(logo)
(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections | Universal Library

Search: Advanced Search

Anonymous User (login or join us)Upload
See other formats

Full text of "Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences"



.*^^- 



«tl?.*"'-^; 



. V> .-^: 



v^ 





^■•■H. 
*"%• 


^i^H 


fc. 


t-;* 


'-'9 


jgj[2fc..iCEi^i^ 


t 




j â– * â–  - 




T ;, v-a 


^iS 






'-^ 


^> 


nB? ^^^ 


v^^' 


'/ • 


If -- 


-1^" ' 










/s.\^\ 



^^. ^ 



» 


rJS'^^wmf'- v^ 




J 




BY 


1J?^^_ '%-,-^^-> 


t î 








n^^>^0i0 



'->• 









L^Mii 









-^'X'^-^ â–  1^^^. 



â– - .:^i- 






. -.H* ^ 






^ .^V.^fT 



1'^.:^' "'^•«: 



fîc f\ 



HARVARD UNIVERSITY. 




LIBRARY 



MUSEUM OF COMPARATIVE ZOÔLOGY. 
GIFT OF 

ALEXANDER AGASSIZ. 



COMPTES RENDUS 



HEBDOMADAIRES 



DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, 



PARIS. — rilPRlMERlE GAUTHIER-VILLABS, QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS, 55. 



COMPTES RENDl S 

HEBDOMADAIRES 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 

PUBLIÉS, 

CONFORMÉMIiNT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE 

Oh 3ate Du <3 clutiîtet <835, 

PAR MM. LES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS. 



TOME CENT VIi\GT-I\EUVlE»IE. 

JUILLET — DÉCEMBRE 1899. 



^ 



ARIS, 



GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE 

DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, 

Quai des Grands-Augustins, 55. 

1899 



1899 

SECOND SE3IESTRE. 



COMPTES RENDUS 

HEBDOMADAIRES 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 

PAR mil. liES SECRÉTAIKES PERPÉTUEEiS' 



TOME CXXIX. 



N^ 1 (3 Juillet 1899). 



PARIS, 

GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE 

DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, 

Quai des Grands-Auguslins, 55. 

1899 



HEliLEMENT RELATIF AUX COMPTES RENDUS 

ADOPTÉ DANS LES SÉANCES DES 2.5 JUIN 1862 ET 24 MAI iSyS. 



Les Comptes rendus hebdomadaires des séances de 
l'Académie se composent des extraits des travaux de 
ses Membres et de l'analyse des Mémoires ou Notes 
présentés par des savants étrangers à l'Académie. 

Chaque cahier ou numéro des Comptes rendus a 
48 pages ou 6 teuilles en moyenne. 

26 numéros composent un volume. 

Il y a deux volumes par année. 

Article l*^ — Impressions des travaux de l'Académie. 

Les extraits des Mémoires présentés par un INIembre 
ou par unAssociéétranger de l'Académie comprennent 
au plus 6 pages par numéro. 

Un Membre de l'Académie ne peut donner aux 
Comptes rendus plus de 5o pages par année. 

Les communications verbales ne sont mentionnées 
dans les Comvles rendus, qu'autant qu'une rédaction 
écrite par leur auteur a été remise, séance tenante, 
aux Secrétaires. 

Les Rapports ordinaires sont soumis à la même 
limite que les Mémoires; mais ils ne sont pas com- 
pris dans les 5o pages accordées à chaque Membre. 

Les Rapports et Instructions demandés par le Gou- 
vernement sont imprimés en entier. 

Les extraits des Mémoires lus ou communiqués par 
les Correspondants de l'Académie comprennent au 
plus 4 pag^s par numéro. 

Un Correspondant de l'Académie ne peut donner 
plus de 32 pages par année. 

Dans les Comptes rendus, on ne reproduit pas les 
discussions verbales qui s'élèvent dans le sein de 
l'Académie; cependant, si les Membres qui v ont 
pris part désirent qu'il en soii fait mention, ils doi- 
vent rédiger, séance tenante, des Notes sommaires, 
dont ils donnent lecture à l'Académie avant de les 
remettre au Bureau. L'impression de ces Notes ne 
préjudicie en rien aux droits qu'ont ces Membres de 
lire, dans les séances suivantes, des Notes ou Mé- 
moires sur l'objet de leur discussion. 



Les Programmes des prix proposés par l'Académ; 
sont imprimés dans les Comptes rendus, mais les Raj 
ports relatifs aux prix décernés ne le sont qu'au tar 
que l'Académie l'aura décidé 

Les Notices ou Discours prononcés en séance pi 

blique ne font pas partie des Comptes rendus. 

f 
Article 2. — Impression des travaux des Savants \ 

étrangers à l'Académie. 

Les Mémoires lus ou présentés par des personne 
qui ne sont pas Membres ou Correspondants de l'Ac 
demie peuvent être l'objet d'une analyse ou d'un r 
sumé qui ne dépasse pas 3 pages. 

Les Membres qui présentent ces Mémoires soi 
tenus de les réduire au nombre de pages requis. L 
Membre qui fait la présentation est toujours nommé 
mais les Secrétaires ont le droit de réduire cet Extra' 
autant qu'ils le jugent convenable, comme ils le fon 
pour les articles ordinaires de la correspondance offi 
cielle de l'Académie. 

Article 3. 



Le bon à tirer de chaque Membre doit être remis à 
l'imprimerie le mercredi au soir, ou, au plus tard, le 
jeudi à 10 heures du malin ; faute d'être remis à temps, 
le titre seul du Mémoire estinséré dans le Compte rendu 
actuel, et l'extrait est fîénvoyé au Compte rendu sui- 
vant et mis à la fin du cahier. , 

Article 4. — Planches et tirage à parti * 

Les Comptes rendus n'ont pas de planches. i 

Le tirage à part des articles est aux frais des aui^ • 

leurs; il n'y a d'exception que pour les Rapports elt 

les Instructions demandés par le Gouvernement. ( 

( 

Article 5. 

j 
Tous les six mois, la Commission administrative fai/t 

un Rapport sur la situation des Comptes rendus aprèk- 
l'impression de chaque volume. ^^ 

Les Secrétaires sont chargés de l'exécution du pré- 
sent Règlement. 



Les Savants étrangers à l'Académie qui désirent laire présenter leurs Mémoires par MM. les Secrétaires perpétuels sont priés de les 
déposer au Secrétariat au plus tard le Samedi qui précède la séance, avant 5". Autrement la présentation sera remise à la séance suivante 



COMPTES UENDUS 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. 



SÉANCE DU LUNDI 5 JUILLET 1801), 

PRÉSIDENCE DE M. VAN TIEGHEM. 



MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

M. le Ministre DE l'Instruction publique et des Beaux-Arts adresse 
l'ampliation d'iin Décret qui, suivant le vœu exprimé par l'Académie des 
Sciences, porte de loo à 1 16 le nombre de ses Correspondants, tant natio- 
naux qu'étrangers. 



ASTRONOMIE. — Considérations sur la constitution physique de la Lune. 
Note de MM. Lœwy et Puiseux. 

« Nous avons eu dernièrement l'honneur de présenter à l'Académie le 
quatrième fascicule de l'Atlas photographique de la Lune, publié par l'Ob- 
servatoire de Paris. Ces feuilles, rapprochées des précédentes, nous pa- 
raissent devoir donner lieu aux conclusions suivantes : 

» 1° Il existe, au point de vue du relief, une similitude générale entre 



r 6 . 

les mers de la Lune et les plateaux recouverts aujourd'hui par les océans 
terrestres. 

« Dans ceux-ci les surfaces convexes tiennent plus de place que les 
bassins concaves, rejetés habituellement vers la limite de l'aire affaissée. 
De même les mers de la Lune présentent d'ordinaire vers les bords des dé- 
pressions assez prononcées. Dans un cas comme dans l'autre, nous obser- 
vons les déformations normales d'un globe en voie de retrait et dérobé à 
l'action érosive des pluies, qui tend au contraire, dans toutes les parties 
abondamment arrosées de la Terre, à faire prédominer les surfaces con- 
caves. L'explication de cette structure, telle qu'elle est admise aujourd'hui 
par les géologues, nous semble également valable pour la Lune. 

» 2° Pour trouver une ressemblance équivalente dans les parties sail- 
lantes, il audrait pouvoir rétablir sur la Lune les traits effacés par les 
éruptions volcaniques, sur la Terre ceux qui ont disparu par le travail des 
eaux. Nous sommes à même d'y suppléer dans une certaine mesure eu 
mettant en parallèle d'une part les massifs lunaires relativement pauvres 
en cirques, d'autre part les chaînes terrestres de surrection récente, où la 
structure initiale est susceptible d'être reconstituée sans trop d'efforts. 
Nous observons alors, sur les chaînes qui entourent les mers lunaires 
comme sur celles qui encadrent les fosses méditerranéennes, le. contraste 
d'un versant intérieur rapide et d'une pente extérieure doucement inclinée. 
Cette opposition est souvent si nette sur la Lune qu'il est permis d'en faire 
remonter la cause à une rupture des couches, sans attendre la confir- 
mation stratigraphique, jusqu'à présent irréalisable. 

» 3° Le développement plus considérable acquis par les mers dans la 
moitié orientale du disque lunaire montre que les phénomènes d'affaisse- 
ment ont dû s'y manifester à une époque plus ancienne que dans la partie 
occidentale. S'il en est ainsi, on doit prévoir que la croûte y a emprisonné 
les gaz en quantité relativement plus grande et opposé une résistance 
moins efficace à leur expansion. C'est, en effet, du côté de l'est que les 
orifices isolés se montrent en plus grand nombre à la surface des mers, et 
que les forces volcaniques ont créé des systèmes rayonnants étendus à toutes 
les directions. 

» Le développement de ces phénomènes a nécessairement exigé un 
temps considérable, et il y a lieu d'admettre que ces plaines, solidifiées 
avant celles de la partie ouest de la Lune, sont arrivées depuis longtemps 
à une configuration peu différente de celle qu'elles possèdent aujourd'hui. 

» 4" La tormalion des mers débute par l'effondrement d'une vaste ré- 



( 1 > 

gion, qu'isole bientôt une cassure circulaire. Cette cassure ne marque 
point, en général, la limite future de la mer. Nous pouvons citer des cas 
où l'aire effondrée échappe tout entière à la submersion, d'autres où la 
partie centrale est seule envahie, d'autres enfin où l'enceinte primitive 
est débordée et où la mer s'agrandit en s'annexant des bandes marginales. 
C'est par une série d'étapes analogues que les plus grands cirques parais- 
sent être arrivés à leurs dimensions actuelles. 

)> 5" L'époque de la solidification d'une mer ne coïncide pas davantage 
avec celle de la fixation définitive du niveau dans la partie centrale. Celle- 
ci peut s'abaisser encore et déterminer par son retrait la formation d'une 
nouvelle crevasse, parallèle, comme la première, aux limites delà mer. 

» 6° Les nouvelles feuilles, de même que les premières, nous four- 
nissent plusieurs spécimens de grands cirques où la solidification, due au 
refroidissement progressif, s'est effectuée à trois ou même quatre niveaux 
différents, séparés par plusieurs kilomètres d'intervalle. Les effondrements 
modernes, comparés aux anciens, offrent presque toujours une étendue 
moindre, une pente intérieure plus rapide, une forme plus régulièrement 
circulaire. Les plus modernes, tels que ceux qui s'ouvrent sur le fond déjà 
très déprimé de Longomontanus, n'ont plus aucune trace de bourrelet 
périphérique, c'est-à-dire que leur apparition ne semble pas avoir été pré- 
cédée d'un soulèvement. 

» 7° Toutefois, ce phénomène d'intumescence de la croûte lunaire, 
considéré par nous comme le préliminaire habituel de la formation des 
cirques, a, dans certains cas exceptionnels, mais bien constatés, donné 
naissance à des figures convexes, dont la partie centrale ne s'est pas 
effondrée. 

» W Nous avons indiqué précédemment comment il était possible, dans 
un assez grand nombre de cas, d'assigner l'âge relatif des cirques d'après 
l'état de conservation de leur rempart et la submersion plus ou moins 
complète de leur cavité intérieure. Dans les parages envahis par les 
traînées, nous pouvons juger, par un autre caractère, de l'époque plus ou 
moins tardive de la solidification intérieure des cirques. Il convient de 
placer en première ligne, par ordre d'ancienneté, ceux qui ont reçu et 
conservé un revêtement blanc uniforme; ensuite ceux qui n'ont enregistré 
que quelques traînées faibles et tardives sous forme de bandes, enfin ceux 
qui sont demeurés complètement indemnes et tranchent aujourd'hui, par 
leur teinte sombre, sur la région environnante. 

» Ce critérium chronologique, plus net que celui qui repose sur l'étal 



( 8) 
de conservation des bourrelets, nous renseigne aussi sur l'ancienneté rela- 
tive de la solidification dans les diverses parties des mers. Il tombe malheu- 
reusement en défaut dans les régions, assez nombreuses, où les traînées ne 
se sont point étendues. 

» 9° En général, les grands systèmes de traînées recouvrent indistinc- 
tement tous les accidents du sol placés sur leur trajet. Cette circonstance 
nous a déjà permis de conclure que les formidables éruptions volcaniques 
dont la Lune a été le théâtre appartiennent à une période récente dans 
l'histoire de notre satellite. Elles ont dû être précédées de la solidification 
à peu près complète des mers et du fond des cirques. Le même fait nous 
semble devoir être pris en grande considération dans le problème si 
souvent discuté de l'atmosphère de la Lune. Non seulement, en effet, 
ces éruptions ont mis en liberté des quantités importantes de gaz ou de 
vapeurs, mais la diffusion des cendres à de grandes distances suppose une 
enveloppe gazeuse d'une certaine densité. 

» La faiblesse relative de la pesanteur aide, il est vrai, à comprendre 
leur ascension initiale à une altitude considérable. Il faut cependant que 
la résistance de l'atmosphère ait été suffisante pour retarder la chute de 
ces poussières pendant un trajet pouvant atteindre ou dépasser looo*^™. 

» Le temps qui s'est écoulé depuis les grandes éruptions a-t-il suffi 
pour amener la disparition totale de cette enveloppe gazeuse? On est 
conduit à en douter si l'on examine le mécanisme des deux causes prin- 
cipales qui ont pu agir dans ce sens. L'écorce, déjà solidifiée dans son 
ensemble, ne devait plus absorber les gaz qu'avec lenteur et difficulté. La 
déperdition dans l'espace des molécules animées de vitesses assez grandes 
pour entrer dans la sphère d'attraction d'un autre corps devenait néces- 
sairement de plus en plus lente à mesure que la température devenait 
plus basse. Nous trouvons donc dans l'examen du sol lunaire un sérieux 
motif pour croire qu'il subsiste encore, à l'heure actuelle, un résidu d'at- 
mosphère dont l'appréciation, entourée à coup sûr de grandes difficultés, 
peut n'être pas irréalisable. 

» Cette induction s'ajoute à celle que fournit, comme nous l'avons vu, 
la discussion des éclipses et des occultations. Le soin que les astronomes 
apportent depuis quelques années à l'étude de ces phénomènes et le grand 
nombre d'occultations de petites étoiles que l'on observe maintenant à 
chaque éclipse totale donnent lieu d'espérer que cette discussion pourra 
bientôt être reprise sur des bases nouvelles et dégagera des conclusions 
plus précises, i 



(9) 



PHYSIQUE DU GLOBE. — Exartien de l'eau de mer puisée à différentes pro- 
fondeurs; variations de ses composés iodés. Note de M. Armand Gautier. 

« Dans une précédente Communication (') j'ai montré que les eaux 
prises en mer, à la surface ou à faible protondeur, ne contiennent pas 
trace d'iode à l'état d'iodures ou d'iodates et que la totalité de cet élément, 
engagé dans des combinaisons complexes, ne devient sensible aux réactifs 
qu'après fusion à la potasse caustique du résidu laissé par l'eau. 

» Je rappelle que j'ai trouvé pour l'eau de l'océan Atlantique, prise à 
l'entrée de la Manche à 4" kilomètres des côtes et à la surface : 

mgr 

,' Iode minéral 0,000 

,,,,.,,, \ Iode des parties organisées retenues par le filtre 

Iode (par litre d eau) -' , ,. . ^ „ 

' de biscuit 0,520 



Iode des combinaisons solubles complexes (-). . i ,800 
Total par litre 2,32 

1) Je viens de faire une étude parallèle pour l'eau de la Méditerranée, 
prise dans le golfe du Lion, à 11 kilomètres des côtes ('); elle m'a conduit 
à des résultats tout semblables. J'ai trouvé : 

mgr 

[ Iode minéral 0,000 

,,,,.,, ^ 1 Iode des parties organisées retenues par le filtre 

Iode (par litre d eau) \ , ,. . „„ 

^^ ' i de biscuit 0,286 

\ Iode des combinaisons solubles complexes i ,960 

Total par litre 2 , 246 

« Ces résultats établissent que : 

» 1° r/eau de la Méditerranée possède, à la surface, une teneur en iode 
total sensiblement égale à celle de l'océan Atlantique, l'une et l'autre 
étant puisées loin de toute embouchure de fleuves et en pleine mer; 

» 2" Dans la Méditerranée comme dans l'Atlantique, oii ne trouve pas 
trace d'iodures ou d'iodates dans l'eau de surface ; 



(') Comptes rendus, t. CXXVIII, p. 1069. 

(-) Celles-ci sont en partie organiques, mais je réserve le point de savoir si elles 
sont mélangées ou faiblement unies à des composés minéraux iodés peu solubles. 
tels que iodosulfates ou iodophospliates de chaux, à peu près comme les chloro- et 
fluorophosphates de chaux sont unis à l'osséine dans les os. 

(■*) Eau puisée le 10 mai 1899 à la surface, au droit du rocher de Monaco, par 
beau temps. Très légère pluie le 4 mai. 

C. R., 1899, 2' Semestre. (T. CXXIX, N° 1.) 2 



r lo ; 

» 3" Dans ces eaux de mer l'iode est contenu, partie dans les êtres 
ori^anisés, partie dans une substance complexe partiellement organique et 
soluble, azotée, phosphorée et dialysable. 

» Quelle que soit la nature de cette substance iodée complexe (et j'y 
reviendrai), j'ai pensé qu'originaire des profondeurs et contenu primitive- 
ment dans les eaux de l'océan sous forme minérale l'iode, lorsqu'il arrive 
dans les régions de la mer riches en êtres vivants aptes à l'assimiler, y passe 
partiellement ou en totalité à l'état organique. Ce phénomène doit arriver 
à son maximum dans les régions de la mer où pénètre la lumière, et où 
peuvent vivre et se reproduire les algues à chlorophylle, sans que la trans- 
formation de l'iode minéral en matériaux organiques divers doive nécessai- 
rement cesser dans les régions plus profondes où les combinaisons iodées 
formées à la surface peuvent pénétrer grâce à une lente dialyse, et où 
d'ailleurs d'autres êtres non chlorophylliens, protozoaires, bactéries, etc. 
auxquels la lumière n'est pas nécessaire, peuvent aussi modifier les com- 
binaisons minérales de l'iode, comme c'est notoirement le cas pour les 
spongiaires qui fixent, on le sait, cet élément à l'état organique. 

» Si les choses se passent bien ainsi, il s'ensuit que les eaux de mer de 
la région du plankton peuvent être entièrement privées d'iode minéral 
(et nous avons établi qu'il en est ainsi, en effet), mais qu'au-dessous, 
c'est-à-dire à 3oo™ ou 4oo™ de profondeur, on peut espérer, étant donnée 
la pauvreté des eaux puisées à ces bas niveaux en organismes vivants, 
trouver une partie de l'iode à l'état primitif, c'est-à-dire à l'état minéral. 
C'est cette déduction que j'ai voulu soumettre au contrôle de l'expérience. 

» Pour examiner l'eau de mer aux diverses profondeurs, j'ai pensé qu'il convenait 
de s'adresser d'abord aux eaux de la Méditerranée, où la température est presque con- 
stante du haut en bas (iS") et où il n'existe, au-dessous de 3oo™, aucun courant qui 
mélange mécaniquement les couches supérieures et les couches profondes. Dans ce 
but, j'ai eu recours à S. A. S. le prince de Monaco, dont on connaît le zèle éclairé et 
l'indiscutable compétence en tout ce qui louche à l'Océanographie. Il a bien voulu 
(et je lui en suis très reconnaissant) me faire faire, sous la surveillance de son dis- 
tingué directeur de travaux scientifiques, le D'' J. Richard que je remercie, des puise- 
ments d'eau prise sur une même verticale, le lo mai dernier, au droit de Monaco, 
à II*'™ de la côle, par 43°, 4i', N, et S^iS'E. Ces eaux furent puisées : à o",5o au- 
dessous de la surface; à 780"'; à 880™; enfin à 980™ de profondeur. A celte dernière 
cote on touchait le fond formé d'un sable argileux roussâtre. 

» Il convenait d'abord de se rendre compte de la nature et, jusqu'à un certain point, 
de la masse des êtres vivants pouvant modifier ces eaux au-dessous de la région pro- 
prement dite du plankton. L'échantillon de 2''' d'eau puisé à 780™ fut sacrifié pour 
l'examen de ces êtres et de leurs dépouilles. Dès sa sortie de la mer, cette eau fut 
additionnée de -^ de son poids de formol, substance qui a la propriété de saisir et 



( I' ) 

insolubiliser les proloplasnias el de fixer les êtres vivants tels qu'ils sont au moment 
où ils subissent cette sorte d'embaumement. On peut alors reconnaître au microscope si 
ces êtres étaient vivants, ou du moins si leurs organes et protoplasmas étaient inal- 
térés au moment du puisement. Les eaux de 780™, ainsi traitées, furent laissées à la 
cave au repos et dans l'obscurité, siphonées douze jours après, et les couches inférieures 
centrifugées. Le dépôt total recueilli sur trois verres à microscope ne pesait certaine- 
ment pas, pour 2 litres, ^ de milligramme, soit -^ de milligramme par litre d'eau de 
mer prise à 780". Encore la majeure partie de ce dépôt élait-il formé de débris inertes. 

» Il fut reconnu, par M. Maxime Cornu el M. R. Blanchard, qui ont bien 
voulu l'examiner avec soin et auxquels j'adresse l'expression de ma gra- 
titude, ne contenir aucune algue vivante au moment du puisement. On y 
trouva surtout des débris minéraux lamelleux, des carapaces chitineuses, 
jaunes et brunes, paraissant avoir appartenu à des animaux articulés; des 
masses informes provenant peut-être de protoplasmas altérés devenus hui- 
leux, granuleux, décolorés ; quelques rares spicules d'épongés ; à peine trois 
à quatre carapaces de diatomées dont quelques-unes à l'état de débris, un 
foraminifère ; de petites sphères réfringentes paraissant des kystes d'infu- 
soires ou autres protozoaires et quelques bactéries; enfin un très petit 
crustacé copépode, visible à la loupe et vivant au moment de la capture. 

» En un mot, à ce niveau de 780'" au-dessous de la surface de la mer, les 
algues vivantes ont complètement disparu; on rencontre seulement des 
débris minéraux, quelques dépouilles d'animaux inférieurs, de rares crus- 
tacés microscopiques, infusoires, protozoaireset bactéries, représentant un 
poids excessivement faible vis-à-vis des débris qui les accoinpagnent et a 
fortiori de la masse de l'eau où ils vivent ; et si ces derniers assimilent l'iode, 
ce ne peut-être qu'en quantité minime et proportionnelle à leur très faible 
poids, qui, d'après mes observations, est inférieure, pour la matière vivante, 
à -j-^ de miillj<'amme par litre d'eau ( ' ). Dans cette appréciation n'est pas 



(') Abstraction faite de poids (o™s'', i5 environ) du petit crustacé. Le reste de la 
partie vivante du dépôt de l'eau ne parait pas supérieur au quinzième de sa masse 
totale. Ce dépôt étant de ^^^ de milligramme au maximum par litre, la partie vivante 
ne représente donc pas plus de o™s, 0022 par litre d'eau puisée à 780 mètres. 

On est encore très peu renseigné sur les organismes microscopiques, ou très petits, 
vivant dans la mer à ces profondeurs. On sait seulement qu'à 5 ou 10 kilomètres des 
côtes, et à la surface, le nombre des bactéries diminue très rapidement; de 800 à 900 
par centimètre cube près du rivage, il tombe à 3o ou 4o au large (Tolomei, 1899, •^w^'- 
Soc. d'agric. et de pêche, t. XI, p. 12/i). A 240 milles marins de la côte, E. Fischer 
a encore trouvé, clans la région du Gulf-Stream, 645 germes; il n'y avait plus 100 bac- 
téries hors de ce courant {Planklon Ej.pedit., IV. Bd., 1894; A. Fiscuer, Vorle- 
sungea iiber Bactérien, p. 62, lena; 1897). Sur les mêmes points, mais entre 800™ et 



( 12 ) 

comprise la pelile quantité de substance gélatineuse complexe, très iodée, 
de nature inconnue, qu'arrête le fdtre de porcelaine et que nous avons 
trouvée dans l'eau de mer à toute profondeur, mais moins abondante dans 
les eaux profondes. 

» L'absence totale des algues, même microscopiques, et la très faible 
masse des autres êtres vivants ainsi constatée à ce niveau de 780"", et 
à fortiori au-dessous, il était intéressant de rechercher l'influence de la 
disparition de ces êtres sur la composition de l'eau de mer, surtout au point 
de vue de sa teneur en iode et des formes sous lesquelles peut y être 
contenu cet élément. C'est ce que nous avons fait. 

» Nous avons donc examiné comparativement les eaux puisées à la sur- 
face, à 880™ et à 980" où l'on touchait le fond. 

» Ces échantillons d'eau pris sur la même verticale furent introduits, dès leur sortie 
de la mer, dans des flacons de 2 litres préalablement rincés à l'eau distillée et bouchés 
à l'émerl ; ils furent conservés jusqu'au moment de leur examen dans une cave obscure 
pour éviter les modifications qu'aurait pu provoquer la lumière. 

« On examina ces eaux au point de vue : 1° de leur densité; 2° du poids du résidu 
sec; 3° de leur chlore, brome et iode total; 4° de leur richesse en iode total et de la 
nature de leurs divers composés iodés. Ces eaux paraissaient limpides et toutes les 
opérations furent pratiquées sans filtration préalable. 

« Densité aux diverses profondeurs. ■ Cette densité fut prise à 4° et sur 
25o'^'= à la fois pour permettre une grande précision. On trouva : 

Densité. Poids du litre à 4°- 

Surface i,o3oi4 io3o,i4 

880"" I ,o3io4 io3i ,o4 

980â„¢ I , 03076 I o3o , 76 

» Quoique la densité de l'eau du fond ne soit que légèrement inférieure à celle de 
l'eau puisée à 100 mètres au-dessus, cette petite différence, qui se traduit par oS'',28 
en moins par litre d'eau, est inattendue et nous semble intéressante. La plus faible 
densité de l'eau du fond a été confirmée, comme on va le voir, par les poids des résidus 
secs, un peu plus faibles à 980" qu'à 880™, aussi bien que par les dosages de chlore, 
brome et iode total. Il nous semble très probable que la mer reçoit, sur certains 
points, et en particulier dans celte partie du golfe du Lion, des eaux émanant de 
sources profondes, phénomène qui doit se passer surtout aux environs des côtes que 



iioo'" de profondeur, E. Fischer trouva seulement de huit à douze germes par cent. 
cube d'eau, soit dix fois moins environ qu'à la surfaoe. Par i5oo" à 2400™ on peut 
ne rien trouver de cultivable dans plusieurs centimètres cubes d'eau ou de vase du 
fond (température de l'eau +2° à 4-5°); mais il est possible que les espèces du fond 
échappent aux conditions de culture où s'était placé E. Fischer. 



bordent, comme dans le cas présent, de liantes montagnes ('). Le mélange de ces 
eaux, douces avec les eaux, de mer ne peut ensuite se faire que très lentement et par 
dialyse dans un milieu entièrement au repos et à une même température de iS" sur la 
plus grande hauteur. 

1) Résidu sec. — Il fut pris chaque fois sur lo'" d'eau mesurés à 4'^ et 
additionnés de oS'',o2 de carbonate de soude sec (-) pour éviter les pertes 
dues à la dissociation à chaud du chlorure de magnésium; la dessiccation 
fut faite au bain-marie, puis à io.i°, jusqu'à constance de poids. On trouva : 

Rosidu sec par litre d'eau. 

Surface 43 , 4o 

880" 44,78 

980"" 43,41 

» Ces poids sont remarquablement élevés. Le résidu sec par litre d'eau est de 358'' 
à 388'', 5 pour l'océan Atlantique, à la surface. Laurent a trouvé pour l'eau de la Médi- 
terranée, près Marseille, 4o8'',7. Mais nos trois pesées se contrôlent. On remarquera 
encore ici que l'eau du fond est un peu moins concentrée qu'à 100 mètres au-dessus. 

» Chlore-brome-iode. — La totalité du chlore, brome et iode fut dosée 
par poids, toujours dans un même volume d'eau à ff. On obtint : 

Calcul 
Clilorobronioiodure d'argent (tliéoritiue) 

par litre. en sel marin. 

er 5'' 

Surface 0,8579 34,93 

880"" de profondeur o,8844 35,99 

980"" .> 0,8767 35,68 

» Le sel marin ainsi calculé est sensiblement sujjérieur à la réalité, tout le chlore 
des chlorures alcalino-terreux étant ici transformé arbitrairement, par le calcul, en 
chlorure de sodium. Mais on voit encore une fois les principaux sels de l'eau de mer 
plus abondants dans la couche^^de 880"^ qu'au-dessous et au-dessus. 

» Composés iodés. — Pour la recherche des corps iodés, l'eau fut analysée 
trois jours après son puisement : elle n'avait qu'entrevu la lumière au mo- 
ment de son transvasement. Il était important en effet d'éviter les modifica- 
tions que, sous son influence, les êtres vivants pouvaient lui faire subir. Les 



(') Toute celte partie de la côte du golfe du Lion forme, on le sait, le contrefort des 
Alpes, et les sources d'eaux douces y ont été signalées, même en mer. Dans sa Géo- 
graphie de La Terre (vol. II, 4" édit., ; 1881) Elisée Reclus écrit page 7 : " Ainsi 
» M. Villeneuve-Flayosc a découvert dans le golfe de Cannes une source d'eau douce 
» jaillissant du fond d'une espèce de puits dont les parois ont 27 degrés d'inclinaison. » 

(-) Poids soustrait ensuite par le calcul de chaque résidu. 



( ./l 

matières en suspension, vivantes ou non, furent séparées par le filtre de 
biscuit de Sèvres en pleine obscurité. On dosa ensuite l'iode sous ses trois 
formes, comme il a été dit dans une Note antérieure (' ). On trouva : 

Iode par litre. 
( Iode retenu par le filtre de biscuit (matière glaireuse, ^^^ 

1 parties insolubles, êtres vivants^ 0,286 

^"'''^^'^® j Iode entièrement ou partiellement organique et soluble. i , 960 

[ Iode minéral (iodures, etc.) 0,000 

2,246 
[ Iode retenu par le filtre de biscuit (organisé, inso- ^^^^ 

880" de pro- I lubie, etc.) 0,100 

fondeur .... 1 Iode entièrement ou partiellement organique et soluble. 2 , 1 3o 

Iode minéral (iodures, etc.) o, loo 

2,38o 
Iode retenu par le filtre de biscuit (organisé, inso- ^^^ 

980™ de pro- ' lubie, etc.) . . • o,o63 

fondeur . . . . j Iode entièrement ou partiellement organique et soluble. i , 890 

[ Iode minéral (iodures, etc.) o,3oo 

2,260 

)) L'examen de ces nombres donne lieu aux constatations suivantes : 

)) L'iode tolal est, par litre d'eau, presque constant du haut en bas de la 
mer, quel que soit le point oîi l'on puise l'eau. 

» L'eau de la Méditerranée paraît légèrement plus pauvre en iode 
total (2™e'-,25 par litre) que celle de l'océan (2"8'',4o). 

» A mesure que l'on monte vers la surface et que Les êtres vivants (algues 
ou protozoaires) s'accumulent dans l'eau de mer, l'iode minéral des pro- 
fondeurs disparaît : il est de o^e^SoS par litre, au fond; de o™^, i5o seu- 
lement à 100 mètres au-dessus; il a totalement disparu à la surface et pro- 
bablement bien avant d'y arriver, dans les couches du plankton. C'est la 
confirmation des idées a priori qui nous ont guidé et que nous exposions 
plus haut. 

)) Parallèlement, l'iode organisé, en tous cas celui qui est retenu sur le 
filtre de biscuit, augmente à mesure qu'on s'élève à partir du fond, comme 
augmente la masse des êtres vivants qui le fixent. De o"'5'',oG5 par litre 
d'eau, dans le fond, il passe à o'"^'", 100 à cent mètres plus haut et à 0"^% 286 
dans les eaux de la surface. 

» Au contraire, l'îode di.ssous à l'état de combinaisons complexes est 
maximum à 880™, mais varie peu du haut en bas. Les substances auxquelles 

(') Comptes rendus, séance du i"'' mai 1899, t. CXXVIII, p. 1069. 



( i5 > 

cet iode appartient ne semblent donc pas provenir principalement des êtres 
vivants, si nombreux à la surface, et si rares à ces profondeurs. 

» Quelles que soient les transformations subies par l'eau de mer, en 
raison de l'action des êtres vivants et de celle de la lumière, il est intéres- 
sant de constater que le taux de l'iode reste à peu près constant dans une 
même quantité d'eau de mer, quelle que soit la hauteur où on la puise, 
tandis que les formes sous lesquelles apparaissent les combinaisons iodées 
se modifient très sensiblement de bas en haut. 

» Enfin, il est tout à fait remarquable d'observer qu'à toute profondeur 
existe en proportion plus ou moins variable, mais nullement en rapport 
avec la masse des êtres vivants qui habitent l'eau de mer, celte matière 
glaireuse que retient le filtre de porcelaine, matière extrêmement riche 
en iode et bien digne d'une étude spéciale. > 



CORRESPONDANCE. 

M. le Secrêtaibe perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance : 

1° Un volume de MM. Bos et Laffargue, portant pour titre : « Distribution 
de l'énergie électrique en Allemagne ». (^Présenté par M. Mascart.) 

2° Un volume de M. l/a«n'ce rf'Oca^we, intitulé : 'c Traité de Nomogra- 
phie. — Théorie des abaques. — Applications pratiques ». (Présenté par 
M. Maurice Lévy.) 

3° Une (1 Étude sur la Flore fossile du bassin houiller d'Héraclée (Asie 
Mineure), par M. R. Zeiller ». (Présenté par M. Michel Lévy.; 

4° Une « Histoire abrégée de l'Astronomie, par M. Ernest Lebon ». 
(Présenté par M. Wolf.) 

5° Le premier numéro du « Mois scientifique et industriel ; Revue inter- 
nationale d'informations > . ^ Présenté par M. Ad. Carnot.) 



( i6 ) 



ASTRONOMIE Observations de la comète Swift , 1899 a), faites à Vèquato- 
rial Briinner (o'",i6), de l'observatoire de Lyon; par M. J. Guillaumk, 
présentées par M. Lœwy. 

Comparaisons et positions de la comète. 

Temps »<; — * 

Dates. moyen - ~ , -- " - Nombre Log fact. Log. fact. 

1899. de Paris. Ai. A?. de comp. i app. parall. S app. parall. * 

bmsois .u liius ,,• 

Juin 8 . 11.27.27 -f-i. 80,70 +7.18,0 8. 3 16. 1.12,90 -i-9,o63 -f-46. 26.10,9 —8,786 a 

8.. 11.57.87 -f-i.i6,i5 +4.59,7 2. 2 16.0.58,35 +9,284 46.28.57,6 +9,001 a 

*9.. 12.86.47 +0.25,75 —6.2,8 20.20 15.49.55,88 +9,492 4442.57,4 +9,900 b 

10.. 9.47-20 —0.55,98 +1.18,7 2. 2 i5.4i.25,6o —8,843 43.17.42,4 -1-9,570 c 

10.. 10.18.20 -I. 5,69 —0.38,1 2. 2 15.41.15,89 —7,691 43. i5. 00,6 +9,540 c 

12.. 9.28.14 — ;.i8,77 —3.29,4 2. 2 i5.23. 8,98 —8,822 40.11.42,4 +9,928 d 

12.. 9-46. o —1.26,02 — 4-5o,4 2. 2 i5.25. 1,68 —8,094 4o.io.2i,4 +9,914 d 

18.. 12.12.57 —3.11,68 —I. 2,4 2. 2 15.17.28,74 +9,5i6 38.3i.46,6 +0,280 e 

i3.. 12.41.47 —3.19,22 —2.48,6 3. 2 15.17.16,20 +9,577 38. 80. 0,4 +o,35o e 

*i4-. 11.17.88 +o.i4,5o — 3.i4,5 2. 2 i5. II. 26,40 +9,871 37. 8.56,3 +0,228 / 

i5.. jo.35.49 +3. 1,55 —3.26,4 2. 2 i5. 6. o,3i +9,217 85.48.48,7 +0,226 g 

i5.. 10.59.81 +2.56,85 — 4-46,0 2. 2 i5. 5.55, 11 +9,880 85.47.24,1 +0,262 g 

*3o. . 9.86.10 —0.10,10 —2.34,2 10.10 14.23.20,49 +9,349 21. 3.16,1 +0,598 h 

*3o. . 9.58.12 —0.11,56 —3.11,3 10.10 14.28.24,03 +9,4i4 21. 2.89,0 +0,611 h 

*3o.. 10.25.20 —0.12,97 —8.57,5 10.10 14.28.22,62 —9,477 21. 1.52,8 +0,628 /( 

Positions moyennes des étoiles de comparaison pour 1899,0. 

Réduction Réduction 

i^ Désignation. ï moy. au jour. 5 moy. au jour. Autorités. 

• h ni s s o > . . 

a DM-h46.2i42 13.59.88,92 1-8,28 +46.19. 1,7 —3,8 A. G. Bonn, 10297. 

b. 4^-2318 15.4926,86 +8,27 44-49- 8.8 — 8,6 A.G.Bonn, 10201. 

c 48-2525 15.42.18,82 -h3,26 43.16.27,8 — 3,6 Comparée à c'. 

c' 48.258i i5.46. 3,i4 » 43. 9. 9,0 » A. G. Bonn, 10175. 

d 40-2892 15.26.24,47 -î-8,23 4o.i5.i5,4 —3,6 A.G. Bonn, 99S4. 

e 38.2652 i5. 20. 82, 20 +8,22 88.82.52,6 — 3,6 A.G. Lund Z 691. 

/ ". . 87.2621 i5.ii. 8,70 +3,20 37.i2.i4)5 — 3,7 A.G. Lund Z 698. 

g 36.2574 i5. 2.55,58 +3, 18 35.52. 18,9 — 3,8 Weisse, i4''> 1829. 

/( 21.2657 i4-23.32,58 +8,01 21. 5.56,o —3,7 A.G. Berlin, 5087. 

Observations faites par passages, sauf celles marquées (*) qui ont été obtenues par 
pointés au micromètre à double fil. Grossissement =100. Les observations des pre- 
miers jours ont été faites près du zénith, c'est-à-dire dans une position très incom- 
mode. 



( 17 ) 

Remarques. — Le 9, la comète est visible à l'œil nii, comme une étoile de 5,5 à 
6° grandeur; à la lunette, elle présente une nébulosité d'environ 6' de diamètre, avec 
condensation centrale et noyau stellaire de 9". 

Le i5, apparence stellaire de 7"; nébulosité d'environ 4' de diamètre, condensée au 
centre avec novan de 9". 

Le 3o, la comète s'est beaucoup affaiblie; elle présente une condensation centrale 
d'apparence stellaire io''-ii°. 



MÉCANIQUE CÉLESTE. — Sur la suppression des essais, dans le calcul des 
orbites paraboliques. Note de M. L. Ficakt, communiquée par M. Cal- 
landreau. 

« Dans sa belle préface aux leçons sur la détermination des orbites pro- 
fessées par Tisserand, M. Poincaré a indiqué que le calcul des éléments 
d'une orbite parabolique peut être fait sans tâtonnement, l'un d'eux s'ob- 
tenant par une équation du premier degré. 

)) On peut arriver à un résultat analogue d'une façon très simple, si l'on 
admet, avec Laplace, que les observations aient fourni les dérivées du pre- 
mier et du second ordre de la longitude et de la latitude géocentriques 
7. et !5. 

M Soient X et Y les coordonnées géocentriques du Soleil. Les coordon- 
nées héliocentriques de la comète seront 

a; = pcosa. — X, j=psiny. — Y, ^ = ptangS, 

où p représente la distance accourcie de l'astre à la Terre, De ces équa- 

lions, on déduit, par ditterentiations, -;-, -~, -r-> puis ^^> -td ^— • 

' dt dt dt ^ dt- dt- dl^ 

Egalant ces dernières expressions à ^■, ^, ^, on aura un 

système (1) de trois équations qui donneront p, -j-^ -j-j- On aura par suite 

. dx dy dz . , , . , 

x,y, z ei -^, -j-, -j-\ or on sait que de la connaissance de ces six quantités 

on peut déduire les éléments de l'orbite cherchée. L'équation qui donne p 
s'écrit 

où l'on a posé 

drj d-j. d-j. d'-'i /dxY . . , d^fdzy 

j7 -j:t 77 —r^ — -r sino cosn 4-2-^-7- tango 

TT _ dt dt^ dt dt^ \dt J dt\dlj ° 

(X cosa + Y sina) —r- sinB coso — ( Xsina — YcosS') -^ 
' dt ^ ' dt 

C. R., 1899, =° Semestre. (T. CXXIX, N» 1 ) 3 



( I« ) 

et 

u. étaiiL le rapport de la masse de la Terre à celle du Soleil. 

» L'équation (2) est du huitième degré en p; elle s'abaisse au septième 
si l'on fait |j. = o. 

» Supposons maintenant que l'orbite soit une parabole. Nous aurons 
une condition supplémentaire 

(3) . (ty-riy-(ë)'=^'- 

)) A l'aide des deux premières équations (i), on peut obtenir ^ en fonc- 
tion de p. Si, dans l'expression ainsi trouvée, on remplace -^ par sa va- 



leur (2), on a simplement 

$ = ^rH(Xsin:c — Ycos:c)+ ^1 --=. - Ip. 

dt d^x] ^ ' dt- J ' 



2 - , 
dt 



M Substituant dans (3), on a l'équation 

(4; p^j+2Bp + v=-ii^, 

après avoir posé 

J.[l.-.IU„gS|-Hcos=s(*)%(;|y]^. 

,/f/X d\ . \ dafdX . d\ \ 

» L'équation (4) est du sixième degré en p, et les équations (2) et (4) 
doivent avoir une racine commune que l'on obtiendra jKir la méthode du 
plus grand commun diviseur. 

» On peut simplifier un peu : on déduit de l'équation (2), après avoir 
multiplié les deux membres par 

r = — —-^ — 2p-/i -h R- ( -r. = X coso. -h Y sina ), 

l'équation 

» Retranchant membre à membre de l'équation (4), on a une équation 



( 19 ) 
(lu troisième degré en p. Le problème revient à chercher la racine com- 
mune à deux équations, l'une du sixième degré, l'autre du troisième. Il 
suffit de deux divisions algébriques. 
)> Les équations s'écrivent 

(4') p' + Lp^ + Mp^ + Np' -4- Pp- ^h Qp H- S = o, 

(5) p' + /p- + mp + « = o, 

où l'on ;i 

]j = -j- — 2ri cos-ô, 

M = 2 ji h ( R- j-r, ) cos-ô, 

N=:p[BV2-^cos-î5(.]V--)-2B^)+BJR-], 

P = -p- — OVi cos-ô— n h 2R-COS-(^ p . 

Q = ^^^(2BV^R^ — -/,¥''). 
S = ^(R-V-4K''). 

K'- T 
« = T77TÎ — 'i '1 COS" h rr cos- h, 

m— R- COS-O — 2riïrYTr COS-0 — ïy COS-Ô, 

K'^'Ncos^S K'= ,. 

V-— 2-s- — rr = — „ COS-Ô. 

R ' 2tl 2 H 

» Si l'on pose enfin 

/;=P- L/+ '2/n—Mm-i- m" -h 2Llm - M' m - N/ <- M/- - Lf + Z', 
pq =z Q — Mn -+- 2mn + Lin — l^n -+- Mlm — Q./m- — N/n -F Lm'- - L/-/n -r- /'«?. 
/)i = S — N/z -h /i- + Lw« + M/« — ilmn — Ll'-n -h l' n. 



on obtient 

(6) 



H — Is -h qs 



' «l — S — ù/ H- 7" 

» Nous avons donc l'inconnue principale p en fonction rationnelle des 
données. 

» Déjà Cauchy avait obtenu (Comptes rendus, t. XXV, p. 4'o). même 
dans le cas d'une orbite d'excentricité quelconque, une expression de p ne 
contenant qu'un radical cubique. Mais celte expression contenait les 



( 20 ) 

dérivées du troisième ordre de la longitude et de la latitude géocentriques, 
dérivées qui se calculent avec moins de précision que les dérivées pre- 
mières et secondes, et qui sont impossibles à obtenir lorsqu'on ne possède 
que trois observations. 

» Si l'orbite est rigoureusement une parabole, l'équation (5) sera véri- 
fiée par la valeur (6) de p. Si c'est une ellipse de grande excentricité, la 
valeur de p ne sera qu'approchée, et le résidu obtenu en substituant dans le 

premier membre de (5) sera sensiblement ^j a étant le demi grand 

axe ; car les opérations ci-dessus s'appliquent au cas d'une orbite elliptique, 

pourvu qu'on remplace V- par ¥■ H 

)) Il resterait à simplifier autant que possible le calcul précédent, à 
indiquer des procédés de vérification et à le comparer aux méthodes géné- 
ralement employées; c'est ce que je me réserve de faire dans lui travad 
plus développé. » 



GÉOMÉTRIE. — Sur les transformations des droites. 
Note de M. E.-O. Lovett, présentée par M. Darboux. 

« Soient les équations de la droite 

(i) y -\- kx -^ m = o, z -{- Icc -h n ~ o. 

» Nous allons considérer des transformations de l'espace (n-, y, z) dans 
l'espace (X, Y, Z), qui sont déterminées par deux équations 

(2) <^(x,y,z,X,Y,Z) = o, W{x,y,z,X,Y,Z) = o. 

)i La droite (i) sera transformée dans la surface représentée par l'équa- 
tion 

(3) £i(X,Y,XJ;/,m,n) = o, 

que l'on obtient en éliminant x,y, z au moyen des équations (1) et (2). 

» Considérons le cas spécial dans lequel les équations (2) sont linéaires 
en .r, y, z, à savoir 

I F,(X,Y,Z)ar + Fp(X,Y,Z)j + F,(X,Y,Z)= + F8(X,Y,Z) = o, 
( Fe (X, Y, Z)^ + Fç (X, Y, Z)j + F,(X, Y, Z) s + Fo(X, Y, Z) = o, 

où les indices désignent le degré des fonctions. Dans ce cas, la droite (i) 



( 21 ) 



sera transformée dans la surface 



(5) 



k 


I 


o 


ni 


l 


() 


I 


II 


F„ 


Fp 


Fv 


Fs 


Fe 


F^ 


F. 


Fo 



ou 



(6) 



k l 
m II 

-l 



Fç F, 

Fsl 



F,~ 



F-^ Fg 



m 



iFs F, 



— /^ 



r 



Fs 

F» 



— o. 



» Si la surface doit être une quadriqiie, il faut que les relations sui- 
vantes aient lieu 



(7) 



I FpF, - F,Fç = F: , FpFe - F., F^ = F; , F,Fo - FjF, = K, 

\ F. Fi; - FpF, = F-, F, F, - F, F, = F;, F,Fo - FgF, = F^', 



» En introduisant les hypothèses suivantes qui n'imposent aucune 
restriction 



(») 



( X -1- *( > p -I- £, X -(- Y) > y -h £, a 4- > s + £, 

nous trouvons que, pour que les relations (17) subsistent, les 
(9) N =i(;iia='+ 3ia + l6) 

constantes définissant les fonctions F, doivent satisfaire à 

^ '-^ 1 H-3a + 2p -+-27 + 27)4-30 — 36] 

équations de condition 

» Soient en particulier toutes les fonctions F, du premier degré, ^^ va se 
réduire à zéro et N à 32, comme, d'ailleurs, on le voit immédiatement en 
regardant les formules (4)- Considérons alors les équations 

(11) a;-çp, +7<f,,+ ^cp3 + (p,= o, a;cp5-Hrç6-+- =97 + ?8 = o, 

où 

cp,- = «,X -♦- biX + CiZ-\- di. 

Elles définissent un groupe de 00'" transformations qui transforment la 



( 22 ) 



droite (i) dans la quadriquc 



(12) (^'« — //m) 



fcfil 



fe'fs 



/ 



f3 r* I 



m 



n 



'â– ?1?3 



^= o. 



TsTsI 



(i3) 



)) Si l'on veut que cette quadrique soit une sphère pour toutes les va- 
leurs de k, l, m, n, il est nécessaire que cp^» ?3> 'ffii ?- se réduisent à des 
constantes. Donc nous voyons que les équations 

(a, X+ ô, Y + c, Z -h rt',).r -I- d„y -hd^z-h a,, X + b,, Y -t- c, Z 4- r/,, = o. 
(«5 X -H 65 Y -i- C5 Z -I- r/5) a; -h «/„y + rf, s 4- a, X + ig Y + c, Z 4- ^/g = o , 

oïl les constantes sont assujetties aux conditions 

a, CTg — a, «5 = è, hg — il /'s ^= c, (•« — c,, C5 
/ aj}^ + h, «s — a.., h^ — b,, a, = o, 
(i4) < a,c^-\-c,a^—a,,c- — c.a^^o, 

{ b,Cg-hc,hi, — b,,c,— c,b^ = o, 

déterminent co" transformations qui changent les droites en des sphères. 
)) Les droites se transforment en des points si 

(t 5 ) cl,:d.r. </, : d, = d^^ld^ld. idf,. 

En employant la méthode de S. Lie, nous vérifions facilement que les 
transformations (i3) sont des transformations de contact. Nous voyons 
ensuite que, en particularisant les constantes de la manière suivante : 



(.6) 



a, = 6, = </, = r/j = c, ^ c?^ = C5 =^ c^5 r^ </j = «8 = ig = r/s = o, 

f I = e?., =^ a,, = a., ^- «/„ = — Cg = i , i, = — />>, == i. 



nous avons la célèbre correspondance étudiée par Lie 

(17) Za- H- ;:: 4- X -H jY =r o, (X-j'Y)a-+j-Z = o. 

» Si nous recherchons les transformations de l'espace à n dimensions 
qui transforment les droites en des sphères et qui sont déterminées par 
deux équations bilinéaires, nous trouvons que ces équations doivent être 
de la forme 



ou 



?,■ = «i,,X-, + a2^,X„ 4- . . . + a„,,X„ • 



( 2^ ) 

et les6« constantes a,,y sont assujetties aux ^(n — i)(n — 2) équations de 
condition; donc il n'y a pas de transformations de cette espèce dans les 
espaces à un nombre de dimensions supérieur à onze. Pour /z = r i , nous 
avons ce' transformations; « = 10, so« ; /i = 9, co'"; n = 8, cc'^ ; n — 7, oo''; 
« = 6, 00' « ; « = 5, ^'o ; n := 4, ^' ' ; n = 3, 00". 

» Nous remarquons enfin que l'on peut obtenir une certaine catégorie 
de oo" transformations de contact en généralisant la forme donnée par 
Darboux (Théorie des surfaces, § 157, t. I) à la transformation de Lie. En 
effet, les équations 

^ ' -^ ( /i = a^y. + ^oP + c,>y h- d.f, m -- a,,a.-h h.,{i -\- r,/,' H- </., p 

établissent une correspondance entre les droites (X-, /, m,n) et les sphères 
(a., fj, y, p) de telle façon que deux droites se coupant se transforment en 
deux sphères se touchant si les équations suivantes sont satisfaites : 

a ta2 — a.j a ., = b^b.,— b-, b^ = c,c.^ — c^c,, - d, d., — d^ d,, = i , 

a,b.,-\- b,a.,— a.jb^— bjU^^ o, b,c., \- b^c, — b^c.,— b.,c.j— o, 

(21) 1 

1 a,c., -h c,a.2 — a.jC,, — c^U:, — o, b,d.^^ bnd,— bjd.,— bj,d.j^^ o, 

[ a,d.,-hd,a., — a 3 <-/,,— </;,«,, = o, c^d^^ Cyd, — c^d,, — d.jC,, — o, 

car ces équations sont nécessaires et suffisantes pour que la forme qua- 
dratique 

(k — k'){n — n') — (/ — l')(m — m ) 

soit changée par la transformation (19) dans la forme quadratique 

("- - ^'X' + ((i - P')' + Cy - y'/ - (p - ?')'• 

» Ici il y a encore quelques questions qui se posent ; par exemple la 
question de la possibilité de la transformation des lignes asymptotiques 
dans les lignes de courbure et la question si le groupe à six paramètres est 
continu dans le groupe à treize paramètres. « 



GÉOMÉTRIE. — Sur les sur/aces de M. Voss. Note de C Guichard, 
présentée par M. Darboux. 

« Je conserve les notations et les formules de ma Note précédente 
(Sur les réseaux cycliques qui contiennent un système de géodésiques) . J'ai 
fait remarquer que si « = i le réseau F est un réseau de Voss, c'est-à-dire 



( 24 ) 

que toutes les courbes du réseau sont des géodésiques. La congruence FS 
est donc une congruence de normales; par conséquent, le réseau T, qui 
lui est parallèle, est un réseau O; c'est un résultat que j'ai établi depuis 
longtemps. 

» On a alors les formules suivantes : 

a = sino, w^cosç, 

è=-T^> n — i, - — ^ = sino, 

dv ou <yi- ' 

dv ' ou âv "^ ^ 

)) A ch ique surface M on peut faire correspondre une infinité de sur- 
faces analogues (M') pour lesquelles : 

a'=xsino, TO'=xcoscp, h' -=: xh, 

6'=~s n' = -, i=I, 

</(â–  -j- 

X étant une constante arbitraire. 

» Soient maintenant? un pointdeMT quidécritun réseau, PQ et PR les 
deux tangentes à ce réseau qui rencontrent respectivement en Q et R les 
secondes tangentes des réseaux M et T. La congruence PQest harmonique 
au réseau M et la congruence PR au réseau T; donc ces deux congruences 
sont cycliques. 

» Nous obtenons ainsi des réseaux dont les deux tangentes décrivent 
des congruences cycliques; les congruences parallèles à ces réseaux sor.t 
telles que leurs deux réseaux focaux sont cycliques. 

» Les solutions ainsi obtenues sont les solutions les plus générales du 
problèdae suivant : 

» Trouver toutes les congruences dont les deux réseaux focaux sont 
cycliques. 

» Ce problème est, comme je l'établirai plus tard, un problème du 
sixième ordre (quand on ne cherche que la direction des éléments); les 
solutions qui se présentent ici ne dépendent que de deux équations du 
second ordre. 

» Les cosinus directeurs ;,, c^, Çj de la droite MT sont solutions de 
l'équation 

-j - — T- -^ — I- mnt — i^cosç. 

du oi- n ()u Oi' ' 



( 2n ) 

» Les cosinus directeurs ^', , E'^, l'^ de la tangente M'T' au réseau corres- 
pondant M' satisfont à la même équation. Il en résulte que la coni^irnence 
Mï est 30 d'une infinité de manières. On pourra donc choisir le point P 
de façon que le réseau P soit 2O; si l'on effectue les calculs on trouve que 
les réseaux Q et R sont aussi 2O; donc : 

)) Ces réseaux P sont 'zO, les deux réseaux qui s'en déduisent par la méthode 
de Laplace sont 2 O, enfui chaque tangente au réseau P décrit une congruence 
cyclique. 

» La congruence MT est plusieurs fois cyclique; soit [j. un réseau O 
harmonique à MT; les tangentes '\jM, y.T à ce réseau décrivent des con- 
gruences 2O. 

» On est amené à étudier ce .second groupe de surfaces. Pour ces sur- 
faces, on a 

a = asmcp, /n = ^Àcos<p, 

6 = [3 sin i|/, n:=-<j. cos y. 



9 et i|/ étant donnés parles équations 



du 



Xsin(|/. 



;x sm cp ; 



a, p, \, ij- étant des constantes liées par la relation 

aB — 5)^ — -ur = o. 

' (3 a ' 

)> A l'aide de ces formules, on vérifie que les réseaux S et T de ce second 
groupe de surfaces sont 2O. 

» Les cosinus directeurs E,, ^2. i-i 'le MT satisfont ici à l'équation 



I On 1]^ 



ou 




à" dv ^' cosij* 



» On vérifie qu'elle admet les deux solutions cosO et sinO, étant dé- 

C. R., 1899, r Semestre. (T. CXXTX, N» 1.) 4 



( 2(i ) 

terminé par les deux équations compatibles 

-T- = lu- COS ffl , 

au ' ' 

-— = llCOSÙ. 

Elle admet, en outre, la solution sin}. 

» Cela posé, si l'on considère une congruence rapportée à ses dévelop- 
pables et telle que la droite génératrice ait ses cosinus directeurs propor- 
tionnels aux quantités 

cos6, sin6, «sinij», 

on verra que l'un des réseaux focaux de cette congruence est un réseau O 
et que l'autre se projette sur le plan des deux premières coordonnées sui- 
vant un réseau O ; donc : 

» La recherche des sur/aces de Voss est èquivalenle à celle des congruences 
dont l'un des réseaux focaux est formé par les lignes de courbure d'une sur- 
face et dont l'autre se projette sur un plan fixe suivant un réseau ortho- 
gonal. » 



ALGÈBRE. — Les groupes d'ordre i6p, p étant un nombre premier impair. 
ISote de M. Le Vavassecr, présentée par M. Darboux. 

« J'omets, dans l'énumération, trente-quatre groupes décomposables. 
Voici les autres : 

( [rt"^n; 6''=: i,j6(7 = ai", a appartient à l'exposant 2? (modys)]. 

^'^"1 p = i,2,3,4, 

1 [0'= 6^= C''= I, «i ^ />(7, c« = cfc", ce = ic"' 
'"' ( 1 appartient à l'exposant 4 (niod/>)], 

Gf g., {câ^z b' ^ €'■ =: i . ab^ ba^, ca =^ ac-^, cb = bc), 
i [a^= b^=z cP^ i, ab:= ba^, ca = ac'^, cb=zbc 
"'' I a appartient à l'exposant 4 (mod/?)], 

^îc/' {a^^ b^ = cP^i, ab^ ba', ca z:z ac, c6 = 6c-'), 
[a' = b^ z^ cP = 1 , ab^ ba^, ca = flc", cb = ic"' 



""' ( a appartient à l'exposant 4 (niod/>)], 

i (a^r=b-^^c''=:d''=i,ac=2ca, bc^=cb, ab=ibac- 
""' \ da = ad, db = bd, de = cd-'), 



G" 



G\î, 



G\h 



( 27 ) 
j {a-=z b-^c'''^ d'' =:^i, ac = i:a, hc^^cb, ab ^= bac- 
{ da = ad, db =1 bd~^ , de z^ cd ), 

(rt-^ 6-— t' = rf/'.— I, flc = frt, bc =^ cb, abz^bac- 
da = «rf-' , db =z bd-\ de ^= cd-'), 
G\li, {a'-—b''=:cP=^\,ab = ba^,ca^ae-Kcb—be ), 
G\li. {d'=:b- — c''—i,ab=iba^,ca = ae, cb—bc-'), 
[a'^ ^= b^ —^ eP =: \ , ab =: ba^, ca = ac, c6 =; bc^ 
a appartient à l'exposant 4 (mod/»)], 
pifi j («*= A' = c2= rf/'= I, rtc = ca, bc=eb, ab =: bac 
' i da^z. ad-'^ , lii» 3= 6f^, de =r crf ). 

/ [rt'= 6-= c^z= rf/'z^: I, (7c = Crt, bc^ricb., ab z= bac 
G î j ,, ■ </a =z «rf», db = bd, de = cd 

' a appartient à l'exposant 4 (mod/>)], 

PIS ( {a''z^ b-z^ e-=z dP::^ 1 , ac ^^ ca, be^=cb, ab = bac 

' ' I da z^ ad, db z= bd~^, de := cri ], 

Gl6/,(«^= 6'= c''= I, «*= 6% «6 ■= ba'', ca = ac, eb = bc'), 
G'J°^,(rt«r= 6'= c/'= 1, a'= b-, ab = 6«", ca = ac-', cb =^ be ), 
G;J,,(rt8= b'— c''= I, «6 = 6rt', t-a = ac, cZ* = Oc-'), 
Gil,,{a^= b-:= cP=i, ab=z ba\ ca = ae-\ cb= bc ), 
Gj^,,(«'= 6^= ePzzri, rtô = 6a^ ea=iac-\ cb — bc-'), 
GJ*,,(rt'= 6^= c''= (, «6= ia', ca = «c, cb = be-'), 
GJ^,,(a*= è-= c''= I, «t = ia'', ca = «c-', eb ^^ bc ), 
G\'l {a'=z b'^^c" =r. i,ab:=: ba, ac = cb, bc:=ca^b'), 

Gl l |;al2,x<+x-.4-a-.+x+l, _ ^5 _ , _ „^ _ ^„;ï j^ 
G-2S |-„(2,..«+.c3+.,«4-a.H,_ ^3_ i^ ^(T, _ [,a^'+.^'], 

( rt- =: Z;'- = c' =: rf^ =3 i , a6 r^ iac-, ac = ca, be = c6 
c(^ =r f/c, ac? =; c^6, bd. -- '/rtZ»c ), 
GJ° (a'= 62— f.)= ,^ ^^ _ ^^3^ ac'-= ca'', a'c-— cd-b, be-— cb). 



G? 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur le dcvdoppemenl d'une branche uniforme 
de fonclion analytique en série de polynômes. Note de M. Paul Painlevé, 
présentée par M. Appell. 

(( Dans une Noie antérieure {Comptes rendus, 23 mai 189g), j'ai indiqué 
une méthode de démonslration très simple du théorème récemment publié 
par M. Mittag-Leffler. Je voudrais donner ici quelques applications pré- 
cises de la mélhode. 



( ^8 ) 

» Considérons, dans le plan complexe des 'C, l'angle aigu C compris 
entre les deux demi-droiles issues du point — i et qui font avec le demi- 
axe réel positif les angles -^ et jv (N désignant une quantité donnée 



plus grande que i), et soit 




la fonction qui représente l'aire C sur un cercle du plan Z, de façon qu'au 
point - = o corresponde le centre Z = o du cercle, et au point 'C = i le 
point Z = I. Soit maintenant z = i^-^g^-(Z) : quand le point Z décrit la 
circonférence de centre Z = o et de rayon i, le point z décrit une courbe 
fermée C,,, entourant l'origine et passant par le point z = i. Si N croît 
indéfiniment, C^ tend à se réduire au segment oi de l'axe réel. Soit enfin 

a . 

z, = - : quand s parcourt C,,., 3, parcourt une courbe fermée, soit C^. 

» Ceci posé, considérons la fonction 

et développons-la en série de Mac-Laurin : 

,-4-(Z) = ^'^o(-) + A. (=-)^ + A,(..)Z=^ + A,(z)Z-^ + ..., 

où les Aoy, Aoy,_, sont des polynômes en :; de degré^(AoHsi, A, ;^o). 
Faisons Z = 1 , et (pour simplifier la notation) posons 6^= A.,, + A., ^, ; 
la série 



'1=0 



converge el représente ^ dans toute l'aire intérieure à la courbe fermée C'. 

Les X sont des fonctions rationnelles de N à coefjîcienls entiers, dont il est fa- 
cde de donner l'expression explicite. 

« Plus généralement, soit Y {z) une branche de fonction analytique 
holomorphe a l'origme; soit a son étoile de convergence. Soit enfin a un 
quelconque des points singuliers de la branche Y {z) {a est un sommet de 
1 étoile), et soit a^ l'aire intérieure à toutes les courbes C"^. Quand N croît 
Huléfinimcnl, a, tend vers a. Remplaçons dans tous les termes de (i) 



( 29 ) 
les zJ par — rf^ z', et soit P<,(2) ce que devient alors Bç(zj ; on a 



'/= 



7 = </ = o 

dans toute l'aire a.^. Pour tout point extérieur k cCp,, la série diverge. 

» Précisons un peu le degré de convergence de ces séries. Il nous suffit 
de considérer la série (i). Soit, dans le plan ^, ABC l'aire de l'angle t située 
à gauche de la droite ^ = r, ('( = ^ + ir\), et soit A'B'C l'aire homothétique 

de ABC par rapport à *C = o, le rapport d'homothétie étant i + |^- Soit 

enfin F-y l'aire transformée de A'B'C dans la transformation z = yr 

Quand N croît indéfiniment, l'aire Ty comprend sensiblement tout le plan, 
abstraction faite du segment i, -h oo de l'axe réel. Ceci posé, soit Sj'(z) la 
somme des v premiers termes de la série (i); on a 

Il suit de là que, si l'on pose N = Iog(« + 2) 

v = «, q„=s,':{z), n„ = Q„^, -Q„, .no=. I, 

la série 7 n„(s), dont les termes sont des polynômes en z de degré n, con- 

verge et représente ; dans tout le plan, sauf sur le segment i. H- ao de 

l'axe réel. 

)) Dans l'aire r,„„^ (qui tend vers a pour q — ao), la somme 2^ des q pre- 
miers termes de la série représente ; avec une erreur moindre que 

-t- - ( l — 10g2) 

2 ^ . Les coefficients des !!„ sont rationnels en \o^(^n-\- 2). Si, au 

lieu de faire N = log(/i 4- 2), v ^ n, on faisait N = Ai, v = 4«2", on 
obtiendrait une î.ériebien plus rapidement convergente, où tous les coeffi- 
cients seraient des nombres rationnels, mais dont le «"'"* terme serait un 
polynôme en z de degré l^ni". 

» Pour obtenir le développement de F(z') dans (X, il suffit, dans une des 

deux séries précédentes, de remplacer partout z' par .^"" (y =: o, 1,2, . . . )• 

w Donnons maintenant un exemple d'cVo//ec«m//g-/?e. Le point c étant un 



( 3o ) 
point quelconque du plan complexe i^z = x + iy), décrivons sur le seg- 
ment oz comme diamètre un demi-cercle omz ou L, qui sera défini sans 
ambiguïté par la condition que le sens omzo soit le sens/jo^ùi/du contour 
fermé omzo. Prolongeons la branche de fonction F(:;), holomorphe à 
l'origine, le long de L : si le prolongement est possible régulièrement jus- 
qu'en z, le point z, par définition, fera partie de l'étoile curviligne d'es- 
pèce L attachée à F. Soient 7/ cette étoile, Fl(:;) la valeur ainsi définie pour 
F en z. Soit, enfin, a un quelconque des points singuliers de F qu'on ren- 
contre sur les chemins L: les points du plan exclus de l'étoile oJ sont tous 
distribués sur des demi-droites issues des points a et faisant avec la direction oa 
l'angle 4- -• Représentons enfin par C^ la courbe que parcourt le 

point z = quand z, parcourt le contour désigné plus haut par C,,. 

En substituant, dans toutes les définitions du début, C^ à C,,,, on définit, 
pour chaque valeur de N(N ]> i), une aire ctJ^ qui tend vers a' pour N =; ce. 
Ceci posé, toutes les propositions précédentes subsistent sans modification pour 
la branche Fl(s) et les aires a! , aj,, à condition de substituer à la fonction 
ç(Z), introduite plus haut, la fonction 

o(Z) = 



2 



où ^(Z) garde le même sens. Le développement de la nouvelle fonction 
o(Z) en série de Mac-Laurin (où l'on fait Z ^ i) fournit donc le moyen de 

développer en une série explicite in„(3) de polynômes convergente dans 

tout le plan sauf sur la demi-droite issue du point z = i et parallèle àoy. En 

remplaçant partout z' par — q— -■'» on obtient un développement de Fl(5) 

convergent dans toute l'étoile a'. 

» Observons que V étoile ce' n'est pas nécessairement d'un seul tenant. Soit, 
par exemple, F= \J{i~z){i — iz-^z-) où F = + v'â pour :; = o; l'étoile v.' 
relative à F comprend tout le plan, à l'exception des trois demi-droites D. 
D', D" issues des points :; = i , = = i -i- /, s = i — ^■ et faisant respective- 

ment avec Ox les angles + ^' + x' "^ "^" ^^^ ^^"^ premières forment 
un angle aigu E et les points intérieurs à E ne peuvent être reliés à l'ori- 
gine par u;i chemin continu sans franchir les demi-droites D ou D'. La 
série S converge dans tout le plan sauf sur D. D', D" et représente, pour 



( 3i ) 

nn point z de E, la valeur F, (s) avec laquelle on arrive en :â–  sur la demi- 
circonférence L. » 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. • — Sur deux équations intégrables du second ordre. 
Note de M. E. Goubsat, présentée par M. Appell. 

« J'ai énuméré dans un travail récent (^Annales de la Faculté des Sciences 
de Toulouse, 189g) tous les types d'équations aux dérivées partielles du 
second ordre, de la forme s^ f(^x, y, z, p, g), qui admettent deux inté- 
grales intermédiaires distinctes du second ordre. Les formules suivantes, 
que j'ai obtenues depuis, complètent les résultats de ce Mémoire. 

)) L'intégrale générale de l'équation 



(r) s:. = \/j-^p'\ji-hc/- 

est représentée par la formule 

où X est une fonction arbitraire de a; et Y une fonction arbitraire de j. 
Pour faire disparaître les quadratures, il suffira de poser 

Y == P, r=^-©"(p) -+-fio'(p) -(p([3), 

a et p désignant deux paramètres auxiliaires, /" et tp deux fonctions arbi- 
traires. 

» L'intégrale générale de l'équation 

(3) s slnz = \/i + p- \/\ -h q^ 

est représentée par la formule 



(4) cosz = — ^ ^ 






où 7/, et u.^ sont deux fonctions de x, vérifiant l'équation linéaire du second 

ordre 

cP II „ du II 

aie- cix 4 



( 32 ) 
X étant une fonction arbitraire de œ; v, et v., sont de même deux fonc- 
tions de 7 satisfaisant à une équation linéaire de même forme 






Hy 



où Y est une fonction arbitraire de j. On voit facilement que u^, u.., (,, ('. 
peuvent s'exprimer par des quadratures seulement. » 

ANALYSE MATHÉMATIQUE . — SuT une classe d' équations aux dérivées partielles. 
Note de M. Ivan Fredholm, présentée par M. Poinci'.ré. 



« Soit 



(0 



ri d d d ^ 



une équation différentielle linéaire homogène et à coefficients constants, 
et supposons que/(i,-/i,Q soit une fonction définie du degré in. 

» Soit, de plus, '\{l,r„'(,) une forme quelconque du degré 2/z — 2 et 
formons l'intégrale 



(2) 



■-fw^^'"'''-* '•'■'' ^"'^^- 



où l'intégration doit être étendue à tous les éléments d'une ligne droite 

située dans le plan 

x\ +yf\ + ^^ = 0, 
et passant par le point 



l 



y ^ 

h c 



Z X 

c a 



X y 
a h 



» J'ai démontré (') que la fonction n est une intégrale de l'équation (i) 
jouiss int des propriétés d'être homogène du degré — i et de n'avoir aucun 
point singulier réel sauf l'origine. 

)) On démontre aussi facilement que les diverses fonctions qu'on obtient, 
en posant, dans la formule (2), 

• 4'=^°'yiP'C^ (oc-Hfi-t- Y=2/?-- 2), 

sont les dérivées d'ordre in— 2 d'une même fonction, soit P^o-, j, z-). 



C) Actn mathematica. t. XXIII. 



(33 ) 

» Il est clair que P est aussi une intégrale de l'équation (i) n'admettant 
pas d'autre point singulier que l'origine. 

» Je me propose de montrer que le rôle de la fonction P par rapport à 

l'équation (i) est analogue à celui de la fonction - par rapport à l'équation 

de Laplace. 

)) En effet, l'équation (i) étant identique à son adjointe, on a toujours, 
entre deux fonctions ii et v admettant des dérivées continues jusqu'à l'ordre 
2/1, la relation 

(3) I (v/ii — n/v) dS = I [Lcos(«,;r) -t- M cos(«, j) -t- N cos(/*, s)] r/T, 

où dS désigne l'élément de volume d'un domaine S et de l'élément de 
surface de la frontière c de S. 

» L, M, N sont des expressions bilinéaires des fonctions u, v et leurs 
dérivées jusqu'à l'ordre 2rt — i inclus. Il importe d'observer que le coeffi- 
cient d'une dérivée quelconque d'ordre f de u est une fonction linéaire des 
dérivées d'ordre 2n — i — v de v. 

» Cela posé, supposons que u soit une intégrale de l'équation (i) et 
posons r = V(x- ~ .t„, y — y„, z — ;„). La formule (3) s'applique encore 
à condition d'exclure le point Xg, j„. r„ du domaine S en l'entourant d'une 
surface arbitrairement petite. Un raisonnement calqué sur la démonstra- 
tion classique de la formule de Green nous permettra d'écrire la formule 

(4) /cu(Xg, y„, Zg) = / [Lcos(«,a?) H- Mcos(«, j) 4- Ncos(rt, =)Jr/'7, 

qui présente une analogie parfaite avec la formule bien connue de Green. 

)) Désignons maintenant sous le nom de problème de Dirichlet généralisé 
la recherche d'une intégrale de l'équation (i) continue ainsi que ses déri- 
vées jusqu'à l'ordre in inclus dans S, prenant à sa surface t des valeurs 
données ainsi que ses dérivées jusqu'à l'ordre n — i inclus. 

» Admettons qu'il soit possible de résoudre ce problème, et désignons 
par g{x, y, z; x„, >„, ::„) la fonction en donnant la séparation dans le cas 
où les valeurs données à la surface sont celles de la fonction 

V{x-x^,y - yg,z- z„) 

et ses dérivées. L'application de la formule (3) aux fonctions /«et ^conduit 

G. R., 1899, 2' Se>77cstre. (T. CXXIX, N» 1.) 5 



(34 ) 

maintenant au résultat 

[I., cos(n,x) + M, cos{/i,y) -+- N, cos(rt, z)]da = o, 



/l 



où les expressions L, , M, , N, , en ce qui concerne les termes contenant des 
dérivés d'ordre supérieur à /* — i, sont égales aux termes correspondants 
dans les expressions L, M, N. Par conséquent la formule 

A-u(x„, y„, z-a) 

[(L — L, )cos(/i,.r) + (M — M,) cos(«, y) — (N — N,)cos(/t, =)] rf<; 



^J) 



ne contient que les dérivées de u d'ordre inférieur à n. 

» Elle représente par suite la solution du problème de Dirichlet géné- 
ralisé et elle montre que cette solution est unique, toutefois en faisant 
l'hypothèse que le problème est toujours soluble. » 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Considérations sur les Travaux de MM. S. Lie 
et A. Mayer. Note de M. N. Saltykow, présentée par M. C. Jordan. 



« Soit 



(0 



/'a+ >^k\X{i ^2t • • •> X,i, Z, p,„^f, p,n + i> • • •' Pn) — ^ 



dz 



( k ^ \ , 1, . . ., m, rn<Cn, 

un système complet, les variables pi désignant les dérivées partielles 
Supposons que les équations 

( 1=^1,2,...,/, ["in — w, 



(3) 



Ci étant des constantes arbitraires, sont des intégrales du système aux dif- 
férentielles totales 



dx„ 



lididr/^^"^ 



dH, 



(3) 






A = l 
'i! /n — m 



A=l \ /â– =! 
« = 1,2,..., 



on, 

Opm^ 



- H* l dx. 



n — m. 



(4) 



( 35 ) 
» Les équations (2) étant supposées résolubles par rapport aux x,„+^, 
■Tm^-2- • • • > '^mw. effectuons la transformation des variables de M. A. Mayer, 
indiquée dans le numéro précédent des Comptes rendus (N. Saltykow, 
Considérations sur les Travaux de MAI. S. Lie et A. Mayer^. Les équations (i) 
et (2) deviennent 

\ Pk + "a (.-^l > ■'^2 ' • • • » ^m' /'m + i » • • • » Pm i-t' ^m+l i-l « • • • » •''"«' ~' f Pm + i ' ■ ' • ' P/i) ^^ *^ 

( k = ï, 9., ..., m, 

/ , (.T, , X.,, . • .» .T,„, /?,„+! » . . ., Pm+l^ •■'^nn-l+\ > • • •» •^'n' -^ • /',„+| • • • <! P m-rlj ^^ ' '' 

« = I, 2, .. ., /. 

Si l'intégrale complète de ce dernier système est connue, on obtient, comme 
je l'ai démontré ('), rien que par des différentiations, l'intégrale générale 
du système aux différentielles totales, correspondant aux équations (4). 



(5) 



^''/'"-> = i;:5Sl^^- 



dx, 



ô\\\ 



Iwt:"^^'- 



dli'i 



■*^ "/' m -I- ). ^^ '-^•' m + fj 



k = \ 

tn / " = '" 

* = 1 \ ; = 1 
>^ = I, 2 /, 



h; )</a-A, 



17 ^ / 4- I , / + 2, . . . , 71 — m. 



» Cela posé, tout revient à démontrer que, par la transformation in- 
verse des variables p\ z' par leurs valeurs en fonction des x, z, p, le svs- 
tème (5) devient identique à (3). Il est aisé de s'en persuader en vertu des 
identités 

dW,, d\{,,. dW'i, Mil, 



àp,n + n 

dW,, 



dPm + n 



àp', 



dx„ 



dz' ~~ dz ' 



Oz p "•+'>'' 



les indices "k, 1 ayant les valeurs (5). Par conséquent, l'intégrale générale 
du système (4) sera transformée dans celle du système (2), et l'on obtient 



(') Comptes rendus, t. CXXVIII, p. 27/i. 



(30) 

l'intégrale complète des équations (i) rien que par une opération d'éli- 
mination algébrique ('). 

» Considérons l'exemple cité dans notre Note précédente 

(6) ;,, + i;=0, p.^-^j^ = o. 

Le système d'équations aux différentielles totales 

doc.. = -^^ dx. . dx, = -^-^ dx.,. 
Pi ' 2x2 - 

( 7 ) {d/),= -^dx,, dp i = " i '' dx. ■+■ — dx., , 
dz = ^ (Ix, 

pI 
admet deux intégrales en involulion 

(8) x,s^^, = C„ f = C,. 

)) L'intégrale complète des équations (6) et (8), transformées à la ma- 
nière de M. A. Mayer, est 

z' = — ^'^* ! 

\^ C --C r ' r- 

» - »^ — U, .7 ., çjJ-1 

» Les déterminants fonctionnels 

ne s'annulant pas, nous obtiendrons par la voie indiquée l'intégrale géné- 
rale du système (7) 

;" — a, b, 

2(5»— «,i„)f' o\ /^ 

■r, = bf^^' ^^' — a?, )-)-«, , .r, = «, 4/ _i, 



(') Voir mes Notes, Comptes rendus, t. CXXVIll, p. 166 et 274. 



( 37 ) 
x",x" étant des valeurs données, o,,a.,,z",lj,,h.^ des constantes arbi- 
traires, représentant les valeurs initiales des variables x.j,x.,, z,p.^,p:^. En 
éliminant a.,, h, entre les trois premières de ces dernières équations, on 
obtient Tinlégrale cherchée 



3 (^.o- b,_ y/g .n) Ç/^ {.r, - x\ ) {œ,- «. r- 



fl,, s", h., étant des constantes arbitraires. 
)) De même pour l'équation 

{z^ j\l).i)j„_ î — ,r,.r3 



«i/'a 



= O, 



en partant de formules de ma Note précédente, nous avons l'intégrale 
complète 

" ~ ''i L •*"2 ■2-5— "i J' 

a,, :", «., étant trois constantes arbitraires. » 



PHYSIQUE. — Étincelle globulaire ambulante. Note de M. Stéphane Leduc, 

présentée par M. d'Arsonval. 

« Lorsque deux pointes métalliques très fines et bien polies, en rapport 
chacune avec l'un des pôles d'une machine électrostatique, reposent per- 
pendiculairement sur la fi^ce sensible d'une plaque photographique au 
gélatinobromure d'argent placée sur une feuille métallique, les deux 
pointes étant à 5"^^™ ou lo"" l'une de l'autre, il se produit un effluve autour 
de la j)ointe positive, tandis qu'à la pointe négative il se forme un globule 
lumineux; lorsque ce globule a atteint une grosseur suffisante, on le voit 
se détacher de la pointe, « qui cesse conij)lètement d'être lumineuse », se 
mettre en route, se déplacer lentement sur hi plaque, faire des détours, 
s'arrêter, puis repartir vers la pointe positive; lorsqu'il arrive à celle-ci, 
l'effluve s'éteint, tout phénomène lumineux cesse, et la machine se désa- 
morce commme si ses deux pôles étaient unis par un conducteur. 

M La vitesse avec laquelle le globule lumineux se déplace est très faible ; 
il met de une à quatre minutes pour parcourir la distance de 5*^"" à lo'^^"'. 
Parfois, avant d'atteindre la pointe positive, le globule éclate en deux ou 



( '58 ) 
plusieurs globules lumineux, qui continuent individuellement leur route 
vers la pointe positive. 

» En développant la plaque, on y trouve tracée la route suivie par le 
globule, le lieu d'éclatement, les routes des globules résultant de la divi- 
sion, l'effluve autQur de la pointe positive; enfin, si l'on arrête l'expérience 
avant l'arrivée du globule à la pointe positive, la photographie ne donne 
la route que jusqu'au point d'arrêt. 

» Le globule semble rendre son trajet conducteur. Si, pendant le voyage 
du globule, on projette ime poudre sur la plaque, du soufre par exemple, 
le trajet suivi par le globule est marqué par une ligne de petites aigrettes, 
présentant l'aspect d'un chapelet lumineux. 

» L'expérience réussit sur une plaque voilée par la lumière, laquelle ne 
communique pas à la couche sensible la conductibilité que le globule lu- 
mineux produit sur son trajet. 

» Les étincelles globulaires décrites par G. Planté (') et A. Righi (-) 
sont, par leur mode de production et par leurs caractères, très différentes 
de celles qui sont étudiées dans cette Note. 

» De tous les phénomènes électriques connus, celui-ci semble présenter 
le plus d'analogie avec la foudre globulaire. » 



PHYSIOLOGIE. — Oscillations nerveuses, leur fréquence. Note 
de M. AcG. Charpentier, présentée par M. d'Arsonval. 

« La méthode que j'ai employée pour mesurer la vitesse de propagation 
des oscillations provoquées dans le nerf, par l'excitation unipolaire, m'a 
permis de faire un pas de plus dans l'analyse de ce phénomène. 

» Les faits que j'ai décrits jusqu'ici pourraient être interprétés [jhysio- 
logiquement en les rattachant à la grande loi de l'inexcitabilité périodique, 
posée par Marey depuis ses belles recherches sur le cœur, et qui tend 
aujourd'hui à se généraliser aux divers appareils musculo-nerveux. En 
eflet, nous avons vu une excitation simple et bien limitée, comme le cou- 
rant unipolaire bref, amener dans le nerf un état tel que, si l'on fait agir 
.sur lui une seconde excitation semblable un certain temps déterminé après 
la première, cette seconde excitation reste inefficace. 

(') Comptes rendus, 19 août 1878. 
(^) éclairage électrique, 1896. 



(39) 

» Mais nous avons constaté en outre un fait nouveau, c'est que cet état 
particulier du nerf se transmet au delà du point excité, avec une certaine 
vitesse que nous avons mesurée et qui est précisément celle de l'influx 
nerveux lui-même. 

» Reste un dernier phénomène à ajouter aux précédents, c'est que cet 
état du nerf se renouvelle périodiquement; en d'autres termes, que l'exci- 
tation crée dans le nerf un étal oscillatoire. 

» En effet, conservons le dispositif expérimental décrit dans ma dernière Note 
(26 juin 1899) et à l'aide duquel on peut envoyer, à deux points différents du nerf, 
deux excitations brèves, se suivant de très près à des intervalles variables ; seulement 
nous ne changerons rien à la position des électrodes sur le nerf, et nous nous conten- 
terons d'augmenter graduellement le temps compris entre les deux excitations; nous 
verrons alors que l'interférence se produit, non seulement pour un intervalle de temps 
déterminé, mais encore pour un second intervalle plus grand, et souvent ainsi pour 
plusieurs intervalles successifs, séparés les uns des autres par des périodes de reprise 
de la contraction. Il est évident que la différence de ces inten,'alles successifs donne 
directemenL la valeur de la durée d'une oscillation nerveuse complète. 

» Bien que cette mesure soit délicate, j'ai pu la faire pour les deux premiers inter- 
valles. J'ai trouvé entre eux des différences comprises entre j^ et j^ de seconde. Leur 
moyenne est YîS~ït ^^ o", 001 34- 

« Admettons cette valeur encore provisoire, et rapprochons-la de celle qui a été 
trouvée précédemment pour la vitesse de propagation : le produit de cette vitesse par 
la durée d'une oscillation nous donnera la longueur d'onde dans le nerf. On a 

36'", 43 X ■' - — o-jOSS. 

747.5 

La demi-longueur d'onde est, d'après cela, de 17"™, 5 environ. 

1) Or, nous avons vu, dans nos premières expériences sur les excitations faradiques 
unipolaires (voir Note du 12 juin), que la demi-longueur d'onde appréciée directement 
sur le nerf par une tout autre méthode était voisine de 2'='" (et j'aurais dû dire un peu 
inférieure). 11 s'agit donc bien, dans un cas comme dans l'autre, du même phéno- 
mène : l'excitation instantanée et limitée d'un nerf détermine, dans ce nerf, des oscil- 
lations d'une fréquence voisine de 700 par seconde. 

» Ces oscillations sont bien, tout nous l'indique, de nature nerveuse. 
Sont-elles en même temps de nature électrique? Cela est rendu bien pro- 
bable par la comparaison des résultats précédents avec les mesures faites 
par Bernstein sur la variation négative des nerfs : d'après ce physiologiste, 
la variation négative du courant d'action qui se produit à la suite de toute 
excitation nerveuse (Du Bois-Reymond) durerait de ,„ ^„„,, à Yiï\ôô ^^ ^^' 
conde et se propagerait avec une vitesse de 27" à 28"". 

» Or, celte diu'ée correspond bien à celle d'une demi-oscillation nerveuse 



( 4o) 

(période ncgalive de noire oscillation); la moyenne serait, en effet, 
ïTrio- pou'' 'e phénomène de Bernstein et ^^^ de seconde pour le nôtre. 
La vitesse de propagation est aussi sensiblement la même dans les deux cas. 

» Si celte identité se confirme, ce sera le premier pas décisif vers la dé- 
monstration expérimentale de celle idée que l'influx nerveux est réelle- 
ment de nature électrique, idée déjà rendue hautement probable par l'en- 
semble des travaux de M. d'Arsonval. 

» Indépendamment de sa portée théorique, notre méthode constituerait 
aussi un nouveau moyen d'étude de la variation négative, ou plutôt des 
courants d'action des nerfs. Elle aurait l'avantage de ne pas exiger de lé- 
sion du nerf pour déceler les manifestations électriques de son activité. 

« Quoi qu'il en soit, il n'est pas sans importance de constater objective- 
ment dans le nerf moteur le phénomène que j'ai déjà découvert dans la 
rétine, et qui a été retrouvé par MM. André Broca et Richel dans l'écorce 
motrice du cerveau : la production d'oscillations dans un appareil nerveux 
à la suite de son excitation. Le rythme seul diffère suivant l'appareil en- 
visa eré. ') 



PHYSIQUE. — Sur la nature et la cause du phénomène des cohéreurs ( ' ). Note 
de M. Thomas Tommasi.va, présentée par M. A. Cornu. 

H Des expériences conduites systématiquement dans le but d'élucider le 
phénomène des variations de conductibilité des limailles métalliques et 
en général des poudres des corps conducteurs quelconques, sous l'action 
des courants induits par les ondes électriques, me permettent d'établir les 
conclusions suivantes : 

» 1. L'augmentation de la conductibilité électrique des limailles est la 
conséquence de la formation de chaînes rendues conductrices, par des 
adhérences entre grain et grain. 

» 2. La formation des chaînes dépend de l'orientation de ces corpuscules 
conducteurs suivant les lignes de force du champ électrique constitué par 
la différence de potentiel entre les deux électrodes. 

» 3. Les adhérences conductrices sont la conséquence de réchauffe- 
ment des très petits contacts produit par l'éclatement d'une série d'étin- 
celles. 

(') Genève, laboratoire de l'Université. 



( 4i ) 

)) On pourrait, à la rigueur, déduire ces conclusions de mes précédentes 
Notes; mais je pense pouvoir leur donner une base solide par les faits nou- 
veaux que je vais signaler. 

» Formation instantanée de chaînes verticales sans aucun contact préalable entre 
les électrodes et la limaille. — Ces chaînettes, que j'appellerai à! auto-formation, se 
produisent moins facilement dans l'air que dans les liquides diélectriques. Dans l'air, 
il faut empêcher les fortes décharges disruptives, car dans ces recherches j'opérais avec 
le courant induit d'une bobine de RuhmkorfT de grande dimension, pouvant donner 
des étincelles de 35™ de long. Il suffit pour cela d'intercaler une large planchette de 
bois horizontale d'une épaisseur suffisante entre les électrodes, et placer la limaille sur 
la planchette, les électrodes étant maintenues à une certaine distance. En faisant les 
interruptions à la main, on voit à chaque décharge la chaîne se former immédiatement 
et rejoindre l'électrode qui se trouve du même côté. 

» Dans l'eau distillée, j'ai pu voir se produire des chaînettes A' auto-formation de 
plus de oâ„¢,20 de long, en laissant agir l'interrupteur de la bobine. Dans ce cas, la 
formation n'est pas instantanée, mais la chaîne emploie moins d'une seconde pour 
arriver à adhérer à l'électrode supérieure. Si l'on diminue le courant en laissant les 
électrodes à la même distance, on voit se former et monter verticalement une quantité 
de chaînettes qui semblent concourir, en s'efforçant par des élans rapides, à rejoindre 
le but. En augmentant graduellement l'intensité du courant, l'une des chaînes peut 
atteindre l'électrode et y adhérer. L'efl'et immédiat est de faire tomber en fragments 
toutes les autres chaînettes et de faire cesser tout mouvement dans la limaille. La 
chaîne conductrice reste formée et ne se détruit pas, même par des secousses très vio- 
lentes; mais si l'on interrompt le courant, le plus léger choc suffit. 

» Ayant mis un peu de limaille au fond d'un tube de verre, en forme de V, rempli 
d'eau distillée, et ayant disposé les électrodes à une distance de o"',i.5, dans les deux, 
branches du tube, j'ai pu observer le même phénomène, mais en double, c'est-à-dire 
qu'il se produisit, en partant de la limaille, dans chaque branche. Les électrodes étant 
sorties de l'eau et des étincelles éclatant sur le liquide, les chaînettes se forment 
comme auparavant et chacune se prolonge jusqu'à peu de distance des points frappés 
par les décharges. 

« Dans l'obscurité, on voit des séries de petites étincelles alignées qui forment de 
vraies chaînes lumineuses, dont la longueur dépend de l'intensité du courant. Au 
sommet de toutes ces ciiaînettes en formation, on voit une sorte d'effluve qui produit 
un vif mouvement dans la limaille; mais lorsque la chaîne conductrice réunissant les 
électrodes est bien établie, tout mouvement et toute étincelle cessent. 

)) Fantômes ou spectres des lignes de force électriques par les chaînes de limaille 
dans l'eau distillée. — La production de chaînes entre deux décharges disruptives 
m'ayant fait entrevoir la possibilité de rendre visibles les lignes de force d'un champ 
électrique au moyen des limailles, j'y suis parvenu de la façon suivante. Dans un réci- 
pient très large et à fond plat, j'ai étalé de la limaille d'argent, recouverte d'une couche 
d'eau distillée de 3°"" à 4"'™ d'épaisseur seulement. Deux fils d'aluminium, renfermés 
dans deux tubes de verre, étaient placés obliquement et s'écartaient à leur partie supé- 
rieure, pour empêcher les décharges; les autres extrémités, sortant à peine de quelques 

C. R., 1S99, -y Semestre. (T. CXXIX, N° 1.) 6 



( 12 ) 

millimètres des tubes, étaient recourbées de façon à être verticales dans Feau et tou- 
chaient le fond du vase. Sous l'action d'un courant moins intense que dans les expé- 
riences précédentes, j'ai vu tout de suite rayonner des deux pointes d'aluminium, con- 
stituant les électrodes, une quantité de chaînettes qui s'alignaient selon des courbes 
parfaitement identiques à celles des limailles de fer des fantômes magnétiques. Mais 
dès que la chaîne conductrice entre les électrodes était formée, il semblait en résulter 
l'arrêt de la formation des autres; pour obtenir, le spectre complet, j'ai dû rompre 
continuellement avec une baguette en verre la chaîne conductrice, car elle se reformait 
chaque fois immédiatement. En aspirant l'eau avec une pipette et en faisant évaporer 
le reste, j'ai pu conserver le spectre électrique ainsi obtenu. 

» Si, pendant cette expérience, on fait l'obscurité, et si, après avoir augmenté le 
courant, on donne au récipient un mouvement oscillatoire, on observe un certain 
nombre de lignes de force qui se dessinent par des chaînes lumineuses. 

» Ces expériences font voir sous une forme agrandie ce qui doit se passer 
dans le champ très limité du cohéreur. » 



MAGNÉTISME. — Sur la position des points de transformation magnétique des 
aciers au nickel. Note de M. L. Dchas, présentée par M. A. Cornu. 

« Les travaux de MM. J. Hopkinson, H. Le Chatelier, Ch.-Ed. Guil- 
laume, Osmond, ont déterminé la position des points de transformation 
magnétique des alliages de fer et de nickel. Lorsque la teneur en nickel 
est voisine de 20 pour 100, le point de l'échelle des températures où com- 
mence à apparaître le magnétisme, pendant le refroidissement, est peu 
éloigné de 0° : il se relève rapidement, soit que la teneur en nickel diminue 
(alliages dénommés par M. Guillaume irréversibles), soit qu'elle augmente 
(alliages réversibles). 

» Nous avons été amenés à constater que les aciers au nickel ayant la 
composition suivante : C = o, 6 à o, 8, Mn := o, 5, Ni ^ 20 à 23, Cr = 2 à 
3 pour 100, ne sont pas magnétiques à la température ordinaire, et ne se 
transforment pas sous l'iniluence du refroidissement, même après l'immer- 
sion dans l'air liquide ('). 

» Cette constatation a été le point de départ de nos recherches (-). 

(') Grâce à l'obligeant intermédiaire de M. Guillaume, M. le professeur J. Dewar a 
bien voulu faire cette expérience en mai et juin 1897 sur trois échantillons : l'un d'eux 
a subi la transformation magnétique. 

(') La Société de Commentry-Fourchambault nous a chargé de la direction de ces 
recherches, qui ont été faites à l'usine d'Imph y par les soins de MM. Adenot, directeur ; 
Girin, ingénieur principal; Dauphin, Gineste et Coupeaud. ingénieurs. 



1. 



II. 



(43) 

Nous avons préparé des échantillons dont nous donnons ci-après les ana- 
lyses, suivies de l'état magnétique à la température ordinaire -+- i5°, dans 
la neige carbonique — 78", et pour quelques-uns dans l'air liquide 
— 188" (').Pour plus de clarté, nous groupons les teneurs en nickel voi- 
sines. Dans chaque groupe, nous classons les échantillons par ordre de 
teneur en carbone : 



111. 

IV. 
V. 



Corn 


ipositiou chi 


imique pour 


100. 






!\Iagnélisnie 




Carbone. 


Silicium. 


Manganèse, 


Nickel. 


à + 1 j°. 


à - 78". 


à — 1S8". 


1,37 


0,41 


2,7' 


10,00 


très 


faible 


très faible 


permanent 


0,07 


0,25 


1,45 


i5,48 


très fort 


très fort 




0,19 


0, 12 


0,73 


i4,55 


très 


fort 


très fort 




0,73 


0,38 


o,4i 


15,92 


très 


faible 


peroiaucnl 




I ,o3 


0,37 


1,22 


i4,44 


nul 




permanent 




.,i3 


0,38 


«,89 


i5,88 


nul 




nul 


permanent 


1,36 


0,55 


2,07 


i4,8o 


nul 




nul 




o,i5 


0, i5 


o,3i 


24,06 


très 


faible 


très fort 




0,34 


0,22 


o,5i 


24,04 


très faible 


très fort 




o,4i 


0,23 


0, 1 1 


24, o5 


nul 




permanent 




0,64 


0,27 


0,88 


24,61 


nul 




nul 


non permanent 


o,85 


0,47 


j,4i 


23,35 


nul 




nul 




0,39 


0,23 


0,43 


25,38 


nul 




permanent 




0,62 


o,4i 


0,80 


25,45 


nul 




non permanent 




0,23 


0,17 


0,18 


27,12 


nul 




permanent 




0,26 


o,i4 


0,36 


27,72 


très 


faible 


non permanent 


permanent 



» L'examen du Tableau (^) nous amène aux conclusions qui suivent: 
» i" La position du point de transformation magnétique ne dépend pas 

exclusivement de la teneur en nickel; dans chaque groupe, les points de 

transformation sont répartis sur l'échelle des températures entre des limites 

éloignées de plusieurs centaines de degrés. 

» 2° Dans chaque groupe, le point de transformation peut être abaissé 

par des additions de carbone et de manganèse, ce qui permet d'obtenir 



(') C'est à la grande obligeance de M. d'Arsonval que nous devons d'avoir pu donner 
à nos expériences l'extension très intéressante dont les résultats sont consignés dans la 
dernière colonne du Tableau, Nous lui en exprimons notre vive gratitude. 

(^) M. Osmond, poursuivant ses remarquables travaux sur les modifications allo- 
tropiques du fer, a eu recours au refroidissement dans l'air liquide. Il a signalé récem- 
ment {Comptes rendus, t. CXXVlll, p. iSgS, 5 juin 1899) deux aciers à 29,07 et 
3,77 pour 100 de nickel qui deviennent magnétiques dans l'air liquide. 11 a, de plus, 
démontré que, dans l'austénite, le carbone seul, sans aucun auxiliaire, abaisse le 
point de transformation du fer bien loin au-dessous de 0°. Ces résultats sont confir- 
més et généralisés par nos propres constatations. 



(44) 

des aciers non magnétiques à basse température, même avec des teneurs 
en nickel très faibles. 

» 3° Certains aciers de teneur en nickel supérieure à 24 pour 100 ont 
acquis, parle refroidissement, un magnétisme non permanent, c'est-à-dire 
qui ne subsiste pas à la température ordinaire (réversibles de M. Guillaume); 
d'autres, faisant partie des mêmes groupes, ont acquis par le refroidis- 
sement le magnétisme permanent (irréversibles). L'un des échantillons 
possède même cette propriété remarquable d'être successivement non 
magnétique à + i5°, magnétique non permanent à — 78°, magnétique 
permanent à — 188°. 

» 4° L'influence du carbone est nettement prépondérante; quelques 
millièmes de cet élément suffisent pour amener le point de transformation 
dans le voisinage de — 188°, tandis que celui des alliages de fer et de 
nickel, qui sont d'ailleurs toujours un peu carbures, ne descend jamais au- 
dessous de 0°. Les proportions de manganèse sont assez faibles pour que 
l'influence de cet élément puisse être considérée comme négligeable, rela- 
tivement à celles du carbone et du nickel. Le manganèse a été introduit 
pour favoriser la dissolution du carbone et éviter sa précipitation à l'état 
de graphite. 

» Le cbrome est un dissolvant du carbone plus énergique encore que le 
manganèse, il a une action très favorable sur la ductilité à chaud et à froid, 
c'est ainsi que nous avons été amenés à préparer un certain nombre d'échan- 
tillons d'acier au nickel contenant des proportions variées de chrome : 







Composi 


tion chimie 
. Chrome. 


jue pour 1011. 






Magnétisme 






Carbone. 


Silicium 


Manganèse. 


Nickel. 


à + 15°. 


à — 78°. 


à — 188». 


VI. 


o,36 


0,47 


14.4 


0,60 


o>9 


très fori 


très fort 


très fort 




/ 0,52 

(2,13 


0,24 


2,83 


0,59 


4,9^ 


très fort 


très fort 




VII. 


» 


3,12 


0,93 


5,0.5 


très faible 


très faible 






0,54 


3,92 


5,o5 


4,96 


nul 


nul 




Mil. 


'.77 


o,4o 


3,19 


2,78 


7,28 


nul 


nul 


nul 




[ o,3i 


0,42 


2,92 


o,46 


10,20 


liés fort 


très fort 




1\. 


1 0,73 


o,.58 


2,70 


0,61 


12, o4 


nul 


permanent 






( t ,10 


0,34 


3,55 


o,9' 


.3,34 


nul 


nul 


nul 




/ 0.07 


0,23 


2,74 


0,96 


17,24 


très fort 


très fort 






0,19 


o,3i 


0,98 


0,26 


17, 5o 


très fort 


très fort 






0,29 


o,3o 


9,0.5 


0, i3 


i5,5o 


nul 


nul 


nul 


X. 


0,33 


0,21 


2,83 


0,60 


i5,o8 


nul 


permanent 




o,4o 


0,47 


.,75 


0,63 


t6,o6 


nul 


permanent 






1 o,5o 


0,24 


'.77 


0,53 


16,68 


nul 


permanent 






f 0,53 


0,3.5 


3,02 


0,82 


i6,o5 


nul 


nul 


nul 




1 0.71 


o,58 


2,02 


'>«7 


16,16 


nul 


nul 





( 45 ) 



\I. 





Composit 


jori ciiiiniq 


Lie pi.iur 
Mangr 


100 










Carbone. 


Silii'iiini. 


Chrome. 


muse. 


Nickel. 


à -4- 


15». 


0,10 


0,21 


0,43 


0,32 






21,84 


Irès 


fort 


, 0,27 


0,28 


o,56 


0,45 






22,08 


très 


fort 


'0,28 


, 29 


0,59 


o,36 






23 , 06 


nul 




1 o,3o 


0,20 


0,53 


0,27 






23,73 


mil 




1 o,3i 


0, 25 


â– 5,29 


0,23 






24,20 


nul 




' 0,45 


0,35 


0,28 


0,66 






24,26 


nul 




0,63 


0,94 


2,53 


o,4i 






27,16. 


très 


faible 


(0,11 


0,23 


9.87 


0,70 


fer 


(') 


1,65 


nul 




0,46 


0, .32 


9'4o 


1,72 


fer 




1,75 


nul 




( 0,96 


0,49 


9,62 


.,45 


fer 




1 , 45 


nul 





Maenélisnie 



à —78°. à — 188". 

très fort 
très permanent 
permanent 
permanent 

nul non permanent 

nul permanent 

non permanent non permanent 
nul non permanent 

nul non permanent 

nul non permanent 

» L'action du carbone reste jîrépondérante dans la plupart des échan- 
tillons composant ce Tableau, mais elle jnirait nulle lorsque le nickel rem- 
place à peu près complètement le fer. Par contre, le chrome n'abaisse pas 
le point de transformation des aciers à très faible teneur en nickel, mais il 
abaisse considérablement celui des aciers au nickel à forte teneur, et no- 
tamment celui des aciers au nickel sans fer ou pouvant être considérés 
comme tels. 

» Le magnétisme acquis par le refroidissement est encore, comme 
celui des aciers non chromés, soit permanent, soit non permanent. Quatre 
échantillons, dont les teneurs en nickel diffèrent notablement, mais qui 
sont très fortement chromés, sont restés non magnétiques, même dans 
l'air liquide. L'abaissement le plus considérable du point de transforma- 
tion a été obtenu par l'action combinée du carbone et du chrome. » 



CHIMIE MINÉRALE. — Sur le dosage volumétrique du zinc (-). Note de 
M. PocGET, présentée par M. Troost. 

« Plusieurs méthodes ont été proposées pour le dosage volumétrique 
du zinc (') : 

» I" Scliaffner précipite le zinc en solution ammoniacale avec une liqueur titrée 
de sulfure de sodium; la fin de la réaction est indiquée, soit par la coloration noire 
que prend le sesquioxyde de fer précipité mis en suspension dans la liqueur, soit par 



(') La teneur en nickel s'obtient par difi'érence. 

(') Laboratoire de Chimie de la Faculté des Sciences de Rennes. 

(') ,1. PosT, Traité d' Analyse chimique, p. 33i. 



(4G) 

des essais à la Inuche sur des papiers imprégnés de solutions métalliques donnant 
avec le sulfure de sodium un précipité noir; 

» 2" Fahlberg précipite le zinc en solution acide avec une liqueur titrée de ferro- 
cyanure de potassium. La réaction est terminée lorsqu'une goutte du liquide soumis à 
l'essai donne avec une goutte d'azotate d'urane une coloration rouge brun ; 

» 3" Sc/iH'«/'J précipite le zinc en solution ammoniacale par le sulfure de sodium; le 
sulfure de zinc précipité est lavé et mis en digestion avec une solution de chlorure 
ferrique qui le décompose d'après l'équation 

ZnS + Fe^Cl»^ ZnCl^-H S -H 2FeCP, 

la quantité de sel ferreux formé est déterminée avec une solution titrée de perman- 
ganate. 

» Dans la première méthode, qui est la plus répandue, la liqueur titrée de sulfure 
de sodium est tellement altérable qu'il est nécessaire d'en prendre le titre chaque 
jour, ou avant chaque série d'essais. De plus, si on se sert de sesquioxyde de fer comme 
indicateur, la fin de la réaction est difficile à saisir; dans le cas contraire, cette mé- 
thode présente les mêmes inconvénients que la seconde. 

» Dans celle-ci, la liqueur titrée est très stable, mais la fin de la réaction est in- 
diquée par des essais à la touche qui rendent l'analyse très longue, lorsqu'on n'a au- 
cune donnée sur la proportion de zinc contenue dans la liqaeur à analyser. 

» L'inconvénient le plus grave de la troisième méthode réside dans le lavage du 
sulfure de zinc : c'est une opération longue et difficile. 

» De plus, la décomposition du sulfure de zinc par le perchlorure de fer ne se fait 
bien qu'en liqueur chlorhydrique, ce qui peut entraîner des pertes; et le dosage du 
fer en solution chlorhydrique par le permanganate est toujours délicat. 

» La méthode que j'ai utilisée pour le dosage du zinc est celle que 
MM. Rollet et Campredon emploient pour le dosage du soufre ( ' ). 

» La dissolution de zinc est précipitée par l'hydrogène sulfuré; le sul- 
fin-e de zinc est mis en contact avec un volume connu et en excès d'une 
liqueur titrée d'iode qui le décompose d'après l'équation 

ZnS-H2l = ZnI^-HS; 

la réaction est complète au bout de quelques minutes; on mesure l'excès 
d'iode avec une liqueur titrée d'hyposulfite de soude, en se servant d'em- 
pois d'amidon comme indicateur. La fin de la réaction se fait donc avec la 
plus grande netteté. 

» Mais la méthode ne peut être pratique que si l'on évite la fdlration et 
le lavage du sulfure de zinc; j'arrive à ce résultat par le mode opératoire 
suivant, c'est celui qui m'a donné les meilleurs résultats : 



(') Campkedon, Guide pratique du chimiste métallurgiste, p. 55;. 



(47 ) 

» A la solution acide de zinc j'ajoute d'abord de l'acétate de sodium (ao'"" de solu- 
tion à lo pour loo, pour oS'',i de zinc), puis de l'ammoniaque ijoutte à goutte jusqu'à 
ce qu'il se forme un précipité persistant, et enfin un excès d'une solution saturée 
d'hydrogène sulfuré (roo'^'' pour oB'',i de zinc). 

» La liqueur ainsi préparée est portée à rébullilion Juxqu'à ce que toute trace 
d' hydrogène sulfuré ait complètement disparu : ce résultat est généralement atteint 
après trois quarts d'heure d'ébullition; il n'3' a d'ailleurs aucun inconvénient à la pro- 
longer plus longtemps. 

» Après refroidissement, j'ajoute au liquide un volume exactement mesuré avec une 
pipette d'une solution titrée d'iode, le sulfure de zinc se décompose très rapidement 
pourvu que la quantité d'iode soit suffisante ; au bout de quelque temps, le soufre nage 
dans la liqueur brune mais parfaitement limpide. Il n'v a plus qu'à mesurer l'excès 
d'iode : je verse avec la burette la solution titrée d'hyposulfite jusqu'à ce que la liqueur 
ait une teinte jaune très faible; à ce moment, je sensibilise par quelques gouttes 
d'amidon et je continue à verser l'hyposulfile jusqu'à disparition de la teinte bleue. 

» Dans mes essais, je me suis servi de solutions normales d'iode et d'hyposulfite. 
Dans la plus mauvaise des déterminations l'erreur est encore inférieure à yoo- 

» Dans cette méthode, la filtration et le lavage du sulfure de zinc sont 
remplacés par une opération ne nécessitant aucune surveillance; les 
liqueurs titrées sont de bonne conservation, leur titre est d'ailleurs facile 
à vérifier; la réaction finale est très nette et s'opère dans la liqueur 
essayée. » 

CHIMIE MINÉRALE. — Sur la préparation et les propriétés des arséniiires de 
strontium, de baryum et de lithium ('). Note de M. P. Lebeau, présentée 
par M. Henri Moissan. 

« Nous avons fait connaître, dans une précédente Communication (-). 
un moyen de préparer l'arséniure de calcium As"Ca^ par la réduction de 
l'arséniate de calcium par le charbon à la température du four électrique. 
L'application de ce procédé nous a permis d'obtenir également les arsé- 
niures de strontium, de baryum et de lithium. 

» Arséniure de strontium As-Sr'. — L'arséniure de strontium n'avait pas encore 
été préparé jusqu'ici. 

» On fait un mélange intime d'arséniate de strontium et de charbon, que l'on agglo- 
mère en petits cylindres, ainsi que nous l'avons indiqué pour l'arséniure de calcium. 
Les proportions employées sont les suivantes : 

Arséniate de strontium 100 parties 

Coke de pétrole pulvérisé 18 » 



(') Ce Travail a été fait au laboratoire de M. Moissan, à l'École de Pharmacie. 
(') P. Lebeau, Comptes rendus, t. CXXVIII, p. 95. 



( 'l« ) 

» La durée de la chauffe est de trois mimiies pour un courant de 950 ampères sous 
45 volts. Le mélange est placé soil dans un creuset, soit dans un tube de charbon 
fermé à l'une de ses extrémités. On obtient une matière fondue, à cassure cristalline, 
d'un rouge brun plus ou moins foncé. Le produit est introduit aussitôt que possible 
dans des flacons bien boucliés ou mieux dans des tubes scellés. 

» L'analyse nous a montré que cette matière est formée d'arséniure de strontium 
fondu As-Sr' mélangé d'un peu de carljure et de graphite. Les chiffres ci-dessous 
expriment le rapport du strontium à l'arsenic, déduction faite de la petite quantité de 
carbure de calcium qui s'est formée en mêtne temps et qu'il est presque impossible 

d'éviter : 

Théorie 
I. II. III. pour As^Sr^ 

Sr pour 100 62,83 63,1 3 62,97 63,63 

As )< 37,17 36,88 37,03 36,36 

» L'aspect de l'arséniure de strontium n'est pas sensiblement différent de celui de 
l'arséniure de calcium. Comme ce dernier il est transparent sous le microscope et 
présente une coloration rouge brun. La densité à 15°= 3,6. 

» Le fluor réagit à froid avec incandescence et produit des fumées blanches de 
fluorure d'arsenic. Le chlore l'attaque avec production d'une incandescence vive 
à 160". Dans le brome, la réaction s'effectue au-dessus de 200°. Il brûle également 
dans la vapeur d'iode surciiauffée. 

» L'oxygène et la vapeur de soufre donnent lieu à une combustion vive au-dessus 
du rouge sombre. 

» Le carbone le décompose à la température du four électrique et le transforme 
intégralement en carbure de strontium. Cette réaction montre combien la durée de la 
chauffe peut influer sur la pureté de l'arséniure. 

» L'eau réagit sur ce composé comme sur l'arséniure de calcium; il se produit de 
l'hydrate de strontium et de l'hydrogène arsénié. 

» L'arséniure de strontium réduit la plupart des oxydes métalliques et est violemment 
détruit par les oxvdants. Ces réactions sont en tous points comparables à celles de 
l'arséniure de calcium. 

» Arséniure de baryum : As-Ba'. — La préparation de l'arséniure de baryum a été 
tentée seulement par Soubeiran ('), qui a fait réagir les vapeurs d'arsenic et l'hydro- 
gène arsénié sur la baryte : « Dans ces expériences, dil-il, la baryte devient noire et 
» il se fait de l'arséniate et de l'arséniure de baryum. La décomposition est toujours 
» très imparfaite et des parcelles d'oxyde obéissent seules à l'action décomposante de 
» l'arsenic. » îVous n'avons eu connaissance d'aucun travail publié depuis cette époque, 
sur les arséniures alcalino-terreux. 

» Nous avons utilisé, pour la préparation de l'arséniure de barvum, le mélange 
suivant : 

Arséniate de baryum 70 parties. 

Coke de pétrole 10 » 



(') SoiBEiRAN, Mcmoires xiir les arséniures d'hydrogène {Annales de Chimie ei 
de Physique, x' série, t. XLIll, p. 412). 



( 49 ) 

» La durée de la chauffe au four électrique est environ de trois minutes pour un 
courant de gSo ampères sous /[S volts. On observe les mêmes précautions que dans le 
cas des arséniures de calcium et de strontium. Le produit fondu que l'on obtient est 
de l'arséniure de baryum sensiblement pur répondant à la formule As^Ba'. Il nous a 
été possible d'obtenir un échantillon à peu près pur, ne renfermant que des traces de 
carbure, qui nous a permis d'établir directement la formule de ce composé : 

Théorie 
I. II. pourAs-Ba'. 

Ba pour 100 72,63 72,80 73,27 

As » 24,98 25,32 26,73 

i> L'arséniure de baryum présente une coloration un peu plus foncée que les deux 
autres arséniures alcalino-terreux. Au microscope, sa coloration est sensiblement la 
même. Il paraît plus fusible et donne une masse plus compacte. 

« Sa densité à i5°=:4ii- Les propriétés chimiques de ce composé sont tout à fait 
comparables à celles des arséniures de calcium et de strontium, quoique nettement 
plus énergiques. Il brûle à froid dans le fluor, le chlore et même le brome. Un frag- 
ment d'arséniure de baryum, projeté dans le brome, s'enflamme, tournoie à la surface 
du liquide en donnant une incandescence très vive. 

» Dans l'oxygène, il brûle vers 3oo° et dans la vapeur de soufre au-dessous du 
rouge sombre. L'eau le décompose rapidement à froid en donnant de la baryte hydratée 
et de riijdrogène arsénié. D'une façon générale, cet arséniure présente une activité 
chimique plus grande que les arséniures de calcium et de strontium. 

» Arséniure de lithium : AsLi'. — Nous avons songé à utiliser ce mode de prépa- 
ration des arséniures à l'obtention des arséniures alcalins. 

» Les arséniures de potassium et de sodium semblent bien se former lorsque l'on 
chauffe le mélange de l'arséniate ou de l'arsénite alcalin avec le charbon, au four élec- 
trique; mais l'instabilité des composés obtenus et aussi l'action désagrégeante exercée 
par les composés du sodium ou du potassium sur les récipients de charbon, que l'on 
est obligé d'employer, nous ont fait abandonner ce moyen de les préparer. Il nous a 
été possible cependant d'obtenir l'arséniure de lithium. 

11 L'arséniate de lithium, bien sec, a été mélangé de charbon de sucre finement pul- 
vérisé dans les proportions suivantes : ^ 

Arséniate de lithium sec 160 parties 

Charbon de sucre 4o » 

)) Ce mélange a été aggloméré en petits cylindres et disposé dans des creusets de 
charbon munis de couvercles. Lorsque la chauffe était d'une durée supérieure à trois 
minutes, il y avait presque toujours volatilisation complète de la matière. En dimi- 
nuant progressivement le temps de chauffe, nons avons pu réaliser la réduction totale 
de l'arséniate, sans volatilisation notable. La durée de la chauffe était de deux minutes 
à deux minutes et demie pour un courant de gSo ampères sous 43 volts. 

» On obtient un produit fondu à cassure cristalline, d'un brun foncé, qui est un 
arséniure de lithium ne contenant comme impureté que du carbure de lithium et du 
charbon. Un échantillon ne renfermant qu'une très faible quantité de carbure nous a 

■; K . 1899, 2' Semestre. (T. CXXIX, N° 1.) 7 



( 5o ) 

fourni les résultais analytiques suivants, qui nous ont permis de donner pour ce com- 
posé la formule de AsLi' : 

Théorie 

I. II. III. pour AsLP. 

As 77,81 77,42 78,07 78,13 

Li 20,98 20,82 20,98 21,87 

Insoluble 2,01 2,56 2,12 

» L'arséniure de lithium est un corps transparent lorsqu'on l'examine au micro- 
scope sous une faible épaisseur. Il présente alors une coloration brun rouge. 

» Le fluor, le chlore et le brome le détruisent à froid avec incandescence. Il suffit 
de le broyer avec de l'iode dans un mortier pour qu'il y ait aussi à froid une réaction 
très vive. 

» Sa combustion dans l'oxygène a lieu au-dessous du rouge avec une vive lumière 
violacée. L'arséniure de lithium décompose l'eau très rapidement et donne de l'hydro- 
gène arsénié en même temps qu'une petite quantité d'un produit floconneux brun. 
Le gaz renferme presque toujours un peu d'acétylène et d'hydrogène libre. 

» Les oxydants réagissent très énergiquement sur ce composé, et il suffit de le 
projeter dans l'acide nitrique fumant pour le voir brûler avec éclat, la réaction peut 
même être dangereuse et donner lieu à des projections. La plupart des oxydes métal- 
liques sont facilement réduits à basse température. 

' Conclusions. — En résumé, nous avons préparé, par la réduction des 
arséniales alcalino-terreux par le charbon, à la température du four élec- 
trique, les arséniures de calcium, de strontium et de baryum. 

" Ces composés se rattachent bien, par leurs formules et leurs propriétés, 
aux azotures et aux phosphures de cette série, obtenus à l'état de pureté 
par M. Henri Moissan. 

» L'action de l'eau, par exemple, mérite d'être rapprochée : 

Az= Ca' -h ÔH^'O = 3Ca(0H)- + 2 Az H', 
Ph-Ca^ + 6H»0 = 3Ca(OH)-+2PhH'. 
As=Ca' + 6H=0 = 3Ca(OH)--t-2As H^ 

>) Enfin, seul parmi les arséniures alcalins, l'arséniure de lithium pré- 
sente assez de stabilité pour être préparé au four électrique. » 



CHIMIE ORGANIQUE. — Étude de l' oxymethylène-cyanacélate de méthyle 
et de quelques-uns de ses homologues (' ). Note de M. E. Grégoire 

DE BOLLEMONT. 

« M. L. Claisen (-) considère les dérivés oxyméthyléniques du type de 



(') Travail fait à llnstitul de Nancy, au laboratoire de M. Haller. 
{â– ) Lieb. A/m., t. CCXCVII; 1897. 



( 5i ) 

/COR 
l'éther oxymélhylène-acétylacétique C= CHOH , comme de l'acide for- 

XCOOCH^ 
mique dans lequel l'oxygène est remplacé par un carbone uni à deux 
groupements négatifs 

= CHOH, ^)C = CHOH. 

» Ces composés se comportent en effet, sous bien des rapports, comme 
l'acide formique; ce sont de forts acides monobasiques, plus forts que 
l'acide acétique. L'action négative plus ou moins grande des radicaux X 
a la plus grande influence sur l'acidité de ces molécules. En substituant au 
radical CO- —Rie radical plus négatif C Az, nous devions nous attendre 
à obtenir des composés présentant un caractère acide plus prononcé que 
celui des dérivés oxyméthyléniques de M. Claisen. L'expérience est venue 
à l'appui de cette manière de voir et a confirmé la théorie de M. Claisen. 

» Préparation. — Les dérivés oxymétli)'lène-cyanacétiques s'obtiennent facilement 
par saponification des éthers éthoxy- et méthoxyméthylène-cyanacéliques décrits dans 
ma précédente Note (' ). 

» Propriétés générales. — Ces composés sont tous légèrement solubles dans l'eau, 
solubles dans l'alcool et l'étlier. Les premiers ternies cristallisent facilement. Ils dis- 
tillent dans le vide avec décomposition, et cette décomposition est plus profonde 
à mesure que l'on s'élève dans la série. Leurs solutions aqueuses, traitées par le per- 
chlorure de fer, donnent une coloration très intense d'un brun orangé. Celte réaction 
présente une grande sensibilité. La propriété la plus remarquable de ces dérivés c'est 
qu'ils constituent de réels acides monobasiques, plus forts que l'acide acétique, pou- 
vant se titrer à l'hélianthine. Ils font eflTervescence avec les carbonates el déplacent l'acide 
acétique de ses sels. Traités par l'ammoniaque, ils donnent les dérivés amidés corres- 
pondants; l'aniline fournit de même des composés anilidométhylène-cyanacétiques. 

CAz 

» Oxyméthylène-cyanacélate de méthyle : C=CHOH . — Quand on traite les 

~ COO CH' 

/'CAz 
alcoyloxyméthylène-cyanacétales d'alcoyles de la forme R OIIC ^ C^ rnnni P^*^ ^^ 

l'eau de baryte, on saponifie, non pas le groupe — COOR*, mais le complexe alcoyl- 

/CAz 

oxyméthylénique = CH OR et l'on obtient les sels de baryum des corps C=:CH OH. 

\C02R' 



(') Comptes rendus, l. CXXVIII, p. i338; 1899. 



( 52) 

En edet, les étlioxy- et méthoxyméthylène-cyanacélates de méthyle 

en présence d'eau de baryte, fournissent un seul et unique sel de baryum 



r /CAz T 

c=cno 

L XCOOCH'J 



Ba; 



ce dernier a été décomposé par l'acide sulfurique étendu qui met en liberté le dérivé 
oxyméthylénique. 

» C'est un composé à saveur très acide, à odeur piquante, volatil et fondant à iSô"- 
137°. Des expériences de conductibilité faites sur cet acide et son sel de soude ont 
montré que l'acide est monobasique, qu'il s'altère au contact de l'eau, mais que son 
sel de sodium est stable. Son coefficient d'affinité K=^i,5o5 permet de le classer 
parmi les acides organiques forts, compris entre les acides mono- et dicldoracétiques. 

[CÂz y 

C = GHO I Ba. - C'est une poudre légèrement colorée 
\coocipJ 

en jaune, très peu soluble dans l'alcool et i'éllier, soluble à chaud dans l'eau. De cette 
dissolution aqueuse se séparent, suivant les conditions, difierents hydrates. Celui à 
une molécule d'eau constitue une poudre blanche cristalline qui, chauflfée durant 
quelques heures à i5o°, prend une teinte légèrement jaune et donne le sel anhydre. 
"CAz 
» Sel de cuivre : 1 C— CHO 1 Cu-i-2H''0. — Ce sel s'obtient par double 



[CAz -j- 

C-CHO 
XcoochO 



décomposition entre le sel de baryum et le sulfate de cuivre. Il cristallise avec deux 
molécules d'eau. L'hydrate, constitué par de petits cristaux d'un beau vert tendre, 
chauffé vers 110°, perd facilement son eau de cristallisation et donne le sel anhydre 
qui est d'un vert plus foncé. 
/CAz 
» Sel d'argent : C^CWOh.^ . — Ce dérivé cristallise de ses solutions aqueuses 
\C00CH3 
en houppes soyeuses. Traité par l'iodure de méthyle il donne le dérivé méthoxyméthy- 

/CAz /CAz 

lénique correspondant : C=CHOAg -1- CH'I = C ^CHOCH^ -^- Agi. 

\COOCH' \COOCH» 

» Il permet ainsi de passer de la série éthoxy- à la série méthoxyméthylénique et 
réciproquement. 

/CAz 
» Oxyniéthylène-cyanacélale d'éthvlc : C =:CHOH . — Ce composé prend nais- 

XCOOC^H^ 
sance dans les mêmes circonstances que l'homologue inférieur en partant des élhers 



'â–  53 ) 

/GAz 
C=CHOR . C'est une poudre blanche, fondant vers 67°, et présentant un caractère 

acide plus faible que le méthyle correspondant. Distillé dans le vide, il donne en majeure 
partie des produits de décomposition et un peu d'une luiile incolore qui cristallise 
facilement en longues lames transparentes, fondant vers 68°-69'' et constituant égale- 
ment l'oxyméthylène-cyanacétate d'éthyle. 

/CAz 
» Oxyméthylène-cyanacélate d'amyle : Ci::-CIIOH . — Ce composé n'a été 

XCO^CM-I" 
déterminé que par ses sels de baryum et d'argent précédemment étudiés ('); l'acide 
libre n'a pu être caractérisé. Quand on cherclie à l'isoler, on obtient une huile légère- 
ment colorée, que l'on n'a pas encore réussi à faire cristalliser et qui, par rectification 
dans le vide, subit une décomposition presque totale. Cette huile, dont les analyses ne 
sont qu'approchées, jouit cependant des propriétés des dérivés oxyméthylène-cyanacé- 
tiques. Elle est acide au tournesol, fait elfervescence avec les carbonates, et donne la 
coloration caractéristique brun orangé avec le perchlorure de fer. » 



CHIMIE ORGANIQUE. - Emploi de la télrachlorhydroquinone pour la carac- 
térisation et la séparation des acides gras Ç- ) . Note de M. L. Iîouveault, 
présentée par M. E. Grimaux. 

« Tandis que les acides aromatiques sont, en général, cristallisés et 
donnent aisément naissance à des dérivés solides qui peuvent permettre 
de les purifier, de les caractériser et de les séparer, quand ils sont à l'état 
de mélange, les acides gras sont, au contraire, presque toujours liquides 
et ne fournissent que peu de dérivés organiques cristallisés souvent diffi- 
ciles à obtenir. La plupart des acides gras ne sont caractérisés que par des 
constantes physiques de liquides, points d'ébullition ou densités, apparte- 
nant soit à eux-mêmes, soit à leurs éthers, critérium insuffisant pour dis- 
tinguer des isomères et même pour indiquer si l'on a affaire à une espèce 
chimique ou à un mélange. 

» J'ai cherché un réactif capable de se combiner à l'acide ou à l'un de 
ses dérivés immédiats, en donnant un dérivé cristallisé facile à purifier, 
aisé à décomposer aussi, afin qu'on puisse en régénérer l'acide une fois 
purifié. 

» J'ai essayé successivement les amides, les anilides et paratoluides, les 



(') Comptes rendus, t. CXXVIII, p. iSSgj; 1899. 
{''â–  ) Institut chimique de Lille. 



( 54 ) 
phénylliyflrazifles : préparés avec des acides purs, ces dérivés sont presque 
toujours cristallisés; il semblait donc qu'ils devaient me conduire au but 
que je m'étais proposé. 

) Les amides m'ont semblé être les plus avantageux : on peut les obtenir 
aisément avec des rendements passables, mais ils sont en général très 
soliibles dans les divers dissolvants, restent facilement en surfusion, ce qui 
rend leur purification laborieuse, souvent impossible quand on à affaire à 
un mélange de deux ou trois isomères. 

» Les anilides et ^-loluides se font avec de bons rendements, mais ils 
possèdent à un degré encore plus fort les inconvénients des amides; il est 
de plus très difficile d'en régénérer l'acide. 

» Les phényihydrazides sont très aisés à faire et cristallisent bien, mais 
dès que le poids moléculaire s'élève, le point de fusion s'abaisse et la solu- 
bilité augmente; la régénération de l'acide est encore plus laborieuse que 
dans le cas précédent. 

» J'ai trouvé en la létracblorhydroquinone le réactif cherché; chauffée 
avec un excès de chlorure d'acide au réfrigérant à reflux, elle s'y combine 
en donnant naissance à la fois à un dérwé diacide et à un dérivé monoacide , 
suivant les équations 

c.a<°«-..R-cocu.aHCiH-c.a-<oco-R. 

UH \UH 

» Les éthers diacides se sont trouves cristallisés dans tous les cas que j'ai 
observés; ils sont très solubles dans l'éther, le benzène, le chloroforme; 
moins solubles dans le pétrole, très peu solubles à froid dans les alcools 
mélhylique et éthylique qui les dissolvent abondamment à chaud, insolubles 
dans l'eau. Ils sont très faciles à purifier et constituent des composés 
blancs, très bien cristallisés, très stables, inaltérables à l'air; les acides et 
les alcalis étendus sont sans action sur eux; la potasse alcoolique les 
dédouble rapidement à chaud; il est donc très facile d'en régénérer l'acide. 

» Tous les acides, susceptibles de donner naissance à des chlorures qui 
les reproduisent par hydratation, se prêtent à ce mode de caractérisation, 
les acides non saturés aussi bien que les acides saturés; je me propose 
d'étendre la méthode aux acides polybasiques. Elle aura, d'ailleurs, nota- 
blement moins d'intérêt pour ces derniers que pour les acides monoba- 
siques, car ils sont actuellement beaucoup plus aisés à caractériser. 



( ^'^ ) 

» J'ai songé à employer les dérivés diacides de la télrachlorhvdroquinone, 
non seulement pour caractériser les acides, mais même pour effectuer la 
séparation de leurs mélanges. Le mélange acide est transformé en éthers 
méthyliques ou éthyliques qui sont soigneusement rectifiés; chacune des 
portions est ensuite transformée en chlorure diacide, puis en dérivé 
diacide de la tétrachlorhydroquinone, qui est alors soumis à. la cristallisa- 
tion fractionnée. Des essais faits en petit sur un mélange très complexe, 
qui se trouve dans les goudrons de bois, m'ont donné des résultats encou- 
rageants; je ne doute pas qu'en opérant sur des quantités suffisantes on ne 
parvienne à séparer complètement ces mélanges. 

» Quant aux dérivés mono-acides, ils se séparent aisément des éthers 
diacides parleur solubilité dans les alcalis étendus; ils sont également cris- 
tallisés et seront très utiles pour le contrôle dans le cas de points de fusion 
identiques ou peu différents; ils sont plus solubles dans les alcools que 
les dérivés diacides, mais peu solubles dans le pétrole. 

» Préparation des éthers de la tétrachlorhydroquinone. — Il est très important 
que la tétrachlorhydroquinone employée soit très pure et tout à fait exempte de tri- 
chlorhydroquinone ; on a réalisé cette condition en la faisant cristalliser une ou deux 
fois dans l'acide acétique bouillant. 

» On la prépare en réduisant par l'acide sulfureux le chloranile, que l'on trouve très 
pur dans le commerce ou qu'on peut préparer facilement en oxydant la phénylène- 
diamine commerciale par l'acide chlorhydrique et le chlorate de potassium. Le chlor- 
anile, finement pulvérisé, est mis en suspension dans l'eau qu'on sature d'acide sulfureux. 
Quand la saturation est terminée, on attend vingt-quatre heures et l'on recommence, 
et cela deux ou trois fois. II faut éviter tout échauftement sous peine de faire, en même 
temps, beaucoup d'hydroquinones moins chlorées, ce que l'on n'évite jamais complè- 
tement. Les cristaux sont essorés, lavés, épuisés à l'eau bouillante, qui enlève les 
hydroquinones moins chlorées, puis, après dessiccation, au benzène bouillant, qui dis- 
sout le chloranile inaltéré. Il ne reste plus qu'à faire cristalliser le résidu dans l'acide 
acétique. 

» Pour obtenir le dérivé diacide, on l'introduit, avec trois molécules de chlorure 
d'acide, dans un ballon muni d'un réfrigérant ascendant et l'on fait bouillir au bain 
d'huile, tant qu'il se dégage de l'acide chlorhydrique. Le produit se prend en masse 
par refroidissement; on le reprend par un mélange d'eau et d'éther qu'on additionne 
de soude étendue en excès. La solution éthérée abandonne le dérivé diacide qui cris- 
tallise aussitôt; une cristallisation dans l'alcool méthylique bouillant l'abandonne à 
l'état de pureté. La solution alcaline acidifiée par l'acide chlorhydrique abandonne le 
dérivé le plus souvent monoacide, à l'étal cristallisé. 

» Cette préparation est des plus aisées; avec deux ou trois grammes d'un acide, 
elle permet d'obtenir deux substances caractéristiques et en quantité suffisante pour 
l'analyse, à cause du poids moléculaire élevé de la tétrachlorhydroquinone. 

» Le dérivé diacélique, qui était déjà connu, fond à 243°; le dérivé dipropionique 



( 56 ) 

fonda iGo°; \c dcrà'c dibulyriqite fond à 187"; ie dé/icé diacide de l'acide a-di- 

CIP 

méthylisocrotonique i 2-diméthyl-4-buténoïque) CH-r= CH — G — CO'-H fond à 

CH' 

i3o"'-i34°; le dérii'é monoacide du même fond à iSa». 

» Ces recherches sont continuées. » 



CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. — Sur la présence, dans l'organisme animal, d'un 
ferment solnble réduisant les nitrates {'^. Note de MM. E. Abelous et 
E. Gérard, présentée par M. Armand Gautier. 

« Les travaux de M. Armand Gaulier ont étabh, dès 1881, ces faits 
importants : 1° que les cellules de l'organisme anima! vivent en partie 
anaérobiquement et donnent naissance à des substances réductrices; 
2° que le protoplasma de la plupart des cellules est réducteur et qu'on 
peut facilement, à son contact durant la vie ou in vitro, réduire des solu- 
tions étendues d'acide sulfindigotique et de sulfofuchsine, transformer les 
iodates et bromates alcalins en iodures et bromures, etc. 

» D'autre part, Bokornv a démontré que le principe réducteur fixé dans 
le protoplasma est colloïde, non dialysable, alcalin et qu'il est détruit par 
les acides. 

» Les expériences d'Ehrlich ont mis en évidence que les organes et 
tissus animaux jouissent d'un pouvoir réducteur inégal Ais-à-vis de cer- 
taines matières colorantes injectées dans la circulation (bleu d'alizarine, 
bleu de céruléine). Ce pouvoir réducteur augmente après la mort. 

» Enfin Binz a prouvé que le sang, le suc intestinal et certains organes, 
surtout le foie, peuvent réduire in vitro l'acide arsénique. 

» Cette action réductrice est-elle suffisamment énergique pour réduire 
les nitrates alcalins? Ce pouvoir réducteur peut-il être attribué à un fer- 
ment soluble? 

» Voici les faits observés : 

» t" Si l'on fait une macération de [\0i' de rein de clieval pulpe dans loo" d'eau 
distillée, qu'on ajoute 8s'' de nitrate de potasse pur et du chloroforme pour éviter 
l'intervention des microrganismes, on constate, après un séjour de douze à quinze 
heures dans l'étuve à 40°, que le filtrat de cette macération nitratée présente les réac- 



(') Travail du laboratoire de Physiologie de la Faculté de Médecine de Toulouse. 



• ( 57 ) 

lions caractéristiques des nitrites (réactions de Trommsdorff en liqueur acétique, de 
Griess à la raétapliénylène-dianiiue, de Denigès à la résorcine et à l'acide sulfurique). 

» 2° Si cette macération nitratée est faite avec de la pulpe rénale préalablement 
portée à ioo°, le résultat est négatif, il n'y a pas trace de nitrite formé. 

» 3° Ajoutons qu'on ne trouve pas les réactions de l'acide azoteux dans les macéra- 
tions non nitratées de pulpe rénale. 

4° Le rein de veau donne les mêmes résultats que le rein de cheval. 

» 5° Si l'on examine, dans les mêmes conditions, le pouvoir réducteur des divers 
organes du cheval, on constate qu'ils réduisent pour la plupart, mais d'une façon iné- 
gale, le nitrate de potasse. D'après les déterminations calorimétriques effectuées à 
l'aide du réactif de Griess, on peut ranger de la façon suivante les divers organes au 
point de vue de leur pouvoir réducteur : 

1° Foie. 6° Intestin. io° Muscle strié. 

2° Rein. y° Ovaire et glande sous- ii° Cerveau (substance 

3° Capsules surrénales. maxillaire. blanche et grise). 

4" Poumon. 8° Pancréas. 

5'^ Testicule. 9°. Rate. 

» La recherche et la détermination des nitrites ayant été faites non seu- 
lement dans des macérations chloroformées, mais aussi dans des liqueurs 
additionnées de thymol à i pour 1000, d'essence de cannelle, d'acide sali- 
cylique, etc., on ne saurait attribuer cette réduction, ni à la présence des 
microrganismes, ni à l'action vitale des cellules. 

') Les effets de diverses températures sur le pouvoir réducteur sont de 
nature à confirmer cette dernière conclusion : 

i> En effet, si l'on soumet des macérations aqueuses nitratées de pulpe 
rénale aux températures suivantes : 0°, 20", ^0°, 60°, 72°, 100°, on con- 
state que la quantité de nitrite formé, presque nulle à o", s'accroît au delà 
de cette température; qu'entre 20° et 4o° elle semble passer par un maxi- 
mum; qu'à 60°, elle est diminuée et enfin qu'elle est nulle à 72°. 

'> La courbe qu'on peut ainsi établir est absolument de même nature que la courbe 
d'activité d'un ferment soluble en fonction de la température. 

» La substance réductrice peut-elle être extraite par l'eau de l'organe? 

» Si l'on fait un extrait aqueux du rein, par exemple, toujours en présence de chlo- 
roforme, qu'on laisse séjourner cette macération pendant vingt-quatre à quarante- 
huit heures à l'étuve à ^0°, on obtient, après filtration, un liquide limpide jouissant 
du pouvoir réducteur vis-à-vis des nitrates. En effet, si à 100'^'= d'un tel extrait on 
ajoute 8s'' d'azotate de potasse et qu'on laisse séjourner un certain temps à 4o°, tou- 
jours en présence d'un antiseptique, on constate qu'il y a formation de nitrite. 

)) Ainsi les extraits aqueux de rein, privés de tout élément cellulaire, 

G. R., 1899, 2' Semestre. (T. CXXIX, N» 1.) ^ 



( 58 ) 

peuvent réduire les nitrates. Par contre, si ces extraits ont été, au préa- 
lable, soumis à la température de loo", ils n'ont plus aucune action. 

» Nous nous sommes assuré que les réactions obtenues étaient bien 
dues aux nitrites. En effet : i" l'iodure de zinc amidonné ne donne 
rien avec les macérations, si l'on ne l'additionne d'acide acétique mettant 
l'acide azoteux en liberté; 2" le réactif de Griess décèle nettement à froid 
la présence des nitrites. Il en est de même avec le réactif de Denigès. 

» Conclusions. — Nous avons donc établi qu'il existe, dans la plupart 
des organes, quoique en proportion inégale, une substance soluble qui ré- 
duit les nitrates. Etant donnés les faits observés, en particulier, sous l'in- 
fluence de la température, il est vraisemblable que cette substance est de 
nature diastasique et qu'on a affaire à un ferment soluble réducteur. 

« Nous sommes donc naturellement amené à conclure qu'il existe dans 
l'organisme, tout au moins un ferment soluble susceptible de réduire les 
nitrates. Nous nous proposons d'exposer dans une prochaine Communica- 
tion le mécanisme de ces actions réductrices. » 



CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. — Sur le pomoir réducteur des urines. Note 
de M. Henri Hélier, présentée par M. Arm. Gautier. 

« Les urines sont réductrices. C'est là une propriété à peine signalée 
dans les meilleurs traités. Elle a cependant une grande importance, tant 
pour le médecin que pour le physiologiste, car elle témoigne des oxvdations 
incomplètes faites dans l'économie. En mesurant ce qui peut encore brûler, 
on a par cela même la mesure de ce qui a déjà été oxydé. 

» Voici la méthode que j'emploie : 

» 10'^'= de l'urine à essayer sont additionnés de lo"^" d'acide sulfurique concentré. J'y 
laisse tomber, jusqu'à coloration rose persistante, une solution contenant G»"', 36 de per- 
manganate de potasse par litre et je lis le nombre n de centimètres cubes employés. 
Ce nombre serait le pouvoir réducteur de l'urine si la concentration de l'urine était 
normale. J'appellerai concentration normale celle d'une urine qui contient 208'' d'urée 
par litre. L'urine étudiée contenant seulement m grammes d'urée par litre, le pouvoir 
réducteur sera donné par la formule 

P = 20 X — • 
m 

Ce pouvoir réducteur représente donc un certain nombre de centimètres cubes de per- 
manganate et sa mesure nécessite deux opérations : 1° un dosage volumétrique; 2° un 
dosage d'urée. Ces deux opérations peuvent être faites au lit d'un malade. 



'- ^9 ) 

» Si l'on examine par cette méthode, au point de vue du pouvoir réduc- 
teur, les urines des personnes dites bien portantes, on tombe toujours sur 
des nombres compris entre 1 2, 5 et i5, ce qui est suffisamment constant. Si 
l'on étudie, au même point de vue, les urines patholosi;iques, on voit 
qu'elles peuvent se diviser en deux groupes : celles qui sont plus réduc- 
trices que la normale et celles qui sont moins réductrices. 

» Dans le premier groupe nous trouvons la plupart des maladies chro- 
niques. Je ne parlerai pas des urines des diabétiques toujours très réduc- 
trices, même lorsqu'on a brûlé tout le sucre par la liqueur de Fehling. 
Dans la tuberculose j'ai trouvé les nombres 22,2, 20,^, 16, 3; dans 
l'anémie 17, i; dans le cancer du pylore 20, G; dans la maladie de Basedow 
i5,4, i8,6G('). 

» Dans ces maladies consomptives, on pouvait s'attendre à trouver des 
urines extrêmement peu réductrices, les recherches d'Albert Robin ayant 
montré qu'en particulier les tuberculeux font des oxydations incessantes 
et sans trêve. Il semblerait donc que les combustions doivent être com- 
plètes. Il n'en est rien. Ce qui domine dans la tuberculose c'est une désas- 
similation large et rapide qui chasse de la celluledes substances réductrices, 
aptes ensuite à être brûlées dans le sang. Mais quelque hâte que les glo- 
bules sanguins mettent à charrier l'oxygène, il n'y en a jamais assez. Les 
urines restent très réductrices. 

» Dans le rhumatisme articulaire aigu ou subaigu, j'ai trouvé les nombres 
i5,7, 23,4, 23, 22, 1. C'est un fait bien connu, les rhumatisants n'oxydent 
pas. 

M Dans le mal de Bright on trouve 26, 26, 3/j,2 ; dans la colique néphré- 
tique 17,9; dans l'insuffisance aortique 20, 21; dans la cirrhose de 
Laennec 32; dans les Urines d'hystérique, après la crise, 43,5. Chez 
l'hystérique, tout est détraqué, même les oxydations. Enfui dans un cas 
d'insuffisance aortique où, sous l'influence de la ihéobromine, il s'est pro- 
duit une diurèse abondante, le pouvoir réducteur est monté à 62,2. Les 
produits de désassimilation ont donc été expulsés avant d'avoir pu être 
brûlés. 

» Dans certaines maladies aiguës, au contraire, le pouvoir réducteur 
des urines semble inférieur à la normale. Dans deux cas de pleurésie, on 



(') Ces urines proviennent des malades du service de M. le professeur Renaut, à 
rtlùlel-Dieu de Lyon, qui a bien voulu choisir lui-même des cas types. Qu'il veuille 
bien recevoir ici mes reraercimenls. 



( 6o ^ 

a trouvé 1 1,8 el 7,5 ; dans un cas de pneumonie 11 ,7; dans un cas de surme- 
nage 7,3. 

» H ne faudrait pas croire que pour chaque maladie le pouvoir réduc- 
teur est caractérisée par un nombre à peu près fixe ; ce pouvoir varie avec 
le degré de la maladie et il peut servir, comme le thermomètre, à en 
caractériser la marche. 

» Une malade esl prise, le 12 avril dernier, de néphrite aiguë. Le i3, le pouvoir 
réducteur de ses urines est de 5,6; le 26 avril, la malade va mieux, le pouvoir réduc- 
teur est seulement de 7. Le 4 mai; la malade se sent tout à fait bien el quitte l'iiô- 
pital; le pouvoir réducteur était remonté à 12, 3. 

» En résumé, la mesure du pouvoir réducteur des urines, effectuée 
d'après la méthode que j'indique, est une opération facile qui mesure 
le degré des oxydations interstitielles qui se font dans l'économie. >> 



CHIMIE ORGANIQUE. — Contribution à l'étude chimique de l'écorce du Rham- 
nus purshiana (Cascara Sagrada), Note de M. Leprixce, présentée par 
M. Arm. Gautier. 

« Aux corps étudiés par les auteurs, et par nous dans le travail inséré 
aux Comptes rendus, t. CXV, p. 286, il faut ajouter : 1° la chrysarobine ; 
2° l'acide chrysophanique ('); 3° l'émodine. 

» On peut mettre ces corps en évidence par plusieurs procédés; celui 
qui nous a paru préférable est le suivant : 

» On traite l'écorce grossièrement pulvérisée par de l'eau distillée contenant 
5 pour 100 de soude caustique et l'on acidulé la liqueur obtenue; on a ainsi un préci- 
pité plus ou moins abondant el une liqueur que l'on évapore dans le vide, ou à une 
faible température, jusqu'à consistance d'extrait sec. On épuise séparément ces deux 
extraits, aussi secs que possible, pas de l'acétone et Ion précipite par une assez grande 
quantité d'eau, en enlevant avec soin les particules résineuses qui surnagent, puis l'on 
filtre. 

» On redissout ce précipité dans une nouvelle quantité d'acétone légèrement aci- 
dulée, on précipite de nouveau par l'eau ell'on répète ces opérations jusqu'à purifica- 
tion complète. 

» On a finalement un précipité jaune cristallin qui contient surtout les corps dési- 
gnés ci-dessus. 

» Pour les séparer, on traite : 1° à froid le précipité par une petite quantité d'acide 

(') Ce corps a déjà été signalé dans cette écorce par Limousin. 



( 6i ^ 

acétique concenlré, on précipite la liqueur filtrée^ par une petite quantité d'eau 
distillée. 

» Le précipité obtenu est dissous dans une petite quantité de benzène bouillant, 
par refroidissement et évaporation on obtient des lamelles jaune d'or micacées, so- 
lubles dans l'alcool surtout à chaud, solubles en jaune dans les alcalis, insolubles dans 
l'eau et dans l'ammoniaque, solubles en jaune dans l'acide sulfurique concenlré, elles 
fondent à i65°-i70°. Ces caractères appartiennent à la chrysarobine. 

» 2° On reprend le premier précipité non attaqué par l'acide acétique, par une plus 
grande quantité de ce même acide cristallisable et à chaud; on précipite le filtratum 
par une assez grande masse d'eau. 

» Ce nouveau précipité est purifié par cristallisations dans l'alcool à go° ou dans le 
benzène. On obtient ainsi un corps plus foncé que le précédent présentant tous les 
caractères de l'acide chrjsophanique. Il est insoluble dans l'eau, soluble en rouge 
dans l'ammoniaque et les lessives alcalines; il fond à i6o°-i62''. Oxydé par une solu- 
tion de potasse aérée, il donne de l'émodine. L'analyse fournit des nombres qui s'ac- 
cordent avecla formule C'^I'^C. (Trouvé : G = 70,87 ; H -- 8,92 ; O — 25,2i.) 

» 3° Le résidu de cette seconde opération est lavé à l'éther, séché, puis mis à cris- 
talliser dans l'alcool absolu; il se présente alors eu aiguilles clinorhombiques rouge 
orangé sublimables, insolubles dans l'eau, très peu solubles dans l'éther, le benzène, 
solubles dans l'alcool absolu, l'ammoniaque, les lessives alcalines en rouge pourpre. 
Elles fondent à 245''-25o''. 

» Avec l'anhydride acétique et un peu de chlorure de zinc, ce corps donne, suivant 
la température : 1° du monoacétylémodine; 2° du triacétylémodine, de couleur 
jaune fondant à 190°. 

» L'analyse donne des nombres qui s'accordent avec la formule C'^H'^'O'^ qui est 
celle de l'émodine. (Trouvé : C = 66,78; II = 8,78; O = 29,49-) 

» Ces corps sont presque exclusivement contenus dans la partie précipitée par 
l'acide ajouté à la première liqueur et leurs quantités respectives varient suivant les 
échantillons et la teneur en alcali de l'eau qui sert à l'épuisement de l'écorce. 

» Il ressort de celte étude, ainsi que de celles du D' Eccles, de 
H. -F. Meier et J. Le Roy-Webber, que le corps antérieurement étudié par 
nous n'est pas le seul principe actif de celte écorce, mais seulement l'un de 
ceux qui peuvent être utilisés, avec avantage, par la Thérapeutique. » 



CHIMIE ORGANIQUE. — Transformation direcle de l'acétamide en éthylamine 
par hydrogénation ( ' ). Note de M. Guerbet, présentée par M. Moissan. 

» On sait que les pyrrolidones, traitées par l'hydrogène naissant de la 
réaction du sodium sur l'alcool amylique bouillant, fixent cet hydrogène 

(') Travail fait au laboratoire de M. Jungdeisch, au Conservatoire des Arts et 
Métiers. 



et se transforment en pyrrolidines avec départ d'une molécule d'eau 
( Tafel. Bericide derdeulsch. chein. Ges., t. XXII, p. i865 et t. XXIII, p. 708) 

CH--CH\ CH=-- CH\ 

I )AzH-f-4H=.i AzH-t-H^O. 

CIV--CO CH--CH-/ 



a-métliylpyrrolidone. a-mcUiylpjrrolidine. 

)i Or, l'a-mélhylpyrrolidone est un véritable amide résultant de la dés- 
hydratation interne de l'acide y-amidovalérique 

CH= - CH( AzH^) - CH- - CW - CO=H, 

et j'ai pensé que, peut-être, les amides traités de même se transformeraient 
en aminés primaires correspondantes suivant l'équation 

R -- CO - AzH= + 4H =-- R - CH= - AzIP -:- H-O. 

» La réaction ainsi formulée est analogue à celle qui donne naissance 
aux aminés par l'hydrogénation des nitriles, composés qui diffèrent des 
amides par une molécule d'eau en moins (Mendius, Lieb. Ann. derChem., 
t. CXXI, p. 142) 

R - CAz + 4H = R - CH= - AzIP. 

» Mon hypothèse était rendue vraisemblable par les expériences de 
M. Seifert (iffenc/i/e der deulsch. Ges., t. XVIII, p. iSSy), démontrant la 
formation de l'éthylamine lorsqu'on chauffe à i7o°-20o° l'acétamide avec 
un mélange d'alcool et d'alcoolate de sodium. J'ai montré, en effet, 
{Comptes rendus, 17 avril 1899), ci^^'un tel mélange donne naissance à 
de l'hydrogène quand on le chauiïè au voisinage de 200°. La formation de 
l'éthylamine dans l'expérience de M. Seifert peut donc s'expliquer par la 
réaction de l'hydrogène sur l'acétamide. 

» Partant de ces idées théoriques, j'ai appliqué à l'acétamide le traite- 
ment qui permet la transformation delà méthylpyrrolidone en méthylpyrro- 
lidine et l'expérience a pleinement vérifié mon hypothèse : l'acétamide 
se transforme partiellement en éthylamine suivant l'équation 

CH' - CO - AzH- + 4H = CH» — CH- — AzH- + H-O. 

» Voici comment on opère pour effectuer la réaction : 

» On dissout i5s'' d'acétamide bien sec dans ôooS"' d'alcool amylique préalablement 
distillé sur la baryte caustique pour le priver de toute trace d'eau. On ajoute en une 
seule fois 6o6'' de sodium et Ton porte le mélange à l'ébuilitiou que l'on entretient jus- 



( 63 ) 

qu'à dissolution complète du métal. Le ballon où s'effectue la réaction est en relation 
avec un réfrigérant disposé à reflux, muni d'un tube adducteur qui permet de faire 
barboter les produits gazeux dans une solution d'acide clilorhydrique. Celui-ci s'em- 
pare de l'ammoniaque et de l'étliylamine issues de la réaction, tandis que l'hydrogène, 
qui n'a pas été fixé, se dégage. 

>> La solution clilorhydrique doit rester acide jusqu'à la fin ; elle est alors évaporée 
au bain-marie et l'on constate que le résidu est formé de chlorhydrate d'ammoniaque 
et de chlorhydrate d'élhylamine facile à séparer du premier par l'alcool absolu. 

>i Le chlorhydrate cristallisé résultant de l'évaporation de la solution alcoolique est 
bien du chlorhydrate d'élhylamine, car il fond à yS^-Si", est déliquescent et se dissout 
en abondance dans l'alcool absolu. Sa solution aqueuse ne précipite qu'au bout d'un 
certain temps par le chlorure de platine et surtout en présence d'alcool. 

» Mélangé à deux fois son poids de chaux vive et chauffé, il laisse dégager up gaz 
d'odeur ammoniacale, bleuisssant le tournesol, combustible et condensable en un li- 
quide incolore qui bout à i8°. Ce sont là les propriétés de l'éthylamine. 

Avec les proportions indiquées des corps réagissants, on a obtenu 8,2 de chlorhy- 
drate d'éthylamine et 9,5 de chlorhydrate d'ammoniaque. Voyons quelles quantités de 
ces composés devraient se former suivant la réaction formulée plus haut : 

» Celle-ci indique la formation d'une molécule d'eau qui donnera de la soude au 
contact de l'amylate de sodium présent dans le mélange, et la soude ainsi formée dé- 
composera une partie de l'acétamide avec dégagement d'ammoniaque. Deux molécules 
d'acétamide devraient donc donner naissance à une molécule de chacun des chlorhy- 
drates; les iSs"' d'acétamide employés devraient produire 10, 3 de chlorhydrate d'éthyl- 
amine et 6,8 de chlorhvdrate d'ammoniaque. 

>i Le rendement en éthylamine est donc les ^ environ de celui qui est indiqué par 
la théorie. On voit qu'il est satisfaisant et je pense que la même transformation pourra 
être effectuée sur d'autres amides. 

> Je m'occupe en ce moment des expériences nécessaires à la générali- 
sation de la réaction et j'espère pouvoir bientôt en communiquer le ré- 
sultat à l'Académie. » 



CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. - Sur la se'crc'tion des diastases. Note 
de M. DiENEUT, présentée par M. Duclaux. 

(' J'ai démontré, au mois de février devmer (^Comptes rendus, t. CXXVIII, 
p. 617), que les levures ne décomposaient le galactose en alcool et 
acide carbonique qu'après s'être acclimatées à ce sucre. La durée de cette 
accliiTiatation est variable suivant les levures. On la rend très courte si 
l'on facilite la multiplication des cellules en présence du galactose, ou en- 
core, pour les levures sécrétant de la mélibiase ou de la lactase, en pré- 
sence de mélibiose ou de lactose. 



(64) 
» Je montrerai dans cette Note que le phénomène d'acclimatation s'ac- 
compagne chez les levures basses d'une sécrétion abondante de mélibiase, 
et chez les levures de lactose d'une forte sécrétion de lactase. 

» J'introduis clans trois ballons une même quantité d'un liquide nutritif azoté. Pour 
le sucrer, j'ajoute dans le ballon A du glucose, dans le ballon B du galactose, et dans 
le ballon C du lactose. 

» Ces trois ballons sont ensemencés avec la même levure de lactose. La fermentation 
finie, par un procédé facile à imaginer, j'enlève la levure débarrassée de son liquide 
nutritif et je la sèche à 25° dans le vide en présence d'acide sulfurique. La levure 
ainsi séchée est portée à la température de ioo° que l'on maintient constante pendant 
six heures consécutives. 

» Les diastases sèches résistent très bien à ce traitement. 

H La levure est alors broyée avec de l'eau distillée. On en extrait une diastase, la 
lactase, qui dédouble le lactose en galactose et en glucose. Je mets ces sucres en évi- 
dence de la manière suivante. Certaines levures, comme le 5. Ludwigii, n'attaquent 
pas le galactose. Si j'ensemence cette levure dans un milieu nutritif contenant un mé- 
lange de glucose et de galactose, le sucre restant que je constaterai sera du galactose 
pur. Pour différencier le galactose du lactose, je me sers d'une levure qui attaque le 
premier sucre et laisse le second inaltaqué. De cette façon, on arrive très exactement 
à trouver que le glucose et le galactose sont en égale proportion dans le liquide après 
l'action de la lactase. 

» Pour rendre la comparaison facile, je broie le même poids de levure avec le même 
volume d'eau. 

» Les levures des trois ballons, broyées séparément, me donnent trois solutions de 
lactase que je désignerai par les lettres A, B et C des ballons d'où elles proviennent. 

» La solution la plus active ne pouvait dédoubler au maximum que 6 pour loo de 
lactose. 

» Si je désigne par le chiffre i la quantité maxima de lactose décomposé par la 
solution A, il faudra désigner par les chiffres 5 et 6 les quantités maxima de lactose 
décomposé par les solutions B et C. 

» Les résultats sont identiques avec la mélibiase qui dédouble le méli- 
biose en glucose et en galactose. 

» L'acclimatation d'une levure au galactose augmente donc la sécrétion 
de certaines diastases. Elles agissent principalement sur le lactose et le 
mélibiose, deux corps qui se décomposent en galactose et glucose par l'ac- 
tion de ces diastases. » 



( 65 ) 



PHYSIQUE DU GLOBE. — Sur les parlicdarilés de V éruption du Vésuve. 
Note de M. Matteccci, présentée par M. de Lapparent. 

« L'éruption qui se poursuit au Vésuve depuis le 3 juillet iSgS m'a 
permis de constater quelques faits d'un assez grand intérêt. 

» On sait que, à cette date, une série de fentes se sont ouvertes dans la 
direction du nord-ouest, sur toute la hauteur du grand cône et que, sur 
ces fentes, onze bouches d'éruption se sont d'abord échelonnées, donnant 
issue à la lave. Mais, le 5 juillet, l'émission de cette dernière n'avait plus 
lieu qu'à la base même du cône, dans l'Atrio del Cavallo, donnant lieu à la 
formation d'une coupole de laves, d'altitude progressivement croissante, 
qui avait fini par atteindre 90â„¢ de hauteur. Le 3i janvier 1897, la bouche 
d'éruption se déplaçait en remontant d'une quarantaine de mètres sur la 
fissure. La laA^e, continuant à sortir, se répandait sur la coupole et en por- 
tait bientôt l'altitude à 835"" au-dessus du niveau de la mer. 

» En se plaçant sur la plate-forme de la station inférieure du funicu- 
laire, on apercevait facilement le contour très aplati de la coupole, venant 
rencontrer le profil du grand cône juste au même point que la pente du 
Primo Monte ou escarpement occidental de la Somma. 

» Vers le milieu de février 1898, il fut aisé de constater que les laves, 
cessant d'arriver au sommet de la coupole, se déversaient latéralement, le 
plus souvent vers l'est, dans l'Atrio, mais p:irfois aussi vers le nord ou vers 
le sud, le lieu de leur sortie demeurant mirqué par d'abondan'es fume- 
rolles. Cependant, au bout d'un mois, le contour de la coupole se trouvait 
si bien bombé que sa cime avait gagné une quinzaine de mètres d'altitude; 
de sorte que sa silhouette, vue de la station, s'interposait entre le grand 
cône et l'escarpement de la Somma, atteignant le cône à une certaine 
distance k l'est du point où elle s'arrêtait auparavant. 

» Ce gonflement ne peut être expliqué que par la pression de la lave 
qui, ne réussissant plus à sortir par le sommet de la coupole, a commencé 
par la soulever en masse, avant de retrouver une issue de côté. L'excès de 
pression se comprend d'autant mieux qu'au moment où le phénomène 
s'est produit le niveau de la lave avait remonté de 60™ dans le grand cra- 
tère, tandis que, quelque temps après, on voyait ce dernier reprendre la 
profondeur de 200"" qu'il possédait auparavant. 

» Il s'agit donc ici d'un soulèvement endogène, produit par l'intrusion 

C. R., 1899, 2" Semestre. (T. CXXIX, N" 1.) 9 



( 6*3 ) 

d'un véritable laccolithe, qui a fait gonfler les couches solidifiées du sommet 
de la coupole, comme les hiccolitlies américains ont soulevé les couches 
des terrains qui faisaient obstacle à leur sortie. C'est la première fois que 
la naissance d'un accident de ce genre est prise sur le fait, et, s'il n'en ré- 
sulte pas que l'on doive revenir à l'ancienne théorie des cratères de soulè- 
vement, cela prouve que tout n'était pas faux dans cette conception. 

M En janvier 1897, le cratère du Vésuve était circulaire, avec un dia- 
mètre de 136"". En février 1898, le diamètre s'était accru et avait atteint 
160™. Aciuellement, je me suis assuré qu'il a subi un nouvel élargissement, 
le diamètre nord-sud étant de iBS"", tandis qu'on trouve 180™ dans le sens 
est-ouest. La profondeur est de 200â„¢. 

» Le système des fentes qui accidentent le flanc du cône se poursuit, un 
peu au delà du pied de ce dernier, sur 1600'" de longueur, embrassant une 
largeur de 4ooâ„¢ et une superficie d'environ 5oo ooo^i. 

» La hauteur de la coupole de laves est aujourd'hui de i63™, et son 
volume représente environ ia5 millions de mètres cubes. C'est un chan- 
gement considérable qui s'est produit dans la topographie du volcan, par 
suite de celte accumulation venant se dresser à l'entrée de l'Atrio, tandis 
que, en arrière, se trouve une autre coupole, édifiée de la même façon 
de 1891 à 1894. 

» Parmi les produits des fumerolles de cette éruption, j'ai vu se dégager 
l'acide chlorhydrique, l'anhydride sulfureux, l'hydrogène sulfuré, l'anhy- 
dride carbonique, le soufre, le gypse, divers sulfates et chlorures de fer et 
de cuivre, l'érythrosidérite, les chlorures et sulfates de soude et de potasse, 
le sel ammoniac, la ténorite, le fer oligiste. En outre, ce qui est important 
pour l'histoire des éruptions, j'ai constaté l'abondance du sélénium, et 
surtout celle du gaz acide fluorhydrique, en même temps que la présence 
des acides iodbydrique et bromhydrique et du bicarbonate de soude. 

» Les produits des fumerolles sont bien distribués, dans l'espace, confor- 
mément aux lois indiquées par Charles Sainte-Glaire Deville; mais leur 
distribution dans le temps me paraît plus conforme aux vues émises par 
M. Fouqué. » 

M. Armand Gautier, à propos de la Note de M. Matteucoi présentée 
par M. de Lapparent, ajoute : 

(c J,a présence du gaz iodbydrique dans les émanations volcaniques con- 
corde avec l'observation déjà faite de la présence de l'iode dans les efflo- 



( «37 } 
rescences qui se forment sur les laves. Elle s'explique d'ailleurs par une 
remarque que je viens de faire et qui se rattache, comme je le montrerai, 
à l'existence des iodures dans le fond des mers; je veux parler de la pré- 
sence de l'iode dans les roches éruptives, et en particulier dans tous les 
granits que j'ai examinés. J'en ferai le sujet d'une Communication pro- 
chaine à l'Académie. » 



M. Emile Renner adresse une étude sur le Magnétisme terrestre. 

La séance est levée à 4 heures et demie. 

J. B. 



BDLLETIIV BIBLIOGRAPHIQUE. 



Ouvrages reçus dans la séance du 3 juillet 1899. 

Traité de Nomographie. Théorie des abaques. Applications pratiques, par 
Maurice d'Ocagke. Paris, Gauthier-Yillars, 1899; i vol. in-8°. (Présenté 
par M. Maurice Lévy.) 

Histoire abrégée de l' Astronomie, par Ernest Lebon, avec 16 portraits. 
Paris, Gauthier-Yillars, 1899; i vol. in-S". (Présenté par M. Wolf.) 

De la distribution d'énergie électrique en Allemagne, par M. Charles Bos 
et M. J. Laffargue. Paris, Masson et C'^, 1899. (Présenté par M. Mascart.) 

Etude sur la Flore fossile du bassin houiller d'Héraclée (^Asie Mineure), par 
R. Zeiller. Paris, G. Carré et C. Naud, 1899; i fasc. in-4". (Présenté par 
M. Michel Lévy. ) 

Le Mois scientifique et industriel. Revue internationale d' infoimations . N° 1 , 
juin 1899. Paris, i fasc. in-8°. (Présenté par M, Adolphe Carnot.) 

Annales des Ponts et Chaussées. I™ Partie. Mémoires et documents. 7^ série, 
9* année, 1899, i" trimestre. Paris, V"^^ Ch. Dunod ; i vol. in-8°. 

Annales médico-psychologiques. Journalde i Aliénation mentale et de la Mé- 
decine légale des Aliénés, 5']" année, n" 1, juillet-août 1899. Paris, Masson 
etC'*, 1899; 1 fasc. in-8°. 

Journal de Pharmacie et de Chimie, 90* année, 6" série, t. X, n" 1 , i "' juil- 
let 1899. Paris, Octave Doin; i fasc. in-8°. 



(68) 

Répertoire de Médecine el de Chirurgie pratiques. i''° année, n" 1, juin 189g. 
Paris, M. A. Desfeux: i fasc. in-S". 

Bulletin de la Société des Sciences de Nancy. Série II, t. XVI, fasc. 33, 
3i* année, 1898. Paris-Nancy, 189g; i vol. in-8". 

Essai d un plan de Métaphysique, par Alexis-S. Tsimbouraki. Athènes, 
Anestis Constantinides, i8g6; i fasc. in-i8. 

Report oflhe American Lavoisier Committee. Saint-Louis, Mo, i8gg; i fasc. 



in-8». 



The danish Ingolf-expedition . Vol. I, part. I; Vol. II, part. I; Vol. III, 
part. I. Copenhagen, H. Hagerup, iKgg; 3 fasc. in-f". 

Annual report of the Smithsonian Institution for the year ending JuneZo, 
i8g6. Report of the U. S. National Muséum. Washington, i8g8; i vol. in-8°. 

Bulletin of the United States National Muséum. N° 47 : The fishes of North 
and Middle America, by David Starr Jordan and Barton Warren Evermann. 
Partit, part III. Washington, 1898; 2 vol. in-8''. 

The canadian patent Office record and register of copyrights and trade 
marks. Vol. XXVI, i8g8. Annual index. Ottava, i8g9; i fasc. in-4''. 

The geographical journal. Vol. XIV, n" 1, July 189g. London, Edward 
Stanford; i fasc. in-8°. 

Anales del Museo nacional de Montevideo, pub. bajo direccion de J. Are- 
chavaleta. Tonio II, fasc. 11. Montevideo, 1899; i fasc. in-4°. 

Nachrichten von der kôn. Gesellschaft der Wissenschaften zu Gôttingen. 
Matematisch-physikalische Klasse. 189g. Heft 1. Gôttingen, Lùder Horts- 
mann, 1899; i fasc. in-S". 

Buletinul Societatii de sciinte din Bucuresci, Remania. Anul VIII, n°* 1 si 2. 
Bucuresci, 1899; 1 fasc. in-8°. 

Bulletin de la Société physico-mathématique de Kasan. Deuxième série; 
t. VIII, n° 4; t. IX, n"» 1, 2. Rasan, 1899; 3 fasc. in-S". 



Un souscrit a Pans, cnez UAUliillî.K-VlLl^AKS, 
Quai des Grands-Augustins, n° 55. 

135 les COMPTES RENDDS hebdomadaires paraissent régulièrement le Dimanche. Ils forment, à la fin de l'année, deux Tolumes in-4'. Deui 
s par ordre alphabétique de matières, l'autre par ordre alphabétique de noms d'Auteurs, terminent chaque volume. L'abonnement est annuel 
" janvier. 

Le prix de rabonnement est fixé ainsi qu'il suit : 

Paris : 20 fr. — Départements : 30 fr. — Dnion postale : 34 fr. — Autres pays : les frais de poste extraordinaires en sus. 



On souscrit, dans les Départements, 



chez Messieurs : 
Ferr;»n frères. 

iChaix. 
Jourdan. 
Ruff. 

Courtin-Hecquet. 
i Germain etGrassin. 
( Lachèse. 
Jérôme. 
Jacquard. 
I Feret. 
I Laurens. 
I Muller (G.). 
Renaud. 

iDerrien. 
F. Robert. 
J. Robert. 
Uzel frères. 

Jouan. 

Perrin. 
j Henry. 
( Marguerie. 
( Juliot. 
i Ribou-Collay. 
, Lamarche. 

Ratel. 
(Rey. 
l Lauverjat. 
I Degez. 
\ Drevet. 
I Gratier et C". 

Foucher. 
( Bourdignon. 
\ Dombre. 
i Thorez. 
( Quarré. 



Lorient. 



Lyon. 



chez Messieurs : 

Baumal. 

M"* Texier. 

Bernoux et Cumin. 

Georg. 

Côte. 

I Savy. 

1 Vitte. 

Marseille Ruât. 



1 Calas. 

Montpellier „ 

' Coulet. 

\ Moulins Martial Place. 

[ / Jacques. 

I Nancy ( Grosjean-Maupin. 

; ( Sidol frères. 

> Loiseau. 

Nantes . ,, , 

( Veloppe. 

Barma. 

Visconli et C'v 

Ninies Thibaud. 

Orléans Luzeray. 

Blanchier. 

Marche. 

Rennes Plihon et Hervé. 

Rochefort Girard (M»"). 

) Langlois. 

\ Lestringant. 

S'-Élienne Chevalier. 

( PûrUeil-Burles. 

Toulon , ,- ,, 

( Rumebe. 

I Gimet. 

I Privât. 

, Boisselier. 

Tours j Péricat. 

( Suppligeon. 

„ , ( Giard. 

Vatenciennes , , 

( Lemaitre. 



Nice. 



Poitiers. 



Rouen. 



Toulouse. 



On souscrit, à l'Étranger, 



Amsterdam. 



Berlin. 



Bncha' f'.it. 



chez Messieurs : 
Feikema Caarelsen 
et C". 

Athènes Beck. 

Barcelone Verdaguer. 

[ Asher et C'v 

1 Dames. 

i Friedlander et (ils. 

f Mayer et Muller. 

Berne Schmid et Francke. 

Bologne Zanichelli. 

/ Lamertin. 
Bruxelles Mayolezet Audiarte. 

I Lebégue et C". 

( Sotcheck et C". 

\ Stprck. 

Budapest.. Kilian. 

Cambridge Deighton, BelletC". 

Christiania Cammermeyer. 

Consianlino/iiu. . Otto Keil. 
Copenhague... . . Hôst et fils. 

Florence Seeber. 

Gand Hosle. 

Gènes Beuf. 

. Cherbuliez. 

Genève Georg. 

( Stapelmohr. 

Bel in fa nie frères. 

Benda. 

Payot. 

Barth. 
\ Brockhaus. 

Leipzig... i Lorentz. 

i Max Rube. 
[ Twietmeyer. 
( Desoer. 
I Gnusé. 



La Hâte. 
Lausanne. 



LiiJiie. 



chez Messieurs : 

I Dulau. 
t-ondres Hachette et G'«. 

' Nutt. 
Luxembourg . ... V. Biick. 

/ Libr. Gutenberg. 
Madrid |Romo y Fussel. 

j Gonzalès e hijos. 

l F. Fé. 

Milan S^°'='=» •■«"'■ 

\ Hœpli. 

Moscou Tastevln. 

Naples (Marghieri di Gius. 

\ Pellerano. 

l Dyrsen et Pfeiffer. 
A'e.v- Vork Stechert. 

' LemckeetBuechner 

Odessa Rousseau. 

Oxford Parker et C* 

Palerme Clausen. 

Porto Magalhaés et Mollit. 

Prague Rivnac. 

Rio-Janeiro Garnier. 

I Bocca frères. 

I Loescheret C". 

Rotterdam Kramers et fils. 

Stockholm Samson et Wallin. 

^ Zinssrling. 

I Wolir. 
Bocca frère». 
Brero. 

i Clausen. 
Rosenberg et Sellier. 

Varsovie Gebethner et Wnill. 

Vérone Drucker. 

( Frick. 

( Gerold et C". 
ZUrich Meyer et Zeller. 



Rome . 



S' Petersbourg. . 



Turin. 



Vienne . 



I GËNÉBâLES ses comptes RENDDS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES : 

Tomes 1" 31. ^ (3 Août i835 à 3i Décembre i85o. ) Volume in-4°; i853. Prix 15 fr. 

Tomes 32 à 61,— (i" Janvier i85i à 3i Décembre i865.) Volume in-4''; 1870 Prix 15 fr. 

Tomes 62 à 91.— (i" Janvier iSfi6 à 3i Décembre 18S0.) Volume in-4'';.i889. Prix 15 fr. 

MENT ADX COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES : 

noire sur quelques points de la Physiologie des Algues, par MM. A. Derbès et A.-J.-J. Solieb. — Mémoire sur le Calcul des Perturbations qu'éprouvent les 
M. Hanien. — Mémoire sur le Pancréas et sur le rôle du suc pancréatique dans les phénomènes digestifs, particulièrement dans la digestion des matières 

1. Clàdde Bebnabd. Volume in-4°, avec 32 planches; i856 15 fr. 

lémoire sur les vers intestinaux, par M. P.-J. Van Beneden. — Essai d'une réponse à la question de Prix proposée en i85o par l'Académie des Sciences 
urs de i853, et puis remise pourcelui de i856, savoir : « Étudier les lois delà distribution des corps organisés fossiles dans les différents terrains sédi- 
suivant l'ordre de leur superposition . — Discuter la question de leur apparition ou de leur disparition successive ou simultanée. — Rechercher la nature 
s qui existent entre l'état actuel du régne organique et ses états antérieurs », par M. le Professeur Bronn. In-4'', avec 27 planches; 1861.. . 15 fr. 



Librairie les Mémoirefi de l'Académie des Sciences, et les Mémoires présentés par divers Savants à l'Académie des Sciences. 



TABLE DES ARTICLES. (Séance du ."> juillet 1899.) 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRlsS ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 



Pages. 
M . le IMiNisTHE DE l'Instruction puiîLiguE 
ET DES Ueaux-Arts atlrcsse rampli.ition 
d'un Décret qui porte de luo à iifi le 
iiiiriihre des Correspondants de l'Acadériiie, 
l;inl natii>naN\ i|u'étrau^ers > 



Pages. 

MiM. Lœwy et PuiSEUx. — Considérations 
sur la constitution physique de la Lune.. '> 

M.AUMAND Gautier.— Examen de l'eau de 
mer puisée à dillérentes profondeurs; va- 
riations de ses composés iodés ij 



CORRESPONDANCE. 



M. le SuJiKTAïKL l'iui'ETUEI. signale, piiriiii 
les pièces imprimées de la Correspon- 
dance, divers Ouvrages de MM. Bas et 
Laffargiie. de M. Maurice fl'Ocagne, d" 
M. /)'. Xeillcr, de M. Ernest Leboii; le 
premier numéro du « Mois scientifique et 
industrie! » 

M. .1. Guillaume. — Observations de la 
comète Swift (iSijç) a), faites à l'équato- 
rial Brunner (o'", ifi) de l'observatoire de' 
Lyon 

M. L. Picart. — Sur la suppression des 
essais, dans le calcul des orbites parabo- 
liques 

M. K.-O. LovETT. - Sur les Iransforma- 
lions des droites 

i\l. C. GuiciiAUD. — Sur les surfaces ib' 
M . \"oss 

AI. Le Vavasseur. — Les groupes d'or- 
rire 1 0/7,/) étant un nombre premier impair . 

IM. Paul Painleve. Sur le développement 
d'une branciic uniforme de fonction una- 
ly tique en série de polynômes 

i\I. K. GouRSAT. — Sur deux équations inlé- 
Srabb's du second ordre 

M. Ivan Fredholm. — Sur une classe 
d'équations aux dérivées partielles 

M. IN. Saltykow. — Considérations sur les 
travaux de M.AL S. Lie et A. Mayer 

RL Stéphane Leduc. — Étincelle globulaire 
ambulante 

M. Auo. Charpentier. — Oscillations rrcr- 
veuses, leur fréqueiH e 

M. TiiiiMAs TojiMASiNA. — Sur la nature et 
la cause du jibéiiuinéne des cohéreurs.. . . 

lil'I.LETlN niBLlOGHAPIIIQtlE 



Ifj 



V 



M. L. Dumas. — Sur la posilicm des points 
de transformation magnétique dés aciers 
au nickel i-^ 

IM. Pouuet. — Sur le dosage volumétrique 
du zinc ^1 

M. P. Lebe.vu. — Sur la préparation et les 
propriétés des arséniures de strontium, 
de Ijaryuni et de lithium '17 

M. E. Grégoire iie Bollemont. — Étude 
de l'oxymétliylène-cyanacétate de méthyle 
et de quelques-uns de ses homologues... .')i) 

M. L. BouvEAULT. Emploi de la tétra- 
chlorhydroquinone pour la caraclérisation 
et la séparation des acides gras J3 

MM. E. Aeelous et E. Gérard. — Sur la 
présence, dans l'organisme animal, d'un 
ferment soluble réduisant les nitrates. ... ïK 

.M. Henri Helier. — Sur le pouvoir réduc- 
teur des urines iN 

i\L Leprince. — Contribution à l'élude chi- 
mique de Vécorcc i\a Jihamnus purs/iiana 
( Cascnra sagracla ) im 

M. Guerbet. — Transformation directe de 
l'acélaïuidc en élhylaminc par hydrogé- 
nation (il 

M. DiEXERT. - Sur la sécrétion des dia- 
stases 5,1 

M. Matteucci. — Sur les particularités de 
l'éruption du Vésuve 65 

M. .Vrm. Gautier. — Remarques, à propos 
de la Communication de M. jt/alleiicci. 
sur la présence de l'acide iodliydri(|ue 
dans les émanations volcaniques 6'i 

M. Emile Renner adresse une étude sur le 
Magnétisme terrestre 1,- 



PARIS. — 



I M P lu M E lU E G A U T H I E K - V l L L .\ R S ,• 
Quai des Grands-Augustins, 5i. 

Le fierait! .* *»*uthier-Villahs 



:\Un 1 1899 SECOIVD SEMESTRE. 

COMPTES RENDUS 

HEBDOMADAIRES 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 

PAR Mtl. liES SBCRÉTAiaES PBRPÉTUEKiS 



TOME CXXIX. 



N^ 2 (10 Juillet 1899). 



PARIS, 

GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE 

DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, 

Quai des Grands-Aii^'uslins, 55. 

1899 



lIEiiLKMEfNl MLAllF AUX lUlHES MINULS 

ADOPTÉ DANS LES SÉANCES' DES 23 JUIN 1862 ET 24 MAI 1875. 



Les Comptes rendus hebdomaaaires des séances de 
l'Académie ?e composent des extraits des travaux de 
ses Membres et de l'analyse des Mémoires ou Notes 
présentés par des savants étrangers à l'Académie. 

Chaque cahier ou numéro des Comptes rendus a 
48 pages ou 6 teuilles en moyenne. 

26 numéros composent un volume. 

Il y a deux volumes par année. 

Article i" . — Impressions des travaux de l'Académie. 

Les extraits des Mémoires présentés par un Membre 
ou oarunAssociéétranger de l'Académie comprennent 
au plus 6 pages par numéro. 

Un Membre de l'Académie ne peut donner aux 
Comptes rendus plus de 5o pages par année. 

Les communications verbales ne sont mentionnées 
dans les Comvtes rendus, qu'autant qu'une rédaction 
écrite par leur auteur a été remise, séance tenante, 
aux Secrétaires. 

Les Rapports ordinaires sont soumis à la même 
limite que les Mémoires; mais ils ne sont pas com- 
pris dans les 5o pages accordées à chaque Membre. 

Les Rapports et Instructions demandés .par le Gou- 
vernement sont imprimés en entier. 

Les extraits des Mémoires lus ou communiqués par 
les Correspondants de l'Académie comprennent au 
plus 4 pages par numéro. 

Un Correspondant de l'Académie ne peut donner 
plus de 32 pages par année. 

Dans les Comptes rendus, on ne reproduit pas les 
discussions verbales qui s'élèvent dans le sein de 
l'Académie; cependant, si les Membres qui y ont 
pris part désirent qu'il en soit fait mention, ils doi- 
vent rédiger, séance tenante, des Notes sommaires, 
dont ils donnent lecture à l'Académie avant de les 
remettre au Bureau. L'impression de ces Notes ne 
préjudicie en rien aux droits qu'ont ces Membres de 
lire, dans les séances suivantes, dos Notes ou Mé- 
moires sur l'objet de leur discussion. 



Les I^rogranimes des prix proposés par l'Acad 
sont imprimés dans les Comptes rendus, mais les 
ports relatifs aux prix décernés ne le sont qu'ai 
que l'Académie l'aura décidé 

Les Notices ou Discours prononcés en séance 
blique ne font pas partie des Comptes rendus. 

Article 2. — Impression des travaux des Savai 
étrangers à l'Académie. 

Les Mémoires lus ou présentés par des perso 
qui ne sont pas Membres ou Correspondants de 1 
demie peuvent être l'objet d'une analyse ou d'u 
sumé qui ne dépasse pas 3 pages. 

Les Membres qui présentent ces Mémoires 
tenus de les réduire au nombre de pages requi; 
Membre qui fait la présentation est toujours non 
mais les Secrétaires ont le droit de réduire cet Eî 
autant qu'ils le jugent convenable, comme ils le 
pour les articles ordinaires de la correspondance 
cielle de l'Académie. 

Article 3. 

Le bon à tirer de chaque Membre doit être rei 
l'imprimerie le mercredi au soir, ou, au plus tar 
jeudi à I o heures du ma tin ; faute d'être remis à te 
le titre seul du Mémoire est inséré dans le Compte 1 
actuel, et l'extrait est renvoyé au Compte rendu 
vant et mis à la fin du cahier. 

Article 4. — Planches et tirage à part. 

Les Cornptes rendus n'ont pas de planches. 

Le tirage à part des articles est aux frais de 
teurs; il n'v a d'exception que pour les Rappoi 
les Instructions demandés par le Gouvernement 

Article 5. 

Tous les six mois, la Commission administrativ 
un Rapport sur la situation des Comptes rendus i 
l'impression de chaque volume. 

Les Secrétaires sont chargés de l'exécutio» du 
sent Règlement. 



Les Savants étrangers à l'Académie qui désirent laire présenter leurs Mémoires par MM. les Secrétaires perpétuels sont priés ( 
déposer au Secrétariat au plus tard le Samedi qui précède la séance, avant B*". Autrement la présentation sera remise à la séance sui 



AUG 8 1889 



COMPTES RENDUS 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 



SÉANCE DU LUNDI 10 JUILLET 1899, 

PRÉSIDENCE DE M. VAN TIEGHEM. 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE, 

M. le Secrétaire perpétuel annonce à l'Académie la perte qu'elle vient 
de faire dans la personne de M. fVilliarn Flower, Correspondant pour la 
Section d'Anatomie et Zoologie, décédé, à Londres, le i*'' juillet 1899. 

M. Edmond Perrier, en présentant à l'Académie le 5* fascicule (p. 2137- 
2356) de son Traité de Zoologie, s'exprime ainsi : 

« Le nouveau fascicule du Traité de Zoologie que j'ai l'honneur de pré- 
senter à l'Académie aurait été considéré, au temps de Lamarck, comme 
complétant V Histoire des Animaux sans vertèbres ; c'est en réalité une sorte 
de préface de {'Histoire des Vertébrés. J'y ai exposé, en effet, l'organisation 
et le développement de VAmphioxus, l'organisation, le développement et la 
classification des Tuniciers. Dans le Chapitre relatif à VAmphioxus, on 
verra comment l'organisation des Vertébrés s'est dégagée physiologique- 
ment, pour ainsi dire, de celles des Vers annelés. Dans le long Chapitre 
relatif aux Tuniciers, on verra comment, le Vertébré étant à peine ébauché, 
l'intervention d'une condition nouvelle d'existence, la fixation au sol, a 

G. R., 1899, 1' Semestre. (T. CXXIX, N° 2 ) TO 



.( 70 ) 
transformé le type primitif du Vertébré en un type nouveau, celui même 
des Tuniciers. 

» S'il est aujourd'hui bien établi que les êtres vivants sont dérivés les 
uns des autres par une série de transformations ininterrompues, il est non 
moins certain que ces transformations n'ont pas eu lieu sans causes et que 
ces causes doivent se trouver, d'une part dans le fonctionnement même de 
l'organisme, d'autre part dans les conditions variées que les circon- 
stances extérieures imposent à ce fonctionnement. Ces causes ne sont, en 
général, masquées aux naturalistes que par les idées préconçues qu'ils se 
sont faites des relations généalogiques des organismes, et par la croyance 
où sont demeurés beaucoup d'entre eux que toutes les transformations 
sont admissibles, alors même qu'on ne saurait entrevoir à quelles causes 
elles peuvent être attribuées. 

» C'est pour avoir dédaigné cette intervention des causes modificatrices 
et s'être borné à constater les gradations morphologiques présentées par les 
organismes, qu'on a dressé tant d'arbres généalogiques divers du règne 
animal, que les mêmes formes ont pu être considérées tantôt comme le 
terme ancestral, tantôt comme le terme le plus récent d'une même série 
et qu'on en est arrivé à prendre au hasard, suivant sa fantaisie, un type 
dans une série, pour tout faire rayonner autour de lui. Une fois sur cette 
pente, on n'est même plus arrêté par les indications, pourtant si vantées, 
de l'embryogénie, indications d'ailleurs si précises quand on a pris soin 
de les coordonner elles-mêmes méthodiquement. L'intérêt de ce fascicule 
sera de montrer une fois de plus comment, par la recherche des causes 
rationnelles de transformation et par l'application rigoureuse des lois de 
l'embryogénie, les questions les plus difficiles et les plus délicates 
s'éclairent. 

» J'ai montré, dans une Communication antérieure, comment l'impor- 
tance prise par le système nerveux, la tachygonie intense de l'axe cérébro- 
spinal et du mésoderrae, avaient déterminé, chez des animaux voisins des 
Vers annelés, l'apparition, entre les ébauches de ces parties, d'un séquestre 
entodermique devenu la corde dorsale des Vertébrés; comment ces causes 
avaient produit un déplacement latéral de la bouche, qui avait eu, par 
conséquent, une asymétrie momentanée, puis un renversement complet 
d'attitude chez les ancêtres des Vertébrés. J'ai indiqué que l'histoire de ce 
renversement était écrite tout entière dans l'embryogénie de VAmphioxus. 
On en trouvera toutes les preuves dans ce fascicule. Ce renversement, 
comme la torsion des Mollusques gastéropodes, résulte de ce que tout ani- 
mal qui se trouve placé, d'une manière permanente, dans des conditions déjà- 



( V ) 
vorables, répare autant qu'il le peut par des attitudes volontaires nouvelles 
le tort qu'il éprouve de ces conditions; ces attitudes se fixent par hérédité. 

» J'ai désigné cette proposition, qui n'est qu'un corollaire au principe de 
Lamarck relatif aux conséquences de l'usage et du défaut d'usage des 
organes, sous le nom de loi de la fixation des attitudes favorables . 

)) Comme les Alcyonnaires, les Cirripèdes, les Nématodes, les Lom- 
briciens, les Géphyriens, les Lamellibranches, Vers plats etmême à certains 
égards les Echinodermes, les Tuniciers sont un groupe régressif. Chez les 
Nématodes et les Vers plats la régression a été déterminée par l'inertie due 
au parasitisme ; chez les Lombriciens, les Géphyriens et les Lamellibranches 
par l'inertie due à une existence souterraine; chez les Cirripèdes et les 
Tuniciers par l'inertie due à la fixation au sol. La simplification de l'or- 
ganisme a été, chez les Tuniciers, accentuée par la progénèse et est 
arrivée au point de permettre l'apparition du bourgeonnement. Ce dernier 
a conduit à la constitution d'organismes complexes {colonies, cormus, etc.) 
reproduisant, à cause de la communauté des conditions d'existence, un 
grand nombre des traits des Phytozoaires. Ces organismes nouveaux ou 
ascidiodêmes étant à leur tour affectés de tachygénèse, il en est résulté la 
série de phénomènes longtemps considérés comme si exceptionnels que 
l'on désignait sous le nom de génération alternante che?^ les Tuniciers. Je me 
suis efforcé de montrer comment ces phénomènes retitraient dans les lois 
les plus générales de la Biologie. En un mot, en étudiant les deux groupes 
des Acràniens et des Tuniciers, où toutes les lois qui se dégagent de l'his- 
toire des Invertébrés trouvent de si fécondes applications, j'ai fait tout ce 
qui dépendait de moi pour substituer partout le bon sens et une méthode 
rigoureuse aux conceptions métaphysiques, aux mystères et aux opinions 
aussi gratuites que personnelles par lesquels on a réussi à obscurcir le 
fond relativement simple de la morphologie animale. 

» Le prochain et dernier fascicule exposera l'histoire des Vertébrés. » 

CHIMIE GÉNÉRALp. — Nouvelles recherches sur l'argon et ses combinaisons. 

Note de M. Berthrlot. 

« J'ai l'honneur de présenter à l'Académie les résultats de nouvelles 
recherches sur l'arg-on. Ces recherches ont été exécutées avec un nouvel 
échantillon de ce gaz, que M. Ramsay a eu la grande obligeance de me 
donner : je dois d'abord lui en adresser mes remercîrnents. 

» Cet échantillon était renfermé dans une bouteille bien close; il occu- 
pait 690"'' à la température ordinaire; soit GSo*^", réduit à l'état sec, à o" 



( 7^ 
et 760""". Malheureusement, il était fort loin d'être pur. En efFet, il conte- 
nait 3o pour 100 d'azote (exempt d'oxygène); ainsi que je l'ai reconnu 
dans trois essais, l'azote étant absorbé dans les deux premiers en le combi- 
nant avec l'oxygène, en présence de la potasse concentrée, sous l'influence 
d'une série d'étincelles électriques. La réaction a duré une première fois 
quinze heures, en donnant une absorption de 3o centièmes. Une seconde 
fois, vingt-quatre heures, avec absorption de 3o,6. Le troisième essai, exé- 
cuté en faisant agir l'effluve sur un mélange gazeux d'argon et d'éther gly- 
colique (pseudoxyde d'éthylène), l'un des meilleurs absorbants de l'azote, a 
donné une absorption de 29,5 centièmes, j'ai donc disposé de 455'='^ d'argon. 

» La nécessité de purifier ainsi l'argon de son mélange avec l'azote a 
rendu mon travail très pénible, mon outillage ne me permettant pas 
d'opérer à la fois sur plus de 100'='= à 120'^'' du mélange dont je disposais, 
additionné d'oxygène dans la proportion convenable (2™' pour i'"' d'azote), 
soit en tout 200*='^ environ ; chaque opération durant de quinze à vingt- 
quatre heures, avec un courant continu d'étincelles multiples, fournies par 
une bobine d'induction, alimentée par six accumulateurs (12'°'", 6). En 
raison de ces difficultés je n'ai pas poussé mes essais aussi loin que je l'avais 
projeté. Cependant les faits que j'ai observés ajoutent un certain nombre 
de points à nos connaissances sur les propriétés de l'argon et sur les 
actions de l'effluve : j'ajouterai qu'ils ont été obtenus en dehors de toute 
opinion théorique préconçue. Je les présenterai dans l'ordre suivant : 

» Essais relatifs à l'action de l'argon sur divers composés organiques ; 

» Essais spéciaux sur la benzine; 

» Essais sur le sulfure de carbone. 

» Je poursuis ces essais relativement à l'action de l'argon sur les métaux, 
et spécialement sur les métaux renfermés dans les minéraux dont M. Ramsay 
a réussi à extraire l'argon et l'hélium. Mais cet ordre d'expériences exige 
des appareils disposés autrement : j'y reviendrai. 

» Donnons d'abord quelques détails sur la marche et le dispositif des 
expériences. Après avoir soumis à une nouvelle vérification mes travaux 
relatifs à la benzine et au sulfure de carbone (^Annales de Chimie et de Phy- 
sique,^ 7* série, t. VH, p. 5; 1896), vérification rapportée plus loin, j'ai 
mis en œuvre des composés carbonés choisis dans diverses séries. Les 
expériences ont été faites avec mes tubes à effluve de différentes dimen- 
sions, décrits et figurés précédemment. On a opéré, sous la pression atmo- 
sphérique et vers la température de 20° : 

» i" Sur les mélanges d'argon avec les gaz, ou corps gazéifiables à la 
température ordinaire; 



( 73 ) 

« 2" Sur l'argon mis en présence de liquides offrant une tension de 
vapeur suffisante. Quant aux corps solides, ou doués d'une très faible ten- 
sion, leiu' réaction sur l'azote se fait beaucoup moins bien, comme je l'ai 
dit ailleurs, et je n'ai pas cru utile de les mettre enjeu. 

» J'opère sur un volume d'argon compris entre 5'^'^ et lo*^^', volumes 
qu'il n'est pas utile de dépasser dans les tubes à effluve, en raison de la 
faible capacité de l'esjjace annulaire où s'opère l'action, entre deux tubes 
distants de o'""", 5 à o""'", i au plus. La rapidité des effets dépend à la fois de 
cette distance, de la surface des tubes à effluve et de la tension électrique. 
On doit éviter les tensions trop fortes, les pluies de feu notables el les échauf- 
fements correspondants. Quand on fait réagir un liquide, son volume doit 
demeurer, en général, voisin de i à 2 dixièmes de centimètre cube, ce 
qui représente d'ailleurs un poids équivalent considérable par rapport à 
celui de l'argon gazeux, tout en maintenant négligeable l'action dissol- 
vante que ce liquide serait susceptible d'exercer sur l'argon, gaz dont la 
solubilité dans les dissolvants est un peu plus forte que celle de l'azote, 
c'est-à-dire faible. 

» Ces liquides se transforment d'ailleurs, pour la plupart, en dérivés 
solides polymérisés dans le cours de l'expérience, ce qui annule toute 
action dissolvante. 

» La bobine Ruhmkorff employée pour développer l'effluve, est celle 
de /jo*"" de longueur, avec bouteille de Leyde; elle est alimentée par trois 
ou six accumulateurs (6'">"%3 à i2™"%6). La distance limite des étincelles 
extérieures est fixée à 6™" ou 8™'". 

» J'ajouterai que la technique de ce genre d'expériences est délicate et 
demande à être étudiée à l'avance sur l'azote, les réactions variant avec les 
tensions électriques, la température développée et diverses autres circon- 
stances. 

» Les expériences exécutées d'abord avec l'argon purifié par l'action de 
l'oxygène, comme il a été dit, ont été répétées toutes avec cet argon purifié, 
puis ayant déjà subi ultérieurement l'action simultanée de l'effluve et d'un 
premier composé organique, ce qui l'aurait débarrassé des dernières traces 
d'azote, à supposer qu'il en restât encore. 

I. Essais relatifs a l'action de l'argon sur divers composés organiques. 

» L'expérience conduit à partager les composés hydrocarbonés, avec 
lesquels j'ai opéré, en trois groupes : 
» Série grasse ou saturée ; 



( 74 ) 

» Série benzénique; 

» Séries cycliques diverses. 

» Je commencerai par la série grasse, dont les résultats négatifs ne 
feront que mieux ressortir les résultats positifs obtenus avec la série ben- 
zénique. Après la réaction, on mesure le gaz restant, on y ajoute de l'oxy- 
gène et, s'il y a lieu, un peu de mélange tonnant. On fait détoner dans 
l'eudiomètre, puis on absorbe l'acide carbonique et l'excès d'oxygène, 
avec les précautions convenables, et l'on mesure le résidu, qui est consti- 
tué par l'argon non combiné. 

A. Sér'ie grasse. 

» 1. Éthylène, C-H'' (loo''"') et argon (io6'"'), à volumes égaux, 
vingt-quatre heures. — Le mélange a diminué de volume, tout en restant 
supérieur à celui de l'argon. L'analyse eudiométrique a montré qu'il 
s'était produit de l'hydrogène (43'^°'), mélangé avec une petite quantité de 
formène (4'°'), on d'éthane (2^°') équivalent. Absorption d'argon, exacte- 
ment nulle. Au cours de l'expérience, sous la pression atmosphérique, il 
n'apparaît pas de luminescence visible en plein jour. La nuit, lueur jaune 
le soir, puis bleuâtre, où le spectroscope à vision directe ne distingue pas de 
raies. 

» 2. Ether glycolique (iSo""') et argon (100'°'), vingt heures. Il s'est 
produit de l'hydrogène (26™') et du formène (2'°', 4)- Absorption de 
l'argon, nulle. Pas de luminescence diurne. 

» Ether glycolique 5oo™' -H arg-o/z 100^"'. Gaz produit, H^^i25™'; 
CH'' := g''"', 3; CO = 4â„¢'. 6; absorption de l'argon nulle. Pas de lumines- 
cence diurne. 

3. Aldéhyde gazeux. C"H''0, 167™' -+- argon 100™'; vingt-trois heures. 
Gaz produit : H^ = 78; CO = 20; CH^ = 7. Absorption de l'argon nulle. 
Pas de luminescence diurne. 

» 4. Acétone, CH^O liquide -I- aro-on loo'^"'. Gaz produit H- = 120; 
C0 = i,5; CH'' = i3. Absorption de l'argon nulle. Pas de luminescence 
diurne. 

» 5. Amylène, CH'" liquide avec forte tension de vapeur -+■ argon. Gaz 
produit : hydrogène et carbures. Absorption de l'argon nulle. Pas de lumi- 
nescence diurne. 

» 6. Éther de pétrole. Carbures C"H^"^^ très volatils -h argon; vingt- 
quatre heures. Absorption de l'argon nulle. Pas de luminescence diurne. 

)> Voici maintenant quelques composés azotés. 



( 75 ) 
■ » 7. Propioniliile, C^H* Az liquide + argon 100"°'. Gaz obtenus : H- = 4^ ; 
C0 = 3; CH'' = 34. 

)) Absorption de l'argon nulle, en admettant qu'il n'y ait pas dégagement 
d'azote. Pas de luminescence diurne. 

» 8. Sulfocyanure d'allyle, G* IPAzS liquide + aro-ow. Absorption nulle. 
Pas de luminescence diurne. 

1) 9. Amylaminc. C^H"Azliquide -+- argon 100™'. Il s'est développé une 
odeur de pipéridine. Gaz obtenus : H- = 224; CH" = i[\; Az- = [5. Il y a eu 
dégagement d'azote, auquel on a attribué tout l'accroissement de volume 
du résidu incombustible. Pas de luminescence diurne. 

B. — Série benzénique. 

» La marche des expériences et des analyses est exactement la même. 
Toutes ont donné une absorption d'argon plus ou moins sensible dans tous 
les cas, la bobine étant alimentée par des tensions de 6 à 12 volts. On voit 
apparaître le jour, seulement au bout de plusieurs heures, c'esl-k-dïre par suite 
du développement d'une réaction lente et progressive entre l'argon et la vapeur 
organique, une luminescence continue spéciale, verte, plus ou moins 
intense, indépendante de la pluie de feu, qu'il vaut mieux éviter. 

» Cette luminescence se développe dans les gaz sous la pression atmo- 
sphérique. Elle est visible en plein Jour dans presque tous les cas. Le spec- 
troscope à vision directe y distingue les raies de l'argon, du mercure, du 
carbone et de l'hydrogène : le tout conformément à mes observations 
publiées il y a trois ans, sur la benzine, et que j'ai reproduites sans diffi- 
cultés. Voici le détail de ces nouveaux essais, tous exécutés en présence 
de l'argon. 

» 1. Benzine, C*H^. — Le détail en sera donné dans la IIP Partie du 
premier Mémoire. Bornons-nous à rappeler que, dans les analyses, il est 
nécessaire d'éliminer à la fin, par combustion eudiométrique, la vapeur de 
benzine en excès. 

» Le volume d'argon absorbé a été trouvé, en faisant varier les condi- 
tions de durée, de tension, de masse relative, etc., dans différents essais, 
égal à 8 centièmes, ày; à6,5;à5;à3 centièmes, etc., résultats du 
même ordre de grandeur que mes précédents (^Annales de Chimie et de Phy- 
sique, 7" série, t. VII, p. 24). 

» 2. Toluène, G' H*. — Luminescence diurne verte très nette, pareille à 
celle de la benzine, avec le même spectre; quoique plus faible, surtout au 
début. Absorption de l'argon : 2 à 3 centièmes. 



( 76) 

M 3. Cymol, C'^H''. — Luminescence diurne verte, faible. Absorption 
de l'argon : 6 centièmes. 

» 4. Jereè<?«^Ap«e récemment rectifié, C'° H' ^ — Luminescence d'abord 
blanchâtre, puis verdàlre faible, au moment du crépuscule, moment où la 
lumière du jour est assez affaiblie pour rendre plus manifeste la lumines- 
cence. Spectre correspondant. Le volume de l'hydrogène dégagé, faible. 
Absorption de l'argon : 2 centièmes. 

M 5. Éther méthylphénique (anisol), C'H^O. — La luminescence diurne 
verte apparaît au bout d'une heure, très belle, quoique plus faible qu'avec 
la benzine. Même spectre. Absorption de l'argon : 5 centièmes au bout de 
vingt-quatre heures. 

» 6. Phénol, C°H°0 cristallisé. — Lueur verte très faible, visible au 
crépuscule. Absorption de l'argon : 2 à 3 centièmes, expérience répétée 
deux fois. 

» 7. Aldéhyde benzoïque, C'WO. — Mêmes observations. Absorption 
d'argon : t à 2 centièmes. 

» 8. Aniline, CH'Az. — Luminescence verte, plus faible qu'avec la 
benzine. Absorption d'argon : i centième ('). 

» 9. Sul/ocyanure de p/iényle, CWAzS. — Luminescence faible, mais 
réelle. Absorption de l'argon, 2 centièmes. 

•M 10. Benzonitrile, C'H^Az. — Très belle luminescence verte, se pro- 
duisant rapidement. S|)ectre bien accusé avec le spectroscope à vision 
directe. Absorption de l'argon : 5,3 centièmes. 

)) On voit que la benzine et ses dérivés développent avec l'argon la lu- 
minescence diurne caractéristique, avec une intensité d'autant plus grande 
que leur tension de vapeur est plus considérable ; le phénomène étant 
à peine marqué avec le phénol, l'aldéhyde benzoïque etle sulfocyanure de 
phényle; un peu plus avec le cymol et l'aniline, mais surtout éclatant avec 
la benzine, le toluène, le benzonitrile et l'anisol. Cette luminescence est 
corrélative d'une absorption d'argon, surtout nette avec les corps les plus 
volatils. 

» Le contraste de ces résultats avec ceux que fournit la série grasse 
montre qu'il s'agit d'un composé particulier, propre à la série benzénique, 
c'est-à-dire d'un phényleniercurargon, doué d'une faible tension, et limité 
dans sa formation à la fois par la tension de vapeur, propre au composé 
phénylique qui le fournit, et par des conditions complexes de stabilité 
propre et de dissociation. 

(') En admetlaul qu'il n'y ail pas d'azole dégagé.. 



( 77 ) 
» On remarquera que les composés de la série grasse et ceux de la 
série benzénique ont été comparés en deux groupes parallèles, répondant 
aux mêmes fonctions : 

Carbures. 



Éthylène. Amylène. 
Hydrures forméniques. 



Éther glycolique. 
Sulfocyanure d'allyle. 



Aldéhyde éthylique. 
Acétone. 



i Benzine. Toluène. Cymol. 
Térébeiilhène. 

Dérivés alcooliques. 

I Phénol. Anisol. 
Sulfocyanure de phényle. 

Aldéhydes. 

Aldéhyde benzoïque. 



Amylamine. 



Nitrile propionique. 



Alcalis. 

I Aniline. 

Nitriles. 

I Nitrile benzoïque. 



» Le contraste entre les résultats fournis par les deux séries est mani- 
feste, tant comme absorption, laquelle résulte de mesures délicates, que 
comme luminescence, caractère qualitatif qui frappe tous les yeux, surtout 
avec les corps suffisamment volatils. 

» Il y a là une évidence, indépendante de toute mesure et facile à mon- 
trer dans un enseignement public. 

» Venons à la troisième série d'essais. 



Série C. — Composés cycliques. 

« 1. Furfurol, C^H'O'. — Absorption d'argon incertaine. Lueur visible 
à l'heure du crépuscule, avec un spectre spécial, perceptible au spectro- 
scope à vision directe. 

)) 2. Thiophéne, C'H'S. — Absorption d'argon atteignant 3 centièmes el 
2,5 (deux essais). Lueur verdàlre visible la nuit, avec spectre spécial per- 
ceptible au spectroscope à vision directe. 

» IL Pyrrol, C^H'Az. — Absorption incertaine. Lueur faible. 

c. R., i8y9, ?.' Semestre. (T. CXXI\, N" 2.) TI 



( 78 ) 

» 4. Pyridine, CH'Az. — Absorption d'argon, 2 centièmes (2 essais). 
Luminescence notable au crépuscule, avec spectre spécial. 

» Ces résultats paraissent les indices d'une formation, moins marquée 
à la vérité, de composés analogues au dérivé phénylique. 

II. — Essais relatifs a l'action de l'argox slr la bexzixe. 

« Je me suis proposé de rechercher à quel moment l'absorption de l'ar- 
gon avait lien; si c'était en présence de la benzine liquide, ou bien au 
moment où sa polymérisation devenait totale, ou bien en présence du 
polymère déjà formé; j'ai recherché également si la luminescence per- 
sistait en présence d'un grand excès de benzine et d'une réaction long- 
temps continuée; enfin si le polymère formé avec absorption d'argon 
pouvait régénérer le composé lumineux, après que le système avait cessé 
dedevenir lumineux immédiatement par l'effluve, celle-ci ayant été" inter- 
rompue pendant un temps plus ou moins long, sans que l'état du système 
ait subi aucun autre changement. 

» Dans tous les cas, les dosages d'argon ont été faits en détruisant 
d'abord la vapeur de benzine et autres corps carbonés par détonation 
eudiométrique, etc. 

» 1. Argon. Benzine liquide prise sous un volume égal au dixième du 
volume de l'argon gazeux, c'est-à-dire en excès. La luminescence spéci- 
fique apparaît au bout de deux heures, la benzine liquide subsistant 
en quelque dose, quoique en grande partie détruite. Après destruction 
de sa vapeur par détonation, on a trouvé que l'absorption s'était élevée 
à 3 centièmes. 

» 2. On a ajouté quelques gouttes de benzine et prolongé trente-six 
heures l'action de l'effluve. Luminescence continue; absorption nouvelle, 
4 centièmes. En poursuivant dix-sept heures, sans aucune addition de 
benzine, l'absorption ne s'est accrue que de i centième. Soit, en tout, 
9 centièmes. 

)) On voit que l'absorption est devenue manifeste, en même temps que la 
luminescence, et qu'elle s'est arrêtée vers une certaine limite, qui semble 
dépendre surtout du rapport entre l'argon et la tension de vapeur du mer- 
cure et du phénylemercurargon, c'est-à-dire de la tension de dissociation 
de ce dernier composé. 

» 3. Dans un autre essai, la luminescence étant déjà nette pour une 
absorption de 5 centièmes d'argon, la limite d'absorption s'est arrêtée vers 



( 79 ) 
7 centièmes; dans un autre, vers 8 centièmes. Ces limites paraissaient liées 
d'ailleurs avec la tension électrique de l'effluve dans l'espace annulaire. 

» La température développée dans cet espace joue certainement un 
rôle. Quand elle est trop élevée, le composé se détruit, ou, ce qui revient 
au même, ne se forme pas; ce dont je donnerai des exemples plus nets en 
parlant du sulfure de carbone. 

» 4. Lorsque toute la benzine a été détruite, si l'on prolonge indéfini- 
ment l'action électrique, la luminescence, au bout d'un temps très long, 
diminue et 6nit par disparaître, ainsi que je l'avais déjà signalé dans mon 
précédent Mémoire. 

» 5. En opérant avec volumes égaux d'argon gazeux et de benzine li- 
quide, c'est-à-dire avec un énorme excès de cette dernière, la luminescence 
n'a pas apparu au bout de vingt-deux heures : peut-être parce que l'excès 
de liquide a retenu le phénylemercurargon en dissolution. L'absorption 
apparente d'argon s'élevait cependant à iZj centièmes, la majeure partie 
de la benzine étant polymérisée et changée en dérivé. Cette absorption 
était, en réalité, la somme de deux effets, l'absorption chimique et la dis- 
solution simple. 

» Pour la contrôler, dans des essais approximatifs, j'ai mesuré la solu- 
bilité de l'argon, vers 19°, sous une pression de o'",'749> dans le sulfure 
de carbone et dans la benzine. 

» Le sulfure de carbone en a dissous environ 6 centièmes de son vo- 
lume; la benzine, environ 18 centièmes. Ces chiffres sont donnés seule- 
ment comme approximatifs; ils indiqueraient, d'après des essais compa- 
ratifs, une solubilité de l'argon égale à une fois et demie à peu près celle 
de 1 azote dans les mêmes dissolvants. Sans les garantir d'une façon 
absolue, ils montrent que dans les expériences où l'on emploie 0'='=, r à 
0*^*^,2 de benzine ou de sulfure de carbone liquides, avec 5 à 10*''' d'argon 
gazeux, l'action dissolvante proprement dite est négligeable. 

» 6. La luminescence verte du phénylemercurargon cesse à l'instant 
même où l'on arrête le courant électrique. Si l'on opère au moment 
du crépuscule, après l'extinction l'œil continue à percevoir pendant une 
fraction de seconde une lueur violette, qui s'efface à son tour, en laissant 
seulement la teinte jaune permanente du dérivé polymérisé de la benzine, 
adhérent à la paroi du tube à effluve. 

» Si l'on rétablit alors le courant, la teinte verte reparaît aussitôt. Mais 
après huit heures d'arrêt, il faut quelques minutes, comme si le phényle 
mercurargon avait été réabsorbé par le corps polymère et exigeait quelque 



(8o) 

temps soit pour se reformer, soit pour se redégager. La lueur reparait 
tantôt depuis le bas, où se trouve la surface du mercure, tantôt au con- 
traire depuis la partie supérieure, qui en est éloignée de 20'=™ à aS^"*, pour 
redescendre peu à peu. Celte diversité montre que la réapparition de la 
lueur n'est pas liée avec le voisinage du mercure. Elle résulte sans 
doute de l'inégale épaisseur de la couche annulaire gazeuse, comprise 
entre les tubes de verre, et de la faculté plus ou moins grande, qui en 
résulte, pour le passage de la décharge sur un point, ou sur un autre. 

» 7. J'avais conservé, sur une cuve à mercure, depuis trois ans, un 
échantillon d'argon, régénéré par la décomposition de la combinaison qu'il 
avait formée d'abord avec le sulfure de carbone, puis rais en présence de la 
benzine et soumis à l'action de l'effluve, jusqu'à formation du phényle- 
mercurargon luminescent; la benzine avait entièrement disparu à cette 
époque. Aucun changement n'ayant été fait depuis, dans la disposition des 
appareils et des matières, tant gazeuses que transformées, il m'a paru inté- 
ressant de tenter, à l'époque présente, de reproduire la luminescence 
spécifique. Il a fallu onze heures d'effluve pour la faire reparaître, avec 
sa lueur émeraude et ses raies spécifiques. On a arrêté alors l'action élec- 
trique pendant huit heures, puis recommencé : dix minutes ont suffi cette 
fois. 

» Il résulte de celte expérience que le phénylemercurargon, réabsorbé 
par le polymère benzénique, et peut-être décomposé à la longue sponta- 
nément, à la façon de l'ozone et de l'eau oxygénée, reparaît, lorsque ses 
éléments constituants sont soumis à une action prolongée de l'effluve. 

III. — Essais relatifs a l'action de l'argon sur le sulfure de carbone. 

» 1. Argon et sulfure de carbone liquide (o", i). Tension du courant 
qui agit sur la bobine : 6'"'", 3. Vingt heures à 22°. Absorption : 7 centièmes. 
Le composé formé est solide, d'une couleur fauve, sans mélange charbon- 
neux. On en a régénéré par l'action de la chaleur une petite quantité 
d'argon, reproduisant la luminescence verte avec la benzine, c'est-à-dire le 
phénylemercurargon caractéristique. 

)) 2. Un autre essai, opéré dans les mêmes conditions, au bout de six 
heures, a donné une absorption de 6 centièmes. 

» Pour exécuter ces analyses, on suit la méthode que j'ai indiquée, la- 
quelle consiste à absorber la vapeur de sulfure de carbone avec un fragment 
de potasse, imbibé préalablement d'alcool, puis la vapeur d'alcool par l'acide 



(8i ) 

sulfiirique concentré. J'ai vérifié, par des essais synthétiques, qu'on retrouve 
exactement après ces essais un volume donne d'argon, saturé de sulfure 
de carbone. Dans le cas où l'on a ajouté de l'hydrogène, ou bien un com- 
posé hydrocarboné, il convient, après l'action de l'acide sullurique, de 
traiter le résidu par le mélange tonnant, additionné d'un peu d'oxygène, 
dans l'eudiomètre. 

» 3. Argon et sulfure de carbone. Expérience semblable, la tension du 
courant qui agit sur la bobine étant de i2™"%6. Il se produit une pluie de 
feu très apparente; vingt-quatre heures. Le composé formé est noirâtre et 
charbonneux; absorption nulle. 

)) 4. Cette expérience à forte tension a été répétée avec une dose plus 
notable de sulfure de carbone; elle a également donné lieu à une matière 
charbonneuse et à une absorption d'argon nulle. 

» 5. L'argon non absorbé dans l'essai précédent a été de nouveau addi- 
tionné de sulfure de carbone et soumis à l'action de l'effluve pendant 
quelques heures, la tension du courant étant seulement de 6'""% 3. Le com- 
posé formé est jaune, non charbonneux; absorption, 3 centièmes. 

» Ces observations mettent en évidence une circonstance que je n'avais 
pas aperçue dans mes anciens essais, à savoir la nécessité de ne pas opérer 
avec des tensions trop fortes et dans des conditions d'échauffement; sur- 
tout avec le sulfure de carbone : ce qui s'explique, le composé qui en dérive 
étant détruit par une température inférieure au rouge, comme il résulte 
des expériences de régénération. 

» Voici maintenant des expériences faites avec le sulfure de carbone 
mélangé d'hydrogène, ou de corps hydrogénés. 

)) 6. Argon ioo^°'; H- = 175. CS^ liquide. Au bout de vingt-quatre 
heures, tout l'hydrogène a disparu. Absorption de l'argon : 10 centièmes. 

» J'ajouterai que le sulfure de carbone mêlé d'hydrogène seulement 
absorbe ce gaz, aussi bien que l'azote, sous l'influence de l'effluve. J'y re- 
viendrai. 

» 7. Argon, avec o"', i d'un mélangede sulfure de carbone etde benzine 
liquides, à volumes égaux. — Absorption de l'argon: g centièmes. Le pro- 
duit, décomposé par la chaleur au rouge sombre, régénère divers gaz 
exempts d'argon; ce que fait d'ailleurs également, comme je l'ai dit, 
le dérivé benzénique. 

» J'ai cherché à définir d'une façon plus précise la relation moléculaire 
qui existe entre l'argon fixé et le sulfure de carbone transformé : pour y 
parvenir, j'ai opéré sur les deux corps gazeux mélangés, et conformément 



(«2) 

à la marche que j'ai déjà suivie pour étudier les fixations d'azote. J'ai agi 
comparativement avec l'hydrogène, l'azote, l'argon, tous en excès, mis en 
présence du sulfure de carbone vaporisé dans une atmosphère de ces gaz, 
sous une pression de o'",75o, et à une température voisine de 20° à 22" : 
conditions dans lesquelles on vaporise, dans 100™' du gaz initial, 60^°' à 
70â„¢' de sulfure de carbone gazeux. 

» J'ai trouvé dans ces conditions les rapports suivants entre les volumes 
du gaz et du sulfure de carbone gazeux combinés sous l'influence prolon- 
gée de l'effluve : 

2CS-fixeH-, 

4CS- fixe Az-, 
34 es- fixe Argon-. 

)) Avec les systèmes liquides, le rapport de l'argon fixé à son volume 
total va plus loin, en raison de l'excès du sulfure de carbone. 

» Dans tous les cas, il se forme un composé solide, amorphe, de couleur 
fauve, polymérisé. Mais on ne saurait affirmer que ce composé ne soit pas 
constitué par un mélange d'un composé défini, avec un excès variable de 
sulfure polymérisé. En un mot, deux actions développées par l'effluve se 
poursuivent parallèlement : savoir une combinaison d'hydrogène, ou 
d'azote, ou d'argon, et une polymérisation (peut-être avec séparation de 
soufre) du sulfure de carbone. Rien ne prouve que le second phénomène 
soit négligeable, ni même connexe avec la combinaison : pas plus que la 
formation de l'ozone ne l'est avec la formation de la vapeur nitreuse sous 
l'influence de l'effluve, aux dépens d'un mélange d'azote et d'oxygène, tel 
cjue l'air atmosphérique. Sans doute, les deux réactions sont simultanées 
avec les fortes tensions électriques; mais l'ozone se forme seul par des 
tensions plus faibles. Cette observation, que j'avais faite autrefois ('), a 
été utilisée, dans ces derniers temps, par l'industrie pour produire de 
l'ozone exempt de composés nitriques. 

n La polymérisation, parfois accompagnée par la séparation partielle de 
l'un des éléments, constitue l'effet le plus général de l'action de l'effluve 
sur les composés organiques. J'en ai donné de nombreux exemples dans 
mes études sur la fixation de l'azote et cet effet apparaît seul pour les mé- 



(') Essai de Mécanique chimique, l. II, p. 375. — Annales de Chimie et de Phy- 
sique, 5» série, t. XII, p. 44'^; i877- 



( 83 ) 

langes de l'argon avec les gaz et corps volatils de la série grasse. Tandis 
que les deux phénomènes se manifestent à la fois, avec l'argon et les corps 
de la série benzénique. Dans ce dernier cas, la limite de tension gazeuse à 
laquelle s'arrête la combinaison est de l'ordre de grandeur qui caractérise 
l'action de l'effluve pour des phénomènes analogues, tels que la formation 
de l'ozone aux dépens de l'oxygène, ou la formation des oxacides nitro- 
génés aux dépens de l'azote et <le l'oxygène. Je puis également citer, 
comme exemple de réactions simultanées, l'acétylène mélangé d'azote; 
l'acétylène se polvmérise beaucoup plus rapidement qu'il ne fixe l'azote, 
de telle sorte que sa combinaison proprement dite, quoique comparable 
en principe à celle que forme l'éthylène, se produit en proportion bien 
plus faible, ou plus exactement renferme une dose relative d'azote bien 
moins considérable. 

» La résistance que l'argon oppose à son entrée en combinaison permet 
à la transformation propre du sulfure de carbone de se poursuivre plus 
rapidement. Les réactions pyrogénées et les réactions d'oxydation, dans 
les études de Chimie ordinaire, présentent un grand nombre de phéno- 
mènes complexes de cette nature, régis par les rapports variables de vi- 
tesse entre plusieurs réactions simultanées. 

» En tous cas, on remarquera la différence qui existe entre les fixations 
d'azote sur les composés organiques, sous l'influence de refflu\e électrique, 

— fixations qui ont lieu, au contraire, de préférence, c'est-à-dire plus 
abondamment, sur les corps de la série grasse, d'après mes expériences, 

— et les fixations d'argon, qui ont lieu au contraire de préférence sur les 
composés benzéniques. 

» Quelque chose d'analogue semble exister pour les combinaisons com- 
parées de l'azote et de l'argon avec les métaux. Les métaux alcalins 
absorbent l'azote assez aisément, mais ne réagissent guère sur l'argon. 
Tandis que l'existence de certains minéraux, susceptibles de dégager de 
l'argon (ou de l'hélium), sous l'influence des acides ou de la chaleur seule, 
paraît établir l'existence réelle de certains composés, tels que des argo- 
nures, dérivés de métaux rares et de catégories spéciales. 

>) Ces argonures fourniraient seulement tle l'argon libre et de l'hydro- 
gène sous l'influence des acides ; au même titre que les antimoniures de zinc 
et analogues mettent à nu de l'hydrogène libre et de l'antimoine précipité, 
l'antimoniure d'hydrogène se décomposant aussitôt et spontanément, en 
raison de son caractère fortement endothermique ( — 86^"', 8), attesté par 
mes mesures. Si cet antimoniure d'hydrogène ne laissait pas déposer sur 
sa route, dans le cours même de son dégagement à la température ordi- 



(B4 ) 

naire, un métal facile à voir et à reconnaître, son existence aurait été 
méconnue. La même considération paraît applicable à l'existence de 
l'argonure d'hydrogène. Ajoutons enfin que l'existence de semblables argo- 
nures, à la dose de quelques millièmes seulement, dans les minéraux qui 
dégagent de l'argon concorde avec la difficulté d'obtenir les argonures 
hydrocarbonés, autrement qu'à l'état de petites quantités relatives. Les 
argonures métalliques naturels, dont l'existence ne paraît pas contestable, 
n'ont dû se former dans la nature que dans des conditions exceptionnelles, 
et comme les représentants peu stables de réactions complexes : les élé- 
ments de cet ordre contractant en général de préférence des combinaisons 
endothermiques et par voies indirectes. >> 



GÉOGRAPHIE. — Su/- les travaux géographiques et cartographiques exécutés 
à Madagascar par ordre du général Gallieni. de 1 897 à 1 899 ; par 
M. Alfred Grandidier. 

« Le général Gallieni, qui vient de rentrer en France après avoir exercé 
pendant trente-deux mois les hautes fonctions de gouverneur général 
de Madagascar, ne s'est pas seulement occupé de pacifier et d'organiser 
notre nouvelle colonie, qu'il a trouvée en plein état d'anarchie et de ré- 
bellion et où, en peu de temps, par une ferme et intelligente administra- 
tion, il a obtenu des résultats vraiment extraordinaires. Tout le monde 
sait qu'au début de sa brillante carrière il a été l'un des premiers explo- 
rateurs du Soudan occidental et que son long séjour à Ségou-Sikoro a été 
aussi utile à la Géographie et à l'Ethnographie qu'à l'expansion de notre 
influence. Convaincu plus que jamais, après ses longues campagnes dans 
nos colonies africaines et asiatiques que la Science' seule peut utilement 
ouvrir la voie aux entreprises coloniales, dès son arrivée à Madagascar, il 
a de suite organisé l'exploration méthodique et raisonnée des diverses 
provinces de manière à nous les faire connaître à tous les points de vue et 
à nous renseigner aussi complètement et aussi vite que possible sur leurs 
ressources. 

» Ses efforts ont porté d'abord sur l'établissement d'une Carte de Ma- 
dagascar, qui, en 1896, était encore à peine ébauchée; une Carte précise et 
détaillée est, en effet, la base indispensable de toute étude sérieuse d'un 
pays, de toutes recherches, de toute exploration. 

» La province centrale avait été, avant notre conquête, triangulée et 
levée avec soin, mais le reste du pays n'était traversé que par quelques 



( 8.) ) 

itinéaires dont l'exactitude laissait à désirer et que circonscrivaient de 
vastes espaces encore inexplorés. Le i" novembre 1896, le général a réor- 
ganisé sur de nouvelles bases, avec l'aide de son chef d'État-Major le lieu- 
tenant-colonel Gérard, le Service géographicjiie de Madagascar, qui avait 
été installé à Tananarive quelques mois auparavant, et qui est devenu l'un 
des bureaux de l'Etat-Major sous la dénomination de Bureau topogra- 
phique. Ce bureau est chargé tout à la fois de la triangulation de la grande 
île et de l'établissement de sa Carte définitive, ainsi que des productions 
photographiques et des gravures ou lithographies utiles pour faire con- 
naître notre nouvelle colonie sous ses divers aspects ethnographique, 
botanique et agricole, minier, etc.; il est dirigé depuis deux ans avec 
beaucoup de zèle par le capitaine Mérienne-Lucas, de l'infanterie de ma- 
rine, qui a dressé les nombreuses Cartes envoyées par le général Gallieni 
à l'Institut (' ). 

» Un Mémoire manuscrit de quarante pages in-folio, accompagné 
d'une Carte à ^^^^^^^^ également manuscrite, qui donne l'état actuel de la 
triangulation de |)remier ordre à Madagascar, ainsi que les Tableaux où 
sont inscrites les coordonnées géographiques des sommets de tous les 
triangles mesurés par les RR. PP. Roblet et Colin et par les officiers géo- 
désiens. Mémoire et Tableaux que le général Gallieni m'a chargé de dé- 
poser dans la Bibliothèque de l'Institut, contiennent des renseignements 
très intéressants sur les travaux exécutés jusqu'à ce jour et sur les résul- 
tats obtenus; je demande à l'Académie la permission de les résumer. 

» Le système de projection adopté pour l'établissement de la Carte est 
le même que celui employé au Dépôt de la Guerre, c'est-à-dire la projec- 
tion de Flamsteed modifiée par le colonel Bonne, qui convient fort bien à 
l'île de Madagascar à cause de sa forme allongée dans le sens du méri- 
dien. Le développement se fait suivant le 5o* grade de longitude est et le 
21" grade de latitude sud; ces deux axes passent à peu près par le centre 
de figure. A l'inverse des Cartes de France, la concavité des parallèles est 
naturellement tournée vers le pôle sud. Les échelles sont différentes sui- 
vant la valeur et le nombre des documents que possède le Bureau topo- 
graphique ; pour la région centrale et orientale comme pour la province de 



(') 12 feuilles de la Carte au loo'ooo (Tiakoderaina, Anjozorobé, Ambohidrabiby, 
Analabé, lac Itasy, Arivonimamo, Tananarive, Moramanga, Soavinandriana, Ramai- 
nandro, Andramasina, Beparasy), 3 feuilles de la Carie au j^'ôôt; (Ankavandra, Mo- 
rondava, Soavinandriana) et \ Carte générale de Madagascar à riô-j-u—o- 

C. R., iSgg, 2' Semestre. (T. CXXIX, N» 2.) 12 



(86 ) 

Diego-Suarez, on emploie le 75—^ î P*^"'" 1® reste de l'ile, qui est encore 
très peu connu, on se contente d'une Carte provisoire à yj^'j^, qui com- 
prendra 32 feuilles de 35"=™ sur 33"", tandis que celle à ,„^„^„ en aura 
5o8, représentant chacune une surface de 48''" sur Bo*"". 

« Dans un pays comme Madagascar où, en raison de la constitution 
géologique du sol, les variations incessantes de la déclinaison en des points 
très voisins en latitude, et même quelquefois en un même lieu, atteignent 
jusqu'à quatre grades, l'agencement des levés et itinéraires à la boussole 
des divers explorateurs pour la construction de la Carte présentait une vé- 
ritable impossibilité, et il était indispensable de compléter et rectifier 
par une triangulation sérieuse la série des coordonnées déjà connues. 

)) Pendant la colonne de 1893, les capitaines Bourgeois et Peyronel 
avaient relié Majunga à Andriba (Co/w/?^es re«(/H5, 24 mars 1897). A partir 
de 1897, on a conduit les chaînes géodésiques suivant les deux axes de 
l'île, et la ligne télégraphique Tamatave-Tananarive-Majunga a permis des 
déterminations exactes de longitude et a facilité le placement de points 
astronomiques. 

» Cette même année, le R. P. Colin a prolongé la triangulation de l'Ime- 
rina jusqu'à Andriba (^Comptes rendus, 7 novembre 1898) et l'a étendue 
dans l'est pour la raccorder avec les travaux que poursuivaient les brigades 
topographiques entre Ambatondrazaka-Tamatave-Anclévorante, et qui s'ap- 
puyaient sur une base parallèle à la mer, mesurée trois fois par deux 
groupes d'observateurs différents, près d'Ankarefo, à l'aide d'un ruban 
d'acier; ces trois mesures ont présenté les écarts suivants autour de la 
moyenne, 5o82™,i3 : première mesure, -î-o"',26; deuxième mesure, 
— o™, 20; troisième mesure, -!-o™,o8. En 1898, on a poussé le réseau 
d'Ambatondrazaka jusqu'à Tananarive; le côté Tananarive-Lohavohitra, 
calculé d'après la base d'Ankarefo, a une longueur de 4i 3 1 2", etde4i3i i"" 
d'après la base d'Ialamalaza (du R. P. Roblet). soit seulement i™ d'écart, 
ce qui est très satisfaisant. 

» Le R. P. Colin a accompli, en 1898, une mission dans l'ouest, pendant 
laquelle il a rectifié de nombreuses positions astronomiques {Comptes ren- 
dus, 20 mars 1899). 

» Quant aux brigades topographiques, elles ont jeté un réseau de trian- 
gles le long de la partie sud du grand axe de Madagascar, de Fianarantsoa 
à Fort-Dauphin, avec une traverse nord-est-sud-ouest d'Ihosy àTuléar ('); 

(') Au delà du sommet d'Andrambo, où l'on a vérifié la latitude et Fazimut, on n'a 
pu déteriuiuer que quelques positions astronomiques isolées. 



( 87) 
cette partie de la triangulation est appuyée sur deux bases, l'une provisoire 
mesurée près de Fort-Dauphin, l'autre longue de 9537", 71 mesurée dans 
l'Horombé, où l'on a fait les observations nécessaires de latitude et d'a- 
zimut. La valeur du logarithme du côté Tananarive-Lohavohitra, calculé à 
l'aide de la longueur de la base d'Horombé el du réseau sud deTananaiive, 
est identique, à la sixième décimale près, à celle trouvée en partant de la 
base d'Ankarefo. A Fort-Dauphin, la vérification se fait }DOur quatre déci- 
males avec le logarithme de la base provisoire. 

) Pour 1899, le programme des brigades géodésiques comporte l'exécu- 
tion d'un réseau reliant la région d'Ambatondrazaka à Diego-Suarez. On 
s'occupe aussi de compléter la triangulation commencée, en 1892, par le 
R. P. Colin entre Tananarive et Andévorante, et d'élucider la question du 
raccord à Andriba des réseaux du P. Colin et du corps expéditionnaire de 
1895, qui présentent en ce point une discordance de 20'^™ en longitude. 

') L'ossature de la triangulation de Madagascar va donc être tout pro- 
chainement complète dans ses grandes lignes. La persévérance et l'habi- 
leté déployées par les officiers chargés par le général Gallieni de cet impor- 
tant et difficile travail ont été couronnées d'un plein succès. En moins de 
trois années, ils ont mesuré des chaînes de triangles dont le développement 
dépasse i4oo'""; ce sont, d'une part, les RR. PP. Roblet et Colin, et, 
d'autre part, les capitaines Gros, Durand, Dumézil, Lallemand, Maire, 
Vallet, Prévost, Hellot et le lieutenant Maritz qui ont mené à bien ce grand 
et utile travail, dont il n'est que juste de les louer. 

» Les rectifications apportées aux anciennes coordonnées de certains 
des points principaux changent 1res notablement la délinéation des côtes 
du sud-est et de l'ouest. 



Différences entre les anciennes 

et les 

nouvelles coordonnées 



Signaux. Latitude S. Longitude E. 

oatave (clocher, église 

alholique) iS. 9.28,4 47- S.Sg.i 

lévoranle («ugle nord- 

uesl de la maison du 

ommandani ) 18.57.82 46.44-29,6 

_ , . / Ecart avec les 
t Dauphin 



en latitude. 


en longitude. 


Autorités. 


-0. 7,5 


' 2-" 
— i.3o,9 


Capitaine Durand 


- -0.28 


- 2.46(?) 


Capitaine Gros 



mamelon; 
rigine de la ' 
â– iangulation ( 
es i n g é - 
leurs h}'dro- 
raphes. 



coordonnées 
des ingé- 
nieurs hy- 
drographes.. 25. r.5i,6 44-38.26,2 — o. 8,7 
lEcart avec 

celles des 

.\nglais » » » 



11.19,5 Capitaine Dumézil 
-18. i4 Capitaine Dumézil 



( ^« ) 



Signaux. Latitude S. 
Mevatanana (mât du pa- 
villon du porl) » 

Majunga (à 3o™ au sud du 

pilier méridien^ i5.43.24,2 

Tamboharano 17 .3o. 3 

Maintirano 18. 9 54 

Benjavilo 18. 09. 67 

Tsimanandrafozana i9.47-3o 

Morondava 20.17.21 



Différences entre les anciennes 





et les 








nouvelles coordonnées 






Longitude E. 


en latitude. 


en longitude. 




Autorités, 


/ // 

44.27.49 


)) 


0' " 

— 3. II 


R. 


P. Colin 


43.56.36 


)) 


— i .59 


R. 


P. Colin 


41.47-46 


)> 


-:- ( I .3l 


R. 


P. Colin 


41.42.45 


-i-0.44 


— 0. 5 


R. 


P. Colin 


4 1 . 53 . 


-3.48 


— 0.55 


R. 


P. Colin 


42. 4.3o 


—0. 10 


- 3.45 


R. 


P. Colin 


41. 56. 45 


-0.54 


-t- o.3o 


R. 


P. Colin 



M Fendant que les officiers géodésiens poursuivaient les travaux de 
triangulation dont nous venons de donner un aperçu, d'autres officiers 
ont fait le levé topographique entre Tamatave et Ambatondrazaka, d'une 
part, et Tamatave et Andévorante, d'autre part. Le Bureau de l'État-Major 
a assemblé et condensé les très nombreux levés à la planchette du 
R. P. Roblet et les a complétés à l'aide des reconnaissances exécutées par 
les lieutenants Rocheron et de Cointet dans le district d'Ankavandra; par 
le lieutenant Maritz entre Andriba et Vohilena, entre l'Ikopa, la Betsiboka 
et la Mahajamba, et à l'ouest du Cercle de Betafo; par le lieutenant de 
Pierrebourg sur la côté orientale, et surtout par le lieutenant Gaudaire, qui a 
exécuté des levés non seulement dans l'est et au nord de Tananarive, mais 
aussi dans le pays des Sakalaves, d'où il a rapporté des documents assez 
considérables pour permettre l'établissement d'une Carte sérieuse de ces 



Des missions organisées avec les Officiers du Corps d'occupation ont, 
en outre, parcouru le pays dans toutes les directions. Je citerai celles du 
lieutenant Boucabeille de Tananarive à Diego, du lieutenant Duruy de 
Tsaratanana à Nosy-Bé, du capitaine de Thuy sur le Mangoky, du capitaine 
Lefort dans le sud, etc., qui ont été fécondes en résultats de toutes sortes, 
géographiques, ethnographiques, météorologiques, zoologiques, bota- 
niques, géologiques, agricoles, etc. 

» Ces résultats sont consignés dans une très utile et très instructive pu- 
blication mensuelle, imprimée à Tananarive sous le nom de Notes, Recon- 
naissances et Explorations, dont il a paru deux volumes en 1897 et deux en 
1898; ces derniers que le général Gallieni a fait déposer dans la biblio- 
thèque de l'Institut, ne contiennent pas moins de 1600 pages et plus de 



( «9 ) 
loo Cartes ou Planches, exécutées à Madagascar même , ' ), et mettent 
promptement, à la portée de tous, les documents d'ordre scientifique et 
pratique rassemblés sur notre colonie. 

)) Le Guide de V immigrant à Madagascar (3 vol. in-8, avec Atlas de 
il\ Cartes), qui donne une description très détaillée de l'île sous tous les 
rapports (histoire, géographie, organisation, industrie et commerce, cul- 
ture, colonisation, voies de communication, hygiène, législation), jette 
aussi une vive lueur sur les productions naturelles et les ressources de 
notre colonie et témoigne de l'énorme travail accompli en deux ans et 
demi dans notre nouvelle colonie sous la féconde et intelligente direction 
du général Gallieni. 

» L'œuvre scientifique dont nous venons de donner un trop court aperçu 
et qui ouvre très heureusement la voie à la colonisation de Madagascar 
est d'autant plus remarquable que ceux qui y ont collaboré avec un zèle 
et une persévérance très dignes d'éloges ont eu à lutter contre les plus 
grandes difficultés, exposés à tous les hasards de la guerre et aux rigueurs 
d'un climat exceptionnellement dur et malsain. » 



(') Voici la liste des principales Cartes publiées par le Bureau topographique de 
Madagascar en 189--1898 : Madagascar d'après Lasalle (1785-1789); schématique des 
immigrations arabes ; de Tananarive à Mantasoa et Beparasy ; établissements Laborde ; 
Cartes géologiques de l'Ambongo ; de Tananarive à Ambatondrazaka ; de Kelimafana à 
Mahanoro, Vatomandry et Tsiazompaniry ; de Moramanga à Tsinjoarivo; routes dans 
le premier territoire militaire en 1898; district d'ivongo; presqu'île de Masoala; pro- 
vince de Diego; baie de Diego; district d'Ambohimanga ; cercles de la Mahavavy, 
d'Ankazobé, de Moramanga, d'Anjozorobé, d'Ambatondrazaka; itinéraires dans l'ouest; 
pays Mahafaly; Carte des côtes; Cartes de la pacification de 1896 à 1897 et en 1898; 
21 Cartes dressées pour accompagner le rapport d'ensemble sur la pacification, l'orga- 
nisation et la colonisation de Madagascar, d'octobre 1896 à mars 1899, adressé au Mi- 
nistre des colonies par le général Gallieni (esquisses ethnographiques; 5 Cartes mon- 
trant les progrès successifs de la pacification; 7 Caries donnant la situation administrative 
du Nord-Ouest, des deuxième et quatrième territoires militaires, de l'Ouest et du Sud; 
Cartes des provinces civiles au i''"' janvier 1898 et au i'"' janvier 1899; Carte des lignes 
télégraphiques; projet de chemin de fer; Cartes des concessions en octobre 1896 et en 
mars 1899; Carte indiquant les travaux topographiques au i"' janvier 1899; Carte 
forestière); enfin 17 Cartes montrant les lots de colonisation levés par les géomètres 
ou les officiers dans le but de faire connaître à l'avance à nos colons les terrains 
propres à la colonisation. 



(90 ) 



CHIMIE ORGANIQUE. — Sur ks acides dialcoylbenzoylbenzoïqnes et dialcoyl- 
henzylbenzoïques tétrachlorés. Note de MM. A. Haller et H. Umb- 

GROVE. 

« Dans une série de Noies publiées par l'un de nous et M. A. Guyol (' ), 
nous avons étudié les acides dialcoylbeiizoyl- et dialcoylbenzylbenzoïques 
et avons montré comment on peut transformer ces composés en dialcoyla- 
midoanthraquinones. 

M Les dérivés tétrachlorés correspondants prennent naissance dans les 
mêmes conditions, présentent dans leur ensemble la même allure, tout en 
se comportant différemment vis-à-vis de certains agents chimiques. 

» Acide diméthylainidobenzovlbenzoïque tétrachloré : 

^ ^' \GOOH 

» A un mélange de looS'' de chlorure d'aluminium pulvérisé et de loos'' de dimclhyl- 
aniline dans Soos'' de sulfure de carbone, on ajoute /Jo"'' d'anhydride télrachlorophta- 
lique. Quand la réaction est terminée, on chasse le sulfure de carbone, et l'on traite 
l'huile brune, qui reste, par de l'acide sulfurique dilué (SoS'' de SO*H- dans un litre 
d'eau). L'acide tétrachloré se sépare sous la forme d'une masse jaune, qu'on lave à 
l'eau et qu'on dissout dans une solution de carbonate de soude. On décolore la liqueur 
au charbon animal, on sursature par de l'acide sulfurique, et l'on fait cristalliser le 
précipité dans de l'alcool. 

» Ecailles jaunes fondant à 211°. Cet acide est presque insoluble dans l'eau froide, 
assez soluble dans l'alcool éthylique et l'éther, moins soluble dans l'alcool méthy 
lique. 

» Traité par le mélange sulfurico-nitrique, il ne fournit pas de dérivés nitrés. 

» Anhydride acétyl-diinélhylamidobenzoylbenzoïque télrachloré : 

ycocni'AziCîi'y- 

XCO.O.COCH^ 

» Dans le but de condenser Tacide tétrachloré avec la diméthylaniline pour obtenir 
la diméthylanilinephtaléine létrachlorée, on a chauffé un mélange de l'acide et de la 
base, avec de l'anhydride acétique; mais, au lieu d'obtenir la phtaléine cherchée, on a 
isolé de petites écailles incolores, fondant à 196», peu solubles dans l'alcool, solubles 
dans le benzène, et dont l'analyse conduit à des chiflVes qui font de ce corps l'anhy- 
dride mixte indiqué plus haut. 



(') Comptes rendus, t. CXIX, p. 2o5; t. CXXVi, p. 1248 et i544; etc. 



(9' ) 

» En substituant, dans celle opération, la diélli\laniline à la combinaison dimélhy- 

lée, on arrive au même résultai. Cet anhydride a une constitution analogue à celle 

que possède l'anhydride acétyl-benzoylbenzoïque de M. de Pechmann (' ). 

^, . , ,. ^„^„ -COC«H'Az(CH^r ,, .... 

» hlner metliylique : (j'^ClV ri\c\r\\^ ' • — "® réussit pas a préparer 

cet éther par la méthode ordinaire (saturation par le gaz chlorhydrique d'une solu- 
tion de l'acide dans l'alcool méthylique). L'a^ido télracldoré rentre, sans doute, dan^ 
la catégorie des acides difficilement éthériliables, étudiés par MAI. V. Meyer, Wegscli- 
neider, etc. 

» Nous sommes arrivés à préparer cet étlier en traitant l'anhydride acétyl-dimé- 
ihylamidobenzoylbenzoïque tétrachloré par la quantité calculée de méthylale de 
sodium. Il se forme, dans ces conditions, de l'acétate de sodium et l'élher méthylique 
cherché, et non de l'acétate de méthyle et le sel de sodium de l'acide tétrachloré 

.COC«Il'Az(CIP) , CH'ONa-C^tPOma c'cp/ ^^*^""'''^^'^^^^'^' 
^ ^^ \COOCOCIP ^^^ ONa-L H O Na-r L U . cqOCIF 

Cet éther se présente sous la forme de cristaux jaunes, fondant à 167° et donnant, 

par saponification, l'acide tétrachloré fondant à 21 1°. 

i",/ '.u V ^err -COC«H'Az(CH=, , . a x a- 

1) Let/ier effiYCu/ue : L''Ll\ ^^^^,,,, .prend naissance dans des condi- 

lions semblables. Petites aiguilles jaunes, qui se groupent en mamelons et dont le 

point de fusion est situé à i43°. 

, .j j. ,, , .,, „ , ,, , ^.^„/CIPC'H''Az(CIl-^)^ 

1) Acide aimelnylanuaoOenzoylbetizoïque tétrachloré :L?L>v (^ „^^ ^ 

— La réduction de l'acide benzojlé a été faite au moyen de la poudre de zinc et de 
l'acide chlorhydrique. La liqueur, traitée par du carbonate de soude et filtrée, donne, 
par l'addition d'acide acétique, un précipité qu'on fait cristalliser dans l'alcool mé- 
thylique bouillant. 

» Fines aiguilles blanches, fondant à 21 5°, très solubles dans l'alcool, moins solubles 

dans l'eau bouillante et dans l'élher. 

.■,,■-,,-,, „ . ,, - ^,^„ .-COC«H*Az(G'-H')- 

» Acide dietliylatnictobenzoylbenzoïque tctraclilore : C'Cr, /-•(-\/-vtj 

— La préparation de cet acide s'effectue comme celle de l'acide diméthylé. Il se pré- 
sente sous la forme de cristaux jaunes, fondant à 222°, presque insolubles dans l'eau 
froide, très solubles dans l'alcool élhylique, moins dans l'alcool méthylique et le 
benzène. 

» Il ne fournil pas de dérivés nitrés au sein du mélange sulfurico-njtrique. 
» \Janhydride acétyl-diéthylamiclobenzoylbenzoïque tétrachloré : 

/COC^H'Az(G^Hsf 
\COOCOCIP 

prend naissance dans les mêmes conditions que l'anhydride de l'acide diméthylé. 
» Ecailles incolores, solubles dans le benzène, et fondant à 170°. 



(') Bull. Soc. Chiin. de Berlin, ibiSi, p. 1866. 



( ;)2 ;^ 

^, , , ,. ^,^„ C0OH'A.z(CMP)- „ , I • 

» £^<Ae/- méthylique C«CI' rooCIF '" ^"""""^ ^°" homologue in- 

férieur, cet étlier n'a pu êlre préparé par élhérification directe. Il prend naissance en 
faisant a^'ir du métlivlatede sodium sur l'anhydride mixte, dissous dans l'alcool mé- 
thjlique absolu. 

» Cristaux jaunes, fondant à i6o° et donnant, par saponification, l'acide tétrachloré 
fondant à 222°. 

» Vét/ier élliylU/uc se forme dans des circonstances semblables et se présente sous 
la forme de cristaux jaunes fondant à i35°. 

)) En résumé, l'ctude de ces acides montre : 

» 1° Qu'ils prennent naissance dans des conditions identiques à celles 
qni permettent de préparer les acides dialcoylamidobenzoylbenzoïques non 
chlorés ; 

1) 2° Qu'ils diffèrent de ces derniers en ce qu'ils ne sont pas susceptibles 
d'être éthérifiés directement, par la méthode ordinaire, et qu'ils ne four- 
nissent pasde dialcoylanilines phtaléines quand on essaie de les condenser 
avec les dialcoylanilines, par l'intermédiaire de l'anhydride acétique; 

» 3° Qu'il se forme, dans ces conditions, des anhydrides mixtes acétyl- 
dialcoylbenzoylbenzoïques tétrachlorés ; 

» 4° Que ces anhydrides, traités par les alcoolates de sodium, donnent 
naissance aux éthers. » 



CORRESPONDAIVCE. 

ANALYSE MATHÉMATIQUE. -- Sur le développement des fonctions analy- 
tiques de plusieurs variables. Note de M. Paul Painlevé, présentée par 
M. Darboux. 

« Soient z —- x -\- i'i^z /-(cosG + « sin9), w^= y -f- ir, = p(cosw + isinio"), 
deux variables complexes, et soit F(r, w) une fonction analvtique de ces 
deux variables ( ' ), holomorphe pour s = o, w ~ o. I.a fonction F(:;, w) 
est développable en série de Mac-Laurin : 

( 1-/ \ '-V ' i àV (^F \'^' 

(1) '=r 

= 2 (co.j^' + a,jzJ-' w -h. . .^ ajjwJ)= ^ Pj(z, w). 



1=0 ;=0 



(') Tout ce qui va sui\re subsiste pour un nombre quelconque de variables. 



( 9'> ^ 
et l'on sait que la série 

(o) jffo.o' + I «0,1 = 1 + !«(,.«M + l^o.i^"! +■ ■ • 

est convergente au moins dans un certain domaine | r | <; A, | n^ j <] B. 
» Inversement, considérons une série 

/=«. /=» 

(')' 2 Pji"^-' «0^2 («0,,-^+ «,,y3(^-)(*' +. . .+ ajjiV'), 

et appelons série absolue déduite de (i)' la série (2). Regardons x, ^, y, •/) 
comme les coordonnées d'un point de l'espace à quatre dimensions E4, et 
soientD le domaine de E,, où la série (i )' converge, D^ le domaine où la série 
absolue converge. En général, D est plus grand que D„. Si (:■„, (v„) est un 
point de D<j, tous les points du domaine D', défini par les inégalités 
I c I < I s„ |. I (i-' I < I Hf„ |, font partie de D„, et la somme de la série (i)' est 
une fonction F(3, w) holomorphe dans D'; de plus, «oo» ^ot> ^n' ■■• coïn- 
cident avec F(o, o), Fl(o, o), F'„.(o, o), etc. 

» Ou ne connaît aucun moyen de définir avec précision le domaine D„ 
(d'après les singularités de F). Mais il est bien aisé d( définir le domaine D. 

» Posons 

= i =/^[cos(io — 0) H- Jsin(to — 9)], 



z 
et soit 



pour une valeur donnée de t, soit 

/-.H[/,,(co-6)] 

le module minimum des points singuliers de F, (z); le domaine de con- 
vergence D de ( i)' est défini par l'inégalité r<; H \fr, (w — 6)|, et la surface 
limite de D par l'égalité r = H [/"d ('»' ~ 9)j- 

■ Prenons, par exemple, F = ^ > et, donnant à z, w des va- 

leurs réelles x, y, déterminons le domaine D dans le plan réel xOy. La 
série 

- = 1 + a: ^- (f-^x^) + ( j' - 2X--J) +. . . 



2>' 



converge dans l'aire finie comprise entre les deux droites a; = ± i et les 
deux paraboles 2)/ = ±(i 4- x"). L'aire D„ est exactement ici l'aire finie 

C. R., 1899, 2« Semestre. (T. GXXIX, N» 2.) l3 



(94 ) 
comprise entre les deux paraboles 2y = ± (i — x^); D„ est sensiblement 
moindre que D (' ). 

» Quand une série (i) converge uniformément dans un domaine (à 
quatre dimensions) de E qui comprend l'origine {z = o, (v = o), à son inté- 
rieur, elle représente une fonction F(z, «) holomorphe à l'origine, et la 
série absolue converge, à coup sûr, dans un certain domaine entourant 
rori£;ine. Mais bornons-nous aux valeurs réelles x, y, des variables z, a\ 
Existe-l-il des séries entières (i)' ou lp„(x,y), gui convergent uniformément 
dans une aire du plan xOy entourant l'origine, et telles que la série ab- 
solue (2) ne converge en aucun point x„,ya (en dehors des axes Ox, Oy)Ç-); 
autrement dit, telles que la somme ¥( x, y) de la série ne soit pas une fonction 
analytique de x, y, holomorphe à l origine? C'est là une question fort inté- 
ressante, que je signale en passant, et qui ne me semble pas avoir été 
étudiée jusqu'ici. 

)) Revenons à la fonction analytique F(z, tv), holomorphe au point 
0(z = o, (V = o). Soit (s„, «>„) ou P un point quelconque de E,, et L la 
demi-droite qui joint OP; prolongeons F(z, w) analytiquement le long 
deOP; si le prolongement n'est pas possible régulièrement jusqu'en P, 
soit Q ou (z =:a, iv = b) la première singularité de F qu'on rencontre 
sur OP; excluons de E< la demi-droite issue de Q et dirigée en sens inverse 
de QO. Les jîoints restants de E^ formeront un domaine à quatre dimen- 
sions a, qui sera dit l'étoile de convergence (relative à 6 ) de la fonction 
F(s, w). Dans les exemples les plus naturels, les singularités de F seront 
données par une relation analytique entre z et w, et les points exclus 
de E,, seront distribués sur une surface à trois dimensions, engendrée par 
une demi-droite (à une dimension) qui dépend de deux paramètres. 

» Ceci posé, j'introduis un développement de M. Mittag-Leffler qui 

représente : en dehors du segment de droite (i, -H 00) : soit 

(3) (T=:tt = 2 P«(=) = 2 (V« + >.,«'-+••■ 4- V„s''). 



(') Si l'on donne à la série la forme i ^{x^— 2y) + {x^~ 2'))--t- (x- — 2y)^-h..., 
la nouvelle série converge entre les deux, paraboles 27 = ^-±1; elle diverge donc 
dans une portion de D. 

(-) La réponse me semble devoir être négative, mais je ne l'ai pas démontré rigou- 
reusement. Il est facile de former des séries T.p„{x, y) qui convergent par exemple 
sur toutes les droites issues de l'origine, faisant avec Ox un angle commensurable 
avec T., et qui divergent en dehors de ces droites. 



(95 ) 
Si, dans les P„, on remplace s-' par 



, . 1 fdF dF \(J) , . , 

p.{^Z,W-)^^j,[-^^Z+^w) = 0, 1,2,...). 

la série 2n„(z, w) ainsi obtenue converge cl représente f{z, w) dans toute 
l'étoile a.. Observons que, si la fonction F(::, w) vérifie une équation aux 
dérivées partielles, linéaire, homogène, à coefficients constants et où ne 
figurent que des dérivées de même ordre, les polynômes pj, et par suite 
les n„, vèrijient cette équation. Par exem|)le, une fonction harmonique V des 
trois variables réelles x, y, z, se trouve ainsi développée en série de poly- 
nômes harmoniques, série qui converge dans l'espace réel, sauf sur les 
demi-droites issues des points singuliers de V et dirigées en sens inverse 
de l'origine. 

» Il est facile de substituer à l'étoile a des étoiles curvilignes, comme 
dans le cas d'une seule variable (Comptes rendus, mai «899). 

» J'indiquerai, pour terminer, une question qui se pose dans le cas 
d'une seule variable et, a fortiori, dans le cas de plusieurs variables. Dans 
le développement (3), choisi une fois pour toutes, remplaçons zJ par OjZ^ 
(y = o, I, 2, . . .), et soit S la série ainsi obtenue, La condition nécessaire 
et suffisante pour que S converge uniformément dans une aire comprenant 
l'origine, c'est que la condition de Cauchy (limy/|a^ j <C A) soit remplie par 
les «;; quand il en est ainsi, la somme de S est une fonction F(= ) holo- 
niorphe à l'origine, et a^, a,, a^, . . . coïncident nécessairement avec F(o), 

— —^j — —-, •••• Mais on sait, d'après un résultat de M. Borel, que la 

série S peut converger uniformément dans une aire B (^n entourant pas l'ori- 
gine), pour des valeurs des coefficients a qui ne satisfont pas à la condition 
de Cauchy. Il serait donc intéressant de démontrer que deux développe- 
ments S qui convergent uniformément, dans une aire B, vers la même 
fonction F(:), coïncident : s.\x\.YemQni dit, (\\\un développement S qui converge 
uniformément vers zéro, dans une aire B, a tous ses coefficients a^,a,, . . .nuls. » 



ACOUSTIQUE. — Contribution à la théorie des instruments de musique 
à embouchure. Note de M. Firmin Larroque. 

« Il existe deux catégories d'anches. Dans les jeux à anches de l'orgue, 
dans l'harmonium, la clarinette, le hautbois, le cor anglais, la musette et 



le basson, les anches s'ouvrent vers le réservoir à air. Helmholtz les a 
dénommées anches en dedans, pour les distinguer de celles qui s'ouvrent 
vers l'extérieur de l'instrument, comme les lèvres dans les embouchures 
des instruments en cuivre, et qu'il appelle anches en dehors. Lorsque leur 
souplesse le permet, les anches en dedans sont susceptibles, si elles sont 
reliées à un espace d'air limité, de produire des sons moins élevés que leur 
son propre; les anches en dehors sont, au contraire, susceptibles de 
donner, dans les mêmes conditions, des sons plus élevés que leur son 
propre. En ce qui concerne les lèvres, leur faible résistance les rend aptes 
à donner, sous la pression variable des colonnes d'air vibrantes, des sons 
plus aigus que leur son propre; mais leur forme et leur tension variable 
n'entrent en considération que parce qu'elles déterminent le son propre 
du tuvau qui doit résonner, sans agir en rien sur la hauteur de ce son. 

» Dans une colonne d'air vibrante, le lieu du maximum de variation de 
pression correspond à celui du minimum de la vitesse des molécules d'air. 
La pression des lèvres sur l'anche, leur tension dans l'embouchure, com- 
binée avec la pression du souffle de l'instrumentiste, déterminent la for- 
mation d'un maximum de variation de pression de l'air, qui est l'origine de 
la colonne vibrante. 

» Un tuyau cylindrique doiil le diamètre n'est guère supérieur à celui de la tubu- 
lure de l'embouchure, ou à la longueur de l'anche (clarinette), rend les sons d'un 
tuyau fermé à l'endroit de l'embouchure ou de l'anche, en fonctionnant comme un 
tuyau bouché. 

» Lorsque le diamètre d'un tuj^au cylindrique est très supérieur à celui de la tubu- 
lure de l'embouchure ou à la largeur de l'anche, embouchure ou anche s'adaptent 
alors au centre d'un disque de fermeture, ce tuyau rend les sons d'un tuyau fermé à 
l'endroit de l'embouchure ou de l'anche, et fonctionnant comme un tuyau ouvert. 

» Lorsque l'embouchure ou l'anche est adaptée (avec disque de fermeture) à la base 
d'un cône (allongé), et que le sommet du cône est percé d'un orifice de diamètre peu 
supérieur à celui de la tubulure de l'embouchure ou à la largeur de l'anche, ce tuyau 
fonctionne comme un tuyau cylindrique ayant même diamètre que l'orifice du sommet 
et même longueur que le tuj'au conique. 

» Lorsque l'embouchure ou l'anche est adaptée au sommet du cône (allongé), le 
tuyau fonctionne comme un tuyau cylindrique (large) de même diamètre que la base 
du cône et de même longueur que le tuyau conique. 

)) L'identité de fonctionnement entre les tuyaux coniques et les tuyaux 
cylfndriques n'est pas rigoureuse à tous les points de vue. Par exemple, la 
commande du son par les lèvres est moins commode avec le cône renversé 
qu'avec le tuyau cylindrique équivalent; avec le tuyau cylindrique large 



( 97 ) 
qu'avec le cône équivalent. Les timbres présentent également des diffé- 
rences appréciables. 

» La forme conique du tuyau, avec adaptation de l'embouchure au 
sommet du cône, est celle qui convient le mieux pour la production de 
vibrations extrêmement énergiques, telles que celles des instruments en 
cuivre des orchestres. La tension des lèvres dans les embouchures, bien 
plus énergique que leur pression sur les anches, permet d'atteindre une 
grande puissance vibratoire. Indépendamment du pavillon, dont l'influence 
est majeure sur le son et dont nous nous occuperons tout à l'heure, les 
tuyaux des instruments en cuivre se décomposent en deux parties : une 
partie cylindrique étroite, attenante à l'embouchure, et une partie en cône 
allongé, faisant suite à la précédente. La |)roduction du son dans de sem- 
blables tuvaux donne lieu à un effet comparable de tous points à celui de 
la presse hydraulique, qui amplifie la masse sonore en accroissant la dé- 
pense de souffle. 

» L'énergie du mouvement vibratoire est favorable à la production des 
harmoniques élevés, qui rendent le son éclatant. Mais c'est surtout à leur 
évasement terminal que les instruments de cuivre doivent l'éclat et la 
portée de leur son. Dans le cor de chasse, le trombone et la trompette, in- 
struments dont les sons, caractérisés par de puissants harmoniques élevés, 
sont particulièrement éclatants, une importante partie du tuyau est cylin- 
drique, puis vient une partie régulièrement conique, et enfin un évase- 
ment d'abord graduel et finalement plus brusque. On donne actuellement 
à la partie terminale et complètement renversée de l'évasement le nom de 
pavillon; en réalité, le pavillon comprend aussi une partie de l'évasement 
graduel. 

« Celte disposition donne lieu à de très curieux phénomènes d'acoustique : 
1) 1° La colonne d'air vibrante, qui a. son origine à l'embouchure, doit, puisque 
l'inslrumenl fonctionne comme un tuyau ouvert, présenter, à l'ouverture du tuyau, 
un maximum de la vitesse des molécules de l'air (ionde). J'ai trouvé, avec un tout 
petit tambourin d'épreuve de Ilopkins, que la surface V correspondant à ce maximum 
de vitesse se trouve, dans les instruments à pavillon, reportée à une certaine distance 
dans l'intérieur du tuyau (4°'" environ du plan terminal du pavillon, dans un ancien 
cor de Raoux); et que cette surface est localisée dans la région axiale du pavillon, 
comme si, l'évasement n'existant pas, l'instrument était régulièrement conique 
jusqu'en V. 

» 2° On peut introduire à l'intérieur du pavillon un tuyau tronconique, prolongeant 
jusqu'en V la partie conique de l'instrument, presque sans modifier le timbre : 
quelques notes graves seules perdent un peu de leur intensité. Avec un instrument 



(98 ) 

ainsi disposé, on constate que la masse annulaire d'air comprise entre le tronc de cône 
et le pavillon vibre par résonance et renforce le son principal et les harmoniques 
élevés qui l'accompagnent; mais il faut, pour cela, donner assez de souffle pour 
obtenir le son dans toute sa plénitude et avec son caractère, sinon l'anneau ne résonne 
pas : il en est d'ailleurs de même sans tronc de cône. Celte masse d'air annulaire 
vibrant par résonance est divisée en secteurs résonnants, qui peuvent êlre isolés au 
moyen de cloisons situées dans des plans passant par l'axe de l'instrument, et réduits 
un à un au silence. Ces secteurs résonnants s'incurvent contre le pavillon qu'ils 
longent; ils appartiennent, que l'instrument soit cloisonné ou normal, à la classe des 
(I d'onde) tuyaux résonnants fermés à un bout. La forme évasée.du pa\ illon se prête aux 
variations de longueur de ces secteurs ; mais ils ne peuvent cependant pas atteindre une 
longueur suffisante pour renforcer les sons graves; d'où il résulte que, dans les instru- 
ments en cuivre, les notes les plus basses sont faibles. Dans les instruments en cuivre 
normaux, cor, trombone, trompette, cornet, basse-tuba, etc., la masse d'air vibrante 
se décompose donc en deux parties : une colonne d'air cylindroconique vibrante prin- 
cipale, ayant son origine aux lèvres de l'instrumentiste, et un système annulaire de 
secteurs d'air résonnants, engainant la partie terminale de cette colonne principale et 
engainé lui-même par le pavillon. Ainsi se trouve expliquée l'influence du pavillon 
dans les instruments de musique à embouchure. 

» La production du son dans ces instruments exige une grande dépense d'air et de 
grands efforts de pression; car, outre que la mise en vibration de la colonne d'air 
principale représente un travail déjà considérable, une autre somme de travail est 
absorbée pour la production des pliénomènes de résonance dans la région du pavillon. » 



CHIMIE PHYSIQUE. — Remarques sur l'emploi des cryohydratcs. 
Note de M. A. Ponsot, présentée par M. Lippmaiin (' ). 

« On connaît la propriété des mélanges cryohydratiques de se solidifier 
progressivement par refroidissement à température constante. A cause de 
cette propriété, ces mélanges peuvent être employés dans des recherches 
de précision, calorimétriques, cryoscopiques, thermométriques, etc. J'en 
ai utilisé dans mes recherches sur la congélation des solutions salines : à ce 
sujet, il est peut-être utile que je fasse connaître quelques-iilies de mes 
observations. 

» Février 1898. — J'ai placé une solution de IvCl formée à saturation à la tempé- 
rature ordinaire, dans une éprouvette, avec un agitateur et un thermomètre. Cette 
éprouvette était plongée dans une solution saturée de ce même sel, placée dans un vase 
entouré d'un mélange réfrigérant, composé d'une solution suffisamment concentrée 



(' ) Travail fait au laboratoire de Recherches physiques de la Sorboune. 



( 99 ) 

de NaCl et de morceaux de glace ; il s'est produit sur la paroi interne de ce vase une 
couche épaisse de crjosel; j'ai noté l'abaissement de température de la solution dans 
l'éprouvette. Cet abaissement a été de près de i°,6 dans la première lieure pendant 
laquelle s'est produite la congélation; ensuite la température est restée st-alionnaire 
pendant plus d'une heure. Pendant ce temps et à des intervalles de un quart d'heure, 
j'ai effectué quatre prises de la partie liquide : l'analyse m'a donné pour 5s'' de solution : 
3s'', 998, 4°'',oo2, ^"''jOOi et 4""' d'eau. La lecture du thermomètre était faite seulement 
au yj de degré : la composition du liquide cryohydralique me montre que la tempéra- 
ture dans la dernière heure n'a pas dû varier de plus de yJ^ de sa valeur, soit de 
o°,oi environ, la température étant de — 10°, 86. 

» J'ai répété la même expérience avec une solution non saturée : la température 
s'est abaissée jusqu'à un point où elle est restée stationnaire, et les deux dernières 
prises effectuées dans cette condition m'ont donné Ss', 998 d'eau. 

» Dans ces deux expériences, j'avais employé du KCl ordinaire. Dans les suivantes, 
j'ai employé du chlorure de potassium purifié : les variations dans la composition 
cryohydratique ont été un peu plus faibles : elles n'ont pas dépassé 0,002 sur Ss' de 
solution. J'ai trouvé 4, 020 et 4,020; 4, 018 et 4,020, puis 4 1O16 et 4iOi8, avec une 
température stationnaire, même pendant la solidification de plus du tiers de la solution. 

» Les résultats que j'ai publiés dans m/> thèse correspondent à 4°So2i ; ils ont été 
obtenus dans mon appareil cryoscopique avec du sel purifié par plusieurs cristallisa- 
tions successives et dans des conditions de constance de température observée cette 
fois au jI^ de degré : température — 10", 64. 

» D'autres expériences sur BAGl^ pur et impur m'ont donné une variation d'en- 
viron 0°, 2 du point cryohydratique correspondant à une variation de concentration 
, 0,1 

» Ces expériences montrent qu'tin même sel peut donner un bain cryo- 
hydratique dont la composition, comme la température, dépend du de^ré 
d'impureté de ce sel. De plus, tandis qu'on peut obtenir une constance de 
température remarquable avec le sel pur, avec le sel impur on observe, 
pendant la solidification, une variation de température plus ou moins 
grande, encore en rapport avec les impuretés du sel. 

)> Cette variation dépend aussi de la fraction de la solution solidifiée 
pendant l'expérience, et par suite de la vitesse de refroidissement, qu'on 
peut régler, d'ailleurs. 

» La nature des impuretés doit avoir une grande influence : c'est du 
moins ce que je crois conchire des recherches qui ont été faites par divers 
savants sur les cryohydrates de plusieurs sels. Il me paraît non moins 
certain que les impuretés d'un sel, dont on ne peut le débarrasser que par 
plusieurs cristallisations, ont la moindre influence. 

» Dans mes recherches sur la congélation des solutions, j'ai formé mes 



lOO 



bains cryohydratiques avec des sels purs ou plus ou moins impurs; j'ai 
utilisé aussi des mélanges cryohydratiques de deux sels. Jusque vers — 3°, 5 
j'ai employé, soit dans les essais, soit dans des mesures définitives, environ 
trente bains cryohydratiques; il en est dont j'ai égaré le point de congéla- 
tion, tels ceux formés avec la strontiane, le tannin. 

)i En voici vingt-six, rangés à peu près (à cause des impuretés), dans l'ordre de 
leur congélation : 

1) Magnésie, gypse, chlorure de plomb, chaux, bioxyde de baryum, sulfate de chaux 
saturé d'alun ammoniacal, alun de potasse, alun ammoniacal, baryte, borax, phos- 
phate de soude, bitarlrate de soude, chlorate de potasse, acide borique, ferrocyanure 
de potassium, sulfate de cuivre, sulfate de potasse, azotate de plomb, bisulfate de 
potasse, sulfate de chaux avec sulfate de soude, sulfate de magnésie, azotate de 
potasse, sulfate de chaux saturé de sulfate de potasse, ferricyanure de potassium, 
sulfite de soude et hyposulfite de soude. 

)) Il est presque inutile d'ajouter que j'aurais pu en trouver encore d'autres. 

» Lorsqu'un bain cryohydratique de sel pur se trouve dans un vase au 
contact direct d'un réfrigérant, la température de la partie liquide de ce 
bain n'est pas toujours indépendante de celle du réfrigérant, ni même de 
l'agitation. Cela est dû en grande partie à ce que la vitesse de solidification 
du sel ne s'accroît pas autant que celle de la glace dans le refroidissement; 
par suite, le bain devient de plus en plus concentré. Mais cette influence 
lombe en grande partie et décroît ensuite très vite lorsqu'il se forme une 
gaine de masse cryohydratique solide enveloppant le bain, et que cette 
gaine augmente d'épaisseur. 

» Cette observation m'a conduit à ma méthode cryoscopique. Je termi- 
nerai en ajoutant que les cryohydrates solides peuvent être employés aussi 
de la même manière que la glace pure. » 



CHIMIE MINÉRALE. — Action du bioxyde d'azote sur les sels de protoxyde 
de chrome. Note de M. G. Cuesneau, présentée par M. Ad. Carnot. 

« Péligot, et les Auteurs qui, après lui, ont étudié l'action du bioxyde 
d'azote sur les sels métalliques, ont constaté que la solution bleue de pro- 
toxyde de chrome absorbe ce gaz comme les sels ferreux en se colorant en 
brun, mais n'ont pas, à ina connaissance, poursuivi l'étude du composé 
formé, sans doute à cause de la difficulté qu'on éprouve à manier les solu- 
tions rigoureusement à l'abri du contact de l'air. 



( loi ) 

> Ayant trouvé un procédé simple pour remplir cette condition, j'ai re- 
pris cette étude qui m'a fourni quelques résultats, non sans intérêt, dont 
la présente Note résume les principaux. 

I) Le procédé que j'emploie pour opérer les réactions à l'abri de l'air, consiste à 
produire les sels chromeux par la méthode ordinaire de réduction à chaud, par le zinc 
pur, des sels chromiques eu dissolution soit neutre, soit acide, mais en recouvrant 
celle-ci d'une couche d'huile lourde de pétrole ((/ = 0,870) de o'",5 à o™,io d'épais- 
seur qui suffit, sans bouchage spécial (ce que ne fait pas le pétrole ordinaire), à pré- 
server le liquide pendant plusieurs semaines contre l'action de l'air: c'est ainsi qu'une 
solution de protochlorure neutre de chrome obtenue de cette façon, qui absorbait au 
moment de sa préparation 17'^'^, 4 d'oxygène pour 10™, absorbait encore 17°°,! au bout 
d'un mois. I^our transvaser la dissolution à l'abri de l'air, il suffit d'en prélever au 
moyen d'une pipette à pointe effilée, et recourbée au besoin, en ayant si)in d'aspirer 
d'abord une certaine quantité du pétrole surnageant, qui précède et préserve la so- 
lution contenue dans le réservoir de la pipette. Le même procédé appliqué aux sels 
ferreux permet de constater l'absence totale do coloration par les sulfocjanures. J'ai 
pu étudier ainsi l'action de divers réactifs sur les sels chromeux, et obtenir notamment 
avec la soude un hydrate (ou sel basique?) chromeux d'un beau bleu turquoise dont 
je poursuis l'étude. 

» Les solutions chromeuses obtenues, renfermant forcément des sels de zinc, j"ai 
commencé par vérifier, ce qui est à prévoir, que leur présence n'influe pas sur l'ab- 
sorption du bioxyde d'azote : du sulfate ferreux, additionné de son poids de sulfate de 
zinc, m'a donné, en eflet, à 12", 5 une absorption en poids de i'^°',o7 d'AzO pour 2 mo- 
lécules de sulfate ferreux, c'est-à-dire à très peu près la proportion indiquée par Pé- 
ligot. 

» En saturant de même d'AzO (bien purifié de peroxyde d'azote et desséché) une 
solution de chlorure chromeux neutre placé sous pétrole dans un flacon pouvant être 
purgé d'air par un courant d'hydrogène pur et sec, j'ai obtenu une absorption en 
poids de os'',257 d'AzO (soit o™°',oo86) pour 85"="= de solution contenant o™°',0273 de 
CrCl-, ce qui correspond à o™°',9l d'AzO absorbé pour 3 molécules de CrCl-, ou à 
très peu près à la formule (CrCl-)^, AzO. L'absorption se faisant avec un fort dégage- 
ment de chaleur, l'appareil était maintenu dans un bain à la température constante 
de 1.5°. 

» La solution bleue de chlorure chromeux prend alors une teinte d'un beau rouge 
foncé, couleur vin de Porto, très distincte de la teinte brune des sels de fer nitreux. 
Elle est d'autant plus rouge que la saturation est obtenue plus vite; mais à l'inverse 
des sels de fer dont la coloration ne varie pas, cette couleur rouge devient bientôt brun 
verdàlre, au bout d'une heure ou deux à la température ordinaire, instantanément 
à 100°. De plus, tandis que les sels ferreux dégagent complètement le bioxyde d'azote 
absorbé, soit en les chauffant, soit dans le vide, le chlorure chromeux nitreux, fraîche- 
ment préparé ou conservé depuis quelques jours, n'abandonne aucun gaz ni à l'ébulli- 
tion, ni dans le vide barométrique; il constitue d'ailleurs bien une véritable combi- 
naison, car il n'absorbe plus d'oxygène. 

G. H., 1899, 2' Semestre. (T. CXXIX, N» 2.) l4 



( '02 ) 

» J'ai d'ailleurs vérifie que le bioxjde d'azole qui a traversé une solu- 
lion chromeuse froide n'a subi aucune décomposition; il y a donc eu 
simple absorption. La liqueur rouge de chlorure chromeux nitreux donne 
avec la soude un précipité gris, immédiatement soluble en violet dans un 
excès de réactif, sans aucun dégagement gazeux; la solution verdit en peu 
de temps. 

» Des résultats semblables ont été obtenus avec des solutions acides 
de chlorure et de sulfate chromeux. J'ai effectué, en outre, de nombreuses 
absorptions en volume de bioxyde d'azote dans des éprouvettes graduées, 
sur le mercure, qui m'ont donné les résultats suivants : 

» La proporlion de sel chromeux. contenue dans les solutions était déterminée avant 
chaque expérience par le volume d'oxygène qu'elle pouvait absorber. En efl'ectuanl 
l'absorption d'AzO aussi rapidement que possible (en deux ou trois minutes), par une 
violente agitation avec une baguette en verre recourbée, j'ai obtenu une absorption 
un peu plus forte que dans le cas d'un courant gazeux barbotant dans la solution : la 
même différence avait été constatée par Péligot pour les sels ferreux. La proportion a 
varié seulement de i""'',2 à i™°',3 d'AzO absorbé pour 3 molécules de CrCl^, de o° 
à 42°, et avec des concentrations variant du simple au quintuple; elle a été de i^^^jOS 
pour 3 molécules de sulfate chromeux. Ces résultats différent notablement de ceux 
obtenus avec les sels ferreux par M. J. Gay (') qui a constaté une absorption de 1 équi- 
valent de bioxyde d'azote : pour 3 équivalents de sulfate de fer au-dessous de 8°, pour 
4 équivalents de 8° à 25°, et pour 5 équivalents au-dessus de 20°. 

» Enfin j'ai observé que l'absorption du bioxjde d'azote par les sels chromeux est 
notablement moindre quand elle se produit lentement : elle tombe alors d'une façon 
régulière à o"°',87 pour S'""' de CrCP neutre. Cette particularité me semble provenir 
de l'action du chlorure chromeux restant libre sur le chlorure nitreux. J'ai, en effet, 
constaté que le chlorure neutre saturé très rapidement à froid d'AzO donne (après 
agitation prolongée à l'air pour être sûr qu'il ne reste plus aucune trace de CrCP libre) 
un abondant précipité rouge d'oxvdule de cuivre dans la liqueur de Fehling bouillante 
(ce qui semble caractériser la formation d'hydroxylamine AzH^O), et ne donne pas 
d'ammoniaque avec l'appareil Schlœsing; au contraire, le chlorure neutre saturé très 
lentement à froid, ou rapidement à chaud, ne donne rien avec la liqueur de Fehling 
et dégage de l'ammoniaque avec les alcalis fixes; quant au chlorure acide saturé à 
froid, il donne à la fois les deux caractères. 

» Ces faits, ainsi que l'altération rapide des solutions de sels chromeux nitreux, 
s'expliquent aisément si l'on admet les deux réactions suivantes : 

(!) 2[(CrCP)=, AzO] H- 3W0 = 3Cr-^Cl*0 -+- 2AzIP0, 

(2) 2CrCl•^-^-2[(C^Clî)^AzO]-^-31120=:4Cr2Cl*0-^2AzH^ 

('; Comptes rendus, t. LXXXLX, p. 4 10. 



( T03 ) 

la réaction (i) se produisant seule dans le cas de l'absorption rapide d'AzO à 
froid, et la réaction (2) dans le cas d'absorption lente, enfin les deux réactions ayant 
lieu simullanément avec le sel chromeux acide. La comparaison des deux équations 
montre que, dans le second cas, le volume d'AzO absorbé doit être les | du volume 
absorbé dans le premier, pour un même volume de solution chromeuse : c'est ce que 

vérifie sensiblement le rapport observé : — — - ^78 pour 100. 
' ' 1 , 20 ' ' 

» En résumé, je pense avoir établi que les sels chromeux en dissolution 
absorbent le bioxyde d'azote comme les sels ferreux, mais en donnant une 
seule combinaison contenant i molécule d'AzO pour 3 iTiolécules de sel. 
Cette combinaison se décompose d'elle-même rapidement, surtout à chaud 
ou en présence des acides, mais sans aucun dégagement gazeux, à l'inverse 
des composés similaires du fer, l'azote du bioxyde se transformant en hy- 
droxylamine ou en ammoniaque, et son oxygène se fixant sur le sel chro- 
meux. » 

CHIMIE MINÉRALE. — Sur les sulfoantimoniies métallique<; (*). 
Note de M. Pouget, |)résentée par M. Troost. 

« Dans une précédente Communication y^), j'ai montré que l'action de 
V azotate d' argent sur les solutions de sulfoantimonite normal de potassium 
SbS'K' pouvait donner naissance à deux composés : 

SbS'Ag% 
SbS'Ag^R. 

>i I. Les sels de zinc, de manganèse, de plomb donnent des résultats 
semblables. 

» L'addition d'une solution d'un de ces sels à une solution étendue de sulfoantimo- 
nite (imoi dans 10''') y produit un précipité volumineux, amorphe de sulfoantimonite 
trimélallique. 

Sb^S'Zn*, orangé; 

Sb-S^Mn', rose sale; 

Sb^S^Pb', marron. 

» Avec les solutions concentrées de sulfoantimonite, c'est le même composé qui se 



(') Laboratoire de Chimie de la Faculté des Sciences de Rennes. 
( -) Comptes rendus, t. CXXIV, p. i5i8. 



( lo/j ) 

forme d'abord ; mais il se transforme très rapidement, pourvu que le sulfoantimonite 

de potassium soit en excès, en un précipité cristallin correspondant à l'une des 

formules 

SbS^ZnK, blanc; 

SbS'MnK, rose; 

SbS',PbK, marron. 

» Ces corps sont facilement décomposés par l'eau qui les transforme en sulfo- 
antimonites trimélalliques, cristallins, el différant par leur aspect des sulfoantimonites 
trimétalliques obtenus directement avec les solutions étendues. 

i> Avec les sels de fer {sels ferreux), de nickel, de cobalt, les composés qui 
prennent naissance sont très oxydables, ce qui en rend la séparation difficile. En 
solution étendue, c'est encore le sulfoantimonite trimétallique Sb-S'^Fe', Sb^S^Ni^, 
Sb-S^Co', qui précipite; en solution concentrée, le précipité contient toujours du 
potassium. 

» II. Les sels de cuivre se comportent, avec les solutions de sulfoantimonite, d'une 
manière différente; le phénomène de double décomposition est généralement accom- 
pagné d'une réduction qui donne finalement nais^nce à un sulfoantimonite cuivreux. 

» Avec les solutions étendues d'orthosulfoantimonite il se produit, par l'addition 
d'un sel de cuivre, un précipité noir de sulfoantimonite cuivrique Sb^S'Cu', si le sel 
de cuivre est en excès; mais si, au contraire, c'est le sulfoantimonite de potassium qui 
est en excès, le précipité déjà formé est réduit peu à peu à l'état de sulfoantimonite 
cuivreux SbS^Cu'. 

» Avec les solutions concentrées de sulfoantimonite, le précipité noir qui se forme 
tout d'abord se transforme rapidement au contact de l'excès de sulfoantimonite en un 
précipité jaune cristallin de sulfoantimonite dicuivreux monopotassique SbS'Gu-K. 

n Ce dernier corps est, comme les composés analogues d'argent, de zinc, de manga- 
nèse, de plomb, facilement décomposé par l'eau, le résidu rouge brun cristallin con- 
stitue encore du sulfoantimonite cuivreux SbS^Cu*. 

» Avec les sels de mercure (sels mercuriques) la réduction est plus énergique : le 
mercure est précipité à l'état métallique. 

)> Ces phénomènes de réduction s'expliquent par la facilité avec laquelle les sulfoan- 
timonites se transforment par oxydation en sulfoantimoniates. 

;) En résumé, l'action des sels métalliques sur les solutions tle sulfoanti- 
monite de potassium dissous peut donner, par double décomposition : 

» i" Un sulfoantimonite trimétallique SbS^M^; 

. 2° Un sulfoantimonite double SbS'M'K. 

» Dans aucun cas je n'ai pu préparer le sel monométallique SbS^MR-; 

!) 3° La double décomposition est quelquefois accompagnée d'une 
réduction. 

» Les solutions d'orthosulfoantimonite de sodium et de lithium four- 
nissent des résultats semblables. » 



( io5 ) 



CHIMIE ORGANIQUE. — Action de la phénylhydrazine sur les bromures, chlo- 
rures et iodures alcooliques. Note de M. J. Allain-Le Canu, présentée 
par M. Troost ('). 

» MM. Genvresse et Bourcet ont étudié {Comptes rendus, t. CXXVIII, 
p. 564 ) l'action de la phénylhydrazine sur les iodures de méthyle et 
d'éthyle. 

) Les bromures et les chlorures alcooliques se conduisent en général 
d'une manière différente des iodures correspondants ; nous nous sommes 
demandé s'il en serait de même quand on ferait réagir ces corps sur la 
phénylhydrazine. Nous avons voulu également voir comment se compor- 
terait cette dernière avec les iodures alcooliques supérieurs. 

» Action du bromure d'éthyle sur la phénylhydrazine. — i°Nous avons d'abord 
agi eu solution éthérée. Dans une solution éthérée de phényllijdrazine, refroidie par 
un mélange de glace et de sel, nous avons versé peu à peu et en agitant avec une 
baguette du bromure d'éthyle exempt d'acide bronihjdrique (demi-molécule de bro- 
mure d'élliyle pour une de jîliényllivdrazine). 

» Au bout de vingl-qualre heures, le liquide s'est pris en une masse d'aiguilles bril- 
lantes, que nous avons essorées à la trompe, lavées à l'éther et dissoutes dans l'alcool 
absolu. La solution alcoolique, refroidie vers — 15°, a cristallisé en partie en donnant 
de belles aiguilles, que nous avons lavées avec un peu d'élher et séchées sur l'acide 
sulfurique. L'analyse complète de ce corps montre que nous nous trouvions en pré- 
sence d'un bronihydrate basique de phénylhydrazine, contenant deux molécules de 
phénylhydrazine pour une molécule d'acide bromhydrique. 

» A ce sujet, nous ferons remarquer que M. Moitessier a trouvé récemment des 
combinaisons des chlorures, bromures, iodures et sulfates métalliques avec plusieurs 
molécules de phénylhvdrazine. 

» Nous considérons le corps précédent comme une combinaison de bromhydrate de 
phénylhydrazine avec une molécule de phénylhydrazine. En effet, ce corps se dissocie 
en présence de l'alcool. Chauffé longtemps à l'étuve à 100°, il perd une molécule de 
phénylhydrazine. La perte est, en effet, de 06,10 pour 100 et la théorie exigerait 36, 61. 

» Ce corps est peu soluble dans l'éther, soluble dans l'alcool, très soluble dans l'eau. 
La solution aqueuse est acide au tournesol, elle donne, avec le nitrate d'argent, un 
précipité blanchâtre noircissant très rapidement. La potasse met la phénylhydrazine 
en liberté. Ce corps fond vers igS" en se décomposant. 

» 2° En solution alcoolique, on obtient un corps différent qui n'est autre chose que 
du bromhydrate de phénylhydrazine. Nous avons, du reste, vu que le corps précédent 
se dissociait en présence de l'alcool. 

» Nous avons reconnu le bromhydrate de phénylhydrazine à son point de fusion et 



( ' ) Travail fait au laboratoire de Chimie de la Faculté des Sciences de Besançon. 



( 'o6) 

à sa teneur en brome, ainsi qn'à son aspect. Ce corps cristallise, en effet, en belles 
lamelles nacrées. 

» Action du chlorure d'éthyle sur la phénylhydrazine. — Le chlorure d'élliyle 
se comporte vis-à-vis de la phénylhydrazine comme le bromure d'éthyle. 

» Nous avons opéré exactement dans les mêmes conditions et obtenu suivant le cas 
un chlorhydrate basique de phénylhydrazine et du chJorludrate de phénylhydrazine. 
Seulement la combinaison de deux molécules de phénylhydrazine avec une d'acide 
chlorhydrique est moins stable que la combinaison correspondante avec l'acide brom- 
hydrique, une molécule de phénylhydrazine s'en allant beaucoup plus facilement que 
précédemment. 

» La combinaison basique fond vers 226° en se décomposant. Elle a les mêmes pro- 
priétés que la combinaison bromhydrique correspondante. 

» Action des iodures propylique et butylirjae normaux sur la phénylhydrazine. — 
Nous avons opéré encore comme précédemment et nous avons trouvé que les iodures 
de propyle et de butyle ne se comportent pas tout à fait de la même manière que les 
iodures de méthyle et d'éthyle avec la phénylhydrazine. En elTet, si nous avons bien 
obtenu des composés analogues à l'un de ceux de MM. Genvresse et Bourcet et ayant 
pour formule (G«H=AzH. Azn2)2C'H- 1 et (C^H^AzH. AzH'-)"-C*H='l, nous n'avons pu 
obtenir les composés G6H»Az=I^^(C'H')M et C«H^ Az^H^(C»H')^L 

» Le composé (C^H^AzH. AzH^)-G^H"I cristallise de l'alcool en un feutrage d'ai- 
guilles brillantes; elles sont solubles dans l'alcool et l'eau, peu solubles dans i'éther. 
Elles fondent vers 122°. 

1) La combinaison correspondante obtenue avec l'iodure de butyle normal fond à 
126° et a les mêmes propriétés que le composé précédent. 

)) Conclusion. — Comme nous le prévoyons, les chlorures et bromures 
alcooliques ne se comportent pas de la même manière avec la phénylhydra- 
zine que les iodures correspondants; les iodures alcooliques supérieurs 
se conduisent aussi d'une manière m\ peu différente des iodures de mé- 
thyle et d'éthyle vis-à-vis du même réactif. » 



CHLMIE ORGANIQUE. — Sur les aminocampholénes . Note 
de MM. E.-E. Blaise et G. Blanc, présentée par M. Henri Moissan (*). 

« La formule de constitution du camphre proposée par M. Bouveault 

établit entre les acides isolauronolique et [i-campholénique la relation 

suivante 

CH' CH' GH3 CH' 



CH' ^'c - CO'' H CH"' — lie — CH« - CO'' H. 

(') Laboratoire de Chimie organique de la Sorbonne. 



( I07 ) 

Comme, d'ailleurs, la constitution de l'acide isolauronolique semble établie 
avec certitude, alors que celle de l'acide fl-cam|)holénique est encore dou- 
teuse, il était intéressant de chercher à vérifier la relation précédente. 

» En réduisant le nitrile isolauronolique, l'un de nous a obtenu un 
aminodihydrocampholène ( ' ) : 

CH= CIP CH' Cil' 

'" XII^ , 9, GIF 



GH^/ ^.C-^ ^Cm ^^CH 



CH^— C- CAz CIP 



'CH- CH^ — AzH2 



Si la relation que prévoit la théorie est exacte, l'aminocampholène cor- 
respondant à ce dérivé dihydrogénédoit résulter de l'action de l'hypobro- 
mite de potassium sur la fl-carnpholénamide 

CH' CH» CH' Cil' 



,CH' CH' 

M_0-=CO-^ + 
CH°- ^C - CH2 — CO - Az 112 CFP ' — C — CH^ - Az H^ 

et se transformer, par hydrogénation, en une base identique à celle qui 
dérive du nitrile isolauronolique. 

» Lorsqu'on traite la |3-canipliolénamide par rhypobromite de potassium, dans des 
conditions déterminées, on obtient en eflfet le p-aminocampholène. Celte base con- 
stitue un liquide incolore, mobile, à odeur ammoniacale, bouillant à iSS" sous la 
pression atmosphérique. Sa densité à t5° est de 0,8778 et son indice de réfraction a 
pour valeur «1,^1,4770; on en déduit, pour sa réfraction moléculaire, Ni, = 44.83, la 
valeur calculée étant 45,23. 

» Le p-aminocampholène donne un chlorhydrate cristallisant en longues aiguilles 
qui fondent à i94°-i95° sans se décomposer et un chloroplatinate qui se décompose 
au-dessus de 200°. Le picrate correspondant, C'II" Az.CII'Az'O', fond à 228''-229°. 
linfin, en traitant le p-aminocampholène par l'éther oxalique, on obtient une oxa- 
mide fusible à iii»-ii2''; le cyanate de potassium réagissant sur le chlorhydrate de 
la base donne de même une urée fusible à io8°-io9". 

» Nous avons traité de même l'a-campholénamide par l'hypobromile de 
potassium, et nous avons ainsi obtenu une nouvelle base, isomère de la 



(') G. Blanc, Bull. Soc. chim., Z' série, t. XXI, p. 822. 



( io8 } 
précédente : IV-aminocampholène 

CIP CH» 

CH^^ — CH ~ CH'- AzlP 



j) Ce corps bout également à i85°. Sa densité à i5» et son indice de réfraction ont 
respectivement pour valeur : 0,879.5 et 1,4797; °" ^" déduit, pour la réfraction mo- 
léculaire, la valeur Nj, = 44)88- 

» Le chlorhydrate cristallise en petits prismes et fond à 253°. Le picrate fond à 219° 
et l'oxamide correspondante cristallise en aiguilles fusibles à iSi". En traitant le 
chlorhydrate de la base par le cyanate de potassium, on obtient enfin une urée cris- 
tallisant en lamelles nacrées et fondant à ii9°-i20''. 

» Il est à remarquer que les dérivés de l'a-aminocampholène fondent 
sensiblement aux mêmes températures que les dérivés correspondants du 
dihydro-aminocampholène, exception faite pour l'urée. 

» L'action de l'acide iodhydrique bouillant à 127° sur ry.-aminocampho- 
lène est également intéressante; en effet, si l'on fait bouillir l'iodhydrate 
de cette base avec de l'acide iodhydrique, on constate une décomposition 
rapide en iodure d'ammonium et un carbure probablement identique au 
campholène. 

» Nous n'avons pas réussi jusqu'ici à réaliser l'hydrogénation des amino- 
campholènes; la réduction au moyen du zinc et des acides iodhydrique ou 
chlorhydrique étendus, du sodium et des alcools éthylique ou amyUque 
bouillants, conduit en effet, non pas à l'aminodiliydrocampholène, mais à 
une base à point d'ébullition beaucoup plus élevé et qui résulte du dou- 
blement de la molécule primitive. D'autre part, la réduction, au moyen de 
l'acide iodhydrique à chaud, ne peut être utilisée puisqu'il détermine une 
décomposition; nous avons reconnu d'ailleurs que cet acide est sans ac- 
tion sur la base dihydrogénée. 

>) Nous poursuivons nos recherches sur ce sujet dont nous nous réser- 
vons l'étude. » 



( lOf) ) 



CHIMIE ORGANIQUE. — Contrihution à V étude d'une oxyptomaîne. 
Note de M. OEchsner de Coninck ( ' ). 

« J'ai fait connaître l'année dernière (Comptes rendus, séance du 28 fé- 
vrier i8q8) une oxyptomaîne qui prend naissance dans l'action de l'eau 
oxygénée sur une ptomaïne pyridique 

C«H"Az-|-0 =C«H"AzO. 

)) J'ai décrit en même temps son chlorhydrate et son chloroplatinate que 
j'avais obtenu à l'état de précipité; je reviendrai aujourd'hui sur ce dernier 
sel. 

» Pour le préparer à l'état cristallisé, j'ai ajouté, à une solution étendue du chlorhy- 
drate C'H"AzOHCl, une solution aqueuse renfermant iS"- de chlorure platinique pour 
aSs'' d'eau distillée. La liqueur est concentrée, à basse température, sous une cloche en 
relation avec une trompe à eau; la concentration doit être conduite lentement. Peu à 
peu le chloroplatinate se dépose sous forme d'assez larges paillettes, à bords nets, 
paraissant cristalliser dans le système orthorhombique; il renferme alors i molécule 
d'eau de cristallisation 

[(C»H"AzO.HCl)^ PtCl*]^IPO. 

. Ce sel n'est pas décomposé par l'eau froide, à peine par l'eau tiède, complètement 
par l'eau bouillante. 

» Bromhydrate C«H"AzO.HBr. — Ce sel, préparé avec une solution étendue de 
l'hydracide, ressemble beaucoup, par son aspect extérieur, au chlorhydrate. Il se pré- 
sente en lames allongées, blanches et douées d'éclat nacré. Légèrement déliquescent, 
il se dissout avec facilité dans l'eau froide; l'eau tiède ne le décompose pas, mais l'eau 
bouillante le détruit rapidement. 

» C/i/orai</ffie C'H"AzO.IICl -f- AuCl". — Précipité jaune clair, obtenu en mé- 
langeant des solutions étendues de chlorure d'or et du chlorhydrate, et concentrant 
sous pression réduite et à la température ordinaire. Ce sel n'est pas déliquescent: il est 
assez soluble dans l'eau, mais si l'on évapore cette solution au bain-marie, il y a 
décomposition totale. J'ai fixé sa composition en dosant successivement le chlore, 
l'azote et l'or. 

» Cliloromercurate [C«II" AzO, HCl]''', 3HgCl- ; précipité blanc, très dense, qui 
se dépose lorsque l'on mélange des solutions concentrées des deux sels. Ce cliloromer- 
curate qui, d'après les dosages de mercure et de chlore, est un sesquisel, est insoluble 



(') Ce travail a été fait dans mon laboratoire, à l'Institut de Chimie de la Faculté 
des Sciences de Montpellier. 

G. R., 1899, 2- Semestre. (T. CXXIX, N» 2.) l5 



( IIO ) 

dans l'eau frnide, un peu soluble dans l'eau tiède, décomposable à la longue par l'eau 
bouillante. 

» En résumé, l'oxvptoraaïne on collidone, C*H"AzO, fournit des sels 
simples et doubles qui se rapprochent des sels similaires des ptomaïnes 
pyridiques que j'ai découvertes, en ce qu'ils sont stables en présence de 
l'eau froide, et qui en diffèrent en ce qu'ils sont, non pas modifies, mais 
décomposés par i'eau tiède ou par l'eau bouillante. " 



CHIMIE ORGANIQUE. Nouveau mode, de dosage acidimètrique des alcaloïdes. 

Note de M. Eue Falières. 

« La méthode acidimètrique, qui tend de plus en plus à remplacer la 
pesée pour le dosage des alcalo'ides, ne présente pas, on le sait, la préci- 
sion rigoureuse qu'il est possible d'obtenir avec les alcalis minéraux. 

» Tout d'abord, la nature basique des alcaloïdes, moins accusée que 
celle des alcalis minéraux, ne leur permet pas d'agir avecla même énergie 
sur les indicateurs colorés. Il en résulte, dans la plupart des cas, des 
virages progressifs, des teintes de passage, et. pour chaque opérateur, un 
choix arbitraire de la nuance qu'il considère comme le terme de la 
réaction . Dans son Étude sur les indicateurs employés pour le dosage acidimè- 
trique des alcaloïdes, Lyman Kléber signale « ce facteur personnel d'erreur » 
comme un réel défaut de la méthode. 

M En second lieu, un même indicateur ne peut pas être utilisé pour 
tous les alcaloïdes. La présence, par exemple, d'atropine dans une solu- 
tion exclut l'emploi du tournesol. En outre, avec les alcaloïdes bruts et 
les liquides d'extraction, le virage est, le plus souvent, masqué par la pré- 
sence de matières colorantes étrangères. 

» J'ai recherché, en dehors des indicateurs colorés, une réaction finale 
nette, non influencée par la coloration des solutions, et capable de se pro- 
duire également avec tous les alcaloïdes. 

» Je me suis adressé, dans ce but, à la solution d'oxvde de cuivre 
ammoniacal, déjà utilisée pour doser l'acidité libre dans certaines solutions 
salines. Avec cette liqueur, on obtient, au terme de la réaction, non plus 
un phénomène de coloration, mais un précipité d'oxyde de cuivre qui 
trouble, de la façon la plus apparente, le liquide en expérience. La forma- 
tion de ce précipité n'est pas modifiée par la présence d'un sel d'alcaloïde. 



( ". ) 

» La solution d'oxyde de cuivre ammoniacal se prépare en dissolvant iqb' de sulfate 
de cuivre dans un demi-litre d'eau environ; on ajoute de l'ammoniaque, en agitant 
jusqu'à ce que le précipité qui se forme d'abord soit presque complètement dissous; 
on complète avec de l'eau le volume de looo'^'^; on filtre, et l'on titre par rapport à de 
l'acide sulfurique déci-normal. 

» Dans un vase cylindrique étroit, on introduit io''S' d'alcaloïde avec 20'^'^ d'acide 

N . 

sulfurique — ; on dispose le vase sur fond noir et, après dissolution, on verse la liqueur 

d'épreuve jusqu'à formation d'un louche persistant. Le volume de solution d'oxyde 

de cuivre ammoniacal qui est consommée représente seulement l'acide libre. Ce nombre 

soustrait de 20" exprime l'acide combiné à l'alcaloïde et, par suite, le poids même de 

l'alcaloïde. 

» Une solution de spartéine, préparée comme il vient d'être dit, a consommé 8", 3 

de solution d'oxyde de cuivre ammoniacal, correspondant à i5"^'^,63 d'acide sulfurique 

N . 
— libre, soit à l^'''',3^] d'acide combiné : 

0,0234 X 4)37 = o™B'', 102 de spartéine (théorie ;zr o™?'', 100). 

» Des dosages faits dans les mêmes conditions avec les alcaloïdes suivants : morphine, 
codéine, cinchonine, cinchonidine, quinidine, strychnine, cicutine, atropine, vératrine, 
brucine, ont fourni des résultats aussi satisfaisants. 

» En appliquant ce procédé au titrage des quinquinas, j'ai constaté qu'il 
permet d'effectuer le dosage des alcaloïdes totaux dans le premier liquide 
d'extraction; les matières étrangères qui le souillent sont sans inQuence 
sur l'apparition du précipité d'oxyde de cuivre. 

» Il devient alors inutile de recourir aux purifications successives, 
recommandées par les auteurs, précisément dans le but d'éliminer ces 
impuretés et d'obtenir des liquides se prêtant à l'emploi d'un indicateur 
coloré. 

» Des essais variés montrent que le procédé peut être appliqué au 
titrage rapide de tous les produits végétaux alcaloïdiques. » 



CHIMIE ORGANIQUE. — Sur le benzoylfurfurane. ■ 
Note de M. R. Marqdis. (Extrait.) 

« Au cours de recherches que je poursuis actuellement dans la série du 
fulfurane, j'ai été amené à préparer le benzoylfurfurane. Cette cétone s'ob- 
tient facdement en faisant réagir le chlorure de pyromucyle sur le benzène 
en présence du chlorure d'aluminium .... 



( 'I^ ) 

» Le benzoylfurfurane est un liquide incolore, passablement visqueux, non solidi- 
fiable à — iS", d'une faible odeur agréable. 

» Il brunit fortemenl quand on le conserve, même à l'obscurité. Les résultats de 
l'analyse s'accordent avec la formule C'H'O — CO — C*H=. 

» Il bout à 185° sous 43""°; à 186° sous 46°"°; à 164° sous ig-""". 

» Sa densité est de i,i83 à 19°. 

» L'oxydation par le permanganate de potasse donne de l'acide benzoïque et un 
autre acide : F =: 52° environ, non encore étudié. 

)) Oxinie. — L'oxinie se dépose en fines aiguilles colorées en jaune. Rendement 
85 pour 100. 

» On la purifie, quoique difficilement, par dissolution dans le benzène et précipita- 
tion par l'éther de pétrole. 

» Elle est extrêmement soluble dans les solvants organiques. 

» Elle fond à 182" et se décompose un peu au-dessus. 

» L'anhydride acétique donne deux dérivés acélylés, dont l'un fond à 68° et l'autre 
à 109°. 

» Base C*1P0 — CH — C*H'. — La réduction de l'oxime du benzoylfurfurane 

AzH^ 
conduit à une base nouvelle, la phénylfurfurylamine. 

>i Dans un ballon, cliaulfé au bain-marie, on dissout à l'ébullition 5s'' d'oxime dans 
100"^ d'alcool absolu; on ajoute du sodium en morceaux assez gros; quand la masse 
devient trop visqueuse, on rajoute un peu d'alcool, puis de temps en temps un mor- 
ceau de sodium jusqu'à concurrence de 20=' environ .... 

» La base passe à i67"-i68° sous 43"'™-44""", ou à i44°-i45° sous 17™™. On obtient 
un peu plus de Sb"' de base, soit un rendement de 67-68 pour 100. Cette base est un 
liquide parfaitement incolore, d'une très faible odeur; elle brunit légèrement, même à 
l'obscurité, et perd spontanément de l'ammoniaque au bout de quelques semaines. 

» Le chlorhydrate est en petits prismes extrêmement solubles. 

» Le chloroplatinate se forme en dissolvant la base dans HCl et ajoutant du chlo- 
rure de platine. Le tout se prend en une masse de petites lamelles dorées, facilement 
solubles dans l'eau chaude, peu solubles dans l'eau froide. Il se décompose à 100". 
Cristallisé, il possède la formule 

[C^H»- (CH - ÂzH) - C*H'O.HCl]nnCl*.2H20. 

» L'anhydride acétique donne avec la base un dérivé acétylé F = 127'', facilement 
cristallisable dans l'alcool très étendu bouillant. 

» Les recherches que je poursuis ont pour but la préparation de la fur- 

furane-amine 

CH — CH 
il II 

CH C — AzH^ 

\/ 
O 



( 'i^ ; 

Il est possible, en effet, que par la transposition moléculaire de l'oxime du 
benzoylfurfurane suivant le processus de Beckmann, on obtienne la ben- 
zoylfurfurane-amine, qu'il sera facile de dédoubler. » 



CHIMIE ORGANIQUE. — Les éguls, nouveaux antiseptiques généraux. 
Note de M. E. Gactrelet. f Extrail. ) 

« Lorsqu'on nitrose les dérivés parasulfonés des phénols en général, on 

( phénol \ 
arrive à faire assez facilement absorber aux acides orlhonitro < crésol } 



thymol ) 

parasulfoniques une quantité de mercure égale à un demi-alome par 
atome du phénol primitif employé dans la réaction. 

[ phénol j 

>) On obtient ainsi les homologues orlhonitro ( crésol ' parasulfonates 

( thymol ) 
de mercure et de potassium, auxquels nous avons donné le nom générique 
d'ÉGOLS, les différenciant par les dénominations particulières de phénégol, 
créségol, thymégol, d'après le phénol radical. 

» .... Les égols sont des composés très stables ; le mercure ne peut y 
être décelé que par la calcination avec la chaux sodée, ou par attaque à 
chaud du produit par le chlorate de potasse et l'acide chlorhydrique, et 
encore très difficilement; c'est la dernière méthode qui a été employée 
pour l'analyse élémentaire. 

» Par calcination, il y a décomposition des égols, formation tout d'abord 
de sulfocyanure de mercure se manifestant sous forme de serpent de Pha- 
raon, et finalement de sulfure de mercure. 

» L'ébullition avec le sulfate ferreux réduit les égols à l'état de sels 
amidés incolores. 

» Les égols se combinent avec l'iode comme avec l'arsenic, atome par 
atome du phénol radical. 

« Propriétés générales. — Les égols se présentent sous forme de poudre 
rouge brun; ils sont difficilement cristallisables, par évaporation des 
solutions hydro-alcooliques diluées, dans le système rhomboédrique. 

" Ils sont solubles dans l'eau en toute proportion et à froid; ils sont 
insolubles dans l'alcool concentré. 

» Les solutions aqueuses des égols sont sans odeur ni saveur particu- 



lières : elles sont neutres et ne sont ni caustiques, ni irritantes; elles ne 
coagulent pas les albumines, ne sont pas décomposées par les matières 
organiques et précipitent les toxines. 

» Les égols ne sont ni volatils, ni inflammables, ni explosifs. 

M Ils ne sont pas toxiques, puisqu'il en faut au moins 26' par kilogramme 
(le poids d'animal pour déterminer la mort, quand on les introduit par 
la voie hypodermique. Par la voie stomacale, ils sont émétiques. 

» L'élimination des égols est rapide, car les animaux qui reçoivent deux 
fois la dose toxique répartie en vingt jours consécutifs, n'éprouvent aucune 
altération de la santé et même engraissent fortement. 

» Les égols sont des bactéricides forts (3° classe de Miquel) puisque, à 
la dose de 4^"^ pour 1000, ils entravent dans les milieux de culture toute 
prolifération bactérienne, et qu'ajoutés à la même dose à des bouillons sté- 
riles ils en maintiennent la stérilisation. » 



PHYSIOLOGIE ANIMALE. - Sur le rôle de la chaleur dans le fonctionnement 
du muscle. Note de M. Raphaël Dubois. 

« Les recherches expérimentales que j'ai poursuivies pendant plusieurs 
années sur les Marmottes, au point de vue de la biothermogenèse, m'avaient 
conduit à admettre depuis longtemps que la chaleur produite par les orga- 
nismes, en particulier dans le système musculaire, ne devait pas être con- 
sidérée comme un simple déchet du travail physiologique, destiné à être 
éliminé à la manière des excréta, mais bien au contraire comme une con- 
dition de perfectionnement utile et m.ême nécessaire au fonctionnement 
physiologique ('). 

» Cette opinion a été adoptée par quelques auteurs, mais il m'a semblé 
que, pour en fournir une démonstration expérimentale, les faits connus 
n'étaient pas suffisants. J'ai pensé qu'il était nécessaire de comparer, chez 
un même individu d'une même espèce, le fonctionnement d'un muscle 
normalement et physiologiquement reft-oidi avec celui de ce même muscle 
normalement et physiologiquement réchauffé. 

» La Marmotte se prête admirablement à ce genre de recherches : elle nous a fourni 



(') Etude sur le mccanisme de la Ihermogenèse et du sor)iineil chez les Mammi- 
fères {Annales de l'Université de Lyon; 1896). 



( "5) 

des renseignements plus précis et plus complets que ceux qui avaient été obtenus 
autrefois par Valentin parla comparaison du fonctionnement musculaire chez la Mar- 
motte froide et chaude. Nous ne pouvons donner ici que les conclusions principales 

de notre travail (') : 

» 1° Le temps perdu de la contraction musculaire est un tiers plus court chez la 

Marmotte chaude que chez la Marmotte froide; 

» 2° La durée de la période d'activité croissante est, ainsi que la période d'activité 
décroissante, moitié plus courte chez la Marmotte chaude; 

» 3° La tétanisation s'obtient avec un nombre d'excitations trois fois moindre pour 
la Marmotte chaude; 

» 4° La puissance de travail est très augmentée chez la Marmotte chaude, qui peut 
non seulement soulever des poids plus lourds, mais encore les élever à une plus grande 
hauteur, et cela dans un temps plus court. L'optimum des poids soulevés est dix fois 
plus fort chez la bête chaude; 

» 5° Le muscle de la bête froide dégage moins de chaleur pour une même excita- 
tion et un même poids soulevé; 

» 6° La fatigue musculaire se montre beaucoup plus vite dans le muscle de la Mar- 
motte chaude que dans celui de la Marmotte froide. Le même elTet se produit avec le 
muscle cardiaque isolé de l'animal. 

1) Dans les conditions expérimentales où nous nons sommes placé, on 
ne peut attribuer les différences observées ni à l'insuffisance de l'oxygène, 
ni à celle des aliments hydrocarbonés chez la Marmotte froide, mais à la 
plus ou moins grande quantité de chaleur mise à la disposition du muscle. 

» Dans les limites normales, la chaleur constitue une condition phy- 
sique de milieu favorable au développement de la puissance de travail du 
mu.scle. " 



PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUI::. — Nouvelles observations sur l'échidnase. 
Note de M. C. Phisalix, présentée par M. A. Chauveau. 

c L'existence dans le venin de vipère d'un principe phlogogène qui se 
rapproche des ferments diastasiques est aujourd'hui bien démontrée : j'en 
ai donné une preuve directe en l'isolant des autres principes du venin par 
des précipitations alcooliques successives. La présente Note a pour but 
d'apporter de nouveaux documents relatifs au mode de sécrétion et aux 



(') La série de recherches concernant la Marmotte froide a été faite sur un sujet 
dont la température rectale était voisine de celle du laboratoire, c'est-à-dire de 16° 
à 17° en état de réveil, et la série relative à la Marmotte chaude sur le même sujet, au 
moment où sa température rectale était de 82" à 34°. 



( I'« ) 



PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. — Cultures du ^ectria, parasite des chancTts 
des arbres. Analogies de ces cultures avec celles du champignon parasite du 
cancer humain. Note de M. Bra, présentée par M. Armand Gautier. 

« Nos premiers essais ont consisté à ensemencer dans un bouillon de 
raisins secs peptonisc à i5 pour looo des fragments de chancres du chêne, 
du sapin, du pommier, du frêne. Ces fragments, prélevés le i)Ius asepti- 
quement possible dans la profondeur, étaient rapidement flambés, puis 
introduits dans le milieu de culture. Nous avons aussi ensemencé les péri- 
thèces rouges qui existent à la surface des mêmes chancres. A la suite 
d'objections qui nous ont été récemment présentées, nous sommes enfin 
parti pour nos ensemencements de la conidie cylindrique typique du Nectria 
ditissima du chancre du pommier préalablement et parfaitement isolée. 

» Dans l'un et l'autre cas, indépendamment des conidies septées, incurvées et de 
toutes dimensions du Nectria ditissima et de ses tubes de germination, apparaissent 
dès les premiers jours, dans les cultures, des spores rondes mesurant il^ environ et 
agitées d'un mouvement brownien, puis des éléments globuleux de forme de levures, 
analogues aux. sphérules du champignon que nous avons isolé des tumeurs cancéreuses 
humaines et qui ont fait l'objet d'une Note présentée à la Société de Biologie, le 1 2 no- 
vembre 1898 et d'un article publié par la Presse médicale, le 22 février dernier. 

» Ces sphérules sont réfringentes, de couleur vert clair. Elles sont arrondies, 
ovoïdes ou polyédriques. Leur diamètre va de 3!^ à i5H-. Elles possèdent une masse 
plasmique centrale homogène ou plus ou moins irrégulièrement granuleuse; une cap- 
sule achromatique à simple ou double contour. Elles ont une grande tendance à s'agglo- 
mérer. Elles se reproduisent le plus souvent par voie endogène et, dans quelques cas, 
par bourgeonnement. Il résulte de nos observations les plus récentes que, dans quelques 
cultures et dans certaines tumeurs, les sphérules du champignon humain peuvent 
aussi bourgeonner à la façon des levures. 

» Spores, sphérules, conidies, hyphes présentent mêmes réactions colorantes et 
mêmes caractères biologiques que ceux du parasite humain. 

» Les ressemblances morphologiques s'accentuent jusqu'à l'identilé, lorsqu'on 
transporte dans le bouillon de mamelle les cultures obtenues dans le bouillon végétal; 
les dimensions et les formes des conidies du Nectria se rapprochent ainsi de plus en 
plus de celles du champignon du cancer humain. 

» Le champignon sous sa forme globuleuse existe, d'ailleurs, non seulement dans 
les cultures, mais dans les coupes de cancers des arbres où il est facile de le mettre 
en évidence par le procédé de Gram, comme nous l'avons démontré pour les tumeurs 
cancéreuses humaines. 



( "9 ) 

» Ces sphérules ont été vaguement décrites par Harlig ('). 

» Les inoculations que nous avons pratiquées avec M. H. Chaussé con- 
tribuent à rendre plus saisissante la parenté des deux parasites. 

» Grâce à l'obligeance de M. Daubrée, directeur des Forêts au Ministère de l'Agri- 
culture, nous avons inoculé dans la forêt de Meudon, avec des cultures de parasite 
humain, des arbres éloignés de toute tache chancreuse. Six mois après, des chancres 
apparaissent sur le frêne, le merisier, l'érable sycomore. Un orme est atteint de can- 
cérose généralisée; une vingtaine de chancres crèvent l'écorce. Les ensemencements 
de ces tumeurs donnent des cultures. 

» Inversement nous avons soumis des lapins à l'ingestion de cultures du parasite des 
arbres et nous avons obtenu, au bout de trois mois environ, des ulcères ronds de 
l'estomac, comme chez les lapins soumis à l'ingestion des cultures d'origine humaine. 

» Les toxicités immédiates des produits solubles des deux champignons 
offrent aussi de remarquables analogies. 

» La culture du champignon du cancer humain, filtrée à la bougie, tue à raison de 
lâs'' à 20S' par kilogramme d'animal en injections intra-veineuses. Filtrée sur porcelaine 
et chauffée, elle tue à raison de SoS' à SS?' par kilogramme La toxine du champignon 
des arbres tue à des doses un peu plus élevées. Elles déterminent toutes deux des 
phénomènes vaso-constricteurs, une accélération des mouvements respiratoires et car- 
diaques, le rétrécissement pupillaire, de l'opisthotonos, des contractures, des secousses 
dans les membres postérieurs et la mort brusque, probablement par arrêt delà respi- 
ration dû à l'action prédominante du poison sur les centres nerveux. 

» Les toxines atténuées par la chaleur élèvent toutes deux la tempéra- 
ture des cancéreux et sont, dans la majorité des cas, sans action sur la 
température des animaux sains. Nous recherchons actuellement si la toxine 
atténuée du Nectria donne, au point de vue thérapeutique, les résultats 
produits sur les cancéreux par la toxine atténuée du champignon humain : 
polyurie, légère diarrhée, diminution des douleurs, tendance des plaies à 
la cicatrisation, atténuation des troubles fonctionnels, etc., résultats con- 
trôlés dans les hôpitaux. 

» Le but de cette Note est, non de tenter une identification, que des 
différences de coloration dans les cultures observées sur quelques milieux 
solides végétaux suffiraient à nous interdire, mais uniquement de démon- 
trer que les deux formes typiques existant dans les tumeurs et cultures 
du champignon parasite du cancer humain se rencontrent dans une affection 



(') Hartig, Vnterauchungen ans dem forstbotanischen Institut zii Miinchcn, 
p. ii-jj/ig. i6; Berlin, 1880. 



( I20 ) 

du règne végétal qui présente un grand nombre des caractères assignés 
aux tumeurs malignes des Vertébrés. 

» Ces faits semblent dès maintenant apporter un appui aux observa- 
tions de P^iessinger, Mathieu, Léon Noël, etc. relatives à l'origine végétale 
du cancer humain. Mais il importe, avant toute conclusion, de procéder 
systématiquement à des cultures régulières sur un même milieu, des 
diverses variétés de Nectries décrites par les auteurs. » 



ZOOLOGIE. — Sur l'absence de régénération des membres postérieurs chez 
les Orthoptères sauteurs et ses causes probables. Note de M. Edmond Bok- 
DAGE, présentée par M. A. Milne-Edwards. 

« Jusqu'à ce jour, les avis ont été partagés au sujet de la régénération 
des membres postérieurs des Orthoptères sauteurs. Au nombre des natu- 
ralistes niant la possibilité de cette régénération, je nommerai Heineken, 
Graber, Durieu, Frédéricq, Contejean, Werner et Peyerimhoff. Parmi ceux 
qui l'admettent, je citerai le professeur Griffini (de Turin). 

)) Afin d'essayer de résoudre cette question controversée, j'ai entrepris 
un très grand nombre d'expériences sur des représentants des trois familles 
d'Orthoptères sauteurs, en choisissant comme sujets d'étude : Phylloptera 
laurifolia et Conocephalus differens, chez les Lociistides; Acridiurn rubellum. 
chez les Acridides, et Grvllus capensis, chez les Gryllides. Ces expériences 
m'ont amené à conclure à l'absence de régénération des pattes sauteuses. 
Je n'ai pu, en effet, obtenir la moindre trace de faculté régénératrice. 

» Il y a là un fait qui, au premier abord, semble aller à l'encontrede la 
loi de Lessona, puisque ces pattes sauteuses sont les plus exposées aux 
morsures des ennemis, et qu'elles peuvent être détachées du corps par 
autotomie évasive et par autotomie exuviale. Nous allons voir cependant 
que ce cas ne constitue nullement une exception à la loi du célèbre biolo- 
giste italien. 

» J'ai pu constater, en efl'et, sur les larves gardées en captivité, combien 
les mues étaient difficiles après la perte des pattes sauteuses. Les difficultés 
se présentent surtout pour la dernière mue, lorsque l'Orlhoptère doit 
dégager ses ailes de leur fourreau. Ses grandes pattes postérieures lui 
auraient permis de s'accrocher plus solidement à quelque objet, lui 
donnant un précieux point d'appui au moment où il doit faire de pénibles 
efforts pour se débarrasser de son enveloppe chitineuse. 



( 121 ) 

» Presque tous périssent avant d'avoir pu se défaire de cette enveloppe. 
Parmi les rares survivants, à une ou deux exceptions près, je n'ai vu que 
des insectes complètement estropiés, aux ailes toutes chiffonnées et quel- 
quefois même atrophiées, se traînant avec peine. Ces détails étaient sur- 
tout frappants chez Phylloptera laurifolia. 

» Supposons maintenant qu'au lieu d'être en sécurité contre leurs nom- 
breux ennemis, comme ils l'étaient dans les cages oi!i je les élevais, ces 
Orthoptères mutilés aient été abandonnés à eux-mêmes. Il est alors évident 
que les rares spécimens qui auraient pu surmonter les dangers présentés 
par le phénomène de la mue auraient eu, malgré cela, peu de chances 
d'arriver à leur état parfait. Admettons même que quelques-uns d'entre 
eux, ayant échappé à tous leurs ennemis, soient parvenus à leur complet 
développement, après avoir subi la dernière mue, la plus redoutable. Il 
me semble alors impossible que ces insectes puissent s'accoupler. Tout 
d'abord, quel que soit leur sexe, l'absence de leurs grandes pattes doit les 
en empêcher complètement. En second lieu, en supposant encore qu'il n'y 
eût pas là un cas d'impossibilité insurmontable, on est en droit d'admettre 
que ces insectes mutilés seront laissés de côté, en vertu de la sélection 
sexuelle qui semble avoir été nettement constatée chez les Orthoptères 
sauteurs ('). Enfin chez certains de ces Orthoptères à instincts belliqueux, 
tels que les Grillons, qui se disputeraient non seulement les femelles, mais 
se livreraient quelquefois des célibats mortels pour la possession du trou 
qui leur sert de demeure, l'absence des pattes postérieures constituerait 
aussi une bien grande infériorité. 

» Il y a donc tout lieu d'admettre que ces différentes causes empêchent 



( ' ) Voir Ch. Darwin, l^a descendance de l' Homme et la sélection sexuelle. Édition 
française, 1B91, p. 3ii-3i8. Parmi les exemples les plus intéressants qui sont cités 
dans cet Ouvrage, figure le cas du Pachytylus niigratorius. Korte a constaté le choix 
exercé par la femelle au profit d'un mâle. Le mâle de cette espèce, accouplé avec une 
femelle, témoigne de sa colère par des stridulations, lorsqu'un autre mâle s'approche. 
Si l'appareil musical joue un rôle dans la sélection sexuelle, les Orthoptères sauteurs 
privés de leurs pattes sauteuses, et qui sont malgré cela parvenus à l'état parfait, 
doivent être dans de bien grandes conditions d'infériorité par rapport à leurs rivaux; 
car j'ai remarqué que, leurs ailes étant toutes froissées et quelquefois même atrophiées, 
leur appareil musical est incapable de fonctionner. Chez les Acridides surtout, 
l'émission de sons musicaux est rendue tout à fait impossible, puisque les fémurs des 
pattes sauteuses contribuent à la production de ces sons. 



( 122 ) 

les Orthoptères sauteurs mutilés de concourir à la reproduction de l'espèce. 
Ce serait évidemment ce qui expliquerait l'absence de la faculté régénéra- 
trice. 

» Chez quelques espèces d'Orthoptères sauteurs, le trochanfer des 
membres postérieurs est complètement enfoncé {télescopé, selon la pitto- 
resque expression de MM. Sharp et Brindley) à l'intérieur de la hanche. 
J'avais d'abord pensé que cette disposition pouvait peut-être empêcher la 
régénération. J'ai constaté ensuite qu'il n'en était rien, puisqu'il v avait 
également absence de régénération chez des insectes qui ne la présentaient 
point. 

« Les cas d'inégalité dans les dimensions des pattes sauteuses observés 
par Griffini, chez Pristes tuherosus et chez des espèces des genres OEclipoda 
et Gomphoceriis, me paraissent alors être dus à l'atrophie et non pas à la 
régénération ('). J'ai pu constater des particularités analogues chez Phyl- 
loptera laurifolia. Il arrive parfois, immédiatement après une mue, un arrêt 
de croissance pour l'une des deux pattes sauteuses qui, jusqu'à ce moment, 
avaient été parfaitement égales. J'ai même observé des faits semblables 
pour les ailes, chez la même espèce de Locustide. Lorsque l'insecte subis- 
sait sa dernière mue. sur un côté du corps, les ailes se développaient 
complètement, tandis que celles du côté opposé restaient rudimentaires; 
leurs dimensions ne dépassant pas celles du fourreau des ailes chez la 
Nymphe. 

» Mais je m'empresse d'ajouter que c'est avec raison que le professeur 
Griffini croit qu'il peut y avoir régénération des membres des deux paires 
antérieures chez les Orthoptères sauteurs, d'après une observation faite 
sur Platyphyllum Regimbarti. 

» Dans une prochaine Communication, je me propose de montrer l'exac- 
titude de l'hypothèse de Griffini et prouver la possibilité de la régénération 
des membres en question, ainsi que celle de la régénération des tarses des 
trois paires de membres chez les Orthoptères sauteurs. 

» La constatation du phénomène de l'autotomie exuviale fournit 
l'explication de ces faits parfaitement en accord avec la loi de Lessona. » 

(') Griffini déclare d'ailleurs n'avoir jamais obtenu de traces de régénération chez 
les insectes qu'il élevait en captivité. 



( «23 ) 



PATHOLOGIE ANIMALE. — Sur les affinités des Microsporum. Note de 
MM. L. Matruchot et Cii. Dassonville, présentée par M. Gaston 
Bonnier. 

« Grûby a, le premier, su différencier, soit par les caractères cliniques, 
soit par l'étude microscopique des parasites, la teigne spéciale causée parle 
Microsporum Audouini, des teignes trichophy tiques dont les agents sont les 
Trichophyton . 

» Les idées de Grùby étaient depuis longtemps tombées dans l'oubli 
quand, en 1892-94, M. Sabouraud ('), conduit par ses recherches aux 
mêmes conclusions, remit en honneur la manière de voir de Grïiby et la 
fit adopter par la majeure partie des dermatologistes. Il est généralement 
admis aujourd'hui que les teignes trichophytiques et la teigne spéciale 
de Grûby-Sabouraud constituent deux types cliniques bien distincts, et que 
les parasites correspondants sont essentiellement différents. 

» L'étude morphologique des Microsporum doit beaucoup à M. Sabou- 
raud et à M. Bodin; mais il nous semble que jusqu'à ce jour les affmités 
véritables de ces Champignons ont été méconnues. 

» M. Sabouraud, qui, le premier, en a fait l'étiide botanique, s'attache à préciser 
leurs dissemblances avec les Trichophyton. Il décrit, pour la première fois chez les 
Microsporum, un élément bien caractéristique, qu'il dénomme hyphe pectinée spo- 
rifère et qu'il considère comme une forme reproductrice conidienne du Champignon. 
Mais il ne rattache les Microsporum à aucun groupe déterminé de Champignons. 

» M. Vuillemin considère les conidiophores pectines décrits par M. Sabouraud 
comme rapprochant les Microsporum des Marlensella , Champignons vivant en 
parasite sur diverses Mucorinées; mais c'est là une ressemblance toute superficielle, et 
ce rapprochement doit être abandonné. 

1) MM. Delacroix et Bodin (^), étudiant le Microsporum. Audouini au cheval, se 
contentent de signaler l'analogie de certaines formes de souffrance du Champignon 
avec le genre E ndocoiiidium, mais n'émettent aucune hypothèse sur les affinités du 
Microsporum avec les autres Champignons. 

» Plus récemment, M. Bodin {') a apporté une importante contribution à l'étude 



(') Sabouraud, Les Trichophy lies humaines; 1894. 

(-) Momu^ Les teignes tondantesdu chevalet leurs inoculations humaines (thèse), 
p. 4i; 1896. 

(') BoDi.N et Almy, Le Microsporum du chien (Recueil de Médecine vétérinaire, 
p. 161; 1897). 



( 126 ) 

ceaux subissent fréquemment dans cette région une réduction de volume 
plus ou moins accentuée. 

» La couche séparatrice et la surface de déhiscence se forment à travers 
le tissu mou des faisceaux par le même procédé que dans le tissu fonda- 
mental, quoique fréquemment à des niveaux très différents. Les tubes cri- 
blés et les vaisseaux seuls sont brisés lors de la chute de la (euille. 

î> La cicatrisation se fait par une modification scléro-subéreuse des cel- 
lules existantes semblable à celle du tissu fondamental. Cette dernière 
modification n'intéresse ni les tubes criblés, qui sont le plus souvent écrasés 
sous la pression des cellules voisines, ni les vaisseaux. Ces derniers se 
bouchent soit par de la gomme de blessure, soit par des thylles, le pbis sou- 
vent par les deux à la fois. 

» Le dépôt de la gomme de blessure dans les vaisseaux ne se produit, à 
de rares exceptions près (Cladrastris, Gleditschia, etc.), qu'après la chute 
de la feuille. Les thylles au contraire, quand ils existent, se développent 
toujours auparavant dans toute la base du pétiole et dans le coussinet, 
c'est-à-dire au-dessus et au-dessous de la surface de déhiscence (' ); au ni- 
veau de cicatrisation, ils se scléro-subérisent comme le parenchyme fasci- 
culaire dont ils sont une dépendance. 

» Si, au moment de la chute, le tissu fondamental renferme un péri- 
derme cicatriciel, ce dernier ne traverse alors jamais les faisceaux; il est 
même rare qu'il le fasse avant l'hiver (^Negundo, Sorhus, Pynis, etc.); mais, 
dans tous les cas, les faisceaux sont traversés pendant la seconde année. 
La zone génératrice de ce périderme s'établit aux dépens des éléments pa- 
renchymateux des faisceaux; à ce niveau les tubes criblés s'écrasent et se 
brisent de même qu'à celui de la couche séparatrice ; les vaisseaux se brisent 
également, mais leurs thylles, quand il en existe, entrent presque toujours en 
recloisonnement et interviennent dans la formation du périderme. 

•» Appareil sécréteur. — Les cellules cristallifères, qu'elles se trouvent 
ou non au milieu d'un tissu en voie de division, ne se recloisonnent 
jamais. A l'intérieur des couches de cicatrisation, leurs membranes 
subissent une modification scléro-subéreuse de même que le parenchyme 
ambiant ou simplement une modification scléreuse, les deux cas pouvant 
exister dans une même cicatrice. Lorsque ces cellules se scléro-subérisent, 



(') 11 en est de même de la gomme dans les cas assez rares où elle apparaît avant la 
chute de la feuille. 



( 127 ) 

la mince couche subéreuse interne ne s'étend pas seulement sur leur mem- 
brane extérieure, mais aussi sur la mince enveloppe pecto-cellulosique 
qui épouse le contour du cristal et sur les ponts de même nature qui relient 
souvent cette dernière aux parois de la cellule. 

» Les autres cellules sécrétrices isolées ne subissent aucune modifica- 
tion dans le coussinet {Benzoin, Magnolia, etc.). 

» Les laticifères rameux (Ficus, Morus, Broussonelia, Maclara, Cudrama, 
Periploca, etc.) se bouchent, avant la chute de la feuille, par deux cloisons : 
l'une au-dessus de la couche séparatrice dans le pétiole, l'autre au-dessus 
d'elle dans le coussinet. Ces cloisons sont allongées en doigt de gant l'une 
vers l'autre dans la direction de la surface de déhiscence, puis le laticifère 
se brise entre les deux au niveau de la couche séparatrice. Ces laticifères 
ne subissent aucune modification de leurs parois dans la traversée des 
couches scléro-subéreuses, ni aucun recloisonnement au niveau du péri- 
derme vis-à-vis duquel ils se brisent de nouveau. 

)) Les laticifères articulés de V Amorpha s'obstruent par concrétion de 
leur contenu ; ils ne sont pas modifiés au niveau des couches de cicatri- 
sation et se brisent vis-à-vis de la couche séparatrice et du périderme cica- 
triciel. Mais, le plus souvent, les laticifères articulés se recloisonnent 
transversalement avant la chute de la feuille au niveau de la lame de cica- 
trisation et prennent, comme les cellules parenchymateuses de cette der- 
nière, la caractérisation scléro-subéreuse {Acer, Negundo, jEsculus, etc.). 
Ces mêmes laticifères se recloisonnent également au niveau du périderme 
cicatriciel et contribuent à la formation de ce tissu. 

» Les canaux sécréteurs des Rhusae bouchent par prolifération de leurs 
cellules épithéliales sur une certaine longueur de la base du pétiole et dans 
le coussinet. Cette obstruction se produit avant la chute de la feuille et le 
tissu de remplissage ainsi formé prend la même caractérisation que les 
couches scléro-subéreuses à leur niveau ; il contribue, par ses recloisonne- 
ments, à former le périderme. Chez certains ^ra/j'a, ces canaux s'obstruent 
par un dépôt de gomme de blessure. 

» Dans les poches sécrétrices des Tilia et des Ptelea, les cellules épithé- 
liales ne subissent aucune prolifération au niveau des couches de cicatri- 
sation, mais leurs membranes se scléro-subérisent. » 



( ' --i» ) 



PHYSIQUE l)V GLOBE. — Ecarts harornéltiqiies sur le méridien du Soleil aux 
jours successifs de la révolution synodique. Note de M. A. Poixcaké, pré- 
sentée par M. Mascart. 

« Dans la dernière Communication présentée à l'Académie ('), j'ai 
donné le profil, sur le méridien de Greenwich, méridien du Soleil au 
moment des observations simultanées, des hauteurs barométriques 
moyennes en Soleil austral, avec indication des écarts qui correspondent, 
d'une part à la nouvelle Lune et à la pleine Lune, de l'autre à la décli- 
naison boréale ou australe de la Lune. Cette indication était déduite de la 
combinaison des deux mois synodiques IV et XI (mars et octobre i883), 
où les révolutions synodique et tropique s'entrecroisent symétriquement 
et que, pour ce motif, j'appelle mois en pendant. 

» Le travail étant aujourd'hui terminé pour l'année entière, je puis 
établir des moyennes, beaucoup plus rapprochées de la réalité, par jour 
synodique et par jour tropique. 

» Je ne fais entrer ici dans les groupements que les dix mois en pen- 
dant deux à deux : I, II, III, IV, V (lo novembre 1882-G mai i883) et 
VIII, IX, X, XI, XII (4 juillet-28 novembre). Le maintien dans les calculs 
des deux mois sans pendant VI et VII changerait assez peu les résultats, 
mais les rendrait moins logiques et moins réguliers. 

» La double figure ci-après représente les principaux de ces résultats 
en ce qui concerne la révolution synodique. Elle donne, aux latitudes de 
10" en 10" du demi-cercle méridien de Greenwich, les écarts baromé- 
triques, à midi icJ"" Paris, des jours synodiques i, 4, 8, 12, i5, i8, 22 et 26, 
c'est-à-dire les dilférences moyennes entre les cotes réelles et les cotes 
dites normales, ou moyennes des mois synodiques auxquels elles appar- 
tiennent respectivement (-). 



(') Comptes rendus, n" 17, 24 mai 1899 {Errata au n" 18). 

{-) Je conserve les numéros des jours dits de la Lune, de 1 à 29. Quand NL est 
avant le premier minuit du jour i, je prends, pour cole du midi dudit jour, la 
moyenne des cotes des jours o et i. 

Dans la figure page 1062 de la Communication sus-rappelée, les difiérences sont 
portées de part et d'autre du profd normal moyen en Soleil austral. Ici elles sont 
comptées à partir de la ligne des abscisses. 



Écarts baroinélriijuus produits, sur le méridien du Soleil, par la résolution synodir/uc. 



^ Midi i(. Minuit ^ 

Latituâ33 0° 10° 20 ° 30° faO" 50° 60° 70° 80° 90° 80» 70° 60° 50° 1.0° 30° 20° 10° 0° 



1? aux jours synodiques l,*», 8 et 12 




^„. Hauteurs au jour i ( i'° ligure) et i5 (2' figure). 

» 4 » i8 » 

» S » 22 » 

)> 12 » 26 » 



( '30 ) 

» Dislribué sur l'hémisphère, l'ensemble des profils moyens des vingt- 
neuf jours dessinerait une surface qui ne suffirait pas à déterminer la seule 
reproduction, par la révolution lunaire, de l'onde moyenne aux différentes 
latitudes, la Lune restant à l'équateur et à la distance moyenne. A cette 
reproduction s'ajoutent les effets consécutifs, localisés ou marchant en 
spirale, de la rotation terrestre et du déplacement de l'onde, sans compter 
ceux des reliefs. 

» La figure montre que les écarts néi^atifs tendent à se porter du côté 
de la Lune et les positifs du côté opposé. 

» De NL à PL, les surpressions sont réduites et repoussées dans le sens 
minuit vers midi et inversement de PL à NL. 

)) Nonobstant cette marche d'ensemble, les variations du profil, de NL 
à PL, ont une analogie frappante. 

» Pour les analyser succinctement, au lieu de prendre les cotes aux 
latitudes de io°en lo", comme dans la figure, il vaut mieux les prendre 
aux points saillants des profils. On a le Tableau suivant: 





Equateur 


10< 
midi. 


minuit. 


45 
midi. 


minuit. 


midi. 


minuil. 


rôle 

midi 

el 

minuil. 


Jours. 


midi. 


minuit. 


I . . . 


Dim 
— 0,25 


moi 
+ 1 , 


ni m 
-1,25 


mm 
+ I,5o 


mm 

-4,25 


mui 

—3, 


(Il m 

+6, 


mm 

—2, 


mm 
+ 4,25 


4... 


-hO,25 


H-0,25 


+ 0,25 


— 0,25 


— 2,25 


— I, 


+0,60 


—0,60 


— 0,20 


8... 





—0,35 


—0,25 


—0,75 


— I ,60 


— 0,60 


—4, 


— 1,70 


-i,5o 


12 . . . 





— 0,25 


—0,25 


+o,25 


+ 0,60 


— I, 


+2,80 


— I, 


— o,5o 


i5... 


-t-I, 


— 1, 


+ 1 , 5o 


— 1 ,5o 


+4, 


+o,5o 


+3,10 


— 3,70 


— 0,25 


i8... 


— o,5o 


— o,5o 











+2,5o 


-4, 


+o,5o 


—3,25 


22 . . . 





—0,12 


+o,5o 


+o,5o 


+ 2,5o 


+ 1,90 


—4, 


+3, 5 


— 1,10 


26... 


-HO, 25 








— 0,25 


+o,3o 


— o,5o 


— 2, 


— o,5o 


+2,10 



» Equateur. — Quelque indécision dans les cotes, non seulement à 
cause de la difficulté d'apprécier la cote de chaque jour sur une ligne oii 
les observations manquent, mais surtout parce que l'étroite bande équa- 
toriale à renversement d'écart est en transition à l'E^rLC). 

» Aux jours I et i5, 1""" au-dessous de la normale sous la Lune, i'"*" au- 
dessus du côté opposé. Écarts faibles aux autres jours. C'est, on devait s'y 
attendre, la représentation atténuée de l'onde lunaire ramenée dans les 
limites du jour. 

(') Voir Comptes rendus, 7 novembre 1898, p. 743. 



( '3. ) 

» Parallèle 10". — Aux jours i et i5. — i'"",5o côté Lune, +i'"™,5o 
côté opposé. L'oscillation diurne due à la Lune est de 3™™ en NL, comme 
en PL, avec simple déplacement du jour à la nuit. D'une façon générale, 
dans les basses latitudes, les différences d'action à NLet à PL ne semblent 
pouvoir se rattacher qu'à ce déplacement et aux cas de coïncidence des 
excavations du profd dues au .Soleil et à la Lune. En Soleil austral, cette 
coïncidence ne se rencontre guère qu'au mois III et pour PL comme 
pour NL. En Soleil boréal, on la trouve à toutes les NL, sauf à celle du 
mois VI. 

» En dehors des jours voisins de NL et de PL, les écarts restent faibles 
sur le méridien du Soleil. 

)) Parallèle 45°. — Les écarts sont à peu près tous de même signe à 
midi et à minuit; l'onde proprement dite est noyée dans les effets des 
refoulements. Ils sont positifs du jour i3 au jour 26, négatifs du 27 au 12. 
Plus forts écarts dépassant 4™" en moins à NL. en plus à PL. 

)> Parallèle 65°. — Le mouvement diurne réapparaît. Faibles aux jours /j 
et 27, les différences entre midi et minuit atteignent 7""" à 8™'" aux jours i , 
7, i5, 22 et 29, les + étant souvent ici côté Lune et les — côté opposé. 
Mais il y a, plus encore qu'à 45°, à tenir compte des effets des reliefs et 
des effets accumulés des refoulements et des reflux, et ces différences ne 
tournent pas entières, à beaucoup près sans doute. 

)) Pôle. — L'effet des retombées d'air est à son maximum au jour i , où 
l'écart positif atteint 4""". 25. La vidange s'activant, la cote d'écart devient 
nulle du 3 au 4, est à — i™'",5o au 8, remonte à — o™™,25 au PL, redescend 
brusquement jusqu'à —3""", 23 au 18. De là, elle remonte rapidement 
jusqu'au maximum du NL, en passant par o du 23 au 24. 

» Ne pas perdre de vue que tous ces chiffres ne correspondent qu'à 
l'action de la Lune, supposée maintenue dans le plan de l'équateur ter- 
restre. M 



PHYSIQUE DU GLOBE. — Sur les ascensions dans V atmosphère cV enregistreurs 
météorologiques portés par des cerfs-volants. Note de M. Léo\ Teisserenc 
DE BoRT, présentée par M. E. Mascart. 

« L'emploi des cerfs-volants pour porter des instruments enregistreurs 
au sein de l'atmosphère tout à fait libre a été depuis quelques années pré- 
conisé avec succès par les savants des Etats-Unis. A l'observatoire de Blue 



( l32 ) 

Hill, près Boston, M. L. Rotch a pu ainsi recueillir depuis quatre ans des 
documents très intéressants. 

» Depuis l'automne de l'année iSq'j nous avons commencé des 
recherches analogues à l'observatoire de météorologie dynamique de 
Trappes et, dans le courant de l'année 1898, nos enregistreurs ont atteint 
plusieurs fois l'altitude de 2000â„¢. 

» Cette année, grâce à une perfection plus grande dans la construction 
de nos cerfs-volants du modèle cellulaire Hargrave (emplové aussi en Amé- 
rique), nous avons pu élever les instruments à Sg^o™ le i/| juin, à SSpo" 
le lendemain et, le 3 juillet, nous avons encore dépassé 33oo™. 

M Nos sondages, exécutés à Trappes pendant plus de cent journées, 
mettent bien en évidence le caractère différent de la décroissance de tem- 
pérature dans les zones de hautes pressions et dans les aires de basses 
pressions. Dans les premières, dès qu'on s'est élevé à quelques centaines 
de mètres du sol, on volt la décroissance de la température se ralentir et 
souvent on constate des inversions de température; dans les secondes, au 
contraire, la décroissance est rapide et atteint la valeur indiquée par la 
détente adiabatique de l'air plus ou moins humide suivant les cas. 

» Par rapport au régime des vents, nos ascensions montrent : 

» 1° Que, par temps clair el fortes pressions, la vitesse du vent décroît 
généralement à mesure qu'on s'élève au-dessus du sol jusqu'à une altitude 
qui varie entre 'tSooâ„¢ et 3000"; 

» 2° Au contraire, par temps couvert et basses pressions, le vent aug- 
mente sensiblement avec la hauteur, particulièrement au voisinage de la 
couche de nuaees inférieurs. » 

M. G.-B. Oi.ivERo adresse, de Moncalieri, une Lettre relative à un Mé- 
moire d'Astronomie précédemment communiqué par lui à l'Académie. 

(Renvoi à la Section d'Astronomie. ) 

La séance est levée à 4 heures. 

M. P. 



Ou soiiscril à Paris, chez GAUTHIER-VILLARS, 
Quai des Grands-Augusiins, n° ril. 

,ni 1835 les COMPTES RENDDS hebdomadaires paraissent régulièrement le Dimanche. Ils forment, à la fin de l'année, deux Tolumes ln-4°. Deui 

,1 une par ordre alphabétique de matières, l'autre par ordre alphabétique de noms d'Auteurs, terminent chaque volume. L'abonnemeni est annuel 

rt a i" janvier. 

Le prix de l'abonnement est fixé ainsi qu'il suit : 

Paris : 20 fr. — Départements : 30 fr. — Union postale ; 34 fr. — Autres pays : les frais de poste extraordinaires en sus. 




chez Messieurs : 
Ferryn frères. 

iChaix. 
Jourdan. 
Ruir. 

Courtin-Hecquet. 
i Germain etGrassin. 
\ Lachése. 
Jérôme. 
Jacquard. 
, Feret. 



Lorient. 



chez Messieurs : 
) Bauiiial. 



t^. , Laurens. 

' Muller (G.). 

Renaud. 

Derrieit. 

I F. Robert. 
j J. Robert. 

' Uzel frères. 

Jouan. 

V Perrin. 

\ Henry. 

) Marguerie. 



â– g 



t-Ferr > ''"'''"• 

"'â–  I Ribou-Collaj. 

, Lamarche. 

Ratel. 
' Key. 

I Lauverjat. 
' Degez. 
( Drevel. 
( Gratier et G". 
Foucher. 



elle.. 



\ Bourdignon. 
( Uombre. 
) Thorez. 
( Quarré. 



\ M"" Texier. 

Bernoux et Cumin. 

\ Georg. 

Lyon ^ Côte. 

Savy. 

Vitte. 

Marseille . . Ruât. 

^ Calas. 

( Goulet. 

Martial Place. 

; Jacques. 

Nancy Grosjean-Maupin. 

' Sidot frères. 

i Loiseau. 

( Veloppé. 

J Barrïia. 

( Visconti et G" 

J\imes Thibaud. 

Orléans Luzeray. 

t Blanchier. 

Poitiers , ,, , 

( Marche. 

Rennes Plihon et ]lervé. 

Rochefort Girard (M"") 

) Langlois. 

\ Lestringant. 
. \Chevalier. 

( l'oiileil-Burles. . 

\ Runiébe. 

\ Ginict. 

( Privât. 
Boisselier. 
Tours Pèricat. 

' Suppligeon. 

( Giard. 



On souscrit, à l'Étranger, 



Amsterdam . 



Athènes. . . 
Barcelone.. 



Montpellier . 
Moulins.. .. 



Kaiites . 
I\tce 



Rouen 

S'-Étienne 
Toulon. . . â–  

Toulouse... 



Valenciennes. 



I Lemaitre. 



Berlin. 



Berne . . . 
Bologne. 



Bruxelles.. 



Bûcha' est . . 

Budapest 

Cambridge 

Christiania 

Constantinople. 
Copenhague... . 

Florence 

Gand 

Gènes . . 



Genève.. 

La Haye. 
Lausanne. 

Leipzig... 



Liège. 



chez Messieurs : 

) Feikenia Caarelsen 

/ et G". 

Beck. 

Verdaguer. 
I Asher et G'-. 
\ Dames. 

, Friediander et lils. 
f Mayer et Muller. 

Sciiniid et Francke. 

Zanichelli. 
( Lamertin. 

Mayolezet Audiarte. 
( Lebégue et G". 
( Sotcheck et C°. 
' Slorck. 

Killan. 

Deighton, BellelG". 

Canimernieyer. 

OlLo Keil. 

Hôst et fils. 

Seeber. 

Hoste. 

Beuf. 

Gherbuliez. 

Georg. 

Slapelmohr. 

Belinfante frères. 
, Benda. 
( Payot. 
/ Barth. 
l Brockhaus. 

Loreniz. 

Max Riibe. 

Twielmeyer. 
( Desoer. 
( Gnusé. 



chez Messieurs ; 

; Dulau. 

: Londres Hachette et G". 

: 'Nutl. 

! Luxembourg . .. V. Btick. 

ILibr. Gutenberg. 
..„ ^■^"-"o y p-ssei. 

I Gonzalés e hijos. 

' F. Fé. 

.Milan ! ^'"'^^ '■•«■•«• 

' Hcepli. 

.Moscou Tastcvin. 

^aples jMarghieri di Giu, 

' Pellerano. 

/ Dyrsen et Pfeiffer. 

A'eiv- rork Stechert. 

' LemckeetBuechner 

Odessa Rousseau. 

Oxford Parker et G" 

Palerme Glausen. 

Porto Magalhaés ei Mdiiiz. 

Prague Rivnac. 

Rio-Janeiro ... Garnier. 



_ i Bocca frères. 

Rome , 

' Loescher et G". 

Rotterdam Krainers et fils. 

Stockholm Samson et Wallin 

^ Zinserling. 

I Wolff. 

Bocca frères. 

Brero. 

Clausen. 

Rosen berg et Sel I ici 

Varsovie. Gebethiier et Wolll 

Vérone Drucker. 

I Frick. 

Vienne 

' Gerold et G". 

Ziirich Meyer et Zeller. 



S' l'etersbourg. . 



Turin . 



1BLES GÉNÉRALES DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES : 

Tomes 1" 31. — (3 Août i835 à 3i Décembre i85o. ) Volume 10-4°; i853. Prix 15 fr. 

Tomes 32 à 61.— (i" Janvier i85i à 3i Décembre i865.) Volume in-4°; 1870 Prix 15 fr 

Tomes 62 à 91. — ( i" Janvier 1866 à 3i Décembre 18K0.) Volume iu-4"; 1889. Prix 15 fr. 

PLEMENT AUX COMPTES RENDDS DES SEANCES DE L'ACADEMIE DES SCIENCES : 
n : Mémoire sur quelques points de la Physiologie des Algues, par MM. A. Derbés cl .V.-J.-J. Solieb. — Mémoire sur le Calcul des Perturbations qu'éprouvent les 
it par M.Haniem. — Mémoire sur le Pancréas et sur le rôle du suc pancréatique dans les phénomènes digestifs, particulièrement dans la digestion des matières 

eioar M. Glàdde Bernard. Volume in-^", avec Sa planches; i856 15 fr. 

H II : Mémoire sur les vers intestinaux, par M. P.-J. Van Beneden. — Essai d'une réponse à la question de Prix proposée en i85o par l'Académie des Sciences 
1 concours de i853, et puis remise pourcelui de i85fi, savoir : « Étudier les lois delà distribution des corps organisés fossiles dans les différents terrains sédi- 
J» ires, suivant l'ordre de leur superposition . — Discuter la question de leur apparition ou de leur disparition successive ou simultanée. — Rechercher la nature 
I pports qui existent entre l'état actuel du règne organique et ses états antérieurs •, par M. le Professeur Bronn. In-4°, avec 27 planches; 1861.. . 15 fr. 



iaième Librairie les Hémolres de l'Académie des Sciences, et les Mémoires présentés par divers Savants à l'Académie dds Sciences. 



N" 2. 

TABLE DES ARTICLES. (Séance du lO juillet 1899.) 



MÉMOIRES ET COMMUNICATIOIVS 

DES MEMBKI'S ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 



Pages. 

M. !<• Stx.miT.viHE PERPKTUELannoncc à l'Aca- 
dtiiiif la mort rie M. William Flon>er,C.or- 
nspoiiiianl pour la Section d'.Vnatoiiiie 
et Zoologie •"] 

-M. ÉD.MDXD Periiikr. -Mole accompagnaril 
la présentation du cinquième fascicule de 
son « Traité de Zooloiiie > 6g 

M. Hi KTiiri i>T. — \onvçlli's recliirrlics sur 



Pages, 
l'argon et ses combinaisons 71 

M. ALFRKn liR.\NUii)lER. Sur les travaux 
géograpliiques et cartographiques exécutés 
à Madagascar, par ordre du général Gal- 
lieni. de rSçi^ à iSyg S\ 

MiM. A. IlAi.i.tR et 11. Uhbgrove. — Sur les 
acides dialcoylbenzoylbenzoïques et dial- 
coylbenzylbcnzoïques tétrachlorés <)o 



CORRESPOND AIVCE. 



M. l'ALi, P.viNLivi:. - Sur le développement 
des fonctions analytiques de plusieurs va- 
riables 92. 

M. l'iRMiN L.\RR0QUE. - Contribution à la 
théorie des instruments de musique à 
euiboucliure IJJ 

M. .\. PoNSOT. Remarques sur l'emploi 
des eryohydralcs 9** 

M. G. Chesxe.\u. — Action du bioxyde 
d'azote, sur les sels de protoxyde de 
clirome 100 

M. PouGET. — Sur les sulfoantimonitcs mé- 
talliques, lOJ 

,\1. J. All.vix-Le Canu. — Action de la phé- 
ii\lhydrazine sur les brtoraures, chlorures 
cl iodures alcooliques io5 

MM. i:.-i:. Blaise et <'.. Bi..vi«c. — Sur les 
aminocampholènes lofi 

M. OEchsxer dk Coxixck. — Contribution 
à l'étude d'une oxyptomaïne lof) 

M. Élie Faliéres. — iNouveau mode de 
dosage acidiniéirique des alcaloïdes 1 10 

M. K. Marquis. — Sur le benzoylfurfurane. ji 1 

M. K. ('■AUTBELET. — Lcs égols : nouveaux 
antiseptiques généraux 1 10 

M. Kaphael Dl.ROls. — Sur le rôle de la 



chaleurdans le fonctionnement ilu muscle. 1 1 '1 

M. C. Prisalix. — Nouvelles observations 
sur l'échidnase ■ >5 

M. BuA. — Cultures de Nectria. parasite 
des chancres des arbres, .\nalogies de ces 
cultures avec celles du champignon para- 
site du cancer humain 1 if^ 

.M. EcMoxD BordaGe. — Sur l'absence de 
régénération des membres postérieurs 
chez les Orthoptères sauteurs et ses 
causes probables 1 â–  â–  

MM. L. Matruchot et Cu. Dassonville. 

Sur les affinités des Microsporum 1 ■ i 

M. K. Tisox. — Sur la cicatrisation du sys- 
tème fasriculaire et celle de l'appareil sé- 
créteur lors de la chute des feuilles 131 

M. A. PûixciRE. — Écarts barométriques 
sur le méridien du Soleil aux jours suc- 
cessifs de la révolution synodique 128 

M. LÉON Teisserexi; de Bort. — Sur les 
ascensions dans l'atmosphère d'enregis- "^ 
treurs météorologiques portes par des 
cerfs-volants lili 

M. G. -H. Oi.iVERo adresse une Lettre rela- 
tive à un Mémoire d'-\slronomie com- 
muniqué par lui il l'Académie i32 



PARIS. — IMPIUMIÎKIE G.VUT H l E R-V ( L I. \ KS , 
Quai des Grands-Augustins, 5S. 

1^ f.ét-anl .* tiAUTUIEB'VlLLARS 



AUG 8 1899 ^"^"^ 



Je 



SECOND SEMESTRE. 

la 



COMPTES RENDUS 

HEBDOMADAIRES 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 

PAR SITE. IiBS SECRÉrAIRES PBRPÉTVEIjS 



TOME CXXIX. 



N^5 (17 Juillet 1899). 



PARIS, 

GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE 

DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, 

Quai des Grands-AugusUns, 55. 

* 

1899 



RÈGLEMENT RELATIF AUX COMPTES RENDl! 



ADOPTÉ DANS LES SÉANCES"; DES 23 JUIN 1862 ET 24 MAI iSyS. 



Les Comptes rendus hebdomadaires des séances de 
l'Académie se composent des extraits des travaux de 
ses Membres et de l'analyse des Mémoires ou Notes 
présentés par des savants étrangers à l'Académie. 

Chaque cahier ou numéro des Comptes rendus a 
48 pages ou 6 teuilles en moyenne. 

26 numéros composent un volume. 

Il y a deux volumes par année. 

Article 1". — Impressions des travaux de C Académie. 

Les extraits des Mémoires présentés par un Membre 
ou oar un Associé étranger de l'Académie comprenrenl 
au plus 6 pages par numéro. 

Un Membre de l'Académie ne peut donner (aux 
Comptes rendus plus de 5o pages par année. 

Les communications verbales ne sont mentionûées 
dans les Comvtes rendus, qu'autant qu'une rédaction 
écrite par leur auteur a été remise, séance tenante, 
aux Secrétaires. 

Les Rapports ordinaires sont soumis à la même 
limite que les Mémoires; mais ils ne sont pas com- 
pris dans les 5o pages accordées à chaque Membre. 

Les Rapports et Instructions demandés par le Gou- 
vernement sont imprimés en entier. 

Les extraits des Mémoires lus ou communiqués par 
les Correspondants de l'Académie comprennent au 
plus 4 pages par numéro. 

Un Correspondant de l'Académie ne peut donner 
plus de 32 pages par année. 

Dans les Comptes rendus, on ne reproduit pas les 
discussions verbales qui s'élèvent dans le sein de 
l'Académie; cependant, si les Membres qui y ont 
pris part désirent qu'il en soit fait mention, ils doi- 
vent rédiger, séance tenante, des Notes sommaires, 
dont ils donnent lecture à l'Académie avant de les. 
remettre au Bureau. L'impression de ces Notes ne 
préjudicie en rien aux droits qu'ont ces Membres de 
lire, dans les séances suivantes, des Notes ou Mé- 
moires sur l'objet de leur discussion. 



Les j-'rogrammes des prix proposés par l'Aïdi 
sont imprimés dans les Comptes rendus, maisîsl 
ports relatifs aux prix décernés ne le sont q'aui 
que l'Académie l'aura décidé 

Les Notices ou Discours prononcés en séajce 
blique ne font pas partie des Comptes rendus. 

Article 2. — Impression des travaux des Stm 
étrangers à l'Académie. 

Les Mémoires lus ou présentés par des pefoi 
qui ne sont pas Membres ou Correspondants c l'i 
demie peuvent être l'objet d'une analyse ou un 
sumé qui ne dépasse pas 3 pages. 

Les Membres qui présentent ces Mémoii i 
tenus de les réduire au nombre de pages re( is, 
Membre qui fait la présentation est toujours i 
mais les Secrétaires ont le droit de réduire cel v. 
autant qu'ils le jugent convenable, comme il e 
pour les articles ordinaires de la corresponda 
cielle de l'Académie. 

Article 3. 

Le bon à tirer de chaque Membre doit être iq 
l'imprimerie le mercredi au soir, ou, au plus 
jeudi à 10 heures du matin ; faute d'être remis i I 
le titre seul du Mémoire estinséré dans le Comp. \ 
actuel, et l'f^xtrail est renvoyé au Compte rer ui 
vant et mis à la fin du cahier. 

Article 4. — Planches et tirage à part. 

Les Comptes rendus n'ont pas de planches. 

Le tirage à part des articles est aux frais 
leurs; il n'y a d'exception que pour les Rapf l 
les Instructions demandés par le Gouvernemej 

Article 5. 

Tous les six mois, la Commission administrât! 
un Rapport sur la situation des Comptes rendu.l 
l'impression de chaque volume. \[ 

Les Secrétaires sont chargés de l'exécution <j 
sent Règlement. 



Les Savants étrangers à l'Acadéinie qui désireut faire présenter leurs Mémoires par MM. les Secrétaires perpétuels sont prié! 
déposer au Secrétariat au plus tard le Saïuedi qui précède la séance, avant 5''. Autrement la présentation sera remise à la séance S) 



AUG G 1889 â–  

COMPTES RENDUS 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 



SEANCE DU LUNDI 17 JUILLET 1899, 

PRÉSIDENCE DE M. VAN TIEGHEM. 



MEMOIRES ET COMMUIVICATIOIVS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE, 

CHIMIE GÉNÉRALE. — Sur les combinaisons du sulfure de carbone 
avec l'hydrogène et i azote; par M. Berthelot. 

« Voici quelques expériences relatives aux combinaisons du sulfure de 
carbone effectuées sous l'inliuence de l'effluve électrique, combinaisons 
d'un caractère tout spécial, expériences qui concourent à préciser les 
conditions des réactions effectuées par celte méthode. 

Hydrogène. 

n 1. Hydrogène loo^"' + sulfure de carbone gazeux 70™'. Courant agis- 
sant sur la bobine i2™"%6. 21". Pression barométrique voisine de 75o""". 

G. R., 1899, 2- 5emsi<re. (T. CXXIX, N" 3.) l8 



( i34 ) 
Cinq heures d'action. Le sulfure de carbone a disparu entièrement, soit 
70™'; le volume de l'hydrogène absorbé étant 3G™'. Rapport 1 \ i,o3. 

)> 2. Hydrogène 100™'+ sulfure de carbone gazeux 68^°'. 2.5''°'". 24". 
Une heure. Tout le sulfure de carbone a flisparu. Le volume de l'hydrogène 
absorbé était 34"""', 3, soit 2 : i ,01 . 

» 3. Le même rapport sensiblement a été observé avec un mélange de 
100â„¢' H=+8i'"' argon -+- i33 CS= gaz. i2â„¢"%6. 21". Gaz disparus : 
CS'-' = 77^°' ; H^ = 38^"' ; Arg^ = 2™'. 

» 4. Si l'on abaisse la tension du courant jusqu'au terme voisin de 
celui où il cesserait d'actionner la bobine d'induction, l'hydrogène est éga- 
lement absorbé; mais la proportion de sulfure de carbone condensé aug- 
mente : 

,00"°' H=+ 73^°' es- gaz à 24°. 4''<'"%2. 16 heures. 

Gaz dispar Js : CS' = 28"°' ; H' = 6. 

» On remarquera qu'il subsiste un peu plus de moitié de CS^ gazeux. 
Dans les conditions des expériences précédentes il se forme un produit 
résineux solide, jaune, doué d'une odeur analogue au mercaptan. Ce pro- 
duit est insoluble dans l'éther^ Le sulfure de carbone le dissout en petite 
quantité. La potasse concentrée l'attaciue à froid, sans le dissoudre entière- 
ment; la liqueur obtenue noircit faiblement le papier d'acétate de plomb 
et donne naissance, par addition d'acide chlorhydrique en excès, à un léger 
dégagement d'hydrogène sulfuré. 

» D'après ces observations, la réaction de l'effluve sur un mélange d'hy- 
drogène et de sulfure de carbone produit un composé répondant à la for- 
mule C^H- S^; ce qui représenterait soit un acide oxalique persulfuré, soit 
plutôt un persulfuré dérivé de l'aldéhyde glycollique (glyoxal) 

C=H'0-, 

C=H=S-; C=H=S- + S-. 

Pour une tension électrique suffisante, ce composé se forme seul. Mais, si 
la tension est trop faible, la polymérisation du sulfure de carbone se pour- 
suit plus rapidement que sa combinaison avec l'hydrogène. 

Azole. 

» 1. Azote ioo^°'-f-CS'gazeux69''"'; à 22°. H = 754""". 12''''"'. 6. Tout 
CS= a disparu après dix heures. Azote absorbé : iG""'. Rapport • 

4CS^:Az^ 



( i35 ) 

» 2. Dans une autre expérience, faite avec les mêmes volumes relatifs, 
sous une tension de 25™"% mais qui a duré seulement trois heures, la 
moitié seulement du sulfure de carbone avait disparu, le rapport entre 
les gaz condensés étant '7CS'': Az'. 

>> Il semble que la condensation du sulfure de carbone aurait marché 
plus vite que sa combinaison avec l'azote dans les dernières conditions, 
comme si, en accroissant la tension du courant qui alimente la bobine, on 
diminuait la tendance de l'azote à se combiner avec le sulfiu'e de carbone. 
Mais ceci réclame une étude plus approfondie. 

A ri; on. 

» (i) Argon, ) 00^"' + es- gaz, 70™'. — 23". 6™"^, 3. Trois heures. Le sul- 
fure de carbone a entièrement disparu, en même temps que 2 volumes 
d'argon. Rapport 34 CS" : Arg^. 

» (2) Argon. 100"'+ CS'^ 73™'. — 21", 5. 6"°"% 3. Vingt heures. — Le 
sulfure a disparu, avec 2^°', 5 d'argon. 

» (3) Argon, 100™'+ CS-, 68™'. i2™"%6. Cinq heures. Pluie de feu 
violente. Tout le sulfure a disparu. Absorption de l'argon, nulle. 

» (4) Argon, 100™' (provenant de l'expérience précédente) + GS-, 72™'. 
— 23". 4™"%2. Six heiu'es. Tout le sulfure a disparu, en même temps 
que 3 volumes d'argon. Rapport 24 CS- : Arg-. 

» Ces résultats indiquent que la combinaison cesse de s'effectuer, ou 
devient insignifiante, sous des tensions trop fortes, la condensation du sul- 
fure se poursuivant seule. 

» Avec l'azote on paraît observer quelque chose d'analogue. 

» Je rappellerai que la transformation de l'oxygène en ozone par l'élec- 
tricité est, à la température orJinaii'e, de même ordre de petitesse que les 
combinaisons de l'argon, soit avec la benzine, soit avec le sulfure de 
carbone. Elle diminue également quand la tension devient trop forte. 
Elle est moindre avec une série d'étincelles électriques qu'avec l'effluve : 
ce qui s'explique parce que l'élévation de température détruit l'ozone déjà 
formé. La formation de l'ozone est également moindre, quoique réelle, 
avec des tensions excessivement faibles : ce qui s'explique aussi parce que 
l'on observe seulement celle qui répond au rapport entre la vitesse de for- 
mation de l'ozone, pour une tension électrique donnée, et sa vitesse de 
décomposition spontanée dont j'ai indique la mesure. 



( i36 ) 

» Au conlraire, la combinaison de l'azote avec Towe-ène suit une naarche 
inverse, n'avant ])as lieu sous les fnibles tensions de l'effluve, apparaissant 
au delà d'un certain terme et devenant de plus en plus active, sous l'in- 
fluence d'étincelles de plus en plus fortes. 

Oxyde de carbone. 

n J'ai également examiné l'influence de l'effluve sur un mélange d'oxyde 
de carbone et de sulfure de carbone. 

» Oxyde de carbone, ioo^°'-l-|CS% 68''"'. 23". 6™'", 3. Dix heures. - Il 
reste seulement 3,5 de CO, exempt d'acide carbonique. La matière jaune 
condensée est un mélange des produits propres de condensation du sulfure 
de carbone et de l'oxyde de carbone, composés condensables séparément 
par l'effluve. Cependant l'oxydeide carbone, traité séparément, fournit 
une certaine dose d'acide carbonique (Essai de Mécanique chimique, t. 11, 
p. 379), lequel n'apparaît pas ici. 

M Le mélange obtenu, traité [lar l'eau, se dissout en partie. La liqueur 
filtrée olfre une réaction acide et elle contient un acide oxysulfuré, que 
l'acide azotique oxyde à l'ébullition, en produisant de l'acide sulfurique. 
11 résulte de ce fait que, sous l'influence de l'effluve, l'oxyde de carbone et 
le sulfure ont exercé une certaine action réciproque. 



» On voit par là de nouvelles preuves de la grande efficacité de l'effluve 
pour provoquer des combinaisons entre les corps soumis à son action : ces 
corps, ainsi que j'ai eu occasion de le dire, en parlant des réactions de 
l'azote, tendent à former ainsi des composés condensés et polymérisés, de 
l'ordre de ceux que produit la chaleur rouge sur les composés organiques ( ' ) 
et sur les oxydes métalliques (^), de l'ordre également de ceux qui sont 
engendrés sous l'influence de la lumière, ou bien formés dans les tissus 
des êtres vivants végétaux, ou animaux. » 



(') Essai de Mécanique chimique, t. II, p. (\h. 

O Annales de Chimie et de Physique, 4" série, t. I\, p. 478 et 479; 1866. 



( '37) 



CHIMIE GÉNÉRALE. — Remarques S ui la combinaison de l'azote 
ai-ec l'oxygène; par M. Berthelot. 

« En purifiant l'argon de l'azole, qui formait le mélange que j'avais à ma 
disposition dans la proportion de 3o centièmes, j'ai mesuré le rapport 
entre l'azote et l'oxygène, combinés lentement sous l'influence de l'étin- 
celle électrique, et absorbés à mesure par la potasse : ce rapport mérite 
quelque attention, au point de vue de la formation successive et graduelle 
des différents oxydes de l'azote. 

» J'opérais avec de grosses éprouvettes, de aSo*^*^ à 3oo'^'', sur le mercure. 
Les étincelles jaillissaient entre deux longs fils de platine, introduits chacun 
à travers un tube de verre à double courbure, ouvert des deux côtés et 
rempli de mercure, conformément au dessin que j'ai donné dans mon 
Essai de Mécanique chimique, t. II, p. 34o (voir aussi Ann. de Chim. et de 
Phys., 5* série, t. XII, p. 4^8; 1877). Cette disposition permet d'opérer 
sans fils soudés dans le verre, et en faisant varier à volonté la distance 
explosive. Les fils de platine sortent de part et d'autre librement des tubes 
de verre. 

» On a mélangé l'argon impur avec une proportion d'oxygène un peu 
supérieure au double du volume de l'azote, dans la pensée que la réaction 
devait former du peroxyde d'azote : Az 4- O^ = AzO\ 

» Après introduction du mélange gazeux dans l'éprouvette, on y glisse 
les deux tubes de verre, puis les fils de platine dans ces derniers; enfin, 
à l'aide d'une pipette courbe, on fait arriver dans l'éprouvette 20'^'^ à 30"*= 
d'une solution presque saturée de potasse. La tension de la vapeur d'eau 
contenue dans les gaz, dans ces conditions, est extrêmement faible. La 
distance située entre la couche liquide de potasse dans l'éprouvette et la 
région supérieure où jaillissent les étincelles est de iS*^" environ. Cela fait, 
on met les fils de platine en rapport avec les pôles d'une bobine d'induc- 
tion, alimentée par un courant d'une tension de 12™"=*, G. 

)) En arrêtant les fils parallèlement à une distance convenable, et en 
réglant l'interrupteur vibrant, il jaillit, entre les deux fils, un flux continu 
d'étincelles, sur une longueur de 10°"" à iS""", formant une sorte de ruban 
violet très brillant. — Pour une certaine période de l'interrupteur, le flux 
d'électricité devient si actif que les fils rougissent et que le ruban lumi- 



( I^« ) 

neux violet se transforme en une flamme ronge continue. — Il convient 
(le prévenir ce phénomène. Il est également indispensable d'éviter que les 
étincelles viennent à toucher le veire de l'éprouvette, dont elles pour- 
raient déterminer réchauffement, la décomposition et la rupture. 

» Étant données les conditions que je viens de décrire, on voit apparaître 
dans les gaz une teinte à peine sensible de vapeur nitreuse, qui se diffuse 
rapidement, sous l'influence de l'agitation violente des gaz par le flux 
d'étincelles, et se dissout à mesure au sein de la potasse située au-dessous, 
en formant un mélange d'azotite et d'azotate. 

» C'est ici que j'ai constaté une circonstance intéressante. Quand l'ab- 
sorption a cessé, par suite de l'absorption totale de l'azote, en mesurant la 
proportion d'oxygène restait mélangé à l'argon, j'ai reconnu que cette 
proportion était fort inférieijre à celle qui répond au peroxyde d'azote. 
Dans une première expérienoe, le rapport entre l'azote et l'oxygène com- 
binés a été trouvé le suivant | 

I Az : O ^ 1,65 ; 
dans une seconde expérience : 

' Az : = 1 , 84 

au lieu de 2,0. 

» Or, d'après ce dernier rapport, les acides azoteux et azotique, ou. 
plus exactement, l'azotite et l'azotate de potasse auraient dû prendre nais- 
sance à équivalents égaux : 

aAzO» + 2ROH ^ AzO-K -h AzO'R -h H^O, 

tandis que l'expérience a indiqué, dans les deux cas, un excédent 
d'acide azoteux. l 

» Il paraît résulter de cette circonstance que l'acide azoteux gazeux se 
forme tout d'abord, même en présence d'un excès d'oxygène, et qu'il ne se 
change en peroxyde d'azote que par une action plus lente, assez lente 
même pour que le gaz azoteux à très faible tension ait le temps de se dif- 
fuser à travers une colonne gazeuse longue de o™,io à o'", iS et d'atteindre 
la potasse, qui le fixe sous forme d'azotite, avant que l'oxygène en excès 
contenu dans cette colonne l'ait changé en peroxyde d'azote. 

» En un mot, le bioxyde d'azote, formé dans l'action de l'étincelle sur le 
mélange d'azote (d'argon) et d'oxygène, se combine d'abord à un premier 



( i39 ) 
atome d'oxvgène, pour former l'acide azoteux 

2AzO-f-0 = Âz'-'0» 

avant de s'unir avec un second atome d'oxygène pour former le peroxyde 
d'azote 

Az=0'^-0=:'^AzO^ 

» J'ai déjà signalé cette circonstance, en étudiant directement l'action 
du bioxyde d'azote sur l'oxygène. Lorsqu'on fait ariver bulle à bulle le 
bioxvde dlazote dans une atmosphère d'oxygène, en présence d'une disso- 
lution concentrée de potasse (ou même de baryte), sous une large surface 
et en agitant continuellement, il ne se forme guère que de l'azotite de po- 
tasse, par exemple 96 à 98 pour 100 de la dose équivalente au bioxyde 
d'azote (Ann. de Ch. et de Phys., 5" série, t. VI, p. 193). Les expériences 
actuelles fournissent une nouvelle confirmation de la succession des deux 
formations, aussi bien à partir de l'azote libre que du bioxyde d'azote. » 



ÉCONOMIE RURALE. — Cultures dérobées d'automne. Leur efficacité comme 
engrais vert; par M. P. -P. Dehéraix. 

« J'ai déjà entretenu l'Académie (') des avantages que trouvent les cul- 
tivateurs à semer sur les chaumes de blé, immédiatement après la moisson, 
une plante à végétation rapide, telle que la vesce d'hiver. 

M Rejetant dans l'atmosphère, par sa transpiration, la plus grande partie 
de l'eau tombée, elle restreint, dans le sol qu'elle dessèche, la formation 
des nitrates et leur entraînement dans les couches profondes, fort à craindre 
quand les terres sont découvertes. Ces cultures dérobées, enfouies comme 
engrais vert, exercent, en outre, une action marquée sur la récolte sui- 
vante. Je suis en mesure d'en fournir aujourd'hui à l'Académie un exemple 
frappant. 

« La réussite des cultures dérobées est étroitement liée à l'abondance 
de la pluie pendant les mois d'août et de septembre; s'ils sont absolument 
secs, ainsi qu'il est arrivé en 1895, la culture avorte; mais, depuis huit ans 
que j'ensemence régulièrement mes chaumes de blé, c'est le seul échec 
que j'ai eu à enregistrer ; les autres années, on a toujours obtenu des poids 



(') Comptes rendus, t. C\X, p. Sg ; 1895. 



( '4o ) 

d'engrais vert d'une valeur supérieure à la dépense qu'occasionne l'achat 
de la semence; en 1897, notamment, le succès a été complet. 

» Cette année-là, on a recueilli au pluviomètre de la Station agrono- 
mique de Grignon : 72™™ d'eau de pluie en août, 53™™ en septembre et 
7""", 8 en octobre, ou en tout i33™". Les cultures dérobées ont profité 
de cette humidité; en général, elles ont été excellentes, non cependant 
sans présenter quelques irrégularités; au milieu de parcelles donnant 14 
ou i5 tonnes d'engrais vert, il s'en trouve qui en donnent 18 tonnes; dans 
une autre partie du champ d'expérience, la moyenne de quatre parcelles 
tombe à 13070''^, dans une autre à 81 io'*s. 

» Si grandes que soient ces différences, elles ne correspondent pas ce- 
pendant à une qualité particulière du sol, supérieure sur certains points à 
ce qu'elle serait sur d'autres, car ces différences ne se produisent pas 
toujours dans le même sens, et l'on trouve, dans les registres de la station, 
que le blé, les betteraves ou lès pommes de terre ont donné souvent, sur 
les parcelles à faible rendement de vesce de 1897, des récoltes égales ou 
même supérieures à celles qu'on a recueillies sur les terres où la vesce a 
si bien réussi il y a deux ans. 

« La vesce analysée au moment où on allait l'enfouir à la fin d'octobre 
était déjà partiellement desséchée; on y a trouvé de 28,6 à 3(3,9 centièmes 
(le matière sèche, et, dans 100 de celle-ci, une quantité d'azote à peu près 
constante de 3,55. On a eu le soin de peser toute la partie aérienne de la 
vesce avant l'enfouissage, et l'on a pu calculer la quantité d'azote contenue 
dans la récolte d'un hectare et le poids de fumier de ferme auquel elle 
équivaut; en 1897 la vesce enfouie sur 22 parcelles du champ d'expé- 
riences a correspondu en moyenne à 28 tonnes de fumier de ferme à 5 '"K 
d'azote par tonne; les écarts ont été considérables: sur deux parcelles 
la vesce équivalait à plus de ^o tonnes de fumier, et sur trois elle était 
au-dessous de vingt; les autres nombres sont intermédiaires entre ces 
extrêmes. 

» Au printemps de 1898, je résolus de profiter de ces différences dans 
les quantités d'engrais vert enfoui pour préciser sa valeur, et j'ordonnai de 
planter des pommesde terre appartenantà la même variété, alternativement 
sur une parcelle où l'engrais vert était abondani, puis sur une autre où, au 
contraire, il ne s'était que médiocrement développé; toutes les parcelles 
reçurent uniformément la valeur de 3o tonnes de fumier par hectare; la 
fumure ne présentait donc d'autre variable que le poids de vesce enfoui au 
mois d'octobi-e précédent. 



( •4> ) 

» Les pommes de terre |>Iantéesapparlenaient à plusieurs variétés diffé- 
rentes : nous continuons à cnlliver avec succès, au champ d'expériences de 
Grignon, la Richtcr s-Imperalar. préconisée par notre regrette confrère 
Aimé Girard; toutefois, comme ses rendements avaient faibli en 1897, nous 
avons planté, comparativement avec les seraenceaux provenant de nos 
propres cultures, d'autres acquis en dehors. Plusieurs cultivateurs repro- 
chent à la Ricliter de se mal conserver dans les silos pendant l'hiver, et 
nous avons introduit, dès 1897, deux nouvelles variétés qui viennent de Bo- 
hème; elles portent les noms de Professeur- Mœrcker et de Bocleur-Locius ; 
elles paraissent présenter de remarquables qualités; nous avons planté 
encore la Géante-Bleue, variété nouvelle dont les rendements ont rapidement 
baissé; enfin, j'ai essayé une variété qui m'a été adressée du département 
de l'Oise par M. Poulet. 

» Les résultats obtenus sont réunis dans le Tableau suivant : 



Culture des pommes de terre au champ d'expériences de Grignon en 1898. 
Tous les nombres sont rapportés à l'hectare. Fumure uniforme : 3o tonnes 
de fumier. 



Poids 











des 






de 


du 


tutiercules 






l'azote 


l'uiiiier 


recueillis 




de 


conteni^ 


de 


en 




vesce 


dans I 


ferme 


quintaux 


Variétés plantées. 


enfouie. 


la Vfscej 


correspondant. 


métriques, 


Frofesseur-Mœrciver. 


\ I I 5oo 
\ 8200 


i34 

100 


ke 
26800 

20000 


302 
263 


Docteur-Lucius. 


i.5ooo 
9100 


i63 
108 


32600 
21600 


3i8 
25o 


Ricliter. 


( i^ioo 


143 


28600 


288 


Semenceau Grignon. 


i 83oo 


93 


19000 


221 


Rictiter. 


1 8200 


100 


20000 


3o8 


Semenceau Vilmorin. 


1 19200 


28 


5760 


aSo 


Variété Poulet. 


\ i38oo 
i S600 


i5o 
100 


3oooo 
20000 


208 
i63 


Géante-Bleue. 


( 6900 C^) 
1 9600 


79.8 
1 10 


15960 
22000 


74 
.73 



(') On a cultivé, eu culture dérobée, des pois au lieu de vesce. 
(^) Cette parcelle ne reçoit que les engrais verts que lui fournissent les cultures 
dérobées. 



<:. R., iSyg, !• Hemeslre. (T. GXXIX, ^^ 3.) 



ï9 



( "4^- ) 

» On voit quel supplément considérable de fumure apportent les cul- 
tures dérobées : la fumure de 3o tonnes de fumier distribuée partout est 
parfois doublée ( ' ); on voit en outre que toujours les poids des tubercules 
récoltés s'élèvent ou s'abaissent avec ceux de la vesce enfouie. 

» Quand la variété Mœrcker a reçu i38oo'"*'' de vesce, elle a donné 
3o20o''K de tubercules, et seulement 26 Soc'''»' quand le poids de vesce 
enfouie est tombé à 820o''*''. La variété Lucius fournit 3i8oo''''' de tubercules 
avec i5 tonnes de vesce, et 23 000''^' avec gioo'^s de fumure verte. On 
trouve des différences analogues pour la Richler, semenceauxde Grignon, 
et pour la variété Poulet. Les,autres comparaisons ne sont plus aussi régu- 
lières, car une des parcelles plantées en Richter (semenceaux Vilmorin) 
avait porté une culture dérobée de pois qui avait mal réussi. Une des par- 
celles plantée en Géante-Bleue reste toujours sans engrais; la vesce y a été, 
par suite, beaucoup moins abondante que sur les autres carrés. 

» En restreignant la comparaison aux variétés pour lesquelles elle est 
légitime, on trouve qu'un surcroît d'une tonne de vesce enfouie détermine 
une augmentation de tnben ules à l'hectare de : 

lontic 

1,18 poui' Mœrel\er 

I , lo poLir Lucius 

1 , i5 pour Richler, semenceau de Grignon 

0,86 pour l'oulel 

ou, en moyenne, d'une tonne. 

)) Si, de plus, on se rappelle qu'une tonne de pommes de terre renferme 
3^^ d'azote, tandis qu'en 1897 ""'^ tonne de vesce, prise au moment de 
l'enfouissage, en renfermait 10, on reconnaîtra que l'action fertilisante de 
l'engrais vert n'est pas épuisée par cette première récolte, et qu'au con- 
traire le sol se trouve enrichi d'une quantité notable d'azote prélevé sur 
l'atmosphère. 

)) l>es cultures de betteraves de 1898 conduisent encore aux mêmes 
conclusions; il n'a pas été possible de les disposer de façon à mettre en lu- 
mière, par des différences de rendement, l'influence des cultures dérobées, 
comme on l'a fait pour les pommes de terre, car toutes les parcelles ense- 
mencées en betteraves avaient porté de très bonnes cultures de vesce; 



(') 11 ne liuil pas stlonner de voir, dans le Tableau précédent, des poids égaux de 
vesce enfouie correspondre à des quanlilés variables d'azote : ces irrégularités tiennent 
à l'inégale dessiccation des lots au moment de l'enfouissaue. 



( 'i3 ) 
mais on réussit à montrer leur utilité en comparant les quantités d'azote 
prélevées sur le sol par la betterave à celles qu'ont introduites le tuiiiier 
et l'engrais vert. 

» On a ohtemi, au champ d'expériences de Gri^non, en 1898 : 



Betleraves (demi-sucrières), 
à l'hectare. • 

Hlaiiclie lîlanche 

il collet vert. à collet rose. 

Rncines 55 900 07 700 

contenant : 

Sucre ()ç)5(> 7 1 3o 

Matières azotées 89^* 879 

Nitrate de potasse i5a 149 

» Les matières azotées et le nitrate renfermaient les quantités d'azote 

suivantes : 

\7.0te 

Organique. iNitrique, Total. 

Collets roses i4o''S,8 10^',- i6i''S,5 

Collets verts '42''^,9 •^.i''",3 i64''",2 

« En movenne la récolte d'un hectare a donc enlevé 162''^, 8. 

» Il n'v a pas lieu de tenir compte de l'azote des feuilles et des collets, 
car ces résidus sont enterrés dans le sol qui lésa fournis; en outre les eaux 
de drainage qui s'écoulent au-dessous des cultures de betteraves sont très 
peu chargées, ce qui est bien naturel, puisque les racines absorbent ces 
nitrates aussitôt qu'ils sont formés; on peut donc estimer au plus de i65''s 
à 170'*! les prélèvements d'azote des betteraves eu 1898. 

» On avait distribué 3o tonnes de fumier par hectare, qui ne renfer- 
maient que iSo'^K d'azote : la terre se serait donc trouvée appauvrie, si elle 
n'avait pas reçu le supplément de i'umure des engrais verts; pour les par- 
celles cultivées en betteraves, il a été en moyenne de 159'"*'' d'azote par 
hectare et a sans doute contribué à pousser la récolte de betleraves jusqu'au 
chiffre élevé que nous venons de signaler. 

» A mesure que, d'années en années, les observations s'accumulent, 
l'utilité des cultures dérobées d'automne devient de plus en plus évidente. 
Il est bien à remarquer toutefois qu'on n'en tire bon parti qu'en les 
enterrant à l'automne; si l'on relarde leur i^nfouissage jusqu'au printemps, 
les nitrates, provenant de la transformation de leur matière organique 



( i41 ) 

azotée, apparaissent trop lard pour que la récolte qui suit IVngrais vert 
puisse en profiler ('). " 

CORRESPONDANCE. 

M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance, un nouveau Volume publié par VAssociatiun française 
pour l'avancement des Sciences, « 27* session, tenue à Nantes en 1898, 
II* Partie : Notes et Mémoires. » 

I 
M. LœwY présente à rAca<lémie deux photographies lunaires qui lui 
sont adressées par M. Weineck, directeur de l'observatoire de Prague; ces 
photographies très intéressantes sont des agrandissements faits sur les cli- 
chés de l'Observatoire de Parisl 



GÉOMÉTRIE. — Sur les transformations des droites. Note de M. E.-O. Lovett, 

présentée par M. Darboux. 



« Considérons les transformations de l'espace (x, y, z) dans l'espace 
(X, Y, Z)qui sont déterminées par deux œquationes directrices de la forme 

^ x^^ + y^'^+ z^':^ -^<^l =0, 



(0 



où les <!),, I", sont fonctions de X, Y, Z et les indices désignent le degré des 
fonctions. 
» La droite 

(2) j + X-,r + m = o, z + Ix -}- n = o 

sera transformée dans la surface 



(3) 



*a t-p ^'y •I>5 

w, w'r w:^ w; 

k i o m 

/ o I /( 



= o. 



(•) Annales agronomif/ues. t. XIX, p. 3o5 ; 1898. 



( '^5 ) 
)) Si la surface doit être une quadriqiie, il faut que tous les détermi- 



nants du second ordre 

(4) 



<!>„ 'l'p 'l'y ^i 

w, wi w; i-ii 



se réduisent à des fonctions du deuxième degré au plus. Soient, en parti- 
culier, toutes les fonctions <î>,, W, du premier degré. Les équations 



ou 



o,- = a,- X + Z>,- Y -h CiZ -h di. 



définissent un groupe de tc^" transformations qui transforment la droite (2) 
dans la quadrique 



(6) 



kl 




<?2?3 


k 


?2?1 


-/ 


'fs'fi 


— m 


?r?2 


— n 


'fl?:l 


_ 


'frfi 


mil 




?6?7 




<?6?S 




? 7 '■?« 




■fô^G 




?5<?7 




'â– ?5?8 



o. 



» Si l'on veut que cette quadrique soit une sphère pour toutes les va- 
leurs de A:, /, m, n, il est nécessaire que 92, 03, Çn, 9, se réduisent à des 
constantes. Donc, nous voyons que les équations 

1 (a, X -+- /^ Y + c, Z -^- r/, )x -{- (l,y + d., z H- a, X -+- è, Y + r,, Z + r/, r= o, 
^'^' ( (fl^X + i, Y -+- r^Z + f/5) ^- + <-/« V -^ d-,z -^ rtjX -f- 6^ Y + r^Z + d^ = o, 

où les constantes sont assujetties aux conditions 

/ a^a^ — a„a,, = b. l\ — h-, h^ = c,c^ — c,, c-~ 

\ a.b<, -\' 
(8) 



«I^S -+- ^l«S — <-l-J^'< — ^4 «5 



O, 



a,i\ -t- r.a. 



a.,c-^ — c,,a.^ = o, 



/>,r, + r,/;, - h,r, — c.,b^ = o, 

déterminent cc'^ transformations qui changent les droites en des sphères. 
» En employant la méthode de Sophus Lie nous vérifions facilement 
que les transformations définies par les équations (7) sont des transforma- 
tions de contact. Les droites se transforment en des points, si 

(9) d^ -.d^-.d^: d,, = r/,, : /,; : d^ : d^. 

» Nous voyons ensuite que, en particularisant les constantes de la ma- 



( '46 ) 
nicro snivanle 

!</, zrzz a^ = A, = h^ r=z Ci,=^ r- = (l^ = (■/._, — r r/- — : .■/- ^= c/^ 7= O, 

(t i = f/. — r.'| = — ("g = rf., — r/„ = I , /y, = — A ., = y/ — l , 

nous avons la corresjiondance célèbre étudiée par Lie. 

» Si nous recherchons les transformHtions de l'espace à n dimensions 
qui transforment les droites en des sphères et qui sont déterminées par 
deux équations bilinéaires, nous trouvons que ces équations doivent être 
de la forme 



" 2 «H- 1 

OÙ les 6« constantes sont assujetties aux .^(/i — i) (« + 2) équations; donc 
iln'v a pas de groupes de transformations de cette espèce dans les espaces 
à un nombre de dimensions supérieur à onze ('). Pour « = ii, nous 
avons 00' transformations; n = 10, oc"; n = 9, oc"'; n = 8,cc'^; n -— 7,3c'''; 
n ixze.oo'»; n = S, ce"; /z = /|,cc"; n = 3, ce". 

» INous remarquons enfin que l'on peut obtenir une catégorie de ce'' 
transformations de contact en emplovant la forme (â– ) de la transformation 
de Lie donnée par M. Darboux. 

» En effet les équations 

(',0) ^,,=:/-.„4-7..«^_ ^..-^_v^p (/ = I,2,3.'i) 

établissent une correspondance entre les droites («,, r/o, «.,, ff , ) et les 
r~phères(a,fl,Y, p), de telle façon que deux droites se coupant se Irausforment 
on deux sphères se touchant, si les dix équations suivantes 

,, I ^\ ^'- - ^J-: = . . = v,v^ — v,v. I . 

' / • I A . 1- A,/c., — ^"3 At — ^-i^'/, = ■ '> 

•.ont satisfaites, car ces équations sont nécessaires et suffisantes |)our que la 



(') I^e maximum pour n, savoir 4, donné dans ma Note Sur la correspondance 
entre les lignes droites et les sphères {Comptes rendus du 9 janvier 1899), est inexact. 
(-) Darboux, Théorie des surfaces. I. I, 11° 157. 



( '47 ) 
forme quadratique 

(a, — i'\ ) (a. — «',,) (rto — ti..)(a., — «'.,) 
soit changée par la transformation (12) dans la forme quadratique 

(y. - ^'Y + ( P - :^'y + (t - y')' - (p - P')'- » 

GÉOMÉTRIE INFINITÉSIMALE. — Sur la /// cône générale des congriiciices de 
cercles et de sphères. Note de M. C. Gciciiaud, présentée par M. Darboux. 

« Les systèmes de points, plans, droites, cercles, sphères que je vais 
considérer dépendent de deux paramètres que j'appelle u et v. Afin de 
rendre les énoncés plus concis, je ferai les conventions suivantes : 

)) Un point M décrit un réseau si, sur les surfaces lieu de M, les courbes 
/; z^ const., c =: const. sont conjuguées. 

» Un plan P enveloppe un réseau si, sur la surface enveloppe de P, les 
courbes u = const., c -- const. sont conjugnées. 

» Une droite U décrit une congruence si les surfaces réglées u = const. , 
(' = const. sont des développables. 

» Une sphère S décrit une congruence si « et v sont les paramètres des 
lignes principales de l'enveloppe de la sphère (Darboux, Leçons, IP Partie, 
p. 322). 

» Un cercle C décrit une congruence si, dans chaque série de cercles 
u = const., c = consl., un cercle quelconque est rencontré en deux points 
par le cercle infiniment voisin (Darboux, Leçons, IP Partie, p. Si^). 

» Si une sphère S décrit une congruence, son centre M décrit un réseau ; 
quand u ou c varient seuls, la sphère S touche son enveloppe suivant deux 
cercles C, ou C^ qui décrivent des congruences; ces cercles sont les cercles 
focaux de la congruence de sphère. Les deux cercles focaux se coupent 
en deux points A et B qui sont les points de contact de la sphère et de son 
enveloppe. La droite AB décrit une congruence parallèle au réseau M. La 
droite AB sera la corde focale de la congruence de sphères. 

» Si un cercle C décrit une congruence, il en est de même de son axe D. 
Soient 5, et s^ les foyers de la congruence D ; (S, ), (Sj) les sj)lières qui ont 
pour centres 5, ou s.^ et qui passent par le cercle C décrivent des con- 
gruences. Ces sphères (S,), ( S,) sont les sphères focales de la congruence de 
cercles. Le plan P du cercle enveloppe un réseau M qui est le rc seau focal 
de la congruence de cercles ; soient MA et Al 13 les fangenles à ce réseau ; les 



( i48 ) 

cercles focaux des congriiences (s, ) et (.v^), ;uilres que le cercle C, passent 
respectivement par les droites MA et MB. 

» Ces propriétés bien connues étant rappelées, je vais introduire les 
coordonnées penlasphériques de M. Darboux. J'écrirai l'équation d'une 
sphère S, sous la forme 

— 2X,X — '2XnY — 2X3Z -+- .r^{X- -h Y--1- Z-— 1) 



^'-^ I -{-ix,(X'-\-Y- + Z'-h<.)--=-o, 

où X, Y, Z sont les coordonnées courantes; x,, a:,, . . .,oc. les coordonnées 
de la sphère. Pour que la sphère S décrive une congruence, il faut et il 
suffit que les quantités a-, , . . . ,\x^ soient solutions d'une même équation de 
Laplace : 

^ ■' ou oc h âv au l au or 

)> Il en résulte que x,,.. .,x^ sont les paramètres directeurs d'une droite 
de l'espace à cinq dimensions qui décrit une congruence; donc : 

» A chaque congruence de droites dans l'espace à cinq dimensions on peut 
faire correspondre une congruence de sphères. 

» Deux congruences parallèles dans l'espace à cinq dimensions donnent 
la même congruence de sphères. 

» Je prends maintenant un cercle C qui décrit une congruence; 
soient ^,, ...,(5 les coordonnées de la sphère focale S,; r,,, ...,r,-^ celles 
de la sphère focale Sm. Quand v varie seul, la sphère focale S, doit toucher 
son enveloppe suivant le cercle C; de même quand u varie, la sphère S^ la 
touche suivant le cercle C. On doit donc avoir des relations de la forme 

,,, (§ = «.+«'•., . 

(-') 1 , / 1—1,-2., 



[^=ci.^^,^ 



A, B, C, D étant des fonctions de u et v. On sait qu'on peut multiplier les 
quantités ^ par un facteur, les quantités r, par un autre facteur, de façon 
à ramener le système (3) à la forme 

/ / \ d^i drii y ^ 

(4) ^=rtr,„ ^=mç, i==l,2 D. 

» On fait ainsi correspondre les congruences de cercles et les'réseaux de 
l'espace à cinq dimensions. Les quantités ç, r, sont respectivement les para- 



( i49 ) 
mètres directeurs des tangentes aux courbes du réseau. A deux réseaux 
parallèles correspond la même congruence de cercles. 

» Une congruence de sphères et une congruence de cercles sont dites 
harmoniques lorsque le réseau et la congruence qui leur correspondent 
sont harmoniques. On a les propriétés suivantes : 

» Pour que les congruences décrites par une sphère S et un cercle C soient 
harmoniques, il faut et il suffit que la sphère S passe constamment par le 
cercle C. 

» Le réseau focal de la congruence C est conjugué à la congruence décrite 
par la corde focale de S. 

» Une congruence de sphères et une congruence de cercles sont dites 
conjuguées si la congruence et le réseau qui leur correspondent sont con- 
jugués. On établit facilement les propriétés suivantes : 

» Pour que les congruences décrites par une sphère S et un cercle C soient 
conjuguées, il faut et il suffit que le cercle C passe par les deux points où la 
sphère S touche son enveloppe. 

» La congruence D décrite par l'axe du cercle C est harmonique au ré- 
seau M décrit par le centre de la sphère S. 

» A tout* propriété des réseaux et congruences de l'espace à cinq di- 
mensions correspondent des propriétés des congruences de cercles et de 
sphères. Je signale seulement les suivantes : 

» Si les congruences décrites par les cercles C, et C, sont conjuguées à la 
congruence décrite par une sphère S, la sphère qui contient les cercles 0, et C. 
décrit une congruence. 

» Si deux sphères S, et S., décrivent des congruences harmoniques à une 
même congruence de cercles, les points A,, B,, k.,, Bo où ces sphères touchent 
respectivement leur enveloppe sont sur un même cercle que décrit une con- 
gruence. » 

PHYSIQUE MATHÉMATIQUE. — Sur les formules de Mossotti-laiisius et de 
Belti relatives à la polarisation des diélectriques. Note de M. F. Beaulakd, 
présentée par M. Lippmann. 

« 1. La théorie mathématique de l'induction magnétique a été établie 
pour la première fois par Poisson (' ), en considérant un milieu magnétique 

(') Poisson, Mémoire sur le Magnétisme, lu à rinstitiit le 2 février 1824, et Mé- 
moires de l'Académie des Sciences, t. V, p. 247; 1821-1822. 

C. H., 1899, 2" Semestre. (T. CXXIX, N» 3.) 20 



( i5o ) 

comme constitué pur l'assemblage d'un grand nombre de corpuscules sphé- 
riques, de perméabililé infiniment grande, disséminés dans un milieu non 
magnétique. Cette conception permet d'établir entre le coefficient d'aiman- 
tation k, le rapport g de l'espace occupé réellement par les corpuscules 
magnétiques au volume total de la substance, et la perméabilité magné- 
tique [j. de celle-ci, les relations 

(,) k = 



!i^{^ — g)' 
(2) ;j. = I -f- /,7:/f. 



d'où l'on tire 

(3) 






» Or il est facile de voir que, dans le cas du fer, en adoptant la valeur 
;y. = 5oo, on obtient pour le remplissage relatif g, déduit de (3), une valeur 

supérieure au rapport maximum — — que puisse atteindre g lorsque les 

corpuscules sphériques égaux entre eux sont en contact immédiat ( ' ). Cette 
difficulté a élé signalée par Maxwell ('); Betti (°) l'a fait disparaître, en 
modifiant la relation (i) de Poisson et la remplaçant par la suivante 

(4) k 

d'où la valeur de [/. 

(5) 



4t: 4t(i — S^-) 



1-3, 



on vérifie facilement que, pour ji. = 5oo, la valeur de g déduite de (5) est 
en effet inférieure au rapport maximum — —• 

3^/2 

') 2. Adoptant les vues de Faraday, à savoir que les diélectriques sont 
formés d'un très grand nombre de corpuscules sphériques conducteurs, 
distribués dans un isolant parfait, Mossotti (') a transporté les idées de 
Poisson dans la théorie de la polarisation des diélectriques, la constante 

(') Mascart, Eleclricité et Magnétisme, 2" édilion, p. 2o5, et Maxwell, Traité 
d'Électricité et de Magnétisme, § 430.* 

(^) Betti, Leçons sur le potentiel, p. 377. 

(') F.-O. Mossotti, Arcli. desSc. phys. et nat. de Genève, t. VI, p. igS; 18^7, et 
VTem. di. Mat. et di. Fis. dalla Soc. ital. Modena. 2'^ série, t. XIV, p. 49; i85o. 



( '^n 

diélectrique K correspondant à la perméabilité magnétique j;.. Plus lard, et 
indépendamment de Mossotti, le physicien Clausius('), développant les 
hypothèses que Poisson et Green ont prises pour base de leur théorie sur 
le Magnétisme, et admettant que les corpuscules sont un peu conducteurs, 
et très petits par rapport aux intervalles séparatifs, a donné une relation 
identique à celle de Poisson, R remplaçant [i.. 

» D'une façon plus générale, si l'on désigne par K^ la constante diélec- 
trique des corpuscules sphériques distribués dans un milieu de constante 
diélectrique K,, on a, en représentant par K la constante diélectrique du 
milieu supposé homogène, la formule (-) 

,^ K^ _ K,H-2K,4-2g'(K3— Kl) 

^^ K, K,-H2K, — ^(K,— K,) ■ 

Si l'on admet que le pouvoir inducteur spécifique des conducteurs est infini, 
il vient pour R, = co 

qui est la relation de Poisson ; de même, dans les mêmes conditions, la re- 
lation de Betti prend la forme 

K I 



(H) 



K, ~ . - 3 



.^ 



M Afin de soumettre les formules I et II à un contrôle expérimental, j'ai 
déterminé, par une méthode précédemment décrite (^Comptes rendus, 
23 juillet 1894), la constante diélectrique de deux lames constituées par 
un mélange, aussi homogène que possible, de limaille de cuivre et de pa- 
raffine. La lame L, est formée par iao"^' (34"'^, 09) de cuivre et 400^' 
(459'^'^, 7) de paraffine : d'où g^= 0,06904; la lame Lo par 4oS''(4'^'^, 545) de 
cuivre et 242^"^ (278*^"^, 2) de paraffine : d'oii g^= 0,01607. Pour une durée 
de charge de o%o8 et des potentiels de charge de 5o, 100, i5o éléments 
Gouy, on a obtenu, pour L,, la valeur R=2, 443; pour Lo, la valeur R= 2,06 
et pour la paraffine pure, R,^i,95. On a ainsi tous les éléments delavéri- 



(') Clalsils, Tkéor. méc. de la Chaleur. 2" Partie : AddUion au Mémoire X, 
p. 92-94. Traduction Folie. 

(^) Mascart, lue. cit.. p. 2o4, et Maxwell, loc. cit., § 4.30. 



( i52 ) 



ficalion 



K 





1 +ig 
'-g 


I 




,-3g- 


= i,'î7o 


I ,222 


I,26t 


= I ,o56 


i,o4q 


I ,o5o 



2i^ 
' ~',95 

?-,o6 

" '.95 

» On voit que les formules de Poisson et de Betli conduisent à peu près 
aux mêmes nombres el concordent également bien avec les résultats expé- 
rimentaux. 

» 3. Il n'est peut-être pas inutile de remarquer que K pour L, (42 pour 
100 de Cu) est plus grand que pour 1^0(14 pour 100 de Cu). Le pouvoir 
inducteur augmente avec la teneur en cuivre et doit tendre vers l'infini 
pour une lame entièrement conductrice; or ceci est contraire aux idées 
de Maxwell : ce physicien, écrivant que, pour un corps imparfaitement iso- 
lant, le courant électrique vrai est la somme du courant de conduction et 
du courant de déplacement, obtient les formules coimues (*) 

M = CP + ^- -77 ' • ■ • > 

qui, pour le cas d'un conducteur, exigent K = o, contrairement à la réa- 
lité expérimentale. M. Potier a adopté un autre point de vue : en écrivant 
que la force électromotrice en un point est égale à la somme des forces 
électromotrices qui engendrent les courants de conduction et de déplace- 
ment, on obtient les relations 

qui, dans le cas d'un conducteur, entraînent la valeur R = oc et sont, 
par suite, plus rationnelles que les relations de Maxwell. » 

ÉLECTRICITÉ. — Les gaz raréfiés possédenl-ils la conduclivilé électrolytique? 
Note de M. E. Bouty, présentée par M. Lippmann. 

« Depuis quelques années, il y a, parmi les physiciens, une tendance à 
considérer les gaz raréfiés comme naturellement doués d'une véritable 



(') PoiNCARÉ, Éleclr. et Optique, p. 189-190. 



( '53) 

conductivité électrolytique. M. J.-J. Thomson ('), étudiant les décharges 
induites dans des tubes à gaz raréfié dépourvus d'électrodes, a même pu 
fournir une évaluation de cette conductivité qu'il a trouvée du même ordre 
que celle de l'eau acidulée à 25 pour roo d'acide sulfurique. 

» Pour savoir si les gaz raréfiés se comportent, en toute circonstance, 
comme des électrolytes, j'ai employé la disposition suivante : 

» Entre les armatures d'un condensateur en relation avec une source à 
la différence de potentiel V, introduisons un conducteur isolé. Nous pro- 
duirons un accroissement de capacité que l'on mesure par des méthodes 
faciles à imaginer. Cet accroissement de capacité, Sopourioo par exemple, 
est parfaitement indépendant de la nature du conducteur employé, métal- 
lique ou électrolytique. Un ballon plein d'une dissolution saline se comporte 
comme un ballon plein de mercure. On peut même remplacer la dissolu- 
tion saline par de l'eau distdlée, de l'alcool, voire de l'essence de térében- 
thine rectifiée. Pourvu que la durée de charge ne soit pas trop courte, 
tous ces diélectriques se comportent, dans mon expérience, comme des 
conducteurs parfaits. Il en est encore de même d'un ballon dont l'une des 
surfaces, externe ou interne, conserve une faible trace d'humidité adhé- 
rente. 

» Il convient d'insister sur ce fait, que V accroissement de capacité mesuré 
se montre parfaitement indépendant de la différence de potentiel V employée, 
quelque faible que soit celle-ci. Cette indépendance constitue un caractère 
essentiel àe la conductivité, soit métallique, soit électrolytique. 

» Au contraire, si entre les armatures d'un condensateur on introduit un 
ballon plein d'air, à la pression atmosphérique, soigneusement paraffiné à 
l'intérieur et à l'extérieur pour supprimer toute trace de conduction par 
les parois, le verre du ballon ne produit qu'un accroissement de capacité 
insignifiant du condensateur, 2 ou 3 pour 100 par exemple, quelque 
grande que soit la différence de potentiel employée. Il est donc très facile 
de décider si le contenu du ballon est, ou non, un corps conducteur. 

» Premier cas : Tubes de Croolces. — Cela posé, j'ai d'abord introduit 
entre les armatures de mon condensateur tous les tubes à gaz très raréfiés 
que j'ai pu me procurer : des lampes à incandescence, des tubes de Crookes 
de diverses formes, un radiomètre, enfin des tubes sans électrodes spé- 
cialement préparés pour cet usage et dans lesquels on avait fait le vide de 
Crookes. 



(') J.-J. THOMSOiv, Récent researchcs in Etectricily and Magnetism. p. 92; 1893. 



( ï54 ) 

» Tous ces tubes étaient soigneusement paraffines à l'extérieur. Bien 
que quelques-uns d'entre eux continssent de petites portions métalliques 
isolées (armatures et fils des lampes, électrodes des tubes de Crookes, 
ailettes du radiomètre), ils se sont comportés très sensiblement comme le 
ballon plein d'air à la pression atmosphérique. Ainsi une certaine lampe 
à incandescence placée entre les plateaux du condensateur produisait 
uniformément un accroissement de capacité de 3 pour loo. On l'a ouverte 
en brisant la pointe et on a laissé rentrer sans précaution de l'air humide : 
la paroi est devenue assez conductrice pour faire monter brusquement à 
3o pour loo l'accroissement de capacité. On a pu alors introduire dans la 
lampe de l'eau de rivière ou même une dissolution saline ; l'accroissement 
de capacité est demeuré égal à 3o pour loo. 

» Le vide de Crookes, tel qu'on le produit dans les appareils précités, se 
montre donc absolument dénué de conductH'ùé, même quand les armatures 
du condensateur ne sont distantes que de 3*^â„¢ et que l'on introduit entre 
elles une différence de potentiel de 2000 volts. 

» Deuxième cas : Tubes de Geissler. — Dans les tubes de Crookes, la 
pression du gaz est généralement comprise entre o'"™,oi et o™™,ooi. Si 
l'on emploie des tubes de Geissler (dans lesquels la pression est de l'ordre 
de i""" à 5"""), on trouve encore que, pour des valeurs médiocres du 
champ électrostatique, les tubes se comportent comme des ballons pleins 
d'air à la pression atmosphérique, ce qui exclut toute idée d'une conduc- 
tivilé électroly tique du guz-. 

» Toutefois, pour un voltage suffisant, le tube paraît être devenu con- 
ducteur, c'est-à-dire que désormais il accroît uniformément, de 5o pour 1 00 
par exemple, la capacité du condensateur. Observé dans une obscurité 
complète; le tube en expérience se remplit d'une lueur instantanée, aussi 
bien au moment de la charge qu'au moment de la décharge. La production 
de cette lueur paraît inséparable de la conductivité apparente. 

» Pour une certaine valeur critique du champ, il arrive indifféremment 
que l'accroissement de capacité se produit ou ne se produit pas : c'est- 
à-dire que, dans plusieurs expériences consécutives, on observe un accrois- 
sement de capacité, tantôt de 2 pour 100, tantôt de 5o pour 100, suivant 
des circonstances accessoires analogues à celles qui agissent sur les dé- 
charges entre des conducteurs dans l'air à la pression atmosphérique. 

» J'ai soumis les phénomènes de conduction apparente par les gaz raré- 
fiés à une élude systématique, dont je publierai prochainement les ré- 
sultats. 



( i55 ) 

» Je me bornerai à irisitiler aujourd'hui sur lévidenle discontinuité que 
J3rcsenle, dans ces exjjériences, la manière d'être du gaz. Pour inie pres- 
sion donnée yo, tant que le champ demreue au-dessous d'une certaine 
valeur critique f, le tube reste obscur et il n'y a pas d'accroissement 
sensible de capacité dû au gaz : le gaz raréfié est un parfait diélectrique. 
Pour des champs supérieurs -a/, il se produit dans la masse du gaz comme 
une rupture, manifestée par la luminescence du tube. Tout se passe comme 
si l'on avait dépassé une limite d'élasticité électrique au delà de laquelle le 
gaz est capable de fournir aux parois du tube les charges électriques posi- 
tives et négatives qui annuleront le champ dans son intérieur. 

» D'après toutes les analogies il convient, ce me semble, de réserver le 
nom de décharge au phénomène qui nous occupe. 

» Tout au moins ne saurait-on parler à' ions libres dans un gaz raréfié à 
une pression quelconque et dans les conditions normales ('). On ne saurait 
davantage assimiler les propriétés électriques d'un gaz à celles d'aucun 
électrolyte connu. C'est la seule conclusion que je veuille tirer des faits 
rapportés dans celte INote. » 



PHYSIQUE. — Sur les variations lemporaues et résiduelles des aciers 
au nickel réversibles. Note de M. Ch.-Ed. Guillaume, présentée par 
M. A. Cornu. 

« La facilité qui résulterait, pour un grand nombre de mesures, de 
l'emploi d'alliages très peu dilatables, et, d'autre part, le danger qu'il 
y aurait à se servir d'étalons éprouvant avec le temps des variations sen- 
sibles, m'ont conduit à étudier en détail les changements temporaires ou 
permanents des aciers au nickel. 

» Je rappellerai d'abord (^) qu'une barre d'un alliage présentant l'ano- 
malie négative de dilatation, étant amenée de la température de la forge 
à une température inférieure, ioo° par exemple, augmente graduellement 
de longueur, à température constante, et finit par se fixer à des dimensions 
invariables. Si l'on abaisse encore la température, elle recommence à s'al- 
longer, jusqu'à ce qu'elle ait atteint un nouvel état stationnaire. Les chan- 

(') Bien entendu, je ne parle pas des gaz modifiés par les rayons X, les rayons ura- 
niques, etc. 

(^) Comptes rendus, t. CXXIV, p. 754; 1897- 



( i56 ) 

gements inverses se produisent au réchaufFement, et l'on peut dire que la 
barre tend, à toute température, vers un état définitif, auquel elle arrive 
par un allongement ou une contraction, suivant que la température est 
atteinte en descendant ou en montant. Toutefois, l'état définitif à une tem- 
pérature déterminée n'est toujours le même que si les changements de la 
température procèdent par étapes suffisamment rapprochées. Ainsi, une 
barre amenée directement de la température de la forge à celle du labora- 
toire n'arrive jamais à l'état où l'amène une série de recuits complets éche- 
lonnés, par exemple, de 20 en 20 degrés depuis 100°. 

» La vitesse initiale de transformation est d'autant plus grande que la 
température est plus élevée, et l'écart entre l'état actuel et celui vers le- 
quel on tend plus considérable. Elle est beaucoup plus forte à tempéra- 
ture ascendante qu'à température descendante. Ainsi, à la température 
de 100", la vitesse d'allongement d'une règle de i™ forgée est de 4"^ par 
heure; après une exposition prolongée aux températures ordinaires, sa 
vitesse de contraction est de 01^,8 à 01^,9 par minute. A i5°, l'allongement 
est de o'^.o'; à o'^,o8 par jour après le forgeage,*et de 01^,03 par jour après 
un recuit à 4o°. 

)) Ces variations, très lentes aux températures basses, permettent d'étu- 
dier les changements, à toute température, sans erreur appréciable, en 
amenant toujours la règle à étudier à iS" par exemple, et en la comparant, 
à cette température, à une longueur étalon. Cette comparaison pouvant 
toujours être faite en moins d'une heure, on déterminera, par ce procédé, 
l'état de la règle à la température qu'elle vient de quitter. 

» Je me suis attaché particulièrement à déterminer les changements d'une barre 
ayant subi la série rationnelle des recuits entre 100° et 4o°. Les résultats de ces me- 
sures, qui embrassent une période de plus de deux ans, sont représentés dans le 
diagramme y<^. i. On voit que, dans la première année, la barre s'est allongée de 6H-,5 
par mètre environ, tandis que, dans la seconde année, la variation a été réduite à il'-, 5. 
Si la variation est exponentielle, la longueur de la barre, à une température déter- 
minée, doit être maintenant fixée, à oH-, 5 près. Cependant les points obtenus par l'ob- 
servation ne se rangent pas tous sur la courbe; ils s'en écartent systématiquement à 
certaines époques, et l'on voit que les écarts sont corrélatifs des variations de la tem- 
pérature ambiante représentées par la courbe pointillée. Ces variations, conformes 
aux lois générales précédemment énoncées, atteignent il'-, 5 environ pour les variations 
extrêmes annuelles de la températiu-e. 

» Pour étudier de prés ces variations, j'ai soumis une règle, primitivement recuite 
complètement jusqu'à 4o° et abandonnée ensuite pendant une année aux variations 
de la température ambiante, à une série de chauffes progressives jusqu'à 100°. A 
chaque température, la règle était ramenée fréquemment à i5", et la chauffe était 



( '-'•7 ) 

poursuivie jusqu'à ce que plusieurs mesures successives conduisissent au même résul- 
tat. Le diagramme {fig. 2) montre les variations successi\es de la règle et la courbe 

représentant la fonction 

r =; — o,oo325. io""^0'^ 

Fia. I. 



ï,s 



qui les résume sensiblement. Le calcul direct d'une t'ouclion à deux termes avait donné 
un premier terme positif très petit et d'ailleurs tout à fait incertain. Le signe de ce 
terme paraissant très improbable d'après l'allure du phénomène, il a paru préférable 

Fig. 3. 

Te mpc: a liJi'eS 



1f> 




^^-^ 
















\ 




30P 










\ 










\ 



de l'annuler et de recalculer le second de manière à satisfaire le mieux possible aux 
observations. 

» La dernière formule donne les différences qui existent entre les longueurs d'une 

C. n., iSçig, 3* Semestre. (T. CXXIX, N» 3.) ^I 



I 



( i58) 

barre passant avec une vitesse très grande ou avec une vitesse très faible à une série 
de tempéralures comprises entrée" et ioo°. Les formules de dilatation, trouvées par 
des variations de la température qui, au point de vue de ce phénomène, peuvent être 
considérées comme très raj)ides, doivent être corrigées de la quanti té /donnée ci-dessus, 
si les variations de la température sont très lentes. Ainsi, un étalon géodésique employé 
à la température ambiante en chaque saison, une tige de pendule, etc., se dilateront 
suivant la formule corrigée, et c'est par celte formule que Ton devra calculer les com- 
pensations. 

» Les barres étirées se comportent d'une façon particulière. Le premier recuit à ioo° 
les allonge pendant quelques heures et les raccourcit ensuite. A toute température 
inférieure, elles ne subissent plus que des variations identiques à celles des barres 
forgées, même si la contraction à loo" avait à peine commencé. Une barre étirée, con- 
servée d'abord pendant longtemps à la température du laboratoire, puis amenée à ioo°, 
se raccourcit pendant un temps qui peut dépasser une demi-heure, puis s'allonge pen- 
dant quelques heures et se raccourcit enfin pendant plus de cent heures. On peut ainsi 
observer successivement, dans la mêime barre, trois variations distinctes, d'amplitudes 
et de durées différentes, dont les deux premières sont semblables à celles que l'on con- 
state dans les barres forgées, mais dont la troisième est propre aux barres étirées. 

» Celte dernière variation a été observée aussi dans des barres de nickel 
pur et dans des aciers au nickel qui ne subissent les autres variations que 
d'une façon inappréciable. La propriété caractéristique de cette variation 
est d'être annulée à toute température par un recuit à une température 
supérieure, tandis qu'il n'en est pas de même des changements propres 
aux aciers au nickel, de la catégorie peu dilatable. Ces deux ordres de varia- 
tion ont donc une orieine distincte. » 



CHIMIE MINÉRALE. — Sur l'cicélale chromique. Note de M. A. Recocra. 

« Dans des Mémoires publiés antérieurement, je nie suis attaché à l'étude 
des états isomériques des selschromiques. J'ai fait voir, en particulier, que 
le chlorure, le bromure et le sulfate chromiques peuvent exister chacun 
sous deux formes isomères, isolables à l'étal solide, la forme violette et la 
forme verte. L'un des deux isomères, le violet, est un sel métallique ordi- 
naire; l'autre, le vert, n'est pas un sel; c'est un composé anormal, en ce sens 
que, soit la totalité, soit une partie de l'acide du composé est dissimulée à 
ses réactifs ordinaires, c'est-à-dire n'est pas susceptible de faire la double 
décomposition avec eux. 

» Je me propose de décrire, dans ce Mémoire, les états isomériques de 
l'acétate chromique. Ce sel offre un intérêt particulier, à un double 



( i59 ) 

point de vue. En premier lieu, V acétate chromiq ne présente quatre formes iso- 
mères, au lieu de deux que j'ai trouvées pour les autres sels. En second lieu, 
tandis que, pour les sels précédents, la forme stable en dissolution est le 
sel normal, pour l'acétate les formes stables sont celles qui ne sont pas de 
véritables sels et, par suite, l'étude de l'action des réactifs sur ces com- 
posés peut se faire dans des conditions beaucoup plus favorables. Potir 
mettre l'exposition en harmonie avec les faits, je représenterai l'acétate 
chromique par la formule Cr(C- H^ O^)', correspondant à la formule admise 
aujoinxl'hui pour le chlorure CtCP. 

» Disxolitlion d'acélale chromique. Acétate normal. — Le moyen le plus commode 
pour préparer une solution d'acétale normal, c'est de l'obtenir par double décom- 
position entre des quantités équivalentes de sulfate violet de chrome et d'acétate de 
baryum. On obtient ainsi une dissolution verte. On serait donc tenté de croire, par 
analogie avec ce qui a lieu pour les autres sels de clirome,que l'on se trouve en pré- 
sence d'une variété anormale ou d'un sel basique. Il n'en est rien : ce n'est pas un sel 
basique. Je l'ai isolé à l'état solide par des procédés que j'indiquerai plus tard. Il a 
pour composition Cr(C^H'O-)', 511-0. 

11 C'est l'acétate normal, car ce sel fait la double décomposition complète, soit 
avec les alcalis, soit ai'ec les acides forts, ce que ne font pas, comme on le verra, les 
autres variétés d'acétate. Ainsi, si à une solution renfermant une molécule du com- 
posé et additionnée de plitaléine du phénol, on ajoute progressivement de la soude, 
on précipite l'hydrate chromique et le virage de la phtaléine au rouge se produit, 
quand on a versé exactement trois molécules de soude. La totalité de l'acide est donc 
déplaçable par la soude, ce qui n'a pas lieu avec les autres variétés. La solution verte 
d'acétate fait également la double décomposition avec les acides forts. Ainsi, si à une 
solution renfermant une molécule d'acétate, on ajoute une quantité équivalente 
d'acide sulfurique étendu, on constate au calorimètre un dégagement de chaleur de 
13.''^', 17 qui correspond exactement au déplacement total de l'acide acétique par 
l'acide sulfurique. On verra que l'acide sulfurique ne se comporte pas ainsi avec les 
autres variétés. 

» Ainsi donc, dans l'acétate vert, la totalité de l'acide acétique est déplacée instan- 
tanément et complètement, soit par les alcalis, soit par les acides forts. Ses trois radi- 
caux acides fonctionnent comme ions électropositifs. C'est donc l'acétate normal. 

» On obtient le même composé en dissolvant l'hydrate chromique, récemment 
précipité, dans une quantité équivalente d'acide acétique. 

» Transformation spontanée de la solution d'acétate normal, en acétate anor- 
mal. — La solution verte d'acétate normal, olUenue par les procédés que je viens 
de décrire, est extrêmement instal)le. Cette instabilité se manifeste d'abord par les 
changements de couleur de la solution, i[ui, du vert, vire peu à peu au violet. Ce 
changement de couleur est déjà sensible au bout d'une demi-heure. Au bout de 
quelques heures, la liqueur est complèlemenl violette. Mais ce n'est là qu'une première 
phase de la transformation, phase rapide. Une deu,xième phase de transformation, 
beaucoup plus lente, s'établit à son tour; elle se manifeste par un changement de la 



( i6o ) 

teinte violette; celte deuxième phase dure environ une dizaine de jours. Une troisième 
phase de transformation, encore beaucoup plus lente, s'établit alors et la liqueur 
violette se change très lentement en une liqueur verte; celte dernière phase dure en- 
viron un an. Je vais montrer que ces changements de teinte correspondent à la pro- 
duction spontanée, successive, de trois variétés d'acétate isomères, très différentes, 
que j'ai pu isoler. 

« Mais je dois dire d'abord que, dès que la liqueur est devenue violette, c'est-à-dire 
au bout de quelques lieures, elle se différencie profondément de la liqueur verte 
primitive, par ce fait que les alcalis n'en précipitent pas l' hydrate chromique. Que 
l'on ajoute, en eflfet, une quantité de soude équivalente ou même supérieure à la quan- 
tité correspondante d'acide que renferme l'acétate violet, il ne se produit aucun préci- 
pité d'hydrate chromique. Ce précipité ne se produit qu'au bout de vingt-quatre heures, 
ou bien à l'ébullilion. Ainsi donc, dans la liqueur devenue violette, l'hydrate chromique 
est dissimulé aux alcalis. Le chronit est donc engagé dans un radical très stable. 

» On peut se demander s'il en est de même de l'acide acétique, c'est-à-dire si, dans 
cet acétate violet, la lolalilé de l'acide acétique, les trois radicaux acides sont dissi- 
mulés et refusent de se combiner à la soude, ou bien si un ou deux des radicaux acides 
peuvent se combiner avec la soude, le reste refusant de faire la double décomposition, 
et restant uni avec la totalité de l'hydrate chromique à l'état de composé basique 
soluble. C'est la seconde hypothèse qui est la vraie. Si, en effet, on ajoute à la solu- 
tion en voie de transformation, renfermant une molécule du composé Cr(C-H'0*)', 
c'est-à-dire trois molécules d'acide acétique, quelques gouttes de phtaléine du pliénol, 
puis, si l'on y verse progressivement une solution titrée de soude, on constate que les 
premières portions de cette base se combinent avec l'acide acétique, car la phtaléine 
ne vire pas au rouge. La liqueur reste d'ailleurs limpide; il ne se produit aucun pré- 
cipité. Puis, tout à coup, quand on a versé une quantité de soude comprise entre une et 
deux molécules et variable avec l'âge de la liqueur, le virage au rouge de la phtaléine 
se produit, sans qu'il y ail aucun précipité; à partir de ce moment, la soude que l'on 
continue à ajouter ne se combine évidemment plus avec l'acide acétique; celui-ci reste 
uni avec l'hydrate chromique et refuse de faire la double décomposition. Ainsi donc, 
dajis l'acétate transformé, une portion de l'acide peut faire la double décomposi- 
tion, c'est-à-dire fonctionne comme ion, tandis que l'autre portion est dissimulée et 
engagée dans un radical. 

» Le phénomène de virage est assez net pour se prêler à une me.sure 
qnantitalive de la portion d'acide non dissimulée, et il constitue un moyen 
très commode de suivre pas à pas les transformations qu'éprouve la solu- 
tion avec le temps. J'ai fait cette étude : elle m'a conduit aux conclu- 
sions suivantes : 

» Les changements de couleur de la liqueur correspondent à la trans- 
formation successive de l'acétate normal en trois acétates anormaux, qui 
lui sont isomères. Dans tous les trois, l'iiydrate chromique est imprécipi- 
table par la soude. Dans le premier, qui correspond à la terminaison de la 
première phase de transformations (quelques heures), deux radicaux 



( K'^' ) 

acides peuvent faire la double décomposition avec la soude, c'est-à-dire 
existent à l'état d'ions électropositils; le troisième est engagé dans un 
radical très stable avec le chrome. Dans le deuxième isomère, qui est éga- 
lement violet et qui correspond à la terminaison de la deuxième phase de 
transformation (une dizaine de jours), un seul radical existe à l'état d'ion, 
les deux autres sont engagés dans le radical chromique. Il en est de même 
dans le troisième isomère, qui est vert et qui correspond à la terminaison 
de la troisième phase de transformation (une année). 

» Dans une prochaine Note, je me propose d'indiquer comment j'ai 
isolé ces quatre acétates isomères et comment, par leur étude calorimé- 
trique et cryoscopique, j'ai établi leur constitution et leur fonction. » 

V 

PHYSIOLOGIE PATHOI^piQUE. — Sur la prévention et la guèrison de l épi- 
lepsie toxique, par Vinjection de substance nerveuse normale. Note de 
MM. V. B.4BES et Bacoucea, présentée par M. Bouchard. 

« Dans le n° 1 de 1898 de la Deutsche mediz Wochenschrift, l'un de nous 
(Babes) avait communiqué une série de cas d'épilepsie dite essentielle, 
guéris ou beaucoup améliorés par des injections répétées de substance ner- 
veuse normale. Tandis que, dans certains cas, l'effet du traitement a été 
très prononcé, dans, d'antres le résultat a été douteux. Depuis, nous 
avons souvent répété ce traitement, toujours avec le même résultat variable. 

» La théorie d'une auto-intoxication comme cause déterminante de 
l'épilepsie, à laquelle il faut sans doute ajouter une prédisposition hérédi- 
taire ou acquise, de même que la constatation d'accès caractéristiques d'épi- 
lepsie expérimentale à la suite d'injections de certaines substances 
toxiques, nous ont permis d'expliquer le succès inégal et peu stable des 
injections de substance nerveuse, en nous indiquant en même temps le 
mécanisme de l'action de la substance nerveuse sur les épileptiques. 

» Il n'est pas douteux qu'il y ait des poisons qui s'adressent plus ou 
moins exclusivement aux centres nerveux, dont l'irritation provoque des 
accès épileptiques ; quand on inocule de la substance nerveuse sous la peau 
des épileptiques, ces poisons qui s'accumulent dans l'organisme pour 
s'adresser, à un moment donné, aux parties épileptogènes du système ner- 
veux, pour lesquelles elles possèdent une certaine affinité, en déterminent 
l'accès; s'ils sont mis en contact avec la substance nerveuse injectée, au 
lieu d'entrer dans les centres nerveux, ces poisons entrent dans la con- 



( i62 ) 

stitution (le celle siibslance injectée. Il n'est pas douteux que la même 
quantité de poison qui, chez des individus dégénérés, avQc des centres 
faibles, produit des accès d'épilepsie, peut être sans effet chez des indi- 
vidus solides. Les accès seront plus ou moins rapprochés, selon l'état 
d'excitabilité maladive des centres; si les centres sont tellement déséqui- 
librés par des processus pathologiques grossiers, que la moindre irritation 
provoque l'épilepsie, l'effet des injeclions doit rester peu appréciable, et il 
est probable que l'effet de la substance nerveuse injectée variera d'après le 
lieu où elle sera injectée et d'après la partie du système nerveux choisie 
pour l'inoculation. 

)) Il est donc très difficile d'arriver à une conviction en appliquant les 
injections chez l'homme, tandis qu'en agissant sur des animaux sains, chez 
lesquels on peut produire des accès d'épilepsie par des quantités déter- 
minées de poison, on peut espérer trouver la preuve de l'action réelle des 
injections de substance nerveuse sur les accès épileptiqnes, et préciser les 
conditions dans lesquelles ces injections peuvent être efficaces. 

» Voici le résultat de quelques-unes de nos recherches préliminaires : 

» Nous savons que l'essence d'absinthe provoque des accès épileptiques chez le 
lapin. Les animaux de ioooS''-i2oo8'' ne présentent ordinairement pas d'accès épilepti- 
formes quand on leur injecte un ou deux jours consécutifs iS'' d'essence, tandis qu'en 
injectant 3s'' d'essence, à la fois ou bien à des doses fractionnées, dans l'intervalle de 
vingt-quatre heures, les animaux présentent des accès épilepliformes, ou succombent 
peu de temps après. 

)> Quand on inocule 3'''' d'essence à la fois ou dans l'intervalle d'une demi-heure, 
l'accès se déclare au bout d'un temps variant de quelques minutes jusqu'à une demi- 
heure après l'injection, et les animaux meurent une à trois heures après. 

» Après l'injection de ■2'''', 5, les animaux meurent parfois après plusieurs jours, sans 
présenter de symptômes épileptiques caractéristiques ; d'autres résistent, sans présenter 
de convulsions. 

» On obtient donc des résultats assez précis, avec des essences d'ab- 
sinthe de provenances différentes; les expériences faites parallèlement sur 
des animaux traités par des injections de substance nerveuse donnent des 
résultats tout à fait différents. 

» 2. Nous avons injecté, chez trois lapins de loooS' à laooS'', lo'"' d'émulsion à 
lo pour îoo de bulbe frais de mouton. Une heure après, les trois lapins, de même qu'un 
lapin de contrôle, reçoivent une injection de i'^<^ d'essence et le lendemain encore 2". 
Le lapin de contrôle présente, une demi-heure après la dernière injection, des accès 
typiques et meurt après deux heures, tandis qu'aucun des trois lapins traités aupara- 
vant par la substance nerveuse ne présente de convulsions; l'un meurt après six jours, 
les autres restent bien portants. 



( i63 ) 

» 3. Deu\ lapins reçoivent lo™ d'émulsion de bulbe et immédiatement après 3'='= 
d'essence; en même temps, on injecte la même quantité d'essence à un animal neuf. 
Tous les trois prennent des accès et meurent; seulement les lapins traités ont des accès 
retardés et meurent seulement après douze à treize heures, tandis que le lapin de con- 
trôle meurt après deu\ heures. 

» Pour établir combien de temps, avant l'empoisonnement et avant 
l'accès, l'injection de substance nerveuse peut avoir de l'effet, nous avons 
fait les expériences suivantes : 

» k. Quatre lapins reçoivent chacun lo'^" d'émulsion nerveuse. Vingt-quatre heures 
après, tous reçoivent 3"= d'absinthe, en même temps qu'un animal de contrôle. L'animal 
de contrôle présente de violentes convulsions, vingt minutes après l'injection, et meurt 
une heure après, tandis que, parmi les quatre lapins traités, l'un gagne des convulsions 
tardives et meurt après six heures; l'autre reste bien portant pendant un jour et demi, 
après quoi il est pris de convulsions et meurt cinq lieures après; les deux autres lajjins 
n'ont pas eu de convulsions et restent bien portants. 

1) Un autre lapin reçoit 5™ de la même émulsion nerveuse et, vingt-quatre heures 
après, S"^" d'absinthe; il est pris d'épilepsie dix minutes après et succombe après six 
heures. 

1) 5. Un lapin reçoit iC'^ d'émulsion et, après quarante-huit heures, 3"^*^ d'essence 
d'absinthe; il ne présente pas d'épilepsie et reste bien portant, tandis que l'animal de 
contrôle est pris de convulsions et meurt deux heures après l'injection d'absinthe. 

» Un autre lapin, traité de la même manière, gagne des convulsions tardives et 
meurt après dix heures. 

» Un autre lapin, qui ne reçoit que 5™ d'émulsion nerveuse deux jours avant l'em- 
poisonnement, est pris d'épilepsie quinze minutes et meurt en six heures. 

» La dose de 5*^*^ d'émulsion nerveuse n'est donc pas suffisante pour 
sauver le lapin; cette dose peut, en plus, retarder l'accès et la mort. 

» Une autre série d'expériences porte sur des mélanges d'essence d'ab- 
sinthe avec la substance nerveuse. 

11 6. Quatre lapins reçoivent chacun une injection de 3"=' d'émulsion de substance 
nerveuse mêlée à 3"" d'essence, un autre lapin reçoit une dilution de 3'^'= d'essence 
d'absinthe dans lo"" d'eau, et un autre 3'^^'= d'essence pure. 

» Trois des lapins injectés avec ce mélange n'ont aucune manifestation morbide, 
tandis qu'un des lapins gagne des convulsions seulement vingt-trois heures après l'in- 
jection et meurt trois heures après. Les deux animaux de contrôle sont pris de con- 
vulsions dix et quinze minutes après l'injection d'essence et meurent deux et trois 
heures après. 

» Pour comparer l'effet des injections nerveuses sur des substances 
épileptigènes avec d'autres toxiques spécifiques, nous avons traité de la 
même manière des lapins auxquels on injectait ensuite la dose mortelle 



( '64 ) 

de la toxine diphtérique, ce qui nous permettait de constater que les injec- 
tions nerveuses ne possèdent aucun effet sur cette toxine, qui ne s'adresse 
pas particulièrement aux centres nerveux. 

» Ces expériences sont des plus nettes et montrent, d'une manière 
indiscutable, que les injections de substance nerveuse, en quantité suffi- 
sante, faites même deux jours avant l'introduction de l'agent épileptigéne, 
empêchent l'accès et la mort. 

» Les résultats cliniques de l'un de nous se trouvent donc confirmés 
par l'expérience; il ne reste qu'à approfondir les conditions dans lesquelles 
ou pourra compter sur l'effet salutaire de ce procédé dans le traitement 
de certains épileptiques. 

» En même temps se trouve confirmée l'affirmation publiée par l'un de 
nous, dans une Communication faite à l'Académie, que ce même procédé, 
trouvé par Babès en 1889 et qui peut sauver des chiens contre l'infection 
rabique, de même qu'il est efficace contre l'infection tétanique, doit trouver 
encore une application plus générale dans une série de maladies produites 
par des substances qui s'adressent aux centres nerveux. » 



CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. — Sur la présence, dans l' organisme animal, d'un 
ferment soluble réducteur. Pouvoir réducteur des extraits d'organes ('). 
Note de MM. E. Abelous et E. Gérari», présentée par M. Arm. Gautier. 

« Comme développement des faits que nous avons indiqués dans une 
Note précédente, relativement à l'existence dans l'organisme animal d'un 
ferment soluble réduisant les nitrates, nous signalerons les expériences 
suivantes : 

» I" On fait niacéiei-, pendanl vingl-qiialre heures, à 42°, aSo"'' de rein de cheval 
pulpe dans Soo'''' d'eau distillée en présence de chloroforme. On filtre ; 

» A. 100''"' du liltrat limpide sont additionnés de S?'' de nitrate de potasse el de 
!"â– = de chloroforme. 

» B. loo'^'' du filtrat sont soumis à l'ébullilion, puis additionnés de nitrate 8 pour 
100 el de chloroforme, V. 

» Les deux flacons sont placés, à dix heures du matin, dans l'étuve à 42°. Le soir, à 
quatre heures, on recherche les iiitriles avec Tiodure de zinc amidonné en présence 
d'acide acétique. 

» B. Pas de réaction. 

» A. Réaction nette (présence de nitrite). 



(') Travail du laboratoire de f'hvsiologie de la Faculté de Médecine de Toulouse. 



( i65 ) 

» Ces mélanges sont laissés toute la nuit à la température du laboratoire (ao"). Le 
lendemain matin, pas de nitrite dans le flacon B; au contraire, réaction très nette 
avec le liquide A : la quantité de nitrite paraît augmentée. 

» Par conséquent une macération aqueuse filtrée de rein de cheval est capable de 
réduire les nitrates. La température de loo" supprime cette propriété. 

» Les mêmes expériences répétées à la température de 55''-6o<' ont donné des résul- 
tats analogues. 

I) Une macération moins concentrée de pulpe rénale ('|0 pour loo), placée dans les 
mêmes conditions, est aussi susceptible de réduire le nitrate de potasse. 

» 2° Extrait glycérine. — On sait c(ue la glycérine peut extraire les ferments so- 
lubles des organes qui les renferment (voir W-ittich). Nous avons préparé un extrait 
glycérine de rein de cheval en faisant macérer aSos"' de pulpe répale dans aSc^de gly- 
cérine neutre pendant vingt-quatre heures à la température de 40°. La macération 
fdtrée a donné un liquide limpide. 

» De ce liquide, loc^" ont été prélevés et soumis, au préalable, à l'ébullition, puis 
additionnés de Ss'' d'azotate de potasse et de i'^"^ de chloroforme, lot (A). 

» 100 autres centimètres cubes non bouillis ont été additionnés de nitrate et de 
chloroforme dans les mêmes proportions, lot (B). 

» Les deux lots A et B ont été laissés à l'étuve à 42° pendant dix-huit heures. Au 
bout de ce temps, on procède à la recherche des nitrites. 

» A. Liquide bouilli ne donne rien. 

» B. Liquide non bouilli bleuit nettement au bout de quelques instants par le réactif 
de Trommsdorff. 

)) Ces liquides, additionnés de noir animal pur, sont soumis à l'ébullition, puis 
filtrés. Les filtrats incolores et débarrassés d'albumine coagulable sont essayés par 
l'iodure de zinc amidonné et le réactif de Griess. Le liquide A, préalablement bouilli, 
ne donne aucune réaction. On obtient, au contraire, une réaction intense avec le 
liquide non bouilli B. 

» Par suite, la glycérine peut extraire le ferment soluble réducteur des nitrates. 

» Ajoutons qu'on ne trouve pas la réaction de l'acide azoteux dans les extraits non 
nitrates et que nous nous sommes assurés que le charbon employé ne renfermait pas 
de nitrites. 

» 3° Influence des antiseptiques. — Nous avons étudié, à ce point de vue, l'action 
du chloroforme, du thymol (i pour 1000) de l'essence de cannelle, du fluorure de 
sodium (i à 2 pour 100). Nous avons constaté que l'addition de ces antiseptiques 
n'empêchait pas la réduction du nitrate. Pour le bichlorure de mercure, à la dose de 
I pour 2000, la réduction est empêchée, à la dose de 1 pour 5ooo l'action du ferment 
réducteur est encore perceptible. 

» 4° Influence des dii'erses températures. — Les extraits aqueux de rein possèdent, 
comme les macérations de pulpe rénale, une activité qui est fonction de la tempéra- 
ture. On constate que la quantité de nitrite formé croît avec la température, qu'elle 
passe par un maximum, entre 40° et 45°, pour décroître manifestement à 60° et deve- 
nir nulle à 7i''-72°. On voit que ces résultats sont absolument parallèles à ceux que 
nous avons observés avec la pulpe d'organe. 

)i 5° Influence du milieu gazeux. — Nous nous sommes demandé si l'acliN ilé du 
C. R., 1899, a" Semestre. (T. CXXIX, N- 3.) 22 



( i6G ) 

ferment réducteur ne serait pas plus grande à l'abri de l'oxygène et en présence, par 
exemple, d'hydrogène ou d'acide carbonique. 

» Nous avons pris trois lots, A, B et C de loo" d'extrait rénal filtré; on a ajouté dans 
chacun d'eux 8s'' de nitrate de potasse et i" de chloroforme. Mais, au préalable, on a 
fait passer dans le flacon B un courant d'hydrogène pur, et, dans le flacon C, un cou- 
rant d'acide carbonique. 

» Les deux flacons remplis d'hydrogène et d'acide carbonique ont été maintenus 
soigneusement bouchés et renversés sous l'eau. Après un séjour des trois flacons, pen- 
dant vingt-quatre heures, à la température de 42°, on procède à la recherche et au 
dosage colorimétrique des nitrites. On constate la présence de nitrite dans les trois 
flacons. Mais la quantité de ce sel formé est au maximum dans le milieu hydrogéné, 
plus faible dans le milieu aéré et, enfin, beaucoup plus faible dans le flacon contenant 
de l'acide carbonique. 

» Il semble, par conséquent, qu'en présence de l'hydrogène, l'action réductrice soit 
plus intense qu'en présence de l'air, et que l'acide carbonique, par un mécanisme 
non encore élucidé, diminue l'activité du ferment. On sait d'ailleurs que cette action 
paralysante de l'acide carbonique a été observée pour d'autres diastases animales. 

» 6° Influence de Valcalinité. — Une alcalinisation légère par le carbonate de 
soude parait favoriser l'action réductrice; on obtient, dans ce cas, des quantités de 
nitrite un peu supérieures à celles que l'on observe sans addition de carbonate 
de soude. Nous nous proposons, du reste, d'étudier d'un façon plus complète cette 
action. 

» 7° Influence de la filt ration xui porcelaine dégourdie. —Les extraits filtrés à 
la bougie de biscuit perdent presque complètement leur activité. La substance active 
est retenue par le filtre, particularité commune à beaucoup d'autre diastases. 

» 8° Enfin, dans des essais de séparation du ferment par l'alcool, nous avons obtenu 
un précipité qui, essoré et mis à macérer dans une solution chloroformique de nitrate 
de potasse, a donné lieu à la formation d'une faible quantité de nitrite. Mais l'action 
de l'alcool, pour si peu prolongée qu'elle soit, diminue l'activité du ferment. 

» l^e ferment que nou.s avons ainsi étudié réduit non seulement le 
nitrate de potasse, mais aussi le nitrate d'ammoniaque; il décolore le bleu 
de méthylène et paraît donner de l'aldéhyde butyrique aux dépens de 
l'acide butyrique. Nous avons essayé d'hydrogéner le glycose avec ce fer- 
ment, mais nous n'avons pu observer la formation de la uiannite. 

» Ces faits viennent à l'appui des conclusions formulées dans notre 
première Note relative à l'existence d'un ferment soluble réducteur dans 
l'organisme animal. 

» Ce nouveau ferment, jusqu'ici simplement désoxygénant, peut-il être 
aussi hydrogénant? c'est là ce que de nouvelles expériences pourront nous 
apprendre. » 



( 1^7 ) 



TÉRATOLOGIE. — Sur le parablaste et l' endoderme vitellin du blastoderme 
de Poule. Noie de M. Etienne Rabaud. 

« L'étude des anomalies du développement met parfois en présence des 
faits qui ont la valeur de véritables expériences. J'ai déjà eu, après d'autres, 
l'occasion d'insister sur ce point ('); j'apporte aujourd'hui un exemple 
nouveau. Les enseignements qu'il nous donne ne sont peut-être pas déci- 
sifs à tous égards; dans tous les cas, ils viennent en concordance d'obser- 
vations d'embrvologie normale ou vérifient des hypothèses nécessaires : 
c'est là leur principal intérêt. 

» Mes recherches ont porté sur des blastodermes de l'ouïe qui se sont dévelopjsés 
en surface sans donner lieu à aucune formation embryonnaire. Ces blastodermes, 
essentiellement caractérisés par l'abondance des vaisseaux, sanguins, ont été assimilés 
par Dareste aux Anidiens. Sans entrer dans les détails de structure qui feront l'objet 
d'un Mémoire spécial, je vais indiquer seulement, et d'une façon sommaire, les parti- 
cularités de l'anatomie de ces monstres, qui ont un rapport immédiat avec l'embryo- 
génie normale. 

» Les Anidiens examinés proviennent d'œufs ayant subi quatre et huit jours d'in- 
cubation (-). Ils sont constitués par les trois feuillets externe, moyen, interne, et par 
une grande abondance de vaisseaux sanguins réduits à l'endothélium. 

» Au point de vue qui nous occupe, l'ectodernie ne présente rien de particulier. 

» Du mésoderme, il n'existe qu'une seule lame, la somatopleure; sa situation et des 
considérations d'un autre ordre permettent de lui assigner cette dénomination. Il 
n'existe aucune trace de la masse intermédiaire. 

» L'endoderme présente, chez les sujets de quatre jours, un aspect tout particulier. 
Les cellules qui le constituent sont voJumineuses, munies d'un petit noyau et envahies 
de granulations vitellines. Elles sont en tout semblables aux cellules du panblaster 
avec lesquelles elles se trouvent en continuité directe. Leur forme, leur constitution 
ne sont en aucune façon comparables aux éléments aplatis et larges de l'endoderme des 
embryons des premiers jours. Vers la région centrale de l'un des blastodermes, et sur 
une étendue peu considérable, ces cellules deviennent plus petites, leur protoplasma 
plus homogène, elles se disposent sur une seule assise. Le passage de cette forme 
franchement parablaslique à la forme qui se rapproche de l'aspect endodermique ordi- 
naire est très ménagé ; il n'y a, en aucun point, de solution de continuité. Ajoutons que, 
chez le blastoderme de huit jours, l'endoderme est fait de cellules aplaties et larges. 

(') Voir Bulletin de la Société de Biologie, 28 novembre 1896 et Journal de 
l'Anatoniie et de la Physiologie : embryologie des Poulets omphalocéphales, n"'* 2, 
3, 4. et 6; 1898. 

(') Les circonstances ne m'ont pas permis, jusqu'ici, d'en avoir de plus jeunes. 



( ''i» ) 

)) Au-dessus du leuillet interne, e\islenl de très nombreuv vaisseaux sanguins, 
dilatés au point qu'ils occupent en hauteur à peu près tout l'espace qui sépare l'endo- 
derme de l'ectoderme. Cependant ils sont, selon toute évidence, indépendants de la 
soiiiatopleure, tandis que l'endoderme les reçoit chacun dans une dépression ou gout- 
tière moulée sur leur surface. 

» Il n'existe aucun rudiment ni aucune indication de la corde dorsale. 

» Ces divers faits : aspect parablastique du feuillet interne, formation 
incomplète du mésoderme, développement excessif des vaisseaux, absence 
de la corde d'orsale, me paraissent avoir, avec l'embryologie normale, les 
rapports suivants : 

» a. Chez les Sauropsidés, l'origine parablastique du feuillet interne a été admise 
par un certain nombre d'auteurs (HofiTraann, Kuppfer, Ruhl, etc. ) et niée par d'autres. 
L'évolution des blastodermes sans embryons permet de surprendre le processus. Elle 
nous montre l'endoderme possédant ses caractères parablastiques dans toute son 
étendue chez les uns. Elle nous montre, chez d'autres, des formes de passage non 
douteuses de la transformation surplace qui va s'effectuer, et, enfin, l'aspect ordinaire 
de ce feuillet chez les blastodermes de huit jours. 

» b. Les rapports des vaisseaux avec l'endoderme d'une part, la diminution quan- 
titative du mésoderme d'autre part, sembleraient indiquer que le système vasculaire 
possède une origine endodermo-parablastique. C'est là un point fort controversé. 
J'inclinerais à penser qu'il n'y a pas opposition entre l'origine parablastique vraie et 
l'origine endodermique vraie, toutes deux également soutenues; il faudrait admettre 
que les éléments du parablaste, différenciés ou non, sont capables de fournir les 
vaisseaux. 

» c. L'absence de la corde dorsale, quelle que soit la cause qui ait provoqué cet 
arrêt de développement, ainsi que la présence d'une seule lame mésodermique, sont 
deux faits qui viennent à l'appui des observations d'après lesquelles la corde dorsal 
dériverait, non pas de l'endoderme d'invagination ou gastruléen, mais de l'endoderme 
de différenciation ou vilellin. Dans un développement normal, la plaque axiale, qui 
représente l'endoderme gastruléen, vient au contact de l'endoderme vitellin; elle 
reçoit sans nul doute de ce dernier un certain nombre d'éléments embryonnaires, 
l'uis, dans le sein de celte plaque axiale, se développe la corde dorsale. Celle-ci affecte, 
avec l'endoderme, des rapports internes de continuité : \>2ly soudure secondaire, disent 
les uns; par dérivation primitive, disent les autres. Le processus tératogène qui nous 
occupe a eu pour résultats, en retardant l'évolution de l'endoderme vitellin, de sup- 
primer le concours que celui-ci prête à la formation de la plaque axiale; l'absence de 
la corde dorsale et d'une partie du mésoderme semblerait indiquer de quelle nature 
est ce concours : des éléments de l'endoderme vitellin, qui se joignent à ceux de l'en- 
doderme gastruléen, les uns fournissent la corde; les rapports de cette dernière et de 
l'endoderme vitellin seraient donc primitifs (>); les autres contribuent à former le 
mésoderme proprement dit. » 



e 



(•) Dans mon Mémoire sur l'Embryologie des Omphalocéphales. j'ai décrit et 



( rG;, ) 



ZOOLOGIE. — Régénération tarsienne et régénération des membres des deux 
paires antérieures chez les Orthoptères sauteurs. Note de M. Edmond Bor- 
OAGE, présentée par M. A. Milne-Edwards. 

« I. Ce serait en vain que l'on essayerait de provoquer l'autotomie sur 
les membres des deux premières paires chez les Orthoptères sauteurs. 
Mais, en opérant une forte traction sur les membres, on arrive à les sé- 
parer du corps. La séparation s'opère rarement à l'articulation du fémur 
et du trochanler ('), mais, le plus souvent, à l'articulation de ce dernier 
article avec la hanche. La mutilation imposée est assez souvent mortelle 
pour l'insecte ; les muscles se décliirant irrégulièrement en formant une 
houppe frangée, et l'hémorragie étant abondante. Lorsque l'Orthoptère 
survit, s'il est encore à l'état de larve, la régénération peut se produire et 
donner un membre parfait, lorsque la séparation a eu lieu à l'articulation 
du fémur avec le trochanter, ou d'un moignon plus ou moins rudimentaire, 
lorsque la séparation s'est opérée à l'articulation du trochanter avec la 
hanche. 

» Il y a donc là un fait qui semblerait devoir doublement infirmer la loi 
de Lessona : i" parce qu'il y a régénération en des points où des mutila- 
lions ne paraissent pas devoir se produire normalement; i° p;irce que ces 
régénérations se constatent plus souvent pour celle des deux régions où 
la traction amène le plus rarement la rupture du membre et qu'elles sont 
incomparablement plus complètes pour celte région. 

» Si nous observons ce qui se passe pendant les mues, nous verrons 
que ce double paradoxe ne résiste pas à l'examen des faits normaux. 

» En effet, il n'est pas rare que, pendant la mue, l'un des membres con- 
sidérés soit détaché du corps par autolomie exuviale. Contrairement à ce 
que nous avons dit précédemment, la séparation s'opère presque toujours 
suivant l'articulation du fémur et du trochanter et très rarement suivant 
l'articulation du trochanter et de la hanche. Dans le premier cas, l'hémor- 



figuré un exemple très net de cette manière de voir. De son côté, Mitropiianow 
relate un c^i samh\A\)\e {Teratogenetische Studien, iSgS). 

(') Il est même impossible quelquefois de la déterminer par traction en cet endroit. 
Chez Gryllus capensis, par exemple, je devais me servir de ciseaux pour opérer cette 
séparation. 



( 170 ) 

nigie est relativement insignifiante; tandis que, dans le second, elle peut 
être mortelle. De tonte façon, la mutilation est bien moins cruelle et bien 
moins souvent suivie de mort que si elle avait été produite expérimentale- 
ment. La faculté régénératrice se constate souvent dans le premier cas et 
donne quelquefois un membre parfait (' ); quand il v a régénération dans 
le second cas, il se foi'me un moignon sans articulation, long de 2"â„¢ ou 
3°"" à peine. Les faits signalés s'expliquent donc complètement. 

» Mais, d'un autre côté, il peut sembler inexplicable que l'autotomie 
exuviale se manifeste pour des membres dont la sortie de l'ancienne enve- 
loppe chitineuse semble, a priori, ne devoir souffrir aucune difficulté; ces 
membres étant de dimensions assez restreintes. Je ferai alors remarquer 
que, chez les Arthropodes subissant des mues, il n'est pas un appendice 
(patte, antenne, palpe), tant modestes soient ses dimensions, pour lequel 
H ne puisse se présenter, à un moment donné, des adhérences acciden- 
telles de la nouvelle enveloppe chitineuse avec l'ancienne. L'Arthropode 
qui, pendant une mue, ne peut surmonter ces difficultés, est infailliblement 
condamné» périr. C'est là ce qui explique pourquoi, chez les Arthropodes 
à mues, il ne doit probablement exister que bien peu d'appendices sur 
lesquels on ne puisse constater des traces plus ou moins marquées d'auto- 
tomie exuviale (-) complète ou partielle, en même temps que la faculté 
régénératrice. On peut même constater quelquefois la régénération de 
certaines parties appartenant à des membres adaptés cependant à des 
fonctions toutes spéciales. C'est le cas des tarses des pattes ravisseuses des 
Mantes et de ceux des pattes fouisseuses des Courtilières. Mais une muti- 
lation plus complète de ces membres entrahierait évidemment la mort, 
soit indirectement, soit à bref délai et par hémorragie. 

» IL Chez les Orthoptères sauteurs, la régénération des tarses des trois 
paires de membres s'opère facilement : ce qui est naturel, puisque ces 
tarses sont fréquemment mutilés par suite des efforts que fait l'insecte pour 
\ 

(') Chez les Orthoptères sauteurs, les parties en voie de régénération croissent len- 
tement, de sorte que l'expérimentateur serait d'abord tenté de croire que cette régé- 
nération n'existe pas. Aussi un membre régénéré n'arrive-t-il jamais à égaler en lon- 
gueur le membre opposé, demeuré en place, et est-il souvent incapable de rendre de 
réels services. C'est cette lenteur de croissance qui aura probablement amené Graber 
à conclure trop hâtivement à l'absence de régénération des tarses. 

(^) Mais la perfection de cette autotomie exuviale est en raison directe des diffi- 
cultés qu'éprouvent les appendices, par leur forme et leurs dimensions, à se dégager 
de leur ancien étui chitineux. 



( 17^ ) 
les désjager pendant la mue. Elle est surtout marquée pour les longs tarses 
des pattes sauteuses. Celte régénération se constate encore après des sec- 
tions artificielles enlevant le tarse et même une petite portion de la région 
terminale du tibia qui est régénérée aussi. La présence de la faculté régé- 
nératrice dans celte dernière région s'explique aisément quand l'on a 
constaté que ses fibres musculaires sont souvent lésées lorsque le tarse 
est arraché, soit pendant la mue, soit plus rarement, par le fait de l'at- 
taque suivie d'insuccès d'un ennemi naturel. 

» III. Chez Phylloptera laurifolia et Conoccphalus differens, les régéné- 
rations donnent un tarse tétramère (la télramérie est la règle chez les 
Locustides). Chez Gryllus capensis, les tarses régénérés présentent encore 
trois articles; mais ce nouveau tarse est, en quelque sorte, plus massif que 
le tarse normal. Le troisième article est à peu près égal au premier, tandis 
que, pour le tarse normal, il est sensiblement plus long que le premier. 
Enfin, le deuxième article qui, dans le tarse ordinaire, est très petit et 
presque entièrement caché, est bien visible dans le tarse régénéré. La diffé- 
rence est surtout appréciable pour les membres postérieurs (' ). 

» En ce qui concerne la nature des régénérations tarsiennes chez Acri- 
dium ruhellum, je ne puis pas encore me prononcer; mes expériences sur 
cette espèce n'étant pas encore terminées (^). » 



ANATOMIE ANIMALE. — Division du noyau dans la spermato genèse chez 
VHomme ('). Note de M. Sappin-Trouffy, présentée par M. Edm. 
Perrier. 

« Le développement des spermatozoïdes, dans la série animale, est 
d'ordinaire accompagné de la division indirecte ou karyokinèse. Il n'y a 
d'exception que pour quelques Vertébrés où, d'après M. Moore (*), la 
division directe supplée, dans certains cas, la division indirecte. Chez 
l'Homme les deux modes réunis paraissent être la règle : il y a d'abord 



(') On dirait que ce tarse régénéré représente une des positions de stabilité orga- 
nique intermédiaires entre la forme normale actuelle et une forme ancestrale. 

(^) Chez les Locustides et les Gryllides, le tibia des membres antérieurs régénérés 
ne possède plus Y appareil tympanique qui existait sur le membre primitif. 

(') Ces recherches ont été faites au laboratoire de M. (>ornil. 

(') Consulter Drlage, Année biologique, p. 112; 1897. 



( 172 ) 

division indirecte, puis division directe du noyau. Cette dernière se pré- 
sente, ici, avec des caractères si particuliers que nous la désignerons sous 
le nom de fragmentation directe du noyau. Elle rappelle de près ce que 
M. Dangeard a décrit dans le Sappinia pédala (Acrasiées) (' ). 

» Nos observations ont porté sur un testicule tuberculeux extirpé, 
l'année dernière, par M. Tuffier, sur un homme de 3i ans. Les cellules 
testiculaires étaient en voie de multiplication active et les spermatozoïdes 
se formaient en grand nombre. 

» Nous ne pouvons passer en revue, dans cette Note, toutes les modi- 
fications que présente le noyau en vue de la formation des spermatozoïdes; 
nous nous bornerons à décrire les deux principales, qui sont : la karyoki- 
nèse et \a/ragmentation directe. 

y, Karyokinèse. — La karyokinèse suit la marche ordinaire : nous ne ferons qu'in- 
diquer les principaux caractères qu'elle présente dans le cas particulier que nous 
étudions. 

» Les cellules qui se divisent par karyokinèse ne renferment qu'un seul noyau, par 
opposition à celles où la fragmentation directe se produit, qui renferment plusieurs 
noyaux. Elles sont disposées sur trois ou quatre rangées à la surface interne du tube 
séminifère. Les noyaux sont sphériques et ne renferment qu'un seul nucléole. Le pro- 
toplasme qui les entoure est tantôt clair, homogène; tantôt granuleux ou disposé en 
réseau. Un grand nombre de noyaux sont à l'état de prophase. 

» A ce stade les anses chromatiques apparaissent avec netteté; elles sont formées 
d'une série de petits grains ou nucléomicrosomes réunis par une substance transpa- 
rente, la linine. 

» Au fur et à mesure que la division progresse, les granules se rapprochent et ar- 
rivent bientôt à se confondre. La charpente chromatique s'épaissit et devient plus sen- 
sible aux réactifs. Le nucléole qui, jusqu'ici, occupait le centre du noyau, vient se 
loger à la périphérie où il ne tarde pas à disparaître. En même temps, la substance 
chromatique se rassemble sous forme d'anneau irrégulier pour former la plaque équa- 
toriale, 

» A ce moment la membrane nucléaire se résout et l'on voit quelquefois apparaître, 
à chacun des pôles, deux corpuscules qui paraissent être des centrosomes. Ces corps 
sont constitués par un globule de substance homogène qui ne se colore que très peu par 
les réactifs. Leur apparition semble coïncider avec la formation de la plaque équato- 
riale; après ce stade il est rare de les apercevoir. Cependant M. ÎMeves les a vus dans 
les cellules à l'état de repos (^); d'après cet auteur ils joueraient un rôle important 
dans la formation de la queue du spermatozoïde. Mais celte observation ne peut être 
admise que sous certaine réserve; car on sait que les opinions des auteurs, en ce qui 
concerne les animaux, sont très partagées sur ce point. 

(') Hma^KKï), Le Botaniste, 5^ série, i"'' fascicule; 1896. 
(^) Meves, Anat. aitg., t. XIV, n" 6; 1897. 



( 173 ) 

» Dans nos préparations, ces corps ne deviennent très nets qu'an stade de plaque 
équaloriale. 

» L'anneau équatorial se colore plus en certains points qu'en d'autres ce qui semble 
indiquer un commencement d'individualisation des chromosomes; mais ces derniers 
sont si petits et si rapprochés qu'ils échappent à toute numération. 

» Bientôt la plaque équatoriale se sépare en deux moitiés qui se portent en sens 
opposé vers les pôles. Le fuseau apparaît sous forme de substance transparente fine- 
ment striée dans le sens de la longueur. Le protaplasme suit enfin le mouvement du 
noyau et se divise, perpendiculairement à la figure karyokinétique, en deux cellules 
filles contenant chacune un des nouveaux noyaux. 

» Les figures karyokinétiques ont sensiblement le même aspect elle même volume. 
On n'en trouve qu'une seule par cellule. A aucun moment nous n'avons vu de divi- 
sions indirectes se succéder sans intervalle de repos. 

» Les noyaux se divisent ainsi un certain nombre de fois avant de se fragmenter. 

» Fragmentation directe. — Les cellules dont le noyau s'est fragmenté sont poly- 
nucléées ; elles sont disposées sans ordre au milieu des autres éléments. On en distingue 
deux sortes : les unes à noyaux petits et contractés fournissent les spermatozoïdes; 
les autres à noyaux plus gros et granuleux paraissent se désagréger. Néanmoins elles 
dérivent toutes du même processus de fragmentation. 

» Voici en quoi consiste la fragmentation directe du noyau ; un exemple fera mieux 
comprendre que toute description. Supposons une pomme de terre coupée en quatre 
par deux plans perpendiculaires et dont chaque quartier s'éloigne ensuite peu à peu 
du centre; nous aurons ainsi le mécanisme de cette division. 

» Les plans ne sont pas toujours perpendiculaires entre eux; ils peuvent se com- 
biner de manière à former un Y ou un H, etc., ce qui paraît, d'ailleurs, ne changer en 
rien le résultat. 

» Au début, les lignes de séparation se présentent sous la forme de traits transpa- 
rents qui sont très vraisemblablement formés par une invagination de la membrane 
nucléaire. Le dédoublement des membranes commence au centre pour s'étendre de là 
à la périphérie. Les fragments en forme de coins s'écartent peu à peu, laissant au 
centre du noyau un espace clair irrégulier. Lorsque le dédoublement est terminé, les. 
quatre noyaux-filles s'arrondissent et deviennent libres à l'intérieur de la cellule. 
Quelquefois, il n'y a qu'un seul plan de scission, mais chaque moitié devenue libre se 
divise aussitôt en deux autres. 

» Les quatre noyaux qui résultent de la fragmentation sont égaux et plus petits que 
le noyau générateur. 

» 11 y a évidemment là un phénomène de réduction de la substance chromatique 
dans les cellules-mères des spermatozoïdes. 

» En eflel, les quatre noyaux résultant de la fragmentation sont comparables à ceux 
qu'on obtient par deux bipartitions successives chez V Ascaris megalocephala et le 
Liliuin martagon, lors delà formation des spermatozoïdes et des grains de pollen. 
Dans l'un comme dans l'autre processus, les noyaux-filles sont réduits de moitié par 
rapport au noyau générateur. 

» Nous sommes donc autorisé à considérer la fragmentation directe du noyau en 

C. R., 1899, 2« Semestre. (T. CXXI\, N° 3.1 33 



( 174 ) 
quatre comme un processus particulier de réduction de la substance chromatique, en 
rapport avec le développement des spermatozoïdes chez l'Homme. 

» En résumé, les deux modes de division que nous venons d'étudier 
fournissent : 

)i i" Des cellules de multiplication à un seul noyau; 

M 2" Des cellules de réduction polynucléées ou cellules-mères des sper- 
matozoïdes. 

» Dans un autre Travail, nous compléterons cette étude. » 



PHYSIOLOGIE ANIMALE. — Régénérations osseuses, suivies à l'aide de la 
radiographie ('). Note de M. Abel Buguet, présentée par M. Edm. 
Perrier. 

« La Radiographie permet de suivre les phases successives d'un phéno- 
mène biologique sur un même individu, en pleine vie, sans compromettre 
son intégrité. Elle a déjà permis de saisir sur le vif les actes de la diges- 
tion, le mécanisme des mouvements du squelette, etc. Je me propose 
de montrer le parti qu'on en peut tirer pour étudier les phases de la 
régénération osseuse, chez les animaux oîi celle-ci est particulièrement 
aisée. 

» J'ai gardé plusieurs années vivants des animaux amputés (reptiles, 
batraciens urodèles) en les soumettant souvent à l'examen radiogra- 
phique (-). 

» Les épreuves jointes à cette Note montrent les faits suivants : 

» Un triton à crête femelle a été amputé au tiers supérieur de la jambe. On voit, 
au bout de deux mois et demi, le membre régénéré avec ses cinq orteils, mais pas de 
calcification. Au cinquième mois, péroné, tibia et phalanges sont calcifiés; rien au 
tarse. Au dixième mois, apparaissent deux os du tarse : os péronéen et cinquième tar- 
sien. Au douzième mois, on voit huit os au même tarse qui, enfin, porte ses neuf os, 
encore un peu légers, quatorze mois et demi après l'amputation. 

» Un triton à crête mâle a donné le même processus de régénération, mais plus 
lent, puisqu'au treizième mois il est moins avancé que chez le précédent animal au 
dixième. 



{') Travail fait au laboratoire de Physique de l'École des Sciences de Houen. 
(-) Les animaux ont été radiographiés éveillés, par des poses instantanées qui dis- 
pensent de toute anesthésie. 



( '75 ) 

M Un jeune axolotl montre ses cinq doigts régénérés au bout de sept mois et demi, 
mais sans calcification. Celle-ci commence un mois plus tard ('). 

» Tritons alpestres et tritons palmés m'ont donné les mêmes phénomènes. 

» Ces résultats, connus depuis Spallanzani, ne m'ont paru bons à signaler 
qu'en raison de l'intérêt d'une méthode permettant de suivre, siu' le même 
animal, toutes les phases d'un phénomène qui montre mieux ainsi le pa- 
rallélisme des processus de la régénération et de l'évolution normale. 

» Le même examen, appliqué à la régénération de la queue du lézard, 
montre, plus aisément que les autres méthodes, l'apparition de l'étui 
neural qui remplace la colonne vertébrale amputée ; sa calcification pro- 
gressive, lesvariélés de structure qu'elle présente souvent, le mécanisme 
de curieuses bifurcations qui sont assez communes, tandis que les lézards 
intacts sont plutôt rares. » 



RADIOGRAPHIE. — Radiographie des calculs du rein. Note de MM. Albarkan 
et CoNTREMOULiN, présentée par M. Guyon. 

« Nous avons l'honneur de présenter à l'Académie les radiographies 
obtenues chez un malade atteint de calculs du rein. 

» Un jeune homme de vingt-six ans est entré, le 9 juin 1899, dans le 
service de M. le professeur Guyon, à l'hôpital Necker, se plaignant d'acci- 
dents de cystite rebelle remontant à plus de deux ans. Depuis dix ans déjà 
ce malade avait des urines purulentes; à plusieurs reprises, il s'était 
plaint d'hématuries et de quelques douleurs du côté du rein gauche. Nous 
soupçonnâmes l'existence d'un calcul rénal et nous pratiquâmes l'examen 
radiographique. 

)) Comme on peut le voir sur les épreuves, on constate au niveau du rein gauche, 
tout entier caché sur les côtes, et à 9<^" de la ligne médiane, une ombre très nette en 
partie cachée par celle de la onzième côte : sa forme est irrégulière et rappelle un peu 
le dessin d'un L renversé (t) dont le sinus regarderait en dehors. Les plus grandes 
dimensions longitudinales et transversales sont de 5™. Affleurant en haut à la dixième 
côte, en bas à la douzième, cette ombre est située tout entière dans la zone costale. 
Au-dessous d'elle, vers le pôle inférieur du rein, on voit moins distinctement une 
autre ombre plus petite n'ayant guère que i"" dans son plus grand diamètre. Du côté 



(') Entre les deux derniers examens radiograjiliiques, deux doigts supplémenlaires 
ont émergé normalement à la face dorsale de l'un des carpes de cet animal. 



C 176) 

droit on voil aussi une tache dans la région rénale; elle présente les dimensions d'une 
noisette. 

» Nous avons pratiqué chez ce malade la néphrolithotomie du côté 
gauche : nous avons trouvé, dans le bassinet dilaté du rein, caché com- 
plètement sous les côtes, les calculs que l'examen radiographique avait 
décelés. Ces calculs, dont nous avons pratiqué l'examen chimique, sont 
formés par du phosphate de chaux. 

)) Notre malade est le premier chez qui on ait, en France, trouvé des 
calculs rénaux par la radiographie. A l'étranger on en a publié dix cas, 
tous, sauf un, concernant des calculs oxaliques ou phosphatiques. Lester 
Léonard seul a pu, jusqu'à présent, constater l'existence de calculs 
uriques qui sont, on le sait, bien plus perméables aux rayons X. 

» Pour obtenir la radiographie d'un calcul du rein, la première condition à remplir 
concerne la position occupée par le malade pendant cette recherche. Il est indispen- 
sable que le malade soit en contact aussi complet que possible avec la plaque sensible, 
sur toute la région dorsale. A cet effet, les jambes seront repliées et maintenues dans 
cette position par un dispositif spécial. 

» En second lieu, il importe de protéger la plaque des rayons X extérieurs; on 
évite ainsi toute impression parasite due à la diffusion des rayons dans l'air et au 
halo, que donnent toujours les parties fortement impressionnées. 

» Enfin, l'état de vide du tube de Crookes doit être celui qu'on peut caractériser en 
disant que l'ampoule est à l'état de tube mou. On dit qu'un tube est mou à partir du 
moment où il commence à émettre des rayons X, jusqu'au moment où, sur l'écran 
fluorescent, il commence à donner une image grise de tous les objets qu'on examine 
avec cet écran. Quand les images sont devenues grises, le tube est dit dur, ce qui 
exprime que son état de vide a augmenté. Alors les phénomènes qui se produisent 
sont différents. 

» Un tube dur traverse facilement les corps organiques, mais il ne donne pas de 
contrastes, et les nuances délicates disparaissent complètement. Au contraire, si le 
tube est mou. il donnera toutes les nuances désirées et permettra d'obtenir des détails 
tels que certains calculs du rein deviendront visibles. 

» Pour traverser des épaisseurs telles que l'abdomen de l'adulte sans porter le temps 
de pose au delà des limites pratiques (dix minutes environ), il est nécessaire que le 
tube soit amené à l'étal de vide particulier où il va cesser d'être mou pour devenir 
dur, sans dépasser ce point précis, H donne alors toutes les nuances nécessaires, quoique 
ayant déjà assez de pénétration et d'intensité dans la production des rayons X, pour 
que le temps de pose soit réduit. 

» On s'assure que le tube est à cet état précis de vide, en plaçant la main devant 
l'écran à bonnettes à ao"^"» environ du tube. L'image formée doit alors être noire pour 
les os, la structure de ceux-ci restant presque indistincte, les chairs s'accuseront, au 
contraire, en demi-teintes bien franches, tandis que le fond de l'écran sera très lumi- 
neux. Cet étal de vide doit être constamment maintenu, car, si le tube devenait dur 



( 177 ) 

pendant l'opération, la recherche serait compromise. Dans ces conditions, six à huit 
minutes de pose suffisent pour un adulte ayant de 25=" à Se""" d'épaisseur (le tube 
étant placé à 20"" de la plaque). » 



PHYSIOLOGIE ANIMALE.— Radiographie du cœur el de l'aorte aux différentes 
phases de la révolution cardiaque. Note de M. H. Gcilleminot, présentée 
par M. Bouchard. 

« Dans certains cas pathologiques, M. le professeur Bouchard nous a 
souvent fait observer les battements de l'aorte à l'examen radioscopique. 
Parmi les assistants, les uns voyaient ces mouvements, les autres ne les 
voyaient pas; quelques-uns même ont peine à voir les mouvements du 
cœur. La radiographie dissociée des phases de la révolution cardiaque 
s'imposait; elle est réalisée par un appareil que j'ai l'honneur de présenter 
à l'Académie. Son principe est celui qui m'a servi pour obtenir la radiogra- 
phie du thorax aux différentes phases du mouvement respiratoire (^Comptes 
rendus, 8 août 1898). Il permet de dissocier la révolution cardiaque en 
autant de phases qu'on le juge à propos, et de prendre pendant une série 
de révolutions la photographie de la phase choisie à l'exclusion de toutes 
les autres. 

» Il se compose de plusieurs parties : 

» 1. Générateur de mouvement uniforme. — Une petite dynamo, marchant sous 
10 volts environ, est actionnée par cinq accumulateurs. Dans son circuit se trouvent 
deux rhéostats, l'un que l'on règle avant l'expérience et l'autre qui constitue un régu- 
lateur automatique spécial assurant l'uniformité du mouvement pendant toute la 
durée de la séance. Ce régulateur se compose de deux spirales de fil en ferro-nickel, 
enroulées autour de deux tubes de verre. Chacun de ces tubes plonge dans une éprou- 
vette de mercure. Ils sont réunis par un corps d'ébonite le long duquel se réunissent 
également les deux fils de ferro-nickel. On comprend que, à mesure que cet U ren- 
versé sort du mercure, la résistance augmente. Or, cet appareil est supporté par un 
régulateur à boules, de sorte que plus le mouvement devient rapide, plus la résis- 
tance devient grande. Quel que soit l'obstacle rencontré du côte de l'appareil déclan- 
cheur variable, comme nous le verrons, la régularité du système se trouve ainsi 
assurée. 

» Cet appareil anime d'un mouvement uniforme un axe que nous appellerons ABet 
lui imprime environ 60 tours à la minute. 

» 2. Régulateur facultatif de vitesse. — Cette deuxième partie a pour but de trans- 
mettre le mouvement de l'axe AB tournant uniformément à 60 tours à un deuxième 
axe A'B' avec un rapport de vitesse angulaire de '^ à 3. On peut ainsi animer l'axe A'B' 
d'une vitesse de 20 à 180 tours à la minute, établie une fois pour toute avant l'expé- 



( '7« ) 
rience. A cet effet, chacun de ces axes parallèles supporte un cône de transmission 
tourné en sens inverse, et la poulie de transmission qui les unit peut glisser d'un bout 
à l'autre, grâce à un châssis qui l'entraîne et qui lui-même se déplace sur une vis de 
réglage. 

» 3. Appareil. déclencheur. — Le deuxième axe A'B' supporte à l'une de ses extré- 
mités un cylindre concentrique qu'il entraîne à frottement doux dans son mouvement, 
de telle sorte que, si Ton arrête le cylindre, l'axe continue son mouvement uniforme. 
Malgré la résistance plus grande, l'uniformité du mouvement est assurée par le régu- 
lateur automatique. 

» Ce cylindre porte un arrêt qui vient buter contre un clenchet relié au pulsomètre. 
■ » Le clenchet se soulève, grâce à un électro-airaaiu qui devient actif lors de la 
pulsation radiale. 

» k. Ferme-circuit de l'inducteur des rayons X. — D'autre part, le cylindre du 
déclencheur porte un ferme-circuit, U renversé, qui plonge dans deux cupules de mer- 
cure. En unissant ces deux cupules, on ferme le circuit de l'inducteur des rayons X. 
Ce ferme-circuit peut se fixer à tel degré de la circonférence du cylindre qu'on le juge 
à propos de i à 36o à partir de la position d'arrêt du clenchet. 

» Ce dispositif permet ainsi de fermer le circuit des rayons X à un moment quel- 
conque de la révolution cardiaque et pendant un temps quelconque, le temps que l'U 
ferme-circuit plonge dans le mercure. 

» 5. Pulsomètre. — Il se compose du sphygmographe de Marey dont on a enlevé 
le mouvement et le levier. 

» A la place du mouvement se trouve une cupule de mercure en relation avec le 
pôle 4- d'un accumulateur. 

» A la place du levier j'ai mis une tige légère d'aluminium à l'extrémité de laquelle 
est soudé un fil de platine qui vient plonger dans le mercure. Cette tige est en rela- 
tion électrique par les pivots avec la masse du pulsomètre qui est relié à l'électro- 
aimant de l'appareil déclencheur. 

» L'autre fil de l'éleclro-aimant du déclencheur communique avec le pôle négatif de 
Taccumulaleur, de sorte que le circuit est fermé quand le fil de platine plonge dans le 
mercure; il est ouvert quand la pulsation radiale l'en fait sortir. 

» Le pulsomètre étant mis au point une fois pour toutes avant l'expérience, on 
corrige l'état de tension plus ou moins grande des tendons du poignet en tenant la 
main du sujet dans la main droite, la main gauche supportant le poignet. L'opérateur 
n'a d'ailleurs qu'à surveiller le pulsomètre, le reste de l'appareil ne demande aucun 
soin au cours de l'expérience. 

» Le fonctionnement de l'appareil est facile à comprendre. On règle la vitesse de 
l'axe A'B' de telle sorte qu'elle soit un peu supérieure à celle de la révolution car- 
diaque, 8o tours pour 70 pulsations. Il y a ainsi un contact du clenchet contre l'arrêt 
du cylindre de ,'„- de seconde environ, ce qui suffit pour établir le synchronisme du o 
de la révolution du cylindre avec le moment de la pulsation radiale. 

» Les résultats obtenus dans deux séries de radiographies nous montrent 
le cœur à la période (-+- 10° à -h 100°) après le déclenchement et à la pé- 
riode (-(- 230° à -h 340°) après ce même déclenchement. 



( '79 ; 

» Dans les deux cas, la ligne ventriculaire gauche diffère d'une phase à 
l'autre d'un maximum de o'='",6à o'"','] au niveau du tiers moyen du ven- 
tricule. Le ventricule est plus gros à la deuxième phase. 

» L'oreillette varie peu d'aspect. Elle parait écrasée légèrement en haut 
et à droite à la première phase. 

» L'aorte ne varie pas, mais nous ne la voyons que dans un seul cas. » 



PHYSIOLOGIE ANIMALE. — Du rôle des organes locomoteurs du cheval. 
Note de M. P. Le Hello, présentée par M. Marey. 

« Dans cette Note, je me propose d'exposer les faits auxquels m'a con- 
duit l'étude des documents chronophotographiques publiés par M. Marey 
en 1898. 

» Les rapports existant entre les axes généraux des membres et les axes 
des rayons osseux qui les constituent montrent que l'ensemble de ces 
colonnes squelettiques se dispose, pendant l'impulsion, de façon à con- 
stituer, d'une manière d'autant plus accentuée que les efforts sont plus 
intenses, un arc ouvert en arrière. La convexité de cet arc sert par suite 
de point d'insertion à l'une des extrémités des muscles ischio-tibiaux-fémo- 
raux et pectoraux-grand-dorsal, qui limitent l'ampleur des courbes ainsi 
réalisées. 

). Du reste, ces dispositions sont indispensables pour expliquer le rôle 
des muscles extenseurs de l'avant-bras aux membres antérieurs. Autre- 
ment ces puissances rétractiles ne pourraient ouvrir l'articulation huméro- 
radio-cubitale, sans fermer l'articulation scapulo-humérale; et, avec une 
organisation plus complexe, des subordinations analogues se perçoivent 
pour les muscles qui vont de l'ischium au tibia. 

.) Ces observations conduisent à penser que la rigidité des membres est 
surtout en rapport avec l'utilisation des forces nées de la contraction des 
muscles de la région crurale postérieure (partie postérieure du fessier 
moyen, biceps fémoral, demi-tendineux, etc.) et de la région axillaire 
(pectoral profond, etc.). L'exactitude de cette interprétation peut être 
mise en évidence à l'aide de la représentation artificielle des mouvements, 
suivant le procédé décrit dans mes travaux antérieurs. 

» L'appareil dessiné dans la figure ci-conlre correspond à la conception des or- 
ganes locomoteurs du cheval, qui découle de ces nouvelles recherches. L'axe du tronc, 
joint au coxal, se retrouve dans GDCL, la rigidité du thorax, dans DX et les membres 



( i8o ) 

dans GM el CN. Les ressorts LZ et XY correspondent aux ischio-tibiaux-fémoraux et 
aux pectoraux-grand-dorsal. 

» Il suffit de rendre les tiges représentant les membres obliques en avant, en ten- 




dant par là même les liens rétractiles, pour qu'un effort de translation soit perceptible 
et puisse devenir extrêmement accentué. On obtient un effet déjà fort accusé avec 
chacune de ces puissances prises isolément. 

» Dans l'appareil privé de ses ressorts, le tronc se reporte en avant quand les tiges 
imitant les membres ont dépassé la verticale en ce sens, et réciproquement. 

» Ce dernier état de choses correspond évidemment au recul, où, en l'absence de 
muscles spécialement destinés à cet effet, la raideur des membres peut seule intervenir, 
en combinant son action avec celle du poids du corps. Or, il est reconnu que ce mode 
de translation occasionne une telle fatigue des muscles actifs, forcément surmenés, 
qu'il ne peut être demandé que pour des efforts d'une intensité et d'une durée très 
limitée. 

M D'après ce qui précède, il paraît absolument rationnel d'admettre que, dans les 
mouvements progressifs ordinaires, les agents qui déterminent la détente suivant l'axe 
des membres utilisent largement les facultés dont ils disposent, rien qu'en y détermi- 
nant la raideur grâce à laquelle les muscles du poitrail et de la région crurale posté- 
rieure peuvent produire les forces dirigées dans le sens du déplacement de la masse 
générale. 

)) En somme, voici, encore plus précisée, la conception des phénomènes 
de la locomotion du cheval que j'ai émise, et qui peut désormais se résumer 
dans les données générales suivantes : 

» 1° Les muscles ischio-tibiaux-fémoraux et pectoraux-grand-dorsal 
sont les agents essentiels de la progression. 

» 2° Les forces opérant suivant l'axe général des membres, qui sont les 
intermédiaires nécessaires dans la mise en œuvre des actions précédentes, 
n'ont qu'une participation directe difficilement admissible, dans la création 
des forces dirigées pour produire les déplacements en ce sens. 

» 3" D'après les faits constatés dans le fonctionnement des appareils 
réalisant la représentation artificielle des mouvements locomoteurs, aussi 



( i8, ) 

bien que par l'étude des caraclères anatoniiques, les muscles importants 
de la partie antérieure de la croupe doivent surtout être considérés comme 
des abducteurs du membre tout entier et des continuateurs de l'action de 
l'ilio-spinal en arrière. L'anatomie comparée appuie cette induction en 
montrant que ces muscles sont d'autant plus volumineux que les membres 
agissent plus isolément pendant les actes locomoteurs : les chevaux de trait 
les ont plus volumineux que les chevaux de galop; on les voit diminuer de 
volume chez le lièvre, le lapin, la grenouille, à mesure que les modes de 
translation se rapprochent du saut. » 



PISCICULTURE. — Sur te f/éveloppement et ta pisciculture du Turbot. Note de 
M. A. -Eugène Malaiîd, présentée par M. Edmond Perrier. 

« .Suivant les désirs et les conseils de M. le professeur Edmond Perrier 
qui a organisé l'étude de la piscifacture au laboratoire maritime du Muséum, 
fondé par lui à l'île Talihou, et à la demande de M. le Ministre de la Ma- 
rine, j'ai entrepris cette année, à ce laboratoire, des expériences sur le 
développement et la pisciculture du Turbot. La réussite de ces premières 
expériences, et les résultats importants pour l'avenir qu'elles font prévoir 
m'engagent à en informer dès à présent l'Académie. 

» Les Turbots, acclimatés (et je puis dire presque apprivoisés) dans un 
grand bassin où ils sont nourris au moyen d'équilles ou lançons (Ammo- 
dites tobianus), n'ont nullement souffert de leur stabulation préventive à 
la ponte. C'est donc naturellement que nous avons obtenu la ponte et la 
fécondation des œufs, ce qui n'avait jamais pu être obtenu jusqu'ici à ma 
connaissance. 

Il Les femelles se tiennent au fond du bassin; les mâles, au contraire, sont généra- 
lement plus actifs et montent plus fréquemment vers la surface. Les femelles gravides 
aident la ponte en se frottant l'abdomen sur l'arête vive d'une muraille imitant un 
rocher sortant du sable d'à peu près So"'" de liauteur; durant la ponte, la femelle est 
suivie par le mâle qui paraît féconder les œufs au fur et à mesure de la ponte; lorsque 
la femelle s'arrête, le mâle tourne autour d'elle, puis s'arrête également, il appuie le 
tiers antérieur de son corps sur la portion antérieure du ventre de la femelle et, par 
des mouvements saccadés et répétés, quoique assez lents, semble comprimer l'abdomen 
de la femelle dans le sens antéro-postérieur ; l'un et l'autre reprennent ensuite leur 
course, le mâle à la suite de la femelle; comme celle-ci, il comprime son abdomen 
dans l'élan qu'il se donne pour franchir le rocher. On voit alors les produits sexuels 
formant comme un nuage, monter à la surface. 

G. R., 1899, i' Semestre. (T. CXXIX, N° 3.) 24 



( i8a ) 

» Je dois ajouler que, jusqu'ici, je n'ai observé aucune lésion organique, 
ni aucun ulcère, sur mes animaux; les premiers moments de captivité 
passés, les Turbots ont évité avec le plus grand soin le contact des murailles; 
sauf le cas particulier que je signale lors de la ponte, ils semblent avoir le 
plus grand soin d'éviter tout frottement. 

» Je ne décrirai pas ici les œufs actuellement connus des Turbots, et je 
me contente d'en mettre quelques-uns sous les yeux de l'Académie, au 
stade où ils présentent déjà des caractères bien nets, l'embryon déjà formé 
et le globule buileux si caractéristique; tous les œufs recueillis à la surface 
des bassins sont fécondés, et je n'en ai peut-être pas observé un sur mille 
non fertile; leur nombre est de plusieurs millions et je ne puis l'évaluer, 
même approximativement. 

» Buckland l'estime à i4oooooo dans une seule femelle de 25 livres anglaises, 
et Collett, dans une de 775""", en a calculé environ io56ooo. Six femelles au moins 
ont pondu jusqu'à ce jour; l'œuf, comme je l'ai dit plus haut, est pélagique, et sa 
densité au moment de la ponte est de i ,02^7 environ en moyenne. L'œuf mort devient 
bientôt opaque; il devient rapidement plus lourd et tombe au fond, ce qui a pu 
induire en erreur la plus grande partie des auteurs qui ont observé en mer des œufs 
de Turbots et les ont considérés comme devant achever leur développement au fond. 
L'augmentation de poids parait être due à une perte de la substance grasse; contrai- 
rement à l'opinion reçue, le développement de l'œuf après l'apparition de l'embryon 
se continue à la surface pour l'œuf bien portant ; et il v aura lieu d'étudier d'une façon 
exacte la densité de l'eau de mer dans les localités de ponte des Turbots. J'ai obtenu, 
en effet, le développement de l'œuf jusqu'à éclosion dans l'eau de mer d'une densité 
de 1,026 environ, mais j'ai pu l'obtenir dans diverses eaux de mer titrées, de den- 
sités variant entre 1,024 et 1,028. D'après les résultats obtenus dans ces essais, j'ai 
tout lieu de croire qu'il existe, dans la ponte normale du Turbot, des séries d'œufs 
aptes, par leur plus ou moins grande proportion de substance grasse, à flotter et 
éclore dans des eaux de mer de densités comprises entre i ,024 et 1 ,028 par exemple, 
avec un optimum vers 1 ,026. 

• » La larve, libre tout le temps que le sac vitellin n'est pas résorbé, nage en conser- 
vant la forme courbée qu'elle avait dans l'œuf. Sitôt la vésicule résorbée, et même 
avant sa disparition complète, le jeune Turbot, fortement pigmenté et ayant déjà le 
yeux très développés, commence à chercher sa nourriture. 

» J'ai essayé successivement diverses nourritures naturelles et artifi- 
cielles (viande pulvérisée, farine de crevettes, de poisson, fromage, lait 
caillé, séché et pulvérisé, jaune d'œufs, cervelle de veau, copépodes et 
ostracodes, larves pélagiques, diatomées, infusoires). 

» Les derniers dont j'avais entrepris la culture, sur les conseils de 
M. Fabre-Domergue, ont donné lieu à une curieuse observation : mis en 
contact avec des œufs de Turbot encore enfermés dans leur coque, les 



( i83 ) 

iiifusoires s'attaquent à la coque du côté de la lèle de l'enibryoïi et per- 
mettent ainsi une délivrance plus facile de celui-ci. Semblable fait, déjà 
observé pour les oeufs de Saumon et d'Axolotls, n'avait jamais encore été 
signalé chez les poissons de mer, à ma connaissance. 

» Comme conclusion préliminaire pratique de cette Note, je crois pou- 
voir affirmer que la pisciculture du Turbot sera possible et relativement 
même facile si l'on possède des bassins d'élevage d'une capacité suffisante; 
car, tandis que les jeunes conservés dans de petites cuvettes finissent tou- 
jours par s'anémier et périr par excès de chaleur même en se nourrissant et 
ayant complètement résorbé leur vés.ciile ombilicale, ceux qui, au con- 
traire, vivent dans nos bassins ont jusqu'à présent toute l'apparence de la 
santé ('). » 

PHYSIOLOGIE. — Recherches expérimentales sur les rêves. De la continuité 
des rêves pendant le sommeil (-). Note de M. Vaschide. (Extrait.) 

« A notre connaissance, aucune recherche expérimentale méthodique 
n'a été faite sur la continuité des rêves pendant le sommeil {'^). Les auteurs 
inclinent généralement à croire que ce serait seulement à l'époque prémor- 
phéique du sommeil, de même qu'au moment du réveil, que les rêves au- 
raient lieu ('). A. Maury (^) et Dechambre ("), tout en faisant des 
restrictions, inclinent à croire à la continuité; le marquis d'Hervey ('), 
Lelut C), Serguyeff C) en sont partisans plus catégoriques. 



(') Je dois ici remercier M. le professeur Edmond Perrier et M. Georges Roclié, 
Inspecteur général honoraire des pêches, qui n'onl cessé de m'aider de leurs conseils 
et de me fournir les moyens d'entreprendre ces recherches. 

(^) Travail du laboratoire de Physiologie expérimentale de la Salpètrière, dirigé par 
M. le Prof. Pierre Janet. 

(•') Dernièrement M. Bourdon, répondant à une question que j'avais posée dans IV/i- 
termédiaire des Biologistes (t. I), m'a fait connaître un travail américain de M. Wliiton 
Colkins : Statistics of dreanis {The americ. Joiirn. of. Psych., t. 1. p. 3ii). Ne 
connaissant pas ce travail je me contente de le signaler. 

(*) Landois, Physiologie humaine. Trad. franc, d'après le 7"= album, p. 706; 1898. 
Serguyeff, Le sommeil et le système nerveux ; physiologie de la veille et du som- 
meil (3 vol., 1890), t. II, p. 890. 

(') Le sommeilet les rêves, 4° éd., p. 49, •^2 ; 1878. Paris, Didier. 

(') Dictionnaire des Sciences médicales : art. Songe; 3° série, vol. X, p. 45. 

(') Les rêi-es et les moyens de les diriger, p. 336 et passim ; Paris, 1867. 

(') Physiologie de la pensée, t. II, p. 45o, 453; 1862. 

(') Ouvrage cité, t. I, p. 891. 



( i84 ) 
» Depuis plus (le cinq ans, mes recherches sur cette question ont porté 
sur trente-six sujets, âgés de i an à 80 ans, et sur moi-même. 

» Dans rextrème majorité des cas, les sujets n'ont jamais été au courant de mes 
recherches. En plus, nos observations ont été contrôlées par quarante-six. autres per- 
sonnes, recueillant toujours proprio visu les faits. Notre méthode consistait à sur- 
veiller les sujets toute la nuit, ou au moins une partie de la nuit, et à les observer de 
tout près, recueillant avec soin les changements de physionomie, les gestes, les mou- 
vements, de même que les rêves faits à haute voix et les rêves communiqués par les 
sujets, n'oubliant jamais de déterminer la profondeur du sommeil par des expériences 
préalables, notamment celles de Kolschutter, Spitta (' ) et Michelson (^).De temps en 
temps, dans certains cas, nous réveillions le sujet, en lui cachant toujours que son 
réveil avait été provoqué par nous, et soit laissant le sujet à lui-même, soit lui posant 
des questions, nous étions renseigné suffisamment sur son état d'esprit et ses rêves. 
Des réveils spontanés facilitaient parfois notre tâche. 

» Voici les principales conclusions auxquelles nous sommes arrivé. 

» i" On rêve pendant tout le sommeil et même pendant \& sommeil le 
plus profond, le sommeil qui rappelle la syncope. La vraie vie psychique du 
sommeil, comme la vraie vie des rêves, ne se révèle que lorsque le sommeil 
commence à devenir profond ; c'est alors qu'entre en action l'inconscient. 
Les rêves recueilhs pendant le sommeil profond révèlent les étapes et 
l'existence de ce travail cérébral inconscient, auquel nous devons, à notre 
grand étonnement, la solution des problèmes qui nous occupent depuis 
longtemps et qui ressortent brusquement, comme par miracle (^). 

» 2« On a étudié, sons le nom de rêve et songe, deux expressions dont 
le contenu est loin d'être bien délimité, plutôt les hallucinations hypna- 
gogiques de l'époque prémorphéique et celle voisine du réveil normal. Les 
songes du sommeil profond ont un tout autre caractère que les autres rêves; 
le chaos du râ\>e, pour employer l'expression de Gruthuisen, de même que 
les clichés souvenirs, expression dont le marquis d'Hervey caractérise si 
bien les rêvés, sont presque absents dans les vrais songes, qui paraissent 
être dirigés par une certaine logique inconsciente, par l'attention et la vo- 
lonté, et encore par ce quelque chose qui nous échappe et qui nous fait 
penser au delà des images du rêve, dont parlait Aristote. On pourrait com- 



{^) Die Schlaf iiiid Tiaumzustànde der menscidichen Seele, p. 24; 1878. Tu- 



bingen 



(2) Vntersuchiingen ïibcr die Tiefe des Scidafes {Psycltol. Arbeiten. 11. Bd, 
p. 84-118). 

(') CH.tRME a esquissé, il y a longtemps, une hypothèse semblable: Mémoires de 
l' Académie des Sciences, Ails el Belles-Lellres de Caen; p. 429; i85i. 



( x85 ) 

parer l'état mental de ces rêves avec le travail inconscient de la veille. 

» 3" Il y a une relation étroite entre la qualité, la nature des rêves, et la 
profondeur du sommeil. Plus le sommeil est profond, plus les rêves con- 
cernent une partie antérieure de notre existence et sont loin de la réalité; 
au contraire, plus le sommeil est superficiel, plus les sensations journalières 
apparaissent et plus les rêves reflètent les préoccupations et les émotions de 
la veille. Le D'' Pilez ('), un remarquable observateur, est récemment 
arrivé à des conclusions semblables. 

» 4° L'existence des rêves dans le sommeil profond, comateux, n'im- 
plique pas la possibilité de certains cas de sommeil très profond sans rêve. 
Il y a, comme dans tout phénomène, une question de relativité. L'état 
comateux ou de syncope est loin de répondre, comme on le prétend, au 
sommeil profond, quoique nous soyons loin de connaître l'état mental dans 
ces conditions pathologiques. En somme, comme il y a une probable inertie 
mentale pour la veille, il y en a une pareille pour le sommeil. 

» 5° Les personnes qui ne rêvent pas, ou plutôt qui prétendent n'avoir 
jamais rêvé, sont victimes d'une illusion d'analyse psychique trèsciuieuse. 
Comme habituellement on ne fait attention qu'au moment du réveil ou 
pendant l'époque prémorphéique, le réveil étant brusque de même que 
la transition entre l'assoupissement du coucher et le sommeil comateux, 
les étapes hypnagogiques et du réveil n'ont lieu que sous une forme verti- 
gineuse et il y a impossibilité d'attirer l'attention du sujet. Il se peut bien 
que l'illusion persiste pendant plusieurs années (mon cas, par exemple) 
et qu'elle se révèle dans une nuit de fatigue. 

» 6° Les rêves d'une intensité moyenne persistent plus dans la mémoire 
et ils sont plus continus, tandis que les rêves énergiques, actionnels, dispa- 
raissent rapidement. Pilez a observé ce même fait. Les rêves plus intenses 
caractérisent le réveil et l'époque prémorphéique du sommeil. 

» 7" Les enfants en bas âge et qui ont toujours un sommeil comateux 
commencent à rêver à haute voix; il y a concordance des rêves faits à haute 
voix avec ceux du réveil spontané ou provoqué. 

» 8° Les vrais rêves sont plus lucides, et la lucidité est en rapport avec 
la profondeur du sommeil; dans le sommeil d'une profondeur moyenne, 
les rêves sont plus stables, plus précis et moins fugitifs que dans le som- 
meil superficiel. Le marquis d'Hervey a d'ailleurs très bien deviné ce fait. 

(') Quelques contributions à la psychologie du sommeil chez les sains d'esprit et 
chez les aliénés {Ann. médico-psychol., 99, n° 1, p. 66-75). 



( i«6) 

» 9" En recueillant les rêves de toute une nuit, on est induit à croire 
qu'il y a toute une continuité qui se suit dans les conceptions même les 
plus hallucinatoires. Ce caractère est plus net pour le vrai rêve. Pour une 
personne réveillée plusieurs fois dans une nuit et d'une façon méthodique, 
on peut remarquer un certain ordre d'idées dans ses rêves : une asso- 
ciation étrange, mais nette, et généralement difficile à expliquer par les 
opinions courantes sur l'association des idées, reliait tous les rêves en 
apparence très disparates. Cette association rappelle parfois ce genre d'as- 
sociation de la veille, dans laquelle un mot n'agit que pour provoquer une 
réaction quelconque, ou encore ces associations immédiates où il s'agit 
d'une coexistence dans le temps ou dans l'espace (Aschatïenburg) ('). 

» En résumé, nous pensons, à la suite de nos recherches, que le pro- 
blème de la continuité des rêves pendant le sommeil est en partie résolu, 
et qu'on doit reconnaître, avec Descaries, Leibnitz et Lélut, qu'il n'v a pas 
de sommeil sans rêve ("). Le sommeil ne serait pas, d'après nous, un 
frère de la mort , comme le désignait Homère, mais, au contraire, un frère 
de la vie (^). » 

M. A. Herrera adresse, de Mexico, utie Noie sur une modification à 
introduire dans la formation des noms de genres, en Histoire naturelle. 

M. Al. Tsimbodraky adresse une Note relative à un trailement de la 
lithiase et de l'hyperhémie hépatiques. 

La séance est levée à 4 heures. 

J. B. 



(') Ejcperîmenlelle Sludien iiber Associationen {Psychol. Arbeiten, t. I, p. 209- 
3oo; t. II, p. 1-84). 

('-) Dans un travail publié dans la RivisLa sperimentale di Frevialrla, j'ai dé- 
montré l'existence de l'attention comme facteur qui agit et se poursuit pendant le 
sommeil: N. Vaschide, Influcnza deW attenzionc durante il sonno; 1898, fasc. I, 
vol. XXIV, p. 20-42. 

(') Nos recherches seront exposées dans plusieurs Mémoires qui paraîtront dans la 
Revue philosophique. 



( 18? ) 



BCf.LETIN HIBLIOGRAPHIQCE. 



Ouvrages reçus dans la séance du io juillet 1899. 

Traité de Zoologie, par M. Edmond Perrier, Membre de l'Iastitut. Fasci- 
cule 5 : Arnphioxiis-Tuniciers, avec 97 figures. Paris, Masson et C'^. 1899; 
I fasc. in-8". (Hommage de l'Auteur.) 

Ponts et Chaussées. Service hydrométrique du Bassin de U Adour. Observations 
sur les cours d'eau et la pluie, centralisées pendant Vannée 1896, par MM. Bel- 
LEviLLE et Massenet, SOUS la direction de M. Eyriaud-Desvkrgnes. Paris, 
imp. A. Dencède, s. d.; i fasc. in-f". 

Notes, reconnaissances et explorations . Revue mensuelle. Livraisons 13-23 
(janv.-nov. 1898). Tananarive, Imprimerie officielle, 1898; 11 fasc. 10-8". 

Une série de Documents sur Madagascar : Mémoires, Cartes, Photographies. 
(Présenté par M. A. Grandidier, au nom tlu général Gallieni, gouver- 
neur général de Madagascar.) 

Le Volta. Annuaire de renseignements sur l' Électricité et les Industries an- 
nexes. Paris, Société fermière des Annuaires, 1899; i vol. in-8". (Hom- 
mage des Editeurs.) 

Archives du Muséum d'Histoire naturelle de Lyon. T. VII. Lyon, Henri 
Georg, 1899; I vol. in-f". 

Annales des Ponts et Chaussées. Mémoires et Documents. Personnel. Paris, 
V^^Ch. Dunod, 1899; i vol. iu-8". 

Revue générale de Botanique, dirigée par M. Gaston Bonnier, Membre de 
l'Institut. T. XI, n" 126. Paris, Paul Dupont. 1899; i fasc. in-8°. 

Wissenschaftliche Ergebnisse der Reisen in Madagaskar und Ostafrica in 
dén Jahren 1889-95, von D' A. Vœi^tzkow. Band I, Heft IV. Echinodermen 
des Sansibargebietes, bearbeitet von Prof. D'' Hubert Ludwig, in Bonn. 
Frankfurt a. M., Morilz Diesterweg, 1899; i fasc. 10-4". (Présenté par 
M. Alfred Grandidier.) 

Rejlesiuni la opurile D lui membru académie M. Paye din Paris, Dlui Lappa- 
rent, profesor la Universitatea catolica si Dlui Darvin. J. Bontila. Tip. Weisz 
si Srikiai, in Lugos, 1899; i lasc. in-i6. 

Substilucion de nombres genericos. III, j>or Carlos Berg. (Communi- 
caciones del Museo nacional de Buenos Aires. T. I, n° 3, p. -jj à 80, 24 de 
mayo de 1899.) i fasc. in-8°. (Hommage de l'Auteur.) 



( i88 ) 

Coleopleros de la Tierra del Fuego, coleccionados por el senor Carlos Back- 
hausen, por Carlos Berg. (Communicaciones del Museo nacional de Bue- 
nos Aires. T. I, n" 3, p. Sy à 65, 24 de mayo de 1899.) i fasc. in-8°. 
(Hommage de l'Auteur.) 

Neue Redukdon dervon Wilhelm Olbersim Zeitraum von 1793 bis i83i auf 
seiner Sternwarte in Bremen angestelllen Beohachtungen von Kometen iind 
kleinen Planeten. Nach den Originalmanuskripten berechnet von Wilhelm 
ScHUR und Albert Stichtenoth, in Guttingen. Berlin, Julius Springer, 
1899. (Hommage de M. Scliur.) 

Neuheiten 1899 auf dem Gebiete der Rônlgenstrahlen. Par Max Rohl. 
Chemnitz; i fasc. in-/|". . 

Les appareils de rerherches par les rayons X (Catalogue et supplément), 
par Max Kohl. Chemnitz ; 2 fasc. in-4°. 

Magnetische undmeteorologische Beobachtungen an der k. k. Slernwarte zu 
Pragim Jahre 1898. Herausgeg. v. D^'L. Weinek. 59. Jahrgang. Prag, 1899; 

I fasc. in-4". 

Vn. Sulla funzione fisiologica délia Solalina. Recerche del D"" G. Albo. 
(Estr. da A. Borri, Contrib. Biolog. veget.; vol. TT, fasc. 3, 1899.) i fasc. 
in-8°. (Hommage de l'Auteur.) 



ERRATA. 



(Séance du 3 juillet 1899.) 

Note de M. C. Guichard, Sur les surfaces de M. Voss : 

Page 24, ligne 22, au lieu de sont les solutions les plus générales, lisez ne sont pas 
les solutions les plus générales. 

(C'est ce qui résulte d'ailleurs des explications données deux, lignes plus bas. ) 



Oa souscrit à Pans, chez GAUTHIER-VILLARS. 
Quai des Grands-Augustins, n° 55. 

du "janvier. j, prix de l'abonnement est fixé ainsi qu'il suit : 



On souscrit, dans les Départements, 



chei Messieurs 
Ferrun frères. 



iChaix. 
Jourdan. 
Ruff. 

Courtin-Hecquel. 
Germain et Grassin. 



Lorient. 



Lyon. 



• ( Lachèse. 
. Jérôme. 
. Jacquard. 

iFeret. 
Laurens. 
Muller (G.) 
.. Renaud. 

IDerrien. 
F. Robert. 
J. Robert. 
Vze\ frères. 

. . Jouan. 

nie, P'rrin. 

j Henry. 



■J/ïC 

fan 



ges 



chez Messieurs : 
( Baumal. 
j M°" Texier. 
/Bernouxcl Cumin 
\ Georg. 
] Côte, 
jsavy. 
' Vitte. 

Marseille Ruât. 

1 Calas. 
I Coulet. 
Martial Place. 

i Jacques. 
Grosjean-Maupin. 



On souscrit, à l'Étranger, 



Montpellie 
Moulins . . 



chez Messieurs : 
j Feikema Caarelsen 
Amsterdam ! g^ c'*. 

Athènes Beck. 

Barcelone Verdaguer. 

( Asher et C". 

] Dames. 
Berlin ' Friedlander et fils 

( Mayer et Muller. 

gerne Schmid et Francke. 

Bologne 



chez Messieurs : 
Dulau. 

Londres \ Hachette et C". 

Nutt. 



Luxembourg . 



Madrid . 



Zaoichelli. 
] Lamertin. 
Bruxelles } MayolezetAudiarte. 



1 Nantes 



I 



â– boi{ 



Nice. 



\ Sidot frères. 
Loi seau. 
Veloppé. 
Barnia. 

Visconti et G" 
Thibaud. 



Ferr.. 



nob' 
Hoc 
tav 



Marguerie. 

Juliot. 
Ribou-Collay. 

iLamarche. 
Ratel. 
Rey. 
i Lauverjat. 

I Degez. 

j Drevet. 

i Gratier et C'V 

(le Foucher. 

i BourdignoD. 

( Dombre. 

j Thorez. 
i Quarré. 



Aimes, 

Orléans Luzeray. 

Blanchier. 
Poitiers 



Milan. 



Naples. 



Bacharest . 



Lebègue et C". 
Sotcheck et C». 
SlorcU. 
Kilian. 



( Marche. 
Plihon et Hervé. 



Budapest 

Cambridge Deighton, BellelG». 

Christiania Cammermeyer. 

Constantinople. â–  Otto Keil. 

Copenhague Hôst et fils. 

Florence Seeber. 

Gand Hoste 

Gènes 



Rennes 

Rochefort Girard (M»") 

( Langlois. 
Rouen j Leslringant. 

Etienne Chevalier. 



S' 
Toulon 



( Ponteil-Burles. 
"i Rumèbe. 



Genève. 



La Haye. 



Lausanne. 



Toulouse. 



Tours. 



Valenciennes 



J Gimel. 
i Privât. 

iBoisselier. 
Péricat. 
Suppligeon 
( Giard. 
Lemaltre. 



Leipzig- 



Beuf. 
Cherbuliez. 
Georg. 
( Stapelmohr. 

Belinfante frères. 

j Benda. 
( Payot. 
Barlh. 
1 Brockhaus. 
, Lorentz. 
i Max Rube. 
', Twielmeyer. 

^ Desoer. 
Gnusé. 



V. Buck. 
' Libr. Gutenberg. 
I Romo y Fussel. 
I Gonzalès e hijos. 
' F. Fé. 
( Bocca frères. 
( Hœpli. 

Moscou Tastevin. 

( Marghieri di Gius. 

( Pellerano. 

( Dyrsen et Pfeiffer. 

Nciv- York j Slechert. 

( LemckeetBuechner 

Odessa Rousseau. 

Oxford Parker et C" 

Palerme Clausen. 

Porto Magalhaès el Moniz. 

Prague ,.• Rivnac. 

Rio-Janeiro Garnier. 

I ( Bocca frères. 

•«<""« JLoescheretC". 

Rotterdam Kramers et fils. 

Stockholm Samson et Wallin. 

( Zinserling. 

I WollT. 

! Bocca frères. 
Brero. 
Clausen. 
RosenbergetSellier. 

, Varsovie Gebelhner et Wollf 

\ Vérone Drucker. 

1 ( Frick. 

1 Vienne Gerold et C". 



\ Zurich MeyeretZeller. 



S'-Petersbourg. . 




Ti .US GÉNÉRALES DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE I-'A'^ABÉMIE DES SCIENCES : ^^ ^^ 

il,_ (,« Janvier i85i à 3. Décembre .865.) Vo utne m 4, 7 

,1._- (:" Janvier i866 à 3. Décembre i88o.) Volume .n-4 ,..889. i nx . . 



15 fr. 
15 fr. 



Tomes 1" 31 
^1 Tomes 32 à 61 

PI Tomes 62 à 91.— 

.,PU.»T A»X COMPTES ,E»DOS «ES SEA»CBS.E h;'"-^;;f. °tf-î™?.. - »....»■ 

dans les phénomènes digestifs, particulie - ^^ ^^ 

.ses>ar M. Cla.de Be.»ab». Volume m-^-, ^'"^''^'/'"-r^'gENEDEN. - Essa. d'une ^épon^eV la question de Prix P':°P°;J^J" f/;j',Vdtf'féSrter^ 
■«mil : Mémoire sur les vers intestinaux, par M. P.-J. Van ^"r . ^ ^^^^^-^^ delà distribution des corps organises fossiles dans U nature 

„ 1 concours de ,853, et puis remise pour celui de .856, 7-'- ' " f "'^'^^^^^^^^ 15 fr. 

.enires, suivant l'ordre de leur superposition. - Discuter la que t.on dleuappr ^ ^^ ^^^^^^^^^^ ^^^^^ j^_^.^ ^,,, ,, planche., 

.. ppons qu. existent entre l'étatactuel du règne organique et ses^tatsai^ ^ ^^^^^^^^^ 

.U..e UbraiHelesMé.o.e.de VAcadé^ie des Sciences, et les M..o.es présentes par ..ers Sa,anu 



Om. : Mémoire sur quelques points de la Physiologie des Algues P"J^-J^;f ^^ , 
aèl^ par M.Han««.- Mémoire sur le Pancréas et sur le rôle du suc pancréatique 
CLAtDE Bee«abd. Volume in-4% avec 3^ planches ; i8o6 



,rle Calcul des Perturbations qu'éprouvent le» 
èrement dans la digestion des matières 



W 3. 

TABLE DES ARTICLES. (Séance du 17 juillet 1899.) 



MEMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 



Pages. 

M. Ukiithelot. Sur les combinaisons du 
sulfure de carbone avec l'hydrogène et 
l'azote '33' 

\I. Bl-RTHELOT. — Ucniarques sur la com- 



Fages. 

hinaison de l'azote avec l'oxygène ^(7 

M. P.-P. Deiiérain. — Cultures dérobées 
d'automne. Leur efficacité comme engrais 
vert t'iii 



CORRESPONDANCE. 



M. le Skcretaiiik pekpetuki. signale, parmi 
les pièces imprimées de la Correspon- 
dance, le nouveau Volume 'public par 
l'Association française pour l'avancement 
des Sciences : « 27" session, tenue à Nantes 
en i8r)S, ir Partie : Notes et Mémoires >>. 

IM. LœwY présente deux photographies lu- 
naires qui lui sont adressées par M. IVei- 
neck 

M. E.-O. LovETT. — Sur les transformations 
des droites 

M. C. GuiCHAHD. — Sur la tlicorie générale 
des congruences de cercles et de sphères. 

M. F. Beaulard. — Sur les formules de 
Mossotti-Clausius et de Betti relatives à 
la polarisation des diélectriques 

M. E. BouTY. Les gaz raréfiés possè- 

dent-ils la conductivité éleclrolytique "? .. 

M. On. -Ed. Guillaume. — Sur les variations 
temporaires et résiduelles des aciers au 
nickel réversibles 

M. A.Recoura. — Sur l'acétate chromique. 

M. V. Babès et Bacoucea. — Sur la pré- 
vention et la guérison de l'épilepsie 
toxique, par l'injection de substance ner- 
veuse normale 

MM. E. Abelous et E. Gérard. — Sur la 
présence, dans l'organisme animal, d'un , 
ferment .soluble réducteur. Pouvoir ré- 
ducteur des extraits d'organes 

Bulletin bibliographique 

Errata 



•^7 

/ 

â– 49 
l'is 



I 13 

i')8 



.H I 



M. Etienne IUdaud. — Sur le parablasle 
et l'endoderme vitcllin du blastoderme de 
Poule 

M. Edmond Bordage. - Régénération tar- 
sienne et régénération des membres des 
deux paires antérieures cliez les Ortho- 
ptères sauteurs 

M. Sappin-Trouffy. — Division du noyau 
dans la spermatogénèse chez l'homme.... 

M. Abel Buouet. — Régénérations osseuses 
suivies à l'aide de la radiographie 

MM. .Vlbarran et Contremoulin. — Radio- 
graphie des calculs du rein 

M. H. (juiLLEMiNOT. - Radiographie du 
cœur et de l'aorte auj. différentes phases 
de la révolution cardiaque , 

AL P. Le Hello. — Du rôle des organes lo- 
comoteurs du cheval. . ; 

M. A.-Euûèxe !\Lalard. ~ Sur le développe- 
ment et la pisciculture du Turbot 

M. Vaschide. — Recherches expérimentales 
sur les rêves. De la continuité des rêves 
pendant le sommeil 

M. A. Heurera adresse une Note sur une 
modification à introduire dans la forma- 
tion des noms de genres, en Histoire na- 
turelle 

M. .\.l. Tsimbourakv adresse une Note rela- 
tive à un traitement de la lithiase et de 
l'hyperhémie hépatiques 



i*i() 



â– 7^ 



'70 

iSi 



iS3 



.8; 
18S 



P\RIS. — IMPKIMERIE G A UTH [E R -Vt L L \ RS , 

Quai des Grands-Augustins, Sa. 

/-«• f.erant .' t>*L-ruiEB-ViLLARS. 



1899 

AUiS 15 im â–  SECOND SEMESTRE. 

COMPTES RENDUS 

HEBDOMADAIRES 

DES SÉANCES 

i DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 

PAK un. IiES SECRÉTAIKES PEKPËTUEEiS 



TOME CXXIX. 



N^ 4 (24 Juillet 1899). 



PARIS, 

GAUTHIER-VILLARS, IMPRIMEUR-LIBRAIRE 

DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, 

yuai des Grands-Augustins, 55. 

"189'J 



RÈGLEMENT RELATIF AUX COMPTES RENDUS 

ADOPTÉ DANS LES SÉANCES DES 23 JUIN 1862 ET 2/» MAI 1875. 



J.es Comptes rendus hebdomadaires des séances de 
l' Académie se composent des extraits des travaux de 
ses Membres et de l'analyse des Mémoires ou Notes 
présentés par des savants étrangers à l'Académie. 

Chaque cahier ou numéro des Comptes rendus a 
48 pages ou 6 teuilles en moyenne. 

26 numéros composent un volume. 

Il y a deux volumes par année. 

Article 1". — Impressions des travaux de C Académie. 

Les extraits des Mémoires présentés par un Membre 
ou parunAssociéétranger de l'Académie comprennent 
au plus 6 pages par numéro. 

Un Membre de l'Académie ne peut donner aux 
Comptes rendus plus de 5o pages par année. 

Les communications verbales ne sont mentionnées 
dans les Comvtes rendus, qu'autant qu'une rédaction 
écrite par leur auteur a été remise, séance tenante, 
aux Secrétaires. 

Les Rapports ordinaires sont soumis à la même 
limite que les Mémoires; mais ils ne sont pas com- 
pris dans les 5o pages accordées à chaque Membre. 

Les Rapports et Instructions demandés par le Gou- 
vernement sont imprimés en entier. 

Les extraits des Mémoires lus ou communiqués par 
les Correspondants de l'Académie comprennent' au 
plus 4 pages par numéro. 

Un Correspondant de l'Académie ne peut donner 
plus de 32 pages par année. 

Dans les Comptes rendus, on ne reproduit pas les 
discussions verbales qui s'élèvent dans le sein de 
l'Académie; cependant, si les Membres qui y ont 
pris part désirent qu'il en soit fait mention, ils doi- 
vent rédiger, séance tenante, des Notes sommaires, 
dont ils donnent lecture à l'Académie avant de les 
remettre au Bureau. L'impression de ces Notes ne 
préjudicie en rien aux droits qu'ont ces Membres de 
lire, dans les séances suivantes, des Notes ou Mé- 
moires sur l'objet de leur discussion. 



Les Programmes des prix proposés par l'Acadéi • 
sont imprimés dans les Comptes rendus, maislesR. 
ports relatifs aux prix décernés ne le sont qu'aut 
que l'Académie l'aura décidé 

Les Notices ou Discours prononcés en séance > 
blique ne font pas partie des Comptes rendus. 

Article 2. — Impression des travaux des Savant 
étrangers à l'Académie. 

Les Mémoires lus ou présentés par des person 
qui ne sont pas Membres ou Correspondants de l'A 
demie peuvent être l'objet d'une analyse ou d'un 
sumé qui ne dépasse pas 3 pages. 

Les Membres qui présentent ces Mémoires î 
tenus de les réduire au nombre de pages requis. 
Membre qui fait la présentation est toujours nomi 
mais les Secrétaires ont le droit de réduire cet ExI 
autant qu'ils le jugent convenable, comme ils lei 1 
pour les articles ordinaires de la correspondance! • 
cielle de l'Académie. 

Article 3. 

Le bon à tirer de chaque Membre doit être ren 
l'imprimerie le mercredi au soir, ou, au plus tare 
jeudi à I o heures du matin ; faute d'être remis à ter 
le titre seulduMémoireestinsérédansleCow/)/erf 
actuel, et l'extrait est renvoyé au Compte rendu 
vaut et mis à la fin du cahier. 

Article 4. — Planches et tirage à part. 

Les Comptes rendus n'ont pas de planches. 

Le tirage à part des articles est aux frais des 
leurs; il n'y a d'exception que pour les Rapport 
les Instructions demandés par le Gouvernement. 

Article 5. 

Tous les six mois, la Commission administrative 
un Rapport sur la situation des Comptes rendus a\ 
l'impression de chaque volume. 

Les Secrétaires sont chargés de l'exécution du| 
sent Règlement. 



Les Savants étrangers à l'Académie qui désirent faire présenter leurs Mémoires par MM. les Secrétaires perpétuels sont priés di« 
déposer au Secrétariat au plus tard le Samedi qui précède la séance, avants*'. Autrement la présentation sera remise à la séance sniî > 



UG 15 1889 



COMPTES RENDUS 

DES SÉANCES 

DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES 



SÉANCE DU LUNDI 24 JUILLET 1899, 

PRÉSIDENCE DE M. VAN TIEGHEM. 



MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS 

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. 

M. le Secrétaire perpétuel annonce à l'Académie que le Tome CXXVII 
des Comptes rendus (i^ semestre 1898) est en distribution au Secrétariat. 

CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. — Présence de l'iode en proportions notables dans 
tous les végétaux à chlorophylle de la classe des Algues et dans les Sulfu- 
raires, par M. Armand Gautier. 

« L'air de la mer étant particulièrement riche en iode, exclusivement 
localisé dans les particules en suspension et de nature organique, j'ai 
pensé que cet élément était entraîné dans l'atmosphère à l'état d'Algues 
microscopiques ou de spores iodées issues des eaux de mer où l'on sait 
que foisonnent les Algues microscopiques très riches en cet élément. Mais 

C. R., 1899, 2' Semestre. (T. CXXIX, N» 4.) . 2.^ 



( '9" ' 
l'air des conlinenls contenant aussi de l'iode sous la même forme, quoique 
en bien moindre proportion, je me suis demandé s'il est vrai, comme on 
le croit généralement, que l'iode n'existe que dans les Algues marines, et 
s'il ne pourrait se faire qu'il fût indispensable à la constitution de tous les 
végétaux de cette grande classe. On sait qu'elle se sépare de celle des 
Champignons par son mode de végétation et de reproduction, ainsi que 
par la présence de la chlorophylle, ou d'un pigment analogue, chez 
presque tous ses représentants. De là des caractères différenciels impor- 
tants : grâce à leur pigment, les Algues peuvent décomposer l'acide carbo- 
nique et se développer sans l'aide d'aucune matière organique préexistante: 
en revanche, elles ont besoin de l'excitation lumineuse. Les Champignons, 
au contraire, ne peuvent se nourrir que d'une matière organique toute 
formée qu'ils détruisent pour fonctionner, mais la lumière ne leur est 
pas nécessaire. A la limite de ces deux classes, tantôt unies aux Algues par 
les botanistes, tantôt séparées d'elles (de Bary, Nœgeli), se rencontrent les 
Bactériacées, Algues par leur développement et leur mode de reproduc- 
tion. Champignons par leur mode de nutrition, dénuées de chlorophylle 
comme ceux-ci, et comme eux, par conséquent, se développant grâce à la 
décomposition corrélative d'une matière organique préexistante. Au cas 
où l'iode se rencontrerait dans toutes les Algues, marines ou d'eau douce, 
et n'existerait pas dans les Champignons (et nous allons montrer qu'il 
en est à peu près ainsi), comment, à ce point de vue, la présence ou 
l'absence d'iode permettrait-elle de classer les Bactériacées? 

» L'existence de l'iode dans les Algues d'eaux salées est établie depuis 
longtemps. Toutefois, quoiqu'il y soit constant, cet élément s'v rencontre 
en proportions très différentes suivant les espèces, comme le montrent les 
quelques nombres suivants ( ' ) : 

Iode en loo»' 
de plante fraiclie. 
gr 
Laminaria digitala slenoloba o,o6i 

» saccharina o , o44 

Fucus vesiculosus. . . . 



serrai us , _, . ,, 

j > (Goémons noirs). Moyenne 0,012 

nodosus 1 ^ ' -^ ' 



» siliq uosus 

Laminaria bulbosa 0,0077 

» Ainsi, les Algues d'eau de mer contiennent de y^^r à 6o™e'" et plus 



(') Je les emprunte à E. Allauy, Bull. Soc. chiin., t, XXXV, p. 11; 1881 



( igi ) 

d'iode jDOur loo^'' de plantes fraîches, soit en moyenne 12"'''', nombre 
qu'il faut multiplier par 5 environ si on le rapporte à la plante dessé- 
chée : [ooS"^ d'Algues sèches d'eau salée contiennent donc, en moyenne, 
Go-^s'- d'iode. 

)) Toujours présent dans les Algues d'eau de mer, où on le trouve sur- 
tout à l'état d'iodonucléines, j'ai pensé que l'iode devait y jouer un rôle 
pour ainsi dire spécifique, en rapport avec le fonctionnement des espèces 
de cette grande classe de végétaux, et que, par conséquent, cet élément 
existait dans toutes les Algues, au moins dans celles à chlorophylle, 
quoique peut-être, dans ce dernier cas, en moindre quantité. C'est ce 
que l'expérience a confirmé. 

» J'ai examiné les Algues d'eaux douces, courantes et stagnantes, celles 
qui poussent simplement sur la terre humide, celles qui s'introduisent 
dans les Champignons et donnent ainsi les Lichens, celles qui vivent dans 
les eaux sulfureuses froides ou chaudes et qui sont déjà presque des Bac- 
tériacées. Les Algues étudiées appartenaient aux divers ordres des Cyano- 
phycées, Chlorophycées, Floridées, etc. Dans tous les cas, j'ai trouvé et 
j'ai pu doser l'iode dans ces plantes. Voici mes observations abrégées : 

' Ulothrix dissecla (ordre des Chlorophycées, famille des Confervacées). 
— Espèce très pure récoltée à la campagne, à la fin du printemps, dans un 
grand baquet de bois rempli d'eau de source issue de la couche des sables 
de Fontainebleau et abandonnée l'hiver dans une serre tempérée. Après 
essorage à la trompe, 5^', 58 de cette algue fraîche ont laissé 2»', 77 de 
matière sèche contenant o™8', 066 d'iode, soit : 

Iode 2"'s'', 4o pour 100 d'algue sèche. 

« Cladophora/racta {même ordre, même famille). — Plante développée 
dans les bassins de l'École de Pharmacie de Paris, récoltée en juin. Elle 
contenait 88,4 pour 100 d'eau. Dans 250^"" de cette algue fraîche, j'ai 
trouvé o'"'''%433 d'iode, soit : 

Iode o"s'',9S4 pour 100 d'algue sèche. 

» A'oi/ocy)-rt^i/« (ordre des Cyanophycces, famille des Nostocacées). — 
Cette plante contenait GiS", 8 d'eau pour 100, à l'état frais, après essorage; 
3i^^ d'algue humide ont donné o"^'', o5 d'iode, soit : 

Iode o™si,493 pour 100 d'algue sèche. 

» Algue cyanophycèe du groupe des finulariées (mélangée d'un peu de 



( '92 ) 
Desmidiées) . — Elle avait été recueillie, en mai, dans un ruisseau près 
Mantes. On y a trouvé : 

Iode o™s'', 262 pour 100 d'algue sèche. 

» Protococcus pluçialis (ordre des Chlorophycées, famille des Protococ- 
cacées). —Elle m'avait été fournie par M. Maxime Cornu qui l'avait récoltée 
dans un bassin du Muséum de Paris. Elle était mélangée d'un peu de Pan- 
dorina morum, de Gonium pectorale et d'Euglena viridis. Cette algue verte 
contenait après essorage 98,24 d'eau. Elle a donné : 

Iode 2"e'',o6 pour 100 d'algue sèche. 

» Batrachospermum (ordre des Floridées, famille des Némaliées), ré- 
coltée en Seine, en amont de Paris. Elle contenait, après centrifugation, 
93,16 pour 100 d'eau. On y a trouvé : 

Iode i™s'",i9 pour 100 d'algue sèche. 

)) Beggialoa (Glairine et barégine). — Elle était mélangée de quelques 
autres Sulfuraires formées de cellules arrondies, vraisemblablement des 
Thiocystis. Mais la masse principale était de la glairine de consistance 
muqueuse épaisse, surmontée de pellicules d'un gris verdàtre quelquefois 
noirâtre, où se voyaient d'innombrables cristaux de soufre octaédrique 
(L. Guignard). Cette Algue venait des sources sulfureuses thermales de 
Luchon. Elle était toute fraîche au moment de l'analyse. La matière totale 
contenait alors 98, Sa pour 100 d'eau. On y trouva : 

Iode Sô^sr pour 100 de matière sèche. 

» Si, au lieu de prendre les Algues libres, on s'adresse aux Lichens qui 
résultent, comme on le sait, de la symbiose d'une Algue et d'un Cham- 
pignon (généralement ascomycète), association où le plus souvent le 
Champignon prédomine beaucoup, on retrouve encore dans le Lichen 
l'iode qu'y apporte l'Algue. En voici deux exemples : 

» Parrnelia, récoltée en avril sur des micaschistes du Tyrol à 800 mètres 
d'altitude. On en a traité 2^'' à l'état frais : 

Iode Trace. Trop faible quantité pour un dosage. 

» Pehigera, récoltée à la même époque à i5oo mètres d'altitude sur les 
micaschistes du Tyrol, au-dessus de Levico. On en a traité i^', 37 à l'état 

frais : 

Iode o"'S'', 298 pour 100 de lichen sec. 



( '93) 

» Ainsi les Lichens où l'Algue n'existe qu'en proportion minime, à peine 
I pour 100 du poids total, contiennent aussi de l'iode en quantité le plus 
souvent dosable. 

)) Il n'en est plus de même des végétaux de la grande famille des Bacté- 
riacées. Les essais que nous avons faits pour savoir si leur teneur en iode 
les sépare nettement des autres Algues dont elles diffèrent aussi par leur 
mode de nulrilion et par l'absence de chlorophylle, ont confirmé, au moins 
partiellement, notre sentiment qu'aux points de vue cliimique et phy- 
siologique, ces plantes doivent être classées à côté des Champignons. Mais, 
à cause de la difficulté qu'on rencontre de se procurer des bactéries homo- 
gènes en quantité suffisante pour ces études, nous avons borné nos re- 
cherches à deux espèces : l'une aérobie, le bacille de la diphtérie, l'autre 
anaérobie, celui du tétanos. Ils venaient l'un et l'autre du laboratoire de 
notre confrère, M. Roux, de l'Institut Pasteur. 

» Bacille de la diphtérie (Variété américaine). — C'est un microbe essen- 
tiellement aérobie. On l'a recueilli en filtrant sur papier i3 litres de cul- 
tures pures. Après lavage très modéré à l'eau et essorage, les corps des 
bacilles occupaient un volume d'environ 120". Ces bactéries séchées pe- 
sèrent S^"^, 3 seulement. On y trouva : 

Iode Absence complète. 

» Bacille du tétanos. — On sait que c'est un microbe anaérobie. Nous en 

avions 20 cent, cubes à l'état de purée très épaisse qui, séchée, n'a laissé 

que 637 centigrammes. Ils provenaient de 3'", 5 de cultures. On y a 

trouvé : 

Iode C"?', 00016 environ (') 

» Quant aux Champignons, l'iode a été cherché dans trois espèces, 
V Agaricus campestris, le Boletus edulis et le Cantharellus cibarius, par mon 
préparateur, M. Bourcet, qui publiera plus tard ses résultats en détail. Il 
a trouvé : 

Iode pour loos' 

de parties fraîches. à l'état sec. 
Mgr mgr 

Agaricus campestris {Champignon découche)... 0,028 0,270 

" » . . . o , o 1 3 » 

Boletus edulis (Cèpe comestible) 0,0172 » 

Cantharellus cibarius (Girolle) 0,0019 » 

(') Nous faisons quelques réserves sur ce cas. Les 20'= de corps de bacille n'ayant 



(. 194 ) 

» Des observalions ci-dessus, on doit conclure que l'iode est un élément 
constant du protoplasma des Algues à chlorophylle, aussi bien de celles 
qui habitent la mer que de celles qui croissent dans les eaux douces, mais 
celles-ci en sont moins abondamment pourvues : tandis qu'on trouve 
en moyenne 6o"«' d'iode dans loo parties sèches d'Algues marines, celles 
d'eaux douces n'en contiennent, pour la même quantité, que 0'"^% 25 à 
2'"fi'',4o. Les Algues bactériacées d'eaux sulfureuses, dénuées comme on 
sait de chlorophylle, mais dont le mode de fonctionnement est si différent 
de celui des autres Algues, tiennent le milieu entre les Algues d'eaux 
douces et celles d'eaux de mer, avec leurs 36™»'^ d'iode pour loos"" de 
parties sèches. 

» Les Aigu es microscopiques, surtout celles d'eau de mer, et celles qui 
habitent les Lichens paraissent particulièrement riches en iode. 

» A la façon des Champignons, les Algues dénuées de chlorophylle 
(si l'on en excepte les Sulfuraires) semblent ne pas contenir nécessaire- 
ment de l'iode, ou du moins n'en contenir le plus souvent qu'en quantité 
très minime. 

» Dans les Champignons, l'iode augmente ou diminue, paraît même 
pouvoir disparaître, suivant le milieu où ils se nourrissent; en un mot, 
l'iode ne paraît pas être un des éléments indispensables de leur proto- 
plasma. Toujours présent, au contraire, dans les Algues chlorophylliennes, 
souvent absent quand elles sont incolores et ne décomposent pas l'acide 
carbonique, l'iode semble entrer, sinon dans la constitution même du pig- 
ment chlorophyllien spécial de ces Algues, du moins dans celle du support 
protoplasmique chargé de l'assimilation et s'y trouver sous forme d'une 
combinaison nucléinique à la fois richement phosphorée et iodée. 

» Il n'en est plus de même des faibles quantités d'iode des Champignons 
et des traces qu'on peut rencontrer dans quelques végétaux supérieurs, 
tels que le Tabac ou le Cresson, végétaux où l'iode peut beaucoup varier et 
disparaître même entièrement, constituant ainsi un élément surnuméraire, 
pouvant passer ou non dans le végétal, suivant la composition du sol et 
des eaux où la plante s'est développée. » 



laissé que 05^,056 de résidu sec, le bacille tétanique donnerait, pour loos"' à l'état sec, 
o"'S'', 32 d'iode. Mais, vu la faible quantité sur laquelle on a été obligé d'opérer, on ne 
peut répondre entièrement de ce nombre. 



( igs ) 



MEMOIRES LUS. 

M. le D"^ E. Vidal donne lecture d'un Mémoire « Sur la fermentation 
des vins ". 

(Commissaires : MM. Arm. Gautier, Duclaux, Bouchard.) 



MEMOIRES PRESENTES. 

M. Eugène Foubnier adresse un Mémoire intitulé : « Recherches sur la 
désinfection par l'aldéhyde formique : formacétone ». 

(^Commissaires : MM. Bouchard, Duclaux, Roux.) 



CORRESPONDANCE. 

M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la 
Correspondance, un article de M. Clennont-G anneau, inséré dans la Revue 
archéologique, et relatif à un vase de terre cuite, du vi"' siècle avant notre 
ère, destiné à laisser tomber en pluie le liquide qu'il contient, à la façon 
de l'éponge américaine. 



ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur la théorie des équations aux dérivées 
partielles. Note de M. N. Saltykow, présentée par M. C. Jordan. 

« Les résultats de mes recherches, présentés à l'Académie au mois de 
janvier de l'année courante, ne concernent que les équations résolues par 
rapport aux dérivées partielles. Mais au point de vue des applications pra- 
tiques, la résolution d'équations peut offrir des difficultés considérables. 
Je me propose donc d'étendre la théorie développée aux équations quel- 
conques en involution, d'autant plus que cette étude, liée intimement aux 
travaux de S. Lie, présente de même un intérêt théorique. 



(0 



( '96 ) 
» Considérons le système d'équations difFérentielles 

Fa(^i > ^2' • • • ' -^nf Pk P2' • • • ' Pn) ^^ O' 

X: ^ I, 2, . . . , m, 



les variables pi désignant les dérivées partielles -j^ et le déterminant fonc- 
lionnel 

r 1, rg* * • • » '^ A-î • • ■ ' ^ „ 






Pi 



, ^2, . . . , ^4-, 



^*, 



ne s'annulant pas. Le système (i) étant en involution, on en conclut que 
les équations 



{^) 



F, 


,F„.. 


. , F,, 


. . . , F„, 


Pv 


,P^, â– â–  


• • î Pm-^tj 


• • • , Pm 


'F, 


,F„. 


. . , F,, . . . 


,F„,\ 



f/a;t. 



j = I, 2, ...,« — m, 



1,2, ...,n 



sont aux différentielles totales. Il est aisé d'établir le théorème suivant : 
>) I. Soit 

z = \(x,,Xi ,x„,b,,b„, ..,6„_„, ) -i- b 

une intégrale complète du système (i), b,h^, . . ., b„_„ étant des constantes 
arbitraires. Le déterminant fonctionnel 



D 



dN 



d\ 



dx 






dXn 



' b„ 



ne s'annulant pas, les équations 



i Fi,(x,, x.^, .. ., x„, p,,p., . . ., pn)~ a/,. 



(3) 



d\ 



dx„ 



--=Pn 



^ m-i-i 

r, 2, ...,m. 



d\ _ 

db, " 

/= I, 2, 



n-m 



donnent l'intégrale générale du système (2), les a^ étant de nouvelles 
constantes arbitraires. 



( '.i)7 ) 
» La démonstralion du théorème inverse du précédent se base sur la 
considération de la fonction suivante : 

« Cette dernière jouit de la propriété remarquable de devenir une diffé- 
rentielle exacte, que nous nommerons àM, en vertu d'une intégrale géné- 
rale ou particulière du système (2). Nous avons, en particulier, si les équa- 
tions (i) sont résolues par rapport aux dérivées /?,, p.^, . . ., />„,, que clM est 
identique à la différentielle (/U, étudiée dans ma Note : Généralisation delà 
première méthode de Jacobi sur l'intégration d' une équation aux dérivées par- 
tielles (^Comptes rendus du 23 janvier 1899). Je veux ici mentionner à son 
sujet que M. A. Mayer a bien voulu attirer mon attention par sa lettre du 
22 juin sur son Mémoire : Zur Intégration der partietlen Differenlialglei- 
chungen erster Ordnung (^Nachrichten von der k. Gesellschaft der Wissen- 
schaJtenundderGeorg-Augiists-Universitàt, Gotlingen, 1873, p. 299), qui 
m'était inconnu à l'époijue, quand j'ai [jubiié mon Travail cité plus haut. 
Cet éminent i;éoinètre, tout en conservant les notions de 1 illustre Lagrange 
sur les équations aux dérivées partielles et leurs intégrales, y a esquissé une 
démonstralion de la méthode de Cauchy, généralisée par S. Lie, sur l'inté- 
gration des équations correspondant à la différentielle d\] , et cela en pro- 
fitant des propriétés de cette dernière. Le théorème suivant donne une 
extension de la théorie en question aux équations (i) : 

» IL Considérons l'intégrale particulière du système (2) 

1 '^irn-i ^-~y i \,"^( ' "^ 2> • • • 5 ■^iii' a^, a.y^ • ■ • % a,i_,„, w, , o.,, . . . , o,i_,„j, 

[ Ps--'h{^\^'^-2^ ■■ ■' ^m^ a^, a.., a„^,„,b,,b.,,. ., 6„_„;), 

i = 1 , 2, . . ., n — m, A = r , 2, . . .. «, 

que l'on obtient en prenant les équations (i) comme m intégrales distinctes, les 
constantes arbitraires «,, 6, étant les valeurs initiales des variables j:',„-h,, Pmi^i- 
La quadrature de la différentielle exacte f/M effectuée, considérons la fonction 






OÙ M est la valeur initiale de la fonction M. En éliminant les a,, donnés en 

C. R., 1899, 2* Semestre. (T. CXXIX, N" 4.) 2() 



( '^8 ^ 

fondions des x„ b^par (es équations (4 ), l' égalité 

Z = \(Xt,x.;,, .. ., x,„h,,h.^. . . .,^„_,„ ) î- l^ 

représente une intégrale complète du système (i ), h étant une nouvelle 
constante arbitraire. 

» Le problème de l'intégration des équations (2) est équivalent à celui 
du système d'équations simultanées linéaires aux dérivées partielles d'une 
seule fonction inconnue F 

(j) ('Fa,F;) = o {k=i,2, ..,7U). 

Donc le théorème bien connu de S. Lie (Math. An., Bd. XI, p. 469 ) est 
une conséquence des formules (3), et il s'ensuit immédiatement : 

M Si l'on connaît n ~ m intégrales distinctes en involution du système ( 5). 
son intégrale générale s obtient par une quadrature. 

)) On en conclut de même qae le problème d'intégration du système (5) 
n'exige que n~-m opérations d intégration d 'ordre in — inijin-mi — i,.... 
4, 2 et une quadrature. Le nombre et l'ordre de ces dernières opérations s'abais- 
sent de il unités, chaque fois que l'on connaît l{l<^n—m) intégrales 
distinctes en involution du système (5). » 

ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Sur les équations indéterminées de la forme 

a' +y -^^cz^ . 

Note de M. Edmond Maillet, présentée par M. C. Jordiin. 

(( En nous appuyant, d'une part sur les méthodes de Kummer ('), 
d'autre part sur certains résultats obtenus par nous antérieurement (-), 
nous avons obtenu les théorèmes suivants : 

)) L Soit >^ un nombre premier non exceptionnel (^''). L'équation indé- 



(1) Jourii. de Lioia'ille, l. XVI, i85i et Abh. dcr Akad. d. W., Berlin, 1807 et 
suiv. 

(') Mémoires de V Association françcdse pour l 'avancement des Sciences : Congrès 
de Saint-Etienne, p. loôetsuiv.; 1897. 

(') Nous appelons, d'après Klmmbr {loc. cil.) et Smith {Report on ihe Tlieory of 
Numbers, § 52; Reports on thc British Assoc, 1809 et suiv.), nombre premier non 

exceptionnel tout nombre ), p qui ne divise le numérateur d'aucun des pre- 
miers nombres de Bernoulli. Tout nombre premier 2p et \! 100 autre que 37, Sg ou 67, 
est non exceptionnel. 



( 199 ) 
terminée 

(kl -+- fi- 1 , p =^ o ou 1 est impossible en nombres entiers réels x, y, ; pre- 
miers entre eux deux à deux et à À, quand A est réel et égal à i ou 
/•';■. . ./■','', r,, . . ., r, étant des nombres premiers différents, différents de 1, et 
appartenant ( mod 1) à des exposants/,, . . .,/ tels que 

i 

m — < 



1 



f. 



C'est en particulier le cas quand A = /-''^i ( mod>.). 
)) II. L'équation indéterminée 

.r' 4- ,}'' = /â– 'â– '-' 

(X premier non exceptionnel, r, premier, è,< >.) est impossible en nombres 
entiers réels : 

>; i" Quand r'i'^ -'i-i-c,! (modX-), quel que soit 1, c, étant un, au 
moins, des nombres i, 2, ..., X — i qui dépend de>.; 

» 2° Quand 1 = 5, 7 ou 17 et r^'H;a4 (modl*); 

)) 3° Quand 1 = 1 1 et r*'^5 ou 47 (mod 11); 

» 4° Quand X = i3 et r^'^Ei7 (^mod i3 ). 
» III. L'équation indéterminée (') 

x' -^ y'' -^ c;' 

est impossible eu nombres entiers réels quand c est premier et d'une des 
formes 

49Â-±:3, dr 4, ±5, +6, —8, rh 9, zh lo, — l5, 

±16, —22, dz 23 ou ±24. 

u IV. L'équation indéterminée x^'-h y^=lz'' (1 premier non excep- 
tionnel) est impossible en nombres entiers. 

» Les méthodes qui nous ont conduit à ces résultats permettraient 
d'ailleurs d'obtenir une foule de résultats analogues pour les équations de 
la forme OL^ -i-j' =^ cz^\ c ayant d'autres valeurs que celles indiquées ci- 
dessus. » 



(') Le cas où X ;= 5 a été étudié par Diiichlel (OEuvres complètes) et Lebesgue 
(Journal de Lioiiville; i843). 



( 9.on ) 



GÉOMÉTRIE. — Sur une correspondance entre deux espaces réglés. 
Note de M. A. Democliiv, présentée par M. Darboux. 

« Soit (^{oc, y, i) = C l'équation d'une série simplement infinie de sur- 
faces. Co et C,', étant deux valeurs particulières données à C, insérons entre 
ces nombres n moyens C,, Co, . . . , C„ et posons 

AQ = C,^,-C,, AC„ = C,;-C„. 

Soient Sq, S„, S,. . . , S„ les surfaces de la famille qui répondent aux va- 
leurs Cj, C„, C,, .... C„ de C. Attribuons à chacune de ces surfaces un 
indice de réfraction : à la surface S;^ l'indice i — /(Q) AC^,/(a) désignant 
une fonction continue de a; à la surface S', l'indice un. Cela posé, à tout 
rayon lumineux d nous ferons correspondre un rayon lumineux d' de la 
manière suivante : le rayon d étant assujetti à rencontrer d'abord la sur- 
face So en A(, se réfractera en ce point en obéissant à la loi de Descartes et 
donnera lieu à un rayon réfracté AoA, ; celui-ci se réfractera à son tour à 
sa rencontre en A, avec la surface S, et ainsi de suite; le rayon A„_, A„ se 
réfractera en A„ à sa rencontre avec la surface S„ et donnera lieu au 
rayon d' . Il suit immédiatement du théorème de Dupin que si le rayon d 
engendre une congruence de normales, il en sera de même du rayon d' . 
Faisons maintenant croître n indéfiniment, lesAC/; tendant vers o. A tout 
rayon d correspondra une courbe F, limite du polygone A,, A, ... A„_, A„ et 
tangente en Ap au rayon d. La limite d" du rayon d sera évidemment tan- 
gente à la courbe T au point où celle-ci rencontre la surface SJ,. 

» Pour traduire en formules la correspondance entre les droites d et r/", 
il faudra déterminer les courbes T dont le nombre est quadruplement infini. 
Ces courbes ne dépendent que de la famille '^(x, y, ^) = C et de la fonc- 
tion y(a) et non des surfaces Sq, S|,. 

» Soient u, v, w- les cosinus directeurs de la tangente à l'une quelconque 
des courbes r et 5 l'arc de cette courbe. On a 



1 Is =/(9)l?.--»'(«?x 
» De ces équations on déduit aisément le théorème suivant : Celles des 



^?r 


•+" '*'?; 


)|. 


rcp;. 


-+- (PÇj 


)l 


t^?; 


-t- tï-'çp; 


:)]â–  



( 20I ) 

courbes Y qui passent en un point M de V espace ont leurs centres de courbure 
en ce point distribués dans un plan, mais cette propriété n'est pas caracté- 
ristique : les courbes les plus générales qui la possèdent sont définies par 
les équations (A) où l'on remplacera les fonctions /(o), 9'^,, ©',., cpl par 
quatre fonctions arbitraires de x, dey et de ^. 

» Les courbes Y ont pour équations différentielles 

» Ces courbes, gauches en général, ne sont planes que lorsque les sur- 
faces 'i^{x, y, z) = C sont des sphères concentriques ou des plans pa- 
rallèles. Nous avons intégré les équations (B) dans ces deux cas ainsi que 
dans le cas d'une famille de paraboloïdes égaux et de révolution autour du 
même axe. 

« L'étude de la correspondance des droites d et d" se justifie par le 
théorème suivant : 

» Si une droite d engendre une congruence de normales, la droite d" en 
engendre une autre. 

» Ce théorème, très vraisemblable d'après ce qui précède, peut être 
établi en toute rigueur; il permet de déduire d'une congruence de nor- 
males une congruence de normales el constitue une réponse partielle à 
une question intéressante qui nous a été proposée par M. Bricard et que 
nous soumettons à notre tour aux géomètres : Etablir entre deux droites la 
correspondance la plus générale telle que si l'une d'elles engendre une con- 
gruence de normales, il en soit de même de l'autre. Les transformations 
demandées forment évidemment un groupe. 

» Dans le même ordre d'idées, nous indiquerons une généralisation du 

théorème de Dupin qui nous semble nouvelle. Soient : i, 1, i„, n -h i 

surfaces fixes. A une droite d rencontrant la surface 21 en M faisons corres- 
pondre ainsi qu'il suit une droite d' passant par M. Appelons p,, . . ., p„ les 
longueurs des normales MP,, ..., MP„ menées du point M aux surfaces 
i,, . . ., i,,, et a,, . . ., a„, n vecteurs unitaires dirigés suivant ces normales. 
Soient, déplus, a, %' et pdes vecteurs unitaires dirigés suivant les droites </, 
d' et la normale en M à 2. Le vecteur a' sera défini par l'égalité 



«a.'=_2;^--a, ^-a-hAp, 



( 202 ) 

dans laquelle n est une constante et /(p,, ...,p„) une fonction quel- 
conque de p p„. Quant au nombre h, il est déterminé par la con- 
dition que a' soit unitaire. Cela posé, les droites d et d' engendreront en 
même temps des congrnences de normales. » 



ÉLECTRICITÉ. — Sur le champ magnétique à V intérieur d'un cylindre creux 
parcouru par un courant C^. Note de M. W. de JVikolaieve, présentée 
par M. H. Poincaré. 

» Il est facile de voir qu'il ne doit pas y avoir de force magnétique à l'in- 
térieur d'un tube cylindrique creux indéfini, parcouru par un courant sui- 
vant les eénératrices du cylindre; l'action est encore très faible à l'inté- 
rieur d'un tel cylindre (courant tabulaire) de longueur finie, mais grande 
par rapport au diamètre du cylindre. Mais l'expérience a montré qu'un 
pôle magnétique placé à l'intérieur d'un courant tubulaire subit un couple 
magnétique. 

» L'appareil se compose essentiellement de deux tubes métalliques aa, bb {fig. i) 
formant deux courants tubulaires de même axe, et d'un électro-aimant NS (tige de fer 
entouré d'un courant hélicoïdal montant de n en 1\, puis descendant de N en S le long 
de la tige). Chacune de ces trois parties : tube aa, tube bb et électro NS, peut tourner, 
indépendamment des deux autres, autour de l'axe commun. Le tube extérieur bb porte 
trois tiges d réunies par un plateau T, qui est muni d'un fil de suspension OT et porte, 
en dessous, les crochets permettant de suspendre les tubes aa et bb. L'électro peut 
tourner librement autour du fd de suspension m, ou bien il est lié avec le tube aa et 
peut alors tourner autour du fd supérieur n. Quatre godets K, L, E, P, remplis de 
mercure, constituent quatre contacts liquides qui permettent aux tubes et à l'électro 
de tourner jusqu'à ce que les couples de torsion des fils équilibrent les couples magné- 
tiques. 

)) On envoie d'abord le courant électrique dans le circuit AQDCRBA, les tubes a 
et b étant exclus du circuit électrique. On constate que, dans ces conditions, l'électro 
reste immobile comme les tubes. En second lieu, on envoie le courant dans les tubes a 
et Ij suivant le circuit AiMKnQA, après ai'oir relié invariablement l'électro NS 
avec le tube aa. Dans ces conditions, on observe que l'électro lié à a entre en rotation 
en même temps que le tube b tourne dans le sens opposé. Comme le courant tubu- 
laire aa est invariablement lié à l'électro NS, il faut admettre qu'il ne peut agir sur NS 



I 



( ' ) Travail fait au laboratoire du prince Boris Galitzine, de l'Académie impériale 



des Sciences de Saint-Pétersbourg. 



( 2o3 ) 
et que la rotation du pôle N est due à un couple magnétique produit par le courant 



tubulaire bb ('). 



Fis 




» Tout se passe comme si les champs magnétiques des courants linéaires 
longeant les génératrices des tubes aa et bb subsistaient indépendamment 
les uns des autres, bien qu'il n'y ait pas de force magnétique à l'intérieur 
des tubes. En tous cas, l'expérience montre qa il règne un couple magné- 
tique à l'intérieur d'un courant tubulaire. d 



(') Ce couple est égal et opposé au couple que peut exercer le courant tabulaire aa. 
Ces deux couples ont même moment que le couple fourni par un courant-tige de 
même intensité. Cela résulte de l'expérience suivante : lélectro reste immobile quand 
le fil CD est démonté et quand l'extrémité u du courant de l'électro est reliée avec le 
godet D. Or, dans les mêmes conditions, l'électro reste encore immobile si l'on rem- 
place les courants tubulaires par deux courants-tiges. 



( 20', ) 



ÉLECTRICITÉ. — Sur la cohésion diélectrique des gaz raréfiés. Note 
de M. E. BouTY, présentée jiar M. Lippmann. 

« Dans une Note antérieure ('). j'ai annoncé que, quand on place un 
tube à gaz raréfié dans un champ électrostatique uniforme, il v a une in- 
tensité critique/ du champ telle que, pour toute intensité inférieure à f, 
le gaz est un diélectrique parfait, tandis que, pour toute intensité supé- 
rieure, le gaz livre passage à une décharge. 

» L'intensité /"du champ mesure {'obstacle que le gaz oppose àla rupture 
de Véqudibre diélectrique, ou ce qu'on peut appeler, à bon droit, la cohésion 
diélectrique du gaz. Cette cohésion est fonction de la pression p. Je me suis 
proposé de chercher la relation qui lie f 'à p. 

» 1° Mesure de p. — A cet effet, j'ai monté à demeure mes tubes à gaz 
sur une machine pneumatique à mercure en relation avec un double baro- 
mètre de M. Leduc (-). J'ai pu ainsi évaluer à moins de ~ de millimètre 
près les pressions p comprises entre 1"=™ et o™™, 25, que j'ai le plus habi- 
tuellement employées. 

» Le condensateur, porté par un chariot, pouvait être écarté à volonté 
ou venir encadrer le tube qui n'occupait que la région centrale du champ 
et ne touchait pas les plateaux. 

» Je chargeais le condensateur à l'aide d'une batterie de petits accumu- 
lateurs pouvant donner jusqu'à 2000 volts et je comparais les charges qu'il 
reçoit, avec ou sans le tube à gaz, en le déchargeant sur un électromètre 
capillaire convenablement étalonné. 

« 2° Mesure de f. — En faisant varier la différence de potentiel employée 
pour la charge, on trouve, par tâtonnements, la différence de potentiel 
critique. Soit V, — Vo sa valeur. 

» Imaginons, pour simplifier, que les plateaux, situés à une distance e, 
soient assez larges par rapport à leur surface, pour que le champ soit con- 
stant dans tout l'intervalle. Il a pour valeur 



(0 f 



\\ -\, 



(') Voir Séance du 17 juillet, p. iSa de ce Volume. 

{') M. Leduc a bien voulu mettre à ma disposition son installation pour la mesure 
des pressions. Je le prie d'agréer mes remercîments. 



( 2o5 ) 

» Supposons, de plus, le tube à gaz de forme sphérique et ses parois 
d'épaisseur uniforme et très petite. Le champ à l'intérieur du tube est 
constant et se confond avec le champ extérieur, à un facteur près, très 
sensiblement égal à i. Le champ intérieur, qui seul nous intéresse, se 
calculera donc par la formule (i). 

» Pratiquement, la distance des plateaux est toujours trop grande pour 
que l'emploi de la formule (i) soit parfaitement légitime et que le champ 
extérieur soit rigoureusement constant. De plus, les tubes n'étant ni sphé- 
riques, ni d'épaisseur uniforme, le champ intérieur ne peut être confondu 
avec le champ extérieur qu'à un degré moindre d'approximation. 

» Enfin, la valeur critique de V, — Y., et, par conséquent, de /ne peut 
être fixée sans quelque hésitation, eu égard aux circonstances accessoires 
qui font varier / indépendamment de p, dans des limites d'ailleurs assez 
étroites. 

» Cependant toutes les causes perturbatrices ne peuvent altérer la valeur 
de /que par un facteur constant pour un même tube et une distance donnée 
des plateaux et, en général, assez voisin de i. 

» L'expérience montre en effet que, dans des limites pratiques, les 
valeurs de / trouvées pour une série de valeurs de p avec des tubes de 
forme différente et diverses distances des plateaux sont proportion