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Full text of "Compte-rendu des séances de l'administration provinciale d'Auch"

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COMPTE-RENDU 



DES SEANCES 



L'ADMINISTRATION PROVINCIALE D'AUCH 

AVEC 

NOTES & DOCUMENTS 

1787 



COMPTE RENDU 



DES SÉANCES 



DE 




D'AUGH 

AVEC NOTES ET DOCUMENTS 

PAK LK 

MARQUIS DE GALARD-MAGNAS 

1887 



^^<^^^ ^^\ 




ACEN 

MPRIMKRIK VfRGff.E LEN'THÉRIG 

Madame v« lenthéric successeur 

12, Rue de Cessac, 12 

1887 






BléUOTHECA 



^^^'> 



5^7 



J 



La Motte-en-Brie, ce 25 novembre i6éi. 



« A la campagne il faut qu'un reclus s'occupe et empesche son 
« corps et son esprit de se rouiller. Je me promène beaucoup dans 
« la salle, la chambre, le jardin, le bois, les avenues de la maison, 
« et pendant cela, mon esprit fait plus de chemin que mon corps, 
a et, si l'on trouve après moy, force papier brouillé dans mon 
« cabinet de travail, c'est que j'ai haï l'oisiveté, et qu'il vaut 
(( mieux faire de médiocres compositions que de ne rien faire. » 

« Quant à l'origine et à la généalogie de la famille des Gou- 

« las, de Paris, il n'est guère d'ancienne race qui n'ait sa chimère ; 
« il y en a chez nous comme chez les autres, et la tradition veut 
« que Robert Goulas, le premier qui vint s'établir dans l'Isle-de- 
« France, y faisoit les affaires du Duc Jehan de Bourbonnais, en 
« 1453, après qu'il eut épousé la fille du roi Charles VIP. Ce 
« Robert venoit, d'après la tradition, d'un gentilhomme gascon, 
« que le Duc de Bourbon, aïeul de Jehan, avoit amené de Guyenne, 
« lorsqu'il s'en retourna victorieux des Anglois, au temps de 
« Charles VP, vers l'an 1400 et ledit Gentilhomme était sorti des 
« seigneurs de Terraube, près de Leictoure, du nom de Goalar ou 
« Goular, I'r ayant été jadis changée en s et ayant été, plus tard, 
« appelé Goulas, au Ueu de Goular. » 



(Extrait des Mémoires de Nicolas Goulas de La Motte, gentilhomme ordinaire 
de la Chambre de Mgr Gaston, duc d'Orléans, décédé en son château de La 
Motte-en-Brie, le 13 avril 1683.) 



ERRATA 



Page 3, ligne 34, au lieu de 533, lisez : 357. 

— 4, — 5, au lieu de 2, lisez : /. 

— 23, — 24, après province, lisez : depuis plusieurs années. 

— 33, — 3, au lieu du 19 novembre et du 12 décembre, 

lisez : le t2 novembre et le 19 décembre. 

— 106, — 2, après d'Armagnac, lisez : et du Quercy. 

— 112, — 37, après sable , lisez : et , brochant sur le tout , 

d'azur à la Tour d'argent , maçonnée de 
sable , placée sur un semis de fleurs de 
lys d'or. 

— 147, — 2, après 1375, ajoutez : la. 

— 147, — 9, au lieu de Langeois , lisez : Langlois. 

— 153, — 25, au lieu de a donné, lisez : a compté. 

— 157, — 6, après souverain, mettez : deux guillemets et 

le cliifTre 2, au lieu de 1. 

— 171, — 33, au lieu de Behanay, lisez : Duchanay. 

— 180, — 34, au lieu de lieutenan, lisez : lieutenant. 

— 187, — 23, après côté, mettez : virgule, et supprimez : et. 

— 191, — 4, au lieu de épousa, lisez : s'allia, le 15 novembre 

1592, avec. 

— 196, — 34, au lieu de Maulenq, lisez : Moulenq. 

— 205, — 2'i, au lieu de laiiternistes, lisez : lanternistes. 

— 229, — 35, au lieu d'œternan, lisez : wternam. 

— 234, — 2, au lieu de Saint-Clar (Gers), lisez : Gramont 

(Tarn-et-Garonne). 

— 242, — 35, au lieu de 7'ois, lisez : trois. 

— 255, — 4, après médiocres, fermez les guillemets. 

— 263. — 30, au lieu de Ferdinand, lisez : Ferdinande. 

— 266, — 14, au lieu de seeret, lisez : secret. 

— 270, — 27, au lieu de au, lisez : aux. 

— 281, — 25, au lieu de Monnein, lisez : Monein. 



VIII 

Page 299, lignes 24, 27, au lieu de Fimarçon, lisez : Fimarcon. 

— 299, — 32, après glands, lisez : de. 

308, — 29, ajoutez guillemets, entre devant et Monseigneur. 

— 332, — 14, ajoutez après Larraxe (^). 

— 332, — 17, effacer après {1481) (*). 

— 346, — 21, au lieu de Limouzin, lisez : Limousin. 

— 347, — 9, au lieu de chapelenie, lisez : chapellenie. 

— 400, — 19, au lieu de le terreur, lisez : la terreur. 

— 410, — 28, ajoutez ('). 

— 443, — 17, au lieu de six, lisez : sept, 

— 454, — 16, au lieu de est, lisez -.et. 

— 482, — 33, ajoutez (*). 

— 496, — 29, après troisième, lisez : d'azur à la bande d'or. 

— 502, — 29, après 1636, ajoutez : Le pr-emier Président dont 

il est ici question , se nommait Jean de 
Bertier. 



COMPTE RENDU 



DES SEANCES 



DE L'ADMINISTRATION PROVINCIALE D'AUCH 



1787 



En notre époque de désorganisation radicale et de transfor- 
mation violente, le monde qui rélléchit aime souvent, par 
révolte et antithèse , à étudier le passé, à se rattachei' aux 
l'ègles d'autrefois et aux traditions de l'ancien régime. Il se 
prend d'un certain goût, mêlé de regret, pour diverses institu- 
tions disparues, où il constate de l'ordre, de la tenue, et ce 
sentiment de respect i)Our l'autorité, si profond jadis, si nul 
maintenant. Jamais le siècle dernier n'avait été aussi étudié 
que de nos joui's, et nous sommes avides de connaître les 
habitudes, les costumes ^ et surtout les idées de la génération 
qui vivait de 1700 à 1790. 

La représentation nationale actuelle -, si singulièrement 
composée , sauf d'honorables exceptions , de par le droit du 
sutlVage universel, fait reportei-, avec curiosité, les esprits 
sérieux vers le temps qui précéda le bouleversement généi'al 

'« Consulter pour les costumes de cette époque, le bel ouvrage de M. le comte de 
Reisel. Moiles et usages nu temps île Marie-Antoinette. » 

^.lanvi.T 1887, 



2 COMPTE RENDU DES SEANCES 

de '1792, temps de transition trop court, hélas ! où le Roi, les 
ministres et la noblesse, marchaient d'accord pour le bien du 
pays. Cependant on doit remarquer que déjà, la l'eprésenta- 
tion nationale, telle qu'on la comprenait alors, ne paraissait 
plus suffire aux besoins du l'oyaume; de toutes parts s'éle- 
vaient des plaintes, motivées ou non, et des demandes énergi- 
ques de réformes et de changements. Depuis quelques années, 
l'esprit frondeur des villes battait en brèche les vieilles insti- 
tutions, jugées insuffisantes, et la critique s'exerçait, sans 
retenue et sans justice, sur les délégués chargés des intérêts 
des Provinces. Partout se manifestaient de graves symptômes 
d'indépendance, souvent de désaiïection, et l'antique édifice de 
la Monarchie, abandonné même par ceux qui devaient le 
protéger, allait être bientôt livré, sans défense, aux attaques et 
aux insultes. 

(( Pourtant, écrivait Monsieur de Ségur, si le plan trop 
(( blâmé, des administrations provinciales, et qui était bien 
« conforme aux paternelles intentions du Roi, eût triomphé 
« des obstacles que l'intrigue lui opposa, au lieu de courir 
(( imprudemment à une liljerté chimérique par les secousses 
ft violentes d'une orageuse révolution, l'éducation nationale se 
« sei'ait faite gi'aduellement ; ces réformes salutaires seraient 
« arrivées peu à peu ; les délibérations municipales et pro- 
« vinciales auraient olfert au trône des lumièresetdesappuis; 
i( l'autorité se serait accoutiunée à écoutei' un vœu national 
« bien éclairé, qui aurait centuplé sa force, et la vraie lil)erté 
« se sei-ait naturalisée cliez nous sans elforts, au lieu d'y 
ft apparaître comme une puissance hostile, qui envahit, qui 
« renverse, qui nivelle, et devant laquelle les anciens pouvoirs, 
« les anciennes sui)ériorités, les anti<jues lois et les vieilles 
«,< (•(Miliimcs, sont i'orcés, a[>ivs lui combat, court mais jicharné, 
« de céder ou de périr. 

a Les gens de 89 trouvèi-ent la [)lupart des réformes en 
« geiine et quand on lit les cahiei's ap[)ortés aux Ktats-Géné- 
« raux, il reste dans l'àme de chaque lecteur sincère et 
« iiiip.trliid, un sciiliinciil de luotonde reconnaissance pour 



COMPTE RENDU DES SEANCES ô 

(c les classe» élevées de la Société, qui, au prix de leurs 
(c privilèges, de leur bien-être, de leurs jouissances, se sont 
« mises à la tête d'une opposition qui aurait avorté sans 
« leur aide, et qui a été dévoyée dès qu'elles ont été éloignées 
c( du terrain politique^ Ceci n'est point un paradoxe; on peut 
ft en trouver la preuve ilans chaque province-. » 

Au Sud-Ouest de la France, où s'était toujours perpétué le 
souvenir des communes libres, des consuls nommés par elles, 
et d'une autonomie urbaine et rurale qui était un legs de la 
domination romaine, les Assemblées d'Election et de Pro- 
vince avaient encore gardé beaucoup de leur prestige ancien 
et de leur impoitance passée. Dans les villes comme dans les 
campagnes, c'était un honneur très recherché, d'être choisi 
pour représenter et défendre les intérêts des populations. De 
tout temps, en Guienne et en Gascogne, des hommes considé- 
rai )les par leur nom, leur position ou leur caractèi-e, avaient 
été élus par la communauté qui avait foi en eux ; les fonctions 
consulaires n'étaient nullement dédaignées par la noblesse 
d'épée, et jusqu'en 1594, les gentilshommes les plus qualiliés 
entraient dans le mouvement communal pour le diriger et lui 
donner l'appui de leur autorité. 

Si dans toutes les provinces le même esprit eût animé les 
seigneurs, « la noblesse vaincue sur le terrain de la féodalité, 
(( se serait promptement relevée par l'influence d'Assemblées, 
« où elle aurait dominé, en défendant les intérêts de tous, 
(( en devenant, à son tour, l'alliée du Tiers-Etat, qui avait 
(( jusqu'alors combattu avec les rois ; elle aurait réparé les 
« défaites qu'elle avait constamment éprouvées depuis Louis- 
(.( le-Gros, et elle devenait une Aristoci'atie politique-^ » 

Au moyen âge, les seigneurs gascons s'étaient montrés plus 
habiles ou plus prévoyants, et pendant longtemps les che- 

1 Comme témoignage des seiilimeiits de la noblesse à cette époque, nous citons à 
l'appendice : » le Cahier des nobles de la Prévôté et Vicomte de Paris-hors-les-murs, con- 
tenant les ponviiiis (juils ronflent à leurs députés aux Etats-Généiaux >•. App. page 533. 

2 G. Niel. 
•< Batbie. 



4 COMPTE RENDU DES SEANCES 

valiers des plus anciennes et des plus illustres races ne 
croyaient point déroger en occupant les charges consulaires 
dans leurs villes ou villages. L'histoire, avec son impartialité, 
a dû reconnaître que les abus de pouvoir furent rares et 
que les intérêts des « communautés- » furent presque tou- 
jours énergiquement défendus par les gentilshommes à qui 
elles avaient commis le soin de les protéger. 

Bernard de Gontaut était, en 1328, consul de Gondom 
avec Vital de Peyrecave, Pierre de Fousseries et Vital de 
Labat ; Sans d'Astarac fut nommé consul, vers 1377, à 
Valence d'Armagnac , et en 1418 , Auch avait, pour premier 
magistrat, un membre de la grande famille de Montant. Les 
Montbrun, Villeneuve, Rouaix, Varagnes, de Pins, Puybus- 
que, Montlaur, Bai'bazan, Rivière-Thézan, Paulignac, Béon, 
Bastard, d'Astugue, de Bordes, d'Angiade, d'Aigremont, 
Manas et quantité d'autres gentilshommes avaient brigué et 
obtenu l'honneur d'ajouter une illustration nouvelle à leur 
gloire féodale. Un retlet de ces coutumes et de ces idées 
s'était conservé dans le Midi jusqu'en 1787, et, à cette 
époque, un membre de la noblesse, quelqu'élevé que fût son 
lignage, se trouvait encore honoré de pointer le titre de 
délégué ou député, soit pour la réunion de l'élection, soit 
pour l'Assemblée de la Généralité, appelée Assemblée 
Provinciale. 

On donnait ce dernier nom aux gi-andes subdivisions qui 
partageaient la France pour faciliter la perception des im- 
pôts. L'assemblée de l'Election ne devait s'occuper que d'af- 
faires peu importantes et limitées à l'étendue, toujours assez 
lestreinte, de l'Election elle-même. « Les attributions du 
bureau de l'Election pai-ticipaient d'un double caractère, 
comme ti'il>unal et administiation. G'est de là que partaient 
les instructions pour le mode de perception, les facilités à 
accorder, les délais à fixer, les remises et modérations à 
déterminer, les moyens coei-citifs à employei'. G'était le gou- 

' Paroiiisfïs. 



COMPTE RExNDU DES SÉANCES 5 

vernement qui posait les premières bases du budget général 
de l'Etat, qu'on partageait ensuite entre les diverses provinces, 
mais le jugement en dernier ressort ne lui appartenait pointa) , 
Au contraire , l'Assemblée Provinciale comprenait toute la 
généralité , et traitait les intérêts les plus graves, sous la 
direction du Sénéchal , dans les provinces du royaume où il 
n'y avait pas d'Etats. Jusqu'à la fin du xiii'^ siècle, les Séné- 
chaux furent pris dans la noblesse et ils devaient être cheva- 
liers et possesseurs de fiefs ; leur pouvoir était fort considé- 
rable, mais il fut diminué, plus tard, par les Parlements qui 
avaient le droit de réviseï- et de casser leurs jugements. Dans 
le Nord de la France, les Sénéchaux s'appelaient Baillis^, et 
il n'y avait aucune différence entre les fonctions qui corres- 
pondaient à ces deux titres. Philip pe-le-Bel avait déjà restreint 
la puissance des sénéchaux et des baillis, qu'il soumit à la 
nomination et à la révocation par le Conseil du Roi, Ils ne 
purent plus commander de troupes que dans le cas, fort rare, 
de convocation de l'arrière-ban. 

Au xviie siècle, Richelieu créa, de nouveau, les Intendants, 
qui avaient déjà existé vers 1555 et il a donné les motifs qui 
présidèrent à cette institution : a Apprendre comment se 
gouverne la noblesse, et arrêter le cours de toutes sortes de 
désordres , spécialement les violences de ceux qui , étant 
puissants et riches, oppriment les faibles et les pauvres su- 
jets du Roy ; » cette magistrature, ennemie des Parlements , 
ruina la puissance du Sénéchal, dont la charge devint purement 
honorifique; cependant, en 1789, le roi confia aux sénéchaux 
du Royaume le soin de convoquer le peuple dans les Assem- 
blées électorales et de surveiller la liberté du scrutin. 

Les intendants de Province, ou commissaires des finances, 
qui, à la fin du xviiP siècle, étaient pour toute la France, au 
nombre de trente-deux, devaient représenter le pouvoir central 
dans la grande circonsciiption administrative appelée géné- 

' F. de Cassassolles, — Hist. île Saranion. 

^ Parfois on trouve aussi ce nom usité anciennenient dans le Midi et il y eut, en 1208, 
une transaction passée à Agen, en présence du bailli du roi et du bailli de l'évêquc. 



6 COMPTE RENDU DES SEANCES 

ralité; iioniniés par simple commission du Conseil et révocables 
à volonté, ils se qualifiaient d' ((Intendants de justice, police 
et finances du Royaume, pour Sa Majesté, commissaires 
députés dans les diverses généralités pour l'exécution des 
ordres du Roy ï>. Richelieu les avait institués dès 1635, afin 
de tenir en échec la noblesse et surtout les Gouverneurs de 
Province , trop influents et trop redoutables pour le pouvoir 
du Souverain. Les Intendants , supprimés en 1648 sur les 
observations des Parlements, furent rétablis (1653), avec 
une autorité bien plus grande qu'auparavant, et ils parvinrent 
sous Louis XIV, à l'apogée de leur puissance , qui pouvait 
aller jusqu'à faire supprimer à la fois, cinq présidents et dix- 
huit conseillers à la Cour des Aides de Montauban'. 

Soutenus par le Ministre, et certains d'avoir toujours raison 
en dernier ressort dans le Conseil du Roi, ils se livrèrent 
souvent à des exactions que signalaient énergiqueraent les 
Parlements- dont ils auraient bien voulu éviter la juridiction 
dans leuis procès particuliers. Sortis de la classe bourgeoise 
et de la petite noblesse de robe , les Intendants avaient 
fréquemment de graves difficultés avec les Assemblées Pro- 
vinciales où dominaient les grands seigneurs , le clergé élevé 
et la noblesse propriétaire de nombreux fiefs dans le pays ; 
ces deux pouvoirs, d'accord en cela avec le peuple , faisaient 
retomber sur les Intendants, souvent avec raison, l'odieux des 
charges fiscales qu'ils présentaient et devaient , par devoir 
comme par position, défendre et faire adopter. 

Les pays d'Etats votaient les impiHs dont la répartition et le 
recouvrement avaient lieu sous leur direction; ces pays d'Etals 
se composaient de provinces qui n'appartenaient pas originai- 
rement à la couronne, et (jui avaient stipulé le maintien de 

' Louis XVI (lisait, avec les meilleures iiilenlions du momie : •< L'administralioii des 
pays (rKtal il (|iieiinirs exicptinus près, le léj^ime îles Iiilfiidanls, à quelques abus près, 
est ce qu'il y a de mieux dans mou royaume». (Faujçère-Dubourg.) 

' Mcssire Antoine de Bourdcaux, intendant du Bazadais. un des hommes les plus à 
portée de connaître les gens de finances, écrit dans ses mémoires que « les eslus et aultrcs 
gens pareilles lui paroissent n'abvoir esté créés que pour abismer les peuples mettant tout 
en usage pour .s'enrirliir». iHer. tCAqnilahic I8(>2 — l'âge r>l5. 



COMPTE RENDU DES SÉANCES 7 

leurs privilèges, au fur et à mesure de leur réunion. Beaucoup 
de ces assemblées avaient été supprimées, à des dates diverses, 
avant la Révolution. 

En 1789 les pays d'Etats étaient : le Béarn, la Basse-Navarre, 
le Bigorre, la Soulle, la Bretagne, la Bourgogne, l'Artois, la 
Flandre-Wallone, le Cambrésis, le Languedoc, la Provence, 
le Marsan, le Nébouzan, le comté de Foix, le Labour et les 
Quatre-Vallées. Les pays conquis, ou cédés, étaient : l'Artois, 
la Corse, la France- Wallone, le Hainaut, la Franche-Comté, la 
Flandre-Maritime et la Lorraine ^ Sauf dans les pays d'Etats, 
il y avait partout des élections. Dans les pays d'Elections, 
l'impôt foncier et la capitation étaient fixés par le conseil du 
Roi et perçus sous la surveillance et l'autorité d'officiers 
appelés Elus. Les tailles devinrent annuelles à partir de l'Edit 
de 1455, et les fonctionnaires furent institués en titre d'office 
tout en gardant la dénomination d'Elus. 

Les cours des Aides statuaient sur les décisions des Elus, 
définitivement toutes les fois que l'intérêt du procès dépassait 
dix livres. Ces Cours étaient au nombre de cinq pour toute la 
France: Paris, Montpellier, Bordeaux, Montauban etClermont- 
Ferrand. 

Pour remédier au désordre des finances et créer une 
perception d'impôts plus équitable et plus régulière, l'opinion 
puljlique réclamait éiiei'giquem.ent, dès 1785 -, la réunion des 
Etats-Généraux. Après bien des hésitations, dont les traces se 
voient même dans la date de convocation qui, fixée primitive- 
ment au 29 janvier, fut ensuite retardée jusqu'au 22 février, 
Louis XVI redoutant peut-être les Etats - Généraux (leur 
importance avait toujours faitombrage à la Royauté), convoqua, 
en 1787, l'Assemblée des Notables, Assemblée consultative 
seulement. Messieurs de Calonne et de Vergennes, appuyés 



* D'après TEtat de la France, en I78'J, par Paul Boiteau, sur 35 généralités 14 avaient 
conservé leurs Etats, et :21 étaient devenues des pays d'Election. 

- En 1788, le parlement du Dauphiné, soutenu parla province, ])roclamait la restaura- 
lion de ses anciens Etats et blâmait la forme, donnée par les Edits, aux Assemblées 
Provinciales. 



8 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

par le comte d'Artois, avaient indiqué et conseillé ce moyen, 
employé déjà sous les Valois et dont le but était d'amoindrir 
l'opposition et les droits, vrais ou prétendus, des Parlements. 
Le roi lui-même dressa la liste de l'Assemblée des Notables, 
que nous transcrivons , telle qu'elle sortit du cabinet de 
Louis XVI, avant les modifications qui y lurent postérieurement 
apportées, et sans le nom de Monsieur de La Fayette, ajouté 
plus tard, au grand déplaisir du souverain, toujours plein de 
défiance contre son ambition et ses sentiments bruyamment 
républicains. 

[^a lettre de convocation écrite par le Roi aux divers mem- 
bi'es de l'Assemblée des Notables fut conçue en ces termes : 

i( M 

« Ayant résolu d'assembler des personnes de diverses condi- 
tions et des plus qualifiées de mon état, alin de leur commu- 
niquer mes vues pour le soulagement de mes peuples, l'ordre 
de mes finances et la réformation de plusieurs abus, j'ai jugé 
à propos de vous y appeler. 

« Je vous fais cette lettre pour vous dire que j'ai fixé ladite 
Assemblée au 29 du mois de janvier 1787 à Versailles, et que 
mon intention est, que vous vous y trouviez le dit jour à son 
ouverture pour y assister et y entendre ce qui sera proposé de 
ma part ; je suis assuré que je trouverai en vous le secours que 
je dois en attendre pour le bien de mon Royaume, qui en est 
l'objet. 

« Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde. 

« A Versailles ce 20 décembie 1780. » 

Une estampe du temps » représente le roi assis sur un 
fi(me llenrdrlysé, entouré des notables eu grand costume et 
présidant l'assemblée. 



' A l'aris, chez M. de Lcscla|i;irl, libraire, rue du Koule ; à Versailles, rue Dauphine, 
cheilcs Associés. 



COMPTE RENDU DES SÉANCES 9 

L'inscription suivante se lit au bas de la gravuie : 

« Citoyens assemblés par un Roy citoyen, 

Conseil de la patrie, et son noble soutien, 

Vous ne trahirez pas l'attente Généreuse, 

D'un Roy qui veut, par vous, rendie la France heureuse. » 



10 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

Assemblée des divers Notables du Royaume convoqués 
par le Roy, pour le 29 janvier 1787 



ARCHEVEQUES 



— PARIS - 



Antoine, Eléonor, Léon le Clerc de Juigné 
(né à Paris le 2 novembre IT^S.) 



RHEIMS — 



Alexandre, Angélique de Taleyrand-Périgord 
(né à Paris en 1736.) 



NARBONNK 



Arthur, Richard de Dillon 
(né à S^-Germain en Laye en 17'21.) 



— TOULOUSE — 

Etienne, Charles de Loménie de Brienne 
(né à Paris en [T21.) 

- MX - 

Jean-de-Dieu, Raymond de Boisgelin 
(né à Rennes le '11 féviier 173^2. ) 

— ARLES — 

Jean-Marie Dulau 

(né au cliàteau de La-Coste, près Périgueux, 

le 30 octobre 1738.) 

— BORDEAUX - 

Jérôme, Marie Champion de Cicé 
(né à Rennes en 1735.) 



COMPTE RENDU DES SÉANCES 11 

EYÈQUES 

— LE PUY EX VELAY — 

]Maiiie, Joseph de Galard-Terraube 
(né dans le diocèse de Lectoure le 20 mai 173G.) 

— LANGRES - 

César, Guillaume de la Luzerne 
(né à Paris en 1738.) 

— RODEZ — 

Colbert-SeiCtNElay de Gast-le-Hill 
(né en 1736.) 

— blots — 

Alexandre, François, Amédée, Adonis, Anne, Louis 

Joseph de Lauziéres-Thémines 

(né à Montpellier le 13 janvier 1742.) 

— NANCY — 

François de Fontanges 
(né dans le diocèse de Clermont, le 8 mars 1744.) 

— alais — 

Louis, François de Beausset 
(né à Pondichéry le 14 décembre 1748.) 

— NEVERS — 

Pierre de Séguiran 
(né à Aix, le 19 avril 1739.) 

NOBLESSE 

Maréchal de Contades 

— de Broglio (Broglie) 

— de MoucHY (Noailles) 

— Mailly 

— de Vaux (d'Espinay St-Luc) 



12 



COMPTE RENDU DES SEANCES 



Maréchal (I'Aubeterre 

— Beauveau 

— de Stainville 
Duc d' Harcourt 

— de NivERNOis 

— de La Rochefoucault 

— de Croi 

— de Luxembourg 

— de Tonnerre 

— d' Egmont 
Comte de Périgord 

— Destaing 

— de Robec 

— de Chabot 

— de Briexne 

— de Charos 

— du Chatelet 

— de Laval 

— de Montmorin 

— de Thyars 

— de PUYSÉGUR 

— de Montboissier 

— de Flaxlande 

— de Choiseuil la Beaume 

— de ROCHECHOUART 

— de Langeron 

— de Guignes 

— de Bouille 

— de MiREi'Oix 

— de Navailles 

— de Croix des Chein 



(d'Esparbès) 

(Choiseul) 

(Mazarin) 



(Montmorency) 
(Ciermont) 
(Lamoral) 
(Talleyrand) 

(Montmorency) 

(Rohan) 

(Loménie) 

(Béthune) 

(Lorraime) 

(Montmorency) 

(St-Hérem) 

(de Bissy) 

(de Chastenet) 

(Canillac) 



(Lévis) 
(Montaut-Bénac) 



LES TliOlS DÉPUTÉS DES PROVINCES EN PAIS D'ETAT 



I^nguedoc, 
Bretagne, 



Bourgogne 

Artois. 



COMPTE RENDU DES SÉANCES 13 

HUIT CONSEILLERS D'ETAT 

De Sat'yigny, De Fourqueux, 

BouTiN, Lenoir, 

ViDAu de la Tour, Lambert, 

Baccancourt, La Galizière. 

MAITRE DES REQUÊTES, INTENDANTS 

Berthier, Esmaxgard, 

Neville, Villedeuil. 

COURS SOUVERAINES 

— PARIS - 

D'Aligre, premier président 

D'Ormesson, 

Saron, 

Lamoigxon, 

De Fleury, pi'ociireur général 

— BRETAGNE — 

Cattuelan, premier président 

BouRBUELAN, procureur général 

— TOULOUZE - 

Le président Senault, 
Gambon, procureur général 

— BORDEAUX — 

Le Breton, premier président 

DuDON, pi'ocureur général 

- DIJO.X - 
Saint-Seine, premier président 

Bérard, procureur général 

— ROUEN — 

Pontcarré premier président 

Belbœuf, procureur général. 



14 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

— AIX — 

La Tour, premier président. 

Gastillon, procureur général. 

— PAU — 

La Gaze, premier président. 

BoRDENAVES, procureur généraL 

— METZ — 

HocQUART, premier président. 

Lançon, procureur généraL 

— BESANÇON — 

Grosbois, premier président. 

AuROSE, procureur généraL 

— DOUAY — 

POLiNCOVE, premier président. 

Beaumaize, procureur généraL 

— NANCY — 

Gœur de Roy, premier président. 
Marcol, procureur généraL 

CONSEIL SOUVERAIN D'ALZACE 

De Gheponne, premier président. 
LoiSEAU, })rocureur généi'aL 

— ROUSSILLON - 

Malartic, premier président. 

ViLLAHs, procureur général. 

GIIAMBKE DES GOMPTES DE PARIS 

NiCOLAY — MONTHOLON 

COUR DES AIDES DE PARIS 

BaRK.NTIIIN — HoCQUART 



COMPTE RENDU DES SEANCES 

DÉPUTÉS DES VILLES 

— PARIS — 



15 



Le Prévôt 
Le premier 



des Marchands. 
Echevin. 



CHEFS MUNICIPAUX DES VILLES 



Un seul par 


chaque 


ville suivante : 




Lion, 




Marseille, . 


Rordeaux, 


Rouen, 




Toulouse, 


Strasbourg, 


Lille, 




Nantes, 


Metz, 


Nancy, 




Montpellier, 


Valenciennes 


Rheims, 




Amiens, 


Chaalons, 


Caen, 




Orléans, 


Bourges, 


Tours , 




Limoges, 


Montauban. 



Clermont, 



Rayonne, 



Rien ne sortit de cette Assemblée, composée cependant 
d'hommes remarquables, animés des meilleures intentions. 
Monsieur de Calonne essaya vainement d'enrayer le mal et 
de sauver la Monarchie en lui conservant sa dignité. L'opinion, 
injuste dans cette circonstance, était contre lui, et les Nota- 
bles refusèrent une partie des mesures qu'il leur proposa. 

En 1788, une seconde réunion traita du Rôle du Tiers- 
Etat à la prochaine Assemblée des Etats-Généraux résolue en 
principe et promise par le Roi dès 4787 *. 

Cette même année avaient eu lieu, comme à l'ordinaire, les 
réunions dites d'Election et de Généralité. Dans ces Assem- 
blées de Province, les intrigues des gens de robe, membres 
des Parlements, juges et avocats, cherchant à circonvenir la 
Noblesse pour le plus grand profit de leur Ordre et de leurs 
idées ambitieuses, étaient fréquemment dévoilées, et rarement 
déjouées. Toujours instruits, souvent habiles, quelquefois 

* Les arrêts et les lettres, convoquant les Etats-Généraux, parurent le 8 août 1788, et le 
24 janvier 1789. 



16 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

éloquents, mais envieux, imprudents, animés d'idées nou- 
velles, et caressant des utopies dangereuses , ils firent, plus 
tard, la force du Tiers-Etat et contribuèrent, pour une large 
part, à la chute de la Monarchie et aux malheurs de la France. 
Dans le haut clergé, une partie bien faible, il faut le dire, 
vivait assez indifférente aux questions politiques du moment ; 
mais la majorité des prélats, tout en comprenant la nécessité 
de réformes devenues, même dans l'Eglise, urgentes et indis- 
pensables, ne voulait point apporter un aide et une force 
puissante aux désastres de tout genre qu'elle prévoyait. Les 
évéques se refusaient à adopter les nouveaux sentiments qu'ils 
qualifiaient de révolutionnaires, et forts d'un passé glorieux, 
ils osaient protester contre des changements qui devaient 
amener le bouleversement des croyances religieuses et la 
perte d'un pouvoir ou d'une inlluence consacrés, depuis 
des siècles, par le respect, l'affection et la reconnaissance. 

La noblesse, surtout dans les provinces méridionales, avait 
été, depuis longtemps, appauvrie par les guerres de religion et 
par une existence trop coûteuse pour des revenus précaires, 
presque toujours insuffisants. 

Elle désirait des innovations, que réclamait fi-équemment le 
triste état du peuple dans les campagnes, où elle résidait, et 
voyait de près une misère qu'elle était sans cesse appelée à 
secourir; mais, dévouée au Roi, attachée à ses foyers, ennemie 
des moyens violents, prudente et avisée, c'était par des 
demandes motivées, des remontrances respectueuses et des 
etîorts successifs et gradués qu'elle voulait, et avec raison, 
améliorer la situation (hi pays. 

ft Tout le monde était animé d'un ardent désir de se mêler 
« aux affaires, et de doter sa province d'améliorations. 

« Les plus grands personnages du clei'gé et de la Noblesse 
« eurent à C(iair, dès le pi'incipe, de faire connaître leurs 
« bonnes intentions; ils proclamèrent, les premiers, que 
a l'inégalité (\o l'impôt était injuste, contre nature; leur 
<i langage était itlciii ilc pitié, •!(• coiuiiiiséiatioii pour la classe 



TENUES A AUCH EN 1787 17 

(( de misérables ruinés par la taille et par les exactions des 
(( commis de finances. 

« Le premier soin des Assemblées fut de faire faire un 
« rapport complet sur l'état de chaque province. A l'exception 
((. de deux ou trois parties de la France , ces rapports témoi- 
(( gnent de la prospérité du pays à la fin du siècle dernier. Le 
(( commerce était plein d'activité ; l'augmentation du travail, 
(( l'exportation allaient croissant dans les manufactures ; 
(( l'agriculture subissait partout des améliorations progressives, 
(( de tous côtés on importait des procédés nouveaux, des races 
(( étrangères ; les sociétés d'agriculture se formaient par 
« enchantement. 

a Depuis 1766, on avait défriché dans vingt-neuf provinces, 
« quatre cent mille hectares. 

ce Quand on parcourt ces procès-verbaux des Assemblées 
« provinciales, on est pris d'un vif sentiment de douleur en 
(( voyant tous ces noms d'illustres races, tous ces hommes 
(( distingués, embrasés de l'amour du bien public, et qui 
(( bientôt allaient finir en exil ou périr sur l'échafaud. 

(c Le talent, l'ardeur que les uns et les autres apportaient 
(( dans le maniement des affaires publiques , permettaient 
« d'espérer un autre dénouement. On peut en conclure que 
« les membres de l'Assemblée Nationale, pris d'un vertige 
(( qu'ils regrettèrent plus tard, outrepassèrent leur mandat en 
(( mettant à néant beaucoup de choses, beaucoup d'institutions 
(( qu'il eût été sage de conserver i. » 

L'Angleterre, plus prudente, s'est avancée lentement dans la 
voie des réformes, et elle doit à cette sagesse le degré de 
prospérité et de calme dont elle a joui pendant 'si longtemps. 
Améliorer, ne rien détruire, mais toujours perfectionner, 
telle était la devise des Anglais pour la chose publique. 

En France, au contraire, on a voulu tout renverser à la fois 
et faire table rase des institutions qui avaient été, jusqu'à ce 
moment, la gloire du royaume. « Aussi la ruine totale de 

1 G. Niel. 



18 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

« l'ancien ordre de choses devait fatalement aboutir à la 
« Terreur quand l'oligarchie devint maîtresse de tous les 
« pouvoirs, dont la Royauté préparait depuis si longtemps la 
« concentration. » (Bladé). 

Au moment de la réunion de l'Assemblée Provinciale en la 
Généralité d'Auch, les grandes préoccupations pour les imposés 
étaient la question des chemins avec leur cortège obligé de 
corvées, et surtout les deux capitations, tant nobles que rotu- 
rières, avec les impositions des tailles et du vingtième. Ce 
devait être la plus importante des réformes réclamées, et dès 
1786, quantité de pamphlets, signés ou anonymes, mais 
presque toujours écrits en province, vinrent appuyer énergi- 
quement ce désir d'égalité dans l'impôt, qui finit par être 
réalisé. ((. 11 faut faire passer la subvention territoriale dans 
(( toutes les provinces, supprimer ainsi les vingtièmes, et dans 
(( le Royaume toutes les terres des Grands et des Petits 
« paieroient alors sans exception, et les Nobles n'en seroient 
« pas moins nobles. » (Auch le 1^'" janvier^.) 

Un excessif désordre régnait dans la topographie presqu'in- 
connue de la Guyenne et de la Gascogne, dépourvues, à peu 
près partout, de voies de communication, de canaux et de 
cours d'eau navigable. Seuls, les environs d'Auch possédaient 
quelques routes assez bonnes, mais c'était un voyage long, 
pénible et dangereux que d'aller à Condom, Lectoure ou 
Fleurance. Les intendants s'étaient préoccupés de cette 
déplorable situation, et ce fut à l'occasion de cette réunion de 
l'Assemblée pi'ovinciale à Auch, en 1787, qu'on dressa la 
carte encore inédite de la Généralité, comprenant le territoire 
de ses cinq élections. Cette carte, — dessinée par le sieur 
Gaulier fils, élève de l'école Royale de dessin, établie à Auch, 
— représente la singulièi-e configuration des Elections et des 
Arrondissements. Elle frappa tellement les membres de 
l'Assemblée par sa bizarreiie et la complète impossibilité de 
faire un travail exact sur l'entretien des routes, qu'il fut 

' Lcllrr (l'une dévote de Gascogne, à Madame Necker. (Anonyme.) 



TENUES A AUCH EN 1787 49 

sérieusement question oc et de la réformation des Elections et 
« de la nomination d'une commission particulière qui, après 
i( s'être occupée de cet objet, oiïriroit à l'Assemblée un plan 
(( général et uniforme de conduite et de combinaison, pour la 
(( réformation des Elections^. )) 

C'était un prélude à la division de la France par départe- 
ments, districts et cantons, qui eut lieu trois ans plus tard^. 

La Généralité d'Auch, créée par un édit de 4716 aux dépens 
de celles de Bordeaux et de Montauban, se composait, en 1787, 
des cinq Elections d'Armagnac (formant 322 paroisses ou 
communautés, 1,214 feux, 26 bellugues 1/4), de Lomagne, de 
Comminges, d'Astarac et de Rivière- Verdun. Elle comptait 
762,000 âmes, et ses contributions étaient de neuf millions de 
livi-es, ce qui faisait environ par tète, 13 livres, 18 sols 
5 deniers. 

Dans cette Généralité, la taille était réelle, c'est-à-dire 
qu'elle était supportée par le sol, et que les gentilshommes la 
payaient quand ils avaient des domaines roturiers. On avait 
établi très exactement un état des biens nobles et roturiers, et 
ces biens, ainsi évalués,, étaient désignés sous le nom de feux^. 

Avant 1787, la Généralité d'Auch comprenait, outre les 
cinq Elections déjà nommées, celles des Lannes, et les pays 
d'Etats suivants : Labourd, Marsan, Soûle, Béarn, Basse-Na- 
varre, Bigorre, le Nébouzan et les Quatre- Vallées, plus tard 
réunis à l'Intendance de Pau et Bayonne. 

(( En résumé la Généralité absorbait, à peu près, le 
département actuel du Gers et huit arrondissements qui sont : 
Auch, Mirande, Lectoure et Lombez dans le Gers, Castel- 
Sarrazin dans le Tarn-et-Garonne, Muret et S^-Gaudens dans 
la Haute-Garonne, enfin S^-Girons, dans l'Ariège *. 

^ Procès-verbaux de rAssemblée Provinciale. 

2 Prosper-Lafurgue, Rev. d'Aquitaine- 1861). 

^ Il fallait prouver par des titres lanobilité des fonds pour lesquels on réclamait l'cxcmp- 
linn de la taille. Ces titres élaient ou des concessions royales, ou des abandons faits par 
des communes à certains seigneurs. 

'' Lespy. 



20 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

L'Election de Lomagne se composait du pays dit les 
Baronnies, de la Vicomte de Bruilhois, du Comté de Carmaing, 
du Comté de Gaure, du Comté de l'Isle-Jourdain et de la 
Vicomte de Lomagne. Le total des paroisses s'élevait à 160, 
comprenant ensemble 931 feux, 15 bellugues. 

(( Sans routes, sans canaux, sans industrie et sans commerce, 
la Généralité d'Auch, réduite aux seules ressources d'une 
agriculture privée de débouchés, ne parvenait qu'avec des 
efforts inouïs et une stricte économie, à réunir le numéraire 
nécessaire pour payer l'impôt*. » 

Formée de contrées montagneuses où les villages étaient 
rares et les maisons clair-semées, cette Généralité ne contenait, 
suivant Necker, que 1,148 communes et 603 habitants par lieue 
carrée, ou 30 par cent hectares. Grâce à l'intendant d'Etigny, 
qui l'administra pendant seize aris, des routes furent établies, 
d'autres améliorées et on creusa quelques canaux. Moyennant 
ces efforts, les deux seuls produits de la province, les blés et 
les vins, purent trouver des débouchés nombreux sur Agen, 
Toulouse, Montauban et le Béarn. a De nos jours encore, près 
de cinq cent mille hectolitres de blé sont produits par le 
département du Gers, qui possède la plus grande culture de 
froment qu'il y ait en France-. )> Par suite de la maladie 
croissante des vignes, cette production tend à s'agrandir de 
plus en plus. 

Malgré ses bienfaits et son entier dévouement aux intérêts 
de ses administrés. Monsieur d'Etigny fut longtemps regardé 
dans la province, comme un intendant dépensier ; on lui 
reprocha les embellissements de la ville d'Auch, qu'il avait 
entrepris à l'exemple de Monsieur de Tourny, à Bordeaux, 
et après sa mort , on se hâta de supprimer diverses fonda- 
tions, établies à grands frais, par ses soins, telles que le Haras 
du Rieutort^, et les pépinières royales. Souvent contrarié 



' Léonce de Laverjjnc. 
* Léonce (le Lavei'^çne. 

•* Le château ilu Hieulort, ancien rendcz-vmis de chasse dos dncs de Roquelanre, ap- 
partient aujourd'hui à M. de MontaL 



TENUES A AUCH EX 1787 21 

dans l'exécution de ses vastes et utiles projets. Monsieur 
d'Etigny disait tristement : « les pères me maudissent, les fils 
me béniront, » l'avenir a justifié ces prophétiques paroles*. 

Né en 1720, Monsieur d'Etigny avait été appelé, vers trente 
et un ans , à remplir les fonctions que son frère Maigret de 
Sérilly avait occupées. Il joignait (dit ^I. Ladoucette), aux 
talents de l'homme d'Etat, les qualités qui font le charme de 
la vie. Sa taille majestueuse, sa figure prévenante, ses maniè- 
res affables, son caractère impétueux en même temps que 
réfléchi, inflexible, mais juste et généreux, l'ardeur avec 
laquelle il épousait les intérêts de ses administrés, tout con- 
tribuait à lui gagner les cœurs. 

La ville d'Auch, tardivement reconnaissante envers ce grand 
citoyen, lui a élevé un tombeau dans sa cathédrale, et une 
statue sur la promenade qui porte le nom de d'Etigny. 

« Le sentiment qui dominait toujours dans les diverses réu- 
nions, soit d'Election, soit de Généralité, en Gascogne, était 
une épargne scrupuleuse de l'argent des contribuables et une 
aversion éclairée pour toute espèce de monopole, comme pour 
tout gaspillage administratif. Ces sentiments font d'autant plus 
d'honneur aux Assemblées de cette province, que, malgré sa 
pauvreté, ses lourdes charges et son complet délaissement par 
le pouvoir central, il ne se mêla jamais aucun mot amer dans 
ses délibérations -, et la portion de la France qui aurait eu le 
plus le droit de se plaindre, donnait l'exemple de la plus en- 
tière confiance dans les intentions paternelles du Roi^. » 

Le 24 septembre 1787, la réunion de l'Election de Lomagne 
tenue pendant trois jours, à Lectoure, avait été consultée sur 
les diverses questions qui sei-aient discutées au mois de 
novemi)re, dans l'Assemblée Provinciale à Auch, et chacun 
prévoyait pour ce moment de graves dissentiments. Malgré le 



' Géographie de Bourdeau. 

- Par une singulière ironie du hasard, après rexéculion de Louis XVI, on tira au sort 
la ville qui aurait lechafaud ayant servi au supplice du Roi, et il échut à la ville d'Auch, où 
on l'envoya. (C»« de Reiset, Modes et usages au temps de Marie-Antoinette.) 

^ Léonce de Lavergne. 



22 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

réveil général de l'esprit public, l'ardeur de chacun pour les 
idées nouvelles, et les nombreux mémoires qu'on adressait de 
tous côtés au Roi, ou à ses ministres, l'Assemblée de l'Election 
de Lomagne se passa encore, cette année, avec les formes, le 
calme, la dignité accoutumés, sous la présidence de Monseigneur 
Louis-Emmanuel de Gugnac, évêque de Lectoure . 

Nous donnons le procès-verbal de l'ouverture de cette 
réunion, qui se tint dans la salle « dite du Gouvernement, au 
Palais Episcopal de la ville de Lectoure, sise en la sénéchaus- 
sée d'Armagnac » : 

(( Le 24 septembre 1787, l'Assemblée de l'Election de 
Lomagne fut tenue à Lectoure et le procès-verbal suivant fut 
dressé à cette occasion : 

(c L'an 1787 et le 24'"^ jour du mois de septembre, à six 
heures du matin, dans une salle du Palais episcopal de la 
ville de Lectoure qui a été choisie pour le lieu de la première 
Assemblée de l'Election de Lomagne, ordonnée par le règle- 
ment fait par S. M. le P\.oi, le 12 juillet 1787, et composée de 
Monseigneur l'évêque de Lectoure, nommé président par Sa 
Majesté, et de MM. les députés nommés par l'Assemblée 
Provinciale d'Aucli, dont la première séance a commencé le 
25 août dernier, et a continué jusqu'au 28 inclusivement : 

« Savoir, dans l'ordre du Clergé : 

« Monseigneur I'Evêque de Lectoure, président* ; 

(( L'abbé de Vitalis, grand archidiacre, grand-vicaire de 
Lectoure ; 

(( MoLAS, curé de S^Glar. 

(( Dans l'ordre de la Nol)lesse : 

(( Le marquis de Galard, baron de Magnas, seigneur de 
Pellehaut, La Tour et l'Isle-Bouzon , lieutenant-colonel dans 
le régiment de IHcardie, clievalier de S^-Louis ; 

a Monsieur de Montagu de Mondexard, seigneur de Bière, 
maréchal des camps et armées du Roi-. 

' Louis-Kiiiriiaiiuil dt; Ciijçiuic, milans li^ diocèscî di' Caliors, cii I7'2'.t, sacré le 27 sep- 
Icnibrc 1772. 
* Joseph de Moiilajçii de Moiideiiard fui intMé au toiillit ()ui s'éleva, en ilS'J, eiilrc le 



1 



TENUES A AUCH EN 1787 23 

« Dans l'ordre du Tiers-Etat : 

« MoYSSET, lieutenant-principal de l'Election de Lomagne, à 
Fleurance ; 

ft La Glayerie, aYocat au Parlement, à la Chapelle ; 
« Deforcade, aYOcat au Parlement, à Layrac ; 
« Fau de Baugin, aYOcat au Parlement, à AuYillars ; 
<i Mallac, bourgeois, à Gimbrède. » 

Cette réunion Youlait se contenter d'expédier les affaires 
courantes de l'Election, et ne point s'occuper des intérêts gé- 
néraux qui dcYaient être traités, deux mois plus tard, dans 
l'Assemblée Pi'OYinciale d'Auch ; cependant elle ne put se 
dispenser de toucher aux questions d'administration locale qui 
agitaient passionnément les esprits à cette époque, et ses pro- 
cès-Ycrbaux témoignent du zèle intelligent et patriotique dont 
les trois ordres étaient alors animés. 

Le Président, Monseigneur de Cugnac, prononça, au début 
des séances, un discours si sage, si modéré et si éloquent. (]ue 
l'impression en fut Yotée à trois cents exemplaires, et les 
députés promirent de « concourir avec zèle aux Yues de 
bienfaisance et de patriotisme de leur président ». 

Profitant du trouble et de l'incertitude qui répandaient un 
malaise général dans le pays, grâce à la faiblesse des fonction- 
naires dont l'autorité méprisée était déjà mise en question, de 
graves désordres se produisaient dans la Province et les 
propriétés n'étaient plus respectées. 

Des bandes armées parcoui'aient la contrée, en proférant 
des menaces contre les gens paisibles, et de nombreux actes 
de violence avaient lieu journellement sans répression possible. 
Une des questions les plus importantes de la session fut la 
plainte portée par divers seigneurs, villageois et propriétaires, 
contre les « braconniers et autres gens de pillage » qui, sous 
prétexte de chasse, ou de manifestations politiques, désolaient 
les campagnes et pillaient même les maisons et les récoltes. 

Grand-Sénéchal et le juge de La IMume, pour la convocation des Electeurs et il prit parti 
pour le dernier. (Voir à l'appendice |. 



24 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

On lut un long mémoire, rapportant ces méfaits, signé par 
nombre de plaignants, appartenant à toutes les classes de la 
société, et qui jette un triste jour sur l'état de la Lomagne à 
ce moment. 

Nous le citons en entier, comme document, à la fin du 
volume', avec quelques lettres qui confirment les plaintes 
générales des habitants de la province. 

Ce n'était pas seulement en Guyenne qu'existaient le 
désordre et le manque de sécurité pour les personnes et les 
biens. Suivant son usage, la Révolution dénaturait le sens des 
mots et la liberté devenait de la licence. Le 31 juillet 1789, 
Lally-Tollendal lisait à la tribune une correspondance aussi 
volumineuse que désolée, et il donnait une liste de trente- 
six châteaux brûlés, détruits ou pillés dans une seule 
province, avec les détails d'attentats pires encore contre 
d'inofîensifs citoyens. Madame Elisabeth écrivait, le 25 août 
1789, qu'on venait d'apprendre «. la brûlure de 70 châteaux-. » 

Le 19 novembre 1787, l'Assemblée de la Généralité s'ouvi-it 
à Auch ; le public, poussé par des meneurs soudoyés, recevant 
de Paris leur mot d'ordre, se montrait hostile aux délégués du 
clergé et de la noblesse, et peu sympathique à cette réunion 
qu'on traitait de palliatif usé et inutile; ce n'était pas, disait- 
on, un remède efficace aux maux dont souffrait la province ; 
il fallait sortir de l'ornière accoutumée, rompre avec les vieilles 
traditions et changer les anciennes habitudes. Chaque membre 
de l'Assemblée avait mystérieusement reçu, en arrivant à 
Auch, un papier avec cette phrase : 

a Tous vos cahiers portent ces mots : réformer les lois. 
« Hé! Messieurs, faites-en de nouvelles, vous aurez bien 
« plus tôt fini. 

(( Signé : L'opinion publique . » 

Partout on réclamait les Etats-Généraux que le Roi annonça 

' Voir à l'appenilicc : Mt-moirc coiilic des gens armés, déguisés et avec attroupement, 
qui commettent toute espèce de délits en Lomagne. 
« Modes et usages au temps de Marie-.Vntoinette, par le (:«« de Reiset. 



TENUES A AUCH EN 1787 25 

enfin le 17 décembre de cette même année, et qui devait, 
croyait-on, sauver le pays et ouvrir une ère de félicité uni- 
verselle. 

On étudiait avec ardeur les relations des anciens Etats tenus 
à Tours, à Blois et enfm à Paris, en 1614 ; on demandait les 
diverses réformes que les députés des xv^, xvie et xviie siècles 
avaient à peine pressenties. 

La division de l'Assemblée en Trois-Ordres paraissait inu- 
tile, nuisible même et on citait ce fait, qu'aux Etats tenus à 
Tours, en'1484, il n'y eut qu'un seul orateur, nommé Relly, 
chanoine de Paris, et un seul cahier pour les trois ordres, 
« marque bien sensible de la concorde et de la mutuelle cor- 
respondance qu'il y avoit lors, de l'un à l'autre * ». 

Aux Etats-Généraux de 1467, le Tiers-Etat avait été placé 
dans le même parquet que les députés de la noblesse et les 
membres du Conseil du Roi -. 

Enfm la multiplicité, dans le Royaume, des hommes de loi, 
« sangsues du peuple », était un abus à réprimer; « on pou- 
ce voit dire à cette occasion ce que l'Empereur Adrien assu- 
« roit, en mourant, que c'étoit le nombre des médecins 
« autour de lui qui l'avoit tué ^. » 

Les gens de robe réclamaient la diminution des pensions, 
généralement accordées comme récompenses de services mili- 
taires ; la noblesse demandait la suppression de la vénalité des 
charges publiques. Voici le factum anonyme envoyé à ce sujet, 
aux délégués de la Généralité d'Auch : 

« Messieurs, 

« La convocation des Etats-Généraux a toujours été un hom- 
mage rendu aux droits du Royaume. La Majesté dont s'entou- 
roit le souverain ne l'empêchoit pas d'entendre le peuple 
élever énergiquement la voix pour défendre ses libertés, 
réclamées par ceux qu'il avoit chargé de représenter ses inté- 

1 Etats-Généraux de France, 1515. 

' Hist. des Etats-Généraux de France, par M. de Landinc, Paris 1788. 

■* Etats-Généraux de France, 1515. 



26 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

rets. Des discussions sur ce dont doivent s'occuper les Etats, 
éclairèrent, comme aujourd'hui, l'opinion des députés. Il a 
paru, en 1615, deux brochures sur la vénalité des offices que 
l'une essayoit de justifier et dont l'autre demandait la suppres- 
sion. Diverses considérations, des raisons assez bien exprimées 
ne manquoient pas de part et d'autre. Cependant, d'après 
l'aveu même du premier de ces écrits, l'opinion publique et 
son influence ont toujours été plus ou moins écoutées quand 
on demandoit cette suppression ; aussi fut-elle en partie 
accordée sur la demande des Etats, et l'on proposa" de rem- 
placer le tort que cela causoit au trésor, par un nouvel impôt 
mis sur le sel et les aides. C'est à ce sujet que les députés du 
Tiers-Etat adressèrent de très-humbles mais très-vives remon- 
trances au Roi, en un langage très-convenable sui' ce que le 
résultat de la suppression de la vénalité des charges n'appor- 
toit aucun soulagement aux maux existants. Au contraire, on 
auroit encore à supporter le poids de nouveaux impôts. Il 
seroit bien préférable, pour compenser la perte du Trésor, de 
diminuer les dépenses générales, et de supprimer une partie 
des pensions. 

Un mémoire, rédigé par vos compatriotes, les sieurs Broca, 
Duroy, député d'Albret, et Boucharan, de Condom, présentent 
d'excellentes raisons pour appuyer cette opinion. 

Plusieurs autres écrits de ce temps, tels qu'une lettre 
adressée au Cardinal de Soui-dis^, où on lui donne plaisamment 
le conseil de se mieux conduii'e, diverses i-elations très-éner- 
giques, et répandues alors, prouvent (ju'on jouissoit, en ces 
temps si éloignés de nous, d'une cei'taine liberté poui- exprimer 
sa pensée, et on oseroit nous refuser aujourd'hui ce droit ! » 

Nous avons ci'u intéressant de publier ([uelques letti'es, 
écrites à ce moment, et donnant une idée exacte de la situa- 
tion deses|>rils en Gascogne, pendant cette dernière réunion 
de l'Asseirdilée des Notables <le la Généralité d'Auch, en 1787, 
il y a juste cent ans K 

' Voir i"t riippeiMlicc, la lislc des ilriiiitos de la iv^'iim Siid-Oiicsl de la France, aux 
KlaU-Ciénéraux . 



TENUES A AUCH ES 1787 27 

Les unes ont pour auteurs deux membres de l'Assemblée, 
faisant partie du Tiers-Etat ; d'autres sont d'un simple bour- 
geois d'Auch, employé des ponts et chaussées, nommé 
Durand ; enfin le troisième correspondant était un t^en- 
tilliomme, assistant en spectateur indépendant, mais non 
indifférent, aux réunions des Notables de sa province. 

Ces lettres sont adressées à un personnage assez haut placé, 
ayant un grade élevé dans l'armée, qui suivait avec un vif 
intérêt, du fond de son manoir de Gascogne, les diverses 
fluctuations de l'opinion, et qui désirait être tenu, jour par 
jour, au courant de tout ce qui pouvait se passer d'important 
à l'Assemblée provinciale de la Généralité d'Auch, par des 
gens d'idées opposées et de condition différente. 

Nous avons joint à ces lettres, dont nous conservons scru- 
puleusement l'orthographe, le procès-verbal de cette Assemblée, 
et quelques notes sur les membres de la noblesse qui en 
faisaient partie. 

Monsieur le Maréchal duc de Richelieu était, à cette époque. 
Gouverneur et lieutenant-i-fénéral de Gu venue et Gascogne . 

Monsieur le marquis de Conflans commandait la Haute- 
Guyenne et le Maréchal de Mouchy, avec le vicomte de 
Noailles en survivance, était chargé de la Basse-Guyenne. 

Messieurs Taillepied de Bondy et Ghanorier étaient rece- 
veurs des finances à Auch, Trul^ert, directeur particulier des 
vingtièmes dans cette ville , Gay et Guérard directeurs de 
l'Administration des domaines, droits réservés * et contrôles, 
Bonnefin, régisseur général, Lassus et de Moncloux, directeurs 
des Gabelles et du tabac. 

Monsieur le baron de Breteuil, conseiller d'Etat ordinaire. 
Ministre et secrétaire d'Etat , était chargé de la province de 
Guyenne, haute et basse, comprenant les Intendances de 
Bordeaux, Auch et Bayonne ; Monsieur de Golonia, maître 
des requêtes, avait le département de toutes les Gabelles de 

* L'impôt des droits réservés portait sur les objets de consommation. 



28 



COMPTE RENDU DES SÉAJN'CES 



France, sans exception; Monsieur de Montaran , maitre des 
requêtes, s'occupait des intérêts du commerce dans le Béarn 
et dans la Généralité d'Auch K 



• Voir à l'appendice, l'Etal de la France en 1789. 



TENUES A AUCH EN 1787 29 



Procès- verbal de l'Assemblée Provinciale 

pour la Généralité d'Auch, tenue dans cette ville 

en Novembre et Décembre 1787. 



La présente Assemblée a été reconnue être composée, 
savoir : 

DE L'ORDRE DU CLERGÉ : 

MM. L'archevêque d'Auch, président^ ; 

L'ÉvÊQUE DE Lescar, abbé de Simorre^ ; 

L'ÉVÈQUE DE LeCT0URE3 ; 
L'ÉVÊQUE DE COUZERANS*; 

L'ÉVÊQUE DE Commences 5; 

DoM Pélegrin, abl)é régulier de l'abbaye de Rouillas ; 

L'abbé de Laclaverie de Soupets, chanoine de l'église 
primatiale de cette ville et archidiacre d'Astarac ; 

L'abbé de La Tour-du-Pin, archidiacre de Sos, grand- 
vicaire d'Auch ; 

L'abbé Le Règue, archidiacre, chanoine de l'église de 
Commenges, vicaire-général du diocèse ; 

L'abbé de Faudoas, chanoine du chapitre de Pessan. 

DE CELUI DE LA NORLESSE : 

MM. le vicomte de Pointis S'-Jean ; le marquis de Galard, 
seigneur de l'Isle-Bouzon et Magnas; le marquis de Luppé, 



* Louis Apollinaire de la Tour-du-Pin-Montaiiban. 

2 Marc-Antoine de Noé, devenu plus tard évèqne de Troyes. 

3 Louis-Emmanuel de Cugnac. 

* Dominique de Lastic. 

■'• Antoine-Charles-Eustache d'Osmond. 



30 COifPTE RENDU DES SÉANCES 

seigneur de Lacassaigue; le comte de Noé, maréchal des camps 
et armées du roi, seigneur de Miélan, Urdens, Trie, etc. ; le 
marquis d'Angosse, maréchal des camps et armées du roi, 
grand sénéchal et gouverneur d'Armagnac, seigneur de Projan, 
Ségun, etc.; le comte de Cardaillac de Lomné, chevalier de 
S'-Louis, baron d'Esparros, seigneur de Castex et la Brande ; 
de Maurens, président à Mortier au parlement de Toulouse, 
seigneur de Maurens ; le comte de Fezensac, colonel en second 
du régiment de Lyonnais, comte de Marsan, Lassère, etc.; le 
comte de Béon, sous-lieutenant des gardes du corps de Sa 
Majesté, seigneur de Lapalu (absent); de Catelan, avocat- 
général du Parlement de Toulouse, seigneur de Caumont. 

DE CELUI DU TIERS-ÉTAT: 

MM, Hugueny, maire et lieutenant principal de Beaumont- 
lez-Lomagne ^ ; Long, procureur du roi de Beaumont-lez- 
Lomagne ; Messine, procureur du roi de Gimont ; Descoubès 
de Monlaur, seigneur de S'-Jean-le-Gomtal et d'Arbéchan, 
lieutenant-criminel au siège présidial d'Auch; Boubée, greffier 
en chef, civil et criminel, en la sénéchaussée et présidial 
d'Auch ; Despiau, avocat au parlement à Auch; Dumas, avocat 
à L'Isle-Jourdain ; Marpoy de Sabasan, seigneur de S^-André- 
de-Carens et Malegasse, à Eauze ; Rives, à S^-Girons ; Jun, 
conseiller à l'élection de Lomagne (absent) ; BoussÈs, avocat 
à Mirande ; Burgalat, docteur en médecine, d'Aspect ; 
Mazères-^Iondon, notaire Royal de Terraube ; Nassans, juge- 
général du comté d'Astarac; Noguès, négociant à S^-Martory ; 
Dastarac, avocat au parlement, à Cadours ; Bauduer, bour- 
geois à Peyrusse-Massas ; Tarrible, avocat au parlement et 
notaire à Miiannes; Dumoulin, notaire royal à S^-Avit; Gérac 
(absent). 



' (> Ilii-çiu-iiy (leviiil, sous In Ti'iroiir, accusateur public dans le Gers, ot mérita, avec 
l)arli<i<ifilli\ le siuisln- suriumi de |>iiurvoyeur de l'iViialaud. Il pn-sida aussi le tribunal 
ri'-volnlii(iuiaiii- di- Tdulciiisc (|ui, en trois mois, prononça 13 coiidaini\ations à mort. (Voir 
à l'appt-ndir*-.) 



TENUES A AUCH EN 1787 Si 

SYNDICS GÉNÉRAUX : 

M'Sl. l'abîmé d'Arrêt, grand-vicaire d'Aiich et archidiacre 
d'Angles ; Boubée, juge-général de l'archevêché d'Auch. 

Secrétaire et Crreffier, 

Le sieur Fajon. 

COMMISSION POUR LA CAPITATION : 

Monseigneur l'évêque de Couzerans, président ; 
l'évêque de Commences ; 
MM. DoM Pélegrin, abbé régulier ; 
Le vicomte de Pointis ; 

Le marquis de Galard, chevalier de St-Louis ; 
De Monlaur, Long, Messine, Marpoy, et 
Burgalat. 

COMMISSION DES VINGTIÈMES : 

MM. Le marquis de Galard, président ; 
Le marquis de Luppé ; 

De Catelan, l'abbé Le Bègue, Long, Rives, Boussès, 
Dastarac. 

L'Assemblée, considérant qu'elle a rempli les objets qu'elle 
s'étoit proposé, a arrêté de faire avertir M. le commissaire du 
Roy^, pour l'inviter à venir faire la clôture de l'Assemblée. En 
conséquence, M^I. le comte de Cardaillac et Despiau ont été 
nommés pour aller le prévenir que l'Assemblée étoit prête à le 
recevoir. M. le commissaire du Roy ayant été annoncé, MM. 
les procureurs-syndics se sont rendus au bas de l'escalier ; M. 
l'abbé de Rouillas, j\I. le marquis de Galard, M. Hugueny et 



^ Bertrand de Boucheporn, le dernier intendant des généralités d'Auch, Pau et Béarn, 
était un ancien magistrat au parlement de Metz ; il mourut sur l'écliafaud, pendant la 
Terreur ; d'un noble caractère et d'un esprit distingué, il exerça ces fonctions jusqu'en 
1790. Son traitement était d'environ vingt mille livres. (La société et les mœurs en 
Béarn.) 



32 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

M. Long ont été nommés pour aller le recevoir au haut de 
l'escalier et le conduire dans la salle ; ^1. le commissaire du 
Roy étant entré et s'étant assis dans un fauteuil au milieu de 
l'Assemblée, en face de M. le Président, a témoigné à l'Assem- 
blée le zèle dont il est animé pour le bonheur et la prospérité 
de la province. 

Mg^" le Président y a répondu en lui exprimant les sentiments 
dont l'Assemblée est pénétrée pour sa personne et sa confiance 
aux bontés de Sa Majesté. 

t L. Ap. Arch. d'Auch, président ; 

7 L. Em. évéque de Lectoure ; 

L'abbé de Bouillas ; Laclaverie ; l'abbé de Latour-du-Pin, 
vicaire-général, archidiacre ; l'abbé Le Bègue ; l'abbé de 
Faudoas ; Hugueny ; Dumas ; Despiau ; de Monlaur ; Boussès; 
Rives ; Mazères-Mondon ; Noguès ; Bauduer ; l'abbé d'Arrêt, 
procureur-syndic ; le vicomte de Pointis ; le marquis de 
Galard ; le marquis de Luppé ; le comte de Noé ; le marquis 
d'Angosse ; le comte de Gardaillac ; le comte de Fezensac ; 
Long ; Catelan ; jNIarpoy de Sabasan ; Boubée ; Burgalat ; 
Nassans, juge ; Dastarac ; Tarrible ; Dumoulin ; Boubée, 
procureur-syndic. 

Signé : 

Fajon, secrétaire. 



TENUES A AUCH EN 1787 33 



Bulletin pour M. le chevalier de G'** 

relatif à ce qui s'est passé dans les séances de l'administration 

provinciale d'Auch, depuis le 19 novembre 

jusqu'au 12 décembre 1787. 



La première séance du 19 novembre fut ouverte par un 
discours prononcé par M'Ji' l'Archevêque <, président, où il 
présenta l'ensemble des objets dont l'administration devait 
s'occuper, sous des points de vue dictés par l'intérêt du 
Gouvernement et véritablement par l'intérêt commun de la 
Province. Ce discours était très bien écrit ; Mai" l'Archevêque, 
pressé par un grand nombre de membres de l'Assemblée, de 
consentir à l'impression de ce discours et à ce qu'il fût inséré 
dans le procès-verbal de l'Assemblée, s'est, jusqu'à présent, 
obstiné à s'y refuser. 

A cette première séance, il fut prononcé un discours par M. 
l'abbé Darrès, syndic du clergé et de la noblesse, où il présenta 
avec toute la précision et l'énergie possibles, les détails de 
toutes les impositions et charges de la province, avec leurs 
causes premières, secondaires et progressives. Il compara les 
véritables forces de la Province, soit avec celles de la Province 
de la Haute-Guyenne, soit avec celles de tout le royaume, et 
prouva que la nôtre éprouvait, depuis sa séparation d'avec 
celle de la Haute-Guyenne, une surcharge de plus de la moitié 
en sus, proportion exactement gardée ; il prouva encore, avec 
le plus grand intérêt, tous les abus qui s'étaient, depuis 
longtemps, glissés soit dans l'établissement de certains impôts, 
soit dans leur perception, soit dans leur destination, et finit 
par inspirer à l'Assemblée toute sorte de confiance dans le 
succès de bonification que présentait à faire une bonne admi- 

* Louis, Apollinaire tle La Tom-du-Pin-Moiitauban. 



34 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

nistration. Enfin ce discours fit dans le public la plus agréable 
impression. 

Le lendemain, 20 novembre, l'Assemblée assista à une 
messe solennelle qui fut célébrée à la cathédrale, à l'autel du 
S'-Esprit ; après la messe, on se rendit encore à FArchevêclié 
où l'on dîna. 

Le lendemain, 21 novembre, l'Assemblée se forma, et Mon- 
sieur l'Intendant* y fut introduit et fut porteur des ordres du 
Roy qui simplement ordonnait la formation de l'Assemblée ; il 
fit un discours très court et où il ne mit presque pas d'intérêt ; 
pendant les quatre à cinq séances suivantes il fut fait lecture 
de dilTérents procès-verbaux des assemblées d'Election ; l'on 
trouva dans ces divers procès-verbaux matière à de grandes 
discussions et à de grands développements d'intérêt ; à la suite 
de toutes ces lectures. Ma»" l'Archevêque forma divers bureaux 
à chacun desquels il fut renvoyé à discuter tout ce qui devint 
de sa compétence ; ces divers bureaux étaient: l'un des tailles, 
le second des vingtièmes, le troisième des droits réservés, ou 
octroi et charges locales, le quatrième des chemins, le cin- 
quième des ateliers de charité, le sixième du règlement, le 
septième de la vérification des titres de noblesse, le huitième 
du bien public, le neuvième de la comptabilité, et le dixième 
de la capitation, présidé par Mar l'Evèque de Gouzerans. 

Les présidents de ces divers bureaux sont, savoir : de celui 
des tailles, M. le comte de Noé ; de celui des vingtièmes, X[. 
le marquis de Galard de Liste ; du troisième, ^L l'abbé de 
La Tour-du-Pin, parent de Mo'" l'Archevêque et archidiacre; 
du quatrième, Mg"" l'Evêque de Conmiinges ; du cinquième, 
My l'Evêque de Lectoure ; du sixième. Ma"" l'Evêque de Lescar; 
du septième, ^L le vicomte de Pointis ; du huitième, M. le 
président de Maurens ; du neuvième, AL le marcjuis de Luppé. 
Le bureau des chemins est celui qui de suite s'occupa le plus 
sérieusement, et il y fut invité plus particulièrement [)ar 
rAssemblée, parce (ju'on roi)résenta (juc les travaux des che- 

' Hcrlrand ilc Hiiiirh<'|i(irn orcnpa cet emploi de 178(1 à 17!tU. 



I 



TENUES A AUCH EN 1787 35 

mins devaient être entamés le plus tôt possible, surtout vu le 
succès que la commission intermédiaire avait sollicité et 
obtenu de Isl. l'intendant, aux adjudications commencées dans 
le mois d'octobre. 

Le '23, M. l'intendant fut introduit à l'Assemblée, et il y 
porta le règlement du conseil, fait dans le mois de novembre, 
divisé en cinq parties, la première concernant le cérémonial, 
les formes et la tenue de l'Assemblée provinciale, les assem- 
blées d'élection, les fonctions des différents membres ou 
officiers aux assemblées, et autres objets relatifs à leur 
formation et organisation intérieure. 

La seconde partie concernait les fonctions des différentes 
assemblées et leurs relations avec M. l'intendant. 

La troisième concernait les impositions ordinaires. 

La quatrième concernait le vingtième, dans lequel Sa Majesté 
veut que les ressources du clergé soient portées sur les Rolles 
du vingtième des communautés, pour mémoire seulement, afin 
qu'on puisse connaître la juste proportion de ce que pourrait 
payer le bien du clergé, à raison de ses revenus par comparaison 
avec les autres propriétés foncières du Royaume , y compris 
celles du propre domaine de Sa Majesté. Dans cette même 
partie dudit règlement. Sa ]\Iajesté fait proposer, par M. 
l'intendant, l'abonnement du vingtième à un million trois cent 
vingt mille livres, sauf à tenir compte à la Province de deux 
cent soixante mille livres qui a paru pouvoir être à la charge 
des biens ecclésiastiques, et, si tel est le vœu de l'Assemblée 
d'accepter cet abonnement, le Roy assure que de sa part 
l'intendant donnera ordre au Directeur du vingtième de remettre 
à l'Assemblée les renseignements qui auraient trait à la quotité 
de l'imposition, et de prendre les ordres de l'Assemblée qui 
sera alors chargée de la répartition de la somme à laquelle 
l'abonnement sera fixé. 

La cinquième partie concernait les ponts et chaussées. 

J'aurais désiré pouvoir vous envoyer. Monsieur le chevalier, 
un imprimé de ce règlement, mais il ne m'a pas été possible 
d'en avoir d'autre que celuy que Ma'" l'Archevêque m'a fait 



36 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

remettre. Il a empêché l'imprimeur de distribuer les 300 
exemplaires qu'il a imprimés pour son compte. On ne sait 
trop la raison de cette défïense et si je n'avais eu un besoin 
constant de cellui que j'ay, je l'eusse envoyé de suite, mais, à 
mon arrivée à Beaumont de Lomagne^, j'aurai le soin de vous 
le faire passer. 

Ce règlement fit dans l'Assemblée la plus agréable sensation, 
surtout à cause de l'abonnement du vingtième proposé ; il fut 
en conséquence délibéré de suite qu'on l'acceptait et la délibé- 
ration fut envoyée aussitôt au Ministre, avec néanmoins les 
représentations les plus pressantes et tendant à modérer la 
somme de cet abonnement demandé par le Roy, à cause de 
l'état des surcharges et d'épuisement des forces distributives de 
la Province. 

Trois jours après, M. l'intendant parut à l'Assemblée et 
annonça qu'il venait lui faire part de certains ordres ministé- 
riels qui portaient, entr'autres choses, que d'après les calculs, 
instructions et renseignements pris par le Gouvernement, il 
était présumable que la Province pouvait supporter un 
vingtième de deux cent cinquante mille livres de plus, et !\I. 
l'intendant observa que le Gouvernement désiroit cette 
augmentation d'abonnement. 

Tout le monde fut consterné d'une semblable exaction ; on 
délibéra de ne pas s'y rendre et l'on écrivit au Ministre tout ce 
qu'il fut possible d'écrire de plus touciiant et de plus sensible 
poui' faire prévaloir la première délibération qui luy avoit été 
adressée. 

Nous attendons, avec impatience nouvelle du Ministre sur 
l'une et l'autre de nos délibérations. C'est prétendre que le 
directeur du vingtième et tous ses agents travaillent à des relevés 
et à des états pour fournir des instructions au Gouvernement, 
aiin de l'éloigner de tout abonnement au vingtième de la 
Province. Mo"" l'Archevêque, qui parait avoir des relations 
particulières avec le Ministre, nous donne les plus grandes 
espérances et de même nous assure que notre abonnement 
offert aura lieu, et qu'il sera accepté par le gouvernement. 



TENUES A AUCH EN 1787 37 

Depuis cette époque de la présentation des derniers ordi-es 
ministériels, les divers bureaux ont fait quelques rapports, 
notamment le bureau des cheuiins, et il a été délibéré que, pour 
l'année 1788, les travaux des chemins seroient faits par impo- 
sitions en argent sur l'universalité de la Province. 

Il a été délibéré de plus, en premier lien, que la contribu- 
li(Mi f'ii ;tr;_;p]il seriHl |iris»' ;iii nuire l;i livir df l;i rHpilMlion 
riitiiiirrH : ccth- I.ksc ;i |i;iiii .|f|iiii> iniuslc : du revenait <l(tn<:. 
qiielqnes join's apiés,>ur la délibéralion "pii rétablissuil : M. le 
président de Maurens propose d'autres bases qui parurent 
plus justes et par lesquelles il voulut atteindre tous les états ; 
en conséquence, il proposa de prendre pour les bases de la 
taille, le vingtième de la capitation, et comme il crut qu'une 
somme de 242 mille livi'es pourioit être suffisante en 1788, 
pour faire les travaux des routes qui sont à l'entretien et qu'il 
y aurait même un résidu pour être employé aux routes qui 
sont en construction, les plus nécessaires, il proposa, dis-je, 
pour cette somme de 242 mille livi-es d'imposer le centième 
de la taille, le quinzième du vingtième et le sixième de la 
capitation. 

Cette proposition parut à l'Assemblée admissible ; mais 
comme elle ne remplissoit pas tout à fait les vues du clergé 
qui désiroit une somme beaucoup plus considérable pour 
pouvoir étendre à son gré les travaux des chemins, il provo- 
qua un autre avis qui fut celui-cy : en conservant les mêmes 
bases de l'épai'tition proposées par M. de Maurens, on deman- 
derait une imposition d'une somme l'eprésentative du montant 
des 3/5 de la capitation, et cette somme se monte à cinq cent 
neuf mille livi'es. Cet avis fut balloté et néanmoins, à la faveur 
de cei'taine équivoque et de certain malentendu, il fut dit par 
le président de l'Assemblée que cet avis qui était le sien, avait 
prévalu ; après la séance, un grand nombre des membres 
s'étant réuni, il fut reconnu qu'il y avait eu de l'équivoque et 
({ue les voix qui avoient dit être de l'avis de M. le président, 
Mil'" rArchevê(|ue devoit se les avoir appropriées, quoyque ces 
-Messieurs eussent entendu être de l'avis de M. le président de 



38 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

Maurens et non de l'avis de M. le président de l'Assemblée; 
cela donna lieu, dans une séance suivante, à une nouvelle 
émotion, et M. le président de Maurens se chargea de l'affaire; 
mais, comme dans l'intervalle, il se concilia avec Mg'' l'Arche- 
vêque, il présenta cette motion avec un tempérament qui ne 
réduisit rien à la somme votée par le clergé ; ce ne fit autre 
chose que diviser le paiement et la levée de cette somme en 
trois termes : le premier pendant les premiers six mois de 
l'année 1788, le second pendant les derniers six mois de ladite 
année, et le troisième pendant les premiers six mois de l'année 
1789, de manière que les travaux pour cette entière somme, 
doivent être toujours faits dans l'année 1788 ; c'est faire faire 
par la Province un emprunt aux adjudicataires qui n'y consen- 
tiront vraysemblablement qu'en faveur d'un gros intérêt de 
leurs avances. Une telle résolution bien loin d'être un allége- 
ment pour le peuple, deviendra pour eux une surcharge, et 
toutes les indications qui furent proposées à cet égard, surtout 
par les membres du tiers-état, furent méprisées et l'avis passa 
au gré du clergé. Il fut également mis en proposition de faire 
la division des ateliers, et d'en assigner à chaque communauté 
avec établissement de cantonniers. On décida seulement de 
former des ateliers autant que faire se pourrait et à mettre 
des stationnaires dedans, c'est-à-dire à la charge des adjudi- 
cataires, mais après partage des voix que Ms'" l'Archevêque 
vuida en faveur de son droit de prépondérance. Il y eut égale- 
ment équivoque dans ce délibéré; ce fut moy qui le démon- 
tray et prouvay à My l'Archevêque qu'il ne pouvoit pas y avoir 
de partage dans les voix, parce que l'Assemblée n'étoit alors 
composée que de 35 votants. 

La proposition fut donc remise en délibération et elle passa 
avec 22 voix contre 11. Dans une autre séance, où nous 
n'étions (jue 33, il fut adopté que les stationnaires seraient en 
deiiois, c'est-à-dire à la charge de la province, de manière 
qu'il n'(^n fut établi que sur les l'outes qui en auraient besoin, 
et après (pie les adjudicataires aiiraicnl Uni leurs travaux cl 
fait recevoir leui- adjudication. 



TENUES A AUCH EX 1887 39 

Il s'est passé beaucoup de train pour parvenir à faire naître 
la proposition. Si l'Assemblée sollicitait du Roy, de donner 
l'option aux communautés pour faire les travaux en nature, 
ou par contribution en argent, My l'Archevêque et le clergé 
auraient manifesté le plus grand éloignement, on peut même 
dire la plus grande résistance, à laisser faire cette proposition. 
M'J'' l'Archevêque voulut même prétendre avoir le droit de s'y 
opposer et il étendit son pouvoir jusqu'à annoncer que qui que 
ce fut ne pouvoit faire de proposition sans son agrément, 
surtout de ces propositions qui paraissoient être contre les 
vœux du gouvernement. Il lui fut représenté avec force que 
toutes les propositions i*elatives à l'administration de la pro- 
vince pouvoient être faites, soit par la voix de chaque membre, 
soit par la voix de chaque bureau intermédiaire, après lui en 
avoir fait seulement part; la question fut vigoureusement 
suivie par M. de Luppé et quelques autres gentils-hommes, 
soutenus du tiers-état, et la proposition fut faite et passa à 
l'avis de la plus grande majorité. On déclara que l'Assemblée 
ferait faire un mémoire relatif, visité et corrigé, si besoin était 
par la commission intermédiaire dont les membres qui la 
composent sont partisans de cette proposition. Dans ce 
mémoire, on solliciteroit avec la plus vive presse, de Sa 
Majesté, l'option en faveur des communautés de la Province, 
et d'après le vœu général, de faire, par la réunion des foi'ces 
contributives, et non corvéables, les travaux en nature au 
moyen d'une distril)utioji individuelle, ou de les faire faire par 
contribution en argent, par adjudication. 

Voilà tout ce qui a été jusqu'à présent délibéré concernant 
les chemins faits; et pour les nouveaux chemins à faire, de 
communication, ou vicinaux, ou grandes routes, il a été déli- 
béré que les communautés à desservir seroient autorisées à 
s'imposer pendant dix ans le dixième de leur imposition 
chaque année, et que si le produit de cette imposition ne 
suffisait pas pour fournir aux frais des chemins de communi- 
cation, qu'elles seroient autorisées, après due vérification de sa 
nécessité, et la pi-ovince viendroit au secours de cette conuim- 



40 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

nauté, soit au moyen de ressources qu'on puiseroit dans le 
fonds des ateliers de charité, soit autrement. 

Le bureau du règlement a fait un rapport relatif à divers 
chefs de discipline intérieure, peu intéressant, dont je crois 
inutile de faire mention. 

Le bureau du bien public a fait un rapport relatif aux mou- 
lins H farine et ipii \t^\v^ à [M'évenir les fraudes des meimiers. 
soit iImms I;i ni;init''t>^ 'le t';iiiv l;t t'jfcine. suit dans \:\ iHOnii dn 
[.Hirevoif lein- ilroit de mouture, soit dans la façon d'éviter des 
vols. 11 a été établi que dans chaque moulin, soit à eau, soit à 
vent, il y aurait une mesure étalonnée sur celle qui serait 
tenue dans chaque assemblée de municipalité; qu'il y auroit 
également des poids pour peser les Itleds, avant de les mou- 
di-e et les repeseï' en fai'ine, de manière ([u'on put être assuré 
d'avoir en farine le juste produit du bled, et qu'il serait statué 
d'une manière fixe et déterminée, après des épreuves que 
chaque municipalité serait tenue de faire faire, quelle devroit 
être la quantité restante et la diminution du poids de la farine. 

Ce plan a été adopté par l'Assemblée, et même on faisoil 
promouvoir le })i'ocureui' général au parlement, pour excitei- 
un arrêté de l'èglement relatif. 

Le bureau de la noblesse a fait un rapport à la suite duquel 
il a été délil)éi"é que les meml)res de la noblesse qui vou- 
draient entrer dans les assemblées d'élection, seroient tenus 
de [)rouver leur nof)less(' par (piatre générations, sans com- 
pi-endre celle de l'Elu, sans (pi'il fut nécessaire que les preuves 
remontassent au delà de cent ans et que les preuves seroient 
faites par titres ou extraits originaux, ou par autres exti'aits 
compulsés en présence dn commissaire nommé par le 
président de l'Assemblée d'élection, et que sur le rapport ([ui 
seroit fait du tout à l'Assemblée Provinciale, et à la commis- 
sion intermédiaire, il serait délinitivemeid statué sur l'admis- 
sion ou la non-adnussion diidit membre. 

Le bureau des tailles a f;i il lui rjpjtorl rehdil' aux contraintes 
et a proposé ipiehpies dilVérences à portei' au règlement. Ces 
articles (Mulu-asssoienl peu d'objets relatifs à cette question, et 



TENUES A AUCH EN 1787 44 

M«'' l'Evêqiie de Lectoure offrit de présenter à l'Assemblée, 
sous peu de jours, un plan beaucoup plus étudié, et il fut 
décidé qu'avant de rien fixer définitivement, on attendroit le 
plan annoncé par My l'Evêque de Lectoure. 

Il a été fait un rapport par le bureau de la capitation, dans 
lequel on a proposé des moyens poui' réparer, autant que 
tnirp se pourra, les inégalités qu'il y a dans la répartition de 
rel iinpol et prévenir Tarbitraiie qui s'y est glissé constain- 
iiient. Entr'autres moyens il a été proposé de faire des classes 
de contribuables et d'en former autant qu'il y aurait de cotes 
égales, de comprendre chaque classe dans une colonne à elle 
propi-e, afin que chacun puisse aussitôt reconnaître par com- 
paraison la justice ou l'injustice, l'égalité ou l'inégalité de la 
cote qu'on lui aura fixée. Il sera fait un profit dans chaque 
communauté de ce rolle de capitation qui sera déposé au secré- 
tariat pendant plusieurs jours afin qu'un chacun puisse l'aller 
examiner et y faire telle observation qu'il avisera et après un 
temps moral, on retirera ce projet sur lequel on formera le 
rôle, en ayant tel égard ({ue de raison aux différentes obser- 
vations qui y auront été faites. 

Voilà le principal des résolutions qui ont été prises par 
l'Assemblée pour cet objet. 

Le bureau des octrois, ou droits réservés, fit tirer un rap- 
port où il proposa également des moyens pour prévenir 
l'inégalité et les injustices qui se commettaient habituelle- 
ment à la répartition de cet impôt, et il fut arrêté qu'il serait 
fait à peu près les mêmes opérations déterminées pour la 
capitation et que les bases des contribuables consommateurs 
sei-oient faites dans le même sens, toutefois à raison de leur 
consommation et non pas de leurs ricliesses et aisance. 

Il fut également établi et prouvé dans ce rapport que la 
province était très sui'chargée dans la distribution de cet 
im[)ôt, surtout en comparaison de la Haute-Guyenne et que 
celle-cy avait dans son temps réclamé une modération qu'elle 
avait obtenue. La position de notre Province était à tous 
égards, plus favorable poui- devoir espérer d'obtenir la réduc- 



42 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

tion de cet impôt d'une manière proportionnelle à ses fonds et 
capacités; il fut en conséquence délibéré à l'Assemblée qu'il 
seroit fait au Roy toutes sortes d'instances et de représenta- 
tions nécessaires pour obtenir la modération et la réduction 
de cet impôt. 

Voilà, Monsieur, tout ce que j'ay pudans ce moment, vous 
api>i'endre de l'état de nos opérations; j'aurais désiré avoir 
l'honneur de vous donner temps par temps le détail de ce qui 
s'est passé successivement et cela eut été peut-être mieux 
circonstancié, mais le temps m'a manqué. Je serai exact tous 
les courriers à vous instiiiire de ce qu'il y aura eu de nou- 
veau. J'ay l'honneur de vous envoyer quelques mémoires que 
le gouvernement nous a fait distribuer; quand vous les aurez 
lus vous aurez la lionté de me les faire passer à Beaumont de 
Lomagne, à mon retour. 

Je vous prie de me crohe avec un très respectueux atta- 
chement, 

Monsieui' le Chevalier, 
votre très humble et très obéissant serviteur. 

HUGUENY. 

Auch, ce 12 décembi-e 1787. 



MoNSiECR LE Chevalier, 

Je tiens beaucoup trop à votre satisfaction i)oui' n'avoir pas 
éprouvé ces dei'niei'S jours les |)his grands regrels de ne 
[>ouvoir vous mander les opérations de notre Assemblée. Nous 
nous occu|)Oiis ])eaucoui) sans néanmoins avancer la besoigne, 
et jr puis vous dire en toute vérité, (pi'à i)art tout ce qui est 
travail, je iic suis pas pbis à Auch (pic si je me trouv(Us à 
Ikiauiuonl. Lt^s Asseml)lées, U's inireaiix et les rédactions, [)kis 



TENUES A AUCH EX 1787 43 

pénibles qu'on ne sceauroit l'immaginer, absorbent plus de 
temps qu'on n'en a; j'ai lu, aux derniers jours de l'Assemblée, 
le rapport du bureau des preuves de Noblesse, matière délicate 
et presque nulle pour l'écrivain, d'autant qu'elle n'avoit été 
traitée que par un article de règlement, dans les autres 
Assemblées Provinciales. J'avois projette de vous en envoyer 
copie avec un journal abrégé de nos délibérations et de leure 
variantes, car on est revenu sur plusieurs, mais la formation 
d'un nouveau bureau concernant une nouvelle division d'élec- 
tions, dans lequel j'ai été mis et désigné rédacteur, joint à une 
surcharge d'autre travail de toute espèce, m'a forcé de vous 
supplier d'agréer que je m'en rapporte à tout ce que m'a 
soumis mon compatriote, M. Hugueny, de vous en dire dans un 
grand détail. Il vous parlera sûrement de l'étrange changement 
et de la rétractation du ministère touchant le montant de 
l'abonnement qu'il avoit offert de nous consentir, du délibéré 
sur la nature et le montant de l'imposition pour les routes, qui 
se porte à environ 477,000 pour les travaux des deux années 
1787 et 1788, à prendre sur le 6^ delà capitation, sur le 15^ des 
vingtièmes et enfin sur le centième de la taille. Telle est la 
proportion arrêtée ; il pourra vous ajouter que les habitants 
d'Aucli et leurs aidants, fort éclairés sur leurs avantages, 
auroient voulu que l'imposition de toute espèce eut été bornée 
au 5^ de la capitation pour les deux dernières années, parce 
que leur capitation (chose effroyable, mais qu'ils ne me savent 
pas bon gré d'avoir découverte,) ne se porte qu'à 8,500 fr, 
tandis que celle de Beaumont ne va qu'à 1,000 de moins et 
qu'en partant du principe, qu'ils ne cessoient d'avoir dans la 
bouche, qu'il falloit se borner au simple entretien des routes 
Unies, pour la prochaine année, et ditlérer les ouvrages de 
confection, et bien certains que leurs i-outes passeroient les pre- 
mières sur les états, il en résultoit pour eux cet indigne avan- 
tage, qu'avec 1,700 fr., à quoi se portoit leur 5^ de capitation, 
ils auroient fait entretenir ou réparer pour 30,000 fr. de routes 
ou de leur territoire ou des environs, car on porte celles-ci au 
sixième de la totalité de celles de la Généialité ; au contraire 



44 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

par l'arrangement délibéré, si notre argent vient à Auch, celui 
d'Auch viendra aussi dans nos cantons quoique dans une 
proportion moins exacte. Voilà comme il est bon que les 
dilTérents pays, ayent des représentants, car hélas ! Dieu sçait 
combien l'égoïsme sur tout, prédomine le cœur. Encore 
une fois, j'espère que M. Hugueny vous satisfera en tous points 
cMiniiiP ayant beHiicoup plus de temps ;"i lui. ;'( f;iis<ni ilc son 
iii.tl ;iiix yeux, el ;iy;nit le seroiiis «j'iiii srril.p. 

Agréez, je vous prie, les assui-ances du tendre respei-l .iver 
lequel je suis. 

Monsieur le Ghevaliei- , 
votre très humble et très obéissant serviteur. 

Long. 



TENUES A AUCH EN 4787 45 



Suite du Bulletin de ce qui s'est passé 

dans l'Assemblée Provinciale d'Auch, depuis le 12 novembre 

jusqu'au 19 décembre 1787, 

Rédigé pom* Monsieur le chevalier de G'**, 

par Monsieur Hugneny, de Beaumont de Lomagne. 



L'Assemljlée a définitivement arrêté l'imposition pour 
l'entretien des routes à la somme de 477 mille livres, qui doit 
être répartie sur chaque route relativement à ses besoins. On 
forme pour cela trois cents ateliers, c'est-à-dire qu'il y aura 
trois cents entrepreneurs. I^es adjudications seront passées par 
la commission intermédiaire qui donnera le même pouvoir aux 
bureaux d'Election ; on choisira pour cela ceux qui seront le 
plus à portée des ateliers. 

Quant aux travaux de charité, les communautés qui en 
demanderont seront tenues d'offrir un tiers de la dépense 
nécessaire pour les communications qui les intéresseront ; elles 
seront obligées au paiement de la levée des plans, nivellements, 
devis et autres ouvrages préliminaires. Au moyen de ce 
paiement, les ingénieurs, conducteurs, etc., n'auront jamais 
aucune gratification sur les fonds de charité. 

On n'a rien touché au traitement de MM. les ingénieurs ni 
conducteurs ; tout reste dans le même état, il n'y a que l'ingé- 
nieur en chef qui est maltraité pour son logement ; il lui était 
passé 2,000 livres pour cet objet, la Province s'empare de cette 
somme et se charge de luy procurer un logement honnête. 

L'esprit d'économie a également porté cette Assemblée à 
supprimer les 1,400 livres accordées par la Généralité à 
Monsieur de Sariac pour son logement à Bagnères, sous le 
prétexte que ce traitement doit regarder la Bigorre. 

On n'a rien statué définitivement sur la partie des vingtièmes; 



46 



COMPTE RENDU DES SÉANCES 



on attendait la réponse du ^linistre pour l'abonnement ; il est 
midy et le courrier n'est pas arrivé, ayant été, sans doute, 
retenu par les eaux. 

Les plans projetés pour la capitation, droits réservés et 
charges locales, auront leur etïet. 

On n'a rien statué sur la taille, ny sur le nouveau régime de 
la perception. Tous les membres de l'Assemblée sont encore à 
l'Hôtel-de-Ville. M. Hugueny, qui part demain, aura soin 
d'instruire Monsieur le chevalier de tout ce qu'on ne peut pas 
luy mander en ce moment. 

Monsieur le marquis de Luppé a donné hyer sa démission 
en pleine Assemblée ; il a prétexté son âge, l'éloignement de 
ses affaires, et autres raisons à peu près semblables, mais on 
assure que la véritable est quelque sujet de mécontentement 
de la part de Ms'" l'Archevêque. 

Je vous envoie ci-incluse, la liste, sauf erreur, des personnes 
comprises à la capitation noble, dans l'élection de Lomagne, 
selon votre désir. 

A Aucli, le 19 novembre 1787. 



NOMS 


ETAT DES PERSONNES 


DES 


COMPRISES A LA CAPITATION NOBLE 


COMMUNAUTÉS 


DANS L'ÉLECTION DE LOMAGNE ' 


AUVILLARS. 


Le s. Redon de Laval. 


— 


La veuve du s. de Gironde. 


Bax. 


Le s. Toulon de Bax. 


Castet-Arrouv. 


Le s. de S'-Julien. 


Caudecoste. 


Le s. de Montratier. 


DONZAC. 


Le s. de Balzac. 


— 


Le s. de la Flambelle-Lagarde 


Flkirance. 


Le s. de Lary. 


— 


Le s. de Bas tard. 





Le s. Donzeil. 



' Nous coinoiis U'xtiicllcmciil le inamisorit, sans jjaraiitir l'ortlio;;ra|ihu et rcxartiliuie 
ilt'8 noms. (Marquis de ('•alanl-M.ijçnas.) 



TENUES A AUCH EN 1787 



47 



NOMS 


ÉTAT DES PERSONNES 


DES 


COMPRISES A LA CAPITATION NOBLE 


COMMUNAUTÉS 


DANS L'ÉLECTION DE LOMAGNE 


La I'lu.me. 


Le S. de Larroche-Bouscat. 


— 


Le s. Pradas. 


— 


Le s. Bernard du Tuco. 


— 


Le s. de La Mothe. 


— 


Le s. Boudon de la Combe. 


Layrac. 


Le s. de Lascaban. 


— 


Le s. de Martres. 


— 


Le s. de Ste-Goloml)e. 


— 


Le s. du Lion. 


— 


Le s. de Barrau. 


Lectoure. 


Le s. de St-Géry. 


— 


Le s. de Mondran. 


— 


Le s. Dupré. 


Pergaln. 


Le s. Dampelle. 


Dlazac. 


Le baron de Roquefort. 


Safmont. 


Le comte du Saumont. 


L'ISLE-BOUZOX. 


Le M>* de Galard de l'Isle-Rouzon 


MaN SON VILLE. 


Le s. Planet. 


Miradoux. 


Le s. du Goût. 


MONCAUT. 


Le baron de Afoncaut. 


— 


Le chevalier de Lauzière. 


AIauroux. 


Le s. de Grossolles-St-André. 


Montesquieu. 


Le s. de Se vin. 


Plieux. 


Le s. de Marenque. 


POUYPETIT. 


Le s. de Pouypetit. 


PiÉJAUMONT. 


Le s. Mellet de Réjaumont. 


PiOUILLAC. 


Le s. Bordeaux de Rouillac. 


S^-Antoine. 


Le s. Fermât. 


St-CLAR. 


Le s. de Frans. 


St-LARY. 


Le s. Coquet de S'-Lary. 


S^c-GOLOMBE. 


Le s. Descalup. 


Sérign ac-Bruillois . 


Le s. Monbet de Jouanisson. 


— 


Le s. Vergés de Guillemon. 



48 



COMPTE RENDU DES SÉAN'CES 



NOMS 

DES 

COMMTOAUTÉS 



Terraube. 



ETAT DES PERSONNES 
COMPRISES A LA CAPITATION NOBLE 

DANS l'Élection de lomagne 

Le ^I'* de Galard-Terraube. 



ROLE des PRIVILEGIES 



AUVILLARS. 



estillac. 

Fleurance. 

Gramont. 

Layrac. 

Mansoxville. 

Plieux. 

La Plume. 



Pessoulens. 
Plieux. 
puygaillard. 
Sérignac-Bruillois. 

Ste-MÈRE. 



Le s. de Thèze. 

Le chevalier de Bressolles. 

Le chev. du Goût. 

Le s. Terret de Lissac. 

Le s. de Lamothe-Termes. 

Le s. de Monbrison. 

Le s. Despeyroux. 

Le s. Marcon de Landas. 

Le s. de Borista. 

Le s. de Gauran. 

Le s. Laffont. 

Le s. de Lagarière 

Le s. du Casse. 

Le s. de Romas. 

Le s. de Bonnot. 

Le s. Galey. 

Le s. Goulard. 

Le s. Cézerac. 

Le s. Dul)0sc. 

Le s. Du fort. 

J^e s. de Lal)usquette, 



1 



TENUES A AUGH EN 1787 49 

IMPOSITIONS DE LA GÉNÉRALITÉ d'AUGH 

Taille 1.440.533 8 

Accessoires 931.261 8 6 

Gapitation roturière 797.268 12 6 

Vingtième 1.057.134 9 

Droits réservés 165.000 

Gapitation noble et des officiers 

de justice 21.336 7 10 

Subventioii de Lectoure. . . . 4.900 



Total 4.417.434 5 10 

(On doit faire remarquer que ce total n'est pas conforme 
aux chiffres officiels qui furent publiés par les soins de 
l'Assemblée.) 



50 COMPTE RENDU DES SÉANCES 



Auch, ce 30 novembre 1787. 

Monsieur le Chevalier, 

Voilà donc notre ville d'Auch devenue un théâtre brillant 
pour toute la Province; j'aurais désiré avant de vous en 
envoyer le tableau, qu'il s'y fut passé quelque scène intéres- 
sante et bien remarquable, qu'on y eut pris quelque détermi- 
nation ou fait quelque opération importante au régime de la 
province; mais il n'y a encore rien de définitivement arrêté; 
on ne fait encore que débrouiller la matière. Les premiers 
jours ont été consacrés au cérémonial auquel on a mis tout 
l'éclat qu'on a pu : grand'messe célébrée pontificalement par 
M. l'Archevêque, le 20, en musique, où tous les corps furent 
invités, mais il ne s'y trouva que les officiers municipaux et 
un seul officier du Sénéchal ' ; il y eut un discours prononcé 
par M. l'abbé Fournier, vicaire-général, qui nous apprit qu'il 
débutait ce jour-là. Il fut très long, parla avec beaucoup de 
fermeté et de véhémence et montra dans son débit tous les 
dons physiques d'un véritable orateur. Quant à la composi- 
tion, il a, à mon avis, de la verve et du style. Je fus content 
de la partie oratoire, quoique nourrie de lieux communs, mais 
le raisonnement m'en parut détestable. D'abord il consacra 
une grande partie de son travail à prouver la vérité de la 
Religion, qu'il devait supposer crue de tout son auditoire, et 
le genre de preuves qu'il employa était assez mauvais. Il 
voulut établir ensuite que l'édilice du bonheur public ne pou- 
vait avoir de base solide que dans la religion, et cette thèse, 
qui était belle à soutenir, il ne la défendit qu'en déclamant 
d'une manière outrée contre la fausseté dos vertus humaines 



' .Iraii-l'aiil (rAiij^iissi', liaioii de Corljèrcs, avait étr iKitiiim'-, le 7 jiiillcl ITlW, j^raïul 
S«''ii(''rhal ri jçinivcrnciir (rAiinaj^iiar, pour li's sôiiôcliaiissôcs (rAiicli, Lectonre et l'Islc- 
Jourdain, en icmplaceineiit ilc Jean-Baptisto-Gabriel-François, comte de Polastron. 



TENUES A AUCH EN 1787 51 

et rinsuffisance des lois temporelles. Il se livra même sur ce 
sujet à des détails inutiles, tels que le jeu, ce qui était bien 
déplacé là, et le suicide dont personne assurément n'avait 
envie de faire usage dans l'Assemblée ; il copia Rousseau, cita 
Montesquieu, dit des choses hardies sur les devoirs des Rois 
et des choses extrêmes sur l'obéissance des peuples. C'est un 
jeune homme dont la tête a besoin de se mûrir. 

L'assemblée a eu une mortification que lui a causée l'indif- 
férence du peuple. Sa première séance publique n'attira aucun 
curieux ; les valets de ville allaient dans les boutiques invitant 
les gens à y accourir ; personne ne s'émut et voici la raison de 
ce peu d'empressement : il s'était répandu un bruit que 
l'Archevêque demandait vingt mille francs pour faire face aux 
dépenses que l'Assemblée allait lui causer, l'Evêque de Lec- 
toure dix mille, et ainsi chacun des autres, suivant sa dignité, 
ou son emploi dans l'administration. Le peuple, qu'une longue 
expérience avait rendu défiant, regardait toutes ces choses-là 
comme une belle représentation dont il allait payer les frais ; 
il s'est figuré qu'il n'allait que changer de sangsues. Les seuls 
corps, qui ont visité l'Assemblée, sont les officiers municipaux 
et le collège. Le sénéchal, quoique sollicité, a refusé de rendre 
cet hommage et les autres ont suivi cet exemple. 

L'Assemblée, depuis sa fondation, travaille tous les jours, ou 
divisée en bureaux, ou en séance générale. Le dominant, celui 
qui parait avoir la plus grande influence, et qui enchante tout 
le monde, c'est M. le président de Maurens. Un autre a tenté 
d'obtenir une certaine prépondérance, c'est l'Evêque de Gom- 
minges ; la nature a doué ce prélat d'une très grande facilité 
pour parler et pour écrire , mais on trouve qu'il en abuse et 
l'on va toujours se tenir en garde contre ses avis par l'essai 
qu'on en a fait en dernier lieu. Il est président du bureau des 
corvées ou travaux publics ; il avait imaginé, pour les travaux 
de l'année courante 1787, de s'en remettre en entier à 
M. l'intendant pour faire exécuter les arrêts du conseil du 
mois de septembre 1786, et mois de mai dernier; son bureau 
avait adopté cette opinion, proposée dans l'Assemblée gêné- 



52 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

raie, et entraînait déjà les avis, même celui de l'Evêque de 
Lescar ; M. de Monlaur fut le premier à le fronder et proposa 
de laisser couler l'année prête à expirer, sans rien faire; M. de 
Maurens, parlant après lui, suivit cette nouvelle ouverture et 
disserta admirablement bien ; il débaucha les partisans que 
s'était fait l'Evêque deComminges ; l'Evêque de Lescar retraita 
sa première opinion : l'amour-propre de M. de Gomminges fut 
blessé, il voulut répliquer pour faire triompher son avis, mais 
M. de Maurens prit de nouveau la parole et le t'éfuta au point 
qu'il enleva tous les suffrages. Voilà, Monsieur, la seule opéra- 
tion qui paraît conclue jusqu'à présent. Vendredi dernier, il 
arriva un règlement nouveau qui fixe les relations de l'Assem- 
blée avec le commissaire départi ; je ne l'ai pas vu encore et 
j'attendais de le bien connaître pour avoir l'honneur de vous 
écrire; en attendant, on dit ({u'il remplit et même qu'il dépasse 
les vœux de l'Assemblée ; tout le pouvoir est pour elle, l'inten- 
dant réduit à de vains honneurs, les officiers du génie mis 
entièrement sous la main de l'administration; ce qui est vrai 
c'est que les ponts-et-chaussées paraissent fort attristés et que 
depuis ce moment ils font leur cour aux notables provinciaux, 
mais les gens intéressés attendent encore un nouveau i^ègle- 
ment ; les intendants et maîtres des requêtes ont réclamé 
contre cette espèce de dégradation de leur ministère, et la 
fluctuation qui règne dans les opérations du gouvernement 
leur fait espérer une nouvelle résolution. Voilà, à peu près, 
ce qui est digne de queltpie attention jusques à présent. D'ici 
à mercredi prochain, j'espère avoir quelque chose de nouveau 
à vous marquer. 

Je suis avec lespect. Monsieur le chevalier, votre très humble 
et très obéissant serviteur. 

Bertieux. 



TENUES A AUCH EN 1787 53 

Aiich, le lei- décembre 1787. 

Monsieur le Chevalier, 

Je me hâte de vous annoncer l'événement qui excite davan- 
tage l'attention publique, relativement aux affaires du tems. 
J'ai déjà eu l'honneur de vous dire, par ma lettre d'hier, qu'il 
était arrivé, par le courrier de la semaine dernière, un 
règlement nouveau accueilli avec une joie extrême par 
l'Assemblée Provinciale, en ce qu'il anéantissait presque 
l'autorité des intendants et mettait les ponts et chaussées dans 
la dépendance des administrations ; le même courrier apporta 
une nouvelle qui fut également bien satisfaisante : le Roi 
admettait la Province à l'abonnement de ses vingtièmes pour 
lesquels elle avait offert treize cent vingt-neuf mille livres, sur 
quoi le Roi tiendrait à compte deux cent cinquante mille 
livres pour les biens ecclésiastiques. Le courrier d'hier nous a 
appris que nous n'avions eu, à cet égard-là, qu'une fausse joie. 
Le Roi a demandé, au lieu de treize cent vingt-neuf mille livres, 
quinze cent soixante mille livres ; l'intendant fut porter cette 
nouvelle à l'Assemblée ; on en fut consterné comme d'un 
coup de foudre ; l'Assemblée s'est formée aujourd'hui à huit 
lieures, pour délibérer une réponse quia été de représentera 
misère de la Généralité, pour laquelle la contribution, fixée 
sur le premier taux, était déjà un fardeau accablant et l'on a 
conclu par dire qu'on s'en tenait à la première proposition. 
C'est un cri universel d'indignation contre M. Trubert qu'on 
accuse d'avoir écrit au ministère pour exposer que la Généra- 
lité était susceptible de supporter une imposition bien plus 
forte. On attribue cela au ressentiment qu'il a eu de ce que, 
s'étant fait proposer par M. l'Archevêque pour la trésorerie 
de la Généralité, il fut comme universellement éconduit. Il a 
cependant des partisans dans l'Assemblée , tels que les 
messieurs de Noë qu'il a toujours traités avec une extrême 
galanterie pour leurs vingtièmes. 



54 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

Il y a encore un point d'arrêt pour les travaux publics. On a 
délibéré de prendre pour base de la contribution à cet objet, 
le cinquième de la capitation roturière avec la liberté aux 
communautés de les faire exécuter par adjudication, ou en 
préposant des cantonniers. La noblesse, toujours disposée à 
faire des sacrifices, a offert d'y contribuer pour une somme 
quelconque ; elle s'est ensuite réunie au tiers-état pour inviter 
le clergé à y concourir de son côté ; mais celui-cy ne s'est pas 
piqué de la même générosité ; il a réclamé ses privilèges 
sacrés ou ses sacrés privilèges. C'est surtout Ma'' l'évêque de 
Comminges qui a plaidé la cause de son exemption avec une 
chaleur, une véhémence qui l'a même emporté au-delà des 
bornes de l'honnêteté, vis à vis un des membres de l'Assemblée. 

Le courrier me presse et me force de finir. 

Je suis avec respect, Monsieur le chevalier, votre très 
humble et très obéissant serviteur. 

Bertieux. 



Monsieur le Chevalier, 

Le peuple est un animal bien léger, bien variable, 
bien inconséquent, bien difficile à servir ! Vous savez 
tout ce que le régime des intendants a excité de murmures, 
de haines et de mécontentements ; cette administration 
paternelle de l'Assemblée provinciale n'a pas plus obtenu de 
grâce à ses yeux, et perpétuellement ce sont les corvées qui 
excitent ces clameurs ; je vous marquais à la hâte, par la 
dernièie lettre que j'eus l'iionneur de vous écrire, quelques 
déterminations prises à ce sujet : On a, (lei)uis, ti-aité plus 
amplement cette matière, soit par i'a})i)orl aux travaux en 
eux-mêmes, soit par rapport à la manière de les faire exécuter. 



TENUES A AUCH EN 1787 55 

^l'j'' l'évèque de Comminges est le président du bureau, et M. 
de Gatelan en est un des membres ; c'est ce jeune magistrat 
qui a porté avant-hier à l'Assemblée générale un rapport qui 
présentait le résultat de la délibération du bureau. Ce rapport 
était bien et très bien fait ; c'est ainsi qu'en parlent ceux 
même qui étaient d'une opinion contraire. Sur les corvées, 
M. de Catelan, d'après le règlement envoyé par la Cour en 
dernier lieu, fit quatre classes de chemins ; chemins de 
communauté pour aboutir aux grandes routes et qu'on appelait 
autrefois embranchements, chemins d'arrondissement, chemins 
d'élection et chemins de généralité ; ces différentes dénomi- 
nations désignent les différents degrés d'utilité publique ou 
particulière de ces chemins. Le rapporteur se montra très 
disposé à multiplier facilement les constructions nouvelles de 
toute espèce de chemins ; il proposa cinq ou six points de 
délibération, dont je ne vous ferai pas le détail, mais dont 
un a excité une plus grande sensation, par là que chaque 
communauté aura la liberté de construire pour son usage 
particulier un chemin qui communique à la grande route, à la 
charge d'en faire les frais ; qu'on l'aidera néanmoins au cas 
qu'elle n'ait pas les forces suffisantes, et que, lorsque la 
confection sera achevée, il sera mis à l'entretien, à la charge 
de l'Election. Quelques-uns se récrièrent ; M. de Maurens 
observa qu'il y avait à craindre qu'on n'imposât à la Généralité 
un fardeau qu'elle ne pourrait pas porter ; mais l'article passa 
ainsi que tous les autres. Quant aux moyens de subvenir à cette 
dépense, on a bien vu que le cinquième de la capitation 
roturière ne suffirait pas ; on proposa d'imposer le cinquième 
de la capitation roturière, le centième de la taille, et le 
quinzième des vingtièmes. On vit bien que c'était trop court, 
et enfin par un ultimatum, on délibéra d'imposer sur ces trois 
articles à concurrence des trois cinquièmes de la capitation, 
dans cette proportion que la capitation contribuerait pour deux 
cinquièmes, la taille pour deux centièmes et les vingtièmes 
pour deux (juinzièmes. C'est ainsi que la chose fut réglée dans 
la séance d'hier. 



56 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

J.e peuple d'Aiich n'a pas applaudi, bien s'en faut, à cette 
délibération ; on regrette aujourd'hui la taille individuelle, 
mise en avant par M. de Vergennes et si malheureusement 
défendue par M^ de La Chapelle. Réellement coci semble le 
jour de la vengeance de cet administrateur, et le public ici se 
compare aux grenouilles qui demandaient un roi. On aura 
remarqué que les ingénieurs influaient victorieusement dans 
les délibérations de l'Assemblée (c'est à vous que je parle, 
Monsieur le chevaliei' , c'est-à-dire sans aucun danger ; 
d'ailleurs ce n'est pas mon opinion que j'exprime ici, et je ne 
suis que narrateur indifférent). On s'est porté à dire que M. 
l'évèque de Gomminges et M. de Catelan, envieux de créer un 
système sur les corvées, pour en avoir les éléments, s'étaient 
adressés aux ingénieurs et que ceux-ci, faisant semblant de 
les instruire bien loyalement, avaient fait passer dans leurs 
esprits toutes leurs opinions et leurs vues. On a dit que toutes 
les fois qu'on débattait en Assemblée deux avis dont l'un se 
rapprochait de la façon de faire des ingénieurs, il jjrévalait sur 
l'autre par les dissertations de ces deux messieurs, si bien 
qu'on a remarqué hier ce mot de M. de Monlaur, qui, 
interpellé de dire son avis sur un point, et ayant éprouvé 
l'inutilité de ses observations sur les autres, se contenta de 
dire : je suis de l'avis des ingénieurs. On a recueilli cela comme 
une épigramme. C'est un homme dangereux dans la discussion 
que cet évèque de Comminges* ; il est subtil, délié ; il a la 
conception vive, la parole aisée, abondante ; il bat tout le 
monde ; en général la supériorité pour les lumières n'est pas 
du coté du Tiei's-Etat, bien s'en faut. M. de Monlaur est le 
seul, pour ainsi dire, qui se fasse écouter ; plusieurs s'en 
rapportent à son avis et quand il parle on fait ce mouvement 
qui manjue l'estime qu'on a [)our lui ; on se tourne vis à vis, 
comme pour prêter une plus grande attention ; on remarque 
encore l'abbé i.évèque, vicaire-général deComminges, l'évèque 
de Lescar^, celui-ci parle tant pour lui que pour le comte de 

• Antoine, Eiisluilit; irOsinuml. 
' Monseigneur de Noé. 



TENUES A AUCH EN 1787 57 

Noé, qui a d'ordinaire pour formule : je suis de l'avis de M. 
l'évêque de Lescar. Monsieur de Noé brille singulièrement par 
sa dépense. Plusieurs jours de la semaine ce sont des repas 
d'une somptuosité inexprimable, d'une délicatesse extrêmement 
[■ecbercbée et d'un luxe d'argenterie qui éblouit tous les yeux ; 
cette maison protège beaucoup M. Ti'ubert, et malgré les 
malédictions qu'on a données à ce financier, accusé peut-être 
mal à propos, de nous avoir attiré une augmentation des 
vingtièmes, le comte de Noé et l'évêque de Lescar ont accepté 
chez lui un diner superbe qu'il donna à trente personnes. 

Voici encore un point de discipline de l'Assemblée dont je 
vais avoir l'honneur de vous rendre compte : il concerne la 
noblesse et règle l'espèce de preuves qu'il faudra faire pour 
être admis dans l'ordre de l'administration provinciale. M. de 
Pointis, qui a un beau nom et un physique bien matériel, est 
le président du bureau d'où sortit ce travail. M. Long, qui est 
de ce bureau, fut chargé de faire le rapport qui fut très court 
et très dénué. Il proposa qu'il faudrait prouver quatre généra- 
tions, indépendamment du récipiendaire, c'est-à-dire celui-ci 
non compté et que les preuves se feraient au moyen de titi*es 
ou extraits originaux. Sa réponse ne fournit pas de grands 
éclaircissements, mais l'abbé de Soupets, très versé dans la forme 
et peut-être plus qu'il ne convient à un ecclésiastique, disserta 
beaucoup là-dessus, et on délibéra conformément à son avis, 
On ajouta à l'avis du bureau qu'il faudrait, indépendamment 
des quatre ou cinq générations , prouver une durée de 
possession de cent ans et combiner un article avec l'autre, ce 
qui me paraît très sage, car autrement les personnes qui 
auraient vu une famille dans la roture, pourraient la voir 
figurer dans la noblesse par la facilité qu'aurait un homme, 
déjà ayeul ou bisayeul, d'annoblir à la fois trois ou quatre 
degrés de sa postérité, au moyen d'une charge. On ajouta 
encore, ce qui est une attention de bienséance et d'iionnôteté, 
qu'il ne serait pas permis au récipiendaire de donner l'essor à 
sa vanité, en étendant les preuves au-delà des quatre degrés, 
afin de ne pas humilier ceux qui, d'ailleurs très propres à être 



58 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

admis, n'auraient pas le même avantage d'une noblesse plus 
ancienne. 

Il me semble, si je me livre ici à mon opinion, qu'on aurait 
dû mettre une autre modification à ce règlement ; il convien- 
drait de dispenser de la preuve des quatre degrés un 
gentilhomme dont le père ou l'ayeul aurait occupé une des 
premières dignités de la Robe ou de l'Epée. Comment, par 
exemple, dans le concours d'un petit-fils de M. de Gatinat, ou 
même de M. de Ghevert, et du descendant au cinquième degré 
d'un capitoul ou d'un secrétaire du Roi, pourrait-on exclure 
ce beau nom de Gatinat ou de Ghevert, le descendant d'un 
maréchal de France ou d'un lieutenant-général, pour donner 
la préférence à l'autre '? Gela paraîtrait assurément bizarre. Il 
me semble, à moi, que l'illustration éclatante d'un nom doit 
suppléer à la multiplicité des degrés , si elle ne lui est pas 
préférable. 

Heureux ceux qui joignent l'avantage d'une naissance 
distinguée à l'éclat de la dignité personnelle ; plus heureux 
encore ceux qui n'envisagent ces dons de la nature et ces fruits 
de leur mérite que comme de grands devoii's et des moyens 
d'être plus utiles à leurs semblables. Je connais un mortel 
respectable qui réunit cet ensemble, mais soyez tranquille, 
Monsieur le chevalier, je me gardei'ai bien de vous le 
nommer. 

Je suis avec respect, Monsieur le chevalier, votre très 
humble et très Obéissant serviteur. 

Bertieux. 



Auch, 14 décembre 1787. 

Monsieur le Ghevalier, 

l'nr la dernière lettre que j'ai eu l'honneur <lc vous écrire, 
vous avez vu le public poussant les hauts cris de la délibération 



TENUES A AUCH EN 1787 59 

de l'Assemblée provinciale qui imposait sur la province le 
fardeau de cinq cent mille livres pour les travaux publics des 
routes. Ces nouveaux administrateurs furent émus de ce mécon- 
tentement général qui éclatait sans aucune réserve. Monsieur 
le président de Maurens, dans une nouvelle assemblée, proposa 
un adoucissement qui fut accepté ; ce fut de distribuer cette 
somme dans l'espace de dix-huit mois au lieu d'un an. Avec ce 
correctif, les députés se flattèrent d'obtenir grâce ; mais il 
n'apaisa pas les murmures. M. le baron d'Angosse, dans une 
séance subséquente, proposa de remettre l'affaire en délibéra- 
tion ; il annonça qu'il allait faire une motion sur cet objet. Le 
Président de l'Assemblée s'offensa de ce terme, le prenant pour 
le signal de la révolte et de la licence, à cause de son origine 
anglaise ; il déclara en propres termes que nous n'étions pas 
en Angleterre , et ajouta qu'il ne souffrirait jamais qu'on 
revînt sur un délibéré solennellement arrêté. Gela fit, et dans 
l'Assemblée et dans le public, une très mauvaise sensation; le 
marquis de Luppé, encouragé par la gloire du patriotisme, fut 
trouver ensuite Mg'' l'Archevêque pour lui demander l'agrément 
d'arrêter encore une fois l'attention de l'Assemblée sur un 
article de dépense aussi important ; le prélat, dans la réflexion, 
vit qu'il fallait céder au vœu général ; à la prochaine séance, il 
fit lui-même la proposition, non sans laisser éclater sa répu- 
gnance. Il invita les délibérans à ne pas se laisser émouvoir 
par les cris et les murmures du public ; il dit en propres termes 
que ce serait une faiblesse honteuse de s'arrêter à des propos 
de servantes. Il finit par avertir tout le monde de s'expliquer en 
Dieu et en conscience. MM. du clergé furent d'avis de ne rien 
changer au précédent délibéré, et déclarèrent qu'ils parlaient 
en Dieu et en conscience. MM. de la noblesse, à la réserve de 
deux, qui sont MM. de Cardaillac et le marquis de Galard, 
opinèrent conformément au vœu général de supplier le Roi de 
laisser aux communautés la liberté de faire les travaux en 
nature, ou par la voie de l'adjudication, pour leur faciliter le 
moyen de mettre ce bienfait à profit. On délibéra de multiplier 
les ateliers autant qu'il serait possible ; je n'ai pas besoin de 



60 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

VOUS dire que ce fut lavis du plus grand nombre des députés 
du Tiei's-Etat ; il y eut un de ceux-ci qui, comme par raillerie, 
ajouta, après avoir dit son avis, qu'il parlait en Dieu et en 
conscietice. Une auti-e particularité à vous raconter aussi, c'est 
que le comte de Noé, qui fut le premier de la noblesse à parler, 
s'exprima avec beaucoup de dignité ; il dit qu'il oserait faire 
entendre son avis sans ci'aindre le reproche de faiblesse. La 
chose fut ainsi arrêtée ; mais la joie qu'elle a excitée sera, 
j'imagine, d'une courte durée. Cette option demandée blesse 
trop ouvertement le système du Gouvernement ({ui a cru 
accorder lui grand bienfait i)ar la conversion de la corvée en 
une i)restation en argent. 

Hier on a enfin déterminé le traitement de ces coopérateurs 
nouveaux du bien public: 3,000 livides à chacun des syndics de 
l'Assemblée Provinciale, 1,000 livres à chacun des membres de 
la commission intermédiaire, 3,000 livres au greffier archiviste, 
2,000 livres au secrétaire en second, et 10,000 livres pour les 
frais de bureau ; itlus 2,000 livres à chacun des syndics des 
Assemblées d'Election, 600 livres à chacun des membres des 
commissions intei'médiaires, 1,200 livres à chaque greffier, 
200 livres à chaque député de l'Assemblée Provinciale ; moitié 
moins à ceux d'Election. Gela s'entend des députés du Tiers- 
Etat, car la noblesse et le clergé ont déclaré qu'ils ne voulaient 
rien. M(i' rArc!ievê([ue avait cru que le Tiers-Etat se [)iquerait 
du même désintéressement ; il l'annonça de cette manière ; 
mais M. Hugueny, de Beaumont-de-l-,omagne, qui fut le pre- 
mier à parler, s'éleva [)0in' déclarer au nom de son ordre, tout 
le contraire, et en conséquence on leur fixa ces 200 livres à 
titre de dédommagement. 

Ce qu'on voit jusque-là de plus clair, c'est une augmentation 
considérable de dépense. 

Puisse-t-elle ne pas tourner en perte ! 

.le suis avec i-especl, Monsieur le chevalier, votre très humble 
et très obéissant serviteui'. 

Bertieux. 



TENUES A AUCH EN 1787 61 



Aiich, le 22 décembre 1787. 

Monsieur le Chevalier, 

La voilà enfin terminée et clôturée cette Assemblée si fort 
prônée dans l'origine par ceux qui la composaient et de 
laquelle les sages et le public auguraient si peu avantageuse- 
ment. Le pressentiment de ces derniers a été justifié par 
l'événement; il est sûr que l'Assemblée, au lieu de bénédictions, 
a recueilli des huées et des imprécations. On a fait des pointes 
et des calembourgs sur la dissolution ; l'Assemblée est donc 
dissoute, disait l'un ; vous vous exprimez mal, disait l'autre, 
elle est dissolue. Le projet était de faire chanter un Te Deum 
le jour de la clôture ; on n'ose pas l'effectuer, parce que les 
frondeurs allaient disant librement que les artisans se 
rassembleraient tous dans l'église pour chanter en même temps 
le Miserere. 

C'est, Monsieur, aux Evêques qu'on attribue en partie tout 
le mal dont on se plaint. Ce sont eux, en effet, qui ont ouvert 
et défendu vigoureusement tous les avis qui tendaient à 
maintenir la condition actuelle du peuple ; on reproche à M. 
de Catelan d'avoir tenu leur parti, et s'être fait leur champion. 
(( On dirait. Monsieur, que vous aspirez à un canonicat de 
S^c-Marie, lui disait un jour M. de Noé, voyant avec quelle 
ardeur il employait son éloquence pour faire triompher l'avis 
de l'Archevêque. « Je m'en garderais bien, répondit ingé- 
nieusement le jeune magistrat, j'aurais le malheur de me trouver 
en contradiction avec vous » ; faisant allusion au procès de la 
maison de Noé avec le chapitre de S^e.Marie. 

On a à i\L de Noë l'obligation d'un article intéressant relatif 
aux corvées, qui a été délibéré suivant le vœu du public pour 
éluder l'adjudication. Les anti-ingénieurs proposèrent de faire 
arrêter que les ateliers seraient aussi multipliés qu'il serait 
possible. M9' l'Archevêque croyait, en conséquence, beaucoup 



62 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

faire que d'en demander cinquante aux ingénieurs. Quoi! cin- 
quante, s'écria M. de Maurens, il en faut au moins trois cents, 
L'Evêque de Comminges, par composition, en proposait cent 
cinquante, et on aurait conclu à ce dernier avis; mais M. de 
Maurens, qui avait eu le malheur de faire de mauvaises impres- 
sions dans le public (et bien injustement, je crois), parce que 
dans les délibérations il ne s'était pas déclaré ouvertement 
contre les évêques et qu'il avait fait, autant qu'il était en lui, 
le rôle de conciliateur, M. de Maurens^, f^is-je, voulut faire ses 
preuves de patriotisme en cette occasion. M. de Noë devait 
faire un rapport sur les tailles ; à propos de contraintes, M. de 
Maurens lui suggéra d'insérer la proposition des 300 ateliers 
sur les routes^ quoique cet objet fût étranger au bureau des 
tailles. Le faiseur de M. de Noë, qui est un avocat de ses 
terres, et en même temps notaire (on l'appelle Tarrible), 
suivit cette idée. M. de Noë communiqua, suivant l'usage, son 
mémoire à l'Archevêque, quand il fut fait. Le prélat ne fut 
pas d'avis qu'il fût lu ; il lui parut que ce mémoire était à la 
fois offensant, pour le bureau des corvées en ce qu'il avait l'air 
de vouloir suppléer au défaut de travail de ce bureau et pour 
l'administration des intendants, parce que le rédacteur relevait 
certains abus qui avaient lieu autrefois dans cette partie 
d'administration. M. de Noë envoya réclamer son mémoire 
et la partie était faite néanmoins pour le lire le lendemain en 
assemblée généi-ale. Or le lendemain, M. de Catelan, à l'heure 
ordinal l'e de ce bureau, arrive sans être ni peigné ni rasé, 
ayant l'air d'avoir veillé toute la nuit; il fit un rapport verbal 
dans lequel il exprimait sa douleur et son étonnement de la 
digi'essiou qu'un l)ureau éti'anger avait faite sur les matières 
qui devaient faire l'objet du travail du bureau des corvées, 
comme si ce dernier bureau avait manqué de zèle ou d'atten- 
tion. Vai même temps, pour ren(h"e l'incur'sion étrangère 
inutile, il [)roposa d'ari'èter la division des ateliers à 300, ce 
qui l'ut ainsi délil)éré. M. de Noë lut son mémoire, mais on 
délibéra de ne pas lui accorder les honneurs de la transciip- 
tion. M. de Noë, aiïecté de ce qu'on avait pi'étendu que son 



TENUES A AUCH EN 1787 63 

ouvrage renfermait une satire de l'ancienne administration, 
fut, en présence d'un grand nombre de personnes, le lire à 
M. l'intendant, en lui déclarant qu'en sa présence, il le jette- 
rait au feu, s'il y trouvait quelque expression qui ne fût pas 
mesurée. La lecture se fit et M. l'intendant jugea qu'il n'y avait 
rien dans ce mémoire qui ne fût très décent. Cette division 
entre M'J'" l'Archevêque et M. de Noë, du moins extérieure- 
ment, n'est pas allée plus loin ; le prélat a dîné depuis chez ce 
seigneur, et, au départ de celui-ci, ils se sont embrassés, 
se témoignant beaucoup d'attachement l'un à l'autre. 

Je crois avoir eu l'honneur de vous marquer dans une de 
mes précédentes lettres, que le rôle de M. de Maurens me 
paraissait très difficile dans l'Assemblée ; ma façon de voir 
n'était pas sans fondement. On dit que du Parlement on lui 
a écrit avant la clôture pour témoigner la surprise des fortes 
impositions que l'Assemblée délibérait de mettre sur la pro- 
vince. M. de Maurens a paru, en conséquence, redouter de 
sanctionner par sa signature ce qui avait été délibéré et il s'est 
retiré le mardi matin sans rien signer. 

On a tout terminé par une opération qui a excité un scandale 
général. Par un article du règlement envoyé du ministère, il 
était porté que l'Assemblée élirait trois avocats pour être les 
consultants de l'administration et des communautés qui vou- 
draient se faire autoriser à plaider. On a fait ce choix sur la 
proposition de l'Archevêque, qui désigna M^I. Despiau qui est 
de l'Assemblée Provinciale, Lapeyre qui est syndic de l'Assem- 
blée d'Election, et un certain Bonhomme. Je ne dirai rien du 
premier, et pour cause, mais le second est un personnage 
tombé à plat au barreau, sans emploi dans sa profession et 
qui n'a pour moyens d'existence, que l'intrigue et la bassesse. 
C'est la créature de MM. de Luppé, vis-à-vis de qui, comme 
vis-à-vis de beaucoup d'autres, il remplit des emplois, même 
humiliants, pour se rendre agréable. Le troisième est un 
Rouergas, venu de Millau ici en dernier lieu, et qui s'est estimé 
très heureux d'obtenir un emploi de scribe dans l'administra- 
tion; jugez, par là, de ses talents pour la profession. Tels 



54 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

sont, néanmoins, les flambeaux qui doivent éclairer la 
Province. 

Accoutumé à donner l'Esprit saint à ses prêtres, Mfl'' l'Arche- 
vêque a pensé que sa divine influence opérerait sans doute 
sur ces hommes-là. 

En vérité on devient bien indifférent pour les honneurs quand 
on les voit ainsi prodiguer et prostituer. Il est une chose qui 
flattera toujours mon ambition, c'est d'être honoré de vos 
bontés. 

Je suis, avec un profond respect. Monsieur le chevalier, 
votre très humble et très obéissant serviteur. 

Bertieux. 



A Auch, le 28 novembre 1787. 



Monsieur, 



Si le fils de Louis de Dûmes m'eût tenu sa parole de venir 
chez moi chercher ma lettre pour vous, ou du moins m'eût 
donné le temps de l'apporter à son auberge, vous l'auriez reçue 
hier; cependant je ne suis pas fâché de ce retard, trouvant la 
commodité de M. Pesme de l'Isle, parce que je suis en ce 
moment plus dans le cas de vous donner des nouvelles sur 
l'Assemljlée Provinciale. 

Cette assemblée triomplie, Monsieur, suivant le règlement 
arrivé depuis vendredi dernier. Ce règlement, qui n'est pas 
encore patent, mais cependant connu des parties intéressées, 
leur attribue tout pouvoir sur les dilTérentes impositions de la 
Province, au point qu'elle est libre d'abonner les vingtièmes 
ou de les faire régir ; cependant les préposés à cette partie ne 
s'étonnent pas; .M. de Béguillet a remercié le secrétariat de 
l'iidiiiinistration et s'est retiré dans sa direction. On travaille à 



TENUES A AUCH EN 1787 65 

force chez M. Trubert aux rolles exécutoires pour envoyer aux 
communautés, mais ces rolles ne portent l'imposition que pour 
six mois, c'est-à-dire jusqu'au mois de juillet prochain. Le 
premier commis de la direction est un de mes amis et il m'a 
assuré que les instructions qu'il recevait du conseil, sont toutes 
contraires au règlement de l'Assemblée. 

Venons à la partie des ponts-et-chaussées, celle qui doit 
nous intéresser le plus. Elle est on ne peut plus assujettie à 
l'Assemblée Provinciale, au point qu'elle est maîtresse de la 
nomination des employés subalternes. Les ennemis des ingé- 
nieurs dans cette ville, font aussi courir le bruit que l'assem- 
blée est maîtresse d'en faire le choix ; cependant l'article du 
règlement les concernant, porte que le Roy se réserve leur 
nomination et la fixation de leurs appointements, les subor- 
donnant cependant à l'Assemblée Provinciale ; il ajoute à leurs 
fonctions la partie des presl)ytères, sans pouvoir exiger aucune 
rétribution, sauf à l'administration à leur faire un traitement 
particulier relativement à ce nouveau travail. Quant aux adju- 
dications déjà passées, plusieurs membres de l'administration, 
tels que Ma'" l'Evêque de Lectoui-e, celui de Commenge, M. de 
Gatelan, avocat-général, et plusieurs autres, se sont beaucoup 
récriés contre les oppositions faites aux adjudications et vou- 
laient qu'elles eussent leur plein et entier etîet, mais leurs voix 
n'ont pas prévalu ; tous les autres ne voulant les adjudica- 
tions que pour une année. M. l'intendant ne veut pas les 
autoriser pour ce temps, disant qu'il ne peut pas scindei' 
l'article de l'arrêt du conseil ni des conditions générales, de 
sorte qu'il y a huit jours (ju'on travaille sur cet objet, sans 
avoir rien statué. M. Béguiei- et M. Albat sont chaque jour 
appelés au bureau chargé de cette partie et mangent souvent à 
l'intendance ou à l'archevêché. 

Les piincipaux membres qui composent le l)ureau sont : 
Mu'- l'Evêque de Commenge, M. de Noë, M. le baron de 
Gardaillac, M. de Catelan, avocat-général, M. l'abbé Soupets 
de La Glavei'ie, M. l'abbé Darrès, vicaire général, M. Marpon, 
M. Despiau, ancien subdélégué, M. Mondon (de ïerraube)..., 

5 



66 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

et la conclusion de la plupart de ces membres est qu'ils vou- 
draient prouver à la Province qu'ils ont trouvé un moyen 
d'économie sur l'entretien des routes. Mgr l'Evêque de Com- 
menge dit très bien que cette spéculation est personnelle et ne , 
tend pas au bien public pour cette partie. Voilà, Monsieur, 
tout ce que je sais en ce moment, à ce sujet. 

J'ai eu, ce matin, un moment d'entretien avec M. Sarrau, 
secrétaire de l'assemblée, frère du médecin, une de mes 
anciennes connaissances, placé par la protection de M. de Noë; • 
je lui ay demandé si l'affaire de l'évêque de Lectoure était i 
jugée avec la ville de Fleurance, il m'a répondu qu'il ne le 
croyait pas, mais que suivant toute apparence, cet évêque subi- 
rait le même soi*t que celuy de Gommenge, qui avait été 
condamné pour le même fait. 

Je n'ay. Monsieur, d'autre nouvelle à vous donner; j'espère 
avoir l'honneur de vous voir à Miélan la semaine pro- 
chaine. 

Je suis, avec respect, Monsieur, votre très humble et très 
obéissant serviteur. 

Durand. 



L'affaire de l'évêque de Lectoure avec la ville de Fleurance, dont 
parle dans sa lettre M. Durand, avait été soulevée par la prétention 
de cette dernière ville d'être, lors de la prochaine réunion de 
l'assemblée de Lomagne, le chef-lieu de l'Election, ou au moins, 
d'avoir un collège séparé et une députation particulière. Contrai- 
rement aux prévisions générales, Lectoure l'emporta et M»' l'arche- 
vêque d'Auch fut pour beaucoup dans ce choix, comme le prouve 
la lettre suivante écrite par ce prélat à M. Delor, député, le 9 octohre 
1787 : 

(1 11 est très certain. Monsieur, (jue tout ce qui s'est fait 
jusqu'à présent ne préjudicie point à la ville de Fleurance, que 
ses droits sont entiers et que l'Assemblée provinciale n'a nul 
dessein de les attaquer; mais je vous avouerai franchement 
que j'ai demandé au ministre une décision qui autorisât 
M. l'évêque de Lectoure à tenir l'Assemblée de Loumagne à 



1 



TENUE? A AUCH EN 1787 67 

Lectoure, parce que de très bonne foy, je crois que l'Assem- 
blée sera mieux établie et plus commodément à Lectom^e; il 
n'est point question d'ôter à la \ille de Fleurance le siège de 
réleclion, j'ai positivement demandé qu'elle le conserve. La 
commission intermédiaire aura la peine d'envoyer quebju'un à 
Fleurance pour fouiller le dépôt du greffe, loi'squ'il sera néces- 
saire. Je pense que le véiùtable intérêt de Fleurance n'est pas 
de vouloir s'oljstiner à vouloir que l'Assemblée y tienne ses 
séances, mais de se borner à consener le siège de Lectoure, 
car n'ayant pas plus cpi'une autre ville le droit d'être le chef- 
lieu de l'élection, on pourrait être tenté de lui ôter cette 
qualité qui lui 'lonne seule le droit de réclamer. Le mieux est 
donc de rentrer en composition sur cet objet et peut-être est-il 
plus pnident de se réunir à la Aille et à M. l'Evêque de 
Lectoure pour consentir que pendant ces quatre années-cy, 
l'Assemblée de l'Election de Loumagne soit tenue à Lectoure ; 
en vérité. Monsieur, je crois que je donne ici à votre ville un 
conseil d'ami, telle est au moins mon intention. Je vous prie 
d'en être bien pei^uadé. Les intérêts de la ville de Fleurance 
bien entendus me seront et me sont toujoure très chei*s. 

^^ Recevés, Monsieur, l'assurance de tous les sentiments avec 
lesquels j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéis- 
sant seniteur. 

«. L. A.. Archevêque d'Auch. » 



Malgré le rejet de leurs prétentions, les communautés de Fleurance 
et de Paulhiac persistèrent dans leur demande, et en 1789, les 
députés de ces deux communautés ne se présentèrent pas à 
l'Assemblée de la sénéchaussée réunie à Auch, comme les y 
appelaient leurs lettres de convocation. 



NOTES SUPPLÉMENTAIRES 



SUR 



MM. LES MEMBRES 

DU CLERGÉ ET DE LA NOBLESSE 

QUI FIRENT PARTIE 

DE 

L'ASSEMBLÉE PROVINCIALE 

POUR LA GÉNÉRALITÉ D'AUCH 
Ti'iiuc (Ml cHIe \\\\i\ dans les iiinis k .\o\enibiT cl de Df^ceiiibre 

1787 



MEMBRES DU CLERGÉ 



ÎS DU CLERGÉ 



MONSEIGNEUR L'ARCHEVÊQUE D'AUGH 

Louis-Apollinaire de la Tour-du-Pin-Montauban, né à Paris, 
le 43 janvier 1744, sacré premier évêque de Nancy, le 25 juin 
1777, devenu archevêque d'Auch le 15 juin 1783, décéda le 
28 novembre 1807, évêque de Troyes. 

A son retour de l'émigration, Mg^" de la Tour-du-Pin-Mon- 
tauban, sur la demande de Pie VII, avait donné sa démission 
d'archevêque d'Auch, à la suite du concordat. Il refusa d'être 
nommé à Aire-Dax et fut promu, en 1803, à l'évêché de 
Troyes, sous le titre d'arche vêque-évêque. Gréé officier de la 
légion-d'honneur et sénateur, il mourut à l'âge de 63 ans, 
laissant un impérissable souvenir de ses vertus , de sa 
chai'ité et de sa sagesse dans l'administration de ses trois 
diocèses. 

Armes : Ecartelé aux 1^'- et ¥ d'azur à la tour d'argent, 
maçonnée de sable, au chef cousu de gueules, chargé de trois 
casques fermés d'or; aux 2'' et 3" d'or, au dauphin d'azur, 
cretté et oreille de gueules, sommé d'une couronne de marquis, 
surmontée d'une croix archi-épiscopale, soutenant le chapeau 
à glands des archevêques. 



74 COMPTE RENDU DES SÉANCES 



MONSEIGNEUR LÉVÊQUE DE LESGAR 

Marc-Antoine de Noé, devenu à trente-six ans, évêque de 
Lescar, était né au château de la Grimenaudière , près de La 
Rochelle, en 1724. Elevé au collège des Jésuites d'Auch, fort 
en vogue à cette époque, il fut nommé grand-vicaire à Alby et 
plus tard à Rouen. Sacré évêque de Lescar, le 12 juin 1763, 
il prononça plusieurs discours qui donnent une haute idée de 
sa science, de sa charité et de son talent. 

En 1775, il sacrifia presque toute sa fortune pour secourir 
ses malheureux diocésains ruinés par une épizootie survenue 
en Béarn. Sa lettre pastorale à ce sujet est un chef-d'œuvre de 
sentiment, d'instruction et d'éloquence, loué même par La 
Harpe. On cite aussi avec de grands éloges , la harangue qu'il 
prononça dans la cathédrale d'Auch, pour la bénédiction des 
guidons du Régiment-Royal-Dragons, le 28 septembre 1781, 
devenue classique dans les écoles militaires. 

Monseigneur de Noé fut le dernier des évêques de Lescar 
qui reçut à Versailles (le 31 décembre 1777), le serment prêté 
par le roi de France de respecter les fors et coutumes du 
Béarn. 

A son retour d'Angleterre, où il avait émigré, il fut créé 
évêque de Troyes; sa nomination de cardinal lui ari'iva le jour 
de sa mort, le 24 septembre 1802. 

Armes : Losange (ou échiqueté) d'or et de gueules , l'écu en 
bannière; supports: deux léopards lionnes. 



TENUES A AUCH EN 1787 75 



MONSEIGNEUR L'ÉVÈQUE DE LEGTOURE 

Louis-Emmanuel de Cugnac, né en 1729, au château de 
Sermet, en Quercy, ' arriva à Lectoure le 10 janvier 1774, 
après avoir été chanoine de Notre-Dame-de-Paris, et vicaire- 
général du diocèse de Bayeux, sous l'épiscopat de Monseigneur 
de Rochechouart-Montigny, ancien évêque d'Evreux. 

La maison de Gugnac , une des plus anciennes de la 
Guyenne , avait formé les branches de Giversac en Quercy, 
de Dampierre en Beauce, de Traissies, etc.. Elle s'est alliée 
aux d'Hautefort, Durfort , Prunelé , Lagni , Ebrard-S^-Sulpice, 
Gontaut-St-Geniez , d'Abzac de la Douze , Vassan, Langheac, 
etc.... Successeur à Lectoure de ^>l¥ Pierre Chapelle de 
Jumilhac-Gubjac et dépossédé de son siège épiscopal pendant 
la Révolution, Monseigneur de Cugnac fut signalé comme 
suspect pai' le ministre de la police qui adressa à la munici- 
palité de Condom la note suivante, à son sujet: ^ Gugnac, 
ci-devant évêque de Lectoure, royaliste débouté. Il a protesté 
contre les décrets de trois assemblées. G'estlui qui entretient, 
en sa qualité de seul évêque, une correspondance avec le Pape. 
Il a fait des lettres pastorales pour exciter le peuple à la 
révolte. Condamné d'abord à la déportation, longtemps détenu 
dans une maison de réclusion, il fut mis en liberté l'an m, et 
gouverna le ci-devant district de Lectoure avec une verge de 
fer. Il en devint le procureur-syndic et a tenté de faire exter- 
miner tous les patriotes du département qui, sans leur énergie, 
auraient été les victimes de la réaction. ^ » 

Monseigneur de Gugnac eut ses biens confisqués, mais il fut 
autorisé à se retirer dans sa famille, au château de Fondelin, 
près de Condom, après un an d'emprisonnement 3, ayant signé 



' Son père était Jean-Louis, vicomte de Cugnac, seigneur de Giversac, sa mère, Marie 
Souveraine du Faure de RoufftUac. 

2 Persécution contre le clergé du Gers pendant la Révolution, par M. Lamazouade. 

■''Grâce à M. Constantin, membre du directoire départemental qui eut pitié de l'âge 
avancé et des infirmités de l'évêque, devenu martyr. 



76 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

rengagement de n'en plus sortir. Il y mourut le 9 décembre 
1800, à l'âge de 71 ans. Ce prélat donna, toute sa vie, un 
remarquable exemple de son attachement à la foi catholique. 
Armes : Gironné d'argent et de gueules, de huit pièces. 



MONSEIGNEUR L'ÉVÈQUE DE GOUZERANS 

Dominique de Lastic, né dans le diocèse de Mende, le 16 
octobi-e 1742, sacré le 9 janvier 1780. 

Armes : De gueules (alias de sable), à la fasce d'argent, à la 
bordure de gueules ^ (Genouillac.) 



MONSEIGNEUR L'ÉVÈQUE DE COMMENGES 

Gabriel-Antoine-Charles-Eustache d'Osmond, de Médavy, né 
à S^-Domingue, le 6 février 1723, élevé dans le diocèse de 
Séez, devint, en 1743, chanoine comte de Lyon; il fut sacré 
évêque de Commenges le 1^ mai 1785. 

Armes : De gueules au vol d'Hermine. 

Devise : Nihil obstat. 

LÏ'vtMjue de Gommenges était frère de Dainabé-Louis- 
Gabriel, comte d'Osmond, chambellan de Monseigneur le duc 
d'Orléans. Sa femme, née de Ferre, était dame pour accompa- 
gner Madame Adélaïde de France. 



' !.<•> Lastir ilii Laii;;iii'iliH- pdi taiiiit : tl'ni- an ((pur do jçiieiili-s (llii'tslap.i ; ils (■laiciil 
allii'"* aux ramilles ir.Vrrriiticics, Talleinaciic, La Ma/.ic((', Caiisans, riaiiliic, Lcvo-nii de 
Vczins, Valliii. (Me 



TENUES A AUCH EN 4787 77 



L'ABBÉ DE LACLAVERIE DE SOUPETZ 

Jean-François de Laclaverie de Soupetz, seigneur de Lacla- 
verie, archidiacre de Ste-Marie d'Auch (1747), occupait une 
haute situation dans le clergé de laProvince^ 

Armes : D'argent à la bande d'azur, chargée de trois têtes de 
lion d'or, arrachées et lampassées de gueules; couronne de 
marquis. D'après l'armoriai d'Armagnac, par M. de Bastard, 
l'abbé de Laclaverie aurait eu dans son écusson, outre le bla- 
son ci-dessus , brochant sur le tout , trois besans d'or sur 
fond d'azur, et une couronne d'épines au naturel , sur fond 
d'argent. 



L'ABBE DE LA TOUR-DU-PIN 

ARCHIDIACRE DE SOS 

Parent de Monseigneur l'archevêque d'Auch, dont il portait 
les armes, il était grand-vicaire de la Cathédrale. 



L'ABBÉ DE FAUDOAS 

CHANOINE DU CHAPITRE DE PESSAN 

La noble et ancienne maison de Faudoas tire son origine du 
bourg et château de Faudoas, première baronnie du pays de 
Lomagne , au diocèse de Montauban ; cette famille possédait 



' Drjà, en ltJ3:{, l'ieno ilc Larlavoiic, sinir di; Uangiiiéics «-t |)riciir de Bouloc, t'-lait 
:haii()iiie ilc réglisf iiirliopolitaiiic irAiicli i Mniili'rni;. 



78 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

aussi, entre Lectoure et l'Isle-Bozon, le château de Plieux, 
dont les ruines importantes appartiennent de nos jours aux du 
Faur. On voit encore sur la porte du vieux manoir les armes 
des Faudoas écartelées avec celles des Galard, en souvenir de 
l'alliance contractée ('l!296) entre Réale de Faudoas et Ayssin 
de Goalard, seigneur de Terraube, maire de Bordeaux et 
de Dax, lieutenant du sénéchal de Guyenne pour le roi 
d'Angleterre. 

Le premier Faudoas dont il est fait mention se nommait 
Raymond- Arnaud, et vivait en 1101. Cette maison a formé 
plusieurs branches dont les plus connues sont celles de 
Barbazan, llocliechouart, Sérillac, Avensac, Séguenville, Ayries 
et Bélin. 

Armes : Ecartelé aux 1(^>' et 4" de France (concession royale 
accordée au célèbre Faudoas-Barbazan qui fut enseveli à S'- 
Denys), aux 2^ et 3^ d'azur à la croix d'or. 

Au xviie siècle, le poète d'Astros, de S'-Clar, a célébré en 
vers gascons, l'entrée du marquis et de la marquise de Faudoas 
dans leur château de Plieux *, où il les fait saluer par trois 
bergers, deux fi-ançais et un gascon, qui chantent les louanges 
de la grande maison de Faudoas-Barbazan-Rochechouart -. 



' Ce château, vciitlu en 1400 aux Tialanl de l'Isle-Bouzon, par les Faudoas, fut, plus tard, 
racheté par eux. Il appartenait, avant la RévoUition, à la famille de Cambolas, de 
Toulouse. 

' L'histoire nénéaloj^'itpie de la famille de Faudoas a été publiée en 1724, par Jean- 
Louis de Faudoas-Séjçueiivillc ((ils de Pierre de Séjçucnville et de Lucrèce de Hoque- 
maure-Monlaijçu), docteur en Sorhonne, i hanoine théoloj'ique de Montauban, prévôt en 
1707, de l'abbaye de Montauriol, décédé en avril 173:2. 



TENUES A AUCH EN 1787 79 

DOM HYACINTHE PÈLEGRIX 

ABBÉ RÉGULIER DE l'aBBAYE DE BOUILLAS 

Après avoir été (.< professeur royal en théologie à l'Université 
(le Toulouse », vicaire-général de la Province pour l'ordre de 
Giteaux, dont Bouillas dépendait, il fut nommé par le Pioi, 
le "25 novembre 1771 , et béni par Monseigneur d'Auch , le 
25 mars 1772, dans l'église des carmélites de cette ville. 

L'abbaye de Bouillas, de l'ordre de Giteaux, et dédiée à la 
Vierge, fut fondée entre 1040 et 1126, par Ardoin de Bouillas, 
près Lectoure et Pauilhac, dans la forêt du Ramier, appelée 
alors Porte-Glands ' . 

Riche et important , ce monastère avait eu pour abbés des 
personnages appartenant à de bonnes familles de la province, 
entr'autres : A. de Montesquiou-Fezensac (1228), B. de Gastel- 
bajac (1283), B. de Roquelaure (1477), le cardinal d'Albret 
(1520), J. de Godailh (1522), deux Montlezun, dont l'un en 
d272, quatre Galard, de 1557 à 1722, enfin un Laval, un du 
Mesnil, un de Gié, etc.. 



* Notes sur Bouillas ipar M. l'abbé Laglejse;. 



MEMBRES DE LA NOBLESSE 



MEMBRES DE LA NOBLESSE 



MONSIEUR LE VICOMTE DE POINTIS-S'-.TEAN 

Jean de St-Jean, vicomte de Pointis et de Couserans, naquit 
le 9 août 1721 ; garde du corps du Pvoi (compagnie Ecossaise), 
il assista à la bataille de Fontenoy, reçut la croix de S^-Louis 
le 8 octobre 1758, et épousa, cette même année, Rose de Vaux. 
Doyen de l'Ordre de la Noblesse à l'Assemblée Provinciale de 
la Généralité d'Aucli, il fut nommé pj'ésident de la commis- 
sion chargée de vérifier les titres des gentilshommes de cette 
Généralité. 

La maison de S^-Jean, d'ancienne chevalerie, était originaire 
du comté de Gomminges , où est située la ten-e de Pointis 
qu'elle possédait depuis plusieurs siècles, avec les titres de 
haron et de vicomte. 

Bernard de St-Jean, chevalier, figure en l^O'i, comme 
témoin d'un acte passé entre Bernard, baron de l'Isle-Jour- 
dain, et son frère, au sujet du village de S^-Césert. 

Raymond-Bernard de S^-Jean, seigneur de Sieurac, Bajon- 
nette, etc., chevalier, fut au nombre des nobles qui signèi^ent 
les coutumes données, en 1249, au Fezensaguet. 

Jean de S^-Jean était, le 18 janvier 1294, lieutenant du Roi 
d'Angleterre en Aquitaine. 



84 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

Roger de S'-Jean (depuis lequel on suit la filiation authen- 
tique) , fut nommé en 1400 , gouverneur de S'-Lizier de 
Couzerans; il avait épousé Navarre de Benque^ et sa fille se 
maria avec Roger de Pardaillan. 

Roger II de S^-Jean, seigneur de Soueicli, eut de Bertrande 
de Preissac-Esclignac Jeannette de S'-Jean , devenue en 1512 
la femme de Roger de Yize, seigneur de Bareilles. 

Roger III de S^-Jean, époux d'Anne de Noé , eut pour fils 
Gaspard, seigneur de Soueich, qui se maria le 19 mars 1535, 
avec Catherine de Gomminges, fille d'Odet de Gomminoes -, 
vicomte de Couzerans, seigneur de Pointis, etc., et de Marie 
de Tersac. 

Bernard de SMean, baron de Pointis, seigneur de Ghampi- 
gny-Chamussay, S'e-Julitte, etc., fut chef d'escadre, chevalier 
de S^-Louis, de la première promotion, prit Garthagène (Amé- 
rique) , en 1697 , et écrivit la relation de cette campagne 3. 

Devenu maréchal des camps et armées de Louis XIV, lieu- 
tenant général au service de Philippe d'Anjou, roi d'Espagne, 
il se distingua à la défense de Gibraltar et mourut en 1707. 

Le marquis de Sourches, dans ses mémoires, raconte, à la 
date du 21 février 1689, « qu'on vit arriver à Versailles M. de 
Pointis, capitaine de vaisseaux, lequel venoit d'Irlande, où le 
roi l'avoit envoyé pour y reconnaître exactement l'état de toutej 
choses. Comme Pointis étoit homme d'esprit et fort intelligei 
dans ce qui regardoit l'artillerie, il avoit inventé la manière 
jeter les bombes de dessus les barques, ce qui avoit si bi( 
réussi à Gènes et à Alger, et le roy le donna au Roy d'Angle 
terre pour commander son artillerie*. » 

Octavien de S^-Jean de Pointis, capitaine au régiment 
Uoyal-Artillerie, eut le bras emporté par un boulet à la bataill 
de Fleurus, le 2 juillet 1690 ; chevalier de S^-Louis, il ser\ 



' Armos tles (\o IU'nf|uc ; (Je gueules à la croi.x d'or. 

* Aruics (les Comminjçes ; d'argent à la croix pattée île gueules. 
'« Amsterdam 1697. 

* Mémoires du marquis de Sourches, sur le règue de Louis XIV. 



fi 



TENUES A AUCH EN 1787 85 

eji Allemagne sous le maréchal de Lorges et fut tué au siège 
de Verrue, le 5 janvier 1705. 

Nicolas-Melchior de S^-Jean, vicomte de Pointis et de 
Couzerans, siégea aux Assemblées électorales de la Noblesse du 
Comminges et du Nébouzan, en 1789. Il y est qualifié comte 
de Pointis, et chargé de la procuration du vicomte de Couse- 
rans, son père, et du baron d'Encausse. Déjà, à la réunion 
générale des trois ordres de la sénéchaussée d'Armagnac et de 
celle de l'Isle-Jourdain, tenue à Lectoure le 16 mars 1690, le 
baron de Pointis avait été le procureur-fondé de Madame de 
Saussignac et de Monsieur de Castelbajac. 

Les alliances de la maison de Pointis S^-Jean avaient été avec 
les d'Isaut, d'Ustou, Léaumont, de Vie, d'Encausse, d'Aure- 
Viella, Gazaux-Laran, Baulat-Préneron, Ségala, Roquemaurel, 
Ghennevière, du Pac-la-Bastide, Saint-Pastou ^ de Goueytes, 
Pennautier, Marin, Génibrouse-Gastelpers, Mont-Redon. 

Les Armes des Pointis S^-Jean étaient : d'azur à la cloche 
d'argent, bataillée de sable, accompagnée en pointe de trois 
étoiles d'or, posées 2 et 1. 

Devise : A petite cloche grand son. 

Les araioiries de la famille de S^-Jean d'Honous, en Langue 
doc, tige, croit-on, des S'-Jean-Pointis , étaient d'azur à la 
cloche d'argent, bataillée de sable, soutenue de deux lions 
affrontés d'or, armés d'argent et lampassés de gueules^. 

Gatherine-Joséphine-Charlotte de S'-Jean, veuve de Louis de 
Gazaux-Laran, mestre-de-camp de dragons, baronne de Pointis" 
Inard, seigneuresse de Gampalas, fief de la baronnie d'Encausse, 
se fit représenter à l'Assemblée générale de la noblesse de 
Gomminges, tenue à Muret en 1789. 



' Armes des Saint-Pastou. — D'azur à raigle d'argent, tenant eu son bec une cloche du 
même, bataillée de sable, surmonte d'une fleur de lys d'or. 
■^ Borel d'Hauterive. 



86 COMPTE RENDU DES SÉAiNCES 

LE MARQUIS DE GALARD 

SEIGNEUR DE l'iSLE-ROUZOX, CHEVALIER DE SAINT-LOUIS 

Josepli de Galat'd, marquis de l'Isle-Bouzon, en Lomagne, 
baron de Magnas, seigneui- de Castelnau-d'Arbieu, Latoui-, 
etc., était fils de Marie de Mibielle* et de Jean de Galard, 
seigneur de Pellehaut-Luzanet, etc. (branche sortie des 
seigneurs de Galard-Balarin, issus de la maison de Galard- 
Terraube). Il obtint, le 3 janvier 1742, un brevet de cornette 
dans la compagnie mestre-de-camp du régiment de cavalerie 
d'Andlau, et en 1743, il eut la commission de capitaine au 
même régiment, par la retraite de Jean-Charles de Goalai-d, 
marquis de l'Isle, seigneur de Fourcès^, son oncle, qui, 
n'ayant pas d'enfant de sa femme, Marie de Bastard, l'avait 
adopté et le fit héritier de ses biens et de ses titres, par son 
testament du 7 avi-il 1753. Le 25 août 1767, le marquis de 
Galard fut promu major, et en 1771, il devint lieutenant- 
colonel dans le régiment de Picardie et chevalier de S^-Louis. 



< Armes des Mibielle : crargent à 1^ l'asces ondées de sable, écartclé de gueules à une 
croix du S'-Espiit d'argeut. 

Il existait en Béarn deux familles de Minviolie, ou Mibielle, qui avaient des armes tout 
à fait différentes du blason des Mibielli,' d'Armagnac. Pierre de Mibielle, seigneur de 
Noguès et de Charre avait dans sonécu, le 3 décembre J675, un chevron d'or, accompagné 
en chef de deux étoiles et en pointe d'un soleil du même. Jacques de Minvielle, habitant 
deNavarrenx, avait pour scel un cartouche coupé portant : au premier, deux canettes d'ar- 
gent ; au second : une étoile d'or accostée de deux tours ouvertes, crénelées et maçonnées ; 
timbré d'un heaume de face, à lambrequins. (Dénombrement daté du -4 février 1675, sceaux 
des Basses- Pyrénées.) Joseph de (lèrcs, seigneur de Monlignac, avait épousé, le 18 décem- 
bre 1G4U, Peyronne de .Minvielle, elle 20 mai 11)13, Asdrubal de rières-Gassies, premier 
capitaine au régiment d'HarcourI, frère; de Jose|ili de Gères, se maria avec Anne de 
Minvielle. 

Le 27 juin H'J8, Guyot de .Minvielle parut à la revue ])assée à (-astres en Albigeois, par 
Monseigneur d'Albret, avec Baymond de Cardaillac, Jean de Oaupenne, Boger de Béarn. 
Guillaume de Bezolles, Antoine de Sérillac, Pierre ilc Duribrt, N. de Polastrtm et autres 
Seigneurs. 

■■' Le ;J0 septembre I7(>r>, l'estimation de la seigneurie de Fourcès, faite par .Molier de 
Larroumien, se monta à 102,182 livres 10 sols. (Arch. de Magnas). Jean-Charles de 
Galard, Marquis de Lislc-Bouzon, mourut le l" septembre 1753. 



1 



TENUES A AUCH EN 1787 87 

Marié le 23 novembre 1773 avec ^larie-Suzanne de Vignes- 
Magnasi, sœur de la baronne de Mauvoisin et de la baronne 
de Balzac, le marquis de Galard résidait dans le Lectourois, 
à risle-Bouzon et à Magnas, dont il répara le vieux château 
fondé par ses ancêtres. Le 17 avril 1794, il monta à Auch sur 
l'échafaud révolutionnaire-^, pour cause d'aristocratie, âgé de 
61 ans, malgré les supplications de ses anciens vassaux de 
risle-Bouzon ; ceux-ci, reconnaissants des bienfaits reçus 
pendant des siècles, de leur ancien seigneur et de ses aïeux, 
demandèrent en vain à la commission exécutoire de Bayonne, 
séant à Auch, et présidée par Dartigoyte, la gi'àce du marquis 
de Galard. 

La terre de Lisle-Bozou, les métaiiies de la Garrière, la 
Salle, La Tour, La Bouridère, deux moulins, les prés, bois, 
jardins, dépendant du château, furent vendus au district de 
Lectoure, pour 338,306 livi-es; les meubles et le bétail 
atteignirent 10,314 francs 3. 

De ses trois fils, l'un mourut en émigration^ ; l'autre, dont 
le crayon a retracé avec talent les vues et les costumes les 
plus remarquables du Bordelais, n'eut qu'une tille, morte 
jeune , enfin l'aîné , Louis-Raymond-Charles marquis de 
Galard de l'Isle, baron de Magnas, né au château de L'Isle- 
Bouzon, le 7 octobre 1774, mousquetaire dans la deuxième 
brigade à l'arjnée de Coblentz en 1791, décédé à Magnas en 



* Le père de la marquise de Galard avait été longtemps président de la Bourse de 
Bordeaux. 

Les Armes des Vignes étaient : d'argent, au cep de vigne tortillé à un échalas de sable, 
feuille de sinople, terrassé de même, chargé de deux raisins de gueules ; au chef d'azur 
chargé d'un croissant d'argent, accosté de deux étoiles d'or. 

2 « Etat des baux nationaux du bureau de Fleurance ». — (ialard, ex-marquis de Lisle- 
Bouzon, condamné et exécuté à .\uch, eut tous ses biens confisqués ; mais une métairie, 
deux moulins et les prés, le tout situé à Magnas, provenant de sa femme, furent séquestrés 
et affermés pour 3 ans, 'J,800 francs, à Jean La Boubée, habitant de .Marsoulan, par le 
directoire du district de Lectoure, le 21 Prairial an 2. » 

3 Arch. de Magnas, confiscations de l'an 11 de la Bépublique, des biens du ci-devant 
marquis de Galard, ex-seigneur de Lisle-Bouzon et Magnas. Voir à l'Appendice, la vente 
des biens d'émigrés, ordonnée par Dartigoyte. 

•* Voir, à l'Appendice, le certificat mortuaire de Jean, Bose de Galard, le 7 juin 1800. 



88 COMPTE RENDU DES SEANCES 

4871, épousa à son retour de l'exil, Amélie de Portes- 
Pardaillan^ ; leur fils, Hippolyte de Galard, marié avec 
Joséphine de Captan-Monein-, continua la descendance qui 
habite encore le château de Magnas, où elle est représentée 
par le marquis Hector de Galard de l'Isle-Bozon, baron de 
Magnas ; il a eu d'Elisabeth de Grussol , fille de Monsieur le 
duc d'Uzès^et de F. deTalhouët^, un seul enfant, Raymondede 
Galard, qui a épousé, en 1885, le vicomte Hector de Galard- 
Saldebru, fils unique de Laure de Ségur^ et du comte Hector 
de Galard-Saldebru, baron de Gaila, branche de la maison de 
Galard séparée, depuis 1579, des rameaux de Terraube et de 
l'Isle-Bouzon-Magnas . 

Le second fils d'Hippolyte de Galard et de J. de Captan- 
Monein, Bertrand comte de Galard, marié avec Elisabeth, fille 
du marquis d'Estampes 6 et de G. de Robiac, habite la terre de 
Captan-Castera, en Chalosse, ancienne seigneurie venue aux 
Gaptan, par les Bourdeau-d'Audigeos-Gastera. Ils ont un tils, 
Hector-Pierre de Galard, né en 1884. 



* Anncs des De Portes : d'azur à la tour crénelée d'argent, maçonnée de sable, à la 
bande d'artfcnt mise au milieu de l'écu, et au chef d'azur, chargé de trois mericttes 
d'argent posées en fasce ; couronne de marquis. (Voir à l'appendice.) 

2 Voir à l'Appendice pour les armes de la famille de Captan, dont l'histoire a été écrite 
par l'abbé Cazauran, dans son ouvrage La Baronnie de Bourrouillan. 

3 Armes des Crussol d'Uzès, princes de Soyons, ducs de Grussol et ducs d'Uzès : Aux 1" et 
4«, fascé d'or cl de sinople de G pièces, parti d'or à trois chevrons do sable ; aux 2« et 
3", coiitr'écartelé ; aux premier et dernier d'azur, à 3 étoiles d'or mises en pal, aux i" 
et3« de gueules, à 3 bandes d'or, et sur le tout : d'or à 3 bandes de gueules. 

Devise : Ferro non aura. 

Couronne ducale ; supports : deux lions. 

Les Crussol d'Uzès étaient [ircmicrs pairs de France. 

^ Arinc's ries Talhouët : d'argent à 3 pommes de pin de gueules, posées '2 et I, le pied 
mis en bas ; (alias) mises en fascc. 

•'• Armes des Ségur : Kcartelé aux 1« et 4'^ de gueules au lion d'or, aux "2" et 3» d'argent 
plein. 

" Armes des d'Estampes, Miar(|uis de la l'iMic-linbauH cl de Mauny, seigneurs de 
Valençay etc. : d'azur, à iJ girons d'or en chevrons, au chef d'argent, chargé de 3 couron- 
nes ducales de gueules, mises en fasce. Devise : Fidelis furtisque si miil {Kvmor. de Cauna). 
Cette maison a donné à la France un cardinal, un archevè()ue duc de Rheims, des évèques 
à (^rcassoniie, àNcvers et à Condom, un grand Prieur de l'ordre de Malte, un maréchal 
de France, trois chevalier des ordres, etc.. 



TENUES A AUCH EN 4787 89 

Les ai-mes des Galaid-Terraube , Galard-L'Isle-Boiizon- 
Magnas, et Galard-Saldebru, sont : d'or à trois corneilles de 
sable, posées deux et une, becquées et pattées de gueules <. 

Devise : in via nulla invia. 

Cri : Goalard-Goalard. 

Couronne de marquis. 

Supports : Deux lions. 

Quelques branches de la maison de Galard avaient pour 
devise : Ad utrumque. 

Les rameaux de Béarn-Brassac prennent pour supports 
deux aigles, avec la couronne ducale, et portent les vaches de 
Béarn, sans Ijrisui'e. 



LE MARQUIS DE LUPPÉ 

SEIGNEUR DE LA CASSAIGNE 

Le marquis de Luppé, seigneur de La Cassaigne-S^-Avit- 
Frandat-, cousin du baron de Luppé, seigneur de ïaybosc- 
Vivés, habitait le château de La Cassaigne-S^-Avit , ancien fief 
de la vicomte de Lomagne , ayant appartenu vers 1382 à la 
maison d'Armagnac, puis aux Galard et aux Vezins, et qui est, 
depuis 1680 à la famille de Luppé. Une des salles du manoii-, 
décorée par un Luppé du Garrané, chevalier de Malte, repré- 
sente les plans, les fortifications et les costumes de l'ile, au 
commencement du xviie siècle. 

La maison de Luppé, une des plus anciennes de France, 
r-emonte à Loup, duc de Gascogne, arrière-petit-fils d'Eudes 
d'Aquitaine. « Le nom de Luppé vient de Lupus (Loup), 

' Documents historiques sur la maison de Galard, par J. Noulens. 

2 Le château de La Cassaiguc est situé entre Lectourc et Sainte-Mère. Les Koquelaure 
avaient jadis une partie de la seigneurie. 



90 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

porté presque héréditairement par les ducs de Gascogne ; un 
des fils de Loup-Gentule construisit, près d'Aire en Armagnac, 
un château appelé Castellum Lupi. Ce manoir devint le 
berceau de la maison de Luppé qui le posséda jusqu'en 1578, 
époque à laquelle il l'ut cédé par transaction aux sires de 
Montlezun*. y> 

Il Les illustrations de cette grande race, encore noblement 
existante, consistaient en l'antiquité de son origine perdue 
dans la nuit des temps, et tiouvée noble et magnifique dès ses 
premières traces. Elle ligure, en 956 et 1048 , dans des 
donations faites à S^^-Marie d'Aucli et à diverses communautés 
religieuses. Ses alliances avec les Caudale, Grossolles, de Mun, 
Castillon, Navailles, Yézins-, Montault, Polastron^, Noé, 
Ségur, Montesquiou, Caupenne, Montlezun, Galard, Pardail- 
lan, de Bruet, Laurière-Moncault, Léaumont, etc., complétè- 
rent une position à laquelle la bravoure militaire, les œuvres 
de la foi et détendue des domaines ne firent point défaut*. » 

Navarre de Luppé épousa Pons de Pardaillan, seigneur de 
Gondrin, et testa en 1070. 

Avant 1286, Fortaner et Bernard de Luppé, chevaliers, 
habitaient Appeaux dans l'Agenais. 

Le sire de Luppé commandait, en 1338, la capitainerie 
d'Aignan. 

Pendant tout le moyen-àge, le nom de Luppé se trouve à 
chaque page de l'histoire du midi de la France, avec ceux des 
d'Albret, Béarn, Balzac, Pardaillan, Gaumont, d'Antras, de 
Lau, Barbazan, Montagut, Faudoas, Bourrouillan , Vicmont, 
d'Abzac, Biran, Duifort, Gelas, Castelhajac, Gontaut, La Hire, 



* Les archives du château de La Cassaigue-Sainl-Avit sont riches et intéressantes ; elles 
renferment de nombreuses lettres de Monluc, Gondy, Richelieu et de plusieurs rois el 
reine» de France. 

' Jeanne de Vezin de La Cassagne, lille de Jean de Vezin, seigneur de La Cassagne, et 
de Charlotte des Essarts, jxirta dans la maison de Ln|i|ié la terre de La Cassagne- 
Saint-Avil. 

' Arnips des Polastron : d'argent au lion de sable, lampassé de gueules. 

* Marquis du l'rat. 



TENUES A AUCH EN 1787 91 

Prayssac, Gomminges, Lusignan, (c ces fleurs des anciennes 
chroniques méridionales ». 

Trois seigneurs du nom de Luppé servaient ensemble, en 
1372, sous la bannière d'Armagnac. 

Gaillard de Luppé reçut, dans l'année 1390, comme récom- 
pense de sa valeui', la tei're de Lassérade. 

En 1419 et 1462, Garbon, Jean, et Bernard de Luppé firent 
acte d'hommage à leur suzerain. Bertrand de Luppé, seigneur 
de Gensac, au diocèse de Montauban, épousa en 1430, Pélle- 
grine de Goth, fille de Bertrand de Goth, seigneur de Rouillac, 
et de Jeanne de Lautrec. Les témoins furent : Gaillard de 
Goth, seigneur de Manlêche, et Bertrand de Roquelaure, 
seigneur de S'- Aubin. 

Le 12 janvier 1453, noble Jean de Luppé, époux de Margue- 
rite de Galard , fille d'Arsieu IV, baron de Terraube, était 
seigneur de Maravat, de La Lanne, de Gasteljaloux, de Mire- 
mont et de Lauraët. 11 parut le 11 juin 1475 dans la revue qui 
fut passée à Damviiliers par Gaston du Lyon, sénéchal de 
Toulouse. Jean de Luppé conhrma, le 11 janvier 1488, les 
coutumes de Maravat. 

Annette de Luppé, fille de Jean de Luppé, seigneur de Mara- 
vat, au diocèse de Lectoure, donna sa main, le 6 février 1493, 
à Pierre de Montesquiou, seigneur de Marsan, dont elle eut 
un fils. 

Carbon de Luppé, baron d'Arblade, épousa (1517) Mar- 
guerite de Pardaillan; elle eut en dot 4,000 livres, testa en 
1568, laissa 1,200 livres à Antoine de Pardaillan, son frère, et 
institua Carbon de Luppé, son fils, poui- son héritier. 

Flore tte de Montesquiou, fille de Jean de Montesquiou, 
baron de Marsan, et de Bertrande de Devèze, était veuve de 
Bernard de Castelbajac, seigneur de Bernet en Astarac; elle 
se remaria avec Bertrand de Luppé, seigneur de Crémieu, et 
épousa en troisième noces, le 27 avril 1517, Jean de Vernhède, 
seigneur de Corneillan. 

Quatre meml)res de la maison de Luppé figurèrent, en 1550, 
aux revues de Condom et de Samatan, 



92 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

Jean-Bertrand de Luppé, dit le chevalier du Garrané, cheva- 
lier de St-Jean de Jérusalem, était, à sa mort, Grand-Prieur de 
Saint-Gilles. Fils de Garbonnel de Luppé et de Jeanne de 
Vezins La Cassagne*, il a laissé de curieux mémoires, com- 
prenant une période de quatre-vingts ans environ, de 1586 à 
1664, époque où il mourut, le 10 juin, à Arles, siège de son 
Grand-Piieuré ; il y fut inhumé dans la chapelle de S^-Jean. 
En dédiant ses papiers à Tristan de Luppé, prieur du Gar- 
rané, son frère, Jean-Bertrand de Luppé, lui adressait les paro- 
les suivantes : « Quand leur veue vous lassera, jettes les parmi 
les viens titres de notre maison , affin qu'on y trouve à 
Vavenir quelque mémoyre de moy. )) Ce vœu touchant, de 
conserver une place dans le souvenir de ceux qui devaient 
porter son nom, a été exaucé, et un descendant de Jean 
Bertrand de Luppé, Grand-Prieur de S^-Gilles, a mis au jour 
et fait connaitie la vie et les exploits de son illustre ancêtre -. 

En 1614, Jean de Luppé, maréchal des camps et armées du 
Roi, fut député vers Sa Majesté, par la noblesse d'Armagnac. 

Jeanne de Montesquiou, tille de Jean de Montesquiou, ii^ du 
nom, et de Jeanne de Sen^e, était mariée, vers 1623 , avec 
Charles de Luppé, seigneur du Garrané. 

Le 6 mars 1629, Antoine de Pardaillan, seigneur et l)aron 
de Durfort et de Bonas, épousa Françoise de Luppé. 

Pierre d'Ornano (frère d'Henry-Fi^ançois-Alphonse d'Or- 
nano, seigneur de Mazargues), mestre-de-camp du régiment 
de M3'' le duc d'Orléans, prit pour femme, en 1630, Hilaire de 
Luppé, fille d'Hector de Luppé, baron de Taybosc, seigneur de 
S'-Martin, Sanssac, etc.. Leur (ils se maria avec Catherine de 
Bassahat, fille de Scipion de Bassabat-Ponléac, seigneur de 
Caste t-Arrouy, Gachepouy et autres places. 



' Armes des Veziiis-Liigagnac : Ecartel»' aux premier et quatrième d'azur au lion 
d'argent, aux deuxième et troisième de gueules à trois clefs d'ar^reiit. 

Les Vezins portent : de gueules à trois bandes d'or, celle du milieu chargée de trois 
corneilles de sable. 

' Mémoires et caravanes de .I.-B. de Luppé du Garrané, chevalier de Saint-Jean de 
Jérusalem, (Irand-Prieur de Saint-Cilles, publiés pour la première fois, par le comte de 
Luppé. — Paris, chez Aubry, 1865. 



TENUES A AUCH EN 1787 93 

Pierre de La Devèze, seigneur de Charrin et de Larrouy, 
épousa, le 31 juillet 1622, au château de Gastillon, en Arma- 
gnac, damoiselle Paule de Luppé, fille de feu noble Pienaud de 
Luppé, seigneur de Gastillon et de ^lagdeleine de Mélignan. La 
future (( agit de l'avis de noble Renaud de Luppé, prieur de 
Gastillon, son frère, de noble Renaud de Luppé, prieur de 
Pont-Daurat et de noble Antoine de ^lélignan-Trignan, ses 
oncles. Elle était petite-fille d'Oger de Luppé-Gastillon et de 
Jeanne de GrossoUes-Flamarens ^ » 

Phinée de Luppé, seigneur de Maravat et de Lassus, était, 
avant 1660, capitaine d'infanterie. Il servit dans les g-uerres de 
Flandre, d'Allemagne, de Bourgogne, du Roussillon et de la 
Gatalogne. 

Les fiefs possédés par les Luppé, en Guyenne et en Gasco- 
gne, étaient riches et nombreux. Outre Luppé, Taybosc, 
Tori'ebren, Maravat, Le Garrané, Lasseran, Besmaux et La 
Gassaigne qui avaient donné leur nom à diverses branches de 
cette maison, elle avait encore eu les seigneuries d'Arblade, 
Grémens, Sion, Lalenque, Gensac, Sarragachies, Lasserade, 
Tilhac, le Paravis, Pépieux, Lioux, Pellefigue, Tieste, Sarrade, 
Marcian, Avezan, Mérenx, Aurenque, Glarac de Lomagne, et 
quantité d'autres. 

Le marquis de Luppé fut le procureur fondé de Messieurs 
de Pantaléon et de Béon, à l'Assemblée générale des trois 
ordres des deux sénéchaussées d'Armagnac et de l'Isle-Jourdain, 
tenue à Lectoure, le 16 mars 1790. 

A la réunion de la Noblesse faite le 16 mars 1789, dans la 
salle du Gouvernement de la ville de Lectoure, le vicomte de 
Luppé avait été nommé un des onze commissaires choisis pour 
procéder à la rédaction du cahier des doléances de la Noblesse 
des deux sénéchaussées d'Armagnac et de L'Isle-Jourdain. Le 
marquis de Luppé, seigneur de La Gassaigne, Garané, Saint- 
Avit, etc., qui fit partie de l'Assemblée des trois ordres tenue à 
Auch, en 1787, étoit marié avec Françoise-Sidonie de Golbert- 

1 Généalogie de la famille de la Devèze (Nobil. de Guienne). 



94 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

Saint-Mars* (sœur de Mesdames de Noé et de Mesplès); il eut 
entr'autres enfants, un fils qui épousa M^i^ de Villeneuve, 
(dont les descendants habitent le château de La Gassaigne'^), 
et trois filles : la baronne d'Agos, la marquise de Léaumont- 
Gariès et la comtesse de Montlezun. 

Charles de Luppé, officier au régiment de Gambrésis, fut 
massacré à Versailles, le 8 septembre 1792 ; Jean-Ghrysostôme, 
officier au régiment Colonel-Général, mourut en émigration à 
la Louisiane; Louis-Paul-Ferdinand, vicomte de Luppé, fut 
lieutenant des gardes du corps de S. A. R. MONSIEUR, avec 
rang de maréchal-de-camp. Outre Jean-Ghrysostôme de Luppé, 
plusieurs membres de cette famille furent obligés, en 1792, de 
quitter la France pour sauver leur vie ou obéir aux ordres des 
Princes. L'un d'eux, Jean-Phinée-Suzanne, baron seigneur de 
St«-Ghristie, La Hitte-Mérens, Castillon, chevalier de S^-Louis 
et ancien député de la noblesse de Lomagne aux Etats-Géné- 
raux^, colonel de cavalerie, fit partie de l'armée réunie à 
Coblentz, avec Messieurs des PériersdeLagelouze, deBédorède, 
de Gaupenne, de Flamarens, de Galard, d'Oro-Pontonx, de 
Béon, de Captan, du Poy, de Monicane, de Pins, de Bélis- 
sein, de Miremont, d'Antin, de S^-Pastou, de Batz-d'Aurice, 
de Preissac*, de Maynard, de Lons, de Beaufort, de Barry, 



• Armes des Colbert : d'or à la couleuvre ondoyante en pal d'azur ; supports : deux 
licornes; devise : Serval el abstinel. 

"■' Le comte 0. de Luppé, propriétaire actuel de La Cassaigne-8'-Avit, a trois enfants : 
Madame la baronne de Larliguc-Goueytes, Madame de Montai et le comte Contran de 
Lu|)lié, marié avec la fille du marquis d'Oillamsou. On blasonne ainsi les Armes des 
d'Oillamson : d'azur à l'aigle d'argent, éployée, membrée et becquée d'or, posée sur un 
baril aussi d'or, cerclé d'argent. (Etat présent de la Noblesse française). 

■' On trouve « dans l'état des biens nationaux, d'ancienne et nouvelle origine, vendus 
par le bureau de Fleurance, le2() juin 1792, le cbàleau, deux métairies et biens indépen- 
dants, Oinnant U; domaine de Taybosc, appartenant à Luppé, émigré, ainsi que les terres 
df lîrugnnis. La Mollie r-l Mérens, coufisciuéos au même Luppé, cy-devant seigneur. Le 12 
juillet I7'.)2, on vendit, au même bureau, les deux cbàteaux de Cadeillan et Hajonetle avec 
six métairies et trois moulins, confisipiés à d'Escliguac (Henry), cy-devant duc, émigré » 
(Arch. du district). 

* i< Le ohftteau de Tournccoupe, avec jardins, enclos, tt'rrasses, parterres, deux moulins, 
un bois, sept métairies, une forgr, une boucherie, une fouruière, confisqut'-s sur Charles- 
Marif-r.;itliciin('-Am:iblc l'rrissac, ex-iinbjc émigré, liiii'iil veiulns eu I7'.)l, par jugement 



TENUES A AUCH EN 1787 95 

d'Aurei, de Castelnau, de Juliacq, de Guyonnet, de Basquiat- 
Péhos, de La Lande-St-Cricq, d'Abadie de St-Germain, d'Escli- 
gnac et autres gentilshommes gascons, dont il partagea la 
gloire et les malheurs. 

« A la suite de la campagne de l'Argonne, et de la retraite 
de Brunswick, l'armée des émigi^és fut licenciée, et la misère 
étendit sa main sur eux. Avec elle apparut le lugubre cortège 
des maux qu'elle engendre. Expulsés de la plupart des villes 
qui leur avaient accordé l'hospitalité, les Emigrés, après avoir 
tenté en vain de rentrer dans leur patrie, durent travailler pour 
vivre, ou pàtir, faute de travail. Les uns devinrent la proie des 
usuriers, qui escomptaient les chances futures d'un retour en 
France de leurs victimes, les autres souffrirent le froid et la 
faim. On en vit, las de se plaindre, se rendre le service de 
s'ôter mutuellement la vie, se percer le cœur ou tomber brisés 
au milieu de quelque grande route couverte de neige. 

« A Liège, à Aix, à Cologne, leur détresse fut si lamentable 
que les habitants de ces villes craignirent de les voir se livrer 
au brigandage, et allèrent jusqu'à accuser quelques-uns de ces 
malheureux de vouloir piller l'abbaye de Siegbourg. Les 
Princes et les grands n'échappèrent pas à ces amers destins et 
le prince de Condé se vit abandonné par ses domestiques qui 
le volèrent complètement poiu- se payer de ce qui leur était dû. 

du tribunal du district de Lectoure ». (Arch. du district). Son père, Charles-Louis de 
Preissac (fils de Jean-Eyineric, M'^ d'Esclignac, et petit-fils d'Henriette de Foix), mourut en 
émigration, vers 1794. 11 avait épousé Marie-Margueritc-Concorde-Chol de Torpanue, qui 
habita longtemps le château de Cadillac, près Langoiran (Gironde), venu à son mari par 
un legs du C'« de Moncassin, descendant aussi des Foix-Candale. Chassée de ce domaine 
par la Révolution, elle se retira à Tournecoupe, et mourut sur la charrette qui la condui- 
sait à la maison de détention d'Auch, pour y être jugée. 

En 1807, l'Empereur rendit Cadillac, dont le château n'avait pas été vendu, à Amable- 
Charles de Preissac, rentré en France, qui céda (1818) cet édifice à l'Etat, pour trente- 
cinq mille francs. — .\rmes des Preissac : Parti, au premier d'argent au lion de gueules, 
armé, iampassé, et couronné d'azur, coupé d'azur au [lal d'or, au deuxième d'azur à trois 
fasces d'argent. 

Les Preissac, ducs d'Esclignac , ajoutaient un quartier de gueules au lion d'or, à la bor- 
dure d'azur, chargée de huit fleurs de lys d'or. 

* Louis d'Aure, de Moritestruc, émigré, eut son château " avec cour, granges, jardins, 
parterres, terrasses, bois, moulins à eau et a vent, prairies, vignes et métairies » confis- 
qués d'autorité par le tribunal de Toulouse et vendu le 17 juin 1793. (Arch. du district). 



96 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

La misère fut si atroce, les douleurs furent si vives, qu'un 
contemporain put enregistrer ce cri de désespoir : Si quelque 
historien fait un jour le récit de ce que nous avons alors souf- 
fert, la postérité prendra ce récit pour un roman ^. » 

A son retour en France, après dix ans d'exil et de malheurs, 
le baron de Luppé-Taybosc trouva ses biens confisqués, son 
château de Vives vendu, et il se retira à Fleurance, où il finit 
ses jours en 1831, à 8:2 ans, entouré du respect de tous ; en 
lui s'éteignit la branche de Luppé-Taybosc, sortie du rameau 
de Maravat, fondé lors du mariage de Carbon de Luppé, sei- 
gneur de Maravat, avec Anne de Pins, le 6 avril 1544. 

Les armes des Luppé sont : d'azur à trois bandes d'or. 

Couronne de marquis. 

Devise : E Lupis Vasconiœ. 

Supports : deux loups 2. 

Etienne et Bernard de Luppé, seigneurs de Lamothe et de 
Pouillon, habitant la ville de Dax en 1607, avaient un blason 
différent, et portaient : de sable à trois tètes de loup d'argent, 
posées 2 etl. (Armor. de Guyenne). 

La branche aînée de la maison de Luppé est représentée par 
Pierre, marquis de Luppé, marié avec mademoiselle d'Angosse; 
ils ont eu comme enfants : 

Etienne, époux de M^e de Curnieu, dont un fils, Pierre de 
Luppé. 

Louis, marié avec la fille de M. le duc de Rivière, et M'"*' la 
marquise de Pomereu. 

Les lignes cadettes se sont alliées aux familles d'Agos, Col- 
bert, Montai, du Bréau, de Laitigue, de Villeneuve-Crousillac, 
Menou3, Dillon, de Montaut, de Ferrabouc, etc. 



' Histoire lies ronxpiralionx royalistes du Midi, soiix la Restauration, par Ernest Dandet 
(Voir à l'appendice : < Les éniij^rés à l'étranj^er pendanl la Révolnlioii française. • 

' Hixtoiredes l^airs de France, par Courcelles. (Borel d'Haulerive). 

•* Armes des Menon : de gueules à la bande d'or. (Rietslap, (ienouiilac, elc.) 



TENUES A AUCH EN 1787 97 



LE C0:\1TE DE NOÉ 

MARÉCHAL DES CAMPS ET ARMÉES DU ROI, SEIGNEUR DE MIÉLAN, 
TRIE ET URDENS 

Le comte de Noé^, frère (\e Monseigneur l'évèque de Lescar, 
qui faisait aussi partie de l'Assemblée des trois ordres réunis à 
Auch en 1787, comme abbé de Simorre, descendait d'une 
branche collatérale des seigneurs de L'Isle-de-Noé, dont le nom 
fut donné par eux à la petite ville de l'Isle-d'Arbéchan (ou 
Arbeissan), en venant s'y établir vers 1500, lors du mariage 
de Jean, baron de Noé, avec Léonore de Mauléon de Francon, 
seioneuresse dudit lieu. 

Jean II, comte d'Armagnac et de Fezensac, avait confisqué 
cette baronnie sur Gaillard de l'Isle ; Jean IV d'Armagnac la 
rendit, le 3 septembre 1443, à Manaud, fils de Gaillard, qui 
figurait parmi les plus puissants seigneurs du pays. 

En 1303, un sire de Noé avait fourni vingt hommes d'armes 
et deux cents suivants, pour la guerre de Philippe-le-Bel 
contre les Flamands ; Hugues de Noé, capitaine de Roque- 
maure et grand-maître de l'écurie de Charles VIT, fut chargé 
par ce roi de traiter diverses affaires importantes relatives au 
Languedoc. 

Un baron de Noé est mentionné dans le traité passé le 
3 avril 1379, entre Gaston, comte de Foix, et Jean, comte 
d'Armagnac. 

Bertrand de Noé, chambellan du Dauphin, lut pourvu de la 
capitainerie du château de Si^-Gabelle, le 4 août 1418. 

Jean de Noé, époux de Jeanne de Galard, était, en 1490, 
seigneur de Eonrepos et Bajéaumont, près Toulouse. 

Vers 1650, Miramonde de Noé contracta alliance avec Jean, 
seigneur de Roquefort, et, en 1546, Jeanne de Noé se maria 



* La gi'iKîalojçic de la maison de Noé a t';t(; rlonnéo par le iiorc Anselme, rlaii» 
dictionnaire "énéral. 



98 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

avec Bertrand de S^-Pastou, seigneur de Salerm. Le 31 décem- 
bre 1579, Pierre de Béon, seigneur d'Armentieu contracta 
mariage avec Marguerite de Noé, au château de Caumont, 
près l'Isle-d'Arbeissan, sénéchaussée de Lectoure, diocèse 
d'Auch. 

Au mois d'octobre 1598, Pons de Noé était présent à la 
montre de la compagnie de 30 hommes d'armes faites par 
Jean-Biaise de La Roche-Fontenilles, capitaine. 

Roger de Noé fut fait chevalier des ordres du Roi, le 21 juillet 
1569, par Monsieur de Monluc, commandant l'armée de 
Guyenne. 

Urbain, seigneur de Noé et de l'Isle, fils de Géraud, capi- 
taine de cavalerie , et de Catherine de Narbonne, devint 
gouverneur des Quatre-Vallées d'Aure, de Magnoac, de Nestes 
et de Barousse, le 3 mars 1607 ; cette dignité a été, depuis, 
comme héi-éditaire dans la famille de Noé. 

Urbain mourut en 1643 , mestre-de-camp d'un régiment 
d'infanterie, et capitaine de cinquante hommes d'armes, 
laissant de sa femme, Marie de Mauléon, plusieurs enfants. 
Louis de Noé, chevalier, seigneur et baron de l'Isle-de-Noé en 
Armagnac, sénéchal et gouverneur des Quatre-Vallées, avait 
épousé, le 8 octobre 1625, Gabrielle de Buade, fille d'Antoine^ 
de Buade', seigneur de Fi-ontenac, baron de Palluau, chevaliei 
des ordres du Roi, conseiller d'Etat, capitaine du château de 
S*-Germain-en-Laye. 

Marc-Roger de Noé, baron de l'Isle, page de la petite écurie, 
mousquetaire de Sa Majesté, enseigne au régiment des Gardes- 
Françaises, sénéchal, gouverneur des Quatre-Vallées, troisième 
baron d'Ai'magnac, chanoine honoi-aire de l'église d'Auch, 
brigadier des armées du Roi et colonel chi régiment d'infanterie 
de son nom, en 1719, avait pris pour femme, le 2 mai 1714, 
Charlotte-Marguerite Colbert de S^-Mars, sœur de la comtesse 
de Luppé-La-Cassaigne, lille de François Colbert, chef! 



' Armes des Ruade : Fxarlelé aux l»' et 1"« d'tn- et (Kazur ; aux 2™» et 3™» d'azur à' 
liDis |>alles de grillon (r^r. (Hielstapp). 



i 



TENUES A AUCH EN 4787 99 

d'escadron des armées du Roi, grand-croix de S^-Louis, et de 
Charlotte, Reine de Lée^. 

Jacques-Roger de Noé, baron de l'Isle, marié dans l'année 
1746, avec Jacquette de La Jonquière, fille de Jacques de 
Taphanel la Jonquière^ baron de Magnas-en-Lomagne ^, chef 
d'escadre, et chevalier de S^-Louis, fut capitaine dans le régi- 
ment de Dauphin-cavalerie. 

Louis, vicomte de Noé, chambellan de AIo'' le duc d'Orléans, 
lieutenant des vaisseaux du Roi, épousa, le 2 octobre 1753, 
Magdeleine-Elisabeth Flavie de Gohorn de la Palun ; une de 
leurs filles devint marquise de Viella, de la maison de 
Labay3. 

Urbain de Noé, docteur en théologie, chanoine de l'église 
métropolitaine d'Auch, prieur de S'-Maurice de Sentis, fut 
député, au mois de mars 1723, à l'Assemblée générale du 
clergé de France, réunie à Paris. 

Le marquis de Noé, seigneur de Miélan depuis la mort du 
dernier duc d'Antin*, en 1757, était président de la commission 
nommée à Auch, dans l'année 1789, par l'Assemblée de la 
Noblesse. 

Enfm la maison de Noé se trouve mentionnée dans la 
plupart des chroniques civiles ou religieuses de la Gascogne et 
du Languedoc, depuis 1279 jusqu'au xviii*^ siècle ; elle y avait 
formé les branches des seigneurs de l'Isle, des seigneurs de 
Montesquieu et des seigneurs de Samaran. La première seule 
subsiste aujourd'hui. 



^ Charlotte Lée appartenait à une famille écossaise dans laquelle Walter Scott a pris 
l'héroïne de son roman Woodstock. 

2 Voir à l'Appendice: « rabrégé de l'Histoire de Magnas, » et « le mandement de la taille 
dans Castelnau-d'Arbieu ». 

3 Armes des Labay de Viella : Ecartelé : au l"d'or à deux vaches passantes de gueules, 
accolées, accornées, ungulées et clarinées d'azur ; au 2^ d'or au lion de gueules; au 
3« d'azur à deux balances d'or l'une sur l'autre ; au ■!« de gueules, chargé d'une tour en 
Berry et castillée d'or ; sur le tout : d'argent à deux sangliers de sable, qui est Labaï de 
Viella. Les La Palun portaient pour blason : de sable semé de billettes d'argent, au poisson 
de même, posé en pal, brochant sur le tout. 

Devise : Quemer Quelen. (Prendre conseil). 

* Armes des d'Antin : d'argent à trois demi-lions d'azur, posés deux et un (Jaurgain). 



TlniversT^S^ 

8'bl;otheca 

^P^tavienai» 



iOO COMPTE RENDU DES SÉANCES 

Cette famille avait eu des alliances avec les Gout-Rouillac, 
d'Orbessan, Pallès, Voisin-Blagnac, Benque, Pouy-Marignac, 
Bréda, Narbonne, Polastroii, Isalgiiier, La Palun, Mauléon- 
Châteauneuf, Luppé-Garané, Ghàteau-Verdim, etc. 

Le comte de Noé, seigneur d'Urdens, marié avec mademoi- 
selle d'Escodéca de Boisse S avait les mêmes armes que son 
frère l'évêque de Lescar : Losange (ou échiqueté), d'or et de 
gueules, l'écu en bannière. 

Supports : deux léopards lionnes. 

Quelques seigneurs de Noé ajoutaient aux armes de leur 
maison, un franc-quartier, chargé de six besans, ou tourteaux. 

La seigneurie de Noé et la baronnie de l'Isle donnaient 
autrefois droit de séance, dans le chœur de l'église cathédrale 
d'Auch, après les dignitaires et avant les chanoines. Outre ces 
deux grandes terres, les Noé avaient possédé en Guyenne, 
Gascogne et Languedoc, les seigneuries de S^-Ferréol, Montes- 
quieu, Samaran, Montoussin, Anau , Savère, Ox, Trie, 
Montbernard, Audars, Bonrepeaux, Fauga, Guitaut, Muret, 
Magnas, Fosseret, Bruguières, La Mothe, etc. 

Il existait en Normandie deux familles de Noé, n'ayant rien 
de commun avec les Noé d'Armagnac ; l'une, résidant près de 
Conches dans la seigneurie de Villiers, portait pour armes : 
d'azur à la bande d'or côtoyée de trois molettes de même, deux 
en chef, une en pointe; l'autre, habitant l'élection d'Avranches, 
blasonnait ainsi son écusson : d'azur au chevron d'argent, 
chargé de cinq roses de gueule et accompagné de trois coquilles 
d'or posées deux et une. 

A la réunion de la Noblesse du Condomois, le 7 avril 1789, 
le baron de Sauvan fut le procureur-fondé de Madame la 
comtesse de Noé, pour sa seigneurie de Miélan, près d'Auch. 

Louis-Pantaléon, comte de Noé, colonel de Royal-Comtois 
en ilG'2, lit toutes les campagnes de la guerre de sept ans, 
devint maréchal de camp en 1780, lieutenant-général en 1814 
et pair de France (1815.) 

' Arnips (les crEscodéca : de ^noiiles à trois cliiciis courant, ilitlamés d'argent, on pal. 
illixl (lu <'li(ileaii di' Maiiresiii). 



I 



TENUES A AUCH EN 4787 101 

Son fils servit dans l'Inde, pendant l'émigration, fut nommé 
chevalier de S^-Louis (1814) et gentilhomme de la chambre du 
Roi vers 1821. Les Noé de l'Isle n'avaient aucun lien de 
pai'enté^ avec une famille La Tour de Noé, ancienne et noble 
maison du Languedoc, dont voici les armes : de gueules à une 
touj' d'argent maçonnée de sable, ouverte, percée de deux jours, 
crénelée de cinq pièces, au chef d'azur, chargé d'un croissant 
d'argent montant, accosté de deux étoiles du même, rangées de 
fasce. 

Devise : Si fortune me tourmente espérance me console. 

Couronne de comte '^. 



LE MARQUIS D'ANGOSSE 

Jean-Paul, marquis d'Angosse, baron de Gorbères, seigneur 
de Castelpugon, Portets, Projan, Estoi^né, Batsoriguères-la- 
Vallée, Ségun, etc., maréchal des camps et armées du roi, 
commandant le régiment de Cambrésis, grand-sénéchal et 
gouverneur du pays d'Armagnac et de la ville d'Auch, prési- 
dent des trois ordres réunis dans cette ville en 1789, élu député 
de la noblesse, était frère de Jean-Auguste, comte d'Angosse, 
sénéchal et gouverneur pour le roi en Bigorre, et parent de 
M. d'Angosse-Bazas, qui fit partie de l'Assemblée des trois 
ordres de la sénéchaussée de Bigorre, séant à Tarbes le 
Icr avril 1789. 

Jean d'Angosse figure, le 2G novembre 1352, dans la 
compagnie de Thibaud de Barbazan, capitaine, résidant à 
Gondom. 



' Peut-être les deux maisons avaioiit-cllcs une commune origine remontant à Gauthier, 
scignour de Noé en Laiigucilnc, diocèse de Ricux, près Muret, qui épousa en 1100, 
Jeanne de Goth-Uouillac. 

2 Histoire (les hommes illiislres de la famille île La-Toiir-de-Noè, par l'abbé La-Tour-de- 
Noé. 



102 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

On trouve, le 10 novembre 1515, Roger d'Angosse à la 
revue passée à Pau, où il était homme d'armes. 

Le 12 mars 1529, Fiorand d'Angosse assistait à la montre 
faite à Gondom, par Roger d'Ossun. 

Arnaud d'Angosse, le 10 juillet 1552, faisait partie des gens 
d'armes qui se réunirent à Condom, sous les ordres du roi de 
Navarre. 

Christophe d'Angosse épousa, le 5 mars 1541, Bertrande de 
Cazaux, sœur de Pierre de Gazaux i, seigneur de Laran-en- 
Magnoac. 

Noble Armand d'Angosse, seigneur de Villeneuve-de- 
Bigorre, était lieutenant en la sénéchaussée de la Province au 
siège de Tarbes, et il eut sa maison incendiée par les troupes 
venues en Béarn avec le comte de iMontgomery. 

Arnaud-Jean d'Angosse, seigneur de Boucarez, Luc, Sizo, 
Bourg d'Espielh, etc., épousa Marie-Marguerite de Baudéan 2, 
fille du baron de Puylauzic et de Glaire de Mus. 

Jean-François d'Angosse , seigneur de Boucarez , fut reçu 
page du roi dans sa grande écurie, le 8 janvier 1683 , sur les 
preuves qu'il fournit, par titres, de sa noblesse et de l'ancien- 
neté de sa race. Il portait d'autres armoiries que les 
diverses branches de sa famille ; elles étaient : d'or, à trois 
corbeaux de sable, becqués et pattes de gueules, au fer 
de lance d'argent ^, posé au milieu de l'écu, la pointe 
en haut. 

Marie-Anne d'Angosse de Boucarez, fille de noble François 
d'Angosse, écuyer, seigneur de Luc, Bourg-d'Espielh, etc., et 
de dame Marie de Gironde-Gastelsagrat, épousa, le 18 juin 
1733, noble Jean-Bernard de la Barthe-Giscaro, seigneur de 
Cazeaux, au diocèse d'Auch, co-seigneur d'Arné, et lieutenant 
au régiment de Médoc. 

Les d'Angosse s'étaient alliés aux d'Antin, Luppé, Durfort, 



• Aiini's (les ('■azaiix-Laran : d'azur à (|uatre |)()intcs de giroii d'or, à la devise ondée 
d'arj;ciit,(liar^'ée d'un cygne de uièiiie .(Aruior. de Montlezun). 

* Armes des liaudéan : d'or, au pin arraché de sinoplc. 

■* 'ie qui est une faute de blasnu : jamais métal ne devant se trouver sur métal. 



TENUES A AUCH EN 1787 103 

Sabiac, S^-Julien, Rivière-Labatut, Loubie et à plusieurs autres 
bonnes maisons de Guyenne et Béarn. 

Ils avaient pour armes l'écusson suivant : d'azur à trois 
épées d'argent, garnies d'or, posées en pal, les pointes en 
haut, au chef d'or chargé d'un cœur de gueule (alias de sino- 
ple) , couronné de même , accosté de deux merlettes affron- 
tées de sable, couronnées d'arg^ent^ 

Devise : Deo Duce Comité Gladio. 

Le marquis d'Angosse, en sa qualité de grand sénéchal et 
de gouverneur d'Armagnac, eut la présidence de l'Assemblée 
des trois ordres de cette sénéchaussée^, le 16 mars 1789, et de 
l'Assemblée des trois ordres de la sénéchaussée d'Auch, qui 
eut lieu dans cette ville le 20 du même mois ; il eut à lutter, 
pour cette nomination, avec son lieutenant-général et juge- 
mage de ladite sénéchaussée, M. de Seissan de Marignan^; 
mais le directeur général des finances, chargé avec le ministre 
de la maison du roi, de tout ce qui regardait les Etats-Géné- 
raux, se prononça pour le grand sénéchal, et le marquis 
d'Angosse eut l'honneur de la présidence. 



LE COMTE DE CARDAILLAC DE LOMNÉ 

CHEVALIER DE S^-LOUIS 

Le comte du Faur de Gardaillac et de Bioule, seigneur de 
Lomné, Gastex et la Brande, baron d'Esparros, chevalier de 
S'-Louis, fit partie de l'Assemblée générale des trois ordres, 
tenue à Auch en 1789. 



* Messire Philibert d'Angosse, de Taibcs, avait des armes im peu différentes et portait : 
d'argent à une fascc de gueules, accompagnée en chef do deux étourneaux de sable, 
affrontés et becquetant un cœur de gueules, et en pointe, de trois épées rangées 
de même. (Paris, Armoriai général.) 

- Armes des Seissan de Marignan : d'argent, à l'arbre terrassé de sinople, au chef 
d'azur, chargé d'une merlette d'argent, accostée de deux cœurs du même. 



104 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

La maison de Cardaillac tire son nom du bourg de Gar- 
daillac^ , près de Figeac, dans le Haut-Quercy, une des plus 
anciennes baronnies du pays, composée de vingt-deux 
paroisses. Elle a donné des évêques à Cahors (1209 et 1404), à 
S'-Papoul (1307), à Piodez et Montauban, un archevêque à 
Toulouse, en 1370, plusieurs officiers généraux et chevaliers 
de St-Louis. 

Bertrand, seigneur de Cardaillac, épousa en 1247, Almodie 
de Périgord, fille d'Hélye VI de Taleyran, comte de Périgord. 
Messire de Cardaillac, chevalier, seigneur de Cardaillac et de 
Bioule , coseigneur de S^-Cyr-Popia, testa le 20 juin 1336, et 
reconnut avoir reçu la dot de sa femme, Ermengarde, des 
mains de son père, Sicard, seigneur de Lautrec-. 

La baronnie de Cardaillac consistait en un ancien château, 
entouré de hautes murailles crénelées , et protégeant un 
village de ti'ois cents feux, arrosé par le Drozon. 

Les seigneurs de Cardaillac prenaient rang aux Etats de la 
province, après les barons de Castelnau, Lussech, Puycornet 
et Gourdon. Les diverses branches de la maison de Cardaillac 
avaient toutes une part indivise dans la baronnie qui avait 
donné le nom à leur famille. 

Pierre de Gontaut, ii^ du nom, baron de Biron, seigneur 
de Clareux, Montferrand, Merles, Pieyre-en-Jourdain, épousa 
Huguette de Cardaillac, sœur de Marc de Cardaillac, à qui il 
donna, en 1365, quittance pour la dot de ladite dame. 

Berti-and de Cardaillac se trouvait à la montre des troupes 
de Jean d'Armagnac, réunies à Toulouse le 8 décembre 1308. 

Catherine de Penne, veuve de Jean de Castelnau, fille de 
Rathier , seigneur de Penne , et d'Hélène de Cardaillac, 
dame de Thémines, Ceiras, Espadaillac et Cardaillac en 
partie, donna sa main, le 13 novembre 1398, à Rostaing, sei- 
gneur de Lauzières. 

Bertrand du Prez, seigneur de Montpezat, épousa vers 1419, 

' firiiralojçic lie Cardaillac, ini|)riiiiL'e en 1061. 

' Armes des Lautrec (aiiciciiiics): de gueules au lion d'or (nioilenK'.si : de gueules, à la 
croix vuidéc, cléchée et pommelée d'or. 



I 



TENUES A AUCH EN 1787 105 

Jacqueline de Cardaillac, fille de Hugues de Gardaillac, baron 
de Bioule, et de Marguerite de Montbrun. 

Antoine de Gardaillac, seigneur de Bioule, prit pour femme 
Jeanne, fille d'Arnaud Guérin de Joyeuse, seigneur de 
Ghàteauneuf-Piandon et du Tournel, le 20 octobre 1423. Leur 
fille, Hélips de Gardaillac se maria, en 1468, avec Antoine de 
Durfort. 

Jeanne de Gardaillac de Valade , femme de Raymond 
Guilhem, ii^ du nom, seigneur de Gaumont et de Berbiguères, 
eut un fils, François Nompar de Gaumont, qui épousa, en 
1434, Jeanne de Durfort. 

Miracle de Gardaillac, fille de Pons de Gardaillac, baron de 
Varaires, et de Miracle de Sénaret, fit prendre à son mari, en 
1452, Dordet de Lalizières^, seigneur de Penne, le nom de 
Thémines de Gardaillac. 

Guillaume de Gardaillac, seigneur de Privazac, Varaire et 
Valadye, épousa, en 1458, Marguerite de Narbonne, fille de 
Jean de Narbonne '^, baron de Talayraii, Levezonne et Guers, 
conseiller et chambellan du roi, et de dame Sybille de Gar- 
main. 

Guy de Lévis (4^ fils d'Eustache de Lévis, seigneur de 
Gaylus^, et d'Alix de Gouzan-Lugny *), seigneur de Ville- 
neuve, Périgny, La Grémade, etc., mort en 1508, s'était marié, 
le 15 février 1475, avec Marguerite de Gardaillac, dame de 
Varayres et Privazac (fille de Guillaume de Gardaillac, et de 
Marguerite de Narbonne). Gatherine, leur héritière, porta de 
grands biens à son mari, Pierre de Gardaillac, seigneur de 

' Plutôt Lauzièrcs. 

■^ Armes des Narbonne : de gueules plein. La branche de Naibonne-Melgueii portail en 
abyme (alias en cœur), un écusson d'argent, au chef de sable. (Rielstapp.). 

3 Armes des Lévis-Cajlus : aux premier et ((uatrième, d'or à trois chevrons de sable, 
aux deuxième et troisième d'azur, à doux lions alTrontés d'or supportant ensemble une 
tlainme de même. Devise : Dieu aijde au second chrétien Lévis. 

'' Armes des Couzan-Lugny : parti, d'or à la croix ancrée de gueules, et d'azur à trois 
quintefeuilies d'or, posées deux et une, accompagnées de sept billettes du même, trois 
rangées en chef, une au point d'honneur, et trois en pal, deux et un. Devise ; // «'1/ a 
d'oiseau de bon nid qui n'ait plume de Lugny. — Autre devise : Le content est riche. 
f Rielstapp.). 



106 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

Bioule. Le 29 octobre de la même année, Odet de Lomagne *, 
(second fils d'Odet, seigneur de Fimarcon, et de Marthe de 
Comminges), vicomte de Terrides et de Gimoës , contracta 
alliance avec Catherine de Cardaillac, fille de Guillaume de 
Cardaillac, seigneur de Bioule et de Jeanne de Caussade^. 

Marie de Crussol, fille posthume de Charles de Crussol, 
vicomte d'Uzès, sire de Beaudisner, Lévis et Florensac, cham- 
bellan du Roi, grand-pannetier de France, sénéchal de Beau- 
caire et de Nismes, lieutenant du roi en Languedoc (1544) et 
de Jeanne de Genouilhac, unique héritière de Jacques Gallyot 
de Genouillac , seigneur d'Acier , sénéchal d'Armagnac en 
Quercy, grand-maitre de l'artillerie, grand-écuyer de France, 
épousa François de Cardaillac, seigneur de Peyre, fils d'An- 
toine Hector de Cardaillac, gentilhomme ordinaire de la 
Chambre du Roi. Marie de Crussol, devenue dame de Car- 
daillac, transigea avec le duc d'Uzès, son frère, et se remaria 
plus tard avec Guyon de Combret, seigneur de Broquières. 

(( Philippe de Damas ^, seigneur de Brèves et de Maulévrier, 
marié avec Renée de Cardaillac (fille de Marc de Cardaillac, 
baron de Montbrun, seigneur de Brengues , et de Jeanne de 
Champagne-Bosocle), le 24 décembre 1548, fut assassiné, avec 
sa femme, au château de Brèves, pendant les troubles de la 
reliçfion *. » 

Catherine de Cardaillac, veuve de Béraud de Lomagne, 
seigneur de Fieux , Calignac , Montagnac-sur-Auvignon , 
Pouy-sur-Osse, frère de Géraud de Lomagne-Fimarcon , et 
fils d'Odet de Lomagne et de Catherine de Ventadour, dont le 
testament est daté du 9 février 1421, se remaria avec Guil- 
laume de La Roche, seigneur de Fontenilles '">. 

Antoine de Cardaillac, seigneur de Montbrun, épousa en 



' Armes de Lomagne : d'ai-^int an lian do gueules. 

2 Armes des Caussade : d'or à quatre cotices de gueules. 

'' Armes des Damas ; d'or à la croix ancrée de gueules. Devise : El forlis el fidelis. 

* Père Anselme, dict. généalog. 

* Armes des Laroche-Fonlcnilies ; d'azur à trois rocs d'échiquier d'or. 



TENUES A AUCH EN 1787 407 

1439, Agathe de Luzech, veuve de Pierre de Gontaut, seigneur 
de Biron, Cas, Mardagne, baron de Gramat, etc. 

Raymond de Cardaillac figura, le 27 juin 1498, à la montre 
qui eut lieu à Castres, avec Bertrand de Laharthe, Jean de la 
Mothe et Guyot de Mainvielle. 

François, seigneur de Caumont et de Castelmoron, prit pour 
femme, le 20 janvier 1477, Claude de Cardaillac, fille de 
Mathurin de Cardaillac, seigneur de Brengues et de Claude de 
Pierrefort. 

Le 15 mars 1509, Jehan de Cardaillac est mentionné dans 
la revue passée à Tonnerre, sous la conduite de Jacques de 
Genoilhac, sénéchal d'Armaonac. 

Jeanne de Cardaillac, mariée avec Béraud de Faudoas-Bar- 
bazan-d'Estaing, iv^ du nom, baron de Faudoas, Gramat, 
Loubressac et Montégut, seigneur de S*-Paul, Grignennnt, 
Grez, Le Cause, Maudec, Saussignac, Hauterive et Marignac, 
eut une fille, Catherine de Faudoas, qui épousa, le 25 octobre 
1517, Antoine de Rochechouart (second fils de François, sei- 
gneur de Chandenier et de Blanche d'Aumont), sénéchal de 
Toulouse et d'Albigeois, gouverneur de Lomagne et de 
Rivière-Verdun, chevalier de l'ordre du roi , son chambellan, 
et lieutenant-général au gouvernement de Languedoc. 

Antoine de Cardaillac, seigneur de Bioule, eut pour femme 
Claude de Caumont, fille de Charles de Caumont et de Jeanne 
de Pérusse d'Escarsi. Il mourut au siège de Perpignan (1542), 
où il avait suivi le dauphin, fils du roi François I^r. 

Jean d'Hostun IV , seigneur de la Baume d'Hostun 2, 
S*-Nazaire, Royan, devint l'époux (1556) de Claudine de 
Grammont, veuve de Joseph de Cardaillac, seigneur de 
Corsac et de Tornel (ou Torniel). 

Raymond de Cardaillac, connu sous le nom de M. de Sarla- 
bous, chevalier de l'ordre du roi, colonel d'infanterie et gou- 
verneur d'Aigues-Mortes, en 1568, perdit un bras au siège de 



' Armes des Pérusse d'Escars : de gueules au pal de vair, appointé et renversé. 
(d'Hozier). 
' Armes des d'Hostun : de gueules à la croix cngrelée d'or. 



108 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

Rouen, où il commandait les compagnies du duc de Guise. Il 
fit, sous le maréchal de Damville, les guerres du Languedoc, 
de 1563 à 1569. Envoyé dans le Bigorre par le Parlement de 
Toulouse pour défendre ce pays, il nomma les barons d'Antin 
et de Bazillac, ses lieutenants, atin de c( régir, protéger et gou- 
verner la Bigorre y>. 

Raymond de Sarlabous et son frère Corbeyran prirent une 
part active à la St-Barthélemy. ce Après avoir forcé la demeure 
de Goligny, ils jettèrent son corps par la fenêtre quand Berne 
l'eut frappé ; Corbeyran de Cardaillac était chevalier de l'ordre 
du roi, gouverneur de Dumbar en Ecosse et du Hàvre-de- 
Gràce, chambellan du duc d'Alençon, enfin conseiller d'Etat. 
Il fut tué au siège d'Oleron (1586) et Raymond, son frère, 
mourut à Bagne res, en 1591 ^ » . 

Les deux frères portaient pour armes : d'azur au chardon 
d'or, tige de trois pièces, à la bordure d'or chargée de huit 
alérions de sable, 

La baronnie de Bioule avait été érigée en Comté l'an 1610, 
en faveur d'Antoine-Louis de Cardaillac de Lévis, marquis de 
Cardaillac, comte de Bioule, lieutenant-général en Languedoc, 
chevalier des ordres du roi, seigneur de Gays, la Bruguière, 
Montredon, etc., qui décéda sans postérité , au mois de 
mars 1666. 

Son petit-neveu Tristan du Faur, seigneur baron de S^-Jorry, 
devint alors comte de Bioule et marquis de Cardaillac -. Il 
avait pour aïeul le célèbre Pierre Dufaur de S^-Jorry, premier 
président au Parlement de Toulouse, de 1597 à 1600, un des 
légistes les plus estimés de son époque ^, qui mérita de Gujas, 
cet éloge : (c Nunquam satis laudatiis ». 



• Mémoires d'Aiitras. 

' Il descendait de Claude de Cardaillac, fille d'Heclor de Cardaillac, seigneur de 
Bioule, cl de Marguerite de Lévis, mariée avec Jacques du Faur de Saint-Jorry, le 26 
soplemhre 1599, 

■'H a écrit, enlr'aiitres ouvrages : n De Re(iulis juris, r.\in>nisticoii, les Semestres, le 
Doileninirnon, etc. ». Il légua sa |trécifiise liibliolliè(iue à la ville de Toulouse, qui, par 
recoiniais.sanee, a placé, dans la galerie des illustres , le buste du premier président 
Pierre du Faur de Saint-Jorry. 



i 



TENUES A AUCH EN 1787 109 

Les du Faiir, alliés aux Chateauneuf, Vignes, Padiès, Ganiac, 
Fontaine, du Vergier. Gameuille, etc., étaient seigneurs de 
Gastanet, Encuns, Ribonet, S^-Félix, Quirbajon^ Nailhous, 
Marnac, Ricaud, Ghalabi'ette, ^larsac, le Gajan, Abolin, 
Mongay, Maureville, Soucale, St-Julia, Montagut, etc.. On les 
connaissait dès l'an 1302 à Toulouse, et le Capitoulat était 
presque héréditaire dans cette maison, 

Jacques du Faur, conseiller au Parlement de Toulouse, abbé 
de Faget, archidiacre de Vie, prévôt de S'-Sauvy, et chanoine 
régulier d'Auch, fut abbé de Lacaze-Dieu en 1533. Il devint 
prieur commandataire de S^-Orens d'Aucli (1550) et mourut vers 
1559. L'année précédente, l'abbaye de Lacaze-Dieu avait été 
presque entièrement réduite en cendres par un violent 
incendie. Son neveu, Pierre IV du Faur, abbé de Faget, 
vicaire-général de l'archevêque de Toulouse, fut aussi, en 
1568, abbé de Lacaze-Dieu, et deux ans plus tard, les Hugue- 
nots détruisirent ce monastère. 

Jean V du Faur était (1583), prieur de Pinel, Marval et 
Ville-Preux. 

Pierre du Faur, fils de Gracian du Faur, seigneur de S^-Jorry, 
docteur en droit canon, chanoine de Lectoure, protonotaire 
apostolique, président aux enquêtes du Parlement de Tou- 
louse, prieur commandataire de S'-Orens d'Auch (1480), fut 
nommé évêque de Lectoure, en 1505, et mourut dans le cou- 
rant de l'année 1508 K 

Jean-Pierre du Faur de Langesse et de Pontéjac, lils de 
Pierre du Faur de S'e-Christie, près Nogaro (cadets des du 
Faur de Pibrac), et de Marguerite de Galard, épousa, en 1685, 
Perrette de Bastard, fille de Jean de Bastard, seigneur du 
Bosq, Bréchan, Peilheur, Sève, Soubaignan, Bordeneuve et 
Gone, premier consul de la ville de Fleurance, procureur du 
l'oi au comté de Gaure 2. 

La généalogie des du Faur a été écrite par Blanchart, dans 

^ Dom Brugelles. Chroniques ecclésiastiques du diocèse d'Auch. 
* Nobiliaire de Guyenne, généalogie de Bastard. 



110 CO>rPTE RENDU DES SÉA]STES 

son livre des présidents à Mortier du Parlement de Paris, et 
par un anonyme qui Ta publiée chez Boude, à Toulouse, 
en 1646 1. 

Jean Bertrand -, capitoul de Toulouse en 1498, premier 
président au Parlement de Paris, garde des sceaux, archevê- 
que de Sens et cardinal, avait eu, avant d'entrer dans les 
ordres , un fils de Jeanne de Barras - ^lirebeau ^, Guillaume 
Bertrand, seigneur de Villemor et de Wideville au pays 
Mantois *, maître des requêtes , qui fut tué le jour de la 
St-Barthélemy, 1572. 

Il laissait une fille, Marguerite, mariée avec Gaston de Foix- 
Curson^, marquis deTrans, et un neveu, Pierre III de Bertrand, 
Jacobin, docteur régent en théologie, et abbé de Saramon en 
1559; il fit autoriser les coutumes données aux habitants de 
Saramon, par un arrêt du Parlement de Toulouse de 1569, 
et il mourut l'année suivante, à Samatan, où il fut enseveli 
dans l'église des Pères-Minimes, hors la ville. 

Cette famille de Bertrand finit par une nièce du cardinal, 
qui porta son nom et sa fortune dans la maison des du Faur 
S^-Jorry. 

En 1610, Gabrielle de Cardaillac, fille de Jean-Jacques de 
Cardaillac, seigneur de Lomné, et de Marguerite de Sérillac- 
S'-Léonard^, était mariée avec Antoine de Montesquieu ', 
seigneur de S'-Pastour. 

Henri- Victor, marquis de Cardaillac, chef de la branche de 



* Traité de la noblesse des Capitouls de Toulouse. 

2 Armes des Bertrand : d'azur au cerf d'or, et au chef d'argent. (Chapelle de Wideville.) 

3 Armes des Barras : fascé d'or et d'azur de six pièces. 

* Après Guillaume Bertrand, la seigneurie de Wideville, située sur les territoires de 
Davrou et de Crespiéres, entre Maule, Saint-Germain et Rambouillet, passa aux Picciuet- 
de-Sautour, Milon , Ghevalier, Longueil-Maisons , Bullion de Bonnellcs , d'Uzès, La 
Vallière, Chastillon, La Trémoille-Tareute , Bougé, Lostanges et enfin au marquis de 
Galard-Magnas qui a réparé le château dans le style de sa construction primitive, en 
ItJiU, par Claude de Bullion, surintendant des finances sous Louis XUl. (Histoire de 
Wideville 1874.) 

•"' Armes des Foix : dor à trois pals de gueules. 
•^ Armes desSérillac: d'argent au lion de gueules. 

' Armes des Montesquieu : d'or à deux tourteaux de gueules, l'un sur l'autre ; les d'Ar- 
tagnan ajoutaient le loup de la ville de Sienne. 



TENUES A AUCH EN 1787 111 

Cardaillac-la-Capelle-Marival, avait obtenu de Louis XIV la 
permission de vêtir le lion d'argent de ses armoiries, d'une 
cotte d'armes d'azur, semée de fleurs de lys d'or, comme le 
roi Louis XII l'avait déjà permis au seigneur de Gardaillac- 
S^-Cirq, 

Les armes du comte de Faur de Gardaillac étaient : de 
gueules au lion d'argent, couronné, lampassé et armé d'or, 
couvert d'une cotte d'armes d'azur, semée de fleurs de lys d'or, 
à l'orle de treize besans d'argent, qui est de Gardaillac ; les du 
Faur portaient : d'azur, à deux fasces d'or, accompagnées de 
six besans d'argent, trois en chef, trois en pointe, rangés en 
fasce. 

Devise : Toto nascuntur in orbe. 

Les principales branches de la maison de Gardaillac étaient 
celles des comtes de Bioule (ou Bieule), des barons de S^-Girq, 
des marquis de la Capelle-Marival, des seigneurs deThémines, 
de Varayres et de Brengues. 

Les Gardaillac avaient contracté des alliances avec les Rodez, 
du Bourg, Gomborn, Périgord, Turenne, Lautrec, Peire, 
Espagne-Montespan, Lévis, Gaumont, Voisins, Miolans-Mitte, 
Gourdon, Ebrard-S^-Sulpice, Montpezat, Lomagne, Montai, 
Crussol, Gimel, d'Aquino, Lavedan, Gontaut, Aurillac, Roque- 
feuil, Pluvinel, Gastelnau, Galard, Ghampagne, Durfort, 
Narbonne, d'Estaing, Milau, Monbrun, Lusech^ Rabastens, 
d'Elbène, Durban, de Pons, Lignerac, Gaulejac, Damas, 
d'Arfeuille, Nosières, Barras, Balaguier, Murât, etc.. 

Il existait dans le comté de Gomminges, une famille de 
Gardaillac-d'Auzon, sortie, croit-on, des Gardaillac du Quercy, 
bien posée et bien apparentée qui avait pour armes : d'azur à 
trois chardons d'or mouvants d'une même tige, celui du milieu 
plus haut que ceux des côtés, parti d'argent à trois rocs d'azur 
posés 2 et 1 . 

Jean de Gardaillac, seigneur d'Auzon, parut en 1574, au 
siège de Tarbes avec le sire de Grammont et le valeureux 
Gornac, gouverneur de Marciac ; il prit pour femme, le 26 
octobre 1592, Gatherine d'Artagnan. 



112 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

Jean de S^-Lary de Bellegarde, seigneur de Frontignan, avait 
épousé Suzanne de Caussade, veuve de Jacques de Gardaillac, 
appelé le capitaine d'Auzon. Elle testa le 'll2 novembre 1595 1. 

« Le 25 septembre 1680, dans le château seigneurial de la 
commanderie de Nomdieu en Brulhois, diocèse de Condom, 
messire frère Jean-Paul de Gardaillac-d'Auzon, chevalier de 
l'Ordre de S'-Jean de Jérusalem, commandeur de la comman- 
derie de la cavalerie de Nomdieu et autres, ses dépendances, 
fonda une dot annuelle pour le mariage d'une pauvre fille, ou 
pauvre veufve, au choix et nomination du fondateur, et après 
lui, des patrons par lui nommés, natives de Nomdieu ou y 
résidant au moins depuis trois années, en préférant toujours 
les filles de vertu et de bonne réputation à tout autres, même 
aux veufves, et les plus pauvres à celles qui ne le seraient pas, 
voulant, le fondateur, que s'il existait dans le Nomdieu de 
jeunes garçons en âge d'être mariés, ils fussent toujours consi- 
dérés pour être mariés avec les dites filles ou veufves, en 
mérite des honneurs égal, et préférés aux étrangers ))2. 

Anne- Victoire, fille de Marc-Antoine de Galard, baron du 
Goalaixl et d'Arignac, capitaine au régiment du Languedoc, et 
d'Anne-Gatlierine du Bouzet de Roquépine (mariés le 23 avril 
1647), épousa, le 25 janvier 1678, Jean-Jacques de Gardaillac, 
baron d'Auzon et de Pontéjac. Gette branche finit en 1748, et 
ses biens passèrent dans les maisons de Galard-Terraube et de 
La Ïour-Landorthe^. 

La grande cloche de l'église S^-Etienne de Toulouse était 
nommée Gardaillac, et on ne la sonnait qu'à la mort de l'Ar- 
clievèque et des premiei^ présidents. 

Arnaud, comte de Gardaillac, chevalier, baron d'Esparros, 
seigneur de Lomné, Espièche, Banère, jMontaignac, Gasties-le- 
Haut, marié avec Louise-Françoise-Gabrielle de Mirande, fit, 

' lu autre S»-L:ny, C.liaili-s île l'.elle^aiile, seijçiieiir de Saiiiliailles, épousa, le 27 lévrier 
intlo, (Mitheriiie ilc C.ardaillac, lillt- de Paul de Caidaillac, seiynciir d'Auzon, et d'Anne de 
Cardaillac-Lomné. 

* Diclinnnaire de l'arrondissement de Nérac, par Samazeuilh. 

•' Armes des La Tour-Landorlhe : d'or à un elu-f d'azur, parti de sable. (Armoriai de 
Toulouse-Monlauban, fol. 1463, vol.xiv). 



TENUES A AUCH EN 1787 113 

le 9 décembre 1749, devant les capitouls de Toulouse, le 
dénombrement de ses biens nobles. Son fils Bernard, seigneur 
de la Brande, fut convoqué à l'Assemblée de la Noblesse du 
Comminges, tenue à Muret, en 1789. 

Un de leurs parents, N. de Cardaillac, seigneur d'Aussendes, 
près d'Alby, y parut aussi. 

Monsieur Dupin de S'-André se présenta pour le comte de 
Cardaillac et pour lui-même, à la réunion de la Noblesse du 
Condornois, le 7 avril 1789. Le comte de Cardaillac assistait, 
le même jour, à l'Assemblée des trois Ordres du pays de 
Rivière-Verdun, comme seigneur d'Esparros. 

Une famille de Cardaillac, résidant en Quercy, porte des 
armoiries tellement différentes du blason des marquis de Car- 
daillac-Bioule et du Faur de Cardaillac, qu'on hésite à la 
rattacher à l'une ou l'autre de ces deux branches. Son écusson 
était ainsi composé : d'or à l'épée de gueules, garnie d'argent, 
accostée de deux grenades de guerre, de sable, allumées de 
gueules, à la bande d'azur, brochant sur le tout et chargée de 
trois étoiles d'argent, à la Champagne de gueules. 



DE MAURENS 

Il avait existé une famille de Maurens, d'ancienne chevalerie, 
descendue, croit-on, d'une branche de la puissante maison de 
l'Isle, et qui possédait la suzeraineté des seigneuries de Laurs, 
Mazères, SMean, Armadan ville et SMustin. 

En 1151, Odon, Espagne et Guillaume de Maurens firent 
une cession de terres leur appartenant, en faveur de l'abbé 
Arnaud du Casai de S'-Saturnin. 

Vital de Maurens fut, en 1180, abbé de Bouillas. 

Espaing de Maurens rendit, vers 1182, aux moines de l'abbaye 



114 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

de Gimoiit, le territoire de Volpillac, qu'il confessa leui^ avoir 
injustement enlevé i. 

Guillaume de jNIaurens accompagna, en 1309, le fils aîné du 
roi au siège de I.yon. Odet de ^laurens et son iils assistèrent, 
le 10 novembre 1328, au mariage d'Odon de ^lontaut avec 
Symone de Preyssac. 

Gaston de Maurens épousa, le 7 mai 1371, Marquèse du 
Solier, sœur de Berti'and du Solier, marié avec Aude de Roque- 
laure, fille de Bertrand de Roquelaure et de Jeanne de Bruilhois. 

Agnèse de Maurens, femme de Noble Sicard d'Esparbès, 
donna, le 23 juin 1387, sa fille, Agnèse d'Esparbès-, à noble 
Amanieu de Marsan, clievalier. 

Jean de ^laurens, seigneur de Viviers, épousa en 150'!, Mar- 
guerite d'Ornézan, (ille de Jean d'Ornézan, seigneur d'Auradé, 
et de Florette de Faudoas. 

Chi'istopbe de Maurens servit, pendant l'année 1571, sous les 
ordres du Prince de Navarre. 

Anne de Bourbon, fille de Gédéon de Bourbons, baron de 
Basian et d'Audagence, seigneur de La Canau, Parentis, 
St-Aulaye, S^-Paul (1608), et d'Anne Louise d'Alba, se maria 
avec Paul de Polastron, seigneur de Maui-ens. 

Sébastien de Séverac, seigneur de Maurens, Juge etc., mari 
d'Isabelle de La Tour, lit épouser à sa fille Catherine, le 7 mai 
1618, Bernard-Antoine de Montesquiou-S'e-Colombe, baron du 
Faget, capitaine du ban et arrière-ban d'Auriac et Lauraguais. 

Augustin des Innocents de iMaurens, écuyer, fut en 1693, 
capitoul de Toulouse et il avait dénombré, le 27 avril 1689, ses 
fiefs nobles devant les capitouls désignés par les ordonnances. 

Pierre des innocents de Maurens fut conseiller au même 
Parlement, de 1727 à 1781. Ses lettres de provision avaient été 
enregistrées à Montpellier en mars 1728. 

' Essai hislinique sur l'abbaije de Gimont, par rahbé Diibord. 

' Armes des d'Esiiarliès : trai';iMit à la lasco ilc giu-ules, si)inni(''e de 3 ô])t'rviers {\f sable. 

' Dfscciidant des l{(iiiibi)ii-15asi,iii, issus de Oaston de Bourbon, quatrième fils de Charles, 
bâlard de Itourbon, scij;ueur de Malanse, marié avec Louise du Lyon, vicomtesse de 
Lavedan. 



TENUES A AUCH EN 1787 115 

Jean des Innocents, seigneur de Maurens, près l'Isle-Jour- 
lain, conseiller aux requêtes (1755), conseiller au Parlement 
le Toulouse, président à Mortier (1775), après avoir fait partie 
1787) de l'Assemblée Provinciale d'Auch, fut présent, en 
.789, à la réunion de la Noblesse tenue à Toulouse ; nommé 
léputé aux Etats de la province du Languedoc^ il y comparut, 
ant en son nom, que comme procureur fondé du comte de 
^alard-Brassac. Il fut élu député de la Noblesse de cette 
•lénéchaussée, avec les marquis de Panât, d'Avessens et 
i'Escouloubre. 

A l'Assemblée des trois ordres à Lectoure, le 16 mars 1700, 
\[onsieur d'Albis de Belbèze représenta le sieur des Innocents 
le Maurens et le marquis de La Valette-Persin. 

Les armes de la famille des Innocents de Maurens étaient : 
l'azur au chevron d'or, accompagné en pointe d'un aigle 
3SSorant d'argent, au chef de même, chargé de trois molettes 
de sable. 

Le chevalier des Innocents (du Languedoc), assista à la 
réunion de la Noblesse, convoquée à Toulouse en 1789. 



LE COMTE DE FEZENSAG 

Colonel en second au régiment de Lyonnais, comte de 
Marsan, seigneur de Lasserre, etc., le comte de Fezensac 
appartenait à cette grande maison de Montesquieu, dont le 
nom se trouve à chaque page de l'histoire de France, et qui 
tire son origine d'un cadet des comtes de Fezensac, issus des 
ducs de Gascogne, rois de Navarre. Il serait trop long de 
détailler les titres de ses divers membres, qui ont été relatés 
dans une généalogie très complète et fort connue, outre les 
articles qui leur ont été consacrés dans les ouvi-ages du Père 
Anselme, Moréri, et La Chesnaye-des-Bois. 



116 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

Cette famille faisait partie des quatre grandes maisons 
d'Armagnac : elle a donné deux cardinaux à l'Eglise, trois 
maréchaux de France, deux chevaliers du S^-Esprit, un colonel- 
général de l'Infanterie, un gouverneur de Nimes et plusieurs 
prélats. 

En l'250, Guillaume de Montesquiou figura à la septième 
croisade. 

E. de Montesquiou octroya, le il mai 1279, des coutumes à 
la ville de Riguepeu. 

Le 16 mars 1373, Genses de Montesquiou fut caution de la 
dot de Mathe d'Armagnac, fille de Jean comte d'Armagnac, 
mariée avec Jean, duc de Gironne, fils aîné de Pierre 
d'Aragon. 

Ayssiu de Montesquiou fut chargé, le 11 novembre 1380, 
par le comte d'Armagnac, malade au cliàteau de Gages, de 
veillera la sûreté du comté, et d'aider de ses conseils son fils 
aîné, sur qui retombait toute l'administration du pays. 

Bartliélemi de Montesquiou, clievalier, marié avec Anne de 
Galard-de-l'Isle, était seigneur de Marsan en Armagnac, de 
Salles en Lauraguais, et il rendit hommage pour ces deux 
terres, à Jean, vicomte d'Armagnac. Il avait commandé, en | 
1426, une compagnie de neuf écuyers. Son testament porte la 
date du 7 juillet 1481. 

Manaud de Montesquiou fut père (1500) de Paulon de 
Montesquiou qui forma le lameau des seigneurs d'Artagnan. 

Jean de Montesquiou possédait, en 1520, les seigneuries de 
Gelas, Lados, Gumont, Leyssaux, et fut la tige des trois 
branches de S'e-Colombe, d'Auriac et de Xaintrailles. 

Les seigneurs de Pi'éliac descendaient de Mathieu de Mon- 
tesquiou, cinquième fils deBarthélemi, qui vivait en 1505. 

Le célèbre Biaise de Monluc appartenait à la branche de 
Montesquiou-Mansencôme, provenant d'Odon de Montesquiou, 
seigneur du S^-Puy, en 1318, marié avec Aude de Lasseran, 
lille de Garsias-Arnaud, seigneur de Mansencôme, Monluc, 
l>ii,.(li-(|('-(;()iitaiil, Gounens (ou Goulens), etc.. 

Le comte de Fe/ensac, qui lit partie de la réunion provin- 



TENUES A AUCH EN 1787 117 

ciale d'Auch, en 1787, devint lieutenant-général. Son fi-èi-e fut 
l'abbé duc de MontesquioU;, pair de France, membre de 
l'Académie Française, et ministre de l'Intérieur. 

Les armes des Montesquieu sont : d'or aux deux tourteaux 
de gueules posés l'un sur l'autre ^ 

Les Montesquiou-Monluc écartelaient aux 2me et 3^ d'or, à 
un tourteau de gueule. 

Enfin quelques branches de la maison de Montesquieu ajou- 
taient les armes de la ville de Sienne, qui sont : d'azur au loup 
d'or. 

Assieu de Montesquieu avait acquis pour lui et sa postérité, 
en 1226, le droit de siéger dans le chœur de la Cathédrale 
d'Auch, en qualité de fils et de chanoine de cette église. 

Les Montesquiou ont contracté, surtout au moyen-âge, des 
alliances riches et illustres. 

On peut citer entr'autres, celles de Lasseran-Mansencôme, 
Castelbajac, d'Antin, d'Aspremont-d'Orthe, d'Estaing, de Foix- 
Carmain, de Villemur, de Montespan, d'Escoubleau-Sourdis, 
de Roquelaure, de Vervins, de Manas, de Montlezun-St-Lary, 
de Pardaillan , de Goalard-l'Isle-Bozon , de Bazillac , de 
Beaulieu, de Batz, de Gassion, etc.. 



LE COMTE DE BÉON 

Le comte de Béon, seigneur de Lapalu, sous-lieutenant des 
gardes du corps du Roi, était absent ce poui- cause du service 
de Sa Majesté », lors de la réunion de l'Assemblée Provinciale 
d'Auch. 

Sa famille avait une origine commune avec la maison de 
Béarn et descendait de Loup-Centulle, duc de Gascogne. Elle 

' Les Fezensac ajoutaient : au 1" parti lic i<iuMiles plfiii ; les d'Artaguan le suppri- 
maient. 



118 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

en portait, sans brisure, les armes pleines, qui sont : d'or à 
deux vaches passantes de gueules, accolées , accornées , 
ungulées et clarinées d'azur. 

Quelques branches écartelaient : de gueules à quatre otelles 
d'argent, qui est de Comminges^ 

La tradition prétend que le nom de Béon fut donné par 
Centulle Y, vicomte de Béarn, à Arnaud Guilhem, son troi- 
sième iils, en lui cédant, comme apanage, le château de Béon 
dans la vallée d'Ossau, au diocèse d'Oleron, le jour de Pâques 
de l'année 1133 2. 

Un seigneur de Béon fut tuteur de Gaston Phébus, comte 
de Foix, et de sa sœur Germaine (mariée plus tard à Ferdi- 
nand le Catholique), en qualité d'oncle de ces deux enfants. 

Arnaud de Béon^ assisté de Philippe, seigneur de la Vallée- 
de-Béon, de Pierre de Béon, seigneur de Serre, épousa, le 
6 janvier 1^69, Jeanne de Lapalu, fille de Georges, seigneur 
de Lapalu, Armantieu, Montcassin, Belloc, Noueilhan, Seme- 
ziès-en-Astarac, etc. 

Borguine de Béon, fille de Pierre de Béon, seigneur de 
Masses et d'Aguin, se maria, vers 1380, avec Centulle de Lan- 
goi'san, seigneur de Plavès^. 

En 1480, Marguerite de Foix, fille de Jean de Foix-Rabat, 
et de Bergne de Rabastens, était femme de G. de Béon, 
seigneur de Miglos. 

Arnaud-Guilhem de Béon, seigneur de Gère, épousa, le 18 
janvier 1422, Constance de Montault, fille de Jean de Montault, 
deuxième du nom, seigneur de Bénac, et de Marguerite de 
Bazillac. 

Mii-amonde de Béon (1475) donna sa main à Amadou de 
Montesquieu. 

Le 20 août 1487, Bernard de Béon, seigneur de Gore, épousa 
Jeannette d'Ornézan. 



' On blasoiiiic aussi les armes île Coinininj;es : d'azur à la croix pattée irargent ou 
alésée (le sable. 

' La r.liesnaye-des-Bois. 
3 Mémoires de J. d'Antras. 



TExNUES A AUCH EN 1787 149 

Ou cite, dans un acte du t2 janvier 1491, Dominique de Béon 
comme provincial de i'ordi-e des Templiers ; il fut uonuTié 
administrateur du couvent de la Ti-inité de Tei'i-aulte, fondé 
par Archieu de Gaiai'd, écuyer, seigneur dudit lieu. 

Jeanne de Béon, lille unique et héritière de X. de Béon, 
seigneur de Giscaro, était maiiée, dés 1460, avec Bernard de 
La Barthe, second (ils de Jean de Lal)arthe, seigneur de Mont- 
corneil, et d'Esclarmonde de Bivière-Labatut. 

La branche des Béon, vicomtes de .Sères, s'est éteinte dans la 
maison de Pardaillan-Gondrin-Savignac, et celle des seigneurs 
de Massés, prés Masseube, dans la famille de Tymbrune- 
Valence ; un rameau, formé par Bernard de Béon de Massés et 
Marguerite de Castelbajac^, a fini dans la personne de Charles 
de Béon-Luxembourg, colon ol d'infanterie, mort sans posté- 
rité mâle, en 1725. Il n'existe plus que des descendants des 
Béon-Biére et Béon-Gazeaux, 

A cette branche appartient Pieri'e-Hippolyte de Béon-Gazeaux 
marié avec Gonstance de V'illemur, iille d'Anne de Villemur, 
comte de Paillez et de Marie de Gomminges-Péguilhem. 

Gonstance de Villemur avait [)ei'du, en 1686, son premier 
époux, Roger de Rochechouai't-Barbazan, seigneur de Monclar- 
en-Lauraguais. 

• Les divers membres de la maison de Béon s'étaient distin- 
gués [)ar leurs belles alliances et leurs hauts emplois 
militaires. 

Pieri'e de Béon, seigneui' de Massés, époux de Marguerite 
de Faudoas-Sérillac-, était lils de Méric de Béon, capitaine de 
cinquante hommes d'armes, chevalier de l'Ordix; du Roi, sou- 
vent cité par Monluc et Brantôme. Il mourut en 1569. 

Bernard de Béon, seigneur d'Esclassan, ])aron de Bouteville, 
fut ci'éé mestre de camp et lieutenant-général, dans les bandes 
de Picardie, le le octobre 1574. Il obtint, en Mars 1589, la 
lieutenance-générale des gouvernements de Saintonge, Angou- 

' Armes des Caslelbaj.ic : (ra/.iir à la cioix d'aigoiil, aliaisséc ou pointe suiis trois lleur!> 
de lys d'or, en chef, deux et une. 
'^Arnies des Faudoas : d'azur à la croix d'or. 



120 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

mois, Aiinis et La Rochelle. S'étant démis du gouvernement 
de Carmagnoles, il fut nommé conseiller d'Etat, vers 1597 et 
chevalier des ordres du Roi, sept ans plus tard. Il avait épousé 
en premières noces, le l^r janvier 1572, Gabrielle de Marrast, 
dame d'Esclassan, Saintrailles, Montai gnan, Aroux, Marguils- 
en-Astarac, veuve de Jean de S'-Lary-Bellegarde, dit le capitaine 
Montestruc. 

I] s'unit, en deuxième mariage i, avec Louise de Luxembourg- 
Brienne, lille de Jean de Luxembourg comte et baron de 
Brienne, Roncy-S'-Martin, et de Guillemette de Bouillon^, 

Le 20 août 1564, Marie Isalguier, veuve de Sébastien de 
Béon, vicomte de Serre, donna sa main à Jacques de Roche- 
chouart-Barbazan , seigneur de Montégut, baron de Faudoas, 
chevalier des Ordres du Roi. 

Jacques de Béon, vicomte de Serre, fils de Bernard de Béon, 
seigneur de Ricau et de Miramonde de Montant, prit pour 
femme, le 24 juillet 1569, sa parente Philiberte de Béon du 
Massés, sœur de Bernard de Béon, seigneur d'Esclassan. Il se 
remaria avec Catherine de Faudoas, veuve de messire Carbon 
de Marrast, capitaine aux gardes. 

Au mois d'avril 1675, le marquis de Béon-Cazeaux avait le 
titre de grand-prieur de Toulouse, dans l'ordre de S'-Jean de 
Jérusalem. 

Pierre de Béon fut tué au siège de SMustin ; son frère 
Jean, marié avec Catherine de Lamezan, n'eut qu'une tille, 
Brandelise, qui épousa, le 5 juillet 1638, noble Biaise de 
Nouaillan, seigneur de Villeinui'-'. 

Biaise de Béon, seigneui' de Lartigue, consul de Valence en 
Armagnac, est (jualilié, dans un acte de 1650, de noble sei- 

• Leur lillf, Louise de Béoii-Massez (morte le 2 s('|itenibic 16(m), épousa Auj^uste de 
Loiiiénic, comte de Brienne, ministre d'Etat, et leur petite lille, Marie-Antoinette de Lo- 
ménie-Briennc, iloniia sa main, le 1 juin 1(542, à Joarhim-Rouault, marquis de Ganiaches, 
chevalier des Ordres du Roi, et lieutenant-général de ses armées (l»ère Anselme, Diction- 
naire Généaloiiiqne] 

• Armes des Luxembourg-Brienne : Eeartelé aux premier et quatrième d'argent au lion 
de gueules, chargé d'une croix sur lépaulc, aux deuxième et troisième de gueules à une 
comète à seize rais d'argent. 

• Armes des Noailhaii : de gueules à la croix vuidée et trellée d'argent. 



TENUES A AUCH EN 1787 121 

gneiir de la maison des Comtes de Lamezan, de Masses et de 
Luxembourg. 

Antonin de Gugnac, marquis de Dampierre, conseiller d'Etat 
décédé en 1666, eut de Marguerite de Texier, sa femme, Marie 
de Gugnac qui épousa le comte de Béon. 

Jean-Louis-Joseph de Béon-Lapalu, capitaine-aide-major au 
régiment du Boulonnais, mourut à Bayonne, au mois de 
juillet 1755; son frère commandait le fort d'Hendaye. 

François-Frédéric comte de Béon, tils de François de Béon, 
et de Madeleine-Angélique de Neufville-de-Villeroyi, mariés 
en 1754, avait épousé Mademoiselle de Montauroux. 

Le 21 avril 1704, Guillaume de Béon possédait la seigneurie 
de Bazian, près Valence en Gondomois. 

Un Béon de Gazeauxfut, en 1760, commandeur de l'Ordre 
de Malte. 

Marguerite et Marianne de Béon-Lapalu étaient religieuses 
au couvent de Notre-Dame-Lum-Dieu de Fabas, au diocèse de 
Gomminges, le 21 novembre 1730. 

Anne-Marguerite de Béon-Lapalu, mariée avec le frère cadet 
de Jean-Louis-Ignace de Seissan, auteur des seigneurs de Ma- 
rignan, fut la souche d'une branche éteinte en la personne de 
Jeanne-Marie- Josèphe de Seissan, née à Mirande, en 1767, et 
morte sans alliance. 

François-Frédéric, comte de Béon de Lapalu, fut obligé, en 
1792, de quitter la France ; il servit en Hollande et en Angle- 
terre, où il fut nommé colonel d'un régiment de son nom ; il 
mourut en émigration le 1^'' juin 1802, laissant un fils unique 
François-Antoine-Henri Béarn de Béon ; ce dernier décéda le 
18 décembre 1820, dans le château de La Serpent, près de 
Couiza, dans l'Aude, et ses biens passèrent au marquis de 
Monlezun, au comte de Mauléon et au marquis de Boussost- 
Gampels. 

François de Béon de La Guttère, volontaire dans Loyal- 



' Armes des Neufville-de-Villeroy : d'azur au chevron d'or, accompagné de Jrois croix 
ancrées de même. 



122 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

Emigrant, né à Montréal du Gers, fut massacré à Quiberon, à 
l'âge de dix-sept ans. 

Au moment de la Révolution, sept membres de la famille 
de Béon faisaient partie de la maison du Roi. 

Monsieur l'abbé de Béon devint, en 1787, aumônier ordinaire 
de la chapelle de Madame Adélaïde, et la comtesse de Béon, 
sa belle-sœur, était dès 1782, dame pour accompagner auprès 
de la même Princesse ^ 

A l'Assemblée des trois ordres tenue à Lectoure, le 16 mars 
1790, M. de Luppé se présenta comme procureur-fondé de 
Monsieur de Béon, seigneur de La Palu. 

Les Béon se qualifiaient de marquis de Béon, vicomtes de 
Sère, barons de Miglos, comtes de Lamezan et de Brienne, 
marquis de Boutteville. Ils avaient possédé les terres et sei- 
gneuries de Béon, Armantieu, La Palu, Arrembos, Ortigos, 
Pontac, Mazerolles, Maumus, Lacassaigne, Castetz, Sérian, 
Belloc, Moncassin, La Barthe, Bière, Birac, Verduzan, Antras, 
Le Saux, Le Massez, Bézian, Lartigue, Cazeaux, Esclassan, 
Noailhan, Sémézies, Macabié, Tirac, Lomac, Peyrussans, 
Malet-Respailhes, Laumatet, Casans, Tronçons, La Bastide, 
Aunoux, etc.. 

Cette illustre et ancienne maison a eu des représentants aux 
croisades, et a produit un grand nombre de capitaines et 
gouverneurs de places, des chevaliers commandeurs de l'or- 
dre de Malte et de S'-Louis, un chevalier de S'-Micliel et du 
S'-Esprit , trois maréchaux de camp, un lieutenant-général 
des armées du Roi, des conseillers d'Etat, des gouverneuis de 
province, un évêque d'Oléron et quantité de pei'sonnages mar- 
quants dans l'église et l'armée-. 

Parmi les familles alliées aux Béon-Massés-La-Palu-Cazeaux- 
Luxembourg, on trouve les St-Lary-Bellegarde, d'Oi-uézan, de 
S^-Paul, de S^-Cricq, de Montlezun-Si-Lary, de Noé, Glermont, 



' Devenue veuve flu comte de Béou, elle épousa en secondes noces, J. M. 0. Piosper, 
comte d'Haulpoul, à son retour de rénii^iation. 

' Voir la généalojjie de Béon, dans le Nobiliaire de la Ginjeniie et de la Gascogne, yar 
i. de Bourrousse de Laffore, t. m, p. 265 (Edition de I8G0). 



TENUES A AUCH EX 1787 123 

Gomminges, Rochechouart, Gastries, Gramont, Lautrec, Beau- 
mont, Lévis,Loménie, Mauléon, Gugnac-Dampierre, Barbotan, 
d'Hautpoul, d'Esparbès, Villemur, La Barthe, Verduzan-Miran, 
Villeneuve, de Ghasteigner, Manssencôme, Flageac, Montault, 
Lartigue, Montesquiou, Ghaumareys, Gliantal, etc. 

La maison de Béon subsiste encore de nos jours, et, fidèles 
à leurs traditions de famille, ses membres ont figuré avec 
honneur sur divers champs de bataille, où plusieurs ont trouvé 
une mort glorieuse. 

Mathieu de Béon fut tué, en 1856, devant Sébastopol ; 
Fabien, comte de Béon, mourut sous les drapeaux, en Algérie, 
(1860) ; Ferdinand de Béon, capitaine dans l'armée française, 
périt, le 2 décembre 1870, à la bataille de Yilliers-Ghampigny, 
pendant le siège de Paris. 

Madame Marie-Louise de Béon, dame d'honneur de S. A. 
R., Madame la duchesse de Berry, décéda, en 1855, et fut 
ensevelie dans le tombeau des ducs de Parme, à Plaisance. Son 
frère était filleul de Monseigneur le comte de Ghambord. 



M. DE GATELAN 

M. de Gatelan, marquis de Gaumont, était fils de Messire de 
Catelan, conseiller au parlement de Toulouse. 

Cette famille, originaire de Florence^ et venue en France au 
xve siècle, habita d'abord le Gomtat et portait autrefois le 
nom de Gatellani ; elle s'établit à Toulouse avant le milieu du 
xvie siècle. 



1 Michel-Ludovico Gatellani était syndic et içonfalonier de justice en 1405. Le premier 
qu'on trouve en Fiance est Miclieile, Il« du nom, qui se lixa à Avignon, où il l'ut admis 
dans le corps de la Noblesse. 



1 24 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

Les deux branches principales de cette maison étaient les 
Catelan-S^-Meu,du diocèse de Béziers, et les Catelan-Caumont, 
résidant à Toulouse. 

François de Gatelan , seigneur, baron de Gaure, capitoul 
en 1645 et 1654, fut président au Parlement de Toulouse de 
1674 à 1710. 

Jean de Gatelan devint consul de cette ville en 1657 et Fran- 
çois de Gatelan, capitoul vers 1670. 

François et Amable de Gatelan, père et lils, furent tréso- 
riers-généraux de France pour la province du Languedoc. 

Jean de Gatelan, conseiller-clerc au parlement de Toulouse, 
composa, en 1645, le recueil des a Arrêts remarquables du 
Parlement de Toulouse. » Sa famille possédait simultanément 
sept membres dans le Parlement. 

Jean-Louis de Gatelan, conseiller au Parlement de Tou- 
louse, acquit, vers 1717, de François de V'abres, marquis de 
Gastelnau d'Estretefons, la seigneurie de Gaumont. et il la 
transmit, avant 1769, à son fils, Etienne-François Xavier, 
comte de Gaumont, avec la seigneurie du Pin qu'il avait 
achetée en 1737, à Géraud, Joseph d'Aldéguier. {Documents 
historiques sur le Tarn-et-Garo7ine, parMoulenq.) 

Jean de Gatelan fut sacré évéque et comte de Valence, 
dans le Dauphiné, en 1705, et il y mourut vingt ans 
plus tard *, 

Marie de Gatelan avait épousé Messire François de Ber- 
thier -, conseiller du roi en tous ses conseils, premier prési- 
dent du Parlement de Toulouse, seigneur de S'-Géniez, et 
neveu du célèbre David-Nicolas de Berthier, premier évêque 
de Blois, mort en 1719. 

Leur fille, Catherine de Beilhier, fut femme de Louis H, 
comte de Fumel, baron de Paulhiac, seigneur de Haut-Brion, 
Margaux, Pessac, etc., mousquetaire gris. 



' l,Vv<^quo flo Valence, Jean de f.atelan, a fait un travail estimé sur les « Antiquités de 
l'église de Valence » (in-i», 1724). 

' Armes des Berthier . d'nran taureau effarouché de {gueules, charjçé de cinq étoiles d'or 
posées en bande, de front eu lin. Devise : Danl sidéra vires (1689). 



TENUES A AUCH EN 1787 125 

« Au mois d'octobre 1747, le l'oi nomma Jean-Marie de 
Catelan (né en 1696), à l'évêché de Rieux, vacant par la mort 
de Monseigneur Alexandre de Jouanne de Saunier y ^ » 
L'abbé de Catelan, conseiller-clerc du Parlement de Toulouse, 
où il était fort estimé par ses lumières et la grande régularité 
de sa conduite, fut sacré le J3 juin 1748, et trépassa le 27 
mars 1771. 

Jacques de Catelan, seigneur de La Masquère, président aux 
enquêtes du Parlement de Toulouse, donna, le 13 septembre 
1715, sa fille Anne à noble Paul de Faure, seigneur de Massa- 
brac, baron de Marquefave. 

Avocat-général au Parlement de Toulouse, Jean-Antoine, 
marquis de Gatelan-Caumont, procureur fondé, en 1789, de 
son frère et de Monsieur de Salles, à l'Assemblée des trois 
ordres, réunie à Lectoure, fut sur le point d'être nommé 
député de la noblesse, chargé de la représenter aux Etats- 
Généraux, mais le marquis d'Angosse, de noblesse d'épée, 
l'emporta et fut choisi. 

M. de Catelan avait été enfermé en l'année 1787, au château 
de Lourdes pour avoir conclu, comme avocat-général, contre 
l'enregistrement des ordonnances de M. de Brienne, relatives 
à la cour plénière. Cet emprisonnement de peu de durée, le 
rendit fort populaire et très influent ^. 

Son frère cadet, le comte Auguste, dernier marquis de 
Catelan, décéda à Rodez, en 1840, sans postérité. 

Etienne Amable de Catelan-Caumont, reçu, le 13 mai 1774, 
page du grand-maître de Malte, devint capitaine de dragons 
sous l'empire et ne fut point marié. 

Amable de Catelan épousa lel5 aoùtlSll, Antoine, comte de 
Grammont d'Aster ^, pair de France. Ils eurent pour enfants : 



* Mémoires du duc de Luynes, T. 8. 

* Il mourut pair de France le 13 avril 1838. 

3 Armes des Orammont : Ecartelc, nu premier d'or au lion d'azur armé et limpassé de 
gueules (Grammont), aux deuxième et troisième de gueules à trois flèches d'or empen- 
nées et armées d'argent, mises en pal, les pointes en bas (Aster), au (|natrième d'argent 
au lévrier de gueules, colleté d'azur, à l'orlc de sable, semé de besans d'or (Aure). Sur le 
tout, de gueules ù quatre otelies d'argent (Comniinges.) Devise : Dios nos aijude. 



126 COMPTE RENDU DES SÉANCES 

Agénor, comte de Gramont-d'Aster, Antoinette, comtesse de 
Salmour, Thérèse, marquise d'Advisard, et Antoinette, com- 
tesse de Vergennes. 

Marie-Louise de Catelan-Caumont, fille de Jean-Louis de 
Catelan, comte de Caumont, seigneur du Pin, S^-Aromex et 
Gaichanès (de la branche du Temple), et de Marguerite de 
Roussel-Saint-Amans, se maria, au château du Pin, le 21 
septembre 1743, avec Jean de Bastard, comte d'Estang. Ses 
frères, Auguste et Roger de Catelan, furent assassinés, en 
1795, dans leur château de Tavel, près Nimes, par des bri- 
gands restés impunis. 

Marie-Marguerite de Catelan , dite Mademoiselle de Portel, 
surnommée ft la moderne Corinne ^) , remporta, quatre fois, 
le prix de poésie aux jeux tloraux; elle mourut fort âgée au 
château de La Masquère, en 1745 i. 

Les Catelan 2 portaient pour armes : d'argent au lévrier 
(Catellus) rampant de sable, accolé et annelé d'or, au chef 
de gueules chargé de trois molettes d'éperon d'argent , 
à six rais ^ 

Il parut, en 1788, un pamphlet intitulé : « Naissance, vie et 
mort du grand baillage de Toulouse >> ; on y lit les vers sui- 
vants à l'éloge de M. de Catelan : 

Dieux ! quel voile funèbre a couvert la cité 
Où le bonheur attirait sur ses traces 
L'essaim brillant des Plaisirs et des Grâces; 
Où présidoit la déité, 



' Nobiliaire de Guienne, généalogie de Catelan. 

5 Les Catelan du Bois, en Bretagne, avaient pour armoiries : trois sangliers de sable sur 
fond d'aigent. 

^ Dans un dénombrement daté de Toulouse, le ii avril I7.i7. Jean-Louis de Catelan, 
seigneur de Caumont, apposa le scel de ses armes, ainsi blasonnées : d'argent au lévrier 
colleté, rampant, au chef d'azur, chargé de trois étoiles, timbré d'un heaume de face, à 
lambrequins, cime d'une tête de chien ; supports •. deux lions. (Sceaux des Basses-Pyré- 
nées, par P. Baymond.) Jean-Marie de Catelan, évoque de Bicux, portait les mômes armes, 
mais timbrées d'une couronne de marquis, accostée d'une mitre et d'une crosse, et sur- 
montée d'un chapeau à glands, de sinople. (Lettres de Diaconat, datées de Bieux, le 23 
septembre 1753. ) 



TENUES A AUCH EN 1787 127 

Qui dans l'arl obscur rlf Bartliole, 

Pour rassurer l'infortuné, 

Eclaira Catellan, Boularic et Purgole*. 

Les Catelan se sont alliés avec les Mallard, Ramondy, 
Campmas-S'-Rémy, Cazamajor, de Blanc de La Guizardie, etc. 



' (De l'imprimerie du dernier archevêque de Toulouse, chez l'ancien concierge du châ- 
teau de Balma.) 



REMARQUES 



SUR 



LE NOM, L'ETAT, LA FAMILLE ET LES ALLIANCES 



DES PERSONNES 



Comprises dans la Capitation noble 



EN L'ELECTION DE LOMAGNE 



1787 



I 



Remarques sur le nom , l'état , la famille 

et les alliances des personnes 

comprises dans la Capitation noble 

en l'Election de Lomagne 

1787. 



En 1789, tous les nobles, âgés de 25 ans, même les veuves et les 
femmes non mariées, possédant fiefs, furent assignés pour prendre 
part, ou se faire représenter aux élections des députés de leur ordre, 
aux Etats-Généraux. On donna défaut contre ceux qui ne comparurent 
ni en personne, ni par un fondé de pouvoirs. Si la nomenclature 
exacte des assignés avait toujours été transcrite dans les cahiers de 
l'ordre, la collection de ces cahiers conservée aux archives, offrirait 
le catalogue officiel de toute la noblesse de France à cette époque. 
Mais il y a tellement de lacunes et d'erreurs de noms qu'il est 
aujourd'hui impossible de donner un travail complet pour la plupart 
des provinces ^ 

Nous ne mentionnons ici que quelques notes relatives aux familles 
comprises dans la capitation noble en l'Election de Lomagne, pendant 
l'année 1787, il y a juste cent ans, et citées dans le manuscrit que 
nous transcrivons, sans nous occuper de celles qui figurèrent plus 
tard dans les Assemblées de Province, réunies pour les élections, 
aux Etats-Généraux de 1789. Le nombre des maisons nobles était, à 

* Borel d'Hauterive. 



^32 NOBLESSE DE LOMAGNE 

celte dernière date, de 40,000, et celui des personnes nobles s'élevait 
à 200 000 K D'après Taine, ce chiffre ne devait pas dépasser 140.000 ; or 
la Frlnce ayant alors 27,000 lieues carrées et 26 millions d'habitants, 
on peut compter une famille noble par lieue carrée et par mille 
habitants. Le clergé, tant régulier que séculier, comprenait environ 
cent trente mille personnes. 



1 Conil.- .le Ueiset, Journal de Madame Ehffe. 



ROLLE DES NOBLES 



AUVILLARS 



LE S. REDON DE LAVAL 

La famille de Redon, encore existante en Guyenne, formait 
les branches de Laval, d'Auriole, de Las Fosses, de Ron- 
repaux, de La Pujade, de Gueymard, de Montplaisir et de 
Beaumont. 

Sereine de Redon, fille de noble Pierre de Redon, seigneur 
de Limport, lieutenant principal de la sénéchaussée d'Agenais, 
et de Jeanne de Ramps, épousa, le 15 juillet 1581, noble 
Jean de Raymond, conseiller de la reine Marguerite de 
Valois. 

Jean de Redon prononça, le l'i décembre 1615, au lit de 
justice tenu à Rordeaux, lors du mariage de Louis XIII avec 
Anne d'Autriche, le discours préparé pour cette occasion par 
M. de Nesmond, premier président à ce parlement, déjà 
malade et qui mourut le 4 janvier 1616 K 

Marie de Redon, veuve de Noble Pierre de Molère, seigneur 
de Gueyse, vice-sénéchal d'Agenais, était dame de Brazalem. 
Son fils, Florimond de Molère, vendit en 1670, le fief de 
Gueyse à noble Joseph de Coquet, conseiller du Roi, au pré- 

* Armes des Nesmond : d'or, à trois cors de chasse de sable, liés de gueules. 



IIM NOBLESSE DE LOIMAGNE 

sidial d'Ageii, petit-lils lui-môme de Jeanne de Redon mariée, 
le 12 janvier 1606, avec Cliarles de Coquet, écuyer. 

Dominique de Redon, fille de noble Charles de Redon, sieur 
de Montplaisir, et de Claire de Lescout, épousa, le 20 août 
1074, noble Armand de Laforcade, sieur de La Prade et du 
Pin, lieutenant-commandant la compagnie de S'^-Livrade au 
régiment d'Anjou. 

Dans l'état des Vassaux du Roi, en la vicomte de Bruilhois, 
le 28 octobre 1690, on mentionne : ce Noble Armand de 
Redon, seigneur de Las-Fosses, pour le château noble de Las- 
Fosses, offices, écuries, pâtusK )> Cette seigneurie appartenait 
à cette famille depuis noble Florimond de Redon conseiller du 
Roi, lieutenant principal de la sénéchaussée d'Agen, en 1571, 
et chef du conseil de la reine Marguerite de Valois. 

Noble Sébastien de Redon devint seigneur d'Auriole, 
le 13 février 1679, par son mariage avec Esther d'Anglade 
d'Auriole. 

Le marquis Charles de Redon avait été colonel du régiment 
provincial de Metz, sous Louis XV. 

François de Redon, sieur de Monplaisir, lieutenant, puis 
capitaine en 1704, fut maintenu dans sa noblesse, le 10 
décembre 1698. Son fils, Jean-Joseph, marié avec Jeanne de 
Bap de Pélaubert , devint lieutenant du régiment de la 
marine. 

Anne de Redon, fille de Jean de Redon, seigneur de Man- 
sonville, La Chapelle, etc., et de Jeanne de Goth de Daubèze, 
épousa, le 19 août 1768, François-Dominique de Bastard, 
grand-maître des Eaux-et-Forèts de Guyenne, baron de 
St-Denys-sur-Garonne , seigneur du Rose et des Iles-Chré- 
tiennes -. 

Le 7 avril 1789, M. de Redon faisait partie de la noblesse 
réunie à Condom ; le sieur de Redon de la Pujade, son 



' A. lie BoiiiToiissc tic LiilToit'. 

* Sa sœur, iM;iii;iicrilc de Hasl.inl-S'-Itciiys, avait vW maiii'c, le '.) adùl I7I',I, avcoJi'an- 
(".liarli's (II- Cialaiil, iiianinis dr l'IsIr-Uoiizoïi, S('i^;iiciii- do Fomcos, l.atmir, clr., lils df 
Jeaii de Oalaid, baron «le l'Islc-bouzoïi, et de Catlieriiie de Cous. 



EN l'année 1787 135 

parent, représenta à cette séance le président d'Aguin, pour 
la seigneurie de la Mothe, et M. de Beaufort, pour la sei- 
gneurie de Cumont. Enfin M. de Redon de Laval était porteur 
de la procuration du marquis de Bonfontan, pour le fief 
d'Andoufielle, et de M. le comte de Rochechouart, pour le 
marquisat de Faudoas. 

D'après un plan conservé aux archives de l'évéché d'Agen, 
il existait dans l'ancienne cathédrale de S^-Etienne, au xvp 
siècle, le tombeau d'un seigneur de Redon, placé à l'entrée 
du chœur, et qui disparut lors de la démolition de cette église, 
vers 1836. 

La maison de R.edon (Gascogne) avait fait enregistrer, avant 
1790, ses armes qui étaient : d'azur à deux tours d'argent, 
maçonnées de sable et mises en pal ^ . 

Les comtes de Redon de Beaupréau portaient : Ecartelé aux 
premier et quatrième, échiqueté d'or et d'azur, au deuxième 
d'argent à l'ancre de sable ; au troisième d'argent, à l'olivier de 
sinople, terrassé du même -. 

Arnaud de Redon, procureur au parlement de Toulouse et 
capitoul en 1659, avait les mêmes armoiries que son des- 
cendant, François de Redon, capitoul en 1710, dont l'écusson 
représentait un oiseau, les ailes éployées d'argent, becqué et 
membre de gueules, sur fond d'azur. 

Raymond de Redon assista à l'Assemblée générale de la 
noblesse convoquée à Toulouse en 1789. 

La famille de Redon s'était alliée avec les Bonneau, Barbier 
de La Serre (mai 1607) ^, Barciet de La Busquette (1770), La 
Barthe, Sabaros, Lamourous-Pléneselve, Laval-S'^-Antoine, 
Godailh-Fontirou, etc.. 



' Jean de Redon de Las Cassagnies, sur un dénombrement daté de Caudecoste, le 15 
avril 172'J, avait apposé son sceau, ainsi blasonné : d'azur à deux tours d'argent ouvertes, 
crénelées el maçonnées, mises en pal ; timbre d'un casque à lambrequins. 

■^ Rietstap. 

3 Armes des Barbier de la Serre, seigneurs de Goulens, La Serre, etc. : d'azur à trois 
flammes d'or, posées deux et une, accompagnées en pointe d'une étoile d'argent. 



136 ^^OBLESSE DE LOMAG^•E 



AUVILLARS 



LA VEUVE DU S. DE GIRONDE 

La maison de Gironde i, illustre et ancienne, était divisée 
en deux branches principales, dont l'une habitait l'Auvergne, 
où elle était connue dès l'an 1302, et l'autre la Guyenne ; elle 
y a possédé jusqu'en 1318 la terre de ce nom, entre La Réole 
et Marmande. 

Dès 1486^ la seigneurie de Mondera en Quercy appartenait 
déjà aux Gironde, et elle fut, en 1616, érigée en marquisat 
avec la vicomte de Lavaur, en faveur de François Brandelis de 
Gironde, mestre de camp d'un régiment d'infanterie, seigneur 
de Floiras, Loupiac, Cuzals, Veilax, Luzech, Marminiac, 
etc., marié avec Louise de Gontaut-Biron, et tué au siège de 
Montauban 2. 

Centud, Arnaud, Aquilin et Auger de Gironde firent, en 
1160, un don à l'abbaye de Gimont. 

Arnaud de Gironde partit pour la septième croisade (1250). 

Le 14 février 1254, Guillaume de Gironde fut l'un des 
témoins et des signataires de la concession faite dans la ville 
de Bazas par le roi d'Angleterre, à Edouard, son fils. 

Bernai-d de Gironde, chevalier, fut nommé, en 1284, com- 
mandant de l'ordre de S^-Jean de Jérusalem. 

Jean de Gironde, ai'chiprêtre de Belloy, portait, dès 1532, le 
titre de protonotaire apostolique. 



' Voir dans le Pi-rc Anseirno, la ^,'i-iiéalo^ic de l;i famille de Giioiulc. 
' Armes des Goiitaut-Hiron : Kcartelé en bannière, d'or et de irueules. 



I 



EN l'année 1787 137 

Isabeau de Gironde épousa, l'an 1310, Bernard d'Albret, 
vicomte de Tartas ^ ; celui-ci, devenu veuf, se remaria en 
1318 avec sa belle-sœur Giraude de Gironde. 

Noble Renaud de Gironde fut témoin de l'accord fait par 
Arnaud de Marie, sénéchal d'Agenais, de la part des rois de 
France et d'Angleterre, entre Nompar de Gaumont, seigneur 
du dit lieu, et Béraud d'Albret, au sujet de la prise de 
S^-Pierre de Tonneins, le 5 août 1398. 

Jean de Gironde, seigneur de Floyras et de Gazais, marié 
avec la fille de Brandelis de Champagne 2, sénéchal du Maine, 
devint capitaine de la ville et du château de Domme en 
Périgord, et l'un des cent gentilshommes de la garde 
du Roi. 

Bernard de Gironde était enseigne à la revue des troupes 
passée à Valence-d'Armagnac , le l^i- décembre 15(30. 

Brandelis de Gironde, seigneur de Mondera , Toujouse, 
S^-Etienne, S*-Gaprès, Léomagnac, S'-Pez, La Garde, Goca- 
léane, Montguillem, etc., gouverneur de Fronsac, baron de 
Loupiac et Lavaur, fut créé chevalier de l'ordre d'Henri III, le 
24 février 1578. 

Le château de Vallettes, près de Montault, dans la juridic- 
tion de Gastillonnès, appartenait, en 1580, à Messire Pierre 
Alphéry, d'une très ancienne famille de l'Agenais. Les deux 
fils qu'il avait eus de son union avec Symone de Carbonié, 
étant morts en bas âge, ce fief passa à la maison de Gironde, 
par suite du mariage de Pierre de Gironde avec Agnès, sœur 
de Pierre Alphéry. 

Les Huguenots avaient attaqué, en févriei- 1580, ce château 
de Vallettes, qu'ils savaient habité par deux enfants orphelins 
et fort jeunes ; les envahisseurs furent repoussés, mais ce fait 
« caKsa un grand courroux à la noblesse du pays qui crioit 
fort de ce que Von ne voidoit pas courir sus à telle rasse de 

• Les armes des d'Albret anciens étaient : de gueules plein : Albret moderne écarte- 
lait aux premier et quatrième de France. 

^ Les armes des Champagne sont : de sable fretté d'argent, au chef d'argent et au 
lion naissant de gueules. (La Chesnaye-des-Bois.} 



iâS NOBLESSE DE LOMAGNE 

gens et force disôit que si tels actes continuent, qu'ils monte- 
ront à cheval ». '^ 

Antoine de Gironde, seigneur de Bégoule et de La Bastide, 
était gouverneur de Fronsac, et il aida énergiquement ^lonluc 
dans le siège de La Roche. 

Raymond de Gironde, religieux de S'-Maurin, ordre de 
S*- Benoit, voyant que son père était hors d'état, par ses infir- 
mités et sa vieillesse, de rendre au roi les services qu'il lui 
devait, lorsque l'arrière-han fut convoqué contre les Huguenots 
toujours en révolte, quitta son habit et son couvent, alla 
servir pendant cette guerre, et y lit preuve d'un grand courage 
et de beaucoup de talent militaire. La campagne terminée, il 
reprit son habit, revint dans son couvent, et demanda pardon 
à son supérieur. 

Raymond de Gironde fut absous de cette irrégularité par 
l'official d'Agen, qui en avait reçu le pouvoir du Pape - . 

Jean de Gironde, seigneur de Sigoniac, petit-fils de Bran- 
delis de Gironde, seigneur de Gastelsagrat, était marié avec 
Gabrielle de Fénelon^; il fit enregistrer, à Montauban, le 18 
décembre 1697, ses armes qui étaient : Ecartelé aux premier 
et quatrième d'or à trois hirondelles de sal)le, becquées et 
pattées de gueules, posées deux et une, les deux premières 
affrontées, la dernière au vol étendu, qui est de Gironde, 
aux deuxième et troisième de r;ueule à une croix tréfilée, 
vuidée ou pommelée d'or. 

Les Gironde d'Auvergne avaient quelque ditiérence dans 
leur blason et portaient, outre les armoiries de leurs homo- 
nymes de Guyenne, trois molettes d'éperon de sable sur fond 
d'argent, deux en chef et une en pointe, avec une merlette en 
cœur, qui est de Rochefort, l)rochant sur le tout. Couronne de 
comte. 

' llial. de Castillunnès, par Bouyssy. 

* Etrcnncs de la noblesse. 

•' Armes des Kénolnn : d'azur an liiui d'or. ac<onipa^;iii' de treize liesans de nièinr, 
mis en orle. 

Les Salijçnac-Kéii.dDM portaient : d"<>r à trois bandes de sinople , l'écu mis en 
bannière. 



ExN l'amnée 1787 139 

Les seigneuries de Teyssonnat, Gindon, Maupas, Piles 
appartenaient, en 1561 et en 1674, à la maison de Gironde, 
avec les terres de Lopiac^ Burgende^ S^-Naufari, etc. 

Marc de Gironde, maréchal des camps et armées du roi, fut 
nommé en 1680^ gouverneur de Gastillonnès. 

Jeanne de Médrano de Verlus épousa, le 12 février 1720, 
noble Balthazar de Gironde, baron de Moncorneil, seigneur 
de Libon, Laumède, Launeberg et autres places. 

André de Gironde, chevalier, comte de Buron, grand échan- 
son du Boi, lieutenant-général au gouvernement de l'Isle-de- 
France, marié, le 16 octobre 1721, avec Anne Antoinette Le 
Boistel \ eut sept enfants, dont trois furent chevaliers de 
l'Ordre de Malte. 

Jean-Octavien de Gironde, marquis de Montclera, baron de 
Lavaur, seigneur du Casteron, était, en 1742, capitaine au 
régiment du Boi-infanterie. 

Pierre de Gironde, baron de Montcorneil, épousa, le 21 
novembre 1757, Marie-Laurence de Sédillac (ou Sérillac) ^ de 
S'-Léonard ^. 

Benée de Gironde, fille de Jean de Gironde, seigneur de 
Montamel, Peyrilles, etc., fut mariée, le 26 septembi'e 1707, 
avec Jean Balthazar de S'-Exupéry, seigneur de Fleurac, 
Forge-Neuve, Bouffignac-Belleselve ; la mère de Benée de 
Gironde était Louise de Foucauld de Pontbriand, issue des 
vicomtes de Montréal et alliée aux Durfort de Gouyonnac- 
Montrodier *. 



' Les armoiries de la famille Le Boistel étaient : d'azur h la haiule d'or, chargée de 
trois merlcttes de sable. 

La branche des Boistel, seigneurs de Chastignonville, Arnliriéres, Lauhaye, etc., accom- 
pagnait la bande de deux lions passants d'or. 

■^ Armes : d'argent au lion de gueules, armé et lampassé de sable. 

3 Le château de S'-Léonard, vaste construction des wn" et xviiP siècles, llanqnée de 
quatre pavillons, avec cour intérieure, est située sur une hauteur boisée, entre Tourne- 
coupe et S'-Clar de Lomagne ; il appartient au marquis de Bossost-Campels. On y remar- 
que une porte de style Louis XIII, de beaux souterrains et de grands appartements. 

* Preuves de cour de Chérin. Généalogie de S'-Exupéry. 

Les S«-Exupéry [mrtaicnt : d'or au lion de gucul(!s. (jucbiues branches écartelaient aux 
deuxième et troisième d'azur, à l'épéc haute d'argent, garnie d'or, posée en pal, qui est 
de Fraisse. 



140 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Le 20 octobre 1741, le sieur de Gironde, seigneur de La 
Mothe, obtint du duc d'Aiguillon la justice des paroisses de 
Ferrensac , S'-Didier et Doudrac ; ce don causa un long 
procès avec les consuls de ces communautés, qui eurent gain 
de cause, par un arrêt du conseil du Roi en 1745. 

Noble Jean de Gironde se maria, le 16 août 1752, avec 
Rose de S'^-Géry de Corné, d'une ancienne famille du Lectou- 
rois. La jeune femme reçut, à cette occasion, du marquis de 
risle-Rozon, parent commun des deux époux, un don de dix 
mille livres, qui figura au contrat ^ 

La marquise de Fontbeaujard, née de Gironde, était dame 
seigneuresse de la Salvetat, en 1788. 

Le comte de Gironde, seigneur de Foucaux, parut, le 
16 mars 1789, à l'Assemblée des trois Ordres tenue à 
Condom. 

Quelques membres de la famille de Gironde avaient porté le 
nom de Peyrigué, qui était un de ses fiefs. 

Arnaud de Gironde-Peyrigué céda, en 1181, à l'abbé 
de Gimont, les dîmes de Rurnau. Cette donation fut ratifiée, 
huit ans plus tard, par Rraida et son mari Pourdox, beau- 
frère d'Arnaud de Gironde. 

Un rameau de la maison de Gironde, séparée depuis 1100, 
passa en Italie où il foiiiia la branche des Gironda, barons de 
S^-Vito et de Caneto ; leur armes sont : d'azur, au lion d'or, 
accompagné de trois lleui's de lys de même, au chef chargé de 
l'aigle impérial couronné. 

La famille de Gironde a conti'acté des alliances avec les plus 
illustres races ilii in'nli de la France. 

Outre les d'Alljret, Gonlaiit-Riron, Féiielon, Sédillac, on 
peut ci tel' les Pons-Castilloii, d'Assé-Monfaucon, Castelnau, 
Relcastel, Hodez-Rénavent, Champagne, Reauville, Montes- 
(piioii, Foix, Diiiioit , Cosnac-Fargues, Funiel, L'Estrade, 



' Jeaii-C-liarli's do (lalaid, iiianiiiis de rislc-Bozoïi, scijiÇiicur do Fourcès, La Tour, etc., 
veuf, sans enfant, de Marie de liastard, laissa, en 1753, ses titres et ses biens à son 
parent Joseph de dalard, seijçneiir do Pellehant. Luzanet, et capitaine de cavalerie an 
régiment de IJourlioii-Bussot. 



EN l'année 1787 141 

Cugnac, La Mothe-Rouge, Cours^ Beaumont, Raymond-Gis- 
cardie;, Gaumont La-Force i. Gardaillac de Peyre, Madaillan, 
Gaulejac, Ségui% Lur-Saluces^ Bancalis-d'Aragon, etc. 

Laurence de Gironde fut, en 1794, victime de la Révolution, 
pour avoir caché un prêtre qui s'était réfugié chez elle ; son 
frère, chevalier de Malte, page du duc d'Orléans, lieutenant 
d'infanterie, mourut en émigration. 



' Catherine de Caumont-la-Force, fille de Bertrand Nompar de Caumont, marquis de La 
Force, premier gentilhomme de la chambre du Roi, et de dame Adélaïde de Oalard- 
Brassac-Réarn, gouvernante des enfants de Monseigneur le comte d'Artois, épousa, par 
contrat du 1" aoûl 1779, signé par le roi et la famille royale, Gilbert de Gironde, comte 
de Pilles, capitaine au régiment de la Reine-Infanterie, colonel on second dans le régi- 
mentde Vieimois, chevalier de S'-Louis. 



142 NOBLESSE DE LOMAGNE 



AUVILLARS 



LE S. TOUTOxX DE BAX 

Bax, petite commune située aux environs du Nom-Dieu, et 
de Labastide-de-S^-Louis-la-Montjoie, possédait un vieux châ- 
teau avec droit de haute justice. 

Après avoir appartenu à Pierre de Gobes, chevalier, à 
Bernard de la Beyrie, en 1251, à Michel de Lisle, seigneur de 
S'-Aignan en 1469, Bax passa aux du Faur, qui rendirent 
hommage pour cette seigneurie au vicomte de Bruilhois, 
le 20 septembre 1527. Une partie était déjà à Pierre de Tou- 
lon i, qui se qualifiait haut justicier et co-seigneur de Bax. Il 
fit son testament dans ce château, le 7 novembre 1551. L'un de 
ses témoins fut Etienne de Captan, seigneur de La Gassorre^. 

Enfin, le 8 février 1621, Catherine du Faur, dame de Bax, 
vendit l'autre moitié de la seigneurie à noble Jean de Toulon , 
sieur du Colonie. 

Anne de Touton épousa, le 8 février 1675, Arnaud de Ber- 
nard, sieur du Tuquo, consul de La Plume en 1667, lieutenant 
du bailli de Bruilhois. 

Catherine de Bazon, lille de Charles de Bazon, baron de 
Baulens, gentilhomme de la chambre de Marguerite de Valois, 
et de dame Anne de Malvin-La-Lanne, se maria, en 1680, 
avec « noble de Touton, seigneur de Bax ». 



' l'ioric (ic Toiitiiti, titri' ^cntillioinniu romain tians li's loltips-patenles de grande natu- 
ralisation i|ui lui furent données en 1552, pai' Henri 11, itait marié avec Jeanne de 
Montlezun-Pardiac. 

* Voir à l'appendice, l'arlicle sur les Captan. 



EN l'année 1787 143 

Dame Jeanne de Touton de Tanique était, avant 1736, veuve 
de Jacques Daubons de S^-Pon. 

M. de Touton de Bax figurait à l'Assemblée de la noblesse 
des sénéchaussées réunies d'Armagnac et de l'Isle-Jourdain, 
dans la salle du gouvernement de la ville de Lectoure, le 16 
mars 1789. 

La terre et le château de Bax furent transmis par M^'^ Luce 
de Touton de Bax, dernière représentante de cette famille, à 
son neveu, Jacques-Théodore du Gos de St-Barthélemy * 
(1848). 

Isaac de Landas, fils de Jean de Landas et de Françoise de 
Codoing, portait, en 1626, le titre de seigneur de Touton. Il 
avait épousé Toinette de Lespès de Loustelnau^. 

L'armoriai de Bietstap donne à la famille de Touton les 
armoiries suivantes : d'azur au cerf passant d'argent, surmonté 
d'une étoile à cinq rais d'or, et soutenu de deux lances de 
tournoi du second, passées en sautoir, en pointe. 

},[. de Bastard, dans son ouvrage sur la noblesse d'Ar- 
magnac en 1789, met, au lieu du cerf passant, un chef 
d'argent. 



' Armes des du Cos de S'-Barthélemy : d'azur à l'épée d'argent, mise en bande, Ja 
pointe en haut, accompagnée de trois étoiles, posées deux et une ; les du Cos de La Hitlo 
ajoutaient un cœur d'argent traversé par l'épée. 

^ Armes des Lespès : de gueule à la fasce d'argent accompagnée de trois roses 
de même. 



144 NOBLESSE DE LOMAGNE 



CASTET-ARROUY 



LE S. DE St-JULIEN 

En 1787 les St-Julien étaient fort nombreux dans la Gasco- 
gne, et formaient quantité de familles, ayant le même nom, 
mais presque toutes, des armes différentes. Les unes portaient : 
d'azur à deux lions affrontés d'or, accompagnés en chef d'une 
fleur de lys de même, et en pointe, d'une colombe d'argent, 
tenant dans son bec un rameau d'olivier desinople*; d'autres 
avaient pour blason : de gueules, à deux lions affrontés d'or. 
Enfin l'écusson des S^-Julien, cadets de la maison d'Antras, 
était : de gueules, au chevron d'or accompagné de trois roses 
d'argent. 

Vers 1550, Jacques de S^- Julien fut nommé évêque d'Aire. 

Dordet de S^-Julien, seigneur de La Geneste, marié avec 
Marguerite d'Aubusson, mourut en 1551 -. 

Cette famille, originaire des environs de Bourganeuf, tirait 
son nom de la baronnie de SMulien, dans le comté de la 
Marche, où elle possédait, ainsi que dans le Limousin, de 
nombreux fiefs, parmi lesquels on cite Flayac, Aultérac, 
Beauregard, La Rochette, Puy-Merle, Soubrevèze, La Courtine 
Peyrudette, Bagillex, Villevergne, La Rivière, etc. 

Elle était alliée aux Lestranges-Magnac , La Chassagne, 
S^-Marc, Chabot-Jarnac, Rochefort-d'Ailly , Barbançois, 
Peyrusse, La Roche-Aymon, Chaslus, Bosredon, Pierre-Buf- 
fière, Bigny, Blanzac, Lostanges, et à plusieurs autres grandes 
maisons du Périgord. Lesai'mes de SMulien-la-Geneste étaient: 



' La Chesnaye des Bois. 

' Armos dos (rAubusson : d'or à la croix ancrt^c de pnenles. 



EN l'année 4787 145 

de sable, semé de billettes d'or, à un lion de même, armé et 
lampassé de gueules, rampant sur le tout. 

Dès 1619, Joseph de Batz^ écuyer, était seigneur de S^-Julien; 
sa femme, Marie-Pvachel de Yacquier, parente des Bastard et 
des Cambon, avait pour frère noble Charles de Vacquier-, sei- 
gneur de Timon. 

^lessire Cliarles de Batz, chevalier, seic^neur baron de 
Trenquelléon, marié en 1738, avec Catherine de Lustrac de 
J.osse\ et en 1750, avec la fille du comte de Malide, portait 
le titre de seigneur de Guay et de S^-Julien. 

Jean-Jacques de SMulien possédait, le 16 août 1756, la 
seigneurie de Cahuzac en Armagnac. 

Un St-Julien avait épousé, avant 1786, Mademoiselle d'An- 
eosse. 

Le comte de SMulien de Cahuzac fut, en 1789, commissaire 
de la Noblesse à Auch. Les S'-Julien de Perron et les S^^-Julien 
de Vacquier, leurs parents, étaient présents ou représentés 
aux Assemblées des trois ordres tenues à Lectoure et à Auch, 
en 1789, pour l'élection des députés aux Etats-Généraux. 

Le 16 mars 1790, Monsieur de S'-Julien fut nommé 
procureur-fondé de Madame de Fumel, à la réunion des pos- 
sesseurs de fiefs nobles, dans la sénéchaussée de Lectoure. 

Sept gentilshommes du nom de S'-Julien ont voté, en 1789, 
avec la noblesse d'Armagnac ; les plus connus sont les S^- 
Julien-Cahusac, St-Julien-d'Arsac-Momuy, SMulien de Gelote 



' Los de Batz d'Auricp avaient pour armes -. d'a/iir au (hevron d'or, acronipaiçiié de 
trois mouchetures d'Hermine, deux en ciief et une en pointe, au clief d'argent chargé 
d'un lion naissant de gueules. 

Les Batz - Trencaléon : parti au premier de gueules au S'-Michel d'argent , sur un 
dragon de sinoplc au deuxième d'azur, au lion d'or, gravissant un rocher de cinq cou- 
peaux d'argent. 

Les Batz-Castelmore : Ecartelé aux premier et quatrième à l'aigle éployé de sable, aux 
deuxième et troisième d'azur, au château à deux tours d'argent. 

■■' Armes des de Vacquier : d'argent à trois grenades de sinople. 

" Armes des Lustrac de Losse : Ecartelé aux premier et quatrième de gueules, à trois 
fasces d'argent, aux deuxième et troisième d'azur au lion d'or, couronné de même, armé 
et lampassé de gueules. 

10 



146 NOBLESSE DE LOMAGNE 

et Labardane, St-Julien-Laminssans , S^-Julien de Lamothe et 
Castelnau, ayant tous, prétend-on, une même origine. 

Les St-Julien, seigneurs de la Devèze et du Puech, furent 
déclarés nobles et issus de noble race, depuis l'an 1393, par 
ordonnance du 45 janvier 1671. Ils étaient alliés aux maisons 
de Ranchin et d'Alichoux. 



i 



EN l'année 4787 447 



CAUDECOSTE 



I.E S. DE MONTRATIER 

MM. de Montratier, seigneurs de Labarthète, Campaigno, 
Favols et autres places dans le Quercy, ayant fait leurs preuves 
écrites de nobilité depuis 4530, furent maintenus dans leur 
noblesse par Messire Sanson, intendant en la généralité de 
Montauban, le 30 avril 4697. I.es seigneurs de Montratier- 
Berty-en-Lomagne, delà même famille, furent aussi confirmés 
dans leur noblesse par l'intendant Langeois, à Montauban, le 
29 mai 4745. 

Noble Pons de Parazols avait épousé, en 4375 , baronne de 
Fumel. 

Catherine de Parazols, damoiselle de La Boulbène, contracta 
union, vers 4378, avec François de Lard, seigneur de Trescol, 
(issu des anciens seigneurs de Rigoulières, près de Penne en 
Agénois). 

Suzanne de Parazols était mariée, au xv<^ siècle, avec Fran- 
çois de Pichard, seigneur de St^-Marthe de Salvaison. 

Jean-Baptiste de Montratier , seigneur de Parazols , fut 
nommé, en 4735, lieutenant de AOL les Maréchaux de France. 

Messire Armand d'Albert de Laval, seigneur de Parazols, 
habitant de Villeneuve-l'Agenais, étant dans la maison noble 
d'Albert, paroisse de St-Sernin, juridiction de Villeneuve, fit 
son testament, le 46 août 4729. Il avait eu de dame Serène de 
Gamel, neuf enfants : six filles et trois garçons. Le testament 
fut reçu en présence de noble Jean de Rives, écuyer, sieur de 
Chaufour*. 

' Revue d'Aijenais. 



148 NOBLESSE DE LOMAGNE f 

Jean-Antoine de Montratier-Parazols, reçu le le'- juin 1777, 
chevalier de l'Ordre de Malte, au grand prieuré de Toulouse, 
devint, plus tard, mousquetaire du Roi Louis XVI. Un de ses 
frères, Antoine-François de Montratier-Parazols, capitaine au 
régiment Royal- Vaisseau, chevalier de S*-Louis, assista à l'As- 
semblée de la Noblesse convoquée à Toulouse en 1789. 

François-Marie-René-Gharles de Montratier-Parazols, baron i 
de Parazols, lieutenant-colonel dans les chasseurs du Langue- 
doc, maréchal des camps et armées du Roi, chevalier de S'- , 
Louis, sut, en 1790, maintenir, avec son régiment, l'ordre et " 
la discipline à Aire en Artois. Il fut convoqué, avec ses trois 
frères, à l'Assemblée de la Noblesse duQuercy, tenue à Cahors 
le 16 mars 1789. 

Les armes de la famille de Montratier étaient : Parti, au pre- 
mier d'argent au lion rampant et couronné de gueules ; au 
deuxième, coupé d'azur et de sinople ; sur l'azur, quatre 
losanges d'argent mis en croix; sur le sinople, quatre losanges 
d'argent, posés aussi en croix. 

Le Nobiliaire de Monsieur Brémond donne comme armoiries | 
aux Montratier-Parazols : de gueules, au lion rampant et 
couronné d'or ; en pointe quatre losanges d'argent posés en 
croix, qui est de Montratier ; écartelé d'azur à trois pals d'or; 
au chef cousu d'azur chargé de trois soleils rayonnants d'or, 
qui est de Parazols. 



Ex\ l'année 1787 149 



DONZAC 



LE S. DE BALZAC * 

La branche aînée des Balzac, Vidâmes du chapitre de S^- 
JuUen de Brioude, avait pris son nom de la ville de Balsac, 
en Auvergne ; elle finit dans la personne de Charles de Balzac, 
seigneur d'Entragues en Limagne, de Binsac, d'Antoing, etc., 
gouverneur d'Orléans, descendant de Jean de Balzac, qui avait 
abandonné tous ses biens au roi Charles VII pour l'aider à 
combattre les Anglais. Pierre de Balzac, son neveu, fut, sous 
Charles VIII, gouverneur de la Haute et Basse-Marche. 

Il avait épousé Anne de Graville, dame de Marcoussis, qui 
lui donna dix enfants. 

Marie de JMontberon, tille d'Eustachede Montberon, seigneur 
baron de Maleuvrier, vicomte d'Aunay, et de Marguerite d'Es- 
tuert, épousa, le 4 janvier 1494, Geoffi'oy de Balzac, seigneur 
de Montmorillon, premier valet de chambre et enfant 
d'honneur du roi Charles VIII. Cette Marie de Balzac fut 
déclarée « seule sans per la p^?,/s belle des belles d , par un 
auteur anonyme vivant à la Cour d'Anne de Bretagne-, qui 
écrivit l'épitaphe de ladite ce beauté », morte peu de temps 
après son mariage. 

Marie de Balzac était une des trois dames d'honneur de la 
(( Reyne Anne », avec Jeanne Chabot de Montsoreau, et la 
dame de Talaru. 



' Consulter le père Anselme qui a donné la généalogie des Balsac, en commençant par 
Odo, seigneur de Balsac, auteur d'une fondation établie en mars SKi, Arnaud qui vivait en 
920, Roger en 941, Etienne en 1U60, Hector en IIU2, Raymond en 1150. {Archives île 5'- 
Julien de Brioude.) 

2 Leroux de Lincy. « Epistre.s d'Ovide, avec l'Epilaff'e de Ma dame de Balmc, le tout en 
rimes. U92-U98. » Manuscrit sur vélin. 



150 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Une des branches cadettes, fixée dans l'Agenais, compte 
plusieurs personnages assez marquants. 

Antoine de Balsac, conseiller du Roi, docteur et professeur 
de droit canon, fut, en 1470, abbé de Gimont. 

Rufîec de Balzac, sénéchal de Beaucaire, seigneur de Martis- 
sens et de Cassagne en Rouergue, était frère de Robert de 
Balzac, seigneur et baron d'Entragues, Clermont, Soubiran, 
Malause et Rieumartin, sénéchal d'Agenais, en 1480, chambel- 
lan du Roi. Il se rendit, le 2 décembre 1486, par ordre de 
Louis XI, dans la ville de Penne pour y présider une Assem- 
blée du peuple qui délibéra sur les lois et sur les coutumes de 
la juridiction, sous les auspices et la direction du représentant 
de l'autorité souveraine. 

Alem de Pechtrinier, seigneur de Feri-assou, procureur du 
Roi, et Thomas de La Lande, avocat, soutenaient les droits de 
la couronne, Pierre de Bordes, Jean Sarrazin et Robert Léguet, 
consuls, défendaient les intérêts de la communauté. Avec 
l'aide de Martial Corletta, juge ordinaire, de Pierre d'Aubigny 
et de Pierre Dubois, qui furent nommés assesseurs, on dressa 
un aperçu détaillé des libertés, droits et obligations réciproques 
des magistrats et des habitants ; dix-sept bourgeois de la ville, T 
ayant précédemment exercé des fonctions municipales, furent 
appelés dans la maison de noble Jean de Lustrac-Naudonet, 
et consultés sur l'enquête proposée. Dans une nouvelle 
Assemblée solennelle tenue le 12 janvier i487, le sénéchal 
Robert de Balzac, au milieu des applaudissements du peuple, 
proclama la nouvelle charte en 44 articles, dont le premier 
déclara que la ville et la juridiction de Penne relevaient direc- 
tement de l'Autorité Royale et du Trône de France*. 

Robei't de Balzac reçut de Louis XI mission de nommer un 
syndicat pour terminer le procès pendant entre les consuls de 
Castillonnès et divers habitants de cette ville. Charles VIII 
le cliargea aussi d'instituer li'ois foires à Penne, aux fêtes de 
S^Pierre, S^c-Croix, et S'e-Catherine. 

' Annales de Villeneuve-sur- Lui , par Cassany-Mazel (184-6). 



FN l'akaée 1787 151 

Dans le «. Rolle des nobles subjects à servir au ban et 
arrière-ban de la sénéchaussée d'Agênois et Gascoigne, convoc- 
qués en la ville d'Agen, les dernier de Fébvrier et seizièsme de 
mars 1557, par Herman de Seuin, juge-mage -», figure François 
de Balzac, seigneur d'Entragues, et de Glermont-Dessus. Cette 
dernière seigneurie, riche et importante, appartenait, dès le 
commencement du xv^ siècle, aux Balsac qui devaient fournir 
au ban et arrière-ban, quatre chevau-légers. 

Clermont-Soubiran, près de Puymirol en Agenois, fut érigé 
en marquisat, au mois de janvier 1617, pour messire Henri de 
Balzac, qui n'eut qu'une fille unique Marie i. Elle épousa Jean- 
Gaspard-Ferdinand , comte de Marchin et du S^-Empire, 
gouverneur de Bellegarde, d'une famille noble du pays de 
Liège ; leur fils devint maréchal de France, et mourut sans 
postérité, au combat de Turin, le 7 septembre 1706. 

Les armes des Marchin étaient : d'argent à un poisson de 
gueules mis en pal. 

Catherine de Balzac S^-Paul, se maria en 1575, avec Jean de 
Sorbier de Teyrac, seigneur de Fontenille et de La Tourasse^. 

Noble Bobert de Balzac fut commissaire nommé par le Boi, 
pour le dénombrement du ban et arrière-ban, dans le 
Condomois (1762). 

Les branches des comtes et marquis de Clermont, des sei- 
gneurs d'Entragues, Marcoussis, et des vicomtes de Montagu, 
sont éteintes ; celle des barons de Dunes et Donsac subsiste 
seule aujourd'hui'. 

* Cousine de Mesdames d'Avaugour, du Marais et de Renti. 

- La Famille de Sorbiers (ou du Sorbier), dorigiae chevaleresque, est venue de la Tou 
raine se fixer en Périgord et en Agenais ; elle est connue dès 1071, et s'est alliée aux 
La Valette-Parisot (141)4), Pélagrue (1510j, Montesquiou-Fezensac (1559), La .Motte-Védel, 
de Galard-Terraube (1595), de Vivant (1629), de Lézir (1653i, de Galard-Saldebru (1710), 
de Gironde (1726), de Raffin (1777); Loys de Sorbiers, chevalier, chambellan de Louis XI, 
gouverneur des villes et châteaux de Bergerac et Domme en Périgord, fut nommé en 
1474, sénéchal de cette province. Les seigneuries de Tayrac, La Tourrasse, Fonlcnilles, 
etc., furent apportées en dot à André de Sorbiers, homme d'armes du Maréchal de Gié, 
le 24 octobre 1476, par Jeanne de Timbrunc-Valence, fille de Jean de Timbrune et de 
Jeanne du Tillet. 

3 La famille de Balsac (des barons de Dunes et de Donzac ) se composait en 1829, des 
membres suivants : 



152 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Les Balsac ont pour armes : d'azur à trois sautoirs d'argent, 
au chef d'or cliargé de trois sautoirs d'azur. On les trouve 
blasonnées différemment dans l'Armoriai de Rietstap qui les 
décrit ainsi : d'azur à trois flanchis d'argent, au chef d'or 
chargé de trois tlanchis du champ. 

En 1596, Charles de Balsac, évêque de Noyon, écartelait : 
aux deuxième et troisième de gueules à trois fermeaux d'or, 
sur le tout d'argent à la givre d'azur, à Tissant de gueules. 

Enfin, Monsieur de Bastard, dans son armoiial d'Armagnac, 
donne à Monsieui' de Balzac, député et conseiller d'Etat en 
1830, les armes suivantes : d'argent, à un heaume de sinople 
sur une terrasse de même, au chef de gueules. (Montauban), 

La célèbre marquise de Verneuil était fille de François de 
Balsac, seigneur d'Entragues , Marcoussis et Malesherbes , 
gouverneur d'Orléans, chevalier du S'-Esprit. Ayant perdu sa 
femme Jacqueline de Rolian*, dame de Gié, dont il avait eu 
une fille, Chailottc-Catherine, mariée avec Jean-Jacques 
d'Illiers-Vendôme, seigneur de Chantemesle, Vaupiloy, etc., 
sous la condition de prendre le nom et les armes de Balsac ^^ 
François se remaria avec Marie Touchet, dame de Belleville, 
déjà mère de Ghaiies de Valois, duc d'Angoulème, et qui lui 
donna Henriette, devenue maîtresse d'Henry IV, et Marie 
Charlotte, si connue par ses histoires galantes avec François de 
Bassompierre. 

Les trois frères Balzac d'Entragues furent tous chevaliers du 
S^-Esprit. 

Charles de Balsac, baron de Dunes, dit le bel Entraguet, 
gouverneur de S^-Dizier, lieutenant-général au gouvernement 
d'Orléans, célèbre par son duel avec Caylus, Maugiron et 
Livarot, avait été fiancé avec une fille du maréchal de Moulue, 



Poljdoie (le Balzac, marié avec Marj^iiciitt', l'aulc, Kélicité, Rose de S'-Géry ; ils avaient 
pour enfants : Jose|>li, François, Maïc, Antoine de Balzac, Ciiarles, Anguste de Balzac, 
Etienne, Jose[)li de Balzac, et Marie, Françoise, CJairc, Valérie de Balzac. 

' Armes des Bolian : de gnenles à 'J macles d'or. 

' Les armes d'Illiers-Vcndômc étaient : d'or à G annelels de gueules, posés 2, II, 1. 



EN l'année 1787 153 

mais ce mariage n'eut pas lieu, et il mourut, sans postérité, à 
Toulouse en 1599. 

Le comte de Balsac (appelé Clermont-Entragues), capitaine 
des cent archers de la garde du Roi et tué à la bataille d'ivry 
(1590), épousa la fille de Pierre de Bon*, gouverneur de Mar- 
seille, veuve de Charles de Gondi, seigneur de La Tour; il eut 
cinq fils, l'un fut chevalier de Malte, le second évêque de 
Grenoble , le troisième évêque d'Autun ; les deux autres 
n'eurent que des filles. Mesdames d'Avaugour, de Marchin, du 
Marais, et de Renti-. 

Les Balzac de la branche aînée avaient contracté alliance 
avec les maisons de Cliabannes, d'Alzon, S'^-Maure, d'Urfé, 
d'Humières, Lavedan, Stuart-d'Aubigny-Lennox, Ci'équy, 
Rohan, Joyeuse, Malet-Graville, La Châtre, d'Ablon, Montai, 
Castelnau-Bretenoux, etc.... ils ont été mêlés, pendant deux 
cents ans, à presque tous les grands événements de la Mo- 
narchie Française, et ils ont joué un rôle important à la Cour, 
à l'armée et dans l'Eglise, à qui ils ont donné plusieurs prélats, 
dont le plus célèbre est Cli;irles de Balzac, évêque et comte 
de Noyon en 1598 3, décédé en 1642. 

Il existait, dans le B^ouergue, une famille de Balsac-Firmi, 
possédant les seigneuries du Claux, Pradelles, Vialatelle, 
Gamarus, Vabres, J^a Garrigue, Cadrés, Auzitz, Colombiès, 
et qui avait pour armes : de gueules au pal d'or, chargé d'une 
plante de baume de sinople. Cette maison a donné plusieurs 
officiers supéiieui-s (cinq de ce nom furent tués à la bataille 
de Fontenoy, en 1725), des conseillers au Parlement de Tou- 
louse, un député du clergé pour la province d'Auch, un pré- 
sident à la Cour des Aides de Montaul^an, plusieurs cheva- 
liers de S'-Louis et de la Légion d'honneur, et enfin un 
conseiller d'Etat qui a été préfet de l'Oise, de la Moselle, du 
Tarn-et-Garonne et député de l'Aveyron. 



' Armes de la famille de Hon : de gueules à une bande d'or, char^'ée d'un ours 
de sable. 

2 Marcoussis, par Malte-Brun. 

3 Ecrits inédits de S'-Simon. 



454 NOBLESSE DE LOMAGNE 



DONZAC 



LE S. DE LA FLAMBELLE-LAGARDE 

M. de Lagarde, seigneur de Narbonnès et le comte de La 
Garde-Bonnecoste, chargèrent leur parent, M. de la Garde- 
Besse, de les représenter à l'Assemblée générale des trois 
Ordres, tenue à Gahors, le 16 mars 1789. 

Paulin de Mazelières, chevalier de Douazan *, ancien capi- 
taine de grenadiers, avait épousé, le 17 août 1773, Jeanne de 
Tressos, veuve de noble Giraud de Lagarde, chevalier de 
S^-Louis. 

Louise de Raymond '^, mariée vers 1706, avec Godefroy de 
Secondât, baron de Roquefort, était tille de Messire Gratien 
de Raymond, seigneur de Lagarde, lieutenant des ^Maréchaux 
de France à Agen. 

Herman de Sevin, juge-mage en 1557, avait le titre de 
seigneur de Lagarde. 

Une famille de La Flambelle habite encore de nos jours, la 
ville de Miradoux, près de Lectoure, où elle possède des pro- 
priétés assez importantes. 

On trouve la note suivante, dans les registres des posses- 
sions dépendant de « l'abbaye de Si^-Sever-Cap, en Gascogne, 
au pays de Ghalosse, M. François de GrossoUes en étant 
abbé. » 

« Etat des taxations fait par nous Florimond de Raymond, 

' Armes dos Mazc'li(^ios : il'or au chevron brise de i!;iieules, accompagné do. 3 lions de 
sinoplf, 2 en chef et 1 en pointe. 

* .Vrnie!* des Itaynumd : d'azur, semé de losanges d'or. Une autre famille de ce nom 
portait d'or à 3 mondes de gueules, au cliel" d'azur, chargé d'un croissant d'argent accosté 
de 2 étoiles. 



EN l'année 1787 155 

chevalier, seigneui- de La Garde, grand-maître des eaux et 
forêts de France, au département de Guyenne, pour les 
journées et vacations par nous employées, pour avoir fait pro- 
céder à l'arpentage général, levée du plan tiguratif, apposition 
du garde de réserve, et division des coupes de 144 arpens de 
bois de futaye , essence de chêne , dépendant de la mense 
abbatiable de S^-Sever-Cap de G;iscoigne, ordre de S'-Maur, en 
exécution de l'arrêt du conseil du 12 mars 1726, à raison de 
quatre arpens par jour, conformément au règlement fait par 
M. le conterolleur général, du 19 may 1729, et la réduction 
des frais de journées faicte par nous, par la considération que 
nous avons, pour le seigneur abbé, total 2664 livres, réduites 
pour ce motif, à 1850 livres ^ » 



' Archives de Magnas. 



456 NOBLESSE DE LOMAGXE 



FLEURANCE 



LE S. DE LARY 

Jehan et Jacques de Lary figui'èreiit, en 1507, avec plusieurs 
habitants de Fleurance dans un procès qu'avait cette ville 
et le comté de Gaure, avec Jean de Pins *, seigneur de Mon- 
brun, Forgues et Colomiers, lieutenant général du sénéchal de 
Toulouse. 

Jeanne de Lary, dame de Manlèche, était, en 1600, mariée 
avec noble Jean-Pierre de Preissac -. 

Bernard de Lary, seigneur de La Tour, fit partie de l'Assem- 
blée de la noblesse du Fézensaguet et de La Lomagne, présidée 
par Gaston de Foix-Candale, réunie à Lectoure, le 27 octobre 
1033, pour demander au loi la conservation des privilèges 
obtenus en 1612 et 1614. 

Jean de Lary, seigneur de La Tour, de .Mansempuy, et 
d'Aurenque, mestre-de-camp d'infanterie, gouverneur de la 
ville et du château de Quiers, ambassadeur du duc de Guise 
auprès d'Hippolyte d'Esté, cardinal de Ferrare, fut père de 
Paule de Lary, femme de Pierre du Bouzet, et de Bernard de 
Lary, grièvement blessé à l'attaque de Gliarenton. Ce dernier 
mourut au siège de Dunkerque et reçut de Louis XIV une 
récompense posthume. Par lettres patentes du 16 mai 166i, 



' Armes des do Pins : de gueules à 3 pommes de pin, versées d'or; couronne ducale, — 
Supports : deux lions ; Devise : Tun des neuf barons de Cutalo^'ne ; cri : Du plus liault 
les pins. 

-' Armes des l'reissac : l'arli au l»"" d'argent au lion de gueules, armé, lampassé et cou- 
ronné d'azur, coupé d'azur au pal d'or, au 2« d'azur à trois fasces d'argent. 

Les l'reissac, ducs d'Esclignac, ajoutaient un quartier de gueule au lion d'or, à la bor- 
dure d'azur, chargée de 8 (leurs de. lys d'or. 



EN l'axnée 1787 157 

les terres, places et seigneuries de La Tour, Mansempuy, 
Aurenque, La Lanne, Gavarret, Miremont et Penviel furent 
réunies et créées comté, sous le nom et appellation de La 
Tour, en faveur de « dame Catherine, Henriette de Lary, née 
de Bassabat-Pordéac ^, veuve et mère de deux guerriers qui 
avaient donné leur sang et leur vie à leur souverain -. 

Madame de Lary, comtesse de La Tour ^, eut, en 1665, de 
longs démêlés avec le sénéchal d'Armagnac, au sujet de la 
seigneurie d'Aurenque en Fezensaguet, limitrophe des terres 
de Lectoure, de Gastelnau-d'Arbieu et de la rivière du Gers. 
On fit alors le dénombrement des domaines de la maison de 
Lary, qui prouve la grande situation de cette famille, connue 
en Gascogne depuis 1352. 

Il est déclaré dans la liste des terres appartenant à 
Messire Bernard de Lary, qu'il tenait et possédait en son 
vivant : 

lo La juridiction et territoire noble de La Tour, au comté 
de Fezensaguet, sénéchaussée d'Armagnac, laquelle juridiction 
consistait en la justice basse. 

2» Le droit de prison dans le château dudit La Tour *. 

30 La terre noble de La Lanne. 

4° La terre et co-seigneurie de Penviel, avec noble .Jean de 
Luppé, seigneur de Maravat. 

50 Les terroir et co-seigneurie de Miramont et sa justice- 
basse, avec Philippe de Préchac. seigneur de Gavarret. 
(Miramont était un archiprétré, composé de douze cures, et 
dont l'église était dédiée à Notre-Dame de l'Assomption.) 



1 Voyez, à l'Appendice, l'article sur les Bassabat. 

î Archives de Flamarens (Gers) et de Manlay (Côte-d'Or). 

3 Intelligente et énergique dans la revendication de ses droits, en digne fille des Bassa- 
bat-Pordéac, la comtesse de Lary-Latour a laissé dans le pays qu'elle habitait, le souvenir 
de ses nombreux bienfaits. Elle avait créé et doté, à Miramont, le 27 mars 1647, un vaste 
Couvent du tiers Ordre de S'-François, dont les ruines renferment un superbe autel 
chargé de fines sculptures de pierre, bien conservées. Le caveau placé dans le chœur, 
renferme les restes de la pieuse fondatrice. (Dom Brugèle). 

* Le donjon du château de La Tour a été détruit pendant la révolution, ses fossés com- 
blés, et le vieux manoir perdit, dès lors, son aspect féodal. 



158 NOBLESSE DE LOMAGNE 

60 La terre et seigneurie de Mansempuy , avec toute justice- 
haute. 

70 Le terroir et maison noble de Marsac. 

8° Une partie de la seigneurie d'Aurenque et de tous ses 
droits, acquise, en 1596, de noble Jean de S'-Géry, baron de 
Magnas, seigneur de La Mothe-Ando et autres places, par 
Jean de Lary, seigneur de Latour, malgré l'opposition du 
seigneur de S^-Léonard ; ce dernier prétendait que la justice 
d'Aurenque devait être exceptée de la vente, en conséquence 
de ses droits venus par la succession de Jeanne de Galard, sa 
femme, dame seigneuresse du lieu de Castelnau-d'Arbieu, qui 
tenait ce fief de noble Pierre de Galard, écuyer, prédécesseur, 
en 1473, de ladite Jeanne, lequel l'avait reçu lui-même, en 
1405, de noble chevalier Jean, Bernard de Goalard, seigneur 
du dit lieu de Castelnau-d'Arbieu ^ , et co-seigneur d'Auren- 
que, indivis avec les citoyens de Lectoui'e et les habitants du 
Fezensaguet. 

Le procès fut soutenu et gagné par Madame de La Tour, 
tutrice de Charles, Louis de Lary, son fils 2. 

Plus tard, la terre d'Aui'enque passa à Jacques de Cassagnet^ 
Tilladet-Lomagne-de-Narbonne, marquis de Fimarcon, comte 
d'Astaffort, baron de Blanqueioit, chevalier des Ordres du 
roi, gouverneur de Montlouis, lieutenant général des armées 
de Sa Majesté et commandant en chef du Roussillon *; il la 
vendit, en 1729, à Joseph de Grossolles, comte de Flamarens, 



' Voir, à l'appendice, le tnandeinent de la taille dans la eoiiiniuiiauté de Casleliiaii- 
d'Arbieu, et la liste de ses seigneurs, du nom de Galard, de 1317 à 1751. 

'^ Archives du château de Magnas (Gers). 

•' Les armes de la maison de Cassagnet, qui hérita successivement des Narlionne et des 
Fimarcon, étaient : aux l""" et 4», d'azur à la bande d'or, qui est Cassagnet, aux 2* et 3', 
de gueules au lion d'aigcnl, qui est l.ouiagno, et sur le tout, de gncid(>s plein, qui est 
Narbonne. 

■' Le Mar(|iiis de l'iiiiiircun iiiournl i"i l.cctoure, eu mars 17;}U, Agé de 71 ans ; il était 
Dis de Jean-Jacques de Cassagnet-Lomagne-Narbouuc, marquis de Fimarcon, et de Marie, 
Angélique de Roquelaurc, et avait épousé, le 19 avril 1705, Madeleine de Baschi-d'Aubais, 
lUIe de Louis de. IJaschi, Marquis d'Aubais, et d'Anne de Boysson. Louise de Cassagnet- 
Tilladet-Lomagne-Fimarcon était, le 30 juillet 17'2-1, veuve de Messire Jean, Eymcric de 
Preissac-Marestaing, Marquis d'Esclignac. 



EN l'année 1787 159 

baron de Montestruc, seigneur de Peyrecave, mestre de camp 
d'infanterie, chevalier de l'Ordre-Royal et Militaire de St-Louis. 
Cette famille possédait encore la seigneurie d'Aurenque en 
1792, et une partie des terres qui la composaient appartient 
actuellement aux Lary-Latour *. 

Jacquette de Lary de la Tour, fille de François Louis de 
Lary, comte de La Tour, et de Françoise de Montesquiou- 
Fezensac -, épousa, le 30 juin 1805, le comte de La Barthe, 
capitaine au régiment de Médoc, chevalier de S*- Louis; ils 
n'eurent pas de postérité. 

La famille de Lary-Latour subsiste encore en Guyenne, où 
elle est représentée par plusieurs rameaux. 

La branche aînée habite le château de La Tour, entre 
Miramont et Lalanne, ancienne résidence féodale réparée 
depuis quelques années ; dans un cartouche sur la porte 
d'entrée se trouvent les armes et la devise des Lary, « Durum 
patientia frango y^, avec la date 1567. 

Une branche de cette maison portait pour armoiries : 
Ecartelé aux premier et quatrième d'azur, à sept barres d'or 
(allias 4), au chef d'argent, chargé de trois merlettes de sable ; 
aux deuxième et troisième d'azur, à trois ancres de sinople, 
posées deux et une ; mais son blason primitif était : d'azur au 
pal d'or, accosté de quatre ancres de sinople, au chef d'or 
chargé de trois corbeaux de sable mis en fasce. Les Lary, de 
Normandie, écartelaient : en sautoir d'argent et d'azur. 

Jacques de Lary, chevalier, seigneur de la Berge, Peyta- 
veaux, Lacoux, etc., ancien chevau-léger de la garde du corps 



* Le Marquis de Flamareiis était taxé, pour Tannée 1776, en raison de sa seigneurie 
d'Aurenque, à 3Si livres 4 sols, duos à la Communauté de Pauillac, plus 5 livres, 3 sols, 
5 deniers pour la Communauté de Fleurancc, plus 70 livres 8 sols, pour la Communauté 
de Castelnau-d'Arbieu, plus 72 livres, 1:2 deniers pour la Communauté de La Mothe-Ando, 
plus pour 31 livres 13 sols, 6 deniers, pour la communauté de Lectourc ; enfin le moulin 
d'Aurenque, sis sur le Gers, devait donner, de rente fixe, à l'abbaye de Bouillas, tous les 
ans, 31 sacs de blé. (Archives de Flamarens). 

* Cette alliance explique la présence, dans le château de La Tour, d'un jjortrait du 
Comte de Montesquiou-Fezensac, et de quelques meubles portant les écussons accolés des 
Lary et des Montesquiou. 



160 NOBLESSE DE LOMAGNE 

(lu Roi, fasait partie de l'Assemblée générale de la Basse- 
Marche, tenue au Dorât, capitale de la Province en 1789. 

Son parent, Louis-Robert de Lary, seigneur de la Côte et 
Ligardèche, était à cette époque, capitaine de cavalerie i. 

Il est déclaré dans 1' «. Etat des Emigrés dont le directoire 
du disti'ict de Lectoure a fait liquider les biens par le bureau 
de Fleurance, que Robert-Marie Lary, cy-devant noble, ofticier 
àFleurance, au Gardenau, ne possédait en fait de fortune, que 
sa légitime paternelle et maternelle, ainsi qu'Alain S^-Gery, 
ci-devant noble à Magnas, Jean-Baptiste et Guillaume Ducos, 
de Bajonette, mais par un arrêté du département du Gers, du 
8 juillet 1702, il a été ordonné que Callieiine de Mauléon, 
veuve de Joseph Ducos, habitante de ÎMontfort, mère des deux 
émigrés sus-nommés , verserait dans la caisse de la Nation, 
les deux neuvièmes des biens de son mari, d'après le revenu 
net, fixé par la municipalité de Bajonette, et ce, à compter 
du jour de l'émigiation des dits deux enfants. Quant à Pierre, 
Hérard Pins, ex-noble, émigré, sa métairie de Béraut, à 
Cézan, séquestrée par la Nation, sera <lonnée à l)ail à Bertrand 
Descomps, fermier pour 1125 fr., en assignats, en attendant la 
vente. On donnei-a aussi à ferme les terres d'Antoine liouillan, 
cy-devant noble, émigré, de Piis, et les domaines de Jean 
Laboi'de Laurensan, de Réjaumont-. ^> 



1 .Manuscrit di- M. I». de Ccssac. 
* Archives de Miignas (Gers). 



EN l'année 1787 161 



FLEURANCE 



LE S. DE BASTARD 

Les Bastard descendaient, croit-on, de Richer, seigneur du 
fief de Bastardière-sur-Sèvre, près de Clisson, au comté 
Nantais, vers 1061 ; ils portaient les titres de vicomtes de 
Fussy, seigneurs de Terland, de Maultrot, du Bosc, de Vidalot 
et du tief des Oliviers-en-Armagnac ; cette famille a donné un 
grand nombre d'officiers de tous grades aux armées de terre 
ou de mer, trois conseillers au Parlement de Paris et vinot- 
six chevaliers de S'-Louis. 

Guillaume de Bastard, vicomte de Fussy, avait été nommé 
lieutenant-général en Berry, pour le roi Charles VII (1429). 

Du mariage de Domingo de Vacquier — Limon de La Tude — 
avec Jean de Bastard, en 1539, fds de Pierre de Bastard, 
capitaine et gouverneur du comté de Gaure et de la ville de 
Fleurance i, est descendue une branche dite de La Fitte, qui 
fournit un premier président au Parlement de Toulouse, 
nommé François de Bastard; élu le 26 septembre 1762, à 
trente-huit ans, il fut forcé, par suite de ses démêlés avec une 
partie de son Parlement, de donner sa démission en 1769; il 
mourut vers 1780. 

Marie-Marguerite de Bastard- épousa, avant 1719, Jean- 

' Voir à l'Appendice, le « RoUe de la capitalion dans la onmmiinaut*'! de Castelnau- 
d'Arbieu, au comlé de Game, pour l'année 173'J ■). 

* « L'an 1753, et le 29" de juin, le corps de Haute Dame, Marguerite de Bastard, veuve 
de Messirc de Galard, seigneur et marquis de l'Isle-Bouzon, âgée d'environ 50 années, 
décédée aujourd'hui au château du Bosc, a été inhumé en Téglisc de Pauiliac, dans le 
passage de M. le curé. » (Archives de Pauiliac). Les Galard, seigneurs do Pauiliac, depuis 
1550 jusqu'en 1774, avaient leur sépulture dans l'église du dit lieu. 



162 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Charles de Galard, marquis de l'Isle-Bozon, seigneur de 
Fourcès, fils de Jean de Galard, baron de l'Isle-Bouzon, et de 
Catherine-Marguerite de Cous^ Ils n'eurent point d'enfant et 
ce fut la branche de Galard-Balarin-Pellehaut qui hérita des 
titres et des biens de Jean-Charles , marquis de l'Isle- 
Bozon, 

En 1685, Pierrette de Bastard était mariée avec Jean-Pierre 
du Faur, fils de Pierre du Faur, seigneur de Langesse, et de 
Marguerite de Goalard de l'Isle-Bozon. 

Dom Antoine de Bastard, né à Fleurance, devint en 1699, 
prieur titulaire et régulier d'Eauze, en succession de son oncle; 
nommé en 1788, vicaire-général de l'abbaye de Cluny, pour 
toutes les maisons de Gascogne qui dépendaient de cet Ordre, 
il fit reconstruire la maison prieurale près de l'église du 
monastère d'Eauze, 

Le 4 juillet 1752, Jeanne-Françoise-Catherine de Mazellière, 
dame de Béaup, près Mézin, petite-fille de Josias de Mazel- 
lière, brigadier des armées du roi, chevalier de S'-Louis, porta 
la seigneurie de Béaup et le château de Montesquieu, à son 
époux, François-Dominique de Bastard, chevalier, seigneur 
des Iles-Glirétiennes , de S^-Denys-sur-Garonne, du Bosc, de 
Gavagnan, de La Bastide, et grand-maître des eaux et forêts 
de Guyenne. 

L'abbé de Bastard mourut sur l'échafaud, à Toulon, le 25 
avril 1793, en sauvant la vie à trois prêtres destinés à périr 
comme lui ; il était prieur de Si<^-Gemme de Bustet et chanoine 
de Lectoure. Son frère, le comte d'Estang, avait le titre de 
chevalier d'honneur de la cour souveraine des aides et 
finances de la ville de Montauban. 
Dominique de Bastard, comte d'Estang, pair de France, l'un 



• Un (Ifi (Ions lut ftiadjntiuir el rvôiiue do (îondom, cii 161-i. Le clor{ïé du Coiidomois le 
rliiiisil |Miiir d(''|»iit('; ;iiix Ktals-Cônt-iaux di' huis. La scij^iu'inio de Fourcès avait été 
apporter à Jean de (lalard de rislc-lîduzou, le II) juiu lOlV.I, par Catherine de Cous, qui 
cul le» biens de son ouclc I'K\('(iiu- de Coiidom. Kllc lesla le 3 novembre 1694, instituant 
I)Our héritier son (ils aîné, Antoine de dalard ; Cfluiei laissa sa fortune à Jean-Charles 
de Oalurd, marquis de l'Isle-Houzon. 



EN l'année 1787 163 

des vice-présidents de la chambre des Pairs, président à la 
Cour de cassation, grand officier de la légion d'honneur, et 
auteur de plusieurs ouvrages sur les Parlements, les Etats- 
Généraux, etc., appartenait à cette famille, qui possède encore 
en Gascogne les terres de S^-Denys-sur-Garonne, de S'- Aman d 
et du Mirait. 

A l'Assemblée des trois ordres réunie en 1789, le comte de 
Bastard*, grand-maître des eaux et forêts de la Guyenne, était 
commissaire de la noblesse ; il résidait à Agen. « Ses maitrises 
s'étendoient sur Bordeaux, Lisle-J ourdain , Grurie de Fleu- 
rance, S^-Gaudens, Grurie d'Arreau et S^-Girons, Tarbes 
et Grurie de Nogaro, Pau et Grurie de Lichare, Foi.r et 
Rodez'\ » 

Les armes des Bastard, comtes d'Estang et barons de 
S'-Denys-sur-Garonne, sont : d'or à l'aigle d'empire de gueule, 
rai-parti d'azur à une demi-fleur de lys d'or. Ces armoiries 
sont celles qui furent déclarées par Guillaume Bastard, maître 
des requêtes, en 1421. 

Les Bastard de Lectoure et de Fleurance portaient : Ecartelé 
aux premier et quatrième d'azur à deux outardes affrontées 
d'or, becquetant dans un fourneau de sable, accompagnées en 
pointe d'un croissant d'argent ; au deuxième, tiercé en bande 
d'argent à trois étoiles de sable, de gueules plein et d'azur, à 
trois hures de sanglier, au troisième, tiercé, en fasce, d'argent 
à trois tourteaux de sable, de gueules plein et d'azur, à 
trois aiglettes d'or^, la première et la dernière essorantes 
et affrontées. 

Le 18 juillet 1844, Elisabeth de Bastard d'Estang épousa 
François-Joseph, duc des Cars ^, fils d'Amédée de Pérusse, duc 



* Sa femme était Anne de Redon. 

^Almanach Royal de 1787. 

3 Armes de la famille de Pérusse d'Escars : de gueules au pal de vair ; légende : Sic 
per usum fulyet. Support : deux sauvages. 



164 



NOBLESSE DE LOMAGNE 



des Cars, et crAugustine-Frédérique-Joséphine du Bouchet-de- 
Sourches-de-Tourzel •. 

Les Bastard, seigneurs de Béffes, Machy, d'Arthel, Chasy et 
Mottedon, dans les chatellenies de Nevers et de Montenoison, 
s'étaient alliés avec les Boisserand, Rufïey, Villiers, Bardin, etc. 

Hugues Bastard, chevalier, fut témoin d'une charte de 
franchise donnée à Cosne en 1198. On ignore si ces Bastard 
appartiennent aux Bastard du Berry et de la Gascogne. 



i 



' Les ilii lldiiilict-ilc-SuuiTlics-ili'-Toiiizol ('cartclaiciil : aux iiiemier cl tioisit'iiie de 
^'ueulcs à la tnur caiire (l'arj,'t'iit, à cAU'. do trois I1puis-(1c-1\s d'or eu llaiic, qui est 
<rAlèj,'rc ; aux deuxièuic et qualrièuic d'arjfont à deux l'asccs de sable qui est du Boucliet- 
di'-Sourclics. 



EN l'année 1787 165 



FLEURANCE 



LE S. DONZEIL 

Messieurs Donzeil (ou d'Onzeil), d'Arzens, avaient possédé, 
pendant longtemps, la seigneurie de Ghélan, qui fut apportée, 
en 1658, dans la famille de Flamarens, par le mariage de 
Marie de Donzeil avec Jean de Grossolles-Flamarens. 

Au nombre des assassins de Louis I de Condé, à la bataille 
de Jarnac^, on cite, avec Montesquieu et d'autres gascons, le 
sieur d'Argence, qui avait cependant promis de sauver le 
prince. 

Les Donzeil avaient hérité de la baronnie d'Argence (ou 
d'Arzens), possédée, en 1722, par Gédéon de Bruet-, seigneur 

de Peyrecave. 

François d'Onzeil était, vers 1578, seigneur d'Aigues- 
Mortes. 

Le 25 mars 1724, Marie de Donzeil de Chélan fit profession 
au couvent de »,( Nostre-Dame de Fabas, en Commenge », où 
elle décéda le l"'' mai 1756. 

Nous avons ti'ouvé dans les archives de la maison de Donzeil 
un document adressé aux consuls d'Argence que nous rappor- 
tons ici avec son style et son orthographe. 



< En 156'.). 

' Un Laurent de Bruet, damoiseau, s'était allié avec noble Natalisse de Saintiailles, 
sœur du Maréchal Poton de Saintraillcs. 



ORDONNANCE 



DE MONSEIGNEUR 



LE PRINCE DE CONTY 



POUR Lt DEFFANCE DES ARRIES 



5 de ]Mars 



1661 






^ 



EN l'année 1787 169 



Le Prince de Conty, Prince du sang-, pair de France, 
gouverneur et lieutenant-general pour le Roy, en sa province 

de Languedoc. 



Sur ce qui) nous a esté represanté qu'il ce commet une 
infinitté de désordres dans notre gouvernement par les attrou- 
pements et par les assemblées journalières qui s'y font et que 
le port des armes qu'on a souffert a toutes sortes de personnes 
depuis la guerre en est la principalle cause comme aussy des 
assassinats, meurtres, vols et concussions et autres violances 
qui se comettent fréquemment , et d'autant que Sa Majesté 
ne souhaicte rien tant que d'establir le repos et la tranquilitté 
dans son royaume et de pourvoir à la surette publique en 
remettant toutes les choses au mesme estât qu'elles estoient 
auparavant la guerre, conformément aux antiennes ordon- 
nances nous désirant d'y contribuer de nostre part et 
d'apporter tout ce quy dépendra de nostre authoritté pour 
faire exécuter l'intention de Sa Majesté clans Vestendue de 
yiostre gouvernement faisons très espresses injonctions et 
deffances a toutes sortes de personnes de quelle qualitté et 
conditions quelles soient de porter aucunes armes a feu. soit 
fusils, mosquettons, pistolets d'arson ou de poche, espées ou 
basions renfermant espées poignards ou cousteaux en forme de 
bayonnette ou autres armes offensives et deffensives à l'excep- 
lion des prévost, leurs lieutenans, exempts, officiers de justice 
portant livrées, casaques, bandolières ou marques d'archers, 
escussons, ou autres marques de leurs charges, sergens ou 
autres personnes comises par les magistrats pour l'exécution 
des actes de justices et des commis à la recepte des deniers de 
Sa Majesté toutes les fois seulement que la façon de percevoir 
lesdits deniers sera aux bureaux des receptes générales et d 



170 NOBLESSE DE LOMAGNE 

la demeure aussy des gentilhommes de nom et d'armes, seigneurs 
de par roisses, places et antres ayant justice haute, moyenne ou 
basse des officiers communaux de la Maison du Roy, des fils de 
France ou princes du sang et des officiers des trouppes de Sa 
Majesté quy seront actuellement dans le service, ausquels 
sera permis de porter l'espée en tous lieux, et des pistolets 
d'arson, seulement lorsquils montront à cheval sans qu'il soit 
permis à leurs valets de porter aucun mosquetton, fusils, et 
quant aux autres gentilshommes de nom et d'armes n'estant 
point seigneurs de places et n'ayant justice haute, moyenne ou, 
basse et d ceux qui auront commandé en chef des compagnies 
de cavalerie ou d'infanterie pour le service de Sa Majesté ou 
des princes du sang, ils portront pareillement l'espée en tous 
lieux et des pistolets d'arson lorsqu'ils yront à la campagne, 
pourvu qu'auparavant ils en aient prins une permission de 
nous par escrypt quy leur sera accordée toutes les fois que la 
façon apparoisse de leur qualitté et des comissions qu'ils 
auront obtenue de Sa Majesté lorsqu'ils étoient dans le service, 
et à l'esgard de tous autres généralement sans en excepter 
personne, ils seront exclus de la faculté de porter aucune sorte 
d'armes deffensives ny offensives synon ceux à quy nous don- 
nerons nostre dicte permission par escrypt pour des raisons et 
considérations particulières, et en cas de contravention aux 
articles cy-dessus par les gentilshommes de nom et armes, sei- 
gneurs des parroisses et autres ayant justice haute, moyenne 
ou basse, ou autres quy auroient permission particulière de 
nous par escrypt, qu'ils encourront la perte de leurs armes et 
de leurs chevaux, et les rotturiers, païsans et autres gens de 
basse extraction celle de la punition corporelle et des autres 
peynes portées par les Ordonnances du Roy et les arrest du 
Parlement. Ordonnons en outre que les habitaiis des villes, 
bourgs et villages, paysans et autres n'ayant aucune charge, 
permission ny tittre pour porter des armes, seront tenus de se 
de ff aire de leurs fusils, mosquettons et pistolets d'arson et de 
poche dans deux moys après la publication de la présante sur }^ 
les peynes portées par les Ordonnances de Sa Majesté, et de la 



NOBLESSE DE LOMAGNE 171 

confiscation desdites armes la moitié appartiendra au dénon- 
ciateur et Vautre à Vhospital des lieux ou au plus prochain. 
Comme soubs prétexte de la chasse plusieurs personnes pour- 
roient conserver dans leurs maisons des fiisils et arquebuses, 
nous conformément d l'instruction de Sa Majesté, et aux 
divers articles de la déclaration qu'elle a donné sur ce subject 
en décembre 1660 , deffandons à toute personne de quelque 
qualitté et condition cju'elles soient, d'en rettenir et conserver 
soubs ce prétexte, à la réserve des gentilshommes et autres 
ayant droict de chasse ou permission de nous pour son service 
ou pour en faire tirer seulement par leurs chasseurs domesti- 
ques sur leurs terres et autres sur lesquelles ils ont droit de 
chasse, enjoignant à tous seigneurs, leurs lieutenans, baillifs, 
sous-baillifs, préuosts générais de la province, prévosts en 
chef et à tous autres officiers de justice de tenir la main à 
l'exécution de la présante, chacun sous peijne d'en respondre. 
Nous mandons en outtre et ordonnons à tous gentilshommes 
consuls et habittans des villes et lieux de notre gouvernement 
de donner l'assistance et main forte dont ils seront requis pour 
cet effect, et en cas que par force ou par résistance de quelques 
particuliers, ils fussent empêchés de mettre a exécution, ils 
dresseront procès-verbal de la rébellion qui leur en sera faicte 
et nous l'enverront incessament pour y estre par nous pourvu 
ainsy que de raison, et afin que personne ne prétande cause 
d'ignorance sur la présante, registrée, leue, publiée et affichée 
partout ou besoing sera, et foy sera adjoustée à icelles 
duement collationnées comme au propre original, fait à 
Pezenas le vingtième jour de febvrier 1661, signé Armand de 
Bourbo)i et plus bas, par Monseigneur, Duchanay. Collationné 
à l'original par moy, l'un des conseillers et secrettaires des 
commandements de son Altesse, Monseigneur le prince de 
Conty. 



Soubsigné, Dchanay. 



172 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Collationné par moy scindyc du diocèze de Car^^^ avec 
ordre défaire publier, registrer et afficher son ordonnance par 
toutes les villes et lieux du diocèze de Car^^'^. 

Le cinquièsme mars 1661. 

En foy de quoi me suis signé. 



Collationé sur la coppie envoyée aux consuls cVArgens par 
le scindyc du diocèzse de Car^^^ par moy , Jean Breil notaire 
Royal du dict Argens, d moy exibée par Pierre Fournial 
greffier des dits consuls, soubsigné avec moy, en foy de 
quoy, 

Fournial, greffier, 

Breil, no'c^. 



Cinquante-six ans plus tard, une princesse deConty, loin de 
défendre dans ses domaines, comme son homonyme et parent, 
le port des armes, octroyait, en ces termes, la permission de 
chasser sur ses terres. 

Marie-Anne de Bourbon, U. de France, Princesse Première 
Douairière de Conty, Princesse du sang. Pair de France, 
Duchesse de La Vallière, Dame des Baronies de Pagny, de 
Sillé-le-Guillaume, de Montmirail, de l'Isle de Rhuys, etc., 
à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. 

Estant bien informée de la bonne conduitte, mœurs et capa- 
cité du sieur Claude Henry Musnier de Foncine, prcstre, 
désirant le récompenser des services qu'il nous a rendus 

* Caiciissoiinc. 

» Archives ilii cliùloaii do Lu Uoclu:lt(!-Maiil;iy (Côlc-d'Oi). 

'•* L. Légitimée. 






EN l'année 1787 173 

pendant plusieurs années qu'il a esté curé de Nostre terre et 
Baronie de Parpiy, et voulant l'engager à nous les continuer, 
nous lui) avons donné et accordé, donnons et accordons la 
qualité de nostre premier chapelain avec tous les droits hono- 
rifiques ([ui y sont attachez, avons permis et permettons a luy 
personnellement et sans tirer en coyiséquence pour tout autre, 
de faire porter yiostre livrée à deux de ses domestiques, cache- 
ter ses lettres de nos armes, et faire chasser dans toutte 
l'estendue de nostre terre et haronie dePagny, un homme avec 
son valet, et lorsqu'il voudra aller luy-même en personne à la 
chasse, il luy sera permis de pouvoir y mener avec luy deux 
ou trois de ses amis, sans en abuser, n'y porter aucun préju- 
dice à ce qui est laissé aux fermiers par leur bail. Tous les dicts 
droicts, distinctions et prérogatives ne pouvant tirer à aucune 
conséquence pour tout autre, mais n'estant accordez qu'audict 
sieur Musnier de Foncine personnellement. 

Enjoignons pour cet effet à tous nos officiers le laisser et 
faire jouir paisiblement de tous les honneurs et privilèges 
contenus en ces présentes; et de les faire enregistrer au greffe 
de Nostre Justice, lorsqu'ils en seront requis, ayant voulu 
poiir les rendre plus authentiques, les signer de Nostre propre 
Main, y faire apposer le cachet de nos armes et les faire con- 
tresigner pour nostre conseiller ordinaire et secrétaire de nos 
co mmandements . 

Faict à Paris ce treize d'avril mil sept cent dix sept, signé 
sur la minute : 

Marie- Anne de Bourbon, L. de France, 

par Madame de Percy. 

Collationné par nous escuyer, conseiller secrétaire du Roy, 
maison, couronne de France, 

Arthaud^ 

• Archives de Wideville, liasse des titres de i.i baronie de Pagny-le-Chàtcau, sise en 
Bourgogne entre S'-Jean de Losnc et Senrre. 



174 NOBLESSE DE LOMAGNE 

(( Le 28 avril 1740, Noble Barthélémy de Donzeil, écuyer, 
avec MM'î Jean Desponts, con^r du Roy, lieutenant principal 
au comté de Gaure, Antoine Mellis, proc" du Roy en l'élection, 
premier consul, Arnaud Castarède et Jean Laurens, consuls, 
Jean de Bastard, receveur, et autres, se réunirent dans la 
maison commune de la ville de Fleurance pour décider que 
ladite communauté établiroit un bureau de direction des 
pauvres en l'hôpital St-Jacques de ladite ville ^ ». 

Une famille Tison d'Argence-, originaire de l'Angoumois, 
noble et considérée, existe de nos jours. Elle a une bonne 
position et a contracté d'excellentes alliances, entr'autres avec 
les Joumard-des-Achart, de Vins, de Crancé, Grailly, i\Iont- 
ferrand, etc.. 

Nous ignorons si des liens d'origine la rattachent aux du 
Bruet, ou aux Donzeil, seigneurs d'Argence. 

En Normandie, deux maisons d'Argence existaient avant 
1790 ; l'une dans l'élection de Bernay, possédait la seigneui'ie 
de La Rufïaudière, dès 1667, et avait pour armes : une lleur- 
de-lys d'argent sur un fond de gueules; l'autre, dans le diocèse 
d'Evreux, ajoutait le nom d'Origny et portait, dans ses ar- 
moiries, trois fermeaux d'or sur fond d'azur. 



' Voir à l'A|i[iini{lice : m F{eiiti's faites par des paitioilicrs à rhôpilal di- Flomance ». 

' l.'ôcussiiii lies risnii (rArjrcncc était : (l'or à deux lions passants de j^ueulc, posés riiii 
sur l'autre, au lamliel de j;;upulc chargé en chef de trois pendants du même ; on citait, en 
Angouniois, le distique suivant : « Les Acliaiis, les Tisons, les Voisins, du pays ont 
chassé les Sarrasins ». 



EN l'année 1787 175 



LA PLUME 



LE S. DE LA ROCHE-BOUSGAT 

La Plume, chef-lieu derarchiprôtré de Bruilhois, au diocèse 
de Condom, possède une église, fondée en 1511, par no])le 
Pierre de S^-Cyr, architecte, et qui fut construite en trente 
ans. Le clocher forme une tour carrée à la base, et octogone au 
sommet. La nef comprend quatre travées, dont les trois su- 
périeures sont bordées de chapelles latérales. Les voûtes sont 
en étoiles et les croisées en ogivesi. 

Benoit de La Roche de La Montjoie faisait partie, le '26 
avril 1572, de la compagnie de Fabien de Monluc, seigneur de 
Montesquiou, qui la commandait par suite du congé pris, ce 
jour-là, par le capitaine Biaise de Monluc. 

Jean de La Roche était bailli de Bruilhois sous Henri IV. 

Monsieur du Bouscat figurait sur le rôle de la noblesse, 
réunie le 14 novembre 1612, sous le commandement de Mon- 
seigneur le Prince, et conduite par Monsieur de Bazillac. 

Noble Jean-Clair de La Roche, sieur du Bouscat et de 
Dieuzaire, fils de noble Daniel de La Roche-Bouscat, écuyer, 
et de Charlotte de Bonnaire, épousa, le 27 janvier 1629, Marie 
de La Forcade, fille de Bernard de La Forcade-La-Prade -, et 
de Cécile du Drot. 



' Architecture religieuse île TAgenais, par Tholin. 

5 Blason des La Forcade-La-Prade : Ecarlelé au \" d'argent au lion de gueules, armé 
et lampassé de sable, aux 2" et 3» d'azur, à 3 étoiles d'or, posées 2 et 1, au 4» d'argent, 
à 3 bandes de gueules. (Armes enregistrées à Condom, le 21 février 1698.) 



AHQ xNOBLESSE DE LOMAGNE 

Le sieur de La Roche assista à l'Assemblée générale des 
trois ordres de la sénéchaussée de Lectoure, le 16 mars 1789, 
où il siégeait avec la noblesse. ^ 

Ses armes étaient : d'az^ur au chevron d'or accompagne de 
trois trèfles de même, deux en chef, un en pointe. 



EN l'année 1787 177 



LA PLUME 



LE S. PRADAS 

La famille de Varagne du Pradas, originaire du Languedoc, 
descendait de Raymond du Rousquet, qui vivait dès l'an 
1008, de Rernard du Fossat, dont il est fait mention vers 
1090, de Guillaume de Gardouch, signataire d'un acte, en 
1153, avec son frère Raymond de Gardouch, et enfin de Rer- 
Irand de Varagne et d'Armand de Vasiège, qui testèrent en 
1162 et 1184. " 

Les branches de Gardouch, de Ries et de Vasiège s'éteigni- 
rent successivement ; les Varagne, titrés marquis de Rélesta, 
se sont seuls perpétués. 

Leurs armes étaient : d'or à la croix de sable ^, avec, comme 
supports, deux guerriers des croisades, revêtus de leur dalma- 
tique chargée des pièces de l'écusson et portant un étendard 
ainsi timbré ; la devise est : Nulli cedo. 

Le cri de guerre : Deo juvante. 

Enfin le cimier est un griffon, issant d'un casque ouvert. 

Souvent on trouve l'écu mis en bannière, et sommé d'une 
couronne ducale. 

Cette ancienne et illustre maison a possédé des terres con- 
sidérables dans les temps les plus reculés, et a eu les meilleures 
alliances. 

Rertrand de Varagne et Guillaume de Vasiège, son frère, 
passèrent, en 1130, un traité, portant promesse de ne céder à 

' L'armoriai de S'-Allais et le nobiliaire Toulousain deBrémond donnent à la famille des 
Baragnes de Bélesta [sic) du Languedoc, l'écusson suivant : d'azur à la croix d'or chargée 
d'une croix de sable. 

12 



178 NOBLESSE DE LOMAGNE 

personne la ville de Vasiège, afin d'assurer à leur postérité la 
perpétuité de la possession de cette seigneurie. 

Guillaume de Varagne (1224) fut le père de Gauffrid de 
Varagne, gouverneur de Carcassonne , avant 1271, et de 
Florent de Varagne, amiral du Roi, en cette même année. 

Roux de Varagne assista à la septième croisade entreprise 
sous le pontificat d'Innocent IV (1248 y. 

Rertrand de Varagne- Vasiège donna en 1280, des coutumes 
à la ville de Gardouch; il avait épousé Raymonde de Villars. 
Leur fils Bertrand, seigneur de Ceyré, Fanjaux, etc., ayant eu 
des démêlés avec Gaillard et Guillaume de Varagne, ses cou- 
sins, les tua en duel (1307), et se retira à Majorque, pour fuir 
la colère du roi Philippe-le-Bel ; il obtint sa grâce plus 
tard et mourut vers 1327. 

Bernard de Varagne, seigneur de Gardouch, Reneville- 
Lagarde , Villefranche , Saint-Rome , Viellevigne , Ceyré , 
Montferrand, Vignonet, Saint-Félix, Rével, Sorèze, etc., fut 
gouverneur de S^-Riquier ; il avait réuni une collection assez 
considérable de manuscrits qu'il légua, par son testament, 
fait en 1341, à trente jeunes filles pauvres, pour être dotées 
avec le produit de la vente de cette bibliothèque. 

Jean de Varagne fut viguier et capitoul de Toulouse, 
en 1412. 

Gaillard II de Varagne, baron de Bélesta, Roqueville, Lam- 
paud, Mourvilles, Gardouch, rendit hommage pour ses fiefs, à 
Louis XI, le 7 juin 1463, dans la salle de la trésorerie de 
Toulouse, où le Roi était logé. Son petit-fils. Gaillard IV de 
Varagne-Bélesta, devint chevalier de l'Ordre. 

Dans la compagnie d'ordonnance du comte de Tende, à la 
bataille de Marignan, et combattant près de François Icr, se 
trouvaient Jean de Varagne, Michel de Redon, Jean de Fla- 
niarens, Antoine de Raymond, Etienne de Mellet, Jacques de 
Montault et les deux frères de Biaise de Monluc, Jean et 
Joachim^. « 

' Musée de Versailles. M 

* J. de Bourrousse de Laffore. 



■m- 
'A 



EN l'année 1787 179 

Jean de Varagne-Bélesta, capitaine d'une compagnie de cent 
hommes d'armes, gentilhomme de la chambre du Roi, sei- 
gneur de Gardouch, Morville, Agux, Trémoulet, les Cassés, 
etc., assista au siège de Metz, à la prise de Calais sur les 
Anglais, à la bataille de Dreux et à l'expédition faite, en 1558, 
par le duc de Guise dans la Picardie et le Luxembourg. Il 
devint capitaine de cent hommes d'armes et gentilhomme 
ordinaire de la chambre du roi Charles IX. 

Il avait épousé, le 23 novembre 1574, Anne, fille de Jean, 
baron de Bazillac^ et d'Anne de Rochechouart ; les religion- 
naires l'assassinèrent dans son château de Bélesta, au mois 
d'octobre 1585. 

Louis de Varagne, baron de Bélesta, marquis de Gardouch 
et de Massanès, fut nommé capitaine de chevau-légers, à l'âge 
de 25 ans (1650). 

Son fils, Charles de Gardouch-Bélesta, page du Roi à la 
Grande-Ecurie, cornette au régiment Royal-Roussillon, capi- 
taine de cavalerie dans celui de Monseigneur le Dauphin, 
devint mestre de camp en 1675. 

Jean-Sébastien de Varagne, chevalier de Malte, enseigne au 
régiment de la Marche-Infanterie (1712), puis capitaine au même 
régiment (1714), fit les campagnes de Pologne et de Dantzic ; 
on le nomma bailli, grand-croix de l'Ordre de Malte, le 18 
décembre 1759. 

Jean-Charles de Varagne, marquis de Gardouch, seigneur 
de Bélesta, Beaupui, Brignamont, Stramiac, Cépet-Labastide, 
St-Sernin, Villariès, Fignan, Bar, S^-Clément, Cazillac, co- 
seigneur de la ville de Brives en Limousin, après avoir été 
page du Roi, en 1715, cornette au régiment d'Anjou-cavalerie, 
épousa, vers 1724, Marie-Thomasse de Julliard, fille de mes- 
sire François de Julliard et de Marie de Thésan^. 

' Armes des Bazillac : Ecartelé aux l" et 4« de gueules à un aiiille d'argent, aux 2« et 
3« d'azur au lion d'or (alias), aux l*' et 4« d'argent au lion d'azur, aux 2« et 3* d'or à 

l'anillet de gueules. 

* Armes des Thésan de Lescout, de Biiau et de S'-Christeau : d'azur à l'aigle d'argent ; 
d'autres Thézan portent : ecartelé d'or et d'azur. 



180 >;OBLESSE DE LOMAGNE 

Le 2 août 1742, Louis-Hippolyte de Varagne-Bélesta-Gar- 
douch, était chevalier profez de l'ordre de SMean de 
Jérusalem en l'Hôtel Prieural de Toulouse. 

François de Varagne-Gardouch, marquis de Bélesta, seigneur 
de Grozon, Artois, Poulmic, Rosmadec, etc., entra dans les 
Mousquetaires du Roi, en 1745 ; enseigne de la compagnie 
des Gendarmes-Berry, cornette de la compagnie des chevau- 
légers d'Orléans, il était appelé le comte de Bélesta, et épousa 
le 15 juin 1752, par contrat signé du Roi et de la famille 
Royale, Marie-Marguerite-Charlotte, née le 20 septembre 1728, 
fille de François-Louis-Emmanuel de Rousselet, marquis de 
Chàteau-Regnauld en Touraine, premier baron de la province, 
lieutenant-général de la Haute-Bretagne, vice-amiral, com- 
mandant de toutes les côtes maritimes, clievalier des Ordres 
du Roi, grand-croix de S^-Louis et enfin maréchal de France ^ 
Après sa mort, Anne-Julie de Montmorency-Fosseux, sa veuve, 
fut nommée, en 1750, dame de Madame Henriette. 

^la rie-Charlotte de Varagne de Gardoucb, femme de Cliarles 
de Preissac, vicomte d'Esclignac^ était en 1768, dame pour 
accompagner Madame Adélaïde. 

Le marquis de Gardouch de Bélesta, mestre de camp de 
cavalerie, premier capitoul-gentilhomme de Toulouse, compa- 
rut (1789), à l'Assemblée de la Noblesse de cette sénéchaussée. 
La même année, le baron de Bélesta lit partie de la réunion 
des trois ordres des pays et jugerie de Gaure et Rivière- Verdun 
pour sa terre de Mazeret. 

La famille de Gardouch-Varagne avait donné à Toulouse 
plusieurs consuls et capitouls, entr'autres Guillaume de 

' François-Louis de Rousselet. comte de Grozon, Marquis de Chàteau-Regnauld, Maré- 
chal de France, était fils du Marquis de Château-Renauld (marié avec M"» de La Porte, 
fille du Comte d'Artois), et frère de M"« de Rousselet, qui épousa en 1710, le Comte de 
Matignon. Le Maréchal, veuf d'une Noailles, se remaria en 1724, avec M""> de Montmo- 
rency-Fosseux. Leurs enfants furent : la Marquise de IJélcsta et Emilie-Sophie, devenue 
femme de Jean-Raptiste-Charles, comte d'Estaing, chevalier des ordres du Roi, licutcnan 
général de ses armées et commandant général par mer et par terre, dans les lies sous le 
Vent. {Archives de Magnas). Les armes des Rousselet de Chàteau-Regnauld étaient : d'or à 

un arbre de sinople, fruité d"or. 

i 



E.\ l'année 1787 481 

Gardouch (1197), Arnaud de Varagne (1219), Bernard (1220), 
Jean (1412) ; ce dernier, viguier de la ville, fut enseveli dans 
le chapitre des Pères-Jacobins. 

Les principales alliances de la maison de Gardouch- Vara- 
gne-Bélesta ont été avec les Garmain, Puybusque, d'Astorg, 
Villars, La Tour-Laurac , Verniolle , de Vaure-Lavaur , 
d'Escassès , d'Hautpoul, Mirepoix, Gasc, Château- Verdun, 
Gastillon, Méritens, Vaudreuil^, Manse, Yilleneuve-Grouzillac, 
Peytes, Rouaix, Plagnolle, Roqueville, Montesquieu, Gavarret, 
Montauriol, d'Elpech-Gugnac, Thury, S^-Germain, Gheverry- 
la-Réole, Tauriac, La Bastide, Morlhon, d'Arjeac, Roquefort- 
de-Salles, Prohenques, Preissac-d'Esclignac, Lautrec-Toulouse, 
Basillac, Lordat, etc. 



182 NOBLESSE DE LOMAGNE 



LA PLUME 



LE S. BERNARD DU TUCO 

Les du Bernard, ou du Bernât, de Lagrange, de Lécussan, 
du Barthès et de S^ - Lary sont originaires de La Plume en 
Bruilhois, où ils possédaient, depuis 1500, la seigneurie du 
Tuco. Dans le procès-verbal de l'Assemblée des trois ordres 
réunis à Lectoure, le 16 mars 1790, Monsieur de la Grange du 
Tuco était procureur fondé de Monsieur du Bernât de la 
Grange, son père. 

Etienne de Bernard, sieur du Tuco, en la commune de La 
Plume, conseiller et procureur du Roi à l'élection d'Agenais, 
devint seigneur haut-justicier de Plaichac, par l'acquisition 
qu'il fit de ce fief à la famille de Secondât, au xvF siècle. Peu 
d'années après, les consuls de La Plume et Jean de La Roche, 
bailli de Bruilhois, députèrent à Paris, Guillaume de Gaptan, 
lieutenant-général dudit bailliage , et obtinrent des lettres- 
patentes, en vertu desquelles Henry IV, roi de France, « retraijait 
i> ladite seigneurie de Plaichac par droit féodal et puissance de 
» fief, en sa qualité de vicomte de Bruilhois, et comme tel, 
t> seigneur dominant de Plaichac, et VajoUtait aux paroisses 
» de La Plume ^ ». 

Noble Etienne de Bernard, sieur du Tuco, marié le 8 janvier 
1706, avec Marie-Anne de i^arroudé de Lécussan, eut deux 
fils : Messire François de Bernard, écuyer, seigneur de Lécus- 
san et de Rozès, co-seigneur de Dolmayrac, officier dans le 
régiment d'Aunis, et Messire Joseph de Bernard, sieur de La 
Grange, seigneur du Tuco, premier consul de La Plume. 

' J (le Bourrousse deLafforc. 



i 



EN l'année 1787 183 

Les armes des Bernard (du Périgord et du Limousin; 
étaient : de gueules au chevron d'or, au chef d'argent, chargé 
d'un croissant de gueules, accompagné de deux étoiles de 
même. 

Les branches de Lécussan et du Tuquo (ou Tuco; écarte- 
laient : d'argent à une roue de six rais de sable, au chef d'azur, 
chargé de trois étoiles d'or, qui est de Larroudé. 

Enfin les Bernard d'Astugues portaient : trois cors de chasse 
de gueules liés d'argent, posés deux et un, sur fond d'or. 

Les Bernard du Tuco et de Lécussan ont compté parmi les 
membres de leur famille : un capitaine, sous François I^r, un 
lieutenant du bailli de Bruilhois sous Louis XIV ; plusieurs 
consuls de La Plume ; un capitaine au régiment de Roquelaure 
en 1668 ; un lieutenant-colonel de cavalerie en 1715 ; des 
lieutenants au régiment du Médoc, d'Aunis, de Cotentin, de 
Bourbonnais, d'Artois, de Forez, et plusieurs chevaliers de 
S'-Louis. 

Ils se sont alliés aux La Brunetière, Bayle de Latuque, 
d'Aignan, de Molinis, de Bandinelli, de Piens, de La Roche, de 
Monbet, de Coquet, de Touton de Bax, de Larroudé, de 
Bonnefous-la-Garenne, de Bonnot-de-S*-Maurice, de Montagu- 
Mondenard, de Fumel-Roquebrune, de Fabri-d'Augé, d'Ay- 
renx-Baultian, etc. 



184 NOBLESSE DE LOMAGNE 



LA PLUME 



LE S. DE LA MOTHE 

Le nom de La Mothe, ou la Motte, est très répandu dans le 
Sud-Ouest de la France ; en Guyenne seulement;, on trouve 
La Mothe-Bardigues, La Mothe d'Ysault, la Motte-Teste, La 
Mothe-Terrebren, La Mothe-Bézat, La Motlie-St-Géry, La Mothe 
Fortet, La Mothe-Gondrin, La Mothe-Ando, La Motte-Daurée, 
La Mothe-Podens, La Mothe-Bonnet, La Mothe-d'Ante, La 
Mothe S^-Héraye, La Motte-Prades, La Mothe-Manas, La 
Mothe-Thermes, La Mothe-Pardies et quantité d'autres. 

Vers 1407, Bertrand de La Mothe, seigneur de Bruch, fut 
surpris par Jean de Ferréol et détenu sept ans dans une basse 
fosse. Délivré par Pons de Castillon, il fit cession de son fief à 
son libérateur ^ . 

Anne de Lamothe épousa, le 26 janvier 1509, Antoine de 
Ghamborel. 

Son père, Bernard de La Mothe, mari de Béatrix de Par- 
daillan"^, était neveu et héritier du maréchal Pothon^ de 
Saintrailles*. 

Le 5 mai 1580, Pierre, baron d'Ossun, légua par testament 

' Did. (le l'Air, de Nérac, par Samazeuilli. 

* Aiincs des Pardaillan : d'argent à 3 lasces ondées d'azur. Les Pardaillan-r.oiniriii 
portaient : aux 1*'' et 4* d'or, à la tour de gueules maçonnée de sable, donjonnée de 8 
pièces, surmontée de 3 tètes de more de sable, tortillées d'argent, qui est de Castillon ; 
aux 2» et 3« de Pardaillan ancien. 

^ DIct. de l'Arr. de Nérac, par Samazeuilh. 

* .\rmes des Xaintrailles : aux l" i;t i» d'argent à la croix alaisée <le gueules, aux "2» 
et 3" de gueules au li'Ui d'argent. 



Ex\ l'année 1787 185 

(c huit-vingt écus sol » à noble Hector de La Mothe, son page 
et son parent. 

A l'Assemblée de la Noblesse tenue à Condom, le 9 mars 
1789, on trouve deux sieurs de La Mothe ainsi désignés : 
La Mothe père, La Mothe fils. 

Monsieur de La Mothe, seigneur de La Tour de Montfaucon, 
et Monsieur de La Mothe-Fortet parurent à la réunion géné- 
rale des trois ordres, séant à Gahors, le 16 mars 1789, où le 
sieur de Nucé était aussi appelé seigneur de La Mothe. 

Monsieur de Redon de la Pujade était porteur de la procu- 
ration du président d'Aguin pour la seigneurie de La Mothe, 
à l'Assemblée des Nobles du Gondomois et du pays de Gaure, 
le 7 avril 1789. 

Les La Mothe d'Isault, de Pardies et de Terrebren avaient 
pour armoiries : trois cyprès de sinople terrassés de même, 
posés en pal, sur fond d'argent. 

Les La Mothe-Teste portaient : parti, au premier d'azur au 
lion contourné d'or, au deuxième de gueules à la colonne 
d'argent. 



186 NOBLESSE DE LOMAGNE 



LA PLUME 



LE S. BOUDON DE LA COMBE 

dc André I^r de Lacombe, capitaine, Tobie de Lacombe, 
André II, capitaine, et André, sieur de Lacombe, cadet et 
gentilhomme, étaient tous qualifiés nobles. Jean de Boudon, 
^ur de l'Hoste, fut membre des deux Assemblées de la 
Noblesse d'Agenais, du Gondomois et de la Gascogne, pour le 
ban et l'arrière-ban, en 1536 et 1542. Il fournit à chacune 
d'elles archers et combattants^. » 

Jehan de Boudon, écuyer, sieur de Pompéjac, en la juridic- 
tion de Galapian d'Agenais, fils de Michel de Boudon, écuyer, 
sieur de l'Hoste, et de Gabrielle d'Estuer, fut capitaine des 
gardes du Maréchal de Biron et tigura comme homme d'armes 
dans le rôle des 60 lances sous la charge du prince de Navarre, 
qui firent montre le 10 janvier 1571. 

Le roi, par l^revet du 8 janvier 1600, lui permit, en consi- 
dération de ses services, « de chasser et de faire chasser ses 
domestiques dans ses terres et aux environs. » Il était, en 1600, 
seigneur de la Boque-David , dans la juridiction de 
Montflanquin, et avait épousé Suzanne de Peyronny-. 

Magdeleine de Tarraut, veuve de Barthélémy I^r de Boudon, 
écuyer, sieur de Lacombe, premier consul d'Aiguillon, de 
1667, à 1668, capitaine, maintenu dans sa noblesse par M. 
Bazin de Bezons, le 23 avril 1698, et par M. de La Bour- 
donnaye, intendant, le 8 octobre 1704, transigea avec son 
fils, André, le 24 avril 1710. 

Michel-Mathieu de Boudon de La Gombe, capitaine de 
dragons, chevalier de S*-Louis, fit élever son fils, Etienne- 
Jean-Baptiste de Boudon de La Gombe (dit de Flaville), au 
nomljre des pages de Monseigneur le comte d'Artois, en 1781. 

Félix de Boudon de La Gombe, seigneur de La Grassière, 

' Documents |iarliculiers. 
* A. Magen. 



I 



EN l'année 1787 187 

La Lande, chevalier de S*^-Louis, fut capitaine d'infanterie 
dans les régiments de Talaru et de Mailly. 

Cette famille, encore existante, a donné sept capitaines et 
chevaliers de S^-Louis et un officier supérieur de cavalerie, 
chevalier de S^-Louis et de la Légion d'honneur *. 

En 1787, Monsieur de Lacombe, qualifié de secrétaire du 
Roi, faisait partie de la cour des aides de Montauban. 

Marc-Antoine Boudon de Lacombe se fit représenter, en 
mars 1789, à l'Assemblée de la Noblesse d'Agenais, par 
Mathurin de Galibert-S^-Avid, maréchal de camp. 

Dans son ouvrage sur V Architecture religieuse en Agenais, 
Monsieur G. Tholin cite, dans le chœur de l'ancienne 
cathédrale de S'-Etienne d'Agen, le tombeau d'un sieur de 
Lacombe ; ce monument disparut avec l'église, dont la des- 
truction décrétée le l^'' Prah^al an VI, fut achevée vers 
18362. 

Les Boudon de Pompéjac et du Pin, parents des d'Estuer, 
seigneurs de Galapian, s'étaient éteints dans les Boudon de 
S^-Pierre, alliés à la grande maison de Ghasteigner^. 

Les armes des Boudon de S^-Amans étaient : lozangé d'or 
et d'azur ; les branches des Lacombe et Pompéjac portaient : 
d'argent au chevron de gueules, accompagné, en chef de sept 
étoiles d'azur, posées en pal, trois de chaque côté et une 
au-dessus du chevron, et en pointe, d'une colombe (ou mer- 
lette) du même. Supports : deux lions. 

Les alliances de cette famille ont été avec les Bouthier, 
Montméjean, d'Orliac, Bonnefoux, de Merle, du Barry, de la 
Fitte-Garrigue, du Fort, de Brienne, de Méalet, de La Borie- 
St-Sulpice , d'Aulnix-Tasseran , de Galibert-St-Avid , de 
Boucher-S^-Ciers, de Frère-Peyrecave-Montaignac, de Gaze- 
nave-Montpeyroux, du Bernat-Montmège, etc. 

' Etat de la noblesse de la Sénéchaussée d'Agen, en 1717, par J. de Bourrousse de 
Laffore. {Revue d'Agenais 1885). 

' La généalogie de la famille de Boudon de Lacombe a paru dans le tome ii, du nob. 
de Guienne et de Gascogne, pages 276 à 284. 

3 Revue de l'Amenais. Armes des Chasteigner : d'or au lion posé de sinople. (Rietstapp), 
alias, d'or au lion léopardé, arrêté de sinople, orné et lampassé de gueules. (Gourdon de 
Genouilhac). 



188 NOBLESSE DE LOMAGNE 



LAYRAC 



LE S. DE LASCABAN 

Le nom patronymique de cette famille est Ghollet de Las- 
caban. Elle possédait les seigneuries de Lausseignan et 
de Commère, en Gascogne. 

Messire François-Henri Ghollet de Lascaban (fils de N. 
Ghollet de Lascaban, vivant avant l'année 1693), fut trésorier 
de France. 11 avait épousé Françoise de Soustras, et mourut à 
Layrac, le 2 mars 1781. 

Noble Messire Etienne Ghollet de Lascaban, seigneur de 
Gommère, ancien capitaine d'infanterie au régiment de 
Béarn, chevalier de S*- Louis, gouverneur de Layrac, et 
subdélégué de l'intendant d'Auch au département de cette 
ville, fut marié, en 1763, avec dame Gabrielle-Elisabeth- 
Jacquette du Rivau. 

Leur fille, Gabrielle-Mai^guerite-Rosalie Ghollet de Lasca- 
ban, contracta union le 10 décembre 1787, avec Messii'e 
Joseph-Denis de Métivier^, vicomte seigneur de S'-Pau, 
ancien garde du corps du Roi, fils de Glaude, vicomte de 
Métivier, ancien premier jurat-gentilhomme de la ville de 
Bordeaux, et de défunte dame Marie de Gauffreteau de 
Ghàteauneuf^. 

Jean-Baptiste Ghollet de Lascaban, écuyer, était, en 1759, 
capitoul de Toulouse. 



' Armes dos Métivier : craziir ;\ la gorbe d'or, liée de sinoplc. au chef d'or, chargé de 
deux fleurs de pavot, di; gueules. 

* Nobiliaire de Guienne. 



I 



EN l'année 1787 489 

Dans le procès-verbal de l'Assemblée des sénéchaussées 
réunies d'Armagnac et de l'Isle-Jourdain, en la salle du 
gouvernement de Lectoure, le 16 mars 1789, Monsieur de 
Lascahan réunit avec Monsieur de Vie, la pluralité des suf- 
frages, pour la nomination des secrétaires pris dans l'ordre de 
la Noblesse. 

Un an plus tard, à l'Assemblée des trois ordres tenue en la 
même ville, Monsieur de Lascaban était procureur-fondé de 
Monsieur de Garbonneau et du marquis de Galard, baron de 
Magnas. 

Un dénombrement, daté de Layrac, du 30 décembre 1748, 
porte, sur un sceau ovale en cire rouge, les armes de Messire 
Jean-Baptiste-Chollet de Lascaban, seigneur de Commères, 
qui sont * : d'azur au chevron d'or, accompagné en chef, d'un 
croissant, et en pointe d'une grappe de raisin du même ; 
timbré d'une couronne de comte, supporté à dextre d'un 
homme, et à senestre, d'une femme sauvages 2, le tout posé 
sur une terrasse. (Sceaux des Basses-Pyrénées, par Raymond). 



' Le nobiliaire Toulousain, par Rréniond, donne aux Chollet de Lascaban un blason 
quelque peu différent : d'azur au chevron d'or, accompagné en chef d'un croissant, accosté 
de deux mouchetures d'hermine, d'argent ; en pointe, d'un raisin d'or, au chef coupé 
de Languedoc. 

' Ou de carnation 



190 NOBLESSE DE LOMAGNE 



LAYRAC 



LE S. DE MARTRES 

L'abbé Raymond de Martres fut promu au siège épiscopal 
de Rayonne, en 1120, et reçut, à St-Sever-Cap, une donation 
importante du duc Guillaume, en présence de Geoffroy de 
Roquefort. 

Pierre de ^Martres rendit, l'an 1274, une sentence arbitrale 
entre le commandeur d'Argentens et Bertrand de Goalard, 
« pour raison du différend, qui estoit entr'eux, d cause des 
terres de Maupas et bois d'Espiens dans la paroisse de Saint- 
Vincent-de-Padieryi, rettenue par Debruc, notaire deNérac^. » 

Manaud (ou Menaud) de Martres de Ste-Golombe, évêque 
de Tarbes, puis de Couserans, mort à Coulommiers, le 8 
décembre 1548, avait joué un rôle important dans les affaires 
de France en Italie, où il s'était rendu avec Lautrec et Lescun. 
Quand ce dernier, devenu Maréchal de France, eût été nommé 
gouverneur du Milanais, Manaud de Martres présida, au nom 
du Roi, les affaires ecclésiastiques du duché ; mais sa hauteur 
lui aliéna la Cour romaine, et il dut rentrer en France vers 
1522. Ses armes étaient : d'azur à une martre d'hermine. 

Raymonde de Martres s'unit, le 20 avril 1563, avec Jean- 
Alexandre de Lasseran% seigneur de Mansencôme, Moncla 
et La Tour. 

Marguerite de Martres, dame de la Salle et de La Roque, 
mariée avec messire Antoine de la Duguie , chevalier , sei- 

' Archives de Magnas. 

• Armes des Lasseran : d'argent à la fasce de gueules, chargée de deux tours d'or. 



EN l'année 1787 191 

gneiir du Bosc et de Noaillac, eut une fille unique qui épousa, 
le 6 décembre 1587, au château du BosC;, près de Tournon en 
Agenais, Jehan 1^'' de Vivant, seigneur de Doyssat^ 

Jean de Mauléon, seigneur de Francon, épousa, le 15 no_ 
vembre 1592, Geneviève de Martres. Leur fille, Marie de 
Mauléon, fut mariée avec Urbain de Noé, gouverneur des 
Quatre-Vallées, nommé le 3 mars 1607, mestre-de-camp 
d'un régiment d'infanterie. 

Pierre-Paul de Martres, seigneur de Martres, Haumont, et 
Ganties, était, en 1636, capitoul de Toulouse. 

Paul de Martres, seigneur de Benque et de Gélat, capitoul 
en 1646, et Alexandre de Martres, seigneur de Haumont, don- 
nèrent, le 7 avril 1689, le dénombrement de leurs fiefs nobles 
et furent maintenus dans leur noblesse par ^I. Langlois, 
intendant de la Généralité de Montpellier, le 29 mai 1715. 

Jean et Pierre de Martres, seigneurs de Beaulieu, dans la 
juridiction de Lussan en Comminges, ayant présenté leurs 
preuves écrites depuis 1588, furent déclarés nobles, par M. 
Le Gendre de Monclar, à Montauban, le 17 août 1716. 

Catherine de Martres, dame de Loupian^ mariée avec mes- 
sire.de S'-Sivier, seigneur de Montant, eut une fille, 
Philiberte de S^-Sivier, qui vivait encore en 1718. 

Dans le rôle des ((.Nobles et sujets au ban dans la Sénéchaus- 
sée d'Armaignac au wi^ siècle^ y), on trouve mentionné le 
sieur de iMartres de là Lomaigne. 

Joseph de Martres, seigneur de Beaulieu, dans le Comminges, 
fut convoqué à l'Assemblée de la Noblesse, tenue à Muret, en 
1789, avec Jean-François-Ignace de Martres, écuyer, et le 
chevalier de Martres. 

Ils portaient pour armoiries : Ecartelé aux premier et 
dernier d'argent, au lion rampant de sable ; aux deuxième et 
troisième de gueules, à une meule de moulin d'argent^. 

' Magen. 

' Archives de Magnas (Gers). 

3 Nobiliaire Toulousain. 



192 NOBLESSE DE LOMAGNE 



LAYRAC 



LE S. DE Ste-COLOMBE 

Plusieurs personnages, appartenant à des familles anciennes 

et illustres du ]\Iidi, avaient porté le nom de S^'^-Golombe. 

Ce village, près de La Plume, avait reçu ses coutumes en 

-12681. 
Jean de Montagu de Mondenard, baron de Moncault, était, 

avant 1451 , seigneur en partie de S^c.Colombe, ainsi que son 

fils François. 

Vers 1528, Arnaud du Bouzet, marié avec Marie de Loze, 
fille d'Henri de Loze, seigneur de Marin, et de Catherine de 
Sérilhac, avait le titre de co-seigneur de Roquépine et de 
S'c-Colombe, qu'il transmit à ses héritiers. L'un d'eux, Jean 
du Bouzet, gouverneur du château de Ham, éleva dans la 
ville de La Montjoye, le couvent des religieuses de S^-François 
et testa le 17 décembre 1612. Son fils Michel, gouverneur du 
Château-Trompette, à Bordeaux, prit une part active aux guer- 
res de la Fronde. 

Au xviiie siècle, les Laclaverie^, originaires de La Plume, 

» Bladé, Tholin. 

' Dans la collection des Sceaux aux Archives des Basses-Pyrénées, l'empreinte des 
armes de Jean-Nicolas de Laclaveric, placée sur un dénombrement, daté de Brax, le 21 
mai 1777, présente le cartouche suivant : parti au l" coupé à l'aigle cployée, au 2° échi- 
riueté de gueules, au 2« coupé, d'or au lion rampant ; timbré d'une couronne de Marquis, 
supporté à dextre d'un aigle essorant, et à snnestre d'un lévrier assis. Les Laclaverie de 
Soupcts portaient : écartelé, aux t»' et 4« de gueules, à 3 bcsans d'or, aux 2" et 3» d'ar- 
gent à une couronne d'épines de sinoplc, sur le tout, d'argent à la bande d'azur, chargée 
de 3 tètes de lion d'or, lampassées de gueules. Jean François de Laclaverie-Soupets, sei- 
gneur de Laclaverie, archidiacre de S'»-Marie d'Auch, mit, le 18 novembre 1747, sur un 
dénombrement, fait à Auch, son sceau ainsi blasonné : d'argent à la bande d'azur, char- 
gée de 3 tôles de lions d'or arrachées et lampassées de gueules, avec couronne de marquis. 



EN l'année 1787 193 

avaient succédé aux Du Bouzet, en qualité de seigneurs de 
S^'^-Colombe, et Messire Jean Nicolas de Laclaverie, seigneur 
de Ste-Golombe et de Brax, vota à l'Assemblée de la Noblesse 
d'Agenais pour l'élection des députés aux Etats-Généraux ^ 

Une branche des Montesquieu s'appelait aussi Stf-Colombe ; 
elle avait pour tige, Jean Gaillàrdon, lils de Barthélémy de 
Montesquieu, seigneur de Salles et de Marsan, en 14G0. 

Ce nom se trouvait encore dans l'illustre famille de 
Lomagne-ïerride, et dans celle d'Esgarrebaque en Béarn, 
qui a donné au xvp siècle un gouverneur de Plaisance (Italie), 
lieutenant de Lautrec, maire de Bayonne, et un vaillant 
guerrier, Jacques d'Esgarrebaque-Stc-Golombe. Il défendit 
liéroïquement Oléron contre le liaron d'Arros. 

En 1751, Monsieur de Vie de St^^-Golombe était prieur 
d'Antignac, au diocèse d'Alais. Il succéda à François de Gros- 
solles, abbé de S'-Sever-Cap, seigneur de S'-Martin « où il 
avait été enterré dans le sanctuaire de la dite Eglize, annexe 
de Mauroux, près Lectoure, le 8 juin 1750'' ». 

Une autre maison de S'c.Qolombe était fixée dans le Beau- 
jolais, depuis 1200 ; elle avait foui'ni, outre un grand nombre 
de chevaliers, baillis, grands-croix de l'ordre de S'-Jean de 
Jérusalem, plusieurs clianoines et comtes de Lyon. L'un d'eux, 
Guichard de S'e-Coloml)e, mourut le 11 janvier 1228. 

Cette famille subsistait en de nombreux rameaux : celui 
des seigneurs de Poyet, qui avaient pour armes : écartelé 
d'argent et d'azur ; celui des marquis de l'Aubépine, dont le 
blason était : écartelé aux premier et quatrième d'azur à trois 
bandes d'or, aux deuxième et troisième, d'or à la tour de 
gueules. 

A ce dernier appartient Hector-Léonard de St*^-Golombe de 
l'Aubépine, chef d'escadre des vaisseaux du Roi, et lieutenant 
général de ses armées en 1772^. 

' J. de Hoiii rousse de liallbie. 
2 Arcliivcs de Flaiiiarons (Gers) 
^ Etreiines de la Noblesse, 1773. 



194 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Enfin il y avait encore les branches de S^-Priest, du Thil, 
de Nauton, de Cadirac, de ïournade et de Boissonnade 
d'Astugue* ; les Ste-Coloinbe, issus de Jean-Baptiste de 
Ste-Colombe de Boissonnade^, seigneur d'Astugue, trésorier 
général de France au bureau des finances de la Généralité 
d'Auch en 4741, habitant Layrac en Bruilhois, subsistent 
encore de nos jours. 

Les Laclaverie de S^'^-Golombe de Layrac occupaient, depuis 
longtemps, une situation importante dans le Bruilhois. Le 
août 1415, Jean de Laclaverie était, avec Arnaud d'Audebert, 
consul du Saumont, et il fut chargé, en cette qualité, de rece- 
voir noble Jean de La Serre, comme procureur, envoyé par 
^larguerite d'Albret'-. Ses armes étaient : d'azur à trois co- 
lombes d'argent, deux et une, et au croissant du mèjiie, en chef. 

S^'^-Colombe fut érigé en marquisat vers 1789. 

Les d'Avon de Gollongue-Stc-Colombe avaient pour armes : 
d'azur au chevron d'argent, accompagné de trois étoiles de 
même; écartelé de gueules à un pont aux deux arches d'or, qui 
est de Ponte vez. 

En Languedoc, Guillaume do S^^^-Golombe, seigneur d'Oupia 
et de Laval-de-Dagne, lit, avec son fils Pierre, ses preuves de 
Noblesse remontant à 1415, devant Monsieur de Besons, qui 
les maintint comme gentilshommes, par jugement souverain, 
rendu le '23 septembre 16G9. Gette famille portait pour ai- 
moiries : d'azui' à trois bandes d'or ; écartelé d'or, à une tour 
de gueules 3. 

Les S^c-Golombe-Boissonnade-d'Astugne se sont alliés aux 
Le Venier de Pouylehaut, Glaret de Fabas, Montesquiou-la- 
Boulbène, KerHvio de Brandrion, de Redon et autres bonnes 
familles appartenant à la Noblesse*. 

' François de S*e-Colombe, ccuyer, fit registrcr, à Bazas, le '2() sfiitcmbre 1098, ilaiis 
Tarniorial {général de France, ses armes (ini étaicMit ; do gueules à deux ci)loiiities d'ar- 
gent [lassantes l'une sur l'autre. 

' J. de Hourroussc de LafTorc. , 

3 Armoriai de Hrémond. 

* La Géiiéalo(jie des S*^'-Colo)nbe a (•lé publiéf dans h- Nobiliaiic di- riujcnnp cl Gascogne, 
par O'r.ilvie. 



EN l'a.\nki<: 4787 d95 



LAYRAC 



LE S. DU LYON 

L'abbaye de Moissac possédait, dans la paroisse de ►S^e_]\Xade- 
leine del Corn, des fiefs dont les terres furent reconnues, en 
4296, 4307 et 4334, appartenir à l'aljbé de ce monastère. Le 
couvent les aliéna plus tard, et ils formèrent une seigneurie 
dite de Vidounet, dont Jean du Lion fit hommage au Roi, en 
4464, et que Georges du 4ion déclara dépendi^e de l'abbaye, 
l'année suivante. 

Jean et Georges du Lion appartenaient à une ancienne 
famille de Moirax, depuis longtemps annoblie, puisque Ber- 
nard del Léo, notamment, prêta serment de fidélité^, le 45 
janvier 4364, avec les liabitants deMoissac, au roi d'Angleterre, 
dans les mains de Jean Chandos. 

Georges du Lion, dit le capitaine Vidounet, rendit son 
hommage au Roi, le 5 octobre 4555, pour les seigneuries de 
Vidounet, ^lilhole et Landorre. Ce Georges du Lion, seigneur 
de Gorn,Gasques et Golonges, avait épousé, en 4524, Antoinette 
de Bar de Meauzac, qui lui porta la seigneurie de La Bastiole 
en Agenais. 

Fils de Guillaume du Lion, seigneur de Ferrussac, Gasques, 
etc., et d'Agnès de Loniagne, Georges du Lion- Vidounet 
accompagna Monluc en Italie, se fit remarquer par son cou- 
rage, et fut tué, en 4568, dans une sortie contre les ]\Iontalba- 
nais,qui avaient tenté de surprendre Castelsarrazin, où il com- 
mandait; chevalier de l'Ordre du Roi et capitaine de 50 hommes 
d'armes, il était neveu du vicomte de Lomagne-ïerride, et 
c'est ainsi que le désigne Monluc, dans ses mémoires ^ 

^ Mémoires de Jean d'Antras. 



196 NOBLESSE DE LOMAGXE 

Marie du Lion, tille de Georges du Lion et d'Antoinette de 
JBar, porta en mariage, le 17 juillet 1582, la seigneurie de 
Vidounet à Jean-Louis de Lostanges, gentilhomme ordinaire 
de la chambre du Roi, seigneur de Puydrèges ; leurs descen- 
dants conservèrent cette terre jusqu'en 1783. 

Les du Lion avaient leur tombeau dans l'église de la 
Madeleine del Corn, annexe de S^-^Iartin de Moissac, et 
Guillaume du Lion, mari d'Agnès de Lomagne, ordonna, 
dans son testament du 31 août 1524, sa sépulture «au tombeau 
de ses prédécesseurs dans l'église de la Madeleine, s'il vient à 
mourir dans sa maison del Corn^ » 

Noble Guillaume du Lion acheta, le 17 juillet 1497, de Jean 
de Grossolles, seigneur de Gaumont, Gayssanès, S'-Arroumex 
et Asques, la moitié des dimes de Gayssanès, moyennant 300 
livres tournois. 

Guillaume du Lion, de la famille de Vidounet, était seigneur 
de Gasques, en Agenais, dès 1495. Il transmit cette seigneurie 
à sa postérité qui en jouissait encore en 1789 

La seigneurie de Bruniquel était venue aux du Lion par le 
mariage de Jean-Paul du Lion, seigneur de Gasques, avec 
Marie-Pvoger de Comminges, vicomtesse de Bruniquel, le 19 
mars 1619. 

Guy du Lion de Gasques, vicomte de Bruniquel, avait pour 
femme Jacquette de Corneilian, tille d'Amaury de Gorneillan, 
baron de Mondenard. 

Pons (ou Paul) du Lion, seigneur baron du Belcastel, veuf 
de Marie de Syreuilh, épousa, le 15 février 1657, Damaris de 
Vivant; leur lille Juditli, Louise du Lion, dame de Siorac, se 
maria, le 19 janvier 1697, avec Barthélémy de La Verrie, sieur 
de Sainte-Rade^onde. Paul du Lion avait vendu, le 10 mai 
1650, les trois quarts de sa tori'e de Belcastel à l\achel do 
La Verrie-. 

Jean du Lion de Gasques était, en 1658, prieur de Golonges, 

' Maiilcii(|. Iloniineiilx liisliirii/ues sur le Tani-el-Giironne. 
■•' Ad Maxell. 



EX l'année 1787 197 

prés Moissac. Quoique le Roi fût seigneur de Golonges, 
plusieurs membres de la famille du Lion s'en qualifièrent 
aussi seigneurs, depuis Guillaume du Lion, en 1495, jusqu'à 
Jean du Lion, vicomte de Bruniquel, seigneur de Gasques et 
de Golonges, qui prend ces titres dans son testament, le 8 avril 
1752. 

Louise-Galiotte du Lion de Gomminges était mariée, avant 
1703, avec Hector d'Ouvrier de Bazus, président de laGhambre 
des requêtes au Parlement de Toulouse. 

Marguerite du Lion épousa, en 1700, Louis, seigneur de 
Fages, capitaine dans le régiment d'Auxeri'ois. 

Marie du Lion de Gasques, mariée avec Antoine de Re- 
gnauld, seigneur de Maurel, eut une fille nommée Marguerite, 
qui donna sa main, en 1720, à Gabriel de Testas, sieur de 
Guitai'd; elle lui apporta la seigneurie de Maurel, près 
Sigonhac en Agenais. 

En 1789, Jean-Heni-y du Lion, seigneur de Gasques, assista 
à l'Assemblée des trois ordres tenue à Agen, pendant le mois 
de mars. 

André-Etienne du Lion, chevalier, iiabitant Layrac, vers 
1782, était marié avec noljle Anne Descanaux, d'une ancienne 
famille de Nérac'. 

Nous ne savons si les du Lyon d' Agenais avaient un lien 
d'origine avec les du Lyon de ^larsan, seigneurs de Gampet- 
Geloux, .Leu, Bezaudun, Malause, L'Isle, Besle, Canet, 
Vieille-Secure, Gareins, Viannes, Gazeaux, etc.. Gette famille, 
connue dans les Lannes, dès l'an 1150, est mentionnée par 
Froissard dans son curieux voyage vers le Midi de la France. 
Elle s'est alliée avec les Ségur, Bourl)on-Lavedan, Arsac, Ber- 
goignan, Mal vi rade, Lons, Mauléon, Gap tan. Luxe, Juillac, 
Spens, Ferragut, Navailles, Baylens, etc.. D'après la tradition, 
cette maison tirait son nom de la terre de Leu, près Morlas, 
au diocèse de Lescar ; elle descendait de Raymond-Arnaud 



' Les armes des Descanaux étaient : l'arti au premier de sinople à trois clievrons brisés 
d'argent, posés l'un sur l'autre ; au deuxième d'azur, a la licorne effarée d'argent. 



108 NOBLESSE DE LO.MAGNE 

du Lyon, témoin, en 1150, de la fondation du Prieuré d'Ordias, 
par Pierre, vicomte de Béarn. 

Spain du Lyon, gouverneur du ^Iont-de-Marsan,de Pamiers, 
du comté de Foix et du château d'Orthez, fit liommage, le 
21 juin 1390, au vicomte de Béarn, « pour les terres qu'il pos- 
(( sécloit, avec son fils, dans le pays Béarnois du chef d'Antoinette 
« de Nav ailles, sa femme, sœur de noble Manaud, seigneur de 
« Navailles^ y<. 

Sous Louis XI, Gaston du l^yon, vicomte de l'Isle et mari de 
Jeanne deLavedan, était sénéchal de Toulouse et d'Alby^. Son 
frèi'e, Pierre, devint archevêque de Toulouse, et Gaston, son 
autre frère, fut sénéchal de Guyenne, de Saintes, des Lannes 
et du Bazadais. 

(( Isabeau d'Armagnac, dame des Quatre-Vallées, en consé- 
quence de la donation de son frère, Jean 111, comte d'Armagnac, 
tué à la prise de Lectonre, par l'armée du Boi, en 1473, fut 
sauvée de la ville par Gaston du Lyon, vicomte de Lavedan, 
sénéchal de Toulouse et d'Allé y, mestre de camp dans l'armée 
Boyale. 

((. Il mena Isabeau, avec tous les honneurs qui lui étaient 
dus, en son château de Malause, où il la traita le mieux qu'il 
lui fut possible, pendant près d'un mois. 

« De là il la lit conduire dans le Pais des Quatre-Vallées, 
dont elle jouit pendant environ deux ans, qu'elle vécut, au 
bout desquels elle lit son testament, et en reconnaissance des 
bons traitements qu'elle avait reçus du même Gaston, elle le 
fit son héritier universel, tant dans ses teri-es des Quatre- 
Vallées, que dans sa portion patrimoniale des comtés d'Arma- 
gnac, de Bodez, de Périgueux et autres biens de sa maison. 
Elle décéda peu de jours après, et Gaston du Lyon, héritier 
d'Isabeau, posséda les Quatre-Vallées de 1475 à 1486, (pi'il 
décéda^, t) A la mort de sa fille unicpie, le pays des Quatre- 
Vallées lit l'otourà la couronne de France. 

< I>||n/.inr. 

^ l.ciir tille iiiii(|iio, Lnuiso, vicdiiitcssc (te Lavodaii, épousa, li- ;2I février MS'.l, C-liarlos t 
(If lîdinboii, lits naturel de Jean il de lîourbou, lijfe des seijjueiirs de Torrchren, (l(>s 
viconilcs de Lavedan cl des Miar(|uis de Malau/.e. 

^ Uoni HruL'elles. 






EN l'année 1787 199 

l.e 19 juillet 1409, Annette du Lyon était femme de noble 
et puissant seigneui-, Etienne de Béarn, Ijaron du Saumont. 

Louise du Lyon, le 30 juin 1518, est qualifiée de Dame sei- 
s^neuresse de Lavedan. 

Jean-David du Lyon, marié avec Eléonore de Baylens- 
Poyamie, seigneur de Gampet, Geloux et Gazeaux, chambellan 
des Roi et Reine de Navari'e, leur sénéchal en Marsan, 
Tui'san, Gabardan et dans la baronnie de Gaptieux, fit, en 
cette qualité, le 12 juin 1557, la vérification des privilèges du 
Béarn. 

Les armoiries des du Lyon de Gampet-Geloux sont : d'or au 
lion d'azur, armé et lampassé de môme, avec la devise : 

Léo rugit et non timebit. 

Leur château de Gampet en Marsan est l'ancienne forteresse 
1 où commandoit Gaston du Li/on, dit le capitaine Gampet, 
(( lorsqu'il voulut, en 1581, s emparer du Mont-de-Marsan, 
« pour piller la ville avec Jean de Lissalde, Jehan d'Audigeos 
a et aultres huguenots^. )> 

Louise du Lyon épousa, le 20 avril 1555, dans le château 
de Genouilhac, Antoine de Touchebœuf-Beaumont, seigneur de 
Ferrières. 

Jehan du Lyon de Gampet fut gratifié jjar Henry IV, le 31 
mai 1008, d'une somme de 1000 livres à prendre sui' les biens 
saisis des l'ebelles d'Armagnac, du Bazadais et du Gondo- 
mois-. 

Henri du Lyon, décédé le 17 septembre 1089, avait été 
capitaine dans le régiment de la marine. 

Jean-Pierre du Lyon, seigneur de Besle et de Labatut, 
capitaine d'infanterie au régiment de Guiche, fut tué au siège 
de Kehl, en 1703, 

Alexandre du Lyon, seigneur de Gampet-Geloux, était, au 
commencement de 1714, lieutenant dans le régiment de 
Coëtquen. 

' Revue île Gascofine, ISSI. 

2 Armoriai des Landes, par A. de Cauiia. 



200 NOBLESSE DE LOMAGNE 

La baronnie de Gampet avec les seigneuries de S"^-Groix, 
Rague, S^-Martin et Gélos fut érigée en marquisat, le 15 
novembre 1731, pour Pierre du Lyon, seigneur de Geloux et 
Garreins, fils d'Alexandre du Lyon et de Jeanne de miasme*. 
Cette seigneurie était venue aux du Lyon par le mariage de 
Jean du Lyon, seigneur de Viane, avec Marguerite de Lexe, 
au milieu du xive siècle. 

Jacques du Lyon, capitaine dans le régiment de Goëtquen, 
lils de Mathieu du Lyon, seigneur du Bosc, et de Romaine 
d'Abadie, mourut de ses blessures au siège de Lille, en 1708. 

Marie- Angélique du Lyon, fille d'Alexandre, marquis du 
Lyon de Gampet-, et de Gorisandre de Lons^, prit pour mari, 
dans l'année 1738, noble Jean-^Iarie de Prugue*, seigneur de 
Gaillauet de Baquera^. 

Pierre-Gaston du Lyon, marquis de Gampet et Geloux, 
chevalier, ancien page de Sa Majesté, se remaria avec made- 
moiselle Marie de Goui'gues'', après avoir perdu sa première 
femme Louise dePujoUé'de Juliac, dont il avait eu Gatlie- 
rine du Lyon, baronne de Labatut, près Tartas, qui épousa le 
vicomte de Gourgues, seigneur de Lanquais. 

Laurent-Marc-Antoine du Lyon, marquis de Gampet, che- 
valier de S'-Louis, sous-lieutenant dans la compagnie de 
Gourteille, assista, en 1789. à l'Assemblée de la Noblesse des 
Lannes. 

Le château de Gampet-Geloux, près de Mont-de-Marsan, 
appartient encore à la famille du Lyon. 



' Armes des de Mesme-Ravignan : Ecartclo au premier d'or au croissant de sable, aux 
deuxième et troisième d'argent à deux lions passant de gueules, au riuatrième d'or à une 
étoile de sahle, au chef de gueules. 

Les .Mesme anciens portaient : d'or au croissant de sable. 

* Grand sénéchal de Marsan, Tursan et Gavardan en 1733. 

3 Armes de de Lons : d'argent au pin de sinople, sur une terrasse de même, côtoyé à 
dextre, d'une étoile d'azur, et à seneslre d'une ourse de gueules. 

' Armes des de Prugtie : d'azur, à deux lions atTrontés d'or, armés et lampassés de 
gueulrs, supportant une ancre d'argent. Les de Piugue étaient seigneurs de Cézéron, 
Baquera, Micarrére, Caillau, .Maichcn, .Marin et Lazarinx (dans les Landes). 

^ Archives de la maison du Lyon. 

" Armes des Gourgues : d'azur, au lion dor. 

' Armes des Pujollc : de gueules au porc-épic d'or. 



EN l'année 1787 201 



LAYRAC 



LE S. DE BARRAU 

Ti'ois messieurs de Barrau parurent à l'Assemblée des trois 
ordres à Lectoure en 1790, et tous portaient des armoiries 
différentes. Le comte de Barrau avait pour blason : d'azur, à 
trois sceptres royaux d'or, mis en trois barres, à la bande de 
gueules, brochant sur le tout ; c'était les mêmes armes que 
possédait, en 1531, un sieur de Barrau, chevalier de ^lalte. 
L'écusson du chevalier de Barrau, en 1787, était : de gueules 
aux deux lions léopàrdés d'or, l'un sur l'autre^ surmontés de 
deux étoiles d'argent. 

Enfin le baron de Barrau avait à peu près le blason du 
comte de Barrau, mais il supprimait la bande de gueules 
brochant sur le tout. 

Une famille de Barrault, du Languedoc, avait dans son 
écusson une croix d'or, cantonnée de quatre soleils de même, 
sur fond d'azur. 

Bertrande de Barrau, fille de Pierre de Barrau, co-seigneur 
d'Andiran en Albret, et de Marie de Noaillan, épousa, le 31 
juillet 1556, au château de Poudenas, près Mezin, Auger de 
Gaubios, lieutenant du roi en Languedoc, gouverneur de 
Garcassonne^ 

Vers 1560, Jeanne de Barrau était mariée avec noble Pierre 
de Morville, seigneur de Brazalem, dont le grand-père fut mis 
en possession de ce fief par Gharles II, sire d'Albret, comte 
de Dreux et de Gaure, vicomte de Tartas en 1470. 

Pierre de Barrau, conseiller au présidial d'Angouléme, 

' Ad. Masen. 



202 NOBLESSE DE LOMAG.NE 

avait dans ses armoiries : trois croissants d'argent, posés deux 
et un, sur fond d'azur, à la palme d'or en pal. Son fils, nommé 
échevin le 5 octobre 1629, signa, le même jour, au grelïe de 
l'Election, la promesse «. de vouloir vivre noblement^ . i> 

Un comte de Barrau était, en 1637, gouverneur du comté de 
Foix-. 

Messieurs d'Abadie de Barrau habitent actuellement le châ- 
teau de Gastex, près de Gazaubon (Gers). G'était un manoir 
fortifié, commandant la plaine du Midou et défendant la petite 
place de Monguilhem. 

Leurs armoiries sont : d'argent à la bande d'azur, chargée de 
trois étoiles d'argent, accompaguées de deux lions de môme. 

Une famille de Barrau de Lacassagne s'est perpétuée à Lec- 
toure jusqu'à nos jours. 

(( Arnaud de Barrau figui'a comme téuioin, avec Raymond 
de Lamote, Guileran de la Molères, Sicard de Mons, Jean de 
Gassagnac, Pierre de Laborie, Gausbert de Bernard, Denis de 
Vignes, Guillaume de Penne, Guiraud de VeiYlier, Bernard 
d'Artigavadal et les consuls de la ville d'Auvillars, Jean de 
Poupas, Etienne de Lapierre, Jean Delpey, Jean Goussan et 
Arnaud Raymond, au serment réciproque du comte d'Arma- 
gnac, seigneui' d'Auvillars, et de la communauté dudit lieu, 
avec approbation et conlirmalion des coutuQies, prononcé 
solennellement dans le monastère de S'-Pierre, le 15 juillet 
1387, devant les seigueurs de Bail^asan, de Manihan, de Gi- 
mat, de Gocumont, chevaliers, de GrossoUes, chancelier 
d'Armagnac, de Galvarupe, secrétaire du comte, et de Varanges 
et Meyde, notaires du Roi^. « 

On connaissait, à Toulouse, la famille de Bari'au, (|ui 
comptait |)armi ses membres un capitoul, seigneur de Mervilla 
en 1323. 

Un de ses descendants, seigneur de Montégut, dans le Com- 
minges, fut confirmé dans sa noblesse, [)ar jugement rendu, 

' Nobiliaire du Limousin. 

' Annales de Pamiers. 

^ Vicomte d'Auvillars, par Lagrèze-Fossat. 



EN l'année 1787 203 

sur la proposition de j\I. Le Gendre, intendant de la Généralité 
de Aiontauban, le 'i'i juillet 1700. Il fit enregistrer ses armes 
(jui étaient : de gueule à deux lions léopardés d'or, superposés, 
surmontés de deux cloches d'ai'gent. 

Son fils, Bernard de Barrau, seigneur de Montégut, Fronti- 
gnac, Samouilhan, dénombra ses fiefs nobles devant les 
capitouls, comme habitant de Toulouse, le Tl avril 1744. 

Pierre-Elisabeth-Denys de Barrau, seigneur de Montégut, 
fut présent à l'Assemblée de la Noblesse du Gomminges, tenue 
à Muret le 10 avril 1789, ainsi que le chevalier de Barrau- 
]\lontégut, son frère. 

Un seigneur de Muratel en Rouergue, du nom de Barreau 
(Jean-Jacques)_, avait énuméré ses fiefs nobles, le 20 octobre 
1737, devant les trésoriers-généraux de France, en la Généra- 
lité de Montauban. 

Jean-Jaubert de Barrant, archevêque d'Arles *, en 1612, 
timbi'ait les livres de sa bibliothèque avec l'écusson suivant : 
d'or, à la croix de sable chargée de cinq coquilles d'argent-. 

Les Barrau d'Esparron portaient comme armoiries : d'or 
(alias d'argent), au lion de gueules ; d'autres Barrau chai- 
geaient leur écusson de trois fasces de sinople. 

G'est à la famille des Barrau, seigneurs du Pairon, en Gon- 
domois, qu'appartenait Bertrand de Barrau, chanoine de 
Gondorn, prieur de Perle, abbé de Bouillac, devenu, en 1579, 
évoque de Pamiers. 11 eut pour successeui', Joseph d'Esparbès 
de Lussan^. 



' Nobiliaire Toulousain. 

- Armoriai du lîiMiophilc. 

3 Annales de Pamierx, par Laliouilcs. 



204 NOBLESSE DE LOMAGNE 



LECTOURE 



LE S. DE St-GERY 

Le baron de S'-Créry fut le doyen de l'Assemblée des gentils- 
lioiiimes, el président élu par la Noblesse de la sénéchaussée 
d'Armagnac, en l'absence du marquis d'Angosse, grand 
sénéchal, le 18 mars 1789. 

La maison de S^-Géry, d'origine espagnole, suivaid la tradi- 
tion, était ancienne et bien apparentée. Elle possédait de 
vastes domaines dans le Lectourois, l'Agenais, le Fesensaguet 
et le comté de Gaure. Une alliance avec les Galard de l'Isle- 
Bouzon lui avait apporté la seigneurie de la ^lothe-Ando, la 
moitié de celles de Brugnens, d'IJrdens et d'Aurenque, entin 
la baronnie de Magnas (entre Lectoure et Castelnau-d'Arbieu), 
où les St-Géry résidèrent longtemps. Cette terre, faisant 
primitivement partie du grand fief de l'Isle-Bouzon, passa 
par mai'iage, plus tard, aux S'-I^éonard, aux J^avalette, aux 
Noé, et elle revint, en 1785, à la famille de Galard, qui la 
possède encore aujourd'luii avec celle de La Motlie, provenant 
aussi des S'-Géry, mais acquise postérieurement. 

De 1488 à 1689, les S^-Géry portèrent le titre de barons de 
Magnas ; une terre, du même nom, pi-ès Agen, appartenait en 
même temps, à une autre branche de cette famille. 

Antoine de S^-Géry, seigneur de La Mothe-Ando et de 
Magnas, épousa le 5 juin 1503, Marguerite de S'-Lary, sœui- 
du maréchal de Bellegarde, et tante de Roger de S^-Lary, duc 
de Bellegaide, marquis de Beuvron, grand écuyer de France. 

La scimi- d'Antoine de S'-Géry se maria, en 1570, avec noble 
François de Bourrousse, sieur de Laffore. 



EN l'année 1787 205 

Charlotte de S^-Géry prit pour époux, le 9 janvier 1639, 
François de Galard, seigneur de l'Isle-Bouzon, en Lomagne. 

Jean de S^-Géry, baron de Magnas, lieutenant-colonel au 
régiment de Picardie, vendit, le 2 juin 1596, à Jean de Lary, 
seigneur de La Tour, les droits seigneuriaux exercés par le 
seigneur de Magnas , sur le domaine d'Aurenque ^ ; il mourut 
en 16'2!2, d'une blessure reçue au siège de Montpellier, laissant 
une veuve, Marguerite de Laas-, dame de la Mothe, belle- 
sœur de Guy de Goalard, seigneur de Gastelnau-d'Arbieu. 

Joseph de S'-Géry naquit, vers 1590, au château de Magnas, 
et y décéda en 1674. Il avait été commandant du régiment 
de Guyenne, pour le duc d'Epernon, lieutenant au gouverne- 
ment de Lectoure, et il se trouva gravement compromis dans 
la conspiration de Ghalais. Ayant sauvé sa tête à grand'peine, 
il se retira, au commencement de l'année 1642, dans son 
manoir de Magnas, où il ne s'occupa plus que d'œuvres 
littéraires. 

Il écrivit plusieurs volumes de poésies, en français et en 
latin, entr'autres les a Essais de Messire Joseph de S^-Géry, 
(( seigyieur de Magnas, mélange de prose et de vers'^ ; » « Ma 
iL félicité'^, » etc. Il avait épousé, en 1617, Jeanne de MontauU, 
fille du co-seigneur de Gastelnau-d'Arbieu. 

Un de leurs descendants, désigné sous le nom de Magnas, 
de Lectoure, eut un sonnet couronné par la société des Lau- 
ternistes de Toulouse, en 1703, rivale de l'Académie des Jeux 
Floraux"'. 

A l'époque où Jose[)h de S^-Géry oubliait à Magnas, au 
milieu de ses occupations poétiques, la vie et le tumulte de la 
Cour, Guillaume d'Astros, le poète gascon, était curé de 
S'-Glar, petite ville voisine de Magnas, et il rima plusieurs 
pièces de vers en l'honneur de Monsieur et de Mademoiselle 

' Voiici.'l uclc à rAppcrulicc. 

- AiiiR's (les Laas : Ecaitolt; aux prt;inicr ut (|iialrièine d'or an Hun de gueules, aux 
deuxièine et troisième, d'azur à la levrette rani|)aate d'argent. 

^111-4", 1(563, cliez Thomas Jolly et Louis IJillaine. 

* Chez Antoine Vitré, à l'aris, IG(J2. 

* Voir à l'Appendice. 



206 NOBLESSE DE LOMAGNE 

de Magnas, et des belles eaux de leur domaine, auxquelles il 
avouait, malgré leur limpidité, préférer le vieux vin des caves 
du château 1. 

Jean de S^-Géry, baron de Magnas (fils de Joseph), avait 
épousé, le 3 novembre 1645, Marguerite de Montesquiou; leur 
fille unique, Marie de S^-Géry, devint, le 19 janvier 1689, 
marquise de Sérillac-S'-Léonard, et apporta à son mari la 
l)aronnie de Magnas; un lils de Joseph de S^-Géry, Alain, 
fut, en 1725, abbé de Flaran, archidiacre de S^-Gervais et 
vicaire-général de Lectoure. Jean-Joseph de S^-Géry (qui est 
enseveli dans la chapelle du château de Magnas), fils de mes- 
sire Alain de S^-Géry et de M. de Galard de l'Isle-Bouzon, 
fut abbé de Nogent-sous-Grécy, et devint un orateur fort estimé 
en son temps. Premier aumônier de Madame (Elisabeth- 
Gharlotte de Bavière), décédée le 8 décembre 1722, il prononça 
le discours d'usage, en présentant le corps de cette princesse 
à la portede S^-Denys^. Très bien en Cour et jouissant d'impor- 
tants bénéfices, Jean-Joseph de S'-Géry faisait de fréquents 
séjours à Magnas dont il répara la chapelle. Sa parente, qui 
était sœur Carmélite à Lectoure (Marie des Anges de S'-Géry), 
janséniste outrée, mais instruite et spirituelle, soutenait avec 
lui de violentes discussions où l'abbé n'avait ' pas souvent 
l'avantage. A ses conseils d'humilité et de soumission, elle 
répondait avec logique et énergie: i.( Se ménager, s'accommoder 
« au temps, quand il s'agit de la foi, quelle honte '? Mon 

1 I..\ IIOINT DE M.V.NAS 

La lliiniil lie Mwjniis es plan hero 
Tous oiii'ils lie lien ijà iiraiin leva. 

El se iniron en sa beroii. 
Mes, certo si nous caii lienqueslo, 
Nas, mus, pots, dents, gniif, leiKjouo et tout iiiu resto 
Depauson que Ion liin île Maiiiias es niilloii 

E mes si lou pourtur ilepausn. 
Nous ilirnjnmès auto causa. 
Poésies Gasconnes, t. ii, pa^'c \'M\. Ed. de Tross. 

' Cl' disrdiirs est r:i|i|iiii II'' iImiis IcN /i()r///y/('///.s' llisloriijiiex sur lu ninisitn de Cnlnid. 
t. II, par M. Niiiileiis. 



EN l'année 1787 207 

(( grand-père et le vôtre, un des grands génies de son siècle, 
(( était bien éloigné de s'accommoder à ceux qui voulaient 
(( introduire l'erreur ; au contraire, il s'élevait avec force 
« contr'eux. Au temps de la grande alTaire du jansénisme, les 
(( pères capucins le craignaient si fort que pas un n'osait s'ap- 
(( procher de Magnas, où il demeurait ordinairement )■>. 

Sœur Marie mourut, le 2 décembre 1733 au Carmel d'Agen, 
où elle avait dû se rendre en exil, par ordre de l'abbé ^Mon- 
plan, aum(Hiier de ce couvent et ancien aide-major au régiment 
de Meuse, qui Jie lui laissa pas le temps de voir, avant de 
partir, son fi-ère M. de La Mothe-S^-Géry, ni les dames de 
Lectoure qui voulaient lui dire adieu*. 

Françoise de S*-Géry, dame de Pauillac, près Fleurance, 
veuve de messire Antoine-Gabriel de Galard-Saldebru, che- 
valier, seigneur dudit lieu, céda, le 10 décembre 1783, une 
partie de la seigneurie de Pauillac à François-Saturnin de 
Galard, marquis de Terraube. Peu d'années après cette vente, 
le château fut détruit-, les jardins changés en prés et guérets, 
mais on l'especta la sépulture de la famille de Galard, placée 
sous un des bas-côtés de l'église S'-Oi-ens de Pauillac. Dans 
ce caveau se trouvaient inhumés Jeanne de Bérailh, née de 
Galard (1564), Catherine de Bérac, femme de Gaillard de Ga- 
lard (1576), Jean-Paul de Galard, seigneur de Pauillac (1609), 
^larguerite de Montant, femme de Jean-Paul de Galard (1602), 
Brandelise de Galard-Terraube, seconde femme de Jean-Paul 
de Galard, Jean-Bernard de Galard-Pauillac, capitaine de 
cavalerie au régiment de Galard, du comté de Gaure (décédé le 
24 mars 1693), Bei-nard de Galard, seigneur de Pauillac et de 
Piiberon, enseveli le 16 novembre 1717, Annette-Henriette de 

' I-t'ioiico Couture. Revue île Gascoijne, ISTO. 

2 l'rocùs-veibal conservé à la mairie de Pauillac (Gers) : « La municipalité de Pauillac, 
de concert avec des commissaires nommés jiar la Société républicaine du dit lieu, a pro- 
cédé, le 20 Floréal, an II de la république, à la brûlure des papiers terriers et titres de 
noblesse des Galard, cx-sci^neiu s de Pauillac, existant dans leur cy-devanf château, au 
pied de l'arbre de la liberté. 

" Fait à la luaison commune, les jour et an que dessus. » 



208 



NOBLESSE DE LOMAGNE 



Montant, femme de Bernard de Galard, décédée le 8 septem- 
bre 1707, Joseph de Galard-Pauillac, mort le 12 mars 1751, 
Jacquette de Tamaignan-Bonnegarde, femme d'Antoine-Gabriel 
de Galard-Pauillac, décédée le 16 décembre 1773, Madame de 
Gapdeville, veuve de messire François de Tamanlian, seigneur 
de Bonnegarde, ensevelie le juillet 1759, Marguerite de 
Bastard, veuve de messire de Galard, seigneur et marquis de 
risle-Bouzon en Lomagne, morte le 29 juin 1753, Antoine 
Gabriel de Galard, mort à Lectoure en 1774, et transporté 
dans l'église de Pauillac. 

Enfin on croit que Gaillard de Galard, abbé eommandataire 
de Bouillas et seigneur de Pauillac en 1585, fut déposé dans 
la sépulture de sa famille en l'église de Pauillac. 

Les Galard avaient été seigneurs de ce village depuis Gail- 
lard de Galard, avant 1550, jusqu'à Antoine-Gabriel, qui 
mourut, en 1774, sans postérité^ 

La famille de S^-Géry passa les mauvais jours de la Révolu- 
tion dans le château de la ^lothe, voisin de celui de élaguas. 
Le baron de S'-Géry, plus lieureux que son cousin, le mar- 
quis de Galard, échappa à l'échafaud et fut enfermé, plusieurs 
mois, à Aucli, dans l'ancien palais archiépiscopal. A son re- 
tour à la Mothe, il trouva sa femme et ses enfants qui avaient 
donné l'hospitalité à ses deux sœurs, dont l'une était religieuse 
carmélite, chassée de son couvent. 

<L Ames douces, esprits des plus aimables, leur humeur 



' SEIGNEURS DE PAUILLAC, 
DU NOM DE Galard 



Gaii-lard dk Galard (fils 
lie Gilles (le, Galard-Tcnaiilic 
et de G. de Ki}i;aiid de Vau- 
dreuili, vivant en I .').")(), 

é|». Catiierinc de Herrac, 
I5G8; 

cp. Kiaiiçoise de Lézir- 
Saldcbrii 1579. 

Jean-Paul de Galard , 
vivant en 16U9, 
ép. Marguerite de Montaut, 



é|j. lliaiiili.'iise de Galaid- 
Teii'aiilie. 



Jeax-Uernahd de Galard, 
ép. Paule de Laj;ardèie, 

lO'iiy; il vivait encore on 

I6i7. 



Bernard de Galard, 
é|). Henrietle-Annettc de 



Montaut en 1C74. 



Je AN- Joseph de Galard, 
en I7UI, ép. Marie de So- 
ros de Hroqnas, mourut en 
MiÀ. 



Antoine-Gabriel de Ga- 
lard, seijjneur de Riberon, 
ép. J.de Tamaignan 1745. 
ép. Claire-Françoise de S»- 
Géry, meurt, en 1774, sans 
enfant. 



EN l'année 1787 209 

« enjouée dissipait bien des nuages, comme leur inébranlable 
(( confiance en Dieu ranimait le courage de cette famille si 
« éprouvée*. )) 

Le madrigal suivant leur l'ut adressé par Monsieur L. Malus, 
ancien oratorien et grand ami de la maison : 

POUR LA BIBLIOTHÈQUE DES DEMOISELLES DE S'-GÉRY 



Si tant de livres, par mallieur, Car vous retrouverez en elles, 
Sont volés à ces demoiselles , Dans leur esprit et dans leur cœur. 
Ne courez après le voleur, Ce qu'ils contiennent de meilleur-. 

Née à Lectoure, en 1742, Gabrielle de S'-Géry, sœur de 
^larçiuerite et fille de Jean-Louis de S'-Géi-v et de Catherine 
de Richement, avait été professe au Carmel de Lectoure, le 
21 avril 1764, et elle décéda au château de La ]\Iothe, le 2 
mars 1804 3. Une de ses compagnes de couvent, Jeanne de 
Goudin, (en religion sœur Jeanne, Thérèse de St-Jean), ayant 
perdu son père, Pierre de Goudin \ seigneur de Peyrusse, et 
sa mère Pétronille de ^lorlan, se vit sans parents et sans 
ressources, en quittant le Carmel. Elle partagea, pendant la 
Terreur, la réclusion à Lectoure de la marquise de Galard. 
Entrée au couvent le 1<^'" novembre 1777, ses grandes infirmités 
l'empêchèrent d'y revenir avec ses sœurs, en 1826, et elle 
trouva longtemps un asile au château de élaguas. Elle mourut 
à Lectoure le 5 juin 1832. 

Le 12 Frimaire an IV de la République, ^lonsieur l'abbé 
de St-Géry, ancien supérieur du Carmel de Lectoure, résidant 
à la ^lothe, près ^lagnas-S^-Clar, âgé de 91 ans, aveugle et 
perclus de ses membres, fut forcé, malgré son état de santé, de 
se rendre à la maison de réclusion d'Auch. Les protestations 
de sa sœur, Marguerite de St-Géry, les déclarations des offi- 
ciers de santé Guillaume Danzas et Jacques Morisse, et môme 

* Madame la baronne de S^-Génj, par l'alibc MaKjuet, Rente de Gascoijne, 1S69. 

2 Revue de Gascogne, i883. 

3 11 Ventôse, an Xll. (A. l'iieux.) 

* Armes ries GoiuUn : de sinoiile à 3 fliainpignons d'argent. 

14 



210 NOBLESSE DE LOMAGNE 

une décision, en sa faveur, de la municipalité républicaine de 
S'-Clar ne purent sauver ce vieillard qui fut arraché de La 
Motte, et traîné à Aucli, d'où il ne sortit que le 17 Nivôse, 
an YIII, ayant perdu, par suite de ses soulfrances dans la 
prison, l'usage de la raison i. 

Les armes des S'-Géry sont : d'or (alias d'argent), à la croix 
de gueules. 

Devise : In hoc signo vinces. 

Outre les Montant, Montesquiou, Galard et Laas, les 
S'-Géry se sont alliés aux Balsac, Cambon, Sérillac, Châ- 
teau-Renard, Richemond, etc. 

Des procès, longs, coûteux et souvent peu justifiés, ont fait 
perdre aux S^-Géry du Lectourois leurs nombreuses posses- 
sions territoi'iales. 

Les Rey, marquis de S^-Géry, dans le Montalbanais, sont 
d'une famille tout à fait distincte de celle des S'-Géry de la 
Lomagne, malgré la similitude des noms. Leur blason, très dif- 
férent, est d'azur à la bande d'or, accompagnée de six besans 
du même, mis en orle. 

C'est aux Rey de S^-Géiy qu'appaitenait Monsieur l'abbé 
de S^-Géry, chanoine théologal et vicaire-général de Mon- 
tauban, auteur du « Discours sur le désintéressement, prononcé 
le 7 septembre 1780, à Vouuerture de V Assemblée Provinciale 
de la llaute-Guj/enne » -. 

Il existait aussi, dans le llaut-Quercy, une maison deSoyris 
do SKléry, (jui avait de l)onnes alliances dans le pays et qui 
comptait parmi ses membres : 

Bertrand de S'-Géry de Cabanes, qui fit accord, le 1<^'" avril 
1471, avec Jean do Galard, seigneui" de Brassac, Guillaume 
de S^-Géry, commissaire délégué en 1 iUi, par les habitants de 

' l'ersécnlioii conlic le clcnjé du Gers, soux la Hrroliilioii franraise, jtar Lamazouade. 

2 C.liL'/, iMoiilaid, iiii|iiiinoiir delà r.oiiu', de Madame, el de Madame la coiiilcssc d'.Ulois, 
rue des Matlmiiiis, liùlcl de Cluiii, 1781. 



EN l'année 1787 214 

la Bastide de Font-Neuve, pour défendre leurs intérêts contre 
les consuls de Montauban^ et Bertrand de S^-Géry, mari de 
Catherine, fille de ^larc de S'-Gili, seigneur de S'-Pantaléon^, et 
de Jeanne Hue de Génebrède, en la baronnie de Castelnau de 
Montratier-. 



1 Moulenq. 

' Etude sur le moyen -âge, par L. Limayrac. 



•il'i NOBLESSE DE LOMAGNE 



LECTOURE 



LE S. MONDRAN 

Guillaume de Mondran, écuyer, et François de ^londran, 
conseiller du Roi, contrôleur-général du Taillon, en la Géné- 
ralité de Toulouse, tirent le dénoml)rement de leurs biens 
nobles et leur déclaration de noblesse devant les capitouls, le 
7 avril 1689. 

Louis de Mondran, écuyer, fut capitoul de Toulouse en 1710, 
ainsi que Jean-Jacques Bertrand de Mondran, son petit-fils. 

Guillaume de Mondran, trésorier-général de France, dans 
la généralité de Toulouse, rendit hommage au grand-prieur 
de l'ordre de S'-Jean de Jérusalem, pour les fiefs qu'il possé- 
dait, le 12 janvier 1725. 

Messire Jean-Aymar-Joseph-Gaspard de Mondran fut, le 
Ici" juillet 1765^ un des témoins du baptême de J^ouis-Victor de 
Galard, fils de Saturnin, marquis de Terraube, et de Marie- 
Anne de Lostanges^ 

Lors de l'entrée à Lectoure de Monseigneur de Cugnac, qui 
en a été le dernier évoque, Monsieur de Mondran, maire de 
cette ville, reçut le prélat solennellement, à la tête des Eche- 
vins et de la compagnie des grenadiers, le 10 janvier 1774. 

Fi'ançois- Victor de Mondi-an, ancien capitaine au régiment 
de Ilainaut, habitant Lectoure, en 1700, fut nommé chevalier 
de S'-Louis. 

Enfin cette famille comptait parmi ses membres, avant 
1700, un chanoine de l'église de Paris. 



' Arcliivi's (II- Terraube (Ocrs). 



EN l'année 1787 213 

Les armes des Mondran étaient : écartelé, aux premier et 
dernier d'or, au chevron d'azur, en pointe un monde de sable, 
cerclé et croiseté d'argent ; aux deuxième et troisième d'or, au 
taureau passant de gueules, au chef de gueules chargé de trois 
étoiles d'argent. 

(Nob. Toulousain). 



214 NOBLESSE DE LOMAGNE 



LECTOURE 



LE S. DUPRE 

Les Dupré étaient originaires de la vicomte de Bruilhois; 
une branche, dite de Pujet, liabitait Gimont. 

A la revue passée à Condom, le l'i mars 1529, par Roger 
d'Ossun, noble Pierre de Pujet figurait comme homme 
d'armes. 

Gaspard Dupré avait été gouverneur de Bazas, pour le roi 
de Navarre, et était marié, avant 1562, avec Marguerite de 
Luppé-Torrebren . 

En 1655, noble Paul de ^lazelières épousa Jeanne Dupré. 

Un Dupré devint, vers 1761, conseiller à la Cour des Aides 
de Montauban. 

Messire Du Pré, seiqneur de La Granfje, conseiller au Par- 
lement de Paris, mourut le 2 août 1754, à l'âge de 66 ans ; il 
était connu sous le nom de Monsieur de La Grange-Bléneau. 
Ses armes, d'or à tr'ois pals d'azur, chargés chacun d'une fleur 
de lis d'or, n'avaient nul rapport avec le blason des Dupré de 
Guyenne, ce qui permet de croire que les deux familles, 
quoiqu'ayant un nom commun, étaient étrangères l'une à 
l'autre. 

En Auvergne, les Dupré ou Duprat, seigneurs de Veyrières, 
étaient devenus fort puissants et avaient abandonné Issoire, 
vei's 1496, pour venir se (ixer à Nérac. Outre plusieurs évoques^ 
des chevaliers des ordres du Roi, un capitahio do la forteresse 
d'Argental, bailli d'Annonai, les Duprat donnèrent à la France, 
en 1514, un grand chancelier qui joua un rôle im})ortant dans 
les affaires de son temps. Alliés aux Boliier, L'Aubcspin, 



EN l'année 1787 215 

Saiilx-Tavanes, Vény-d'Arbouze, Clermont d'Amboise, d'Alè- 
gre, Baii)ançon, Séguier, Fay de La Tour-Mauhourg, Colbert, 
Amelot, Arpajon, Ghabannes, Gosnac,d'Estouteville,Faudoas- 
Barbazan, Gouffier, S'-Simon, Nouant de Raray, Thiard de 
Bissy, etc., les Duprat formèrent plusieurs branches dont la plus 
connue, celle des Nantouillet-Thoury, compta, parmi ses 
membres, Antoine Duprat, baron de Thiern, qui, de chance- 
lier devint archevêque de Sens, cardinal, légat du Pape 
Clément VII et mourut en 1535, comblé debiensetd'lionneurs, 
Guillaume Duprat, évêque de Clermont, dès 1528, et fondateur 
du collège de ce nom, Antoine Duprat, prévôt de Paris, che- 
valier de l'Ordre du Roi, François Duprat, marquis de Cani, 
capitaine de cavalerie au régiment de la Reine, marié avec 
Anne-Marie Colbert du Terron*, décédé en 1695, Henry 
Duprat, chevalier de Malte, dit le comte de Barbançon, Fran- 
çois du Prat, comte de Barbançon, colonel d'un régiment 
d'infanterie, et quantité d'autres personnages illustres dans 
l'église, l'armée ou la magistrature. 

La descendance directe du chancelier Duprat s'éteignit, 
durant l'émigration, dans la personne d'Antoine du Prat, 
marquis de Barbançon, colonel de cavalerie, mais Claude du 
Prat, seigneur d'Hauterive en Auvei\nne, avait fondé une 
branche qui s'est perpétuée jusqu'à nous. 

Nous ne savons si les Dupré de Lectoure et la maison des 
Duprat, seigneurs d'Estussan, Lauseignan et Cazeneuve, étaient 
du même lignage. Les armes, quoique différentes, se rappro- 
chent assez et pourraient n'avoir varié que bien après la 
séparation des diverses branches de la même souche. 

L'écusson des Duprat était : d'or à la fasce de sable, 
accompagnée de trois trèfles desinople, deux en chef, un en 
pointe-. 

1 Armes des Colbert : d"ur à une couleuvre d"azur posée en pal. 

2 Quelques branches de la maison du Prat portaient, outre cet écussoii brochant sur le 
tout, les écartclurcs suivantes : aux premier et dernier, d'argent à trois lions de gueule, 
aux deuxième et troisième conlr'ccartelé de gueules à la bande d'or, et d'or au cor de 
chasse d'azur lié de gueule, et un sur le tout, chargé de cinq points d'or, équipolés à 
quatre d'azur. (La Chesnayc-des-Bois). 



216 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Les Dupré de Guyenne portaient pour armoiries : d'azur à 
la fasce d'argent, accompagnée de trois besans d'or, deux en 
chef, un en pointe. 

Il existait en Normandie, près de Carentan, une famille Du 
Pré, possédant les seigneuries de Montmartin et de ]\Iarmilly, 
qui avait pour armes : d'argent au sautoir endanté de sable, 
cantonné de quatre quintefeuilles de gueule. 

Jean-Baptiste des Bravards d'Eissat, lils du chevalier des 
Bravards d'Eissat, a pris le titre de comte du Prat, et l'a 
transmis à ses descendants, par suite du mariage de son père 
avec Claire-Françoise du Prat, héritière de Jean-François 
du Prat, son oncle, représentant, en 1716, une branche de 
cette maison, qui avait pour auteur Thomas-Annet du Prat, 
frère cadet du célèbre chancelier. 

En vertu de cette substitution, la famille des Bravards 
d'Eissat, comtes du Prat, écartèle ainsi son écusson : Aux 
premier et quatrième, d'azur, au chevron d'or, accompagné de 
trois billettes du même, qui est des Bravards d'Eissat; aux 
deuxième et troisième, d'or, à la fasce de sable, accompagnée 
de trois trèfles de sinople, qui est des du Prat. 

Devise : Spes mea DeiisK 

Les Dupré de Geneste, originaires de l'Agenois, fixés aussi 
pour une de leurs branches en Lorraine, avaient comme armes : 
écartelé aux premier et quatrième d'argent, à la pitié d'azur-, 
au chef d'azur chargé de trois molettes d'argent ; aux deuxième 
et troisième d'azur, au chevron d'or, accompagné de 3 
genettes aussi d'or, passant deux en chef, une en pointe. 

Les Du Pré, de Pomarède en Gascogne, de Billy en Berry et 
de Yisnaugé en Bourgogne, portaient dans leur écusson, un 
compas ouvert d'or, sur fond d'azur. 

La famille Dupré de S'-Maur avait pour Ithison : parti au 
premier d'azur, à la bande d'or, chargée de ti'ois cosses de pois 
de sinople ; au deuxième d'aigent, à la fasce de sinople, 
accompagnée de trois trèlles de même. 

' Bort'l (rHautcrivc; 

' IN'Iicaii nourrissant ses p«lits. 



EN l'année 1787 217 



PERGAIN 



LE S. DAMPELLE 

Le château d'Ampels ou Dampelle, situé près de Pergain, 
en Lectourois, avait été habité par la famille d'Ampelle, dont 
une des descendantes a épousé Monsieur du Gos de la 
Ribérette. 

Sanson d'Artigau d'Ampeils hérita, le 22 avril 1555, de Jean 
d'Artigau ; un autre Jean d'Artigau d'Ampeils vivait en 1585. 

Dans l'état des gentilshommes de la vicomte de Bruilhois, 
le 20 octobre 1576^ figure le sieur d'Ampeils. 

Jacques et Marc-Antoine de Montlezun, frères de Bernard 
de Montlezun-Ligardes, portaient, au seizième siècle, le titre 
de seigneurs d'Ampeils. Leur écusson était : d'argent au lion 
couronné de gueules, à l'orle de neuf corneilles de sable, 
becquées et pattées de gueules, 4, 2, 2 et 1. 

Pendant le mois de mars 1652, la dame d'Ampeils, co-sei- 
gneuresse de Valle de Lomâgne, reçut, dans son château, les 
habitants de Pergain, qui, harcelés par les gardes du Prince 
de Condé et de Gonti, ne pouvaient sortir que déguisés en 
femmes^ car les « ennemis les auraient pris, attachés et fait 
mourir misérablement avec de gros coups, ou pour le moins 
leur auroieyit fait rôtir les pieds ». Ces excès durèrent jusqu'au 
17 mars. L'armée du Roi, sous les ordres de d'Harcourt, Saint- 
Luc et Marin, désarma les gardes et interna les rebelles à 
Lectoure et Fleurance. « C'était beau de les voir se retirant 
chaque, sa canne blanche à la main seulement^. » 

' Noulens (Les du Buuzet). 



218 NOBLESSE DE LOMAGNE 



DOAZAC 



LE BARON DE ROQUEFORT 

En 1376, noble Bertrand de ^liran était seigneur de Roque- 
fort, de Brax et du Limport en Bruilhois. 

Jean de Dermyesse, écuyer, seigneur de Roquefort, bailli 
de la vicomte de Bruilhois, autorisa, par lettres du 12 janvier 
1503, (( les consuls de Sérignac à porter des chaperons, ainsi 
que le font les consuls de La Plume, Layrac, Gaudecoste et 
Montesquieu » ^ 

Roquefort fut érigé en baronnie pour la maison de Montes- 
quieu, qui la possède encore. 

Le nom patronymique de cette famille est Secondât ; elle 
s'était divisée en plusieurs branches, celle des barons de Mon- 
tesquieu et de Roquefort, celle de Raymond et de Roques. 

Le premier seigneur de Roquefoi't du nom de Secondât, fut 
Pierre II de Secondât, seigneur de La Fleytes, Glermont- 
Dessus, Roques, Belmont, Lisse, Taillebourg, Termes, 
Samazan, Romefort, Faugères , Escassefort, trésorier-général 
des finances de France, aux pays, généralité et duclié de 
Guyenne, en 1544. Il descendait de Pierre Secondât, qui vint 
du Berry, s'établir à Agen, dans la moitié du xv^ siècle-. 

Jean-Godefroy, baron de Roquefort, seigneur de S^-Marcel, 
avait épousé Marie-Bernardine de la Myre^, dame de Doazac. 
Elle lui apporta ce domaine. Au xvi^ siècle, les Secondât pos- 

' J. (le lîourroussc de LafTorc. 
•■' Id. 

3 Armes des la Myrc : d'or à la bande de gueules, côtoyée eu chef de trois merlcttcs de 
sable, et accompagnée de deux tourteaux d'azur. 



EN l'année 1787 219 

sédaient;, dans le Bruilhois, sept seigneuries ayant droit de 
justice : Roquefort, Goulard, Sérignac, Montesquieu, Ségongnac 
Plaichac et Cup. Ces fiefs leur avaient été vendus, à pacte de 
rachat perpétuel^ par Jeanne d'Albret, reine de Navarre, 
vicomtesse de Bruilhois, le 30 octobre 1562. Ils avaient été 
précédemment confisqués sur Pierre de Secondât, seigneur de 
Roques, père de Jean, qui reçut de nouveau ces terres. La 
cession fut constatée, le 19 décembre 1576, par Henri de 
Bourbon, roi de Navarre, devenu plus tard, roi de France. 

Jean de Secondât, marié avec Eléonore de Brénieu, arrière 
petite-fille d'une princesse de la maison royale d'Angleterre, 
de la branche d'York, fut le père de Jacob de Secondât, baron 
de Montesquieu, gentilhomme ordinaire d'Henri IV et de 
Louis XIII, chevalier de l'ordre de S^-Michel, lieutenant- 
colonel et bisaïeul de Charles-Louis de Secondât, baron de La 
Brède et de Montesquieu, président au Parlement de Bordeaux, 
auteur de V Esprit des Lois, et l'un des quarante de l'Académie 
Française. 

Marie-Louise de Secondât-Roquefort épousa le comte Joseph 
de Raymond, capitaine de cavalerie, et Godefroy de Secondât, 
baron de Roquefort, se maria, en 1706, avec Louise de 
Raymond, fille de Messire Gratien de Raymond*, seigneur de 
Lagarde et de Bonnegarde, lieutenant des maréchaux de 
France à Agen. 

Les armes des Montesquieu-Secondat étaient : d'azur à deux 
coquilles d'or en chef, et au croissant d'argent en pointe. 

Madame de Montesquieu d'Hautpoul, marquise de Roquefort, 
fut appelée, à l'Assemblée de la noljlesse de la sénéchaussée 
de Toulouse, en 1789. 

Monsieur de Larroche était le procureur-fondé de Monsieur 
de Roquefort, à la réunion des trois ordres, tenue à Lectoure. 



' Les armes Jes Raymond sont : losange d'or cl d'azur ; on les trouve aussi : écartclé 
au premier d"azur à la cioix alésée d'argent, au deuxième losange d'or et d'azur, au troi- 
sième de gueules, à la cloche d'argent, au quatrième d'azur à la mappemonde d'argent ; 
enfin un membre de cette famille portait : d'or à trois mondes de gueules, au chef d'azur 
chargé d'un croissant d'argent accosté de deux étoiles. 



220 NOBLESSE DE LOMAGNE 

On trouvait aussi dans la sénéchaussée de S'-Sever-Chalosse, 
une baronnie de Roquefort de Tursan, près Lasque, apparte- 
nant à la famille de Fortisson et qui avait été, en 1560, à 
Antoine de Grammont. 

Pierre-François de La Salle de Bordes, baron de Sarraziet 
dans les Landes, conseiller d'honneur au Parlement de Bor- 
deaux, fils de Jean-Martin de La Salle, seigneur de Gère et de 
Plaisance, président en la première chambre des Enquêtes, et 
de noble Jeanne de Mons*, obtint, le 16 novembre 1739, que sa 
terre de Roquefort, première baronnie de Marsan, fût érigée 
en marquisat ; son frère, Jean-Louis de La Salle, portait le 
titre de seigneur de Sarraziet ; leur sœur Jeanne avait épousé, 
en 1722, François de Gastelnau'-, baron de Brocas, et leur 
autre sœur, Pauline-Catherine, s'était mariée, le 2 mars 1726, 
avec Jean de Gours, seigneur de Vigneau 3. 

François de La Salle, marquis de Roquefort, baron de Sar- 
raziet, fut député de la noblesse pour la sénéchaussée du 
Mont-de-Marsan, à l'Assemblée constituante.il avait ligure, en 
1789, à la réunion tenue à Dax, par les nobles du pays. Ses 
armes étaient : échiqueté d'or et d'azur, au chef d'azur chargé 
de trois rocs d'échiquier d'or, dont l'un bordé d'une bordure 
composée d'or et de gueules. Alias : d'argent à la bande d'azur 
chargée de trois tètes de lion coupées d'or. Les Mougins de 
Roquefort, dans la sénéchaussée de Grasse, en Provence, 
avaient, pour blason, un peuplier de sinople, soutenu par un 
croissant de gueule, accompagné de trois étoiles de sable*. 



• Armes des Uc Mons : d'azur à trois molettes d'éperon d'or, au clief cousu de gueules, 
chargé d'un lion passant d'or. (Armoriai de Cauna). 

' Armes des Caslelnau-lJrocas : écartelé aux premier et iiuatriènie de gueules au ihàleau 
d'or, donjonné de trois pièces, aux deuxième et troisième d'argent, au lion de gueules. 

3 Armes des Cours : d'argent au pin de sinople terrassé de sable, séuestré d'uu lion, con- 
tre-rampant de gueules, et couronné de même. » 

♦ Etat présent de la Noblesse Française. i 



k 



EN l'année 1787 221 



SAUMONT 



LE COMTE DU SAUMONT 

On connaissait dans le Bruilliois, deux terres du Saumont ; 
l'une sans titre et n'ayant aucun droit de justice, avait appar- 
tenu aux Garbonneau, aux Gaudecoste et aux Dampierre, 
l'autre, titrée vicomte, était située dans la commune de ce 
nom. Elle avait été auxd'Albret, aux Béarn et aux Mauléon. 

Jeanne-Marthe de Tersac, vicomtesse du Saumont, fille de 
Marie de Mauléon (dont la mère étaitJeanne-Marthe de Béarn), 
avait pour père, François de Tersac*, marquis de Monberault. 
Elle porta cette seigneurie, le 8 avril 1657, dans la famille des 
Montault S'-Sivier, barons de Gadeillan, seigneurs de ^lalartic. 

Les Montault, vicomtes du Saumont, étaient d'une noble 
race, qui descendait des premiers comtes de Fezensac, et 
avait une origine commune avec la maison de Noé. 

Ucians de Montant est cité, dès l'année 1030, parmi les 
bienfaiteurs du monastère d'Eauze, avec le comte de Fezensac 
et le vicomte de Gavarret et Lomagne^. 

Le père d' Ucians, Odon Icr, baron de Montant, avait cédé 
l'Eglise S^-Orens d'Aucli à Bernard le Louche, premier comte 
d'Armagnac, vers 957, en échange de la terre de Villepeinte. 

Les Montault, seigneurs de Bouillan, faisaient partie des 
quatre grands barons d'Armagnac, et ils avaient, en 1008 et 
1201, donné à Auch deux archevêques^. 

' Armes des Tersac : écartelé aux premier et quatrième de France ; au deuxième d'azur 
à la fasce d'or, au troisième de gueules plein. 
^ Hevue de Gascogne, t. xvi. 
3 Montlczun, Histoire de Gascogne, t. ii. 



222 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Un seigneur de ^lontault alla, vers la lin de 1219, défendre 
la ville de Toulouse, assiégée par le fils de Philippe-Auguste. 

Gaston de ^lontaut signa, le 3 septembre 4242, un traité 
d'alliance conclu entre le comte de Toulouse, Raymond YII, 
et le roi d'Angleterre ; les autres témoins étaient : Amanieu 
d'Albret, Pierre de Castillon, Raymond de Caumont, Gaston 
de Gontaud, Arnaud de Montpezat, Esquirs de Fumel, Guil- 
laume de Pins, Vital de Gazenove et la communauté d'Agen, 

Rernard II de jMontault accompagna S^-Louis à la croisade. 

On conserve dans les archives du château de Magnas-S'- 
Glar (Gers), un vieux parchemin qui relate « l'hommage rendu, 
le l"^'" décembre 1299, au vicomte de Lomagne, par Othon de 
^[ontaut, pour sa terre de Peyrecave, située dans la dite 
vicomte, sous l'hommage d'une paire d'éperons dorés )). 

Le 30 octobre 1526, au lieu du St-Puy, dans le comté de 
Gaure, diocèse d'Auch, noble jNIiramonde de Montant, dame 
de Clermond, au diocèse de Toulouse, et Bertrand de Montaut, 
sieur de Paulhac, assistèrent au mariage de nol^le Biaise de 
Mansencôme avec noble Antoinette Isalguieri, lîlle de défunt 
noble Jacques Isalguier, en son vivant, baron, chevalier, sei- 
gneur de Glermond, et de la dite noble dame Miramonde de 
Montaut, dame de Clermond -. 

Un sire de Montault se trouve mentionné sur le rôle des 
sujets au ban, en la sénéchaussée d'Armagnac au XVI^ siècle. 

Dans un état des gentilshommes de la vicomte de Bruilhois, 
dressé, le 20 octobi^e 1576, figure le seigneur du Saumont. 

Les S'-Sivier étaient une branche des INIontault-Bénac^, et 
tiraient leur origine de Boos de ^[ontaut, seigneur de Broil, 
fils de Jean II de Montaut, baron de Bénac. Il épousa Gail- 
larde de S^-Sivier. Leur fils Bernard se maria, en 1506, avec 



' Les Izalguier, seigneurs de Graves, Casteliiau d'Estretefonds, Autciivc, S'*-Liviade, 
etc., avaient pour armes: de gueules à la llcur d'izalguc d'argent (alias), d'or à 5 bran- 
ches d'isalgue feuillces de sinople. S 

' I{evue de Gascoijne, t. xvi, 

^ Onsc de Bénac apporta cette seigneurie à son mari, Bcrlraïul de Moalault, vers I35U. 



i 



EN l'année 1787 223 

Catherine d'Aubarède. L'aîné de leurs petits-fds, François, 
devint l'auteur des seigneurs de Montault. Cette terre, près 
de risle-de-Noé, fut acquise, en 1630^ par Etienne, fils aîné 
de Messire Philippe de Montault-Bénac, baron de Navailles et 
de Montault. 

Le cadet, Guillaume, forma la branche des S^-Sivier, sei- 
gneurs de ÎMalartic-Roquetaillade, près Auch, vicomtes du 
Saumont en Bruilhois. 

La branche aînée de la maison de Montault-Corrensaguet 
s'éteignit, dès 1422, dans la famille de Voisins, ainsi que la 
branche cadette de Montault-Gramont; le dernier rameau des 
Montault-de-Lomagne s'est perpétué en Armagnac jusqu'en 
1778. 

Vers cette époque, cette famille se fixa en Normandie, où 
elle existe encore, avec le titre de marquis, et elle abandonna 
définitivement le pays, où ses ancêtres avaient possédé les 
seigneuries de Gramont, de Confolens et de Castelnau, acqui- 
ses par suite d'un mariage avec l'héritière de ces fiefs qui 
avaient appartenu, jusqu'au commencement du xv^ siècle, à 
la maison d'Arbieu. 

Guillaume de Voisins, baron de ]\Iontaut, fut exécuteur tes- 
tamentaire de Jacques, baron de Pardaillan, vicomte de ^lau- 
vaisin et de Juillac, qui testa, le 5 août 1522; il nomma, pour 
assister le baron de Montant dans le partage de sa succession, 
Bertrand d'Estissac, Arnauld de Caumont-Lauzun, Jean, sei- 
gneur de La Rochebeaucourt, et André de Gelas, seigneur de 
Léberon. 

En 1473, un cadet de la famille de Galard de l'Isle-Bouzon 
s'était allié avec Jeanne de Montault, fille de Jean de Montaut, 
seigneur de Castelnau-d'Arbieu, et de Miramonde de Galard, 
formant ainsi une branche qui partagea avec les ^Montault la 
seigneurie de Castelnau et d'Aurenques, jusqu'à la fin du 
XVJe siècle. 

Vers 1570, Antoine de Montault, ayant épousé Catherine de 
Laas, veuve de Guy de Galard, co-seigneur de Castelnau- 



224 NOBLESSE DE LOMAGNE 

d'Arbieu, prit des arrangements avec Jeanne, lille unique de 
Guy de Galard, à la suite desquels il devint seigneur de la 
totalité de Castelnau* et d'Aurenque. Jeanne de Galard fut 
mariée, en 1587, avec Alexandre de Sérillac (ou Sédillac), sei- 
meur de St-Léonard-. 

Pliilippe de Montault, baron de Bénac, sénéchal et gouver- 
neur du Bigorre, époux de Judith de Gontaut-S^-Geniez, fut 
créé, dans l'année 1650, duc de Lavedan. Cette seigneurie 
était entrée dans la maison de Montault par les mariages d'Ar- 
naud et Jean de Montault, seigneurs de Bénac, père et fils, 
avec la sœur et la fille de Raymond Garcie de Lavedan^, le 23 
janvier 1457. 

Philippe II, duc de Navailles*, pair et maréchal de France, 
en 1675, chevalier des ordres du Roi, gouverneur de Bapaume, 
du Havre et de l'Aunis, mari de Suzanne de Baudéan^, dame 
d'honneur de la Reine Anne d'Autriche, appartenait à la mai- 
son de Montault-Bénac. 

Leur lille épousa Henri d'Orléans, marquis de Rothelin, 
descendant du célèbre Dunois*^. Henry de ]\Iontault, frère du 
Maréchal, seigneur d'Audanne, fut gouverneur de Mariem- 
bourg et de S^-Omer. 

Cette branche des Montault, barons d'Auterive, Bénac, 
Navailles (devenu duché), seigneurs de Miramon et Pechda- 
gnel, finit en la personne du duc de Navailles, père de madame 
d'Elbeuf, dont la fille épousa le duc de Mantoue. 



* Voir, à Tappendice, le maïKlcinciit de la Taille en la r.ommunaiité do Caslelnaii- 
d'Arbieu. 

^ fier ne de Gasco(jne, 187y. 

3 Armes des Lavedan anciens : d'azur à 3 cœurs d'or, posés 2 et I. 
id. des Lavedan modernes : d'argent à 3 corbcanx de sable. 

♦ Gaspard d'Andoins avait laissé la baronnie de Navailles à sa fille Madeleine, mariée 
en 1527 avec Jean-Marc, baron de Montault-Bénac. 

^ Armes des Baudéan : d'or, au pin arraché de sinople. 

" Les armes des Rollielin étaient ; ccartelé, aux l»' et i" d'or à la bande de gueule, 
aux i« et 3« d'argent au pal de gueule, chargé de 3 chevrons d'argent, et sur le tout, 
d'Orléans, au balon péri de gueule en bande. 



V 

I 



EN l'année 1787 225 

Plusieurs membres de cette famille avaient été capitouls de 
Toulouse; Jean de Montaut, eu liOi, Jacques, seigneur de 
PeclKlagnel, en 1410, 1417, 1425 et 142(), Bertrand, chevalier, 
seigneur d'Hauterive et du Vernet, on 1430, Jean-Marc de 
Montault, chevaliei*, seigneur de Bénac, en 1538, ne dédai- 
gnèrent pas, malgré l'illustration militaire de leur maison, 
d'occuper ces fonctions consulaii'es, où ils rendirent de grands 
services. Le duc de Navailles, à la création des chevaliers des 
ordres du Roi, rappela dans ses preuves de noblesse, le titre 
de Capitoul porté par son bisaïeul, Jean-Marc de Montault- 
Bénac^ Enfin, en IGOG, les commissaires du Roi, pour la 
recherche des faux nobles du Languedoc, déclarèrent, par la 
voix de Monsieur de Besons, intendant de justice, que la 
noblesse appartenait à tous ceux qui pouvaient prouver être 
ou avoir été capitouls, ou descendant d'un capitoul. 

Frise d'Antras, dame de Flourès et de Greschies, épousa, 
par contrat du 12 mars 1005, César de Montault, seigneur de 
Barthères, deuxième fils d'Antoine de Montault-Barthères et de 
Jeanne de Gélas-Bonas-. Antoine était le second fils de Jacques 
de Montault, seigneur de Castelnau-d'Arbieu, et il avait pour 
grand-père, le célèl)re Bernard de Montant seigneur de Gas- 
telnau, dont parle Monluc et qui fut mêlé aux guerres de 
Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François I'^'^, 

César de ÎMontault, mari de Frise d'Antras, eut un fils, 
Arnaud Guilliem de Montault, seigneur de Flourès ; sa femme 
était Françoise d'Estève, fille de Jean d'Estève, vice-sénéchal 
d'Armagnac et de Jeanne d'Antras de Cornac. 

Le père de cette dernière, Jean d'Antras de Samazan *, sei- 
gneur de Pallane, marié avec Françoise de La Violette-Cornac, 

' D'après un vieux dicton du douzième siècle, conserve jusqu'à nos jours. 
De grand noblesse prend Titoul (qualité) 
Qui de Toulouse est Capitoul. 

^ Armes des Gelas : d'azur au lion d'or, armô, lampassé, couronné de gucurcs. 

3 Mémoires de J. d'Antras. 

* Armes des d'Antras : d'argent à 3 roses de gueules boutonnées d'or. 

15 



226 NOBLESSE DE LOMAGNE 

est l'auteur d'intéressants mémoires publiés par ^lessieurs de 
Carsalade du Pont et Tamizey de Larroque. 

A l'assemblée générale des trois-ordres, tenue à l'Isle-Jour- 
dain le 16 mars 1790, le comte du Saumont et Monsieur de 
Narbonne avaient choisi le baron de S'-Géry pour leur procu- 
reur fondé, sans doute à cause des liens de parenté existant 
entr'eux, depuis le mariage, en 1617, de Jeanne, Louise de 
Montault avec Joseph de S^-Géry, baron de Magnas. 

Il existe, dans le midi de la France, plusieurs familles, fort 
honorables d'ailleurs, et portant le nom de Montant ou Mon- 
tault, mais dont l'origine n'a rien de commun avec celle des 
Montaut-S'-Sivier, Montaut-Bénac et Montaut-d'Arbieu. 

Les armes anciennes des Montault étaient : Ecartelé au l*-''", 
contr'écartelé d'or et de gueule qui est Gontaut-Biron ; au 2<^ 
de Navarre, au 3^ de Foix, au 4'^ de Béarn, et sur le tout 
ecartelé aux 1<^'' et ¥ d'azur à 2 mortiers de guerre d'argent, 
allumés de gueules, posés en pal, qui est Montault d'Arma- 
gnac et de Xaintrailles, parti de gueule à la croix pattée d'ar- 
gent qui est Comminges, aux 2^ et 3^ d'azur à 2 lapins d'or, 
courant l'un sur l'auti'e. Les IMontault de Normandie, de Lisse 
et de Sion portent seulement: losange d'argent et d'azur, 
couronne de marquis; cimier, une aigle issante au vol abaissé. 

Les alliances de la famille de jMontaut, toutes dignes de son 
ancienneté et de son illustration, ont été avec les mai,sons d'Al- 
bret, de Barbazan, d'Astarac, de Comminges, de Dreux-Brézé, 
de Faudoas, de lAippé, de Goth, de l'Isle-Jourdain, d'Héricy, 
de Lespinay, de Montpezat, de Rohan, de Montesquieu, de 
Preissac-Esclignac, de la Rochefoucauld, de Rabastens, de Sa- 
vinhac, de Verduzan, de Sérillac, d'Isalguiei', de Radepont, 
de Monluc^, etc.. 

' Les Isalguier, niii;iiiaiics du Lauragiiais, avaient l'oniK; les branches des barons de 
Clcrmout, d'Audars, Casleliiaii-d'Estretcrouds cl Foiirquevaiix-Mérenvielle... Ils s'étaient 
alliés aux Hochccliouart-Faudoas, Rouaix, etc. Le célèbre Moulue avait épousé, le 20 
octobre 1526, Antoinette Isalguier, fille de Jacques Isalguier, baron de Clermont. 

2 Cliarlollc-Callierino de Monluc, fille de Biaise de Moulue, niaréclial de Franre, cl de 
sa seconde fcuiine, Isaboau de Heanville, so maria avec Ayniery de Voisins, seigneur de 
Montault. 



EN l'année 1787 227 

Les Montaiit-Mucidan ne portaient ni les armes des Montant 
anciens ni celles des Montault-Voisins; leur blason était: d'ar- 
gent au chef denché d'azur. L'écusson des S'-Sivié présentait 
un bras d'argent tenant une croix de même, sur fond de 
gueules . 

On trouve aussi, dans plusieurs armoriaux que les Montant 
(lu midi de la France avaient porté les armoiries suivantes: 
d'or au pin de sinople, accompagné de deux faucons de sable, 
alïrontés chacun sur un monceau de sable du même, becque- 
tant dans l'arbre. 



228 



NOBLESSE DE LOMAGNE 



LISLE-BOUZOX 



LE MARQUIS DE GALARD 

La seigneurie de l'Isle-Bouzon (ou Bozon), en Lomagne, eut 
d'abord le titre de baronnie, puis de marquisat. Elle fut don- 
née, en i^TO, par la fille et héritière de Bertrand de l'Isle 
(de la dynastie des comtes de l'Isle-Jourdain), à son fils, Géraud 
de Goalard, deuxième enfant d'Ayssin II de Goalard, seigneur 
de Goalard, Teriaube, S*-Avit, St-Léonard, et premier Ijaron 
du Condomois. 

Arnaud IV de Goalard fut évèque d'Agen, de 1235 à l'245, 
et à sa mort, on l'ensevelit dans l'église du couvent des Cor- 
deliers. 

Bertrand de Goalard partit pour la septième croisade (L250)». 

En 1307, Raymond de Goalard fut le premier évèque de 
Condom ; son neveu, Pierre-Raymond, lui succéda sur le même 
siège épiscopal. 

Pierre de Goalard, seigneur de Limeuil, marié avec Talésie 
de Caumont-. gouverneur de Douai, devint grand-maître 
des arbalétriers de France, en 1310 •'. 

Bertrand de Goalard, chancelier (rAnnagnac et chambel- 
lan du roi de Navarre (14'25), portail le litre de seigneur de 
Lisle-Bozon et de JNIagnas; Bernard, son frère, possédait 
Urdens, La Motte-Ando et la co-seigneurie de Castelnau- 
d'Arbieu, près Fleurance. 



' Musée de Versailles. 

' Armes des Caumont : d'azur à 3 léopards d'or, couronnes, lampassés, armés de gueules 
posés Tun sur l'autre. 
3 Père Anselme. 



EN l'année 1787 229 

Bertrand de Goalard de l'Isle-Bozon, maître des eaux et 
forêts d'Aquitaine, ambassadeur de Gliarles VII auprès du roi 
de Navarre, fut un des personnages les plus marquants de son 
époque. 

Dans plusieurs actes de 1464, Viguier de Goalard, fils de 
Jean de Goalard, baron de Terraube, est qualifié de seigneur 
de l'Isle-Bozon, Flamarens, Gastera-Lectourois, La Chapelle, 
Balarin et Castelnau-d'Arbieu. 

Hector de Goalard, premier capitaine des cent gentilshom- 
mes de la garde du roi, dits au bec de Corbin, avait donné son 
nom au valet de carreau, quand les cartes reçurent, sous 
Charles VI, leur dénomination actuelle. Il fut chambellan de 
Louis XL 

Jean de Goalard de l'Isle-Bozon, envoyé à Rome comme 
protonotaire apostolique, y mourut en 1504 ; son tombeau se 
trouve dans la chapelle de S'-Benoit, qui précéda l'église S^- 
Louis des Français, construite plus tard sur le même empla- 
cement 1 . 

Le 1^' décembre 154!2, le roi lit cession par lettres patentes, 
au sire de Goalard, de la troisième pai'tie de la seigneurie de 
l'Isle-Bozon. 

Il y a eu quatre abbés de Bouillas du nom de Galard: 
Gaillard, en 1557, Saniard (1573), Jean et Antoine, pendant 
le xviie siècle. 

Joseph de Goalard de Lard, seigneur d'Aubiac et de Ber- 
rail (ou Birac) avait épousé, en 157'2, Marie de Noailles^, fille 
d'Antoine de Noailles, gouverneur de Bordeaux. 

Leur fille, Renée, fut mariée, le 5 juin 1590, avec Agésilas 
de Narbonne-Lara^, fils de Bernard de Narbonne, seigneur de 
Fimarcon, baron de Taleyrand, et de Françoise de Bruyères- 
Chalabre. 

Jean de Galard, comte de Béarn et de Brassac, appelé le 

• Voici l'inscription gravée sur sa tombe : Joaii. de Goalardo protonotario apostolico, de 
Insulis presbytère, Lcctorens. Dioc ex benem. P. Aiirio Christi M. D. HII. — Viator quis- 
quis es, mortuis die œtcrnan quietcm. 

2 Armes des Noailles : de gueules à la bande d'or. 

3 Armes des Narbonne : de gueules plein. 



230 NOBLESSE DE LOMAGNE 

comte de Brassac, baron de S^-Maurice, Poy, Terre-rouge, 
Saint-Loboer, Saint-Sever, La Roche-Beaucourt, seigneur de 
Sémoussac, Sémillac, Clion, Saint- Antoine-du-Bois, chevalier 
du Saint-Esprit, gouverneur de SMean d'Angély, ambassadeur 
près du pape Urbain VIII, lieutenant-général du Poitou, gou- 
verneur de Saintonge, d'Angoumois et de Lorraine, surinten- 
dant de la maison de la reine et ministre d'Etat, avait épousé, 
le 16 avril 1602, Catherine de S^e- Maure *, fille de François 
de S*c-Maure, baron de Montausier, qui devint première dame 
d'honneur d'Anne d'Autriche. Jean de Goalard mourut en 1645-. 

Charles de Goalard, baron de l'Isle-Bozon, dans la séné- 
chaussée d'Armagnac, rendit liommage au roi pour la dite 
terre, en 1634 devant les trésoriers -généraux de France à 
Montauban. 

Jean-Georges de Goalard, baron de l'Isle-Bozon, comman- 
dant les chevau-légers du maréchal de Roquelaure, capitaine 
général des forêts, major de la forteresse de Lectoure, fut 
blessé (1648) à la bataille de Lens. 

Jean-Baptiste de Goalard était, en 1668, chanoine du cha- 
pitre de La Roumicu, et il signa, le 5 janvier de cette même 
année, le contrat de mariage de messire Jean-Jacques de Cam- 
bon, seigneur d'Arconques, de Roquaint et de La Roque- 
Engalin '\ avec Marie de Brizac, fille d'André de Brizac, baron 
de Hordosse *, Landiran et de Catherine de Lartigue, habitant 
la ville de Nérac. 

' Armes des S'»-Maurc : d'arijeul à la fasce de gueules. 

' A partir de Louis XIII, le nom primitif de cette famille fut luodifu', et le nom de Goa- 
lard devint Galard, cependant les soit,Mieurs de l'Isle-Bozon et de Balarin-PcUehaut couli- 
imiMcnt, jusqu'en I7'J3, à signer Gdalard. (Voir à rappcndicc, documents sur les lîcfs de 
risIc-Bouzou et Magnas). 

■'' Fils de Josepii-Henry de (",aini)oa, chevalier, et de dame Françoise de Chic de Iloijuain, 
liabilant le château d'Arconques, juridiction d'Es]>iens. Les autres témoins du mariage 
furent la dame de Lescout, Le Sage de la Salle, Joseph de Matisson, chevalier, Paul de 
Mazelière, chevalier de S'-Louis, Joscfih de Mazelière, seigneur de Nassau, Jean de Lafar- 
gue, chevalier de S'-Louis et maréihal des camps et armées du roi, messire Pierre Duroy 
de Cauhiod, seigneur de S''-.Margiierile, et messire Bohert du Bernct de Mazeren. (Arch- 
de Magnas.) 

* Le château d'Ilurilosse, au cniillnnil de la Célize et de l'Osse, passa des Brizac au 
marquis de l'onipignan, pelit-lils du poète, et ancien maire de Nérac. (Guirlande des 
Maujueriles, par Faugère-Dubourg). 



EN l'année 1787 231 

CTiiillaume de Goalard, baron de l'Isle-Bozon, seigneur de 
S^-Micliel, capitaine au régiment Vivant-cavalerie, gouverneur 
du cliàteau et de la ville de Lectoure, chevalier de S'-Louis, 
épousa, en 1720, Jeanne de Vaux. 

Jeanne, fille d'Hector de Galard, seigneur de Balarin, et 
d'Anne de Lévignac, se maria, le 1^ décembre 1721, avec M. 
de Pédesclaux^ Elle avait pour frères, Joseph et Pierre de 
Galard, et pour sœurs, Jeannette, Esther et Marie. 

Dans le procès-verbal de l'assemblée des trois ordres de la ju- 
gerie de Piivière-Verdun et du Comté de Gaure, le marquis 
de Galard de l'Isle y représenta le marquisat de l'Isle-Bouzon, 
avec la baronnie de Magnas en Lomagne; son frère, la sei- 
gneurie de Pelleliaut-Luzanet en Gondomois, et son cousin le 
marquisat de Terraube dans le Lectourois. 

Joseph de Galard, marquis de l'Isle-Bouzon, baron de Ma- 
gnas, seigneur de la Tour, qui lit partie, en novembre 1787, 
de l'assemblée des Etats provinciaux réunie à Auch, était 
lieutenant-colonel au régiment de Picardie, et chevalier de S^- 
Louis. Il mourut sur l'échafaud le 17 avril 1794, et ses domai- 
nes furent confisqués; de ses trois fils, l'ainé, Louis, Raymond, 
Charles-, a continué la postérité, qui réside encore au château 
de Magnas-S'-Clar, dans le Gers. 

Les branches de la maison de Galard existant de nos jours, 
et descendant toutes des seigneurs de Terraube, sont : celles des 
marquis de Terraube et des marquis de l'Isle-Bouzon, barons 
de IMagnas, en Guyenne, des comtes de Saldebru, barons du 
Caila'^, dans le Bordelais, et des comtes de Béarn-Brassac, 

' Suzanne de Pcdcsckuix, mariée avec Pierre de Baillct, seigneur de Fiorensac, donna, 
le 22 juillet 1717, sa fille Jeanne, à Jérôme de Bécays, seigneur de la Caussadc. Les 
Pédesclaux étaient alliés aux Mazelièrcs-Réaup, Cliasteau de Cheyssac, etc... 

2 Louis Raymond Charles de Galard, né au chùlcau de l'Isle-Bouzon le 7 octobre 1774, 
se rendit à Coblenlz en décembre 1791, et servit aux mousquetaires dans la 2» brigade. Il 
quitta le corps au licenciement de l'armée des Princes, et se réfugia en .\ngletcrrc jus- 
qu'au moment où il obtint sa radiation de la liste des émigrés. 

3 La seigneurie de Saldebru, située en Agenais, dans la paroisse de Lagarde, était 
venue à la famille de Lézir, vers la fin du w" siècle. Françoise de Lézir porta cette terre 
en mariage, le 8 juillet 1579, à Gaillard de Galard, seigneur de Pauilhac, et les Galard 
conservèrent le domaine de Saldebru jusqu'en 1789. Le dernier propriétaire de ce nom 
fut Jean, vicomte (appelé quelquefois maniuis) de Galard, qui signait : seigneur de Sal- 
debru et de Lagarde. (Moulcnq). 



232 NOBLESSE DE LOMAGNE 

subdivisée en plusieurs rameaux, dits du Repaire, d'Argentine, 
et de la Roche-Beaucourt. 

Cette dernière ajoute au nom patronymique de Galard, celui 
de Béarn, en conséquence de l'obligation de porter les armes 
et le nom de Galard unis aux armes et au nom de Béarn, qui 
lui fut imposée par le contrat de mariage de François de Ga- 
lard, baron de Brassac, seigneur de la Porte, La Rivière, Pra- 
deilles en Rouergue, gentilhomme ordinaire de la cliambre du 
roi, avec Jeanne de Béarn, iille de Jean, baron de Béarn, sei- 
gneur de Roquefort, S'-Loubouer dans les Lannes, S^-Maurice 
sur l'Adour, Montoisel, Mont-de-Marsan, etc., et de Jeanne 
d'Antin, le 12 octobre 1508 *. 



' Aixliivcs (les chatiMiiN de Ibli'-rniiizoïi, Ma^'iias, rriiiiiilic, riaiii.iii'iis, S'-Avit (Gers), 
Laioclielifaiicdiirt 'Donld-nc), Wi.lfvillc (Sfiiu'-ct-C»isci, La lioclicltc ((".(Mi- il'Or), <;t C.aila 
(Giioii(lc). 



EN l'année 1787 233 



MANSONVILLE 



LE S. PLANEÏ 

La famille de Plaiiet, encore honorablement représentée de 
nos jom^s, dans le midi, descendait de Joseph de Planet, capi- 
toul en 1700, procureur au Parlement de Toulouse. Il rendit 
hommage au roi, avec son petit-fils, Jean-Jacques de Planet, 
devant les ti'ésoriers-généi-aux de France, dans la généralité de 
Languedoc, le 11 mai 1768, pour la co -seigneurie de Puy- 
busque. Ce dernier assista à l'assemblée générale de la noblesse, 
tenue à Toulouse, en 1789. Leurs armes étaient: de gueules 
au lévrier passant d'or, sur une terrasse de sinople ; au chef 
d'or, chargé de trois étoiles de sable. 

Messire de Planet du Terrage, chevalier de Notre-Dame du 
Mont-Carmel et de S'-Lazare, en 1757, portait pour armoiries, 
un semis de lleurs de lis d'or sur fond de sable, au griffon 
d'argent brochant sur le tout. 

Dans le tableau des officiers de la « Compagnie royale de 
Messieurs les Pénitents bleus de Toulouse », en l'année 1825, 
on trouve mentionné, comme trésorier et membre du Conseil 
des trente, établi pour le gouvernement des officiers de cette 
Compagnie, « Monsieur de Planet, avocat et propriétaire en la 
susdite cité. » Le prieur honoraire à vie, nommé par délibé- 
ration du 17 juillet 1785, était S. M. le roi Charles X; le 
prieur réel fut le comte de Roquelaure, le censeur élu, le 
marquis de Caumels, colonel de cavalerie, et les consulteurs, 
ou conseillers étaient : le marquis d'Aubusson, ancien maré- 
chal des logis de la première compagnie des mousquetaires, 
le marquis de Flamarens, député, le marquis de Palarin, 



234 NOBLESSE DE LOMAGNE 

chevalier de S'-Louis, le marquis de Fontenilles, le marquis 
de Tauriac, Messieurs de Bouscatel, chef de bataillon d'état- 
major, de Montbel, Cassand, de Gortade, de Verdiguier, de 
S^-Félix, chevalier de Malte et de la Légion d'honneur, capi- 
taine d'infanterie, de Saint-Padoue, capitaine de cavalerie. 

La seigneurie de Mansonville, où résidait, en 1787, Monsieur 
de Planet, avait été possédée, dès 1578, par la maison de Goth, 
et était venue de la famille de Marsac, d'après un titre du 
janvier i39L 

Le château actuel de Marsac s'élève sur une hauteur, entre 
S'-Glar et La Ghapelle (Gers). Il appartient aux Célès, ou Sé- 
lesses de Marsac, descendant de Nicolas de Reversât de Gélès, 
conseiller au Parlement de Toulouse, de 1681 à 1731. 

Gilbert de Reversât de Marsac, seigneur de ]\Iontmaure, 
dénombra ses iiefs nobles devant les capitouls de Toulouse, le 
29 août 1785. Armes: d'azur au chevron d'or, accompagné de 
3 lions rampants du même, 2 en chef, 1 en pointe ^ 



• Noliiliaiic Toulmi.'îain. 



EN l'année 1787 235 



MIRADOUX 



LE S. DE GOUT 

Les de Goût (ou du Gouth; tiraient leur origine de l'an- 
cienne maison de Goth, qui fut très puissante au moyen âge, 
dans le midi de la France, où elle possédait de nombreuses et 
importantes seigneuries. Elle a formé plusieurs branches, 
entr'autres celles de Lomagne, Rouillac, Lieux, La Chapelle, 
du Bouzet, d'Epernon, etc.. 

Le 24 mai 1309, Arnaud Garsias de Goth jui'a sur les Saints 
Evangiles, aux habitants du Maransin, dont sa femme, ^lira- 
monde de Mauléon^, était dame seigneuresse, qu'il serait bon 
et loyal seigneur pour eux, et qu'il ferait droit aux pauvres 
comme aux riches. 

En échange de sa promesse, les habitants du Maransin l'as- 
surèrent de leur fidélité. 

Le roi d'Angleterre écrivit, en 1315, à Bernard de Goth, 
vicomte de Lomagne et d'Auvillars, pour solliciter tous les 
secours en armes et en chevaux dont il pourrait disposer. 

Bertrand de Goth était, dès 1324, seigneur de Duras et de 
Blanquefort; son parent, nommé comme lui, Bertrand de 
Gotli, devint pape, le 5 juin 1305, sous le nom de Clément V-, 
et fut la principale illustration de cette famille. Son frère, Bé- 
i-aud de Goth, archevêque de Lyon, fut créé cardinal et légat 

' Aiinos des Mauléoii : de gueules, au lion d'or, armé et lampassé de sable. 

- 15ei tiaud de OolJi, né, croit-oii, à Villaiidraut, fut évcnue de Commin-os, puis aiclic- 
vèquc de F5ordcaux. Elu pape, au Couclave do i'éiouse, couronne à Lyon, au mois de 
novembre 130Ô, dans l'église de S'-Just, il transféra le S'-Siègc à Avignon, le 8 janvier 
130'J, et mourut le 2U avril 1314 à Ru(juemaure. 11 fut iniiumc en août 13115, à Izcstc, près 
de Bazas. 



236 NOBLESSE DE LOMAGNE 

par Boniface VIII. Leur nièce, Régine de Goth, se maria, 
vers 1373, avec Jean, comte d'Armagnac et de Rodez. 

Bertrand de Goth, d'abord évêque d'Agen, fut, en 1312, évo- 
que duc de Langres, et pair de France. 

Le 6 juillet 1393, noble Raymond, Arnaud de Goth, seigneur 
de Rouillac, ^lansonville et autres places, acheta de messire 
Othon de Caumont, seigneur de La Chapelle et de S^-Pessère, 
le moulin du Gompte avec ses dépendances, moyennant trois 
cents florins d'or et de poix^. 

Etienne de Goth, seigneur de Rouillac et d'Andozille (ou 
Andou(ielle), épousa, en 1465, Glaire de Goalard. 

Il eut pour témoins Jean de Goth, son oncle, seigneur de 
Castei'a-Bouzet, écuyer du comte d'Armagnac. 

Dans l'année 1490, noljle Bei'ti'and de Goth, seigneur de 
Rouillac, écuyer-tranchant de monseigneur le duc de Bar, se 
maria avec Marguerite de Vise, lille du seigneur Jacques de 
Boncourt, baron dudit lieu-. 

Noble Arnaud de Goth, et Bernardine de Galard-Brassac, sa 
femme, se qualifiaient en 1554, de seigneurs de Manleiche, 
d'Aubèze, du Palais et du Pergain. 

Octavien du Gouth, demeurant en Condomois, et Pierre du 
Gouth, seigneur de S'-Jignan, étaient inscrits sur le « Rolle de 
la Compagnie de 30 ho)nnies d\irnies et 45 archiers des or- 
donnances du Roi/ sous la charge de Monsieur de Monluc », 
pour l'an 1560-'. 

Le Ic'- décembre de cette même année, Joseph et Jehan de 
Got, guidon et homme d'armes, figurèrent à la revue qui 
fut passée à Valence, en Armagnac. 

Jean de Goth, seigneur do Rouillac et Auloino de Goth, 
seigneur de Mansonville, furent poursuivis, ainsi que les plus 
grands seigneurs féodaux d'Armagnac et de Lomagne, au nom 
du roi de Navarre, pour avoir commis divers empiétements 
sur la puissance judiciaire diulit Souverain. 

* Archives de I>a Rochcltc-Maiilay (Cùlc-irOi). 
' Archives du château de Majjuas (Gers). 
3 Histoire île Gascoijne, par Montlezuu. 



EN l'année 4787 237 

Antoine de Goth possédait, en 1578, la seigneurie de Man- 
sonville; celle de Peyrecave, entre S'-Antoine et Flamarens, 
appartenait déjà à sa famille dès 1317; elle passa par mariage 
au xYiiic siècle, dans la maison de Grossolles, qui l'a conservée 
jusqu'à ces dernières années. 

La seigneurie de Peyrecave avait été octroyée, en 1295, par 
le vicomte de Lomagne, à Messire Bon de Bozet*, ainsi que le 
témoigne l'acte suivant: 

« Don faict par noble homme Hélias de Taillarandi, vis- 
« compte de Loumaigne et d'Auvillars, et noble dame Philipe 
(( sa famé, à maître Bon de Bozet, jurisconsulte de Montau- 
(( ban, de la teri-e et seigneurie de Peirecave, avec toutes ses 
(( apartenances et dépendances et droits aux haute , basse et 
(c moyenne justice, toutes ses terres cultes et incultes, mai- 
u. sons, jardins, préds pasturages, eaux-vives, vinages, molins 
(c cens et spécialement tous droits corporels et incorporels, 
((. qui luy appartiennent et doivent arriver pour liaison dudit 
(c viscompteou pour autre cause ou raison, lequel sieur du Bon 
(( fut investi par le dit sieur viscompteavec tous les fiefs appar- 
« tenans et dépendans de la dite seigneurie de Peire Cave, ne 
(( retenant le dit viscompte pour homage à chaque mutation 
(( une paire d'esperons dorés promettant le dit sieur de luy en 
(( porter bonne et fidèle garantie sou les obligations de tous et 
(( chacun. 

« La dite donation a esté faitte par le dit viscompte au s. 
(( Bon de tous droits corporels et incorporels dixmes, homages, 
ft questes hommes et femmes ventes et achapts et tous autres 
(( droits quels qu'ils soyent quy puissent et doivent appartenir 
(( au s. viscompte en la dite qualité ou en autre façon ce que 
(( soit.. La dite terre de peire cave donée par ledits, viscompte 
(( au dit s. Bon, confronte aux terres de La Chapelle, et de 
« ^lii'adoux et château de Flamarens et château de Manson- 
(( ville et de la maison de Sainte-Bose et autres confrontations 
« si point il y en a. 

' Armes des du Bouzct : d'argent (alias il'or), au lion d'azur, lanipassé et armé de 
gueules, couronné d'or. 



238 NOBLESSE DE LOMAGNE 

« Ladite donation lut faicte l'an mil deux cent nonante- 
(( cinq le dixième du mois d'april, à Moissac par Arnaud 
(( Dupuy, notaire de Tholose et notaire de la Cour du sieur 
(( vicaire de Tholose et du sceau du sénéchal dudit clievalier. 

(L Piegnant Philipe roy de France ^ » 

Philippe de Bozet, fils de Bon de Bozet, vendit à Otlion de 
Montant la seigneurie de Peyrecave le 12 octobre 1298. En 
1309, cette commune obtint des Coutumes de ce dernier sei- 
gneur, qui la céda, en présence de ses enfants, Pvaymond et 
Nolit, moyennant deux mille sept cens livres tournois, à Ray- 
mond Arnaud de Goth, seigneur de Rouillac, chevalier pour 
Iwj et les siens, consentant que le très illustre seif/neur Ber- 
trand de Gouth, viscompte de Lomagne et Auvillars le reçoive 
pour son vassal et l'investisse de la dicte seigneurie, promet- 
tant luy en porter bonne et franche garantie. 

Faict Van mil trois cens dix sept et le dernier de febvrier. 

Retenu par Cauhert Franc not. de Tholose. Régnant Phi- 
lipe R. de France et Navarre-. 

François de Goth faisait partie de la compagnie de Monsieur 
de La Valette, au mois d'octobre 4582, et, en juin 1588, il quitta 
le service du roi. 

Antoine de Goth, seigneur de Peyrecave, donna, le G juin 
1552, un dénombrement de ses biens, à Jean de Galard, baron 
de risle-Bozon, seigneur de St«^-Livrade, et sénéchal d'Arma- 
gnac. 

« Jelian de Galard, chevallier, seigneur baron de l'Isle en 
(( Lomaigne, et commissaire par le Roy, dépputé en ceste par- 
oi tie, à tous ceux qui appartiendra, certifions que aujourd'huy 
« par devant les gréfiers de la présente sénéchaussée soulz 
« signé, de la partie de noble Anthoine de Gouth seigneur de 
« Peyrecave, a esté présenté et baillé la déclaration des biens 
« nobles qu'il tient en nostre sénéchaussée et affirme par ser- 

* « L'original est en lalin et lu présente copie en François a été faite dans l'année 
1525. » (Arch. de Magnas). 

' « Coppic en François a élé faicle sur Foriginal latin l'an 1527 >< (sic). Archive* de 
Magnas-S«-Clar, Gers. 



EN l'année 1787 239 

« ment, contenir vérité, de laquelle en doble est sous le scel 
« de nostre dite sénéchaussée, ez-attacliée. » 

« Donné à Lectore, le sixiesme jour du moys de jung, mil 
« cinq cens cinquante-deux. t> 

^lOREAU, 

(f. Par commandement de môndict seigneur le sénéclial ^ » 

Le 9 octobre 1680, noble François de Goth, seigneur du 
Bouzet, comparut à l'Assemblée des nobles de la Lomagne. 

Jean-Baptiste-Gaston de Goth, marquis de Rouillac, eut le 
titre de duc d'Epernon et occupa une grande situation dans 
l'Etat. Il mourut au mois de juin 1690. 

Monsieur de Goth lit partie de la réunion des nobles d'Ar- 
magnac, qui se tint à Lectoure le 22 mars 1789. 

Les Gotli avaient pour armes: d'or- à 3 fasces de gueules. 

Parmi les diverses branches éteintes de cette maison on peut 
citer celle de vS'-Agnan. 

Jean-Pierre de Goth de S^-Agnan fut enseveli le 23 août 
1622 dans l'église de S^-Martin de Plieux, près Vichau. 

Noble Elysée de Goth, seigneur de S*-Agnan et de Beau- 
regard, lieutenant de la mestre de camp du régiment de cava- 
lerie de La Valette, marié avec Frise du Saget de Salles, fils 
de Jean-Pierre de Goth et de Marguerite de Thuzo, fit cons- 
truire, en 1693, une chapelle dans son château de Beauregard. 
Cette branche de la maison de Goth s'éteignit, dans l'année 
1733, par le décès, sans postérité, de Jean de Goth. Marie de 
T^auriac, fille d'Anne de Goth de S'-Agnan et de noble Jean de 
Lauriac, [)orta le domaine de Beauregard dans la famille ]3é- 
gué-Plieux. 

Elle avait épousé, le 6 mai 1718, Pierre Bégué-Plieux, lieu- 
tenant au régiment de Boulonais-Infanterie, qui fut blessé à la 
bataille de Malplaquet^. 

* Archives des châteaux tic Lislc-Bouzon et Magnas. 

2 Alias : (l'argent. 

3 Archives de M. Pileux. 



240 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Les du Goût (ou de Goth) de St-Agnan avaient possédé la 
seigneurie de Benauville, dans le comté de Salm en Lorraine, 
qui leur était venue par le mariage de Jean du Goût de Saint- 
Agnan, commandant de Marlem, en basse Alsace, avec Cathe- 
rine, fille de nol)le Pierre de ^lus, seigneur de Benauville, le 
26 avril 1691. 



EN l'année 1787 2M 



MONCAUT 



LE BARON DE MONCAUT 

La seigneurie de Moncaut appartenait, aux xiiF et xivc siè- 
cles, à l'ancienne maison de Rovignan. 

Bernisson, seigneur de Moncaut, vivait en 4312, et Pierre, 
son fils, en 1331. 

Pierre de Rovignan, seigneur de Moncaut, rendit hommage 
dans Bordeaux, le 30 juillet 1363, à Edouard, prince de Gal- 
les (dit le prince noir), représentant son père, le roi d'Angle- 
terre, en présence de l'archevêque de Bordeaux. 

Nohle Mathe de Rovignan, dame de ^Moncaut, mariée avec 
Garcie-Arnauld d'Albret, donna, le 25 février 1422, l'inves- 
titure de certains biens, situés en la juridiction de Moncaut et 
de Montagnac. Leur fdle, Miramonde d'Albret, céda la 
baronnie de ^loncaut à son époux, Gassiot de ^lontagu-^Ionde- 
nard, seigneur de Montjoy, qui acheta, en 1447, du père d'O- 
don de Galard, seigneur de Lécussan, la seigneurie d'Estillac, 
près d'Agen. Gassiot de Montagu eut trois fils: Le plus jeune 
fut seigneur de R^oquelaure; le second, seigneur d'Estillac, 
laissa, de son union avec Marguerite de Galard, une fille, 
Françoise, mariée avec François, seigneur de Monluc, Puch 
de Gontaud, etc., qui fut mère du maréchal Biaise de Monluc; 
enfin, l'aîné, Jean, baron de Moncaut et de S'^-Golombe, eut 
de sa femme, Bertrande de Durfort^, un fils, François (dit 
de Durfort), père d'Antoinette; cette dernière porta Moncaut à 

* Armes des Durfort : Ecartelé aux 1 et '2 d'argent à la bande d'azur, qui est de Dur- 
fort ; aux 2 et 3 de gueule au lion d'argent, qui est de Lomagne, brisé sur le tout d'un 
lambel de gueule. Les Durfort-Civrac supprimaient le lainbel. 

16 



242 



NOBLESSE DE LOMAGXE 



Bertrand de Laurière, seigneur d'Andas, près S^-Maurice, 
chevalier de l'ordre du roi, veuf d'Anne de Lomagne. 

Il devint ainsi le premier baron de Moncaut, du nom de 
Laurière. 

L'origine de cette famille était ancienne et illustre ; les Lau- 
rière descendaient de Jean de Pompadour*, baron de Laurière, 
second fils de Jean II, seigneur de Pompadour, marié le 23 
juin 1453, avec Marguerite Ghauveron, dame de Ris. 

En 1622, Joseph I de Laurière, baron de ^loncaut, mestre 
de camp d'un régiment d'infanterie, gouverneur de Layrac, 
eut, en sa qualité de protestant, de violents démêlés avec le 
maréchal de Roquelaure, qui protégeait les catholiques ; Joseph 
de Laurière, lils de Biaise II de Laurière, baron de Moncaut, 
chevalier de l'ordre du l'oi, capitaine de 50 hommes d'armes 
de ses ordonnances, conseiller en ses conseils d'Etat et privé, 
avait épousé Marie de Fabas^. 

Monsieur de S'-Julien fut le procureur fondé du baron de 
Moncaut à l'Assemblée des trois ordres tenue à Lectoure, le 16 
mars 1790, pour les sénéchaussées d'Armagnac et de l'Isle- 
Jourdain. 

Le 15 octobre 1875, Louise de Laurière, baronne de Mon- 
caut, mariée avec Joseph, marquis de S'-Exupéry, dernière 
descendante de Joseph de Laurière, baron de Moncaut, et de 
Marie de Lusignan, donna sa fille, Thérèse de S'-Exupèry, au 
comte A. de Lusignan, de la branche des barons de Gouhé en 
Poitou^. Blason : losange d'or et d'azur. 

Les armes des Laurière de Moncaut étaient : d'azur au lion 
d'or, couronné, lampassé et armé de gueules, surmonté d'une 
croisette d'argent; une famille Fabri de iNIoncaut, en Langue- 
doc, portait seulement : d'or au lion di sable, armé et lam- 
passé de gueule; enfin les Laurière de Lanmary avaient pour 
blason : d'azur à trois tours d'argent, maçonnées de sable, 
surmontées d'un lion léopardé d'or. (Matagrin.) È\ 

' Armes dos Pompadour : d'azur à 3 tours dargeiU, maçonnées de sable. 
* Armes des Fabas : d'or à rois pals de gueules. 
3 Buurrousse de Laffore. 



EN l'année 1787 243 



MONCAUT 



LE CHEVALIER DE LAURIÈRE 

Biaise de Laurière, seigneur et baron de ]\Ioncaiit et de 
Sainle-Colombe, gentilhomme de la chambre du Roi, mestre 
de camp d'un régiment d'infanterie, gouverneur de Layrac, 
fut tué, en 1580, auprès de Marmande. Le roi de Navarre le 
fit inhumer à Tonneins et assista à ses funérailles. 

Un chevalier de Laurière, fils du baron de Moncaut, périt 
sur un pont, près de Montagnac, dans un duel avec MM. de 
Frère de Peyrecave, contre lesquels un décret de prise de 
corps fut décerné, en 1678, par le bailli de Bruilhois, à la 
requête du père de la victime. Les jeunes de Frère de Peyre- 
cave furent condamnés à mort, et, (c vu leur qualité de gentils- 
hommes, ils demandèrent à être décapités et non peyidus * ». 

A l'assemblée des Trois Ordres, tenue à Lectoure et à Auch, 
en 1789, le chevalier de Laurière fut convoqué sous le nom de 
^l. de Moncaut. 

Dans la liste des gentilshommes réunis, la même année, à 
Cahors, on trouve mentionné, comme faisant partie de la 
noblesse, M. Thiron de La Devèze, seigneur de Laurière. 



' Bourrousse de Laffore. 



244 NOBLESSE DE LOMAGNE 



MAUROUX 



LE S. DE GROSSOLLES SAINT-ANDRE 

Le 2 septembre 1294, Mauroux reçut ses coutumes des sei- 
gneurs (ï Vezian de Lomagne, Raymond et Arnaud de Léau- 
« mont, Raymond de Séguenville, et Arnaud Guilhem de Mau- 
« roux, gentilshommes, Pliilippe étant roi des François, Guil- 
« laume, évêque de Lectoure, et Hélie Taleyrand, vicomte de 
« Lomagne, de quoy sont témoins Arnauld Pomès, Arnauld de 
« Vie, gentilhomme, Rernard de Sentis, Vital de Montault, 
« Guillaume de Clairac, Gérant Fitte, Bernard Fitte, Bernard 
(( Lesquire, Dominique de Montagnan, Fortin Davasse, Pierre 
« Vinal, Arnauld Labusquède, Adam Davasse et moi, Pierre 
c( Teissier, commun et public notaire de toute la terre de 
« Lomaigne, qui a fait écript et signé de mon seing accoutumé 
is. le présent public instrument des coutumes susdites, et nous 
(( seigneurs susdits pour la plus grande force et valeur avons 
(( faict mettre nos sceaux au présent instrument*. » 

La maison de Grossolles, ancienne et illustre, est originaire 
du Périgord; elle a donné deux grands louvetiers de France, 
des évêques à Gondom, Quimpei-, Périgueux, des maréchaux 
de camp et plusieurs autres officiers généraux. 

La généalogie de cette maison ayant été écrite par le père 
Anselme, nous ne citerons que les personnages les plus mar- 
quants. 

Guillaume et Raymond de Grossolles, chevaliers de la langue 
d'Oc, partirent, en 1250, pour la septième Croisade. 

' Traduction des coutumes de Mauroux, par Lormant, de Saint-Léonard, le 2-1 février 
1670, qui avait reçu l'original en latin de Hayniond Auzas, régent de Mauroux. 



EN l'année 1787 245 

Bernard de Grossolles, damoiseau, était, avant 1331, chan- 
celier du comte d'Armagnac. 

Bernard de Grossolles, père de Jeannette de Grossolles, 
mariée vers 1439 avec Jean de Léaumont *, seigneur de Mau- 
roux, portait les titres de vicomte de Montgaillard, seigneur 
d'Asques, Gensac et Saint-]\Iartin. 

Françoise de Grossolles, lille de Renaud de Grossolles, 
baron de Flamarens, gentilhomme de la chambre du roi, 
gouverneur du Marsan, et de dame Anne de Montlezun-Gam- 
pagne^ « contracta mariage, le 8 avril 1580, avec noble Marc, 
Antoine de Navailles, baron de Banos et de Dûmes, au pays de 
Ghalosse, dans les Lannes. » 

En 1484, Jean de Grossolles, seigneur de Flamarens ■^, mari 
de Jeanne d'Aljzac de la Douze 3^ avait une fille qui épousa 
Hugues de Galard, baron de Brassac, seigneur de La Valette 
et de Gussol, dont les sœurs étaient Anne de Durfort-Duras, 
Prohense de Miran et Jeanne de Noé. 

Hérard de Grossolles, maréchal de camp de l'armée du Roi 
en Guienne, seigneur de Flamarins, d'Asques et Montastruc, 
fut nommé, en 1596, chevalier de l'ordre et capitaine de cin- 
quante hommes d'armes, etc. Ne pouvant obtenir le payement 
d'une somme qui lui était due par messire Bertrand de Mont- 

• Armes des LéaumoiU : d'azur au faucon perclié et grillé d'argent. 

"^ La baroniiie féodale de Flamarens était passée des vicomtes de Lomagne dans la 
maison de Durfort, par le mariage de Régine de Goth, fille du vicomte de Lomagne, avec 
Bernard de Durfort, chevalier, et cette terre était, avant 1472, aux Grossolles. 

3 Armes des d'Abzac : d'argent à la bande d'azur chargée en abîme d'un besan d'or, à 
la bordure d'azur, chargée de 8 besans d'or. 

L'état présent de la noblesse française donne aux d'Abzac de la Douze un écusson diffé- 
rent ; d'argent au chevron de sable, chargé d'une pomme de pin d'argent. (Baciiclin- 
Deflorenne.) 

Matagrin et Froidefond, dans leur Armoriai du Pérujord, composent ainsi le blason 
des d'Abzac : Ecartelé aux l^'' et 3'' d'argent à la bande et à la bordure d'azur, chargée de 
9 besans d'or, posés 3, 3, 3 ; aux 2« et 3« d'or, à la fasce de gueules, accompagnée de 
6 fleurs de lys d'azur, 3 en chef. 3 en pointe (qui est de Barrière) ; sur le tout, de gueule 
à 3 léopards d'or. Enfin M. de Jaurgain, dans son étude sur les Galard-Béarn, grave ainsi 
les armoiries des d'.\bzac : d'azur à 8 besans d'or mis en orle, charge d'un écusson 
d'argent, à la bande d'azur, chargée d'un besan d'or. 



246 NOBLESSE DE LOMAGNE 

lezun, seigneur de Baratnau, il dut s'adresser au sénéchal de 
Lectoure, qui envoya au débiteur l'intimation suivante : 

« Jean de Goalard, chevalier, seigneur et baron de Vlsle- 
« Bozon, en Lomaigne, conseiller et chamhelkm des Roy et 
« Règne de Navare, comtes d'Armanhac, et leur sénéchal 
« gouverneur au dict comté, au premier sergent royal ou 
« aultre personne requis, salut : Vous mandons contraindre 
« Bertrand de Montlezun, escuyer, seigneur de Baratiiau, 
« payer à noble Hérard de Grossolles, seigneur d'Asques, ou 
« à son mandement, la somme de cent livres tournois, à luy 
(( deue pour les causes et raisons contenues en V instrument 
(( obligatoire cy-attaché, et ce par prinze, exécution, vendition 
(( et aliénation de ses biens et aultres voyes raisonnables. 

« Donné à Lectoure le dixième jour du moys de juillet mil 
« cinq cens soixante cinq. 

(( Contresigné : GROSSOLLES^. » 

Arnaud de Grossolles, seigneur de Flamarens, fut convoqué 
au ban et arrière-ban, le 5 mai 153G, par le sénéchal d'Arma- 
gnac, dont il reçut, pour « luy servir de descharge », un acte 
qui a été conservé. 

(( JSous, Jehan de Galard, chevalier, seigneur et baron de 

(( VIslc-Bozon, en Lomaigne, et de Sainte TJvrade, senneschal 

(( d'Armanhac, d tous ceulx qui ces présentes verront, salut : 

d scavoir faisons, et par ces présentes attestons que suyuant la 

a commission et mandement à nous donné par le Roy pour 

<i faire la monstre de son ban et arrière-ban de tous gentils- 

« hommes subjects au ban et arrière-ban, tenant fiefs et arrière- 

(( fiefs dudict seigneur, exempts et non exempts, privilégiés et 

« non privilégiés en nostre dicte sencschaussée, en vertu de 

« .ses lettres patentes contenant notre commission, sommes 

« transportés, ce jour et date des présentes, en la ville de 

« Puycasqué, ou illec procédant à ladicte monstre, faisans 

' Archives de Magnas (Gers). 



EN l'année 1787 247 

t> appeller par noste greffier criminel les gentilshommes de 
(( nostre dicte séneschaussée, suhjects audict han et arriéré- 
es ban, à servir ledict seigneur à la manière accoutusmée 
a suyuant les contrerolles vieulx et anciens, a comparu noble 
« Arnauld de Grossolles, escuger, seigneur de Flamarenx et 
(( aultres places, lequel tenant sa maison paternelle en nostre 
« dicte séneschaussée, de laquelle porte le nom et fait sa re'si- 
(( dence continuelle, a promis et juré suyvant ses ansestres et 
(( prédécesseurs, bien loyaulement, honnestement et vertueuse- 
if. ment servir ledict seigneur en sondit ban et arrière-ban en 
(( V estât et equlppage d'hommes d'armes, en telle puyssance que 
(( sur ce il pourra et par ce se tenir prest pour chemisier au 
« service dudict seigneur ou sera son bon plaisir a toute heure 
(( que par luy ou ses commis sera demandé, en quoi ledict sieur 
(( de Flamarenx nous a requis, attestation luy estre faicte pour 
((. luy servir en descharge que de raison, en temps et lieu; ce 
(( que Luy avons octroyé et mandé faire par nostre greffier 
(( soubzsigné en la manière susdicte, en présence du procureur 
(( général de nostre dict seigneur. 

« Liste, sénneschal d'Armanhac. 

a. Par mandement de mondict seigneur , 

(( ORRANCE. » 



Dans une montre de troupes qui eut lieu à Layrac, le 2 avril 
1568, figure noble Jehan de Grossolles. 

Jolian de Grossolles, mestre de camp d'un régiment d'in- 
fanterie, baron de Flamarens et de Montastruc, dont la sœur 
s'unit, en 1614, avec Jean-Gaston de Foix-Candale, seigneur 
de Villefranche, avait épousé, le 29 décembre 1609, Françoise 
d'Albret *, dame de Miossens. 

Françoise -Glaire de Grossolles -Flamarens se maria, le 



' Armes des d'Albret : aux l" et 4» de gueules plein, aux '1^ et 3« de France. Les 
Miossens ajoutaient un lion d'or sur fond d'azur. 



248 NOBLESSE DE LOMAGNE 

21 octobre 1657, avec Pierre-Gaspard de Bare, sieur de La 
Tour, capitaine de cavalerie ^ 

Agésilas (Joseph), clievalier de Grossolles, marquis de Fla- 
marens, fut lieutenant-général des armées du Roi, et un des 
commissaires à la réunion de l'Assemblée de la sénéchaussée 
d'Agen, en 1787. 

La terre de Flamarens, entre Miradoux et Peyrecave, pos- 
sédée par les Grossolles depuis 1466, avait été primitivement 
le partage des cadets des vicomtes de Lomagne et des barons 
de Galard -; elle devint marquisat au milieu du xvii^ siècle 3. 
Parmi les personnages marquants qui y étaient nés, on cite 
Regnauld-Bernard de Grossolles, baron de Flamarens, marié 
vers 1542 avec Anne de ^lontlezun du Yignau, sénéchal 
des pays de Marsan, Tursan et Gabardan, en 1550, chevalier 
des ordres et gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, 
Arnaud de Grossolles, baron de Montastruc et de Flamarens, 
seigneur de Mauroux et de La Chapelle , bailli du Nivernais, 
gouverneur de Lesparre, et enfin Antoine Agésilas de Gros- 
solles, marquis de Flamarens, baron de ^lontastruc; ce dernier 
voulant, en 1640, venger la mort du marquis de Yaillac, son 
ami intime, tué en duel par M. de Ganillac, provoqua ce der- 
nier, qui resta sur la place. « M. de Flamarens fut tué le 



1 Armes des de Bure et de Burin, seigneurs de Bcaurogard, La MaurcUc, Bartlielongue, 
du Haniiin, Bonrcpos, Lusan, la Calcinie, La Tour, etc. : ccartelé aux 1" et 4» de gueules 
à la tour crénelée de trois créneaux et porticée d'argent, ajourée et maçonnée de deux 
fenêtres et une porte de sable, au loup d'argent battant à la porte de la tour ; aux 2« et 
3« de gueules à la tour pavillonnée et girouettée d'argent; sur le tout : d'azur à trois 
étoiles d'or rangées en face, accompagnées en pointe d'une lance d'or posée en pal. 
(Nobiliaire de Guyenne, généalogie de Burin.) 

' Dans un acte du 18 mars 1461, Viguicr ilc Galard est qualilié de seigneur de Bnlarin 
en Condomois, du Castera en Lcctourois et de Flamarens en Lomagne. Le 9 novembre 
1484, Hugues do Galard, seigneur de La Valette, épousa Marie de Grossolles, lillc de 
Jeanne d'.Xbzac et de Jean de Grossolles, baron de Flamarens. Le fi avril 14'J7, Jean de 
Grossolles, baron de Flamarens et son frère, Antoine, seigneur de Montastruc, en Guyenne, 
firent une donation universelle de tous leurs fiefs à François de Galard, fils de messirc 
Hugues de Galard et de Marie de Grossolles-Flamarcns. (Archives de Magnas.) 

3 Le cliàtcau de Flamarens, curieux si)écimen de rarcliilecturc féodale, et placé sur 
une hauteur très élevée, non loin de .Miradoux, appartient actuellement au marquis de 
Galard-Magnas. La tradition du pays attribue au prince Noir la construction de la grosse 
tour. 



■I 



EN l'année 1787 249 

2 juillet 1652, au combat de la Porte-Saint- Antoine, au même 
endroit où il avait occis, quelques années auparavant, le comte 
de Canillac; ce dont j'eus beaucoup de déplaisir^. » 

Il avait épousé Marie-Françoise le Hardy 2^ fille de Sébastien, 
marquis de La Trousse, grand prévôt de France, lieutenant 
général des armées du Roi, chevalier de ses ordres ^. 

Les Grossolles possédaient en Guyenne et Gascogne de nom- 
breuses seigneuries : Buzet, La Barthe, Montastruc, Céez, La 
Chapelle, Angeville, Peyrecave, Bouligneux, Flamarens, Au- 
renque *, Montgaillard, Caumont, Le Pin, Mauroux, La Bas- 
tide faisaient partie de leurs domaines; le fief de Saint-Martin, 
près Lectoure, leur appartenait, dès 1392, et avait donné son 
nom à un rameau de cette famille, qui devint la branche 
aînée. 

De grandes alliances, de hauts emplois dans l'Eglise et dans 
l'armée, une belle fortune territoriale procurèrent pendant 
longtemps à cette maison une importance considérable, sur- 
tout dans le Midi, où elle résida presque toujours, soit au châ- 
teau de Buzet, soit dans le manoir de Flamarens ou dans celui 
de Saint-Martin. 

La branche de Grossolles-Saint-Martin, issue de Bernard 1er 

* Mémoires de M"« de Montpensier. 

- Bassompierre, dans ses Mémoires du siège de La Rochelle (i octobre 1628), parle 
ainsi du maniuis de La Trousse : « Nous prîmes cet espion Tavart, qui avoit déjà esté 
« deux fois entre nos mains et s'en estoit échappé, dont le grand-provost Sébastien Le 
« Hardy, seigneur de L\ Trousse, estoit tombé en disgrâce. » François Le Hardy, seigneur 
de Fay, fut tué, en 1648, au siège de Tortose; il était gouverneur de Roses Philippe- 
Auguste Le Hardy, marquis de La Trousse, seigneur de Crépoil, Couchcrel, Radcniont, 
Liniezy, etc., gouverneur d'Ypres, capitaine-lieutenant des gendarmes-Dauphin, lieute- 
nant-général des armées du Roi, chevalier des ordres, de la promotion du !«' janvier 1689; 
mourut le 10 octobre i691. « Son seul gouvernement d'Ypres, écrit Dangeau, lui valait 
plus de -45,000 francs. » Ses armes étaient : d'azur à un chevron de sable bordé d'or, 
potence et contrepotcncé de même, au chef d'or chargé d'un lion de gueules passant. La 
seigneurie de La Trousse, en Bric, fut érigée en marquisat au mois d'août 1615. 

3 M"» de Flamarens, un peu parente de M^^ de Sévigné par le frère de son mari (F. Le 
Hardy, qui avait épousé Henriette de Coulangcs), remarquable par son intelligence, sa 
bonté et son instruction, fut fort liée avec Chapelain et les beaux esprits de son temps; 
elle mourut à Paris, âgée de 86 ans, le 9 février 1703. 

* Voir, à l'appendice, le Mandement de la Taille en la communauté de Caittlnau- 
d'Arbieu. 



250 NOBLESSE DE LOMAGNE 

de GrossoUes , fils puiné de Guillaume, et de N. de Saint- 
Ribier, qui vivaient en 1313, forma, il y a environ trois siècles, 
quatre rameaux; 

La branche aînée, résida toujours à Saint-Martin, près 
de Lectoure, et son dernier descendant en ligne directe 
fut le chevalier de GrossoUes, lieutenant-général des armées du 
Roi, en 1789. 

La seconde était la branche de GrossoUes de Flamarens; 
elle finit en la personne de Ms'' l'évêque de Périgueux, décédé 
à Londres pendant l'émigration, en 1815. Son frère, le mar- 
quis de Flamarens, mourut sans enfants. 

La troisième branche forma la maison de GrossoUes de 
Caumont d'Asques \ qui n'existe plus, de même que la qua- 
trième, éteinte depuis longtemps en Lorraine. Vers 1660, un 
frère de ]\L de Grossolles-Saint-Martin était le chef du rameau 
dit de La Bastide-Saint-André, qui hérita plus tard des bran- 
ches aînées de Saint-Martin et de Flamarens, et dont les des- 
cendants continuèrent la filiation jusqu'à nos jours -. 

Un hasard heureux contribua à établir la fortune des Flama- 
rens et à leur donner les moyens de vivre à la cour. <i Le comte 
de Flamarens, après avoir rempli avec honneur sa carrière 
militaire, s'était retiré dans sa province, où une honnête aisance 
lui permettait de soutenir avec économie la dignité de son 
nom. Un procès qu'il avait déjà gagné devant plusieurs tribu- 
naux, fut porté au Conseil par sa partie adverse et le força de 
faire le voyage de Paris. Il marchait à petites journées, allant 
avec ses chevaux; passant par la forêt de Fontainebleau, il vit 
beaucoup de gens à cheval qui tous, prenant une route de tra- 
verse, paraissaient avoir la même destination. La curiosité le 
porta à les suivre, sauf à s'écarter un peu de son chemin. Après 
avoir marché quelque temps il arriva à un grand rond appelé 
le fort de la Briclie, où il trouva plusieui"S hommes assez mal 
vêtus qui, ayant mis pied à terre, avaient attaché leurs che- 

' Voir à rappciidicc ; « Documents sur Hennj de GrossoUes, seiyneur d'Asques ». 
^ Archives du château de Flamarens. 



EN l'année 1787 251 

vaux à des branches d'arbre. Sa première idée fut de se croire 
au milieu d'une bande de voleurs, et la fuite lui paraissant 
impossible, parce qu'il voyait beaucoup de monde arriver 
encore par la seule allée qui put lui servir de retraite, il ima- 
gina que le meilleur moyen de se tirer d'alYaire serait d'agir 
comme les autres et de paraître ainsi être de leur société; il mit 
donc aussi pied à terre et attacha son cheval à un arbre, mais 
son inquiétude augmenta bientôt quand il vit tous les yeux se 
fixer sur lui, des groupes se former successivement, le rejoindre 
ensuite, des chuchottements s'établir sans qu'on parût le perdre 
de vue. Enfin un homme se détache, vient directement à lui et 
lui demande avec embarras quel motif l'amène en ce lieu? Le 
comte persistant dans la môme idée, lui répond avec assez de 
fermeté : « Probablement, Monsieur, le même qui vous y a 
conduit. )) Le député se retire, rentre dans le cercle; les chu- 
chottements recommencent avec plus d'activité; on revient à 
M. de Flamarens, on lui offre deux cents louis s'il veut se retirer; 
très étonné d'une proposition aussi imprévue, il commence à 
trouver son aventure plaisante, sans y rien comprendre, et 
répond à tout hasard que ce n'est pas assez. On retourne, on 
revient, on insiste, on lui propose enfin cinq cents louis qu'on 
compte devant lui; il ne conçoit rien à tout cela, mais il 
accepte, prend l'argent qu'on lui offre, remonte à cheval et 
s'en va, recevant de ces Messieurs toutes les civilités possibles, 
et fort surpris de les laisser avec autant de joie de son départ 
qu'il en avait lui-même de les quitter. Arrivé à Melun, il prend 
les informations sur le rassemblement qu'il a trouvé, et par 
les détails qu'on lui donne, il apprend que le hasard l'a con- 
duit au fort de la Briclie au moment où on allait y faire l'ad- 
judication d'une partie considérable de la forêt. De là il ne lui 
fut pas difficile de conclure que tous les gens qu'il avait vus 
étaient des miseurs associés, qui, l'ayant pris pour un enché- 
risseur inquiétant, avaient été bien aises de se défaire de lui 
à prix d'argent, et à meilleur marché qu'ils ne l'espéraient. 

Obligé de se rendre à Versailles pour la poursuite de son 
procès, le comte de Flamarens se promenait un matin fort 



252 NOBLESSE DE LOMAG^'E 

tranquillement dans la grande galerie lorsqu'un homme, mis 
très honnêtement, après l'avoir considéré un instant, se jette 
avec autant d'empressement que de respect sur sa main, en 
s'écriant : « Quoi, Monsieur le comte, j'ai le bonheur de vous 
revoir! Permettez-moi de vous demander par quel hasard vous 
êtes ici? » Cet homme était le fameux Barjac, ancien valet de 
chambre du comte^, et alors attaché en la même qualité au 
cardinal de Fleury i, dont il possédait, et à juste titre, par sa 
scrupuleuse probité, toute la confiance. M. de Flamarens le 
reconnaissant aussitôt : «Eh ! c'est toi, mon cher Barjac, je suis 
(( bien aise de te retrouver. Je conçois que, connaissant mes 
« habitudes et la médiocrité de ma fortune^, tu sois étonné de 
(( me voir ici, c'est un mauvais procès devant le Conseil qui 
ce m'a forcé d'y venir. » — « Ah ! Monsieur le comte, que je 
« suis heureux puisque je puis avoir l'avantage de vous être 
« utile. » — « Toi, et comment donc? » — « Je suis le pre- 
« mier valet de chambre de Son Éminence Mg'" le cardinal de 
(( Fleury; il m'honore de ses bontés, je peux même dire de 
(( toute sa confiance. Je vous demande la permission de vous 
« présenter moi-même à ce respectable ministre, et j'ose vous 
« assurer que vous serez mieux accueilli que si vous lui étiez 
« présenté par les plus grands seigneurs. )) Une telle propo- 
sition ne pouvait manquer d'être acceptée avec reconnaissance, 
et, en effet, le cardinal prévenu par Barjac, dont il faisait le 
plus grand cas, traita le comte avec toute l'affabilité et l'intérêt 
imaginables. Bientôt celui-ci mérita, par lui-même, les bontés 
qu'il n'avait dues en premier ordre qu'à son ancien domes- 
tique. Une figure prévenante, une gaîté franche et soutenue, 
une candeur dont on trouvait peu de modèles à la Cour, lui 
concilièrent l'estime du premier ministre, dont il devint pour 
ainsi dire le commensal; l'on se doute bien qu'avec son bon 
droit et un pareil protecteur, il eut bientôt gagné son procès 
au Conseil. 

* André Hercule de Fleury, né à Lodcve en 1053, auni()nier de Louis XIV, évèque de 
Fréjus, précepteur de Louis XV, devint (1726) premier ministre et cardinal. 11 mourut 
en 1743. 



EN l'année 1787 253 

Rien ne le retenant davantage à Versailles, il se préparait à 
retourner dans ses terres du Midi ; le cardinal ne cacha pas à 
Barjac le chagrin qu'il avait de ce départ projeté sous peu de 
jours. (( Monseigneur, lui dit Barjac, il ne tiendrait qu'à vous 
« de retenir à la cour M. de Flamarens et d'y attirer sa famillle, 
« en lui procurant les moyens d'y vivre avec dignité. » — 
« Barjac, répondit le cardinal, souviens-toi que si je suis le 
« dépositaire et le dispensateur des deniers publics, mon devoir 
« est de les employer uniquement à l'utilité de l'État, et je ne 
« dois me permettre sur cela aucun sacrifice pour mes atta- 
(( chements personnels. » — «. Aussi, Monseigneur, suis-je 
« incapable de vous proposer quelque chose qui puisse blesser 
(( votre délicatesse ou votre conscience ; mais le récit de ce qui 
« est déjà arrivé à M. de Flamarens me permettra de suggérer 
« à Votre Éminence une idée qui peut être avantageuse à mon 
« ancien maître, sans compromettre les intérêts du Roi. » Alors 
il lui fit très plaisamment le narré de l'aventure dans la forêt 
de Fontainebleau, ce qui amusa beaucoup le cardinal. Barjac 
voyant l'Éminence en gaieté, se bâta d'ajouter : « Monsei- 
« gneur, on procède demain, dans une des salles du Louvre, 
« à l'adjudication des Fermes générales de Sa Majesté; per- 
ce mettez seulement que le comte de Flamarens y arrive dans 
« un de vos carrosses^ accompagné de votre livrée, et que, 
« sans se mettre aucunement en avant , il profite des 
(( hasards qui pourront lui être offerts. » Le cardinal trouva 
l'idée plaisante et y consentit volontiers. Le comte de Flama- 
rens fut prévenu par Barjac, qui l'accompagna dans la voiture 
du premier ministre. Les enchérisseurs qui étaient associés, 
de même que ceux de la forêt de Fontainebleau, étaient déjà 
rassemblés quand ils arrivèrent. En entendant une voiture 
entrer dans la cour intérieure du Louvre, où celles des princes 
du sang, des cardinaux et des ministres avaient seules le droit 
de pénétrer, on mit avec empressement la tôle à la fenêtre et 
l'on fut fort étonné de voir la livrée du cardinal et un inconnu 
descendre de voiture avec Barjac, qui s'apercevant de l'atten- 
tion avec laquelle on examinait tous ses mouvements, affecta 



254 NOBLESSE DE LOMAGXE 

de causer avec l'air du plus grand intérêt et remonta ensuite 
dans la voiture, comme pour attendre un dénoùment auquel 
il prenait une grande part. Les miseurs consternés ne doutè- 
rent pas au premier moment que celui dont ils virent les pas 
se diriger de leur côté, ne fut un prête-nom du cardinal qui, 
sans doute, voulait avoir lui-même l'adjudication des fermes, 
et contre lequel ils ne pouvaient lutter; cependant quelques 
tètes plus tranquilles représentèrent que peut-être cet inconnu 
n'était qu'un homme protégé par le ministre ou même par 
Barjac, et dont on voulait faire la fortune en le mettant à la 
tête de quelque société rivale de la leur, que dans ce cas-là il 
serait possible de le désintéresser par des offres avantageuses. 
Cet aperçu, qui calma les esprits, ayant été adopté unanime- 
ment, on se hâta de convenir du taux auquel on pourrait 
porter les offres. ^I. de Flamarens entra dans le moment où ce 
plan venait d'être conclu et il s'assit modestement dans un 
coin de la salle. Il fut bientôt entouré de plusieurs de ces Mes- 
sieurs qui, sous différents prétextes, clierchaient à savoir quel 
était le motif de sa présence; il répondit à toutes les questions 
d'un air mystérieux et préoccupé qui ne laissa plus de doute 
sur les intentions qu'on lui supposait. On crut alors que c'était 
le cas d'agir franchement par les grands moyens, et l'un des 
associés, sur le signe approbatif des autres, le tire en particu- 
lier, et après quelques préambules sur le peu de profits qu'on 
pouvait espérer des fermes, ne lui cacha pas que s'il était ici, 
comme on pouvait le présumer, d'après la manière dont il y 
était arrivé, l'organe d'une autorité supérieure, on la respectait 
trop pour vouloir la combattre; mais que si, sous une aussi 
grande protection il ne paraissait que pour son intérêt per- 
sonnel, il était chargé de lui offrir cent mille écus pour se 
reth'er. Le comte ne balança pas à avouer que c'était unique- 
ment son intérêt personnel qui l'avait amené en ce lieu; le 
marché fut bientôt conclu, et il se retira emportant une somme 
qui le mit en état d'acheter une grande charge à la cour et d'y 
établir sa famille qui, plus tard, s'allia très grandement et fit 
grosse figure. 



i 



EN l'année 1787 255 

Barjac quoique disposant, par la faveur du cardinal, des pre- 
mières places de l'État, conserva toujours sa première simpli- 
cité et n'oublia jamais, au milieu des plus grands seigneurs 
qu'il voyait presque à ses pieds, ses origines si médiocres ^. 

Une des principales illustrations de la maison de Grossolles 
a été Hérard, évêque de Gondom, qui acheva en 1531 l'église 
de cette ville, commencée vers 1504 par l'évêque Marre -, dont 
il avait été vicaire général. Voici l'inscription que ce prélat fit 
graver au-dessus de la porte de la sacristie, sur une plaque de 
marbre blanc, pour conserver la mémoire de la consécration 
de ce monument. 

« L'an du seigneur 1531 et le 15 octobre, qui était un 
dimanche, le Rév. Père en J.-C, seigneur Hérard de Gros- 
solles, évêque de Gondom, consacra cette église et son maître- 
autel en l'honneur de Dieu et de Jésus-Ghrist, notre Sauveur, 
et en mémoire de Pierre, prince des Apôtres. Il enferma dans 
cet autel des reliques des bienheureux Pierre et Paul, André, 
Jacques, Alphée, Simon et Judes, apôtres, de S. S. Jean, Paul, 
Fabien, Sébastien et Laurent, martyrs, et Léon, pape, fonda- 
teur de cette église; des saintes Agnès et Prisce, vierges, ainsi 
que des parcelles réduites en poussière du bienheureux Jean- 
Baptiste, de la tête, des cheveux et du bonnet de saint Etienne, 
premier martyr, et des fragments du sépulcre de Notre-Sau- 
veur, accordant à chacun des fidèles chrétiens qui visiteront 
cette église au jour anniversaire de cette consécration, quarante 
jours de véritable indulgence en la forme usitée de l'Église, 
Étaient présents à cette consécration les révérends Pères et 
seigneurs Jean de Galard, Louis d'Arzac, Jean de Gobai, abbés 
de Simorre, de Pontault et de Bouillas, noble Ant. de Gros- 
solles, seigneur de Buzet, frère de l'évêque consécrateur, An- 
toine de Grossolles, seigneur de Flamarens, François de Pont- 
briant, seigneur de Montréal en Périgord, neveu dudit consé- 

' Versailles et les provinces au XYiii^ siècle. 

' Jean Marre, évêque de Condoni, est l'auteur du « Traicté pour l'instruction des 
Roys. » Ce manuscrit est à la bibliothèque royale sous les numéros 1211) et 1220 des fonds 
français. 



256 NOBLESSE DE LOMÀGNE 

crateur, ensemble les consuls et habitants de Condom et plus 
de quinze cents personnes de l'un et de l'autre sexe. » 

Le marbre occupé par cette inscription, aux deux tiers de sa 
surface, figure au bas et en relief, une scène mystique. Dans le 
milieu, le Sauveur est représenté en croix, et à ses pieds Marie, 
sa mère et Jean, le disciple bien-aimé. 

A droite de la croix et un peu plus loin, Hérard de Gros- 
soUes, à genoux, tête nue, et la crosse en main, paraît appeler 
pieusement la protection du Sauveur sur son église. A gauche 
et à une distance égale, Antoine de Grossolles, seigneur de 
Buzet, son frère, prie aussi dans la même attitude d'humble 
piété. Ces deux personnages sont désignés par l'écusson colorié 
qui gît à terre à côté de chacun d'eux ^ 

Le 6 janvier 1545, noble Jean de Galard, baron de l'Isle- 
Bozon, en Lomagne, seigneur de Sainte-Livrade, sénéchal 
d'Armagnac, autorisa l'insinuation et l'enregistrement en la 
cour de la sénéchaussée de Lectoure, des donations faites par 
Jean de Grossolles, protonotaire du Saint-Siège, à ses neveux 
Hérard et Régnault de Grossolles, fils d'Antoine de Grossolles, 
seigneur de Buzet ^. 

On a conservé le testament d'Arnaud de Grossolles, seigneur 
de Flamarens, Montastruc, co-seigneur de jNIauroux et de La 
Chapelle, avec les lettres délivrées par le sénéchal d'Armagnac 
pour autoriser Jehan de Grossolles, seigneur d'Asques et prieur 
de Buzet, à rechercher et lever tous les divers documents rela- 
tifs à la succession d'xVrnaud de Grossolles, dont les dernières 
volontés avaient été consignées dans un acte dressé à Toulouse, 
le 15 juillet 1536, au moment de son départ pour la guerre, 
chez Pierre May mal, avocat au Parlement ^. 

Emmanuel-Félix de Grossolles, guidon des gendarmes an- 
glais, fut tué fort jeune, en Italie, à la bataille de Luzra {[102). 
Son frère, Agésilan Gaston de Grossolles, marquis de Flama- 

' Josei>li Lassalle, curé de Saint-Michel, lievue de Gascogne, 186i. 
' Voir cot acte à l'appendice. 
3 Id. 



EN l'année 1787 257 

rens, seigneur de Buzet, La Barthe, Maiiroux, etc., capitaine- 
lieutenant des chevau - légers de Bretagne, brigadier des 
armées du Roi en 1719, chevalier de Saint-Louis, était grand 
louvetier de France. Il épousa Anne-Agnès de Beauvau, fille 
d'Henri de Beauvau, marquis de Montgoger, capitaine des 
gardes du corps du duc d'Orléans, frère de Louis XIV, et de 
Madeleine de Brancas, fille de François, duc de Villars. 

Emmanuel-François de Grossolles, neveu d'Agésilan, mar- 
quis de Flamarens, né le 15 juin 1754, reçut en survivance la 
charge de grand louvetier de France. 

Au xviiie siècle, Jules-César de Grossolles, de la branche de 
Saint-André ^, déjà abbé de Beaulieu, au diocèse de Rhodez, 
devint en 1738 abbé de Saint-Sever-Cap, dans le diocèse d'Aire. 
Il succéda à Antoine Anselme, célèbre prédicateur, qui con- 
serva l'abbaye de 1G99 à 1737 -. Après M. de Grossolles, Fran- 
çois de Berthier fut abbé commandataire de Saint-Sever-Cap 
depuis le 8 juin 1751 jusqu'en 1773. 

A l'Assemblée des trois ordres, tenue à Gondom le 9 mars 
1789, le comte de Gelas était le procureur fondé de M. le mar- 
quis de Flamarens. 

Le vicomte de Grossolles et le marquis de Flamarens com- 
parurent en personne à l'Assemblée tenue à Lectourelel6 mars 
1789; mais, en 1790, M. d'Aux était le procureur fondé des 
MM. de Flamarens, et M. de Bonnot celui de l'abbé de Gros- 
solles-de-Saint-Martin . 

Les armes des Grossolles sont : d'or au lion de gueules ^, 
armé et lampassé de même, naissant d'une rivière d'argent, au 
chef d'azur chargé de trois étoiles d'or. Supports : deux grif- 



' Fils (le Jean de Grossolles, seigneur de La Bastide. 

2 Lisle-Jourdain donna le jour, en 1652, au prédicateur et littérateur Anselme, membre 
de l'Académie des inscriptions, surnomme le « petit prophète ». M">6 de Sévigné lui pré- 
férait peu d'orateurs chrétiens. 

Il est l'auteur de sermons, dont plusieurs furent prêches à la cour, en 1683, IGUS, 1709, 
de divers panégyriques de saints, d'odes, de dissertations savantes et d'oraisons funèbres. 
Il mourut à 85 ans, en 1737, à Saint-Sever-Cap-dc-Gascogne, dont Louis XIV lui avait 
donné l'abbaye. 

3 Alias : de gueules au lion d'or couronné de même. 

17 



258 NOBLESSE DE LOMAGNE 

fons. Quelques branches écartelaient de France et d'Albret, en 
souvenir de l'alliance contractée le 19 décembre 1609, par 
devant François de Sourdis, cardinal-archevêque de Bordeaux, 
entre Jean de Grossolles-Flamarens et Françoise d'Albret, 
fille d'Antoinette de Pons * et de Henri d'All^ret, chevalier des 
deux ordres du Roi, son gouverneur et lieutenant-général au 
pays de Béarn, seigneur de JMiossens, Goarase et autres places -. 
M. de Grossolles, seigneur de Saint-Martin, reçut du sire 
de Saint-Luc la lettre suivante, pour se joindre au cortège du 
prince de Conty lors de l'entrée de ce dernier dans la ville de 
Bordeaux, le 1<^'" mai 1638 : 

(( A Agen, le l^'' may 1638. 

« Monsieur, 

« Mg"" le prince de Gonty venant faire son entrée à Bordeaux, 
et Son Altesse m'ayant fait coguoisti'e qu'elle désiroit que les 
personnes de qualifié de son gouvernement l'accompagnassent 
en cette rencontre, j'ay cru que vous séries bien ayse d'estre 
du nombre de suite; en mon particulier je vous en supplie, sy 
vous prenes la peine de vous rendre avec quelques uns de vos 
amis à Bordeaux le premier du mois prochain, nous pourrons 
aller ensemble au-devant de Son Altesse et la suivre dans cette 
cérémonie. Par tout vous cognoistrez que je suis véritablement, 

(( Monsieur, 



« Vostre très-humble et très-alîectionné serviteur, é 

3 



\ 
« Saint-Luc. » ? 

A Monsieur de Saint-Martin, à Saiiit-Martiii^. 

' .Vrilles (les de l*ons : d'argent à la fasce coticéc d'ur et de gueules. Les de i'inis du 
Languedoc portent les mômes armoiries. 

- Le frère de M™« de Flamareus était Henry d'.Mbrel, deuxième tlu nom, Ikiiou de Poiis 
et de Miossens, marié avec Anne de Pardaillan, dame d'Escandillac. 

•'' Archives du château de Flamarens (Gers). 



EN l'année 1787 259 

Le grand Condé écrivit souvent, pour des ordres de service, 
à M. de Grossolles, seigneur de Saint-Martin, fort avant dans 
ses bonnes grâces, et qu'il avait décidé à le suivre chez les 
Espagnols. 

La lettre que nous transcrivons ici est datée de Rocroy, le 
4 octobre 1(353, et elle est adressée : 

(( A Monsieur de Grossolles, Viin de mes gentilshommes, 
à Dunkerque. 

(( Monsieur de Grossolles, a mesure que les Irlandois arri- 
veront vous ne manqueres d'en donner advis a Monsieur le 
comte de Castelhaven, auquel j'escris pour le prier de les 
conduire luy-même dans le quartier de rafraichissement. 
Vous ne laisserés pas de me mander Testât ou ils seront. 

(( Louis de Bourbon i. » 

Nous donnons une autre lettre écrite à ]\L de Grossolles, 
seigneur de Saint-Martin, par le grand Condé, en 1653 : 

« A Monsieur de Grossolles, F un de mes gentilshommes, 
à Dunkerque. 

« J'ay veu ce que vous aves mandé à Caillot, et m'estonne 
que ny les Irlandois ny l'argent ne soient pas encore arrivés. 
Dès que l'argent sera venu, vous dires au neveu de M. de 
Mazeroles de le fere porter à Bruxelles, qu'il prenne poui" cela 
touttes les seuretés qu'il faudra, affni de n'estre point volé, 
que pour cet effet il face mettre l'argent dans des batteaux, 
pour le porter par eau, et qu'il prenne escorte de liëuë en 
liëuë, et que dès qu'il sera arrivé à Bruxelles, il m'en donne 
avis en diligence. 

(( Pour le régiment de Westmoath, quand il sera venu, vous 
le conduirés, sans attendre les troupes de Bouteler, dans les 

1 Archives particulières. 



260 NOBLESSE DE LOMAGNE 

quartiers que l'on leur donnera, et m'en donnerés avis des que 
vous y serés arrivés. Surtout prennes bien garde, dans la reveiie 
que vous en feres, de ne point passer de gens hors de service, 
pour des gens de service, 

« Louis de Bourbon, 
« de Rocroy le 6^ décembre 1653 i. ^) 

Cinq ans plus tard le prince de Condé, qui n'avait pu rame- 
ner la victoire dans les rangs des Espagnols, persistait toujours 
dans sa vengeance contre la cour de France et surtout contre 
le cardinal Mazarin ; il écrivit la lettre suivante à son fidèle 
Grossolles : 

(( Monsieur le marquis de Caracen m'escript qu'yl n'est pas 
nécessaire que le régiment de Bandis vienne à Terremonde, et 
qu'yl suffit de le faire venir en Haynault, suivant la première 
résolution qui avoit été prise. Je luy renvoie à cet elTet, les 
premiers ordres de passage qui avoient été expédiés, ne sachant 
pas sy depuis votre arrivée auprès de luy, yl n'auroit pas 
changé de dessein. 

« S'il fait venir ces gens-la a Terremonde vous n'aurez qu'a 
demeurer auprès de luy selon que je vous l'ay ordonné; mais 
s'yl les fait venir en Haynault il faudra que vous alliés par 
advance trouver M. le comte de Buquoy pour le prier de leur 
donner quelque lieu ou ils soient bien, comme yl me l'a pro- 
mis, et vous pourrez les y establir; que s'yl y avoit quelque 
difficulté à cela, de la part de M. le comte de Buquoy, ou qu'il 
les misse quelque part ou ils ne pussent pas avoir a subsister, 
comme yl n'y a pas loing de la icy, vous me viendriez trouver 
pour m'y rendre compte. 

« Si M. le marquis de Carcen vous les fait mettre entre les 
mains vous les enverres a du Verger et luy manderes de vous 

' Aicliivcs parliculièrcs. 



EN l'année 1787 261 

advertir de tout ce quy se passera sur le subject de ces gens la. 
De votre costé ne manquez de m'informer de ce que fera sur 
cela M. le marquis de Caracen. 

« Louis de Bourbon. 
(( A Tournay, le i¥ octobre 1658. 

(( A M. de Grossolles. » 

Nous citons ici la dernière lettre adressée à M. de Grossolles 
par le prince de Gondé, pendant son séjour chez les Espagnols. 
La i)aix des Pyrénées le rendit bientôt après à sa patrie, où il 
rentra avec le gentilhomme gascon dont le dévouement, pen- 
dant six ans d'exil, ne s'était jamais démenti : 

(( De Bruxelles le 7e avril 1659. 

(( Depuis que je vous ay faict partir, Du Berger est arrivé quy 
m'a apporté nouvelles de M. de Bandis qui me mande que le 
gouverneur de Juliers sur quelques avis que l'on luy avoit 
donnes, avoit retrouvé le monde qu'il desiroit. Gela estant 
ainsy, vous dires à M. le comte de Bucquoy qu'il n'y a rien qui 
presse d'expédier les ordres que je vous avois ordonnés de luy 
demander pour ce monde la. Aussitôt la présente receûe vous 
ires en diligence, suivant l'ordre que je vous en envoie, à 
Longwy et à Saint-Guilhin faire reveûe fort exacte du monde 
qu'il y a du régiment de Bandis, pour vous rendre en suitte 
auprès de moy, le plus diligemment que vous le pourrés pour 
m'en rendre compte. 

(( Louis de Bourbon. 

(Et de la main du prince) : « Voies les officiers et soldats 
fort exactement. Gette reveûe n'est que pour moy, ainsi faite 
la bien exacte sans passer soldats ny valets. 

« A M. de Grossolles. » 



262 NOBLESSE DE LOMAGNE 

La révolution fit relativement peu de mal à la famille de 
Grossolles. Grâce au dévouement d'un régisseur honnête, le 
sieur Cadéot;, qui sut empêcher la confiscation de la terre d'Au- 
renque, les revenus de ce domaine furent régulièrement adres- 
sés chaque année au chevalier de Grossolles, caché à Toulouse 
sous un nom d'emprunt. Dans le château de Flamarens on 
pilla une partie des meuhles et on détruisit les tableaux et 
quelques liasses d'archives, comme le témoigne l'acte suivant : 

« Nous, officiers municipaux de Flamarens, soussignés, cer- 
tifions que, en exécution des décrets de la Convention natio- 
nale, le citoyen Flamarens, absent, nous a fait remettre par 
le citoyen Laclaverie, de La Chapelle, trois cahiers de recon- 
noissances féodales, dix livres pour la levée des rentes de la 
cy-devant seigneurie du présent lieu, un poi'trait de Louis XV, 
pour le tout être bruUé conformément audit décret. 

(( A Flamarens, le 4 octobre 1793, an 2 de la llép. une et 
indivisible. 

(( Le Maire. Ferberon, officier municipal. 

Bordes, id. » 

La terre de Pey recave, près Gaudonville, avait été apportée 
aux Grossolles, en 1722, par le mariage de Marguerite-Louise 
de Bruet *, fille de Gédéon de Bruet, baron d'Arzens, seigneur 



' Les armes des Bruet de Peyrecave étaient : écartelé aux \" et 4° de gueules, au lion 
d'argent, aux 2« et 3'^ d'argent à la croix de >lalte de gueules, bordée de sable. 

Le 25 octobre 1688, messire (Charles de lii net, seigneur de Saint-Caprazi, Longneville 
et Lagarde, épousa Maric-Théièse de Pichard, fille de Jean de Pichard, seigneur de Beau- 
gramont, baron de Saucats, Barp et de Marie du Solier (nob. de Ouyenne). Alexandre de 
Bruet, écuycr, seigneur de La Ciarde, Liingiiivillc, IVyrecave et Arz<'us, fils de Jacques de 
Bruet, gouverneur pour le Boi de la ville tl du château de Toinieins, accorda son niaiiagc 
à Montréal, [très Carcassonne, le 10 féviier Itiiir), avec Françoise d'All)a ', fille du seigneur 
de Peyrecave. Il mourut le 3U août itî83, laissant trois fils : (« fiédéon, (pii eut de Margue- 
rite de Bar-de-Mauzac, Margucrite-Louisi; d(! Bruet, devenue comtesse de Flamarens ; 
2' François de Bruet, qui transigea le 10 mai 1710 avec le comte de La Vaugnyoïi, baron 
de Toiineins; 3* noble Alexandre de Bruet. 

Les de Bar avaient été seigneurs de Sauveterre, La Motlie-Navarremiue (I36()), Campar- 
naud (1(120), barons de Mauzac et île Villeinadc ; ils s'étaient alliés avec les Lusiguau, de 
Séguin-Reyniès, de Calonges, du Lion, etc... (Mouleu(|.) 

* Armes des d'Alba : de gueules à trois lètes de chiens eourant> d'argent au chef cousu 
d'azur chargé île trois molettes d'éperon d'or. {Armoriai du l*rriiiur<l, par .Matagriii et 
Froidcfond.) 



I 



EN l'année 1787 263 

de Peyrecave, La Garde, Saint-Blancard, Longueville, etc., et 
de Marguerite de Bai'-de-^Iauzac, avec Marie-Glément-Joseph 
comte de Flamarens, colonel d'infanterie, seigneur d'Aurenque 
et de ]\Iontestruc, chevalier de Saint-Louis, fils de François- 
Gaston Asésilan de Grossolles, seiçjneur de Flamarens, Mau- 
roux, etc., premier maitre-d'hOtel de Ms'" le duc d'Orléans, 
fi'ère de Louis XIV et de Marie-Gabrielle Le Tillier; elle était 
(t lille de Jacques Le Tillier, seigneur de La Chapelle, inten- 
dant des linances, et sœur utérine du cardinal Le Camus, lieu- 
tenant civil )>. (Père Anselme.' Le dommage causé à Peyrecave 
par la fureur révolutionnaire fut plus considérable qu'à Fla- 
mai-ens, cai- presque tous les actes et documents entassés 
depuis des siècles dans le vieux manoir, quantité de portraits 
de famille et de souverains furent livrés aux flammes dans la 
cour du château, par ordre du maire de la commune et en pré- 
sence du régisseur de ^L de Flamarens. 

(( Nous officiers municipaux de Peyrecave, soussignés, certi- 
fions qu'en exécution des décrets de la Convention nationale, 
le citoyen Flamarens nous a fait remettre par le citoyen La 
Claverie, de La Chapelle, trois cages pleines de reconnais- 
sances féodalles de la commune de Peyrecave, deux gros livres 
tériers, un cadastre en parchemin, divers portraits anciens et 
tableaux antipatriotiques pour être brûlé. 

« Ce 7 octobre 1793, l'an II de la République Françoise. 

« Labolle, maire ^ )) 



Cette grande maison de Grossolles est maintenant éteinte; 
le marquis de Flamarens (marié pendant l'émigration avec 
Mi'c de Caraman), gentilhomme honoraire de la chambre du 
Roi, officier de la Légion d'Honneur, député du Gers, laissa 
trois enfants : la comtesse Ferdinand Russel-Killoug, le comte 
Emmanuel de Grossolles-Flamarens de Saint-Martin, conseiller 

1 Archives de Flamarens. 



264 NOBLESSE DE LOMAGNE 

général du Gers, sénateur sous l'Empire, membre du Conseil 
des sceaux et titres, commandeur de la Légion d'Honneur, 
décédé sans alliance à San-Remo, et le marquis de Flamarens, 
officier aux chasseurs de la garde, qui épousa, le 8 juillet 1828, 
Mlle Mathilde de Tilly-Blaru % dont il a eu un fils, mort jeune, 
et une fille, Élodie, mariée en mai 1853 avec Henry-Gustave, 
marquis Dugon - de la Rochette (Gôte-d'Or). Outre leurs alliances 
avec les maisons d'Albret, d'Abzac, de Beauvau, de Galard et 
celles qui ont déjà été citées, les Grossolles-Flamarens en 
avaient contracté d'autres avec d'illustres familles, qui aug- 
mentèrent leur influence et leur fortune. Nous mentionnerons 
seulement les Lustrac, Siguenville, La Tour-Murat, Noaillan, 
Montpezat, Narbonne-Fimarcon, Saint -Ribier, Beaumont, 
Faudoas, La Tour-d'Auvergne, Lautrec, Lomagne, Marsan, 
Montesquieu, de Pons, Preissac-Esclignac, Vabres-Castelnau, 
Caumont, etc 



• Armes des Tilly-HIani : d'or à la fleur de lis de gueules, écartelé de gueules à l'aigle 
éployée à deux lèles. 

' Armes des Dugon (Hourgognc el Périgoid) : d'argent à trois meriettes de sable, 
posées 2 et I . 



EN l'année 1787 265 



MONTESQUIEU 



LE S. DE SEVIN 

Les Sevin, originaires du Piémont, quittèrent l'Orléanais, 
où ils s'étaient depuis longtemps fixés, pour habiter au xyi^ 
siècle la ville d'Agen. 

Ils ont donné plusieurs magistrats aux Parlements de Paris 
et de Toulouse. En 1508, Jacques de Sevin et son fils, Armand, 
sieur de la Garde et de Primet, étaient juges-mages d'Age- 
nais ; ce dernier fut massacré comme huguenot, à Bordeaux, 
le 30 octobre 1572. 

Thomas de Sevin, trésorier d'Albret, devint consul d'Agen, 
en 1539. 

Pierre de Sevin fut nommé, le 21 juillet 1612, président au 
Parlement de Toulouse. 

Herman de Sevin, fils de Jacques de Sevin, seigneur de 
Vilves, des Bois-Pontils, etc., juge-mage de l'Agenais et du 
Condomois, par lettres-patentes de Louis XII datées de Blois, 
le 14 septembre 1508, était seigneur de La Garde et président 
de la cour présidiale de Gascogne. 

Son petit-fils épousa à Agen, le 18 juillet 1624, Jeanne, fille 
de noble Sans du Pin, seigneur de Ganet, et de Diane de Pis- 
cilla. 

Marguerite de Sevin, veuve de Jacob de Secondât, baron de 
Montesquieu, se remaria, le 5 février 1633, avec Joseph du 
Bernet, baron de Saint-Médard, premier président au Parle- 
ment de Bordeaux, 

Germain de Sevin, conseiller au Parlement de Toulouse 
(1596), et Pierre de Sevin-l\Iansencal (fils d'Armand de Sevin, 



266 NOBLESSE DE LOMAGNE 

seigneur de Pélissié et de Jeanne de Yassal-Reignac *), por- 
taient pour armoiries : d'azur à trois gerbes de blé d'or, 
posées 2 et 1. 

En 1647, Charles de Sevin, seigneur de Bandeville, était 
chevalier de Malte. 

jVIme clu Coudray, surnommée la Mère-Sainte^, fille de ^I. de 
Sevin, président au Parlement de Paris, naquit vers 1573 et 
fut, sous le nom de Atère de la Trinité, une des fondatrices du 
Garmel de Lectoure. « Par son intelligence d'élite, son cou- 
(( rage indomptable, son grand cœur, elle se présente comme 
« rémule de la bienheureuse Marie de l'Incarnation. Nulle ne 
« régale dans l'art d'établir une nouvelle colonie du Carmel; 
(( il semblait qu'elle n'avait besoin que d'un sablier et d'un 
« crucifie. Elle avait si bien le secret de la vie cjue sa puissante 
« empreinte reste encore, deux cents ans après sa mort, dans 
« les maisons qu'elle a fondées -. y> 

Ces couvents étaient nombreux, car on lisait sur son épi- 
taphe, adossée au mur de la chapelle Sainte-Thérèse, à Auch, 
qu'elle était fondatrice des Carmels de Dieppe, Saintes, Nar- 
bonne, Lectoure, Agen, Auch, Pamiers, IMontauljan, et de la 
seconde maison élevée à Bordeaux. 

Ms'" de Sevin, évêque de Cahors, au xyii^ siècle, se distingua 
par sa piété et sa charité. Il contribua puissamment à la créa- 
tion, dans son diocèse, des écoles chrétiennes, et cette institu- 
tion devint si prospère que son successeur, Ms'' de Noailles, 
obtint pour elle des lettres-patentes de Louis XIV, datées de 
Saint-Germain, en l'année 1676. 

Théodoric de Sevin de Miramont fut abbé de Berdoues(l661); 
il fit bâtir la maison abbatiale de Mirande et décéda en 1695, 
léguant à son monastère sa belle bibliothèque. Il eut pour suc- 
cesseur à Berdoues, Clément de Montesquiou de Préchac, abbé 
de Vaibonne, dans le diocèse de Perpignan. 



' Arm(3.s (les Vassal : d'azur à la bande d'argent chargée de trois bcsans d'or, accom- 
pagnée de deux étoiles de même. 

* M. l'abbé Henry Marquet. 



EN l'année 1787 267 

Outre Thomas de Sevin, qui fut consul d'Agen en 1539, 
plusieurs membres de cette famille occupèrent cette charge, 
entr'autres Armand et Pierre (1586), Guillaume (1604), Jean, 
sieur du Ganet (1630), Armand (1698) et Herman (1717). 
(Andrieu.) 

Charles de Sevin, marquis de Quincy, brigadier des armées 
du Roi, lieutenant-général de l'artillerie, chevalier de Saint- 
Louis, a écrit l'histoire militaire du règne de Louis-le-Grand, 
de 1681 à 1715. 

Il eut de sa femme, Geneviève de Saint-Maurice i, une fille 
unique, Charlotte de Sevin-Quincy, mariée en 1721 avec René 
Jourdan, seigneur de Launay, chevalier de Saint-Louis, gou- 
verneur de La Bastille, dont on connaît la triste tin, au com- 
mencement de la Révolution. 

Les armes des Sevin de Quincy étaient : d'azur à la gerbe 
d'or, liée de même. 

Devise : Virescit vulnere virtus. 

Jean-Antoine de Sevin rendit hommage au Roi pour la terre 
seigneuriale de Rayssac, au diocèse de Narbonne, le 27 février 
1723. 

Dulcide-Jean de Sevin de Ségongnac fut reçu de minorité, 
le 27 décembre 1773, dans l'ordre de Malte, au grand prieuré 
de Toulouse, ainsi que Théobald de Sevin, le 8 juillet 1774, et 
Xavier, \e 18 septembre 1775. 

Le 16 mars 1789, à l'Assemblée de la noblesse des sénéchaus- 
sées d'Armagnac et de l'Isle-Jourdain, dans la salle du gouver- 
nement de la ville de Lectoure, M. de Bazon était le procureur 
fondé de M. de Sevin, et il signa pour ce dernier le procès- 
verbal des protestations faites par les nobles de la vicomte de 
Bruilhois. 

]\L le baron de Baulens représenta M. de Sevin, le 15 mars 
^790, à la réunion générale des trois ordres, séant à Lectoure. 



' Armes des Saint-Maurice du Languedoc : d'azur au paon d'or, surmonté de trois étoiles 
d'argent. 



268 NOBLESSE DE LOMAGNE 



PLIEUX 



LE s. DE MARENQUES 

Plieiix avait eu pour seigneurs les Faudoas , en 1389 , 
les Galard de l'Isle-Bouzon, en 1400 \ Arnaud-Guillaume de 
Puybersac d'Homps, en 1481, et les Caulet : ces derniers se 
trouvaient aussi seigneurs de Grammont. 

Le nom patronymique des Marenques (ou Marunques) était 
Garaud (alias Garros). 

Le 13 septembre 1270, Bens de Garros fut témoin d'un acte 
passé devant l'évêque de Lectoure par Fortaner de Cazenove. 

Un autre Bens de Garros ligurait pai'mi les seigneurs convo- 
qués le 16 mars 1377 par le comte d'Armagnac, pour deman- 
der à la noblesse de la juridiction de Lectoure l'abandon de la 
moitié du pouvoir judiciaire. 

Pierre de Garros, calviniste gascon, poète assez célèbre, 
vivait à Lectoure en 1481 et y mourut centenaire -. Il signait 
ses livres « Pei/ de Garros Leijiorez. Ses œuvres les plus con- 
nues sont les j)oesias gasconas (15G7),_psa?»ies de David, virais 
en rime (jascoune (1565), à l'usage des protestants 3. Il publia 
aussi un sonnet sur le sépulcre de Clémence Isaure et quel- 
ques ballades présentées à l'Académie des Jeux floraux. 

' Beiiraïul (le Galaid, écuyer, acquit, le 21 IV'vrier liOU, une partie de la justice de 
Lisle-Hozou eu Loniat^iie, de Louis de Faudoas, qui lui vendit aussi la terre de Plieux. Le 
3 avril li^i, Hertraud de f.alard, seijçneur de Lisie-llouzon, dc^clara tjue les châteaux de 
Lisle-Bouzon, Castet-Arrouy et Gacliepouy, lui appaili'uanl, (Haicnt niouvanls du comté 
d'Armagnac. {Doc. iiist., par Noulens.) 

' On croit qu'il avait pour armes : d'azur à la fasce d'or accompagnée de 3 coquilles 
d'argent, 2 en chef, I eu |)ointe. 

•' Tliolosc, Jacijites Culoiniei-, 1505, in-8". 



EN l'année 1787 269 

Le 9 avril 1492, Jehan de Garros fit un bail avec les consuls 
(le Lectoure, et le 5 juin 1506, Pierre de Garros assistait à la 
réunion tenue par les habitants de cette ville pour les élections 
consulaires. 

En 1611, Jean de Garros était conseiller en la sénéchaussée 
d'Armagnac. 

Henriette de Garros, lille de Bernard de Garros, conseiller 
du Roi et lieutenant principal à la cour présidiale d'Armagnac, 
était mariée avec Jean de Lacaze; leur fils, Isaac de Lacaze, 
époux d'Angélique de Rouzet-Genouillac, fut lieutenant aux 
chevau-légers (1674), capitaine au régiment de Piémont, et 
enfin au régiment de Picardie en 1697 '. Leur descendant, Jean 
de Lacaze, lieutenant de grenadiers au régiment d'Ussy (1712), 
était marié avec Marguerite de Galard, fille de Bernard de 
Galard, seigneur de Pauillac et d'Henriette de Montaut-Cas- 
telnau-d'Arbieu. Les Lacaze avaient pour armes : d'azur à 
deux lions affrontés d'or, lampassés et armés de sable. (Astaf- 
fort en Agenais, par Baradat de Lacaze.) 

Le 24 août 1642, Bernard d'Aux de Lescout, seigneur de 
Sourdet, épousa noble Dominiquette de Maruques-Garros. 

Alain de Saint-Géry, seigneur de J^a Motte, avait pour femme, 
en 1676, Gabrielle de Garros; il mourut le 7 janvier 1697 à 
Lectoure et fut enseveli à Magnas. Leur fils, Alain, né le 
30 octobre 1680, avait eu pour parrain Armand-Guilhem de 
Saint-Géry, seigneur d'Urdens, et pour marraine la dame de 
Chastanet. 

^larie de Maruques-Garros était mariée, en 1693, avec noble 
Jean d'Escanaux, seigneur d'Escrimis. 

Pierre de Garros, sieur de ^lauléon assista à Lectoure, le 
6 février 1692, au mariage de Louis de Barciet de Besodis, 
(( cappitaine de cavallerie au régiment de ^lollac, avec Fran- 
çoise de Larroudé, fille de feus noble Armand de Larroudé, 
écuyer, et de damoiselle Françoise de Garros », et ont signé 

* Nobiliaire de Guyenne, par J. de Bourrousse de Laffore. 



270 NOBLESSE DE LOMAGNE 

au contrat : Besodis de La Taste, Fr. de Larroudé, Marguerite 
de La Taste-Besodis, Garros, Magnas de Saint-Géry, Barciet 
de La Busquette*. 

Le 16 juillet 1718, noble Pierre de Garros-Mauléon, conseil- 
ler du Roi, assista, à Layrac, au mariage de Claude de Benquet 
d'Arblade-Brassal et Bernède -, avec Jean-Jacques de Mont- 
pezat, seigneur de Lalande et de Lestelle 3. 

Le 16 mars 1789, M. de Garros, seigneur de Marenques, fit 
partie de la noblesse convoquée à Lectoure. 

Les Garros, parents des Saint-Gresse, Laroudé-Pesqué, etc., 
ont des armes fort compliquées; elles sont ainsi blasonnées 
dans le nobiliaire de Gourdon de Genouillac : coupé au l^"" 
parti, d'azur au lévrier passant d'or, surmonté de trois étoiles, 
2 et 1 d'argent; au 2^ parti, de gueules à l'épée haute en pal 
d'argent; et brochant sur le tout : d'or au chevron de gueule, 
accompagné en chef de deux molettes et en pointe d'un fer de 
javelot à l'antique, de sable. 

Une famille du Bernet de Garros *, habitant le château de 
Horthon-d'Andiran^ près de Nérac, a des armoiries dilïérentes 
et porte : d'azur au pal d'or, chargé d'un arbre arraché de 
sinople, côtoyé de deux licornes saillantes et affrontées d'argent. 

Devise : Vivo flumine altum. 

Les Garros de Guyenne mettaient dans leur écusson un lion 
d'argent, accompagné de trois étoiles de même, 1 en chef et 2 
en pointe, abaissé sur un chevron d'argent sur fond d'azur. 



' ?(obiUaire de Guyenne, par J. de Bounousse de LalTorc. 

* Armes des Benquet d'Arblade ; écartelé au l»' et 4« d'or à la croix ancrée de gueule, 
aux 2« et 3« d'azur à trois fasces d'argent. 

^ Armes des .Montpezat : écartelé aux \" et 4« de gueules à deux balances d'or, posées 
l'une au-dessus de l'autre, aux ^^ et 3« d'or, à trois barres de gueule. 

* Le nobiliaire de Guyenne et Gascoijne, par J. de Bourroussc de Laffore, a publié la 
généalogie des du Bernet, barons de Saint-Médard d'Eyrans, seigneurs de Talence, Baron, 
Li l'eyrinc, (larros, Savignac, La Maurelle, C.rochat, Le Courrejeot, etc.. Ils se sont alliés 
aux Honiieau, Sevin, de Baymond, de l*esnel-la-Brédc, du Cos-Bourgade, Kaulong, de 
Boiric, Luslrac, lîernard de Lécussan, Sainte-Colombe, La Forcade de Tauzia, de La 
budrie, du Sage, Larti^ue, etc. 



EX l'année 1787 271 



POUYPETIT 



LE S. DE POUYPETIT 

Pouypetit était une seigneurie située entre Saint-Orens et 
Maignaut, dans le Condomois, appartenant de temps immémo- 
rial à la inaison d'Orlan de Polignac ou Paulignac i. 

En 1047, Pierre de Paulignac, seigneur de Pouypetit, fit 
donation de la moitié de la « disme » de sa métairie d'Auloue 
en faveur des recteurs de l'église de Pouypetit, pour qu'ils 
priassent Dieu pour le repos de son dme, de celle de son père, 
noble Alexandre de Paulignac, et de celle de sa mère, Hélène 
de Sédirac (ou SédillacJ. 

Eéandre, seigneur de Pouypetit, céda, en 1145, la quatiiéme 
partie île la dîme du susdit endroit, à la dite église, n afin d'as- 
surer des prières pour le repos de l'àme de son père, Bernard 
de Paulignac, et de l'àme de sa mère, née de Toujea ». Cette 
donation fut confirmée, en 1253, par Henri de Paulignac, sei- 
gneur de Pouypetit. 

Pierre de Paulignac fonda, vers 1328, une chapelle dans 
l'église de Saint-Orens. 

(( Le 8 octobre 1762, messire Joseph de Paulignac d'Orlan, 
chevalier, seigneur de Pouypetit et du Boutet, patron laïque de 
la chapelle de Saladon, en Saint-Orens-Pouy, au diocèse de 
Condom, étant instruit du décès de M. Pierre Fitte, ancien curé 
de Pouypetit, dernier et paisible possesseur de la dite chapelle 
de Saladon, nomma en ladite qualité de patron-laïque, messire 



' Armes : d'azur à la croix d'or cantonnée de deux étoiles de même en chef et de deux 
roses d'argent en pointe. 



272 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Jean-Marie de Paulignac d'Oiian ', son fils, prêtre licencié en 
droit canon de l'université de Toulouse et du diocèse d'Aucli, 
suppliant Sa Majesté de lui en accorder toutes les provisions, 
à cause de son droit de régale-. y> 

A l'Assemblée des trois ordres des pays de Rivière-Verdun, 
Gaure, baronnie de Léonac et Marestaing, M. d'Orlan com- 
parut pour son fief de Pouypetit. 

Cette famille, éteinte de nos jours, a compté parmi ses mem- 
bres un grand nombre d'officiers dans les armées du Roi et 
plusieurs chevaliers de Saint-Louis. 






^ Il devint plus tanl prieur dn Layrac et praïul vicaire de Metz. 
' Archives particulières. 



EN l'année 1787 273 



REJAUMONT 



LE S. MELLET DE REJAUMONT 

Le 12 janvier 1427, Bernard de ^lélet est mentionné dans 
une lettre de Gliarles d'Albret, comte de Dreux et de Gaure, 
relative au traité d'alliance conclu avec Nompar de Gaumont. 

M. de Calvière, seigneur de Saint-Césaire, marié en 1559 
avec Isabelle d'Affis, eut une fille, Rose, qui épousa Guillaume 
de Mélet, conseiller au Parlement de Toulouse. 

Noble Gaston de Mélet était témoin, le 19 octobre 1568, au 
mariage de Bertrand de Galard, seigneur de Terraube, avec 
Diane de Lusignan. 

Léonard de Mélet fut député par le Gondomois aux Etats- 
Généraux de Blois, en 1576. 

Deux ans plus tard, le seigneur de Réjaumont figurait sur 
le rôle du ban des gentilshommes de Lomagne entourant le roi 
de Navarre, et il devait fournir onze archers avec le seigneur 
de Balarin et le sieur de Torrebren. 

Jehanne, fille de Jean de Malhiac \ et de Marguerite de 
Bassa, épousa noble Jean de Mélet, sieur de La Hitte, gentil- 
homme de Mnie Gatherine, sœur unique du Roi. 

Il existait en Guyenne plusieurs familles de Mélet ou Mellet; 
l'une, dite du Faudon, remontant à l'an 1039, ayant figuré aux 
Croisades en 1190, portait dans ses armoiries un cerf passant 
d'or, surmonté à sénestre d'un croissant, contourné du même, 
sur fond d'azur. Elle s'était alliée aux Gontaud (1370), Fuinel- 



' Armes des Malhiac ou Mallac : écliiijueté d'azur et d'or de 10 pièces, chargées cha- 
cune d'une étoile de l'une en l'autre. 

18 



274 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Montségur (1415), Madaillan-Montvieil (1444), Puymaignan 
(1519), d'Abzac (1559), d'Arnoul-Saint-Simon (1596), de Borie 
(1633), de Luxe, de Raymond, de Léaumont, de La Touche- 
Vaillac, de Tournemire, du Lau-Lusignan, de Vaucocourt, de 
Gironde, etc. 

A cette branche appartenaient Jean-Jacques de Mélet, sei- 
gneur de Saint-Pardoux, capitaine, en 1668, au régiment de 
Picardie^ aide-major du régiment d'Orléanais *, et Jean-Pierre 
de Mélet, écuyer, seigneur de ^lélet, Le Faudon, La Roche et 
Gontaud, fils de noble F. de Mélet, capitaine, en 1632, et de 
dame Cécile de Rapin-^lauvers. 

Une autre maison dite de Mialet, ou Mellet, était connue en 
Périgord dès 1334. 

Enfin, une troisième maison de ^lellet, originaire du 
Condomois, prit le nom de Fondelin, par suite de Talliance, 
en 1585, de François Mellet avec Anne d'Ancezis. Ces trois 
familles ont produit des personnages assez marquants. 

Jean II de Mélet, seigneur de La Salle, était, en 1508, séné- 
chal d'Albret, chambellan du Roi de Navarre, et gouverneur 
de Tartas et Gossens. 

Pierre II de Mélet- Laubescq, seigneur de Castelvieilh et 
Hauteroque, servit dans les gardes du corps du Roi, compa- 
gnie de Gharost, vers 1687, et fut nommé inspecteur des com- 
pagnies bourgeoises de l'élection de Bordeaux. 

Pierre de Mélet, chevalier de S'-Louis, était brigadier de la 
garde du Roi, en 1736. 

François de i\Iélet, baron de Montbalen, page du Roi, en sa 
grande écurie, entra, le 26 avril 1766, cornette au régiment 
Royal-Dragons. On nomma, le 16 mars 1632, François de 
Mélet, chanoine de l'église de S»-Pierre, à Condom. 

M. de Mélet, sénéchal d'Armagnac à Lectoure, avait 
épousé une fille du célèbre Pierre de Fermât, mort en 1665, 
à qui Pascal écrivait : « V^os enfants portent le nom du pre- 



' Son fils aillé, Jacques de Mélet, soigneur de Réjamiiiinl, baron de Moidtaien, fut blessé 
à l'liili|i.sliiinii; et Pignerol. 



* 



EN l'année 1787 275 

» mier homme du monde; je vous tiens your le plus grand 
)) géomètre de toute VEurope. » 

A la montre de vingt gentilshommes de la sénéchaussée 
d'Auch, devant entrer en campagne le 30 mai 1693, dressée 
par Irénée d'Aspe, juge-mage, on mentionne Jean de Mélet, 
seigneur de Las et de S'-Orens. 

Plusieurs personnages du nom de Mélet avaient été capi- 
touls de Toulouse, de 1548 et 1603 à 1625 : 

Jean Pierre de Mélet fut nommé Président à mortier au 
Parlement, en 1656. 

Guillaume de Mélet, premier écuyer de S. A. Madame 
la duchesse douairière de Guise, fit un acte de reconnaissance, 
le 30 avril 1673, devant les capitouls de Toulouse. 

Vers 1704, Laurent de Mélet possédait les seigneuries de 
S'-Orens, Beaupuy et Castanet. 

Messire deMellet, marquis de Bonas, seigneur de S'^-Livrade, 
fut porté, en 1719, sur le rcMe de la capitation de la noblesse 
du Condomois réunie par le comte de Launay, intendant de 
la Généralité de Bordeaux. 

Pierre de Mélet, était^ avant 1723, seigneur de Fondelin; 
Robert de Mélet, chevalier de S^-Louis, avait le grade de 
capitaine de vaisseau major, à Rochefort, et leur belle-sœur, 
dame Ambroisie de Malaubert, se trouvait veuve de Jean de 
Mélet, seigneur de Beauregard. 

Jean-Jacques de ^lélet, seigneur de Rochemont, fut lieute- 
nant au régiment de Beauce, en 1758, et plus tard, capitaine 
dans la compagnie-colonelle. 

Antoine de Mélet de S'^-Livrade, chevalier, marquis de 
Bonas, seigneur de Sarraut-Vivent, capitaine au régiment 
de Jarnac-Dragons, né à Gondom le 10 mars 1777, fils de 
Laurent de Mélet de S'e-Livrade, et de Françoise d'Auxion ^ 



' Armes des d'Auxion : écartelé, aux l" et 4^ d'azur à deux étnilcs d'argent, accom- 
pagnées en chef d'un croissant do rnèmc, aux 2» et 3" de gueules, au chevron d'argent, 
accompagné en pointe d'une canette de même. 



276 NOBLESSE DE LOMAGNE 

de Vivent, marquise de Bonas, avait épousé Sophie, Victoire 
de Montagu*. 

Avant 1780, Françoise de Mélet, mariée avec Raymond de 
Jausselin-Brassay -, avait eu une fille, Marianne, qui devint 
baronne de Guyonnet de Montbalens. 

Dans le procès-verbal de la l'éunion des trois ordres, tenue 
à Gondom, en 1780, figurent ^lonsieur de Mellet, marquis de 
Bonas, et Monsieur de Mélet de S'-Orens, baron de Las. 

Les Mélet-Labartlie-Ségas *, établis à Mugron, en Chalosse, 
dans le pays des Lannes, s'étaient alliés aux Grammont, 
Poyanne, Ventadour, Coudroy, ^larreing, S'-Julien-d'Arsac- 
Momuy, Lavigne, Poyusan, Lamolie, etc.. 

Ils furent maintenus dans leur noblesse par une ordonnance 
de Monsieur Pellot, intendant de Guyenne, datée du 5 mai 
1068, et avaient pour armes, un cerf passant d'or (alias d'ar- 
gent), sur fond d'azur. Les armoiries des ^lellet du Périgord, 
seigneurs de Neuvic, Saint-^fartial, Lenclave, Vallereuil, 
Puydepont, Sanzelles, La Servantie, etc., étaient d'azur à 3 
ruches d'argent, posées '2 et 1, écartelé d'azur au lion d'or, 
couronné de gueule, qui est de Fayolle. 

Une autre famille de Méllet portait dans son écusson, trois 
merlettes de sable sur un fond d'argent; enfin les Mélet de 
S^-Martin mettaient, dans leur blason, 3 abeilles d'or, émail- 
lées de pourpre, posées 2 et 1, sur fond d'azur. 



* Armes des Montagu du Languedoc : dazur au tourteau de gueules, au chef endanché 
à 3 pointes d'azur. 

* Armes des Jausselin : de gueules au chevron d'argent accompagné de 2 étoiles d'or, 
posées l'une en chef, l'autre en pointe, parti d'azur au lion d'or, surmonté d'une étoile 
du même. 

' Armes des Guyonnet : d'or à 3 perdrix de sable, posées 2 et 1, (enregistrées par Jean, 
Joseph de Guyonnet. conseiller au Parlement de Bordeaux.) Pierre de Guyonnet, procu- 
reur d'office en la juridiction de Savaignac, poitait dans son écusson, un quartier d'ar- 
gent, à une bande de gueules, chargée de 3 licornes. — (Arm. génér. de Guyenne, vol. 15.) 

* Cette noble et ancienne maison a produit diverses branches : celle des seigneurs de 
La llochc-Marais, des seigneurs de la Conqucste, de l'auilon, de Laubesc, de Castelvieil, 
de Sarrau, de Maupas et de Labrouste. — (Arm. de Cauna.) 



EX L' ANNÉE 1787 277 



ROUILLAC 



LE S. BOURDEAUX DE ROUILLAC 

Roiiillac était une importante seigneurie, avec un grand 
château entouré de vastes dépendances, situé dans le Lectou- 
rois, enti-e Miradoux et S^c-Mère, et qui avait appartenu aux 
maisons de Goth et d'Epernon. Deux tours bien conservées, 
des salles voûtées, un bel escalier, témoignent encore de la 
splendeur passée du château de Rouillac. 

Le 8 octobre 1255, Bertrand de Rouillac, seigneur duditlieu, 
fut présent à l'hommage rendu par Gaston, vicomte de Béarn 
et de Bruilhois, à Guillaume, évêque d'Agen. 

0. de Goth, seigneur de Rouillac, acheta, le l^r mars 1470, 
les parties des seigneuries de La Mothe-Bardigues et du 
Moutet, vendues à Arnaud de Vignes, seigneur de la Bastide- 
S^-Pierre, par Bertrand de Galard, seigneur de Glatens, fils 
puîné de B. de Galard, seigneur de l'Isle-Bouzon, Gumont, 
etc.*. 

Antoine, seigneur de Rouillac, transigea, le 27 mars 1522, 
pour certains droits féodaux, avec son parent, Jean de Goth, 
seigneur de Lieux. 

Les Bourdeaux^, possesseurs de cette seigneurie avant la 



• Moulenq, doc. sur Tarn-et-Garonne. 

- « Nous, soussigné, seigneur de Rouillac, certifions et déclarons que les nommés 

Castille Rarennes fils, habitant au hameau de Martel, et Jean Sarrau, au hameau de 

Malouat, le tout de cette paroisse, et mes vassaux, sont des braconniers, négligeant leurs 

biens pour ne s'occuper que de la chasse de toute espèce de gibier, et que ce scroit leur 

rendre un grand service que de les faire désarmer, en foy de quoi nous avons signé à 

Rouillac, lo .3 mars 1787. 

» ROLUDEALX DE ROLILLAC. )> 

^Arch. de Magnas.) 



278 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Révolution, étaient originaires de la Provence. Leurs héritiers 
vendirent, il y a quelques années, la terre de Rouillac à 
M. Gourrent, de Miradoux. 

Messire Bourdeau de Rouillac se trouva convoqué, le 16 et 
le 21 mars 1789;, aux Assemljlées de la noljlesse tenues à 
Lectoure, pour les sénéchaussées d'Armagnac et de l'isle-en- 
Jourdain. 

Le 16 mars 1790, M. Bourdeau de Rouillac fut assigné 
à Lectoure, par le marquis d'Angosse, baron de Corbères, 
gouverneur d'Armagnac, pour la rédaction isolée, par les trois 
ordres, des cahiers de leurs doléances respectives. 

Une famille de Bordeaux, en Normandie, différente des 
Bourdeaux de Rouillac et des Bourdeaux-Gastera, portait pour 
armes : d'or, au pal d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or et 
accosté de deux lions de gueules affrontés. L'écusson des 
Bordeaux de Neuville, dans l'Ile de France, était : de gueule 
à trois merlettes d'argent; enfin les Bourdeaux-Gastera, du pays 
des Lannes, avaient le blason suivant : écartelé au l^r d'azur, 
au chevron d'or, accompagné en chef de deux molettes d'éperon 
(ou étoiles) et en pointe d'une vire du même, au 2c de gueules 
à deux épées d'argent (ou d'or)., croisées en sautoir, les pointes 
en haut, au 3*^ de gueules à la croix potencée d'argent, au 4^ 
d'azur au lion d'argent (ou d'or), sommé en chef de deux 
fleurs de lis d'or. 

Couronne de Gomte. 

Le nom de Gastera fut adopté, en 1755, par noble Ghristo- 
phe de Bourdeaux, lors de l'achat de la terre seigneuriale de 
Gastera, près S^-Sever (Landes), à Messire Antoine de Barry, 
qui la tenait de M. de Juge*, et qui était qualifié, dès 1671, 
de seigneur de Gastera. 

Les Bourdeau de La Judie, seigneurs de Linards et du Mas 
(Limousin), figurèrent, en 1789, parmi les membres de la 

• Armes des de Juge : d'azur au chevron d'or accompagné en chef, à dextre d'une étoile 
d'or, à seneslrc d'un croissant d'ar^'cnt, et en pointe, d'une coquille du même, à la bor- 
dure d'argent, chargée de seize chiilons de sable. — (Rietstap.) 



EN l'année 1787 279 

Noblesse, aux Etats- Généraux de Limoges. On ne sait s'ils se 
rattachent aux Bourdeau de Fontenay, fixés dans le Berry, qui 
ont donné un maire à la ville de La Châtre, un député (1815;, 
et plusieurs officiers à l'armée; descendant de Jacques Bour- 
deau, cité dans un contrat de mariage du sire de La Trémoille, 
à Issoudun, en 1446, ils firent ainsi enregistrer leurs armes : 
de gueules à trois bourdons d'argent, posés 2 et 1. 

Il existait en Ghalosse, dans le pays des Lannes, une famille 
de ]3ourdeau, noble, ancienne et bien apparentée, qui comp- 
tait parmi ses niem])res d'assez illustres personnages. William 
de Bourdeaux figure, le 4 avril 1363, dans le procès-verbal des 
hommages rendus au Prince de Galles, par les seigneurs de 
Guyenne. 

Un ambassadeur de France en Angleterre, portant le nom 
de Bourdeaux, avait été mêlé aux grands événements du 
protectorat de Grornwel'. On a de curieux mémoires sur le 
ministère de Mazarin, rédigés (dit-on), par le père de cet 
Antoine de Bourdeaux, ancien intendant des finances, et qui 
mourut disgracié par le Cardinal"^. 

Une branche des Bourdeau s'était perpétuée, jusqu'à notre 
époque, dans les environs de St^-Sever-Cap, où elle possédait 
les seigneuries de Benung, Boulin, Bombardé, Mouscardès, 
Castera, etc.. 

Achille de Bourdeau était, en 1701, abbé et seigneur de 
S^-Loubouer-en-Chalosse. 

Christophe de Bourdeau, seigneur de Castera, Gauzis et 
Balazin, avait été directeur de la Monnaie de Perpignan (1737) 
et de celle de Toulouse (1739;. Il avait épousé, en 1727, Noëlle 
de Laporte de Balazin^, et était frère de Jean de Bourdeau, 
né à Urgons, le 10 octobre 1685, fils de Bertrand de Bourdeau, 
lieutenant-général, et de Jeanne-Marie du Poy; il devint 

' Antoine de Bourdeaux (Revue d'Aquitaine, 1862). 

' On attribue ces mémoires à Sandraz des Courtils qui se serait servi des notes laissées 
par M. de Bourdeaux. 
3 Armes des Laporte-Balazin : d'argent à trois i)als d'azur. 



280 NOBLESSE DE LOMAGNE 

conseiller, grand chambrier en la Cour du Parlement de 
Bordeaux, et fut abbé de S'-Loubouer du 28 novembre 1734 
au 7 avril 1767, jour de sa mort. 

Un de leurs oncles, appelé Bourdeau d'Audigeos^, lils cadet 
de Messire Jean de Bourdeau d'Audigeos, seigneur de Renung 
et de Harëou, près Coudures (Ghalosse), s'était révolté, en 
1660, contre les exactions des employés de la Gabelle; aidé 
par le peuple^ il avait pu tenir en échec, pendant plusieurs 
années, les troupes royales, envoyées pour le saisir, sous le 
commandement de M. de Poyanne, gouverneur de Dax. 

Après avoir soutenu un siège dans le château de Dûmes-, 
près de Doazit, il fut forcé de se réfugier en Espagne, avec les 
seigneurs de Pontaignan, de JMontagut, du Vacquier et quel- 
ques autres gentilshommes Ghalossais compromis avec lui. Les 
instances de sa mère, fille de Messire Henri de Talazac, 
seigneur de Bahus et d'Isabeau de Foix-Candale-Doazit^, fini- 
rent par obtenir sa grâce. « Ce capdet se trouuoit être un 
« homme bien adroit, je vous asseure, ce quij luy a fort 
« servy^. » 

En effet, il ne fut jamais pris ; pendant plusieurs années, 
il lutta avec son escadron invisible contre quatre régiments 
de dragons, détruisant les troupes qui lui étaient opposées, et 
allant braver les convois de sel jusque dans la ville de 
S^-Sever, monté sur un cheval ferré devant derrière ; enfin, il 
fallut traiter avec ce terrible adversaire ; après une retraite au 
séminaire d'Aire, auprès de Monseigneur de Fromentières 
qui en était évoque, le Roi lui rendit ses places et un régi- 
ment. Nommé colonel, M. de Bourdeau -d'Audigeos fut 
présenté à Louis XIV, dans la grande galerie du Louvre, et 

* Les Bourdeau d'Audigeos se sont fondus, en IG'Jô, dansla maison de Bourdeau-Castera. 

2 Le château de Dûmes appartient actuellement à la famille de Navailles-Banos. 

•' Armes des Foix-Candale-Doazit : éearlelé aux 1"' et 4«, d'or à trois pals de jçuculcs, 
aux 2» ft 3« d'or, à deux vaches passantes de gueules, accolées, accoruécs ungnlées et 
clarinécs d'azur. 

* Livre de raison de M. de Laborde-Péboué, où il raconte les princi|>anx événements arri- 
vés en Ghalosse au xvn« siècle. 



EN l'année 1787 281 

quelques années plus tard, une armée française ayant fait une 
expédition à Messine, ordre fut, dit-on, donné au Maréchal 
de France qui commandait, d'exposer Bourdeau-d'Audigeos à 
l'attaque la plus périlleuse, où ce fameux personnage, emporté 
par sa valeur, trouva la mort^ 

On lit dans les documents de la communauté de Trie, près 
de Miélan, au diocèse d'Aucli, que <i le 12 avril 1640, le 
fameux rebelle Audigeos, Béarnais, à la tête de près de trois 
mille hommes qu'il avait levé dans le Pardiac et dans le voisi- 
nage, s'approcha de Trie et lit sommer les habitants de lui 
fournir une centaine de jeunes hommes pour courir avec lui 
contre ceux qui levaient les droits de gabelle et autres nou- 
veaux impôts ; mais les habitants fermèrent vite les portes de 
la ville et renvoyèrent ses députés; de quoi Audigeos fut si 
irrité qu'il se jeta avec sa troupe sur les environs dont il rava- 
gea toute la campagne - » . 

Les Bourdeau, des Lannes, qui s'étaient alliés aux La Porte- 
Balazin, Bahus-Talazac, du Vignau, Spens-d'Estignols, d'Au- 
baignan, Comarieu-Bastennes, se sont éteints, de nos jours, 
dans la maison de Gaptan-Monein^. 



1 Armoriai des Landes, par le baron de Cauna. (T. m.) 

2 Dom Brugelles. 

3 L'ancienne seigneurie des Bourdeau, située dans la commune d'Audignon, près 
S»-Sever de Chalosse, est venue par héritage au Comte Bertrand de Galard, dont la 
grand'mère était C. de Bourdeaux-Castera, baronne de f.aptan-Monnein. 



282 NOBLESSE DE LO>L\GNE 



S^-ANTOINE 



LE S. FERMAT 

Ce nom a été illustré par Pierre Fermât, né en 1601, à 
Beaumont-de-Lomagne, fils de Dominique Fermât, second 
consul de cette ville, et de Claire de Long. 

« Conseiller au Parlement de Toulouse, il devint, en 1631, 
(( capitoul (senator Tholosanus). Au milieu des austères devoirs 
« de sa charge, il sut, par un conti*aste singulier, se créer des 
(( occupations littéraires, composer des vers français, latins, 
« italiens, espagnols, cultiver l'érudition grecque et se livrer 
« aux mathématiques avec une telle supériorité qu'on a pu 
(( dire de lui qu'il eût suppléé Descartes, si ce dernier n'eût 
« pas écrit sa géométrie. Il trouva, avec Pascal, le calcul des 
(( probabilités, et avant Leibnitz et Newton, il avait posé les 
« principes du calcul infinitésimal. Les trois plus hautes auto- 
ce rites, d'Alembert, La Grange et La Place, lui font honneur 
« de l'idée du calcul différentiel et lui attribuent sa part dans 
« toutes les grandes découveiles de son époque. Il jnourut le 
« 12 janvier 1665, à Castres, où il avait été, pour la septième 
« fois, délégué comme commissaire du Roi, en la Chambre de 
« l'Edit. Ses restes furent plus tai'd portés dans l'église des 
« Augustins, à Toulouse^ et ils y étaient encore en 1789*. )> 

Forestié, dans les Ephémérides Montalbanaises, porte le 
jugement suivant sur ce personnage : 

« Pierre Fermât, un des conseillers les plus autorisés du 

* Beaumont el Toureil, par S. Frayssinct. Monlauban 1878. 



EN l'année 1787 283 

« Parlement de Toulouse, avait, de son vivant, la réputation 
« d'un juriste consommé. Egalement apprécié pour ses goûts 
« littéraires, il possédait les langues anciennes de manière à 
(( interpréter les passages les plus difficiles et jusqu'à lui, intra- 
(( duisibles, de Diophante, d'Euclide et d'Apollonius de Perge. 
(( La plupart de ses démonstrations et de ses traités sont rédi- 
« gés en latin. Il écrivait aussi, avec une grande facilité, 
(( l'italien et l'espagnol ; enfm ses travaux sur la théorie des 
(( nombres, où il est resté maître encore, étaient si remarqua- 
« blés, que dans cette branche, assure-t-on, il en savait plus, 
(( il y a deux siècles, qu'on n'en sait de nos jours. » 

Pierre de Fermât eut de sa femme, Louise de Long, cinq 
enfants : Samuel, l'aîné, conseiller au Parlement en 1662, a 
publié à Toulouse (1679), les travaux de son père, sous le titre 
de : Varia Opéra Mathematiqua. Une statue de Pierre de 
Fermât a été, en 1882, élevée sur une place de Beaumont-de- 
Lomagne, et l'impression de ses œuvres décrétée par la 
Chambre des députés. 

Sur le socle de la statue sont gravées les paroles suivantes : 

<L Je vous tiens pour le plus grand homme du monde. » 

Août 1660. 

Pascal. 

nFermat, l'un des plus grand s génies qui aient illustré la France ^) 

1839. 

Cauchy. 

c( Fermai, véritable inventeur du calcul différentiel. » 

1812 

Laplace. 



284 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Un des enfants de Pierre de Fermât, Antoine, fut nommé 
capitoul de Toulouse en 1648 ^ L'abbé Larrîeu, son descen- 
dant, a été missionnaire apostolique en Chine, membre 
correspondant de l'Académie des sciences, inscriptions et 
belles lettres, de Toulouse. 

Charles de Fermât, écuyer, dénombra, tant en son nom 
(ju'en celui de sa mère, M^ie de Carrière, les biens nobles 
qu'ils possédaient, devant les capitouls de Toulouse, le 10 
avril 1689 -. Les armes des Fermât étaient : de gueules à un 
mont d'or, mouvant d'une mer d'argent, ondée d'azur ; au can- 
ton dextre en chef, un soleil d'or ; au chef d'azur chargé d'un 
croissant d'argent accosté de deux étoiles d'or 3. 



' lieclierches liixloriques sur l'ancien caiiiUmlat île Toulouse, par le Y'" de Juillac. 1855. 
' Le U novembre Ifi69, Antoine Fermât, capitoul, avait été maintenu dans sa noblesse 
par jugement souverain rendu par M. de Bezons. 
^ Nobiliaire Toulousain. 



EX l'année 1787 285 



S^-CLAR 



LE S. DE FRANS 

Les (le Frans, ou de Francs, apparaissent, dès le xiif siècle, 
dans les annales de la Gascogne. Guillaume-Jean de Francs 
(de Franchis) rendit, le 7 juin 1300, une sentence comme juge 
du Fezensaguet. 

Avant 1315, Bernard de Frans, écuyer, était père d'Otlion 
de Frans qui assista le 13 novembre 1343, dans l'église de 
Miradoux, à la mise en possession, par la couronne de France, 
en faveur de Jean, comte d'Armagnac, des vicomtes de Loma- 
gne et d'Auvillars, qu'on lui restituait. 

Vital de Frans fut présent, le 6 janvier 1393, à l'Assemblée 
des Etats de Lomagne, réunie à Lectoure, pour demander aux 
grands feudataires d'Armagnac, le maintien et l'élargisse- 
ment des privilèges de la vicomte. Son père, Guillaume de 
Frans, avait été inscrit, le 21 avril 1379, pour un legs de cent 
livres, dans le testament de Gérauld, vicomte de Bruilhois et 
de Fezensaguet. 

En 1446, Alexie de Frans avait pris pour époux, Guillaume- 
Bernard de Galard, seigneur de Gastelnau-d'Arbieu. 

Le 17 octobre 1619, M. de Frans était lieutenant-général 
de la sénéchaussée de Condom. 

Joséphine-Marguerite, sœur de Gérard-François de Lagutère 
de Béon, lils de noble Jean de Lagutère, seigneur de la salle 
noble de Béon et de dame Marie-Louise de Captan-Bourrouil- 
lan, naquit le 19 juillet 1779, et épousa Jean-Philippe de 
Frans, émigré et officier dans l'armée des Princes. Un de ses 
descendants s'allia avec Mademoiselle de Puységur. 



286 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Les Molas, seigneurs de Frans, habitaient une ancienne 
commanderie des Templiers, située près de S'-Clar et de 
Tournecoupe, qu'ils possédaient depuis longtemps. 

Deux autres branches de cette famille portaient les noms de 
La Barthète et de Barbani. 

Un Molas de La Barthète, curé de S'-Clar, avait été choisi, 
en il81, avec l'abbé de Vitalis, grand-vicaii'e de Lectoure, 
pour représenter le clergé à l'Assemblée de l'Election de 
Lomagne, réunie dans le Palais Episcopal, le 24 septembre de 
cette même année, sous la présidence de Monseigneur Louis- 
Emmanuel de Gugnac, évêque de cette ville. 

« Le 18 prairial, an ii, le Comité du district de Lectoure 
confisqua les biens appartenant au sieur Molas-Frans, père 
d'émigré- et les afferma pour 1700 livres. Il agit de même, le 
21 juin 1788, pour les domaines, sis dans S^-Léonard, consis- 
tant en quatre métairies, prés et vignes, appartenant à Clément- 
François-de-Paule Lapujade, de Provins, émigré, cy-devant 
officier au régiment de Vivarais-infanterie, et les donna à bail, 
moyennant 2180 livres, au sieur Somabère de Tournecoupe, le 
6 Messidor, an m, la métairie, dite du Lan, située à Magnas, 
fut confisquée sur Etienne S'-Géry, prêtre reclus, et affermée 
à la citoyenne Marguerite S^-Géry, sa mère, pour 3600 livres 3. 
Quant à Raymond Mollis, cy-devant chevalier de S'-Louis, à 
Fleurance, Gaspard Bastard, cy-devant garde-du-corps du cy- 
devant Roi, Alain |S'-Géry, cy-devant noble (de Magnas), 
Montant, fils, ex-noble, de Gastelnau-d'Arbieu , leurs biens 
consistant seulement en rentes et pensions, seront frappés 
d'un droit d'enregistrement à fixer*. » 



' On voit figurer sur la liste des habitants de Lectoure, en I iSi-Sô-SG, Rerlhouniieu, 
Johan et Bonshom de .Molas. 

* L'arrêté inique séquestrant les biens des pères et mères d'émigrés, fut pris par Darti- 
lîoëyte, représentant du peuple, le 25 floréal, an i. (Voir à l'Appendice.) 

3 Afin d'éviter la confiscation et le séquestre. 

* Archives du château du Bosc, près Fleurance (Gers). 



I 



EN l'année 1787 287 



S^'-COLOiMBE 



LE S. D'ESCALUP 

Les seigneurs d'Escalup, de Révignan et Micheau de Patras, 
dit Campaigno, co-seigneur de Ligardes, devaient a fournir 
un Archier, cV après le Rolle des Vassaux du Roy, nostre sire, 
composant Veslite de la Noblesse du Condomois, convoquée 
pour son service pour l'année 1579^ y. 

M. d'Escalup de la Montjoie était, en 1719, sur la 
liste de la Gapitation de la Noblesse du Gondoniois, dressée 
par le chevalier du Pleix, lieutenant-général au présidial de 
Gondom. 

Escalup avait été une seigneurie appartenant, dès 1727, à 
Pierre de Montesquieu, seigneur du Maine, mousquetaire du 
Roi, fils de Jean de Montesquieu et de Gatherine de Bergue, 
qui avait apporté à son mari la terre d'Escalup 2. 



' Montlezuii. Hist. de Gascogne. 
- Père Anselme. Hist. Généalogique. 



288 NOBLESSE DE LOMAGNE 



S"-LARY 



LE S. COQUET DE St-LARY 

Il y avait eu, dans la Guyenne, plusieurs familles de S^-Laiy ; 
l'une, celle des Coquet de S^-Lary, fixée dans l'Armagnac, 
subsiste encore, ainsi qu'une autre, habitant le château de 
Si-Lary, près de Francescas, et dont le nom était Bernard; 
enfin une troisième, éteinte en 1715, avait pour berceau la 
seigneurie de S'-Lary, près de Jegun, et tirait son origine de 
Bernard de ^lontlezun, fils d'Arnaud-Guilliem, comte de 
Pardiac. Une terre du nom de S^-Lary, ayant appartenu aux 
ducs de Bellegarde, se trouvait aussi dans le pays de Com- 
minges. 

En 1470, le seigneur du Bouchage reçut du roi la seigneurie 
de St-Lary, avec Vie, Duran, S'-Jean-Poutge, Séailles, Ordan, 
Biran, Lavardens, le Castera, Valence et presque tout le 
Fezensac. La même année, Pierre de Beaujeu était gratifié de 
tout l'Armagnac, avec Aignan et l'Eauzan. 

Les Montlezun-S'-Lai'y furent titrés ducs de Bellegarde, et 
occupèrent des emplois élevés à la Cour de France. Ils avaient 
pour armes : d'azur au lion couronné d'or. Le nom et le titre 
de Bellegarde furent imposés à la ville de Seurre, en Bour- 
gogne, par l'érection en duciié, puis transférés avec la dignité, 
Itai- lettres-patentes, enregistrées, en 1(»'m, sur la teire de 
Clioisy-aux-Loges (anjoni'd'hiii Bcllogai'tic eu (îasiinois), (jui 
a passé aux ducs d'Antiu. 

Ou trouve une donaliun au luouasLère do Nisors, diocèse 
de Gomminges, faite l'an 11224, par les enfants de Bernard de 



EN l'année 1787 289 

S^-Lary. Un meml^re de cette maison fut écuyer de la reine 
Catherine de Navarre. 

Bernard de S'-Lary, en Gaure, épousa (1480; Florette de 
Galard, fdle d'Archieu, seigneur de Terraube, et de Marie 
d'Aurensan. 

Le fils cadet de Jean II de S^-Lary (marié en secondes 
noces avec Jeanne de Benquei), épousa une d'Ornezan ; le petit- 
fds, une Comminges ; enfin, l'aîné, Raymond de S^-Lary , fils 
de Jeanne de Béon, première femme de Jean II de S'-Lary fut 
la tige de la branche du duc de Bellegarde. D'une Lagorsan, il 
eut Pierre, gouverneur de Toulouse et de l'Albigeois, tué en 
1569, au siège de Mazèi-es, qui laissa trois enfants de Margue- 
rite d'Orbessan, sœur de Paul de Termes, maréchal de France. 
Sa fille, Marguerite de S'-Lary, avait épousé (1563) Joseph 
de S^-Géry, baron de Magnas. 

Roger, l'aîné de ses fils, sieur de Bellegarde, devint maréchal 
de France, en 1574; le second fut père du duc de Bellegarde, 
et la fille fut la mère du fameux duc d'Epernon. 

Roger de S^-Lary et de Termes, duc de Bellegarde, pair de 
France, épousa Anne de Bueil^, petite-fille du comte de San- 
cerre. Il fut chevalier du S^-Esprit, gouverneur de Bourgogne 
et de Bresse, grand écuyer de France, lieutenant-général au 
siège de la Rochelle, en 1628. Il mourut à 83 ans, le 13 juil- 
let 1646, et en lui s'éteignit le duché-pairie de Bellegarde, 
46 ans après avoir été érigé en sa faveur. (Ecrits inédits de 
S^- Simon.) 

Sa sœur, mariée avec Antoine-Arnauld de Pardaillan, Mar- 
quis de Montespan^, premier capitaine des gardes du corps, 
chevalier du S^-Esprit, en 1619, gouverneur de la Navarre, du 
Béarn, etc., était la bisaïeule du duc d'Antin, dont les der- 
nières descendantes furent Gillette de Gondrin, abbesse de 

' Armes des de Benque : de gueules à la croix d'or. 

* Armes des de Bucil : d'azur au croissant montant d'argent, accompagné de six croix 
recroisettées au pied fiché d'or. 

3 Armes des Mnnlespan anciens : d'argent au lion de gueules armé et lampassé d'arur 
à la bordure de sinople, chargé d'un écusson d'or, horde de gueules. 

19 



290 NOBLESSE DE LOMAGNE 

FontevraultS et Magdelaine, Julie. Victoire de Pardaillan 
d'Antin, duchesse d'Uzès^. 

Les alliances de la maison de S'-Lary-Bellegarde-Termes 
avaient été avec les familles de Ghabot-Mirebeau, Villemur, du 
Lyon, Saluées, ]\Iontclar et celles que nous avons déjà citées. 

Nous ne croyons pas qu'il y ait communauté d'origine entre 
les Monlezun-S'-Lary, les Bernard de S^-Lary et les Coquet 
de S'-Lary, malgré la similitude du nom et l'identité de la 
province qui a été le berceau de ces trois familles. 

Le 3 novembre 1457, noble Bernard de S'-Lary habitait le 
comté de Gaure, en la juridiction de la ville de Fleurance. Sa 
femme, Florette de l'Isle-Bouzon, était sœur de noble Jean de 
Luppé, seigneur de Maravat. 

Françoise de Coquet, mariée avec Pierre de Douzon, seigneur 
de Bellestat, donna sa tille, ^larguerite de Coquet, à Messire 
Pierre de la Crompe, sieur de La Mothe, le 27 mai 1636. 

Noble Bertrand de Lard, seigneur de Bordeneuve, épousa, 
le 3 janvier 1641, Françoise de Coquet ; leur tils, Antoine de 
Lard, capitaine au régiment de Navarre, contracta union, le 
19 décembre 1678, avec Isabeau de Sacriste-Malvirade. 

Catherine de Coquet se maria, le 6 mars 1639, avec Antoine 
Gabriel de Cunolio, lieutenant civil en la Cour présidiale et 
sénéchaussée d'Agenais. 

Noble Joseph de Coquet, conseiller du Roi au présidial 
d'Agen, petit-fils de Charles de Coquet, écuyer, et de Jeanni 

1 Gillette de Gondrin, traquée à Fontcviault par les révolutionnaires, qui voulaient la 
massacrer, revêtit les habits d'une servante de ferme, obtint de la municipalité d'Angers 
un laisser-passer et s'enfuit à Vernon, puis à Paris, où elle arriva, le 12 vendémiaire an iv 
(Archives du comte de Lauhespin), malade, éjuiisée de fatigues et de privations, accompa- 
gnée de deux sœurs de son abbaye, Agathe et Rose Poulet, qui n'avaient pas voulu la 
quitter. Lue partie de sa famille s'était déjà réfugiée en Angleterre, et se voyant sans amis, 
sans ressources, elle fut au moment d'entrer à rHolel-Dieu. Recueillie à Autcuil, par une 
de ses parentes. M""» de Tracy, et secourue par M'"« la duchesse douairière d'Orléans, sa 
cousine, elle y mourut, peu de temps après, à l'âge de 70 ans, en pardonnant à ses 
persécuteurs. L'ne des deux sœurs qui l'avaient suivie dut se réfugier dans un hô|iital. 

' Magdelaine, Julie, Victoire de Pardaillan-d'.\nlin, née à Paris, à l'hôtel d'Antin, 
paroisse S'-Eustachc, le !•' octobre 1729, riécédéc à Londres, pendant rémigralion, le 
13 septembre 1799, avait épousé François-Emmanuel de Crussol-d'l'zès, duc d'L'zès, pre- 
mier pair de France, lieutenant-général des armées du Roi, gouverneur de Saintonge et 
d'Angoumois, chevalier des Ordres, elc 



EN l'année 1787 291 

de Redon, acheta, le 18 août 1670, le château de Gueyse, sis 
en la paroisse de Brazalem, appartenant à Florimond de 
Molère, écuyer. Joseph de Coquet eut, de son mariage avec 
Antoinette de Malvin de Montazet^ Charles de Coquet, maire 
d'Agen, seigneur de Gueyse, Brazalem et FeugaroUes, qui 
laissa ces biens à son parent, Messire Jean-Joseph de Coquet, 
seigneur de Ligue; son fils, Marc-Antoine, fut capitaine et 
chevalier de S^-Louis; son petit-fils devint lieutenant-colonel. 

Monsieur Coquet de S^-Lary assista, le 7 avril 1789, à 
l'Assemblée de la noblesse du pays de Gaure, tant en son 
nom que comme chargé des procurations de Madame la Com- 
tesse de Verlhac, pour sa terre de Frichet, et de Madame la 
Comtesse de Beaumont, pour sa terre de Goas et son fief de 
Menjoulet. Louise de Coquet, fille de Monsieur de Coquet de 
S'-Lary, ancien colonel d'infanterie, s'est alliée, en 1845, avec 
Léopold-Joseph Stanislas de Batz de Trenquelléon. 

Les Coquet de S'-Lary possédaient près de Miradoux (Gers), 
le vieux manoir de Gachepouy, ancienne propriété des famil- 
les de Galard, de Bassabat, La Balu et Bonnefond^. On peut 
encore lire, sur la maîtresse poutre, dans le salon du château, 
la date de 1607. Cette seigneurie appartenait alors à Jean 
Béraut de Bassabat-Pordéac de Vicmont, capitaine de 50 hom- 
mes d'armes des ordonnances, fils de Bernard de Bassabat- 
Vicmont, baron de Pordéac, seigneur de Gachepouy, Castet- 
Arrouy, marié avec Anne d'Aydie-Guittinières ^. 

Outre les Coquet de S^-Lary, il existe en Agenais d'autres 
branches de la famille de Coquet, connues, dès 1558, sous les 



' Armes des Malvin : d'azur à trois étoiles d'or, posées 2 et 1. 

2 « Noble Odoa de Bonnefont, chevalier, était, en 1487, co-seigneur de S«-Avit, près 
Lectoure, avec Ayssin de Bonnefond, damoiseau, noble de Vczin, seigneur de La Cassai- 
gne, Jean de Tinras, co-seigneur de S*-Avit pour la quatrième partie, comme successeur 
de noble Cavarlne de Bonneront, sa mère ; le reste de la seigneurie était à noble Jean de 
Galard ». (Archives de Lectoure, par Druilhet.) Les Bonnefont, seigneurs de Fieux (près 
de Miradoux), de Cardelus, etc., avaient prouvé, en 1690 et en 1715, leur noblesse 
remontant, sur titres, à 1555 Leurs armes sont : de gueules à la bordure d'or. 

3 Armes des d'Aydie : de gueules à quatre lapins d'argent, courant l'un sur Tautre, parti 
de gueules au cœur d'or. 



292 NOBLESSE DE LOMAGNE 

noms de Mombrun, La Roche et Montpezat, qui ont donné 
un conseiller du roi, vice-sénéchal du Condoniois, en 1720, un 
maître-d'hôtel d'Henry IV, plusieurs chevaliers de S^-Louis et 
des magistrats au Parlement de Bordeaux. 

Leurs armes étaient : d'azur au chevron d'or, accompagné 
de trois coqs de même, crêtes, becqués, barbés et membres de 
gueule, celui placé en pointe, surmontant une tour d'argent, 
maçonnée de sable; au chef d'argent, chargé d'un croissant 
de sfueule accosté de deux étoiles d'azur i. 

Tortil de baron. 

Les Bernard de S^-Lary portaient pour armoiries : d'azur 
au chevron d'or, accompagné en chef de deux étoiles d'argent, 
et en pointe d'un croissant de môme. 

Couronne de comte. 

Les Coquet de Genneville, en Normandie, ont, comme bla- 
son : dix l'ocs d'échiquier d'or, placés 4, 3, 2, 1, sur fond 
d'azur. Cette famille fut maintenue dans sa noblesse, en 1463 
et 1668. 

On voyait dans le chœur de S^-Etienne, l'ancienne cathé- 
drale d'Agen, dont les vestiges ont disparu, il y a quelques 
années, le tombeau de Messire de Coquet, a officier supérieur 
dans les armées de Sa Majesté Très-Chrétienne ». 



' On trouve aussi les armes des Coquet S'-Lary ainsi blasounées : d'azur au chevron 
d'or, accompaj;né en pointe d'un coq de même, crèté, liarbé de ijucules. au chef cousu de 
gueules, chargé de trois étoiles d'argent. 



EN l'année 1787 293 



SERIGN AC - BRUILHOIS 



LE S. ]^IONBET DE JOUANISSON 

Ee nom de cette famille était de Pouy ; elle appartenait à la 
noblesse de la vicomte de Bruilhois, et prétendait descendre 
de Michel I*^'"^ seigneur de S'-Martin, qui possédait, l'an 1498, 
la maison noble de S'-Martin du Pouy, au diocèse de Dax^ 

Le 18 novembre 1286, Pierre de Pouy et Dupet de Gozon 
furent témoins de la reconnaissance faite par Géraude de 
Larivière au seigneur d'Agenais, pour la 4^ partie du fief de 
La Rivière, près Lavardac. Le 22 novembre de la même année, 
Antoine de Pouy assista à l'hommage rendu par Arnaud Guil- 
laume de Padiern au môme seigneur, pour les terres de 
Montgaillard'^. 

Jeanne de Monbet était, le 27 novembre 1659, au nombre 
des religieuses de St<^-Claire de Lectoure, qui appartenaient 
toutes à des familles nobles de la Guienne. 

En 1761, Madame de Nayrac, et, en 1767, Madame de Nar- 
bonne-Pelet, comtesse de Lasserre, prenaient le titre de 
marquises de Pouy. Les Lomagne-Fimarcon avaient eu aussi 
la co-seigneurie de ce fief. Noble Joseph de Monbet, sieur du 
Nègre, habitait Montesquieu, le 13 août 1767, « où il vivait 
noblement)^. (Nob. d'Ogilvy.) 

Monsieur de Pouy vota, en 1789, avec les gentilshommes, 



' Etat (le Vi noblesse d'Agcnais, en 1717, par M. de Bourrousse de Laffore. 

2 Le château de Ruscon, près d'Agen, appartenait, avant 1470, à M. de Podio Exfremo; sa 
fille Catherine de Pouy. apporta cette seigneurie à Jean de Galard. Ils sont appelés, dans un 
acte de 14(58, « seigneur et dame de Buscon ». (Relation du Congrès archéologique de 
France, séances tenues à Agen, 1874.) 



294 NOBLESSE DE LOMAGNE 

lors de la réunion de la noblesse à Lectoure ; son parent, le 
sieur Monbet de Jouanisson, signa la protestation des nobles 
de la vicomte de Bruilhois. 

Monsieur de Monbet Ht partie de l'Assemblée des trois 
ordres de la Sénéchaussée d'Armagnac, tenue à Lectoure, le 
16 mars 1790. 

L'écusson de la maison de Pouy était : écartelé, aux ler et ¥ 
d'azur, au lion d'or, gravissant un rocher d'argent, surmonté 
de trois étoiles d'or; aux 2^ et 3% d'argent, au lion de sable, 
couronné de gueules, accompagné de neuf corneilles, bec- 
quées et pattées de gueules, rangées en orle, posées 4 en 
chef, 2 et 2 en tlanc et 1 en pointe, qui est de Montlezun. 

La branche de Pouy d'Avensac portait : d'argent au sautoir 
d'azur, chargé de cinq roses d'or. 

Les de Pouy étaient alliés aux Labat, du Verrier, La Ramière, 
de Bar, etc. Ils avaient possédé les seigneuries de La Roche, 
La Salle, Portes et S^-Giron. 

« Les de Pouy, du pays des Lannes, seigneurs de Marignac, 
Emparron, Gouaux, barons de Sacerre, etc., avaient des 
armes différentes, qui étaient : « d'argent à la tour de gueu- 
les ». Ils descendaient de Jean de Pouy qui rendit hommage 
au roi d'Angleterre, le 8 juin 1281, et fut la tige des de Pouy, 
seigneurs de Bonnegarde^ La Teulère, Gaudonville, alliés 
aux d'Auxion, La Briffe, Gortade de Gézan, d'Astorg, Mont- 
lezun, Massas, Sarriac et Gastillon. C'est de ce rameau 
qu'était sorti Daniel de Pouy, marié, en 1597, avec INIartlie de 
Béarn, fille naturelle d'Henry IV, qui assista à ce mariage et 
accorda, en 1609, une pension annuelle do 600 livres à ladite 
Marthe pour l'aider à élever sa famille'-'. » 

* Il y avait, en Gascogne, une famille iln Tony, dont les armes étaient : d'azur à deux 
vaches rangées d'or, passant snr une terrasse de sinople, accompagnées en chef de 
trois étoiles malordonnées d'or, la |)remière accostée de deux croissants d'argent. 

'fleDMC de Gascogne, Lupiac, par D. de Thézan. 



EN l'année 1787 295 

Jacques, seigneur de Bourrouillan, avait épousé, le 9 sep- 
tembre 1642, Georgette de Pouy, appartenant à cette maison, 
représentée, en 1789, à l'Assemblée de la Noblesse tenue à 
Dax, dans l'église des RR. PP. Carmes de cette ville, le 16 mars, 
à huit heures du matin. 



296 NOBLESSE DE LOMAGNE 



SÉRIGNAC - BRUILHOIS 



LE S. VERGÉS DE GUILLEMON 

Deux branches de la maison de Vergés existaient en 
Guyenne, celle de Guillemon et celle de La Salle. 

Pierre de Guillemon figure, le 7 juillet 1507, dans l'instruc- 
tion d'un procès entre Jean, seigneur de Pins et les habitants 
de la ville de Fleurance. 

En 1789 et 1790, le sieur de Vergés de La Salle fut convo- 
qué, comme faisant partie de la noblesse, à l'Assemblée des 
trois Ordres, réunie à Lectoure. 

Noble Caprais de Las, seigneur d'une partie d'Espalais, 
prés le Port-S'c-Marie (ariiére petit-fils de noble Guillaume 
de Las, maître d'hôtel, en 1473, de Jean V, comte d'Arma- 
gnac), épousa Claude de Vergés, fille de Jean de Vergés, 
seigneur de Brimont, et de damoiselle Anne de Godailh, ce 
qui porta la seigneurie de Brimont dans la famille de Las. 

Les Vergez du Bigorre, éteints, vers 1600, dans la branche 
aînée, qui suivait la carrière des armes, se sont perpétués dans 
les cadets, préférant a le parti de robe* i>. 

Possédant de nombreux fiefs, qu'ils tenaient des Comtes de 
Bigorre, les Vergez ont fréquemment rempli les charges de 
Syndic de la province et de subdélégué de l'Intendant, à 
Tarbes. 

Les armes des aînés étaient : écartelé, aux l'''" et 3^ d'azur au 

' bict. de La Chesnaye-des-Bois. 



EN l'année 1787 297 

lion i-ampant d'or; aux 2^ et 4^, de gueule à la croix d'argent; 
la branche cadette ajoutait à cet écusson des armoiries par- 
lantes, et portait d'argent, au soleil dardant ses rayons sur une 
grappe de raisins au naturel. 



298 NOBLESSE DE LOMAGNE 



TERRAUBE 



1 



LE MARQUIS DE GALARD-TERRAUBE 

Terraube, gros bourg près de Lectoure, était une ancienne 
baronnie qui fut érigée en marquisat, le 13 mars 1683, pour 
Jean-Louis de Galard, seigneur de Ferrières, et ses descen- 
dants. 

Les premiers du nom de Galard que l'on connaisse par les 
titres sont Aymeric et Géraud de Goalard^ cautions en 1062, 
dans un écliange que lit Raymond, abbé de Gondom. 

Un Galard de Syrac lit, en 1160, 1162 et 1189, donation 
de tous les biens qu'il possédait entre Sérampione et la 
Gimone, à Pons le, abbé de Grandselve, ordre de Citeaux, 
diocèse de Toulouse. 

Montassin de Goalard était, avant 1140i, seigneur de Ter- 
raube; il avait pour arrière-grand-père, Garsie-Arnaud, pre- 
mier baron du Goalard en Gondomois ( iils d'Arnaud II de 
Lomagnc, vicomte de Gascogne), marié, dès 1011, avec Ada- 
lias (ou Adalaïs) et descendant d'Alaric, duc de Vasconie en 
788, tué en 8122. 

Ayssieu ITI de Goalard, seigneur de Terraube et d'Aubiac, 
octroya (1205) des coutumes à Sonipessere, qui fut alTranchie 
avant toutes les autres communes de Gascogne; la seconde 
fut Riguepeu, qui reçut les siennes, le 11 mai 1279, de R. E. 
de Montesquieu et de Bernard de Séran. 

Géraud-Assieu de Goalard, cbevalier, baron de Terraube, et 

• Moulenq, Doc. sur le Tarn-et-Garonne. 

' Notice héraldique sur les maisons de Galard et de Béarn, par E. de Jaurgain. — Docu- 
ments, par Noulens. 



EN l'année 1787 299 

premier baron du Gondomois, épousa, en 4278, Eléonore 
d'Armagnac'. 

Le 24 juin 1284, Géraud, Bertrand et Gaission de Goalar d 
émancipèrent la ville d'Aubiac en Bruilhois, et donnèrent des 
coutumes aux habitants de Terraube, qui obtinrent, en l'an- 
née 1308, d'Ayssin de Goalard, la permission d'entourer leur 
ville de remparts. 

Goalard de Terraube, abbé de Bouillas, aumônier d'Henry II, 
est l'auteur d'un traité de cosmographie et d'un ouvrage inti- 
tulé VAqiiitainog l'aphte ^ . 

Arsieu de Goalard fut, en 1315, gouverneur d'Auch. 

Bertrand de Goalard, baron de Terraube, seigneur de Bor- 
des, Ferrières, etc., épousa, le 19 octobre 1568, Diane de 
Lusignan. 

Philippe de Goalard, capitaine dans le régiment de Cham- 
pagne, fut tué, en 1628, au siège de La Bochelle. 

Marc-Antoine de Goalard, seigneur de Ferrières en Arma- 
gnac, rendit hommage au roi pour la dite terre, devant les 
trésoriers de France, en 1634. 

François de Goalard était, avant 1670, chanoine de l'Abbaye 
de St-Sernin de Toulouse; il mourut le 5 mai 1740, laissant 
sa fortune aux pauvres de sa paroisse. 

Henri de Goalard, marquis de Terraube, seigneur de Fer- 
rières, devint, en 1703, capitaine au régiment de Fimarçon. 

Gilles de Goalard, marquis de Terraube, baron d'Arignac, 
seigneur de Malplas et de Grampagnac au comté de Foix, 
capitaine au régiment de Fimarçon, avait épousé, le 29 décem- 
bre 1727, Marguerite-Victoire de Moret-Montarnal-''. 

Pierre de Goalard, doyen du chapitre de S^-André de Bor- 

' Armes d'Armagnac : d'argent au lion de gueules. 

2 Paris, Frédéric Morel, 1565, petit in-S". 

3 Armes des Moret : d'or à la hure de sanglier de sable, accompagnée de cinq glands 
sinople, trois au-dessus, deux au-dessous. 



300 NOBLESSE DE LOMAGNE 

deaux, fut enseveli à l'entrée du Cloître, au pied d'un autel 
qu'il avait fait ériger à ses fraisa 

Il y eut six membres de la famille de Galard convoqués aux 
diverses réunions de la Noblesse, tenues pendant les années 
1787, 4789 et 1790, à Auch, Lectoure, Gondom et Cahors. 

La branche de Galard-Terraube fut représentée par Louis, 
Antoine, Marie, Victor, marquis de Galard-Terraube, qui 
devint, plus tard, contr'amiral, gouverneur de l'école de la 
marine à Angoulême, député du Gers, sous la Restauration, 
et chevalier de S^-Louis^. 

Son frère, Arnaud-Louis de Galard-Terraube, lieutenant- 
colonel au régiment de Royal-cravate-cavalerie, alla rejoindre 
les Princes à Coblentz, vers 1791, et servit dans l'armée de 
Condé, jusqu'au licenciement des troupes en 1800. 

Les rameaux actuellement existants, sortis de la branche de 
Galard-Terraube, sont ceux de Terraube, Saldebruc, Rrassac- 
Béarn et L'Isle-Rozon-Mas^nas. Dans cette dernière se sont 
fondus les seigneurs de Balarin , Gastelnau-d'Arbieu et 
Luzanet-Pellehaut. Les branches de Limeuil, Espions, 
S'-Michel3, Pauillac, S^-Avit, Si^-Léonard, n'existent plus. 

François de Galard, dit le chevalier de Béarn, ancien page 
du roi Louis XVI, fut tué à Quiberon; le Marquis de Galard 
de risle-Bozon-Magnas (issu des seigneurs de Balarin-Pelle- 
haut, branche sortie de celle de Terraube, en 1510), monta 
sur l'échafaud, à Auch, le 17 avril 1794 ; le 17 février de la 

* Eglise Métropolitaine et primatialc de S*-Andié de Bnurdeaux, par Lopez, nouvelle 
édition, chap. vu, pages 214 et 234. 

Le 27 mai l-i38, le chapitre de Bordeaux décida que la maison habitée par le clianoinc 
Pierre de Galard-Béarn serait démolie, vu que l'emplacement qu'elle occupait serait 
peut-être nécessaire pour remhellisscmcnt de l'Eglise. 

'- En 1720 les religieuses professes du Couvent de l'rouillan, en Condomois, étaient : 
Gahrielle du Bouzet-Roquépinc, prieure perpétuelle, Nicolle de Monllczun, Claire de 
Lu.ssan, Louise de Sérillac, Anne de Canolles, et Marie de Galard-Terraube. (lievue de 
Gascogne.) 

^ La direction du Comité du district de l,ectoure, mit sous séquestre les biens du sieur 
Goalard de S'-Michel, ex-noble <le Lcctoure, père d'émigré, mort dans la maison de réclu- 
sion à Auch, et alTerma, le 25 Prairial an II, pour 3 ans, les terres de Vigneaux et Sala- 
manque, situées dans la commune de Cadeillan, à Bernard Fagel, de Terraube, moyennant 
2 050 fr. 



EN l'année 1787 301 

même année, avait été guillotiné à Bordeaux, où il s'était 
réfugié pendant la Terreur, son parent , Joseph-Michel de 
Galard, seigneur de Saldebru, Valende et SMulien en Agenais, 
aljbé de St-^Iaurice, prieur de N.-D. du fief Sauvin en Anjou, 
et de N.-D. de Louesme, près Langres, vicaire-général de 
Lectoure, chanoine de l'église de Paris, député à l'Assemblée 
«générale du clero-é en 1780. Il était né à Perville, diocèse de 
Gahors, le 18 septembre 1745. 

Leur cousin, Marie-Joseph de Galard-Terrau])e, nommé, 
en 1774, évèque du Puy, comte du Velay et de Brioude, 
mourut en exil, à Ratisbonne, le 10 octobre 1804*. 

Les branches de Terraube, de l'Isle-Bozon-Magnas et de 
Saldebruc ont les mêmes armes. Les Béarn-Brassac ajoutent 
aux trois corneilles des Galard, l'écusson de Béarn, qui est : 
d'or à deux vaches passant de gueules, accolées, accornées, 
onelées et clarinées d'azur. 

La branche éteinte des Galard, seigneur de Dûment, écar- 
telait : aux 1^'- et 4^ de Galard, aux 2^ et 3^ de gueules, à une 
bande d'argent. 

Quelques membres de la maison de Galard-Terraulje ont 
porté autrefois pour devise : « ad utrumque, s^ au lieu de 
in via nulla invia, qui a été adoptée par celte famille, il y 
a deux siècles environ. 

Les principales alliances des Galard ont été avec les Cau- 
mont, Thézac, d'Armagnac, Beauville, Manas, La Valette, 
Grossolles-Flamarens, La Roche-Andry, Montausier, La Roche- 
Foucauld, Cotentin-Tourville, S^-Géry, Clermont-^Iontfort, 
Montault, d'Escoyeux, de Saulx, de La Géard, de Beaulieu, 
de Beaupoil, des Achards, d'Aurensan, de Vaudreuil, J^usi- 
gnan^ du Bouzet, de Peyre, de Portes, Gaptan-Monein, de 
Ségur, Périgord, Choiseuil, Govion, Grussol-d'Uzès, d'Estam- 
pes-Yalençay, Gromières, Montaran, Galonne-d'Avesne, Los- 
tanges-S'-Alvaire , Gampaigno, d'Aux, Sérillac, Bastard, ^lari- 
gnan, d'Encausse, Puymirol, etc. 

• Monseigneur de Galard-Terraube avait i-lé vicaire-général d'Avranches et de Seniis, 
abbé de La Chassaigne, près Troyes, et de S'-Paul de Verdun. 



N 



N 



ROLLE DES PllH ILÉGIÉS 



EN l'année 1787 305 



AUVILLARS 



LE S. DE THEZE 

La famille de Thèze est originaire des environs de Castel- 
Sarrazin, où un de ses membres possédait le château de 
Belleperche. 

Raymond de Thèze, seigneur de Pis, habitant Riscle, fut 
père de Déodat de Thèze, qui fut aussi seigneur de Pis, près 
de Tarsaguet, en 1442 ^ 

Le 13 décembre 1661, Philippe, sieur de Thèze, était, avec 
Bertrand, sieur de Baugin, « créancier de la somme de 715 
livres due par Jean de Grossolles, seigneur de S^-^Iartin, au 
sujet de la tutelle des enfants de ^larie de Garros^, veuve de 
Pierre de S'^-Marie, ancien juge royal d'Auvillars, représen- 
tée par Joseph de S^e-Marie;, du Bosc^, docteur en sainte 
théologie, prêtre et curé du lieu de Poupas, sénéchaussée de 
J^ectoure 2 )) . 

A l'Assemblée générale du clergé, de la noblesse et du Tiers- 
Etat des deux sénéchaussées d'Armagnac et de l'Isle-Jour- 
dain, réunies à Lectoure, le 16 mars 1790, Monsieur de 
Thèze était procureur fondé de Monsieur le comte d'Esparbès. 

Le 16 mars 1789, le sieur de Thèze, frère du précédent, 
faisait partie de l'Assemblée de la Noblesse des sénéchaussées 
d'Armagnac et de l'Isle-Jourdain, tenue dans la salle du 
gouvernement de la ville de Lectoure. 

Maître Jean de Labourdenne, notaire royal des Landes, fut 

* Comptes consulaires de Riscle, par Parfouru. 
' Archives de Magnas (Gers). 

20 



306 



NOBLESSE DE LOMAGNE 



chargé le 9 août 1776, par dame Jeanne de Canton, de tirer 
une expédition du testament fait, le 28 décembre 1773, par 
Jean de Thèze et sa femme, Marie de Canton, habitant à 
Dousse ; ils avaient déclaré, dans cet acte de leurs dernières 
volontés, « qu'ils veulent être inhumés dans le cimetière de 
l'église S'-Julien, à Dousse. lueurs trois enfants sont : Jean, 
marié avec Jeanne de Bordes, Jeanne, mariée avec Monsieur 
de Canton, et Jeannot; la tutelle de ce dernier sera dévolue à 
son frère, Jean de Thèze, qui devra hériter de tous les biens 
immeubles, tandis que sa sœur aura le reste, plus une rente 
de six cent livres pendant sa vie. Fait ledit jour que cy-dessus, 
en présence de Jean Sabaillé de Cam, Jean de Luc de Sou- 
moulon, et Jean Lassus, à Morlaas^ ». 

La maison de Thèze existe encore à Auvillars ; elle est alliée 
aux Bressolles, d'Esparbès de Lussan, etc.. Ses armes sont : 
de gueules au lion d'or, au chef du même, chargé de trois 
étoiles d'azur. (Arm. de Rietstapp.) 



* Archives liu Magnas (Gers). 



EN l'année 1787 307 



AUVILLARS 



LE CHEVALIER DE BRESSOLLES 

Les Bressolles étaient originaires du Bourbonnais, où ils 
avaient possédé de nombreux fiefs. Raoul de Bressolles est 
cité dans un cartulaire de la Charité sur Loire, en 1174, et 
il fut témoin de la charte de confirmation des privilèges de 
Souvigny, donnés, en 1217, par le sire de Bourbon (Comte de 
Soultrait). On voit encore^, près de Moulins, le vieux château 
qui leur a donné leur nom. Une branche vint se fixer en 
Poitou, puis à Auvillars, où elle s'est perpétuée jusqu'à nos 
jours. 

Bernard de Bressolles avait été prieur de S'-Avit de Haute- 
Serre, abbaye dépendant de la collation de l'évêque de Cahors ; 
il mourut en 1311 ^ 

Le 27 octobre 1453, messire Jean de Barbançois, seigneur 
de Sarzay et autres lieux, épousa Françoise de Boisé, fille de 
Jacques de Boisé, écuyer, seigneur de Courcenay, et de Sou- 
veraine de Blanchefort. A ce contrat, assistèrent Jean de 
Chauvioiiv, seigneur de Chàteauroux, vicomte de Brosse, 
André de Chauvigny, seigneur de Revel, Guy de Blanchefort, 
chevalier, seigneur de Bois-à-Louey, Guillaume de Bres- 
solles, seigneur de Monteroux, et Georges de la Châtre, grand 
écuyer de France ^. 

Antoine de Cassagnet, seigneur de Tilladet, avait épousé 
Jeanne de Bressolles ; ils eurent, en 1555, un fils, Bernard de 
Cassagnet-Tilladet, qui fut capitaine au régiment des gardes, 

* Documents sur le Tani-ct-Garonne, par Moulenq. 
- Archives de la l'arnille de Bressolles. 



308 NOBLESSE DE LOMAGNE 

(1589), gouverneur de Bourg-sur-Mer, vers iQ22 ; il mourut de 
la peste à Béziers*. 

Jeanne de Bressolles, mariée avec Jean de Sabaros, juge- 
royal du Port-S''?-Marie, eut une fille, Isabeau, devenue, en 
1653, la femme de Michel d'Imbert. Leur petit-lils, François 
d'Imbert, juge-royal du Port-S^'^-Marie, s'allia, le 22 août 1692, 
au château d'Ensoulès, près Condom, avec Jeanne du Pleix, 
fille de Louis du Pleix, seigneur baron de Clarens et 
Cadignan. 

Antoine de Bressolles, décédé à Agen, le 4 juillet 1627, 
laissa quatre fils : « Jean de BressoUeSy prestre et recteur de 
CAermont-Dessus, proche la ville de la Magistère, Anthoine 
de Bressolles, prestre en la Cité d' Agen, Bernard de Bressolles, 
prestre, docteur en théologie, chanoine théologal en Vcglise 
cathédrale de Condom, et vicaire-général de Monseigneur 
l'évêque Bénigne Bossuet- qui V avait chargé de prendre pos- 
session de son siège, le 9 novembre 1670, avec Messire 
Hugues Janon, ancien procureur-général de la Cour des Agdes 
du Dauphiné, chanoine de Si-Just de Lyon. 

D Le quatrième fils, Bertrand de Bressolles, était sieur 
d'Autrxiil, et vivoit encore le 5 May 1656, lequel a continué 
la postérité^. » 

Les diverses branches de la famille de Bressolles portaient 
les noms de Mesplès, Delpech, Autruil, Goujetou, Lisle, 
Fongau, Siscé, La Hongaie, La Rivière, d'Argeville. 

Avant 1659, Bernard de Bressolles, conseiller du roi, était 
magistrat au siège présidial d'Agen. 

Marc-Antoine de Bressolles, conseiller au siège présidial 
d'Agen, en 1666, comparut devant Monseigneur Bellot, inten- 
« dant de Guyenne, pour lui exposer, qu'en 1596, son ayeul, 
« Antoine de Bressolles, avait été capitaine dans les armées du 
V roy, et que son père, Bernard de Bressolles, marié sous l'année 

' MémuiiL'â (le Bassompifire. 

' Itossuct succéda à Jean d'Estrades, qui résigna lévèclié de ("ondom en IGr)8, pnur 
l>iendie en éclinngc raltbaye de Chailly au diocèse de Senlis. 
^ Archives de Magnas iriors). 



EN l'année 1787 309 

« 1G18, avec Marie de Ranse, portait la qualité de noble et 
« d'écuyer, comme le prouve son extrait baptistaire, en date 
« du ler Décembre 1G23 ; que, déplus, le sieur de Bressolles 
(( son dit père, a vécu noblement et a été honoré par le défunt 
(( roy, Louis le treizième, d'heureuse mémoire, de la charge 
« de conseiller, pendant quarante-huit ans, dont il produit 
« les provisions audit office, avec la réception au Parlement 
« de Bordeaux, en date du 8 octobre 1618. 

(( Il déclare, en outre, qu'il est sorti de la maison de Bres- 
« solles, un chevalier de Malte, du nom de Guillaume, qui fut 
« commandeur de Golfech, en date du 27 mars 1544, comme il 
(( résulte de la commission du chapitre provincial de l'ordre de 
« S'-Jean de Jérusalem. Le suppliant déclare que Guillaume 
(( de Bressolles, chevalier de Malte, vint s'établir dans la 
« commanderie de Golfech, et emmena de la province du 
(( Poitou, son frère, Jean de Bressolles, qui se fixa au lieu de 
(t Clermont-Dessus, dans le voisinage dudit sieur commandeur, 
(( sous la protection duquel il acquit quantité de beaux biens, 
« dont ses descendants jouissent encore, ayant toujours con- 
« serve les mêmes nom et armes, qui sont : à l'écu de sable, 
(( chargé d'un lion d'argent, avec trois billettes de gueules sui' 
« l'estomac, armé, lampassé et couronné de même. 

(( Moyennant quoi, le suppliant croit avoir droit de prendre 
« la qualité de noble que portaient ses ancêtres K » 

Cette demande fut plus tard accordée et la maintenue de 
noblesse concédée, en 1699, à Bernard de Bressolles, sieur de 
Coujetou et d'Autruil, pour lui et ses enfants, sur l'avis favo- 
rable de d'Hozier, juge d'armes de France, qui décrit ainsi les 
armoiries de la famille de Bressolles : d'azur au lion d'argent 
sur une terrasse de sinople, au chef de gueules, chargé de 
trois étoiles d'argent ; l'écu tim])ré d'un casque de profil, orné 
de ses lambrequins d'azur, de sinople, d'argent et de gueules "-. 
Ces armes sont celles que portaient les Bressolles-Breschai'd, 

■ Archives de la famille de Bressolles. 

- Maintenue de noblesse de la famille de Bressolles. lArcli. partie.). 



310 NOBLESSE DE LOMAGNE 

du BeiTv, et les BressolleS;, crAuvillars. Ceux du Poitou avaient, 
dans leur écusson, un orle de six besans d'or, sur fond de 
gueules. 

Noble Jean de Bressolles, écuyer, fils de Bernard de Bres- 
solles, sieur d'Autruil et de Coujetou, épousa Anne de Cunolio 
d'Espalais, tille de noble Antoine, Gabriel de Cunolio, écuyer, 
sieur d'Espalais, conseiller du Boi, lieutenant civil et asses- 
seur criminel au présidial d'Agenais, et d'Anne du Bois de 
Libersac. 

De ce mariage est né noble Etienne de Bressolles, écuyer, 
sieur d'Autruil, habitant son château de Coujetou, juri- 
diction de Clermont-Dessus. Il fit un accord, le 28 janvier 
1722, avec Messire Jean Florimond de Raymond, seigneur 
de La Garde et de Suqueti. 

Vers 1600, Bernard de Bressolles avait donné un fonds de 
terre, sur les bords de la Garonne, et y avait fait bâtir une 
chapelle sous l'invocation de N.-D. de Pitié, avec l'autorisa- 
tion de Monseigneur de Villars, évêque d'Agen. En 1785, Jean- 
Baptiste de Bressolles d'Autruil, patron de cette chapelle, 
élevée près de La Magistère en Agenais, s'opposa très énergi- 
quement â la destruction de ce sanctuaire, construit par son 
bisayeul, qui devint paroissial après le concordat et qui a été 
démoli il y a un demi-siècle-. 

Claude de Bressolles-Lisle était lieutenant dans la compa- 
gnie d'Attigny, au régiment d'infanterie commandé par 
Catinat, le 15 mars 1690 3. 

Noble Jean de Bressolles, sieur de Coujetou, fils de Bernard 
de Bressolles, sieur d'Autruil, et de dame ^larie de Molinard, 
épousa, le 16 janvier 1702, à Villeneuve d'Agen, Anne de 
Bap-Pellambert. 

Marc- Antoine de Bressolles-Delpech, enseigne dans la com- 
pagnie de S^-Simon, devint lieutenant dans le régiment de 

' Archives de Madame la coinlcssc M. de Raymond, d'Agen. 

* Muulcnq. 

3 Ceililical du marquis de Reffugc, maréchal des camps et armées du Roi. 



EN l'année 1787 311 

Gondnn-infanterie, en garnison à Arras, où il fit son testa- 
ment, le J5 février 1742. Il fut, en 1745, nommé commandant 
d'une compagnie nouvellement créée dans le régiment de 
Montboissier. 

Joseph de BressoUes, sieur de la Hongaie, brigadier des 
armées du roi, chevalier de St-Louis, avait épousé Jeanne, 
Rose de Tendol ; leur fils, Bernard-Joseph, eut pour 
parrain noble Bernard de BressoUes -Larivière, capitaine 
dans le régiment de Joyeuse, et chevalier de S'-Louis. 

Bernard-Joseph de BressoUes, sieur de Fongau, capitaine 
dans le régiment du Perche (1783), était fils de Jean de Bres- 
soUes, sous-brigadier des gardes-du-corps du roi, compagnie 
de Gharost, chevalier de S'-Louis (1748) qui décéda, à Auvil- 
lars, le 9 novembre 1786. 

Jean-Baptiste de BressoUes, sieur de Siscé, né à Auvillars, 
le 23 décembre 1753, capitaine au régiment de Bretagne 
(1777), chevalier de S^-Louis, fit toutes les guerres de la Révo- 
lution et de l'Empire. Tl devint général de brigade (1793), 
puis de division (1811), et fut nommé, en 1818, commandeur 
de la Légion d'honneur ; il avait pris part à l'expédition 
d'Amérique, et s'était embarqué avec le marquis de La Fayette, 
n mourut à Auvillars, en 1836. Son neveU;, Ferdinand de 
BressoUes (né le 8 janvier 1793), fils d'une Bernard de 
S'-Lary, suivit très brillamment la carrière des armes. 
Général de division, directeur en chef de l'artillerie, cheva- 
lier de S^-Louis, grand officier de la Légion d'honneur, 
commandeur de l'Ordre du Christ de Portugal, grand-croix 
de S^-Grégoire de Rome, chevalier de S^ Maurice de Savoie, 
de S'-Stanislas de Russie, de la Medgidié, du Nichan, du 
Sauveur de Grèce, etc., il rendit les services les plus signalés 
pendant la guerre de Crimée. Retiré à Baugin, près d'Auvil- 
lars, il fut longtemps président du Conseil général de Tarn- 
et-Garonne, et mourut le 20 mars 1874. 

Son frère, Jean-Baptiste-Vincent de BressoUes (né à 
Auvillars, le 18 janvier 1789, décédé le 13 novembre 1861), 
connu sous le pseudonyme de l'Hermite de S^-Pierre (ou de 



312 NOBLESSE DE LOMAGNE 

S' -Vincent- lez -Agen), passait pour un littérateur érudit ; 
il avait formé une riche bibliothèque et était en corres- 
pondance avec la plupart des hommes célèbres de son 
époque. Aussi modeste qu'instruit, il demeura toute sa vie à 
Auvillars et refusa les places nombreuses que son mérite lui 
avait fait offrir. « Il avait réuni une collection curieuse de 
documents et d'antiquités intéressant sa ville natale et fait des 
recherches très considérables sur une foule de questions de 
philologie et de linguistique. Messieurs de Saulcy et Paul 
Lacroix (le bibliophile Jacob), restèrent souvent confondus 
d'étonnement devant son érudition, ses lumières et la sûreté 
de ses renseignements i « . 

Les alliances des Bressolles ont été avec les ^lolinard (1641), 
Genevois (1666), de Mellot (1696), de Bap-Pellambert (1702), 
de Tendol (1749), de Gunoho d'Espalais, de Laborde, de la 
Chausse de Rance, de S'-Lary, de Thèze, etc. 



' Lu Viroinlf d'Aiiiillars, par l.ngrczc-I'ossal. Le bulletin île l'Alliance des Arts, publié 
par l'aul Lacroix, de 1842 à 1818, a donné plusieurs articles de bibliologic, écrils par 
Vincent de Bressolles. 



EN l'année 1787 313 



AUVILLARS 



LE CHEVALIER DU GOUT 

Il existait à Auvillars une famille du Goût, dont le nom 
patronymique était Lassaigne ou Lassagne, et que les Gros- 
solles de Flamarens et de S^-Martin refusaient, à tort ou à 
raison, de reconnaître comme descendant des du Goût, leurs 
parents, seigneurs de Rouillac et de Peyrecave, qui tiraient 
leur origine des anciens vicomtes de Lomagne et d'Auvillars^. 
Le chevalier de Grossolles écrivit, à ce sujet, la lettre suivante 
au comte de Flamarens, son parent, le 7 février 1784. 

(( A St-Martin, le 6 février 1784. 

(( J'ay eu, Monsieur le Comte, l'honneur de vous adresser 
par un exprès, il y a quelque temps, deux mémoires dans 
l'intention de faire connaître à tous M'"'^ de la maison de Noé 
la fausse prétention de M. Lassagne d'Auvillars, qui veut 
se faire descendre de la maison du Goût, lequel à l'occasion 
de cette imposture a occasionné un procès , à un seigneur de 
la terre de Puygaillard, qui en est limitrophe, que celui-cy, 
qui n'est pas gentilhomme non plus que l'autre , vient 
d'achetter, pour un droit de chasse dans son pourpris. 

(( Bien que vous ne m'ayez pas fait l'honneur de me répon- 
dre, je vous connois assés pour être persuadé que vous n'avés 
pas resté dans l'inaction, et qu'ainsy que je vous en ay prié 
par ma lettre jointe aux mémoires, vous aurés fait connoitre à 

' Bertrand de Goth portait ces litres quand il reçut les hommages de l'abbaye de 
Belleperche, le 18 Février 1311, et le 2 Mai 1323. 



314 NOBLESSE DE LOMAGNE 

M""" l'Evêque de Lescar* qui soutient cette imposture, qu'il a 
été trompé, La lettre dont coppie est cy-jointe, que M. d'Hozier 
vient d'écrire au seigneur de Puigaillard , vous prouvera , 
Monsieur le Comte, tout à la fois, et la protection ouverte que 
le prélat accorde au soi-disant du Goût, et la vérité des faits 
espozés dans le mémoire. 

« M'"s de Narbonne et moy, qui comme enfants de deux 
sœurs de la maison du Goût , n'avons pas obligation à M>" 
l'Evêque de Lescar, de soutenir cet usurpateur condamné, 
ainsi que vous l'aurés vu par arrêt de la Cour des aides de 
Montauban , dans sa prétention d'être du Goût. Monsieur le 
C'e d'Esparbès lui en auroit moins que nous, puisque si, à la 
faveur de la protection qui luy fait mettre une fille à S' Gir et 
obtenir un arrêt du Conseil, il parvenoit à se faire reconnaître 
du Goût, il spolieroit le comte de sa terre de La Mothe et de 
celle de Bardigues, qui, vous verres dans le mémoire, avoit été 
portées dans sa maison par une du Goût, à défaut d'enfants 
maies. 

« Que M'' l'Evêque de Lescar fasse du bien au sieur 
Lassagne , qu'il emploie son crédit pour faire placer ses 
enfants à l'école militaire, ses filles à S*^ Cir , c'est un bienfait 
digne de lui, et nous ne pouvons que l'approuver ; mais qu'il 
le fasse sous l'imposture du nom de du Goût, ma maison, 
celle de Narbonne et celle du O^ d'Esparbès sont intéressées 
à s'en plaindre ; c'est nous donner à tous une mortification , 
dans le moment ou tous ceux qui sont à Paris sont invités à 
la signature du contrat de mariage de "SI. votre neveu et 
parent. 

((. Chef de la maison de Grossolles j'espère , Monsieur le 
Comte, que vous accueillerez ma réclamation et la ferés passer 
au Prélat et à tous messieurs de votre famille. 

(c J'ay l'honneur d'être votre très-humble et tres-obeissant 
serviteur, 

(L Le Ciicr DE Grossolles. » 

' M«' de Noé. 



EN l'année 1787 315 

A Monsieur 
Monsieur de Sainte Marie du Bosc, 

Seigneur de Piiigaillard. 

« Paris le 21 Janvier 1784. 

« Vous avez sceu sans doutte, Monsieur, que l'année 
dernière ni trouvant point de Noblesse à M. Lassaigne, dit du 
Goût, comme commissaire du Roy pour les preuves de 
noblesse des Délies de S* Cyr, je luy reffusay mon certificat 
pour l'entrée de sa fdle en cette Maison. Vous aurez appris 
depuis peu, aussy sans doute, que néamoins elle y est entrée 
cette année. N'allés pas croire, je vous prie, que ce soit d'après 
un certifficat de moy ; je ne suis pas plus dans le cas cette 
année de luy en donner un que je n'y étais l'année dernière ; 
mais on a forcé la main à M'" d'Ormesson, conseiller d'état et 
chef du Conseil de S^ Cyr et aux dames de cette maison, et ces 
dames ont été obligées de la recevoir quoyqu'elle ne soit pas 
noble ; c'est le premier exemple que j'aye veu de pareille 
chose. Je croyois queM'" l'Evêque de Lescar, qui est le protec- 
teur de ce M. Lassaigne, avoit renvoyé sa fille dans son pays, 
et que le père n'ozerait jamais revenir à la charge ; il paroit 
qu'aujourd'huy l'on oze tout, et que la protection fait tout. Je 
pense, comme vous, Monsieur, que le jugement de M. 
Legendre du 28 Janvier 1700, est un jugement subreptice et 
qui devroit être cassé puisqu'il est rendeu sur les faux titres 
que l'on m'a produit aussy. Si j'avois voix au conseil, il le seroit 
bientôt. 

« Et le procès, Monsieur, ou en est-il? j'ay receu le 
mémoire que vous avies fait imprimer à ce sujet et je ne scai 
par ou il m'est veneu ; ce n'est sûrement pas votre adversaire 
qui me l'a envoyé, et à l'inspection de ses titres, à leur veue, 
j'ay jugé comme vous, et je ne pense pas que le parlement 
puisse y être trompé. 



316 NOBLESSE DE LOMAGNE 

« Vous ettes sans doute étonné de me voir expliquer ainsy 
devant vous ; je vous avouerai que c'est la crainte que vous ne 
me cittiés dans vos mémoires, qui me le fait faire, et c'est ce 
que votre avocat feroit si vous n'ettiés pas au fait. Mon frère 
estcitté dans celuy que j'ay, et il n'en est pas plus content ; il 
a cru d'après le jugement de ]\I>" Legendre pouvoir donner son 
certifficat, surtout ignorant que ce jugement peut dans le cas 
être attaqué, et la vraie extraction de M^ Lassaigne. C'est 
selon moy, un bien mauvais procès qu'il s'est fait la. 

« Si par la suitte, Monsieur, vous pouves me donner com- 
munication des titres que vous opposés aux siens, vous m'obli- 
geres de le faire, et il est nécessaire qu'il y en ait des nettes 
dans ma bibliothèque pour nos successeurs comme commis- 
saires du Roy en cette partie. 

(( Ne sachant ou vous rézidés, j'adresse ma lettre au procu- 
reur qui a signé votre mémoire et qui doit être le votre. 

« J'ay l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et très- 
obéissant serviteur. 

D'HoziER, le président-juge de la noblesse de France. f> 

Paris, dans la vieille rue du Temple*. » 

Cette famille de Lassaigne avait longtemps servi dans les 
armées du roi et y avait gagné honneur et prolit. 

Guillaume Lassaigne du Goût, de la Mothe-Bardigues, était 
capitaine en 1552. 

Pierre Antoine du Goût de Lacoste, sieur de Lassa ignC;, 
neveu du précédent, commandait une compagnie de gens de 
pied en 1580. 

Gabriel du Gouth de Lacoste, sieur de Lassaigne, lils i\v 
Pierre Antoine, devint capitaine d'un corps de cent hommes 
levé par ordre de la reine Mère du Roi, l'année 1620. 

Sylvestre du Gouth de Lassaigne, capitaine au régiment 
d'Artois (1667), fut tué à la bataille de Trêves. 

' Archives de La Rochcttc-Manlay (Côtc-d'Or). 



EN l'année 1787 317 

Antoine Jacques du Gouth de Lassaigne, sieur de Vernon, 
était maréchal des logis dans le régiment de Picardie, le 24 
juillet 1691. 

Jean François du Gouth de Lassaigne, officier au régiment 
d'artillerie de Bezançon, fut créé chevalier de S^-Louis, le 3 
février 1763. 

PVançois Joseph du Goût de Montfort, lieutenant dans le 
régiment de Flandres, est celui dont fait mention d'Hozier, et 
le protégé de Monseigneur de Noé, évêque de Lescar. 

Dans sa défense contre ^lessieurs de Grossolles, d'Esparbès 
et de Narbonne, François-Joseph du Gouth de Montfort prou- 
vait que Pierre-Antoine du Gouth (dit de Lacoste), son 
trisayeul, sieur de Lassaigne, capitaine au régiment de 
Guyenne, mort en 1584, avait pour quatrième ayeul, Raymond 
Arnaud II de Goth, seigneur de Rouillac, La-Mothe-Bardi- 
gues et Lieux, époux de Ptousse d'Astarac, auteurs communs 
des de Goth, marquis de Rouillac, des du Gouth, seigneurs de 
Lieux, et des du Gouth, seioneurs de Lassaiç^ne. Enfin les 
armes des Goth-Lassaigne étaient les mêmes que celles des 
Goth-Rouillac, d'or à trois fasces de gueules ^ 



' Messieurs de Grossolles, de Narbonne et d'Esparbès prétondaient que les Golh- 
I.assaigne avaient un fond d'argent à leurs armes, et non d'or, comme les anciens Gotli, 
vicomtes de Lomagnc. 



318 NOBLESSE DE LOMAGNE 



AUVILLARS 



LE S. TERRET DE LISSAG 

Albert et Jourdain de Lissac sont mentionnés dans l'acte du 
a Scmimentum comitatus Tolosœy> de 1271, au nombre des 
seigneurs nobles du baillage de Caraman. 

Bertrand de Lissac fut compris parmi les possesseurs de 
fiefs, du baillage de Laurac, mentionnés dans le même 
document. 

Jehan de Lissac et Janot de S'-Géry étaient hommes d'armes 
à la revue passée près de Béziers, en 1525. 

Tristan de Lissac figurait sur le rôle de la compagnie de 
Monsieur de Bellegarde, le 4 Mai 1572. 

Jehan de Lissac faisait partie, au mois d'avril 1582, de la 
montre commandée par Monsieur de La Valette. 

Sclarmonde de Lissac fut sous-prieure de l'abbaye de Lum- 
Dieu de Fabas, au diocèse de Comminges, depuis le Ic'' 
novembre 1589, jusqu'au 4 septembre 1644, et Jeanne de 
Lissac avait été infirmière dans le même couvent, du 20 août 
140G au 13 mai 1456. 

Jean de Tinel se qualifie, le 29 avril 1685, de seigneur de 
Lissac, Florentin, Escalquens et Moussons ; les Nupces, con- 
seillers au Parlement de Toulouse en 1504, 1521, 1554, 1635, 
16(30, 1676, portaient aussi le titre de seigneurs de Lissac. Ils 
eurent un chevalier de Malte, le 11 octobre 1704, et donnè- 
rent plusieurs présidents à mortier, au même parlement. 

Gaspard de Lissac, seigneur de La Tour et de S'-Quentin, 
au diocèse de Mirepoix, ayant fait ses preuves de noblesse 



EN l'année 1787 319 

depuis 1565, fut maintenu par M. de Bezons, le 16 novembre 
1669;, comme gentilhomme. 

Marguerite de Lissac épousa, vers 1673, Guillaume de Noga- 
ret, seigneur de Roqueserrière*. 

Antoine Nupce de Lissac était, en 1773, lieutenant-particu- 
lier honoraire auprès du sénéchal de Martel, à Toulouse. 

Philippe de Bonfontan, chevalier, seigneur et baron d'En- 
doufielle, comte du Puy, prenait la qualité de seigneur de 
Labatut et de Lissac, en 1786. 

Les armes des Lissac sont : de gueules à trois épées d'ar- 
gent, mises en pal. 

Pierre d'Orbessan - possédait, en 1699, la seigneurie de 
Lissac, au pays de Foix. 



' Armes des Nogaret de Roqucscrrière, seigneurs de Gramogues : écartelé aux 1" et -i" 
d'argent au noyer de sinople, au chef de gueules chargé d'une croisette d'argent, qui est 
Nogaret ; et aux 2' et 3« de gueules ù sept losanges d'Hermine. 

' Armes des d'Orbessan : écartelé aux !<=' et -i» d'azur à un vase d'or à la bordure de 
sable, aux 2» et 3» de gueules au lion rampant d'or, lampassé et couronné de sable. 



320 NOBLESSE DE LOMAGNE 



AUVILLARS 



LE S. DE LA MOTHE- TERMES 

La famille de La Bartlie^, comme celle de La ^lothe, 
joignait à son nom celui de Termes^ qui était une seigneurie 
située en Agenais, appartenant, en 1544, aux Secondât de 
Roquefort. 

Jean de La Motlie, seigneur du Sempuy, avait été chargé, 
en 1288, par Raoul de Clermont;, connétable de Nesle, de 
remettre les clefs du château du Sempuy et de la ville de 
Fleurance, à Gausbert, abbé de S'-Maurice. 

Le 7 mai 1294, Bernard de La Mothe assista à la donation 
faite par Marquèse de Talayran à son père, de la vicomte de 
Lomagne pour le désintéresser d'un prêt de vingt mille marcs 
d'argent. 

Plusieurs seigneurs du nom de La iMothe ont figuré dans les 
guerres du xv^ et du xvi^ siècles. 

Bertrande de La Mothe était, en 1607, religieuse au cou- 
vent du Paravis, ordre de Fontevrault. 

Un ancien sceau du moyen âge, en cuivre, appartenant jadis 
à Monsieur Boudon de S'-Amans, et représentant S'-]\Lartin 
qui se dépouille de ses vêtements, pour en couvrir un pauvre à 
ses côtés, portait, parfaitement gravée et très lisible, cette 
inscription : Sagel Johan de Termes prior Diusac. 

Un écusson, chargé de trois merlettes, est au bas du sceau. 

' L'ccussou des l.a Barllic était : érartolé aux l'-'"' et 4» d'or à i pals de giunilos (alias 
d'azur), aux 2» et .')« d'azur à 3 flammes cufuuiùcs d'argent, i)artant du pied de l'écu (|ui 
est de Fumel. Hiclstapp blasoniic ainsi les armes des La Bartlic : d'or à 4 pals de gueules. 



EN l'année 1787 321 

Nous ne savons ni la date exacte de ce sigillum, ni à quelle 
famille de Termes appartenait ce prieur de Diusac. 

En 1397, Guillaume-Arnaud de Lamothe, seigneur de 
Roquetaillade^, près Langon, rendit hommage à Monseigneur 
Arnaud de Navailles^ seigneur de Peyre, sénéchal du Béarn, 
député à cet effet par le comte de Foix, suivant acte donné 
au château d'Orthez, le G juin de la même année K 

Le blason des La Mothe d'Isault était : d'argent à trois 
cyprès de sinople, terrassés de même et posés en pal. 

Sous le second Empire, un La Mothe-Termes, colonel 
d'infanterie, s'est distingué pendant la guerre d'Italie ; son 
frère était chef de bataillon. 



' Archives d'Orlhez. 



322 



NOBLESSE DE LOMAGNE 



AUVILLARS 



LE S. DE MONBRISON 

Le nom patronymique de cette famille est Conquéré. Elle 
ligure sur le « rôle des nobles du Languedoc )>, dressé, en 
'15G0, pour l'appel du ban et de l'arrière-ban, et possédait les 
seigneuries de la Cave et de Combret. A la fm du xvii° siècle^ 
un mai'iage lui apporta la seigneurie de Monbrison, dont elle 
prit le nom qu'elle a porté jusqu'à ce jour •. Riches, consi- 
dérés, alliés aux Gervain, La Villestreux, etc.. Messieurs de 
Monbrison ont fait construire, dans le département de Tarn- 
et-Garonne, non loin de Moissac et d'Auvillars, le magnitique 
château de S^-Roch-le-Pin -, où ils ont réuni une curieuse 
collection de meubles anciens et de nombreux portraits du 
xvic siècle, par Porbus, Clouët, Holbein, etc.. 

Les armes des Conquéré de Monbrison sont : d'argent, au 
chevron d'azur, accompagné de trois merlettes de sable. 

Les Bernard de Monbrison avaient pour blason : écartelé 
aux 1er et ¥ d'or à la bande d'azur chargée d'un croissant 
accosté de deux étoiles d'or, qui est de Bernard ; aux 2^ et ;> 
de sable à la tour d'argent, crénelée et maçonnée du même, 

qui est de Monbrison ancien. 

Il 
Devise : Brisons tout. 

Mademoiselle Françoise do Bernard de Monbrison avait 
épousé Messire de Agros, conseiller du Roi à Lcctoure, et elle 
vivait encore le 29 octobre 1673. 



^ Klal prrsciit (le la Noblesse riatiçaist". 

' Sur i'oinplaccmeiil où s'élevail un ancien oratoire portant le nu^mc nom. ♦ 

< 



EN l'année 1787 323 

Monsieur de Monbrison, de Gasteljalouxi, commandait, en 
1784, une compagnie dans le régiment de Limousin. 

Les Conquéré de Monbrison émigrèrent à la révocation de 
l'Edit de Nantes, et fondèrent en Hollande un rameau qui s'est 
éteint récemment. 

Cette maison s'est alliée avec les Buisseret, Colonne, La 
Myre, Ornano, Pteusse, d'Isarn, ^lissy, Pontbriant, Vivons, 
Saint-Ferréol, Chansiergues, d'Astorg, Casenove, Oberkirch, 
Sariac, etc. Les mémoires de la baronne d'Oberkirch, née 
comtesse de Waldner-Freundstein, ont été publiés par le comte 
Léonce de Monbrison, son petit-fils. ^lonsieur Georges de 
^lonbrison a donné, en 187i, une curieuse étude sur le duc 
d'Epernon^ sous ce titre : « Un Gascon du XVI^ Siècle, d 

Jenny-Adrienne Conquéré de Monbrison, d'Auvillars, avait 
épousé Adrien de Vivons (frère du vicomte de Vivons), 
auteur de 1' a. E crin littéraire et philosophique ». (Toulouse, 
1820, in-12.) 

La seigneurie de Monbrison avait appartenu à l'abbaye de 
Belleperche, et à la famille de Montech, dès 1300. Jacques de 
^lercier succéda à Guillaume-Arnaud de Montech, et, le 9 mai 
1575, les sieurs de Lamyre, de Long et Petit s'en rendirent 
acquéreurs. Jean de Lamyre, seigneur de Merles, vendit sa 
pai't à Jean d'Isalguier, seigneur du Pin ; cette partie revint 
ensuite à Hérard de Chastenet, seigneur de Barast et de 
Merles, tandis que Pierre de Long et Daniel de Petit, seigneur 
de Monbrison, avaient les deux autres tiers. Henry de Petit 
était encore seigneur de Monbrison, en 1701. Jean Conquéré 
de Lacave lui succéda vers 1736, et Henry Conquéré de Mon- 
brison en 1778 -. 

Le Pin dépendait aussi de l'abbaye de Belleperche; il passa 

' Juan (lu CdiKniûrù ilu la Cave, suigncur du .Muiihiisoii, assista, lo. 8 IVvriur ITÔG, ad 
1 baptême de Joseph-Nicolas de S'^-Colonibe, sui^-'Hcur de Hoissomiade et d'Astugne, 
I célébré à Layrac. 

■^ Moulenq. 



3^24 NOBLESSE DE LOMAGNE 

aux Isalmiier, qui le vendirent, vers mO, à Arnaud de Gros- 
colles, seioneur d'Angeville; son fils, François, céda, en 16/1, 
le Pin à Ravmond d'Aldégiiier, conseiller au Parlement de 
Toulouse. Cette terre passa plus tard. à^Jean-Louis de Gatelan, 
(jui s'en qualifie seigneur de 1734 à 1743 ^ 



W 



* Moulenq. 



EN l'année 1787 325 



AUVILLARS 



LE S. DESPAYROUX 

Le 7 avril 1331, Gaillard de Léaumont rendit, en la cité de 
Lavit-lez-Lomagne, au comte d'Armagnac, pour la ville de 
Puygaillard, sept parties de Mauroux, l'intégralité de Framiac, 
la moitié de Gaudonville et de Pessoulens. 

Espain d'Espayroux assista à cet hommage, avec le sire de 
Montpezat et plusieurs autres seigneurs. 

Bertrand d'Esparros, ou Despayroux, faisait partie de la 
compagnie de Thibaut de Barbasan, capitaine de Gondom 
et de Montréal, qui fut passée en revue dans le Condomois, 
le 26 novembre 1352. 



326 NOBLESSE DE LOMAGXE 



ESTILLAC 



LE S. MARGON DE LANDAS 

Noble Léonard Christophe du Grez, assisté de noble 
Pierre du Grez, son grand-père, épouse, le 7 février 1550, 
devant Monsieur Denissort, notaire à Nérac, dame Iphigénie 
^larcon de Pousset, fdle légitime de noble homme Bernard 
Marcon de Pousset, qui avait servi, avec la qualité de a Noble 
cavalier commandant cent autres nobles ))^ et de Catherine du 
Déhès. Dans ces pactes de mariage, il est formellement 
stipulé entre les parties que « le premier donzel (damoiseauj, 
né du dit mariage, portera éternellement le nom de Marcon 
de Pousset, et l'autre fils aura le nom de Marcon ou de du 
Grez, ou les deux noms réunis ^ 

Deux fils, Jean et Pierre, nés de ce mariage, suivirent la 
carrière militaire. L'aîné, noble Jean Marcon de Pousset, capi- 
taine d'une compagnie de cent hommes, était, en juillet 1570, 
gouverneur du château d'Estillac; son frère, Peyré (ou Pierre) 
du Grez, devint premier lieutenant du capitaine Fabien de 
Moiduc, qui, dans une lettre du 21 juillet 1570, rend compte 
à Monsieur Marcon de Pousset, de la mort de son frère, 
a écrasé d'un coup d'arquebuse y>. Cette lettre constate en 
termes glorieux, « les vertus guerrières et la noble origine de 
la famille Marcon de Pousset et de Landas y>. 

Le 10 août 1563, Biaise de Mansencome acheta des terres, 
prés et vignes, proche Estillac, à Monsieur Jean Fonfrède, qui 
les avait précédemment ac(iuises de Jean Marcon de Pousset^. 

' Archives. 

* J. de Bourrousse de Laffore. 



Ei\ L'A^•^•ÉE 1787 327 

Les Landas, vicomtes de Fleurival (depuis 1603), étaient 
des gentilshommes de Flandres, éteints de nos jours, 
issus des anciens sires de Mortagne; ils figuraient à la 
croisade de 1190. 

L'écusson d'Othon de Landas, créé chevalier en 1662, était : 
coupé, emmanché d'argent et de gueule, de dix pièces. 



328 ^'OBLESSE de LOMAGxNE 



FLEURANCE 



LE S. DE BORISTA 

Joseph de Borista, procureur au Parlement, habitait, en 
1685, la ville de Toulouse. 

Géraud de Borista, prêtre, avait fondé, le 2 octobre 1686, 
la chapellenie de Notre-Dame-de-Pitié, au lieu appelé La 
Garde, près la ville de Fleurance, dans le comté de Gaure ^ 

Joseph de Borista-La-Garde porte, dans un acte du 10 juil- 
let 1734, le titre de « Seigneur de Marturens en la jiiridiction 
de Fleurance au comté de Gaure, dcms le pays cV Arma- 
gnac^ ». 

Monsieur de Borista, archidiacre (1789), sous Tépiscopat de 
Monseigneur Appollinaire de La-Tour-du-Pin-Montauban, se 
trouvait, en 1821, être le doyen du chapitre d'Aucli. 

Les Borista ont eu deux alliances avec la famille d'Esparbès, 
une des plus connues de la Gascogne. 

Mathieu Borista, propriétaire à Réjaumont, canton de Fleu- 
rance, fut désigné le 20 juillet 1811, par le procureur impérial 
près le tribunal d'instance de l'arrondissement de Lectoure, 
[)0ur remplir les fonctions du ministère public, dans les com- 
munes, non chef-lieu, du département du Gers. 

N. de Borista, mariée avec un sieur d'Esparbès, eut un (ils, 
Mathurin, Lucien d'Esparbès, qui épousa, le 24 mai 1867, 
Marie, Caroline, Berthe de la Verrie de Vivant. 



' 1)1)111 llrugcllcs. 

■■' Archives du diàlcau du Bosc, près Pauillac (Gers) 



EN l'année 1787 329 



GRAMONT 



LE S. DE GAURAN 

Gayssie et Géraud de Gauraii se trouvent cités au nombre 
des notables habitants de la ville de Gondom, le 6 janvier 
1338. 

En 1628, Jean de Gauran était magistrat royal d'Auvillars. 

Jean-Paul (ou Pons) de Gauran fut capitoul de Toulouse, 
en 1675 et 1691. 

Bernard de Gauran^ conseiller au Parlement (Languedoc), 
de 1727 à 1776, avait succédé dans sa charge, à son père, 
Guillaume-Augustin de Gauran, qui l'avait occupée de 1695 
à 1723. 

Monsieur de Gauran faisait partie, en 1778, du Jjureau des 
finances de la Généralité d'Aucli. 

Jean de Gauran, conseiller du Roi et son lieutenant-parti- 
culier dans la sénéchaussée et cour présidiale d'Armagnac, 
siégeant à Lectoure, passait, vers 1789, pour un des légistes 
les plus instruits de la province. 

Messire de Gauran, avant la Révolution, grand-vicaire 
de Monseigneur de Gugnac, évêque de Lectoure, fut le der- 
nier supérieur du Garmel de cette ville, de 1765 à 1793. 

La famille de Gauran, qui existe encore dans la Guyenne, 
s'est alliée aux Balzac, Portets, S^-Géry, S^-Michel, etc. 

Elle a pour armes : d'azur à trois flèches d'argent, posées 
en pal. 



330 NOBLESSE DE LOMAGNE 



LAYRAC 



LE s. LAFFOND 

Dans un armoriai des maisons nobles de la vicomte de 
Bruilhois, dont La Plume était le chef-lieu de justice bailla- 
gère, et Layrac la ville la plus importante, on lit qu'une 
famille Laffond, de Layrac, avait pour armes, avant 1790, un 
écusson qui portait : d'argent à la bande de gueules. 

Les Lafon, sieurs de Montplaisir et La Bastide, s'étaient alliés 
aux Sabaros (1686), aux Groussou, aux La Salle d'Astorg de la 
Chapelle (1763) i. 

Estrange de Lafond, mariée avec Jehan de Godailh, seigneur 
d'Arasse, receveur des tailles d'Agenais, donna sa fille, le 23 
juillet 1600, à Messire Gratien de Roussanes. 

On trouve, en 1517, Jean de Lafont parmi les habitants de 
Lectoure assemblés pour régler les taxes de la cité ; Guilhem 
de Lafont est désigné comme citoyen de cette ville, en 1481 
et 1483. 

Il y avait eu à Toulouse plusieurs capitouls du nom de 
Lafon et Lafont (1296, 1558, 1563, J600, 1714), qui portaient 
pour armoiries : d'azur à la bande d'or, au chef cousu de 
gueules, chargé d'un soleil rayonnant d'or, accosté de deux 
molettes d'éperon d'argent. Ils furent confirmés dans leur 
noblesse, par Monsieur Le Gendre de Lormoy, intendant en 
la Généralité de Montauban, le 26 décembre 1700. 

Les Lafont de Garagoudes, seigneurs de Cédais, S^-Rustice 

' J. do Bounousse de LalTorc. 



EN l'année 1787 331 

et Castelnove-en-Rouys, firent, le 4 avril 1689, le dénombre- 
ment de leurs fiefs nobles devant les capitouls de Toulouse. 

Ils avaient été reconnus nobles par jugement de Monsieur 
Bazin de Besons, le 13 septembre 1669. 

Le baron André de Laffont^ de Layrac, servit avec distinc- 
tion sous l'Empire et la Restauration, et mourut en 1844 *. 



' '( Quelques soldats Agenais, du xvii« au xix« Siècle )>, par Jules Andrieu. 



332 NOBLESSE DE LOMAGN'E 



MANSONVILLE 



LE S. LAGARRIERE 

^lansonville avait eu pour seigneurs les Mansonville (1215), 
les Jourdain de L'Isle (1378), les Goth (1633), les Lescout pour 
une partie de la seigneurie (1613), les Causséa (1688), les 
Martin, les La Chapelle, les Marsac et les Yésins. 

(( Le livre terrier et cadastre du lieu de Mansonville pour 
l'année 1599, par le Grefiier de TElection de Loumaigne, 
comme détempteur d'iceluy, et signé par luy, Lauzero )^, cite 
Messire Adrian de Monluc, comte de Garmain, seigneur de 
La Garrière et autres lieux en la juridiction de Mansonville, 
comme possesseur de divers biens « limitrophes des terres de 
La Chapelle, et du seigneur de Roumegas, proche de la 
rivière de Larraxe ». 

Les évêques de Lectoure avaient à Mansonville une maison, 
où ils se rendaient pour surveiller les propriétés qu'ils possé- 
daient dans les environs. (Acte du 23 mars 1481) -. 

Guillaume de Caponel, sieur de la Garrièi-e, et Michel de 
Causséa, sieur de Monvoisin, étaient, le 9 juillet 1688, seigneurs 
de Mansonville. Kn 1708, Ignace de Martin leur succéda ; 
mais, en 1779, Jean-Michel de Monvoisin, descendant de 
Michel de Causséa, avait le titre de seigneur de ^lansonville 
et du Bosc; enlin, Jean de Redon-, (par son mariage en 1742, 

' Moulcnq. 

- Jean tlv. Hodoii acquit aussi la seigneurie de La Chapelle, en 1756, de François de 
Fcrron, qui la tenait d'Henriette de Grossolles de Flaniarens, femme d'Asdubral de 
Ferron, .seigneur de, Carbonieux (1072). 

Il y avait, en I77"2, trois seigneurs à La Chapelle, Monsieur de Fourquevaux, Monsieur 
Bclloc de Labroussc et Monsieur Thomas Laclaveric, avocat au Parlement *. L'église de 
La r.hapelle fut ré|)aréc, en 1776, par les alibés de Goulard qui y Tirent placer de belles 
boiseries. (Archives de Tarn-ct-Oaronne, jiar Monlenq.) 

Monsieur Laclaveric lit partie des Membres du Tiers-Etat réunis à Lectoure pour 
l'Assemblée de la Généralité, en 1787 et 1788. 



EN l'année 1787 333 

avec Jeanne du Goiit), et jMari^ueiite de Redon (comme héri- 
tière de Jean de Vesins, son mari), étaient seigneurs de 
Mansonville, avant Sébastien de Redon des Fosses, leur 
neveu, et Marc-Antoine de Redon de Monplaisir, désignés 
comme seigneurs du dit lieu dans le procès-verbal de l'Assem- 
blée des trois ordres de la sénéchaussée d'Agenais^ en 1789. 

La famille de Reversât de Célès de ^larsac, dont le château 
patrimonial s'élève sur une hauteur entre S^-Glar, Flamarens 
et Mansonville, habita longtemps le Rieutort, près d'Auch, 
ancien rendez-vous de chasse des ducs de Roquelaure. 

Melchior, François de Reversât de Célès, conseiller au 
Parlement de Toulouse, avait acquis la seigneurie de Marsac, 
en 1741, de Pierre d'Auterive^, conseiller au même Parlement. 
Son père la tenait de Jean, Louis de Rochechouart, marquis 
de Faudoas, héritier, vers 1677, de Jean-Louis d'Astarac, sei- 
gneur de Fontrailles et sénéchal d'Armagnac. 

Les Goth, souche de la maison des ducs d'Epernon et des 
marquis de Rouillac^ résidaient à Rouillac, vieux manoir 
assez bien conservé, près de Mansonville, entre Miradoux, 
Gastet-Arrouy et S'^-Mère. 

« Anne de La Chapelle * avait épousé noble Jean-Marie de 
Prugue, d'une bonne et ancienne famille des Lannes ; leur 
fils, François de Prugue, était né le 22 novembre 1682. A cette 
époquO;, Jean de Prugue était lieutenant-colonel et maréclial- 
général des logis de la cavalerie ; il avait eu, de sa femme, 
Catherine de Juge, un fils, qui fut baptisé en 1680. Le parrain 
fut Jacques Arnaud de Gourgues, marquis de Vayres^, conseiller 
du Roi en ses Conseils, maître-ordinaire des requêtes de son 
hôtel, à Paris. 

Les Prugue avaient contracté des alliances, dans les Landes 
et le Maransin, avec les Beauregard, Castelnau, La Salle, 
Valier, Cap tan, Vidàrt, etc.. Ils étaient seigneurs de Baquera, 
Gaillau, Micarrère, Cézeron et autres places- ». 

^ Armes des La Cliapcllc : de gueules à la fascc (nierminc. (Gcnouillac.) 
2 Armoriai de Cauna. 



334 ^'OBLESSE DE LOMAGNE 

Noble Augustin de Vesin ^, fils de noble Jean de Yesin, 
seigneur de S^-Michel , et d'Anne du Lau, était, le 9 novembre 
1694, seigneur de Mansonville. Sa sœur, Louise de Vesin, 
avait épousé, le 26 janvier 1684, Jean-Jacques de Grossolles, 
seigneur d'Asques, dans le château noble de S'-Michel;, au 
diocèse et sénéchaussée de Lectoure ^^. 

La famille de Lagarrière, ancienne et honorable, s'est perpé- 
tuée à Mansonville jusqu'à nos jours. Elle était parente des 
S'-Géry et d'autres bonnes maisons du pays. 

Non loin de Mansonville s'élève, à Gaudonville, le sanc- 
tuaire de Notre-Dame de Tudet, que le poète gascon d'Astros 
appelle « la tutèle, lou boulouard, l'abric et lou refuge deu 
praube gascoun ». La première chapelle fut élevée par 
Vivian II, vicomte de Lomagne, entre 1152 et 1178. Henry II, 
roi d'Angleterre et vicomte de Lomagne, comme duc d'Aqui- 
taine, construisit, à l'ouest de cette chapelle, une église 
monumentale dans le style Bysantin. Vers 1617, les Pères de la 
doctrine chrétienne desservaient, avec la chapelle, les églises 
paroissiales de Gasteron et de Gaudonville. Plusieurs grands 
personnages visitèrent le sanctuaire de N.-D. de Tudet, 
entr'autres, Louis XIII, Anne d'Autriche, une grande partie 
de la Noblesse du Midi de la France, et les habitants des 
localités environnantes, telles que Lectoure, Fleurance, 
Si-Clar, Lavit- en -Lomagne, Tournecoupe, Pessoulens et 
Bezan; l'édifice, réparé en 1874, a été béni, le 29 mai 1877, 
par i\fonseigneur de Langalerie, archevêque d'Auch, au milieu 
(l'un immense concours de fidèles 3. 



^ Augiislin (le Vusiii avait |ioii!- fiMiiiiic Mai'^iii-iiti' de Rcilon, lille d'Ailrii'ii do Hodoii, 
seigneur de Las Fosses, et de iMaiie de lioissoiiiiade, de la ville d'Apjen. 

2 l'aiini les lémoiiis se trouvaient : 

Jean de Causséa, seigneur de Mauvezin, Jacques de La Salle il'Astor^, Pierre Rogout, 
curé du Castera, Monsieur de Lussan, seigneur de la Motlic, noble Micliel du Uouzet, 
seigneur du Castera, Jacques de Causéa, ald»é, Henriette de Pordéac, etc. 

3 Semaine Religieuse d'Auch [1886). 



EN l'année 1787 33" 



PLIEUX 



LE S. DUCASSE 

Bernard Ducasse était, le 6 février 1634, chanoine de 
l'église cathédrale S'-Gervais, de Lectoure. 

Jean Ducasse, marié avec Marie de Laborie, avait été 
nommé président au sénéchal d'Armagnac. 

François Ducasse, vicaire-général et oflicial de Monseigneur 
de Grignan, évêque de Garcassonne, puis de Monseigneur de 
Matignon, et enfin de Monseigneur de Millon, évêques de Gon- 
dom, chanoine et grand archidiacre, né à Lectoure, en 1640, 
fut un célèbre canoniste. A sa mort, le 30 janvier 1706, 
son neveu, -Pierre Ducasse, occupait son canonicat. Ge dernier 
avait adressé une épître dédicatoire à M^''" L.-J. Adheimar de 
Monteil de Grignan, évêque de Garcassonne, placée en tête 
du « Traité des droits et des obligations des chapitres des 
églises cathédrales^ ». 

Joseph Ducasse, sieur du Mirail, assista, le 19 avril 1670, 
au mariage d'Anne Dubois, avec E. de Rangouse. 

Noble Bernard du Gasse, seigneur du Mirail, rendit foi et 
hommage en son nom et au nom de sa femme, Elisabeth de 
Joly d'Esclarens, au duc de Bouillon, pour sa maison noble 
de Gamine, le 15 mai 1721. Antoinette Ducasse, leur fille, 
héritière de la maison noble de Mont-Garnine, épousa, le 9 
août 1758, François Brocas, seigneur de la Nauze. Le 13 mars 
1728, noble Pierre Henry de Brocas, sieur de Las Grézières, 
cadet-gentilhomme dans le régiment de Santerre (1720), s'était 

' Veuve Boude, Toulouse 1706. 



336 NOBLESSE DE LOMAGNE 

uni en mariage avec Jeanne du Casse, fille de Noël du Casse, 
sieur de Las Hontines K 

En 1789, l'abbé Ducasse, curé de Castera-Lectourois, repi^é- 
senta à Lectoure, lors de l'Assemblée des trois ordres, tenue 
au mois de mars, Monsieur l'abbé de Coucy, prieur de 
Stc_Madeleine de Soudary. 

Le 16 mars 1790, le sieur Ducasse de la Salle était procu- 
reur-fondé de Monsieur de Beauffort, à la réunion des trois 
ordres, séant à Lectoure. 

Une famille Ducasse habitait, au commencement du xyiii^^ 
siècle, la ville d'Arzacq, dans les Landes, Elle portait pour 
écusson : aux 1^1- et ¥, d'argent au chêne de sinople, aux 
•2° et 3'', de gueules à trois couronnes d'argent -. 

Pierre de Langon, fils de Jean de Langon, procureur du Roi 
dans les villes d'Aire et du ]Mas, et de noble Marie Deschars, 
épousa, en 1727, demoiselle Catherine Ducasse, fille de Charles 
Ducasse, sieur de Peyran, homme d'armes. Cette maison s'est 
éteinte il y a quelques années. 

La plus illustre des diverses familles du Casse est celle des 
du Casse-Lartigue, qui a fourni un vice-amiral, grand-croix 
de l'Ordre de S'-Louis, sous Louis XIV, un maréchal des 
camp et armées du Roi, en 1780, et d'autres personnages émi- 
nents. Elle descendait de Raymond, Arnaud du Casse qui 
rendit hommage, le 29 octobre 1598, dans la sénéchaussée de 
Toulouse pour sa seigneurie de Larbout^ et elle s'est alliée 
aux Botet de la Gaze, Menou, La Faye, etc. 

Ses armes étaient : d'or à la rencontre de cerf de sable. 



I 



' (iénéalogic de llrocas, nobiliaire ilo Guycmic. 

' Les barons du Casse, de Chanteloup (Sarllie), anoblis par l'empire, avaient pour 
armes : d'azur au chènc arraché et fruité d'or, à 1 branches, passées en sautoir. 
•' Revue de Gascoijne, Lupiac, par D. de Thézan. 



EN l'année 1787 337 



LA PLUME 



LE S. BONNOT 

On trouvait, dans la vicomte deBruilhois, plusieurs bran- 
ches des Bonnot ; elles descendaient toutes de noble François 
de Bonnot, seigneur d'Aurignac, près de Lectoure, marié en 
1540, qui tirait son origine de noble Louis de Bonnot et de 
Huguette de Bellemanières, habitant Viviers, dès 14G0. 

Les Bonnot du Languedoc avaient pour armes : d'azur à 
trois croisettes d'argent posées 2 et 1 , au chef cousu de 
gueules, chargé de trois étoiles d'or, (D'Hozier.) D'autres 
Bonnot portaient : écartelé aux 1er et 4^ d'azur, à trois croiset- 
tes d'argent rangées en fasce ; aux 2^ et 3<5 de gueules à trois 
losanges d'or (ou d'argent) posés en fasce [cachet de famille]^. 
Enfin plusieurs membres des Bonnot avaient dans leur bla- 
son trois bandes de gueules, accompagnées de trois losanges 
de sable, sur fond d'or. 

A la revue passée à Condom, le 30 mai 1560, Charles de 
Bonnot est cité comme enseigne. 

Suzanne de Bonnot, fille de noble Hercule de Bonnot, 
seigneur de La Tuque, et de dame Catherine de Beaumont, 
fut mariée, le 9 juillet 1634, avec François I'^'' de Bazon-, lils 
de Charles de Bazon, seigneur-baron de Beaulens et de Ber- 
thoumieux, çfentilhomme de la chambre de la Beine Marque- 
rite de Valois. 

Marie - Victoire de Bonnot , fille de messire Charles de 

' Nobiliaire de Guyenne. 

^ Armes des Bazon : d'azur au rocher de trois coupeaux d'argent, soutenu de deux fasccs 
abaissées de gueules et accompagne en chef de deux étoiles d'or. 

22 



338 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Bonnot, sieur de S*-Maiirice, avait épousé noble François de 
Bernard, seigneur de Rozès, co-seigneur de Dolmayrac, lieute- 
nant au régiment d'Aunis. Leur fille aînée, Pauline de 
Bernard, donna sa main à j\Iarc-Antoine de Mellet, marquis 
de Bonas. 

Marie de Bonnot, seconde fille de Charles de Bonnot- 
S'-]\Iaurice, se maria avec le chevalier de Lécussan (Paulin 
François de Bernard), lieutenant au régiment d'Aunis et maire 
de La Plume. 

Noble François Léon de Bonnot, fils de Guillaume de 
Bonnot, brigadier des gardes du corps, chevalier de S^-Louis, 
épousa Jeanne, Marie de Barbier de La Serre; leur fils, Léon 
de Bonnot, s'unit successivement avec deux demoiselles de 
Cours, descendantes de François de Cours, seigneur de Thoma- 
zcau, Puyguiraud et de dame de Secondat-La-Perclie ^ 

En 1789, Monsieur de Bonnot assista aux réunions de 
l'Assemblée de la Noblesse, tenues dans la salle du Gouver- 
nement de la ville de Lectoure ; un autre sieur de Bonnot 
était présent à l'Assemblée des trois ordres, séant à Condom, 
la môme année. 

Madame de Bonuot-La-Tuque-de-Lespinasse avait désigné 
Monsieur de La Roche pour son procureur-fondé à la réunion 
des trois Ordres, à Lectoure, le 16 mars 1790, et Monsieur de 
Bonnot, tuteur du sieur de Las, fut chargé de représenter 
Monsieur de Grossolles de St-Martiii. 



' Nobiliaiif de (inyonnc. 



EN L'ANiNÉE 1787 339 



LA PLUME 



LE S. DE ROMAS 

Ramon de Romas, consul d'Aiich, escortait François de 
Glermont-Lodève, cardinal et archevêque d'Aucli, lors de 
son entrée dans sa ville métropolitaine, le 16 octobre 1512. 

Jacques de Romas était, avant 1762, conseiller du Roi, 
lieutenant-particulier, assesseur civil et criminel au sénéchal 
et siège présidial d'Albret, dans la ville de Nérac; c'est à lui 
qu'est duC;, en 1753, avant Franklin, l'invention du cerf-volant 
électrique, et il publia le récit de son travail dans un 
(( Mémoire sid' les moyens de se garantir de la foudre dans 
les Maisons, suivie d'une lettre sur Vinuention des cerfs-volants 
électriques y> . Bordeaux, 1776, in-12 ^ 

Grâce au zèle de Monsieur le baron de Frère de Peyrecave, 
châtelain de Marteret, près Jegun, une plaque de marbre a été 
placée, de nos jours^, à Nérac_, sur la maison où naquit, habita 
et mourut Jacques de Romas, avec cette inscription : « Au 
précurseur et au rival de Fra^iklin y>. Le portrait de Jacques 
de Romas, le seul qui existe, se trouve au musée de Nérac. 



' Il existe de Romas une correspondance avec Tourny et le maréchal de Richelieu, sur 
une école de physique expérimentale et de mathématiques projetée par l'intendant. 



340 



NOBLESSE DE LOMAGNE 



LA PLUME 



LE S. GALE Y 



D'après les registres terriers de la ville de Laplume, noble 
Jean Galle du Brana, éciiyer, possédait, en 1781, au faubourg 
S'-Michel, deux maisons avec jardins, pigeonnier, vignes 
et pré. 

Noble Jacques de Galle, écuyer, ancien garde du corps de 
Sa Majesté, chevalier de l'Ordre Royal et militaire de S'-Louis, 
habitait vers la môme époque, la paroisse de Plaissac, et il 
avait diverses pièces de terre à Pouzergues, Haget, S^-Sernin 
et Simon. Sa parente, Mademoiselle de Galle, occupait, près 
de Moirax, une maison avec métairie, enclos, jardin, pré, bois, 
vignes et friches, le tout situé dans un lieu appelé Durand. 

Cette famille, qui subsiste encore dans le pays, sous le nom 
de Galle du Brana, était originaire de Moirax, aux environs 
de Laplume. 



EN l'année 1787 34i 



PESSOULENS 



LE S. GOULAKD 

Les Goulard de Pessouleiis, encore honorablement repré- 
sentés dans le Gers, il y a peu d'années, s'étaient fixés, après 
la vente de leur domaine de Pessoulens, dans le cliàteau de 
La ^lotlie-Goas, près de La Sauvetat, qu'ils avaient acheté 
des comtes de Preissac-Maravat, héritiers de Madame la com- 
tesse de Beaumont. 

Marie-Jacqueline de Biran d'Armagnac, comtesse de Goas, 
vicomtesse de Gimoës, baronne de Goalard, La Mothe, La 
Hillière, Puypardin, Borens, Cannes, Lantignac, etc., dame 
pour accompagner Madame, comtesse de Provence, après avoir 
été dame de feue Madame la Dauphine, était veuve de Louis, 
comte de Beaumont du Repaire, seigneur de La Roque, colonel 
des Grenadiers de France, brigadier des armées du Roi, cheva- 
lier de S'-Louis, et neveu du célèbre Christophe de Beaumont, 
archevêque de Paris. Sans enfant et fort riche, malgré ses 
longs procès avec les Gelas et les d'Esclignac, elle s'était 
réfugiée, au commencement de la Révolution, loin de la Cour, 
dans l'ancien manoir de La iMothe, construction féodale dont 
les fondations dataient de 1100 et qui était, depuis 1479, dans 
la famille de Goas, illustre race sortie, dit-on, de la maison 
d'Armagnac. Un comte de ce nom est cité, avec éloge, par 
Monluc et Brantôme • . 

Madame de Beaumont employa sa grande fortune à embellir 
sa nouvelle résidence, où elle avait créé un beau parc composé 

' « Gohas mourut au siège de La Rochelle, don! certes ce fut un grand dommage, car 
c'cbloit un très-beau capitaine et digne pour les gens de pied. (Brantôme.) » 



342 NOBLESSE DE LOMAGNE 

de douze allées aboutissant à un rond-point appelé le Carre- 
four de Diane. Des fêtes somptueuses^, dont la mémoire s'est 
conservée dans le pays, et des réceptions fréquentes où accou- 
rait toute la noblesse des environs, égayèrent, pendant la 
Restauration, cette vieille demeure, aujourd'hui démantelée, 
privée de ses tours et presqu'en ruine. Son hospitalité 
fastueuse avait fait surnommer le château de La Mothe-Goas, 
a le Palais des Délices »; un des beaux esprits du temps 
écrivait qu'on était heureux d'aller y a visiter Armide dans 
ses ja rdins en ch a n teu rs » . 

Madame la comtesse de Beaumont y mourut, en 1836, à 
cent ans moins trois mois, laissant le souvenir d'une inépuisa- 
ble bienfaisance et d'une affabilité qui ne se démentait jamais. 

Les Beaumont avaient pour armes : de gueules à la bande 
d'argent chargée de trois lleurs de lys d'azur. 

Les Biran-d'Armagnac portaient : aux Icr et 4^ d'or à trois 
corneilles de sable becquées et pattées de gueules, posées deux 
et une, qui est de Goalard ; aux 2^ et S*' d'argent au lion grim- 
pant d'azur, qui est de Biran-d'Armagnac. 

Le couvent des Religieuses Ursulines de la ville de Fleurance 
avait été fondé, le 14 mai 1674, par Jeanne-Marie de Gobas 
et Louis de Biran-d'Armagnac, chevalier, comte de Goas, 
seitïneur de Bérens, lieutenant-oénéral des armées du Roi, 
qui dépensèrent 18,000 livres pour ses constructions. Cette 
fondation, soumise à l'ordinaire Diocésain, fut confirmée par 
des lettres-patentes du Roi Louis XIV, en avril 1676 ^ Louis 
de Biran était père de Jean de Biran-d'Armagnac, seigneur du 
Chemin, comte de Goas, seigneur dudit lieu en la sénéchaus- 
sée de Condom, diocèse d'Auch, marié, le 19 novembre 1723, 
avec Marie de Fimarcon -, 



* Dom Brugelles. 

^ Archives île La Roclictte (Côlc-d'Or). 



EN l'an.née 1787 343 



PLIEUX 



LE S. CEZERAG 

Jean-Pierre Gézerac était greffier en chef de la sénéchaussée 
d'Armagnac, les 16 mars 1789 et 1790. Son grand-père, maître 
Gézerac, avait été notaire à Lisle-Bouzon, en 1670 et 1676. 

Les Gézerac s'étaient fort lionorés, en offrant, pendant la 
Révolution, à Monseigneur de Gugnac, ancien évêque de 
Lectoure, une hospitalité d'autant plus généreuse qu'elle était 
alors pleine de dangers pour eux^. 

Sur les bords du Lot, près de Furnel, une localité porte le 
nom de Gézerac. On trouve mentionné le nom du seigneur 
de Gézerac avec l'obligation de fournir « une XXV^^ partye de 
« cheval-léger, dans le Rolle des nobles subjects d servir au 
(( ban et arrière-ban de la Séneschausse'e d'Agenais et Gas- 
« coigne, convoqués en la ville d'Agen, les dernier de febvrier 
« et seiziesme de mars 1557 , par devant Herman de Sevin, 
(( juge-mage ; y acistant Jean de Lusignan, seigneur baron 
« dudit lieu, et lieutenant de robe courte, du Seneschal d'Age- 
« 7iois et Gascoigne, suivant les patantes du Roy » -. 

Le 19 mai 1695, noble Raymond de la Borie, écuyer, sei- 
gneur de Gézerac, habitant audit lieu de Gézerac, juridiction 
de Tournon, passa un acte de renonciation avec Messire Fran- 
çois de la Goutte, chevalier. 

Noble Marc-Antoine de la Borie, écuyer, seigneur de Géze- 
rac, assista, au mois de mai 1646, au mariage de noble Antoine 
de la Boissière ^. 

' L. E. de Cugnac, deruier évêque de Lectoure, par X. Plieux. Revue de Gascogne, 1879. 

^ J. de Bourrousse de Laffore. 

'' Id. Revue d'Agenais. 



344 NOBLESSE DE LOMAGNE 

La seigneurie de Plieux en Lomagne avait appartenu aux 
Faudoas, aux Galard de Tlsle-Bouzon ^ et enfin, en 1705, à 
Guillaume de Gaulet, seigneur de Gramont, Graniagues et 
Tournefeuille, président à mortier au Parlement de Toulouse ; 
c'est par les Caulet que la terre de Gramont, dont le château 
est si remarquable par ses fines sculptures, passa aux d'Aspe, 
puis aux Montbel et enfin aux Lafontan de Goth, qui font 
réparer le vieux manoir. 



' Lf 2 juin 1100, Hcrlraiid cl ('.iiill.tiime-Hornard de Halard, frères, seigneurs de Tlsle- 
FJozon, prirent rengagement, envers Jean de Fandoas, seigneur d'Avcnsac, de compléter 
leur paiement de la terre de l'iieux. (Noulcns.) 



EN l'année 1787 345 



SÉRIGNAC-BRUILHOIS 



LE S. DUFORT 

La seigneurie de Dufort, ou Duffort, avait appartenu à la 
famille de MédranO;, originaire de la Navarre, et qui est 
mentionnée;, pour la première fois, le 8 juillet 1550, lors du 
mariage de noble Julien (ou Julian) de ^lédrano, « estranger, 
natif cVEspaigne^, escuyer du pays de Navarre », avec Serène 
de Montauban, dame de Flourès, près Marciac. 

Titrés barons de La Bassère, seigneurs de Vertus, Marque- 
fave, Maumusson, Coudi-et, Laguian, Coladrey, Goûts, ^lont- 
Pardiac, etc., les Médrano s'allièrent avec les maisons de 
Durban, Gassagnet-Baulat, Sérignac, ]\Iellet, Gaissac, et autres 
de bonne noblesse. 

Un Médrano « du royaume de Navarre et marié en Gascoi- 
gne » voulait, en 1595, livrer Bayonne aux Espagnols ; il fut 
mêlé à la conspiration de Biron, et en correspondance avec 
Henri IV et le marquis de La Force. On croit qu'il est l'auteur 
d'un ouvrage, imprimé en 1583, et intitulé : « La silva curiosa 
de Julian de Medrano, caballero Navarro, en que se tratan 
diversas cosas sutilissimas y curiosas muy convenientes paro 
damas y caballeros, en toda conversacion virtuosa y Jionesta^. » 

Plusieurs branches des Médrano portaient le nom de 
Mauhic. 

Le 25 juillet 1603, Béraut, baron de Mimort, époux de 

' Monsieur de S'-Gouard, (Jean de Vivonne-Pisaiiyi, pendant son ambassade en Espa- 
gne (1573), habitait à Madrid la maison de Juan de Médrano « dont il n'eut qu'à se 
louer ». (Vie de Jean de Vivonne, par le vicomte de Urémont d'Ars.) 

- Paris, Nicolas Chesneau, 1583. 



346 NOBLESSE DE LOMAGNE 

noble Diane de Batz, fut tué en duel, à Dému, dans les envi- 
rons de Castillon-de-Batz, par Antoine de Médrano de Mauhic, 
Fritz de Bourouillan, seigneur dudit lieu, près de la ville de 
Nogaro, dans le pays d'Armagnac^, et seigneur de Laborye, 
Jean d'Armau, seigneur de Pouydraguin, Bertrand du Goussol, 
seioneur de Marsan, et les sieui's d'Antras et de Laterrade. 
Les meurtriers obtinrent les lettres de grâce en février 1606 1. 

On nomma le marquis de Médrano-Baulat^, commissaire de 
la noblesse, en mars 1789, à l'Assemblée qui se tint dans la 
ville d'Aiich pour l'élection des députés aux Etats-Généraux. 

Le 17 avril 1794, Monsieur de Médrano de Mauliic monta 
sur l'écbafaud à Aucb, avec le marquis de Goyon-Verduzan, 
Pierre de Ghambrau, le marquis de Galard-Magnas-de-l'Isle^ 
Jean de Larocbe et Pierre La Gassaigne. 

L'écusson de la maison de Médrano était : coupé d'azur et 
d'or^ une fasce d'argent sur le tout, accompagnée, en cbef, 
d'une colombe volant de même, portant dans son bec en lettres 
de sable : Ave Maria gracia plena, et en pointe, d'une croix 
fleurdelisée de sable ; le tout entouré d'une bordure de gueule, 
chargé de treize tours d'argent -. 

Il existait en Limouzin une famille Dufort, remontant au 
xivc siècle, dont la grande illustration fut Jean Nicolas Dufort, 
comte de Dufort et de Gheverny^ seigneur de Gour, L'ène 
Fontaine, lieutenant-général pour le Boi, du Blaisois, Dunois, 
Vendomois, né le 3 février 1731, introducteur des ambassa- 
deurs en 1752-^; son fils Bernard, dit le comte de Gheverny, 
devint, vers 1767, gouverneur de la ville de Romorantin. 

Jeanne du Fort^, lille de Guillaume du Fort, épousa, le 9 

' Mémoires de Juan d'Aulras. 

2 Dans le Nobiliaire Toulousain, les armes des Médrano soûl ainsi blasonnées : d'ar^'ent 
à la (asce de sable, aceompagnée en chef, d'une aiglellc de sable, tenant au bec une 
banderolle d'azur chargée des mots, ave, ora, d'argent ; en pointe, d'or à la croix tréfléc 
de gueules ; l'écu, à la bordure d'azur, chargée de tours crénelées d'or, posées en orle. 

^ Ses armes étaient : d'azur à la fascc d'or, accompagnée en chef d'un croissant 
accosté de deux étoiles et en pointe, d'un poisson nageant. (Lettre datée de Wissembourg, 
le fi juillet 1744.) Ses mémoires publiés récemment sont fort intéressants. 



EN l'année 1787 347 

novembre 1662, noble André de Boudon, sieur de Lacombe, 
capitaine. 

Enfin un sieur Grimod de Dufort, frère de Grimod de La 
Reynière, avait été fermier-général et intendant des postes 
sous iMonsieur d'Argenson*. Il s'était allié avec Mademoi- 
selle de Gaulaincourt, parente des Bétliune et mourut en 1748. 

La seigneurie de Duffort, dans l'archiprêtré de Sadournin, 
près d'Auch, appartenait au marquis de Bonas qui avait aussi 
le patronage de la chapelenie de S'^'^-Gatherine dont la colla- 
tion était à Monseigneur l'Archevêque. 



1 Mémoires du duc de Luynes^ tome ix. 



348 >OBLESSE DE LOMAG.NE 



PUYGAILLARD 



LE S. DUBOSC 

Jean Dubosc assista à l'Assemblée des seigneurs convoqués 
à Lectoure, par le comte d'Armagnac, le 16 mars 1377. 

En 1421, Raymond Dubosc, prêtre, était curé de Nogaro. 

Diane de Fumel épousa, le 13 août 1578, Jean du Bosc, 
seigneur de Canteloup, L'Isle et Bagniaux. 

Anne de Bastard du Bosc était mariée, avant 1700, avec 
Antoine de Lucas, seigneur du Mirait. 

Le sieur Dubosc se trouvait taxé à 100 livres, sur le rôle 
des taxes du Fesensaguet, le 12 novembre 1759. 

Henry François du Bosc, père de Messire Clément Henry 
Casimir Dubosc, chevalier, était, en 1790, « conseiller-maître 
à la Cour des comptes, aydes et finances de la ville de Mont- 
pellier y>. 

Le 18 août 1676, demoiselle Claude de Lalande, fille 
d'Etienne de Lalande, seigneur de Habas, baron de Hinx, et 
de dame Jeanne de Bayle, épousa, cà Habas en Béarn, Jacques 
Dubosc, seigneur du Tillet. Un de leurs descendants, ^lessire 
Dubosc, fut commandant-gouverneur de la ville de Navarrenx. 

En 1788, Louis Dubosc-Peyran était prieur de S'-Orens de 
Condom, et présida, en cette qualité, les obsèques de messire 
Fabien de Benquet d'Arblade, ancien capitaine d'artillerie, 
décédé, le 9 octobre de la môme année, et inhume dans le 
cimetière de l'église de S^-Pierre du Houga. 

Il y a encore des Dubernet de Bosc en Agenais ; un d'eux 
a été conseiller à la Cour d'appel d'Agen, et il existe aussi, au 
Houga, une famille, honoral)loment représentée, qui ])orte le 
nom de Dubosc de Pesquidoux et Peyran. 



EX l'année 1787 349 



S'^'-MERE 



LE S. LABUSQUETTE 

Le château de S''^-Mère, ancienne résidence des évêques de 
Lecloure, fut construit, vers la fin du xiiF siècle, par Géraud 
de ^lonlezun, évèque dudit lieu, en môme temps que les 
châteaux de S'-Clar et de Pessoulens. On prétend que S'c_]\ière 
a appartenu pendant quelque temps aux Templiers, et que le 
malheureux Zizime y fut emprisonné. Ses ruines, qui domi- 
nent une vaste étendue de pays, entre S^-Pessère et S^-Avit, 
étaient, dès 1627, dans l'état où on les voit aujourd'hui. Elles 
devinrent, en 1791, la propriété de la famille Barciet de 
Labusquette. 

Les évêques de Lectoure portaient le titre de seigneurs 
barons de S^c-Mère ; les habitants de ce village se disaient 
leurs vassaux et n'avaient pas d'autre seigneur temporel. Les 
consuls étaient nommés par lui, dans leur charge, et exerçaient, 
sur toute l'étendue de la juridiction, la police et la justice cri- 
minelle, en son nom et sous son autorité. C'est à ce titre que 
Monseigneur de Polastron , le 15 septembre 1699, ]\Ionsei- 
gneur de Jumilhac^, le 7 septembre 1769, Monseigneur de 



1 II existe un beau portrait de Monseigneur de Polastron, chez le comte de Luppé, au 
château de Lacassaigne S'-Avit (Gers). 

2 Pierre Chapelle de Jumilhac de Cubjac, évèque et seigneur de Lecloure, seigneur de 
S«-Clar, seigneur et baron de S'o-Mère, ancien agent-général du clergé de France, et 
conseiller du Pxoi en tous ses Conseils, avait succédé, sur le siège de Lectoure, à 
M'J> Claude François de ÎS'arbonne-Pelet, qui décéda, le 9 mai 1760, dans son palais 
épiscopal, à 72 ans ; on l'inhuma dans sa chapelle, à côté de sa sœur. Il fut unanimement 
regretté dans son diocèse ; ayant reçu du Koi le vieux château de Lectoure, il en fit don à 
la ville pour y créer un liospice. Son prédécesseur avait été Monseigneur de Reaufort. 



350 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Ciignac, le 22 septembre 1786, tous les trois évêques de Lec- 
toure, approuvèrent diverses délibérations prises par les 
consuls de S'^-Mère *. 

L'église, ancienne chapelle du château, est assez pauvre, et 
n'offre de remarquable qu'un portail dans le style de la renais- 
sance, avec la Salamandre de François !«■■. Le 9 novembre 
1670, fut célébré, dans cette église, le baptême de Marie-Angé- 
lique d'Estival, fille de Pierre d'Estival, sieur de S^-Pé, et de 
demoiselle Thérèse d'Escuran. Le parrain était messire Gas- 
ton Jean-Baptiste de Goth, duc d'Epernon, et la marraine 
Marie - Angélique de Roquelaure, marquise de Fimarcon, 
épouse de Jean-Jacques de Gassagnet-Tilladet-Narbonne- 
Lomagne, marquis de Fimarcon, seigneur de Caussens, baron 
d'Auradé, Seysses, Bragaurac et autres lieux. 

La famille Barciet de Labusquette, noble et ancienne, possé- 
dait la Salle, ou château, de La Busquette, dans les environs 
de S^c-Mère. Cette terre, ainsi que celle de la Plantade, avait 
appartenu, dès le xvF siècle, aux Boubée du Lectourois-. 
C'est là que naquit le père Gabriel de Boubée, récollet, auteur 
d'un (( Ovide Chrétien ^ )). Jeanne de Boubée, femme de Jean 
Barciet de Labusquette, fut ensevelie, le 9 février 1690, dans 
l'église de Si'^-Mère, comme l'avait été son beau-père, Gabriel 
Barciet de La Busquette, le 9 septembre 1662. 

Marc-Antoine Barciet de La Busquette est mentionné (1715), 
comme membre de l'Assemblée de S^c-Mère. 

« Messire Bernard de Barciet, natif d'Auch, était, en 1784, 
curé de Toujun et Perchède. Son nom se trouve sur la cloche 
de ce dernier village dont furent parrain et marraine : « J. H. 
« F. C. de Trenqualie, conseiller au Parlement de Toulouse*, 

' Archives de l'église de S'«-Mèrc (Gers). 

- Armes di-s Boubc-e de Lcctourc ; d'argent à deux palmes adossées de sinoplc, au chef 
il'azur chargé de trois étoiles d'argent, posées en fascc. Les Boubée de Oramont portaient 
il'aznr au chevron d'argent, sommé d'une étoile du même, accompagné en pointe de cinq 
clous de la Passion, mouvant du bas de l'Ecu. 

•'' Toulouse, Boude, IGtJS. 

* Armes des Trenqualie : d'argent à un lion de gnonles, tenant un rameau d'olivier de 
sinoplc. 



EN l'année 1787 351 

« et Madame Suzanne de Claverie, sa mère, seigneuresse du 
« présent lieu, Lafontan, consul ». 

Les armes des Barciet de La Busquette sont : d'azur au lion 
d'or, tenant en ses griffes une croix d'argent, au chef de 
gueules chargé de trois étoiles, posées en pal -. 

François de Barciet de Bezodis était, en 1695, clerc tonsuré 
et chapelain de la chapelle de Carrère, et Jean de S'-Géry, 
chapelain de la chapelle de Hauqué, sous l'épiscopat de 
M'î'' Louis de Polastron, évêque de Lectoure ^. 

Les Barciet de La Busquette, sieurs de Yerduc, Plumassan, 
Sauvaige, Lage, La Salle, etc., avaient formé plusieurs bran- 
ches ; celle des Bésodis La Forest, éteinte, au xyiii^ siècle, en 
la personne de Jeanne-^Iarie de Barciet de Bésodis, fille uni- 
que de Messire Pierre de Barciet-Bésodis, et d'Ursule de 
Lagausie. Le rameau de Beaulieu, dans la Saintonge, existait 
encore en 1733. 

Le premier du nom de Barciet, que l'on connaisse, est 
noble de Barciet, vivant de 1378 à 1388, père d'un fils prêtre 
et de Joseph de Barciet, marié vers 1455, avec Marguerite du 
Bouzet, issue d'une des plus importantes maisons de la Loma- 
gne. La seigneurie de La Busquette, près Lectoure, venue 
aux Barciet en 1640, est toujours restée dans cette famille, 
qui a donné un capitaine d'une compagnie de chevau-légers, 
d'abord lieutenant de cavalerie au régiment de Grillon, un offi- 
cier dans le réo-iment de Navarre, un brigadier des gardes du 
corps du Roi, un cornette dans le régiment de cavalerie de 
Beaucaire, un maître des requêtes ordinaire de la Reine de 
Navarre, et plusieurs conseillers du Roi et lieutenants parti- 
culiers au présidial d'Auch. 

Cette maison a eu des alliances avec les Barrigue, Boutand, 

^ Armoriai des Landes, par M. le baron de Cauna. 

2 Armoriai de la Gascogne, par Monlezun. — Le Nobiliaire de la Guyenne place les 
étoiles en fasce. 

^ Recensement de la ville de Lectoure. 



352 NOBLESSE DE LOMAGNE 

Bilherie, Villedon, Lussy, Pellepoul, Reydes, Gauran, La 
Taste, Lausin, Larroudé-Garros, Sudria, Molinéry, de Boubée, 
Plumassan, Bonnefont, de Fieux, La Barthe, Montlézun- 
LagrangeS Redon, Lartigue-, de La Barrière ^ Résidence : le 
château de La Busquette, près Ste-Mère (Gers)*. 






> A celte famille de La^rangc appartient Josepii, comte de La Granjfc, pair de France, 
lic\ilenant-général, grand-croix de la Li'-gion d'iKmnour, chevalier de S'-Louis, décédé à 
Paris, le 16 janvier 183G. 

2 Armes des Lartigue : de gueules au lion d'or armé et lampassé de sable. 

•'' Armes des La Barrière : de gueules à trois chevrons d'or, hermines de sable. 

* Voir la Oénéalogie des Barciet, dans le \ohiHniic tic Citieiuie, par J. île Bonrrousse 
de LafTore, tome iv, page 101. 



S 



APPENDICE 



23 



CAHIER 

DE LA NOBLESSE 

DE LA VICOMTE ET PRÉVOTÉ DE PARIS 
HORS-DES-MURS 



I 



APPENDICE 357 

Cahier de la Noblesse de la Prévôté et Vicomte 

de Paris, hors des Murs, 

contenant les pouvoirs qu'elle confie à ses 

Députés aux Etats-Généraux, 



L'ordre de la Noblesse de la prévôté et vicomte de Paris, 
hors des murs, dépose au pied du Trône Thommage de sa 
respectueuse reconnaissance et de son inviolable fidélité; il 
étoit digne du Pvoi de rassembler autour de lui la Nation si 
longtemps négligée. Le devoir de la Noblesse est de chercher, 
avec les autres ordres, les moyens d'afïermir, sur des bases à 
jamais inébranlables, l'autorité royale, la liberté publique et 
le crédit national. 

Elle distinguera, dans ses pouvoirs, la constitution, l'admi- 
nistration et ses demandes particulières. 

Après la vérification des pouvoirs, l'Assemblée des Etats- 
Généraux, une fois formée, les députés de la Noblesse ne 
pourront, sous aucun prétexte, délibérer sur les subsides ni 
sur d'autres objets, sans qu'on ait assuré, par une loi précise 
et promulguée : 

La liberté individuelle des citoyens, 

La sûreté des propriétés, 

La liberté de la presse, 

Le secret des lettres. 

Le retour périodique des Etats-Généraux à des époques 
rapprochées, dont il paroit, à l'ordre de la Noblesse, que le 
plus long intervalle ne doit pas excéder trois ans ; 



358 APPENDICE 

La nécessité du concours de la résolution des Etats-Généraux, 
et de la volonté du Roi pour la formation des lois ; 

Le droit des Etats-Généi^aux d'accorder seul les subsides qui 
seront déterminés quant à la somme; ils seront aussi limités 
pour le temps, à l'exception néanmoins de ceux qui seront 
hypothéqués à la dette publique, sans que les autres puissent, 
en aucun cas, se prolonger au delà du terme fixé pour le 
retour des Etals ; 

Le droit des Eltats-Généraux de déférer seuls la régence, 
d'aviser aux moyens d'être convoqués, pour cet objet, dans le 
plus bref délai, et d'assurei' provisoirement l'administration 
des alîaires publiques jusqu'au moment de leur choix; 

Eiiliii la responsabilité de tous ministres, ordonnateurs, 
ofûciers publics et autres, qui porteroient atteinte à ces prin- 
cipes fondamentaux de toute bonne constitution, à ces droits 
essentiels de toute nation libre. 

Ces bases une fois assurées, ces lois une fois promulguées 
dans les formes que les Etats du l'oyaume auront prescrites, 
les députés de la Noblesse déclareront que l'ordre entier 
regarde connue nuls les impôts établis sans le consentement 
des Etats-Généi-aux; mais ils jjroposeront d'en accorder la 
continuation provisoiie pour un an, après ([uoi, ils s'occu- 
peront des objets suivants : 

Article premier. 

Le i'espect dû à la Majesté Royale paroit exiger que les 
lois preiuient naissance dans les Etats-Généraux, pour être 
agréées ou refusées par le Roi sans fpi'il soit nécessaire, en 
aucun cas, (pic Sa Majesté expli(pie l(>s motifs de son refus; 
et c'est le vœu de l'ordre de la Noblesse. 

Article ii. 

Les députés s'atlacheroid, à rant'ienne forme de r(.)[)inion, 
[)ar oi'dres indépendans les uns des autres, que la Noblesse 



APPENDICE 359 

regardera toujours comme la sauve garde constitutionnelle de 
la liberté des Etats-Généraux. 

Article m. 

Les députés s'occuperont des moyens de régler la convo- 
cation, la composition et l'organisation des Etats-Généraux 
par des lois constitutionnelles qui préviennent les troubles, 
et fondent à jamais la force et la prospérité publique sur 
l'union des citoyens et l'harmonie de tous les Ordres. 

Article iv. 

La Noblesse demande que les députations soient réglées en 
raison composée de la richesse et de la population ; que toutes 
les élections soient renouvelées à chaque terme d'Etats, et 
qu'il ne puisse être formé, sous aucun prétexte, ni sous 
aucune dénomination, ni par le moyen d'aucun corps ou 
d'aucune assemblée, une commission intermédiaire. 

Article v. 

La Noblesse pense que les domaines corporels doivent être 
déclarés aliénables, suivant les formes qui seront prescrites 
pai- les Etats-Généraux, à l'exception des forêts. 

Article vi, 

La question des apanages et des dotations sera soumise aux 
Etats-Généraux. Les députés de la noblesse proposeront d'y 
prendre, pour l'avenir, les moyens d'accorder la dignité des 
fils de France avec les intéi'êts de l'Etat. 

Article vu. 

Ils s'occuperont également des domaines engagés; mais ils 
prendront les mesures nécessaires pour concilier, à cet égard, 
les principes de l'équité et les droits de la couronne. 



360 appendice 

Article yiii. 

La Noblesse demande que l'inamovibilité des juges soit 
confirmée par une loi constitutionnelle, et qu'il soit établi, 
par la même loi, que le cours de la justice ne puisse être 
suspendu, en aucun cas, ni par l'autorité du gouvernement, à 
peine de responsabilité, ni par la délibération des tribunaux, 
à peine de forfaiture. 

Article ix. 

Le vœu de la Noblesse est qu'il soit pris aux Etats-Généraux, 
des précautions légales, pour préserver des entreprises du 
pouvoir arbitraire, l'honneur et l'état des officiers militaires 
et pour concilier à l'égard de l'armée, les devoirs de citoyen 
et de soldat. 

Article x. 

Le vœu de la Noblesse est également qu'il soit formé dans 
chaque province une assemblée d'administration, composée 
d'un eei'tain nombre de citoyens des trois ordres librement 
élus, et comptables aux Etals-Généraux qui prescriront l'orga- 
nisation, les fonctions et les pouvoirs de ces assemblées. 

Article xi. 

Les députés s'occuperont de la dette publique, pour la 
vérifier et la consolider, du déficit pour 1(^ constater, remon- 
ter à sa source, en rechercher les auteurs, enjoindre à tout 
administrateur d'en venir rendre compte aux Etats-Généraux. 

Ils s'occuperont de chaque déparleuient, pour en fixer les 
fonds avec une exactitude scrupuleuse, des pensions, dons et 
giatilications annuelles, pour demander que rétat actuel en 
soit mis sous les yeux des Etats-Généraux, qu'il soit à l'avenir 
imprimé cl publié tous les ans, et que la somme annuelle, 
applicable à cet objet, soit déterminée ; ils demanderont en 



APPENDICE 361 

même temps que l'état des traitements de toute espèce, 
alïectés aux charges de la Cour, soit publié comme celui des 
pensions. 

Article xii. 

La Noblesse demande que les vices de la perception soient 
corrigés; les abus de la comptabilité réformés; les impôts les 
plus onéreux modifiés, en attendant qu'on puisse les rempla- 
cer; les impôts distinctifs convertis en subsides communs 
également répartis. Que les refontes arbitraires des monnoies 
soient prévenues, qu'il soit pourvu au remboursement prompt 
et fidèle, en argent, des charges civiles et militaires supprimées 
ou réformées, et qu'enfin l'on s'occupe des moyens d'assurer 
la subsistance des pauvres, d'opérer la destruction des loteries 
et de la mendicité^ et de faire supporter les contributions 
publiques aux rentiers, négociants et capitalistes. 

Article xiii. 

Les députés de la Noblesse insisteront aux Etats-Généraux : 

Sur le maintien du respect dû à la Religion ; 

Sur le rétablissement de la discipline ecclésiastique; 

Sur la résidence des évêques ; 

Sur l'abus de la pluralité des bénéfices , 

Et sur l'observation exacte des lois à cet égard; 

Sur la nécessité d'ordonner, par une loi^ que les baux des 
bénéfices faits sans fraude seront maintenus par leurs 
successeurs ; 

Sur l'examen des annales et du droit de dispense en Cour de 
Rome ; 

Sur les moyens d'améliorer le sort des curés ; 

Sur l'état des non catholiques, pour l'assurer d'une manière 
uniforme dans tout le royaume ; 

Sur la nécessité d'établir en principe constitutionnel que le 



362 APPENDICE 

clergé ne pourra consentir les subsides qu'en Etats-Généraux, 
et qui sera sujet au mode commun de répartition; 

Enfin sur les dettes du cleri(é, à l'égard desquelles il sera 
statué, en distinguant leur origine et leur nature. 

Article xiv. 

Les députés réclameront avec instance la modification des 
lois pénales, la nécessité de rassurer l'innocence par l'instruc- 
tion, et d'accorder dès à présent un conseil aux accusés, la 
réformation des lois fiscales, la proscription absolue des com- 
missions en matière criminelle, la limitation des commissions 
en matière civile, à celles que demandent toutes les parties 
intéressées; ils demanderont également des procédures plus 
simples, une administration de la justice plus prompte, plus 
sûre et moins dispendieuse. Ils exprimeront le vœu de la 
noblesse, pour que nul ne soit admis dans les Cours souve- 
raines qu'il n'ait suivi le barreau pendant un temps déterminé, 
ou passé le même temps dans un tribunal inférieur ; enfin la 
Noblesse insiste pour que tous les citoyens, privés arbitraire- 
ment de leur emploi, et notamment Monsieur le comte de 
Moreton de Ghabrillant, soient admis à demander des juges 
compétens. 

Article xv. 

La Noblesse demande que les fondations royales faites en 
faveur de l'ordre soient maintenues ; que la question des 
ennoblissemens par cliarge soit i-igoureusement discutée aux 
Etats-Généraux; qu'il soit créé un tiilnmal })Our juger les 
preuves de noblesse ; que les décorations militaires soient 
exclusivement réservées aux militaires ; que le pouvoir très 
pi'écieux des marécliaux de Fi'ance soit circonscrit dans ses 
limites naturelles; qu'il soit fait une loi pour déterminer les 
espèces de professions et de commerces qui n'emporteront i)as 
la dérogeance et que le droit de fi'anc-fief soit supprimé. 

Au sui'plus, la Noblesse déclare qu'en renonç,'ant volontai- 



APPENDICE 363 

leinent à ses privilèges pécuniaires, elle n'entend compro- 
mettre par cet engagement, ni ses auti'es propriétés, ni ses 
droits honoritiques. Elle charge expressément les députés de 
renouveler aux Etats-Généraux la présente déclaration. 

Article xvi. 

L'établissement des capitaineries est une atteinte aux pro- 
priétés, une source de vexations contre lesquelles il est impos- 
sible à la Noblesse de ne pas réclamer. Elle charge les députés 
de traiter aux Etats-Généraux les moyens d'effectuer l'abolition 
des capitaineries, et de la concilier avec le respect dû à la 
personne du roi. 

Article xvii. 

Ils insisteront sur la nécessité de détruire les bêtes fauves, 
et d'ordonner que les indemnités qui pourraient être dues à 
raison des dégâts qu'elles occasionnent, ou toute autre espèce 
de gibier, seront supportées par les propriétaires des chasses. 

Article xviii. 

Ils s'occuperont également des moyens d'affecter aux dépen- 
ses publiques dans chaque province, les fonds provenant de 
ses subsides. 

Article xix. 

Ils discuteront les abus de Tadministration des eaux et 
forêts. 

Article xx. 

Les vexations commises par ceux qui sont connus sous le 
nom de Thiérachiens, et leurs droits prétendus, formeront 
un des objets de la réclamation des députés. 

Article xxi. 
Ils demanderont l'augmentation des Maréchaussées. 



3(34 appendice 

Article xxii. 

Ils examineront s'il est possible d'établir, dans les marchés 
de la prévôté et vicomte, l'uniformité de poids et mesures. 

Article xxiii. 

Ils insisteront pour que les municipalités soient électives, 
et pour que les principes de l'Edit de 1764, sur cette matière, 
soient rétablis et maintenus. 

Article xxiv. 

lis proposeront incessamment aux Etats-Généraux de pj-en- 
dre des mesures pour que les colonies y soient représentées à 
la session qui va s'ouvrir. 

Article xxv. 

Ils traiteront des droits domaniaux et des drois de contrôle, 
pour qu'ils soient déterminés et perçus d'une manière inva- 
riable. 

Article xxvi. 

Ils recliei'clieront les abus qui résultent des arrêts de sur- 
séance, des sauf-conduits, des évocations, et des di'oits de 
comniittimus et garde gardienne. 

Article xxvii. 

Leur attention se poi'tera sur le commerce, les arts, les 
manufactures, et principalement sur l'agriculture, poui' en 
favoriseï- l'accroissement, et sur les canaux navigables pour 
en })rocurer la multii)lication, mais ils demanderont la suj)- 
pi'ession absolue du projet actuel de l'Ivette. 

Article xxviii. 

Ils proposeront de fixer les pi-incipes sur le commerce des 
grains, et de restreindre les privilèges exclusifs aux inventeurs 
et pour un temps. 



appendice 365 

Article xxix. 

Ils emploieront avec persévérance tout leur zèle, pour que 
les prisons d'état et autres maisons de foi'ce soient visitées 
sans délai, à Paris et dans chaque province, par des commis- 
saires nommés à cet effet, pour que les prisonniers qui deman- 
deront leur liberté ou leur jugement, soient délivrés ou jugés, 
et pour que la servitude personnelle soit abolie dans tout le 
royaume. 

Article xxx. 

Enfin les députés de la Noblesse demanderont que l'éduca- 
tion publique soit rendue nationale. 

Tels sont les pouvoirs que la noblesse et la prévôté et 
vicomte de Paris, hors des murs, confie à ses députés. Ils en 
suivront l'esprit; dans les cas non prévus, elle attend, de leur 
sagesse et de leur fermeté, l'accomplissement des espérances 
publiques ; ils sauront justifier l'estime de la Noblesse, et en 
maintenant les droits de la Nation et les principes de leur 
ordre, ils prouveront à l'univers que la liberté est, tôt ou 
tard, le fruit de la modération et du courage. 

Signés : 

Desprémesxil. 

Le Marquis de Grillon. 

Le Bailli de Crussol. 

De Blaire. 

Le p. p. Hocquart. 

D'Aguesseau. 

Le Vicomte de No ailles. 

Le p. Gilbert. 

Le Duc d'Aiguillon. 

Le Comte de Nicolai. 

Boucher d'Argis. 



366 APPENDICE 



Le Marquis de Goui d'Arsy. 

Le Comte de Walsh Serrant. 

Le Duc d'Uzès. 

Le Duc de Castries. 

Le iMarquis de Boulainvilliers , 
Président de la Noblesse. 

Le Président d'Ormesson, Secré- 
taire de la Noblesse . 



' Arcliivos (lu rhâleaii «le Magnas (Gers). 



APPENDICE 367 



M. DE MONDENARD 

Joseph de Montagu de Mondenard, seigneur de Bière, en la 
commune de Laplume, maréchal des camps et armées du roi, 
descendait de Gassiot de Montaigu-Mondenard, baron de Mon- 
caut, seigneur d'Estillac, marié avec Miramonde d'Albret. 

Un de ses ancêtres, Simon de Montagu, seigneur de ^lont- 
cuq, avait épousé, vers ISl^, Juliette de Chàtillon ^. 

Arnaud de Montagu, père de ce Simon , était l'un des 
soixante-quatorze grands seigneurs laïcs (dont trois ducs, dix 
comtes et six vicomtes), qui commandaient sous leurs banniè- 
res avec Simon de Montfort, lors de la croisade contre les 
Albigeois. L'écusson des Mondenard était : écartelé d'or (alias 
d'argent) et d'azur -. 

Biaise de Monluc était fils de François de Monluc, seigneur 
du Puech de Gontaud, et de Françoise de ^lontagu-Monde- 
nard, fille de G. de Montagu, seigneur d'Estillac, et de Mar- 
guerite de Galard. 

Guillaume de Mondenard, seigneur de Roquelaure, lieute- 
nant au régiment de Piémont, marié avec Angélique de Lavau, 
eut une fille, Angélique de Roquelaure de Mondenard, qui 
épousa, le 9 décembre 1784, Bertrand d'Antin de Saint-Pé, 
marquis d'Antin, lieutenant-colonel, le 15 septembre 1787, 
major des vaisseaux du Roi. 

Joseph de Mondenard, né au château de Bière, en 17'22, 
eut une carrière militaire très brillante : « Il fit douze cam- 
pagnes, assista à neuf sièges et huit batailles, fat blessé à 
Rosbach, le 5 novembre 1757, et remplit plusieurs missions 
importantes ^. » 

' Armes des Chàtillon : de gueule à trois pals de vair, au chef d'or. Les Chàtillon, 
comtes de Blois, chargeaient le chef d'un lambel d'azur de trois pièces. Le connétable 
Gaucher de Chàtillon remplaçait le lambel par une merlette de sable au canton dextre 
du chef. 

2 Noblesse de France aux croisades, par P. Roger. 

3 Quelques soldats Ayenais du XVII' au XIX^ Siècle, par Jules Andrieu. (Agen, Michel 
et Médan, 1886.) 



368 APPENDICE 

Monsieur A. de Mondenard a publié (1879) un manuscrit 
intitulé : « La féodalité dans l'Agenais en 1789 » dû à l'abbé 
Séguy, curé de Sauveterre ; cet ouvrage, avec notes et intro- 
duction, donne la liste des redevances féodales exercées en 
Amenais, avant la Piévolution '. 



^ 



P 



Manuscril d'un curé île rampafine. {\^cn, M\c\\o\ pt Mf'-dan, 1879. 



APPENDICE 369 



MÉMOIRE 



Contre les gens armés, déguisés et avec attroupement, 

qui commettent toute espèce de délits, 

principalement dans le pays de Lontagne. 



La seureté et la tranquillité étant les deux plus précieux 
avantages dont tout membre de la société a droit de réclamer 
la jouissance, lorsqu'il en est privé, c'est à ce titre que ceux 
qui ont des possessions dans cette contrée, sont forcés 
aujourd'huy d'invoquer l'autorité du Gouvernement, seule 
capable de mettre un terme à des excès en tout genre commis 
journellement par une foule de brigands qui ne respectent ni 
les biens ni les vies des habitants. Pour démontrer la vérité 
et l'étendue d'un mal dont les conséquences peuvent être infi- 
nies, et la nécessité d'y remédier, indispensable, on va renfer- 
mer dans le présent mémoire, un narré succinct de partie de 
désordres qu'on éprouve et de tous les moyens qu'on a infruc- 
tueusement tentés pour les arrêter, et on y joindra ensuite le 
détail plus circonstancié des faits constatés par les procédures 
ou par la notoriété publique et qui sont relatifs à chaque 
genre de délit qu'on aura rapporté. 

Quoique les incursions de la part des braconniers déguisés 
ne soyent pas d'une date récente dans les terres voisines de 
Lectoure, S^-Clar, Lavit, Fleurance, etc., comme néanmoins 
on ne les éprouvoit autrefois que rarement, et qu'elles 
n'étoient pas accompagnées de circonstances bien graves, elles 
sembloient ne point mériter une attention aussi sérieuse que 
depuis que ces sortes de visites, étant devenues plus fréquen- 
tes et plus licentieuses, les seigneurs des terres, vexés par 

24 



370 APPENDICE 

diverses insultes de la part de ces gens, se virent forcés d'y 
mettre des bornes. Pour y parvenir, ils eurent recours aux 
voies de la justice, mais ce remède unique, que les lois leur 
permettaient d'employer contre ces garnements, a produit un 
effet justement tout contraire à celuy qu'on devait en atten- 
dre, puisque toutes les informations faites contr'eux, faute de 
témoignage de la part des paysans, qui après avoir dit qu'ils 
avoient vu tels et tels à la chasse, ne déposent jamais les uns 
contre les autres, nient effrontément, lorsqu'ils sont assi- 
gnés, les avoir vus ou connus, ne servirent qu'à constater 
juridiquement grand nombre de délits, sans en faire découvrir 
les auteurs ; de sorte que l'impunité la plus complète qui s'en 
suivit, a été la malheureuse époque où ces braconniers mas- 
qués, irrités des démarches que les seigneurs avoient tenté 
contr'eux et témoins de leur peu de succès, ont poussé au 
dernier période leur insolence, particulièrement contre ceux 
qui avoient osé faire informer. Dès ce moment encore, une 
multitude de jeunes gens des villes voisines, sans état, sans 
ma:'urs, sans principes, n'étant plus retenus par la crainte 
des lois et du châtiment, voyant combien il leur seroit aisé 
de rester inconnus en se déguisant et en se rendant môme 
redoutables par des traits de violence, s'étant joints à eux, ont 
formé une bande effrayante de gens armés de fusils et munis 
de pistolets de poche, qui depuis Auch jusques au bord de la 
Garonne, et de Lectoure jusqu'à Gimont, inondent tout le 
pays. Sous prétexte de chasse, attroupés en assez grand nom- 
bre pour en imposer aux maréchaussées, ils ne se bornent 
plus à détruire le gibié, mais comettent, tant de nuit comme 
de jour, toutes sortes de mauvaises actions dans les villes et 
dans les campagnes, où ils font mille espèces de vols, enlevant 
les volailles dans les mettairies, ne laissant aucun fruit ni 
légumes dans les jardins et les champs. Ils enfoncent avec 
elfraction les portes et les fenêtres des maisons pour y dérober 
argent, grains, bardes et tout ce qui leur tombe sous la main, 
après avoir ou la précaution de tuer à coups de fusils tlevant 
les portes, ou empoisonner les chiens de garde. Pour se venger 



APPENDICE 371 

de ceux à qui ils veulent du mal, ils pénètrent dans les caves, 
où ils percent les tonneaux pour en faire perdre le vin, jettent, 
par les jours de ces mêmes caves, du faux tabac et vont dénon- 
cer les propriétaires aux gardes de la Ferme, dans la vue de les 
faire condamner à de grandes amendes; ils égorgent les che- 
vaux dans les prairies ou leur causent la mort dans les écu- 
ries; ils incendient, dans une multitude d'endroits, granges, 
gerbes de grains, paillers, meules de foin, amas de bois ; ils 
coupent les arbres, les souches et les récoltes en vert, enfm ils 
arrêtent les gens dans les rues, sur les chemins dans les cam- 
pagnes, enlèvent des obligations privées, et forcent les parti- 
culiers, à main armée, à consentir les actes qu'ils veulent, en 
les menaçant de les tuer s'ils veulent se plaindre. Ils se 
répandent, en tel nombre qu'il leur plaît, dans les terres des 
seigneurs, pour y chasser sans nul égard pour le temps pro- 
hibé; non seulement ils détruisent le gibier, mais encore 
foulent au pied les récoltes, pillent les vignes et les fruits, 
tirent sur les pigeons et les volailles, usent de violence pour 
se faire donner des vivres, maltraitent à outrance ceux qu'ils 
soupçonnent de les observer; non contents de ces excès, ils 
viennent narguer les seigneurs jusques sous les fenêtres de 
leurs châteaux, tirent sur leurs chiens de chasse, menaçant 
leurs maîtres du même traitement. Ils ont même tué ceux 
auxquels on a contîé la garde des terres, et par des billets 
anonymes ou quelquefois en face, ils menacent de feu et de 
mort les officiers de justice s'ils osent continuer contr'eux 
les poursuites, ainsi que les témoins déposants et enfin 
les seigneurs eux - mêmes qui font informer contre ces 
brigands. 

Cette troupe de malfaiteurs est devenue si importante dans 
ces contrées, et la terreur qu'ils inspirent, est portée à un tel 
point que les gens qu'ils maltraitent, n'osent en porter plainte ; 
moins encore les personnes publiques des premières juridic- 
tions, ni les juges, ni les greffiers ne se bazardent à faire des 
procédures, ni aucun témoin ne vient déposer, crainte d'être 
égorgé. En certains lieux, nul n'ose sortir de nuit ny mener le 



372 APPENDICE 

bétail dehors lorsqu'il fait du brouillard, tant on est intimidé 
par plusieurs assassinats commis impunément dans le voisinage. 
D'après ce tableau de vexations, d'excès et de crimes dont 
on offre les preuves, il est démontré que l'anarchie et le désor- 
dre est porté à im tel point que non-seulement le simple 
citoyen se verra forcé de quitter sa patrie, où il n'y a plus de 
seureté pour luy, mais encore que les seigneurs des terres 
seront contraints eux-mêmes d'abandonner leurs châteaux, 
s'ils ne veulent ris([uer d'y être brûlés ou assassinés par des 
brigands qu'on a vu oser tirer à leurs fenêtres, et qui, journel- 
lement venant chasser dans leurs jardins, les tiennent comme 
assiégés et les mettent, ainsi que leur famille, dans l'inouïe 
nécessité de ne pouvoir sortir quand il leur plaît, s'ils ne 
veulent s'exposer au danger certain d'être assaillis sur leurs 
propres terres, près de leurs foyers, dans le centre du 
Royaume, par ces braconniers masqués, qui prennent à tâche 
de les provoquer. Il faut donc leur céder humblement le 
terrain, ou se bazarder à des événements dans lesquels le 
danger fort grand, n'est raclieté par aucun honneur. 

Dans des circonstances aussi critiques, où l'on voit le bon 
ordre et la sécurité publique totalement anéantis, après avoir 
tenté infructueusement tous les moyens capables de les l'éta- 
blir, soit par les procédures aidées de monitoires, soit par la 
publication des arrêts et ordonnances contre les atroupements 
rendus par MM. les Gens du Roi au Parlement de Toulouse, 
est-il permis de douter que sous le plus juste et le meilleur des 
rois, une contrée qui gémit sous la tyrannie de tels scélérats, 
échappera à ses yeux bienfaisants et ne s'en verra pas déli- 
vrée par les ordres émanés de l'autorité royale, dès que l'on 
Cera parvenir aux pieds du trône la connaissance de tant de 
mauvaises actions. C'est ce que l'on fait aujourd'huy, en met- 
tant entre les mains du ministre éclairé auquel vient d'être 
confiée l'administration de cette province, les motifs propres 
à exciter de plus en plus sa protection et sa justice. Pour cet 
effet, on croit indispensable d'ajouter au présent mémoire le 
dêtnil intéressant et plus articulé de quelques-uns des princi- 



APPENDICE 373 

paux excès dont on vient de parler, accompagné de notions 
sur leurs auteurs connus par la voix publique. On le supplie 
en même temps, de vouloir comettre quelqu'un qui, après 
avoir pris connaissance des procédures constatant la plus 
grande partie des délits cy-dessus, ou des preuves locales de 
ceux dont les victimes n'ont pas osé porter de plainte juridi- 
que, puisse ensuite luy en faire le rapport et le mettre en état 
de purger le pays de ces pestes publiques qui se reproduiraient 
bientôt, si on n'osait espérer que la sagesse du Gouvernement 
le portera à opposer les plus fortes barrières à la liberté illi- 
mitée du port d'armes, aux attroupements et surtout à ces 
déguisements qui inspireront toujours de l'audace et donne- 
ront la facilité à ces brigands de tout entreprendre sans crainte 
d'être punis. 



DÉTAIL 



Des dépréciations, des excès et des délits, 
dont on vient de parler cy-dessus. 



VOLS ET DEPREDATIONS 

Le nombre de ces sortes de désordre, se portait;, en 1783, à 
un si haut degré que les clameurs en étant parvenues à MM. 
les gens du Roi au parlement de Toulouse, ils réprimandè- 
rent leur substitut de la ville de S^-Clar sur son inaction et 
son silence; celui-cy, forcé de recueillir les faits, porta une 
plainte, le 8 septembre de la même année pour demander 
d'informer et de faire même publier monitoire contre les 
auteurs des mauvaises actions indiquées en ces termes : 

(( On est avei'ti que certaines personnes se sont répandues 
« dans la présente ville et juridiction de S^-Glar et s'y livrent 
« à toutes sortes d'excès ; qu'ils ont volé des chevaux dans les 



374 APPENDICE 

(.( prairies, des grains et étïets dans les maisons, où on entre 
a avec des fausses clefS;, ainsi que des gerbes de grains, de 
(( foin, de légumes et fruits dans les campagnes ; ravagé di- 
<(. vers jardins, les murs desquels on a scaladé et ou l'on a 
(.( coupé les arbres, arraché et éparpillé les plants des jardi- 
« nages et d'où l'on a enlevé quantité de linge et du fil qu'on 
(.( y mettoit à sécher ou blanchir, i» 

Mais ce substitut, n'ayant osé donner aucune suite à cette 
plainte, et le parlement étant instruit que le mal ne faisoit que 
s'accroitre, donna de nouveaux ordres à ce substitut aftin de 
faire publier les ordonnances et arrêts contre les attroupe- 
ments ; en conséquence, cette publication ayant été faite le 4 
avril 1784 , on entendit quelqu'un de ces garnemens qui 
osèrent dire , pendant la lecture de ces ordonnances , que ce 
n'étoit qu'un épouvantail, et en élTet, pour punir ce me sem- 
ble, le substitut de ces démarches , ainsi même que le curé 
de S'-C-lar de s'être élevé contre ces brigandages dans ses 
instructions, quelques-uns de ces mauvais sujets entrèrent, le 
lendemain 5 avril, pardessus les murs de leurs jardins, où 
après avoir volé et saccagé fleurs et fruits, jeté ça et là ce 
dont ils ne peurent se charger, ils en arrachèrent et coupèrent 
tous les arbres. 

Quoyque dans cette contrée, les fruits et les légumes des 
jardins, tels que les choux, raves, etc.. soient, dans certaines 
saisons de l'année^ presque l'unique nourriture de la plupart 
des paysans communément très-pauvres, un de leurs plus 
considérables revenus est la vente des poules, canards, dindes 
et oyes qui y abondent tellement que les pourvoyeurs de Tou- 
louse et même de Bordeaux viennent les acheter sur le marché 
des localités; néanmoins on ne parlera pas icy des vols sans 
nombre et journaliers qui s'en font, et dont les nup.iérations 
seraient aussi immenses que fastidieuses, mais qui sont cons- 
tatés par des miliers de plaignans; on ne s'arrêtera pas non 
plus aux vols de grains, non moins ordinaii-es, commis dans 
les maisons et dans les moulins , et si fréquents dans ce pays 



APPENDICE 375 

que les liabitans de Lectoiire étoient dans l'usage, l'année 
dernière, de s'inviter réciproquement le soir, à se donner avis 
le lendemain des vols qui se seroient faits pendant la nuit, et 
qui effectivement ne manquait jamais d'être marquée par 
quelque trait de cette espèce. On va donc se borner à rap- 
porter quelques vols graves par leurs circonstances ou par 
leur nature, et pris parmi ceux qui ont été récemment commis 
dans ce malheureux pays. 

Vers la fin des vacances dernières, deux chasseurs rencon- 
trent, près de Moissac, un voyageur auquel ils demandent 
l'heure qu'il était; tandis qu'il s'arrête pour leur répondre, 
ils le rejoignent et le forcent de leur donner sa bourse. 

Le 7 décembre dernier, un mai'chand colporteur est arrêté 
sur le grand chemin près de S^-Clar ; on décharge les ballots 
qui étaient sur son cheval, et sans des gens qui accoururent à 
ses cris et obligèrent les scélérats à s'enfuir, il eut été infail- 
liblement assassiné. 

Plusieurs personnes ont été pareillement arrêtées et volées 
dans Avezan, dans Mauroux, et au pont de Tournecoupe, 
depuis le mois de novembre dernier. 

Le 27 décembre dernier, on enfonce la maison du curé 
d'Homps, qui, à cause des offices des trois fêtes de Noël, avoit 
été loger en maison étrangère, près de son Eglise, et on lui 
enlève non seulement son art^ent, mais encoi'e les c^rains, linsfe 
et tous les effets qui y étaient enfermés. 

Le 14 février dernier, plusieurs personnes attroupées, vont 
avant minuit, enfoncer une chambre de la maison du sieur 
Frans, à Mauroux, et enlèvent tout ce qui s'y trouvait. 

Le 26 du même mois, on va voler a Duprat, tanneur au 
même lieu de Mauroux et pendant la nuit, sa provision de 
cuirs, pour une somme considérable. 

Dans ce même mois, un homme va pendant la nuit, frapper 
à la porte du curé de S*-André, près de Gimont, en s'annon- 
yant poui- le valet d'un curé voisin ; une des sœurs du curé 
de St^-André, qui va ouvrir, est saisie au col pour l'empêcher 



376 APPENDICE 

de crier, et sept hommes masqués courent à la chambre du 
curé, qui entrait dans son Ut, hii mettent un poignard sur la 
poitrine, opinent de le tuer et ne luy accordent la vie qu'en 
l'obligeant de leur livrer sur l'heure 7500 livres qu'il venait 
de i-ecevoir de son patrimoine, et 1500 livres qu'avoient ses 
sœurs dans la maison. 

Le 4 mars on enfonce la fenêtre du sieur Berniac, à Avezan, 
par où Ton entre, et on lui enlève beaucoup d'outils outre les 
grains et les poules même. Dès le 20 du mois de février, on 
avoit fait un trou sur le toit de cette maison pour tâcher d'y 
entrer. 

L'année dernière des gens masqués se rendent de nuit à la 
porte du nommé Soulès, à la porte de son frère, à Terraube, 
et après être entrés ils forcent les deux Soulès de leur indi- 
quer leur argent et leur enlèvent 800 livres qui étaient tout 
l'avoir des deux frères. 

En février dernier, quatre personnes masquées n'ont pas 
craint de voler en plein jour dans la paroisse de Piis, chez un 
berger âgé, des agneaux, mais comme ces gens n'avaient entre 
tous pour arme qu'un sabre, ils ont été arrêtés par le peuple 
qui accourut en foule. 

Vers les premiers jours du mois de mars de la présente 
année, quatre chasseurs masqués ont arrêté à demi-lieue 
d'Auch, à huit heures du matni, le sieur Druilhet, consul et 
collecteur de Biran, et luy ont enlevé 700 livres qu'il poi'tait 
au receveur. 

Dans la nuit du 17 au 18 du même mois, deux grenieis ont 
été enfoncés dans S'-Clar dont on a enlevé le bled. 

La nuit du lll novembre 1787, on enfonce avec elîraction 
une maison dans S*-Clar, ou Cordé, tailleur, tenoit son vin ; 
on ouvre les barriques et on répand son vin. 

Le 18 mars dernier le nommé Sentrailles, de la juridiction 
de Maurou.x, fut arrêté à l'entrée de la nuit, près le pont de 
las Moulios, dans la même juridiction; on lui prit son argent, 



APPENDICE 377 

et sans le nommé Pierrot, vigneron, on eut achevé de l'asso- 
mer de coups de bâton, dont on le rossait. 

On enfonça, il y a quelques jours, pendant l'obscurité, Ja 
boutique du sieur Gézerac, marchand à S^-Clar; on luy enleva 
toute la marchandise et l'argent qu'il y avoit. 

Le même mois de mars dernier, plusieurs masques vont de 
nuit chez M. ^laucau, à la paroisse de Faget, près de Saramon, 
et le contraignent de leur remettre dix mille livres d'argent 
qu'il avoit. 

INCENDIES 

A Plieux, on incendie une pile de Ijois considérable dans 
la cour du sieur Laclaverie, juge-criminel du Sénéchal. 

A Mauroux, on incendie le pailher du nommé Pertusé, et 
au Casteron, celui de Dubord. 

A Balignac, celui d'un particulier, et on nomme l'auteur 
sans que nui ose déposer. 

A Tournecoupe, une pile de bois du sieur Passérieu, avocat. 

Au même lieu, des pailhères de divers particuliers et un 
tas de gerbes du sieur Maurice, chirurgien. 

Dans la juridiction de Lectoure, on incendie, le 29 juillet 
4784, une grange du sieur Chapes, contenant 2200 gerbes de 
grain et du foin. 

A Mauvezin, un tas de gerbes appartenant au sieur S'-Anto- 
nin, greffier à Moissac; l'année dernière 1786, les braconniers 
sont sui'pris tirer sur les pigeons de la maison de campagne du 
collège; on commence contr'eux des informations qu'on ter- 
mine par quelques légères amendes ; peu après, le pigeonnier 
étant forcé pendant la nuit et dévasté, on a coupé tous les 
arbres fruitiers, et enfin dans la nuit du 31 may, on incendie 
une grande pile de bois qui était toute la provision du collège 
pour l'hyver suivant. 

A Lisle-Bouzon, le pailher de la veuve de Navarre est 



378 APPENDICE 

incendié clans la nuit du 30 janvier dernier. Comme cette 
veuve est voisine du garde-cliasse de M. le marquis de Galard, 
qui est seigneur de Liste, ce garde-chasse fut poursuivi jus- 
qu'à sa maison, ce jour-là, par quatre braconniers masqués, 
faisant partie de sept^ dont trois s'étaient séparés, dès le matin, 
au pont de Gramont, pour se porter dans Plieux. Le public 
accuse ces quatre brigands d'être les auteurs de cette incen- 
die, croyant brûler le pailher et la maison dudit garde. 

ACTIONS ATROCES 

Le nommé Scarnot, de Marignac, ayant prêté i^OOO livres 
au nommé Dupin, d'Estramiac, sur son billet, est obligé, le 
terme étant échu, de faire des diligences pour retirer son 
payement. Le débiteur s'adresse à quelques malfaiteurs qui 
induisent le créancier à se rendre avec ses billets et pièces du 
procès, dans un cabaret champêtre. Il s'y rend au jour indi- 
qué et monte dans une chambre. Un instant après, deux mas- 
ques, armés de fusils et pistolets, entrent, le renversent par 
terre, le prennent à la gorge, lui mettent un mouchoir sur la 
bouche et un pistolet au visage. Alors ils lui enlèvent les billets 
avec les papiers du procès et lui ayant donné quelques bour- 
rades qui l'ensanglantèrent, ils s'enfuirent à toute course. Sur 
la j)lainte portée contre le dél)iteur, son lils et Jean-Ba})liste 
Dulaur, de S^-Clar, par devant le juge de Solomiac, cette horri- 
ble affaire a été terminée par une gi'ande et plus forte 
somme. 

Le cheval du sieur Cazaubon, de Lisle-Bouson, est tué la 
nuit dans la prairie, par un inconnu. 

Le nommé Laffai'gue, de Miradoux, étant en procès avec 
J^afage aine, de Saint-Glar, est attoudu sur le chemin, à 
l'entrée de la nuit, le premier jour de Tau I78i, par sa parlie 
adverse et quatre autres garnemens (hint trois étaient masqués. 
L'un d'eux hii tire un coup de fusil (pii l'atteignit aux cuisses 
et aux jambes; après quoi, le pistolet à la gorge, on le menace 



APPENDICE 379 

de le tuer s'il ne passe un acte de procuration en blanc, qui 
donne pouvoir au procureur fondé de faire certaines déclara- 
tions et divers avœux, aussi préjudiciables à Latïargue qu'a- 
vantageuses à son adversaire. On l'assure, en même temps de 
le tuer très-certainement, s'il ne gardoit pas le secret, et il 
n'échappa au danger qu'en se laissant conduire à une mettai- 
rie ou se trouve un notaire, pardevant lequel il fut forcé de 
consentir la procuration telle qu'on la voulut, mais contre la 
teneur de laquelle il se hâta de protester par acte retenu par 
Despons, notaire de Castelnau. 

Le nommé Passama, habitant de la terre d'Avezan, était 
créancier de la somme de 530 livres à terme^, du sieur Couaix, 
son allié, résidant au hameau d'Embarte-Damouroux. 
L'échéance arrivée, Couaix demande quelque delay ; peu de 
temps après, en décembre dernier, il envoya son frère chez 
son créancier pour l'inviter à venir retirer son payement. 
A son arrivée, il sort un sac d'argent, donne du papier et 
une plume à Passama, luy dicte une quittance, et après 
qu'elle eut été signée, il la prend, la met dans sa poche, fait 
retirer le sac d'argent par son frère, et tous deux congédiè- 
rent de telle sorte le malheureux Passama, avec des menaces 
graves s'il parlait de son aventure, que celuy-ci n'eut rien de 
plus pressé que de sortir de chez de tels hôtes. A la vérité, 
Couaix, épouvanté des suites d'une action aussi noire, qui n'a 
peu rester si secrète que la connaissance n'en soit parvenue à 
des gens de considération qui ont pris intérêt à l'affaire, a 
pris le parti d'assoupir une action caractérisant justement les 
sentiments qui régnent parmi les brigands dont ce pais est 
rempli . 

Le sieur Molas, premier échevin de S^-Clar, ayant voulu, 
le 26 février 1786, faire un acte de police et éviter des désor- 
dres, en congédiant, à l'entrée de la nuit, des groupes 
dansant en public, et en ordonnant à un valet de ville de 
retirer d'entre les mains d'un homme qui s'en servait, le 
tambour appartenant à la ville même, fut cruellement insulté, 



380 APPENDICE 

principallemeiit par le nommé Canteloup, braconnier dange- 
reux; le valet de ville en exécutant les ordres donnés, reçut 
un coup de couteau dans le bras, et pendant la nuit du 27, 
on coupa quatre-vingts pieds d'arbres dans les possessions du 
sieur Molas, qui crainte de pis, n'osa porter de plainte de 
ces excès, presque journaliers. 

Le sieur Laporte, troisième éclievin de S'-G]ar_, se retirant 
la nuit du 28 du même mois, d'une maison où il venait de 
faire cesser un trop grand bruit insupportable à un malade 
de la maison voisine, fut attendu dans la rue par des masques, 
qui éteignirent et jettèrent à terre la lantei-ne qu'on portoit 
devant luy, maltraitèrent violemment l'éclievin même, qui 
redoutant quelque chose de plus sinistre, a été forcé aussi de 
garder le silence. 

Le sieur Frans étant échevin de cette même ville, il y a 
quatre ans, et ayant voulu y établir quelque police, en fut 
puni par le dommage qu'il éprouva sur sa récolte de seigle, 
qu'on alla faucher en vert, pendant la nuit. 



Violences en tout genre commises par des braconniers, 

menaces vis-à-vis des officiers de justice, 

des seigneurs, leurs gens et eux-mêmes, suivies de leurs effets 

et insultes aux seigneurs. 

Le sieur Dansac, chirurgien, faisant sa visite de malades en 
S'-Léonard, le 3 novembre 1784, rencontre six masques, 
mangeant dans un champ, qui luy font signe de quitter le 
ciiemin et de prendre à gauche ; la haie élevée, l'empêchant 
de faiie ce mouvement de suite, deux des l)rigands vont à lui 
avec leur fusil, le menacent en termes très injurieux, jurant 
de luy tirer dessus s'il n'avance rapidement le pas et le 
forcent ainsi de se retirer en l'empêchant do faire les fonctions 
de son état. 



n 



APPENDICE 381 

Pierre Labat, bordier de Peyris, est menacé par un masque 
et couché en joue, et obligé par conséquent de cesser son 
travail et de s'enfermer. 

Jean Laclavère, bordier de Frencoteulé, passant dans un 
chemin, est menacé, par gestes, de la part de six masques, 
qui l'obligent à se réfugier dans une métairie, où les mêmes 
individus sont allés de suite se faire donner du vin, le mena- 
çant, s'il les regarde, de lui tirer un coup de fusil. 

Guillaume Aragon, tailleur, est rencontré par une bande de 
brigands, qui le forcent de reculer et de rentrer chez lui, non 
sans être bien insulté et bien épouvanté. 

Henri Denjoy, étant à la fenêtre du moulin d'Avezan, fut 
couché en joue et menacé de mort, par plusieurs masques, 
ce dont il fut fort effrayé. 

Pierre Rouède, allant ramasser du fruit dans sa vigne, y 
trouve plusieurs masques qui la pillaient et qui le menacent 
de lui brûler la cervelle, s'il ne se retirait incontinent. 

Guillaume Barrière, ferblantier, revenant de Lectoure, par 
le grand chemin, est forcé par quatre masques, d'abandonner 
ce chemin et d'aller à travers champs, où il fut encore suivi 
par ces gens-là pendant assez longtemps. 

Les femmes de Jean Langlade et de Pierre Rouède, étant 
à filer devant leur porte, le 9 avril 1784, furent visées par 
cinq masques armés de fusils, et menacées de mort, si elles 
ne s'enferment dans leur maison. 

Guillaume Grimaud, du hameau du Cluzet, refusant de 
donner à manger à six masques, le 3 novembre 1784, ceux-cy 
l'y forcent en menaçant de maitre le feu à son pailher et à sa 
maison, et de le tuer ensuite. 

Jean Lannes est obligé de donner, sous peine de mort, du 
vin et de la novuTiture à cinq masques, qui en partant, tirent 
sur les chiens de garde de Laforgue, au hameau du Bastard, et 
sur ceux de la mettairie des Moulins, le tout en S^-Léonard, 
où on avait refusé de se soumettre à leurs continuelles 
demandes de vin. 



382 APPENDICE 

Marie Langlade, épouse de Jacques Grimaud, est également 
obligée, avec force menaces, par des gens masqués, à leur 
donner des vivres qu'elle leur avoit d'abord refusés. 

Le sieur Larribeau, procureur-fiscal qui a prêté son minis- 
tère dans quelques procédures contre ces brigands, est menacé 
par divers billets anonymes. Les effets ont suivi les menaces, 
car à quelque temps de là, après avoir empoisonné ses chiens 
de garde, on enlève quelques pierres de l'ouverture de la cave 
de sa maison dans S'-Glar, où étant entré, on luy enfonce cinq 
grandes pièces de vin qui conséquemment se perdit en entier; 
plus on luy fait périr un cheval à l'écurie ; plus on luy coupe 
les arbres de son jardin ainsi que de sa métairie ; dans un 
autre temps, on enfonce la fermeture de sa cave pour y jette r 
du tabac de contrebande et au point du jour les gardes de la 
Ferme, prévenus, ne manquent pas de se rendre chez le sieur 
Larribeau qui ne fait aucune difficulté de tout ouvrir. Ils vont 
droit au bas de l'ouverture, où ils trouvent le tas de tabac et 
dressent leur procès-verbal en conséquence. Le sieur Larri- 
beau n'a échappé à l'amende de mille livres que par l'évidence 
des preuves de la fourberie. Enfin le soir du 16 avril 1784, 
devant partir pour Toulouse afin de faire juger un procès 
contre Lafage, insigne braconnier, il reçoit, dans une rue de 
S'-Glar, un coup de fusil, dont il fut blessé grièvement à une 
jambe et retenu long temps cliez lui. 

Nota : Ges faits sont prouvés par des verbaux de police et 
les relations des divers médecins et chirurgiens. Il est seule- 
ment remarquable que les échevins de S^-Glar n'osèrent pas 
dénoncer ce coup de fusil aux cavalliers de maréchaussée, 
qui chaque semaine, viennent s'informer s'il y est arrivé 
(pielque désordre. 

Le sieur llivière, greffier, dans diverses procédures inté- 
ressant ces mauvais garnemens, reçoit de pareils écrits 
anonymes et menaçants. On lui met le feu au pailher voisin 
de sa maison, au faubourg de S'-(llar, et elle ne fut garantie 



APPENDICE 383 

elle-même des flammes que par la multiplicité des secours. 
Il ne peut parvenir a avoir de chien de garde parce qu'on les 
lui empoisonne ou tue tous pendant la nuit, a coups de fusil 
devant sa porte, a laquelle on frappe fortement a des heures 
indues pour l'engager de paraître afin de le tirer, ou tout au 
moins de l'épouvanter. On a égorgé sa jument dans sa prairie 
et lui-même a été poursuivi a coups de pierre sur les routes. 
Dulau aîné, de S^-Glar, fort mauvais sujet, a osé dire a 
M. Deguilhem fils, que Rivière avait été très-heureux d'avoir 
porté en croupe derrière lui a cheval, un certain jour qu'il 
indiqua, le père dudit Deguilhem, sans quoi Rivière était tué. 
Cantaloup, piqueur sur les chemins, et camarade de Dulau, 
en a dit autant; Dulau puisné, dit au fils cadet du sieur 
Rivière, le 8 may 1785, qu'a la première occasion, il tirerait 
un coup de fusil a son père. Le 2 mars 1786, a une heure de 
nuit, on tira un coup de fusil au sieur Rivière, lorsqu'il 
sortait de S^-Glar, et la balle effleura et marqua son habit sur 
la hanche. Peu de jours après, Lafage aîné, marchant derrière 
lui, dans un chemin, siffla fortement pour l'engager a se 
retourner, et lui cria, après force menaces, qu'il lui enverrait 
des prunes qu'il avalerait mures ou vertes, faisant allusion au 
coup de fusil qui précédemment ne l'avait pas atteint. Le 
même Lafage aîné, dans une autre occasion, en compagnie de 
plusieurs personnes, étant sur le chemin de Beaumont, et 
ayant vu le sieur Rivière qui le dépassa, dit à Lagarde, tail- 
leur : (( S'il fi'y eut eu que vous, Rivière était mort, et je 
vous aurais donné tant de coups de bato7i que vous n'eussiez 
osé porter témoignage contre moi. » Le 1^^'' juin 1786, on fau- 
cha, à un pied de terre, une partie de sa récolte en bled, 
ainsi que tout son bien, on coupa tous ses arbres fruitiers, ce 
qui fut prouvé par un verbal de police. Pour éviter la ren- 
contre de cinq braconniers masqués, le 14 octobre 1786, le 
sieur Rivière fut obligé de se retirer dans une mettairie a 
St-Léonard ; (quelques jours après, Dulau aîné, ne ht pas de 
difficulté de dire au sieur Deguilhem père, que le plus jeune 
de ces masques avoit pleuré et pleuroit encore de regret de 



384 APPENDICE 

n'avoir pas mis le feu aux quatre coins de la mettairie du 
seigneur, tandis que Rivière y était dedans; mais qu'il était 
sur qu'on tueroit le sieur Rivière, qu'on l'attendroit derrière 
une haye et qu'a la première occasion, il y passeroit. Dans 
toutes les occasions ou ledit Rivière est rencontré par les 
Dulau, Lafage et Cantaloup, il est menacé et insulté par eux, 
en termes couverts. 

Le sieur de Guilhem, avocat, et juge dans diverses terres, a 
eu son pailher incendié tout près de sa métairie qui courut le 
plus grand danger ; il a été, de plus, menacé, sur un chemin, 
par un de ces scélérats, d'un coup de fusil ou de pistolet. 
Dulau aîné, après avoir eu dit au fils du sieur de Guilhem, 
qu'il savoit qu'on faisoit une procédure de chasse en S^-Léo- 
nard contre les masques, mais qu'on auroit peine a trouver 
des preuves contr'eux, ajouta que le père de Guilhem ferait 
très-bien d'abandonner la judicature^ qu'il le lui conseilloit et 
qu'il seroit prudent a lui de ne plus se mêler de faire de 
pareilles procédures. S'il ne prenoit pas ce parti, il ne lui 
j'épondroit point qu'il ne luy arrivât malheur, et qu'il ne 
risquât d'être tué. Depuis il a osé annoncer en face, au sieur 
Deguilhem même, le dernier des malheurs, s'il continuoit a 
se mêler des procédures contre les masques. 

Dix braconniers masqués s'assemblèrent, il y a quelques 
années, avant le jour, dans le bois de Rrugnens, terre appar- 
tenant a M. le Marquis d'Esclignac, et après y avoir chassé, 
passèrent dans son autre terre de Cadeilhan, où ils désarmè- 
rent et maltraitèrent Gensac, son garde-chasse. J 

Le sieur Figard, régisseur de la terre de S'-Léonard, reçoit 
de la part des braconniers masqués, un coup de fusil dans le 
bas-ventre, qui mit sa vie dans le plus gi-and danger et l'a 
tenu long-temps hors d'état d'agir ; ce fait a été prouvé par la 
procédure <[ui n'a produit aucune connaissance sur les noms 
des coupables. 

Un garde-chasse de M. le Martpiis d'Esclignac est tué sur 
place par des gens masqués, dans sa terre de Cadeilhan. Cela a 



APPENDICE 385 

été prouvé également par une procédure qui n'a produit 
aucun renseignement sur les meurtriers. 

Des braconniers masqués se sont jactés * souvent, dans S'- 
Léonard, que s'ils pouvaient joindre le sieur Figard, régisseur, 
qu'ils avaient vu les observer, ils lui tireraient sans mercy 
dessus. L'un d'eux ajouta que c'étoit lui qui l'avoit déjà blessé 
autrefois, et que ce régisseur devoit bien s'en souvenir. Dans 
d'autres occasions ils disent qu'il faut se débarrasser de ce 
surveillant gênant, et ils lui envoient dire « qu'ayant déjà 
reçu une prune de leur compagnie, on lui en promet, pour 
plus tard, une autre plus sanglante. » Gouaix, mauvais sujet, 
rencontre sur un chemin, Castarède, habitant de S'-Léonard, 
et lui crie que s'ils peuvent, lui et ses camarades, attraper ce 
garde-chasse^ ils comptent bien l'étriller, et lui donner sur les 
oreilles. Les mêmes menaces sont faites vis-a-vis du sieur La 
Salle, qui accompagne quelquefois le seigneur a la chasse, 
« et qui sera rudement traité quand il sera tombé entre leurs 
mains. » Dans une autre occasion, ils demandent au nommé 
Caubet si le gueux de La Salle étoit chez lui, et allant roder 
autour de sa maison ils ajoutent que s'ils peuvent le joindre, 
ils ne lui feront pas plus quartier qu'à un lièvre. On les a vus 
souvent, lorsqu'ils apercevaient les gardes des seigneurs, met- 
tre des balles dans leurs fusils et leur faire ironiquement 
signe d'avancer. 

En avril 1784, François Dérey, brassier, revenant de tailler 
sa vigne, à l'entrée de la nuit, est arrêté au milieu d'un che- 
min, dans S^-Léonard, par cinq de ces brigands qui avaient 
chassé ce jour-là. Ils le couchent en joue avec des jurements 
affreux, l'accusent d'être un espion du seigneur, le forcent de 
se mettre à genoux, de jeter son chapeau à terre, et en luy 
disant de faire un acte de contrition ils luy posent le bout d'un 
fusil sur la poitrine en l'assurant qu'ils veulent le tuer. Après 
un long temps de suspens, ils ne le laissèrent aller qu'après 
que ce malheureux leur eut certifié d'où il venoit, leur mon- 

' Vieux mot d'où vient jactance. 

25 



386 APPENDICE 

trant ses outils et les conjurant de lui laisser la vie, leur 
disant son nom et sa profession. Mais la frayeur du traite- 
ment qu'il essuya dans l'obscurité fit une telle impression sur 
ce pauvre homme qu'il ne lit que languir depuis lors, et qu'il 
mourut sans s'être rétabli de son trouble, dix-sept mois après. 
Quoyque dans sa déposition, il n'ait point déclaré le nom 
d'aucun de ces brigands, il n'a peu s'empêcher de dire depuis, 
que celui qui le vexa le plus, faisant mine de le tuer, était le 
fils de Castelnau, insigne braconnier. 

En décembre 1785, neuf masques dans Caumont, forcent 
des gens de Monsieur de Catelan, qui en ost seigneur, par 
lesquels ils furent rencontrés, de se retirer, en les menaçant 
de leur faire sauter la cervelle. 

Le garde-chasse de Monsieur de Bazillac, dans S^-Pesserre, 
est cruellement maltraité en 1786 par des braconniers masqués 
qu'il voulut approcher. 

En la même année, un grand nombre debraconniers mas- 
qués ont ravagé, plusieurs jours de suite, la terre de S'-Jean 
du Bouzet;, et l'on ne cessa de menacer le garde du seigneur. 

Le 20 janvier 1786, cinq braconniers barbouillés de noir, 
appercevant le garde et le cocher du seigneur de S^-Léonard, 
au coin d'un bois, se rassemblent en sifflant, coulent des 
balles dans leurs fusils, et forcent ces domestiques de s'éloi- 
gner rapidement de peur d'être enveloppés. Quelques heures 
après, ils couchent en joue, pendant plusieurs minutes, le 
sieur La Salle qui passait au galop de son cheval, dans un 
chemin au-dessous d'eux; après quoi ils entrent dans la terre 
de TournecoupC;, appartenant à Monsieur le comte de Preissac, 
et dans celles de Cadeillan et de Bivès qui sont à Monsieur le 
marquis d'Esclignac, où on les a vu tuer beaucoup de gibié. 

François Dupont, domestique au château de S^-Léonard, 
revenant de S'-Clar le 14 octobre 1786, entendant tirer et 
croyant que c'étoient les chasseurs du château, va à eux, tombe 
au milieu de cinq braconniers masqués, dont l'un lui lire un 
coup de fusil aux pieds et le laisse pour mort sur la place. Les 



APPENDICE 387 

mêmes en se retirant de nuit, assomment sur le chemin de 
S'-Léonard à S^-Clar, Moure fils, maçon, qui dans l'obscu- 
rité, entendant quelque bruit, avait voulu s'avancer et deman- 
der qui était là. 

Bellefort, mauvais sujet de S^-Clar, chassant dans le bois de 
cette communauté, où il y a souvent des loups, perd son chien. 
Il luy plait d'accuser les gens de Monsieur le marquis de 
Galard, seigneur de Lisle-Bouzon et de Magnas, qui chassoit 
aussi, de le luy avoir tué ; il va trouver leur maitre dans son 
château pour qu'il oblige ses domestiques à le luy payer, et 
sur son refus à une demande qui n'étoit appuyée d'aucune 
preuve, il ose luy signifier qu'il n'a qu'à prendre garde à ses 
propres chiens. Quelques mois après, le chien d'arrêt de 
Monsieur le marquis de Galard, accompagnant son garde, est 
tiré par des braconniers sur le bord de sa terre. 

Pendant l'office des fêtes de la Noël, en 4783, quatre bracon- 
niers masqués, s'approchent du mur du village de S^-Léonard 
et viennent tirer au clocher de l'église qui masque le château 
seigneurial. Quelques années auparavant, plusieurs de ces 
brigands se sont j actes en vouloir plus au seigneur de cette 
terre qu'au gibier et qu'ils auroient tiré sur lui avec plus de 
plaisir. 

Le 3 novembre 1784, six braconniers masqués qui chas- 
saient dans les bois de S^-Léonard, ont tué un chien de 
chasse au seigneur de cette terre, qui attiré par les coups de 
fusil qu'ils tiroient au gibié, vint à eux et les carressait en 
jappant, ce qui fit dire par un de ces brigands aux autres, 
qu'il fallait plutôt tuer le maître que le chien, si on pouvait 
l'attraper. 

Le 29 décembre suivant, le même seigneur de S^-Léonard 
a reçu par la poste, un paquet au timbre de Lectoure, à son 
adresse, contenant des chansons, dans lesquelles, en parlant 
du traitement fait à son chien d'arrêt le 3 novembre précé- 
dent, on luy donnoit à entendre ce qu'il avoit à craindre luy- 
même des chasseurs libres qui n'entendent pas raillerie. 



388 APPENDICE 

La demoiselle Lannes, de Castelnau, a entendu des masques 
dire que s'ils pouvaient joindre le seigneur de la terre de 
St-Léonard, ils luy joueroient un mauvais tour. 

Dulau aîné n'a pas craint un jour de l'année dernière, de 
dire en présence de La Fage, son beau-frère, au cocher du 
seigneur de S'-Léonard auquel il demandoit si c'étoit luy qui 
l'observoit un jour de neige qu'il poursuivoit des perdrix : et 
« que s'il y en avoit douze comme luy, ils chaufferoient bien 
son maître et seigneur dans son château. » Lafage s'empressa 
d'interrompre cet étrange discours en lui répondant: « Tais-toi, 
tu parles trop. )) 

Le 21 janvier dernier François Dupont, domestique du 
château de S'-Léonard, revenant de S^-Glar à l'entrée de la 
nuit avec d'autres personnes, trouve sur ses pas Lafage cadet, 
qui le prenant à l'écart, luy dit, sans doute pour l'intimider ; 
qu'il avoit tort de se retirer si tard, parce qu'il l'avertissoit 
que luy et le cocher avoient tout à craindre, leur conduite vis 
à vis des masques n'étant pas ignorée, ajoutant qu'il tenoit 
cela de deux personnes qu'il ne connaissoit point et aux quelles 
il l'avoit ouï dire. 

Le 30 janvier dernier, jour auquel Monsieur le marquis de 
Galard faisoit faire dans la terre de Lisle-Bouson, qu'il habite, 
un service pour ^ladame sa mère * quatre masques viennent 
y chasser tout le jour et ont l'insolence de tirer un lièvre dans 
un champ sous le château, et ils poursuivent jusqu'à sa maison 
le garde qui les observoit. 

Le 5 du môme mois, six braconniers masqués, après avoir 
chassé dans Tournecoupe, entrent dans Cadeilhan et vont 
tuer deux perdrix près du château de Monsieui' le marquis 
d'Esclignac. Il en avoit paru cinq dans cette même terre le 22 
décembre précédent et quatre autres le lendemain 23, qui 
lurent renconti'és face à face par Monsieur le marquis de 
Maravat. 

* Marie de Mibiellc avait épousé, le 4 juillet I7i3, Jean de Galard, seigneur de Luzanet 
et de l'cllchaut, décédé en 1779. 



APPENDICE 389 

Personne clans cette contrée ne se rapelle sans indignation 
la double insulte que Monsieur le comte de Latour se prome- 
nant sur la terrasse de son cliàteau de Miramont, reçut de la 
part de deux de ces brigands, qui non-seulement vinrent 
chasser sous cette terrasse même, mais qui, ayant tiré ensemble 
sur une perdrix et disputant qui des deux l'avoit tuée, portè- 
rent leur impudence jusqu'à demander au seigneur lui-même, 
de décider qui des deux l'avoit abattue ; différent qu'il fut 
obligé de vuider. 

Les cavaliers de la maréchaussée ne sont guère respectés 
par ces brigands; en voici quelques preuves : 

Le 5 février 1784, deux cavaliers de maréchaussée arrivés à 
St-Clar le matin, à cause du marché et promenant devant une 
des portes de la ville^ virent le long de la rivière de l'Arax, 
un chasseur ayant la tête couverte d'un mouchoir. Ayant voulu 
lui courir sus, celui-cy, qui portait un fusil à deux coups, les 
menaça de tirer sur eux et les obligea de se retirer. 

Le nommé Laforgue, jardinier chez le sieur Grabias, de 
Gràmont, est rencontré, chassant le long de la rivière de 
l'Arax, par un cavalier de maréchaussée qui voulut le désar- 
mer; mais couché enjoué et menacé de mort s'il approche, il 
dresse néanmoins son verbal, ht plus tard arrêter ce bracon- 
nier, qui, conduit aux prisons, est bientôt élargi provisoi- 
rement. 

Le 14 août dernier, cinq masques chassant dans Tourne- 
coupe et Avezan, sont rencontrés par la brigade de la maré- 
chaussée de Lectoure, qui conduisait deux prévenus à Beau- 
mont, et loin de fuir à leur vue, ces braconniers en présence 
des gens d'armes, tirèrent en leur présence. Ce fait est prouvé 
par le procès-verbal qu'en ont dressé les cavaliers. 

Le '2 avili courant, sept braconniers finissaient de se dégui- 
ser dans un bois situé sur la terre d'Avensac. Ils ordonnèrent à 
Garros, fils du secrétaire-grefher de cette communauté, qui 
alloit passer près d'eux pour se rendre au château et y travail- 



390 APPENDICE 

1er aux règlements des comptes de recette du concierge, de 
s'éloigner vivement. Ayant fait part au susdit concierge de ce 
qui venait de luy arriver, ils sortirent ensemble et ils virent 
ces garnements chassant dans la terre où ils tuèrent trois 
lièvres et deux perdrix. Les braconniers entrèrent ensuite 
dans Estramiac, appartenant à Monsieur le marquis de 
Gardouch, où ils tuèrent aussi du gibié, et se tirent porter à 
manger; après quoy ils passèrent dans Vives, terre de M. le 
marquis d'Esclignac. Ces sept braconniers ayant été apperçus 
dans Avensac, près la grande route, par le brigadier et deux 
cavaliers de la maréchaussée de Beaumont, couchèrent en 
joue les gens d'armes qui, vu l'inégalité de la partie, furent 
obligés de se retirer. 

Le 7 avril courant, vingt-quatre braconniers masqués ont 
été vus dans Vives au point du jour; ils se sont fait donner à 
manger par le sieur Darné, ont chassé ensuite dans Tourne- 
coupe, sont rentrés dans Vives qu'ils ont parcouru ainsi que 
Gadeilhan, terres appartenant à M. le marquis d'Esclignac. Ils 
dirent à un de ses garde-chasse qu'ils reviendraient au nombre 
de trente. De là étant venus dans l'après-dinée à S^-Léonard, 
ils ont remis à l'entrée de la nuit, à un bordier du seigneur, 
un écrit qu'ils luy ordonnèrent d'aller porter de suite à son 
maitre, sous peine d'être incendié dans sa métairie. Dans cet 
écrit insolent ils osent annoncer la mort au sieur Rivière, dont 
il a été parlé cy-devant. 

MENACES CONTRE LES TÉMOINS 

Les menaces que ces brigands sont dans l'usage de faire 
contre les témoins, sont prouvées juridiquement. L'on y voit 
que le nommé Duffaut-Gastérat, un de ces braconniers, va 
menacer le troisième et le dix-huitième témoins cités dans une 
information contre luy. 

Le nommé Gaul)Oue se rend chez Langlade, dit Labesque, 
qu'il soupçonne l'avoir dénoncé et il veut luy couper les oreil- 



APPENDICE 39^1 

les et les clouer à la porte de l'église de Brugnens et ensuite 
le tuer. 

Trémoulet et Boret, mauvais sujets, se vantent que ceux qui 
déposeront contr'eux auront bientôt leur procès vuidé. 

Guillaume Grimaud menace, avec deux pistolets qu'il sort 
de sa poche, Laporte aîné, en luy disant qu'il le fera repentir 
de ce qu'il a rapporté, s'il le rencontre à l'écart ; il fait pareille 
menace au frère puiné du sieur Laporte. 

L'on voit dans les procédures qu'on a tenté contre ces bri- 
gands, qu'une infinité de témoins interrogés sur les auteurs 
des délits à raisons desquels on informe, déposent « qu'ils ont 
ouï dire à plusieurs personyies que quand même elles connai- 
traient et sauraient bien qui sont ces malfaiteurs, elles se 
garderaient bien de les dénoncer, crainte d'être brûlées dans 
leurs maisons et égorgées a la première rencontre d. Par ce 
langage que les témoins interrogés sur ces mauvais sujets, 
mettent dans la bouche d'autrui, il n'est pas difficile de juger 
qu'il était leur sentiment propre ; aussi ces malfaiteurs sont-ils 
tellement persuadés de l'effet de la terreur que leurs actions 
ont répandu, que Dulau aîné, regardé dans sa contrée comme 
un des principaux chefs de ces brigands a pu annoncer au sieur 
De Guilhem « qu'on ne trouverait pas de preuves contre les 
masques ». 

ASSASSINATS ET EXCÈS 

Dupouy habitant de S'-Créac, venant la nuit de son champ, 
où son bled étoit en javelles, est assassiné par des gens qu'on 
a connus et personne n'a osé déposer contre ceux qui ont 
commis ce crime. 

Les nommés Ladouce, bordier du sieur Massac, et les hls du 
meunier de S^-Rose sont attendus à deux reprises dans les 
bas -fonds de Lamouret, juridiction de Massac, par trois 
personnes, qu'on nomme, qui les attaquent, et les laissent 
presque morts ; nul témoin pareillement ne veut déposer. 



392 APPENDICE 

Le sieur Lacaze, habitent dans sa métairie de Fatigue, juri- 
diction de Lectoure, ne paraissant dans la matinée du 16 
octobre 4786, on va dans sa chambre, où Ton ne trouve que 
ses habits, sa culotte sous le chevet et ses souliers près du lit, 
mais non sa personne. On le croit étouffé et enterré pendant la 
nuit, mais les informations et les monitoires n'ont pu pro- 
curer nulle révélation sur son sort. 

Catherine Cane, femme de Dubuc, et Guillemite Berniac, 
femmes de Dulau, dans la juridiction de S'-Léonard, sont 
aperçues de loin dans un chemin, par six braconniers masqués 
et poursuivies par eux si vivement, qu'elles furent obligées à 
deux reprises différentes, de se réfugier dans des mettairies et 
de s'y barricader. 

Nota : On a vu cy-dessus pareils attentats contre la seureté 
publique, commis par ces brigands vis-à-vis diverses personnes 
sur les chemins. 



NOTIONS 

Sur quelques-uns des principaux garnements et braconniers 
dans la Lomaigne, ou dans les environs. 

Baptiste Dulau, de S^-Clar, fils d'un petit particulier qui 
travaille son bien, est lui-môme sans nulle vocation, et quoy- 
que sans fortune, il est toujours très-élégamment velu, est de 
toutes les parties de débauche des braconniers et est noté par 
la voie publique et par différents traits, comme le principal 
chef des mauvais sujets du pays. On l'a vu, cy-dessus, imi)liqué 
dans la plainte portée par Scarnot, pour fait d'enlèvement 
d'ol)ligation et d'assassinat; il a été décrété en septembre 1782, 
pour l'enlèvement d'un clieval de Dupin, cy-devant son cama- 
rade; il paroit grandement initié dans les projets atlVeux des 
scélérats masqués, par les propos qu'il tint au sieur de 
(iuilhem iils et au sieur de Guilheni père, en leur annonçant 



APPENDICE 393 

le traitement qu'on préparait au sieur Rivière et au sieur de 
Guilhem luy-même en lui faisant part des regrets d'un de 
ces brigands de n'avoir peu mettre le feu à une méttairie, lors- 
que le sieur Rivière s'y réfugia, comme on l'a lu cy-dessus. Si 
quelques témoins seulement se sont contentés de dire qu'ils 
avoient cru reconnaître le dit Baptiste Dulau parmi les mas- 
ques qui ont pillé et commis des excès dans les terres et sur les 
gens du seigneur de S'-Léonard, une infinité d'autres témoins 
déposent unanimement que ce Dulau est reconnu pour être un 
grand braconnier, homme, ajoutent-ils^ très-dangereux, et que 
le public craignoit grandement. 

Charles Dulau, frère puisné du précédent, que plusieurs 
témoins disent avoir cru reconnaître dans ces parties de mas- 
ques, est dénoncé par eux comme un insigne braconnier, 
capable de tout. Les propos qu'il a tenus au fils cadet du 
sieur Rivière, cités cy-dessus, décèlent la férocité de son 
caractère. Le coup de fusil que le sieur Rivière père, reçoit 
dans ses habits, dix mois après, et quelques mots lâchés 
depuis, par ledit sieur Dulau, puisné, donnent des idées peu 
favorables sur cet homme. 

Baptiste Lafage, beau-frère de Dulau, est encore du nombre 
de ceux que divers témoins dans leur audition disent avoir 
cru reconnaître parmi les brigands masqués, en ajoutant que 
ce Lafage est fort dangereux. Ses propos sanguinaires vis-à-vis 
le sieur Rivière et d'autres, semblent indiquer qu'il mérite un 
rang distingué parmi les coupe-j arrêts. 

Couaix, de Mauroux, dont on a vu un trait infâme plus haut, 
passe encore pour un braconnier très redoutable ; camarade 
des personnages cy-dessus, il est du nombre de ceux que les 
témoins disent avoir reconnu, principallement à ses cheveux 
rouges, dans les partis des gens déguisés. On le regarde comme 
un très mauvais sujet, qui après avoir été forcé de s'engager 
pour se soustraire aux punitions encourues, a racheté son 
congé peu de temps après, pour venir grossir la liste des 
brigands de cette contrée. 



394 APPE>DICE 

Cantaloup, cy-devant fort petit mardiand, ayant mal fait 
ses affaires, et forcé de faire cession de ces biens, passe pour 
un homme très à craindre. Il ne marche jamais qu'avec un 
fusil, ou tout au moins une canne à lance et des pistolets de 
poche, qu'il ne fait pas façon de suspendre au bout de sa canne, 
en se promenant ainsi publiquement à S^-Glar. C'est chez 
lui que les mauvais sujets ont coutume de s'assembler, et de 
manger dit-on, le gibié pris et la volaille dérobée. 

Caussade, vitrier de S'-Clar, qui vit en une très-grande 
société avec tous les garnements dont on vient de parler, est 
encore du nombre de ceux que certains témoins disent avoir 
vu et reconnu parmi les braconniers masqués. Il a la réputa- 
tion d'être très dangereux et il s'est trouvé dans des occasions 
où il y a eu des personnes gravement maltraitées. 

Ces témoins ouï ont déclaré avoir reconnu encore dans ces 
parties de braconniers déguisés, les nommés Dastros et Banau 
tous deux garçons cordonniers chez Baptiste Lafage à S^-Clar, 
ainsi que Goyau infatigable braconnier, et Maignaud, tous de 
S'-Clar, Guaropuy, dit Marc, et Naudon, tous deux de 
Castelnau, Foucaud, régent cy-devant à Bayonette et Roubaut, 
cadet, à Mauroux. 

Outre ceux qu'on vient de nommer et qui sont ceux que les 
témoins déposent avoir reconnus dans les attroupements de 
gens masqués, il est une foule de braconniers qui vaguent 
continuellement partout, en armes et fort dangereux. Tels sont 
Lafite, puisné, Taure, Laclavère, Goulard ^lalus, tous habi- 
tants de Castelnau, Bellefont, Tardin fils, au hameau du 
Charroy, près S^-Clar, Cirât et les deux frères Dupin à 
Estramiac, les nommés Bordes de Séran, Daguzan de Puycas- 
quier, Comagnac à Sarrau, Cauboue et La])orde à Fleurance, 
Gazes père et fils à La Sauvetat, etc., auxquels on pourrait en 
ajouter d'autant plus aisément une infinité d'autres s'il en est 
besoin, que l'on peut dire, avec toute vérité qu'on trouve à 
tout instant des braconniers et des rodeui's sur ses pas, dans 
ce pays-cy. 



ï 



APPENDICE 395 

On doit observer au reste, que parmi ces derniers, il en est 
qui passent pour être très-fréquemment du nombre des 
braconniers masqués commettant divers excès, mais qui 
n'ayant pas été clairement reconnus par les témoins, n'ont pas 
été mis comme tels, cy-dessus. » 



396 APPENDICE 

Lettres et Notes à l'appui du ci-devant factum, 
pour certifier les désordres causés 
par les Braconniers dans la Lomagne, 
en 1787 



A Monsieur le Comte de Grossolles , lieutenant - général 
des Années du Roi, 

A St-Martin. 

« Mon Général, 

» Mon frère m'a remis la lettre que vous m'avez fait l'Iion- 
neui- de m'écrire, ainsi que la rescription qui y étoit jointe ; 
je la ferai acquitter à mon retour de Nogaro, conformément à 
vos désirs. Mon départ pour Auch est fixé à dimanche pour 
le plus tard, ne le pouvant guère plus tôt, et avant cette épo- 
que, j'aurai une entrevue avec le sieur Rivière, qui doit me 
fournil" de nouvelles indications ; l'information déjà faite, était 
à peine clôturée, qu'on vint prévenir M. le comte du Bouzet, 
que quatre chasseurs avoient assiégé son garde. Vous sentez, 
mon Général, que ce seigneur ne voulut point s'exposer, ni 
suivre les traces du seigneur de Puigaillard, (jui voulut aller 
au devant de plusieurs chasseurs braconnant ses terres, s'en 
trouva beaucoup trop près, et prit le parti, devant leur nom- 
bre, de battre en retraite et de laisser ample liberté à ces 



APPENDICE 



397 



Messieurs. Des gens masqués, au nombre de six ou sept, 
entrèrent mercredi dernier, dans le château de Lisle-Bouzon, 
chez Monsieur le marquis de Galard, et lui dirent qu'il pouvoit 
être tranquille, pour cette fois, qu'ils ne faisoient que passer, 
qu'ils alloient à S*-Léonard, chez leur bon ami. Le désordre 
dans cette partie de la province est venu si grand et si général 
([u'il sera diflicile d'y remédier, et de détruire les mauvais 
sujets, le nombre en étant trop multiplié; 

)) Je suis avec respect, mon Général, votre très humble 
serviteur , 

» LA GLAVERIE. » 



Plieux, le 2 Février 1787. 



I 



398 APPENDICE 

A Monsieur le Ministre, 
chargé de la Police dans la province de Guyenne. 

« Monsieur le Ministre, 

» Un militaire qui a passé beaucoup plus de soixante ans 
au service du Roy ou il s'est acquis une réputation, ne craint 
pas tant qui vit, de donner des avis aux Ministres. Dans cette 
idée. Monsieur, je ne chercheroy pas à mettre sous vos yeux 
tous les désordres ou les différents événements ont mis cette 
partie de la province de Gascogne, et surtout la Lomagne, 
persuadé que vous en recevez journellement des plaintes de 
toutes parts et par ceux qui sont préposés pour vous informer 
de tout ce qui se passe; mais comme depuis long temps nous 
sommes livrés à nous-mêmes, sans nulle autorité à qui nous 
puissions recourir, pour mettre nos biens et nos vies en sûreté, 
je suis persuadé. Monsieur, que vous me sentirez gré de l'avis 
que je vous donne. 

» Nous n'entendons parler plus que de vols, soit dans les 
maisons, à main armée, soit sur les chemins, même en plein 
jour, de manière qu'on n'oze plus s'exposer à marcher seul, ni 
la vigilence des Maréchaussées, ni les précautions des particu- 
liers, ne mettent plus personne en sûreté. Cependant chacun a 
des affaires, et le mal peut durer fort long temps avant que les 
tribunaux aient rendu la justice qu'on est en droit d'attendre. 
Trouvez-bon, Monsieur, qu'un vieux militaire vous propose 
un moyen, qui s'il n'empêche pas tout le mal, diminuera du 
moins une grande partie. C'est le rétablissement des patrouilles 
dans toutes les paroisses, soit de ville ou de campagne, 
comme il l'éloil du temps de Monsieur le Maréchal de Richelieu. 
Ces patrouilles établirent dans les provinces et dans tout son 
gouvernement, un ordre inconnu jusqu'alors, et qui procura 



APPENDICE 399 

une sûreté générale. Je ne chercherez pas, Monsieur, à étabUr 
dans ma lettre, le bien qui en résulteroît ; il est palpable ; mais 
je puis vous certifier que toutes les provinces qui en connois- 
sent les avantages pour la sûreté publique, les redemandent, 
et que les plus saines parties, informées que sur la fin de la 
guerre, ce fut moy qui obtins de Monsieur le Maréchal de les 
établir, s'adressent à moy pour tâcher de les faire rétablir, 
comme un moyen unique d'obtenir la sûreté publique. 

» J'adresse cette même demande à Messieurs Necker, de 
Brienne, de Villedeuil et de Barentin. 

» CtROSSOLLES, 
(( Lieutenant-Général des armées du Roi. » 



St-Martin, ce 17 mars 1787. 



400 APPENDICE 



A Monsieur le duc de Narbonne. 

« Personne n'est plus à même que le comte d'Esparbès de 
représenter le désordre de la province où il commande. L'in- 
térêt que je prend et dois prendre à tout ce qui le regarde 
m'oblige d'étayer par mon suffrage le cry public qui est bien 
fait pour se faire entendre. L'impunité a fait dégénérer en 
crimes ce qui n'étoit d'abord que braconnage et libertinage, et 
que personne n'a cherché à arrêter. Ces mêmes gens se sont 
d'abord mis à voler le gibier, puis les volailles; enfin aujour- 
d'huy ils pillent les maisons, arrêtent les passans et personne 
n'ose marcher la nuit. Chacun se fait veiller. Telle est notre 
situation ; et on entend le public se plaindre et dire : nous 
sommes abandonnés de Dieu et des hommes, nul ne s'occuppe 
de nous, ni commandant, ni premier Président, ni procureur- 
général, ni intendant, ni prévôt-général. A qui donc s'adresser 
efficacement? Le comte d'Esparbès doit représenter au baron 
de Breteuil notre triste situation et luy faire connaître que la 
justice ne peut rien là où on ne peut fournir de preuves, et la 
cause qui les rend impossibles, c'est le terreur qu'ont inspiré 
les brigands. Un remède plus prompt et plus efficace seroit que 
le nouveau Ministre écrivit une lettre circulaire à tous ceux 
qui sont chargés de faire vivre les citoyens en paix, par laquelle 
il déclareroit que le Roy informé des désordres qui se comettent 
tous les jours, luy a ordonné de faire enlever tous ces espèces 
de gens reconnus et convaincus par les faits de leur culpabilité; 
qu'il ordonnât aux intendants de faire afficher aux portes des 
églises, copie de pareille lettre, et que cependant on fit enlever 
dans toutes les petites villes telles que Moissac, Castel-Sarrasin, 
lieaumont, Lavit etc., et autres, deux ou trois mauvais sujets, 
ainsi (pie dans les parroisses des environs, et choisir parmi les 
mauvais garnements connus, qui n'ont ni femme ni enfant, la 
plupart sans vocations, qu'on les lit passer sur les ports de 
mer pour y être embarqués et transportés dans quelque 



. APPENDICE 401 

colonie. Un pareil enlèvement d'une cinquantaine de mauvais 
sujets qui vont former une pépinière en corrompant les jeunes 
gens, feroit rentrer la sûreté et la paix bien plus sûrement que 
toutes les potences et les chaînes. 

)) Qu'on y prenne garde ; ce mal se propage furieusement, 
et l'état où en sont les affaires dans le P^oyaume, mériteroit 
que le Gouvernement s'en occupât un peu plus. 

)> Le Marqt'is de Montgaillard. » 



Auch, le iO mars 1787, 



« Messieurs de Mondenard, du Bouzet, de S'-Léonard, 
de Noé, de Preyssac, tous les seigneurs de la Lomagne, se 
joignent à moi pour souhaiter que le gouvernement rende 
le calme à d'honnêtes gens qui sont sans cesse vexés par 
de la vraie canaille. » 



Après la lecture de ces diverses pièces qui furent approuvées 
comme parfaitement exactes par les membres de l'Assemblée, 
^ont plusieurs avaient été victimes des excès et des insolences 
les braconniers mentionnés dans le mémoire, il fut demandé 
ie faire envoyer à la maréchaussée l'ordre de désarmer les 
individus sans aveu, désignés comme gens dangereux pour 
'ordre public. La suite de cette réclamation ne se fit pas 
ittendre, et une note fut expédiée de Bordeaux, quelques jours 
iprès la fm de la session, au lieutenant-commandant à Auch ; 
nais le résultat ne répondit point à l'espoir général ; le nombre 
les crimes, contre les personnes et les propriétés, continua 
l'augmenter dans une proportion effrayante en Lomagne 
iomme dans le reste de la France. 

26 



402 



APPENDICE 



Etat des Braconniers à désarmer 
dans la lieutenance de la sénéchaussée d'Auch 



BRIGADE 

d'auch. 



Paroisse de Nougaroulet. 

Jean Conté, dit Molas. 

Paroisse de Puycasquier. 

Jean Daguzan, fils, habitant à la métairie de 

Couliauniac. 
Jean-Baptiste Pouget, demeurant à la Bernadette. 

Paroisse de Mansempuy. 

Le fils unique du nommé Boue, dit Dumoulin, 

habitant au Gap d'Age. 
Le nommé Taibosc, dit Serrela veille, dudit lieu. 



BRIGADE 
DE LECTOURE. 



Paroisse de Saint-Clar. 

Baptiste Dulau, fils aîné. 

Charles Dulau, frère. 

Baptiste Lafage, aîné, cordonnier. 

François Canteloup, ancien piqueur. 

Bellefont, fils. 

Dartres , Banau , garçons cordonniers chez 

Lafage. 
Goyau. 
Maignaud. 
Tardin, fils, au hameau de Charroy. 



APPENDICE 403 

Paroisses de Mauroux et de Saint-Créac. 

Dominique Larribau, fils aîné. 

Guillaume Davasse, maçon, du hameau d'Em- 

barte. 
Jean Bordes, faisant son bien, habitant du 

Janetori. 
Le sieur Gouaix. 
Roubaut, cadet. 

BRIGADE Paroisse de Sempessère. 

DE LEGTOURE. 

Les nommés Pierre et Philippe Guillon, père 

et fils. 
Jean Guillon, du Baluché. 
Bernard Sallesses, de la métairie de Gallée, 

appartenant à M. Lascaban. 
Bernard Barbelane, fils aine de Barbelane, 

tisserand à la Pétte. 

Paroisse de Castelnau. 

Le nommé Garraupouy, dit Marc. 

Le nommé Naudon. 

Laffite, puisné. 

Taure. 

Laclavère. 

Goulard-Malus. 

Paroisse de Bajonnête. 

Le nommé Foucaud, régent. 

Paroisse d'Estramiac. 

Le nommé Dirat. 

Les deux frères Dupin. 






404 APPENDICE 

Paroisse de Séran. 

Bordes. 
Goumaignac. 

Paroisse de Fleurance. 

Cauboue. 
Laborde. 

Paroisse de La Sauvetat. 
Gazes, père et fils. 

BRIGADE Paroisse de Lauit. 

d'auvillakd. 

Darnis, chaudronnier et aubergiste. 

Biaise Grêvesegnes. 

Dominique Belly, fils aîné. 

Barry, dit Ganteloup. 

Danerel. 

Lauriol. 

Vicamont, fils. 

Trau, fils. 

Gui 1 hem, valet de Belly. 

Toiiie Mazel, bordier à Bourgoigne. 

Joury, bordier à Gassian. 

Le fils d'Antoine Mazel, bordier à Gaulet. 

Raymond Moussaron, faisant son bien à Pey- 

rugrand. 

Le gendre de l'eu Jacques Moussaron. 

(Jouiaré, faisant son bien à Gajos. 

Jean Peret, aîné, entre Lavit et Si-Aroiimez. 

Le bordier de la Gouillie. 

Le sieur Roques. 

Le sieur Maupas. 



APPENDICE 405 

Paroisse de Sainte-Blanche. 
Jean Garros, aîné. 

BRIGADE Paroisse de Monyaillard. 

d'auvillard. 

Jean Villemeur;, meunier. 

Paroisse de Maumesson. 

Moulincé, ancien domestique. 
Celui de la Doumejourre. 

Paroisse d'Esparsac. 

Moncouet, meunier. 
Les deux fds de Gassagneau. 
Deluc, père, habitant au lieu dit le Ruisseau 
profond. 

Nous ordonnons au lieutenant-commandant la maréchaus- 
sée, à la résidence d'Aucli, de faire désarmer, conformément 
à l'ordre cy-joint, tous les particuliers dénommés au présent 
état, de toutes les armes qui se trouveront chez eux*. 

Fait à Bordeaux, le 25 Septembre 1787. 

Signé : Le Marquis de Brienne. 



^ Archives du château de Magnas-Saiiit-Clar (Oersi 



1 

i 



I 



i 



LISTE COMPLÈTE 



DE MM. LES DEPUTES DE LA REGION SUD-OUEST 
DE LA FRANCE 



r r 



AUX ETATS- GENERAUX 



AVEC LEURS ADJOINTS ET SUPPLEANTS 



1614 ET 1789 



APPENDICK 409 



Liste complète de MM. les Députés de la région 

Sud-Ouest de la France 

aux Etats-Généraux, avec leurs Adjoints 

et Suppléants. 



Aux Elals-Généraiix do 1614, les députés, mandés par la 
reine Marie do Médicis, régente du royaume pendant la 
minorité de Louis XIII, se rendirent à Paris et se réunirent 
aux Augustins, sous la présidence du cardinal de Joyeuse, 
pour le Clei'gé, <lu baron de Sénecey, pour la Noblesse, et de 
Rolteil-Miron, [iiévùl des Marchands de Pai'is, pour le 
Tiers-Etat. 

Les membres de la sénéchaussée de Guyenne étaient : le 
cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux, Périssac, sous- 
doyen de S'-André, poui' le Cler<^v, Durfoi't de Castelbayart, 
pour la Noblesse, Claveau, jurai de Ooixleaux, et Boucand, 
conseiller, pour le Tiers-Etat. 

SÉNÉCHAUSSÉE D'AGÉNOiS 
Gelas, évé({ue d'Agen Clergé. 

NOMPARÏ Ï)K CaUMOM DK LaUZUN. . . NOHLESSE. 

Ue la Goutte N. 

Baron du Buisson N. 

Villemon, procui'eur du Hoi Tn-nis-ErAT. 

De Cambefort, consul d'Agen T.-E. 

De Sabaros, syndic du pays T.-E. 



410 APPENDICE 

PAYS ET COMTÉ DE COMMINGES 

De Bellegarde, évêq. de Couzerans. Cl. 

De Souvré, évêque de Comminges. . Cl. 

Denys de la Hillière N. 

De Combis T.-E. 

PAYS DE RIVIÈRE-VERDUN 

De Souvré^ évêque de Comminges. . Cl. 
Lelong, juge-général T.-E. 

SÉNÉCHAUSSÉE D'ARMAGNAC 

De Trappes, archevêque d'Auch.. . Cl. 
De Tresses, évêq. de Laodicée, coad- 

juteur de l'évêque de Lectoure. . . Cl. 

De Léaumont, baron de Puygaillard. . N. 

Le Long, lieutenant-général T.-E. 

SÉNÉCHAUSSÉE DE CONDOMOIS ET GASCOGNE 

De Caux, évêque d'Aure, coadjuteur 

de l'évêque de Condom Cl. 

De Buzet, baron de Poudenas N. 

De Monlezun, baron de Meillan. . . N. 

BoucHARAN 1, 1er cousul de Condoui . T.-E. 

De Goujon, jurât T.-E. 

SÉNÉCHAUSSÉE D'ALBRET 

Raymond de Moncassin N. 

De Chastillon N. 

Baron de Mauvoisin N. 

Du Roy, lieutenant-civil T.-E. 

Broca, consul de Nérac T.-E. 

On trouve aussi ce nom écrit Ponchalan. 



i 



APPENDICE 



411 



SÉNÉCHAUSSÉE DES LANNES 

D'EcHAUX, évêque de Bayonne. . . . Cl. 

Du Sault, évêque d'Acqs Cl. 

Le Comte de Grammont N. 

De Babry, lieutenant-général T.-E. 

De Croist, syndic T.-E. *. 

Les députés de la région Sud-Ouest de la France, aux 
Etats-Généraux, furent, en 1789, pour : 

AGEN 

Clergé. — D'Usson de Bonnac, évêque d'Agen (Jean, 
Louis, né à Paris, en 1734, sacré le 14 
février 1768). 

— Malateste de Beaufort, curé de Montastruc, 

près Monclar^. 

— Fournetz, curé de Puymiclan, près d'Ai- 

guillon. 
Noblesse. — Le Duc d'Aiguillon (Armand du Plessis). 

— Le Marquis de Bourran, demeurant à Ville- 

neuve. 

— Le Marquis de Fumel-Montségur, comman- 

dant de l'Agênois. 
Tiers- Etat. — Daubert, juge-royal de Villeneuve. 

— Escoure de Pélussac, avocat à Libos, près 

Villeneuve. 

— Renault, avocat à Agen. 

— Termes, bourgeois à Marmande. 

— François aîné, bourgeois à Clairac. 

— Bellisle, avocat à Miramont^. 
Suppléant. — Boussion, médecin à Lauzun. 



1 Cette liste, fort incomplète, se trouve dans ï v lllsloire des Etats-Généraux en 
France », par M. de Landine, 1788. 

^ M. de Beaufort était resté quatre ans vicaire à Castillonnès, où ses vertus lui avaient 
acquis l'estime de tous. 

3 Le sieur Bellisle refusa le mandat, prétextant son grand âge et ses infirmité» 



412 



APPENDICE 



AUCH 



Clergé. — Aullx de Sémezat, archiprêtre de Lavardens i. 

Noblesse. — Le Baron de Luppé de Teybosc, ancien 

militaire, chevalier de S'-Louis. 
Tiers- Etat. — Sextex, procureur du Roi au Sénéchal d'Auch. 
— Pérès, avocat à Mirande. 

LECTOURE 

Clergé. — Le Curé de Lanux, en Armagnac. 

Noblesse. — Le Baron d'Angosse, maréchal de camp. 
Tiers- Etat. — De Laterrade, juge-mage du Sénéchal de 
Lectoure. 

— La Glayerie de La Chapelle, juge de 

Lectoure. 

CONDOM 

Clergé. — Laborde, curé de Corneillan. 

Noblesse. — Le Marquis de Lusignan, résidant en son 

château de Xaintrailles. 
Tiers- Etat. — Pelauque, procureur du Roi en l'Election de 

Condom. 

— Meiniel, avocat de Caumont. 

NÉRAC 



Clergé. — D'Anteroche, évèque de Condom (Alexandre- 

César), né au diocèse de S^-Flour, en 1721, 
sacré le 5 juin 1763. 

Noblesse. — Le Baron de Batz, de Tartas, giand- 
sénéchal. 

Tiers- Etat. — Broustel, avocat à Casteljaloux. 
— Brunet, juge de Puch. 

' Il était âgé de soixante aii.s et fut nommé à runaiiimilé. 



APPENDICE 413 

DAX 

Clergé. — Goze, curé de Goas, diocèse de Dax. 

Noblesse. — Le Comte de Barbotan, résidant à S'-Sever- 

Clialosse. 
Tiers- Etat. — De Basquiat, lieutenant-général au Sénéchal 

de S^-Sever. 

— Lamarque, procureur du Roi au même 

siégea 

MONT-DE-MARSAN 

Clergé. — De La Porterie, curé de Lencouacq. 

Noblesse. — Le Marquis de Roquefort. 
Tiers -Etat. — De Pérès, ancien conseiller au Parlement de 
Bordeaux. 
— ]\Ioiret de Flory, avocat au Parlement. 

Nota. — Ce dernier avait été en ballottage avec le sieur Pascal, 
négociant à Mont-de-Marsan 

BAZAS 

Clergé. — De Saint-Sauveur, évéque de Bazas (Jean- 

Baptiste Amédée Grégoire, né au diocèse 
de Monde, le 24 juin 1709, sacré le 16 
octobre 1746). 

Noblesse. — De Pus, grand sénéchal. 

Tiers- Etat. — Saige, avocat au Parlement de Bordeaux. 

— Lavenne, avocat au môme Parlement. 

BOllDEAU.X 
Clergé. — Champion de Cicé, archevêque de Bordeaux 

(Jérôme Marie, né à Rennes, en 1735, 
sacré évêque de Rodez, le 26 août 1770), 

— L'Abbé d'Héral, chanoine de la cathédrale. 

— PiFFON, curé du Médoc. 

— L'Abbé de Laage, curé du Blayois. 

Nota. — Il y eut .sci.ssion dans ronlcede la Noblesse, de là deux 
élections. 

• C'était le père du célèbre içénéral Lamarque. 



414 



APPENDICE 



Première élection, avec pouvoirs limités: 

Noblesse. — Le Berthon, premier président au Parlement 
de Bordeaux. 

— Lavie, président au même Parlement. 

— Le Vicomte de Ségur, de Bordeaux. 

— Le Chevalier de Verthamon, frère du Pré- 

sident du même nom, au Parlement de 
Bordeaux. 

Seconde élection, avec pouvoirs généraux : 

Noblesse. — Le Maréchal de Duras. 

— Le Marquis de La Fayette, lieutenant- 

général des armées du Roi. 

— Le Marquis de Cadillac. 

— Le Vicomte de Ségur (de la première élec- 

tion). 
Tiers- Etat. — Paul Nérac, négociant à Bordeaux. 

— Lafargue, négociant, ancien jurât de cette 

ville. 

— De Sèze, médecin de la même ville. 

— G archet Delisle, négociant. 
Suppléant. — Mercier, bourgeois vivant noblement. 
Campagne. — Fisson, médecin à Cadillac. 

— De Luze de l'Estang, notaire à Coutras. 

— Boissonneau, notaire à S^-Paul, dans le 

Blayois. 

— Bernard, bourgeois à Bourg. 
Suppléant. — Lesnière, avocat du Fronsonnais, près Bor- 
deaux. 



LIBOURNE 

Clergé. — Malarty, cuié de S^-Denis. 

Noblesse. — De Puch de Montbreton, gentilhomme rési- 
dant à sa terre, près S'c-Foy sur Dordogne. 
Tiers-Etat. — Mestre, avocat à Stc-Foy. 

— Dumas, bourgeois de Libourne. 



APPENDICE 415 

RIVIÈRE-VERDUN 

Clergé. — Le Tonnelier de Breteuil, évêque de Mon- 

tauban (Anne, Victor, François, né à Paris 
en 1726, sacré le 24 février 1763). 

Noblesse. — De Cazalès. 

Tiers -Etat. — Long, procureur du roi à Beaumont-les- 
Lomagnes. 
— Pérès de Gesse, avocat. 

TARTAS 

Clergé. — Lanusse, curé de S^-Etienne-Labourd. 

Noblesse. — Le Baron de Batz, grand sénéchal du duché 

d'Albret. 
Tiers-Etat. — Larreyre, conseiller au Sénéchal de Tartas. 

— Castagnède, notaire et juge à Labouheyre. 

TAREES 

Clergé. — Rivière, curé de Vic-Bigorre. 

Noblesse. — Le Baron de Gonès, syndic des Etats. 
Tiers- Etat. — Barère de Vieusac, conseiller au Sénéchal 
de Tarbes. 

— Dupont, avocat à Luz en Barège^ 

RODEZ 

Clergé. — De Colbert, évêque de Rodez (Seignelay de 

Gast-le-Hill, né en 1736, sacré le 22 avril 

1781). 
Noblesse. — Le Vicomte d'Adhémar-Panat, maréchal des 

camps et cordon rouge. 
Tiers-Etat. — Pons d'Alon, lieutenant de robe-courte en 

la Sénéchaussée de Rodez. 

— RoDAT, neveu du précédent, seigneur d'O- 

lemps, y résidant. 

' Jadis professeur au Collège Louis-le-Granii à Paris, puh au Collège de Pau. 



416 



APPENDICE 



CAHORS 

Clergé. — Ayrolles, curé de Reyrevignes. 

— De Nigolaï, évoque de Gahors. 

— Laymerie, curé de S'-Privat. 
Noblesse. — Le Marquls de la Valette. 

— Le Duc de Lauzun-Biron. 

— Le Comte de Tannes. 

Tiers-Etat. — Feydel, avocat en la Sénéchaussée de Gahors. 

— PoNCET, avocat à Montauban. 

— Durand, avocat à Léobard-Gourdon. 

— BouTARiE, président en l'Election de Figeac. 

— Lachèze, lieutenant-général à Martel. 

— Gouges Cartonney, négociant à Lauzerte. 



Clergé. 



Suppléant. 
Noblesse. 

Suppléant. 

Tiers -Etat, 



Clkugé. 



LE PUY EiN VELAY 

De Galard de Terraube , évêque du Puy 
(Marie, Joseph, né dans le diocèse de Lec- 
toure, le 20 mai 173G, sacré le 24 juillet 
1774, aumônier du roi et chanoine de 
l'église de Paris *). 

Privar, prieur et curé de Crapone. 

Le Marquis de Maubourg, colonel du régi- 
ment Soissonnais. 

De Jussar de Monistrol, capitaine d'artil- 
lerie. 

Bonnet de Treyches, lieutenant-général de 
la Sénéchaussée. 

Richohd, avocat au Puy. 

PÉUhUIEUX 

Delfaut, archiprètre d'Aglan en Sarladais. 
Laporte, curé de S^-Martial d'Hautel'ort, en 
Péi'igord. 



' En 178y, les vicaires-içénéraux de Mu'' tle ("lalaid tMaieiit : Messieurs de S»-(iéry, de 
l'iua, des Grainjcs et de Maillé. — Secrétaire : Le Flo. 



APPENDICE 



417 



Noblesse. — Le Comte de La Roque de Mons, près Ber- 
gerac. 

— Foucault de Lardimalie, résidant à S^-Pierre 

de Clignac. 
Tiers -Etat. — De la Charmie, lieutenant-général du séné- 
chal de Périgueux. 

— GoNTiER DE BiRAN, Ucutenant-général de Ber- 

gerac. 

— Loys, avocat, premier consul de Sarlat. 

— Paulhiac, avocat de la Sauvetat-Grasset, près 

Villamblard. 

VILLE-FRANCHE 

Clergé. — De Villaret, grand-vicaire de Rodez, mem- 

bre de la commission intermédiaire de 
l'Administration provinciale. 
— Malrieux, curé-prieur de Lombes, près Ville- 

franche. 

Noblesse. — Le Comte de Bournazelle, membre de la 
commission intermédiaire provinciale. 

— Le Comte de Yezins, de Milhau. 
Suppléant. — Son père. 

Tiers -Etat. — Manhaval, avocat, près Ville-Franche. 

— AxDURAND, avocat, de Ville-Franche. 

— Perlx de Viviers, avocat, près Ville-Franche. 

— Lambel, avocat, du Mur-de-Barès, en Rouer- 

gue. 



27 



418 APPENDICE 

Résumé et Analyse des Députations 
des Trois -Ordres aux Etats - Généraux. 



Haut Clergé 

Cardinal 1 

Archevêques 10 

Evêques 35 

Recteur de l'Université 1 

Supérieur général d'Ordre 1 

Proviseur de Collège 1 

Comtes de Chapitres 2 

Abbés commendataires 10 

Conseiller au Parlement 1 

Grands-Vicaires 9 

Chanoines 8 

Total 79 

Clergé Pastoral 

Curés 214 

Total général pour Messieurs les Membres 

du Clei-gé 293 

Noblesse de Cour 

Prince du sang 1 

Princes 3 

Ducs 19 

Comtes 46 

Marquis 41 

Exempt des cent Suisses 1 

Barons 11 

Chevaliers 2 

Total 124 



appendice 419 

Noblesse de Province 

Marquis 29 

Comtes 30 

Chef d'Escadre 1 

Capitaine des vaisseaux du Roi 1 

Présidents à mortiers et autres 11 

Procureur général 1 

Conseillers 11 

Barons 17 

Chevaliers 16 

Lieutenant des Maréchaux de France 1 

Procureur du Roi 1 

Avocat gentilhomme 1 

Lieutenants généraux de juridiction inférieure. ... 2 

Total 122 



Hommes de Robe 

Procureur général 1 

Conseillers d'Etat 2 

Maîtres des eaux et forêts 6 

Procureurs 3 

Greffier 1 

Subdélégués 7 

Baillis 3 

Lieutenants-généraux civils et criminels, Présidents, 

Avocats, Procureurs du Roi et Conseillers 146 

Avocats 184 

Total 353 



420 APPENDICE 



Arts et Métiers 

Garde du Trésor Royal 1 

Prêtres Chapelains 2 

Comte 1 

Prévôt de Maréchaussée 4 

Gentilshommes 8 

Receveur général des Finances 1 

Maires et Echevins 18 

Major d'un Régiment Provincial 1 

Intendant de Marine 1 

Intendant de l'Inde 1 

Lieutenant des Canoniers 1 

Secrétaire du point (l'honneur 1 

Auteurs 3 

Cultivateurs 40 

Armateur 1 

Négociants et banquiers 74 

Capitaine de vaisseau marchand 1 

Médecins 15 

Officier chez le Roi 1 

Maître d'hôtel de Monsieur 1 

Bourgeois et propriétaires 50 

Directeurs des monnaies 2 

Maîtres en droit 2 

Maîtres de forges 2 

Notaires 10 

Libraires 2 

Entreposeur du Tabac 1 

Total 242 



APPENDICE 



421 



RÉSUMÉ 



Haut Clergé 


79 


Clergé Pastoral.. . . 


214 


Noblesse de Cour. . . 


124 


Noblesse de Province. . 


122 


Hommes de Robe. . . . 


353 


Arts et Métiers. . . . 


242 


Total général. 


1,134 



ÉTAT DE LA FRANCE 



EN 1787 



APPENDICE 425 



Etat de la France en 1787 



MARÉCHAUX DE FRANCE 

(histitués par Philippe - Auguste , en il85.J 

MM. de Richelieu, de Biron, de Contades, de Soubise, 
de Broglie, de Noailles, de Fitz-James, de Mouchy, de 
Duras, de Mailly, d'Aubeterre, de Laval, de Beauvau, 
de Castries, de Vaux, de Ségur, de Choiseuil - Stainville, 
de Lévis. 

Secrétaire général de MM. les Maréchaux de France 

M. de La Croix, chevalier de Saint-Louis, commissaire des 
Guerres des chevau-légers de la Garde du Roi. 

M. Gondot, chevalier de Saint-Louis, honoraire. 



426 APPENDICE 



CONSEILS DU ROI 



Conseil d'Etat 
Le Roi. 

MM. le Maréchal de Castries, ministre et secrétaire d'Etat, 
le Maréchal de Ségur, ministre et secrétaire d'Etat. 
le Comte de Vergennes, conseiller d'Etat ordinaire, 

ministre et secrétaire d'Etat. 
le Marquis d'Ossun, ministre d'Etat. 
le Baron de Breteuil, conseiller d'Etat ordinaire, mi- 
nistre et secrétaire d'Etat, 
de Calonne, ministre d'Etat, conseiller ordinaire au 
Conseil Royal, contrôleur général des Finances. 

Conseil des Dépêches 
Le Roi. 
MM. le Garde des Sceaux. 

les Maréchaux de Castries et de Ségur. 

le Comte de Vergennes, ministre d'Etat. 

le Marquis d'Ossun, id. 

le Baron de Breteuil, id. 

Bertier de Sauvigny, conseiller d'Etat. 

de Calonne, ministre d'Etat. 

Bouvard de Fourqueux, conseiller d'Etat o«rdinaire. 

Conseil Royal des Finances 

Le Roi. 

MM. le Garde des Sceaux. 

le Comte de Vergennes. 

de Calonne, contrôleur-général des Finances. 

Feydeau de Marville, doyen du Conseil. 

de Boullongne, conseiller d'Etat ordinaire. 

Boutin, id. 

Le Noir, id. 



appendice 427 

Conseil Royal de Commerce 
Le Roi. 
MM. le Garde des Sceaux. 

de Galonné, de Boullongne, de Fourqueux. 

le Comte de Vergennes. 

le Maréchal de Castries. 

Feydeau de Marville. 

de La Michodière, conseiller d'Etat ordinaire. 

de Montyon, id. 

le Baron de Breteuil, id. 

de Montholon, id. 

Compagnie des Indes 
M. Boutin, conseiller d'Etat. 

Législation des Monnaies 
M. Pajot de Marcheval, conseiller d'Etat. 

Conseil d'Etat 

Messire René-Nicolas-Charles-Augustin de Maupeou, cheva- 
lier, chancelier, commandeur des Ordres du Roi. 

Messire Armand - Thomas Hue de Miromesnil, chevalier, 
garde des Sceaux. 

Conseillers d'Etat ordinaires 

MM. le Maréchal d'Aubeterre. 
le Maréchal de Castries. 
le Maréchal de Ségur. 
le Comte de Vergennes. 
de Roquelaure, évêque de Senlis. 
l'Abbé Bertin. 

l'Abbé Peguilhem de Larboust. 
l'Abbé de Radonvilliers. 
le Baron de Breteuil. 
de Galonné. 



428 APPENDICE 

MM. Feydeau de Marville. 
de La Porte. 
Bertier de Sauvigny. 
de Boullongne. 
Joly de Fleury. 
Lescalopier. 
Boutin. 
de Sartine. 
de La Michodière. 
Bouvard de Fourqueux. 
FouUon. 
d'Ormesson. 
d'Orceau de Fontette 
Le Noir. 

Drouyn de Vaudeuil. 
Vidaud de La Tour, 
de Montyon. 
Fargès. 
de Cotte. 
Lambert. 

Dupleix de Bacquencourt. 
Lefèvre de Gaumartin. 
de ^lontholon. 

de Chaumont de la Galaisière. 
Pelletier de Morfontaine. 
Pajot de Marcheval. 
d'Aguesseau. 
de Flesselles. 
Dupré de Saint-Maur. 
Mérault de Villeron. 
de Cy pierre. 



ft 



APPENDICE 429 

PRINCES, SEIGNEURS ET PAIRS DE FRANGE 
D'après le rang qu'ils ont au Parlement. 

Princes du Sang 

M. le Duc d'Orléans, M. le Prince de Gondé, M. le Duc de 
Bourbon;,M. le Prince de Gonti, M. le Duc de Pentliièvre. 

Pairs Ecclésiastiques 

MM. de Talleyrand-Périgord, archevêque, duc de Reims, 
de Sabran, évêque, duc de Laon. 
de La Luzerne, évêque, duc de Langres. 
de La Rochefoucauld, évêque, comte de Beauvais. 
de Glermont-Tonnerre, évêque, comte de Châlons. 
de Grimaldi, évêque, comte de Noyon. 

Pairs Laïcs 

4572 MM. le Duc d'Uzès. 

1582 le Duc d'Elbeuf, Prince de Lambesc. 

1595 le Duc de Montbazon, Prince de Rohan. 

1599 le Duc de ïhouars, Duc de La Trémouille. 

1606 le Duc de Sully. 

1619 le Duc de Luynes et de Ghevreuse. 

1620 le Duc de Brissac. 

1631 le Maréchal Duc de Richelieu. 

1634 le Duc de Fronsac. 

1652 le Duc d'Albret de Ghâteau - Thierry, Duc de 

Bouillon. 
— le Duc de Rohan i. 



• Messieurs de Rohan et d'Albret avaient une difficulté pour leur rang de préséance, 
qui n'était pas résolue en 1787. 



430 APPENDICE 

1662 MM. le Duc de Piney, Duc de Luxembourg. 

1663 le Duc de Gramont. 

— le Duc de Villeroy. 

— le Duc de Mortemart. 

— le Duc de Saint-Aignan. 

— le Duc de Gesvres. 

— le Maréchal Duc de Noailles. 
1665 le Duc d'Aumont. 

1690 le Duc de Charost, Duc de Béthune-Charost. 

— le Duc de Saint-Cloud, archevêque de Paris. 

1710 le Duc de Harcourt. 

— le Maréchal Duc de Fitz-James. 

1711 le Duc de Chaulnes. 

1714 le Maréchal Duc de Rohan-Rohan, Prince de Sou- 
bise. 

1716 le Duc de Villars-Brancas, Duc de Brancas, Cheva- 
lier de la Toison d'Or. 

— le Duc de Valentinois, Prince de Monaco. 
1721 le Duc de Nivernois. 

1723 le Maréchal Duc de Biron. 

1731 le Duc d'Aiguillon. 

1736 le Duc de Fleury. 

1757 le Maréchal Duc de Duras, Chevalier de la Toison 

d'Or. 

1759 le Duc de La Vauguyon. 

1762 le Duc de Praslin. 

1770 le Duc de La Rochefoucauld. 

1775 le Duc de Clermont-Tonnerre, Duc de Tonnerre. 

1777 le Duc d'Aubigny, Duc de Richmond. 

1786 le Duc de Choiseul. 



APPENDICE 



431 



DUCS HÉRÉDITAIRES, NON PAIRS, VÉRIFIÉS 
AU PARLEMENT. 



1667 MM. 
1696 
1742 
1747 

1758 

1766 

1767 
1769 
1773 

1774 
1777 
1780 

1784 

1786 



e Duc de Chevreuse. 
e Duc de Bouteville. 
e Maréchal Duc de Broglie. 



e Duc de Coigny. 

e Duc de Liancourt. 

e Maréchal Duc de Laval-Montmorency. 

e Prince Ferdinand de Rohan, archevêque, duc de 

Cambrai, 
e Duc de Montmorency, 
e Duc de Beaumont, Prince de Tingry. 
e Duc de Lorges. 
e Duc de Croï d'Havre, 
e Duc de Villequier. 
e Duc du Châtelet. 
e Duc de Polignac. 
e Duc de Maillé, 
e Maréchal Duc de Lévis. 
e Duc de Saulx-Tavannes. 



432 APPENDICE 



DUCS A BREVET 



MM. le Comte de Lauraguais. 
le Duc d'Ayen. 
le Duc de Gontaut. 
le Duc de Duras, 
le Duc de Lesparre. 
le Duc de Lauzun. 
le Duc de Fitz-James. 
le Prince de Groï. 
le Marquis de Laval, 
le Duc de Ghabot. 

le Prince de Poix, Ghevalier de la Toison d'Or, 
le Duc de Narbonne. 
le Prince de Montmorency. 
le Duc de Givrac. 
le Gomte de La Tour d'Auvergne, 
le Gomte de La Tour d'Auvergne fils, 
le Duc de Guines. 
le Duc de Mailly. 
le Duc de Grussol. 
le Prince de Broglie. 
le Duc de Guiclie. 
le Gomte de Praslin. 

le Gomte de Gand, brevet d'honneur héréditaire, 
le Marquis de Goigny. 
le Duc de Gastries. 
le Duc de Gossé. 
le Duc de Beuvron. 
le Duc d'Agénois. 



APPENDICE 433 



GRANDS D'ESPAGNE. 



MM. le Maréchal Duc de Mouchy, Chevalier de la Toison 
d'Or, 
le Duc de Nivernois. 
le Duc de Valentinois. 
le Duc de Céreste-Brancas. 
le Comte de la Marck, Prince d'Aremberg. 
le Comte d'Egmont-Pignatelli, Chevalier de la Toison 

d'Or, 
le Prince de Salm-Kirbourg. 
le Duc d'Havre et de Croï. 
le Prince de Robecq. 
le Maréchal Prince de Beauvau. 
le Comte de Tessé. 
le Prince de Chimay. 
le Marquis de Rouault. 
le Comte de Périgord. 
le Marquis d'Hautefort. 
le Prince de Ghistelle. 
le Comte de Buzançois. 

le Marquis d'Ossun, Chevalier de la Toison d'Or, 
le Marquis de Saint-Simon, 
le Duc de Doudeauville. 
le Prince de Montbarrey. 
le Duc de Crillon-Mahon. 
le Comte d'Estaing. 
le Prince de Nassau. 

le Duc d'Ayen, Chevalier de la Toison d'Or, 
le Duc de Caylus. 
le Vicomte de Gand. 



38 



434 APPENDICE 



GOUVERNEUR DE L'HOTEL ROYAL DES INVALIDES. 



M. le Maréchal de Ségur, ministre et secrétaire d'Etat, ayant 
le département de la guerre, et sm'intendant de l'Ecole 
Royale Militaire, dont M. le Marquis de Timbrune- Valence, 
lieutenant- général, grand - croix de Saint - Louis, était le 
gouverneur et inspecteur général. 



APPENDICE 435 

LISTE DES FERMIERS-GÉNÉRAUX 

DES FERMES ROYALES UNIES , 1787 

MM. Alliot de Mussey — Augeard — Deville — Roullongne 
de Préninville — Brac de la Perrière — Chalut de Vérin — 
Dangé de Bagneux — Couturier — d'Arlincourt — de Goul- 
miers — de Laàge, père — de Laàge, fils — de La Borde — de 
La Hante — de La Haye — de l'Epinay — de Luzines — de 
Montcloux, père — de Montcloux, fils — de Neuilly — de Saint- 
Alphonse — de Saint-Amand — de Saint-Christau — de Saint- 
Germain — de Saint-Prix — de Saint-Hilaire — Doazan, père 
— Doazan, fils — Douet — du Vaucel — Faventines de Fonte- 
nilles — Lavoisier — Le Gendre de Villemorien — Parseval — 
Le Gendre de Luçay fils — Loiseau de Béranger — Ménage de 
Pressigny — Papillon d'Auteroche — Papillon de Sannois — 
Paulze, père — Paulze, fils — Perler — Pignon — de La Haye, 
fils — Puissant — Roslin — Rougeot — Saleur de Grizien, 
père — Saleur de Grizien, fils — Taillepied — Vente — 
Varanchan — Verdun. 

Mercier — Tronchin, fermiers-généraux honoraires. 

Navier, secrétaire-général des Fermes. 

Pour le département des impositions, M. du Gravier de 
Vergennes, maître des Requêtes, était intendant-général ; il 
avait sous sa direction : La taille, la capitatlon;, les vingtièmes, 
les dons gratuits du Clergé de France, les impositions des 
Clergés des Frontières, et de l'Ordre de Malte, les travaux de 
charité, l'agriculture, les recettes générales et particulières 
des finances, l'expédition de tous les états des finances des 
pays d'Etats et des pays conquis, la régie des poudres et sal- 
pêtres, celle des étapes et convois militaires, la vérification des 
Etats au vrai, qui s'arrêtaient au Conseil. 

M. Tarbé, premier commis au même département, avait la 
direction du brevet général de la taille, des impositions 
accessoires et de la capitation. Il s'occupait aussi du règle- 



436 APPENDICE 

ment des diminutions et de toute la correspondance relative 
aux formes de l'assiette et répartitions des impositions, ce qui 
comprenait la direction générale des vingtièmes et le conten- 
tieux relatif à cette imposition, ainsi que les Assemblées des 
Administrations provinciales, la capitation de la Cour et les 
impositions de la Ville de Paris. 

M. Gaudin était chargé des recettes générales des finances, 
des recettes particulières des Provinces et de la Ville de Paris, 
de l'inspection sur les recouvrements et la résidence des rece- 
veurs particuliers, des grâces et pensions du département des 
impositions, autres que celles relatives à l'Administration des 
vingtièmes, enfin de toutes les dépenses acquittées par les 
receveurs généraux des finances dans les Provinces. De plus, 
il avait dans son département, les travaux de charité, la régie 
des poudres et salpêtres, celle des étapes et convois militaires, 
la correspondance et le contentieux relatif à tous ces objets 
et la vérification des états au vrai des recettes générales ffui 
s'arrêtaient au Conseil. 

M. Subert devait s'occuper du contentieux de la taille et de 
la capitation, des Sociétés d'agriculture, des dessèchements, 
défrichements, abolition du droit de parcours, partages entre 
les communes, impositions locales pour les reconstructions 
ou réparations d'églises, presbytères et autres ouvrages à la 
charge des communautés. 

j\I. Albaret était le secrétaire de ce département, et en cette 
qualité, chai'gé du renvoi des placets et mémoires. 

L'Agi'iculture était considérée comme si importante qu'elle 
avait une administration particulière, présidée par M. de Ver- 
gennes, et composée de : MM. le Duc de Liancourt, de 
Cheyssac, de Lasousky, Courtois de Minut, Tillet, Darcet, 
Poissonnier, Lavoisier, du Pont, Le Hoc, Lefebvre, procureur 
général de la congrégation de France, et Subert, premier 
commis aux finances ^ 



• Etal do la France en 1787. 



LE 



TRIBUNAL IlÉYOLUTlONNAIRli 



DE TOULOSE 



I 



APPENDICE 439 



Le Tribunal Révolutionnaire 
de Toulouse 



Le Tribunal Révolutionnaire de Toulouse, décrété par 
Danton, se montra d'une sévérité et d'une injustice révol- 
tantes. Au nombre des victimes, désignées dans toutes les 
classes de la société, on peut citer le Comte Jean du Barry, 
l'intendant de Bouche-Porn, Madame de Cassand, David- 
d'Escalonne, Lignières, négociant ; Aurcolles, vitrier ; Gar- 
naut, épicier, et trente-six autres habitants de Toulouse, des 
conditions les plus diverses. Le Tribunal était présidé par 
Hugueny, ancien notaire de Beaumont - de - Lomagne, et 
l'accusateur public se nommait Capelle ; il était originaire du 
Lauraguais. Les exécutions eurent lieu à la Porte-Neuve. 

Les cinquante magistrats du Parlement furent guillotinés à 
Paris. Parmi eux se trouvaient MM. du Barry, de Miégeville, 
Caumont, d'Ayguevives, Reversat-Marsac, de Guiringaud, 
d'Aspe, de Montégut, de Larroquand, d'Héliot, de Balzac- 
Firmy, etc.. ^. 



* Nos Premiers Présidents Je Toulouse, par H. Amilhau 



EXÉCUTION 



DE L ARRETTE DU REPRESENTANT DU PEUPLE 

DARTIGOYTTE 

ORDONNANT LA MISE A FERME DES BIENS DES PÉRÈS 

ET MÈRES d'Émigrés, 25 floréal, an 2. 
(Archives de Magnas) 



APPENDICE 443 



Exécution de l'arretté du représentant du peuple 

Dartigoytte 

Ordonnant la mise à ferme des biens 

des pères et mères d'émigrés, 25 Floréal, an 2. 

{Archives de Magnas) 



Ce jourd'huy vingt unième prairial, l'an deuxième de la 
République française une et indivisible, par devant nous 
administrateur du district de Lectoure, est comparu le citoyen 
Cezerac, receveur de la régie nationalle et des domaines au 
bureau de Lectoure, à deux heures de relevée, qui nous a dit 
qu'en exécution de l'arretté du représentant du peuple Darti- 
goyte, du vingt cinq floréal dernier qui ordonne que les biens 
des pères et mères d'émigrés seront affermés comme les autres 
domaines nationaux, le bail à ferme des biens de la citoyenne 
épouse Galard-Lisle-Bouzon, cy-devant marquise, situés dans 
la commune de Magnas, a été annoncé par des affiches pour 
en prévenir le public ; lesdits biens consistant en six métairies 
et deux moulins^ preds, avec toutes ses appartenances et 
dépendances sous la convention expresse néanmoins que le 
fermier sera tenu de résilier le bail sans indemnité en cas de 
vente, ou que la Convention nationalle décidât en quelque 
autre forme sur les biens des pères et mères d'émigrés, et 
que dans le présent bail ne sont pas compris les maisons 
d'habitation, ny aucun meuble et effets inventoriés, à l'excep- 
tion de la vaisselle vinaire et futailles qui se trouveront libres, 
les coupes des bois réservées, et que le bail est fait aux 
mômes clauses, conditions et qualifications des biens des émi- 
grés eux-mêmes, pour trois années et trois récoltes, à moins 
que les cas prévus cy-dessus, n'interrompent le bail et que 



444 APPENDICE 

l'adjudicataire se chargera des capitaux des bestiaux sur l'esti- 
mation qui en sera faite de suitte. 

La mise à prix a été à 3,900 livres. 

Le troisième feu allumé et après plusieurs enchères, le 
bail a été provisoirement adjugé au citoyen Saint-Avit^ au 
prix de 9,800 livres. 

Le quatrième feu allumé s'étant éteint sans nouvelle enchère, 
le bail a été deffinitivement adjugé audit Jean Saint- Avit, habi- 
tant de Lectoure, au prix de 9,800 livres, et n'a signé pour ne 
savoir, de ce requis, et à l'instant ledict Jean Saint- Avit, adju- 
dicataire, a offert pour caution Jean Laboubée, habitant de 
Marsolan, et autre Jean Saint-Avit, habitant de Lectoure. 

Lecture faite de la susdite adjudication et charges d'icelle, 
les citoyens Laboubée et Saint-Avit, après l'avoir entendu 
ont déclaré se rendre caution dudict Jean Saint-Avit, adjudi- 
cataire, et s'obliger solidairement par les mêmes voyes et 
contraintes avec ledit adjudicataire et avec renonciation au 
beneffice d'ordre, division et discution, d'exécuter la susdite 
adjudication en tout son contenu envers les régisseurs de 
l'enregistrement, et a signé avec nous, ledit Jean Laboubée, 
caution, le citoyen Gezerac, receveur ; non ledit Saint-Avit, 
ni autre Saint-Avit aîné, caution, mais ont fait une croix en 
présence des citoyens Barrau fils, Barrieu, commis au district, 
Laboubée, Barrau, Barrieu, signés, enregistré. 

Collationné, 

MONBRUN. 

Le 14 Nivôse de l'An 4 de la Bépublique, le citoyen Branet, 
receveur de la Bégie nationale de l'enregisti-ement et du 
domaine national à Fleurance, donna quittance pour une 
somme do !),800 livres, i)rovenant de la vente des meubles de 
Jose[)h Galard, ex-marquis, cy-devant seigneur de Lisle-Bouzon 
et Magnas, département du Gers, en faisant déduction des 
frais de séquestre et de gardien, montant à 500 fr. 9:4*. 

* Archives de Magnas. 



445 APPENDICE 

Les métairies de La Garrièi e, Dubernet, La Salle, La Tour, 
Dubartassé, Le Pittre, La Bouridère, deux moulins à eau, un 
moulin à vent, des prairies, locateries, bois, forge et vignes, 
avaient été, en 4787, déclarées par estimation d'experts, rap- 
porter la somme le '21, 600 livres, non compris les droits 
féodaux du marquisat de Lisle-Bouzon. Le tout fut confisqué 
par la nation, et vendu 338,606 livres, au district de Lec- 
toure, l'an ii de la République ^ 

Le mobilier du château de Lisle-Bouzon, affiché et mis aux 
enchères, les 14, 15, 16 et 17 Messidor, l'an ii de la Républi- 
que, atteignit, comme nous l'avons vu, le prix de 9,800 livres. 
Les acquéreurs furent princi[)alement des habitants de loca- 
lités voisines. On nomme, dans le procès-verbal de la vente : 
« Les citoyens Cazaubon, Laljarthe, Lasserre, Esparbès, Sen- 
tis, Truillé, Lannes, ^lassoc, Laboup, Laporte, Canteloup, 
Carrère, Bavasse, Laforgue, Pêne, Laclavère, P^oux, LaboUe, 
Clamens, Ladevèze, Noguès, Cadéot, Barrieu, Bourgeat, 
Dubarry, Autin, Bascou, tous de l'Isle-Bouzon ; Duffour 
(d'AstaiTort), Gauran (de Plieux), Dansans (de Mauroux), 
Moussaron (de Gramont), Dauzas et Lafargue (de Saint- 
Léonard), Dufour et Jean Bordes (d'Ayraud), Roussel, Hérisson, 
Deluc, Vidaillan, Tartanat-Laburthe, Guilhemette, Courront 
(de Miradoux), Thévenin, Filou, Maignaut (de Saint-Clar), 
Pouzols, Dumoulin, Gavarret, Dupuy, Gamereyt, Ducasse, 
Béliard (de Lectoure), Lafont (d'Andiran), et nombre de 
curieux venus de Gastet-Arrouy, Saint-Avit et autres localités 
des environs ^. 



* Archives de Mngnas. 

' « Inventaire du mobilier garnissant le chAtcau de Lisle-Bouzon, que la nation nous 
a enlevé et vendu pendant la terreur, — Marquise de Galard. « — (Archives de Magnas.) 



446 APPENDICE 

Signification adressée à la citoyenne Galard-Lisle-Bouzon , 
cy-devant marquise et baronne de Magnas. 

Lisle-Bouzon, ce 25 Vendémiaire, 
3ine année Rép. 

L'arrêté du représentant du peuple du 14 du courant porte 
(art. vi) : le citoyen propriétaire d'une cy-devant chapelle ou 
d'un édilice sur lequel il y auroit des signes extérieurs d'un 
culte quelconque est tenu dans la décade, de faire disparaître 
leurs signes et de faire donner à la cy-devant chapelle une 
construction extérieure qui s'assimile aux édifices et propriétés 
des particuliers, sous peine d'être réputé suspect, traité comme 
tel et de confiscation dudit objet, lequel sera ensuitte démoli à 
la diligence de la municipalité. 

La municipalité t'invite et te requiert en tant que besoin 
seroit, de te conformer dans le délai prescrit, pour l'ex-cha- 
pelle de Magnas *, aux dispositions du susdit arrêté. 

Salut et fraternité. 

Roux, Maire, et Esparbés, Officier municipal. 

Jean-Antoine Laffitte, commissaire ; Gaillau, huissier. 



Acte de fondation de la Chapelle de Magnas (16781. 

L'an mil six cent soixante et dix huit et le 4^ jour du mois 
de Février, après-midi, dans le château noble de Magnas, 
reignant très chrétien Prince, Louis, par la grâce de Dieu, 
Roi de France et de Navarre, 

Par devant moi notaire royal au lieu de Gastelnau d'Arbieu, 
soussigné et témoins bas-nommés, constitué en sa personne, 
messire Jean de Saint-Géry, seigneur de Magnas, et autres 
places, lequel de son bon gré, pure et agréal)le volonté, en 

• Archives de Mngiias (Gers). La Clia|iclle de Magnas avait été élevée en 1G78. — Voir, 
ci-aprés, l'acte de fondation. 



APPENDICE 447 

exécution de l'ordonnance rendue par Monseigneur l'Evêque 
de Lectoure, le 15 septembre dernier, sur la demande à lui 
faite par le dit seigneur de Magnas, de l'édification d'une 
chapelle et bénédiction d'icelle aux offres de la mettre en état 
qu'on y put décemment célébrer la sainte messe, y établir un 
fonds convenable en faveur du sieur curé dudit Magnas et ses 
succeseurs à l'avenir, pour en dire une chaque semaine, et 
dailleurs et encore que ledit fonds fut suffisant pour que ledit 
curé puisse en cas de negligeance dudit seigneur de Magnas 
et ses successeurs à l'avenir, prendre sur iceluy de quoi entre- 
tenir ladite chapelle, bien couverte, lambrissée par le haut, 
bien vitrée et pavée, aussi un autel propre assorti de pare- 
ments, grédence, tableau, chasuble, habits blancs, missel, et 
d'un honnête calice d'argent : ayant ledit seigneur constituant 
satisfait au désir de l'ordonnance de mondit seigneur évèque, 
pour avoir mis ladite chapelle en l'état requis et proposé, en 
telle manière qu'il n'y a rien au dedans ni dehors ni autour 
de ladite chapelle qui ne soit convenable, et ne reste qu'à 
établir le fonds pour le service d'une messe par semaine et 
qu'a été établi par ledit seigneur de Magnas tant pour lui que 
ses successeurs à l'avenir et à perpétuité, à vingt livres par an, 
en fournissant le vin, le luminaire et adeo payable ladite 
somme de vingt livres de dix mois en dix mois à compter du 
jour de la bénédiction de ladite chapelle, laquelle dite somme 
de vingt livres ledit seigneur de Magnas a donné et donne audit 
sieur curé dudit Magnas et ses successeurs à l'avenir et non 
à d'autres prêtres, an par an, à quoi revient le nombre des 
dites pour une chaque semaine, et s'oblige de fournir lumi- 
naire, vin et adeo pour dire ladite messe, et pour le paiement 
de ladite somme de vingt livres ledit seigneur affecte et hypo- 
thèque tous et chacun des biens présents et à venir et notam- 
ment la métairie de Hontconque, juridiction de Lectoure, sur 
laquelle sera encore pris de quoi entretenir ladite chapelle et 
icelle tenir en état qu'elle est à présent, ainsi que tous les 
témoins bas-nommés en conviennent après l'avoir exactement 
visitée par le dehors et le dedans et particulièrement ledit sieur 



448 APPENDICE 

curé qui en demeure d'accord aussi bien que de ladite dona- 
tion de ladite métairie d'Hontconque pour le paiement desdites 
messes et entretien de ladite chapelle, lequel, maître Jean Pépet, 
prêtre et curé dudit Magnas, sous le bon plaisir de mon dit 
seigneur évêque dudit Lectoure, tant pour lui que ses dits 
successeurs à l'avenir, tant pour la gloire de Dieu que pour 
correspondre à la piété du dict seigneur de Magnas, a accepté 
et accepte et promet de dire une messe chaque samedi de 
l'année dans ladite chapelle, ou en défaut se trouvoit quel- 
qu'empêchement légitime par quelque fonction curiale ce 
jour-la, en prendrait autre de la semaine aux conditions et 
otYres susdites et faculté de pourvoir comme dit est à l'entre- 
tien de ladite chapelle sur le fonds dudit Hontconque, faute 
par ledit seigneur ou ses successeurs de le faire, à raison de 
quoi ledit seigneur ayant pleinement satisfait quant à présent, 
à l'ordonnance de mon dit seigneur l'évêque de Lectoure et à 
condition de l'observer à l'avenir selon sa forme de teneur, il 
espère de mon dit seigneur évêque la bénédiction de ladite 
chapelle, attendu la dotation qu'il en fait à présent, vérifica- 
tion de l'état actuel qu'elle est et acceptation du service par 
ledit sieur curé de Magnas, obligeant ledit seigneur comme 
dit est, tous et chacun ses biens présents et à venir et notam- 
ment ladite métairie de Hontconque pour le service et entre- 
tien de ladite chapelle à perpétuité, et ledit sieur curé accep- 
tant le service à peine do toute indemnité, consentant ledit 
seigneur que ladite fondation soit spiritualisée et enregistrée 
au Grelle ecclésiastique, comme il plana à mon dit seigneur 
l'évêque, et tout ce dessus lesdites parties ont réciproquement 
stipulé et accepté cliacun en ce qui les concerne, promettant le 
tout tenir, garder et obseiver à l'obligation de tous et chacun 
leurs biens présents et à venir, iceux soumis aux forces et 
rigueurs de justice, et ainsi l'ont promis et juré, en présence de 
Monsieur Jean de Larribau, prêtre et recteur dudit Castelnau, 
Pierre Eipau, habitant dudit lieu, signé et ledit seigneur et 
ledit sieur Pépet, curé dudit Magnas. Approuvant l'augmen- 
tation de vingt livres, et ratures faites audit acte avec ledit curé 



APPENDICE 449 

de Castelnau, non le ditErpau, pour ne savoir, de ce requis, par 
moi qui ai retenu et expédié, sans pouvoir servir en justice 
qui ne soit en grosse et parchemin timbré. 

Signé : 
Desponts, notaire royal. 
(Sur le timbre : Généralité de Montauban^ Foix et Bigorre ^) 

Le Conseil municipal de Mauroux, à l'exemple de celui de 
Lisle-Bouzon, tenait à la disparition de tout ce qui pouvait rap- 
peler le régime tombé. Voici la lettre qu'il écrivit, le 8 décem- 
bre 1790, au comte de Grossolles, son ancien seigneur. 

A Monsieur Grossolles cadet, à Saint-Martin. 

Il y a déjà long-temps, Monsieur, que vous devès avoir été 
prévenu par M. le procureur de la commune de notre muni- 
cipalité que vos giroiettes placées sur deux maisons de notre 
territoire ne pouvoient y être plus long-temps; nous scavons 
même que le dict procureur vous en a fait avertir par vos 
agens; malgré cella, vous vous êtes roidi jusqu'à ce jour à les 
y laisser ; vous aves fait la sourde oreille et nous avons gardé 
le silence jusqu'à ce jour; mais maintenant il n'est plus temps 
de tergiverser; vos giroites doivent être otées incessamment, 
et nous espérons que dans vingt-quatre heures elles ne seront 
plus en leur place actuelle. Faute de ce, nous sommes forcés 
de vous déclarer que nous en ferons notre affaire ; nous avons 
l'honneur d'être, Monsieur, votre très-humbles et très-obéis- 
sants serviteurs, — les officiers municipaux de Mauroux, 

Signé, le 8 Décembre 1790, 

CouAix, maire. 

Serres, Duprat, 

Pertuzé, officier municipal, 

Mauquié, prêtre de la commune^. 

Nota. — Ce dernier est aussi vicaire du dit Maurou.K et de Saint- 
Martin. 

1 Archives de Magnas, liasse de papiers concernant la chapelle du château 
' Archives de Saint-Martin de las Houmetos (Gers). 

29 



450 APPENDICE 

Sommation, adressée le 24 germinal, au Régisseur du 
cy-devant domaine de Lisle-Bouzon, représentant le propi'ié- 
taire dudit domaine, en la pi'ésente année : 

« Le citoyen Vital Massoc vous requiert à prêter une 
Bari(|ue vide poui- porter de l'eau de Salpaitre i>rise dans la 
sy-devant Eglise de i.isie, poui' })Oi'ter à Saint-Ciai", le 12(» 
germinal. » 

<t IJsle, ce 24 germinal, l'an deuxième de la Hépuldique 
une et indivisiMe. 

Aragon, olTicier, 
Cadkot, agent*. 



' Arcliivei do Ma|{nas-SuiiU-Clar (dors). l'a|iiei-t do I» «t'iKiiourif dv l'l:ilo-it(>uiun 



CKIVriFK.AT MOimiyVlUK 



)K JKAN, IU)SK l)K (lALAlU) 



Di^crdt^, le (> juin ISOO , à Cîn'is:(i(t)ixl(r(J 

En risle Sainte-Croix, 

{amkiuoi'k) 



APPENDICE 453 



Certificat Mortuaire de Jean Rose de Galard 
décédé, le 6 juin 1800, à Christianstœd 
en risle Sainte-Croix, Amérique 



DÉCLARATION D'EMBARQUEMENT 

Je, soussigné, consul de Sa Majesté le Roi de Prusse dans 
le port et ville de Bordeaux, déclare, atteste et certifie par la 
présente que le citoyen Jean-Rose Galard de MagnaS;, dépar- 
tement du Gers, s'est embarqué pour Saint-Thomas et Saint- 
Domingue dans le navire Prussien le Vriendsha}) d'Emsen, 
commandé par le capitaine Johann Schmidt, muni de son 
passeport du Gouvernement français, et qu'il a été enregistré 
dans le livre du consulat, en datte du 12 frimaire (3 décem- 
bre 1779). 

En foy de quoy j'ai délivré la présente, muni du sceau du 
consulat. 

Fait au consulat de Prusse à Bordeaux, le 28 frimaire, 
an 8. 

J.-H. WlISTEMBERG. 

Vu pai- le commissaire principal de marine à Bordeaux. 

A. Bergerin. 

Vu par l'administrateur du bureau central du canton de 
Bordeaux pour la légalisation de la signature du citoyen 
Bergerin. 



454 APPENDICE 

Fait à Bordeaux, dans la maison d'administration, le 29 
frimaire, l'an 8 républicain. 

G. Fieffé. 
Dalurens, secrétaire. 

Vu par nous, administrateur du département de la Gironde, 
pour la légalisation de la signature du citoyen Fieffé. 
Bordeaux, le 29 frimaire, an 8 de la République française. 

Partarieu, Journaube, 
DuMÈRE, secrétaire, 



CERTIFICAT MORTUAIRE 

Le sept de juin mil huit cent, le corps de Jean-Rose de 
Galard de Magnas, mort liier, à 9 heures du soir, âgé de vingt- 
deux ans, (nouvellement arrivé de France), a été enterré avec 
les cérémonies prescrites par la sainte Eglise, par moi, prêtre 
catholique romain et curé des catholiques romains de la ville 
est juridiction de Clnistianstœd en ITsle de Sainte-Croix en 
Amérique. 

Signé : Math. Hérard, prêtre c. r. curé. 

Donné par moi, soussigné, en la maison curiale de Chris- 
tianstœd, en ITsle de Sainte-Croix, le dixiesme jour de juin mil 
huit cent. 

Signé : Matliieu Hérard, p. c. r. et curé. 

Moi, le sou-ssigné lïans West, notaire public de Sa Majesté 
Danoise pour l'Isle de Sainte-Croix en Amérique, fait savoir 
à tous ceux qu'il appartiendra, que la signature cy-dessus de 
Mathieu Hérard est celle du curé de l'Eglise romaine en cette 
Isle, qui est duement autorisé dans ladite capacité de passer 
des pareils certificats. 



APPENDICE 455 

Ce que je certifie en apposant ma main et le sceau du nota- 
riat de cette Isle de Sainte-Croix. 
Ce 16 juin 1800. 

Signé : Hans West, not. publ. 

Collationné et vidimé par moi Jean-Baptiste Porée, chance- 
lier du commissariat particulier des relations commerciales 
de la République française, à Philadelphie, y résidant, sous- 
signé sur l'original de la pièce cy-dessus transcrite, qui, pour 
cet effet, m'a été présenté et que j'ai de suite rendu. 

Philadelphie, ce 18 ventôse de l'an 9 de la dite République 
une et indivisible. 

Porée. 

Je, Philippe-Joseph Létombe, soussigné, chargé d'affaires de 
la République française et son commissaire général et parti- 
culier des relations commerciales à Philadelphie, certifie à tous 
ceux qu'il appartiendra, que le citoyen Jean-Baptiste Porée 
qui a signé cy-dessus, est chancelier du commissariat parti- 
culier et que foi doit être ajoutée à sa signature, tant en juge- 
ment que hors ; en témoin de quoi j'ai délivré ces présentes 
auxquelles j'ai fait apposer le sceau dudit commissariat parti- 
culier. 

Philadelphie, ce 18 ventôse, l'an Q de ladite République 
une et indivisible *. 

Létombe. 



Archives du château de Magnas-Saint-Clar (Gers). 



NOTICE 

SUR LA F A M ILLE 



DE 



PORTES 



APPENDICE 459 



Notice sur la famille de Portes. 



Jean-François de Portes, marquis de Pardeilhan, conseiller 
au Parlement de Toulouse, de 1704 à 1712, appartenait à 
une bonne et ancienne famille du Languedoc, originaire de 
Nîmes ^ Son fils, François-Joseph de Portes-Pardeilhan, fut 
premier président de la seconde chambre, à Toulouse, en 
1736. Il rendit hommage au Ptoi, pour sa terre de Pardeilhan, 
le 6 juillet 1722. 

Antoine-François-Auguste, marquis de Portes, baron de La 
Pêne, (marié avec Marie de Gasamajor de Charritte), devint 
aussi président de la seconde chambre au Parlement, de 
1759 à 1764, et gouverneur de Toulouse et de l'Albigeois. 

Le marquis de Portes, conseiller au Parlement de Toulouse, 
en 1755, assista à l'Assemblée générale de la noblesse du 
Languedoc, en 1789, avec son frère, Jean-Joseph-François- 
Thomas, comte de Portes, grand-sénéchal du Languedoc, 
marié avec Catherine de Beauvarlet de Bomicourt. 

On conserve dans un registre du Capitole de Toulouse, les 
reconnaissances générales et particulières du lieu d'Assignan, 
consenties pour messire François-Joseph de Portes, marquis 
d'Assignan, seigneur de Pardeilhan, Saint-Martial et autres 
lieux, président au Parlement de Toulouse par les consuls 
et habitants d'Assignan , le 10 novembre 1740 et le 
29 janvier 1747, passées par-devant maître Joseph Giran, 
notaire royal de la ville de Saint-Chinian. 

(Nobiliaire Toulousain). 

Ce fut en faveur de François-Joseph de Portes, président 
aux enquêtes du Parlement de Toulouse, que le roi Louis XV 

* Lors de la révocation de rEdit de Nantes, une branche de la maison de Portes fut 
s'établir en Suisse, où elle subsiste encore 



i 



460 APPENDICE 

éleva, en février 1747, la baroiinie de Manses, diocèse de 
Mirepoix, au rang de marquisat sous le nom de marquisat de 
Portes. Le roi motive cette grâce spéciale par les grands ser- 
vices rendus à lui et à ses prédécesseurs soit dans le métier 
des armes, soit dans les dignités judiciaires, par Jean-François 
de Portes et ses ancêtres en ligne paternelle et maternelle. 

Archives de Magnas (Gers). 
(Voir ci-après, les lettres patentes.) 

Extrait généalogique sur la Famille de Portes 



Noble Pierre de Portes, épousa, vers 1600, Suzanne de 
Larroque. 

François de Portes, baron de Pardeillan, épousa, en 1655, 
Marie de Guibal. 

Jean-François de Portes-Pardeilhan, épousa Marguerite de 
Vilepassans. 

François-Joseph de Portes-Pardeilhan, épousa Henriette 
d' Aignan-d'Orbessan . 

Antoine-François- Auguste de Portes, épousa Marie de 
Casamajor de Charritte. 

Jean-Joseph-François-Thomas, comte de Portes, épousa, le 
13 novembre 1777, G. de Beauvarlet-Bomicourt. 

Ils eurent deux enfants : 

l'J Auguste, marquis de Portes, marié, en premières noces, 
avec Mademoiselle de La Place, dont une fille, la marquise de 
Colbert-Gliabanais, et en deuxièmes noces, avec Mademoiselle 
de Martel, dont : la vicomtesse de Sapinaud, madame de 
Montgomery, et le marquis Georges de Portes, qui a continué 
la descendance. 

2'i Et Catherine-Amélie de Portes, née le 20 juin 1785, ma- 
riée le 6 juin 1803, avec Louis-Ray mond-Gharles, marquis de 



APPENDICE 461 

Galard, de l'Isle-Bozon, baron de Magnas, grand-père du 
marquis Hector de Galard-Magnas, marié avec E. de Grussol- 
d'Uzès, et du comte Bertrand de Galard-Captan, marié avec 
E. d'Estampes-Mauny. 



Lettres- Patentes, portant érection de la Terre de Manses en 
Marquisat, sous la dénomination de Marquisat de Portes, 
données à Versailles au mois de Février 1747, régistrées 
au Parlement de Toulouse le 25 dudit mois et an, et en 
la Cour des Comptes, Aijdes et Finances de Mo7îtpellier, 
le il Mars suivant. 

Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, 
à tous présens et à venir, salut. 

Notre amé et féal le sieur François-Joseph de Portes de 
Pardailhan, baron de Pardaillian, président aux enquêtes de 
notre Gour de Parlement de Toulouse, Nous a fait représenter 
qu'il est propriétaire de la Terre et Seigneurie de Manses, 
situées dans le Diocèse de Mirepoix en notre Province de 
Languedoc, en toute justice et autres droits Seigneuriaux et 
Féodaux, en dépendans, mouvante et relevante de Nous, et 
ressortissante au Sénéchal de Limoux, et que cette terre qui 
est composée des Paroisses et Consulats de Manses, Teilhet, 
Vais, Saint-Félix, Lapenne, Villauton, Cazazils, Ribouisse, 
Seignalens, Lignairolles, Corbières et Laures, circonstances et 
dépendances, se trouve par son étendue, par les droits et 
revenus considérables qui en dépendent, et par les arrière- 
fiefs qui en relèvent, en état de porter le titre, nom et dignité 
de Marquisat, s'il nous plaisoit lui accorder nos lettres d'érec- 
tion sur ce nécessaires, sous le nom de Marquisat de Portes. 
Mettant en considération l'ancienneté de la famille de l'expo- 
sant et les services que lui et ses ancêtres, tant paternels que 
maternels, Nous ont rendus, et aux Rois nos prédécesseurs 



462 APPENDICE 

soit dans les différents emplois militaires dont ils ont été 
honorés, soit dans les principales charges de la magistrature 
dont ils ont été revêtus et qu'ils ont rempli avec autant 
d'honneur que de dignité, notamment le sieur de Bertier de 
Monravé, son bisayeul maternel, premier président en notre 
Cour de Parlement de Toulouse, dont il fut pourvu en l'année 
1632, et qu'il a exercée avec distinction pendant plusieurs 
années ; et voulant lui donner des marques honorables de 
la satisfaction que nous en avons, et le gratifier de quelque 
nouveau titre d'honneur qui puisse passer à ses successeurs, 
et ces causes, et pour autres considérations à ce nom nouveau. 
Nous avons de notre grâce spéciale, pleine puissance et auto- 
rité royale, créé, érigé et élevé, et par ces présentes signées de 
notre main, créons, érigeons et élevons ladite terre et seigneu- 
rie de Manses, avec tous les fiefs qui la composent, que nous 
avons unis et joints pour ne composer à l'avenir qu'une seule 
et même terre,, en titre, nom prééminence et dignité de Mar- 
quisat, sous la dénomination de Marquisat de Portes ; à l'elYet 
de quoi, (c Nous avons commué et changé, commuons et chan- 
» geons ledit nom de Manses en celui de Portes », pour être 
à l'avenir ladite terre et seigneurie tenue et possédée par ledit 
sieur de Porles-Pardailhan, et ses enfants, postérité, et descen- 
dants, nés et à naître, en légitime mariage audit nom, titre et 
dignité de marquis de Portes. Voulons qu'il se puisse dire et 
qualilier tel en tous actes, tant en jugement que dehors ; et 
qu'en cette qualité il jouisse des honneurs armes et blazons, 
prérogatives, lang prééminence en fait de guerre. Assemblée 
d'Etats et de Noblesse, et autres avantages et privilèges, ainsi 
que les autres marquis de notre royaume, encore qu'ils ne 
soient si particulièrement exprimés ; que les vassaux, arrière- 
vassaux justiciables et autres tenant noblement ou en roture 
dudit Marquisat de Portes, le reconnoissent pour tel, faisant 
leurs foi et hommage, et baillent leurs aveux et dénombrement 
le cas y échéant, sous ledit nom, qualité et dignité de Marquis 
de l'orles, sans toutefois que pour ladite érection de Marqui- 
sat, et changement de titre il y ait aucun changement de mou- 



APPENDICE 463 

vance, et que ledit marquis soit tenu envers nous, ni ses 
vassaux, arrière-vassaux et tenanciers, envers lui à d'autres ni 
plus grands droits que ceux qu'ils doivent à présent. Voulons 
pareillement que les Officiers exerçant la justice dans ladite 
Terre et Marquisat de Portes, intitulent leurs sentences et 
jugements de ladite qualité de marquis sans aucune multipli- 
cité de degrés, changement de ressort, ni contravention aux 
cas royaux, dont la connoissance appartient à nos baillifs et 
sénéchaux, et sans qu'à défaut d'enfants mâles nés en légitime 
mariage, nous puissions, ni nos successeurs Rois, prétendre 
la réunion dudit Marquisat à notre Domaine, en conséquence 
de l'ordonnance du mois de juillet 1506, et autres sur ce inter- 
venues auxquelles nous avons dérogé et dérogeons par ces 
mêmes présentes, pour ce regard seulement. Si, donnons et 
mandons, à nos amez et féaux conseillers, les gens tenant notre 
Cour de Parlement de Toulouse, Cour des Comptes, Aydes et 
Finances de Montpellier, Présidons, Trésoriers de France, 
Généraux de nos Finances à Toulouse et à tous autres nos 
Officiers et justiciers qu'il appartiendra, que ces présentes ils 
ayent à faire régistrer; et du contenu en icelles jouir et user 
l'exposant, pleinement paisiblement et perpétuellement, ces- 
sant et faisant cesser tous troubles et empêchements contraires, 
auxquels Nous avons dérogé et dérogeons par ces mêmes 
présentes ; car tel est notre plaisir ; et afin que ce soit chose 
ferme et stable à toujours. Nous avons fait mettre notre scel à 
cesdites présentes. 

Donné à Versailles au mois de Février Fan de grâce mil sept 
cent quarante-sept, et de notre règne le trente-deuxième. 

Signé : Louis. 

Et plus bas par le Roy, 

Phelypeaux. 
Visa : Daguesseau. 

Les présentes Lettres-Patentes ont été régistrées par nous 



464 



APPENDICE 



greffier soussigné es registres de la Cour du Parlement de 
Toulouse, en conséquence de son Arrêt du 25 Février 1747. 

Lagarde. 

Controllé : Verlhac. 

Les présentes ont été régistrées es registres de la Cour des 
Comptes, Aydes et Finances de Montpellier pour jouir de 
l'effet y contenu, suivant l'Arrêt de ce jourd'huy, 11 Mars 
1747. 

Pouget. 

Controllé : Albisson. 

Collationné par nous conseiller-secrétaire du Roi, Maison et 
couronne de France en la chancellerie de Languedoc, près le 
Parlement de Toulouse. * 



• Archives de Magnas (Gers), et de Portes (Arièj 



NOTICE 



SUR LA FAMILLE 

DE 

GAPTAN 



30 



APPENDICE 467 



Notice sur la famille 
de Captan-Monein-Bourrouillan 



Les Cap tan , barons de Bourouillan , seigneurs de La 
Cassore ^ Beaunom, Monein, Gouhin, Projean, Gastera, etc., 
étaient originaires de La Plume en Bruilhois ^ et se transpor- 
tèrent au xvF siècle, dans la ville de Saint-Sever-Chalosse. 

Bernard de Cap tan fut député aux Etats-Généraux^, en 1576. 
{Histoire de Gascogne, par Monlezun.) Son fils épousa Anne 
de Beaunom, et devint lieutenant-général de la prévôté royale 
de Saint-Sever, l'année 1667. 

Monsieur de Gap tan, lieutenant-général au baillage de Brui- 
lhois, fut envoyé (1609), vers Henry IV, vicomte de Bruilhois, 
pour retirer des mains d'Etienne de Bernard, la seigneurie de 
Plaichac, et, moyennant 600 livres payées au seigneur dépos- 
sédé, l'ajouter à la ville royale de La Plume. 

Pierre de Captan, marié avec Catherine de Labatut, pre- 
mier consul et maire perpétuel de Saint-Sever, fit construire 
dans cette ville, la fontaine publique, où son nom est inscrit 
avec la date de 1684. 

Antoine de Captan, capitaine de cavalerie au régiment de 
Gondé, chevalier de Saint-Louis, auteur de la branche de 
Bourrouillan-d'ArmagnaC;, naquit vers 1676. Il fut convoqué 
en 1702, avec la Noblesse de la Sénéchaussée de Saint- 
Sever. 

Décédé, le 17 février 1755, on l'ensevelit dans l'église des 
Jacobins de cette ville. Sa femme, Jeanne de Montbeton de 

1 En 1550. 

2 Frontet de Captan, qualiiié de noble dans un acte du 4 décembre 1512, lesta le 20 
novembre 1550. 



468 APPENDICE 

Bourrouillan ^ était héritière de ce nom. Leur fille, Gérarde 
de Gaptaii, épousa noble Jean-Pierre de Batz, officier au régi- 
ment de Lorraine, et leur lils Jean-Joseph de Gaptan, cornette 
de cavalerie au régiment de Gondé, en 1735, marié avec 
Marie d'Arnaud, fut grand-père de Pierre de Gaptan, baron 
de Bourrouillan, qui assista à l'Assemblée de la Noblesse 
d'Armagnac, convoquée par le marquis d'Angosse, grand- 
sénéchal (1789). 

Pierre de Gap tan, seigneur de Monein et Gouhin, capitaine 
au régiment de Gondé-cavalerie, fut créé major et chevalier de 
Saint-Louis, à la bataille de Lawfeld. Sa femme était Angélique 
de Cours-, iille du seigneur baron du Vigneau et d'Angélique 
de Lassalle-Boquefort. 

Antoine de Gaptan-Monein^, capitaine de dragons (1786), 
mourut à l'armée de Gondé et fut inhumé dans l'église de 
Manheim. Son frère, Pierre-Augustin-Frédéric-Joseph, né en 
1769, officier au régiment d'Aunis, chevalier de Saint-Louis, 
servit dans l'armée des Princes, et après son licenciement, 
émigra en Ecosse, où il s'embarqua avec Lord Moira, pour 
une expédition scientilique. A son retour en France, Monsieur 
de Gaptan se maria, à Saint-Sever (Landes), avec Paule- 
Gamille de Bourdeau-d'Audigeos de Gastera, dont il eut deux 
filles : La baronne de Borda-Labatut '^, décédée sans enfants, 
et la marquise de Galard-Magnas. Héritier du titre de baron 
par la mort de son cousin Pierre-Dominique de Gaptan- 

* Les armes dct> Bourrouillan anciens étaient : d'azur à la croi.x d'or. 

Les Monbelon-Bourrouillan portaient : aux premier et quatrième d'azur à la croix d'or 
au deuxième d'or à deux cloches d'argent bataiilées de sable, au troisième de gueules 
aux deux burettes d'argent. 

■^ Armes des Cours : écarlelé aux premier et quatrième d'azur au lion d'or, aux 
deuxième et troisième de gueules à une meule de moulin d'argent. — Les Cours de 
Maupas portaient : d'argent au pin de sinople terrassé de sable, senestré d'un lion contre- 
rampant de gueules, couronné de même. 

•* Armes des Borda ; écartelé, au premier d'or à trois chevrons de gueules, au deuxième 
d'azur au paon rouant d'argent, au troisième d'azur à trois poissons d'argent, posés en 
fascc, au quatrième d'or, à la levrette de gueules, colletée d'argent. 

(Archives de Ca|ilan-Ca.stera et de Magnas.) 



I 



APPENDICE 469 

Bourrouillan, le chevalier de Gaptan-Monein a été le dernier 
de son nom. La Restauration l'avait nommé, en 1817, com- 
mandant de l'arrondissement de Saint-Sever. 

En vertu du jugement de maintenue de Monsieur Bazin de 
Bezons, Pierre et Joseph de Gaptan furent inscrits dans le 
catalogue des nobles de la sénéchaussée de Saint-Sever, et 
leurs armes furent enregistrées dans l'Armoriai général 
de 1698, par Charles d'Hozier, de la façon suivante : écartelé 
au premier d'azur, au chevron d'or accompagné de cinq besans 
malordonnés de même, posés, deux en chef, trois en pointe ; 
au deuxième, de gueules au cygne d'argent ; au troisième, de 
gueules à trois fasces ondées d'argent ; au quatrième, d'azur à 
trois étoiles malordonnées d'or. 

Mais dans la collection des sceaux, aux archives des Basses- 
Pyrénées, on trouve les armes de Jean-Joseph de Gaptan, 
seigneur de Bourrouillan, dans un cartouche ovale, de vingt- 
un millimètres sur dix-neuf, en cire rouge, plaqué sur un 
dénombrement daté d'Auch, le 24 septembre 1754, ainsi dis- 
posées : au premier, d'azur à trois d'étoiles d'or, au deuxième, 
d'azur au cygne d'argent, au troisième, d'azur au chevron d'or 
accompagné de cinq besans du même, posés deux en chef et 
trois en pointe, au quatrième, d'argent à trois fasces ondées 
de gueules; timbrées d'une couronne de comte'. 



' L'Histoire dt; la fainillu de Cuptan a été magistralement ccrit<; |»ar Monsieur l'abbé 
Cazauraii, dans sou beau livre, La Uiirunnic de Bourrouillan, 



LES 

ÉMIGRÉS A L'ÉTRANGER 

PENDANT LA 

RÉVOLUTION 

FRANÇAISE 



APPENDICE 473 



Les Emigrés à l'Etranger pendant la 
Révolution Française 



L'émigration, excusable en tant que nécessité de se sous- 
traire à la mort, fut, comme système politique, une grande 
erreur; sans parler des nombreux défenseurs qu'elle enlevait 
à l'ordre, dans l'intérieur de la France, elle dépopularisait 
une belle cause, en paraissant l'associer aux prétentions de 
l'étranger. 

Le comte de Puymaigre, dans ses « Souvenirs de 1778 d 
1833 y>, tout en rendant hommage à la valeur du petit corps 
d'armée de Condé, juge parfaitement la faute qui fut commise 
par les Princes, en plaçant le drapeau blanc sous la protection 
des ennemis anciens du pays. Il eut été plus habile de concen- 
trer en Bretagne et en Vendée, tous les gentilshommes parti- 
sans du Roi, qui auraient ainsi combattu sur leur territoire, 
et qui auraient appelé à eux la partie valide de la nation hostile 
aux excès révolutionnaires. 

Malgré leur misère, les Emigrés n'avaient point perdu 
l'habitude de l'ancienne étiquette qui présidait jadis à tous 
les actes importants de leur vie; ils conservaient leurs titres 
nobiliaires et ceux de leurs dignités passées. Môme après dix 
ans d'exil, ils ne renonçaient pas à l'espoir de voir arriver le 
terme de leurs maux, et de reprendre, en France, les charges 
qu'ils y occupaient autrefois. Si quelques-uns ne surent pas, à 
l'étranger, demander au travail un moyen d'existence, le plus 
grand nombre mena dignement une vie de privations et sup- 
porta avec courage et résignation un malheur tel que jamais 
ce monde élégant et raffmé n'en avait rêvé de pareil. 

Nous avons découvert, et nous citons ici, un acte de naissance 
qui fut dressé à Munster, en 1802, dans lequel la mère qualifiée 
de haute et puissante dame était aloi's ol)ligée, pour vivre, de 
demander à son aiguille le pain de chaque jour. 



474 APPENDICE 

Extrait du Registre des Baptêmes de la paroisse 
de Saint- Lambert, dans la ville de Munster, en Westphalie. 

c Aujourd'hui samedi, troisième jour du mois d'avril, an mil 
huit cents deux, dans l'église paroissiale de Saint-Lambert, à 
Munster, en Westphalie, et en présence de M. le curé de la 
paroisse, 

Nous, Cardinal de Montmorency, Evêque de Metz, Prince 
du Saint-Empire, grand-aumônier de France, et commandeur 
de l'Ordre du Saint-Esprit, avons baptisé Emmanuel-Louis- 
Charles- Jules -Marie, né dans la nuit précédente, vers les onze 
heures, fils légitime de très-haut et très-puissant seigneur 
M. le comte Caprais de GrossoUes-Flamarens, et de très-haute 
et très-puissante dame, Ghristine-Marie-Françoise de Riquet 
de Caraman, comtesse de Grossolles-Flamarens, ses père et 
mère. Le Parein a été Monseigneur Emmanuel-Louis de Gros- 
solles-Flamarens, évêque de Périgueux i, qui a été représenté 
par jMonseigneur Louis- Charles du Plessis-d'Argentré, évêque 
de Limoges, et la Mareine Madame la comtesse de Mac-Mahon, 
née de Riquet de Caraman, et ont signé avec nous dans le 
présent Registre : Monseigneur l'Evéque de Limoges, repré- 
sentant de Monseigneur l'Evoque de Périgueux, Madame la 
comtesse de Mac-Mahon, mareine, Monsieur le curé de la 
paroisse de Saint-Lambert, à Munster, en Westphalie, le jour 
et an que dessus. 

Fridericus Matthias Berghans, 
Pastor Sancti Lamberti. 
Die 13 Aprilis 4802. » 

A Hambourg, le vicomte d'Abzac, ancien premier page du 
Roi, enseignait l'équitation, après avoir été pendant dix-sept 



' Monsieur de Grossolles-Flamarens, évoque de Périgueux, était alors émigré eu Angle- 
terre, où il mourut en 1815. 



APPENDICE 475 

ans, commandant du manège Royal de Versailles ; à Bruxelles, 
le baron de Maynard, donnait des leçons d'escrime ; à Lon- 
dres, le marquis de Galard, vivait de son pinceau ; son cou- 
sin, le chevalier de Terraube, entrait, comme précepteur, à 
Brunswick, chez le baron de Marenhoff, et plus tard chez le 
comte de Guttichan, mais il ne s'en qualifiait pas moins hau- 
tement d'ancien page de Monsieur ^, capitaine au régiment des 
dragons de la Reine, chevalier de Saint-Louis, de Saint-Jean 
de Jérusalem, et chevalier de justice dans l'Ordre de Malte. 

En Ecosse, le chevalier de Captan-Monein, ex-capitaine au 
régiment de Condé-dragons, s'embarquait avec Lord Moira 2, 
pour une expédition scientifique autour du monde ; le duc 
de La Force élevait en Angleterre une imprimerie, dont les 
produits, portant son nom, sont encore recherchés par les 
bibliophiles; en Russie, les Damas, les Crussol-d'Uzès, les 
Blacas, les Saint-Priest, en Allemagne, les Launay, en Autri- 
che, les Rohan, étaient entrés dans l'armée et mettaient leur 
activité et leur expérience au service du souverain qui leur 
donnait asile, tandis que le duc de Richelieu fondait, à Odessa, 
une ville nouvelle, célèbre par la perfection de son organisa- 
tion civile et monumentale. 

En Angleterre, les émigrés avaient trouvé un assez bon 
accueil dans la population, et cependant l'hospitalité qu'on 
leur offrait, était, comme en Allemagne, pleine de méfiance et 
de réserve de la part du gouvernement ^, sur qui retomba 
la responsabilité du massacre de Quiberon. 

Le 10 janvier 1793, il parut un acte du Parlement relatif aux 
étrangers arrivant sur le sol Britannique, mais adressé spé- 
cialement aux malheureux forcés de s'expatrier de France, 
pour conserver leur vie. 

1 Plus tard Louis XVIII. 

' Devenu Lord Hastings 

' A Augsbourg, la municipalité Allemande avait fait imprimer et placarder l'avis sui- 
vant : « Aucun hôte, aubergiste ou bourgeois, ne s'hazardera pas de donner abris à 
« aucun émigré Français sous l'amande de dix écus. » 



i76 APPENDICE 

Nous le donnons en entier, avec ses incorrections de langage 
et d'orthographe, tel qu'il fut affiché, en français, sur les murs 
de Londres. 



Extrait de Vacte du Parlement relatif aux Etrangers 
arrivants ou demeurants dans ce royaume. 

1 

(( Il est ordonné que tout maitre ou capitaine de vaisseau qui 
prendi'a terre dans un Port de ce royaume, déclarera aussitôt 
au Collecteur de la Douane de l'endroit, et cela par écrit, le 
nombre des étrangers qu'il a, à son bord, leurs noms, rangs 
et occupations. 

2 

Faute à lui de faire ladite déclaration il sera condamné à 
une amende de 5 livres sterling, pour chaque étranger non 
déclaré. 

3 

Tout étranger qui arrivera dans ce Royaume depuis le 10 de 
janvier 1793 inclusivement, déclarera aussitôt par écrit, au 
Collecteur do la plus prochaine Douane, ses noms, rang et 
occupation, et s'il est domestique, les noms, etc., de son 
maitre ou de sa maîtresse, on fera une déclaration verbale à 
cet effet qui sera rédigée par écrit par ledit Collecteur. Il 
déclarera aussi le pais on il a fuit sa principale résidence 
durant les six derniers mois, faute de quoi, ou dans le cas 
d'une fausse déclaration, il sera condamné à sortir du Royau- 
me, et s'il retourne, il sera transporté pour la vie. 

4 

Tous Etrangers arrivant dans ce Pays-ci recevront du Col- 
lecteur de la Douane une copie certifiée par lui de la Déclara- 
tion (ju'ils lui auront faite. 



APPENDICE 477 



Sont exceptés les marins Etrangers formant l'équipage des 
vaisseaux déclarés par le maitre au Collecteur. 

6 

Il est défendu aux Etrangers d'apporter dans ce Royaume 
aucune arme, poudre à canon ou munition de guerre quel- 
conque, excepté les Articles de i\Iarchandise autorisée par la 
Loi, et il est permis aux Officiers de la Douane de se saisir de 
toute Arme, etc., après en avoir pris un Etat par écrit. 



Lorsque Sa Majesté jugera à propos de défendre, par Procla- 
mation ou Ordonnance de son Conseil, l'Abordage ou l'Entrée 
de ce Royaume aux Etrangers, ou de ne leur permettre 
d'aborder que dans certains Ports, tout maitre ou capitaine 
ayant des Etrangers à son bord qui permettroit aux dits 
Etrangers de prendre Terre dans le Royaume contre la dispo- 
sition de ladite Proclamation, (à moins d'avoir une permis- 
sion expresse de Sa Majesté), payera une Amende de 50 
livres sterling pour cbaque Etranger, et son navire sera con- 
fisqué. 

8 

Il ne sera permis à aucun Etranger de sortir du Lieu, ou il 
aura débarqué (excepté pour faire la susdite Déclaration), 
sans avoir obtenu du maire, ou autre magistrat de l'Endroit, 
ou du Juge de Paix du District, un Passeport, dans lequel 
seront spécifiés les nom, rang et occupation du dit Etranger, 
ainsi que le nom de la Ville où il se propose d'aller. 

9 

Tout Etranger (à l'exception des Domestiques actuellement 
au service des Anglais) arrivé dans ce Royaume depuis le l^r 
janvier 1792, ou qui y arrivera, voulant changer de demeure, 



478 APPENDICE 

OU quitter la ville, ou il sera arrivé en vertu de son premier 
Passeport, demandera du Maire ou Juge de Paix de la Ville ou 
District, un Passeport contenant les nom, etc., dudit Etran- 
ger de même que le nom de la Ville ou il se propose de se 
rendre. 

10 

Les Négotiants Etrangers obtiendront des Passeports pour 

voyager généralement dans toute l'Etendue du Royaume 

Anglais. 

41 

Les Maires des Villes ou les Juges de Paix des Districts, 
sont autorisés à demander le Passeport de tout Etranger 
arrivé dans ce Royaume depuis le 1er janvier 1792, ou devant 
y arriver dans la suite (à l'exception des Domestiques men- 
tionnés ci-dessus), soit que le dit Etranger voyage, ou qu'il 
réside dans l'endroit : et en cas qu'il s'y refuse, ou qu'il ne soit 
pas dans la route de la ville spécifiée dans son Passeport, ou 
qu'il y ait raison de le soupçonner de ne pas s'y rendre, ou 
d'avoir été mis à terre d'une manière clandestine, contraire à 
la Proclamation, le Maire ou Juge de Paix le fera conduire en 
Prison jusqu'à ce qu'on en donne Avis au secrétaire d'Etat de 
Sa Majesté, et si Sa Majesté n'envoie pas Ordre de le relâ- 
cher, il sera détenu prisonnier jusqu'à ce qu'il soit libéré 
suivant les Formes ordinaires de la Justice. 

12 

Tout Etranger qui refusera de montrer son Passeport, ou 
qui sera trouvé, faisant une autre Route que celle de la Ville 
spécifiée dans son Passeport, ou qui sera venu à terre d'une 
manière clandestine contraire à lu Proclamation, sera mis en 
Prison pour un Espace de Temps qui n'excédera pas un mois, 
et sera ensuite obligé de quitter le Royaume. 

13 

Toute Personne qui contrefera ou changera un Passeport, ou 
qui en obtiendra un sous un nom diiïérent de celui qu'il aura 



APPENDICE 479 

déclaré au Collecteur de la Douane, ou qui prendra fraudu- 
leusement un nom inséré dans un autre Passeport, encour- 
rera la môme Peine mentionnée dans l'Article précédent. 

14 

Un avis du contenu de cet Acte sera imprimé en différentes 
langues, affiché dans les différents Ports, et donné aux Etran- 
gers, sans que dans le cas de contravention, il soit nécessaire 
de prouver qu'on leur en ait donné connoissance. 

15 

Tout Etranger qui refusera de sortir du Royaume sur l'Ordre 
à lui donné par Sa Majesté, sera emprisonné. 

16 

Tout Etranger refusant d'obéir à la Proclamation ou Ordre 
de Sa Majesté, sera emprisonné pour un mois, et ensuite 
sortira du Royaume dans un temps limité, et si on le trouve, 
ledit Temps expiré, dans le Royaume, il sera transporté pour 
la vie. 

17 

Les Secrétaires d'Etat, en cas de Soupçon que quelque 
Etranger n'obéisse pas sur le champ à la susdite Proclama- 
tion, sont autorisés à le livrer à un messenger de Sa Majesté, 
pour le conduire hors du Royaume. 

18 

Sa Majesté, par un Ordre du Conseil, ou un Ordre signé 
de sa main, pourra ordonner à tout Etrangers arrivés dans ce 
Pais depuis le 1er janvier 1792, ou devant y arriver dans la 
suite, (à l'exception des Negotiants et Domestiques mention- 
nés ci-dessus), d'aller fixer leur Résidence dans tel District 
que Sa Majesté jugera à propos, et les Etrangers, contreve- 
nant à cet ordre, seront mis en Prison. 



480 APPENDICE 



19 



Tout Etranger arrivé en Angleterre depuis le l^r janvier 
1792, fera, dans dix jours après le 10 janvier 1793, et tout 
Etranger devant arriver dans la suite fera aussi dans dix jours 
après son arrivée, dans l'Endroit spécifié dans son Passeport, 
au Magistrat du Lieu où il se trouvera, ou à défaut de Magis- 
trat, au Juge de Paix du District, une Déclaration par Ecrit 
contenant son nom^ son rang et occupation et l'Endroit de 
sa demeure et de sa dernière Résidence depuis six mois, et 
en recevra un certificat, et s'il néglige ou refuse de faire une 
telle Déclaration ou s'il en fait une fausse^ il sera empri- 
sonné. 

20- 

Les Magistrats qui soupçonneront les Etrangers de n'avoir 
pas fait leur dite déclaration, pourront les mander par devant 
eux et les faire arrêter. 

21 

Tout Juge de Paix, Maire ou Magistrat en chef, pourra exi- 
ger par écrit, de tout Bourgeois, une liste des Etrangers logés 
chez lui. 

22 

Les Officiers de la Douane transmettront aux Secrétaires 
d'Etat copie des Déclarations faites par devant eux. 

23 

Les juges des Cours supérieures de Westminster pourront 
cautionner les Etrangers. 

24 

Les Juges de Paix auront le même Droit en vertu d'une 
Autorisation d'un Secrétaire d'Etat. 

25 

Touts Etrangers arrivés dans ce Royaume depuis le l«r jan- 
vioi- 1792 feront (s'ils se trouvent dans les villes de Londres et 



1 



APPENDICE 481 

Westminster ou les Environs) sous le 10 de janvier 1793 (ou 
s'ils sont hors de ces limites) dans dix jours après le dit 10 de 
janvier, et touts Etrangers devant arriver dans le Royaume 
feront dans dix jours après leur Arrivée, au plus prochain 
Magistrat, une Déclaration de toutes Armes, Poudre à canon 
et munitions qui sont ou seront en leur Possession et trois 
jours après cette Déclaration, ils remettront audit Magistrat 
les dites Armes, etc., excepté celles qu'il leur sera permis de 
garder, par Ordre d'un Secrétaire d'Etat. Aucun étranger 
n'aura droit, après avoir remis les dites armes, etc. . . , d'acheter 
ou d'avoir en sa Possession ou dans la Possession d'aucune 
autre personne, pour son usage, aucune Arme, etc., et tout 
Etranger coupable de contravention à quelqu'un de ces Arti- 
cles, sera, sur la conviction d'icelle, condamnée à quitter le 
Royaume, et s'il y reste après, il sera transporté. 

26 

Les Magistrats pourront exiger que les Etrangers résidant 
ou voyageant dans leurs Districts leur remettent toutes leurs 
Armes, etc., sous peine d'être condamnés à quitter le 
Royaume. 

27 

Les Secrétaires d'Etat, deux Juges de Paix, le Maire ou 
Magistrat en chef, pourront visiter toute maison occupée par 
des Etrangers, (les Négotiants Etrangers excepté), ou bien ou 
logeraient des Etrangers, et ce durant le jour, et en présence 
d'un Officier de Paix, pour découvrir s'il y a des Armes et 
s'en saisir. 

28 

Et pourront exiger de toutes personnes qui logent des Etran- 
gers une Déclaration par Ecrit de toutes les Armes, etc., qui 
se trouveroient dans leur maison. 

29 
Sa Majesté pourra renvoyer du Royaume tout Etranger qui 



482 APPENDICE 

auroit été emprisonnée pour contravention quelconque à cet 
Acte. 

30 
Tout Etranger qui retournera après avoir été renvoyé sera 
transporté. 

31 
Dans toutes questions relatives à l'infraction de cet Acte la 
Prévention sera contre l'accusé. 

32 

Aucun Etranger ne sera réputé Négotiant a moins qu'il ne 
soit bona fide engagé dans le Commerce. 

33 

Les Ambassadeurs Etrangers et leurs famille et Domesti- 
ques sont exceptés de cet Acte. 

34 
Sont exceptés pareillement les Etrangers au-dessous de 
quatorze ans. 

35 

Les certificats et Passeports seront délivrés gratis. 

36 

On donnera de nouveaux Passeports et certificats, en cas de 
Perte des anciens. 

37 

Les personnes condamnées à être transportées seront 
envoyées où il plaira à Sa Majesté. 

38 
Toute personne condamnée, en vertu de cet Acte, à la trans- 
porta tion, qui sera trouvée dans le Royaume après sentence, 
sera regardée comme coupable de Félonie et souffrira peine 
de mort. 

London. — Printed by Charles Eyre and Andrew Strahan, 
Printers to the King's most Excellent Majesty. 1793. * t> 

* Archives de Magnas. 



APPENDICE 483 

Le prince de Gondé disait, le 4 Avril 1795 à M. de La Tour : 
« Il me manque beaucoup non seulement pour un entretien 
convenable mais même pour le plus strict nécessaire ; on aura 
de la peine à le croire, mais je donne ma parole d'honneur 
qu'en ce moment il ne me reste que 64 louis pour vivre avec 
mes trois enfants, et pour soutenir mon artillerie, mon hôpi- 
tal et mon quartier général. Après avoir entretenu la Noblesse 
de mes propres fonds en 1792, l'argent de la Russie m'a seul 
soutenu pendant les deux dernières campagnes; tout allait 
crouler, au mois de Novembre dernier, lorsque les 6,000 livres 
sterling de l'Angleterre me sont arrivées. Gela m'a mené avec 
bien de la peine jusqu'au 15 Février. Depuis ce temps je vis 
d'industrie *. » 

A Vérone, Louis XVIII était dans une si grande gêne que 
l'ambassadeur d'Angleterre, Macartney, fut frappé de la 
misère qu'il y rencontra, misère qui n'empêchait point de 
nombreux fidèles d'entourer leur souverain de soins, d'affec- 
tion et de respect. 

« Tout ce qui environne le Roi dénote une grande pau- 
vreté, écrivait Lord Macartney à Lord Grenville, le 12 août 
1795 ; la table, si importante pour un français, est peu abon- 
dante, servie sans élégance; les domestiques sont rares, mal 
vêtus ; même dans les appartements privés, les meubles essen- 
tiels font défaut. La maison, à l'Orto del Gazzola, n'est ni 
grande, ni belle, ni commode. Monsieur de Hautefort, envoyé 
en Angleterre au mois de juillet dernier, par le Roi, a été 
retardé, plusieurs jours, faute de 50 livres sterling pour payer 
son voyage. Les manières de Louis XVIII, son accueil, sont 
affables, agréables, familiers, même, sans altérer sa dignité, 
que l'on distingue encore dans son éclipse. On le dit discret, 
bon, amical ; il me semble que ses courtisans et ses serviteurs 
l'abordent et le servent avec respect, zèle et alTection. Les 
principaux hommes d'affaires de son entourage sont : le 

* V Angleterre et f émigration Française, par A. Lebon. 



484 APPENDICE 

.maréchal de Castries, le baron de Flaclislanden, l'évêque 
d'Arras, le marquis de Jaucourt, le bailli de Grussol ^, (ces 
deux derniers cordons-bleus), le duc de Guiché, le comte de 
Duras, le comte d'Avaray, le comte de Gossé, l'évêque de 
Vence, M. de Gazalés, hommes de caractère loyal, bien nés, 
corrects dans leur attitude ; pas un roué ni un dissipateur 
avoué, parmi eux. Tous tiennent le langage qui convient à 
leur situation et aux circonstances. Le souvenir de la grandeur 
et de la prospérité anciennes de la France est encore puis- 
samment gravé dans l'esprit de presque tous les émigrés que 
j'ai vus. Français de France, et émigrés, prennent feu à la 
moindre pensée d'un démembrement de leur pays, quels que 
soient les autres sacrifices auxquels ils pourraient consentir, 
et il en est beaucoup qui préféreraient que le Roi ne recou- 
vrât jamais sa couronne plutôt que de la voir dépouillée de ses 
fleurons et qui aimeraient mieux voir en France une 
République puissante qu'une Monarchie mutilée, a Nous 
» sommes Royalistes mais Français avant tout », s'écriait 
M. de Lameth, en 1796. 

A Blankenburg, la misère de Louis XVIII fut encore plus 
grande qu'à Vérone. « Le pauvre Roi est dans une fort vilaine 
petite ville, dans un très vilain logement, étroit, mal meublé, 
ou presque point; un habit bleu fort sec, une veste et culotte 
noire râpée, mais l'air très affable -. » 

Rheinardt, l'agent du Gouvernement Français, décrit avec 
une sorte de pitié, la misère des émigrés : « Quelques-uns 
cherchent avec résignation des moyens quelconques de sub- 
sister, soit en faisant un petit commerce, soit en exerçant quel- 
que métier ; la ci-devant comtesse de Neuilly tient un maga- 



* Grand bailli de l'Ordre de Malle, frère d'Einiiiaiiuel-Charles-Henry de Crusâol, baron 
de Crussol, marquis de Fiorcnsac, lieutenant-général des armées du Roi, commandeur des 
Ordres militaires et hospitaliers de N.-D. du Mont-Carmel et de Saint-Lazare et Jérusa- 
lem, clievalier de Saint-Louis, marié avec G.-B. de Boulainvilliers, décédé le 1 1 octobre 
1818, et enseveli avec sa femme, dans la clia|iellc du château de Widevillc (Scine-et-()ise) 

■^ La Thuillerie à l'uysaye, Blankenburg, SC» Avril 171)7, 



APPENDICE 485 

sin de modes et de lingerie; le marquis de Romans et la 
comtesse d'Asfeld se sont associés pour un commerce de vins ; 
M. de Monlau, officier aux gardes-françaises, est entré dans la 
troupe d'un théâtre, sous le nom de Dubreuil, et M. de la 
Gorce, très bon gentilhomme du Bordelais, exerce les fonc- 
tions de souffleur au même théâtre ; M. de Milon * fournit les 
rafraîchissements des bals de la comédie, et sa femme vend 
des recettes de sirops et de gâteaux ; MM. de Baudus et de 
Vielcastel dirigent, à Hombourg, (de spectateur du Nord. i» Le 
comte de Taillefer, les Vassé, les Genouillac, ont fondé une 
teinturerie en soie, qui leur permet de vivre et de secourir les 
infortunes de leurs compatriotes émigrés. 

La fille aînée du maréchal deNoailles, «Adrienne-Gatherine, 
femme de René de Froulay, comte de Tessé, Grand-d'Espa- 
gne, ex-premier écuyer de la Reine, ci-devant lieutenant- 
général aux gouvernements du Perche, du Maine et de Laval, 
lieutenant du régiment des Croates », s'était réfugiée en 
Suisse, au château de Lowemberg, dans les environs de Morat. 
Plus tard, gi^âce à quelques valeurs emportées de France, elle 
put créer une modeste exploitation rurale à Ploen, près 
d'Altona. Elle y tenait 120 vaches qu'elle soignait avec 
Madame de Montagu et Mademoiselle de Tott. La comtesse 
d'Argouges et la princesse de Talmont, arrivées de France en 
sabots et sans linge, travaillaient à des ouvrages de broderies, 
aidées par la marquise des Réaux, les comtesses de Saisseval, 
de Lastic et la marquise de Jaucourt, dont le mari gagnait 
quelques florins en tenant les comptes et en faisant les écri- 
tures d'un marchand de la ville voisine. 

La comtesse de Beauregard, devenue, comme Madame de 
Pelleport, dame de compagnie, la comtesse de Sécillon qui 
donnait des leçons de danse, Madame de Gontaud, qui pei- 



' Descendant de Benoist Milon, seigneur de Wideville-Davron, au pays Mantois, inten- 
dant des Finances et de rOrdre du Saint-Esprit, marié avec Marguerite de Crêvccœur- 
Boulenc, décédé à Paris, le 23 juillet 1592. (Histoire de Widcville.) 



486 APPENDICE 

gnait des dessus de boîtes, le marquis de Chavannes, mar- 
chand de houille, trouvaient moyen de venir en aide à la 
détresse affreuse de Mademoiselle de Montmorency, qui s'était 
faite porteuse de sceaux d'eau à Hambourg^, dans la boutique 
de pâtisserie de son oncle, le chevalier de Montmorency, pour 
procurer quelques sous à sa mère mourante. Le comte de 
Preissac-Esclignac-Fezensac-Marestang, monta un atelier de 
tourneur ; la duchesse de Bouillon et Pauline de Lannoy, 
duchesse de Ghâtillon^ consacraient les épaves de leur fortune 
à élever les filles pauvres que la Révolution avait privé de leurs 
parents. Ce monde, si frivole jadis, tenait à honneur de ne 
point sembler atteint par les privations matérielles ; c'était 
un des signes de la bonne compagnie et comme un instinct de 
noblesse, à peu près disparu de nos jours, que l'indifférence 
aux détails du bien-être physique et aux petites satisfactions 
que procure une installation bourgeoise. 

(( J'ai toujours remarqué, écrivait la vicomtesse de Noailles, 
ï> que les regrets donnés au matériel ne se montraient vive- 
» ment que dans les parvenus. » «Dès que vient le soir, chacun 
se coiffe et se pare et on va passer quelques heures chez la 
marquise de Bouille, où on trouve un petit souper, et où on 
cause comme au temps passé, en oubliant la misère actuelle. 
On apprend aux enfants le ton de la cour et de la bonne 
compagnie, on élève leur esprit au-dessus de l'adversité, par 
delà l'heure présente, pour le monde dans lequel ils sont nés, 
avec un complet mépris du bien être, de l'oppression et de la 
destinée. On les instruit des souvenirs de la famille, des 
leçons du point d'honneui'^ du désintéressement et du bon 
goût sans prétention. 

A Londres, quand on a trois schellings, on peut se faire 
présenter chez la duchesse de Fitz-.lames ; on est invité par 
elle à diner, et on sait, qu'en sortant de table, on met les trois 
schellings dans une tasse qui est sur la cheminée. On rencon- 
trait chez elle toute la bonne compagnie. Les émigrés, aidés 
par quehjues anglaises charitables, émues de pitié à la vue des 



APPENDICE 487 

misères si noblement supportées par les Français réfugiés en 
Angleterre, avaient fondé une école de filles, dont les maî- 
tresses étaient d'anciennes religieuses, la comtesse de Quengo, 
et Mesdemoiselles de Landal, de Trémereux, de Kersalio, de 
Villier, de Cornulier-Lucinière, de Boisrion, etc.. *. » 



* Forneron, Histoire des émigrés, mémoires divers, etc. 



ABREGE 

DE L'HISTOIRE DE LA FAMILLE 

DE 

MANAS 

ET DES FIEFS DE MAGNAS ET DE l'ISLE-BOZON 
EN 

LOMAGNE 



APPENDICE 491 



Abrégé de l'histoire 

de la famille de Manas et des fiefs de Magnas 

et de risle-Bozon en Lomagne 



La baronnie de Magnas, (Manhas, Manas et Maignas), située 
dans le comté de Gaiire en Lomagne, entre Lectoure, S^-Clar 
et Castelnau d'Arbieu, était baillivie, dès 1250*. Elle avait, 
croit-on, reçu son nom de la famille de Manas, race ancienne, 
illustre et puissante, tirant son origine des anciens Comtes 
d'Astarac, qui possédait les seigneuries de Manas, Avensac, 
le Pin, Laas, Durfort, Aux, Cous, Homps, Valinhac, Mont- 
bardon, La Motbe, Augnax, Clermont, Boredils, Sabazan, 
Trie, Lamesan, Gaudonville, Estramiac, Mansonville, Saint- 
Germié, Perrequines et Montmorin. 

Bienfaiteurs de l'abbaye de Simorre, plusieurs membres de 
la maison de Manas, avaient figuré aux croisades. 

Raymond Sanche de Manas, seigneur dudit lieu, donna, en 
1056, l'église de Saint-Barthélémy au monastère de Simorre. 
Son fils, Géraud, y ajouta l'église de Laffitau, dans la même 
paroisse; les huguenots la détruisirent vers 1570 ^. 

Raymond, Sans de Manas, était, en 1276 et 1290, Grand- 
Maître de l'Ordre religieux de la Foi et de la Paix. 

Sanche, Garsie de Manas, Navarre sa femme, et Odon de 
Pisaco, frère de Navarre, firent accord, le 18 octobre 1279, 
avec l'abbaye de Granselve, Ordre de Giteaux, diocèse de 
Toulouse, touchant les lieux de Bordellis et du Pin, moyennant 

* Histoire de Gascogne, par Montlezun. 

* Dom Brugelles. 



492 APPENDICE 

que le monastère reconnaîtrait lesdits lieux comme tenus en 
fief dudit Manas, et qu'il serait payé cinq sols d'acape à chaque 
mutation de seigneur K 

Massip de Manas, chevalier, épousa le 12 octobre 1304, Nu- 
mide de Goalard, fille d'Ayssin de Goalard, seigneur de Ter- 
raube. 

Jacques de Manas portait, en 1317, le titre de Commandeur 
d'Arçrentens et de Cours. 

Viguier de Goalard, fils de Géraud, et petit-fils d'Ayssin II 2, 
seigneur de Goalard, Terraube, L'Isle-Bozon, Saint-Avit, Sem- 
pessère, Saint-Léonard etc., est désigné, dans plusieurs Char- 
tes de 1324, 1329, 1330, 1332, comme seigneur de Manhas. 

Sybille de Manas, fille du seigneur de ISIontbardon en Asta- 
rac, épousa Arnaud d'Antin, baron d'Antin et des Affittes, qui 
reçut en 1399, les hommages des seigneurs d'Artigue, Castex 
et Saint-Cricq, ses vassaux. 

Jean de Manas, docteur ès-décrets, était avant 1398, prieur- 
mage de l'abbaye de Montauriol, ordre de Saint-Benoist , au 
diocèse de Cahors. 

Jean de Manas, seigneur d'Aux, fut chargé de faire confir- 
mer par le comte de Pardiac (1424), les coutumes données au 
Comté de Pardiac en l'année 1300. 

Dominique de Manas, de la branche des Manas-Laas, au 
diocèse de Lombez, (éteinte dans les mâles, vers 1730), siégeait 
en 1419, comme abbé de Gimont. 

Jean II de Manas, seigneur d'Avezan, Montgaillard, Man- 
sonville et autres lieux, marié avec Annette de Montlezun, 
eut trois enfants : Bertrande 3, qui épousa, en 1415, Jean de 
Galard, chevalier de Saint-Michel, chambellan de Louis XI, 
baron de Brassac, Roze, devenue (1450), la femme d'Odet de 



* Docaments sur le Tarn-et-Garonne, par Moulenq. 

* Ayssin II de Goalard avait épousé la Tille de Bertrand de l'Isle-Jourdain- 
' Bertrande de Manas testa le 11 Février 1465 (Archives de Magnas). 



\ 



APPENDICE 493 

Goth, seigneur de Rouilhac *, et un fils Jean, qui s'allia, en 
1458, avec une fille de la maison d'Abzac, et qui laisse ses 
biens, par son testament du 7 avril 1506 à son neveu Antoine 
de Manas, marié avec Juanita de Bassoues. 

Bertrand de Gère, seigneur de Sainte-Gemme, signa comme 
témoin, l'acte de mariage du sieur de Manas-Homps avec la 
fille de Gérard de Pins, en 1578. 

Bertrand de Manas assista, le 27 janvier 1503, à la vente de 
Pouy-Lobrin, par Jean d'Ornézan, à Bertrand de Béon son 
gendre. 

Raymond, Garcie de Manas, seigneur de Durfort, Montmo- 
rin, Montbardon, etc., épousa Madeleine de Foix, qui testa en 
1515 ; leur fille Catherine de Manas donna sa main, en 1519, 
à noble Jean de Podenas, seigneur de Marambat; leur fils, 
François de Manas, était marié avec Anne de Montlezun, 
sœur de Jean, seigneur de Saint-Lary. 

La vaste seigneurie d'Homps, avec son important château 
féodal, appartenait, dès 1560, à la famille de Manas, qui pos- 
sédait aussi Saint-Germié au pays de Rivière- Verdun, Laas en 
Comminges, Marsac en Lomagne et quantité d'autres fiefs. 

Léonard et Bertrand de Manas étaient archers des Ordon- 
nances du Roi, sous la charge du chevalier de Monluc. 

En 1612 et 1624, Jouannoton de Manas-Lamezan était dési- 
gné comme seigneur de Laas et de La Barthe. 

Le 27 octobre 1633, Jean, Bertrand de Manas, seigneur 
d'Homps, fit partie de la réunion de la noblesse de Lomagne 
assemblée dans la ville de Lectoure. 

Les alliances de la famille de Manas ont été avec les Massât 
Sanguenède, Castelnau-Laloubère, de Foix, Montesquiou, de 
Batz-de-Benque, Saint-Julien, Rabastens, Saint-Pastou, d'As- 
pès, de Voisins, Marestang, de Goth-Rouilhac, Faudoas, de 
Saux, de Junquières, du Bouzet, de Montant, de Génibri, de 

^ Le château de Rouilhac, situé entre Miradoux et Sainte-Mcre, dans la Lomagne, 
conserve encore une tour et quelques restes de sa splendeur passée. Il a eu pour proprié- 
taires successifs, après les Goth-Rouilhac-Epernon, les Bourdeau et les Courrent, 



494 APPENDICE 

Galard, de Bon, de Lasserre, de Sevin-Segognac, de Batz-Tren- 
quelléon, etc. 

Cette maison de Manas, éteinte dans les branches de Laas- 
Lamezan, de Saint-Germié et d'Homps, est représentée, de 
nos jours, par les rameaux d'Avezan-Perrequines. Elle a donné 
des gouverneurs à Lourdes, Verdun et Lectoure, deux capi- 
taines aux gardes, un député de la noblesse du Gomminges aux 
Etats de Blois, plusieurs abbés et de nombreux chevaliers de 
Saint-Louis et de la Légion d'Honneur. 

La branche de Saint-Germié a fini dignement en la per- 
sonne de deux officiers morts au service, non mariés, l'un colo- 
nel de cavalerie, l'autre capitaine d'infanterie ^. 

Les Manas avaient anciennement pour armes, un écusson 
écartelé d'or et de gueules ; quelques branches portaient : 
d'azur à la croix d'argent, à la bordure de même, semé de 
tourteaux de sable; enhn M. de Jaurgain, dans sa notice sur 
les maisons de Galard-Béarn-Brassac, blasonne ainsi les ar- 
moiries des Manas : de gueules à la croix d'or : 

Devise : Memni et Perma.nebo. 

Sortie depuis longtemps de la famille de Manas, qui lui avait 
probablement donné son nom, la seigneurie de Magnas était 
devenue un fief dépendant de la Baronnie de l'Isle-Bozon, En 
elïet, comme nous l'avons déjà noté, dès le commencement du 
xivmc siècle (1324), Viguier de Goalard, seigneur de Terraube, 
Si-Avit, S'-Léonard, etc., portait le titre de baron de l'Isle- 
Bozon et de Magnas; plus tard, Jean de Goalard, seigneur 
de Sic-Livrade (lils de Bertrand de Goalard), chambellan du 
duc de Vendôme et du roi de Navarre, sénéchal d'Armagnac, 
marié avec Madeleine de St'^-Colombe, de la Maison de Mon- 
tesquiou-Fézensac, se qualifie de seigneur de l'Isle-Bozon et de 
Magnas. N'ayant pas eu d'enfant de cette union, et son frère 
Béraud, n'étant point marié, Jean de Galard laissa ses biens à 
son parent, Jean de Galard-ïerraube, seigneur de S'-Gérici, 

' Notice hislorique et généalogique sur la rainille de Manas, établie par uu de ses mem- 
bres. — (Caslelsarrazin, chez Coudol, 1855). 



APPENDICE 495 

qui, forma la seconde branche de Galard-L'Isle-Bozon, éteinte 
en 1753, dans la personne de Jean Charles de Galard, marquis 
de L'Isle-Bozon, seigneur de Fourcès, resté veuf, sans enfant, 
de Marie de Bastard *. 

Les grands fiefs de ïerraube et de L'Isle-Bozon ayant été 
une possession indivise de la famille de Galard avant 1270, 
époque à laquelle ces deux terres furent partagées entre les 
deux frères Ayssieu et Géraud de Galard, ce fut en vertu de 
cette communauté d'origine que le sire de L'Isle-Bozon dis- 
posa de tous ses biens, le 21 avril 1518, en faveur de Jean de 
Galard-Terraube, seigneur de Saint-Cérici, marié avec Jeanne 
de Gaulejac -. 

Vingt ans auparavant, une paitie du fief de Magnas, dépen- 
dant de la seigneurie de Lisle-Bozon, et ancien apanage des 
cadets de cette branche des Galard, était passé à la maison de 
Saint-Géry, allié par plusieurs mariages à cette famille. 

Un acte de 1488, donne à Messire de Saint-Géry le titre de 
baron de Magnas. Il partagea cette seigneurie avec Geoffroy 
de Durban, chevalier, de 1525 à 1552. A cette date, Antoine de 
Saint-Géry, marié avec Suzanne de Mauléon, veuve de Geof- 
froy de Durban, devint seul seigneur de Magnas. 

Son fils Antoine de Saint-Géry, mari de Marguerite de 
Saint-Lary, est qualifié de même en 1578, ainsi que Raymond 
de Saint-Géry (1594). 

Jean de Saint-Géry, signe en 1596, tous ses actes publics et 
privés, du nom de Magnas. 

Sa femme était Marguerite de Laas, belle-sœur de Guy de 
Galard, seigneur de Castelnau-d'Arbieu. 

Joseph de Saint-Géry seigneur de Lamotlie, Urdens, etc.. 



* bans TËtat des Justices Royales et seigneuriales qui relèvent par Appel au sénéchal de 
Condom, Fan 1760, on cite, pour la justice de Fourcès et Laspeyres, la marquise de Bonas, 
et M. de Goalard, seigneur et marquis de l'Isle-Bozon ; pour la justice du Marquisat de 
Terraube et de Saint-Cérici, on nomme M. de Goalard, seigneur et marquis de Terraube. 

^ Documents historiques sur la maison de Galard. 



496 APPENDICE 

était désigné dans un titre de 1670, comme W de Magnas. Il 
avait épousé, en 1617, Jeanne, Louise de Montaut. 

Leur fille, Catherine, Charlotte de Saint-Géry, devint, le 
9 janvier 1639, la femme de François de Galard, seigneur de 
L'Isle-Bozon 

Jean de Saint-Géry, dit le baron de Magnas, seigneur de La 
Mothe et d'Urdens, mourut à Mézin, le 26 juin 1678. Il s'était 
marié, en 1645, avec Marguerite de Montesquiou, dont il eut : 

Marie de Magnas qui porte ce fief, le 19 janvier 1689, à son 
époux Louis, Léger de Sérillac ', marquis de Saint-Léonard '. 

Leur fille, Marie, eut en dot la terre de Magnas, lors de son 
mariage avec M. de La Valette (1739) 3. 

Marie Angélique de La Valette, leur unique enfant, mariée 
avec M. de Lacarry-Mauléon * , lieutenant-général dans la 
marine, fut très peu de temps propriétaire de Magnas, qui 
passa à sa fille, devenue le 18 octobre 1741, Madame de La 
Junquière. Son mari, Pierre, Jacques de Taphanel ^ de La Jun- 
quière, capitaine de vaisseau, chevalier de Saint-Louis, inspec- 



• « Contrat afferme passé, le 4 avril 1692, par Messire de Sédillac, marquis de Saint 
Léonard, seigneur de Castelnau, baron de Magnas, pour la métairie d'Honconque, en 
faveur de Jean Guillaumct Laporte, père et fils, par devant Coustaing, notaire Royal, de 
Saint-Clar, dans le château noble de Magnas, Sénéchaussée d'Armagnac et diocèse de 
Lectoure. » (Archives de Magnas). 

' Un de ses ancêtres, Odon de Sérillac, avait épousé, le 19 janvier 1329, Lugane de 
Galard, fille de Bertrand de Galard, seigneur de L'Isle-Bouzon. 

3 Jacques de la Valette, baron de Fenouillet, en Commingcs, fut maintenu dans sa no- 
blesse par M. Le Pelletier, intendant de la Généralité de Montauban, le i" août 1699. 
Armes : ccartelé : aux premier et quatrième d'azur, à la croix alisée d'argent, au chef 
cousu de gueules, aux deuxième et troisième, au lion d'or issant de la bande. (Nob. 
Toulousain). 

* Voir, ci-après, la notice sur la famille de Lacarry. 

^ Parmi les dames chanoinesses de Saint-Antoine de Viennois (Ordre de Malte), près de 
Saint-Marcellin, on trouve mentionnées Sophronic, Clémence de Taffancl de la Jonquière 
née le 14 juillet 1785, et l-Y.inçoisc, Auguste, Anne, Caroline, nées àOuilalcns, au diocèse 
de Lavaur, alliées aux maisons de Vialar, Kouftiac, Orbessan, de Portes, etc. 

Les armes de* Talfanel de La Jonquière sont : d'argent à la l'asce Uc gueules. 



APPENDICE 497 

teur des flottes de Sa Majesté), prit les titres de baron de 
Maanas, seigneur d'Urdens et de Gastelnau-d'Arbieu V 

Leur lille Jacquette-^Iar(]uette de La Junquière, épousa, le 
6 avril 1769, Jacques Roger, marquis de Noé, vicomte 
d'Estancarbon (dit l'Aveugle), seigneur de Goubignan, et laissa 
Magnas à Charlotte -Louise-Pétronille de La Junquière, son 
héritière, mai'iée avec son cousin, Louis Pantaléon, comte de 
Noé ; ce dernier, vendit, en 1785, la baronnie de Magnas, avec 
ses droits de haute, moyenne et basse justice, au descendant de 
ses anciens seigneurs, Joseph de Galard-Pellehaut-Balarin, 
marquis de l'Isle-Bozon, et auteur de la troisième branche de 
ce nom, qui plaça sur ce domaine la dot de sa femme -. 

Cette acquisition obligea à de nombreuses et longues for- 
malités ; il fallut, pour ratifier la vente, obtenir une sentence 
du Chàtelet, le 29 janvier 1788 ; la remise des fonds eut lieu 
le 8 février de la même année, chez maître Maigret, notaire à 
Paris; il donna quittance de la somme de 138,000 livres, res- 
tant due sur le prix d'acliat, contracté à Lectoure, le 11 avril 
1787. Le dépôt des pièces, papiers, titres divers, concernant la 
terre et seigneurie de élaguas, eut lieu, le 7 avril 1788, chez 
Barljeret, notaire à Bordeaux, à charge, par lui, de terminer 
cette affaire, et de mettre le jnarquis de Galard en possession 
dudit domaine, pour l'annexer et joindre au marquisat de 
Lisle-Bouzon, propriété de l'acquéreur, qui le tenait par héri- 
tage de son oncle, Jean-Charles de Goalard, marquis de Liste, 



' Voyez, plus loin, le iniiiKlenienl de la taille en la comimiiiaulé de Ca.stelnau-d'Arhieu. 

2 La terre de Ma^'iias ayant été déclarée et reconnue comme bien dotal, ne fut que 
séquestrée (depuis le "li nivôse, an il, jusqu'au 27 prairial, an m), et non confisquée, 
pendant la révolution, et Madame de C.alard, à sa sortie de réclusion, put rentrer en pos- 
session de ce domaine. 

Son iîls, le marquis (lliarles de T.alard, au retour de l'émigration, retrouva fort i>cu de 
biens paternels échappés à la vente, ordonnée par la nation, l'an il de la Hépublique. il lit 
valoir ses droits sur la moitié du château de l'Isie-Bouzon, qui n'avait pas trouvé acqué- 
reur. Une portion des dépendances a|)iiartenait déjà au baron de Saint-Géry, auquel aban- 
don fut fait, par le marquis de Galard, en 1817, après de nombreux procès, de tous Ses 
droits éventuels sur le restant des ruines du vieux manoir. 

(Archives de Majjiias.) 

32 



498 APPENDICE 

baron de Fourcès, seigneur de La Tour, ancien officier dans 
les armées du Roi, décédé en son château de Lisle-Bouzon, 
le 1<^'" septembre 1753, sans enfant de sa femme, Marie de 
Bastard. L'acte d'achat avait été passé, le 11 avril 1787, à 
Lectoure, avec le consentement de M. le comte de Durfort- 
Civrac, de dame Catherine Brown, comtesse de Durfort- 
Civrac, de Louise-Adélaïde de Durfort-Givrac, marquise de 
Clermont-Tonnerre, de M. le marquis de Clermont-Tonnerre, 
de M. Hennequin, comte d'Ecqueviliy, d'Amable, Cécile de 
Civrac, comtesse d'Ecqueviliy, de M. d'Estutt, comte de Tracy, 
de Madame Emilie-Louise de Civrac, comtesse de Tracy, fille 
d'Emery-François de Durfort, et de Marie-Françoise de Par- 
daillan-Gondrin-d'Antin , du comte et de la comtesse de 
Noé, et du marquis de Noé. L'argent, provenant de la vente 
de Magnas, fut employé par la famille de Noé, à acquérir le 
duché d'Antin ^. 

La terre de Magnas appartient actuellement au marquis de 
Galard, arrière-petit- fils de Joseph de Galard-Pellehaut- 
Balarin, marquis de l'Isle-Bozon, baron de Magnas, mort sur 
l'échafaud, le 26 germinal, an ii de la République. 



* Archives de l'Isle-Bozon, de Magnas (Gers), et de Wideville (Seine-et-Oise). 



NOTICE 

SUR LA FAMILLE 

DE 

LACARRY 



APPENDICE 501 



Notice sur la famille de Lacarry 



Les Lacarri, ou Lacarry, étaient issus d'une ancienne famille 
faisant partie des dix maisons nobles du pays de Soûle, ayant 
titre de potestat. (Gensier de 4378.) 

Menaud, seigneur et potestat du Domec de Lacarry, capitaine 
en 1515;, fut la tige de la l)ranche des marquis de Salha, en 
Basse-Navarre. 

Michel de Lacarry alla s établir à Lectoure, vers 1480 ^ 

Pierre de Lacarry, baron de Mauléon -, était procureur au 
Parlement de Toulouse. Son fils Jean, baron de Mauléon, con- 
seiller au même Parlement, fut maintenu dans sa noblesse par 
jugement souverain rendu sur la proposition de M. de Bezons, 
le 27 janvier 1670, ainsi que ses fils, dont l'un était Sénéchal 
d'Armagnac. 

Jean de Lacarry, seigneur-baron de Mauléon, Domat, Sama- 
ran et autres lieux, fit le dénombrement de ses fiefs nobles 
devant les capitouls de Toulouse, le 7 avril 1689. 

En 1751, Alexandre de Lacarry occupait un siège à la 
Chambre des Requêtes, à Toulouse. 

Arnaud de Lacarry, seigneur de Beaucrurenapiement, dans 
la paroisse de Pinsaguel, était arrière-grand-père de Joseph 
de Lacarry, seigneur de Mauléon, Sajas, etc., brigadier des 
armées du Iloi, chevalier de Saint-Louis. Il dénombra ses 
biens nobles, le 6 mai 1778, et assista à la réunion de la 
noblesse du Gorniiiinges, tenue à Muret, en 1789. 

Catherine - Françoise - Etiennette - Joséphine d'Advizard, 
épouse de messire de Lacarry, déclara ses fiefs nobles, 
devant les capitouls de Toulouse, le 19 juin 1778. 

' Ou trouve uu Miqueo de Lachani, habitant Lectoure, le 23 août 1485 

* La commune de Lacarry est voisine de celle de Mauléon (Basses-Pyrénées), 



502 APPENDICE 

Le chevalier de Lacarry fut présent à l'Assemblée de la 
noblesse^ appelée à Toulouse en 1789. 

A cette famille appartenait Jean de Lacarry, (de Lectoure), 
« escholier Gascon qui reçut la fleur de la soulcie pour son 
chant Royal ». Son ouvrage a pour titre : « Clijtie pour le 
triomphe du Soucy, à Monseigneur le premier Président^ ». 

Plus tard, A. Golomiez, imprimeur à Toulouse, publia : 
a Le triomphe pour la fleur de la Violette » , par Char- 
l'on de Lacarry, Lectourois fixé à Toulouse, dont il devint 
capitoul. 

En 1687, messire de Lacarry, juge aux Jeux Floraux, com- 
posa a un huitain » adressé à Victor Gironis de Beaufort, pour 
son triomphe sur l'Eglantine ^. 

M. de Jaurgain, dans son étude sur les Lacarry ^, croit qu'il 
faut aussi rattacher à cette maison, Gilles de Lacarry, jésuite, 
du Diocèse de Gastres, né en 1605, mort en 1684, qui a laissé 
entr'autres travaux littéraires, une « Historia coloniariim ». 

j\Iessire Jean-Pierre de Lacarry, chanoine de Lectoure, cha- 
pelain du Roy, eut, de 1594 à 1632, un long procès avec le 
chevalier de Grossolles, seigneur de Saint-Martin de las Hou- 
metos, et Jean-Géraud, fils de ce dernier, (( prêtre professeur 
en la Sainte Tliéologie, au sujet d'un Archidiaconnat dans 
ladite église de Lectoure * ». 

Anne de Lacarry, fille de Jean de Lacarry et de Gatherine de 
Labrunie, fut, le 6 novembre 1673, élue prieure du Garmel 
de Lectoure, sous le nom de Marie-Anne de la Sainte-Tri- 
nité '•' ; elle décéda le 5 mars 1694. 



' A Tolose, par I. Boude, imp. ord. du Roi, devant le Collège de Foix, à l'enseigne 
Saint-Jean, 163G, 
Dédié à Jean de Berlier, seigneur de Monlrabc, chancelier aux Jeux Floraux. 

* lievue de Gascogne. 
3 lievue de Gascogne. 

* Archives du château de Flamarens (Gers). 

' Le Carmel de Lecloure, par M. Am, Plieux. 



APPENDICE 503 

Les armes des Lacarry étaient : d'azur à une serrure, avec 
quatre clous d'argent, accostée d'une clef d'or. 

a La maison noble et potestaterie de Domec de Lacarry, 
au pays de Soûle, avait été vendue, à pacte de rachat perpé- 
tuel, le 15 janvier 1605, à messire Pierre de Béhéty, abbé de 
Saint-Engrace, archidiacre de Gouserans, conseiller du Roi en 
ses conseils d'Etat et privé, agent-général du Clergé de France, 
secrétaire de la Chambre ecclésiastique aux Etats-Généraux 
tenus à Paris, le 27 octobre 1614, fils de Jean de Béhéty, 
sieur de Castarraing (protestant), et de Marie du Domec de 
Lacarry, par nobles Pierre de Lacarry et Jeanne d'Aïnciondo- 
Salha, sa femme, seigneur et dame de Salha, Aguerre de 
Helette et autres lieux. Ce domaine fut revendu, le 28 avril 
1615, par Pierre de Béhéty, à messire d'Etchart, procureur 
du Roi. Le contrat fut cancellé quelque temps après *. » 

« Le 17 septembre 1653, noble Gabriel d'Oïhénart-la-Salle, 
seigneur de Cibits , Gainçury, Erdoy, Troussecaillau de Suc- 
cos, avocat au Parlement de Navarre, épousa Gràcy de Sar- 
tillon, fille de Petiry de Marchanton, sieur de Sartillon, et de 
Marie de Couget, dame de la maison noble et potestaterie de 
Lacarry. Cette seigneurie appartenait, en 1658, à Jeanne- 
Marie d'Athaguy, femme de Bertrand de Çaro, seigneur des 
Salles-Çaro, Aincille, Bascassan ^, » 



* Arnaud d'Oïhenard, par J. de Jaurgain. 

* Arnaud d'Oïhenard, par J. de Jaurgain. 



DE LA TAILLE EN LA GO:\IMUNAUTÉ 

DE 

CASTELNAU-D'ARBIEU 

DANS LE COMTÉ DE 

GAURE 

ET 

ROLLE DE LA CAPITATION 

POUR l'année 

1739 



ELECTION D'ARMAGNAC 



APPENDICE 507 



Mandement de la taille en la communauté 

de Castelnau-d'Arbieu, 

dans le comté de Gaure, et Rolle 

de la Capitation pour l'année 1739 



ELECTION D'ARMAGNAC 

1739 — 29 NOVEMBRE 



L'an 1739 et le 29<' jour du mois de novembre, au lieu de 
Castelnau-d'Arbieu, soubs lauban de l'église, à l'issue de la 
messe paroissiale dudit lieu, auroit comparu Jean et François 
Castarède, consuls modernes dudit lieu, ayant la présence des 
sieurs François et Georges Despons, François Laclavère, 
Fabien Lary, Bernard et François Castarède, Gérard et Jean 
Lartigau, et plusieurs autres jurats et habitants dudit lieu, et le 
sieur Joseph Pronux, procureur juridictionnel, auquel auroit 
été dict et représenté par le dict Jean Castarède, premier 
consul, qu'il auroit reçu la Mande Pioyalle, pour les imposi- 
tions à faire pour l'année prochaine 1740, et requis de procé- 
der au département, ce quy auroit été faict en la manière sui- 
vante : 

Premièrement pour le pied de la Taille, suivant la Mande, 
1092 livres. 

Plus pour le droit de quittance à M. le Receveur, 2 livres, 

Plus pour le sceau du Rolle, 7 livres, 4 sols. 

Plus pour le quartier d'hyver ou habillement des milices, ou 
sol pour livre, 162 livres, 9 sols, 9 deniers. 

Plus pour le logement militaire ou sol pour livre, 3 livres, 
18 sols, 9 deniers. 



508 APPENDICE 

Plus pour le droit de vérification à MM. les Elus, 2 livres. 

Plus pour le contrôlle des Epices, 12 sols. 

Plus pour. . . . (illisible) .... 42 sols. 

Plus pour l'enregistrement de l'Election consulaire, présan- 
tation au procureur, ou remise du Rolle au Greffe, 2 livres, 
8 sols. 

Plus pour la faction des rolles ou papier employé à iceux, 
11 livres, 10 sols. 

Plus pour le voyage pour faire vérifier, 3 livres, 10 sols. 

Plus pour la procession votive que la communauté fait, tous 
les ans, à Notre-Dame de Tudet, 12 livres. 

Plus pour l'honoraire de MM. les Consuls, ou port de livrées 
consulaires, 30 livres. 

Plus pour celuy quy faict aller l'horloge, 10 livres. 

Plus pour l'entretien dudict horloge, 5 livres. 

Plus pour l'honoraire du secrétaire de la communauté, 5 
livres. 

Plus pour les gages du valet de MM. les Consuls, 8 livres. 

Plus pour les gages du carilloneur, 5 livres. 

Plus pour le coniplantement des arbres, 20 livres. 

Plus pour le droict de levée ou collecte, 30 livres. 

Toutes les susdictes sommes montent à celle de mil quatre 
cens seize livres quy a été départie sur le nombre de 1356 con- 
cades dont le territoire se compose, à raison de une livre et un 
sol par concade. 

Ainsi a été délibéré en Castelnau-d'Arbieu, les an et jour que 
dessus. 

Madame Anne-Marguerite de Saint-Martin, veufve de mes- 
sire Jean-Vincent de Montant, en (jualité de mère tutrice et 
légitime administresse de la personne et biens de messire 
Armand de Montant, co-seigneur dudict lieu et autres places 
qu'il possède en biens ruraux audict lieu, soit 277 concades, 
5 places, 17 oscats ; argent, 201 livres, un sol. 

Madame Marie-Angélique de Valette, espouse de messire 
Pierre-Jacques de Lajonquière, capitaine des vaisseaux du 



APPENDICE 509 

Roy, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, co-seigneu- 
resse dudict lieu, possède et jouit en biens ruraux, 70 conca- 
des, 4 places, 18 escats; argent, 73 livres_, 14 sols. 

Demoiselle Anne de Goalard, co-seigneuresse dudict lieu, 
avec Jean de Goalard, une concade, 21 places, 12 escats ; 
argent, une livre, 15 sols, un denier. 

' M. Jacques de Bastard, avocat au Parlement, a 42 concades, 
16 places, 16 escats; argent, 44 livres, 13 sols, 8 deniers. 

M. le comte de Flamarens, 102 concades, 14 places, 5 escats, 
au lieu dict Aurenque; argent, 107 livres, 11 sols, 11 deniers. 

Le reste se partage entre les divers habitants de la paroisse, 
dont les noms suivent : 

Gastarède, Laclavère, Lary, Masses, Thore, Peylabère, Des- 
pons, Canteloup, Dulong, Maignaud, Lacase, Derrios, Gelas, 
Ducasse, Lartigau, Lane, Langlade, Dulau, Mares, Laforgue, 
Massoc, Vignaux, Taurignac, Lane, Davasse, Fillol, Desbarats, 
Laborde, Bruchet, Moreau, Lansson, Gauboue, Dansas, Masè- 
res, Gauran, Lamothe, Barrieu, Delpech, Garrepuy, Saint- 
Amans, flouillan, Ladevèze, Garrigues, Noguès, Despiau, 
Lasserre, Senton, Dupouy, Pérès, Bordes, Salesses, limozin, 
Gahusac, Deliet, Pradeau, Dubarry, Délas, Candelon, Bayron, 
Lafont, M. Denaus, juge-mage, M. Joseph Madères, avocat 
du Roy, M. Despons, lieutenant au comté de Gaure. 

Le tout vérifié, signé par : 

Darparéne, Daignan du Sendat et Despons. 

(c La répartition de la présente capitation a été faicte le plus 
équitablement qu'il a été possible, par les jurats et cotisateurs 
nommés par la communauté. 

» Signés : Gastarède, consul; Despons, Lary, 
tous les autres ne sachant signer. » 

(Archives de La Balcre, ea Castelnau.) 



510 APPENDICE 



Liste des seigneurs de Castelnau-d'Arbieu, 

en Lomagne, du nom de Galard, 

pendant 463 ans. 

1317*. — Othon de Montaut, était co-seigiieur de Castelnau- 
d'Arbieu, avec Arbieu de Francs, dont la fille, 
Alexie, épousa Guillaume -Bernard de Galard, 
seigneur de Frandat-Saint-Avit ; ils donnèrent, 

1405. — le 11 août 1405, à Bernard de Lary, l'investisse- 
ment de terres mouvantes du fief d'Aurenque. 
Bernard de Galard vivait encore en 1443. 

1459. — Béguier de Galard, seigneur de Flamarens, La Cha- 
pelle, Balarin en Condomois, Castera-Lectourois, 
Castelnau-d'Arbieu, etc., passa, le 17 novembre 
1459, un acte d'inféodation avec Pierre de Pélis- 
son, pour diverses terres sises en Castelnau-d'Ar- 
bieu, sous la domination de Charles d'Armagnac, 
comte de Fezensaguet, et le pontificat d'Amalric, 
évèque de Lectoure. Il vivait en 1404. 

1473. — Pierre de Galard, marié avec Jeanne de Montaut, 
co-seigneuresse de Castelnau-d'Arbieu, donna à 
l'église dudit lieu, la grosse cloche qui porte 
encore son nom. 11 mit Hugues d'Espagne, le 30 
septembre 1480, en possession de l'évèché de 
Lectoure, et le 31 août 1487, il fit la même céré- 
monie pour Pierre d'Abzac. Sa fille, Miramonde 
de Galard, épousa A. de Montaut, seigneur de 
Pauillac. Pierre de Galard passa des actes féodaux 

' La seigneurie de Castelnau-d'Arbieu, eu Lomagne, avait eu précédemment pour sei- 
gneur, Arbieu de Labalut, qui donna (1263) son nom au village, en y faisant construire 
un cliàteau. Sa lille Blanclie fut mariée avec Oalin de Montaut , fils d'Odon de Montaut, 
seigneur de Gramont, (12'J3). Elle devint veuve en 1317, et son fils, Othon de Montaut. 
continua la lignée des Montant, co-seigneurs de Castelnau-d'Arbieu, avec les de Francs, 
(Actes divers, de 1263, 12'J3 et 1317.) 



APPENDICE 511 

à Castelnau, en 1501 et 1504 ; il vivait encore le 
26 mai 1506. Le 5 mai 1506, Jeanne de Galard, 
épousa M. de Sérillac. 

1514. — Jean de Galard, seigneur de Gastelnau-d'Arbieu, mit, 
le l^r janvier, Jean de Barton en possession de 
l'évêché de Lectoure. 11 fit, le 9 février 1515, acte 
de reconnaissance avec Pierre de Lary, seigneur 
de Mansempouy, pour divers droits féodaux. 

1521. — Géraud de Galard et Jean de Galard, oncle et neveu, 
étaient seigneurs de Gastelnau-d'Arbieu. Jean, 
acheta, le 15 janvier 1521, diverses terres à Ter- 
raube. Il épousa N. de Massas de Castillon, et fit 
hommage, le 2 mai 1521, au duc d'Alençon, de ses 
terres de Gastelnau-d'Arbieu, Magnas et Urdens. 

1528. — Jean de Galard, seigneur de Gastelnau-d'Arbieu, 
épousa, le 15 novembre 1528, ^larie de Galard, 
fille du seigneur de Terraube et de dame de Vau- 
dreuil. Jean vivait encore en 1530. 

1533. — Géraud de Galard était seigneur de Gastelnau-d'Ar- 
bieu ; Bernard , son frère , seigneur de Gézan , 
fut reçu chevalier de Saint-Jean de Jérusalem. 

1542. — Jean de Galard passa, cette année, divers actes féo- 
daux au sujet de sa seigneurie de Gastelnau- 
d'Arbieu. 

1551. — Jean-Guy de Galard fit faire, à cette date, tout le 
dénombrement de ses terres en la seigneurie de 
Gastelnau-d'Arbieu. Il épousa Catherine de Las, 
qui, devenue veuve, se remaria avec Antoine de 
Montant, co-seigneur de Gastelnau-d'Arbieu. Guy 
de Galard, le 28 juin 1558, assista à la vente du 
moulin d'Aurenque, faite pour 2,000 livres, par 
Bernard de Bassabat, seigneur de Vicmont et 
Bernard de Pordéac, son fils, à Jacques de Mon- 
taut, co-seigneur du lieu de Gastelnau-d'Arbieu, 
avec le susdit Guy de Galard ; Guy de Galard fut 



512 APPENDICE 

décapité pour crime de lèse-majesté, avec Pierre 
de La Force, à Toulouse, le 15 décembre 1567. 
Ses biens confisqués, furent rendus, en 1568, à sa 
fille. Guy de Galard avait été ancien gentilhomme 
de la Chambre du Roi Charles IX, et seigneur de 
Castelnau-d' A rbieu. 
1612. — Jean de Galard, seigneur de Castelnau-d'Arbieu, y 
fonda, dans l'église, une chapelle dédiée à Saint- 
Michel, le 8 mars 1612, pour le repos de l'àme 
de sa sœur, Esclarmonde de Galard, femme de 
noble Pierre de Béraut, seigneur dudit lieu, au 
diocèse de Condom. Sa nièce, Jeanne de Galard, 
mariée avec le seigneur de Saint-Léonard, le 12 
août 1587, eut, en 1620, un procès avec Jean de 
Lary, seigneur de La Tour ; elle vivait encore au 
château de Saint-Léonard, en 1634, et avait 
apporté à son mari la co-seigneurie de Castel- 
nau-d'Arbieu, qui appartenait, le 17 janvier 1751, 
en partie seulement, à son petit-neveu, Jean de 
Galard; celui-ci mit, (1751), Guillaume de Barton 
en possession de l'évéché de Lectoure. A ce 
moment, la seigneurie de Castelnau-d'Arbieu 
était pour un liei's, aux Galard, aux Sérillac- 
Saint-Léonard et aux Montant; ces derniers la 
conservèrent jus([u'à la Ilévolution i. A cette épo- 
que, « madame Anne-IMarguurite de Saint-Martin, 
veuve de feu noble Jean- Vincent de Montant, 
quand vivait, co-seigueur dv, Castelnau-d'Arbieu, 
et mère de messii'e Armand de Moutaut, dont 
elle avait été tutilce légitinie, en 1739 »>, s'était 
letirée dans le village de Castelnau, ancienne 
seigneurie de la l'amille de son mari, et elle y 
mourut obscurément vers 1804 ^. 

' Archives de Magiias-Saiiit-Clar, Terraiihc, l'Iainarciis, l,alias, Sainl-Avil, Balariii, etc. 
* Registres de la mairie de Castelnau-d'Arbieu. 



NOTICE 

SUR LA MAISON 



DE 



BASSABAT - PORDEAG 



33 



APPENDICE 515 



Notice sur la Maison de Bassabat-Pordéao 

Pierre de Bassabat est cité, dans un titre de 1402, comme 
seigneur du château de Roquefort, en Guyenne, et de Por- 
déac, près Pessoulens. 

Bernard de Bassabat, seigneur de Pordéac et de Castet- 
Arrouy, lieutenant du sénéchal d'Armagnac, figure dans le 
syndicat des habitants de Lectoure, réunis le 20 août 1487, 
pour régler leurs différents avec l'évêque et le chapitre ^ 

Géraud de Bassabat, seigneur de Gastex, près d'Aire, avait 
épousé, vers 1490, Cécile de Roquelaure 2, fille de Jean III, 
seigneur de Roquelaure, Gaudoux, Longart, et d'Antoinette de 
Monlezun-Meillan. 

En 1562, le baron de Pordéac s'empara de Lectoure avec 
les troupes catholiques, commandées par Peyrot, Clermont, 
neveu de Monluc, d'Urtubie et Henry de Foix-Candale, comte 
d' Astarac ; ce dernier périt glorieusement (1573), devant Sau- 
mières, en Languedoc, à la tête de vingt-deux compagnies de 
Gascons. {Histoire de Gascogne, par Monlezun.) 

Avant d'expirer, il demanda à être enseveli dans les caveaux 
du château de Gastelnau-Barbarens, où il fut conduit par 
Jean de Saint-Glar, protonotaire du Saint-Siège, et abbé de 
Gimont. (Dom Brugèle.) 

Le 15 août 1611, Suzanne de Bassabat, fille de Béraud de 
Bassabat, baron de Pordéac, gouverneur de Verdun, en Guyen- 
ne, capitaine de cinquante hommes d'armes, et de Catherine 
d'Hébrail des Fontaines, dame de Capendu, fut mariée avec 
Antoine, seigneur de Roquelaure en Armagnac, Gaudoux, 
Sainte-Ghristie, Monbert, Longart, ]\Iirepeix, baron de Lavar- 

' Archives de la ville de Lectoure, par P. Druilhet. 

Les Bassabat-Pordéac occupaient à Lectoure une maison devenue, en 1591, halle et 
hôtel de ville, qui avait été donnée par Louis XI, après la prise de cette ville, au baron 
de Pordéac, en récompense de ses services. 

' Armes des Roquelaure : d'azur à trois rocs d'échiquier d'argent. 



516 APPENDICE 

dens et de Biiau, maitre de la Garde-Robe du Roi, chevalier 
de ses ordres, sénéchal-gouverneur du Rouergue et de Foix, 
lieutenant-général de la Haute-Auvergne et du Gouvernement 
de Guyenne, capitaine du château de Fontainebleau, maire 
perpétuel de Bordeaux et maréchal de France en 1615. Il 
était fils de Géraud, seigneur de Roquelaure, et de Catherine 
de Bezolles, et il mourut subitement, à Lectoure, le 9 juin 
1625, âgé de 81 ans. On l'ensevelit dans l'église de Roquelaure, 
comme il l'avait ordonné ^ Sa première femme était Cathe- 
rine d'Ornézan^ , veuve de Gilles de Montai, baron de Roque- 
brau, Carbonnières, etc., et fille de Jean-Claude d'Ornézan, 
seigneur d'Auradé, Noaillaii;, gouverneur de Metz, et de Bru- 
nette de Gornil. Antoine de Roquelaure eut, de ses deux fem- 
mes, dix-huit enfants. Ses lilles entrèrent dans les maisons de 
Gramont-d'Andoins , Noailles-d'Ayen , La Vauguyon-Saint- 
Mégrin, Serrecave de Saint-Pé, Lévis-Mirepoix, Monluc-Bala- 
gny, et Cassagnet-Fimarcon. Un de ses fils, Jean-Louis, comte 
de Roquelaure et de Beaumont, commandant un régiment de 
cavalerie, avait épousé sa cousine, Catherine de Bassabat- 
Pordéac 3. 

La sœur de la maréchale de Roquelaure, Anne de Bassabat- 
Pordéac, se maria, le 3 octobre 1600, avec Bernard de Baylens, 
baron de Poyanne *, seigneur de Gamarde, Onart, Clermont, 
Mimbaste, Poyartin, Montfort, chevalier des Ordres du Roi, 
conseiller d'Etat, gouverneur de Dax, Saint-Se ver-Cap, Navar- 



' « Le 3 novembre 1C32, sous l'épiscopat de Jean d'Estresses, la reine Anne d'Autriche 
et le cardinal de Hichelicu, furent reçus par les consuls et les notables bourgeois de Lec- 
toure, au hameau de Tané, situe entre cette ville et Magnas, et ils assistèrent, le 5 novem- 
bre, dans l'église de Saint-Gervais, au baptême de Louis et Marie de Roquelaure, enfants 
jumeaux du feu maréchal. » 

(Archives municipales, citées par Am. Plieux.) 

* Armes des d'Ornczan : d'or à trois fasces de gueules. Les Ornezaa-Saint-Blancat écar- 
telaient : d'azur au lion d'or. 

' Archives de Magnas (Gers). 

* Les Baylens portaient dans leur écusson : aux premier et quatrième d'or, au lévrier 
rampant de lîueules, bouclé et colleté d'argent ; aux deuxième et troisième d'azur, à trois 
canettes d'argent, posées deux et une. — (Gcnouillac.) 



APPENDICE 517 

reins, commandant, pour Sa Majesté, au pays des Lannes, 
lieutenant-général en Béarn et Navarre. 

M. de Bassabat, comte de Pordéac, mousquetaire du Roi 
en 1681, et proche parent de Madame de Lary-Latour, était 
d'une force prodigieuse et d'une adresse remarquable. Le 
Mercure de France du mois de novembre 1710, raconte 
« qu'un jour un malheureux bretteur et filou l'ayant insulté et 
luy ayant dit qu'ils se rencontreraient l'épée à la main, M. de 
Bassabat, d'une bravoure éprouvée, et ne voulant pas se com- 
mettre avec un tel maraud, luy dit, d'un air de grand sang- 
froid qu'il espéroit bien qu'il ne l'attaqueroit, car il étoit 
observateur régulier des ordres du Roy ; l'autre faisant le 
fier-à-bras, luy dit : Ouy, je vous attaquerai avant qu'il soit 
peu. Vous me le promettez, luy répondit froidement M. de 
Bassabat, et luy présentant la main : touchez donc là; l'autre 
met la main dans la sienne et celuy-cy la lui serra si fort 
qu'il lui brisa le bras en deux. L'autre faisoit des cris effroya- 
bles, et M. de Bassabat luy dit sèchement : « Vous me ferez 
« savoir quand vous serez en état de manier l'épée. » 

« Casser en deux un fer à cheval, rompre une pièce d'ar- 
gent et porter des poids que quatre hommes n'auroient pu 
remuer, étaient un jeu pour M. de Bassabat *. » 

Les armes de la maison de Bassabat étaient : d'argent à 
trois corbeaux de sable, becqués et membres d'or ; on les 
trouve quelquefois ainsi blasonnées : d'or à trois merlettes 
de sable, posées deux et une. 

Devise : il m'est fidèle. 



Mercure de France, novembre 1710. 



NOUS RAPPORTONS LE DOCUMENT CI-APRÈS COMME POUVANT 
INTÉRESSER PLUSIEURS FAMILLES DE 

FLEURANCE 

DONT LES ANCÊTRES ONT FAIT DIVERSES LIBÉRALITÉS 
A l'hôpital SAINT-JACQUES EN CETTE VILLE 



RENTES 



FAITES PAR DES PARTICULIERS 

A 

l'Hôpital de Saint-Jacques 

EN LA VILLE DE 

FLEURANCE 



APPENDICE 523 



Liste ou Etat des Particuliers qui font Rente 
à l'Hôpital de Fleurance. 

Anne Capdeville, Philip Gastadère, et aujour- 
d'hui Mauroux, tailleur, font cinq livres de 
rente, par acte du 3 février 1769. — Dupuy, 
notaire cy. 5 • 

Boue, de Lectoure, et Boue, de Estaffort, 
soixante quinze livres, par acte du 17 jan- 
vier 1757, — Sillières, notaire à Vives . cy. 75 

Jean Taurignac, munier à Castelnau, cinq livres 
payables le 5 février, suivant l'acte de recon- 
noissance du 17 janvier 1777. — Fitte, 
notaire cy. 5 

Lasserre, Marie de Gouè, à Fleurance, six livres 
quinze sols pour la jouissance de' 3 cazaux, 
1 place, 22 escats de Préd à l'isle du moulin, 
à la décharge de Bavant. Acte du 7 février 

1694. — Bupuy, notaire cy. 6 15 » 

Cet acte fut renouvelé par Rouquette, repré- 
sentant Lasserre, ledit acte passé par Benjoy, 
notaire de la dite ville. 

Cahuzac, forgeron à Aurenque, deux livres. Acte 
renouvelle le 14 octobre 1770. — Bupuy, 

notaire cy. 2 

Mauvers, demeurant à Aurenque, remplace 
Cahuzac d'Aurenque. Acte passé par Benjoy, 
notaire, le 19 mars 1816. 

Marie Carbonneau, Jean et autre Jean Boutan, 
forgeron à Pauilhac, vingt livres payables 
au 27 février, suivant la reconnoissance du 
27 novembre 1780. — Fitte, notaire. . cy. 20 

Rivière, sergent à Fleurance, six livres. Acte 
du 25 février 1750. — Bupuy, notaire, cy. 6 



524 APPENDICE 

Desparbès, Darboles à Fleurance, deux livres, 
deux sols, trois deniers, à la décharge de 
Desparbès du Tuco, acte du 27 février 1663. 
— Noguès, notaire cy. 2 2 3d 

Barthélémy et François Douzens à Pauilhac, 
quinze livres, payables le 8 mars, suivant 
l'acte du 18 septembre 1764, retenu par 
Moisset, notaire, et renouvelé par Dupuy, 
notaire, qui s'est adressé à Pierre Buzet, 
cultivateur à Pauilhac, représentant François 
Douzens cy. 15 

Masson, habitant à Cadeilhan, sept livres dix 
sols. Acte du 22 mars 1750. Renouvelé le 23 
août 1701. — Dupuy, notaire cy. 7 10 

Héritiers de Mauméjan , cordonnier , à la dé- 
charge de Castaigné et celuy-cy à la décharge 
de Morlan jeune, deux livres ; acte du 26 
mars 1657. Lagasson, notaire. C'est Antoine 
Soulès, au Brana du Bas, qui est maintenant 
chargé de la rente cy. 2 

Héritiers de Pierre Gariepuy, à Fleurance, trois 
livres, deux sols, six deniers, payables le 14 
juillet, suivant l'acte du 8 juin 1769. — 
Dupuy, notaire cy. 3 2 6 

Pierre Poncin, à Fleurance, une livre, cinq sols, 
pour la jouissance de la moitié de Sainte- 
Catherine, acte du 8 mars 1669. Pierre 
Marassé, garde-forestier, représentant ledit 
Poncin, est maintenant représenté par Pierre 
Fouraignan, sabotier en cette ville, qui se 
trouve chargé dudit article en vertu de l'acte 
nouvellement passé en septembre 1818. cy. 1 5 

Dominique Lacoste, masson à Fleurance, cinq 
livres, quinze sols; acte du 26 juin 1785. — 
Denjoy, notaire cy. 5 15 



APPENDICE 525 



La femme Doat et son fils, demeurant à Pis, 
soixante livres. Acte du 26 juin 1785. — 
Fitte, notaire cy. 60 

Labrit, de Fleurance, cinq livres ; acte du 25 
juin 1749, renouvelé par billet privé du 24 
décembre 1790 cy. 5 

Dominique Ayrem et Lhérisson, une livre, deux 
sols, pour la moitié de la jouissance du jar- 
din Sainte-Catherine, acte renouvelé le 24 
septembre 1780. — Denjoy, notaire. — Ils 
sont représentés par Michel Ricaud et Mar- 
guerite Gaujean, rue de l'Evêché. ... cy. 1 

Héritiers de Simon Gauze, à Fleurance, trois 
livres. Acte renouvelle en 1785. — Moisset, 
notaire. — Arnaud Doat, représente Simon 
Gauze cy. 3 

Cabandé, à Montestruc, une livre ; acte du 14 
février 1769. — Dupuy, notaire. — Il est 
représenté par La Coume, bordier à la Salle, 
chez M. Carrère-Lagarrière. Depuis il s'est 
changé à la métairie de Nayge, à M. Saint- 
Ange, commune de Miremont. A la place de 
La Coume, c'est le nommé Raymond Rayle. 
cy 1 

Fontan, à Saint- Avit, huit livres, dix sols, sui- 
vant l'acte renouvelé le 18 janvier 1783. — 
Dupuy, notaire. — Les demoiselles Fontan, 
héritières de feu leur frère, le représentent. 

cy 

Antoine Andouan, à Aurenque, demeurant 
maintenant à Moné, commune de Castel- 
nau, six livres, payables le l^r décembre 
suivant l'acte du 9 juin 1769. — Dupuy, 
notaire cy. 

Cadéot, à Réjaumont, quarante-cinq livres, acte 



8 10 



526 APPENDICE 

du le'" décembre 1772, chez Lézian, à Mira- 
mont. L'acte est chez M. Abadie, procm^eur 
à Auch cy. 45 

Lacroix, à Fleurance, sept livres, dix sols; acte 

du 6 décembre — Dupuy, notaire. — 

M. Lacroix a été remplacé par Palanque, 
d'Embidalet cy. 7 10 

Jean Santaren, de Lalanne, cinq livres. Acte du 
22 décembre 1745. Renouvelle en 1781, 
devant Danjoy, notaire cy. 5 

Héritiers d'Antoine Délas, à Grastes, vingt-qua- 
tre livres, acte du 21 décembre 1773. — 
Lézian, notaire à Miramont cy. 24 

Joseph Gariepuy, marchand à Fleurance, trois 
livres dix sols; acte du 8 juin 1769. — 
Dupuy, notaire cy. 3 10 

Lary, forgeron au Hourtané, quinze livres, acte 
passé par Dupuy, notaire cy. 15 

Louis Derrey, à la Ferrette en Brugnens, quinze 
livres. Acte du 7 juin 1792. — Danjoy, 
notaire cy. 15 

Armand Somabère, de Lamothe-Lauze, vingt 
livres. Danjoy, notaire, a passé l'acte. Domi- 
nique Lanusse, demeurant à la Crousète de 
Bouilhas , représente Armand Somabère ; 
mais il a changé de résidence et il demeure 
maintenant à Vigneaux, métairie de M. La- 
bat, de Lectoure, ladite métairie est dans la 
commune de Pauilhac cy. 20 

Joseph Mortera, charpentier à La Sauvetat, sept 
livres, 10 sols ; acte passé par Danjoy. Ledit 
Mortera, reste près le cimetière de La Sau- 
vetat cy. 7 10 

Jean et autre Jean Mares, bordiei"s, à Gayron, 
une livre, onze sols. Acte du 28 février 17G8. 
— Dupuy, notaire cy. 1 11 



APPENDICE 527 

Barthélémy Lafosse, à Fleurance, trois livres, 
douze sols. Acte du 28 février 1768. — 
Dupuy, notaire cy. 3 12 

Bernard Severat, à Saint-Lary, trois livres. Acte 
du 5 février 1769. — Dupuy^ notaire. . cy. 3 

Jean Derrey, carrilloneur à Fleurance, trois li- 
vres, dix-huit sols. Acte du 28 février 1768. 
— Dupuy, notaire % cy. 3 18 

Jean Lacourt, à Fleurance, quatre livres, dix 
sols; acte du 20 février 1768. — Dupuy, 
notaire cy. 4 10 

Guillaume Barres, à Saint-Lary, cinq livres, 
quatre sols; acte du 28 février 1768. — 
Dupuy, notaire cy. 5 4 

Héritiers de Louis Lauzero, cardeur à Fleu- 
rance, deux livres, douze sols ; acte du 28 fé- 
vrier 1768. — Dupuy, notaire. — Joseph 
Latour représente Louis Lauzero ; au fond 
de la rue de Gastelnau cy. 2 12 

Jean Lannes, dit Bigorre, à Fleurance, une 
livre, douze sols. Acte du 28 février 1768. — • 
Dupuy, notaire cy. 1 12 

Joseph Espiau, bordier au Roucho, en Fleu- 
rance, cinq livres, huit sols, neuf deniers ; acte 
du 28 février 1768. — Dupuy, notaire. . cy. 5 8 9 

Dominique Carrère et Arragon, bordiers, quatre 
livres, sept sols, acte du 28 février 1768. — 
Dupuy notaire cy. 4 7 

Joseph Ganteloup, à Fleurance, trois livres, onze 
sols, trois deniers ; acte du 28 février 1768. — 
Dupuy notaire. — Jean-Baptiste Descomps, 
à Ascapote, s'est chargé de la rente de Jo- 
seph Cantaloup par acte passé par Danjoy, à 
Fleurance cy. 3 11 3 

Jean Larrûe, boulanger à Fleurance, une livre, 



528 APPENDICE 

douze sols, six deniers ; acte du 6 mars 1768. 

— Dupuy, notaire, — Il est représenté par 

Charles Lary, chez Dubarry cy. 1 12 6 

Guilhaume Laforgue, à Fleurance, à la décharge 
de Lagardelle, trois livres, seize sols; acte 
du 6 mars 1768. — Dupuy, notaire. . . cy. 3 16 
Antoine Doazan, à Fleurance; deux livres, qua- 
torze sols, deux d*iiers ; acte du 6 mars 1769. 

— Dupuy, notaire. — Jean Momain, bordier, 
au Hauret, commune de Fleurance, est au 
lieu et place de Antoine Doazan, par acte 

retenu par Denjoy, notaire cy. 2 14 9 

Jean Poncin, tisserand, à Fleurance, deux livres, 
huit sols, onze deniers ; acte du 28 février 
1769. — Dupuy, notaire cy. 2 8 11 

Bernard Gachadouat, à Fleurance; trois livres 
quatre sols. Acte du 6 mars 1768. — Dupuy, 
notaire cy. 3 4 

Héritiers de Jean Lauzero, dit Pistole, à Fleu- 
rance, deux livres, dix sols, six deniers. Acte 
du 6 mars 1768. — Dupuy, notaire. — Ger- 
vais Navarre, brassier à Fleurance, représente 
Jean Lauzero, ayant acquis dudit Lauzero, son 
bien, par acte passé par Dupuy, notaire, cy. 2 10 6 

Jean et Pierre Lauzero, de Fleurance, trois livres. 
Acte du 6 mars 1768. — Dupuy, notaire. — 
Ils sont remplacés par Joseph Dorbes, labou- 
reur, habitant la métairie d'Arbieu, com- 
mune de Fleurance cy. 3 

François Trémoulet, à Fleurance ; une livre, 
onze sols. Acte du 6 mars 1768. — Dupuy, 
notaire cy. 1 11 

Josepii Peylabère, à Fleurance, trois livres. Acte 
du 6 mars 1768. — Dupuy, notaire. . . cy. 3 

Joseph Bordes, bordier de Senteran ; trois livres. 

du 6 mars 1768. — Dupuy, notaire cy. 3 



APPENDICE 529 

Le bordier du Bosc et Arnaud Lacoustère, dit 
Mignon , deux livres , seize sols ; acte du 

9 mars 1768. — Dupuy, notaire cy. 2 i 16 * 

Joseph Dalbe, à Fleurance, deux livres, douze 
sols, onze deniers ; représenté par François 
Doat, laboureur, habitant de Gayron. — Du- 
puy, notaire cy. 2 12 11 

Outre ces revenus, se montant à près de 456 francs, l'hôpi- 
tal de Fleurance avait encore des rentes et des capitaux placés 
sur le clergé de France, les Tiercères de Miramont et Mon- 
seigneur l'Evêque de Lombez. Ces fonds, remontant en partie 
à l'année 1766, formaient, en 1787, un total de trente mille 
cinq cent trente francs environ, dont la nation s'était emparée. 
Quelques capitaux avaient été remboursés par les débiteurs 
dont les noms suivent : 

Pierre Lannes, de Lassalle, avait payé 1000 ^ 

Louis Laurenties, de Fleurance, avait payé. . 600 

Thomas Laclaverie 1700 

Joseph Vignolles 1200 

Claude Lafont, de Lalanne, et Louis Daguzan, 

jeune, de Montestruc, remboursèrent . . . 1188 1 4^ 11 d 
D'après la loi du 16 vendémiaire an V, la Trésorerie Na- 
tionale devait rendre à l'hôpital de Fleurance ces diverses 
sommes, dont elle s'était rendue maîtresse, et qui atteignaient 
un total de 36.923 Hures, 5 sols, 7 deniers. 

Les originaux de tous les actes, faisant foi de ces créances, 
furent envoyés au liquidateur général à Paris ; nous ignorons 
quel fut le résultat des démarches commencées à cette 
occasion *. 



* Archivés du château de La Rochette-Manlay (Côte-d'Or). 

34 



CESSION 

DES DROITS SEIGNEURIAUX 

EXERCÉS PAR LE 

SEIGNEUR DE MAGNAS 

SUR LA TERRE d'AURENQUE , 

faite par Jean de Saint-Géry, baron de MagnaSy 

EN FAVEUR DE 

JEAN DE LARY, 

SEIGNEUR DE LA TOUR 

2 Juin 1596 



APPENDICE 533 



Cession des Droits seigneuriaux exercés 

par le seigneur de Magnas 

sur la terre d'Aurenque, faite par Jean de 

Saint-Géry, baron de Magnas, 

en faveur de Jean de Lary, seigneur de la Tour 

2 Juin 1596 



Sachent tous présents et à venir qu'aujourd'hui , vingt- 
deuxième du mois de juin 1596, après midy, régnant Henry 
par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, dans la 
ville de Fleurance, et maison de M^ Jean Fermier licentier es 
droit et lieutenant d'office en la Comté de Gaure, pardevant 
moy notaire royal soussigné, et présents les témoins souscrits, 
constitué en personne nohle Jean de Saint-Géry, seigneur de 
Magnas, La Motte Ando et autres places, lequel de son hon gré 
pure franche et agréable volonté, a vendu et par la teneur du 
présent vend à noble Jean de Lary, seigneur de Latour, Man- 
sempouy, Lalaneet autres places, présent, stipulant et acceptant 
pour luy et les siens et successeurs à l'avenir; scavoir est, 
tous et chacun des droits de directe et devoirs seigneuriaux 
qu'il a en la juridiction d'Aurenque et non divis eu tant que 
ladite jurisdiction continue qu'avoit accoutumé d'aller répondre 
au lieu de Lamotteando et pardevant le juge d'ycelle comme 
étant incorporée à celle de La Motte Ando consistant en la jus- 
tice haute, basse et moyenne, taberne , boucherie, maison 
qu'il y a au lieu d'Aurenque, péage, baylie et autres droits que 
ledict Seigneur de Magnas a toujours tiré et tire encore de 
présent en ladite jurisdiction, sans réservation aucune, consen- 
tant led. seigneur de Magnas que losd. droits de directe et 
devoirs seigneuriaux, — taberne, maison, baylie et autres 
droits soient distraits de lad^ jurisdiction de La Motte Ando, 
lesquels led. seigneur de Magnas a présentement distraits, 
voulant et consentant que led. seigneur de Latour cy après en 



534 APPENDICE 

jouisse et en fasse à ses plaisirs et volontés, et comme en sa 
cause propre à la charge et condition qu'iceluy seigneur de La 
Tour acquittera led. seigneur de Magnas de la quatrième par- 
tie de l'hommage qu'il fait au seigneur comte d'Armagnac, 
tant pour raison de ladite seigneurie de La Motte Ando que 
d'Aurenque, etc. 

Magnas, La Tour, Laborde, Margont, Trenquelie, Fermier 
et Lézian notaire royal, ainsi signés à l'original sur lequel le 
présent extrait a été tiré sans y avoir rien augmenté ni dimi- 
nué par moy Jean Espiau notaire Royal du lieu de Miremond, 
détenteur des papiers dud. feu Lépian, expédié et délivré le 
sixiesme novembre 1720, à Monsieur le comte de Fimarcon. 

Le présent ne pourra être mis en justice qu'il ne soit expédié 
sur du parchemin timbré, 

Espiau, Notaire 
Signé. 
Pour copie 
Lassaban, Substitué ^ 



' Archives de Magnas S«-Clar (Gers) 



SONNETTISTES 



ANCIENS ET MODERNES 



APPENDICE 537 



Sonnettistes anciens et modernes. 

La société des Lanternistes fondée à Toulouse, vers la fin 
du xvii« siècle, tirait son nom des lanternes que portaient ses 
membres pour se rendre aux réunions qui avaient toujours lieu 
la nuit. Cette association littéraire proposa long-temps les 
bouts-rimés d'un sonnet en l'honneur du Roi ^ 

Monsieur L. de Veyrières, dans son ouvrage sur les auteurs 
de sonnets, cite comme poètes du Sud-Ouest de la France, 
Guillaume de Salluste, sieur du Bartas, né à Montfort, près 
d'Auch, en 1545 et mort en 1590, auteur de la Sepmaine ov 
création dv monde en sept livres ; ce poème eut plus de 
trente éditions en quelques années. Guillaume de Salluste du 
Bartas s'intitulait « Prince des poètes Français ». Il composa 
une Seconde sepmaine^ Judith^ Uranie, Le triomphe de la 
Foy, Histoire de Jonas, Lépanthe, etc. 

François le Poulchre, seigneur de la Motte-Messemé, che- 
valier de l'Ordre du Roi, se disait issu du consul romain 
Appius Pulcher. Sa devise était : Suum cuique; né à Mont-de- 
Marsan vers 1545, il mourut en 1597. Tenu sur les fonts bap- 
tismaux par Marguerite, reine de Navarre, et François I^r, il 
épousa, en 1570, Philippe de Ludre, dame de Bouzemont. 
Il a composé : « Les 7 Hurles des Honnestes loisirs de Monsieur 
de La Motte-Messemé, chevallier de V Ordre du Roy, capitaine 
de 50 hommes d'armes des ordonnances de Sa Majesté, inti- 
tulez chacun des noms d'une des planettes, plus un meslange 
de divers Poèmes, d'Elégies, Stances et Sonnets, plus les 
Amours d'Adrastie. » Un des sonnets du recueil se termine 
ainsi ; il s'adresse à sa muse, Marie : 

» D'aller en Paradis le plus certain moyen, 

» C'est de rendre à chacun ce que Ton a du sien ; 

» Rendez-moy donc mon cœur, vous sauverez votre âme *. 

• Abbé Barrère, Rev. de Gascogne, 1876. 
« A Paris, in-I2, 1587. 



538 APPENDICE 

Jean de la Jessée (ou Gessée) naquit, vers 1550, à Mauvezin 
en Guyenne. Il publia : Les soupirs de la France sur le départ 
du Roy de Pologne, contenant vingt-sept sonnets *. En 1578, 
il donna ses Amours de Grassinde, dix Odes-Satires, et, en 
1584, quelques Lettres funèbres. 

Madame de Régis, de Mansonville en Gascogne, fit insérer, 
entre 1708 et 1716, quelques poésies dans le Mercure de 
France. 

Il y a eu un sonnet inédit, qui a été attribué à Pierre de 
Fermât (1601-1665) mais on l'a reconnu apocryphe. 

Enfin messire Joseph de S^-Géry, seigneur de Magnas, pu- 
blia VIris et quelques mélanges de prose et de vers, en 1663 ; 
un de ses descendants fit aussi un sonnet qui fut couronné par 
la société des Lanternistes. 



* A. Paris, pcl. in-4<>, 1573. 



BREVET ET COMMISSION 

DONNÉS A 

Henri de GROSSOLLES , seigneur d'Asques 

PAR 

Henry de BOURBON, prince de GONDÉ 

EN 1615 
ET 

Lettres du Duc de Mayenne 

APPROUVANT LES LEVÉES DE TROUPES FAITES EN 1617 
PAR LEDIT 

DE GROSSOLLES 



APPENDICE 544 



Commission donnée par Henri de Bourbon , 

prince de Condé , 
au sieur d'Asques, pour lever des gens de guerre 



Nous Henry de Bourbon, prince de Condé, premier prince 
du sang et premier pair de France, avons permis et permet- 
tons au sieur d'Asques de s'asseurer et prendre telles places 
qu'il verra et jugera à propos pour le service du Roy et mettre 
en icelles, personnes fidèles et capables pour y comander en 
son absence, comme aussy de se saisir et prendre prisonniers 
toutes personnes qui tiennent notoirement le party des dissipa- 
teurs de l'Estat. Nous luy permettons aussy de prendre et de se 
faire délivrer à telles réceptes de tailles ou greniers à sel les 
plus proches, par les commis d'icelles réceptes, toutes les som- 
mes qui luy feront besoing pour la levée et entretenement des 
gens de guerre qu'il lèvera pour le service du Roy et bien de 
son Estât, soubs notre authorité et de quoy nous l'advouons 
par ces prézantes que nous avons signées de nostre main. 

A Montcornet, le dernier d'Aoust mil six cent quinze. 

Henry de Bourbon. 

Par Monseigneur, premier prince du sang et pair de France. 

(Au dos.) Permission de Monseigneur le Prince de 

Condé à Monsieur Henry d'Asques 
pour lever des gens de guerre. 

(Scellé d'un cachet en cire aux armes de Condé *.) 



* Archives particulières. 



542 APPENDICE 



Brevet de Mestre-de-Camp délivré à Henry de 
Grossolles, d'Asques, par le Prince de Condé. i 

Henry de Bourbon, prince de Condé, premier prince du 
sang, premier pair de France, duc d'Anguien, marquis de 
Cliàteauroux, comte de Soissons, de Glermont, de Valéry, 
baron de Craon, Rochefort, La Giiasteronières et Saint-Maur, 
gouverneur et lieutenant-général pour le Roy mon seigneur, 
en ses pays et duché de Guyenne, au sieur d'Asques, salut. 

Savoir faisons qu'après une longue patience, suivie d'une 
espérance de voyr establir ung bon ordre aux aifaires et grans 
désordres qu'y sont en Testât, et ayant cognoissance de toutte 
la France pour voulloir regnier seulz dans la confusion en la 
subversion de l'Estat et faiblissement de la couronne et la 
ruyne des princes du sang, des aultres princes et officiers de 
la couronne et seigneurs du royaume, et voyant que plusieurs, 
par le conseil des dessus dicts, comme nous sommes très bien 
avertys, ont fait et font de grandes levées de gens de guerre 
en plusieurs endroyts d'iceluy pays, usurpant le nom et l'au- 
tliorité du Roy, ce qui ne peut être faict.ni entrepris au pré- 
judice du service de Sa Majesté, sy bien que nous sommes 
contraincts de i-epousser les injures faictes au Roy, par une 
juste et nécessaire défense. 

A quoy, attendu nostre qualité et le rang que nous tenons 
en France, nous jugeons nécessaire de nous y opposer pour 
remédier au mal évident et aux inconvenances qui en pourroit 
arriver, à ces causes, en plain nous coniiant à vos suffisance, 
fidélité, vaillance et expérience en fait des armes, vous avons, 
par les prézenles, de l'advis de plusieurs principaux officiers 
de la couronne, estant avec nous, donné et donnons la charge 
et commission de mestre de camp d'un régiment de quelques 
compagnies de gens de pied cent hommes chacune, dont la 
première sera en vostre main, laquelle vous lèverez et mettrez 
sus, le plus diligemment que pourrez, avec personnes enten- 



APPENDICE 543 

dues au faict des armes, pour estre par vous commandées et 
icelles conduictes près de nous afin d'obéir à ce que nous vous 
commanderons, pour le service du Roy, et bien de son Estât. 
En témoignage de quoy, nous avons signé ces présentes de 
notre main, icelles faict contresigner par notre secrettaire ordi- 
naire et mettre le scel de nos armes. 

Donné à Cressy le quastrième jour de septembre mil six 
cens quinze. 

Heinry de Bourbon. 

(Sceau.) 

Par Monseigneur, premier prince du sang, et premier pair 
de France. 

Bonnet *. 



* Archives particulières. 



LETTRES 

DE MONSIEUR LE DUC DE MAYENNE 

A MESSIRE 

Henry de GROSSOLLES, seigneur d'Asques 

APPROUVANT LES ARMEMENTS FAICTS 
PAR LEDICT 

sieup d'ASQUES 

DANS LE TEMPS DES TROUBLES DES GUERRES CIVILES 1617 



35 



APPENDICE 547 



Lettres du duc de Mayenne approuvant les 

armements faits par Henri de Grossolles, 

seigneur d'Asques, pour le service de sa Majesté. 



Le duc de Mayenne et d'Aiguillon, pair et grand-chambel- 
lan de France, gouverneur et lieutenant-général pour le Roy, 
de risle de France. 

Sur ce que Henry de Grossolles, chevallier, nous a faict 
dire et remonstrer que durant les mouvements des années 
seize cent quinze, seize et de la présente, il avoict faict quel- 
ques levées de gens de guerre pour le service du Roy, tant 
en vertu des commissions et advis de Monseigneur le Prince 
de Gondé, que des nostres, et faict la guerre de tout son pou- 
voir aux ennemis du party des princes, tant en l'Isle de 
France, Ghampaigne, que aultres lieux pendant les années 
seize cent quinze, et seize, en l'armée de Monsieur le Prince de 
Condé, et depuis pendant le siège de Soissons, en Gascoigne 
mesme auroit rendu ung combat contre les gens du sieur de 
Castelnau durant ledict temps, et auroit attaqué avec pétards 
et aultres armes la maison et chasteau de Caumont dont il 
auroit esté repoussé par les gens dudict sieur de Castelnau, 
portant les armes suyvant party contraire à nous, mesme 
seroit entré dans le boui'g dudict lieu de Caumont avec ses 
gens de guerre, ou il auroit faict prendre par eux quelques 
mousquets et piques dont il craint en estre recherché et 
molesté sy-après, sy sur ce il n'avoit nos lettres d'adveu et 
de descharge, encore nous suppliant bien humblement luy 
octroyer et sceller, et désirant la venue dudict sieur d'Asques 
et de ses compagnons qui ont bien et fidellement servi le Roy 
soubs l'authorité de Monsieur le Prince de Condé et la nos- 
tre, au sus dictlieu durant les mouvements desdictes armées 
après avoir pris, sur ce, l'advis de plusieurs seigneurs, 
ses capitaines estant près de nous, avons advoué et approuvé. 



548 appendice; 

advouons et approuvons par ces présentes, en vertu de nostre 
pouvoir tous les susdicts faits de guerre et d'hostilité exécutés 
sur nosdicts ennemis et leurs adhérents, mesmement le com- 
bat contre le sieur de Gastelnau et ses gens, advant le dernier 
Febvrier mil six cent seize, par ledict sieur d'Asques, lesquels 
gens l'attendoyent avec armes et arquebuses en embuscade 
prèz la maison, dont nous avons été dueument advertys, 
comme aussy des prises desdites armes et aultres choses sur 
eux, sans que luy, et ceulx quy l'ont assisté, en puyssent être 
cy-après poursuivis, recherchés, ny inquiétés en façon quel- 
conque. 

En lesmoing de quoy nous avons signé la présente, icelle 
faict contresigner pai* ung de nos secrétaires ordinaires et y 
apposer le cachet de nos armes. 

A Soissons, le dernier jour d'Avril mil six cent dix-sept. 

Henry de Lorraine. 
Par Monseigneur, 

Detardez. * 

(Cachet.) 



* Archives particulières. 



JEAN DE GALARD 

BARON DE L'ISLE ET DE SAINTE-LIVRADE 

SÉNÉCHAL d'armagnac 

autorise l'enregistrement, en la Cour de la Sénéchaussée de 

Lectoure, de la Donation faite par Jean de GROSSOLLES, 

protonotaire, à ses neveux 

Hérard et Régnauld de GROSSOLLES, fils 

d'Antoine de Grossolles 

seigneur de buzet 

6 Janvier 1545 



APPENDICE 551 

Jean de Galard, baron de l'Isle et de Sainte- 

Livrade, sénéchal d'Armagnac, 
autorise l'enregistrement , en la Cour de la Sénéchaussée de 

Lectoure , de la Donation faite par Jean de Grossolles, 

protonotaire, à ses neveux Hérard et Régnauld de Gi^ossolles, 

fils d'Antoine de Grossolles, seigneur de Buzet. 



Jehan de Goalard, chevalier, seigneur et baron de l'Isle- 
Bozon en Lomaigne et de Sainte-Livrade, conseiller et cham- 
bellan des Roy et Reyne de Navarre, comtes d'Armaignac, 
leur seneschal et gouverneur audict comté deçà la rivière de 
Garonne, à tous ceux qui ces présentes verront, salut. 

Scavoir faisons et par ces présentes attestons aujourd'hui 
date des prézentes en nostre court présidiale de Lectoure et 
par devant le juge-maige en nostre seneschaussée dans l'audic- 
toire de nostre dicte court, s'estre prézenté Huard de Lescu- 
raing, lieutenant advocat et conseiller en icelle court, avec 
maistre Pierre de Vergé, prebtre de Buzet, procureur pour 
nobles Hérard et Regnault de Grossolles, fils de feu messire 
Anthonin de Grossolles, chevalier, en son vivant seigneur de 
Buzet, et m'a dict que messire Jehan de Grossolles, protho- 
notaire du Saint-Siège apostolique, prieur de Buzet, seigneur 
et baron de Montastruc, Flamarens et aultres places, suyvant 
la volonté de feu noble Jehan de Grossolles, son père, sei- 
gneur en son vivant, desdits lieux et places, par amour natu- 
relle et plusieurs agréables services, avoyt faict donation a 
jamays irrévocable audict sieur messire Anthoine de Grossol- 
les, chevalier, seigneur dudict Buzet, son oncle paternel, et 
nobles Hérard et Régnauld de Grossolles, ses fils, et couzins 



552 APPENDICE 

germains dudict noble Jehan de Grossolles donnateur, scavoir 
des châteaux, terres, seigneuries et juridiction de Montastruc 
en Agênoys, Flamarens et maisons nobles du Cluzet, Madiran, 
et rentes à luy appartenant en la ville et juridiction de La 
Plume, assizes au pais d'Armaignac, Lomaigne, Bruilhois et 
Condomoys, avec leurs appartenances et dépendances quel- 
conques, procès, actions et devoirs, à luy appartenans par 
l'instrument de ladite donnation, grossoyé retenue et signée 
par maistre Fargues Villery, notaire royal, habitant de Mon- 
tastruc en Agênoys, que illec a exibé, baillé et monstre comme 
cy à nos prézentes, soubs le scel de nostre séneschaussée 
attaché, requérant ledit Lescuraing, suyvant la procuration et 
puissance à luy données, comme semblablement on a faict 
apparoir ladicte donation estre insinuée, authorizée par nostre 
dicte court, et le décret de nostre court y estre interposé 
réallement, enregistré es registres de nostre cour, suyvant les 
ordonnances royaulx dernièrement publiés, et pour ledict 
messire Jehan de Grossolles, donnateur, avoir comparu mais- 
tre Jehan Planhes, procureur en icelle court avec maistre 
Guillaume Raubin, procureur, aussi duement fondé comme 
on faict apparoir par procuration, lequel a dict avoir veu 
ladicte donnation faicte par icelui messire Jehan de Grossol- 
les audict messire Anthoine et noble Hérard et Régnault de 
Grossolles ses oncle paternel et couzins germains, pour ladicte 
amour naturelle et plusieurs agréables services que luy ont 
faict et esperont que lui feroient, a consenty, suyvant la puys- 
sance que ladicte insinuation soyct faicte, authorizée et enre- 
gistrée avec interposition de décret. 

Et ont comparu maistre Jehan du Plan, conseiller, advocat 
général en nostre Sénéchaussée, lequel, ouy et entendu ladicte 
requeste, a dict qu'il faut y pourvoir, n'étant préjudiciable 
au Roy, et aux Roy et Reynede Navarre, contes d'Armagnac, 
nos seigneurs et dame, et à icelle donnation a esté interposée 
le décret, sans préjudice toutefoys du droict desdicts seigneurs 
et de tous aulties et devant les témoings pour lesdicts de 



APPENDICE 553 

Grossolles donnataires et ont demandé et requis acte luy estre 
expédié qui luy a été concédé. 

En foy de quoy avons faict expédier ces nouvelles prézentes 
signées et scellées du scel de nostre seneschaussée. 

A Lectoure, le sixiesme jour du moy de janvier mil cinq 
cens quarante cinq. 

Boucher*. 



I 



Acte en parchemin. Archives de Magnas (Gers). 



I 



I 



TESTAMENT 

D'ARNAUD DE GROSSOLLES 



SEIGNEUR DE 



FLAMARENS 

DU 15 JUILLET 1536 



APPENDICE 557 



Testament d'Arnaud de Grossolles, seigneur 
de Flamarens, du 15 juillet 1536 



Cejourd'huy quinziesme de jung l'an mil cinq cens cinquante- 
neuf, en obtempérant aux commandements à moy soubz signé 
faictz par Jehan de Setfons, sergent royal en verteu des lettres 
de compulsion impetrées à la requeste de noble Jehan de 
Grossolles dict Basques, prothonotaire et prieur de Buzet, par 
lesquelles me enjoignoit luy expédier ung instrument de testa- 
ment faict dès longtemps, par feu noble Arnaud de Grossolles, 
quand vivoit seigneur de Flamerans et conseigneur de la Ghap- 
pelle et Mauroux, retenu par Maistre Anthoine de Monte- 
murati, notaire de Tholoze, et par moy Jehan soubz signé, 
ainsi que appert par lesdictes lettres de compulsion et ex- 
ploictz sur ce faict, desquelles la teneur s'ensuit : Jean de 
Galard, chevallier, seigneur et baron de Lisle-Bozon en Lo- 
maigne, conseiller et chambellan du Roy et royne de Navarre, 
contes d'Armaignac, leur séneschal et gouverneur audict 
comté, au premier sergent sur ce requis, salut. 

De la partie de noble maistre Jehan de Grossolles, protho- 
notaire d'Asques, nous a esté exposé que par conservation de 
son droict, avoit besoing et nécessité de plusieurs instrumens, 
actes et documens qui sont entre les mains et pouvoir de di- 
vers notaires qui les ont retenus ou leurs collationnaires des- 
quelz ne les peut recouvrer sans remède de nostre court, 
icelluy humblement requérant. Pour ce vous mandons, à la 
requeste dudict exposant faicte, commandement de par les- 
dicts sergents, et nous audicts notaires ou leurs collationnai- 
res qui ont devers eux lesdicts instrumens, titres et documens 
qui leur seront baillez par déclaration dans quatre jours avec 
l'exploict des prezentes, satisfaict du salaire compétent sur 
peine de vingt-cinq marcs d'argent au fisc de nostre court 
applicquée en cas d'opposition, assigne les opposans a jour 



558 APPENDICE 

compétent à comparoir par devant nous en nostre tribunal 
en nostre Court à lectheure d'icelle, à dire leurs causes d'op- 
position auctrement procéder comme de raison. 

Donné à Lectoure, le quinziesme jour du moy de Jving mil 
cinq cens cinquante-neuf. 

Signé : Tartanac. 



Premièrement, ung testament de feu noble Arnauld de Gros- 
soUes, escuyer, seigneur dudict Flameranx, retenu par 
jMMcs Jehan Glauzet et Anthoine de Montemurato. Je, Jehan 
de Sepfons, sergent royal habitant de Sainct-Anthoine, de 
Pont de Ratz, certiffie que le seiziesme jour de jung, l'an mil 
cinq cens cinquante-neuf, qui en vertu des pouvoirs, lettres de 
commandement, et à la requête de l'impétrant dicelles, ledict 
jour, nous ont transporté par devers la personne de Maistre 
Jehan Clauzet, prebtre; auquel parlant après l'avoir nottiffié le 
contenu desdictes lettres, luy avoir faictcomandement, àpeyne 
de vingt-cinq marcqs d'argent au fisc, expédier à l'impétrant 
l'instrument du testament de feu noble Arnauld de Grossolles, 
escuyer, seigneur en son vivant de Flameranx, et ce dans qua- 
tre jours après le comandement, satisfaict de salaire modéré, 
et en refus luy avoir donné adjornoment et assignation par 
devant lieu, actes et tins contenus esdites lettres, à l'huic- 
tième jour après mon prézent exploict, pour, dire ce que bon 
luy semblera et se voir déclarer la peyne judicte ; lequel Clau- 
zet m'a respondeu qu'il feroit son debvoir satisfaict de salaire 
modéré et pour ce devoir, m'a recjuis coppie, tant desdictes 
lettres que du présent exploict concédé et après baillé ayant 
relîeré à MM^» Vidal, Lafite, Durand, Belloques, prebtre, et 
Jean Vidal, habitant dudict Flameranx, — Je Sepfons, sergent 
royal, oblempéiant comme dict est, audict commandement, 
luy ai expédié, Mctu pe^iai-uni, ledict testament trouvé en mes 
prothocolles comme s'ensuyt. 
Au nom de Dieu et de la Saincte Trinité, saichent tous pré- 



APPENDICE 559 

zents et advenir quaiijourdhuy quinziesme jour du moys de 
JuUet lan de grâce mil cincq cens trente six, régnant nostre 
souverain prince Francoys par la grâce de Dieu roy de France, 
en Thoulouse, et dans une salle basse de la mayson du Véné- 
rable home Maistre Pierre May mal, licentié en droict et advo- 
cat en la court souveraine de parlement de Thoulouse, en la 
prézence de nous et tesmoings sousbz-nommés, estably et per- 
sonnellement constitué, noble home Arnauld de Grossolles, 
seigneur et baron de Flamarens et Montastruc^ conseigneur de 
la Chapelle et Mauroux, lequel estant assis sur une chaire 
dans ladicte salle, en son bon sens et entendement, considé- 
rant le voyage qu'il entend faire au service du Roy à la guerre, 
estre doubteux, a faict et ordonné de son bon et propre voul- 
loir, son testament et acte de dernière voullonté, lequel il a 
escript et a ordonné, et signé de sa propre main par devers 
nous pour icelluy passer et réciter la teneur quil s'ensuyt : 
Considérant l'instabilité et mutation de toutes chozes qui sont 
soubz le Ciel, mesme la vie humaine estre tant fragile et tran- 
sitoire que mesme ceulx qui, par cours de nature, doibvent 
avoir fiance en longs jours, sont souvant ceulx auxquelz par 
mort prématurée, sont faicts plus courts, et que par mort ad- 
venant et à leur grand repentir, il ne leur est pas permis de 
pourvoir aux chozes quy seroient besoing et qu'ils voudroient 
avoir faictes au temps qu'ils en avoient l'opportunité, par quoy, 
non sans cauze, Nostre Seigneur en son sainct Evangille sou- 
vant nous induict et admoneste nous tenir prest et estre vigil- 
lant, voyant la grande incertitude de nostre mort et fm et la 
certitude d'icelle. Or, entr'aultres préparatoires que nostre 
Saulveur veult que ung chacun, vray fidelle et catholique, fasse, 
et après avoir bien dispozé à la maizon intérieure de son àme, 
pourvoir et ordonner l'extérieur, scavoir les biens et héritages 
qu'avons de luy reçus, et ce à son honeur et louange et conso- 
lation mesme des bons parens et amys, ainsy que le prophète 
de Dieu, Ozanias dict au Roy Ezéchiel : dispose et donne tout. 
Parquoy considérant, qu'il ne fault point avoir tiance en 



560 APPENDICE 

jeune aage, force et santé, car toutes chozes mondaines sont 
subjectes à soubdaine mutation, voyant aussy le dangier du 
temps prézent subject à guerres et aultres adversitez, si par la 
divine clémence n'y est pourveu et obvié, c'est la rayson qu'a 
esmeu aujourdhuy moy Arnauld de Grossolles, qui compte le 
quinziesme de JuUet mil cincq cens trante-six, faire et ordon- 
ner ce prézent testament et acte définitif de mes dernières 
voullontés. 

Premièrement, après avoir faict le signe de la Croix, invoc- 
qué la grâce du bennoist Saint-Esprit, je recommande mon 
âme, nunc pro hune, quant il luy plaira que la séparation en 
soit faicte davecque mon corps, à nostre Saulveur Jésu Christ, 
à son imitation et example, quant luy mourant, voulust bien 
recomander la sienne à Dieu son père, disant : « hi marnes 
tuas Domine, comendo spiritum meum », ainsi fais-je à la glo- 
rieuse Vierge Marie, à Monsieur Sainct Jehan, évangéliste, 
Monsieur Sainct Raphaël, archange, à mon bon Ange et à 
toute la Cour célestielle. Puis, veulx que s'yl advient que je 
meure à Flamarenx, ou lieu voysin, que mon corps soit 
inhumé, si l'Eglise qu'est à présent commencée n'estoit pour 
lors parfaicte, en la chapelle Saincte Anne en l'Eglise parro- 
chelle du lieu de Ffamarenx en Armaignac, au sépulchre de 
mes encestres et prédécesseurs, et si l'Eglise estoit achevée, 
veulx estre enterré en la cave ou fosse que j'ay faicte faire en 
sa chappelle, en laquelle j'ay intention de remectre les osse- 
mens de mesdicts prédécesseurs ; mais si cela nestoit faict au 
tamps de mon décez, je supplye mon hérétier voulloir faire 
ladicte translation ou remuement. 

Et s'yl advient que je mourusse à Montastruc, ou lyeu voy- 
sin, veulx être enterré devant le grand autel de l'Eglize de 
Sainct-Pierre de la Croix, estant au terroir dudit lieu Mon- 
tastruc, dioceze d'Agennoys. 

Item, veulx et ordonne que au heu de mon enterrement, le 
jour que je seroy ensepvely, soit par mon héritier convocqué 
et appelé deux cents prebti'es, lesquelz diront messes et autres 



APPENDICE 561 

suffrages pour mon àme et de mes parents et amys deffunctz, 
et a chacun d'eux ordonne estre payés troys soulz quatre 
deniers tournois sans réfection. 

Item, veulx que ledict jour, à l'honneur de Dieu, soyent 
vestus de drap noii- douze pauvres et chascun d'eux tienne une 
torche de cire du poids d'une hvre pendant que le divin ser- 
vice se fera, et que leur soit bailhé par mon hérétier dessoubz 
nommé tout cela. 

Item, veulx que le jour du bout de l'an et des honneurs, 
soyent convocqués en chacun d'iceulx par mondict hérétier 
dessoubz nommé, aultres deux cens prebtres chantant messes 
et disant aultres oraizons et prières pour mon àme et aultres 
de mes bons parens et amys trespassés, et a chacun d'iceul 
ordonne estre donné comme dessus. 

Item, veulx et ordonne que les jours ou veilles de mon enter- 
rement, honneurs et bout de l'an, soyent chantés par tous les 
prebtres de Fiamarenx, vigilles de Mars tout au long, donnant 
à chacun d'iceulx pour chaque foys la somme de douze de- 
niers tournois. Et ordonne que en soilt autant faict à Montas- 
truc et que les jours de mon enterrement, honneurs, et bout 
de l'an, mon hérétier sera tenu les en advertir, si je meurs à 
Flamarens que auxdits jours par tous les prebtres dudict lieu 
de Montastruc soyent chantés vigilles tout au long en la chap- 
pelle Sainct-Georges, que feu mon père, que Dieu absolve, 
laissa par son testament estre bastie, donnant à chascun 
d'iceulx pour chasque foys douze deniers tournois comme dict 
est. Davantage auxdicts trois jours par tous lesdits prebtres 
soyent chantés messes de Requiem et aultres oraizons et suf- 
fraiges pour mon àme et les miens et à chascun d'iceulx pour 
chasque foys leur sera donné troys soulz tournois. Et si cas 
estoit que je fusse enterré à Montastruc, veulz que en soit 
aultant fait à Flamarenx, scavoir que en advertissant, les preb- 
tres dudict lieu fassent ledict service en la forme et manière 
que dessus. 

Item, veulx et ordonne que au lieu que je seray enterré, si 

36 



562 APPENDICE. 

c'est à Flamarenx ou à Montastruc, et si estoit hors du pnys 
je estis Flamarenx, que audit lieu soit, par l'espace d'un an, 
entier, constant du jour de mon trespas, ou du jour que Ion 
laura seu, chanté tous les jours par les prebtres du lieu une 
messe liaulte de Requiem a diacbre et subdyacre avec un res- 
pons dicelle. Et celluy qui dira la messe aura troys soulz 
tournois et feront lesdits prebtres par ebdomades et sepmai- 
nes. 

Item, veulx que si je meurs à la guerre ou hors du pays, que 
en ce cas la, soubdain que mon hérétier sera adverty, certaine- 
ment de mon trespass qu'il fasse faire le service en la manière 
que dessus et tout ainsy que si le corps étoit prézent. 

Item laisse aux platz de l'Eglise parrochelle de Flamarenx, 
et tous ensemble cinq livres tournois une foys payables. 

Item laisse aux platz de Sainct-Pierre de la Croix à Montas- 
truc, la somme de soixante soulz une foys payables. 

Item aux platz de la chappelle de Sainct-Georges, devant 
ledict lieu de Montastruc, quarante soulz une foys payable. 

Item veulz que ce que a esté promis et pour quoy je suis 
obligé dans l'instrument du prix faict de l'Eglise de Flama- 
renx, baillé à IMaistre Georges Dauzières, masson, soict entiè- 
rement payé et satisfaict, sauf et réserve de ce que se trouvera 
avoir esté bailhé et avoir esté prinz en déduction par les scin- 
dyes et aultres que l'affaire touchait. 

Item veulx que par mon heretier dans l'Eglise de Flamarenx 
soyent fondés deux obitz a perpétuité, scavoir, sera l'ung au 
jour de mon trespass, auquel jour sera chantée une messe 
haulte de Requiem, par tous les prebtres de Flamarenx, a 
dyacre et soubdyacre, avecques vespres de mors la veille et le 
jour. L'autre en la forme que dessus est dict, à l'octave de 
Monsieur Saint-Sernin, patron de ladite Eglise et sera dicte du 
Sainct, en faisant le propre s'il en est, ou du commun avecques 
vespres premières et secondes du mesme. Et ce pour Testât de 
mon àme et de leurs prédécesseurs et pour ce faire, laisse 
auxdicts prebtres la somme de vingt-quatre escus petits qu'ils 



APPENDICE 563 

mettront en rente annuelle, pour ledict office estre tous les ans 
célébré, et laquelle somme mondit heretier sera tenu avoir 
bailhée dans six ans mais pendant ledict temps, sera tenu 
mondict heretier faire faire ledict service à ses dépens 
jusques audict terme de six ans, qu'il sera tenu bailler 
ladite somme de vingt-quatre ezcus petits. 

Puis laisse aux troys mendians de Lectoure, scavoir est, 
Jacopins, Cordelliers et Carmes, à chacun d'iceulx la sommo 
de troys livres tournois un foys payables, et qu'ils prient Dieu 
pour mon àme et autres celles de mes bons parens et amys. 

Item aux Augustins de Fleurance et sœurs de Sainte Glère 
de ladicte ville de Lectoure, laisse à chacun d'iceulx la somme 
de troys livres tournois qu'ilz prient Dieu comme dessus. 

Plus laisse aux fraires Jacopins d'Auvillars la somme de 
cens livres tournois et qu'ilz prient Dieu pour les âmes, 
mienne et de mes bons parens et amys. 

Item laisse aux pauvres malades ladres de Lectoure, pour 
manière d'aumosne et qu'ils prient Dieu pour moy, la somme 
de cinq livres tournois. 

Item laisse aux Jacopins de Bayonne ou mon feu père fut 
premièrement enterré, affm qu'ils facent un service pour l'àme 
de mondit feu père, et pour la mienne, le jour que mes hon- 
neurs se feront, duquel seront advertis par celluy qui leur por- 
tera la somme de cinq livres tournois, que je leur lègue et 
laisse. 

Item veulx, pource que pour manière d'aulmone je debvois 
à un frère Jacopin du couvent de Tholoze, pour soy entretenir 
aux études, nommé fraire Antoine Moynère, certaine somme 
tous les ans, je veulx que l'aulmone luy soit continuée à vingt 
livres pour an, par l'espace de quatre années après mon décez, 
par mon heretier dessoubz nommé. 

Item veulx que dans six ans révolus après mon décez, par 
mon heretier soit édifliée à l'honneur de la présentation de la 
glorieuse Vierge Marie et ung lieu champestre et ou il y a 
apparence y avoir aultresfoys eu une Eglize d'où dépend un 



564 APPENDICE 

prieuré nommé Prades, au territoire de Damazan, dioceze de 
Condom, duquel Prieuré j'ai aultresfoys esté prieur étant es- 
collier, une chapelle, et pour la édiffication de ladite chapelle, 
veulx que par mon héritier soict haillée la somme de cent 
livres tournois^ une foys payable et au terme que dessus. 

Item pour ce que ma délibération estoit, si Dieu m'en 
donne le loysir, de bastir ung oratoire, ou petite chapelle à 
l'honneur de Monsieur Sainct-Martin, au lieu appelé à St^-Mar- 
tin, juridiction de Flamarenx, ou il y a apparence y avoir eu 
Eglize anciennement, ce néanmoings si j'estois prévenu par 
mort par quoy je ne pusse mettre a exécution mon voulloir et 
intention, je veulx que au moings par mon heretier soit bas- 
tie audict lieu, une croix de pierre, et a un costé d'icelle sera 
entaillée l'image du benoist crucifix, et de l'aultre costé 
l'image de Monsieur Sainct Martin, et ce dans le terme de 
deux ans révolus après ma mort. 

Ittem laisse à Johanot Didoan, mon serviteur, s'il est en vie 
au temps de mon décez, et s'il estoit mort, je le laysse à sa 
femme et a ses enfants, scavoir : le proffict et revenu que le 
seigneur de Flamarenx et de la Ghappelle a accoustumé pren- 
dre audict lieu de la Ghappelle, pour rayson de la taverne et 
boucherie dudict lieu, et ce, par l'espace de quatre années 
révolues après ma mort, lequel temps passé, je ne veulx qui 
ayt rien plus en ladite taverne et boucherie qui ne revieigne a 
mon lieretier pour en jouyr comme devant. 

Item veulx que tous mes aultres serviteurs et chambrières 
qui m'ont servy et la mayson aussy, qu'ils soyent satisfaictz de 
leurs gaig:!S et salaires qui se trouveront leur estre deuz par 
bon compte, selon qu'il leur est oi'donné de gaigner et (pi'il se 
trouvera escript au livre de Flamarenx. 

Item Pour ce que maistre Georges Dauzièi-es qui a l)asty le 
logis de neuf de Flamarenx, y a faict plusieurs chozes non 
comprinses en son prix-faict, et aussy en l'Eglize, qui a présent 
s'édiflie, en laquelle hiy ai faict faire de la besoigne non com- 
priiise en sou i)rix-fait, sans avoir ai'rcsté marché avec(pies 
luy, je veiUx (pie, des chozes qu'il aura faictes davantage, tant 



APPENDIDE 565 

eji ladite Eglize qu'au chasteau, qu'il en soyt satisfaict entiè- 
i-ement, à dire des gens de bien et expers en son mestier. 

Item veulx et ordonne que par mon heretier dessoubz 
nommé, soyt payés et satisfaict toute mes debtes que légiti- 
mement apparoistra que je les doibs, et entr'aultres, celles 
qui se trouveront par ung mémoire dans ma boëte au cabinet 
à Flamarens, et que tant marchands qu'aultres créditeurs 
soyent contentés aux termes que j'ay promis, ou que mondit 
hérétier pourra avoir. S'il en avoit d'aultres, qui ne fussent 
comprins audit mémoire et qu'il en apparut légitimement, je 
veulx que ce néanmoingssoit bien etduement satisfaict et tous 
contents et payés. 

Item je ordonne et institue et nomme mon hérétier univer- 
sel en tous et chascuns mes au! très biens en quelque part que 
soient prézens et a advenir meubles et immeubles, Maistre 
Jehan de Grossolles, prothonotaire mon fraire, à toutes ses 
voulontés faire, s'il est en vie, au temps de mon décez, et s'il 
n'estoit en vie, en ce cas tant seullement, je institue en mes 
dicts biens Messire Anthoine de Grossolles, chevalier^ seigneur 
de Buzet, mon oncle paternel, après le décez duquel je subs- 
titue noble Raynauld de Grossolles, son fils secong, mon cou- 
sin-germain, et après son décez, ung de ses enfants masles, 
tel qu'il luy plaira le nommer; et s'il n'en faict de élection, ce 
sera le premier, et ainsy du premier au second, tant qu'il y 
aura enfans masles dudict Arnaud, d'ici à jamais, en adve- 
nant que sa ligne masle en ligue descendante détïallit, je subs- 
titue son frère Hérard de Grossolles et après luy, ou en déf- 
faut de lui , le second de ses enfans masles , et du 
second au tiers, tant qu'il y en aura. S'il advenoit que 
n'y eust que ung enfant masle, je veulx que ceslui-la 
soit mon hérétier , le chargeant que soubdain qu'il 
y en aura deux ou plusieurs aultres masles, qu'il face sa por- 
tion au secong ou tiers, du bien de Flamarenx. Et en ce cas 
la, celluy de Buzet qui se trouvera à jamais avoir mon héri- 
taige, ne pourra demander pour partaige au seigneur de Buzet, 



566 APPENDICE 

et s'il en avoit déjà prins, sera tenu le restituer par entier sauf 
toutefoys restitution de fruicts en chargeant tous les susdicts, 
que soubdain qu'ils auront mon bien, ils se nomment et se 
signent de Flamarenx et que ils portent les armes de Flama- 
renx sans nulle escartelure. Et advenant que de tous les dessus 
dicts par succession, n'y demeure ligne masle et qu'il n'y eust 
que filles, audict cas je substitue ma sœur Catherine de Gros- 
solles damoyselle de Prénéron, ou ses enfants et d'iceulx des- 
cendants, tant qu'il s'en trouvera du premier au segond. Et 
deffaillant toute sa lignée descendante, je veulx que le bien 
revieigne à ma sœur Anne de Grossolles, damoiselle de Mon- 
réal ou à ses enfants et d'iceulx descendants comme est dict 
de l'autre. Et delïaillant aussy toute sa lignée descendante, je 
veulx que le bien revieigne aux filles de Buzet, et en ce cas icy, 
je veux que les filles du premier filz succédant les premières 
et après, celles du segond de la première à la seconde, comme 
dict est de mes sœurs. 

Item Pour ce que en mes institutions et substitutions il 
n'est pas faict mention de l'habilité de ceux ou celles que j'ay 
appelé a mon héritaige, par cet article je déclaire et veulx que 
celluy ou celles qui me devra succéder, soit habile et capable, 
ou en delTaut de ce^, les biens revieignent au plus prochain subs- 
titué habile. 

Item déclarant plus amplement ma voulonté, veulx et dé- 
claire que je n'entens que filles succèdent en mesdictes terres 
et biens, tant qu'il y aura masles habilles, défendeurs de nos- 
dicts cousins de Buzet. Et veulx que en nul de ces susdits, 
quand les substitutions susdites adviendront, et auront lieu, et 
que ceulx qui seront substituez viendront à reculliir mondit 
bien, ne se puisse faire aulcune rétention d'icelluy pour quarte 
trebellanique, ne légitime ni aultre detraction, voire que s'il 
y a réparation aulcune faicte esdits biens, le substitué ne soit 
tenu en rien payer, mais que icelle réparation soit compancée 
avec que les fruictz qui auront été parceus desdicts biens. 

Item je ordonne et veulx être exécuteurs de ce^^luy mien 



APPENDICE 567 

présent testament et dernière voulonté, révérend Père en Dieu, 
messire Hérard de Grossolles, évesque de Gondom, et messire 
Anthoine de Grossolles, chevallier, seigneur de Buzet, mes 
oncles paternels, et messire Anthoine de Lustrac seigneur de 
Lustrac, mon oncle maternel, et mon cousin Raymond de 
Grossolles seigneur de Gaumont et messire Manauld de Cau- 
mont, curé de Saincte-Golombe, diocèze de Gondom, et hono- 
rable home messire Jehan Glausette, curé de Belmont, de la 
même diocèze, auxquels je donne entière et plaine puissance 
de prandre, vendre, alienner, ypotéquerdemesdicts biens pour 
l'entier accomplissement de cestuy mien présent testament et 
voulenté dernière, laquelle je veulx estre de point en point 
observée et exécutée ainsi que la teneur d'icelle l'ordonne et 
montres, priant et suppliant les tesmoings y ce assemblés et a 
ces fins appelés, m'en voulloir porter tesmoignaige en tant 
que besoing sera, et a vous, Maistre Jehan Glauset et maistre 
Anthoine de Montmurato, notaire public, en voulloir retenir 
instrument et acte publicq. Et ce néangmoings voulloir ceste 
dicte mienne dernière voulenté tenir secrette et occulte jusques 
a tant que besoing sera icelle estre publiée, déclarée, et mani- 
festée. 

Et pour plus grand asseurance que ce soyt mon propre tes- 
tament et dernière voulante, je l'ay tout escript et signé de 
mon signet manuel et propre main, l'an et jour que dessus, et 
en la prézante ville de Tholoze. 

A Flamarenx, lequel ainsy que dessus par ledict seigneur 
faict et par mesdicts notaires récité. 

En oultre ledict testateur a voulu que ledict testament vou- 
lusse par manière de testament, ou codicille, ou donation faicte 
pour cauze de mort et aultrement, en la meilleure forme et 
manière que faire se peult de droict, et a revocqué et cassé 
tous aultres testamens codiciles et donations pour cauze de 
mort qu'il pourroit avoir faictz jusques au jour prézent, le tes- 
tament demeurant en son efficace et valeur. 

Et de tout ce dessus dict, de Grossolles testateur a requis a 



568 APPENDICE 

nous susdicts, notaires publics, luy retenir acte et instmment 
pour servyr a temps et au lieu et aux tesmoings dessoubz 
nommés a ce, et expressément apelés, et priés de luy en porter 
tesmoignaige, ce que avons faict en prézance dudict maistre 
Pierre Maymial, jicentier et advocat de Tholoze, messire Ro- 
main et Abbarète prebtre de Miradoux, maistre Guillaume 
Ane, bachellier es droict du lieu de la Barthe en Rivière, à 
prézent escolier de Toloze, Jehan Poitevin, bachellier de Vic- 
Bigorre a prézent escholier à Tholoze, Jehan Didoan et Ramon 
de Lanies, habitans de Flamarenx, et maistre Jacques Cornier, 
organiste de Tholoze, et de nous susdicts, Jehan Clauzet, et 
Antlioine de Montmurato, notaires royaulx, habitans ledit 
Clauzet a Gondom, et ledit de Montmurato à Tholoze, qui, 
requis de ce dessus, avons retenu le prézent instrument de 
testament et récité. En tesmoing de ce, avons signé la pré- 
sente, cédé et escripte de la main dudict Clauset, ainsy signé. 

Montemurato-Clauset . 



' Parchemin. Archives de La Uochclte-Manlay (Côlc-U'Or). 






INDEX 



INDEX 



Abarlie de Barrau, -202. 

Abadie de Saint-Germain, 95, 200. 

Ablon (d'j, 153. 

Abolin, 109. 

Abzac de la Douze (d'), 75, 90, 245, 
248, 264, 274, 474, 493, 510. 

AcharLs (des), 174, 301. 

Acier (d'), 106. 

Adélaïde (Madame), 122, 180. 

Adhémar-Ganat (d'), 415. 

Adour, 232. 

Adrien (Empereur), 25. 

Advisard (d'), 126, 501. 

Affis (d'), 273. 

Affilies (les), 492. 

Agen, 5, 20, 134, 135, 151, 163, 187, 
197, 204, 207, 218, 219, 222, 
228. 236, 258, 265, 266, 267, 
277, 290, 291, 292, 293, 308, 
310, 312, 334, 343, 348, 368, 
409, 411. 

Agenais, 133, 137, 147, 150, 151, 175, 
182, 186, 187. 191. 193, 195, 
196, 197, 204, 216, 231, 265, 
290, 291. 293, 301, 310, 320, 
331, 333, 343, 348, 367, 368, 
409, 411, 552. 

Agênois (d'), 432. 

Aglan (d'), 416 



Agos (d'), 94, 96. 

Agros, 322. 

Aguerre de Hélelle, 503. 

Aguesseau (d'), 365, 428, 463. 

Aguin (d'), 118. 

Agux, 179. 

Aignan (d'), 90, 183, 288, 460, 509. 

Aigremonl (d'), 4. 

Aigues-Morles, 107, 165. 

Aiguillon (duc d'), 140, 186. 

Aiguillon (ville d'), 365, 411, 430. 

Aincille, 503. 

Aïnciondo-Salha, 503. 

Aire en .\rlois, 148. 

Aire, 73, 90, 144, 280, 336. 

Ai.\, 10, 11, 14, 95. 

Alais, 11, 193. 

Alaric, 298. 

Alba (d"), 114, 262. 

Albaret, 436. 

Albal, 65. 

Albert (d'), 147. 

Albigeois, 289, 367, 459. 

Albis (d'). 115. 

Albisson, 464. 

Aibret, 26, 79, 90, 137, 140, 194, 201, 
219, 221, 222, 241, 247, 258, 
264, 273, 339, 367. 410, 429. 

Alby, 74, 113, 198. 



572 



INDEX 



Aldéguier (d'), 1-24, 32i. 

Alègre. 164, 215. 

Alembert (d*), 282. 

Alençon (duc d'), 108, 510. 

Alger, 84. 

Alichou.x, 146. 

Aligre (d'), 13. 

Allemagne, 85, 93, 475. 

Alliot de Mussy, 435. 

Alphéry, 137. 

Alsace, 14, 240. 

AlLona, 485. 

Alzon (d'), 153. 

Ambrières, 139. 

Amelol, 215. 

Amérique, 84, 311, 451, 452, 451. 

Amiens, 15. 

Amilhau, 439. 

Ampelle, 217. 

Ampels, 217. 

Amsterdam, 84. 

Anau, 100. 

Ancezis, 274. 

Andas, 242. 

Andiran, 201, 270, 445. 

Andoins (d"), 224, 516. 

Andouan, 525. 

Andoufielle. 135. 

Andozille, 230. 

Andrew Slraham, 482. 

Andrieu. 331, 367. . 

Andurand, 417. 

Angers, 290. 

Angeville, 219, 324. 

Anglade (d'), 4. 13i. 

Angles, 31. 

Angleterre, 17, 59, 74, 78, 83, 84, 

136, 195, 219, 235, 241, 279, 

290, 294. 334, 475, 480, 483. 
Ango.sse (d'), 30, 32, 5(1, 59, 96, 101. 

102, 103. 125, 145, 204. 278. 

il 2, 468. 



Angoulème (duc d'). 152, 201, 300. 

.\ngoumois, 174, 290. 

Anjou, 179, 301. • 

Anne d'Autriche, 133, 224, 230, 334, 

516. 
Anne de Bretagne, 149. 
.Annonai, 214. 
Anselme (Père), 106. 115, 120, 136, 

149, 228, 244, 257, 263. 287. 
Anleroche (d'), 412. 
Antignac, 193. 
Antin (d'), 94. 99, 102, 108. 117, 232, 

288, 289, 290. 367, 445, 492, 

498. 
Anloing, 149. 
Antras, 90, 108, 118, 122, 141. 195. 

225, 346. 
Anzas, 244. 

Apollonius de Perge, 283. 
Appeau en Agenais, 90. 
Appius Pulcher, 537. 
Aquitaine, 6, 19, 83, 229, 334, 367. 
.\ragon (Pierre d'), 116. 
Aragon, 381, 450, 527. 
Arasse, 330. 
Arax (L'), 389. 

Arbéchan (L'Isle d'), 30, 97, 98. 
Arbieu (d'), 223 
Arblade, 91, 93, 270, 348. 
Arconques, 230. 
Arfeuilles (d'), 111. 
Argence (Tison d'), 165, 174. 
Argenson (d'), 347. 
Argenlal, 214. 
Argentens, 190. 
Argentré (d'), 474. 
Argevillo, 308. 
Argonne, 95. 
Argouges (d'), 485. 
Arignac, 112. 
Arjeac (d'). 181. 
Ariège, 19. 



INDEX 



573 



Arlincourl (cV), 435. 
Arles, III, 92, 203. 
Armadanville, 113. 
Armagnac, 4, 19, 22, 30. 50, 77, 85, 
90, 91, 92, 93, 97, 98, 100, 
101, 103, 104, 106, 116, 137, 
143, 145, 152, 157, 189, 191, 
198. 199, 202, 221, 222, 223. 
225, 226, 228, 236, 238, 239 
242, 245, 246, 256, 267, 268' 
269, 274, 278, 285, 288, 294, 
299, 301, 305, 325, 328, 329, 
333, 335, 341, 342, 343, 346, 
348, 410, 412, 467, 468, 496, 
501, 505, 507, 515, 519, 551, 
552, 557. 

Armand de Bourbon, 171. 

Armau, 346. 

Armentieu, 98, 118, 122. 

Arnaud (d'), 468. 

Arnoul S*-Simun, 274. 

Arné, 102. 

Aroux, 120. 

Arpajon, 215. 

Arras, 311. 

Arreau, 163. 

Arrembos, 122. 

Arreniières. 76. 

Arrêt (d") 31, 32. 33. 

Arros (baron d"), 193. 

Arsac, 197, 255, 276. 

Arlagnan. 110, 111, 116. 

Arlhaud, 173. 

Arlhel, 164. 

Arligau (d'), 217. 

Artigavadal. 202. 

ArLigues, 492. 

.\rtoi.s, 7, 8, 12. 141, 180, 183, 186, 
210. 

Arzac, 145, 336. 

Arzens (d'), 165, 172, 262. 

Ascapole, 527. 



Asfeld, 485. 

Aspe (d'), 275, 344, 439. 

Aspect, 30. 

Aspès, 493. 

Aspremont d'Orthe (d'), 1 

.Assé-MonLfaucon, 140. 

Assignan, 459. 

Asques, 190, 245, 246. 250 
539, 541, 542, 545, 

AstafTorL, 158, 445. 

Astarac, 4, 19, 29, 30, 91 
226, 317, 333, 492, 

Aster (Grammont d'), 125 

Astorg (d"), 181, 294, 323, 

Aslros (d'), 78, 205, 334. 

Astugue (d'), 4, 183, 194 

Athaguy (d*), .503. 

Atligny, 310. 

Aubaignan, 281. 

Aubais (Baschi d'), 158. 

Aubarède, 223. 

Aubeterre, 12, 425, 427. 

Aubépin (L'), 214. 

Aubépine (de L"), 193. 

Aubèze, 236. 

Aubiac, 229, 298, 299. 

Aubigny (d'), 150, 430. 

Aubusson (d'), 144, 233. 

Audi, 1, 4. 18, 19, 20. 21, 
25, 26, 27. 28, 29, 
33, 42, 43, 44, 45, 
53, 56, 58, 61, 64, 
69, 73, 74, 77, 79, 
95, 97, 98, 99, 100 
109, 115, 117, 145, 
192, 194, 208, 209, 
223, 231, 243, 366, 
299, 300, 328, 329, 
339, 312, 346, 347, 
370, 376, 396. 401. 
410, 412, 526, 537. 
Audanne (d'), 224. 



17 



, 256, .334, 
547, 557. 

, 118, 120, 
515. 
, 126. 
334. 



22, 23, 24, 
30, 31. 32, 
46, 49, 50, 
66. 67, 68, 
83, 87, 93, 
101, 103, 
153, 188, 
210, 221, 
272. 281, 
333, 334, 
351, 3.J3 
402, 405, 



574 



INDEX 



Audars, 100, 226. 

Audebert, 194. 

Audigeos (d"), 88, 199, 280, 281, 468. 

Augeard, 435. 

Augnax, 491. 

Augsbourg, 475. 

Aulin de Sémézat, 412. 

Aulnix-Tasseran, 187. 

Auloue, 271. 

AulLérac, 144. 

Aumonl (d'), 107, 430 

Aunay (d'), 149. 

Aunis (d"), 182, 183, 224. 338, 468. 

Aunoux, 122. 

Au rade, 350, 516. 

Aurcolles, 439. 

Aure (d'), 95, 98, 125. 

Aure-Viella, 85, 410. 

Aurenque, 93, 157, 158, 159, 204. 

223, 224, 249, 509, 510, 523, 

525, 531, 533, 534. 
Aurensan, 301. 
Auriac (d'), 114, 116. 
Aurice (Batz d'), 145. 
Aurignac, 337. 
Auriole (d'), 133, 134. 
Aurore, 14. 

Aulerive. 222, 224, 333. 
Auteuil, 290. 
Autriche, 475. 



Autrui), 308, 309, 310. 

Autun, 153. 

Auvergne, 136, 138, 149, 214, 215. 

516. 
Auviilars, 23, 46, 48, 133, 136, 142, 

202. 235. 237, 238, 285, 305. 

307, 310. 311, 312, 313, 318, 

320, 322, 323, 325, 329, 404, 

405, 563. 
Aux (d'), 257, 269, 301, 491, 492. . 
Auxerrois, 197. 
Auxion (d'), 275, 294. 
Auzits. 153. 

Auzon (Gardaillac d'), 111, 112. 
Avaray (d'), 484. 
Avaugour (d'). 151, 153. 
Avensac, 78, 29 i, 344, 389, 390. 
Avezan, 93, 375, 376, 379, 381, 389, 

492, 494. 
.\vignon, 123, 235. 
Avon-Coliongue, 194. 
Avranches, 100, 301. 
A>die-GuiLtinières, 291. 
Ayen (d'), 432, 433, 516. 
Ayguesvives, 439. 
Ayraud, 445. 
.\yrem, 525, 
Ayrenx, 183. 
Ayriès, 78. 
Ayrolles, 416. 



B 



Baccaucourt, 13. 
Bacholin, 245. 
Bacquericourt, 428. 
Bagillex, 144. 
Bagnères, 45, 108. 



Bagneux, 435. 
Bagniaux. 348. 
Bahus, 280, 281. 
Baillet, 231. 
Bajonnelle, 83, 



160. 



INDEX 



575 



Balagny, 516. 

Balarin, 86, 229,231, 248, 273, 300, 

498, 510, 512. 
Balazin. 279, 281. 
Balère (la), 509. 
Balignac, 377. 
Balma, 127. 
Balu (la), 291. 
Baluché, 402. 
Balzac, 46, 87, 90, 149, 150, 151, 152, 

153, 210, 329, 439. 
Banau, 394, 403. 
Bancalls d'Aragon, 141. 
Bandeville, 266. 
Bandinelli, 183, 
Bandis, 260, 261. 
Banère, 112. 
Banos, 245. 

Bap de Pélauberl, 134, 310, 312. 
Bapaume, 224. 
Baquéra, 200, 333. 
Bar, 179, 195, 196, 236, 262, 263, 294. 
Baradat de Lacaze, 269. 
Baragnes, 177. 
BarasL, .328. 
Baralnau, 246. 
Barban, 286. 
Barbançois, 144, 307. 
Barbançon, 215. 
Barbarens, 515. 
Barbazan, 4, 78, 90, 101, 107, 119, 

129, 202, 215, 226, 325. 
Barbelane, 403. 
Barberet, 497. 
Barbier, 135. 
BarboLan, 123, 413. 
Barciel, 135, 269, 270, 349, 350, 352. 
Bardigues, 184, 277, 316, 317. 
Bardin, 164. 
Bareilles, 84. 
Barennes, 277. 
Barenthin, 14, 399. 



Barrère, 415. 

Barjac, 252, 253, 255. 

Baron, 270. 

Baronnies (les), 20. 

Barousse, 98. 

Barp, 262. 

Barras, 110, 111. 

Barrau, 47, 201, 202, 203, 444. 

BarraulL, 201. 

Barrant, 203. 

Barrère, 537. 

Barres, 527. 

Barrière, 245, 381. 

Barrière (la), 3o2. 

Barrieu, 444, 445. 

Barrigue, 351. 

Barry (de), 94, 278, 411. 

Barry (du), 187, 439. 

Barry-Canleloup, 404. 

Bartas (Sallusle du), 537. 

Barthe-Giscaro, 102, 119, 122. 123, 

135, 159 249, 257, 320, 352, 

493, 568. 
BarLhelongue, 248. 
BarLhères, 225. 
Barlhès, 182. 
BarthèLe (la), 286. 
Barlon, 511, 512. 
Bascassan, 503. 
Bascou, 445. 
Basian, 114, 121. 
Basillac, 181. 
Bassa, 273. 
Bassabat-Pordéac , 92, 157, 291, 511 

513, 515, 516, 517. 
Basse-Guyenne, 27. 
Basse-Marche, 149, 160. 
Basse-Navarre, 7, 19, 501. 
Bassère (la), 345. 
Basses-Pyrénées, 126, 189, 192. 
Basquial-Péhos, 95, 413. 
Bassompierre, lô2, 308, 



i 



576 



INDEX 



Bassoues, 493. 

Baslard. 4, 46, 77, 86, 109, 126, 134, 
145,152, 161,162,163,164, 
208, 286, 301, 348, 498, 

Baslard (le;, 381. 

Baslardière, 161. 

BasLennes, 281. 

Bastide (la), 122, 138, 162, 181, 
249, 250, 257, 277, 330. 

Basliole (la), 195. 

Balbie, 3. 

Balsoriguères la Vallée, 101. 

Balzd'Aurlce, 94, 117, 145, 291, 
412, 415, 468, 493, 494. 

Baudéan, 102, 224. 

Bauduer, 30, 32. 

Baudus, 485. 

Baugin, 305, 311. 

Baulat, 85, 345, 346. 

Baulens, 142, 207. 

BauUian, 183. 

Baume (la), 107. 

Bavière, 206. 

Bax, 46, 142, 113, 183. 

Bayeux, 75. 

Bayle. 348, 525. 

Bayle de Laluque, 183. 

Baylens, 197, 199, 516. 

Bayonne, 15, 19, 27, 87, 121, 
193, 345, 563. 

Biiyonnelle, 394, 403. 

B.'iza.lai.s, 6, 198, 199. 

Bazus, 136, 194, 214, 235, 413. 

Bazillac, 108, 117, 118, 175, 179, 

Bazin, 186, 194, 225, 284, 319, 
469, 501. 

Bazon. 142. 267, 337. 

Bazus, 197. 

Béarn, 7, 19, 20, 28, 31, 74, 80, 
102, 103, 117. 188, 193, 
199, 221, 226, 258, 277, 
294, 298, 321, 348. 



143, 
174, 
509. 



211, 



346, 



190, 



386. 
331, 



90, 
198, 
289, 



Béarn-Brassac (Galard de), 89, 141, 

210, 229, 230, 231, 232, 300, 

301, 494. 
Beaucaire, 150. 
Beauce, 75, 275. 
Beaucrurenapiemenl, 501. 
Beaudisner, 106. 

Beaufort, 94, 135, 336, 349, 411, 502. 
Beaugramonl, 2G2. 
Beaujeu, 288. 
Beaujolais, 193. 
Beaulens. 337. 

Beaulieu, 117, 191, 257, 301, 351. 
Bcaamaize, 14. 
BeauraonL, 123, 133, 141, 199, 264, 

291, 337, 341, 342, 431, 516. 
Beaumont-les-Lomagne, 30, 36, 42, 

43, 45, 60, 282, 283, 383, 389, 

390, 400, 415, 439. 
Beaunom, 467. 
Beaupoil, 301. 
Beaupréau, 135. 
Beaupuy, 179, 275. 
Beauregard, 144, 248, 289, 333, 485. 
Beaussel, 11. 
Beauvais, 429. 

Beauvarlet de Bomicourt, 459, 460. 
Beauvau, 12, 257, 264, 425. 
Beau ville, 140, 226, 301. 
Bécays, 231. 
Bédorède, 94. 
Beffe, 164. 
Bégoule, 138. 
Hégué-Plieux, 239. 
Béguier, 65. 
Béguillet, 64. 
Béhéty, 503. 
Belbeuf. 13. 
Bolbèze, 115. 
Belcaslel, 140, 196. 
Bélesla, 177, 178, 179, 18(1. 
iî.'.li.ird, 415. 



INDEX 



577 



Bélin, 78. 

Belissein, 94. 

Bellefond, 31) i, 402. 

Bellefort, 387. 

Bellegarde, 112, 120, 122, 151 204. 

288, 289, 318, 410. 
Bellemanières, 337. 
Belleperche, 305, 313, 32 i. 
Belleselve, 139. 
Believille, 152. 
Bellisle, 411. 
Belloc, 118, 122. 332. 
Belloques, 558. 
Bellot, 308. 
Belloy, 136. 
Belly, 404. 
Belmont, 218, 567. 
Bême, 108. 

Bénac, 118. 222, 2-23, 224, 225, 22(1. 
Benauville, 240. 
Bénavent, 140. 
Benque, 84. 100, 191, 289. 
Benquel, 270, 349. 
Béon, 4, 30, 93, 94. 98, 117, 118, 119, 

120, 121, 122, 123, 285, 289, 

493. 
Bérac, 207, 208. 
Bérail, 229. 
Bérailh, 207. 
Béranger, 435. 
Bérard, 13. 
Béraut, 160, 512. 
Berbiguières, 105. 
Berdoues, 266. 
Berge (la), 159. 
Berger (du), 261. 
Bergerac, 151, 415, 417, 
Bergerin, 453. 
Berghaus, 474. 
Bergoignan, 197. 
Bergue, 287. 
Bernard, 288, 'J90, 292, 210, 322, 414- 



Bernard du Tuco, 47, 182, 183. 202. 

Bernât (du), 182, 187. 

Bernay, 174. 

Bernède, 270. 

Bernet, 91, 265, 270. 

Bernet (du), 230. 

Berniac, 376, 392. 

Berrail, 207. 

Berry, 161, 164, 180. 21(3, 218, 279. 

Berthier, 13, 24, 257, 502. 

Berthon (le), 414. 

Berthoumieux, 337. 

Bertier de Sauvigny, 426, 428. 

Berthieux, 52, 54, 58, 60, 64. 

Bertin, 427. 

Bertrand (Jean), 1 10. 

Berty, U7. 

Besançon, 14, 317. 

Besle, 197, 199. 

Besmaux, 93. 

Besse, 154. 

Béthune. 12. 347, 431. 

Beuvron, 204, 4.32. 

Beyrie (La), 142. 

Bézan, 334. 

Bézat, 184. 

Bezaudun, 197. 

Bézian, 122. 

Béziers, 124, 308, 318. 

Bezolles, 86, 516. 

Bière, 22, 122, 367. 

Biès, 177. 

Eigny, 144. 

Bigorre, 7, 19, 45, 101, l(i2, 108, 22i, 

296, 527. 
Bilherie, 352. 
Billaine, 205. 
Billy, 216. 
Binsac, 149. 
Bioule, 103, 104, 105, 106, 107, 108, 

111, 113. 
Birac, 122, 229. 



578 



INDEX 



Biran, 90, 179, 288, 341, 34-2, Ô16. 

Biran (Goulhier de), 417. 

Biron, 104, 107, 186, 345, 416, 425. 

430. 
Bissy. 12, 215. 
Bivès, 386. 
Blacas, 475. 
Bladé, 18, 192. 
Blaire, 365. 
Blaisois, 346. 
Blanc, 127. 
Blancharl, 109. 
Blancheforl, 307. 
Blankemburg, 484. 
Blanquefoit, 158, 235. 
Blanzat, 144. 
Blaru (Tilly), Î64. 
Blayois, 413. 
Bléneau, 214. 

Blois, il, 25, 265, 273, 367, 40 1. 
Bohier, 214. 
Boirie, 270. 
Bois (du). 126. 

Boisé, 307. 

Bois de Libcrsac (du), 310. 

Boisgelin, 10. 

Bois-Pontils, 265. 

Boisrion, /i87. 

Boisse, 100. 

Boisserand, 164. 

Boissière (la), 343. 

Boissonnade, 194, 323. 33i. 

Boissoncau, 414. 

Boistel (le), 139. 

Boileau (Paul), 7. 

Bombardé, 279. 

Bon, 153, 494. 

Bonas, 92, 225, 275, 276, 317. i95. 

Boncouri, 236. 

Bonfontan, 135. 

Bonhomme, 63. 

Bonnac. 411. 



Bonnaire, 175. 
Bonneau, 135, 270. 
Bonnecosle, 154. 
Bonefin, 27. 
Bonnefond, 291. 352. 
Bonnefous, 183, 187. 
Bonnegarde, 208, 219, 2'.I4. 
Bonnet, 184, 416, 543. 
Bonnot, 48, 183. 257, 337 338. 
Bonrepaux, 100. 133. 
Bonrepos, 248. 
Borda, 468. 
Borde (la), 435. 

Borde, 394, 402, 404, 445, 5(19, 528. 
Bordeau.x. 7, 10, 13, 15, 19, 20, 27, 
78. 133, 163, 188, 192. 219 
220, 229, 241, 258, 265, 266, 
274, 275, 276, 280, 292, 300, 
301, 339, 401, 409, 413, 414, 
453, 454, 497, 516. 

Bordelais, 87. 

Bordellis, 491. 

Bordenave, 14. 

Bordeneuve, 109, 290. 

Bordes (de), 4, 150, 220, 262, 299, 
306. 

Boredils, 491. 

Borel d'Haulerive, 96, 131, 216. 

Borens, 341. 

Borel, 391. 

Borie, 274, 343. 

Borie Saint-Sulpice, 187. 

Borista, 48, 328. 

Bosc (le), 134, 161, 162, 101, 200, 
286, 305, 315. .328. ,332, 31S, 
529. 

Bosocle, 106. 

Bosredou, 144. 

Bossosl, 139. 

Bossuot, 308. 

Bolel, 336. 

Boubée, 39. 31, 32, 350, 352. 



INDEi 



579 



Boucand, 409. 

Boucarez, 102. 

Bouchage (du), 288. 

Boucharan, 26, 410. 

Boucheporn, 31. 34, YA9. 

Boucher, 553. 

Boucher d'Argis, 365. 

Boucher Saint-Giers, 187. 

Bouchet de Sourches (du), 164. 

Boude, 110, 335, 350, 502. 

Boudon, 186. 187. 

Boudon de la Gomhe, 47, 347. 

Boudon Saint-Amans. 320. 

Boue, 402, 523. 

Bouillac, 203. 

Bouilla.'^, 29, 31, :-;2, 79, 113, 159, 

208, 229, 255, 299, 526. 
Bouille, 12, 486. 
Bouillon, 120, 335, 429, 48»;. 
Boulainvilliers, 365, 484. 
Boulbène (la), 147, 194. 
Boulenc, 485. 
Bouligneu.x, 249. 
Boulin, 279. 

Boullongne, 426, 427, 428, 435. 
Bouloc, 77. 
Boulonnais, 121, 239. 
Bourbon, 114, 171, 172, 173, 197. 

198, 219, 259, 260, 261. 307, 

429, 539, 541, 542, 543. 
Bourbonnais, 1, 183, 307. 
Bourbuélan, 13. 
Bourdeau (Ant. de), 6, 279. 
Bourdeaux, 21, 88, 280, 281, 468, 

493. 
Bourdeaux-RouUlac, 47, 277, 278, 

279. 
Bourdelle (la), 402. 
Bourdonnaye (la), 186. 
Bourg, 102. 
Bourg (du), 111. 
Bourg sur .Mer, 308. 



Bourganeuf, 144. 

Bourgeat, 445. 

Bourges, 15. 

Bourgogne, 7. 12, 93, 173, 216, 264, 

289. 
Bourgoigne, 404. 
Bouridère (la), 445. 
Bournazelle, 417. 
Bourra n, 411. 
Bourrouillan, 88, 90, 285, 295, 346, 

467, 468, 469. 
Bourrousse de Laffore, 122, 134, 

178, 182, 187, 193, 194, 204, 

218, 242, 243, 269, 270, 293, 

326, 330, 343." 
Bouscal (du), 175. 
Bouscatel, 234. 
Bousquet (du), 177. 
Boussès, 30, 31, 32. 
Boussion, 411. 
Boutan, 523. 
Boutand, 351. 
Boutelet, 259. 
Boutet, 271. 

Bouteville, 119, 122, 431. 
Bouthier, 187. 
Boutin, 13, 426, 427, 428. 
Bouvard de Fourqueux, 426, 428. 
Bouyssy, 138. 
Bouzet (du), 112, 156, 192, 193, 217, 

235, 536, 237, 238, 239, 300, 

301, 334, 351. 386, 401, 493. 
Boysson, 158. 
Brac de la Peyrière, 435. 
Bragaurac, 350. 
Brana, 340. 
Brana du Bas, 524. 
Brancas, 257, 430, 433. 
Brande (la), 30, 103, 113. 
Brandelis, 136. 
Brandrion, 194. 
Brantôme, 119, 341. 



1 



580 



INDEX 



306' 307, 308, 
31-2. 

i.i, 149, 180, r. 

42t), 427. 



Brassac (Galard de), llô. 236, 245, 

492. 
Brassai, 270. 
Bravards (des), 216. 
Brax, 192, 193. 
Brazalem, 133, 201, 291. 
Bréau (du), 96. 
Bréchan, 109. 
Bréda, 100. 
Brède (la), 219. 
Breil, 171. 

Brémond, 148, 177, 189 19'.. 31.^1. 
Brengues, 106, 107, 111. 
Brénieu, 219. 
Bresse, 289. 
Bressolles, 48, 306', 307, 308, 309. 

310, 31 
Bretagne, 7, 12, l.i, 
Breteuil, 27, '.00, 41 
Brèves, 106. 
Brézé (Dreux), 226. 
Briche (la), 251. 
Brie, 2-49. 
Brienne, 10, 12, 120, 122. 125. 18" 

399, 405. 
HrilTe (la), 294. 
Brignamont, 179. 
Brimonl, 296. 
Brioude, 149, 301. 
Brissac, 429. 
Brives, 179. 
Brizac, 230. 
Broca, 26, 410. 
Brocas, 220, 335, 336. 
Broglie, 11, 425, i31, 432. i;{3. 
Broil, 222. 
Broquas, 208. 
Broquièrcs, 106. 



198, 281, 



142, 


175 


217, 


218 


2 '.3, 


277 


299, 


330 



Brosse, 307. 

Brouslel, 412. 

Brown, 498. 

Bruch, 184. 

Bruchet, 509. 

Bfuet, 90, 165, 174, 262. 

Brugelle (dom), 109. 157, 

328, 342, 491. 
Brugnens, 9V. 204, 384, 391. 526. 
Bruguières, 100, 108. 
Bruilhois, 20, 112. Il'i, 

182, 183, 194, 214, 

219, 221, 222, 223, 

285, 293, 294, 29ii, 

337, 467. 
Brunel, 412. 
Brunetière (la), 183. 
Bruniquel, 196, 197. 
Brunswick, 95, 475. 
Bruxelles, 261, 475 
Bruyères-Ghalabre, 229. 
Buade, 98. 
Bueil, 289. 
Buisseret, 323. 
Buisson (du), 409. 
Bullion de Bonnelles, 110. 
Buquoy, WO, 261. 
Bure, 248. 

Burgalat, 30, 31. 32. 
Burgende, 139. 
Burin, 248. 
Burnau. 140. 
Buron, 139. 
Buscon, 293. 
Bustet, 162. 
Buzançois, 433. 
Buzel, 249, 255, 256, 2.^7, 410, 524, 

549, .551, .565, .566. .567. 



INDEX 



584 



Cabandé, 525. * 

Cabanes, 210. 

Cadeillan, 94, 2-21, 300, 384, 380, 388, 
524. 

Cadéol, 262, 4i5, iM). 525. 

Cadignan, 308. 

Cadillac, 95, 414. 

Cadirac, 194. 

Gadoui's, 30. 
l Cadrés, 153. 

Caen, 15. 

Gahors, 22, lOi, li8, 185, 200, 300, 
301, 307, 416, 492. 

Cahuzac, 145, 509, 523. 

Caila, 88, 231, 232. 
: Caillau, 200, 333, 446. 

Caillet, 259. 

Gaissac, 345. 

Calais, 179. 

Calcinie (La), 248. 

Calignac, 106. 

Galon ges, 262. 

Galonné, 7, 15, 301, i2(i, i27 

Galvarupe, 202. 

Galvière, 273. 

Gam, 306. 

Gambefort, 409. 

Cambolas, 78. 

Cambon, 13, 145, 210, 230. 

Cambrai, 431. 

Gambrésis, 7, 9'i, 101. 

Gamereyl, 445. 

Campagne, 245. 

Campaigno, li7. 2.S7, 3)1. 

Campalas, 85. 

Campa rnaud, 262, 

Campels, 121. I3'.i. 
CampeL, 197, 199, 2U() 



I 



Gampmas, 127. 

Camus (Le), 263. 

Ganau (La), 114. 

Candale, 90, 95, 156. 247, 280, 515. 

Gandelon, 509. 

Cane, 392. 

Canet, 197. 

CanéLo, 140. 

Gani, 215. 

Ganillac, 12. 

Cannes, 341. 

Canolles, 300. 

Gantcloup, 348, 380, 38i, 391, 402, 

404, 415. 509. 527. 
Canton, 306. 
Cap-d'Age, 402. 
Capdeville, 208, 521 
Capelle, 439. 

Capelle-Marival (La), 111. 
Capendu, 515. 
Caponel, 332. 
Gaplan, 88, 94, 142, 182, 197, 281. 

285, 301, 333, 'i61 , 465, 467. 

468, 469, 475. 
Gaplieux, 199. 
Garacen, 260, 261. 
Garagoudes, 330. 
Garaman, 263, 318, 474. 
Carbonneau, 189, 221. 
Garbonneaux, 523. 
Carbonnié, 137. 
Carbonnières, 516. 
Garbonnieux, 332. 

Carcassonne. 88, 172, 178, 201, 335, 
Gardai Uac, 30, 31, 32, 59, 65, 86. 

103, 104, 105, 106. 11)7, 108, 

110, 111, 112, 113, 141. 
Gardelus, 291. 



582 



INDEX 



Cardenau, 160. 

Carentan, 216. 

Carmagnolles, 120. 

Carmaing, 20, 105, 117, 181.1332. 

Gamine, 335. 

Caro, 503. 

Carrère, 350. U5, 525, 527. 

Carrière, 284. 

Cars (des), 163, 164. 

Carsalade, 226. 

Gartliagène, 84. 

Cartonney, 416. 

Cas, 107. 

Casai (du), 113. 

Casans, 122. 

Cassagnac, 202. 

Cassagne, 150. 

Cassagneau, 405, 

Cassagnet, 158, 307, 350, 516. 

Cassagnel-Baulat, 345. 

Cassagnies (Las), 135. 

Cassaigne, 346. 

Cassaigne (La), 89, 92, 93, 94, 291. 

Cassand, 234, 439. 

Gassany-Mazet, 150. 

Cassassolles, 5. 

Casse (du), 335, 336. 

Cassés (Les), 179. 

Cassian, 404. 

Cassore (La), 142, 467 

Gastadère. 523. 

Gastagnède. 415. 

Caslaigné, 524. 

Gaslanet, 109, 275. 

Castarède, 174, 385, 507, 509. 

Gaslarreing, 503. 

Gastclbajac, 79, 85, 90, 91, 119. 

CaslelbayarL, 409. 

Gastelliaven, 259. 

Casloljalou.x, 91, 323 

Gastellum-Lupi, 90. 

Caslelinore, 145. 



Gastelmoron, 107. 
Gaslelnau. 95, 104, 153, 264. 
CasLelnau-d'Arbieu, 86, 99, 157, 
159. 161. 204, 205, 223, 
225, 228, 229,» 249, 285, 
300, 333, 379. 388, 394, 
446, 491, 495, 496, 497. 
505, 509, 510, 511, 512, 
527, 547. 

Gastelnaud-d'Estrétefonds, 111, 
140. 146, 222, 226, 515. 

Gastelnau-Magnoac, 220. 

Castelnau-Montratier, 211, 493, 

Gastelnove, 331. 

Gastelpers, 85. 

Gastera, 467. 

Gastera (Le), 88, 278, 279, 280, 
468, 510. 

Gastera-Bouzel, 236. 

CasLera-Lectourois, 2i8, 334. 

Gastera-Verduzan, 288. 

Gastéral, 390. 

Gaslelsagrat, 102, 138. 

Caslelsarrazin, 19, 195, 305. 

Caslelvieilli, 274, 276. 

Gasleron, 139, 334, 377. 

GasteL-Arrouy. 46, 92, 144, 268, 
333, 445, 515. 

Gastels, 122. 

Casle.x, 30. 103, 202, 492, 515. 

Gasties-le-llaut, 112. 

Gastillon, 14. 90, 93, 94, 140, 
184, 222, 294, 511. 

Gastillon de Balz, 340. 

Gaslillonnès, 137, 138. 139, 150, 

Castres, 86, 107, 366, 502. 

Gastries, 123, 4-25, 426, 427, 432 

Catalogne, 93. 

Galelan, 30, 31, 32, 55, 56, 61 
65, 123, 124, 125, 126, 
386 

Catellani, 123. 



158, 
224, 
286, 
403, 
504, 
523, 

124, 



548. 



281, 



291, 



181, 

411. 

.48 i. 

02, 
324, 



INDEX 



583 



Catinat, 58, 310. 

Galluelan, 13. 

Cauberl, 238. 

Caubet, 385. 

Caubiod, 230. 

Caubios, 201. 

Cauboue, 390, 394, 404, 509. 

Cauchy, 283. 

Gaudecosle, 46, 135, 147. 218, 221 

Caulaincourt, 347. 

Caulet, 268, 344, 404. 

Caumartin, 428. 

Gaumels, 233. 

Caumont, 30,90,98,105,107, 111, 123, 
124, 125. 126, 141, 196, 222, 
223, 228, 236, 249, 250, 264. 

Caumonl-Lauzun. 273. 301, 386, 409. 
412, 439, 547, 567. 

Cauna, 88, 199, 220, 276, 281 , 333, 351 ■ 

Caupenne, 86, 90, 94. 

Causans, 76. 

Caussade, 106, U2, 'i94. 

Caussade (La), 231. 

Causséa, 332, 334. 

Caussens, 350. 

Caux, 410. 

Cavagnan, 162. 

Cave (La), 322, 323. 

Caylus, 105, 152, 433. 

Cazalès, 415, 484. 

Gazais, 136, 137 

Gazamajor, 1"27, 459, 400. 

Gazaubon, 202, 378, 445. 

Gazauran, 88, 469. 

Gazaux-Laran, 85, 102. 

Gazazils, 461. 

Cazeaux, 119, 120, 121, 122, 197, 199. 

Gaze (La), 336. 

Gazes, 384, 404. 

Cazenave, 187. 

Gazenove, 222, 323 

Gazillac, 179. 



Gédals, 330. 

Céez, 249. 

Ceiras, 104. 

Gélès, 234, 333. 

Gepet, 179. 

Gère, 220. 

Gereste, 433. 

Gessac, 160. 

Geyré, 178. 

Gézan, 160, 511. 

Cézerac, 48, 343, 377. 

Gézeron, 200, 333. 

Ghaalons, 15, 429. 

Chabannes, 153, 215, 

Ghabot, 12, 144, 149, 290, 432. 

Ghabrillan, 362. 

Ghailly, 308. 

Chalabre, 229. 

Ghalais, 205. 

Ghalosse, 88, 154, 245, 276, 279, 

280, 281, 413, 467. 
Ghalut, 435. 
Chambord, 123. 
Ghamborel, 184. 
Ghambrau, 346. 
Ghampagne-Bosocle, 106, 111, 137, 

140. 
Ghampaigne, 547. 
Ghampigny-Chamussay, 84. 
Ghampigny, 123.' 
Ghampion de Gicé, 10, 413. 
Ghandenier, 107. 
Chandos, 195. 
Ghanorier, 27. 
Chansiergues, 323. 
Ghantal, 123. 
Ghanteloup, 336. 
Ghanlemesle, 152. 
Ghapelain, 249. 
Ghapelle (La), 23, 134, 23'., 235, 236- 

237, 248, 249, 256. 262, 263* 

330, 332, 333, 510. 



584 



L\DEX 



Chapelle-Jumilhac, 75, 349. 
Ghappes, 377. 
Gharenton, 156, 
Gharles VI, 229. 
Charles VII, 1, 161, 229. 
Charles VIII, 149. 
Charles IX, 179. 
Charles X, 233. 
Charles de Valois, 152. 
Charmie (la), 417. 
Charos, 12, 274, 311, 430. 
Charre, 86. 
Charrin, 93. 
Charron, 502. 
Charroy, 394, 402. 
Chaslus, 144. 
Chassagne (la), 144. 
Chassaigne (la), 301. 
Chasleigner, 123, 187. 
Chastenet, 12, 323. 
Chasteronnière (la), 542. 
Chastignonville, 139. 
Chastillon, 110, 486. 
Chàleau-Cheyssac, 231. 
Chrileauneuf, 100, 188. 
GhàLeauneuf-Randon, 105, 109. 
Chàteau-Regnauld, 180. 
ChàLeaurenard, 210. 
Gliàleauroux, 307. 
Ghàleau-Thierry, 429. 
Château-Trompette, 192. 
Chàleau-Verdun, 181. 
Chùtclot (du), 12, 431. 
Chûtillon, 267, 410. 
Châtre (la), 153, 279, 307. 
Chaufour, 147. 
Chaulnos, 430. 
Chuumarcys, 123. 
C h au mon 1, 428. 
Chausse, 312. 
Chauvoron, 242. 
Chauvigny, 307. 



Chavannes, 486 

Ghazy, 164. 

Ghélan, 165. 

Chemin (du), 342. 

Ghennevière, 85. 

Cheponne, 14. 

Chérin, 139. 

Ghesnaye des Bois (la), 115, 118, 

137, 144, 215, 296 
Ghesneau, 345. 
Chevalier, 110. 
Gheverry, 181, 346. 
Chevert, 58. 
Ghevreuse, 429. 
Cheyssac, 436. 
Gliic (du), 230. 
Ghimay, 433. 
Chine, 284. 
Choiseuil, 12, 301. 
Ghoisy, 288. 
Chol de Torpanne, 95. 
ChoUet, 188, 189. 
Christianstœdt, 451, 4r)3, 454. 
Cibits, 503. 
Girat, 394. 
Giteaux, 298. 
Givrac, 241, 4:12, 498. 
Glairac, 244, 411. 
Clamens, 445. 
Clarac, 93. 
Clarens, 308. 
Glaret, 194. 
Claux, 153. 

Glauzel, 558, 567. 568. 
Claveau, 409. 
Glaverie, 350, 412. 
Clémence Isaure, 26S. 
Clément V, 235. 
Clément VU, 215. 
Clermond, 222, 191. 
Clermont, 12, 301, 308, 429, 51,-,, 

516. 



INDEX 



585 



Glermont d'Amboise, 2l5. 
Clermont-Dessus, 150, 151, 153, 218, 

309, 310. 
Glermont-Perrant, 7, 11, 15, 275, 

542. 
Glermont -Lodève, 122, 226, 320, 

330, 430. 
Glignac, 417. 
Glion, 230. 
Glisson, 161. 
Clouet, 322. 
Cluny, 162, 210. 
Gluzet, 381, 552 
Goarasse, 258. 
Coblenz, 87. 94, 231, 300. 
Cocaléane, 137. 
Gocumont, 202. 
Codoing, 143. 
Coëlquen, 199, 200. 
Cœur de Roy, 14. 
Gohorn, 99. 
Goigny, 431, 432. 
Goladrey, 345. 
Colbert, 460. 

Golbert-Seignelay, 11, 415. 
Colbert-Saint-Mars, 93. 94, 96. 98, 

215. 
Goligny, 108. 
Gollongue.ç, 194. 
Gologne, 95. 
Colombiès, 153. 
Golomé (Le), 142. 
Golomiers, 156, 268, 502. 
Golonges, 195, 196, 197. 
Golonia, 27. 
Colonne, 323. 
Gamagnac, 394, 40i. 
Gomarieu, 281. 
Combe (La), 186. 
Gombis, 410. 
Comborn, 111, 
Gombrel,; 106, 322. 



Commère, 188, 189. 

Gomminges, 19, 29, 31, 34, 51, 
54, 55, 56, 62, 65, 66, 
83, 84. 85, 91, 106, 118, 
121, 125, 165, 191, 196, 

202, 226, 235, 288, 289, 
410, 494, 496, 501. 

Comtal (Le), 23. 

Comtois, (Royal), 100. 

Gondé, 95, 165, 217, 259, 260, 

300, 429, 467, 468, 475, 

539, 541, 547. 
Condom, 4, 18, 26, 75, 88, 101, 

112, 134, 140, 162, 175, 

203, 214, 228, 244, 255, 
257, 271, 274, 275, 276, 
298, 300, 325, 329, 335, 
338, 342, 348, 410, 412, 
567, 568. 

Gondoraois, 100, 151, 162, 186, 
203, 231, 236, 265, 271, 
274, 275, 287, 292, 299, 
325, 410, 510, 552. 

Cône, 109. 

Conflans, 27. 

Gonfolens, 223. 

Gonquéré, 322, 323. 

Conqueste (La), 276. 

Constantin (M--), 75. 

Contades H, 425. 

Conté, 402. 

Gonty. 167, 169, 171, 172, 217, 
429. 

Goquet-Saint-Lary, 47, 133, 134, 
288, 290, 291, 292. 

Corbères, 50, 101, 278. 

Gorbeyran, 108. 

Corbières, 461. 

Cordé, 376. 

Gore, 118. 

Corletta, 150. 

Corn, 195, 196. 



52, 
76, 
119, 
197, 
318, 



261, 
483, 

102, 
185. 
256, 
285, 
337, 
512, 

199, 
273, 
300. 



258, 
183, 



586 



INDEX 



Cornac, Hl. 225. 

Corné, 140. 

Corneillan, 412. 

Cornier, 568. 

Cornil, 516. 

Cornullier, 487. 

Corrensagnet, 223. 

Corsac, 107. 

Corse, 7. 

Cortade. 234, 294. 

Cos (du), 143, 217. 

Cos-Bourgade, 270. 

Cosnac, 140, 215. 

Gosne, 164. 

Cossé, 432, 484. 

Côte (La), 160. 

Cùle-d'Or. 157, 172, 264, 316, 342. 

529. 
Colenlin, 183, 301. 
Coite, 428. 

Couaix. 379, 385, 393, 403, 449. 
Goucherel, 249. 
Coucy, 336. 
Coudray (du), 266. 
Coudret, 345. 
Coudroy, 276. 
Coudures, 280. 
Coué, 523. 
Cougel, 503. 
Couliaumiac, 402. 
Cou hé, 242. 
Couhin, 467, 468. 
Couillie (La), 404. 
Couiza, 121. 

Coujelou, 308. 309, 310. 
Goulanges, 249. 
Coularé, 404. 
Coulmier, 435. 
Coulommiers, 190. 
Coume. 525. 
Cour, 346 
Cdurc.fUf^s, !>6 



Courcenay, 307. 

Gourrejeol (Le). 270. 

Gourrent, 278, 445. 493. 

Cours, 141, 220, 338, 468, 492. 

Gourteille, 200. 

Courlils (des), 279. 

Courtine (La), 144. 

Courtois, 436 

Cous, 134, 162, 491. 

Goussol, 346. 

Coustaing, 496. 

Goutras, 414. 

Couture (Léonce), 207. 

Couturier, 435. 

Gouzan-Lugny, 105. 

Gouzerans, 29, 31, 34, 76, 83, 84, 85, 

190, 410. 
Grampagnac, 299. 
Crancé, 174. 
Craon, 542. 
Crapone, 416. 
Grastes, 526. 
Grécy, 206. 
Grémade (La), 105. 
Grémens, 93. 
Grémieu, 91. 
Crépoil, 249. 
Gréquy, 153. 
Greschiès, 225. 
Gressy, 543. 
Crêvecœur, 485. 
Crèvesègne, 404. 
Grillon, 350, 445, 525. 5-27. 
Crimée, 311. 
Grocliat, 270. 
Groï, 12, 431, 432. 433. 
Groist, 411. 
Croix (Lu), 425. 
Groix des Cliiens, 12. 
Cromières, 301. 
Gromper 290. 
Crousillal, 96, 181. 



INDEX 



587 



Crouzette, 526. 

Crozon, 180. 

Grussol, 88, 106, 111, 290, 301, 365, 

432, 461. 475, 484. 
Cugnac, 22, 23, 29, 75, 121, 123, 141, 

181, 212, 286, 329, 343. 
Cujas, 108. 
Gumont, 116, 135, 277. 



Gunolio, 290, 310, 312. 
Gup, 219. 
Gurmieu, 96. 
Gurson (Foix), 110. 
Gussol, 245. 
GuUichan, 475. 
Gypierre, 428. 



Daguzan, 39i, 402, 529. 

Daignan, 509. 

Dalbe, 529. 

Dalurens, 454. 

Damas, 106, 111, 475. 

Damouroux, 379. 

Dampelle, 47, 217. 

Dampierre, 75, 123, 221. 

Damville, 108. 

Damvilliers, 91. 

Danerel, 404. 

Dangé, 435. 

Dansac, 380. 

Dansans, 445. 

Dantzic, 179. 

Darboles, 524. 

Darcet, 436. 

Darnis, 404. 

Darparenne, 509. 

Darrès, 65. 

Darligoyte, 30, 87, 286, 441 

Dartros, 402. 

Dasiarac, 30, 31, 32. 

Daslros, 394.' 

Dauberl, 411. 

Daubons, 143. 

Daubèze, 134. 



Dauphiné, 7, 124. 

Daurée, 183. 

Dauzas, 209, 445, 509. 

Dauzière, 562, 564. 

Davaiït, 523. 

Davasse, 244, 403, 445, 509. 

David, 439. 

Dax, 78, 96, 280, 293, 413, 516. 

Debruc, 185. 

Deforcade, 23. 

Deguilhem, 383. 

Dehès, 326. 

Delas, 509, 526. 

Delfant, 416. 

Délies, 326. 

Déliet, 509. 

Delor, 66. 

Delpech, 308, 509. 

Delpey, 202. 

Deluc, 405. 415. 

Dému, 346. 

Denans, 509. 

Denissort, 326. 

Denjoy, 381, 523, 52.Ô, 526, 527, 528. 

Dérey, 385, 526, 527. 

Derrayesse, 218. 

Derrios, 509. 



588 



INDEX 



Desbarats, 509. 

Descalup, 47, 2S7. 

Descanaux, 197. 

Deschars, 336. 

Descomps, 160, 527. 

Descoubès, 30. 

Despeyroux, 48, 325. 

Despiau, 30, 31, 82, 63. 65, 509. 

Desponts, 174, 379, 449, 507, 509. 

Despremesnil, 365. 

Détardez, 548. 

Devèze, 91, 93, 146, 243. 

Deville, 435. 

Didoan, 56;. 56N. 

Dieppe, 266. 

Dijon, 13. 

Dillon, 10. 96. 

Diophante, 283. 

Dirai, 403. 

Diusac. 320, 321. 

Doat, 525, 529. 

Doazac, 218. 

Doazan, 435, 528 

Doazit, 280. 

Dolmayrac, 182, 338. 

Donnât, 501. 

Domec, 501, 503. 

Domme, 151. 

Donzac, 46, 151. 

Donzeil, 46, 165, 174. 

Dorbes, 528. 

Dordet. 105. 

Douay, 14, 228. 

Doudeauville, 433. 

Doudrac, 140. 

Douel, 435. 

Doumejourro, 405 

Dousse, 306. 

Douze. 245. 

Douzens, 524. 

Douzon, 290. 

Doyssat, 191 



Dreux, 179, 201, 273. 

Dreux-Brézé, 226. 

Drol, 175. 

Drouyn, 428. 

Drozon, 104. 

Druilhet, 291, 376, 515. 

Duazac, 47. 

Dubarry, 445, 509, 528. 

Dubartassé, 445. 

Dubernet, 348, 445. 

Dubois, 150, 335. 

Dubord, 114, 377. 

Dubosc, 48, 348. 

Dubreuil, 485. 

Dubuc, 392. 

Ducasse, 48, 335, 336. 445, 509. 

Duclianay, 171. 

Ducos, 160. 

Dudon, 13. 

Dufaur, 108. 

Dutraut, 390. 

Duffort, 48, 3i5. 346. 347. 

Duffour, 44."). 

Dufour, 445. 

Dugon, 264. 

Duguie. 190. 

Dulau, 10, 383, 381 , 388. 391. 392. 

393, 402. 509. 
Dulaur, 378. 
Dulong. 509. 
Dumas, 30, 32. 414. 
Dumbar, 108. 
Dûment, 301. 
Dumère, 454. 
Dûmes. 64. 245, 280. 
Dumoulin, :W. 32, 402. 4i5. 
Dunes, 151, 152. 
Dunois, 224, 346. 
Dupin, 113, 378, 392. 394. 403. 
Dupont, 386, 388, 415. 
Dupouy, 509 
Duprat, 21 i, 215. 375, 44!). 



INDEX 



589 



Dupré, 47, -214, 216, 428. 

Dupuy, 238, 445. 523, 524, 525, 526, 

527, 528, 529. 
Durand, 27, 66, 340, 416. 558. 
Duras, 414, 425, 432, 484. 



Durban, 111, 3't5. 495. 
Durfort, 75, 92, 105, 111, 139. 140, 
2'.1, 2'i5, 409, 491, 493. 498. 
Duroy, 26, 230. 



Eauzan, 288. 

Eauze, .30, 162, 221. 

Ebrard S'-Sulpice, 75. 

Echaux (d'), 411. 

Ecosse, 108, 468. 475. 

Ecquevilly, 498. 

Egmont, 12, 433. 

Eissal, 216. 

Elbène (d'), 111. 

El bœuf, 224, 429. 

Elisabeth (Madame), 24. 

Eloffe, 132. 

Elpech (d'), 181. 

Embarte, 379. 

Emparron. 294. 

Encausse, 85, 301. 

Encuns, 109. 

Endoufielle, 319. 

Ensoulès, 308. 

Entragues, 1.50, 151, 1.52, 1.53. 

Epernon (d'), 205. 235, 239, 277, 289, 

3.33, 350. 496. 
Epinay (L'), 4.35. 
Epinay S*-Luc, 11. 
Erdoy, 503. 
Erpau, 4i8, 4't9. 
Escalone, 439. 
Escalquens, 318. 
Escanaux, 269. 
Escandillac, 258. 
Rscars (d'), 107. 



Escasse, 181. 

Escassefort, 218. 

Esclarens, 335. 

Esclassan, 119, 120, 122. 

Esclignac (d'), 94, 95, 158, 180, 264, 

341, 384, 386, 388, 390, 486. 
Escodéca, 100. 
Escoubleau, 117. 
Escouloubre, 115. 
Escoure, 411. 
Escoyeux, 301. 
Escrimis, 269. 
Escuran, 350. 
Esgarrebaque, 193. 
Esmangard, 13. 
Espadaillac, 104. 
Espagne, 280, 510, 
Espalais, 286, 310, 312. 
Esparbès, 12. 
Esparbès (d"), 114, 123, 203, 305, 300, 

314, 317. 329, 400, 445, 446, 

524. 
Esparron, 203. 
Esparros, .30, 103, 112, 113 
Esparsac, 405. 
Espayroux, 325. 
Espiau, 534. 
Espièche, 112. 
Espiens, 190, 230, .300. 
Espinay, 11. 
Essarts (des), 90. 



590 



INDEX 



Estaing (d), 12, 111, 117, 180. 433. 

Estampes (d'), 88, 301, 461. 

Estang, 162, 163, 414. 

Estang (d'), 12, 111, 117. 180, 433. 

Estève, 225. 

Estillac, 48, 241. 326, 367. 

Estissac, 223. 

Estival, 350. 

Estrades (d'), 308. 

Eslramiac, 378. 394, 403. 491. 

Estressfts, 516. 



Estrétefonds, 124, 222. 226. 

Estuert, 149, 186, 187. 

Estussan, 215. 

Estult, 498. 

Etchart, 503. 

Etigny (d'), 20, 21. 

Evreux, 75. 

Extremo, 293. 

Eyrans, 270. 

Eyre, 482. 



Fabas, 165. 242, 318. 

Fabry, 183, 242. 

Pages, 197. 

Faget, 109, 114, .300, 377. 

Fajon, 31, 32. 

Fanjaux, 178. 

Fargès, 428. 

Fargues, 140, 552. 

Fatigue, .392. 

Fau de Baugin, 23. 

Faudoas, 29, 32, 77, 78, 90, 107, 

114, 119, 120, 135, 215, 226, 

264, 268, 333, 493. 
Faudon, 273, 276. 
Fauga, 100. 
Faugères, 218. 
Fangères-Dubourg, 6, 230. 
Faulong, 270. 
Faur (du), 78, 108, 109, 110. 111, 

113, 142. 162. 
Faur-Rouflillac. 75. 
Favenlines, 435. 
Favols, 147. 
Fay, 215. 
Paye (La). 3.36. 



Fayette (La), 8, 311, 414. 

Fayolle, 276. 

Fénelon, 138, 140. 

Fenouillet, 496. 

Ferberon, 262. 

Fermât, 47, 274, 282, 283, 284, 538. 

Fermier, 533, 534. 

Ferragut, 197. 

Ferrare, 156. 

Ferrassou, 150. 

Ferre, 76. 

Ferrensac, 140. 

Ferréol, 184. 

Ferrières, 199, 298, 299. 

Ferron, 332. 

Ferrussac, 195. • 

Feugaroles, 291. 

Feydcau, 426, 427, 428. 

Feydel. 416. 

Fezensac, 30. 32, 97, 115, 116, 117, 

159, 221. 288, 486, 494. 
Fezensaguet, 83, 156, 157. 1.58, 204, 

285, 3'é8, 510. 
Fieffé, 454. 
Fioux, 106. 352. 



INDEX 



591 



Figard, 3S4, 3H5. 

Figeac, 104, 416. 

Fignan, 179. 

Fimarcon, 158, 229, 293, 
342, 350, 516. 

FiUe, 271, 

Fitte (La), 161, 187, 244. 

Firmi, 153, 439. 

Fisson, 414. 

Fitz-James, 425, 430, 432, 

Flachslanden, 484. 

Flageac, 123. 

Flamands (Les), 97. 

Flamarens, 157, 159, 165, 
229, 232, 233, 237, 
249, 250, 251, 253, 
256, 257, 258, 262, 
332, 474, 502, 509, 
551, 557, 560, 561, 
564, 565, 566, 567, 

Flambelle (La), 154. 

Flambelle-Lagarde, 46. 

Flandre, 93, 317. 

Flandre-Maritime, 7. 

Flandre-Wallone, 7. 

Flaran, 206. 

Flaville, 186. 

Flaxlande, 12. 

Flayac, 144. 

Fleurac, 139. 

Fleurance, 18, 23, 46, 48, 
156, 161, 162. 163, 
207, 217, 228, 296, 
342, .369, 394, 404, 
523, 524, .525, 526, 
529, 563. 

Fleuri val, 327. 

Fleurus, 84. 

Fleury, 13, 252, 428, 4.30. 

Flô (Le), 416. 

Florensac, 106, 231, 484. 

Florentin, 318. 



299, 333, 



178, 


193, 


245, 


248, 


254, 


255, 


263, 


301, 


510, 


512, 


562, 


563, 


568. 





66, 67, 


109, 


165, 


174. 


320, 


329, 


444, 


518, 


.527. 


.528, 



Flory, 413. 

Flourès, 225. 

Floyras, 137. 

Foix, 7, 97, 110, 140, 163, 198, 202, 

226, 247, 299, 319, 321, 449, 

493, 502, 515. 
Foix-Carmain, 117. 
Foix-Curson, 110. 
Foncine, 172. 
Fondelin, 75, 274, 275. 
Fonfrède, 326. 
Fongau, 308. 
Fontaine, 109. 

Fontainebleau, 250, 253, 516. 
Fontanges, 11. 
Fontbeaujard, 140. 
Fontenay, 279. 

Fontenilles, 106, 151, 234, 435. 
Fontenoy, 153. 
Fontette, 428. 
Fontevrault, 290, 320. 
Fontiron, 135. 
Fontrailles, 333. 
Forcade (La), 175, 270. 
Force (La), 141, 475, 512. 
Forey (Le), 183. 
Forgeneuve, 139. 
Forgues, 156. 
Forneron, 487. 
Fort, 187. 
Fort (du), 346. 
Fortet, 183, 185. 
Fortin, 244. 
Fortisson, 220. 
Fossat, 177. 
Fosseret, 100. 
Fosseux, 180. 
Foucaud, 394, 403. 
Foucauld, 139. 
Foucaux, 140. 
Foullon, 428. 
Fourcès, 86, 134, 140, 498. 



592 



INDEX 



Fournetz, 411. 

Fournial, 172. 

Four nier, 50. 

Fourguenvaux, 226, 332. 

Fourqueux, '126, 427. 428. 

Fousseries, 4. 

Fraisse, 139. 

Framiac, 325. 

France. 3. 4, 5, 7, 9, 17, 19, 20, 21, 
25, 26. 28, 58, 74, 76, 78, 94, 
95, 96. 99, 106, 116, 117, 123, 
125, 131, 132, 137, 151, 155, 
180, 218, 219, 226, 260, 283, 
285, 289, 307, 309, 341, 3i9, 
352, 362, 409. 425, 435. 436, 
473, 475, 503. 516. 517, 533, 
543, 547, 550. 

France-Wallone, 7 

Francescas, 288. 

Franche-Comté, 7. 

François, 411. 



François ^^ 107, 178, 183, 225. 

Francon, 97. 

Frandat, 89. 

Franklin, 339. 

Frans, 47, 285, 286, 375. 380, 510. 

Frayssinet, 282. 

FrencoLeulé, 381. 

Frère, 187, 243, 339. 

Frichel, 291. 

Froissard, 197. 

Fronsac, 137, 138, 429. 

Fronsonnais, 414. 

FronLenac, 98. 

Fronlignac, 203. 

Fronlignan, 112. 

Froulay, 485. 

Fumel, 140, 145, 147. 183, 222, 273, 

343, 'lU. 
Furgole, 127. 
Pussy, 161. 



Gai)ar(lan, 199, 200, 248. 

ri.-ichadouat, 528. 

flachepouy, 92, 268, 291. 

Gages, 116. 

Ciaiciianès, 126. 

Gainçurry, 503. 

Gajan (Le), 109. 

(ialaisière (La), 428. 

Galapian, 187. 

Galard-Brassac, 115, 141, 210, 229, 
232, 236, 245, 300, 492, 494. 

Galard-Magnas, 22, 29, 31. 32, 34, 
47, 59, 80. 87, 88, 100, 112, 
116, 134, 140, 158, 161, 162, 
189, 204, 205, 206. 207, 208, 



209, 223, 224, 
256. 258. 281, 
344. 346, 367. 
397, 443, 444, 
453, 454, 461, 
496, 497. 510, 

Galard-Terraube, 11, 
89, 90, 91, 94 
119, 151. 212, 
264, 269, 273, 
416, 494. 549, 

Galey, 48, 340. 

Galiberl, 187. 

Gallée, 403. 

Galles, 241, 279. 



228, 229, 238, 

285, 293, 301, 

378, 387, 388, 

445, 446, 450, 

468. 475, 495. 

511, 512 
48, 78, 79, 86, 

, 97, 109, 111, 

231. 241, 248. 

277, 289. 291. 
557. 



INDEX 



593 



Gamaches, i20. 

Gamardes, 516. 

Gamel, 147. 

Gameuil, 109. 

Gand, 432, 433. 

GaneL, 265, 267. 

Ganiac, 109. 

Ganlies, 191. 

Garchet, 414. 

Garde (La), 137, 154, 155, 263, 
310, 328. 

Gardouch, 177, 178, 179, 180, 
390. 

Gareins, 197, 200. 

Garenne (La), 183. 

Gariès, 94. 

Garnaud, 439. 

Garonne (La), 162, 163, 310, 370, 

Garonne (Tarn-et-), 153, 196, 
277, 298, 307, 311, 322, 
492. 

Garrané (Le), 89, 92, 93, 100. 

Garrière (La), 87, 332, 445. 

Guarrigues, 509. 

Guarrigue (La), 153, 187. 

Garros, 268, 269, 270, 305, 352, 
405. 

Gasc, 181. 

Gascogne, 3, 18, 21, 26, 27, 89, 
93, 99, 100, 115, 117, 
135, 144, 162, 164. 186, 
188, 199, 209, 216, 221, 
236, 249, 256, 257, 265, 
287, 294, 298, 328, 343, 
398, 410, 491, 502, 537, 

Gasques, 195. 196, 197. 

Gassiès, 86. 

Gassion, 117. 

Gastinois, 288. 

Gast-le-Hill, H, 415. 

Gaston d'Orléans, V. 

Gaudin, 436. 





Gaudou ville, 262, 294, 325 


334, 


491. 




Gaudoux, 515. 








GaulTreteau, 188. 








Gaujean, 525. 








Gaulejac, 111, 141, 495. 








Gaulier, 18. 








Gaalne, 76. 








Gauran, 48, 329, 352, 445, 


509. 






Gaure, 20, 109, 124, 156, 


161, 


174, 


265, 


180, 185, 201, 204, 


207, 


272, 




273, 289, 290, 291, 


328, 


491, 


181, 


505, 507, .509, 533. 
Gauze, 525. 
Gauzis, 279, 








Gavarret, 157, 181, 221, iï 


5. 






Gay, 27. 








Gayron, 526, 529. 






551. 


Gays, 108. 






23 i, 


Gayssanès, 196. 






332, 


Gazzola, 483. 
Geard (La), 301. 








Gelas, 90, 116, 223, 225, 


257, 


341, 




409, 509. 








Gélat, 191. 








Gélise, 230. 






389, 


Gélos, 200. 

GéloLe, U5. 

Geloux, 197, 199, 200. 






90, 


Génebrède, 211. 






122, 


Gendre (Le), 191, 203, 333 


435. 




187, 


Gènes, 84. 






224. 


Geneste (La), 144, 216. 






285, 


Genevois, 312. 






351, 


Génibri, 493. 






538. 


Génibrouse, 85. 
Genneville, 292. 








Genou illac (Gourd on de), 


106, 


107 




187, 229, 270, 


333 , 


485 




516. 








Gensac, 91, 93, 245, 384. 








Gérac, 30. 








Gères, 86, 118, 493. 







38 



594 



INDEX 



Gers, 19, 20, 30, 75, 121, 157, 159, 
160, 191, 193, 202, 207, 210, 
212, 222, 231, 258, 264, 286, 
300, 305, 306, 308, 328, 341, 
352, 444, 446. 449, 450, 455, 
464, 498, 502, 534, 553. 

Gervain, 322. 

Gesse, 415. 

Gessée (La), 538. 

Gesvres, 430. 

Ghistelles, 433. 

Gibraltar, 84. 

Gié, 79, 151, 152. 

Gilbert, 365. 

Gimat, 202. 

Gimbrède, 23, 

Gimel, 111. 

Gimoos, 106, 341. 

Gimone (La), 298. 

Gimont, 30, 136, 140, 150, 214, 370, 
375, 492, 515. 

Gindon, 139. 

Gironda, 140. 

Gironde (de), 46, 137, 138, 139, 140, 
141, 151, 274. 

Gironde (La), 95, 232, 454. 

Gironde-Castelsagrat, 102, 136, 

Gironne, 116. 

Giscardie, 141. 

Giscaro, 102, 119. 

Giversac, 75. 

Glatens, 277. 

Goalar, V. 

Goalard, 78, 86, 117, 158, 162, 190, 
205, 228, 230, 231, 236, 246, 
299, 341, 342, 492, 509, 551. 

Goas, 291, 341, 342, 413. 

Gobai, 255. 

Gobes, 142. 

Godailh, 79, 135, 294, 330. 

Golfccli, 309. 

Gondot, 425. 



Gondrin, 90, 119, 184, 289, 290, 311, 

498. 
Gondy, 90, 153. 
Gonès, 415. 
Gontaut, 4. 
Gontaut-Biron, 136, 140, 222, 226, 

241, 274, 485. 
Gontaut-Saint-Geniez, 75, 90, 104, 

107, 111, 224, 273, 432. 
Gontier, 417. 
Gorce (La), 485. 
Gossens, 274. 
Goth, 91, 134, 226, 235, 236, 238, 239, 

245, 277, 332, 341, 350, 493. 
Gouaux, 294. 
Goubignan, 497. 
Goudin, 209. 
Goueytes, 85, 94. 
Gouffier, 215. 
Gouges, 416. 
Goui-d'Arsy, 366. 
Goujon, 410. 

Goular, V, 48, 219, 341, 394, 403. 
Goulas, V. 
Goulens, 116, 135. 
Gourdon, 104, 111, 416 
Gourgues, 200, 333. 
Goussan, 202. 
Goût (du), 47, 48, 100, 235, 240, 313, 

314, 315, 316, 317, 333. 
Goûts, 345. 
Goutte (La), 343, 409. 
Gouyonnac, 139. 
Govion, 301. 
Goyau, 394, 402. 
Goyon, 346. 
Goze, 413. 
Gozon, 293. 
Grabias, 389. 
Gramal, 107. 
Gramont, 48, 123, 223, 344, 350, 

378, 389, 430, 445. 



INDEX 



595 



Grammont, 107, 111, 125, 126, 220, 
268, 276, 4H, 516. 

Gramogues, 319. 

Grange, (la), 182, 2U, 282, 352. 

Granges (des), 416. 

Granselve, 298, 491. 

Grasse, 220. 

Grasset, 417 

Grassière (la), 186. 

Grassinde, 538. 

Graves, 222. 

Gravier (du), 435. 

Gra ville, 149, 153. 

Grèce, 311. 

Grenville, 483. 

Grez, 107, 326. 

Grezières (las), 335. 

Grignan, 335. 

Grimaldi, 429. 

Grimaud, 381, 382, 391. 

Grimenaudière (la), 74. 

Grimot, 347. 

Grizien, 435. 

Grosbois, 14. 

Grossolles-Flamarens, 165, 193, 237, 
245, 246, 248, 250, 256, 257, 
262, 263, 301, 305, 313. 314, 
317, 324, 332, 334, 338, 399, 
449, 474. 502, 539, 542, 545, 
547, 549, 551, 552, 555, 557, 
558, 559, 560, 565, 566, 567. 

Grossolles-Saint-André, 47, 90, 93, 
158, 196, 202, 244, 247, 249, 
255, 258, 259, 261. 



Groussou, 330. 

Guaropuy, 394, 403, 509, 524, 526. 

Guay, 145. 

Guérard, 27. 

Guers, 105. 

Gueymard, 133. 

Gueyse, 291. 

Guibal, 460. 

Guiche, 199, 432, 484. 

Guignes, 12. 

Guilhem, 384, 391, 392, 393. 

Guilhemette, 445. 

Guillemon, 47, 296. 

Guillon, 403. 

Guines, 432, 

Guiringaud, 439. 

Guise, 108, 156, 179, 275. 

Guitalens, 496. 

Guitard, 197. 

Guitaut, 100. 

Guittinières, 291. 

Guttère (la), 121 . % 

Guyenne, V, 3, 18, 24, 27, 75, 78, 
33, 41, 93, 96, 98, 100, 103, 
109, 122, 126, 133, 134, 136, 
138, 155, 159, 162, 163, 184, 
187, 188, 198, 205, 214, 216, 
218, 245, 248, 249, 262, 269, 
270, 273, 276, 288. 293. 308, 
329, 336, 337, 351, 352, 398, 
409, 515. 516, 542. 

Guyonnet, 95, 276. 



H 



Habas, 348. 
Haget. 340. 
Hainaut. 7, 212, 260. 



Hara, 192. 
Hannin (Le), 248. 
Hanswesl, 455. 



596 



INDEX 



Hante (La), 435. 

Harcourt, 12, -217, 43(1. 

Hardy (Le). 249. 

HareoQ, 280. 

Harpe (La), 74. 

Hastings, 475. 

Haumont, 191. 

Hauqué, 351. 

Hauret, 528. 

HauL-Quercy, 210. 

HauLe-Auvergne, 516. 

Haute-Bretagne, 180. 

Hautefort, 75, 432, 483. 

Haute-Garonne, 19. 

Haute-Guyenne, 27, 33, 41. 

Haute-Marche, 149. 

Hauterive, 107, 215, 225. 

Hauteroque, 274. 

Hauteserre, 307. 

Hautpoul (d'), 122, 123, 181, 219. 

Havre (Le), 224. 

Haye (La), 435. 

Hébrail, 515. 

Hélette, 503. 

Héliot (d'), 439. 

Hendaye, 121. 

Henriette (Madame), 180. 

Héral (d'), 413. 

Hérard, 454. 



Hericy, 226. 

Hérisson, 445. 

Hermitte (]') de Saint-Pierre, 311. 

Hiliière (La), 341, 410. 

Hinx, 348. 

Hitte (La), 94, 273. 

Hoc (Le), 436. 

Hocquart, 14. 365. 

Holbein, 322. 

Hollande, 323 

Homps, 268, 375, 491, 493, 494. 

Hongaie (La), 308, 311. 

Honous, 85. 

Hontconque, 447, 448, 496. 

Hontines (Las), 336. 

Hordosse, 230. 

Horton, 270. 

Hoste (L'), 186. 

Hostun, 107. 

Houga (Le), 348. 

Haumetos (Las), 44'.), 502. 

Hourtané, 526. 

Hozier (d'), 309, 314, 316, 317, 337, 

469. 
Hue, 211. 
Hugueny, 30, 31, 32, 42. .43, 44, 45, 

46, 60, 439. 
Humières, 153. 



i 



Iles-sous-lc-Vont, 180. 

Illiers-Vendômo, 152. 

Imhert (d'), 308. 

Inard, 85. 

Lsalguier, 100, 222, 226, 323. 

Isarn, 323. 

Isaut, S.'), 321. 

Islc, 198, 348, 



Isle-d'Arbéclian, 97, 98. 

Isle-Bouzon, 22, 29, 47, 78, 86, 87, 

88, 89, 116, 117, 134, 140, 

161, 162, 204, 205, 206, 208, 

223, 228, 229, 230, 231, 232, 

246, 256, 268, 277, 290, 300, 

301, 343, 344, 346, 377, 378, 

387, 388, 397, 443, 444, 445, 



INDEX 



597 



446. 449, 450, 461, 492, 494, Isle-de-Noé, 97, 98, 99, 101. 



495, 496, 497, 498, 549, 551, 

557. 
Isle-de-France, V, 139, 547. 
Isle-Jourdain, 20, 30, 50, 83, 85, 93, 

143, 189, 226, 228, 242, 257, 

267, 278, 305, 332, 492. 



Isle-de-Rhuys, 172. 
Isles-Chrétiennes, 134, 162. 
Issoudun, 279. 
Italie, 190, 193, 321. 
Ivry, 153. 



Jacob (Bibliophile), 312. 

Janon, 308. 

Jarnac, 165, 275. 

Jaucourt, 484, 485. 

Jaurgain, 99, 245, 298. 494, 502, 503. 

Jausselin, 276. 

Jeiian de Bourbon, V. 

Jessée (La), 538. 

Joly, 335. 

Joly de Fleury, 428. 

JoUy. 205. 

Jonas, 537. 

Jouanisson, 293, 294. 

Joumards-des-AcharIs. 174. 



Jourdain, 104. 

Journaube, 454. 

Joyeuse, 104, 311, 409. 

Judie (La), 278. 

Judith, 537. 

Juge (de), 278, 333. 

Juillac, 284. 

Juliacq, 95, 197, 200, 223. 

Julliard, 179. 

Jumilhac, 75, 349. 

Jun, 30. 

Junquière (La), 496, 497, 508. 

Jussard, 416. 



K 



Kehl, 199. 
Kerlivio, 194. 
Kersalio, 487. 



Killough, 263. 
I Kirbourg, 433. 



Laage, 413, 435. La Balère, 509. 

Laas, 205. 210, 223, 491, i92, i93, La Balu, 291. 

494, 495, 512 La Bardane, 146. 



598 



INDEX 



La Barrière, '35f. 

La Barlhe, 107, 159, 249, 257, 276, 

320, 352. 445, 493, 568. 
La Barlhèle, 286. 
Labarthète, 147. 
La Bassère, 345. 
La Bastide, 142, 162, 179, 181, 211, 

249, 250, 257, 277, 330. 
La Bastiole, 195. 
Labat, 4, 294, 381, 526. 
Labalut, 103, 199, 200, 318, 467, 468, 

510. 
Labay, 99. 
Labesque, 390. 
La Boissière, 343. 
Labolle, 263, 445. 
Laborde, 160, 280, 312, 394, 404, 412, 

435, 509. 
Laborie, 335, 343, 346. 
La Borie, 187, 202. 
Laboubée, 87, 444. 
Laboulbène, 147, 194. 
Laboup, 445. 
Labourd, 7, 19, 415. 
Labourdenne, 305. 
La Bourdonnaye, 186. 
La Bouridère, 87, 445. 
La Brède, 219, 270. 
La Brifle, 294. 
Labril, 525. 
Labruusse, 332. 
Labrouste, 276. 
Labrunetière, 183. 
Labrunie, 502. 
Laburthe, 445. 
Labusquède, 244. 
Labusquolle, 48, 270, 349, 350. 351, 

352 
La Calcinie, 248. 
La Cauau, 114. 
Lacapelle, 111. 
Lacarry, 496, 499, 501, 5(i2. 503. 



Lacassaigne, 30, 89, 90, 92, 93, 94, 
98, 202, 291, 346. 349. 

La Gassore, 142, 467. 

La Caussade, 231. 

La Cave, 322, 323. 

Lacaze, 269, 336, 509. 

La Gaze, 14, 392. 

La Gaze-Dieu. 109. 

La Charmie, 417. 

La Chapelle, 56, 134, 229, 234, 235, 
236, 237, 248, 249. 256, 262, 
263, 330, 332, 333, 412. 

La Chassagne, 144. 

La Ghasteronnière, 542. 

La Ghàtre, 153, 279, 307. 

Lachèze, 416. 

Laclavère, 381, 394, 403, 445, 507, 
509. 

Laclaverie, 23, 29, 32, 65, 77, 193, 
194, 332, 377, 397, 412, 529, 

Lacombe, 47, 186, 346. 

La Conquesle, 276. 

La Couiilie, 404. 

La Coste, 10, 317, 524. 

La Coume, 525. 

Lacourt, 527. 

La Gourline, 144. 

La Goustère, 529. 

Lacoux, 159. 

La Grémade, 105. 

La Croix, 425, 52G. 

Lacrompe, 290. 

Lacrousette, 526. 

Ladevèze, 445, 509. 

Ladouce, 391. 

Ladoucetle, 21. 

La Duguie, 190. 

Lafage, 378, 383, 384, 388, 393, 394. 
402. 

Lafargue, 378, 414. 

La Fargue, 230, 445. 

La Paye, 336. 



I 



INDEX 



599 



Laferrette, 526. 

Laffittau, 491. 

Laffont, 48, 330, 33i, 445, 509, 529. 

Laffore, 134, 178, 182, 187, 193, 194, 

204, 218, 242, 243, 269, 270, 

293, 326, 330, 343, 352. 
Lafite, 394, 403, 446. 
Lafitte, 161, 187, 558. 
La Flambelle, 154. 
La Fleytes, 218. 
Lafontan, 344, 351. 
Laforcade, 134, 175, 270. 
Laforgue, 381, 389, 528. 
La Forgues, 19, 445, 509. 
La Galaizières, 428. 
La Galisières, 13 
La Garde, 46, 137, 154, 155, 178, 219, 

231, 310, 328, 461. 
La Garde-Besse, 154. 
La Garde-Bonnecoste, 154. 
La Gardère, 208. 
La Garenne, 183. 
La Carrière, 48, 87, 332, 334, 445, 

525. 
Lagarrigue, 153. 
Lagauzie, 351. 
Lage, 351 . 
Lagelouse, 94. 
Lagleyse (l'abbé), 79. 
Lagorce, 485. 
Lagorsan, 289. 
Lagny, 75. 
Lagrèze, 202, 312. 
Laquian, 345. 
Lahire, 90. 
La Hondès, 203. 
Lalande, 95, 150, 187, 270, 348. 
Lalanne, 91, 142, 157, 159, 526, 529, 

533. 
Lalenque, 93. 
Lalizières, 105. 
La Luzerne, 11, 429. 



Lally-Tollendal, 24. 

La Marck, 433. 

Lamarque, 413. 

Lamaurelle, 248, 270. 

Lamazière, 76. 

Lamazouade, 75, 210. 

Lambel, 417. 

Lambert, 13, 428. 

Lambesc, 429. 

Lamessan, 491, 493, 494. 

Lameth, 484. 

La Michodière, 427, 428. 

Laminssans, 146. 

Lamoignon, 13. 

Lamolère, 202. 

Lamolie, 276. 

La Montjoie, 192. 

Lamoral, 12. 

Lamote, 94, 96, 100, 107, 135, 140. 

320, 321, 342, 509, 526. 
La Mothe, 47, 146, 341, 431, 495, 496. 
La Mothe-Ando. 158, 159, 533, 534, 
La Mothe-Rouge, 141. 
La Mothe-Termes, 48. 
La Mothe-Védel, 151. 
Lamouret, 391. 
Lamouroux, 135. 
Lampaud, 178. 
La Myre, 323. 
Lanauze, 335. 
Lançon, 14. 
Landal, 487. 
Landas, 143, 326, 327. 
Landes, 199, 281, 333, 336, 351. 
Landine, 25, 411. 
Landiran, 230. 
Landorre, 195. 
Landorthe (La Tour), 112. 
Langalerie, 334. 
Langeron, 12. 
Lan gesse, 12, 162. 
Langheac, 75. 



600 



INDEX 



Langlade. 38L 382, 390, 509 

Langlois, 147, 191. 

Langoiran, 95. 

Langon, 321, 336. 

Langres, 11, 236. 429. 

Languedoc, 7, 12, 76, 85, 97, 99, 101, 

106, 107, 108, 112, 115. 148, 

169, 177, 189, 201, 225, 233, 

267, 322, 329, 337, 459, 461, 

515. 
Lanies, 568. 
Lanmarie, 242. 
Lannes, 19, 197, 198, 200, 245, 277, 

278, 279, 281, 294, 333, 445, 

517. 
Lannoy, 486. 
Lanquais, 200. 
Lansson, 509. 
Lanlignac, 341. 
Lanusse, 415, 526. 
Lanux, 412. 
Laodicée, 410. 
Laon, 429. 
Lapalu, 30. 
Lapalun, 100. 
Lapène, 461. 
Laperche, 338. 
Lapérière, 435. 
Lapeyre, 63, 495. 
La Peyrine, 270. 
Lapierre, 202. 
Laplace, 283, 460. 
La Planlade, 350. 
La Plume. 28, 47, 48, 142, 175, 182, 

183. 186, 192, 218, 330, 337, 

■.m, 341, 467. 552. 
Laporle, 380, 391, 416, 428, 4'i5. 
La Porte, 180, 232, 279, 496. 
llnporloric. 413. 
Laprade, 134. 

La Pujade. 133, 131. 18.'., 286. 
La Ilamière, 294. 



Laran, 85, 102 

Laraxe, 332. 

Larboust, 427. 

Larbout, 336. 

Lard, 147, 229, 290. 

Lardimalie, 417. 

La Réole, 136. 

La Reynière, 347. 

Larivière, 144, 232, 293, 311. 

Laroche, 138, 182, 183, 219, 292, 294, 

339, 346. 
La Roche-Andry, 301. 
La Roche-Aymon, 144. 
La Rochebeaucourt, 223, 2.'^0, 232. 
La Rochebouscat, 47, 175, 176. 
Larochefontenilles, 98, 106. 
Larochefoucault. 12, 220, 301, 429, 

430. 
La Rochelle. 74, 289. 299, 341. 
La Rochette, 144, 232 
Laroquand, 439. 

Laroque, 190. 230, 341, 417, 460. 
Larreyre, 414. 
Larribeau, 382, 403, 448. 
Larrieu, 284. 

Larroudé, 182, 183. 241. 270, 339. 
Larrouy, 92. 
Larroumieu, 86, 230. 
Lartigau, 507, 509. 
Lartigue, 94, 96, 230, 270, 336. 352. 
La Ruffaudière, 174. 
Lary, 46, 156, 157, 158, 159, 160, 205. 

507, 509, 510, 511. 512. 517. 

526, 528, 530, 531. 
Las. 275, 276. 296, 339, 511. 
Lassaban, 534. 
Lassagne, 313, 314, 316. 
Lasalle. 220, 256, 330. 334, 445, 468. 
La Salle, 190. 294. 296, 332, 385, 386. 
La Sauvetal, 341. 417, .526. 
Lascaban, 47, 188, 189. 403. 
Las Cassaguies, 135. 



INDEX 



601 



La Serre, 135, 293, 339, 494, 509, 523. 

La Servantie, 276. 

Las Fosses, 133, 334, 527. 

Las Hontines, 336. 

Lasouski, 436. 

Lasques, 220. 

Lassaban, 534. 

Lassaigne, 313, 315, 317. 

Lasserade, 93. 

Lasseran, 93, 190. 

Lasserre, 30, 194, 445. 

La Sudrie, 270. 

Lassus, 27, 93, 306. 

Lastic, 29, 76, 485. 

Lataste, 270, 352. 

Laterrade, 346, 412. 

Lateulère, 294. 

La Thuilierie, 484. 

Latouche, 274. 

Latour, 86, 87, 134, 153, 158, 159, 

248, 318, 389, 428, 445, 483, 

512, 527. 
La Tour, 14, 22. 114, 140, 5156, 157, 

205, 533. 
La Tourasse, 151. 
La Tour d'Auvergne, 264. 432. 
La Tour du Pin. 29, 32, 33, 34, 73. 

77, 329. 
La Tour-Laurac, 181. 
La Tour-Maubourg, 215. 
La Tour-Murat, 264. 
La Tour-de-Noé, 101. 
La Trémoille, 110, 279. 429. 
La Trousse, 249. 
Latude, 161. 
Latuque. 183, 339. 
Lau, 90, 274, 334. 
Laubesc, 274, 276. 
L'Aubespin, 214. 
L'Aubespine, 193. 
Laubespin, 29U. 
Laumède, 139. 



Launay, 267, 275, 475. 

Launeberg, 139. 

Laurac, 318. 

LauraëL, 91. 

Lauragais (G*» de), 432. 

Lauraguais (Le), 114, 439. 

Laurens, 174. 

Laurensan, 160. 

Laurenties, 529. 

Lauriac, 239. 

Laurière, 90, 242, 243. 

Lauriol, 404. 

Laurs, 113. 

Lausin. 352. 

Lausseignan, 188, 215. 

Lautrec, 104, 111, 181, 190, 193, 264. 

Lauze, 526. 

Lauzero, 332, 527, 528. 

Lauzerte, 416. 

Lauzière, 47, 104, 105. 

Lauzières-Thémines, 11. 

Lauzun, 411, 416, 432. 

Laval, 12, 79, 133, 135, 147, 194, 425. 

431, 432, 485. 
La Valelle, 115, 151, 204, 238, 239. 

245, 301, 318, 416, 496. 508. 
Lavardens, 288, 412, 513. 
Lavau, 367. 

Lavaur, 136, 137. 139, 181. 
Lavedan, 111, 153, 197, 198, 199,224. 
Lavenne, 413. 
Laverrie, 196. 
Lavie, 414. 
Lavigne, 276. 
La VillesLreux, 322. 
Laviolette, 225. 
Lavit, 325, 334. 369, 400, 404. 
Lavoisier, 435, 436. 
Laymerie, 416. 
Layrac, 28. 188, 190. 192. 194, 195, 

197, 218, 225, 242, 270, 272, :-î30. 
Lazarinx, 200. 



602 



INDEX 



Lawfeld, 468. 

Léaumont, 85, 90, 94, 244, 245, 410. 

Lebêgue, 29, 31, 32. 

Léberon, 223. 

Le BerLhon, 414. 

Le Boistel, 139. 

Lebon, 483. 

Le Breton, 13. 

Le Camus, 263. 

Le Cause, 107. 

Le Clerc de Juigné, 10. 

Lectoure, V, 11, 18, 19, 21, 22, 29, 
32, 34, 41, 47, 49, 50. 51,65, 
66, 67, 75, 78, 79, 85, 87, 91, 
93, 95. 98, 109, 115, 143, 145, 
154, 156, 158, 159, 160, 162, 
163, 189, 193, 198, 201, 202, 
204, 205, 206. 207, 208, 209. 
212, 214, 215, 219, 230, 231, 
239. 242, 243, 2'44. 249, 250, 
256, 257, 266, 267, 268, 269, 
270, 274. 278, 285, 286, 291, 
293, 294, 290, 298, 300, 301, 
305, 322, 328, 329, 330, 332, 
234. 335, 336, 337, 338, 343, 
348, 349, 350, 351, 369, 370, 
377, 381, 389. 392, 410, 412, 
416, 443, 444, 445, 447, 491, 
493, 494, 496, 501, 502, 510, 
511, 512, 515, 516, 523, 526, 
549, 553. 

Lectourois, 87, 140, 204, 210, 217, 
231, 277, 350, 502, 510. 

Lécussan, 182, 183, 241, 270, 339. 

Lee, 99. 

Le Faudon, 274. 

Le Fèvre, 428, 436. 

Le Flô, 416. 

Legendre, 191, 203, 317, 330. 435. 

Lcguel, 150. 

Le Hoc, 436. 

Leibnilz, 282. 



Lelong, 410. 

Lenclave, 276. 

Lencouacq, 413. 

Lennox, 153. 

Lenoir, 13, 426, 428. 

Lens, 230. 

Léobard, 416. 

Léomagnac, 137. 

Léonac, 272. 

Léonce de Lavergne, 20, 21. 

Lépanthe, 537. 

Lépian, 534. 

Le Pin, 249, 491. 

Le Pitre, 445. 

Le Poulchre, 537. 

Le Puy-en-Velay, 11. 

Leroux de Lincy, 149. 

Lescalopier, 428. 

Lescar, 29, 34, 52, 56, 57, 74, 97, 

100, 197, 314, 315. 317. 
Les Cassés, 179. 
Lesclapart, 8. 

Lescoul, 134, 179, 269, 332. 
Lescun, 190. 
Lescurraing, 551, 552. 
Lesnière, 414. 
Lesparre, 248. 
Lesparre (duc de), 432. 
Lespès, 143. 
Lespinasse, 338. 
Lespinay, 226. 
Lespy, 19. 
Lesquire, 244. 
Lestang, 414. 
Lestelle, 270. 
Lestrade, 139. 
Lestranges, 144. 
Le Tillier, 263. 
Lé tombe, 455. 
Leu, 197. 
Levêque, 56. 
Levezonne, 105. 



INDEX 



603 



Levezou de Vézins, 76. 

Lévignac, 231. 

Lévis, 12, 105, 106, 108, 111, 425, 

431, 516. 
Lexe, 200. 
Lézian, 526, 534. 
Lézir, 151, 208, 231. 
L'Hérisson, 525. 
Liancourt, 431, 436. 
Libersac, 310. 
Libon, 138. 
Libos, 411. 
Lichare, 163. 
Liège, 95, 151. 
Lieux, 235, 277. 
Ligarde, 217, 287. 
Ligardèche, 160. 
Lignairolles, 461. 
Lignerac, 111. 
Lignières, 439/' 
Ligue, 291. 
Lille, 15, 201. 
Limagne, 149. 
Limayrac, 211. 
Limeuil, 228, 300. 
Limezy, 249. 
Limoges, 15, 279, 474. 
Limon, 145. 
Limousin, 144, 179, 183, 202, 278, 

323, 346. 
Limozin, 509, 
Limport, 133, 218. 
Linards, 278. 
Lion (du), 47, 91, 114, 195, 196, 197, 

198, 199, 200, 262, 290. 
Lioux, 93. 
Lisle S'-Aignan, 
Lissac, 48, 318, 319. 
Lissalde, 199. 
Lisse, 218, 226. 
Livarot, 152. 
Lobrin, 493. 



Lodève, 252, 339. 

Loiseau, 14, 435. 

Lomagne, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 30, 
46, 47, 66, 67, 77, 86, 89, 93, 
106,107,111,131,147,156, 158, 
191. 193, 195, 196, 205, 208, 
217, 221, 222, 223, 225, 231, 
235, 236, 237, 238, 242, 244, 
245, 246, 248. 256, 264, 268, 
273, 282, 283, 285, 286, 293, 
298, 313, 317, 321, 325, 332, 
334, 344, 351, 369, 401, 415, 
439, 488, 491, 493, 510, 551, 
552. 

Lombez, 19, 381, 388, 417, 492, 509, 
527, 529. 

Loménie de Brienne, 10, 12. 

Lomne, 30, 103, 110, 112. 

Londres, 250, 290, 475, 476, 486. 

Long, 30, 31, 32, 44, 57, 282, 283, 
323, 415. 

Longarl, 515. 

Longueil-Maisons, 110. 

Longueville, 262, 263. 

Longwy, 261. 

Lons, 94, 197, 200. 

Lopez. 300. 

Lordal, 181. 

Lorges, 85, 431. 

Lormanl, 244. 

Lormoy, 330. 

Lorraine, 7, 12, 216, 230, 250, 468. 

Losne (SWean de), 173. 

Losse, 145. 

Lostanges, 110, 144, 196, 212, 301. 

Lot, 150, 343. 

Loubressac, 107. 

Loubie, 103. 

Louesme, 301. 

Louey, 307. 

Louis-le-Gros, 3, 

Louis I, 165. 



604 



INDEX 



Louis XI, 150, 151, 178, 225, 492. 
Louis XII, 2-25, 265. 
Louis XIII, 110, 133. 230, 309, 409. 
Louis XIV, 6, 84, 156. 183, 252, 257, 

266, 336. 342. 
Louis XV, 134, 252, 262, 459. 
Louis XVI, 6, 7, 8, 21, 148. 
Louis XVIII, 475. 483, 484. 
Loup, 89, 90. 
Loupiac, 136, 137, 139. 
Loupian, 191. 
Lourdes, 125, 494. 
Lousteinau, 143. 
Lowemberg, 485. 
Loys-Sorbiers, 151, 417. 
Loze, 192. 
Luc, 102. 306. 
Lucas, 348. 
Luçay, 435. 
Lucinière, 487. 
Ludre, 537. 
Lugagnac, 92 
Lugny, 105. 
Lum-Dieu, 318. 



Lupiac, 294, 336. 

Luppé, 29, 31, 32, 34, 39, 46, 59, 63, 

89, 90, 91, 92, 93. 94, 96. 98, 

100, 102, 157, 226, 290. 349, 

412. 
Lur-Saluces, 141. 
Lusan, 248. 
Lusignan, 91, 242, 262, 273, 274, 

299. 301, 343, 412. 
Lussan, 191, 203, 300, 306, 334. 
Lussech, 104, 107, 111, 136. 
Lussy, 352. 

LusLrac-Losse, 145, 264, 270, .567' 
Lustrac-Naudonet, 150. 
Luxe, 197, 274. 
Lu.xembourg, 12, 179, 430. 
Luynes, 125, 347. 429. 
Luz, 415. 

Luzanet, 86, 140, 231, 300, 388. 
Luze, 414. 
Luzines, 435. 
Luzra, 256. 

Lyon, 15. 76, 235, 308. 
Lyonnais (le), 30. 



M 



Macabié, 122. 




180, 189, 


190, 


191, 


204. 


205. 


Macarlney, 483. 




206, 207, 


208, 


209, 


222, 


226, 


Mac-Mahon, 474. 




228, 230, 


231, 


236, 


238, 


239, 


Madaillan, 274. 




2'i6, 248, 


269, 


270, 


277, 


286. 


Madame, 206. 




289, 300, 


SOI, 


305, 


306, 


308, 


Madère, 509. 




346, 387, 


405, 


443, 


444, 


445, 


Madiran. 552. 




446, 447. 


448, 


449, 


450, 


453, 


Madrid, 345. 




454, 455, 


460, 


461, 


464, 


468, 


Magen, 1h6. 196, 201. 




482, 491, 


492, 


494, 


495, 


496, 


Magistère (La), 308, 310. 




497. 498, 


511, 


512, 


.-.16, 


531. 


Magnac, 1 i4. 




533, 534, 


538, 


553. 






Magnas, 22, 29, 46, 86, 87 


88, 89, 


Magnoac, 102. 










99. 100. 109, 1.^4. 


158, 160, 


Mahon, 433. 











INDEX 



605 



Maichen, 200. 

Maignas, 491. 

Maignaiid, 394, 402. 

Maignaut, 271, 445, 509. 

Maigret, 497. 

MaigreL-Sérilly, 21. 

Maillé, 416, 430. 

Mailly, 11, 186, 425, 432. 

Maine, 137, 287, 485. 

Mainvielle, 107. 

Maisons, 109. 

Majorque, 178. 

MalarLic, 14, 220. 

Malarty, 414. 

Malateste de Beau fort, 411. 

Malaubert, 275. 

Malause, 114, 150, 197, 198. 

Malegosse, 30. 

Malesherbes, 152. 

Malet, 122, 153. 

Maleuvrier, 149. 

Malhiac, 273. 

Malide, 145. 

Mallac, 23, 273. 

Mallard, 127. 

Malouat, 277. 

Malplaquet, 239. 

Malplas, 299. 

Malrieu, 417. 

Malte, 88, 89, 121, 139, 148, 153, 179, 
201, 215, 234, 262, 267, 309, 
318, 435, 475, 484, 496. 

Malus, 209, 394, 403. 

Malvin, 142. 291. 

Malvirade, 197, 290. 

Manas, 4, 301, 489, 491, 492, 493, 
494. 

Manhas, 491, 492. 

Manliaval, 417. 

Manheim, 468. 

Manihan, 202. 

Manlay, 172, 316, 529, 568. 



Manlèche, 91, 156, 236. 

Manse, 181. 

Mansencal, 265. 

Mansencôme, 116, 117, 123, 190, 222, 

326. 
Mansempuy, 156, 157, 158, 402, 511, 

533. 
Manses, 460, 461, 462. 
Mansonville, 47, 48, 134, 233, 234, 

236, 237, 332. 333, 334, 491, 

492, 538. 
Mantois, 109. 

Marais (du), 151. 153, 276. 
Marambat, 493. 
Maransin, 235, 333. 
Marassé, 524. 

Maravat, 91, 93. 96, 157, 290, 388. 
Marchanton, 503. 
Marche, 179. 
Marcheval, 427. 428. 
Marchin, 151, 153, 
Marciac, 111, 345. 
Marcian, 93. 
Marcol, 14. 

Marcon de Landas, 48, 326. 
Marcoussis, 149, 151, 152. 
Mardagne, 107. 
Marenhoff, 475. 
Marenques, 47. 268, 270. 
Mares, 519, 526. 
Marestaing, 158, 272. 
Marestang, 486, 493. 
Margaux, 124. 
Marguerite de Valois, 142. 
Margout, 534. 
Marguies, 120. 
Marie-Antoinette, 1, 21, 24. 
Marie de Médicis, 409. 
Mariembourg, 224. 
Marignac, 107, 294, 378. 
Marignan, 102, 121. 301. 
Marin, 192, 200, 217. 



606 



INDEX 



Marie, 137. 

Marlem, 240. 

Marmande, 136, 243, 411. 

Marmilly, 216. 

Marminiac, 136. 

Marnac, 109. 

Marpon, 65. 

Marpoy de Sabasan. 30, 31, 32. 

Marquefave, 125, 345. 

Marque! , 209, 266. 

Marrast, 120. 

Marre, 355. 

Marreing, 276. 

Marsac. 109. 234, 332, 333, 439, 493. 

Marsan (de), 30. 91. 114, 115, 116, 

197, 264, 346. 
Marsan (Le), 7, 19, 199, 200, 220, 

245, 248. 
Marseilles, 15, 153. 
Marsoulan, 87. 
Martel, 319, 416, 460. 
Marteret, 339. 
Martet. 277. 
Martin, 332. 
Martissens, 150. 
Martres, 47, 190. 191. 
Marunques, 268. 
Maruques, 269. 
Marval, 109. 
Marville. 426, 427, 428. 
Mas, 278, 336. 
Masères, 289. 
Masquères (Le), 125, 126. 
Massabrac, 125. 
Massac, 39i 
Massanès, 179. 
Massas, 294, 511. 
Massât, 493. 

Masses, 118. 119, 120, 121, 122. 509. 
Masseube, 119. 
Massoc, 445. 450. 509. 
Mas.son, 524. 



Matagrin, 242, 245. 
Matignon, 180, 335. 
Matisson, 230. 
Maubourg, 416. 
Maucan, 377. 
Maudec, 107. 
Maugiron, 152. 
Mauhic, 345, 346. 
Maule, 109. 

Mauléon, 97, 98, 100, 121, 123, 160, 
191, 197, 221, 235, 245, 269, 
495, 496, 501. 
Maulevrier, 106. 
Maultrot, 161. 
Maumejan, 524. 
Maumesson, 405. 
Maumus, 122. 
Maumusson, 345. 
Mauny, 88, 461. 
Maupas, 139, 190, 276, 468. 
Maupeou, 427. 
Mauquié, 449. 
Maurel, 197. 
Maurelle (La). 248, 270. 
Maurens, 30, 34, 36, 38, 51, 52, 55, 

59, 62, 63, 113. 114, 115. 
Maureville, 109. 
Maurice, 377. 
Mauroux, 47, 193, 24i, 245, 248, 249, 

256, 257, 325, 375, 376, 377, 

393. 394, 403, 445, 449, 557, 

559. 
Mauvaisin, 223, 377. 
Mauvers, 274, 523. 
Mauvesin, 100, 538. 
Mauvoisin, 87, 332, 334, 410. 
Mayenne, 539, 545, 547. 
Maymal, 256, 559, 568. 
Maynard, 94, 475. 
Mazarin. 12, 260, 279. 
Mazargues, 91. 
Mazel, 404. 



DfDEX 



607 



Mazelières, 154, 162, 2U, 230, 231. 

Mazeren, 230. 

Mazères-Monclon, 30, 32, 113, 509. 

Mazerel, 180. 

Mazerolles, 122, 259. 

Mazet, 150. 

Méalet, 187. 

Meauzac, 195, 262, 263. 

Médan, 367, 368. 

Médavy. 76. 

Medjidié, 311. 

Médoc, 102, 159, 183, 413. 

Medrano, 345, 346. 

Meillan, 410. 

Meiniel, 412. 

Mélet, 273, 274, 275. 276. 

Melgueil, iOô. 

Mélignan, 93. 

Mellet, 178, 338, 345. 

Mellet de Réjaumont, 47, 273. 

Mellis, 174, 286. 

Mellot, 312. 

Melun, 251. 

Ménage, 435. 

Mende, 76. 

Menjoulet, 291. 

Menou, 96, 336. 

Mérault, 428. 

Mercier, 414, 435. 

Mercure de France, 517. 

Mérenvielle, 226. 

Mérenx, 93, 94. 

Méritens, 181. 

Merles, 102, 187, 323. 

Merville, 202. 

Mesmes, 200. 

Mesnil (du), 79. 

Mesplès, 94, 308. 

Messine, 30, 31, 281. 

Mestre, 414. 

Métivier, 188. 

Metz, 14, 15, 31, 134, 179, 272, 474, 516. 



Meuse, 207. 

Meydes, 202. 

Mézin, 162, 201, 496. 

Mialet, 274. 

Mibielle, 86, 388. 

Micarrère, 200. 

Midou, 202. 

Miégeville, 439. 

Miélan, 30, 66, 99, 100, 281. 

Miglos, 118, 122. 

Mignon, 529. 

Milanais (Le), 190. 

Milau, 111. 

Milhau, 417. 

Milhole, 195. 

Millau, 63. 

Millon, 335. 

Milon, 109, 485. 

Mimbasle, 516. 

Mimort, 345. 

Minut, 436. 

Minvielle, 86. 

Miolans, 111. 

Miossens, 247, 258. 

Miradoux, 47, 154, 235, 237, 248. 277, 

278, 285, 291. 335, 378, 445, 

493, 568. 
Mirail, 163, 335, 348. 
Miramon, 224. 
Miramont, 157, 159, 266, 389, 411, 

525, 526, 534. 
Miran, 123. 

Mirande, 19, 30, 112, 121, 266, 412. 
Mirannes, 30. 
Mirabeau, 109, 290. 
Miremont, 91, 94, 157. 
Mirepeix, 515. 
Mirepoix, 12, 181, 318, 516. 
Miromesnil, 427 
Miron, 409. 
Missy, 323. 
Moira, 468, 475. 



608 



INDEX 



Moirax, 195, 340. 

Moiret, 413. 

Moissac, 196, 197, 322, 375, 377, 400. 

Moisset, 524, 525. 

Molas, 22, 286, 379, 380, 402. 

Molère, 133, 202, 291 . 

Molier, 86. 

iMolinard, 310. 

Molinéry, 352. 

Molinis, 183. 

Mol lac, 269. 

Momain, 528. 

Mombrun, 292. 

Momuy, 145, 276. 

Monaco, 430. 

MonberauU, 221. 

Monbert, 515. 

Monbet de Jouanisson, 47, 183, 293, 

294. 
Monbrison, 'i8, 322, 32:^. 
Monbrun, 111, 44'i. 
Moncassin, 95, 410. 
MoncaulL, 90, 192, 367. 
Moncaul, 47, 241, 242, 243. 
Moncla, 190. 

Monclar, 119, 191, "290, 411. 
Mondera, 136, 137. 139. 
Moncouet, 405. 
Mondenard, 196. 
Mondon, 65. 
Mondran, 47, 212, 213. 
Moné, 525. 
Monein, 88, 281, 301, 467, 468. 469, 

475. 
Monfaucon, 141. 
Mongay, 109. 
Monicaiie, U4. 
Monislrol, 416. 
Monlau, 485. 
Munlaur, 31. 32, 52, 56. 
Monlezun, 79, 90, 94, 102, 117, 121, 

122. 142. 



Monluc, 90, 98, 116, 117, 119, 139, 

152, 175, 178, 195, 225, 226, 

236, 241, 326, 332. 341, 367, 

493, 515, 516. 
Monplan, 207. 
Mons, 202, 220, 417. 
Montagnac, 106. 
Montagnan, 244. 
Montagu, 22, 183, 193, 241, 367, 368, 

400. 
Montagut, 90, 109, 151, 276, 280, /i85. 
Montaignac, 111, 187, 241, 243. 
Montaignan, 120. 
Montai, 20, 94, 96, 111, 153, 516. 
Montalbanais, 210, 282. 
Montamel, 139. 
Monlaran, 28. 301. 
Montard, 210. 
Montarna), 299. 
Montauban, 7, 19, 20, 77. 78, 91, 138, 

147, 152. 153. 162, 187, 191, 

203, 345. 
Monlault, 90, 118, 123, 137, 207, 221, 

222, 244, 301, 493. 
Monlauriol, 78, 181, 492. 
Montaurou.x, 121. 
Montausier, 230, 301. 
Montant, 4, 96, 114. 178, 191, 208, 

210, 238, 286, 4'J6. 508, 510, 

511, 512. 
Montaut-Bénac, 12, 223, 224, 22r., 

226, 227, 269. 
Montazet, 291. 
Montbalen, 274, 276. 
Monlbardon, 491, 493. 
Montbarrey, 433. 
Montbazon, 429. 
Montbel, 234, 334. 
Montbernard, 100. 
Monlberon, 149. 
Montbclon, 467, 468. 
Montboissier, 12, 311. 



INDEX 



609 



Montbrun, 4, 105, 106, 156. 

Mont-Carnine, 335. 

Monlcassin, 118. 

Montcloux, 27, 435. 

Monlcorneil, 119, 139. 

MontcorneL, 541. 

Monlcuq, 367. 

Mont-de-Marsan, 198, 199, 200, 220, 
232, 413, 537. 

Montech, 323. 

Montégul, 107, 120, 203, 439. 

Monleil, 335. 

Montemurali, 557, 558, 567, 568. 

Montenoison, 164. 

Monlerou.x, 307. 

Montespan, 111, 117, 289. 

Montesquieu, 47, 51, 99, 100, 162, 
. 181, 218, 219, 265, 293. 

Montesquiou, 79, 90, 91, 92, 110, 
114, 115, 116, 118, 123, 142, 
151, 159, 165, 193, 194, 226, 
264, 266, 287, 298, 493, 494, 496. 

Montestruc, 95, 120, 159, 247, 248, 
249, 256, 263, 411, 525, .".29, 
552, 559, 560, 561. 562 

Montât, 277. 

Montferrand, 102, 174, 178. 

Montflanquin, 186. 

Montfort, 160,301, 317, 367, 516, 537. 

Montgaillard, 245, 249, 293, 401, 405, 
492. 

Montgoger, 257. 

Montgoméry, 102, 460. 

Montguilhem, 137, 202. 

Montholon, 14, 427, 428. 

Montigny, 75. 

Montjoie (La), 142,175, 193, 241,257. 

Montlaur, 4. 

Montlezun, 217, 221, 236, 245, 246, 
248, 287, 288, 290, 294, 300, 
349, 351, 352, 410, 467, 491, 
492, 493, 515. 



Mont-Louis, 158. 

Montmartin, 216. 

Montmaure, 234. 

Montmège, 187. 

Montméjean, 187. 

Montmirail, 172. 

Montmorency, 12, 180, 431, 432, 474, 

486. 
Montmorillon, 149. 
Montmorin, 12, 491, 493. 
Montoisel, 232. 
Montoussin, 100. 
Montpardiac, 345. 
Montpellier, 7, 11, 15, 114, 191, 348, 

461, 463, 464. 
Montpensier, 249. 
Montpeyrou.x, 187. 
Montpezat. 102, 111, 222, 226, 264, 

270, 292, 325. 
Montplaisir, 133, 134, 330, 333. 
Montrabe, 502. 
Montratier, 46, 147, 148, 211. 
Montréal, 122, 139, 255, 262, 325 
Mont-Redon, 85. 
Montrodier, 139. 
Montségur, 274, 411. 
Montsoreau, 149. 
Montvieilh, 274. 
Montyon, 427, 428. 
Morat, 485. 
Morel. 299. 
Moreau. 239, 509. 
Moréri, 115. 
Moret, 299. 
Moreton, 362. 
Mortfonlaine, 428. 
Morlaas, 306. 
Morlan, 209, 524. 
Morlas, 197. 
Morlhon, 181. 
Mortagne, 327. 
Mortemart, 430. 

39 



610 



INDEX 



Montera, 526. 

Morville, 201. 

Moselle, 153. 

Mole (La). 202, 214, 317, 334, 337. 

Mothe (La), 184. 185, 269, 290, 321, 

341, 342, 491. 
Mothe (La) dWnle, 184. 
Mothe (La) Bardigues, 184, 277, 314, 

316, 317. 
Mothe (Lai Bézat, 184. 
Molhe (La) Bonnet, 184. 
Mothe CLa) Daurée, 184. 
Mothe (La) Fortel, 184, 185. 
Molhe (La) Gondrin, 184. 
Mothe (La) Manas, 184. 
Molhe (La) Messemé, 537. 
Mothe (La) Navarrenque, 262. 
Mothe (La) Pardies, 184, 185. 
Mothe (La) Podens, 184. 
Molhe (La) Prades, 184. 
Mothe (La) S' Géry, 184, 207, -208, 

209, 495, 496. 
Mothe (La) S^ Héraye, 184. 
Mothe (La) Terrebren, 18i, 185. 
Molhe (La) Teste, 184, 185. 
Mothe (La) d'Ysault, 184, 185. 321. 
Mouchy. 11, 27, 42.^, 433. 



Mougins, 220. 

Moulenq. 77, 124, 196, 211, 231, 262, 

277, 298, 307, 310, 323, 324, 

332, 492. 
Moulies, 376. 
Moulincé, 405. 
Moulins, 381. 
Moure, 387. 
Mourvilles, 178, 179. 
Mouscardès, 279. 
Moussaron, 404, 445. 
Moussens, 318. 
Moynère, 563. 
Moyssel, 23. 
Mugron, 276. 
Mun, 90. 

Munster, 473. 474. 
Mural, 111. 
Muratel, 203. 
Mur-de-Barès, 417. 
Muret, 19. 85, 100, 101, 113, 191, 

203, 501. 
Mus, 102, 240. 
Musnier, 172, 173. 
Mussey, 435. 
Myre (la), 218, 323. 



N 



Nailhous, 109. 

Nancy, 11, 14, 15, 73. 

Nantes, 15, 323. 459. 

Nantouillel. 215. 

Narhonne, 10, 98, 100, 105, 111, 158, 
226, 229, 264, 266, 267, 293, 
314. 317. 349, 350, 400. 
432. 



Narbonnès, 154. 
Nassan, 230. 
Nassans, 30, 32. 
Nassau, 433. 
Naudon, 394, 403. 
Naudonet, 150. 
Nauton, 194. 
Nauze, 335. 



INDEX 



614 



Navailles, 12, 90, 197, 198, 223, 224, 
225. 245, 280, 321. 

iNavarre, 115, 186, 199, 214, 219, 226, 
228, 229. 236, 238, 243, 246, 
273, 274, 289, 290, 345, 351, 
461, 494, 501, 503, 517, 528. 
533, 55f, 552, 527. 

Navarrenx, 86, 348, 516. 

Nayge, 525. 

Nayrac, 293. 

-Xébouzan (Le), 7, 19, 85. 

Necker, 18, 20, 399. 

Nègre. 293, 

Nérac, 112, 197, 214, 230, 270, 326, 
339, 410, 412. 

Nérac (Paul), 41 i. 

Nesle, 320. 

Nesmond, 133. 

Nesles, 98. 

Neuilly, 435, 484. 

Neuvic, 276. 

Neuville, 278. 

Nevers, 11. 

Néville, 13. 

Newton, 282. 

Nichan. 311. 

Nicolay, 14, 365, 416. 

Niel, 3, 17. 



Nimes, 106, 126, 459. 

Nisors, 288. 

Nivernois, 12, 248, 430, 433. 

Noaillac, 191. 

Noailhan, 120, 201, 264, 516. 

Noailles, M, 27, 229, 266, 365, 425, 
430, 485, 486, 516. 

Noé, 29, 30, 32, 53, 56, .57. 60, 61, 
62, 63, 65, 66, 74, 84. 90, 97, 
98, 99, 100, 101, 122. 20i, 
223, 245, 313, 314, 317, 401, 
497, 498. 

Nogaret, 319. 

Nogaro, 109, 163, 396. 

NogenL-sous-Grécy, 206. 

Noguès, 30, 32, 34, 86, 445, 509. 

Nom-Dieu, 112. 

Nompart de Caumont, 409. 

Nouant, 215. 

Normandie, 223, 226, 278, 292. 

Nosières, 109 

Noueilhan, 118. 

Nougaroulet, 402. 

Noulens, 206, 217, 268. 298, 344. 

Noyon, 152, 429. 

Nucé, 185. 

Nupces, 318, 319. 







Oberkirch (d'), 323. 

Odessa, 475. 

Olemps, 415. 

Oléron, 108, 118, 122, 193. 

Oliviers (les), 161. 

Onart, 516. 

Onzeil, 165. 



Orbessan, 289, 319, 460. 496. 

Orceau, 428. 

Ordan, 288. 

Origny, 174. 

Orlan, 271, 272. 

Orléanais, 265, 274. 

Orléans, 15, 76, 149, 152, 257. 263, 290. 



642 



INDEX 



Ormesson (d'), 13, 315, 366, 428. 
Ornézan, 118. 122, 289, 493, 516. 
Oro-Ponlonx, 94. 
Orrance, 247. 
Orthez, 198, 321. 
Ortigos, 122. 



Orto del Gazzola, 483. 

Osmond (d'), 29, 56, 76. 

Ossaa, 118, 

Ossun, 102, 184, 214. 426, 433. 

Oupia, 194. 

Ouvrier (d'), 197. 



Pac-la-Bastide. 85. 

Padiern, 190, 293. 

Pagny, 172, 173. 

Paillez, 119. 

Pairon, 203. 

Pajot, 427, 428. 

Palais (du), 236. 

Palarin, 2.33. 

Pallane, 225. 

Pallès. 100. 

Palluau, 98. 

Palu, 122. 

Palun (la), 99, 100. 

Pamiers, 202, 203, 266. 

Panât, 115. 

Papillon. 435. 

Paravis (le), 93, 320. 

Parazols, 147, 148. 

Pardaillan. 84, 88, 90, 91, 92, 117, 

119, 184, 223, 258, 289, 290, 

459, 460, 461, 498. 
Pardiac, 142, 281, 345, 492. 
Pardies, 184, 185. 
Parcntis. 114. 
Parfouru, 305. 
Paris, 3, 4, 7, 8, 10, It, 13, 14, 15. 

24, 25, 73, 75, 123, 315, 316. 
Parisot, 151. 



Parme, 123. 
Parseval, 435. 
Partarieu, 454. 
Pascal, 282, 283. 
Passama, 379. 
Patras-Carapaigno, 287. 
Pau, 14, 19, 31, 415. 
Pauilhac, 67, 79, 124, 159, 207. 208, 
222, 231, 269, 300, 328, 417, 
510, 523, 524. 
Paulignac, 4, 271, 272. 

Paulze, 435. 

Péboué (Laborde), 280. 

Pechdagnel. 224, 225. 

Pechtrimier, 150. 

Pédesclaux, 231. 

Péguilhem, 119, 427. 

Péhos, 95. 

Peilheur, 109. 

Peire, 111. 

Pélagrue, 151. 

Pélauberl, 13'», 310, 312. 

Pélauque, 412. 

Pélegrin, 29, 31, 79. 

Pélet, 293, 349. 

Pélissier, 206. 

Pélisson, 510. 

Pellefigue, 93. 



INDEX 



613 



Pellehaut, 22, 86, 140, 162, 230, 231, 

300, 388, 497, 498. 
Pelleport, 485. 
Pellepoul, 352. 
Pelletier, 428, 496. 
Pellot, 276. 

Pélussac, 411. 
Pêne, 445. 
Pêne (la), 459. 
Pennautier, 85. 

Penne, 104, 105, 147. 150, 202. 
Penthièvre, 429. 
Penvieilh, 157. 
Pépet, 448. 
Pépieux, 93. 
Perche. 311, 338, 485. 
Perchède, 350. 
Percy, 173. 
Péret, 404. 

Pérez, 412, 413, 415, 509. 
Pergain, 47, 217, 236. 
Perge. 283. 
Périer, 435. 
Périers (des), 94. 
Périgny, 105. 

Périgord, 12, 104, III. 137, 144, 151, 
183, 244, 255, 264, 274, 276, 

301, 429, 433. 
Périgueux, 10, 198, 244, 416, 417, 474. 
Périn, 417. 

Périssac, 409. 
Perles, 203. 
Pérot. 

Pérou se, 235. 
Perrequines, 491, 494. 
Perriêres, 435. 
Perron, 145. 

Perpignan, 107, 266, 279. 
Pertusé, 377, 449. 
Pérusse, 107, 144, 163. 
Pervrlle, 301. 
Pesme de l'Isle, 64. 



Pesnel, 270. 

Pesquée, 270. 

Pesquidoux, 348- 

Pessac, 124. 

Pessan, 29, 77. 

Pessoulens, 48, 325, 334, 341, 349, 515. 

Petit, 323. 

Petivy, 503. 

Pette, 403. 

Peylabère, 509, 528. 

Peyran, 336, 348. 

Peyre, 106, 301, 321. 

Perecave (Vital de), 4. 

Peyrecave, 159, 165, 187, 222, 237 

238, 243, 248. 249, 262, 263, 

313, 339. 
Peyrigué, 140. 
Peyrilles, 139. 
Peyris, 381. 
Peyronny, 186. 
Peyrot, 515. 
Peyrudette, 144. 
Pey ru grand, 404. 
Peyrussans, 122. 
Peyrusse-Massas. 30, 209. 
Peytavaux, 159. 
Pey tes, 181. 
Pézenas, 171. 
Phélippeaux, 463. 
Pliilippe d'Anjou, 84. 
Philippe le Bel, 5, 97, 178. 
Pibrac, 109. 
Picardie, 22, 86, 119, 179, 231, 269, 

274, 317. 
Pichard, 147, 262. 
Picquet, 110. 
Pie VII, 73. 
Piémont, 265, 269. 
Pierrc-Bufflêre, 144. 
Pierrefort, 107. 
Pierret, 377. 
Pieyre en .lourdain, 104. 



614 



INDEX 



Pifton, 413. 

Pignalelli, 433. 

Pignon, 435. 

Piis, 413. 

Piles, 139, 141. 

Pin (Le), 124, 126, 134. 265, 322, 

323, 324. 
Pina, 416. 
Pinel, 109. 
Piney. 430. 

Pins, 94, 96, 156, 160, 222, 296, 493. 
Pinsaguel, 501. 
Pis, 305. 
Pisany, 345. 
Piscilla, 265. 
Pistole, 528. 
PlagnoUe, 181. 
Plaichac, 182. 
Plaisance, 123, 193, 220. 
Plaissac, 340. 
Plan, 552. 

Planel, 47, 233, 234. 
Planhès, 552. 
Plantade, 350. 
Plavés, 118. 
Pleix (du), 287. 308. 
Plessis (du), 411. 
Plessis d'ArgenIré, '«74. 
Plieux, 47, 48, 78, 239. 268, 335, 343, 

344, 377, 445, 502, 516. 
Ploen, 485. 
Plumassan, 351, 352. 
Pluvinel, 111. 
Podenas, 
Podcns, 18^. 
Podio, 293. 
Poinlis-S'-Jean, 29, 31, 32. 3i. .57. 

• 83, 84, 85 
Poissonnier, '»36. 
Poitevin, 568. 

Poitou, 230, 242. 307, 309, 310. 
Poix, 432. 



Polastron, 50, 86, 92, 100, 114, 161, 

349, 351. 
Polignac, 271, 431. 
Polincourt, 
Polincove, 14. 
Pologne, 179. 
Pomarède, 216. 
Pomès, 244. 
Pompadour, 242. 
Pompéjac, 187. 
Pompignan, 230. 
Poncet, 416. 
Ponchalon, 410. 
Poncin, 524, 528. 
Pondichéry, 11. 
Pons, 111, 140, 258, 264. 
Pont de Ras, 558. 
Pont (du), 226, 436. 
Pontac, 122. 
Pontaignan, 280. 
Pontault, 255. 
Pontbriant, 139, 255, 323. 
Pontcarré, 13. 
Pontdaurat, 93. 
Ponléjac, 109, 112. 
Pontils. 265. 
Popia, 104. 
Porbus, 322. 
Pordéac, 92, 157, 291, 334, 511, 513. 

515, 516, 517. 
Porée, 455. 
Porteglands, 79. 
Portes, 88, 294, 301, 457, 459, -460, 

461, 462, 463, 464. 
Portets. 101, 329. 
Port-Sainte-Marie, 296, 308. 
Portugal, 311. 
Poudenas, 201, 410, 493. 
Pouget, 402, 464. 
Pouiilon, 96. 
Poulet, 290. 
Poulmic, 180. 



INDEX 



615 



Poupas, 202, 305. 
Poussel, 326. 

Pouy, 100, 106, 271, 293. 294, 295. 
Pouydraguin, 346. 
Pouylaubrin, 493. 
Pouyleliaut, 194. 
Pouypetit. 47, 271, 272. 
Pouzergues, 340. 
Poy, 94, 230, 279. 
Poyanne, 199, 276, 280, 516. 
Poyartin, 516. 
Poyet, 193. 
Poyusan, 276. 
Pouzols, 445. 
Pradas, 47. 
Prade (La), 134, 175 
Pradeau, 509. 
Pradeilles, 232. 
Pradelle, 153. 
Prades, 184. 
Praslin, 430, 432. 
Prat (du), 90, 214, 215. 
Pré (du), 214, 215, 216. 
Préchac, 157, 266. 
Préhac, 116. 

Preissac, 84, 91, 94, 95, 114, t56, 158, 
180, 226, 264,341 , 38(3, 401 , 486. 
Préninville, 435. 
Pressigny, 435. 
Prez (du), 104. 
Primet, 265. 
Privar, 416. 
Privazac, 105. 
Prohenques, 181. 
Projan, 30, 101, 467. 



Pronux, 507. 

Prosper LaiTorgue, 

Provence, 7, 341. 

Provins, 286. 

Prugue, 200, 333. 

Prunelé, 75. 

Prusse, 453. 

Puch, 412, 414. 

Puch de Gontaut, 241. 

Puech, 146. 

Puissant, 435. 

Pujade CLa), 133, 134, 286. 

Pujet, 214. 

Pujollé, 200. 

Puy (Le), 301. 416. 

Puybersac, 268. 

Puybusque, 4, 181, 233. 

Puycasquier, 246, 394, 402. 

PuycorneL, 104. 

Puydepont, 276. 

Puydrèges, 196. 

Puygaillard, 48, 313, 314, 315, 325, 

348, 396, 410. 
Puylausic, 102. 
Puymaignan, 274. 
Puymaigre, 469. 
Puymeries, 144. 
Puymiclan, 411. 
Puymirol, 151, 301. 
Puypardin, 341. 
Puysaye, 484. 
Puységur, 12, 285. 
Pyrénées, 261. 
Pyrénées (Basses), 86, 126, 189, 192, 

469, 501. 



616 



INDEX 



Quatre-Vallées (Les), 7, 19, 98, 191 , 198. 
Quengo, 487. 

Quercy, 75, 104, 106, 111, 113. 136, 
147, 148, 210. 



Quiberon, 122, 300, 475. 
Quiers, 156. 
Quincy, 267. 
Ouirbajou, 109. 



R 



Rabaslens, 111, 118, 226, 493 

Rademont, 249. 

Radepont, 226. 

Radonvilliers, 427. 

Raffin, 151. 

Rague, 200. 

Rambouillet, 110. 

Ramier (le), 79. 

Ramière, 

Ramondy, 127. 

Ramps, 133. 

Rancbin. 147. 

Rangouse, 335. 

Ranse, 309, 312. 

Rapin-Mauvers, 274. 

Raray, 215. 

Ralisbnnne, 301. 

Raubin, 552. 

Rauguières, 77. 

Raymond (P.), 126, 189. 

Raymond (rie), 133, 141, 154, 178, 218, 

219, 270, 274, 310. 
Rayssac, 267. 
Réaup, 1G2, 231. 
Maux (de>>), 485. 
R.'.lnri. 40, 133, 134. 135, 103, 178. 194, 

291. :<32, :a3, 33 1. 3.V2. 



RefTuge (du), 310 

Régis, 528. 

Reignac, 266. 

Reisel, 1, 21, 24, 133. 

Réjaumont, 47, 160, 273. 274, 328. 

525. 
Relly, 25. 
Renault, 411. 
Réneville, 178. 
Rennes. 10, 413. 
Renti, 150, 153. 
Renung, 279, 280. 
Réoie (La), 136. 
Respaiihes, 122. 
Repaire (Le), 232, 341. 
Reusse, 322. 
Révei, 178. 307. 
Reversât, 333, 439. 
Révignan. 287. 
Rey S'-Géry, 210. 
Reydes, 352. 
Reyrevignes, 416. 
Rheims, 10, 15. 
Riberon, 207. 
Hibonel, 108. 
Ribouisse, 461. 
Riraud. 108, 525. 



INDEX 



617 



Richelieu, 5, 6, 27, 90, 339, 398, 425, 

429, 475. 
Richemond, 430. 
Richemont, 209. 210. 
Richer, 161. 
Richond, 416. 
Rietstapp, 76, 96, 98. 105. 135, 143, 

152, 187, 278, 306, 320. 
Rieumartin, 150. 
Rieutori (Le), 20, 333. 
Rieux, 101, 125, 126. 
Rigaud de Vaudreuil, 208. 
Rigoulières, 147. 
Riguepeu, 116, 298. 
Riquet-Caraman, 474. 
Ris, 242. 
Riscles, 305. 
Rives, 30, 31, 32, 147. 
Rivière, 382, 383, 384, 390, 393, 415, 

568. 
Rivière (de), 4, 96. 
Rivière (La), 144, 232. 
Rivière-Labatut, 103, 119. 
Rivière-Verdun, 19. 180, 410, 415, 

493. 
Robec, 12, 433. 
Robiac, 88. 

Rochechouarl, 12, 75, 78, 107, 119, 
120, 123, 135, 179, 226, 333. 

Rochefort, 144, 542. 

Rochemonl, 275. 

Rochelle (La), 144, 542. 

Rodai, 415. 

Rodez, 11, 104, 111, 163, 198, 257, 
413, 415, 417. 

Rodez-Bénavenl, 140. 

Roger (P.). 367. 

Rogonl, 334. 

Rohan, 12, 152, 153, 226, 429. 430, 
431, 475. 

Romans, 485. 

Romas, 48, 339. 



Rome, 229, 3il. 

Romefort, 218. 

Romorantin, 346. 

Roquainl, 230. 

Roquebrau, 516. 

Roquebrune, 183. 

Roquedavid, 186. 

Roque-Engalin (La), 230. 

Roquefeuil, 111. 

Roqueforl, 47, 97, 154, 181, 190, 218, 

219, 220. 320, 413, 515. 
Roquelaure, 20, 79, 89, 91, 114. 117, 
158, 233, 240, 241, 242, 250, 
333, 350, 367, 427, 516. 
Roquemaure, 78, 97, 235. 
Roquemaurel, 85. 
Roquépine, 112, 192, 300. 
Roques, 218, 219, 404. 
Roqueserrière, 319. 

Roquelaillade, 321. 

Roqueville, 178, 181. 

Roses, 249. 

Roslin, 435. 

Rosmadec, 180. 

Rolhelin, 224. 

Rouaix, 4, 181. 

Rouaull-Gamaches. 120, 433. 

Roubaul, 394, 403. 

Roucho, 527. 

Roucy, 120. 

Rouède, 381. 

Rouen. 13, 15, 74. 

Rouergas, 63. 

Rouergues, 150, 153, 203, 232, 417, 
516. 

Roufflac, 496. 

Rouffignac, 139. 

Rouffillac, 75. 

Rougé, 110. 

Rougeol, 435. 

Rouillac. 47, 91, 100, 236. 238, 239, 
277, 278, 313, 317, 333, 493 



618 



INDEX 



Rouillan, 160. 509. 
Roule, 8. 

Roumieu (La). 230. 
Rouquelte, 523. 
Roussanes, 330. 
Rousseau, 51. 
Roussel, 12G. 
Rousselel, 180. 
Roussel, 445. 



Roussillon, 14, 158, 179. 
Roux, 445, 446. 
Rovignan, 241. 
Rouzet, 269. 
Roy (du), 410. 
Ruffaudière (La), 174. 
Ruffey, 164. 
Russel-Killough, 263. 
Russie, 311, 475. 



Sabaillé, 306. 

Sabaros, 135. 

Sabasan, 30, 32. 

Sabazan, 491. 

Sabran, 294, 429. 

Sacerre, 294. 

Sacrisle, 290. 

Sage (Le), 270. 

Sagel de Salles. 239. 

Saige, 413. 

Saintes, 198, 260. 

Sainlonge, 119, 230, 290. 

Sainlrailies. 112, 120, 165, 18i. 

Saisseval, 485. 

Sajas, 501. 

Saladon, 271. 

Salamanque. 300. 

Saldebru, 88,89,207,208,231.300. 301. 

Salerm, 98. 

Salesses, 403. 

Saleur, 435. 

Sallia, 501, .')03. 

Salignac, 138. 

Salle (La), 1!>0, tW, 230, 294. 296, 

38.'., 386, U5. 525. 
Salles (do). 274, 330, 333. 334, 336, 

350, 351. 



Salles, 116, 125, 193, 503. 

Sallesses, 509. 

SallusLe, 537. 

Salm, 240, 433. 

Salmour, 126. 

Saluées, 140, 290. 

Salvetal (La), 140, 341, 394, 404, 417, 

526. 
Samaran, 99, 100, 501. 
Samatan, 91, 110. 
Samazan, 218, 225. 
Samazeuilh, 112, 184. 
Samouillan, 203. 
Sancerre, 289. 
Sanguenède, 493. 
Sannois, 435. 
Sanremo, 264. 
Sansac, 92. 
Sanson, 147. 
Sanlarem, 526. 
Santerre, 355. 
Sanzac, 92. 
Sanzelles, 276. 
Sapinaud, 460. 
Saramon, 5. 110, 377. 
Sariac, 45, 294, 323. 
Sarlabous. 107, 108. 



INDEX 



619 



Sarlat, 417. 

Saron, 13. 

Sarrade, 93. 

Sarragachies, 93. 

Sarrasins, 174. 

Sarrau, 66, 276, 277, 394. 

Sarraziet, 220. 

Sarrazin (Jean), 15U. 

Sarthe, 336. 

Sartillon, 503. 

Sartine, 428. 

Sarzay, 307. 

Saucats, 262. 

Saulcy, 312. 

Sault, 411. 

Saulx-Ta vannes, 215, 301, 431. 

Sauméry, 125. 

Saumont, 47, 194, 199, 221, 223. 226. 

Saussignac, 85, 107. 

Sautour, 110. 

Sauvage, 351. 

Sauvan, 100. 

Sauvelerre, 368. 

Sauvigny, 13, 426, 428. 

Sauvin, 301. 

Baux (Le), 122. 

Savère, 100. 

Savignac, 1 19 

Savinhac. 226, 276. 

Scarnot, 378, 392. 

Schmitl, 453. 

ScotL (W.), 99. 

Séailles, 288. 

Sébastopol, 122. 

Sécillon, 485. 

Secondât, 154, 182, 218, 219, 265, 

320, 338. 
Séez, 76. 
Ségala, 85. 
Ségas, 276. 
Ségognac, 494. 
Ségongnac, 219, 267. 



Séguenville, 78, 244, 264. 

Séguier, 215. 

Séguin-Reyniès, 262. 

Séguiran, 11. 

Ségur, 30, 101. 

Ségur, 2, 88, 90, 145, 197, 301, 414, 

425, 426, 427, 434. 
Séguy, 368. 
Seignalens, 461. 
Seignelay, 415. 

Seissan de Marignan, 103, 121. 
Sémezat, 412. 
Séraezies, 118, 122. 
Serai llac, 230. 
Sémoussac, 230. 
Sempuy, 320. 
Sénarel, 105. 
Senault, 13. 
Sendat, 509. 
Sénecey, 409. 
Senlis, 99, 301, 308. 
Sens, 110, 215. 
Senleran, 528. 
Sentex, 412. 
Sentis, 244, 425, 445. 
Sentrailles, 376. 
Sepfons, 558. 
Sérampionne, 298. 
Séran, 298, 394, 404. 
Sérian, 122. 
Sérignac-Bruilhois, 47, 48, 218, 293, 

296, 345. 
Sérillac, 78, 86, 110, 119, 139, 140, 

192, 206, 210, 224, 226, 271, 

300, 301, 496, 511, 512. 
Sérilly, 21. 
Sermet, 75, 
Ser|)ent (la), 121. 
Serrant (Walsh), 360. 
Serre, 92, 118, 119, 120, 122. 
Serre (la), 194, 338. 
Serrecave, 516. 



620 



INDEX 



Serrelaville, 402. 

Serres, 449. 

Servantie (la), 276. 

Seurre, 173, 288. 

Sève, 109. 

Séverac, 114. 

Sévigné, 249, 257. 

Sevin, 47, 151. 265, 266, 267, 270. 

343, 494. 
Seysses, 350. 
Sèze, 414. 
Siegbourg, 95. 
Sienne, 110, 117. 
Sieurac, 83, 298. 
Sigonhac, 197. 
Sigoniac, 138. 
Sillé-le-Guillaume, 172. 
Sillières, 523. 
Simon, 340. 

Simorre, 29, 97, 255, 491. 
Sion, 226. 
Siorac. 196. 
Siscé, 308, 3H. 
Sizo, 102. 
Soissonais, 416. 
Soissons, 547. 
Solier (du), 114, 262. 
Somabère, 526. 
Sorbier, 151. 
Sorèze, 178. 
Soros. 208. 
Sos, 29, 77. 
Soubaignan, 109 
Soubiran, 150, 
Soubise, 425, 430. 
Soiibrovèze, 144. 
Soucade, 109. 
Soudary, 336. 
Soueich. 84. 
Soulos, 376, 524. 
Soulle, 7, 19, 501, 503. 
Soullrait, 307. 



Soumoulon, 306. 

Soupets, 29, 57, 65, 77. 

Sourches, 84. 

Sourdis, 26, 409. 

Soustras, 188. 

Souvré, 410. 

Soyons, 88. 

Soyris, 210. 

Spens (de), 197, 281. 

Stainville, 12. 

Straham, 482. 

Slramiac, 179. 

Strasbourg, 15. 

SLuart, 153. 

Subert, 436. 

Sudria, 352. 

Sudrie (La), 270. 

Succos, 503. 

Suisse, 459. 

Sully, 429, 

Suquel, 310. 

Syreuilh, 196. 

S'-Agnan, 239, 240. 

S'-Aignan, 142, 430. 

S^-Ailais, 177. 

S'-Alphonse, 435. 

S'-Alvaire, 301. 

S'-Amand, 435. 

S'-Amans, 126, 320, 509. 

S^-André, 113, 244. 250, 257. 

S'-André-de-Carens, 30. 

S^-Ange, 525. 

S'-AnLIioine, 558. 

S^-Antoine, 47, 135, 282. 

S'-Anloine-du-Dois, 230, 237, 

S'-Anloiiin, 377. 

S'-Arroume.\, 126, 196, 404. 

St-Aulaye, 114. 

S'-Avid, 187. 

S'-.\vit, 30. 89. 93, 94, 228, 232, 291, 

300, 307, 349, 444, 440. 492, 

494, 512, 525. 



INDEX 



624 



S'-Benoist, 492. 
S'-Blancard,263. 
S'-Blancat, 516. 
S'-'-Blanche, 405. 
S'-Gaprazy, 262. 
S^-Caprès, 137. 
S^«-Gaiherine, 524, 525. 
S'-Cérici. 494, 495. 
S^-Cézaire, 273. 
S'-Cizert, 83. 
S'-Chinian, 459. 
S'-Christaud, 179, 435. 
S»«-Christie, 94, 109, 515. 
St-Ciers, 187. 
S'-Girq, 111. 
S'e-Claire. 293. 

S'-Glar, 22, 47,78, 205, 209, 210, 
231, 238, 285, 333, 334, 
369, 373, 374, 375, 376, 
378, 379, 380. 
S»-Clémenl, 179, 382, 386, 387, 
389, 392, 394, 402, 405, 
450,455,491,496,512,515, 

S'-Cloud, 430. 

S»«-Coloinbe, 47, 114, 116, 190, 
193, 194, 241, 243, 270, 
323, 494, 567. 

S'-Créac, 391, 403. 

S'-Cricq, 95, 122, 492. 

S'«-Groix, 200, 451, 453, 454. 

S^-Gyr, 104, 175, 314, 315. 

S^-Denys, 78, 206. 

S'^-Denys-sur-Garonne, 134, 162, 

S'-Didier, 140. 

S'-Domingue, 76, 453. 

S'-Engrace, 503. 

S^-Etienne, 137. 

S'-ELienne-de-Labourd, 415. 

S'-Exupéry, 139, 242. 

S'-Félix, 109, 178, 234, 461. 

S'-Ferréol, 100, 323. 

S^e-Gabelle, 97. 





S'-Gaudens, 19, 163. 








S'-Genièz, 124, 224 


k 








Ste-Gemme, 162, 493. 








S'-Germain, 95, 181. 








S'-Germain-en-Laye, 10, 98, 


110, 


266, 




435. 










S'-Germier, 491, 493, 494. 








S^-Géry, 47, 140, 


152, 160, 


184, 


204, 




205, 206, 


207, 208, 


209, 


210, 




211, 226, 


289, 301, 


318, 


329, 




334, 351, 


416, 446, 


495, 


4.96, 




497, 530, 


533, 538. 








St-Gili, 211. 










S'-Gilles, 92. 










S»-Girons, 19, 30, 


163, 294. 








S'-Gouard, 34.-). 








222, 


S'-Grégoire, 311. 








349, 


S'-Héraye, 184. 








377, 


S'-Hérem, 12. 
S*-Hilaire, 435. 


\ 






388, 


S'- Jean, 83, 84, 85, 113. 






445, 


S'-Jean-d'Angely, 


230. 






534 


St-Jean-de-Losne, 
S'-Jean-le-Comtal 


173. 
, 30. 






192, 


S'-Jean-Poutge, 288. 






287, 


S'-Jignan, 236. 
S'-Jorry, 108, 110 
S'Mulia, 109. 










SWulien, 46, 103 


, 144, 145 


146 


242, 




301, 493. 










S'-Julien-de-Brioude, 149. 








Sf-Julitte, 84. 








163. 


SWusL de Lyon, 
S'-Justin, 120. 
S^-Lambert, 474. 


308. 








S'-Lary, 47, 112, 


117, 120 


122 


. 204, 




284, 288 


289, 290, 


291, 


292, 




311, 493, 


495, 527. 








S^-Léonard, 110, 


139, 159, 


204 


206, 




224, 244, 


300, 380, 


381, 


384, 




385, 386, 


387, 388. 


392 


393, 




397, 401, 


445, 494, 


496, 


512. 



I 



622 



INDEX 



S'*-Livrade, 134, 222, 238, 246. 

275. 494, 5/i9, 551. 
S'-Lizier,' 84. 

S»-Loboer, 230, 232, 279, 280. 

S'-Louis, 22, 30. 31, 83, 86, 94, 
101, 103, 104, 122, 142, 
153. 154, 159, 161, 162, 
187, 200, 212, 222, 230, 
234, 257, 263, 267, 272, 
275, 291, 292, 311, 317, 
340, 341, 425, 467, 468, 
484, 494, 501. 

S'-Luc, 217, 258. 

S^'^-Madeleine, 195. 

S'-Marc, 144. 

S'-Marcel, 218. 

S'^'-Marguerite, 230. 

S'«-Marie-du-Bosc, 305, 315. 

S'-Mars, 94, 98. 

S'«-Marthe, 147. 

S'-Martial, 276, 416, 459. 

S'-Marlin (de), 92, 193, 196, 200, 
249, 250, 257, 258, 259, 
396, 399, 449. 

S'-Martin. 120, 276, 313. 320, 
502, 508, 512. 

St-Marlin-de-Plieux. 239. 

S'-MarLory, 30. 

S'-Maur, 155, 428, 542 

S'«-Maure, 153, 230. 

S'-Maurice, 99, 183, 230, 232, 
301, 320, 338. 

Si-Maurin, 138. 

S'-Mégrin, 516. 

S'«-Mèro, 48, 89, 333, 349, 350, 
493. 

Si-Michel, 231, 256, 300, 329, 
340. 

S'-Naufary, 139. 

S'-Nazaire. 107. 

S'-Omer, 224. 

S»-Orens, 109, 221, 271,275,276, 



256, 


S'-Padoue, 234, 274. 
S'-Pantaléon, 211. 
S'-Papoul, 104. 
S'-Pastou, 85, 94, 98, 493. 






99, 


S^-Paslour, 110. 






148, 


S'-Pau, 188. 






183, 


S'-Paul, 107, 114, 122, 151. 






231, 


S'-Paul-de-Blayois, 414. 






274, 


S^-Paul-de-Verdun, 301. 






336, 


S'-Pé, 350, 367, 516. 






475, 


S^-Pesserre, 236. 298, 349, 

492. 
S'-Pez, 137. 


386. 


403 




S'-Pierre, 137, 187, 277, 311 


348, 


417 




S'-Pon, 143. 








S'-Priest, 194, 475, 








S'-Prix, 435. 








S^-Privat, 416. 








S'-Puy, 116, 222. 








St«-Radegonde, 196. 








St-Rémy. 127. 






245, 


S»-Ribier, 250, 264. 






263, 


S«-Roch-le-Pin, 322. 
S'-Rome. 178. 






338. 


S'«-Rose, 237, 391. 
S'-Ruslice, 330. 
S'-Saturnin. 113. 
S'-Sauveur, 413. 
S'-Sauvy, 109. 
S«-Seine, 13. 






267, 


St-Scrnin, 147, 179. 299, 340. 






S«-Sever, 154, 155, 190, 193, 


230. 


257 




278, 279, 280, 281, 


413, 


467 




408, 516. 






352, 


S'-Simon, 153, 215, 274. 310. 


433. 






S'-Sivier, 190, 221, 222, 


223. 


226 


334, 


227. 
S'-Stanislas, 311. 
St-Sulpice, 111, 187. 
S^-Thomas, 453. 
S'-Vincent, 312. 






348 


S'-Vilo. 140. 







INDEX 



623 



Taibosc, 402. 

Taillcbourg, 218. 

Taillefer, 485. 

Taillepied de Bondy, 27, 435. 

Taine, 132. 

Talazac, 280, 281. 

Talence, 270. 

Taleyrand-Périgord, 10, 12, 104, 105, 

229, 237, 244, 320, 429. 
Talhouët, 88. 
Tallemache, 76. 
Talmont. 485. 
Tamaignan, 208. 
Tamisey-de-Laroque, 226. 
Tané, 516. 
Tanique, 143. 
Tannes, 416. 
Taphanel, 496. 
Tarbé, 435. 
Tarbes, 101, 102. 103. 111, 163, 190, 

296, 415. 
Tard in, 394, 402. 
Tarante, 110. 
Tarn-et-Garonne, 19, 153, 196, 277, 

298, 307, 311, 322. 332, 492. 
Tarraut, 186. 
Tarrible, 30, 32, 62. 
Tarsaguel, 305. 
Tartanac, 558. 
Tartanat, 445. 

TarLas, 137, 200, 201, 274, 412, 415. 
Tasserand, 187. 
Taste (La), 270, 352. 
Taure, 394, 403. 
Tauriac, 181, 234. 
Taurignac. 509, 523. 
Tauzia, 270. 
Tavannes, 215. 



Tavarl, 249. 

Tavel, 126. 

Taybosc, 93, 94, 96, 412. 

Teilhet, 461. 

Temple (du), 126. 

Tende, 178. 

Tendol, 311. 

Terland, 161. 

Termes, 48, 218. 289. 290, 320, 321, 

411. 
Terrage (du), 233. 

Terraube, 11, 30, 48, 65, 78, 86, 88, 
89, 91, 119, 207, 208, 212, 
228, 229, 231, 232, 273, 289, 
298. 299, 300, 301, 376, 416, 
475, 492. 494, 495, 512. 
Terre bren, 184, 185. 
Terremonde, 260. 

Terrerouge, 230. 

Terret de Lissac, 48. 

Terrides, 106, 193, 195. 

Terron (du), 215. 

Tersac, 84. 22i. 

Tessé, 433, 485. 

Testas. 197. 

Teste, 184, 185. 

Texier, 121. 

Teyrac, 151. 

Teysonnet, 139. 

Thémines, 11, li>4, 111. 

Thermes, 184. 

Thésac, 301. 

Thévenin, 445. 

Thézan, 4, 179, 294, 336. 

Thèze, 48, 305, 306, 312. 

Tbiern, 215. 

Thil, 194. 

Thiron ia Devèze, 243. 



624 



INDEX 



Tholin, 187, 192. 

Thomazeau, 338. 

Thore, 509. 

Thouars, 429. 

Thoury, 215. 

Thuillerie (La), 481. 

Thury, 181. 

Thuzo, 239. 

Thyars, 12, 215. 

Tieste, 93. 

Tilhac, 93. 

Tilladet, 158, 307, 350. 

Tillet, 436. 

Tillel (du), 151, 348. 

Tilly-Blaru, 264. 

Tingry, 431. 

Tinras, 291. 

Tirac, 122. 

Tison d'Argense, 174. 

Tollendal (Lally), 24. 

Tonneins, 243, 262. 

Tonnelier (Le), 415. 

Tonnerre, 12, 107, 429, 430. 498. 

Torpanne (Cliol de), 95. 

Torrebren, 93, 198, 214, 273. 

Torlose, 249. 

Tott, 485. 

Touchebœuf, 199. 

ToucheL, 152. 

Touclievaillac, 274. 

Toujea, 271. 

Toujouse, 137. 

Toujun, 350. 

Toulon, 162. 

Toulouse, 10. 13, 15, 20. 30, 78, 79, 
91, 95, 97, 104, 107, 108, 109, 
110, 112, 113, 114. 115, 120, 
123, 124, 125, 126, 127, 135, 
148, 178, 180, 181, 188. 191, 
197, 198, 202, 203, 205, 212, 
222, 233, 234, 238, 262, 265, 
272, 273, 275, 279, 282. 283, 



284, 289, 298, 299. 318, 319, 
323, 324, 328, 329, 330, 331, 
333, 335, 336, 344, 350, 372, 
373, 382, 439, 459. 461, 462, 
464, 491, 501, 502, 512, 537, 
563, 567, 568. 

Touraine, 151, 180. 

Tourasse, (La), 151. 

Toureil, 282, 

Tournade, 194. 

Tournecoupe, 94, 95, 139, 286, 334, 
375, 377, 386, 388, 389. 

Tournefeuille, 344. 

Tourne!, 105, 107. 

Tournemire, 274. 

Tournon, 191, 343. 

Tourny, 20, 339. 

Tours. 15, 25. 

Tourzel, 164. 

Touton-de-Ba.\, 46, 143, 183. 

Tracy, 290, 498. 

Traissies, 75. 

Trau, 404. 

Trans, 110. 

Trappes, 410. 

Trémoille (La), 110, 279, 429. 

Trémereux, 487. 

Trémoulel, 179, .•)28. 

Trencalie, 534. 

Trenqualie, 350. 

Trenquelléon, 145, 291, 494. 

Trescol, 147. 

Tresses, 410. 

Tressos, 154. 

Trêves, 316. 

Treyches, 416. 

Trie, 30, 97, 100, 2S1, 491. 

Treignan, 93. 

Troncens, 122. 

Trouchin, 435 

Trousse (La), 249. 

Trousse-Caillou, 503. 



INDEX 



625 



Troyes, 29, 73, 74, 301. 
Trubert, 27, 53, 57, 65. 
TruiUé, 445. 
Tude (La), 161. 
Tudet, 334. 



Tuque (La), 337, 338. 
Tuquo, 142, 182, 183. 524. 
Turenne, 111. 
Tursan, 199, 200, 220, 248. 
Tymbrune, 119, 151, 



u 



Urdens, 30. 100, 204, 228, 269, 497, 51 1 . 
Urfé(d'), 153. 
Urgons, 279. 
Urtubie, 515. 
Usson (d'), 411. 



Ussy, 269. 
Ustou, 85. 
Uzès (d'), 88, lOG, 110, 290, 366, 429, 

461, 475. 
Uzeste, 235. 



V 



Vabres, 124, 153, 264. 

Vacquier, 145, 161, 280, 

Vaillac, 274. 

Valade, 105. 

Valadye, 105. 

Valbonne, 266. 

Valençay, 88, 301. 

Valence, 4, 120, 121. 124, 151, 236, 

288, 434. 
Valenciennes, 15. 
Valende, 301. 
Valentinois, 430, 433. 
Valéry, 542. 
Valier, 333. 
Valinhac, 491. 
Valle, 217. 
Vallereuil, 276. 
Vallière (La), 110, 172. 
Vallin, 76. 
Valois, 8, 133, 134, 142. 152, 337. 



Vais, 461. 

Varagnes, 4, 177, 178. 179, 180, 181. 

Varanchon, 435. 

Varanges, 202. 

Varayre, 105, 111. 

Vasiège, 177, 178. 

Vassal, 266. 

Vassan, 75. 

Vassé, 485. 

Vaucel, 435. 

Vaucocourt, 274. 

Vaudreuil, 181, 208, 301, 511. 

Vauguyon (La), 262, 430, 516. 

Vaupiloy, 152. 

Vaure-Lavaur, 181. 

Vau.\, 11, 83, 231, 425. 

Vayres, 333. 

Védel. 151. 

Veilax, 136. 

Velay, 11, 301, 416. 

40. 



626 



INDEX 



Vence, 484. 

Vendôme, 152, 494. 

Vendômois, 346. 

Venier (Le), 194. 

Venladour, 106. 276. 

Vente, 435. 

Vény-d'Arbouse, 215. 

Verdier, 202. 

Verdiguier, 234. 

Verduc, 351. 

Verdun, 301, 410, 415. 435, 493, 494, 

515. 
Verduzan, 122, 123, 226, 346. 
Vergé, 551. 

Vergennes, 7, 56, 126, 426, 427, 435. 
Verger (du), 260. 
Vergés de Guillaumon, 47, 296. 
Vergier (du), 109. 
Vérin, 435. 
Verlhac, 291, 484. 
Verlus, 139, 345. 
Vernet, 225. 
Verniolles, 181. 
Vernon. 290, 317. 
Verrie de Vivant, 328. 
Verrier (du), 294. 
Versailles. 8, 74, 84. 94, 178, 228, 

251, 253, 475. 
Verlhamon, 414. 
Vervins, 117. 
Veyrières, 537. 
Vézin, 291, 332, 334, 417. 
Vézins, 76, 89, 90. 92. 
Vialard, 490, 
Vianne, 200. 
Viannos, 197. 
Vie. 189, 244, 288. 
Vicamonl, 404. 
Vic-Bigorre, 415, 568. 
Vichau, 239. 
Vicmont, 90, 291, 511. 
Vidiiilian, 445. 



Vidal, 558. 

Vidalot, 161. 

Vidart, 333. 

Vidau de La Tour. 13, 428. 

Vidonnel, 195. 196. 

Vieil-Caslel, 485. 

Viella, 99. 

Vieille-Secure, 197. 

Vieille- Vigne, 178. 

Viennois, 141, 496. 

Vieusac, 415. 

Vigneau, 220, 24«, 281, 4(i8, 300, 509, 

526. 
Vignes, 87, 109, 202, 277. 
Vignolles, 529. 
Vignonel, 178. 
Vilepassans, 460. 
Villamblard, 417. 
Villandraut, 235. 
Villaret, 417. 
Villaries, 179. 

Villars, 14, 178. 181. 257. 310. 
Villars-Brancas, 430. 
Villaulon, 461. 
Villedeuil, 13. 
Vi lied on, 352. 
Villefrancho, 178, 247, 417. 
Villemade. 265. 
Villemeur, 405. 
Villemonl, 409. 
Villemorl, 110. 
Villenfiorien, 435. 
Villemur, 117. 119, 120, 123, 290. 
Villeneuve, 4, 94, 96, 105,123, 147. 

150, 181, 310, 411. 
Villepeinte, 221. 
Villepreux, 109. 
Villequier, 431. 
Villeron, 428. 
Villeroy, 121, 430. 
Villery, 552. 
Villcstreux (La), 322. 



INDEX 



627 



Villevergne. IM. 

Villiers, 100, 123, 164, 487. 

Vilvès, 265. 

Vinal, 244. 

Vins, 174. 

Violette (La), 225. 

Vise, 236. 

Visnaugé, 216. 

Vitalis, 22, 286. 

Vitré, 205. 

Vivant, 151, 191, 231. 



Vivarais. 286. 

Vivens, 323. 

Vivent, 276. 

Vives, 96, 390, 523. 

Viviers, 337, 417. 

Vivonne, 345. 

Vize, 84. 

Voisins, 111, 174, 223, 226, 227, 493. 

Volpillac, 114. 

Vriendshap d'Emsen, 153. 



w 



Waldner, 323. 
Wallone, 7. 
Walsh, 366. 
Waller-Scolt, 99. 
West, 454, 455. 
Westminster, 480. 



Westmoath, 259. 
Westptialie, 474. 
Wideville, 110. 173, 232, 
Wustemberg, 453. 
Wissembourg, 346. 
Woodstock, 99. 



U, 485, 498. 



Xainlraiiles, 116, 184, 



York, 219. 



Y près, 249. 



Zizime, 349. 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Préface v 

Errata vu 

Compte rendu des Séances de l'administration provinciale 

d'Auch 1 

Assemblée des divers notables du Royaume convoqués par le 

Roy, pour le 29 janvier 1787 10 

Procès-verbal de l'Assemblée provinciale pour la Généralité 
d'Auch , tenue dans cette ville en novembre et 

décembre 1787 29 

Bulletin pour M. le Chevalier de G"* relatif à ce qui s'est 
passé dans les Séances de l'administration provinciale 
d'Auch, depuis le 12 novembre jusqu'au 19 décembre 

1787 33 

Suite du Bulletin de ce qui s'est passé dans l'Assemblée pro- 
vinciale d'Auch, depuis le 12 novembre jusqu'au 19 
décembre 1787, rédigé pour M. le Chevalier de G***, 
par M. Hugueny, de Beaumonl-de-Lomagne. . . 45 

Notes supplémentaires sur MM. les membres du Clergé et 
de la Noblesse qui firent partie de l'Assemblée pro- 
vinciale pour la Généralité d'Auch, tenue en cette 
ville, dans les mois de novembre et décembre 1787. . 68 

Remarques sur le nom, l'état, la famille et les alliances des 
personnes comprises dans la Capitation noble en 

l'Election de Lomagne, 1787 128 

Rolle des Privilégiés 303 

Appendice 353 

Cahier de la Noblesse de la Vicomte et Prévôté de Paris. 

Hors-d es-Murs 355 

Monsieur de Mondenard 367 

Mémoire contre les gens armés, déguisés et avec attroupe- 
ment, qui commettent toute espèce de délits, prin- 
cipalement dans le pays de Lomagne 369 



630 TABLE DES MATIÈRES 

Liste complète de MM. les Députés de la région du Sud-Ouest 
de la France aux Etats-Généraux, avec leurs adjoints 

et suppléants, 1614 et 1789 407 

Etat de la France en 1787 423 

Le Tribunal révolutionnaire de Toulouse 437 

Exécution de l'arretté du représentant du peuple Dartigoyte, 
ordonnant la mise à ferme des biens des pères et 
mères d'émigrés, 25 floréal, an II (Archives de Magnas) 441 
Certificat mortuaire de Jean Rose de Galard, décédé le 6 juin 
1800, à Christianstœd, en l'Isle Sainte-Croix (Améri- 
que) 451 

Notice sur la Famille de Portes 457 

Notice sur la Famille de Captan 465 

Les Emigrés à l'Etranger pendant la Révolution Française . 471 

Abrégé de l'histoire de la Famille de Manas et des fiefs de 

Magnas et de l'Isle-Bozon, en Lomagne 489 

Notice sur la Famille de Lacarry 499 

Mandement de la taille en la communauté de Castelnau 
d'Arbieu, dans le comté de Gaure et rolle de la 
Capitation pour l'année 1739 ; Election d'Armagnac. . 505 

Notice sur la Maison de Bassabal-Pordéac 513 

Rentes faites par des particuliers à l'Hùpital de Saint-Jacques, 

en la ville de Fleurance . 521 

Cession des droits seigneuriaux exercés par le seigneur de 
Magnas sur la terre d'Aurenque, faite par Jean de 
Saint-Géry, baron de Magnas, en faveur de Jean de 

Lary, seigneur de la Tour, 2 juin 1596 531 

Sonnettistes anciens et modernes 535 

Brevet et Commission donnés à Henri de Grossolles, seigneur 
d'Asques, par Henry de Bourbon, prince de Condé, en 
1615, et lettres du Duc de Mayenne approuvant les 
levées de troupes faites en 1617, par ledit Grossolles . 539 
Jean de Galard, baron de l'Isle et de Sainte-Livrade, sénéchal 
d'Armagnac, autorise l'enregistrement, en la cour de 
la Sénéchaussée de Lectoure, de la donation faite par 
Jean de Grossolles, protonotaire, à ses neveux, Hérard 
(^tllégnaiild de Grossolles, fils d'Antoine de Grossolles, 

sejgntMir de Bnzel, 6 janvier 1545 549 

Testament d'Arnaud de Grossolles, seigneur de Flamarens, 

du 15 jnillel 1536 555 

Index 569 

222^^ 517 




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Lo Bibliothèque 

Université d'Ottawa 

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University of Ottawo 

Dote duc 





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COO GALARO-MAGNA COMPTfc-REN 

ACC# 1330779