondait surtout à la pyrite cuivreuse. 

D'après Pline, le même nom était donné à la meulière et à la pierre à bri- 
quet, que l'on supposait contenir le feu produit par leur intermédiaire. 

Le mot Chalcopyrite, qui désignait sans doute à l'origine la pyrite 
cuivreuse, a changé de sens plus tard : il aurait signifié le plomb iou 
plutôt l'un de ses minerais) chez les alchimistes, d'après le Lexicon Alch. 
Rulandi. 

Le mot marcassite a remplacé celui de pyrite au moyen âge, avec un 
sens encore plus étendu. (Voir ce mot.) ... 

Rubrique. — Ce mot désignait la sanguine; mais on l'appliquait aussi au 
minium, au vermillon et même parfois au cinabre. 

Feu (les vertus du\ 

D'après Pline : Ignis accipit arenas, ex quibiis alibi litrum, alibi 
argentuvx, alibi minium, alibi plumbi gênera, alibi medicamenta fundit. 
Igné lapides in ces solvuntur, igné ferrum gignitur ac domatur, igné aurum 
perficitur, etc. (i). 

Ce passage aurait pu être écrit par un alchimiste. On lit déjà dans un 
hvmne chaldéen au feu, traduit par M. Oppert « Ο toi qui mêles ensemble 
le cuivre et le plomb (2) ; ô toi qui donne la forme propice à l'or et à 
l'argent, etc. » 

Figures géométriques des saveurs et des odeurs. 

Démocrite leur a attribué des figures. On lit aussi dans Théophraste, de 
Caitsis Plantarum, 1. VI, ch. i : 

La saveur douce résulte de matières rondes et grosses; 

— ■ acerbe et aigre, de matières polyédriques, âpres; 

— aiguë — de certains corps pointus, petits, courbes; 

— acre — de corps ronds, petits, courbes; 

— salée — de corps anguleux, grands, tordus, etc.; 

— amère — de corps ronds, légers, tordus, petits; 

— grasse — de corps ténus, ronds, petits; 



(1) Pline, S. N., 1. XXXVI, 68. 



(2) Ou l'étain, suivant d'autres inter- 
prètes. 



254 



INTRODUCTION 



Fixation des métaux. 

Ce terme est employé comme synonyme de transmutation ; il signifie, à 
proprement parler : 

1° L'acte qui consiste à ôter au mercure sa mobilité, soit en l'associant à 
d'autres métaux ou bien au soufre, soit en l'éteignant à l'aide de divers 
mélanges. 

2» L'opération par laquelle on ôte au mercure et plus généralement aux 
métaux très fusibles, tels que le plomb et l'étain, leur fusibilité, de façon à 
les rapprocher de l'état de l'argent. 

3° L'opération par laquelle on ôte au mercure sa volatilité. 

Les métaux étant ainsi fixés et purifiés de leur élément liquide, 

4° On leur communiquait une teinture solide, fixe, qui les amenait à l'état 
d'argent ou d'or. Arrivés au dernier état, ils étaient définitivement fixés, 
c'est-à-dire rendus incapables d'une altération ultérieure. 

Gagates (pierre), notre jais? (i) Pierre de Memphis (2), sorte d'as- 
phalte. 

los — !î; — virus. 

Ces mots ont des sens très divers chez les anciens. 

Virus s'applique dans Pline à certaines propriétés ou vertus spécifiques 
des corps, telles que : l'odeur (3) du cuivre, du sory, de la sandaraque (4) ; 
— leur action vénéneuse. 

L'action médicale des cendres d'or (5) ; 

La vertu magnétique communiquée au fer par l'aimant 6). 

Ίός signifie plus particulièrement la rouille ou oxyde des métaux, ainsi 
que le venin du serpent, parfois assimilé à la rouille dans le langage sym- 
bolique des alchimistes. La pointe de la flèche, symbole de la quintessence, 
l'extrait doué de propriétés spécifiques, la propriété spécifique elle-même; 
enfin le principe des colorations métalliques, de la coloration jaune en parti- 
culier. 



(i) Pline, 1. XXXVI. 04. — Diosc, 
Mat. Méd., 1. V, 145. 

(2) Diosc, Mat. méd., 1. V, 1 bj. 

(3) Quelque chose de ce sens s'est 
conservé dans les mots « odeur vi- 



reuse », usités en botanique et en 
chimie. 

(4) H. N., 1. XXXIV, 3o. 48, 55. 

(5) Pline, U. N., I. XXXIII, 2 5. 

(6) Id., 1. XXXIV, 42. 



NOTICES DIVERSES 255 

losis, — «05'.;, — signifie : 

I" L'opération par laquelle on oxyde (ou l'on sulfure, etc.) les métaux; 

2° La purification ou affinage des métaux, tels que l'or : c''est une consé- 
quence des actions oxydantes exercées sur l'or impur, avec élimination des 
métaux étrangers sous forme d'oxydes ; 

3° La virulence ou possession d'une propriété active spécifique, commu- 
niquée par exemple à l'aide de l'oxydation; 

4° Enfin la coloration en jaune, ou en violet, des composés métalliques, 
coloration produite souvent par certaines oxydations. 

Nous conserverons quelquefois ce mot sans le traduire, afin de lui laisser 
sa signification complexe. 

Magnésie. — C'est l'un des mots dont la signification a le plus varié dans 
le cours des temps (v. p. 221). Jusqu'au xviii'' siècle, il n'a rien eu de commun 
avec la magnésie des chimistes d'aujourd'hui. 

A l'époque de Pline et de Dioscoride, la pierre de Magnésie désigna 
d'abord la pierre d'aimant, l'hématite (voir le mot feri et divers minéraux 
appelés aussi magnes, de couleur rouge, bleuâtre, noire ou blanche, origi- 
naires de la province ou des villes portant le nom de Magnésie; ils compre- 
naient certaines pyrites métalliques. Le magnes était l'espèce mâle et la 
magnesia l'espèce femelle. 

Les alchimistes grecs ont appelé de ce dernier nom les mêmes corps 
et spécialement les minerais, parfois sulfurés, tels que les pyrites, employés 
dans la fabrication du molybdochalque (voir p. i53), alliage de cuivre et de 
plomb (Zosime). Ils l'appliquent même au sulfure d'antimoine (voir le 
Lexique alchimique). Puis, par extension, ce nom a été donné aux cadmies 
ou oxydes métalliques, au plomb blanc et même aux alliages, provenant 
du grillage et des traitements des pyrites. * 

En raison de son rôle dans la transmutation, le molybdochalque, substance 
appelée aussi métal de la magnésie {-:: 'jZrj.x τη; \j.x';rr,-:':xz] . est appelée tî τΛί 
(le tout), en certains endroits de Zosime. 

Plus tard, chez les Arabes, le mot magnésie s'applique à des minerais de 
plomb et d'étain, sulfurés aussi ; ainsi qu'aux marcassites ou pyrites, suscep- 
tibles de fournir des sublimés analogues à la cadmie et à la tutie ;Geber et 
le Pseudo-Aristote, Bibl. chem. de Manget, t. I, p. 645, 649, etc.). 



256 



INTRODUCTION 



Les alchimistes latins (i) ont désigné sous le nom de magnésie non seu- 
lement les pyrites (dont certaines appelées juismatli], mais aussi rétaiii 
allié au mercure par fusion, et un amalgame d'argent très fusible, de con- 
sistance cireuse, appelé la magnésie des philosophes, parce qu'il servait à 
fabriquer la pierre philosophale. C'était « l'eau mystérieuse congelée à l'air 
et que le feu liquéfie. » 

D'après un texte du Lexicon Alcli. de Rulandus (p. 322), la magnésie 
représentait un certain état intermédiaire de la masse métallique, pendant 
les opérations de transmutation. 

Il est difficile de ramener de semblables notions à la précision de nos 
définitions modernes. 

Dans le Pseudo-Aristote arabe (2), on lit pareillement : Dicitur argen- 
tiim viviim, qiiod in corpore magnesiœ est occultatum et in eo gelandum. 
Il entendait par là un synonyme du mercure des philosophes, que l'on 
supposait contenu dans le métal de la magnésie. 

La magnésie noire désignait chez les anciens, tantôt un oxyde de fer, tan- 
tôt le bioxyde de manganèse (3). Elle est déjà mentionnée comme servant à 
purifier le verre dans le livre De Mineralibus{L. II, tr. II, ch. 1 1), attribué à 
Albert le Grand. 

Macquer {Dictionnaire de Chimie, 1778), à la fin du xviii" siècle, dis- 
tingue : 

1° La magnésie calcaire, précipité formé par la potasse (carbonatée) dans 
les eaux-mères du nitre ou du sel commun : c'était du carbonate de chaux 
impur, parfois mêlé avec le carbonate de magnésie actuel ; 

2° Une autre magnésie calcaire, formée en précipitant les mêmes eaux- 
mères par l'acide sulfurique ou par les sulfates: c'était du sulfate de chaux; 

3° La magnésie du sel 'd''Epsom ou de Sedlit:{, précipité obtenu au moyen 
du carbonate de potasse : c'était notre carbonate de magnésie, dont l'oxyde a 
seul retenu définitivement le nom de magnésie, dans la chimie scientifique 
actuelle. Le carbonate en porte aussi le nom en pharmacie. 



(i) Lexicon Alch. Rulandi, p. 3 16. 
(2) Tractatulus ; Bibl. chem. de 
Manget, t I, GGi. 



(3) Le nom même de notre manga- 
nèse est une autre transformation mo- 
derne du mot magnes. 



NOTICES DI\ERSES 2^7 

Marcassite. 

Ce mot, regardé parfois comme synonyme de pyrite, est employé par 
les alchimistes du moyen âge pour désigner les sulfures, arséniosulfures et 
minerais analogues, de tous les métaux proprement dits: fer, cuivre, plomb 
et antimoine, étain, argent, or. La marcassite blanche ou pyrite argentine 
était appelée spécialement Wismath ou magnésie. La marcassite plombée 
est le sulfure d'antimoine. 

Massa, μχ'ΐχ. 

Ce mot est donné comme synonyme d'Alchimie dans le traité attribué à 
Albert le Grand et dans sa traduction grecque (Théoctonicos; V. p. 2091. On 
trouve également dans le Lexicon Alch. Riilandi : Kj-iniis, id est massa. 
Kiiria velkymia, id est massa, alchimia. 

Mercure (i). 

PlinedistinguePargeH/Îiin viviim, métal natif, et ['hj-drarg-j-rum ou argent 
liquide, métal artificiel. 

Il prépare celui-ci sans distillation, en broyant le cinabre et le vinaigre 
dans un mortier de cuivre avec un pilon de cuivre. 

On obtenait aussi le mercure en plaçant le cinabre dans une capsule de fer, 
au milieu d'une marmite de terre, surmontée d'un chapiteau [ambix], dans 
lequel se condensait la vapeur sublimée : (αΐθάλ-ί;). On lit dans Dioscoride : 
H yxp r.pzziZz'jzx τω â';j.6i7.'. αιθάλη α-:ςυ;θοΤ"α ν.χ: αζίψυχΟΐΐτα όοράργορίς 
γ!νετα•.. « La vapeur sublimée adhérente à l'alambix , raclée et refroidie 
devient mercure. » — C'est l'origine de l'alambic. 

Dans Aristote se trouve le curieux passage que voici : 

« Quelques-uns disent que l'âme communique au corps son propre mou- 
vement : ainsi fait Démocrite, lequel parle à la façon de Philippe, auteur 
comique. Ce dernier dit que Dédale communique le mouvement à une 
Vénus de bois, en y plaçant de l'argent liquide ». (De Anima, 1. I, ch. 3.1 

C'est déjà le principe de l'expérience du culbuteur chinois, que l'on 
fait aujourd'hui dans les Cours de Physique. Mais on peut aussi voir là 
l'origine de quelques-unes des idées mystiques des Alchimistes, qui ont pris 
au sérieux les apparences tournées en plaisanterie par les anciens Grecs. 

(i) Dioscoride, 3fi7/. méd., 1. V, iio. — Pline, H. N., 1. XXXIII, 32-42. 

33* 



258 



INTRODUCTION 



Le mercure des philosophes, ou matière première des me'taux (i), repré- 
sentait pour les Alchimistes une sorte de quintessence du mercure ordinaire ; 
ces deux corps étant tantôt confondus, tantôt distingués. C'est dans ce sens 
qu'il convient d'entendre ce qui suit. 

D'après les Alchimistes du moyen âge, le mercure est For vivant ; la mère 
des métaux. Il les engendre par son union avec son mâle, le soufre ; il tue 
et fait vivre ; il rend humide et sec ; il chauffe et refroidit, etc.. L'Eau c'est 
Adam, la Terre est Eve (Rulandus, Lexicon Alchemiœ, p. 47), etc. 

Tout ceci atteste la persistance des vieilles formules, à travers le moyen 
âge ; car la dernière assimilation remonte à Zosime et aux gnostiques. 

Citons encore quelques-uns des synonymes alchimiques du mercure : 

Aqiiam autem simplicem, aliàs vacant vencnum, argentum viviim, cambar, 
aqiiam permanentem, gumma, acetum, uriiiam, aquam maris, Draconem, 
serpentem (2). 

On lit les noms suivants du mercure dans Vincent deBeauvais,Sj?ecMZ«m 
majus, VHl, 62 : 

Acetimi attrahcns, et aqua aggrediens et oleum mollificans . . . servus quo- 
qiie fugitiviis (3). 

Puis vient un dialogue entre l'or et le mercure. L'or dit au mercure : 
« Pourquoi te préfères-tu à moi? je suis le maître des pierres qui ne souff'rent 
pas le feu. Et il lui répond : « Je t'ai engendré et tu ne sais pas que tu es né 
de moi. Une seule partie tirée de moi vivifie un grand nombre des tiennes; 
tandis que dans ton avarice tu ne donnes rien de toi dans les traitements. » 

Le mercure est présenté comme l'élément de tous les corps métalliques 
liquéfiables par le feu; après leur liquéfaction, ils prennent l'apparence 
rouge. 

D'après Avicenne [Bibl. cliem. de Manget, t. I, p. 627), « le mercure est le 
serpent qui se féconde lui-même, engendrant en un jour; il tue tout par son 
venin ; il s'échappe du feu. Les sages le font résister au feu ; alors il accomplit 
les oeuvres et mutations. . . Il se trouve dans tous les minéraux et il possède 
avec tous un principe commun; c'est la mère des minéraux. 



(i) Origines de l'Alchimie, p. 27g. 
(2) Voir Tiirba philosophorum (Bi- 



blioth. Client, de Manget, t. I, p. 5oo) 
(3) Voir Ostanès, ce v. p. 217. 



NOTICES DIVERSES 



259 



«Un seul métal tombe au fond, c'est l'or et par là tu connais le plus grand 
secret, parce que le mercure reçoit dans son sein ce qui est de la même 
nature que lui. Il repousse les autres, parce que sa nature se réjouit plus 
avec une nature pareille qu'avec une nature étrangère (i). Il est le seul qui 
triomphe du feu et n'est pas vaincu par lui; mais il s'y repose amicalement... 
Il contient son propre soufre excellent, par lequel on fixe l'or et l'argent, 
suivant le mode de digestion. » 

Métaux. — Génération des métaux. 

Aux opinions des anciens, relatives à cette question et rapportées dans mes 
Origines de l'alchimie, il paraît intéressant d'ajouter quelques textes. 

Les métaux sont formés d'eau et de terre, d'après Aristote {Météor,, 1. IV, 
chap. 8) : ce qui exprime leur fusibilité et leur fixité, aussi bien que leur 
aptitude à être changés en oxydes. 

Anstoie (De Generatione, 1. I,chap. 10) distingue encore les corps en récep- 
tifs ou passifs, et actifs ou donnant la forme :ώς θάτε,ιιν μέν ΐϊ•/.τ•.7.ςν, θάτερον 
δ'είοος. C'est ainsi que l'étain disparaît, en subissant l'influence de la matière 
du cuivre qui le colore : τάΟος -\ ών άνευ ϋλης του χαλν,ΐΰ ογ-ΙοΊ αφανίζετα'., 
ν.χ: \χ.•.γβί•.ς x-r.v.z: χρωματίιζς ;j.:v:v. Nous touchons ici aux notions alchi- 
miques. 

J'ai cité plus haut (article éléments actifs, p. 246) le passage d'Aristote sur 
l'exhalaison sèche et sur l'exhalaison humide, laquelle produit les métaux. 
Une partie de ceci rappelle, sous une forme plus vague, les théories 
actuelles sur les minéraux de filons, produits par les vapeurs souterraines. 

Et ailleurs iMétéor.,\. IV, ch. 2): « L'or, l'argent, le cuivre, l'étain, le 
plomb, le verre et bien des pierres sans nom, participent de l'eau : car tous 
ces corps fondent par la chaleur. Divers vins, Furine, le vinaigre, la lessive, 
le petit-lait, la lymphe participent aussi de l'eau, car tous ces corps sont 
solidifiés par le froid. Le fer, la corne, les ongles, les os, les tendons, le bois, 
les cheveux, les feuilles, l'écorce, participent plutôt de la terre : ainsi que 
l'ambre, la myrrhe, l'encens, etc. » 



(i) Ceci montre quel intérêt on at- 
tachait à des propriétés qui nous pa- 
raissent aujourd'hui peu importantes. 



On remarquera aussi l'axiome du 
Pseudo-Démocrite sur les natures, re- 
produit par Avicenne. 



200 INTRODUCTION 

J'ai cité des passages analogues tirés du Timée de Platon (i). 

Tous ces énoncés témoignent de l'effort fait par la science antique pour 
pénétrer là constitution des corps et manifestent les analogies vagues qui 
guidaient ses conceptions. 

La Théorie des exhalaisons est le point de départ des idées ultérieures sur 
la génération des métaux dans la terre, que nous lisons dans Proclus (voir 
Origines de l'Alchimie, p. 48), et qui ont régné pendant le moyen âge (voir le 
présent volume, p. 78). On lit encore, dans Vincent de Beauvais (VIII, 6) : 
« D'après Rhazès, les minéraux sont des vapeurs épaissies et coagulées au 
bout d'un temps considérable. Le vif argent et le soufre se condensent d'abord. 
Les corps transformés graduellement pendant des milliers d'années dans les 
mines arriventà l'état d'or et d'argent ; mais l'art peut produire ces effets en un 
seul jour. » 

Dès les temps les plus anciens, ces idées se sont mêlées avec des imagina- 
tions astrologiques, relatives aux influences sidérales (ce volume, p. jB et 
suiv.). C'est ainsi qu'on lit dans la Bibl. Cliem. de Manget, t. I, p. 9 1 3 : « Les 
métaux et les pierres n'éprouvent pas les influences célestes, sous leur forme 
même de métaux ou de pierres, mais lorsqu'ils sont sous la forme de vapeurs 
et tandis qu'ils durcissent. » On voit par là le sens mystique de ces mots 
attribués à Hermès par Albert le Grand : «la terre est la mère des métaux; 
le ciel en est le père. » De même cet autre axiome hermétique: « En haut les 
choses terrestres; en bas les choses célestes « (2^ lequel s'appliquait à la fois 
à la transformation des vapeurs dans la nature et à la métamorphose analo- 
gue que l'on effectuait par l'art dans les alambics. 

Avicenne, après avoir décrit le détail supposé de cette création des métaux, 
ajoute : « Cependant il est douteux que la transmutation effective soit 
possible. Si l'on a donné au plomb purifié les qualités de l'argent (chaleur, 
saveur, densité), de façon que les hommes s'y trompent, la différence spéci- 
fique ne peut être enlevée parce que l'art est plus faible que la nature (Vin- 
cent DE Beauvais, VIII, 84). » 

Albert le Grand (De Mineralibus, 1. III, tr. i, ch. 9) dit de même : « Ceux 
qui blanchissent par des teintures blanches et jaunissent par des teintures 

(\)0riginesdel'Alchimie,^.2(><}ai-\. \ (2) Ce volume, p. 161 et i63, fig. 37. 



NOTICES ΰΙΛΈΚ8Ε5 



26 1 



jaunes, sans que Tespèce matérielle du métal soit changée, sont des trom- 
peurs, et ne font ni vrai or, ni vrai argent. . . J"ai fait essayer Tor et l'argent 
alchimiques en les soumettant à six ou sept feux consécutifs ; le métal se con- 
sume et se perd, en ne laissant qu'un résidu sans valeur. » 

Dans le traité d'alchimie pseudonyme, attribué au même auteur, il est 
dit que le fer alchimique n'attire pas l'aimant et que l'or alchimique ne 
réjouit pas le cœur de l'homme et produit des blessures qui s'enveniment; 
ce que ne fait pas l'or véritable. 

Odeur des Métaux : D'après Ar'istote (De sensu et sensilibus, ch. 5) :« L'or est 
inodore; le cuivre, lefer sont odorants; l'argent et l'étain moins que les autres. 

Il y avait un cuivre indien de même couleur que l'or parmi les vases du tré- 
sor de Darius; les coupes de ce métal ne se distinguaient que par l'odeur (De 
}7iirabilibus, ch. 49). 

Minium, Rubrique ou matière rouge. — \j.Ch-z; — 

Sous ce nom on trouve confondues un grand nombrede substancesrouges 
d'origine minérale, telles que, d'une part: 

Les oxydes de fer (sanguine, ocre brûlée ou usta, hématite). 

Lesoxydes de plomb 'minium et congénères) et peut-être l'oxyde de mer- 
cure (confondu avec le cinabre), ainsi que le protoxyde de cuivre ; 

D'autre part, le sulfure de mercure (vermillon, cinabre), le sulfure d'ar- 
senic (réalgar, appelé aussi sandaraque), le sulfure d'antimoine sulfure artifi- 
ciel précipité et kermès minéral), son oxysulfure, et divers composés métal- 
liques analogues, que les anciens ne savaient pas bien distinguer les uns 
des autres i^voir plus haut l'article cinabre, et plus loin Van'icls plomb). 

Ainsi les mots rubrique, rubrica (μ.0ν-5ς), minium, cinabre, vermillon, 
sont-ils souvent synonymes dans les anciens auteurs. 

Laisinojjis, ou rubrique de Sinope (i), était à proprement parler un oxyde 
de fer naturel et artificiel (usta); mais ce nom a été aussi donné à notre 
minium (oxyde de plomb) et à notre sulfure de mercure. 

La terre de Lemnos (2) était aussi une rubrique (probablement un per- 
oxyde de fer hydraté) ; on la vendait sous cachet. 



(1) Diosc, Mjt. méd., V. iii. — 
Pline, //..V., l.XXXV, 16; XXXVI, 27. 



(2) Pline, H. X., 1. XXXV, 14. 



202 



INTRODUCTION 



La sinopis, broyée avec du sil brillant ι ocre jaune) et du melinum (argile 
blanche), donnait le leucophoron, matière employée pour fixer l'or sur le 
bois (i).. 

Le minium ou ammion (petit sable) désigne : 

Tantôt un oxyde de plomb, dans le sens d'aujourd'hui, oxyde obtenu par 
la calcination ménagée de la céruse et nommé aussi iista, comme l'ocre (2), 
ou bien encore/aiisse sandaraque (3) ; 

Tantôt le vermillon et le cinabre ou sulfure de mercure (4). 

Le minium, chauffé à parties égales avec la rubrique, fournissait lesan- 
dyx (5), nom qui a été appliqué aussi au minium seul (6). Cette confusion 
se retrouve dans certaines dénominations modernes : c'est ainsi que le 
minium de fer, employé aujourd'hui pour peindre ce métal, est formé de 60 
pour cent de minium et de 40 pour cent d'oxyde magnétique. 

Un premier germe des idées alchimiques sur la fabrication de l'or se 
trouve dans ce fait, rapporté par Théophraste (7), que l'Athénien Callias, au 
v=siècle avant notre ère, vers les commencements de la guerre du Péloponèse, 
découvrit le minium dans les mines d'argent et qu'il espérait obtenir de l'or 
par l'action du feu sur ce sable rouge. 

Le sandyx mêlé de sinopis constituait le syricum ou sericum (8). 

Ajoutons, pour compléter ce qui est relatif aux couleurs dérivées des mé- 
taux dans l'antiquité. 

L'armenium, matière bleue qui paraît être la cendre bleue, ou l'azurite ; 

Et le ceruleum ou azur (9), mot qui désigne à la fois une laque bleue, 
dérivée du pastel, et un émail èZezi, fritte ou vitrification, obtenu avec du na- 
tron, de la limaille de cuivre et du sable fondu ensemble (Vitruve). 

Parmi les couleurs vertes, on cite l'œrugo, le verdet, la chrysocolle 
(malachite; cendres vertes et sous-carbonates de cuivre). 

Les couleurs jaunes étaient : l'ocre ou sil, parfois mêlé de matières végé- 



(1) Pline, H. iV., 1. XXXV, 17. 

(2) Pline, H. N., 1. XXXV, 20. 

(3) Le même, 22. 

(4) Vitruve" — Dioscoride, Mat. méd. , 
1. V, 109. — Pline, H. N., 1. XXXIII, 
3; à 41. 



(5) Pline, H. N., 1. XXXV, 23. 

(6) Diosc, Mat. méd., 1. V, io3. 

(7) De Lapidibus, 58, Dg. 

(8) Pline, H. N., 1. XXXV, 24. 

(9) Pline, H. N., 1. XXXIII, 57. 



NOTICES DIVERSES 263 

taies; l'arsenic ou orpiment; les sous-sulfates de fer (misy et congénères); 
parfois la litharge, le soufre, l'or en poudre: enfin diverses matières ve'gétales. 

NiTRUM — v{-pov — natron, — à proprement parler notre carbonate de 
soude. 

C'est par erreur que la plupart des éditeurs des auteurs grecs ou latins 
traduisent ces mots par nitre ou salpêtre, substance presque inconnue dans 
l'antiquité, et qui apparaît seulement à partir du vi» siècle à Constantinople, 
avec le feu grégeois dont elle était la base ι li. 

Les anciens parlent aussi du nitrum factice, préparé avec les cendres de 
chêne, c'est-ù-dire du carbonate de potasse. 

Spuvta nitri, àsp:; νίτριυ ou άορίν.τριν. — Se trouve dans des cavernes- 
Ce devait être dans certains cas du nitre vrai. 

Opérations Alchimiques. — Voici le nom de quelques-unes des opérations 
signalées dans les écrits des Alchimistes Grecs; j'ai cru utile de les réunir 
ici pour la commodité du lecteur (2). 

άναζωπύΐωΐ'.; Régénération par le feu: coupellation. 

ανάλυσες Dissolution, désagrégation. 

άποΐείρωιις Décantation. 

άχλύωι•.; Obscurcissement de la surface brillante d'un métal, 

par oxydation, sulfuration etc. 

έκστρίφή, εχιτρεψ'.ς . Extraction, transformation. 

έλαίω;'.; ... Graissage; Transformation en huile. 

έςίωιις Réduction, affinage. 

έξυδάτωΐ'.; Dessiccation; opération par laquelle on dépouille un 

corps de sa liquidité. 

έπ:5ολα•' Projections. 

'ΐ'ψη:•.ς Décoction. 

Γωΐ'.ς Oxydation; affinage; coloration en violet ^v. p. 255j. 

καΰσ'.ς Grillage; calcination. 

λείωΐ'.ς Pulvérisation; délaiement. 

\-.•χ/Μζ:ζ Blanchiment. 



(i)Voirmon ouvrage :S!ir/.7/orcerf(.'s 1 (2) Voir aussi ce volume, p. 210. 

matières explosives, 3= éd., t. I, p. 352. | 



264 INTRODUCTION 

μελάνωτι; Teinture en noir. 

οπτηΐ'.ς Torréfaction. 

ζάνΟωσ'.; Teinture en jaune. 

τ:λύ'•.ς Lavage. 

σηψ'.ς Putréfaction, décomposition. 

υλη Matière. 

<f -jj'.ç Nature, qualité intérieure. 



Or. 

Rappelons sa coupellation par le sulfure d'antimoine, qui en sépare 
même l'argent. On fond ensemble ; la fonte se sépare en deux couches ; la 
couche supérieure renferme les métaux étrangers, sous forme de sulfures 
unis à l'antimoine; la couche inférieure contient l'or et le régule d'anti- 
moine. On répète la fonte deux ou trois fois ; puis on soumet l'or à un 
grillage modéré, qui brûle l'antimoine ; en évitant de chauffer trop fort 
pour ne pas volatiliser l'or. 

En raison de ces propriétés l'antimoine était dit au moyen âge le loup 
dévorant des métaux; ou bien encore le bain du roi ou du soleil. Mais elles 
ne sont exposées très explicitement que vers la fin du moyen âge. 

Paros et PoRus (i). 

La pierre appelée /oz-mî, était blanche et dure comme le marbre de Paros; 
mais moins pesante. Ces deux mots sont parfois confondus dans les Papy- 
rus de Leide. 

Plomb : On distinguait 2 espèces, le noir et le blanc, ce dernier assimilable 
à notre étain (2). 

Du plomb noir on extrayait aussi l'argent. — Il était soudé par l'intermède 
de l'étain. Le métal de première coulée, obtenu avec le plomb argentifère, 
s'appelait stanmim; le second, argent; ce qui restait dans le fourneau, 
galène. La galène refondue produisait du plomb noir. 

On voit que le mot stamnim signifie ici un alliage d'argent et de plomb. 
Quant au mot galène, il n'avait pas le même sens qu'aujourd'hui, où il veut 
dire sulfure de plomb. 

(i) Pline, H. N., 1. XXXVI, 28. | (2) Pline, H. N., 1. XXXIV, 47. 



NOTICES DIVERSES 205 

Chez les anciens, le plomb était souvent confondu avec ses alliages d'étain, 
aussi bien qu'avec l'antimoine (v. p. 224I et le bismuth, métal plus rare et 
dont la découverte est moderne. 

Plomb lavé. — 7:£zXj;;.£v:;^:Ajîî:; (i). 

Voici la préparation de cette substance. 

On broie de l'eau dans un mortier de plomb avec un pilon de plomb, 
jusqu'à ce que l'eau noircisse et s'épaississe : ce que nous expliquons 
aujourd'hui par la formation d'un hydrocarbonate de plomb, résultant de 
l'action de l'air et de l'eau sur le métal. — On lave par décantation. — On 
peut aussi broyer de la limaille de plomb dans un mortier de pierre. 

Vincent de Beauvais [Spéculum majus, VIII, 17) décrit la soudure auto- 
gène, plomb sur plomb, qui a été regardée comme une invention moderne. 

Plomb brûlé, — v.v/.xj^vizç μ;λυβΐ:ς (2). — Voici la préparation de ce corps : 

«On stratifié dans un plat des lames de plomb et de soufre. On chauffe, on 
remue avec du fer, jusqu'à disparition du plomb, et transformation en une 
sorte de cendre. D'autres remplacent le soufre par de la céruse, ou par de 
l'orge. Si Ton chauffe le plomb seul, le produit prend la couleur de la 
litharge ». — Le produit obtenu par ces procédés est un sous-oxyde de 
plomb, mêlé, suivant les cas, de sulfure et de sulfate. 

Scorie [de plomb] (3). — Corps jaune, vitreux, analogue à la céruse, ou 
plutôt à notre litharge impure. 

Spode [de plomb] (4). — V. l'article jEs, sur le seiis du mot spode. 

Pierre plombeuse (5). — C'est notre galène (sulfure de plomb)? 

Galena. — Minerai de plomb (6), employé dans la fusion de l'argent. On 
appelait aussi de ce nom le résidu des fontes du plomb argentifère (v. plus 
haut). 

Molybdène — •y.'i.ùizx'.-i-x [-). « Ce corps est produit dans les fourneaux d'Or 
et d'argent. Il est jaune, et devient rouge par le broiement; il est semblable 
à la litharge». — Ce nom a été aussi étendu à la plombagine (notre graphite) 



(1) Diosc, Mjl. méd., 1. V, gS. 

(2) Diosc, Mat. niéd., 1. V, 96. 
Pline, H. N.. 1. XXXIV. 5o. 

(3) Diosc, Mat. méd., 1. V, 97. 
Pline, H. K.. 1. XXXIV, 49, 5i'. 



(4) Pline, H. N., 1. XXXIV, 12. 

(5) Diosc, Mat. méd., 1. V, 98. 

(6) Pline,!. XXIII, 3i. 

(7) Diosc, Mat. méd., 1. V, 100. 
Pline, H. N., 1. XXXIV, 53. 

34* 



266 



INTRODUCTION 



et à notre galène (sulfure de plomb natif). — On en a rapproché encore (i) 
la scorie d'argent, appelée aussi helcysma ou encauma. 

Le mot molybdène a été suivant l'usage fâcheux des modernes, détourné 
de son sens historique par les chimistes de noyé temps, pour être appliqué 
à un métal inconnu de l'antiquité. 

Litharge (2). — Elle se préparait avec un sable (minerai) plombeux, ou bien 
elle était obtenue dans la fabrication de l'argent, ou dans celle du plomb. — 
La litharge jaune s'appelait chrysitis; celle de Sicile, argyritis; celle de la 
fabrication de Fargent, laiiriotis (mot qui rappelle les mines du Laurium) : 
«ce sont à proprement parler les écumes d'argent, produites à la surface du 
métal; la scorie est le résidu qui reste au fond» (Pline). 

Céruse — ψιμ.ύΘιον (3). — Les anciens ont indiqué le procédé de préparation 
de la céruse par le plomb et le vinaigre. — Dioscoride décrit aussi sa torré- 
faction (οπτητέον), sa cuisson (καΰσαι θέλων), laquelle lui donne une couleur 
rouge et la change en sandyx (minium). 

Minium (v. p. 25 1,260; Rubrique). — Rappelons que ce mot a désigné non 
seulement le sur-oxyde de plomb, appelé aujourd'hui de ce nom, mais aussi 
le vermillon, le cinabre, le réalgar et certains oxydes de fer. 

PSEUDARGYRE. 

On lit dans Strabon (4) : « Près d'Andira on trouve une pierre qui se change 
en fer par l'action du feu. Ce fer, traité par une certaine pierre, devient du 
pseiidargyre, lequel, niôlé avec du cuivre, produit ce que l'on appelle ori- 
chalque. 

Le pseudargyre se trouve aussi près du Tmolus. » 

Était-ce du zinc, ou du nickel, ou un alliage? 

Samos (pierre de). — C'est le tripoli. 

Sel (5). — Sel fossile naturel, notre sel gemme, ou chlorure de sodium — 
sel de Cappadoce, sel factice obtenu par l'évaporation des salines. 

Laniigo salis. — "Αχνη αλός. — Paillette écumeuss, produite par l'eau de 
mer déposée sur les rochers. 



(i) Diosc, 1. V, 101. 

(2) Diosc, Mat. med., V, 102. 

(3) Diosc, 1. V, iu3. — Pline. 
ΧΧΧΠΙ, .^4. — ViTRUVE, 1. Vll.ch. 7. 



(4) Liv. XIII, 56. 

(5) Oiosc, Mat. méd., 1. V, i25, i3o. 
- Pline, H. N., 1. XXXI, 39-45. 



NOTICES DIVERSES 267 

Saumure — muria. — \'/,\j.r,. 

Flos salis, — άλ:; à'vO:;. — ElUorescences salines et odorantes, couleur de 
safran — elles surnageaient dans certains étangs, ainsi que dans l'eau du Nil. 

Favilla salis. — Efflorescence blanche et légère. 

Sélénite (i) ou aphroselinon, pierre de lune, pierre spéculaire, glace de 
Marie; blanche, légère, translucide. 

Ce mot désigne notre sulfate de chaux et notre mica, ainsi que divers sili- 
cates, lamelleux et brillants. 

Soufre (2). — Soufre vif, ou apyre. 

Pline ajoute : Ignium vim magnam ei inesse; il renferme beaucoup de feu 
— sans doute parce qu'il s'allume aisément. 

Terres (3). 

On désignait sous ce nom divers calcaires et surtout des argiles blanches, 
ou grisâtres, employées : 

Soit comme fondants en métallurgie; 

Soit comme base de poteries en céramique; 

Soit comme ciments dans les constructions; 

Soit comme supports de couleurs en peinture; 

Soit comme collyres, et pour divers autres usages, en matière médicale. 

Ces terres étaient lavées à grande eau, mises en trochisques, cuites dans 
des plats de terre, etc. 

On distinguait : la terre de Chio, la terre de Samos et la pierre de Samos, 
la terre cimolienne, la terre d'Erétrie, la terre de Melos (assimilée autripoli) 
la terre de Sélinonte, la terre de Lemnos (v. Rubriquep. 25i, 260), le Pai-œ- 
tonium, la pignitis, Vampelitis ou schiste bitumineux, etc. La terre de Lem- 
nos était une sanguine, ou oxyde de fer hydraté. 

Trempe — Teinture — Βα;ή. 

La trempe du fer était connue de toute antiquité. Homère en fait mention 
dans rOdyssée (1. IX, SgS). Les alchimistes grecs y ont consacré plusieurs 
articles que nous reproduirons. La trempe du bronze est aussi décrite par eux. 



(i) Diosc, 1. V, i58. ■- Lexicon 
Alch. Rulandi, p. 289 et 427. 

(2) Diosc, 1. V, i23. — Pline, //. Λ'., 
1. XXXV, 5o. 



(3) Diosc, Λ/αί. méd., l.V, 170 a 180. 
— Pline, H. N., 1. XXXV, 3i, 32, 53 
à 55 ; XXXVI, 40, etc. — Lexicon 
Alch. RuLindi, p. 463. 



258 INTRODUCTION 

Il est digne d'intérêt que le môme mot βαφή signifie : 

1° La trempe des métaux; 

2" La teinture des étoffes, du verre et des métaux; 
■ 3» Par extension la matière colorante elle-même, 

4° Et aussi le bain dans lequel on la fixait. 

TuTiE. — Le nom detutie, qui semble ancien (3), n'apparait avec certitude 

— qu'au temps des Arabes. Il a désigné surtout le pompholyx, oxyde de zinc 

impur. Mais il a été appliqué aussi à toute cadmie, toute fumée des métaux, 

et il en a souvent remplacé le nom chez les alchimistes du moyen âge. On 

en a parfois rapproché la magnésie (v. ce mot). 



( 1 1 On trouve la mention de la Tutia 1 latin de la Bibliothèque nationale de 
Alexandrins (manuscrit -i6i du fonds I Paris, f. i3). 



COLLECTION 



ALCHIMISTES GRECS 



TEXTE GREC 



NOTE PRELIMINAIRE 

Sl!R LES ABRKVIATIONS, LES SIGLES DES MANUSCRITS, ETC. 



Les variantes et autres remarques paléographiques sont indiquées par les abrévia- 
tions usuelles des mots latins addit (add.), omittit (om.), correxit (corr.), fartasse 
legendum (f. 1.), fartasse melius (f. me\.), fartasse delendiiui If. del.). — Corr. conj. 
désigne une correction conjecturale. 

Folio est abrégé f. ; recto, r. ; verso, v. ; page, p. 

Le ms. 29q de S'-Marc, à Venise [W s.], a pour sigle M ; — les mss. de Paris 2327 
(de l'an 1478), A; — 2 32 5 (χιιιβ s.), Β; — 227? (de l'an 1465), C; — 2326 (xvi<^ s.Î, D; — 
2329 (xvi-xvii!• s.), E; — 2249 (xvi" s.), K; — 225o, 225i, 2252 (xYii« s.), L ou La, 
Lb, Le; — 2419 (de l'an 1460), R; — 1022 du supplément grec (xvii= s.j, S ; — le 
ms. de la Laurentienne, à Florence, lxxxvi, 16 (de l'an 1492), Laur. 

Conformément h l'usage adopté généralement aujourd'hui, les mots placés entre 
crochets droits [ ] sont ceux dont on propose la suppression ; les mots placés entre 
crochets obliques < >, ceux que l'on propose de suppléer. 

La sigle d'un ms. est suivie de rabréviation mg. (par ex. : M mg.) lorsque les mots 
qui suivent sont placés en marge de ce ms. 

On a négligé le plus souvent les variantes qui portent : i" sur le ν final éphelkys- 
tique suivi d'une consonne (par ex. : 'h-:•/ -i ^ά,^ιμαζον), d'un usage presque constant 
dans M ; 2° sur la confusion de voyelles causée par l'iotacisme (βηχο; pour SiV.o;) ; 
3° sur la ponctuation. On n'a reproduit, d'ailleurs, dans les notes, que les variantes 
qui paraissaient contribuer à l'amélioration du texte. Les autres variantes, qui ont 
été recueillies, pourront figurer dans une publication à part. 

Le texte imprimé est toujours, sauf indication spéciale, conforme à celui du 
manuscrit sur lequel la transcription a été faite. 

Lorsque le texte grec n'a pas de titre, on y supplée par la suscription d'un titre 

en français. 

Les renvois d'un morceau à un autre sont effectués au moyen de divisions 
conventionnellesen Parties, Sections ou Morceaux et Paragraphes. (Ex. : Cp. I, 1 1 1,5 : 
Comparez I''" partie, nr morceau, § 5). 

Les notes philologiques suivies des initiales M. B. sont de M. Marcelin Berthelot. 
Les initiales C . E. R. signifient Ch. -Emile Ruelle. 



PREMIERE PARTIE 



INDICATIONS GÉNÉRALES 



I. I. — DEDICACE 

Publié par Bernard, dans son édition de Palladiiis, De Febribus ; 
et par Emm. Miller : Catalogue des Mss. grecs de l'Escurial, p. 410. 
Transcrit sur M, f. 5 v. 



Τήν βίβλον δλβον ώστ.ιρ èy/.£y.p'j[jLjj.£vov 
έλουσαν άθρει τήνόε, —ας Μουρών φίλος. 
Άλλ'εί θελήσο',ς τάς -ολυχρυσους ολέ€κς 
ταύτης έρευναν τάς σοοώς κεκρυ[Λ(Λένας, 
5 νοος το φαώρον o|jiu.a -ρος θείας ούσεις, 

ΰψε'. οιάρας -αν^όοοις εΰο-τίαις, 
o'jToj γραοήν οίελΟε τήν σοφωτάτην, 
καΙ ττλουτον ευρο'.ς γνώσεως ύπερτέρας, 
ζητών, ερευνών τήν τριτολβίαν φύσιν, 

10 [Λονην ούσεις νικώσαν ένΟέω τρόπω, 

καΐ -/ρυσόν αίγλήεντα τίκτουσαν ιχόνην, 
τήν -αντοττο'.ον, ήν ©ρεαΊν ιχουσοστόλοις, 
θείας έρασταΐ γνώσεως εΰρον αόνοι. 
Ταυτην έφευρών, ι^-ή γαρ δστις ή φράσω, 

ΐδ θαύααζε νουν, φρόνησιν άναρών ένθέων, 

ώς οημιουργών σίοαάτιον καΐ -νευαάτων, 
-ώς εσ•/ον οΰτίος γν^όσείος υψος |^•εγ«, 
ψυγουν, άζοκτενε'.ν τε καί ζ(οοϋν ττάλιν, 



INDICATIONS GENERALES 



10 



ώστε ξένως πλάττειν τε καΐ μορΦΟΰν ξένως 
°Ω Οα0[7.α, τήν άνασσαν υλην ολβίαν ! 
ήσπερ οιαγνους καΐ μαθών τάς εκβάσεις 
αΐνιγματώδοο; ενοον έγκεκρυ[Λ[Λένας, 
δ νους ό παγγέραστος, αί κλειναί φρένες 
Θεοδώρου πλουτοΟντος ένθέοις τρόποις, 
πιστοΟ τελούντος δεσποτών τταραστάτου 
συνηψεν, έντέθεικε συλλογή ν ςένην 
έν τηδε βίβλω -ανσόφων νοη[Λάτων, 
δνπερ σκεπών, φυλαττε, Χριστέ παντάναξ. 



Ι. II. — LEXIQUE 

Transcrit sur M, f. 1 3 1 r. — Collationné sur B, f. 2 v. ; — sur A, f. 19 r. ; — sur Ε 

(copie de A), f. i63 v. — sur L, page 249 ; — sur Védition de Bernard (= Bn). — 
Dans M, beaucoup de noms de corps sont surmontés de leurs signes. A moins 
d'indication contraire^ les leçons de M et de Bn [transcrit sur Ml sont identiques. 

ΛεΞΙΚΟΝ ΚΑΤΑ ΣΤΰΙΧΕΙΟΝ ΤΗΣ ΧΡΤΣΟΠΟΠΑΣ 

Α 

'Αφροδίτης σπέριχα εστίν άνθος yaky.oQ. 

'Αλάβαστρος εστίν άσβεστος, άπο των φλοιών των ωών, και άλας 
15 άνΟιον, καΐ άλας ά[Λ[Λωνιακάν, και άλας κοινίν. 



11. Titre dans Β : Λεξ. κ. στ. της tspî; 
τέχνης. — Titre dans ΑΕ : Λεξ. /.. στ. 
τΐ)ς ίερα; τέχνης, πρώτον Ιλληνιστ'ι μετα- 
λευτι/ον, των δε (των τε Ε) σηαειων χαΐ των 
όνοϋίάτων. — Titre dans L : Λεξ . κατά 
άλοάβητον μεταλλευτικόν των όνοι^άτων τη? 
Θείας και 'ιερά; τέ-/νης τη; έν τΐ] χ^ρυοούλω 
ταύτη βίβλω. — 12. Au-dessus de Άορο- 
διτης, AEL donnent 'Λρ/ή το3 Α, et ainsi 



de suite en tête de chaque lettre, sauf 
que Ε supprime le plus souvent les 
mots άρ/ή του. M écrit en rouge l'initiale 
du premier mot. — Β a perdu le com- 
mencement du Lexique jusqu'à l'article 
άνοροοάαα; inclus. — 14. των ώων gratté 
dans M ici et presque partout. — 15. 
Après άΐλριωνιακόν] άλας άρωνιακόν add. 
BAL, pour ap;j.ortiaxuv (M. B.). 



LEXIQUE 5 

"Ασβεστος Έρ^χοΟ των ώων έστιν ή αίθαλoυιJ^.έvη οι ' ο^ους καΐ 

ήλιαζο[/.ένη ' κρείττων γάρ έστιν γ^ρυσοϋ. 
"Αλας άνθιόν έστι θάλασσα, και άλυιη»καΙ άλος ά/^νη. 
(f. 131 ν.) Άφρος παντός είδους έστΙν υδράργυρος. 
5 Άρ^ύρζο'•^ ν5[/.α, αιθάλη θείου καΐ υδράργυρου. 
Ασηαός έστιν 6 ίος ο ά-ο της αιθάλης. 
Άχίας, άνθος λαχάς έστιν. 
"Ανθος χαλκού καλάκανθος καΐ -/αλκιτάριν και -υρίτης καΐ θεΓον 

λευκον οΐκονοαηθέν έστιν. 
10 Άλας έστΙ το οστρακον του ώοΰ, το θείον οϊ, το λευκον αύτοΟ, 

yi'ky.œ^fiov οϊ, Ό y.poy.oc αύτοΰ. 
ΆνοροδάΐΑας έστι -υρίτης και άρσένικον. 
Άφαίρεμά έστι πίτυρα σίτου. 
Αιθάλη έστιν ΰοωρ θείου και αολυβδο/άλκου. 
15 Άοροσέλτνόν έστι κώααρι; και κουοόλιθος. 
Άκρατο Ο όρο ς άγγ&ί έστιν οστοάκινον. 

ι ι ι ^ i ί ^ 1 

Άφροσύαλον ϋορίρ-'^'υρός έστιν ή ά.τ.6 apyjpo'j και λίθος σκυθερίτης. 
Ά-οσ-εραατισίΑος οράκοντός έστιν υδράργυρος. 
Άρρηκτον έστιν ά'©ευκτον.. 
20 Άετίτης λίθος έστΙν •/pυσόλιθoc, καΐ ττοοουοίτη;, και -οο-ϋυοόνοωυ.ος 

* ^ /^t ■ ' lit 1 • ' ι ι ι /.Ι ι - 

αακεδωνικος και ΤΓολύ'/ρωίΛος. 
Άκαυστωσίς έστι λεύκωσις. 
Άσκιος -/αλκός έστιν άνθος '/αλκου. 
Άλλοίωσίς έστι βαφή. 
25 Άλιχυρία έστι χρυσόκολλα. 

Άργυρόλιθός έστιν y.opofyik^ov . 



1. Rédaction de BAL : "Ασβ. Έ. 
ι. ή α'.θάλη τών ώων η λυομένη διά όζους 
7.α\ ήλ. — 11. /άλζανΟο; BAL. — 13. 
Premier article dans Β. — 14. Rédac- 
tion de BAL : Α•.θ. è. ûo. κασσ-.τε'ρου κα; 
ιχολϋβοου κα; /αλκοϊ. — 15. κο'αϊ,ο;; ΜΒΑ; 



κομαρο; EL. — 16. i. όίγγ. L. — 5. Après 
ϋδρ.] ή άπα κίνναόάρεως add. BAL. — 
20. ô χρυσό").. AL. — 21. Après Γολυ- 
-/ρωαο;] καΰστωσ;; κα; βαοη. Άλμυρία κ. 
τ. λ'. L. 



^ 



6 INDICATIONS GENERALES 

A — ασα ΰοοάργυρος λέγεται ή οία τριών θείων ά-ΰρων σύνθετος. 
*Άθι/.τον, το καθαρον και άαόλυντον. 

*"Αθικτΰν κυρίως λέγεται το άψηλάφτ,τον και άτκίαστον, και "/ρυ- 
σάνθεΐΑον. 
δ Β 

(f. 132 Γ.) Βατρά/ιόν έστι -/ρυσόκολλα, καΐ /ρυσό-ρασον. 
Βώλος θείον έστιν ώαόν. 

Βοστρυ-/ ίτης , -υρίττ,ς και ετήσιος καΐ -/ρυσόλιθός έστιν. 
Βασανιστής Ουία εστίν. 
10 Βαφή άλλοίωσίς έστιν. 

Βοτάναι -ασαι ξανθαι χρυσόλιΟοί εισιν. 
Βύνη, [Ίλαστάριον ζύθου. 

Γ 

Γάλα βοος [χελαίνης έστιν ΰοράργυρος ά-ο θείου. 
15 Γη άστε ρ ί τη ς έστι ττυρίτης, καΐ γη '/ύ^-, και λιθάργυρος, και θείον 
λευκον, καΐ στυπτηρία, και καοαεία λευκή, και ααστί^η. 
Γη αίγυπτία έστιν ή κεραμική. 
Γη σα υ. ία έστιν άρσένικον, και θείον λευκόν. 
Γάλα εκάστου ζώου έστι θείον. 
Γύψος έστ'ιν ή -αγείσα ύοράργυρος. 



•20 



Δρόσος έστιν ή ά-ο άρσενίκου ϋοράργυρος. 

Δίφρας έστιν ύοωρ ύοραργύρου. 

Δράκοντος '/ολή έστιν ύοράργυρος ά-ό κασσιτέρου. 



1. Jj,_ Μ, et au-dessus : σύνΟε-α (main 
du copiste?) ; συνθέτου Α. Leçon conj. 
— 2. L'astérisque désigne ici les articles 
qui ne figurent pas dans M. — Cet arti- 
cle-ci et le suivant sont des additions de 
AEL. — L réunit les deux articles addi- 



tionnels en un seul et les rédige ainsi : 
"AO. έστ'. τ. καθ. ζ. ά;-ΐ., κυρίως 8έ λε'γ. κ. τ. 
λ. • — 7. βόλο; Μ. — 12. βύνη Ιστ! €λ. κα; 
ζ. L. — 22. οίοα; Μ (qui écrit souvent çj 
pour 9p) ; ot'spo; L. — 24. Après καΐϊ.] 
ήγουν ά-ό κ!νν»5άοΞ(.)ί add. BAL. 



LEXIQUE η 

Ε 

"Ελκυ'τυ.ά ïizvi b άνακαυΟί'.ς [Λολυβοος. 
Εγκέφαλος έ^Τ'.ν άσβεστος των coco ν tcôv cpXotcùv. 
Έψησίς έστι σκό— ησις καΐ AîÎcotu καΐ ο-ττ^σις. 
5 Έΰίβλησίς έστι συλλείωσ',ς καταστ:coL;.έvη. 
Έλαιον τα άνθη τοον βάφουν είσιν. 

Έκλεκοσίς έστι Λεύκωσις, καΐ επιστροφή και ύύραργύρωσις. 
*Έξίιοσίς έστιν εκστρεψις αετά ζωαου, τουτέστι ιχεταβολή. 
*Έτήσιος, Ό -/ρυσόλιΟος. 
10 ζ 

Ζ υ (Λα ρ ιό ν έστι ΟεΓον. 

!f. 132 ν. Ζοο^.ος βαοικός έστι καλακάνΟη οΐκονοαηθεΓσα. 

Η 
Ηαισίόαατά εΐσιν αϊ αΐΟάλαι. 
1,0 'H-/o'j;j.éviov έστι κνήκου άνθος. 
Ηλεκτρόν έστι το τέλειον ξηρίον. 
Ηλίου ^αίται εΐσιν θείον ά-ο ήλιου. 
"Ηλίου οίσκος έστιν ύοράργυρος άττο -/ρυσοΟ. 

Θ 

21 θεΓον λευκό ν έστιν αιθάλη Οοοαογΰοου -αγεΐσα υ.ετά του λευκού 
συνθέαατο;. 



2. άνϊχαυοΟΐ!; ΒΑ ; άνα/.ααφθΞΐ'ς L. — 
3. -ών φ. τ. ώων AL, f. mel. Cp. ci-des- 
sus l'art. Άλάόαστρο;. — 4. σ/ορπισ'.; 
BAL, f. mel. — 6. s'.îi] έστ:/ (placé 
après P..) AL. — 7. Après ύδρ.] των 
ε!5ών add. BAL. — 8. .\rt. ajouté dans 
AL. — 9. Art. ajouté dans BAL. ^ 
Après Ιτ.] λίβος add. A supra lineam; 
λίθος εστίν add. L. — 11. Après cet article, 
on lit dans L : Ζύμη εστί σύνθηιχα σω[ϋΐάτων 
σΐίν αίθάλη ή-^ουαενίου -/.α; /.νί/.ου όίνθει. — 



12. ζαλαζίνΟη tJyO'jv /άλζανθος Α. Réd. de 
L : Ζωμό; β. έ. -/άλζανβο; οίζονομηΟε:';. 
Après ο'./.ονομ.] κατά την τε'/νην add. AL. 

— Ιδ. zv'.zou mss. partout. — 17. ά;:ό ηλίου] 
Λ -.ô suivi dans M du signe du soleil ou 
de l'or, avec esprit rude. F. 1. -/ρυσοϋ. 

— 18. 7^ρυσο3] signe sans esprit dans M. — 

20. 2« art. de L dans la lettre Θ. — 

21. σ■JvOJ{;JLατo;BAEL, ici et presque dans 
tout le contenu de cette famille de 
manuscrits. 



8 INDICATIONS GENERALES 

*ΘεΓον λευκόν έστιν Ό χρυσετήσιος λίθος, Ό αιματίτης. 

θείον υγρό ν έστι τα δύο στί[Λμ.ι και λιθάργυρος. 

θεΓον άκαυστόν έστιν αιθάλη και υδράργυρος. 

ΘεΓον ύδωρ έστι τά άσπρα των ώων, και jj.apjj.apov τα διοργανι- 
5 ζό[J.εvov. 

θαλλοι φοινίκων είσι θείον λευκόν. 

θείον άκαυστόν, το άπα αρσενικού και σανοαράχης ύδωρ [α.ιγέν 
και λευκανθέν. 

θείον άθικτόν έστιν εν τοις ζωρ.οΓς ό ν.ρ6-/.ος, και ΘεΓον ΰδωρ έστι 
10 το άπολελυαένον το οι ' άσβεστου και αλαβάστρου. 

ΘεΓον κρε[Λαστόν έστιν ύδωρ. 

θειώδη είσι τά μεταλλικά. 

ΘεΓον ΰδωρ έστι το έκ μολύβδου έψούμενον. 

ΘεΓον βδωρ εις τήν ξάνθωσιν οτι οίνος άμηναΓος μετά έλυδρίου. 
15 ΘεΓον σχιστόν έστιν άρσένικον. 

θεΓα δύο λέγονται, καΐ ούκ είσι δε συνθέματα, οτι ΘεΓον έργον 
άποτελοΰσι. 

θηβαϊκόν μάρμαρόν έστιν ά'σβεστος των ώων και τί- (f. 133 Γ.! 



τανος, και σχιστή στυπτηρία, και ή απο 
20 ά'πυρον. 

θεΓόν έστι το Τιΐι.ίτζρον όζος. 

ΘεΓον λευκόν έστι μόλυβδος οικονομηθείς. 

ΘεΓον γοίλγ,ός έστιν οικονομηθείς. 



Μήλ 



ου ο εστί 



ΘεΓον 



1. 3" art. de L, ajouté dans AL. — 
2. 4° art. de L.— ό λιθ. L.— 3. i<"-art. 
de L. — 4. 5" art. de L. — άσπρα] λευζά 
BAL. — 6. θαλλο'ί] θάλη Α. — Après 
λευζόν] ri χάι puis l'art, suivant BAL. — 
7. Après Θ. S.-/..] ήγουν add. BA. — 9. 
G" art. de L,qui continue comme MBA 
jusqu'à l'article ΟεΓον CScop έστι inclus. — 
ό έν τ. ζ. /.p. L. — 10. κα'ι cm. BAL; 
f. del. — 11. θείον i. xp. il. L. ^ 14. 
après ξανΟ.] ότί^; αρσενικού add. ΒΑ. — ώχη- 



νέοζΒΑ. Dans un fragment épigraphique 
de redit de Dioclétien de pretiis rennn 
re'cemment découvert par M. Paul 
Monceaux (Alger 1886), fragment dont 
le texte est généralement correct, on lit 
o!vo; αμ;ννεο; et 0. αμινν'.ος. On rencontre 
dans nos mss. alchimiques : aij.r,vicÎo;, 
άμηνε'ος, άμινε'ος, άμ,υναΐοζ, άμοίνεος ; f. 1. 
à[j:;'vvioç. — 16. οτι] άλλ ' 'όν. ΒΑ. — 18. 
ια° art. de L. — των ώων gratté M. — 
'21. ne art. de L. 



LEXIQUE 



Ίος ξυστός ίσ-.'.ν αιθάλη, καΐ ■/^'j'jiv..oKkaL. 

Ίός έστι ξάνΟωί7ΐς, καΐ ΰοωρ θείον άΟικτον, και κώΐΛαε',ς σκυθική, 
και ίσατις ίνοική, και βατράχιον, και -/ρυσό-ρασον, καΐ -/ρυσί- 
5 κολλά. 

Ιερός λίθος έστΙ -/ρυσόλιθος, 

*Ίερος λίθος έστι το απόκρυφον αυστήριον. 

Κ 

Καυστή κοτττική έστι φέκλη και άορος αργυρού. 
10 Κότυρος /ρυσοΟ άμυ,ος έστι -/ρυσόλιθος 

Κασσίτερος έστι κιννάβαρις. 

Καλάϊνόν έστιν ύδωρ άσβεστου. 

Κιννάβαρίς έστιν ή έν λέβησιν έψουυιένη αιθάλη. 

Κνούφιόν έστιν ά'ιχζυξ. 
15 Καπνός κωβαθίων έστιν αιθάλη. 

Κόλλα αττική, άαυγοάλης δάκρυον. 

Κό(Λ[Λΐ έστι λέκιθος. 

Κλα υ λιανός έστιν ά'σβεστος των ώων, καΐ αίγειρος και κασσία. 

Κώααρις σκυθική έστι θείον, και άρσένικον αετά -άντων αύτης 
20 των όνουιάτων. 

Καδαεία έστι ααγντ,σία. 



2. après Ίός] -/ρυσοΰ add. L. — ή αϊβ. 
ζϊ! η ypjîd/.. L. — 3. après ξάνθωσις] 
■/.α; /ρυσοζολλι add. AL. — κόμαρ'.; Μ: 

κωμ. σκ. souligné dans L (p. 263) et en 
mg.. note d'une main du XVII" siècle : 
infra 265, 267; Cp. ci-dessous p. 10, 
1. 6, note. — 7. Article ajouté dans AE. 
— 9. àspo, puis le signe de la lune MB ; 
άφροσέλινον A. — 10. Ko'-po;, le signe de 
ΓοΓ, puis ααΐΛο; sans esprit ni accent 
1= χρύιαμμο'ς) έστίν /ρυσολιθο; (en signel 



M ; — Κόπρος έστι χρυσός (signe de l'or): 
και âjji.È. χρυσόλ. ΒΑ; Κόπρος i. -/ρυσός (en 
toutes lettres), και άμ. και ypucjo).. L. — 
11. κασσ:ττ)ρος M presque partout. — 14. 
κνουο'.ν (sans accent) M. — άμπ;;?] f. 1. 
αμδιξ. — 15. Après αιθάλη] άρσεν.ζοϋ add. 
B.AL. ^ 16. Après άττ.] Ιστ'ιν add. L. — 
17. λε'κηθος M ; λεκινθος A ; λεκονΟος Β et 
du Ciinge. — 18. των ώών gratté M. — 
κασίν MBA. — 19. αΰτης] χΰτοΰ L, f. mel. 



ΙΟ' 



INDICATIONS GENERALES 



Κί 



κινον 



ελχιέν ίστι ζο à-o των άγριων 



τΰκιον ■ -ολλοι γαρ 



τοιούτον σκευαίουσι. 
Κηρίον το στερεόν είσι τα στερεά σώ[Λατα. 
Κα Οσον έστι λευκανον. 
5 Ινάλαυ,ός έστι το ΟεΓον. 
(f. 133 ν.) Κώμι,αρίς έστιν άρσένικον. 
Κνιπειον αΤίλά έστιν ΰδωρ αλαβάστρου οίκονουιηθέν. 

Λ 

Λάπαθου χαλκός έστιν οξος. 
10 Λίθος Διονυσίου έστΙν άσβεστος. 

Λευκόλιθός έστι πυρίτης. 

Λίθον τον ού λίΟον άσβεστον είναι λέγουσιν, καΙ αίθάλην λειουαέ- 
νην δΓ οξους. 

Λιθοφρύγιόν έστι στυ-τηρια. 
15 Λέπυρα των κωβαθίων είσΐ τα θειώδη, ττλέον οέ το άρσένικον. 

*Λαχας χιας έστιν άνθος. 

Λιθάργυρος λευκή έστι ψψ.υ.ύθιον. 

Λευκό•/ άλκιόν έστιν ύδωρ θείου άπύρου. 

Λοκό-ινός έστιν Ό βάπτων εις βάθος και ριή άποπτυων. 
-20 Λίθος φρύγιός έστι στυπτηρία, ήγουν θεΓον. 

Λευκόφανόν έστι το δύνον εις βάθος. 

Μ 

Μόλυβδος έστιν παρει^φερές ψΐ(Λ[/.ύθιον. 



1. Après ελ.] ΙστΊ add. L. -^ 2. τού- 
το L, f. mel. — 3. Réd. de L : Κηρίον 
η zupiov έστΙ τό στερεόν ή τά στ. σώαατα ; 
■/.υρ:Όν Α; στερείον Βη. — 6. L mg. (p. 
267) : Sïi/!ra 2G5, 263. — 9. όδξοςΒη. — 
12. Réd. de L : Λίθος à où λίθος έστ'ίν 
άσβεστος, •/αι αιθάλη λειουριε'νη μετ' δξους. 
— 14. ΛιΟοφρύγιο; L. — 1.5. λη:;υρατών Μ. 



— 16. Art. ajouté dans AL. — λ«-/άς /ίας 
Α. — 17. ψιμύΟιον Μ partout ; ψ:μ|χ:θίον 
ΑΒ partout ; ψιμμύθιον L partout. — 
18. Après ίίΐωρ, le signe de Οετον ά-υρον 
dans M. — 19. Αευχό;:ινο; BAL, f. mel. 

— 20. L place cet article avant le précé- 
dent. — 21. ούνον] ουομένον L. — 23.π3ΐρεμ(ρ.] 
όμοιος L. — ψιμυθιω L ; ψιμμιΟ Β. 



LEXIQUE 



Ι Ι 



Μαγνησία εστί u.o'A'j€ooz λευκός καΐ —υρίτης. 
Μαγνησία έστΙν ά-αλάκιστον οξος, καΐ ή άνάσ-ασις. 
Μαγνησία έστΙ στί[λ[Αΐ θηλυκον το /αλκηοόνιον. 
Μαλάγματα είσι -ττάντα τα ξανθά καΐ τελειούαενα. 
δ Μία ούσ'.ς έστΙ θείον καΐ bo^i-^^jz^j^ θ'.7.οόζως οίκονοιχηθέντα. 
Μέλαν ίνο'.κόν ά— ο ίσάτιος γίνεται κχί -/ρυσολίθου. 
Μίλτος ορεινή έστι ιχίσυ ξανθον μετά αύτορρυτου. 
Μέλι άττικον, και μόλυβδος ύύωρ θεΓον έστιν. 

'f.l34 ν.) Μόλυβδος ημών έστιν ή ν,τ.ο δυοΐν στίμμεοον και λιθάργυρου. 
10 Μόλυβδο•/ αλκός έστιν γρυσόκολλα. 

Μυστήριον παντός μεταλλικοΟ λίθου έστι πυρίτης. 

Μεγάλη βοτάνη έστι κριθή. 

*Μέλαινα νεοέλη έστιν αιΟά/.η και -/ρυσόλιθος. 

Ν 

15 Νεφέλη έστιν αιθάλη θείου. 

ΧαΗίας ρίνισμα έστι ΆΟ^ρίω-'/ <xy.ÎYr^iJ.y. . 

Νίτρον έστι θείον λευκον ποιοΰν yyJ.xov άσκίαστον " το αΰτο άορό- 
νιτρον, και όυτίνη γη. 

*Νέοος έστΙ σκότος υδάτων, κα'ι αιθάλη, ή αίθαλουμένη ύγρότης, 
20 ν-Χΐ συμ-λεκομένη θολή. 



Ξανθή κιννάβαρις αιθάλη έστι θείων και ΰδωρ αργύρου. 
Ξανθον φάρμακόν έστι σιδηρίτης δι ' ούρους θείου οικονομηθείς. 



3. /αλ/ηο.] [ia/.E3ov'.7.ov BAL. — 4. Réd. 
de L : μάλαγιχά Ια-'. — av ήιϋτ^ιια -éXz'.ov . — 
6. ισάτιοος B.4. — /ρυσολ' M; /ρυσόλ'.Οο; 
Βη. — 7. αϋτορίτου Μ ; αυτορύτου ΒΑ. — ■ 9. 
μολυβοο'•/. έστ! λ'.Οάιγυρο; za; /ρυσο'χολλα Α. 
— 13. Art. ajouté dans BAL. — 16. 
νϊξίας M ; ναξιας πέτρας L. — Èt:l και /.ουρ. 
ΒΑ. — l.S. ρ•.τ•:νη Μ; fjT-vr, B.\L. « On 



suppose : ρτ,τίντ); (u pour η: υ;;αρ pour 
η-«ρ se lit dans la liste des signes de Al . » 
(Λί. Β). — 19. Art. ajouté dans AL. — 
20. Après συμ-λεζοαένη.] θολή add. L. 
« pour Οολο'ς. » {M. B.]. — 22. -/.■.νναζάρεως 
L ; signe de z'.vvaoap'.;dans M. — 23. Lire 
comme Bn qui proposée•. ' ο j'pou /.a; Osîoj. 
— Après 0'.7.'5voa.] κα\ ή καο;χΞ•'α add. BAL. 



Ι 2 



INDICATIONS GENERALES 



Ο 

Όστρεον καΙ ση — έας οστρακόν έστιν άσοεστο; ώων. 
Όπος καλ-άσου '/υλός έστι καλτάσου. 
Όξύγγιον ^οίρειόν έττι Οεϊον άκαυστον. 
5 Όξος κοινό ν έστι το οια λιθάργυρου καΐ φέκλης. 
Όπος τϊάντων οίνορω^^ και βοτάνων εστίν 'jù<x)p θεΓον καΐ υδράργυρος. 
υ οιοας εστί στυπτηρία. 
Όπτησίς έστιν εψησις και Ηάνθωσις. 
Όσιρίς έστι ΐλόλυβοος και ΘεΓον. 
10 Όλμος έστΙν ίγδίον. 

Π 

ΠοίΛοόλυς εστί κα-νός άσήαου. 

*ΠηΗον άντΙ τοΟ ουνάιχωσον. 

f, 134 ν.* Πυρίφευκτόν έστιν αιθάλη θείου. 
15 Πυριτης έστΙ σώρι καΐ ααγνησία. 

Πάμαελί έστιν ΰοωρ θείου. 

Πίνος έστιν 6 έξωθεν βάτζτων. 

Πυξίδες, αί οίκονομίαι αί χρήσιμιοι. 

ΠολύχρωίΛος, πορουρόχρωρ-ος. 
20 Πορφυρίτης έστι λίθος ετήσιος, και άνοροδάαας. 

Παντόρρευστός έστιν αιθάλη ή άττο —άντων ρέουσα, τουτέστιν το 
ΰόωρ το άθικτον. 

Πέτ^.λα των στεοανοπλοκων εϊσι πυρίτης και ααγνησία. 
ροοςυνας εστίν εν οςει ρρεςας. 



2. 6" art. de L dans la lettre O. — 
ô'îtp.J osTojoy M; ô's'.ov BAL. — 3. L y. 
L. — après ;στι xa).-a3oj]ooTavr,;add. AL. 
— 4. όςύγγιν M. — 5. νε^ε'/.λης A ; νεφέλ/; 
L. — 11. Ίγοτ; L. — Après ίγο•'ον] Ου'α 
add. L (lire Ουει'α). — 13. Après cet 
article, on lit dans A : -ίδας (Ε : S οίδας) 
ϊατ\ν στυπτηοία. Πττίσ:; (pour οτζτηα'.ί] έστιν 



έύηΐ'.; και ξάνθωσί; ζτ,'^'ζ (Ε : ό'σΐί;ι;) καΐ 
θείον • -ηξον ■/.. τ. λ. — 14. Art. ajouté 
dans Α. — 16. Après μαγν.] ό λευ/.όλιΟος 
add. Α. — ία. -ηξίδες AL, f. mel. — 
Après οίχ.] ε'.σιν add. L. — 20. Réd. de 
L : πολύχρ. κα\ πορφυρ. χ«Ί πορφυριτης κ. 
-. λ. -- 24. προοξ.] -ροξίσα; mss. Corr. 
conj. 



LEXIQUE 



l3 



Παροξύνας έστΙ πυρώσας. 
Πεφρυγιχένης έν ήλίω εστίν έν εξ ή(J^.έρ 
Πηλός Ηφαίστου έστΙν κριθή. 



aie 



5 'Ρίπεώς έστι νίτρον r.'j^^h-j άφρόνιτρον. 
Τεφέκλα έστΙ κυκλάαινος. 
"Ρίνη α α -/ρυσου έστι κόλλα -/ρυσοΰ. 



αυτών 



Σίδια ζηρά έστι τα εντός των αιγυπτίων ροών. 
10 Σ(5έκλη έστΙν άφροσέληνον καί σειστή στυπτηρία. 
Σάνδυξ έστι ^^ρυσός. 

Στυπτηρία έστι θε;ον λευκον, και άσκιος χαλκός. 
Σανδαρά•/η έστιν υορίρ^^υρ^^ς ή άπο κινναβάρεως. 
ΣώΐΛατά εισιν yy.Ay.iz, ιχόΚυζοος, κασσίτερος, σίοηρος ' εξ 
ΐδ στί[/.ΐΛΐ κό•/λος. 

Σώμιατά έστιν έν συνθέσει ' καλούνται •/α[Λαιλέων ήγουν τα τέσσαρα 

άτελη ιχέταλλα. 
*Στίυιυ.ι εστί κό-/λος, ή κογ•/ΰλιον. 
Στροφή καί έκστροφή έστι καυσις καΐ λεΰκωσις. 
•20 (f. 135 r.) Σπόγγος θαλάσσιος έστι καδαεία και χρυσόλιθος 
καί ιερός λίθος, το άπόκρυφον [χυστήριον το αυτό και σποοός 
άγύροί) και σρ.άραγδος και σ[Λΐρίτης. 
.jfyv., έστιν ο κέλυφος τοΟ ώοΰ. 



Μΐοηρο; 



2. Au-dessus de r^^éfx'-i : οηλονδτι (5Îc) 
A (de la main du copiste ?). — 3. η 
κριθί) L. — δ. p'jksoj; ή ρίπνο; A ; ρί~νος 
Β — Tiuppov 7.α'; BAL. — 7. ρι'νισίΑα B-^L. 
— 9. σίδ'.ν M : ίίΖίχ ΑΒ ; poiîti Ε. — 10. 
άοροσιληνον] άςγύρου Βπ. — 15. /.όχλο;] Α 
mg. Jj κοχύλη (pour κογχύλη) de la main 
du copiste. — 16.Réd. de L : îtoa. L ή 



σύνθεσι;, α καλ. — ή'γουν τ. τ. ά. μ. om Α. 
— 18. Art. ajouté dans L. (Débris de 
l'avant-dernier article). — 20. Réd. de 
BAL : Σπ. θαλ. έστι κα3με:α κα\ χρυσόλ. 
κα; (/.κ. om. L.) ιερό; λίθος κα'ι σπ. άχυ- 
ρων, κα'ι σμαρ. και πυρ. τό άποκρ. μιυστ. — 
23. Art. ajouté dans BAL. 



14 



INDICATIONS GENERALES 



Τ 

Τίτανές έστιν άσβεστος ώοΰ. 
'Το κύριον όνομα τοΟ ύγροΟ συνθέΐΛατός έστι το θείον ΰοωρ 

το δι ' άλ[Λης, και 'όζους, καΐ λοιπών. 
5 Το κυριον '6νο[χν. τοΟ στερεοΟ συνθέματος έστι τα τέσσαρα 

σώματα, κλαυδιανος, μόλυβδος, πυρίτης και υδράργυρος. 



Υδράργυρος μετά αιθαλών πηyθεîσα λευκαίνει χαλκον καΐ ποιεί 
χρυσόν. 
10 "Τδωρ σκυθικόν έστιν υδράργυρος. 

"Υδωρ θειο ν άθικτόν έστιν υδράργυρος πεπηγμένη μετά άλών. 
"Τδωρ κνήκου, το ΰδωρ τοΟ θείου το άθικτον. 
"Τδωρ μήνης, και ΰδωρ γαλκοΟ, και ύδωρ πύρινον, και ΰδωρ ύέλου, 
και ύδωρ αργυρού, και ύδωρ σανδαράχης, και υοωρ αρσενικού. 
15 "Τδωρ ποτάμιον ύδωρ ^okûSSou έστι θείον και υδράργυρος, 
"ϊσσωπόν έστιν άπόβρεγμα των ^υπαρών έρίων. 
"Τδωρ υδραργύρου βαφική έστιν ή άπο κινναβάρεως γινομένη. 
"Ιδωρ 'Αφροδίτης, και σελήνης, και αργυρού ' καΐ (ίδωρ ποτάμιον 
έστι θείον ΰδωρ καΐ υδράργυρος. 
20 "ϊδωρ θεΓον ά'Οικτόν έστι το λευκον σύνθεμα άπεργόμενον. 
"Τδωρ άπλοΟν, το άπο τριών θείων συνθέτων δι ' άσβεστου. 



2. ώοϊ gratté Μ. — 3. Α place cet 
article après l'art, υδράργυρος μετά αιθαλών 
κ. τ. λ. ■ — 5. Α place cet article avant 
le précédent. — 10. OSp.] signe de la 
sandaraque BA (signeluapsévizovpardu 
Gange); σανδαρά•/_η en toutes lettres L. — ■ 
11. 5) uSp. L. — 12. Red. de L : ΰοωρ κν. 
εσην ϋδ. θείον αΟικτον. F. 1. τοϋ θείου του 
άθικτου. — 13. Réd. de L : ΰδωρ μτ^ν-ηζ 
κ. αργύρου και χ. και αλός κα'ι σανό. κ. άρσ. 
κ. ϋδωρ πΰρ. κ. ΰδ. ποτ. ή νε^ελ,η εστί. — 



14. Après ϋδ. άρσ.] καΐ ϋδωρ ποτάμιον 
ή νεφ^η εστίν. 'Ύ^ωρ μολ. εστί 0. κ. ϋδρ. 
"νασω-.ον κ. τ. λ. ΒΑ. — 16. έρε'ων Μ. — • 
17. Réd. de L : ϋδ. ύδρ. λευκής βαφικης ί. 
ή υδράργυρος η άπό κ. γ. — Après γιν.] 
νεοΛη add. ΒΑ. — 18. σελτίνης] signe de 
la lune et de l'argent surmonté d'un σ 
M. — 19. ϋδ. θείον ΒΑ. — ύδρ.] αργύρου 
ϋδωρ Β.Α.. — 21. Réd. de L : ϋδ. άπλ. έστι 
τό δι' άσο. F. 1. τό... σύνΟετον. 



LEXIQUE 1 5 

Τοωρ το άπα άσημου λέγεται άφρος χίχΐ Βρόσοζ καΐ άφροσέληνον 

ύγρόν. 
"1 δωρ θείον το άπα υδραργύρου λέγεται <κατά> Π ε τ ά σ ι ο ν , 

και δρ άκοντος (f. 135 V.1 /ολή. 
5 "Υδωρ θεΓον πε-ηγαένον αεταβόλων (iic) ϋΒράρ^υρός έστιν άπα κιννα- 

βάρεως, τουτέστιν ή τετρασωαία. 

Φ 

Φέκλη, τρυγία oho'j ή εις τάς πορφύρας προχωροΟσα άσβεστος. 
Φοκός έστι βάίΛυια έξωθεν φαεινόν. 
10 Φάραακόν εστίν αιθάλη συντεθείσα διά της οίκονοαίας. 
Φρύξον έστιν ή οτζ'ϊτ^σο^ ή ξάνθωσον. 
*Φευκτήν, άληθινήν <βαφήν?> 
*ΦακοΟ σκωρία εστί το ^ρυσάνθιον. 



Χ 

15 Χαλκού σκωρία έστι -/ρυσάνθιον. 
Χρυσός έστι πυρίτης, καοαεία, ΘεΓον. 
Χαλκύδριόν έστιν ό γινό[χενος χρυσός, και ίωθεις ταΓς ^ειροπη- 

γαΓς ταΓς άπα θείου. 
Χρυσίτης έστι το σύνθείΛΧ των αιθαλών. 
20 Χαλκός ιατρικός έστιν ό λευκανθεΐς το αυτό και ΘεΓον και ψι- 
αύθιον. 
Χαλκού ίδρωτες, ό ζω[Λος του χ^αααιμήλου. 



1. Réd. de L : ΰοωρ açiYJ^O'j Ιστιν, άορός 
και ορόΐο; κ. ά». ύ. La confusion de 
άργυρος avec ϊιηιχος OU ασηιχον est assez 
fréquente dans les mss. — 3. λέγεται Sa 
[ΐε~άρσ;ον κα\ δρ. y. ή νεοε'λη Β ; λε'γ. δε 
(ΐεταρσιω; (sic) κ. δρ. •/_. ή νεοε'ί,η Α. — 
5. Réd. de L : ΰδωρ θείον ~επ. έστιν, ή 
τετρασω|α.•'α. — 8. οε'χλη έστιν ή τρ. τοΰ 
Οίνου L. — 10. συντεθείσα] σωθείσα (sic) Μ 



(avec un point sur Γω, du temps de 
la copie, indiquant une corr. à faire. — 
12. Débris de phrase conservé dans AE 
seulement. — 13. Art. ajouté dans AL. 
— 16. loi^art. de L. dans la lettre X. — 
κα'ικαομ. y.n'i 0. L. — 17. 2= art. de L. — 
-/ειροιτυγαι; M. — : 19. ii= art. de L. — 
20. 3" art. de L. — τα αυτό] ό αυτό; L. — 
22. §« art. de L. — Après ίδρ.] έστιν add. L- 



i6 



INDICATIONS GENERALES 



Χουσόκολλα καΐ /αΧ/.ζΧον uôcop, Ό αολυβόό^αλκος. 

Χρυσοζύμιον καΐ έλυοριον, καΙ -/ρυσοκογχυλιον καΐ iôç άσκίαστος 

θεΓόν λευκόν έστιν . 
*Χάλκανθός έστιν ό κρόκος τοΰ ώου. 
5 Χρυσετήσιος λίθος, αίι^ατίτης. 
Χαλκοπυρίτης βροντήσινος θείον έστιν mt>i^. 
Χρυσός, ολαι αϊ ψω[α.αι καΐ τά [JLέταλλά είο-ι τα ξανΟωΟέντα καΐ 

τελειωθέντα. 
Χρυσού ρίνηαα, γρυσόγ-οΚλα, και γ^ρυσοΰ άνθος, και -/ρυσοζύ[/.ιον, 
10 και ypOCÎTr^ç, και χρυσοκογχύλιον, ιός έστι και θεΓον, και 
υδράργυρος. 
if. 136 Γ.) Χαλκός έστι το οστρακον των ώων. 
Χρύσοπτά είσιν αϊ αίθάλαι αί ξανΟαί. 

Χαλκύόριον και χυτάργυρος και χολή -αντος ζώου ίος ό τέ- 
15 λειός έστιν και θείον, και χαλκός, και άρ^^'υρος και ήλεκτρον, 
πλεονασαντων των octJτωv και έ-ι το ξανθόν έρνοαένων, και 
παγέντων, έστΙν υοράρ-^ιυροζ ή ά-ό κινναβάρεως. 
Χελιδόνια έστι το έλυοριον. 

Χρυσός λέγεται το λευκόν, τό Ηηρόν, και το ξανθον, και χρυσιατά 
20 ποιου ντα άφεύκτους τάς βαφάς. 

Χρυσόκολλά έστιν ό [Λολυβοόχαλκος, τουτέστιν ό'λον τό σύνθεμα. 



— 1. Réd. de L (la"^ art.) : -/ρυσοΛί)- 
ραλλον xa' ypuaoystXz'.ov ϋ. έστ\ν ό [joXuSSo; 
κα\ ό yaAzo';. — y^aXy.îTov] ypuiOya),7,stov ϋ. 
ό μόλυβδος και ό χαλκό;. Β. — yρυσoyαλ- 
ζεΐον ίί. έσ-Ίν (la suite comme Β) Α. ^ 
2. 1 3" art. de L. — χρυσοζώμιον BAL, 
f. mel. — Réd. de AL : ... και ιός άσκ. τό 
θείον εστί τό λευκόν ήγουν (ή'ϋος L) ή υδράρ- 
γυρος παγεΤσα μετά λευκοί3 συνΟτ[[χατος. — 
4. Art. ajouté dans AL ; 4" art. de L. 
— 5. 14" art. de L. — ό αίμ. BAL. — 
6. 5^ art. de L. — ϋοωρ] υδραργύρου ΒΛ. 
■ — • βρονττίσιο'ς έστι θείον άο. ΰδρ. L. — 7. 
ι 5= art. de L. — y p. έστιν L. — μέταλλα] 



πέταλα BAL. — Après ξανΟ.] κα'ι λειωθεντα 
add. AL. — 9. 16'' art. de L. — ρίνισμα 
BAL qui ajoutent καί. — ypυσoζώμ■.ov 
BAL, f. mel. — 10. έστιν ό ιός L. — 12. 
6= art. de L. — των ώων non gratté dans 
M. — 13. 17= art. de L. — 14. 7" art. 
de L. — yυτpάpγ. BAL. — 17. εστί δε η 
ύδρ. L. — 19. Ι S" art. de L. — χρυσ:ατα 
sans accent M ; f. 1. χρυσεΐα τά vel χρυσ;'α 
τά. — χρυσόν (en signe) τα -. Β; χρυσόν 
(en signe] τα (sans accent) A ; y ρυσωτά τά 
-. L. — 21. 19" art. de L. — Après yp-j- 
rsoy I έστ'.ν add. L. 



LEXIQUE 



^Ί < 



Χρυσ-0 'j τφχίοα, κρόκος κιλίκιος. ♦ 

Χρυσοοοίτης, αιθάλη υιετά -/αλκοΟ οίκονο[ΛηθεΓσα, και λειωΟεί'σα 

κχΐ ÎcoOïîija. 
Χαλκό; κΰττίΐο;, ό κεκαυαένος καΙ -εττλυίΛενο;, 

5 Ψ . 

Ψωαοί ε'.7'. τά αεταλλάσσοντα τω είοει. 

Ψωυ.ίον έστΙ τέορα υοατι ουραΟεΓσα, ή τις ΰποστρώννυται τη 

κααίνω άακτΰλου rAyjC, ενός. 
Ψάυ,αο; έττΐ νουτόκολλα. 

ι 1 • /.ι 

ΙΟ ^Ι ΐΝ^υ.ΰΟιον, τό ά~ό [Λολύίοου γινόαενον. 



"£1•/ Z.OL οι ' οίνελαίου λέγονται ζάτκανοι. 
Ώατ, uosaov'J-^c, ή άτ;ό αολΰοοου γινοαένη, 
Ώΐτης λίθος λεγόαενος και τερενούΟιν κα'ι χρυσόκολλα. 
15 Ûypa αττική έττιν ο κρόκος τοΰ ώοΰ. 
Ωγ ροί αττική έ^ττιν άρσένικον. 
Ώρείχαλκός έττιν ό νικαηνος, ο οιά καοαείας γινόιχενος. 

ΤΕΛΟΣ. 



1. 20" art. de L. — B.AiL ajoutent : 

ήγουν άρσε'ν.κον, και τανίαΐά/τ;. — Après 
σφ.] έστι add. L. — 2. 2 1= art. de L. 
■/ρυσοοι'τη; Β, f. mel.; /ρυσοοϋτης AL. — ή 
|χετά y. L. — 3. Après ΐωθ.] έστιν add. 
BAL. — 4. 9« art. de L. — Après le 
dernier article du X, on lit dans MB.\: 
Τε/.ο; Tr,; ).ij/.tpjasoj; za; àpyr; τη; ξανΟοΙσΐω;. 
6. Réd. de L : M'oj;j.'J; εστίν ό ριεταλλασσυ- 
(ΐενος iv τ. 3. • — 8. Après /.«μ.] ε/ουσα 
add. L. — 10. '}'.[J.;j.. έστιν τό L. — Ι-ιο^•] 
signe du plomb dans B, surmonté des 
lettres ;j. λ. De là vient peut-être que du 
Cangc, deux articles plus loin, a lu le 



même mot : '^χγιτ,τ'α:, confondant les 
deux articles. — 12. ώ/ρα Sio'.vo (sans 
accent) λε'γ. M. — il 6ατ/.. L. — 13. Jop. 
έττιν ή L. — ;jLOÀ;6oy M ; ιχαγντ-,ηι'ας du 
Gange; μολυβοο/ άλκου L. — 14. λίθος έ. 
ό λεγ. L. — τερϊνοΟΌιν ΒΑ ; τερενούΟ'.ο; L. 
— 15. ό κρ. τ. ώ. gratte AL — Après 
woOj λε'γετα•. και |λεγ. οέ και L) το αρσε'νικον 
BAL. — 16. Art. remplacé dans BAL 
par l'addition : λέγεται κ. τ. λ. — ώρο- 
■/αλκο; Μ. — 18. Τέλος του λεξικοί Β ; 
τεΤ,ος τοΰ ιχεταλλε^τικοΟ' λεςικοϋ AL. — Ce 
lexique existe aussi dans C, qui dérive 
directement de B. 

3 



i8 



INDICATIONS GENERALES 



1. m. — ΠΕΡΙ TOT ΩΟΥ 01 ΠΑΛΑΙΟΙ ΦΑΣ1Ν ΟΤΤΩΣ. 

Transcrit sur M, f. io6 v. — Collationné sur A, f. 24 r. ; — sur Ε [copie de A), f. 
,-g r. ; — sur Le (copie de E), p. igS. — Dans M il j- a un certain nombre de 
mots grattés. On rie mentionne les leçons de Ε que lorsqu'elles diffèrent de A. 

11 Oi [jLàv /.tOov -/ά/.κιον, οι δέ λίΟον έγκέ(ρα7;ον, οί οέ λίΟον 
έτήσιον ' έτεροι λίΟον τον ου λίθον * άλλοι λίΟον αίγύπτιον ' έτεροι 
το τοΟ κόσμου μίμημα. 
δ 2] Το δέ οστρακον τούτου το ώμον λέγουσιν, χαλκον καΐ σίδη- 
ρο•/ αλκον, καΐ μόλυβδο•/ αλκον, και σώματα στερεά. 

3] Το δε κεκαυμένον οστρακον εϊπον άσβεστον, άρρενικον, σαν- 
δαρά/τ^ν, γην '/είαν, άστερίτ"/]ν, άφροσέληνον, v.^-^u^bj ο-τον, στί- 
μ•/;ν κο-τικ•ί;ν, γ•?ίν σαμίαν, καιρικ•ί]ν, κιμωλίαν, στιλβάοα, κυανον 
10 και στυπτηρίαν. 

4] Τα δέ υγρά αΟτοΟ τα άναπεμ-όμενά φησιν' ιον και ΐον 7_αλ- 

κοΟ και ΰυ(αρ yjX'AfJV γΧωρον, Οοωρ θείου άΟικτον, και •/άλ•κεον 

ύδατώδες, και χάλκεον ■ μελιτώ- (f. 107 Γ.) δες φάρμακον, και 

αίθάλ'ην, και σοόματα πνεύματα, και ττανσπέρμιον , και -ολλοίς 

Ιό άλλοις όνόμασι κέκληνται. 

5] Το δέ λευκον αυτοΰ οτ^σι -κόμι, και ίτ.ον συκ•Γ,ς, και 6-ον 
συκάμινου, και οπον τιθυμάλου. 

6] Το οέ κροκον λέγουσι μίσυ, -/αλκον, καλακάν6•/;ν yoChxoù, 



1. τοΰ ώο3 gratté ΛL — Titre dans 
Le : Ώόν των φιλοσόφων, puis : Οι πα- 
λαιοί φασι π. τ. ώ. Ο! μίν λίΟον -/άλχεον 
(la suite comme A). — 2. Rédaction 
de A : Oî μ;ν λ. y., οξ δΙ λ•'Οον àoas'v.ov, 
άλλοι λιΟ. έγκ., λιΟ. aÎTjJatov, λίβ. αΐγ., λιΌ. 
τόν οΰ λίΟ. • ε-Ηοοι δΐ τό το3 κ. μιμ,υαα. • — 
Μ mg. sur une ligne verticale en pe- 
tites majuscules onciales : ταΰτα [χυστι- 
κά,ού ουσικά. — 5. τούτου] αΰτοϋ ALc. — 
λΐ'γουσιν] έκάλεσαν ALc. — 7. είιτον] εΐρη- 
κα3:ν ALc. ■ — άρσε'νικον Α. — 8. Après 
αφροιελ-Γινον] οίςγυρον τάν ή;χών ALc. — 



9. στιλβίδα ALc. — Après κυανέν] σινο'πη 
κοττΓΐκή, γή -οντική Α; les mêmes mots 
dans Le, mais à l'accusatif. — IL oa- 
σι A, f. mel.; καλοϊσιν Le. — ιόν και om. 
Le, f. mel. — Ίός-ζαλχοϋ M. -^ 12. Οδωο 
χάλκίον ALe. — Réd. de ALc : ύδωρ 
θείον οθικτον, le signe du cuivre, puis 
[χελιτ. ΟΛ^^. αιθάλη (αΐΟάλην Le), σώμα τό 
π•/ευματι/.άν. (manque la suite du § 4.) — 
16. λ.ευζόν gratté M. — οασιν A, f. mel. 
— 18. τό δέ κρόκον αύτοΰ ALe. — λε'γουσι 
cm. A; καλοΰσι Le. — ■ καλακανΟη/αλκόν 
M; καλακάνΟιον /αλκοΟ Le. 



NOMENCLATURE DE L ŒUF 



19 



Yi\^Tno^j ο-τήν, ώyfαv αττική ν, σινώτ:ην ποντική ν, κυανον, λίΟον 
άοαένιον, κοόκον κιλίκιον, καΐ έλΰοριον. 

7] Τό οέ υ-ίγΐ^α το άζο των οστράκων των ώων και του ΰοατος 
τοϋ δια της άτοέστου εφησαν είναι υιαγνησίαν, και μαγνησίας σώ- 
ο αατα, και (Λθλυ6'δό-/αλκον, και ap-^upo^j τον ήι^ών, άργυρον κοινον, 
ψιΐΛίΛυθιον. 

8] Το δέ λευκον, ύδωρ Οαλάττιον οια το είναι το ώον στρογγύ- 
λον ώσπερ 'Ωκεανός " ΰδωρ στυπτηρίας, (ίόωρ άσβεστου, ΰδωρ σπο- 
δοκράαβης, το των άρ-/αιων ύδωρ αίγος ' (ύδωρ νόει άντι γάλακτος.) 
10 9] Το δέ ξανθον ύδωρ λέγουσιν, ΟεΓον άΟικτον, υδράργυρος ή 
ά-ο κινναβάρεως λεγομένη, ύδωρ νίτρου πυρρού, ύοωρ Vi^poO ξανθού, 
oho^J άμηναΓον. 

10] Τό οέ ξανθον συνΟεμά, οησιν, γρυσον και τον διασαπέντα 

■fpuTr^tx'zpov (?), χρυσοζώμιον, και άργυροζώμιον το των κιτρίων 

1j έστιν, το άπο του άρσενίκου, και zoù ΰοα.'ζος του θείου άπυρου. "Ωσπερ 

το κιτρον εςωΟεν έχει το ςανϋον, και εσωΟεν ε-/ει το οςωοες, ούτως και 

το άπο του άρσενίκου. θείου ατζύρου ΰοωρ έστι το '6^ος των αρχαίων. 

11] Το οέ λευκον του y/j-rjù ώοΰ καλουσιν ΰόρν.ρ•'ζΜρον, ΰοωρ 
άργυρικον, λευκόχαλκον, λευκήν αίΟάλην, πυρίφευκτον, ΟεΓον αγαθόν, 



3. όττρά/.ων et ώων grattés Μ. ■ 



4. δ! 



άσβϊ'ΐτοϋ Le. — εφησαν] οασιν Α ; /.χλοΰϊ; 
Le. — σώμα Le. f. mel. — 7. Après τό 
oi λεν/.άν] cpao'.v add. A; /.αλοϋσιν add. Le. 
— το δέ λ. ϋδωρ οασ':ν Ε. — • Sti των (•>ών 
στρογγ'.λών ώσπερ ώκιανός Α (ωκεανός Ε) ; 
δι» των ώων, κα\ στρογγΰλον, ώσπερ ωκεανό; 
Le. — 10. i] από κινν. λεγ.] τήν από κ'.νν. 
λεγομε'νην ALc, f. mel. — 12. ά;χ•.νεΌν ΑΕ ; 
άμυνϊΐον Lc. (Voir ci-dessus, p. 8, 1. 14 
et la note). — 13. oaotv A ; cm. Ε ; καλοΰσ•. 
Lc. — • κα;] τ, A; om. Le. — Après δια- 
σαπε'ντα] signe dans M dont le sens est 
inconnu et qui n'existe pas dans AELe. 
Ce signe semble une ébauche de celui 
du chryselectrum (Λ/. B.). — 14. /.'y^o- 



ζύμιον MA. — άργυροζύμίον M. — Réd. 
de A : ... /ρυσοζύμίον, τό ώόν κύτριον, τό 
ξανΟόν, εσωΟεν δέ τό ξώδε; • οΰτω και τό ά-ό 
άρσεν;κο•3 • θείου άπυρου (en signe) ύδωρ κ. 
τ. λ. — Réd. de L : τό ιόόν τάκύπριον, τό 
ξανβόνώόν,τό εσωθεν ιξώδες, τό από άρα. θείον, 
τό θείον ΰδωρ, δ έστ•. τό οξ. τ. άρ/α;'ων. (D'a- 
près la réd. de Ε, copie corrigée de A). 
— 18. Le texte des §§ 11, 12 et i3 
n'existe pas dans M. — Transcrit ici sur 
Le, p. 199. — καλοϋσ;ν] cpaiiv A, ras. qui 
répète avec de légères variantes les 
§§ 5 et 6, puis commence un nouvel 
article avec 'Τδράργυρον κ. τ. λ. Le ms. Ε 
supprime la répétition de A, après avoir 
écrit, puis biffé τό δέ λευ/.όν τοΰ αύτοΰ. 



20 



INDICATIONS GENERALES 



ύοωο θείου άθικτου, άφρον Οαλάστης, ΰοωρ -οτάα',ον, ορόα-ον, [λέλι 
άττικον, γάλα παρθενικον, γάλα αυτόρρευστον, ΰοωρ ι^ολύβοου, ίσο- 
•/άλκιον, το άφόρητον ζυμάρ'.ον, νεοέλην, διψάκιον, κρεαασ-ον άιτζο-ν 
αιθάλης. 
5 12] Σύ δέ εντούτοις ε•/ε τον νουν * ή γαρ cp'jcjiç τήν ούσιν τέρ-ει, 
καΐ ή 9'JC7i; τήν οΰο-ιν κρατεΓ, καΐ ή φύσις τήν ούσιν νίκα, ή τις 
κατααιγείσα αποτελεί το έξ ενός ζητούαενον μυστήριον, ο έστι, τά 



Οειωδο 



ΰνοα ύΰο των καταλ- 



^ειωοη ύ-ο των υειωοων κρατούνται, και τα υγ^; 

λήλων υγρών. Και εάν αή τά σώαατα άσωαατωθώσι και τά σώαατα 

10 σωΐΛατωοώσιν, ούοέν εσται το ΰροσ•οοκώυ.ενον. 

13j Δύο δε είσι συνθέματα δια σωαάτων αεταλ/ακών, και οιά 
των θείων υδάτων, και βοτάνων, α αεταλλοιουσι τήν ίίλτ,ν, ήν 
εύροις αν κατά το ζητού|Λενον. Έάν δε αή γένωνται τά ούο εν, 
και τά τρία εν, και όλον το σύνΟεαα εν, ούοέν εστ 

15 κώαενον. — Τέλος του ώοΰ. 



α ι 



τίοσζιΟ- 



1. IV. __ 0Χ0ΜΛΤ(3ΙΙυΙΙΑ ΤΟΥ ΩΟΥ • ΛΥΤΟ ΓΑΡ ΕΣΤΙΝ 
ΤΟ ΜΥΣΤΗΡΙΟΧ ΤΙΙΣ ΤΕΧΧΠΣ. 

Transcrit sur A, f. 229 r. 

1] Tô ώον έκάλεσαν τετράστοι•/ον διά το είναι αυτό κόσαου 
αίατ,σιν, ζεοιένον τά τέσσαια στοινεΐα εν έαυτώ ' δν και λίΟον 



1. •jot.j;; Oïîov όίΟ'.-Λτον Α. qui met tous 
ces mots au nominatif. — 2. ίσο-/_άλ- 
■/.tov] F. 1. ίο/άλ/.'.ον. — 4. αιθάλη;] xa; 
ταΐ; αΐΟάλα•.; A; vi ταΐ; βίΟάλαι; Ε. — 6. 
v'./.il -io; ή /.οντο A; Ή•'" Ε, et me. : 
forte -ooas'py £•:«•., val corr. v./.î. — 7. 
ίξ âvo;] F. 1. εξ αιώνος. Cp. III. XLI ; 
ά:τ' οίώνο;.. — A partir de ά-.οτύ.ίΐ, ligne 
verticale en marge de Le, jusqu'à la 
fin du morceau, ce qui dans ce ms. 



indique toujours une citation. — 11. 
§ 13] Les mss. AE donnent, pour ce §, 
la rédaction qui suit, où l'on corrige les 
plus grosses fautes : Ταΰτά έϋ-ι τά Oîia 
ίίδατα, ώΐΰερ των [χαλακών ή οία οτ,α•. (?Ι ό 
λόγος, οΰτω καΙ ζτΛ των ιχετάλλων. Έάν τ,ς 
νοηαων, δύο εΐσι συνθήματα — και βοτάνων, 
τά ~yji ~αντ\ |α.ετά των βοτάνων, αΞταλλο'.ουσί, 
κ. τ. λ. — 14. εσταιΐ έστι Α. 



LE SERPENT 2 1 

έκάλεσαν, βν κυλίει ή σελήνη, καΙ /.ίΟον τον οΰ λίΟον, καΐ λίΟον 
άετίττ,ν, καΐ άλαβάστρινον έγκέοαλον. 

2^ ΚαΙ -s υ.έν οστρακον αύτοΟ ώ-έο έστ'. c7τo•.•/εΓov ομοιον της 
γης, ψυ/ράν καΐ ζηρον, έκάλεσαν χαλκον, σίοηρον καΐ (f. 230 Γ.) 
ό κασσίτερον καΐ ΐΛολυβοον" το δε λευκον ύοωρ θεΓον" τον οέ κρόκον 
•/άλκανΟον το δε ελαιον αΰτοΰ -ΰρ. 

3] Τό ώον έκάλεσαν σ-ίρον ' καΐ τό αέν οστρακον αύτοΰ έκάλε- 
σαν δοράν* σάρκα δέ το λευκον καΐ ςανΟίν ' ψυχήν το ελαιον ' πνοήν 
ήγουν αέρα το υοωρ. 
10 4) Το οστρακον τοΟ ώοΰ έστιν ο τι αναφέρει ταύτα έκ της κό- 
-ΤΓΟου κατά ήαέρας ι' ' και λειοΓ συν Θεώ αετά οςους, ό'σον -λέον 
τρίβης -ΰλέον ώφελεΓς " όταν δέ κόψης το σύνΟεαα ή|-».έρας η' και 
άνασ-Γ,ψεις, και çr]piov ποιήσεις ' ό'ταν δέ τελείωσης, ϊτ.ίζαΧκζ της 
υδραργύρου και αν εις ■KzGi'zm où βάψης, -οίησον οεύτερον καί 
15 τρίτον. 

5] "Οτι τ.ρώ-Λν έκάλεσαν τον κρόκον του ώοΰ, ώ/ραν άττικήν, 
σινώ-ην -οντικήν, νίτρον αΐγΰ-τιον, κυανόν άραενιακον, /.ζΟλοί κιλί- 
κιον, έλΰδριον ' το δέ λευκον, τοΟ θείου ύδατος ά-ολελυαένον, οξος, 
ΰδωρ στυ-τηρίας, ύδωρ άσβεστου, ύδωρ σ-οδοκράυ.βης, καί τά έξης. 



20 Τ. V. — LE SERPENT OUROBOROS. 

Transcrit sur A, f. ig6 r. — Texte sans titre. 

11 Τούτο γάρ έστιν το [χυστήριον ο ούροβόρος οράκων, τουτέστι 

συαοαγώνεται καί συννωνεύεται, λειώνεται καί αεταλλάττεται το 

σύνθεαα έν τη σήψει " καί γίνεται αελάγχλωρον, καί έξ αυτοΟ γίγ- 

νεται χρυσάνθιον ' καί έξ αύτοΟ γίνεται έρυθρον κινναβαρίζον, ώς 

25 ©ησιν, καί αΰτη εστίν ή κιννάβαρις των οιλοσοοων. 



1. ÔV /.υλ'.ο: Α. Corr. conj. F. 1. κυ/.λοΤ. ^ 11. λΐ•'ο•. Α. Corr. conj . F. 1. XîÏO'j. 



22 INDICATIONS GENERALES 

21 Ή δέ -ΑΟΐΚίχ καΐ δ νώτος αύτοΟ κροκοειοής ' καΐ ή -/.zooCk}] 
αελάγ/ Αωρος ' οι 'ζίσσο'.ρες αυτού τ.όοες εστίν ή τετρασωαία ' τα δέ 
τρία ώτα αύτοΰ είσιν αϊ τρεΓς αίθάλαι. 

3] ΚαΙ εν το άλλο αίαατεύει ' και εν το άλλο γεννά ' καΐ ή ούσις 
5 τήν φύσ'-ν χαίρει, καΐ ή ούσις τήν φύσιν τέρπει, καΐ ή φύσις τήν 
φύσιν νίκα, και ή φύσις τήν φύσιν κρατεΓ ' καΙ ουγ έτερα και έτε- 
ρα, αλλ' αύτη [Λία εξ αυτής δι ' οίκονο[Αίας, αετά -όνου και υ-όχθου 
ζολλου . 

4] Σύ δέ έν τούτοις εχ_ε τον νουν, ώ φίλτατε, και ούχ άρ.αρ- 
10 τήσεις ' άλλα σ-ουδαίως •<ούκ> έν ά[Λε7^εία άγωνιζό[Λενος, έως το 
ττέοας ιδης. 

5] (f. 196 ν/ι Δράκων τις παράκειται φυλάττων τον ναον τούτον 
<και> τον χειρωσάμενον. Πρώτον Οΰσον και άτΐοδερμάτωσον, και 
λαβών τους σάρκας αύτοΟ έως των οστέων, -ρος το στοΐΛίον του 
15 ναοΟ ποίησον αύτω βάσεις, και άνάβηθι, και εόρήσεις έκεΓ το ζη- 
Ίούαινον γρΎΐ^κα. ' τον γαρ ίερέα τον -/αλκάνΟρωττον (Λετετέθη του 
χρώριατος της φύσεως, και γέγονεν άργυράνΟρωτιος ' ον μετ ' ολίγας 
ούν ή Ιμέρας, εάν θελήσεις, εύρήσεις αύτον και χ^ρυσάνορωπον. 



1. VI. — LE SERPENT 

(2ηιβ ARTICLE) 

Transcrit sur A, f. 279 r. — Texte sans titre. 

20 1] Τουτό έστιν το [χυστήριον ό ούροζόρος όράκων, τουτέστιν ή 
λείωσις των σωιχάτων \έκ^ της εργασίας αύτοΟ. 

2] Τα δέ φώτα των αυστηρίων της τέχνης αύτοΟ ή ΗάνΟωσις. 



4. εϋϊΤΞύίΐ Α. F. 1. εύ μαιεύέι, ^αίί 
naître dans de bonnes conditions. [C. E. 
R.) « Avec α'.ΐΛατεύεί le sens serait meil- 
leur » [M. B.]. — 13. Πρώτον Οϋσον 



jusqu'à la fin du §] même texte avec 
presque toutes les mêmes incorrec- 
tions, I. VI, 5. — IG. F. 1. ό γάο ίερεύΐ ό 
'/αλκάνθρω"θ; /.. τ. λ. 



l'instrument d'hermès 23 

ο] Tô et τ.ρίσινον αϋτοΰ έστιν Γωτ'.ς, τουτέστιν ή σηψ'.ς αϋτοΟ " 
01 οε -5θες αυτού οι τεσσαοες εισιν η τετρασωα'.α της 'zzyyr^^ 
τοΟ συνθέματος " τα οέ τρία ώτία αϋτου είσιν αί τρείς αίΟάλαι 
κα'. τα ιβ συνΟέΐΛατα ' καΙ ό iôç αΰτοΟ, τουτέστιν το οξος. 
Ο 4:J zju οε εν τούτοις τον νουν έχων, ω φιλτατε... 

ο] Δράκων τις παράκειται ου^.άττων τον ναον τούτον <(και^ τον 
■/ειρωσάαενον . κ. τ. λ. (La suite comme dans Ι, ν, 5.) 



1. vu. — ΕΡΜΟΥ ΤΡΙΣΜΕΓΙΣΤΟΪ ΟΡΓΑΝΟΝ. 

Transcrit sur A, f. 293 r. 

1] Φιλοκαλίας -/άριν έκκείσΟω ή ύο' Έρμο Ο ύ-ΰοδεί'/θεΓσα 

10 <^αέΟοοος^. Έρμης συμβουλεύει άριΟμεΐν άπα της του κυνος 

έ-ιτολης, τουτέστιν από έ -isl τη Ιουλίου κε εως της ημέρας της 

κατακλίσεως, και τον έ-ΰίσυναχΟέντα αριθμόν έττιμερίζειν τταρά των λΤ', 

τάς οέ —εοιλειοΟείσαο οοα εν τω όο-.'άνω. 

2] ΔηλοΓ το μεν Ζ ζιοήν, το οέ θ θάνατον, το \θέ^ Κ κίνουνον. 



α. 


Γ- 
ι . 


ζ. 


f ^ 


Ι^'. 

ί 


•0. ιη. κ. κζ'. 


κο. κε. κη 


λ. 


λβ. 




e. 


0. 


θ. 


ιβ. 


iC ιζ κα. κγ 


y.C κζ. λγ. 


λς. 










ί * 


'• 


η. ιε ιΟ. Κ. 


κΟ. >.α. λο. 









5. § 4] Phrase écrite le long de la 
marge extérieure. (Cp. p. 22, 1. 9.) — 
έ'/ων] ε/ον Α. Corr. conj. F. 1. ε/ε. — 
9. A mg., le signe d'Hermès, à l'encre 



rouge. — 15. Z.] On a remplacé ici les 
lettres à l'encre rouge du ms. par des 
majuscules. — 16. λς'] /.ζ' Α. Corr. 
conj. 



24 



INDICATIONS GENERALES 



1. VIII. 



LISTE PLANÉTAIRE DES METAUX. 



Transcrit sur A, f. 280 r. — CoUationné sur E, f. 2i3 v.; 

f. 241 r.; — sur R, fol. 46 v. 



sur L (copie de E), 



EK ΤΩΝ ΜΕΤΑΛΛΙΚΩΝ 

1] Signe de Saturne. Μόλυβοος ' λιΟάργυοος ' λίΟο'. υ.ηλίται, 

γαγάτχι " κλαυδιανος, και τα τοιαύτα. 
2] Signe de Jupiter. Κασσίτερος ' κοράλλιον • και -ας λίθος 
δ λευκός ' (τανοαρά•/•/] ' θείον, καΐ τα τοιαΟτα. 
3] Signe de Mars. Σίδηρος, υιαγνίτης ' ψηο'•? ' '^^'• λίΟακες 

ττυοοοι, και τα τοιαύτα. 
4j Signe du SoleiL Χρυσός ' άνΟραξ " υάκινθος " άδάυ.ας " σάα- 

φυρος, καί τα τοιαύτα. 
10 5] Signe de Vénus. Χαλκός ' ααργαρίττ,ς ' ονυχίττ,ς • άαέΟυστος * 

νάφθα ■ πίσσα ' σάκ•/αρ ' άσοαλτον ' ιχέλι ' και ααριωνιακόν ' Ου[Λίαυ.α. 



1. Titre dans EL : Έζ των α=-. Sir.zç, 
άνατίΟεντα'. τοί; Ι-τά ;:λαντί-α'.ς. • — Dans R, 
il y a trois articles sur les plantes, les 
minéraux, les animaux : Ποία των eîSîîv 
άνη/,ει Ι/.άστιο άιτίο; • — έ/. των μ. ταϊτα •. — 
ζα'ι έ/. των ζοίων ταΰτα. [Μ. Β.). — Les 
mots λιΟά^ογυςο;, γαγάττ,;, /.χ: ζλαυί'.ανό; 
sont transcrits, dans R, en lettres hé- 
braïques, avec ordre inverse, comme il 
convient [M. B.). — |Ληλΐτα•., γαγάται 
EL, f. mel. — 2. Réd. du § i dans 
EL : Kstl τω ;jL3v Κρόνω ανατίθενται ταΰτα • 
μόλ. κ. τ. λ. — 4. Réd. du § 2 dans 
EL : Τω 3ε Δ;';, ταύτα • ζασσ. /.. τ. λ. — R, 
après le mot κασ^ίτιοο; • ο• Sa Περσαί oiy 
ούτως, αλλά ■ δ'.άργυρο; (en lettres hébra- 
ïques) ^τ^ρΟ-ος ■ 7.α• :;ά;, etc. ; Θΐΐον est en 
lettres hébraïques {M. Β.). — R, après 
le mot σ'οτ,οο; • λίθο; μαγνίττ,; (ce dernier 
mot en lettres hébraïquesl, ψηοηοοΐς κα• 
οσα λίθο; πυοο';, κα: τά το'.αΰτα. {Μ. Β.). — 



Réd. du § 3 dans EL ; Τω οι "Αμ:, 
ταΰτα • σίοηρος κ. τ. λ. — μαγνήτη; EL. 
F.l. μαγνητ•;. — 8. §§ 4-5]- Dans R, la 
ligne du Soleil et celle de Vénus sont 
interverties. Le signe est celui de l'or 
ou du soleil. — σάμφυρος en caractères 
hébraïques avec μ. Le signe de Vénus 
est suivi du signe du cuivre, avec une 
variante, puis μαργαρίτη; en lettres hé- 
braïques, σαροόνυξ en caractères hé- 
braïques ; αμέθυστος, ναύΟα, ::;σσα, ασοα- 
τον, υγράσοαλτος, με).•., σά"/αρ θυμ'.άμΞ'.;. 
άμωνι'ακον. {Μ. Β.). — Même ligne. Signe 
du Soleil] signe de la chrvsocolle A; τω 
δΙ ί,λίω EL. — ϊά-^ειρο; EL, f. mel. Σάμ- 
ojpo; est une forme inconnue et dou- 
teuse ; toutefois on trouve σαμφυρο/ρου; 
I pour σα^ειρό/ pou;?) dans Léon Magis- 
ter. Cp. Thésaurus d'Estienne, éd. 
Didot, 5!/^ voce. — 10. Τί) oï Άοροοίττ), 
ταΰτα • /αλζό;, κ. τ. λ. — 11. ^ά/αρ Α. 



NOMS DES FAISEURS D OR 



G] Signe d'Hermès (Mercure). Σαάραγοο;; • ί'ατ-ις • /c'jcroX'/Joç 

■/_άν- 



■ψ'χ/'.ος, ■ ΰοράργυρος " ήλε/.τεος " λίζανος καΙ ααστί/τ,. 



7] Signe de la Lune. "Αργυρο; • Ο'ελος 
ορα ■ γη λευκή, καΐ τα i'uio'.a. 



5 Ι. ,χ. _ NOMS DES FAISEURS DOR. 

Transcrit sur A, f. 193 v. (= A'). — Collationné sur A, f. 21)4 r. (= A=). — 
sur E, f. 2i3 V. ; — sur L, f. 245 r. — Rapprocher de ce morceau la liste insérée 
dans M, f. 7 v. et traduite dans les « Origines de l'Alchimie >'. p. 128, texte dont 
nous donnons les va?-iantes. 

Ί] Γίνωσκε, ώ φίλε, και τα ονόιχν-ν. των ποιητίαν. [Άρ•/ή.] Πλά- 
των, Άρισ-τοτέλτ,ς, ΈρίΛης, 'Ιωάννης ιερεύς της έν Εύασία τη 
θεία, Δηαίκριτος, Ζώσιαος, ο αέγας Όλυα-'.όδωρος, Στέοανος ό 
οιλότοοος, Σοφάρ ό έν Περτίοι, Συνέσιος, Λιόσκορος ό ίεοεύς του 
10 αεγάλου Σαρά-'.οος του έν ΆλεΗανορείο;'., Ό Όττάνης ά- ' Αίγυ- 
τττου, κχΐ ό Κοαάρ'.ος ά.-' Αίγύ-του, ή Μαρία, και ή Κλεοτ:άτρα 
ή γυνή Πτολεμαίου του βασιλέως, Πορφύριος, καΙ Έτ:ι6'ή•/ιος, 
Πελάγ',ος, 'Αγαθοδαίυι.οον, Ηράκλειος Ό βασιλεύς, Θεόφραστος, Άρ- 



1. — Réd. de EL : Τώ 5έ Έοα^, ταύ- 
τα • σμάοαγίος./.. τ. λ. — R : ΐαάςαγοον • 
Vas-•.;, en caractères hébraïques, -/p-jiô- 
λ'.Οο;, en caractères hébraïques, ήΛεκτίον, 
λιβανον, ζαΐ μαστιχη, ces deux mots très 
abrégés, le second se réduisant à un 
a, un στ et un / superposés. (M. B.) 
— 2. R : za; jopapYJ^co; ■ oi 03 Πέρσα; 
■/.ασίτηρον. On remarquera que l'ambre 
est masculin dans certains mss. et neutre 
dans d'autres. (M. B.) ηλεκτρον L. — 
Après iLxrrrj/T] (sic) : κα; τά τοιαύτα add. 
Ε. — 3. Dans R, le signe de la Lune 
manque, ainsi que ses dérivés [M. B.) 
Réd. de EL : ττ; δέ σΐλτ^ν»; ταΟτα • άργυ- 



ρος κ. τ. λ. — στ•.'αη Α. Corrigé d'après 
EL. — ζτ,ψ'/'.Λ EL. — 5. Titre ajouté 
dans L : Περί των ::θ!ητών ταύτης της 
-i/yTii. — 6. γινοίσκϊ] μάθε Α*. — Après 
των -οιητών] της τε'/νης add. Ε. — -7. 
Après Έραής] 6 τρισμε'γιστο; add. Ε. — 
άρ/ίερεύς της έν Εϋαγ^'α τ. 0. EL, f. mel. ; 
της ένευασι'ατ. 0. Α' ; της ένεβαγι'ατ. 0. Α'. — • 
8. Ζ(όσ•.;^ος ό [ΛΕγας (ό ,α. souligné), ό ,αε'γας 
Όλ. Ε. — 10. Άλεξανδρεία- Α'. L'iota 
adscritsembleindiquerquele ms. origi- 
nal de A' était un « codex vetustissimusB. 
— ό Όστάνης] ΌστάνηςόΕί. — ε;Α•γύπτου 
A'. — 11. Κωαάρ'.ος EL. — 12. ΙΙηζ:7•.ος 
M ; έπ•.βύ/!θς (pour Έ-!?η/•.ο;) A». 

4 



26 



INDICATIONS GENERALES 



γιΚαος, Πετάσιος, Κλαυδιανος, άνεπίγραφος δ φιλοσ-οφος, Μένος Ό 
φιλόσοφος, ΙΙάνσηρις, ^^έργιος. 

21 Ουτοί είσιν οι τϊανεύφηρ.οι και otκoυ|J:εvLκol οιοάσκαλοι και 
νέοι έξηγηται coO Πλάτωνος και 'Αριστοτέλους. 
5 3] Ai οέ -/ώραι εν αίς τελείται το ΟεΓον έργον 'ζουτο ' Αίγυπτος, 
Θοάκη, 'Αλεξάνδρεια, Κύπρος, και εις το ιερόν της Μέ[Λφεως. 



Ι. χ. _ ΠΕΡΙ ΤΟΪ ΜΕΤΑΑΑΙΚΟΪ ΑΙΘΟΤ ΕΝ ΟΙΣ ΤΟΙΣ 
ΤΟΠΟΙΣ ΕΚΕΙΝΟΙΣ ΚΑΤΑΣΚΕΥΑΖΕΤΑΙ. 

Transcrit sur A, f. 241) r. 

Il Χρή γαρ γινώσκειν οτι έν τη Θηβαι'δι γη έν ω τόπω εΐσί, 
10 έν ω το ψηγ|Λα σκευάζεται ' Κλειόπολις, Άλυκόπριος 'Αφροδίτη, 
Άπόλενος και Έλεφάντινα. 

2] Έστι δε ό μεταλλικός λίθος [^.αρμαροειαής, σκληρός, και 
οί άνΟρω-οι έκεΐσε μεγάλω μόχΟω ορύσσαντες σκευάζουσιν ένδον έσ- 
[ΑΐνΟους λύ•/νους κατέχοντες, τήν φλέβα κατέχουσιν ευρισκόμενοι . 
15 αί δε γυναίκες αυτών τρίβουσιν, και άλήΟουσι. 

31 "Οταν δε στΛΟον ποιήσαντες το ΰόωρ -/^υμαΐΌν έμβάλλουσιν 

ύποκάτω σανίδας, και κοίλας άντιστασίμους ζγοντζς ' και το μεν 

άνυρώδες και κουφον και άχρηστον περί τοΟ ΰόατος έψεται ' το 

δε νρήσιμον εις τόπους τών σανίδων οιά το βάρος ύπολέληπται. 

-20 Και τότε τη έψήσει περιδώσι το συναχθέν εις άγγος κεράμου 



1. Apres Ιΐε-άσιο;] jjaaiXîj; Άρμίνι'ας 
Ε. — Réd. de EL : Κλαυδιανός, Πάνσ., 
Σε'ργ., MÉ|j:vojv ό φιλόσοφος, χα'ι άλλοι πολ- 
λοί άνεπίγραφοι (Ε add. : και απο^τοι). — 
2. Παύσηρι; Μ. — 5. Après -οΐίτο] εϊσ'ιν 
αύται add. Ε. — 6. Θράκις Α*. — Après 
Μέι^ιφεω;.] Τέλος add. Ε. — 7. F. 1. έν 
οϊς τισι το'-ο'.;. — 8. F. 1. ίν.ζ'.'/ος. — 9. 
Θτ,ξαίοι] 0r|5a ί'ΐα Α. Corr. conj. — 'ν 



ώ] έν Tj Α. Corr. conj. — 10. έν ώ τό ψ.] 
Ινη τό ψ. Α. Corr. conj. — Κλειο'πολ•;] 
F, 1. ΊΙρακλειο'πολις. — 12. § 2] Cp. le 
fragment d'Agatharchide (Photius, Bi- 
bliothèque, cod. 2 5o), reproduit dans 
les Geographi minores de Didot, t. I, 
p. 126. — 13. έσιζι/Οού;] F. 1. àfiuîpoù; 
(lanternes sourdes?). — 15. 0! οέ γυναΐχε; 
Α. — άλτ-βοντες Α. Corr. conj. 



LES SERMENTS 



27 



έμβαλόντες καΐ αίςαντες το κατά λόγον, τότε "περιγ ρίο^σιν το 
άγγος, έψού^τ'.ν εν καυ.ίνω ήαερόνυκτα τΐέντε, l'yov το άγγος to^ov 



όια ττ,ν ε;οοον. 



Ι. XI. — ΟΡΚΟΣ. 



Transcrit sur M,f. 12S ν. — Collationné sur λ, f. 109 ν. (= A'); — sur A, f. 298 r. 
(= A-) ; — sur E, f. 36 v. ; — si/r Lb, p. 1 27. — Chap. 2 7 ίία;/5 Ε, ij/Z/e du cluip. 2S 
dans Lb, de la compilation du « Philosophe Chrétien ». 

5 1] Όι/.νυρι.ί σοι, καλέ παΓ, τήν [Αακαρίαν και σεβασ[Λίαν Τριάδα 
ώς ούόέν ά~έκρυιΙ;α των έυ.οΊ παρ αύτης όεοο[/.ένων έν τααείοις ψυ- 
χής [Λυστηρίων της επιστήμης ' άλλα πάντα τα γνωσΟέντα ρ.οι Οεό- 
Οεν -ερι της τέχνης άφΟονως ένέΟηκα ταίς ήΐΛετέραις γρα^ραΐς, 
άναπτύξας καΐ των αρχαίων τον νοΟν, ώς λογίζομαι. 

10 2] Σύ ούν εΟσεβώς αΰταΐς έντυγχάνων άπάσαις και νουνεχώς, 
ει τι αή καλώς ήμίν είρηται άγνοήσασιν οϋ πανουργευσαμένοις, οιόρ- 
θου τα ημέτερα πταίσματα, σεαυτον ώφελών, και τους έντυγ•/ά- 
νοντας πιστούς οντάς Θεώ και άκακοήθεις και αγαθούς,' δπερ έστι 
•/αλεπον εύρίσκειν ώς αληθώς. "Έρρωσο Ό έν αγία και όμοουσίω 

15 Τρίαδι, πατρι, φημι, και υίώ και άγίω πνεύματι. Τριάς... ή μονάς 
ό υιός άτρέπτως ένανθρωπήσας καυχήσει της άυάοος οίκοιωΟέν ονόματι 
τήν άμωμον επλασεν ανθρώπου ούσιν ολισθήεσσαν ιοών οιωρθώσατο. 



Ι. XII. — ΠΑΠΠΟΙ ΦΙΛΟΣΟΦΟΥ <ΟΡΚΟΣ> 

Transcrit sur M, f. 184 ν. 

1] "Ορκω ούν ομνυμί σοι τον μέγαν ό'ρκον, όστις αν συ ή, 
2ΰ θεόν οημι τον ένα, τον ειδει και ού τώ αριθμώ, τον ποιήσαντα 



4. Titre dans A- : δρ•/.ο; τοΰ οιλοσόοου . 

— δ. μα τήν μακ. /λ: άγίαν •/.»• σεβ. το. 
Α= ,f. mel. — 6. h έμοί A*. — h τοί; 
ταιι. της ψ. Ε. — 7. μυατ. της έπ'.στ. placé 
avant έν ταμ. Lb. — 11. ζαΊ ε? τι μή Lb. 

— ε?ρ. ήμίν Lb. — ού :;ανθϋργ. οιορθου] -/.λ'•. 



ου 7:άντα Ιργαααμένο'.ς σύγγνωΟ; και S'.o'oOou 
ELb. — 13. τω Ocw Α= ELb. — άκακ.] 
καλούς τ£ ELb. — εστί] έν σο\ Α- . — 14. — 
"Ερρωσο — jusqu'à la fin] om. A- ELb. 
— 15. Τρ;άς jusqu'à la fin] om. A'. — 
Ιΰ.οϊκο'.ωΟέν] F. 1. οίκοθεν. — 17.όλισΟεΤσανΜ. 



28 



INDICATIONS GENERALES 



TÔv ούοανόν και τήν γην, των τε στοιχείων ττ,ν τετρακτυν και τα 
έξ αυτών, ετι δε και τάς ήμιετέρας ψυχάς Λογικάς τε και νοεράς, 
άρρσαντα σώ[α.ατι, τόν έ-ι άρ[χάτων χερουβικών έ-ο/ούαενον, καΐ 
ύ-ο ταγυίάτων αγγελικών άνυμνουαενον. 
5 2] "Οτι τινές λεκίΟιον ζ7υνελείωί7αν τοί'ς όαογενέσιν ύγροίς τη γ° 
του σοόαατος κοτύλην ύδατος βάλλοντες (f. 185 ν/ και -εριτοίγ- 
ξαντες έδωκαν ταΐς ττυρίαις, και τελειώσαντες άνείλαν τον ιόν ' και 
έξαιΟοιάσ-αντες ΰοοαέ-λεξαν τώ κηρίω "χκαι^ Οείω ' και οΰτως έκ-υ- 
οώσαντες τελειότητι και συ[Λ[;.έτροις πυρίαις, τουτέστιν λειωσεσιν ή 

10 οτζτήσεσιν άνελό[Λενοι το ξηρίον άττέΟεντο έν άγγείοις ύελίνοις, κρε- 
υ,άσαντες έν οϊ^κω Οερυ,ώ, καΐ μάλλον ανατολικά εχοντι φώτα ή-ερ 
δυτικά, και νότια αα.λλον ή βόρρεια, ώς έντέταλκα κατά τΐλάτος 
Στ εφ αν ο ν τον Οεοφιλέστατον, έΗεθέ[χεΟα και τη κατ ' έζιτο[/.ήν 
ή[Λών πραγμιατεία -ρός Μοϋσέα τον τρισεΰμοιρον. 

15 3] Έπείπερ γοΟν γραφήν ευ έκτίσαυ.εν ' εάν γάρ τον Coppà.y 
ί'δης ύγρόν ύ-ερβλέτ:ειν, ώς φησιν έν τω τ.ερί θείου άθικτου υοατι 
λόγω, τω άλαώδει, και νιτρώοει και στιαμώοει και ^αλκανΟώοει 
της ΐώσεως τά-/ιον άναλύοντα ' ένταυΟα την νέκρίοσιν ήνίςατο, 
και -λήρ6οσιν του -αντος λόγου. 



20 



1. XIII. — ΙΣΙΣ ΠΡΟΦΗΤΙΣ ΤΩ ΥΙΩ ΑΥΤΗΣ. 

Transcrit sur A, f. 2 56 r. — ColLnionné sur L, f. 2 1 - r. 

1] Ίσις ττροφητις τω υίώ Ώρω. Ά-ιέναι σου μέλλοντος, ώ τέκ- 
νον, έπι ά-ίστου Τύφωνος μά'/ης καταγωνίσασΟαι -ερι του τιατρό; 



3. τόν] των Μ. Corr. conj.• — G. (ΐάλλον- 
τ:;] F. 1. ;;ΛΟάλλοντ;ς. - 7 . άνίΐλαν, du verbe 
ανίλλω ? Lire άνεΐλον, aoriste 2 (1'άνα•.εέω? 
— 13. F. 1. <•/.α\> έξεθΕ>εΟα. — 16. F. 1. h 
τή πΐρ\ θ. άΟ. λο'γω, ΰδατι τοί άλ[χ. — Α la 
place des motsa).;x(uSîi, viiptoSa;, στΐ(λμ(ό8ε!, 
-/αλ/.ανΟ(ύδί'., qui sont des leçons conj.. 



il V a dans le ms. des signes difficiles 
h comprendre. [M. B.) — 18. άναλύων τι 
M. Corr. conj . — i• Je propose άναλίίοΟντα, 
de άναλειόω ». (M. B.) — 20. A, en marge 
du titre : Ό,ο/.ο;. — Le titre, dans A, est 
suivi du signe lunaire. Voir la note de la 
traduction \M. B.). — -21. "1>ω] αύτί,ς L. 



ISIS A HORUS 29 

σου βασιλείας, γενοι;.ένης αου \είς)> ΌραανουθΙ, ίερας 'ziyyrfi Αίγύ- 
ττου, και ένταΟΟα ίκανον -/ρόνον οιέτριβον. Κατά οέ τήν των 
καιοών -αοανώοτ,σιν, καΐ ττν ττ,ς οευοικης κινήσεως άναγκαίαν oocàv 
συνέβη τινά των έν τω — οώτω στεοέωυιατι οιατρίβοντα τον ένα των 

5 αγγέλων, άνωθεν έ-ιΟεωρήσαντά με βουληΟηναι της προς έυιέ ι^,ί^εως 
κοινωνίαν -οιησαι. ΦΟάσαντος δε αύτου και εις ικικιτο γίγνεσθαι 
[μέλλοντος, ουκ έπέτρεπον έγώ, — υνθάνεσΟαι βουλοαένη τήν του 
γρυσοΟ και ά;γύοου κατασκευήν. Έαοΰ οε τοΰτο αΰτώ έρωττσάστ,ς, 
^ουκ^ εφη ό αύτος έίριέσΟαι περί r:o\j-o έξειπεΐν, οια τήν των αυστη- 

10 ρίων υ-ζρζο}\τ^ν, τη οέ έξης ήρ^έρα πα- (f. 256 Λ'.) ραγίγνεσΟαι τόν 
τούτου ίΛείζονα άγγελον Άμναήλ ' κάκεΐνον ίκανον είναι περί της 
τούτων ζητήσεως έπίλυσιν ποιήσασΟαι. 

2] Έλεγεν οέ [περί] σημείον αύτοΰ έλειν αύτον έπι της κεφαλής, 
καΐ έπιδείκνυσΟαι κερά[Λΐον άπίσσωτον ύδατος διαυγούς π7νηρες. Έβου- 

15 λετο το αληθές λέγειν. 

3] Τη δέ έξης ήυ.έρα έπεμιοανήσας και του ηλίου μέσον ορόαον 
ποιοΟντος, κατήλΟεν ό τούτου αείζων Άμναήλ τω αυτω περί έμέ 
λειοθεις ποΟω ουκ άνέαενεν ' αλλ ' έσπευοεν έο ' οΰ και παρην, 
έγώ οέ οΰν ήττον έοοοντίνον πεεί τούτων έοευναν. 

•20 4] Έγχρονίζοντος οέ αύτου, ουκ έπεδίδουν έαυτήν, αλλ ' έπεκράτουν 
της ':ούζοΌ επιθυμίας οίγρίζ αν το σημεΓον το έπι της κεοα7.ης 
έπιοείκνυται και τήν των ζητουμένων μυστηρίων παράοοσιν άοΟόνοος 
και αληθώς ποιήσηται. 

5] Λοιπόν οϋν και το σηυ.εΪον έπεδείκνυτο και των μυστηρίων 

25 Γ^ργί'ο y.y.l έπι παραγγελίας και όρκους έκyωpίσας έλεγεν 



1. Deux points rouges, dans A, au- 
dessus de Oç.;j.avo'jfJ'; et en mg. : ίωσ•:•.-/.^'; 
λε'γί•. (ire main). — 3. ocup•.•/.?,;] F. 1. σ^αι- 
ρ'.κης vel φαρι/.τ;;. — 4. -ρωτοστΐΟΕοντι Α. 
Corr. d'après L. (Voir ci-après la 2<'réd. 
dont les variantes sont désignées ici par 
u η astérisque) . — 6. -o:r[ixi suivi du'signe 



du cuivre A. Corr. conj. — 7. 3o-j/.o;j.svo-j 
A. Corr. conj. — 9.î;îî-sv A. Corr. conj. 
— 11. Un trait rouge, dans A, au-dessus 
de 'A ρινατ-,λ et, en mg. , un trait sembla- 
ble suivi de : έ-ιστη\α£νον Θιοϋ λε'γ;•. if. 1. 
ί-'.τττ,'ΐο'/χ Θ.) — 18. àve'jxîvov Α. — 22. 
Έ7-.'.οζ•'-/.'/\ι~!ί'.] F. 1. ΐ'Τ'.οεί^ΤιΤαι. 



3ο 



INDICATIONS GENERALES 



"Οοκίζω σε εις oùpcc^/o^j, γ•?)ν, <ρώς και σκότος. "Ορκίζω σε εις 
πΟο καΐ ύοωο και άέοα και γην. Όρκίζω σε εις υψος οΟρανοΟ 
καΐ γης και Ταρτάρου βάθος. Όρκίζω σε εις Έραην, και Άνου- 
βίν, ΰλαγαα των Κερκόρου, δράκοντα τον φύλακα. Όρκίζω σε 
5 εις το πορΟαειον εκείνο, και \0i'^ 'Αχέροντα ναυτίλον. Όρκίζω 
σε εις τάς τρεΓς άνάγκας και ιχάστιγας και ζίφος. 

6] Τούτοις αε εοορκίσας παρήγγειλεν ΐΛηοενι αεταόιοόναι ει αή 
[/.όνον τέκνω και φίλω γνησίω, ίνα ή αυτός συ, καί συ ή 
αυτός. (f. 257 Γ.) Παρελθών ούν σκόπησον και έρώτησον Άχά- 

10 ραντον γεωργον, και ι^άθε ^άτ:'^ αύτοΟ τί αέν έστιν το σ-ΰει- 
ρόΐΛενον, τί δε και το 6εριζό[Λενον, και αάθης οτι σπεΐρον τον 
σΓτον και θεοίσει ' και Ό σπείρων τήν κριθήν όυιοίως και 
κριθήν θερίσει. 

7] Ταΰτα, τέκνον, οια προοίμιιον άκηκοώς, έννόησον τήν τού- 

ΐδ των ολην δημιουργίαν τε και γέννησιν ' και γνώθι ό'τι αίν^ίρωτ.ος 
άνΟρωπον οϊοεν στ είρειν, και ό λέων λέοντα, και Ό κύων κυνα. 
Ει δέ τι των -αρά φύσιν συμβαίνει γενέσθαι ώσπερ τέρας γεννά- 
ται και ούγ έξει σύστασιν ' ή γαρ φύσις τήν φύσιν τέρπεται, 
και ή φύσις τήν φύσιν νίκα. 

20 8] Αυτή ουν δυνάμεως θείας μετεσχηκότες καΐ παρουσίας εύτυ- 
χήσαντες, κάκείνοις προσλαμποαένοις αύτοϊς έΗ αιτήσεως, ές άμμων, 
και ουκ έξ άλλων ουσιών κατασκευάσαντες, έπέτυχον οια το 
της ούσης φύσεως ϋπάρχειν τήν προσβαλλομένην ΰλην του κατα- 
σκευαζόμενου, Ώς γάρ προείπον οτι Ό σίτος σϊτον γεννά, και 

25 α,ν^ρωτ.ος ά^/(^ρ(ύτ.ο\ σπείρει, ούτως και Ό γρυσος yp'j<sh^ θερίζει, 
το δμοιον το δμοιον. Έοανερώθη νυν δέ το μυστήριον. 



4. χερ /.opou Α sans accent ; «p/.oupo- 
βόρου δράχοντος L . F. 1. ΰλαγ|χάτων Κέρ- 
βερου δρ. τ. φυλ. — 5. προ'Οιχίον εκείνον Α. 
— 8. τ,] εΐ Α, 2 fois. — 9. Άχάρανχον 
est un nom propre, écrit ailleurs 'Ayaaô. 
(Λ/. β.1.— I I. F. L. a-.'. <ό> σ-ειρίον τ.σ. 



/.α'ι <σΐ•:ον> 0;ρ.12.•;(5ν7.ρίΟον Α. — 14.ενο'η- 
σον Α. — 1G. σΑεφειν]γεννάν L. — 17.πε'ρα; 
Α. — γεννϊ τ; Α. — 18. οΰτεξειαί^ταικν 
AL. Corr. conj. — 20. αϋτη Α. — 21. 
αϋτο•;] II faut ajÎOJ; [M. Β.]. 



ISIS A HORUS 



3l 



9] Και λαβών ύ5ράργυρον, ζηζον αυτήν ή δ'.ά βωλίου, ή δια 
σώυιατος [/.αγντ,σίας, ή όιά θείου, και εχε, τοΟτό έστιν το yXiapo- 
-τιαγές. Μίξις ειδών ' του μολύβοου τοΰ ^λιαροπαγοΰς μέρος 
α', και λευκολίθου μέρη δυο, και όμολίΟου [ΐ-ερος α', και ξαν- 
5 θης σανδαρά/ης μέρος α , καΐ βατραχίου μέρος α'. Ταύτα συμ- 
μίξας τω μολύβ'οω μή σκορπισΟέντι άναχώνευσον τρίς. 

10] (f. 2θ7 ν.) ΜΙΞΙΣ ΛΕΤΚΟΤ ΦΑΡΜΑΚΟΥ ΟΠΕΡ ΕΣΤΙ ΛΕΥΚΩΣΙΣ 
ΠΑΝΤΩΝ ΤΩΝ ΣΩΜΑΤΩΝ. — Λαβών υδράργυρον την δια χαλκοΟ γενο- 
μένην λευκήν, και λαβών εξ αύτης ^ΐ-ίρος α', και της μαγνησίας της 

10 έκζευχθείσης μετά των υδάτων [ΐ-ίρος α', και της οέκλης της 
θερα-ευθείσης μετά τοΰ χυμού τοΰ κίτρου [ΐίρος α , και του άρσε- 
νίκου του λειωθέντος μετά του ούρου τοΟ ar^fiopou ζτζνΛΟος)- [ίίρος 
α', και της καδμείας μέρος α', και του τ^υρί-ου μετά της Λιθάρ- 
γυρου μέρος α , και ψιμυΟίου του ότττηθέντος μετά του θείου 

15 \ίίρος α', καΐ λιθάργυρου της μετά άσβέττου μέρη δύο, και 
σιζοδιας κωβαθίων αέρος α'. Ταύτα πάντα λείου συν οξει δριμυτάτω 
λευκώ και ξηράνας εχ^εις το οάρμακον λευκόν. 

11] Έ-ειτα λαβών -/αλκον και σίόηρον, χώνευσον, είτα έ-ίβαλε 
κατ' ολίγον λειούμενα ταύτα* θείου μέρος εν, μαγνησίας μέρη ι' 

■2'1 έως αν γένηται εύθρυπτος ό σίότ^ρος, και τρίψας έχεις. Και λαβών 
χ_αλκου κέρας Οερμέλατον, χ_ώνευσον έξ αύτοΟ μέρη δ', και έ-ί- 
βαλλε αΟτώ του τριοθέντος σιοήρου αέρος α', κατ ολίγον έττιβάλ- 

i II ^ Il ι Ι ' ' 1 

λων και κινών, εως ου συνενο^Οή και Ό σίοτιρος και ό χαλκίς. 

12] Είτα λαβών έκ τούτου λίτραν α', χ^ώνευσον, έπιβαλών 



Ι.βουλειΌυ Α. — 4. α'] Lesmss, donnent 
ici les nombres tantôt en toutes lettres, 
tantôt en chiffres (a', 6', γ', etc.). Nous 
suivons ces variations d'après notre ori- 
ginal. — EL* écrivent tous les nombres 
entouteslettres. — /.a: oja. [ji. a. om. L. — 
6 τρίς] τρίτον Α. Corrigé d'après L. — 7. 
[ΐίξε'.ς A. — Titre dans L : Μίξις λ. ο. ο Xvj- 
ζαίνϊΤΛ'. -άντα τάσώμ,ατα. — λευ/.ός.^. Corr. 



conj. — 8. /.α'ι λαβών εξ αύτη;] Addition 
de L. — 11. άρσ;ν!/ο3 AL et EL*. — 12. 
<παί3ό;> (M. Β.). — 13. λιθάργυρος est au 
masculin dans E*. — 16. σ-ο3ο3 L, EL*. 
— ταύτα ::. λ. om. A. — ^ δξο; δρ![ΐ.ντατον 
λ. ξηρ. A — 18. είτα έ-ίβαλε] έ-ίβαλωv(sic) 
Α. —20. εΟΌρυ—ος] F. 1. ευθριπτο;. —21. 
θερ[χάλα-ον L. — Ιξ αΰτοϋ cm. Α. • — 24. έπι- 
βάλλων EL*. 



32 



IXDICATIOXS GENERALES 



αΰτώ τοΟ λευκοΟ φαραάκου γ° γ' κατά αικρόν, εως αν γένηται 
ύ-όλευκον το',-τόν. ΚαΙ 7ναβών à-ô της -/ώνης, u.iHov αϋτώ ΰόραρ- 
γύρου μέοος α', καΐ αΰτοΰ υ-ερη ούο ' και -οίη'ΐον αΟτο όνύ•/ου 
πάνος. Εί δέ μή πάνυ έλαύνεται, -/ώνι^ιοΊ αϋΟ',ς, καΐ γίνεται ώ; 
5 κηρός. 

13] Είτα κατασ-κευάτας τον ζω[Λάν του ήλιοκοσιχίου καΐ ήλιοκογ- 
νυλίου /ωρίς -/αλκάνΟου, καΙ '/ωνης τρύγου καΐ βαλών έν ύελίνω 
τα τέταλα, άττόΟου ήυ,έρας λε', έως αν ο-υτσα-ή. Είτα και άνελόυιενος 

10 14] Είτα Λαβών το λευκον οάρυ-ακον το Ο'.ά υδράργυρου, καΐ 
[Λαγνησίας, και οέκλης, και άρσ-ενικου, και καοαείας, f. 258 Γ.; και 
πυοίτου, και ψιαυΟίου, και λαβών •jopi.pyupov, [ΛΐΗον αύτη τον ζωριάν 
του σιδηροχάλκου και τα εΓίη. Eo-tco οή ό ζωαος έ-ιτιολάζων τοΟ 
ΐ9αουι.άκου δακτύλους δύο, και εατον ήαέρας ιε' έν ^κια σα-ηναι, 

10 και εχε άποκείυ.ενον. 

15] Ότε δε (χέλλεις λευκαίνειν τι των σωιχάτων, ούτως ποίει. 
Ααβών ύδοάογυρον καΐ στάκτην άσβεστου και ούρον, και γάλα 
αίγειον, και νίτρου, και άλας, λείου και λεύκαινε. 

16] Έξ Γσου δε εγνωσται ό'τι καΐ τα υ,έλλοντα σοι ρηθήσεσΟαι, 

•2) \αί^ διπλώσεις τε και καταβαφαι και οικονομία', πασαι, και παν 
δ τι ούν εις ενα νουν, και ^είς^ έν ïpyo^j συντείνουσιν. Νόησον ούν 
TÔ μυστήριον, τέκνον, του φαρμάκου της γτ,ρ'Χ-ζ- 

17] Ή δε αιθάλη ούτως αίρεται. Ααβών άρσένικον, έψει εν 
ύδατι, και βα7^ών έν τω ΐγοίω, λείου μετά στάχεως σύν έλαίίο 



1. γ" γ'] οΰγγία; τρεις EL*. — 3. 
-θ''τ;σον αυτό] λαβών Α. — 4. -/ωνευό- 
μενον Α. — 6. ήλ'.οκοσ[ΐ;ου /.ϊ": om. Α. 
F. Ι. y ρυσοκοσαίου -χα! -/ρυσοζογ/υλιου. — 
8. σεσα-η Α. — 11. άρσεν./.οΰ .î\L, EL'. 
— 12. υδράργυρον] signe de l'argent 
dans A. — 13. A mg. : 5pa ξάντο^^:; 
(F" main). — τω φαρίΛΧ/,ω L, EL*. — 
Après οαρμά/.ω, Ε* place un signe final 



(:~), à la dernière ligne du fol. 2i5 
V., puis commence le fol. 216 avec 
οα/.τΰλου? sans indiquer un commence 
ment d'article. — 18. κα'; λεύκαινε om. 
A. — 19. Réd. de L, EL' : Έξ Ίσου δέ 
'ε'γνωσταί σοι 7:άντα καΐ "ασα: α• Ο'.τζΧ. και α: 
καταξ .κ. ol•/.., κα'; -άντα (κα; πάντα τις Ε) ε'.; 
ένα νουν και ε;; εν ϊρ••;0Ί συντεν/ου^;. — 
21. F. Ι.συντείν;•.. — 23. έν om. .\.. 



ISIS Λ HORIS. 2'' RKDACTIOX 



όλίγω, καΐ οχλών έν λω-7.0'. καΐ νΐάλΤρ i-y.vco τ.ύ'/.τ^ζ έ^'.τίΟου 
έ-ΰ' άνΟιάκων, îcoç ου ΓλΟ•/; ή αίΟ'/λη. ' )aoiojç καΐ την σανοα- 
ράχην ζοίει. 



Ι. .\ιιι*'*. 

DEUXIÈME RÉDACTION 
Trjuscritsur L (copie de E), f. 217 r. — Collalinuiié sur E, f. 2 15 r. 

ΙΣΙΔΟΣ, ΒΑΣΙΛΙΣΣΗΣ ΑΙΓΪΉΤΟΥ ΚΑΙ ΓΥΝΑΙΚΟΣ 
5 0Σ1ΡΙΑ0Σ, ΠΕΡΙ ΤΗΣ ΙΕΡΑΣ ΤΕΧΝΗΣ ΠΡΟΣ ΤΟΝ ΪΙΟ.Ν 

ΑΥΤΗΣ ΤΟΝ ΩΡΟΝ. 

]ΣΙΣ ΙΙΡΟΊΉΊΊΙ. TiJ• ΛΊΩ: \ΥΎ\ίΣ 11\'ίΐ: 

Ι] Σύ αέν έβουλήΟης, ώ τεκνον, ά-ύνα', ε-Ι της το5 T'Jctovoç 
αά-/ης, ώττε καταγ^ονίτατΟα'. -ϊ;1 της τοΰ -y.Tccc σου οασι- 
10 λείας. Εγώ οέ ΐΛίτά τήν ο•ήν αζοοηίΑίαν, -αρεγενόυ-ην είς <':αα- 
νουθΐ, δΰ ου ή ίε;ά τέ/νη της Αίγϋ-του αυστ'.κώς κατασκευάζεται. 
Ένταΰθα οέ, f. 219 Γ.; ίκανόν ycôvov οιατρίψασα, έζ'ουλόαην 
—αρανίοοησα'.. Εν οέ τώ avaycoccïv αε έττιτεΟεώετ,κέ αέ tic των 
-οοοτ.τών r, των 7Λ'*'ελίον ο; θ'.έτο'.€εν έν τώ ttocotco στεοείόαατ'., 

ι 1 < i II - t II. ι ι ^ 

Ιό ός "ροσελθων έαοί, έοούλετο αίςεcυς κο'.νωνίαν —sic εαέ ττοιησαι . 
Έγώ οέ ουκ έ-έτ^εττον αϋτω είς τούτο γίνεσΟα'. αε/./.οντ'., ά'/.λ' 
ά— ήτουν α- ' αϋτου τήν του νευσου κα-. άο^'ΰοου κατασκευτν. Αυτός 

,1 ι /*| III ι - 

οέ υ.0'. άττεκιίνατο ουκ εκείνα', αϋτώ ~εΐ', τούτου έίειζείν οιά τήν 

II -Il ί 

του αυστηοίου ϋζε,οβολήν. 

ι il II 

20 2] Τ•?ί οέ έΗης TjfJ'-ipK, ήλθε -ρός ρ.έ ο -ρώτος άγγελος καΐ ζρο- 
οήτης αυτών καλούΐΛενος Αιχναήλ. (f. 221 Γ.) Εγώ οέ πάλιν αΰτον 
περί της του νουσοΟ και άογύρου κατασκευής èrTroojTcov. Εκείνος 

1. ΐΓ,',τί^τ-Λ L•, EL*. — ο. Après -οίε:] Τ^Άο; τή; '■'Ιτιοο; add. EL*. 



34 



INDICATIONS GENERALES 



δέ ΐΛΟί έπεδείκνυέ τι στ^ΐ-ζΐον 6'περ είχεν έπΙ της κεφαλής αΟτοΟ καΐ 
κεράΐΛΐίν τι άπίσσωτον πλήρες ΰοατος οιαυγοΟς, όπερ είχεν εν ταΐς 
χ_ερσι, καί ουκ έβούλετο το αληθές ειπείν. 

3] Τη οέ έξης ή[χέρα, πάλιν έλΟών "προς έμέ κατελήφθη τοΰ 
5 ίρωτος τ,ρος i[i.i, και εσπευοεν εφ ' ω παρήν. Έγώ οέ ούκ έφρόντιζον 
αΟτοΟ ■ εκείνος οέ αεί [Λε έπείρα•, και παρεκάλει. 

4] Έγώ δέ ούκ i~zcioo'Jv έααυτήν, αλλ' έπεκράτουν αύτον της 
Ίού'ζου έπιθυαίας άχρις αν το σηίΛεΐον το έπι της κεο/αλής αύτοΟ 
έπιδείξηται, και τήν των ζητουμιένων (f. 223 r.) μυστηρίων παρά- 
10 δοσιν άφθόνως και αληθώς ποιήσηται. 

5] Λοιπόν ούν και το σημεΐον έπεδείκνυτο και των ρ-υστηρίων ή 
παράοοσις έποιείτο, άρςαι^ένου αύτοο τ.ρό-ζρον λέγειν τ^αροί^^'ζλίοίς 
και 6ρ-λθΐ)ς προς î^jà ούτως. Όρκίζω σε κ. τ. λ. La suite comme 
dans A (voir ci-dessus la première i^édaction, g 5), puis : Όρκίζω 
15 σε εις Έρ[λήν και Ανουβιν και εις υλαγμα του κερκουροβόρου δρά- 
κοντος και κυνος τρικέφαλου τοΟ Κέρβερου τοΰ φυλακος του "Αδου. 
Όρκίζω σε εις τον πορΟαία εκείνον, και <(δ'./ 'Αχέροντα ναυτίλον. 
Όρκίζω σε κ. τ. λ. (La suite comme dans A, l"réd.) 

6] Τούτοις πασί με έφορκίσας παραγγέλλειν έπε•/είρησε μηοενι 

20 μεταοιοόναι ει αή μόνον τέκνω και φίλίο γνησίω. Σύ δέ αϋτος, ώ 

τέκνον, άπελθε προς τίνα γεωργον, και ιρώτησον αυτόν τί μεν έστι 

το σπειρόμενον, τί οέ έστι το θεριζόμενον, και μαΟήση άπ' αΟτου 

οτι ό σπείρων σίτον σίτον και θερίζει, και ό σπείρων κριΟήν κριΟήν 



και 



Ο 



c~r 



ι^ει. 



25 7] ΚαΙ ταΟτα, ώ τέκνον, δια προοιμίου άκηκοώς κ. τ. λ. (comme 
dans A, V° réd., g 7, jusqu'à κύνα) ' ή γαρ φύσις την φύσιν τέρπει, 
και ή φύσις τήν φύσιν νίκα. 

8] ΔεΓ οΰν εξ άμμων και ούκ έξ άλλων ουσιών κατασκευάζειν 
τήν ΰλην. Ως γαρ προείπον οτι Ό σΓτος τον σϊτον γέννα και Ό 



1. f. 1. ϊύτοϋ hic et iiifra. — 2. h ταΐ: 
•/;ρσ\ν aJTOj Ε. — 5. του "ίο. πρ. 1\ίΐ\ το-3 ερ- 



rjLOu Ε. — 8. ;ji=/?!; «ν Ε. — 15. "Αννου8;ν 
L. — 17. F. 1. -/.«'ι ά/εροντίον ναυτίλον. 



L ASSEMBLEE DES PHILOSOPHES 



35 



άνθρωπος τον άνΟρω-ον, οΰτω καΐ Ό ypuGOç τον -/ρυσόν. Και ίοου 



σοι παν το [Λυστηριον. 



9] Ααβών ουν 'jopipyjoov, πηςον αυτήν ή οια ζ'ωλιου, ή οια 

σώ^χζος υιαγνητία;, ή δια θείου, καΐ ε•/ ε ' τοΰτό έστι το -/Λιαρο- 

5 παγές κατά τάς αίξεις των εΐοών ' τοΟ ρ.ολΰβδου -/λιαροπαγοΟς 

μέρος εν, κ. τ. λ. (La suite comme dans A, 1" réd.;, ^ 9 -fin, sauf 

les variantes indiquées.] 



I. XIV. — ΠΟΙΟΝ ΕΙΝΑΙ ΧΡΗ ΤΟΙΣ ΗΘΕΣΙ ΤΟΝ 
ΜΕΤΙΟΝΤΑ ΤΗΝ ΕΠΙΣΤΗΜΗΝ. 

Tmnscril sw M, f. 12S r. — CoUationné sur A, f. 109 v. ; — sur E, f. Sfi v. ; — 
sur Lb (copie'de E), page 127. — [Chap. 26 dans E, 28 dans Lb, delà compilaiion 
du Philosophe chrétien.) 

10 Χοεών είναι τον αετιόντα τήν έπιστήμην τ.ρω':ο'/ μεν φιλόΟεον 
και φιλάνΟρωπον, σώψρονχ, άφιλάργυρον, ψεΟδος άποίττρεφόμενον, 
και πάντα οόλον, και κακουργίαν, και φΟόνον, είναι δε άλη- (f. 128 ν.) 
θη και πιστον παΐδα της αγίας και ομοουσίου και συναϊδίου Τριά- 
δος. Ό αή τοιαύτα κάλλιστα και fhipt'j'y. ήθη κτησάμενος ή 

15 κτήσασθαι σπουδάσας, εαυτόν απατήσει, τοΓς άνεφίκτοις έπιπηδών, 
καΐ βλαβήσεται μάλλον. 



Ι. XV. _ ΠΕΡΙ ΣΤΝΑΞΕΩΣ ΤΩΝ ΦΙΑΟΣΟΦΩΝ. 

Transcrit sur Λ, f. 233 r. — Toutes les variantes indiquées dans les notes sont 
remplacées dans le texte par des corrections conjecturales. 

1] Προς αλλήλους οί φιλόσοφοι απέστειλαν έ <^νεκα^ του γενέσ- 
θαι μίαν συναγωγήν, επειδή στάσις καΐ ταραχή πολλή περιέπεσεν 



3. L mg. : Democritus. pag. ι (ι"= 
main). — 4. ypiapo -αγέ; L. — 5. χατά et 
τα; ajoutés en surcharge par le copiste 
' de L , — 12. Après φθο'νον] έπειτα S= /.α• π'.στόν 



Lb. — ■ 14. ό 'Λ [j.rj Ε Lb. — ζτισίίμϊνο; et 
κτησασΟαιΜ. — 15. στιουοάσοιεν Μ. — α-ατη- 
σοι Μ . — ir.izzTfiôn^ Ιπι-/ ο'.ρών ΑΕ Lb. — -18. 
s <νΞ•/.α] f, Α. — 19. στάσι;] sorr,aiçA. 



36 



INDICATIONS GENERALES 



αυτούς, -ερί r?;; -λάντ,ς τη; ζετουττ,ς ει; τον xo^ij-ov, -ερ-. ουτεων 
καΐ σωυ.άτων, καΙ -νευαάτων, ώς τι ά,οα έχ. -ολλών είοών, ή έ: ένος 
είοους τελειοΟτΐ'-'. το αυ^τήρ-.ον. 

2] Ό οε o'.AOTOcio; γνωστά τα αΟτοίς οντά, τρανώς ά-οκρινό- 

5 αενο; -οο; αυτούς λέγει ' εάν αή εττω ι?ι έκ τοΟ γένους ήαών τοΟ 
έ'ς ένύ; z'iwjç ΐλέαοεο-θαι των βιβλίιον ήιχών καΐ καττ,ράσαο-θαι 
ταάς ■ ~εο'. του ζτ,τουαένου -/ρυσου ττ,ς κατα^αοτ,ς, καθώς [αοι 
έοτλοίΟη ύ-ο των τε-/νιτευόντ(ον. Ει' τις ττί-τει είς ταΟτα τά ααΟή- 
αατα, των έκ -ολλών είοών, είς ταύτα -λανάται ' άλλος γάρ έστιν 

10 ό ζητούΐΛενος σκοττός " αία κάαινός έστιν, και αία όοος, και εν έργον. 
3] Και ουδέν έΗάΗει είς εξοδον εις ν' δηνάρια. Ό κύριος ό θεός 
το εδωκεν διά τους -τω/ούς και τους ά-ελ-ισαένους. 

41 Και λέ^'ει ό οιλόσοοος ούτως. Λαβών έκ των σαρκών τον κρόκον 
ίκοείττίον γάρ έστιν των ταρι-/ευτικώνι, και λαβών τον λίΟον, και 0ές είς 

ΐδ TÎÙO • ευθέως θες είς το ύδιορ, και -άλιν βάλλε τον αύτον λίθον, και τών 
σαοκών τών ταρι/ευτικών και θες είς κάμινον ύελουργικήν ioyupav ' καΐ 
λάαβανε το ε- if. 233 ν.) λαιον το επάνω τοΟ λίθου, και ο λίθος αένει 
κούσταλλος ' και λαβών το αύτο οξος, αυτό έστιν το ο\κις τών φιλοσόφων. 



1. ΧΜ. — ΠΕΡΙ ΙΙΟΙΗΣΕΟΣ ΑΣΗΜΟΥ. 

Transcrit sur M, f. lot'» r. — Collationné sur B, f. ι Sg v.; — iî/r A, f. 146 r.: — 
sur K, f. 32 v.^ La rédaction de M, lorsqu'elle diffère de celle de BAK, a été con- 
signée en marge de K, d'une écriture élégante, contemporaine de celle du texte, 
ici et dans plusieurs autres morceaux. 

20 ij Περί ~.οτ^σζο)ς άσήυ,ου. — ΑεΓ λαβείν [α.όλυβοον yjj'O'j εκ 



1. ajTOj;] 2ajT0j; Α. — 2. «sa Α. — 
4. εαυτοί; Α. — τρανό; Α. — ar.oxp'.vo- 
αϊ'νων Α. — δ. λ£γ(ον Α. — 10. έ'ργο; Α. — . 
11. Ιξάζ£.. Α. — 12. τό] F. 1. τοϋτο. — 13. 
Le ms. ponctue : ΚαΊ λ. ό φιλόσοφο;. 
οΰτως λαβών... — τών ζρό/.ων Α. — 14. 
■/.λ: Οές] F. 1. κάταθ;;. — lli. F. 1. τό ταρ•.- 



yijTtzov. — 20. Cp. ci-aprtls Démocrite, 
Physica et mystica (II. i, 20). — àir|- 
[jioj] Le signe, ici et dans tout le mor- 
ceau, est celui de l'argent. D'après le 
titre, où aar)jiou est en toutes lettres, il 
signifie άση;χον (OU άσημο;). — Voir Nota- 
tions alchimiques, pi. VII, 1. 10. (.\/. B.). 



FABRICATION DU CINABRE Ζη 

zGiV άαΐΛο-λύτων (εστίν γαρ Ό χυτός ]xo'k'j^j00z ττυκνίτατος], καΐ 
γωνεΟσαί αΟτον ζολλάκ'.ς, εως αν γένητα•. àV^jjLo;. Μετά οέ το 
έκοαλεΓν αυτόν τϊν άτΛ,υ.ον, εάν βοΰλη καΟαρίτα'. αύτον, -ρόσοαλε 
εις τήν -/ώνην ύελον κλεοτζατρινον, και έξεις a(rr][JLOv καΟαρόν. Ό 

ό γαρ νυτος ΐΛολυβοος -ολύν άσηαον έκβάλλει. Ή άέ -/ώνη αύτοΟ 
μεσο'.ς φωσι -υρουτοο, κα•, [Αη σφοορο'.ς. 

2] Περί -τΐοιήσεως acr/ijj.ou. — Λαοών κασσίτερον, χώνευσον καΐ 
[/.ετά -έντε χωνείας επίβαλλε εις το 7:ρέσω-ον αύτου εις τήν χώνην 
άσφαλτον ' καΐ οσάκις άποχύσεις αυτό, εις άλας αυτά κένωσον κοινον, 

10 εως αν γενηται άτ/;αος τέλειος και τιολυς. Ει δε βούλει εις ΐ^^^ον 
εκκλησίας -οιήσαι ες αΰτοΰ άφ ' ού χίονευσεις, και γένηται σκλη- 
ρον, ποίησον. 

3] Περί τζοιήσεως άσήυ.ου. — Άτο κοινού αολύβοου καθαρού εις 
τήν άνωτέοαν στήλην γέγρα-ται. Αεί γινώσκειν οτι έκβάλλει ό 

Ιό κοινός αόλυβοος εις τάς εκατόν λίτρας τοΟ γ,^ΐ)ώζοο\) , άσήρ,ου 
λίτοα; δέκα. 



Ι. XVII. FABRICATION DU CINABRE. 

Transcrit sur M, f. io6 r. — ColLitionné sur, B, f. lOo r. — sur A, f. 14G v. 
{— A')— sur A, f. 25i r. (,= A^j. 

1] Περί ττοιήσεως κινναβάρεως. — ΔεΓ έμιβαλείν εις θυείαν θείου 

άτύρου λίτραν α , και υδραργύρου λίτρας β' ' και τρίψας ά[Λφότερα 

20 εις τήν θυείαν ήυιέραν ΐ7.ίαν " και εαβαλε αυτά εις βίκον ύέλινον ' 



1. /υτό; et, 1. précéd., ■/;jx&v] n Le 
signe, ici et dans tout le morceau, 
est celui de l'eau. — ύδωρ ijio).u6oou figure 
dans les signes (Not. alch., pi. V, 1. 
I 5) à côté de κρόκο; αύτο'ρρυτο;. » (M.D.) 
• Cp. Μολυόοο; Οαλάιστ;; (en toutes lettres) 
σκληρό; ÈSTi ρυπαρό;. (ms. B, f. 177 r.. 
ligne 7.) |C. E. R.). — 3. τόν ασημον] 
τόν, signe de l'argent, puis ξτ,οίον BAK. 
— 4. ϋαλον BAK, ici et presque dans 



tout le contenu de ces mss. — • 5. 
αΰτοΟ] F. 1. αΟτή. — 6. -υροίται BAK. 
— 11. ζα•] F. 1. oj;, pour εω;. (Sigles 

presque semblables pour κα'; et pour 
oj; dans les mss. du XII" siècle). — 13. 
Ά~ό -/.O'.voO |χολ. — γε'γρα-τα'.] Réd. de 
BAK : λαοόιν κοίνόν μόλυβίον καΟαρόν αυτόν 
f'j; εν τη άνωτε'ρω στήλη γε'γρα~ια•, — 18. 
θυίαν mss. partout. — 20. ήμιε'ραν] έ-\ 
ήαε'ραν ΒΑΚ, f. mel. 



38 



INDICATIONS GENERALES 



καΐ φιαώσας το στόαα αύτου jJiETà 7:υρ'.[Λά•/ου -ηΛοκαρζ'ώνου lyov 
το (f. 106 ν.) πάγος δακτύλους γ', εαβαλε αυτά εις αύτόΐΛατον πυρ 
έπΙ ώρας C" ή θ'. ΚαΙ είθ' οΰτως έκβαλών, εύρήσεις αυτά βωλο- 
ποιηΟέντα σιοηροειοη. ΤοΟτο λείωτον εις ^ρυσον [α.ετά ύδατος -ολ- 
5 λάκις ■ δσον γαρ λειώσεις αυτά, τοσούτον ξανθά γίνονται. Το γαρ 
θεΓον άπυρον τα οευκ-^ά άφευκτα ττοιεί. 

2] Περί κινναβάρεως. — ΔεΓ γινώσκειν ό'τι ή άνάκααψις της 
κινναβάρεως otà νιτρελαίου γίνεται, και ούτως χωνεύεται αετά τυράς 
λεπτής, ώς έπινοεΓς. 
10 3] "Αλλως περί κινναβάρεως. — ΔεΓ γινώσκειν οτι ή [JLαγvησία 
ή ύελουργική ταύτη έστιν ή της 'Ασίας, δι ' ης ό (ίελος τάς βαοάς 
οέ•/εται, και ό ίνοικος σίοτ^ρος γίνεται, καΐ τα Οαυαάσια ξίοη. 

Après Çî'-jT). Β continue avec un morceau intitulé v.oi-eXui-yq λίθου f. i6o v.; A' et K, 
comme M, avec /c morceau qui suit ; A-, avec le livre de Sophë. — III. xli). 



1. XVIII. — ΜΩΣΕΩΣ ΔΙΠΑΩΣΙΣ. 

Transcrit surTA, f. i85 r. — Collationné sur K,f. gS v. {K dérive ici, directement de M. 



Χαλκού καλαϊνοΰ γ" α', αρσενικού, θείου απύρου 



και 



15 θείου άΟίκτου γ° α', σοί^^οχρίγτις γ° α'. Αείωσον oaçiavivco έλαίω. 



1. οιαώσα;] 3 η μοσα; ΒΑ; ατ,ιχοΊΛ•. Κ. 

— 'ε'/ον το -.] ε/οντο; τ.ί/ος ΒΑ. — 2. ώσε'ι 
δα/.τύλου; ΒΑΚ, f. mel. — αύτομχτάοιν Μ. 

— Réd. de ΒΑΚ : κα• έμβαλείν αυτόν ε!; aù- 
το'[χατον πυρ ζτζ: ώ. — Réd. de M en mg. de 
K. — 3. y.al om. BAK. — εΰρτ,θίίσεται γαρ 
αυτά ΒΑΚ. — 4. Tojto λϋ'ωσον] -.ο^το, signe 
de λείωσον OU -oii^o'j M ; τοϋτο οεΐ τρίψα; 
ΒΑΚ. . — 5. όσον γαρ τρίβεις ΒΑΚ. — 
7. η κο'.νή κάαψις Α'. — 10. μαγνησία 
ΰελ. Α- . — 11. ταύτη έστιν ή τη; Ασία;] 
τοιαύτη Ι. οία η τ. Άσ. ΒΑΚ, f. mel.; 
αύτη Ι. ή τ. Άσ. Α•. — 12. ινδικό;] 
Ινδαν.κό; Μ; ινοανό; ΒΑΚ; ϊνδανικό; Α- . 



Corr. conj. — A- mg. : λεγ. τό άτζάλη 
(écriture du temps). — 14. καλαϊνοΰ 
sans accent M. — 15. Après γ" α', les 
mss. donnent un cercle coupé par deux 
lignes parallèles ascendantes, signe qui 
ne figure pas dans les tableaux de sé- 
méiographie chimique. C'est probable- 
ment un signe fautif. (C E. R.). A 
moins qu'on ne traduise ce signe par 
σηπτη; « décomposée ». La sandaraque• 
décomposée figure dans plusieurs recet- 
tes, et le signe de σηψον est presque le 
même. {M. B.). 



LABYRINTHE DE SALOMON 



39 



μολύζοω ήαερας γ' * ejxSaXXî ν.ς άκυιάοιον, καΐ Οές ί~\ γ.θ!.ρζώ- 
νων έως ΙκΟειωθη, καΐ κατάσπα, και εϋρήσεις " ycàcz-ov τοΟτο 
Ιμερος Ιν, χρυσοΟ αέρη γ • -/_ώνευ(7ον όςύνων τήν /ώντ;;, καΐ 
εύρήσεις το ζαν -/ρυτον σύν βεω. 



5 Ι. XIX. — ΕΥΓΕΝΙΟΥ <ΑΙΠΛΩΣΙΣ>. 

Placé à la suite du morceau précèdent, dans M et dans K- 

ΧαλκοΟ κεκαυίλένου μέρη τρία * χρυσοΟ μιέρος α'. Χώνευσον 
καΐ έ-ίβαλε άρσένικον * καΟσον, και εϋρήσεις Ορυπτόν. Είτα 
λείω;7ον οξει ήι^έρας ζ' έν ήλίω * είτα ξηράνας, -/ώνευσον ά'ργυ- 
ρον • και γέλασαν τι f?j έκβαλε έκ τούτου τοΰ συνθέματος, καΐ 
10 εύρήσεις τον άργυρον ώς ήλεκτρον. Τούτο ί'σω σύμαιξον -/ρυσον, 
και έξεις οβρυζον καλόν. 



Ι. XX. — ΛΑΒΥΡΙΝΘΟΣ ΗΝΠΕΡ ΣΟΛΟΜΩΝ ΕΤΕΚΤΠΝΑΤΟ. 

Transcrit sur Μ, ί. ΐ02 ν. {main du XIV'' ou XV^ siècle). 

El τίνα λαβύρινθον άκοΰεις, ξένε, 
ήν—ερ ^ίοΧου-ων έκ νοος έκτυπώσας, 

15 λιΟοις έτεκτόνησε τορνοσυνθέτοις, 

τούτου θέσιν σχημά τε και -οικιλίαν 
γραμμα^ς άμυοραις εικονίζων -ρος λόγον, 
όρων το λοιτον τάς ελίξεις μυρίας 
εσωοεν έξω, σφαιρικούς ανάδρομους, 

20 εκείθεν ένθεν κυκλικώς έστραμμένους. 



1. άκ[ΐάδιον] ά•/.μ.α ΜΚ. Corr. conj. {C. 
Ε. R.). 'Ay.iiioiov, vase conique pour le 
grillage, décrit ensuite. (Λ/. B.). — 8. 
Èv τω ήλίο) Κ. — 9. γΐλάσαν ΐΐ] F. 1. γραί- 



σαν Τ! (une partie écumeuse). On con- 
naît απογραίζα), écumer, qui suppose 
γραί^ω. — 11. εΰ'ρ'^ζον mss. Corr. conj. 



40 INDICATIONS GENERALES 

τον του βίου [χάνθανε κυκλικον ορόαον, 
οΛισθον έ[Λοαίνοντα των συντριαυ-άτων, 
έκ των κυκλικών σφαιρικών κυλισμάτων 
ελίσσεται κατ ' !'σχ_νος συνθέτοις στρόφοις, 
δ ώσπερ πονηρός ταΓς έλίξεσι o^iiv.i!iv 

έρπων παρέρπων έαφανών κεκρυ[Λμένως ' 
έχων δε λοξήν και ουσέκβατον θύραν, 
οσον τρέμεις εςιοϋεν και οραυιειν ϋελων, 
τοσούτον αΟτος ταΐς ά-^^γιστρόοοις πλάναι;, 

10 ένδον συνάγει προς βάθος της εξόδου, 

ταΐς έκδρο[Λαΐς θέλγων σε ταΓς καθ' ήαέραν, 
παίζων γελών σε ταΓς στροφαΓς της έ/.πίοος, 
δίκην à-'Jiipo'j ταίς κεναΓς Οεοορίαις, 
εως γ^ρό-^^ος ρευσείη ό σκηνεργάτης, 

15 καΐ θάνατος δέξαιτο οεΰ σκοτεργάτης, 

[ληδέν διδούς πράσσειν σε των τηςέςόοου. 



ύ^' 



DEUXIEME PARTIE 



TRAITÉS DÉMOCRITAINS 



II. I. — ΔΗΜΟΚΡΙΤΟΥ ΦΥΣΙΚΑ ΚΑΙ ΜΥΣΤΙΚΑ 

Transcrit sur M, f. 66 v. — Collationné sur B, f. S v. ; — sur C (copie de Bl, 
f. 7 V. ; — sur A (copie de C ?), f. 24 v. ; — sur D (copie de C ri, f • i ; — sur S 
(copie de A ?), f. i. — Cp. Berthelot, origines de l'Alchimie, p. 35ο, où les%% i ei 2 
ont été publiés avec traduction française et annotation critique. — Les variantes 
de C A D S ne sont pas indiquées lorsqu'elles sont identiques avec celles de B. 

1] Βαλών εις λίτραν αίαν τιορφύρας διοβόλου λίτραν σκωρίας σιοτ- 
ρου εις ούρου δραγαας ζ ,έττίΟες έ-Ι -υρας ώττε λαβεΓν ζράσίΛατα 
(f. 67 Γ.). Είτα λαβών ά-ο τοΟ -Γζυρος το ζέυια, [ίίάλε εις λεκάνην, 
5 ττροβαλών τήν -ορφυραν, καΐ έ-ιχέας το ζέιχα τη -op^jpy., εα '^piyt- 
σθαι νυ-/θήυ.ερον εν. Είτα Λαβών βρύων θαλασσίων λίτρας ο , |3άλε 
υδωο ώς είναι i-v.vco των 3ρύων τετοαδάκτυλον ' καΐ εν ε îcoc αν 
παχυνοϊ], -/ϋαΐ διυλίσας, το διύλισαα θεραανον, και συνΟεις τήν έρεαν, 
κατά•/εε. Χαυνότερχ οέ συντεθήτω ώστε οΟάσαι τον ζωαόν έοος του 
10 -υΟιχένος, και εασον νυχθήαερα δύο. Είτα λαβών αετά ταύτα, ξήρανον 
έν σκιά ' τον δε ζωαον εγ/έης. Είτα βαλών εις τον αύτον ζω[ΑΟν βρύων 
λίτρας δύο, βάλε έν τω ζωΐλώ ύδωρ ώς γενέσθαι τήν άναλογίαν τήν 



2. Βαλών] ίλών D. — διοΕολοϋ Μ. — 
3. ϊρα/αά; ζ'] signe de 5ρα/μά; et ζ' Μ ; 
signe de op. et β' A (probablement le 
signe de Γ ' de M ou d'un autre ms. du 
X-XI« siècle, écrit 3 et lu B par le co- 
piste de A ou de son original. — ως] 



ώστε A, f. mel. 



■/. 



ϊυνοτ;;α mss. Corr. 



conj. — 11. ζωαόν af, ίγ/εει; M; ζω'χο•/ 
i/./io/ B. F. 1. ÎM'j.6-/ u.0'. Îf/ir^:, — βαλών 
ε;; τον αυτόν ζωμό•/] λαβών τον αυτόν ζωιχόν 
Α, f. mel. — βρύων] χα'ι βαλών Β. — 
12. βάλε] 7.α\ βάλε Α. — ώ;] ώστε Β, f. 
mel. — TTjv -ροίττ,ν άναλογίαν Β, f. mel. 



42 



TRAITES DEMOCRITAINS 



πρώτη V ' καΐ ε'•/ ε ωσαύτως εως αν -αχυνθή. Είτα ύλίσας βάλετήν έρεαν 
ώς το ποωτον, και ττοιήση νυχθήριερον εν. Είτα λαβών, ά-όπλυνον εις 
ουρονκαΐ ξήρανον εν σκιά. Είτα λαβών λακχάν, τρίβε, καΐ λαβών λάπαθου 
λίτοας τεσσάρας, εκζεσον [^.ετά ούρου, ώςλυθηναιτο λάπαΟον ' και ύλίσας 
5 το ΰδωρ, βάλε τον λακ-/άν " καΐ εψε εως πα^υνθή " καΐ οιυλίσας 
πάλιν τον λακ•/άν βάλε τήν έρεαν. Είτα [α.ετά ταΟτα -λΟνον οΰρω, 
είτα πάλιν υοατι ' και μετά ταΟτα ξηράνας όαοίως εν σκιά, θυμία 
ονυξι θαλασσίοις έναποβεβρεγαένην έν ού'ρω ημέρας ούο. 

2] Εις οέ τήν κατασκευήν της πορφύρας τα tiiipyou.zvi είσιν τάοε. 

10 Φοκος δ καλοΟσι ψευδοκογχύλιον, και κόκκον και άνθος θαλάσσιον, 
άγχουσαν λαδικίνην ή κρημνός, έρυθροοανον το ΐταλικον, φυλλάνθιον το 
δυτικον, σκώληξ ο πορφύριος έκ τοΟ έρώου γενόμενος, ρόδιον το Ίταλικόν. 
ΤαΟτα τά άνθη προτετίμηται παρά των προγενεστέρων , καί εισι φευκτά ού 
τίμια. Έστι δε ο της Γαλατίας σκώ- f. 67 ν.) ληξ, καί τι της Α/αιας 

15 άνθος δ καλοΟσιν λακ•/άν, καί το της Συρίας δ καλουσιν όίζιον * 
και το κο',γύ7^ιον καΐ το κο•/λιοκογ•/ύλιον το λιβυκόν ' και ό 
αιγύπτιος κόγχος ο της παραλίου, δς καλείται πίννα ' καΐ ή ισα- 
τις βοτάνη " και το της ανωτέρας, και το της Συρίας δ καλοΟσιν 
-/όγχον • ταΟτά έστιν ζo'JZzy ακίνητα, οΰτε τιμητά παρ ' ήμίν, 

20 πλην της ίσάτεως. 

3] ΤαΟτα ου ν παρά του προειρημένου διδασκάλου μεμί^ώηκώς, και 
της ύλης τήν διαφοράν έγνωκώς, ήσκούμην όπως αρμόσω τάς 
φύσεις ' ει γαρ και τέθνηκεν ημών ό διδάσκαλος, μηδέπω ημών 
τελειωθέντων, άλλ'ετι περί τήν έπίγνωσιν της ύλης απασχολουμένων, 

25 εξ "Αδου φησίν τοΟτον φέρειν έπειρώμην • ώς δε εις τοΰτο ώρμησα, 
ευθύς παρεκάλεσα λέγων " « παρέ/εις δωρέας έμοί, άνθ'ών άπείργασ- 
μαι εις σέ »; Και τούτο ειπών, έσιώπα ' ώς οέ πολλά παρεκάλουν. 



2. kohJot,] -οΐΐ-,σάτω Β. — 3. ΐίτα] επϋχα 
Β. — 6. είτα πάλ'.ν] [χετά ταϋτα Β. — 7. ν- Α 
αετάταΰτα] έπειτα Β. — 8. έναποβεβρεγμε'νο•.; 
Β. — 9. τά άπερ/ομενα Μ. — τάδε] ταϋτα 
Β. — 11. λϊδιζήν Μ. — 12. ε'ρώου est pro- 



bablement pour ζώου {M. Β.) — 13. 
προτετίατ-,ντα; Β. — 20. ισάτιοο; Β. — 25. 
ώς δε] /.α'ι ώ; Β. — τοΰτο] F. 1. τοϋτον. — 
26. παρε/.άλεσε Β. 



DÉMOCRITE. PHYSICA ET MYSTICA 43 

ήρώτων οτ.ως άιυιόσω τάς φύσεις, tyr^ii υ.01 ούσκολον λέγειν, οΟκ 
έπιτρέκοντος αΟτώ τοΟ οαίρι,ονος * μόνον οε εί-εν • « αί βίβλοι εν 
τω ίερω εΐσιν. » Άναστρέψας εις το ιερόν έγενόαην έρευνήσων ει—ερ 
δυνηθείην εΰ-ορησαι των βιβλίων • ούτε γαρ -εριών τω βιβλίω 
5 τοΟτο ειρήκει ' άοιάθετος γαρ ών έτελεύτα, ώς αέν τινές οασιν, 
δηλητηρίω χρησάαενος οΓά-παλλαγήν ψυχής έκ τοΟ σώ[Λατος ' ώς οέ 
δ υιός φησιν απροσδόκητους έστιώυι.ενος " Ήν οέ τ.ρο της τελεύτης 
άσφαλισάμενος μόνον τω υίω φανήσεσθαι τάς βίβλους, ει τήν ποώ- 
την ύπερβή ήλικίαν " τούτων δε ούδεις ουδέν ημών ήπίστατο. Ός 

10 οΰν έρευνήσαντες ί.ύροιι.ε\ ουδέν, δεινον ΰ-έο-τημεν νΛ^ι.α'ΐον έστ ' αν 
συνουσιωθώσι και τυνεισκριθώσιν αί ούτίαι και αί φύσεις. Ώς δέ 
έτελειώσαμεν τάς συνθέσεις της ύλης, γρό^^ου τινός ένστάντος και 
πανηγύρεως ου- f . 68 Γ.) σης εν τώ ίερώ, -άντες ήμεϊς είσθιώμεθα " 
ώς ουν ήμεν έν τω ναω έξ αυτομάτου στηλή τις \ή^ κίων ήν, ή 

15 διαρρήγνυται, ήν ημείς έωρώμεν ένόον ουδέν έχουσαν. Ό δέ ούτ " αν 
τις έφασκεν, έν αυτή τάς -ατρώας τεθησαυρίσθαι βίβλους, και 
προκομίσας εις μέσον ήγαγεν. Έγκύψαντες δέ έθαυμάζομεν ό'τι 
μηθέν, ήμεν -αραλείψχντες, πλην τοΟτον τον λόγον ευρομεν έκεΓ 
πάνυ -/ρήσιμον. 

20 Ή φύσις τή φύσει τέρπεται, και ή φύσις τήν φύσιν νικά, και 
ή φύσις τήν φύσιν κρατεί. ΈΟαυμάσαμεν πάνυ οτι έν ολίγω λόγω 
πασαν συνήγαγε τήν γραφήν. κ Ήκω οέ κάγώ έν Αίγύπτω φέρων τα 
φυσικά, όπως της πολλής περιέργειας και [ου] συγκεχυμένης ύλης 
καταοοονήσ•ητε » . 

25 4] Λαβών ùopipy\jp(}'^, πήςον τω της μαγνησίας σώματι ή τω 
του ιταλικού στίμεως σουματι, ή Οείω απύρω, ή άφροσελήνω, ή 

1. τό πώ; Μ. — ούτ/.ολον ε/ω λϊ'γειν Β. j 15. Après οιαρ^οΓίγνυτα•.] Rédaction de Β: 

κα'• έγκύψ. à'vSov, όρώμεν έν αΰττ] τάς -ατρ. 
β:βλ., και -ροκομίσαντΗς ε!ς rx. έΟαυμαζ. δτ. 
μηίέν παραλείψαντες κ. τ. λ. — 20. Ο"''-?] 
φϋαις Μ, ici et presque partout. — 23. 

-ερ•.εργασ;'α: Α. — où om. Β. — 25. En 

marge des mss., le signe de -/ρυσοποι'α. 



— 4. τώ β;5λ•'ω add. A; τώ βίω Β. ■ — • 5. 
τοϋτο] ταύτα Β. — 8. pLo'vov] |χο'νω Β. — 
φωνήσασθαι C Α, lecture fautive de Β, 
OÙ le second α ressemble en effet à un 

ω. — 9. οΰδεΊ; οΰδόλω; εξ ημών ή~. Β. — 
14. σττρ.η τις ήν κίων. Β. F. 1... κ'.ο'νιον. — 



44 TRAITES DEMOCRITAIXS 

τιτάνω &-τω ή στυπτηρία τη από Μήλου, ή άρσενίκω, ή ώς 
επινοείς. ΚαΙ επίβαλλε λευκή ν γαίαν χαλκω, και εςεις γαλκον άσκίασ- 
τον. ^ανθήν οέ επίβαλλε σελήνη ν, καΐ έξεις χρυσον -/ρυσω, καΐ 
εσται -/ρυσοκόραλλος σω[ΛατωΟεΐσα. Το ο'αύτο ποιεΓ και άρσένικον 
5 ΗανΟον καΐ σανοαρά^η οίκονομιηθεΓσα, και κιννάβαρις πάνυ ή έκστρα- 
φεισα. Τον οέ χαλκον άσκίαστον ρ-ίνη ή ϋ^ράρ^υρος ποιεί. Ή «ζγαρ/ 
ίρύσις τήν φΰσιν νίκα. 

5J Πυρίτην άργυρίτην 6ν και σιδηρίτην καλουσιν, οΐκονόΐΑει ώς 
εθος, ίνα ρεΟσαι ουνηθή ' ρεύσει οέ δια νύΟου ή λευκής λιθάργυρου 

10 ή τω ίταλικω στί[Λει " και σκορπισον ΐΛολυβοω [ούγ απλώς λέγω, 
ίνα ρ.ή πλανηθής, άλλα τω άπό κοπτικού), και λιθάργυρου [χέλανι τω 
ή[Λών, ή ώς έπινοεΓς ' και οπζτισον, και επίβαλλε υλη ξανθον γενό- 
[Λενον, και βάψη ' ή γαρ φύσις τη φΰσει τέρπεται. 

6] Πυρίτην οίκονόι^ει έως ου γένηται άκαυστος άποβαλών τήν 

15 (f. 68 ν.) μελανίαν ' οΐκονόαει οέ οΗάλυ,η, η ou'cco àc /Οόοω, τ, 
θαλασσή, ή οξυαέλιτι, ή ώς έπινοεΓς, έως ου γένηται ώς ψήγ[Αα χρυ- 
σού άκαυστον. Και εάν γένηται, πρόσ[Λΐξον αΰτω θείον oÎr.upm ή 
στυπτηρίαν ξανθήν, ή ώ•/ραν άττικήν, ή ώς επινοείς. Και επίβαλλε 



αργυρω οια τον 



ΧΡ 



υ σο ν. 



και -/ρυσώ οια τον '/ρυσοκογ-/υΛιον 



20 γαρ φύσις τήν φύσιν κρατεί. 

7] Το κλαυδιανον λαβών, ποίει αάρααρον και οίκονόιχει ώς 
εθος, έο^ς ξανθον γένηται. Ξάνθωσον οΰν ' οΰ τον λίθον λέγω, 
άλλα το του λίθου -/ρήσιΐΛον " ξανθώσεις οέ [χετά στυπτηρίας 
έκσηπτωθείσης Οείω, ή άρσενίκω, ή σανάαρά•/η, ή τιτάνω, ή ώς 

2ό έπινοεΓς. Και έάν έπιβάλλης άρ^^'ύρω, ποιείς χρυσόν ' εάν οέ χ ρυσω, 
ποιείς γρυσοκογγύλιον ' ή γαρ ούσις ττ,ν ούσιν νικώσα κρατεΓ. 



χρυσοκογχι 



η γαρ φύσις την φ'. 



2. επίβαλε Β partout. — 3. Α : signe 
de la lune pour l'argent ; Β : signe de 
la lune avec une adjonction qui semble 
indiquer l'électrum (chrysélectrum).L\/. 
B.). — 9. οιανιΟίω; {sic) M ; οιά νυ" Β. 
« vJOou, grise ; épithète de la litharge » 
(M. B.). — 10. Après r,] h add. B. — 



11. λίΟαργΰρω M. — 13. βάψί! mss. Corr. 
conj. — 14. Avant -υρίτΓ,ν] ενταύθα vos; 
add. B (note marginale insérée dans le 
texte). — M mg. oj* vo (wS$ vô;•.)• — 16- 
Après à-;voc!î] και οΓ.τ^,σον add. B. — 21. 
MBA mg. : τζερΊ ξανθής •/ pxicsor.O'.ix; (i''"= 
main). — 24. έξι-ωΟείστ,; M. — τετάνω M. 



DEMOCRITE. 



physica et MYSTICA 



45 



8 Τήν κιννάβαρ'.ν λευκήν τ.οίν. οι 'ελαίου, ή οΗους, ή αέλιτος, 
ή άλαης, ή στυ-τηρίας, είτα ΗανΟήν c.à rj.Î7UOÇ, ή σώρεως, ή 
χαλκάνθου, ή Οείω ά-ύρω, ή ώς Ιτλίοζϊ: . ΚαΙ έζίβαλλε άργύρω, 
καΐ γοΊσοζ εσται, έάν ypuaov καταβά-ττ, ' εάν yyj./.l•^, rj'.iy.'zov ' 

5 ή \γάρ/ φύσις τη φύσει τέρπεται. 

9] Τήν οέ κυ-ρίαν καοαίαν, τήν έξωσαένην λέγω, λεΰκαινε ώ; 
εθος. Είτα -οίει ςανΟήν " ξανθώσεις οέ /ολή υ.οσ•/εία, ή τερεβιν- 
θίνγ), ή κικίνω, ή όαφανίνω ή ώων λεκίθοις ξανΟώσαι αυτήν ουνα- 
μένοις ' και επίβαλλε "/ρυσω " γρυσος γάρ έσται οια τον -/ρυσον και 

10 δια τον χρυσοζώΐΛίον ' ή γαρ φύσις τήν φύσιν νικά. 

10] Τον άνοροδάααντα οίκονόαει οΐνω αϋστηρω, ή θαλασσή, ή 
ού'ρω, ή όξάλαγ] τοΓς ουνα[Λένοις σβέσαι αύτοΟ τήν φύσιν. Λείου 
[Λετά στίαεως -/αλκηοονίου. Οικονομεί δε πάλιν θαλασσίω ύοατι, ή 
άλατ,, ή οςάλατ; ' άπόπλυνον, εως αν ουγτ, του στίαεως r αελα- 

15 νία. ΦροΗον f. 69 Γ. ή οπτησον, έως ςανΟίση ' και εψει ύοατι Οείω 



άθίκτω. Έπίοαλλε δε αιγύοω και 



:αν θεΓον άπυεον ποοσβάλτ,ς. 



ποίει γουσο(Ιώυι.ιον ' ή γάο ούσις τήν ούσιν κιατεΓ. ΟΟτός έστιν ό 
λίθος ό λεγόΐΛενος χρυσίτης. 

llj χΥαβών γήν λευκήν, λέγω τήν άπο ψιμυΟίου και έλκύσυ,ατος 

20 ή στίιχεως ιταλικού, και ααγνησίας, ή και λευκής λιθάργυρου, λευ- 
κάνης ■ Αευκανεις δε αυτήν Οαλάσση ή άλαη τεθρεωρ-ένη ι^?) ή ύδατι 
άεοίίο, έν δοόσω λέγω και ηλίου, ώστε αυτήν λειουαένην γενέσθαι 
λευκήν ώς ψιαύΟιον. Χώνευσον οΰν τούτον και έπίοαλλε αϋτώ 
γαλκοΟ άνθος ή ιόν ςυστον, οΊκονοιχηθέντα λέγω, ή χαλκόν κεκαυαένον 

2δ λίαν φθαρέντα, ή -/αλκίτην " καΐ κυανον επίβαλλε, έως γέντ,ται 
άοοευστος και άτ:τ,τος ' εύνεοώς οέ γεντσεται. Τουτό έστιν το αολυβ- 

II ι 1 - /, ι - ι ι ι 



3. -/αλκάνθη; Β. — Μ mg. (main du 
XV-XVIe siècle) : στυτ^Γηρ^α έστ\ν atOf.i; χϊ\ 
ύοράργυρο;κα\•/αλκος ασκίαττο;. — 0=:'oj a"j- 

ρου Β, f. mel. — 6. BC au-dessus de καΐ- 
(iiav : τουτίαν. — έξωσ[Λε'νην] F. 1. έξυσ|χε'νην, 
affinée ? [M- B.). — 8. ώών Iv/.ido:-, gratté 

M., ώών λίκυνθοις Β. — 15. ςανΟοιΟη Β. — 



•joa-;om. Β. — 19. Avj/.ov. . .τόν Μ. — Au- 
dessus de λόυκόν, le signe de l'or M. — 
20. Xsu/.otvr); om. B. — 21. On propose 
-εθρυα[Λ£'ντ; (M. B.). — 26. Au-dessus de 
μόλυβδο/ αλ/.ον, les signes du soufre et du 
mercure M. — A mg. : une main, 
d'une écriture postérieure. 



46 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 

δό/αλκον. Δοκίααζε ούν ει γέγονεν άσκίαστ&ν, καΐ έάν [χή γέγονε, 
y£k-Ab-J [Λή [λέαψ•/], μάλλον δε σαυτον, έττει μή καλώς ώκο- 



■ον 



νόυ.η(ΐας. Ποίει ουν άτκίαττον και λείου, καί βάλε τα ξανΟώσαι 
δυνάμενα, καΐ οπτα, εω; ξανθον γένηται " καΐ έ-ίβαλλε -ασι τοΓς 
5 σώαασ'.ν ' ο γαρ -/αλκος άσκίαστος ςανΟάς [ών] γενόμενος -αν σώμα 
βάπτει ' ή γάρ φύτις τήν φύσιν νικά. 

12] Τώ θείω τω άπύρω συλλείου σώρι και χάλκανθον ' το δέ 
σώρί έστιν ώς κυανός ψωρώδης, εΰριο-κόμενος άεΐ εν τώ μίσ-υι ' 
τοΟτο και γΧωράν -/άλκανθον καλοΟσιν. "Οπτησον ούν αύτο μέσοις 

10 φωσιν ήαέρας γ', έως γένηται ξανθον φάρμακον ' επίβαλλε χαλκώ 
ή άογυρω τω εξ ημών γενομένω ' καΐ έσται χρυσός. Τούτο κατάΟες 
γενόμενον —έταλον εις ο^ος και y άλκανθον και μίσυ και στυΰτηρίαν 
και άλας καππαδοκικόν, και νίτρον r.uppbv, ή και ώς έ-ινοείς ira 
ημέρας γ' ή ε' ή C, έως γένηται ιός, και κα- [f. 69 V.) ταβάψ-/)ς • τον 

15 γαρ χρυσον ποιεΓ ή χάλκανθος ιόν * ή <γάρ> φύσις τί| φύσει τέρπεται. 

13] Χρυσόκολλαν την τών Μακεδόνων τήν ίώ -/αλκοΟ παρεμφέ— 

ρουσαν οικονομεί λειών ουρώ οαμάλεως έως έκστραφή ' ή γαρ φύσις 

εσω κρύπτεται. Έάν ούν έκστραφή, κατάβαψον αυτήν εις έλαιον 

κίκινον πολλάκις πυρών και [ϊάπτων ' είτα οος όπτασθαι σύν στυπ- 

20 τηρία προλειώσας μίσυι, ή Οείω άπύρω ποίει ςανΟόν καΐ έπίβαπτε 
παν σώμα χρυσού. 

14] "Ω φύσεις φύσεων δημιουργοί, ω φύσεις παμμεγέΟεις ταΓς 
μεταβολαΓς νικώσαι τάς φύσεις, ώ φύσεις υπέρ φύσιν τέρπουσαι τάς 
ούσεις. Ταύτα δή ούν εισι τά μεγάλην έχοντα τήν φύσιν ' τούτων 



1. Μ mg.: Le signe du cuivre, à 
l'encre rouge. — γο3ν Β. — 2. C A 
mg.: Les signes du soufre et du mer- 
cure, suivis d'un ■/_ coupé par un ρ 
(scil. /ρησ'.μον ?). — 5. -/αλκός] signes du 
cuivre et de l'or B. — Points rouges 
dans M au-dessous de άτ/.:αστος, au-des- 
sus de ξαντός ών et au-dessous de γενο- 
(ΐενος. 8. M mg. : Le signe du cuivre. 



puis sur une ligne verticale, en lettres 
retournées : χαλον. sv — τώ μ;'συ mss. 

— 11. M mg. : -ερΊ της καταμΤ (χαταυ,ίγής). 

— 13. η ώ; έ;:;νο;ΐ; Β. — 15. Μ mg. ; '.ό;. 
puis le signe de l'or. (Ecriture du XV"= 
siècle). De même dans Β mg., et dans 
le texte ^ι'■<= main). — 16. BCAmg. -ερΊ 
της ■/.ατα|α.ιγί);. — 18. χεχρΰίτται Β. — αυτήν] 
αυτόν μ'. — 20. -οιεΐ] -k^ Β C Α. 



DEMOCRITE. — PHYSICA ET MYSTICA 47 

των φύσεων ουκ είσΐν άλλαι [Αείζους εν βαφαΐς, ούκ ί'σαι, ουχ_ ύπο- 
βεβτ^κυΓαι ' ταύτα άναλυόυιενα ζάντα εργάζεται. 'Ταας αέν οΟν, ώ 
συα-ροοηται, οίο ' ούκ ά-ιστήσοντας, αλλά γαρ καΐ Οαυαάσαντας. 
Ίστε γαρ της ίίλης την δυναμιν " τους δέ νέους πάνυ ^ίλαβησουιέ- 
ό νους καΐ άπιστήσαντας τη γραφή δια το εν αγνοία της ΰλης ύπάρ- 
χ_ειν αύτους, ουκ είόότες οτι ιατρών υ.έν — αίοες ό-ηνίκα, ύγιεινον 
φάραακον βούλοιντο κατασκευάσαι, ούκ άκρίτω Opit.-q τοΰτο πράττειν 
έζιχειροΟσιν ' αλλά γάρ -ρώ^ο-ν οοκιμιάσαντες ποιόν έστιν Οερυ,ον, 
ποΓον όέ τούτω συνερχό[χενον [χέσην άποτελεΓ κρασιν, ψυ^ρον ή 

10 ùypm ή οποίον το πάθος, ει κατάλληλον τη μέση κράσει ' και 
ούτως προσφέρουσιν το τ:ρος ΰγίειαν κριΟέν αύτοΓς φάραακον. 

15] Ούτοι δέ άκρίτω και άλόγω όραή το της ψυ^ης ίαα.α και 
παντός [/.όχθου λύτρον κατασκευάσαι βουλόιχενοι ούκ αΐσθήσονται 
βλαβησόμενοι. ΔοκοΟντες γάρ ημάς μυΟικον, άλλ ' ού μυστικόν 

1δ άπαγγέλλειν λόγον, ούδεμίαν έξέτασιν ποιούνται των ειδών ' οίον ει 
τόδε μέν έστι σμη- f. 70 Γ.) κτικον, τόδε έπιβλητέον, και ει τόδε 
μεν έστιν βαπτικόν, τόοε άρ^οσζίον, και τόοε ει την έπιφάνειαν 
ποιεί, και ει κατά την έπιφάνειαν έ'σται φευκτόν, καί έκ του βάθους 
φεύςεται, και ει τόοε μέν έστι πυρίμαγον, τόδε προσπλακέν πυρί- 

20 μκ' /jsv ποιεΓ, οίον ει το άλας σμήχει τό επάνω του '/αλκοΟ και τά 
εντός ές άπαντος σμήχει, και ει ιοΓ τά έξω μετά την σμήξιν, και 
τά έντος ίοΓ ' και εί τά εςω τοΟ χρυσο-/άλκου λευκαίνει και σμή- 
χει ή ù6py.py\>poÇj /.olI τά έντος λευκαίνει " καΐ ει φεύγει έξωθεν, 
καΐ έκ τών εντός φεύξεται . Εί έν τούτοις υπήρχον ασκούμενοι οι 
νέοι, ούκ αν έουστύχ_ουν, κρίσει έπΙ τάς πράξεις όρμώντες " ού γάρ 

25 έπίστανται τά τών φύσεων αντιπαθή ώς έν είοος οέκα ανατρέπει. 



1. Ο-οδΕΪϊ-,κϋΤαί] υπερβαίνουσι Β. — 2. Ι Χ" et XI" siècles. — 19.τό8ε μάλλον ;:ροσ- 
Ιργάζοντα; Β. — 3. ά-'.5τησαντα; Β. — δ. Μ πλακεν Β. — 22. εΐτά...] εΤτα Μ. — καίε? 

mg. : Une main. (Même écriture que la om. B. — 23. M fB? partie effacée] C 



main tracée ci-dessus, p. 45, 1. 26.). — 
11.αυ-οΐς]αΰτΤ|ν M. ■ — 13. λύτρον] λιιτηριον 
Β ; ληττίριον Α. — 16. ε-'.κλτ,τε'ον Μ. (Con- 
fusion du β avec le κ, fréquente aux 



A mg. : ώραΐον. — 24. διοασ/.ούμενοι Α. 
(Les 3 premières lettres sont grattées). 
— 25. κρίσει] άκρίτω; Β. — Les deux sens 
peuvent se soutenir. 



48 



TRAITES DEMOCRITAINS 



'Pavic γαρ ελαίου οίοε -ολ^.ήν άφανίσαι τΛργ!/ροι.^^, και ολίγον θείον 
είοη κατακαΰσαι -πολλά . ΤαΟτα αέν ουν τ.ιρι των ξηρίων, καΐ οττως 
δεΓ T^poaiyzvj τη γp5'-9■fi είρή<3•θω. 

16] Φέρε οή και τους ζωίΛοϋς καθεςης εί'ττωΐΛεν. χΥαβών το ττόν- 
5 τιον όά, λείου έν οϊνω άυ.ηναίω αύστηρώ ' και -οίει rayoç κηρωττ,ς, 
δέξαι -έταλον το ριήνης, ίνα -οιήσ-ης τον -/ρυσόν " κατεργάζου ονυ- 
νότιανον ■ και τούτου ζάλιν ίσ/νότερον "/ρήο•η τοΟ φαραάκου * και 0ές 
εις καινον άγγειον — ερίφιμον — άντοΟεν, ύπόκαιε ήρέαα έως ίΛετατΟή . 
Είτα 0ές το -έταλον εις το τοΟ οαραάκου λείψανον ' και άνες 

10 οϊνω τω τεταγριένω έως -/υλώοης ζωαός σοι φάνη ' εις ".'■Λ'-.οί 
κατάθες ευθύς το T.i-yXov, μήπω ψυγέν εα συμ-ιεΓν. Είτα λαβών, 
νώνευσον, και εύρήσεις -/ρυτόν. 'Εάν οέ τό όά ή ταλαιον τω ypovto, 
ΤΓοόσυιιΗον αύτω έλυδρίου το ïoov τ:ροταρι•/ευο-7ς ώς έΟος . Το γαρ 
έλυδριον εχ^ει ο-υγγένειαν -ρος το ρά. Ή \γάρ/ ^'-^^'-^ "'ι r'-^^^'- 

15 τέο—εται. 

17] Δέςαι ■/.ζί•/ΛΊ κιλίκιον ' άνες άαα άνθη τοΟ κρόκου τω -ρο- 
ταγέντι νυλω της άαττέλου, -οίει ζωυιον ώς έΟος ' βά— τε f. 70 ν.) 
ά'ογυοον εκ -ετά7αον έως άρέση το γρώαα ' εάν δέ νά/^κεον το 
•πέταλον ε^ται, βέλτιον. ΠροκάΟαιρε οέ τον -/αλκον ώς εΟος . Είτα 

20 βαλών άριστολο/ίας βοτάνης ιχέρη β', κχί κρόκου και zkjZpWj το 
δΐΰλουν, -οίει r.'J.-jrjz, y.r^pw.rfi , καί -/ρίσας το -έταλον, ά-εργάζου τη 
-ρώτη αγωγή, καί Οαυυ.ά7ΐΐς. Ο γαρ κιλίκιος κρόκος τήν αυτήν τή 
ύδραργύρω έχει ένέργειαν, ώς ή κασία τω κινναρι.ώυ.ω. Ή χγ^Ρ/ 
φύ^ις τήν φυσιν νικά. 



1. Μ mg. : Renvoi à ρανις, avec signe 



correctif. 



2. ξηρίι 



Γ,ρων 



Β. —3. 



ε'.ρησΟω] εφητα•. Β. — 4. Μ mg. : •/. τό 
fsâO.* (à l'encre rouge). — signe du cui- 
vre, dans B, au-dessus de -o'v-iov. (F. 1. 
ποντίλον). — 5. M mg. en lettres micros- 
copiques : νοεί ώς oi[jlm τό ρά ποντι/.άν κα- 
ρύου -/UTOÏ (?). — ά,αοινε'ω BCA (Cp. ci- 
dessus, p. 8, 1. 14 et la note). — G. urj- 



vTj; BC; μόνη; A, puis le signe du mer- 
cure. — 7. y ρήσου M. — τώ οαρμαζώ Β. 
F. 1. 7Ρ''σ7; τω οαρμάκω. — 8. — εριοί- 
μ.ών BC; "ερ'.φ'ήμών Α. — έ'ω; ού Β, f. 
mel. — 16. ζιλί/.'.ον, puis le signe de l'ar- 
senic B. — 17. A la marge supérieure 
du fol. 70 V., dans M : έλυδριον ■/ελ'.ΐον;''* 
(f" main). — 18. πετάλου B. • — εως άρε''ΐτι] 
εως ίίρεστον σο; oavf, ΒΑ (ΰάνε; Aj. 



DEMOCRITE. PHYSICA ET MYSTICA 



49 



18] Λα^ών (ΛοΛυβοον τον ήαών τόν γενίυ,ενον ά:εευ7Τον οιά ^'r: 
•/ίας καΙ Πάρου καΐ στυ-τηρία;, /ίόνευσον άγΰρο'.ς και -/.y-ipT. 
εις -υρίττ,ν καΐ κρόκον καΐ κνήκου καΐ οί-/οαενίου άνθος, καΐ έλύοριον 
καΐ κροκόΐΛαγαα, και άριστοΛο/ίαν • Λείου οΠει οριαυτάτω, καΐ τοίε'. 
5 ζωαΐν ώς εθος " και τη 6α τον αόλυζ'οον εα ο-υα-ιείν, καΐ εύρή- 
σε',ς -/ρυσόν. Έγέτω οέ τό σΰνΟευια, και θείον ά'-υρον ολίγον. Η 
<'γάο')> ουσις τήν :>ΰο•'.ν κοατεΓ. 

Ν 1 1 / i ^ 1 ι Ι 

19] Αΰτη ή Πααι^ένους έ^τίν, ήν έ— εοείΗατο τοΓς έν Αίγύτ:τω 

ίερεΟοΊν, εως των ουοτκών τούτων έττίν ή της •/ρυτοττοιίας ΰ}.η. 

10 Μή Οαυαάσητε ,οέ ει εν είοος τό τοιούτον άττεργάζεται αυ^τήριον. 

Ούκ όοατε ώ; r.o/J\y. οάου.ακα και ΐΛολι; ycovco ττν έκ οΊΟτοου 

ι - i ι ι ι - /^Ι • 1 II 

κολλήσει "^^.ή'•' ; κό-ρος οέ άνΟρίοττεία ού /ρίνω τοΟτο -οιει' ; 
και καυσττ.οοΊ υιέν — ολλά -οοσοεοοαενα οάοαακα οϋοέν άνύσει ττολ- 

1ι ι t τ ι ι ι ι ι 

λάκις. Movr οέ ά7βεo■τoc οίκονοατΟείτα ίαται το -άΟο; ' και οοΟαλαία 

1 - t 1 - III 

1δ υ.έν -ολλάκις -οικίλη -ροτοεροι^ένη -ραγυ.ατεία οίοε και 6'λάψαι. 

Ράανος οέ το ουτον ~ρός -αν το τοιούτον -οιοΟσα -άΟος ουκ ά-ο- 

τυτ/άνει. Αεί οϋν καταοοονεΓν ττ; ααταία; και α.καίοου υλτ; έκείντΓ, 

i /- II ι - ι ι ι - 1 ' ' 

•/ρασΟαι οέ αόνοις τοις ουσικο^ς. ί'. 71 Γ. Νυν οέ και έκ τούτου 
κρίνατε ό'τι άνευ των προειρηαένων οΰσεων, τις ά-έργασταί -οτε. Ει οέ 
20 άνευ τούτων οΟοέν εστίν ζοιησαι, τί άγα-ώαεν τήν ΰολύυλον οαντασίαν ; 
τί ήαΐν και —ολλών είοών έ-ι το αΰτο συνοροαή, αιας ούσεως νικώσης 
το παν ; Ίοωαεν οηλαοή καΐ των εις άογυροποιίαν είοών τήν τύνΟεσιν. 

' ι ι 1 ^111 1 

201 ΠΕΡΙ ΑΣΗΜΟΥ ΠΟΙΗΣΕΩΣ. — "Υδοάργυοον τήν ά.-ο του άοσε- 



1. Μ mg. : signe de ώραΐον, puis le 
signe du mercure. — Au-dessus de 
μο'λυβίον, le s. du mercure dans BCA. — 
Les mots γτ,;, -iooj, στυ-τ. surmontés 
dans BC.\ du s. du soufre. — 2. /ξι»; 
mss. — y.aitpai'.i M. — 3. /.ν'κου mss. par- 
tout. — 4. AiiO! M. — 8. /οάσΟα•.] ypr,- 
σΟαι Β. — τοΐ;]ταΐ; M. — 12.' F. 1. <V:> 
•/.cX/.T^as•.. — oivOpc.J-0'j B. — 19. M mg.• 
au bas du fol. 70 \. (main du XV"" 
siècle) : ή τ,ΐυγϊ'α ζαυΟτ,σα (lire ζαυΟίίσα) 



γϊ'.αν ε!ς ττ,ν κολλτ,σιν : — -\- £•.; τόν /ρ^σ- 
[ΐο'ν (f. 1. ppaojjLo'v. Λί. Β.] θείον και ό'ξο; /.ϊ• 
σκο'ροΐον τό όλ•'γον ά/.α; κα'; ολίγον Oîtop : — 
-1- άλλο τζάλη|χ« ■ κοκκινον, [J^ipT, 5' κ»'; 
ν.σατε'ρ'.ν α', καΐ ρασούγτην /ρω η ζη τον 
•/ρυσόν. (Lire /ροίΓε• τον χρ.?). — τ;;] οΰο-!; 
Β. — -οτε] -οτΐ τΐ Β. — 21. ί,μΤν] 6;jlîv Β. 

— συνοροαή] F. 1. συνίροαίϊ. — 23. ~îc• 
-οιτ^σεο); άστ;αου Β. Cp. ci-dessus Ι. χνι. 

— ίιδοάρνυοο: f Μ. — ά--;:νι/οϋ Μ. 



5ο 



TRAITES DEMOCRITAINS 



νίκου, ή aoLVCOipy.yr^c, ή ώς έ-ινοείς, πηςον ώί εΟος, και έ-ίβαλλε 
ναλκω (7ΐοήρω θεαοΟέντι, καΐ ΛευκανΟήσεται ' το ο ' αΰτο ττοιεί καΐ 
[Λαγνησία λευκανθεϊσα, καΐ άρσένικον έκστραφέν, καΐ καo[J:ίκ οτττή, 
και σ-ανοαράχη ά'-υρο;, και -υρίτης λευκανθείς, καΐ ψ',αΰΟιον άυ^α 
5 Οείω έ—τηθέν. Τόν οέ σίοηρον λύσε',ς, ααγνηίτίαν έ-ιίάλλιον, ή θείου 
το ήΐΛίσυ ή [Λαγνητος ^ραχυ. <_) γάρ μ-άγν^ς ε•/ ει συγγένειαν -ρος τον 
σίδηρον. Ή <^γάρ)> φύ(7ΐς τη φύσει τέρπεται. 

21] Λαβών τήν -ρογεγραα[Αένην νεφέλην, έ'ψει έλαίω κικίνω ή 
ραφανίνφ, . προσμίξας βραχ_ύ στυπτηρίας. Είτα λαβών .κασσίτερον, 

10 κάΟαιοε τώ Οείω ώς εOoc, τ τω πυοίτ'Λ;, τ ώς επινοείς. ΚαΙ κατέρα 
[Αετά της νεφέλης, και ποίει [xi^ay.. Λος οπτασΟαι φωσίν είλικτοΓς, 
και εύρήσεις \τι^ ψιαυθίω παpε|J.φεpές " το φάρ[Λακον τούτο λευ- 
καίνει παν σώ[^.α. Πρόσυιισγε οέ αύτω έν ταϊς έπιβολαις γην /ίαν, 
ή άστερίτην, ή άφροσέληνον, ή ώς έπίνοείς ' το γαρ y.opO'Jikr^vo'j 

15 τη ΰδραργύρω υ.ιγέν παν σώJJLα λευκαίνει. Ή <^γάρ/ φύσις τήν φυσιν 
νίκα. 

22] Μαγνησίαν λευκήν ' λευκάνης οέ αυτήν, άλ[Αη και στυπτηρία 
σειστή έν υοατι Όαλασσίω, ή /υλώ, κίτρω λέγω, ή θείου αιθάλη. 



3. Μ mg. : ωοε, à l'encre rose ; main 
du XV" siècle. — Au-dessus de μαγνησία, 
le signe du cinabre M. Les signes 
superposés dans ce passage (M seul) 
sont tous tracés à l'encre rose. — Au- 
dessus de άρσίνίζον, signe de l'or. — Au- 
dessus de έζσ -paosv, signe de l'argent. 

— 3-4. Au-dessus de -/.αοαία et de σανοα- 
ρά/η, signe du sel ammoniac (?). — 
Au-dessus de ά;:υρο; : άληΟ (commence- 
ment du mot àj.rfii;, exact. — De même, 
ligne 5, au-dessus de 0;:ou. — 5. M 
mg. , sur une ligne verticale σζευασια 
i.^>jjrjryj -/.α,-'χ άλτ{Οε!«ν (main du XV^ s.). 

— Au-dessus de λευ/.ανΟε•';, signe du 
cinabre. — Au-dessus de ψιαύΟ'.ον (tl'.ji- 
αύΟ'.ον B.\ presque partout), signe du 
mercure. — 7. σίοηρον] signe de la pi. I, 



lig. 3 (Berthelot, Notations aichimi- 
ques), dans M : signe de la pi. V, 1. i, 
dans BCA. — Même observation aux 
§S 23, 25, etc. — 8. Au-dessus de νζ-μΧψ, 
signe du mercure. — νεφίλην] signe du 
mercure B. — Au-dessus de ■/.•./.■'νω, 
signe du soufre natif. MB. — 10. Au-des- 
sus de "'jp^tTi, signe de l'or. — 11. μετά] 
■/.axàmss. Corr. conj. — εΐλικτοίς] F.l. ,u.3•.- 
λ'.χτοΐς ? àXri/.tot; ? — 12. Au-dessus de 
ψί[χυΟίω, dans M : M". F. 1. μίγμα •|•.μ. 
παρεμο. — 13. έν] i-\ ΒΑ. — Au-dessus 



de νην, signe du cinabre MA. 



17. 



Au-dessus de μαγνηαίαν, signe du ci- 
nabre M. — λευκαΐνϋς Β. — 18. Au- 
^iessus de ϋδατι, signe du mercure — 
Au-dessus de a'.OaXr,, signe du sel am- 
moniac. 



DEMOCRITE. 



PHYSICA ET MVSTICA 



? I 



Ό γαρ κα —vôç ~οΟ θείου λευκός ών, -άντχ Λευκαίνει. Εν.οι οε φα^ι 
και τον κα-νον των κοβαΟίων f. 71 χ. λευκαίνε'.ν αύττν. ΙΙοίσυ.'.- 
ςον αΟτω αετά τήν Λεύκωτιν, καΐ ■yZ'i'/S/^r^: το ί'οον, ίνα λίαν 
γένηται λευκή " καΐ όεςάαενος -/αλκοΟ Ο-ολεΰκου, ορειχάλκου λέγω, 
5 γ° ό , χώνευε, έ— '.βάλλων κάτω ολίγου κατοΊτέρου -ροκαΟαρ'.οΌέντος 
γ" α , καΟύττο /είρα κ'.νών εως ^υγγααήο-ωτ'.ν αί οϋτία'., εο-ται όηγνυ- 
[Λενον. 'Επίβαλλε οΰν του λευκού φαραάκου το ήΐΛία-υ καΐ εσται 
-ρώτον ■ ή γαρ [^.αγνησία λευκανΟείίτα ουκ εα ρήγνυσΟαι τα ο•ώυι.ατα, 
ουδέ τήν τκίαν του χαλκού έ-ιφέρεσΟαι. Η ^γάρ^ οΰτις τήν o'jcjiv 
10 κρατεί. 

23] Λαβών ΟεΓον το λευκον, λευκάνης οέ ουρώ λειών έν ήλίω 
ή στυπτηρία και άλυι.η τή τοΟ αλός ' άΟικτον θείον, πάνυ λευκότα- 
τον. Λείου αύτο συν σανόαράχη, ή ουρώ οαυ.άλεως ήαέρας ες, ίω: 
yhrr-oi.'. το οάοαακον aaoaâsco παoεαoεoέc ' και εάν γέντ.ται, υ,έ^'α 

Ι Ι 1 1 k ί t ι 1 ι tilt' ι 1 ^ t 1 

15 έστΙ αυοτήριον " τον γαρ χαλκόν λευκαίνει, ααλάσσει τον σίΟηοον, 
άτρηστον ποιεί τον κασσίτερον, τον αόλυβοον ά'ρρευστον, ά:οήκτους 
ποιεί τά; oO^iac, ά^ιεύκτου; τά; 3aoac ' το γαρ θείον θείου αρ'έν 
θείας ποιεί τάς ουσίας, πολλήν έχοντα τήν προς ά/.ληλα συγγένειαν. 
Τέρπονται γάο αϊ οΰσεις ταίς ούσεσιν. 

20 24] Τήν δε λευκανθείσαν λιθάργυρον λείου συν Οείω, ή καδαία, ή 
άρσενίκω, ή πυρίττ], ή οξυΐΛέλιτι, ίνα ιχηκέτι ρεύση . Οπτησον ούν αύτο 
λααπροτέροις οωσίν, άσ5ραλισά[Λενος το σκεύος. Έχέτω δε το σύνΟεαα 
και τιτάνου οπτοΰ βραχέντος οςει ήα.έρας γ', ί'να γένηται σαηκτικώτε- 



1. ό γαρ] ό surmonté d'un θ dans 
M. — 3. οΐκλη; Β. — 5. /.άτω όλι'γου] 

F. 1. χατ ' ολίγον. — 6. Μ mg., sur 
le mot nj^^-~;iiu.T^'j<uT.'i : τοϋ y οητρο; ( ? ) . 
— 7. Au-dessus de φαρμάΛου, signe 
du plomb M. — Dans Β : initiale 
de lio'Àjôoov surmonté du signe du 
plomb. — 11. /,rj-/.ovj λΞυζανΟέν Β. — 
Après δ:] αυτό add. Β. — 12. άΟ-.κτον 
θείον] ανΟιγη {sic) Μ ; αβικτον suivi du 
signe du soufre Β. — 13. αϋτόΙ αϋτώ M. 



— 16- ϊτρτ,τίον M ; ϊτρυτον BC ; ϊτριτον 
Α. — 17. Μ mg. Grand astérisque 
suivi de ώοΞ, à l'encre rose. — 18. 
3/^οντα] lu i/tjix;. — 20. M mg. : λ' ; 
CA mg. : ΙνταϋΟα λύ <σι;> — Au-dessus 
de λΛάργυρον, l'abréviation M'' dans 
MBC; M" dans A. — λείου] signe de 
λε•'ου et de τρίβε M ; même signe, sur- 
monté de λ;:Όυ BC. — 22. F. 1. λα;α.-ρο- 
τάτο;;. — ^23. τίτανος M. 



é- 



52 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 

oov. Έ-ί6'αλΑε ουν αΰτώ λευκόν γενοαενον υ.άλΛον ή -:ήν ψ'.υ,υθιον. 
Γίνεται οέ -πολλάκις και ΗανΟή, εάν -λεονάτγ-^ τά φώτα ■ αλλ ' εάν 
^'ένΛται ξανΟαν, οΰ -/ρ/,^ιμεύσει σοι νυν " λευκάναι γαρ βοΰλει τα σώ- 
ματα. ΚαΟσον ουν αΰτο τη συμαετρία, και έ-ίβαλλε ζαντί σώαατι 
δ /ρείαν ε/οντι λευκώσε- ΐ. 72 Γ.) ως ' ή γάρ λιθάργυρος, εάν γένηται 
άορευστος, οΟκέτι εσται αόλυβοος ' γίνεται οέ εΟκόπως 'ταχύ γαρ εις 
τζολλά αετατοέττεται ή τοΰ μολύβδου φύσις. Ai γαρ φύσεις νικώσι τάς 
φύσεις. 

26] Λαβών κρόκον κιλίκιον, τρίψον Οαλάσση ή άλια.*/), και -οίησον ζω- 

10 αόν ■ εις ον πυρών κατάβα-τε τϊέταλα χ_αλκοΟ, ΐΛολύβόου, σιόήρου, εοος 
σοι άοέστ, " γίνονται δε λευκά. Είτα λάβε του φαρμάκου το ήο-ΐσυ, και 
συλλείου σανΰαρά-/Υΐ, ή άρσενίκω λευκώ, ή Οείω άπύρω, ή ώς επινοείς' 
καΓποίτ,σον κηρωτης πάχος. Χρίσον το πέταλον, και 0ές εις καινον 
άγγειον περίφιμον ώς εθος. θειςείς πρισματοκαύστην ήαέραν ό'λην " είτα 

15 εξενέγκας κάτΟες εις καθαρον ζωαον, και έσται λευκός, λευκότατος ό 
•/αλκός. Κατεργάζου λοιπόν ώς τεχνίτης ' ο γαρ κιλίκιος, λευκότατος 
ό -/αλκος. Κατεργάζου λοιπόν ώς τεχνίτης ' ο γαρ κιλίκιος γ.ρό•/.ος 
Οαλάσση αέν λευκαίνει, οί'νω οέ ξανΟοΓ. Η \γάρ/ φύσις τη φύσει 
τέρπεται. 

20 ifi] ΑέΗαι λευκήν την λιΟάργυρον, και λείου αυτήν μετά φύλλων 
δάφνης, καΐ κιαωλίας,καΐ αέλιτος, και σανοαράχης λευκής, και ποίησον 
γλοιώδες. Χρίσον του φαρυ-άκου το ήυιισυ, και ύπόκαιε ώς εθος. Κατά- 
βαπτε εις το ToCi οαριχάκου λείψανον, άναλύσας υοατος σποοοϋ λευκί- 
νων ξύλων ' τα γαρ ανούσια μίγυ,ατα καλώς ένεργοΟσιν χωρίς πυρός. 

25 Ποίει αυτά τοΓς ζω[χοΓς πυρί[χαχα. Ή γάρ φύσις τήν φύσιν νίκα. 



1. τό ■^■.αα'Ο'.ον Β. — 3. ξανΟόν] ;χνΟή Β, 
f. mel. — 5. /ροι'αν BC, f. mel. ; yfiatv 
Α. — 6. £'j/.o-o);] εύκο'λω; Β. Les deux 
leçons peuvent se soutenir. Dans la 
petite capitale onciale, le - et le λ sont 
souvent de forme presque identique. — 
9. τρίψον] signe de Xv.o-j et de τρίψον M ; 
-p(<!fO'i en toutes lettres B. — 10. ε'.σόν 



πυρός M. — ϊω; m Β, mel. — 13. /.a\ 
■içiÎqov B. — 14. περ'.φίι^ωσον Β. F. 1. -îO!- 
οί|χωτον. — Oh'iç] F. 1. Os;. — 15. κάτΟε;] 
■/.άΟε; mss. Corr. conj. — 21. y.x: -οίησον] 
κα\ om. M. — 22. ■/y-'^O'i] ypriOTv [sic] M. 
— 23. F. 1. ϋδατι </.a\> cs-oom. — λευ- 
κίνων] λε•ϋ/.αίν(ι)ν M. F. 1. -ευζίνων. (Cp. 
ci-dessus la note sur la ligne 6.) 



DEMOCRITE. — LIVRE ADRESSE A LEUCIPPE 



53 



2/ '< Λαβών την -ρογεγραυ-αένην νεοέλην, συλλείου αύτη στυ-τηρίαν 
καΐ αίτυ ' ο^ει τε ττεριττλύνας, βάλε αυτή /.αΐ ολίγτ,ν λευκήν καοαίαν, 
ή ααγνησίαν, ή άσβεστον, Γνα γένηται σώ[Λα ά-6 σώΐΛατος. Τρίψον σύν 
αέλιτ•. λευκοτάτω ' ττοίει ζωίΑον, εις 6ν πύρου καταβά-των 6 βούλει ' 
δ εατον κάτω, καΐ γενήσεται. Έχέτω οέ το σύνΟειχα, καΐ ολίγον ά'-υρον 
ΟεΓον, Γνα οιαούνη το φάρι^ακον εντός. Ή <^γάρ^ φύίτις τήνφύσιν κρατεί". 
• 28] Δέξαι αρσενικού γ° α', και ^ίζρου γ° το ήυ-'-συ, και φλοιού φύλ- 
λων — ερσεών απαλών γ° β , καΐ άλατος ήυιιτυ καΐ συκααίνου -/υλον γ° 
α, σχιστής f. 72 V.) το ί'σον. Λείου όυ.οΟ έν οΗει, ή ού'ρω, ή άσβέστω 
10 στακτή, εως γένηται ζωΐλός ' εις "."jO-^yi τά ενσκια -υρι κατάβατττε -έ- 
lOLky., και ά-οσκιώσεις. Η <(^γάρ^ φύσις την φύσιν κρατεΓ. 

20' Λ-ένετε ΰάντα τα γουσώ και άργύοω νοησιυια. Ούοέν ΰττολεί- 

-i /'« /«Ι ι tilt /«t 1 ι 

~εται, ούοέν υστερεί, —λήν της νεοέλης και του ύοατος ή άρσις, άλλα 
ταύτα εκών -αρεσιώπησα οιά το άφθόνως αυτά έγκείσθαι και έν ταΓς 
15 άλλαις αου γραφαΐς. Ύιρρ(ύ<ι(^ζ έν ταύτη τη γραφή. 



11. π. — ΔΗΜΟΚΡΙΤΟΥ ΒΙΒΛΟΣ Ε ΠΡΟΣΦΩΝΗΘΕΙΣΑ 

ΛΕΤΚΙΠΠΩ 

Transcrit sur A, f. 2 58 r. — (Contenu aussi dans le Laur., xxxv article.) — 
N. B. Les leçons introduites dans le texte de ce morceau, fort maltraité par les 
copistes, à la place de celles du ms. A qu'on a jugées inadmissibles et rejetées 
dans les notes, sont toutes, sauf indication spéciale, du fait de l'éditeur. 

1] Ίοοΰ υ.έν ο ην, ώ Λεύκιτζ-ε, ττερι τούτων των τεχνών τών 
Αιγυπτίων <έν ταΓς τών> προφητών περσικών βίβλοις, έγραψα τή 



1. Réd. de Β : trSkXi'.oj aj-f,v στυ-τηοία 
χα; μ•'συ'.. — 7. φλοιοϋ] φλοό; MBC; ολο'.ών 
Α. Corr. conj. — 8. -aosaiou M (Β? ef- 
face') C; -ϊρσεων Α. — 12. ir.iyîix'. Α. — 
14. -ïp£î'.torn',ia M. — ιδ. Les mots li 
TxJTr, τ?, γοα^.?, semblent être le début 



d'un commentaire sur l'ouvrage pré- 
cédent. Dans cette hypothèse, il fau- 
drait lire "ΕρρωσΟε. Puis : Έν ταύττ, τ?ί 
ypasf,... — 18. Εΐοοΰ μϊν ό r,v ώ λεύ/.ηπον 
-;ρ\ [τουτϊΌντών Α. — 19. προφηταις περσι- 
κοί; Α. 



:'4 



TRAITES DEMOCRITAINS 



•/.οινή 5!.αΛΓ/.τω, -ρς ήν οή αάλιστα άραίζονται " ή οέ βίβ}^ος ουκ ε<7τι 
κο'.νή ■ αίνίγιχατα γαρ ε/ ει αυστικά -αλαιά τε καΐ ϊτα ϋγια, 
ίτ.ζρ Ο', —ρόγονοι καΐ θείας Αιγύπτου βασιλείς τοΓς Φοίνιςι ανέ- 
Οεντο. Έγώ οέ ό φίλος του ώς ΟγιεΓσιν αίνίγμιασιν -/ρήσοίΑαι <οΐα> 
ϋ ούοείς γεγράοατέ [λοι \Γ'''/ 'τοίς Αίγυτττίων -αισίν. 'Αλλά f. 2ο8 ν. 
C701, '.ατρε, καΐ ci-qyzp[j.hoç πάντα ού παύσο/Λαι άναφανοον ένεΗη- 
γούαενος. Περιέχε'. όέ ή συγγραφή 7^ευκωσίν τε καΐ ξάνΟωσιν, ή 
•/αλκολίΟου τε «.αλαλίας καΐ έψησίας, καΐ έώ βαφικήν, ύστερον οέ 
όσα πάλιν παράοοςα γίγνεται ές αΟτου τοΟ yαλκoO καΐ κινναβάρεως " 

10 ε-/ εις ποιήσαι -/ρυσον <^έκ της^ καοαίας τε και άλλων είοών, καΐ 
καύσεων πάλιν <!^"/.αι^ επιπλοκών, εως παράοοΗα γίγνηται. 

2] "Αρχεται οέ ή [Ϊίβλος ώόε ' Ααβών άρσένικον σ-/ιστον, ποίησον 
πέταλα " βάλλε εις τεΟ•/ος στρο-ρ^'ύλον καΐ κανσον ' όπηνίκα οέ οια- 
γελάση, έπιβαλών γάλα ^πάλαι^ έΗουρικος τό αηκέτι ρέψαντι " 

15 όπηνίκα οέ παγή, ά'ρον και λείωσον [χετά στυπτηρίας έςηποριθείσης 
ού'οω δαυ,άλεως ήμέοας Ζ ' και άναΗτοάνας είc τ,λιον, λείου πάλιν 
άλαην, του αΟτου άλος άνθος επίβαλλε, <(εχε^ ήυ.έρας ζ', και γίνε- 
•ται, και λαβών άναξήραινε πάλιν ε'ις ήλιον, τοΰτο βάλλε εις τεΟ-/ος, 
εψει έλαίω κικινω ή ραφανίνω εως ξανΟον -(^γίγνηταΐ/, τούτω επίβαλλε 

20 '/αλκον, και λευκανΟήσεται. Τοΰτο οέ αύτο ποιεΓ καΐ ή σανοαράχη, 

και όαοΟ άπο -/λωρής θίκονο[ΛηΟεΐσα ούτως τούτον τον -/αλκον οι•/άσας 

τηρειν το αέν ήαισυ εις ξάνθωσιν ' τον οέ άλλον εϊς τίνα ταςείοια. 

3] Γίνεται οέ ούτως ή των Οειωοών οΐκονοαία, εις τε -/αλκοΰ 

λεύκωσιν ' λαβό(Jιεvoc το άοσενικον, ταοίνευσον έν άλατι Ο ταερας, 

à • ι ' ι /* 111-' 



1. :;ρόΐ r^v 0£ Α. — οΰζ. εστί] q-mL•: Α. 

— 3. jj -ρογο'νων Α. ■ — Οί;'«ι Α. — βασιλεΐ; 
τ^ς ;:ηλ'!; οί aJTa'.0r|vTO Α. — 4. ΰγοΐτ,; Α. 
^5. -α;σ:ν] -»ιην. — F. 1. οΰο ' ε!η•£γρά- 
φατέ με τοίς Αίγ. -α•.σ•'ν. — 6. σοι] σΰ Α. — 
7. η] η Α. — 8. F. 1. ααλάξεως et 3ψιι;'σ3ω;. 

— iiaai/.f,; Α. — 9. Α mg. : γίνονται ολι 
τά cïSj). — όσα :τάλιν] ώς άπαλήν Α. — 10. 
ε-/_ε Α. — -/pudoj Α. — /.αΟ,αι'α; Α. — 



11. ι-.•'-Χο/.θ'/ ώ; Α. — 12. 'άρ^νια Α. ^ 
14. εξούρΓ/.ο; Α. — όεψαντι] F. 1. όεϋσάν τ;. 
Cp. ci-dessous, ligne 24. — lô. iÇ^-opr,- 
θησεις Α. F. 1. έ-/.ϊτ,πτωΟε;ιΐΓ,;. — 16. λείου] 
λύου Α. — 17. ανΟος] âvOou Α. — 18. 
άναξη'ρεναι Α. — 19. εψαι Α. ■ — ίε-ύανίνω 
Α. — ώ; Α. — τοΰτο Α. — 22. τό οέ άλλον 
Α. — 24. ταρί/εψον Α. — έν άλιτ•.] ϊλλα; 
Α. Corr. conj. [M. Β.}. 



DEMOCRITE. LIVRE ADRESSE A LELCIPPE 



d:) 



ή ουοω άοθόοω, r κάλλ'.ον vas, ήαέοα: κα ' είτχ )^ίωσον οΗει 
κιτρίνω ήαέοας ζ , ιχεταίΟ λευκού των κιτρίων, ε•-α άναξηράνας 
εγε ' είτα λαξΐαενος rrv σανοαοά/τν την σιοτ.ιίΓουσαν κί,Ι/ον και 
ταοίνευτον άλ- f. 2ο9 Γ. ατ. ταέοα; κα ' είτα λαοίαενο; ΰοατα καΐ 

à /* ι il 11 ι - ι - 

δ τίτανον, — οίητον γ\<λον ά—οσειρώτας έ'/ε. Έπειτα λαβόαενος Trv σαν- 
οαρά^ην, ζέσον ελαιον τ,ιχέραν αίαν ' ει; -ρί'αατα ζ£7θν iaoiwç τη 
άσβέστω, καΐ τό ΰοωρ νυχΟήαερον εν έχε ' είτα λαζόαενος των ουο 
έ; Γσου βάλλε εις p^^fÇ^ ' ^ψ-'- έλαίω κικίνίο, ή ραφανίνω εως αν 
Ηηρανθή, κα• ε/ ε. Ε•::ε'.τα ^λαβίαενοζ/ yxLxi^i ΤΓ^ς ϊσ-ου ώς Οτι 

10 αάλιστα κοράλλιον άΟικτον ' ούκ Ιχώνων, έ-ίαιςον έκ των τεχνιτών 

3αλλόντων, —οώτον κάοαιοε ΰελον ' είτα έ^ίου ώί ΰστεεον ύ— οΟτσοοαι " 

είτα έ— ίβαλλε, χαΐ εσται λευκό; ' οιχάτας έχε, ώς είτ όν τοι γρζίο'.•'^. 

4] Λαβών αόνον οϋν του οίκονοατ Οέντο; ναλκου αέετ οΰο, καΙ 

ζοΟ άοσενίκου <^καΙ^ σ•ανοαοάγτς ανά αέοο; α , τη; ττυτττηία; tticoc 

Ιό τ,αισυ, καΐ του κοόκου ααλάγαατο: ιχέοτ οΰο " λείου έ-Ι Γΐχίζχζ 
κα , ή 10 ή ζ ' ~poç τ^ν λείω^ιν έ— ίβαλλε το ΰγρον ζγ.τ.•. του-/ 
το άττοσειρώτα; , και όρας εν τλ, λειώσει ôiasopàv χρωαάτων ώς τοΟ 
χα \,ίΐαι^ λέοντος " όττηνίκα οέ u.riκέτι αεταβάλ).Λΐ εις ίοέας -ολλάς, 
τότε νόει ζζ καλώς έχειν τήν λείωίτιν [τοΰτο] άναλααβανοαένην χέν^ 

20 Αίγυτζτίων 7:ρο^.ήταις εις τεύχος ΰελίνω, καΐ ο— τουτιν ολίγον και 
έτιβαλοΰτιν. 

ο] Ήαεΐς οέ οϋχ ούτως \yàp] ' ΰφεττώτες γάρ έ-ιο-τεΰΟηταν 
άνθρωττοι, κοιν? rrv αετά ταΰτα τέγνην. Λαβόαενο; /αλκόν τε ει; τήν 
ί-,'οήν έλαιώοες οάοαακον, καταΟου εί; -υ;ίοα καί σ-Γ.ύον ταέοα; αα , 

25 ή κα , ή ιε , αάλιστα αέν οϋν έν ί— — εία κό-ρω, είτα άνε- f. 259 ν. 
λόιχενος έχε ' /.είωτον ιατρικώς, -προσβάλλων \είς^ το σΰνΟεαα 



1. άΐθόίου Α. F. 1. άιθορου <;;a;oo;>. — 
ôjî'.ç χυτρ;ο;; Α. — 2. /.'.τριών] κυτρίων Α. — 
3. το σανοαρά/τ,ν Α. — 4. ί/.«.ην Α. — 9. 
■/χα" τι;; ι'ΐου À. F. 1. /αΛκίτην (C. Ε. R.) 

ο Vaut mieux». {M. ΒΛ. — 10. κοραλλο; 
Α. — Réd. proposée : oj/. Ιν. /ωνών των τε/ν. 
βαλλ. Ιπια. (3/ β.| — έ;•ο. Α. — 12. ώ;] εΤ; 



Α. — 13. ;jL'Jvo: Α. — 14. άρ3Ξνιχο3 Α. ici et 
presque dans tout ce morceau. — σανδα- 
'^i'/T, A. — 17. ά-ί5:ρώ5α; A. — wç] ίω; A. 
— 20. τ:ρο5Τ|Τα•. A. — js/.'.vov A. — 23. xo'.voî 
A. — 24. — jç'oav A. forme médiévale 
assez fréquente dans ce ms. — 25. A 
mg : στ, <'J4•'ω3»'.>. — 26. — :οσβϊ/.Αον Α. 



56 



TRAITES DEMOCRITAINS 



τούτο αίσεως όαοΟ, y cCK'a6.v^o'j ίκανοΟ, κρόκου, έλυορίου τούτων 
ύφ ' εν έΗίσου, γινόμενον [χέρος εν προς αέρη δ' τοΟ σαπέντος toO. 
Έπειτα νώνευσον μοσχία δλη κό[Λαι ςανθοΟ ιχικρον, λείου άπο της 
(ΓΓ,ψεως της τηρησάσης το πραγμια άιχετάβοΛον. Οπηνίκα οέ λειώ- 
5 σεις ιατρικώς, επίβαλλε έκ τοΟ ύγροΟ των βοτάνων ιχετά αλός 
άνθείου, και πράσου -/υλίν. Είτα άνελόαενος εις τροΰλλιον εψει 
ιατρικώς σπαθίζων, τρίβων οέ εψει έπι ήι^έρας γ', έκ τριών έψή- 
σεων, διιες τάς ήΐΛερας ωρών ο " όπηνίκα οε εκτελέσεις την έψη- 
σιν, τηρών το σύνΟευ-α μη ξηρανΟή, άλλα ελαίου πά^ος εχη, βάλλε 

10 εις τεΟ•/ος ύέλινον, εψει ολίγον βολβίτοις εως παγ^ ' άρον και λείω- 
σον και εγε ' και λαβών γης αργύρου ουσίας της άπαλωτάτης ην 
τίνες γην yiav ζ^ϊ^ ώ•/ραν κα/νοΟσιν, ταύτης ρ-έρη δύο, σινοπίδος 
ποντικής [^.έρος εν, και του... έν τω ληκυΟίω αέρη ούο, λείου όαοΟ 
το ùrobv τοΟ θείου και οπτα έπιστάσιαον, και εΰρήσεις σώυ,α ρωσ- 

15 τικον, ή κινναβαρίζον, ή κοραλλικον, ή σινωπιτικόν. Άοιήγητον, 
αέγιστον θαΟυια τοΟτο καλοΟσιν νρυσοκόραλ^ιον, και τα ά'λλα όνο- 
αατα άπερ όνουιάζονται, ουκ ι'σασιν. ΤοΟτο επίβαλλε και καίε άργυ- 
οον, και το άο' ήυ,ών λευκανΟεν κρύβε, ω Λεύκιππε, το παν ' έφΟό- 
νησαν. Έρρωσο. 



.οΠ. ,„. — ΣΓΝΕΣΙΟΥ ΦΙΛΟΣΟΦΟΥ ΠΡΟΣ ΑΙΟΣΚΟΡΟΝ ΕΙΣ 
ΤΗΝ ΒΙΒΛΟΝ ΛΗΜΟΚΡΙΤΟΪ, ίΐΣ ΕΝ ΣΧΟΛΙΟΙΣ 

Transcrit sur M, f. 72 ν. — Collationné sur Β, f. 20 r. ; — sur C, f. 14 /jusqu'à la 
fin du I 3) ; — sur A, f. 3 1 r. ; — sur S, congénère de Β [passim) ; — sur l'édition de 
Fabricius (Bibl. gr. vin, p. 233 = Fabr.l — (Contenu aussi dans Laur. V' arti- 
cle ; — le ms. de Vienne ; — le cod. Ambrosianus de Milan.) — L'éd. de 



1. — όαοΰ] F. 1. ώιχοίΐ. — 3. όλ!-/.0|Λΐξάνθου 
A, — 4. τί,ρϊΐιάαεις Α. — πράγι^αν Α. — 

6. Ιστροϋλον Α. (Corrigé par M. Β.). — 

7. τρίβον Β. — 8. Sià; Α. — 9. ΐ/,ειν Α. — 
13. ζα'ι τοϋ.,.] Lacune non indiquée 



dans le ms. — λεζυνΟ:'ω A. — 15. Άΐιη- 
γητον ζ. τ. λ.] Cp. Berthelot, Orig. de 
l'alchimie, p. 162. — 17. ούσίσασιν A. — 
■/aii] χηε'ι A. — 18. λευχβνΟε'ντι A. — to 
Αεύζι-πϊ] oj λΐϋζή -αϊ Α. — 19. ερρωιοι Α. 



SYNESIUS. 



DIALOGUE SUR DEMOCRITE 



37 



Fabricius a été faite d'après la copie d'un dis. de Paris, probablement A. La 
traduction latine qui l'accompagne est celle de Pi^^imenti (= P'^v) ' '•''''-' dérive 
de M. — Lorsque les variantes de BCA Fabr. sont identiques, on ti'a indiquéque B. 
— 0)1 a maintenu la division en ,^§ de Fabricius en dédoublant quelques para- 
graphes au tnoyen d'un bis. 

Αιοσκόρω ίερει τοΟ μεγάλου Σαρά-ιοος έν Άλεξανορείο;'. Οεου τε a'j- 
νευοοκοΟντος Συνέσιος φιλόσοφος, χαίρειν. 

1] Της -εαφθείσης μοι επιστολής -αρά σου -ερί της του θείου 
Δηαοκρίτου €ίβλου, ουκ άαελέστερον εσχ^ον ' άλλα σζουοή -ολλή 
^ καΐ — όνω έυ.αυτον βασανίσας, εορα^υι,ον -ρος σε. Έν ω οΰν -ρόκειται ή[χΓν 
ειπείν τίc αν εϊη Ό άνήο εκείνος ό c}ιλόσoooc. Ανιαόκοιτος έλΟών άττο 
Ά'^οτ^ρων φυσικός ων, και πάντα τα φυσικά έρευνήσας καΐ συγγραψά- 
μενος τά οντά κατά φύσιν. Άβδηρα δε έστι πίλις t^py.xr^ç ' έγένετο δέ ο 
àv.'jp λογιώτατος, ος έλΟών έν Αίγύπτω έαυσταγωγήΟη παρά τοΟ μεγά- 

^" λου Όστάνου έν τω ίερώ της Mέw.ciεωc, σύν και πασι τοΓς ίεοευσιν 
Αιγύπτου. Έκ τούτου λαβών άφορμάς, συνεγράψατο βίβλους τεσσάρας 
βαφικάς, περί y ρυσοΟ και άργΰρου, καΐ λίθων, και πορφύρας ' λέγω οή 
τάς άφορμάς λαβών, συνεγράψατο παρά του μεγάλου Όστάνου. Εκεί- 
νος γάρ ήν πρώτος ό γράψας οτι ή φύσις τη φύσει τέρπεται, και ή 

^^ ούσις την φύσιν κρατεί, και ή φύσις την φύσιν νικά, καΐ τά έξης. 

2] 'Αλλ ' ήμϊν άναγκαίόν έστι τά του φιλοσόφου άνιχνευσαι [ί. 73 Γ. 
και ααθεΓν τις ή γνώμη και ποία ή τάξις της έν αύτω ακολουθίας. 
"Οτι μεν ουν δύο καταλόγους έποιήσατο, δηλον ήμΐ'ν γέγονεν, λευ- 
κού και ςανθου ' και πρώτον μεν τά στερεά κατελεςεν, έπειτα οέ τους 

"^ ζωαοϋς, τουτέστιν τά υγρά ' καίτοι μηδενός τούτων προσλαμβανο- 
μένου έπι της τέ-/νης. Αύτος γάρ μαρτυρεί" λέγων περί του μεγά- 
λου Όστάνου οτι ούτος ό άνήρ ούκ έκέ'/ρητο ταίς των Αιγυπτίων 



10. -ίσ•.] -αισ\ Β ; -Ϊ3•. MS. — C. 
ponctue : σύν /.α; -αίσ';, τοΐ; ίϊρ. Α'.γ. — 
12. 7ρυσοϋ] signe du cinabre Fabr., ici 
et partout. — 13. συνεγράψα-ο γάρ Fab. 
— Όΐτάνου; M. — napi] τζζο: M. — 14. 



ό cm. M. — χα• ή] ή om. Fabr. — 16. 
Avant 'Αλλ' • ήμίν] Άρ/η ■ MBCA. — 
19. λευχοϋγάρ ζ. ς. BCAS Fabr. — Après 
ξανθοί] ζαταλογου; (/.ατάλογον Fabr.) add. 
Β. — τοίι; ζω|ΐούί] τόν ζωίΑΟν Fabr. 

8 



58 



TRAITES DEMOCRITAINS 



έπιβολαΐς, ουδέ οπτήσεσιν ' άλλ ' έξωθεν διέχριε τάς ουσίας, και 
πυρών, είσέκρινε το φάρ[α.ακον. Είπε δέ δτι εΟος έστΙν Πέρσα'.ς τοΟτο 
ποιεΓν. Ό 61 λέγει, τοΟτό έστιν, οτι ει ριή έκλεπτύνης τάς ουσίας, 
καΐ ανάλυσης, καΐ έξυδχτώσης, ουδέν ποιήσεις. 
5 3] ΈλΟω(Λεν ουν έπΙ τήν του άνορος ρησιν, και άκούσωμιεν αυ- 
τού λέγοντος. Λέγεται δέ και το πόντιον ρά. Βλέπε τοσαύτην τίαρα- 
τήρησιν του άνορός " άπο βοτάνων ήνίξατο, ίνα αηνύση το άνθος. 
Αϊ γαρ βοτάναι ανθοφόροι είσίν. Είπε δέ και το πόντιον ρά, ώς 
δτι ό Πόντος καταρρέοιτο ύπο των ποταμών και πάντες οί ποτα[Λθΐ 
ΙΟ εις αυτόν καταρρέουσι. Κατάδηλον οδν ή[/.ΐν ποιού[Λενος, σημαίνει τήν 
έξυδάτωσιν και άχλυσιν και λεπτυσμον τών σωμάτων, ήτοι ουσιών. 
3 bisj Διόσκορος λέγει ' Και πώς είπεν δτι ορκία ήμίν εθετο 
μηδενι σαφώς έκδοΰναι ; 

— Καλώς είπε « μηόενί » , τουτέστι μηδενι τών άμυήτων ' το 
1.5 γαρ «μηδενι» ού κατά παντός κατηγορείται ' αυτός γαρ περί τών 

μεμυημένων και γεγυμνασμένον τόν νουν έ-/όντων είπε. 

4] Βλέπε γαρ έν τη εισβολή της /ρυσοποιιας, τί είπεν " 
ùopap-]"jpoç ή από κινναβάρεως, -/ρυσόκολλα. 

Διόσκορος. Και τοιούτων χρεία εστί ; 
20 Συνέσιος. Ούχι, Διόσκορε. 

Διόσκορος. Άλλα τίνος έστι χρεία ; 

— Ήκουσας, και πάλιν άκου -i^f. 73 Γ.) σον. Η άνάλυσίς έστι τών 
σωμάτων, ίνα ανάλυσης αυτά και ΰδατα αυτά ποίησης, και ρεύ- 
σωσι και ά/λυωθώσι και λεπτυνθώσι. ΤοΟτο δέ καλείται ύδωρ 



2. Après h-h] o-jtjj add. BCA Fabr. — 
3. F. 1. έ/.λ;πτυνεΐς, αναλύσει;... Ιξυδατώσει;. 

— 6. -οντιον] F. 1. ποντκόν ici et plus 
loin. — 7. ήν'ξατο] ή'ρξατο Fabr.; e.vorsus 
est (trad. lat.), f. mel. — 8. ώ; om. S. 

— 9. ό Πο'ντο; iir.à τ. r.ox. -/.χ-οί^ρέζτοι•. 
BC; ό Πο'ντο; am τοΰ ζαταρρείν (κα-ωρρεων 
Α) τό ijr.à τ. τιοτ. Α Fabr. ; ό Πο'ντο; λε'γε- 
τα; άπο το3 κάτω τών ~οτ. όείν S. — 10. "/.α- 
τάοηλον] /.«τάλληλον AS Fabr. — zo'.o-j;jiî- 



νο;] -OirjiajjLîvo; Β. — ση,ααίνειοε Α. Fabr. 
— 11. α^λυσ'.ν] ayXjojatv BCS; α•/λθϋ>σ[ν 
Α Fabr. qui ajoutent και κατάλυσιν. — 
κα\ λεπτυσ;χόν] κα'ι 'kiXzr.vjuu.évov Α; καιλελε^τ- 
-υσαε'νων Fabr. — 12. ΒΑ mg. : Dialo- 
gus. — λέγει] οηο! BCAS Fabr. — 14. 
τουτε'στ; — \ίτ^ιψ. om. Fabr. — 17. ,βλε'- 
πει; Fabr. — 18. ύοράργυρο; ή ά.-.ο κινν.] 
σελτίντ, ίτΛ κινν. Fabr. — 20. Συνε'αιο;.] 
σύνε;; Fabr. — 23. αυτά om. Β. 



SYNESIUS. 



DIALOGUE SUR DEMOCRITE 



39 



θεΓον , καΙ υδράργυρος, καΙ -/ρυσόκολλα, και θείον UT.Oprjv. ΙνχΙ 
δσα άλλα ονόυ.ατά είσιν " ή γαρ λεύ/.ωα-'.ς καΰσίς έστι, και 
ή ξάνθωσις, άναζωο-ύρησις ' αυτά γαρ έαυτά καίουα•'., καΙ αυτά 
έαυτά άναζωττυροΟσιν ' Ό οέ <^υ•.67οροζ -ολλοΓς ονόαατιν έκάλεσεν 
δαύτα, ποτέ [Λεν ένικώς, ποτέ οέ πληΟυντικώς , ί'να γυανάση ήαας, 
και Γόη εί εσυι.εν νοήμονες. ΕΓρηκε γαρ ΰττοκατιών ούτως ' «Έάν 
ής νοήμων και -οιήσης ώς γέγραπται, εση μακάριος ' νικήσεις γάρ 
μεθόοω πενίαν, τήν άνίατον νόσον.» Άτοδιαττεμπόμενος ουν και 
ά-οπεριστών ήμας τής ματαίας -λάνης, ώστε ά-αλλαγηναι ήμας 

10 της πολυυλου φαντασίας. Πρόσεχε οέ εν τη εισβολή της βίβλου 
τί είπεν ' «Ήκω οή κάγώ εν Αίγύ-τω φέρων τα φυσικά, ό'-ως 
της τολλης ύλης καταφρονήσητε.« Φυσικά οέ ειρηκε τά στερεά 
σώματα. Εί μή γάρ αυτά άναλυΟώσι, και -άλιν τταγώσιν, ουδέν 
εις -έρας -ροσέλθοι τοΟ πράγματος. 

15 δ] ΚαΙ ί'να νοήσωμεν οτι έκ των στερεών λαμβάνεται τά ΰδατα, 
τουτέστι το άνθος, ορα πώς είπε ' «Τά δέ έν ζωμοΓς, κρόκον 
κιλίκιον, και άριστολο/ίαν,» και τά έξης. Τά άνθη ειπών, έδήλωσεν 
ήαΓν δτι έκ των στερεών τά ύοατα λαα.βάνεται. Και ίνα ru.y.c 
πείστ) δτι ταΰτα ούτως έ•/ει, μετά το είπεΓν, ούρον άφΟορον, είπεν ' 

20 και ΰοωρ άσβεστου, και ΰόωρ σποδοκοάα.βης, καΐ υδωο ^έκΛης, 
και ΰόωρ στυπτηρίας, και έπι τέλει είπε κυνος γάλα. Και δη^-ον 
ήμίν έστιν δτι το έκ του κοινού άναοεοόαενον ' τά γάο λυτικά 
των σωαάτων ποοστνεγκεν, υοωο νίτοου , και ΰοωο οέκλης. 

ι lli' ι É' lit' 

Και δρα πώς είπεν " Αυτή ή ΰλη της χρυσοποιίας, f. 74 r. 
25 ταυτά είσι τά μεταλλοιοΰντα τήν ΰλην και μεταλλεύοντα και πυρί- 



1. ύοράογϋίος] ηζ'/.τ^•/τ, Fabr. — Dans C, 
au-dessus de OSca;>v. et du signe de θείον, 
une main du temps a écrit jotopif'ryj. — 
3. Après θείον απυρον] Réd. de B. et de 
ses dérivés: άλλα orj και όσα λοιπά όν. είσιν. 
— F. 1. άναζωο:;ύρωσ!ς. — 4. άναζωπυροΰ- 
σιν C. — 5. BCA mg. ; 02α ::οντ;ρ•'αν 

οίλοσο'οο^ν. Voyez la malice des philoso- 



phes! — 7. "οιτίσι-, Fabr. — 8. ουν] ήν 
Β. — 9. ά-τ,λλάνΤ|•:α'. Fabr. — 11. M 
mg.,à l'encre rose : ά- 'ώοε, avec renvoi 
à φυσιζά (main du XV' siècle). — 14. 
προϋέ/.Οτ; Β. — Ιδ. Au-dessus de κρο'/.ον 
et de άρ•.ίΐτολο-/_{αν, signe du mercure M 
(encre rose) BCA. — 23. ::ρο!ΐε'.σ7;νεγκεν 
Β; -ροε'.σν/ιγκεν CA Fabr. 



6ο 



TRAITES DEMOCRITAIXS 



[Ααχα -οιοΟντα ' ί/.~6ς γαρ τούτων οϋοέν έίττιν ασφαλές. Έάν oôv 
ης νοήμων καΙ -οίησης ώς γέγρα-τα'., εση αακάριος. 

6] Δ'.οσκορος. Και -ώς ν/ω νόησα-., φιλόσοφε, τήν [^.έΟοοον 
-αρά σοΟ βουλθ[χα'. ΐΛαθεΓν. Έάν γαρ ακολουθήσω τοις είρη^λένοις, 
5 οΟοέν όνΓ,σοααί τί -αο ' αυτών. 

— Ακουσον, Διόσκορε, αΟτου λέγοντος, καΙ οξυνόν σου τον 
νοΟν, Διόσκορε, και βλέπε — ώς λέγει " «Έκστρεψον αυτών τήν φύσιν, 
ή γαρ :5ύσις ενοον κέκρυπται.» 

— ^Ω Συνέσιε, τίνα έκστροοήν λέγει : 
10 — Τήν των σωαάτων λέγει. 

— Και -ώζ αυτήν έκστρέψω ; ή -ώς φέρω τήν φύσιν εξω ; 

— Οξυνόν σου τον νουν, Διόσκορε, και -ρόσεχε πώς λέγει. Έάν 
οΰν οίκονοαήσης ώς δει, φέρεις τήν φύσιν έ;ω. Γη -/ία και άστε- 
ρίτης, καό[Αία λευκή, καΐ τά έξης. Βλέπε πόστ, παρατήρησις του 

15 άνορος, πώς πάντα λευκά ήνίςατο, ίνα οείξη τήν λεύκωσιν. Ό λέγει 
οΟν, Διόσκορε, τοιούτον έστι ' Βάλε τά σώματα υιετά της ΰοοαο- 
yjpo-j, και ρίνησον εις λεπτον " και άναλά(α.βανε ύδράργυρον έτέραν ' 
πάντα γαρ ή ύ^ράρ^υρος ε'ις έαυτήν έλκει • και εασον πεφθηναι 
ή[Λέρας τρεΓς ή τεσσάρας ' καΐ βάλε αυτήν εις βωτάριον επι θερυ,οσ- 

20 ποοιας ιχή έχούσης το πΟρ διάπυρον, άλλα έπι θερ[Αοσποδιάν πραεΓαν ' 
ο έστι κηροτακίς. Ταύτη ούν τη άναοόσει του πυρός, συναρμόζεται 
τω βωταρίω ύέλινον όργανον ε^ον ααστάριον, έπΙ τά άνω ~ροσί•/θΊ, 
καΐ έπικέφαλα κείσΟω. Και το άνερχόαενον ΰδωρ οιά του υ.αζοΰ 



2. μακά,ΐ'.ο:] Interrompu ici la colla- 
tion de C; noté seulement quelques 
variantes dans la suite. — 7. Après 
vo'jv] Λ'.οσ/.ο;;; om. et το•; έγκει,αένοί; add. 
Β. — βλε' -î] -ιοσ/ε; Β. — 9. Avant to 
Συνε'σιε] Λ. Fabr. (abréviation de Λιο'σ- 
•/.αοος). • — ^10. BCAmettent cette réponse 
en marge. — 12. -ώ; λεγε'.| τοις εΐοηαε'νο•.; 
Β. — 14. -Λ\ι om. Μ. — 16. Μ mg. sur 
une ligne verticale et en lettres retour- 
nées : çavcfov. BCA ont reproduit ces 
caractères sans les comprendre. — A 



mg. or,. — Figure d'appareil dans BCA. 
— 20. Après θερμοσ-οδ'.ά;] -ραε•'α; • δ οή 
βωτάριον έττι κηροτα/.''; BCA Fabr. Le 
ms. A restitue en mg. (écriture du 
temps), entre Οερ;α.θ5-οο'.ϊ; et -ραείας : [ΐή 
έ/ούσ•.; [sic] το — jp S'.a-upov ■ άλλ' in: Οερ- 
|χοσ-οθ'.άς. — 22. ύάλινον Β. — 23. έπ'./.ε- 
οαλα] κατά κάρα κείμενο•/ Β. — Α mg : 
ήγουν έ;:;κε'5αλα κϋσΟω (f. 1. κε•/50ω|. — Dans 
Fabr. : κΐ! κάτω κάρα ' κ;:αΐνον ή, et en 
note : ' in ora codicis adscriptum : έ-•.κε- 
^aÀaiojaOoj. (Note de A mal déchiffrée.) 



SYXÉSIUS. DIALOGUE SUR DÉMOCRITE 6l 

Ziyyj κχΐ îyi καΐ σ-ηψον. ΤοΟτο λέγεται ΰοωρ ΟεΓον. Αΰτη έστΙν 
έκστοοοή ' ταύτη τη αγωγή φέρεις εξω τήν ενοον κεκρυυ.υ.ένην ' αΰτη 
καλείται λύτις σωαάτων. Τοΰτο όταν σα-ή, καλεΓται οΗος, και οίνος 
ά[ΛηναΓος, και τα ojj.oia. 
5 7] ΚαΙ Ί'να ΟαυίΛασης f. 74 ν.) τήν του άνδρας σοφίαν, βλέ-ε -ώς 
ουο καταλόγους έ-οιήσατο, χρυσοποιίας καΐ άργυρο-οιίίας, και -άλιν 
δυο ζω[/.ούς, τον αέν ένα εν τω 5αν0ω, καΐ τον ένα εν τώ λευκώ, 
τουτέο^τι χρυσον και άργυρον, και έκάλεσε τον του yz^j'jrjij κατάλογον 
χρυσοΰοιΐαν, τον όέ τοΟ αργύρου, άργυροΰοιίαν. 
10 <Αιό;7κορος.> Πάνυ καλώς έοης, ώ φιλόοΌοε Συνέσιε " και ποίον 
πρώτον έστι τής τέχνης, το λευκάναι ή το ςανΟώσαι ; 

Συνέσιος. Μάλλον το λευκάναι. 

Διόο-κορος. Και οιά τί τήν ξάνΟωτιν εΐ-ε πρώτον; 

— Επειδή προτετίυ.ηται ό -/ρυσος του άργΰοου. 
1δ — Και ούτως οφείλοιχεν ποιήσαι, Συνέσιε ; 

— Ου', Διόσκορε, άλλα γυυ,νάσαι ήαών τον νουν και τάς οοένας ' 
ούτω συνετάγησαν ' άκουτον αΰτου λέγοντος " « Ώ; νοτ αοτιν ΰαϊν 
ό[Λΐλώ, γυ[λνάζων ύlJLώv τον νουν». Έάν δέ βούλη το ακριβές γνώναι, 
πρόο-ενε ει; τους ούο καταλόγους, ό'τι r.zo πάντων ή ΰοοάογυοος 

20 έταγη, καΐ εν τω ςανθώ, τουτέστιν γρυσω, καΐ εν τω λευκώ, 
τουτέστιν άογύοω. Και έν υ.έν τώ νουσώ ειπεν ■ ϋοοάο^'υοος τ, από 
κινναβάρεως, έν οέ τω λευκώ εΐπεν • ύορίρ^^υρος ή άπό αρσενικού, ή 
σανδαρά-'/ης, και τά έξης. 

81 Αιόσκοοοί είπε ' Aiaooooc ούν έστιν ή ΰδοάογυοος; 



1. χαι 77;ψον] c'î σ^ψ'.ν Β. — 2. 'xJ'r, 

— Zc/.oj,u.;jic'vr,v om. Β. — 4. «[χηνίο; Β. 

— 7. 7.α\ τόν ενα] "όν δέ ItcOov Β. — 
10. <Α;οσ-/.ορο;> ] Λ. Fabr. — 16. τό γύμ- 
νασα; BC. — Οαών BC. — 17. συνητανη- 
τησαν Fabr. — ώ; νοη^ιασιν ημών όμ'.λίΐ 
Fabr. — 18. ί,μών Fabr. — 'Eiv 5; βούλτ;... 
Le morceau commençant par ces mots 
et finissant avec le § q est cité textuel- 



lement par Olympiodore (II, iv, 3oL 
Nous rapportons les principales λ'3- 
riantes de cette citation, qui sera sup- 
primée dans le texte d'Olvmpiodore 
et nous les désignons ici par un asté- 
risque. — 19. /,ουσω... άργύρω] signes 
de l'or et de l'argent dans les mss. — 
21. y.x: om. Fabr. — 24 ο:ί-^οοο; ojv] /.a 
Î'.ï:;oîo: B. 



62 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 

Συνέσιος. Ναι, οιάφορός έττι, μ-ία ούσα. 
Διόσκορος. ΚαΙ, εί αία έστΙ, πώς έστι διάφορος ; 
Συνέσιος. Ναι, διάφορος γίνεται και |α.εγία•την ούναμ-ΐν ε•/_ει. 
Ούκ ήκουσας τοΰ ΈρμοΟ "λί^ιοντοζ ' «Το κηρίον το λευκον, και το 
5 κηρίον το ξανθόν » ; 

Διότκοοος. Ναι, ήκουσα ' oizt^ δε βουλο[Λαι μαθεΓν, Συνέτιε, 
τούτο αε δίδαξον το ποίημα. Πάντως αυτή τά είοη πάντων οίγι- 
'ztx.i ; 

Συνέσιος. Ένόησας, Διοσκορε ' ώσπερ γαρ Ό κηρος, οίον ο'άν 

10 προσλαμβάνη χρώμα δέχεται, ούτω και ή υδράργυρος, φιλόσοφε, 

αΰτη λευκαίνει πάντα, και πάντων τάς ψυχάς έλκει, και έψεΐ αυτά 

και έπισπάται. Διοργανιζομένη ούν και έχουσα εν (f. 75 Γ.) εαυτή 

τάς ΰγρότητας πάντως, και σήψιν υφισταμένη αμείβει πάντως τά 

χρώματα, και υποστατική γίνεται, ανυπόστατων αυτών υπαρχόντων. 

15 μάλλον δε, ανυπόστατου αυτής ύπαρχούσης τότε και κατόχιμος 

γίνεται ταΓς οίκονομίαις ταΐς οια των σωμάτων και των υλών αυτών. 

9] Διοσκορος. . Και ποΓά εΐσι ταύτα τά σώματα και αί υλαι 

αυτών ; 

Συνέσιος. Η τετρασωμία, και τούτων τα συγγενή. 
20 Διόσκορος. ΚαΙ ποία είσι τά τούτων συγγενή; 

Ήκουσας ό'τι αί ύλαι αυτών ψυχαΐ αυτών είσι ; 

Και αί υλαι ούν ψυ"/αι αυτών είσι ; 

Ναί ■ ώσπερ γαρ Ό τέκτων, εάν λάβη ςύλον 

<^και ποιή Ορόνον) ή δίφρον, ή άλλο τι, μόνον τήν υλην έργάζε- 

25 ται, ούτω και ή τέχνη αυτή, ώ φιλόσοφε, έπειοή έτεμεν αύτα. 

"Ακουσον, ώ Διοσκορε. Ό λιθοξόος ξέει τον λίθον, ή πρίζει, ίνα 

επιτήδειος γένηται εις τήν χ_ρείαν αύτοΟ ' Όιι.οίίος και ό τεκτων 



Διόσκορος. 

Συνέσιος. 

αιόσχορος. 

Συνέσιο ς. 



15. Après ύ-αο/ούσης] Εν ο•; add. Μ*, 
f. mel. — 21. ϋλαι ούν Α. — 23. γάο om. 
Fabr. — 24. ζαΊ r.o'.fj Ορονον suppléé par 
Fabr. et Pizz. Rapprocher la rédaction 

de M* : i">ar.z^j γαρ ό τ. i. λ. ξ. ::οι^ (ποιεί 



Μ) ζϊΟεοραν η δίφρον, ζαι ^ο'νον τ. ϋ. έργ. 
κιΐ! O'joàv άλλο αϋτω χαρίζεται δ τεχν'της, 
εί αή [i-o'vov τό ν.οος, oixoj και ή "^^'/yi 
αυτή. "Αχουσον /.. τ. λ. (F. mel.). — 25. 
ζα'ι om. Fabr. 



SYNESIUS. 



DIALOGUE SUR DEMOCRITE 



63 



tÔ ςυλον r.z'.Zti καΐ Ηέϊΐ, ώστε γενέσθαι Gpévov ή oispov, και ουδέν 
^άλλο^ χαρίζεται 6 τεχνίτης εϊ αή αόνον το είδος ' ουδέν γαρ ■(άλλο^ 
έστιν ει ια.ή ξύλον * όαοίως καΐ ^ό^ χαλκός γίνεται άνδριάς <^ή κύκλος^ 
ή άλλο \τι^ σκεύος, του τεχνίτου αΟτο αόνον το είδος /αριζου-ένου ' 
5 ούτως ουν και ή ùopis-'^"jpoç φιλοτεχνου[Λένη ΰο ' ήαών -αν είδος αυτή 
άναοέχεται και -εοηΟεΓσα, ώς εί'ρηται, εν τετραστοίγω συ^υ,ατι ίσνυρά 
και άοίωκτος υ,ένει, κρατοΟσα και κρατουαένη. Λιά τούτο και Πιβήν ιος 
— ολλήν συγγένειαν εχειν ελεγεν. 

10 Αιόσκορος. Καλώς έττέλυσας, οιλόσοοε ' έδίδαξάς αε, οιλόσοοε. 

10 Βούλοααι ούν έ-ι την τοΟ ανδρός άναορααεΐν ρησιν, και έξ ά-αο- 
χης είοέναι τα ΰ- ' αύτοΟ λελοξευ[λένα ώς είρηαένα ' 'Υδράργυρος ή 
άπα κινναβάρεως ' — ασα if. 75 Γ. ι ούν υαρίρ-^^'Όρος ά-ο σωι^άτων γίνε- 
ται. Ούτος δε κιννάβαρις είτιεν, ώς δήλον αυτήν άπο κινναβάρεως ουσαν ; 
Καίτοι γε ή κιννάβαρις ϋοράρ^^'υρος Ηανθη έστιν, αύτη δέ λευκή, ή 

1δ iiopipyjpoç. 

Συνεσιος. Ενεργεία ι^έν λευκή ύ-άρ-/ει ή υδράργυρος, δυνάριει δέ 
ξανθή γίνεται. 

Διοσκορος. Μή άρα το Οτο ελεγεν ό φιλόσοφος ' ώ φύσεις ουράνιοι, 
φύσεων οηΐΛίουργοι ταΓς [χεταβολαΓς νικώσαι τάς ούσεις ; 

20 — Ναι, δια τούτο ειρηκεν " ει αή γαρ έκστραφή, αδύνατον γενέσθαι 
το -ροσοοκώμενον και [χάτην κάμνουσιν οί τάς ΰλας έξερευνώντες, 
και [Λή φύσεις σωΐλάτων ριαγνησίας ζητουντες. Έξεστι γαρ τοΓς -οιη- 
ταΓς και συγγραφεΟσι τάς αΰτάς λέξεις, άλλως τε καΐ άλλως σχηΐΛατί- 



1. γίνεσβαί Fabr. — ζα'; οΰοϊν — τό ε;δο; 
om. Α Fabr. — 2. οϋΐέν] o-joï mss. Cor- 
rigé d'après M*. — άλλο suppléé d'après 
M', ainsi que les autres mots placés 
ici entre crochets obliques. — 3. Pizz. 
traduit, après iwpMi : vel circulus vel 
quoddam aliud vas... (d'après M*?). 
— 5. ΰ2ράςγυρος| σίλτ^νη Fabr., ici et 
plus loin. — 6. h τω τετραστίχω Β. — 
7. μένί'.] γίνεται Μ*. — κρ. ζ. κρατ. om. 
Β. — nrfJ.y-.oi BC; 'E::i6r;/to; A Fabr. 



— 8. ουγγΕνειαν] άγν=λ;αν mss. Corrigé 
d'après M'. — • Pizz. a traduit affinita- 
tem. — Note de Fabr. : Locus ut vide- 
tor corruptus. — 10. àvaopofxsîv Fabr. 

— έ;«-αρ/ης M. — έξ ΰπαρ-^η; Β. — 11. 
είοε'ναί] άναλαβείν Β. — λελοξουαένοις Fabr. 
(ms. A mal lu). — 13. -/.'.ννάβαρ•.;] h. v.vnx- 
βάρεω; Fabr. qui omet ειπεν — Οοράργυ- 
ρο;. F. 1. ζ'.ννάβαριν. — 18. ουράνια; Β. Les 
deux formes s'emploient. — 22. F. 1. 
za": μι] φύσιν σώματος μαγν. 



64 



TRAITES DEMOCRITAINS 



ζειν. Σώαα ουν μαγνησίας είρηκε τουτέστιν τήν αίςιν των ουσιών ' καΐ 
δια 'ΐοΟ'ΖΟ ΰ-οκατιών εφη εν τή εισβολή της τϊοιήσεως του χρυσοΟ ' 
Λαβών ύδράργυρον, -ήξον τώ της μαγνησίας σώματι. 
11] Διόσκορος. 'Ιδού οΰν τροτετίμηται ή υδράργυρος ; 

δ Συνέσιος. Χαι, διά ταύτης γαρ το -αν άνασ-αται, και -άλιν 
προστίθεται, και κατά βαΟαον εκάστης οικονομίας τετύ/ηκεν χρυσό- 
κολ7^α ήτοι βατρά-/ιον, έν δέ τοΓς -/λωροίς λίΟοις ευρίσκεται. 

— Και τις αν εϊη -/ρυσόκολλα ήτοι βατράχιον ' τις ή σημασία 
δτι καΐ έν τοΓς χλωροΓς λίθοις ευρίσκεται ; 

10 — Άναγκαΐον ούν ήμΓν έστι ζητήσαι. Όφέλομεν ούν ειδέναι τρώ- 
τον δσα άτζο χρωμάτων είσι -/λωρών. Φέρε οή ώς άπο υ^()ρώ-ου 
ειπωμεν. Προτετίμηται γαρ ό άνθρωπος πάντων των ζώων των έπι 
της γης. Λέγομεν ουν [ό'τι] ώχριάσαντα τοΟτον γΧωρόν γεγονέναι, 
και δήλον δτι ώς ώχρα το εϊοος μεταβάλλεται, ο έστιν επί το /ρυ- 

15 σίζον ■ μάλλον δέ και αΟτο, τουτέστι το λέπος του κιτρίου το της 
ώχρότητος είοος. ΤοΟτο δέ και ύποκατιών είπεν « άρσένικον ΗανΟον», 
ίνα δείξη το της ώ/ρότητος ζΐοος. 

12] Ίνα δε ιδης πώς μετά παρατηρήσεως πολλής μερικώς εΓρηκε 
τούτο, πρόσε•/ε τόν νουν f. 76 r.) πώς λέγει * 'Υδράργυρος ή άπο 

20 κινναβάρεως σώμα μαγνησίας ' είτα επιφέρει τήν χρυσόκολλαν, 
κλαυδιανον, άρσένικον, όνομα πάλιν έπήγαγεν άρσένικον, ίνα οιέλη 
αύτο άπο τών θηλυκών, και αετά τον κλαυοιανον, άρσένικον το 
ξανθον, τά ξανθά δύο προσθεις ονόματα δύο θηλυκά, έπειτα ούο 
αρσενικά. Αεί ούν ήμας έξιχνεΟσαι καΐ ίδεΓν τί αν εϊη τούτο. Ως 

2δ εγώ κεκίνημαι, Διόσκορε " ενταύθα σήπει τον χρυσον, είτα επαναλαμ- 
βάνει καδμείαν, είτα άνδροδάμαντα 'και Ό άνοροοάμας καΐ ή καομεία 
ξηρά είσι. Και δείκνυσι τήν ξηρότητα τών σωμάτων " και ίνα εύοηλον 



1. τουτέστιν om. Β. — 5. Να\] Και Β. 
— 6. ζα-αβαΟιχόν MB. Corrigé dans A 
Fabr. — 7. τ,-ο•] δ Ιττ; Β. — 10. έστιν ήαΤν 
Fabr. — 11. F. 1. -/ρώαατο;... /λωροΰ. — 
οΐ'ρε ούν Β. — 13. ώ/ο'.ώσαντα Α Fabr- — 



14. ώ /fàmss. — 15. ζαΊαΰτόΐέ μϊλλον Β. 
— 21. κλαυδίοίναν, αρσε'νικον] κλ. άρσένικον 
sans accent M. F. 1.. άρσεν.κόν. — 23. δύο 

θηλυκά] δύο om. Fabr. — 24. έπ'./νεϋσα; 

Fabr. — 25. :ιτ[--.ν. Β. 



SYXESIUS. 



DIALOGUE SUR DEMOCRITE 



65 



αυι 



:ύτο TO'.qTq, έ-ήνίγκε ο-τυ-ττ,είχν εκτΓ,τττωΟίΓταν. Βλέττε -ίττ, τοοία 
τοΟ άνόρίς ■ ίνα και οί iyii^po^^ic νοήσωσι τώς αυτούς έοίοαςεν εί-ών 
στυ-τηρίαν έκτη-τωθεΓσαν ' τά/α δε τοΟτο καΐ τους άαυήτους ώφειλε 
-είθειν. "Ινα δε και βεβαιότερα σοι γένηται, ευθέως έ-ήγαγε θείον 
δ ά-υοον, ο έστι ΟεΓον άκαυστον, το -αν, τουτέστι τα ξηρανΟέντα 
εΐοη, κάτω, ο έττι τα σώαατα εν γεγονότα, θείον άκαυστον κέκλη- 
κεν. ΚαΙ ι^ετέ-ειτα έ-ιφέρεται πυρίτης άτ:ολελυυι.ένος, αηοένα των 
ά7Λων ά-ροσδιορίστως έ-ιβεβαιών. ΤοΟτο αληθές ϋ-7.ρ•/ει ό'τι τα 
άΰοαείναντα ξηοά " και ταΰτα ά-οδιαιοών i -ιοέοει σίνω-ιν -οντι- 

ι 'il Ι 1 Ι 

10 ΐίήν, [/.εταβάς ά-ό των ξηρών έ— Ι τα υγρά, σίνω-ιν είρηκεν, άλλα 
[δια] τήν -οντικήν. Ει γαρ αή ήν -ροσθείς το -οντικήν, ουκ αν έν 
έτιγνώσει έγένετο. Έ7:ιβεβαtoυαεvoc δέ, έ-τνεγκεν ΰοωζ θείου άΟικ- 
τον το ά-ό [/.όνου θείου, θεΓον. 

13] Λιόσκορος. Καλώς έ-ελυσας, φιλόσοφε, αλλά -ρόιιγι -ως 
15 εΐττεν, εάν ά— ολελυμένως το οι ' άσβεστου. 

Συνέσιος. Ώ Διόσκορε, ου -ροσέ-/εις τον νουν. Η άσβεστος 

λευκή έστι, κχΐ τό έκ ταύτης ύοωρ το α-' αϋτης λευκόν έστι, καί 

στύ:/θν ' και το θείον, Ουυ.ιώ-ί£. 76 ν. αενον, λευκαίνει. Σαφήνειας 

οΰν χάριν ευθέως έ-ήγαγε θείου αΐθάλην. (/>•>/! οηλα ήυ-ΐν ταύτα 

20 -ποιών ; 

Διόσκοοος. Χαι * καλώς είοηκας ' και αετά τούτο σώοι ^ανθόν, 
και χάλκανΟον ξανΟον, και κιννάβαριν. 

Συνέσιος. Το σώρι και ή χάλκανθος, ξανθά; -ώς ; ουκ αγνοείς ώς 



1. σrJ-■:ηo■■3cv. ici et plus loin] le signe 
de l'alun remplacé dans Fahr. par άλα; 
άιιω•/•.χ/Λ•ί . — Γ/.σ7;-τ(οθ£Ϊ3αν Β, ici et plus 
loin; έξί-ωΟ;Τσαν M. — Pizz. : alumen 
combustum etplusloin, al. ustum (Pizz. 
a peut-être lu έ;ο:Γ:ηθ3ΐσαν, grillé.) Cp, 
ci-dessus II, l, 7. — σοφία] παοαττίρησ;; Β. 
2. 7.a\ om. Β. — 3. τά/α îk τοϋτο] τοίτο 
γάο Β. — 4. γΕ'νΓ,ται] -^νιοι-ο Β. — 6. εν om. 
Β. — 7. πυρ. ά-ολ.] Pyrites dissolu tus 
Pizz. — 9. ΰ-ο5•.«'.ρών Β, f. tnel. — 10. 



F. 1. άλλα of, — 11. V. uf, γάρ Β. — ε', γάρ 
[χή jjv :τρ. τό -οντίζήν om. Fabr. — αν] ών 
Fabr. — 12. F. 1. Ïiow^j Ο-ιΌυ άΟιχτου. — 
Ιδ. ά-ολίλυμε'νος Α; - με'νον Fabr. — 17. 
ε/.] ά-ό Β. — τό ά-ό ταύτη; om. Β. — 20. 
F. 1. -ο'.εΐ. — 22. κιννάβαρ'.ν] le signe du 
cinabre remplacé par άαων.α/.όν i).a 
Fabr. — 23. Peut-être faut-il disposer 
ainsi le dialogue : Syn. Τό σώρ•. •/. τ. λ. 
— Diosc. ΓΙώ;; — Syn. Ojz αγνοεί; ώ; 
•/λωρά είν,. 

9 



66 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 

γλωοά εέη. Αινί'Ζ^όμζ^υζ ουν τήν τοΟ γαϊλχοΟ έξίωσιν ήτοι έξίχνευσιν, 
υιαλλον δε τήν τοΟ παντός άτιο χρω[Λάτων τοΟτο εφηκεν ' και πάλιν 
έπιβεβαιουριενος, έπΙ τοΰ τέλους έπήγαγε " « Μετά γαρ τήν άφαίρεσιν 
'ΐοΟ ΐοΟ, ή τις καλείται έξίωσις, τότε έ-ιβολής των υγρών γενοιχένης, 
5 γίνεται βεβαία ξάνΟωσις. » Και όντως ή άφοονία του άνορος ενταύθα 
απεδείχθη . 

14] Όρα γαρ πώς ευθέως συνήψε τον οιορισ^ον χρησά[Λενος, και 
ειπών ■ « Τά δε έν ζωιJ.oΓς είσι ταύτα ' 'λρόκοζ κιλίκιος, άριστολο•/ία, 
κνήκου άνθος, άναγαλλίδος άνθος της το κυάνεον άνθος έχοΰσης.» Τούτου 

10 πλέον τί ειγεν ειπείν, ή καταλέ^αι, ίνα πείση ή[Λών τάς καρδίας, εί ριή 
διά το ειπείν άνθος άναγάλλιδος ' θαυ(χασαι γάρ αοι ου μόνον άναγαλ- 
λίδος, άλλα και άνθος είπε • το γαρ άναγαλλίδος έαήνυσ-εν ήυ.ΐν το 
άναγαγείν τό ύδωρ ' δια γαρ του άνθους τάς τούτων ψυχάς άναγαγείν, 
τουτέστι τα πνεύματα. Ει μη γαρ ταΰτα ούτως ε^οι, ουδέν έστι βέβαιον . 

ΐύ και μάτην όυστυχήσαντες οί τάλανες εις το πέλαγος τούτο ύπορριπιζό- 
αενοι πολλοίς κόποις και μογεροίς έμπεσόντες, άνόνητοι καθεστώτες 
έσονται. 

loj — Και τί πάλιν ο άφθονος φιλόσοφος και καλός οιόάσκαλος έπή- 



γαγε ρα ποντικον; 



20 — Βλέπε άφθονίαν ανδρός. Τά εΐπεν αύτο, και ί'να ήμας πείση, 
πήγαγε το ποντικον. Τίς γαρ ανδρών φιλοσόφων ούκ οίδεν ό'τι ό Πόντος 
κατάρρους έστιν έκ των ποταμών πάντοθεν περικλυζό-(Γ. 77 r.j μένος ; 
— 'Αληθώς, Συνέσιε, εφρασας, και ηύ'φρανάς μου "τήν ψυχήν σήμε- 
ρον. Ούκ εστί γάρ μέτρια ταύτα ' τοΰτο δέ σε παρακαλώ ί'να έπιπλείόν 

■2δ με διδάξης. Δια τί άνω είπε -/άλκανθον ςανθήν, ùJOε άπροσοιορίστως, 
μετά τής κυανού -/αλκάνθου, έπήγαγεν ; 



'2. ώ; ά/ϊοχρωμάτων Μ. — 7. δραγάρ'] ορα ' — 13. γάρ] F. 1. οΐ. — 14. ϊγζ: Β. — 18. 



-sp Fabr. (.Λ. mal lu). — Τω οιορισιχώ Β. — 

8. Μ mg. : ση <|χ;''ωσα!>. — Au-dessus 
de χρο/.ος, signe du mercure BCA. — 

9. -/.vf/.ou mss. partout. — 10. ν.οιτί Χέξη Β. 

— 11. F. 1, 05tj[ji.a5ai γάρ μοι • où [iovov... 

— 12. άλλα za• — άναγαλλίοο; om. Fahr. 



— Και τί-άλιν] Pas de changement d'in- 
terlocuteur dans M. F. 1. oti T^ — 21. 
έτζτίγαγε] ευθέως Ιπηγϊγε Β. — τό ίά -οντ'.βν 
Α. — ποντικον] τζύντί'η mss. Corr. Fabr. 

— 25. ανωΟίν Β. — ξάνΟον Α Fabr. — ώοί] 
iv -αϋΟα ο; Β. — 26. /.uavoî] F. 1. χυανεας. 



SYNÉSIUS. DIALOGUE SUR DÉMOCRITE 67 

— Αλλά ταΰτα, ώ Λιόσκορε, τα άνθη αηνύουσι, χλωρά γαρ ύ-άρ- 
yo'j(7iv. Έ— ειοή οΰν το άνερ•/ ίαενον ΰοωρ οειται τήξεως, ευθέως έ-ήγα- 
γεν • κόαι άκάνΟτ;. Είτα έ-άγε'. ' ούοον άοΟοοον, καΐ ΰοωο ά(7οέστου, 
καΐ υοωρ σ-οοοκράαοης, καΐ ΰοωρ ττυ-τηρίας, καΐ ύοωρ νίτρου, καΐ 

δ ΰοωρ αρσενικού και θείου. Βλέτε -ώΐ -άντα τα λυτικά καΐ οιαοοοείν 
ουνάαενα προήνεγκεν , τοΰτο οηλονότι όιοάσκων ήυι.ας τήν άνάλυσ'.ν των 
σωαάτων. 

16] — Ναι, καλώς ειρηκας. ΚαΙ -ως i-\ τέλει εΓρηκε ' Κυνος 
γάλα ; "Ινα σοι οείξη οτι ά— ô του κοινοΟ το -αν λαιJ.βάvεται ; 
10 — Οντως ένόησας, Διόσκορε. Πρόσεχε οέ -ώς λέγει ' Αΰτη ή.ΰλη 
της /ρυσο-οιΐας εστί. 

— Ποία ύλη ; 

— Τίς ούκ οιδεν οτι πάντα φευκτά έστιν; Ού'τε γαρ ονειον γάλα, ούτε 
κυνος γάλα -υριααχήσαι δύναται. Το γαρ ονειον γάλα, εάν ά-οθήσης 
1δ έν τό-ω ίκανάς ή αέρας, άφαντοϋται. 

— Τί δε καΐ το εί-εΓν ' Ταυτά είσι τά αεταλλοιοΟντα τήν ΰλην, 
ταύτα καΐ — υρίααχα — οιεί, οευκτών αυτών όντων ' και το ' Έκτος 
τούτων ούοέν έστιν άσοαλές ; 

— Ινα νου-ίσωσιν οί τάλανες οτι άληΟη είσι ταύτα. 'χ\.λλά πάλιν 
20 oÎy.o^jaov οι.υ'ζοΟ τί ειπεν και επιφέρει. Έάν ής νοήμων, καΐ ποίησης ώς 

γέγραπται (άντι του ' Έάν ής σοοος, και διακρίνης τον λογισαον ώς οεΓ 
κε•/ρήσθαι), εση ριακάριος. 

— ΚαΙ τί άλλανοΰ είπε; ΤοΓς έγέοοοσιν ύαΓν λέγίο. ΑεΓ ούν ΰαα,ς 

/- ' ^ /- ι ι ι 1 ι - 

γυίλνάζειν τάς ορένας ΰυ.ών, και αή άπατάσθαι, ίνα και τήν άνίατον 



2. ΟΕΐτα•. ;:ηξεω:] οεΤ τη; τ:. Fabr. — 3. 
Ιπάγ:•.] Ι;ΓΓ|ναγ;ν Β. — /.our, Μ. — 4. Μ 
mg. σΐ) <[ϋ:'ωσα'.> . — ϋθ(»ρ στυττ;.] άλό; 
άαων.αχοϋ Fabr. — ν'τοου] μολυβοο/άλ/.ου 
Fabr. — δ. τχΟτα πάντα Α. — Οίίου] -/αλ- 
κάνθου Fabr. — τα om. Β. — 8. Ναι] /.ai 
Α (intercalé par le copiste) Fabr. — 9. 
Dans Fabr. la phrase ïva σο: κ. τ. λ. est 
attribuée à Synésius. Les mss. dans tout 
ce passage n'indiquent pas les change- 



ments d'interlocuteur. F. 1. < ΊΙ>Γνα... 
— 10. ϊνον,ια;] εννόησα; BCA ; έννΟϊΐ; 
Fabr. — 14. -υριμα/ί. A; -jptjxaysîv 
Fabr. — 15. έν -ο';:ω] F. 1. Iv τω r-jp•. — 
άοανίοίτα•. Fabr. — 20. Un point après 
aÙToù dansM.On pourraitlire : Dioscore. 
-■' εί-εν ; — Syuésius. Κα• έπ-ρερε!... — 
23.jaà;]T;aâ;Bet Pizz. seulement; Jifiâ; 
puis ύαών conviendraient mieux. — 24. 
τήν άνίατον -εν;αν τη; νο'σου ν/.γ^•^ο:•χν/ Μ. 



68 



TRAITES DEMOCRITAINS 



νόσον της πενίας έ-/.^υγοι-;£. 77 ν.) [Λεν, και ρ.ή νικηΟώμεν Ο- ' αυτής, 

καΐ εις ααταίαν -ενίαν έΐΛ-εσοντες ουστυ'/ήσωΐΛεν, άνόνητοι καΟεστώτες * 

του γυ[Λνάζεσθαι τάς ορένας όφείλοαεν, και οςύν ε•/ειν τον νουν. 

17] — Δια τί οϋν επιφέρει το έπιβάλλειν ; 

5 — Ού οιαλέγει τα προλεγόμενα, άλλα τα άπο του νοός. Άλλα πάλιν 

λέγει ποτέ ιχέν χρυτον οιά τον -/ρυσ-οκόραλλον, ποτέ οέ α.ρ-'^'υρον 

δια τον χρυσον, ποτέ οέ χαλκον δια τον γρυσον, ποτέ δέ ριόλυβδον 

ή κασσίτερον οιά τον [/.ολυβόόχαλκον. 'Ιδού αυτός [έστιν] ΰπο τους 

βαθ[Λθύς της ziyyrfi άνήγαγεν ημάς ' και μη κενεμβατοΟντες εις 

10 βόθρον έμπέσωμεν της αύτης άγνοιας των σημαινόμενων παρ ' αυτών. 

Πολλή γαρ υπάρχει τω άνόρΐ ή σοφία. Μετά γαρ το ειπείν αυτόν ' 

Αΰτη ή υλη της -/ρυσοποιιας ειρήσθω, επιφέρει λέγων ' Φέρε δή καθεξής 

καΐ τέν της άργυροποιΐας λόγον άφθόνως έξείπωμεν, ίνα δείξη ήμΓν ό'τι 

δύο έργασίαι " οτι και ή άργυροποιΐα προ πάντων προτετίμηται καΐ 

15 προτερεύει, και /ωρίς αυτής ούοέν γενήσεται. 

18] Άκουσον αύτοΟ πάλιν ένταΟθα λέγοντος * Ή υδράργυρος ή 
άπα αρσενικού ή θείου, ή ψιμμυθίου, ή μαγνησίας, ή στίμμεως ιτα- 
λικού. Και άνω μεν ούν εν τη χρυσοποιΐα ' Υδράργυρος ή άπο 
κινναβάρεως ■ ενταύθα οέ ' Ίδράργυρος ή άπα άρσενίκου ή ψιμμυθίου 
20 και τά έΗής. 

— -, Και πώς ένδέγεται ùopipfupov ψιμμύΟιον γενέσθαι ; 

— Άλλ'ούκ άπό ψιμμιθίου ύδράργυρον εϊπεν Γνα λάβωμεν,άλλά τήν 



1. έκφύνο|χϊν Α ; Ι/.ούγιοαϊν Fabr. — 
3. τοΰ] τό Β, f. mel. — 4. έ:;;βάλλειν] 
έπιβαλείν Α ; έ-ιβολήν Pizz. — 5. Μ mg. : 
καλ <ό> ν en lettres retournées. — οΰ 
δ'.αλε'γε•.] sic A Fabr. ; oj ί;α (o'.i M), puis 
la place de 8 à lo lettres, puis λέγει M 
BC. Pizz. semble avoir lu ού 3•.ά -oD-o 

λέγε•. « non ob id dicit sed animi 

sensusexplicat ». F.l. où οιά <9οΐ3α>λεγε' 
<πα^ίά> τά -ρολεγο'ιχενα. ο II ne se con- 
tredit pas. » Cp. « Les textes grecs 
publiés par Ch. Graux : édition pos- 



thume )) (Vieweg, i886) p. 134. (Cita- 
tion de Plutarque : A; |χάσ-;γες αϊ /.ερ- 
κυραΐα: λέγονται 5 ι ά ο ο ρ ο ι είναι παρά 
τά; άλλα;.) — τοΰ om. Β. — 6. -/ρυσόν] 

Le signe du cinabre Fabr. 3 fois. — 
7. -oxà δέ μοΧ.] δέ om. M. — 8. ύπό] 
ί~\ Β. — 9. ττ); τε'/νη; — εις βο'βρον] ιχή 
ούν εϊ; βάραΟρον Α Fabr. — 16. λε'γοντο;' 
om. BC ; A add. supra versum. — 17. 
θείου] -/αλκάνυου Fabr. — 1'•). κινναβάρεω;] 
αλός άμωνιακοϋ Fabr. — δέ] λέγει Α Fabr. 
F. 1. ένταΰΟα οέ λε'γει ■ ύδρ. 



OLYMPIODORE. — SUR L ART SACRE 



69 



λευχωσιν των σωαάτων, είτουν άνάκααψιν αίνιττόιχενος εΓρηκεν ' ώοε 
γαρ τα λευκά — άντα ει— εν ' έκεΓ οέ τα ξανθά, ίνα νοήσωαεν. Ορα 
Ίτώς εί-εν ' Σώαα ααγνηίΐίας -/ρυσοκίραλλον " ενταύθα οέ σώαα 
ααγνησίας, ααγνησίας [j.6vov ή στίαυ.εως ίταλικοΟ. Και ταΟτα υ,εν 
5 ποος Sîav'J τι αύ'ταοκες ύαίν ειοτσ-Οίο. ΙΙοογυανάΓεσΌαι οέ τον 
νουν 7θή, Γνα οιαγιγνώσκωμεν τα; ττ; ούσεοος ένεο^'είας ττεοί των 
σπουΰαζο μένων τη τοΟ θεοΟ συνεργεία. Δεϊ οΰν ύαας γινώσκειν, \δτι^ 
ταρι-/_εύεσΟαι (f. 78 ν.) οεί τα εϊοη ΐτρώτον και ταις γω \νεύ^ σεσιν 
ôaoypoa άποτελεΐσθαι είς εν ypcou-a ' καΐ τα [χέν ούο ύοράργυρα ύοραο- 
10 γυρίζονται και εϊς σ-ηψιν ά-οχωρίζονται. θεοΰ οέ βοηΟοΟντος άρξοααι 
ΰ— οανΓαατίϋειν. 



II. η. — OLYMPIODORE. 

Transcrit sur M, f. i63 r. — Collationné sur A, f. iq- r. ; — sur Κ (co/î;V proba- 
blement directe de M.l, f. 76 r., seulement les premiers feuillets, plus quelques son- 
dages ; — sur L ou La, f. i r. 

ΟΛΤΜΠΙΟΛΩΡΟΥ ΦΙΛΟΣΟΦΟΥ ΑΛΕΞΑΧΛΡΕΩΣ ΕΙΣ 
ΤΟ ΚΑΤ' ΕΧΕΡΓΕΙΑΝ ΖΩΣΙΜΟΤ ΟΣΑ ΑΠΟ ΕΡΜΟΥ ΚΑΙ ΤΩΝ ΦΙΛΟΣΟΦΩΝ 

ΙΙΣΑΧ ΕΙΡΗΜΕΝΑ. 

1] Γίνεται οέ ή ταριχεία α-ο υ.ηνος [f-^'/'^p '^t [καΐ] έως ριεο-ωρΐ 



1. ξΙτ ' oJv Μ; TJ'Fabr. — ωοι] ενταύθα 
Β. — 2. -ά om. Α Fabr. — 3. Après 
μαγνησίας] [idvov add. A mg. sup. Fabr. — ■ 
χρυσοχόο. — σώμα ααρ. om. Β ; A l'ajoute 
de 1'''= main à la mg. sup. — 8. on] -/ρή 
A Fabr. — iv -aî; ■/. A ; zaliv T. y. Fabr. 

— όαο/ρόου; M. — 9. ύοραργυρίζοντα Fabr. 
F.l. άργυριζοντα•. — Pizz. traduit ταρ;-/ . par 
liquefacere eî/o) <v3j> rszut par conflatio- 
nibus (coulées). — 10. i-.o/wrJ.^oT.x Fabr. 

— oï om. Fabr. — apyo^a; ύ-οιχντ;ματ{ζε'.ν] 
τό -αν Ι/α• τό παν Α| τοϋ λο'γου -iTcT-iiTai BC 
Α Fabr. — Α mg. άρξ. 6-ο;χντ,μ., avec 
renvoi à βοηθοϊντα;. — 12. Titre dans 
AL : Όλ. φιλ, προς Πετάσιον τόν βασιλέα 



(βασιλϊ'αν Α) Άρ|χενίας περί της θείας και 
'.ερας τε'-/νης το3 λίθου των ο'.λοσοοων, puis 
dans L : /.α• l'.ç τό ■/.. i. Ζ. και ε'.ς όσα ir.à 
'E'^'j.o'j ■/.. τ. λ. (comme dans ΜΚ). — 
13. από] F. 1. ΰπό. — 14. Γίνετα: ■ — άπο- 
ζείμενα] Teste reproduit dans III, χχιχ, 
9, avec quelques variantes que l'on a 
indiquées au passage cité. Cp. les textes 
analogues contenus dans les mss. La, 
p. 175 et Le, p. 341. — δέ om. A. — 
7.a\ est probablement une répétition 
altérée de χε'. — αεσωρΊ] αετοπωρινη; Α. 
— Réd. de L :... με/Ιρ, ήγουν τοϋ οεβρυα— 
ρίου εικοστής πε'ίχπτΓ,ς, ït^i^ μεσωρι ήγουν του 
αϋγούστου. 



70 



TRAITES DEMOCRITAINS 



10 



κε' ■ ό'σα αν ούνη ταρι-/εΰσα', και τ.ΑΟνν.'. ιως αφής τα αυτά έν 
ά-ηΈίοις ά-οκείμενα. ΚαΙ εάν ούνγ] ποίησα'., 7:οίη:7ον της ταριχείας 
τήν ένέργειαν, κάλλιστε των σοφών. 

Έθος γάρ τοις άρχαίοις συγκαλύ-τειν τήν άλήΟειαν και τά -άντη 
5 τοίς άνθρώτ:οις εύοη/^α, οι ' αλληγοριών τίνων και τέ/νης έαφιλο- 
σόφου άποκρύπτειν, οΟ αόνον δε ό'τι τάς τιμίας ταύτας τέχνας τη 
άίΰεγγεί αυτών και σκοτεινότατη έκόόσει συνεσκίασαν, άλλα και αυτά 
τα κοινά ρήματα οι ' άλλων τινών ρηαάτων ιχετέφρασαν " ώς ε^ει 
έπι τοΟ έν ύτοκειαένω και ουκ έν ύ— οκειμένω ' ώς και αύτος γινώσ- 
κεις, οιλόσοφε δέσποτα, εις τοΰ'ζο αυτά Πλάτωνα και 'Αριστο- 
τέλη ν άλληγορήσαντας, καΐ προς τα ρήματα ταύτα όιαφερομένους. 
Άοιστοτέλης γαρ τήν ούσίαν οησιν ουκ έν ΰποκειαένω είπε, το 
δέ συμβεβηκος έν ύποκειμένω. Πλάτων οέ πάλιν τουναντίον ποιεί 
καΐ το ούκ έν ύποκειμένω τήν ουσίαν και το έν ύποκειμένω του 

15 συμβεβηκότος, καΐ απλώς ώσπερ δσα τοιαύτα και τοσαΟτα κατά τον 
δοκήσαντα αύτοΓς τρόπον έξέθεντο. Οΰτω καΐ έπΙ της τιμίας ταύ- 
της τέ•/νης πάσα σπουδή γέγονεν τοΓς άρ-/_αίοις, ένος οντος του πράγ- 
ματος και μιας τέχνης διά τίνων θεωριών και αινιγμάτων έκΟέσθαι " 
ινα έκ τών φυσικών πραγμάτων άκοντίσαντες τους ζητητάς, εις 

20 (f. 163 ν.) τά ου φυσικά πράγματα μεΟοδεύσωσιν, ο δή και γέγονεν. 
Έκ τών έ;Λς νάο ό παρών δηλώσει τοόπος. 



1. ταρίχϊυε y.ai ::λύνε ταΰτα ττρο'τερον κα«. 
αοε; αυτά L. — εως] ώς Μ. — τα αυτί] αυτά 
Α, f. mel. — 2.'άγγειΌ;;] αγγεϊ:•/ Α. — Suvrj] 
ουνει'σο! (pour O'jvrJjT; ?) Α. — 3. -/.άλλ'.στα και 
σοφώτατα L. — 5. Μ mg. : -jiapjjLOuO!, άπρ•.λλ 
(Main du XV"= sièclel — 6. Après ά-ο- 
κρύ^ττε'.ν] ώ; εοι/.εν add. L. — οέ δτ•.] γαρ 
L. — Après ταύτα:] ζα'; φ'.λοσοφ'.κάς add. 
L. — 9. Ι-• τοϊ Ιναπο/.είμε'νου Α. — έπ• 
ζοΰ Ivu— 07.εΐ|χε'νω L 2 fois. — και ούκ :ν 
Οποκ. Α. — 10. ώ φιλόσοφε δε'σ-οτα L. — 
εις τοΰτο γάρ αυτό Πλάτων και ΆριστοτεΤνης 
άλληγοροΰσι L. — άλληγοροΰνται Α. — 11. 
διαφερονται προς άλλτ|λους L. — 12. Άριυ- 
τοτ. μεν γάρ L. — φησ'ιν τί;ν ούσίαν L. — 



ένυΓοκει;χε'νω Μ ici et presque partout. 

— εν υ~οκ. είναι, τοοέσυαβ. L. — Αριστοτε'- 
λτ;; γάρ] Cp. Aristote, Catégories 3, p. 2 a 
1 1 . — 13. ΓΙλάτων Vi] Cp. Alcinous, sur 
les dialogues de Platon (dans le Platon 
delà collection Didot, t. III, p. 232). — 
Après ΤΓΟιεί] Réd. de L : κατά 'αλν γάρ τό 
εν υτίοκ. τ. ο. ποίΕϊ, κατά οε τα ούκ εν υποκ. 
τό συριβεβηκός είναι. — 17. πράγματος] συγ 
κράματος (pour συγγράμματος ?) Α. — 18. 
θεωριών ταύτην Ικθε'σΟαι L. — 19. των μή 
ουσικων L. — άκοντίσαντες] Ιΐαύσαντες L. 

— 20. γε'γονεν — παρών] Réd. de L : 
γε'γονεν αύτοΐς ■ τά 3έ πάντα εκ τών Ιξης δ 
παοών 



OLYMriODORE. 



SUR L ART SACRE 



2] Γίνεται δέ ή ταριχεία τ.ζρΐ της τηλώοους γης. — ΈνταυΟχ 
οιαλέγεται ο φΛόσοοος της όφειλουσης τλΰνεσθα'. " -λΟναι γαρ -/ρή 
καΙ -ACivai υ-έχρις αν το πηλώοες έΗέλθη, κατά τήν Οείαν Μαρίαν. 
Πάσα γαρ γη τοιαύτη (τωαατοφόρος, -λυνοαένη, εις ψάιχίΑον κατα- 
5 λήγει. Μετά ου ν την βεβαίαν και καΟαράν -λΰσιν εΟρήσεις τα 
σώ[Λατα είς τήν ψάααον, τουτέστιν τα πέταλα τοΟ χρυσού, apyupi- 
ζοντα ή αολυβδίζοντα, ο έστιν àp-'^'upo'j ή αολύβοου τήν ypéav 
έχοντα, ώς και τους λίθους, αυτήν οηλαοή τήν ψά[χμον άνωθεν 
ούσιοΰσαν ' ην τίνα οί àpyaîot δια το κυριον όνομα έπέΟηκαν λιθάρ- 
10 γυρον, και εις αυτήν έστιν εύρεΓν και το τετρασύλλαβον και το 
έννεάγραΐΛαον. 

3] Το γαρ « ά-ο [Jι.ηvôς ρ-εχιρ » ουδέν έστιν " τούτο γαρ έτέΟη ίνα 
6 έντυγ-/άνων δόξη ά-ο του χρονικού διαστήιχατος ξηρίον είναι και 
σκευήν, και έάσας τήν ευθείαν όδον, -ρος τήν άκανΟώοη άναοράυ.η 
15 πλάνη ν. 

4] Το δέ « έν ά'ρι'είοις α— οκείυιενα » τα οστράκινα βωτάριά είσι 
ων τίνων Ζώσιυιος αόνος ιχέι^νηται. 

δ] Τω δε « ποιήσαι της ταριχείας ένέργειαν » -ρος τήν εαπρακ- 

τον έργασίαν ■προτρέπεται. Και ή ενέργεια γαρ ενταύθα είς τήν 

20 πραξιν έκ7,αυ.βάνεται. Εστω σοι γνωστόν, ώς και οτι τις ταριχεύων 

τι των όψων και χρόνου τινός όεΓται, και ή ώρα γρό^ος εστίν ' αύτη 

γοΟν τη ώρα π/νυΟεις ο πηλός είς τήν ψάαΐΛον καταλήςας ψύγεται. 



1. Μ mg. sigle de ώραΤον. — Γ•'ν;τα•. 
0£...] Réd. de L ; "Α-ισα ή Εργασία τ^; 
ταρι-/ΐία; γίνΐται. — La phrase Γίνετα: — 
γη; est citée dans le morceau III, xxix, 
2, et complétée ainsi : μ=/.?'ΐ *'' ~^ ΐ^,λώ- 
δες εξεΤ-θτ) και είς ψάμ,μον ζαταληξτ;. — 2. 
Après ό φιλόσοφο;] -ερ; τη; γη; add. L. — 
5. -λύσιν] -λϋσιν Μ partout ; πλύνσιν AL 
partout. — 6. Après ε!; τ. ψ.] μεταβεβλη- 
με'να add. L. — άργυρίζοντα] ή -/ρυσίΓοντα 
L. — 7. δ εστίν — λιθάργυρο•/] Réd. de 
L : τοϊτε'στιν άργ. η ypjooj, η |χολ, ypoiàv 
ε/οντα • όθεν αύτη; |-ε'9. λιθάργ. — 10. ει; 



αύτην] Ιν αύτη L. — 
δέ. — 13. διαττηαατο 
σκευην, και ριή Ιάσας... 
ΜΚ. — είσι] ση;ϋΐα'ν; 
ων L. — 18. Τω 5έ] 
20. Après έστω σοι] 
και Α; om. L. — δτ 
L : δτι ή ταρί/ευσι; 
— Μ mg. : sigle de 
το'ν, puis : άληΟ (άλη 
πηλό;] και add. L. • 
Réd. de A : /αίρ; 



12. Tô γάρ] F. 1. -Jj 
i; του ^T^pio'j ποιεΐν τήν 
L. — 16. ά-0/.είριενον 
ι L. — 17. ών τίνων] 
Τό δ'ε AL, f. mel. — 
τοι'νυν add. L. — ώ; 
δεΐται] Réd. de 
:ών οψ. y ρ. τ. δεΐται. 

ώραΐον et de 7ρη3- 
9ε;). — 22. Après ό 
- ψΰγεται — μεχιρ] 
ται ίξ ά-ό μηνό;. 



TRAITES DEMOCRITAINS 



6] ϊώ οί « ά-ο ij.rjvôç [f-f/lp κε ίως [ΛεσωρΙ κε' » έα-ήμ,ανεν ό'τ'. 
άπο της ταριχ^είας εις το πυρ βάλλεται. Ούκ είπε οέ οτι μετά τα 
τέλος τ&ΰ μεσωρΐ εις το πΟρ βάλλεται, άλλ' άπο ^f. 164 r.) της ταρι- 
γείας ήτοι πλύσεους, [χάλλον οέ ςηράνσεως. 
5 7] Τφ δε α δσα αν ούντ) ταριχεΟσαι και πλυναι », έσήμανε το της 
ουσίας είοος και το της ςηράνσεως, τω [χιν « οσα αν δύνη y> το της 
ουσίας είόος, τω οέ « ταριχ_εΟσαι και πλυναι » το της ξηράνσεως " 
δεΓται γαρ ταύτης πάντοτε ' και ου'τως πλύνεται, και το της ουσίας είδος 
έδηλώΟη τω δεσπόττ] μου, τίς ή ταριχεία, και τις ή πλύσις, και τίς ή 

10 ξήρανσις, ήτοι ψύξις ' ώς καί που Δημόκριτος φησι στυπτηοίαν 
έξυποθεΓσαν, <^ουκ/• ήθέλησεν Ό φιλόσοφος φαντάσαι τους έντυγνάνοντας 
είς τε στυπτηρίας τινάς αποβλέποντας, και προς στυπτικόν ήδη πλαζομέ- 
νους άκήρατον χρόνον έκδαπανησαι. Το οέ της πλύσεως διττον, το μεν 
μυστικόν, το οέ άπολελυμένον. Πλύσιν ουν είρήκασιν μυστικήν και πλύ- 

15 σιν άπολελυμένην. Και πλύσις μυστική ταύτόν έστι, και αδιαφορεί ή 
τις γίνεται όιά του θείου ύδατος. Ή γαρ πλύσις πλύσις έστιν ή δι 
ευφημίας και μόνης πειθήνιον των ΌμορρίΌστΎΐσάνζων φευκτών, ήγουν 
την των άσωματωΟέντων σωμάτωσιν και των πνευμάτων, τουτέστιν 
των ψυχών αυτών οια μόνης της φύσεως τελούμενα και où δια yzi- 

20 ρω./ ώς τίνες νομίζουσιν. Ό γάρ Έρμης φησιν ' α Όταν λάβη μετά 
την μεγάλην Οεραπείαν, τουτέστιν τήν πλύσιν της ψάμμου », ίδού 



1. ίσημανεν] σημαίνει AL, ici et plus 
loin. — 2. οϋχ είπε] où λε'γω L. — [ΐετά 
το τεΟνΟ;...] Réd. de L : μετά τό τελος τοϋ 
μεσωρΊ ήγουν τοϋ αϋγούστου μηνός χαι πλύνσεω; 
η μάλλον ξηρ. ε".ς τό πυρ βάλλεται, άλλ ' από 
τη; ταρ. ώς είρηται. — 5. τΛ 3È] τό οέ L. 
— 8. και τό της ουσίας είδος. Έ8ηλώ0η 3έ 
AL. — 9. τίς έστ ν η ταρ. AL. — 10. ώςχαί 
που Δημ.] φησ'ι οέ που ό Λημ Α ; οησ'ι 3έ χαί 
ό Δημ. L. — 11. έξυπορ'.Οε'ις Α ; ές:πωΟεΐσαν 
Κ ; έξσηπ'ιοΟείσαν (sic) L ; « F. 1. έκσηπ- 
τωΟείσαν. »(Μ. Β.). Cp. ρ. 44ι 1• ^4• — 
Les mots έΟεΟιησεν — εζδαπανησαι sont 
omis ici dans L qui les place (avec 



variantes) après άπολελυμε'νην (ligne i 5). 

— 14. O'Jv] γάρ L. — είρη/.ασιν] ει'ρηζαν M. 

— 15. Après άπολελυμε'νην] Réd. de L : 
πλύνσιν ούν ήθεΟ,ησεν ό φ-.λο'σο^ος ο. ώστε μή 
στυπτηρίας τινάς αποβλε'πείν */.αΊ προς τό στ. 
ή'δη πλανάσθαι κα\ ά/.τ^ρατον '/ρο'νον εκδαπα- 
ναν. — άδιάοορος L. — 16. Réd. de L : ή 
γάρ πλύνσις έστΙ κυρία. — 17. Réd. de L ; 
και μο'νης καλλίστης εργασίας πείΟι^ν.α ή των 
όμ. φ. — η τ ' ουν Μ. — 18. Réd. de L : 

σωμάτοισις, ήτοι των ψυχών αυτών και 

τών πν. τ. δ. μ. τ.φύσεω; τΐλουμε'νων. — 20. 
νομίζουσιν restitué par L. — λάβης L. — 
21. "ιδού] οΊ δέ Α; ιδού τοίνυν L. 



OLYMPIODORE. SUR L ART SACRE 



73 



τήν οΰσίαν ψάαυ-ον έκάλεσεν, τήν 6ϊ πλύσιν, τουτέστιν τήν αεγάλην 
θεραττείαν. ΚαΙ ΆγαΟοοαίαων ει; ζοΟ^ο συντ,νοοεϊ. ΒαβαΙ της του 
φιλοσόφου αφθονίας ! οΰοείς των àoyx'MV οΰτως το -ράγ[Λα έφώ- 
τισεν, καΐ όνοααστί το είδος έξεΐ-εν, ει αή ούτος ο άριστος και 
δ -άνσοφος ανήρ ' ή ,γαρ καθαρά -λΰσις οτ,Λον ό'τι αεγάλτ, 



( '"'1 

'κονοαιαν 



απεια 



εστίν. T■âoGήσoιJ^.αι δε σοι και τήν της -/ρυσοκόλλης οΊκ' 

8] ΠΕΡΙ ΧΡΥΣΟΚΟΛΛΙΐ:::. -(f. 16ί V.1 Χρυσόκολλά έστιν, του- 
τέστιν τον -/ρυσον τ.^οζ τον -/ρυσον κολλησαι, ά τινά έστι τα -έταλα 
τοΟ χρυσοΰ τα ^ωρισΟέντα ά-ο των ψάυ.υ.ων. Πώς -/ρή αυτά 
10 ένώσαι, ήτοι κολλήσαι, και προς έαυτά συνελθείν, Ίνα το -νεύμα 
αυτής το βαπτικον συντηρηΟή ; Το -νεΰμα λέγει του t.^j^oç τήν 
^θαιχαλωτέραν καΰσιν, ίνα u.τ^ τή ΰολλή έκπυρώσει τα υ.ή χοί^ίτ- 



κοντα γενωνται. 



Άλλ6 



α κυρίως κολακεία τινι και έ-ιεικεία 



καίηται ' ίνα αή εκκα-νισΟεΓσα ή νεφέλτ^ έξαναλωθή, ή νεφέλη 
15 έστΙν ή τρέχουσα " ή δέ zziynu^r/. in-vj ή υδράργυρος, ήτις εστί 
νεφέλη. Αΰτη ούν ή νεφέλη ήτοι •jop6:p^;-jpoç τω τ:υρΙ προσοριιλοΟσα 
έκκαπνίζεται, \καί/ ώς κατΐνος [/.όνος οιά της χώνης έςέρ-/εται, ούτω 
και τα πέταλα του χρυσοΟ, ά τίνα ο Ζ co σ ι α ο ς κλαυόιανά 
πέταλα καλεΓ, τή ^ία τοΟ πυρός άφυώς καιόαενα εκκαπνίζονται. 
20 9] ΜάΟοις αν, ώ φίλε των Μουσών, ό'τι το της οΐκονου.ίας 
ονοαα, τί ποτέ έστιν. Και [Λή ϋπολάβης ώς τίνες τήν οιά -/ειρών 



■2. ό ΆγαΟοίαιιχων L. — i. Les mots 
■/.α\ όνομαατ• τό £;θθ; £ς:ΐ-;ν placés plus 
loin dans L. (avec variantes) — 5. Apres 
άντίρ] Réd. de L : Ôvoijusti γιο ■/.»• !ΐ:ω; 
τοϋτο τό ειοος i;iÎ~3v • οτιλοί γάρ ο-ι ή ζαΟαρά 
<:λύνσ'.; μ.εγ. Οϊρα~ΐ•'α έστιν. — /.αΟαρά] ζιΟα- 
μ'.Λ Μ. F. 1. κϊΟάρ'.ος (κ^^Οαρ•'» serait un so- 
lécisme). — 6. /.α; τό τ?,; ηγ^νι/.. Ε/.Οίσ;; 
[iia Α. — ο"./.ονοα;«ν] εκΟόσιν L. — 7. Α mg., 
à l'encre rouge : -ty. -/ρυσο/.όλλίω;, et 
une main. — Pas de titre dans L. — 
Réd. de AL : ■ΐψ^'ζνι.ώ'ιΛ ίστιν ή ■/oM'zm 
προς τήν -/ρυσόν κολλτ,σίν (/ρυσο/.ολλησ'.ν Α). 
■ — • α τ;νά έστιΐ ο!σ\ îi τα -£τ. L . — ί.ί . 



Πώ; /prj '/ρή OJV L. — 10. ίαυτά] F. 1. 
αυτά. — συνελΟόΐν] Tjrî'jyvSva; L. — αότής] 
αύτοΰ Α; αυτών L, f. me!. — 11. λε'γοί 
AL. — τήν /Οαααλωτί'ραν Ξγλυσίν (pour 
ε/.λϋσ;ν) Α. — Réd. de L: ...του -jpo;, 
ήγουν ή •/Οαμαλωτε'ρα καυσ'.;, και Ξκλυτ.ς, 
ίνα.] — 12. τα αή καθήκοντα. j ;χή τά κ, 
L. — 14. καιητα;] καίϊσΟα'. οεΐ L. — έξανα- 
λ(ϋθή restitué par L. — ή γάρ νε^. L. -~ 
16. ήτο; ΰοράργυρο; τιο "υρ';] Réd. de L : 
ήτο'. τό ϋοωρ του αργυρού ήγουν το λε'.ουν 
τόν àiçi^jfo•/, T.'jz:... — 17, οϋτω οι καΐ L. 

— 18. α τίνα] απερ L. — 20. ι^άΟε τοι'νυν L. 

— οτ; om. L, f. mel. 

10 



74 



TRAITES DEMOCRITAINS 



ένέργειαν ijiovov άρ/.ουταν είναι, άλλα καΐ τήν οια της ούσεως 
γινουιένην, υπέρ άνΟρωπον ούσαν. Ότε χρυσον έλαβες, οφείλεις 
οΐκονοαήσαι, και ει -ροσεχώς &ίκονΰ[Λήσεις, τον χρυσον έξεις. 
Και μή ύπολάβης, φησίν, ά-ο άλλων τινών εννοιών και βοτάνων 
ϋ ^ίαφήν είναι, άλλα αΟτ-?ί τί] φυσικ-^ χρή<^^' σχόλα^ον, και έξεις τό 
ζητούμενον. Και το της οικονομίας όνομα εν μυρίοις τόποις λέλεκ- 
ται δι ' όλων των άρ-/αίων " κάτο•/ον γάρ 'ζρό-ον τινά βούλονται 
είναι. Τί δε κάτοχον τίνος , ει μή άρα φεύγοντός τίνος ή vA-oyoz, 
υδράργυρος ; και αΰτη φεύγει το τιυρ. Λέγει γαρ Ζ ω σ ι μ ο ς ' 

10 « Πηξον τήν οδράργυρον τω της μαγνησίας σώματι ». 

10] Χρυσόκολλαν δε είρήκασι τήν μίξιν αμφοτέρων ' το δέ εκ 
τούτων έςιόν έγκάτoyov τω μιη'ομένω οΐοα συντηρειν ' τήν μεν γάρ 
νεφέλην οϊ'δαμεν φευκτήν ' και τοΟτο έν μυρίοις τό-οις κατηγορεί- 
ται οΰ μόνον τήν i. 16δ Γ.) νεφέλην oùiolv φευκτήν, άλλα και 

15 δλα τά του καταλόγου " άνω και κάτω, ο φιλόσοφος -ΰρος τήν 
ùcpap^^'upo^i ά.— οτείνεται, τά οέ οίον και δλα τοΟ καταλόγου φευκτά, 
οί'ωνπερ δή οί άργα-ΐοι έμνημόνευσαν χρωτών και βοτάνων και 
έτερων τινών, οτι —άντα — ροσομιλοΰντα τω πυρι φευκτά είσιν. 

11] Ινα οΰν τάς τάξεις μή ~ρο':^έρ(.ο οιά το -λήΟος και τάς 

20 μαρτυρίας των αρχαίων εις 'ζοϋιο συνηγορούντων και -/ρόνον άκαιρον 
όαπανήσωσιν, ολίγα —αραΟήσομαι ώς τά κάλλιστα και ευσύνοπτα 
και πολλής φλυαρίας έκτος όντα. 'Ενταύθα τους αρχαίους αίνίττεται 
ώς τινας αυτών φλυαρήσαντας και εις άπειρον χρόνον τους ζητουν- 



1. μόνον άρκοϋσαν ôiva•. restitué par L. 
— και restitué par L. — 2. Z-î] ό'-ι mss. 
Corr. conj. — 3. -ρο3ο'-/ω; M. — τόν 
χρυσόν έ'ξί•.; — /.α\ ε;ε;; τό ζητούμϊνον] Réd. 
de L : εξεις yjiuoov • σ/ολαζε ii izl αύττ] τ?, 
ypUÎiiïîj -/ρτίσε; κα'ι εξΐΐ; T'i ζητοΰμενον. — G. 
και τό τη; οικ.] τό δέ τη; ο'.κ. L. — 7. 5: ' όλων 
των άρχ_α:ων] uno-oivTOjv τ. ά. L. — /.άτο/ον 
γάρ jusqu'à τά του καταλόγου] Réd. de L : 
κάτο-/_ον γάρ τΙ βουλ. ε;να•. έν τ?, τε'/ντ;, ο-ερ 
τα φεύγοντα κατε'-/ε•. • τούτο οε' εττι τό :ιυρ, 
τοκατε'•/_ον ττ,ν ίιοράργυρον ητι; εστ\ν ή νε^ε'^.η• 



οό μο'νον οέ αυτή ττυριοευκτο'; εττιν, άλλα 
κα\ —άντα τά του καταλόγου. Έγ'ο οέ κ. τ. 
λ. (voir Ι. 1 9)- — 8. τ;νο;] τι'ν; Μ ; τίνα Α. 
Corr. conj. — 12. εκ τούτων oùsitûv έςιών 
Α. — 17. -/ρωτών] F. 1. χροιμάτων (Μ. Β.). 

— 19. "Ινα ουν — κάλλ'.στα] Réd. de L : 
Ένίο δε δ'.ά τό — ληΟο; ου — ροΰε'ρω σο: τάς 
ααρτ. των άρν., ολίγα δε σο'. παραθησοααι. 
κάλλιστα. — 22. όντα restitué par L, qui 
omet la suite jusqu'à άκοντίσαντα; inclus. 

— 23. και — ά/.οντίσαντας om. A. — ε!; 
έ- 'ίά-εΐΐον M. 



OLYMPIODORE. SUR L ART SACRE 



73 



τας άκοντίσαντας. Γνώτω τοίνυν ή σή τάνσοφος χρηστοτης οτι 
τρείς ττίνους -οιοΟσιν οί apyarot, ενα τον τα•/ έως οεύγοντα, ώς τα 
θεΓα, ενα βραδέως, ώς τα Οειώοη, ένα υ.τ^οέ ίλως, ώς τα σώαατα 
τα χυτά καΐ τους λίθους, 
δ 12] ΠΙΝΟΣ ΠΡΩΤΟΣ Ο ΛΙΑ ΤΟΥ ΑΡΣΕΝΙΚΟΥ Ο ΒΑΠΤΩΝ ΤΟΝ ΧΑ.\ΚΟΝ, 
ΩΣ ΕΝ ΤΟΥΤυΐΣ. — Άρσένικον ο έστι ΟεΓον καΐ τανέως οεΟγον • οεΰγει 
δε δηλονότι προς το πΟρ " καΙ οσα ό'μοιά είσ-'.ν τω άρσενίκω καΐ θεία 
λέγονται καΐ οευκτά. Ή όέ σκευή οΰτως έ•/_ει ' λαβών αρσενικού 
σγιστοΟ τοΰ χρυσίζοντος γ° ιο , κόψας, σείσας, -/νοώδη -οιήσας, 

10 ειχβρεξον εν οξει νυχθή[χερα 6υο ή γ εις ΰελοΰν άγγειον στενοσ- 
τοίΛον άνωθεν κατησφαλισίλένος, ίνα αή ίιαπνεύση. Κινών αυτό 
ά-ας της ήαέρας ή οίς, 'ζοϋ'-,ο τ.οιών ζ-\ ήαέρας πολλάς " καΐ αετά 
τοΰτο κενώσας, —λυνον ν.α.^τ.^ώ ΰοατι αέypις ου ή οσοοησις 
μόνον τοΰ οξους ουγη, φύλαττε δε δηλαδή το λε-τότατον της ουσίας * 

15 καΐ αή συνα— οχέει αΰτο τω ΰοατι. Είτα αετά τοΟτο ξηράνας 
ήτοι στύψας έν αέρι, μίγνυε και συλλείου αύτώ άλατος f. 165 ν.) 



κατζ-αδοκικου γ° ε . Το δέ άλας έ-ενοήθη έκ των α 



ρχαΐϋ 



'.να ιχτ. 



κολληΟή ό αρσενικός εις το ύελουν κυΟρίδιον, ό'-ερ ϋελοΰν κυΟρί- 
οιον άσυίΑ-οτον Άο ο ικανός έκάλεσεν. Πτ.λοΟται τοίνυν ή κύΟοα 
20 αύ'τη -ηλω, ήτοι φιάλη ή φανός ύελοΰς αύτω επικείμενος ' καΐ 
άνωθεν σκέπ εται ετέρα φιάλη, και κατασφαλίζεται πανταχόθεν ί'να 
αή καιόαενον τό άρσένικον διαπνεύση . Καίεται ουν πολλάκις και 



1. Μ mg. (jt; <;ι;;ωσ3ς•.>. — γνώ-ο Μ; 
γνώτο Α. — 2. Après ά;;•/αΐ')•.] Réd. de 
L : 7.αΐ ο jjLcv ."ρώτος Ιατ•.ν ό ~ay έως φΞύ- 
^ων, ώ; -χ θόΐα • ό 3έ δεύτερος έ<ιχ!ν ό βρα- 
δέως οεύγων, ώς τά θειώδη • ό δε τρίτος εστίν 
ο £χ7;δέ δλως φεύγων, ώς τά μέταλλα, κα\ ο', 
λίθο'. και ή γη. — 3. ενα οε Α. — 5. τον 
•/αλζόν λευ/.όν L. — 6. ώ; έν τοΰτο'.ς om. 
L. — 3 om. AL, f. mel. — Réd. de 
L : 3εύγε! δέ ύ;:ό τοΰ ~jpo;, ζαΐ οσα δέ ομ. 
ν.ΦΜ τω άρσενίζω] L. — 7. του άρ(ΐΐνίκου Μ. 
— 8. έχει • λαβών om. ΜΑ. — 9. ίο'] δ' 
AL ; 'Λ ' ΜΚ. — /.χ: κο'ψας, κα; σείσας κα; 



/νοώδτ; ;;ο;ησα;. AL, f. mel. — 10. ΰεΤ,ινον 
Α ; ύάλινον L. — στενοστο'υΐ'.ον Μ. — 12. 
τοΰτο πο'.ών] καΐ τοΰτο ποίε: L. — 13. Après 
κενώσας] αυτό add. AL. — ιχέγριςαν τ; οσμή 
τοΰ δξους O'J-prj L. — 15. (rjva -ο'χεε L, f. 
mel. — μετά τοΰτο om. AL, f. mel. — 
16. T-.(i\ στϋψα: om. L. — μι•ρ;ύε'.ς και συλ- 
λειοΐς αυτό Μ. — 17. τό δέ άλα; — έκάλεσεν 
om. L (3 lignes). — 19. πηλοΰται — κατασ- 
φαλ'-ζετα•.] Réd. de L : Είτα -η'λωσον ιήν 
φιάλην και ζατασφάλ'.ζε. — 20. ΰελος mss. 
— έαυτω mss. Corr. conj. — 21. σκέπε- 
τα•.] F. 1. σκη-τετα•.. 



76 



TRAITES DEMOCRITAINS 



λειοΟται αέ/ρις ου λευκανΟή, και γίνεται στυ-τηρία Λευκή και στερέ[Λ- 
V10C. Είτα yωvευεται -/αλκος <^αετά)> χαλκού νικαηνου ασ-ρου ' και 
λα;Αβάνεις άφρόνιτρα κάτω εις τήν -/ώ'/ψ c,'jo ή τρία οιά τήν μάλαξιν. 
Είτα έ-ιβάλλεις το Ηηρίον αετά κερκίοος (ηοτ,ράς τΓ, γ° τοΟ γα.'Κν.ου 
δ λίτρας ούο. Και [α.ετά τ&Οτο έ-ιρρίτττεις εις τήν χίόντ,ν τή γ° του αργυ- 
ρίου υ.ιλιαρί^7ΐον εν οιά το τυγκραθήναι τήν βαφήν. Μετά τούτο -άλιν 
έ-ΓΓίοοί-ιττεις έν τη -/ώνη άλατος ^ραχύ τι " καΐ έξεις àVr,iJLOv κάλλιττον. 
13] ΠΙΝΟΣ λεύτερος ο ΒΡΑΛΕΩΣ ΦΕΥΓΩΧ. — Ό των ααργάρων 
•/ αλκος κεκαυαενοςκαιτο (ΤΓ,ρικον και τα τοιαύτα οεύγουσι αέν, ού ταχέως 

10 οέ, άλλα βραοέως • καΐ χρή είοέναι έκτης -ΰοιήο-είος του σααράγοου ή- 
τις ενει οΰτως ' κρυστάλλου κάλου γ° ούο, -/αλκου κεκαυαένου 8γ. 
Ποότεοον -οίει τον κρύτταλλον άκρόττυρον, καΐ βάλλε αυτόν εις ΰοωρ 
καθαοον, καΐ ο•αή•/ε, ίνα αή έχη 6ύ-ον. ΕίΟ ' οΰτως λειοΓς αυτόν εις 
θυείαν ήτοι ίγοίον καθαρον, αή ά-ολ}>υων, και 7υλ}.ειοΓς αΰτω και το 

15 (τήρικον και τον -/αλκον τον κεκαυαένον ' και ^(ονεύεις αυτά εις κάρβωνα 
λίτρων δ'. Περι-ηλώσας -ρώτον και πω[Λάσας άνωθεν τήν χώνην, και 
έάσας καίε - f . 166 Γ. σΟαι εν ί'τω ζυρι, αή εις το έν \ιίρος brjt'Ckov-.oi 
ά-τειν, εις οέ τό έτερον ιχή ά-τειν, άλλ ' ίσως, [καΐ] έξεις το ζητού- 
αενον. ΚρεΓττον οέ έστιν -/ωνεΟσαι εις χώνην -ήλου ώαου, ι^ή οπτη- 

20 Οέντος " έπει εις τά -/ρυσο/οϊκά -/ωνεΐα συλλι-αίνεται ό σμάραγοος καΐ 
έονεται εις τό -/ωρήσαι αυτόν εκείθεν, και κλα αυτόν, θέλει οέ τυα- 
ψυγήναι εις τό κααίνιον, και οΰτοος ετταρΟήναι, εττεί ζεοντος αϋτου εάν 
έπάρης, ευθέως κλάται. 



1. λΐΐοΰ L. — γί'ίτ,τα: L, f. mel. — ■ 2. L. 
om.les mots ΐΊτα — κάλλ'.στον (6 lignes). — 
3. /,i;j.ôav='. M. — 6. τ?| βαφτ) Α. — 7. αση- 
[ioy καλλ.] S^'.aov κϊλλ. M ; κάλλιστο•/ «T'J- 
ρον (en signe) Α. — 8. M. mg. : Sigle 
de ώραΐον (beau passage). — 9. μέν] îjjiâ; 
A. — 10. l•/.] F. 1. Ιτλ. — Ttôv σμχράγδων 
L. • — 11. avant κρυστάλλου (κρουστάλου 
M)] λάϊ; add. L. — κα\ ;:ρϋτιρον L. — 
12. κρούΐταλλον M. — βάλε L. — 13. £•0 ' 
OJTto; λί'.ιΐ;...] Réd. de L : ΐ'.ταλϊ'.οΰ χύτον 



κα•. τον /α/.κον τον κ•κχυ;^ενον κ. το ΤΓ,ρ'.ζον 
£'.; θυίαν καΙ yrovîJS αυτά Ε'.ς τό ;τΟ'ρ ' κχι 
πϊρ'.^ηλώσα; κα; -ω^άιχ;... και ϊα κ. τ. λ. 
— Ουίαν Μ partout. — 14. καΟάρό'.ον Μ. — 
αυτόν Μ. — Ιό. /ι.ίνΞυ; AL. — 17. ο-οιΟλ•>-λ 
ΜΑ. — 19. κρεϊττον οέ — εϋΟε'ω; /.λάτα•. om. 
L . — 21 . έκίίόεν] ci; Ουίαν Α. — 22. Μ mg. : 
•|υ/.ρανΟήνα•. (main du ΧΙΡ-ΧΙΙΙ" siècle), 
avec renvoi au mot τυμψυγτ,να•.. — ζεοντα 
αυτόν M. — 23. κλϊται] κλάτ: A, qui aj. 
ίί; πολλά ο;ά τοΰτο ;α ψυ/ρανΟί,να•.. 



OLYMPIODORE. SUR L ART SACRE 



77 



14] ΠΙΧΟΣ ΤΡΙΤΟΣ ο ΜΠΛΕ ΟΛΩΣ ΦΕΤΓΩΧ. — Φεύγειν δέ είρήκα:7ΐ 
δηλονότι -ροζ ίο ~υρ ' καΐ εκτίθενται δυο αυστήρια, εν το φεΟγον καΐ εν 
τό διώκον " ώς καί-ου Αηαόκριτος τους àpyaiouç τρεϊς έ-οίητεν " ενα 
αέν ταχέως φευγοντα, τουτέστιν έν τή αναγωγή των υγρών, ήγουν έν τή 
5 άρσει τής νεοέλης. Και δια τοΟτό φησιν ' « ϊά φευγοντα ώς τα θεία ' 
οΗύτατα γαρ τω κα-νω τά Οεϊα ' εάν οέ βραόέως, ώς τά Οειώοη. 
Λέγει δέ τήν καταρ/ήν τής τιήςεως των αυτών φευκτ(ύν υγρών 
οτε και βοαδΰτερα γίνονται "ρος τήν cp'^'TV'' ^'^"^-ι φευκτών και 



άφεΰκτων, και σωυιάτων. Είτα 'ρί'ον λέγει 



κ Φευγοντα ώς τά 



10 σώαατα τα -/υτά ' όστις και κυρίως Λέγεται — ίνος. Μετά γαρ 
το ωκονοαηκέναι και τιΟέναι ή[Λάς αερικώς άφευκτα τα φευκτά. » 
ΤοΟτο γαρ εις ά-αξ δράσαι άούνατον, άλλα κατά -ρόοασιν άνα- 
HτlOαtvovτεc έίος τέλους άοευκτότατα, βεοΰ συνεογία, -οιουαεν, ώ; 
τα σώΐΛατα τά -/υτά. 

15 loj Αήλον δέ οτι οιά του "υρος του και οιώκοντος αυτά το -ρίν 
ήνίκα ήν ovjy.':^., ούτινος τυχόντα, διά τής τταντελους άφευκτόττ,τος 
άνεξάλει-τον έξει τήν φύσιν τής ^αφής έν τοΓς σώο-ασιν " οΐς και 
διχοια κατά το (f. 166 ν.' -υρίαα'/ον και τήν άφευξίαν, έ•/_ρηυ.άτι- 
σεν. Έάν το φεΟγον τοΟ οιώκοντος τ\>/οι, άνεςάλει~τον έςει τήν 

20 φυσιν ' φύσιν όέ έάν ακούσης τήν οιά -αντος οϋσαν, και έως τέλους 
νόει συνουσαν άοιάσ-ΰαστον και αένουσαν άεί ' τοΰτο οέ έστιν το 



2. ~ίό; χό -ϋρ] £/. του ~υοό; ϊλλω; ~ρό; τό 
-jpL (c'est-à-dire, variante: -ρό; τό πϋρ|. 
Glose insérée dans le texte. — /.α• εκτί- 
θενται ο. μ.] S'.o 7.α\ δ. ;j.. ηχτιΟ. L. — 3. 
Ε/ τό δ'.ώ/.ον] άλλο τό Ο'.ώ/.ον L. — i-o:V,- 
σίν om. Μ. — Réd. de L : Ό Ληαοζν.- 
το: oi ^'Ί^- '•^?'- '■'^'^ τα•/ε(ο; ^εύγοντος ότ*. έν 
τη ανάγωγη τών υγρών οεΰγίί, ήγουν κ. τ. λ. 
— 4. ητουν ΜΑ. — 6. έάν οέ βραοϊ'ω;...] 
Réd. de L : r.iy. oi τοΰ βραδίω; Οϊύγοντο;, 
λε'γϊί τήν κατ ' αρ/ήν τ^τ^ζ'.Ί τών αυτών οΐυκ- , 
τών καΐ υγρών. — ώ; om. Α, f. mel. — 8. 
Après γίνοντα;] τά Οϊ'.ώοη add. L. — »>:υκ- 
τών — τά ΐευκτά] Réd. de L : ~îp\ οέ του 



αηοΞ ολω; φευγοντο;. λέγε; οτι ουτο; εστίν 
αληΟώ; και κυρίως ~Τνο; 6 τρίτο;, ώ; τα στόματα 
τα -/υτά κα\ αεταλλ-,κά ■ μετά γάρ τό cir/.ovo- 
μη^α'. κ. τιΟ. ήμα;, ταύτα μερ. γίνοντα*. 
(γίνοντα L; Corr. Conj.l άο. τά ο., κα; 
σϊόματα τά ασοίματα. — 11. οΐκονομηκε'να; 
mss. — 12. Κα; τούτο γαρ Ι,. — αλλά] 
το'τε δή κατά ;:ροσόασ;ν ΜΑ. — 15. κα; om. 
AL; f. 1. καταδιοΐκοντο;. — τό -ριν — 
φευκτά] -ρότερον (οτε ήσαν οευκτά) L. — 17. 
έξεί] εξουσι L. — 18. έ/ρημάτισεν] έ/αρ;σατο 
έ/ρημ. Α ; έ/αρ:'σαντο L. — 19. ε'άν] κα'; 
L. — τύ/ο; om. L. — 21. νόε; συνουσαν] 
νο'ησον τήν υυσαν L. 



yS TRAITÉS DÉMOCRITAINS 

άνεΗάλε'.τττον και άεΐ ïv άναλλοίωτον. Οίοασι οέ -άντα άνυ-ίττατα 
τα του καταλόγου ' καΐ ούτος ο σκοζος αύτοϊς, ίνα οι ζγζορονζς 
νοτσωσι τζοίά είτ'.ν υποστατικά καΙ τοία άνυτΐόστατα. ΚαΙ οιά τοΟτο 
πάσαν 'jATjV έξέΟεντο ττερεών καΐ ύγοών. Ίστε γάρ ό'τι ή '^έ/νη 

ούν νοταοσι — οοσοαιλοΰντες γεγοα- 

ιον 



ο αυτ"Γ 



;>.α -υρι 



Ό- 



θ'/;κασ'., καΐ ούτος ο σκοπός αύτοΓς. Άαέλει καΐ ό Ζ oj σι α ο ς ΪΟ' 
λόγον περί πυρές ποιείται. ΟΟ ιχήν άλλα και έν έκάστω γνησίω 
αϋτοΟ λόγω, του πυρός φροντίζει, ώς και πάντες οί αρχαίοι. Και 
γαρ πρώτον αίτιον και ρ.άλιστα της δλης τέχνης το πΰρ έστιν, ώς 

10 και των δ' στοιχείων πρώτον τυγ-/άνον " ούτω γαρ βούλονται οί αρ- 
χαίοι οιά των ο στοιχείων την τέχνην αίνίττεσΟαι. Και άκριβούσθω 
ή σή άιετή, έν ταίς τέσσαρσι βίβλοις έστι Δηαοκρίτου οτε κατά 
τά τέσσαοα στοι/εία λελάληκεν, ώς φυσικός ύπάρχοον. Έξέθετο γαρ 
πή υ.έν ποαέω πυρι, πη οέ λάβρω, και άνΟραςι, και όσα του πυρός 

15 δείται, πάλιν τόν αέρα, όσα του αέρος, οίον άεροπόρα ζωα ' ωσαύτως 
καΐ τα τούτων υδάτων, καΐ χολάς πάλιν ιχθύων, και όσα οι' ιχθύων 
σκευάζεται, και οι' υδάτων ' πάλιν τά της γης, ώς άλας και αέταλλα 
^και^ ^οτάναι. Και τούτων πάντων έκαστον προς έκαστον διακέκριται 
νροιαίς και φύσεσιν άλλεπα^,λήλοις, ΐδικαίς και γενικαίς άρρενοθήλη 

20 οντά. 

17] Και ταΟτα είδότες πάντες οί αρχαίοι οιά τούτων τήν τέχνην 



1. Après πάντα (f. 1. nivTSç)] οί ipyxXv. 
add.L. — δέ] γϊο L.mel. —2. τατοΟ/.χτι- 
λόγου όίντα L. — 3. ΰ-οστατ'.κά] ΰ::όστατα L. 
— 5. δ'.χ ::ολλοΰ :rjcoç L. — νοημοσι] νοη- 
;χασ! ΜΑ. — Après προσομ;λ.| οΰτω γ^γρ. 
L. — 6. αυτοί;] αυτών έστ'.ν L. — ό Ζώσ.] 
ό add. L. — -7. -co; add. L. — γνησ•'ω om. 
L ; πλησίω A. — 8. περί τοϋ rrjpoç opovTt'- 
ζε•. L. En bonne grécité, -spi est inu- 
tile. • — v.a: γάρ κα\ -ρώτον L. — Réd. de 
A : y.x: -ζώτΟΊ αύτοΐς pi ' ημέρα; (en signe) 
■/.a; μάλ'.στα. — 10. τυγ/άνον] τυγ-/άνε'- τό 
πΰρ AL. — 11. άκρ'.βοΰσΟα'. AL, puis addi- 
tion de L : Α•.ό /.α\ ό Αημοκριτος έξέΟετο Trfj 



μέ•/ ~ράω πυρΊ. — 12. οτε] οτ'. mss. Corr. 
conj. — 13. ΐυσ•.7.ΓΤ); M, sur grattage de 
yjr::y.6;. — 14. Au lieu de ανΟραξ: ■ — άρρε- 
νοθήλη οντά. (1. 20l, réd. de L : βύσ;•. γαρ 
τα εμ7:ν=υματούμενα πάντα, άλλα μεν oîtTat του 
πυρός, ώςτά μεταλλι/,ά, /.α'• τά της μαγε-.ρ'./.η; 
τε'-/νης, κα•. τά εξη; ■ άλλα 3ε οείτα; τοϋ άε'ρος, 
ώ; τά άεροπόρα ζώα • άλλα δέ δείτα: τοΰ ύδατος 
ώς Ο! ϊ'/Ούες, ίλλαδέ δείται της γης. ώςτά φυ- 
τά. Τά δε εΐοη τά οντά εν τούτοις τοΤς τε'σταρπί 
,στο!•/είθ'.ς, άρρενοΟηλεα οντά, πολλανς -/ροιαΤς 
και ούΐεσιν άλλεπαλλήλαις, μεριχαΐς κα'ιγεν.- 
καΐς οιακε'/.ι;ίνται προς άλληλα. Και ταϋτα 
ειδότε; κ. τ. λ. — 21. διά τούτο AL, f. mel. 



OLYMPIODORE. SUR L ART SACRE 



79 



έκάλυψαν τή -ολυ-ληΟεία των λίγων. ΙΙάντως γάρ οείται ή τέ/νη 
τινός τούτων ' έκτος Τ. 167 ι*, γαρ τούτων ουδέν έστιν άτοαλές. Φησί 
γαρ ό Δηαόκρ'.τος ' « Ούτε γάρ ίχυο-ταίη ποτέ τι '/,ωρίς τούτων. » 
lo^Ji οέ, ί;ιΟι ό'τ•. κατά δΰνααιν γεγράοηκα, ασθενής ύ-άρ'/ων οΰ 
5 [χόνον τω λόγω, άλλα καΐ τω νω. ΚαΙ υ.ή αοι αηνιείτω ζαρακα/^ώ 
εύναΓς ύαών ή θεία δίκη, οτ•. έτόλ[Λησα σύγγρα[χυ.α -οιήσαι ' ΓΚίών 
αο', νένοιτο κατά ττάντα τοόπον ' αΟ'ται αί Λίγυ-τίων γραοαι, καΐ 
Ίϊοιήσεις, κχΐ δόςαι, -/ρησ-αοί τε οαιαόνων και εκθέσεις -ροφητών * 
νους τε ά—έοαντος έπΙ το ττοοκεί^ενον -ροσΰελαζει ' καΐ εις εν ΰερας 

10 λήγει το -ΰροκείαενον. 

IS Τοίνυν γνώτω ή ύαετέρα άγ•/ίνοια οτι ονόιχασι ΰολλοίς έ•/_ρτ,- 
σαντο κατά του θείου ύδατος ' τούτο γαρ το θείον ύοωρ εστί το 
ζητού[χενον ' καί δια τοΰ ονόαατος του θείου ΰοατος εκάλυψαν το 
ζητούμενον. Ινα οέ σοι αικρον λογΰοριον -αρενοείςω, άκουε συ ό 

1-, —άστ; v.ct-fc εντο; ""ενόαενος. Dioa γάο τον —υοσον των οοενών σου 
καί τό άγαΟον καί το άνε^ίκακον. θέλω γάρ σοι -αραστήσαι τον 
νουν των άοναίων, οτι κυρίως οιλόσοοοι οντες εν φιλοσοφοις Λελα- 
λήκασι καί τ:αρεισήνεγκαν τη τέ•/_νΥ] δια της σοφίας τήν φιλοσοφίαν, 
[Αηδέν ά-οκρΰψαντες, άλλα -άντα φανερώς γpά•J;αvτες ' καί έν τού- 

20 τοις εύορκοΟσιν. ΑόΗαι γάρ είσιν αί γραφαί αυτών, καί ουκ έργα ' 
τινές γάρ των ουσικών :>ιλοσόοων τον ζτ.ζρΐχ των στοι-/_είουν λόγον 
έ-ί τάς άονά; άναοέοουσιν, ώς •/.ySi'j\v/.(a~.izy.z ούσας των στοινεί^ον. 
Εί'-ωαεν τοίνυν ζώ; ή ά;-/ή καΟολικωτέοα εστί των στοινείοον 

ττάν της τέ•/νης αναφέρεται ' ώς καί ΑγαΟ οο α ί υ. co ν 



2. Les mots ιρησ; γάο ό Ληα. placés dans 
L après /ωρ•; TOJTOjv. — 4. γΐ'γραοα L. — 
ό. οϋ αο'νον] οΰ [χο'νω L. Cori". conj.; om. 
MA. — Ka\ ij:t[ \xi ίΛε'μο'σΟϊ'. vi'o; -:ό L. — 
6. îù/aî; ΰ|χών om. L. — ϊλειόν] αλλ' 
ίλεω; L. — τοϋτο τό σύγγ. συγγράψα; L. 

— 7. Après γε'νοιτο] τό ΟεΤον add. Α. — αΰτα•. 
γοΰν ε'.σίν αί Α'.γ. γρ. L. — 9. ίτλ add. L. 

— εν ~ip»; τό τ:ροζ.-/.αταληγ;•. L. — 11. όνό- 
ααιί τ£ :τολ/ο!; Μ. — Réd. de L : γνοίτίο 



TO-.vjv η υαετερααγ/. OTt ~. ον. O'.aoyaîo :•/ρ. 
— 14. -ap;vor|70) Μ. — σίι om. Μ. — Ιδ. 
Réd. de ΑΙ. : οίοαγάρ σου Τ'ϊ εα^ειρον Tr7)v 
-jp. — IG. Après άγ.] /.a\ TOom. M ; Toom. 
A. — 19. à-o-/.p. Toî; vor^aoït L. — 20. M mg. 
Renvoi à εϋορ-/.οΟσ•-ν, puis : μυστΓ,ρ\ξε(,υ.υ•3- 
Trjp'.ov ξένον), main du XIIP-XIV" siècle. 
■ — Après έργα] L aj. ." za''. έν τούτοι; ε^ορζοΰσ'. 
τό αυσττ,'ρ'.ον. — 24. αϋτη γάρ] ε'.; αυτήν γαρ L, 
f. mel. — ώ;-/.αΊ Αγ.] -/.α• γάρ -/.α• ό '.\.γ. L. 



8ο 



TRAITES DEMOCRITAINS 



τήν ό^ρ/ήν εν τω τέλει. ΟεΙς, καΙ το τέλος εν ττ; ά?/_τ,. Δράκων γαρ 
ούοοβόοος βούλεται είναι, οΰ φΟονών ώς δοκοΟσί τίνες άΐλύητοι ' αλλά 
φανεοον τουτί έστ'.ν, ώ αύα-τα, -λτ^Ουντική τη φωνή, ώά. Και ό'ρα, 
πανίστοο, καΐ νόει οτι ό ΆγαΟοοαίαων άρα τις έττιν ' ώς αέν τίνες 
δ (ΛυΟεΰουσ'.ν ότι τις άρ•/αίός έσ•τι των —άνυ —αλαιών ^f. 16/ ν. εν 
Αίγύπτω οιλοσοοήσας ' ά/^λοι οέ οασιν είναι αϋτον αυστικώτερον 
άγγελόν τίνα, ή ΆγαΟ ο δαίμονα άγαΟΐν <|^δαίυ.ονα^ της Αιγύπτου ' 
πάλιν τινές Oùcavov αυτόν έκάλεσαν ' καΐ τά-/α ώόε έχει λόγον 6ιά το 
κοσαικον [Λίαηαα. ΙερογραιχίΛατεϊς γάρ τίνες των Αιγυπτίων βουλό- 

10 αενοι κόσαον έγ•/αράςαι εν τοίς οβελίσκοις ή έν τοΓς ίερατικοΓς γρά[^- 
αασιν, δράκοντα έγκολάπτου^ιν οΰροβόρον " το δε τώμα αΰτοΟ κχτάτ- 
τικτον ύ-άρ•/ει προς τήν διάΟεσιν των αστέρων. Ταύτα δέ [j.oi εϊρηται ώς 
δια τήν άο'/ήν " 6ς και [Ϊίβλον έκτίθησιν •/ηυι.ευτικήν, και τούτον ~ρο- 
σωποποιησάαενοι, έρευνώαεν τοίνυν πώς ή άρ•/ή καΟολικωτέρα εστί 

15 των στοι•/είων, και λέγοίΛεν οτι ει τι ήυ-ϊν στοι-/_ειον, τοΟτο και άρ•/ή 
τα γαρ τέσσαρα στοιχεία αρχή των σωαάτων είσίν ' ουκ ει τι οέ αρχή, 



Ιοου 



:ο Οε 



τοϋτο και στοΐ"/είον. ιοου γαρ το Οειον και το ωον, και το [J^.εταςυ 

και τα ατοαα αρναι αεν εισι κατά τινας, στοιχεία οε ουκ εισιν. 

19] Φέρε δή ειπωαέν πως ή τε εστίν ' ή αρχή τοίνυν παντός 

20 πράγ[Λατος κατά τινας ή [j.ia έστΙν, ή πολλαι, και ει αέν έστι αία, 



1. δράκοντα γάο οϋροβο',οον L. — 2. ου 
οθονών — ά[Αύητο'.] Réd. de L : οϋ où. τοΰτο 
λε'γϊ'., ώ; νοι^ίζουσί τινί; άμ. — 3. [χϋστα ότι 
-λ. L. — Μ mg. : Renvoi à ώά puis : 
πϊρΊ χαλκοί (en signe). — οΊά] όνου; Α;ό 
VOÛÇ άκούΐ-α•. L. — 4. οτι add. L. — άρα 
τ•.;] τη; αρίτη; AL. — Réd . de A : ô; 
(lire ώς) και τ'.ν;: μυθ. ό'τ•. άρ/ . έ. κα• -άντων 
π. παλ. — Réd. de L : ον κ. τ. μυθ. 
άρ•/αΐον είναι τ. ~. ~αλ. των εν .\'.γΰ~τω ΐρ'.λο- 
σο-ίησάντων. — 7. ΆγαΟοοα•'μονα...] αγαθόν 
οαιμονα. .Υεγω ο; αγαθόν τη; .'Υΐγϋ-του L. — 
8. Réd. de L : -άλ'.ν οε τινε; αυτόν ούρανόν 
L. — ώ5ε] τόοε L. — 11. τό ipour τώΙ σοί- 
ματ•. αϋτοΰ L. — αύτη;"'' Μ. — καταστ. -.0:- 
οΰα•. προ; τ. ο. L. — ΰ~άρ/ίονΜ; J~i^iyf>n 



Α. — 12. Réd. de L : Κα\ ταύτα δε μο; 

ε'ί'ρ., φησ'ιν ό ΆγαΟοοα•'μ(ι)ν "ερΊ της άρ'/ης. 

— ος κα\] ώστε Α. — έντι'Οησ'.ν Α. — 13. 
κα•] ημείς 3έ L. — 15. λε'γιομεν AL. — 
τοΰτον και ή άρ'/ή Α. — 1G. οϋζετι δέ αρ/_η. 
Α. — μεταξύ] άμα Α ; μετ. κα'ι τό ά'μα 
L. — Ht. Réd. de A : εί'πωμεν ΐτοτερον 
έστ\ν αρ/ή τοίνυν κατά το'.να; (lire τιναςΙ 
-αντό; "ράγματος ή μ;α ε^τιν ή "ΟΛΑα*.. 

— 20. κατά τίνα σημεία MKL — Après 
σημεία] η ου, κα'ι ε". μ•!α έστ•ν η "ολλα'ι L. — 
Réd. et ponctuation proposées : Φε'ρε 
δή εΐ'-ωαε'ν noj; ήτε εστ'.ν ή άρ^ή ■ το•'νυν~αν- 
τός ;:ράγματος κατά τ^νας, ή μία εσ:'.ν, ή 
-ολλαΐ, και, ε! μεν έστι μία, ή άκίν., ή απ., 
ή -ε-. Cp. Aristot. Phys. Ι, 2, p. 1 84 h. 



OLYMPIODORE. 



SUR L ART SACRE 



8l 



-l 



ωον 



η ακ'.νητο; έ^τ'.ν, ή α-ϊ'.ρος, ή ττε-ερασαενη ' ωσαύτως καΐ εί αέν 
-ολλαΐ άρχαί είτιν, -άλιν αΰται ή ακίνητοι είτιν, ή -επερασμέναι, 
ή ά'-ειροι. Μίαν τοίνυν άκίνητον ^καΐ") ά-ειοον άρ•/ήν πάντιον των 
όντων έοόΗαζεν ^ό^ Μιλήτιος το ώον, Aî-j 
5 ΰοωρ θείου ά-ύρου ' τοΰτο γαρ καί εν 
γαρ σηααινοαένης κινήσεως άπήλλακται. Αλλά αήν •::οος τούτοις 
καί ά-ειρόν έστιν ' ά-ειροούναυί-ον γαρ το θείον, καΐ ούοεις έξαριΟ[Λή- 
σατΟαι ούναται τάς τούτου δυνάμεις. 

20] Μίαν δέ άκίνητον -επερασ[Αένην δύναΐΛΐν ελεγεν ό Παραενίδης 

10 το θείον, καί αΰτος λέγων άρ/ήν ' τούτο γαρ ώς εί'ρηται καί εν 
έστιν, καί άκίνητον, καί πεπερασμένη ή άπ' ;f. 168 r.) αΟτοΰ ενέργεια. 
Καί σκόπει οτι Ό Μιλήσιος Θαλής προς την ούσιαν του ΘεοΟ αποβλέπων 
ελεγεν αυτόν άπειρον" άτ.ιιροούνοίαος γάρ ό Θεός. Ο δε Παρμενίδης 
προς τά ες αύτοΟ προαγόμενα ελεγεν αυτόν πεπερασαένον " πάντη 

15 γαρ που οηλον ώς πεπερασμένης εστί όυνάμεως τά ύπο θεοΰ προα- 
γόμενα ■ πεπερασμένης δέ δυνάμεως, άκουε τά φΟειρόμενα, πλην των 
νοερών πραγμάτων. Άλλα τούτους τους δύο, τόν Μιλήσιόν φημι 



1. τ, (3 foislj τ, Μ. — Avant ωσαύτως] 
7.λ\ gratté Μ. — 3. Réd. de A : Μ•αν 
τοίνυν άρ-/ήν ά/.ι'ν. α-, πάντων. Réd. de L : 
Μ''αν τοίνυν άκίν. apy. y.ï• a-, ττ. τ. i'. εοο'ξα- 
Çov ο• άο/αίο! . — 4. Réd. de A : Ό 
jjL'.ÀrJîï'. σοι το ώόν Λε'γ=• δτι το ώόν ϋδωρ το 
(puis• les signes du O;îov α -upov et de 
l'or) έϊτ'.ν. Réd. de L : Λιό /α'• ό θαλ?,; 
ό MiXïjiio; ϊν ϊίναί τό 6ν ελϊγίν. "Αρα za; 
τό ον ήαε'τϊρον, ΰ5ωρ θείον έστ'ι και -/ρυσός, 
κα\ εν έστιν ον ζαλόν κα; άκ-'νητον. — τό ιΰόν] 
τό ojv 2 fois M. Corr. d'après A (M. B). 
— 5. iloojp θείου άπΰρου] signe du θείον 
α— jpov puis avec boucle à la partie 
inférieure (signe de l'or, altéré?) M. — 
Réd. de A : Τοΰτο γάρ κ»'; εν εστ'.ν ώόν 
καλόν κα'; άκίνΓ,τον. — ΰ. Μ mg. : ώοε \sic) 
Γηττ,μα ;αεγα (en abrégé, h l'encre rose : 
main du W'-XV!" siéclei. — Réd. de 
AL : Αλλά α;ν ;τρό; τούτω κα'; α-, εστίν 



κα\ άτζεψοο. Κα\ γάρ τό 0. οϋοε';;. — 7. τό 
θείον om. L. — 9. Réd. de L : Μίαν δέ 
κα'ν ακίν. κα'; ά-ειρον 3ύν. έλ. ό Παρ,α. κα'ι 
άλλην :τε;:ερασμε'νην τό θείον. — 10. άρ-/ήν] 
α-ε'.ρον L. — Réd. de A : àpya';, -ζοίο^-οί 
γάρ α α; ρίζα; κα: έν γ^ κα'; άκίνητον. . — 
1 1. ~ε~ερασμε'νη δε' εστ;ν ή άττ ' αύτοΰ ενε'ργε;α 
L. — 12. ό Μάλη; L. — • 13. άπειρον κ«'; 
άττειροδύναΐΛΟν • ά7τε;ροδύνααο; γάρ L. — • 
14. Après "επερασίΛ,ενον] κατά τήν δύναα;ν 
add. L. — -άντη Μ partout. — 15. ώς] 
ό'τ; L. — 17. τόν Μ;λησ;ον]. II faut lire 
τόν Με'λ;σσον. Aristote, De Caelo. III, ι, 
p. 298 b 1 7 : Ο; -ερ'; Με'λ;σσόν τε κα'; 
ΙΙαραενίδην. ους, ε; κα; ταλλα λε'γουσ; καλώς, 
άλλ ' 0J φυσ;ζώς γε δε; νοιχίσα; λε'γε;ν. SextuS 
Empiricus rappelle [Adv. Dogm., IV, 
46) qu'Aristote donne à Mélissus et 
à Parménide Tépithéte de iv'jiv/.v. 
(Fragm. Aristot. éd. Didot, n" 33). 

11 



82 



TRAITES DEMOCRITAINS 



και Παρρ-ενίδην εκ τοΟ yo^o^i τών φυσικών Ό 'Αριστοτέλης 
δοκεΐ έκβάλλειν. Θεολόγοι γαρ οδτοι τών φυσικών ήλλοτριοΟντο 
δογ[Λάτων, παρά τα [λή κινούαενα σ^_ολάζοντες ' τα γαρ ουσικά 
κινούνται ' φύσις γάρ έστιν αρχή κινήσεως και ήρείΛίας. 
5 21] Μίαν δέ πεπερασμιένην αρχήν τών όντων έδόξαζεν Θαλής το 
υόωρ, έπειοή γονιριίν έστιν και εύόιάπλαστον " γόνιι^-ον γαρ ούτω, 
έπειοή γέννα ίχθύας " εύόιάπλαστον θέ, το ουνάμενον οιαπλασΟαι ωσάν 
βουλής νυν ' και το ύδωρ ωσάν Οέλης διαπλάττεις ' έν ω γαρ άγγείω 
βάλης τούτο, προς αύτο διαπλάττεις το ύδωρ, και ιζ^ος ξέστην, και 
10 προς κεράμιιον, και "jzçibq τρίγωνον, και Ίζ^ος τετράγωνον άγγος, καΐ 
ώς έθέλεις. Και μιία εστίν αύτοΟ ή αρχή κινούμενη ' κινείται γαρ το 
uooiÇi. ΓIεπεpασ[Jιέvη οέ ' ούτε γαρ %ioiiv έστιν τοΰτο. 

2"2] Ό οέ Διογένης τον αέρα, έπειοή ούτος πλούσιος έστιν και 



γόνιμος 



τίκτει γαρ ορνεα ' και εύδιάπλαστος και αυτός 



ω: 



γα: 



15 θέλεις οιαπλάττεις και τούτον " αλλά και εις έστιν ούτος και κινού- 
μενος, και ούκ άιοιος. 

23] Ηράκλειτος οέ και "Ιππασος το πυρ έοόξασαν είναι άρ•/ήν 

πάντων τών όντων, επειδή δραστικόν έστιν τοΟτο * δραστική δέ βούλε- 

ται είναι ή άρ•/ή τών γινομένων ύπ' αυτήν πλέον, ώς οέ τίνες (f. 168 

20 ν.) λέγουσι, και γόνιμόν έστιν το πυρ' γίνεται γαρ έν τώ ύπεκκαύματι. 

24] Τήν γαρ γήν ουδείς έδόξασεν είναι αρχήν, ει μή Ξενοφάνης 



1. yolpou Μ. — ό om. Μ. — 2. ν/.- 
iaXkivi om. MA. — ήλλιτριωνιαι M ; άλλο- 
τριούται Α; άλί.οτριοϊντϋΐ L. Corr. conj. 
3. Après δογμάτων] ζηα: add. L. — -αρά] 
F. 1. T-.io\. Confusion fréquente dans 
les mss. — 4. Après κινούνται] -άντα 
add. L. — ojoi; γαρ...] Cp. Aristot. 
De Caelo, III. 1 2, p. 3oi b 17. — 5. 

oà] γαρ A. — άρ-/^. πζΓ.. AL. — ό Ηαλη; 
AL. Cp. Aristote, Métaphys., I, 3, 

p. 9S3 b. 20. — f>. οϋτω] ii-'.'i L. 
— 7. «] τε A. — Réd. de L : sOSia- 
πλαστον οέ οτ; δύνατα; δ;α-λασΟηναι ώσπίρ 
αν po-JÀrj • χαΐ γαρ τό ϋοωρ... — 9. [ϊάλτ;; 



τοΰτο...] βάλλο;; αν αυτό, τοΰτο -ρό;.αϋτό 
δ'.απλ. L, qui cm. τό jouip. — τ^ρός ξ;'ι- 
την sr||j.'; L. — 11. έ'ω; θέλεις Μ ; οίον έΟέ- 
λη; Α. — ή *?/.'1 »'Jtou L. — 12. και πίτ.ι- 
ραίίχε'νον ύπάρ-/εί κ«Ί ούκ άίδιον L. — 13. 
Ό δέ Λιογε'ντ,;...] Aristote, Aldtaphys., 
p. 984 3 0• — Τόν αέρα έδο'ξαζεν «ρ/ν/ L. 

— 14. εΰδίάπλ. εΟριοκεται L, — 15. εστίν 
κα; αυτό; κ. κ'.ν. L. — 17. έδόξαζον L. Aris- 
tote. ibid. — 18. Après δραστικόν] ;τάν- 
των add. L. — δέ] γαρ L. — 19. ΰπ 
αυτήν] έ- ' αυτών Α ; ΰο ' έαυτήν L. — 20. 
γίνεται γαρ...] γίνονται γάρ κα\ ζώντα Γωα L. 

— •1\. γαpJ δέ L, f. meL — ό Ξένο:;. Ι.. 



OLYMPIODORE. 



SUR L ART SACRE 



83 



b Κολοοώνιος " oià oè το αή είναι αυτήν γόνιαον, ούούς αυτήν 
στοι•/εΓον έοόΗασεν. Και άκριβοΰτω ό ττάσης αρετής έντος γενόαενος 
τα τήν γήν αή οοΗάζεσΟαι ύττο των φιλοσόφων στοΐ'/ειον είναι, ώ; 
αή οϋσαν γόνιαον, και ώοε ε•/ ει λόγον εις το ζητούμενον. Και γαρ 
δ Έρμης τ.ού οησιν ' « Παρθένος ή γή ευρίσκεται έν τή oùpd. τής 
παρθένου. » 

2Γ)1 Μίαν δε κινουριένων άπειρον ^ρ'/ήν -άντων των όντων 
δοξάζει ΆναΗΐ[Αένης τον αέρα. Λέγει γαρ ούτως ' « Εγγύς εστίν ό 
αήρ τοΟ άσωαάτου ' και οτι κατ ' εκροιαν τούτου γινόαεθα, ανάγκη 

10 αυτόν και άττειοον είναι και ττλούσιον όιά το [χηοέ-οτε έκλεί-ειν. 
Άναξίιχανδρος δέ το μεταξύ ελεγεν άργήν είναι ' αεταξύ δε λέγω 
τον άταόν ή τον καπνον ' ό αέν γάο άταος αεταξύ έστιν tïuooc 
και γης, και •/.y.hrj^kvi οέ ειπείν, παν τό αεταξυ θερμών και όγρών 
ατμός έστι ' τα δέ μεταξύ θερμών και ξηρών, καπνός. 

15 26] Έλθωμεν δέ επι τήν έκαστου των αρχαίων οΐκείαν δόξαν, 
και ΐάωμεν πώς έκαστος βούλεται δοξάζειν, και προς τον ίδιον σκο- 
πον αίρεσιαρ-/εΓν. Ένθεν γαρ ενΟεν ελλειψις γέγονεν \έκ/ τής 
πολύπλοκου πλάνης. Ανακεφαλαιωσώμεθα τοίνυν μερικώς και δείξο- 
μεν πώς έκ τών φιλοσόφων οί ημέτεροι φιλόσοφοι τάς άφορμάς 

20 λαβόντες συνέταξαν. Ζώσιμος τοίνυν, το στέφος τών φιλοσόφων, ή 
ώκεανόβρυτος γλώσσα, ό νέος θεηγόρος, Μελίσσω τό πλείστον άκο- 
λουθήσας κατά τήν τέ•/νην ώς και θεός είς, μίαν τήν τέ-/νην ελεγεν 



1. δε] γαρ L, f. mel. — 2. ά•/.ρ•.- 
βούτο)] ά/.ρ•'βουλος Α, avec un trait hori- 
zontal au-dessus du mot, comme si 
c'était un nom propre. — 4. είς] πρό; 
L'. — 5. ό Έρ,αη; AL. — κησίν ;:ου L. 

— 7. χινουμε'νην AL, f. mel. — 8. έοόξι'εν 
AL. Cp. Aristote, xhid., p. 984 a. — 9. 
και δτ!...] κα\ ε-ειοή κατ ' "ϊ'/.ρο'.αν L. — 
κατεκρυαν ΜΚ ; κατέκριναν Α. — 11. Ανα- 
ξίμανδρος..] Cp. Aristot. Phys., Ι, 4> ρ• 
187 3i\ Méla]phys. XI, ι, ρ. ιο6ο b. 

— λε'γω] λε'γε; AL. — 12. η] και L, f. mel. 



— των ατμών... τών χα-νών mss. Corr. 
conj. — 13. δέ om. MA. — 14. τό δέ AL, 
f. mel. — κα-νός εστίν Α. — 18. δείξωμεν 
L, f. mel. — 19. Après φιλοσόφων] μερι- 
κώς Α. — η", ήμε'τ. oîV.oBsv φ'.λο'σοφοι L. — 
20. Après συνέταξαν] grand astérisque 
dans M, et à sa marge, semblant in- 
diquer une lacune, qui est peut-être 
comblée par l'addition de L : τήν φυσική 
ημών τε'^νην. — το στε'φος] κα\ στέφανος Α. 

— 21. τα -λεΐστα καταχολουθτ|σας L. — 22. 
οΘεός εις έστ; L. f. mel. 



84 



TRAITES DEMOCRITAINS 



είναι ■ καΐ ταύτα έν αυρίοις τό-οις τ.ρος την θεοσέβειαν θεηγορει, 
καΐ αληθής Ό "koyoç . θέλων γαρ αυτήν έλευθερώσαι της τιολυ- 
if. 169 Γ.) -ληθείας των λόγων καΐ της ΰλης ά-άα-ης, έζι τον ενα Οεον 
καταφεύγειν ταραινεΓ, και φησ-'.ν ' « Οίκαοε καθέζου έ-'.γνοΟσα ενα θεόν 
5 καΐ ιχίαν τε•/νην, καΐ αή ρέυιβου ζητούσα Οεον έτερον ' Ηεος γαρ 
ήξε'. -οος σέ, ό -αντα/οΟ ων, και οΰκ έν τό-ω έλα•/_ίστω, ώς το 
δαιαόνιον. ΚαΟεζοαένη δε τω σώυ.7-'., xc/MiÇo-j και τοΓς -άΟεσ-ιν, καΐ 
οΰτως σαυτήν οιευΟυνασα, προσκαλέση -ρος έαυτήν το θεΓον, και 
όντως ή^ει προς σέ το θείον το -αντα•/οΰ ον. "(_)ταν οέ έ-ιγνως σαυ- 

10 τήν, τότε έ-ιγνώση και τον υ,όνον ί'ηω: Οεόν ' και ούτως ενερ- 
γούσα έ-ιτεΰϊη των γνησίιον και 'φυσικών, κατατττυουσα της ΰλης. » 
271 < >αοίως καΐ ο Χ ή α η ς τω II α ρ α ε ν ί ο η άκολουΟήσας 
οησίν ■ « Έν τό r:àv, οι ' ου το -αν ' τοΟτο γαρ ει αή εχ_οι το -αν, 
ουδέν τό -αν. » Και οι αέν θεολόγοι ώς -ρός τα θεία, οί οέ φυσι- 

1δ κοί, ώς -οος τήν ΰλην, και Ό υ.έν Άγα Ο ο ο α ί ij. oj ν ώς τ.ρος [τον 
ΆναΕιαένην, τον αέρα ελεγεν. Και Ά ν αξ ί υ. α ν δ ρος έ'λεγε τά 
[Αεταξύ, τουτέστιν τον •/■.oltlvov ή τον άτ[ΛΟν. Άγα Ο οό α ί α ω ν γάρ ' 
« Όλως αιθάλη έστιν, » ώς φησιν ό Ζώσιαος. Και τούτοις ι^,αλλον 
ήκολούθησαν οί -"λεϊστοι των ταύτην τήν τέχνην φιλοσοφησάντων. 

20 Και γαρ Έρυ.ής -ερί του κα-νου φησιν, ώς δήθεν -ερί της ααγνη- 
σιας λέγων " « Άφες αυτήν, οησιν, ά-έναντι της κααίνου καίεσΟαι 



1. γ.χ'. i'.'x ταϋτα L. — Οετ,γοοίΐ] 3j)a'.- 
γοΐ\ Α ; συνηγορεί L. — 2. κα'• άληΟη; 
Ιστιν ό λόγο; αΟτοΰ L. — αυτί;'/] χϋ-όν ΜΑ ; 
ή;ΑΪ; L. Corr. conj. — ά-ό τ?,; πολυ-λ. L. 

— 4. Après -af x'.vîl] Réd. de L : ο•.ό /.α• 
φησιν προς τίνα γυναΐ/.ι φ'.λο'σθ30ν οΰτως. 

— 6. ώς και τι δαιαόν.ον Α ; ώς κα\ το oatjj.. 
L ; ώς τό corrigé en ώ; τε Μ (main du 
copiste?). — 7. καΟϊζο;χΐ'νη — 9. οντιος] 
ούτως Α. — τό -αντα/οΰ cm. L. — 
ον] ων ΜΚΑ. Corr. conj. — 10. το'τ: 
και έπιγν. L. — ; μόνον οντίιΐς όντα L. — 
11. ζϊΊ των ουσικών D. — 12. Χηαης] 
Χύμη; Μ; ό Χηαη; L. — ΞςακΟλουΟησα; L. 



^13. τούτο γάρ — ουδέν τό παν.] Red.de L: 
και SI ;χή τό παν έ'•/η τό παν, ουδίν έστι τό 
παν. — 15. Après ΰλην] λαλοϋσι add. L. 
— Réd. de L : Άναξιμιένην αποβλέπων, 
πε'ρας ποιεί τόν άε'ρα. Ό δε 'Αναξίμανδρος 
ελενε τό αεταξΰ των άτιχών και των καπνών 
είναι πε'ρας. — 17. Ό ΆγαΟοδαίμων ' δε 
όλως... L, f. mel. — 18. Après Ζώσιμος] 
και άλλοι add. L, f. mel. — 19. φιλοσοοη- 
σάντων] έ;JLOιλoσo'aως παραδοντων L. — 20. 
ό Έραης L. — 21. αυτήν] αυτούς Μ. — 
Après καίεσΟαι] λευκώ πυρΊ add. Α ; λευκώ 
πυρΊ εν add. L., f. mel. 



OLYMPIODORE. 



SUR L ART SACRE 



85 



λε-ύρο'.ς φοινίκων κωβαΟίων * b γαρ καπνός των κωβαΟίων, Λίυκος 
ων, λευκαίνει τα σώαατα ' Ό γαρ κα-νος αεταςύ έστ'-ν Οεριχοΰ καΐ 
ξηροΟ ■ κάκεΓ αέν ή χίΟάλτ,, καΐ τά οι' αιθάλης -άντα ' ό οε άτα.ος 
ι^εταςΰ έττιν Οεραών καΙ υγρών. Κα-, ττ,ααίνει αίΟάλας ύγράς, οίον 

5 τά οι' άαοίκων και τά τούτοις ό'αοια. 

28] Και ίνα τό αηκος της οράσεως -αραιτηο-άαενος, τύντοαόν 
σοι -αράοοσιν -οιήσωμαι, πάντα f. 169 ν.) τά οιά των αρχαίων 
άναφανοον εϊρηαένα διαγορεύσω, ώ γέννηια,α κλυτών ΓΤιεριόων, 
^έννέα λέγω Μουσών), κεφαλή των ρητόρων ' θεάς γαρ σε προηκεν έν 

10 τούτοις, ια-άΟοις οι' εύτελοΟς γραφής [Λεγιστα πράττειν. Έπααφοτε- 
ρίζειν γάρ σε πειράται και 7:ρ6ς ιχέν Οεοσέβειαν τοΓς avco γνώριι^.ον, 
ττρος οέ καλλιεργίαν τοΓς κάτω φιλάνΟρωπον. ΙσΟι τοίνυν, ϊσΟι ώς 
προς τά κελευσθέντα ΰπο σου συντομίας '/,άριν, ώς προς τά ές άρ•/ής 
εΐρηίχένα συνάψω τον λόγον. Εί'ρηται οέ ϋαΐν, ώ αέγιστοι, ότι οιά 

15 τών τεσσάρων στοι/είων λελαλήκασιν οί άρ-/_αΓοι. Ιστέ γάρ οτι οιά 
τών τεσσάρων στοιχείων τά τήοε συνίστανται Ηηρά και υγρά, Οεραά 
και ψυ-/ρά, άρρεν καΐ θήλυ. Αύο άνωφερή, και οΰο κατcoφεpή ' και 
τά αέν άνωφερή ούο, πυρ κα'ι άήρ, τά οέ κατοοφερή ούο, γή και 
ΰοωο. Λιά γουν τών τεσσάρων τοΰτοον πασαν συνιστησαντο την 

20 γραφήν της τέ•/νης, και συνέκλεισαν υ.ετά εΰόρκων Οεσαοφοριών. 
"Ιστέ γάρ αΰτοΙ πάντα τά του καταλόγου οσα άπό του πυρός, και 
αέρος, καΐ ΰοατος, και γης συνέστηκεν. Όπως οέ ή ακρίβεια τοΟ 
παντός σκευάζηται, εϋ'ςασΟί πχρά Θεού ααθείν, φησίν ό Ζίόσιαος ' 



Ι.ο. τών /.ωδαυιων L. — 2.ϋεομών/.α; ςη,οών 
L. — 3. κακεΐιχέν κα'ι 3![i.£v Α. — πάνταό(ΐο•'ω; 
AL. — οίταό;] κα-νό; Α. — 4. Οΐρ|χοΰ /.α; 
"jypoj Α. — και σημα^'νΞ'. ok L. — oiov] ώς 
L. — 6. γ.χ: ίνα οέ L. — 9. έννε'α] ένεα Μ ; 
ένιε'α Α; Ινιαία L. Corr. conj. — ■/.ίζ.α.Χτι 
κα• ρητόρων L. — iv τούτοις] ε~ι τούτοις L. 
— 10. ;xaOT|arj οέ οι ' όύτ. γρ. L. — 11. 
Après πειρϊται] όΘ=ό; add. L. — ττ,ν Οεο- 
σέυειαν Α. — Après γνώρι;χον] βούλίταί -jï 
-οιείν add. L. — 12. ώς] κα'ι Α. — 13. 
συντοαίας] συντόμου Μ. — 14. .\pres αέγιυ- 



TOiJ -ολυ-ράγίΛΟνες add. L, 1. mel. Réd. 
de A ; ΕΊρηκεν γάρ 7;[Jiîv ό [j.iy'.'7~o;. — oià] 
F. 1. -ερΊ (oii amené sans doute par le 
voisinage de Ί'στε γάρ ότι oii...). — 15. 
Après apyaîoi] τΓ,ν τε'/ντ,ν γίνεσΟαι add. L. 
M mg. groupe de points avec renvoi 
à άρ/αιοι (indice de lacune?), "σται γάρ 
■'αται (pour Ί'στε) δτι... Α. 16. — "fi^' ] 
τοΤαοε Α. — 20. Après συνε'κλεισαν] ,αετά 
έν κοσι^ω add. Α. — έν κo■J;J^'o add. L. — 
κοσμοφοριών Α. — 23. του -αντός συνθτί[χα- 
τος L. — Α mg. : ση <μείωΐαι> . 



86 



TRAITES DEMOCRITAIXS 



oi à'vOcto-o'. γαρ oO -apy. 



Γ-'ζ-'/^,'/ν^' 



. oO 



0V0'J7l 



και 



ή ooôc οϋν εύρίσκετα'. ' crocpo'. Ιη^ί^νται, και αϊ γραφαι άόιαγνωστοι' 
καΐ πολλή υλη, καΐ -ο/.λή άαηχανία γίνετα-. ' και ει αή -ολλώ 
αό/Θω το τοιούτον ουκ έξανυέται, [^-ά/η, και βία, και -όλείΛος εσται. 
δ ΚχΙ έν τούτοις ôAr'tooiav εμβάλλει ό όοιοΟ'/ος ό οαίαων, κωλύίον ήυ.άς 
τοΟ ζητουμένου, παντα/όθεν έρ-ων, ενδοθεν και έξωθεν, -οτέ ολιγωρίας 
προσάγων, ποτέ οόβον, ποτέ ά-ροο-δοκίαν, άλλοτε και λύπαις πραγ[Λάτων 
ποτέ και ζηαίαις, ώ; και άπαλλάττεσθαι (f. 170 r.) ή[λάς. 'Αλλ' εγώ 
ποος αυτόν, ώς οέ αν και υπάργει ό δαίιχων, ουκ αν σοι παραχωρήσω . 

10 αλλ' έααενώ εως αν τελεσιουργήσας, γνώ το άποτέλεσαα ' ουκ άποκάρ,νω 
ένων τλν καοτεοίαν άντιστοατευοιχένην συν βιω άγαΟώ και à-yvciaïc έν- 
φιλοσόοοις. Τοίνυν των σοφών άναλεξάαενος τα χρήσιμα, ώς έξ 
Οπαρ•/ής έκ των αρχαίων σοι παραστήσω ' οΰ γαρ ξενοφωνείται ή 
ύαετέρα άγ-/ίνοια παρά των υ,υρίων ειδών ων καταλέγουσιν οι άρχαϊοι, 

1δ υγρών τε και στερεών. Εν τούτοις χρωμάτων όιαφόρων ωμών ετι 
αυτών όντων, και όπτών, και έν τω οπτασΟαι, χρώματα άναοεικ- 
νυόντων και τηοουαένων έν ταΓς οπτήσεσι προς το μή έναλλασσειν 
τά -/ρώματα, που μέν λαύρω πυρι, ποΟ δέ πραέω, και πολλήν παρα- 
τήρησιν είσιόντων τη τέχνη. 

20 29] ΤαΟτα δέ μοι είρηται οιά το γιγνώσκειν υμάς ότι αϊ μυρίαι 



1. Entre ν.α'^ et ^O^voSsi, M et Κ ont 
un signe, doublé, ressemblant au signe 
du vinaigre ιοξο;). MKmg. : renvoi à ce 
signe. A cette place, A donne le signe 
de Sa;;j.wv, doublé (h lire οαίίχονε; ?). Réd. 
de L : -xpaoïS. • άλληλοι; γάρ φΟονοϋη;. 
— 3. yivc-ai add. L. — 4. ΐΛο'/Οω /.ai 
πολεμώ A. — M mg. : dessin d'une fiole 
avec renvoi à ;-ia-/r,. Réd. de M : i-i»//, 
7.3c\ βία και -okiiiw. — έστα; om. Μ.•\. — 
6. T-.rj-i αίν.. -οτΞ οέ L. — 7, άπροσδοκησίαν 
AL. • — ΰΧ'/Λ-ι οέ κα\ L. — λύττας L. — 
8. -ο-Ί οέ κα'; Γτ,;χ•'ας 'ϋττ£ κα\ L. — 
Après f,;jiï;] τ^ς εγ-/ΐ!ρτ[ΐϊω; add. L. — • 
Réd. de L : 'Αλλ ' Ιγώ ιτρός αυτόν ερώ • 
ος τις αν ΰ-άρ•/οις, ώ àaiaojv (S!C). — 9. και 



ίίτζάργζ: ό, sur grattage, à l'encre rose 
M. (main du XIII<^ siècle?) — 10. έμ- 

αεινω M. — κα'; oùz ά-οκ. AL. — 11. 
συαβι'ω MA. — άγαθω add. L. — Ινφ'.λο- 
αοοο'.ς] φ'.λοσοφικαΐς L. F. 1. εαοιλοιοφο:;. 
— 12. Των σοφών τοίνυν L. — 14. ήμε- 
τε'οα Α. — 15. και Ιν τούτο•.; AL. — 
χρωμάτων] γραμμάτων Α; σωμάτων L, f. 
mel. — και οιμών L. — 16. Réd. de 
L : κα; έν τώ ότιτάσΟα; ταϋτα άναοε'.κνύουσ; 
τά -/ρώματα, την ποιότητα • εναλλάσσον- 
ται γάρ τά χρώματα δ'.ά της 7;ο;ο1σεο3ς, 
το μεν λαώρω πυρι, τω δε πράω, πολλής 
παρατηρήσεως ου'σης έν τΐ) τε'χνη. — 17. 
προς om. Α. — 18. λαύρω] II faut lire 
λ,άβρω. 



OLYMPIODORE. 



SUR L ART SACRE 



87 



ταςϊ'.ς, ας εκτίθενται οι ri.z'fyXv. otà τούτων κα!. άλλοον aupicov 
T.xzi^yyi~oii λειώσεων ή έψήσεων ή σήψεων οιαφόρων, Οερ[Λών και 
ψυ•/ρών, οροσισίΑών, αίΟριάσεων, καΐ όίΧΚω^/ αυρίων. Και τη τ.ολυ- 
ττληΟεία των λόγων καΐ ταΓς αφάτοις οΐκονοαίαις συγ•/ε?ται ο νοΟς 

5 των Ίτροσ-ελαζόντων τη τέ/νη ταύτη. ΚαΙ τούτων ά-άντων ελευ- 
θέρους ϋυ-ας κατέστησεν ό θεός ο τάντων των άγάΟων οοττ^ρ. 
30] "Ακουε τοίνυν, ο ενΟεος νους, οτι ώς τρός Λΐγυ-τίους γεγρα- 
φήκασι, καΐ ουκ έξέρ/ονται τοΟ ζητουαένου. Καί αυρία -/ρυο-οορυ-ζεία 
γεγραφή/.ασι, άλλα και ίεράτευσαν αυτά, και u.t-çy. οεοίόκασι τών 

10 ορυγμάτων και τών οιαστημάτων, άλλα και θέσεις τών ίερών της 
είσβάσεως αυτών προς τά τέσσαρα κλίματα άφορώντες, -ου μεν 
τήν άνατολήν οιαοόντες τη λευκή ουσία, την οέ ούσιν τη ξανθή " 
καί τά -/ρυσωρυνεΓα του άρσενοήτου έν τη ανατολική θύοα 
(f. 170 ν. ι, τουτέστιν έν τη εισβολή του ίεροΰ ευρίσκεις λέγοντα 

1δ '^ή'•' λευκήν οΰσίαν ' εν οε σκίθη καί έν Τερενούθι, έν τώ ιερω της 
Ισιοος, έν τή ουτική εισβολή του ίεροΟ, εύρήσεις ςανΟήν ψάμμον 



2. σηψίων om. Α. — Οίοαών τι ζα\ Ζοο- 
σ•'αων aîO•;. L. — 3. Κχ:] ο•.ό /λ: L. — 4. 
Réd. de ΛΙΑ : /.χ! τών ά-^άτοίν ο!/.ονομ'.ιυν 
συγ/εετα•.. — 5. Κα•] άλλα L, f. mel. — 
6. 6[jiï;J f,[xâ; AL. — ά-οζατ37ΤΓ,σε'/ AL, f. 
mel . — 8. v.d: ουκ έξε'ρ•/^. . .] οιό κα'; οϋ Ο'.ίξέρ/ . 
τόν ζητού[χ.;νον οανερώ; L. — τό Ι^τΊτοΰαΐ- 
νον Α. — /Λ: où [idvov ti'Jp;» L, f. mel. — 
9. άλλα γαρ •Εράτ. MA. — 10. άλλα om. 
L, f. mel. — τών îisôasïtuv αυτών A. — 
Réd. de L : τών v.-jO. και έκβάσϊΐον αυτών 
ΙπΟ'.ησαντο. — 11. άφορώντϊ;] άφοροΰντα; 
Μ ; άοιρώντο; Α. — Μ mg. : Dessin d'un 
cône incliné à droite, reproduit sur le 
mot ά^οροΰντα;. (Indication probable 
d'une autre rédaction.)— -oj μιέν — ούτ'α] 
Réd. de A : ~ou \Λί τή ά;ατολή Ο'Λμί'ο^ τήν 
λίυκτ,ν οΰσ^'αν, τή oà οιαίτη ξανθή •κα; τά / . (La 
suite comme dans M, saut'les variantes 
indiquées). Réd. de L, jusqu'à la fin du 
paragraphe : Γή \χιί γάρ άρκτοι Λτ.ί^ν.\χχ^ι 



τήν [χΓκχΊΊ'.Ί, τΐ) 8ξ ανατολή την λ;ΰκαν•ϊ'.ν. τή 
δέ μ^^r|;J.βp!ατήv ί'ωσιν, τή δέ ούσε; τήν ξάνΟιο- 
σ'.ν. ΙΙάλιν δε τή μεν ανατολή ά;τε'νε•μαν τήν 
λευκήν οϋσιαν. ήγουν τόν άργυρον, τή δέ δϋσε; 
τήν ξανΟήν, ήγουν τόν χρυσο'ν. Φησ• γαρ ό 
Έ ρ μή ί οϋτως* « Τά "/ρυσωρυ/εΐα του ν,ζΐίΐ- 
ίού\~ο•^ ht τή ανατολική Ούρα ύι\, τουτε'στιν 
εν τή εισβολή του ίεροΰ τή; "ίριδος εΰρήσε;; 
γράμματα λέγοντα τήν λευκήν σϋο:'αν • έν δέ 
δυτική εισβολή του '.ιοο^ εΰρήσε•.; τήν ξανΟήν 
ψάμμον κατ ' όρυγμα ~τ,-/ών τρ'.ών, του δ': 
:τή•/εως εις το ήμ-συ εΰρήσεις ζώνην με'/.α-.ναν. 
ή γΚωρί•/ ■ κα\ άρον σύ, καΙ οϊκονομει. Άκουε 
δέ καΐ του Άτζόλλοινο; λε'γοντο; όίτ; ή ψάμμο; 
οΐκονομείτΟϊκ, έ'ωΟεν λαμβανομε'νη. » Ί'ο δέ 
(( εωθεν » δηλοΤ οζι ~ρο τή; ανατολή; εστίν ό 
~ρό τή; λευκώσεως καιρό; τοΰ παντό; έργου 
κα\ ή καταρ/ή. — 14. εΰρίσκε•. Α. — 15. έν 
δέ σκ. και έν Τερ.] άττοσυνΟείνα'. έτε'ραν νοΰ- 
Or,v Α. — κ;. Μ mg. ώδε len lettres re- 
tournées). 



88 



TRAITÉS DÉMOCRITAINS 



αετά ορύγίΑατος τζτ^γών τριών, ποΟ οέ -ή'/εως ήα'.τυ. Εις το ήμιισυ 

των το'.ών -η•/ών εϋρήσεις ζώνην αέλαιναν ' άρα; οίκονίαει και 

άλλανοΟ νλωράν ' και έν τω άπηλιώτΥ] καΐ τω λιβυκω ορει γεγραυ.- 

μένα -/ρυσωρυ/εΓα, πάντα έν ij.'jc7Tr,pico ειρηαένα. Και [Λή -αραίράυιτ^ς- 

5 μεγάλα μυα-τήριά είσι. Παρατηρεί βτι ày.r/Jtj πεφανέρωται ττάντα. 

31] 'Εντεύθεν τήν άρ/ήν της εργασίας -οιεΓται • oii και εΐζεν 

ό'τι τη ανατολή δίδοντες τήν λευκήν οϋα-ίαν, τουτέστιν τήν άρ/ήν 

της έργαα-ίας απονέμοντες τη àpyr, της ήαέρας ήτις έ7τ1ν 'ζοΰ 

ή7αου ύ-έρ γήν ανατολή. Δηλον γαρ ό'τι ή λεύκω^ις, ώς -ρος τήν 

10 ξάνθωσιν, άρ'/ή της ό'λης εργασίας εστίν * ει και ουκ ευθύς -αρ 

αυτά άρ-/ου.ένη ήμΓν αυτή γίνεται έως αν ή /ιορίς πυρός σηψις 



γενηται. 



'Αλλ ' ίερεΓ πώς εχομεν νοεΓν λέγεσθαι παρά τήν άρ-/ήν τον τ,ρο της 
λευκώσεως καιρόν, άκουε τοίνυν τοΟ Άπόλ/.ων ος λέγοντος ' « Οίκονο- 
10 αηθεΓσα, έωΟεν λαμβανομένη. » Τό δε « έωθεν » δηλονότι προ της 
ανατολής έστιν ή προ της λευκίόσεως του ζρ^ου r.ot.'^'zoçy.oi.'OLpyri. 

Είτα τήν του παντός îpyo'j τελείωσιν (λέγω οέ τήν ξάνθωσιν' τη 
όύσει άπένειμεν, ήτις έστι πλήρωμα της όλης ημέρας ' Το δε 
« εις το ήαισυ των τειών πηνών, εϋοήσεις (Ιώνην αέλαιναν » είοη- 
20 ται ~ερΙ τών Οειωοών, τουτέστιν του μολύβοου ημών, του μετά τήν 
λεύκωσιν ευθέως οια της θερμής σήψεως και πήςεως κατασπωαένου 
σκωοιοίου, ευτελούς τώ εϊοει ' ον, ΟΛσ'ιν, έπεΟύαησαν ιοιΐν οί Αίνυπ- 
τίοον προνήται. 

32 i ΙναΙ osa ό'τι ό σκoπôc ούτο; ό τών ψάααίυν άλλτ'Όοία 

β 



1. [χετά όρύγαατος] ορυγ;χα Α. — Toj 5; 
~ΐ"/£ως ϊϊ; του; υμίσΓ; των γ'~ί'/ών .'\. — 
2. ια.ελάνΓ|ν Μ. — άρα σύ ο'.ζονο'αε; Α. — 3. 
■/.a't ταύτα iv τώ ά-ηλ. Α. — 4. — άντα] ταύτα 
Α , f. mel. -— εν τω ;rj^T. γεγραμμε'να Α. — 
δ. παραττ|ρει] -αράτό opr, Α. — 6. Μ mg : 
l'ioî (sic) en lettres retournées. — 11. 
αρ/ομεντ,ν M. — 13. αλλ ' ΐερε•] άλογω; 
Έραή; .\. F. 1. άλλ • ε! ερεΤ;... — 17. 
δέΐ F. 1. οή. — 18. τό -Xripwaa .AL. — 



iM mg. : groupe de trois demi-cercles 
avec point au centre de chacun d'eux, 
à l'encre rose; guillemets jusqu'à la 
ligne L'3 inclusivement. — τό oyi-\ τών 
τριών CTi /ών L. — 19. Après [ΐέλαιναν] f] 
yÀMpivadd. L. — 20. μολ;β5ου M, ici et 
plus loin. — τ-/υτε'ΐτ;ν -ερ'ιτιϊ αολ. L. — 
Après ήαών] fjo-jv add. L. — 21. Οερ- 
ιχοτ/^-Ιζω; AL•. — 22. Après sr.a'rv] ,αόλυβ- 
oov add. L. — 0•. τών Λ;γ. ~o. L. 



OLYMriODORE. — SUR l'aRT SACRÉ 89 

έστιν, ουχ_1 τήν (f. '171 Γ.) ψά[Λυ.ον αίνίττονται, άλλα τάς ουσίας. 
Πόθεν δε στηριζόΐΑεΟα οτι ή ανατολή τω άρρεν, απενεμήθη, ή δε 
ούσις τη θηλεία; καΐ έκ τοΟ Άδάα " ούτος γαρ πάντων ανθρώπων 
πρώτος έγένετο έκ των τεσσάρων στοιχείων. ΚαλεΓται δέ καΐ παρ- 
5 θένος y?], καΐ πυρά γη, καΐ σάρκινη γη, και γη αίματώδης. ΤαΟτα 
δε εύρήσεις έν ταις Πτολεμαίου βιβλιοθήκαις. ΤαΟτα δέ μοι lppi^r\ ' 
ώς 017. το παραστήσαι περί των ιερών, οτι ούκ άλόγως έρρέθη τοΓς 
άρχαίοις τι τών όντων. Τη δέ θηλεία ή δύσις ' Και Ζω σιμό ς έν τη 
κατ ' ένέργειαν βίβλω του λόγου * οτι αληθή σοι προσφωνώ μάρτυρα 

10 καλώ Έρμήν λέγοντα ' « "Απελθε προς Ά•/αάβ τον γεωργον, και 
μαθήση ώς δ σπείρων σΓτον σιτον γέννα. Ούτω γάρ σοι κάγώ ελεγον 
τάς ουσίας άπα τών ουσιών βάπτεσθαί φησιν ή γραφή ' το δέ βάπ- 
τεσθαι εις ουδέν άλλο διαιρείται, ει μή εις σώμα και άσώματον. Ή 
δέ τέχνη αΰτη αμφότερα δέyεται. » Τά μέν σώματα λέγει είναι τα 

15 χυτά, τά όε ασώματα, λίθους ' οϊον ανούσια λέγει τάς ψάμμους * τά 
δέ /ωρίς -πυρός, δια τήν πρώτην έργασίαν. Πελάγιός φησιν προς τον 
Παύσηρην " « θέλεις ίνα βάλωμεν αύτον εις τήν θάλασσαν πρΙν ή συλ- 
λαβή τά μίγματα; » Και φησιν ό Έρμης ' « Καλώς έφης και ακρι- 
βέστατα » ■ Ή οέ θάλασσα έστιν, ώς φησιν ό Ζώσιμος, άρρενόθηλυς. 



1. οΰ/Ι γάρ ΤΓ,ν ψ. L. — αΐν'ττεται L. 

— 2. πο'θίν] ό'θεν Α ; ετ•. οέ L. — 3. /λ: h. 
τοϊ Άοάμ — Ιγε'νετο] Réd. de L : ΚαΙ γάρ ό 
'Αοά[ΐ -άντων τών άνθρ. πρ. Ιγ. — 4. Après 
στοιχείων] addition de L : καΙ δε'δωκεν «ΰτώ 
ό Θεό; ττ,ν άνατολήν, ζαλεΐτ»'. /.. τ. λ. — 
Μ mg. : groupe de 3 points, en rose, 
répété sur καλείται. — δ. /.α'• ττυρά γη om. 
AL. F. 1. πυρρά γη. — οίματώδης γη L qui 
ajoute : τη δέ Έυα Ιδο'θη ή δύσι;. Cp. Ζο- 
sime, Instruments et fourneaux, ci-après 
III, xnx, 5. — 6. έν ταΐς^τοϋ Πτολ. AL. — 
ζαΊ ταύτα 3ε' jjlcii L. — 7. ώ; διά τό ι^ή παρ. 
Α; ώστε παρ. υριΐν L. — 8. ή τι τών οντιον Α. 

— τη δέ θ. ή δύσι; om. L. — Και Ζώσιμο; 

— λέγοντα] Réd. de L : ΚαΊ ό Ζ. Ιν τη ζατ 
Ιν. αΰτοΰ βίβλω τοΰ κατάλογου οησι'ν ■ Οϋτω; 



έ'γω σοι προσ3. και καλώ τόν Έ. άληΟη [χάρ- 
τυρα λε'γοντα. — Π. Μ mg. : περΊ σίτου. 

— ελεγον] λε'γω AL. — 12. ό'τι τά; ουσία; L. 

— 13. Μ mg. : σώματα, en lettres re- 
tournées.'sur une ligne verticale descen- 
dant jusqu'au bas de la page du ms. — 
14. άαφο'τερον A. — διαοε'/εται AL. — τά 
μέν γάρ σο5μ. L. — Ιδ. τά δέ άσοίματα — 
ψάμμου;] Réd. de L : τά δέ άσώμ. τά; ψάμ- 
μου; • ανούσια γάρ σώματα καλοϊμεν τά; ψ. 

— Μ. mg. en rose : περί λίΟ — 16. τά 
δέ] το δέ L. — Α mg. : ση. — Ό Πελ. 
δέ ο. L. — 17. Μ mg. ; •/., signe répété 
sur θεΤ-ει;. — Πάνσηριν AL. — βάλλωμεν 
AL. — 18. Και ο. ό Έρμη;] και ούτο;άπε- 
κρίνατο L, — 19. δέ] F. 1. γάρ. — άρρενο- 
Οήλεια L, f. mel. 

12 



90 



TRAITES DEMOCRITAINS 



33] Ότι οικονο[ΛηθεΓσά έστιν εωΟεν λαΐΛβανο[Λένη, έχουσα ετι τήν 
δρόσον εν εαυτή ' άνατείλας γαρ ό ήλιος άρυεται δια των άκτίνων 
αύτοΟ τήν έπικειμένην αυτή προς τροφήν ορόσην. Και ευρίσκεται, 
ώσπερ /ήρα και άνανδρος, ώς φησιν και 'Απόλλων ' το θεΓον ύδωρ, 
5 τήν έμήν δρόσον λέγω, το άέριον υοωρ. Και ιδού πόσαι [χαρτυρίαι 
6'τι ■κρ&'-.ον ùypoO τίνος οειται το αυτό σύνθεμια ' ίνα, φησίν, 
(f. 171 ν.) ή ΰλη οΟαρεΓσα άμετάτρεπτον το είδος φυλάξη. Και 
έκ τοΟ « φθαρείσα » έσήμ.ανεν οτι ypovou τίνος δεΐται εις το σήπεσ- 







αι 



σήψις γαρ ου γίνεται ποτέ ει αή όι υγροΟ τίνος. 



Ό 



10 κατάλογος των υγρών, φησιν, έπιστευΟη το μιυστήριον. 

34] Περί οέ των ψάμμων, οτι περί αυτών πάντες οί άργαΐΌι 
φροντίζουσι ' και ό'τι προς Αίγυπτον ποιούνται τον λόγον, παραθήσω 
πάλιν έξ αυτών [Λαρτυρίας χάριν της σης δυσπιστίας. 

35] Ζώσΐ[Αος τοίνυν έν τή τελευταία αποχή, ~ρος θεοσέβειαν 

15 ποιούριενος τον λόγον, φησίν " « "Ολον το τής Αιγύπτου βασίλειον, ώ 
γυναι, άπο των τριών κ. τ. λ. (f. 172 ν.) Μόνοις δε Ίουδαίοις έξον ην 
λάθρα ταύτα ποιεϊν και γράφειν, καΐ έκοιοόναι. Αιο και εύρίσκοριεν 
θεόφιλον τον Θεογένους γράψαντα δλα τα τής χωρογραφιας χρυσω- 
ρυχεία, και Μαρίας τήν καριινογραφίαν, και άλλους 'Ιουδαίους. 

20 3G] Και Συνέσιος προς Διόσκορον γράφων φησί περί τής υδράρ- 
γυρου τής ετησίας τής νεφέλης, επειδή οιδασιν αυτήν πάντες οί 
άρχαΓοι λευκήν και φευκτήν και άνυπόστατον, οεχο[χένην οέ πάν 



1. "ϋτι oly.ov. — ΤΓ,ν δρόσον] Réd. de 
L : Τό 3έ οϊκονομείαΟο) σηααι'νει τό ε'ωΟεν 
λαι^βανίσΟω και έ-/ε'τω ετι τήν δρο'σον. — 4. 
ό 'Απόλλων L. — 5. λε'γω] λε'γω δέ L. 
F. 1. λε'γω οή. • — άε'ριον] εριον Μ ; έναε'ριον 
AL. Corr. conj. — και !3ού] ιδού τοι'νυν 
L. — μαρτυρίαι είσ'ιν L. — • 6. δεΐται τό 
τοιούτον σύνθημα AL. — Ίνα, ώς φησ'ιν AL. 
— 10. Μ mg. : κατάλογος (?) en abrégé ; 
main du XV" siècle. — 12. προς τοϋ; 
Αιγυπτίους ποιούνται τους λο'γους L. — παρα- 
θήσω] παραδίοωσιν Α; παραΟτίσομαί σοι L. 



13. μαρτυρίας τινάς L. — 14. ό Ζώσιμος L. 

— άποχΐ)] πηγή Α. — 15. "Ολον τό της Αιγύπ- 
του...] Citation du traité de Zosime pu- 
blié ci-après (III, lu, i-3). Voir, au dé- 
but de ce même traité, la note relative 
aux variantes fournies par le texte 
d'Olympiodore. — 16. τριών] δύο. MA. 
■ — 20. Réd. de L : ό Συνε'σιο; προς τόν 
Λιο'σκ. γράφει περ'ιτηςτης ύορ. καινεφ. αιτίας. 

— 21. της ετησίας] αιτίας Α. — 22. οευκτήν 

— σώμα] Réd. de L : φευκτήν [κα'ι άνυπ. 



κα'ι λευκή 



κην και οζγ. παν σ(ομ.α. 



OLYMPIODORE. 



SUR L ART SACRE 



91 



σώμα χυτον καΐ εις εαυτή ν ελκουσαν, ώς και ή -είοα έοίοαζεν, καΐ 

φησίν οϋ'τως '« Έάν βούλη το ακριβές γνώ/αι κ. τ. λ 

« Και δια 'ζοϋ'το ΙΙηβίχιος τολλήν συγγένειζν ε•/ειν ελεγεν. — 
Καλώς έοίδαξας, φιλόσοφε. « 
5 3/] Τούτων -λέον τί εχ_ουι.εν άκοΟσαι; Ως ό'τι ή υδράργυρος 
φιλοτέχνου αένη υποστατική γίνεται, άνυ-οστάτου αυτής ούσης συ[α.- 
μεταβαλλοι/,ένη παντί σώαατι /υτώ; ά-ο άφυΐας δε γινορι,ένη φευκτή 
γίνεται. Οΰτως και ή ήυ,ών μαγνησία, ή το (f. 173 r.j στίμμι, ή οί 
πυρίται, ή ψάμμοι, ή ό'σα φημίζουσιν ήμΓν σώματα κατασπώμενα 
JQ νιτρελαίω ή αύτοματαρείω ή φυσητηρίω ή δ'πως αν ονομάζειν έΟέ- 
λοιεν, κατασ-ώμενα υτ.6 ευφυΐας έκτεφροΟνται. Και γαρ σώμα ϋποσ- 
τατικον, ό φημιζόμενος παρ' αΟτοίς μόλυβδος μέλας, βν έ-εΟΰμησαν 
είοέναι οί Αιγυπτίων προφήται, και οί τών δαιμόνων γρτ^σ^οΐ ιζί- 
οωκαν, σκωρίδια και τέφραι Μαρίας. Έξ 



α 07 Γ, 



ν.ψ- 



αρ αυτά ισασιν 



J5 είναι. Δια τοΰτο μέλανσις " και έν τη εργασία, άπομέλανσις, ήτοι 
λεύκωσις ' ούόεν γαρ άλλο σημαίνει ή λεύκωσις, εί μή το έκμελα- 
νίσαι κατά στέρησιν τοΟ μέλανος. Και ό'ρα άκρίβειαν, ώ σοφέ. Ώδε 
γαρ εχ_εις πάντα τον μόχθον αιχμάλωτοι» ' ώδε έχεις το απ' αιώνος 
ζητούμενον " οίδα σου το άνεξίκακον της σοφίας. 

2Q 38] Τοσαύτη κλεΐς λόγου τής εγκυκλίου τέχνης ή σύνοψις. Μή 
παραοράμης τι τών ένθάοε ' ανοίξει γάρ σοι πύλας του θεωρητικού 



1. êXxouacxv αυτό L. — τ,ΐίΧί ίοίΖαξιν L. 

— 2. Έάν βουλή ζ. τ. λ.] Citation de 
Synésius (p. 238, éd. Fabricius et ci- 
dessus, II, III, fin du § 7, §§ 8 et 9.) 
Voir, sur les variantes de cette cita- 
tion, page 61, notes de la ligne 18. — 
5. Τούτων] τούτου A ; τούτου τοίνυν L. — 
ώ; δτ;] ώ; om. A ; ή δτι L. — 6. οιλο- 
τΞ'/νουμενη Οο ' ημών AL. — ουαης] 0~αρ- 
■/ούση; AL. — Après συ|α.μ=ταβαλλθ[Αε'ν7]] 
δέ add. L. — 7. -/υτω — γίνεται om. 
L. — 8. οΰτω; — η όσα φτ,αίζουσ^ν] Réd. 
de L : ούτω 3έ zat ή ημέτερα ααγν. καΐ το 
στ. και ή ψάμμος και ό πυρίτης και οσα OT/I-i. 

— 10. αύτοματαρείω] «ύτω τω βοταρίο) AL, 



f. mel. — εΟόΟ,η; L. — και έγ/.ατασπ. L. 

— 11. τό σώμα τό ύ;:οστατικόν L. — 13. 
ώς και οι τών δαιμ. L. — 14. τε'φρας • /.αι 
ή Μαρι'α γαρ ές άρχ^ής Α. — έξαρ-/_ης Μ 
partout. — Réd. de L : ... τε'^ροας ■ και ή 
Μαρία 3ε ίς άρ"/_ης αυτόν οίδε τόν μο'λυβδον. 

— 15. ^τοι λεύ/.ίοσις γίνεται L. — 16. ουδέν 

— λεύζωσις om. Α J ουδέν — με'λχνο; om. 
L. — 18. αί/μάλωτον mss. Corr. conj. 

— ά::ό τών αιώνων L. — 20. Réd. de L: 
Τοσ. Ιστιν ή κλείς του λο'γου καΊ•τη; εγκ. τ. 

— Και μτ) AL. — 21. r.OLÇ^aàoi^r^;^ ;:αράβϊί; 
(παραβείς?) Α. — ΑρΓέβπύλας] ;vTijfj£vadd. 
L. — Réd. de L ; τοϋ Οεωρ. κ. ττρακτ. «ύτή 
η τε'χνη • κα'ι μαΟηστ) ό'τι τά σζωρ. 



92 



TRAITES DEMOCRITAINS 



και πρακτικοΟ, γνους δ'τι τα σκωρίδιά είσιν τα ό'λον μ,υστήριον " δλοι 
γαρ εις αυτά κρέ[Λανται καΐ ά-οβλέπουσι ' καΐ τα [χυρία αίνίγια,ατα 
εις αυτά ανατρέχει ' και αί βίβλοι αί τοσαΟται αυτά αίνίττονται ' 
λεύκωσιν γαρ και ξάνθωσιν ύποτίθενται. Δυο γάρ είσιν άκρα /ρώ- 
5 ματα, λευκον και μέλαν " και το μεν λευκον διακριτικόν έστιν, το 
δε μέλαν συνεκτικόν. Και τοΟτο Ζώσιμος αίνιττόμενός φησιν • «Τήν 
κόρην τοΟ οφθαλμού τιαραφέρει και τήν ιριν τήν ούρανίαν ». Και ούκ 
αισθάνονται οί ανόητοι τί έστιν το διακριτικον και συνεκτικόν. Το 
μεν γαρ συνεκτικόν και συνεχόμενον εις αύτο πυκνόν έστιν κατα- 

10 κομιζόμενον ύπο των ιδίων σωμάτων. Κατακομίζεται γαρ ύπο της 
ύγρας ουσίας καΟελκομένη ή φύσις του μολύβδου, ώς φησιν Ό ενθεος 
Ζώσιμος, -πίσ-^ς αληθείας έστήρι-(£. 173 ν.) κται γνώσεως θεοΰ ' και 
τον άόρατον κόσμον μηκέτι έν εαυτή επιδεικνύουσα, τουτέστιν ή ψυχ_ή 
άλλως έν άλλω σώματι του àpjupou επιδεικνύει, έν τω άρ••^'ύρω το 

15 πυρροΟν αίμα, τουτέστιν τον χρυσόν. 

39] ^Ω άφθόνως έχων φίλε μοι, στήσον ώς έν παρατάςει τον σον 
λόγον, άμυντηρίοις χ_ρώμενος ^τής σης καλοκαγαθίας ' το πραον και 
άνεξίκακον προς το ράθυμοντής πολυφλοίσβου σπουόης, ού τήν σπου- 
δήν λοιδορών μή γένοιτο, άλλα το ράθυμον της σπουδής. Τοίνυν το 

20 διακριτικόν έστιν το λευκον ' το γαρ λευκον χραίμα ού λέγεται κυρίως' 



1. γνούς] μάΟτ,ς 3έ Α. — εστί Μ. — 
μυσ-πίριον] Voir III, ιν ^"", Appendice ι. 

— 2. όλοι] -άντε; L. — Μ mg. : σή. 

— 3. αυτά] αΰτώ Α. F. 1. οΰτό. — 4. Α 
mg. : une main. — 7. παραφέρε;] περιφέ- 
ρει L, qui ajoute ί] μάλλον ειπείν τα τρία 
γρώματα τοΰ όϊθαλμοϋ. (Glose marginale 
insérée dans le texte ?) — Τήν ούρανίαν] 
του οΰρανοΟ AL. — 8. άνον,τοι] F. 1. αμύη- 
τοι. Ut infra (p. 93 1. 3). — 9. αυτό] lautzô 
L. — καταχομιζόμενον et 1. 10, κατακομίζε- 
ται] καταχυμ. M. — Réd. de L : έστιν, όπερ 
κατακομίζεται ύττό των ιδ. σωμάτων. Κατα- 
ζοιμιζεται. γαρ η φύσι; τ. μολύβδου υ. τ. υ. 
ουσίας καΟοΙ; -ώησίν... — 11. ώ; φησ'ιν ό. 



ενΟεο; Ζώσιμο; en petites onciales M. — 
ώ; φ. και ό ϊ. Ζώσ. Α. — 12. στηρίζω régit 
d'ordinaire le datif et non le génitif; 
f. 1. <έ-•> πάση; άλ. έστ. κ. γν. — 13. 
όρατον AL. — Μ mg. : ση , de première 
main. — Réd. de A : ... κο'σμον έν 

έαυτώ μηκε'τ: επιδεικνύουσα. — Réd. de 
L : κοσμον έν ε. οΰζ ετι επιδεικνύει, τουτ. ή 
ψυ/ή αύτοΰ, άλλ ' oj;. . . — 14. έπιοείκνυσιν L. 

— έπ'ι τοΰ αργ. AL. — 15. πυρροϋν] ττυρόν 
Α; πυρρόν L. — τουτ. τοΰ yfj^oj AL. 

— 16. ώ ά-ίθ. — έστι τό λευκον cm. L. — 
17. Après άμυντηρίοι;] -/ροίμασιν add. Α. 

— 20. Après κυρίως] χρώμα add. L. 



OLYMPIODORE. 



SUR L ART SACRE 



93 



T.y.v γαρ -/ρώΐΛα δέχεται καΐ διακρίνει " το γαρ μέλαν ypiTjay. ίσ-ι 
κυρίως, καΙ τοΟ ιχέλανος ττολλαΐ οιαφορχί. ΚαΙ τζερί χρωμάτων δια- 
λεγόαενοι, συ^-χείται ό νους των άμυήτων " άλλ' ήαεΓς μή υ.ετα?ώυ.εν 
των λογισμών. Μέλανα γαρ οΓοασιν οί àpyaîOi τον μόλυίδον. Εστί 
5 οέ ό μόλυίόος ΰγρας ουσίας ' καΐ βλέπε άκρίβειαν δια το λέγειν 
ήμας ανωτέρω ττερί της καθελκομένης ψυ/^ης ύ-ό της ΰγρας ουσίας. 
Τω βάρει γαρ καταδύεται και έφέλκεται εις έαυτήν πάντα. Και 
ωίιΐ έχεις πάντα τα φημιζόμενα μυστήρια. 

40] Και δέον πρώτον παραθέσθαι μαρτυρίας ολίγας, και πάλιν εις 

10 το ήμέτερον έπανιέναι. Ή Μαρία τοίνυν έξ άρχης μέλανα μόλυβδον 
υποτίθεται, καί φησιν " « Έάν Ό μόλυβδος ημών μέλας γένηται, ιδού 
γεγένηται " ό γαρ μόλυβδος ό κοινός έξ άρ-/ης μέλας εστίν ». Ούκουν 
ού περί μολύβοου κοινού λέγει, άλλα τοΟ γινομένου. Και «πώς γίνεται; 
φησιν ή Μαρία. 'Εάν μή τά σώματα άσωματώσης και τά ασώματα 

15 σωματώσης, και ποίησης τά δύο εν, ουδέν τών προσδοκώμενων εσται. » 
Και άλλαχοΰ ' « Έάν μή τά πάντα τω πυρί έκλεπτυνΟή, και ή 
αιθάλη πνευματωθεΓσα βαστα-/Οή, ουδέν εις πέρας ά•/θήσεται. » Και 
άλλαχοΟ * α Ό yαλκoμόλυ-(f. 174 Γ.) βδος ετήσιος λίθος.» 'Εξίσου τα 
πάντα όμορρευστήσαντα χρύσοπτα πάντα ποιεί " δυνάμει τά ωμά 

20 όπτά ποιεί", τά όπτά διπλοί ' ει δε κα» λευκάναι εΰροις ή ξανθώσαι. 
ούκέτι ουνάμει, άλλα και ενεργεία. « Έγώ δε λέγω αυτόν, φησιν ή 
Μαρία, χαλκόν μόλυβδον είναι δια οικονομίας οντά. » Ή ούν οικονο- 
μία τών σκωριδίων, ή διδαχή έστιν αυτή. Έτήσιον ή λιθοφρύγιον 



1. AprèsSiaxpivEi] έν Ιαυτώ add. L. — 
Réd. de L : Τό δέ (mel.) ιχΛαν y p. |j.dvov ΙστΙ 
y.up. y^ui'^x, /.il r.oXXxi είαιν α'ί Ο'.αφ. τοΰ 
[jleT.. puis addition : πηγή γάρ h~i πάντων 
τΰν άλλων -/ρωμάτων το αε).«ν ypûfia • 3to 
•/.α; πόρΐ y ρ. θ'.αλ=γοαένων ημών... — 4. μή 
om. AL. — 7. £■; Ιαυ-όν Α. — 10. ή om. 

Μ. — 13. μολ;'β3ου mss. — άλλα -ερι ■uO'j 
γιν. AL. — 14. Au-dessus de σώματα] 
-ως Μ (main du XV° siècle. — Après 
σοΐματα] πώς 3έ γένοιτ ' «ν ; add. L. (Glose 



insérée dans le texte). — za• τά ασώματα 
σωμ. om. M A. — 15. Au-dessus de 5ύο] 
-Mi M (XV^ siècle). — 18. M mg. : ώοε, 
en lettres retournées. — λίθος έστ:ν L. 

— χα• έξ ι'σου L. — 19. πάντα om. L. — 
20. εΰροις] βουλήστ) L. — Après ξανΟώσαι] 
εΟρήσ£•.ς add. L. — 22. τόν μολυβοον yαλ/.όv 
MKL ; signes du cuivre et du plomb 
A. Corr. conj. — 23. τών Sjo σ/.ωρ. AL. 

— xa\ ή διδ. L. — λιθοφρύγιον ' όξυνε 03 και 
πρ. L. — δξει και Α. 



94 



TRAITES DEMOCRITAINS 



δξυνε ■ τροκατάβατττε, γλιάνας, λείου καΐ ε^ε. ΚαΙ Δηαόκριτος ' 
« Άπο στίμ[/.εως καΐ λιθάργυρου κατάτ-α αόλυβόον.» ΚαΙ -αρεγγυάται, 
oùy ά-λώς λέγων, ίνα ρ-ή τΐλανηθης, άλλα [λέλαν. τω ήαών. Και 
Άγαθοοαίμων οια [Λολύβοου του ή[Λών ποιείται τάς ίώτεις, και σκευ- 
5 άζει μιέλανα ζωμον άπο [Λολύβδου λειών και έξ υδάτων δια το ψαφα- 
ρωθηναι τον χρυσόν. 

41] 'Ιδού δλως σκευάζουσιν αέλανα μόλυβδον ' ως γαρ ειπον, ό 
κοινός [Λολυβδος έΗ άρ/ης [Λέλας εεττίν ' ό δε ήαέτερος γίνεται ριέλας, 
[χή οντος αύτου τοιούτου. Ή πεΓρα διδάσκαλος, πάλιν τε αληθείς 

10 άποοείξεις και πιθανάς συνάδειν τω προκεΐ[λένω, και εις το πρότερον 
ήαέτερον έπανιέναι πειρώααί. Ού " " 
χρυσός, μή γένοιτο, αλλ' ή εργασία εστίν. Ού 
δίκαιον τους αρχαίους " « το μεν γαρ γράμμα άποκτείνει, το όε πνεύμα 
ζωοποιεΓ. » ΤοΟτο συνάδει και πασι τοΓς λεγομένοις ύπο των αρχαίων 

15 των εις ταύτα ήσχολημένων, το ΰπο τοΟ Κυρίου είρημένον τοΓς 
έρωτήσασιν αύτον μή λογιζομένων. Ει και τήν κεκρυμμένην τέχνην 
της χυμείας επίσταται, οησιν τιρος αυτούς ό'τι « πώς μεταβολήν νυν 
δρω ; πώς το ύδωρ και το πΟρ, έχθρα και εναντία άλλήλοις και 
<^προς τήν^ άντιπαράθεσιν πεφυκότα εις το αύτο συνηλθον ομονοίας 

20 και φιλίας χ^άριν » και τά ^f . 174 ν.) έξης. Ώ παραδόξου κρά- 
σεως ! πόθεν ήτις ή τών έχθρων ί-κροσ^ογ.τ,'ζος φιλία ; 

42] Πάλιν οί χρησμοί του 'Απόλλωνος συνηγοροΟσι * ταφήν 
γαρ, Ώσίρεως ύποτίθενται. Ή δε ταφή του Ώσίρεως τί έστιν ; 



γαρ, ως φησιν, ο ασ'/;μος γίνεται 



γαρ εκφαυλιζειν 



1. και -/λ'.άνα; L. — λείοί Μ ; συλλείου 
L. — 6 Δη[ΐ.ο/.ρ. AL. — 2. κατά παντός 
χοτασπαν τόν μολ. L. — /.α\ -αρεγγ.] κα; 
om. AL. — 3. λέγω AL. — 4. Άγαθ. δ= 
L. — σκευάζεται AL. — 5. Après μολύβ- 
δου] -οιών κα• add. L. — έξυδατεΤν Α ; έξυ- 
δατών L, f. mel. — 7. Ιδου -άντε; σκ. Α; 
ιδού δε δλω; πάντες σκ. L. — 8. κοινέ; μεν 
μόλ. L. — 9. αύτου] αύτω L. — Après 
τοιούτου] τινός πρότερον add. L. — και ή 
ηεΐρα διδ. Α ; ή π. δέ διδ. εστα: L. — πάλιν 



δε και L. — 11. και ήμε'τερον L. — ώ; ο. ό 
άργυρο; ήγουν ό αα. L. — 12. ο /ρυσό; L. 
— 13. Μ mg. •/. τό μΓ/ σώμα, avec ren- 
voi à γράμμα. — τό μέν γάρ σώμα, γράμμα 

Α. Cp. Paul, II, Corinthiens, III, 6. — 

14. τοϋτο δέ L. — 16. μή λογιζ.] και μή 
λογιζόμενοι; L. — 17. /.ιμεία; Μ. F. 1. 
-/ημειας. — φησ'ιν — οιλία (ligne 2ΐ) cm. 
L. — 22. πάλιν] ετι δε και L. — 23. 
Όσίριδο; L 2 fois. Όσιρι;, ιδο;, est la 
forme usuelle. — όποτίθ. είναι L. 



OLYMPIODORE. SUR l'aRT SACRÉ g5 

Νεκρςς έστ'.ν κηρίαις κατισγηαένος, το -ρόσω-ον [jlovov γυμνον έχων. 
Καί οησιν έραηνεύων ό -/ρησ[ΛΟς τον Ωσιριν • « "Ωσιοίς έττιν ή 
ταφή έσοιγαένη, κρύπτουσα πάντα τά Ώσίριοος μι.έλη, ρ,όνον -ρό- 
σωπον έιχοαίνουσα τοΓς βρότοις, τα δέ σώαατα κρύψασα έθάυιβησεν 
5 ή ουσις " αύτος γαρ αρχή ύγρδίς ουσίας 7:ά(7ης, κάτο/ος ύτ:άρ-/ων 
ταΓς του -υρος σοαίραις. Αύτος τοίνυν συνέσοιγξεν [χολύβοου το 
-αν. » ΚαΙ τα έξης. 

43] Και άλλος χρησμός αύτοΟ ούτως φησίν ' α ΧρυσόλιΟον λάβε, 
δν καλοΰσιν άρρενα τον χρυσοκόλλης και môpy. συμττεφυρμένον. Στα- 

10 γόσιν γαρ αύτου τίκτει το χρυσίον Αίθιοπίοος γης. Ένθα μυρμήκων 
γένος χρυσόν τε έκοέρει, και ανάγει, και τέρπεται. Καί θες σύν αύτώ 
γυναίκα άτίΛίδος έως έκστραφή ' ΰοωρ δε θείον πικρόν • ει δέ έστυυ.- 
μένον, ή και ίώνται κύττριον και Αιγύπτιας '/ρυσοβοστρύνου 
χυλόν ■ χρίε πέταλα της οαεσφόρου θέας και -/.υ-ρίοος -κυρρο^ς τε. 

ΐδ Και χώνευε γ^ρυσον άγκαλοΰμενος. Πάλιν Πετάσιος Ό ^ιλόσοοος 
περί της καταρχής τοΟ έργου συνάδει τοις εϊρηαένοις περί του μολύβ- 
δου τοΟ ημών, και οησιν ' « Ή τοΟ πυρός σφαίρα κατέχεται και 
σφίγγεται δια της μολύβδου. Και αύτος εαυτόν έοαηνεύων οτσίν ' 
« Τουτέστιν άπατου ερχομένου άπο τοΟ άοοενικοΟ ΰδωο. » Έστι δε 

20 'ΤΟ άρρενικον όπερ εΐπεν σφαιραν του πυρός. Τοσαύτης δε δαιμονιο- 
πληξίας και άναιδείας τον μόλυβδον <^εΤναι^ εΙπεν ό'τι οί θέλοντες 
μαθείν f. Ι7θΓ.) μανίαν περιπίπτουσι δια τήν άγνοιαν. 



1, y.Tfp. δεοεμενος κα: κατε^γηαε'νο; L. 

— 2. Α mg. : une main. — 3. Réd. de 
L. πάντα τά του Όσ. μ., καΐ μ. τό — ροϊ. 

— 4. Ιθαύμασεν AL. — 5. αυτό;] αύτη; 
Α ; αυτή L. — έστ;ν άρ/ή πάσης υγ. 0J5;'aç 
L. — ΰ-άρ-/ουσα L. — 6. αυτό;] αϋτη L. 

— κάτο-/ο;] F. 1. εγκάτο/ος. — τοί μολύβ- 
δου L. — 8.' λάβε] λαβών ΜΑ. • — Α 
mg. : guillemets jusqu'à χώνευε χρυσόν 
άγκ. (1. 1 5). — 10. τόν χρυσόν τη; Αΐθ. 
.'VL. — Μ. mg. : grosse étoile. — 11. 
έκφε'ρε•. τε χρυσόν L. — θε; σϋν ούτω] τιΟητι 
έν αύτω L. — 12. Ιω; av.L. — ύδωρ οέ 



θεΤον jusqu'à άγκαλοΰμενο; (1. ι5)| Réd. 
de L : ΰδωρ δέ θ. τοΰτο κα• πικαον εστί, 
κα\ ειδο; έστυμμ-νον, κα\ ιόν κύπρίον και 
αΐγΰπτ'.ον χρυσοβο'στρυ/ον, κα'ι χυλόν χο- 
λοΰσ; • κα'ι αΰν τούτω χρίε τά πε'τ. της ο. θ. 
της κυπρ. κα'• χϋίνευε χρ. άγαλλόμενος. — 
15. αγκαλούμενο;] άγαλώμενο; Α. — ■ πάλιν 
δε κα\ ο Πετ. L. — 16. τά αυτά συνάδει L. 
— 18. δίά τη; μολύβδου εργασία; L, f. mel. 
— 19. τοΰ άρσενικοίΐ ϋδατο; L. — 21. 
τοΰ μολύβδου L. — δτ! οι θε'λοντε; — περι- 
πίπτουσ;] Réd. de L : ώστε του; θε'λον- 
τας μαΟείν εΐ; μανίαν περιπίπτειν. 



96 



TRAITES DEMOCRITAINS 



44] Ίοού έξ ■ άργ-7]ζ είρημιένον περί των στοΓ/_είων, καΐ ένταΟΟα 
δηι/.η'^Όοείται. Τον γαρ [Λολυβόον εί-ον ώον το έκ των τετσάρων 
σωαάτων, ώς τ.ού φησιν ό Ζώσιυ,ος. Το θέ παν τω υ-ολύΕοω κατα- 
λήγει ■ οίον γαρ είδος καταλέγουσιν, το όλον αίνίττονται * τα οέ τέσ- 
5 σάρα εν, φησΙν ή Μαρία. Έάν γαρ ψάαμους άκούσγις, τα είδη νόει ' 
εάν δε είδη ακούσης, τάς ψάμίμους νόει. Τα γαρ τέσσαρα σώ[Λατα ή 
τετρασωρ-ία εστίν ' περί ης τετρασωμίας φησΙν όΖώσιαος" « Είτα 
ούτως ή τάλαινα-έν σώυι.ατι τετραστοίχω πεσοΟσα ή καΐ πεοηΟεισα, 
ευθέως καΐ γρώ[Λασιν υποπίπτει οίς βοΰλεται ό τη τέχνη πεοήσας 

]0 ή Λευκον, ή ξανΟον, ή [Λέλαν αυτήν, ή ρ,έλανι ή λευκώ, ή ξανΟω. 
Είτα ύποδεΗαμένη τα -/ρώ[Αατα και κατ ' bXrpv ήβώσα έως γήρους 
έρχεται και τελευτα έν τω τετραστοίχω σώματι, τουτέστιν χαλκω, 
σιδήρω, κασσιτέρω και μολύβόω, και συντελευτα εν τη ιωσει, τού- 
τοις ώς φθειρομένη, και μάλιστα τότε μή ουναμένη φεύγειν " άτε 

J5 δή συμπλακεϊσα αύτοΓς, και μή δυναμένη φεύγειν. Πάλιν μετ ' αυτών 
άντεπιστρέφει, συνδεδεμένον ε"/ουσα τον οιώκοντα και εί;ωθεν ύπο 
bpjivoi» κυκλικού. » Το δε op-^civov το κυκλικον τί έστιν ; ή το πυρ 
και σφαιροειδοΰς της φιάλης άνεξόδευτον έχει της φυγής το αίτιον, 
ώσπερ έν νόσω του προτέρου αίματος φθαρέντος, και έν τη άναλή- 

20 ψε'. νέον αίμα γεννήσασα επιδεικνύει έν τω άργύρφ το πυρράν αΐμα, 
τουτέστιν χρυσόν. 

4S] Ιδού πάσαι μαρτυρίαι κατά το δυνατόν <^άντί^ των πολλών 
ομιλιών έκκόψας ώς δια τον χάρτην, ούχ δτι σπανιοΟμεν του 



1. 'Ιδού έξ ά.] τοίνυν τό έξ αρχής L. — 2. 
των om. L. — 3. ώσπερ οησ'ιν ό Ζώσιμο; 
AL. — Réd. de L : τό 3è παν τοΰ μολύβδου 
χρο'νω -/.«ταλτίγε•.. — 5. Α mg. ! guillemets 
jusqu'à οΤς βούλεται (1. g). — ψάμμον AL. — 
6. τοίϊς ψάμμους Α. — 8. και έπιδωΟεϊσα Α; 
Ιπιοεθείσα L. — 9. ότι τε'/^νη Α. — Réd. de 
L : πεδι{σας αυτήν ή με'λανι, ή λευχω, η ξανΟω. 
— 12. Réd. de L : τουτέστιν τοΰ -/αλκοΰ 
κ. τοΰ σίδηρου, κα\ τοΰ κασσιτε'ρου, και του 
μολύβδου, zoc'i συντελευτί... — 14. όίτε δή — 



οεύγειν om. L. — Ιδ. χαΐ πάλιν L. — 17. 
Réd. de L : ή τό πΰρ; τό δέ έν ττ) osaipo- 
ειδεί οιάλη ον άνεξο'δευτον ϊγΟΊ... — 19. και 
έν τ») άναληψει L. — • 20. Après γεννήσασα] 
F. Suppl. ή o-jmç,. ■ — • γέννησαν L. ■ — 21. 
τον )(ρυσο'ν L. — 22. 'Ιδού τοινυν L. — 
πίσαι α'ι μαρτ. AL. — 23. Réd. de L : 
ομιλιών σο"ι 'ε'στωσαν αλις. Κατέλιπον δέ και 
ίίλλα πολλά oi/ ό'τι σπανιζόμεΟα yaç,-:o\> • 
αλλ ' ί'να μή σοι φορτικοί δόξωμεν • πόσβς 
γάρ... 



OLYMPIODORE. 



SUR L ART SACRE 



97 



/,αρτου : ~οΐο: γαρ -/ν-ζ-,τ^ζ ουνήτητχ-. τα; ττ,λικαΰτχς ουνάαει; των 
έγκωΐΛΪων της τέχνης; Τοτοΰτον οέ jxoi ίΤ. 17ο ν.) χάρτην έτοίμασον 
GTOÇ και -ηλίκος έ^τίν ό οΟρανος, Γνα κά'ν τι αόριον ουνήσωααι 
έντάςαι οτον κατά τήν ενσωαον ΰλην. Του γαρ τελείου και άοοήτου 
5 νου ΰυ.οίωι^.ά έστιν. Διό γυανάζεσΟαι οοείλοαεν, κατά τον ΟεΓον 
Λημόκριτον ' (άοοαοίωσίς εστίν.) « Διό γυανάίεσΟαι όοείλοαεν και 
συνετον και όξύν εχειν τον νουν ». Και ό Ζώσιαός φησιν ' « Ει αέν 
γυαναζόαενος έ-έτυχες, εογε; των γυμνασίων τον κάρ,ατον ■ ή γαρ 

"^7Τ0' ?η«^'•'Λ '■'^^'-ί Zpfi^-'•' "''•='-'• γίνεται. 

10 46] Και ό'ρα ό'τι -άντα εΰσ-ύνοζτά σοι καΟέστηκεν, άναλεΗάαενος 
ά-ΐ των έΗ άρ'/_η? είρηαένων, άναλογίαν -οιούαενος των -αρατεΟέν- 
των σοι -άντων. Το γαρ εΐρηκέναι αυτούς περί υγρών ουσιών και 
ςηρών -λάνην -οιεΓ τοΓς έντυγ-/άνουσιν. Το γαρ ύγρον οιττώς νοείται ' 
το μεν γαρ κυρίως ύγρόν έστιν, ώς το ύοωρ * τα οέ πάλιν ύγρον καλεΐ- 

15 ται παρά τοΓς τεχνίταις το τραυλον των λίθων. Και δύο εναντία κατά 
ένος έκφέρεσΟαι άμήχανον. Και ώδε έστιν το αληθές είρηαένον ύπο 
Πετασίου του οιλοσόοου ' « Τοσαύτης οαιαονοπλτ,Ηίας και αΰθαδείας 
τον μόλυβόον οντά οησιν ό'τι οί Οέλοντες ααΟειν αανίας πεοιπίπτουσιν, 
άλλ' ου νοι. 'Αγαθέ, μοί λάμψον τοΓς έσκοτισμένοις ;ρώς. "Ομως 

20 or /ήσεται παν ψεΟοος. Οίοασι γάρ οί οντες της άοθονίας άρ-/ηγοι πάντα 
άληΟη ■ άλλα συγγνώμης ':ΰχω ' δυνατόν γάρ το έμον αμάρτημα δι' 
υμών κατορθοΰσθαι, και γενέσθαι πάλιν κάλυμμα οίς οΰ θέαις. 



1. Μ mg. : grosse étoile (signe de la- 
cune?). — 2. Réd. deL: Τοίοϋτον -/άρτ.τή; 
■zi/'t. -ιο•ΧλΖιΧί\ ού5έ γάρ ε"-3ρ k'/otiii αν δσο; 
εστ'ν ό ουρ. εν τι uopiov ουναίατ,ν άν την Cita; 
ταύτης τε'•/_νη; Ιντάξα; τούτω ό'σον κατά τήν ένσω- 
[ΐον ϋλην. Τω γάρ τελείω και λο^τ^ζμ νω ojjioia 
έστιν αϋτη τ; τε'/ντ). — 6. άφοα. έστ;ν] om. L 

(Glose marginale, insérée dans le texte 
de MA?) — Aie γJ[iv. 09. om. L. — 7. ώ; 
κα\ ό ZiU5. L. — 8. 55/ cç] ε/ ε;; L. — f; γάρ 
τε/νη] κα\ τε'/νη, οησίν A; κα': γάρ^τ) τε'/νη, 
οησιν L. — 10. ό'τι] ώς L ; om. Α. — 
σο! om. L. — καΟε'στηκεν — τιάντων 1. 14)] 
Réd. de L : ό'Οεν κάγώ άναλεςάαενος |τά 



εκλεκτά λτιο των ες αρχ^ης ειρηιχενων, και αναλο- 
γίαν ~ο:ούαενο; των ;ταρατεΟε'ντων σοι "άντων, 
κατά S'jva|jiiv και -ροαίρεσιν εςε'θηκα. — 12. 
-ερΊ] -αρά Α.. — 13. -οιεί] έα-οιεΤ L. — 15. 
Και τά δυο δ; εναντία... L. — 16. έ^ζφε'ρεσΟαι 
AL. — 17. Τοσαύτης — άλλ ' ού νοί (1. Ι g)] 
Réd. de Ι^ : Φησ"; γάρ τοιαύτης γε'μοντα δαι- 
[iovo -ληξίας και ακαθαρσίας και αύΟ. τ. μολ., 
ώστε τοί^ς Οε'λοντας [χαΟ. εις αανι'αν — ερ:-., αλλ ' 
ούκ ε'.ς νουν. — 19. ΆγαΟέ — οώς en oncia- 
les M;om.L. — 20. Οίοασι — δυνατόν] Réd. 
de L : Οίοασι γ. οί οιλο'σο^οι είναι της ά^θ. 
apy . κατά πάντα άληθη • άλλα συγγν. αν τύ/οιμι 
-άντως άληθοΰ; ■ δυν. γάρ έστιν κ. τ. λ. 

13 



■98 



TRAITES DEMOCRITAINS 



47] Τα γαρ [Λολυβοω τα δύο εναντία άνατίθητιν, έ-εΐ υγρός έστιν 
καΐ ξηρός κατά τήν αίσθησιν. ΚαΙ τα τρία îyti έν έαυτω " εο-τιν γαρ 
λευκός καΐ ξανθός καΐ ιχέλας (f. 176 Γ.) άλλα καΐ υγρός. 'Ιδού τέσσαρα γί- 
νονται και χρώματα 'Z0\j ξανθοΟ οιάφορα. Ε-/ει και δύο οικονομίας. 
5 Και δικαίως έν αύτω άνατίθησι τήν τέχνην, και ψεΟοος αύτω tcot- 
κυροΟσιν το ύ~οκριτικον, το φαινόαενον, ώς αλήθεια, τουτέστιν το αυτό 
αστέρι. Και δια τήν τοιαύτην αΰτου ούσιν οί — λεΓσ-τοι των άρ'/αίων 
εις αύτον άνατιθέασιν τήν τέχνην, ώς φησιν Ό Ζώ σι la ο ς ' « Τό δε 
ταν τω jJLoλύβδω καταλήγει. )> Και ά\\α.γοΟ " « Ό δε μόλυβδος 

10 έστιν ημών ή μαγνησία, ύγροΟ αύτου ονζος κατά τήν φύσιν. » 
Άλλα και τό σκωρίοιον αύτοΟ εοικεν αύτω τω σκωριόίω τω έκφε- 
ρομένω δια της -/ωνείας της χρυσάμμου. Δια τοΟτο και μάλιστα 
εις αύτον άνατιθέασιν τήν 'ziyyriv. 

48] ΔεΓ ούν τό σώμα του σκωριόίου τό τζάσι τοΓς θεωμένοις ά'—οιον 

15 και ευτελές και καταφρονούμενον εις αυτό — ροσκυρώσαι τα είρημένα 
εγκώμια και σύν τΛσι τοΓς άρχαίοις δοξάσαι, και αύτω τό κλέος άνα- 
πέμ-ειν, και 'ζοχίτο τεγνιτεύειν. « Και Γνα μή ύζό της απειρίας δει- 
λανΟής, οησιν Ό Ζώσιμος, οτε ΐ'οης — άντα GT.ofJO-j γενόμενα, τότε 
νόει ό'τι καλώς έχει, και εύρήσεις τό ζητούμε- (f. 176ν.]νον. » 

20 Και ημείς μεν αδύνατοι οντες Τΐέρας έπιθήναι τω λόγω δια τήν 
ά'φατον εύκλειαν των εγκωμίων της τέχνης, δ λόγος εαυτόν σεμνύ- 
νας έαυτω τέρας έ-έθηκεν " και οΐγ.ον αίνίττεται φιλοσόφων ψυχών, 



1. γαρ] δε L, f. mel. — άνατ;Όηΐΐν ό 
Πετάσιο;ί. — 3. λευχός — με'λβ; | [χεΤ-α; 
και λευκό; καΐ ξανθό; L. — άλλα — οιά^ορα 
om. L. — 5. Και 3ιχα:'ω; — τε'/ντ,ν] F. 1. 
Κα"ι δικ. αύτω άνατιθε'ασιν τ. τε^νην. — ψε3- 
ΐο;] F. 1. ψεϋδώ;. — αύτω] αϋτη Α ; αΰτ^ 
L. — 6. ώ; αλήθεια] -jj άληΟεία L. — τό 
αυτό άττε'ρι] τό έν τω άε'ρι L. — 8. ε!; αυτόν 
τόν μολυδοον άνατιθε'ασι L. — Τό οέ παν] 
Nuv't 2ε τό τΛί L. — 11. Réd. de AL : 
εοικεν ττ) χ^ωνεία έκφερο,αε'νω τ^; /pu30'iajj.[jLO-j 
(l'iota souscrit en moins dans A). — 13. 
τήν τε/νην add. L. — 14. A mg. (h l'encre 



rouge) :un cercle avec une longue barre 
horizontale sur le côté de gauche. — 
τοϊ; θεω;-!..] τοΐ; -ο\ίτο Οεωιι. L. — 15. Après 
καταφρονοϋιχενον] Add. de L : ει; αυτό 
ύπάρ-/ον ζητεΐν άκριβώ; κα'ι. — 16. συ;χπάσι 
Μ. — 17. τεχνητεύειν mss. (τε/^ν>ίτη; est 
connu). — οειλανθί,;] βλαοΟ^ L. • — ■ 18. 
οησι γάρ ό Ζώσ. L. — πάντα] τά πάντα L. 
— "Οτε ίοη; f. Ι. ότι <έάν> ιοτ;:. On trou- 
vera cette citation de Zosime dans le 
morceau III, xlvi. 2, depuis έάν γάρ 
Vorj;, jusqu'à la fin du même §2, avec 
les variantes du passage supprimé ici. 



OLYMPIODORE. SUR L ART SACRE 



99 



καί φησιν • « Οίκος ήν σ;ραιροειόής ή ώοειοής ταΓς αυσμιαΓς βλέ-ων 
εις ας εί^εν τήν εισοοον, κοχλιοειοής 0-άρ•/ων " εύρήσεις οέ αύτοΟ 
τήν όιαγραφήν έν τώ [Ανη(Λθνευθέντι σοι λόγω. 

49] Πάλιν άναοέρουσι τήν τέχνην εις ή7αον και σελήν•Γ;ν. ΚαΙ 6 αέν 
δ ήλιος της ανατολής άρ/ει, ή οέ σελήνη της όύσεως. Και -ι6ανάς 
αποδείξεις άναφέρουσιν -ΰερι τούτων, οτι -ερι ψά[χΐΛου τι λελαλή- 
κασιν, τάς ουσίας αίνιττό[Αενοι. Ταριχευοντες οε τα θειώδη τινές, 
'ζοΟ φαρμιουθι [Αηνος έλθόντος, εκαστον των εΐόών βάλλοντες εις 
λινοΟν στερεον και -υκνον ράκος, ζεννύουσι τη Οαλάσση τα είδη, 

10 ά-οβάλλοντες το ζέμ-ο. τε-οιηαένον, και -άλιν έώντες έν τη θαλασσή 
βρέχεσθαι, ουκ άφ ' εαυτών ουδέ 'ζοΰτο τεκμιηράμενοι, άλλ ' ά- 
έκείνων ών φησιν Έριχής εις •7:ολλούς τόπους, δτι « Ζέσον εις ράκος 
λινοΟν στερεόν. » Αΰτος [Λέν βοτάνην εί'ρηκεν ζεννύσθαι, και οικαίως ' 
« Αύξησιν γαρ λαυι.βάνει ' » ή γαρ αύξησις οΰκ έστιν ααταία ' εις γαρ 

15 τροφήν και σπεραάτωσιν αΰξάνουσιν. Και [χέανηνται πολλοί των 
αρχαίων των ζέσεων " καΐ Μαρία καΐ Αηαόκριτος οτι κ Πλο- 
νον και πλΟνον έως φύγη ή αελανία του στίαυιεως ' και ταύτην τήν 
πλυσιν λεύκωσιν αίνίττονται, ώς και ανωτέρω εϊρηται. 

30] Πάλιν περί της ξανθής ουσίας φροντίζοντες κατάλογον 

20 ξανθών ειδών ποιούνται ' καί οησιν ' « Δυο είσΐ λευκώσεις, ώς και 
δυο ςανθώσεις, και δύο συνθέαατα, ^-fipo-/ και ΰγρόν, τουτέστιν έν τώ 
καταλόγω του ξαν-(Γ. 177 ν.) θοΰ βοτάνας καί [λέταλλα, και ζωμούς 
δύο, ένα έν τώ ξανθώ, καί ένα έν τώ λευκώ ' καί έν αέν τω ςανθω 
ζωιχώ, τα δια τών ξανθών βοτάνων, οίον κρόκου καί i/.'J'jz'io'j , και 



1. οασιν Μ. — Réd. de L : θ!/.ος ήν σα., 
βλέπων ~ρος ουσιχά;, -ρό; S; k'yji τά; ε'.σο- 
οους. — 4. Πάλιν 3έ άναο. L. — 6. Τούτου 
Α. — 7. Réd. de L: τ*ρΐ"/. δε'τ.νεςτοΰοαοα. 
[1. Ι. ήγουν "οϋ άπριλίου έχαστον. — 8. Μ 
mg. : aapijLouOt i-f••''» (main du XV" siècle). 
— ε'.ς λευ/,όν κα'ι λινοϊν ■/«! ΐτερεόν L. — 12. 
ών] tô; AL. — 6 Έραής L. — 5x'.] λε'γε; 
γάρ αυτό; L. — 13. καΙ αυτός δικαίω; L. — 
15. <ΐ:τερ[ΐά-ωσιν] σπερμ-ατιάσα: Μ ; σ-ερμα- 



τ'ώσ'.ν Α. — αυςάνουσ'.ν] λαμβάνετα*. κα\ αΰ- 
ξανομιε'νη Α ; λα|αβάνεσΟα'. αύξανοριενη L. — 
Kal μεριν. πολλοί] Λ'.ό /.α'; ~. μεμν. L. — 
16. η Μαρία 7.α\ ό Δημ. L. — δτ;] λε'γουσ•. 
γάρ L. — 17. εως αν AL. — στ'μμεος L. — 
19. Και -άλίν -ερί της λευζης καΐ ξανθής AL. 

— 20. ζαί φησ'.ν • δύο] Λ'.ό "/.. οησ'.ν ■ ούο 
τοίνυν L. — 21. ξηρόν τε και υγ. L. — 22. 
τοϊ ξα'^Οοϋ] τώ ξανθόν Α. F. 1. τών ξανθών. 

— βοτάνας] εύρητε:; ,ίοτ. L, f. mel. 



lOO 



TRAITES DEMOCRITAINS 



των όαοίων ' και έν τώ λευκώ πάλιν α-υνΟέαα-:'., καΐ εν ρ.έν τω ζηρώ 
πάντα τα λευκά, οίον γη κρητική, κιΐΛωλία, και οσα τοιαΟτα. ΚαΙ 
πάλιν έν τω ϋγρω του λευκού, οτα λευκά ΰοατα, οίον ζύΟον και 
νυ/.οΰς και οπούς βοτάνων ' Και ταύτα πάντα περί γρω(Λάτων αίνιτ- 
5 τόαενοι, ποιούνται την οροντίοα. Αΰτοι οέ, ώς συνετοί, κρίνατε, προ- 
γεγυ[ΛνασΐΛένοι έν τούτοις. Ήαεις μεν γάρ πάντων τούτων καταφρο- 
νήσαντες, κατά τον Δη^λόκριτον ' « Ίσιχεν γάρ της ΰλης την 
διαφοράν, και έπι τά χρησΐ[Λώτατα χωρουια,εν. » Και δρα πώς έν τη 
κατ' ένέργειαν βίβλω, τω δευτέρω λόγω, τί φησιν περί της λευκώσεως 

10 της λευκής ' « Δύο είσιν λευκώσεις, ώς και δύο ξανθώσεις ' [λία οιά 
λειώσεως, και ετέρα δια έψήσεως. Ή οϋν διά λειώσεως γίνεται ' ου 
γάρ απλώς συλλειοΰται, άλλ' έν οίόαατι ίερατικώ " έκ όέ του 
δώαατος εκείνου του ίεροΟ ov/.yj, έο' ϊσα τά [^έρη, πανταχόθεν λίμιναι 
καΐ κήποι παρακείσΟωσαν ' ίνα ια.ή ο X^f^^M^oc, πνέων και κόνιν έκ 

15 του σύνεγγυς έπισύρηται κατά της Ουείας. » 'Ιδού τον τόπον της 
λειώσεως είπεν αυστικώς. « Και αύτοι, ώς συνετοί, κρίνατε το [/.έσον 
τοΰ δώαατος. » Και το « λίαναι κάΙ κήποι, » τί έστιν. 

δ1] Έρμης τοίνυν αικρον κόσμον υποτίθεται τον ά'νθρωπον, 
λέγων οτι ό'σα εχ_ει ό μέγας κόσμος, έχει και ό άνθρωπος. Έχει ό 

20 μέγας κόσμος ζώα -/ερσαία και ενυόρα ' έχει καί ο άνθρωπος 
ψύλλους και φθείρας, και [ένυδρα] έλμιγγας. "Εχ__ει ό μέγας κόσμος 
ποταμούς, πηγάς, θάλασσας ' έχει ό άνθρωπος τά εντε-(Γ. 177 ν.) 
ρα. Έχει ό μέγας κόσμος τά αέρια ζώα ' έ•/ει και ό άνθρωπος 



1. /Λ', έν τώ] έν δέ χώ AL, 1. mel. — ■ 
2. γην κρητικήν, •/.'.[^ωλίαν L. — 5. έν τούτο'.ς 
(avec Α)πθ!θϊ3νται τ. op.L. — ι5./.αταΏρονοΰν- 
τη; AL. — 9. Réd. de L : έν τω οευτ. λόγω -'. 
α. ό Z(oo'.[j.o;. — 10. η [ϋ'α δ. λ. /.. ή έτερα L. 
11. ούν] oi L. — γίνϊτα; ημίν -ρώτη L. — 
13. τουίεροϋοικουοπη. L. (Glose marginale 
insérée dans le texte de M ?i. — • έφ ' "σα 

τά [ΛΕρη] έχ'ίύσα τ. |jl. Α ; έζφύσα φΤ|σ\ τά 
μίρη L. — -αντα^οΟεν] κα\ παντ. ε'.ζοτω; 
L. — 14. -αρεστηκε'.σαν Α; -ζρίν.ίνκα.'. L. 



— και κο'ν.ν] και om. L. — 15. κατά τ. θ. 
om. L. — 17. α! ).i|xva'. L. — 18. Ό SI 
Έρμης L, qui om. τοίνυν. — 19. Έ/ει 
ό [χε'γας κόσ[χο; ζ. y. και εν.] Réd. de A: 
"Εχει ό κ. (Λεγάλα (avec Α) ζ. /. κα; εν. ό κ. 
μεγάλα (avec Α) κα\ μ'.κρά ζ. ■/ . καΐ εν. — Voir 
la réd. suivie de L (jusqu'à la fin du para- 
graphe), un peu plus loin (Appendice ii|. 

— 21 . και οΟείρας, κα\ έτερα έλμίγκα; Α. — 22. 
τάεντερα] xaom.AL. — Après έντερα] ολε'βα; 
κα\ έξεορας add. AL. — 23. άε'ρια] άγρια Α. 



OLYMPIODORE. 



SUR L ART SACRE 



ΙΟΙ 



τού; κώνωττχ;. Έ/ει ό αέγα; κόταος -νεύαατα άναοιοόυ-ίνα, οίον 
άνέαους ' έχει καΐ ό άνΟρωττος τάς οϋτα;, οίον τωοε. Ey/t ό αέγας 
κόσίΛος ήλιον και σελήνην ' Γ/ει καΐ Ό άνΟρω-ος τους ούο οοΟαλ- 
αους, καΐ τον jjièv δεξιον οφΟαλαον τω ήλίω άνατιΟέασι, τον οέ άρια•- 
5 τερον τη σελήνη. Έ/ε', ό αέγας κίσαος ο^•ί] και βουνούς ' και ό 
άνΟρωττος τα οστέα. Ε^ει ό αέγχς κόο-αος τον οΰρανόν ' ε/ ε', και ό 
άνΟοωτϊος τήν κεοαλήν. Ένει ό ούοανος τα οώοεκα ζωοια ά-ό κριοΟ 
την κεφαλήν εως !-/Ονων τους -ίοας. Και τοΟτό έστι το φηο-ΐζό- 
αενον Trac ' αύτoΓc τό κοσαικον αίμηαα ο και εν τη βίβλω της άρετης 

10 μέανηται ο Ζώσΐ[Αος. ΤοΟτό έστιν καΐ ή γη του κόσμου. 

52] Και μήν άνθρω-ον εχομεν λειώσαι και έπιβαλεΓν ; φησίν ό φιλό- 
σοφος ~ρος τον Ζώσιιχον. Ό δε φησιν ' « Έτεκμηράμην ώς εκ τοΟ κοσ- 
μικού, τοΰτο ώον είναι. » Πάλιν εν τη πυραμίοι Ό Ερμής το ώόν αίνιτ- 
τόμενος, κυρίως ούσίαν και χρυσοκόλλης και σελήνης έλεγεν το ώόν. 

15 Και γαρ το ώον -ροκαλεΓται τον y zuiôxoaov κόσμον ' οί\(^ρω-ον γαρ 
Οσιν τον άλεκτουόνα ό Έου-η; καταραθέντα ϋττο του ηλίου. 



είναι 



φΓ^ 



ΤαΟτα λέγει έν τη άρ•/αϊκή βίβλω. Έν αΰτ.ώ δε μέμνηται και τ:ερι τοΰ 

άστ:άλακος, οτι και αυτός άνΟρωζος ήν " και εγένετο Οεοκαταρατος, 

ώς έξειπών τα του ηλίου μυστήρια. Και έτιοίησεν αυτόν τυφλόν. Α- 

20 μέλει και εάν φΟάση Οεωρηθήναι ύττό του ηλίου, οΰ οέχεται αυτόν ή γη 



1 . Après κώνωπα;] μυία; (,αΰγας Α) κα; τα 
εξτ,ς add. AL. — 2. Après άνε'ίχους] βρόν- 
τα; κα': άστρα~ά; add. AL. — φύσας] ουσείς 
Μ. Corrigé d"après L. — τωοί] ασθενείας 
κα; κινδύνου; AL. — 3. Après κόσαο;] τού; 
ούο οωσττίρας add. AL. — 6. όττε'α κα\ 
χρε'ας AL. — Après οΰρανόν] και του; 
άστε'ρα; add. AL. — 7. Après κεφαλήν] 
και τά ώτα add. AL. — έ/ε; καΐ ουρανό; 
— κα• τοΰτο] même rédaction dans Α. 
que dans L (voir l'Appendice ii), puis 
A continue ainsi : κρ'.όν συναρμομε'να (lire 
συνηρ[ΐοσ[ΐΕνα ?) ί~\ (lire ά-ό ?) τοϋ σώ|^ατο; 
αΰτοΰ εως χάτω των ποδών τους ίχθϋα;. — 
3. δ] ου L. tnel. — 10. τοϊτο έστιν jus- 
qu'à συμφωνοϋσίν (ρ. suiv., 1. 8) om. L. 



— 11. μήν] μή Μ, avec second accent 
grave à l'encre rose, sans doute pour 
corriger ή en ήν ; ,αή AK. — έπ'.δαλεΐν] έπι- 
βάλα! ΜΚ; επιβάλλον 5ησ\ν Α. Corr. conj. 
13. πυραΐΑΐδ;] κυριανίδτ; Α; κυραν^'δ•. Κ. — 

τό ώόν] ώόν gratté Μ ; espace blanc Κ ; 
τόσον Α. — 14. Τό ώόν. ΚαΊ γάρ τό ώόν 
προκαλείτα;] τό (ώόν gratté). Κα'ί γ. τό ζωόν 
πρ. Μ; το'σον τό ζώον πρό; καλή (1. προσκα- 
λεί ?) Α. — 15. τό ώόν] τό ζώον ΜΚ; το'σον 
Α. Corr. conj. [M. Β.). — -/ρυοόκομον 
κο'σμον] κόσαον précédé du signe de l'or 
M.4.; /ρυσόκομον L. Corr. conj. [M. B.) 

— 16. ήλ;ου] ou -/ρυσοϋ. C'est le même 
signe {M. B.). — 17. l•/ αϋτώ] ίνταΟθα Α. 



102 



TRAITES DEMOCRITAINS 



εωςέσ-έρας. Λέγει ό'τι « ώς καΐ γιγνώσκων τήν [^.οργην τοΟ ηλίου ό-οία 
ήν. » ΚαΙ έξώρισεν αυτόν εν τ?) [Λελαίν/] y/j, ώς 7:αρανο[Λήσαντα, καΐ 
έξειπόντα το [Λυστήριον τοΓς άνΟρώττοις. 

53] Όμοίως το συναγόαενον έκ τούτων συντομίας χάριν ' ειω^ν/ώσ- 
5 κίον ώς ποος τάς γονάς γένος υπάρξει και τω εΐ'οει [Λονον θια->Γ. 178 Γ.) 
φέρον κατά των πτηνών δια το πρόχειρον, και ύπο εαυτού φρουρού- 
αενόν έί7τιν, καν τε των γ /■χμ.ζρπών ζωών, καν τετραπόδων, καν όιενη- 
νό/ασιν αλλήλων προς είδος, άλλα τ^ δυνάι^ει συ[Λ.ΐρωνοΰσιν. Ό δε 
άνθρωπος ώς τιαιώτερος πάντων των άλογων ζωών, τοΟτο φερουσιν έπι 

10 ρήΐ-'-ης πάλιν, Συνεσίου προς Διόσκορον ^[ρ'ί':^ον-ος. Φησίν ' « Προ- 
τετί[Ληται ό άνθρωπος πάντων τών ζώων των έπι της γης. » Το γάρ 
κυρίως της δλης τέχνης, φησΙν 'Ωρος κ λαΟραίως είληφέναι το του 
άρρενος σπέp[Jια, άλλα πάντα άρρενόθηλυ ύπάρχειν, » ώς πού φησιν ή 
Μαρία' « Ζεύξατε άρρενα και θήλειαν, και εύρήσεται το ζητού[Λενον 

15 /ωρις γάρ ταύτης της οίκονοιχίας της συζυγίας, ουδέν δύναται κατορ- 
θωθηναι " ή γάρ φύσις τη φύσει τέρπεται ». Και τά έξης. 

54] Ό δέ Δη[ΛΟκριτος εκ τούτων λαβών <(άφοραάς)> συνεγράψατο 
βιβλία τέσσαρα τω της a'^opit.-riç ονόμιατι. Και Μαρία" « χΥαβών πέτα- 
λον το μιήνης... » Και άλλαχοΟ ' « Το πέταλον της κηροτακίδος... » 

20 κηροτακίδα καλήσασα τήν θάλψιν τήν δια πετάλου. Και γάρ το πέτα- 
λον ράκος έκ βοτάνης έστιν εΊργασρ.ένον... » Και άλλαχοΟ ή αυτή' 



1. ηλίου οποία] ποιίας précédé du signe 
de l'or et du soleil A. Le copiste a 
voulu écrire /ρσοποίίας. — 2. μελαίντ) 
γτί] μελανί δή γη Μ; [ΐ-ίλανιδηγη Α; μύ^Λ- 
viSr) γη Κ. Corr. conj. — -t. ειω γινώσ- 
κων] εσο γιν. Μ ; ε'ΐο ίπ'ι γινώσκον Α. F. 1. 
επιγίνωσκε. — 5. Οίαοε'ρει Α, f. mel. — 
ύπ ' αυτοΰ Α. — 6. κατά] F. 1. καν τε. — 
7. καν τε] καΐ Α. — καν] και Α. — 8 . Ό 
3έ άνθρωπος — προτετίριηται] Réd. de L : 
Διό καΐ ό Συνε'σιος προς Διυσκ. διαλεγο'με- 
νός φησιν • Ό όίνΟρ. προτ. — 9. τί;χί'ότερον 
π. τ. κτηνών ζ. Α. — 10. [Αντίρ,η ■ πάλιν... 
Α. — Après αησ'ιν ; point rouge Α. — 
Cp. Synésius, ci-dessus II, πι, η, p. 



64, Ι. 12. — 11. Τό γάρ — άλλϊ om. 
L. — 12. Όρο; ΜΑ. — 13. πάντα τά 
άρρενοΟτίλυα ύπάρ-/ουσιν Α ; παντά οέ άρ- 
ρενοΟήλεα ΰπάρ•/ουσιν L. — 14. Ζ. γ. ο. 
όίρρ. και Οηλεα L. — θιίλειαν] θήλυ Α. — 
εΟρησετε L. f. mel. — M. mg. : groupe 
de points. — 15. οικονομικής συζ L, f. 
mel. — 16. τη φύσει] τήν ούσιν AL. — 
18. ή Μαρία AL. — τέρπει L. — 19. τό 
[Αί,νης {sic) Μ ; τό μύνης Α ; τό μήνης Κ. 
— Και άλλα/ où] και πάλιν ή αυτή L — 
20. κηρ. οέ καλεί L. — πετάλων AL — Και 
γάρ τό πε'ταλον] Réd. de L : πε'τ. oi έστι 
κα'ι βοτάριον ε'ιργασμε'νον • και άλλα/οϊ! πάλιν 
ή αυτή • μή ΟεΤ-ε κ. τ. λ. (ρ. suiv., 1. 3). 



OLYMPIODORE. SUR L ART SACRE 



io3 



« τώ αύτώ μ.ωτα.ρίω της ξανθής σοί^/οιχρά/τ^. ']οοί και Οηλυκον ονο[Λα 
σανοαρά/η ■ τα γαρ αωτάρια, ώς ιττε,έκ ράκους εϊτίν, και έν τη <τ-/γ^ί\ 
τf,ς άρσενοειόοΟς ύποκάτω τοΟ ζωδίου Μαρίας έστΙν τàoJoε■ «Συν καΐ 
-ασι ypr^ixaT',. » ΚαΙ c/.Woî/oO ' «Πύρινον οάραακον... » Και άλλανοΟ 
5 οησίν ή Μαρία ' « Μή θέλε ψαύειν yv.poîv " ουκ ει γένους Άβρα- 
[Αίαίου ■ και ει ρ.ή ει έκ τοΟ γένους ήια.ών... » Και δρα οτι ειδική έστιν ή 
τέχ_νη (f. 178 \.] και οΰ κοινή, ώς τίνες δοκοΟσιν, και τ.ρος είδότας ή 
λαβόντας λελαλήκασιν. Άλλα σύ, κάλλιστε υιέ, τα δοκοΰντα γρτισιμοι. 
άναλέγου, παραινούμιενος παρά τοΰ φιλοσόφου ώς " « Νοή(Λοσι λέγ(.ο, 

10 γυμνάζων υμών τάς φρένας εις το τίσι όεΓ κε^ρήσΟαι «. Και ει έν τού- 
τοις ΰπήρχον ασκούμενοι οί νέοι, ουκ αν έδυστύχουν κρίσει έ-ι τάς 
πράξεις ορμώντες. Και ' α Γίνεσθε παΐάες ιατρών, ίνα νοήτε τάς φύσεις, 
όπηνίκα αύτο ύγιεινον φάρμακον κατασκευάσαι βουλόμενοι, ζοΰζο ουκ 
άκρίτω ορμή πράττειν έπιχειρουσιν ». ΚαΙ τα έξης. 

15 5θ] Βλέπε ούν πώς έρρέΟη οτι ή τέyvη ειδική έστιν, και οΰ κοινή. 
Άκούετε τοίνυν, άφρονες, τί φησιν "Ωρος Ό -/ρυσωρυ/ίτης ~ρος Κρο- 
νάμμονα περί της μερικής τέχνης τε και των ειδών. « Μικρόν λογύ- 
δριον παρενθήσω της άληθίνης φύσεως τήν έρμηνείαν ποιησάμενος, 
τοσούτον παρ ' ήμΓν μνημονευθεισών τάξεων, και μηδαμοΰ της άλη- 

20 θείας της δια ψάμμων καΐ λίθων εκδοθείστ^ς ' άλήΟειαν είπον της δια 
ψάμμων ' τών γαρ τάςεων μηοαμώς εις πέρας ά'/θεισών. Τίς γαρ ούκ 
οίδεν δτιπερ και γ^ρυσος και όίρ-'^'υροζ και χαλκός και σί^τ^ρος καΐ 
μόλυβδος και κασσίτερος και γαΓ και λίθοι και μέταλλα έκ της γης 
εισιν και χρήσιμα τυγχάνουσι ; ΚαΙ έκ τούτων τήν συγγραφήν έποιή- 

25 σαντο, ποιήσαντες και ζωμούς έκ βοτάνων χυλών και οπών, δένδρων 



1. μωταριω] βοταρίω Α, f. mel. — 2. σχν- 
δαρι/η; Α, f. mel. — 3. άρΐί'/οιΛο^;] F.l. 
άρσενοτίτου. Cp. le paragraphe jg. — -4. 
-ύρινον] F. 1. r.-jzi'.oy (M. B.). — 5. /;•.- 
poîv] "/.îpoTv M ; χερσ'ιν AL. Corr. conj. — 
Réd. de L : Où γαρ l•/. γένου; ε• άβρα- 
μ,ιαίου -και γαρ εί,υ-η Ι/, τ. γ. ηριών η (lire 
ει), οΰ δύνασαί ψαΐσαι, οτι μερική έστιν 



αϋτη ή τε'/νη, χα• ού κο'.νή. Puis omission 
des mots ώ; -iv:; 3ο/.οϋσίν jusqu'à κα\ τών 
εϊίών (1. IJ). — 11. κρι'σε•.] αδιακρίτως 
Α. F. 1. διακρίτως. — 16. ο^ο; ΜΚ; ό ερο;. 
Corr. conj. — 17. Avant μικρόν] 'Εγώ δέ 
add. L. — 18. Après ποίΓ,σάμενο;]. Voir 
ci-après, Appendice m, la rédaction de 
L jusqu'à la fin du texte d'Olympiodore. 



I04 



TRAITES DEMOCRITAINS 



και καοΰών και ςύλων ςηρών καΐ υγρών " έκ τούτων ζωι^.ούς κατασ- 
τήσαντες, συνεστήσαντο τήν "Α'/ντρ έκ ταύτης της [Λίας, ώς εν οέν- 
δοον εις ρ^ρίους κλάοους οιελέντες, μυρίας τάξεις έποιήσαντο. Έ•/εις 
ουν ώίε ολη ουνάαει το όλον (f. 179 Γ.) τοΰ έργου ' -/αλκομόλυβδος, 
5 έτήΐ7ΐος λίθος έΗίσου ό[Λορρευστήσαντα χρύσο-τα ττάντα -ο'.εΓ. Το οέ 
«όαορρευστήσαντα» ουδέν άλλο σηυιαίνει, ή τοό[Λου καΐ κατ' αΰτον όευ- 
σαντα, δηλονότι οια τοΟ -υρίς. 



Η. IV Β.^ _ OLYMPIODORE. — APPENDICES. 

APPENDICE Ι 

10 § 38. — (Voir p. 92. 1 

Nous croyons devoir donner ici une page écrite en tète du i "" folio du ms. 
M, d'une main du XV"^ siècle et dans un dialecte presque barbare, texte dont 
nous tentons la restitution. Cette page est suivie par des termes magiques, 
puis par la formule de l'Ecrevisse, avec interprétation; enfin par les mots 
15 bxÎîv h-.•, τα λεγί'λενα !7•/.ωρ''δ'.ά s'.7'.v -3 ïXsv [;.υΐτήρ'.:ν. — Les variantes intro- 
duites dans ce texte sont toutes des corrections conjecturales. 

Λαβών την άπουιένουσαν Ηηράν και ΐΑελανουιχένην τρυγέαν, λεύκανον 
ούτως... Έστω σοί τινι τϊροκατετκευασίΛενον το οι 'άο-βέσ-του ΰ<ιΜ^, ήτοι 
θΐοίζε~α.^ί).ίνην οια σποοου αλαβάστρινου ώσει σαπουναρική στακτή. 
20 'Επίβαλε τήν τε έν τούτω και -λΟνον αυτά καλώς εως ου ^αελάνωσις 
τώ υδατι γένηται ' καΐ ήΟου ' κατάγγιζε το ύδωρ ά- 'αυτού. 'Έ':ζρον 
έ-ίβαλον και, ει βούλει, -ροκαταχώσας ήαέρας τινάς, ήΟου το άγ- 
γείον ■ πλΟνον ομοίως κατά την προδηλωΟεΓσαν τάξιν. Είτα καταγγίσας 



3. δι•λο'ν-ε;] οιη/.ωντα; (λων écrit de 1'''= [ όαορ. om. Α. — τ.ο'.ζχ] F. 1. πο'ζ:. — 6. 

main au-dessus de κων M; otrj/.wvxa; Κ; Îj το] ήτοι Α. F. 1. η τί. — — 18. Après 

διάζειντα! Α. Corr. conj. Dans le passage ' οϋτω;, espace blanc dans le ms. — • 'Έστ(ο 

correspondant (Appendice m), La Sirj/.ov. | σο'.τ''ν'.]£στοσίτ;νη ms. — 19. στά/.τη ms. — 

— 4. όιχορευστ. mss. ici et 1. suiv. — M 21. ζατάγγυζ'ε ms. — 22. ε•, βούλε•.] ή βου« 

mg. : groupe de points. — 5. -/ρύσο-τχ j ms. — 23. κατ£γ•ρσα; ms. 



OI.YMPIODORE. — APPENDICES 



I05 



αΰΟ'.ς, τα ιχελανίζον γαρ υοωρ έ-Ι το άλλο αέρος συνε-ίβαλε. Είτα 
χώσας τοσαύτας τ^ιι,ίρχς, ήΟοΟ τος άνΓγεί?), καΐ -λΰνον. ΚαΙ τούτο -οιών 
αναλίσκεται ή αελάνωσις οι ' επιφανείας, κχΐ λευκόχροος γίνεται, ϊά 
όέ -ροσ(χελανισθέντα υοατα έ'αβαλε εν σκευει τινι ύελίνω, καΐ ζεοιζη- 
5 λώσχς, ξηράνας κατά/οοσονήαέραςτινάς. Καΐώς ιόν γενόαενον, άνιγε (?) 
οι ' οργάνου [/.ασθωτου * και λευκον πάλιν γίνεται. ΤαΟτα οϋ'τως ποοσ- 
λευκάνας καΟά -ρολέλεκται, ξήρανον και βάλε έν ίγοίω ' επίβαλε αϋ- 
τοΓς έκ τον προητη αασαένον (?) λευκον ύδωρ ' κατ ' ολίγον [ολίγον] επί- 
βαλε και τρίβε, ά'χρις αν καλώς προπλυΟή και κτήσηται ^έν^ καιρώ 

10 συστασιν τε και ιχοργί^ν. Και ξηράνας τοΟτο, βάλε έν βικίω ύελίνω, και 
άσφαλισάαενος, κατά/ωσον ήυιέρας τινάς, τουτέστι ά-/ρις ο'ϋ τέορα οιηΟη- 
θεΓσα άραιωΟεΓσα και προς ίκανήν ελΟη λευκωσιν " οιαλειοΓ, και άοαι- 
οΟται ■ και τεΟείτα επάνω τινός οΗους, καΐ προσδε•/όυ.ενος τάς δριμείας 
αύτοΰ άταίοας, παραλειοΟται, δηλαδή λευκον γίνεται δίκην ψιυ,υΟίου 

15 το άπο υ.ο\6ζζου γινόυι.ενον. Αυνατον γαρ οΰ'τως γενέσθαι και άσβεστος • 
τεθέντα δηλαδή τον ήί^έτερον λίΟον επάνω τοΟ οξους δρΐ[Λέον άταον, 
αολυβΰινον πέταλον. Ει όέ ξανθον ταύτα κατασκευάσαι βούλιον αέτα (?) 
ίκανώς πλυΟήναι και ξηρανΟήναι [και ξηρανθήναι] ξανθοίς σεσ-/;υιυιένοις 
ΰόασιν ποτισΟήναι και πλυθήναι,και πλασΟήναι αυτά λευκον, και αετέ- 

20 πειτα ξηρανΟήναι, και καλώς θήναι ' και έπληρώΟη σύν θεώ /ρίσις 
'Ιουστινιανού. 

APPENDICE II 

§ 5ι (après le mot ïrjoçx). Réduction de L. (Voir p. loo, 1. 19.) 

"Ε-/ει και Ό άνθρωπος ψύλλους κ. φθ., -/ερσαΐα, και έλαινθας, 

25 ενυόρα. "Εχει ο αέγας κόσαος ποτ., πηγ., Οαλ. " έ^ει κ. ο ixvf)p. 

έντερα, φλέβας, εξέδρας. Έχει ό α. κ. αέρια ζ. ' έ•/ει κ. ό άνΟρ. 



1. ίπιτό άλλον f'5!cy μέρος ojv επίβαλε ms. 
— 2. ήΟοϋ το; άνίγε] F. 1. ήΟοϋ τό ά-^γείον 
(ut supra). — 5. ανιγε] F. 1. άναγε. — 7. 
ajTOÎ; Ι/, ιόν 7:ρθΓ,•:7;ιχασαενον] F. 1. αϋτ^; ε/.τον 
(se. με'ρος) προκατεσζευασμε'νον. — 9. ζΐτίσετα; 
xaipousi; ταστ,ντα ms. — 11. α/ ρις οϋ τετζα 
διαΟϊ'.σα ms. — 12. άρα-.ωΟείσα] άρεοΟ•'σαν 



ms. F. 1. άρακοθί) τε. — 14. 7:«ραλε:ο0ται] 
;:αραλίετε ms. — 15. γινομε'νου ms. — 17. ν. 
οι] 5] δέ ms. — ^ούΧιο•/ με'τα] F. 1. βουλοί- 
[ΐεθα. — 21. Ίουστίανοί ms. — 24. κ. sO-] 
Nous abrégeons la plupart des mots 
existant dans le texte d'Olympiodore 
publie' ci-dessus. 

14 



I06 TRAITÉS DÉMOCRITAINS 

"/.ών., αυίας, καΐ τα έξης. Ε-/ει ό α. κ. ζνεύακτα άναο., οίον αν. 
βροντά;, άστρα-άς " εχε-, κ. ό άνΟρ. τάς φύίτας, καΐ τάς -πορδάς, 
καΐ τάς ασθενείας, και τους κινούνους, καΐ τα έζης. Ε•/ει ό u.. κ. 
τους δύο φωστήρας, τον ήλιον κ. τ. σελ. ' εχε'. καΐ ό ά'νΟρ. τους 
5 δύο φωστήρας, τους οφΟ., τον υ.έν οεςιον οφθ.,ώς τον ήλιον, τον 
δε αρ., ώς τήν σελήνην. Έχει ό α. κ. ορη καΙ β. ' ε^ει κ. ο 
άνΟρ. οστέα καΐ κρέας. Έχει ό [λ. κ. τον ούρ., και τους αστέρας' 
ε^ει κ. ό άνΟρ. τήν κεφ. και τα ώτα. Έ•/ει ό ιλ. κ. τα δώδεκα ζώδια 
του οΰρανοΟ, ήγουν κριον, ταΰρον, οίουυιον, καρκινον, λέοντα, παρ- 
10 Οένον, ζυγον, σκορπίον, τοξοτην, αίγόκερον, υύρογόον, ί^θυας ' 
ε]/ει κ. ό άνΟρ. αυτά άΰο κεφαλής, ήγουν ώς άπο τοΟ κριοΟ 
[Λ.έχρι των -οοών, οί' τίνες νο[Λί'ζονται οί ϊ/θυες, και τοΰτο 

APPENDICE III 

§ 55 (jprès le mot -οιησάα:νος). Rédaction de L. (Voir p. io3, 1. i8.) 

15 Ίστετοίνυν, ώ φίλοι χρυσοτε-/νΐται, οτι δεΓ καλώς και εύτεχνεστάτως 
κατασκευάζειν τάς ψάμαους, ών (f. 1. ώς) και — ρότερον ερμήνευσα " 
άνευ γαρ τούτων [Ληδα[Λώς ή ττραξις εις ττέρας ά^Οήσεται. Καλούνται 
δε '|iaui[jioi έκ των άρ-/αίων -άντα τα επτά υ.έταλλα ' εκ της 
γής γάρ εϊσι, και λιΟώδη, και χρήσιυια τυγχάνουσι ' και περί 

20 τούτων άπαντες συνεγράψαντο. Έτι οε και οί ζωυ,οι, οί έκ βοτάνων, 
και -/υλών, και οπών οένορων, και καρπών, και ξύλων ξηρών και 
υγρών ■ έκ τούτοον γαρ συνεστήσαντο τήν τέ-/νην, ήν ώς δένδρον 
ποιήσαντες, εις υιυρίους κ/^άοους παντα-/_όσε οιήκον εις [χυρίας τάξεις 
και πράξεις κατεσκευάσαντο ταύτην. Έ-/εις ούν ώδε, δλη δυνάμει, 

2ϋ ολον ΤΟ έργον τοΟ χαλκού ' ος έστιν Ό ο(.'.τί]σιος λίθος ' ον έξ ίσου δμορ- 
ρεύσαντα χρυσόπτα και πάντα ποίει τά της τέχ^νης. Το δε « Ό^ορ- 
ρεύσαντα » oùoïv άλλο σημαίνει ή το όαοΟ και κατά ταύτον ρεύσαντα, 
δηλονότι, διά του πυρός. Τέλος τοΟ Όλυμπιοδώρου. 



ίΐ^ 



COLLECTION 



ALCHIMISTES GRECS 



TRADUCTION 



NOTE PRELIMINAIRE 



Les sigles des manuscrits et les abréviations sont les mêmes que pour le 
texte grec. — Elles ont été indiquées à la page 2 de ce texte. 



PREMIERE PARTIE 



r r 



INDICATIONS GENERALES 



I. 1. — DEDICACE 

Regarde ce volume comme renfermant un bonheur secret, qui que tu 
sois qui es l'ami des Muses. Mais si tu veux en explorer les veines char- 
gées d'or, qui sont habilement cachées; ouvre l'œil vif de l'esprit et élève-le 
vers les natures divines, avec une parfaite perspicacité ; parcours ainsi ce 
très savant écrit, et trouves-y le trésor d'une connaissance supérieure, en 
cherchant et explorant la nature trois fois heureuse, la seule qui domine 
les natures d'une manière divine (i), la seule qui enfante l'or brillant, celle 
qui fait tout; celle que seulsont découverte, par leur esprit inspiré des Muses, 
les amants de la gnose divine. Celui qui l'a inventée, je ne dirai pas qui 
il est. Admire Tintelligence, la sagesse de ces hommes divins, créateurs des 
corps et des esprits (2); (Admire, dis-je) comment ils ont atteint la hauteur 
sublime de la gnose, de façon à animer, à tuer et à vivifier, à créer des 
figures et des fermes étranges (3). 

Ο merveille ! ô bien heureuse et souveraine matière ! Celui qui la con- 
naît à fond et qui sait les résultats cachés sous ses énigmes, celui-là, oui, 
c'est l'intelligence digne de tout honneur, c'est l'esprit éminent de Théo- 
dore, qui s'enrichit d'une manière divine, lui le fidèle défenseur des prin- 



(i) C'est la formule favorite du Pseu- i lement les substances volatiles que l'on 

do-Démocrite. 1 peut fixer sur les métaux, ou en sépa- 

(2) Le mot corps, σώμ,ατα, s'applique | rer (v. Introduction, p. 247). 



dans la langue des alchimistes, aux mé- 
taux régénérés de leurs oxydes et autres 
minerais. — Le mot esprit, -νεύματα, a 
un sens plus vague ; il signifie spécia- 



(3) Ces expressions mystiques signi- 
fient la production des métaux, leur dis- 
parition par oxydation, dissolution, etc., 
et leur régénération. 



4 INDICATIONS GENERALES 

ces. Il a rassemblé, il a fait entrer une collection étrange dans ce volume 
de conceptions savantes. 

En le protégeant, Christ, souverain maître, tiens-le en ta garde I 

Sur le Théodore auquel est adressée cette Dédicace. 

L'indication de ce nom, qui se rapporte à un haut fonctionnaire de l'empire 
byzantin, est la seule que nous possédions sur la formation de la collection alchi- 
mique. Elle concerne une époque comprise entre Héraclius et le commencement 
du xi•^ siècle, date du ms. de Venise; époque qui comprend celles des compilations 
de Photius et de Constantin Porphyrogénéte (voir Origines de l'Alchimie, p. g8). 
— Le nom de Théodore est d'ailleurs trop répandu pour qu'on puisse espérer iden- 
tifier, sans autre indice, le personnage actuel avec quelque byzantin, connu autre- 
ment dans l'histoire. Dans les ouvrages de Zosime, on trouve aussi, sous le titre de 
« Chapitres à Théodore », un résumé des sommaires de divers traités {Origines de 
l'Alchimie, p. 184). Stephanus écrit pareillement à un Théodore (Ideler, t. Il, p. 208), 
lequel pourrait être'notre personnage : il serait alors contemporain d'Héraclius. 



l. II. — LEXIQUE DE LA CHRYSOFEE 

PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE (i) 

A 

Semence de Vénus. — C'est l'eflHorescence du cuivre (2). 
Albâtre ou Alabastron. — C'est la chaux tirée des coquilles d'œufs, le sel 
des efflorescences (3), le sel ammoniac (4}, le sel commun. 



(1) D'après le manuscrit L ; Lexique 
métallique, par ordre alphabétique, des 
noms de l'art divin et sacré employés 
dans ce volume sur la matière d'or. — 
D'après A Ε : Lexique métallique de 
l'art sacré, par ordre alphabétique, ren- 
fermant les signes et les noms, écrit pour 
la première fois en langue grecque, etc. 
— Ce qui semblerait indiquer qu'il 
aurait été traduit d'une autre langue à 
l'origine (?). 



(2) \''ert de gris et corps analogues 
(v. Inlrod., p. 232). 

(3) Salpêtre, ou sesquicarbonate de 
soude, ou sulfate de soude, ou même 
chlorure de sodium'fv. Nitrum : Introd., 
p. 263), suivant les terrains. 

(4) Ce mot ne désignait pas à l'ori- 
gine le chlorhydrate d'ammoniaque ; 
mais, à ce qu'il semble, une variété 
de natron. Plus tard il a pris son sens 
actuel (voir Introd., p. 23-). 



LEXIQUE 5 

Chaux d'Hermks. — C'est la chaux tirée des œufs (i), sublimée par le 
vinaigre, et exposée au soleil (?!; elle est meilleure que l'or (2). 

Sel efflorescent (3). — C'est la mer, la saumure, la mousse du sel. 

Ecume d'une espèce quelconque. — C'est le liquide mercuriel. 

Liquide ARGENTIN. — C'est la vapeur sublimée du soufre et du mercure (4. 

AsÈM. — C'est ïios provenant de la vapeur sublimée (5). 

Fleur d'Achaïe. — C'est la laccha (6). 

Fleur du cuivre. — C'est la couperose, la chalcite (7), la pyrite, le soufre 
blanc après traitement. 

Sel. — C'est la coquille de l'iïuf ; le soufre est le blanc de l'œuf; la coupe- 
rose en est le jaune (8). 

Androdamas. — C'est la pyrite et l'arsenic (0). 

Ce que l'on MET λ part. — C'est le son du blé. 

Vapeur sublimée. — C'est l'eau du soufre et du molybdochalque (10). 

Aphrosélinon (Ecume d'argent). — C'est la comaris, la coupholithe (11). 

Amphore a vin. — C'est un vase de terre cuite. 

Βαλέ. — C'est le mercure tiré de l'argent et la pierre scythérite. 

Éjaculation du Serpent. — C'est le mercure (12). 
Indestructible. — Ce qui ne peut être volatilisé. 



(i) Il s'agit icidesœufs philosophiques 
et d'une préparation mercurielle. — 
D'après BAL : η c'est la vapeur des œufs 
dissoute par le vinaigre, etc. » 

{2) Les mots « que l'or « sont omis 
dans plusieurs ms. — Au lieu de : «ex- 
posée au soleil » il faut peut-être lire : 
« devenue couleur d'or s; le même si- 
gne représentant l'or et le soleil. 

(31 Voir la note (3) de la page pré- 
cédente. 

(4) M donne le signe du mercure, 
puis vient cette phrase : 

(5) Asèm, Electrum, alliage d'or et 
d'argent (voir Origines de l'Alchimie. 
p. 2i5;etInirod., p. 62). Divers alliages 
et amalgames étaient désignés par le 
même nom : ce qui explique le rôle 
attribué ici au mercure (α;θάλη)-Ιός que 



l'on traduit d'ordinaire par rouille, signi- 
fie plutôt ici la matière que l'on prépare 
au moyen de la vapeur sublimée. 

(6) Orcanette. 

(7) Minerai de cuivre {Introd.,p. 243). 
(S) Voir Texte grec, ou Traduction, 

I, m et IV. 

(g) Pyrite arsenicale et sulfures d'ar- 
senic. 

(10) BAL. « C'est l'eau de l'étain et du 
plomb et du cuivre » ; le mercure des 
philosophes (Orig. de l'Alchimie, p. 272 
et 27g). Le mercure se retire aussi par 
sublimation de ses amalgames avec les 
métaux. 

(iil Syn. de talc, ou desélénite. 

(12) BAL ajoutent : « Extrait du 
cinabre. » 



6 INDICATIONS GÉNÉRALES 

Pierre d'Aigle. — C'est la chrysolithe, le porphyre, la pierre pourprée de 
Macédoine et la pierre polychrome. 

Incombustibilité. — C'est le blanchiment. 

CoivRE couvert d'ombre (ou obscurci). — C'est la fleur du cuivre. 

Changement de nature. — C'est la teinture (i). 

Saumure. — C'est la chrysocolle. 

Argyrolithe (Pierre d'argentj. -— C'est la sélénite. 

Tout mercure. — Se dit du mercure composé avec les trois soufres 
apyres. 

Natif (produit). — Se dit de ce qui est pur et non souillé. C'est, à pro- 
prement parler, ce qui est intact, non obscurci et brillant comme la 
fleur de l'or. 

Β 

Renoncule. — C'est la chrysocolle et la chrysoprase (aigue-marine). 

Bol (ou masse pilulaire). — C'est le soufre cru. 

Bostrychite. — C'est la pyrite, la pierre étésienne, la chrysolithe. 

Pierre de touche. — C'est la pierre du mortier. 

Teinture [ou trempe . — C'est le changement de nature. 

Toutes plantes jaunes. — Ce sont les chrysolithes. 

Orge. — C'est le germe (2) de la bière. 



Lait de la vache noire. — C'est le mercure extrait du soufre (3). 

Terre (dite) astérite. — C'est la pyrite, la terre de Chio, la litharge, le 

soufre blanc, l'alun, la cadmie blanche, le mastic (4). 
Terre d'Egypte. — C'est la terre à poterie. 
Terre de Samos. — C'est l'arsenic et le soufre blanc. 
Lait DE tout animal. — C'est le soufre. 
Gypse. — C'est le mercure solidifié. 



(I) Dans L, les articles précédents 
sont confondus, par suite de quelque 
erreur de copiste. 

(21 Orge germée. 



(3) C'est-à-dire du sulfure noir de 
mercure. 

(4) Résine naturelle. 



LEXIQUE 7 

Δ 

Rosée. — C'est le mercure extrait de l'arsenic (i). 
Litière. — C'est l'eau du mercure. 

Bile du serpent. — C'est le mercure extrait de rétain (ou du cinabre; addi- 
tion de BAL). 

Ε 

Helcysma. — C'est le plomb brûlé (2). 

Encéphale. — C'est la chaux des coquilles des œufs. 

Décoction. — C'est la dispersion, le délaiement, le grillage. 

Adjonction. — C'est l'agglomération attractive. 

Huile. — Répond aux fleurs (3) des teintures. 

Pulvérisation complète. — C'est le blanchiment, la mutation, la réduction 

en mercure (des espèces BAL). 
Raffinage. — C'est l'extraction au moyen des liquides, c'est-à-dire la 

transmutation. 
Pierre étésienne. — C'est la chrysolithe. 

Ζ 

Petit levain. — C'est le soufre. 

Levain. — C'est la combinaison des corps métalliques avec la vapeur 

sublimée de l'échoménion (4) et avec la fleur du carthame (5). 
Liqueur tinctoriale. — C'est la couperose traitée suivant les règles (de 

l'Art., AL.) 

H 

Demi-corps. — Ce sont les vapeurs sublimées (6). 



(li C'est-à-dire l'arsenic sublimé, ] serait donc une variété de litharge. 
regardé comme un second mercure, à j (3) Couleur, _/?05. 

cause de sa volatilité et de son action (4) Basilic? — - Voir plus loin. 



sur le cuivre (hitrod., p. 99 et 239). 

(2) Pline, H. N., 1. XXXIII, 35. 
Scoriam in argento Grœci vocant hel- 



(5) Cet article est tiré de L. σώαατα 
signifie les métaux réduits de leurs mi- 
nerais. 



cysma. — Dioscoride, Mat. méd., \. \ (6) Cette expression rappelle les demi- 

V, loi, dit aussi : « La scorie d'argent métaux des auteurs du xvm« siècle, 

s'appelle helcysma ouencauma. ». Ce 



8 INDICATIONS GENERALES 

ÉcHOMÉNioN (i). — C'est la fleur de carthame. 
Électrum. — C'est la poudre (de projection) parfaite. 
Chevelure du Soleil. — C'est le soufre extrait de l'or. 
Disque salaire. — C'est le mercure e.Ktrait de For. 

Θ 

Soufre blanc. — C'est la vapeur sublimée du mercure, fixée avec la compo- 
sition blanche. 

Soufre blanc. — C'est la pierre chrysétésienne, l'hématite. 

Soufre non brûlé. — C'est la vapeur sublimée et le mercure. 

Soufre liquide (ou fusible). — Ce sont les deux antimoines et la litharge. 

Eau de soufre (a). — Ce sont les blancs d'œufs coagulés (?) et le marbre 
travaillé. 

Rameaux des palmiers. — C'est le soufre blanc. 

Soufre non calciné. — L'eau mêlée et blanchie, extraite de l'arsenic et 
de la sandaraque ,3). 

Soufre natif. — C'est le safran tiré des liqueurs. 

Eau de soufre. — Celle qu'on tire du plomb (4). 

Eau de soufre. — C'est celle que l'on extrait par dissolution de la chaux 
et de l'albâtre. 

Soufre en suspension (5). — C'est une eau. 



(i) Ce mot ne se trouve nulle part 
ailleurs que chez les alchimistes. — 
Serait-ce pour Ωζυαε'ν.ον : Basilic ? Le 
Basilic, plante et animal, joue un grand 
rôle dans les sciences occultes du moyen 
âge. Il était assimilé au Serpent qui se 
mord la queue, à la Salamandre, au 
Phénix, etc. {Bibl. Cheiii. de Manger, 
t. I, p. 106 et 706). 

(2) Eau de soufre ou eau divine par- 
tout : le mot grec étant le même. Les 
mêmes signes désignent quelquefois 
l'eau de plomb. — Les articles relatifs 
au soufre offrent de nombreuses va- 
riantes et interversions dans les ma- 
nuscrits. — On voit par les textes du 



Lexique que le sens des mots soufre, 
eau de soufre, etc., était singulièrement 
flottant. 

(3) Au-dessus du mot arsenic, on lit 
son signe ouvert à droite dans M; au- 
dessus du mot sandaraque le signe de 
"arsenic est retourné et ouvert vers la 
gauche (ce qui rappelle le signe du mer- 
cure opposé à celui de l'argent). Cet 
article est confondu dans M avec la fin 
de la ligne 7 (texte grec!. 

(4) Rappelons que le même signe 
exprimait le plomb et le soufre. 

(5) Cela se rapporte-t-il à l'extrait de 
Saturne, précipité formé dans l'eau ordi- 
naire par les sels de plomb basiques ? 



LEXIQUE g 

Corps sulfureux. — Ce sont les minerais métalliques. 

Eav de soufre. — C'est la décoction du plomb (i). 

Eau de soufre (pour le jaunissement, tirée de la sandaraque) (2). — C'est le 

vin aminéen, extrait de la chélidoine. 
Soufre LAMELLEux. — C'est l'arsenic (orpiment). 
Deux soufres : ce ne sont pas des compositions; ils accomplissent l'œuvre 

divine. 
Le Marbre thébaïque. — C'est la chaux des œufs ; il est (appelé) aussi tita- 

nos; alun lamelleux — celui de Mélos est le soufre apyre. 
L'Eau de soufre. — C'est notre vinaigre. 
Soufre blanc. — C'est le plomb après traitement. 
Soufre. — C'est le cuivre après traitement. 

I 

los raclé (3). — C'est la vapeur sublimée et la chrysocolle (soudure 

d'or, 
los. — C'est le jaunissement ; l'eau de soufre natif; le comaris de Scythie ; 

le pastel de l'Inde; la renoncule; la chrysoprase ; la chrysocolle. 
Pierre sacrée. — C'est la chrysolithe. 
Pierre sacrée. — C'est le mystère caché (A E\ 

Κ 

(Substance) brûlée de Coptos. — C'est la lie, l'écume de l'argent. 

Fiente de l'or et Minerai d'or, chrysammos. — C'est la chrysolithe (pierre 

d'or. 
Étain. — C'est le cinabre. 
Eau de Calaïs [4). — C'est l'eau de chaux. 



(i) Même sens que plus haut. ' priétés spécifiques, et, par extension, le 

(2) D'après Β A. — Il s'agit de l'acide principe delà coloration et la propriété 
arsénieus impur, obtenu par le grillage spécifique elle-même, etc. (Introd., 
du réalgar. [ p. 254). 

(3) los a un sens complexe : c'est la I (4) Ce mot se trouve appliqué au 
rouille des métaux; c'est la pointe de , cuivre dans la Diplosis de Moïse : il 
la flèche ; c'est le venin, c'est-à-dire le semble que ce soit un nom de lieu, 
principe actif, l'extrait doué de pro- ' 



ΙΟ INDICATIONS GENERALES 

Cinabre. — C'est la vapeur sublimée, obtenue par cuisson dans les mar- 
mites (i). 

Cnouphion (2). — C'est le chapiteau (de l'alambic). 

Fumée des cobathia. — Ce sont les vapeurs de l'arsenic (sulfuré) (3). 

Colle attique. — C'est la larme de l'amande (4). 

Gomme. — C'est le jaune (d'œuf). 

Claudianos. — C'est la chaux des œufs, le peuplier noir et le cassia (5). 

CoMARis de Scythie. — C'est le soufre et l'arsenic, avec tous ses noms. 

Cadmie. — C'est la magnésie. 

Huile de ricin. — C'est celle que l'on extrait des figuiers sauvages ; car 
beaucoup la préparent ainsi. 

Cire solide. — Signifie les corps (métalliques) solides (6). 

Substance brûlée. — C'est la substance blanchie (7). 

Roseau. — C'est le soufre. 

CoMARis. — C'est l'arsenic. 

Sang de moucheron (8). — C'est l'eau d'alabastron après traitement. 

Λ 

Cuivre d'oseille (9). — C'est le vinaigre. 

Pierre de Dionysios. — C'est la chaux. 

Pierre blanche (leucolithe). — C'est la pyrite. 

Pierre qui n'est pas une pierre. — C'est la chaux et la vapeur sublimée, 

délayée avec du vinaigre. 
Pierre phrygienne fio). — C'est l'alun. 



(1) C'est-à-dire le mercure sublimé 
(v.DioscoRiDE, Ι.ν,ι 10), ou son sulfure. 

(2) Tiré du nom du dieu Cnouphi 
(voir Origines de l'Alchimie, p. 3i). 

(3) RuLANDUs [Lex. Alch., p. 1 58) tra- 
duit ce mot par Kobolt; c'est toujours 
un composé arsenical (v./)!i;Oii.,p. 245). 

(4) Le lait fait avec la pâte d'amandes. 

(5) Voir Introd., p. 344. 

(6| C'est-à-dire les métaux fusibles ou 
les amalgames, se solidifiant à la façon 
de la cire. 



(7) Par exemple, le zinc, le plomb, 
l'antimoine, etc., changés en oxydes 
blancs par le grillage. 

(8) Voir la nomenclature prophétique, 
dans l'Introduction, p. 10 à 12. 

(9) C'est-à-dire le verdet, acétate de 
cuivre basique et analogues (v. Introd., 

p. 232). 

(io)V. DioscoRiDEjA/ai.încii., l.V, 140. 
— Pline, H. N., 1. XXXVI, 36; sorte 
d'alunite, employée par les teinturiers 
(v. Introd., p. 48). 



LEXIQUE Ι Ι 

Ecailles des cobathl^. — Ce sont les (matières) sulfureuses, et surtout 

l'arsenic. 
Orcanette. — C'est la fleur d'Achaïe (i). 
LiTHARGE BLANCHE. — C'cst la ce'ruse. 
Cuivre blanc. — C'est Teau de soufre apyre. 

Teinture blanche. — C'est ce qui teint profondément et qui ne suinte pas. 
Pierre phrygienne. — C'est l'alun et le soufre (21. 
Blanc brillant. — C'est ce qui pénètre profondément. 

M 

Plomb. — C'est le semblable de la céruse. 

Magnésie. — C'est le plomb blanc et la pyrite (3). 

M.iGNÉsiE. — C"est le vinaigre non adouci, et l'extraction. 

Magnésie. — C'est l'antimoine femelle (4) de Chalcédoine. 

Emolliens (ou amalgames). — C'est toute matière jaune et amenée à per- 
fection (5). 

Nature une. — C'est le soufre et le mercure, après traitement différent. 

Noir indien. — Est fait d'isatis et de chrysolitlie. 

Minium de montagne. — C'est le misy jaune, avec celui qui coule tout 
seul (6). 

Miel attique et Plomb. — C'est l'eau divine {7). 

Notre Plomb. — C'est celui qui se prépare avec les deux antimoines (8) et 
avec la lithargc. 



(i) Je corrige ici le texte en admet- 
tant λακ/α Ά/α;ας. — (Orig. de l'Alchi- 
mie, p. 359, 36 1). 

(2) Répétition de l'un des articles pré- 
cédents. Ceci montre que le lexique de 
M résulte de la réunion de plusieurs 
listes plus anciennes. 

(3) V. plus haut : Cadmie, au K. — On 
voit, que le mot magnésie a plusieurs 
sens. Il s'applique aussi à l'oxyde de 
fer magnétique, à la pyrite et au sulfure 
d'antimoine (v. Introd., p. 255). 

(4) Β A L : de Macédoine (v. Diosco- 
RiDE, Mat. méd., 1. V, 9g.) — Pline, 



(H.N., XXXIII), distingue l'antimoine 
femelle, qui est lamelleux et brillant; 
c'est notre sulfure d'antimoine natif. 

(5) L : «c'est tout mélange accompli. » 

(6) Ici il s'agit d'un oxyde de fer ana- 
logue à la sanguine, dérivé du misy qui 
coule tout seul ; c'est-à-dire de la pyrite 
en décomposition (v. Introd., p. 242). 

(7) Ceci semble faire allusion h la 
saveur sucrée des sels de plomb. 

(S) Mâle et femelle : variétés de no- 
tre sulfure. En outre, on voit que le 
régule d'antimoine était confondu avec 
le plomb (v. Introd., p. 224 et 238). 



12 



INDICATIONS GENERALES 



MoLYBDOCHALQUE . — C'est la soudure d'or. 

Mystère de toute pierre métallique. — C'est la pyrite. 

Grande plante. — C'est l'orge. 

Nuage noir. — C'est la vapeur sublimée et la pierre d"or. 

Ν 

Nuage. — C'est la vapeur sublimée du soufre. 

Raclure de la pierre de Naxos. — C'est la matière à aiguiser des bar- 
biers (i). 

Natron. — C'est le soufre blanc qui rend le cuivre sans ombre (2). La 
(même substance) se nomme aphronitron (3) et terre résineuse (ou fluidi- 
fiante). 

Nuée. — C'est l'obscurité des eaux, la vapeur sublimée, l'humidité vapo- 
risée, le précipité qui reste en suspension (?). 



Vapeur jaune sublimée du cinabre. — C'est la vapeur sublimée des sub- 
stances sulfureuses et l'argent liquide. 

Préparation jaune. — C'est le minerai de fer, traité par l'urine let) le 
soufre [c'est aussi la cadmie, Β A L]. 

Ο 

Coquillage et os de seiche. — C'est la chaux des œufs. 

Suc de calpasos. — C'est la sève de cette plante . 

AxoNGE de porc. — C'est le soufre non brûlé. 

Vinaigre (4) commun. — C'est celui qu'on obtient par la litharge et par la lie. 



(i) DioscoRiDE, 3/Λί. tjiéd., 1. V, 167. 

(2) Parfaitement brillant. Il s'agit 
d'un fondant employé dans la réduc- 
tion du cuivre oxydé ou sulfuré. 

(3) Il semble qu'il s'agisse ici de notre 
salpêtre. 

(4) Cette définition semble signifier 
l'acétate de plomb. Mais le mot vin- 
aigre avait chez les alchimistes un sens 
beaucoup plus compréhensif. Il dési- 



gnait tous les liquides à saveur piquante, 
tels que : 

i" Les liquides acides, assimilés à notre 
vinaigre; 

2" Certaines liqueurs alcalines, à sa- 
veur piquante, comme le montre l'assi- 
milation de ce motavec l'urine altérée; 

3^ Diverses solutions métalliques, 
acides ou astringentes, à base de plomb, 
de cuivre, de zinc, de fer, etc. 



LEXIQUE Ι 3 

Suc DE TOUS ARBRES ET DE TOUTES PLANTES. — C'est l'eau divine (i) et le 

mercure (2). 
Ce que tu sais. — C'est l'alun. 
Cuisson. — C'est la décoction et le jaunissement. 
OsiRis. — C'est le plomb et le soufre. 
Vase cylindrique. — C'est (le mortier L et) le pilon. 

Π 

PoMPHOLYX (3). — C'est la fumée de l'asèm. 

Fixez. — Au lieu de « renforcez » (4). 

Ce qui s'évapore au feu. — C'est la vapeur sublimée du soufre. 

Pyrite. — C'est le sory et la magnésie (et la pierre blanche, A). 

Miel complet. — C'est l'eau de soufre (5). 

Teinture (Pinos'. — C'est ce qui teint à l'extérieur (6). 

Fixations. — Ce sont les opérations chimiques utiles. 

Polychrome. — C'est la couleur de pourpre. 

Porphyre. — C'est la pierre étésienne et l'androdamas. 

Dissolvant universel. — C'est la vapeur sublimée qui émane de toutes 
choses, c'est-à-dire l'eau native. 

Feuilles qui entourent la couronne. — Ce sont la pyrite et la ma- 
gnésie. 

«Ayant aigri préalablement ». — C'est : « ayant baigné dans le vinaigre )>. 

« Ayant aigri fortement». — C'est : « ayant passé au feu ». 

« Ayant été torréfiée au soleil ». — Cela se fait en 6 jours. 

Limon de Vulcain. — C'est l'orge (7). 



(i) On voit que le nom d'Eau divine 
désignait, non seulement les solutions 
de sulfures alcalins [Introd., p. Gg), 
mais aussi tout suc végétal actif. 



(4) Fixer un métal, c'était lui ôter 
sa volatilité, sa fluidité, etc. (Introd., 

p. 2 52). 

(5) V. plus haut le miel attique. 



(2) Le mot mercure désigne ici toute 1 Allusion au goût sucré des sels de 
liqueur renfermant un principe actif j plomb ? 
essentiel. , (5) Πι'νο; opposé h Βχφη. 



(3) Oxyde de zinc sublimé, et mêlé 
d'oxydes de cuivre, de plomb, d'anti- 
moine, d'arsepic, etc. (Intrud., p. 240). 



{7) Souvenir de la nomenclature pro- 
phétique (Introd., p. 10). 



H 



INDICATIONS GENERALES 

Ρ 



Purifiant. — Cest le natron jaune (i) et l'aphronitron. 
Rephecla (2). — C'est le cyclamen. 
Limaille d'or. — C'est la soudure d'or. 



Nénuphars desséchés. — Ce sont ceux qu'on tire des cours d'eau 

d'Egypte. 
Lie. — C'est la sélénite et l'alun lamelleux. 
Sandyx ^3). — C"est l'or. 

A.LUN. — C'est le soufre blanc et le cuivre sans ombre. 
Sandaraque. — C'est le mercure extrait du cinabre. 
Les (quatre) Corps métalliques. — Ce sont le cuivre, le plomb, l'étain 

et le fer. On en extrait le stibium en coquille. 
Corps intervenant dans la coMBrNAisoN. — On les appelle caméléon : ce 

qui signifie les quatre métaux imparfaits. 
Stibium. — C'est le coquillage ou la coquille (4). 
Mutation et Régénération. — C'est la calcination et le blanchiment. 
Éponge m.arine. — C'est la cadmie, la chrysolithe, la pierre sacrée, le 

mystère caché, la cendre de la paille, l'émeraude, l'émeril. 
Fer. — C'est le tégument de l'œuf. 



Titanos. — C'est la chaux de l'œuf. 

Nom propre de la composition liquide. — C'est l'eau divine, tirée de la 

saumure, du vinaigre et des autres matières. 
Nom propre de la composition solide. — Ce sont les quatre corps, appelés : 

le claudianos, le plomb, la pyrite, le mercure. 



(i) Nitrum flavum de Pline, H. N., 
1. XXXI, 46. Il en est aussi question 
dans le Papyrus de Leide {Introd., 
p. 39J. 

(2) Mot inconnu. 

(3) Couleur rouge {v. Introd., p. 2U0). 



Pline, H. N., 1. XXXV, 23. — Diosc. 
1. 7 V, io3, vers la fin.— Minium pré- 
paré en calcinant la céruse. — Rappe- 
lons que l'écarlate figurait au moyen 
âge, et figure encore l'or dans le blason. 
(4) Voir Introd., p. 6•/^ 



LEXIQUE 1 5 

Y 

Mercure, fixé au moyen des vapeurs sublimées : blanchit le cuivre et 

fait ΓοΓ. 
Eau scythiqle. — C'est le mercure (i). 
Eau divine native. — C'est le mercure fixé avec les sels. 
Eau DE Carthame. — C'est Teau native du soufre. 
Eau lunaire. — Eau de cuivre [eau de sel, L], eau ignée, eau de verre, 

eau d'argent, eau de sandaraque, eau d'arsenic, eau de fleuve ; c'est le 

nuage. A]. 
Eau Fluviale, Eau de Plomb. — C'est le soufre et le mercure (2). 
Hyssope. — C'est le lavage des laines en suint. 

Eau de mercure tinctoriale (3). — C'est le mercure extrait du cinabre. 
Eau de Vénus, de Lune, d'Argent, de Mercure, et eau Fluviale. — C'est 

l'eau divine et le mercure (4). 
Eau de soufre natif. — C'est la composition blanche qui disparaît. 
Eau simple. — C'est celle que l'on fabrique avec les trois composés sul- 
furés, au moyen de la chaux. 
Ε.Λ,υ (extraite) de l'Asèm (.5). — Elle est dite écume, rosée, aphroselinon 

liquide. 
Eau divine tirée du mercure. — Elle est appelée (6;, d'après Pétasius, bile 

de serpent. 
Eau divine fixée p.ar les transmutations. — C'est le mercure (que l'on 

extrait) du cinabre, c'est-à-dire la tétrasomie (7). 



(i) Variante: la sandaraque BAL. — 
Il s'agit de l'arsenic métallique sublimé, 
regardé comme un second mercure. 
Introd. p. 289. 

(2) Il y a diverses variantes et inter- 
versions dans les articles précédents, 
suivant les manuscrits. 

(3) De la teinture blanche, L. 

(4) Répétition de l'un des articles 
précédents. Variantes diverses. 

(5) De l'argent, L, au lieu de l'asèm : 
ce qui indique que le texte de L est 
plus moderne. 



(ΰ) Le nuage est dit : eau élevée par dis- 
tillation, bile de serpent. B. Le mot bile 
de serpent répond à la nomenclature 
prophétique (Introd., p. 10 à 12). Péta- 
sius ou Petesis, seul auteur cité dans le 
Lexique, est un nom égyptien, cité 
aussi par Dioscoride ; il désigne un 
vieux maître alchimique (Origines de 
l Alchimie, pages 128, i58, 168, etc. 
— Introd., p. 1 j et 68). 

(7) Réunion des quatre métaux im- 
parfaits. 



i6 



INDICATIONS GENERALES 



Φ 

Lie. — C'est le dépôt du vin, la chaux avantageuse pour les pourpres (i). 
Algue (2). — C'est la teinture extérieure et brillante. 

Préparation. — C'est la vapeur sublimée, composée au moyen du trai- 
tement. 
« Fais griller ». — C'est-à-dire « Fais cuire ou jaunis ». 
(Teinture) qui (ne) passe (pas). — C'est la véritable (?). 
Scorie des lentilles. — C'est la couperose. 

X 

Scorie DU cuivre. — C'est la couperose. 

Or. — C'est la pyrite, la cadmie et le soufre (3). 

Chalkydrion. — C'est l'or fabriqué et rouillé par les manipulations de fixa- 
tion, faites au moyen du soufre. 

Chrysitis (4). — C'est la composition tirée des vapeurs sublimées. 

Cuivre médical. — C'est le métal blanchi, le soufre et la céruse. 

Sueurs du cuivre. — C'est le jus de camomille. 

Chrysocolle et Eau de cuivre. — C'est le molybdochalque (5). 

Liqueur d'or, Chélidoine, Coquille d'or, Ios sans ombre. — C'est le 
soufre blanc [ou bien le mercure fixé avec la composition blanche. 
A L]. 

Couperose. — C'est le jaune de l'œuf. 

Pierre chrysétésienne. — C'est l'hématite. 

Chalcopyrite fulgurante (6). — C'est l'eau de soufre (7) ; c'est le soufre 
tiré du mercure (L). 



(i) Il s'agit de la crème de tartre, 
employée pour fixer les matières colo- 
rantes sur les étoffes. 

(2) Orseille. 

(3)Voir Introd., p. 206, et les deux au- 
tres définitions de l'or donnéesplus loin. 

(4) Litharge couleur d'or, dans Pline 
et dans DioscoRiDE,Afiîi. méd.,\.V .102. 
Peut-être s'agit-il dans le Lexique de 
l'oxyde de mercure. 



(5) Variantes de L. Le corail d'or et 
l'eau de chrysochalque, c'est le plomb 
et le cuivre. » Cette variante semble ré- 
sulter d'une interprétation différente 
des mêmes signes. 

(6) A cause de sa couleur : Pyrite cui- 
vreuse. 

(7) C'est le soufre, l'eau de mercure, 
BA. 



LEXIQUE 17 

Or (ι•. — Ce sont tous les fragments et les lamelles jaunis (21 et amenés 

à perfection (3). 
Limaille d'or, Soudure d'or. Fleur d'or, Liqueur d'or. — C'est la chrysitis, 

la coquille d'or, l'ios, le soufre et le mercure. 
Cuivre. — C'est la coquille des œufs. 
Or cuit. — Ce sont les vapeurs sublimées jaunes. 
Chalkydrion, Argent liquide, Bile de tout animal. — C'est Pios parfait, 

le soufre, le cuivre, l'électrum, lorsque leur éclat devient accompli 

et tourne au jaune et qu'ils se fixent ; c'est le mercure extrait! du 

cinabre. 
Chélidoine. — C'est l'élydrion. 
On appelle Or : Le blanc, le sec, le jaune et les (matières, dorées, à l'aide 

desquelles on fabrique les teintures stables (i). 
Chrysocolle. — C'est le molybdochalque (4), c'est-à-dire la composition 

complète. 
Sphère d'Or. — C'est le safran de Cilicie [ou bien l'arsenic et la sandara- 

que, BAL]. 
Chrysophite. — C'est la vapeur sublimée, après traitement avec le cuivre, 

pulvérisation et réduction en ios. 
Cl'ivre de Chypre. — C'est le cuivre calciné et lavé; c'est le terme du blan- 
chiment et le début du jaunissement. 

Ψ 

Morceaux. — C'est ce qui est transformé quant à l'espèce. 

Petit Morceau. — Ce sont les cendres délayées dans l'eau, celles qui 

tapissent le fond du fourneau, à l'épaisseur d'un doigt. 
Sable (ou minerai . — C'est la chrysocolle. 
Céruse. — Est produite par le plomb. 



(i) Cette définition est caractéristique 
et conforme aux procédés de teinture 
en or du Papyrus de Leide. (Introd., 
p. 20.) 

(2) D'après BAL. Dans M ce sont les 



minerais, α:ταλλά, au lieu des feuilles 

(3) Et atténués, AL. 

(4) Répétition. 



l8 INDICATIONS GÉNÉRALES 

Ω 

Ocres, obtenues par un mélange devin et d'huile, sont dites blâmables (ou 

falsifiées) ? 
Mercure cru. — C'est le mercure produit par le plomb [par le molybdo- 

chalque, L.]. 
OîTis (pierre d'œuf?). — Est nommée aussi Terenouthin et Chrysocolle. 
Ocre attique. — C'est le jaune de l'œuf. 
Ocre attique. — C'est l'arsenic 
Orichalquede Nicée. — C'est celui qu'on obtient par la cadmie. 

Le Lexique alchimique, tel que nous venons de le reproduire, est tiré du manu- 
scrit de Saint-Marc (fin du s." ou commencement du xi•^ siècle) : il n'a guère été 
modifié dans les manuscrits postérieurs. Il est formé de portions diverses, ajoutées 
successivement, comme le prouvent par exemple les articles relatifs au soufre, à 
l'eau de soufre, à la magnésie, etc. Certains articles remontent jusqu'à la vieille 
tradition gréco-égyptienne, ainsi que le montrent les rapprochements (cités en note) 
avec la nomenclature prophétique de Dioscoride et du Papyrus de Leide. Les catalogues 
du blanc et du jaune, attribués à Démocrite (0Γ;§•;Ηί5 ie i'^4/c/n"w/e, p. i 55-i56), 
lesquels formaient la base de la Chrysopée et de l'Argyropée, ainsi que les nomen- 
clatures de l'œuf philosophique, paraissent représenter les premières formes de ce 
Lexique. Au moven âge, il a pris une extension considérable et s'est enrichi d'une 
multitude de mots arabes, en même temps que les mots grecs disparaissaient en 
partie. On peut en voir une forme nouvelle dans le manuscrit 24 iq de Paris, 
transcrit vers 1460 (v. /«iroi., p. 2o5). Plusieurs de ces Lexiques ont été rassemblés 
par Johnson dans la Bibliotheca Chemica de Manget (Genève, 1702), t. I, p. 217 
à 291. Mais l'ouvrage de ce genre le plus utile à connaître et le mieux rédigé, est 
le Lexicon Alchemiœ, auctore Rulando (Francfort, ιΓ)ΐ2). Je l'ai cité fréquemment 
dans mon Introduction. 



I. lu. — SUR L'OEUF PHILOSOPHIQUE 

Voici ce que les anciens disent sur l'œuf (i) : 

1. Les uns (l'appellent) la pierre de cuivre, [les autres, la pierre d'Armé- 

(i) Cp. Origines de l'AlcIiimie, p. 24. 



SUR L ŒUF PHILOSOPHIQUE 



19 



nie, A]; d'autres, la pierre encéphale ; d'autres, la pierre ctésienne ; d'autres, 
la pierre qui n'est pas une pierre (i ) ; d'autres, la pierre égyptienne ; d'autres, 
l'image du monde (2). 

2. La coquille de l'œuf, c'est la partie (3) crue, le cuivre, l'alliage de fer et 
de cuivre, Falliage de plomb et de cuivre et fplus généralement) les corps (4) 
métalliques solides. 

3. La coquille calcinée signifie : la chaux vive, l'arsenic, la sandaraque, 
la terre de Chic, la terre astérite (5), la sélénite (6), l'argent cuit, l'antimoine 
de Coptos, la terre de Samos, la terre convenable, la terre Cimolicnne, la 
terre brillante, le bleu (7) et l'alun (8). 

4. Les parties liquides de l'œuf sont dites : les parties séparées, Pios et l'ios 
du cuivre, l'eau verte de cuivre, l'eau du soufre natif, la liqueur de cuivre, 
la préparation de cuivre à apparence de miel, la vapeur sublimée, les corps 
réduits en esprits ^9), la semence universelle. (Ces parties liquides) reçoivent 
encore beaucoup d'autres dénominations. 

5. Le blanc de l'œuf s'appelle la gomme, le suc du figuier, le suc du 
mûrier et celui du tithymale. 

6. Le jaune de l'œuf s'appelle le misy, le cuivre, la couperose de cuivre, 



(i) Cette expression mystique a été 
souvent reproduite au moyen âge. Je 
citerai Roger Bacon : De Secretis ope- 
ribits artis et naturœ (Bibl. Chem. de 
Manget, t. I, p. 622). Il attribue à Aris- 
tote Im libro Secretorum) les paroles 
suivantes : « Ο Alexandre, je veux te 
raconter le plus grand des secrets. . . 
Prends cette pierre qui n'est pas une 
pierre, présente en tout temps, en tout 
lieu... On l'appelle l'œuf philosophi- 
que. » De même dans le traité qui porte 
le nom d'Avicenne (iiiè/. Chem., t. I, 
p. 633) : est lapis et non lapis. Dans la 
Turba philosophorum (mime recueil, 
t. I, p. 449) ; Hic igitur lapis non est 
lapis, etc. (v. aussi Bibl. Chem., I, (|35). 

(2) En marge de M. « Ceci doit être 
entendu dans un sens mystique et non 
un sens physique. » 



(3) Ou peut-être l'ensemble (o;i.ov au 
lieu de ώι,ιον), par oppositionaux parties 
séparées. 

(4) Métaux et alliages métalliques. 

(5) Pline {H. N., 1. XXXVII, 47) 
donne ce nom à une pierre précieuse 
blanche, à reflet intérieur. Mais il s'a- 
git plutôt de l'une des deux espèces 
de terre de Samos, désignée sous le 
nom d'aster, dans Dioscoride, Mat. 
Méd., 1. V, 171. 

(6) C'est-à-dire notre argent, AL. 

(7) Sel de cuivre. 

(8) A ajoute après le bleu : le vermil- 
lon de Coptos, la terre de Pont. 

(9) σώ[^α exprime un métal régénéré 
de son oxyde ou de ses minerais ; — 
onpourraitaussi lire : άσιόαιτα ί:ν;ΰματα; 
les esprits séparés des métaux. 



20 



INDICATIONS GENERALES 



la couperose cuite, l'ocre attique, le vermillon du Pont, le bleu, la pierre 
d'Arménie, le safran de Cilicie et la che'lidoine. 

7. Le mélange de la coquille des œufs et de l'eau préparée avec la chaux 
vive, c'est ce que l'on appelle k magnésie et les corps (métaux) de la magné- 
sie, l'alliage de plomb et de cuivre, notre argent (i), l'argent commun, la 
céruse. 

8. Le blanc, on l'appelle l'eau de la mer, parce que l'œuf est rond comme 
l'océan; l'eau d'alun, l'eau de chaux, l'eau de cendre de chou, l'eau de chè- 
vre (2) des anciens. (Prendre Feau dans le sens du lait.) 

9. La liqueur jaune, on l'appelle le soufre natif, le mercure, celui qui est 
dit extrait du cinabre; l'eau du natron roux, l'eau du natron jaune, le vin 
Aminien. 

10. La composition jaune s'appelle l'or et l'électrum en décomposi- 
tion, la teinture d'or, la teinture d'argent (3) extraite des citrons, celle qu'on 
extrait de l'arsenic et de l'eau du soufre apyre. De même que le citron pré- 
sente la couleur jaune à l'extérieur, et, à l'intérieur, la saveur acide ; de 
même aussi, l'eau tirée de l'arsenic. L'eau du soufre apyre est le vinaigre des 
anciens. 

11. Le blanc de l'œuf (4) s'appelle mercure, eau d'argent, cuivre blanc, 
vapeur sublimée blanche, ce qui se volatilise au feu, soufre excellent, eau de 
soufre natif, écume marine, eau fluviale, rosée, miel attique, lait virginal, 
lait coulant de lui-même, eau de plomb, ios de cuivre, ferment irrésistible, 
nuage, soif ardente, astre suspendu de la vapeur sublimée. 

!2. Quant à toi, aie ceci dans l'esprit: la nature se réjouit de la nature; 
la nature maîtrise la nature; la nature triomphe de la nature. C'est elle qui, 
mélangée d'en haut, accomplit le mystère cherché et tiré d'un seul corps]. — 
Ces phrases signifient que les sulfureux sont maîtrisés par les sulfureux, les 



(i) L'argent des adeptes, opposé à l'ar- 
gent commun. 

(2) Voir la nomenclature des Pro- 
phètes ou prêtres égyptiens dans Dios- 
CORIDE et dans les Papyrus de Leide 
[Introd., p. 11). 

(31 M. donne ici un signe dont le 
sens est inconnu, mais qui ressemble 



au chrysélectrum, c'est-à-dire à l'élec- 
trum. Ce signe est omis dans A, comme 
si le sens en eût été déjà perdu. 

(4) Toute cette fin n'existe pas dans 
M. Le § 1 1 rappelle le langage amphi- 
gourique et de plus en plus vague, des 
alchimistes arabes et de ceux da moyen 
âge occidental. 



NOMENCLATURE DE L ŒL'F 



21 



humides par les humides correspondants. — Si les corps ne perdent pas l'état 
corporel et si les corps ne reprennent pas l'état corporel (i), ce qui est 
attendu ne se réalisera pas. 

i3. Il y a deux (2) compositions opérées par les corps métalliques et par 
les eaux divines et les plantes; elles transmutent la matière, celle que tu 
trouveras en poursuivant la chose cherchée. Si deux ne deviennent pas un, 
et trois un, et toute la composition une, le but cherché ne sera pas atteint. 



FIN DE L ŒUF 



I. IN 



NOMEXCLATURE Di: L'OEUF 



(3) 



Nomenclature de l'Œuf: c'est le mystère de l'art. 

1. On a dit que l'œuf est composé des quatre éléments, parce qu'il est 
l'image du monde et qu'il renferme en lui-même les quatre éléments. On 
l'a nommé aussi « pierre que fait tourner la lune », pierre qui n'est pas 
pierre, pierre d'aigle et cerveau d'albâtre (4). 

2. La coquille de l'œuf est un élément semblable à la terre, froid et sec; 
on l'a nommée cuivre, fer, étain, plomb (5). 

Le blanc d'œuf est l'eau divine: le jaune d'œuf est la couperose; la partie 
huileuse est le feu. 

3. On a nommé l'œuf la semence, et sa coquille, la peau; son blanc et 



(i) C'est-à-dire : si les métaux ne 
disparaissent pas par oxydation ou 
métamorphose chimique, et s'ils ne 
reparaissent pas à l'état métallique. 
Le § 12 est formé de citations des plus 
vieux auteurs. 

(2) Variantes de AE. « Telles sont les 
eaux divines, parmi lesquelles je com- 
prends celles qui sont tirées des natures 
molles, aussi bien que des métaux. Si 
tu es intelligent, il y a deux composi- 
tions, etc. » 

(3) L'article iv est une variante de 
III. J'ai reproduit dans l'Introduction 



(p. 21 5), un autre article analogue, at- 
tribué à Justinien et tiré du Codex 
Voss. de Leide. Il en existe encore un 
autre dans les ouvrages de l'Anonyme, 
qui seront donnés dans la troisième 
livraison. 

(4) L'albâtre est ia chaux tirée des co- 
quilles d'œuf : (v. Lexique alchimique, 
p. 4). La coquille entoure l'œuf comme 
le crâne entoure le cerveau ; de là ce 
symbolisme bizarre. 

(5) Ce sont les quatre métaux impar- 
faits, qui servent à la transmutation et 
à la composition de l'or et de l'argent. 



22 



INDICATIONS GENERALES 



son jaune, la chair; sa partie huileuse, Tàme; sa partie aqueuse, le souffle 
ou l'air. 

4. La coquille de l'œuf, c'est ce qui élève ces choses hors du fumier ii) 
pendant dix jours. Délayez-la, avec l'aide de Dieu, dans du vinaigre ; plus 
vous la broyez, plus vous faites œuvre utile. Lorsque vous aurez battu la 
composition pendant huit jours, vous ferez fermenter; et vous préparerez 
la poudre sèche. Lorsque vous aurez accompli ce travail, jetez-y du mer- 
cure, et si vous n'obtenez pas la teinture du premier coup, répétez une 
seconde et une troisième fois. 

5. On a nommé d'abord le jaune de l'œuf : ocre attique, vermillon du 
Pont, natron d'Egypte, bleu d'Arménie (2), safran de Cilicie, chélidoine; 
le blanc de l'œuf délayé avec l'eau de soufre est le vinaigre, l'eau d'alun, 
l'eau de chaux, l'eau de cendres de chou, etc. 



I. V. 



LE SERPENT OUROBOROS 



I . Voici le mystère : Le serpent Ouroboros (mordant sa queue), c'est la 
composition qui dans son ensemble est dévorée et fondue, dissoute et trans- 
formée par la fermentation (3). Elle devient d'un vert foncé, et la couleur d'or 
en dérive. C'est d'elle que dérive le rouge appelé couleur de cinabre : c'est 
le cinabre des philosophes (4). 



(i) Dans le bain-marie, chauffé au 
moyen du fumier. Il y a là la descrip- 
tion sommaire d'un procédé pratique, 
laquelle contraste avec le style vague 
des autres paragraphes. Le § 4 semble 
une intercalation. , 

12) Dans l'article précédent, ces mots 
signifient deux bleus distincts, comme 
dans DioscoRiDE, Mat. méd.^ 1. V, io5 
et 106. — Ce sont des minerais de 
cuivre analogues à l'azurite (Introd., 
p. 243). 

(3) Le mot σήψις est plus général, et 
signifie toute décomposition analogue 



à une fermentation, ou à une putré- 
faction. 

(4) Il est difficile de savoir exactement 
à quels phénomènes chimiques ces for- 
mules mystiques font allusion. On 
pourrait y voir une allusion à la décom- 
position des pyrites, fournissant des 
sels basiques de cuivre verts, tels que la 
chrysocoUe [Introd., p. 243); puis le 
misy et le sory, sels basiques de fer et 
de cuivre, jaunes (Introd., p. 242), et 
l'oxyde de fer rouge (Introd., p. 261). 
Cette décomposition préoccupait beau- 
coup les alchimistes grecs. 



LE SERPENT 



23 



2. Son ventre et son dos sont couleur de safran; sa tête est d'un vert fonce'; 
ses quatre pieds constituent la tétrasomie (i); ses trois oreilles sont les 
trois vapeurs sublimées. 

3. L'Un fournit à l'Autre son sang (21-, et l'Un engendre TAutre. La 
nature réjouit la nature; la nature charme la nature ; la nature triomphede la 
nature; et la nature maîtrise la nature [3); et cela non pas pour telle (nature) 
opposée à telle autre, mais pour une seule et même nature (4), (procédant) 
d'elle-même par le procédé (chimique), avec peine et grand etfôrt. 

4. Or toi, mon ami très cher, applique ton intelligence sur ces matières 
et tu ne tomberas pas dans Terreur; mais travaille sérieusement et sans 
négligence, jusqu'à ce que tu aies vu le terme (de ta recherche). 

5. Un serpent est étendu, gardant ce temple (et^ celui qui l'a dompté; 
commence par le sacrifier, puis écorche-le, et après avoir pris sa chair 
jusqu'aux os, fais en un marchepied à l'entrée du temple; monte dessus et 
tu trouveras là l'objet cherché. Car le prêtre, d'abord homme de cuivre, a- 
changé de couleur et de nature et il est devenu un homme d'argent; peu de 
jours après, si tu veux, tu le trouveras changé en un homme d'or (5). 



1. vi. — LE SERPENT 

I. Voici le mystère: le serpent Ouroboros, c'est-à-dire la dissolution des 
corps effectuée par son opération. 



(i) Les quatre métaux imparfaits : 
Plomb, Cuivre, Étain, Fer, exprimés 
en un seul mot. 

(2) Ou bien selon une autre version : 
l'Un fait naître l'Autre. 

(3) Ce sont les axiomes du Pseudo- 
Démocrite. 

(4) S'agit-il ici de la transmutation 
opérée sur un métal unique; et non 
sur un alliage? — Voir I, xv: Assemblée 
des Philosophes, et la citation du traité 
De Mineralibus (d'Albert le Grand livre 



III, ch. 8), faite dans la β /W. Chem.de 
Manget, t. I, p. 984. 

(5) Origines de l'Alchimie, p. 6o. Zo- 
sime a reproduit cet exposé avec plus 
de développement; ce qui montre que 
c'étaient là de vieilles formules, expri- 
mant la transmutation des métaux. On 
pourrait imiter ces changement_s par des 
précipitations galvaniques successives : 
mais rien ne prouve l'identité des opé- 
rations anciennes avec celles là. 



24 



INDICATIONS GENERALES 



2. Les lumières (i) des mystères de l'art, c'est la teinture en jaune. 

3. Le vert du serpent, c'est Viosis, c'est-à-dire sa fermentation; ses quatre 
pieds, c'est la te'trasomie employée dans la formule de l'art; ses trois oreilles, 
ce sont les trois vapeurs et les douze formules ; son ios (2), c'est le vinaigre. 

4. Or toi, mon ami très cher, applique ton intelligence sur ces ma- 
tières. 

5. Un serpent est étendu, gardant le temple (et) celui qui l'a dompté. (La 
suite comme an § précédent.) 



II. — INSTRUMENT D'HERMES TRISMEGISTE 



(3) 



1. Pour l'amour de l'art, exposons la (méthode) indiquée par Hermès. Il 
conseille de compter depuis le lever du Chien (4), c'est-à-dire depuis Epiphi, 
25 juillet, jusqu'au jour où le malade est alité, et de diviser le nombre ainsi 

obtenu par 36. Maintenant, voyez le reste dans le tableau ci-dessous. 

2. La lettre Ζ ('ζωή) désigne la vie; Θ, (Οάνατ:;) la mort; K, (y.ivîuvs;) le 
danger (5). 



I. 6. 


z. 


10. 


i3. 14. 18. 20. 22. 24. 


25. 28. 


3o. 


32. 


2. 


4• 


(-). 


12. 16. 17. 21. 23. 26. 


27. 33. 


35. 








3. 


5. 8. i5. Kl. K. 20. 3 


• ?4• 







(i) L'auteur joue sur le mot φώτα, 
qui signifie aussi les feux des fourneaux 
sur lequel on exécute les opérations. 

(2) 'Venin, ou rouille, ou propriété 
spécifique active (v. Introd., p. 254). 

(3) Voir Introd., p. 86 : les médecins 
astrologues. 



(4) Sirius. 

(5) Ces lettres sont prises en même 
temps pour leurs valeurs numériques 
dans le tableau : Ζ signifiant 7; Θ, 9; 
K est pris pour 1 1 (au lieu de 20). 
Le signe du nombre 35 dans le grec est 
également erroné. 



LISTE PLANETAIRE DES METAUX 



25 



I. viii. — LISTE PLANETAIRE DES METAUX '" 

LES MINÉRAUX (2) 

1° Saturne : Plomb•, litharge; pierres de miel; pierres gagates (3); clau- 
dianos (4) et autres substances analogues. 

2° Jupiter : Etain ; corail (5) ; toute pierre blanche; sandaraque; soufre et 
autres substances analogues. 

3° Mars : Fer; pierre d aimant; pséphis (6); pyrites rousses (7) et substan* 
ces analogues. 

4° Soleil : Or; escarboucle; hyacinthe; diamant (?); saphir et substances 
analogues. 

5° Vénus : Cuivre; perle; onyx; améthyste; naphte; poix; sucre; asphalte; 
miel; (gomme) ammoniaque; encens. 

6» Mercure : Emeraude ; jaspe ; chrysolithe ; hésychios (8) ; mercure; 
ambre; oliban et mastic. 

7* Lune : Argent ; verre ; antimoine ; cuir ; chandra (9) ; terre blanche et 
substances analogues. 

La liste transcrite dans R, c'est-à-dire dans le manuscrit 2419 (traité d'Al- 
humazeiT]; Introd., p. 79 et 206, mérite une attention particulière. Elle répond 
à une tradition astrologique plus complète et plus ancienne, remontant pro- 
bablement aux Chaldéens; car elle est encadrée entre une liste de plantes 
et une liste d'animaux, également consacrées aux Planètes (10). Un certain 
nombre de noms de pierres précieuses (saphir, sardoine, jaspe, chrysolithe, 
perle), de minéraux ipierre d'aimant, litharge), d'alliages (claudianos, asèm 



(1) Cp. Origines de l'Alchimie, p. 232 
et suivantes. — Les signes des planètes 
sont en marge des manuscrits, à côté du 
nom du métal. — Voir Introd., p. 79, 
206 et les notes du Texte grec. 

(2) Consacrés à chaque planète, R. 
voir la note du Texte grec. 

(3) Pierre bitumineuse. — Diosco- 
RiDE, Mat. méd., 1. V, 145. — Introd , 
p. 254. 



(4) Alliage métallique. — Introd., 
p. 244. 

(5) Dans R: au lieu du corail, le béryl. 

(6) Mot à mot : caillou; c'est quelque 
minerai de fer. 

17) R : Pierre de feu. 
(8) Corps inconnu : Ce mot manque 
dans R. 

(q) Corps inconnu. 

(10) Te.xte grec, p. 24, note. 



26 



INDICATIONS GENERALES 



OU diargyros), sont transcrits en caractères, hébraïques, comme si l'on avait 
voulu en interdire la connaissance aux gens non initiés : c'est l'indice d'une 
vieille tradition mystique. 

L'ordre des corps est parfois plus naturel : le sucre, par exemple, n'étant 
pas interposé entre la poix et l'asphalte, comme dans les manuscrits alchi- 
miques, mais se trouvant à côté de son congénère, le miel. 

Le mercure (métal) est placé tout à la fin de la liste de la planète Her- 
mès; ce qui accuse l'addition de ce métal à une liste plus ancienne, où l'é- 
meraude, mise à la suite du nom de la planète, jouait le rôle d'un métal, 
comme le mafek égyptien (Origines de V Alchimie, p. 220, 234). L'existence 
de cette liste antérieure est indiquée plus nettement encore par les mots ajou- 
tés: « les Persans attribuent à cette planète (au lieu du mercure) l'étain. » 
— De même, dans la liste des matières attribuées à la planète Jupiter, après 
le mot Etain, on lit: '< Les Persans attribuent à cette planète (au lieu de l'é- 
tain) le métal argentin » ; ce qui signifie l'asèm ou électrum. Il y a là une 
indication très remarquable des changements survenus dans les attributions 
des métaux aux planètes, après que l'asèm ou électrum eut disparu de la 
liste des métaux, vers le vi° ou vu" siècle de notre ère (v. Introd., p. 81 à 85). 



I. ,x. _ NOMS DES FAISEURS D'OR"• 

I . Connais, mon ami, les noms des faiseurs d'or : 

Platon, Aristote, Hermès, Jean le grand prêtre dans la divine Evagie (2) ; 
Démocrite, Zosime, le grand Olympiodore, Stephanus le philosophe, 
Sophar le Persan, Synésius, Dioscorus le prêtre du grand Sérapis à 
Alexandrie, Ostanès l'Egyptien, Comarius l'Egyptien, Marie, Cléopâtre 
la femme du roi Ptolémée (3), Porphyre, Epibechius (4), Pelage, Agatho- 



(i)Vo\T Origines de l'Alchimie, γ. 128 
et suivantes. Voir aussi la liste ancienne 
du manuscrit de Saint-Marc, donnée 
dans Vlntrod., p. iio. 

(2)Cp. Origines del'Akliimic.^. i iS. 

(3) Cléopâtre, la femme alchimiste. 



a été confondue plus tard avec la reine 
de ce nom. Origines de l'Alchimie, 
p. 173. 

(4) Alias, Pebechius, Pebichius. C'est 
Horus l'Epervier : Origines de l'Alchi- 
mie, p. 168. 



NOMS DES VILLES 



27 



démon, Héraclius l'empereur, Théophraste, Archélaiis, Pétasius (i), 
Glaudien, le philosophe anonyme, le philosophe Menos (2), Pauséris, 
Sergius. 

2. Ce sont là les maîtres partout célèbres et œcuméniques, les nouveaux 
exégètes de Platon et d'Aristote. 

3. Les pays où Ton accomplit cette œuvre divine sont: l'Egypte, la 
Thrace, Alexandrie, Chypre et le temple de Memphis (3). 



l. X. _ NOMS DES VILLES 

Sur la pierre métallique ; en quels lieux elle est préparée {^. 

1. Il faut connaître en quels lieux de la terre de Thébaïde se prépare la 
paillette métallique ; Cléopolis (Héracléopolisi ; Alycoprios (Lycopolis) ; 
Aphrodite; Apolen